(Dix
heures dix minutes)
Le Président (M. Schneeberger) : Alors,
bon matin à tous. Ayant constaté le quorum, je déclare la Commission de l'aménagement du territoire
ouverte.
La commission est
réunie afin de poursuivre l'étude détaillée du projet de loi n° 31, Loi
modifiant diverses dispositions législatives en matière d'habitation.
M. le secrétaire,
est-ce qu'il y a des remplaçants?
Le
Secrétaire : Oui, M. le Président. M. Ciccone (Marquette) est
remplacé par Mme Dufour (Mille-Îles) et Mme Setlakwe (Mont-Royal—Outremont)
est remplacée par Mme Prass (D'Arcy-McGee).
Le Président (M.
Schneeberger) : Parfait. Merci beaucoup. Alors, je vous souhaite à
tous une belle rentrée parlementaire. Alors, bienvenue dans cette enceinte de
l'Assemblée nationale.
Étude détaillée (suite)
Alors,
lors de l'ajournement le 7 décembre dernier, nous en étions à l'introduction
d'un article qui était le 0.5.1 de la
ministre. À titre de rappel aussi, l'étude des amendements introduisant les
articles 0.9, 1.1.2, 1.1.4, 1.1.5, 37.4 était toujours suspendue. Il
reste aussi l'étude de l'article 38.
Alors, nous allons
débuter les travaux. Alors, je laisse la parole à Mme la ministre pour
commencer l'échange avec l'article 0.5.1.
Mme
Duranceau : Oui. Merci, M. le Président. Je vais juste référer à mon
collègue.
Le Président (M.
Schneeberger) : Député de Laurier-Dorion.
M.
Fontecilla : ...
Le Président (M.
Schneeberger) : Bonjour.
M.
Fontecilla : ...à proposer dans cette section-ci... sous-amendement,
pardon...
Le Président (M.
Schneeberger) : OK, sous-amendement.
M.
Fontecilla : ...sous-amendement à l'article qu'on va discuter.
Le Président (M.
Schneeberger) : OK. Un sous-amendement en lien avec l'article 0.5.1.
M.
Fontecilla : Oui, tout à fait.
Le Président (M.
Schneeberger) : OK. Parfait. Alors, nous débutons les travaux.
Mme Duranceau :
OK. Merci, M. le Président.
Alors, je salue tous mes collègues des oppositions. Bon retour. On est reposés.
On est en forme. Donc, écoutez, on va avoir une belle... bonne journée de
travail aujourd'hui. Alors, je vais d'emblée, là, y aller avec... Puis
je vous souhaite une bonne année. Je nous souhaite une bonne année, d'ailleurs,
on est encore en janvier, donc, une bonne année en santé pour tout le monde
puis des beaux projets qu'on va réaliser tous ensemble.
Donc, je crois que je
dois lire, hein, 0.5.1. On est...
Le Président (M.
Schneeberger) : ...je ne sais pas s'il avait été élu, mais, bon, pour,
je pense, rafraîchir la mémoire, là, ça fait quand même plus d'un mois et demi,
alors...
Mme
Duranceau : OK, pour un petit rappel, là, comme... comme on revient.
Le Président (M.
Schneeberger) : Exact.
Mme
Duranceau : Alors, l'article 0.5.1, qui est article 1943 du Code civil du Québec : Insérer, après l'article 0.4.1 du projet de loi tel
qu'amendé, le suivant, donc :
0.5.1. L'article 1943 de ce code est
modifié par l'insertion, dans le deuxième alinéa et après «L'avis», de «doit indiquer
les droits et les recours du locataire prévus aux articles 1945 et 1947 et
contenir toute mention prescrite par règlement».
Donc, vous vous
souviendrez qu'on voulait venir, ici, préciser ce qu'un avis de renouvellement
devait contenir. Et donc on modifie l'article 1943 du Code civil afin que
soit indiqué, dans l'avis du locateur informant le locataire de son intention d'augmenter le loyer, les droits et recours
du locataire prévus aux articles 1945 et 1947, lesquels encadrent
le droit de contester une telle hausse. Il devrait également indiquer toute
mention prescrite par règlement du gouvernement. Alors donc, c'était l'objectif
de la mesure, là.
Le Président (M.
Schneeberger) : Merci. Est-ce que nous avons des questions sur l'amendement?
Député de Laurier-Dorion.
M.
Fontecilla : J'aurais une question. Lorsqu'à la toute fin de
l'amendement on mentionne le fait de... que l'avis
doit contenir toute mention prescrite par règlement, je me posais la question
s'il s'agit... de quel règlement et quelle mention pour être... À quelle
mention fait-on allusion?
Mme Duranceau :
Oui. Bien, c'est un règlement,
évidemment, qui va être à édicter. Puis on se souviendra, là, que, si on venait modifier les articles 1945,
1947, où... on aurait recopié les articles 1945, 1947 dans
l'article 1943 pour... de
façon à être plus précis puis là on s'est dit : Ça va juste compliquer la
lecture au niveau du Code civil. On va venir préciser
dans le règlement... On va venir mettre en mots ce que contient... ce que
contiennent les articles 1945 et 1947.
Donc, le règlement,
ce qu'il devra contenir, c'est... un peu comme ce qui est déjà transmis, là, au
locataire, mais qui va venir préciser que le
locataire qui reçoit un avis a le choix de trois réponses : un, d'accepter
le renouvellement du bail avec ses
modifications; deux, «je refuse les modifications proposées et je renouvelle
mon bail»; ou, trois, «je ne renouvelle
pas mon bail et je quitterai le logement à la fin du bail», OK? Donc, souvent,
c'est le deux, c'est le deux qui n'apparaît pas, là. Donc, ça, c'est
la... c'est ce que le règlement va dire.
Puis on va ensuite
ajouter des précisions pour les...
Une voix : ...
Mme
Duranceau : ...oui, les coopératives d'habitation. Je peux vous le
lire, là, donc : «Si le bail mentionne que le logement est situé dans une
coopérative d'habitation dont le locataire est membre, ou dans un immeuble
construit ou dont l'affectation a été changée depuis cinq ans ou moins, le
refus de toute modification — au loyer, là — oblige
le locataire à déménager à la fin du bail.» Ça, c'est déjà prévu à cause des
articles 1945 et 1955. Donc, on va venir le mettre dans le
règlement.
Puis
on va venir aussi préciser : «Si le locataire refuse l'augmentation ou les
modifications proposées, le locateur peut,
dans le mois de la réception de ce refus, s'adresser au Tribunal administratif du logement pour faire fixer le loyer ou statuer sur la
modification du bail. Le locataire et le locateur devront alors respecter la
décision du tribunal», donc le nouveau loyer et les nouvelles conditions. Puis,
si le locateur ne s'adresse pas au tribunal, alors, le bail est renouvelé
au même loyer et aux mêmes conditions.
Ça
fait qu'on vient préciser dans le règlement ce qui, finalement, grosso modo,
est déjà inscrit sur le formulaire de bail, ceci dit.
Une voix : ...
Mme Duranceau :
Sur le modèle qui est proposé par
le Tribunal administratif du logement, le modèle d'avis. C'est ça. Donc, ça existe
déjà, tout ça. Là, on vient le préciser par règlement pour le rendre
obligatoire, finalement. Donc, déjà, dans la forme, c'était... c'était
utilisé, mais, bon, peut-être qu'il y avait quelques... quelques dissidents.
Donc,
le but... notre but, c'était vraiment de s'assurer que les locataires et les...
principalement, dans ce cas-ci, les locataires sont au courant de leurs
droits, parce qu'on le voit, c'est souvent la problématique, les gens ne savent
pas quels sont... ne connaissent pas bien
leurs droits. Donc, l'avis devra être plus explicite pour que les gens
comprennent bien ce qui les protège.
Le Président (M.
Schneeberger) : Ça va? Ça va, M. le député? Oui?
M.
Fontecilla : Justement, je pense que...
Le Président (M.
Schneeberger) : Oui. Autres questions?
M.
Fontecilla : ...pour continuer la discussion sur cet amendement-là, il
serait pertinent et utile de tout de suite introduire mon sous-amendement.
Est-ce que vous permettez? Ça a déjà été envoyé.
Le
Président (M. Schneeberger) :
Il a été... Est-ce que les greffes l'ont reçu? Parce que, si les greffes
l'ont reçu, on peut continuer. Si les greffes ne l'ont pas reçu, à ce
moment-là, on va demander une suspension.
Des voix : ...
Le
Président (M. Schneeberger) : Oui. OK. Bon, regardez, moi, ce que je
vais faire, à ce moment-là... Vous allez lire l'amendement, puis après ça, si
on a besoin d'une suspension, on suspendra pour en prendre connaissance. Alors,
je vous écoute, M. le député de Laurier-Dorion.
M. Fontecilla :
On va le trouver, mais... Donc,
c'est l'article... sous-amendement, l'article 0.5.1, l'article 1943
du Code civil : Modifier l'amendement
créant l'article 0.5.1 en remplaçant les mots «les droits et les recours
du locataire prévus aux articles 1945 et 1947 et contenir toute mention
prescrite par règlement» par «le droit du locataire de refuser une
augmentation et de demeurer dans son logement».
Cet amendement a pour
but de clarifier celui proposé par le gouvernement. Si l'inclusion du libellé
des articles 1945 et 1947 est un pas dans la bonne direction, il demeure
que, dans un souci de vulgarisation juridique et de clarté pour le locataire peu informé, l'usager du... d'un vocabulaire
clair est primordial. Donc, attendez une minute. De cette manière, le
locataire qui fait face à un avis qui ne prévoit pas le délai de refus et/ou
l'option de rester saura qu'il a le droit de faire valoir.
Ainsi,
l'amendement 0.5.1 tel que... tel qu'il se lirait : Insérer, après
l'article 0.4.1 du projet de loi tel qu'amendé, le suivant :
«L'avis de
modification qui vise à augmenter le loyer doit indiquer en dollars le nouveau
loyer proposé, ou l'augmentation en dollars
ou en pourcentage du loyer en cours. Cette augmentation peut être exprimée en
pourcentage [de] loyer qui sera déterminé par le tribunal, si ce loyer fait
déjà l'objet d'une demande de fixation ou de révision.
«L'avis...» Et c'est
là que le sous-amendement intervient : «L'avis doit indiquer le droit du
locataire de refuser une augmentation et de demeurer dans son logement. Il
doit, de plus, indiquer la durée proposée du bail, si le locateur propose de la
modifier, et le délai accordé au locataire pour refuser la modification
proposée.»
• (10 h 20) •
Donc,
M. le Président, le principal enjeu ici, c'est celui de l'information. On a...
On en a déjà... On a déjà abordé le sujet. Pour la plupart, une très
grande majorité des locataires, ils ne savent pas qu'il existe trois options,
donc, soit accepter l'avis d'augmentation de loyer et rester dans le logement,
refuser la hausse et quitter, et c'est la troisième qui nous importe tout particulièrement, c'est la possibilité pour le
locataire, tel qu'établi par les articles de loi, de refuser l'augmentation et rester... demeurer dans le
logement, ce qui ouvre la porte à une procédure de fixation de loyer. Il est
amplement connu par tout le monde que, souvent, les avis d'augmentation de
loyer ne comportent que deux options, soit celle d'accepter et rester,
soit celle de refuser et quitter.
Dans ce sens-là, j'ai
ici en main deux documents anonymisés qui sont la copie des avis de
renouvellement de bail, là, qui indiquent...
qui indiquent que les deux... les deux options, là, donc : «Avis de
renouvellement de bail. Veuillez cocher la case appropriée et signer en
dessous.
«J'accepte de renouveler
mon bail aux conditions ci-haut mentionnées.
«Je n'accepte pas de
renouveler mon bail pour l'année à venir. Dès que vous n'acceptez pas, vous
consentez automatiquement à ce que votre
appartement reçoive des visiteurs tous les jours, de 9 AM à 8 PM, le
tout selon la loi.»
Donc, voilà, ce qui
signifie que le locataire, s'il refuse l'augmentation de loyer, doit quitter
l'appartement avec le consentement des personnes qui sont mentionnées, en
particulier dans...
Je
dépose ce document, M. le Président. Ça va être envoyé? Voilà. Donc, encore une
fois, le principal problème demeure, comment dire, l'opacité des articles de
loi spécifiant cette... cette procédure, qui est une conséquence des articles 1945 et 1947. Et il est impératif,
donc, de clarifier cette situation-là au bénéfice de l'information pour tout le
monde, en particulier pour les locataires, qui peuvent être... subir un
très grand préjudice puisqu'ils ne comprennent pas tout à fait les lois.
Dans ce sens-là, M.
le Président, on a soulevé le fait qu'il y aurait une répétition, dans
l'article 1943 que nous sommes en train d'amender, avec l'article 1945 et 1947.
Mais je pense que, dans le Code civil, il y a amplement d'endroits où on a tendance à reprendre le contenu d'autres articles
pour éclairer un article précis. Ce n'est pas une pratique nouvelle. Et, si on va dans ce sens-là, on va
aller dans le sens de vulgariser les droits des locataires et les obligations
des locateurs, et favoriser moins
de... moins de déménagements qui ne sont pas justifiés. On va donner plus
d'informations aux locataires, de
façon plus claire, et ça va être fait au bénéfice de tout le monde, parce qu'en
ce moment, là, on joue sur les nuances, et beaucoup... plusieurs
locateurs ne respectaient pas les articles 1945 et 1947.
On nous dit que cette
obligation va être... va être définie dans un règlement ultérieur, et j'en
suis, fort bien, sauf que, pour l'instant,
ce règlement n'est pas adopté, et, en général, cela ne... pour un locataire qui
cherche à connaître ses droits, on
lui complique la tâche, parce que non seulement il va devoir aller lire le Code
civil, les articles concernés, les comprendre, ce qui est déjà... n'est
pas une mince affaire, mais ensuite il devra aller se procurer et comprendre le
règlement dont on ne connaît pas la teneur ni la formulation.
Donc,
ce serait éminemment pertinent de procéder tout de suite et clarifier dans
l'article, dans le sous-amendement proposé par le gouvernement,
clarifier une fois pour toutes l'obligation de stipuler très clairement les
trois options, soit j'accepte l'augmentation et je demeure, soit je refuse et
je quitte, soit je refuse et je demeure dans le logement. Ça va aider grandement les ménages locataires qui
font face à plusieurs pressions pour accepter des hausses abusives, sinon
quitter, avec tous les préjudices que cela cause pour un ménage locataire.
Voilà, M. le Président.
Le Président (M. Schneeberger) : Merci.
Est-ce qu'il y a des commentaires suite au dépôt du sous-amendement du
député de Laurier-Dorion? Oui, Mme la ministre.
Mme Duranceau : Oui.
Écoutez, bien respectueusement, je vais dire que je pense que notre proposition
est plus complète. Je comprends ce que le
député de Laurier-Dorion veut venir... veut voir précisé, là, mais on va
le préciser dans le règlement.
Là, en indiquant seulement un des éléments des
trois options possibles quand il y a un avis qui est envoyé, je pense que ça...
ça porte un peu à confusion ou, du moins, ce n'est pas complet. Il y a trois
choix, là, quand un avis est envoyé, puis on va venir le préciser dans le
règlement. Puis là la modification proposée ne parle même pas de la possibilité
d'avoir un règlement qui vient donner des précisions aussi sur... sur l'application
ou l'exécution, là, au niveau de l'avis. Alors, je pense que notre proposition
est plus complète.
Puis j'ai le même objectif que le député de Laurier-Dorion,
là, c'est que les locataires connaissent leurs droits comme il faut puis qu'ils
les connaissent tous, puis c'est ce qu'on veut édicter dans le règlement. Ça
fait que c'est sûr qu'il y a un petit délai,
là, au niveau... avant que le règlement soit adopté, mais c'est l'objectif, là.
Je m'en vais à même place que le député de Laurier-Dorion. Par contre,
je pense, d'un point de vue juridique, là, notre proposition est plus complète
puis va mieux servir tout le monde, là.
Le Président (M. Schneeberger) : Merci.
Oui, députée de D'Arcy-McGee.
Mme Prass : Quelle est échéance que
vous vous donnez, justement, pour la production du règlement?
Mme Duranceau : ...parce qu'il y a
deux... il y a deux publications, là. C'est-tu ça? Il y a une publication...
prépublication et publication. Ça passe au Conseil des ministres puis... Ça fait
qu'en gros, là, c'est un processus d'environ quatre mois. Mais on sait pas mal
ce qu'il y aura à contenir, là. Il est déjà prêt, oui.
Le Président (M. Schneeberger) : Ça
va?
Mme Prass : Oui.
Le Président (M. Schneeberger) :
Oui, député de Laurier-Dorion.
M. Fontecilla : Merci, M. le
Président. Donc, notre proposition fait en sorte de... d'éviter l'opération de
déduction du droit au maintien dans les lieux à partir des articles 1945 et
1947, parce que c'est ça qu'il s'agit en ce moment,
là, et le locateur et le locataire doivent, à la lecture de ces deux
articles-là, déduire l'opération qu'il existe une troisième... une
troisième option, ce qui n'est pas à la portée de tout le monde, surtout
lorsqu'on agit dans la... dans la célérité.
Et, dans ce sens-là, moi... C'est une
proposition que je fais, en même temps, à la ministre. Ce que j'en... ce que j'en déduis, c'est... de la ministre, c'est
que notre proposition est incomplète, et la proposition du gouvernement est
plus complète, parce que, dans mon sous-amendement, je ne fais pas mention du
règlement. Fort bien. Moi, je suis tout à fait prêt à inclure cette
proposition-là, de référer à un règlement, tout en l'ajoutant à ce que je viens
de déposer comme sous-amendement. Soit que... soit que je le retire, et on
produit une nouvelle... un nouveau sous-amendement comportant les deux, ou une
autre... une autre procédure qui pourrait être discutée.
Je ne
m'oppose pas au fait de définir en plus par règlement cette obligation-là
d'avoir les trois... les trois options. Mon but, c'est surtout et avant
tout de stipuler qu'il doit y avoir trois options, au lieu de procéder à une
déduction, et, s'il faut, pour cela, ajouter le fait de renvoyer à un règlement
qui va être adopté ultérieurement, moi, je suis tout à fait d'accord.
Donc, moi, je
propose à la ministre, de la façon dont elle l'entend, qu'on procède à garder
l'allusion à... le référencement à un
règlement ultérieur, tout en adoptant l'obligation d'avoir trois options. Donc,
je suis tout à fait ouvert à cette possibilité-là.
• (10 h 30) •
Le Président (M. Schneeberger) : Merci.
D'autres... Mme la ministre.
Mme
Duranceau : Un commentaire, M. le Président. Est-ce que vous
permettez au président du Tribunal administratif
du logement de donner quelques précisions?
Le
Président (M. Schneeberger) : Oui. Alors, avec le consentement. Consentement
pour que Me Simard puisse prendre la parole? Alors, vous présenter, avec
votre nom et votre titre, et puis allez-y.
M.
Simard (Patrick) : Merci, M. le Président. Alors, Patrick Simard,
président du Tribunal administratif
du logement.
Peut-être dans le but de rassurer le député,
l'orientation que prévoit cet article-là, c'est d'énoncer clairement, dans
l'avis qui sera... dont le contenu sera obligatoire par règlement, le contenu
exact de ce que stipule le code, qui prévoit les trois options, qui prévoit la
possibilité de demeurer dans le logement. Et, je vous dirais, l'intention,
parce que j'y ai participé, aux travaux, là,
qui... Comme la ministre l'a dit, le projet de règlement est presque monté en
entier, là. On ne peut pas présumer de
l'issue des travaux, alors il n'est pas, évidemment, complet, mais, dans la
mesure où la commission et le... en faisait la proposition...
l'adoption, plutôt, et que l'Assemblée nationale adoptait la loi, ce qui est prévu, c'est que le contenu de l'avis de
modification, qui est le modèle du TAL, qui prévoit toutes les options, toutes
les modalités, toutes les informations, ce soit le contenu obligatoire.
L'objectif,
ce n'est pas d'imposer le modèle en tant que tel, parce qu'il y a un format, il
y a un PDF puis il y a des
organisations qui travaillent avec d'autres systèmes informatiques que le
nôtre, mais d'imposer non pas le modèle mais tout le contenu du modèle.
Vous me direz : Ça revient au même. Effectivement, ça revient au même.
Donc, l'objectif, c'est que ce que le TAL met à la disposition des gens
devienne le contenu obligatoire de tous les avis de modification de baux des locateurs au Québec, qui prévoit, je le répète,
ce que le député énonce comme étant des éléments importants de connaissance à divulguer aux locataires, également aux
locateurs, je vous dirais. Donc, je pense que l'objectif, il est
atteint, dans la mesure où, par règlement, on va prévoir l'ensemble de ces
modalités-là.
Et le
règlement, je terminerai là-dessus, nous
donne plus de flexibilité, dans la mesure où le législateur était d'avis que ça
ne va pas encore assez loin, malgré que c'est le modèle actuel qui fait, je
pense... qui a démontré, là, son efficacité et a démontré qu'il était...
il était complet, là. Mais, dans la mesure où il y avait des modifications à y
apporter ou s'il y a d'autres modifications
dans une loi à venir, bien, le procès de... le projet de règlement, d'y aller
par règlement, est davantage flexible, nous permet davantage d'agir
rapidement, plus de flexibilité que de revenir en Assemblée pour adopter des modifications
de contenu qui seraient dans le Code civil, parce que, là, ce serait... il
reste une lourdeur qu'on n'a pas par voie réglementaire.
Donc, en terminant, le contenu, c'est celui de
l'avis proposé par le TAL qui devient obligatoire, qui contient, à mon sens, je
pense, toutes les informations requises pour atteindre l'objectif que vous
poursuivez.
Le
Président (M. Schneeberger) : Merci pour vos renseignements, Me Simard.
Questions? Ça va? Alors, oui, la députée de D'Arcy-McGee.
Mme Prass : Quel recours est-ce que
le locataire aurait si jamais le règlement n'est pas suivi?
Le Président (M. Schneeberger) : Me
Simard.
M. Simard
(Patrick) : ...pourrait prétendre que cet avis-là est inopposable
puisqu'il ne contient pas les mentions prescrites.
Mme Prass : D'accord. Donc, ce
serait pour l'année qui suit ou est-ce qu'il y a une certaine période que le
locateur pourrait représenter une nouvelle augmentation?
M. Simard (Patrick) : La
jurisprudence actuelle ne prévoit pas que le locateur puisse envoyer des avis
successifs. Alors, s'il y a une erreur, on vit avec l'erreur.
Mme Prass : Parfait. Merci.
Le Président (M. Schneeberger) : Député
de Laurier-Dorion.
M. Fontecilla : Merci, Me Simard, de
ces explications-là. Mais, pour approfondir le sujet, la jurisprudence à l'état
actuel, est-ce qu'un locataire peut déclarer nul un avis de renouvellement du
bail avec une augmentation qui n'est pas conforme aux articles 1945 et 1947?
Le Président (M. Schneeberger) : Me
Simard.
M. Simard (Patrick) : La réponse est
oui, tout à fait. Il y a des modalités, mais la réponse est oui, tout à fait.
M. Fontecilla : Donc, si je
comprends bien, s'il n'y a pas, dans l'avis de renouvellement de bail avec une
augmentation... S'il n'y a pas les trois options, éventuellement, un locataire
qui s'y oppose pourrait dire : Ce n'est pas valide, comme avis, et cet
avis-là n'a plus cours.
Le Président (M. Schneeberger) : Me
Simard.
M. Simard (Patrick) : Oui. Le
tribunal fait du droit. On ne fait pas de la mathématique. Donc, il n'y a pas
un... passez-moi l'expression, mais une switch «on-off», là, où est-ce que
c'est aussi simple que ça. Parce que, si le locataire énonce, dans le cadre de
l'audience : Oui, je le savais, qu'il y avait cette possibilité-là, mais
je vous dis juste que l'avis n'était pas complet, bien là, il le savait déjà.
Alors, il y a toute la question de la confusion, je pense, qui peut être
plaidée, d'une part, l'intention de nuire, là, d'avoir un préjudice, parce que
le locataire est informé, mais, je dirais, à moitié ou à peu près.
Donc, toutes ces notions-là sur le consentement
à la réponse à l'avis sont susceptibles de faire l'objet d'une démarche, et le tribunal peut, tout simplement,
invalider l'avis, le rendre inopposable. Donc, dans ce cas-là, par exemple, pas
d'augmentation de loyer, pas de modification aux termes du bail.
Le
Président (M. Schneeberger) : Ça va? D'autres questions? Alors, nous allons
passer à la mise... Comment?
M. Fontecilla : Je n'ai pas d'autre
question.
Le
Président (M. Schneeberger) : OK. Alors, nous allons mettre aux voix
le sous-amendement proposé par le député de Laurier-Dorion. Est-ce que le
sous-amendement est adopté?
M.
Fontecilla : Par appel nominal, s'il vous plaît.
Le Président (M.
Schneeberger) : Vote nominal. Parfait. M. le secrétaire.
Le
Secrétaire : Pour, contre, abstention. M. Fontecilla
(Laurier-Dorion)?
M.
Fontecilla : Pour.
Le Secrétaire :
Mme Duranceau (Bertrand)?
Mme
Duranceau : Contre.
Le Secrétaire :
Mme Jeannotte (Labelle)?
Mme
Jeannotte : Contre.
Le Secrétaire :
M. Rivest (Côte-du-Sud)?
M. Rivest :
Contre.
Le Secrétaire :
M. Gagnon (Jonquière)?
M. Gagnon :
Contre.
Le Secrétaire :
M. Girard (Lac-Saint-Jean)?
M. Girard
(Lac-Saint-Jean) : Contre.
Le Secrétaire :
Mme Prass (D'Arcy-McGee)?
Mme Prass :
Contre.
Le Secrétaire :
M. Schneeberger (Drummond—Bois-Francs)?
Le Président (M. Schneeberger) : Abstention.
Alors, le sous-amendement est rejeté. Nous revenons à l'amendement
original. Est-ce qu'il y a... Député de Laurier-Dorion.
M.
Fontecilla : Tel qu'indiqué tantôt, j'aurais un deuxième amendement.
Est-ce qu'il a été...
Le Président (M.
Schneeberger) : Oui. Est-ce qu'il est déposé au greffe?
M.
Fontecilla : Un sous-amendement, pardon.
Le Président (M.
Schneeberger) : Oui. Parfait. Alors, allez-y, faites votre lecture.
M. Fontecilla :
Donc, si je peux en faire la
lecture, donc, article 0.5.1 de l'article 1943 du Code civil du Québec :
Modifier l'amendement créant l'article 0.5.1 en ajoutant, à la fin :
Et par l'ajout, à la fin, de l'alinéa suivant :
«L'avis qui ne
contient pas la mention prévue au deuxième alinéa est nul de nullité absolue.»
Cet amendement a pour
but de s'assurer que l'avis qui ne respecterait pas l'article 1943 soit
inopposable au locataire, et ce, peu
importent les circonstances. Il importe de souligner qu'à l'heure actuelle un
avis qui ne contient pas les droits
garantis par l'article 1945 et 1947, tels que le droit de refuser
l'augmentation et de demeurer dans le logement ou bien le délai de
refus, ne sera pas automatiquement frappé de nullité. Bien au contraire, la
jurisprudence indique clairement qu'un avis non conforme ne sera frappé de
nullité que si le locataire visé par l'avis subit un préjudice. Ainsi, il n'est pas rare qu'un locataire qui
réussit à mobiliser ses droits et à attaquer la validité de l'avis ne se fasse
opposer cette absence de préjudice par le tribunal.
Donc,
l'article 1943 du Code civil tel qu'il se lirait :
«1943. L'avis de
modification qui vise à augmenter le loyer doit indiquer en dollars le nouveau
loyer proposé, ou l'augmentation en dollars
ou en pourcentage du loyer en cours. Cette augmentation peut être exprimée en pourcentage du loyer qui sera déterminé par le
tribunal, si ce loyer fait déjà l'objet d'une demande de fixation ou de révision.
«L'avis doit indiquer les droits et les recours
du locataire prévus aux articles 1945 et 1947 et contenir toute mention prescrite par règlement. Il doit, de plus,
indiquer la durée proposée du bail, si le locateur propose de [le] modifier,
et le délai accordé au locataire pour refuser la modification proposée.
«L'avis qui ne contient
pas la mention prévue au deuxième alinéa est nul de nullité absolue.»
Voilà. Donc, encore une fois, on revient au
sujet qu'on a abordé il y a quelques... quelques minutes. D'emblée, je suis, encore une fois, tout à fait
disposé à modifier cet amendement... ce sous-amendement-là pour inclure la
référence à un règlement ultérieur. C'est tout à fait possible. Je suis tout à
fait d'accord avec cette proposition-là. Mais il demeure que, et on a entendu
le président du Tribunal administratif du logement, là, la question de la
nullité d'un avis non conforme est sujette à discussion, et il peut arriver des
cas où c'est accepté ou pas accepté.
Il faudrait, une fois pour toutes, il me semble,
qu'en tant que législateurs... trancher cette question-là et indiquer très clairement, envoyer le message qu'un
avis de renouvellement comportant une augmentation de loyer doit être conforme
et comporter le contenu, et je suis bien d'accord avec Me Simard, le
contenu et non pas nécessairement la forme telle que définie dans les
avis d'augmentation de loyer et les modifications d'une autre condition du
bail, tel que spécifié par le Tribunal
administratif du logement, mais on parle bien du contenu, et ce contenu se
réfère à trois options qui ont été amplement discutées ici.
• (10 h 40) •
Donc, on
enverrait un message très clair à l'ensemble des locataires et locateurs qu'on
doit retrouver ce contenu-là dans les avis d'augmentation de loyer et
les modifications d'une autre condition du bail, et cela devrait être inscrit,
selon moi, dans le Code civil parce que c'est là, principalement, que la
plupart des citoyens et citoyennes se réfèrent pour bien comprendre la teneur
de leurs droits et obligations. Donc, il y a un appel ici à clarifier au
maximum les dispositions du Code civil régissant un point aussi sensible que le
renouvellement d'un bail, qui concerne une très grande quantité de ménages au
Québec, qui, à l'heure actuelle, doivent composer avec des formulations qui ne
les renseignent pas de façon... de façon adéquate. Les erreurs sont fréquentes
autant de la part des locateurs que des locataires.
Et donc il
est nécessaire et il est même impératif de clarifier et envoyer un message, un
message très clair comme... dans le sens qu'un avis d'augmentation qui ne
comporte pas ces trois options... je ne les répéterai pas, mais n'a pas...
peut être contesté et déclaré... peut être
déclaré par le Tribunal administratif du logement comme... pouvait être
invalidé, à toutes fins pratiques.
Donc, il me semble qu'en tant que législateurs
on a l'obligation de clarifier au maximum ces dispositions-là, parce que ça va bénéficier à l'ensemble des
ménages locataires et aussi aux locateurs, qui sauront très clairement c'est
quoi, leurs obligations, au lieu de, si je peux me permettre l'expression,
nager dans une sorte d'ambiguïté qui induit la
confusion et la perte des droits par un grand nombre de locataires qui
reçoivent, comme je l'ai mentionné tantôt, là, des avis ne mentionnant que deux
options, et ça amène à la perte d'un droit fondamental, celui d'avoir un
chez-soi à un prix déterminé.
Donc, il est primordial, selon moi, que... de
profiter du projet de loi n° 31 pour clarifier un
aspect qui suscite un très grand nombre de
situations problématiques et peut-être même, sur le... à un niveau plus
pratique, là, à une surcharge du travail au Tribunal administratif du
logement. Ça va être utile pour tout le monde ainsi que pour la machine
administrative en charge d'appliquer les lois dans ce domaine-là. Merci, M. le
Président.
Le Président (M. Schneeberger) : Merci
pour les commentaires. Est-ce que nous avons des questions suite à la... Mme la
ministre.
Mme Duranceau : Oui. J'aimerais
référer à Me Simard, s'il vous plaît, qui va pouvoir préciser pourquoi,
juridiquement, on va avec... on souhaite demeurer avec la solution qu'on
propose.
Le Président (M. Schneeberger) : Parfait.
Alors, Me Simard, vous avez la parole.
M. Simard (Patrick) : Merci, M. le
Président. Alors, j'apprécie votre souci quant à la surcharge de travail du
TAL, parce qu'effectivement on est très sollicités, vous avez raison.
Ceci étant,
cette modalité-là qui est proposée aujourd'hui, de rendre tout simplement
l'avis de nullité absolue... nul de
nullité absolue parce qu'il ne contiendrait pas un des éléments prévus, ne se
retrouve pas dans les autres avis, par ailleurs, du Code civil, notamment en
matière d'éviction, en matière de reprise non plus. Ce serait un cas particulier
qui, malheureusement, à mon sens, enlève toute la latitude au tribunal pour
agir devant les cas de bonne foi.
Par exemple, quelqu'un pourrait avoir fait une
erreur de bonne foi qui n'est pas visée par un élément de dol, c'est-à-dire de
fraude ou d'intention malveillante. Il s'est simplement trompé, alors que le
locataire n'en subit pas nécessairement de préjudice. Parce que c'est ça,
l'analyse que le tribunal en fait. Donc, est-ce qu'il y a vraiment un
préjudice? Est-ce qu'il y a eu une intention également?
Donc, dans ce cas-là, je pense que laisser la
marge de manoeuvre aux situations, qui sont aussi nombreuses que notre imagination nous le permet, donne, je
pense, plus de flexibilité d'intervention, dans la mesure où on connaît clairement
l'intention du législateur de rendre obligatoire le contenu des avis, mais de
voir, dans les cas qui nous sont présentés,
qu'est-ce qui mérite une intervention aussi importante, aussi loin que de
déclarer nul de nullité absolue l'avis, plutôt que d'en déclarer simplement une partie, par exemple, inopposable
ou d'avoir cette discussion-là avec les parties devant le juge pour voir
quels sont les éléments de reproche, quels sont les éléments de préjudice qui
ont pu être amenés au locataire, pour finalement trancher en fonction du cas
qui est présenté devant nous plutôt que d'avoir une obligation pour le tribunal à la fois... où on constate, tout
simplement, un élément qui manque. Il pourrait manquer un mot pour dire que... si je vais jusque dans l'absurde,
là, et d'arriver à la simple conclusion : Bon, il n'est pas conforme, je
le déclare nul, ce qui voudrait dire
que tous les changements proposés ne seraient pas... ne seraient pas possibles
d'être envisagés.
Donc,
je pense que de laisser la latitude, comme on l'a fait dans le passé à la fois
dans le PL n° 16, à la première législature, à la fois
dans celui-ci, de laisser la latitude au tribunal d'intervenir au bon moment
avec les bons moyens, c'est ce que le
législateur nous donne aujourd'hui par le projet de loi n° 31, notamment.
Donc, je pense qu'il faut continuer en ce sens-là. C'est ma proposition
que je soumets au député.
Le Président (M. Schneeberger) : Merci
pour vos commentaires, maître. Député de Laurier-Dorion.
M. Fontecilla : Pour bien comprendre,
M. le Président, si je comprends... si j'entends l'ensemble de cette
discussion-là, j'en déduis que la ministre, tout d'abord, stipule la nécessité
de traduire concrètement, dans un avis d'augmentation de loyer ou de
modification d'une autre condition de bail, le contenu de l'article 1945
et 1947 sans stipuler c'est quoi, la... comment dire, la formulation... la
formulation finale, là, c'est-à-dire les trois options.
D'autre part, la ministre renvoie à un règlement
qui est déjà en cours d'écriture, si je comprends les propos qui ont été tenus
ici, là, à un règlement cette obligation-là. Donc, je comprends que, dans le
règlement, il va y avoir l'obligation faite par le gouvernement au locateur de
définir très clairement les trois... les trois options en termes de contenu, si je comprends bien. Et ce règlement-là
ne fera pas... ne rendra pas cette disposition-là, c'est-à-dire les trois
options... ne la rendra pas
obligatoire dans l'absolu, mais, en cas de litige, ça va être laissé au
discernement du Tribunal administratif du logement, là, le fait de
décider s'il y avait bonne foi ou mauvaise foi dans la transmission du contenu
contenant les trois... les trois options de l'avis d'augmentation de loyer et
de modification d'une autre condition de bail.
Est-ce que...
Donc, je reviens sur la question du règlement. Je comprends bien qu'il va y
avoir spécifiquement des indications pour faire en sorte que les avis
d'augmentation contiennent les trois options au moins. C'est ce que j'ai
cru comprendre.
Le Président (M. Schneeberger) : Est-ce
que nous avons une réponse? Mme la ministre.
Mme Duranceau : Oui, c'est oui.
Le Président (M. Schneeberger) : Ça
va?
M. Fontecilla : Je n'ai pas d'autre
intervention, M. le Président.
Le
Président (M. Schneeberger) : Parfait. Alors, s'il n'y a pas d'autre question,
nous allons mettre aux voix le sous-amendement déposé par le député de
Laurier-Dorion. Est-ce que le sous-amendement est...
M. Fontecilla : ...
Le Président (M. Schneeberger) : Par
appel nominal. M. le secrétaire.
Le Secrétaire : Pour, contre,
abstention. M. Fontecilla (Laurier-Dorion)?
M. Fontecilla : Pour.
Le Secrétaire : Mme Duranceau
(Bertrand)?
Mme Duranceau : Contre.
Le Secrétaire : Mme Jeannotte
(Labelle)?
Mme Jeannotte : Contre.
Le Secrétaire : M. Rivest
(Côte-du-Sud)?
M. Rivest : Contre.
Le Secrétaire : M. Gagnon
(Jonquière)?
M. Gagnon : Contre.
Le Secrétaire : M. Girard
(Lac-Saint-Jean)?
M. Girard (Lac-Saint-Jean) : Contre.
Le Secrétaire : Mme Prass
(D'Arcy-McGee)?
Mme Prass : Abstention.
Le
Secrétaire : M. Schneeberger
(Drummond—Bois-Francs)?
Le Président (M. Schneeberger) : Abstention.
Alors, le sous-amendement est rejeté. Nous revenons à l'amendement
original. Est-ce qu'il y a des commentaires, questions? Alors, s'il n'y a pas
de commentaire, question, est-ce que le sous-amendement qui introduit
l'article 0.5.1 est adopté?
Des voix : Adopté.
Le Président (M. Schneeberger) : Adopté.
Alors, maintenant, nous allons
poursuivre sur une série d'articles qui avaient été suspendus. Alors,
nous commençons par le 1.1.2.
Mme
Duranceau : Ça avait été lu, ça, j'imagine.
Le Président (M.
Schneeberger) : Comment?
Mme
Duranceau : Non, c'est beau.
• (10 h 50) •
Le Président (M. Schneeberger) : Oui,
bien, moi, je pense que... Étant donné que ça fait quand même plusieurs
semaines, je vous inviterais à relire l'article en question.
Mme
Duranceau : OK. C'est le député de Laurier-Dorion... 1.1.2, 1.1.4,
1.1.5.
Le Président (M.
Schneeberger) : Souhaitez-vous qu'on suspende quelques instants ou...
Une voix :
...
Le Président (M.
Schneeberger) : C'est 1.1.2.
Des voix :
...
Le Président (M.
Schneeberger) : Nous allons suspendre quelques instants.
(Suspension de la séance à
10 h 51)
(Reprise à 10 h 52)
Le Président (M. Schneeberger) : Alors,
nous reprenons. Alors, député de Laurier-Dorion, excusez-moi, je ne savais pas que c'était vous qui aviez déposé cet
article. Ce n'est pas mentionné. Alors, je vous laisse lire votre amendement.
M. Fontecilla :
Merci, M. le Président. Donc,
nous allons aborder un élément important, là, c'est la protection des
locataires aînés. C'est l'article 1.1.2. Donc, il s'agit d'insérer, après
l'article 1 du projet de loi, le suivant :
1.1.2.
L'article 1959.1 de ce code est modifié par le remplacement :
1° au premier alinéa,
de «70 ans» par «65 ans»;
2° au premier
paragraphe du deuxième alinéa, de «70 ans» par «65 ans»;
3° au deuxième
paragraphe du deuxième alinéa, de «70 ans» par «65 ans»;
4°
au troisième paragraphe du deuxième alinéa, après «âgé de», de «70 ans»
par «65 ans» et, après «de moins de», «70 ans» par
«65 ans».
L'article 1959.1,
tel qu'amendé, se lirait ainsi :
«1959.1.
Le locateur ne peut reprendre un logement ou en évincer un locataire lorsque ce
dernier ou son conjoint, au moment de la reprise ou de l'éviction, est
âgé de 65 ans ou plus, occupe le logement depuis au moins dix ans et
a un revenu égal ou inférieur au revenu
maximal lui permettant d'être admissible à un logement à loyer modique selon le
Règlement sur l'attribution des logements à loyer modique
(chapitre S-8, r. 1).
«Il peut toutefois
reprendre le logement dans l'une ou l'autre des situations suivantes :
«1° il est lui-même
âgé de 65 ans ou plus et souhaite reprendre le logement pour s'y loger;
«2° le bénéficiaire
de la reprise est âgé de 65 ans ou plus;
«3°
il est un propriétaire occupant âgé de 65 ans ou plus et souhaite loger, dans
le même immeuble que lui, un bénéficiaire âgé de moins de 65 ans.»
Donc, M. le
Président, on saura que... On va se rappeler que l'article 1959.1 est
aussi connu comme la loi Françoise David parce que c'est elle qui l'a négocié
dans une autre législature. C'était un projet d'une députée d'opposition, et qui visait à, justement, mieux
protéger les locataires aînés, qui constituent une population particulièrement
vulnérable pour les locateurs qui procèdent à des évictions, souvent des
évictions qui sont plus ou moins... plus ou moins
conformes à la législation. Donc, c'est une population qui est facilement... on
peut intimider plus facilement, qui connaissent moins leurs droits, qui
sont moins aptes à... qui sont moins portés à défendre leurs droits, à aller se
renseigner, font plus confiance à des figures d'autorité comme un propriétaire.
Donc,
il était devenu évident que... Dans un contexte de crise du logement et de
multiplication des procédures d'éviction, il était devenu évident qu'il
était plus nécessaire que jamais de protéger davantage les locataires aînés. Aujourd'hui, avec l'approfondissement, comment
dire, ou l'élargissement de la crise du logement, il est devenu nécessaire
d'effectuer un autre tour de vis, si je puis m'exprimer ainsi, à cette
législation-là pour mieux protéger les locataires aînés, qui, souvent, sont les victimes d'avis de la part de locateurs
peu scrupuleux. Dans ce sens-là, on propose de baisser le seuil d'âge à partir duquel on peut appliquer
cette protection-là, tel que spécifié dans l'article 1959.1, de 70 ans à
65 ans.
D'ailleurs, on peut... on peut aisément se
questionner sur la norme de 70 ans. Pourquoi 70 ans? Pourquoi pas 80 ans,
pourquoi pas 69 ans, etc.? Il a été décidé, au moment de l'adoption de
l'article 1959.1, que 70 ans, c'était une norme acceptable, mais toutefois
on peut se... Dans une situation d'épidémie des procédures d'éviction, le 70
ans est loin d'être suffisant. Il est... il est temps d'abaisser cette norme-là
à 65 ans ou plus. Et, 65 ans, pourquoi 65 ans? Parce qu'il est admis qu'au Québec, en tout cas... Parce que 65 ans...
Il y a un seuil dans la vie d'une personne, c'est le seuil à partir... c'est l'âge à partir de laquelle
on prend notre retraite. C'est notre... C'est un seuil qui est communément
admis. On passe d'une catégorie de personnes qui travaillent, qui est dans la
population active, à un statut de retraité.
Donc, en
quelque sorte, le 65 ans, si... pour une personne à... une personne aînée,
c'est ce que le 18 ans représente pour une personne jeune. C'est un
seuil défini par les lois. À partir de 18 ans, on devient majeur et, à partir
de 65 ans, on devient retraité. Donc, le 70
ans est, en quelque sorte, arbitraire. Et, dans le contexte actuel, encore une
fois, d'épidémie des procédures d'éviction, il est nécessaire d'étendre
ce critère-là à... de le baisser à 65 ans. Et c'est une demande largement partagée par l'ensemble des
regroupements de personnes aînées, par l'ensemble des organismes qui s'occupent
de défendre les droits des locataires et par toute une série
d'organisations dans la société, qui considèrent que 70 ans est arbitraire et
que, dans le contexte actuel, on doit davantage protéger les aînés contre les
procédures d'éviction et remettre à
65 ans l'âge à partir duquel... de laquelle on peut... on peut être
protégé par l'article 1959.1. Voilà, M. le Président.
Le
Président (M. Schneeberger) : Merci pour vos explications. Est-ce que nous avons
des questions, commentaires sur l'amendement? Député des Îles-de-la-Madeleine.
Bonjour.
M. Arseneau : Si vous permettez, M.
le Président, je pense qu'ici on a un genre de moment de vérité, là. Si on veut
véritablement que le projet de loi n° 31 apporte un bénéfice à des gens
qui sont parmi les plus vulnérables, c'est
le moment d'agir. C'est le moment d'agir pour les personnes aînées. Je pense
qu'une amélioration de cet article-là, qui avait déjà été adopté à
70 ans, donc, abaisser l'âge à 65 ans, il y a d'autres amendements
qui s'en viennent, du même genre, ça peut effectivement faire une différence.
Ça peut nous permettre d'éviter des évictions aux gens qui, souvent, n'ont pas
la capacité, n'ont pas les compétences, n'ont pas la volonté, parfois pas la
santé, pas les moyens de se défendre face à des procédures d'éviction.
Et, M. le député de Laurier-Dorion l'a fort bien
expliqué, l'âge de la retraite, selon les régimes des rentes et selon les
pensions fédérales, c'est 65 ans. Et, entre 65 ans et 70 ans,
que se passe-t-il de différent? Lorsqu'on est retraité, lorsqu'on a un revenu,
là, selon les barèmes actuels, là, qui nous permettent d'être admissibles à un
logement à loyer modique, que peut-il se passer de différent entre 65 ans
et 70 ans? En fait, la seule chose, c'est qu'on devient plus vulnérable,
mais on l'est autant à 65 ans qu'on l'est à 70 ans. C'est la raison pour
laquelle je pense que...
Ce qui a changé aujourd'hui, c'est que le
marché, à l'heure actuelle, est extrêmement défavorable aux locataires et que
les locataires les plus vulnérables sont susceptibles d'être la cible
d'éviction. Et on le voit de façon régulière dans les médias, pour ceux qui
osent dénoncer. On nous dira que ça peut paraître anecdotique. Moi, je mettrais au défi l'État du Québec de faire une
recension de ce qui se passe véritablement. Entre le moment où on a adopté
l'article original, là, sur les 70 ans et aujourd'hui, la situation s'est
dégradée sur le plan de l'accès à un loyer et par rapport à la crise du
logement.
• (11 heures) •
Donc, si on veut véritablement faire la
différence aujourd'hui, au moins pour une catégorie de la population,
c'est-à-dire les personnes aînées, si on veut faire vraiment une différence,
serrer la vis, donc, abaisser l'âge minimal, puis je pense qu'on peut faire
autre chose aussi, c'est-à-dire, la durée du bail, là, antérieur à la procédure
d'éviction, donc, réduire de 10 à cinq ans — on y reviendra tout à l'heure — je
pense que c'est le geste à... le geste à poser. Et je vois mal comment on peut, aujourd'hui, dans la situation actuelle, dire
qu'on est impuissants, comme législateurs, à agir. On a la capacité
d'agir. On a l'occasion d'agir. On a un projet de loi ici. Il y a un amendement
qui est proposé. C'est notre responsabilité, devant ces gens-là, d'agir avec
bienveillance, avec détermination, avec conviction aussi pour améliorer leur
sort.
Alors, M. le
Président, j'ose espérer que la réponse de la ministre... Elle a eu amplement
le temps d'y réfléchir pendant les
dernières semaines. On a suspendu l'article pendant combien de temps? Deux
mois? J'espère que la réflexion va nous permettre d'avancer de façon
déterminée et résolue pour protéger les gens qui sont les plus vulnérables face
à la crise du logement actuellement, les locataires et les locataires aînés.
Le Président (M. Schneeberger) : Merci
pour les commentaires. Députée de D'Arcy-McGee.
Mme
Prass : Un autre élément pour encourager que l'âge soit
65 ans et non 70 ans, récemment, on a appris que, quand une personne
est frappée d'invalidité, est reconnue invalide après un processus, le régime
des rentes du Québec, une fois que la personne arrive à son 65e
anniversaire... est punie, parce que leurs prestations sont réduites de
24 %, vu qu'elle a touché des
prestations d'invalidité entre 60 et 65 ans. Donc, on ne parle pas
seulement de personnes qui sont aînées, ici, mais des personnes qui sont
invalides.
Et, comme, présentement,
il y a plusieurs qui sont touchés par cet élément qui fait en sorte qu'il y a
presque un quart de leurs prestations qui sont réduites annuellement, il serait
d'autant plus important que ces gens-là aient, justement, une protection qui
fait en sorte que ce n'est pas parce qu'ils se rendent à 65 ans, et là leur
prestation est réduite, qu'ils sont dans une
situation où, peut-être, leurs logements... leur accès au logement dans
lequel ils sont n'est plus protégé.
Donc, je pense que, la question de 65 ans,
il y a plusieurs éléments qui font en sorte que ça fait du sens qu'on le réduise à cet âge-là, d'autant plus, comme j'ai
dit, qu'on parle spécifiquement, dans ce cas-là, des 65 ans et plus qui sont
considérés... qui reçoivent des prestations d'invalidité. Donc, il ne faudrait
surtout pas qu'eux soient pénalisés une deuxième fois. Donc, je joins ma voix à
celle de mes collègues dans ce sens.
Le Président (M. Schneeberger) : Merci
beaucoup. Est-ce qu'il y a des commentaires? Mme la ministre.
Mme Duranceau : ...M. le Président.
Alors là, ici, on parle de l'âge, là, de faire passer l'âge de 70 à
65 ans. Je tiens d'abord à dire que je suis préoccupée par les situations
d'éviction, qu'elles visent des gens en bas de 65, en bas de 70 ou en haut de 70 ans. Pour moi, c'était clair qu'il
fallait agir à cet égard-là. Puis c'est ce qu'il fait, le projet de loi, hein?
Au niveau des évictions, on vient renverser le fardeau de la preuve. Ça va être
au propriétaire... Quand on dit : Les personnes aînées vont avoir plus de
difficultés à se défendre, bien, c'est justement ce à quoi on vient répondre.
On dit : Ça va être le propriétaire qui va devoir faire la preuve de sa
bonne foi, s'il reprend le logement, et non plus le locataire. Si un locataire
n'accepte pas l'éviction ou s'il n'y répond pas, il ne sera plus présumé avoir
consenti à l'éviction. Le locateur devra aller s'adresser au tribunal pour
pouvoir reprendre le logement. Ça fait qu'on vient changer, là, la façon de faire. On vient changer le fardeau de la preuve
puis on vient mettre ça sur le dos des propriétaires, puis tout ça dans
le but de protéger, justement, les gens qui sont les plus démunis.
On vient aussi, avec le projet de loi, fixer des
indemnités minimales qui sont beaucoup plus importantes qu'avant, qui vont
tenir compte du nombre d'années en logement. Alors, c'était clair, pour moi,
qu'il fallait agir, puis c'est de cette façon-là qu'on agit au niveau des
évictions, et peu importe l'âge, là, du locataire en question.
Je pense que, là, ici, on parle beaucoup... on
parle beaucoup de l'âge, mais il ne faut pas non plus confondre les personnes
âgées vulnérables puis l'âge de la retraite. Tu sais, c'est quand même deux
choses. 65 ans, ça arrive vite. Il y a
bien des gens qui ne sont pas vulnérables à 65 ans. Donc, on vient
protéger les gens qui le sont avec les mesures d'éviction, puis c'est
par là qu'on... c'est par là qu'on agit, M. le Président. Alors, moi, c'est la
précision que je voulais donner, là, sur le débat quant à l'âge.
Le
Président (M. Schneeberger) : Merci pour les commentaires. Est-ce que nous avons
d'autres... Député de Laurier-Dorion.
M. Fontecilla : Il est important
de... Évidemment, là, ce n'est pas toutes les personnes de 65 ans et plus
qui sont extrêmement vulnérables, mais la ministre n'est pas sans savoir que,
de façon générale, plus on avance en âge, et ça dépend de chaque cas
particulier, là, mais plus on... il y a plus de fragilité, plus d'insécurité,
justifiée ou pas, et plus de vulnérabilité. Et donc c'est au cours de ce qu'on
a déjà appelé le troisième âge, là, qu'on retrouve plus de possibilités pour
effectuer des abus de personnes, de personnes aînées. D'ailleurs, ce n'est pas
un hasard si plusieurs personnes de très mauvaise foi se concentrent sur cette
population-là pour, justement, profiter des personnes aînées. Heureusement, il
y a toujours des personnes qui sont très réveillées et réussissent à exercer
leurs droits.
Ceci étant dit, il faut se rappeler également
qu'il n'y a qu'une faible minorité des locataires, peu importe l'âge, des
jeunes et des moins jeunes, qui utilisent le Tribunal administratif du logement,
pour différentes raisons, soit parce qu'ils ne connaissent pas leurs recours,
soit parce qu'ils ne veulent pas de problème, soit parce qu'ils craignent des
procédures qu'ils considèrent trop complexes, judiciaires, etc., là, bref, tout
un ensemble de raisons qui font en sorte que
seulement, en moyenne, 6 % des locataires, 6 % utilisent le Tribunal administratif du logement pour faire respecter leurs droits. Et ce
pourcentage-là doit sans doute diminuer au fur et à mesure qu'on avance en âge,
là.
Et il faut
aussi considérer, et c'est important de se rappeler, là, les préjudices très
importants, pour les personnes aînées, d'une procédure d'éviction, qu'elle soit
justifiée ou pas. Ce n'est pas parce qu'une procédure d'éviction est
justifiée et elle est faite conformément aux lois existantes que cela ne
suscite pas un préjudice, un grand préjudice aux personnes aînées. Le fait
d'abandonner un logement, pour n'importe qui, ça peut être, surtout pour les
personnes qui ont vécu longtemps dans un
logement et dans un milieu, dans une communauté... peut être un événement
traumatisant qui provoque une détresse importante, et en particulier
pour une personne aînée, et par surcroît si elle est à faibles revenus.
Souvent, ces personnes-là, et on va y revenir dans un autre amendement, paient
des loyers moins élevés, ce qui leur permet d'avoir un meilleur niveau de vie,
justement, parce que les personnes aînées, de façon très générale, et on peut
toujours trouver toutes sortes d'exceptions, mais demeurent plus longtemps dans
un logement.
Et le fait d'être évincé, de devoir déménager
provoque non seulement une détresse économique, parce que la personne devra sans doute se reloger dans un
logement qui est beaucoup plus cher, selon le marché actuel, donc, ça provoque
un appauvrissement important de ces personnes-là, un niveau d'anxiété élevé...
Parce que chercher un appartement qui
correspond à nos besoins et qui correspond à notre capacité de payer, dans le
marché actuel, est une source de stress extrême pour n'importe... pour
quiconque, mais en particulier pour une personne aînée.
• (11 h 10) •
Et donc
les... Et le fait, le seul fait de s'installer et d'arriver à trouver quelque
chose de convenable, sans doute à un prix majoré, dans un autre
milieu... Parce que trouver un appartement dans le même quartier, pour une
personne aînée qui
vient d'être évincée, c'est pratiquement impossible. Ces personnes-là doivent
s'exiler dans un autre quartier, dans un autre milieu. Donc, ils
perdent... Ces personnes-là perdent leurs repères personnels et sont, en
quelque sorte, déracinées d'un milieu où ils
ont... ces personnes-là ont réussi à créer des relations et à trouver un
réseau, un réseau soit d'amitié ou soit d'organismes communautaires, un
réseau sociocommunautaire, là, qui les satisfait, qui les rassure, qui leur vient en aide, là, au besoin, là. Ces
personnes-là doivent s'exiler, se déraciner dans un autre milieu et s'y
habituer, ce qui comporte aussi des pertes importantes en termes de
repères... Oui.
Le Président (M. Schneeberger) : Je
m'excuse. Vous êtes dans votre envolée verbale, mais ça fait déjà plusieurs
secondes que votre temps est dépassé, puis
là j'essaie de vous laisser finir, mais vous n'arrêtez plus. Alors, je me dois
de vous arrêter.
M.
Fontecilla : Donc, j'ai dépassé mon 20 minutes, moi?
Le Président (M.
Schneeberger) : Comment?
M.
Fontecilla : J'ai dépassé mon 20 minutes?
Le Président (M.
Schneeberger) : Oui.
M.
Fontecilla : Très bien.
Le Président (M. Schneeberger) : Parce
que le temps était accumulé depuis l'automne, là, sur l'amendement.
M.
Fontecilla : Ah!
Le Président (M. Schneeberger) : Bien
oui, on n'a pas oublié, nous. Alors, je n'ai pas le choix, il faut que je fasse
respecter les règles. Voilà. D'autres commentaires? Député des
Îles-de-la-Madeleine.
M. Arseneau :
Oui. Je suis surpris de la réponse de la ministre. Je pensais que le
premier ministre avait dit qu'on voulait ébranler le statu quo, que c'était la
volonté de le faire au cours des prochains mois, et là la ministre nous
dit : Non, non, le statu quo nous convient fort bien.
Il y a une crise du
logement. Il y a des personnes qui se voient évincées. Il y a des personnes
plus vulnérables qui sont dans des
situations intolérables. On pourrait, on a l'occasion d'augmenter le facteur de
protection de l'État envers ces
personnes les plus vulnérables puis on dit : Non, on ne procédera pas,
parce que, dans un autre article, on renverse le fardeau de la preuve
sur le locateur. Or, si on suit la logique, pourquoi ne pas tout simplement
enlever le facteur d'âge, 70 ans?
Pourquoi le facteur d'âge? Et puis, ça, j'aimerais entendre la ministre
là-dessus. Pourquoi le facteur d'âge, parce que c'est de ça qu'il
s'agit, pourquoi le statu quo sur le facteur d'âge, qui est complètement
arbitraire, à 70 ans et non pas à
65 ans, alors qu'on sait très bien que l'âge régulier de la retraite au
Québec, là, c'est reconnu par tous, je pense qu'on n'a pas besoin de
faire une longue démonstration là-dessus, c'est 65 ans?
Et, à partir de
65 ans, si on est admissible au revenu... au logement à loyer modique,
selon le Règlement sur l'attribution des
logements à loyer modique, ça veut dire qu'on n'a pas un gros salaire. Ça veut
dire qu'essentiellement, là, on n'a pas atteint le plafond, on est sous le
plafond du revenu déterminant... — comment on appelle ça? — le
seuil des besoins impérieux. Si les mots ont un sens, les besoins impérieux,
là, ça, ça veut dire période de... la pyramide de Maslow. Ça veut dire qu'il
faut être en sécurité, ce qui induit aussi avoir un toit puis pouvoir se
nourrir, besoins essentiels, donc, qu'on a
un revenu qui nous permet de combler nos besoins essentiels. On a 65 ans,
on a atteint l'âge de la retraite et on a vraisemblablement un revenu
qui est non seulement limité, mais une capacité d'augmenter notre rémunération
et notre revenu qui est nulle ou extrêmement faible.
Donc là, on fait face
à une procédure d'éviction, de reprise de logement. Si l'État ne nous protège
pas, si le fardeau de la preuve, qui repose
sur le locataire, est admis et qu'il a une raison qui est reconnue, selon la
loi, conforme, bien, on va avoir ces gens de 65 ans et plus qui se
trouvent dans l'obligation, en pleine crise du logement, de se trouver un
nouveau toit. Nécessairement, avec l'évolution des loyers telle qu'on le voit
depuis quelques années, cette personne-là, 65 ans et plus, un revenu qui
lui permet de répondre à ses besoins impérieux, y compris le loyer actuel, va
devoir, nécessairement, se trouver un loyer, et, souhaite-t-on, dans la même
région ou dans le même quartier qu'elle habite, avec peut-être son conjoint, sa
conjointe, peu importe. À ce moment-là, il est évident, je pense qu'on peut le dire, que cette personne-là devra payer
plus cher pour se trouver un nouveau logement. C'est précisément l'intention
du législateur, à l'époque où on a fixé l'âge de 70 ans, c'est précisément
la raison pour laquelle on a décidé d'ajouter au
Code civil cet alinéa, cet amendement pour protéger ces personnes vulnérables à
une période qu'on ne qualifiait pas, à l'époque, de crise du logement,
dans un contexte qui était beaucoup plus favorable.
Alors,
moi, j'aimerais quand même comprendre, de la part du ministre, comment elle
peut justifier aujourd'hui, avec un projet de loi qui nous permet
d'améliorer la protection des personnes les plus vulnérables... Comment est-ce qu'on peut dire que 70 ans, ça fonctionne,
puis 65 ans, ça ne fonctionne pas? Quelle est la différence entre la
personne qu'on veut protéger à 70 ans et la personne qu'on veut
protéger à 65 ans, compte tenu de la capacité de cette personne-là, qui a
atteint l'âge de la retraite, de se payer un loyer plus cher,
vraisemblablement, suite à une éviction?
Le Président (M. Schneeberger) : Merci,
M. le député des Îles-de-la-Madeleine. Mme la ministre.
Mme
Duranceau : Oui, bien, écoutez, M. le Président, je le sais,
que la situation est difficile pour plusieurs... plusieurs Québécois,
plusieurs Québécoises, peu importe l'âge. L'objectif, dans le contexte actuel,
c'est vraiment d'augmenter l'offre de
logements pour que tous les Québécois puissent se loger convenablement,
d'augmenter l'offre de logements hors
marché pour avoir des loyers qui seront... qui seront abordables, justement,
pour les Québécois les plus vulnérables.
Le projet de
loi, évidemment, ne vise pas ça, là. Le projet de loi vient modifier certaines
règles pour l'équilibre locataire-locateur.
En matière d'éviction, je pense qu'on a adopté des bonnes mesures déjà, puis
c'est de cette façon-là qu'on va aider les Québécois à être mieux
protégés.
Encore une fois, là, le débat sur 70,
65 ans... Oui, 65 ans, c'est l'âge de la retraite, mais ce n'est pas
parce que c'est l'âge de la retraite que
tout le monde devient soudainement plus vulnérable. On protège les gens avec la
mesure sur l'éviction, sur le
renversement du fardeau de la preuve, sur des compensations qui sont plus
respectueuses et plus importantes. Donc, c'est de cette façon-là qu'on
vise à protéger les gens plus vulnérables.
Le Président (M. Schneeberger) : Merci.
Député des...
M. Arseneau : ...
Le Président (M. Schneeberger) : Oui,
vous avez encore du temps.
M. Arseneau : ...pas qu'est-ce que
j'avais d'accumulé avant, là.
Le Président (M. Schneeberger) : Bien
là, je ne l'ai pas sous les yeux parce que les chronos... Mais allez-y.
M. Arseneau : Bien, donc, si vous me
donnez la parole, M. le Président, j'aimerais revenir sur la question d'augmenter l'offre de logements. On est tous
d'accord. On est tous d'accord aussi qu'avec les programmes qui ont été
mis en place ce n'est pas pour demain, là, puis que la loi, le projet de loi n° 31, là, il ne touche pas à ça, puis qu'un plan du gouvernement pour augmenter le nombre de
logements pour les personnes vulnérables, pour les personnes qui ont besoin d'un logement... Ce n'est pas demain la
veille qu'on va résorber le déficit. Alors là, ce n'est pas de ça qu'on parle. On parle de la protection des locataires,
notamment. En tout cas, nous, on veut parler de la protection des locataires, des
locataires les plus vulnérables, en période de crise du logement.
On a l'occasion, avec un projet législatif,
d'améliorer la protection des gens les plus vulnérables. On nous dit :
Tout le monde va être protégé également parce que le fardeau de la preuve est
renversé sur la question des évictions.
Nous, ce n'est pas le débat qu'on fait aujourd'hui. Le débat qu'on fait, c'est
sur l'âge des gens qui sont davantage protégés par l'État, et on n'a pas
fait la preuve qu'à 70 ans on avait davantage protection... besoin de
protection que 65 ans. Mais ce dont on a fait la preuve, c'est que la
situation, au moment de l'adoption de l'amendement au Code civil pour protéger
les gens de 70 ans, le contexte de l'époque... Et le contexte
d'aujourd'hui, il est complètement différent, M. le Président. On ne parlait
pas, à ce moment-là, d'une crise du logement et on s'est donné la mission,
comme législateurs, de protéger les gens qui étaient à la retraite puis qui
avaient un revenu qui leur permet à peine de combler leurs besoins impérieux.
• (11 h 20) •
Aujourd'hui, on est dans une crise historique,
jamais vue, les gens se font jeter dehors par leurs propriétaires, sans défense, et on dit : Bien non,
suffisamment protégés, ces gens-là, on n'ira pas plus loin, 70 ans, c'est
correct, 65 ans, non, non, ils ont encore l'option de se battre
jusqu'à 70 ans, de trouver autre chose.
Nous, ce qu'on demande au gouvernement, c'est de
faire la preuve qu'on peut faire davantage. C'est une police d'assurance, ce projet de loi là, cet article-là, là,
70 ans. On est bien conscients que tous les gens au Québec qui ont
70 ans et plus qui occupent un loyer ne vont pas se faire évincer. Mais,
lorsque la procédure est entreprise, les conséquences financières, les
conséquences sur le plan de la santé mentale et qui, éventuellement, découlent
sur la santé physique, sur la détresse psychologique, elles sont évidentes et
sont documentées. Elles sont tout aussi grandes lorsqu'on a 70 ans que
lorsqu'on a 65 ans ou 68 ans, surtout lorsqu'on s'adresse à une
clientèle qui, par un autre critère, définit
qu'elles n'ont pas de grands moyens puis qu'elles n'ont pas non plus la
capacité d'augmenter leurs revenus pour faire face à une hausse de loyer
parce qu'on aura décidé qu'elles doivent déménager. C'est simplement ça, le
plaidoyer qu'on veut faire.
Donc, encore une fois, je ne comprends pas
pourquoi cette fermeture à améliorer la protection de l'État face à des gens
qui ont un faible revenu, qui ont atteint l'âge de la retraite, qui se voient contraints
de déménager, qui se voient mettre à la rue.
Et, malgré l'article dont on parle sur le
fardeau de la preuve, ce n'est pas suffisant, parce qu'à ce compte-là, je
répète, a contrario, on pourrait dire qu'on fait sauter l'article de
70 ans parce qu'à partir de ce moment-là l'article, la modification amenée par la ministre va être
d'une telle efficacité que, peu importe l'âge, tout le monde est protégé, ce qui
est faux, et je pense que la ministre le sait pertinemment. Si on a décidé de
conserver le facteur 70, c'est parce qu'il
y a encore des gens qui vont se trouver à la rue à partir de 70 ans et
plus et qui vont être dans le trouble, qui vont devoir payer plus cher
pour un loyer dont ils n'ont pas les moyens.
Alors, ce qu'on dit, c'est : La catégorie
de ces gens-là, bien, elle ne commence pas à 70 ans, elle commence à 65 ans. Et, tout simplement, pourquoi on le
fait aujourd'hui? Parce que la situation a changé. On jugeait, comme législateurs, comme gouvernement, comme Québécois,
qu'on avait un devoir envers ces gens-là qui ont bâti le Québec puis qui se retrouvent
dans une position financière précaire, qui se voient mettre à la rue, et on a
fixé, à ce moment-là, dans les
conditions du marché, que 70 ans, c'était un âge à partir duquel il
fallait que l'État intervienne. Notre plaidoyer aujourd'hui, c'est de dire que
la situation a changé, pas pour le mieux, de façon très négative pour ces
gens-là, pour les gens qui ont atteint l'âge de la retraite, et qui ont
un faible revenu, et qui n'ont pas d'autre alternative. Sinon, ils déménageraient par eux-mêmes. Si les alternatives
étaient si extraordinaires pour ces gens-là, bien, ils déménageraient par eux-mêmes. On n'attendrait pas l'éviction.
Nécessairement, leur situation, leur bien-être va se dégrader. Protégeons-les, protégeons-les,
et on peut le faire simplement par l'adoption de cet amendement qui est proposé
par mon collègue de Laurier-Dorion.
Le
Président (M. Schneeberger) : Merci. Député de... Vous souhaitez intervenir?
Non? Députée de D'Arcy-McGee.
Mme Prass : ...la ministre nous
parle des éléments d'éviction qui ont été... qui sont en place dans le projet
de loi. Par contre, je ne vois pas pourquoi on ne peut pas avoir un élément
parmi d'autres qui vient renforcer, justement, cette protection d'une
population qui est plus vulnérable.
Les aînés, ça se peut que, par exemple, il y ait
une certaine discrimination contre eux quand ils vont aller chercher un nouveau
logement. Il y a plusieurs éléments qui font en sorte que leur situation peut
être différente que celle d'autres personnes. Et il faut prendre tout ça en
considération, parce que, comme on dit, on vit une crise du logement, on vit
l'inflation, on vit des situations qui n'étaient pas présentes auparavant, et
il faut s'assurer que nos plus
vulnérables... Et ce n'est pas tout le monde de 65 ans qui est considéré
vulnérable, mais il y en a plusieurs qui peuvent l'être, et il faut
penser à ces gens-là. Et ce n'est pas parce qu'on a mis une mesure en place,
qui est une mesure un petit peu parapluie,
si vous voulez, qui touche toutes les tranches d'âge, tous les individus... et
ne pas s'assurer, comme ça a été fait
dans le passé pour les 70 ans et plus, qu'il y ait une considération et
une protection additionnelles pour les gens de 65 ans et plus.
Donc, personnellement, je ne vois pas la raison
pour laquelle on ne peut pas faire les deux. Justement, si le gouvernement est
convaincu qu'il veut vraiment protéger les locataires et les vulnérables, la
raison... Je ne vois pas pourquoi on ne mettrait pas les deux mesures en place
plutôt que dire : Bien, celui sur les évictions devrait les protéger
aussi, «devrait» étant entre guillemets, disons. Donc, encore une fois, une
population qui est vulnérable, qui peut être discriminée contre, quand ils vont
arriver au moment où ils doivent quitter leur logement, pour plusieurs raisons.
Donc, on pense que ça devrait être également mis de l'avant dans le projet de
loi.
Le Président (M. Schneeberger) : Merci
pour vos commentaires. D'autres commentaires? Alors, s'il n'y a pas d'autre
commentaire, nous allons mettre aux voix l'amendement déposé par le député de
Laurier-Dorion. Est-ce que l'amendement qui... Oui.
M. Fontecilla : ...par appel
nominal.
Le
Président (M. Schneeberger) : Vote nominal, oui. Alors, est-ce que l'amendement
qui introduit l'article... (panne de son).
Le Secrétaire : Pour, contre,
abstention. M. Fontecilla (Laurier-Dorion)?
M. Fontecilla : Pour.
Le Secrétaire : Mme Duranceau
(Bertrand)?
Mme Duranceau : Contre.
Le Secrétaire : Mme Jeannotte
(Labelle)?
Mme Jeannotte : Contre.
Le Secrétaire : M. Rivest
(Côte-du-Sud)?
M. Rivest : Contre.
Le Secrétaire : M. Gagnon
(Jonquière)?
M. Gagnon : Contre.
Le Secrétaire : M. Girard
(Lac-Saint-Jean)?
M. Girard (Lac-Saint-Jean) : Contre.
Le Secrétaire : Mme Prass
(D'Arcy-McGee)?
Mme Prass :
Pour.
Le Secrétaire : M. Schneeberger (Drummond—Bois-Francs)?
Le Président (M. Schneeberger) : Abstention.
Alors, l'amendement est... Oui, député de Laurier-Dorion.
M. Fontecilla : J'aimerais déposer
un autre amendement.
Le Président (M. Schneeberger) : Oui,
mais je veux juste finir, parce qu'il y a déjà d'autres amendements qui sont... que vous avez déposés aussi par la
suite, là. Alors, l'amendement est rejeté. Alors, M. le député de Laurier-Dorion,
vous souhaitez déposer un autre amendement sur le même article? Parce que vous
avez déjà un autre amendement aussi en lice qui était suspendu, qui était le
1.1.4.
M. Fontecilla : Sur le même sujet
qu'on vient de traiter, là. C'est sur l'âge. Il est envoyé.
Le Président (M. Schneeberger) : Oui.
Là, vous souhaitez déposer un autre amendement.
M. Fontecilla : Oui.
Le Président
(M. Schneeberger) : OK. Alors, par contre, il faut quand même que les
gens puissent en prendre connaissance. Je vais devoir suspendre
quelques... Mme la ministre.
Mme Duranceau : ...quelques minutes?
Le Président (M. Schneeberger) : Oui.
Nous allons suspendre quelques instants.
(Suspension de la séance à 11 h 27)
(Reprise à 11 h 30)
Le Président (M. Schneeberger) : Alors,
nous reprenons les travaux. Alors, M. le député de Laurier-Dorion souhaitait
amener un nouvel amendement. Alors, M. le député de Laurier-Dorion, je vous
écoute.
M. Fontecilla : Merci, M. le
Président. Donc, toujours en lien avec la question de l'âge à partir de
laquelle on est admissible à une protection
contre les évictions, c'est... l'article, c'est : Insérer, après l'article
1 du projet de loi, le suivant :
1.1.2.1. L'article 1959.1 de ce code est
modifié par le remplacement :
1° au premier alinéa, de «70 ans» par
«67 ans»;
2° au premier paragraphe du deuxième alinéa, de
«70 ans» par «67 ans»;
3° au deuxième paragraphe du deuxième alinéa, de
«70 ans» par «67 ans»;
4° au
troisième paragraphe du deuxième alinéa, après «âgé de», de «70 ans» par
«67 ans» et, après «de moins de», de «70 ans» par
«67 ans».
Est-ce que vous avez... Bon, je vais lire le reste,
là : L'article 1959.1...
Des voix : ...
M.
Fontecilla : Voilà. Donc, c'est ça. Avez-vous besoin que je
lise? Parce qu'on ne fait que changer «67» par... «70» par «67». Est-ce
que j'ai besoin de lire l'ensemble du texte?
Le
Président (M. Schneeberger) : ...je pense que le... C'est similaire à l'article
ou à l'amendement précédent, ça fait que, je pense, tout le monde avait
compris le... du but. Alors, là-dessus, on... C'est parfait.
M. Fontecilla : OK. J'ose apporter
cet... ce sous-amendement... cet amendement-là parce que peut-être que la
ministre veut... aurait, comment dire, une réticence à... au 65 ans, parce
que ça allonge de cinq ans le nombre d'années,
là, dans le... pour lesquelles les propriétaires... les locataires aînés
pourraient être protégés, ce qui fait quand même... ce qui pourrait concerner un très grand nombre de locataires. Et
donc, dans une tentative de réduire ce bassin d'éventuels locataires
protégés, j'ose avancer un 67 ans parce que, voilà, c'est deux ans de
moins et peut-être que ça pourrait faire réfléchir la ministre. On avait déjà
eu des discussions informelles par le passé, là, sur la notion de l'âge, et moi, je serais même prêt à accepter un
67 ans. Évidemment, ce n'est pas 65 comme je le voudrais et, encore une
fois, ça exclut un certain nombre de locataires, mais, à tout prendre,
67, c'est mieux que 70 ans.
Ceci étant
dit, M. le Président, j'aimerais revenir sur l'élément apporté par le
collègue des Îles-de-la-Madeleine, là, concernant la réponse de la ministre nous
disant que la modification apportée concernant le changement du fardeau
de la preuve en cas d'éviction est amplement suffisante pour régler ce type de
problème et de possibilité d'abus. Mais, si c'était... c'était le... c'était le cas, c'est
comme si on venait tout juste de trouver la formule magique pour éviter les abus,
alors que... C'est un pas dans la bonne direction, et je suis... je suis bien
d'accord avec cette disposition-là, mais c'est loin, c'est loin de régler l'ensemble des problèmes existants dans le
monde locatif, tout particulièrement concernant les évictions. J'espère que ça
va avoir un effet substantiel, mais je doute que cet article-là, concernant le
changement du fardeau de la preuve en cas d'éviction, va régler un grand
nombre de problèmes, parce qu'il va toujours se... il va toujours y avoir des
locataires qui ne sont pas informés de leurs droits et des locateurs qui...
heureusement, ils sont... il y en a une minorité, en tout cas, je l'espère, qui
veulent profiter de la fragilité, de l'ignorance, on va se le dire, de la
non-connaissance des lois, de la vulnérabilité de certains ménages pour tenter
de procéder à des évictions.
Je le rappelle encore, il n'y a que 6 % des
locataires qui ont recours, pour toutes sortes de causes, au Tribunal
administratif du logement. Et donc il y a un très grand nombre qui n'y ont
pas... n'y ont pas recours soit parce qu'une bonne
quantité n'ont pas de problème, en tout cas, je l'espère, et on peut supposer
que d'autres n'y ont pas recours parce qu'ils ne connaissent pas
leurs... les possibilités que le droit leur offre, donc, l'argument comme quoi
la disposition concernant le changement du fardeau de la preuve en cas
d'éviction n'est pas... ne réussit pas à régler... à régler ces problèmes-là.
Ensuite, la ministre nous a... nous a fait
mention de l'augmentation des indemnités en cas d'éviction, mais, encore une
fois, deux aspects problématiques à cet argument-là. L'indemnité se produit
lorsque l'éviction est déjà acquise, donc,
les préjudices, pour l'aîné qui doit être... qui doit déménager, se trouver un
logement beaucoup plus cher, se déraciner
dans... et trouver des repères dans un nouveau milieu, les préjudices existent
déjà pour ce locataire-là, et
l'indemnité ne vient que partiellement compenser les préjudices causés.
Et ce n'est pas l'argent qui va diminuer la perte
des repères, le déracinement d'un locataire aîné. Ça peut consoler, ça peut
aider, évidemment, là, mais c'est un... comment dire, c'est un remède
qui est loin de... qui est loin de résoudre la problématique dans son ensemble.
Et, comme dernier élément, M. le Président, je
pense que la question de l'éviction des locataires aînés, puis l'actualité
regorge de ce type de cas, est en fait une tentative de ce que certains experts
appellent l'optimisation des bâtiments, surtout lorsqu'un nouvel acheteur
arrive, là. Donc, il s'agit fondamentalement de changer des locataires qui paient des loyers bas, parce que souvent ils
restent depuis longtemps dans ces logements-là, pour avoir des nouveaux
locataires qui vont payer des loyers beaucoup plus élevés. Il est amplement
connu que c'est lors des changements de locataires qu'il y a une augmentation substantielle des loyers, ce qui
contribue à l'augmentation du prix de l'immobilier en général. Donc, c'est une opération, avant tout
et souvent, là, d'après les cas qu'on... que l'actualité nous fait connaître, c'est
un cas typique d'opérations de... spéculatives, spéculatives qui, additionnées
l'une à l'autre, agrégées, font en sorte de
faire grimper les prix non seulement dans le locatif, mais les prix dans
l'ensemble du secteur immobilier, ce
qui est une opération nettement... est une dynamique qui est néfaste pour la
santé économique d'une société et
pour le bien-être des citoyens et citoyennes, qu'ils soient locataires
ou... ou propriétaires. L'augmentation des prix, l'augmentation inconsidérée, ça a des effets... ça a des effets délétères,
néfastes pour l'ensemble de la société.
Donc, tout en sachant que la procédure
d'éviction d'une... de la population aînée vise souvent des... implique, plutôt, des... une pratique spéculative, je pense
que la ministre devrait considérer ce point de vue là et tenter de colmater les
brèches afin de limiter, autant que possible, les opérations spéculatives, là,
qui... sur un public particulièrement vulnérable qui sont les locataires aînés.
Donc, dans ce sens... dans ce sens-là, si la
ministre trouve que 65 ans, c'est un peu trop demander, bien là, je lui propose d'abaisser cette norme-là de 70 ans à 67
ans. Il va y avoir moins de locataires aînés qui vont être concernés,
mais on va quand même élargir la protection de la loi Françoise David, là, pour
mieux protéger les locataires contre les
évictions. Donc, je fais un pas en avant. 67 ans, j'espère que ça pourra être
un... ça pourra faire en sorte d'éliminer ou, en tout cas, d'amoindrir
ses réticences à améliorer la loi Françoise David. Merci, M. le Président.
• (11 h 40) •
Le
Président (M. Schneeberger) : ...M. le député de Laurier-Dorion. Est-ce que
nous avons un retour là-dessus, Mme la ministre? Ça va, oui?
Mme Duranceau : Non, ça va.
Le Président (M. Schneeberger) : Non?
OK. Député des... — c'est
beau? — des
Îles-de-la-Madeleine.
M. Arseneau : Bien, merci, M. le
Président. Alors, je pense que l'amendement, qui est de nous permettre de
discuter des chiffres puis d'essayer de comprendre sur quelle base la ministre
insiste tellement pour le statu quo eu égard à l'âge à partir duquel on peut
davantage protéger les personnes en situation de vulnérabilité et en situation
économiquement défavorable sur le plan du revenu maximum... J'aimerais
comprendre si, pendant le temps où l'amendement initial, qui visait à réduire
l'âge à 65 ans, entre ce moment-là puis aujourd'hui... Est-ce qu'on... est-ce
qu'on a fait des vérifications? Est-ce qu'on a pu valider le fait qu'à partir
d'un certain nombre d'indicateurs... que le 70
ans, c'était la meilleure décision que puissent prendre les législateurs et
l'État du Québec, alors qu'entre 65 et 67 ou 70 cette protection-là n'était pas
nécessaire, était frivole, était, essentiellement, contre-indiquée? Moi, c'est
vraiment... Parce qu'on pourrait
décider, là, un peu, là, comme ça, là, en jasant, que 70 ans, même, c'est beaucoup...
beaucoup trop jeune. Moi, je connais
des gens, j'ai des amis, j'ai des gens dans ma famille qui, à 75 ans, sont
encore actifs, bon, et ainsi de suite. Mais...
Alors, sur quelle base on détermine que 70 ans,
là, c'est l'âge exact à partir duquel il faut commencer à protéger les locataires face à des procédures de
reprise ou d'éviction, et des locataires, je le précise, qui ont un revenu faible,
un revenu qui leur permet, je le disais tout à l'heure, de répondre à leurs
besoins impérieux, mais pas plus?
Donc,
c'est déjà factuellement prouvé que ces gens-là, s'ils doivent se trouver un
nouveau loyer dans une période de crise du
logement, vont devoir payer plus cher et ils n'en ont pas les moyens. Donc, on
imagine la situation qu'on leur fait subir. Et, dans les cas les plus
dramatiques, ce sont des gens qui vont vivre des situations où ils ne peuvent
tout simplement pas se trouver un appartement au même coût que celui qu'ils
pouvaient se permettre auparavant. Et, sans vouloir changer de sujet, on ne
peut pas, après ça, se surprendre que la crise du logement, l'augmentation des loyers, les procédures
d'éviction, bien, ça a aussi un impact sur un phénomène qu'on déplore tous, je
l'espère, là, de la même façon où, depuis deux ans, on voit l'itinérance au
Québec doubler. C'est aussi des faits. On voit aussi de plus en plus de
personnes âgées qui se retrouvent en situation d'itinérance.
Alors, moi, je
voudrais... Ces éléments-là, ils font partie du paysage dans lequel on baigne
depuis un certain nombre d'années, et j'aimerais qu'on me démontre que nos
inquiétudes, sur la base des faits qui nous sont exposés bien souvent par les médias ou par des rapports
gouvernementaux concernant, par exemple, le phénomène de l'itinérance ou
par rapport au phénomène de la hausse des loyers... qu'on nous démontre qu'on
s'inquiète pour rien.
Moi, je trouve ça
très inquiétant de voir qu'il y a une crise du logement, qu'on a l'occasion de
pouvoir davantage protéger les personnes qui sont âgées, qui ont atteint l'âge
de la retraite ou qui dépassent l'âge de la retraite, qui ne sont pas
propriétaires, qui ne sont pas propriétaires, ce sont des locataires, qui sont
dans le même loyer depuis une dizaine d'années et davantage, donc, qu'on... et
ils ont un revenu qui est minimal, qu'on dise que ces gens-là, bien oui, ils
sont encore en forme puis ils peuvent se trouver autre chose. Leur capacité de
trouver, de se trouver un autre logement au
même prix dans le même voisinage est extrêmement faible. Du moins, c'est
l'impression que je peux avoir.
Est-ce
que le ministère, est-ce que Mme la ministre, avec son équipe, peut nous
rassurer sur le fait qu'à 67 ans il n'y en a pas, de problème, là, pour les
gens qui ont un revenu minimal puis qui sont susceptibles d'être évincés et...
mais qu'à 70 ça devient grave, ça devient extrêmement sensible et important que
l'État intervienne? Moi, je voudrais voir la différence, 67, 70. Il est où, le
problème? Il faut tracer la ligne.
Nous, on vous propose
des indicateurs qui sont basés sur l'âge de la retraite reconnu au Québec, sur
le revenu minimal qui devient difficile à compléter, ou à améliorer, ou à
augmenter sur la base d'un travail rémunéré lorsqu'on
a atteint l'âge de la retraite. Y a-t-il d'autres indicateurs qui nous permettent
de dire qu'entre 65 et 70 il n'y a pas
de problème, mais que, rendu à 70 ans, il y a une espèce de phénomène qui fait
que maintenant l'État doit intervenir pour
donner un facteur de protection supplémentaire à ceux qui sont locataires
depuis 10 ans? J'aimerais comprendre. J'aimerais comprendre.
Le Président (M.
Schneeberger) : Merci pour vos commentaires. Mme la députée de D'Arcy-McGee.
Mme Prass : Oui.
Pour renchérir sur le collègue, dans le dernier dénombrement du gouvernement
sur les chiffres sur l'itinérance, on a vu que 23 % des personnes qui se
retrouvent dans la rue, c'est en raison d'éviction de leur appartement... de leur logement, plutôt. Et, comme on le dit, le
dénombrement, aussi, démontrait que, par rapport... les années passées, il y a un nombre supérieur de
personnes aînées qui se retrouvent...
un nouveau phénomène, disons, qui se retrouvent en situation
d'itinérance.
Alors, encore une
fois, pour donner toute la protection qu'il faut à ces personnes-là, ceux qui
sont dans les situations vulnérables, avec
la réalité du crise du logement, et pour diminuer ou à moins... réduire le
nombre de personnes qui pourraient se retrouver dans la rue dans les prochaines
années, 67 ans et plus, qui... excusez-moi, qui pourraient se
retrouver en situation d'itinérance, je pense qu'encore une fois c'est question
de mettre différentes mesures en place pour trouver le filet social.
Il y a différentes
situations. Les personnes se retrouvent dans... dans différentes situations, et
il faut s'assurer de leur donner tous les outils, avoir toutes les mesures pour
bien les protéger, surtout compte tenu de la nouvelle réalité d'aujourd'hui.
Et, justement, c'est un outil de plus pour... bien, essayer que notre
population de personnes itinérantes ne croît
pas en raison de... uniquement de la perte de logement, quand il y a eu des
mesures qui auraient pu être mises en place comme celle-ci.
Donc, je pense qu'il
faut prendre aussi cet aspect en considération à propos de cet amendement qui
serait quand même, comme j'ai dit, une protection additionnelle pour des
personnes.
Le Président (M.
Schneeberger) : Merci. D'autres... Mme la ministre.
Mme
Duranceau : ...M. le Président. Alors, comme vous le dites... comme la
députée de D'Arcy-McGee le mentionne, il y a un filet social, un filet social
au Québec. On agit en matière d'itinérance.
Le projet de loi
n° 31 vient agir au niveau des évictions. On pense que c'est comme ça
qu'on peut mieux protéger l'ensemble des Québécois. Puis la loi Françoise
David, c'est un autre des outils. Il est déjà là. Il existe. Il est déjà là. Et la notion de 65 ans, là... L'âge
de la retraite n'a pas changé depuis l'adoption du projet de loi Françoise
David. C'était... On a statué, à ce moment-là, que c'était 70, puis
c'est ça... c'est ça, le chiffre.
Et, si vous me
permettez, M. le Président, j'aimerais demander à ma collègue députée de Labelle...
Parce que, là, on voit la situation juste
dans un sens puis les effets supposément favorables de modifier l'âge, mais il
y a des effets aussi négatifs à aller vers ça. Et c'est pour ça qu'on
maintient...
Sur cet élément-là,
on bouge. On bouge avec le projet de loi. On brasse bien des choses. On brasse
bien les façons de faire pour livrer plus de logements. Ça fait qu'il n'est
aucunement question de statu quo quand on regarde notre gouvernement. Mais, au
niveau de cet outil-là, il existe, il fonctionne. On le garde comme ça. Puis ma
collègue la députée de Labelle va donner des cas qui font voir aussi l'envers
de la médaille sur le terrain.
Le Président (M.
Schneeberger) : Oui, pas de problème. Alors, députée de Labelle,
allez-y.
Mme Jeannotte : Merci, M. le Président.
Bien, je veux juste donner un exemple, parce que, dans les... J'ai eu la chance
d'entendre les deux côtés de la médaille, comme on dit, des cas de locataires
et des cas de propriétaires dans mon bureau de comté. Alors, ces cas-là sont
importants, parce que les maisons, ils n'appartiennent pas à l'État. Des fois,
on entend, du côté des oppositions, comme si le gouvernement pouvait tout
faire, mais ces maisons-là n'appartiennent pas au... au gouvernement, ils
appartiennent à des gens. Ces gens-là, ce sont des propriétaires, hein, les
locateurs.
• (11 h 50) •
Moi, j'ai eu
la chance, dans mon bureau de comté, d'entendre les deux parties. Je vais vous
donner, M. le Président, un cas concret que j'ai vécu. Le monsieur, il a
un bungalow qu'il loue, et puis, lui, son intention à sa retraite, c'était de
le reprendre. Et là il vient me voir puis il dit : Ça n'a pas de bon sens,
à cause de la clause Françoise David, je vais avoir 60 ans, je prends ma
retraite, mais ma locataire, elle a 70 ans, je ne peux plus reprendre,
Mme Jeannotte, moi, c'était mon... Puis ce n'est pas quelqu'un de riche.
On oublie, donc, vous comprenez, le fait que les
maisons n'appartiennent pas au gouvernement, elles appartiennent à des gens. Ça
fait que, déjà, le gouvernement, en ayant gardé la clause David, démontre son
empathie puis sa compréhension des faits
que, du côté des locataires, c'est difficile, mais, pour le propriétaire, lui,
là, il n'est pas content. Il aurait voulu qu'on amende pour qu'il puisse
reprendre son bungalow à sa retraite. Il ne peut pas le faire à l'heure où on
se parle.
Puis l'autre chose que je voudrais dire à propos
de l'âge, oui, ça peut sembler arbitraire, mais ça discrimine. Savez-vous ça a
été quoi, sa réaction, lui? Ça a été : Vous savez quoi, il n'y a plus
personne qui va louer à des personnes âgées.
Ça fait qu'il y a des effets pervers. Ça fait que, qu'on baisse à 67, selon
moi, ça pourrait même entraîner des effets encore plus pervers, parce
que, là, tu vois quelqu'un arriver à 60 ans pour louer ton logement, quand
tu es locateur, et tu pourrais dire — c'est
encore pire : Elle, je ne la veux pas. Comprenez-vous? On augmente encore
plus la discrimination potentielle.
Par contre, le gouvernement, en ayant laissé la
clause David à 70 ans... Et le 10 ans, c'est déjà... c'est une avancée qu'on avait comme société au Québec, dans
le sens que c'est un filet social, mais ça ne fait pas l'affaire de tous
les locateurs, là, loin de là.
Donc, je ne sais pas si j'ai été claire, mais
c'est un équilibre. Et il n'y a pas de statu quo là-dedans. Quand la ministre dit : Au contraire, la personne peut
aller devant le TAL et faire valoir ses droits, de part et d'autre, les deux
côtés de la médaille peuvent aller à notre outil qui est... qui est
extraordinaire au Québec, qui s'appelle le TAL, qui va... qui aide
énormément nos locataires et nos aînés. C'est ça qu'on souhaite puis c'est ça
qu'on fait avec l'actuel projet de loi. Merci.
Le
Président (M. Schneeberger) : Merci, députée de Labelle. Est-ce que nous avons
d'autres commentaires? S'il n'y a pas d'autre commentaire... Oui, député
de Laurier-Dorion.
M. Fontecilla : Merci, M. le
Président. Tout d'abord, justement, chère collègue, si, dans le cas que vous
nous présentez d'un monsieur âgé de 60 ans... Évidemment, aujourd'hui,
d'après ce que je comprends, sa locataire est admissible à la loi Françoise
David. Donc, lui, il faudrait qu'il attende 10 ans avant d'y avoir... d'y
avoir accès. Et, avec l'amendement que... le
premier amendement que j'ai proposé, eh bien, il n'aurait qu'à attendre cinq
ans. Donc, ça pourrait l'avantager, là. Ça va... ça va dans les deux
sens, cette question-là. Donc, ça peut avantager quelque locateur qui voudrait
avoir accès à un logement pour lui-même, parce que l'exception est déjà prévue
dans l'article de loi. Cette mesure-là
pourrait avantager et les locataires et les locateurs, selon les circonstances,
donc, raison de plus de... d'abaisser le seuil minimal pour avoir accès
à cette... à cette protection-là.
Évidemment, je crois que, dans votre
intervention, chère collègue, là, on voit... on voit le... un peu le fond de la réticence gouvernementale, parce que ça ne fait
pas l'affaire de tous les locateurs, et je reprends... je reprends vos mots.
Évidemment, ce n'est pas tous les locateurs qui voudraient avoir... qui voudraient
évincer des locataires aînés pour s'installer lui-même ou quelqu'un de leur
famille, là. Le cas de figure beaucoup plus courant, là, c'est le locateur qui
veut tout simplement évincer un locataire aîné parce qu'il ne paie pas cher, et
il faut qu'il optimise, entre guillemets, son
bâtiment, donc, remplacer ce locataire-là qui ne paie pas cher par un locataire
qui va payer... qui va payer plus cher. C'est ça... De façon générale,
c'est ça, le but de l'opération, là.
Et d'ailleurs la version actuelle prévoit
certaines exceptions qui avantagent, justement, le locateur qui voudrait
utiliser le logement pour lui-même ou pour un membre de sa famille. Donc, cette
possibilité-là est... est considérée, mais c'est surtout pour éviter le
phénomène des abus visant les spéculations dans le domaine locatif, là, que la
loi Françoise David visait à éviter tant bien que mal. Et on pourrait
l'améliorer grandement si on changeait un tout petit peu les critères.
Mais, moi, la question qui me... qui me taraude,
M. le Président, là, c'est qu'on voit ici qu'il n'y a non pas... Si on regarde
la chose non pas strictement du point de vue des usagers, ou des consommateurs
de logements, ou des consommateurs qui offrent des logements, parce qu'on
pourrait le voir comme ça aussi, mais non pas du point de vue individuel, et
c'est important, et je suis le premier à considérer tout d'abord cette... ce
point de vue là, c'est-à-dire l'effet de notre législation sur des cas... des
cas concrets, mais, si on voyait, de l'autre côté, d'un point de vue macro, d'un point de vue plus, comment dire, d'ensemble,
et si... ce que j'ai mentionné il y a quelques minutes, si on considérait
la... l'effet des évictions qui se sont multipliées depuis quelques années, en
particulier sur la population aînée, quel effet cela peut
avoir sur l'économie, si l'on peut dire, l'économie du monde locatif ou
immobilier, là, est-ce que... La question fondamentale que j'aimerais poser à
la ministre, là, est à savoir si elle est préoccupée par l'inflation des loyers
dans le domaine locatif.
Le Président (M. Schneeberger) : Oui,
Mme la ministre.
Mme Duranceau : Bien, écoutez, je
vais répondre, là. C'est sûr que je suis préoccupée, là. Je veux dire, on est
tous conscients de la gravité de la crise du logement. Et moi, je travaille sur
augmenter l'offre de logements, faire différemment, construire plus vite, avec
les bons partenaires puis avec des outils financiers performants. Mais là je
pense que ça dépasse le cadre du projet de loi, là. En tout cas, on n'en traite
pas dans le projet de loi pour le moment, là.
Le Président (M. Schneeberger) : Ça
va, député de Laurier-Dorion?
M. Fontecilla : ...la ministre est
préoccupée et elle nous dit que la solution, c'est la création de... le
développement de l'offre, de l'offre locative, entre autres. Fort bien, là,
mais on a entendu, lors des consultations... consultations pour le PL n° 31, entre autres le FRAPRU, qui nous disait, là, il y
a... de façon très pédagogique, là, qu'il y
a... Grosso modo, il y a deux secteurs, il y a la... deux domaines. Il y a la
création de nouveaux logements, et ça, c'est
un monde en soi, on aura l'occasion de discuter amplement de cet... de cet
aspect des politiques gouvernementales là, mais il y a aussi le... la
création du... bien, non pas la création, mais le domaine de... du locatif ou
de l'immobilier déjà existant, en particulier dans le secteur locatif, qui est
aussi une source de... une source de spéculation foncière. Avec tout l'appareillage institutionnel qu'on a
mis en place, là, il produit quand même une augmentation... une augmentation
du prix de l'immobilier de façon générale, y compris pour la construction... la
construction neuve, là. Donc, il faut agir
dans un domaine, c'est-à-dire la création de nouveaux logements, mais aussi il
faut faire en sorte... pour que le secteur déjà existant ne s'emballe
pas et produise une bulle spéculative, là.
Est-ce que...
Pour la ministre, la question qui se pose : Est-ce qu'elle est consciente
de ce problème-là et si, pour elle, c'est un impératif politique de
contrôler l'inflation de la bulle spéculative dans le secteur locatif?
Le Président (M. Schneeberger) : Oui,
Mme la ministre.
Mme Duranceau : Je n'ai pas d'autre
commentaire.
Le Président (M. Schneeberger) : Vous
n'avez pas d'autre commentaire.
Mme Jeannotte : Bien, moi, j'en ai
un, commentaire, M. le Président.
Le Président (M. Schneeberger) :
Oui, députée de Labelle.
Mme Jeannotte : Oui. Merci. Si la
ministre n'avait pas de... Si elle n'était pas sensible, on ne serait pas en
train de travailler le projet de loi n° 31. Nous avons la preuve, au
Québec, que le Tribunal administratif du logement fonctionne. Pourquoi? Parce
que les loyers sont les plus bas dans tout le Canada. Ça fait que ça
fonctionne. Puis on est en train de bonifier
le Tribunal administratif du logement avec le PL n° 31. Ça fait que je ne
comprends pas qu'est-ce que... votre intervention. Expliquez-moi. Mais
on travaille fort pour bonifier le Tribunal administratif du logement pour qu'il ait encore plus de dents, de mordant.
C'est ce qu'on fait en renversant le fardeau de la preuve, par exemple. Ça
fait que c'était plus fort que moi, là.
Mais, ayant rencontré les deux groupes, il faut être réaliste, à un moment
donné. On a des outils au Québec. Il faut le reconnaître. Ce sont des
faits, ne trouvez-vous pas?
Le Président (M. Schneeberger) : Oui,
député de Laurier-Dorion.
• (12 heures) •
M. Fontecilla : La députée de Labelle,
elle me dit qu'elle ne comprend pas. Bien, écoutez, il me semble que c'est relativement... relativement simple. Elle
nous dit que la situation au Québec est différente de celle du Canada. Elle
est meilleure... La situation au Québec est meilleure que dans le reste du
Canada, là, mais je me permets de lui rappeler,
et corrigez-moi, les collègues, là, que l'augmentation des loyers, seulement
pour la dernière année, là, en 2023, là, c'était une augmentation de
18 % en moyenne. Et ça, ça, c'est une augmentation en moyenne, hein, en
moyenne. Donc, si ça... On peut voir ces
chiffres-là de deux façons, soit qu'il n'y a pas de problème ou soit que, bien,
c'est toujours pire ailleurs, là. Donc, on peut... on peut se consoler
ou soit considérer une augmentation de 10 %... de 18 % de loyer comme
un problème, là.
Et je reconnais les acquis et les bienfaits de
l'existence du Tribunal administratif du logement. Heureusement qu'il existe,
parce que sinon cette augmentation de 18 % en moyenne serait beaucoup plus
importante. Peut-être, c'est grâce,
justement, à l'existence du Tribunal administratif du logement, donc, d'une
certaine façon, à une instance qui réglemente ce marché-là que la situation
n'a pas... n'a pas empiré, en comparaison avec d'autres juridictions où ce type
d'institution n'existe pas. Mais ce que nous... ce que moi, j'avance, là, c'est
que ce n'est pas suffisant. Il faut aller encore plus loin, là, pour contrôler
cette inflation, cette bulle spéculative, là, dans le secteur... le secteur
locatif, qui se manifeste tout particulièrement dans le phénomène des évictions
des personnes... personnes aînées.
Donc, la question est à
savoir si le gouvernement considère que c'est une problématique à laquelle il
faut s'attaquer ou qu'il n'y a pas de
problématique là, et puis la solution se trouve dans l'espoir qu'un jour on va
construire assez de logements pour avoir une offre plus... plus
importante, et ça, ça va prendre quelques années, donc, qu'on a, justement, à
prendre notre mal en patience et attendre que le marché produise des centaines
de milliers de logements, parce que c'est ça
dont on parle. Les estimés disent qu'il faut produire comme... bien, plusieurs
centaines de milliers de logements. Ça ne va pas être fait demain matin.
Et, pendant
ce temps-là, les marchés locatifs existants s'emballent, vivent une crise...
une bulle spéculative, là. Et les moyens qui sont mis de l'avant, et
c'est sur ça qu'on se... on est en train de se questionner, sont-ils suffisants
ou pas? Moi, je pense qu'ils ne sont pas
suffisants, en particulier dans le domaine de... dans le secteur des évictions
de locataires aînés. Et la question que je pose, là, c'est si, pour le
gouvernement, la question de la bulle spéculative est un problème, s'il faut s'y attaquer. Et une bonne façon de s'y attaquer,
c'est de tenter de fermer cette brèche-là concernant les évictions des
personnes aînées.
Le Président (M. Schneeberger) : Merci.
D'autres commentaires? Député des Îles-de-la-Madeleine.
M. Arseneau : Oui. Bon, bien, je
reviens sur la question de l'âge. C'est de ça qu'il est question. On parle de réduire l'âge de 70 à 67 ans. On a fait le
plaidoyer tout à l'heure sur l'âge de la retraite. La ministre nous a dit tout
à l'heure, dans sa plus récente réponse, que l'âge de la retraite
n'avait pas changé depuis l'adoption de cette mesure. On le sait. Ce qu'on dit, ce sur quoi on insiste, le contexte,
au Québec, en ce qui concerne l'accès au logement locatif, il a changé. Il a changé de façon magistrale et négative pour
les locataires. Et évidemment, pour les locataires qui ont un faible revenu,
c'est encore pire.
Donc, j'aimerais savoir si la ministre admet que
la situation n'est plus la même qu'à l'époque où on a adopté cette règle-là, si
elle admet que la situation s'est détériorée, notamment pendant la première
année du mandat de ce gouvernement, qui niait la crise du logement. La
situation s'est détériorée année après année.
Nous sommes devant un projet de loi qui, je
croyais, visait à faire en sorte que l'État du Québec améliore les choses pour
les gens qui sont victimes de la crise du logement. On a des victimes à
l'ensemble... dans l'ensemble du Québec,
donc, des gens qui ont de la difficulté à se loger. Il y a des gens qui ont
davantage de difficultés à se loger en fonction de l'augmentation des
coûts, qui n'ont pas les moyens, qui sont passés l'âge de la retraite, et dont
le revenu est limité, et dont la capacité
d'augmenter le revenu est nulle ou sinon très faible. On a l'occasion
d'améliorer leur sort. C'est une
question de volonté politique. À travers un projet de loi, une mesure
législative qui nous permettrait de dire que, depuis huit ans, depuis
l'adoption de cet amendement au Code civil qui permet de protéger... là où
l'État a décidé de protéger les plus vulnérables, les personnes les plus âgées,
celles de 70 ans et plus qui occupent un logement depuis 10 ans, on a l'occasion, donc, d'améliorer la
situation ou, disons, simplement, si on ne veut pas l'améliorer, d'ajuster les règles
au nouveau contexte qui est celui du Québec, où le prix des loyers a augmenté
et où le nombre de loyers disponibles...
Donc, le nombre de loyers ou la proportion des loyers inoccupés est à zéro dans
bien des cas, et on se refuse de le faire.
Alors là, on
essaie de comprendre. Est-ce qu'il y a des indicateurs... il y a de
l'information, sur l'indicateur 70, qui nous permet de dire que ça
fonctionne... ça fonctionne autant lorsque le marché est en équilibre que lorsque
le marché est complètement déséquilibré?
Moi, j'ai des gros doutes là-dessus. Si la situation change... Habituellement,
c'est la raison pour laquelle on existe comme législateurs. C'est
d'ajuster les lois pour prendre acte d'une situation, d'un contexte qui peut
être différent puis qui n'est pas nécessairement passager.
En tout cas, il faudrait éviter de tomber dans
l'angélisme ou de se mettre des lunettes roses puis de penser qu'avec un plan qui est encore inexistant de la
part du gouvernement... qu'on va réussir à augmenter le nombre de loyers,
de logements, de telle sorte qu'on n'aura plus besoin de ces mesures-là sur
lesquelles on se penche, là, depuis déjà quelques
mois dans le projet de loi n° 31. C'est illusoire. On est en train de se
dire qu'on a l'occasion de renforcer le filet social par différents
moyens.
Et je ne rejette pas d'emblée tout ce qu'il y a
dans le projet de loi, les articles qui ont déjà été écrits. Ce qu'on dit... On
l'a dit dès le début, lorsqu'on a fait ces propositions d'amendement, qu'on
pouvait faire davantage, qu'on pouvait faire mieux, qu'on pouvait faire plus
que ce que la ministre proposait déjà, notamment dans l'argumentaire qu'elle
nous sert depuis tout à l'heure sur le fardeau de la preuve qui est renversé.
Alors, politiquement, on peut se servir d'un coffre à outils qui est beaucoup
plus large que ce que la ministre veut se donner la peine d'utiliser, et elle
nous dit : Non, ça fonctionne suffisamment bien, là, pour la protection
des personnes aînées, alors que les faits nous disent le contraire au jour le
jour avec des indicateurs qui sont fiables, c'est-à-dire le prix des loyers,
notamment, et on essaie de deviner, on essaie de comprendre pourquoi.
Et je vous dirais que le chat est un peu sorti
du sac tout à l'heure avec l'intervention de la députée de Labelle, qui nous
dit : Bien là, on n'est pas là pour essayer de régler la question, là, du
manque de logements puis de l'impact sur les locataires, il faut considérer les
locateurs aussi. Puis là je dis : OK, considérons les locateurs aussi. Et
est-ce qu'on peut dire que, dans les
situations précises d'éviction pour les personnes de plus de 65 ans, de
67 ans, de 70 ans, ils sont plus à plaindre que ceux qui se
retrouvent sans toit? C'est une question, là, d'échelle de valeurs, disons, là.
C'est une question de besoins impérieux. On en parlait tout à l'heure.
Est-ce que, dans cette situation-là, pour... on
a... on a des données qui nous permettent de dire qu'il y a un très grand
nombre ou il y a un nombre, même, important de locateurs, là, qui sont dans une
situation intenable parce qu'ils ont un locataire qui est âgé, puis qui est là,
puis qui paie son loyer mais qui ne paie pas assez cher à son point de vue ou
qui utilise un loyer qu'on voudrait bien utiliser à sa place? Je n'ai pas
cette... ces indications-là. Je n'ai pas d'information à l'effet que la situation des
locateurs est celle qu'on doit résorber aujourd'hui, là, à travers le processus
législatif qu'on... dans lequel on est impliqués aujourd'hui.
• (12 h 10) •
Moi, je présumais que, si on avait déposé un
projet de loi dans le cadre d'une crise du logement inédite et historique... que l'on s'attaquerait à adopter des
mesures, on s'appliquerait à adopter des mesures qui permettraient de
soulager la crise pour ceux qui la vivent, c'est-à-dire pour ceux qui louent,
notamment, des logements et qui n'ont pas... et qui n'ont pas l'embarras du
choix, loin de là, qui sont dans un marché qui est en déséquilibre, où le prix
des logements augmente et augmente encore davantage lorsqu'il y a changement de
locataire suite à une éviction, suite à une reprise, suite à une rénoviction,
et que c'était là-dessus qu'il fallait agir.
On a l'occasion de le faire. On multiplie les
amendements et on ne voit pas pourquoi ce qui était considéré comme une mesure
progressiste, une mesure généreuse, une mesure justifiée, légitime de la part
de l'État, de... je le dirais dans un langage, j'imagine, qui ferait écho de
l'autre côté, là, qui va peut-être restreindre un peu la capacité du locateur, là, de faire ce qu'il veut, quand il
veut, où il veut avec son... avec son logement, là, donc, restreindre un peu
cette capacité-là, là, pour le bien
de ceux qui n'ont pas les moyens de se reloger... Et donc c'était un pas dans
la bonne direction.
Aujourd'hui,
on dit : Bien, le contexte a changé, il faut peut-être améliorer le filet
de protection. Et ce qu'on constate, c'est que la volonté politique n'y
est pas. Mais ça, on en prend acte, là. On le note, là.
Lorsqu'on va voir des cas où les gens sont mal
pris, ne sont pas en mesure de se trouver un logement, puis qu'ils ont atteint l'âge de la retraite, puis
qu'ils ont un revenu minimal, un revenu, là, qui, dans certaines régions, dont la
mienne, là, un revenu annuel qui est inférieur à l'augmentation de salaire que
se sont donnée les députés, votée par la CAQ il n'y a pas un an de ça, puis
qu'on dit que, ces gens-là, là, bien, on ne les protégera pas davantage, alors
qu'on a l'occasion de le faire, bien, moi, ça me gêne. Ça me rend très, très mal
à l'aise. Ce ne sont pas des gens qui ont la capacité d'absorber les hausses de
loyer qui sont liées à la recherche d'un nouveau logement lorsqu'on a plus de 65 ans, puis qu'on a un marché qui est
saturé, puis qu'on sait très bien que cette procédure-là d'éviction ou de
reprise va faire en sorte de continuer à doper les prix des loyers ici,
au Québec.
Qu'on ne
vienne pas nous faire la comparaison avec l'Ontario, avec la
Colombie-Britannique, parce que ça ne tient pas la route. On compare des pommes
avec des pommes. On compare la situation du Québec avec la situation du
Québec. Et, au Québec, en 2015‑2016, on a décidé qu'on protégeait les personnes
les plus vulnérables, celles qui n'avaient pas un loyer très, très élevé, qui
n'avaient pas la capacité d'augmenter leur revenu disponible, puis qui se
trouvaient dans une situation où ils pourraient être évincés, puis qui
occupaient un loyer depuis 10 ans. On dit que la situation a changé, Québec versus Québec. Il n'y a plus de loyer pour
eux s'ils se font évincer. On dit qu'on ne va pas les protéger davantage
parce que, bien, on ne sait pas trop pourquoi, mais ce qu'on sait, c'est qu'il
y a peut-être des locateurs qui vont être lésés dans cette protection-là.
Il faut quand même mentionner que, si l'article
et si l'amendement étaient adoptés, l'âge de 67 ans, ça vaut pour le locataire
comme pour le locateur. Donc, le locateur peut reprendre possession de son
logement s'il a l'âge de 67 ans. On a vu un
cas aujourd'hui, dans l'actualité, où il y a une procédure qui nous... qui
permet au locateur, s'il a besoin de son loyer pour s'en servir, pour
héberger, pour donner un toit à quelqu'un de sa famille qui a l'âge requis...
Il peut le faire. Pourtant, cette
situation-là fait la une comme quoi cette dame-là qui va être évincée est dans
une situation précaire. Mais on sait
que la loi permet au locateur et à la personne de sa famille d'agir. Donc, on a
une situation où la loi s'applique.
Ce qu'on dit, c'est qu'on ne veut pas la
multiplication de ces phénomènes-là où on va évincer les personnes de plus de 65 ans qui n'ont pas la capacité de se
payer un nouveau logement à un coût supérieur, alors qu'ils occupent déjà
le loyer depuis un certain temps puis qu'ils ont un revenu... souvent, un
revenu limité et fixe, qui peut être, évidemment, un revenu de retraite... de
retraite, privé ou public.
Et, encore une fois, j'insiste sur le fait que
la situation a changé. C'est la raison principale pour laquelle les lois
évoluent, les règlements sont amendés, les législateurs se penchent sur un
phénomène. Et je pense qu'on est tous ici parce qu'on reconnaît enfin qu'il y a
une crise du logement et qu'il faut agir.
La ministre agit dans un certain nombre
d'articles qu'elle a déposés, qu'elle a présentés dans son projet de loi. Nous voulons bonifier la protection. On veut
bonifier le processus. Pourquoi s'arrêter en si bon chemin? Si on me disait qu'il y a un coût pour l'État, il y a un
coût pour les citoyens du Québec, il y a un impact négatif sur le développement
de l'État du Québec, bien là, on pourrait en
discuter un peu. On vient bonifier le sort des personnes les plus vulnérables,
et l'argument qu'on nous sert, c'est : Bien, il y a huit ans, ça
fonctionnait, puis on ne reconnaît pas que le contexte a changé, ou
encore : Ça pourrait porter préjudice à certains locateurs.
Alors, moi, ce que je dis, c'est : La loi
prévoit encore que les locateurs, à certaines conditions, peuvent reprendre
leurs logements. C'est possible de le faire avec l'âge de 70 ans, c'est aussi
possible à 65 ans, ce serait aussi possible à 67 ans. Et, si on décide de le
faire, on sait que ça aura un effet positif sur un certain nombre de personnes,
de concitoyens ou de concitoyennes du Québec
qui sont parmi les plus vulnérables. Et on sait que, si on ne le fait pas, il
y aura des cas, on ne sait pas combien, mais
il y aura des situations... Et ça, moi, j'aimerais qu'on ait les chiffres, mais
on n'est pas capables... Nous, on n'a pas la capacité de l'État d'aller les
chercher, mais on va les voir apparaître et on se dira : Pourquoi on n'a
pas fait ça? On avait l'occasion de le faire. Oui, bien, il a fallu trancher.
Il a fallu trancher sur quelle base? C'est la
question que je nous pose. Mais, si on le tranche sur la base des coûts, ça ne tient pas la route. Si on le tranche
sur la base d'une décision qui a été prise sur huit ans puis qui doit rester,
même si le contexte a changé, ça ne tient pas la route. Et, si on tranche
négativement sous l'angle où il y a quelques locateurs
qui pourraient se sentir lésés, bien alors, la question, elle revient :
Qui veut-on aider davantage? Est-ce que ce sont les propriétaires dans
des cas très très, très pointus, là, ou des personnes vulnérables? Merci
beaucoup, M. le Président.
Le Président (M.
Schneeberger) : Député des Îles-de-la-Madeleine, votre temps est
écoulé. Est-ce que nous avons d'autres interventions? Pas d'autres
interventions? Alors, nous allons mettre aux voix... En passant, il y avait une petite erreur. Avant de mettre aux voix le...
La numérotation de l'article, il s'est... Vous aviez nommé 1.1.2.1, mais,
dans le fond, c'est 1.1.2, parce que
l'amendement précédent n'avait pas été adopté. Alors, c'est 1.1.2. C'est un
nouvel amendement. Est-ce que l'amendement déposé par le député de
Laurier-Dorion est adopté?
Une voix : ...
Le Président (M. Schneeberger) : Par
vote nominal.
Le Secrétaire : Pour, contre,
abstention. M. Fontecilla (Laurier-Dorion)?
M. Fontecilla : Pour.
Le Secrétaire : Mme Duranceau
(Bertrand)?
Mme Duranceau : Contre.
Le Secrétaire : Mme Jeannotte
(Labelle)?
Mme Jeannotte : Contre.
Le Secrétaire : M. Rivest
(Côte-du-Sud)?
M. Rivest : Contre.
Le Secrétaire : M. Gagnon
(Jonquière)?
M. Gagnon : Contre.
Le Secrétaire : M. Girard (Lac-Saint-Jean)?
M. Girard (Lac-Saint-Jean) : Contre.
Le Secrétaire : Mme Prass
(D'Arcy-McGee)?
Mme Prass : Pour.
Le Secrétaire : M. Schneeberger (Drummond—Bois-Francs)?
Le
Président (M. Schneeberger) : Abstention. Alors, l'amendement est rejeté. Nous
allons maintenant continuer notre
cédule, qui est l'amendement qui avait été suspendu, un amendement qui est
l'article 1.1.4, déposé par le député de Laurier-Dorion.
M.
Fontecilla : M. le Président, donc, c'est l'article... un
amendement, l'article 1.1.4 modifiant l'article 1959.1 : Insérer,
après l'article 1 du projet de loi, l'article suivant :
1.1.4. Insérer, au premier alinéa de
l'article 1959.1 de ce code, après «ou inférieur au», les mots «montant
équivalent à 150 % du».
L'article 1959, tel qu'amendé, se lirait
ainsi :
«1959.1. Le locateur ne peut reprendre un
logement ou en évincer un locataire lorsque ce dernier ou son conjoint, au
moment de la reprise ou de l'éviction, est âgé de 70 ans ou plus, occupe
le logement depuis au moins dix ans et
a un revenu égal ou inférieur au montant équivalent à 150 % du revenu
maximal lui permettant d'être admissible à un logement à loyer modique
selon le Règlement sur l'attribution des logements à loyer modique
(chapitre S-8, r. 1).
«Il peut toutefois reprendre le logement dans
l'une ou l'autre des situations suivantes :
«1° il est lui-même âgé de 70 ans ou plus
et souhaite reprendre le logement pour s'y loger;
«2° le bénéficiaire de la reprise est âgé de
[10] ans ou plus;
«3° il est un propriétaire occupant âgé de
70 ans ou plus et souhaite loger, dans le même immeuble que lui, un
bénéficiaire âgé de moins de 70 ans.»
• (12 h 20) •
Voilà, M. le Président. Donc, pour expliquer cet
amendement-là, la loi Françoise David stipule... bien, il y a trois critères, fondamentalement. On en a traité
deux. Le premier, c'est d'avoir 70 ans. Nous, on proposait d'aller à
65 ans. Le deuxième critère, c'est de rester... d'être resté au
moins 10 ans dans le logement avant d'être admissible à cette
protection-là. Je pense qu'il va y avoir un amendement pour modifier cette
période-là. Et le troisième critère, c'est le revenu.
Le revenu, c'est... Il était pour... Il faut avoir un revenu maximal, tel que
spécifié dans la loi Françoise David, là. C'est
que ce revenu-là permet à la personne d'être admissible à un logement à loyer
modique selon le Règlement sur l'attribution des logements à loyer modique.
Donc, grosso modo, il
faut... il faut être assez pauvre pour être admis dans un HLM. Et, on va se le
rappeler, les montants pour être admissible à un HLM, là, sont assez... sont
assez bas. Il faut être parmi les personnes les plus pauvres de la société pour
être admissible à une habitation à loyer modique. Et je suis tout à fait
d'accord avec cette disposition-là, c'est-à-dire les HLM doivent nécessairement
et impérativement... ne doivent être accessibles qu'à la population à plus
faibles revenus du Québec, mais, en faisant en sorte de lier la protection
de... contre les évictions de la loi Françoise David au revenu... au revenu
pour être admissible à un HLM, on exclut énormément de gens de la société... d'aînés de la société québécoise, parce
qu'il faut être un aîné particulièrement pauvre pour être admissible à... pour
être admissible à la protection de la loi Françoise David.
Donc,
nous, ce qu'on propose, fondamentalement, c'est de hausser de moitié à peu près
les revenus admissibles pour que plus d'aînés puissent être admissibles
à la loi Françoise David. C'est un peu difficile de donner un chiffre absolu parce que le Règlement sur l'attribution
des logements à loyer modique change selon les régions. Il est différent. Donc,
ce n'est pas possible de donner un montant absolu, là. C'est un pourcentage
qu'on avance, donc, 150 %, et nous croyons que... Dans l'optique de rendre plus... étendre la protection de
la loi Françoise David à plus, à davantage d'aînés, un montant de
150 % nous paraît nécessaire.
Donc, il faut non
seulement abaisser l'âge minimal pour être admissible à cette loi-là, non
seulement baisser le nombre d'années où il
faut demeurer dans un logement pour être admissible à cette loi-là, mais aussi
il faut hausser le revenu maximal pour être admissible à cette loi-là,
parce qu'on va se le dire, là, de la façon dont c'est rédigé, c'est seulement
les personnes qui vivent dans le... comment dire, dans les barèmes du Québec,
là, qui vivent l'extrême pauvreté qui sont
admissibles à la loi Françoise David. Ça en fait déjà beaucoup, de gens. Vous
allez... Et je suis... Je pense que,
oui, ça fait... ça concerne beaucoup de gens, mais il y a encore plus de gens,
encore... un pourcentage encore plus grand
qui n'est pas admissible parce que, justement, ils ne vivent pas une situation
d'extrême pauvreté, mais ça ne veut pas dire que ces gens-là sont...
sont riches, c'est-à-dire...
Avoir un revenu
maximal équivalent à 150 % du revenu permettant d'être admissible à un
loyer modique, là, ça ne fait pas de cette
personne-là une personne riche, loin de là. C'est une personne qui peut encore
vivre de la pauvreté mais qui a des droits aussi, qui... une personne
pour qui une éviction va être tout aussi... tout aussi grave que pour une personne à faibles revenus. Ça va susciter un
appauvrissement. Ça va susciter et ça va provoquer un déracinement. Ça
va provoquer un processus d'adaptation, qui peut être plus ou moins difficile,
à un nouvel environnement et, quoi qu'il en soit, ça va susciter une grande...
une grande détresse chez ces personnes-là, qu'elles soient... qu'elles aient un revenu équivalent au revenu leur permettant
d'être admissibles à un loyer... à un logement à loyer modique ou qu'elles
ne soient pas admissibles.
Donc, voilà, M. le
Président. Le but, c'est... encore une fois, c'est d'étendre cette
protection-là à davantage d'aînés. Et je
pense que, comme société, nous devons faire des efforts tout particuliers pour
mieux protéger les aînés du Québec, là, au niveau de l'âge, au niveau de... le
temps de résidence dans un logement mais aussi au niveau du revenu. C'est le sens de cette proposition-là, donc,
d'être encore plus bienveillants, encore plus généreux envers la population du
Québec aîné... la population aînée du Québec. Merci, M. le Président.
Le Président (M. Schneeberger) : Merci
beaucoup. Est-ce que nous avons des commentaires suite à l'amendement?
Aucun? Député des Îles-de-la-Madeleine.
M. Arseneau :
Est-ce qu'on a le temps... Ce n'est pas terminé? On peut encore intervenir,
oui?
Le Président (M.
Schneeberger) : Oui.
M. Arseneau :
Je ne sais pas s'il y a quelqu'un,
du côté de la partie gouvernementale, qui peut nous expliquer,
originalement, la raison pour laquelle on avait... l'article original, là,
sur... comme indicateur ou comme barème, là, le revenu maximal qui permet
d'être admissible au logement à loyer modique, quel était le justificatif à
l'époque, parce qu'évidemment, si on discute aujourd'hui de la possibilité de
le rehausser, je pense que, pour avoir une discussion qui est intéressante, ce
serait de voir quelles étaient les raisons pour lesquelles le législateur...
Mais, si on n'a pas la réponse ici, on ira
voir dans le verbatim des discussions de l'époque, là, mais j'imagine qu'il
devait bien y avoir une logique applicable aux personnes à faibles
revenus de... admissibles aux HLM versus ceux qui sont en logement régulier, si
on veut, là. Alors, je vois qu'il n'y a pas... Il n'y a personne qui lève la
main. Alors, je vous remercie. Mais on fera la vérification, puis on reviendra
avec ça.
Le Président (M. Schneeberger) : D'autres
interventions? Alors, s'il n'y a pas d'autre intervention, est-ce que
l'amendement qui introduit l'article... Oui, comment?
M. Arseneau :
Je pensais que le temps qui était
imparti à la discussion nous permettait d'aller faire les vérifications, mais
je comprends qu'on... Il ne nous reste que deux minutes avant la fin des
travaux ce matin, M. le Président?
Le Président (M.
Schneeberger) : Oui.
M. Arseneau : OK. Bien, je
préférerais qu'on ne vote pas pour battre la proposition de mon collègue de Laurier-Dorion
si on n'a pas toute l'information. Alors, si vous me permettez, moi, je vais
intervenir non pas pour passer
du temps mais pour m'interroger sur le fait que, si on a utilisé un barème à
l'époque sur le revenu maximal qui permet aux gens d'être admissibles à
une telle mesure de production... de protection, pardon, qui était relative à l'accessibilité, à l'admissibilité au logement à
loyer modique, bon, selon le règlement, là, en question, le fait, aujourd'hui,
de modifier ce barème-là, est-ce que ça fait en sorte qu'on est... En fait,
j'imagine, évidemment, on améliore la protection, dans la mesure où le
revenu... on peut comptabiliser un revenu plus grand, mais est-ce que, par
ailleurs, ça a un impact, par exemple, sur
des mesures gouvernementales autres? Si on parle, par exemple, du supplément au
loyer, est-ce que ça vous... ça a un impact ou pas? Parce qu'il y a des
personnes qui sont admissibles à ce genre de mesure gouvernementale là.
Je
voudrais m'assurer que, si on veut avoir une discussion en profondeur sur une
proposition comme celle-là... qu'on en voit les impacts. Je pense qu'on
devine un peu les impacts positifs, mais je n'ai pas, à l'heure actuelle, là, les informations qui nous permettraient de dire
que ça pourrait, par ailleurs, avoir un impact quelconque sur les gens...
la catégorie de gens qu'on vise, qui ont
70 ans et plus puis qui sont... qui ont un revenu, là, qui leur
permettrait d'aller en un loyer modique, et tout ça dans la perspective
où, on le sait, il y a également un très grand nombre de personnes au Québec
qui sont en attente d'une place dans les HLM.
• (12 h 30) •
Et là j'essaie juste
de mesurer comment une mesure... comment une proposition comme celle-là peut
être une mesure transitoire jusqu'à ce que le voeu de la ministre soit réalisé,
c'est-à-dire qu'on ait augmenté la construction, on ait augmenté le nombre
d'unités locatives au Québec et, vraisemblablement, qu'on ait amélioré aussi le
nombre... augmenté le nombre de HLM et d'unités de HLM au Québec.
Le Président (M. Schneeberger) : Merci.
Alors, compte tenu de l'heure, nous allons suspendre la commission
jusqu'après la période des affaires courantes.
(Suspension de la séance à
12 h 31)
(Reprise à 15 h 50)
Le Président (M.
Schneeberger) : Alors, bon après-midi à tous. Alors, la Commission de
l'aménagement du territoire reprend ses travaux.
Nous poursuivons
l'étude détaillée du projet de loi n° 31, Loi
modifiant diverses dispositions législatives en matière d'habitation.
Alors, ce matin, en
suspendant les travaux, nous étions à l'article d'un amendement déposé par le
député de Laurier-Dorion, qui était numéroté
comme... de 1.1.4. Alors, nous étions sur le bord de la mise aux voix. Alors,
juste par procédure, je vais demander s'il y avait d'autres
interventions. Député de Laurier-Dorion.
M. Fontecilla :
Oui. Donc, nous étions, M. le
Président, à un amendement au PL n° 31 proposant de
rehausser les seuils maximaux d'admissibilité à la protection de la loi
mieux connue comme la loi Françoise David.
Telle qu'est la
situation actuelle, c'est que, grosso modo et de façon très vulgarisée, sont
seulement admissibles à la protection, la loi Françoise David, les aînés qui
ont un revenu maximal leur permettant d'avoir accès à une habitation à loyer modique, un HLM. On sait que, pour avoir
l'accès à un HLM, il faut être parmi les personnes les plus pauvres du Québec. C'est vraiment un
revenu très, très, très bas, et ça limite d'autant plus l'accès à une
protection de la loi Françoise David. Et ces revenus sont établis selon... Il
s'agit, en fait... Le nom technique, là, c'est le plafond de revenus déterminant les besoins
impérieux, PRBI, et ils sont déterminés annuellement par la Société d'habitation du Québec, je crois savoir, là, sous toute réserve, et ils
changent selon les régions du Québec, puisqu'évidemment le même revenu
n'induit pas le même niveau de vie selon les différentes régions, puisqu'il y a
des régions où ça coûte plus cher pour vivre que dans d'autres.
Mais j'aimerais vous
signaler quelques données, là, sur ces plafonds de revenus déterminant les
besoins impérieux. Par exemple, pour le Bas-Saint-Laurent, là, pour la...
Matane et Rivière-du-Loup, pour un couple ou une personne, il faut avoir gagné un maximum de 26 000 $ pour être
admissible à la protection octroyée par la loi Françoise David. Au
Saguenay, c'est 25 000 $. Et j'y vais comme ça à tout hasard, hein?
Dans la région... RMR de Québec, c'est un petit peu plus élevé, mais ce n'est
pas la richesse non plus. On parle, pour un couple, une personne, de 34 000 $. Et ensuite j'essaie de
voir... Pour Gatineau, où on sait que le coût de la vie est plus élevé, c'est
39 000 $, mais c'est vraiment une exception. Ça tourne
toujours entre... Par exemple, pour... et ça pourrait intéresser notre collègue
des Îles-de-la-Madeleine, là, dans le Nord-du-Québec, plutôt, les zones
rurales, là, c'est 23 500 $.
Donc, tout ça pour
vous indiquer que, pour être admissible à la protection de la loi Françoise
David, c'est des revenus extrêmement faibles qu'il faut... qu'il faut avoir.
Et, voilà, on pourrait toujours dire que la personne qui n'a... En fait, c'est
ça, et il devient nécessaire, donc, dans ce contexte-là, de rehausser de façon
substantielle, à mon avis, le revenu maximal
admissible. Nous, on propose que... de le hausser jusqu'à 150 %, ce qui
fait, par exemple, que, dans la municipalité,
par exemple, de Trois-Rivières, où c'est 24 500 $, le revenu
admissible... Ça, c'est considéré comme 100 %. Donc, si on va à
150 %, c'est la moitié de 24 500 $, on va arrondir à
12 000 $, ça nous ferait un revenu maximal admissible de 34 000 $... 36 000 $, un petit peu
plus de 36 000 $, ce qui n'est pas... ce qui n'est pas un gros revenu
non plus.
Donc, étant donné ces
chiffres-là, si on veut vraiment protéger les aînés du Québec, il est tout à
fait justifié, recommandé et pertinent de
rehausser le revenu maximal admissible, et la question est à savoir si la
ministre de l'Habitation serait prête à considérer cette possibilité-là.
Le
Président (M. Schneeberger) : Merci, M. le député de Laurier-Dorion. Est-ce que
nous avons des commentaires suite à son intervention? Mme la ministre.
Mme Duranceau : Écoutez, on ne
touchera pas non plus au seuil de revenus. On ne veut pas créer des régimes différents. Il y a un mode de calcul avec
le PRBI, là, avec le... puis c'est le régime applicable, puis on ne veut
pas créer de différence, là, dans un contexte versus un autre.
Je l'ai dit ce matin, la loi Françoise David,
c'est un des outils pour protéger nos citoyens aînés. Le projet de loi n° 31 vient ajouter d'autres outils avec des
mesures, au niveau des évictions, qui sont plus contraignantes. Et puis on s'en
va dans cette direction-là. Je pense qu'on a... On va avoir plusieurs
outils.
Puis, ultimement, la situation actuelle, elle va
se résorber ou elle va s'amoindrir quand on va augmenter l'offre de logements,
ça fait que c'est ce sur quoi on travaille. Puis c'est pourquoi c'est important
d'adopter le projet de loi aussi, parce
qu'on vient donner des pouvoirs aux villes là-dedans pour accélérer la création
de logements. Ça va être ça, la vraie solution, et non de légiférer à la
pièce. Donc, voilà mon commentaire, M. le Président.
Le Président (M. Schneeberger) : Merci.
Député de Laurier-Dorion.
M.
Fontecilla : ...entendu plusieurs... à plusieurs reprises la
ministre de l'Habitation nous dire que la véritable solution, c'est
d'augmenter l'offre de logements. On sait que c'est une solution, oui, ça fait
partie de la solution, sauf que cette solution-là, elle ne va être disponible
que, on va le dire, à long terme. Ce n'est pas demain matin qu'on va avoir une
quantité suffisante de logements pour réabsorber... comment dire, rééquilibrer
la différence entre l'offre et la demande au niveau de l'habitation en ce
moment.
On a vérifié
les chiffres concernant... par exemple, ne serait-ce que le programme de
logement abordable du Québec, le
programme PHAQ, sur lequel la ministre place autant d'espoir pour produire
davantage de logements. Aujourd'hui... La dernière fois que je l'ai
vérifié, c'était... c'était vendredi dernier, je crois, là, et peut-être que ça
a changé entre vendredi et aujourd'hui, là, le programme PHAQ, depuis deux ans,
et j'invite tout le monde à aller vérifier le tableau de bord de la Société
d'habitation du Québec, là, n'a livré que... n'a livré aucun logement, zéro. Il
y en a plusieurs en réalisation, plusieurs dizaines, d'autres en élaboration,
enfin, à différentes étapes, mais deux ans... la réalité, aussi triste
soit-elle, c'est que, deux ans après son lancement, malgré les promesses
faites, ce programme-là n'a livré aucun logement à la population du Québec.
On le sait, d'autre part, que les mises en
chantier au Québec connaissent... vont connaître, au cours de l'année 2024, un creux historique. Oui, il va
s'en construire, des logements, mais il va s'en construire beaucoup moins,
en particulier dans le... dans le marché locatif, là. Donc, oui, j'en suis,
tout à fait d'accord de construire des nouvelles unités locatives, en particulier du logement social, mais, pour
l'instant, là, ce n'est pas cette solution-là qui va soulager les
locataires du Québec, là, qui subissent une pression énorme concernant les
augmentations de loyer.
Donc, il faut, oui, construire davantage de logements,
mais il faut aussi s'attaquer au parc locatif existant et aux règles qui
régissent le parc locatif existant, là, et tenter de colmater des brèches, là,
à travers lesquelles... qui constituent des ouvertures à travers lesquelles il
y a des augmentations abusives. Il y a création d'une bulle spéculative et il y a une augmentation des...
incontrôlée des coûts de location à travers tout le Québec, là. Donc, on ne
peut pas... Il faut agir sur les deux fronts, là. On ne peut pas dire :
J'agis sur un front et je n'agis pas sur le deuxième. Il faut agir sur
les deux fronts. Et on sait que, dans le domaine locatif, les aînés subissent
des fortes pressions, et ce serait une façon
de colmater une des brèches à travers lesquelles la bulle spéculative se forme,
c'est-à-dire les évictions des locataires aînés. Ce serait une façon
d'admettre plus de gens dans cette loi-là.
J'ai proposé
trois mesures... en fait, deux mesures, jusqu'à présent, là, à la ministre.
Elle a refusé toutes les deux. Il y en aurait une toute simple, c'est
l'objet de l'amendement actuel, c'est de permettre à des gens qui ne vivent pas
dans la misère, à des aînés qui ne vivent pas dans la misère d'être admissibles
à cette... à la protection de la loi Françoise
David. Il faut aller de façon globale, mais il faut aller aussi à la pièce et
colmater les différentes brèches qui existent dans le domaine du
locatif.
• (16 heures) •
Et donc ce n'est pas tant demander. C'est
d'augmenter seulement le revenu admissible, faire en sorte que les aînés que... et pas seulement les aînés qui vivent
dans des situations extrêmement précaires, puissent être bénéficiaires de
cette loi-là, mais aussi des aînés qui ont un niveau de vie un tantinet plus
élevé. On ne parle pas d'aînés qui ont des...
qui ont des... qui bénéficient de placements dans les paradis... dans les
paradis fiscaux. On parle de, par exemple, un aîné qui va gagner ou un couple d'aînés qui va gagner
36 000 $ annuellement, ce qui n'est pas une richesse excessive, là. Donc, je pense que cela s'impose, là, que la
ministre aille dans ce sens-là pour tenter de soulager la pression énorme
que ces aînés vivent, là, en ce moment, là, avec la crise spéculative dans le
domaine du locatif privé.
Le
Président (M. Schneeberger) : Merci, M. le député. D'autres interventions? Comme
ça, s'il n'y a... Alors, oui, député des Îles-de-la-Madeleine.
M. Arseneau : Bien, il est question
du revenu puis, généralement, d'augmenter, d'améliorer la protection des
personnes les plus vulnérables, donc des personnes les plus âgées. On ne veut
pas toucher à l'âge. On dit qu'entre 65 et 70 ans cette catégorie d'âge là
n'a pas besoin d'une protection supplémentaire. À partir de 70 ans, oui.
Bon, maintenant, on sait, on l'a déjà fait
valoir plus tôt ce matin, que la situation était inédite. Et ce que la ministre
nous dit, c'est que c'est la construction d'unités de logement qui va résorber
la situation. La question de la crise du logement est certainement liée à la rareté du logement, mais,
lorsqu'il est question des coûts, j'aimerais savoir s'il est estimé que,
si on arrive à construire 8 000 unités... que les gens qui sont,
essentiellement, là, au seuil de la pauvreté ou à peu près, puis qui ont
70 ans et plus, puis qui n'ont pas de capacité d'augmenter leur
rémunération sont davantage en moyens d'aller chercher un loyer après avoir
subi une éviction qu'ils... qu'ils le sont aujourd'hui. En d'autres mots,
est-ce qu'on peut vraiment, de façon sérieuse, penser qu'avec un revenu de
24 000 $ ou 30 000 $ par année,
dans deux, trois ou cinq ans, si on arrive à résorber la crise, c'est-à-dire d'avoir davantage d'unités sur le marché... que le coût des loyers va avoir plongé
suffisamment pour pouvoir permettre à ces gens-là d'avoir un logement
équivalent à celui qu'ils ont aujourd'hui? Est-ce que c'est ça qu'il faut
comprendre, que l'augmentation du nombre d'unités, si toutefois on a un
plan et si toutefois on réussit à atteindre les objectifs qui seraient fixés,
entraînerait une plus grande accessibilité au
logement pour les personnes les plus vulnérables, les plus démunies, qui ont le
moins de moyens? On parle de 24 000 $, 30 000 $ par
année de revenus annuels.
Le Président (M. Schneeberger) : Mme
la ministre.
Mme Duranceau : C'est ce qu'on vise,
là. Quand on dit qu'on va financer du logement social et abordable, c'est pour les clientèles les plus vulnérables. Ça fait que le gouvernement... Il y a plus de 20 000 unités, là, à
différentes étapes de développement, là, et ces 20 000 unités
là vont être dédiées à des clientèles particulièrement vulnérables. Ça fait que
c'est sûr que ça va aider. Puis ces gens-là vont libérer d'autres logements qui
iront à d'autres personnes.
Donc, on est là pour du logement pour les
personnes vulnérables. On a, par ailleurs, le Programme de supplément au loyer
qui vient aider aussi. Donc, ça peut être dans des logements existants. On a le
Programme d'aide au logement qui vient aussi
contribuer à payer le loyer. Puis par ailleurs on investit, avec le fédéral,
2,2 milliards jusqu'en 2028 pour la rénovation des HLM. Ça fait
que, là-dedans aussi, on est en train de créer ou de recréer du logement qui était... qui était vétuste un peu et
qui n'était pas occupé, encore là, pour la clientèle qui est la plus
vulnérable.
Mais tous ces processus-là, là, c'était encrassé
depuis des années, puis là on est en train de tout débloquer ça. Alors, moi,
j'ai bon espoir que ça va... ça va porter fruit, puis on va voir les résultats.
Puis, là où le gouvernement investit, c'est
vraiment pour les clientèles vulnérables. Donc, ça va toucher les gens... les
gens dont on parle, je pense.
Le Président (M. Schneeberger) : Député
des Îles-de-la-Madeleine.
M.
Arseneau : Oui. J'apprécie l'optimisme et l'enthousiasme de
la ministre, mais malheureusement je ne partage pas le même optimisme
pour les prochaines années. Et vous savez que, pour les personnes dont on parle
aujourd'hui, les personnes de plus de 70 ans, disons que, les années où
elles peuvent espérer occuper un logement de façon autonome, bien, le nombre d'années est forcément plus limité que pour
d'autres catégories de gens. Alors, la question qu'on peut se poser,
c'est... Si on améliore la protection de ces personnes aujourd'hui, le temps
que la situation se résorbe, je pense que ce
n'est pas un coup d'épée dans l'eau. En d'autres mots, ce que nous fait
miroiter la ministre, c'est qu'un
jour la situation va se résorber, mais, de mémoire, là, il y a au-dessus de
40 000... je pense, c'est 46 000 personnes qui sont en
attente actuellement d'un HLM. Est-ce qu'on peut véritablement penser qu'avec
l'augmentation de la population... avec le
vieillissement de la population, c'est-à-dire, lorsqu'on sait qu'il y a au-delà
de 54 % des personnes de 65 ans et plus qui gagnent moins de 30 000 $
par année... qu'on puisse trouver un équilibre pour les 10... d'ici les 10 ou
15 prochaines années?
Donc, forcément, nous, on n'y croit pas, et
c'est la raison pour laquelle on se dit : Puisque ça ne coûte rien,
pourquoi ne pas renforcer le filet social? Ce que je veux dire, c'est que les
investissements dans la construction, dans,
évidemment, des HLM, dans la rénovation, dans les programmes de soutien à la
construction, ça a un coût, mais les mesures législatives qu'on explore
depuis ce matin, depuis le début de l'étude du projet de loi...
Encore une fois, j'essaie de voir qu'est-ce
qu'il coûte à la ministre, et au gouvernement, et à la société d'améliorer la
protection soit par l'âge... On a déjà refusé cette voie-là, mais, sur la
question du revenu admissible, pour cette protection-là légale, encore une
fois, je ne vois pas pourquoi, sur le plan politique, même avec des grandes
ambitions sur la construction de logement social... comment on peut résorber
la... cette espèce de problématique là pour les personnes qui sont les plus
vulnérables face à une éventuelle procédure d'éviction, alors que leurs
revenus... Leur capacité financière est
documentée et elle est très faible et documentée. Donc, on a toute cette
information-là pour dire que la situation
va forcément être plus difficile pour eux, pour les années à venir, avant que
ça ne s'améliore. Alors, c'est l'occasion d'agir.
Alors, encore une fois, moi, je pense que... Que
ce soit pour l'âge, que ce soit pour le revenu ou encore pour la durée, là, du
bail précédant l'atteinte de l'âge, ce sont des mesures qui me semblent
susceptibles d'être corrigées à la lumière
de la gravité de la crise qu'on vit actuellement. Mais de leur faire miroiter
qu'un jour ça va s'améliorer, bien, c'est d'induire une période d'incertitude
et de difficulté à un certain nombre de personnes dans cette population-là, ce qu'on
n'a pas... ce qu'on n'a pas à faire aujourd'hui.
• (16 h 10) •
Le Président (M. Schneeberger) : Merci.
Alors, députée de D'Arcy-McGee.
Mme
Prass : ...continuer sur ce que dit mon collègue, là.
Alors, on a une liste d'attente avec plusieurs milliers de personnes qui
vont devoir attendre des années pour la construction de nouveaux logements, et
nous sommes une population vieillissante.
Donc, avec les années, la liste ne va faire que s'allonger. Donc, encore une
fois, pourquoi proposer juste une option, ce que vous proposez, donc, la
construction de nouvelles unités? Pourquoi est-ce que... Encore une fois, pour nos plus
vulnérables qui vont... qui vont monter en nombre dans les prochaines années,
est-ce qu'on ne peut pas leur donner un outil comme celui qui est
suggéré là, encore une fois, qui est accessible aux plus vulnérables?
Donc, on ne demande pas un élargissement énorme
que ça va faire en sorte que la demande ne pourra plus rencontrer la réalité.
C'est déjà le cas. Mais, encore une fois, c'est de donner plusieurs outils puis
pas juste de se fier à une solution. Il semble y avoir un manque de vision à
long terme. On voit ce qui se passe aujourd'hui, ce qui se passe par la suite dans les prochaines années,
mais, encore une fois, on est une population vieillissante, et il faut penser
à long terme, parce que, si on n'adresse pas ces enjeux aujourd'hui, on va se
trouver dans une position similaire dans les prochaines années, et ce sera tout
à recommencer.
Donc, moi,
c'était pour suggérer qu'on puisse donner le plus d'outils possible à cette
population-là plutôt que de restreindre... de restreindre les
différentes possibilités qu'ils ont pour accès au logement.
Le Président (M. Schneeberger) : Oui.
Ça va? Député de Laurier-Dorion.
M. Fontecilla : Oui. Donc, nous
sommes sur un amendement visant à augmenter le seuil de... le plafond de
revenus déterminant les besoins impérieux, ce qui pourrait donner accès à...
que davantage d'aînés puissent avoir accès à
la protection de Françoise David, mais, depuis tantôt, la réponse du côté
ministériel tourne autour de la nécessité... non pas de la nécessité d'améliorer les
protections pour les aînés ou pour que... les locataires en général, mais plutôt
d'augmenter l'offre de logements. Fort bien.
Ceci étant
dit, la ministre a lancé des programmes, etc., là. On connaît le taux
d'inoccupation. Et moi, j'aimerais, à... pour... Puisqu'elle nous ramène
constamment sur le terrain de la réalisation de nouveaux logements, j'aimerais
savoir quels sont ses objectifs et combien de logements elle pense qu'il
faudrait créer. Je ne lui attribue même pas la responsabilité de créer tous ces
logements-là, c'est : Combien de logements faudrait-il? Quels sont les
objectifs qu'on se donne, en tant que politique gouvernementale, pour atteindre
certains objectifs? Quels sont-ils? Est-ce qu'il s'agit d'augmenter le taux de... descendre... non, augmenter le nombre
de logements disponibles de combien? Quel taux d'inoccupation
faudrait-il atteindre? A-t-elle seulement des objectifs, là? Est-ce que la
machine gouvernementale est en mesure de se doter d'objectifs à atteindre ou on
nage, on navigue à vue, là?
Le Président (M. Schneeberger) : Merci.
Est-ce que nous avons des réponses? Mme la ministre.
Mme
Duranceau : Bien, M. le Président, j'ai dit à plusieurs
reprises, là, qu'il faut augmenter l'offre de logements, puis on va
sortir, dans les prochaines semaines, là, un plan de match qui explique comment
on va s'y prendre pour augmenter l'offre de logements. Ça fait qu'à ce
moment-là je pourrai faire davantage de commentaires.
Le Président (M. Schneeberger) : Oui,
député de Laurier-Dorion.
M. Fontecilla : ...au moins, on a
une nouveauté. Dans quelques semaines, on va avoir un plan de match. OK. Ça, c'est... Bon, c'est un peu... un peu plus
précis. Est-ce que la ministre pourrait nous informer de quels sont, au moins,
les grands éléments qui vont comporter ce
plan de match? Parce que, pour l'instant, j'ai l'impression plutôt désagréable
de faire face à des incantations. Il faut
créer plus de logements, mais est-ce que la ministre pourrait nous informer
c'est quoi, les grands objectifs ou
les grands domaines dans lesquels elle peut faire des... elle s'attend à des
avancées? Parce qu'on en a besoin pour étudier le projet de loi
n° 31.
Le Président (M. Schneeberger) : Merci.
Mme la ministre.
Mme Duranceau : Je n'ai pas d'autre
commentaire sur ça, M. le Président.
Le Président (M. Schneeberger) : OK.
Est-ce qu'il y a d'autres commentaires là-dessus? Alors, à ce moment-là, nous
allons mettre aux voix l'amendement qui introduit l'article 1.1.4. Est-ce
que 1.1.4 est adopté?
M. Fontecilla : ...
Le Président (M. Schneeberger) : Par
appel nominal. M. le secrétaire.
Le Secrétaire : Pour, contre,
abstention. M. Fontecilla (Laurier-Dorion)?
M. Fontecilla : Pour.
Le Secrétaire : Mme Duranceau
(Bertrand)?
Mme Duranceau : Contre.
Le Secrétaire : Mme Jeannotte
(Labelle)?
Mme Jeannotte : Contre.
Le Secrétaire : M. Rivest
(Côte-du-Sud)?
M. Rivest : Contre.
Le Secrétaire : M. Gagnon
(Jonquière)?
M. Gagnon : Contre.
Le Secrétaire : M. Girard
(Lac-Saint-Jean)?
M. Girard (Lac-Saint-Jean) : Contre.
Le Secrétaire : Mme Prass
(D'Arcy-McGee)?
Mme Prass : Pour.
Le Secrétaire : M. Schneeberger (Drummond—Bois-Francs)?
Le Président (M. Schneeberger) : Abstention.
Alors, l'amendement est rejeté. Nous en sommes maintenant à l'article... à l'amendement déposé par le député
des Îles-de-la-Madeleine, qui est l'article qui introduit 1.1.5. Alors, député
des Îles, à vous.
M. Arseneau : Oui. Merci, M. le
Président. Alors, ce que je propose avec l'amendement qui a été déposé, c'est le remplacement, au premier alinéa, des
mots... Bon, pour l'article 1.1.5 : L'article 1959.1 du Code
civil du Québec est modifié par :
1° le remplacement, au premier alinéa, des mots «10 ans»
par «5 ans».
Donc, l'article 1959.1 du Code civil du
Québec se lirait ainsi :
«Le locateur ne peut reprendre un logement ou en
évincer un locataire lorsque ce dernier ou son conjoint, au moment de la reprise ou de l'éviction, est âgé de
70 ans ou plus, occupe le logement depuis au moins 5 ans et a un
revenu égal ou inférieur au revenu
maximal lui permettant d'être admissible à un logement à loyer modique selon le
Règlement sur l'attribution des logements à loyer modique.
«Il peut toutefois reprendre le logement dans
l'une ou l'autre des situations suivantes...»
Et je pense que je vais vous faire grâce de la
lecture, là, du reste de l'article, puisqu'il n'est pas touché par l'amendement
proposé. Alors, évidemment, c'est le troisième amendement, je dirais, dans la
série de ceux qu'on a proposés cet... depuis ce matin au Code civil pour
améliorer la protection des personnes âgées qui occupent, donc, un logement et qui peuvent se retrouver en situation
difficile, donc, en situation de précarité suite à la décision d'un locateur
de reprendre l'appartement, d'en évincer les locataires.
Donc, si on ne touche pas au facteur de l'âge,
si on ne touche pas, puisque la ministre s'y oppose, à la question du revenu,
on aimerait au moins que la ministre considère la possibilité de juger que,
lorsque l'on occupe un logement depuis cinq années, et qu'on a 70 ans, ou
75, ou 80 ans, et que le propriétaire, le locateur souhaite agir pour procéder à l'éviction de ces personnes... bien,
que l'on considère que cinq ans... c'est le domicile permanent de la personne
et qu'il... tant et aussi longtemps
que cette personne-là peut demeurer de façon autonome et... dans ce logement...
qu'elle puisse jouir d'une certaine stabilité et qu'elle soit protégée,
donc, par l'État du Québec.
L'idée aussi... Le 10 ans, encore une fois,
lorsqu'il a été fixé, c'était dans une période où il y avait des logements alternatifs qui étaient disponibles sur
le marché bien davantage qu'aujourd'hui, des logements qui pourraient...
qui étaient, sans aucun doute, comparables, même si la situation, à ce
moment-là, il y a sept ou huit ans, n'était certainement pas rose, là, pour des
personnes de 70 ans et plus qui étaient en logement depuis sept ou huit
ans, disons, moins de 10 ans. Mais, la
crise s'étant exacerbée, on juge que cinq ans, c'est quand même une période
importante et qui couvre, essentiellement, les cinq années où...
La majorité des... bien, la majorité des
personnes... un certain nombre de personnes qui atteignent, donc, l'âge de
70 ans sont à loyer dans le même logement depuis l'atteinte de l'âge de la
retraite. Et, encore une fois, si on regarde
les statistiques pour ce qu'elles sont, il y a la moitié... plus de la moitié
de la population de 65 ans et plus — encore
une fois, comme par hasard, on utilise
l'indicateur de 65 ans — qui
a un revenu extrêmement faible, en bas de 30 000 $. Je pense
que, si on a loué un logement à l'âge de 65 ans, qu'on a atteint l'âge de
70 ans... je pense qu'on peut raisonnablement penser qu'on souhaitait que
ce soit un logement permanent, qu'il soit garanti qu'on puisse continuer à
l'occuper, avec un loyer qui augmente, mais selon, évidemment, là, les moyens
de la personne, et en fonction des règles établies, et des indications par le
Tribunal administratif du logement, et non pas se voir, tout d'un coup, là, expulsé à 70 ans ou à partir de 70 ans
tout simplement parce que ça ne fait pas suffisamment longtemps qu'on occupe
ce logement-là, c'est-à-dire pas 10 ans ou plus.
• (16 h 20) •
Alors, encore une fois, c'est une question
d'améliorer le filet social de protection des personnes âgées. Et moi, j'aimerais savoir dans quel univers on peut
se situer, comme Québécois qui croyons, là, à une société qui est juste et qui
souhaite, je dirais, partager la richesse, oui, mais aussi s'assurer que les
gens puissent vivre décemment et qu'on puisse dire que, parce que ça ne
fait que six ou sept ans que vous occupez votre loyer, bien, à l'âge de 80 ou
82 ans, on vous
dit : Bien non, vous êtes malheureusement en deçà du nombre d'années
nécessaire pour que l'État puisse vous protéger, donc, partez à la quête
d'un nouveau logement, vous êtes autonome, vous n'avez pas de grands moyens financiers, mais donc vous avez plus de
70 ans, on aurait aimé ça vous protéger, mais, pas assez longtemps que
vous êtes à loyer au même endroit, donc, sept ans, ce n'est pas suffisant,
huit ans, ce n'est pas suffisant, neuf ans, ce n'est pas suffisant...
Je pense qu'à ce
moment-là on peut se poser la question, à savoir jusqu'à quel point notre
société partage les plus démunis et les plus vulnérables, et quelle est la
conséquence pour l'État du Québec... Parce qu'une personne qui atteint l'âge
vénérable de 80, 85 ans, et qui se voit évincée, et qui n'a pas les moyens de
se magasiner un loyer au même coût, dans la même... dans le même quartier, dans
le même secteur, quelle sera son... ses alternatives? Elle ne retournera pas
sur le marché du travail, du moins, là, c'est fort peu probable, pour augmenter
sa rémunération puis se payer un logement parfois 40 % plus cher, là, si
on regarde un certain nombre de statistiques.
Donc,
bon, on comprend, là, évidemment, comment ça peut affecter le moral de la
personne, sa santé mentale, tout ce qui va avec l'anxiété et la détresse de
perdre son toit, ce qui va se passer à l'avenir, toute l'inquiétude que
ça suscite puis de voir quelles sont... dans la vraie vie, dans la réalité,
quelles sont ses options. On en parlait plus tôt ce matin, puis ce n'était pas
pour dramatiser la situation, quand on dit que le phénomène de l'itinérance a
doublé puis qu'il y a, là-dedans, des personnes âgées, ce sont des personnes
qui n'ont pas été protégées par l'État du Québec pour toutes sortes de raisons,
qui se sont vues à la rue... mises à la rue. Et on a l'occasion aujourd'hui
d'empêcher de... que le phénomène prenne de
l'expansion, du moins, sur la base du nombre d'années qu'ils ont occupé leurs
logements, et ça, je pense que c'est une occasion pour nous de faire
oeuvre utile.
Je voudrais, M. le
Président, partager un certain nombre de statistiques, là. Si on veut juger de
la capacité des personnes à se retrouver un logement aujourd'hui lorsqu'ils
sont évincés, particulièrement les personnes qui ont un faible revenu, comme celles dont on parle depuis tout à l'heure, des
personnes de 70 ans et plus et qui se qualifient, donc, au PRBI, regardons le moment où la protection, là,
au Code civil a été inscrite. Je crois que ça remonte à 2015 ou 2016...
2016.
À l'époque, lorsqu'on
regardait le coût moyen d'un quatre et demie, occupé ou inoccupé, dans
certaines régions... Par exemple, Gatineau, on sait que la crise du logement
frappe très fort là-bas présentement. À l'époque, l'écart entre un logement
inoccupé et un logement occupé était relativement faible, même que le logement
inoccupé était plus abordable que le logement occupé, selon les statistiques,
là, que le... qui sont... de la SCHL qu'on peut... qu'on peut consulter. Donc,
il en coûtait 739 $ par mois pour un loyer d'un quatre et demie inoccupé,
puis les loyers occupés, c'était de l'ordre de 764 $.
Aujourd'hui,
quand on dit que la situation a changé, que le contexte est complètement
différent, pour un... en 2022, toujours selon les données de la SCHL, dans la
même région de Gatineau, un logement occupé, on l'évalue à 1 268 $
par mois. Donc, ça a augmenté
considérablement, de 752 $. Mais ce qui a surtout augmenté, c'est les
logements inoccupés. De 741 $ par mois, on est maintenant à
1 502 $ par mois. Donc, le montant a presque doublé pour un quatre et
demie dans la région de Gatineau, pour un logement inoccupé.
Alors, pour être
certain qu'on me comprenne bien, là, si l'on part d'un loyer qui est à
1 268 $ par mois, un quatre et
demie, puis qu'on nous demande de chercher autre chose parce que le locateur a
décidé de nous mettre dehors parce que ça fait seulement sept ans, ou huit ans,
ou neuf ans qu'on est dans le loyer, puis qu'on a 70, 75, 80 ou 85 ans,
on est encore autonome, puis qu'on est encore heureux de vivre là, parfois avec
son conjoint ou sa conjointe, qu'on nous dit : Malheureusement, là, vous
avez l'âge, vous avez le niveau ou le plafond de revenus, là, mais ça ne fait
pas assez longtemps que vous êtes dans l'appartement, il va falloir aller
frapper aux portes, puis regarder les petites annonces, puis regarder dans le
secteur, puis regarder au-delà du secteur, et payer presque 300 $ de plus
par mois. Comment on fait ça? Comment on va résoudre l'équation si on est déjà
dans la catégorie des revenus les plus faibles parmi les personnes au Québec?
Et c'est la même
chose pour la région de Québec. Je vais vous donner les statistiques. On était
presque à parité, si on veut, en 2015, logements occupés, inoccupés. Quatre et
demie, 788 $ pour un logement occupé, mais, si on changeait de logement, on pouvait espérer en trouver un pour
782 $. On pouvait même faire une bonne affaire, parce que, visiblement, il
y avait un certain équilibre. On part d'un loyer, on en trouve un autre, c'est
à peu près le même prix.
Aujourd'hui, 2022,
c'est encore probablement... l'écart s'est probablement agrandi, mais on n'a
pas les statistiques, nous, pour 2023, mais
là l'écart est passé à... en fait, le chiffre maintenant, c'est 970 $ pour
un quatre et demie en moyenne, et je dis bien «en moyenne», là, parce
qu'évidemment ça, ça veut dire qu'il y a des logements qui sont beaucoup plus
élevés, mais on parle de 1 536 $ pour un logement inoccupé. Bien,
comment on paie 1 536 $ pour un logement inoccupé si on part d'un
logement qui nous coûtait 970 $, un logement occupé? C'est presque
600 $ de différence. On ne peut pas,
quand on est une personne âgée de 70 ans et plus au Québec, qui est sous
le seuil de revenus d'environ 30 000 $, en moyenne, au Québec,
payer 600 $ de plus parce qu'on a été évincé, peu importent les raisons du locateur. Et ça, je pense qu'on doit le
réaliser, qu'on a l'occasion de protéger ces gens-là aujourd'hui. Ça, c'était
pour la région de Québec.
Je vais vous donner
Montréal aussi pour compléter ma démonstration. On était... C'était légèrement
plus élevé à l'époque. On avait 70 ans. Puis je vous rappelle qu'à ce moment-là
on a décidé de protéger les gens de 70 ans et
plus, on a décidé de protéger les gens qui avaient des revenus parmi les plus
faibles, mais on a dit que ça prenait 10 ans d'occupation du loyer pour
bénéficier de cette protection-là, 10 ans. Mais la différence entre un loyer de
quatre et demie — évidemment,
c'est une moyenne — occupé...
On partait d'un loyer de 759 $ puis on payait 794 $. Bon, une
quarantaine de dollars de plus, certains pouvaient sans doute se l'offrir, et,
malgré tout, les législateurs de l'époque, ça ne fait pas
si longtemps, ont dit : Ça mérite quand même une protection, mets 10 ans,
tu sais, sinon... Puis c'est davantage la paix d'esprit, j'imagine, dont on
discutait que la question du revenu en tant que tel.
• (16 h 30) •
Aujourd'hui, à Montréal, on parle d'un loyer
moyen de 1 000 $, toujours en 2022, 1 015 $. On est évincé, on a 70 ans et plus, on n'a pas des grands revenus,
il faut payer 402 $ de plus pour se loger par mois. C'est plus de
4 000 $ par année, presque 5 000 $ par année. Si on a un
revenu de 30 000 $, je repose la question à la ministre, comment
on fait... En attendant que les dizaines de
milliers de logements sociaux lèvent de terre, soient ouverts et disponibles
dans l'ensemble du Québec, dans
toutes ces régions, pour ces personnes-là, comment on fait pour éviter que ces
personnes-là qui sont évincées se retrouvent à la rue, en situation
d'itinérance?
Le Président (M. Schneeberger) : Merci
pour vos commentaires. Mme la ministre.
Mme
Duranceau : Bien, écoutez, M. le Président, cette mesure-là,
puis là on parle du cinq ans versus du 10 ans, là, ça a été exploré en
2016, le 10 ans, puis ça a été très clair pour tout le monde, là, puis c'est
pour ça qu'ils ont statué à 10 ans à l'époque, que ce serait... ça pourrait
devenir discriminatoire, cette mesure-là, puis faire en sorte que des gens se
présentent puis qu'on choisisse... même si ce n'est pas permis par la loi, là,
mais qu'on choisisse un locataire qui est moins âgé qu'un autre justement parce
qu'on allait être plus restreint, là, à partir du moment où ça ferait cinq ans qu'il soit dans le logement. Alors, ça a été clair
en 2016 puis ça a été évacué assez... ça a été évacué du discours pour la
suite.
Donc, pour moi, c'est clair qu'on ne réouvre pas
ce... qu'on ne réouvre pas ça. Ça fait que ça, c'est pour la mesure Françoise
David, qui, comme je l'ai dit ce matin, est un des outils. Il est là, il est
bon. On le garde dans sa forme actuelle.
Puis je pense qu'il faut être prudents aussi,
là... Je le répète, il faut augmenter l'offre. C'est ça, la vraie solution. Je
le sais, que ce n'est pas tout de suite. Ça ne se fait pas du jour au
lendemain. Mais il faut être prudents, tu sais,
d'être tentés, puis, je pense, c'est ça qui se passe, là, de faire porter
l'inaction des gouvernements précédents, OK, parce que, je m'excuse,
l'habitation, pas grand monde qui s'est occupé de ça pendant plusieurs années,
là, puis je le vois, là, j'en récolte... Le désintérêt, je le vois.
Ensuite, le
retrait du fédéral, veux veux pas, ça a fait en sorte qu'il n'y a pas eu... il y a eu moins d'investissement en habitation.
Donc, ensuite de ça, on se retrouve, par ailleurs, dans une crise avec des taux
d'intérêt élevés, une main-d'oeuvre qui est
manquante au niveau de la construction, des coûts de construction élevés. Puis
on a parlé des effets de l'immigration, qui, veux veux pas, ajoute une
demande pour les logements.
Alors là, c'est tentant, dans ce contexte-là, de
faire porter la crise du logement sur quelques mesures législatives. Là,
pendant six mois, ça a été la cession de bail. Là, on est sur la loi Françoise
David. Ce n'est pas ça, la solution. On a
des mesures qui... qu'on est venus encadrer, bonifier, dans le cas des évictions,
et, encore là, il faut garder en tête
qu'il faut maintenir l'équilibre. C'est un équilibre. Il y a des... Certains
partis défendent un point de vue, d'autres défendent d'autres points de vue. Moi, j'essaie de rester dans
l'équilibre là-dedans pour aussi créer un environnement où on va avoir du monde qui va en construire, du
logement, puis on va avoir des gens qui vont avoir le goût de détenir du
logement puis d'en faire un investissement à long terme, justement, pour le
bien de tout le monde.
Alors là, c'est tentant, là, de penser qu'en
modifiant cet article de loi là on va... on va tout régler, mais je ne pense
pas. C'est un des outils, puis on a vu qu'on a un paquet d'autres outils dans
le projet de loi n° 31 qui vont venir accélérer
la création de logements. Puis c'est là-dessus qu'il faut tabler pour faire une
réelle différence pour l'ensemble des Québécois, pour qu'ils soient bien
logés.
Le Président (M. Schneeberger) : Merci.
Ça va?
M. Arseneau : Est-ce que j'ai encore
du temps, M. le Président?
Le Président (M. Schneeberger) : Oui.
M. Arseneau : Oui?
Le Président (M. Schneeberger) : Encore
cinq minutes environ.
M. Arseneau : Oui. Non, mais, juste
pour compléter l'échange, là, tu sais, je pense qu'il n'y a personne ici qui
pense qu'en modifiant, en bonifiant la mesure de protection des personnes
aînées... qu'on a réglé le problème, mais je pense qu'il n'y a personne ici non
plus qui pense que la crise du logement va se résorber en l'espace d'un
claquement de doigts quand la ministre, d'ici quelques semaines, aura déposé un
plan. On verra la nature du plan, la nature
des investissements, l'ambition du gouvernement puis on jugera l'arbre à ses
fruits, mais ça va prendre un certain nombre
d'années. Et, si... Il faut nécessairement que ça se fasse. Mais ce qu'on dit
aujourd'hui, c'est qu'on a les moyens, parce qu'on a une loi qui est déposée,
qui est étudiée, et qui est perfectible, et qui comporte un certain nombre d'éléments
qui peuvent permettre d'améliorer la
situation pour certains, mais il y a aussi certains éléments qui peuvent être
bonifiés, et c'est exactement ce qu'on propose.
Il y a aussi certains éléments qui constituent
un recul. On a parlé de la question de la cession de bail. C'est un recul. C'est un outil qui, à l'heure actuelle, est
utilisé parce que le marché est déséquilibré. Alors, de dire qu'on veut garder
un équilibre... J'imagine, là, c'est entre les locataires puis les locateurs. Aujourd'hui,
l'objectif, à mon humble avis, c'est plutôt de gérer le déséquilibre dans le marché, qui affecte de
façon très importante les locataires, et particulièrement les locataires qui sont plus vulnérables, qui ont
moins de moyens financiers, qui sont plus âgés. Alors, c'est ça, l'objet.
Mais on ne dit pas que ça va tout régler. Ça ne
va pas régler la crise du logement. On souhaite que le gouvernement dépose un
projet ambitieux pour la construction, mais ce qu'on constate, c'est que,
depuis qu'on a commencé à discuter de ça, là, pas énormément de mises en
chantier. Il n'y a pas... Il y a... Si on pouvait dire que, depuis qu'on a mis
au rancart AccèsLogis puis qu'on a mis sur pied le PHAQ... qu'on avait des
résultats tangibles, on pourrait commencer à imaginer qu'il y a une lumière au
bout du tunnel, mais on en est loin.
Alors, c'est la raison, je pense, pour laquelle
on a des discussions sur les dispositions législatives en matière d'habitation
qui pourraient permettre non pas d'accélérer la construction, mais de gérer les
effets du déséquilibre financier puis de protéger les personnes les plus
vulnérables dans la société québécoise, et on parle ici des personnes aînées.
Alors, encore une fois, ce n'est pas la panacée. C'est un outil parmi d'autres.
Et la bonification de la mesure qui était... qui
a été adoptée en 2016, elle s'inscrit dans un constat de la situation qui nous
permet de dire qu'on n'est plus du tout dans le même contexte qu'en 2016. Et je
pense que j'ai présenté certains chiffres qui démontrent l'explosion des coûts
des logements en prenant un loyer type pour un quatre et demie pour plusieurs régions du Québec et qui démontrent que,
si on est évincés puis que nos revenus de retraite sont plafonnés... que ça pose un problème majeur
documenté et que ça va avoir des effets délétères, voire tragiques pour un
certain nombre de citoyens et de citoyennes du Québec.
Donc, on a
l'occasion d'améliorer les choses, de bonifier nos mesures et raccommoder un
peu, là, le filet social, parce que la situation s'est dégradée. La ministre
veut faire porter le poids au gouvernement précédent des retards en
construction ou de la crise du logement. Fort bien. Mais aujourd'hui, là,
regardons vers le présent et l'avenir. Et l'avenir prévisible, ce n'est pas
qu'il va y avoir 100 000 logements par année de construits. L'avenir
prévisible, c'est qu'il y a des gens... des
personnes âgées qui vont continuer d'être évincées, puis qui ont 70 ans et
plus, puis qui ont un revenu extrêmement faible, et puis qui n'auront
peut-être pas atteint le 10 ans, là, nécessaire pour pouvoir être sous la
protection de l'État.
Le
Président (M. Schneeberger) : M. le député des Îles-de-la-Madeleine, votre
temps est écoulé. Alors, député de Laurier-Dorion.
M. Fontecilla : Oui. J'aimerais
revenir sur quelques déclarations de la ministre concernant des... comment dire, des calculs ou des raisonnements qui ont été
faits à l'adoption de la loi Françoise David, là, tout particulièrement
concernant la discrimination, là, si, par exemple, on mettait un temps de
résidence effectif, là, dans un logement, de cinq
ans au lieu de 10 ans. Évidemment, c'est un peu... C'est un argument un
peu particulier, une crainte très particulière, parce que les... comment dire, une autoprophétie, là : Dès qu'on la
fait, dès qu'on l'énonce, elle se réalise. Évidemment, s'il y avait une discrimination à cinq ans, il
pourrait tout à fait y avoir une discrimination avec la règle actuelle à
10 ans, là.
• (16 h 40) •
Et c'est la
même chose pour la location à une personne qui est pauvre. Bien, un aîné qui
est... qui a un revenu... un revenu très, très bas, bien, on ne va pas le lui
louer, parce qu'effectivement il pourrait y avoir, à un moment donné...
elle pourrait être soumise à la protection de la loi Françoise David. Et il
pourrait aller ainsi de toutes les dispositions qui protègent contre la
discrimination. On pourrait très bien dire que, bien, si on le met en pratique,
là, ça pourrait augmenter la discrimination
en amont, justement, pour ne pas être soumis à une possible accusation de
discrimination. Donc, pour moi, ça m'apparaît un argument un peu
fallacieux justement destiné à ne pas... à ne pas agir.
La ministre a beaucoup mis l'emphase à plusieurs
reprises également sur la question de l'équilibre et la recherche éternelle de l'équilibre en termes de... dans le monde des
relations entre locataires et locateurs. J'en suis. Il faut... il faut chercher
un équilibre. Mais, si j'abonde dans le même sens que mon collègue des Îles-de-la-Madeleine... des Îles-de-la-Madeleine, c'est qu'ici on est en train... on
fait face à un marché qui est en profond... en profond déséquilibre, justement,
là. Et la situation n'est pas équilibrée, mais pas du tout, là, et la balance
penche fortement du côté des locateurs à tous
les points de vue. Ils ont, comme on dit au Québec, là... au Québec, là, le
gros bout du bâton, là. Et il y en a, heureusement, pas tout le monde,
mais il y en a qui en profitent allègrement, surtout lorsqu'il s'agit de...
lorsqu'on fait... il s'agit d'un changement de locataire, pour augmenter
passablement la... le loyer, là, d'où les demandes, par exemple, insistantes
d'un registre des loyers, de garder la clause sur la cession du bail, là, qui
permet, justement, d'éviter cette hausse très souvent abusive de loyer
lorsqu'un locataire change, et d'autres mesures.
Donc, on fait face à un marché profondément
déséquilibré qui atteint plus particulièrement certains secteurs de la
population qui sont plus vulnérables, et on parle... On pense spécifiquement à
la population aînée, mais il y a d'autres secteurs qui sont aussi vulnérables.
Faut-il rappeler, encore une fois, qu'approximativement un quart des personnes
récemment dénombrées et en situation d'itinérance sont arrivées à l'itinérance
suite à une éviction? Et beaucoup de ces
personnes-là sont des personnes aînées. Donc, le manque de protection des aînés
produit des conséquences concrètes, là, par exemple, par exemple, à
l'extrême, produit l'itinérance d'un certain nombre des ces personnes-là.
Laissons de côté... laissons de côté le...
comment dire, une vision idéaliste ou même sentimentaliste de cette
situation-là, pauvres personnes qui sont obligées à vivre dans l'itinérance,
mais allons... appliquons un calcul économique,
là. Combien coûte à la société le fait d'avoir plus d'itinérance dans la
société? Il me semble que la... une ministre de l'Habitation devrait se
poser ces questions-là. Par exemple, une absence de protection... d'une
protection adéquate de la population
locataire aînée, en quelque part, va avoir une conséquence, celle de,
concrètement, l'augmentation de
l'itinérance. Mais ça, on dirait que ça ne rentre pas. Je n'ai pas entendu la
ministre parler de ces... de ces situations-là. Ça ne... ça ne fait pas
partie de ces calculs-là.
Donc, encore une fois, on
revient à la question du déséquilibre, et le devoir, le mandat d'une ministre
de l'Habitation, quel que soit le parti, devrait, justement... d'atténuer, de
corriger autant que possible cette situation de déséquilibre criant qui existe en ce moment dans le domaine des
relations entre les locateurs et les locataires, en attendant, évidemment, le
grand soir où il va y avoir tellement de construction de logements, là, que ça
va... ça va faire augmenter sensiblement
le taux d'inoccupation jusqu'à 3 %. Et même il y en a qui disent qu'il
faudrait... pour que ce soit véritablement un marché équilibré, il
faudrait aller jusqu'à 7 %.
En attendant le grand soir de cette réalité-là,
bien, on vit avec une réalité très concrète où les locataires, particulièrement
les locataires aînés, sont soumis à des pressions extrêmement fortes pour
quitter leurs logements. Et, même malgré l'adoption de la loi... l'existence de
la loi Françoise David, il peut toujours y avoir des fins finauds qui profitent de la naïveté, l'ignorance, le manque de
volonté, la fragilité, la vulnérabilité des personnes aînées pour essayer de
se... on va dire, là, de se débarrasser de ces locataires qui ne paient pas
beaucoup et procéder à une augmentation substantielle de... du loyer, ce qu'on
appelle communément, et je le répète, là, parce que c'est un mot très
intéressant, là, l'optimisation, là, de
l'investissement immobilier, là. L'investisseur immobilier n'a que faire des
locataires qui paient des loyers bas.
Tout ce qu'il veut dans la vie, là, son objectif en termes de... en termes de
business, en termes d'opérations immobilières, c'est de remplacer ces
locataires par... par des locataires qui sont en mesure de payer des loyers
plus élevés, mais, entendons-nous, en mesure de payer, pas parce qu'ils sont
énormément plus riches, parce qu'ils acceptent d'octroyer une part plus
importante de leurs revenus au paiement du loyer, ce qui implique souvent,
bien, un appauvrissement, dans l'absolu, là.
Donc, on fait face à un marché, encore une fois,
déséquilibré, et la ministre devrait avoir comme mandat, justement, de corriger certains aspects de ce
déséquilibre-là, surtout auprès des populations les plus... les plus
vulnérables, comme les locataires aînés.
Depuis ce matin, nous discutons ici, là, des
différentes mesures qui pourraient rendre la vie plus facile, en tout cas, assurer des meilleures conditions de logement à des
locataires aînés, mais on fait face à un refus systématique, là, par rapport
aux propositions présentées par les différentes oppositions. Et c'est dommage,
là, parce que la réalité... Les médias nous rapportent quotidiennement
des cas de locataires aînés qui sont jetés à la rue, et qui ne savent pas où
aller, et qu'on ne sait pas quoi faire avec ces personnes-là, parce que souvent
ils n'ont pas les moyens d'aller à une résidence pour personnes aînées, qui
coûte quand même... Il faut avoir les moyens pour se payer une RPA. Et la seule solution qu'il leur reste, là, c'est de
s'ajouter à la liste d'attente d'une habitation à loyer modique, d'un HLM, là. Et,
mon collègue des Îles-de-la-Madeleine l'a mentionné tantôt, autour de
43 000 personnes... ménages sont sur cette liste de... liste-là, donc, 43 000 ménages qui ne sont pas
près d'avoir un logement à loyer modique, là, dont... De ces 43 000, il
y en a 23 000 seulement sur l'île de Montréal. Ça fait que les HLM, en
toute... comment dire, de façon très réaliste, ne servent pas à régler, en ce moment, la crise du logement, parce
qu'ils sont pleins, sont pleins à craquer, et il y a une liste énorme de
gens qui veulent y avoir accès.
Donc, une solution, c'est de s'assurer que les
locataires aînés puissent rester dans leur milieu, chez eux, dans le logement
qu'ils occupent, là, par une amélioration des conditions de la loi Françoise
David, là, justement pour corriger ce déséquilibre-là.
Donc, ici, on fait face à... comment dire, soit
à un aveuglement en attendant le grand soir où il va y avoir assez de logements
pour loger tout le monde... Le prix, par la magie du marché capitaliste de
l'immobilier, va s'équilibrer. Et ça, je ne sais pas quand est-ce que ça va...
ça va arriver. Et j'ai posé la question à la ministre : Quand est-ce qu'elle prévoit ou son ministère prévoit
que ça pourrait... ça pourrait arriver, là? Mais on est dans les... Je ne sais pas. Je n'ose pas croire que ça va être dans les
calendes grecques, là. J'espère que le gouvernement a un objectif à moyen
terme, ne serait-ce qu'à moyen terme, pour résorber cette crise-là.
Mais, en attendant ce grand soir là, il faut
retravailler sur les conditions objectives existantes maintenant, qui sont un
resserrement des protections décidées, ne serait-ce qu'à certaines... certains
segments de la population, les aînés en particulier, par exemple, en diminuant
les temps de résidence dans un logement de 10 à cinq ans afin d'être admissible à la protection octroyée par la loi
Françoise David. C'est ça qu'il faut. Il faut s'attaquer au déséquilibre
actuel.
Et le PL n° 31 est loin d'aller dans cette
direction-là, même qu'il va dans le sens contraire, parce qu'il enlève certains
dispositifs, comme la cession du bail, qui permettait, justement, à des
locataires d'éviter les hausses de... les hausses abusives de loyer entre le
changement des locataires. Et la ministre, elle va dans le sens contraire,
parce qu'elle enlève cette... à toutes fins pratiques, cette... ce
dispositif-là.
• (16 h 50) •
Donc, et je
l'ai dit dans d'autres... dans d'autres conversations dans le PL n° 31,
là, cela fait en sorte d'alimenter davantage la bulle immobilière qui
existe dans le secteur locatif en ce moment, là. Le PL n° 31 ne règle pas
les problèmes, même qu'il ajoute du charbon à cette bulle spéculative, là. Et
je serais même prêt à dire que, malgré la petite avancée concernant une... le
changement du fardeau de la preuve dans toute la thématique de rénoviction, le
PL n° 31 va faire en sorte d'augmenter le déséquilibre, d'empirer la
situation des locataires du Québec, de faire en sorte qu'il va y avoir encore plus d'évictions de locataires aînés.
C'est justement la direction qu'il ne faut pas aller. Il faut resserrer davantage les protections destinées aux
locataires, et le PL n° 31 va complètement dans le sens contraire à ce
qu'il faudrait faire en ce moment.
Le
Président (M. Schneeberger) : Merci. Est-ce qu'il y a des commentaires ou
réponses là-dessus? Alors, non. Alors, à ce moment-là, nous allons
mettre aux voix l'article 1.1.5. Alors, est-ce que l'article 1.1.5
est adopté?
Une voix : ...
Le
Président (M. Schneeberger) : Par appel nominal.
Le
Secrétaire : Pour, contre, abstention. Mme Duranceau (Bertrand)?
Mme Duranceau :
Contre.
Le
Secrétaire : Mme Jeannotte (Labelle)?
Une voix : ...
Le
Secrétaire : Mme Jeannotte (Labelle)?
Mme Jeannotte :
Contre.
Le
Secrétaire : M. Rivest (Côte-du-Sud)?
M. Rivest :
Contre.
Le
Secrétaire : M. Gagnon (Jonquière)?
M. Gagnon :
Contre.
Le
Secrétaire : M. Girard (Lac-Saint-Jean)?
M. Girard
(Lac-Saint-Jean) : Contre.
Le
Secrétaire : Mme Prass (D'Arcy-McGee)?
Mme Prass :
Abstention.
Le
Secrétaire : Mme Dufour (Mille-Îles)?
Mme Dufour :
Abstention.
Le
Secrétaire : M. Fontecilla (Laurier-Dorion)?
M. Fontecilla :
Pour.
Le
Secrétaire : M. Schneeberger
(Drummond—Bois-Francs)?
Le Président (M. Schneeberger) : Abstention.
L'amendement est rejeté.Alors, maintenant, nous en sommes maintenant
à l'amendement de l'article 0.9, qui avait été déposé par la députée de Mille-Îles,
si ma mémoire est bonne. Alors, vous aviez déjà pris la parole là-dessus.
Alors, je vous laisse aller à la suite des choses. C'est un amendement qui
avait été suspendu. On le reprend.
Mme Dufour :
Merci, M. le Président. Alors, je voudrais, en fait, demander le
consentement pour retirer l'amendement. Et je tiens à préciser, là, que le
retrait de cet amendement-là, ce n'est pas le fruit de pressions ou de... c'est
ça, d'intimidation que nous avons vécue à mon bureau, loin de là. Je... Il y a
eu beaucoup d'échanges avec divers groupes,
dont ceux qui ont visité nos bureaux, notamment, et la SPCA, et on a convenu
que ce n'était peut-être pas le moyen le plus approprié pour protéger les
propriétaires d'animaux et protéger, d'abord et avant tout, les animaux
de compagnie.
Reste qu'il y a un
enjeu majeur actuellement où on voit de plus en plus de propriétaires qui
refusent des locataires avec des animaux, et ça génère, en fait, énormément
d'abandons, on le voit au 1er juillet mais à tout moment, là, lorsqu'une personne doit quitter son logement, souvent, ne
retrouve pas un logement où elle peut être avec son animal, et on voit
des abandons. Et ça, c'est vraiment... C'est en pleine croissance actuellement.
Il faut trouver une solution.
Je comprends que la
solution qui avait été proposée, puis c'était vraiment pour discussion, le
dépôt de garantie seulement pour les animaux de compagnie, avait pour objectif
de simplement... de simplement donner une occasion, dans le fond, au
propriétaire qui voulait avoir de l'ouverture mais qui avait une crainte par
rapport au surcoût, là, que ça peut amener
lorsqu'il y a des logements qui sont, malheureusement, parfois, laissés dans un
piètre état... Et c'est des cas... On
s'entend, ça n'arrive pas souvent. Mais, lorsque ça arrive, bien, ça fait peur
à tout... à l'ensemble des propriétaires, qui voient ça dans les
journaux, puis ils disent : Non, non, non, je ne veux pas vivre ça, moi
non plus. C'est très difficile de retrouver l'argent pour le propriétaire qui
devra faire les travaux correctifs, le cas échéant.
Alors, il y
a... il y a cet enjeu-là. Il faudra penser à d'autres solutions. J'ai eu des
conversations avec la ministre. On pourra regarder peut-être une option
d'assurance. Il y a d'autres formules qui existent. Et je ne veux pas que le débat se ferme ici, mais, ceci dit, pour l'instant, ce n'est
pas une proposition qui était... qui était assez avancée, assez réfléchie, puis,
visiblement, là, il faut qu'on la travaille davantage. Donc, pour cette
raison-là, je souhaite retirer, M. le Président, l'amendement que j'avais
fait pour les dépôts de garantie pour les animaux.
Le Président (M. Schneeberger) : Oui,
bien, alors, avec le consentement, si tout le monde est d'accord, on va retirer
l'article... l'amendement, dans le fond, qui avait été déposé. Alors,
consentement? Consentement. Parfait. Alors,
pour ce dossier-là, c'est clos. Nous en sommes maintenant à l'article 31.1.
Ça, c'est un amendement qui avait été déposé par la ministre, je pense.
C'est bien ça? Voilà.
Mme Duranceau : ...que je vais vous
lire et puis qui faisait suite à une modification législative qui était
demandée par la juge en chef adjointe de la Cour du Québec. Tout le monde était
d'accord pour qu'on fasse le travail pour
déposer l'amendement. Donc, je vous le lis, l'article 31.1, article 94,
Loi sur le Tribunal administratif du logement : Insérer, après
l'article 31 du projet de loi, le suivant :
L'article 94 de cette loi est modifié par
l'insertion, après le deuxième alinéa, du suivant :
«La décision
frappée d'appel est exécutoire à l'expiration des dix jours qui suivent la date
de notification de la décision refusant la permission d'appeler, sauf si
le tribunal en ordonne autrement.»
Alors, l'amendement modifie l'article 94 de
la Loi sur le Tribunal administratif du logement afin qu'une décision du TAL ayant fait l'objet d'une demande
d'appel rejetée par la Cour du Québec soit exécutoire 10 jours après la
date de notification de la cour.
Alors, ça faisait consensus à l'époque.
Le Président (M. Schneeberger) : Voilà.
Est-ce que nous avons des questions sur l'amendement? S'il n'y a pas de
question, nous allons passer aux voix. Est-ce que l'amendement qui introduit
l'article 31.1 est adopté?
Des voix : Adopté.
Le
Président (M. Schneeberger) : Adopté. Alors, maintenant, pour la suite... Moi,
par contre, j'ai eu une demande ce matin. Oui, député de...
M. Fontecilla : ...
Le Président (M. Schneeberger) : Bon,
j'ai...
M. Fontecilla : ...
Le Président (M. Schneeberger) : Oui,
attends. Avant tout, je veux juste régler quelque chose. Ce matin, j'ai eu une
demande du côté du... gouvernemental. C'est qu'il y avait deux articles, je
pense que c'étaient des... en tout cas, je
ne sais pas si c'est des amendements ou des articles, avec la numérotation de
12.2 et 12.3. Ces deux articles-là ont été adoptés au niveau du projet
de loi n° 39. Alors, la demande, elle souhaite qu'ils soient retirés du
projet de loi. Alors, à ce moment-là, j'ai besoin de l'amendement... du consentement,
pardon, pour pouvoir retirer ces articles-là, étant donné que ces articles-là
ont été adoptés dans le projet de loi n° 39.
M. Fontecilla : ...
Le Président (M. Schneeberger) : C'est
12.2 et 12.3. Moi, ce que je veux... En tout cas, s'il y a confusion ou quoi
que ce soit, ce que je peux faire, c'est que je peux suspendre juste quelques
instants pour que vous preniez connaissance des articles qu'on veut... que le
gouvernement souhaite retirer. À ce moment... Et puis après ça on va... on va
reprendre. Est-ce que ça va comme ça ou si on peut procéder? Parce que, là,
j'ai besoin du consentement. Alors...
M. Arseneau : ...on était dans
l'article 31 puis nous, on avait un amendement à déposer, mais là je ne
sais pas si... si vous voulez régler les autres articles avant.
Le Président (M. Schneeberger) : Oui,
bien, ce n'est pas grave, là, si vous... Je veux dire, le projet de loi, il
n'est pas fermé. Vous êtes toujours capables de déposer un amendement, peu
importe l'article.
Maintenant, moi, je voulais juste régler ça,
parce que c'était une demande qui m'avait été faite, puis je suis... Dans le fond, je suis la... l'ordre des articles
au niveau du cheminement. Voilà. Alors, est-ce que vous... il y a
consentement pour le retrait ou vous souhaitez une suspension pour
vérifier ce qu'on retire?
Une voix : ...
Le Président (M. Schneeberger) : Oui.
Parfait. Alors, nous suspendons quelques instants.
(Suspension de la séance à 16 h 59)
(Reprise
à 17 h 04)
Le Président (M. Schneeberger) : Alors,
nous reprenons les travaux. Alors, justement, suite aux discussions, Mme
la ministre, il va y avoir des explications, dans le fond, sur le... la demande
de retrait de deux articles qui avaient déjà été adoptés auparavant, étant
donné que c'est deux articles qui ont été adoptés sur le projet de loi
n° 39. Alors, je vous laisse... je vous laisse aller sur les explications.
Mme
Duranceau : Oui, bien, écoutez, s'il y a consentement, je demanderais
à ma sous-ministre adjointe de faire les commentaires sur ces éléments-là.
Le Président (M.
Schneeberger) : Oui. Alors, Mme la sous-ministre, vous nommer et
par... votre titre. Consentement? Oui? Parfait. Allez-y.
Mme Petit
(Katia) : Donc, Katia Petit, sous-ministre adjointe aux politiques.
Donc, effectivement,
l'article 12.2 de l'actuel projet de loi prévoyait notamment, là, que
toute municipalité peut accorder une aide financière aux fins de la réalisation
d'un projet de logement social abordable ou étudiant qui était visé, là, par
une entente conclue entre un ministère ou un organisme et un tiers, et il
venait lever l'interdiction de subvention municipale dans ces cas-là. Or, dans
le projet de loi n° 39, on est venus intégrer toute une section sur
l'habitation dans le projet de loi, qui couvre tout ça et qui est même plus
large, donc, qui a une portée plus large mais qui
permet exactement ce qui était visé ici. Alors, les articles deviennent en
quelque sorte caducs. Puis, légistiquement parlant, là, ce n'est pas... on ne peut pas maintenir ces articles-là à
l'heure actuelle. Donc, voilà. Mais c'est entièrement couvert, et même
plus.
Le Président (M. Schneeberger) : Parfait.
Est-ce que c'est... ça va comme ça? Ça répond aux... aux questions?
Alors, j'ai besoin du consentement. Alors, est-ce qu'il y a consentement pour
le retrait des articles 12.2 et 12.3 du projet
de loi? Consentement? Parfait. Alors, les articles sont retirés. Alors, il y
avait... Oui, député de Laurier-Dorion, oui.
M.
Fontecilla : Je voudrais déposer... Est-ce que je peux le faire
maintenant?
Le Président (M.
Schneeberger) : Oui, vous pouvez le faire maintenant.
M.
Fontecilla : Donc, il a été envoyé.
Le Président (M.
Schneeberger) : Est-ce que tout le monde l'a reçu? Oui? Parfait.
Alors...
M.
Fontecilla : OK. Je peux en faire la lecture?
Le Président (M.
Schneeberger) : Non.
M.
Fontecilla : Non, pas encore?
Le Président (M.
Schneeberger) : Vous voulez... Est-ce que vous voulez qu'on suspende
pour en prendre connaissance ou ça va? Oui?
Alors, nous allons
suspendre quelques instants.
(Suspension de la séance à
17 h 06)
(Reprise à 17 h 09)
Le Président (M.
Schneeberger) : Alors, nous reprenons les travaux. M. le député de
Laurier-Dorion avait un sous-amendement à déposer, qui introduit un
article 31.5. Alors, M. le député de Laurier-Dorion, je vous laisse lire
votre sous-amendement.
M.
Fontecilla : Merci, M. le Président. Donc, je procède à la lecture
d'un amendement. C'est l'article 31.5 modifiant
l'article 5 de la Loi sur le Tribunal administratif du logement. Il s'agit
d'insérer, après l'article 31.4 du projet de loi, le suivant :
31.5.
Modifier l'article 5 de la Loi sur le Tribunal administratif du logement
par l'ajout, à la fin, du paragraphe suivant :
«5° d'archiver
et de divulguer, pour chaque lieu loué pour lequel un bail est inscrit, les
renseignements inscrits à la section G qui
apparaît à l'annexe 1 et 6 du Règlement sur les formulaires de bail
obligatoires et sur les mentions de l'avis au nouveau locataire
(chapitre T-15.01, r. 3).»
• (17 h 10) •
L'article de
la Loi sur le Tribunal administratif du logement, tel qu'amendé, se lirait
comme suit : «Le Tribunal exerce la compétence qui lui est conférée
par la présente loi et décide des demandes qui lui sont soumises.
«Il
est en outre chargé :
«1° de renseigner
les locateurs et les locataires sur leurs droits et obligations résultant du
bail d'un logement et sur toute matière visée dans la présente loi;
«2° de favoriser
la conciliation entre locateurs et locataires;
«3° de faire des
études et d'établir des statistiques sur la situation du logement;
«4° de publier
périodiquement un recueil de décisions rendues par les membres du Tribunal;
«5° — ça,
c'est la nouveauté — d'archiver
et de divulguer, pour chaque lieu loué pour lequel un bail est inscrit, les renseignements inscrits à la
section G qui apparaît à l'annexe [...] 6 du Règlement sur les
formulaires de bail obligatoires et sur les mentions de l'avis au
nouveau locataire (chapitre T-15.01, r. 3).»
Voilà, M. le
Président. Donc, il s'agit, fondamentalement, de donner un nouveau mandat au Tribunal
administratif du logement, qui consiste à archiver et divulguer toutes les
informations concernant... pour chaque lieu loué,
pour chaque appartement, chaque unité locative, là, pour lequel un bail est inscrit,
tous les renseignements inscrits à la section G.
Donc,
c'est, fondamentalement, faire en sorte que le Tribunal administratif du
logement collige et divulgue les informations des unités locatives
concernant la clause G, qui, donc, on le sait, correspond à l'ancien loyer, le
loyer le plus bas payé dans les
12 derniers mois. Et donc c'est ça qui est la clause G. Donc, on demande
au Tribunal administratif du logement, là, dans toutes les causes qui
lui arrivent, là, d'archiver et de divulguer ces informations-là afin d'aider
d'éventuels locataires qui voudraient connaître cette information-là et qui ne
peuvent pas avoir accès, généralement parce
que le locateur n'a pas rempli la section G. Mais, en s'adressant... en faisant
une vérification au Tribunal administratif du logement, ils pourront vérifier... connaître, en fait, le plus bas
loyer payé au cours des 12 derniers mois par le dernier locataire.
C'est une mesure de
divulgation d'information qui pourrait grandement aider les locataires,
puisqu'on le sait, que la section G n'est
pas souvent... n'est pas souvent remplie. Et on espère qu'avec les quelques
modifications adoptées lors du PL n° 31 il va
y avoir peut-être un peu plus de baux qui auront la section G complétée, mais,
étant donné la réalité actuelle, là, où, la
très grande quantité de baux de location, la section G n'est pas remplie, bien,
cette mesure-là pourrait aider un
certain nombre de locataires à connaître le plus bas loyer payé lors des
12 derniers mois. Voilà, M. le Président.
Le Président (M. Schneeberger) : Merci
pour vos explications. Est-ce qu'il y a des questions ou des commentaires
sur le dépôt de l'amendement? Je n'en vois pas. Alors, à ce moment-là, nous
allons mettre aux voix l'amendement. Alors, est-ce que l'amendement qui
introduit l'article 31.5 est adopté?
Une voix : ...
Le Président (M.
Schneeberger) : Par appel nominal.
Le
Secrétaire : Pour, contre, abstention. M. Fontecilla
(Laurier-Dorion)?
M.
Fontecilla : Pour.
Le Secrétaire :
Mme Duranceau (Bertrand)?
Mme
Duranceau : Contre.
Le Secrétaire :
Mme Jeannotte (Labelle)?
Mme
Jeannotte : Contre.
Le Secrétaire :
M. Gagnon (Jonquière)?
M. Gagnon :
Contre.
Le Secrétaire :
Mme Prass (D'Arcy-McGee)?
Mme Prass :
Abstention.
Le Secrétaire :
M. Schneeberger (Drummond—Bois-Francs)?
Le Président (M.
Schneeberger) : Abstention. Alors, l'amendement est rejeté. Alors...
Oui, comment?
Des voix : ...
Le Président (M.
Schneeberger) : OK. Bien, à ce moment-là, ça me prend le consentement
pour enregistrer son vote. Consentement? Est-ce que j'ai le consentement pour
enregistrer le vote du député de Lac-Saint-Jean? Consentement? Alors, allez-y.
Des
voix : ...
Le Président (M. Schneeberger) : Alors,
le résultat reste le même. Nous allons maintenant du... avec
l'article 37.4. Oui? Est-ce qu'il y a quelque chose?
M. Arseneau :
Oui, oui. On avait envoyé une
demande d'amendement, une proposition d'amendement. Je pense que le
secrétariat l'a reçue.
Le Président (M.
Schneeberger) : Pour le 37.4?
M. Arseneau :
Non, pour 31.
Le Président (M. Schneeberger) : Ah!
OK. OK. Il est déjà déposé. OK. Parfait. Alors, à ce moment-là, est-ce que tout
le monde l'a reçu, l'amendement? Oui? Parfait. Alors, député des
Îles-de-la-Madeleine, on vous laisse faire la lecture.
Des voix : ...
Le Président (M. Schneeberger) : OK.
Par contre, juste vérifier, on me dit que, normalement, la numérotation devrait
statuer «31.5» et non «31.3».
M. Arseneau :
Oui, mais je pense qu'il y a... il y a quelque chose. On vous a envoyé...
Je ne pense pas que ce soit l'amendement qu'on veut discuter, là, si vous
voulez le montrer, parce que je pense que cet amendement-là... Est-ce qu'on peut descendre un peu pour voir? Ça,
c'est l'amendement que le collègue de Laurier-Dorion vient de déposer.
Le Président (M.
Schneeberger) : Oui, bien, à ce moment-là, regardez, moi, je vais
suspendre, parce que ce n'est pas clair. On suspend pour vérifier le bon amendement.
M. Arseneau :
On avait un autre amendement.
Le Président (M.
Schneeberger) : Parfait. Alors, nous suspendons.
(Suspension de la séance à
17 h 16)
(Reprise à 17 h 19)
Le Président (M.
Schneeberger) : Alors, nous reprenons les travaux. Alors, juste avant
de laisser la parole au député des Îles-de-la-Madeleine, je voudrais juste
amener une précision sur l'amendement qui a été déposé, là. Au niveau de la numérotation, on devrait lire «31.5»
et non «31.3». Alors, à part ça, il n'y a rien qui... d'autre qui a changé.
Alors, député des Îles-de-la-Madeleine, vous avez la parole.
• (17 h 20) •
M. Arseneau :
Merci beaucoup, M. le Président. Effectivement, merci d'avoir fait la
correction. C'est notre erreur. Donc, l'article 31.5 que nous
proposons, en fait, c'est d'insérer, après l'article 31 du projet de loi,
le suivant :
31.3.
Modifier l'article 5 de la Loi sur le Tribunal administratif du logement
par l'ajout, à la fin du deuxième alinéa, du paragraphe suivant :
«5°
d'archiver et de divulguer, pour chaque lieu loué pour lequel un bail est
inscrit, les renseignements suivants :
«a) la désignation
des lieux loués;
«b) le loyer convenu
ou fixé par le tribunal;
«c) les dates de la
dernière période de location.»
Ce qui fait que
l'article 5 de la Loi sur le Tribunal administratif du logement, tel
qu'amendé, se lirait comme suit : «Le
Tribunal exerce la compétence qui lui est conférée par la présente loi et
décide des demandes qui lui sont soumises.
«Il est en outre
chargé :
«1° de
renseigner les locateurs et les locataires sur leurs droits et obligations
résultant du bail d'un logement et sur toute matière visée dans la présente
loi;
«2° de favoriser
la conciliation entre locateurs et locataires;
«3° de faire des
études et d'établir des statistiques sur la situation du logement;
«4° de publier
périodiquement un recueil de décisions rendues par les membres du Tribunal;
«5° — et
c'est là qu'intervient l'amendement — d'archiver
et de divulguer, pour chaque lieu loué pour lequel un bail est inscrit,
les renseignements suivants :
«a) la désignation
des lieux loués;
«b) le loyer convenu
ou fixé par le tribunal;
«c) les dates de la dernière période de
location.»
Alors, vous aurez compris que l'amendement que
nous proposons ressemble beaucoup à celui qui avait été proposé par mon collègue de Laurier-Dorion et a le même objectif, c'est
celui de mettre en place un registre des loyers ici, au Québec, tel que l'ont demandé un très grand
nombre d'intervenants depuis que l'on a commencé à débattre du projet de loi
n° 31. On sait que Vivre en
Ville a déjà un registre des loyers
qui est tout prêt, tout chaud et gratuitement offert au gouvernement
pour s'en inspirer ou s'en servir pour permettre une plus grande transparence
dans les données qui sont déjà en possession du Tribunal administratif du
logement, donc, des chiffres qui sont inscrits dans les baux qui sont consignés
par le TAL. Et on souhaite que cet outil-là supplémentaire soit adopté dans la
même philosophie qui nous anime depuis le début de l'étude du projet de loi.
C'est qu'on voit, à
l'heure actuelle au Québec, avec la pénurie de logements, avec la spéculation
aussi et l'augmentation du coût des loyers, la spéculation immobilière et
l'augmentation des coûts de loyer, que les... le rôle du Tribunal administratif du logement pourrait aller encore plus loin
dans la défense des intérêts des locataires, et c'est ce qui... ce qui
nous anime dans la proposition actuelle. Parce que, si on regarde la définition,
là, de... du rôle ou des compétences, là, ce
qui revient au Tribunal administratif du logement, notamment, c'est de
renseigner les locateurs et les locataires sur leurs droits et
obligations. Mais nous, on estime que, si on veut renseigner, avoir toute
l'information, comme locataires, sur nos droits, bien, il serait utile, voire
essentiel de pouvoir connaître ce que comportait le bail des locataires
précédents du lieu que l'on souhaite louer. Ce serait une façon de renforcer la
défense des droits des locataires. Et c'est une information, on l'a souvent
dit, qui est disponible par... disponible pour l'État du Québec et pour le Tribunal administratif du logement mais
qui n'est pas compilée, qui n'est pas, donc, rendue disponible ou divulguée aux
citoyens du Québec. Et on s'étonne du fait que... si on veut vraiment améliorer
la situation, que l'on ne se saisisse pas de la... l'opportunité
actuelle pour intervenir, si telle est la volonté de la ministre et du
gouvernement, intervenir pour s'assurer que
les recommandations du Tribunal administratif du logement soient davantage
observées par le marché, par les locateurs.
J'ai, plus tôt,
argumenté sur le fait que les locataires aînés de 70 ans et plus qui ont
un revenu minimal et qui sont protégés, s'ils ont habité un logement pendant
10 ans ou plus... On a fait des amendements, des propositions d'amendement
là-dessus, dans quelle situation ils pouvaient se trouver s'ils étaient
évincés. Et je ne répéterai pas l'ensemble de la démonstration de tout à l'heure,
mais ce que je voudrais réitérer de façon plus synthétisée, c'est que le loyer moyen au Québec, dans la plupart... dans
la totalité, en fait, des régions du Québec, a augmenté depuis environ
sept à huit ans. Et, si le rôle et les responsabilités du Tribunal
administratif du logement pouvaient suffire à une
certaine époque, en période de crise du logement, on pense qu'on peut renforcer
ce rôle-là, le rendre plus efficace, parce
qu'à l'heure actuelle, à l'évidence, les règles ne permettent pas de faire en
sorte que l'on contienne l'augmentation des hausses de loyer dans la
fourchette qui est proposée par le Tribunal administratif du logement. Et, si
l'écart était relativement faible, en 2015
ou 2016, entre un logement occupé et inoccupé, ce qui permettait à quelqu'un
de... justement, de déménager sans subir les contrecoups financiers de
façon majeure, voire tragique, ce n'est plus la même situation aujourd'hui.
Donc, les faits sont
têtus. Et, sur cette base-là, lorsqu'on regarde, je vais quand même utiliser un
chiffre dans la région de Montréal, si, entre un loyer occupé... un quatre et
demie occupé à 1 015 $, on regarde un loyer inoccupé à 1 417 $,
ce sont des données de la SCHL, on s'aperçoit donc que l'augmentation du loyer
est beaucoup plus grande lorsqu'il y a,
justement, une succession de locataires, quand il y a une suite de locataires
qui négocient son bail avec le locateur. Donc, visiblement, ce n'est pas par
pure générosité que les locataires paient davantage à leurs locateurs sans
nécessairement que ça respecte les consignes ou les recommandations du tribunal
administratif. C'est, et c'est notre prétention, par manque d'information.
Cette information-là est accessible. Alors, pourquoi le gouvernement ne met pas en place une façon, un processus et un outil,
en fait, de compilation et de divulgation de l'information qui permet,
justement, aux locataires de mieux défendre leurs droits?
Encore une fois, on pourrait
dire qu'il y a une gestion qui est peut-être supplémentaire de la part du
tribunal ou... qu'on lui demande, c'est une intervention supplémentaire, mais,
encore une fois, est-ce qu'on peut se dire que cette intervention-là permet de
juguler ou permettrait de juguler davantage ou mieux les hausses de loyer?
Est-ce qu'en fait ce qu'on favorise, c'est
la hausse des loyers ou le contrôle des loyers? Et, si on favorise le contrôle
des loyers, est-ce qu'on peut mettre en place un registre, donc, un
outil qui nous permet, justement, comme locataires, de faire valoir nos droits, c'est-à-dire de s'assurer qu'on
puisse avoir un loyer qui ne... qui soit dans l'ordre du marché et qui... ne
pas faire... ne pas faire les frais d'une augmentation abusive?
On a voulu, je sais
que c'est probablement l'argumentaire que nous servirait la ministre,
renforcer, là, la section G, augmenter les
amendes et puis resserrer un peu de ce côté-là, mais disons que les doutes sont
très fort à l'effet que l'effet
dissuasif sera suffisamment grand, parce qu'encore faut-il que les locataires,
les signataires de bail... ou de baux soient suffisamment informés,
motivés et déterminés pour pouvoir entreprendre un processus de dénonciation ou
de plainte. Et c'est là où c'est faire porter le poids de la hausse des loyers,
de façon générale, dans les régions du Québec,
sur les épaules, de façon individuelle, des locataires, alors que l'État du
Québec a déjà toute l'information et le moyen de faire en sorte qu'on
puisse savoir dans quel genre de marché on évolue.
Je pense qu'il y a
quelqu'un, en consultations particulières, qui... un intervenant qui indiquait
que, si on le fait, c'est... la publicité
des droits existe dans le marché de l'immobilier, et qu'il n'y a personne qui
questionne le fait que l'information sur une propriété immobilière est
au vu et au su de tous... Alors, on peut la consulter, ce qui n'empêche pas, évidemment, la spéculation immobilière, et la
vente, et la revente au prix du marché. Cette information-là, néanmoins,
est rendue disponible par l'État du Québec et est compilée, divulguée. Et c'est
une question de transparence. On connaît un
peu l'état du marché. Puis, pour l'État, aussi, c'est un moyen pour voir s'il y
a une bulle immobilière, s'il y a des... lieu d'intervenir.
• (17 h 30) •
Et on souhaiterait, soit dit en passant, que le
gouvernement intervienne, à l'heure actuelle, sur l'accès à la propriété, même si ce n'est pas l'objet de notre
projet à l'heure actuelle, le projet de loi... projet de loi n° 31. Mais,
dans le plan
sur l'habitation, on pourrait souhaiter que le gouvernement intervienne de ce
côté-là, parce qu'il a les chiffres, il a les données qui lui permettent
de dire : Voici l'état de situation.
Là, ce qu'on propose,
essentiellement, c'est que le gouvernement en fasse un peu plus pour protéger
les droits des locataires et s'assurer que les locateurs respectent les
recommandations du Tribunal administratif du logement. Ce n'est pas plus compliqué que ça. Puis comment
on fait ça? On ne fait pas ça, là, sur une impression, sur un feeling,
sur l'idée que, bien, somme toute, c'est en équilibre puis... Ce n'est pas une
appréciation qui est qualitative. On a de la difficulté à comprendre l'approche
ministérielle, à l'heure actuelle, qui dit : J'ai de l'information qui est
disponible, mais je ne veux pas me donner la peine de la compiler puis de la
rendre publique, même si je sais que ça peut avoir des bénéfices pour les
locataires. Et on essaie de comprendre pourquoi on irait... on ne ferait pas le
pas supplémentaire si l'objectif du projet de loi n° 31, encore une fois,
est d'intervenir pour s'assurer qu'un plus grand nombre de Québécois aient les moyens de se loger, donc, pour éviter une
augmentation abusive des loyers au Québec, dans toutes les régions.
Je
vous rappellerai, d'ailleurs, que plusieurs villes sont venues intervenir en
commission pour dire qu'elles étaient généralement... enfin, il y en a
plusieurs qui étaient favorables, là, à cette situation-là parce qu'elles
constatent que ça a des conséquences sur leurs citoyens, sur leur population,
sur le phénomène de l'itinérance, encore une fois. Donc, d'arriver avec la
compilation des données, la divulgation des données, c'est permettre aux gens
en situation, souvent, de vulnérabilité,
parce qu'ils se cherchent un loyer aussi... Je ne vous parle pas uniquement de
la vulnérabilité financière qui est déjà présente, mais des gens qui
sont, justement, en recherche d'un loyer n'ont pas nécessairement le loisir de
négocier ou n'ont pas l'embarras du choix. Parce qu'on nous dirait... Je sais,
j'ai déjà entendu la ministre, dans un échange, nous dire : Bien, libre au
locataire ou à la personne en recherche de logement de signer ou pas le bail,
libre à cette personne-là d'aller s'informer
ou encore de regarder sur le bail si la clause G a été... a été remplie et puis
d'exiger qu'elle le soit. C'est, en
fait, un peu en... je vous dirais, une vision, là, optimiste de ce qui se passe
dans la réalité lorsque le marché est à ce point déséquilibré et que les
gens qui recherchent actuellement des loyers avec un certain budget à leur disposition... Donc, c'est se leurrer de
penser qu'ils ont un pouvoir d'intervention ou de négociation ou qu'ils ont le
choix.
Donc,
il faut, à notre point de vue, s'assurer d'une transparence dans le marché. Et
là il ne s'agit pas nécessairement de
favoriser... Parce qu'on a souvent, pendant nos échanges, eu tendance, puis on
l'a tous fait, chacun des intervenants, à antagoniser les locateurs et les
locataires. Ce n'est pas ce qu'on veut faire. On dit simplement : Donnez
l'information. On ne pourra pas nous
accuser de dire : Bien, regarde, il y a un équilibre, là, entre le
locateur et le locataire. On demande simplement l'information.
Alors,
je pense que c'est une proposition qui est raisonnable. Il y a de
l'information. Elle est... elle est disponible. La compiler, la divulguer, et
ensuite le libre choix, le libre arbitre s'exerce. Les locateurs respectent les
recommandations du TAL en grande partie et les locataires sont aptes à
signer en toute connaissance de cause un bail, ou ne pas le signer, ou encore porter plainte s'ils voient que
le... à sa face même, le bail est mal rempli ou les clauses ne sont pas...
ne sont pas remplies. Alors, c'est une
question purement et simplement d'information, de compilation et de divulgation
d'information.
Alors, c'est la
proposition que l'on fait avec cet amendement-là. Et je pense que c'est une
façon d'intervenir qui devient extrêmement
positive, parce qu'elle rééquilibre, justement, les choses entre les locateurs
et les locataires sur la base d'une donnée probante, vérifiable et déjà
disponible. C'est un coût marginal pour le gouvernement du Québec ou
pour le tribunal si l'on considère les coûts actuels de la crise du logement
pour la société québécoise, les coûts de l'itinérance,
les coûts de la détresse des gens qui se recherchent... qui sont à la recherche
d'un loyer, puis qui n'y arrivent pas ou qui y arrivent difficilement,
puis qui coupent ailleurs, puis qui vivent des problèmes de santé mentale,
santé psychique au travail, santé physique éventuellement. Il y a un coût à
cette situation d'insécurité quant à savoir si, l'an prochain, on peut avoir un
toit et pouvoir se le permettre.
Donc, je ne pense
pas, à l'heure actuelle, que l'augmentation abusive des loyers serve l'économie
du Québec ou l'État du Québec, et encore moins la population du Québec. Quels
sont les outils qui sont à notre disposition? Certains outils législatifs. Le
temps qu'on dépose un plan pour rééquilibrer le marché de... le marché locatif,
je pense que cette mesure-là de transparence serait extrêmement progressiste et
qu'elle permettrait au Tribunal administratif du logement d'avoir un effet
beaucoup plus fort, beaucoup plus significatif et une intervention qui soit
positive, alors qu'on voit que la tendance est très clairement à l'effet que,
malgré la qualité des personnes qui y oeuvrent ou les décisions qui sont...
sont prises, il lui manque peut-être un outil, et cet outil-là, c'est le
registre des loyers. Alors, je vous propose qu'on l'institue avec l'amendement
devant vous.
Le Président (M.
Schneeberger) : Merci pour vos explications. Est-ce que nous avons des
questions sur... ou des... sur le dépôt? Non, aucunement? Alors, s'il n'y a pas
de question, nous allons procéder à la mise aux voix. Est-ce que l'amendement déposé... l'amendement 31.5 déposé par le député
de Laurier... Îles-de-la-Madeleine, pardon, est adopté?
Une voix : ...
Le Président (M.
Schneeberger) : Appel nominal. M. le secrétaire.
Le
Secrétaire : Pour, contre, abstention. Mme Duranceau (Bertrand)?
Mme Duranceau : Contre.
Le
Secrétaire : Mme Jeannotte (Labelle)?
Mme
Jeannotte : Contre.
Le
Secrétaire : M. Rivest (Côte-du-Sud)?
M. Rivest :
Contre.
Le
Secrétaire : M. Gagnon (Jonquière)?
M. Gagnon :
Contre.
Le
Secrétaire : M. Girard (Lac-Saint-Jean)?
M. Girard
(Lac-Saint-Jean) : Contre.
Le
Secrétaire : Mme Prass (D'Arcy-McGee)?
Mme Prass :
Abstention.
Le
Secrétaire : M. Fontecilla (Laurier-Dorion)?
M.
Fontecilla : Pour.
Le
Secrétaire : M. Schneeberger
(Drummond—Bois-Francs)?
Le Président (M. Schneeberger) : Abstention.
Alors, l'amendement est rejeté. Alors, nous en sommes maintenant à
l'article 37.4 qui avait été déposé par le député de Laurier-Dorion.
M. Fontecilla :
Merci, M. le Président. Donc, 37.4,
ça concerne tout... fondamentalement, encore une fois, là, la possibilité, l'opportunité, dirais-je même,
d'adopter un registre des loyers. Et je crois, M. le Président, que j'ai déjà
fait la lecture de cet article-là. Il est assez long. Et donc, si vous
permettez, je vais vous épargner la lecture de cet article-là.
Quoi
qu'il en soit, nous, on a proposé, par cet amendement-là, un registre des
loyers, une certaine... une forme de faire un registre des loyers. Il
peut y en avoir plusieurs. Ça, c'est fondamental à ma... Notre proposition,
c'est fondamentalement tiré d'un projet de loi dont j'ai oublié le... un projet
de loi de l'opposition, de ma formation politique, je vais vous le dire tout de
suite, c'était le projet de loi n° 595, Loi créant le registre des loyers,
déposé déjà en 2020. Ce n'est pas une idée
nouvelle. C'est une vieille... une revendication, une proposition, etc., qui
circule dans le milieu. Mon collègue des Îles-de-la-Madeleine en a
amplement fait mention il y a quelques minutes.
Nous, on en a proposé
une version, et d'autres versions peuvent être... ont été... ont été mises dans
le débat public, là, en particulier, dernièrement, l'une très complète, une
proposition très complète préparée par l'organisme Vivre en Ville qui, suite à une subvention importante du gouvernement
fédéral, je crois, là, a procédé à l'élaboration d'un registre des baux
comportant des... comment dire, remplissant tous les critères en termes de
sécurité et d'opérationnalité. Et il a été offert gratuitement au gouvernement,
au ministre de l'Habitation pour qu'elle l'adopte sans aucuns frais, et,
jusqu'à présent, bien, la ministre n'a pas daigné accepter ce grand cadeau qui
lui a été offert.
• (17 h 40) •
C'est malheureux.
C'est malheureux. D'habitude, on accepte les cadeaux, surtout des cadeaux d'une
aussi bonne qualité. Et l'organisme Vivre en Ville a proposé une façon très
simple pour compléter ou colliger les données dans ce registre des baux, parce
qu'à toutes fins pratiques les usagers, les différents locataires du Québec
n'auraient pas à envoyer, à déposer de la documentation, de remplir des
formulaires pour alimenter ce registre des baux. Le gouvernement n'aurait qu'à
utiliser ses propres données qu'il possède déjà pour... pour remplir ce
registre des baux. C'est fondamentalement l'utilisation du relevé 31. Donc,
c'est dans le domaine fiscal. Tous les locateurs doivent informer le
gouvernement et le fisc de ces revenus tirés... des revenus tirés de la
location d'un logement locatif en particulier. Donc, le gouvernement possède
déjà toutes ces informations-là. Il n'aurait qu'à les inclure dans un registre des baux pour faire en sorte que
l'ensemble de la population puisse le consulter. Donc, c'est une formule très,
très facile avec un coût de gestion minimal.
Je me rappelle
encore, lorsque j'avais questionné l'ancienne ministre des Affaires... non,
l'actuelle ministre des Affaires municipales, et ancienne ministre de
l'Habitation, et députée de Jonquière, si je ne me trompe pas, corrigez-moi si
je me trompe...
Une voix :
...
M.
Fontecilla : ...Chicoutimi — merci, collègue, merci,
collègue, là — et
elle nous avait opposé l'argument comme quoi ça coûtait trop cher, qu'ils
avaient fait les calculs, ça coûtait plusieurs dizaines de... dizaines de
millions de dollars, alors que, selon une
information fournie par l'organisme Vivre en Ville, ça aurait... ça coûterait
une fraction de ce prix avec la mouture mise de l'avant par l'organisme
Vivre en Ville.
Donc, au-delà de la
faisabilité technique et financière de ce registre-là, qui a été
complètement... comment dire, amplement
prouvée par la proposition de l'organisme Vivre en Ville, il reste toujours la
question sur... et je pense que
c'est... il faut s'y pencher, la question sur la pertinence, la pertinence, sur
le fond, d'avoir un registre... un registre des baux. Et on a, à
plusieurs reprises, évoqué ce sujet-là. Et, encore une fois, on... Il va
falloir aller dans le vif du sujet, là. On
sait que le Québec vit une période d'inflation spéculative très marquée dans le
domaine du logement locatif. Les prix augmentent sans aucune mesure,
aucun rapport avec l'augmentation du taux d'inflation, et c'est produit pour une... à cause d'une série de facteurs, entre
autres l'insuffisance de logements. Et, on en a amplement... amplement
discuté, réabsorber cet... ce déficit de construction dans... de nouveaux
logements, ça va prendre des années, voire des décennies.
Donc, il faut agir dans l'immédiat dans le
marché locatif existant. Et on sait très bien comment... c'est quoi, la
mécanique de cette... de l'augmentation des loyers. Heureusement qu'on a un
tribunal administratif du logement, une législation qui protège les locataires,
mais surtout qui protège les locataires qui ne déménagent pas. Donc, c'est
plutôt difficile pour un locateur d'arriver et d'envoyer un avis d'augmentation
de loyer à un locataire qui reste dans le même... qui reste dans la même unité
locative depuis plusieurs années. On sait très bien combien on paie, là, et ce
n'est pas une situation qui va passer comme une lettre à la poste.
C'est surtout lors du changement de locataire
qu'il y a des augmentations faramineuses de loyer, puisque le nouveau locataire ne connaît pas combien l'ancien
locataire payait ou quel est le plus bas loyer payé dans les 12 derniers mois, selon ce que stipule spécifiquement la loi.
Et, en l'absence de cette information-là, et avec un taux d'inoccupation
extrêmement bas, et avec une difficulté chronique pour les locataires de se
trouver un logement, le locataire va être enclin à accepter un prix... un prix
qui... Même si ce prix-là lui paraît très important, bien, il faut qu'il ait un
toit sur la tête, hein? Donc, il est prêt à
s'appauvrir pour acquérir, pour avoir accès à ce bien-là et accepter le prix
offert, surtout qu'il n'a pas d'alternative et il ne connaît pas le prix
payé par l'ancien... l'ancien locataire. Il n'est pas capable de savoir s'il y
a eu une augmentation abusive du loyer, donc, et cette situation se répète une
fois après l'autre.
On sait que,
quand même, au Québec, il y a beaucoup, beaucoup de... il y a un... comment
dire, un pourcentage... un pourcentage
substantiel de locataires qui déménagent. Et donc ça fait en sorte que,
constamment, il y a un renouvellement des... un renouvellement du stock
de... comment dire, des nouveaux locataires qui prennent des nouveaux logements
en location, et ça, ça fait en sorte d'augmenter le niveau général des loyers
au Québec, là, avec toutes les conséquences
néfastes que cela entraîne pour le... pour le segment du locatif privé mais
aussi pour l'ensemble de l'immobilier. En fait, encore une fois, on
assiste à une bulle spéculative, là, qui commence dans le secteur locatif et
contamine, finit par polluer l'ensemble du secteur immobilier.
Donc, il est primordial de s'attaquer à cette...
à ce mécanisme-là d'augmentation des loyers, à colmater cette brèche qui se produit lorsqu'il y a un changement
de locataire. Et ce n'est pas seulement le député de Laurier-Dorion qui le propose, ou quelques organismes comme Vivre en
Ville, ou d'autres députés comme le député des Îles-de-la-Madeleine, c'est toute une série de gens, et pas les
moindres, qui considèrent que le registre des loyers, il est... il est très
important d'adopter.
Ceci étant dit, j'aimerais... j'aimerais
rappeler à la ministre... Sans doute, elle s'en rappelle, mais, parmi les gens qui... qui appuient cette mesure-là, c'est
des maires, des maires de 14 municipalités qui réclament un registre des loyers
au Québec, là. Ils ont réclamé... Pas plus tard qu'il y a six mois, le 23 juin
dernier, en 2023, des maires et des mairesses, les maires de Laval, de
Gatineau, Trois-Rivières, de l'arrondissement Sud-Ouest à Montréal, les mairies
de Nicolet, de Québec, Rimouski, Saguenay,
Saint-Jean-sur-Richelieu, Sherbrooke, Terrebonne, pour ne nommer que ceux-là, ont demandé au gouvernement, à la
ministre, concrètement, d'adopter un registre des loyers qui rend disponible
l'ancien loyer, qui va, comme corollaire
aussi, alléger le processus au tribunal administratif et probablement améliorer
les relations entre les propriétaires et... les locateurs et les locataires.
Il y a
quelques mois, il y a... quoi, au mois de décembre, le 11 décembre
dernier, deux professeurs universitaires, François Delorme, professeur associé
au Département d'économique, École de gestion de l'Université de Sherbrooke,
et Marc-André LeChasseur, avocat, et professeur adjoint à l'Université McGill,
et doctorant à l'Université de Montréal, ont,
dans un texte d'opinion... ont lourdement insisté sur la nécessité d'adopter un
registre des loyers. Et on dirait que cette situation... cette solution-là fait consensus dans la société québécoise
et on dirait que c'est seulement le parti ministériel qui est contre.
J'aimerais bien comprendre pourquoi la ministre
de l'Habitation refuse d'aller dans ce sens-là. Est-ce parce qu'elle... est-ce parce qu'elle refuse de régler
la hausse... de contrôler les hausses abusives de loyer? J'ose croire que non, que ce n'est pas ça, son intention, mais
j'aimerais bien comprendre pourquoi elle refuse ce cadeau de Vivre en Ville,
là, qui est si pratique, qui ne va
rien nous coûter, qui va nous coûter très peu d'argent à... pour l'administrer
et qui va donner des résultats concrets rapidement en attendant le grand
soir où, par ses politiques, elle va avoir réussi à construire des dizaines, voire
des centaines de milliers de logements.
• (17 h 50) •
On lui donne
un mécanisme concret qui va aider concrètement des centaines de milliers de
locataires au Québec, là, à ne pas
s'appauvrir, à conserver un loyer plus bas, à calmer les ardeurs du... spéculatives
existantes dans le marché immobilier.
Il n'a que du bon, ce registre des loyers. Moi et plusieurs autres, on se
demande : Mais pourquoi le gouvernement s'entête à le refuser? Quelle est
la raison pour... Parce qu'il y a des gens qui lui conseillent d'aller dans
le sens contraire? Qui sont ces gens-là et
quels sont leurs arguments? Pourquoi s'opposer à l'adoption d'une si bonne
idée? Je pose la question à la ministre.
Le Président (M. Schneeberger) : Mme
la ministre.
Mme
Duranceau : Merci, M. le Président. On en a un, système, au
Québec, de contrôle des loyers qui fonctionne, puis la preuve... la
preuve, c'est que nos loyers sont moins chers au Québec que partout au Canada,
d'une part.
D'autre part, là, oui, Vivre en Ville a proposé
une option. La ville de Montréal regarde aussi des options. Ça fait qu'on va laisser... Si la ville de Montréal
veut aller de l'avant avec ça, bien, on va regarder comment ça fonctionne
puis si ça... si c'est pertinent d'agir sur l'ensemble du territoire.
Ça ne fait pas l'unanimité, là. Je comprends que
vous décrivez ça comme une grande merveille, mais ça ne fait pas l'unanimité au
sein de tous les maires. De notre point de vue, c'est encore de la paperasse
administrative, encore de la lourdeur
administrative, sans compter les coûts reliés à ça aussi de maintien d'un
registre. Alors, on n'est pas un gouvernement qui aime ça rajouter des
fardeaux administratifs, de la paperasse puis des coûts administratifs. Donc,
on ne va pas dans ce sens-là.
Par ailleurs, le projet de loi n° 31, si on
l'adopte, bien, il y a déjà des mesures qui sont prévues pour rendre la clause G un peu plus mordante. Alors, à un moment
donné, il faut se laisser le temps aussi de laisser vivre les mesures qu'on a... qu'on a convenu d'adopter. Puis on
verra s'il y a d'autres choses à faire, mais très certainement pas d'ajouter
des fardeaux administratifs, là, dans le système. Puis je pense que les mesures
qu'on a adoptées déjà relativement à la clause G, bien, auront le mordant qu'il
faut pour dissuader... dissuader ceux qui... qui n'entendent pas suivre les règles, parce que les règles sont là, puis, si tu
ne les suis pas, bien, il y a des pénalités. On l'a vu, il y a des dommages
punitifs qui peuvent être appliqués directement par le Tribunal administratif
du logement. Alors, le mordant puis les conséquences négatives, on est venus
les préciser. Donc, je pense qu'il faut se donner le temps de laisser vivre les
mesures aussi avant de vouloir trop venir contraindre le marché toujours, là.
Le Président (M. Schneeberger) : Oui,
député de Laurier-Dorion.
M. Fontecilla : Allons-y point par
point, là. Le système fonctionne, les loyers au Québec sont moins élevés que dans le reste du Canada, soit, sauf que les
loyers, au Québec, connaissent, en moyenne, une progression encore plus forte que dans le reste du Canada. Donc, on est en
train, et j'ajoute l'adjectif «rapidement», d'atteindre... À ce rythme-là, on
atteindra rapidement la moyenne des loyers dans le reste du Canada.
C'est traditionnel.
Depuis longtemps qu'on sait qu'au Québec, là, les loyers sont moins... moins
chers justement parce qu'il existe une ancienne régie du logement,
l'actuel Tribunal administratif du logement, donc, un appareillage
institutionnel qui garde, qui protège les locataires et qui fait en sorte que
les loyers sont moins élevés au Québec, là. Ce n'est pas l'action divine ou la
bonne foi des acteurs économiques, qui ont des intérêts économiques, là, qui
ont fait... qui ont créé cette situation-là
des loyers généralement moins chers au Québec que dans le reste du Canada. C'est
uniquement grâce à l'action législative, à la création d'une instance qui
protège et qui régule les relations entre les locateurs et les locataires, en
particulier concernant l'aspect critique qui est le bail, là, parce que c'est
ça, le coeur du problème qui nous occupe aujourd'hui.
Malgré cela, malgré l'existence du TAL, on
dénote, depuis plusieurs années, une augmentation accélérée des loyers moyens
au Québec, ce qui nous indique que, malheureusement, malheureusement, le
système mis en place depuis le début des
années 80, là, n'arrive pas à contrer les tendances spéculatives qui
existent non seulement au Québec, partout
à travers le monde. Le Québec ne fait pas bande à part non plus, là. Si on
subit cette tendance spéculative, c'est parce que, tout autour de notre
société, on vit la même... la même réalité.
Donc, on est... On a deux choix, là, soit
d'adopter une attitude fataliste, de dire : Bon, bien, les locataires,
finalement, il va falloir qu'ils s'adaptent à la situation puis qu'ils paient
le même prix moyen qu'à Toronto ou Vancouver, donc, bien, voilà, ils n'ont qu'à
s'appauvrir, parce que la tendance, c'est comme ça, c'est une attitude
fataliste, ou renforcer notre appareillage institutionnel pour protéger
davantage les locataires, surtout que l'on... que l'on sait, grâce, bien, à un
débat de société, à l'existence des associations de propriétaires ou encore
associations de locataires qui identifient
les problèmes, là, on connaît les solutions qu'on pourrait apporter à cette
situation d'augmentation et de pression à la hausse des loyers.
Donc, les loyers sont moins chers au Québec, là,
qu'ailleurs, là, mais la tendance qui est constatée, c'est un rattrapage rapide
des augmentations de loyer, ce qui n'est pas... ce qui n'est pas la bonne
chose. Mme la ministre nous dit que Montréal est en train d'étudier cette
situation-là. Fort bien, mais, en même temps, Montréal n'a pas accès à tous les
moyens... comment dire, à toute l'information dont dispose l'État québécois,
là, pour accomplir cette tâche-là. L'État québécois a accès à la fiscalité, a
accès aux données fiscales concernant le revenu des... revenu des locations.
Donc, ça va être beaucoup moins cher et beaucoup plus facile pour l'État
québécois de mettre en place un registre des loyers.
D'ailleurs,
il est... comment dire, il n'est pas souhaitable, il est même... C'est le
moins... C'est une voie à éviter de
faire en sorte que les municipalités commencent à se doter de registres des
loyers différents, où il y en a une qui en adopte un, mais la
municipalité d'à côté n'en a pas. Il s'agit d'une politique nationale qui
protège l'ensemble des locataires répartis sur l'ensemble du territoire. On ne
peut pas se permettre de morceler cette problématique-là selon le bon vouloir
de la municipalité où est-ce que... ou selon l'endroit au Québec où est-ce
qu'elle est située.
La paperasse administrative, bien, écoutez, je
souhaite... Il y a toujours... Là, ça, c'est un lieu commun, là. Chaque gouvernement qui arrive... arrive au
Québec, là, nous dit qu'il va combattre la paperasse. Et on a déjà connu...
entendu cette rengaine-là. Pourtant, la paperasse, elle existe toujours, parce
qu'elle est intrinsèquement nécessaire au fonctionnement de l'appareil d'État.
L'appareil d'État sans paperasse, il n'y a pas d'État. C'est tout simple.
L'État fonctionne avec des papiers, avec des
contrôles, avec... etc. On peut toujours avoir la volonté de simplifier le
processus de... mais la dimension de
paperasse, ça va toujours exister. Il faut rationaliser, évidemment, la machine
gouvernementale, j'en suis, mais, des fois, il
faut appliquer une... il faut appliquer des nouveaux mécanismes qui vont
peut-être... et j'en suis convaincu, qui
vont faire en sorte de diminuer la paperasse à un autre... à un autre niveau,
parce qu'un registre des loyers
pourrait faire en sorte de diminuer le niveau des litiges qui sont apportés...
qui sont présentés au... ou qui sont, comment dire, étudiés par le
Tribunal administratif du logement.
Dernier
élément apporté par la ministre, il faut laisser... il faut laisser... au
changement apporté par le PL n° 31 à la clause G, où est-ce qu'on a supposément
donné un peu plus de mordant, il faut lui laisser le temps de faire... faire ses
preuves, je suis bien... bien d'accord, mais je pense, Mme la ministre, que
vous allez être déçue par, comment dire, le rendement de cette... de cette
mesure-là, des mesures de... des mesures... des punitions... des dommages
punitifs. On va voir ce que ça va donner,
mais est-ce que ça va régler quelque chose qui est intimement lié au
fonctionnement du marché locatif? Je
ne le pense pas. C'est sûr qu'on pourra toujours épingler quelques locataires
qui ont soit donné des mauvaises informations ou qui n'ont pas rempli
carrément la clause... la clause G, mais ça va être une minorité.
• (18 heures) •
Donc, pour toutes ces raisons-là, on est... les
arguments que vous nous avez exprimés, Mme la ministre, pour moi, ne
réussissent pas à expliquer un refus aussi catégorique de l'adoption de la
clause d'un registre des loyers. Et je pense qu'il y a là, en quelque sorte, un
refus, un refus, à la base, d'étudier cette possibilité-là, d'aller dans cette voie-là que tant de gens réclament dans la
société. Donc, je ne suis pas, comment dire, satisfait des réponses que vous nous avez fournies et je persiste à croire que le
gouvernement du Québec devrait aller dans la voie de l'adoption d'un registre
des loyers.
Le
Président (M. Schneeberger) : Voilà. Est-ce qu'il y a d'autres commentaires?
Député des Îles-de-la-Madeleine.
M. Arseneau : Oui, bien, j'aimerais
quand même commenter les réponses ou l'argumentaire de la ministre sur la proposition de mon collègue, qui ressemble
à la proposition d'amendement que j'avais moi-même faite ou qui, du moins, répond aux mêmes objectifs, donc, la
compilation de données et la divulgation sur les loyers au Québec par l'État du
Québec pour favoriser un meilleur contrôle des loyers.
J'aimerais commencer par l'argument sur la
lourdeur administrative et les coûts administratifs. En fait, moi, j'estime que la lourdeur administrative, elle peut
être vue comme négative si, effectivement, elle n'est... le processus n'est pas efficace, s'il n'est pas pertinent, s'il n'est
pas utile. Et la question du coût, c'est, en fait, la question de
l'investissement, et, encore une fois, la question est de savoir si ça
rapporte. Et je pense que l'argument, tu sais, d'une espèce de lourdeur
administrative ne peut être valide que si le jeu n'en vaut pas la chandelle, et
ce qui m'amène à poser la question, à savoir
si l'augmentation du coût du loyer moyen au-delà des recommandations du TAL est
considérée comme une bonne nouvelle, comme quelque chose de positif pour le
Québec, pour le marché, pour les villes, pour les entreprises, pour les
locateurs, bien entendu, pour les locataires, pour la société du Québec. Est-ce
que c'est une bonne chose?
On nous dit
qu'on est encore en deçà du marché canadien, vraisemblablement, mais on s'en
rapproche. Est-ce que c'est une bonne chose? Est-ce que, dans ce domaine de
l'habitation puis de l'accès à un loyer abordable au Québec pour toutes
les classes de la société... Est-ce que l'objectif de la ministre, c'est de
rattraper l'Ontario? Est-ce que c'est de rattraper la Colombie-Britannique? Si,
toutefois, la réponse était : Non, on ne souhaite pas que la spéculation
immobilière puis l'augmentation effrénée du coût des loyers, qui a une
conséquence réelle sur les familles et sur les plus vulnérables... Si on juge que c'est un effet délétère, si on juge
que c'est un effet négatif, on intervient. On a la capacité d'intervenir.
On a l'information pour intervenir. On a des outils qui sont proposés
gracieusement à l'État du Québec, à la ministre. On a la capacité de compiler
l'information et de la rendre publique, parce qu'on aurait un objectif.
Alors, moi, ce qui... ce qui... M. le Président,
ce sur quoi je m'interroge, c'est sur l'objectif que poursuit le gouvernement
eu égard à la hausse des loyers, qui, comme on le voit, s'accentue de plus en
plus, tout simplement parce qu'on peut
déduire que les mesures de contrôle des loyers, dont la ministre dit qu'ils
sont efficaces, bien, ils sont de moins en moins efficaces face à la
rareté des logements et face à la situation de crise qu'on vit.
Et je l'ai
démontré tout à l'heure et je le répète encore une fois, alors que le marché
était relativement équilibré il y a
un certain nombre d'années, bien, il l'est de moins en moins, preuve à l'appui,
c'est-à-dire que les loyers augmentent beaucoup plus rapidement, si on
fait la différence entre les loyers inoccupés et occupés aujourd'hui dans
chacune des régions du Québec, et c'est de l'ordre de... dans certains cas, de
40 % à 50 %, parce qu'on a changé de locateurs... de locataires, pardon. Donc, on a augmenté de façon
importante le coût des loyers, ce qui fait qu'après un certain nombre
d'années, bien là, il y a un écart majeur pour un loyer de même dimension.
Donc, de dire qu'à une certaine époque les
mesures qui étaient mises en place par la régie du loyer ou par le tribunal
fonctionnaient... Aujourd'hui, elles ne fonctionnent pas de façon optimale. Et
c'est là qu'on propose une solution à la ministre pour dire : Si on veut
que ça fonctionne, et là c'est la question que... fondamentale, si on veut que le contrôle des loyers soit plus performant,
pourquoi ne pas compiler l'information, la divulguer et faire en sorte que
les lois soient respectées ou les règlements soient respectés, c'est-à-dire
qu'on puisse vérifier que la clause G est bel et
bien remplie, mais que ce soit... qu'il y ait un outil de vérification qui est
à la disposition des locataires? Alors, c'est une question de volonté,
encore une fois, de volonté politique d'intervenir ou non.
Puis on pourrait dire, de façon générale, que
tout ce qui est processus, procédure administrative est lourd puis que le gouvernement, à l'heure actuelle, cherche
l'efficacité, cherche à réduire la bureaucratie. Si j'avais des indications à
l'effet que c'est la philosophie gouvernementale à tous égards, dans tous les
domaines, bien, je dirais : OK, voilà la raison,
on veut un retrait de l'État de la... du contrôle des loyers, on veut un
retrait de l'État du... de plusieurs objectifs sociaux ou politiques qu'on
pourrait se donner. Mais je souris quand je vois que la philosophie d'un
certain nombre de collègues de la ministre
déléguée à l'Habitation, c'est d'avoir des données. On a adopté un projet de
loi dans le domaine de la santé sur la question
des données. Les données deviennent gage de tout. Il faut compiler tout ce qui
est actes médicaux, tout ce qui a cours dans
le milieu de la santé et des services sociaux parce que c'est le gage dont on
a... en fait, c'est l'information dont on a besoin, les indicateurs dont
on a besoin pour prouver que le système s'améliore, devient plus efficace, tout ça. On a les données, on possède
ces données pour les loyers. Est-ce que l'objectif, c'est de s'assurer qu'on a un meilleur contrôle, qu'on puisse
s'assurer, donc, que les loyers demeurent abordables? Alors, le moyen d'y
arriver, c'est par la compilation et la divulgation des données, comme on le
fait en santé, si l'objectif est d'améliorer le système.
En éducation, on vient d'adopter un projet de
loi, encore une fois, en disant : Les commissions scolaires... bien, en fait, les centres de services scolaires
possèdent un paquet de données, puis nous, au ministère, on ne les a pas.
La ministre a la capacité d'avoir toutes les données et les partager avec les
locataires, avec ceux pour qui ce serait important
d'avoir l'information avant de signer un bail. On s'y refuse. Donc, il y a...
il y a deux philosophies différentes d'un ministère à l'autre.
Puis le dernier exemple que je voulais donner,
donc, ce n'est pas une philosophie politique qui est applicable dans tous les domaines, il y a un projet de loi
qui vient d'être déposé en environnement sur la performance environnementale
des bâtiments. Et ça, c'est particulièrement
intéressant. Lorsqu'il est question du bâtiment puis de ceux qui l'occupent,
on ne veut pas savoir ce qui se passe. On ne
veut pas compiler les données. C'est beaucoup trop lourd, c'est beaucoup
trop coûteux de s'assurer que les
Québécoises et les Québécois, les gens qui sont à loyer puissent avoir accès à
un loyer à bas prix, à un prix abordable. Ça, c'est trop lourd. Ça,
c'est trop coûteux.
Par contre, quand il est question de la
performance environnementale des bâtiments puis qu'on a des objectifs à
atteindre pour 2030, réduction des gaz à effet de serre, donc, réduction du
gaspillage énergétique, là, bien, le ministre dépose un projet de loi. Il va
être étudié à partir d'aujourd'hui, là. Il est à l'étude. Bien, on va créer, et
je vous le donne en mille, un registre. On
va créer un registre des bâtiments dans lequel on va calculer... avec,
probablement, ce que la ministre décrirait comme une lourdeur
administrative, avec des coûts administratifs importants, savoir si le Québec
atteint ses objectifs pour améliorer la performance énergétique des bâtiments.
Je souscris à cet objectif. J'applaudis au fait
qu'on puisse avoir des données qui nous permettent de voir si les objectifs
climatiques du gouvernement, puis pas seulement dans la performance des
bâtiments, dans l'ensemble des objectifs qu'on se fixe de réduction des gaz à
effet de serre... qu'on puisse avoir des cibles mesurables sur la base d'indicateurs fiables et sur une collecte de
données qui puissent être aussi rendues publiques et divulguées dans un
registre.
• (18 h 10) •
Alors, je m'étonne que, sur le plan social, sur
la question du logement, de savoir que les gens puissent avoir un toit et que le marché puisse être régulé de
façon à ce que, les hausses abusives, bien, on n'en voie pas, que les mesures
de contrôle de loyers qui sont appliquées
par le tribunal administratif puissent fonctionner comme elles fonctionnaient peut-être
davantage il y a cinq, ou six, ou huit ans, mais qu'elles... on puisse
s'assurer qu'elles fonctionnent encore aujourd'hui
dans un marché déséquilibré... qu'on se prive d'un outil qui nous permette de
s'assurer que ça fonctionne, on puisse permettre de donner de
l'information, de divulguer de l'information à ceux et celles qui sont victimes
de la hausse actuelle et de la perte de contrôle sur les loyers, qui est
évidente, qui est documentée.
Alors, c'est
une question de volonté politique. Ce n'est pas une question de philosophie
politique gouvernementale. Elle est
applicable ailleurs, elle est appliquée ailleurs, mais ici on s'y refuse. On a,
sur un plateau d'argent, une proposition qui est faite par Vivre en Ville, des
amendements qui sont déposés par les différents partis d'opposition et une
fermeture totale de la ministre sur, encore une fois, un argumentaire qui ne
résiste pas à l'analyse si on a vraiment les mêmes objectifs.
Et, encore une fois, je pose la question :
Quels sont les objectifs? Est-ce que c'est une bonne chose, ce qu'on constate, une augmentation des loyers qui rend la
chose... qui rend la situation difficile pour nombre de familles au Québec? Si c'est considéré comme une bonne nouvelle, bien,
alors, disons-le, mais sinon agissons. On a le pouvoir législatif d'agir.
C'est notre travail. C'est notre rôle.
Donc, encore une fois, si l'argument de la
lourdeur ne s'applique pas dans les autres ministères, pourquoi il
s'appliquerait dans celui-ci? C'est la question des coûts. Ça veut dire qu'on
ne juge pas que c'est important d'agir, parce que c'est un retour sur
l'investissement qu'on souhaite. Je pense qu'il y a un retour sur
l'investissement lorsqu'on s'assure que les familles québécoises puissent
avoir... se payer un toit et puissent continuer de... d'avoir une qualité de
vie qui leur permette, donc, avec souvent des revenus limités, de pouvoir
continuer de répondre à leurs besoins les plus élémentaires.
Si on dit que le phénomène de l'itinérance, par
exemple, c'est une question qui touche des grandes villes et qui... les grandes
villes et les régions, et que ça a doublé dans les dernières années, et que,
parmi ceux-là, je n'ai pas les chiffres exacts, il y a des gens qui n'ont tout
simplement pas eu les moyens de suivre l'augmentation du coût des loyers, et
qu'on dit que ce n'est pas une question... Puis là je veux qu'on soit clairs,
là. La lutte à l'itinérance, de l'aveu de plusieurs membres du gouvernement,
c'est une question interministérielle. Je pense qu'on ne peut pas, ici, dire
que ce n'est pas... ça ne fait pas partie du portrait. C'est un élément. Ce
n'est peut-être pas l'élément premier, mais c'est un élément à considérer.
Puis, encore une fois, je terminerai là-dessus,
je trouve ça dommage que l'on voie la situation en se disant : Bien, finalement, ce n'est pas si mal parce que,
même si on a un peu perdu le contrôle au Québec, c'est encore moins pire
qu'à Toronto ou c'est moins pire qu'en Colombie-Britannique. Moi, je pense que
les gens qui sont dans une situation où ils cherchent un loyer, ils ont de la
difficulté à trouver des loyers abordables, les gens qui sont victimes de rénoviction, de reprise de leurs logements n'ont
que faire de la situation dans une autre province, avec un autre système
de taxation et de redistribution de la richesse et un autre filet social, du
moins, un contexte qui diffère, un revenu moyen qui diffère et des mesures,
donc, qui ne sont pas comparables dans un contexte qui n'est pas comparable.
Et c'est pour ça que
l'outil dont il faut prendre compte, c'est l'évolution de la situation au
Québec par rapport au Québec. C'est ce
qui... on pouvait observer, il y a un certain nombre d'années, avec les règles
qu'on avait et l'évolution de la situation. Et, à sa face même, il y a
un problème qu'on peut décider de voir ou ne pas voir, de reconnaître ou ne pas
reconnaître, d'agir ou de ne pas agir.
Et, moi, ce que je comprends, c'est qu'on décide
de ne pas agir. Puis la grande question qui demeure pour moi, c'est :
Est-ce qu'on reconnaît qu'il s'agit d'un problème, si, à une certaine époque pas
si lointaine, dans les années 2014-2016, le coût d'un loyer occupé ou inoccupé
était similaire et qu'aujourd'hui, bien, un loyer inoccupé, par rapport à un
loyer occupé, bien, il est plus élevé de l'ordre de 30 %, 40 %,
45 %, selon les régions du Québec, dans
une situation où il y a une rareté de logements qui crée un problème pour
nombre de familles et d'individus au Québec qui, évidemment, n'ont pas
les moyens, eux, d'investir... d'avoir accès à la propriété ou d'investir dans
l'immobilier, par exemple?
Alors, c'est un outil qui est à la portée du
gouvernement et de la ministre, dont, vraisemblablement, on ne voudra pas se
prévaloir, et je trouve que c'est une occasion ratée, M. le Président.
Le
Président (M. Schneeberger) : Merci. D'autres... d'autres commentaires? Ça va?
Oui, député de Laurier-Dorion.
M.
Fontecilla : Oui. Merci, M. le Président. Donc, j'abonde dans
le sens que le collègue des Îles-de-la-Madeleine. J'aimerais apporter quelques éléments
factuels, là, concernant le fameux fardeau pour l'État québécois, là.
Tout d'abord, l'hébergement, l'hébergement du
site, il est... il y a une gratuité assurée pendant trois ans grâce à une
subvention de Centraide du Grand Montréal. Donc, c'est l'hébergement plus le
site, et c'est un hébergement qui comporte
les plus hauts standards de sécurité. Évidemment, le gouvernement pourrait très
bien adapter ce site-là et les standards de sécurité à ses propres
normes. Et, selon les informations dont on dispose, l'exploitation du registre,
annuellement, ne dépasse pas les 100 000 $.
Donc, on n'est pas dans un fardeau
extraordinaire pour l'État québécois, qui a un budget de plusieurs... de plus d'une centaine de milliards de dollars.
100 000 $ d'exploitation par année, c'est, à toutes fins pratiques,
une goutte d'eau dans l'océan,
surtout si on prend en considération les bienfaits de... d'un registre des
loyers, qui va concrètement ralentir
l'explosion, l'inflation exponentielle des loyers telle qu'on l'a connue depuis
quelques années. C'est de... C'est un investissement bien placé. Ça va
calmer les ardeurs d'un marché locatif qui est devenu détraqué, qui est devenu
fou, qu'il n'y a plus moyen de le contrôler, malgré l'existence du Tribunal
administratif du logement. Il faut adopter ce type de mesure pour calmer un
marché, là, qui risque d'affecter l'ensemble de la société québécoise, là.
Et c'est ça qui... c'est ça qui peut... qui,
moi, me dérange davantage, là. C'est qu'on dirait qu'on refuse d'adopter des
mesures qui ne coûtent, somme toute, presque rien, là, mais qui coûtent quand
même un petit peu d'argent, là, et qui pourraient bénéficier à l'ensemble de la
population du Québec, là, parce qu'on va se le rappeler, M. le Président, là,
nous sommes tous consommateurs et consommatrices d'habitations. Qu'on soit
propriétaires ou locataires, tout le monde,
soit, par le système bancaire, on acquiert une propriété ou soit, par des
systèmes locatifs, on loue l'usage exclusif d'une unité locative. Nous sommes
tous et toutes des consommateurs d'un bien de consommation qui est une
habitation, là, sans égard à différentes... aux différentes catégories. Donc...
Et c'est comme... Et c'est le phénomène de l'inflation. Si ça affecte un
secteur, inévitablement, ça va contaminer un autre, avec des conséquences néfastes
pour l'ensemble de la société.
• (18 h 20) •
Et c'est ça qui me dérange davantage. Pourquoi
le gouvernement de la CAQ refuse d'utiliser un moyen qui est recommandé par à
peu près... Je suis bien d'accord, il y a des gens qui ne sont pas... ne sont pas
en accord avec un registre des loyers, surtout, on va se le dire, les
associations de propriétaires, mais il y a beaucoup d'autres gens et d'acteurs
dans la société qui conseillent d'utiliser ce moyen-là, qui pourrait
concrètement ralentir la croissance des loyers au Québec, là. Donc, on dirait
que le gouvernement, bien, il tend l'oreille plus d'un côté que de l'autre.
Donc, il accentue ainsi le déséquilibre existant.
Justement, la ministre, on l'a entendu, que,
pour elle, c'est important d'assurer l'équilibre. Mais, d'après ce que je
constate, là, elle est en train de creuser le déséquilibre au lieu de vouloir
contrebalancer le déséquilibre existant. Et
ça devient... ça devient un peu contre-productif, là, comme... parce qu'au
lieu, encore une fois, là, de contenir les tendances inflationnistes,
les tendances spéculatives existantes dans le système locatif québécois, bien,
on est en train de mettre du... d'ajouter du charbon dans la chaudière, et ça
va devenir de plus en plus difficile.
Donc,
j'incite la ministre à écouter non seulement les partis d'opposition, mais
écouter plein de gens, y compris des maires, des chercheurs, des organismes,
etc., qui l'incitent depuis longtemps à adopter le registre des baux,
qui va avoir des conséquences très importantes pour l'ensemble de la société.
Et un détail que j'avais oublié d'expliciter,
c'est la capacité, à travers l'adoption d'un registre des baux...
Le Président (M. Schneeberger) : M.
le...
M.
Fontecilla : ...la capacité que s'octroie le gouvernement pour
ramasser des données. Le collègue des Îles-de-la-Madeleine
mentionnait tantôt cette nécessité-là de recueillir, d'accumuler des données à
partir desquelles on peut déduire des tendances, des...
Le Président (M. Schneeberger) : Député
de Laurier-Dorion.
M. Fontecilla : Oui.
Le Président (M. Schneeberger) : C'était
juste mentionner qu'actuellement vous avez déjà... vous êtes déjà à
40 minutes.
M. Fontecilla : Ah bon!
Le
Président (M. Schneeberger) :
Alors, vous êtes... Dans le fond, c'est... Étant donné qu'il y a
10 sous-articles... C'est
10 minutes... 20 minutes par article. Alors, juste vous mentionner
qu'à ce moment-là vous êtes... Normalement, au niveau de votre temps
pris, vous seriez rendu au niveau de l'article 2 du 37.4.
M. Fontecilla : Sur cet article-ci,
est-ce qu'il me reste du temps ou pas?
Le Président (M. Schneeberger) : Bien,
c'est parce que la règle, c'est 20 minutes par article. Étant donné qu'il y a 10... on va les appeler des
sous-articles, là, si on veut, parce que, si on appelle l'article 37.4...
C'est 20 minutes chacun.
Alors... Et, tu sais, ce n'est pas évident de parler... Tu sais, on parle de
quel article... Quand il y a des discussions globales, là, ce n'est pas
évident à gérer. Alors, moi, je vais vous le mentionner. Par contre, chaque
article, c'est un 20 minutes. Alors, à ce
moment-là, actuellement, vous n'auriez plus de temps pour parler du 37.4 et de
l'article 1, qui... l'article 1896. Vous comprenez? C'est comme ça.
M. Fontecilla : Donc, je n'ai plus
de temps pour les autres articles.
Le Président (M. Schneeberger) : Oui.
M. Fontecilla : Il m'en reste
encore.
Le Président (M. Schneeberger) :
Oui, oui.
M. Fontecilla : OK. Bien, je vais
avoir du temps pour les autres articles.
Le Président (M. Schneeberger) : Oui,
oui, exactement. C'est juste vous le mentionner, parce que, là...
M.
Fontecilla : Ah! donc, c'est... Vous m'informez que, si je
continue comme ça, là, je n'aurai plus de temps pour les autres
articles.
Le Président (M. Schneeberger) : Et
c'est ça, la complexité de suivre. Étant donné que c'est une discussion
globale... Il y a beaucoup d'articles qui ont... qui se ressemblent. Alors,
pour le président, de commencer à calculer le temps : OK, là, vous avez
fait 30 secondes sur ça, tu sais, ce n'est pas... pas évident. Alors, moi,
je vais quand même vous le mentionner. Par la suite, bien, je vous laisse
aller. Mais moi, je vais quand même vous le mentionner, que, là, il n'y a plus
de temps pour l'article 1 dans la procédure actuelle.
M. Fontecilla : Il n'y a plus de
temps pour l'article 2... 1.
Le Président (M. Schneeberger) : Là,
on est dans l'article 2 actuellement.
M. Fontecilla : Et il n'y aurait
plus de temps. OK.
Le Président (M. Schneeberger) :
Oui, c'est ça. Ça va?
M.
Fontecilla : OK.
Écoutez, je vais finir mon idée en deux, trois phrases puis, voilà, je mets...
J'essaie de conserver du temps pour les autres articles.
Le Président (M. Schneeberger) :
Parfait.
M.
Fontecilla : Est-ce que
je... Sur quoi je... Une utilité très concrète de l'adoption d'un registre des
baux, c'est que ça permet au gouvernement de se doter... d'avoir accès à
un très grand nombre de données qui nous permettront de suivre presque au jour... au jour le jour, là, les tendances du
marché immobilier. Et je pense qu'on en a bien besoin aujourd'hui, là, d'avoir davantage de données.
C'est un autre avantage du registre des loyers. Et j'ai terminé, M. le
Président.
Le Président (M. Schneeberger) : OK.
Voilà.
Une voix : ...
Le Président (M. Schneeberger) : Étant
donné de...
Une
voix : ...
Le
Président (M. Schneeberger) :
Oui. Ça va? Parfait. C'est tout? D'autres... d'autres questions? Oui. Alors...
Une voix :
...
Le
Président (M. Schneeberger) :
Excusez-moi. C'est parce que, là, j'avais trois discussions en même temps,
ça fait que ce n'est pas évident. Vous avez terminé?
M.
Fontecilla : Sur mon... Pour mon amendement, qui est...
Le Président (M.
Schneeberger) : Parfait. OK.
M.
Fontecilla : Attendez une minute, là. Je suis... 37.4.
Le Président (M.
Schneeberger) : Parfait. C'est bon, super. Alors, est-ce qu'il y a
d'autres questions? Ça va comme ça?
M.
Fontecilla : ...beaucoup plus de choses, mais, étant donné la
contrainte que vous m'avez mentionnée...
Le Président (M. Schneeberger) :
Oui, bien, c'est parce que... Alors, à ce moment-là, s'il n'y a pas d'autre
question à ce niveau-là, moi, je mets aux
voix l'article... dans le fond, votre amendement, qui est déposé, de 34.7...
c'est ça, 37.4. Pardon.
M. Fontecilla :
Par appel nominal, s'il vous plaît.
Le Président (M.
Schneeberger) : Par appel nominal. Parfait.
Le
Secrétaire : Pour, contre, abstention. M. Fontecilla
(Laurier-Dorion)?
M.
Fontecilla : ...
Le Secrétaire :
Pour, contre, abstention. M. Fontecilla (Laurier-Dorion)?
M.
Fontecilla : Pour.
Le
Secrétaire : Mme Duranceau (Bertrand)?
Mme
Duranceau : Contre.
Le
Secrétaire : Mme Jeannotte (Labelle)?
Mme
Jeannotte : Contre.
Le
Secrétaire : M. Rivest (Côte-du-Sud)?
M. Rivest :
Contre.
Le
Secrétaire : M. Gagnon (Jonquière)?
M. Gagnon :
Contre.
Le
Secrétaire : M. Girard (Lac-Saint-Jean)?
M. Girard
(Lac-Saint-Jean) : Contre.
Le
Secrétaire : Mme Prass (D'Arcy-McGee)?
Mme Prass :
Abstention.
Le
Secrétaire : M. Schneeberger
(Drummond—Bois-Francs)?
Le Président (M. Schneeberger) : Abstention.
Rejeté. Alors, l'amendement est rejeté. Alors, nous poursuivons nos
travaux. Souhaitez-vous poursuivre pour le cinq minutes? Oui? Oui. Parfait.
Alors, on est à l'article... un autre amendement qui avait été déposé par le
député de Laurier-Dorion. C'est bien ça? L'article 1.2.
Une voix : ...
Le
Président (M. Schneeberger) :
Il n'a pas été lu. OK. Alors, à ce moment-là, étant donné qu'il n'a pas été lu mais
déposé, M. le député de Laurier-Dorion, je vous inviterais à le lire et puis à
expliquer ça.
M.
Fontecilla : Un amendement à l'article 1.2, modifiant
l'article 1938 du Code civil du Québec : Insérer, après
l'article 1.1 du projet de loi, le suivant :
L'article 1938 de ce code est modifié par
l'ajout, après le premier alinéa, du suivant :
«Une personne
qui, sans être nommée au premier alinéa, habite avec le locataire depuis au
moins 12 mois, a également droit au maintien dans les lieux selon
les mêmes modalités.»
L'article 1938 du code, tel qu'amendé, se
lirait comme suit :
«L'époux ou
le conjoint uni civilement d'un locataire ou, s'il habite avec ce dernier
depuis au moins six mois, son conjoint de fait, un parent ou un allié, a
droit au maintien dans les lieux et devient locataire si, lorsque cesse la
cohabitation, il continue d'occuper le logement et avise le locateur de ce fait
dans les deux mois de la cessation de la cohabitation.»
Et l'ajout que j'apporte :
«Une personne qui, sans être nommée au premier
alinéa, habite avec le locataire depuis au moins de 12 mois a également
droit au maintien dans les lieux selon les mêmes modalités.»
Et ensuite la partie qui reste inchangée :
«La personne qui habite avec le locataire au
moment de son décès a le même droit et devient locataire, si elle continue d'occuper le logement et avise le
locateur de ce fait dans les deux mois du décès; cependant, si elle ne se
prévaut pas de ce droit, le
liquidateur de la succession ou, à défaut, un héritier, peut, dans le mois qui
suit l'expiration de ce délai de deux mois, résilier le bail en donnant
au locateur un avis d'un mois. Dans tous les cas, la personne qui habitait avec
le locataire au moment de son décès, le liquidateur de sa succession ou
l'héritier n'est tenu, le cas échéant, au paiement de la partie du loyer
afférente au coût des services qui se rattachent à la personne même du
locataire qu'à l'égard des services qui ont été fournis du vivant de celui-ci.
Il en est de même du coût de tels services lorsqu'ils sont offerts par le
locateur en vertu d'un contrat distinct du bail.»
Le Président (M. Schneeberger) : Voilà.
Alors, merci pour votre lecture.
Alors, compte tenu de l'heure, nous ajournons la
commission aujourd'hui, nous... sine die, et puis parce qu'il y a des travaux
qui suivent au salon bleu. Merci beaucoup.
(Fin de la séance à 18 h 30)