(Onze heures trente minutes)
Le
Président (M. Schneeberger) : Alors, bon matin à tous. Alors, le quorum étant
établi, je déclare la Commission
de l'aménagement du territoire ouverte.
Je rappelle
que la commission est réunie afin de poursuivre l'étude détaillée du projet de
loi n° 50, Loi
édictant la Loi sur la sécurité civile visant à favoriser la résilience aux
sinistres et modifiant diverses dispositions relatives notamment aux
centres de communications d'urgence et à la protection contre les incendies de
forêt.
Est-ce que nous avons des remplaçants, M. le
secrétaire?
Le
Secrétaire : Oui, M. le Président. Mme Setlakwe (Mont-Royal—Outremont)
est remplacée par Mme Maccarone (Westmount—Saint-Louis).
Mémoire déposé
Le Président (M. Schneeberger) : Merci
beaucoup. Alors, avant de débuter, je dépose un autre mémoire qui nous est
parvenu hier. C'est le Regroupement des coordonnateurs en sécurité incendie et
civile du Québec.
Étude détaillée (suite)
Alors, hier, à la suspension, nous... à
l'ajournement, plutôt, nous étions à l'article 29. Par contre, il n'avait pas... Il était sur le point d'être mis aux voix.
Alors, je ne sais pas si la nuit porte conseil, si vous avez d'autres questions
sur l'article 29. Sinon, nous allons le
mettre aux voix immédiatement. Alors, ça va? Alors, est-ce que
l'article 29 est adopté?
Des voix : Adopté.
Le Président (M. Schneeberger) : Adopté.
Article 30.
M. Bonnardel : Alors, M. le
Président, l'article 30 se lit comme suit : «Le ministre conseille et
soutient les autorités municipales et gouvernementales en matière de sécurité
civile, notamment dans le cadre de la réalisation de leur démarche de gestion
des risques de sinistre. Il veille à ce que ces autorités s'acquittent des
responsabilités qui leur incombent en vertu de la présente loi.
«À ces fins, le ministre peut leur adresser des
lignes directrices concernant toute question se rapportant à la présente loi.
«En outre, le
ministre peut exiger que ces autorités lui communiquent tout renseignement
nécessaire à l'application de la
présente loi. Il peut communiquer un tel renseignement à une autre de ces
autorités s'il est nécessaire à l'exercice des responsabilités de celle-ci
en vertu de la présente loi.»
Commentaire. Cet article précise le rôle de
conseil et de soutien que le ministre joue auprès des autorités municipales et
gouvernementales en matière de sécurité civile. Il précise que le ministre
veille à ce que ces autorités s'acquittent
de leurs responsabilités en vertu de la loi et prévoit que le ministre peut
leur adresser des lignes directrices concernant toute question qui se rapporte
à la loi. Finalement, cet article prévoit que le ministre pourra exiger que
les autorités municipales et gouvernementales lui communiquent tout
renseignement qu'il juge nécessaire à l'application de la loi et qu'il pourra,
dans certains cas, communiquer un tel renseignement. Voilà.
Le Président (M. Schneeberger) : Questions
ou commentaires sur l'article 30? Ça va? Alors, est-ce que
l'article 30 est adopté?
Des voix : Adopté.
Le Président (M. Schneeberger) : Adopté.
Article 31.
M.
Bonnardel : Article 31 : «Le ministre peut accorder,
selon le cadre qu'il établit, un soutien financier, technique ou informationnel :
«1° pour la réalisation de projets ou de travaux
relatifs à la gestion des risques de sinistre, notamment en vue du
développement de la connaissance de ces risques, de la prévention des sinistres
et de la préparation de la réponse à ceux-ci;
«2° à une autorité
municipale, pour la réalisation de la démarche régionale de gestion des risques
de sinistre, pour sa collaboration à celle-ci ou pour l'élaboration d'un plan
prévu par la présente loi;
«3° à des organisations désignées en vertu du
paragraphe 6° de l'article 33 et à des associations agissant dans le domaine de la sécurité civile, notamment pour
le recrutement de bénévoles, ou pour favoriser la formation de telles
associations.»
Commentaire.
Cette disposition habilite le ministre à accorder un soutien financier,
technique ou informationnel pour certains projets ou travaux relatifs à
la gestion de risques de sinistre ou à certains bénéficiaires.
Le
Président (M. Schneeberger) :
Est-ce qu'il y a des commentaires
ou questions? Députée de Westmount—Saint-Louis.
Mme Maccarone : Merci,
M. le Président. Je serais curieuse de savoir si le gouvernement avait déjà
préidentifié des organisations désignées, comme mentionné dans le
paragraphe 3°.
Des voix : ...
M. Bonnardel : C'est ça, c'est
plus... c'est plus dans le contexte de la réserve opérationnelle qu'on va...
qu'on ne va pas juste souhaiter, qu'on va mettre en... qu'on va mettre en
place. Donc, j'avais donné deux exemples. Je vais revenir avec ceux-ci, là. Ça
peut être des... un organisme comme la SOPFEU, ça peut être la Croix-Rouge, qui sont... qui sont sur le terrain, des
partenaires, des partenaires importants autant en termes de bénévoles, côté
Croix-Rouge, là, mais pour assister,
accompagner quand il y a des évacuations, hébergements ou autres, autant que
pour la SOPFEU si on a besoin, comme
je le mentionnais, là, de créer cette réserve avec des effectifs de la SOPFEU
qui pourraient être formés dans un cadre... dans un cadre autre aussi
que les feux de forêt, là.
Mme Maccarone : Sauf
que ce n'est pas à l'article 33 qu'on parle de cette réserve? C'est le
sixième paragraphe à l'article 33. Ça fait qu'il me semble qu'on
parle d'autres organisations ici.
M. Bonnardel : Oui. Ça, c'est
des organisations qu'on va désigner à l'article 33. J'aurais dû le
préciser, là.
Mme Maccarone : Attends. Je
suis désolée, je ne comprends pas.
Des voix : ...
M. Bonnardel : Non, c'est ça,
le mot... le mot «réserve opérationnelle» n'apparaîtra pas, là, dans le projet
de loi, là. C'est pour ça que, dans l'article 33, là, on dit :
«6° désigner des organisations chargées de
mettre en place des mesures visant à renforcer et à accroître les capacités
opérationnelles des autorités municipales...»
Ça va être... C'est ça qui va être le libellé ou
le terme, la formulation utilisée, là, pour cette réserve opérationnelle là.
Donc, ce sont des organisations. Là, j'en ai nommé deux, là, mais ça pourrait
être d'autres aussi avec lesquelles on va... on pourrait... on pourrait
s'entendre.
Mme Maccarone : Mais quelle est
la différence ici, à l'article 31, versus l'article 33? Parce qu'ici
on parle de «le ministre peut accorder, selon le cadre qu'il établit, un
soutien financier, technique ou informationnel» pour des organisations
désignées puis, quand on arrive à...
M. Bonnardel : L'article 6°.
Mme Maccarone : ...paragraphe 6°,
article 33, on parle de «le ministre peut, en outre, désigner des
organisations chargées». Alors, quelle est la différence entre les deux?
M. Bonnardel : C'est ça, on les
désigne.
Mme Maccarone : Mais on les...
M. Bonnardel : C'est ça,
c'est... Le 31, l'article 31, on les soutient et, 33, on les désigne.
Mme Maccarone : OK. OK. Je
comprends.
M. Bonnardel : Excusez.
J'aurais peut-être dû être plus... plus précis, là.
Mme Maccarone : OK. Puis, quand
on parle des organisations dans le domaine de sécurité civile, bien, on pourra peut-être aussi en débattre rendu aussi à
l'article 33, parce que c'est là où on l'identifie aussi, mais... Je
comprends, le ministre parle des organisations un peu comme la SOPFEU,
mais est-ce qu'il y a aussi des organisations civiles, sociétés civiles qui seront désignées aussi? Et, si oui, y a-t-il un
cadre déjà établi en termes de formation, accompagnement?
Puis, dans le fond, je
souhaite peut-être entendre le ministre un peu par rapport à la vision par
rapport à ceci. Je l'ai entendu à maintes
reprises, dans les auditions, parler de, nous, on va être une nouvelle
référence, puis les gens... on s'est inspirés, mais les gens vont
s'inspirer de nous, on est comme un précurseur. Alors, je trouve ça bien, mais
je veux... Peut-être, le ministre peut
prendre quelques minutes juste pour expliquer un peu comment ce... cette
nouvelle façon de faire des choses avec des organisations désignées, ça
va être déployé, l'encadrement, le recrutement, formation, parce que, moi, ce que je souhaite entendre dans
les remarques du ministre, c'est : Qu'est-ce qui est planifié en termes
d'aussi protection de ces personnes? Vous m'avez déjà entendue avec les
questions que moi, j'avais posées. J'ai des craintes, à quelque part, tout dépendamment des regroupements qui vont
être recrutés. Comment allons-nous s'assurer qu'eux sont protégés face à
des travaux qu'eux, ils vont être demandés de mettre en place en ce qui
concerne la protection, peut-être, des citoyens, des lieux, etc.?
M. Bonnardel : La... Je veux prendre
un moment, là, pour en parler, la structure, là, il faut comprendre, elle est à
être élaborée, là. On est... Quand on va adopter la loi... Oui, j'ai déjà nommé
des organismes. Il y en aura assurément d'autres
qui pourraient être... qui pourraient nous accompagner, tout ça, dans tout ça.
Le but, c'est d'être capables de répondre...
avant de faire appel à l'armée à chaque fois, c'est d'être capables d'avoir une
force, une réserve, une réserve opérationnelle sur le terrain, puis là je vous
expose ma pensée, là, qui pourrait être dans différentes régions du Québec, où,
lorsqu'il y a un événement exceptionnel en Outaouais, des inondations, exemple,
ou peu importe, un feu xy du côté de Mont-Laurier, qu'une équipe... une équipe
serait appelée et pourrait répondre et supporter, donc, la municipalité si la
municipalité en fait la demande, que ce soit pour... que ce soit, encore une fois, pour évacuation,
hébergement, donc, des... Cette réserve serait nécessairement rémunérée et... serait
rémunérée. On a du financement, du financement pour ces personnes, de la
formation qui va suivre.
Quand je
parle de la SOPFEU, la SOPFEU nous dit : Bien, nous, on est actifs l'été.
Hiver, début de printemps, on l'est peut-être un peu moins. Est-ce qu'on peut
mettre à contribution nos combattants, nos pompiers, hommes et femmes,
pour supporter, exemple, verglas, verglas au mois de janvier? Bon, bien, ça se
peut que... ça se peut que... ou pompiers,
pompiers volontaires, pompiers volontaires dans différentes régions. On sait
qu'il y a plus de pompiers volontaires qu'il y a de pompiers réguliers.
Donc, c'est
un peu tout ça, là, qu'on est à... qu'on va mettre en place pour avoir... avoir
ces... cette force de frappe, si je peux le dire ainsi, cette réserve
qui va nous permettre...
Mais, encore une fois, là, l'ébauche, là, va...
Nous, on prévoit mettre ça en place pour la saison 2025. C'est ça qui est
le défi, là — vous
comprendrez qu'il va être un... ça va être un peu serré pour cet été, là,
mais... — puis
de discuter avec nos différents partenaires, de quelle façon on va le faire,
quelle approche on va mettre de l'avant puis qu'est-ce qu'on va cibler aussi
comme formation pour ces personnes qui vont nous donner un coup de main un peu
partout sur le territoire québécois puis qui ont une capacité de répondre
rapidement aussi à ces événements, là, que ce soit
pour la Croix-Rouge... Croix-Rouge, vous le savez, là, les gens, quand il
arrive un événement comme à Mont-Laurier pour la digue, il y a souvent des bénévoles
qui étaient là puis qui doivent prendre leurs vacances pour passer la semaine. C'est,
des fois, 10 jours ou même deux semaines pour accompagner les citoyens
évacués.
Donc, c'est un processus qui n'est pas simple,
là, mais c'est une... pas mal une première, une première canadienne, là. Quand
j'exposais ça, là, à la... aux collègues fédéraux voilà un mois ou à peu près,
là, on est les premiers, là. On est
vraiment, vraiment les premiers, là, dans ce cas-ci, là, qui mettons de l'avant
cette forme de réserve. Donc, on nous regarde.
Et puis, à la
fin, ça ne nous empêcherait pas de faire appel à l'armée si besoin est, puis la
catastrophe nous amène... nous amène à faire appel à eux, là, mais, avant ça,
là, c'est cette réserve qui va nous permettre, là, d'avoir une force sur
le terrain plus... plus importante.
• (11 h 40) •
Mme Maccarone : Merci. Et est-ce que
c'est prévu que le gouvernement gère cette base de données des personnes ou des
organisations qui vont être appelées à prêter main-forte lors d'un sinistre ou
est-ce que c'est une organisation à part qui va gérer ça?
M. Bonnardel : Bien, quand la force
de frappe va être... Quand la réserve va être mise en place, ça va être sous la
supervision d'entités, d'entités x, là, donc, la Croix...
Mme Maccarone : ...quoi,
excusez-moi?
M. Bonnardel : Ça va être sous la
supervision d'une entité... d'entités que j'ai déjà énumérées, là. Si la... on
fait appel à la SOPFEU pour un verglas, bien, la SOPFEU va nous répondre :
OK, on a tant de personnes, tant de personnes de disponibles qui peuvent se
libérer, qui peuvent se libérer immédiatement. Mettons, pour, encore une fois,
une période de verglas, je ne sais pas, là, il faut évacuer les gens pour des
raisons x, c'est la Croix-Rouge qui pourrait être partie prenante. Ça pourrait
être d'autres partenaires qui sont venus nous voir aussi, là. Donc, dans ces
conditions, là...
Comme je le
mentionnais, là, c'est... on est aux balbutiements, là. On est aux
balbutiements, là, de la création de tout ça. Donc, cela va évoluer avec les
discussions qu'on va avoir du côté de nos équipes, nos équipes du ministère.
Mme Maccarone : Ça fait que ce n'est
pas une banque. Dans le fond, c'est une liste d'organisations que le ministère pourra faire appel au besoin, tout
dépendamment de l'expertise et la formation déjà acquises par ces personnes.
M. Bonnardel : Ça
aussi, c'est un autre point, là, la formation, là, sur laquelle on va... Je
prends la SOPFEU, encore une fois, là, si... La SOPFEU, bien, c'est les
combattants du feu qui ont été formés, qui ont étudié là-dedans, qui ont des
connaissances. Là, on leur dit : OK, tu deviens... tu deviens... je ne
sais pas, tu deviens un... tu fais partie de la réserve puis tu viens donner un
coup de main pour les inondations, tu vas supporter les pompiers, tu vas... Ça
va demander... ça va demander, là, une expertise ou une formation
additionnelle, comme eux le font déjà pour ceux qui viennent... qui viennent avec un titre de pompier auxiliaire, ou à
peu près, là, qui sont formés rapidement puis qui vont... qui vont
supporter... qui vont supporter les équipes, là, déjà sur le terrain, là.
Donc, encore une fois, là, je vous expose le...
ce qu'on... ce qu'on veut mettre en place, l'idée qu'on a, mais, si vous me
demandez c'est quoi, le plan de match, là : Tu l'as-tu écrit puis tu... on
est vraiment, là... on part... on part, comme on dit en anglais, à scratch.
Mme
Maccarone : OK. J'aime ça me faire un scratch. C'est bon.
C'est... c'est bien. C'est juste pour avoir un peu l'idée des
orientations. Je comprends que ce n'est pas tout élaboré.
M. Bonnardel : Grosso modo, c'est
ça.
Mme Maccarone : Mais vous avez
mentionné qu'ils seront rémunérés. Ça fait qu'ils ne sont pas bénévoles.
M. Bonnardel : C'est ça, c'est ça.
Bien, le nerf de la guerre, ça reste quand même toujours... C'est correct, là,
c'est le fun d'avoir du bénévolat du côté de la Croix-Rouge, mais il reste que
ces gens, dans des conditions ou des situations
x, y, comme les feux de forêt, là... On ne souhaite revoir un été comme l'année
passée, mais il reste que ces gens... ces gens, souvent, là, vont prendre... Je
pense que c'est la Croix-Rouge qui nous disait, la Croix-Rouge : Ces
gens vont prendre leurs deux semaines de vacances ou une semaine de vacances
pour aller donner un coup de main. On est
contents, on est immensément contents, mais il reste que, pour nous, ça va être
pas mal plus facilitant de rémunérer... de rémunérer ces gens, de payer
leurs formations puis que les équipements viennent avec, ou autres, là, peu
importe.
Donc, comme je le mentionnais, là, on part
vraiment à la base avec la formation de cette réserve puis avec les partenaires
avec lesquels on va travailler.
Mme Maccarone : Est-ce qu'il y a un
montant déjà budgété pour ça?
M. Bonnardel : Il y a un budget...
Il y a déjà un montant de budgété pour ça, oui.
Mme Maccarone : C'est quoi, le
montant?
Des voix : ...
M. Bonnardel : C'est ça, c'est à peu
près 37 millions pour les cinq prochaines années.
Mme Maccarone : OK. Et, maintenant
qu'eux, ils seront rémunérés, ça m'amène à avoir des questions par rapport à
les assurances, parce que c'est quand même des éléments de travail, entre
guillemets, que ces personnes vont mettre à
l'oeuvre, tout dépendamment les demandes du gouvernement. Ils vont être
rémunérés. Alors, côté assurances pour ces personnes, est-ce qu'il y a
une vision aussi pour ça qui est... qui est en place?
M. Bonnardel : Bien, ça, ça
appartient... ça appartient aux organisations. Les organisations qui ont des
employés ont des assurances déjà. Donc, s'il arrivait un événement... un
événement mineur ou un événement majeur, il
reste que ce sont les entités qui sont responsables... qui sont responsables de
leurs propres employés qui sont rémunérés. Donc, ça leur appartient et
pas à nous.
Mme Maccarone : Incluant comme
CNESST. C'est ça?
M. Bonnardel : Tout à fait. Bien,
tout à fait, sous l'entité... sous l'entité d'un... Si un pompier de la SOPFEU
tombait au combat, blessure, un arbre, peu importe, il pourrait y avoir enquête
de la CNESST, et, là-dessus, c'est... Les recommandations qui seraient données
seraient suivies par la suite, mais ça reste que c'est sous l'égide de
l'organisation en haut, là, que sont... que sont responsables... Eux sont
responsables, donc, de leurs employés en bas.
Mme Maccarone : Est-ce que vous
prévoyez que ça soulève quelques préoccupations des employeurs quand même,
comme les villes et les municipalités, par exemple? Parce qu'on le sait, que...
Vous savez, on a une pénurie de pompiers, par exemple. On sait... On fait face
à une crise dans les régions, même. Il faut faire du recrutement. En faisant ceci, si ces pompiers tombent malades ou
sont blessés parce qu'ils sont en train de prêter main-forte puis aider
en cas de sinistre, est-ce qu'il y a aussi cette préoccupation qui...
M. Bonnardel : Bien, c'est tout ça
qui est en lien aussi avec les... je ne veux pas dire les accréditations syndicales, mais le syndicat aussi, exemple, des
pompiers, là. Si un pompier, pour des raisons x, y, se déplaçait pour épauler la SOPFEU ou venait... venait aider pour les
inondations, est-ce qu'il vient sous le chapeau de la municipalité? Est-ce
qu'il vient sous le chapeau de quelqu'un? C'est tout ça,
là, qui va à être à élaborer. Puis là je... On pourrait en parler pendant une
heure, vous et moi, là, mais ça, c'est à définir. C'est à définir aussi, avec
qui on va travailler puis est-ce que ça devient un partenaire ou non, là.
Mme
Maccarone : Moi... moi, je veux dire, je trouve ça très intéressant.
Je souhaiterais... Je ne sais pas votre vision là-dessus, mais je souhaiterais
faire partie... je ne sais pas si c'est quelque chose que nous pouvons faire
d'une façon transpartisane, mais d'établir un comité où on parle de la vision,
de mettre ça à l'oeuvre, parce qu'il me semble... C'est quelque chose qui va
être en place pour la pérennité. C'est quelque chose qui pourrait influencer
beaucoup de choses dans la province, même qu'on pourrait s'inspirer d'un tel
programme pour les autres ministères quand on a des besoins. Je trouve très
intéressant. En tout cas, je lance... je lance l'idée au ministre.
Ça fait que, là,
c'est sûr, basé sur ce que vous venez de partager en réponse aux questions, un
individu ne pourra pas participer, d'abord... un individu qui ne fait pas
partie d'une organisation désignée. Ça fait que ma mère, qui est... ma mère,
qui est une infirmière à la retraite, elle, elle ne pourra pas venir prêter
main-forte.
M.
Bonnardel : Bien oui, si elle devenait bénévole de la Croix-Rouge.
Mme
Maccarone : OK. Ça fait qu'il faut absolument être associé.
M.
Bonnardel :
Je donne un exemple, là. Elle devient bénévole officiellement de la Croix-Rouge
puis elle répond aux paramètres, aux protocoles que la Croix-Rouge demande, là.
Il y avait un certain protocole qu'eux demandaient, là. Donc, si tu deviens
membre en règle ou bénévole de la Croix-Rouge, bien là, oui, tu pourrais cocher : Moi, je suis disponible dans la
région de Québec ou du Saguenay—Lac-Saint-Jean si catastrophe il y a. Je me présente... 24 heures, je suis
là. Donc... Parce qu'une personne seule ne peut pas... ne pourrait pas, demain
matin... On ne pourrait pas dire : Jennifer Maccarone, à Montréal, elle
devient... elle ne devient pas juste bénévole, elle est rémunérée, là, parce
qu'elle veut aider. Il faut que tu sois sous un chapeau de quelque chose, là,
sous le chapeau de quelqu'un, là.
Mme
Maccarone : OK. Mais, ça aussi, je pense que c'est bien que ce soit
clarifié. Ça fait qu'il n'y a aucun individu à part.
M.
Bonnardel : Non. Ce ne serait pas utile.
Mme
Maccarone : Il faut vraiment être inscrit ou être membre d'une
organisation pour le faire. OK. Puis je...
Peut-être... On va les rémunérer, mais, mettons, les frais de déplacement,
est-ce que ça aussi, ça va être considéré? Ça, c'est tous des éléments
que nous pourrions penser qui vont être élaborés.
M.
Bonnardel : C'est ça, exact.
Mme
Maccarone : OK. C'est... Merci.
Le Président (M.
Schneeberger) : Ça va comme ça? Pas d'autres questions? Oui, député de
Laurier-Dorion.
M.
Fontecilla : J'aimerais bien mieux comprendre l'architecture du projet
de loi. Concrètement, quelle est la différence
entre l'article 31 puis l'article 33 qu'on va voir tantôt, là? Parce
que, dans tous les deux, en tout cas, vous parlez de formation, par
exemple, financer la formation.
M.
Bonnardel : C'est ça. L'article 31 dit : «Peut accorder,
selon le cadre[...], un soutien financier, technique ou informationnel :
«3°
à des organisations désignées en vertu du paragraphe 6°», de là la question de
la députée de Westmount—Saint-Louis
tantôt à 33.
L'article 33,
quand on va voir le paragraphe 6°, ce sont des «organisations chargées de
mettre en place des mesures visant à renforcer et à accroître les capacités
opérationnelles des autorités municipales ou gouvernementales». Donc,
c'est cette réserve opérationnelle que nous pourrions financer à
l'article 31.
• (11 h 50) •
M. Fontecilla :
Donc, l'article 31, plus
spécifiquement, habilite le gouvernement à mettre en oeuvre l'article 6° de...
pas l'article 6°, mais l'alinéa 6°.
M.
Bonnardel : Oui.
M. Fontecilla :
Parfait. Mais vous parlez aussi,
dans l'article 1°... dans l'alinéa 1° de l'article 31, là :
«...la réalisation de projets ou de
travaux relatifs à la gestion des risques de sinistre, notamment en vue du développement
de la connaissance de ces risques...» Est-ce que cela s'applique à la
réserve sur laquelle vous travaillez? Donc...
M. Bonnardel : ...cadre du... Cadre
de prévention des sinistres. C'est des sommes qu'on verse aussi à des villes
pour de la prévention, Cadre de prévention de sinistres, là. C'est le CPS,
qu'on appelle... qu'on appelle chez nous, là. Donc, on verse des sommes à ces
municipalités pour prévenir et... dans un contexte... en contexte de
résilience, là, des changements climatiques, là.
M.
Fontecilla : Donc, en plus de vos habilités à créer une
réserve, très concrètement, ça vous permet, entre autres, de financer le
développement de la recherche... de la connaissance dans les municipalités.
M. Bonnardel : Si on veut aussi,
oui. Il y a ça dans les universités aussi, là.
M. Fontecilla : Ce n'est pas
limitatif, là. Ce n'est pas... Dans votre esprit, ce n'est pas seulement aux municipalités, mais ça peut être d'autres... Bien,
par exemple, dans l'article... dans l'alinéa 2°, vous le spécifiez :
«...un soutien financier, technique ou informationnel :
«2° à une autorité municipale...» Là, vous le
spécifiez, là.
Mais, dans
l'alinéa 1°, vous ouvrez la porte à d'autres types d'organisations, comme
des universités, par exemple.
M. Bonnardel : Des scientifiques,
là, exactement, chaires de recherche ou...
M.
Fontecilla : Très bien. Une
question qui me vient à l'esprit. Dans votre volonté de créer une réserve, il y
avait... Dans le mémoire de l'association des entreprises forestières,
il y avait la proposition d'utiliser la main-d'oeuvre et les installations, bien, la logistique, les
infrastructures de cette industrie-là pour combattre les feux de forêt en particulier.
Est-ce que, dans votre esprit, cette réserve-là pourrait inclure cet apport-là?
M. Bonnardel : Ça va faire partie
des discussions. Nous, si on peut... si on peut avoir le plus de personnes qui
sont bien formées puis... Ça, je dirais plus que c'est sous le chapeau de la
SOPFEU, là, parce que, déjà là, ces travailleurs sylvicoles ou autres, en foresterie,
ont une connaissance déjà de la... de la forêt, donc ils peuvent être formés plus rapidement par la SOPFEU. Est-ce
qu'eux aussi peuvent devenir des... une aide importante en cas de sinistre
autre que les feux de forêt? Peut-être,
peut-être, mais, comme je le disais tantôt à la députée de Westmount—Saint-Louis, ces personnes peut-être disponibles ou qui voudraient être
formées ou être disponibles et rémunérées devront être sous le chapeau d'une
organisation x, là.
M. Fontecilla : Soit la... soit la
SOPFEU ou...
M. Bonnardel : Bien, je dis la
SOPFEU, la Croix-Rouge, là, c'est les deux principaux que j'ai toujours en
tête, là, mais il faut qu'ils soient sous le chapeau de quelqu'un, là.
M. Fontecilla : Je vais peut-être,
et vous me le direz, là, devancer l'article 33, là, mais on a vu... Il y a
un chercheur qui a présenté un mémoire, là, Yan Boulanger, qui, entre autres,
mentionnait, et je cite, que «le personnel qualifié
afin de mener ce genre d'évaluation des risques aux feux de forêt est, pour
l'instant, très limité». Donc, est-ce que vous êtes d'accord avec cette
affirmation-là de la part de...
M.
Bonnardel : Bien, pas nécessairement, parce qu'on travaille,
premièrement, avec beaucoup de partenaires, autant Ressources naturelles
Canada. On travaille avec surtout notre partenaire principal qui est la SOPFEU.
Et, la SOPFEU, je m'excuse, mais je pense
que tout le monde au Canada souhaiterait une organisation comme la SOPFEU. Ils
ont... ils ont de l'équipement qui est
très... très perfectionné pour être capables de prendre en compte les
situations un peu partout sur le territoire québécois, travailler avec
des satellites ou autres, même... même la nuit, donc, drones ou autres, là.
Alors, c'est une organisation sur laquelle j'ai entièrement confiance.
Puis, je le dis, l'année passée, ce fut une
saison historique, mais, à la fin, grâce au professionnalisme de ces équipes,
il n'y a pas eu de fatalité, il n'y a pas eu de blessure grave. Je ne dis pas
que... On n'est pas à l'abri, là, risque zéro, mais il reste quand même que les
effectifs, les installations comme telles, les sommes additionnelles qu'on leur a... qu'on va leur verser, là,
29 millions de dollars pour les prochaines années, bien, va leur permettre
d'aller chercher des effectifs additionnels. C'est 80 qui est prévu de
plus pour les deux prochaines... les deux prochaines années, plus les
équipements à renouveler ou non.
Alors, non, non, je... C'est une équipe que...
avec laquelle j'ai appris à travailler, autant avec ma collègue la ministre
Ressources... responsable des Ressources naturelles. Ça a été... ça a été un
bonheur de travailler avec eux. Et ils ont à
coeur, à coeur de livrer, mais, à quelque part, ils ont aussi de bons outils,
de bons outils. Donc, les partenaires canadiens sont là, mais, au
Québec, on est bien... on est bien formés.
M. Fontecilla : Donc, selon vous,
là, contrairement à ce que ce chercheur avançait, au Québec, on est bien dotés
en termes de connaissance des différents modèles d'intervention. La question
qui se pose, c'est : Est-ce qu'il faudrait en faire plus? Est-ce qu'il
faudrait développer cette connaissance-là?
M. Bonnardel : On est toujours dans
un contexte d'amélioration continue, là. C'est un terme... c'est un terme populaire, mais il reste que... Même moi,
là, je suis toujours : Qu'est-ce qu'on peut faire de mieux, là? Qu'est-ce
qui a peut-être moins bien fonctionné? Quel outil vous avez besoin? C'est
mon... C'était mon rôle puis c'est le rôle de ma collègue aussi. Quand
on a fait le post mortem, OK, quand on regarde le constat, on se réjouit parce
qu'il n'y a pas eu de fatalités, il n'y a pas eu de
maisons principales qui ont passé au feu, mais, à la fin, dans l'exercice, là,
de l'été... de l'été 2023... Donc, c'est vraiment...
Non, non, ils sont... ils sont bien équipés en
termes de technologie et de préparation. Maintenant, ils sont toujours dans un
contexte : Comment on peut s'améliorer, ce qui se fait de mieux aussi
ailleurs au Canada, ou en Amérique du Nord, ou même dans le monde? Parce que,
vous le savez, là, on a eu des partenaires internationaux, là, qui sont venus
donner tout un coup de main. Puis, quand ils nous voient travailler, ils
font : OK, OK, c'est différent de
quelle façon, là? De la façon, nous, on travaille le terrain? De toute façon,
notre forêt est un peu... assez... est assez unique aussi, là. Mais ce n'est pas... ce n'est pas gênant, là, d'avoir
la SOPFEU sur le terrain, là, quand on se compare, là.
M. Fontecilla : Très bien. C'est
bon.
Le Président (M. Schneeberger) : Ça
va? Alors... Oui, députée de Westmount—Saint-Louis.
Mme Maccarone : Merci. M. le
ministre, vous avez dit 37 millions sur cinq ans. Ça, c'est basé sur quoi,
ce chiffre-là? Comment vous avez établi le montant de 37 millions?
M. Bonnardel : ...cinq ans, là,
mais...
Des voix :
...
M. Bonnardel : ...il va vous donner
un peu le portrait, là, rapidement, là.
Le Président (M. Schneeberger) : Alors,
je vais... Vu que c'est la première fois aujourd'hui, j'ai besoin du
consentement. Alors, vous nommer et votre titre.
M. Savard (Jean) : Alors, bonjour.
Jean Savard, sous-ministre associé, sécurité civile, sécurité incendie.
En fait, le montant, là, qui nous a été donné,
ça se veut une partie pour créer une équipe au sein
du ministère, une petite équipe pour pouvoir
coordonner, mettre en oeuvre, développer le concept dont M. le ministre faisait
référence, la réserve opérationnelle, appelons-la comme ça, là, pour le
moment. Par la suite, il y a du budget de transfert aussi pour les entités dont
on mentionnait, en l'occurrence, on parlait, Croix-Rouge, SOPFEU, qui
viendraient comme nous aider à mettre la base du système en bénéficiant de
leurs capacités, là, Croix-Rouge, de grandes capacités pour des bases de
données de recrutement, SOPFEU, grandes capacités opérationnelles. Alors, ça,
ça vise ça.
C'est sûr qu'à terme, là, on veut... C'est une
démarche qu'on veut qui soit pérenne dans le temps. Alors, bien sûr, on veut
aller maximiser l'utilisation des compétences qui sont déjà présentes au
Québec. Et il y en a, des entités qui pourraient être mises à contribution. On
a l'Ambulance Saint-Jean, l'Armée du salut. Il y a plusieurs entités, là, qui existent déjà sur le territoire. Il y a un
rassemblement dans le coin de Montréal, qui est le ROHCMUM, de plein...
plein d'entités bénévoles qui pourraient être mises à contribution, qui ont
des... qui ont des capacités autant dans le service
aux sinistrés que dans la réponse opérationnelle terrain, plus des bras, si
vous voulez, dans le langage commun de la sécurité civile.
Alors, c'est comme ça qu'a été élaboré le budget
sur cinq ans, pour en venir avec une base de données d'une capacité de
mobilisation de ces entités-là. Et vous savez que, pour avoir une réponse avec
100 personnes terrain, ça en prend, une base de données, qui en contient
environ 1 000, de ces personnes-là, formées, exercées. Si on veut être
capables, en... disons, en disant, un matin : On a un sinistre, d'en avoir
100, ça en prend 10 de plus, selon les experts du domaine et les gens qu'on...
avec lesquels on est en lien présentement, là. Alors, ce n'est pas des gens
qui... Ce n'est pas des gens qu'on aurait à temps plein en ce moment sur notre
feuille de paie, mais c'est des gens qui pourraient être mobilisés, qui ont un
intérêt à venir se mobiliser dans les organisations dont M. le ministre
parlait.
Mme
Maccarone : Ça fait que le montant a été établi basé sur les
informations que vous avez reçues des acteurs sur le terrain. C'est ça?
C'est eux qui...
M. Savard (Jean) : Bien, c'est notre
connaissance du domaine, notre connaissance du milieu, les besoins qu'on
connaît des différentes entités qui pourraient être mises à contribuer. Alors,
c'est comme ça qu'on l'a ventilé dans le temps pour les cinq prochaines années.
Mme Maccarone : Juste par curiosité,
pourquoi que ce n'est pas centralisé au ministère?
M. Bonnardel : Qu'est-ce que vous
voulez dire?
Mme Maccarone : Bien, dans la
réponse de M. Savard, il parlait d'avoir d'autres organisations qui vont
contribuer à cette cause, mais pourquoi que ce n'est pas centralisé au
ministère?
• (12 heures) •
M. Bonnardel : Bien,
ça répond un peu à votre... Vous voulez dire les organisations, là? Bien, c'est
parce que...
Mme Maccarone : Oui, bien, la
banque, là, tu sais.
M. Bonnardel : Oui, mais c'est ça. C'est
parce qu'on va travailler avec le chapeau... avec différents chapeaux, là.
Ça peut être l'Ambulance Saint-Jean, ça peut
être la Croix-Rouge, ça peut être la SOPFEU. Je reviens à votre question
de tantôt. Ce n'est pas nous qui devenons l'employeur, entre guillemets, là. Ce
sont ces organisations qui, comme le sous-ministre l'a mentionné... Exemple, la
Croix-Rouge pourrait avoir 400 noms pour être capable de nous donner
50 personnes qui viendraient supporter une catastrophe dans un temps
record de... dans un temps de réponse de 12 heures ou de 24 heures.
Ambulance Saint-Jean pourrait en avoir 200 pour être capable de nous en donner
20. La SOPFEU pourrait en avoir 500 pour être capable de nous en donner 50.
Alors, c'est tout... Si je suis la logique, là, que le sous-ministre vient de
vous exposer, c'est ces entités. Puis là, bien, il y a toute la question que
vous me posiez tantôt, les assurances, et tout. Donc, ces personnes sont sous
un chapeau, une organisation x.
Nous,
on les connaît parce qu'on les a répertoriés. On a discuté avec eux puis on a
convenu d'ententes x, y, z. Puis c'est comme ça qu'on va... qu'on va
définir... qu'on va définir la suite.
Mme
Maccarone : Est-ce que c'est prévu, d'abord, que nos policiers, SQ,
pompiers vont automatiquement être inscrits?
M.
Bonnardel : Non. Ça, c'est des... c'est des entités complètement
séparées. De toute façon, quand on fait appel
à eux, quand... quand le coordonnateur sécurité civile fait appel à eux, ils
sont déjà, de toute façon, partenaires, là, et ils le savent. S'il arrive une
situation, une évacuation, tout ça, OK, c'est eux-mêmes qui décident d'envoyer
des effectifs additionnels, comme en Abitibi l'année passée pendant les
feux. C'était une centaine. Répondre à Chibougamau immédiatement pour être capables d'évacuer, on envoie tant de policiers.
Donc, c'est... c'est ça. Ce sont des organisations indépendantes.
Mme
Maccarone : Et les autres organisations, comme St. John Ambulance puis
Croix-Rouge, etc., est-ce que ça aussi, ça va être un automatisme pour leurs
membres, entre guillemets?
M. Bonnardel :
Bien, comme je le mentionnais,
c'est eux qui vont définir une liste précise de noms qui peuvent
répondre.
Mme
Maccarone : Ça fait que les gens vont pouvoir dire oui ou non.
M. Bonnardel : C'est ça. C'est pour ça que... c'est pour ça que...
Quand le sous-ministre dit : Pour 100
personnes, ça nous prend 1 000 noms, c'est normal. Quand tu commences
à faire les coups de téléphone ou tu
envoies le courriel puis tu es 9-1-1 : Bonjour, on a besoin d'une
réponse immédiate ou vous devez vous rapporter dans 12 heures dans telle région pour tel événement, telle
catastrophe pour supporter la municipalité, vous serez sous la supervision de XY, c'est... là, tu en... ça t'en
prend peut-être, comme il disait, là, 10 pour dire : OK, oui, j'en ai
finalement un qui me dit oui, qui peut se rapporter immédiatement, là.
Mme
Maccarone : OK. Puis le 37 millions, c'est provisionné où? Où
est-ce que je peux trouver...
M.
Bonnardel : C'est dans l'annonce... dans le dernier budget, là, dans
le dernier budget, là.
Mme
Maccarone : Mais où, tu sais, dans...
M.
Bonnardel : On va vous le trouver. On va vous le trouver.
Mme
Maccarone : OK. Parfait. Pendant que vous faites la recherche, juste
quelques autres précisions juste pour comprendre, suite aux échanges que nous
avons eus dans le paragraphe 3°, parce que vous avez dit que tout le monde
serait rémunéré, mais on parle de «notamment pour le recrutement [des]
bénévoles».
M.
Bonnardel : Oui. Je vais vous donner un exemple.
M. Savard
(Jean) : On finance déjà des organisations bénévoles. Je vais vous en
donner, des exemples. Puis c'est ce qui permet aussi au ministre ici d'assurer
un certain soutien financier à l'association québécoise en recherche et
sauvetage, qui sont environ 400... 400 bénévoles qui pourraient, à terme,
pour... dans d'autres spécificités, joindre la réserve. Mais, présentement,
lorsqu'il y a des activités de recherche, des gens perdus en forêt ou...
c'est... les corps de police peuvent faire appel à l'AQBRS, des gens formés
dans les aspects de sécurité civile puis formés aussi sur des scènes où ils ne
viendraient pas contaminer une scène s'il y avait un crime ou si... Ils ont été
formés par la Sûreté du Québec à cet effet-là. Donc, ils peuvent venir en
soutien. Alors, nous, on finance le maintien de cette capacité bénévole
là, là, annuelle.
Autre entité qu'on
finance, que... bénévole ici, Avalanche Québec, qui agit dans les... en
Gaspésie, qui est comme... On maintient avec ça une certaine expertise dans le
domaine des avalanches au Québec, puis c'est eux qui vont vérifier le risque d'avalanche, qui font des rapports sur les... le
site d'Avalanche Québec pour dire quels sont les risques, là, associés
en période où il y a plus de risques d'avalanche, tout ça, là.
Ça, c'est le
genre d'organisations bénévoles qu'on peut soutenir aussi à cet effet-là. Il y
en aurait peut-être d'autres, mais là, présentement, c'est deux cas,
là, probants que je vois.
Mme Maccarone : Ça
fait qu'on risque d'avoir deux catégories : des regroupements, des
organisations, puis des personnes, dans le fond, des individus qui vont... qui
sont membres des organisations qui vont prêter main-forte lors d'un sinistre
pour aider. On va avoir une catégorie, des gens qui sont rémunérés, puis une
autre catégorie, des personnes qui ne seront pas rémunérées.
M. Bonnardel : Ça pourrait arriver.
Ça dépend de la catastrophe, ou de la situation, ou du sinistre. Ça pourrait arriver. Ça pourrait arriver. De toute
façon, à la Croix-Rouge... Oui, c'est ça, c'est déjà le cas pour eux. Il y a...
il y a des gens payés, il y a des gens pas payés, là.
Mme
Maccarone : Oui, bien... Ça fait que, là, je trouve l'exemple
de M. Savard intéressant et vous aussi, M. le ministre. Si jamais, exemple, moi, j'ai décidé
d'être bénévole la fin de semaine pour le service de recherche, sauvetage,
et quelque chose m'arrive pendant que j'aide
en cas de sinistre, je fais partie de cette réserve opérationnelle, je fais
partie de cette organisation, je suis bénévole, je prête main-forte,
puis quelque chose m'arrive, puis je suis blessée, ce n'est pas l'Assemblée
nationale qui va couvrir...
M. Bonnardel : C'est l'organisation,
c'est l'organisation.
Mme Maccarone : Ça fait que c'est
l'organisation qui va être responsable de toutes les mesures d'assurance.
M. Bonnardel : Même si vous êtes
bénévole.
Mme Maccarone : Même si je suis
bénévole, ça fait que... Est-ce que ça veut dire qu'il y aura aussi un... Parce
que je présume que leurs primes d'assurance vont augmenter, étant donné que le
niveau de risque, peut-être, est changé.
M.
Bonnardel : Ce sera un des sujets ou une discussion qu'on aura,
là, mais c'est certain que... Je ne sais pas.
Mme Maccarone : Juste que je voulais
juste m'assurer ou savoir si les orientations sont aussi de prévoir un budget
pour accompagner ces organisations qui ont quand même des bénévoles qui ne
seront pas rémunérés, étant donné que, peut-être, leur charge financière va
augmenter, que c'est prévu d'aider puis de faire un accompagnement à ce niveau.
M. Bonnardel : De toute façon, c'est
déjà le cas. Exemple, la Croix-Rouge, quand on les supporte dans les événements
extraordinaires, on leur donne des sommes, là. On leur donne des sommes, puis
eux, ils dépensent ces sommes avec... avec bon aloi, mais c'est eux qui
décident de ce qu'ils font avec eux, avec les effectifs qu'on a de besoin puis
les activités avec lesquelles ils sont... ils sont habitués de travailler et de
faire.
Mme Maccarone : OK. Et vous avez
trouvé l'endroit...
M. Bonnardel : C.67.
Mme Maccarone : C.67. OK.
M. Bonnardel : Il y a... il y a un
point, là, sur la réserve opérationnelle.
Mme Maccarone : Réserve
opérationnelle. OK. OK. Merci beaucoup, M. le Président.
Le Président (M. Schneeberger) : Ça
va comme ça? Pas d'autres questions? Alors, est-ce que l'article 31 est
adopté?
Des voix : Adopté.
Le Président (M. Schneeberger) : Adopté.
Article 32. M. le ministre.
M. Bonnardel : Alors,
l'article 32 se lit comme suit : «Dans l'exécution de ses fonctions,
le ministre peut conclure, conformément à la loi, une entente avec un gouvernement
au Canada ou à l'étranger, l'un de ses ministères ou organismes, une
organisation internationale ou un organisme de cette organisation.»
Commentaire.
Cette disposition confère au ministre le pouvoir de conclure des ententes
intergouvernementales ou internationales, ce qui était avant à
l'article... à l'article 74.
Je pense que c'est conforme mot à mot, mot à mot
à ce qui était déjà dans la loi.
Le Président (M. Schneeberger) : Est-ce
que nous avons des questions? Député de Laurier-Dorion.
M.
Fontecilla : Est-ce que vous avez déjà conclu des ententes avec
d'autres types de gouvernements ou organisations?
M.
Bonnardel : Bien, le ministre... le sous-ministre va vous... va vous
exposer certains...
M. Savard
(Jean) : Bien, je pourrais vous en... Il y en a une qui s'appelle le
Groupe international de gestion des urgences. C'est une entente qu'on a avec
les États de l'Est américain et des provinces limitrophes dans l'Est du Canada,
une entente de collaboration opérationnelle si jamais on avait besoin de
support ou si elles ont besoin de support,
qu'on puisse aider. Tout se fait... Tout est coordonné, les liens avec nos
centres d'opération 24/7, pour s'assurer que, s'il y a des besoins
particuliers lors de... en...
Dans cette entente,
on a deux rencontres par année où on vient... On a un plan d'action qu'on
suit ensemble sur l'amélioration de nos
relations, puis s'assurer qu'on partage les bonnes pratiques lorsque ces
entités-là, que ce soient des États américains ou des provinces, vivent
des situations d'urgence. Ils nous... ils nous le présentent, comment ils
ont... comment ils sont intervenus sur leurs territoires. Ça nous permet de
bonifier, nous aussi, notre connaissance du domaine
de la sécurité civile puis de garder des connaissances sur les capacités de nos
partenaires, sur lesquelles ils peuvent venir nous aider. Ça fait que c'en est
un, exemple d'une entente au niveau international et provincial aussi qu'on a.
• (12 h 10) •
M. Fontecilla :
Donc, très bien, on peut recevoir
de l'aide, on a établi des liens pour... surtout avec les juridictions
limitrophes, mais est-ce que nous, on envoie aussi de l'aide, là? Est-ce que la
réciprocité est présente au Québec en cette matière-là?
M. Savard
(Jean) : C'est déjà arrivé qu'on ait envoyé de l'aide. À mon souvenir,
dans le Maine, on avait développé un poste
d'intervention mobile pour venir assurer une coordination de communication.
Alors, c'est arrivé qu'on envoie du support. Nouveau-Brunswick aussi, on
a envoyé des gens pour aller agir dans un centre de coordination d'urgence
comme... différentes fonctions. Lorsqu'on arrive là-bas, bien, nos gens, ils
vont... ils vont se référer aux gens qui assurent le commandement, puis on
demande quelles tâches qu'on peut faire. Généralement, on envoie les gens, et on nous a identifié le profil en amont,
ça fait que, là, on envoie les gens qui pourront vraiment être une valeur
ajoutée. Il ne faut pas qu'on vienne avec
des gens qui ne pourront pas les aider à terme, là. Alors, oui, c'est déjà
arrivé.
M.
Fontecilla : Et, pour les coûts de ces opérations-là, ils sont assumés
par qui?
M. Savard
(Jean) : C'est le demandeur qui rembourse à la province par la suite.
M.
Fontecilla : Donc, lorsqu'ils viennent, c'est nous qui payons des
frais et, lorsqu'on va quelque part, c'est le gouvernement en place qui assure
les frais.
M. Savard
(Jean) : Oui.
M. Fontecilla :
On entend souvent... Lors des
épisodes de verglas, on entend souvent dire qu'il y a des équipes des
États-Unis qui viennent. Est-ce que ça fait partie de la même mécanique, là?
M.
Bonnardel : Ça, c'est Hydro-Québec. C'est Hydro-Québec, ça, qui...
M. Savard
(Jean) : C'est Hydro-Québec.
M.
Fontecilla : Ah! ça, ça fait quoi? Ce n'est pas une...
M.
Bonnardel : Les coûts, les coûts sont assumés par Hydro-Québec.
M.
Fontecilla : Oui, mais les coûts... Mais, je veux dire, c'est une
catastrophe. Est-ce que ça fait partie de cette architecture-là?
M.
Bonnardel : Non.
M. Savard
(Jean) : Non, non, c'est...
M.
Fontecilla : Ah non? Verglas et réseau électrique, c'est à part, là.
M.
Bonnardel :
Non, c'est... c'est Hydro-Québec, ça. Non. Si, lors d'un verglas, on doit
évacuer des gens où il y a un état d'urgence
locale qui est... qui est voté, là, nos équipes de coordination régionales se
mettent en place, et là, bien, tu as Hydro-Québec qui fait son travail,
puis nous, bien, on prend soin... on prend soin des gens.
M. Fontecilla :
Oui, oui. Donc, le réseau
électrique, c'est Hydro-Québec, et tout ce qui... tout ce qui vient à côté...
M.
Bonnardel : Tout ce qui touche au rétablissement, là, oui.
M. Fontecilla : Et ça rentre dans
cette... dans ce qu'on est en train d'étudier aujourd'hui, là. C'est dans les
mesures d'urgence, etc.
M.
Bonnardel : Oui, si catastrophe il y a versus le verglas, là.
Donc, s'il y a panne de courant, bien, personne... le retour... le retour de l'électricité est prévu
dans 12 heures, bien, il n'y a personne qui va être logiquement évacué,
mais, si c'est 36, 48, bien là, là, les résidents... en tout cas, vous le
savez, là, on met en place... on met en place un protocole, un processus
pour déménager ces gens, là, puis là, bien, la Croix-Rouge peut être partie
prenante, ou autre.
M.
Fontecilla : OK. L'aide internationale, on va l'appeler comme
ça, ou à l'extérieur du Québec, là, il y en a de deux sortes. La
première, pour réparer le réseau électrique, donc, ça, ça appartient à
Hydro-Québec avec des ententes qu'ils ont, je
suppose. Et, si besoin en est ou d'autres types de besoins, là, c'est, par
exemple, des évacuations massives, etc., on pourrait recevoir de l'aide
éventuellement.
M. Bonnardel : Ce n'est pas arrivé
souvent, à ma connaissance, non, sinon... sinon jamais, là. La SOPFEU, la SOPFEU a des ententes avec des partenaires
d'autres législations, d'autres partenaires provinciaux ou internationaux.
Donc, la SOPFEU, l'année passée, vous le
savez, on a reçu les... jusqu'à des Sud-Coréens qui sont venus de la Corée du
Sud, là, des Espagnols, des Français... Hein?
M. Fontecilla : Des avions.
M.
Bonnardel : Des combattants du feu, là. Non, non, c'est...
L'international a été un partenaire non négligeable l'année passée, non négligeable. Et nous, et
nous-mêmes, on va de l'autre côté aussi supporter... supporter la Californie
ou d'autres pays si la demande vient.
M. Fontecilla : Très bien.
Le Président (M. Schneeberger) : Ça
va? Députée de Westmount—Saint-Louis.
Mme
Maccarone : Par curiosité, comment ça fonctionne au niveau
budgétaire quand on a ces ententes, quand nous, on se déplace, puis quand il y
a autre province ou pays qui se déplace pour prêter main-forte pour nous aider?
M. Bonnardel : Il faut faire... il
faut faire la distinction, là, entre Hydro, qui s'occupe de ses choses, il faut
faire la distinction entre SOPFEU. Si...
Mme Maccarone : Oui. Non, je ne
parle pas d'Hydro. Je parle de...
M. Bonnardel : Bien là, il peut... Il
vous a donné l'exemple du Maine tantôt, du Nouveau-Brunswick, là.
M. Savard
(Jean) : ...il y a une mécanique, là. Je vais la
simplifier, mais on va créer un compte à fin déterminée avec le Trésor puis là on se met en lien avec nos
ressources financières, matérielles, compte... On se crée un compte à fin
déterminée. Il y a déjà des chartes d'identifiées sur qu'est-ce... quels sont
les coûts associés.
Mais, encore là, on n'a jamais reçu l'aide en
lien avec ces... avec ces ententes-là. On est quand même une structure qui est
assez efficace, sans dire que c'est parfait, mais on a quand même une structure
qui est quand même assez efficace, qui est
assez résiliente en sécurité civile. Donc, on a toujours été en mesure, là, de
composer avec les enjeux qu'il y avait sur le... Je parle dans le
domaine des... opérationnel, là. Alors...
Mais c'est comme ça. On créerait un compte à fin
déterminée. On complète les documents afférents qui sont en lien avec l'entente. Dans tous les processus
opérationnels, lorsqu'on a une entente comme ça, on le dit à la province
en question, puis eux, par la suite, après analyse, ils nous transfèrent, puis
ça s'en va dans le compte à fin déterminée. Si
ça a impliqué d'autres ministères, bien, considérant qu'il y a un compte à fin déterminée
où ce ministère-là est impliqué, bien,
lui, il pourra aller chercher les sommes que, lui, ça en a coûté. Ça fait que,
les ministères... les autres ministères... Il n'y a pas que la Sécurité publique qui va recevoir des sommes ou le
Trésor. Chaque entité ayant collaboré va avoir ses propres sommes.
Mme Maccarone : Et c'est la même
chose à l'échelle internationale.
M. Savard (Jean) : Oui, c'est...
Dans l'entente que je vous présente là, c'est la même chose.
Mme Maccarone : OK.Merci.
Merci.
Le Président (M. Schneeberger) : Ça
va?
Mme Maccarone : Oui.
Le
Président (M. Schneeberger) : Bon, ça va. Alors, nous allons mettre aux voix
l'article 32. Est-ce que l'article 32 est adopté?
Des voix : Adopté.
Le Président (M.
Schneeberger) : Adopté. Article 33. M. le ministre.
M. Bonnardel : Article 33 :
«Le ministre peut, en outre :
«1° effectuer ou faire effectuer des
recherches portant sur toute matière en lien avec la sécurité civile;
«2° documenter l'état de la situation de la
sécurité civile aux niveaux local et régional de même qu'au niveau
gouvernemental, exiger que toute personne qui dispose de renseignements à cet
égard les lui communique et rendre publique en tout ou en partie cette
information;
«3° organiser des activités de formation en
matière de sécurité civile destinées au personnel des autorités municipales et
gouvernementales ou participer à leur organisation;
«4° instaurer
un mécanisme d'agrément des activités de formation en matière de sécurité
civile offertes par des organismes ou
par des entreprises et, s'il s'agit d'activités de perfectionnement, par des
établissements d'enseignement;
«5° susciter, encourager ou reconnaître des
initiatives et des projets en matière de sécurité civile, notamment en décernant des prix visant à souligner des
actions accomplies par des personnes, des entreprises, des autorités municipales
ou gouvernementales ou d'autres organismes; et
«6° désigner des organisations chargées de
mettre en place des mesures visant à renforcer et à accroître les capacités opérationnelles des autorités
municipales ou gouvernementales pour répondre à un sinistre ou à son imminence
et prévoir les modalités de déploiement de ces mesures.»
Commentaire.
Cet article précise certains pouvoirs que le ministre peut exercer en matière
de sécurité civile, dont celui de désigner des organisations qui seront
chargées de mettre en place des mesures pour renforcer et accroître les
capacités des autorités municipales ou gouvernementales en cas de sinistre.
Le Président (M. Schneeberger) : Merci
beaucoup. Alors, étant donné qu'il y a six paragraphes, peut-être juste
nommer le paragraphe auquel vous faites référence au niveau de s'il y a des
questions ou commentaires. Alors, est-ce qu'il y a des commentaires, questions?
Oui, députée de Westmount—Saint-Louis.
Mme Maccarone : Oui. Merci, M. le
Président. Alors, dans le paragraphe 2°, quand on parle de documenter l'état de la situation, je comprends que par la suite...
dispose des renseignements qui vont être peut-être rendus publics, mais, la documentation de l'état de la situation,
cette information, est-ce que ça va être enregistré quelque part? Est-ce
qu'on va produire un rapport, un rapport qui va faire partie du rapport annuel
et après, à la suite, rendu public?
M. Bonnardel : ...mais, en réalité,
on veut documenter l'état de situation de la sécurité civile aux niveaux local et régional, et exiger que toute personne
qui dispose de renseignements à cet égard les lui communique, et rendre publique en tout ou en partie cette information.
Donc, on rend publiques ou non certaines informations qui va nous être...
qui va nous être donnée, puis ça va être documenté au ministère... au
ministère, là.
Mme Maccarone : Au ministère ici,
puis pas les municipalités, comme dans les articles précédents.
M. Bonnardel : Bien, «documenter
l'état de la situation aux niveaux local et régional». Donc, c'est avec eux
qu'on va travailler. Donc là, leurs informations, ils les ont déjà. On
travaille en partenariat avec eux. Si vous voulez une explication du
sous-ministre, là, ça peut peut-être être mieux que...
Mme Maccarone : Allez-y.
M. Savard (Jean) : En fait,
l'article de loi ici mentionne que le ministre peut documenter l'état de
situation de la sécurité civile aux niveaux local, régional, gouvernemental.
Et, admettons que M. le ministre demande un état des lieux en sécurité civile en 2026, la loi est mise en oeuvre
depuis deux ans, comment ça se passe, on est rendus où, et
j'aimerais ça le partager avec la population, avec... on est rendus où dans la
mise en oeuvre de ce projet de loi là, bien,
il a tous les pouvoirs, tu sais, pour aller chercher l'information, puis après
ça, bien, bien sûr, la rendre publique, là, sous... sous un document qui pourrait être, bien, exemple, un état des
lieux de la sécurité civile au Québec. Ça lui donne... Le ministre peut,
avec cet article-là, aller chercher l'information, là, afférente à ça.
• (12 h 20) •
Mme Maccarone : Ça
me ramène aux discussions que nous avons eues hier en ce qui concerne les
informations qu'on souhaite être colligées. Je comprends que les gens vont
pouvoir faire une demande à l'accès à l'information auprès des
municipalités, mais je ramène quand même le souhait que ce serait colligé par
le gouvernement, par le ministère pour aider les gens qui travaillent à la
recherche, pour mettre en place des mesures de prévention, protection des
renseignements pour la population. C'était quelque chose qui était souhaité par
des chercheurs. Ça a été soulevé à maintes
reprises dans les mémoires que nous avons reçus puis par les experts. Alors,
j'espère que cette information... J'espère qu'ici... Parce que le
ministre a le pouvoir de l'exiger et de le faire. Je lance la demande à
l'univers. Je pense que ce serait la chose à
faire en ce qui concerne la protection face à des changements climatiques qui
sont imprévisibles pour être en mesure d'avoir un portrait de qu'est-ce
qui se passe au Québec. Alors, voilà.
J'aurais des questions... On retourne, encore
une fois, avec les organisations chargées, alors, les réserves, ça fait que le paragraphe 6°. J'aurais des
questions en ce qui concerne la ventilation du budget. Ça fait que merci à
l'équipe du ministre de nous avoir aidés à retracer la page. On l'a
trouvée ici. Puis je vois... Dans le montant que le ministre avait établi, ça
fait partie de... quand même, de 61,3 millions de dollars sur les
cinq ans. Je suis toujours... Juste pour faire référence, on est toujours sur la page... le
C.67, puis je vois, dans... si... Pour les gens qui nous suivent, on a quand
même les quatre mesures. Ça fait que je voulais savoir comment c'est... la
ventilation de... la séparation de ce budget. Parce que, si on a le
37 millions qui est identifié pour le point 2 qui est de mettre en
place une équipe d'intervention constituée
d'une réserve opérationnelle des intervenants, formés et disponibles rapidement
et en tout temps, il y a quand même les trois autres mesures. Ça
fait que les autres sont... Je...
Pour les collègues, la première, c'est
accompagner les municipalités pour la mise à niveau des pratiques en gestion des risques et sinistres, et la mise sur
pied d'une nouvelle équipe consacrée au soutien, à la coordination. Alors,
combien il sera mis en place pour eux? Troisième, c'est d'appuyer l'École
nationale des pompiers du Québec afin qu'elle bonifie son offre de formations
spécialisées pour les pompiers volontaires ou à temps partiel, et reconduira
l'aide financière accordée aux municipalités. Et la quatrième, c'est de
renforcer les effectifs et les équipements des plongeurs au sein de la Sûreté
du Québec pour agir de manière optimale. La raison... En tout cas, je souhaite
savoir la ventilation de ceci, étant donné qu'on a le 37 millions pour le
point 2. Ça fait que comment ce serait...
M.
Bonnardel : Je vais tout vous donner ça aux crédits. On va
sortir tout ça, puis je vais vous donner ça aux crédits la semaine prochaine, parce que, là, on est...
parce que, là, le sujet... On est hors sujet quand même avec l'École nationale des
pompiers, puis je n'ai pas les informations sur, aussi, les effectifs
plongeurs, Sûreté du Québec, là.
Mme Maccarone : OK. Bien, je soulève
quand même la préoccupation en termes de le montant, parce que, dans le 61 millions... Puis, si on va
juste... juste un petit peu plus haut pour voir comment c'est établi ou réparti
à travers les cinq ans, ça reste qu'il y a très peu d'argent pour
les trois autres mesures à l'intérieur de cette enveloppe. En tout cas,
voilà.
M. Bonnardel : Je vais tout vous
donner ça.
Mme Maccarone : OK. Merci.
Le
Président (M. Schneeberger) : Ça va? Est-ce qu'il y a d'autres questions? Non?
Oui, député de Laurier-Dorion.
M. Fontecilla : Je voudrais me
référer à l'alinéa 4°, «instaurer un mécanisme d'agrément des activités de
formation en matière de sécurité civile offertes par des organismes ou par des
entreprises et, s'il s'agit d'activités de perfectionnement, par des
établissements d'enseignement». Est-ce que ça existe déjà?
M. Bonnardel : ...déjà
80 formations qui sont... qui sont disponibles pour les gens.
M. Fontecilla : Donc, lorsque
vous... Les activités de formation sont là, mais est-ce qu'il y a le mécanisme
d'agrément?
M. Bonnardel : Oui.
M.
Fontecilla : OK. Qu'est-ce que vous entendez par mécanisme
d'agrément? Est-ce comme quoi ces formations-là sont conformes aux
orientations ou aux cibles? Ça, c'est... Je vous pose la question.
Le Président (M. Schneeberger) : M.
le sous-ministre.
M. Savard
(Jean) : En fait, on a un mécanisme, justement, pour
agrémenter, là, que c'est des... Il y a un comité qui est mis en place
avec des gens du milieu de la sécurité civile, des membres de l'Organisation de
sécurité civile du Québec, qui se réunit, et les demandeurs d'agrément, là,
présentent leurs contenus de formation. Nous, on s'assure que c'est conforme à toutes les... certaines
grilles d'éléments de doctrine qu'on a en sécurité civile, la structure de
sécurité civile, comment fonctionne la sécurité civile au Québec, là,
différents éléments qu'on a parlés au cours du projet de loi. Par la suite, une recommandation d'agrément qui
est faite au ministre, puis c'est lui qui donne l'agrément à ces formations-là.
Sur
Québec.ca, vous avez la liste des compagnies qui offrent, par la suite...
compagnies et entités. La Croix-Rouge en donne aussi, de ce type de
formation là, qui peut aller à la coordination d'un centre d'hébergement, d'un
centre de services aux sinistrés, rôle du coordonnateur en sécurité civile.
Alors, c'est la façon dont ça fonctionne, là,
puis c'est bien instauré dans le milieu des entreprises, là, qui...
M.
Fontecilla : Est-ce qu'il y a aussi des établissements
d'enseignement qui sont agréés pour donner des formations?
Des voix : ...
M. Savard
(Jean) : Oui, c'est ça, sur... On va... on va approuver
certains contenus d'établissements d'enseignement qui donnent ces types
de formations.
M.
Fontecilla : OK. Mais c'est... Je comprends... Est-ce que je
dois comprendre que c'est surtout des entreprises qui donnent ces
formations-là?
M.
Savard (Jean) : Il y a des entreprises. Il y a des entités comme
la Croix-Rouge, des ONG. Il y a un peu de tout.
M.
Fontecilla : OK. Parfait. Quels sont les... Je suppose que vous
avez, parce que c'était dans la loi en vigueur jusqu'à... jusqu'à
maintenant, les prix que vous décernez. Est-ce que vous en... il y en a, des
prix, en sécurité civile?
M. Savard (Jean) : Vous parlez à
l'alinéa 5°, là?
M. Fontecilla : Voilà, c'est ça.
M. Savard
(Jean) : OK. Oui, oui. On a le Mérite québécois de la
sécurité civile qui est donné lors du Colloque de la sécurité civile.
Présentement, c'est les mises en candidature, et on... À chaque année, il y a
des mérites québécois, là, qui...
M. Fontecilla : OK. Un prix qui est
donné à...
M. Savard (Jean) : Oui, bien, il y a
quelques prix, mais c'est des Mérites québécois de la sécurité civile.
M.
Fontecilla : Très bien. J'aimerais savoir, en lien toujours
avec... avec l'article 31 surtout... Il est stipulé que le ministre peut
effectuer ou faire effectuer des recherches portant sur toute matière en lien
avec la sécurité civile. J'aimerais savoir si, en ce moment, le
ministère finance des recherches en cette matière-là.
M. Savard (Jean) : En fait, comme M.
le ministre a présenté tout à l'heure, dans le cadre... dans le cadre du cadre
de prévention des principaux risques naturels, on va financer, exemple, avec...
Je vais vous donner un exemple, l'Université du Québec à Rimouski. Ils vont
faire des recherches pour le gouvernement en lien avec la submersion, submersion marine, quelles sont les meilleures
pratiques à mettre en place pour atténuer les effets de submersion, pour
préserver, là, les communautés, les municipalités côtières. Alors, c'est le
genre de recherche qu'on va financer, là, qui est... qu'on a
présentement.
M. Fontecilla : Et, dans le domaine
forestier, est-ce que vous financez des recherches ou ça appartient au
ministère des Ressources naturelles, de la Faune et des Forêts?
M. Bonnardel : Oui, Ressources
naturelles, c'est ça.
M. Fontecilla : OK. Donc... Mais des
recherches en lien avec les feux de forêt, la sécurité civile, parce qu'on peut
faire toutes sortes de recherches, là.
M. Savard (Jean) : Présentement, on
va financer davantage... Encore dans le cadre des principaux risques naturels,
on va financer la mise en place de ceintures coupe-feu autour de différentes
municipalités, que... C'était déjà... c'était déjà initié avant la saison
exceptionnelle qu'on a eue l'année passée, mais c'est sûr que la saison de
l'année passée a créé un intérêt davantage. Alors, on a... On finance la mise
en place de ceintures coupe-feu, de la formation,
de la sensibilisation des intervenants aussi à l'aide du cadre de prévention.
Tout ce qui est une action de prévention pour atténuer la conséquence et
prévenir l'occurrence de ces sinistres-là, on va le... ça peut être financé par
le cadre de prévention.
M. Fontecilla : La préparation
du plan, la cartographie des zones inondables, est-ce que c'est sous la
responsabilité de... c'est quel ministère qui s'en... qui s'en occupe?
Une voix : ...
M. Fontecilla : Pardon?
M. Bonnardel : Environnement.
M. Fontecilla : C'est
l'Environnement. OK. Vous, vous avez... vous n'avez pas de...
M. Bonnardel : Non.
M. Fontecilla : ...de rapport
avec ça, là. C'est très bien.
Le Président (M. Schneeberger) : Ça
va? Députée de Westmount—Saint-Louis.
Mme Maccarone : ...dernière
question par curiosité, parce que je vois que ça faisait partie de la loi
actuelle, puis on le reconduit, encore une
fois, pour les... «décernant des prix», etc. Pourquoi on a besoin d'avoir ça
dans la loi, on a besoin d'écrire dans
une loi qu'on a l'intention de décerner des prix? Parce que c'est déjà écrit
«susciter, encourager [et] reconnaître des
initiatives». Il me semble, c'est assez clair. Je me base sur... Il y avait
autres moments où je voulais ajouter des choses, puis on s'est dit que ce
n'était pas nécessaire parce que c'était assez clair, mais ici, pendant qu'on est en train de reconduire un peu
puis harmoniser, avoir des synergies, un langage plus clair, pour vrai, est-ce
qu'on a... est-ce qu'on a besoin d'avoir ça dans une loi aujourd'hui?
M. Bonnardel : ...c'était déjà
dans l'article, là, dans l'article et...
Mme Maccarone : Je sais. C'est
pour ça que j'ai dit : Je pose la question.
M. Bonnardel : Oui,
on vise à souligner les actions, là, qui sont... qui sont faites par des personnes,
des entreprises, des autorités municipales ou d'autres organismes, là.
C'est... La question est bonne, mais on l'indique.
Mme Maccarone : J'ai déjà vu,
on reconduit des fax dans autres lois, ça fait que je...
M. Bonnardel : Non, on n'est
pas là, là. On n'est pas là.
• (12 h 30) •
Mme Maccarone : C'est
juste... En tout cas, je n'ai pas d'amendement à proposer. C'est juste que je
questionne pourquoi on reconduit ça dans une loi étant donné que le
ministre peut, en outre, désigner... excusez-moi, susciter, encourager et reconnaître des initiatives
et des projets en matière de sécurité civile. Tu sais, je ne sais pas pourquoi on soulève des prix, des choses comme ça. En tout
cas, une question de même. Peut-être, c'est juste... ça... (panne de son) ...l'esprit
de la créativité en rédaction de changement. Je ne sais pas. Bien, merci.
Le Président (M. Schneeberger) : Est-ce
qu'il y a d'autres questions? Est-ce que l'article 33 est adopté?
Des voix : Adopté.
Le Président (M. Schneeberger) : Adopté.
Article 34.
M. Bonnardel : Donc, j'ai un
amendement, là, concordance avec ce qu'on a déjà adopté, là. Je vais...
Le Président (M. Schneeberger) : Oui.
Est-ce qu'ils sont soumis au Greffier?
M. Bonnardel : Je vais finir de
lire l'article. Puis le Greffier l'a, oui.
Le Président (M. Schneeberger) : Oui.
Parfait.
M. Bonnardel : L'article 34
se lit comme suit : «Le ministre ou toute personne qu'il désigne comme
inspecteur peut, pour s'assurer du respect des dispositions de la présente
loi ou pour vérifier l'efficacité des mesures prévues par un plan adopté en
vertu de la présente loi :
«1° exiger de toute autorité municipale
qu'elle lui communique dans le délai qu'il indique, pour examen ou reproduction,
tout document et tout renseignement;
«2° pénétrer, à toute heure raisonnable,
dans tout bureau d'une autorité municipale ou dans tout lieu où s'appliquent des normes réglementaires prises en
vertu du paragraphe 1° de l'article 82, en faire l'inspection et y
examiner et tirer copie de tout document ou y prendre des photographies;
«3° obliger toute personne se trouvant sur
les lieux à lui prêter une aide raisonnable.
«Un inspecteur doit, sur demande, s'identifier
et exhiber le document attestant sa qualité.»
Commentaire.
Cet article accorde au ministre ou à toute personne qu'il désigne les pouvoirs
requis en matière d'inspection pour s'assurer du respect des
dispositions de la loi et pour vérifier l'efficacité des mesures prévues dans
un plan de sécurité civile ou dans un plan régional de résilience aux
sinistres.
L'amendement se lit comme suit...
Le Président (M. Schneeberger) : Il
apparaît à l'écran, ça fait que vous pouvez... vous pouvez y aller.
M. Bonnardel : Oui. Modifier
l'article 34 de la Loi sur la sécurité civile visant à favoriser la
résilience aux sinistres, proposé par l'article 1 du projet de loi :
1° par le remplacement, dans le premier
alinéa, de «adopté» par «réalisé»; et
2° par l'insertion, dans le premier alinéa
et après «photographies», de «ou des enregistrements».
Donc, ce sont les deux points de
concordance.
Le Président (M. Schneeberger) : Parfait.
Est-ce qu'il y a des questions sur l'amendement lui-même? Non? Député de... je
voulais dire Westmount... Laurier-Dorion, pardon.
M. Fontecilla : Donc,
«réalisé» versus... Merci, M. le Président. «Réalisé» versus «adopté». Attendez
une minute. «Des mesures prévues par un plan adopté». Pourquoi le
changement d'«adopté» à «réalisé», là? C'est quoi, le...
M. Bonnardel :
Ça, on en a discuté à l'article 7, du même... du même point, là.
M. Fontecilla :
Rappelez-nous, s'il vous plaît, la discussion.
M. Bonnardel : C'est un amendement qui
nous est demandé par le... ma... par le ministère des Affaires municipales, là.
C'est moins coercitif. C'est tout.
M. Fontecilla : Donc, «réalisé», c'est
moins coercitif. Donc, ça peut être une mesure, une disposition qui n'est
pas adoptée mais qui est... qui est... on s'attend à ce qu'elle soit réalisée.
M. Bonnardel :
C'est... Comme on l'a mentionné à
l'article 7 quand on a fait l'amendement... l'amendement, donc, c'est une recommandation,
un libellé, un mot qui devait être remplacé, selon le ministère des Affaires
municipales, là, pour que ce soit moins coercitif.
Le Président (M.
Schneeberger) : Bon, alors, est-ce que l'amendement de
l'article 34 est adopté?
Des voix : Adopté.
Le Président (M. Schneeberger) : Adopté.
Est-ce que, maintenant, il y a des questions sur l'article 34 tel
qu'adopté... tel qu'amendé, pardon? Mme la députée de Westmount—Saint-Louis.
Mme Maccarone :
Merci. Est-ce que le ministre
peut expliquer la différence, dans cet article 34, avec l'article 23,
l'inspecteur ici versus l'inspecteur...
M.
Bonnardel : ...c'est nous, c'est le ministre, là, ce n'est pas les
autorités... les autorités municipales, là.
Mme
Maccarone : C'est vos inspecteurs.
M.
Bonnardel : C'est ça.
Mme
Maccarone : C'est parce que, quand on a fait le débat à
l'article 23, vous aviez dit que ça va être important de leur donner tout ce pouvoir. C'est le principe de subsidiarité.
Ça fait que c'est quoi, le rôle qui sera différent dans cet inspecteur
qui aura quand même un accès dans les municipalités, dans ces lieux, qui pourra
pénétrer à une... raisonnable? Quelle est la différence entre cet inspecteur
puis l'autre?
M.
Bonnardel : On ne va pas... Là, on ne va pas... Comme l'indique... On
ne va pas dans des... dans des entreprises privées où il y a des générateurs de
risques, là. C'est dans les autorités municipales, là.
Mme
Maccarone : Ça fait que... Exemple, comment cet inspecteur va agir?
M. Bonnardel : Bien, M. le sous-ministre pourrait être la personne
désignée. Il va rentrer dans la municipalité X pour aller faire des
vérifications si... Il pourrait... Je nomme le sous-ministre, là, ce ne sera pas
lui, là, mais ça peut être n'importe qui,
là, au ministère pour vérifier si on... si des plans, ou des documents, ou
des... un examen a besoin d'être fait, là, concernant... concernant tout
ce qui est l'aspect sécurité civile.
Mme Maccarone :
Ça fait que ça veut dire... Ça se
peut que le sous-ministre, M. Savard — j'espère que ça ne va jamais avoir lieu, pauvre
vous — vous
allez devoir vous déplacer pour aller au conseil de la ville, l'hôtel de ville.
M.
Bonnardel : ...pour votre... ce n'est jamais arrivé.
Mme
Maccarone : Ce n'est jamais arrivé. Ce serait une question que je n'ai
pas posée. Ça fait que ça veut dire... Mais,
dans la mesure où il faut mettre à l'oeuvre cet article, ça veut dire que
M. Savard va se déplacer, puis il va se déplacer à l'hôtel de
ville.
M.
Bonnardel : C'est ça.
Mme
Maccarone : Puis il aura accès à tous les documents, tous les
ordinateurs.
M.
Bonnardel : Qu'il souhaite, exactement.
Mme
Maccarone : C'est un pouvoir que les policiers n'ont pas.
M.
Bonnardel : Bien, c'est à votre question de... votre question
des autorités municipales. Les autorités municipales vont désigner le directeur général adjoint pour
aller... aller faire des vérifications chez un générateur de risques. C'est ce que
les policiers n'ont pas.
Mme Maccarone : C'est
ça, c'est un grand pouvoir de... un grand pouvoir d'enquête.
M. Bonnardel : C'est ça.
Mme Maccarone : En tout cas, je le
soulève parce que je... Ce n'est pas une question d'être contre, mais je le soulève parce qu'évidemment c'est une grande
responsabilité qu'on accorde à M. Savard d'aller... d'aller veiller... pas
pour vous pointer, mais c'est parce que vous êtes notre exemple pour ceci,
parce que M. Savard... Est-ce que ça veut dire
que M. Savard... Pas besoin d'utiliser M. Savard tout le temps, mais,
la personne nommée, est-ce que ça veut dire que cette personne pourra obliger une ville à aller inspecter une
entreprise lorsque lui, il ne peut pas? Est-ce que c'est ce genre de
pouvoir?
M.
Bonnardel : Ce n'est pas ça que ça dit, là. C'est vraiment
dans un contexte de sécurité civile, là. C'est le plan que la ville met
en place. Ce n'est pas une vérification parce qu'on a su qu'une entreprise
XY... Cela appartient aux municipalités, là.
Mme Maccarone : Ça fait que ce n'est
pas exécutoire, dans le fond. C'est à part de... On peut exiger aux municipalités de fournir tout document. On peut
avoir accès à leurs lieux, les instances publiques, dans le fond. Puis là on parle
de municipal, mais on ne parle pas nécessairement de scolaire, on ne parle
pas...
M. Bonnardel : Ça n'a rien à voir.
Mme Maccarone : Bien,
si on a besoin d'avoir accès à leurs lieux parce qu'on a besoin de... je ne
sais pas, c'est une autre instance publique ou santé...
M. Bonnardel : ...municipale, là,
c'est des autorités municipales.
Mme Maccarone : Mais est-ce qu'on a
prévu aussi pour les autres instances publiques... Parce qu'on parlait de
pandémie quand on parlait des définitions, mais pandémie...
M. Bonnardel : Non, mais là vous
allez trop large, là. Là, nous, on se concentre sur ce qui est sécurité civile avec nos partenaires municipaux. Là, on ne va pas
aller... on ne va pas aller... je ne sais pas, là, on ne va pas aller dans
les écoles, on ne va pas aller les garderies, on ne va pas aller... On parle de
sécurité civile.
Mme Maccarone : Oui, mais on a quand
même évoqué la notion de pandémie au début dans nos définitions, puis, mettons,
ce n'est pas nécessairement la municipalité qui va mettre à l'oeuvre un plan,
ça va être santé publique, ça va être nos
CIUSSS, puis, si on a besoin d'avoir... Je ne sais pas, parce que je ne peux
même pas imaginer pourquoi qu'on a besoin de pénétrer.
M.
Bonnardel : Bien, ça, le ministère de la Santé a ses propres
pouvoirs à lui, là. Le ministère de la Santé a ses propres pouvoirs à
lui, là.
Mme Maccarone : Est-ce que je peux
avoir un exemple de quand il faut mettre cet article à l'oeuvre?
M. Bonnardel : Le sous-ministre va
vous donner un exemple.
M. Savard (Jean) : Je vais vous
donner un exemple, là. On a un article présentement, à l'article 194, qui dicte un règlement où les municipalités ont un
plan de secours minimaux, plan de mesures d'urgence qu'ils adoptent par
résolution, et, lorsque... Dans ce plan-là, on dit que le centre d'hébergement,
centre de coordination doit avoir une mesure alternative, exemple, génératrice,
mais ce n'est pas obligé que ce soit une génératrice, une mesure alternative
pour... en cas de panne de courant pour... Ils peuvent avoir une entente avec
un fournisseur de génératrices, tout ça.
Admettons que, dans le cas d'un sinistre dans
une région donnée, on se rend compte que la majorité des municipalités avaient
un plan adopté, tout ça, mais force est de constater, lorsqu'on s'est déployés
sur le terrain, lorsqu'on est intervenus, que la majorité, finalement, n'avait
pas une source de courant alternative pour... Alors, le ministre pourrait dire : Bien, écoutez, on va aller plus loin un
peu dans la démarche. On va aller voir si, effectivement, ce qui était dans le plan adopté est conforme dans
la réalité pour s'assurer que les gens qui ont confiance en leur entité municipale... comme quoi ça, c'était vraiment
branché, je vais dire ça comme ça, ce l'est dans les faits. Et, lorsqu'il y a
une panne, est-ce que c'est... est-ce que c'est fonctionnel pour que ces
gens-là demeurent au chaud?
Alors, c'est le genre de cas où on pourrait...
bien, peut-être pas moi, mais quelqu'un, en l'occurrence, là, pourrait y aller.
Mme Maccarone : Aller à l'hôtel de
ville pour avoir accès aux documents.
• (12 h 40) •
M. Savard
(Jean) : Oui, aller à l'hôtel de ville, ou dans tout bureau
d'une autorité municipale, ou dans tout lieu qui applique des normes
réglementaires prises. Vous savez, des... La présente loi dit qu'à
l'article 194, supposons, présentement, ils doivent avoir un règlement. Maintenant, quand on dit
qu'on est conformes puis qu'on a un plan, là, le ministre pourrait dire :
On va aller vérifier, là. C'est le genre de... C'est un exemple.
Mme
Maccarone : OK. Merci. Puis je vois qu'on reconduit puis on est en
train de reformuler l'article 76 qui est
déjà existant. Ça fait qu'étant donné que c'était déjà en place est-ce que ça
veut dire que nous avons déjà des inspecteurs qui sont identifiés?
M. Savard (Jean) : Non, non, on n'a pas de
gens, là. On n'a pas des gens prévus en ce moment si... pour y aller
puisqu'on n'a jamais mis en oeuvre... bien, on n'a jamais eu besoin d'y aller,
là.
Le Président (M.
Schneeberger) : Ça va?
Mme
Maccarone : Oui.
Le Président (M.
Schneeberger) : Député de Laurier-Dorion.
M.
Fontecilla : Donc, cet article-là habilite le ministre, lui donne le
pouvoir de vérifier si la municipalité fait son travail en matière de sécurité
civile, en quelque sorte, mais il y a une question qui me... qui surgit de tout
cela. Selon le principe de la... comment,
l'imputabilité ultime, si l'on peut dire, là, je me pose la question, là, si,
par exemple, il arrive aux oreilles du ministre l'information comme quoi
il y a une situation potentiellement dangereuse, et la municipalité, pour x raison, ne s'en occupe pas : Est-ce que le
ministre a la capacité d'aller faire des inspections lui-même, par exemple, ou
il peut forcer la municipalité... C'est quoi, le pouvoir du ministre, là, au
cas où il y a une entité défaillante, par exemple, la municipalité? Ça
n'arrive pas, heureusement, mais c'est dans l'absolu.
M. Bonnardel :
Non, mais il n'y a pas un
ministre de la Sécurité publique qui arrive à l'hôtel de ville, qui dit : Je
m'en viens... je m'en viens vérifier tel ou tel document, là.
M.
Fontecilla : J'ai hâte de voir ça.
M.
Bonnardel : Je n'ai jamais vu ça, là. C'est... L'article, ce qu'il dit
aujourd'hui puis ce qu'il disait avant, c'est
qu'on peut permettre à une personne désignée, donc, par le ministre d'aller
faire, comme le sous-ministre l'a mentionné, une vérification comme
telle.
M.
Fontecilla : Tout à fait, dans le cas... dans ce cas-ci, là, mais je
pose une question hypothétique. J'espère que
ça n'arrivera pas. Est-ce que le ministre a une... la capacité légale de
faire... de faire des vérifications qui, normalement, auraient dû être
faites par... auraient dû être faites par la municipalité?
M.
Bonnardel : ...à
35, ce que ça dit un peu plus loin, c'est que, si je constate des déficiences,
je peux émettre... je peux émettre une ordonnance x.
M.
Fontecilla : OK. Vous avez cette capacité-là.
M.
Bonnardel : C'est ça.
M.
Fontecilla : Très bien.
Le Président (M.
Schneeberger) : Députée de Westmount—Saint-Louis.
Mme
Maccarone : Juste par curiosité, parce que, je me souviens, à la fin
de la journée hier, on disait que, les schémas de sécurité civile, on n'a
jamais mis ça à l'oeuvre puis là on est en train de reconduire des articles
qu'on n'a jamais mis à l'oeuvre, pourquoi la nécessité de ça si on ne l'a
jamais utilisé dans le passé? J'ai... Honnêtement, on jasait et on disait qu'on a l'impression qu'il y a plusieurs articles
qu'on reconduit qu'on n'a jamais mis à l'oeuvre, qu'on n'a jamais
utilisés.
M.
Bonnardel : ...les utiliser, mais ils sont disponibles.
Mme
Maccarone : Tout à fait. Mais, si on ne l'a jamais mis à l'oeuvre,
c'est quoi, la réalité si on n'avait pas cet article?
M.
Bonnardel : Bien, la réalité, c'est qu'il suffit d'une fois, il suffit
d'une fois, d'une catastrophe où je n'ai pas
les outils, le sous-ministre n'a pas les outils pour aller faire des
vérifications. Il suffit d'une fois, puis moi, j'espère que, dans
10 ans, on ne l'aura jamais utilisé.
Mme
Maccarone : Mais il n'y a pas une autre loi au-dessus de cette
loi, comme par exemple quand on a vécu la
pandémie, puis il y avait des arrêtés, il y avait des décrets, il y avait des
mesures d'urgence qui étaient mises en place? On
n'a pas autre moyen à notre disposition, quand on est au gouvernement, pour
avoir ce type de pouvoir si ce n'est pas
dans une loi? Juste parce que j'ai... Je comprends... je comprends l'intention.
C'est juste que j'ai un peu l'impression qu'on est en train de
poursuivre dans une loi avec toutes sortes d'articles qu'on n'a jamais mis à
l'oeuvre, puis, dans un autre 20 ans, on va avoir d'autres députés autour
de la table, puis ils vont dire : Comment ça se fait que...
M.
Bonnardel : Oui, mais c'est... Moi, je considère que c'est de bonne
guerre d'avoir des articles qu'on renouvelle,
qu'on améliore dans le libellé, mais qu'on n'a pas besoin d'utiliser. Il suffit
d'une fois. Il suffit d'une fois. Puis chaque ministère a son... a son
autorité, a sa capacité à répondre à des situations x, y, z, et, là-dessus,
bien, la nôtre... la nôtre est spécifique. Puis, vous avez raison, on ne l'a
jamais utilisée, puis j'espère qu'on ne l'utilisera jamais, parce que, de toute façon, nos partenaires sont
importants puis nos partenaires, ils n'ont pas...On le fait en
accompagnement, puis personne...
personne ne joue à la cachette, là. Tu sais, on est là pour sauver des vies
puis s'assurer de répondre aux sinistres puis aux catastrophes
naturelles, puis d'être... d'être préparés en amont, là.
Mme Maccarone :
Puis, si on n'avait pas ces
articles en place, on n'a pas autre loi qui existe, qui nous donne ce
pouvoir exceptionnel d'agir. Ça n'existe pas ailleurs.
M.
Bonnardel : Non.
Mme
Maccarone : OK. Merci.
Le Président (M.
Schneeberger) : Alors, s'il n'y a pas d'autre question, est-ce que
l'article 34 est adopté?
Des voix : Adopté.
Le Président (M.
Schneeberger) : Adopté. Article 35.
M.
Bonnardel : L'article 35 se lit comme suit : «En cas de
non-respect des dispositions de la présente loi par une autorité municipale ou
de déficience dans les mesures prévues par un plan adopté en vertu de la
présente loi, le ministre peut, après avoir évalué globalement la situation et
lui avoir donné l'occasion de présenter ses observations, lui recommander des
mesures correctrices ou, s'il est d'avis que la sécurité publique l'exige, lui
ordonner de prendre les mesures qu'il juge nécessaires pour assurer la
protection des personnes ou des biens contre les sinistres.»
Commentaire.
Cette disposition permet au ministre, en cas de défaut d'une autorité
municipale, de lui faire des recommandations ou, lorsque la situation
est grave, de lui ordonner de prendre les mesures nécessaires pour assurer la
protection des personnes ou des biens contre les sinistres.
Donc, c'est... c'est
la réponse un peu que je vous ai donnée, M. le député de Laurier-Dorion, là,
tantôt, là.
Le Président (M.
Schneeberger) : OK. Questions?
Mme
Maccarone : Ça, c'est un autre article qu'on n'a jamais utilisé, on
n'a jamais mis à l'oeuvre.
M.
Bonnardel : Pas à notre connaissance, et on espère ne pas l'utiliser
non plus.
Une voix : ...
M.
Bonnardel : Concordance là aussi, oui. Merci, Mme la députée.
Le Président (M.
Schneeberger) : Alors, juste peut-être, si vous voulez le mettre,
peut-être, qu'on l'ait... qu'on l'ait au Greffier pour qu'on puisse l'afficher
avant de le lire, là.
M.
Bonnardel : ...«réalisé», là, encore juste ça.
Le Président (M.
Schneeberger) : Alors, M. le ministre, vous pouvez y aller.
M. Bonnardel :
Oui. Donc, article 1,
modification à l'article 35, donc, remplacer, dans l'article 35 de la
Loi sur la sécurité civile visant à favoriser la résilience aux sinistres,
proposé par l'article 1 du projet de loi, «adopté» par «réalisé».
Donc, c'est... c'est
la même... la même concordance que tantôt.
Le Président (M. Schneeberger) : Parfait.
Est-ce qu'il y a des questions? Est-ce que l'amendement est adopté?
Des voix : Adopté.
Le Président (M.
Schneeberger) : Parfait. Est-ce que, l'article 35 tel qu'amendé, vous
avez des questions? Non? Alors, est-ce que l'article 35, tel qu'amendé,
est adopté?
Des voix : Adopté.
Le Président (M.
Schneeberger) : Adopté. Article 36.
M. Bonnardel : L'article 36 :
«Le ministre ou une personne qu'il désigne à cette fin peut faire enquête sur toute question relative à l'application de la
présente loi. À cette fin, le ministre ou la personne qu'il désigne est investi
des pouvoirs et de l'immunité des commissaires nommés en vertu de la Loi sur
les commissions d'enquête, sauf du pouvoir d'ordonner l'emprisonnement.
«Le ministre peut transmettre les conclusions de
l'enquête aux personnes ou aux autorités concernées.
«Lorsque ces
conclusions proposent des mesures correctrices, le ministre peut exiger que ces
personnes ou autorités lui
communiquent, dans le délai qu'il détermine, leurs projets à cet égard. Lorsque
ces conclusions proposent à une autorité municipale des mesures qu'il juge impératives pour la sécurité publique,
le ministre peut ordonner leur mise en oeuvre et la transmission d'un
rapport d'exécution dans le délai qu'il détermine.»
Commentaire. Cet article permet de tenir une
enquête sur une ou l'autre des matières visées par le présent projet de loi et
d'exiger au besoin des mesures pour la protection des personnes et des biens.
Le Président (M. Schneeberger) : Commentaires?
Oui.
M. Bonnardel : Alors, rapidement,
là, c'est un peu repris à l'article 78, là.
Le Président (M. Schneeberger) : Parfait.
Commentaires, questions?
Mme
Maccarone : Si c'est possible d'avoir un exemple de la mise en
oeuvre de ceci aussi, si c'est possible... Je comprends qu'on ne l'a
jamais mis à l'oeuvre.
Le Président (M. Schneeberger) : M.
le sous-ministre.
M. Savard (Jean) : Bien, un exemple,
admettons qu'on a un sinistre dans une municipalité, la structure municipale se
met en oeuvre pour ouvrir un centre d'hébergement, un centre de services aux
sinistrés, et le ministre constate que la réponse n'est pas... n'est pas ce qui
a été anticipé dans le plan de sécurité civile de la municipalité, ce n'est pas au rendez-vous pour assurer la sécurité
civile adéquate auprès des citoyens, il pourrait demander une enquête
par la suite, aller chercher les documents afférents, puis y aller, après ça,
d'une évaluation, là, de la réponse qui a été mise en place, et y aller de
recommandations par la suite, là. C'est le genre d'exemple, là, qui pourrait
être mis.
À ma connaissance, on pourrait le faire aussi
pour un ministère qui est dans le plan de réponse au sinistre pour... que le ministre aurait des questions,
parce que sa responsabilité, c'est de coordonner la réponse gouvernementale,
et, dans un tel type de sinistre, il trouve que la réponse n'était pas adéquate
à ses attentes. Il pourrait aller voir... demander à ce qu'une enquête soit faite, est-ce que toute
la mission de ce ministère-là, dans sa réponse au sinistre, était adéquate.
Alors, il pourrait demander une enquête pour
qu'on vienne faire les lumières là-dessus puis émettre des recommandations
pour qu'à l'avenir ce soit selon son niveau d'attente.
• (12 h 50) •
Mme Maccarone : Pas obligatoire.
M. Savard (Jean) : Non.
Mme
Maccarone : Ce n'est pas obligatoire de transmettre les
conclusions de l'enquête. Pourquoi que ce n'est pas obligatoire? Si on a ce
grand pouvoir de faire une enquête, on se donne le privilège, le pouvoir, c'est
un grand pouvoir, là, d'aller enquêter, de s'insérer, il me semble
qu'encore une fois le contrepoids de tout ça... Pourquoi que ce n'est pas obligatoire, d'abord, de fournir
cette information par la suite? Parce que, là, c'est «on peut». Ça fait que ça
veut dire... Quand c'est «on peut», ce n'est
pas «on doit», ça fait que ça se peut qu'on ne fera pas le partage des
conclusions.
M. Bonnardel : ...on a gardé le
même... le même libellé qu'à l'article... qu'à l'article 78.
Mme Maccarone : Mais...
Une voix : ...
M.
Bonnardel : Oui, c'est ça, ce n'est pas une obligation. C'est
un pouvoir discrétionnel... discrétionnaire de le transmettre ou de ne
pas le transmettre, là.
Mme Maccarone : C'est juste...
Encore une fois, pour moi, j'essaie de trouver un équilibre à l'intérieur de tout ça. J'aurais voulu voir un «doit», parce que,
si on se donne le pouvoir de faire ce type d'enquête parce qu'on a des
craintes, bien, il me semble, ça devrait être une obligation de partager
l'information avec les entités concernées, parce
qu'on ne souhaite pas revenir à la charge pour faire une autre enquête.
J'aurais voulu voir «doit», parce que, dans la mesure où on souhaite la
résilience, la prévention, l'amélioration, le seul moyen de faire ceci, c'est
si on partage l'information avec les entités concernées. Je comprends qu'on
reconduit quelque chose qui était déjà écrit, mais, si on a une opportunité de
bonifier puis d'améliorer, je dirais que ce serait une place où nous devons le
faire.
M.
Bonnardel : Oui. J'imagine que le «peut» nous amène à... peut-être à
avoir une analyse où, s'il arrivait une
conclusion ou des... une situation compromettante qui ne doit pas être rendue
publique aux autorités... Le «peut»... le «peut» permet de le faire ou
ne permet pas de le faire pour des raisons... pour des raisons qui
appartiennent... qui appartiennent au ministre comme tel.
Donc, je comprends
votre point, mais, le «peut», on le reconduit comme c'était déjà indiqué dans
l'ancien article 78. Puis là je vous
expose ma pensée, là, puis ça peut être un autre exemple, là, mais j'imagine
que ça n'a jamais été utilisé. On ne
souhaite pas que ce soit utilisé, encore une fois, mais, s'il y a
des conclusions ou une analyse compromettantes, j'imagine que c'est dans
ce cas-ci que, là, bien... qu'il pourrait... qu'il pourrait nous permettre de
ne pas transmettre pour des raisons capitales, d'une importance x.
Le Président (M.
Schneeberger) : Oui, députée de Labelle.
Mme Jeannotte : Oui. Merci, M. le
Président. Dans le fond, vous me corrigerez si je me trompe, M. le
sous-ministre ou M. le ministre, moi, comment je le comprends, c'est
qu'il arrive des situations où ce n'est pas nécessairement le ministre. La
machine... Quand on dit, dans le jargon... c'est-à-dire, les fonctionnaires...
Il arrive des situations, et les fonctionnaires font des recommandations. Donc,
c'est de la base vers le haut et c'est là qu'arrive la possibilité pour le
ministre de répondre oui à la recommandation. Ça fait que je le vois comme ça,
moi. Ça a-tu du bon sens? Ça fait que
«peut», dans une situation... Ça fait que c'est pour ça que c'est là. Puis,
comme dit M. le ministre, bien, tant mieux si on ne s'en sert pas, mais
c'est là quand il arrive des situations. C'est comme ça que je le perçois.
Le Président (M.
Schneeberger) : Oui. Ça va?
Mme
Maccarone : Ce n'est pas mon interprétation. Je remercie la députée.
Moi... moi, mon interprétation suite à les
explications de M. Savard, c'est... Le ministère ou le ministre a l'intention
de faire une enquête en ce qui concerne une situation. Lors de cette
enquête... Parce qu'on a... C'est un grand pouvoir de rentrer dans un lieu, de
déterminer si les aspects qui ont été
identifiés par la municipalité, par exemple... s'ils ont été mis à l'oeuvre,
puis on souhaite avoir plus d'informations. Par la suite, on aura des conclusions,
oui, peut-être, par l'équipe du ministre ou autre inspecteur qui... qui
va avoir accès aux lieux, de faire ceci.
Moi, ma question,
c'est vraiment en lien... Puis je comprends ce que le ministre, il dit en
termes de... Ça se peut qu'il va y avoir de
l'information privilégiée, compromettante qu'on ne souhaite pas partager, mais,
dans la mesure où les conclusions proposent des mesures correctrices, c'est ici
peut-être que j'envisagerais un amendement qui dirait que, dans cette
situation, bien, c'est clair, il y a de l'information qui serait partagée avec
les gens sur le terrain, qui doit mettre à l'oeuvre des modifications s'il y a
lieu. Je ne sais pas si la collègue a des questions, mais... Voilà.
Le Président (M.
Schneeberger) : Oui, député de Laurier-Dorion.
M.
Fontecilla : Oui. Troisième paragraphe, donc, le ministre désigne une
personne qui peut faire enquête. Cette personne est investie des pouvoirs et de
l'immunité des commissaires. Bon, il y a eu une enquête, etc., et il y a des
mesures correctrices qui sont proposées. Donc, le ministre exige d'une
municipalité, par exemple, dans le délai qu'il détermine, les projets à cet
égard, «cet égard» étant les mesures correctrices, mais c'est un peu comme si
on fait une enquête et on dit : Pour
corriger telle situation, il faut faire telle chose. Et la façon dont c'est
formulé, c'est que le ministre
demande ensuite au responsable de cette situation-là : Mais qu'est-ce que
vous pensez faire par rapport à cette recommandation?
C'est «leurs projets à cet égard». C'est un peu... C'est très doux, hein? Donc,
le ministre ne demande pas d'appliquer la mesure correctrice. On lui...
Le ministre demande à la municipalité ou à l'autorité concernée :
Qu'est-ce que vous pensez faire, les... c'est quoi, leurs projets par rapport à
la mesure correctrice? Il y a... Ce n'est pas tout à fait la... On ne demande
pas la correction, mais on demande l'avis sur la mesure correctrice.
M. Bonnardel :
C'est ça. C'est qu'un peu plus
bas dans le dernier paragraphe «le ministre peut ordonner leur mise en
oeuvre et la transmission d'un rapport d'exécution dans le délai qu'il
détermine».
M.
Fontecilla : Et pourquoi que... Mais quel est le but d'utiliser cette
phrase-là, «leurs projets à cet égard», si,
de toute façon, plus... Plus loin, on va lui demander d'appliquer la mesure
correctrice, mais je me pose la question sur la fonction de «lui
communiquent, dans le délai qu'il[...], leurs projets à cet égard».
M. Bonnardel :
Bien, vous souhaiteriez enlever
«à cet égard»? «Dans le délai qu'il détermine, leurs projets»?
M. Fontecilla :
Je pose... je pose la question.
Quelle est l'utilité de cette... de cette... On est en train de demander...
on est en train de demander deux choses.
Dans un premier temps : Qu'est-ce que vous pensez de la mesure correctrice
proposée... bien, apportée par l'enquêteur? Et ensuite on lui dit :
Bien, vous devez l'appliquer.
M.
Bonnardel : On a une explication, là, plus sémantique, là. Le
sous-ministre va vous l'expliquer.
Le Président (M.
Schneeberger) : M. le sous-ministre.
M.
Savard (Jean) : Merci. C'est qu'en fait, lorsque l'enquête ou le...
propose des mesures correctrices, le ministre
peut demander à l'autorité qu'elle lui communique qu'est-ce qu'elle entend
faire avec ça. Toutefois, si le ministre, il a des conclusions qui
sont... que lui, le ministre, juge qui sont impératives à mettre en oeuvre, et
c'est là... bien ça, ce qu'il dit à la quatrième phrase, là, pour la sécurité
publique, bien, le ministre peut ordonner la mise en oeuvre et la transmission.
C'est qu'il y a une différence, il y a une gradation, hein? Il y a des mesures
que le... que le ministre... des mesures correctrices que... qui... qui sont
identifiées à réaliser, mais il y en a qui sont impératives pour assurer la sécurité publique. Alors, pour ces mesures-là, le
ministre peut déterminer qu'il veut un plan de mise en oeuvre pour celles-ci.
C'est comme ça que... pour ça qu'il y a une gradation dans le texte ici.
M.
Fontecilla : Donc, je comprends que, dites-moi si je suis dans la
bonne voie, les conclusions, les mesures correctrices définies par l'enquêteur
ne sont pas exécutoires en soi. C'est le ministre qui décide, là. Donc, le
ministre prend la mesure proposée, en fait, par l'enquêteur, va voir l'autorité
xyz, une municipalité, pour lui dire : Qu'est-ce que... qu'est-ce que vous
pensez de ça, c'est quoi, vos projets par rapport à ça? Et, s'il n'est pas
satisfait, il peut ordonner la...
Une voix :
...
M.
Fontecilla : OK. Très bien.
Le Président (M.
Schneeberger) : Parfait. Alors, compte tenu de l'heure, nous allons
suspendre nos travaux jusqu'à 15 heures.
(Suspension de la séance à
13 heures)
(Reprise à 15 h 04)
Le Président (M.
Schneeberger) : Alors, bon après-midi à tous. Alors, nous reprenons
les travaux de la Commission de l'aménagement du territoire.
Je rappelle que la
commission est réunie afin de poursuivre l'étude détaillée du projet de loi
n° 50, Loi édictant la Loi sur la sécurité civile visant à favoriser la
résilience aux sinistres et modifiant diverses dispositions relatives notamment
aux centres de communications d'urgence et à la protection contre les incendies
de forêt.
Alors, avant la
suspension, nous en étions à l'article 36. Il n'a pas été adopté. Alors,
nous poursuivons le débat. Est-ce qu'il y avait des questions sur
l'article 36? S'il n'y a pas de question, on va le mettre aux voix. Est-ce
que l'article 36 est adopté?
Des voix : Adopté.
Le Président (M.
Schneeberger) : Article 37.
M.
Bonnardel : ...donc, c'est la section II, Structure de
coordination gouvernementale, 1, Coordonnateur gouvernemental de la sécurité
civile.
L'article 37 se
lit comme suit : «Le sous-ministre associé responsable de la sécurité
civile au ministère de la Sécurité publique agit à titre de coordonnateur
gouvernemental de la sécurité civile.
«Le coordonnateur
exerce les fonctions qui lui sont conférées par la présente loi ou par le ministre.
Dans l'exercice de celles-ci, il doit
favoriser la coordination des actions menées en matière de sécurité civile par
les autorités gouvernementales et s'assurer de leur cohérence et de leur
complémentarité.»
Commentaire. Cet
article prévoit le rôle du coordonnateur gouvernemental de la sécurité civile.
Le Président (M.
Schneeberger) : Questions sur l'article 37? Députée de...
Mme
Maccarone : ...
Le Président (M.
Schneeberger) : Westmount—Saint-Louis, pardon.
Mme Maccarone :
Merci, M. le Président.
Le Président (M.
Schneeberger) : Je m'en allais dire D'Arcy-McGee. C'est juste à côté,
mais ce n'est pas le bon. Allez-y, allez-y.
Mme
Maccarone : Non, non, c'est vrai, c'est... ce n'est pas le bon. C'est
un très bon comté, par contre. Pourquoi
qu'on a besoin... Parce que ça, c'est un nouvel article de loi. On n'est pas en
train de réapproprier quelque chose qui existe déjà. Ça fait que
pourquoi que nous avons besoin de mettre ceci dans une nouvelle loi?
M.
Bonnardel : Bien, on statue... on statue le rôle d'importance
du coordonnateur de la sécurité civile, ce qui n'était pas le cas... ce qui
n'était pas le cas dans... bien, dans l'ancienne loi comme telle. Donc, c'était
peut-être un oubli à l'époque, moindre importance, mais aujourd'hui,
dans la structure gouvernementale, la structure de coordination, c'est
important de statuer que le sous-ministre associé devient le coordonnateur
gouvernemental de la sécurité.
Mme Maccarone : Puis ça, c'est quelque
chose qui existe dans les autres ministères, ce type de statut?
M. Bonnardel : Oui. Un petit peu
plus loin, on va le voir, là, les coordonnateurs ministériels, oui.
Mme Maccarone : Pardon? Excusez-moi.
M. Bonnardel : «Coordonnateurs
ministériels», c'est un... c'est le terme que le sous-ministre...
Mme Maccarone : Les coordonnateurs
ministériels...
M.
Bonnardel :
Ministériels, oui.
Mme
Maccarone : ...ça existe
ailleurs dans les autres ministères, parce que nous... nous l'avons instauré
dans des lois.
M. Bonnardel : Oui. Si vous voulez
l'explication tout de suite...
Mme Maccarone : Oui, allez-y.
Le Président (M. Schneeberger) : ...
M. Savard (Jean) : Merci. En fait,
la structure de sécurité civile avec autant les organisations régionales,
organisations nationales au sein de l'Organisation de sécurité civile du
Québec, ça, c'est coordonné par le coordonnateur gouvernemental de la sécurité
civile. Et, dans chaque ministère, il y a des missions pour répondre à des besoins en sécurité civile. Ces missions-là
sont sous la responsabilité de coordonnateurs ministériels en sécurité civile qui ont le même niveau hiérarchique que le
coordonnateur gouvernemental ici. Toutefois, le coordonnateur gouvernemental en sécurité civile, qui relève, là, au... du
ministre au MSP, lui, s'assure de la coordination des actions de tous dans le
plan de... gouvernemental de réponse aux sinistres. C'est déjà... c'est
déjà comme ça dans la structure de sécurité civile du Québec. C'est comme ça
que ça fonctionne. On vient l'établir clairement dans la loi, là.
Mme Maccarone : OK. Si c'est la
façon qu'on fonctionne actuellement... Encore une fois, je comprends... Moi, ma... mon interprétation un peu de cette loi,
c'est... on essaie, à quelque part, d'être plus réactifs, d'être plus
rapides, avoir moins de lourdeurs. C'est juste que j'ai l'impression que
nous sommes en train d'ajouter quelque chose que, peut-être, on n'a pas un besoin
de faire si vous agissez déjà en ce titre puis en ce rôle.
M.
Bonnardel : Oui, mais c'est important de le... c'est important
de le statuer dans la... dans la loi qu'on va... dans la structure comme telle,
là, dans la hiérarchie, là, de tous les... tous les paliers, là, de ces
mécanismes, là. Que ce soit le comité
de sécurité civile, l'Organisation en sécurité civile puis les organisations
régionales, bien, c'est important d'avoir le grand patron.
Mme
Maccarone : Ça fait que, quelqu'un qui va faire une recherche,
mettons, pour télécharger l'organigramme du ministère, on va avoir ce poste aussi qui va paraître, mais on va
avoir, mettons, le nom de M. Savard dans les deux cases. C'est-tu ça?
M. Bonnardel : Oui, sur Québec.ca,
tu vas... vous allez voir la structure, oui.
Mme
Maccarone : Puis maintenant on va voir le coordonnateur
gouvernemental de la sécurité civile ainsi que le sous-ministre associé
responsable.
M.
Bonnardel : Bien,
pour ce qui est de la portion sécurité civile, là. C'est ça, oui.
Mme
Maccarone : OK. Ça fait que c'est... Mon point, c'est que ce
n'est pas... Dans la case, mettons, sous les responsabilités du
sous-ministre, on ne va pas voir un autre... tu sais, un point en termes de ses
responsabilités parce que ça se peut que ce
n'est pas M. Savard, si je comprends bien. Est-ce que ça se peut que ça peut
être un autre, un autre sous-ministre associé?
M. Bonnardel : Non, c'est... Non,
c'est le sous-ministre.
Mme Maccarone : C'est toujours le
sous-ministre responsable de ce dossier.
M. Bonnardel : C'est
ça.
Mme Maccarone : OK. OK.
Le
Président (M. Schneeberger) : Ça va comme ça? D'autres questions? Alors, ça va.
Alors, est-ce que l'article 37 est adopté? Adopté. Article 38.
M. Bonnardel : L'article 38 se
lit comme suit : «Le gouvernement forme le Comité de sécurité civile et de
résilience aux sinistres du Québec et en détermine les modalités de
fonctionnement.
«Le
coordonnateur gouvernemental de la sécurité civile agit à titre de conseiller
stratégique au sein du Comité et assure la liaison entre celui-ci et
l'Organisation de la sécurité civile du Québec.»
Commentaire. Cet article prévoit que le
gouvernement forme le Comité de sécurité civile et de résilience aux sinistres
et en détermine les modalités de fonctionnement.
• (15 h 10) •
Le
Président (M. Schneeberger) : Merci. Est-ce qu'il y a des questions? Députée de Westmount—Saint-Louis.
Mme
Maccarone : Je pense que j'ai presque toujours des questions,
M. le Président. La composition de ce comité.
M.
Bonnardel : Donc, à l'heure actuelle, il y a pas mal de monde,
là. Pas mal tous les ministères y sont. Bien, pas mal... Non, pas tous
les ministères. C'est le secrétaire général et greffier du Conseil exécutif, le
secrétaire du Conseil du trésor, le sous-ministre à la Santé, la sous-ministre...
le sous-ministre de la Sécurité publique et le directeur général de la Sûreté du Québec,
sous-ministres à l'Agriculture, à l'Économie, aux Ressources naturelles, à
l'Environnement, aux Affaires municipales, aux Transports, au Travail et
à l'Emploi.
Mme Maccarone : Et la composition du
comité est prévue de rester stable? La raison qu'on n'identifie pas les
personnes qui sont déjà attribuées, c'est parce qu'on souhaite avoir une
certaine souplesse?
M. Bonnardel : Bien, on a... on a la
latitude de le modifier ou de l'ajouter si... d'ajouter ou de modifier si on le souhaite, mais la structure, comme... comme
elle existe depuis des années, je vais le dire ainsi, là, c'est celle qui est...
c'est celle qui est énumérée, avec ce que je viens de vous donner là.
Mme Maccarone : Ça fait que c'est
toujours les mêmes personnes depuis les... combien d'années? C'est...
M. Bonnardel : Depuis... En 2021, au
Conseil des ministres, le comité comme tel a été officialisé.
Mme
Maccarone : Puis ça, ce n'est pas précisé quelque part que
c'est le Conseil des ministres qui va nommer les membres qui siègent
comme...
M. Bonnardel : Le gouvernement
forme. C'est le gouvernement, donc, le Conseil des ministres, l'Exécutif.
Mme Maccarone : Ah! OK. C'est la
première fois que je le vois écrit de cette façon. Habituellement, c'est... c'est identifié que le gouvernement... bien,
pas... le gouvernement forme ou le gouvernement nomme par le biais d'une
note ministérielle, oui, un décret. Habituellement, c'est écrit, la façon que
ce serait fait. Ça fait que, quand on dit «le gouvernement forme», c'est par
décret.
M. Bonnardel : ...Conseil des
ministres par décret.
Mme Maccarone : Est-ce qu'on pourra
le préciser?
M. Bonnardel : Bien, c'est déjà dans
le libellé.
Une voix : ...
M. Bonnardel : C'est ça, c'est le
langage législatif, là, qui... qui définit, donc, l'orientation par la suite,
ou la nomination, donc, de ce comité, ou la... ou le changement dans ce
comité-là.
Mme Maccarone : Puis c'est
uniquement les membres du... qui... des fonctionnaires qui travaillent près du
gouvernement. Ça fait qu'on n'a pas des membres, mettons, du société civile qui
font partie.
M. Bonnardel : Non.
Mme
Maccarone : Est-ce qu'il y aura une opportunité d'avoir...
Parce qu'étant donné qu'on... le gouvernement propose quand même une réforme avec les organisations, qui vont
maintenant prêter main-forte, est-ce qu'il y aura une place pour eux
peut-être autour de la table?
M. Bonnardel : Bien,
plus loin, plus loin, il y a l'Organisation de la sécurité civile, qui, elle
aussi, là, donc, a ses... a ses ministères et ses... et les différents
organismes du gouvernement, ministère de la Santé. Je sais où vous voulez aller, là. Vous voulez répondre à une... à une des
interrogations, là, de... du côté, je pense, des paramédics. Donc... Oui,
en tout cas, bien, la Santé... la Santé
représente l'ensemble... l'ensemble du préhospitalier, si c'est ça... Si c'est
là que vous souhaitiez aller, là, je vous donne tout de suite un...
Mme
Maccarone : Ce ne l'était pas. C'est une bonne idée, mais ce ne
l'était pas. Moi... Mais OK. Merci. Eux, ils vont pouvoir siéger ailleurs. Mais
moi, mon but, c'était plus... Exemple, on vient de parler des organisations
chargées de mettre en oeuvre des mesures à renforcer. Ça fait que ces personnes
qui vont être rémunérées ou des bénévoles...
Ça fait qu'eux, étant donné que c'est une nouvelle idée que nous allons mettre
en place, puis ils font partie des mesures identifiées que le gouvernement peut
utiliser dans le besoin... Alors, est-ce qu'eux, ils auront quand même
une place autour de la table?
M.
Bonnardel : Le secrétaire général a toute la latitude d'inviter...
d'inviter, exemple, la SOPFEU au comité comme tel, si besoin était.
Mme
Maccarone : OK. Ça fait que, dans le fond, c'est vraiment juste une
structure gouvernementale.
M.
Bonnardel : Oui.
Mme
Maccarone : C'est ça. OK. Merci.
Le Président (M.
Schneeberger) : ...d'autres questions? Député de Laurier-Dorion.
M. Fontecilla : Moi, j'aimerais bien
comprendre la différence de mandat entre le mandat du Comité de sécurité civile
et de résilience aux sinistres du Québec et le mandat de l'Organisation de la
sécurité civile du Québec, où le coordonnateur du comité participe aussi
et agit à titre de conseiller.
M.
Bonnardel : C'est la stratégie, l'opération.
M.
Fontecilla : OK. Et, si je lis le mandat que le comité de la...
attendez, l'organisation... Donc, OK.
Le Président (M.
Schneeberger) : ...
M.
Fontecilla : Super, oui.
Le Président (M.
Schneeberger) : Bon, alors, est-ce que l'article 38 est adopté?
Adopté. Article 39.
M.
Bonnardel : «39. Le Comité a pour fonctions :
«1° d'assister le
ministre dans l'exercice des responsabilités que lui confère la présente loi;
«2° de conseiller les
autorités gouvernementales en matière de sécurité civile;
«3°
de contribuer à la planification gouvernementale en cette matière en
conseillant le gouvernement sur les mesures à prendre pour gérer efficacement les risques de sinistre et pour
répondre de manière optimale aux sinistres, en cohérence et en complémentarité avec les autres domaines qui
concourent à la sécurité civile et en tenant compte des changements
climatiques;
«4°
de superviser le déploiement des mesures d'intervention et de rétablissement
par les autorités gouvernementales pour répondre à un sinistre;
«5° de réaliser tout
autre mandat que lui confie le gouvernement.»
Commentaire.
Cet article prévoit les fonctions du Comité de sécurité civile et de résilience
aux sinistres du Québec.
Le Président (M.
Schneeberger) : Mme la députée de Westmount—Saint-Louis, vous avez une
question.
Mme
Maccarone : Oui. Merci. Quelle surprise! Merci encore, M. le
Président. Ça fait que le ministre a dit que
le comité existe déjà. On sait c'est qui, la composition. Ça fait qu'eux, ils
se sont déjà réunis pour discuter des enjeux. C'est des réunions qui...
qui ont lieu quatre fois par année, deux fois par année?
M.
Bonnardel : Ce n'est pas un comité, là, qui se réunit quatre fois par
année ou six fois par année comme un conseil d'administration, là. C'est au
besoin, si, si sinistre majeur, ou tragédie, ou peu importe, là, ce qui
pourrait arriver, là, comme tel au Québec,
là. Donc, ce n'est pas un comité qui a statué... qui a statué, là... qui a
statué des rencontres aux trois mois, là.
Mme Maccarone :
Alors, l'année passée, c'était
quand même une année exceptionnelle. Ils se sont réunis combien de fois?
M.
Bonnardel : ...le sous-ministre.
Le Président (M.
Schneeberger) : ...
M. Savard
(Jean) : À mon souvenir, l'année passée, il y a eu
certainement quatre... quatre ou cinq rencontres du comité de sécurité civile, dans la forme... forme actuelle qu'on
connaît, pour des enjeux stratégiques, là, autant feux de forêt que pour
réponse au pont Touzel.
Mme Maccarone : OK. Puis est-ce
qu'il produit des rapports, des... les recommandations qui...
M. Savard
(Jean) : C'est plutôt des décisions exécutives, là, qui
viennent enligner les travaux de l'Organisation de sécurité civile du
Québec.
Mme Maccarone : ...comme par le
biais des décrets qui sont fournis par la suite.
M. Savard (Jean) : S'il y a besoin
de décrets.
Mme
Maccarone : OK. Parfait. Et le point n° 5, «de réaliser
tout autre mandat que lui confie le gouvernement», est-ce qu'on peut
avoir un exemple de ceci?
M. Savard
(Jean) : Bien, écoutez, dans la... dans le projet de loi
n° 50, le Comité de sécurité civile et de résilience va avoir aussi à approuver le plan gouvernemental
de réponse aux sinistres, qui est la nouvelle version du Plan national de
sécurité civile qu'on voit ici, qui est axé vraiment plus vers la réponse de
l'ensemble du gouvernement, par une approche
par missions, pour venir répondre à l'ensemble des besoins de la société
lorsqu'il arrive des sinistres. Alors, c'est
ce comité-là qui va venir en approuver le contenu et c'est aussi ce comité-là
qui va venir approuver puis recommander au Conseil des ministres l'adoption du... l'approbation ou l'adoption,
ça, on va... le bon mot plus loin, du plan national de résilience aussi,
ce qui est la même démarche que les MRC auront à faire au niveau régional.
Le gouvernement aussi ne fait pas que le
demander aux MRC. On va devoir, nous aussi, effectuer cette démarche-là de
gestion des risques là pour s'assurer qu'on ait la résilience aussi aux
sinistres, là, et qu'on ait une... On pourra
l'aborder plus loin, quel est le contenu du plan de résilience aux sinistres,
mais c'est ce comité-là qui va venir en faire l'approbation aussi.
Mme Maccarone : Puis la société
civile qui souhaite avoir une copie de ces informations... Les rapports, les
recommandations qui sont produites, ils vont être disponibles pour le public.
M. Bonnardel : C'est une demande
d'accès... c'est une demande d'accès à l'info.
Mme Maccarone : Ça fait que c'est de
l'information qui sera quand même disponible.
M. Bonnardel : Demande d'accès à
l'info.
Mme Maccarone : OK. Merci.
Le Président (M. Schneeberger) : ...député
de Laurier-Dorion.
M. Fontecilla : Oui. Alors,
quatrième alinéa, donc, «de superviser le déploiement des mesures d'intervention
et de rétablissement», superviser... Tantôt,
le ministre m'a dit que ce comité-là a un rôle stratégique, là, mais, lorsqu'on
supervise un déploiement, on... ça me donne l'idée qu'on est pas mal
dans les opérations, là.
• (15 h 20) •
M. Bonnardel : ...on n'est pas dans
les opérations comme telles, mais on s'assure que l'opération, plus bas, par
l'Organisation de la sécurité civile, fait le travail. Donc, il se pourrait,
lors des quatre rencontres qui ont eu lieu l'année passée, qu'on pose des
questions pour s'assurer que le travail est fait, là, par l'OSCQ.
M. Fontecilla : Et ne craignez-vous
pas qu'il y ait... en utilisant cette formulation-là, la supervision, il n'y
ait pas une confusion des rôles de temps en temps, qu'ils se mettent à faire
des opérations, non pas à surveiller et à faire en sorte que... s'assurer que
les opérations se déploient, se font et se réalisent? Il n'y aurait pas...
M. Bonnardel : Non. Là, on est
vraiment dans... L'OSCQ, là, elle soutient l'opérationnalisation des mandats en
matière de sécurité civile. Ici, on est vraiment dans les opérations.
M. Fontecilla : OK.
Le Président (M. Schneeberger) : Ça
va? Oui? Alors, s'il n'y pas d'autre question, est-ce que l'article 39 est
adopté?
Des voix : Adopté.
Le Président (M. Schneeberger) : Adopté.
L'article 40. Et je pense que vous avez un amendement aussi avec
l'article 40, si mes informations sont bonnes.
M. Bonnardel :
Oui, vos informations sont
bonnes, M. le Président. Alors, 40... Alors, l'article 40 se lit comme
suit : «Le gouvernement forme l'Organisation de la sécurité civile du
Québec, composée des autorités gouvernementales désignées et présidée par le coordonnateur gouvernemental de la sécurité
civile, et en détermine les modalités de fonctionnement.
«Chaque autorité
gouvernementale désigne un sous-ministre adjoint ou associé ou un haut
dirigeant, selon le cas, pour la représenter au sein de l'Organisation. Ce représentant
agit à titre de coordonnateur de la sécurité civile auprès de son ministère ou
de son organisme et veille à la mise en place des décisions de l'Organisation,
de celles du Comité de sécurité civile et de
résilience aux sinistres du Québec ainsi que de celles du ministre et du
gouvernement.»
Commentaire. Cet
article prévoit que le gouvernement forme l'Organisation de la sécurité civile
du Québec et en détermine sa composition. L'article prévoit également la
composition de l'organisation.
Donc, l'amendement,
bien, c'est un... c'est le texte anglais. Il apparaît, là? Bon, OK.
Le Président (M.
Schneeberger) : Ah! il y avait une... OK. Il y avait une...
M.
Bonnardel : Alors, insérer, dans le texte anglais du premier alinéa de
l'article 40 de la Loi sur la sécurité civile
visant à favoriser la résilience aux sinistres, proposé par l'article 1 du
projet de loi et après «composed of», par... «composed of»,
«designated».
Le Président (M.
Schneeberger) : OK. Est-ce qu'il y a des questions sur le terme
anglais? Non? Sur l'amendement? Non? Alors, est-ce que...
Mme
Maccarone : J'aurais voulu, M. le Président, mais il y a des limites.
Le Président (M.
Schneeberger) : Je m'adresse à la bonne personne au niveau de
l'anglais, j'imagine. Alors, est-ce que l'amendement de l'article 40 est
adopté?
Des voix :
Adopté.
Le Président (M.
Schneeberger) : Adopté. Est-ce que, l'article 40 tel qu'amendé,
vous avez des questions? Mme la députée de Westmount—Saint-Louis.
Mme
Maccarone : Oui. Alors, si je comprends bien, parce qu'on... Puis je
comprends, quand on continue avec les articles qui suivent, on parle vraiment
de la hiérarchie et de la structure. Est-ce que c'est possible pour le ministre
de déposer un schéma, juste pour la compréhension de... la mise en oeuvre? Je
présume que ça existe déjà. Je pense que ça va nous aider à suivre un peu où on
est rendus. Parce que moi, je le vois en papier avec tous les titres, mais pas
un plan.
M.
Bonnardel : Bien, rapidement, là, je vais vous donner la liste, là. Je
vais vous répéter les mêmes ministères que tantôt, mêmes ministères que tantôt.
Pour votre gouverne, on ajoute : Bureau du coroner, Secrétariat du Conseil
du trésor, Société d'habitation, Secrétariat aux relations avec les Premières
Nations, Régie du bâtiment, Hydro-Québec, Centre d'acquisitions
gouvernementales, Société des traversiers, commission des normes, de l'équité
du travail, Sûreté du Québec.
Mme
Maccarone : Puis est-ce que c'est possible d'avoir une copie du schéma?
M. Bonnardel :
Bien, je vais vous sortir ça. Je
vais vous donner la composition... la composition de l'Organisation de
la sécurité civile. Donc, c'est une trentaine de ministères et organismes.
Mme
Maccarone : Trentaine de personnes. Parce que... Puis, dans le schéma,
je présume... Pas pour devancer nos... notre travail, M. le Président, mais je
vois qu'on poursuit aussi avec les autres personnes qui vont en faire partie. Les organisations régionales
constituées, ils font partie de ce... de ce plan. OK. Ça fait que, si c'est
dans le document que le... que le ministre va déposer, je pense que ça
va aider à visualiser le plan de match. Merci.
Le Président (M.
Schneeberger) : Ça va? D'autres questions? Est-ce que l'article...
M.
Bonnardel : Ah! il est sur... excusez, il est sur... (panne de son)
...mais je vais vous le sortir pareil.
Le Président (M.
Schneeberger) : Est-ce que l'article 40, tel qu'amendé, est
adopté?
Des voix :
Adopté.
Le Président (M. Schneeberger) :
Adopté. Article 41.
M.
Bonnardel : Donc, 41 : «L'Organisation est responsable de la
planification de la sécurité civile au niveau gouvernemental
et de la coordination du déploiement de mesures pour répondre aux sinistres.
Elle contribue à mobiliser et à concerter les autorités gouvernementales
afin de maintenir la cohérence et la complémentarité des actions menées par
celles-ci en ces matières. Elle favorise également la concertation entre les
différents acteurs de la sécurité civile.»
Commentaire.
Cet article détermine les principales responsabilités de l'Organisation de la
sécurité civile du Québec. Donc, c'est celles qu'on vient de discuter.
Le Président (M.
Schneeberger) : Questions? Mme députée de Westmount—Saint-Louis.
Mme
Maccarone : Est-ce qu'on peut avoir un exemple de comment ça va
différer des responsabilités qui sont déjà
octroyées dans l'article 39? Parce que le paragraphe 3°, c'est de...
on dit que... de conseiller les autorités gouvernementales, de contribuer
à la planification, de superviser le déploiement, puis ici on parle aussi de la
coordination du déploiement de mesures. Ça fait que comment est-ce que ça va
différer en termes de responsabilités, de qui fait quoi?
Le Président (M.
Schneeberger) : ...
M. Savard
(Jean) : Merci. Je vais vous expliquer le fonctionnement de la
structure au niveau...
Mme
Maccarone : Incluant aussi les organisations régionales, ou on peut
attendre jusqu'à... Peut-être, si vous pourriez élaborer, ça va éviter...
M. Savard
(Jean) : Je peux...
M.
Bonnardel :
...topo, c'est à 42. C'est tout de suite après.
Mme
Maccarone : OK. OK. Parfait. Ça fait que oui.
M. Savard (Jean) : Bien, en fait, dans la
hiérarchie des... la structure de sécurité civile déjà établie au Québec, on a,
au niveau municipal, les organisations municipales de sécurité civile, qu'on a
parlé en amont dans le projet de loi. C'est les OMSC, hein, l'acronyme
qui est... qui est généralement reconnu.
Ensuite de ça, au
niveau régional, au niveau gouvernemental, pour soutenir les municipalités, on
a les ORSC, organisations régionales de sécurité civile, qu'on voit un petit
peu plus loin. Alors là, ici, une organisation régionale, c'est nos directeurs régionaux dans nos
12 directions régionales qui coordonnent l'apport gouvernemental pour
soutenir les municipalités à l'aide de la... de tous les ministères qui
sont présents ou pas en région. Si un ministère n'est pas présent, ça va être
une unité centrale qui va déployer quelqu'un en région pour se mobiliser dans
l'ORSC. Et la réponse gouvernementale, les actions de ces ministères-là, n'est
pas improvisée. C'est inscrit dans le plan national de sécurité civile. Alors,
chaque ministère intervient selon un champ... leurs champs de compétence dans
une mission prédéterminée qui vient répondre
à des besoins. Alors, la réponse régionale est coordonnée, au niveau de nos organisations
régionales, par nos directeurs régionaux, qui sont coordonnateurs.
En haut de ça, à un
niveau, disons, national, toujours opérationnel, on a l'Organisation de
sécurité civile du Québec, qui, elle, est
coordonnée par le sous-ministre associé à la sécurité civile, sécurité
incendie. En l'occurrence, c'est moi
ici. Alors là, c'est... c'est pour... on a comme mandat de coordonner
l'ensemble de l'action des organisations régionales et de coordonner la
réponse opérationnelle au niveau national.
Pour ce qui est des
décisions plus stratégiques, vous donner un exemple, on se doit de mobiliser,
pour du ravitaillement, des avions, et là les coûts deviennent onéreux pour le
gouvernement, on a besoin de décisions à un niveau
plus stratégique. Le CSCQ, Comité de sécurité civile du Québec, va se
mobiliser, et là on va demander une approbation pour certaines... certaines
actions, types de dépenses, priorisation d'actions. Alors, c'est là que je vais
assurer l'interface avec le Comité de sécurité civile du Québec.
La hiérarchie, on la
voit ici entre les décisions, le fonctionnement, les... À mon niveau, au niveau
OSCQ, c'est les sous-ministres associés aux dirigeants, dans des organisations,
qui viennent siéger et qui sont en mesure de coordonner la réponse de chacune
de leurs unités administratives pour que la réponse s'effectue de façon
cohérente et concertée dans l'ensemble des régions du Québec. Ça fait qu'en
gros c'est...
M. Bonnardel :
Le pont Touzel... le pont Touzel
est le plus bel exemple, là. Le pont Touzel... le pont Touzel, sur la Côte-Nord,
l'année passée, quand il a dû être fermé et que, là, la 138, on ne pouvait plus
transporter denrées alimentaires, essence,
ou peu importe, là, urgences, il fallait... il fallait y aller par avion. Donc,
c'est là que le comité prenait des décisions pour alimenter en denrées
ou autres, ou autres, la Basse-Côte-Nord, la Jamésie comme telle, là.
Mme Maccarone :
Est-ce que c'est... ils
fonctionnent de la même manière, bien, dans le fond, ce comité, le... Je ne sais pas votre acronyme, là, le... mais
cette organisation à l'article 41, celui qui s'en vient aussi à 42, est-ce
qu'ils fonctionnent de la même façon que... de comités qui chapeautent le tout
avec les hauts dirigeants? Ils sont convoqués seulement au besoin, ça
fait qu'eux, ils n'ont pas des rencontres préétablies, mettons, annuellement.
Des voix :
...
M. Savard (Jean) :
Merci. Ils ont deux rencontres... un minimum, je dirais, de deux rencontres
officielles annuelles où on vient faire état. Exemple, dernièrement, on en a
tenu une sur l'état de préparation aux inondations, feux de forêt. Alors, les
spécialistes du domaine viennent dire qu'est-ce qu'on anticipe au niveau
d'inondations, feux de forêt. On vient aussi réaliser des exercices de
débreffage. Une grosse année, l'année passée. Alors, l'ensemble des ministères
sont conviés dans un processus qui est en continu à venir dire comment...
quelle a été les bonnes pratiques qu'ils ont identifiées, comment on pourrait
s'améliorer. Alors, on tient des rencontres par la suite pour faire le point, capter les bonnes pratiques mais améliorer ce
qui... Parce qu'il y a des écueils tout le temps qui surviennent. Alors, il y a
deux rencontres, je dirais, officielles. On fait des éléments de suivi
comme ça.
• (15 h 30) •
Et là, bien
entendu, au besoin, je n'ai pas le nombre exact, mais, une année comme l'année
passée, vous comprendrez qu'on en
tenait par moments tous les jours, des réunions, parce que les enjeux se
succèdent à une vitesse... Et notre rôle au sein de l'Organisation de
sécurité civile, c'est de les traiter, ces enjeux-là, puis de donner les alignements adéquats aux organisations régionales
pour qu'ils puissent soutenir les municipalités de façon adéquate. Alors...
Mme Maccarone : C'est bien de savoir
que c'est aussi en prévention, parce que souvent, quand on parle... C'est la
question de le collègue plus tôt : Est-ce que c'est vous qui est
responsable d'identifier les zones inondables? Sécurité publique, souvent,
c'est réactif. C'est toujours par la suite. Ça fait que je trouve que c'est
bien qu'on est en train aussi de parler de l'élaboration un peu de la
prévention, avec des rencontres qui sont déjà statuées en prévision de tout ce
qui peut arriver. Merci. C'est très clair. Merci beaucoup.
Le Président (M. Schneeberger) : Oui,
député de Laurier-Dorion.
M. Fontecilla : Dans la relation
existant entre l'Organisation de la sécurité civile et les comités, donc, vous
avez dit, M. Savard, qu'il y a un certain type de décisions qui impliquent
beaucoup plus de frais, par exemple, qui ne sont pas... qui ne sont plus prises
par l'organisation mais sont prises par le comité. C'est très bien. Ceci...
ceci étant, quelle est la responsabilité du ministre dans cette relation-là?
Parce qu'il n'apparaît pas dans le... dans le texte de loi. Est-ce que le
ministre a une... a un mot à dire de façon formelle, là? Je sais que le
ministre, en dernière instance, est redevable de tous les actes du ministère,
là, mais, par exemple, pour cette décision-là d'engendrer des frais
significatifs, là, est-ce que le ministre est consulté ou pas? En tout cas, dans
le texte de loi, ça n'apparaît pas.
M. Savard
(Jean) : ...ce type de dépense là peut être autorisé par le
Conseil exécutif, là, le secrétaire général, qui préside, là. Toutefois,
le... Pardon?
M. Fontecilla : ...qui préside le
comité.
M. Savard (Jean) : Elle préside le
comité, oui.
M. Fontecilla : OK. Parfait.
M. Savard (Jean) : Et le ministre,
toutefois, est informé en continu pour des enlignements plus stratégiques dans
certaines régions, inclure les élus à des rencontres, des... ou le ministre a
écho de choses qui, des fois, nous, à l'administratif, ne nous arrivent pas.
Alors, le ministre va nous donner certains enlignements, là, sur des besoins,
là, qui sont exprimés au niveau politique à
son niveau. Alors, bien sûr, bien entendu, il va passer par notre sous-ministre
en titre, nous, chez nous, qui siège aussi à ce comité-là.
M.
Fontecilla : Donc, pour ce type de décision là, en tout cas
formellement, le ministre n'a pas... n'a pas à être... n'a pas à
approuver ces décisions-là. Ça se fait de façon autonome, là.
M. Savard (Jean) : Par l'exécutif.
M. Fontecilla : Il est informé, etc.
M. Savard (Jean) : Oui, oui, bien
sûr, bien sûr.
M. Bonnardel : ...comme il dit, on
est informés en continu. Le pont Touzel, on avait des briefings... on avait des
briefings avec le... avec le ministère des Transports trois fois par jour,
trois fois par jour, là, pour s'assurer d'alimenter,
puis, bon, OK, les avions, est-ce qu'on a les bons avions, comment on fait ci,
comment on fait ça. Il arrive un cas
particulier, il faut... il faut prendre des gens puis les amener ailleurs. Il y
a des cas de santé où il fallait faire prendre les personnes âgées puis
les amener... les amener à Sept-Îles. Alors, c'est ça.
M. Fontecilla : Mais tout ça pose la
question de la responsabilité ultime. Et le secrétaire général n'est pas
redevable à la population. Ce n'est pas un élu. C'est le ministre qui est un
élu, là. Mais, s'il y a un pépin, on sait qu'il arrive souvent que, suite à des événements, on se pose des questions,
etc., les... la décision finale revient à un non-élu, que ce soit... Et
donc c'est lui qui porte cette responsabilité-là, notamment, cette personne-là.
M.
Bonnardel : Bien, le secrétaire général porte... Bien, le... C'est le
gouvernement dans son ensemble qui porte...
qui porte la décision, mais, à la fin, ce n'est pas le secrétaire général qui
est redevable, c'est bibi ici qui... s'il doit répondre, s'il doit
répondre.
M.
Fontecilla : Oui, mais vous n'avez pas pris... Vous n'avez pas été...
M.
Bonnardel : Bien oui, bien oui, on a été informés, parce que c'est mon
sous-ministre.
M.
Fontecilla : Vous êtes informé, mais vous n'avez pas dit :
J'autorise, là. Ce n'est pas vous qui prenez la décision, là, c'est le
secrétaire général. Donc, la responsabilité lui revient, là. Vous êtes exempté
de responsabilité.
M.
Bonnardel : À la fin, on regarde les pour et les contre, là, d'une
décision qui doit... qui doit être prise. Puis, quand tu es rendu... Quand tu
es en situation d'urgence, comme les événements qu'on vous énumère, pour moi,
vous m'avez souvent entendu, ce n'est plus une question de prix, là.
M.
Fontecilla : On s'entend.
M.
Bonnardel :
Si on... Quand la vie des gens est en danger, il faut prendre une décision puis
là, bien, il faut aller de l'avant. Puis
c'est ce pour quoi cette organisation, ce comité existe, c'est pour prendre des
décisions, là, d'importance le plus rapidement possible, là. Mais, à la
fin, à la fin, ça reste le gouvernement qui est redevable, c'est le premier
ministre qui est redevable, c'est le ministre responsable du MSP, exemple, qui
est redevable face... face à des décisions
qui sont prises, ou des Transports, ou peu importe, là, peu importe, là. C'est
une structure qui n'est pas... qu'on
n'invente pas ce matin, là, qu'on n'invente pas ce midi, là. C'est une
structure qui existe depuis très longtemps, là. Donc... 1988? 1988,
c'est ça.
M. Fontecilla :
Tout à fait, tout à fait. Mais le fait demeure que la responsabilité ultime
d'un certain type de décision, puis on ne parle pas d'argent, hein, ça peut
être toutes sortes de décisions plus ou moins graves, là, mais qui dépassent
les compétences de l'organisation, qui doivent être prises par le comité et qui
doivent être prises, mais c'est une... ça retombe entre les mains d'une
personne qui est non élue, et, à la fin, on le sait, c'est le ministre en
exercice qui va porter le chapeau.
M. Bonnardel :
Bien, vous êtes au salon bleu.
S'il y a un problème, ce n'est pas au secrétaire général que vous
adressez votre question.
M.
Fontecilla : Oui, mais on est dans le texte de loi. On est dans le
texte de loi, là, puis je... Oui.
M.
Bonnardel :
...
Le Président (M.
Schneeberger) : Ça va? Oui, députée de Westmount—Saint-Louis.
Mme Maccarone :
Oui. Dans les explications de M.
Savard puis vous aussi, M. le ministre, vous avez parlé de quand vous
avez des rencontres. Je tente ma chance d'avoir une invitation, de voir ce
genre de «war room». Je pense qu'on appelle
ça le Centre des opérations gouvernementales. Puis je ne sais pas si le
collègue souhaiterait aussi être présent. C'est quelque chose qui s'est fait dans le passé. En 2017, l'ancien
premier ministre, M. Couillard, avait invité les oppositions pour
voir ce genre de «war room», pour les rassurer, pour la compréhension de
comment ça fonctionne, alors... Puis je sais
qu'il y en a un à Québec. Ça fait que je voulais savoir s'il y avait une
opportunité pour nous aussi, pour comprendre sur quoi nous sommes en
train de parler la semaine prochaine. Bien, moi, je ne suis pas en crédits
jusqu'à la fin de la semaine, alors j'aurais quand même de la disponibilité,
s'il y a une ouverture, de voir... Le ministre sait, pour moi, en tout cas, ça m'aide beaucoup dans mon rôle de voir
puis d'être sur le terrain pour comprendre bien la réalité de la sécurité
publique. Alors, voilà.
M. Bonnardel :
Je ne vous dis pas que c'est
impossible, mais, quand on est en situation de crise, il y a beaucoup,
beaucoup, beaucoup de...
Mme
Maccarone : Pas en situation de crise.
M.
Bonnardel : Mais, tu sais, je ne vous dis pas non, là. Je vais juste
vérifier avec les équipes, puis on va regarder,
voir si on peut faire une petite visite guidée, là, juste pour vous montrer
comment le COG, le Centre d'opérations, fonctionne. Puis, quand il est
mobilisé, bien, il y a pas mal de monde, il y a pas mal de monde.
Mme
Maccarone : Tout à fait. Parfait. Merci.
Le Président (M.
Schneeberger) : Ça va? Alors, est-ce que l'article 41 est adopté?
Des voix : Adopté.
Le
Président (M. Schneeberger) : Adopté. Article 42.
M. Bonnardel :
42 se lit comme suit : «Des organisations régionales constituées des
représentants en région des autorités gouvernementales composant l'Organisation
sont formées dans les régions administratives.
«Le directeur
régional responsable de la sécurité civile au ministère de la Sécurité publique
coordonne l'organisation formée dans sa région et assure la liaison avec le
coordonnateur gouvernemental de la sécurité civile.
«Les organisations
régionales assurent la planification gouvernementale de la sécurité civile dans
leur région et y coordonnent le déploiement des mesures en soutien aux
municipalités locales pour répondre à un sinistre ou à son imminence.»
Commentaire. Cet
article prévoit la formation d'organisations régionales dans les régions
administratives et détermine leur composition et leur rôle.
Donc là, on est un
échelon plus bas, là. On est dans l'organisation régionale de la sécurité
civile, donc, l'acronyme ORSC.
Le Président (M.
Schneeberger) : Merci pour les explications. Députée de Westmount—Saint-Louis.
Mme Maccarone :
Oui. Juste petit rappel.
Peut-être, la question est pour M. Savard. Pour la composition, est-ce
que vous avez fait le survol des membres de cet... ce niveau d'instance?
M. Bonnardel :
C'est les mêmes. C'est les mêmes,
mais avec des coordonnateurs régionaux, oui, coordonnateurs régionaux
ministériels. C'est ça, le terme.
Mme
Maccarone : OK. OK. Merci.
Le Président (M. Schneeberger) : Ça
va? D'autres questions? Non? Alors, est-ce que l'article 42 est adopté?
Des voix :
Adopté.
Le Président (M.
Schneeberger) : Adopté. Article 43, on change de section, Gestion
des risques de sinistre.
• (15 h 40) •
M.
Bonnardel : Donc, 43, section III, Gestion des risques de
sinistre, 1, Planification :
«43. Le ministre
coordonne la réalisation d'une démarche gouvernementale de gestion des risques
de sinistre, selon un processus
d'amélioration continue, visant à développer la connaissance des risques de
sinistre d'intérêt national ainsi
qu'à planifier et à mettre en place des mesures pour prévenir les sinistres et
pour préparer la réponse à ceux-ci, en vue de favoriser la résilience de
la société aux sinistres.
«Les autorités
gouvernementales composant l'Organisation de la sécurité civile du Québec ainsi
que les autres autorités gouvernementales
sollicitées par le ministre doivent collaborer étroitement à la réalisation de
cette démarche, notamment en mettant à contribution leurs connaissances
et leurs ressources et en transmettant au ministre tous les renseignements et
les documents nécessaires.
«La démarche
s'effectue dans l'esprit d'assurer la cohérence et la complémentarité des
mesures favorisant la résilience aux sinistres mises en place au niveau
gouvernemental dans les domaines qui concourent à la sécurité civile et en
tenant compte des changements climatiques.»
Commentaire.
Cette disposition charge le ministre de coordonner la réalisation d'une
démarche gouvernementale de gestion des risques de sinistre et précise
les objectifs de cette dernière. Elle détermine les autorités... les autorités qui doivent collaborer à la réalisation de cette
démarche et la manière dont cette collaboration doit s'effectuer. En outre,
le dernier alinéa prévoit que la démarche s'effectue dans l'esprit d'assurer la
cohérence et la complémentarité des mesures favorisant la résilience aux
sinistres qui ont été mises en place au niveau gouvernemental dans les domaines
qui concourent à la sécurité civile et en tenant compte des changements
climatiques.
Le Président (M. Schneeberger) : Merci
beaucoup pour les explications. Est-ce qu'il y a des questions sur 43? Oui,
Mme la députée de Westmount—Saint-Louis.
Mme
Maccarone : Merci. C'est ici que la corporation des services ambulanciers...
d'ambulance du Québec propose une
modification d'ajouter un paragraphe pour la création d'un comité conseiller
pour crise et un comité national... un
comité conseiller national pour crise. Est-ce qu'il y aura une possibilité de
mettre ce désir en place puis instaurer un processus formel d'évaluation, amélioration? Je comprends qu'on a
quelque chose ailleurs. Si je comprends bien, on a un autre article qui s'en
vient pour faire une évaluation par la suite d'un sinistre, pour mettre une
emphase sur l'amélioration continue, mais est-ce qu'on a une opportunité
ici de bonifier la planification avec la postcrise?
M.
Bonnardel : Bien, c'est déjà le travail de l'Organisation de la
sécurité civile. Comme le sous-ministre le mentionnait, ils se sont rencontrés,
la dernière année, deux fois, et c'est pour de la préparation. Donc, que ce
soit pour la préparation d'une prochaine saison ou pour faire un peu un post
mortem d'une saison qui s'est terminée, qui a été... qui a été extrêmement
difficile, celle de 2023, bien, nos organisations déjà existantes vont faire ce
travail.
Puis,
de toute façon, comme ministre aussi, on fait déjà ce travail quand on... quand
on termine une année ou on termine une...
malheureusement, une catastrophe ou... La saison des feux de forêt, le post
mortem, on l'a commencé au mois d'août, au mois de septembre avec les
organismes concernés, là.
Mme Maccarone :
Puis, pendant que vous faites ce
travail, est-ce que les regroupements comme le... Comme la Corporation des services d'ambulance du Québec,
est-ce qu'eux sont convoqués pour venir témoigner, pour parler de leur
expérience? Parce que, de toute évidence, ils souhaitent être entendus, ils
souhaitent participer dans l'amélioration puis le partage de
l'information. Ça fait que les gens qui ne font pas partie des comités que nous
venons d'adopter, est-ce qu'eux sont appelés pour partager leur expérience puis
aussi leurs recommandations?
M.
Bonnardel : Bien, c'est là... c'est là que tous les partenaires
concernés, dans le silo qui les concerne, celui du préhospitalier, c'est celui
de la santé et services sociaux, c'est là que les paramédics, les ambulanciers
ont à expliquer... Bien, j'imagine que le ministère de la Santé fait comme
nous. Tous les ministères font la même chose quand
on arrive à la fin d'une tragédie, d'un sinistre ou d'une catastrophe. Quand on
fait le post mortem, bien, on appelle nos partenaires, on fait le
constat, on prend les bons coups, on prend les mauvais coups, les pistes d'amélioration
ou non. Donc, de ce côté, bien, c'est le
ministère de la Santé qui est responsable de faire ce même suivi que tout le
monde fait, que tout le monde fait, et que par la suite... bien, qu'on
apporte les pistes de solution pour s'améliorer.
Mme Maccarone :
Je pense que la préoccupation
qu'eux soulèvent, c'est parce qu'ils souhaitent être entendus non
seulement par le ministère où ils sont rapatriés, mais aussi le ministère de
Sécurité publique directement, parce que, de toute évidence, quand on parle de
postcrise ou post mortem, bien, ils souhaitent être entendus directement au
lieu d'avoir leurs voix portées par un autre ministère. Mais est-ce qu'il y a
cette fluidité qui est possible?
M. Bonnardel :
Bien, ce n'est pas... ce n'est
pas impossible. Ça, on leur a parlé, là, suite à leur présentation, suite à
leur visite, là. Nous, on n'a pas une chasse gardée, là, puis, si tu ne fais
pas partie de mon ministère, on ne te parle pas,
là. Donc, pour nous, c'est des partenaires, c'est des partenaires importants.
Puis, comme je l'ai mentionné, je les ai vus travailler à Baie-Saint-Paul lors
des inondations majeures. C'est des partenaires immensément importants, puis ils
étaient à la table des décisions, là, à chaque matin, là, que... où il y avait
la rencontre, la rencontre avec les différents partenaires. Donc, oui, la
réponse, c'est oui.
Mme
Maccarone : Ça fait qu'il y aura une...
M.
Bonnardel : C'est certain que, si on fait le constat puis qu'on a
besoin d'information additionnelle, autant
eux, bon, ils ont leur ministère à eux sur lequel... sur lequel le post mortem
se fait, mais, de notre côté, ça ne nous empêche pas... ça ne nous
empêche pas de leur parler, là.
Mme Maccarone :
Mais il faut que ça se fasse
toujours par le biais d'une demande du ministère ou du groupe, du
comité.
M. Bonnardel :
Non, mais le groupe... le groupe
peut très bien faire : Écoutez, nous, vous l'avez dit publiquement,
M. le ministre, là, vous faisiez un post
mortem, bien, on a entendu ça, nous, on aimerait ça faire valoir certains
points. Bien, on est là pour ça, là. Tu sais, on... Non, non, ça,
là-dessus...
Mme
Maccarone : Parfait. Mais c'est juste ça que je voulais m'assurer,
qu'on... que, si jamais il suit les travaux...
je ne sais pas si c'est le cas, mais, s'il suit les travaux, qu'il comprenne,
que ce soient les services d'ambulance du Québec ou autres groupements
qui ne font pas partie des partenaires du ministère de la Sécurité publique,
mais que ce soit Santé, Environnement ou autres, s'ils souhaitent être entendus
suite à un sinistre postcrise parce qu'ils souhaitent partager des bons coups,
des recommandations, bien, ils pourront le faire.
M.
Bonnardel : Tout à fait.
Mme
Maccarone : Bon, parfait. Ça répond à mes questions. Merci.
Le Président (M.
Schneeberger) : Ça va? Député de Laurier-Dorion.
M. Fontecilla :
Oui. Merci, M. le Président. Vous
savez, des fois, on utilise des termes qui semblent tellement évidents, là,
mais, des fois, avec le temps, là, ils sont moins évidents. Par exemple, le
processus d'amélioration continue, c'est
inscrit dans la loi, là, est-ce que ça réfère à un processus formel? Est-ce que
c'est décrit quelque part ou c'est juste un concept que tout le monde
devrait comprendre? Je pose la question.
M.
Bonnardel : ...qui a déjà été utilisée dans d'autres...
M.
Fontecilla : Oui, oui, je viens d'indiquer...
M. Bonnardel : ...donc,
vous l'avez vue, là, dans d'autres articles. Je vois même la députée de Westmount—Saint-Louis
qui disait aimer, aimer cette formulation pour ce qui est de l'amélioration
continue. Mais, oui, c'est un...
M. Fontecilla : Est-ce que c'est
formalisé quelque part, là, si un jour on vous accuse, un député d'opposition
ou M. le député... M. le premier ministre vous accuse de ne pas avoir suivi le
processus d'amélioration continue selon
l'article 43 du projet de loi n° 50? Est-ce que... est-ce que ça
réfère à quelque... Ça réfère à quoi, là, exactement, là?
M.
Bonnardel : Développer des connaissances visant à développer
la connaissance des risques. Bien, développer la connaissance, ça se
fait dans un contexte d'amélioration continue.
M. Fontecilla : Donc, le processus
d'amélioration continue consiste au développement des connaissances.
M. Bonnardel : Dans une certaine
mesure, oui.
M. Fontecilla : Dans une certaine
mesure.
M. Bonnardel : Oui.
M. Fontecilla : OK. Parce qu'un
processus... On acquiert toujours les connaissances par la pratique, hein, ce
qu'on appelle l'expérience, d'ailleurs, là. Pourquoi l'avoir mis, alors qu'une
organisation, en soi, apprend, là?
M. Bonnardel : ...c'est... Je pense
que c'est bien de le mettre dans un... dans un article de loi pour que tout le
monde se dise... Même si, oui, vous avez raison, on devrait le faire
automatiquement, je pense que de l'indiquer dans la loi, c'est de bon... C'est
de bon augure de savoir... de savoir qu'on est toujours dans un contexte où on
souhaite améliorer nos processus, puis c'est ça que ça dit.
M. Fontecilla : Très bien. Merci.
Le Président (M. Schneeberger) : Ça
va? Alors, est-ce que l'article 42... 43, pardon, est adopté?
Des voix : Adopté.
Le Président (M. Schneeberger) : Adopté.
Article 44.
M.
Bonnardel : «44. Le ministre établit un plan national de
résilience aux sinistres dans lequel sont consignées les mesures planifiées dans le cadre de la
démarche de gestion des risques de sinistre pour accroître la connaissance des risques
de sinistre et pour prévenir les sinistres.
«Le plan est soumis à l'approbation du
gouvernement.
«Une fois le
plan approuvé, les autorités gouvernementales doivent mettre en place les
mesures dont elles sont responsables.»
Commentaire.
Cette disposition prévoit que les mesures planifiées dans le cadre de la
démarche gouvernementale de gestion des risques de sinistre doivent être
consignées dans un plan national de résilience aux sinistres. Ce plan est
établi par le ministre et est soumis à l'approbation du gouvernement. Une fois
le plan approuvé, les ministères et les organismes gouvernementaux concernés
devront ainsi mettre en place les mesures dont ils sont responsables.
Le
Président (M. Schneeberger) : Merci pour les explications. Est-ce que nous avons
des questions? Ça va? Oui, députée de Westmount—Saint-Louis.
Mme Maccarone : C'est juste pour
vérifier. C'est le même plan... Le plan qu'on est en train de discuter ici,
c'est le plan qu'on voit à l'article 46, ça fait que ça va être publié sur
le site Internet.
M. Bonnardel : Oui, exact.
Mme Maccarone : OK.
Le Président (M. Schneeberger) : Ça
va?
Mme Maccarone : Puis, quand on parle
d'«approuvé», «approuvé», on parle au conseil du ministre.
M. Bonnardel : Exact.
Mme Maccarone : OK.
M. Bonnardel : Par décret, la...
Oui.
Mme Maccarone : Par
décret. OK. OK. Merci.
Le Président (M. Schneeberger) : Bon...
Oui, député de Laurier-Dorion.
M.
Fontecilla : Tout d'abord, l'établissement du plan national de
résilience aux sinistres, je me pose la question s'il doit... on doit attendre que les municipalités, les MRC, les
régions, etc., aient déjà produit leurs plans pour approuver ce plan-là
ou ça peut venir avant, là.
• (15 h 50) •
M. Bonnardel : ...pas obligé
d'attendre, là.
M. Fontecilla : Donc, c'est... Donc,
ça pourrait être un plan national qui prévoit que les municipalités vont
adopter leurs... et les MRC vont adopter leurs propres plans.
M. Bonnardel : Le sous-ministre
va...
Le Président (M. Schneeberger) : M.
le sous-ministre.
M. Savard (Jean) : Merci. Le plan
national de résilience est plus au niveau gouvernemental. C'est que le
gouvernement va voir... La même démarche, par contre, qui va être au niveau
régional, bien, on n'a pas à attendre que la démarche régionale soit débutée.
Les ministères vont donner une image un peu de ce que ça va contenir. Ça va
leur permettre de voir les responsabilités, l'exposition aux risques qu'a chacun
des ministères impliqués en sécurité civile,
de voir s'il n'y a pas des... une trop grande exposition, une trop grande
conséquence qui pourrait plus... ou un risque en particulier. Ça va nous
permettre d'avoir une photo globale. Mais, bien entendu, la démarche régionale
va venir alimenter la démarche nationale, et
celle faite au niveau national pourra aussi alimenter en connaissances, en
cartographie, en produits d'information
pour les MRC. C'est intimement lié, les deux démarches, mais celle-ci n'a pas à
attendre l'autre pour débuter.
M.
Fontecilla : Très bien. Autre question. «Le plan est soumis à
l'approbation du gouvernement.» Je suppose que c'est un plan qui est
présenté au Conseil des ministres. C'est le Conseil des ministres qui approuve.
M. Bonnardel : Exact.
M. Fontecilla : OK. C'est beau.
Le Président (M. Schneeberger) : Ça
va? Oui, députée de Westmount—Saint-Louis.
Mme Maccarone : Quelle
est la durée du plan? On doit le renouveler... Tu sais, habituellement, quand
un plan est déposé, c'est bon pour trois ans, cinq ans.
M. Bonnardel : Toujours dans un
contexte, je vous dirais, d'amélioration continue.
Mme Maccarone : C'est bien, mais je
peux imaginer aussi que ça va engendrer énormément de travail. On est en train de mobiliser plusieurs personnes pour
le développement de ce plan, ça fait que... Est-ce que c'est prévu de
faire un renouvellement annuellement, deux ans, trois ans, cinq ans?
M.
Bonnardel : ...un contexte... Selon... Bien, je ne veux pas
dire selon les sinistres qui pourraient nous frapper, mais c'est un peu ça qui
nous amène... qui nous amène... Oui, on est dans un... le plan national de
résilience, on est en amont. Après ça, on est en aval pour ce qui est...
pour ce qui est de l'autre plan... de l'autre plan comme tel, là, que...
Une voix : ...
M.
Bonnardel : ...plan
de réponse, pardon, c'est ça. Donc, quand je dis «amélioration continue», c'est
un peu le rôle, mais c'est un peu ça pareil, là, qui est... qui est le principe
même derrière ça. C'est... c'est de réagir, c'est de se préparer puis de l'améliorer peut-être au bout 18 mois, au
bout de 24 mois. Puis, des fois, c'est... il ne se passe rien au bout de
36 mois. Mais on est malheureusement ou heureusement, dans une certaine
mesure, à la merci de la nature puis de
certaines situations qui nous amènent à mieux comprendre, à mieux réagir face
à... face à ce qui se passe en amont, ce qu'on prépare en amont versus
les réactions qu'on va avoir en aval.
Mme Maccarone : Bien, même les
schémas de couverture sont à renouveler, ça fait que...
M. Bonnardel : Oui.
Mme
Maccarone : Est-ce qu'on peut avoir au moins une date limite,
un maximum avant de produire un autre plan?
Parce que le plan, c'est quand même quelque chose qu'on introduit, qui est
nouveau, n'est-ce pas? C'est quelque chose qui est nouveau, ça fait que... Est-ce qu'on
peut au moins avoir ça? Ça fait qu'il n'y aura pas d'obligation
nécessairement si on n'a pas un changement à aborder d'ici les trois prochaines
années, mais est-ce qu'on peut dire, mettons, après sept ans : On
comprend, il faut qu'on mette l'épaule à la roue, puis on reformule une
modification si on a besoin? Même, ça peut être ce jargon qui peut être
instauré dans la loi, mais que ça nous pousse à faire quelque chose au lieu
d'avoir plusieurs articles qu'on va continuer à adopter, qu'on ne va jamais
mettre à l'oeuvre parce qu'on n'a pas un besoin, tu sais, «en prévision de».
Peut-être, ça peut être ça, le plan, mais quelque chose...
Il
me semble, c'est quelque chose qui est manquant ici, de dire : Le
renouvellement ou l'optimisation de revoir, que ça passe... même le plan
actuel, que ça passe au Conseil des ministres chaque deux ans pour révision,
pour voir si on a besoin de faire une
modification. Comme ça, on sait que, tout ce qui est en place, vraiment, on ne
l'oublie pas, puis ça ne passe pas inaperçu. Ça fait partie de la loi.
On sait qu'on a un devoir juste de revoir, même si ce n'est pas pour mettre en vigueur un nouvel plan, mais juste
de le dire, ça, il me semble, ça n'amène pas beaucoup plus de travail, mais de dire : À chaque deux ans, le Conseil
des ministres s'engage à revoir le plan national actuellement en place, puis,
comme ça, eux, ils pourront déterminer avec une recommandation si on a besoin
de le changer.
M.
Bonnardel : Donnez-moi une minute, deux minutes.
Le Président (M.
Schneeberger) : Oui. Nous allons suspendre quelques instants.
(Suspension de la séance à
15 h 54)
(Reprise à 16 h 01)
Le Président (M.
Schneeberger) : Alors, nous reprenons les travaux. Mme la députée de Westmount—Saint-Louis
désire déposer un amendement sur l'article 44. Allez-y.
Mme Maccarone :
Merci beaucoup, M. le Président. Et
je remercie le ministre et son équipe pour la souplesse puis aussi pour
la rédaction. C'est apprécié.
Article 1,
article 44 : Insérer, à la fin du deuxième alinéa de
l'article 44 de la Loi sur la sécurité civile visant à favoriser la
résilience aux sinistres, proposé par l'article 1 du projet de loi, «aux
cinq ans».
Alors,
tel que nous avons débattu juste dernièrement, avant la pause, je vais proposer
d'avoir un renouvellement puis... pas pour rajouter une lourdeur aux tâches du
travail, mais je pense qu'on ne fait pas fausse route étant donné que les
changements climatiques sont très imprévisibles. Puis ça n'empêche pas le
gouvernement aussi, au besoin, de faire des modifications nécessaires
suite aux recommandations du... des comités qui sont en place.
Le Président (M.
Schneeberger) : Est-ce qu'il y a des discussions là-dessus? Non? Ça
va? Parfait.
Mme
Maccarone : Un vote par appel nominal, s'il vous plaît.
Le Président (M.
Schneeberger) : Oui. Alors, un vote par appel nominal. Alors, dans le
fond, je vais mettre l'amendement aux voix. Est-ce que l'amendement de
l'article 44 est adopté... Comment? Par appel nominal, oui.
Le
Secrétaire : Pour, contre, abstention. Mme Maccarone
(Westmount—Saint-Louis)?
Mme
Maccarone : Pour.
Le
Secrétaire : M. Bonnardel (Granby)?
M.
Bonnardel : Pour.
Le
Secrétaire : Mme Jeannotte (Labelle)?
Mme
Jeannotte : Pour.
Le
Secrétaire : Mme Dionne (Rivière-du-Loup—Témiscouata)?
Mme Dionne : Pour.
Le Secrétaire :
M. Gagnon (Jonquière)?
M. Gagnon : Pour.
Le
Secrétaire : M. Girard (Lac-Saint-Jean)?
M. Girard (Lac-Saint-Jean) : Pour.
Le
Secrétaire : M. Fontecilla (Laurier-Dorion)?
M.
Fontecilla : Pour.
Le
Secrétaire : Et M. Schneeberger
(Drummond—Bois-Francs)?
Le Président (M. Schneeberger) : Abstention.
Alors, l'amendement est adopté. Maintenant, nous poursuivons le débat
sur l'article 44 tel qu'amendé. Est-ce qu'il y a d'autres questions? S'il
n'y a pas d'autre question, est-ce que l'article 44, tel qu'amendé, est
adopté?
Des voix : Adopté.
Le Président (M.
Schneeberger) : Adopté. Article 45.
M.
Bonnardel : L'article 45 se lit comme suit : «Le ministre
établit également un plan gouvernemental de réponse aux sinistres qui
détermine :
«1°
les activités de formation, d'évaluation ou de communication, les exercices ou
les autres mesures devant être réalisés par les autorités gouvernementales afin
de renforcer leur capacité à répondre aux sinistres dont les conséquences
prévisibles sont d'intérêt national;
«2° les mesures
d'intervention et de rétablissement devant être déployées par les autorités gouvernementales
en soutien aux autorités municipales et gouvernementales pour répondre à un
sinistre dont l'ampleur dépasserait leur capacité d'action ou à l'imminence
d'un tel sinistre;
«3° les modalités de
concertation [avec] les autorités gouvernementales dans le contexte où la
réponse à un sinistre nécessite le déploiement de leurs mesures d'intervention
ou de rétablissement.»
Commentaire. Cet
article prévoit que le ministre doit établir un plan gouvernemental de réponse
aux sinistres ainsi que les éléments qui doivent être déterminés dans ce plan.
Le Président (M.
Schneeberger) : Questions? Députée de Westmount—Saint-Louis.
Mme
Maccarone : Oui. Ça me
surprend qu'il n'y a pas un «notamment» avant l'élaboration de cette liste pour
donner plus de flexibilité au gouvernement, au ministre si jamais
l'interprétation de ce qu'on souhaite accomplir dans le plan gouvernemental ne
rentre pas dans le paragraphe 1°, 2° ou 3°. Ça fait que je propose qu'on fait
un miniamendement : «Le ministre établit également un plan gouvernemental
de réponse aux sinistres qu'il détermine, notamment...» Ça vous donne une
souplesse dans une mesure d'urgence quand on a des actions à mettre en place.
Il me semble que ça vous donne un peu de flexibilité de pouvoir agir si jamais
il y a une interprétation de ce que vous voulez faire en prenant ces trois...
trois définitions. Dis oui, ne dis pas non. Je vois un non.
M. Bonnardel :
Bien, regardez, on va l'ajouter. Donnez-nous deux minutes.
Mme Maccarone :
OK. Parfait.
Le Président
(M. Schneeberger) : Oui. Alors, nous allons suspendre quelques
instants.
(Suspension de la séance à
16 h 05)
(Reprise à 16 h 10)
Le Président (M. Schneeberger) : Alors,
nous reprenons les travaux. M. le ministre, vous avez un amendement à
déposer sur l'article 45.
M. Bonnardel :
Oui. C'est ma collègue... c'est ma collègue de Westmount—Saint-Louisqui
va le déposer.
Le Président (M.
Schneeberger) : OK. Alors, députée de Westmount—Saint-Louis, on vous écoute.
Mme Maccarone : Merci. Insérer...
Excusez-moi. Article 1, article 45 : Insérer, dans ce qui précède le paragraphe 1°
de l'article 45 de la Loi sur la sécurité civile visant à favoriser la
résilience aux sinistres, proposé par l'article 1 du projet de loi, et
après «détermine», «notamment».
Alors,
directement en lien avec ce que nous avons dit juste avant la pause, M. le
Président, bien que les trois éléments sont essentiels pour le
gouvernement à agir dans un état majeur, je pense que, si on est rendus là,
c'est bien d'avoir un peu de flexibilité si
jamais un élément ne rentre pas dans cette liste qui est très restreinte. Je
pense qu'on va avoir besoin de la flexibilité. Alors, le «notamment»
nous donne cette flexibilité. Voilà.
Le
Président (M. Schneeberger) : Parfait. Merci beaucoup. Alors, est-ce qu'il y
avait des questions sur l'amendement? Non? Alors, est-ce que
l'amendement déposé à l'article 45 est adopté?
Mme Maccarone :
Un vote par appel nominal, s'il vous plaît.
Le Président (M. Schneeberger) : Vote
par appel nominal.
Le Secrétaire : Pour, contre,
abstention. Mme Maccarone (Westmount—Saint-Louis)?
Mme Maccarone : Pour.
Le Secrétaire : M. Bonnardel
(Granby)?
M. Bonnardel : Pour.
Le Secrétaire : Mme Jeannotte
(Labelle)?
Mme Jeannotte : Pour.
Le Secrétaire : Mme Dionne (Rivière-du-Loup—Témiscouata)?
Mme Dionne : Pour.
Le Secrétaire : M. Gagnon
(Jonquière)?
M. Gagnon : Pour.
Le Secrétaire : M. Girard (Lac-Saint-Jean)?
M. Girard (Lac-Saint-Jean) : Pour.
Le Secrétaire : M. Fontecilla
(Laurier-Dorion)?
M. Fontecilla : Pour.
Le Secrétaire : M. Schneeberger
(Drummond—Bois-Francs)?
Le Président (M. Schneeberger) : Abstention.
Alors, l'amendement est adopté. Est-ce que maintenant il y a des questions sur l'article 45 tel qu'amendé?
Pas de question. Alors, est-ce que l'article 45, tel qu'amendé, est
adopté?
Des voix : Adopté.
Le Président (M. Schneeberger) : Adopté.
Article 46.
M. Bonnardel : 46 se lit comme
suit : «Le plan national de résilience aux sinistres et le plan
gouvernemental de réponse aux sinistres sont
publiés sur le site Internet du ministère de la Sécurité publique, après qu'en
a été extrait, s'il y a lieu, tout
renseignement susceptible de compromettre la sécurité d'installations,
d'infrastructures, d'équipements ou de tout autre type de biens.»
Commentaire. Cet article prévoit la publication
sur Internet des plans, sous réserve du retrait de certains renseignements.
Le Président (M. Schneeberger) : Merci
pour les explications. Est-ce qu'il y a des questions? Aucune question. Alors,
est-ce que l'article 46 est adopté?
Des voix : Adopté.
Le Président (M. Schneeberger) : Adopté.
Article 47.
M. Bonnardel : «47. Le
coordonnateur gouvernemental de la sécurité civile veille à ce que les autorités
gouvernementales mettent en place les mesures du plan national de résilience
aux sinistres et celles du plan gouvernemental de réponse aux sinistres dont
elles sont responsables.»
Commentaire. Cet article confie au coordonnateur
gouvernemental de la sécurité civile le rôle de veiller à la mise en place des
mesures prévues par les plans.
Le Président (M. Schneeberger) : Merci.
Questions?
Mme Maccarone : Il va être très
occupé.
Le Président (M.
Schneeberger) : Comment?
Mme Maccarone : Il va être très
occupé, M. Savard.
Le Président (M. Schneeberger) : Oui.
Mme Maccarone : C'est bien. On
l'aime beaucoup, M. Savard. Il est très clair.
Le Président (M. Schneeberger) : Alors,
est-ce que l'article 47 est adopté?
Des voix : Adopté.
Le Président (M. Schneeberger) : Adopté.
L'article 48.
M. Bonnardel : 48, Protection
des biens et des services essentiels :
«48. Les autorités gouvernementales qui
fournissent des biens ou des services essentiels doivent mettre en place des mesures destinées à réduire l'importance
des aléas pouvant affecter ces biens ou ces services et la vulnérabilité
de ceux-ci à ces aléas, en tenant compte notamment des changements
climatiques.»
Commentaire.
Cet article vise à ce que les autorités gouvernementales mettent en place des
mesures pour réduire l'importance des aléas qui peuvent affecter les biens ou
les services essentiels qu'ils fournissent ou pour diminuer la
vulnérabilité de ces biens et services à ces aléas.
Donc, manque
d'électricité dans un hôpital, j'ai parti les génératrices. Manque d'eau,
est-ce qu'il y a des bouteilles? Ça fait que c'est un peu ça, les
exemples dont... une responsabilité directe au ministère.
Mme Maccarone : OK. Ça fait que,
quand on... Excusez-moi.
Le Président (M. Schneeberger) : Oui,
députée de Westmount—Saint-Louis.
Mme
Maccarone : Ça fait que, quand on parle des autorités gouvernementales,
on parle de plusieurs instances, non seulement Sécurité publique. On
parle aussi de Santé, Énergie...
M. Bonnardel : Tous les autres
partenaires, c'est ça.
Mme Maccarone : Voilà. OK. Puis,
services essentiels, là, vous avez mentionné l'électricité, mais...
M.
Bonnardel : Bien, services essentiels... Les hôpitaux, les
hôpitaux doivent être ouverts. Il faut... On ne peut pas fermer un
hôpital, là. En tout cas, on ne le souhaite pas.
Mme Maccarone : Non, non.
M. Bonnardel : Donc, il faut prendre
toutes les mesures possibles. L'hôpital peut manquer d'eau, peut manquer
d'électricité. Donc, il faut... il faut se préparer en conséquence.
Mme Maccarone : Ça fait que services
essentiels est aussi... Est-ce que c'est aussi services de garde? Est-ce que
c'est aussi éducation, alimentation?
M. Bonnardel : ...qui le définit,
là, dans sa gestion de risques à elle.
Mme
Maccarone : Puis où est-ce que moi ou n'importe quel autre
citoyen peut retracer cette liste de qu'est-ce qu'eux, il définit comme
services essentiels? Ça, c'est publié dans... sur le site Web de chaque
ministère?
Des voix : ...
M.
Bonnardel : ...puis, c'est ça, c'est en évolution aussi selon
les mandats, ou la situation, ou les situations, là, qui peuvent amener
ça.
Mme Maccarone : Mais, si on se base
sur, malheureusement, la pandémie que nous avons vécue, est-ce que je suis sur la bonne voie si je présume que, par
exemple, services de garde éducatifs à l'enfance, ça, c'est quand même
un service essentiel, parce que c'est une instance que nous avons privilégiée
pour garder ouvert, aussi les écoles, ou peut-être pas les écoles?
M.
Bonnardel : Donc, on pourrait... on pourrait prétendre et
s'assurer qu'aujourd'hui, à cause de la pandémie... bien, que le ministère de
la Famille, dans son... dans son plan comme tel, va mettre en place des mesures
pour s'assurer que, si, je ne sais pas, moi, il y avait une panne de
courant... une autre pandémie puis il y avait une panne de courant en plus dans la pandémie... bien, que... s'assurer que la...
j'imagine, que les garderies puissent rester ouvertes, là, pour... s'il y avait
une panne de courant prolongée, là, prolongée ou autre, là.
Mme
Maccarone : Où est-ce que se retrouve l'alimentation, dans
quel ministère, mettons, pour s'assurer que tous les services
alimentaires qu'on...
M. Bonnardel : C'est à Agriculture.
Mme Maccarone : Ça, ça va être sous
Agriculture. Ça fait que ça, ça doit être un service essentiel identifié.
M. Bonnardel : Aussi.
Mme Maccarone : OK. OK.
Le Président (M. Schneeberger) : Ça
va? Pas d'autres questions? Alors, est-ce que l'article 48 est adopté?
Des voix : Adopté.
Le
Président (M. Schneeberger) : Adopté. Article 49. M. le ministre, si vous êtes
aussi capable de rapprocher un petit peu votre micro... Oui, exactement.
Ça va aider.
M. Bonnardel : Alors, article 49,
Mesures de coopération. Le texte se lit comme suit : «Le ministre peut participer, avec les autorités gouvernementales
dont les ressources sont mises à contribution dans le plan gouvernemental
de réponse aux sinistres, à la mise en
place, avec une autorité de l'extérieur du Québec, de mesures de coopération en
matière de sécurité civile pouvant être déployées pour répondre à un
sinistre ou à son imminence au Québec ou ailleurs.»
Commentaire. Cet article permet au ministre,
pour répondre à un sinistre ou à son imminence au Québec ou ailleurs, de
participer, avec les autorités gouvernementales dont les ressources sont mises
à contribution dans le plan gouvernemental
de réponse aux sinistres, à la mise en place, avec une autorité de l'extérieur
du Québec, de mesures de coopération en matière de sécurité civile
pouvant être déployées.
Le
Président (M. Schneeberger) : Merci pour les explications. Questions? Mme la
députée de Westmount—Saint-Louis.
Mme Maccarone : Merci. Pourquoi
qu'on a besoin de cet article? Pourquoi qu'on a besoin de mettre dans la loi
que le ministre peut participer? Pourquoi que ce n'est pas juste...
M. Bonnardel : C'était déjà le cas.
Mme Maccarone : Ça fait partie de
votre autorité déjà, comme ministre, de participer avec les autorités
gouvernementales puis avec une autorité à l'extérieur du Québec, mesures de
coopération, puis il y avait aussi autres articles
que nous avons déjà adoptés en ce qui concerne le partenariat avec les autres
provinces ou à l'échelle internationale.
M. Bonnardel : C'est en lien aussi.
C'est en lien aussi avec l'article 52, là, qu'on va voir... qu'on va voir
un peu plus loin, là, où «le gouvernement
peut accorder les autorisations ou les dérogations prévues par la loi pour
l'exercice d'une activité ou pour l'accomplissement d'un acte requis
pour le déploiement rapide et efficace, par les autorités québécoises ou [...]
celles de l'extérieur du Québec, de mesures de coopération en matière de
sécurité civile».
Mme
Maccarone : Ça fait que vous êtes en train de dire : Si
on n'adopte pas cet article, on ne peut pas adopter...
M. Bonnardel : C'est en lien, c'est
en lien.
Mme Maccarone : ...l'article 52
devient caduc. On ne pourra pas le mettre à l'oeuvre.
M. Bonnardel : Corrigez-moi, là,
mais c'est en lien. Pas nécessairement?
Des voix : ...
M.
Bonnardel : ...va
donner une petite explication.
Le Président (M. Schneeberger) : M.
le sous-ministre.
• (16 h 20) •
M. Savard (Jean) : Merci. Dans
l'article de loi existant, là, le ministre venait comme un peu ordonner à un partenaire impliqué au plan national de sécurité
civile de mettre en oeuvre sa mission pour venir soutenir à l'extérieur du Québec. Ici, on y va plus de façon concertée,
collaboration pour venir soutenir une entité qui aurait besoin à l'extérieur du Québec. On
y va plus sur le mode concertation, collaboration, qui est l'esprit même de
notre... de la loi puis des plans, le plan de réponse aux sinistres
aussi, de la manière dont on fonctionne. C'est la différence majeure.
Mme Maccarone : Mais vous n'avez pas
déjà cette possibilité sans que ce soit écrit dans la loi.
M. Savard (Jean) : Non, pas pour...
pas avec notre ministère, non.
Mme Maccarone : OK.
Le Président (M. Schneeberger) : Ça
va? M. le député de Laurier-Dorion.
M. Fontecilla : Les autres articles
qu'on a regardés, là, sur les activités à l'extérieur, là, c'est lorsqu'il
s'agit d'interventions. Ici, c'est plutôt dans la préparation, concertation en
vue de préparer une éventuelle intervention dans tel ou tel cas.
M. Bonnardel : ...oui, de mesures de
coopération, oui.
M.
Fontecilla : Pourriez-vous nous donner un exemple d'une mesure
de coopération en matière de sécurité civile?
Le Président (M. Schneeberger) : M.
le sous-ministre.
M. Savard (Jean) : Un exemple. Je
vais vous donner un exemple au Plan national de sécurité civile. Dans la
mission santé ou dans le plan de réponse à la mission santé, il y a tout
l'aspect service psychosocial. Et, mettons qu'une
province limitrophe ou un État limitrophe aurait besoin de support parce qu'il
y a un sinistre majeur puis qu'ils ont
besoin de ces capacités-là en soutien psychosocial, le ministre de la Sécurité
publique, dans son rôle de coordonnateur de la réponse gouvernementale, pourrait demander à son collègue à la
Santé de déployer ces capacités-là de la mission santé à l'extérieur pour venir prêter main-forte. Alors, ça, c'est un
cas assez concret, là, que le soutien psychosocial pourrait s'effectuer
par des ressources du Québec à l'extérieur.
M. Fontecilla : Donc, envoyer, par
exemple... Concrètement, envoyer des psychologues.
M. Savard (Jean) : Ça pourrait être
des psychologues, travailleurs sociaux.
M.
Bonnardel : ...il arrive une tuerie de masse, je ne sais pas,
là, puis il y a besoin de psychologues additionnels en Ontario, à Toronto, il se pourrait, rapidement,
que l'Ontario, par l'entremise de son ministre, nous demande de l'aide
psychosociale.
M. Fontecilla : OK.
Le Président (M. Schneeberger) : Ça
va comme ça? Oui, députée de Westmount—Saint-Louis.
Mme Maccarone : Juste une dernière
précision. Quand on parle des autorités gouvernementales, on parle uniquement
du provincial ou est-ce qu'on parle aussi de municipal, fédéral?
M. Bonnardel : C'est provincial,
hein?
Des voix : ...
Mme Maccarone : C'est uniquement
provincial. OK.
Le
Président (M. Schneeberger) : C'est bon? Alors, s'il n'y a pas d'autre question,
nous allons mettre l'article 49 aux voix. Est-ce que
l'article 49 est adopté?
Des voix : Adopté.
Le Président (M. Schneeberger) : Adopté.
Article 50, et nous changeons de section, Réponse aux sinistres.
M. Bonnardel : Alors, Déploiement de
mesures, article 50 se lit comme suit : «Lorsqu'un sinistre ou son imminence le requiert, le coordonnateur
gouvernemental de la sécurité civile alerte et mobilise les autorités gouvernementales concernées. Sous sa coordination,
elles doivent déployer les mesures d'intervention ou de rétablissement du plan gouvernemental de réponse aux sinistres
dont elles sont responsables, en les adaptant s'il y a lieu, ou toute autre mesure
qu'elles jugent appropriée dans les circonstances.»
Commentaire. Cette disposition charge le
coordonnateur gouvernemental de la sécurité civile d'alerter et de mobiliser les autorités gouvernementales
concernées lorsqu'un sinistre ou son imminence le requiert, lesquelles doivent
alors déployer les
mesures d'intervention ou de rétablissement du plan gouvernemental de réponse
aux sinistres dont elles sont
responsables. Ces autorités peuvent ainsi adapter les mesures dont elles sont
responsables selon les circonstances et déployer toute autre mesure
appropriée.
Le
Président (M. Schneeberger) : Merci pour les explications. Ça va? Oui, députée
de Westmount—Saint-Louis.
Mme Maccarone : Bien, j'aurais deux
questions. Dans le fond, ici, dans le 50... Parce que je vois qu'il y a un lien aussi avec le 51 en termes de
responsabilités, parce qu'ici on parle du coordonnateur gouvernemental, mais, à
51, on parle de le rôle du ministre ou toute personne qu'il désigne, qui
peut aussi être le coordonnateur gouvernemental. Ça fait que, peut-être, ici,
on peut avoir l'explication de la différence entre ce rôle puis le rôle du
ministre.
M. Bonnardel : ...sous-ministre.
Mme Maccarone : Le sous-ministre.
M. Savard (Jean) : Lorsqu'on parle
de déploiement de mesures, et ce n'est pas toujours lorsqu'il y a un sinistre d'importance nationale, c'est le rôle en
continu du coordonnateur gouvernemental. Je vous donne un exemple. Cette
semaine, il y a des grandes quantités de pluie annoncées dans différentes
régions du Québec. Ce n'est pas le cas présentement, il n'y a rien
d'alarmant, en passant, mais, mettons qu'il y a des grandes quantités de pluie,
j'ai une équipe, moi, qui suit en continu à
l'aide de différents indicateurs, qui est capable d'anticiper l'effet sur les
cours d'eau. Et, lorsqu'on constate
qu'il peut y avoir des effets collatéraux, que les cours d'eau vont augmenter
d'une certaine façon, puis il peut y avoir du risque d'inondation, bien,
c'est mon rôle de mobiliser les différents intervenants, Sûreté du Québec, Transports, Environnement, les différents
porteurs de mission qui peuvent être les plus interpelés pour soutenir les
communautés, afin qu'ils se mobilisent en amont, qu'ils mettent des gens en
disponibilité, qu'ils passent les messages,
qu'ils viennent d'entrée de jeu soutenir les autorités. Et le Centre des
opérations, que vous viendrez peut-être visiter, a le rôle aussi
d'informer, par différents points d'information officiels du gouvernement, là,
les municipalités en disant : Voici ce qui est anticipé en fin de semaine,
voici les niveaux sur les rivières qu'on anticipe.
Alors, c'est
toutes les mesures qui... Lorsqu'à mon niveau on constate l'imminence d'un
événement particulier, on déploie en amont des événements. Bien entendu,
lorsque le sinistre arrive et que, là, ce n'est pas anticipé, bien, j'ai
ce même rôle là de mobiliser l'ensemble des
acteurs, ça peut être toute l'OSCQ ou en partie dépendamment des besoins,
et de mobiliser l'action pour que la réponse
régionale en soutien aux communautés s'effectue le plus rapidement possible. Alors,
en gros, c'est ça, la responsabilité du coordonnateur gouvernemental.
Mme Maccarone : Puis, quand on
arrive au 51, comment c'est différent, d'abord, tout ce que vous venez
d'identifier? C'est quoi, la différence entre les responsabilités qui sont
octroyées au coordonnateur gouvernemental et
ce qui est identifié au 51, où on parle du ministre ou toute autre personne,
qui, je peux imaginer, serait vous, M. Savard, par exemple? C'est quoi,
la nuance entre les deux?
(Interruption)
Mme Maccarone : On peut prendre une
pause.
M.
Bonnardel : C'est notre... c'est notre pouvoir, comme au
milieu municipal, qu'on... où on a déjà... on a déjà adopté cette loi.
Quand on parle de spécialistes, ça peut être ingénieurs ou médecins, encore une
fois, sur lesquels on va chercher... on va désigner puis qu'on va aller
chercher des renseignements.
Mme Maccarone : Peut-être que je
vais poser la question encore rendu là, parce qu'excusez-moi, mais je ne
comprends pas la différence. Bien, je peux attendre pour poser la question
encore, pour donner une chance à préparer peut-être
une réponse, parce que, sincèrement, je ne comprends pas la différence entre
les mesures qui seront déployées.
Mais j'ai une autre question aussi à l'intérieur
du 50. Quand on parle de... Ici, on dit : «Sous sa coordination, elles doivent déployer les mesures d'intervention
ou de rétablissement du plan gouvernemental de réponse aux sinistres dont elles sont responsables, en les adaptant s'il
y a lieu...» Qu'est-ce qu'on veut dire par «en les adaptant»? Parce que... Il
me semble, c'est des plans qui sont mis en
place, que tout le monde a contribué, puis ils sont écrits, puis c'est
important. Ça fait que, là, si on les adapte, ça veut dire quoi
exactement?
M. Savard (Jean) : C'est tout
l'aspect évolutif du plan de réponse gouvernementale aux sinistres, parce que, oui, c'est écrit, mais l'occurrence d'un sinistre
va toujours nous arriver avec... Vous savez, un plan, là, ça tient jusqu'à l'occurrence
du sinistre, et là on se rend compte... Il va toujours manquer l'élément qui...
Alors, c'est un plan qui demande beaucoup de
souplesse, quand même, des différents ministères porteurs pour pouvoir adapter
leurs réponses au besoin qui a été exprimé par la communauté.
Alors, c'est
pour ça que les porteurs de mission, mes collègues sous-ministres associés dans
les autres ministères, quand ils prennent cette responsabilité, ils sont
bien conscients qu'au-delà de ce qui est écrit ils vont devoir avoir une approche assez élargie pour pouvoir répondre aux
besoins de la communauté. Il ne faut pas... il ne faut pas avoir dans
l'esprit qu'on va seulement appliquer ce qui est écrit. Il faut avoir une
approche plus large, qui demeure dans le champ de compétence de notre ministère,
généralement, mais il faut avoir une approche plus large pour pouvoir combler
le besoin de la communauté.
Mme
Maccarone : OK. C'est clair. Merci.
Le Président
(M. Schneeberger) : Ça va?
Mme Maccarone :
Oui.
Le Président
(M. Schneeberger) : Alors, est-ce que l'article 50 est
adopté?
Des voix : Adopté.
Le Président
(M. Schneeberger) : Adopté. Article 51.
M. Bonnardel :
«51. Lorsque la vie, la santé ou l'intégrité des personnes est menacée en
raison d'un sinistre ou de son imminence, le ministre ou toute personne qu'il
désigne à cette fin peut requérir de tout spécialiste ou de toute personne dont
les biens ou les activités sont menacés ou touchés par le sinistre ou peuvent
en aggraver les conséquences des renseignements scientifiques, techniques ou
autres et avoir accès à tout lieu afin de connaître et de comprendre la
situation et ses conséquences potentielles.
«Le ministre ou la
personne désignée peut communiquer les renseignements ainsi obtenus à toute
personne à qui ils sont nécessaires pour protéger les personnes dont la vie, la
santé ou l'intégrité est menacée.»
Commentaire. Cette
disposition accorde au ministre ou à la personne qu'il désigne les pouvoirs
pour obtenir les informations nécessaires
pour s'assurer... pour assurer la protection des personnes et les autorise à
les communiquer aux personnes en mesure de protéger celles dont la vie,
la santé ou l'intégrité est menacée.
Donc, comme je le
disais tantôt, là, le terme «spécialiste», là, ça peut être ingénieur ou médecin,
exemple. Puis, c'est ça, tu sais, je le
disais aussi tantôt, là, on vient... on avait discuté pour ce qui est de la
compétence municipale, là. C'était l'article 15, qui est similaire
à celui-là.
• (16 h 30) •
Le Président
(M. Schneeberger) : Merci. Questions? Députée de Westmount—Saint-Louis.
Mme Maccarone :
Et la différence avec le 50 et le 51... Parce que c'est ça que j'essaie de
comprendre, parce qu'il me semble... Le
coordonnateur gouvernemental, quand M. Savard va mettre à l'oeuvre le
plan, dans le plan, on parle déjà,
parce qu'on l'a déjà adopté dans les articles précédents, de le rôle de
l'inspecteur, puis c'est l'inspecteur qui va pouvoir prendre les photos,
avoir accès, mais là... puis aussi les municipalités qui vont pouvoir déployer
des spécialistes, le gouvernement aussi. Ça fait que ce n'est pas le
coordonnateur qui va le faire. C'est le ministre qui fait...
M. Bonnardel :
Ou toute personne... ou toute personne que je nomme. Ça peut être encore...
Mme Maccarone :
...ou la personne que le ministre désigne.
M. Bonnardel :
Donc, 50, on est plus dans l'opération gouvernementale complète, là, dans
le courant.
Mme Maccarone :
Dans quoi?
M. Bonnardel :
Dans l'opération courante.
Mme Maccarone :
OK.
Le Président
(M. Schneeberger) : Ça va comme ça?
Mme Maccarone :
Ça fait que ça, c'est... Excusez-moi. 50, c'est opérations courantes. Puis
51?
M. Bonnardel :
On est plus dans le quotidien, là, de l'événement ou du sinistre, là. Je ne
sais pas si ça...
Mme Maccarone :
OK.
Le Président (M.
Schneeberger) : Député de Laurier-Dorion.
M. Fontecilla :
Bien, ici, en quelque sorte, 51, là, le ministre ou toute personne qu'il
désigne... enfin, le ministre, à cette fin,
«peut requérir». Donc, il y a une notion d'obligation, là, d'une personne qui
n'est pas nécessairement du
gouvernement, là, ça peut être extérieur, là, tandis que 50, c'est... comme
vous l'avez dit, là, c'est la coordination interne du gouvernement, là.
M. Bonnardel :
...spécialiste, ça peut être un ingénieur qui n'est pas... bien, qui n'est
pas au gouvernement.
M. Fontecilla : Qui n'est pas
au gouvernement.
M. Bonnardel : C'est ça.
M. Fontecilla : Mais vous avez
la capacité de... — c'est
quoi, le terme? — de
requérir ses connaissances ou ses autorisations d'accès, etc.
M. Bonnardel : C'est ça, ou un
des spécialistes qu'on aura...
M. Fontecilla : Vous vous
donnez la capacité d'ordonner. Il y a un aspect coercitif, là.
M. Bonnardel : C'est ça.
Le Président (M. Schneeberger) : Ça
va? Députée de Westmount—Saint-Louis.
Mme Maccarone : Dans le mémoire
de l'INSPQ puis lors de leur présentation, eux, ils avaient fait des
revendications de s'assurer qu'ils font partie des groupes qui sont consultés
puis ils font une recommandation ici, à l'article 51, d'inclure
l'obligation de consulter soit le ministre de la Santé ou le DNSP. Est-ce qu'il
y a une ouverture d'intégrer leur souhait?
M. Bonnardel : C'est plus en
amont, là, ce qu'on vient... ce qu'on vient de discuter, là, qui... Je reprends
l'exemple des ambulanciers avec le ministère
de la Santé et des Services sociaux. Bien, c'est un peu... c'est un peu la même
chose pour la Santé publique.
Puis, encore une fois, pendant les opérations,
l'année passée, des feux de forêt, on était en communication quand c'était le temps de dire aux gens : OK,
pour telle ville, même Montréal, l'avis de ne pas faire d'activités
extérieures... Si je ne me trompe pas, c'était fermer les fenêtres
aussi. Bien, c'est le coordonnateur, mon sous-ministre, qui était informé par
ses partenaires dans l'Organisation de sécurité civile, qui nous dit :
Bien, voici ceci et cela. Puis ça fait qu'au post mortem suivant, ou communication
directe, ou dans le post mortem qu'on a... qu'on pourrait ou qu'on va faire
dans le futur, bien, il n'est pas dit que, même si c'est sous l'égide... sous
l'égide du ministère de la Santé... que nous-mêmes, on ne pourrait pas prendre
connaissance ou acte pour parler à ces gens-là. Il n'y a pas...
Mme Maccarone : OK. Bien, c'est
ça. Je pense qu'eux, leur souhait, c'est peut-être juste de l'entendre, qu'ils
vont être consultés. Même s'il n'y a pas l'obligation, je pense qu'à quelque
part... Pas pour mettre des mots dans votre
bouche, mais c'est un peu le gros bon sens de s'assurer qu'ils font partie des
partenaires. Puis on ne parle pas de
local, parce qu'eux c'est vraiment le directeur national de santé publique
ainsi que le ministère ou le ministre qu'ils souhaitent faire partie de
toutes les interventions puis les décisions qui sont prises, pas après, mais
souvent avant qu'elles sont prises, ça fait que... Est-ce que j'ai bien
encapsulé le souhait puis l'orientation?
M. Bonnardel : Tout à fait.
Mme Maccarone : C'est parfait.
Ça me va. Merci.
Le Président (M. Schneeberger) : ...alors,
s'il n'y a pas d'autre question, est-ce que l'article 51 est adopté?
Des voix : Adopté.
Le Président (M. Schneeberger) : Adopté.
Article 52.
M. Bonnardel : 52 se lit comme
suit : «Le gouvernement peut accorder les autorisations ou les dérogations
prévues par la loi pour l'exercice d'une
activité ou pour l'accomplissement d'un acte requis pour le déploiement rapide
et efficace, par les autorités québécoises ou [...] celles de l'extérieur du
Québec, de mesures de coopération en matière de sécurité civile pour
répondre à un sinistre ou à son imminence, au Québec ou ailleurs.»
Commentaire. Cette disposition permet que des
autorisations ou des dérogations prévues dans certaines lois pour exercer une activité ou accomplir un acte
puissent être données par le gouvernement afin de déployer rapidement et
efficacement les mesures de coopération requises pour répondre à un sinistre ou
à son imminence.
Le Président (M. Schneeberger) : Merci.
Est-ce que nous avons des questions? Députée de Westmount—Saint-Louis,
non, ça va? Député de Laurier-Dorion.
M. Fontecilla : Tantôt,
on s'était dit que, lorsque... Habituellement, là, quand on parle du
gouvernement, là, il s'agit du comité exécutif ou du Conseil des ministres... comité... Conseil des ministres.
Pourquoi ne pas parler ici du ministre? Pourquoi le gouvernement? C'est... Qui autorise... Lorsqu'on parle du
gouvernement ici, qui accorde des autorisations?
M.
Bonnardel : Bien, le gouvernement, c'est... bien, c'est le Conseil des
ministres, Conseil des ministres, qui est le ministre comme tel qui y répond,
là. C'est un décret du Conseil des ministres, là.
M.
Fontecilla : Est-ce que ça ne pourrait pas... ce ne serait pas plus
agile que ce soit le ministre lui-même au lieu de réunir le Conseil des
ministres pour l'exercice d'une activité, l'accomplissement d'un acte requis?
M. Bonnardel :
Non, mais, exemple, si on permet un passage... on doit permettre des
passages de véhicules lourds en période de dégel, bien là, ce n'est pas moi qui
vais... qui vais l'autoriser. C'est la ministre des Transports qui va
l'autoriser. Donc, on est plus larges dans la définition de «le gouvernement»,
là.
M. Fontecilla :
Mais est-ce que la ministre des Transports va passer par le Conseil des
ministres? Est-ce que... Je comprends que c'est plus... ça peut dépasser les
compétences du ministre de la Sécurité publique, mais qui va prendre la
décision?
M. Bonnardel :
C'est ça, c'est que c'était... Dans l'ancien article, c'était un pouvoir
qui était trop grand ou énorme pour juste le ministre du... de la Sécurité
publique. C'est pour ça, l'exemple que je vous donne du ministère des
Transports, bien, ça ne viendrait pas de moi, là. Si on devait autoriser le
transport de véhicules lourds en période de dégel, bien, c'est... Moi, je fais
la demande. C'est la ministre des Transports qui l'autorise.
M. Fontecilla :
OK. Mais, dans ce cas-ci, c'est la ministre des Transports qui autorise,
là. Donc, c'est le ministre concerné, pas le gouvernement, là. Si j'entends
«gouvernement», là, selon la définition qu'on a prise, c'est le Conseil des
ministres.
M. Bonnardel : ...situation
exceptionnelle, c'est le gouvernement qui prend la décision, mais c'est la
ministre... le ou la ministre, ou le ou les ministres... le ministre
concerné qui va faire cette demande, là.
M. Fontecilla :
Au Conseil des ministres.
M. Bonnardel :
C'est ça.
M. Fontecilla : Donc, ça doit passer par
le Conseil des ministres obligatoirement. C'est ça, le sens de cet
article-là.
M. Bonnardel :
Oui, oui.
M. Fontecilla :
Ça ne fait pas en sorte de créer, comment dire, une démarche d'autorisation
supplémentaire. Ça ne pourrait pas être, par
exemple : Le ministre concerné peut accorder les autorisations. Donc,
c'est chaque ministre, là, dans ses prérogatives à lui ou à elle.
M. Bonnardel :
Je vais vous donner une réponse.
Des voix : ...
M. Bonnardel :
Notre avocate va vous...
Le Président (M.
Schneeberger) : ...du consentement pour qu'elle puisse prendre la
parole. Consentement?
Des voix : Consentement.
Le Président (M.
Schneeberger) : Alors, Mme Potvin, vous présenter avec votre nom
et titre.
Mme Potvin
(Noémi) : Noémi Potvin, avocate aux affaires juridiques du ministère
de la Sécurité publique.
Merci. Comme vous
avez pu voir, je voulais vraiment venir apporter des précisions. C'est qu'ici
on ne parle pas nécessairement d'un pouvoir qui serait exercé par un autre
ministre en temps normal. Si, par exemple, le ministre des Transports a le pouvoir de donner telle autorisation, il va pouvoir
le faire comme à l'habituel, mais il y a... les lois prévoient toutes
sortes d'autres autorisations ou permissions. Par exemple, dans le Code des
professions, il y a un mécanisme pour
reconnaître un professionnel pour... par exemple, un psychologue, pour qu'il
puisse exercer, mais là, dans un
contexte comme ça, ça pourrait être le gouvernement qui dirait : OK,
normalement, c'est l'Ordre des psychologues qui doit prendre cette décision-là, mais là nous, au gouvernement, on va
prendre la décision à la place parce qu'on doit le faire rapidement
ou... Dans le Code de la sécurité routière, là, je n'ai pas l'article sous les
yeux, mais, par exemple, il y a une disposition qui dit que c'est le
propriétaire du chemin privé qui doit consentir à l'installation d'un panneau. Bien là, à ce moment-là, il faut que ça aille
vite, ça pourrait être le gouvernement qui prenne cette décision-là à la place
du propriétaire, donc, c'est... d'où l'utilité, là, de cette disposition.
• (16 h 40) •
M. Fontecilla : Très bien. Mais
le gouvernement... Concrètement, qui donne l'autorisation? C'est le ministre
concerné ou le Conseil des ministres?
Mme Potvin
(Noémi) : C'est le Conseil des ministres. C'est le Conseil des
ministres. Le gouvernement va prendre un décret, par décret.
M. Fontecilla :
Dans l'exemple que vous donnez, là, du propriétaire privé qui doit
autoriser l'installation d'un... d'un panneau, vous avez dit...
Mme Potvin
(Noémi) : D'un panneau, oui.
M. Fontecilla :
...est-ce qu'on doit convoquer le Conseil des ministres pour autoriser une
action de cet... de cet ordre-là?
Mme Potvin (Noémi) : C'est un exemple, mais ça
pourrait être ça. Mais on peut penser qu'il y aurait plusieurs...
M. Fontecilla :
On est au minimum. Ça pourrait être plus important.
Mme Potvin
(Noémi) : Oui, oui, c'est ça.
M. Fontecilla :
Mais est-ce que ça... Dans le cas du panneau, vous l'avez nommé, ça ne
pourrait pas être plus simple que ce soit le ministre concerné qui autorise,
là, sans devoir convoquer le Conseil des ministres?
Mme Potvin
(Noémi) : Le ministre ne peut pas l'autoriser, ça. Dans le Code de la
sécurité routière — ah!
merci — c'est :
«Le propriétaire ou le locataire d'un véhicule routier, ou l'exploitant d'un
véhicule lourd, ne peut laisser circuler un véhicule routier ou un ensemble de
véhicules routiers», sauf si... Bon, bien là, dans ce cas-ci, ce n'est pas le
ministre des Transports qui peut donner l'autorisation. C'est le propriétaire
ou le locataire d'un véhicule routier qui peut donner l'autorisation qui
est recherchée. Donc, c'est pour ça. Si le ministre a un pouvoir, en vertu de
la loi, de donner une autorisation, c'est lui qui va le faire.
Là,
on vise vraiment d'autres situations, là. C'est ça. Par exemple, j'avais, dans
le Code des professions, l'autorisation spéciale : «Une
autorisation spéciale accordée pour un temps limité» qui permet à une personne
qui normalement n'est pas titulaire d'un
permis d'un ordre professionnel. Bien là, à ce moment-là, le Conseil des ministres peut autoriser certaines personnes, certains
professionnels à venir exercer pour un... pour un certain moment, selon les conditions
qu'il aura établies.
M. Fontecilla : Très bien. Je peux
comprendre dans une situation normale, mais, dans une situation d'urgence où
le... les... certains... un grand nombre de décisions grandes et petites
doivent être prises, là, à différents moments, etc., là, il me semble que, selon cette formulation-là qui
oblige de passer constamment par le Conseil
des ministres, ça ajoute une
lourdeur qui implique du temps, qu'il pourrait être plus simple d'éviter, là,
en autorisant les ministres concernés, Transports,
Sécurité publique, Santé, que sais-je, là. On s'ajoute une obligation
bureaucratique supplémentaire, alors... pour certaines décisions qui
sont très simples, comme passer par un chemin privé, là, par exemple.
Mme Potvin (Noémi) : Mais c'est quand même un
grand pouvoir qu'on donne, c'est pour ça, d'où le fait que ça a été
confié au gouvernement et non à un seul ministre. Là, rendu là, c'est...
M. Fontecilla :
Je comprends. Donc, on a... on a de la tension entre une décision qui peut,
bon, faire passer un camion par un chemin
privé, qui, ça, c'est une petite décision, on s'entend, là, mais il peut y en
avoir des beaucoup plus importantes, peut-être, qui méritent la décision
du Conseil des ministres. Donc, c'est la tension entre l'efficacité et
l'importance de la décision. Mais, ici, même les petites décisions doivent
passer par le Conseil des ministres. Je trouve
que, dans un cas d'urgence, là, ça devient contre-productif. S'il faut confiner
l'ensemble du Québec, là, il me semble que c'est le Conseil des
ministres.
Mais comment, d'un
point de vue... d'un point de vue législatif, on peut mettre la... comment
dire, une... la distinction entre ce qui est important, ce qui est moins
important? Je pense que ça vous appartient. Mais je souligne qu'ici on s'ajoute une lourdeur qui peut... qui
peut entraver des démarches, là, afin de... dans une situation d'intervention
d'urgence, par exemple. Ce n'est pas à vous que je pose la question. C'est une
question politique, hein? C'est très politique comme question.
M. Bonnardel :
...cas exceptionnels, s'il y a des cas exceptionnels, c'est le
gouvernement. Mais il y a des petites, vous
l'avez dit, là, petites décisions qui peuvent être prises au quotidien, là, par
le gouvernement, qui est le ministre, qui est le ministre,
nécessairement, là.
M. Fontecilla : Non, mais, ici, le gouvernement, c'est le Conseil des ministres. Lorsqu'on parle du gouvernement, c'est le
Conseil des ministres. Ce n'est pas le ministre.
M. Bonnardel :
Chaque ministre a ses... a ses pouvoirs pour prendre des décisions, mais...
M. Fontecilla : Mais
pas ici. Vous devez passer... Vous, vous devez autoriser, je ne sais pas, des
psychologues de façon... rapidement, mais vous, vous devez recommander au
Conseil des ministres d'approuver, d'octroyer des autorisations
à ces... à ces psychologues-là pour exercer pendant, je ne sais pas, deux
semaines ou une semaine, peu importe, mais là vous devez... Vous vous rajoutez
une démarche supplémentaire.
M. Bonnardel : Oui, mais...
Oui, vous avez raison, mais, le Conseil des ministres, il y a un processus. Au Conseil
des ministres, s'il y a une décision à prendre, ça peut se faire en accéléré.
Ça peut se faire... Ça peut se prendre dans
une heure. Il peut y avoir un Conseil
des ministres spécial qui est appelé
une heure plus tard pour prendre telle ou telle décision. Le Conseil des
ministres est à tous les mercredis, mais on peut avoir un Conseil des ministres
dans deux heures. Donc, s'il y a une
situation d'urgence, le Conseil des
ministres va être appelé dans deux
heures, dans 45 minutes, et c'est là qu'on va prendre une décision.
M. Fontecilla : Très
bien. Mais vous... S'il s'agit d'une série de petites décisions, on va les
qualifier comme ça, vous allez réunir le Conseil des ministres souvent,
là.
M. Bonnardel : Bien, s'il y en
avait des petites... D'habitude, c'est pour un cas particulier, s'il y a une urgence, où il y a un conseil qui est appelé.
Maintenant, ça peut arriver, dans un contexte... dans un contexte xy, là, puis
je n'ai pas de cas de figure, là, qu'il y ait deux, trois dossiers très rapides
qui ont besoin d'être passés au Conseil des ministres dans une heure qui vont
être... qui vont être passés.
M. Fontecilla : Tout à fait.
Écoutez, moi, c'est une question politique, encore une fois, là, de... comment dire, pour accélérer l'intervention en cas... en
cas d'urgence. Et je pense que c'est dans la pratique que vous allez constater,
là, l'efficacité de cet article-là tout en tenant compte, justement, de cette
tension-là, de ces grands pouvoirs versus la nécessité
que ce soient le gouvernement et une instance plus représentative qui
approuvent un certain nombre de décisions, là, mais... Je n'apporterai pas d'amendement, mais il y a une... il y a
une lourdeur administrative, là, évidente qui est là. Et vous allez voir
dans la pratique si l'article en tant que tel fonctionne ou ne fonctionne pas.
Le Président (M. Schneeberger) : ...parfait.
Députée de Westmount—Saint-Louis.
Mme Maccarone : ...juste une
petite question, une précision. Cette autorisation et cette dérogation,
décision qui va être prendre par le Conseil des ministres, ça va être publié
par la suite dans la Gazette officielle. Ça fait que la population le
verront deux semaines plus tard.
M. Bonnardel : Procédure...
processus normal.
Mme Maccarone : OK. OK. Merci.
Le Président (M. Schneeberger) : Ça
va? Pas d'autres questions? Alors, est-ce que l'article 52 est adopté?
Des voix : Adopté.
Le Président (M. Schneeberger) : Article 53.
M. Bonnardel :
53, État d'urgence national :
«53. Le
gouvernement peut déclarer l'état d'urgence national dans tout ou partie du
territoire québécois, pour une période maximale de 10 jours, lorsqu'un
sinistre ou un autre événement perturbant le fonctionnement de la communauté
au point de compromettre la sécurité des
personnes survient ou est imminent et qu'il estime devoir recourir aux pouvoirs
extraordinaires prévus à l'article 57 afin de prendre les actions
immédiates requises pour protéger la vie, la santé ou l'intégrité des
personnes.
«Avant son échéance, le gouvernement peut
renouveler l'état d'urgence pour d'autres périodes maximales de 10 jours ou, avec l'assentiment de
l'Assemblée nationale, pour des périodes maximales de 30 jours, tant que
les conditions prévues au premier alinéa sont remplies.»
Commentaire. Cet article confère au gouvernement
un pouvoir exceptionnel pour agir lorsqu'un sinistre ou un autre événement perturbant le fonctionnement de la communauté au
point de compromettre la sécurité des personnes survient sur tout ou
partie du territoire québécois ou y est imminent. Pour déclarer l'état
d'urgence national, le gouvernement doit
estimer qu'il est requis de recourir à des pouvoirs extraordinaires afin de
prendre les actions immédiates requises pour protéger la vie, la santé
ou l'intégrité des personnes.
L'état d'urgence national peut être déclaré pour
une période maximale de 10 jours et peut être renouvelé avant la même
périodicité ou, avec l'assentiment de l'Assemblée nationale, allonger cette
période à 30 jours.
Donc, si vous
vous posez la question, l'état d'urgence national n'a jamais été déclaré. Je
devinais peut-être, là... Là, j'ai dit : Je vais le dire avant
qu'elle me le demande. Mais ça n'a jamais été... ça n'a jamais été déclaré.
Le Président (M. Schneeberger) : D'autres
questions? Députée de Westmount—Saint-Louis.
Mme Maccarone : ...de
répondre à une de mes questions, ça fait que c'est bon. Peut-être, c'est juste
une question de la formulation de la phrase, mais on débute avec :
«Le gouvernement peut déclarer l'état d'urgence national dans tout ou [une] partie du
territoire québécois», mais, si c'est juste sur une partie, est-ce que c'est
vraiment national ou c'est juste un état d'urgence? National, il me semble,
c'est parce que, là, on parle de vraiment tout le territoire québécois, mais,
quand on dit : C'est juste une partie, est-ce que c'est vraiment...
M. Bonnardel : ...état d'urgence local
versus national. National, ça peut être une région, deux régions concernées, là.
Donc, le terme... le terme «national» est utilisé, même si c'est un... une
partie du territoire québécois.
Mme Maccarone : Puis est-ce que c'était
cet article ou... Dans le fond, l'article 88 de la Loi sur la sécurité
civile actuelle, est-ce que c'était cet article qui a été invoqué lors
de la pandémie que nous avons vécue?
M. Bonnardel :
À ma connaissance, non. Pas à ma connaissance, non. C'est l'état d'urgence
sanitaire.
Mme Maccarone :
OK. Ça fait qu'on n'avait pas besoin d'utiliser article 88 de la loi
actuelle.
M. Bonnardel :
Exact.
• (16 h 50) •
Mme Maccarone :
Ça fait que quand est-ce qu'on va avoir le besoin d'invoquer le nouveau
article 53 versus celui en lien avec...
Parce la raison de la question, c'est parce que, dans le début, avec toutes nos
définitions... Ça fait que comment... comment faire le choix?
M. Bonnardel :
...de terre majeur, astéroïde qui frappe le Québec, je ne sais pas, là.
J'essaie de trouver une catastrophe, là, qui... Tu sais, c'est...
Mme Maccarone :
J'ai des visions d'extraterrestres qui débarquent chez nous.
M. Bonnardel :
Non, non, mais là on est dans le... dans la fiction, là. On ne veut pas que
ça arrive, mais...
Mme Maccarone :
Mais d'abord... Bien, d'abord, pourquoi on a inclus pandémie si pandémie,
c'est sûr ce n'est pas nous? Pandémie, ça va être Santé dans les définitions.
Parce que, «pandémie», ça apparaît seulement une fois dans ce projet de loi,
puis c'est dans les aléas, la définition d'«aléa». Ça fait que pourquoi on a
inclus... on a... on l'a inclus ici si, dans le fond, on ne va jamais invoquer
le 53 en lien avec une pandémie? Pourquoi qu'on l'inclut ici? Pandémie, il me
semble, ça va toujours être...
M. Bonnardel :
Bien, c'est ça, mais pandémie...
Une voix :
...
M. Bonnardel :
C'est ça, c'est un événement qui perturbe... qui perturbe la société dans son
ensemble. Là, on est face à une catastrophe.
Je ne dis pas que la pandémie, ce n'est pas une catastrophe, là, mais le
contexte n'est pas le même, là.
Mme Maccarone :
Ça ne répond pas. Je suis désolée, mais ça ne répond pas à ma question.
Moi, j'essaie de comprendre pourquoi on a inclus pandémie ici si, chaque fois
qu'on va déclarer un état d'urgence national, on dit que pandémie, ce n'est pas en lien avec Sécurité publique, ce n'est pas
en lien avec sécurité civile, c'est directement en lien avec Santé puis c'est eux qui vont utiliser
leur propre article de loi, que... je ne connais pas l'article en question, pour
l'application de la loi.
M. Bonnardel :
Là, c'est parce qu'on a pandémie en tête, la dernière pandémie, mais il
peut arriver une autre sorte de pandémie,
là. Je n'ai pas de cas de figure, là, mais il peut arriver d'autres choses, là,
que la COVID ou une pandémie autre.
Mme Maccarone :
Pandémie, c'est... c'est toujours Santé.
M. Bonnardel :
Non, non, non, ça, je dis... Bien oui, ça, c'est... c'est certain, là, mais
on n'est pas dans le même contexte aujourd'hui, là, état d'urgence sanitaire
versus l'état d'urgence national. Je vous donne des cas de figure, là, extrêmement
graves, là, même, qui amènent... qui amènent de la fiction un peu, là, mais...
Mme Maccarone :
Bref, moi, ma compréhension... Je comprends très bien la définition
d'«aléa» puis quand est-ce que nous allons agir à l'intérieur de ce projet de
loi — glissement
de terrain, tremblement de terre, accident mettant en cause des matières
dangereuses, l'effondrement d'une infrastructure, incendie de forêt — mais
on a... on a ajouté pandémie puis... Bien, dans le fond, pandémie a toujours
fait partie de la loi, puis je questionne pourquoi. Pourquoi on l'a gardé si ça
veut dire, à l'intérieur d'un autre ministère puis une autre loi, c'est là où
nous allons agir quand on parle de mesures d'urgence?
M. Bonnardel :
Bien là, on joue un... Regardez, une pandémie, on a connu celle de la
COVID, là. Je n'ai pas de cas de figure pour une autre sorte de pandémie ou qui
pourrait nous amener à... je ne sais pas, à ce que des gens perdent la vie
rapidement, à l'intérieur d'une heure, deux heures, trois heures, où, là :
Est-ce que l'état d'urgence sanitaire serait encore la plus efficace pour
répondre à une autre pandémie différente de celle qu'on a connue? Je ne le sais
pas. Je ne le sais pas.
Mais l'état
d'urgence national, comme je l'ai mentionné, ça n'a jamais été... n'a jamais
été évoqué, voté, appelé, parce que, bon, on n'a jamais eu besoin. On
n'a jamais eu besoin. L'état d'urgence sanitaire faisait le travail.
Mais, quand on met le mot «pandémie»
précédemment dans un des articles... Mais, une pandémie, c'est ça, il peut y en
avoir une qui va être différente dans 25 ans au Québec ou dans
50 ans, puis on ne le souhaite même pas, mais qui va être complètement
différente, qui pourrait faucher des vies encore plus rapidement, possiblement,
que celle qu'on a connue, là, qui a été une catastrophe mondiale, là, mais...
Mme Maccarone : Oui, je
comprends. Juste que je suis en train de regarder la définition de «pandémie»,
puis ça me fait beaucoup questionner pourquoi on l'a inclus dans ce projet de
loi, parce que, dans le fond, il me semble, on ne va jamais agir au sein de
sécurité civile puis tous les éléments pour changements climatiques que... en
lien avec sécurité publique, vraiment, qui vont être impactés par les
changements climatiques. Parce que la définition de l'Organisation mondiale de
la santé, l'OMS, quand on parle de pandémie, c'est la propagation mondiale
d'une nouvelle maladie. Ça fait que ça ne va jamais être sécurité civile, non?
M. Bonnardel : ...ça, on dit ça,
mais, comme je vous le mentionne... Une pandémie, oui, c'est la Santé, mais
l'exemple... l'exemple que je vous donne, qui n'est peut-être pas bon, mais, si
je ne me trompe pas, c'était la peste... la peste espagnole, les gens mouraient
à l'intérieur d'une heure, deux heures. Est-ce que, rendu là, l'état d'urgence
sanitaire est le bon outil? Peut-être, peut-être pas. Donc, on se donne... on
se donne, dans la définition qu'on a donnée
aux aléas, la pandémie. Bien, une pandémie mondiale, on ne le sait pas, là,
vous et moi, là, c'est... On s'expose à s'imaginer que peut-être que
ceci ou cela dans... On ne souhaite pas que ça arrive, là, mais...
Mme Maccarone : Et, quand on
parle de... On peut «renouveler l'état d'urgence pour d'autres périodes
maximales de 10 jours ou, avec l'assentiment de l'Assemblée nationale,
pour des périodes maximales de 30 jours». Est-ce qu'il y a une limite de
nombre de renouvellements?
M. Bonnardel : Il n'y a pas de
limite, pour des raisons... comme il n'y en a pas non plus pour l'état
d'urgence local, là.
Mme Maccarone : Puis on peut
agir avec l'assentiment de l'Assemblée... Attends. «Avant son échéance, le
gouvernement peut renouveler l'état d'urgence pour d'autres périodes maximales
de 10 jours ou, avec l'assentiment de l'Assemblée nationale...» Ça fait
que quelle est la différence avec «le gouvernement peut» ou «l'assentiment de
l'Assemblée»? Ça veut dire nous, tous les députés ensemble, au salon bleu, on
vote?
M. Bonnardel : C'est ça. Donc,
c'est le Conseil des ministres qui va le renouveler aux 10 jours, et, si
on veut aller... si on veut aller pour des périodes maximales de 30 jours,
là, c'est l'assentiment de l'Assemblée nationale qui va être... l'Assemblée
nationale qui va être convoquée.
Mme Maccarone : L'assentiment,
est-ce que ça veut dire la majorité, les deux tiers, ou est-ce que ça veut dire
à l'unanimité?
M. Bonnardel : Selon moi, c'est
une majorité simple, là, mais je vais aller...
Des voix : ...
Mme Maccarone : À la majorité.
M. Bonnardel :
C'est ça.
Mme Maccarone : OK. Merci.
M. Bonnardel : Oui, à
l'article 56, c'était là. À l'article 56...
Le Président (M. Schneeberger) : ...
M. Fontecilla : Merci, M. le
Président. Donc, j'aimerais, tout d'abord, m'arrêter plus précisément au
deuxième paragraphe, là, donc, le renouvellement de l'état d'urgence pour...
donc, pour d'autres périodes maximales de 10 jours ou, avec l'assentiment
de l'Assemblée nationale, pour des périodes maximales de 30 jours. Donc,
il y a deux possibilités, là, pour un gouvernement qui a déclaré pour une
première fois pendant 10 jours un état d'urgence national.
La première déclaration,
le gouvernement n'a pas besoin d'une approbation parlementaire. Il peut décider
tout seul 10 jours. Là, après 10 jours, là, il a deux possibilités.
Soit qu'il se dit : J'ai besoin... ça va être... ça va durer longtemps, ça
va durer au moins jusqu'à 30 jours, là, ça fait que, si je choisis
30 jours, là, je dois passer rapidement ou, enfin, je dois aller consulter
l'Assemblée nationale et, avec une majorité simple, obtenir une prolongation de
30 jours, mais, si le gouvernement, dans un autre choix, il se dit :
Je n'irai pas à 30 jours, je vais y aller un autre 10 jours, là, il
n'a pas besoin d'aller chercher l'assentiment de l'Assemblée nationale. Et,
après ces 10 jours, on est rendus à 20, là, il peut dire : J'ai
besoin d'un autre 10 jours, là, mais il n'a toujours pas besoin de la...
parce qu'il n'a toujours pas besoin de l'assentiment de l'Assemblée nationale,
des députés réunis. Et il peut aller jusqu'à 40, 50, 60. Il n'y a plus de
limite. Il n'y a plus de limite. Et un renouvellement aux 10 jours, ça
peut aller à très longtemps sans jamais obtenir l'assentiment des députés
réunis au salon bleu. Est-ce que mon interprétation est exacte?
M. Bonnardel : Bien, c'est ce qui
s'est passé, à ma connaissance... pas à ma connaissance, mais ce qui s'est
passé pendant la pandémie, là. État d'urgence sanitaire, c'était aux
10 jours. Donc, aux 10 jours, le prolongement et le renouvellement se
faisaient au Conseil des ministres.
M. Fontecilla : Est-ce qu'avec... En
rétrospective, M. le ministre, ça fait... ça fait quand même quelque... quelque
temps, est-ce que c'était la bonne façon d'agir ou il aurait fallu recourir à
l'assentiment de l'Assemblée avec les députés?
M. Bonnardel : C'est
ce que la loi sur l'état d'urgence sanitaire dictait, à ma connaissance, un
renouvellement aux 10 jours.
• (17 heures) •
M. Fontecilla : Parfait. Mais
on a eu la preuve concrète qu'un gouvernement peut... peut gouverner avec
l'état d'urgence national pendant très longtemps sans jamais avoir
l'assentiment des députés à l'Assemblée nationale. Et, on s'entend, là, dans
notre système politique, là, la majorité simple est relativement facile. Pour
un gouvernement majoritaire, de facto, il
l'a, là, cette majorité-là. Donc, il peut aller chercher une... un
renouvellement pour des périodes de
30 jours, là, consécutifs si... pour des périodes maximales de
30 jours. La loi stipule... C'est au pluriel, là. Donc, on suppose
que c'est consécutif, là. Donc, c'est relativement facile pour un gouvernement,
là.
Mais on ouvre
ici, on formalise la possibilité de la déclaration d'état d'urgence national
pendant très longtemps, je ne dirais pas ad vitam aeternam, mais pendant
très longtemps sans jamais passer par... sans jamais passer par l'Assemblée
nationale. Et je vous rappelle, monsieur... M. le ministre, que, pendant la
pandémie, le gouvernement a utilisé 63 fois, là, cette disposition-là des
10 jours, là, ce qui est un peu trop, selon... selon moi, sans jamais
recourir à l'approbation des députés réunis
au salon bleu. Est-ce qu'il ne serait pas temps, là, de changer cette façon-là
de... à un moment donné, aller voir
les députés et obtenir une décision démocratique, là, pour le renouvellement de
l'état d'urgence?
M. Bonnardel : ...à votre
question, puis je me mets de l'autre côté, côté opposition, l'article 56
qui est un peu plus loin permettrait à l'Assemblée nationale, conformément à
ses règles de procédure, de désavouer par un vote la déclaration d'urgence ou
tout renouvellement... et tout renouvellement de l'état d'urgence. Donc, le
désaveu prend effet le jour de l'adoption de la motion. Donc, c'est un outil
que l'opposition pourrait utiliser.
M. Fontecilla : Tout
à fait. Dans la situation de... dans la situation d'un... Non, mais ça peut
arriver n'importe quand, hein, mais c'est dans la situation surtout... Cet
article-là pourrait avoir, dans notre système politique, pourrait avoir
une incidence réelle s'il y avait un gouvernement minoritaire.
M. Bonnardel :
Ah! bien là, c'est différent.
M. Fontecilla : S'il y a un
gouvernement majoritaire, cet article-là est, de facto, non utilisable. Mais la
question est à savoir, M. le ministre, là,
s'il est convenable, en tant que législateurs, d'adopter un article qui permet
le gouvernement... au gouvernement de gouverner, là, par l'état
d'urgence national pendant très, très longtemps ou s'il faudrait plutôt aller chercher un assentiment de l'Assemblée... des
députés réunis à l'Assemblée... à l'Assemblée nationale, tout en sachant
que, dans le cas d'un gouvernement majoritaire, il va sûrement obtenir un
prolongement de l'état d'urgence national,
mais au moins il va y avoir une sanction démocratique à la prolongation de cet
état d'urgence national. Pourquoi ne pas avoir mis une limite à la
déclaration de l'état d'urgence national?
M. Bonnardel : M. le député, on
ne souhaite pas revoir une situation comme on l'a vécue avec la pandémie mondiale, que le Québec et le monde a connue.
L'état d'urgence sanitaire était important pour prendre des décisions rapides
et importantes. La première chose derrière tout ça, c'était sauver des vies. Le
premier ministre l'a répété maintes, et maintes, et maintes, et maintes
fois. C'est une pandémie qui nous a frappés pendant presque deux ans, même un
peu plus. On a dû fermer le Québec. Donc, il était utile, utile d'avoir cet
état d'urgence sanitaire, de le renouveler, oui,
aux 10 jours pour être capables de prendre des décisions importantes pour
sauver des vies, sauver des Québécois.
M. Fontecilla : Tout d'abord, M. le
ministre, je ne questionne pas l'utilité, là, de l'état d'urgence national, parce qu'il permet de faire... d'entreprendre des
actions, là, qui, normalement, sont... on ne peut pas... un gouvernement ne
peut pas entreprendre. Mais on vit, en même temps, dans une société
démocratique, et c'est important de conserver cet aspect, de conserver cet aspect démocratique
qui est... qui s'incarne, justement, dans le fonctionnement de l'Assemblée
nationale et des votes que le gouvernement gagne ou perd, ou que l'opposition
perd en général, mais il y a... il y a un fonctionnement démocratique, il y
a... qui se... un fonctionnement démocratique qui s'exprime dans... et surtout
pour une situation aussi grave que l'état d'urgence national, mais... Et je
suis convaincu que beaucoup de gens le croient également, qu'il faut, à un moment donné, mettre un cran d'arrêt, là, à
la possibilité du gouvernement, de façon unilatérale, sans jamais aller
soumettre cette décision-là à... aux parlementaires, de continuer, mais pendant
très longtemps, la déclaration de l'état
d'urgence national, surtout que le législateur prévoit que les parlementaires
pourraient s'exprimer dans le cas où on veut renouveler pour un
30 jours supplémentaire l'état d'urgence national.
Donc, c'est
déjà prévu dans les formulations qu'on... que l'on a jusqu'à... jusqu'à
présent, mais le gouvernement choisit une autre voie... peut choisir une
autre voie. En tout cas, il l'a choisie pendant la pandémie sans devoir se présenter à l'Assemblée nationale pour 63 fois,
hein? Je réitère, 63 fois l'état d'urgence national sanitaire a été déclaré sans
l'assentiment de l'Assemblée nationale. Il me semble qu'à la... En
rétrospective, si on tire les leçons de cette... de cette façon de fonctionner
là, on devrait peut-être tirer une conclusion différente. Il faut mettre un
cran d'arrêt et, à un moment donné, passer obligatoirement à un... à un
renouvellement de l'état d'urgence national sanctionné par les... l'Assemblée
nationale.
M. Bonnardel : Bien, je...
M. Fontecilla : N'êtes-vous pas de
mon avis, M. le ministre?
M. Bonnardel : Non. Bien, je termine
en vous disant que c'est un outil, l'état d'urgence local ou national, qui est
important autant pour les municipalités que pour le gouvernement. Comme vous
l'avez mentionné puis je l'ai mentionné, c'est un outil qui était important
pour répondre... répondre à des... à des urgences nationales, lors de la
pandémie, pour sauver des vies. Donc, que ce soit 63, 62, 64 fois, il était
important de le faire, puis dans un contexte mondial... mondial qui était...
qui était une première au Québec, qui était une première en Amérique du Nord,
au Canada depuis des décennies. Donc, cet outil... cet outil sera et continuera
d'être important pour répondre à des... à des catastrophes naturelles, ou à des
pandémies, ou à autre chose.
(Interruption)
Le Président (M. Schneeberger) : On
continue.
Une voix : ...
Le Président (M. Schneeberger) : Bien
oui.
M. Fontecilla : ...d'urgence
sanitaire, j'en suis convaincu, ont contribué à sauver des vies. Comme beaucoup
de choses, comme beaucoup de choses dans la
vie, là, il y a deux... deux pôles, là. Dans ce cas-ci, il y a sauver la...
sauver des vies et, dans... à l'autre
extrémité, il y a la... comment dire, la conservation de notre... de notre...
d'une caractéristique fondamentale de notre société qui est l'aspect
démocratique. Et il peut... Trop... Trop affirmer un seul... sur un seul... un seul des termes de cette relation-là de... qui
est souvent contradictoire, dans ce cas-ci, sauver des vies versus démocratie,
bien, ça peut amener des conséquences politiques, comme par exemple le fait que
certaines personnes, certaines franges de la
population perdent confiance dans nos institutions.
Et ça, c'est grave aussi, là. Ça, c'est grave qu'une partie de la
population soit à risque de ne plus avoir confiance dans nos institutions
démocratiques, parce que ça mine nos caractéristiques
fondamentales de notre... de notre société. Donc, il faut tenir compte aussi de
cette... de cette réalité-là et adresser cette problématique-là, par exemple,
en mettant un cran d'arrêt à la déclaration de l'état d'urgence national,
surtout dans le cas où... dans le cas d'un
gouvernement avec une majorité, qui est assuré d'avoir une majorité afin de
déclarer l'état d'urgence national.
Donc, moi, je
considère, M. le... M. le Président, là, que c'est important. Évidemment,
c'est... le plus important dans la
vie, c'est de sauver, de garantir le maintien à la... comment dire, assurer la
vie des gens, mais c'est aussi important, et il ne faut pas perdre de
vue, là, le maintien de notre vitalité démocratique.
• (17 h 10) •
Le Président (M. Schneeberger) : Merci
beaucoup pour vos commentaires.
M. Fontecilla : Et je veux déposer
un amendement, M. le Président.
Le Président (M. Schneeberger) : Alors,
déposer un amendement. Est-ce que vous l'avez? Est-ce que vous l'avez au
Greffier?
M. Fontecilla : Deux... Vous me
donnez quelques... quelques minutes? Une suspension, s'il vous plaît.
Le Président (M. Schneeberger) : Alors,
nous allons... nous allons suspendre quelques instants.
(Suspension de la séance à 17 h 11)
(Reprise à 17 h 28)
Le Président (M. Schneeberger) : Alors,
nous reprenons les travaux. Il demanda... On a demandé une suspension pour que le député de Laurier-Dorion puisse soumettre un amendement. Alors, M. le député de Laurier-Dorion, on vous écoute.
M.
Fontecilla : Merci, M. le Président. Évidemment, c'est un...
c'est un sujet délicat qui met... qui met en jeu, là, certains...
certaines conceptions fondamentales de ce qui est notre démocratie et, d'autre
part, ce qui est notre... comment dire, la... l'importance que nous allouons
aussi à sauver des vies.
D'emblée, il
me semble très important d'affirmer que je reconnais
l'importance de la possibilité, pour n'importe quel... pour un
gouvernement, démocratique par surcroît, de déclarer l'état d'urgence national,
qui lui permet d'adopter un certain nombre de décisions extraordinaires qui,
normalement, dans un état... dans un état normal, ne pourraient pas être prises par un gouvernement mais qui, dans un état de
crise comme la pandémie, pour ne pas la nommer, permettent à ce
gouvernement-là de mettre de l'avant des mesures et sauver... et sauver des...
concrètement des vies.
• (17 h 30) •
Donc, encore une fois, l'état d'urgence est une
prérogative, est une... est une faculté régalienne d'un État... d'un État, et
il doit pouvoir l'exercer, mais dans... au sein d'une société démocratique. Et
cet état d'urgence national doit aussi comporter certaines... certaines
limites, qui sont déjà reconnues par le texte... par le texte lui-même de... du
projet de loi n° 50, donc, par le gouvernement lui-même, lorsqu'il dit
que... par exemple, qu'avec l'assentiment de l'Assemblée
nationale un gouvernement peut prolonger un état d'urgence national pour une
période... pour des périodes maximales de 30 jours, là. Encore une fois,
c'est important, là. C'est au pluriel. Donc, il pourrait y avoir plusieurs
30... 30 jours, là. Tant et aussi longtemps que les raisons qui ont
conduit à la déclaration de l'état d'urgence national existent, donc, l'état
d'urgence peut... peut être renouvelé avec l'assentiment de l'Assemblée
nationale.
Donc, il y a déjà une reconnaissance dans nos
lois actuelles, parce que c'est le même... c'est le même texte qui est... qui est dans l'ancienne version de la
loi de la sécurité publique, là, sur... C'est l'article 89. Donc, il n'y a
rien de nouveau. Cette possibilité-là
existe. Le législateur a pris soin d'établir une... lorsqu'il y a prolongation
de l'état d'urgence, d'établir une procédure pour conserver l'aspect...
comment dire, le fondement démocratique de la prolongation de l'état d'urgence.
Et, dans une société, même dans une période de
crise, même dans une situation de pandémie, il est important de... encore une
fois, je l'ai déjà dit, de conserver, malgré tout, le caractère démocratique de
notre société. Et il est extrêmement important de conserver le... de conserver
le caractère démocratique de notre démocratie en tout temps. Que ce soit en état de crise, en état normal et...
ou, plus précisément, dans un état d'urgence national, nous continuons...
nous demeurons une société démocratique qui
fait face à une crise sans ampleur dans ce qu'on a connu. Très concrètement, c'est
la pandémie qu'on a... On a connu pour la première fois une crise de cette...
de cette ampleur-là, mais, pour autant, on ne doit pas renoncer à certains
aspects qui constituent la spécificité même de notre... de notre société.
Donc, on doit mettre en place des mécanismes
afin de conserver cet État... cet État démocratique. Et, dans la prolongation de l'état d'urgence national, il me
semble que le gouvernement devrait recourir à l'approbation, à l'assentiment
du Parlement, de l'Assemblée nationale pour prolonger l'état... l'état
d'urgence.
Et je me rends compte que je n'ai pas lu mon
amendement, ça fait que je vais procéder à la lecture, là. Donc, à
l'article 53, il est proposé, par... proposé par l'article 1 du
projet de loi, ajouter, à la fin, l'alinéa suivant :
«Si le
gouvernement veut renouveler plus de trois fois l'état d'urgence national pour
des périodes de 10 jours, il doit avoir l'assentiment de
l'Assemblée nationale.»
Donc, ça s'ajoute au texte qui est proposé par
le ministre de la... de la Sécurité publique, là. Donc, pour nous, c'est un aspect essentiel si l'on veut conserver,
comment dire, l'attachement de l'ensemble de la population à nos institutions
démocratiques. Qu'est-ce qui fait la vitalité de notre... de notre société,
c'est sa démocratie, et sa démocratie est intimement
reliée à la confiance de la population envers celle-ci. S'il n'y a plus de
confiance, bien, le lien démocratique est
rompu. Heureusement, heureusement, au cours de la pandémie, une très grande
partie de la population, moi y compris, nous avons adhéré à... aux mesures draconiennes qui ont été prises afin
de faire face à la crise que nous avons connue. Mais malheureusement, à
cause des... à cause du renouvellement sans l'assentiment de l'Assemblée
nationale, il y a une partie de la population qui a perdu confiance dans nos
institutions et dans l'institution de l'Assemblée nationale, et on doit à tout
prix tenter d'éviter cette situation-là.
Donc, cet amendement-là vise à consolider notre
démocratie, et même en période de crise, même en période de déclaration de l'état d'urgence national. Et il
nous semble que... Il me semble que l'amendement qui est mis de l'avant
continue à permettre... à permettre à l'État l'utilisation de moyens
extraordinaires pour faire face à une crise sans précédent. C'est un
amendement qui ne compromet en rien la capacité gouvernementale pour faire face
à une crise sanitaire ou autre, mais ça lui assure quand même une légitimité
démocratique, et, comment dire, l'attachement de l'ensemble de la population, et la confirmation que notre démocratie
fonctionne. Et ça permet de combattre, justement, le cynisme et la perte
de confiance envers nos institutions.
Il est donc essentiel de mettre à quelque part,
d'adopter un article de... un amendement de cet ordre-là afin de mettre une
limite à la prolongation unilatérale, par le gouvernement, de l'état d'urgence.
Évidemment, je suis ouvert à changer la
formulation pour que ça convienne au parti ministériel, mais l'important,
c'est, encore une fois, là, de permettre la légitimité démocratique de
la prolongation de l'état d'urgence national. Merci, M. le Président.
Le Président (M. Schneeberger) : Merci.
Est-ce qu'il y a des commentaires, questions? Oui.
M.
Bonnardel : ...M. le Président. Pour ceux qui nous écoutent,
il est important de savoir que l'état d'urgence national qu'on a dans l'article 53 ici, qui était dans
l'article 88 et 89 de l'ancienne Loi sur la sécurité civile, n'a jamais,
jamais été utilisé au Québec. On ne souhaite pas que cet état d'urgence
national soit utilisé pour une catastrophe majeure ou autre. Tantôt, je donnais
un cas de figure, tremblement de terre. Maintenant, état d'urgence national,
état d'urgence local pour les municipalités, ce sont des outils importants,
importants lors de catastrophes majeures, catastrophes... catastrophes
régionales ou les feux de forêt comme on les a subis l'année passée, que ce
soient les inondations ou autres... ou autres situations qui pourraient nous
amener à... autant du côté des autorités municipales que du gouvernement, de
voter l'état d'urgence national, qui, soit dit en passant, n'a jamais été
utilisé au Québec.
Donc, ces outils sont extrêmement importants
pour sauver des vies, pour répondre aux situations d'urgence que nous pourrions
avoir. Encore une fois, on l'a vu dans le cas de... dans le cas de la pandémie
pour l'état d'urgence sanitaire. Ça a été un outil qui a été utilisé pour
répondre rapidement à la situation, qui a été unique, unique au Québec depuis des décennies, sinon une pandémie
mondiale qui a frappé l'ensemble... l'ensemble des pays, des provinces,
des États.
Donc, dans ces conditions, pour nous, vous
comprendrez qu'à l'article 56... Comme j'ai mentionné au député de Laurier-Dorion, l'article 56 dit que, si l'opposition, les
partis d'opposition ne sont pas d'accord, ils peuvent désavouer, par un
vote de déclaration... par un vote, la déclaration d'état d'urgence et tout
renouvellement de l'état d'urgence. Le désaveu
prend effet le jour même de l'adoption de la motion. Donc, il y a un outil, un
contre-pouvoir, si on peut le dire
ainsi, à l'article 56, qui répond... qui peut répondre, qui peut répondre
aux inquiétudes que l'opposition pourrait avoir. Voilà.
Le
Président (M. Schneeberger) : Merci. Ça va? Alors, oui, députée de... j'en
oublie... Westmount—Saint-Louis.
Mme Maccarone : Merci. Je trouve la
proposition du collègue intéressante. Je comprends le point de vue du ministre, dans le sens que, oui, c'est vrai, cet
article, l'article 88, dans le fond, dans la loi actuelle, n'a jamais été
invoqué, mais celui de l'état...
l'état d'urgence national en santé, oui, comme nous savons, renouvelé 63 fois.
C'est vrai. C'était beaucoup, puis ça a heurté beaucoup des gens de la
population. Ça fait que je trouve la proposition intéressante.
J'aurais peut-être deux éléments que je voudrais
avoir des précisions ou voir si, peut-être, il y a une flexibilité, que ce soit... qu'on doit avoir l'assentiment de l'Assemblée
après trois renouvellements. Est-ce qu'il y aurait une ouverture si,
mettons, c'est quatre, ou cinq, ou six? Est-ce que ça, peut-être, ça changerait
le point de vue du gouvernement? Parce que je ne sais pas si le collègue, il
est flexible, mais 63 fois, c'est beaucoup. Peut-être, cinq ou six fois, c'est
un compromis que nous pourrions penser de mettre à l'oeuvre, surtout que, comme
le ministre, il a dit, cet article, dans le fond, il n'a jamais été invoqué. On
souhaite ne jamais avoir la nécessité de l'avoir, mais, dans l'éventualité
qu'on doit l'invoquer, peut-être, on peut envisager un compromis pour rejoindre
un peu le besoin de la démocratie de prendre
une décision en ce qui concerne l'état d'urgence national, pas d'enlever le
pouvoir du gouvernement d'agir, parce
qu'on comprend... Dans une mesure d'urgence, quand c'est une... quand c'est un
sinistre ou un tremblement de terre,
comme l'exemple du ministre, c'est important que le gouvernement ait le pouvoir
d'agir. Mais je pense que ce que le collègue souhaite partager puis que
je partage aussi son point de vue, c'est : Il y a beaucoup de gens dans la
population qui se sont sentis vraiment... comme pour le confinement, c'était
très difficile pour eux. Puis, quand on ne peut
pas s'exprimer, tous les élus autour de la table, tous les élus à l'Assemblée
nationale, bien, la population qui nous ont élus ne se sentent pas
écoutés.
• (17 h 40) •
Ça ne dit pas... On ne dit pas que, si on a
besoin d'avoir l'assentiment de l'Assemblée nationale... que le gouvernement
n'aura pas un renouvellement pour les 30 jours, peut-être, ou qu'ils ne
diront pas oui. Je présume que, si le gouvernement propose des arguments qui
sont sains puis si c'est pour la protection de la vie, bien, c'est une occasion
pour nous aussi d'agir, comme élus, tous confondus, d'une façon transpartisane,
pour la protection de nos citoyens puis de nos forêts ou pour la protection des
vies sur soit une partie du territoire québécois ou nationalement.
Alors, je vous... Je ne sais pas s'il y a une
flexibilité puis si c'est quelque chose que nous pourrons envisager si ce
serait plus facile pour le gouvernement d'accepter, si le collègue, il
acceptera de peut-être être flexible sur le nombre de fois que ça peut être
renouvelé.
Le Président (M. Schneeberger) : Voilà.
Est-ce qu'il y a d'autres commentaires? Oui, M. le ministre.
M.
Bonnardel : ...que j'ai oublié... que j'ai oublié de
mentionner tantôt. Donc, dans l'article de loi, il est important de savoir que, si le gouvernement souhaite
prolonger ou utiliser, donc, l'état d'urgence national, elle peut le faire pour
une période maximale de 30 jours au
lieu de 10 jours, mais, pour une période de 30 jours, elle demandera
l'assentiment, donc, de l'Assemblée nationale, donc, un vote à la
majorité simple. Donc, tous les députés pourront s'exprimer.
Le Président (M. Schneeberger) : Oui,
député de Laurier-Dorion.
M. Fontecilla : Je pense que la
collègue a...
Mme
Maccarone : ...en réponse de... le commentaire du ministre, parce que
ça, c'est seulement si le gouvernement
décide d'avoir l'assentiment de l'Assemblée. Puis, dans l'article en question,
la doléance qu'on souhaite changer ou la doléance... les problématiques
qu'on voit là-dedans, c'est qu'évidemment, de toute évidence, malgré qu'on a le pouvoir dans
la loi d'avoir l'assentiment de l'Assemblée au complet avec la majorité, parce
que c'est la majorité qui compte ici, ça reste que, de toute évidence,
on ne va jamais avoir l'assentiment de l'Assemblée, parce que le gouvernement... Ce qu'on a vécu... En tout cas,
moi, je n'ai pas vu une autre pandémie ou une autre expérience de l'état
d'urgence national. On va toujours renouveler le 10 jours. 63 fois,
c'est beaucoup. Ça fait qu'on va toujours avoir ce renouvellement. Alors,
pourquoi ne pas mettre un garde à l'intérieur de ceci pour s'assurer qu'il
pourrait y avoir une consultation?
Le
gouvernement est au pouvoir, ça fait que, dans le fond, de toute évidence, le
gouvernement va pouvoir continuer, mais ça reste que, s'il y a des
membres autour de la table qui souhaitent voter contre, au moins, ils vont
avoir la possibilité de s'exprimer. Pour moi, je comprends le principe de
démocratie. Ça fait que je comprends l'orientation. Je l'appuie. Je pense que c'est un exercice fondamental. Le gouvernement
au pouvoir va pouvoir quand même gagner ce vote, si vous voulez, si on a besoin d'avoir l'assentiment, parce que
c'est la majorité. Moi, comme élue, si c'est un état national qui est appelé...
un état national d'urgence qui est appelé, puis c'est l'été, puis qu'on ne
siège pas, je pense que mon rôle, c'est me déplacer à l'Assemblée
nationale pour participer dans ce vote, de consulter mes citoyens, de parler avec ma formation politique pour voir si on
appuie ou si on pense que la voix de nos citoyens, c'est une voix contre.
Mais, comme j'ai dit, de toute évidence, le
gouvernement va quand même gagner ce vote, parce qu'un gouvernement au
pouvoir avec une majorité va toujours gagner l'assentiment de l'Assemblée nationale.
Le Président (M.
Schneeberger) : Ça va? Député de Laurier-Dorion.
M.
Fontecilla : Oui. Merci, M. le Président. Donc, le ministre nous dit
qu'en vertu de la Loi sur la sécurité civile l'état d'urgence national n'a
jamais été déclaré. Il a tout à fait raison. Par contre, l'état d'urgence
sanitaire, lui, il a été déclaré, en vertu de la Loi sur la santé publique, 63
fois, encore une fois. Et j'invite le public à aller consulter la formulation
sur l'état d'urgence sanitaire dans la Loi sur la santé publique. C'est, à
toutes fins pratiques, la même formulation qu'on retrouve ici. Donc, le gouvernement
avait le choix d'utiliser celle de l'état d'urgence national... sanitaire, tel que spécifié dans la Loi sur la
santé publique ou dans la loi... l'ancienne Loi sur la sécurité civile. Il a
choisi, avec raison, là, d'utiliser la Loi sur la sécurité publique, mais, au
fond, là, c'est les mêmes... c'est les mêmes pouvoirs, c'est la même formulation. Donc, c'est à peu
près... On ne peut pas dire que l'état d'urgence national n'a pas été déclaré.
Il a été déclaré 63 fois, mais en vertu d'une autre... d'une autre loi.
Ceci étant dit, dans
l'article 2 que nous avons déjà approuvé pour le projet de loi n° 50, il y
a une définition d'un aléa, et ça peut être,
notamment... il peut y avoir toutes sortes d'aléas, mais une inondation, un
séisme, un glissement de terrain, un accident mettant en cause des
matières dangereuses, l'effondrement d'une... on a changé... on a changé le
terme, ce n'est pas l'effondrement d'une infrastructure, c'est...
M.
Bonnardel : Défaillance.
M.
Fontecilla : ...la défaillance
d'une infrastructure, merci, un incendie... un incendie de forêt ou une
pandémie. Donc, si jamais, et
j'espère que ça ne se reproduira plus, il y a une nouvelle pandémie, elle
pourrait... un état d'urgence national pourrait être déclaré en vertu du
projet de loi n° 50.
Ceci
étant, là, je reviens, là, la formulation actuelle, là, qui a été reprise telle
quelle dans le projet de loi n° 50 prévoit, encore une fois, deux... deux possibilités. À partir d'une première
déclaration de l'état d'urgence national de 10 jours, le
gouvernement, l'exécutif peut choisir de déclarer pendant 30 jours l'état
d'urgence national — dans
ce cas-là, il doit obligatoirement consulter
l'Assemblée nationale, obtenir l'assentiment, donc, la notion est déjà très
clairement inscrite dans la loi et dans d'autres lois aussi — ou
choisir la voie qui n'exige pas l'assentiment de l'Assemblée nationale, donc, un renouvellement sur une... par le conseil
du... uniquement par le conseil du ministre, de façon... de façon permanente,
à chaque 10 jours, là. Et ça nous amène
à des situations un peu problématiques, on va se l'avouer, là, d'avoir renouvelé
l'état d'urgence pendant 63... à 63 occasions sans jamais avoir... avoir
consulté ou obtenu un vote, qu'il avait toutes les chances de gagner, puisque
c'est un gouvernement majoritaire.
Donc, cela pose
problème, alors que nos textes législatifs prévoient, prévoient d'aller
chercher l'assentiment de l'Assemblée... de l'Assemblée nationale, ce qui donne
une légitimité extrêmement puissante à l'état... au maintien de l'état
d'urgence national, parce que... Je réitère, l'état d'urgence national lors de
la pandémie, c'était nécessaire. C'est ce qu'il fallait faire. C'est
l'assentiment... la sanction démocratique qui a été... qui a posé problème, qui
a été signalée par ma formation politique, par d'autres formations politiques,
par des personnes ou des organisations de la société... de la société civile.
Ça a posé problème, mais...
Donc, je pense qu'on
a ici une opportunité dans le projet de loi n° 50 de
mettre... de mieux baliser cette déclaration de l'état d'urgence national en
faisant en sorte, par exemple, qu'après trois renouvellements consécutifs de 10 jours, bien, le gouvernement soit obligé
d'aller chercher l'assentiment de l'Assemblée nationale. Je suis sûr que
l'ensemble des parlementaires vont lui
donner ces votes-là, parce que, dans une situation d'urgence, un parlementaire
est sensible à la nécessité d'adopter des mesures extraordinaires pour faire
face à cet état d'urgence là, que ce soit un désastre naturel, une pandémie, ou
peu importe. Il y a... Je suis convaincu qu'à la fin la raison l'emporte
toujours. Et il faut se faire confiance. C'est... Il faut faire confiance au
raisonnement et à nos institutions démocratiques. Et on va toujours... Avec
l'intelligence collective, on va opter pour la meilleure option, mais on doit
absolument fonder cette décision-là sur un
vote concrètement à l'Assemblée... à l'Assemblée nationale pour obtenir cette
légitimité démocratique, là, qui est... qui se trouve... qui est le
socle fondamental de notre démocratie. Merci.
Le
Président (M. Schneeberger) : Merci beaucoup. Est-ce qu'il y a un
autre commentaire? Ça va? Alors, nous allons... Oui, députée de Westmount—Saint-Louis.
• (17 h 50) •
Mme
Maccarone : Je me demande, si cet amendement ne plaît pas le
gouvernement, s'il y a peut-être une autre idée que nous pouvons aborder. Si
c'est parce que... Dans le fond, ce qu'on souhaite, c'est que tous les députés peuvent s'exprimer, que toutes les formations
peuvent s'exprimer quand des décisions majeures comme ça sont prises, pas enlever le pouvoir du gouvernement d'agir dans
un état d'urgence, parce qu'on comprend, encore une fois, que ce besoin est essentiel. Mais on ne veut pas aussi
bâillonner la démocratie. On veut donner la possibilité de tous les élus puis
de tous les citoyens de se faire entendre, dans le fond, parce qu'on est des
porte-parole.
Puis
est-ce qu'il y a un autre moyen, peut-être, de faire ceci? Je ne sais pas. Je
pense avec vous. On voit peut-être de convoquer quelques députés, un
genre de commission, si c'est le cas, quelques heures. Au moins, on va pouvoir,
si ce n'est pas tous les députés, si ce
n'est pas... si ce n'est pas l'assentiment de l'Assemblée... Mais, au moins,
on... comme... un peu comme une
séance de travail qu'on fait pour un mandat d'initiative ou une pétition. Ça
peut se faire à huis clos, s'il le faut, mais, au moins, on va pouvoir
convoquer toutes les formations politiques, qui auront pu consulter avec les membres de leur formation pour porter la voix
de chaque formation autour de la table avant qu'une décision finale est prise. Je ne sais pas si ça, c'est quelque
chose qui pourrait être considéré, peut-être, par le gouvernement comme un
compromis.
Le Président (M.
Schneeberger) : Non?
M.
Bonnardel : Non.
Le Président (M.
Schneeberger) : Non. OK. Députée...
Mme Maccarone :
Bon, bien, écoute, je comprends
l'orientation de mon collègue. Moi, je l'appuie, personnellement. Comme j'ai dit, puis je ne veux pas le répéter
12 fois, M. le Président, je trouve que c'est un compromis intéressant. Moi, je... Si le gouvernement avait
venu avec un contre-amendement, un sous-amendement à l'amendement pour changer
le trois pour quatre, cinq, six, quelque chose comme ça, je pense que le sens
de ce qu'on veut accomplir aurait été écrit puis il aurait fait partie de la
loi. De toute évidence, le gouvernement aura le pouvoir d'agir, que ce soit un
renouvellement... renouvellement à chaque 10 fois ou même s'il doit avoir
l'assentiment de l'Assemblée nationale pour une période de 30 jours, mais,
au moins, on aura pu s'exprimer à la grande démocratie à l'Assemblée nationale,
chose que, je pense, est chère pour tout le monde. Personnellement, j'aurais
voulu m'exprimer. En tout cas.
Puis
je sais que ce n'est peut-être pas tous les collègues... Je pense que c'est
juste le ministre qui faisait partie de l'opposition. Il était membre de
l'opposition, peut-être vous aussi, M. le Président, dans des législatures précédentes,
mettons, en 2014. Je pense que, si vous, vous étiez à notre place, vous auriez
le même argument que nous sommes en train de
mener. Ce n'est pas pour vous empêcher d'agir, mais c'est de s'assurer que
chaque élu à l'Assemblée nationale a
une voix à porter puis qu'on a le droit de s'exprimer. Puis c'est ça, pour moi,
le sens de cet amendement, et, pour cette raison, je serais favorable.
Merci.
Le Président (M.
Schneeberger) : Voilà. Député de Laurier-Dorion.
M. Fontecilla :
Dernier élément, M. le Président.
La collègue de Westmount—Saint-Louis a posé la question à savoir si j'étais disposé à changer un peu
les délais qui apparaissent dans mon amendement. Évidemment que je suis... que je suis ouvert à regarder une autre
possibilité, mais je reprends... je reprends, grosso modo, les termes qui sont déjà établis dans les lois actuelles, là, soit des
périodes maximales de 30 jours. 30 jours... 10 jours fois trois,
ça fait 30. Donc, j'utilise ces
barèmes-là, des termes qui me paraissent un barème, mais évidemment que je
serais ouvert à regarder d'autres possibilités. Merci, M. le Président.
Le Président (M. Schneeberger) : Merci.
Alors, s'il n'y a pas d'autre intervention, nous allons passer au vote.
Alors...
Une voix : ...
Le Président (M. Schneeberger) : Oui,
un vote par appel nominal. Alors, est-ce que l'amendement de l'article...
déposé à l'article 53 est adopté?
M.
Fontecilla : Par appel...
Le Président (M.
Schneeberger) : Oui, allez-y. Par appel nominal.
Le
Secrétaire : Pour, contre, abstention. M. Fontecilla
(Laurier-Dorion)?
M.
Fontecilla : Pour.
Le Secrétaire : M. Bonnardel
(Granby)?
M.
Bonnardel : Contre.
Le Secrétaire :
Mme Dionne (Rivière-du-Loup—Témiscouata)?
Mme Dionne : Contre.
Le
Secrétaire : M. Rivest (Côte-du-Sud)?
M. Rivest : Contre.
Le
Secrétaire : M. Gagnon (Jonquière)?
M. Gagnon : Contre.
Le
Secrétaire : M. Girard (Lac-Saint-Jean)?
M. Girard
(Lac-Saint-Jean) : Contre.
Le
Secrétaire : Mme Maccarone (Westmount—Saint-Louis)?
Mme
Maccarone : Pour.
Le
Secrétaire : Et M. Schneeberger
(Drummond—Bois-Francs)?
Le Président (M. Schneeberger) : Abstention.
L'amendement est rejeté. Alors, nous continuons sur l'article 53
tel quel. Est-ce qu'il y a d'autres interventions? S'il n'y a pas d'autre
intervention, nous allons mettre... Oui, allez-y.
M.
Fontecilla : Par appel nominal, s'il y a un vote.
Le Président (M.
Schneeberger) : Oui, mais je n'ai pas appelé... Je vais juste...
M.
Fontecilla : Vous n'étiez pas rendu là.
Le Président (M. Schneeberger) : OK.
Parfait. Alors, s'il n'y a pas d'autre intervention, je vais mettre aux voix l'article 53
par appel nominal. Alors, allez-y, M. le secrétaire.
Le
Secrétaire : Pour, contre, abstention. M. Bonnardel (Granby)?
M.
Bonnardel : Pour.
Le Secrétaire :
Mme Jeannotte (Labelle)?
Mme
Jeannotte : Pour.
Le
Secrétaire : Mme Dionne (Rivière-du-Loup—Témiscouata)?
Mme Dionne : Pour.
Le
Secrétaire : M. Rivest (Côte-du-Sud)?
M. Rivest : Pour.
Le
Secrétaire : M. Gagnon (Jonquière)?
M. Gagnon : Pour.
Le
Secrétaire : M. Girard (Lac-Saint-Jean)?
M. Girard
(Lac-Saint-Jean) : Pour.
Le
Secrétaire : Mme Maccarone (Westmount—Saint-Louis)?
Mme
Maccarone : Abstention.
Le Secrétaire : M. Fontecilla
(Laurier-Dorion)?
M.
Fontecilla : Contre.
Le
Secrétaire : Et M. Schneeberger
(Drummond—Bois-Francs)?
Le Président (M.
Schneeberger) : Abstention. Alors, l'article est adopté. Nous en
sommes maintenant à l'article 54.
Mme
Maccarone : ...
Le Président (M.
Schneeberger) : Très courte.
Mme
Maccarone : ...
M.
Bonnardel : ...oui, on va suspendre courtement, voilà. Je ne sais pas
si ça se dit.
(Suspension de la séance à
17 h 56)
(Reprise à 17 h 57)
Le Président (M.
Schneeberger) : Alors, nous reprenons les travaux. Alors, nous en
sommes à l'article 54. Est-ce qu'il y avait...
M.
Bonnardel : Que je n'ai pas lu encore.
Le Président (M.
Schneeberger) : Oui, que vous n'avez pas lu. Alors, allez-y.
M. Bonnardel :
Article 54 : «Lorsque
le gouvernement ne peut se réunir en temps utile, le ministre peut déclarer
l'état d'urgence pour une période maximale de 48 heures.»
Commentaire.
Cet article permet au ministre de déclarer l'état d'urgence pour une période
maximale de 48 heures, et l'état d'urgence ainsi déclaré ne peut
être renouvelé.
Le Président (M.
Schneeberger) : Est-ce qu'il y a des questions? Députée de Westmount—Saint-Louis.
Mme Maccarone :
Oui. Merci, M. le Président. Une
question : Pourquoi c'est le ministre et pas le premier ministre ou
le vice-premier ministre?
M.
Bonnardel : C'est le même libellé qui était dans l'article 89
dans l'ancienne loi. C'est le ministre de la Sécurité publique qui a la
prérogative, j'imagine, dans ce cas-ci, là, de déclarer l'état d'urgence
national, vu son rôle.
Mme Maccarone :
Mais je questionne... De toute
façon, même si ça faisait partie de la loi... de la loi actuellement en
place, je présume qu'on n'a jamais utilisé cet article non plus.
M.
Bonnardel : Exact.
Mme Maccarone :
OK. Ça fait que je questionne,
dans le fond, pourquoi on a octroyé ce pouvoir au ministre étant donné que nous sommes en train de parler de si
le gouvernement ne peut pas se réunir. C'est un pouvoir exceptionnel
très important. Puis, si je me compare, mettons, avec une ville, dans les
autres articles que nous avons mis en place... Puis c'est un peu partout, dans
mon expérience, en tout cas, qu'on débatte un peu de c'est qui qui va avoir ce
pouvoir exceptionnel. Au niveau municipal, on dit : Le maire ou une
personne déléguée par le maire. Ça fait que ça va être le maire suppléant, ça fait que... le maire ou le
maire suppléant. Ça fait que c'est toujours le plus haut dirigeant. Je n'enlève
rien en ce qui concerne les responsabilités des autres élus municipaux, qui
vont avoir des pouvoirs, des responsabilités.
Ça fait que, si je
fais une comparaison de la façon de faire, pourquoi on n'octroie pas... Parce
que c'est un superpouvoir d'agir, une personne seule, pour déclarer un état
d'urgence. Pourquoi ce n'est pas notre premier ministre? Et, si le
premier ministre n'est pas disponible, pourquoi que ce n'est pas le
vice-premier ministre? Je ne dis pas que je
ne fais pas confiance en le ministre, mais, pour être conséquents avec la façon
qu'on poursuit dans les autres paliers de gouvernance, pourquoi qu'on ne
suit pas la même logique? Moi, je pense que, comme membre de la population, de
voir mon premier ministre ou ma première ministre, peu importe c'est qui qui va
l'invoquer dans le futur, c'est quand même un symbole assez important que ce
soit cette personne qui est le chef d'État qui va s'exprimer.
• (18 heures) •
M.
Bonnardel : On parle... on parle... «Ne peut se réunir en temps
utile», là. Le temps utile...
Mme
Maccarone : Qu'est-ce que ça veut dire, réunir en temps utile?
M. Bonnardel : Bien,
«ne peut se réunir en temps utile»... Le plus rapidement... le plus rapidement
possible. Donc, le ministre, qui est le premier... le ministre de la
Sécurité publique, qui est le premier informé de la situation ou de la catastrophe comme telle, a le pouvoir de déclarer
une... sur... l'état d'urgence pour une période maximale de 48 heures, là,
deux jours, deux jours.
Mme
Maccarone : Oui, je comprends.
M. Bonnardel :
Deux jours. Par la suite, donc,
c'est le gouvernement et son Conseil
des ministres, et le premier
ministre à sa tête, qui vont... qui vont définir... qui vont définir la suite.
Et, la suite, bien, on vient de le... on vient de le voter, l'article, là, donc, les possibilités de prolonger pour une
période de 10 jours ou une période de 30 jours. Ce sera... ce
sera au gouvernement de définir lequel il choisira, là.
Mme Maccarone :
Je réitère, je crois... Je
comprends la nécessité. Je ne nie pas que... Évidemment, dans la mesure du possible, on ne souhaite pas avoir besoin
d'utiliser cet article de loi. Mais, d'abord, pourquoi que ce n'est pas le
premier ministre et, s'il ou elle n'est pas disponible, le ministre?
M.
Bonnardel : Le ministre de la Santé a ce même pouvoir, ce même pouvoir
que...
Mme Maccarone :
J'aurais la même question si je faisais le débat...
M.
Bonnardel : Je sais. C'est pour ça que je vous expose quand même,
là... C'est un exemple, là, mais... Alors,
voilà, c'est... c'est le libellé comme tel qui existe depuis 1984, depuis
plusieurs, plusieurs années dans l'ancien texte, là, de loi et qui est
encore répertorié dans ce nouvel article 54.
Mme
Maccarone : OK. Ça fait que, parce qu'on le fait depuis toujours, on
continue de le faire de cette façon, ça fait que... Je comprends. Moi, j'aurais
voulu peut-être voir une évolution un peu dans la façon qu'on fait les choses,
étant donné qu'on espère ne jamais avoir besoin de recours à ces articles, mais
je comprends. Je n'ai pas d'amendement de prêt.
Je souhaiterais
savoir si... Même dans... Parce que je ne sais pas si... Même dans l'article
précédent, chaque fois qu'on fait appel à
l'urgence, puis même si c'est une durée de 10 jours ou 48 heures, il
y a un rapport qui sera produit. Ça,
ça s'en vient plus tard. Quand c'est 10 jours, c'est la même chose aussi,
il y a un rapport qui est produit. Ce rapport, c'est publié. Puis on peut le
retrouver où? C'est publié sur le site Web du gouvernement ou, ça aussi, c'est
la Gazette
officielle?
M.
Bonnardel : ...déposé à l'Assemblée nationale. C'est à
l'article 60, dans les six mois suivant la fin de l'urgence... d'état
d'urgence national, puis c'est aussi à la Gazette officielle.
Mme
Maccarone : Ça fait que c'est à la Gazette officielle. Ça fait
que ça, c'est cet article. Ça fait que, dans le fond, article 60, ça
s'applique à l'article 54 puis ça va s'appliquer aussi à
l'article 53.
M.
Bonnardel : Bien, c'est... «Doit déposer un rapport[...], dans les six
mois suivant la fin», la fin de l'état d'urgence. Donc, ce n'est pas le nombre
de fois. C'est la fin.
Mme
Maccarone : Mais peu importe le nombre de jours, ça fait que... Que ce
soit 48 heures ou que ce soit 10 jours ou 30 jours, c'est...
M.
Bonnardel : Oui, oui, oui, ou que ce soit... C'est ça.
Mme
Maccarone : ...ça va s'appliquer.
M.
Bonnardel : Voilà.
Mme
Maccarone : OK. Merci.
Le Président (M.
Schneeberger) : D'autres questions? Ça va? Alors, à ce moment-là, s'il
n'y a pas d'autre question, est-ce que l'article 54 est adopté?
Des voix :
Adopté.
Le Président (M.
Schneeberger) : Adopté. Article 55.
M.
Bonnardel : L'article 55 se lit comme suit : «L'état
d'urgence entre en vigueur dès qu'il est déclaré et est maintenu tant qu'il est
renouvelé.
«La déclaration d'état d'urgence précise la
nature du sinistre, le territoire concerné et la durée de l'état d'urgence.
Elle doit en outre préciser les pouvoirs extraordinaires requis pour répondre à
la situation et les raisons qui justifient d'y recourir. Elle peut habiliter des ministres à exercer
l'un ou plusieurs de ces pouvoirs. Tout renouvellement de l'état
d'urgence apporte les mêmes précisions.
«La déclaration et
tout renouvellement sont publiés à la Gazette officielle du Québec et le
ministre doit prendre les meilleurs moyens
disponibles pour informer rapidement et efficacement la population du
territoire concerné.»
Pardon.
Commentaire. Cet article détermine les modalités relatives à l'entrée en
vigueur, au maintien et au renouvellement
de l'état d'urgence ainsi qu'au contenu obligatoire de la déclaration d'urgence
et de tout renouvellement. Il prévoit plus particulièrement que la
déclaration et tout renouvellement doivent être publiés à la Gazette
officielle du Québec et précise que la population du territoire concerné
doit être informée rapidement et efficacement par les meilleurs moyens
disponibles.
Le Président (M.
Schneeberger) : ...députée de Westmount—Saint-Louis.
Mme
Maccarone : C'est... c'est plus un commentaire. Depuis le début, je
parle de la formulation du projet de loi. Puis je comprends que c'est complexe,
parce qu'on a plein de lois. Je suis dans mon deuxième mandat. Puis là je pose
plein de questions : Ça, ça se retrouve où?, est-ce que c'est un décret?,
est-ce que ça va être publié dans la Gazette officielle? Ici, on
l'indique. Il y a autres places où on ne l'indique pas. Il y a des places où on
fait référence de les déclarations puis les décisions qui vont être prises. Ça
fait que je ne comprends pas pourquoi, la formulation ici, on a décidé de
garder la Gazette officielle du Québec au lieu d'avoir une continuité,
au moins dans ce projet de loi, dans la façon qu'on s'exprime en termes de la
publication d'information, parce que, si la décision du législateur, c'est de ne pas être précis dans où on retrouve
l'information, parce qu'à quelque part on sait où on devrait les retrouver,
pourquoi qu'on a décidé de garder ici l'endroit où on va le publier?
Je ne suis pas
contre. C'est juste... Je ne suis pas légiste. Je ne suis pas juriste. Ça fait
que c'est un exercice chaque fois que je fais la lecture, puis je vois un
manque de conformité ou des formulations différentes. Pourquoi qu'on a fait le
choix de garder ça ici?
Le Président (M.
Schneeberger) : M. le ministre.
M.
Bonnardel : ...que vous auriez peut-être souhaité... Bien là, le texte
est repris dans l'article 91 de l'ancienne... l'ancienne loi. Vous auriez
peut-être voulu : Et tout renouvellement soit rendu public et le ministre
doit prendre les meilleurs moyens
disponibles pour informer rapidement, mais on a utilisé le même texte de loi
qui existait... qui existait déjà.
Mme
Maccarone : OK. Je comprends. Juste que, dans autres... dans des
autres articles où on a repris le texte, on
a aussi fait... pris l'occasion de faire quelques modifications du libellé pour
que ce soit plus clair, pour s'harmoniser, une synthèse, si vous voulez.
Ça fait que c'est pour ça que je ne comprends pas pourquoi qu'on a pris la
décision de ne pas faire ça ici. C'est
correct de reprendre le texte, mais on a une occasion d'avoir une harmonisation
à l'intérieur d'un projet de loi.
Je... Pour moi, en tout cas, en termes d'avoir la clarté dans ce qu'on fait,
j'aurais voulu avoir une conformité dans la façon qu'on s'exprime.
Le Président (M.
Schneeberger) : ...questions et commentaires? Alors, est-ce que
l'article 55 est adopté?
Des voix : Adopté.
Le Président (M.
Schneeberger) : Adopté. Article 56.
M. Bonnardel :
56 se lit comme suit :
«L'Assemblée nationale peut, conformément à ses règles de procédure,
désavouer par un vote la déclaration d'état d'urgence et tout renouvellement de
l'état d'urgence.
«Le désaveu prend
effet le jour de l'adoption de la motion.
«Le secrétaire
général de l'Assemblée nationale doit promptement publier et diffuser un avis
du désaveu avec les meilleurs moyens
disponibles pour informer rapidement et efficacement les autorités et la
population du territoire concerné. Il doit, de plus, faire publier l'avis
à la Gazette officielle du Québec.»
Commentaire.
Cet article confère le pouvoir à l'Assemblée nationale de désavouer la
déclaration d'état d'urgence ou le règlement de celui-ci. Il prévoit également
les modalités de prise d'effet de la motion et de publication de l'avis
de désaveu.
Le Président (M.
Schneeberger) : Commentaires, questions? Députée de Westmount—Saint-Louis.
Mme Maccarone :
Ici, quand on parle de
l'Assemblée nationale, on parle de... c'est-tu un vote, tous les élus qui
vont être...
M.
Bonnardel : ...c'est un vote à la majorité simple.
Mme
Maccarone : OK. Un vote à la majorité. OK. Merci.
Le Président (M. Schneeberger) : Ça
va? Député de Laurier-Dorion.
M.
Fontecilla : Une petite question concernant les règles de procédure.
Qui qu'on peut... Qui, au sein de l'Assemblée nationale, peut convoquer un vote
pour désavouer la déclaration d'état d'urgence?
M.
Bonnardel : ...les règles de procédure qui sont établies par l'Assemblée
nationale. Donc, je ne les ai pas par coeur,
là, mais c'est tout... tout député d'opposition, la plupart du temps, là, la
plupart du temps, pour désavouer... désavouer la... ou déposer une
motion.
M.
Fontecilla : C'est par une... c'est par une motion.
M.
Bonnardel : Parce qu'à l'Assemblée nationale il y a une motion qui est
déposée... Exemple, ça pourrait être vous,
là, comme parti politique, de déposer une motion qui désavoue, et on demande un
vote... et vous demandez un vote, comme... comme on le fait... comme on
le fait dans nos règles de procédure, là.
M.
Fontecilla : Très bien.
Le Président (M.
Schneeberger) : ...est-ce que l'article 56 est adopté?
Des voix : Adopté.
Le Président (M.
Schneeberger) : Adopté. Article 57.
• (18 h 10) •
M. Bonnardel :
57, alors : «Au cours de
l'état d'urgence, malgré toute disposition contraire, le gouvernement ou un ministre habilité à agir dans le cadre [d'un
état] d'urgence peut, sans délai et sans formalité, pour protéger la vie,
la santé ou l'intégrité des personnes :
«1° ordonner le
déploiement de mesures du plan de sécurité civile d'une municipalité locale ou
du plan gouvernemental de réponse aux sinistres et, si nécessaire, désigner la
personne qui en est chargée;
«2° ordonner la
fermeture d'établissements;
«3°
contrôler l'accès aux voies de circulation ou au territoire concerné ou les
soumettre à des règles particulières;
«4°
ordonner, lorsqu'il n'y a pas d'autre moyen de protection, la construction ou la
démolition de tout ouvrage ou le déplacement ou l'enlèvement de toute
chose;
«5° accorder, pour le
temps qu'il juge nécessaire à l'exécution rapide et efficace des mesures
déployées, les autorisations ou les dérogations prévues par la loi pour
l'exercice d'une activité ou pour l'accomplissement d'un acte requis dans les
circonstances;
«6°
ordonner, lorsqu'il n'y a pas d'autre moyen de protection, l'évacuation de
personnes ou leur mise à l'abri, dont leur confinement;
«7° ordonner de
cesser l'alimentation en énergie ou en eau;
«8° requérir les
services de toute personne en mesure d'aider les effectifs déployés;
«9° réquisitionner
les moyens de secours et les lieux d'hébergement privés ou publics nécessaires;
«10° réquisitionner
des biens de première nécessité et voir à leur distribution;
«11°
rationner les biens et les services de première nécessité, fixer leur prix et
établir des priorités d'approvisionnement;
«12° avoir accès à
tout lieu nécessaire pour l'exécution d'un ordre donné en vertu du présent
article, au lieu menacé ou touché par l'événement ou au lieu d'une activité ou
d'un bien susceptible d'aggraver l'événement afin de connaître et de comprendre
la situation et ses conséquences potentielles;
«13° faire les
dépenses et conclure les contrats qu'il juge nécessaires;
«14° mettre en oeuvre
un programme général d'aide financière ou d'indemnisation établi en vertu du
premier alinéa de l'article 62 — qu'on va voir plus tard;
«15° ordonner toute
autre mesure nécessaire.»
Et
commentaire : Cette disposition précise les pouvoirs spéciaux qui peuvent
être exercés par le gouvernement ou
par un ministre habilité à agir dans la déclaration d'urgence pour protéger la
vie et la santé ou l'intégrité des personnes.
Donc, on reprend
essentiellement ce qui était à l'article 93 de la Loi sur la sécurité
civile.
Le Président (M.
Schneeberger) : OK. Questions, commentaires? Députée de Westmount—Saint-Louis.
Mme Maccarone :
Oui, mais on ajoute... On prend
ce qui était déjà écrit, mais on ajoute le 15°,
n'est-ce pas?
M.
Bonnardel : ...est après le 14° : «Dans les mêmes conditions, le
gouvernement peut, en outre, prendre toute autre décision nécessaire.» Il
n'était juste pas...
Mme
Maccarone : Puis le libellé qui suit, dans les paragraphes après, «le
gouvernement et ses membres ne [peut pas] être poursuivis en justice», ça,
ça... On a déjà dit que ça, ça arrive dans un autre article où on parle de
ceci, parce qu'on avait parlé de ça, cette application envers les inspecteurs.
Ça fait qu'ici on parle maintenant... le gouvernement et ses membres, ça fait
que... Est-ce que... Qu'ils «ne peuvent pas être poursuivis en justice pour un
acte accompli de bonne foi dans l'exercice de ces pouvoirs», ça, c'est un
élément qui sera repris ailleurs.
M. Bonnardel : Juste
aller un petit peu plus loin, là, voir l'article 87, là. C'est ça, c'est
le... À 87, «le ministre ne peut être poursuivi en justice».
Mme
Maccarone : 87.
M.
Bonnardel : Oui.
Mme
Maccarone : OK. Seulement le ministre.
M.
Bonnardel : «Le ministre ne peut être poursuivi en justice», oui. Bien
non, et aussi ne peuvent non plus être poursuivis un inspecteur, un
enquêteur, une personne désignée, une municipalité locale et le gouvernement ou
un ministre.
Mme
Maccarone : OK. Ça fait que le gouvernement est aussi inclus...
inclus. OK. Puis je présume que les pouvoirs spéciaux qui sont décrits ici, à
l'article 57, l'ancien 93 dans la Loi sur la sécurité civile, sont
différents de ceux qu'on peut retrouver pour
la loi sur la santé et services sociaux s'il doit faire appel à un état
d'urgence. Il doit y avoir des différences en termes de pouvoirs, je
présume.
Des voix :
...
M. Bonnardel :
C'est ça. Je me doutais, oui.
L'état d'urgence sanitaire est plus axé sur la santé, contrairement à
nos dispositions qui sont indiquées à l'article 57, là.
Mme
Maccarone : Ça fait qu'on n'a jamais eu recours au 93.
M.
Bonnardel :
Exact.
Mme
Maccarone : Mais on a quand
même réquisitionné des biens, on a réquisitionné des moyens de secours, on a...
on a requis des services lors de la pandémie, ça fait que... Est-ce... Il doit
y avoir quand même des éléments...
M.
Bonnardel : Oui, bien, ça se peut qu'il y ait des points, là. Je vous
dis... je vous dis que c'est plus l'aspect santé qui était du côté de l'état
d'urgence sanitaire, là.
Oui, je l'ai devant
moi, là. Bon, exemple : point 4°, interdire l'accès à tout ou en
partie du territoire concerné; 5°, ordonner la construction de tout
ouvrage ou la mise en place d'installations à des fins sanitaires;
6°, requérir l'aide de tout ministère
ou organisme en mesure d'assister les effectifs déployés; 7°, faire les
dépenses et conduire les contrats qu'il juge nécessaires, ça, on l'a
dans... on l'a là; 8°, ordonner toute autre mesure nécessaire pour
protéger la santé de la population, on l'a
là; ordonner la vaccination... ordonner la fermeture d'établissements
d'enseignement ou de tout autre lieu de rassemblement. Voilà.
Mme Maccarone :
Puis, au numéro 15°,
ordonner toute autre mesure nécessaire, est-ce qu'on a une idée de quoi d'autre
on aura besoin?
M.
Bonnardel : Bien, c'est... On ne peut pas mettre tous les cas de
figure, là. Il y en aurait... On pourrait discuter, vous et moi, là, jusqu'à
minuit, là, de possiblement différents cas de figure. Donc, c'est pour ça qu'on
met, comme dans l'ancienne loi, 93, là, ce libellé-là d'ordonner toute autre
mesure nécessaire.
Mme
Maccarone : Pourquoi, dans l'ancienne loi, le dernier paragraphe, on
disait : «Les sommes requises par le gouvernement ou le ministre habilité
à agir en vertu d'une déclaration d'état d'urgence, dans l'exercice des
pouvoirs qui lui sont attribués en vertu de la présente section, sont prises
sur le fonds consolidé du revenu»?
M.
Bonnardel : Oui, c'est l'article 58.
Mme
Maccarone : Ça, on va le voir à 58.
M.
Bonnardel : Oui.
Le Président (M.
Schneeberger) : Ça va? Oui, député de Laurier-Dorion.
M.
Fontecilla : Oui. Signaler tout d'abord, à l'article 6°, il y a
un... à moins que le ministre me corrige, mais il y a une nouveauté, c'est la... c'est le confinement. Donc, ce qui
était la pratique en vertu de l'état d'urgence sanitaire, je pense que
ça a été importé de...
M.
Bonnardel : Je peux-tu... je peux-tu vous corriger?
M. Fontecilla : Oui, s'il vous
plaît.
M.
Bonnardel : Le confinement est là à l'article 93, là.
M.
Fontecilla : Pardon?
M.
Bonnardel : Le confinement est là à l'article 93, là.
M.
Fontecilla : De cette loi-ci.
M.
Bonnardel : Et l'ancienne loi aussi, là.
M.
Fontecilla : Ah! 93. Dites-moi où, s'il vous plaît, M. le...
M.
Bonnardel :
À l'article 6°.
M.
Fontecilla : L'article... Le confinement. Parfait. Très bien.
J'aimerais... j'aimerais s'il pouvait me donner un exemple, là, dans l'alinéa 5°, «accorder, pour le temps
qu'il juge nécessaire[...], les autorisations ou les dérogations prévues
par la loi pour l'exercice d'une activité ou pour l'accomplissement d'un acte
requis dans les circonstances». Est-ce que... Est-ce qu'il pourrait nous donner
un exemple de ce que ça pourrait... ce que ça pourrait être?
M.
Bonnardel : On va vous donner un exemple qui nous vient en tête vite,
vite, là... sous-ministre, là.
Le Président (M.
Schneeberger) : M. le sous-ministre.
M. Savard
(Jean) : Oui. Merci. Bien, un exemple, là, qui me vient tout de suite
à l'esprit, c'est autoriser rapidement des
travaux dans un cours d'eau sans autorisation préalable environnementale, qui,
généralement, nécessite des études et
des autorisations du ministère de l'Environnement à cet effet-là pour
différentes raisons qui sont dans la loi. Ça, on pourrait procéder
rapidement à ça sans ces autorisations-là. C'est un exemple.
Le Président (M. Schneeberger) : Ça
va? Est-ce qu'il y a d'autres questions? Oui, députée de Westmount—Saint-Louis.
Mme
Maccarone : Oui. Juste, évidemment, c'est énormément de pouvoirs,
énormément de pouvoirs. Je suis en train de regarder, évidemment, tous les
pouvoirs que nous avons aussi à l'article 123 de la loi sur santé et
services sociaux quand on parle d'avoir recours à l'état d'urgence sanitaire.
Puis évidemment on l'a vécu, on l'a senti, c'était énormément de pouvoirs,
mais, en lisant tous ces pouvoirs ici, j'ai vraiment l'impression que je suis
dans une série de télé, surtout numéro 7°, «ordonner de cesser
l'alimentation en énergie ou en eau». Pourquoi on a besoin... Est-ce qu'on a un
exemple de comment ça peut arriver? Parce que j'ai vraiment l'impression que je
joue dans un film quand je lis ceci.
M.
Bonnardel : ...l'eau pourrait avoir une contamination, là.
Mme
Maccarone : OK.
M.
Bonnardel : L'eau pourrait avoir une contamination pour des
raisons x, là. Alors, on serait obligés de réquisitionner, donc, en termes
de bien de première nécessité, là, de l'eau dans les marchés, j'imagine, pour
alimenter... En tout cas, ce serait... ce ne serait pas le fun, là. Ce ne
serait pas le fun, là.
Mme
Maccarone : Non, non, non, tout à fait. Comme je dis, c'est pour cette
raison-là, juste en lisant chaque paragraphe, j'ai vraiment l'impression que je
joue dans un film à la télé, puis ce n'est pas de la réalité, là. On peut...
J'ai de la misère à m'imaginer à vivre toute cette expérience. Si le
gouvernement disait : Bien là, on a ordonné de cesser l'alimentation en
énergie ou en eau, là, c'est quand même extrême.
M.
Bonnardel : ...exemple, c'est le sous-ministre qui me le faisait
savoir, là, ça peut être : Coupe l'électricité à Montréal pour une période
x, on la redonne à Laval, on l'enlève à Montréal, on la redonne à Longueuil,
pour des raisons où, là, l'alimentation ou
le... tous les cas de figure peuvent être inimaginables, là, dans une situation
catastrophique où on perdrait... on perdrait un barrage ou autre, là,
pour des raisons x, là.
Mme
Maccarone : «Rationner les biens et les services de première
nécessité, fixer leur prix et établir des priorités d'approvisionnement».
• (18 h 20) •
Une voix : ...
Mme
Maccarone : Oui, oui, oui, c'est ça. Ma collègue est inquiète pour le
papier de toilette.
M. Bonnardel : En tout cas.
Mme
Maccarone : C'est vrai, on doit s'inquiéter pour ça. C'est...
M.
Bonnardel : Oui. Non, non, on lit ça puis on se dit : Ça ne se
peut pas, là, mais, oui, ça...
Mme
Maccarone : Oui, en effet. OK. Merci, M. le Président.
Le Président (M.
Schneeberger) : Député de Laurier-Dorion.
M.
Fontecilla : L'alinéa 15°, «ordonner toute autre mesure nécessaire»,
déjà, bien, il y a déjà 14 mesures de pouvoirs extraordinaires octroyés en
vertu d'un état d'urgence national. Donc, ça couvre énormément d'aspects. C'est... Et, dans un état d'urgence, oui, on peut
avoir recours à ces différentes mesures, c'est plausible, mais on prend soin, à la fin, de... et c'était déjà dans l'ancienne
loi, là, mais, bon, puisqu'on étudie ce texte de loi, on prend soin d'ouvrir la
porte à toute autre mesure
nécessaire. Quelle est la limite, là? Est-ce qu'il y a une limite à toute autre
mesure nécessaire? Je pose la question.
M. Bonnardel :
Il n'y a pas de limite, M. le
député, quand il faut sauver des vies, puis c'est un état d'urgence
national. Puis, je l'expliquais tantôt à la députée de Westmount—Saint-Louis,
là, on ne peut pas mettre tous les cas de
figure ou expliquer tous les cas possibles. Vous et moi, là, on pourrait en
discuter avec la députée jusqu'à 9 heures ce soir. On pourrait en
rajouter un 16°, un 17°, un 18° possiblement.
Donc,
comme on l'a fait à l'article 93, on revient avec le point 15°,
«ordonner toute autre mesure nécessaire», pour des situations qui
pourraient aujourd'hui nous échapper, sur lesquelles on pourrait se dire :
Au moins, on a... on a l'outil pour aller faire ceci ou cela, pour répondre.
Encore une fois, on est là pour sauver des vies, là. Si ce contexte était appliqué
un jour, je n'ose même pas m'imaginer, là.
Le Président (M.
Schneeberger) : ...de Westmount—Saint-Louis.
Mme Maccarone :
Oui. Dans le premier paragraphe,
quand on dit que «le gouvernement ou un ministre habilité à agir dans le cadre
[d'un état] d'urgence peut, sans délai et sans formalité», sans formalité,
est-ce que ça veut dire qu'exemple le ministre a le pouvoir de faire recours à
l'état national d'urgence pour 48 heures, il n'a pas besoin d'aller voir
le Conseil des ministres, par exemple? Est-ce que c'est ça que ça veut
dire, sans formalité, pour dire : Je coupe l'eau, je coupe l'énergie?
M. Bonnardel :
...c'est un texte qui... bien,
bon, oui, qui revient à l'article 93. C'est un texte qui est utilisé aussi
pour l'état d'urgence sanitaire à l'article... au premier paragraphe de
l'article 123 de la Loi sur la santé... c'est ça, la Loi sur la santé. Donc... À moins que le
sous-ministre ait une explication sur le terme, mais c'est une formulation qui
est...
Des voix : ...
M. Bonnardel :
OK. C'est ça, oui. On n'est plus
dans la formalité pour le déclarer parce qu'il est déjà déclaré, l'état
d'urgence. Et c'est là que ça nous donne des pouvoirs qu'on a pour... C'est au
cours de l'état d'urgence. Donc, il est déjà déclaré, l'état d'urgence.
Mme
Maccarone : Oui, mais je présume que... Même si l'état d'urgence est
déjà déclaré, j'ose espérer que, si le ministre ou si le gouvernement décide de
procéder à ordonner de cesser l'alimentation en énergie ou en eau, de réquisitionner des biens de première nécessité et
voir à leur distribution, de rationner des biens, ils vont quand même avoir
une conversation. Je...
Vous avez le pouvoir.
On a appelé un état national d'urgence. Moi, je souhaite savoir le processus
par la suite. Si c'est fait, on n'espère
jamais vivre cette expérience, si jamais on doit avoir recours à cet article,
on commence avec soit le 55 ou le 56,
on a fait... on a fait cet appel, on a invoqué la loi puis là on procède à
l'article 57 sans formalité, est-ce que ça veut dire : Je peux
piger n'importe où dans cette liste sans retourner au Conseil des ministres
pour dire : Moi, là, j'ai l'intention de faire ça?
M. Bonnardel : Exactement, comme cela a
été fait dans l'article 123 pour l'état d'urgence sanitaire. Il est
libellé exactement comme celui de l'article 57 de la Loi sur la
sécurité civile.
Mme Maccarone :
Ça fait que «sans formalité», ça veut dire : Vous avez carte blanche.
M. Bonnardel :
Exact.
Mme Maccarone :
OK. Encore une fois, inquiétant. Pas une question de ne pas avoir confiance
dans aucune personne, mais c'est des
décisions fondamentales très importantes. Sans formalité... Je pense que
j'aurais voulu au moins voir ici — puis je comprends que ça
faisait partie de la loi actuelle, mais on est en train de travailler sur une
nouvelle mouture de la loi — que
le comité serait invoqué, qu'il y aurait au moins... que ce n'est pas juste une
personne qui va prendre cette décision, que
les décisions seront prises par un groupe, un comité, si ce n'est pas le Conseil des ministres, parce que c'est le
ministre ou la ministre pour une période de 48 heures, puis il y aura
quand même une conversation qui va se faire avec des experts puis quelqu'un qui
va valider.
M. Bonnardel :
...c'est le gouvernement, là. «Le gouvernement ou un ministre habilité à
agir dans le cadre [d'un état] d'urgence peut, sans délai et sans formalité,
pour protéger la vie», utiliser les pouvoirs qu'il a. Donc, c'est le Conseil
des ministres, là, le gouvernement, là, ce n'est pas... ou un ministre si la
situation...
Mme Maccarone : Le gouvernement
ou un ministre.
M. Bonnardel : Oui, si la
situation est... Peu importe le cas de figure qui peut... qui peut arriver,
mais, à la base, le gouvernement va prendre
la décision, là. Puis là il faudrait qu'il y ait une autre catastrophe ou je ne
sais pas, là, je n'ai pas... je n'ai pas d'image ou de cas de figure
spécifique, là, mais c'est le gouvernement ou un ministre habilité.
Mme Maccarone : Bien, c'est ça.
Moi, comme je dis, si c'est le gouvernement, au moins, c'est un Conseil des
ministres. On est assis ensemble. On a parlé de pourquoi on a dit que ça va
être là 10 jours. Mais, si c'est la décision parce qu'on n'a pas pu le
convoquer, le Conseil des ministres, puis on a besoin d'agir en urgence, ça
fait qu'on a... on donné ce pouvoir au ministre d'agir à l'intérieur de
48 heures, il peut appeler, il peut convoquer, il peut dire : Regarde, c'est un état... un état
d'urgence national, pendant les 48 heures qui suit, moi, j'ai ce pouvoir,
je vais pouvoir fermer des établissements, contrôler l'accès aux voies,
ordonner lorsqu'il n'y a pas autre moyen de protection puis...
M. Bonnardel : Excusez,
Mme la députée, là. Le ministre est habilité par le gouvernement, «le gouvernement
ou un ministre habilité».
Mme Maccarone : Oui, je
comprends. On vous donne le pouvoir.
M. Bonnardel : OK. C'est ça.
Mme Maccarone : Je comprends.
C'est... Moi, j'ai la loi ouverte devant moi dans plusieurs autres langues
juste pour s'assurer que je comprends très bien de quoi on est en train de
débattre. Mais je comprends. Le ministre est
habilité. Ça fait qu'on lui a octroyé le pouvoir. C'est... Mon point, ce n'est
pas parce qu'il n'a pas le pouvoir d'agir. Mon point, c'est que c'est
énormément de pouvoirs pour une personne.
Moi, ce que je souhaite m'assurer à l'intérieur
de tous ces grands pouvoirs qu'on espère ne jamais avoir recours, qu'il y aura une conversation, qu'il y
aura quelqu'un qui va valider les décisions qui vont être prises, que ça passe
par le comité ou toutes les instances, par le sous-ministre, qui va travailler
de main à main. Puis je peux imaginer que ce serait le cas. Je ne peux pas
imaginer que le ministre... Mettons, c'est demain. Ce n'est pas le ministre
Bonnardel qui va agir tout seul. Il va
parler avec M. Savard, il va parler avec M. Morin, il va parler
avec tout le monde. Je comprends très
bien comment ça peut fonctionner. Mais c'est parce que ça, ce n'est pas écrit.
On n'a pas ça qui est écrit dans la loi.
Puis, tu sais, à quelque part, avec les débats
que nous venons de mener, les doléances de la population, les inquiétudes
soulevées par la population lors de l'urgence sanitaire, c'est justement à
cause des éléments comme ça. Ça fait que c'est juste une question de garde-fou,
des précautions pour s'assurer que ces décisions sont prises ensemble. C'est
pour ça un peu qu'à l'époque j'avais parlé de pourquoi qu'on n'a pas le premier
ministre, pourquoi qu'on n'a pas le
vice-premier ministre qui a aussi cette habilité d'agir et pas juste... pas
juste le ministre. C'est un grand poste, je ne nie pas que le poste est
important, mais que ce soient autres personnes aussi. En tout cas, ça m'amène
quand même des inquiétudes. Moi, j'ai vraiment l'impression qu'on a besoin
d'avoir ça.
Le Président (M. Schneeberger) : Ça
va? Alors, s'il n'y a pas d'autres... Député de Laurier-Dorion.
M.
Fontecilla : ...qui me trottine depuis tantôt, là. Est-ce que
l'état... l'état d'urgence national, avec toutes les mesures que... ou les
pouvoirs qu'il octroie au gouvernement, là, a préséance, juste pour être clair,
hein, savoir de quoi l'on parle, sur l'application de la Charte des
droits et libertés?
Des voix : ...
M. Fontecilla : Si c'est un...
l'état d'urgence a préséance sur...
Le
Président (M. Schneeberger) : Alors, M. le député de Laurier-Dorion, la... vous allez avoir la réponse demain si... Je dis «si».
Étant donné que je ne peux pas dire «si», si je...
Des voix : ...
Le
Président (M. Schneeberger) : ...dans le sens que... Vous allez comprendre.
Suivez-moi jusqu'à la fin. Alors, vous auriez la réponse demain.
Alors, compte
tenu de l'heure, la commission ajourne ses travaux au mardi 16 avril,
15 h 30, où elle entreprendra un autre mandat. Voilà.
(Fin de la séance à 18 h 30)