Journal des débats de la Commission de l'aménagement du territoire
Version préliminaire
43e législature, 1re session
(29 novembre 2022 au 10 septembre 2025)
Cette version du Journal des débats est une version préliminaire : elle peut donc contenir des erreurs. La version définitive du Journal, en texte continu avec table des matières, est publiée dans un délai moyen de 2 ans suivant la date de la séance.
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Le
mardi 30 avril 2024
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Vol. 47 N° 56
Consultations particulières et auditions publiques sur le projet de loi n° 57, Loi édictant la Loi visant à protéger les élus et à favoriser l’exercice sans entraves de leurs fonctions et modifiant diverses dispositions législatives concernant le domaine municipal
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Intervenants par tranches d'heure
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Schneeberger, Sébastien
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Laforest, Andrée
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Setlakwe, Michelle
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Grandmont, Etienne
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Arseneau, Joël
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Schneeberger, Sébastien
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Laforest, Andrée
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Poulin, Samuel
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Setlakwe, Michelle
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Setlakwe, Michelle
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Schneeberger, Sébastien
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Grandmont, Etienne
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Arseneau, Joël
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Laforest, Andrée
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Laforest, Andrée
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Schneeberger, Sébastien
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Setlakwe, Michelle
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Lakhoyan Olivier, Sona
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Grandmont, Etienne
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Arseneau, Joël
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Schneeberger, Sébastien
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Laforest, Andrée
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Poulin, Samuel
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Poulin, Samuel
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Schneeberger, Sébastien
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Laforest, Andrée
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Setlakwe, Michelle
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Lakhoyan Olivier, Sona
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Grandmont, Etienne
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Arseneau, Joël
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Gagnon, Yannick
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Laforest, Andrée
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Setlakwe, Michelle
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Grandmont, Etienne
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Grandmont, Etienne
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Schneeberger, Sébastien
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Arseneau, Joël
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Laforest, Andrée
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Lakhoyan Olivier, Sona
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Lakhoyan Olivier, Sona
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Schneeberger, Sébastien
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Setlakwe, Michelle
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Grandmont, Etienne
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Laforest, Andrée
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Arseneau, Joël
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Schneeberger, Sébastien
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Laforest, Andrée
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Poulin, Samuel
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Setlakwe, Michelle
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Setlakwe, Michelle
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Lakhoyan Olivier, Sona
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Schneeberger, Sébastien
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Grandmont, Etienne
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Laforest, Andrée
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Laforest, Andrée
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Schneeberger, Sébastien
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Dionne, Amélie
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Jeannotte, Chantale
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Setlakwe, Michelle
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Lakhoyan Olivier, Sona
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Schneeberger, Sébastien
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Dionne, Amélie
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Provençal, Luc
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Jeannotte, Chantale
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Jeannotte, Chantale
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Schneeberger, Sébastien
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Lakhoyan Olivier, Sona
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Setlakwe, Michelle
9 h 30 (version révisée)
(Neuf heures cinquante-deux minutes)
Le Président (M. Schneeberger) : Alors,
bonjour à tous, bon matin. Alors, ayant constaté le quorum, je déclare la Commission
de l'aménagement du territoire ouverte. Juste peut-être rappeler, bien vérifier
vos sonneries de cellulaire, étant donné que nous sommes beaucoup de monde. Est-ce
que...
La commission est réunie afin d'entreprendre
les consultations particulières et auditions publiques sur le projet de loi n° 57, Loi édictant la Loi visant à protéger les élus et
favoriser l'exercice sans entraves de leurs fonctions et modifiant diverses
dispositions législatives concernant le domaine municipal.
Est-ce que, M. le secrétaire, nous avons
des remplaçants ce matin?
Le Secrétaire : Oui, M. le
Président. M. Girard (Lac-Saint-Jean) est remplacé par M. Poulin
(Beauce-Sud); M. Rivest (Côte-du-Sud); par M. Provençal (Beauce-Nord);
et M. Ciccone (Marquette); par Mme Lakhoyan Olivier (Chomedey)...
Le Président (M. Schneeberger) : Merci
beaucoup.
Le Secrétaire : ...et M. Fontecilla
(Laurier-Dorion); par <M. Grandmont (Taschereau)...
Le Secrétaire :
...
Mme Lakhoyan
Olivier (Chomedey)...
Le Président (M. Schneeberger) :
Merci beaucoup.
Le Secrétaire :
...et
M. Fontecilla (Laurier-Dorion); par >M. Grandmont
(Taschereau).
Le Président (M. Schneeberger) : Merci
beaucoup. Alors, nous débutons ce matin avec les remarques préliminaires et,
par la suite, nous allons voir les groupes : l'Union des municipalités du
Québec, que je salue immédiatement, la Fédération québécoise des municipalités et
ville de Québec. Alors, on a du temps disponible pour les remarques
préliminaires, et je commence par la ministre. C'est à vous.
Mme Laforest : Oui. Alors,
merci, M. le Président. Je suis très heureuse d'être ici avec mes collègues
pour ce nouveau projet de loi. Merci à vous tous d'être ici. Merci à l'équipe
des Affaires municipales. Également, merci à tous mes collègues de Mont-Royal—Outremont, Chomedey, Taschereauet les Îles-de-la-Madeleine.
Salutations également aux gens de l'UMQ, M. Damphousse, maire de Varennes,
entre autres, Julie Bourdon, mairesse de Granby.
C'est certain que le projet de loi
n° 57 est vraiment important. Il est étudié à presque six ans que je...
que je sois en poste aux Affaires municipales. C'est sûr que, depuis six ans,
ça se passait très, très bien avec les municipalités. Il y a eu des situations
désagréables. Il y a eu la pandémie. Il y a eu plusieurs... plusieurs gestes ou
encore situations malheureuses dans certaines municipalités. On a travaillé
avec le projet de loi 49 pour donner plus de pouvoirs à la CMQ.
Maintenant, on arrive avec le projet de loi 57 pour la protection des
élus. Mais, dans le projet de loi, il y a une autre partie aussi, d'autres
mesures législatives pour les affaires municipales. Donc, je suis quand même
très heureuse. On va essayer de bien le travailler ensemble. C'est un gros projet
de loi. Comme je le dis, là, il y a des trucs qui sont travaillés depuis
quelques années. Donc, on a essayé de... de rassembler tous les articles, là,
pour la protection des élus.
Maintenant, c'est bien, parce qu'ici il y
a plusieurs anciens élus, donc plusieurs se sentent concernés, alors pour ce
projet de loi, mais ça devrait bien se passer. Alors, je vais laisser le temps
à mes collègues. Évidemment, je suis là plus pour écouter que de parler. Alors,
je suis à l'écoute présentement. Merci, tout le monde.
Le Président (M. Schneeberger) : Merci,
Mme la ministre. Nous allons maintenant du côté de l'opposition officielle. Et
j'entends la députée de Mont-Royal—Outremont.
Mme Setlakwe : Merci, M. le
Président. Mais à mon tour de saluer tout le monde, tout le monde qui est
présent. Merci, Mme la ministre. Moi aussi, je suis à l'écoute. On va... On a
reçu des mémoires de qualité, on a plusieurs groupes à entendre. C'est un
projet de loi très important. D'ailleurs, merci à votre équipe pour le briefing
technique qu'on a... qu'on a reçu hier, qui était... qui était excellent.
Étant une... une ancienne élue municipale,
c'est un sujet qui me tient vraiment à cœur, le bien-être des élus municipaux.
Je connais toutes les responsabilités qu'ils portent... qu'ils et elles portent
sur leurs épaules, responsabilités grandissantes dans un contexte qui est de
plus en plus difficile à la lumière des... des démissions, des nombreuses
démissions dont on a... qu'on a appris, là, dans les dernières années. Étant
donné que la prochaine élection municipale, c'est... c'est très bientôt, c'est
en 2025, il faut mettre en place les mesures pour assurer que notre démocratie
municipale continue de bien fonctionner, qu'on continue d'attirer et de retenir
des candidats. Des... des gens tellement bien intentionnés, il y en a partout
dans nos communautés, des gens qui veulent s'impliquer, qui ont... pour les
bonnes raisons, pour faire... pour faire une différence dans leur communauté.
Il ne faut pas que ces personnes-là se sentent découragées, il faut qu'elles
continuent de vouloir s'investir et de s'investir.
Donc, honnêtement, je salue ce projet de
loi. Je sais qu'il aborde une variété de sujets, c'est un projet de loi
omnibus. Et vous pouvez compter sur notre collaboration à... à l'opposition
officielle. Je suis avec ma collègue de Chomedey, nous sommes à l'écoute, on va
travailler ensemble de façon constructive pour... pour bonifier ce projet de
loi, mais qui, à la base, est un... est une démarche positive. Donc, voilà.
Merci.
Le Président (M. Schneeberger) : Merci
beaucoup. Nous allons maintenant du côté de la deuxième opposition, et
j'entends le député de Taschereau pour 1 min 30 s.
M. Grandmont : Merci
beaucoup, M. le Président. D'abord, salutations à Mme la ministre, aux
collègues de la partie gouvernementale, même chose, collègues de l'opposition.
C'est un enjeu sur lequel on a évidemment
les yeux tournés depuis assez longtemps maintenant, ça se compte en mois. On a
eu des articles qui montraient que le nombre de démissions chez les élus
municipaux était important. Moi, je pense qu'il y a un enjeu très grand au
niveau de la... de la vie démocratique municipale, nos gouvernements de
proximité. C'est important d'y travailler, c'est important d'y voir. Les
raisons de ces démissions là, à force d'éplucher le dossier, sont multiples.
Oui, il y a les incivilités, il y a le harcèlement, des agressions même, et il
faut y voir. Mon objectif à travers ça, ça va être... et ce qui va me guider
dans mes interventions, ça va être de trouver en même temps qu'on protège nos
élus, parce qu'on doit le faire, de trouver des mécanismes pour s'assurer de
maintenir la liberté d'expression aussi des citoyens et des citoyennes à
travers tout ça. Pour moi, c'est un enjeu tout aussi important, et il ne faut
pas le négliger. L'un... l'un et l'autre ne doivent pas s'opposer, l'un et
l'autre sont aussi importants, et on doit les protéger à travers le travail
qu'on fait comme législateurs.
Évidemment aussi, les démissions, <ce
n'est pas que ça...
M. Grandmont :
...s'opposer,
l'un et l'autre sont aussi importants, et on doit les protéger à travers le
travail qu'on fait comme législateurs. Évidemment aussi, les démissions, >ce
n'est pas que ça, comme je l'ai dit, c'est aussi causé par des surcharges de
travail, des conditions de rémunération, et j'entends par là, très largement,
aussi les conditions de conciliation travail-famille, qui sont difficiles pour
les élus municipaux. Ils sont difficiles à l'Assemblée nationale, donc imaginez
aussi au municipal. Donc, là aussi, je serais très heureux d'entendre des gens
sur cet enjeu-là qui est aussi important. Merci.
Le Président (M. Schneeberger) : Merci
beaucoup. Alors, selon mes informations, je comprends qu'il y a consentement
pour que le député des Îles-de-la-Madeleine puisse faire aussi ses remarques
préliminaires. Vous avez une minute. Consentement?
Des voix : Consentement.
Le Président (M. Schneeberger) :
Bien sûr, oui.
M. Arseneau : Merci beaucoup,
M. le Président. Je salue évidemment tous les membres de la commission, en
commençant par la ministre qui célèbre aujourd'hui son anniversaire de
naissance. Alors, c'est un beau cadeau que vous nous faites de déposer un
projet de loi aujourd'hui. Et, plus sérieusement, évidemment, nous allons
étudier ça avec sérieux et en mode collaboratif. On ne peut pas évidemment être
contre la protection des élus et vouloir favoriser l'exercice de leurs
fonctions sans entraves, mais il faut trouver le point d'équilibre entre,
justement, les mesures de... de protection et également la protection du droit
à la libre expression de la part, évidemment, des citoyens et des organismes.
Donc, ce sera ma préoccupation.
Même chose pour la question, là, des
différentes... des différents articles qui touchent aux pouvoirs du ministère
par rapport aux pouvoirs, et à l'autonomie, et aux responsabilités du milieu
municipal. Encore une fois, ma préoccupation, ce sera de maintenir l'équilibre.
Merci.
Le Président (M. Schneeberger) : Merci
beaucoup. Alors, nous débutons maintenant par nos premiers groupes ce matin.
Alors, je resalue les membres de l'UMQ. Alors, je vais faire la présentation.
Nous avons Martin Damphousse, président et maire de Varennes; Mme Julie
Bourdon, trésorière et présidente du comité sur la démocratie municipale et
mairesse de Granby, et Mme Marie-Dominique Giguère, gestionnaire de projets.
Alors, vous avez 10 minutes pour
faire votre présentation et, par la suite, nous allons procéder à une période
d'échange avec les élus. C'est à vous.
M. Damphousse (Martin) : Merci.
Mme la ministre des Affaires municipales. Andrée, joyeux anniversaire, c'est à
mon tour. M. le président de la commission, mesdames messieurs les membres de
la commission, je vous remercie de nous donner l'occasion aujourd'hui de vous
faire part de nos commentaires sur le projet de loi 57 portant sur la
protection et sur la valorisation des élus. Je suis accompagné aujourd'hui de
Mme Julie Bourdon, trésorière de l'UMQ, présidente du comité de la démocratie
municipale et mairesse de Granby, ainsi que de Mme Marie-Dominique Giguère,
gestionnaire du projet à l'UMQ.
• (10 heures) •
L'UMQ tient d'abord à saluer la volonté du
gouvernement et, bien sûr, Mme la ministre, dans un délai si rapide,
d'améliorer la protection des élus municipaux dans l'exercice de leurs
fonctions. L'union accueille également très favorablement l'ajout d'outils pour
favoriser la démocratie municipale ainsi que les mesures pour faciliter la
conciliation entre la fonction d'élu et la vie personnelle.
Le projet de loi présente plusieurs
éléments que nous souhaitons souligner, notamment de nombreuses avancées
significatives pour favoriser la participation électorale. De plus, il offre la
possibilité aux municipalités d'exiger une contrepartie financière destinée aux
logements à but non lucratif dans le cadre de règlements de zonage incitatif,
ce qui constitue une mesure louable. Le milieu municipal est plus mobilisé que
jamais à trouver des solutions aux défis actuels auxquels il fait face et
apprécie la collaboration du gouvernement provincial et de sa ministre. Avec ce
projet de loi, des avancées significatives sont réalisées. Les réflexions se
poursuivront et d'autres pistes de solution continueront d'émerger.
Afin d'avoir un portrait juste de la
situation actuelle, l'UMQ a mené un sondage avec la firme Léger & Léger
auprès des 1 380 élus municipaux des quatre coins du Québec. Nous
tenons à partager quelques chiffres aujourd'hui avec vous. Une donnée
d'importance a souligné que 96 % des élus municipaux estiment qu'ils ont
un impact significatif sur la société ou leur communauté. Cette donnée démontre
la solidarité et la motivation derrière leur engagement politique. Toutefois,
selon le même sondage, 46 % des élus ont signalé avoir été confrontés à de
l'intimidation et des menaces, 36 % ont déclaré avoir été victimes de
harcèlement. Et les femmes élues sont plus fréquemment victimes d'intimidation
et de menaces des hommes, 53, comparativement à 42.
À la lumière de ces chiffres, l'UMQ
accueille favorablement la position d'une nouvelle amende pour les personnes
qui menacent, intimident ou harcèlent les élus...
10 h (version révisée)
M. Damphousse (Martin) : ...sont
plus fréquemment victimes d'intimidation et de menaces que les hommes, 53
comparativement à 42. À la lumière de ces chiffres, l'UMQ accueille
favorablement la position d'une nouvelle amende pour les personnes qui menacent,
intimident ou harcèlent les élus. Nous recommandons même de simplifier le
fardeau de la preuve pour faciliter son application. De plus, l'UMQ salue le
processus facilité pour l'obtention de certains types d'injonction et propose d'y
inclure également, et c'est important pour nous, les injonctions permettant de
lever l'anonymat des harceleurs dans le cyberespace.
Ces nouvelles mesures de protection, soit
l'accès facilité à des injonctions et les amendes pour harcèlement, menaces et
intimidations, devraient aussi couvrir certains hauts fonctionnaires, la
famille d'un membre du conseil et le personnel de cabinet, considérant la
proximité avec les personnes élues. L'union tient à souligner l'importance de
ces mesures visant à protéger les élus dans des situations inacceptables, tout
en précisant qu'il n'y a aucune intention de restreindre les échanges sains
avec les citoyens.
Selon le sondage Léger-UMQ, 11 % des
élus ont été victimes de divulgation malveillante de leurs informations
personnelles. En matière de protection des données personnelles, une approche
préventive demeure préférable. À cet égard, la nouvelle mesure visant à
protéger les adresses des candidats et élus dans les déclarations de
candidature est la bienvenue. Par ailleurs, l'UMQ recommande également d'inclure
dans le projet de loi la protection des données personnelles des élus dans le
registre des donateurs d'Élections Québec, comme cela est le cas pour les élus
provinciaux.
Enfin, l'UMQ propose une modification au
code d'éthique et de déontologie des élus municipaux visant à interdire un élu
de divulguer publiquement le dépôt d'une plainte auprès de la Commission
municipale du Québec contre un autre élu avant le résultat de l'enquête,
permettant ainsi d'éviter l'utilisation de ces informations, malheureusement, à
des fins politiques. Maintenant, je tiens à passer la parole à Mme Julie
Bourdon.
Mme Bourdon (Julie) : Donc,
merci beaucoup, M. le Président, Mme la ministre, M. le Président de la
commission, mesdames et messieurs les membres de la commission. Les défis liés
à la conciliation avec la fonction d'élu et la vie personnelle sont nombreux et
peuvent constituer une barrière à l'implication politique. L'une des avancées
importantes dans le projet de loi n° 57 est l'ajout de la possibilité de
participer aux séances du conseil à distance, et ce, dans certaines situations
exceptionnelles. Par exemple, après la naissance ou l'adoption d'un enfant, un
élu pourrait participer à distance durant la première année.
L'union réitère qu'il s'agit de mesures
exceptionnelles, que les séances de conseil sont des moments précieux d'échanges
directs avec les citoyens. Toutes les municipalités du Québec devront donc être
prêtes à tenir des séances hybrides, ce qui peut représenter un défi logistique
et des équipements distincts de la tenue de la séance entièrement à distance.
Donc, pour faciliter cette transition, on recommande, à l'UMQ, de mettre en
place des mesures financières dès l'adoption du projet de loi afin d'accompagner
les municipalités dans l'adaptation aux séances du conseil hybrides.
L'UMQ recommande également de prolonger
les délais d'application pour la participation à distance aux séances du
conseil. Les municipalités devront disposer du temps nécessaire pour se doter
des équipements requis et pour respecter leur processus d'approvisionnement. De
plus, le projet de loi accorde à la ministre un nouveau pouvoir, celui de
déterminer les formations obligatoires pour les élus municipaux. L'UMQ est d'avis
que les élus sont les mieux placés pour identifier leurs besoins en formation,
en tenant compte des particularités de leurs municipalités, des instances où
ils siègent, ainsi que de leurs compétences antérieures. L'union précise que l'accès
à la formation ne devrait pas être politisé et que toutes les municipalités
devraient disposer d'un mécanisme impartial pour financer la formation continue
des personnes élues. En ce sens, l'UMQ recommande la création d'un fonds dédié
dans toutes les municipalités, sans qu'une résolution soit nécessaire pour
suivre les formations.
Enfin, l'UMQ préconise de limiter l'application
de la mesure qui interdit à un élu de cumuler un poste d'officier dans une
autre municipalité, au cas où ce cumul s'effectue au sein même de la même MRC. En
pratique, les probabilités qu'une décision prise dans une municipalité ait des
répercussions sur une autre MRC demeurent minimes. Donc, nous sommes maintenant
disponibles à répondre à vos questions, et un grand merci pour votre attention.
Le Président (M. Schneeberger) : Alors,
merci beaucoup pour votre exposé. Nous allons maintenant débuter une période
d'écharge avec la ministre pour un <maximum...
Le Président (M. Schneeberger) :
...d'écharge avec la ministre pour un >maximum de 16 min 30 s.
Mme Laforest : Oui, alors,
merci, M. le Président. Ma première question est, évidemment, la question au
niveau des répercussions sur l'expression des opinions publiques des citoyens.
Quand on a déposé le projet de loi n° 57, certains citoyens étaient
inquiets par rapport à la possibilité de poser des questions dans les séances
du conseil municipal. Puis c'est sûr que le projet de loi, au niveau de la
protection des élus, on est toujours dans une mesure, si je peux le dire, de
gestes abusifs ou de propos abusifs. Maintenant, j'aimerais vous entendre par
rapport aux gens qui ont dit que le projet de loi empêcherait certains citoyens
de se prononcer.
M. Damphousse (Martin) : Bien,
honnêtement, je suis convaincu que Julie aura des commentaires là-dessus, parce
qu'elle y a travaillé fort dans les derniers mois, mais, honnêtement, jamais il
n'a été question, de la part de l'UMQ puis de la part d'aucun élu, de
restreindre la période de questions d'aucune façon. Il faudra peut-être trouver
un mécanisme pour le réglementer, puis ça, ça fait partie des échanges qu'on a
parce qu'il y a des endroits, puis l'exemple de Varennes est bien simple :
première période, 15 minutes; deuxième période, en fin de réunion, 30 minutes
chronométrées. Il y en a d'autres où ils n'ont pas de temps limite, puis quand
ça prend quatre heures, on comprend qu'il y a peut-être un peu d'abus, surtout
que les données sont claires. Il y a très peu de gens qui monopolisent
85 % de l'ensemble des questions. Puis à Varennes, il y a deux personnes,
puis c'est un bel exemple, qui monopolisent 85 % des questions.
Donc, est-ce qu'on restreint réellement le
droit de parole à la population? Assurément pas, Mme la ministre, mais Julie a
sûrement un commentaire additionnel.
Mme Bourdon (Julie) : Oui, si
je peux me permettre. L'objectif est toujours de maintenir un certain décorum
dans nos instances municipales et que les échanges se passent avec respect.
C'est certain, on a vu, dans ce sondage, également, dans l'ensemble des personnes
qui ont répondu, 86 % des gens nous ont dit que c'étaient toujours les
mêmes personnes qui revenaient au micro et qu'il y avait des enjeux tout le
temps sur les mêmes enjeux. Ce qu'on souhaite, c'est maintenir une santé
démocratique et, justement, qu'il y ait des citoyens qui viennent poser des
questions, qu'ils ne se sentent pas mal à l'aise, parce qu'il y a un ou deux
individus qui peuvent accaparer l'ensemble de la période de questions.
Concernant ce que mon collègue a mentionné
par rapport aux différentes séances publiques, ce qu'on est en train de faire,
ce qu'on peut train de regarder, avec l'ensemble de nos municipalités au
Québec, on est en train de regarder comment se passe l'ensemble des séances
publiques. Quelles sont les règles qui sont mises en place? Il y a-tu une
question à cinq minutes, à trois minutes, pas de limite pour la période des
questions? Et on reviendra si jamais il y a des souhaits de changement à faire
à ce moment-là.
• (10 h 10) •
Mme Laforest : D'accord,
merci. Dans votre mémoire, vous proposez de limiter la participation des
personnes qui n'ont aucun lien avec la municipalité aux périodes de questions
du conseil. J'aimerais savoir comment on pourrait exiger que ce soit seulement
les citoyens de la ville, vraiment, qui puissent poser des questions.
M. Damphousse (Martin) : Bien,
honnêtement, je ne sais pas comment ça se passe partout, mais, encore une fois,
je ramène très souvent un exemple très personnel. Je suis maire depuis 15 ans.
Quand une personne s'adresse à nous, on lui demande de s'identifier. Bon, ceux
qui sont nos habitués, on sait qu'ils habitent vraiment Varennes. Mais dans
l'éventualité où il y a un nouveau personnage qui arrive, on ne le connaît pas
du tout, mais on lui demande de s'identifier et de nous donner son adresse.
Donc, s'il n'est pas Varennois dans un contexte varennois, et il n'aurait même
pas d'entreprise à Varennes, il n'aurait pas d'actifs à Varennes, honnêtement,
il est mieux d'avoir une question très courte et très simple, parce que,
sincèrement, c'est le conseil de ville de la ville pour des enjeux municipaux.
Et, encore une fois, ce n'est pas dans un but de l'empêcher de parler, il
pourra revenir nous voir n'importe quand après la séance, mais c'est la séance
du conseil de la ville de Varennes.
Mme Laforest : D'accord. Au
niveau de la régie interne, parce que dans le projet de loi, on veut exiger que
toutes les municipalités puissent se doter d'une régie interne dès le début des
élections municipales, est-ce que vous avez le nombre de municipalités ou de
membres qui ont leur régie interne?
M. Damphousse (Martin) : Moi,
c'est une donnée que je n'ai pas. Selon moi, il y en a beaucoup, mais le
pourcentage, on ne l'a pas, on pourra vous revenir si on est capable de
l'avoir. Parce je vous dirais, combien ont... Parce qu'il y a une sous-question
à ça que je vous pose, combien avons... de villes et de municipalités qui ont
des régies internes et qui les respectent? Parce que, très souvent, ce que
j'observe, c'est qu'il y a des temps — Julie en a parlé — des
temps de préambule avant la question. Il y en a qu'il n'y a pas de latitude,
puis il y en a qui ont un préambule. On veut que ce soit un préambule court, on
veut arriver à la question rapidement, mais quand il y a des règles qui
existent avec un préambule <donné...
M. Damphousse (Martin)T :
...rapidement,
mais quand il y a des règles qui existent avec un préambule >donné de
30 secondes, d'une minute, juste pour positionner la question, puis que
les gens ne font pas respecter ça à travers leurs règles qui existent déjà, et
là, on prend le fameux quatre heures de tantôt, bien là, il faut s'assurer
de bien cadrer puis de respecter nos propres règles. Ça facilite assurément.
Mme Laforest : OK. On parle
de l'obligation de suivre... de se doter d'une régie interne, on dit également
l'obligation de formation des élus municipaux. J'ai... en fait, j'ai deux
sous-questions : Formation avant les élections et formation après les
élections, quel genre de formation vous voyez et qui pourrait offrir ces
formations-là? Puis est-ce que la formation devrait être la même partout au
Québec?
M. Damphousse (Martin) : Bien,
une chose est sûre... Julie, qui est dans le dossier, aura son opinion, puis la
mienne, elle n'est pas clairement tranchée parce qu'elle n'est pas aussi simple
à répondre, parce qu'il y a des municipalités où il y a beaucoup, beaucoup,
beaucoup d'élus pour plusieurs sièges. Est-ce qu'il faut l'imposer à tous ces
candidats-là? Ce serait une bonne chose. Puis c'est préférable pour moi lorsque
tu as gagné ton siège. Mais là, comprendre bien ton rôle, c'est plus important.
Mais encore là, c'est probablement aussi important avant. Est-ce que les gens
vont le faire avec le sérieux nécessaire? J'aimerais y croire, mais c'est
vraiment... Pour moi, c'est difficile de savoir quelle est la meilleure ligne
pour s'assurer que les gens soient le mieux équipés possible le jour où ils
deviennent élus. Julie.
Mme Bourdon (Julie) : Peut-être
juste rapidement, si je peux me permettre, au niveau de la formation pré
électorale, l'objectif, ce n'était pas nécessairement de la rendre obligatoire,
mais d'en avoir une, parce que plusieurs personnes élues nous ont dit :
Mon Dieu, ce n'est pas à ça qu'on s'attendait, d'être élues. Donc, un peu comme
les agents officiels qui doivent avoir une formation de... les candidats
puissent avoir une formation.
Pour la suite, les types de formations qui
pourraient arriver par la suite, ce qu'on dit, c'est : Est-ce qu'il
pourrait y avoir, oui, peut-être un nombre d'heures de formation obligatoires
ou le budget qui soit déterminé? Parce que présentement, par exemple, un élu de
l'opposition qui voudrait avoir accès à une formation, bien, il faut que ça
soit voté en conseil municipal, il ne peut peut-être pas avoir accès à cette
formation-là. Donc on trouve ça important, oui, de former les élus, mais former
les élus selon chacun de leurs besoins. Il y en a, des fois, qui sont
spécialistes en urbanisme, ils ont besoin d'une formation d'urbanisme. Il y en
a qui arrivent qui sont gestionnaires, qui sont spécialistes en ressources
humaines. Donc, on veut y aller selon les besoins des élus municipaux.
Mme Laforest : OK, merci. Au
niveau du zonage incitatif, vous savez, là, maintenant que, dans le projet de
loi, on va encourager les municipalités, si je peux dire, à augmenter ou
densifier leurs projets en habitation quand ça concerne du logement social, du
logement abordable. Est-ce que vous êtes en mesure de dire : Oui, on est
prêts, puis on est prêts dès demain matin à fonctionner avec cette mesure-là,
si elle est adoptée dans le projet de loi?
M. Damphousse (Martin) : J'ai
un commentaire très rapide, puis je vais laisser encore une fois Julie donner
ses impressions aussi. On entend beaucoup parler de densification depuis
plusieurs années. Plus on est près des grands centres, plus on en entend parler
et plus c'est naturel. Ce que j'ai surtout entendu, Mme la ministre, à travers
ma grande tournée de toutes les régions du Québec, c'est qu'il y a une crainte
d'appliquer le modèle de densification identique à tout le monde, puis on sait
que ça ne peut pas se faire. Il y a des régions moins densifiées naturellement,
avec de très grands territoires. On ne peut pas leur imposer un 10 étages
dans une construction, ça ne cadre tout simplement pas. Mais à partir du moment
où on respecte une logique en fonction des régions, en fonction des secteurs
qui sont déjà densifiés, vous le savez, on est favorables à la densification,
surtout dans un contexte de protection du territoire agricole. À une autre
époque, Varennes a grandi dans les terres agricoles, comme beaucoup de
municipalités. Il faut stopper ça, on est d'accord, mais il faut l'amener avec une
forme d'intelligence et de respect de chacune des régions.
Mme Laforest : Puis
croyez-vous que les promoteurs sont prêts? Nous, ce qu'on entend, c'est que les
promoteurs sont favorables. Mais vous, de votre côté, est-ce que vous voyez...
vous avez entendu des promoteurs qui sont très à l'aise avec cette mesure-là,
si on l'applique?
M. Damphousse (Martin) : Bien,
surtout.
Mme Laforest : Je sais qu'à Longueuil,
ils très favorables, mais en général, vos membres?
M. Damphousse (Martin) : Non,
mais, honnêtement, je ne connais pas de promoteur qui ne souhaiterait pas
rajouter un étage ou deux étages s'il est capable de le faire.
Mme Laforest : En
contrepartie, de donner un montant, là, vous savez.
M. Damphousse (Martin) : J'en
connais beaucoup qui seraient très favorables.
Mme Laforest : OK, merci. Je
ne sais pas s'il reste du temps, mais j'avais une question. Les pôles dédiés...
Le Président (M. Schneeberger) : ...
Mme Laforest : Pardon?
Le Président (M. Schneeberger) : Il
reste sept minutes.
Mme Laforest : OK. Les pôles
dédiés dans toutes les municipalités, Mme la mairesse, qu'est-ce que...
voulez-vous m'expliquez comment ça pourrait fonctionner?
Mme Bourdon (Julie) : Les
pôles dédiés à quel...
Mme Laforest : Vous avez...
Au niveau du fonctionnement du conseil municipal, ça prendrait des pôles dédiés
dans toutes les municipalités?
Mme Bourdon (Julie) : Pour
venir soutenir les élus?
Mme Laforest : Oui.
Mme Bourdon (Julie) : Oui. En
fait, bien, ce qu'on a vu, c'est dire comment on peut soutenir, des fois, les
élus des plus petites municipalités, et tout, donc d'avoir un lien qui puisse
les soutenir au <niveau...
Mme Bourdon (Julie)T :
...municipalités,
et tout, donc d'avoir un lien qui puisse les soutenir au >niveau du
MAMH, avoir du référencement puis, peut-être, d'avoir une forme, aussi, de
soutien et de mentorat. Bien entendu, il y a aussi tout l'aspect des cabinets
politiques. On veut aussi travailler dans les... pour... pour les
municipalités. Une chose qui est certaine, c'est que les municipalités en bas
de 100 000 habitants n'ont pas accès à avoir des cabinets politiques.
Puis on sait que les municipalités, bon, possiblement en haut de 20 000,
ça grossit, il y a plusieurs responsabilités, et tout, et ils ont besoin de
soutien. Donc, de là d'avoir la possibilité de mettre en place des cabinets
politiques, c'est certain que c'est une mesure qu'on souhaiterait voir atterrir
et qu'on a déjà... déjà discutée, d'ailleurs, là.
Mme Laforest : J'ai une
question rapide. Rapidement, vous avez mentionné que les plaintes qui sont
portées à la CMQ ne devraient pas être publiques.
Mme Bourdon (Julie) : En
fait, les plaintes, par exemple, si un élu d'un conseil municipal fait une
plainte contre un autre élu, c'est à ce moment-là qu'on ne souhaite pas qu'elle
soit publique au moment où elle est déposée, parce qu'on ne veut pas politiser
les plaintes, on ne veut pas que ça soit utilisé comme un instrument politique.
Donc, oui, les élus, entre eux, s'ils souhaitent faire des plaintes, il y aura
un processus qui est mis en place par la CMQ qui sera étudié, mais on ne
souhaite pas politiser. Donc, en rendant publiques, en rendant médiatique,
c'est devenu un instrument, dans certaines municipalités, où des élus
déposaient des plaintes, sortaient dans les médias et que, finalement, les
plaintes ne donnaient rien. Donc, c'était juste dans cet objectif-là.
M. Damphousse (Martin) : Si
je peux me permettre, Mme la ministre, sur ce sujet-là, on s'en va en
élections, vous le savez, imaginons que, deux mois avant la date de l'élection,
il y a deux candidats, selon les sondages, c'est serré, et l'un décide de... un
des deux candidats décide de déposer une plainte futile, qui n'existe pas.
C'est juste, là, pour laisser croire qu'il y a bel et bien une plainte, mais
elle n'est pas fondée, elle n'a aucune valeur. Et imaginez, elle laisse
sous-entendre qu'il y a une plainte contre tel autre candidat. Ce n'est pas
vrai, c'est juste dans le but de créer une jambette politique. Ça, honnêtement,
c'est très malsain de faire ça. Ça fait qu'à partir du moment où il y a un
jugement, bien là, attention, il y a un jugement, c'est tout à fait normal que
ça devienne public, mais c'est parce qu'on ne veut pas que des gens s'amusent à
se lancer des plaintes puis que ça sorte tout croche. Malheureusement, ça peut
faire très mal, puis c'est... c'est mal vu.
Mme Laforest : OK, j'ai
d'autres questions, mais je crois que mon collègue de Beauce voudrait poser des
questions. Allez-y...
M. Poulin : ...
• (10 h 20) •
Mme Laforest : Ah! allez-y.
Non, mais j'en ai d'autres, puis je ne veux pas..
M. Poulin : D'accord.
Le Président (M. Schneeberger) : Alors,
député de Beauce-Sud.
M. Poulin : Merci, M. le
Président. Bonjour, merci d'être là. Vous avez soulevé différents points. Je
veux revenir sur l'intimidation, les difficultés entre élus. France Bélisle,
lors de son départ de la vie politique, a bien indiqué, également, le fait que
les tensions au conseil municipal ont également fait partie de sa réflexion. On
a vu différents épisodes de difficultés entre élus, notamment à la ville de
Québec. Est-ce que les élus sont, selon vous, assez préparés à cette difficulté
de joute politique, à cette difficulté lors de l'adoption de certains budgets,
qui devient très, très acrimonieuse, même entre élus, au conseil municipal?
Est-ce qu'ils sont, selon vous, suffisamment préparés?
M. Damphousse (Martin) : Bien,
c'est une bonne question. Honnêtement, je pense que oui, mais, malheureusement,
la guerre politique, ou la joute... je vais utiliser le mot «joute», c'est plus
délicat, la joute politique que vous vivez quotidiennement, qu'on vit dans des
conseils davantage avec une opposition organisée, structurée, ça fait partie de
la politique. Honnêtement, je ne peux pas imaginer qu'avec une meilleure
formation, ça n'existerait pas. Puis on le voit au fédéral, puis on le voit à
peu près dans tous les pays, partout dans le monde. Donc, je ne pense pas
qu'avec une formation améliorée, cette joute politique là n'aurait pas lieu
d'être. Mais, en même temps, les villes que vous avez mentionnées... bon, je
pourrais rajouter Trois-Rivières, Saguenay, Sherbrooke, il n'y en a pas tant
que ça, sauf que quand on en entend parler, on a vraiment l'impression que
c'est généralisé, et ce n'est pas le cas, dans la très grande majorité des cas.
Même s'il y a de l'opposition ou des candidats indépendants, ça se passe très
bien.
M. Poulin : Vous avez tenu,
dans votre mémoire, puis vous l'avez mentionné ici au micro, je suis un homme,
et je suis un homme féministe, qui croit à l'égalité entre les hommes et les
femmes, mais vous avez tenu quand même à mentionner que les femmes étaient plus
souvent victimes d'intimidation. C'est important de le dire, c'est important de
le mentionner. Je veux saluer le fait que vous preniez le temps de le dire
parce qu'il pourrait être vrai, il est vrai que ça arrive trop souvent. Est-ce
que vous avez une explication? Et qu'est ce que les femmes qui sont membres de
l'UMQ vous disent le plus souvent?
M. Damphousse (Martin) : Ouf.
Est-ce que j'ai une explication? C'est un constat que je fais. Les motifs
derrière ça, je vais les garder personnels parce qu'au fond, je ne suis pas sûr
qu'ils <méritent...
M. Damphousse (Martin)T :
...je
vais les garder personnels parce qu'au fond, je ne suis pas sûr qu'ils >méritent
d'être... Je ne suis pas assez sûr de ce que j'avancerais, mais c'est un réel
constat. La réalité, c'est que, je le dis depuis tantôt, je suis maire depuis
15 ans, jamais on ne s'est attaqué à moi face à mon habillement, ma coiffure,
mon maquillage, mes souliers et mes enfants, mais il y a des femmes où on
dirait qu'on cherche à les atteindre plus facilement, ça fait qu'on va être
plus vicieux. La joute politique sera plus, à mon avis, malhonnête, puis on va
aller jouer là-dedans parce qu'on sait que ça fait mal. Je ne connais pas une
femme, quand on va lui parler de son habillement, son maquillage ou peu
importe, que ça ne dérangera pas. Mais ça, honnêtement, je trouve que ça arrive
trop souvent, qu'on dépasse la limite de l'inacceptable. Donc, si ce projet de
loi là peut aider... Parce que, je le répète sur toutes les tribunes, puis je
suis content que vous ayez entendu mes propos, puis je l'ai répété très
souvent, je souhaite qu'on ait plus de femmes, parce que ça va bien, mais on
mérite d'en avoir davantage, et d'avoir de jeunes femmes, comme Isabelle
Lessard à Chapais. Malheureusement, son contexte de feu de forêt a été trop
pour elle, mais quand elle était autour du conseil d'administration de l'UMQ,
là, c'était un ajout exceptionnel. Ça faisait du bien d'entendre des propos
d'une jeune femme. Donc, il faut aider à ce que la démocratie puisse protéger
davantage les femmes pour que ces stupidités-là ne puissent pas exister.
Le Président (M. Schneeberger) : ...
M. Poulin : Puis je vous
dis... Pardon?
Le Président (M. Schneeberger) : 10 secondes.
M. Poulin : Puis je vous
dirais que ça touche également les élues provinciales, malheureusement, où des
femmes se sont fait critiquer, encore récemment, parce qu'elles étaient
malheureusement des femmes, on a l'impression.
M. Damphousse (Martin) : Je
suis convaincu de... J'en ai la certitude.
M. Poulin : Merci.
Le Président (M. Schneeberger) : Merci
beaucoup. Alors, nous allons maintenant du côté de l'opposition officielle et
j'entends la députée de Mont-Royal—Outremont.
Mme Setlakwe : Merci. Merci à
vous trois. Merci pour le mémoire, merci pour la présentation. J'ai des
questions, mais je pense, c'est important pour... de notre part aussi, de faire
l'énoncé suivant, là. Je pense que ce n'est pas l'intention de qui que ce soit
de restreindre la liberté d'expression des citoyens. Puis, tout au long des
consultations puis de l'étude détaillée, on va... on va s'assurer d'examiner le
libellé attentivement pour être sûrs que, d'aucune façon, ce soit... ce soit...
bien, que ce soit l'intention du législateur et que le législateur soit en
train... de restreindre de quelque façon que ce soit. Parce qu'on s'entend que
les citoyens ont droit et doivent venir interpeller, interroger les élus,
questionner, faire valoir leurs revendications, leurs doléances à la période de
questions ou autrement, et ils peuvent exprimer leurs désaccords avec des
positions politiques. Vous l'avez mentionné, Mme Bourdon, c'est... ça doit se
faire dans le respect, tout ça. On va... on va garder ça à l'esprit, là, pour
être sûrs que le... être certains que le projet de loi ne vienne pas du tout
brimer la liberté d'expression.
J'aimerais revenir sur... Vous avez fait
un sondage auprès de vos membres, auprès des élus et vous... il y a... vous
avez tiré différents constats. Moi, je le... je le simplifierais de la façon
suivante : le climat est devenu difficile pour l'élu vis-à-vis la
population, même entre élus, le... mon collègue de Beauce-Sud en a fait
mention, entre élus, ça devient difficile aussi, ça devient difficile aussi par
rapport aux médias sociaux. Ma question est la suivante : Est-ce que le
projet de loi vient répondre à l'ensemble de ces préoccupations-là? Est-ce
qu'il y a une zone d'ombre, est-ce qu'il y a un élément qui n'a pas été traité?
Là, je regarde... Tout à l'heure, on a beaucoup parlé de la période de questions,
mais ce n'est pas juste à la période des questions locales, là, que les
problèmes se manifestent, puis on a des dispositions précises, là, sur le
désordre et tout, sur la... mais... Mais donc, ma question, c'est : Le
sondage a révélé quoi de... de... de plus précis? Est-ce qu'on... Est-ce qu'on
vient en traiter convenablement, dans le projet de loi?
M. Damphousse (Martin) : Bien,
en fait, ce que je réalise, c'est que le sondage, qui a été très utile, vient
légitimer le projet de loi. En fait, est-ce que ce projet de loi là réglera
tout? J'aimerais sincèrement vous dire oui, mais ne soyons pas naïfs, là, c'est
impossible. Mais c'est assurément une pierre angulaire exceptionnelle pour
faire en sorte que le portrait et la perception du portrait des élus municipaux
soient un peu moroses parce que... Malheureusement, quand une France Bélisle
quitte, bien, on en parle pendant une semaine de temps, mais c'est une élue. Je
comprends que ça fait beaucoup de bruit, mais la réalité, c'est que ça va très
bien dans bien des conseils. Ça fait que ça va nous donner, probablement, la
possibilité de renverser la vapeur dans un climat plus positif, grâce à ce
projet de loi là, pour nous permettre que la prochaine année et demie, vous en
avez parlé tantôt, ça sera à notre tour de retourner aux élections. Plusieurs
veulent y aller. Donc, ça va être très aidant. Mais par rapport aux périodes de
questions, sans vouloir aller trop là-dedans, ce que je réalise, c'est qu'il y
a eu une évolution importante de télédiffuser les séances du conseil. À
Varennes, ça l'est, puis de plus en plus, les grandes villes, c'est rendu très
populaire, le YouTube est facilitant, le Facebook live est facilitant. Mais,
quand on <observe...
M. Damphousse (Martin)T :
...le
YouTube est facilitant, le
Facebook live est facilitant. Mais, quand on >observe
ça, le constat que je fais, c'est que les gens n'ont pas d'intérêt, puis on le
voit par les gens qui restent accrochés, là. Quand c'est les périodes des
résolutions, c'est un peu plate, les gens n'écoutent plus. Quand il y a une
période de questions au début, oh, là, on est accroché, parce que monsieur ou madame
qui fait le show va être là. Et, à la fin, donc, les 85 % des gens que
c'est toujours les mêmes qui viennent faire le spectacle, mais il y a, des
fois, il y a des spectacles qui débordent, et c'est là où on est rendu comme
des situations à Saint-Constant, où là, il y a des jugements contre un citoyen.
On dit : Là, tu ne peux plus y aller, mais ça a dégénéré pendant des
années. Et le harcèlement, au niveau des médias, quand tu envoies 20 courriels
par jour à une directrice générale, tu comprends que... Mais, attendez, il y a
quelque chose qui ne fonctionne pas.
Donc, de télédiffuser ça augmente le
spectacle et n'améliore rien dans la situation. Mais quand je dis ça, je ne dis
pas que je ne veux plus de période de questions. Je n'ai pas dit ça, j'ai dit
juste que c'est un constat qu'on fait. Puis, à travers les médias sociaux, je
l'ai répété souvent, ceux qui se cachent derrière, puis l'image du petit minou,
là, on ne sait pas c'est qui, ça aussi, le projet de loi risque d'améliorer
beaucoup ça. Un ou deux jugements risquent de refroidir l'ardeur de ceux qui
sont en pleine nuit puis veulent écrire n'importe quoi. Ça risque de faire du
bien.
Mme Bourdon (Julie) : Si je
peux me permettre. Effectivement, le projet de loi vient quand même encadrer
des demandes qui ont été faites par l'UMQ, puis vient quand même répondre à un
besoin. Mais, tu sais, je pense que tout le monde est conscient, le projet de
loi, ce n'est pas une fin en soi. Il faut travailler comme si c'était à
sensibiliser les citoyens au niveau de l'incivilité auprès des élus. Il faut
travailler à valoriser, également, le rôle des élus, puis c'est, entre autres,
ce qu'on va faire, nous, de notre côté, parce qu'on souhaite maintenir,
vraiment, notre santé démocratique.
Donc, le projet de loi, c'est une chose,
il ne viendra pas tout régler parce qu'on ne peut pas y aller tous avec des
lois, bien évidemment, mais on a une prise de conscience qu'on a à faire. Puis,
comme l'a mentionné M. Damphousse, tu sais, il y a des enjeux qui se passent
dans certaines municipalités. Mais je pense qu'il y a une chose qu'il faut
dire, c'est que, dans peut-être 80%, 90 % des municipalités, ça va bien,
ça va bien, puis il faut continuer à valoriser ce rôle-là, des élus, puis ne
pas dire que tout est mal et tout va mal. Donc, je tiens quand même à le
mentionner, là.
Mme Setlakwe : Merci. Est-ce
que vous croyez qu'il y a suffisamment de mesures en amont? Parce que là on a
des mesures punitives, on a... Il y a même d'autres mesures qui avaient été
annoncées avant... avant le dépôt du projet de loi, dans le cadre du plan
d'action du gouvernement, on parle d'aide psychologique, on parle d'aide
financière quand il y a des recours. Est-ce qu'il y a suffisamment de mesures
en amont? Et est-ce qu'on accompagne suffisamment les élus qui ne font pas
partie, disons, d'une majorité, là, dans un conseil et qui se trouvent
peut-être, aussi, à ne pas avoir accès à des différents comités, différents...
qui trouvent, finalement, que leur rôle d'élu est plutôt limité une fois... une
fois l'élection passée puis qu'ils se retrouvent dans une situation minoritaire?
• (10 h 30) •
M. Damphousse (Martin) : Au
delà de la formation, à quel type de mesures vous feriez référence?
Mme Setlakwe : Mais est-ce
que, par exemple, on devrait aller de l'avant avec... être plus précis dans les
modifications qui devraient être faites dans tous les codes de conduite ou tous
les codes d'éthique et de déontologie? Est-ce qu'on devrait être plus précis
dans ce qui est acceptable et non acceptable, comme on le ferait dans un autre
milieu, un autre contexte de travail?
M. Damphousse (Martin) : D'avoir
un genre de modèle maître recommandé par le gouvernement, de code d'éthique?
Mme Setlakwe : Oui. Un
exemple, oui.
M. Damphousse (Martin) : OK.
Bien, je trouve l'idée intéressante, mais je pense qu'on en a tous. Si on
s'amusait à les comparer du jour au lendemain, d'après moi, ils se sont
inspirés beaucoup l'un de l'autre. Il y a peut-être une saveur plus locale pour
des motifs qui leur... qui leur revient. Je vais garder votre question : Y
aurait-il d'autres choses en amont qui pourraient aider? Je vais y réfléchir,
je vais voir. La formation, on en entend parler beaucoup. Est-ce qu'il y a
d'autres éléments? Il n'y en a pas qui me viennent spontanément.
Mme Bourdon (Julie) : Bien,
effectivement, puis on est... Tu sais, en amont, je pense qu'on... il y a quand
même un travail qui est fait, là, présentement. Puis, comme j'ai... on a
mentionné tantôt, on va quand même faire le tour au niveau de... de comment
fonctionnent les séances publiques de l'ensemble des municipalités, puis voir
il y a-tu lieu ou pas d'améliorer ces séances-là, étant donné que chacun
fonctionne de façon différente, comme l'a mentionné mon collègue. Certaines ont
seulement une période de questions, d'autres ont deux périodes de questions,
d'autres ont des périodes de questions limitées, d'autres doivent s'inscrire
avant. Il y en a certains qui doivent inscrire la question préalable, d'autres
arrivent et parlent un peu de n'importe quoi.
Il y a des villes qu'il y a beaucoup de
citoyens qui arrivent de l'extérieur quand il y a des dossiers polarisants,
comme les cerfs à Longueuil, que ce n'est pas des Longueuillois qui viennent
prendre l'espace, la période de questions. Donc, tu sais, je pense que c'est
tout ça qui est, entre autres, déjà, quand même, dans le projet de loi, mais
qu'on doit être conscients de ça.
Mme Setlakwe : OK. Non, mais
je pensais aussi au climat au sein du conseil lui-même, entre les élus...
10 h 30 (version révisée)
Mme Setlakwe : ...au sein du
conseil lui-même, entre les élus, est-ce qu'il y a suffisamment d'accompagnement,
de médiation, tu sais, pour ne pas en arriver... pour dénouer les impasses,
dénouer les situations difficiles pour ne pas en arriver à des... à des
conflits, à des plaintes, à des démissions?
Mme Bourdon (Julie) : Bien,
on a parlé d'accompagnement. On travaille aussi sur une formule de mentorat,
éventuellement, également, là, de communauté de pratiques qu'on veut mettre en
place pour nos élus, nous, pour les soutenir en amont, effectivement. C'est... c'est
certain qu'il y a... il y a certaines situations dans... dans les municipalités.
Puis, au final, est-ce qu'on pourra régler tous les conflits qui peuvent
arriver dans l'ensemble des municipalités? Non. Puis il y a des municipalités
qui fonctionnent avec des oppositions, il y en a que c'est juste des
indépendants. Donc, il y a des fonctionnements qui sont totalement... qui sont
totalement différents. Mais c'est sûr qu'on souhaite à ce qu'il y ait un
respect entre les élus, comme il y a un respect entre les citoyens et les élus
également, là.
Mme Setlakwe : Je comprends
généralement, là, de votre mémoire puis de votre intervention que vous êtes...
vous êtes plutôt satisfaits avec le projet de loi, vous souhaitez... à part la
question des barrages. J'aimerais ça que vous élaboriez un petit peu plus sur
la question des barrages. Il en reste encore un certain nombre qui sont détenus
par l'État, et là on voudrait qu'ils ne soient pas sujets à la taxe foncière,
et ça engendre donc une baisse de revenus dans certaines municipalités. Juste nous
expliquer rapidement cet enjeu-là et... ou élaborer et nous dire s'il y a d'autres
éléments du projet de loi avec lesquels vous êtes en désaccord que... sur
lesquels vous aimeriez élaborer.
Mme Bourdon (Julie) : Bien,
effectivement, au niveau des barrages, nous, ce qu'on souhaite, c'est que soit
maintenue la taxe foncière, là, comme elle était. Donc, souvent, c'est dans des
plus petites municipalités. L'affectation des revenus peut affecter quand même
grandement les budgets des municipalités. Bien entendu, on est aussi venus
intervenir, nous, dans notre mémoire, au niveau de la taxe au niveau de l'immatriculation.
Donc, s'assurer... s'assurer de peut-être avoir une ouverture sur comment...
comment elle peut... elle peut atterrir dans les municipalités, parce que,
présentement, c'est soit les grandes municipalités ou les MRC. Donc, des
municipalités qui ont des services de transport n'ont pas accès à cette
taxe-là. Donc, d'offrir la possibilité. Et il y a aussi les frais de service au
niveau de la... de la SAAQ qui sont quand même élevés et qui... et qui...
Le Président (M. Schneeberger) : Merci
beaucoup. Alors, le temps est terminé. Alors, nous allons maintenant du côté de
la deuxième opposition, et j'entends le député de Taschereau pour
3 min 28 s.
M. Grandmont : Bonjour.
Merci, M. le Président. Bonjour, M. Damphousse, Mme Bourdon, Mme Giguère. On a
très peu de temps, donc, vous l'avez entendu. Puis vous avez entendu mon
préambule, mes remarques préliminaires tout à l'heure. Je vais aller
principalement sur la question de la liberté d'expression. On est d'accord qu'il
faut protéger les élus. C'est un droit qui est important. On veut que la santé
démocratique demeure au niveau municipal, évidemment, puis au niveau de l'Assemblée
nationale, évidemment, aussi, là, mais, en même temps, le droit de manifester,
le droit de parole est un droit fondamental également.
Est-ce... Il n'y a pas longtemps, dans Le
Soleil, là, il y avait Laurence Guénette, là, qui est porte-parole de la Ligue
des droits et libertés, qui disait : «On doit permettre les perturbations
raisonnables qui ne mettent personne en danger.» Comment vous recevez cette
affirmation... cette affirmation-là de la ligue?
M. Damphousse (Martin) : ...perturbations
raisonnables?
M. Grandmont : Raisonnables.
Des manifestations, des gens avec des pancartes dans des conseils municipaux,
par exemple. On n'est pas dans une... on est dans une période de questions, des
gens débarquent avec une pancarte. C'est sûrement déjà arrivé dans des conseils
qui sont membres de l'UMQ. Est-ce que c'est... selon vous, est-ce qu'on... En
fait, est-ce qu'on doit trouver un équilibre pour garantir cette possibilité-là
puis, de l'autre côté, en même temps, protéger les élus? Je pense que Mme
Bourdon comprend le sens de ma question.
Mme Bourdon (Julie) : En
fait, je pense que l'objectif est de maintenir un décorum. On n'empêche pas des
citoyens de venir manifester devant l'hôtel de ville. On n'empêche pas la
liberté d'expression. Je pense qu'il y a plusieurs moyens qui existent, lorsqu'il
y a des groupes qui sont opposés, pour s'exprimer. Il y a des façons de faire
qui, j'imagine... comme à l'Assemblée nationale, il y a un certain décorum et
il y a des règles de conduite. Donc, c'est ce qu'on fait juste mentionner.
On n'empêche pas la liberté d'expression,
on n'empêche pas des citoyens de venir s'exprimer sur un sujet. Ce n'est pas
ça. Mais, s'il y a du... si ça crie dans la salle, si les gens parlent en même
temps que la présidence d'assemblée ou quoi que ce soit, ce n'est pas sain
comme débat. Il y a... en fait, ce n'est pas... ce n'est pas un débat. Donc,
tout ce qu'on veut, c'est maintenir un décorum. Les gens peuvent venir poser
leurs questions de façon respectueuse, peuvent venir faire valoir leur point de
vue, déposer une pétition. Il y a différents moyens pour s'exprimer. C'est
juste qu'il faut quand même rester respectueux, là, et ce n'est pas d'empêcher
la liberté d'expression, c'est peut-être juste dans le moyen utilisé. Je ne
pense pas que vous accepteriez à l'Assemblée nationale que des gens crient dans
les estrades en haut. Donc, c'est un peu la même chose dans les conseils
municipaux, là.
M. Grandmont : ...en même
temps, on est l'Assemblée nationale, effectivement, il y a des règlements qui l'empêchent
pour les tribunes. En même temps, on n'a pas de période de questions non plus,
il n'y a pas cette interaction-là non plus. C'est un mécanisme qui manque
peut-être ici, à l'Assemblée nationale, par ailleurs, <mais...
M. Grandmont :
...c'est
un mécanisme qui manque peut-être ici, à l'Assemblée nationale, par ailleurs, >mais
c'est un autre sujet.
Vous parlez d'étendre la protection à la
famille et au personnel de cabinet. L'objectif qui est visé par ça, c'est
lequel exactement?
Mme Bourdon (Julie) : En
fait, peut-être, si je peux me permettre, sans nommer... sans nommer de cas
concret, là, il y a... ça... ça a été porté à nos oreilles qu'à l'occasion il
pouvait y avoir une injonction qui avait été mise contre un citoyen, contre un
élu, et par la suite la personne est allée passer par l'enfant pour attaquer
l'élu. Donc, c'est ça, tout simplement, qu'on veut éviter.
M. Grandmont : Ah! parfait.
Puis dernière chose, peut-être, sur la question, là, des injonctions de type
Norwich, j'aimerais comprendre le sens de cette demande que vous avez. Nous, à
Québec, il y a des cas, là, sur les injonctions de type Norwich, mais c'est un
autre sujet, mais quand même important. J'aimerais vous entendre là-dessus.
Le Président (M. Schneeberger) : ...
Mme Giguère (Marie-Dominique) : Oui.
Donc, les injonctions de type Norwich ont été développées en jurisprudence pour
permettre de lever l'anonymat auprès d'une tierce partie quand il y a du
harcèlement qui se fait de manière anonyme. Donc, ça nous permet par exemple
d'aller... Oh!
Le Président (M. Schneeberger) : Merci
beaucoup. Désolé, ça passe vite. Alors, nous allons maintenant du côté
du député des Îles-de-la-Madeleine, avec 2 min 38 s à votre
disposition.
M. Arseneau : Merci, merci
beaucoup, M. le Président, Mme Bourdon, Mme Giguère, également M. Damphousse.
J'aimerais poser une question d'abord sur votre remarque à l'effet que l'on
devrait étendre ou faciliter l'accès à des injonctions. Je veux comprendre plus
précisément ce que... ce que vous voulez dire. C'est... Vous parlez ici de
lever l'anonymat. Mais est-ce que c'est simplement pour révéler le nom des
harceleurs, ou vous voulez avoir des injonctions plus rapides, que la cour
réagisse plus rapidement à des menaces, ou à de l'intimidation, ou...
M. Damphousse (Martin) : ...est
tout à fait juste. Quand une municipalité dépense 100 000 $, petite
municipalité, juste pour savoir qui se cache derrière ce petit minou là, bien,
honnêtement, on comprend que ça n'a pas de sens. Donc, il faut être capable de
faciliter, parce que, quand il y a des injures, quand il y a de la diffamation
gratuite, puis on n'est jamais capables de savoir... Et, trop souvent, ce qu'on
observe, c'est qu'il y a des municipalités qui se découragent à cause du
processus législatif trop lourd, trop long et trop coûteux. Donc, si, à partir
du moment... on facilite et on fait stopper ça... Puis c'est arrivé à Mercier.
Ils ont tenu le coup jusqu'à la fin. Sans grande surprise, celui qui se cachait
derrière la tête de minou, c'est un opposant politique, et il a arrêté, 35 $... 35 000 $
d'amende. Bonne chose.
• (10 h 40) •
M. Arseneau : OK, mais, pour
ce qui est de ce qui est proposé à l'article 8, notamment que la Cour
suprême<i>... la Cour supérieure<i>, pardon, peut prononcer une
injonction sur les motifs qui sont là, là, j'aimerais savoir le lien entre cet
article-là puis la discussion qu'on a eue tout à l'heure sur la période de
questions et sur le fait que des gens peuvent accaparer 85 % du temps de
parole. Je...
M. Damphousse (Martin) : ...
M. Arseneau : Il n'y a pas de
lien. OK, on...
M. Damphousse (Martin) : Non,
non, non.
M. Arseneau : Parce qu'on
a...
Mme Bourdon (Julie) : C'est
vraiment dans des cas de harcèlement, là, et...
M. Arseneau : C'est ça.
Mme Bourdon (Julie) : ...et
c'est vraiment normé au niveau des amendes, là, donc on...
M. Arseneau : Exact. Mais
vous ne demandez pas qu'on modifie ça?
M. Damphousse (Martin) : Non,
non, non.
Mme Bourdon (Julie) : Non.
M. Arseneau : Parce que les
règles permettent déjà...
M. Damphousse (Martin) : Non,
c'est... Le sondage émet un constat...
M. Arseneau : Oui.
M. Damphousse (Martin) : ...que
ceux qui parlent, c'est, à peu près 85 % du temps, les mêmes. On ne dit
pas qu'ils n'ont pas le droit, d'aucune façon, mais c'est quand même un
constat, là.
M. Arseneau : C'est ça, le...
mais le constat que quelqu'un peut revenir à la charge à chaque...
M. Damphousse (Martin) : Pas
d'enjeu.
M. Arseneau : ...séance
municipale parce qu'un problème n'est pas réglé, ça peut être aussi valide.
M. Damphousse (Martin) : Ou
qu'il est réglé, mais pas à sa convenance.
M. Arseneau : Exact.
M. Damphousse (Martin) : Mais
il peut revenir, il a tout à fait le droit.
M. Arseneau : Mais ce n'est
pas ce qu'on cherche à changer actuellement?
M. Damphousse (Martin) : ...mais
dans le respect. Non, non, non, pas du tout, absolument pas.
M. Arseneau : La protection
des autres groupes... J'ai encore le temps?
Le Président (M. Schneeberger) : 10 secondes.
M. Arseneau : 10 secondes.
Bien, je n'ai pas le temps. Bien, je voulais savoir si ça... Oui, pour les
hauts fonctionnaires également qui sont victimes d'intimidation, c'est une
préoccupation?
Mme Bourdon (Julie) : ...rapidement,
c'est les DG et les greffières qui participent aussi aux séances du conseil et
les inspecteurs municipaux, c'est quelques personnes qui sont dans la salle du
conseil en même temps comme fonctionnaires.
Le Président (M. Schneeberger) : Merci
beaucoup. Alors, merci beaucoup à votre contribution à la commission. Nous
suspendons quelques instants pour accueillir le prochain groupe.
(Suspension de la séance à 10 h 41)
(Reprise à 10 h 48)
Le Président (M. Schneeberger) :
Alors, nous reprenons les travaux. Alors, nous recevons maintenant les membres
de la Fédération québécoise des municipalités et nous recevons M. Antoine
Tardif, premier vice-président et maire de Victoriaville, et Mme Mélanie
Harvey, conseillère. Alors, vous connaissez la série actuellement au hockey?
Alors, M. Tardif, Antoine, je t'invite personnellement à Drummondville pour
venir fêter la victoire des Voltigeurs sur les Tigres dans quelques jours.
Alors, l'invitation est lancée.
M. Tardif (Antoine) : Alors,
comme on dit, ce n'est pas fini tant que ce n'est pas fini. Donc, on garde espoir.
Il reste encore des matchs dans cette série-là. Salutations aux membres de la
commission, Mme la ministre, bien, M. le Président, qui vient de notre belle
région du Centre-du-Québec. Antoine Tardif, maire de Victoriaville,
vice-président de la Fédération québécoise des municipalités, en remplacement
de notre président, Jacques Demers, et accompagné de Mélanie Harvey, qui a fait
un excellent travail de présenter le mémoire et qui m'accompagne aujourd'hui.
Comme vous le savez, la Fédération québécoise des municipalités représente plus
de 1 000 membres, dont la totalité des MRC du Québec, et on remercie
la commission de nous accueillir aujourd'hui pour pouvoir présenter nos
observations sur le projet de loi no 57.
D'entrée de jeu, je veux vous signaler que
nous sommes très favorables au projet de loi et que, pour nous, c'est une bonne
nouvelle que d'avoir des mesures qui sont mises en place pour soutenir les élus
dans leur travail. Cette loi, qui vise à favoriser l'exercice des fonctions
électives à l'abri des menaces, du harcèlement et de l'intimidation, en
prévoyant la possibilité pour un élu municipal de demander une injonction à la
Cour supérieure pour mettre fin à des propos ou gestes qui entravent indûment
l'exercice de ses fonctions ou qui portent atteinte à son droit à la vie
privée, est très importante. Devant la multiplication des dénonciations qu'on
voit depuis quelques années, la fédération salue la volonté de la ministre des
Affaires municipales d'agir sur cette problématique et d'assurer une meilleure
protection des élus et par le fait même de nos institutions démocratiques.
• (10 h 50) •
Le rapport d'enquête que la FQM a tenue
sur les préoccupations des élus a dévoilé en mars dernier qu'il y a une hausse
importante des cas d'intimidation dans le monde municipal, malgré plusieurs
efforts qui sont consentis jusqu'à maintenant. On y constate d'ailleurs une
augmentation du nombre de citoyens mécontents qui n'hésitent pas à menacer,
intimider et harceler les élus et même les employés de leur municipalité. Le
rapport souligne également l'importance que prennent les incidents qui
surviennent en personne en raison du rapport de proximité qui existe dans le
monde municipal. Vous le savez tous, on dit qu'on est les plus près du citoyen,
bien, ça vient avec ses avantages et parfois ses inconvénients.
Par ailleurs, le nombre de démissions
qu'on a vu au cours des dernières années est quand même alarmant, alors que
10 % des 8 000 élus municipaux ont quitté leurs fonctions depuis
2021, et ce, après quelques années en fonction seulement. Il est donc normal
que certaines décisions politiques qui affectent les citoyens puissent susciter
l'opposition, de vives réactions et entraîner des interventions émotives et
passionnées. Ces échanges font partie d'une saine démocratie, mais il y a eu au
cours des dernières années certains dépassements qui méritent d'être soulignés.
Toutefois, les excès de la part de citoyens sont, somme toute, comprenables,
considérant qu'il n'y a pas de mécanisme pour faire l'opposition à ces
dépassements-là. L'équilibre n'est pas simple dans ce domaine, mais l'approche
proposée par la ministre est intéressante à ce chapitre.
En effet, la loi édictée par le projet de
loi prévoit qu'un élu doit s'adresser à la Cour supérieure pour qu'une mesure
soit prise à l'égard d'une personne qui aurait un comportement répréhensible.
Puis, pour la FQM, le fait qu'on doive s'adresser à la cour devrait assurer une
certaine protection de la voix des citoyens. La... sanction viendra d'un
tribunal et non pas d'une partie prenante, et dans cette optique, on croit que
c'est la bonne chose à faire. Afin d'assurer une utilisation adéquate de ces
mesures, dans l'éventualité de l'adoption du projet de loi, la FQM va
d'ailleurs transmettre à ses membres un modèle de règlement de régie interne et
de procédure d'assemblée pour à la fois protéger le droit de parole des citoyens
et assurer la saine gestion du déroulement des réunions du conseil. En ce qui
concerne les modalités <d'application...
M. Tardif (Antoine) :
...déroulement
des réunions du conseil. En ce qui concerne les modalités >d'application
de cette nouvelle loi, nous sommes d'avis que le pouvoir prévu pour une
municipalité locale d'intenter une poursuite pénale devrait être également
accordé aux MRC à même titre qu'on le fait pour les municipalités.
Enfin, considérant qu'on constate
également une hausse importante des cas d'intimidation et de harcèlement à
l'encontre de fonctionnaires municipaux dans l'exercice de leurs fonctions, on
est d'avis que le projet de loi n° 57 constitue une opportunité de réviser
les motifs et les montants des sanctions prévues au Code municipal du Québec et
à la Loi sur les cités et villes... et villes en... à l'endroit des
fonctionnaires municipaux afin de les rendre plus dissuasifs.
En second lieu, au niveau de la
gouvernance municipale, le projet de loi propose de permettre, dans certaines
circonstances, à un membre du conseil d'une municipalité de participer à
distance à une séance du conseil et en prévoit les conditions et modalités.
Face à la difficulté de certains élus de concilier leurs engagements familiaux,
professionnels, la fédération accueille bien entendu favorablement la
modernisation des modalités de déroulement des séances du conseil et, de façon
générale, est en accord avec les motifs qui ont été évoqués, soit la santé, la sécurité,
la déficience significative, une grossesse, une naissance, voire même une
adoption, et les conditions identifiées. Les enjeux de conciliation sont
d'autant plus importants dans les plus petites municipalités où la majorité des
élus occupent en même temps des fonctions professionnelles. D'ailleurs, dans
notre rapport qu'on a réalisé à la FQM, 43 % des répondants ont indiqué
avoir un autre travail à temps plein et 22 %, un travail à temps partiel.
Ces enjeux de conciliation sont souvent plus importants chez les jeunes, qui
sont plus nombreux à occuper un emploi à temps plein en plus de leur mandat
d'élu et ont plus souvent une personne à charge.
Toutefois, la participation à distance des
élus aux séances de conseil doit être bien encadrée et circonscrite afin
d'éviter des problématiques importantes. Il est important de rappeler que l'un
des piliers de la démocratie municipale, c'est la proximité avec les citoyens.
Cette proximité constitue, bien entendu, une force, mais comporte son lot de
défis, notamment lors des périodes de questions qui peuvent devenir enflammées.
Il apparaît clairement que la pression ne sera pas la même pour les élus qui
seront en présence des citoyens et ceux qui seront à distance. La volonté de
conciliation ne doit donc pas créer une iniquité entre les élus ni restreindre
la proximité et la transparence du processus décisionnel. Le projet de loi,
d'ailleurs, prévoit la possibilité que la majorité d'un conseil puisse
participer à une séance de conseil à distance et que, dans cette éventualité,
celle-ci soit enregistrée afin d'éviter qu'un élu se retrouve seul devant les
citoyens pendant que tous les autres membres du conseil sont à distance. Nous
sommes d'avis qu'une disposition doit être ajoutée pour prévoir que la majorité
du conseil doit être en présence à chacune des séances. Les modalités relatives
à l'obligation des mises en ligne des séances devront être modifiées
conséquemment.
Le projet de loi prévoit que les membres
d'un conseil puissent assister à distance à une séance extraordinaire, ce qui
est très favorable pour la FQM, puisqu'on sait, ces séances-là sont souvent
appelées dans un court délai, puis on peut comprendre aussi les enjeux de
déplacement lorsqu'on est dans des régions où les kilomètres à parcourir sont plus
grands pour se rendre à une séance extraordinaire.
Troisièmement, en regard de l'éthique et
de la déontologie, le projet de loi prévoit l'introduction d'un nouveau motif
d'inhabileté à exercer la fonction de membre d'un conseil d'une municipalité
pour un directeur général, un greffier ou un trésorier d'une autre
municipalité, y compris d'une MRC. Alors qu'on cherche à accroître les
candidatures aux élections municipales, la FQM s'interroge sur cette
disposition du projet de loi. Une recherche non exhaustive qu'on a effectuée et
que l'Association des directeurs municipaux du Québec nous a fournie a permis
d'identifier au moins 27 personnes qui cumulent actuellement les fonctions
d'élu avec l'une des fonctions visées par le motif d'inhabileté sans problématique
connue. J'ai moi-même, dans mon conseil municipal, à Victoriaville, un
conseiller qui est directeur général d'une municipalité dans une autre MRC,
puis, bien, il serait évidemment très déçu que cette disposition-là soit mise
en place. Mais je pense qu'il aurait un choix difficile à prendre aussi, soit
de demeurer élu ou de garder son emploi de directeur général. Puis, dans un
contexte où ça ne se bat pas aux portes pour être élu municipal ni pour devenir
directeur général d'une municipalité, je pense qu'on ne peut pas se priver de
ces talents.
Cette situation pose problème pour nous.
On est d'accord qu'il est possible de la corriger, mais nous sommes d'avis que
cela nécessite peut-être davantage de réflexion pour ne pas causer de préjudice
à des personnes bien intentionnées et dont la contribution comme élu est
soulignée par ses pairs.
Quatrièmement, il y a tout un <volet...
M. Tardif (Antoine) :
...contribution
comme élu est soulignée par ses pairs.
Quatrièmement, il y a tout un >volet
au niveau de la formation obligatoire où pour laquelle la FQM a certaines
recommandations. Peut-être que le... pour les élus qui sont déjà en fonction,
l'obligation de faire à nouveau une formation en éthique et déontologie
pourrait être... par une autre formation en finances ou dans d'autres choses.
Puis il y a un pouvoir aussi pour la ministre d'imposer des nouvelles
obligations en matière de formation. On tient tout simplement à rappeler qu'on
est dans un contexte où c'est de plus en plus difficile d'avoir des élus qui se
présentent. Les obligations familiales, professionnelles s'additionnent, et
donc d'avoir des nouvelles formations qui s'ajoutent doit inévitablement être
pris en considération.
En conclusion, on a vécu au cours des dernières
années des événements malheureux dans le monde municipal, puis je crois qu'on
se doit de saluer l'exercice qui est fait aujourd'hui puis l'initiative de la
ministre, que je remercie d'ailleurs pour le dépôt de ce projet de loi là.
Merci beaucoup.
Le Président (M. Schneeberger) : Merci
beaucoup pour... M. Tardif, pour votre mémoire. Alors, nous allons débuter une
période d'échange avec la ministre pour un 16 min 30 s.
Mme Laforest : Oui, merci.
Merci, M. Tardif, merci, Mme Harvey également. J'ai tout de suite une question,
la... la majorité en présence, parce que, là, on propose le vote à distance. Juste
m'expliquer, c'est la FQM qui demande quand même que la majorité soit toujours
en présentiel?
M. Tardif (Antoine) : Exact.
Ça, on a eu des bonnes discussions à cet effet-là, puis c'est... c'est dans le
contexte où justement... Prenons l'exemple de Victoriaville, par exemple, il y
a 10 élus plus le maire, ça fait 11, advenant qu'on peut n'être que deux
ou trois dans la salle, puis il y a 30 citoyens qui viennent s'opposer à
un projet éolien, pour nommer quelque chose qui se passe au Centre-du-Québec
actuellement, bien, tu sais, ça devient selon nous... dérégler, en quelque
sorte, tu sais, l'essence d'une séance du conseil où on se doit d'avoir des
élus municipaux pour répondre aux questions des citoyens. Puis là, bien, on ne
voyait pas dans le projet de loi comment ça pourrait s'orchestrer. Puis c'est
pourquoi on a rajouté la disposition qui obligerait à avoir minimalement la
majorité des élus. Donc, sur... sur 10 conseillers municipaux à
Victoriaville, il devrait y en avoir cinq plus le maire en présentiel, ce qui
fait six.
• (11 heures) •
Mme Laforest : OK. Parce que
le vote à distance, c'est vraiment dans le projet de loi seulement pour des
raisons exceptionnelles, là, comme vous l'avez mentionné, grossesse, maladie,
ou autres, là. Donc, c'est vraiment important de le mentionner, dans le projet
de loi, là, là... oui, il est... il est bien indiqué dans le projet de loi.
La période de questions, la même question,
tantôt, avec l'UMQ, les gens disent qu'on... ça risque de brimer la liberté
d'expression. Vous, au niveau des périodes de questions du conseil municipal ou
encore du projet de loi n° 57, il n'y a pas d'enjeu, ou comment vous voyez
ça au niveau de la liberté d'expression?
M. Tardif (Antoine) : Non, je
ne pense pas qu'on vient restreindre la liberté d'expression d'aucune façon. On
vient encadrer les débordements puis donner une possibilité aux élus de faire
une dénonciation. Bien entendu, c'est souligné dans le mémoire de la Fédération
québécoise des municipalités, le... le palier municipal est le plus près des
citoyens. On a ces échanges-là lors de la période de questions, on se doit de
les maintenir. C'est important. Mais il y a eu en même temps des débordements
au cours des dernières années. Puis on ne pense pas que le projet de loi vient
restreindre les libertés d'expression.
Mme Laforest : Il y a...
tantôt, vous avez mentionné les citoyens des autres municipalités qui viennent
au conseil municipal s'opposer à certains projets. Vous, vous êtes en faveur,
j'imagine, là, que, tous les citoyens qui viennent au conseil municipal, ce
sont des citoyens qui habitent dans la municipalité et non ceux qui viendraient
s'opposer pour des projets quelconques.
M. Tardif (Antoine) : Oui, en
effet, mais ça devient parfois difficile à vérifier, tu sais, il n'y a pas,
dans tous les conseils municipaux des municipalités qu'on représente, quelqu'un
à la porte qui valide si le citoyen qui se présente réside vraiment dans la
municipalité. Parmi les recommandations de la FQM, c'est de fournir, justement,
une fois la loi adoptée, un guide des meilleures pratiques pour les conseils
municipaux, qui pourraient intégrer, tu sais, la vérification à l'entrée. Mais,
comme on le mentionne, il y a certaines municipalités où, à part le directeur
général, le greffier, il n'y a pas beaucoup d'autre personnel. Donc là, ça nécessiterait
des nouveaux mécanismes pour avoir un garde, pour avoir une certaine sécurité
lors des séances, qui est inexistante actuellement. Donc, ce qui se passe dans...
dans le moment présent, c'est qu'on accepte toutes les questions, sans toujours
savoir si c'est vraiment un citoyen de la municipalité ou non.
Mme Laforest : OK, on a eu la
même demande évidemment avec l'UMQ. Le poste DG et maire, on le sait, là, que,
dans une municipalité, une personne peut être maire puis dans l'autre
municipalité, cette même personne est DG, mais on a quand même certaines...
11 h (version révisée)
Mme Laforest : ...dans l'autre
municipalité, cette même personne est... est DG. Mais on a quand même
certaines... quand même, là, plusieurs courriels disant qu'à tout moment il y a
un conflit d'intérêts. Vous, vous dites que ne vous voyez aucun conflit d'intérêts,
quelqu'un qui est maire et... et DG d'une autre municipalité, même si on est en
pénurie de main-d'œuvre parfois dans ces municipalités-là?
M. Tardif (Antoine) : Oui, bien,
on peut comprendre le... le questionnement, puis je suis persuadé que vous avez
des exemples concrets pour... pour le témoigner. En même temps, si c'est à l'intérieur
d'une même MRC, certainement qu'il peut y avoir des conflits d'intérêts, mais,
quand c'est à d'autres MRC, potentiellement que, là, le conflit d'intérêts est
inexistant. Bref, c'est pourquoi on suggère qu'il y ait une... une analyse plus
approfondie de cette situation-là de façon plus particulière, parce qu'à
première vue il y a probablement des problématiques, mais il y a probablement
un paquet de cas aussi où ça se déroule très bien. Donc, pourquoi l'empêcher à
tous? C'est notre question.
Mme Laforest : Il y a
aussi... Tantôt, vous avez mentionné, il y a eu plus de... environ...
exactement, il y en a 742, des démissions, avec les... les 8 000 postes.
Comment vous voyez que, dans certaines municipalités, il y a même... on ne peut
pas faire d'élections partielles parce qu'il n'y a pas de candidats pour aller
à la mairie? Est-ce que... Une question comme ça : Vous voyez... le nombre
de conseillers dans un conseil municipal ne devrait pas être vu... revu à la
baisse?
M. Tardif (Antoine) : C'est
une possibilité, oui, puis ça fait partie des... des recommandations qu'on fait
qu'il puisse y avoir, plus particulièrement dans les municipalités de 2 000 habitants
et moins, la possibilité pour le conseil d'adopter une nouvelle réglementation
qui permettrait d'avoir quatre élus au lieu de six, on parle des conseillers,
bien entendu. Puis évidemment c'est en réaction avec le nombre en diminution de
candidatures qu'on observe dans ces municipalités-là.
Mme Laforest : Est-ce qu'on
devrait l'obliger?
M. Tardif (Antoine) : Certainement
pas, parce que s'il y a une démocratie municipale qui est enflammée, dans un
milieu, puis qu'il y a toujours des... suffisamment de candidatures pour
répondre aux six postes de conseillers, bien, on ne devrait pas obliger de
devoir diminuer à quatre, d'aucune façon. Ça devrait être tout simplement
volontaire : si jamais la municipalité constate qu'il y a un manque de
candidatures, de s'y pencher puis d'accepter de modifier son règlement, où là
les citoyens auraient la possibilité également de se manifester pour pouvoir
aller s'y opposer ou non. Puis advenant le cas où le règlement est mis en
place, adopté, qu'il n'y a pas eu de mobilisation des citoyens pour empêcher
cette diminution-là de six à quatre, bien, on se dit, pourquoi ne pas avoir des
plus petits conseils municipaux dans certains endroits qui le demanderaient?
Mme Laforest : ...une bonne
réflexion à avoir, évidemment. Aux... Si je regarde dans le... dans un des
programmes aux Affaires municipales, les regroupements municipaux ou le partage
des services, c'est le programme le plus populaire, évidemment. Considérant,
par exemple, qu'un DG peut être DG de deux, trois municipalités, c'est quand
même hyperpopulaire. Ça fait qu'il y a une réflexion à avoir sur le nombre d'élus,
là. Donc, c'est pour ça, je demandais si, pour vous, ce serait une obligation.
J'ai une autre question. Les régies
internes, l'obligation d'avoir une régie interne dès le nouveau conseil
municipal et également l'obligation de formation des élus municipaux, ma
question est celle-ci : Comment vous voyez la formation dans les plus
petites municipalités? Comment vous voyez ça? Ce serait la FQM qui proposerait
les formations ou...
M. Tardif (Antoine) : Bien,
un peu comme on le mentionnait, nous, on constate, là, des disparités entre le fonctionnement
des conseils municipaux un peu partout au Québec, encore plus quand c'est des
petites municipalités avec moins de ressources. Puis c'est là parfois qu'il y a
des débordements puis que les maires ou les élus en place ne savent pas de
quelle façon gérer la période de questions, les questions soumises en ligne,
les questions en présentiel, et tout le reste. Donc, on a cette volonté-là,
suivant l'adoption du projet de loi, de vraiment encadrer le fonctionnement ou,
du moins, de donner des... des règles de régie interne qui pourraient établir
certaines balises pour que les élus aient tous la même compréhension du
fonctionnement municipal.
Mme Laforest : Il y a le... interdiction
de divulguer les adresses des candidats et des élus municipaux. Il y en a qui
ont demandé aussi pour les directeurs généraux ou d'autres postes. Est-ce que
vous avez une opinion à... sur cette demande-là?
M. Tardif (Antoine) : Oui,
bien, on a vu, justement, qu'il y avait une mesure qui avait été faite pour
empêcher la divulgation sur l'acte de candidature, mais en même temps il y a d'autres...
il y a d'autres mécanismes où on peut avoir accès aux informations personnelles
des élus en faisant une simple demande d'accès à l'information. Donc, il y aura
certainement une analyse à faire à ce <niveau-là...
M. Tardif (Antoine) :
...
demande d'accès à l'information. Donc, il y aura certainement une analyse à
faire à ce >niveau-là. Si on dit qu'on l'enlève sur l'acte de candidature,
bien... parce qu'on veut protéger la vie privée de ces élus-là, bien, il
faudrait s'assurer que, dans les autres façons d'obtenir ces informations-là
aussi, elles sont... elles sont plus restrictives.
Mme Laforest : OK. J'ai
peut-être une dernière question. Le fait que la ministre peut tout de suite
envoyer quelqu'un dans une municipalité pour accompagner la municipalité ou
voir quand le conseil municipal est dysfonctionnel, est-ce que vous voyez ça
comme une mesure trop restrictive ou abusive? Comment vous voyez ça? Parce que
c'est sûr que, nous, ce qu'on veut, c'est... évidemment, pour les citoyens, on
veut que les conseils municipaux fonctionnent bien. Mais quand ça fait
plusieurs fois, à plusieurs reprises, que le conseil est dysfonctionnel,
comment vous voyez cette mesure-là de donner le pouvoir à la ministre d'envoyer
quelqu'un pour accompagner la ville?
M. Tardif (Antoine) : Bien,
tu sais, comme ministre au niveau des Affaires municipales, vous avez l'intérêt
des municipalités à cœur puis son bon fonctionnement. Donc, tu sais, d'avoir...
d'avoir de l'aide, à un certain moment donné, je pense que, dans certaines
situations, ça peut être bénéfique pour des municipalités. En même temps, tu
sais, ce que ça amène aussi, alors qu'on parle de climat parfois tendu dans les
municipalités, bien, on l'a vu dans certains cas, au cours des dernières
années, quand le ministère commente ou décide de s'immiscer, en quelque sorte,
dans les opérations municipales, bien là, ça donne du gaz puis du carburant aux
opposants puis aux gens qui sont insatisfaits dans cette municipalité-là puis
ça peut amener son lot de situations conflictuelles. Donc, c'est à... c'est à
utiliser avec modération, fort probablement, si c'est... si c'est mis en place.
Mme Laforest : OK. J'ai...
J'ai une question. Puis en même temps, bien, je vous félicite, là, parce que
chez vous, au niveau des projets en habitation, ça se passe quand même bien,
vous avez agi tout de suite, puis, bref, c'est très positif. Puis, dans le
projet de loi, on a la mesure zonage incitatif pour augmenter la densification.
J'imagine... Est-ce que, cette mesure-là, il y aurait des projets chez vous que
vous pourriez tout de suite mettre de l'avant avec cette nouvelle mesure-là de
zonage incitatif?
M. Tardif (Antoine) : Tout à
fait. Puis on est très favorables à cette nouvelle mesure-là. Tout incitatif,
là, qui est lié à la création de logements, là, d'une façon ou d'une autre, là,
est très bien reçu actuellement. Puis, comme on le mentionne souvent, il faut
sortir de la boîte pour essayer de trouver des nouvelles façons de construire
des unités d'habitation pour répondre aux besoins de la population, puis ça, ça
en est un très bon exemple. Donc, oui, très favorables.
• (11 h 10) •
Mme Laforest : J'ai une autre
question peut-être, dernière question, mais en même temps, on sort un peu du
projet de loi, mais ça reste dans le contexte des élus, de la protection des
élus et du rôle des élus. Parce que vous n'étiez pas du tout dans le domaine
municipal, avant. Vous êtes dans le domaine municipal, vous êtes... vous êtes
arrivé maire de Victoriaville, puis honnêtement ça se passe bien. J'aimerais
savoir comment vous êtes arrivé dans le milieu, pour que tout se passe bien
comme ça. Parce qu'en fait on parle beaucoup du rôle des élus, souvent, c'est
vu négativement. Mais vous, ce serait quoi, votre... je ne sais pas, là, votre
commentaire par rapport au fait que vous êtes arrivé comme ça sans
connaissances, en tout respect, là, du monde municipal, et qu'est-ce qui fait que,
disons... que la recette va bien?
M. Tardif (Antoine) : Bien,
tout d'abord, je pense que tout élu qui se présente se présente pour améliorer
les choses, pour faire avancer les dossiers de sa municipalité. On a vu, au
cours des dernières années, parfois, des prises de position où là on en vient
quasiment mettre en cause la volonté d'un maire ou d'un élu provincial de faire
avancer les dossiers pour ses citoyens. Chez nous, on a été en mesure, à Victo,
de démontrer aux Victoriavilloises, Victoriavillois que tout le monde autour de
la table, on était là pour eux, on travaillait sans partisanerie. On n'a pas de
parti politique. On s'est dotés d'une planification stratégique qu'on a conçue
ensemble. Puis on communique fréquemment avec les citoyens pour les tenir au
courant de ce qui se passe.
Donc, le lien de confiance est là, puis
c'est ce qui nous permet de faire des choses, d'amener des changements qui,
dans certains endroits, pourraient être difficiles. Faire passer la collecte
des poubelles de deux semaines aux trois semaines, là, ce n'est pas populaire
comme mesure, mais quand tu es connecté avec ton milieu, puis que les gens
comprennent que tu fais ça dans une optique de développement durable, puis que
c'est pour une question économique, parce que moins tu enfouis, plus que ta
redevance est élevée, bien, les gens adhèrent puis suivent.
Puis je pense qu'on est choyés chez nous
d'avoir un groupe d'élus qui travaillent ensemble, qui ont des bonnes
discussions à porte close. On n'est pas toujours d'accord sur l'ensemble des
dossiers, mais quand on se présente devant la population pour présenter nos
projets, on le fait de façon unanime la majorité du temps. Puis c'est ce qui me
permet de croire qu'on a une bonne aura autour de Victo puis une belle
confiance avec les citoyens. Mais la question des partis politiques, c'est
certainement un des enjeux, où là, tu as toujours une opposition systématique à
chaque projet de loi, à chaque décision qui est <prise, puis ça peut...
M. Tardif (Antoine) :
...
opposition systématique à chaque projet de loi, à chaque décision qui est >prise,
puis ça peut amener une municipalité à stagner, voire même à reculer.
Mme Laforest : Vous êtes
tous indépendants?
M. Tardif (Antoine) : Exact.
Mme Laforest : OK. C'est
bon. Merci. Je n'ai pas d'autre question. Merci beaucoup pour votre présence.
Le Président (M. Schneeberger) :
Merci. Alors, nous allons maintenant du côté de l'opposition officielle, et j'entends
la députée de Mont-Royal—Outremont.
Mme Setlakwe : Merci, M.
le Président. Bien, d'abord, merci à vous deux pour votre présentation. Merci
pour le mémoire. Beaucoup de travail derrière la préparation de ce mémoire-là dont
on a pris connaissance. Il est clair que vous soutenez les mesures visant à
protéger les élus. Je pense qu'on est tous... on va tous travailler dans ce
sens-là. En protégeant les élus, on protège nos gouvernements de proximité, on
protège notre démocratie, le bon fonctionnement de nos conseils municipaux pour
le bien de la population.
Donc, ceci étant dit, moi, je vous
amènerais, juste pour ne pas être redondante... je vous amènerais peut-être
vers des éléments où vous voyez des... des enjeux, peut-être, de mise en application.
Est-ce qu'au sein des plus petites municipalités il y a des enjeux de... ou il
y aurait des mesures qui ne seraient peut-être pas réalistes ou qui
pourraient... pourraient nécessiter plus de temps pour leur mise en
application? Je pense à l'UMQ qui est venue de l'avant pour nous dire par
exemple que, dans un contexte de séance en mode hybride, bon, il y a
l'obligation d'avoir un enregistrement vidéo, et tout ça. Vous voyez où je veux
en venir. Est-ce que c'est un élément dont vous avez entendu parler de la part
de vos membres? Et est-ce qu'il y a d'autres éléments dont il faudrait tenir
compte pour la mise en application?
M. Tardif (Antoine) : Bien,
c'est clair que toute la question des séances en ligne, là, ça va nécessiter
une adaptation de la majorité des élus. Il y avait même, je pense... des
municipalités. Il y avait même, je pense, une disposition où ça disait qu'il
fallait que l'ensemble des participants à une séance puissent être captés par
vidéo. Bon, ça, ça voudrait dire qu'il faut qu'il y ait une caméra sur le
conseil municipal, mais ça en prendrait aussi une sur les gens qui posent des
questions. On est rendus à deux. On parlait tantôt du manque de personnel ou du
moins du nombre limité de personnel. Ça veut dire quoi, ça? Ça prend-tu, tu sais,
une régie? On comprend que ça peut se faire avec un téléphone, aujourd'hui,
mais encore faut-il avoir la connectivité. Il y a des lieux où même la
connexion Internet n'est pas encore à point. Donc, oui, il y aura certainement
un besoin d'adaptation pour mettre en place certaines de ces modalités-là, mais
je pense qu'il n'y a rien d'impossible, puis on va être capables de s'adapter,
là.
Mme Setlakwe : Merci.
Autrement, est-ce qu'il y a des dispositions avec lesquelles vous êtes en
désaccord? Je pense à la question des barrages, les barrages qui, selon le
projet de loi, seraient... ne seraient pas sujets à la taxe foncière et donc
qui pourraient entraîner des baisses de revenus dans certaines municipalités.
Est-ce que vous souhaitez élaborer sur cet élément-là?
M. Tardif (Antoine) : Bien,
peut-être je pourrais laisser notre conseillère politique...
Mme Harvey (Mélanie) : L'enjeu
des barrages, on demande effectivement le retrait de cette mesure-là parce
qu'elle a un impact financier, là, sur plusieurs municipalités. Puis,
considérant qu'il n'y a pas vraiment de prévisibilité par rapport à cette
mesure-là, tu sais, l'impact serait peut-être difficile à amortir, là, dans
certains cas. Donc, pour le moment, on demande le retrait.
Mme Setlakwe : Bien,
merci. Au niveau de la taxe sur l'immatriculation, est-ce que vous avez des
enjeux à mettre de l'avant, ou ça, c'est une mesure qui est bien accueillie
puis qui va graduellement être déployée peut-être dans un certain nombre de
municipalités?
M. Tardif (Antoine) : Je
vous dirais que les discussions entourant la taxe sur l'immatriculation, bon,
on les a vues, la majorité ont eu lieu dans certaines grandes villes. Pour des
plus petites municipalités, qui sont la majorité des municipalités représentées
par la FQM, ce n'est pas... ce n'est pas un sujet qui est sur toutes les lèvres
en ce moment. Mais, en même temps, la possibilité de l'utiliser reviendra à
chaque municipalité, puis, ultimement, ça peut représenter une source de
revenus supplémentaire. Donc, il y a quand même une liberté de choix à ce
niveau-là qui est... qui est appréciable, là.
Mme Setlakwe : Merci. Au
niveau de la possibilité de participer à distance, en mode virtuel, à des... à
des séances, vous n'avez pas d'enjeu. On a parlé, la ministre l'a précisé
aussi, que c'est dans des cas exceptionnels, pour des motifs de santé, par
exemple. Mais vous avez mentionné que vous êtes préoccupés, là, par des enjeux
de respect de vie privée liés à l'obligation de fournir un certificat médical.
M. Tardif (Antoine) : Oui,
en effet, c'est une des questions qu'il y avait, à savoir, bon, le certificat
médical, c'est... c'est-tu le directeur général qui le reçoit puis qui en prend
la décision, c'est-tu le conseil municipal. Il y a parfois, tu sais, toutes
sortes de dynamiques dans un... dans un conseil municipal, là. Nous, si on
parle de... d'élus qui sont tous apolitiques, dans le sens qu'il n'y a pas de
parti, OK, dans le cas où il y a des oppositions, qui décide que le billet est
valide ou que la demande d'être exempté d'une séance est valable? C'est des
questionnements qu'on avait puis qu'on a voulu mettre en lumière, là.
Mme Setlakwe : OK.
Merci. J'avais peut-être une dernière question avant de céder la parole à ma
collègue. Il y a évidemment plusieurs <mesures...
Mme Setlakwe :
...
question avant de céder la parole à ma collègue. Il y a évidemment plusieurs
>mesures qui étaient attendues et qui sont souhaitées, là, pour protéger
l'élu, pour s'assurer, dans des cas d'abus, qu'il y ait des mesures qui soient
prises. On veut... On veut attirer les gens vers la politique municipale, on
veut les retenir, etc. Il y a aussi des situations de toxicité ou de difficulté
au sein même de certains conseils municipaux. Je ne veux pas dire que c'est...
c'est répandu à la grandeur du Québec, mais ça existe, là, il y a des... il y a
des conseils municipaux qui ne fonctionnent pas bien, il y a un climat toxique
au sein de certains conseils, comme c'est le cas dans des... C'est quelque
chose qu'on veut éviter complètement en milieu de travail. Est-ce que vous
croyez qu'il y a suffisamment de mesures qui sont mises en place pour gérer ces
situations-là, pour gérer les... peut-être des situations que certains
conseillers vivent difficilement, des conseillers qui ne sont pas... ne font
pas partie de la majorité, sont indépendants ou sont dissidents, puis
finalement ils ne trouvent pas leur compte à même le conseil? Et est-ce qu'on
en a assez fait en amont pour éviter de se retrouver dans des situations de...
où on doit imposer des sanctions?
M. Tardif (Antoine) : Au-delà
de ce qui se retrouve dans le projet de loi actuel, il y a quand même, l'année
dernière, une annonce conjointe qui avait été faite entre l'Union des
municipalités du Québec, la fédération québécoise et le gouvernement pour,
bien, mieux représenter les élus qui pourraient être victimes de situations
malheureuses au sein de leurs conseils, il y a toute une campagne de
sensibilisation aussi qui a été faite. Mais c'est clair qu'il va falloir faire
plus. Les résultats devant lesquels on est confrontés, là, avec le nombre de
démissions, c'est du jamais-vu. Puis ce qu'on voit, ce qu'on constate, ce n'est
pas toujours positif. Donc, très certainement, il va y avoir besoin de campagne
de civisme, d'implication, autant dans les élections municipales que
provinciales et fédérales, parce que je pense que vous vivez tous la même
chose. Mais il va toujours falloir faire plus pour maintenir un climat qui est
sain, qui est respectueux, à l'ère des réseaux sociaux puis des prises de
position qui peuvent être parfois un peu plus drastiques, là.
Mme Setlakwe : Pensez-vous
qu'on doit aller aussi loin que de... d'imposer un genre de code de conduite
standard avec... où est-ce qu'on déclinerait les comportements tolérés ou qui
ne sont pas tolérés, qui ne sont pas permis, que ce soit... des choses à ne pas
faire et des comportements aussi à adopter? On a vu cette proposition-là
circuler. Qu'est-ce que vous en pensez?
• (11 h 20) •
M. Tardif (Antoine) : Oui.
Bien, c'est... c'est ce à quoi on fait mention également, parce qu'il y a... il
y a vraiment une disparité entre les fonctionnements de chaque conseils
municipaux. Puis il y a... il y a des choses qu'on voit à Infoman, à
l'occasion, puis qu'on se dit : Tabarouette! Comment ça s'est rendu là?
Nous, à Victo, ça n'aurait pas pu parce qu'on a une règle de période de
questions qui stipule que tu as tant de secondes pour poser ta question puis
ensuite une réponse. Mais je comprends que ce n'est pas le cas partout. Donc,
assurément qu'il va falloir mettre en place certains... certains critères,
certaines règles de fonctionnement qui, j'en suis persuadé, ne vont simplement
qu'améliorer le fonctionnement des séances, puis autant pour les élus qui font
face aux questions que pour les citoyens qui vont savoir, en quelque sorte,
quel est le décorum d'une séance du conseil. À Victo, avant chaque séance, la
greffière prend le temps d'expliquer comment fonctionne la période de questions,
puis le citoyen qui se présente au lutrin, bien, est en toute connaissance de
cause par rapport au temps qu'il a d'alloué puis les questions qu'il peut
poser.
Mme Setlakwe : Merci.
Le Président (M. Schneeberger) : Oui?
Mme Lakhoyan Olivier : Il
reste combien de temps?
Le Président (M. Schneeberger) : Il
reste 2 min 28 s.
Mme Lakhoyan Olivier : Merci.
Le Président (M. Schneeberger) : Alors,
députée de Chomedey.
Mme Lakhoyan Olivier : Merci.
Je ne veux pas répéter qu'est-ce que ma collègue a mentionné. On sait que vous
êtes très favorables pour ce projet de loi. Concernant l'accompagnement des
villes et les formations, j'aimerais que vous élaboriez là-dessus. Parce que,
d'après ce que vous expliquez, ce n'est pas toutes les villes qui fonctionnent
de la même manière. Donc, est-ce que vous trouvez que le ministère, dès le
début des mandats, devrait avoir un meilleur accompagnement pour prévenir des
situations que certaines villes ont vécues ou vivent? En plus, bien, vous, vous
avez un très bon exemple de votre ville, comment c'est bien géré, communication
avec les citoyens, il y a le quorum. Donc, c'est où, la lacune? Pensez-vous,
c'est dans la formation des nouveaux élus, l'accompagnement? Parce que vous
n'étiez pas pour, pour l'accompagnement quand il y a un problème, donc, dès le
début peut-être. Donc, quelle est votre opinion là-dessus, s'il vous plaît?
M. Tardif (Antoine) : Bien,
très certainement que le ministère des Affaires municipales peut fournir
certaines directives, certaines documentations à l'intention des élus puis des
conseils municipaux. La Fédération québécoise des municipalités de même que l'Union
des municipalités du Québec peut également <travailler avec...
M. Tardif (Antoine) :
...
municipalités de même que
l'Union des municipalités du Québec peut
également >travailler avec ses membres pour fournir des documents qui
vont venir encadrer, en quelque sorte. Puis, tu sais, il faut se rappeler que
c'est quand même... c'est récent, là, qu'on vit ces situations-là qui sont de
plus en plus déplorables. Puis tout le monde est en mode ajustement. Vous
l'êtes avec le dépôt de ce projet de loi là, mais on l'est aussi, à la
fédération, pour accompagner. Tu sais, ce n'étaient pas les sujets de l'heure
autour de la table, historiquement, comment vous gérez vos séances du conseil,
puis comment vous vivez les attaques, puis tout ça, puis ça l'est devenu au
cours des dernières années. Donc, tout le monde tente de s'adapter, mais je
pense qu'il y a une responsabilité partagée entre le ministère puis les
associations municipales.
Mme Lakhoyan Olivier : Vous
avez mentionné...
Le Président (M. Schneeberger) : 10
secondes.
Mme Lakhoyan Olivier : 10
secondes?
Le Président (M. Schneeberger) : Oui.
Mme Lakhoyan Olivier : ...réviser
les montants les rend plus persuasives. De 2 $ à 500 $, est-ce que
vous trouvez que c'est assez?
Le Président (M. Schneeberger) : Merci.
Nous avons plus de temps, malheureusement...
M. Tardif (Antoine) : Bien, 2 $,
ce n'est pas très représentatif d'aujourd'hui.
Le Président (M. Schneeberger) : Nous
allons maintenant du côté de la deuxième opposition, et j'entends le député de
Taschereau pour 3 min 28 s.
M. Grandmont : 3 min 28 s.
Merci, M. le Président. On a peu de temps. Merci pour votre présence
aujourd'hui, M. Tardif, Mme Harvey. On veut évidemment protéger les élus
municipaux, les personnes qui les accompagnent, leurs familles aussi. J'essaie
de trouver la ligne, finalement, entre le respect du droit, finalement, à la
liberté d'expression, d'un côté, puis, de l'autre aussi, évidemment, ce droit
aussi de travailler dans des conditions qui sont respectueuses puis, bon... tu
sais. Donc, il y a dans le projet de loi, puis je pense que vous le nommez bien
aussi, là, un paquet de dispositions qui sont intéressantes, notamment sur,
bien, le respect de l'intégrité physique des personnes, ça, évidemment, ça me
semble assez clair, où on peut trancher la limite. Maintenant, sur la
possibilité de travailler, dans le... c'est nommé, là, sans entrave, dans le
fond, à leurs fonctions, là, j'essaie de tracer la ligne, ce n'est pas évident
pour moi. Des campagnes de lettres, des campagnes de cartes postales, de
courriels qui vous sont envoyés, est-ce que c'est une entrave au bon
fonctionnement du travail d'un élu municipal?
M. Tardif (Antoine) : Bien,
je ne crois pas. Puis, tu sais, comme il a été mentionné tout à l'heure, le but
n'est pas de restreindre la liberté d'expression des citoyens, de les empêcher
de venir au conseil municipal puis de poser des questions, de se mobiliser
autour d'un enjeu, d'une cause, d'une décision municipale qui... pour laquelle
ils sont en désaccord. C'est tout simplement de venir encadrer les
débordements. Puis, tu sais, en même temps, dans le projet de loi, ce qu'on
voit, c'est que cette responsabilité-là va être faite par la Cour
supérieure<i>. Puis, tu sais, en quelque sorte, ça devient... ça devient
totalement apolitique, ce n'est pas en lien avec les parties prenantes, donc...
M. Grandmont : Je m'excuse de
vous presser, mais j'essaie de pousser un petit peu plus loin. Est-ce qu'une
manifestation, dans le cadre d'un conseil municipal, des gens qui débarquent
avec des pancartes... est-ce que c'est une entrave au bon fonctionnement?
Est-ce qu'elles méritent... Est-ce que ces personnes-là méritent des amendes de
50 $ à 500 $.
M. Tardif (Antoine) : Il y a
des manifestations pacifiques, là, autour de certains enjeux puis...
M. Grandmont : Oui,
exactement, c'est ce que je cherche à essayer de définir, en fait, là.
M. Tardif (Antoine) : Exact.
Bien, tu sais, peut-être il faudra voir, là, c'est quoi qui va être vraiment
défini comme étant une obstruction au travail des élus versus une
manifestation. Mais, en même temps, s'il y a une dénonciation qui est faite, bien,
il y a le tribunal qui va analyser la demande puis qui va être en mesure de
trancher, donc...
M. Grandmont : Donc, c'est la
Cour supérieure<i>, dans le fond, qui, à partir de ce moment-là, va bâtir
sa jurisprudence, c'est un peu ce que vous dites?
M. Tardif (Antoine) : Bien,
va pouvoir analyser, voir si la demande est recevable ou pas puis donner sa
décision, là. Puis je pense que, tu sais, au fil des ans, c'est nouveau, mais
les élus vont se faire une tête, à savoir qu'est-ce qui est vraiment
inadmissible, méritant une dénonciation, puis qu'est-ce qui fait partie du
décorum municipal démocratique qu'on connaît.
M. Grandmont : Parfait. Je
veux juste souligner, je pense qu'il ne me reste pas beaucoup de temps, mais
que je trouve intéressantes les deux propositions suivantes, là, que vous
apportez, notamment l'importance d'avoir une majorité du conseil présent. Parce
que je comprends que les membres que vous représentez, des fois, ce n'est pas
beaucoup de monde non plus qui siègent au conseil municipal. Donc c'est une
préoccupation très intéressante que je... à laquelle je souscris. Puis aussi,
là, la possibilité pour un DG d'être aussi membre d'un conseil municipal dans
une autre municipalité, c'est important, puis ça doit se produire quand même
assez souvent, j'imagine, chez vos membres.
M. Tardif (Antoine) : Bien,
il y en a plusieurs exemples qui ont été recensés, des exemples où ça se passe
bien. Comme je mentionnais, probablement qu'il est arrivé des situations
malheureuses...
Le Président (M. Schneeberger) : En
terminant.
M. Tardif (Antoine) : ...à
d'autres endroits. Mais peut-être qu'avant d'avoir une mesure mur à mur il y
aurait possibilité de l'évaluer davantage.
Le Président (M. Schneeberger) : Merci
beaucoup. Alors nous allons maintenant du côté du député des Îles-de-la-Madeleine,
pour 2 min 38 s.
M. Arseneau : Merci, M. le
Président. M. Tardif, Mme Harvey. Un peu dans le même sens, si la loi était
adoptée, le projet de loi est adopté tel quel, qu'est-ce qu'une municipalité
comme la vôtre pourrait faire qu'elle ne <peut pas faire...
M. Arseneau :
...
adopté tel quel, qu'est-ce qu'une municipalité comme la vôtre pourrait faire
qu'elle ne >peut pas faire, à l'heure actuelle, pour contrer
l'intimidation ou le harcèlement?
M. Tardif (Antoine) : Bien
là, il y a plusieurs mesures, mais, tu sais, la principale, c'est de pouvoir
dénoncer, une mesure exceptionnelle qu'on ne souhaite pas vivre dans nos
conseils municipaux.
M. Arseneau : Mais, en fait,
ma question, c'est : Quels sont les cas, aujourd'hui, que vous ne pouvez
pas gérer parce que vous n'avez pas cet outil-là, là? Y a-tu des exemples qui
font que vous avez été limités dans les demandes d'injonction, dans les demandes
d'intervention, dans votre capacité à protéger vos collègues ou vous-même?
M. Tardif (Antoine) : Il
faudrait faire un recensement, là, tu sais, des élus puis des dénonciations qui
ont été faites, pour voir jusqu'où ils ont été acceptés ou non. En même temps,
ce qu'on vient faire avec ce projet de loi là, c'est de démontrer qu'il y a des
actes répressibles qui pourront être condamnés, et que le monde municipal est
soutenu par le gouvernement du Québec dans son champ de compétence, puis que
des mesures qui étaient tolérées jusqu'à tout récemment ne le seront plus, puis
qu'il y aura un levier, pour les élus, d'agir.
M. Arseneau : Je m'essaie une
dernière fois, mais quels seraient, par exemple, des exemples de ce qui était
toléré, puis qui ne le serait plus?
Mme Harvey (Mélanie) : Bien,
si je peux me permettre, je pense que le projet de loi, c'est surtout un signal
qui est envoyé, un signal fort de l'État qui est envoyé pour dire que ça
suffit. Puis, deuxièmement, je pense que ce qui est intéressant aussi, c'est le
fait que les demandes vont être instruites et jugées d'urgence. Donc, s'il y a
une situation qui est vraiment problématique, bien, rapidement, on va pouvoir
venir identifier si, oui, ça requiert une injonction ou des mesures particulières
ou si c'est conforme, puis l'élu devra trouver des moyens autres, là, pour
faire face à ces situations-là.
M. Arseneau : Puis il y a peu
de temps, il nous reste peu de temps, à quel point est-ce que c'est important,
pour vous, qu'on ajoute la protection pour les fonctionnaires municipaux?
M. Tardif (Antoine) : Bien, je
pense que ça mérite... ça fait partie de nos recommandations, là, ça mérite
d'être analysé, et voire, même, d'être ajouté, parce que les élus, on est là
une fois par mois devant les citoyens, les employés municipaux sont là à tous
les jours. Puis, des cas malheureux, il y en a eu aussi au détriment des
employés, que ce soient les directeurs généraux qui vivent certaines pressions,
mais ça peut être les employés de première ligne aussi, au service aux
citoyens, qui font face à la musique. Donc, on pense que ça mérite d'être
réfléchi d'inclure les employés municipaux.
Le Président (M. Schneeberger) : Merci
beaucoup pour votre précieuse collaboration.
Alors, nous suspendons quelques instants
pour accueillir le dernier groupe de ce matin.
(Suspension de la séance à 11 h 30)
11 h 30 (version révisée)
(Reprise à 11 h 42)
Le Président (M. Schneeberger) : Alors,
nous reprenons nos travaux. Alors, nous recevons des membres de la ville...
personnel de Québec... de la ville de Québec, pardon. Alors, nous avons Mme
Catherine Vallières-Roland, mairesse suppléante, Mme Isabelle Chouinard,
directrice, Division du droit public, M. Serge Giasson, directeur du Service
des affaires juridiques, et Mme Cynthia St-Hilaire, conseillère stratégique au
cabinet de la mairie. Alors, bonjour à vous quatre. Vous avez un 10 minutes
pour faire votre présentation, et ensuite nous allons procéder à une période d'échange.
Mme Vallières-Roland (Catherine) :
Merci, M. le Président. Alors, Mme la ministre, Mmes et MM. les députés,
grand plaisir pour moi d'être avec vous aujourd'hui. Donc, je suis Catherine
Vallières-Roland, mairesse <suppléante...
Mme Vallières-Roland (Catherine) :
...grand plaisir pour moi d'être avec vous
aujourd'hui. Donc, je suis Catherine Vallières-Roland, mairesse >suppléante
à la ville de Québec et membre du comité exécutif également.
Tout d'abord, je voudrais vous remercier
de nous permettre de vous présenter les grandes lignes de... du mémoire qu'on a
déposé, donc, dans le cadre de ce projet de loi n° 57.
D'entrée de jeu, je souhaite souligner que
ce projet de loi, donc, poursuit des objectifs auxquels la ville de Québec
souscrit. Et même certains des changements qui sont proposés dans le projet de
loi sont en droite ligne avec certaines des demandes de modifications
législatives qui avaient été formulées par la ville de Québec auprès du
gouvernement en 2023. Je pense, entre autres, au plafond applicable aux sommes
qu'une ville peut verser dans ses réserves financières.
Du côté de la ville, on a, en 2023, donc,
créé une réserve financière qui va nous permettre d'adapter nos infrastructures
aux impacts des changements climatiques. Et on a donc pour objectif de se
donner, donc, une réserve financière qui est de l'ordre de 300 millions de
dollars d'ici 2028. Donc, avec les plafonds qui sont proposés dans le projet de
loi, eh bien, ça va nous permettre, donc, de venir bonifier cette réserve,
justement pour nous permettre, par exemple, de passer d'une cible, selon les
besoins, de 300 millions jusqu'à 600 millions de dollars. Et ça nous
permettra, donc, de financer une partie de ces investissements en évitant le
recours à la dette, et ça, pour nous, à la ville de Québec, c'est... c'est très
important parce qu'il s'agit vraiment d'une saine pratique de gestion
financière. Le ratio de la dette actuelle à Québec s'établit à 86,9 %, et
on a pour cible d'atteindre jusqu'à... une dette, donc, qui va atteindre 70 %
au cours des prochaines années.
Il y a maintenant un peu plus d'un an, la
ville a également amorcé une réflexion sur la conciliation entre le travail et
la vie personnelle, la vie personnelle des élus, dans un contexte où on
retrouve, à Québec, un comité exécutif qui est paritaire et où on retrouve
également une majorité de femmes au conseil de ville, soit 12 sur 22 élus.
Une analyse des besoins des priorités des élus a été effectuée dans les
derniers mois, ce qui a mené au dépôt d'un rapport au conseil de ville en
décembre dernier, et les résultats de cette analyse ont mis en lumière,
justement, l'importance de pouvoir, pour les élus, assister à distance à une
séance du conseil municipal.
Le nouvel article 332.1 de la <i>loi
sur les cités et les villes proposé par le projet de loi vient donc justement
répondre à une des recommandations de ce rapport. Donc, nous y sommes
favorables, dans la mesure, toutefois, où la participation à distance à une
séance du conseil se fasse dans des circonstances exceptionnelles. Donc, on est
d'accord avec cette prémisse de base de l'importance, donc, de s'assurer aussi
que les citoyens puissent continuer d'assister à des débats de qualité et de
bénéficier aussi de la présence physique de leurs élus.
On a, par ailleurs, identifié dans notre
mémoire certaines des questions qui mériteraient d'être précisées dans le
projet de loi avant son adoption, à savoir, par exemple, à qui reviendra la
responsabilité d'apprécier la suffisance des motifs qui seront jugés acceptables
pour un élu pour participer à distance et quelles seraient les conséquences
aussi pour un élu, par exemple, qui ne respectera pas les conditions qui sont
édictées.
En cohérence avec l'une des conclusions,
également, de l'analyse qu'on a menée, à la ville de Québec, on aimerait aussi
vous proposer, donc, un ajout, une nouvelle proposition qui pourrait être
intégrée au projet de loi. Cette demande concerne la possibilité d'octroyer à
un élu des crédits supplémentaires pour l'embauche de personnel politique pour
le soutenir dans l'exercice de ses fonctions dans les premiers mois de vie d'un
enfant.
Les crédits qu'une municipalité peut
octroyer pour l'embauche du personnel politique sont déterminés par la loi et,
dans les cas des crédits alloués pour des dépenses de recherche et de soutien,
ils sont répartis à parts égales entre les conseillers municipaux. Et ces
crédits sont généralement engagés, donc, pour le personnel régulier, de sorte
qu'il ne reste plus de... à l'élu de disponibilités financières pour lui
permettre d'engager une ressource additionnelle lorsque vient l'arrivée d'un
enfant. Donc, une ressource comme celle-là ne remplacerait pas l'élu aux
instances officielles mais pourrait, par contre, lui offrir la possibilité
d'alléger sa tâche, de suivre ses dossiers, d'assurer le traitement, aussi, des
demandes et d'assurer les communications avec les citoyens de son district. Il
faudrait, de notre point de vue, que le crédit supplémentaire couvre l'embauche
d'une <ressource...
Mme Vallières-Roland (Catherine) :
...notre point de vue, que le crédit supplémentaire couvre
l'embauche d'une >ressource jusqu'à 50 semaines, soit l'équivalent
de la période durant laquelle un élu peut assister à distance aux séances du
conseil.
Sur le plan de la protection des élus
maintenant, le projet de loi est très pertinent puisqu'il... justement, il met
en lumière le contexte dans lequel les élus exercent actuellement leur rôle.
Depuis l'élection de 2021, le projet de loi est... pardon, c'est près de
800 élus qui ont quitté leurs fonctions. L'intimidation fait partie des
raisons, d'ailleurs, qui ont été évoquées par plusieurs d'entre eux, et je peux
d'ailleurs témoigner au nom, aussi, de collègues, là, à l'effet que plusieurs
commentaires partagés sur les médias sociaux dépassent parfois largement les
limites.
Pour nous, à la ville de Québec, bien sûr,
la liberté d'expression est très importante. On salue et on encourage aussi,
bien sûr, l'engagement des citoyens à partager leurs opinions, à susciter aussi
des débats publics. Et, en 2023, ce sont plus de 600 activités de
participation publique qui ont été organisées sur notre territoire, justement
pour permettre aux citoyens de participer à ces débats. Ceux-ci, par contre,
doivent se faire dans un climat qui est respectueux de part et d'autre. Les
menaces, l'intimidation et le harcèlement ne doivent pas être tolérés. Et le
projet de loi tient compte, à notre avis, de cet équilibre entre respect et
liberté d'expression, en prévoyant la possibilité pour un élu de demander à la Cour
supérieure<i> de prononcer une injonction pour mettre fin, par exemple, à
des propos ou à des gestes qui l'empêcheraient d'exercer ses fonctions ou
encore qui seraient une atteinte à... au droit à sa vie privée.
Le projet prévoit aussi notamment qu'une
municipalité puisse prendre ce recours au bénéfice d'un élu. Et, pour éviter
qu'un élu soit victime d'une décision partisane qui le priverait du soutien de
la municipalité pour un tel recours, on suggère de prévoir la possibilité,
donc, pour cet élu qui assume les frais du recours, d'être remboursé par la
municipalité de ses frais raisonnables si la cour lui accorde sa demande
d'injonction. De cette façon, on permet à l'élu dans l'opposition ou à un élu
indépendant, par exemple, de bénéficier de la possibilité d'intenter un recours
aux frais de la municipalité, tout en s'assurant que les contribuables ne
financent pas de recours qui sont non fondés.
• (11 h 50) •
S'agissant d'approvisionnement, en février
dernier, la ville a intégré des critères d'écoresponsabilité dans sa politique
d'approvisionnement durable. Ces critères vont permettre de hausser encore
davantage l'achat local. Actuellement, c'est 64 % des achats qui sont
effectués par la ville qui se... qui sont faits auprès de fournisseurs locaux.
À compter du 26 juin 2024, certains contrats que la municipalité peut
accorder de gré à gré vont pouvoir être accordés auprès de fournisseurs sur le
territoire de l'agglomération et de Wendake. On est d'avis, donc, que, dans le
cas de contrats de gré à gré, soit en deçà des seuils qui obligent une
concurrence sur l'ensemble du territoire du Canada et même à l'international...
qu'une municipalité ne devrait pas être limitée dans sa volonté de favoriser
l'achat local et de se donner des principes forts en matière
d'écoresponsabilité. En deçà du seuil à respecter, on devrait, donc, pouvoir
conserver notre autonomie locale.
Et l'article 28 du projet de loi va à
l'encontre de cette orientation que la ville de Québec s'est donnée à
l'intérieur de sa politique. Donc, ce que l'on souhaiterait, c'est qu'un
amendement soit apporté à l'article 28 du projet de loi, justement afin
qu'une ville puisse favoriser son économie locale, l'achat local sur son
territoire ou le territoire qui se trouve à proximité.
Donc, bien sûr, il y a... dans le mémoire,
il y a plusieurs autres éléments qui ont été déposés, présentés par la ville de
Québec. Je terminerais, je conclurais simplement en réitérant que la ville
accueille très favorablement la plupart des mesures qui sont contenues dans le
projet de loi n° 57, notamment sur le plan de la conciliation entre la
famille et la vie personnelle. Nous espérons que vous prendrez en considération
les éléments que nous avons portés aujourd'hui à votre attention. Et je vous
remercie de votre attention. Je serai disponible pour répondre à vos questions.
Merci.
Le Président (M. Schneeberger) : Alors,
merci beaucoup pour votre présentation. Nous allons maintenant débuter une
période d'échange avec... en débutant par la ministre pour un 16 min 30 s.
Mme Laforest : OK. Bien,
merci beaucoup. Merci à vous quatre d'être ici ce matin avec nous.
Là, je vais... je vais vérifier, mais, au
niveau de l'achat local, nous, on prévoit des seuils d'appels d'offres, mais...
puis on prévoit des règles minimales. Mais on va vérifier, parce qu'il me
semble qu'on répond à cette demande-là, que les villes peuvent aller plus loin,
dans le projet de loi. Ça fait que je pense que ça, ce serait une bonne chose
également.
Puis il y a aussi, dans votre demande, au niveau du... des organismes municipaux, de constituer,
par le biais d'un règlement, une <réserve...
Mme Laforest :
...au
niveau du... des organismes municipaux, de constituer, par le biais d'un
règlement, une >réserve foncière... financière pour financer des
dépenses de fonctionnement ou l'acquisition d'immobilisations corporelles.
Donc, le montant total de la réserve foncière, on ne peut pas dépasser
15 % du total qui est non amorti au niveau des immobilisations corporelles
et 30 % des crédits prévus au budget de l'exercice financier présentement.
Puis ça aussi, je pense que ça répond à votre demande, mais on va faire des
vérifications, s'il y a des modifications à avoir. Je voulais tout de suite vous
le mentionner.
Ma première question étant : Au
niveau de la formation des élus, avec la ville de Québec, comment ça fonctionne
au niveau des formations que les élus municipaux peuvent suivre? Quelles sont
ces formations? Et comment ça... comment c'est bien dirigé, par exemple, quand
les gens arrivent en poste, où il n'y a pas nécessairement obligation de
formation? Comment ça se passe?
Mme Vallières-Roland (Catherine) :
Oui. En fait, tous les élus, donc, dans les semaines qui ont suivi
l'élection, ont pu, effectivement, suivre une formation. Donc, il y a eu
plusieurs formations en présence et également des formations en ligne,
notamment en... pour toutes les questions qui concernent l'éthique, la
déontologie, parce qu'en effet, à la ville de Québec, on possède, donc, notre
code, un code d'éthique et de déontologie. Donc, c'est une formation quand même
substantielle mais qui, à mon sens, pourrait mériter d'être revue à l'occasion,
donc, parce que, quand on arrive en fonction, particulièrement lorsqu'on est de
nouveaux élus, l'information que l'on reçoit au tout début, elle est très
importante. Donc, je pense que ce serait tout à fait à l'avantage de l'ensemble
des conseillers municipaux que de la recevoir sur une base régulière.
Mme Laforest : Donc, durant
une période de quatre ans, toujours avoir une formation continuelle, c'est ça?
Mme Vallières-Roland (Catherine) :
En effet, je pense que ce serait pertinent qu'on... qu'on l'ait peut-être
une fois par année ou qu'on puisse, oui, la revoir.
Mme Laforest : Au niveau de
la formation, quelles formations, d'après vous, ou quels... quels cours ou... sur
quels... sur quels aspects vous devriez, vous pourriez ou vous demanderiez des
cours ou des formations? Ce serait sur quels sujets, vraiment?
Mme Vallières-Roland (Catherine) :
Il y a plusieurs formations qui sont offertes, disons, selon les
responsabilités, selon les intérêts, également, des élus, qui sont, en quelque
sorte, optionnelles. Je pense que celle qui est véritablement essentielle pour
l'ensemble d'entre nous porte, effectivement, sur la question, là, de
l'éthique, toutes les questions éthiques et... ces questions-là. Sinon... Sinon,
je pense qu'en effet ça peut être selon... selon nos... Bien sûr, le budget,
les finances, donc des sujets qui nous concernent comme élus dans notre
capacité, là, à exercer nos fonctions.
Mme Laforest : OK, merci.
J'avais comme question également... Vous parliez tantôt d'offrir, à moins que
je me trompe, là, la possibilité que l'élu puisse s'absenter durant
50 semaines et participer à distance à tous les conseils municipaux
pendant 50 semaines. Puis je m'explique. Parce que, nous, ce qu'on s'est
vraiment fait dire et... en tout cas, plusieurs demandaient de ne pas offrir
50 semaines, parce que les gens disaient : Écoutez, ils sont élus
quatre ans. On s'entend que, souvent, c'est quand même un gros trois ans, après
ça c'est... c'est particulier, le temps d'arriver en poste les premiers six
mois puis les six mois avant les élections. Donc, si on permet de s'absenter
50 semaines, à ce moment-ci, ça devient difficile. Puis, je ne sais pas,
réexpliquez-moi comment vous voyez ça. Vous, vous voyez qu'un élu peut
s'absenter complètement pendant 50 semaines?
Mme Vallières-Roland (Catherine) :
En fait, c'est plutôt une participation à distance, donc c'est, évidemment,
selon les besoins puis selon les motifs, mais là, ici, dans un contexte,
justement, de... après la naissance d'un enfant, par exemple, où il serait plus
difficile pour un élu, donc, d'être en personne au conseil, que la possibilité
puisse lui être donnée, donc, de participer à distance sur une période de
50 semaines.
Mme Laforest : OK. OK. Mais,
plus clairement, par exemple, pour un congé de maternité, les parents
pourraient... père ou mère, peu importe, pourraient s'absenter jusqu'à
50 semaines pour...
Mme Vallières-Roland (Catherine) :
Ce qu'on préconiserait, ce serait, donc, 18 semaines, jusqu'à
18 semaines d'absence, qui est déjà prévu, avec 32 semaines qui
pourraient être possibles, donc, à distance, si le parent en ressent le besoin.
Mme Laforest : OK, merci.
Pour l'embauche d'une ressource pour soutenir l'élu, d'ailleurs, nouvellement
parent, là, dans... dans leur travail, il y a une... à Montréal, ça se fait
très bien. Puis vous avez déjà la possibilité. Ça fait que je vous offre comme
ça, si vous voulez, de <regarder...
Mme Laforest :
...déjà la possibilité. Ça fait que je vous offre comme ça,
si vous voulez, de >regarder qu'est-ce qui se passe à Montréal,
parce que c'est quand même une bonne mesure.
Ensuite, je voulais vous parler au niveau
des démolitions, la démolition des bâtiments. Comment ça se passe présentement?
Puis pourquoi vous demandez ou vous voulez vraiment que ce soit plus sévère au
niveau des démolitions? Puis me donner des exemples, s'il vous plaît.
Mme Vallières-Roland (Catherine) :
Oui. Bien, je vous... je demanderais à Me Chouinard de vous apporter
des précisions sur ce point-là.
Mme Chouinard (Isabelle) : Oui,
Mme la ministre. La ville de Québec a une commission d'urbanisme et de
conservation, comme vous le savez, qui doit... dans les secteurs où elle a...
elle a juridiction, elle doit autoriser les démolitions. C'est... Ça fait
partie des décisions qu'elle doit rendre. Et, dans notre charte, on avait déjà
la possibilité, on l'avait obtenue en 2016, si je ne m'abuse, d'imposer des
amendes jusqu'à 250 000 $ dans le cas où la commission... dans le cas
où une démolition était faite sans respecter une décision de la commission ou
sans autorisation.
Lorsque le projet de loi n° 69
a été adopté, on a supprimé cette amende-là pour ne prévoir l'amende que dans la
Loi sur l'aménagement et l'urbanisme à l'égard du règlement sur la démolition
d'immeubles. Or, il appert que, dans certains cas, il y a des démolitions, qui
ne sont pas sujettes au règlement sur la démolition d'immeubles mais qui sont
sujettes à une décision de la commission, qui pourraient aussi mériter une
amende dissuasive. En matière de démolition, les amendes de... de
4 000 $ dans le cas d'une personne morale ne sont pas suffisantes
pour dissuader les démolitions illégales. C'est pour ça qu'on a demandé de
réintroduire cette amende-là dans notre <i>charte de la ville de Québec, elle
peut avoir son utilité également.
Mme Laforest : Puis les
montants les plus élevés, c'est de 250 000 $, je crois?
Mme Chouinard (Isabelle) : En
fait, oui, la loi laisse la discrétion au juge. Donc, la municipalité ne peut
pas fixer le montant d'amende, mais la loi donne la discrétion au juge
d'imposer une amende jusqu'à 250 000 $, un minimum de
10 000 $. Donc, la jurisprudence reste à faire là-dessus. Il y a peu de
cas, encore, d'amendes qui ont été... de sanctions telles qui ont été imposées
par les tribunaux, selon notre analyse.
• (12 heures) •
Mme Laforest : OK, merci. Il
y a également des mesures pour étendre la mission de la Société du Centre des
congrès de Québec qui ont été demandées pour confier les mesures à
l'administration de l'établissement. Comment vous voyez ça? Et pourquoi vous
demandez ces mesures-là pour... pour Québec, en fait?
Mme Chouinard (Isabelle) : Pour
la société du centre des congrès, ce n'est pas une demande qui a été faite par
la ville de Québec.
Mme Laforest : C'est la
demande du centre des congrès?
Mme Chouinard (Isabelle) : Probablement.
Mme Laforest : Puis, vous,
comment vous vous positionnez avec cette demande-là? Il n'y a pas d'enjeu?
Mme Chouinard (Isabelle) : Pas
à ma connaissance.
Mme Laforest : OK, excellent.
J'avais... J'avais... L'autre question, c'était sur la hausse des réserves
financières, ça, c'est correct également, puis... Non, c'était ça. Donc, il y a
des mesures dans votre projet de loi puis... que vous recommandez. Peut-être
qu'on pourrait s'en reparler, parce qu'il y a quand même déjà trois ou quatre
possibilités que vous pouvez déjà le faire. On pourrait se... On pourrait en
discuter après... après notre séance. Puis je vais laisser la parole à mon... à
un de mes collègues qui veut poser des questions, à ce moment-ci, M. le
Président. Merci beaucoup.
Le Président (M. Schneeberger) : Député
de Beauce-Sud.
M. Poulin : ...combien de
temps, M. le Président?
Le Président (M. Schneeberger) : Sept
minutes.
M. Poulin : Excellent,
parfait. Alors, bonjour. Merci d'être là. Très heureux de vous retrouver. L'UMQ
est venue quelques minutes... il y a quelques minutes, en fait, nous dire qu'il
faut lever l'anonymat d'un harceleur virtuel et des procédures légales, qui
peuvent être longues et laborieuses. Vous avez fait référence aux réseaux
sociaux, aux médias sociaux qui pourrissent la vie des élus, que ce soit au
municipal ou au provincial, et même au fédéral. Actuellement, comment la ville
de Québec se gouverne avec des harceleurs sur vos pages Facebook de conseillers
ou de... sur la page Facebook du maire de la ville? Comment vous gérez ça
actuellement?
Mme Vallières-Roland (Catherine) :
Bien, écoutez, justement, c'est... je dirais que ce n'est pas toujours une
approche qui est facile, à savoir qu'il y a effectivement des commentaires qui
dépassent les limites. Il y a bien sûr une volonté, donc, de laisser les
citoyens commenter, s'exprimer, exprimer leurs positions. Bien sûr, lorsqu'il y
a certains commentaires qui viennent vraiment dépasser les bornes, à ce
moment-là, ceux-ci sont... ceux-ci sont notés, sont partagés également avec...
avec certains de nos services à la ville de Québec. Peut-être que
Me Chouinard pourrait ajouter un complément d'information, là, pour une
fois que certains de ces commentaires-là ont dépassé les bornes. Mais il reste
que, et ça fait partie de nos demandes, sur les médias sociaux, une des
difficultés, c'est vraiment d'identifier les individus...
12 h (version révisée)
Mme Vallières-Roland (Catherine) :
...sur les médias sociaux, une des difficultés, c'est vraiment d'identifier
les individus, donc, qui formulent ces commentaires-là. Et c'est... Et c'est
pour ça qu'on souhaite que les plateformes puissent nous fournir l'information
dont on a besoin, justement, pour éventuellement entreprendre un recours.
M. Poulin : Parce que...
Parce qu'il y a des éléments qui, évidemment... on pourra faire dans le cadre
de cette loi-là, mais d'autres qui seront probablement d'autres lois du
gouvernement du Québec ou d'autres règlements, sans compter, comme vous l'avez
dit, les relations avec les plateformes et le... et le fédéral.
Vous alliez peut-être ajouter, Mme l'avocate,
sur la façon dont vous procédez à la ville de Québec lorsqu'il y a des
commentaires comme ceux-là?
Mme Chouinard (Isabelle) : Bien,
c'est-à-dire que la... une des difficultés qu'on a, puis à laquelle le projet
de loi va... va répondre, c'est souvent que la municipalité ne peut pas agir au
nom de l'élu ou au nom d'un fonctionnaire qui est aux prises avec, par exemple,
une atteinte à sa vie privée. Donc, le projet de loi offre cette
possibilité-là, qui est une très belle avancée puis pour laquelle le service
des affaires juridiques va pouvoir agir de façon plus efficace. Parce qu'actuellement
quelqu'un qui subit personnellement un préjudice mais qui ne porte pas atteinte
à la ville, bien, la ville ne peut pas agir nécessairement au bénéfice de cette
personne-là. Donc, c'est... c'est vraiment une possibilité très intéressante qu'offre
le projet de loi à cet égard.
M. Poulin : Avez-vous déjà
réfléchi à fermer vos réseaux sociaux?
Mme Vallières-Roland (Catherine) :
Non.
M. Poulin : Donc, malgré
toute la balance des inconvénients, des nombreux messages que l'on peut
recevoir, malgré tout, on conserve ce lien-là avec la population?
Mme Vallières-Roland (Catherine) :
Absolument. Absolument. Puis c'est important pour nous de pouvoir
communiquer avec les gens, donc communiquer de l'information, mais aussi d'avoir
cette rétroaction-là. Donc, effectivement, malgré les inconvénients que ça
comporte, il reste néanmoins que c'est une façon aussi d'obtenir une... rétroaction.
Ce n'est pas le seul, puis je l'ai mentionné tout à l'heure, il y a vraiment un
effort important qui est fait à la ville de Québec pour multiplier aussi les
moyens d'obtenir cette rétroaction-là des gens, que ce soit à travers des
questionnaires, des sondages, des ateliers participatifs, des consultations.
Mais il reste que les médias sociaux demeurent une façon importante, là, pour
nous, un moyen important de communiquer avec les gens.
M. Poulin : Le rôle d'un
président de conseil municipal. Vous en avez un, évidemment, à la ville de
Québec. Ça a été relevé par plusieurs élus municipaux que le manque de décorum,
que ce soit lors de la période des questions ou même entre élus, est causé par
le fait que certains conseils municipaux n'ont pas de président ou de
présidente de séance. Selon vous, est-ce que c'est un essentiel? Est-ce que, si
vous n'aviez pas de président ou de présidente de séance à la ville de Québec,
ça... je ne dirais pas que ce serait le... j'essaie de trouver un bon mot
français, là, donc, du moins, que ça pourrait dégénérer?
Une voix : ...
M. Poulin : Mon collègue disait
«l'anarchie». Mais est-ce que... est-ce que c'est, pour vous, un essentiel, d'avoir
ce rôle de président là, et que, si vous ne l'aviez pas, ça pourrait être
encore plus difficile?
Mme Vallières-Roland (Catherine) :
Bien, pour nous, assurément, c'est... bien, c'est... oui, c'est intéressant
d'avoir un président, d'avoir... C'est non seulement intéressant, c'est un...
c'est un atout important, je pense, et dans une municipalité comme la ville de
Québec. Donc, le président s'assure aussi d'un certain décorum, donc s'assure,
donc, du respect du règlement que nous avons, justement, pour s'assurer d'échanges
courtois entre les élus et aussi avec les citoyens qui sont dans la salle.
M. Poulin : Dans les conseils
de quartier, est-ce que la sécurité est aussi élevée qu'à l'hôtel de ville de
Québec? J'imagine que non.
Mme Vallières-Roland (Catherine) :
Non.
M. Poulin : Est-ce que, pour
vous, c'est une problématique, dans la mesure où des citoyens n'oseraient pas
aller, par exemple, à l'hôtel de ville de Québec, mais iraient dans des
conseils de quartier manifester leur désaccord envers les élus? Est-ce que ça
ne crée pas deux... deux démesures d'une certaine façon?
Mme Vallières-Roland (Catherine) :
Pour le moment, je dirais que les conseils de quartier se déroulent bien. Donc,
ils se déroulent en présence des élus, donc, de district. C'est effectivement l'occasion,
là, pour les gens, d'exprimer leurs opinions. Mais il n'y a pas... il n'y a pas
de... Il n'est pas survenu, là, d'incidents majeurs en conseil de quartier qui
justifieraient, par exemple, la présence de policiers comme on le voit au
conseil de ville.
M. Poulin : De la ville.
Mme Vallières-Roland (Catherine) :
De ville de Québec.
M. Poulin : Excellent. Bien,
je vous remercie. Merci pour les échanges.
Le Président (M. Schneeberger) : Merci
beaucoup. Ça va? D'autres questions?
Une voix : ...
Le Président (M. Schneeberger) :
Il restait une minute.
Mme Laforest : ...de la confidentialité,
puis c'est bien, vous êtes les quatre ici... quand on parlait de la
confidentialité ou de la protection des élus municipaux, mais il y en a qui
demandent aussi la protection des directeurs. Qu'est-ce que vous en pensez, de
cette demande-là?
Mme Vallières-Roland (Catherine) :
Effectivement, nous aussi, on fait la demande à l'effet que certains
fonctionnaires, donc, puissent aussi bénéficier d'un éventuel recours.
Mme Laforest : Greffiers? Directeurs?
Des voix : <
...
Des voix : >
...
Mme Laforest : Pardon?
M. Giasson (Serge) : C'est
l'ensemble des fonctionnaires.
Mme Laforest : L'ensemble au complet
des fonctionnaires?
M. Giasson (Serge) : Oui.
Mme Laforest : Puis, s'il y
avait des postes à privilégier, ce seraient lesquels?
M. Giasson (Serge) : Bien,
disons que les victimes, par exemple, des réseaux sociaux, là, ce sont autant
les travailleurs, des cols bleus par exemple qui se font harceler dans la rue
et après sur les réseaux sociaux, après avoir été filmés au travail, avec des
sous-titres qui ne sont pas des sous-titres avantageux, qui sont des
sous-titres même qui peuvent susciter, par exemple, ce que le projet de loi
essaie de contrer pour les élus. Alors, moi, je pense que oui, effectivement,
il y a plusieurs cas. Presque toutes les semaines, il y a des cas où il y a des
fonctionnaires, OK, des directeurs de services... mais aussi des fonctionnaires
qui sont attaqués...
Le Président (M. Schneeberger) : ...
M. Giasson (Serge) : ...sur
les réseaux sociaux de la même façon que les élus.
Le Président (M. Schneeberger) : ...
M. Giasson (Serge) : Et
parfois, ce sont des élus en même temps que les... que les fonctionnaires.
Le Président (M. Schneeberger) : Merci
beaucoup. On n'a plus de temps.
Mme Laforest : ...
Le Président (M. Schneeberger) : Merci.
Alors, nous allons maintenant du côté de l'opposition officielle, et j'entends
la députée de Mont-Royal—Outremont.
Mme Setlakwe : Merci, M. le Président.
Merci à vous quatre. Merci de votre présentation ce matin. Merci pour le
mémoire. On voit que vous êtes favorables. En fait, on veut tous mieux protéger
les élus, et continuer d'attirer une relève, et de ne pas décourager des
citoyens qui seraient intéressés à se présenter aux prochaines élections
municipales.
Je regarde quand même en... dans le fin
détail, là, vos propositions. Et, bien, avant d'entrer dans le détail,
généralement, qu'est-ce que vous constatez à Québec? C'est sûr qu'on a eu le son
de cloche de l'UMQ, FQM, mais qu'est-ce que vous constatez à Québec, quel... Tu
sais, on... Pour nous aider à cerner la problématique, là, dans les derniers
mois, les dernières années. Surtout, on pense que la situation s'est détériorée
avec la pandémie. Qu'est-ce que vous constatez, autant à la période de questions,
dans vos échanges avec... avec les citoyens à l'extérieur de l'hôtel de ville,
sur les médias sociaux, etc., et même au sein des... au sein du conseil?
Mme Vallières-Roland (Catherine) :
Bien, je vous dirais, en effet, la pandémie semble avoir eu un impact sur
les citoyens. En effet, on les sent peut-être plus impatients, plus prompts
aussi à formuler certains commentaires. Bien sûr, sur les médias sociaux, on le
voit, avec l'anonymat dont on parlait tout à l'heure, du moins l'anonymat
potentiel de certaines personnes, les gens se permettent donc de faire des
commentaires qu'ils ne nous feraient pas en personne, donc une certaine
émotivité aussi qui, on remarque, est quand même grande. Puis on le comprend. Parfois,
il y a certains enjeux, certains dossiers qui viennent toucher... vraiment les
gens dans leur quotidien. Puis c'est tout à fait correct. Puis c'est aussi
notre travail d'entendre les gens puis de répondre aussi à leurs préoccupations.
Mais c'est sûr qu'il y a certains... il y a certains comportements, il y a
certains commentaires qui véritablement viennent dépasser les bornes. Puis on
le mentionnait, c'est lorsque ça porte atteinte à l'intégrité d'une personne,
lorsque ce sont des commentaires qui sont vraiment personnels, sur... que ce
soit sur l'apparence physique, par exemple, ou... Donc, mais de façon... de...
Et ça s'exprime dans les différentes instances. Mais c'est sûr qu'il y a
certaines... certaines de nos instances qui sont davantage encadrées. On le
mentionnait tout à l'heure, avec le conseil de ville, donc, il y a vraiment....
il y a... il y a un règlement qui vient baliser, là, le temps d'intervention
des citoyens, etc., ce qu'on ne retrouve dans d'autres instances, notamment les
conseils de quartier. Donc, c'est variable, là, d'un... d'une instance à
l'autre.
• (12 h 10) •
Mme Setlakwe : Merci. Puis au
niveau des réseaux sociaux, évidemment, vous l'avez dit, puis je pense qu'on
est tous d'accord, que les réseaux sociaux, on ne peut pas en faire... on ne
peut pas en faire fi. Ça fait partie des outils aussi puis c'est un... c'est
une plateforme de communication, dans un sens comme dans l'autre, avec les
citoyens. Mais vous, vous avez constaté que ça dérape, prêtez-moi l'expression?
Mme Vallières-Roland (Catherine) :
Oui, oui, tout à fait.
Mme Setlakwe : Et puis, là,
est-ce que vous êtes satisfaits de ce qui... de ce qui est proposé dans... dans
le projet de loi ou vous pensez qu'on peut... on peut aller plus loin? Là, je
suis en train... Je vois aussi que vous demandez la possibilité d'aller
chercher... d'aller auprès des plateformes, d'aller faciliter, là,
l'identification de l'auteur des propos, n'est-ce pas? Parce qu'évidemment il y
a des gens qui vont le faire à visage découvert puis... mais souvent, on le
sait, là, c'est des... c'est des identités cachées. Alors, qu'est-ce que vous
demandez exactement à ce niveau-là?
Mme Vallières-Roland (Catherine) :
Me Giasson, voulez-vous...
M. Giasson (Serge) : Écoutez,
la demande ressemble... la demande de la ville de Québec ressemble beaucoup à
celle de l'UMQ. Alors, il existe dans notre jurisprudence des injonctions qui
permettent d'imposer aux réseaux sociaux, puis ça, c'est toujours sous l'autorité
de la Cour supérieure<i>... qui permettent d'aller chercher l'identité,
permettent <d'ordonner...
M. Giasson (Serge) :
...chercher
l'identité, permettent >d'ordonner aux plateformes de... quand le juge
le... croit que c'est nécessaire, d'aller rechercher ces identités. Alors,
notre demande est plus... est... est la même que l'UMQ, finalement, sur ces...
sur cette question-là, à l'égard de ceux qui se cachent derrière les réseaux
sociaux.
Mme Setlakwe : Merci.
Est-ce qu'à la ville de Québec les élus, parce que, là, on parle d'une des plus
grandes villes, là, ont... ont du soutien, justement? Parce que, si on recule,
il n'y a pas si longtemps, ça ne faisait pas partie de la réalité d'un élu
municipal, de gérer les médias sociaux. Moi, j'ai été une élue municipale
pendant cinq ans, puis c'est devenu... c'était très, très prenant. Puis j'étais
dans une petite municipalité. On n'avait pas de ressources particulières
allouées à ça. Mais est-ce que vous pensez que les élus sont assez encadrés, outillés,
soutenus, là, dans... dans cette gestion des réseaux sociaux?
Mme Vallières-Roland (Catherine) :
Effectivement, donc, on a un soutien, c'est-à-dire qu'on a les membres de
notre équipe, hein, qui apportent un soutien pour la gestion de ces médias sociaux
là. Mais, lorsque ceux-ci débordent, lorsque l'identité de la personne est
connue, bien, effectivement, là, il y a des... il y a des gestes qui peuvent
être posés. Je mentionnais tout à l'heure qu'on documentait, donc, la situation
pour ensuite transmettre ces informations-là, par exemple, au service de
police, donc à certains membres de l'équipe, pour que, justement, il y ait
enquête et qu'il puisse y avoir des gestes qui soient posés pour protéger les
élus lorsque c'est fondé. Mais encore une fois, là où le bât blesse, puis là où
il pourrait y avoir une amélioration, c'est en effet lorsqu'on n'est pas en
mesure d'identifier, donc, les personnes.
Mme Setlakwe : OK. Merci.
Ça, on va s'y attarder.
Vous précisez donc qu'il faudrait prévoir
que le recours ne peut viser un autre membre du conseil. Non, je pense
qu'effectivement, ce qui était visé pour les injonctions puis les sanctions,
c'est... c'est par rapport à une personne qui fait partie... bien, un membre du
public. Mais, entre les... entre les conseillers, est-ce que vous croyez
généralement que c'est suffisamment encadré ou que le... il y a... il y a suffisamment
de mesures qui existent ou qui sont imposées pour assurer qu'il y ait un climat
fonctionnel au sein du conseil municipal?
Mme Vallières-Roland (Catherine) :
Bien, en fait, on le mentionnait tout à l'heure, donc, on a un code
d'éthique et de déontologie dont... dont le contenu est bon, je dirais. Mais,
bien sûr, et là, ça rejoint l'idée de la formation, donc je pense que c'est
important aussi que ce code-là soit rappelé à l'attention des élus sur une base
régulière pour s'assurer de comportements qui sont adéquats entre les élus.
S'il y a un manquement à ce code, il y a... il y a la <i>Commission municipale,
bien sûr. Et on pense que les... s'il y a manquement, on doit continuer de
référer, donc, ces manquements-là, on doit continuer d'en saisir la Commission
municipale plutôt que d'aller vers un recours en injonction pour éviter,
justement, qu'il y ait des... qu'une démarche comme celle-là soit...
instrumentalisée, par exemple, sur le plan politique.
Mme Setlakwe : Est-ce
qu'il y a moyen de faire de la médiation? Est-ce que ça... ça, vous croyez que
c'est un... c'est un... Tu sais, pour... avant d'en arriver à la CMQ?
Mme Vallières-Roland (Catherine) :
Puis... Absolument. Puis effectivement il y a une gradation, hein, dans...
dans les actions qui peuvent être prises. En effet, je pense qu'il faut
toujours avoir recours, justement, à des discussions, à des échanges entre élus
sur la base, justement, de notre code puis de... pour essayer de régler les
situations puis éventuellement aller vers... vers les instances que sont la
Commission municipale.
Mme Setlakwe : Vous avez
mentionné tout à l'heure que les citoyens sont peut-être plus prompts ou qu'ils
démontrent de l'émotion. Puis, si je vous ai bien compris, vous étiez clairs,
moi, je comprends que les... ce n'est pas... ce n'est pas ça qu'on vise avec le
projet de loi. Les citoyens peuvent venir exprimer leurs doléances, leurs
revendications, puis ils peuvent démontrer de l'émotion ou de l'impatience à
voir certaines mesures être mises en place. Mais j'aimerais... j'aimerais mieux
saisir qu'est-ce qui est devenu problématique. Puis est-ce que c'est à même
l'hôtel de ville, ou les conseils de quartier, ou est-ce que, des fois, ça
déborde à l'extérieur de l'hôtel de ville? Est-ce que c'est là que les élus
sont... sont l'objet d'abus?
Mme Vallières-Roland (Catherine) :
C'est... C'est... Il est arrivé quelques cas où, effectivement, des... sur
des sujets plus polémiques, plus... plus conflictuels, plus difficiles, où il y
avait certains collègues, là, qui pouvaient vraiment ne pas se sentir en
sécurité en présence de certains citoyens, par un regard plus menaçant, par
certains comportements qui étaient inadéquats, par certaines exclamations
durant des séances ou des discussions, des échanges. Donc, ça, c'est sûr que ça
peut faire partie <de...
Mme Vallières-Roland (Catherine) :
...que ça peut faire partie >de nos séances. Ce ne sont
pas... Ça n'arrive pas tous les jours. Ça demeure des cas quand même plutôt
isolés lorsque ce sont des séances en personne. Et là où les dérapages sont les
plus grands, encore une fois, puis je pense que c'est corroboré par plusieurs
de mes collègues, c'est vraiment, encore une fois, sur les médias sociaux parce
qu'il y a... il y a une forme de comportements plus décomplexés où les gens
sentent la possibilité de s'exprimer.
Mme Setlakwe : Merci. Non, je
pense que la ligne est mince, mais il y a... il y a... Il va falloir qu'on
trouve une façon de... puis on le sait, mais d'expliquer puis de bien viser les
situations où justement il y a... il y a une ligne qui est traversée, puis on
tombe dans des situations d'abus et d'atteinte à la... à la sécurité, à
l'intégrité de la personne.
Est-ce qu'il nous reste du temps, M. le
Président?
Le Président (M. Schneeberger) : 40 secondes.
Mme Setlakwe : Oh!
Mme Lakhoyan Olivier : Les
grandes villes versus les petites villes dans les régions : Où vous
trouvez qu'il y a plus de problématiques... concernant... concernant les
situations conflictuelles envers les élus? Rapidement, tu sais.
Mme Vallières-Roland (Catherine) :
Oui. Bien, écoutez, ce que... ce que j'entends de la part de collègues qui
sont de plus petites municipalités, c'est certain qu'ils sont en interaction au
quotidien avec leurs... leurs citoyens, donc en allant à l'épicerie, à la
pharmacie, donc c'est certain qu'ils sont dans une situation qui est... qui est
difficile. Dans le cas d'une ville comme Québec, hein, où il y a... il y a plus
de 550 000 habitants, c'est sûr qu'on...
Le Président (M. Schneeberger) : Merci.
Mme Vallières-Roland (Catherine) :
...on a...
Mme Lakhoyan Olivier : Merci.
Mme Vallières-Roland (Catherine) :
La réalité est différente.
Le Président (M. Schneeberger) : Désolé.
Mme Vallières-Roland (Catherine) :
Mais, ceci dit, il reste qu'on le vit, mais à une échelle différente.
Le Président (M. Schneeberger) : Merci
beaucoup.
Mme Lakhoyan Olivier : Merci.
Le Président (M. Schneeberger) : Merci.
Alors, nous allons maintenant du côté du député de Taschereau pour un 3 min 28 s.
M. Grandmont : Merci, M. le
Président, Mme Vallières-Roland. Merci aussi à vous d'être présent, présentes.
On n'a pas beaucoup de temps, mais j'aimerais vous entendre sur quelques points.
D'abord, sur la question de l'octroi de
crédits pour l'embauche d'une ressource additionnelle, bon, tantôt, dans votre
échange avec Mme la ministre, elle disait que c'est déjà permis, selon elle, et
que la ville de Montréal avait été en ce sens-là. Elles ont... Ils ont
développé un règlement. Pourquoi vous sentez le besoin de ramener cette
proposition-là à l'intérieur de votre mémoire? Voilà.
Mme Vallières-Roland (Catherine) :
Me Chouinard.
• (12 h 20) •
Mme Chouinard (Isabelle) : Bien,
je serais très intéressée d'entendre l'avis de mes collègues du ministère des
Affaires municipales là-dessus, puis on va le considérer avec beaucoup
d'ouverture. Mais, nous, notre analyse juridique, c'est qu'actuellement les
sommes allouées à l'embauche du personnel politique sont encadrées par la loi.
Donc, on ne peut pas ajouter des fonds publics à ces sommes-là, qui sont
plafonnées. Et elles sont réparties selon une base qui est prévue dans la loi.
Donc, peut-être que mes collègues de Montréal ont été plus créatifs, mais
disons que notre analyse était plutôt qu'on aurait besoin d'une modification
législative pour pouvoir procéder en toute légalité à l'octroi de ces crédits.
M. Grandmont : Parfait.
Merci. C'est sûr que c'est un enjeu, nous, qui nous préoccupe beaucoup. On
avait suivi évidemment, là, l'histoire avec la conseillère, Mme Smith, et donc
on y reviendra certainement dans les discussions qu'on aura lors de l'étude
détaillée. Merci pour votre réponse.
Très content de voir votre proposition sur
l'achat local. Évidemment, là, nous, on est un peu scandalisés de voir que des
municipalités encouragent davantage, là, des grandes entreprises étrangères
dans leur approvisionnement, donc merci pour cette proposition-là. On sait que
la ville de Québec fait des efforts considérables là-dessus. Donc, merci
d'essayer de pousser toutes les villes du Québec à faire aussi bien.
Vous avez un point qui touche le quorum,
là, «prévoir que le quorum aux séances ordinaires du conseil et à celles de
l'adoption du budget est formé des élus présents». J'aimerais vous entendre un
peu là-dessus. Est-ce que vous faites référence au fait qu'il y a des gens qui
peuvent assister au conseil à distance, auquel cas ils font quand même partie
du quorum? De l'autre côté, on a la FQM tantôt qui nous disait qu'il faut
s'assurer qu'il y ait au moins un certain nombre d'élus qui soient présents
physiquement lors des séances ordinaires du conseil pour ne pas se retrouver
devant 30 citoyens aussi. Ça fait que j'aimerais comprendre un peu le sens
de votre proposition, parce qu'elle ne m'apparaît pas claire, claire pour
l'instant.
Mme Vallières-Roland (Catherine) :
Je demanderai à Me Chouinard de compléter, là, mais en effet, là, dans...
dans les préoccupations que nous avons, c'est de s'assurer qu'il y ait un
maximum de conseillers municipaux qui soient effectivement en... dans la salle
du conseil. Donc, je pense que ça a été bien établi dans le projet de loi à
l'effet qu'une participation à distance devait demeurer une mesure
exceptionnelle, et donc, nous, on souscrit à ça. Et donc, bien sûr, en ayant...
donc en calculant le quorum, ça fait partie, là, des... disons, des solutions
ou des mesures que nous, on met de l'avant. Mais je demanderais à Me Chiasson
de...
Mme Chouinard (Isabelle) : Chouinard
ou Me Chiasson?
Mme Vallières-Roland (Catherine) :
Chouinard. Maître... Me Chiasson ou Me Chouinard, de compléter.
M. Grandmont : Bien, je vous
en prie.
M. Giasson (Serge) : ...en
présentiel, c'est-à-dire qu'on <va...
M. Giasson (Serge) :
...en
présentiel, c'est-à-dire qu'on >va s'assurer qu'il y a un nombre qui
équivaut à l'équivalent d'une majorité, un peu comme l'a demandé la FQM. C'est
à peu près la même demande, là. C'est qu'en personne... en présentiel,
c'est-à-dire dans la salle du conseil, devant les citoyens, il y ait
l'équivalent du quorum ou l'équivalent d'une majorité. C'est la même...
Le Président (M. Schneeberger) : En
terminant.
M. Giasson (Serge) :
C'est la même... Ça a le même effet que ce que
demandait le... la FQM.
Le Président (M. Schneeberger) : Merci,
merci beaucoup. Nous allons maintenant du côté des Îles-de-la-Madeleine avec le
député des Îles. C'est à vous.
M. Arseneau : Pour
2 min 40 s?
Le Président (M. Schneeberger) : 2 min 38 s.
M. Arseneau : Merci, M. le
Président. Mme Vallières, Mes Chouinard et Giasson, Mme St-Hilaire.
J'aimerais revenir sur la question de... évidemment
de l'article 8. Je comprends qu'il appartient à l'élu, individuellement et
personnellement, de faire appel à la Cour supérieure<i>. Est-ce que vous
pensez qu'effectivement c'est... c'est la meilleure façon d'agir, si l'élu est
victime d'intimidation ou de menaces? En d'autres mots, est-ce qu'il n'y aurait
pas un soutien essentiel de la part de la ville ou de la municipalité? Parce
qu'un élu ne possède pas, évidemment, toutes les connaissances, nécessairement,
sur le plan légal, et ainsi de suite, pour agir.
Mme Vallières-Roland (Catherine) :
Tout à fait, tout à fait. Puis, en effet, c'est ce qui est souhaité et
souhaitable, là, à l'effet que la municipalité puisse appuyer l'élu dans un éventuel
recours, là, pour obtenir une injonction.
M. Arseneau : Parce que vous...
vous proposez, effectivement, qu'il y ait des modalités de remboursement des
frais encourus. Mais est-ce que ce ne serait pas d'emblée à la municipalité ou
à la ville... d'encourir ces frais?
Mme Chouinard (Isabelle) : Le
projet de loi le permet, en fait, à l'article 12. On dit que la
municipalité peut intenter la poursuite pour le bénéfice de l'élu. Ça, c'est
une belle mesure. Maintenant, pour qu'un élu ne soit pas victime d'un refus
partisan, par exemple, de prendre le recours... C'est pour ça qu'on proposait
que, s'il s'avère que son recours est fondé... qu'il puisse être remboursé de
ses frais. De cette façon-là, on évite les... un nombre important...
M. Arseneau : D'accord. On
couvre toutes les... toutes les options.
Mme Chouinard (Isabelle) : C'est
ça. C'est ça.
M. Arseneau : D'accord. Et je
vais vous poser la même question qu'avec les intervenants précédents :
Pouvez-vous nous donner des exemples de ce qu'on pourrait faire, maintenant
qu'on... avec l'adoption d'une telle loi, par rapport à ce qu'on... les outils
qu'on possède aujourd'hui, des cas réels, là, des situations où on ne peut pas
intervenir aujourd'hui? Me Giasson, peut-être?
M. Giasson (Serge) : On
pourrait prendre un recours, que la municipalité pourrait prendre un recours.
Toute la différence entre la situation actuelle, qui est... qui est couverte
par la protection juridique de 604 de la Loi sur les cités et villes, on vient
d'ouvrir ici la possibilité à la municipalité de prendre un recours en demande,
et pas seulement de défendre un élu qui est attaqué, mais aussi permettre à un
élu de se défendre par l'attaque, c'est-à-dire en déposant l'injonction. C'est
toute la différence, OK. C'est ça, l'ouverture. Et ça permet à la municipalité
d'appuyer l'élu. Avant, l'administration... Vous savez, quand un élu était dans
cette situation-là, l'administration était un peu menottée.
Le Président (M. Schneeberger) :
En terminant.
M. Giard (Serge) : Parce que
son... la possibilité d'intervenir était limitée.
Le Président (M. Schneeberger) : Merci
beaucoup. Alors, c'est tout le temps alloué qu'on a. Alors, merci à la ville de
Québec pour votre précieuse contribution.
Alors, la commission suspend ses travaux
jusqu'après la période des affaires touchant les travaux sur les commissions.
(Suspension de la séance à 12 h 26)
15 h (version révisée)
(Reprise à 15 h 28)
Le Président (M. Gagnon) : Alors,
à l'ordre, s'il vous plaît, chers collègues! La Commission de l'aménagement du
territoire reprend ses travaux cet après-midi. Je demande à toutes les
personnes dans la salle, effectivement, si vouloir, de bien vouloir atteindre
leurs appareils électroniques.
Alors, nous poursuivons des consultations
particulières et adoption publique sur la loi... le projet de loi, pardon, n° 57,
Loi édictant la Loi visant à protéger les élus et à favoriser l'exercice sans
entraves de leurs fonctions et modifiant diverses dispositions législatives
concernant le domaine municipal.
Cet après-midi, nous entendrons les
témoins suivants : la ville de Montréal, en vidéoconférence, qui sont avec
nous, le Réseau des jeunes mères au municipal, la Ligue des droits et libertés,
le tableau... la Table, pardon, de travail sur la civilité en politique
municipale et M. Philippe Dubois, professeur adjoint à l'École nationale
d'administration publique.
En premier, je souhaite maintenant la
bienvenue aux représentants de la ville de Montréal. Je vous rappelle que vous
disposez de 10 minutes pour votre exposé puisque nous procéderons à la
période d'échange avec les membres de la commission. Je vous... invite donc,
pardon, à vous présenter et à débuter votre exposé.
Mme Katahwa (Gracia Kasoki) : Parfait.
Écoutez, merci beaucoup, merci beaucoup. Donc, je salue Mme la ministre, M. le
Président de la commission, mesdames et messieurs, membres de la commission.
Donc, je suis Gracia Kasoki Katahwa, mairesse de Côte-des-Neiges—Notre-Dame-de-Grâce
et membre du comité exécutif à la ville de Montréal, et il me fait grand
plaisir d'être avec vous pour vous présenter la position de la métropole quant
au projet de loi n° 57.
Je suis accompagnée aujourd'hui de deux personnes
de l'administration, donc, Me Annie Gerbeau, directrice des affaires
civiles au service des affaires juridiques de la ville, ainsi que M. Jean
Therrien, directeur du Bureau des relations gouvernementales et municipales.
• (15 h 30) •
Donc, d'entrée de jeu, je tiens à
souligner les efforts de la ministre des Affaires municipales et de toutes ses
équipes pour le travail accompli ayant mené au dépôt de ce projet de loi. Ce
dernier propose des dispositions qui sont nécessaires, concrètes et qui
permettront de réellement bonifier l'environnement de travail des personnes
élues partout à travers le Québec.
Les commentaires sexistes, racistes,
vexatoires ou carrément abusifs sont malheureusement monnaie courante dans le quotidien
des élus municipaux québécois et il est certainement temps d'y mettre fin.
Donc, vous l'aurez compris, la ville de
Montréal est donc globalement satisfaite du projet de loi qui est déposé... qui
est déposé. Je vais donc concentrer mon intervention sur certaines propositions
de bonification qui permettraient à nos yeux de l'améliorer.
En tant que gouvernement de proximité, les
municipalités demeurent les répondants de première ligne pour les citoyens. Si
cette accessibilité offre des occasions d'échanges riches, elle prête également
le flanc aux écarts de conduite et abus de toutes sortes, tels que des
insultes, les menaces et même parfois des agressions qui, vous en conviendrez,
n'ont absolument pas leur place dans une société libre et démocratique comme le
Québec.
Si la ville accueille avec grande
ouverture, voire avec soulagement, je vous dirais, les mesures du projet de loi
qui viennent encadrer ce genre de comportement, force est toutefois d'admettre
que lorsque vient le temps de s'en prendre à un élu, les limites de la
créativité sont constamment repoussées. L'expérience récente nous porte à
croire que certaines personnes mal intentionnées, n'ayant plus la possibilité
de s'en prendre aux élus directement, pourraient avoir tendance à diriger leur
fiel vers les proches ou leur garde rapprochée. On parle ici de cas réels et
récents, de messages malveillants ou harcelants contre les conjoints,
conjointes, les collègues de travail ou, pire, les membres de la famille. De
telles situations sont d'autant plus inacceptables qu'elles visent des
personnes extérieures à la réalité de travail de l'élu concerné et peuvent
parfois s'attaquer à des personnes fragiles ou vulnérables. Nous ne devrions
pas laisser la porte ouverte à ce qu'elles... à ce qu'elles subissent ce dont
nous-mêmes, nous essayons de nous protéger.
C'est pourquoi la ville recommande d'élargir
la portée des mesures de protection prévues pour les personnes élues afin d'inclure
le personnel politique et la famille proche des élus. À notre avis, ceci
permettra d'éviter que les comportements abusifs ne se déplacent vers ces
personnes.
Le projet de loi contient également
certaines mesures permettant d'accroître la flexibilité des séances du conseil
municipal en permettant notamment aux élus, dans certaines circonstances, de
siéger à distance. La ville de Montréal accueille positivement cette avancée
qui tient compte de la réalité d'aujourd'hui et des apprentissages, en fait,
tirés de la pandémie de la COVID-19...
15 h 30 (version révisée)
Mme Katahwa (Gracia Kasoki) : ...d'aujourd'hui
et des apprentissages, en fait, tirés de la pandémie de COVID-19. De telles
mesures sont également en phase avec la réalité des élus municipaux dont les
profils sociodémographiques ont grandement évolué au cours des dernières
décennies. En raison des avancées technologiques, nous avons vu qu'il était
maintenant possible de siéger de cette façon pendant la pandémie, et la ville
de Montréal demande, depuis plusieurs années déjà, de rendre cette pratique
permanente. Si nous saluons l'introduction de ces mesures, nous jugeons
néanmoins nécessaire d'élargir les motifs pour s'en prévaloir.
Ainsi, nous demandons que soit ajouté le
motif de conciliation travail-famille ou conciliation travail-vie personnelle
afin de s'arrimer à la diversité des réalités qui font partie du milieu
municipal québécois.
Pour certaines et certains d'entre nous,
il s'agit de remplir nos responsabilités d'élus en même temps que nos
responsabilités de parent, par exemple. Pour d'autres, il s'agit de concilier
la politique municipale et la situation d'un proche aidant.
Afin de proposer un modèle... afin de
proposer un modèle le plus inclusif possible, nous recommandons d'adapter le
texte du projet de loi à la... à la terminologie, pardon, «conciliation travail-famille»,
et ce, dans un objectif d'être beaucoup plus inclusif. On voit aussi la
terminologie «conciliation-travail vie personnelle», parfois. Donc, ce motif
permettrait grandement de faciliter la conciliation entre nos vies personnelles
et professionnelles et semble s'inscrire en phase avec l'esprit du projet de
loi.
Évidemment, nous ne pouvons passer sous
silence les avancées importantes qui incluent le projet de loi à l'égard de la
participation électorale. Les citoyens de Montréal représentent plus du sixième
du nombre total d'électrices et d'électeurs québécois. Il va de soi que la ville
de Montréal demeure fermement engagée en faveur de la participation électorale
de toutes et tous. Cette dernière poursuit ses efforts en ce sens en axant
notamment son action auprès des jeunes, des personnes aînées et des personnes
plus vulnérables. Il importe donc de faciliter l'accès au vote en tenant compte
de l'expérience récente et des données probantes.
Par exemple, celle-ci démontre que le
nombre d'heures de vote disponibles au cours d'une même journée a un impact
significatif sur la participation électorale. C'est d'ailleurs ce qui a été
observé à Montréal, où le taux de participation au vote par anticipation a
atteint près de 13 % lors de l'élection municipale de 2021, alors que nous
avions eu deux jours de vote par anticipation, comparativement à 5,6 %
en 2017, où il n'y avait eu qu'un seul jour de vote par anticipation.
Fait intéressant à noter, lors de ces
journées, un achalandage important a été observé entre 10 heures et midi.
La tenue d'un vote par anticipation uniquement à compter de midi, tel que
prévoit actuellement le projet de loi, semble limiter le potentiel démocratique
de ces journées.
Ainsi, la ville de Montréal estime
nécessaire d'accorder au président d'élection la possibilité de permettre le
vote dès 10 heures le matin, le jour du vote par anticipation.
Dans cette même perspective, elle demande
que la définition des heures d'opération du bureau de vote au bureau du
président soit laissée à la discrétion de ce dernier, de manière à offrir des
services pleinement adaptés à sa réalité unique de métropole.
Enfin, de sorte à maximiser la
participation électorale des personnes aînées ou en perte d'autonomie qui
logent dans une résidence, la ville de Montréal souhaite que le déploiement du
vote itinérant puisse s'effectuer d'emblée, c'est-à-dire sans qu'une demande préalable
ne soit nécessaire.
Autrement, sachez que notre mémoire
contient quelques autres recommandations de nature plus technique, qui
concernent la mécanique entourant la tenue des séances du conseil municipal. Il
nous fera également plaisir d'en discuter avec vous.
Avant de conclure, j'aimerais préciser que
la métropole reste sensible au fait que les mesures prévues au projet de loi ne
doivent en aucun cas limiter le droit démocratique des citoyens ou de
regroupement de s'exprimer sur des enjeux qui leur sont chers. Selon nous, la
mouture actuelle du projet de loi présente une approche équilibrée qui tient
compte à la fois du respect des droits démocratiques et du droit des personnes
élues à évoluer dans un environnement de travail sécuritaire.
Pour conclure, la ville de Montréal salue
le dépôt du projet de loi n° 57 qui permet d'adapter nos institutions, en
fait, aux réalités du XXIe siècle, d'assurer un meilleur fonctionnement de
nos municipalités et de garantir un environnement sain pour les élus. Nous
espérons que les recommandations que nous soumettons aujourd'hui pourront être
prises en compte pour bonifier le contenu du projet de loi au bénéfice partagé
des citoyennes, des citoyens et des élus partout au Québec. Je vous remercie de
votre attention.
Le Président (M. Gagnon) : Merci
beaucoup pour votre exposé. Nous allons maintenant commencer la période d'échange.
Vous avez... Nous allons discuter avec Mme la ministre. Mme la ministre, la
parole est à vous pour une durée de 16 min 30 s.
Mme Laforest : Oui. Merci, M.
le Président. Bonjour, M. Therrien, Mme Gerbeau et Mme Katahwa. Bon.
Maintenant, je regardais votre <mémoire...
Mme Laforest :
...Mme
Gerbeau et Mme Katahwa. Bon. Maintenant, je regardais votre >mémoire
puis je suis... je suis quand même très satisfaite, parce qu'on dirait qu'il y
a plusieurs mesures qui sont dans le projet de loi, donc c'est très positif.
Puis également, j'étais avec Mme Plante la semaine passée, et il y a des
mesures qui... qui... des mesures qui satisfont évidemment la ville de
Montréal.
Maintenant, j'ai quelques questions plus
spécifiques dans votre mémoire. Au niveau de... des mesures pour permettre de
préserver la Maison Nivard-De Saint-Dizier, qu'est... est-ce que vous avez... Dites-moi
pourquoi vous voulez ajouter cette mesure-là dans le projet de loi.
Mme Katahwa (Gracia Kasoki) : Je
veux peut-être passer la parole à mon collègue, M. Therrien.
M. Therrien (Jean) : Bien, en
fait, l'idée, c'était de... On a demandé que cet équipement passe dans... soit
inscrit... inclus dans la Charte de la Ville de Montréal comme équipement d'un
certain niveau d'agglomération, donc va être un équipement qui est...
Mme Gerbeau (Annie) : ...
M. Therrien (Jean) : ...qui
passe à un niveau supérieur en termes... et qu'il puisse permettre une
intervention, là, plus importante.
Mme Laforest : Oui, c'est
vrai. C'est vrai. OK.
M. Therrien (Jean) : Donc,
c'est une demande... c'est une demande historique de ville, là, qui... que vous
avez... vous proposez de répondre dans le projet de loi, et on en est très
satisfaits.
Mme Laforest : OK. C'est vrai
parce que les autres sont déjà inclus au niveau des équipements. Merci pour
l'information.
Maintenant, j'ai une question au niveau
des... de la... des séances extraordinaires. Vous dites que vous pourriez les
faire toutes en... par distance... par... à distance, en fait. J'aimerais
savoir, pour des séances extraordinaires, est-ce que vous ne craignez pas que les
citoyens soient déçus, si vous décidez que les séances extraordinaires, à
partir du projet de loi adopté, seraient toutes à distance?
Mme Katahwa (Gracia Kasoki) : En
fait, c'est que... Ce qu'on demande, c'est qu'on ait la possibilité de les
faire à distance. Et, en fait, comme on a vu durant la pandémie, les citoyens
étaient en mesure de poser leurs questions à distance, donc on voudrait, d'un
point de vue logistique... puis je vais laisser mes collègues compléter, là, ça
serait beaucoup plus facilitant de permettre, donc, de faire la séance
complètement à distance pour empêcher finalement qu'un citoyen se présente dans
une séance extraordinaire, poser des questions, puis qu'il y ait des élus qui
soient à distance puis des citoyens qui soient... qui soient en présentiel, là.
C'est un peu ce qui est demandé. Mais je vais... je vais demander à mes
collègues de compléter.
• (15 h 40) •
Mme Gerbeau (Annie) : En
fait, oui, ce qui est... ce qui est proposé, ce n'est pas qu'en tout temps ça
soit fait à distance, mais que, si pour une raison ou pour une autre, il est
nécessaire qu'une... comme une... un conseil municipal se tienne...
extraordinaire se tienne à distance, que les citoyens puissent y participer
eux-mêmes à distance et non pas se présenter sur les lieux et être tout seuls
devant des caméras, finalement.
Mme Laforest : OK, c'est bon.
Parce que, quand on parle de budget, il y a des mesures importantes, là, pour
les séances, évidemment, pour les citoyens.
Le zonage incitatif. Est-ce que vous
prévoyez déjà avoir certains projets pour travailler avec cette mesure-là, qui
est dans le projet de loi n° 57, pour le zonage incitatif, ajouter des
logements sur des immeubles déjà existants pour des nouveaux projets?
Mme Katahwa (Gracia Kasoki) : Bien,
si M. Therrien veut répondre à la question.
M. Therrien (Jean) : Oui. Bien,
absolument, oui, on est contents de ce pouvoir-là. Évidemment, on avait déjà un
peu un pouvoir similaire à travers le règlement de métropole mixte qui est... justement,
à travers des ententes de développement avec les promoteurs, permettait, là, de
bonifier le projet, et à certaines conditions, et à ce moment-là, soit une
contribution financière ou pas, pour acheter des logements sociaux dans le...
dans le développement du territoire en question. Donc, pour nous, c'était un
bon... Et on... D'ailleurs, en vertu des projets de la loi précédente de
l'automne dernier, là où on a une plus grande flexibilité d'action, on est en
train de réfléchir, là, à comment on peut utiliser ces nouveaux pouvoirs là qui
nous permettent d'être plus flexibles en matière de développement, logement et
logement social, notamment.
Mme Laforest : OK. Est-ce
que... Là, j'aimerais ça avoir plus d'informations sur les heures des votes par
anticipation. Vous donnez des exemples, à partir de 10 heures jusqu'à midi
ou... C'est quoi, la problématique?
Mme Katahwa (Gracia Kasoki) : Bien,
en fait... Puis je vais débuter, je vais vous laisser compléter. En fait, c'est
qu'on a remarqué, avec les statistiques qui ont été partagées dans le mémoire,
que lorsque le bureau de vote ouvrait à 10 heures le matin, on a... on a
remarqué une meilleure participation. Donc, il y a deux éléments qui ont
favorisé la participation citoyenne. C'est permettre, en fait... Les journées
de vote par anticipation, il y a beaucoup de participation citoyenne, donc
plusieurs personnes qui viennent voter, et le fait d'ouvrir le bureau de vote à
10 heures aussi favorisait la participation des citoyens au vote
électoral. Donc, c'est pour ça qu'on vous propose ça. Puis il y a des données à
l'appui. Je ne sais pas si mes collègues veulent compléter la donnée.
M. Therrien (Jean) : Bien,
comme... Bien, comme on le disait dans le mémoire, que l'expérience nous a
montré que l'achalandage, l'affluence était importante à partir de 10 heures
le matin dans les projets qu'on a faits dans le passé. Donc, on s'interrogeait
sur la... un peu la pertinence de limiter ça à midi comme ouverture pour les
bureaux de vote par anticipation, alors qu'on sait qu'il y a déjà une demande
importante de 10 heures le <matin....
M. Therrien (Jean) :
...une
demande importante de 10 heures le >matin. Donc, d'avoir une
période plus grande dans la journée nous paraissait plus... plus gage de succès
et permette de répondre aux attentes des citoyens. C'est...
Mme Laforest : OK. Je vais
vérifier, parce que je crois que, pour ça, c'est... c'est comme... c'est comme
ça dans le projet de loi, mais je vais vérifier.
J'aimerais savoir au niveau des
formations, quand on parle... Nous, c'est sûr que c'est important, une
formation obligatoire dès l'entrée en poste des élus. Au niveau des genres de
formation, lesquels vous verriez?
Mme Katahwa (Gracia Kasoki) : Bien,
écoutez, je vais... je vais vous partager mon expérience. J'ai été élue, moi,
récemment, en 2021. Donc, tout... tout ce qui a trait à nos... à nos
droits et responsabilités, là, liés à la civilité, je pense que, comme élu,
c'est important d'être conscient de ça dès le départ, peut-être même avant, là,
donc, lorsqu'on est candidat. Dans le contexte puis... Dans l'esprit du projet
de loi puis dans le contexte que nous connaissons aujourd'hui, je pense que
c'est important aussi de connaître les responsabilités, bien, des... et des
citoyens, finalement, puis les recours qu'on a, à partir du moment où on est
candidat et, évidemment, quand on devient élu. Donc, c'est le genre
d'information qui serait intéressant puis rassurant d'avoir dès le départ, et
ça nous outille dès le départ. Donc, on est prêt à faire face à ces
situations-là, là, si ça nous arrive comme élu. Je ne sais pas s'il y a... il y
a... Est-ce que mes collègues, vous aviez d'autres... d'autres propositions.
Mme Gerbeau (Annie) : Les
formations qui sont données actuellement et qui sont obligatoires aussi, je
pense, concernent le code d'éthique. Et c'est... c'est donné de façon... par...
par un tiers à la ville objectif et neutre, c'est donné aux élus à chaque
élection.
Mme Laforest : OK, merci
beaucoup. Pour la Société du parc Jean-Drapeau, évidemment, là, dans le projet
de loi, c'est assez simple, là, il fallait ajouter des activités culturelles et
récréatives et touristiques. Je ne sais pas pourquoi il faut mettre ça dans un
projet de loi, mais il y a... il n'y a rien de plus, parce qu'il fallait juste
ajouter ça, puis, hein, on pouvait même en faire un projet de loi d'intérêt
privé, ce qui était vraiment trop demandé, là. C'est simple à ajouter. Je ne
sais pas pourquoi on doit ajouter ça, mais dites-vous que, selon... selon mes
collègues et moi, c'est sûr que ça devrait aller de soi, là, ce n'est pas... ce
n'est pas une grosse problématique.
Ensuite, les règles de régie interne,
comment ça se passe, vous, les conseils municipaux? Est-ce qu'il y a des règles
établies et... Comment ça fonctionne?
Mme Katahwa (Gracia Kasoki) : Oui.
Donc, le conseil municipal, le conseil d'agglomération puis les conseils
d'arrondissements, là, dans la ville de Montréal ont leur règlement de régie
interne. Puis là je vous parle aujourd'hui peut-être avec deux chapeaux,
là, donc mairesse d'arrondissement, où je préside les conseils d'arrondissement
dans l'arrondissement, puis membre... puis, comment dire, conseillère au
conseil municipal, là. Donc, on a chacun nos règles de régie interne.
Toutefois, il peut arriver qu'il y ait des disparités dans l'application de
certaines règles liées à la civilité, notamment, entre le conseil municipal, le
conseil d'agglomération ou entre chacun des arrondissements.
Donc, un citoyen pourrait venir me poser
une question en conseil d'arrondissement, dans Côte-des-Neiges–Notre-Dame-de-Grâce,
je peux faire preuve de plus de tolérance ou appliquer mes règles de civilité
différemment qu'un autre conseil d'arrondissement à l'intérieur même de la
ville de Montréal. Puis le citoyen peut aller dans n'importe quelle instance,
là, mais il peut se retrouver face à des règles de régie interne qui sont
complètement différentes d'une instance à l'autre.
Il y a les règles de civilité, mais il y a
aussi, je ne sais pas, moi, le temps alloué pour... les questions, par exemple.
Je sais que nous, on se greffe beaucoup à ce qui est fait au conseil municipal,
mais ce n'est pas le cas dans tous les arrondissements, où les citoyens ont
deux minutes pour une question, une minute pour une sous-question, ça
peut être appliqué complètement différemment.
Donc, ça faciliterait, selon nous, les
choses d'avoir un canevas, là, qui pourrait être utilisé dans chacune des
villes pour que les citoyens sachent comment se comporter, peu importe quel
conseil municipal ou quel conseil d'arrondissement auquel ils souhaitent
participer, finalement.
Mme Laforest : D'accord.
Mme Katahwa (Gracia Kasoki) : Est-ce
que vous souhaitez...
Mme Gerbeau (Annie) : ...
M. Therrien (Jean) : Très
bon.
Mme Laforest : Très bon. OK. Bien...
Mme Katahwa (Gracia Kasoki) : Puis...
Mme Laforest : Allez-y. Oui?
Mme Katahwa (Gracia Kasoki) : C'est
bon.
Mme Laforest : C'est bon?
Mme Katahwa (Gracia Kasoki) : Bien,
écoutez, juste pour vous dire, je... je me... c'est vraiment un défi important,
puis je pense que ça a un impact sur justement... comment dire, le... le... l'attitude
ou le comportement des citoyens, ces règles de... ces règles de régie interne,
parce que parfois, on discute beaucoup avec les citoyens sur... sur ces
règlements, en fait, au lieu de répondre aux questions des citoyens sur des
enjeux de l'arrondissement ou de la municipalité. On prend du temps, beaucoup
de temps parfois pour expliquer les règles de régie interne, parce que le
citoyen dit : Bien, pourquoi vous appliquez cette règle-là de cette
façon-là, parce qu'ailleurs on l'applique différemment, etc.? Puis ça, ça amène
aussi des discussions qui sont très émotives parfois, et je pense que ça
faciliterait beaucoup les choses d'avoir, vraiment, un canevas puis des
recommandations de : Voici <comment...
Mme Katahwa (Gracia Kasoki) :
...vraiment,
un canevas puis des recommandations de : Voici >comment devrait
fonctionner les conseils de ville, les conseils d'arrondissement, là, dans les
différentes villes, puis le citoyen saurait comment se comporter un peu
partout, dans ce cas-là, là.
Mme Laforest : OK, c'est bon.
Parce que c'est... Le modèle de clause de bonification des règlements de régie
interne, vous dites que ce serait bien de le rendre accessible à l'ensemble des
municipalités. Donc, c'est sûr que... Ce que je comprends bien, c'est que, si
on a le même modèle pour toutes les municipalités, même si Montréal, on
s'entend que c'est 2 millions d'habitants, ce serait positif.
Mme Katahwa (Gracia Kasoki) : Bien,
oui. Oui. Bien, c'est sûr qu'il faudrait... comment dire... il faudrait un
modèle qui permette à des municipalités d'adapter... Montréal, là, et les
villes autour de Montréal, je pense qu'il y a un contexte qui est particulier,
mais je pense que, s'il y a la flexibilité nécessaire pour permettre aux
municipalités de s'adapter, puis que tout le monde, tout le monde suive des
principes qui soient similaires... je pense que ça amènerait une certaine... ce
n'est pas une uniformité qu'on cherche, là, puis là je...
Mme Gerbeau (Annie) : Une
harmonisation.
Mme Katahwa (Gracia Kasoki) : Une
harmonisation, voilà. C'est l'harmonisation qu'on cherche. Puis, je ne sais
pas, est-ce que vous voulez ajouter des éléments là-dessus, monsieur...
M. Therrien (Jean) : Il
faudrait, c'est sûr, être capable de le bonifier. C'est un guide qu'on souhaite
avec...
Mme Katahwa (Gracia Kasoki) : C'est
un guide.
M. Therrien (Jean) : ...quelque
chose qui serait comme fourni aux municipalités, mais on peut légèrement
l'adapter à son contexte particulier, là, selon les régions, selon le type de
ville, évidemment.
Mme Katahwa (Gracia Kasoki) : Puis
ça... oui. Puis ça permettrait aussi, je pense, à... Je pense que c'est aussi
bon pour les élus qui président ces conseils de ville ou ces conseils
d'arrondissement que pour les citoyens. C'est-à-dire, lorsqu'une municipalité
va souhaiter, peut-être, s'écarter de ce guide-là qui est donné par Québec,
bien, je pense que c'est un levier intéressant, pour les citoyens, de... que la
municipalité doive s'expliquer, sur, bon, pourquoi est-ce que le Québec
recommande, je ne sais pas, moi, trois minutes de questions par citoyen, puis
que vous, vous demandez 30 secondes, tu sais. C'est un exemple... un
exemple un peu grossier, mais voilà. Je pense que ça... c'est aussi bénéfique
pour les personnes qui président les séances et les élus que pour le citoyen,
d'avoir un guide pour harmoniser les pratiques dans l'ensemble des
municipalités.
Mme Laforest : C'est bon.
Excellent. Merci beaucoup. Moi, j'ai... C'est complet. C'est sûr que j'avais
discuté aussi avec Mme Plante. Merci beaucoup. Puis, honnêtement, c'est un beau
projet de loi. Puis merci pour les petits commentaires. Je croyais que le
mémoire allait être plus volumineux, mais en même temps, tant mieux, ça veut
dire qu'on répond à certaines demandes qui étaient importantes pour vous.
J'ai terminé pour... de mon côté. Je ne
sais pas s'il y a des collègues qui ont des questions. Ça va aussi? OK. Merci,
M. le Président.
• (15 h 50) •
Le Président (M. Gagnon) : Merci,
Mme la ministre. Maintenant, je cède la parole à la députée de Mont-Royal—Outremont,
pour 10 min 24 s.
Mme Setlakwe : Merci, M. le
Président. Salutations à vous trois. Salutation toute spéciale à Mme Kazoki
Katahwa, que j'ai le plaisir de côtoyer régulièrement dans des événements dans
la circonscription. Merci pour la présentation, merci pour le mémoire.
La ministre a déjà couvert différents
points, je veux... ne veux pas être redondante. Je veux peut-être juste
revenir, de façon générale, sur le coeur du projet de loi, on s'entend, qui
couvre différents enjeux, mais on veut rapidement traiter de la situation
malheureuse du contexte de plus en plus difficile dans lequel oeuvrent les élus
de tous les paliers, mais en ayant une pensée particulière pour les élus
municipaux. On a vu le nombre grandissant de démissions. C'est franchement très
inquiétant, étant donné que la prochaine élection municipale va avoir lieu l'an
prochain. On veut... On veut garder nos élus en poste, on veut qu'ils soient
intéressés à se représenter, on ne veut pas décourager la relève, et tout.
Puis, dans le mémoire, vous citez, là, une
statistique, et on a eu d'ailleurs, ce matin, l'UMQ, qui a parlé des résultats
d'un sondage récent qu'ils ont mené : 74 % des élus municipaux disent
avoir été victimes d'intimidation dans le cadre de leur travail. Donc, c'est
extrêmement inquiétant. Et puis, nous, à l'opposition officielle, on va
travailler de façon constructive avec le gouvernement, là, on a... on est très
sensibles aussi à cet enjeu-là, on veut... on veut tout faire pour améliorer
les choses, tout en n'affectant pas la liberté d'expression des citoyens.
Ma question est la suivante :
Qu'est-ce que vous vivez dans le cadre de vos fonctions? Je sais que vous,
personnellement, vous avez été élue, là, en 2021, et la pandémie était
déjà installée. Mais c'est une question qu'on pose assez généralement, pour
avoir des exemples, pour pouvoir savoir est-ce que le problème se situe surtout
à même l'hôtel de ville, est-ce qu'il y a, même, des cas difficiles, là, de
menaces, d'intimidation et de harcèlement à l'extérieur de l'hôtel de ville.
Est-ce que vous diriez que c'est... ou est-ce que c'est surtout les médias
sociaux qui posent problème? Tu sais, j'aimerais juste avoir quelques exemples
pour qu'on puisse bien cerner la problématique.
Mme Katahwa (Gracia Kasoki) : Écoutez,
merci beaucoup pour la question. C'est vraiment un mélange d'un peu tout ça, je
dirais, là, voilà. Je pense que c'est nécessaire, comme élus, lorsqu'on arrive,
notamment, de comprendre ce qui est exigé de nous, ce qui est requis de nous
dans notre comportement envers nos collègues élus, envers la fonction publique,
envers les <citoyens...
Mme Katahwa (Gracia Kasoki) :
...comportement
envers nos collègues élus, envers la fonction publique, envers les >citoyens.
Tu sais, il y a des formations qui sont données, mais je pense que c'est
important d'insister là-dessus. Lorsqu'on arrive, on est élus, il y a tellement
d'informations qui nous arrivent. Il faut vraiment trouver une façon, là,
d'intégrer, là, que... que ce soit intégré chez les élus, comment est-ce qu'on
doit se comporter envers nos collègues, la fonction publique et les citoyens.
Donc, ça, c'est un élément à l'intérieur de l'hôtel de ville.
À l'intérieur de l'hôtel de ville
également, donc dans les conseils municipaux et aussi dans les conseils
d'arrondissement, donc, évidemment, nous, on fait face à chaque mois, sinon
deux fois par mois en fait, aux citoyens qui viennent nous poser des
questions. Et je dois vous avouer que, voilà, maîresse de Côte-des-Neiges—Notre-Dame-de-Grâce,
puis... puis... puis c'est le... c'est la... comment dire, c'est la même chose
pour certains de mes collègues, tu peux perdre le sommeil parfois la veille
d'un conseil d'arrondissement. Ça peut te prendre toute une journée après pour
récupérer. Puis ce n'est pas... je veux dire, un conseil... Chez nous, ça dure
longtemps, là, mais ça peut durer trois, quatre heures. Tu peux prendre...
avoir besoin de la journée au complet le lendemain pour t'en remettre. Puis ça,
c'est dans les débuts. Après, tu finis peut-être par te développer des
mécanismes de défense, à tort ou à raison. Tu peux... Ça a des impacts sur ta
famille qui doit être là pour te rassurer et te dire que tu es une bonne
personne qui en vaut la peine, puis que le travail que tu fais est important. Ça
prend beaucoup de... de... de... je vais dire TLC, là. Donc, ça prend beaucoup
d'amour, finalement, des proches. Puis c'est... Ce n'est pas tout le monde qui
a la chance aussi d'avoir autant de personnes pour les entourer, pour les
rassurer après les conseils.
C'est une longue réponse, là, mais c'est
pour dire que, parfois, le ton employé, les mots employés, le fait de souvent
avoir à négocier, le fait que c'est important de ne pas insulter et de ne pas
utiliser, voilà, des mots que tu ne dirais pas à un enfant, de ne pas les
utiliser en conseil... en conseil d'arrondissement, de toujours devoir négocier
ça avec les citoyens, des fois, ça peut être... ça peut être difficile.
Les médias sociaux, peut-être pour
terminer là-dessus, c'est aussi un grand enjeu. C'est-à-dire que ce n'est pas
tout le monde qui a le luxe d'avoir des gens qui gèrent ces médias sociaux.
Donc, tu dois toi-même voir tous les messages, parfois d'insultes racistes,
etc., puis on ne peut pas toujours bloquer le citoyen, tu sais, il y a le... c'est
comme du droit nouveau, tout ça, là, donc tu ne peux pas... tu dois faire face
à ces insultes constamment. C'est très difficile sur le moral.
Mme Setlakwe : Merci. Votre
réponse n'est pas du tout trop longue, au contraire, elle est... c'est très
éclairant puis c'est très pertinent d'entendre votre témoignage. C'est
exactement pour ça qu'on veut améliorer la situation pour les élus. Puis vous
avez raison de dire qu'à la ville de Montréal, il y a probablement, pour les
élus, un soutien peut-être plus important pour la gestion de, par exemple, les
médias sociaux, mais c'est d'autant plus difficile pour les élus à l'extérieur
des grands centres qui doivent quand même composer avec cette réalité-là. Donc,
merci pour ça.
Vous suggérez donc de... vous recommandez
d'élargir la portée des mesures au personnel politique ainsi qu'à la famille
proche d'un élu. Vous, vous avez mentionné que vous aviez le soutien de vos proches,
mais ce qu'il faut comprendre aussi, c'est que, donc, les proches d'un élu
peuvent être visés aussi par du harcèlement, de l'intimidation, des menaces. Et
c'est dans ce sens-là, donc, que vous souhaiteriez qu'on ne protège pas
seulement les élus, mais leur entourage, leurs familles proches et aussi le
personnel politique.
Mme Katahwa (Gracia Kasoki) : Oui,
en effet. Puis je vais débuter, puis mes collègues pourraient compléter, mais
honnêtement, je pense qu'on prend le réflexe de cacher nos membres de famille.
C'est-à-dire, tu sais, moi, je ne m'expose pas tout le temps avec les membres
de ma famille, tu sais. Puis souvent, les membres de nos familles habitent avec
nous dans les quartiers, ils viennent avec nous à l'épicerie, ils sont avec
nous dans la rue. Moi, ça m'est arrivé de me faire apostropher de façon très,
très agressive par un citoyen, au point où j'ai dû faire une plainte à la
police. Mais si j'avais été.... je n'ai pas d'enfant, mais si j'avais été avec
mon enfant, tu sais. Donc... Donc, je pense qu'on développe des réflexes pour
protéger nos membres de famille, mais quelqu'un qui voudrait s'en prendre à eux
aussi, voilà, il y a différentes... Maintenant, c'est facile, là, de faire des
recherches puis de voir, donc il y a différentes façons de les atteindre. Et
notre personnel politique, lorsque... lorsque j'ai subi ça dans la rue, j'étais
avec un personnel politique qui vit... qui vit le même genre de traumatisme et
d'agression que moi au moment où je le vis. Donc... Donc, c'est vraiment quelques
exemples pour dire que les gens qui entourent les élus sont aussi
potentiellement, là, la cible de la personne qui vise l'élu en question, là.
Est-ce que vous souhaitez ajouter des éléments?
M. Therrien (Jean) : Je pense
que c'est complet.
Mme Gerbeau (Annie) : ...
Mme Setlakwe : Merci. Donc,
pour la tenue de... ou pour pouvoir... pour ce qui est de la possibilité de
participer à des séances à distance, vous, vous souhaitez... vous trouvez que
le projet de loi ne va pas assez loin. Parce que ce qui prévaut actuellement,
c'est des situations plutôt exceptionnelles, pour des raisons de santé, par
exemple, ou... en tout cas, on a nommé des cas précis, en cas de congé de... si
on se trouve dans un congé de maternité ou si on a adopté un enfant. Mais là,
moi, ce que j'entends, c'est que vous <souhaiteriez...
Mme Setlakwe :
...Mais
là, moi, ce que j'entends, c'est que vous >souhaiteriez donc qu'on
élargisse les motifs puis qu'on puisse participer de façon... si j'ai bien
compris, c'est juste pour des séances extraordinaires, qu'on puisse participer
à distance pour des raisons assez larges, là, de conciliation travail-famille.
Mme Katahwa (Gracia Kasoki) : En
fait, là, vous me corriger, mais je ne crois pas que ce soit seulement pour les
séances extraordinaires, c'est pour l'ensemble des séances, hein, corrigez-moi
si... si je me trompe, là, mais c'est pour l'ensemble des séances.
Puis on voudrait, en fait, vraiment que le
projet de loi s'aligne à la réalité actuelle, là, des Québécoises, Québécois, c'est-à-dire
le... le... le concept de famille est très, très large aujourd'hui, c'est pour
ça qu'on... Souvent, on dit conciliation travail-vie personnelle au lieu de
travail-famille. Parfois... Tout à l'heure, je parlais des proches. Parfois,
ton proche, c'est peut-être ton voisin, mais c'est le seul proche que tu as, et
puis c'est difficile de justifier que tu dois siéger à distance parce que, je
ne sais pas, ce proche, cette personne significative dans ta vie ne rentre pas
dans la définition de «famille». Il y a plusieurs autres d'exemples qu'on...
qu'on peut donner, c'est-à-dire... voilà, des membres de famille pour lesquels
on doit être proches aidants, par exemple. Donc, tu peux participer à la séance
du conseil municipal, mais parce que, voilà, tu accompagnes un membre de ta
famille qui... qui a commencé la chimiothérapie puis tu veux... elle ne va pas
bien ce matin-là, bien, tu vas rester à la maison, mais tu veux quand même
participer au conseil municipal.
Donc... Donc, c'est vraiment d'élargir le concept
parce que c'est difficile dans un projet de loi, je pense, de cibler toutes les
situations auxquelles les élus peuvent faire face, qui leur demandent une
conciliation de travail et vie personnelle. Je pense que c'est important,
peut-être, d'aller «travail-famille». Voilà, c'est important d'aller vers là et
de permettre cette flexibilité-là aux élus. Ça a beaucoup été appliqué comme
ça, je dirais, durant la pandémie, là, honnêtement, là. Donc, on proposerait,
là, pour faciliter la vie des élus, d'utiliser... de s'assurer que le terme «travail»...
«conciliation travail-famille» soit le plus inclusif possible, c'est... c'est...
c'est ce qu'on demande, ce qu'on propose.
Mme Setlakwe : Merci. Là on
me dit qu'on a presque plus de temps. Juste, rapidement, puis je suis désolée,
là, de... de ne pas... de ne pas avoir le contexte, mais pour la société
Jean-Drapeau, quelle est la demande précise? Donc, c'est élargir sa mission? Et
puis plutôt que...
• (16 heures) •
M. Therrien (Jean) : Oui, en
fait, c'était de... c'était de l'actualiser en vertu de ce qu'elle fait
maintenant. Donc, dans la Charte de la Ville de Montréal, c'était un peu plus
restrictif, il y avait certains éléments qui n'apparaissaient pas, et dont elle
avait déjà commencé à être sollicitée ou à organiser des activités qui
tournaient autour soit scientifiques soit culturelles, qui n'apparaissaient pas
dans sa mission première, qui était inscrite dans la Charte de la ville de
Montréal. Donc, on vient moderniser cet article-là de la charte qui élargit le
champ d'action mais qui, de facto, s'en allait vers ça déjà au niveau des
activités de la société.
Mme Setlakwe : Merci.
Le Président (M. Gagnon) : Merci
beaucoup. Je cède maintenant la parole au député de Taschereau, pour une durée
de 3 min 28 s. M. le député.
M. Grandmont : Merci, M. le
Président. Bonjour, Mme Katahwa, Mme Gerbeau, M. Therrien. Merci pour
votre mémoire, votre présence aujourd'hui.
J'aurais des questions à vous poser
concernant les périodes de question qui pourraient, pour des cas de force
majeure, être entièrement virtuelles. Vous faites référence à quels cas
d'exception dans votre... dans votre proposition?
Mme Gerbeau (Annie) : Bien,
en fait, la seule demande de la ville, c'est dans les cas d'assemblées
extraordinaires qui seraient... qui seraient en virtuel, parce que, pour des
raisons particulières, là, la ville ne tient pas à faire des assemblées
extraordinaires, mais ça peut arriver. Et on se disait : Si lors d'une
assemblée ordinaire, les élus sont à distance, mais qu'on demande aux citoyens
de se déplacer, ils vont arriver dans une salle vide, ils vont arriver devant
des écrans, ce qui n'est pas très optimal. Et la... l'expérience de la pandémie
nous amène à penser que, dans des cas comme ça, on devrait permettre aux
citoyens d'avoir une présence virtuelle également.
M. Grandmont : Mais juste
pour bien comprendre, là, actuellement, vous avez la possibilité, vous, de
tenir des assemblées extraordinaires en mode virtuel.
Mme Gerbeau (Annie) : Non, le
projet de loi nous donne cette possibilité-là.
M. Grandmont : D'accord. OK. Donc,
vous voulez, vous, que dans... dans ce temps-là aussi, les citoyens puissent y
assister de manière virtuelle. Parfait. Merci. Je comprends mieux.
On a eu une discussion ce matin, là, sur
la question des congés parentaux, on... puis vous avez été évoqué comme cas, je
ne sais pas si avez assisté à l'échange, comme cas où finalement on avait
trouvé des aménagements pour permettre à des... les conseillères municipales en
l'occurrence, là, qui avaient... qui étaient nouvellement maman, et vous leur avez
donné la possibilité de prendre davantage que ce qui est prescrit par la loi,
là, comme congé parental. Juste nous expliquer comment ça... comment ça... ça a
été quoi, l'arrangement, comment vous avez réussi à organiser cela.
Mme Katahwa (Gracia Kasoki) : M. Therrien.
M. Therrien (Jean) : Ou peut-être
Annie? Mais je ne crois pas qu'on ait donné plus que ce que la loi permet...
16 h (version révisée)
M. Therrien (Jean) : ...peut-être
Annie, mais je ne crois pas qu'on ait donné plus que ce que la loi permet, mais
ce qu'on a, ici, fait à la ville, c'est qu'on a dégagé un budget à travers le
budget de recherche pour que ces personnes en congé puissent être... puissent
bénéficier d'une intendance au niveau soutien de recherche pour assurer un
certain suivi des dossiers en leur absence pendant le congé déterminé, là, en
vertu des règles. Donc, c'est... c'est simplement qu'il y a un budget de
recherche puis il y a quelqu'un qui assure un certain suivi du compte... du
compte Facebook et des réseaux sociaux, ou de d'autres demandes, et qui peut, à
ce moment-là, acheminer les demandes et assurer une certaine vigie, là, pendant
l'absence de l'élu. Mais on n'a pas joué sur la période, là, à ma connaissance.
M. Grandmont : D'accord,
je comprends. Donc, c'était une personne qui était donc là pour faire de l'intendance,
gestion de médias sociaux, rien de politique. C'était vraiment du travail plus
administratif dans le fond?
M. Therrien (Jean) : Du
travail de soutien aux élus, mais de, vraiment, de plus de liens très, comment
dire, de base, là, juste pour s'assurer que les courriels ou les informations ne
restent pas... ne restent pas sans réponse pendant quatre mois ou...
Mme Katahwa (Gracia Kasoki) :
...le suivi des demandes citoyennes, là, bref, il y a des collègues qui ont
bénéficié de ça. Donc, suivi des demandes citoyennes, beaucoup, s'assurer que
pendant la période où la personne n'est pas là...
M. Grandmont : Et vous
avez été jusqu'à combien de semaines, là, finalement, pour les personnes, en
terminant?
M. Therrien (Jean) : Je
n'ai pas la réponse précise à ça.
Mme Gerbeau (Annie) : Moi
non plus.
Mme Katahwa (Gracia Kasoki) :
On n'a pas la réponse.
M. Grandmont : Si vous
pouviez nous envoyer... si je peux me permettre une demande, de nous envoyer un
peu le modèle que vous avez utilisé, ce que vous avez développé comme outil,
dans le fond, pour accompagner les jeunes conseillères municipales... bien, les
jeunes, en tout cas, les conseillères municipales qui...
Le Président (M. Schneeberger) :
En terminant.
M. Grandmont : ...étaient
en situation de... qui venaient d'avoir un enfant. Merci beaucoup. Vous pourrez
l'envoyer à l'adresse générale de la commission. Merci.
Le Président (M. Schneeberger) :
Merci. Merci beaucoup. Alors, bonjour à vous trois. On a changé de
président. Alors, je me présente, Sébastien Schneeberger, président de la
Commission de l'aménagement du territoire. Alors, nous allons... maintenant,
nous poursuivons avec le député des Îles-de-la-Madeleine.
M. Arseneau : Merci, M.
le Président. Bonjour à vous. Merci pour votre présentation. Je voulais juste
une petite précision, là. Est-ce qu'on peut avoir votre point de vue sur une
proposition qui a été entendue plus tôt aujourd'hui à l'effet que, pour la
participation virtuelle, là, qui serait permise selon certaines conditions, à
partir du projet de loi, malgré cette possibilité-là, que le quorum soit assuré
par un nombre suffisant de personnes en présence? Est-ce que vous êtes
favorables à ça ou on pourrait imaginer que le trois quarts de l'assemblée ne
soit pas là, puis que la réunion se tienne malgré tout?
Mme Katahwa (Gracia Kasoki) :
Bien, écoutez, c'est... c'est vraiment pertinent, je pense qu'on serait
ouverts à en discuter. Mais je comprends tout à fait la pertinence pour éviter,
en fait, que les citoyens, notamment, viennent se présenter en conseil devant
une salle à moitié vide, là. Donc, je pense que c'est, en effet, une bonne
idée. Je ne sais pas, là, si vous voulez ajouter des éléments.
M. Arseneau : Oui. Et
puis... Bien, vous avez aussi soulevé avec... avec grande légitimité, le fait
que ça serait difficile pour la municipalité, là, d'aller vérifier, là, les...
les motivations ou la présence des gens sur le territoire de la ville, au
Québec ou ailleurs, là. Ça, je pense qu'effectivement on devra en tenir compte.
J'aimerais savoir, j'ai posé la question à d'autres également avant vous, sur
le plan, là, de l'intimidation dont sont victimes les élus, est-ce que vous
voyez vraiment, là, un outil, pour vous, supplémentaire, et, si oui, dans quels
cas? Est-ce qu'il y a un exemple, là, de ce que vous ne pouvez pas faire, que
vous pourriez faire avec les nouvelles dispositions de la loi?
Mme Katahwa (Gracia Kasoki) :
En tout cas, l'exemple auquel je pense, là, parce qu'on en a parlé tout à l'heure,
c'est l'intimidation en ligne, là. C'est très... ça semble assez complexe, en
ce moment, pour les élus, d'agir. Juste le fait de bloquer un citoyen, là, on
ne sait même plus si on peut bloquer un citoyen qui nous harcèle ou qui a des,
voilà, des propos racistes ou sexistes sur nos médias sociaux. Puis tout à l'heure,
j'y faisais allusion, il y a beaucoup d'élus de Montréal qui n'ont personne
pour gérer leurs médias sociaux, là. C'est le cas aussi beaucoup pour des élus
à Montréal. Donc, ça, déjà, là, si on peut avoir... tu sais, alléger les
règles, expliquer aux élus comment est-ce qu'on gère le cyberharcèlement, là,
au quotidien, là, je pense que c'est... c'est absolument essentiel, sinon,
avoir des recours.
Comme je vous dis, des fois, on se fait...
on se fait arrêter, crier dessus, interpeller de façon agressive dans la rue.
Je n'ai pas de solution à vous donner, mais c'est extrêmement traumatisant
quand ça arrive puis c'est... En fait, c'est très, très déstabilisant quand ça
arrive. Donc, il faudrait savoir, tu sais, à part aller... Voilà! Voilà! On va
à la police, mais la personne peut revenir, après à un conseil d'arrondissement,
recommencer ces... voilà, ces actes-là. Donc, il faudrait qu'on ait des recours
beaucoup plus clairs et simples.
M. Arseneau : Merci.
Le Président (M. Schneeberger) :
Merci beaucoup. Alors, c'est tout le temps que nous avions. Alors, merci
pour votre précieuse collaboration. Nous allons suspendre quelques instants
pour accueillir le prochain groupe.
Mme Katahwa (Gracia Kasoki) :
Merci beaucoup.
(Suspension de la séance à 16 h 08)
(Reprise à 16 h 14)
Le Président (M. Schneeberger) : Alors,
nous reprenons... nous reprenons les travaux. Alors, nous en sommes maintenant
au groupe du
Réseau des jeunes mères au municipal. Alors,
bonjour à vous quatre, mesdames. Alors, je vais vous présenter : Mme Laure
Lavoie-Letarte, conseillère municipale de l'Hôtel-Dieu, j'imagine, c'est le
quartier, ça?
Une voix : ...
Le Président (M. Schneeberger) :
OK, ville de Sherbrooke, exactement. Alors, Mme Jackie Smith, cheffe de
Transition Québec et conseillère municipale de Limoilou, ville de Québec; Mme
Marjorie Mercier, conseillère municipale de LeMoyne—Jacques-Cartier, ville de
Longueuil; et Gabrielle Brisebois, conseillère municipale de ville de
Montmagny.
Alors, vous êtes présentées. Alors, vous
avez un 10 minutes pour faire votre présentation, et ensuite nous allons
procéder à une période d'échange.
Mme Letarte-Lavoie (Laure) : Mesdames,
messieurs les ministres et députés, merci beaucoup de nous recevoir
aujourd'hui. Donc, en 2021, il y a eu les élections municipales, puis on a dit
qu'il est arrivé une nouvelle vague d'élus, donc beaucoup de femmes, de jeunes,
c'est très bien. Donc, les élus changent, on pense que les lois aussi doivent
évoluer, se moderniser en conséquence. Et il le faut, parce que le monde
municipal est en crise, on a qu'à penser à la vague de démissions sans
précédent qui a lieu, là, depuis les débuts du mandat. Nous, on est, le Réseau
des jeunes mères au municipal, donc un groupe d'élues, là, qui ont eu ou qui
vont avoir des bébés durant leur mandat. Et c'est sûr que la conciliation
famille-travail, c'est un enjeu qu'on trouve vraiment important pour l'exercice
de nos fonctions. Et, bien que ça ne soit pas le seul enjeu, on pense que c'est
quand même un élément qui va aider assurément à l'attractivité, à la pénurie
dans... pour assurer la relève au municipal et aussi le besoin de
représentativité qu'on veut chez nos élus.
Donc, on a, le RJMAM, quatre
recommandations. On était allé rencontrer la ministre Laforest pour lui en
parler. On va pouvoir vous détailler un peu plus les demandes avec vous. Je
vais commencer avec un survol. Donc, premièrement, la participation et le vote
à distance, on le sait, fait déjà partie du projet de loi. On est très
heureuses de voir ça. On était aussi vraiment satisfaites de voir que
l'autorisation était pour 50 semaines, donc dépasse les 18 semaines
actuellement permises. Donc, on sent qu'il y a une reconnaissance, que le
besoin d'accommodement va au-delà du 18 semaines et qu'il y a un consensus
autour de 50 semaines.
Nous, une autre de nos recommandations,
c'est de pouvoir exercer son droit de vote et son droit de parole par
procuration. Parce que, bien que, oui, la participation à distance puisse être
intéressante, pour avoir fait, avec mon bébé de deux mois, quelques rencontres
à distance, avec un bébé dans les bras, premièrement, on ne peut pas prendre de
notes. C'est plus difficile de faire des interventions quand il y a un bébé qui
a besoin d'être stimulé, d'être allaité, j'ai pu allaiter juste avant de
rentrer, ça a quelques complexes. Donc, de pouvoir voter par procuration, ça
permettrait de vraiment se concentrer à son enfant et de ne pas perdre le droit
de s'exprimer et de voter. Une autre de nos recommandations, c'est d'avoir un
fonds national pour embaucher une ressource pour du soutien administratif,
parce qu'il n'y a aucun élu qui va être capable de complètement décrocher sans
pouvoir assurer le suivi des dossiers, les requêtes citoyennes. On sait, ils
vont continuer de rentrer, ils vont continuer d'avoir des besoins, des enjeux
dans leur quartier. Vous êtes bien au courant de ça.
Donc, avec l'ensemble de ces mesures-là,
ça nous amène à notre proposition principale qui est d'étirer le congé à 50 semaines.
On veut pouvoir offrir, en fait, avec ces mesures complémentaires là dont je
vous parle, un réel congé qui offre des choix et de la flexibilité au parent,
qui permet d'exercer autant son rôle de parent que d'élu. Et tant qu'il n'y
aura pas des balises qui vont être claires, qui vont être définies, en fait, le
problème, c'est que ça revient à chaque élu, individuellement, la pression de
déterminer comment il va exercer ces conditions-là. Et c'est un peu naviguer à
vue, là, selon son contexte politique, son contexte parental, les besoins de
son enfant, puis on considère que ce n'est pas nécessairement équitable ni très
attrayant.
Donc, je laisse ma <collègue
Marjolaine poursuivre...
Mme Letarte-Lavoie (Laure) :
...son
enfant, puis on considère que ce n'est pas nécessairement équitable ni très
attrayant.
Donc, je laisse ma >collègue
Marjolaine poursuivre.
Mme Mercier (Marjolaine) : Merci,
Laure, et merci, mesdames, messieurs les ministres, les députés, de nous recevoir.
Comme je dors peu depuis janvier, je vais lire mon texte comme béquille, vous
me le pardonnerez.
Donc, notre recommandation principale est
la suivante, c'est que soit levée l'assiduité des élus municipaux afin de
légitimer l'absence à l'occasion d'une grossesse, de la naissance ou de
l'adoption d'un enfant pour une durée équivalente à un an, incluant la
possibilité de retrait quatre semaines avant l'accouchement. Dans le mémoire
que vous avez reçu, on a documenté le modèle des élus au fédéral et le vôtre
également au provincial. Donc, en 2019, la Chambre des communes a autorisé
quatre semaines de répit, avant l'accouchement et jusqu'à un an d'absence après
l'arrivée d'un enfant, sans pénalité financière. Ça, ça a été recommandé à
l'unanimité par le comité permanent de la procédure. Donc, c'est un règlement
qui est vraiment venu rehausser la conciliation famille-politique des députées
fédérales, qui ont désormais la flexibilité de se présenter aux communes
certains jours, mais aussi peuvent choisir de rester dans leurs...
circonscriptions, pardon — nous, c'est district, c'est plus compliqué — à
d'autres moments, durant un an. Avec ce règlement, le légiste des communes est
également venu reconnaître que l'arrivée d'un enfant, c'est une raison légitime
de s'absenter.
Au niveau provincial, en 2022, vous, les
élus de l'Assemblée nationale, avez procédé à une modification du code
d'éthique et de déontologie. Désormais, ne fait pas défaut d'assiduité le
député qui s'absente pour la grossesse, la naissance ou l'adoption d'un enfant.
Ainsi, les élus, au provincial, peuvent s'absenter dans ce contexte pour une
durée indéterminée sans risquer de se faire rappeler à l'ordre par le
commissaire à l'éthique. Au niveau municipal, les élus ne bénéficient toutefois
pas du même traitement, ne pouvant s'absenter plus de 18 semaines sans
risquer une suspension par la Commission municipale du Québec. Or,
18 semaines, c'est très court. Moi, je suis rendue à 16 semaines, mon
bébé, puis entre 18 et 50 ou 54 semaines, si on compare au RQAP ou au
modèle fédéral, il y a vraiment tout un monde.
Vu les modèles existants, le Réseau des
jeunes mères au municipal est d'avis qu'il serait équitable de permettre aux
élus municipaux de s'absenter quatre semaines avant la fin de la grossesse et
de légitimer l'absence sur une durée d'un an lors de l'arrivée de l'enfant, en
levant la notion d'assiduité à l'article 317 de la Loi sur les élections
et les référendums dans les municipalités.
• (16 h 20) •
Il y a plusieurs bienfaits qu'on a
documentés dans le mémoire, qui découleraient de cette mesure, notamment sur la
santé, mais même sur l'économie. D'ailleurs, le Collectif Petite Enfance
soutient qu'«investir massivement en petite enfance constitue le plus important
legs que le gouvernement du Québec puisse offrir à nos tout-petits et à
l'ensemble de la société et recommande de faire des conditions de vie adéquates
pour les enfants de 0-5 ans et leurs familles une priorité». Donc, ce
qu'on demande, c'est justement de permettre aux jeunes parents en politique
plus de flexibilité, puis ça s'inscrirait en ce sens, là, un beau legs pour la
société.
Donc, merci pour votre écoute. Puis
j'espère que la levée de l'assiduité pour les élus, dans ce contexte, figure à
la loi 57 que vous adopterez.
Mme Brisebois (Gabrielle) : Merci,
Marjorie.
Mme Mercier (Marjolaine) : Marjolaine.
Mme Brisebois (Gabrielle) : Marjolaine,
je m'excuse. Donc, je vais poursuivre. Chers collègues élus, je suis devant
vous aujourd'hui pour représenter les quelques milliers d'élus municipaux qui
occupent leurs fonctions dans plus de 1 000 petites municipalités et
dont le revenu municipal ne leur permet pas d'occuper leurs fonctions à temps
plein, même si les responsabilités et les défis sont de plus en plus nombreux
et complexes pour toutes les municipalités du Québec. Pour les jeunes parents
élus municipaux dans cette situation, c'est tout sauf clair pour ce qui a trait
à leurs droits parentaux ainsi que pour l'accès au RQAP.
À la différence des paliers fédéral et
provincial, plusieurs élus municipaux ont un emploi principal en plus de leur
fonction d'élu pour atteindre un revenu décent. On parle de revenus de
40 000 $, 50 000 $ ou 60 000 $ annuellement. Ce
double rôle, celui d'élu et d'employé, compte déjà son lot de défis et une
triple charge de conciliation... famille, pardon, travail et vie politique.
Plus important encore, l'accès aux prestations du RQAP est inégal, voire même
impossible pour certains élus. En effet, si le revenu municipal constitue un
pourcentage de revenu total de 60 % ou plus, l'élu devient inadmissible au
RQAP pour son autre emploi lors de la venue d'un enfant. Cette situation est
inéquitable, et les élus municipaux qui la subissent doivent choisir entre la
diminution de leurs revenus familiaux au-delà de ce qui est prévu pour les
parents qui sont admissibles au RQAP ou la poursuite de leur emploi après la
naissance de leur enfant. Comme il existe une multiplicité de cas quant aux
revenus des élus municipaux, il est impossible, en ce moment, de pouvoir
garantir à un élu municipal ou une personne qui souhaite s'engager en politique
municipale qu'elle aura droit au RQAP durant son mandat avec la venue d'un
enfant.
Une solution simple pour le réseau, qui
permettrait de rendre la situation équitable entre tous les paliers d'élus au
Québec, mais également entre les travailleuses et travailleurs, serait de ne
pas tenir compte de la portion de...
Mme Brisebois (Gabrielle) : ...rémunération
pour la fonction d'élu lors de la demande de prestation au RQAP. Par exemple,
une élue, dont le revenu d'emploi représente 40 % de son revenu total,
pourrait faire une demande de prestation, mais pour cette portion seulement. Le
régime lui verserait donc une prestation selon les modalités applicables
uniquement pour cette portion salariale, comme pour tous les autres parents
employés ou travailleurs autonomes au Québec. Parallèlement, comme pour tous
les autres élus du Québec, elle continuerait à recevoir sa prestation d'élue
puisque la fonction qu'elle occupe se poursuit même après la naissance d'un
enfant. De cette manière, la situation financière des parents et futurs parents
élus municipaux du Québec deviendrait équitable et surtout prévisible. Ça
permettrait ainsi de lever une barrière pour l'implication des femmes et des
jeunes en politique municipale.
Mme Smith (Jackie) : Merci.
Il y a deux éléments de... clés de rôle d'une élue. Comme vous le savez très
bien, mes chers collègues, le premier est de voter et le deuxième, c'est
répondre aux besoins des citoyens. Le RJMAM, notre regroupement, propose deux
autres solutions pour combler les obligations des élus lors d'un congé
parental. Le premier est le vote par procuration et le deuxième est un fonds
national pour l'embauche d'un soutien administratif. L'obligation principale
d'une élue est de voter au conseil de ville. Actuellement, la loi exige que le
vote soit en présentiel et faite par l'élue. Si une élue est minoritaire,
l'élue est la seule représentante de son parti ou est indépendante, son absence
lors d'un vote peut débalancer la dynamique politique. Un vote par distance,
bien que c'est intéressant, ne permet pas aux élus de pleinement profiter de
leurs congés. En Ontario, la loi sur les municipalités permet aux élus de
nommer un autre élu pour voter par procuration ou de permettre à l'élu absent
d'exprimer son vote... le greffier, préalablement du vote. Les villes
d'Edmonton et Halifax ont aussi des règlements similaires. Un vote par
procuration va permettre à l'élue de ne pas passer plusieurs heures devant un
écran ou au conseil de ville avec la tâche supplémentaire de gérer un bébé.
Le deuxième élément du rôle de l'élue est
le service aux citoyens. L'absence d'une élue ne peut... ne met pas fin aux
besoins des citoyens. À l'heure actuelle, il existe un crédit individuel pour
les élus pour avoir un soutien de recherche et d'administration.
Malheureusement, seulement les municipalités avec plus de 20 000 habitants
peuvent en bénéficier et les montants varient d'une... d'une municipalité à
l'autre. C'est pour cette raison que le RJMAM propose que le gouvernement crée
un fonds national pour que toutes les élues, peu importe de quelles
municipalités elles proviennent, puissent en bénéficier. Cette ressource
pourrait s'occuper des suivis de dossiers des demandes des citoyens et
permettrait aux élus d'avoir une charge réduite, à l'instar des élus au
provincial et au fédéral qui ont des employés de cabinet. Il faudrait également
prévoir un temps avant l'accouchement pour la formation de cette ressource.
Dans le cas des plus petites
municipalités, le fonds peut servir d'ajouter les heures supplémentaires à un
employé déjà en fonction à la ville ou compenser une élue qui est déjà en
fonction. Merci beaucoup pour votre écoute.
Le Président (M. Schneeberger) : Alors,
merci beaucoup pour votre présentation. Alors, nous allons maintenant débuter
une période d'échange avec la ministre pour 15 minutes.
Mme Laforest : Oui, alors,
merci beaucoup de votre présence. Je suis contente de vous revoir. On a eu une
belle rencontre il n'y a pas si longtemps, c'est pour ça qu'on a pu ajouter des
mesures dans le projet de loi, puis on en discutera avec mes collègues. Je suis
très heureuse de vous revoir, évidemment. Félicitations pour votre nouveau
bébé. Et on va essayer de faire ça rapidement. Je sais que si... arriver avec
un bébé, peut-être qu'on va essayer de vous accommoder, parce que j'avais déjà
posé plusieurs questions. Il y a juste une chose que je veux savoir, parce qu'il
y a eu des rencontres. Avez-vous rencontré l'UMQ, la FQM? Parce qu'il y a eu
quand même des discussions avec l'UMQ, la FQM, à savoir, étant donné que...
admettons, un mandat est de quatre ans, s'il y a un congé complet sur un an
pendant un an, pour les citoyens, ce n'est pas toujours évident de dire :
On a élu Andrée Laforest comme conseillère, puis Andrée Laforest quitte pour un
an. Parce que, dans le projet de loi, il y a quand même de nouvelles mesures
vraiment intéressantes, qu'on peut travailler à distance, évidemment, ça, vous
allez voir ça dans le projet de loi, mais s'absenter complètement, ça, c'est
sûr que ça a été discuté aussi avec l'UMQ et la FQM. Les avez-vous rencontrées?
Mme Mercier (Marjolaine) : On
n'a pas fait de rencontre récemment avec l'UMQ. Par contre, je ne sais pas si
l'UMQ a eu la chance de sonder aussi les jeunes mères qui le vivent en ce
moment. Nous, on le vit, on le vit toutes. Puis c'est certain que ce qu'on
souhaite, c'est donner à la mère le droit de choisir. Il peut y avoir toutes
sortes de situations. Moi, je suis chanceuse, j'ai un bébé qui est en santé,
mais, si ça n'avait pas été le cas, possiblement que j'aurais voulu m'absenter
un an ou, du moins, le faire le plus possible à distance, et aider la
personne-ressource <qui serait là...
Mme Mercier (Marjolaine) :
...mais,
si ça n'avait pas été le cas, possiblement que j'aurais voulu m'absenter un an
ou, du moins, le faire le plus possible à distance, et aider la
personne-ressource >qui serait là pour répondre aux citoyens. Donc,
l'idée, c'est... on s'inspire un petit peu du modèle fédéral, pour qui... pour
les députés, pour lesquels, là, c'est possible de s'absenter jusqu'à un an.
Mais, souvent, les femmes vont choisir un modèle hybride, parce que, bien sûr,
on ne veut pas avoir à choisir entre la famille et la politique. On fait de la
politique parce qu'on est passionné, parce qu'on aime ça, parce qu'on veut
changer les choses, mais, quand on devient mère, bien, on doit composer avec
cette nouvelle réalité là, donc on a besoin de plus de flexibilité.
Dans certains cas, il y en a qui vont
peut-être vouloir choisir de s'absenter d'un an. Moi, je suis... là je suis à
16 semaines, je vais retourner à 18 semaines, avec des accommodements
puis, probablement, un allègement de tâches, étant donné que je suis sur le
comité exécutif. Mais il faut donner aux mères le droit de choisir, comme
toutes les femmes au Québec, en ce moment, ont le droit de choisir, de prendre
ou non le RQAP. Donc...
Mme Laforest : D'accord. Mais
moi, je suis quand même très, très sensible, là, vous voyez, le projet de loi
est très, très bonifié. Mais, quand même, je voulais vous en faire part, pour
cette mesure-là, parce que, quand on parlait aussi des élus provinciaux ou des
élus fédéraux, veux veux pas, nous, on quitte nos régions pour s'absenter, on
ne peut pas revenir le soir à la maison, ou encore, le faire à distance, ce
n'est pas possible. Donc, évidemment, pour un conseil municipal qui se fait une
fois par mois, on pourrait le faire à distance. Donc, c'est ça qui a été
discuté, donc, j'aime mieux aussi vous en faire part.
Puis il y a aussi... Quand, tantôt, vous
avez mentionné, le salaire de l'élu ne peut pas... On ne peut pas recevoir le
salaire de... quand on est élu puis on est en congé, avec le calcul du RQAP,
mais c'est seulement les jetons qui sont calculés dans le... C'est bien ça?
C'est parce que...
Mme Mercier (Marjolaine) : Bien,
au niveau du salaire, en fait, de la rémunération de l'élu, en tant que tel,
s'il y a une rémunération supplémentaire, par exemple, à l'exécutif, c'est
compté aussi, les jetons de présence également. Peut-être dans le nouvel
exemple, là...
Mme Brisebois (Gabrielle) : En
fait, chaque municipalité a la liberté de choisir la manière dont elle... Il y
a une rémunération qui est globale, mais les jetons de présence, ce n'est pas
quelque chose qui existe dans toutes les municipalités du Québec. Il y en a qui
ont... Tous les élus ont la même rémunération, peu importe le nombre de
comités, le nombre d'heures par semaine où ils occupent leurs fonctions. Puis
le... Puis c'est quand même bien expliqué dans le dépliant pour les élus
municipaux, qui a été préparé par le RQAP, mais il faut voir une diminution de
son salaire de plus de 40 % pour devenir admissible au RQAP.
• (16 h 30) •
Mme Laforest : Donc, on va
vérifier, parce qu'il y a certaines municipalités qu'il y a eu des congés comme
ça, puis ça... il y a eu... il n'y avait aucun problème avec le RQAP. On va
faire des vérifications de notre côté aussi. Puis...
Mme Mercier (Marjolaine) : Si
je peux me permettre, peut-être, un petit ajout. À la différence, peut-être,
des employées qui vont bénéficier du RQAP avec la baisse du 40 %, l'élue
au municipal, comme les députées au provincial et fédéral, demeure en fonction,
donc va continuer d'être interpellée par les citoyens, certainement, continuer
de faire le lien avec l'agent de soutien qui serait peut-être embauché durant
cette année-là, également. Donc, ce n'est pas complètement un retrait des fonctions.
Donc, il y a un maintien des fonctions, mais c'est un peu la différence avec
les...
Mme Laforest : Mais on va
avoir... on a les bonnes personnes, là...
Mme Mercier (Marjolaine) : C'est
ça, on va aller démêler tout ça, là. Exact.
Mme Laforest : ...on va
valider les informations, puis... OK, c'est beau. Moi, je vais vous laisser
tout de suite, parce que j'ai posé toutes les questions quand je vous ai
rencontrées, puis je sais qu'on peut faire ça vite avec votre petit bébé.
Merci. Mais vous ne serez pas déçues du projet de loi, je ne suis pas inquiète.
Merci.
Le Président (M. Schneeberger) : Est-ce
qu'il y avait d'autres questions du côté ministériel? Non? Alors, nous allons
du côté de l'opposition officielle, et j'entends la députée de Chomedey.
Mme Lakhoyan Olivier : Bonjour.
Merci d'avoir pris le temps de préparer ce mémoire et d'être présentes, c'est
très apprécié. En tant que femme, je comprends qu'est-ce que vous apportez à la
table. Concernant les congés parentals, bien sûr, et les attentes des
citoyennes... c'est là que je veux m'en venir. Vous proposez de... avec
l'absence de présentiel, vous proposez d'avoir quelqu'un qui vous représente.
Vous avez élaboré un peu là-dessus. Est-ce que vous pouvez donner plus de
détails?
Mme Letarte-Lavoie (Laure) : En
fait, ce serait quelqu'un qui est plus pour les suivis citoyens, les requêtes
citoyennes, mais pas nécessairement pour... ce n'est pas quelqu'un qui irait
voter à notre place. C'est pour ça qu'on disait que, pour le vote par
procuration, ce serait soit une procédure via le greffier de la ville, où on
pourrait lui transmettre le... ce qu'on veut voter, ou via un autre élu qui a
déjà la légitimité pour s'exprimer, là, au sein du conseil de ville.
Mme Lakhoyan Olivier : Donc,
ce ne serait pas une absence, absence, parce qu'elle va pouvoir lire et suivre
ce qui se passe de la maison, et puis donner son opinion à son collègue, ou...
dépendant de la décision, que ce soit pris par le biais du greffier.
Mme Letarte-Lavoie (Laure) : C'est
ça. C'est pour ça, quand on parle d'étirer le congé, en fait, oui, étirer le
congé, mais avec des mesures qui permettent, en fait, de continuer de
représenter les citoyens et de continuer de répondre à leurs questions, mais
qui nous donnent plus de choix, plus de flexibilité et surtout d'avoir
l'opportunité de se consacrer à notre enfant...
16 h 30 (version révisée)
Mme Letarte-Lavoie (Laure) : ...les
citoyens et de continuer de répondre à leurs questions, mais de... ce qui nous
donne plus de choix, plus de flexibilité, et, surtout, d'avoir l'opportunité de
se consacrer à notre enfant si on le souhaite, tu sais, puis on...
Mme Lakhoyan Olivier : Vous
voyez, ça, ça change tout, parce que, là, vous... cette partie-là, on ne l'avait
pas remarquée. Donc, elle est toujours active de chez elle avec son bébé dans
ses bras.
Mme Letarte-Lavoie (Laure) : Mais
c'est qu'elle peut avoir le choix, justement, de soit... Il y a une réunion qu'elle
peut faire à distance, mais, à un moment donné, peut-être, ce n'est pas possible,
elle veut pouvoir le faire par un vote par procuration puis que les citoyens
puissent continuer d'être répondus par le soutien administratif, qui est la
troisième... la quatrième demande.
Mme Smith (Jackie) : Est-ce
que je peux préciser?
Mme Lakhoyan Olivier : Oui.
Mme Smith (Jackie) : En fait,
c'est ça, un peu, la question, parce que, si... avoir l'égalité d'avoir... bien
remplir nos fonctions, il faut avoir une flexibilité. Quand on a des jeunes
enfants, flexibilité, c'est extraordinaire. Donc, avec un vote par distance, c'est
excellent, parce que si on veut vraiment participer, mais on ne peut pas
nécessairement se déplacer ou on ne veut pas gérer notre enfant en présence, on
peut l'avoir, mais aussi d'avoir l'option de... Disons qu'on veut faire un
véritable décrochage, on a un bébé très malade qui passe des semaines, des mois
à l'hôpital, tu sais, on fait une dépression postpartum, etc., d'avoir l'option
d'avoir un vote par procuration, où on dit à un collègue qui est... qu'on fait
confiance de voter pour moi comme, tu sais, pour notre parti, ou dans certains
dossiers qui sont clés qui ne passent pas ou ne passeront pas si je ne vote
pas, on a l'option d'enregistrer notre vote ou passer le vote à un autre élu. C'est
ça qui arrive dans... en Ontario, il y a plusieurs villes aussi... En fait,
avant de partir en congé de maternité, il faut avoir un plan, comment on va
répondre aux citoyens, et on dépose ça au greffe. Donc, c'est ça qui est la loi
en Ontario, c'est un vote par procuration, donc il y aura un vote qui est
enregistré qui représente les dossiers, mais ça permet à l'élu de décrocher un
peu quand il faut vraiment concentrer sur la famille.
Je ne dirais pas que c'est... ça devrait
être comme ça. Je ne pense pas... c'est... notre idée, c'est de s'absenter complètement,
mais avoir l'option d'avoir un 50 semaines comme tout le monde, parce que
c'est une question... Tu sais, je comprends l'idée de... des citoyens qui
disent : Bien, on élit quelqu'un pour... mandat pour quatre ans, puis il
part pour un an, ça ne marche pas. Mais, dans mon vécu, quand j'ai demandé,
auprès de la ville de Québec, un congé de maternité, je me sens... c'est parce
que tout le monde m'a dit : Jackie, tu pars quand? Et qui va te remplacer,
qui est ton remplaçant? Parce que, dans la société québécoise, on est tellement
habitués que quelqu'un part en congé maternité, puis il y a quelqu'un qui le
remplace, puis ce n'est pas grave, tu sais, c'est...
Donc, c'est ça que... je trouve, il y a
vraiment un fossé entre les élus puis les gens qui... qu'il y ait des
politiques, les journalistes, etc., sur c'est quoi, le rôle d'un élu propre,
puis c'est quoi, l'acceptabilité sociale et comment les citoyens voient le rôle
d'une jeune mère dans le cadre de son travail, et ça inclut les élus. Donc, je trouve
qu'il n'y a personne qui... qu'on ... Dans les..., il n'y a pas une résistance
à l'idée d'un élu qui peut partir en congé de maternité et avoir son vote
respecté, mais aussi avoir un attaché politique ou un soutien administratif qui
va répondre aux appels, qui va répondre aux citoyens, qui va suivre des
dossiers et représenter l'élu dans les comités. Donc, c'est un peu ça, quand on
parle d'avoir des rôles d'une élue, c'est à la fois voter puis, aussi,
représenter les citoyens.
Mme Lakhoyan Olivier : Bien,
vous avez très bien expliqué en détail qu'est-ce que vous entendiez de ça.
Donc, est-ce que vous aimeriez voir, dans ce projet de loi, dans cet article,
un alinéa qui parle juste de la grossesse et qu'est-ce qui entourerait une élue
qui s'en va en grossesse? Est-ce que vous aimeriez voir ça? C'est-tu ça, votre
attente?
Mme Letarte-Lavoie (Laure) : C'est
pour ça qu'on parlait de la levée de l'assiduité, là, comme vous avez au niveau
provincial. Ça fait que ça, ça permettrait qu'on pourrait s'absenter, et avec
les mesures qu'on vient d'expliquer, qui permettraient d'avoir un hybride puis
de pouvoir choisir comment on exerce notre rôle et politique et parental.
Mme Mercier (Marjolaine) : Exact...
Mme Lakhoyan Olivier : Une...
Oui.
Mme Mercier (Marjolaine) : Si
je peux me permettre, dans le fond, c'est d'avoir une boîte à outils, d'avoir
plus qu'un outil. Donc, on aurait le vote à distance quand on peut être en
ligne. Si on ne peut pas parce que l'enfant est très malade ou que la mère est
malade, bien, on pourrait voter par procuration, si on a eu le temps de s'informer
pour voter, puis de lever l'assiduité un peu plus longtemps dans les cas où il
y a une dépression postpartum sévère, un stress post-traumatique ou autre...
bien, comme c'est au fédéral, l'assiduité est levée. Puis on a mis, dans le
mémoire, l'exemple de Karina Gould, qui a expliqué un petit peu comment elle
allait composer les six premiers mois de la venue d'un enfant. Donc, c'est un
peu ça qu'on recherche, comme flexibilité, au niveau municipal, en <fonction...
Mme Mercier (Marjolaine)T :
...peu
ça qu'on recherche, comme flexibilité, au niveau municipal, en >fonction
de tous les cas de figure, là. Chaque naissance, chaque grossesse est
différente, chaque... Comment les mères vont se sentir, c'est différent,
comment le bébé va être aussi. Donc, c'est vraiment d'avoir la flexibilité,
pour ne pas voir les mères quitter le monde municipal, puis, au contraire,
attirer les nouvelles jeunes femmes en politique municipale, puis qu'elles
n'aient pas peur d'avoir un enfant en cours de mandat. Parce que c'est clair,
il y a une belle boîte à outils, de la flexibilité. On veut passer du temps
avec notre enfant, mais on peut aussi continuer de s'impliquer activement dans
notre milieu.
Mme Brisebois (Gabrielle) : J'ajouterais
peut-être, simplement pour le mentionner, en ce moment, l'ensemble de la
responsabilité de l'interprétation des choix est sur les épaules de chaque
mère, parce que ce n'est tellement pas clair qu'on a... On va donner un
exemple. On est quatre personnes qui avons eu des enfants en cours de mandat,
puis dans nos administrations municipales, on a eu quatre réponses différentes
sur qu'est-ce qu'on pouvait faire, comment est-ce qu'on pouvait...
Ça ne fait pas si longtemps que ça que les
jeunes et les femmes sont impliqués dans les différents paliers politiques. Il
y a 10 ans, les grossesses puis les accouchements de la part d'élues
municipales, il y en avait très, très peu, sinon aucun. Donc, la loi... Je
pense qu'on est rendus, justement, à intégrer ces enjeux-là, qui font partie du
quotidien d'élus municipaux, pour que ça ne soit plus, en fait, à la discrétion
des gens qui interprètent des lois qui n'incluent pas ces mentions-là, pour
savoir si, bon, est-ce que je peux faire cesser mon revenu d'élue pour avoir le
droit au RQAP pendant au moins 18 semaines, est-ce que je peux avoir un
personnel de soutien pour venir m'aider. Dans les petites municipalités, on n'a
pas le droit, on est moins de 20 000 citoyens, donc je n'ai pas le droit au
budget de recherche, c'est moi, moi-même, et toute seule. Donc, si jamais j'ai
besoin d'aide pour des suivis de dossiers, je n'ai pas personne pour m'aider,
puis c'est tributaire du reste du conseil municipal de dire, bien, on va
octroyer ou non de l'aide à cette élue-là. Si jamais je suis indépendante ou je
ne suis pas dans le parti qui est au pouvoir, bien, ça revient sur mes épaules.
Ce n'est pas systématisé, nous n'avons pas
tous les mêmes droits, en ce moment, parce qu'il y a une... comme ce n'est pas
inscrit dans la loi, bien, il y a... c'est à la discrétion de l'interprétation
des gens et de la volonté politique d'accorder ou non des conditions aux femmes
qui accouchent en cours de mandat.
• (16 h 40) •
Mme Lakhoyan Olivier : Donc,
votre rêve serait d'apporter les changements dans ce projet de loi, et puis...
afin que chaque femme qui tomberait enceinte, elle aura le droit de savourer
son moment avec son bébé.
Mme Mercier (Marjolaine) : Exact.
Puis on n'a pas reparlé du quatre semaines. Bon, en fait, je vous donne un
exemple concret. Les 18 semaines, ça correspond à peu près à quatre
conseils de ville. La plupart des femmes, en fin de grossesse, on est très,
très fatiguées. Il y en a qui ont beaucoup d'énergie, mais une majorité va
avoir certaines difficultés. Mais, souvent, on veut tellement profiter du temps
avec notre enfant, après, qu'on va tout faire pour travailler jusqu'à la
dernière minute. Mais ça, ça a des conséquences, puis c'est des risques sur la
santé plus élevés, autant pour la femme que l'enfant. Donc, d'avoir les quatre
semaines de retrait, aussi, avant l'accouchement, je pense que ça enlèverait
une pression de dire : Je vais travailler jusqu'à la dernière seconde. On
ne sait jamais quand on va accoucher, mais on a quand même une idée de la date
prévue. Ça fait que ça, c'est quelque chose qui est inclus au fédéral, puis je
pense que ça ajoute une belle flexibilité. Puis au niveau, là, après ça, du un
an de l'assiduité, bien, ce serait de se rendre à l'équivalent du RQAP qu'on
connaît, plus près de chez nous. Donc, je pense que ce serait l'équité pour les
femmes élues au municipal, là.
Mme Lakhoyan Olivier : Vous
avez amplement répondu à ma question. Est-ce qu'il me reste du temps? Ça va?
Le Président (M. Schneeberger) : 30,
30 secondes.
Mme Lakhoyan Olivier : 30 secondes?
Le Président (M. Schneeberger) : Oui.
Mais là, 20 secondes.
Mme Lakhoyan Olivier : ...
Mme Setlakwe : ...rapidement.
Je comprends que vous avez des revendications très bien détaillées, mais le
projet de loi répond à une de vos recommandations, c'est ça? OK, une... vous...
Mme Mercier (Marjolaine) : Le
vote à distance, oui, oui, oui.
Mme Setlakwe : Oui, c'est ça.
Ça, c'est réglé. Mais il y en a d'autres... OK, merci.
Mme Mercier (Marjolaine) : Il
en reste trois, dans le fond...
Le Président (M. Schneeberger) : En
terminant.
Mme Letarte-Lavoie (Laure) : Parce
que, seule, ça ne répond pas à l'ensemble.
Le Président (M. Schneeberger) : Oui.
Merci beaucoup. Alors, nous allons maintenant du côté de la deuxième
opposition, et j'entends le député de Taschereau, pour un 3 min 28 s.
M. Grandmont : M. le
Président, si mon calcul est bon, il reste un peu de temps, là, du côté
gouvernemental. Avec le consentement, je... demanderais la répartition sur les
dernières enveloppes de temps.
Le Président (M. Schneeberger) : Moi,
ça me prend le... Non?
Mme Laforest : Non.
Le Président (M. Schneeberger) : OK.
Pas de consentement.
M. Grandmont : Non? D'accord.
Ça m'étonne. Bonjour, Mme Lavoie-Letarte, Mercier, Brisebois, Smith. Merci
d'être là. Merci pour tout le travail de sensibilisation que vous faites, je
tiens à le souligner. On s'est déjà rencontrés, évidemment, puis je vous suis,
évidemment, parce que ce que vous faites est important. Donc, une fois ces
félicitations données, j'aimerais vous entendre sur deux points, en fait, la
première qui touche sur le fonds national pour l'embauche de nos ressources.
Pourquoi, selon vous, ça doit passer par une instance dans le fonds national
plutôt que directement à travers les budgets municipaux?
Une voix : Il n'y a pas de...
plusieurs villes ne peuvent pas... Comme c'est expliqué, on a un budget de
recherche et <soutien...
Mme Letarte-Lavoie (Laure)T :
...villes
ne peuvent pas... Comme c'est expliqué, on a un budget de recherche et >soutien,
mais c'est seulement pour les villes de 20 000 habitants et plus. Et puis,
il y a... même, mettons, tu sais, moi, à Sherbrooke, il y a... il existe, ce
fonds-là, sauf que ça ne permet pas d'embaucher quelqu'un seulement pour moi,
parce que le montant ne permet pas d'avoir quelqu'un à temps plein. Donc, si
c'est un fonds national, bien, tout le monde, de façon équitable, aurait un
montant qui permettrait d'embaucher quelqu'un. Parce que, là, actuellement les
fonds ne sont pas égals partout, et il n'y en a pas partout, dans toutes les
villes.
M. Grandmont : Donc, vous
parlez d'équitabilité. Est-ce que ça veut dire que des plus grandes
municipalités pourraient continuer à soutenir une charge financière pour payer
ces ressources-là, puis les petites... Donc, le fonds pourrait, dans le fond,
s'assurer de l'équitabilité ou vous souhaiteriez plutôt, en fait, dans votre
esprit, d'avoir le fonds qui finance égal tout le monde?
Mme Mercier (Marjolaine) : Ce
serait plus le fonds qui finance tout le monde, dans le sens où, que soit une
grande ou une petite municipalité, la situation financière peut être bonne ou
mauvaise, peu importe la taille de la ville. On sait qu'il y a Montréal, dans
le fonds, qui a mis sur pied un fonds, ils ont fait des choix politiques où
c'est rendu possible. Mais, juste de l'autre côté du pont, à Longueuil, on
avait des très gros défis financiers. On l'avait mentionné dans les médias, je
pense qu'on était à plus de 36 , à la fin d'année, de défi. Donc, quand
est arrivé, à la commission des finances, un peu mon tour, de dire : Bien,
il faudrait peut-être engager une ressource, c'était à moins 36 millions, très
difficile, même si on est une grande ville, là. Donc, je ne sais pas si tu peux
ajouter...
Mme Smith (Jackie) : Et aussi,
le... politique ne permet pas nécessairement le même poids décisionnel pour
tous les élus. Je proviens d'une grande ville, puis il n'y a pas de fonds, même
s'il y a peut-être un budget beaucoup plus important qui est, peut-être,
équivalent de tous les budgets ici, tu sais, toutes les villes ici. Donc, juste
parce qu'on provient d'une petite... une grande ville, ça ne veut pas... si ce
n'est pas dans la loi, s'il n'y a pas... si ce n'est pas un droit, puis il
faut... il faut aller militer pour avoir un financement supplémentaire lorsqu'on
part en grossesse, ce n'est pas acquis. C'est encore la question d'équité entre
les élus puis entre les femmes.
M. Grandmont : Absolument.
Merci. Sur la question du vote par proxy, rapidement, qui devrait porter le
vote par procuration? Est-ce que c'est un élu ou si c'est plutôt un membre du
personnel? Certaines personnes pensent que ça devrait être des personnes qui
sont légitimées par le fait d'avoir été élues. Est-ce que... Votre opinion,
là-dessus.
Mme Letarte-Lavoie (Laure) : Bien,
en fait, c'est ça, c'est qu'on ne voulait pas nécessairement donner un modèle
précis, ça n'a pas... Il pourrait y avoir une commission qui se penche sur la
question, mais c'est pour ça qu'on disait : Si c'est un élu, bien, on le
sait qu'il y a la légitimité, mais si on pense à une procédure avec le
greffier, aussi, de la ville, bien, ça aussi, ça serait assez légitime. Puis ça
ne serait peut-être pas trop compliqué. Ça fait qu'on ne voulait pas obliger
une solution, mais on pense qu'il y a différentes façons. Puis, comme on
disait, il y a... il y a des modèles, là, dans d'autres villes où ils le font.
M. Grandmont : Parfait.
Merci. Il me reste très peu de temps, mais je vais simplement redire, en fait,
que... vous remercier pour votre implication. J'ai des filles, moi-même, aussi,
j'en ai trois, puis je suis très content de voir qu'elles ont des modèles
positifs qui veulent améliorer les choses, pour favoriser, encourager la
participation des femmes en politique, et des jeunes... des jeunes, des femmes
en politique. Donc, merci beaucoup.
Le Président (M. Schneeberger) : Merci.
Mme Laforest : ...c'était
juste pour la dame avec le bébé, qui attend en arrière, c'est pour ça que je
disais qu'on ne donne pas plus de temps, c'était juste pour le bébé en arrière.
M. Grandmont : Ah! Non, mais
moi...
Une voix : ...
Mme Laforest : Mais allez-y,
allez-y, là, prenez votre cinq minutes.
M. Grandmont : C'est parce
que moi, je suis parti du principe que c'est... Les représentantes du
regroupement sont parties de différents coins du Québec, on savait qu'elles
venaient ici, passer une heure ici, puis, dans le fond, on voulait maximiser.
Parfait. Excellent.
Des voix : ...
Le Président (M. Schneeberger) : ...moi,
juste... moi, il n'y a pas de... M. le député Taschereau. C'est juste parce
qu'à ce moment-là, moi, s'il y a temps qui est accordé à l'autre côté, il faut
que je le répartisse au niveau des trois groupes. Je ne peux pas le répartir
juste à vous. Alors, c'est pour... une question d'équité pour le groupe qui est
déjà intervenu. Alors, à moins qu'il y ait le consentement, je peux vous
l'accorder au complet, mais là, c'est parce que, là, on ne commencera pas à
jouer avec le temps, là, comme ça, on n'en finira plus, là.
M. Grandmont : ...je sais
comment ça fonctionne un petit peu aussi, là. Ça fait que je...
Une voix : Le bébé est juste
là, là.
M. Grandmont : Oui, je sais,
mais ils ont pris la peine de se déplacer, je pense que ça vaut la peine de
leur poser des questions. Merci. Donc, je continue?
Le Président (M. Schneeberger) : Bien,
on peut l'accorder, le cinq minutes, mais on va le répartir, à ce moment-là,
et...
M. Grandmont : Moi, je donne
mon consentement, en tout cas.
Le Président (M. Schneeberger) : OK,
parfait. Alors...
M. Grandmont : Merci. Bien,
je terminerais avec une dernière question, parce que, bon, le temps file, mais
sur la question de l'assiduité, vous avez évoqué, bon, la possibilité, pour les
mères, de choisir, les mères ou les pères, en fait, aussi, là, de choisir,
évidemment, en fonction d'un paquet de paramètres. Mais il y a aussi la notion
d'assumer les conséquences, aussi, qui viennent avec. J'imagine que des femmes
pourraient décider de revenir ou de prendre le long congé, puis même se rendre
jusqu'à l'élection, puis tant pis, tu sais, elles ne feront peut-être pas une
campagne électorale ou elles ne seront peut-être pas présentes. Dans le fond,
ça revient à la notion de choix, puis c'est ça que je trouve intéressant. C'est
un peu ça, le fond de votre réflexion par rapport à l'assiduité, là.
Mme Letarte-Lavoie (Laure) : Tu
sais, il y a le choix pour les élus qui veulent avoir différentes modalités,
mais c'est aussi du côté des citoyens qu'avec ces différents choix-là, ils
sentent... ils continuent d'être représentés, qu'ils n'aient peur, là, de
dire : Bien là, j'ai un jeune ou une jeune candidate qui se présente aux
élections <puis....
Mme Letarte-Lavoie (Laure)T :
...qu'ils
n'aient peur, là, de dire : Bien là, j'ai un jeune ou une jeune candidate
qui se présente aux élections, >puis je ne vais pas voter pour parce que
je ne le sais pas trop, tu sais, si, mettons, elle voulait avoir un enfant. Tu
sais, qu'il n'y ait plus cette crainte-là dans la tête des gens, qu'ils sachent...
qu'ils vont savoir, en fait, que, bien, même si elle décide où il décide
d'avoir un enfant, bien, il va y avoir... je vais... il va continuer d'exprimer
son vote, de représenter, de me représenter. Tu sais, c'est aussi... c'est
autant pour les élus que pour les citoyens.
Le Président (M. Schneeberger) : Parfait.
Le Président (M. Schneeberger) : Merci
beaucoup, alors, nous allons poursuivre avec le député des Îles-de-la-Madeleine
pour 4 min 16 s, et, après ça, si vous désirez reprendre le
temps, vous... on le donnera à l'opposition officielle. Le député des
Îles-de-la-Madeleine.
M. Arseneau : Merci beaucoup,
M. le Président. Merci beaucoup pour votre présence, d'abord, parce que vous
êtes très occupées, comme jeunes mères, votre mémoire très détaillé aussi, et
le plaidoyer pour la normalisation de la grossesse dans un contexte politique
me semblent extrêmement pertinents. J'aimerais savoir si, ce que vous proposez,
ça s'applique tant pour les grandes villes, où les maires ou les conseillères
sont sollicités à temps plein, que pour les petites municipalités, où c'est
davantage un travail à temps partiel?
Des voix : ...
Mme Brisebois (Gabrielle) : En
fait, oui, c'est pour l'ensemble, puis c'est pour ça qu'on a... on a placé un
point, justement, sur le RQAP, à savoir, il ne faudrait pas que le... le revenu
de la fonction municipale soit pris en compte dans le calcul du RQAP pour
s'assurer que, de manière équitable, peu importe le revenu qu'on tire de notre
fonction municipale, bien, notre second... notre second emploi, on va pouvoir
prendre le congé de maternité d'un an si on le souhaite, puis on va pouvoir
recevoir le 70 % pour les 18 premières semaines, puis les
12 suivantes, puis après ça, le 50 % si on veut le... le congé long
ou le court. Bref, c'est de dire : En ce moment, tout dépendant les
pourcentages... Je prends mon exemple très précis, moi, mon revenu municipal,
c'est 60 %, mon revenu d'employé est de 40 %. Je... ma diminution de
revenu n'était pas assez grande pour me permettre d'avoir accès au RQAP. Donc,
si jamais j'avais pris la décision de prendre un congé de maternité de mon
autre emploi, ça aurait été à mes frais. J'aurais eu zéro prestation pendant
mon année.
M. Arseneau : D'accord.
Mme Brisebois (Gabrielle) : Donc,
cette mesure-là va vraiment permettre à toutes les femmes de toutes les
grandeurs de municipalités de ne pas être impactées financièrement par le choix
qu'elle font d'aller en politique municipale.
• (16 h 50) •
M. Arseneau : D'accord, OK.
C'est ce que je... Mais c'est ce qui m'avait échappé quand on disait «les élus
devant également occuper un emploi». C'est ce que... c'est ce que vous vouliez
dire.
Par exemple, la recommandation
numéro 2... et 3, en fait, c'est ciblé sur, essentiellement, la grossesse
et puis l'année qui suit l'accouchement. Est-ce qu'en fait, le rôle de jeune
mère, ça... ça ne s'étale pas aussi sur les années suivantes? En d'autres mots,
vous me voyez venir, je ne sais pas si c'est dans vos intentions de dire :
Si ça s'applique pour la grossesse, ça s'applique aussi quand l'enfant a deux
ans, là, de pouvoir, par exemple, voter par proxy et ainsi de suite.
Mme Mercier (Marjolaine) : Bien,
si c'est un outil qui est... qui est disponible. Là, on parlait de
50 semaines, dans le projet de loi, qui est déjà très, très bien, mais
éventuellement, en effet, les enfants, c'est souvent malade quand ça arrive à
la garderie, rendu à un an, à deux ans. Donc, s'il y a cette flexibilité-là
pour l'ensemble des parents, ça serait... ce serait un... oui, en effet, une
belle... une belle avancée. Donc, nous, on commençait avec les 50 semaines
qui étaient proposées, étant donné aussi que ça correspond pas mal aussi au
RQAP. Mais en effet, si le vote en ligne est disponible, une personne qui serait
malade ou une personne qui a un enfant malade pourrait...
M. Arseneau : C'est ça, parce
qu'en fait, c'est en lisant votre mémoire...
Mme Mercier (Marjolaine) : La
proche aidance, oui
M. Arseneau : ...en entendant
votre argumentaire, ça peut se produire quand l'enfant a deux ans ou trois ans,
tu sais, surtout, là, des périodes...
Mme Mercier (Marjolaine) : Exact,
exact.
Mme Letarte-Lavoie (Laure) : C'est
qu'on sait que c'est quand même les premiers mois de vie. La première année, en
fait, a son lot de défis, tu sais, ça fait que, tu sais, c'est pour ça. Mais
c'est pour ça qu'on parle de, tu sais, comme pour la participation à distance,
ça touche la proche aidance, bien, dans un contexte de proche aidant, ça peut
aussi être utile à votre propre... etc.
M. Arseneau : Je suis très,
très curieux de savoir quelles étaient les quatre versions différentes que vous
avez obtenues quand vous avez voulu prendre vos congés. Est-ce qu'on peut faire
un petit tour de temps pour savoir comment c'était différent ou à quel point
c'était différent? Rapidement, on a une minute.
Mme Brisebois (Gabrielle) : Bien,
moi, je peux commencer. Donc, quand j'ai posé la question, on m'a dit : On
ne peut pas suspendre le salaire d'élu, donc, parce que si jamais on suspend le
salaire, mais c'est comme si tu n'étais plus élue, donc il faudrait que tu
démissionnes. Puis bien, je conservais donc ce salaire-là pendant 18 semaines,
puis ce salaire-là étant de... un peu plus de 60 % de mon revenu complet,
bien, je suis tombée inadmissible au RQAP. Donc, moi, c'est la version que j'ai
eue.
Mme Mercier (Marjolaine) : Moi,
c'était la première fois à Longueuil, donc les ressources humaines m'ont dit :
Appelez à Montréal pour savoir un petit peu comment gérer la situation. Au
début, on m'a dit : Oui, oui, ça va être le RQAP. Après ça, on m'a dit :
Non, non. Puis, là, dans les dernières semaines, ils ont dit : On aurait
peut-être pu couper une partie du salaire. Donc, des versions différentes. Mais
là, mon choix avait été fait en décembre dernier avec mon conjoint étant donné
que j'ai accouché en janvier. Donc, ça a été quand même plusieurs démarches
pour des... c'est ça, des constats un peu différents.
Mme Letarte-Lavoie (Laure) : Moi
aussi, c'est la première fois que ça arrive à Sherbrooke, donc, en fait, là, il
y a certaines réunions que c'est par jeton de présence, ça c'est sûr que non,
mais je suis sur le comité exécutif de la ville, puis ça, ils ne le ne <savaient...
Mme Letarte-Lavoie (Laure)T :
...mais
je suis sur le comité exécutif de la ville, puis ça, ils ne le ne >savaient
pas, s'ils allaient payer ou pas.
Le Président (M. Schneeberger) :
...est écoulé. Alors, nous retournons du côté de l'opposition officielle
pour 3 min 9 s Et j'entends la députée de Mont-Royal—Outremont.
C'est ça?
Mme Setlakwe : Merci, M.
le Président. Bien, écoutez, j'aimerais ça que vous complétiez votre réponse,
là, qu'on termine le tour de table. Je trouve ça très intéressant, la question
que mon collègue des Îles a posée. D'ailleurs, plus... Puis après ça, je vous
laisse la parole, mais plus on échange, plus je réalise qu'effectivement, on
est peut-être rendus ailleurs. Puis moi, je suis une mère de trois enfants,
mais quand j'ai commencé en politique, ils étaient déjà des adolescents. Donc,
allez-y, là, racontez-nous vos... On va terminer le tour de table puis après
ça, honnêtement, je voudrais juste qu'on continue à vous entendre s'il y a des
choses que vous n'avez pas eu l'occasion de nous partager. Allez-y.
Mme Smith (Jackie) : Et
en fait, pour moi, j'ai demandé aux ressources humaines, j'ai annoncé que
j'étais enceinte, et qu'est-ce que... tu sais, comment ça fonctionne pour la
grossesse. Puis ils ont dit : Attends, on... Tu sais, on va vous revenir. OK.
Puis je n'ai pas eu de réponse et on ne sait pas. Ça fait que j'ai une
formation juridique, donc j'ai fait mes propres recherches. Je n'aime pas ce
terme-là, mais j'ai fait mes propres recherches dans la loi, mais pour moi, ce
n'était pas clair. Puis il y a plusieurs lois qui... Donc, j'ai commencé à
poser des questions et... j'ai lancé le débat, en fait. Ce que je ne comprenais
pas, avec le RQAP, moi, en tant que... si on n'est pas... si on ne cède pas
notre salaire, parce que moi, mon... c'est mon seul emploi. Si on ne cède pas
notre salaire, on ne peut pas avoir le RQAP. Donc, ça... Mais si on est élu, le
poste d'élu est lié au salaire. Alors, si je cède mon salaire, je cède mon
poste d'élue. Ça fait qu'il faut que je choisisse entre être élue puis être
mère.
Donc, tu sais, ou je peux... À moins que
je peux m'absenter... 18 semaines sans tomber... sans céder mon poste. Ça fait
que si... Ce n'est pas... Ce n'est pas la même question pour, tu sais, la charte
des droits et libertés<i>, ils disent qu'on ne peut pas être congédiée
pour une raison de grossesse. Pourtant, moi, si je dépasse 18 semaines
pour congé de maternité, bien, en fait, je vais perdre mon emploi. Ça fait
qu'il y a toute cette question-là. J'ai gardé mon salaire, j'ai gardé mon
18 semaines, puis j'ai même voté, parce qu'une fois que tu votes au
conseil, ça retombe dans le... ça prolonge de 10... de 90 jours d'absence.
Donc, il y a... J'ai joué un peu ça, mais ça... J'avoue que, tu sais, c'est
grâce à ma propre connaissance puis mes recherches, puis j'ai approfondi
beaucoup les questions de grossesse que j'ai partagées avec mes collègues, puis
on en a eu des belles discussions, puis des belles... approfondissements.
Mme Letarte-Lavoie (Laure) : ...ce
que ça fait, c'est que, là, le premier 18 semaines, justement, là, nous,
dans, mettons, dans une... On a continué à être payées, ça fait qu'on se disait :
Ah, crime! Je veux... je veux continuer à travailler parce qu'on se sent mal, puis
entre élues, c'est ça, on dit : On est passionnées...
Le Président (M. Schneeberger) :
En terminant.
Mme Letarte-Lavoie (Laure) : Puis
là, finalement, ça fait en sorte des situations comme ça, comme, moi aussi, je
suis allée au conseil municipal quand mon bébé avait un mois. Puis j'ai reçu
plusieurs, plusieurs critiques, soit de ne pas être restée assez longtemps,
soit que j'aurais dû rester à la maison, soit que...
Le Président (M. Schneeberger) :
Oui, merci. Merci. Mme la ministre avait encore une question étant donné
qu'il restait du temps.
Mme Laforest : Bien,
rapidement, parce que moi, j'ai entendu dire qu'il y a des municipalités qui
avaient payé soit du personnel ou qui avaient créé un fonds pour vous donner du
personnel de soutien pour travailler vos dossiers durant les congés de
maternité. Est-ce qu'il y en a, ici, que ça vous a touché d'avoir du personnel
qui est payé par la municipalité pour vous accompagner? Est-ce qu'il y en a qui
ont eu droit à ça?
Mme Mercier (Marjolaine) : C'est
Montréal qui a un fonds, à ma connaissance, il n'y a pas d'autres villes qui
ont encore ce fonds-là. Personnellement, à Longueuil, on a trouvé une façon,
avec le recherche et soutien d'avoir un petit peu d'aide à temps très, très
partiel d'une étudiante qui avait fait un stage au cabinet. Je suis très
chanceuse, là, que ce soit... que ça ait été le cas.
Mme Letarte-Lavoie (Laure) : C'est
la poursuite du fonds de recherche et soutien. Donc, c'est... on a un attaché
pour... comme un ensemble d'élus, là. Donc, ce n'est pas à temps plein pour
moi, là.
Mme Laforest : OK,
merci.
Mme Brisebois (Gabrielle) : ...la
grandeur de municipalité qu'on a, on est 10 000 habitants. Donc, pour
toutes les plus petites municipalités du Québec, ce n'est même pas une option
d'avoir de l'aide. Je comprends qu'on est à temps partiel parce que... On n'est
pas à temps partiel parce qu'on veut l'être, hein, je pense qu'il y a beaucoup
d'élus qui aimeraient ça, être à temps plein dans leur municipalité, parce
qu'il y a des projets pour être là à temps plein, mais il faut qu'on fasse
manger nos enfants, il faut qu'on vive, qu'on paye notre maison puis, bien
souvent, c'est des choix qu'on doit faire, là. Mais on se représente
nous-mêmes. On n'a pas de... On n'a pas d'aide.
Le Président (M. Schneeberger) :
Merci beaucoup. Alors, merci pour votre contribution à la commission. Nous
allons suspendre quelques instants pour laisser entrer le prochain <groupe.
Le Président (M. Schneeberger) :
...le prochain >groupe.
(Suspension de la séance à 16 h 58
)
(Reprise à 17 01)
Le Président (M. Schneeberger) : Alors,
nous reprenons les travaux. Alors, nous en sommes maintenant à la Ligue des
droits et libertés. Alors, nous accueillons Mme Lynda Khelil, porte- parole et
responsable de la mobilisation; et Denis Barrette, juriste et membre du comité
Liberté d'expression. Alors, bonjour à vous deux.
Alors, vous avez 10 minutes pour
faire votre exposé et, par la suite, nous allons procéder à une période
d'échange.
Mme Khelil (Lynda) : Oui, je
pars le chronomètre. Bonjour. Merci, M. le Président. Bonjour, Mme la ministre,
mesdames et messieurs les députés. Donc, je me présente, Lynda Khelil,
responsable de la mobilisation et porte-parole de la Ligue des droits et
libertés. Je suis accompagnée de M. Denis Barrette, juriste et militant...
militant membre du comité Liberté d'expression de la Ligue des droits et
libertés. Nous remercions la Commission de l'aménagement du territoire de
son... de son invitation à participer, aujourd'hui, aux consultations sur le
projet de loi n° 57.
Tout d'abord, nous souhaitons faire état
du délai très court de trois semaines entre le dépôt du projet de loi, le 9
avril dernier, et la tenue des consultations cette semaine. Cet échéancier
excessivement court constitue un obstacle à une véritable participation
citoyenne dans les débats démocratiques sur des enjeux sociaux importants.
Cette situation s'inscrit... qu'on observe dans une tendance du gouvernement à
enchaîner les dépôts de projets de loi en laissant trop peu... trop souvent,
peu de temps aux organisations de la société civile pour les analyser et
prendre parole à leur sujet, écartant un grand nombre d'entre elles du débat
public démocratique. Et, paradoxalement, le projet de loi n° 57 vise à
protéger les institutions démocratiques, mais, malheureusement, escamote ces
processus de consultation dans le cadre des présentes consultations particulières.
Les commentaires de la Ligue des droits et
libertés sur le projet de loi n° 57 portent essentiellement sur le
chapitre I, donc, qui propose l'adoption de la loi visant à protéger les élus
et à favoriser l'exercice...
17 h (version révisée)
Mme Khelil (Lynda) : ...la <i>Loi
visant à protéger les élus et à favoriser l'exercice sans entraves de leurs
fonctions.
Le projet de loi n° 57 est présenté
comme une réponse aux situations d'intimidation, de harcèlement et de menaces
auxquelles sont confrontées des personnes élues. Il s'agit d'une problématique
qui est le fait à la fois de citoyens et citoyennes et d'autres élus, et c'est
un problème sérieux auquel il est nécessaire de répondre en adoptant des
mesures adéquates. Toutefois, le projet de loi n° 57 n'apporte pas de
solutions adéquates à cette problématique importante, tandis qu'il présente des
risques sérieux d'atteintes aux libertés fondamentales d'expression, d'opinion
et d'association qui sont protégées par les chartes canadienne et québécoise.
Pour les raisons détaillées dans notre...
dans notre mémoire, que nous vous avons fait parvenir hier et que nous allons
résumer dans notre allocution, la Ligue des droits et libertés recommande le
retrait du chapitre I du projet de loi n° 57. C'est-à-dire que nous
recommandons de ne pas procéder à l'adoption de la nouvelle loi proposée, et
ce, pour deux raisons.
Donc, premièrement, il existe déjà, dans
le cadre législatif actuel, des recours, tels que des infractions au Code
criminel ainsi qu'un régime de demande d'injonction prévu au Code de procédure
civile, qui suffisent pour répondre aux menaces, à l'intimidation et au
harcèlement visant des personnes élues. Et par ailleurs nous avons également
pris connaissance du rapport qui a été transmis à Mme la ministre, La
gestion par les élus municipaux des actes et propos violents, haineux ou
déplacés à leur égard, qui contient une foule de mesures également très
intéressantes qui devraient être mises en... mise en place, notamment en ce qui
concerne la formation, la valorisation, aussi la communication avec les
citoyens et citoyennes.
Donc, deuxièmement, pourquoi nous... nous
recommandons le retrait du chapitre I du projet de loi, c'est qu'il existe
des risques sérieux d'atteintes aux libertés fondamentales, comme je l'ai dit d'entrée
de jeu, les libertés d'expression, d'opinion et d'association. Les reculs
démocratiques que nous observons et la limitation des espaces de contestation
sociale, donc, que la Ligue des droits et libertés et de nombreuses autres
organisations communautaires, syndicales et de défense des droits observent
depuis plusieurs années, s'accentuent et font craindre légitimement une
interprétation et une application abusive et arbitraire de la nouvelle loi qui
est proposée. La nouvelle loi contient des dispositions aux énoncés trop larges
et ne fait pas de distinction entre les menaces avérées et réelles envers les
personnes élues et la contestation sociale, qui est au cœur d'une société
démocratique.
Et je vois que le temps file, donc je vais
y aller assez rapidement, puis nous pourrons répondre à vos questions.
Donc, tout d'abord, le projet de loi ne...
ne mentionne pas ces libertés fondamentales. Et on considère également, en
ayant pris connaissance du mémoire de Mme la ministre ainsi que du ministre
Jean-François Roberge, que l'approche, qui est de reléguer vers les tribunaux
le rôle d'interpréter la législation et donc de remettre entre les mains des
citoyens et citoyennes et des organisations de contester la loi, n'est pas une
approche souhaitable, tel qu'on l'expose dans notre mémoire. On considère que
le législateur a le devoir de prendre en compte les droits et libertés dans l'élaboration
des projets de loi et des projets de règlement, et qu'il est injuste d'imposer,
en fait, tout ça aux citoyens et citoyennes, ce fardeau financier d'aller
contester devant les tribunaux des lois et des règlements qui avaient des
atteintes susceptibles envers les droits et libertés. Et, pendant ce temps-là,
évidemment, les personnes... leurs droits ont été lésés pendant ce processus
judiciaire.
Également, dans le mémoire, on fait état d'un
contexte de limitation des espaces de contestation sociale et on donne
plusieurs exemples. Donc, on donne, par exemple, la situation survenue à l'été 2023
dans la ville de Trois-Rivières, où, lors d'un conseil municipal, la police a
été appelée suite à un mouvement citoyen qui concernait le projet d'agrandissement
du parc industriel 40-55 qui allait avoir des effets de destruction de
milieux humides. Également, les citoyens déploraient vivement l'absence de
consultations et de transparence sur ce projet. Et, dans la même municipalité,
malheureusement, il y a également une mise en demeure qui a été transmise à une
citoyenne. Tous des événements qui ont aussi été relatés dans les médias. Et la
citoyenne, donc, a reçu une mise en demeure pour des propos tenus sur Facebook,
tout à fait légitimes, qui participent du débat démocratique et qui relèvent d'une
application abusive d'un règlement de la municipalité concernant la prévention
de la violence, un règlement nécessaire, mais dont l'application a été... a été
abusive.
On relate également la municipalité de
Sainte-Pétronille, où des <résidents...
Mme Khelil (Lynda) :
...de
Sainte-Pétronille, où des >résidents, résidentes ont reçu une mise en
demeure. Donc, une centaine de résidents, résidentes ont reçu une mise en
demeure après avoir fait parvenir aux élus une pétition pour exprimer leurs
préoccupations concernant l'embauche de la directrice générale de la
municipalité.
Un autre exemple également préoccupant,
qui relève d'une forme d'expression traditionnelle, qui est une campagne de
lettres. Donc, un organisme communautaire des Laurentides, le Regroupement des
organismes communautaires des Laurentides, a participé, en 2023, à une campagne
de lettres concernant le projet de loi 15, qui, comme vous le savez, a été
vivement contesté, et par beaucoup d'organisations de la société civile. Et,
dans la campagne de lettres, le premier ministre François Legault... donc le
courriel de circonscription du premier ministre était en copie conforme. Et le
bureau de circonscription du premier ministre a répondu à l'organisation,
considérait que ce nombre de courriels, qui étaient au nombre de 10, relevait
du harcèlement, et indiquait avoir à... réfléchir à la possibilité de contacter
la Sûreté du Québec pour ce qui est également considéré comme des envois non
sollicités.
Donc, évidemment, c'est un contexte qui
nous préoccupe grandement, dans lequel s'inscrit la proposition du projet de
loi 57.
Donc, pour les prochaines minutes, sur les
dispositions en elles-mêmes, du projet loi 57, à propos des injonctions, de la
création de nouvelles infractions pénales et de l'octroi de nouveaux pouvoirs
au DGEQ.
Donc, en ce qui concerne l'injonction, le
projet de loi propose de créer un régime spécifique d'injonction, et deux
motifs sont prévus.
Donc, le premier relève de propos et de
gestes qui entravent indûment l'exercice des fonctions d'un député ou d'un élu
municipal. À cet égard, considérant que l'objectif du projet de loi est de
protéger les élus contre l'intimidation, les menaces et le harcèlement, nous
nous questionnons sur le fait d'utiliser le critère d'entrave indue à
l'exercice des fonctions dans le cadre de cette proposition d'injonction.
Également, la notion d'entrave qui est prévue est trop large et imprécise et
pourra mener, dans le contexte que nous avons décrit, à des applications qui
peuvent être abusives, arbitraires.
Également, le deuxième motif qui est prévu
en ce qui concerne les injonctions relève de l'atteinte au droit à la vie
privée des députés et des personnes élues au municipal. Cette dimension nous
préoccupe également dans la mesure où l'état de la jurisprudence nous dit que
les personnes élues ont une expectative de vie privée réduite en raison du
droit du public à l'information. Donc, évidemment, il est nécessaire de
protéger le mieux possible le droit à la vie privée des personnes élues, mais
cette mesure ne peut pas se faire au détriment du droit à l'information de la
population.
• (17 h 10) •
On a également des inquiétudes en ce qui
concerne le caractère permanent, potentiellement, de certaines injonctions.
Donc, par exemple, à l'article 8, il est fait état de... comme proposition
d'ordonnance, qu'une personne ne puisse plus se présenter aux séances de tout
conseil d'un organisme public où siège un élu. Donc, si l'élu est en fonction
pendant de nombreuses années, ça exclurait la personne de l'accès à cet espace
démocratique. Donc, on a des questionnements à cet égard.
Également, rapidement, donc, à propos
de... Je vois, le temps file.
Le Président (M. Schneeberger) : ...encore
pour longtemps? Parce que... Juste savoir.
Mme Khelil (Lynda) : 30 secondes.
Le Président (M. Schneeberger) : Sinon,
il faut que je demande consentement pour embarquer sur le temps au niveau de la
ministre.
Mme Khelil (Lynda) : OK. Je
vous remercie.
Le Président (M. Schneeberger) : Oui.
Parfait
Mme Khelil (Lynda) : Ça va
être très, très rapide. En fait, il reste deux points. Merci beaucoup.
Donc, en ce qui concerne l'infraction
pénale relativement aux conseils municipaux, donc au conseil d'un organisme
public, dont les conseils municipaux, la proposition de créer une nouvelle
infraction pénale est également préoccupante dans la mesure où des points de
vue divergents peuvent s'exprimer, des débats, des controverses peuvent avoir
lieu dans ces espaces démocratiques, et certains troubles et dérangements
peuvent survenir. Et on considère donc qu'au sein d'une démocratie il est non
seulement nécessaire de tolérer un certain niveau de dérangement et de
perturbation, mais surtout de reconnaître que celles-ci font partie d'une
société libre et démocratique et qu'elles sont... elles en sont des composantes
essentielles et légitimes. Et on pourra discuter de l'exemple, par exemple, de
la ville de Trois-Rivières, là, que j'ai évoqué tout à l'heure et qui est
mentionné dans notre mémoire.
On observe également le contexte actuel. C'est
un enchaînement de prises de décision de la part du gouvernement et de
municipalités qui excluent du débat démocratique des citoyens, citoyennes et ne
tiennent pas compte de leurs perspectives et de leurs droits. Donc, les
citoyens ne sont pas entendus par les décideurs dans beaucoup de situations et
souvent n'ont pas d'autre choix que d'aller dans ces lieux où les décisions
sont prises, tels que les conseils municipaux, pour se faire entendre
collectivement.
En terminant, sur le DGEQ... Oui.
Le Président (M. Schneeberger) : Parce
que, oui, je veux bien vous laisser un peu de temps, mais là, c'est parce qu'on
embarque vraiment sur le <temps...
Le Président (M. Schneeberger) :
...mais là, c'est parce qu'on embarque vraiment sur le >temps.
Mme Khelil (Lynda) : Oui, oui.
Mais, pour le DGEQ, simplement, c'était de dire que son rôle est lié au
processus électoral traditionnel, donc il y a des questionnements quant au fait
de déléguer... d'octroyer des nouveaux pouvoirs de poursuite et d'enquête au
DGEQ et le fait que ça peut avoir également, les risques de miner la confiance
de la population envers cette institution dans le contexte électoral. Je vous
remercie.
Le Président (M. Schneeberger) : Mercie
beaucoup. Alors, nous allons... procéder à une période d'échange avec la
ministre pour...
Mme Laforest : ...merci
beaucoup, M. Barrette, Mme Khelil. Évidemment, j'ai des questions en
rafale.
Est-ce que vous avez déjà connu des élus
municipaux ou des députés qui ont eu des menaces?
Mme Khelil (Lynda) : Pas
directement, personnellement, pour ma part, mais...
M. Barrette (Denis) : ...mais
on... Ce n'est sûrement pas drôle de recevoir des menaces, des vraies menaces à
l'intégrité physique et psychologique d'une personne. Je sais... Je ne sais pas
quel est le sens de votre question, Mme la ministre, mais les menaces sont... d'abord,
les menaces sont prohibées par le Code criminel. L'intimidation aussi est
prohibée par le Code criminel. Et je pense, nous, ce qu'on dit, c'est qu'il y a
d'autres moyens d'intervenir sur une menace. Le problème est le suivant pour
nous...
Mme Laforest : Bien, ma
question était...
M. Barrette (Denis) : Oui.
Mme Laforest : Attendez,
parce que ça, c'était ma première question. Ma deuxième question, c'était
justement ça : C'est quoi, vos propositions?
M. Barrette (Denis) : Bien,
la... Bien...
Mme Laforest : Parce que dans
vos...
M. Barrette (Denis) : Dans le
mémoire, ce qu'on vous... ce qu'on vous dit, ce qu'on explique du moins...
Excusez, je coupe encore, là. Vous n'avez pas terminé.
Mme Laforest : Oui. Ce n'est
pas grave.
M. Barrette (Denis) : Non,
non, je vous laisse terminer.
Mme Laforest : Non, non, non.
J'ai une bonne patience. Mais votre... Dans... Parce que vous proposez le
retrait du projet de loi, en fait, complètement. Ça fait que, là, c'est sûr que
moi, je me dis : Est-ce que ces gens-là ont connu des députés ou des élus
qui ont eu des menaces? Parce qu'évidemment on ne fait pas un projet de loi
parce qu'on n'a pas des situations vraiment graves dans certaines municipalités
ou encore avec certains députés. Ça fait que c'est pour ça, ma question était :
Est-ce que vous en... Est-ce que vous en avez côtoyé?
Puis, si vous êtes en mesure de demander
complètement le retrait du projet de loi, c'est quoi, vos propositions à ce
moment-ci? Si ça fait... Parce que, là, ça fait quand même six ans, moi, ou
presque, que je suis aux Affaires municipales, puis on ne fait pas un projet de
loi pour s'amuser. Donc, il y a des raisons pour le faire. Donc, vous, vos
propositions?
Nous, on veut protéger les élus. Puis je
ne sais pas si vous avez lu un peu, mais c'est vraiment dans des situations
de... abusives, là, des cas extrêmes, des situations abusives. Ce n'est pas la
personne qui vient au conseil de ville poser des questions. Ce n'est pas du
tout dans ces mesures-là. C'est la personne, exemple, qui est très, très
insistante, menaçante, puis ça continue, puis c'est répétitif, et ensuite il y
a même des menaces à l'extérieur de l'hôtel de ville. Donc, ce n'est pas pour
quelqu'un qui va manifester un désaccord ou, tu sais, un désappointement ou...
au conseil municipal.
Donc, moi, je dis : Qu'est-ce que
vous proposez, à ce moment-ci, si vous voulez qu'on retire le projet de loi?
Qu'est-ce que vous feriez?
M. Barrette (Denis) : ...être
clair... lorsqu'on parle de projet de loi, on parle du chapitre I du
projet de loi n° 57. On ne réfute pas tout le projet de loi n° 57.
D'ailleurs, j'ai écouté une partie des intervenantes de tantôt, je trouvais ça
très intéressant, il y a des propositions puis une discussion là-dessus. Et
puis il y a eu aussi des propositions sur les personnes, le droit... excusez
moi, l'exercice du droit de vote pour les personnes handicapées, pour les
aînés, etc., qui sont assez intéressantes. Nous, ce qu'on... notre... notre... recommandation,
c'est le retrait du premier chapitre du projet de loi n° 57 et un article
qui touche le pouvoir du <i>DGE, l'élargissement du pouvoir du <i>Directeur
général des élections.
Maintenant, pour ce qui est des menaces...
quelles qu'elles soient, qu'elles soient à l'Assemblée nationale, qu'elles soient
dans un conseil municipal, à l'extérieur, dans le... dans la rue, c'est sûr que
c'est inacceptable. La cyberintimidation, c'est sûr que c'est inacceptable. Il
y a des moyens pour y mettre fin, les... qui existent présentement. Les moyens,
et, parler très court, là, je ne peux pas trop élaborer... mais il y a des
moyens. D'abord, il y a des plaintes de police qu'on peut faire aux policiers
en vertu du Code criminel. Ça peut être assez rapide. Il y a l'article du 810
du Code criminel qui permet d'avoir rapidement une ordonnance avec des
conditions de ne pas communiquer, de ne pas rendre à tel endroit quand une
personne ou des biens sont en... à risque. Il y a aussi des injonctions dans le
système, qu'on connaît, le système général d'injonction, alors que le projet de
loi crée un système d'injonction spécifique qui, d'après nous, va créer des
problèmes.
On vous donne des exemples. Et on a vécu,
à la Ligue des droits et libertés... on a fait des tournées dans différentes
municipalités au sujet des réglementations municipales relatives aux
manifestations. Plusieurs ont été estimées abusives, arbitraires et... Parce
que, là, on... quand on rentre dans les... dans des codes d'éthique, on risque
de <rentrer...
M. Barrette (Denis) :
...codes
d'éthique, on risque de >rentrer dans... d'avoir des codes d'éthique à
géométrie variable. Et on l'a vu dans des cas de manifestation. Comme à Rouyn,
par exemple, toutes les manifestations... étaient interdites, sauf pour la
Fête-Dieu, la fête de... je ne sais pas, la parade de Christophe Colomb ou des
choses comme ça. Il y a... Bon. Donc, on sait d'expérience, en tout cas à la <i>Ligue
des droits, que malheureusement des municipalités peuvent soumettre ou mettre
en vigueur des règlements. Et on croit que le projet, la... par chapitre I
du projet de loi, est un mauvais incitatif à cet égard-là, c'est-à-dire mettre
en vigueur des règlements qui vont se retrouver à des mises en application
d'interprétations abusives.
Mme Laforest : D'accord.
M. Barrette (Denis) : On vous
donne quatre exemples. L'exemple de Sainte-Pétronille, qui n'est pas loin d'ici
d'ailleurs par ailleurs, là, d'une personne qui a fait signer une pétition par
une centaine d'autres citoyens, sur 1 000 citoyens, une pétition demandant
une enquête sur la directrice générale. Et, peu de temps après, la centaine de
citoyens recevait chacun une mise en demeure. Et, ce qui est intéressant, c'est
qu'on souligne la violence et on souligne... on considérait, dans la mise en
demeure, que la pétition est un geste violent, intimidant, harcelant. Et je... pour
avoir... Il faut faire attention lorsque, aussi, d'après nous... lorsqu'il
existe déjà des sanctions... des sanctions punitives. Comme si je prends
l'entrave, la menace, le harcèlement, c'est toujours risqué de faire des lois
spécifiques pour en rajouter, pour ajouter des interprétations qui pourraient
être fautives. Inévitablement, il y a des interprétations fautives, lorsqu'on
parle de droit pénal ou criminel, et on peut se retrouver avec des gens qui
sont injustement poursuivis. C'est un peu notre...
Et... Mais là, en plus, ce projet de loi
là, ce qui est frappant, c'est que, nulle part, le premier chapitre... nulle
part on ne fait mention de la liberté d'expression, d'opinion, d'association,
comme si on parlait d'un comportement ordinaire dans la rue. Mais on parle d'un...
d'un exercice démocratique.
• (17 h 20) •
Mme Laforest : ...et vous
allez voir, dans le projet de loi, c'est vraiment dans des situations... dans
des situations d'abus, là. Il faut vraiment... Puis je veux vous rassurer, là,
il faut vraiment avoir ça en tête.
J'ai une autre question. Au niveau de...
M. Barrette (Denis) : Mais je
ne l'ai pas lu, Mme la ministre, là. Les situations, les termes...
Mme Laforest : Oui, c'est ça.
Mais je veux vous rassurer. Vous allez voir, là. J'aime mieux vous rassurer
tout de suite.
Au niveau... Tantôt, on parlait des
informations, le droit à l'information, on parlait, par exemple, le retrait des
adresses des élus. Vous mentionnez ça. Vous n'êtes pas d'accord qu'on retire
les adresses des élus ou...
Mme Khelil (Lynda) : Cette
disposition ne fait pas partie du chapitre I. C'est un autre article, dans
le projet de loi, dont on a pris connaissance. On n'a pas de désaccord avec...
avec cette proposition.
Mme Laforest : Vous êtes... OK.
C'est bien.
Mme Khelil (Lynda) : Donc,
c'est davantage dans l'injonction, la façon dont le régime spécifique
d'injonction est formulé dans le projet de loi. Donc, on parle d'«entrave indue»,
qui est une disposition, de la manière dont c'est rédigé, très large, qui peut
porter à des interprétations et à des applications abusives.
Puis on parle aussi du droit à la vie
privée, donc... alors que le droit à la vie privée, on peut, comme je le
disais, avoir une expectative réduite du fait d'avoir une fonction élective et
d'être représentant de sa population dans une municipalité, par exemple.
Puis, si je peux me permettre de rajouter.
Quand vous demandez quelles sont les solutions... Donc, la problématique est
réelle. Et ce qu'on... le message qu'on veut... qu'on veut communiquer, c'est
que le projet de loi ne va pas davantage répondre à cette problématique. Il y a
beaucoup d'autres mesures qui sont possibles, qui ne relèvent pas de la voie
judiciaire davantage, car il y a déjà des outils dans le système juridique.
Mais ce que ça va faire, dans la manière aussi dont il est écrit, c'est de voir
des risques d'atteintes fondés aux libertés d'expression, d'opinion et
d'association, ce qui n'est pas souhaitable non plus et ce qui n'est pas pour
susciter davantage la confiance de la population dans les institutions.
Mme Laforest : OK. Mais je
veux vraiment, vraiment mettre ça au clair, là. Le projet de loi n'empêche pas
personne d'aller dans un conseil municipal, n'empêche aucun citoyen de faire
des réclamations, de parler d'un projet ou contre ou pour un projet. Il n'y a
rien qui empêche ça dans le projet de loi. Ça fait qu'il faut vraiment garder
en tête qu'on est dans des situations extrêmes, des situations abusives, puis
il faut absolument agir dans une période assez rapprochée, parce que, oui, il y
a des individus qui sont parfois menacés ou encore qui vivent certains... certains
propos assez particuliers. Ça fait que ça, il faut vraiment dire qu'on n'a
jamais... on ne touche pas la liberté d'expression, dites-vous ça.
J'ai juste une question rapide. Je
voudrais savoir, vous, est-ce que vous êtes... j'imagine que vous êtes... vous
n'êtes pas d'accord, en fait, que des citoyens qui habitent dans une
municipalité puissent se présenter... <des...
Mme Laforest :
...une
municipalité puissent se présenter... >des citoyens de Québec puissent
se présenter au conseil municipal de Montréal, par exemple, durant une soirée
d'un conseil municipal? Vous êtes pour que les gens puissent manifester ou se
présenter dans tous les conseils municipaux, dans toutes les villes du Québec,
même s'ils ne sont pas résidents dans la même ville?
Mme Khelil (Lynda) : Peut-être,
juste... juste avant, si vous permettez. Donc, on comprend qu'il y a une
distinction entre l'intention que vous manifestez et l'application possible,
dont on essaie de vous prévenir, qui peut être arbitraire et abusive. Si on
prend la disposition à l'article 9 concernant les conseils municipaux, par
exemple, on a entendu aussi certains... certains échanges ce matin. Et on ne
dit pas que... Le projet de loi ne dit pas que les personnes ne pourront pas se
présenter à une période de questions du public. Donc, ça, on le comprend bien.
Mais c'est davantage sur le dérangement qui peut survenir. Par exemple, à
Trois-Rivières, lors d'un débat entre... entre élus, des citoyens se sont levés
avec des pancartes, ont crié des slogans à certains moments. La police a été
appelée. Et très rapidement, après deux minutes, on considère qu'il n'est
absolument pas souhaitable de pénaliser par une infraction pénale les... ce
type de situation, qui relève du débat démocratique, quand bien même ils sont
un peu dérangeants, évidemment.
Mme Laforest : ...collègue
qui a d'autres questions. Alors, je vous poserai peut-être mon autre question
pour les adresses ou l'échange dans les villes, mais je vais laisser mon
collègue poser des questions.
Le Président (M. Schneeberger) :
Je vais...
M. Barrette (Denis) :
M.
le Président, est-ce que je peux me permettre de compléter ma réponse?
Le Président (M. Schneeberger) : Nous
allons aller avec le député de Beauce-Sud.
M. Poulin : ...
Le Président (M. Schneeberger) :
3 min 50 s.
M. Poulin : OK. C'est très,
très peu.
Vous nous dites que les processus actuels
des lois fonctionnent bien, que tout fonctionne bien, qu'il y a déjà des
processus qui sont en cours, que ce soit sur le harcèlement, sur
l'intimidation, que tout, tout va bien puis que les processus fonctionnent.
Alors, comment expliquez-vous qu'il y a autant d'élus municipaux qui
démissionnent? Comment expliquez-vous que, depuis la pandémie, on a remarqué
une hausse également de la haine en ligne? Comment expliquez-vous aussi qu'on
se retrouve quand même, au Canada, au Québec, dans un des endroits les plus
libres au monde en matière de liberté d'expression? Alors, vous, les
mécanismes, actuellement, ils fonctionnent? Quand on parle de harcèlement et
d'intimidation, il n'y a pas de problème?
M. Barrette (Denis) : ...pas pourquoi
on ne fait pas affaire aux mécanismes actuels. À ce moment-là, si quelqu'un
fait du... d'abord de la cyberintimidation, on doit se donner les moyens pour...
pour y mettre fin. Mais il existe, dans le Code criminel... il existe des
dispositions à ce sujet-là.
M. Poulin : Mais vous savez
qu'on n'est même pas capables de savoir qui se cache derrière l'écran, lorsque
c'est un pseudonyme, par moments. C'est ce que l'UMQ est venue nous demander ce
matin : Ayons des injonctions pour pouvoir savoir qui nous intimide. Vous
savez...
M. Barrette (Denis) : Mais ça,
c'est une... Ce n'est pas ça qui est dans le projet de loi. Je ne vois pas
les... dans le...
M. Poulin : Non, non, mais je
vous parle de propositions quand même qui ont été faites ce matin, qui
démontrent qu'on doit aller encore plus loin.
Et il y a aussi une réflexion
gouvernementale. Aujourd'hui, c'est la ministre des Affaires municipales qui
nous parle des élus municipaux, des élus provinciaux, mais on a d'autres
collègues qui vont continuer de tabler sur comment on peut davantage
travailler, oui, dans une liberté d'expression, mais également dans le respect.
Je veux savoir, la ministre l'a effleurée,
la vie privée des élus, vous nous dites : OK, on est d'accord à ce qu'on
protège les adresses, c'est ce que j'en ai compris, les adresses personnelles,
les lieux de résidence, mais on ne veut pas que ça nous empêche d'avoir accès à
nos élus ou accès à des éléments des élus. Je veux juste bien comprendre
jusqu'où s'arrête votre... votre perception de la vie privée d'un élu.
M. Barrette (Denis) : C'est
du cas par cas... Si on prend, par exemple, le conjoint, la conjointe... le
conjoint d'un élu, là, quel qu'il soit, qui est dans une entreprise qui a
affaire à une... La municipalité, c'est clairement d'intérêt public, et ça fait
partie de sa vie privée.
M. Poulin : Mais ça, c'est la
divulgation des conflits d'intérêts, un mécanisme qui fonctionne déjà. Oui.
M. Barrette (Denis) : Oui,
oui, mais ça fait partie de sa vie privée. Mais, si ce n'est pas divulgué puis
si jamais on s'en aperçoit, c'est difficile de ne pas être d'accord que c'est
d'intérêt public, tant pour un citoyen, que pour les médias, que pour la ligue,
que pour tout le monde, de le... Bon. C'est un exemple parmi tant d'autres, là.
C'est des... Oui.
M. Poulin : OK. Je veux...
Parce qu'il me reste très, très peu de temps. Vous avez donné plusieurs
exemples, dans votre mémoire, de situations que vous avez senties abusives au
Québec en matière de liberté d'expression. Vous venez de donner un exemple où
la police est arrivée trop tôt sur un lieu. Est-ce que vous demandez aux élus
d'attendre avant d'appeler la police lorsqu'ils se sentent menacés?
Mme Khelil (Lynda) : L'exemple...
Cet exemple-là, ce n'était pas un exemple de menace ou d'intimidation. Donc, il
n'y avait pas de menace ou d'intimidation lors du conseil municipal, selon
l'information...
M. Poulin : Mais la
perception des gens, la perception des élus.
Mme Khelil (Lynda) : Je
comprends.
M. Poulin : Peut-être que
vous, vous ne vous sentirez pas menacés, moi, je vais me sentir menacé, à un
moment donné, ou vice versa. Donc, vous encouragez les gens à attendre, si je
comprends bien, avant d'avoir accès à des processus qui existent?
Mme Khelil (Lynda) : Bien, il
faut se ramener à la situation dont on parle. Donc, au conseil municipal, c'est
des citoyens et citoyennes qui sont face à des décideurs qui veulent aller de
l'avant sans les consulter, sans... sans prendre en considération leurs
perspectives, leurs avis, leurs droits, qui veulent aller de l'avant, et qui
s'expriment en brandissant une pancarte et en brandissant <une...
Mme Khelil (Lynda) :
...une
pancarte et en brandissant >une bannière et en chantant quelques
slogans. Donc, on considère que ça fait partie du débat démocratique, et donc
il ne faut pas brouiller les cartes.
M. Poulin : Mais, si
quelqu'un se sent menacé... si quelqu'un se sent menacé, est-ce que vous lui
recommandez quand même d'appeler la police?
Mme Khelil (Lynda) : Bien là,
on parle de menaces qui relèvent du Code criminel. Donc, si c'est dérangeant et
que ça ne relève pas d'une menace, non.
Le Président (M. Schneeberger) :
En terminant.
Mme Khelil (Lynda) : La police
n'était pas justifiée d'être appelée.
M. Poulin : Merci pour vos échanges.
Le Président (M. Schneeberger) : Merci.
Merci beaucoup. Alors, nous allons maintenant du côté de l'opposition
officielle, et j'entends la députée de?
Une voix : ...
Le Président (M. Schneeberger) : Mont-Royal—Outremont. Parfait.
Mme Setlakwe : Merci, M. le
Président. Merci à vous deux. Je pense que vous... vous nous amenez vers une
réflexion qui est importante, il n'y a aucun doute.
Moi, je suis extrêmement sensible à toute
la question du respect des droits et libertés, la liberté d'expression. Je suis...
Je suis une élue, évidemment, à l'Assemblée nationale, j'ai déjà été élue au
municipal, je suis très sensible à ce qui se passe, au nombre grandissant de
démissions. Je pense que c'est très important qu'on pose des gestes pour
s'assurer que le climat de... au sein de nos démocraties locales, au sein de
nos gouvernements de proximité, soit sain. Ceci étant dit, vos mises en garde
sont importantes, on va... on va y réfléchir, parce que peut-être que le
libellé, comme vous le dites... l'intention est peut-être de ne pas brimer...
la liberté d'expression, mais possiblement que le libellé a besoin d'être...
d'être précisé. On va... On va y réfléchir.
Mais, devant le manque de civisme, devant
la hausse de... devant le fait que le climat se détériore, on ne peut pas le
nier, là. Le climat se détériore au sein même des conseils municipaux et au
sein des... entre les conseillers... parfois, et beaucoup vis-à-vis la
population, que ce soit dans... dans... en personne ou dans les échanges qui se
font sur les médias sociaux. Donc, notre démarche en tant que législateurs, elle
est... elle est importante.
• (17 h 30) •
Ceci étant dit, je pense qu'il y a une...
J'aimerais ça vous entendre davantage sur... C'est ça, ma question, parce que,
là, vous dites : Retirez ça complètement. Nous, on doit poser des gestes
pour... nous, le législateur, là, c'est le gouvernement qui propose un projet
de loi, mais on doit... on se doit de protéger la démocratie locale, de
s'assurer qu'elle demeure saine. Est-ce que vous auriez des... Plutôt que de
tout retirer, est-ce que vous auriez une proposition mitoyenne? Est-ce que vous
voyez des éléments? Vous l'avez déjà mentionné, là, les termes «entraver de
façon indue», «atteinte à la... au droit à la vie privée». Est-ce que vous
voyez quand même qu'il y aurait des précisions à apporter qui pourraient vous
rassurer puis répondre à vos préoccupations?
M. Barrette (Denis) : Comme
solutions, il y avait... il y a des pistes de solution vraiment intéressantes
dans la recherche qui a été... je crois qu'elle a été demandée par le
gouvernement, là, de par... de madame... Dre Mireille Lalancette. Vous
avez ça aux pages 45 à 50. Il y a des très bonnes pistes de solution qui,
souvent, touchent à la sensibilisation, la formation, l'éducation, aussi le
support des élus, pas uniquement au niveau monétaire, comme les intervenantes
de tantôt, mais le support ou... lorsqu'il... lorsqu'il arrive des situations
difficiles.
Puis c'est vrai que la démocratie, ce
n'est pas facile, ce n'est pas toujours facile, on s'entend, on le sait, mais
il faut que les débats se passent... puissent se passer sans qu'on prenne des
personnes qui se lèvent avec une petite pancarte de 81/2 par 11 en disant
quelque chose comme une menace, d'une part. Et c'est une gestion, en fait,
d'une assemblée aussi. On doit... Ça... On veut régler la... comment vous dire
ça, la gestion d'une assemblée démocratique par des sanctions pénales qui ont
des conséquences puis par des injonctions qui ont des conséquences très, très
sérieuses, très graves. Et c'est un régime spécial, je le répète, là, d'injonction.
Peut-être que ma collègue aurait d'autres... Mais, les pistes, je vous invite à
lire les pistes, là, relire... vous les avez sûrement lues, mais relire les
pistes de solution qui sont... qui sont inscrites dans le document. Et, entre
autres, on dit que les élus sont très peu informés de leurs... et de leurs
recours, et du processus démocratique, surtout dans les petites municipalités,
ce qui est le contraire des grandes municipalités.
Il faut penser aussi que les règlements
d'éthique qui vont être abordés, dans les grandes municipalités, les grandes
municipalités bénéficient de conseillers juridiques. Des petites municipalités,
ce n'est pas toujours certain ou, lorsqu'ils le font, ça leur coûte... ça coûte
cher à leur budget. Donc, on se... peut se retrouver avec des...
17 h 30 (version révisée)
M. Barrette (Denis) : ...donc
on peut se retrouver avec des... comme je disais tantôt, des règlements à
géométrie variable.
Mme Khelil (Lynda) : Donc,
notre message, c'est vraiment qu'on... ce ne sont pas des outils
supplémentaires qui vont permettre de résoudre davantage la situation sur le
plan judiciaire, donc dans la voie de la judiciarisation, et... alors qu'il y a
des campagnes à mener et des investissements à faire dans le cadre de campagnes
publiques, comme... comme M. Barrette le disait, à la fois entre les élus, parce
que, comme le rapport mentionné par M. Barrette l'évoque, la... une grande
partie du climat de harcèlement et de tension est aussi entre les personnes
élues elles-mêmes, et également une partie d'entre elle est de la part des citoyens
envers les élus. Donc, cette situation-là, pour être résolue, c'est également
par de la formation, mais des campagnes plus larges qui ne relèvent pas de
davantage de judiciarisation, alors qu'il y a déjà des outils.
Et on invite vraiment le législateur à
prendre en compte la liberté d'expression, parce que, trop souvent, lorsque des
organisations viennent prévenir des atteintes, elles ne sont pas entendues.
Ensuite, les organisations et les citoyens vont subir des atteintes à leurs
droits, vont devoir passer plusieurs années devant les tribunaux pour qu'ensuite
la disposition soit interprétée ou invalidée, mais, pendant ce temps-là, les
atteintes aux droits ont eu lieu. Donc, c'est d'autant plus important, pour le
législateur, de jouer son rôle en amont et de ne pas reléguer dans la sphère
des tribunaux ce rôle, plus tard, d'interprétation.
Et le contexte et le climat... il y a
également une lettre qui a été publiée, le 24 avril dernier, par 19 organisations
communautaires qui disent que, dans la manière dont le projet de loi est
construit actuellement, on parle toujours du chapitre I ici, il va très
certainement y avoir une utilisation qui va miner l'action politique des
mouvements sociaux ou des organisations communautaires.
Mme Setlakwe : Merci.
Effectivement, il faut agir sur plusieurs fronts, puis je ne pense pas que les
mesures qui sont mises de l'avant règlent tous les enjeux, là. Il y a... Il
faut agir, effectivement, à différents... à différents niveaux, et on va... on
va garder ça en tête quand on va l'analyser, mais moi, je comprends que ce sont
des mesures tout à fait exceptionnelles. Et puis, dans le cas que vous évoquez,
quelqu'un qui arrive, et qui brandit une pancarte, et qui... il n'y a aucun
enjeu, là, il ne faut pas qu'il n'y ait aucun enjeu. Il faut... Il ne faut pas
du tout affecter la participation citoyenne, ce n'est pas l'intention, mais on
va, encore une fois, garder en tête, là, vos mises en garde, qui sont... qui
sont très importantes.
Puis c'est sûr que, quand on se lance en
politique, peu importe à quel niveau, mais c'est surtout au municipal qu'on est
vraiment confronté de très près à des enjeux de proximité, les décisions qu'on
prend affectent directement nos voisins, voisines, il faut accepter qu'il va y
avoir de l'opposition, il va y avoir de la confrontation, là, mais dans... il
faut que ça demeure dans un contexte... en tout cas, avec respect. Il va y
avoir des adversaires, il va y avoir forcément quelqu'un qui va vouloir nous
remplacer. Donc, on s'embarque dans un... Puis les formations doivent nous...
doivent sensibiliser les élus à tout ça, mais, encore une fois... et puis là je
vais laisser ma collègue poser sa question, mais on est... on est, je l'espère,
c'est ce que je comprends, dans une... dans des situations tout à fait
exceptionnelles, malheureusement, avec... avec ce que vivent différents élus à
différents niveaux, puis c'est en train vraiment de se... de prendre une
tangente qui est hors de contrôle. Il faut qu'on réfléchisse à mieux protéger
nos élus.
Des voix : ...
Mme Lakhoyan Olivier : Bonjour...
Le Président (M. Schneeberger) : Députée
de Chomedey, c'est à vous.
Mme Lakhoyan Olivier : Merci.
Désolée. Il fallait me présenter hein, c'est ça? Je me suis dépêchée.
Le Président (M. Schneeberger) : Je
suis. Je suis.
Mme Lakhoyan Olivier : Merci.
Je m'excuse. Bonjour. J'avais hâte de leur parler, tu vois? Merci de nous avoir
envoyé vos mémoires. C'est vraiment un autre point de vue qu'on entend aujourd'hui,
puis c'est important, et puis ça nous fait réfléchir, puis on va... on va
vraiment prendre en considération pendant qu'on va étudier le projet de loi,
ça, c'est sûr.
Concernant le passage à la page 10,
lorsque vous dites : «Selon l'auteur Pierre Laurin, il est donc clair que
quiconque qui se lance dans l'arène politique abandonne, de gré ou... de force,
une partie importante de la protection de sa vie privée qui lui assuraient ces
textes législatifs de portée générale. Laurin va jusqu'à dire que,
contrairement aux citoyens ont la sphère privée est beaucoup plus grande que la
sphère publique, les personnes élues voient leur vie privée réduite au minimum,
voire jusqu'au... jusqu'à l'inexistence», bien, c'est ça qu'on veut. On veut...
Quand on habite dans nos quartiers, on veut que les gens nous saluent, on veut
que les gens nous parlent, on veut être leur... tu sais, on veut les écouter
afin d'amener les propositions à l'Assemblée nationale ou au <municipal...
Mme Lakhoyan Olivier :
...tu
sais, on veut les écouter afin d'amener les propositions à l'Assemblée
nationale ou au >municipal. C'est sûr, c'est important que les gens nous
reconnaissent dans les rues, mais, dans ce cas-là, c'est... c'est quand il y a
un danger, vraiment. Je comprends, vous êtes en train de nous donner un...
comme une alarme, une mise en garde des, peut-être, exagérations des situations
ou... des situations alarmantes. D'après vous... Ce que je comprends, avec
toutes les réponses que vous avez données : on dirait que vous voyez ça
trop large, pas assez spécifique. Donc, c'est... c'est la raison que ça vous
inquiète. Est-ce que je me trompe?
Mme Khelil (Lynda) : Peut-être
juste nous ramener au libellé de l'article 2, par exemple. Donc, par rapport
aux injonctions, on parle strictement de propos ou de gestes qui entravent
indûment l'exercice de... des fonctions de l'élu ou portent atteinte à sa vie
privée. Donc, il n'est pas question ici d'intimidation, dans la façon dont
c'est écrit, de menace, de danger et de harcèlement. Donc, c'est... c'est
d'autant plus préoccupant que l'utilisation qui peuvent être faite ensuite de
ce recours en injonction va être beaucoup plus large qu'une situation de
menace. Donc, c'est... on analyse en vertu de... en fonction de comment le
libellé est rédigé, et il n'y a pas d'indication que ça va être pour des cas de
menace. Donc, ça va être extrêmement large. C'est pour ça qu'on a dit dans
notre mémoire que c'est une... la notion d'entrave est utilisée de manière très
large et imprécise.
Et les... Peut-être revenir sur les
situations. On ne considère pas que c'est des situations comme exagérées
qu'on... qu'on vous soulève, dans la mesure où c'est des situations avérées, et
c'est quelques exemples, et... Prenons l'exemple, pour revenir à une question
qu'on m'a posée préalablement, de... du bureau de circonscription du premier
ministre, qui considère... qui répond à un groupe citoyen, suite à une campagne
de lettres, en évoquant la possibilité d'appeler la Sûreté du Québec pour
harcèlement. Donc, évidemment, quand c'est le bureau de circonscription du
premier ministre, ça veut dire qu'il y a peut-être beaucoup d'élus au niveau
municipal qui vont avoir le même réflexe. Donc, c'est pour ça que, le
législateur, c'est important de prendre en compte l'état actuel, aussi, de
réduction des espaces de contestation sociale et de nombre de mises en demeure
qui déferlent un peu partout, qui sont envoyées à des citoyens qui veulent
participer au débat public. Donc, l'intention n'est peut-être pas celle-là pour
le projet de loi, mais c'est comme ça qu'on peut très raisonnablement prévoir
que ça va être utilisé.
Mme Lakhoyan Olivier : Bien,
merci pour cet exemple-là. On va garder l'oeil là-dessus.
Le Président (M. Schneeberger) : ...cinq
secondes.
Mme Lakhoyan Olivier : Quoi?
Le Président (M. Schneeberger) :
Cinq secondes.
Mme Lakhoyan Olivier : Ça a
été vite.
Le Président (M. Schneeberger) :
Eh oui!
Mme Lakhoyan Olivier : J'avais
tellement de questions.
Mme Khelil (Lynda) : Ça passe
trop vite.
Mme Lakhoyan Olivier : Bien,
merci beaucoup.
Mme Khelil (Lynda) : Merci à
vous.
Le Président (M. Schneeberger) : Merci
beaucoup. Alors, nous allons maintenant du côté de la deuxième opposition, et
j'entends le député de Taschereau pour un 4 min 8 s.
• (17 h 40) •
M. Grandmont : Merci
beaucoup, M. le Président. Merci à vous deux pour votre présence aujourd'hui,
c'est fort apprécié. Oui, vous avez un propos qui est différent de ce qu'on a
entendu jusqu'à maintenant, mais j'aimerais quand même rappeler que, la
démocratie au Québec, on l'aime beaucoup, on veut la garder, puis, évidemment,
il faut permettre aux gens qui sont élus au niveau municipal ou à l'Assemblée
nationale de travailler sans entrave et sans risque pour leur santé, intégrité,
vie privée, mais, en même temps, il y a un pilier fondamental aussi qui est la
liberté d'expression, et ça fait partie aussi de notre démocratie. Donc, merci
pour votre mémoire.
J'aimerais vous entendre rapidement, on a
peu de temps, vous avez entendu, là, qu'on... selon vous, dans le fond... puis
peut-être que vous pourrez préciser, là, mais ce que je comprends, c'est qu'on
a déjà quand même beaucoup d'outils pour protéger les élus dans l'exercice de
leurs fonctions. Malheureusement, ce qu'on remarque, c'est qu'il y a
effectivement une hausse des incivilités, du harcèlement, des agressions puis
beaucoup de démissions. Je veux dire, ça... il y a des gens qui quittent la
politique parce qu'ils n'en peuvent juste plus, de ces agressions répétées,
physiques ou... en personne, en fait, je voulais dire, ou sur les médias
sociaux. Donc, comment on peut utiliser les dispositions qui existent déjà dans
les différentes lois pour arriver à réduire ces démissions-là ou encore
protéger mieux nos élus, tout en respectant, évidemment, là, la liberté
d'expression?
M. Barrette (Denis) : On ne
nie pas qu'il y a des problèmes actuellement, au contraire, là, entre autres
sur... pour ce qui est de la cyberintimidation, et ça ne touche pas que les
élus, ça touche beaucoup de monde. Et c'est... on peut... Il existe, encore là,
des articles dans le... des dispositions du Code criminel. Que ce soit la
menace, le harcèlement, l'intimidation, ce sont... ce sont des délits dans le code...
du Code criminel. Les policiers peuvent faire enquête, ils doivent être équipés
pour faire enquête dans ces cas-là, et, effectivement, ça doit cesser. Puis,
quand les menaces viennent de... les menaces Internet, <pardon...
M. Barrette (Denis) :
...et,
effectivement, ça doit cesser. Puis, quand les menaces viennent de... les
menaces Internet, >pardon, ou l'intimidation Internet vient de personnes
inconnues, là, des... je ne me rappelle plus le terme, là, des surnoms, bon...
M. Grandmont : ...
M. Barrette (Denis) : Oui. Ça
s'est fait souvent, d'ailleurs. Dans Prud'homme... on cite l'arrêt Prud'homme,
je crois, de la Cour supérieure<i>, un dossier d'injonction, justement,
qui souligne l'importance de la liberté d'expression, mais, dans ce dossier-là,
on a... on avait obtenu des ordonnances de la cour pour avoir les noms de... des
personnes qui envoyaient des messages, qu'il s'agisse de trolls ou d'autre
chose, pour que ça cesse.
Il y a l'article 810, que je citais
tantôt, qui est... généralement qu'on connaît en matière conjugale pour les... pas
en matière conjugale, mais en matière de violence conjugale, et qui est souvent
employé pour des... ce qu'on appelle aussi ordonnance de garder la paix, où le
juge décide ou ordonne, pour une certaine période de temps, de ne pas faire
telle chose, ne pas contacter telle personne, etc., et on peut l'obtenir assez
rapidement.
Et aussi, lorsqu'une personne est
arrêtée, je rappellerais que, si une personne est arrêtée pour menace,
intimidation, le policier qui l'arrête a le pouvoir de lui imposer des
conditions jusqu'à sa comparution. Et, s'il n'accepte pas ces conditions-là, il
va rester détenu, et le juge va lui imposer ces conditions-là. Et, dans ces
conditions-là, ça peut être... ce qu'on appelle les promesses de comparaître,
là, ça peut être interdiction de communiquer avec telle personne, interdiction
de se rendre à tel lieu ou être à 500 mètres de tel lieu. Mais tout ça,
évidemment, c'est tout le temps mis... à chaque fois, c'est mis en contexte
dans le contexte de la présente affaire, mais ça existe, ces outils-là. Le...
M. Grandmont : Donc, en quelques
secondes, qu'est-ce qu'il manque, en fait? C'est... C'est de mieux faire
connaître ces outils-là aux élus, selon vous?
M. Barrette (Denis) : Peut-être,
peut-être, ce serait une des... une des choses à faire. Mieux, aussi, les
équiper... comme dit le rapport de Dre Lalancette, là, mieux équiper les élus
pour faire face... pour gérer, d'abord, leurs comptes Web et faire face à la
cyberintimidation.
M. Grandmont : Merci.
Le Président (M. Schneeberger) : Merci
beaucoup. Alors, on vous remercie pour votre apport à la commission.
Nous suspendons quelques instants pour
laisser entrer le prochain groupe.
(Suspension de la séance à 17 h 45)
(Reprise à 17 h 49)
Le Président (M. Schneeberger) : Alors,
on reprend les travaux. Alors, nous recevons la Table de travail sur la
civilité en politique municipale. Alors là, j'ai trois personnes. Est-ce que...
Là, j'ai deux personnes que vous êtes assises. Alors, je vais vous laisser vous
présenter, parce qu'actuellement je ne vous connais pas par votre nom. Alors,
je vous laisse vous présenter. Voilà.
Mme Sharma (Jasmine) : D'accord.
Merci beaucoup. Alors... Bien, monsieur... merci, M. le Président, Mme la
ministre. Alors, je vous remercie d'avoir reçu... de recevoir la Table de
travail sur la civilité en politique municipale. Moi, je me présente, Jasmine
Sharma, je suis conseillère municipale dans mon deuxième mandat à la ville de
Vaudreuil-Dorion et je suis ici...
Une voix : ...
Mme Sharma (Jasmine) :
...merci, alors ici avec ma collègue Annie Godbout, qui est dans son troisième
mandat à la ville de Sherbrooke. Merci beaucoup de nous recevoir, de recevoir
la table, d'être ouverts à entendre la voix des conseillers et conseillères
municipaux, d'entendre notre... notre expertise, notre expérience sur le
terrain. Je crois que c'est... c'est important. Je tiens à souligner aussi la
présence — ah! Valérie — donc, de Valérie Léveillé,
conseillère d'une petite municipalité, et de Mme Diane Morin, conseillère
d'une moyenne municipalité, qui ont aussi participé aux travaux de la table de
travail.
Le projet de loi n° 57
constitue vraiment un projet... un progrès significatif, on croit, là, au
niveau de la reconnaissance du rôle des élus. Il y a des objectifs ambitieux
dans ce projet de loi, notamment on parle de renforcer la valorisation du rôle
des élus, d'encourager la participation électorale, de favoriser la rétention
des élus qualifiés. Donc, on... c'est un pas dans la bonne direction, mais on
croit que c'est quand même impératif d'apporter certaines clarifications et
améliorations particulières au projet de loi.
Alors, pourquoi avoir mis en place une
table de travail sur la civilité municipale? Bien, j'ai été confrontée à un
climat tendu au niveau de notre... mon conseil de ville. Pendant plusieurs
mois, tentatives d'aller chercher du soutien, de dénouer l'impasse par
différents mécanismes. J'ai constaté qu'il y avait beaucoup... vraiment un
manque d'outils d'accompagnement, d'accès à de l'accompagnement, manque de
certains mécanismes pour nous permettre de régler les enjeux. Alors, j'ai
décidé, après avoir suivi une formation avec l'Institut de leadership au
printemps 2023, de mettre en place une table de travail, aller chercher...
je suis allée chercher des chercheurs universitaires, conseillers, conseillères
municipaux, une mairesse, d'anciens élus à différents paliers gouvernementaux
ainsi qu'une consultante en équité, diversité et inclusion pour vraiment
m'accompagner dans une réflexion afin d'apporter des amendements au code
d'éthique et de déontologie à la ville de Vaudreuil-Dorion.
Alors, dans le mémoire, bien, vous voyez,
là, on vous partage les statistiques. Je pense qu'on les voit dans les médias. On
vous en rappelle quelques-uns dans le mémoire, à la page 4, alors je vous
en fais fi, mais force est de constater que les élus sont confrontés à un
climat difficile en ce moment et que ça a des impacts quand même assez
importants sur la rétention de ces derniers. Et on est particulièrement
préoccupés par les effets sur le recrutement des candidats de qualité aux
élections de 2025.
Dans un contexte où la diversité sous
toutes ses formes est en expansion dans le contexte municipal, et ici on parle
de diversité pas juste culturelle, là, mais diversité de genre, au niveau de
l'âge, au niveau des expériences, la table pense que c'est essentiel de doter
les élus des outils nécessaires pour développer, améliorer mais aussi renforcer
les compétences requises pour favoriser un environnement de travail politique
qui est sain et sécuritaire.
Alors, on a vraiment trois constats qui
ont émergé, là, des travaux de la table, le premier étant qu'il y a un manque
de formation et de soutien. Plusieurs membres de la table ont souligné que la formation obligatoire offerte aux élus sur l'éthique et la
déontologie, où, oui, on <aborde...
Mme Sharma (Jasmine) :
...formation
obligatoire offerte aux élus sur l'éthique et la déontologie, où, oui, on >aborde
les questions de civilité et de respect, se concentre surtout sur une
compréhension juridique de ces éléments, sans pour autant sensibiliser les élus
aux différentes formes de harcèlement et d'intimidation qui peuvent nuire au
climat de travail.
Alors, à la page 6 des travaux, on
fait référence au... à la recherche de Mme Mireille Lalancette qui parle des
microagressions. Donc, quand on parle de harcèlement, intimidation, ce n'est
pas juste des coups de poing puis élever le ton et crier, il y a plusieurs
formes de microagressions qui peuvent nuire au climat de travail.
La gouvernance est défaillante, alors les
conseils municipaux ne suivent pas tous un mode de fonctionnement clair et
uniforme, laissant souvent la partisanerie prendre le dessus.
Et, troisièmement, bien, on constate que
les mécanismes de gestion de conflits et de gradation des sanctions ont besoin
d'être précisés.
Alors, les élus autour de la table de
travail, puis, je vous le rappelle, là, on avait des élus de petites, moyennes
et grandes municipalités qui ont... qui ont participé, on s'entend tous pour
dire : C'est important de signer un code d'éthique et de déontologie, mais,
en l'absence de conséquences liées à un manquement à ce code, c'est vraiment
juste la bonne foi des signataires qui peut en garantir le respect.
Donc, bien, quelles sont les pistes de
solution possibles? On suit, encore une fois, pas mal les trois constats pour
vous en proposer, là, des solutions concrètes.
On croit que c'est important de bonifier
la formation obligatoire. L'idée, c'est de renforcer les programmes de
formation initiale et de mettre en place des exigences pour de la formation
continue. C'est pour instaurer une culture de bienveillance pour que les...
pour les élus tout au long de leur mandat et leur permettre d'acquérir ou de
renforcer diverses compétences afin de travailler ensemble dans le respect et
la compréhension mutuels. Alors, je vous invite à la fin, à la page 14,
là, on vous propose des dispositions qui pourraient être ajoutées à la <i>loi
sur l'éthique et la déontologie, notamment.
On vous propose aussi deux outils de
gouvernance pour valoriser l'équité, la diversité et l'inclusion. Premier outil
est un... d'intégrer un code de civilité à même le code d'éthique et de
déontologie. Ici, l'idée, c'est d'encourager et de maintenir un milieu de
travail respectueux, harmonieux et efficace. On l'explique dans le mémoire, un
code de conduite en matière de civilité, bien, c'est un énoncé des attitudes et
des comportements associés au savoir-vivre que de nombreux organismes qui tendent
vers la réussite et l'excellence ont dans leur boîte à outils de saine
gouvernance. Alors, si vous regardez aux pages 14 et 15 du mémoire, on
vous suggère, là, des ajouts, des amendements à la Loi sur les cités et villes,
au <i>code municipal et la loi sur l'éthique et la déontologie.
L'avantage d'intégrer un code de civilité dans le code de conduite... excusez,
d'intégrer un code de civilité dans le code d'éthique et de déontologie, bien,
c'est que ça obligerait la CMQ à évaluer les manquements reprochés en jugeant
la liberté d'expression contre des prévisions déontologiques clairement
précisées.
Deuxième outil, on en fait référence, puis
ça, on est très heureux de voir que le projet de loi propose de rendre
obligatoire l'adoption de règlements de régie interne. Par contre, il y a des
précisions qui sont nécessaires. Il y a des clauses obligatoires qu'on croit...
devraient être ajoutées pour vraiment assurer une démocratie municipale qui est
équilibrée et cohérente sur l'ensemble du territoire québécois.
Donc, de plus, je dirais, on doit aussi
encadrer non seulement les séances publiques du conseil, mais également les
rencontres préparatoires, que ça soit les caucus ou les pléniers, ainsi que les
comités, parce qu'on le sait, que les situations problématiques peuvent
survenir dans divers contextes et souvent à huis clos. Je vous encourage à
regarder notamment la page 11 du mémoire, où on en... où on en parle, et
on vous propose aussi, là, des dispositions concrètes, là, qui peuvent être
ajoutées dans ces sections de... des différentes lois.
Et, finalement, bien, on parle de
bienveillance latérale et de responsabilisation. Il serait judicieux, on croit,
de mettre en place un organisme neutre doté d'une expertise en développement
organisationnel. C'est une... une approche qui pourrait permettre de résoudre
plusieurs problèmes internes beaucoup plus rapidement, et surtout en évitant de
surcharger la CMQ avec des enquêtes qui pourraient être résolues grâce à
l'intervention d'une tierce partie neutre. Puis c'est sûr qu'identifier des
étapes claires pour la gestion de conflits, c'est important. Ce n'est pas assez
précis, en ce moment, là, dans... dans la façon de fonctionner, quelles sont
les démarches à suivre pour... arriver à dénouer l'impasse à certains niveaux. Et
donc, dans le mémoire, on vous en propose à la page 12 et 13, là,
concrètement, là, quel genre d'étapes pourraient être suivies, ce qui implique
des amendements à la loi sur l'éthique et la déontologie.
Alors, en conclusion, tu sais, en somme,
oui, le projet de loi, excellente <nouvelle...
Mme Sharma (Jasmine) :
...en
conclusion, tu sais, en somme, oui, le projet de loi, excellente >nouvelle.
On est... On est contents de voir qu'il y a quand même des changements concrets
qui sont proposés. Par contre, il manque certaines précisions, certaines
nuances, certaines clauses qui viennent... qui tiennent compte, je dirais, de
la réalité sur le terrain, une fois qu'on met des choses en application, là,
comment que ça percole dans les municipalités, comment on peut peut-être mieux
encadrer ces éléments-là.
Donc, je pense qu'on a tous à coeur le
bien-être des élus. Ce qui se passe présentement dans certaines municipalités
est clairement un signe qu'il y a une problématique qui doit être réglée. Mais
je vous remercie encore une fois, là, d'accueillir des conseillers et
conseillères pour vous partager ce qu'on vit sur le terrain, ce qu'on a appris
aussi avec nos expériences et nos essais, là, pour aller chercher de l'aide et
du soutien. Et on espère que ça va vous permettre vraiment de bonifier ce
projet de loi et de l'améliorer pour qu'on puisse encourager les élus à
persévérer, à terminer leur mandat, avoir espoir, vouloir se représenter en
2025 et en encourager d'autres aussi à s'impliquer en démocratie municipale,
c'est important. Merci.
Le Président (M. Schneeberger) :
Alors, merci beaucoup pour votre présentation. Alors, nous débutons une
période d'échange avec Mme la ministre.
Mme Laforest : Oui.
Alors, merci beaucoup. Je suis quand même rassurée parce que je vois que, dans
vos recommandations, on... dans le projet de loi, il y a plusieurs, plusieurs
de vos questions ou de vos inquiétudes qu'on va répondre positivement. Donc,
ça, je vous... je vous rassure vraiment.
Deuxième des choses, bien, je vous
félicite, là, troisième mandat. Moi, honnêtement, là... félicitations, je vous
lève mon chapeau. Puis, honnêtement, tous ceux qui font trois mandats en
politique municipale, et même quatre, là, bravo, vous êtes un exemple, je
devais le mentionner.
Vous dites, dans votre mémoire, de
désigner un organisme neutre pour accompagner les municipalités. Moi, je suis
curieuse. Est-ce que vous travaillez avec votre direction régionale?
Mme Sharma (Jasmine) : Oui.
D'ailleurs, ça prend... ça prend une... pour aller chercher certains services
d'accompagnement. Je vais vous donner l'exemple, là. Il y a un an, j'ai déposé
une résolution au conseil demandant d'aller chercher la... il y avait un
service de médiation offert par la <i>commission municipale, mais ça
nécessite une résolution du conseil, c'est ce qu'on nous a dit.
Malheureusement, la demande a été refusée par le conseil. Après les démissions
récentes...
Mme Laforest : ...
Mme Sharma (Jasmine) : Ça,
c'est corrigé? Bien, fantastique. C'est une bonne nouvelle.
Mme Laforest : Bien, si
mes collègues veulent, mais c'est dans le projet de loi.
Mme Sharma (Jasmine) : OK.
Je le sais, après, vous aviez quand même donné une directive...
Mme Laforest : Excusez,
là, mais on travaille en équipe, vraiment, mais ça, je sais que tout le monde
le demandait.
• (18 heures) •
Mme Sharma (Jasmine) : Super.
Merveilleux. Bien... Puis d'ailleurs, il y a quelques semaines, vous aviez
donné... bien, déjà presque deux mois, vous aviez donné une directive, là, aux
différentes directions régionales d'entrer en communication avec les
municipalités. Quelques éléments à ce niveau-là.
L'information ne s'est pas toujours rendue
jusqu'aux conseillers, conseillères. Donc, les lettres étaient adressées aux
maires ou aux directions générales. Moi, je suis très chanceuse d'avoir un
directeur général qui partage tout aussitôt que ça dit que ça doit se rendre au
conseil, mais il y a plusieurs élus autour de la table de... qui n'ont pas
nécessairement reçu cette communication-là. Ils ont, par contre, demandé d'en
obtenir copie une fois que moi, j'ai partagé celle que j'avais reçue.
Donc, suite à la réception de cette
lettre-là, où le MAMH, la direction régionale réitérait les services qui
étaient disponibles, notamment en matière de... il y avait une formation pour
préciser les rôles et responsabilités des élus, la médiation aussi, moi, je
suis entrée en contact avec ma direction régionale, et ce qu'ils m'ont dit,
c'est qu'effectivement ça prenait une résolution de mon conseil. Alors, je leur
ai fait part de la réalité dans notre contexte, qu'il y avait déjà eu un refus.
Ils m'ont quand même encouragée de redéposer une demande. Et je tiens à
préciser, moi, quand j'arrive avec un avis de proposition séance tenante, ça
froisse certains de mes collègues autour de la table, ce n'est pas apprécié. Je
l'ai fait quand même parce que la direction régionale m'a indiqué que ça ne
pouvait pas être une décision à... Tu sais, à huis clos, ce n'est pas une
décision, ça prenait clairement un refus ou une acceptation publique. Puis
malheureusement, encore une fois, cette deuxième fois, cette demande de soutien
a été refusée par notre conseil.
Alors, j'ai envoyé une lettre, là, au MAMH
demandant qu'est-ce que je peux faire, qu'est-ce que... qu'est-ce que j'ai
comme options maintenant, j'ai obtenu deux refus, alors quel soutien peut être
offert à notre municipalité pour... pour qu'on puisse se parler. Parce que moi,
je ne crois pas qu'on a les outils, en ce moment, dans l'équipe, puis même moi,
je ne prétends pas avoir les solutions. On a besoin d'un oeil externe pour nous
aider à dire ce qu'on a à dire puis régler les problématiques.
Mme Laforest : ...c'est
pris en note.
Mme Sharma (Jasmine) : Merci.
Mme Laforest : Puis le message
avait été envoyé, et on a retourné une lettre à tous les élus, tous les
conseillers, conseillères...
Mme Sharma (Jasmine) : Merci.
Mme Laforest : ...au sujet...
à ce sujet-là. Puis l'autre chose aussi...
18 h (version révisée)
Une voix : ...merci.
Mme Laforest : ...au sujet...
à ce sujet-là. Puis l'autre chose aussi, «la présidence du conseil municipal
soit nommée par la majorité des élus», ça aussi, là, normalement, ça devrait
bien aller aussi.
Donc moi, j'ai terminé mes... mes petites
questions. Félicitations encore une fois. Parce que ma collègue ici a plusieurs
autres questions. Mais je pense que vous ne serez pas déçus, on va travailler
ensemble. Merci.
Le Président (M. Schneeberger) : Alors,
la députée de Rivière-du-Loup—Timiscouata, vous avez la parole.
Mme Dionne : Timiscouata!
Le Président (M. Schneeberger) : Timiscouata?
Mme Dionne : Non... Oui, oui,
Témiscouata et incluant Les Basques.
Le Président (M. Schneeberger) : OK.
Ah!
Des voix : Des Basques.
Mme Dionne : Des Basques,
oui, c'est ça. Bon, excusez. Il se fait tard. Alors, reprenons notre sérieux.
Alors, bonsoir, mesdames. Alors, moi aussi, j'ai eu la chance d'être
conseillère municipale en 2009, ainsi que d'autres collègues féminines ici, à l'Assemblée
nationale, et c'est ça. Bien, je pense qu'il y a de la place pour les femmes et
il y a des choses qui peuvent être améliorées aussi, mais pour l'ensemble des
élus municipaux. Mais je comprends, sachez que c'est ça, on se met dans... dans
vos souliers très, très facilement lorsqu'on a touché au monde municipal.
Dans votre mémoire, vous proposez aussi
différents sujets de formation que devraient suivre les élus municipaux tout au
long de leur mandat. Pour vous, à quel point ces formations-là sont
essentielles dans la... la durée, puis... Parce que là vous parlez des six
premiers mois pour un premier mandat, puis après ça, neuf mois, puis qu'on doit
peut-être réitérer aussi certaines formations. Pouvez-vous m'en dire un petit
peu plus là-dessus?
Mme Godbout (Annie) : Oui, en
fait, c'est sûr qu'on voit que les formations qu'on a quand on débute comme élu,
c'est beaucoup sur le juridique, les règles, la <i>loi des cités et
villes, les décrets. Tout est fondé, hein, sur les lois, mais il n'en demeure
pas moins qu'il y a tout le... le volet maintenant de savoir être, savoir
débattre.
Moi, j'ai eu, à l'Université de
Sherbrooke, un atelier sur l'écoute, comment écouter l'autre dans un contexte d'idéation
puis de création, puis franchement, là, c'était... ça amenait, je trouve, la
réflexion, le débat à un autre niveau quand on a un savoir-être qui est
différent. Puis honnêtement, moi, j'en ai parlé à beaucoup de... de collègues,
là, d'avoir autres formations que juridiques, et tout le monde trouve que c'est
une excellente idée, là, d'avoir un... un volet qui est davantage sur... sur
notre façon de travailler, là, mais pas seulement juridique, parce que c'est
vraiment à degrés variables. Puis, vous savez, les enjeux au municipal évoluent
énormément. C'est de plus en plus complexe. Il y a beaucoup de choses qui sont
maintenant dans notre cour, et ça prend... il faut être préparé à ça, là. Ce n'est
plus... ce n'est plus aussi simple qu'avant.
Mme Dionne : Oui, puis on
parle beaucoup de civilité. C'est sûr qu'au niveau de la civilité, le
savoir-être, le savoir... c'est ça, le savoir-être, c'est difficile aussi de
venir légiférer là-dessus. Mais croyez-vous quand même que les mesures mises en
place par le projet de loi vont aider justement à garder un peu cette... ou à
ramener cette civilité-là au sein des conseils municipaux?
Mme Sharma (Jasmine) : C'est
certainement aidant, mais je dirais que l'importance de la formation continue
est là aussi parce qu'on va chercher une expérience de groupe aussi quand on
travaille ensemble. Donc, une formation dans les six premiers mois, il faut
comprendre, hein, on arrive comme élu, on est tout de suite dans les budgets
municipaux. On suit nos formations si on est nouvellement élu, et c'est
beaucoup, beaucoup d'informations. Puis, on le sait, là, à répéter l'information,
des fois, devoir l'appliquer, vivre certains contextes concrets puis, après ça,
retourner en formation un an après avec les collègues avec qui on travaille,
ça, c'est un autre élément qui est important, là.
Je sais que la formation en
visioconférence est devenue très populaire avec la pandémie. Mais, au niveau de
la table, on pense que ce serait important que les mêmes membres du conseil
assistent à ces formations-là ensemble pour entendre l'information ensemble,
pour poser les questions, entendre les questions de leurs collègues et aussi
pouvoir échanger peut-être sur des choses concrètes, là, qui se sont passées au
niveau du conseil en cours d'année pour recadrer, là, progressivement les
choses avant que ça dérape puis que ça devienne envenimeux, là comme... comme
ambiance.
Mme Dionne : Merci pour les
précisions. Dans votre mémoire aussi, vous proposez d'inclure un certain
contenu au règlement de régie interne, tout ça. C'est sûr que les... au niveau
des conseils municipaux, hein, c'est... c'est très varié. On a des partis
politiques, on a des conseils avec des conseillers indépendants, on a des
petites municipalités rurales, on a les grandes villes, les arrondissements.
Bref, ne craignez-vous pas, dans le fond, de devoir limiter, en obligeant à un
certain contenu, là, à toutes les municipalités, de devenir un peu restreindre
la marge de manœuvre des municipalités pour qu'elles puissent adapter,
peut-être, le contenu de la régie interne à leur réalité?
Mme Sharma (Jasmine) : Bien,
si vous regardez, tu pourras ajouter Annie, là, si vous regardez <ce qui
est proposé...
Mme Dionne :
...pour
qu'elles puissent adapter, peut-être, le contenu de la régie interne à leur
réalité?
Mme Sharma (Jasmine) :
Bien,
si vous regardez, tu pourras ajouter Annie, là, si vous regardez >ce qui
est proposé, c'est plus des principes qui devraient se retrouver, des concepts
qui devraient se retrouver dans un règlement de régie interne. Puis c'est sûr
qu'on regarde ça aussi avec les lunettes IDI, là. Donc, c'est juste pour
s'assurer que tous puissent vraiment participer aux débats.
Ce qu'il faut être conscient, c'est que ce
n'est pas toutes les municipalités qui ont un règlement de régie interne. Donc,
dans les petites et certaines moyennes municipalités, des gens qui ont
participé à notre table, ils nous disent qu'ils n'avaient même pas l'occasion
d'amener un point à l'ordre du jour, ne pouvaient même pas prendre la parole
pour exprimer leur opinion sur une résolution avant la prise d'un vote, parce
que ce n'était pas prévu, il n'y avait pas de règlement. Donc, c'était comme on
le faisait en pratique. Même dans ma municipalité, Annie pourra renchérir pour
la sienne, là, mais notre règlement de régie interne était désuet. Puis une de
mes collègues est allée chercher un avis juridique pour qu'on puisse modifier
le règlement de régie interne, tout simplement pour nous permettre d'apporter
des points à l'ordre du jour. Donc, ce concept d'avoir un avis de proposition
n'existait pas dans notre municipalité avant 2023.
Donc, il y a des choses de base. On parle
juste en matière de saine gouvernance, là, pour s'assurer que tous aient
l'occasion de participer de façon équitable, tant au niveau des séances du
conseil, qu'en rencontre préparatoire, comment on nomme les gens au niveau des
comités, ça aussi, c'est quelque chose qui a été rapporté par plusieurs membres
de la table. D'aller, tu sais, mettre en place des règles qui donnent quand
même une flexibilité aux municipalités de voir le comment de la chose, là,
selon leur réalité, mais, à la base, qu'on ait des fondations qui sont quand
même uniformes. Si tu veux ajouter.
Mme Godbout (Annie) : Oui, si
je peux ajouter. Je vous dirais que je me suis beaucoup intéressée aux règles
de régie interne. Moi, j'ai fait le tour des 10 plus grandes villes, puis on
voit que c'est vraiment à degré variable. Et de prendre le temps, là, de
moderniser nos règlements de régie interne, notamment avec l'apparition des
partis politiques au municipal, où clairement, actuellement, c'est inéquitable
dans la façon de gérer. Puis il faut que les règles du jeu soient modernisées,
équitables. Puis ce n'est pas juste que, quand on est conseillers municipaux
qu'on voit les problématiques, puis quand on devient maire ou mairesse, bien,
tu sais, ça nous convient d'avoir un certain pouvoir. Donc, je pense qu'il
faut... je pense que ça serait de bon augure, là.
Mme Dionne : Puis on parle de
civilité, tout ça, mais moi, ce que je me rends compte peut-être aussi dans mes
municipalités qui ont des problématiques présentement, là, c'est aussi une
question de compréhension, peut-être du rôle et des responsabilités de chacun.
Ça, est-ce que vous êtes en accord avec ça? Est-ce qu'on devrait peut-être éduquer
peut-être plus... ou, tu sais, dans le fond, pour une meilleure compréhension
des rôles et responsabilités, autant du personnel administratif, que les élus?
• (18 h 10) •
Mme Godbout (Annie) : Oui,
bien, on a eu, à Sherbrooke, justement, une formation récemment avec deux
avocats. Mais, encore là, c'est encore des avocats, c'est encore le volet
juridique qui est venu... qui est venu nous, nous former de revoir, là, tout ce
volet-là. Et c'est sûr que les lignes sont très minces, là, entre, entre
autres, l'administratif et le politique. Mais moi, je peux vous dire que... tu
sais, je tiens quand même à le dire, là, vu qu'on n'a pas tant de temps, là,
mais, quand on a travaillé, oui, avec la table de travail... Mais Jasmine,
quand elle a présenté le mémoire, la raison pour laquelle que je suis venue
l'accompagner aujourd'hui, c'est que vous savez qu'à Sherbrooke, on est en
accompagnement actuellement avec la CMQ. Et quand moi, j'ai eu ma rencontre
avec la CMQ, il y a certains éléments, effectivement, qu'on ne peut pas agir,
au niveau de relations humaines, c'est plus difficile.
Puis les trois éléments clés que j'avais
soulevés au commissaire qu'on a rencontré de la commission, c'était justement
de la formation que je vous ai expliqué tout à l'heure, les règles de régie
interne qui doivent être modernisées, les espaces de débat, de créer des
espaces plus sains, plus équitables entre... avec les partis politiques, et
aussi tout le volet que, quand on a des règles de régie interne puis qui ne
sont pas suivies par les élus, maires ou mairesses, bien, c'est qui est là pour
les faire respecter? Et c'est pour ça que d'avoir une entité, un espace qui est
simple et accessible, parce que c'est beau de se mettre des règles, mais encore
faut-il les respecter, et c'est ça qui est assez troublant en ce moment, c'est
que ça devient far west quand tu te mets des règles en place, et qu'il n'y a
personne pour les faire respecter. Donc, il faut assurément revoir ces... ces
mécanismes-là pour améliorer ce climat-là.
Puis je tiens... je réitère qu'on veut
améliorer le climat entre les citoyens et les élus, mais je pense que ça passe
d'abord par une... une prestation exemplaire entre élus. Et plus les règles du
jeu vont être améliorées, bonifiées, bien, plus ça sera profitable pour la
société québécoise.
Mme Dionne : En terminant,
justement, pour faire du pouce, parce qu'un grand pan de ce projet de loi là,
c'est de la <protection des élus...
Mme Godbout (Annie) :
...pour
la société québécoise.
Mme Dionne :
En
terminant, justement, pour faire du pouce, parce qu'un grand pan de ce projet
de loi là, c'est de la >protection des élus. Donc, pensez-vous que les
mesures, là, pour protéger les élus, là, sont suffisantes?
Mme Sharma (Jasmine) : C'est
un bon début, je dirais, mais il y a des précisions, là, qui sont nécessaires,
je pense, pour vraiment nous assurer... Puis les propositions que nous, on
fait, on est vraiment en mode prévention, là. Et je pense qu'il y a des outils,
des mécanismes de base qui devraient être mis en place, puis c'est justement
pour prévenir les situations qu'on voit, là, dans plusieurs... dans plusieurs
municipalités. C'est ce que je dirais.
Mme Dionne : Comme un code de
conduite pour nos conseils municipaux...
Mme Sharma (Jasmine) : Exactement...
Mme Dionne : ...qu'on va
justement... régie interne qu'on va...
Mme Sharma (Jasmine) : ...régie
interne, formation. Puis, comme on dit, hein, tout est dans tout.
Mme Dionne : OK. Je ne sais
pas s'il reste du temps pour mes collègues.
Le Président (M. Schneeberger) : D'autres
questions? Députée de Labelle...
Mme Jeannotte : Bien, merci,
M. le Président.
Le Président (M. Schneeberger) : ...deux
minutes.
Mme Jeannotte : Bien, dans le
fond, c'est ça, c'est que l'élu a une vision. Vous avez des fonctionnaires qui
sont là, mais c'est intéressant de vous entendre parler, de dire que, des fois,
la ligne est mince. Donc, c'est comme si nous, à l'Assemblée nationale, on a
des règlements, mais on n'avait pas de président pour faire, dans le fond,
l'arbitre. C'est comme si vous n'aviez pas d'arbitre, c'est un peu ça, dans le
fond. Donc, ça, c'est très difficile. Puis la connaissance des rôles et
responsabilités, elle n'est pas assez claire, ce n'est pas assez noir et blanc,
c'est... Puis j'aurais été curieuse de vous entendre sur jusqu'à quel point
vous utilisez, entre guillemets, là, le mot «utilisez», vos... les
fonctionnaires du palier municipal versus la direction territoriale du MAMH,
et... versus, pardon, la MRC, versus les fonctionnaires de la MRC. Quelle est
la... Est-ce que les élus se servent plus de... des collègues de la MRC ou de
la direction territoriale?
Mme Sharma (Jasmine) : Donc,
les élus ont... je vais parler pour ma municipalité, on doit passer par la
direction générale pour toute question. On ne peut pas communiquer directement
avec des fonctionnaires, des directeurs, là, ça, c'est interdit. Puis je pense
que c'est quelque chose qui est quand même important, là, pour garder un
certain contrôle. Mais donc tout dépend de ta relation aussi avec la direction
générale. Quand il y a des situations... tu sais, le directeur général peut se
trouver entre l'arbre et l'écorce, là, c'est comme... En principe, les
questions qu'on pose et les réponses auxquelles on a droit, c'est des sujets
qui sont à l'ordre du jour, les sujets qui sont en cours de débat au conseil.
Donc, si ce n'est pas à l'ordre du jour puis si ce n'est pas un sujet qui est
traité actuellement ou qui a déjà été traité, n'est pas nécessairement dans
l'obligation de nous donner l'information, de nous donner accès à cette
information-là.
Mme Jeannotte : ...
Mme Godbout (Annie) : Bien,
je dirais peut-être, curieusement, tu sais, c'est mon troisième mandat, comme
vous avez compris, mais c'est qu'on a, comme élus, l'impression que les
directions régionales du MAHM parlent avec des maires et mairesses et
parlent...
Le Président (M. Schneeberger) : Merci.
On n'a plus de temps.
Mme Godbout (Annie) : ...avec
les directions générales de municipalités. Pardon?
Le Président (M. Schneeberger) : On
n'a plus de temps. Voilà. Alors, nous allons maintenant du côté de l'opposition
officielle avec Mme la députée de Mont-Royal—Outremont. Parfait.
Mme Setlakwe : Merci, M. le
Président, bien, je vais commencer mon temps en vous permettant de terminer
votre réponse. Allez-y.
Mme Godbout (Annie) : Bien,
en fait, c'est que, comme élus... comme conseillers municipaux, là, on n'a pas
l'impression qu'on a accès à ces ressources-là. Moi, ça a adonné, tu sais, que
j'ai croisé le directeur régional dans un événement, puis on... J'ai eu une
discussion avec lui, puis c'est là que j'ai... c'est là que j'ai compris que je
pouvais avoir accès aux services du MAMH pour un conseiller municipal. Ça fait
que ce n'était pas si clair, je trouvais, là, mais c'est... Puis là une fois
qu'on le sait, par exemple, c'est super.
Mme Setlakwe : Merci. Donc,
je pense qu'on a... on a compris que vos revendications ou ce que vous mettez
de l'avant, c'est plus pour gérer ou améliorer le climat au sein même des
conseils... des conseils municipaux. Le projet de loi, peut-être, a besoin
d'être peaufiné à ce niveau-là, là. Je pense qu'il fait des avancées
significatives, oui, au niveau de la formation, puis oui pour travailler en
amont, et oui pour protéger les élus vis-à-vis des citoyens qui sont menaçants
ou qui font preuve de harcèlement ou d'intimidation, tout ça, mais j'aimerais
ça vous entendre davantage sur les problématiques qui touchent certains élus au
Québec. Puis vous faites partie d'une table de travail. Vous avez quand même
parlé à beaucoup de gens, sans parler de vos expériences personnelles, mais
allez-y, là, si vous voulez le faire. Mais qu'est-ce que vous entendez? Je
pense que c'est pour le bénéfice de la commission. C'est bon qu'on ait des
exemples concrets, là, de ce qui vous limite dans l'exercice de vos fonctions
d'élu, pour qu'on ait tout ça en tête, quand on va étudier le projet de loi et
qu'on va revoir vos recommandations, qu'on ait en tête ce qui... ce qui vous
brime dans le quotidien, dans l'exercice de vos fonctions.
Mme Godbout (Annie) : Oui, en
fait, tu sais, moi, je ne suis pas venue pour, mettons, parler spécifiquement
des enjeux... liés à Sherbrooke, mais quand... C'est sûr qu'on met des règles
de fonctionnement en place, c'est dans le but qu'on soit optimal dans notre
façon de <travailler à la ville...
Mme Godbout (Annie) :
...liés
à Sherbrooke, mais quand... C'est sûr qu'on met des règles de fonctionnement en
place, c'est dans le but qu'on soit optimal dans notre façon de >travailler
à la ville. Puis moi, au-delà d'un climat, des fois, difficile... Parce qu'en
politique, là, c'est sûr qu'entre élus on est passionnés. On a des discours, des
fois, tu sais, qui... qui nous dépassent, là, parce qu'on est emportés, parce
qu'on est passionnés par le sujet. Mais, quand, en fait, ça devient scléroser
la ville, où les dossiers n'avancent pas, c'est ça... c'est là que ça devient
problématique. Nous, il y a plusieurs dossiers, entre autres à Sherbrooke, où
ça avance extrêmement lentement. Encore la semaine dernière, on a eu un dossier
qui a traîné pendant un an, qui a été vu en commission comme on a aujourd'hui,
mais, avant que ça se rende au conseil municipal, ça a pris en... en deuxième
étape, là, ça a pris un an avant que ça se rendre au conseil. C'est
complètement inefficace. Donc, c'est ça, la problématique, entre autres.
Puis là aussi, l'autre problématique,
c'est que, quand on entend à travers... parce que je fais beaucoup de revues de
presse sur la gouvernance à travers les différentes villes, je suis très
intéressée par ça, tu sais, on le voit, que, dans les... tu sais, les plus
petites municipalités, tu vois que ça paralyse aussi, parce que les
fonctionnaires quittent, il y a plusieurs gens qui quittent le bateau. Donc,
c'est... c'est ça aussi qui est problématique, au-delà du fait qu'on est un peu
inquiet que... qui va se présenter aux prochaines élections.
Mme Sharma (Jasmine) : Moi,
j'ajouterais qu'il y a... il y a des enjeux au niveau... Il y a un manque de...
de mécanismes de gradation au niveau de la gestion des conflits et au niveau de
la gradation des sanctions, donc, un élu qui se trouve face à des
microagressions répétées, puisse dire : Bien là, est-ce que ça vaut
vraiment une plainte à la CMQ, ou est-ce que j'endure, j'endure, j'endure
pendant un certain temps, jusqu'à ce que ça ne soit plus intolérable... que ça
soit plus tolérable? Si on avait des mécanismes de gestion de conflits en
amont, puis on en propose, là, on en propose concrètement, là, les étapes à
suivre dans ce mémoire, ça permettrait de dénouer certains... certaines
situations. Ça permettrait peut-être à des gens qui ont des comportements
inacceptables de se recadrer carrément, là, et de ne pas se rendre dans des
situations malsaines au niveau des conseils. Ça fait que ça, c'est important à
regarder.
Puis, tu sais, il ne faut pas... Des fois,
là, la conséquence, ce n'est pas que la ville devient dysfonctionnelle, mais
c'est la conséquence sur juste le concept d'une saine démocratie. Quand il y a
des élus qui sont isolés, des élus qui sont... qui te font sentir qu'ils sont
incompétents, parce qu'ils posent trop de questions ou qui ne sont pas aimés ou
appréciés par leurs collègues, et que ces gens-là, tranquillement, commencent à
s'autocensurer, à ne plus participer activement dans des comités ou aux séances
du conseil, moi, je pense que ce n'est pas servir la démocratie, parce qu'à la
base d'une démocratie, bien, c'est de pouvoir échanger, avoir des débats, des
échanges d'idées pour qu'on arrive à des compromis puis des décisions qui
reflètent vraiment les intérêts de la communauté.
• (18 h 20) •
Mme Setlakwe : Merci...
Le Président (M. Schneeberger) : ...Mme
la députée, c'est à vous, Chomedey. Oui, oui.
Mme Lakhoyan Olivier : Merci
d'être là. Donc, ce que vous suggérez, c'est uniformiser la formation par le
ministère pour toute la province du Québec, comme ça, tout le monde seront à un
même niveau d'ordre.
Mme Sharma (Jasmine) : Oui,
notamment, c'est une des choses qu'on propose. Le pourquoi, c'est parce que je
pense que tout le monde avoir... devrait avoir la même information à la base,
avoir la même compréhension, puis je pense que, oui, c'est important au niveau
des rôles et responsabilités, au niveau aussi du code d'éthique. Mais, comme
Annie aussi l'a mentionné, c'est de faire ces formations-là pas juste avec des
lunettes juridiques, là. En termes de développement organisationnel, il y a
d'autres façons d'aborder des formations. Je vous invite à regarder... Tu sais,
les élus, on est dans une situation particulière, on n'est pas dans une
situation de plein emploi, donc on n'est pas protégés, là, par la CNESST, etc.,
mais on en parle un petit peu dans le mémoire, mais c'est peut-être des pistes
de réflexion intéressantes pour vous. La <i>loi sur les artistes, et on
regarde le milieu universitaire également, tout ce qu'ils mettent en place en
termes de formation pour la prévention de harcèlement et de l'intimidation,
c'est des formations obligatoires, des formations continues aussi qui doivent
être prises.
Donc, ça peut être des pistes
intéressantes à regarder, parce que, comme on a dit, tu sais, oui, formation
initiale pour aller chercher les principes de base, mais, après ça, c'est
important de renforcer les choses, une fois qu'on a pratiqué des choses sur le
terrain, qu'on a... qu'on a <un petit peu d'expérience...
Mme Sharma (Jasmine) :
...principes
de base, mais, après ça, c'est important de renforcer les choses, une fois
qu'on a pratiqué des choses sur le terrain, qu'on a... qu'on a >un petit
peu d'expérience, de pouvoir retourner, puis questionner, puis retravailler,
puis vraiment renforcer tous ces principes-là, c'est important aussi.
Mme Lakhoyan Olivier : D'après
vous... qu'est-ce que vous suggérez afin qu'on puisse faire respecter la
civilité, tiens?
Mme Sharma (Jasmine) : C'est
sûr que nous, on parle d'un organisme neutre qui serait mis en place, parce
qu'on trouve que, tu sais, surcharger la commission municipale, là, avec
l'accompagnement d'un élu avant le dépôt d'une plainte, ce n'est peut-être pas
son rôle, mais à moins que cette instance-là pourrait relever de la CMQ ou du
MAMAH. Mais ce qui manque, pour les élus, c'est cet accompagnement-là. Quand on
vit une situation difficile, bien, ou qu'on voit qu'il y a un manquement au
code à qui on se tourne. On ne peut pas se tourner à notre direction... générale,
à la ville, parce que, tu sais, c'est...
Mme Lakhoyan Olivier : C'est
là, le problème.
Mme Sharma (Jasmine) : ...ça
les met dans une situation quand même assez difficile. Au niveau du MAMH, pour
le moment, ça prend une résolution pour, tu sais, aller chercher de
l'accompagnement plus... plus encadré. Là, je suis contente, il y a une
ouverture pour enlever cette exigence-là, c'est sûr que ça aiderait. Mais une
tierce partie qui aurait aussi un regard neutre sur une situation, qui pourrait
guider l'élu dans les étapes à suivre, puis aussi guider l'élu dans ce qui doit
être documenté pour éventuellement une plainte qui doit être déposée, parce que
l'autre enjeu, quand on arrive à la CMQ, il y a beaucoup de plaintes qui sont
non recevables, soit parce qu'elles ne sont pas bien documentées, soit parce
qu'on ne sait pas trop qui étaient les témoins, qui on doit questionner, mais
s'il y a des étapes claires qui sont établies, que ces étapes-là sont suivies
puis qu'ils font partie du dépôt d'une plainte éventuelle, on croit que ça va
aussi alléger la tâche de la CMQ dans l'analyse de ces plaintes-là.
Mme Lakhoyan Olivier : Oui,
allez-y.
Mme Godbout (Annie) : ...compléter.
En fait, on voulait aussi... C'est l'intention en arrière, là, la
multiplication des structures, ce n'est pas l'idéal, là, on va se le dire, mais
peut-être à l'intérieur, entre autres, de la direction régionale, s'il y a une
équipe qui peut être en place comme... Je donnais l'exemple à mes collègues, il
y a une équipe respect sur le campus de l'Université de Sherbrooke qui joue
justement un peu ce rôle là où c'est des gens en développement organisationnel,
des gens qui... avec une certaine expertise, qui pourraient être aidants, parce
que l'idée, hein, c'est d'éviter l'escalade. Plus on essaie de régler le
problème le plus rapidement possible, mais plus on évite des escalades.
Mme Lakhoyan Olivier : On a
entendu beaucoup parler des situations où des élus devaient quitter par
harcèlement à l'extérieur, mais là, vous nous apportez un autre point de vue à
l'interne. C'est inquiétant. Il y en a-tu tant que ça?
Mme Sharma (Jasmine) : Bien,
écoutez, nous...
Mme Lakhoyan Olivier : ...
Mme Sharma (Jasmine) : ...notre
table est composée d'élus qui vivent des... des enjeux internes, et je sais que
demain vous... vous allez rencontrer la Coalition Faut que ça change qui compte,
maintenant, à peu près 150 membres, puis c'est tous des enjeux au niveau
de problématiques entre élus.
Mme Lakhoyan Olivier : Intéressant.
Il me reste combien de temps?
Le Président (M. Schneeberger) : Il
vous reste six minutes.
Mme Lakhoyan Olivier : OK.
Vous parlez de... à part le code de civilité dont on a couvert, vous parlez de
rencontres préparatives...
Mme Godbout (Annie) : Oui,
mais, en fait...
Mme Lakhoyan Olivier : ...je
m'excuse, est-ce que c'est avant d'être élu, après être élu? Pouvez-vous
élaborer là-dessus, s'il vous plaît?
Mme Godbout (Annie) : Oui.
Bien, en fait, comme les séances du conseil municipal, c'est surtout des
séances où on prend les décisions par résolution, puis ça varie d'une
municipalité à l'autre. Mais, avant ces... ces séances du conseil, il y a des
ateliers publics, là, c'est soit des caucus, des rencontres préparatoires, il y
a différents noms, là, qui sont utilisés, donc aussi, tu sais, souvent...
D'ailleurs, justement, à Sherbrooke, tu sais,
ce n'est pas encadré, là, dans notre règlement de... de règles de régie interne
comment... comment tout ça est géré, c'est quelque chose que... Quand on a eu
notre formation sur les rôles et responsabilités, qu'on s'est dit que ça
commençait peut-être à urger, d'avoir ce type de... de règles là, mais c'est
tout aussi important, sinon encore plus, ces rencontres préparatoires là, de
mettre en place les règles du jeu puis de créer des espaces de débat. Parce
que, vous savez, sur les enjeux qu'on... qu'on vit, vous le savez, là, les
enjeux socioéconomiques et environnementals, d'avoir un dossier puis d'avoir
trois minutes pour juste t'exprimer sur le sujet et non pas pour débattre, puis
d'avoir vraiment des échanges, puis d'essayer de s'auto-influencer, tu sais, on
n'est pas du tout <dans cette dynamique-là...
Mme Godbout (Annie) :
...débattre,
puis d'avoir vraiment des échanges, puis d'essayer de s'auto-influencer, tu
sais, on n'est pas du tout >dans cette dynamique-là. Puis c'est
important d'avoir des débats qui sont sains et qui... bien, sains pour la
démocratie, là. Vous comprenez ce que je veux dire?
Mme Lakhoyan Olivier : Oui.
Mme Sharma (Jasmine) : Donc,
c'est ça, tout... Effectivement, donc, le projet de loi de propose,
obligatoire, un règlement de régie interne, mais juste pour les séances
publiques. Nous, ce qu'on demande, en fait, c'est que cette obligation-là soit
d'avoir un règlement de régie interne qui encadre les séances publiques, les
rencontres préparatoires, donc tout ce qui précède la séance publique du
conseil, et également les comités. Dans le mémoire, là, vous le voyez, je crois
que c'est à la page 6, on explique un peu, là, les dérapages qui peuvent
se passer dans ces rencontres à huis clos. Donc, si on peut venir mieux
encadrer ces moments-là d'échange ça serait important.
Puis, tu sais, autour de la table, il y
avait une élue qui nous a partagé que, dans son cas, à défaut d'avoir un
règlement de régie interne, puis le climat est tellement toxique, ils ont deux
rencontres préparatoires où est-ce qu'un groupe d'élus est rencontré pour
passer à travers l'ordre du jour, qui est le groupe majoritaire, là, puis,
ensuite, la deuxième préparatoire avec les autres élus, ou est-ce qu'on leur
dit, bien, les orientations qui ont été prises avec la première table puis là,
bien, ils passent l'ordre du jour beaucoup plus rapidement, parce qu'il n'y a
pas de débat nécessaire, ça va passer. De un, ça ne suscite pas un échange entre
tous les élus, moi, je pense que c'est nécessaire dans une démocratie, puis,
deux, ce n'est pas efficace, là. Là, on a une direction générale, dans une
municipalité, et des directeurs qui doivent deux fois rencontrer les élus parce
que le climat est rendu tellement malsain.
Si on venait à encadrer les choses, à améliorer
la situation, prévenir la dégradation jusqu'à ce point-là, on pourrait avoir
des réunions préparatoires et même des séances beaucoup plus... beaucoup plus
efficaces.
Mme Lakhoyan Olivier : C'est
inquiétant, c'est inquiétant de savoir que, d'une municipalité à l'autre,
c'est... les choses sont faites différemment.
Mme Sharma (Jasmine) : Oui,
effectivement. Bien, la réalité, dans les petites municipalités, les moyennes
municipalités et les grandes municipalités, très, très différentes, les
obligations ne sont pas les mêmes puis les ressources ne sont pas les mêmes non
plus. Et tout dépend, là, évidemment aussi qui est à la direction générale.
Comme j'ai dit, moi, dans ma municipalité, on est choyés, on a quand même un
directeur général, là, qui est très transparent, qui s'assure que l'information
circule de façon ouverte avec l'ensemble des élus, mais ce n'est pas le cas
dans toutes les municipalités. Il y a des gens sur la table, il y a des
conseillers, conseillères, dans la table, qui nous ont partagé qu'ils ne
peuvent pas se tourner à leur directeur général, puis, en fait, c'est le fait
qu'on s'est réunis en table pour réfléchir un peu, qu'ils ont réalisé... Je
vais vous montrer un exemple concret, là, d'une ressource qui existe, que...
ça, ça s'appelle le Manuel de l'élu municipal. Quand j'ai été élue, en 2017,
notre greffier nous en a remis une copie. C'est un manuel, là... il nous a dit :
C'est votre bible d'élu municipal. Puis on a eu la nouvelle édition quand j'ai
eu mon deuxième mandat. Il coûte quand même 150 $, là. Pour un élu qui
fait 400 $ par mois, d'aller se payer cette bible qui peut le guider, ce
n'est pas raisonnable. Et quand que la bibliothèque ne veut pas mettre la
ressource disponible, que la municipalité... tu sais, c'est... qu'est-ce qu'on
fait, là, dans ce cas-là.
Moi, j'étais heureuse, là, d'envoyer... je
n'ai peut-être pas le droit de le faire, mais de partager... J'ai pris une
petite photo d'une page, puis dire : Bon, bien, je te partage l'info, au
moins, tu vas l'avoir puis tu peux poser des questions, tout ça. Mais c'est ça,
là, c'est la base, là. Il y a même des situations comme ça où les gens n'ont
même pas des outils de base pour avoir des références. Puis ça, c'est vraiment
toute la jurisprudence sur notre rôle, nos responsabilités, qu'est-ce qu'on a
le droit de demander, ne pas demander, quand les services qui sont disponibles,
ça se trouve ici. Et plusieurs élus n'ont même pas accès à cet outil-là.
Mme Lakhoyan Olivier : Le
directeur général est engagé par l'équipe, donc, ceux qui sont... Est-ce que le
problème, c'est qu'il y en a en opposition qui...
Le Président (M. Schneeberger) : ...
Mme Lakhoyan Olivier : Combien
de minutes?
Le Président (M. Schneeberger) : 10 secondes.
Mme Lakhoyan Olivier : Est-ce
que le parti au pouvoir... C'est-tu un problème de parti au pouvoir et
opposition?
Le Président (M. Schneeberger) : Merci.
Vous n'avez plus de temps, malheureusement, pour répondre.
Mme Lakhoyan Olivier : C'est
inquiétant pour le Québec de...
Le Président (M. Schneeberger) : Merci
beaucoup. Alors, merci à vous deux pour votre précieuse contribution.
Mme Sharma (Jasmine) : Merci.
Le Président (M. Schneeberger) :
Alors, bon retour chez vous.
Nous suspendons quelques instants pour
accueillir nos derniers invités de la journée.
(Suspension de la séance à 18 h 33)
18 h 30 (version révisée)
(Reprise à 18 h 37)
Le Président (M. Schneeberger) : Alors,
nous reprenons les travaux. Et nous recevons le dernier intervenant de cette
belle journée, alors, je le nomme : Philippe Dubois, professeur adjoint à
l'École nationale d'administration publique. Alors, bonsoir à vous. Alors, vous
avez un 10 minutes pour faire votre intervention. Par la suite, comme les
autres, vous aurez une période d'échange. Allez-y.
M. Dubois (Philippe) : Excellent.
Merci beaucoup, M. le Président. Mmes et MM. les députés membres de la
commission, d'abord, je tiens à vous remercier de m'avoir invité à participer à
ces consultations particulières sur le projet de loi n° 57, dont la
pertinence est certaine dans le contexte actuel. Je salue d'abord la volonté
gouvernementale de répondre aux besoins et aux préoccupations des élus,
particulièrement des élus municipaux, qui doivent évoluer dans un environnement
où les ressources et la reconnaissance demeurent encore limitées.
Avant de vous entretenir plus en détail
sur mon analyse du projet de loi, permettez-moi de vous résumer brièvement mes
champs d'expertise, afin de baliser la portée de mon intervention. Politologue
de formation, je suis professeur à l'École nationale d'administration publique.
L'ENAP, une constituante de l'Université du Québec, est la seule université francophone
de cycle supérieur spécialisée en administration publique en <Amérique...
M. Dubois (Philippe) :
...université
francophone de cycle supérieur spécialisée en administration publique en >Amérique
du Nord. À titre de professeur, ma recherche et mon enseignement portent
notamment sur la communication publique et politique, les enjeux contemporains
de gouvernance et la politique québécoise et municipale. Il est aussi pertinent
de vous mentionner qu'avant ma carrière universitaire, j'ai été attaché
politique et conseiller aux communications auprès d'élus municipaux. J'ai donc
été à même de constater et, à certains égards, d'expérimenter les réalités
particulières des élus locaux québécois. C'est donc en combinant mes
expériences professionnelles et mon expertise universitaire que j'ai formulé ce
témoignage.
Je vous propose d'abord de souligner
quelques tendances qui peuvent en partie expliquer les causes plus profondes du
problème que cherche à résoudre ce projet de loi. Ensuite, je vous partagerai
mon analyse et quelques recommandations.
D'abord, vous n'êtes pas sans savoir que
les élus municipaux et les élus québécois évoluent dans un contexte qui leur
est somme toute défavorable. Un sondage <i>Léger, publié en mars 2024,
indiquait que seulement 43 % des répondants font confiance aux députés et
aux ministres, et une proportion... cette proportion augmente à 53 % pour
les maires. On connaît généralement peu le rôle et les responsabilités des
élus.
Rappelons aussi qu'à l'échelle
internationale, la démocratie et ses principes se portent relativement mal. En
effet, la majorité des pays du monde ne peuvent pas être considérés comme des
démocraties à l'heure actuelle. L'attachement envers la démocratie semble elle
aussi s'effriter chez certains citoyens. Cette remise en question est en partie
alimentée par des discours populistes, de gauche et de droite, qui gagnent en
popularité. Certes, le Québec semble encore préservé. Un sondage récent, mené
par CROP en collaboration avec l'Institut du Nouveau Monde, nous apprend que
68 % des Québécois se disent globalement satisfaits de leur démocratie.
Toutefois, la pandémie de COVID-19 semble avoir contribué à populariser des
discours populistes auprès de certains segments de l'électorat. Le résultat,
c'est qu'aujourd'hui, plusieurs Québécois demeurent encore méfiants envers nos
institutions et les personnes qui évoluent en leur sein. Cette situation mérite
notre attention.
Les élus québécois, autant à l'Assemblée
nationale que dans nos hôtels de ville, sont également soumis à une forte
pression populaire et médiatique, et là-dessus je pense que je ne vous apprends
absolument rien. Nos attentes envers les élus sont élevées. S'ajoute à cela un
cadrage médiatique souvent négatif à leur endroit ou envers les politiques
publiques qu'ils tentent de mettre en œuvre.
Mentionnons aussi que les élus doivent
composer avec des mythes bien ancrés, notamment celui, coriace, que vous ne
respectez pas vos promesses. Or, les données empiriques montrent que vous
respectez globalement vos promesses, mais que ce sont les promesses brisées qui
occupent l'attention des médias et les discussions publiques.
Finalement, on peut passer sous silence
l'influence des technologies de l'information et de la communication sur le
débat public. Nos manières de s'informer et de communiquer ont été largement
transformées. À l'ère numérique, la frontière entre la vie publique et la vie
privée semble moins bien définie. Les canaux de communication se multiplient.
Pour les élus, c'est autant de points de contact avec les citoyens. Cette
communication constante, interactive et fragmentée demande temps et énergie.
Dans un contexte de forte proximité, comme le vivent les élus locaux, cela a le
potentiel de rajouter une charge mentale importante.
• (18 h 40) •
Il faut aussi souligner que tous sont
aujourd'hui à la fois des consommateurs, mais aussi des producteurs, des
diffuseurs de contenus. À tout moment, sans compétence technique particulière
ou moyen, une personne peut créer et partager du contenu sur le web et sur les
médias sociaux pour de bonnes et de moins bonnes raisons. Qui plus est,
l'intelligence artificielle générative facilite ce processus, brouillant au
passage la séparation entre le vrai et le faux. On connaît encore très peu de
choses sur les conséquences sociales et politiques de l'intelligence
artificielle générative, mais il est certain que cela représente un défi
supplémentaire pour nos élus et nos institutions publiques, qui doivent déjà
lutter à armes inégales avec la désinformation et les campagnes de
communication frauduleuses.
Une fois qu'on a brossé ce portrait
général, il importe d'analyser comment le projet de loi n° 57 peut agir de
manière à protéger les élus et à... à favoriser, pardon, l'exercice sans
entraves de leurs fonctions. Le pari est qu'en limitant les irritants en cas de
débordement, il sera plus facile de retenir les élus actuels et d'encourager
les nouvelles personnes à se porter candidates. Il s'agit d'une réponse législative
à certaines situations vécues par nos élus et qui semblent s'être accentuées
depuis quelques années. Évidemment, elles m'apparaissent à propos dans le
contexte où plusieurs politiciennes et politiciens rapportent ne plus se sentir
en sécurité ou encore ne pas avoir les moyens nécessaires pour faire cesser les
situations jugées problématiques.
Toutefois, au regard du portrait exposé
précédemment, je me dois de mentionner qu'il ne s'agit pas là d'une solution
pérenne aux problèmes complexes que nous avons abordés. Mettre le couvercle sur
la marmite n'a pas pour conséquence de faire cesser l'eau de bouillir. À mon
sens, ce nouveau projet de loi, s'il est adopté en l'état, ne peut être
considéré autrement que comme une première étape d'une réflexion plus globale
sur l'état de notre démocratie, mais aussi sur les moyens dont nos élus
disposent pour effectuer leur travail. Autrement dit, il faut aussi s'attaquer
aux causes <profondes...
M. Dubois (Philippe) :
...pour
effectuer leur travail. Autrement dit, il faut aussi s'attaquer aux causes >profondes
à l'origine du problème. Dans un contexte où la... où une proportion non
négligeable de la population semble au mieux cynique, au pire méfiante envers
la classe politique et les institutions publiques, il y a un risque, disons-le,
qu'un projet de loi comme celui-ci alimente un certain discours populiste en
étant interprété comme un signe additionnel de la déconnexion entre les élites
et le peuple. Si, à mon sens, cette possibilité n'est pas suffisante pour se
priver d'agir, il faut toutefois garder en tête qu'il faudra faire beaucoup
plus pour reconnecter ces tranches de la population à la vie publique et
politique québécoise.
Qui plus est, qu'arriverait-il si la
personne à l'origine de propos menaçants, intimidants ou harcelants était elle
aussi une élue? On sait que les relations entre les élus municipaux sont
parfois tendues dans certaines villes, il ne faudrait pas que le projet de loi
devienne un outil partisan, mais demeure une solution de dernier recours.
La volonté gouvernementale de protéger les
personnes élues et de favoriser l'exercice sans entrave de leurs fonctions est
louable et doit être soulignée. Le projet de loi, dans sa forme actuelle, est
un pas dans la bonne direction. Il propose des mesures concrètes pour régler
des situations précises. En ce sens, comme toute tentative visant à valoriser
le rôle d'élu, il doit être salué. Toutefois, le projet de loi n° 57 ne
doit pas être le point d'arrivée, mais une étape. Le chemin est encore long
pour garantir la reconnaissance publique des élus, de leur rôle, de leurs
responsabilités.
En guise de conclusion, M. le Président,
je me permets de vous soumettre ces quelques recommandations qui, je l'espère,
pourront alimenter les réflexions de la commission.
Il me semble nécessaire d'abord de mieux
documenter le travail des élus, particulièrement au palier municipal. La
recherche en sciences sociales s'est relativement peu attardée à ce niveau de
gouvernance et beaucoup reste à faire pour comprendre réellement, au-delà des
événements ponctuels et des urgences, les conditions de professionnalisation de
nos élus locaux.
Il m'apparaît aussi pertinent d'offrir
plus de moyens et d'accompagnement comme de la formation continue accessible à
tous et à toutes, les personnes élues, j'entends ici, afin de les appuyer dans
leur travail quotidien. Évidemment, ce ne sont pas toutes les municipalités qui
ont les moyens de le faire, et l'État québécois, en ce sens, peut agir comme
leader.
Finalement, je propose de continuer et
d'accentuer les campagnes de valorisation des fonctions électives et publiques
auprès de la population, notamment auprès des plus jeunes générations, qui
sont, les données le montrent, peut-être moins attachées aux systèmes
politiques et aux institutions telles que nous les connaissons aujourd'hui. La
démocratie ne doit pas être tenue pour acquise, pas même au Québec, où elle
semble se porter relativement bien. Le sentiment d'insécurité et d'épuisement
exprimé par plusieurs élus locaux et nationaux ces dernières années m'apparaît
comme la pointe de l'iceberg d'un défi plus global, celui de la santé de notre
régime politique. C'est un combat collectif dont les ramifications sont
complexes. Nous avons toutes et tous le devoir d'être des ambassadeurs de la démocratie
et d'agir en conséquence. Je vous remercie et je serai heureux de prendre vos
questions.
Le Président (M. Schneeberger) : Merci
beaucoup. Alors, nous allons débuter la période de questions du côté
ministériel, et j'entends la députée de Rivière-du-Loup—Témiscouata.
Mme Dionne : Merci beaucoup,
M. le Président. Merci, M. Dubois. Très, très intéressant, très inspirant,
votre exposé. Vous avez raison, c'est l'affaire de tous, la démocratie. Puis
sachez aussi qu'au nom de la ministre, le projet de loi n° 57 n'est pas
une fin en soi, ce n'est pas une finalité. Alors, on a eu quand même le projet
de loi n° 49, également. Donc, tu sais, c'est du travail en continu, je
pense, puis il faut s'adapter. Les réalités, c'est ça, dans le fond, changent
rapidement.
Vous parliez, tout à l'heure, des médias,
des différents canaux, des multiples canaux de communication maintenant que les
citoyens ont de pouvoir communiquer avec leurs élus. On le vit d'ailleurs à
titre de députés, hein, les Facebook et Instagram et tout ce que vous voulez.
Donc, c'est sûr que l'accessibilité aux élus, elle est... elle est bien
présente. Puis il ne reste aussi que c'est... ce sont des canaux aussi où on
n'a pas toujours l'élu en face de nous. Ça fait que je... moi, j'étais curieuse
de vous entendre. Je suis quand même... je suis titulaire d'un baccalauréat en
communication, alors ça m'intéresse beaucoup, la communication politique aussi
puis les relations avec les citoyens, mais en ce sens où pensez-vous que cette
multiplication des canaux là, cette accessibilité-là a vraiment permis de... a
vraiment contribué à cette espèce de, justement, discours populiste,
d'augmentation, là, de l'intimidation envers nos élus. Est-ce que, vous pensez,
ça a contribué de façon importante?
M. Dubois (Philippe) : La
question que vous posez, il y a beaucoup de chercheurs qui se la posent. La
réponse un peu plate, c'est que les données penchent un peu d'un côté et de
l'autre. Certainement, ça a augmenté notre perception du phénomène. Parce
qu'évidemment, à l'époque où les deux principaux canaux de communication qu'on
a comme élus avec nos citoyens, c'est la boîte vocale puis la lettre, bien,
évidemment que l'effort pour insulter un élu est beaucoup plus important. Puis
on a moins conscience de ce qui se passe autour du café, de la... tu sais,
autour d'un café ou de la taverne du coin.
Avec les médias sociaux, on voit une
partie, puis j'insiste sur «une partie», des discours <publics...
M. Dubois (Philippe) :
...Avec
les médias sociaux, on voit une partie, puis j'insiste sur «une partie», des
discours >publics qui ont lieu et on peut être interpelés aussi de façon
plus directement, à toute heure du jour, de la nuit, pendant les congés,
personnellement, parfois même très agressivement. Donc, très clairement, je
pense que du côté des élus, puis on l'entend bien dans les témoignages publics
qui ont été offerts ces derniers mois, ces dernières années, la perception,
elle est là, que ça a facilité cette espèce d'incivilité envers la charge
d'élu.
Quelle est la solution? Je pense que si on
avait la solution miracle, qu'on ne serait pas ici ou on serait tous très, très
riches, là, un des deux, dépendamment. Blague à part, je crois qu'il y a une
partie du fait que, bien, ces comportements-là sont acceptables pour une partie
de la population, et ça, c'est le problème de fond à mon sens. Et que, oui, il
faut agir, puis je pense que le projet de loi n° 57 le fait très bien, en
donnant les moyens de faire cesser des situations qui sont problématiques et
qui représentent une nuance... une nuisance, pardon, réelle. Ceci dit, ça ne
fera pas, ça ne réglera pas le problème de fond. Et je pense que le problème de
fond, c'est en partie qu'il y a des gens qui pensent que, bien, les gens qui
sont élus, ce sont des ennemis du peuple ou ce sont des bons à rien, et donc on
a le droit d'agir comme ça avec ces gens-là. Il y a peut-être en partie une
mécompréhension de votre travail puis aussi peut-être une mécompréhension des
outils numériques qui sont utilisés.
Mme Dionne : Puis vous
parliez justement à la fin dans votre résumé de campagnes. Dans le fond, est-ce
que vous avez des thèmes en particulier qu'il faudrait aborder? Parce qu'on...
justement on sera en élections municipales en 2025, alors s'il y a des messages
à passer. Parce que je pense que, oui, il y a le projet de loi pour la
protection des élus pour éviter les entraves à nos fonctions, mais il reste
aussi qu'il y a peut-être... qu'auprès du citoyen, il y a de l'éducation à
faire. Alors, est-ce que vous aviez des thèmes en particulier qui pourraient,
qui devraient être abordés?
M. Dubois (Philippe) : Bien,
je suis d'accord avec vous puis je pense que vous venez de résumer un des nœuds
du problème. C'est sensibiliser puis faire connaître aux gens c'est quoi le
rôle d'élu, au-delà de ce qu'on entend sur la place publique, puis ce qu'on
entend dans les médias. Puis c'est facile de blâmer les médias pour tout, mais
force est de constater qu'il y a un cadrage médiatique généralement négatif
autour de la politique, puis que, bien, une nouvelle, ça fait une histoire puis
une histoire, c'est souvent un raté, ou un faux pas, ou un scandale. Une bonne
nouvelle, puis quelqu'un qui fait son travail, puis quelqu'un qui arrive à
l'heure, bien, ça ne fait pas une bonne histoire, là. C'est plate, mais c'est
ça.
Donc, souvent, dans le discours public,
bien, ce qu'on entend lorsqu'on est en contact avec la chose politique, c'est
les travers, les torts de chacun, puis d'éduquer, puis de faire comprendre,
puis de montrer c'est quoi concrètement un élu : qu'est-ce que ça fait, à
quoi ça sert? Et c'est quoi les conséquences concrètes pour la vie des gens?
Puis en politique municipale puis en politique québécoise, on le sait que c'est
là où l'action concrète dans la vie des gens se joue. Donc, je pense qu'on a
deux paliers de gouvernance qu'on peut mettre de l'avant et qu'on peut
promouvoir comme étant vraiment des leviers intéressants pour tous et toutes.
Évidemment, il y a des gens... les cyniques ou les populistes ne tendront pas
l'oreille. Mais le but c'est d'aller réchapper des gens qui, bien, ne sont pas
connaisseurs ou qui ne sont pas exposés au travail que vous faites puis au
travail que les élus municipaux font et qui seraient preneurs d'informations
pertinentes à ce sujet-là.
• (18 h 50) •
Mme Dionne : Surtout qu'aussi
vous parliez de méfiance envers les élus, mais il y a aussi peut-être une perte
de confiance également envers les médias présentement. Donc, je pense que...
M. Dubois (Philippe) : Tout à
fait.
Mme Dionne : ...d'où
l'importance de se faire ambassadeur, de... et de, justement, de promouvoir
notre rôle et d'éduquer les gens finalement.
M. Dubois (Philippe) : Tout à
fait.
Mme Dionne : Si on revient au
projet de loi, est-ce que vous pensez que... Quels impacts vous pensez que ce
projet de loi aura concrètement sur la protection des élus puis nos fonctions,
là, le bon fonctionnement de nos fonctions...
M. Dubois (Philippe) : Je
pense que mon expertise, évidemment, ne couvre pas l'entièreté de ce projet de
loi là. Le chapitre I, je trouve... Quand je parle de mesures concrètes
qui répond à des problématiques concrètes, le chapitre I, à mon sens, est
un pas dans la bonne direction, un très bon pas dans la bonne direction, parce
qu'on se donne les moyens de faire cesser des irritants qui ont été à maintes
reprises amenés sur la place publique. Donc, je pense que le besoin est là, on
vient combler un besoin très clairement exprimé. Lorsque je parle des risques
de mésinterprétation de cette mesure-là auprès de certaines personnes, c'est
qu'évidemment, si on limite le droit démocratique d'un citoyen à rentrer en
contact avec son élu, pour de bonnes raisons au sens du projet de loi, ça
pourrait être perçu aussi comme un signe de déconnexion. Ça sera inévitablement
ou ça risque d'apporter de l'eau au moulin, un discours de gens qui de toute
façon ne croient plus au système, voire veulent le transformer de façon
radicale.
Donc, tout est dans l'approche puis tout
est dans... est dans la façon de faire les choses. Mais je pense que le
chapitre I, bien, demain matin, s'il est adopté, il y a des élus
municipaux puis nationaux qui vont pouvoir s'en prévaloir puis faire cesser des
irritants que j'estime... je ne l'ai pas vécu, mais que j'estime majeures dans
leur quotidien.
Mme Dionne : Êtes-vous en
faveur de la formation... de la bonification de la <formation...
Mme Dionne :
...Êtes-vous
en faveur de la formation... de la bonification de la >formation
obligatoire pour nos élus? Puis, d'après vous, quels seraient, quels pourraient
être les thèmes de formation qui pourraient être privilégiés, justement, pour
aider les élus à bien remplir leurs fonctions?
M. Dubois (Philippe) : Là,
vous demandez à un prof d'uni si on est en faveur de la formation. Évidemment
que je vais être enthousiaste.
Mme Dionne : Question
biaisée.
M. Dubois (Philippe) : Oui.
Non, mais, blague à part, je pense que... puis d'autant plus que tout est
complexe. Puis c'est un peu convenu de le dire, mais la complexité des dossiers
que les élus ont à traiter... puis je pense, particulièrement, aux élus
municipaux, puis on vient d'avoir un témoignage à cet effet, où il y a des gens
qui gagnent quelques centaines de dollars par mois, qui ne font pas ça à temps
plein, qui ont beaucoup d'autres choses à gérer. D'offrir les moyens à ces
gens-là de comprendre leur environnement, comprendre des enjeux et d'évoluer de
façon adéquate là-dedans, je pense qu'on n'est jamais perdant. Puis de
professionnaliser nos élus, de les rendre véritablement outillés, équipés,
capables d'agir en fonction de ce qu'on attend d'eux — puis on en
attend beaucoup d'eux — ce n'est jamais perdant.
Maintenant, sur la thématique, la critique
de la formation presque uniquement juridique qu'on a entendue tout à l'heure, à
mon sens, elle est valable, parce que la politique, c'est beaucoup d'autres
choses. Puis je ne dis pas qu'il faut mettre de côté les avocats pour mettre
des profs en sciences po, mais je pense qu'il y a une pluralité des enjeux puis
des contextes que les élus doivent gérer aujourd'hui, puis que, parfois, on
évite d'aborder certains sujets avec des élus parce qu'on ne veut pas
intervenir dans la sphère partisane de leur travail.
Mais, tu sais, aujourd'hui, faire une
bonne communication sur les médias sociaux, ce n'est pas uniquement à des fins
partisanes, c'est... Tu sais, les médias sociaux aujourd'hui, c'est le
téléphone d'hier. Si on n'est pas capable de répondre au téléphone, on ne fait
pas notre travail d'élu. Si on n'est pas capable de gérer nos médias sociaux
convenablement, peut-être qu'on ne fait pas convenablement notre travail d'élu
ou, du moins, pas autant que ce que les gens s'attendent de nous. Donc, il y a
un paquet de sujets, que ce soit en communication, en compréhension du système
politique aussi, oui, municipal, mais même l'État québécois. Lorsqu'on est élu
municipal, il faut traiter avec l'État québécois. Ce n'est pas tous des
politologues qui sont élus. C'est une très bonne chose que ce ne soit pas tous
des politologues qui soient élus, mais il faut accompagner ces gens-là dans le
système.
Mme Dionne : Vous avez été,
justement, attaché politique, anciennement, pour des élus. J'aimerais vous
entendre aussi sur le fait de mettre en place des mesures visant un
accompagnement accru des conseils municipaux, puis qu'une personne puisse être
désignée par la ministre. Qu'est-ce que vous en pensez?
M. Dubois (Philippe) : J'ai
trouvé la proposition originale. Je pense que ça a le potentiel d'être utile.
Je fréquente une petite municipalité de 350 personnes, où, bien, la séance
du conseil, c'est la directrice générale qui l'organise, de placer les tables,
jusqu'à faire l'ordre du jour, jusqu'à l'animer. Donc, évidemment que cette
personne-là ne peut pas avoir la tête partout.
Par exemple, par contre, j'insisterais sur
le caractère professionnalisant de l'accompagnement. C'est-à-dire qu'on ne veut
pas créer un business de consultance parallèle aux instances démocratiques. Le
but, c'est de rendre nos instances démocratiques plus outillées, plus équipées,
plus compétentes, et donc de prévoir un accompagnement, soit offert par des
institutions qui n'ont pas intérêt à développer un business ou d'avoir,
vraiment, des barèmes, très clairs, de dire : Voici le travail, voici le
mandat, voici les livrables, et d'évaluer ces livrables-là pour s'assurer qu'il
y ait un gain de connaissances et de compétences.
Mme Dionne : Vous parlez des
médias, je vais vous exposer... Bien, dans le fond, j'aimerais vous entendre
aussi sur la participation à distance dans certaines situations
exceptionnelles. Croyez-vous que ça pourrait influencer la relation de l'élu
avec les médias et avec les citoyens?
M. Dubois (Philippe) : J'ai...
Ma compréhension du projet de loi, c'est que les situations sont quand même
bien balisées, qu'un élu ne pourrait pas être en Floride à l'année longue et
percevoir son 400 $ mensuel. Ceci dit, évidemment que, lorsqu'on ne... la
perte du lieu commun, hein, la perte des échanges physiques, en personne, que
l'on a, bien, évidemment, démocratiquement, comme notre système est fait comme
ça, il y a toujours le risque de perdre quelque chose. Est-ce que ça va
arriver? Je n'ai pas de boule de cristal. Ceci dit, je pense que c'est
important de garder des moments où les élus sont rassemblés, physiquement,
ensemble, avec... au contact des autres groupes de la société, les médias
d'information, les groupes d'intérêt, les citoyens, pour favoriser l'échange.
Parce que, vous le savez, souvent, ce qui est le plus pertinent, c'est dans
l'informel. Le formel, c'est une chose, le formel a son rôle, a sa
justification, mais bon échange de machine à café ou de couloir, parfois, c'est
plus utile ou plus éclairant pour l'élu.
Mme Dionne : On parle aussi
beaucoup de la participation à la démocratie. Les élections, justement, seront
en 2025 pour le municipal. Ce qu'on souhaite aussi, c'est qu'on souhaite
augmenter le taux de participation. On a eu beaucoup de démissions, aussi,
depuis la dernière élection. Donc, pensez-vous que les mesures, en démocratie
municipale, qui sont prévues au projet de loi vont pouvoir avoir un impact
positif sur la participation aux prochaines élections?
M. Dubois (Philippe) : Encore
une fois, moi, je le vois... moi, je pense que toutes les mesures qui veulent
ramer dans cette direction-là sont <bonnes...
M. Dubois (Philippe) :
...toutes
les mesures qui veulent ramer dans cette direction-là sont >bonnes, mais
n'ayant pas de boule de cristal, c'est difficile pour moi de vous garantir un
succès, d'autant plus que la scène municipale connaît une transformation
actuelle. Et on se rend compte que cette transformation-là, tu sais, ce qu'on
voyait, une nouvelle génération d'élus, des gens qui sont motivés, des gens qui
veulent transformer, prendre ces leviers-là à bras le corps, bien, on voit que
c'est usant pour le corps et pour l'esprit. Et peut-être qu'il y a des gens qui
vont préférer passer leur tour, peut-être qu'il y a des gens qui vont dire :
Bien, j'aurais été intéressé, mais vous savez quoi? Pour ce salaire-là, je
vais... je vais laisser mon tour. Donc, il y a un paquet de facteurs qui
peuvent expliquer à la fois les candidatures puis à la fois l'intérêt des
citoyens aussi pour ça.
Mme Dionne : Merci, M. le
Président, je pense que mon collègue...
Le Président (M. Schneeberger) : Alors,
oui, alors, député de Beauce-Nord.
M. Provençal : ...
Le Président (M. Schneeberger) : Il
vous reste quatre minutes.
M. Provençal : Merci. Je vais
être très rapide. Parce qu'au départ vous avez parlé de mieux documenter le
travail des élus. Je suis d'accord avec ça, parce qu'au Québec, c'est à
géométrie variable, hein, vous avez des petites municipalités de 300 versus des
municipalités de 100 000 et plus. Et, par contre, c'est tout... ce sont tous
des gens qui prennent des décisions qui vont avoir un impact sur la population.
Ne croyez-vous pas que, dans la formation qu'on pourrait donner, il faudrait
tout de suite mettre en garde les nouveaux élus et même les anciens de toutes
les lois avec lesquelles ils et elles doivent travailler? Parce que, d'une
certaine façon, c'est la balise, ce sont les balises du monde municipal. Et
c'est dans ce terrain de jeu là qu'il faut jouer, quand tu débordes de ce
terrain de jeu là, bien, tu te fais taper sur les doigts. Et moi, je pense
personnellement qu'il y a peut-être un élément à ajouter de ce côté-là.
J'aimerais avoir votre opinion.
M. Dubois (Philippe) : Je
suis d'accord avec vous que l'encadrement juridique du travail des élus, c'est
ce qui délimite le carré de sable. On ne peut pas aller jouer ailleurs que dans
ce pour quoi on a été élu. Je crois que ce n'est pas inopportun que les élus y
soient sensibilisés. Je pense qu'ils doivent être accompagnés aussi, hein?
Parce que la logique d'élire des gens pour prendre des décisions, c'est qu'on
ne veut pas... on ne veut pas mettre des juristes ou on ne veut pas mettre des
politologues, on veut des gens qui représentent la communauté, des gens qui n'ont
pas de formation de droit, mais qui ont des points de vue différents, des gens
qui ne connaissent pas nécessairement le système politique, mais qui ont un
point de vue différent.
Donc, il faut trouver cet équilibre-là
entre en faire des spécialistes puis garder aussi cette spontanéité-là de
citoyens impliqués qui mettent leur face sur le poteau, puis qui décident
d'aller servir leur communauté. Ça fait que, oui, une formation, un
accompagnement surtout, hein, avoir du personnel professionnel, qui... pour qui
c'est le travail quotidien, puis qui peuvent guider les élus, puis, encore là,
je reviens à ce qui a été dit précédemment, qui peuvent guider les élus, pas
des élus.
M. Provençal : C'est ça. Non,
non. Ça va. Merci. Merci, M. le Président.
Le Président (M. Schneeberger) : Alors,
il reste deux minutes. Est-ce qu'on a d'autres personnes? Députée de Labelle.
Mme Jeannotte : ...oui,
merci, M. le Président. Dans le fond, ça m'avait fait réagir quand vous avez
dit...
Le Président (M. Schneeberger) : Députée
de Labelle, veuillez juste descendre votre micro.
Mme Jeannotte : Merci, M. le
Président. Vous avez répondu à mon inquiétude, parce que, quand vous avez parlé
de professionnalisation, justement, ce qui me venait à l'esprit, c'est au
contraire on veut des citoyens de tous les milieux, de toutes les... gauches,
droites, tout ça, parce qu'au fond on s'implique en politique plus pour des
idées. Puis, au fond... ça fait que vous avez... vous m'avez rassurée, mais j'aimerais
vous entendre sur qu'est-ce que vous pensez des séances qui sont publiques,
qu'on met sur Facebook, alors que d'autres ne le font pas? Vous, êtes-vous plus
en faveur de mettre carrément les séances du conseil sur Facebook?
• (19 heures) •
M. Dubois (Philippe) : C'est
un... C'est une bonne question aussi puis je pense que ça peut se répondre par
le fait de savoir s'il y a une demande. Parce que, comme tout canal, hein,
est-ce qu'il y a véritablement une demande? Est-ce que c'est le meilleur moyen
pour garantir une transparence? Est-ce que les séances publiques doivent être
accessibles, consultables? Moi, je pense que oui, parce que les élus sont
redevables, puis on a, comme citoyen, le droit et l'intérêt de prendre
connaissance du travail qu'ils font en notre nom. Maintenant, à savoir le moyen
en particulier, si une municipalité n'est pas connectée à Internet, ça ne sert
à rien de mettre ça sur Facebook.
Mme Jeannotte : Ils sont pas
mal tous connectés, là, grâce à nous.
M. Dubois (Philippe) : Oui,
oui. J'ai entendu qu'il y a un gouvernement qui travaillait là-dessus, mais
disons, ou si les gens ne fréquentent pas cette plateforme-là. Tu sais, les
médias sociaux, aujourd'hui, c'est de plus en plus fragmenté, les gens... il
n'y a plus... il n'y a plus un espace public numérique. Les gens sont sur
certaines plateformes, les utilisent de certaines façons. Donc, ça ne veut pas
dire que parce qu'on rend ça disponible, que les gens vont y aller sur ces
plateformes-là en particulier. Il y a une réflexion plus de communication
stratégique à y avoir. Mais je pense, pour répondre à votre question, que de
rendre ça disponible...
Mme Jeannotte : C'est quand
même positif.
M. Dubois (Philippe) : Tout à
fait.
Mme Jeannotte : Puis comment
on fait pour attirer les jeunes justement, c'est... le défi est encore double.
M. Dubois (Philippe) : Tout à
fait, tout à fait. Puis, encore là, je n'ai pas la réponse magique, mais je
pense que la première étape, c'est d'expliquer, hein, pour montrer à quoi ça
sert, comment ça fonctionne, pourquoi c'est comme ça. Après, les gens feront
leur choix, mais si quelqu'un est... veut douter....
19 h (version révisée)
M. Dubois (Philippe) : ...pourquoi
c'est comme ça? Après, les gens font leur choix, mais si quelqu'un est... il
veut douter, il veut transformer, bien, il va avoir la même base que tout le
monde. Puis on est à l'ère de la fragmentation. Le défi, c'est d'avoir tous et
toutes la même base d'information pour prendre des décisions puis porter des
jugements.
Mme Jeannotte : Dans le
contexte où le populisme prend de plus en plus d'espace, iriez-vous jusqu'à
dire que ça prendrait des cours de sciences politiques plus tôt dans la
sphère... au niveau de l'éducation, dans le fond, au secondaire ou même au
primaire? Qu'est-ce que vous en pensez?
Le Président (M. Schneeberger) : ...oui,
on n'a plus de temps.
Mme Jeannotte : On n'a plus
de temps. D'accord.
Le Président (M. Schneeberger) : Non,
on n'a plus de temps. Excusez-moi, je n'avais pas vu le chronomètre. Excusez-moi.
Alors, nous allons maintenant du côté de l'opposition officielle, et j'entends
la députée de Chomedey.
Mme Lakhoyan Olivier : Merci,
M. le Président. Bonjour, M. Dubois. En vous écoutant, c'est comme, je ne sais
pas, une noirceur. Je dis : Oh boy! Qu'est-ce qu'on va faire? Pour moi, la
démocratie est un système politique dans lequel le pouvoir est exercé par le
peuple en allant en vote... en donnant leur vote. Puis on est le représentant
en démocratie, donc on les représente pour venir... et que ce soient aux
conseils municipaux... municipal ou à l'Assemblée nationale, tous les élus, on
représente la population.
Je reviens, là, à votre message où vous
dites que les gens sont... sont déconnectés. Je comprends, j'ai déjà entendu
ça, et puis je comprends ça, mais j'essaie de réfléchir ensemble, qu'en
démocratie... On est chanceux d'être dans un pays comme le Canada, la province
du Québec, on a une démocratie, puis c'est notre fierté, puis... puis la <i>charte
des droits et libertés des personnes du Québec qui garantit des droits et
libertés fondamentaux. Tout ça, c'est parce qu'on a le droit de vote. Chaque personne
a sa vote, et puis c'est comme ça qu'on garde notre démocratie. Si les gens ne
font plus confiance, c'est quoi qu'ils s'attendent d'après vous?
M. Dubois (Philippe) : ...puis
je ne veux pas être un prophète de malheur, là, Mme la députée, mais... mais vous
avez raison que ça ouvre une porte que l'on ne veut peut-être pas ouvrir. Puis,
je vais vous rassurer, il y a le sondage CROP récemment avec l'Institut du
Nouveau Monde, 68 % des Québécois se disent globalement satisfaits de la
démocratie. En fait, l'enjeu ou, du moins, ce qu'on constate dans les données,
c'est que la... au Québec la démocratie, elle est davantage appréciée que les
élus. Donc, c'est un... c'est un problème, mais ce n'est pas tant le régime en
lui-même que les personnes qui l'exercent. Ça fait qu'à la limite on peut se
dire : Bien, si les gens sont insatisfaits, ils pourront changer les
personnes qui sont... qui sont à leur tête.
Ceci dit, je vous donne quelques données
du même sondage, qui, comme politologue, m'interpellent quand même, hein? On
dit 68 % des gens sont satisfaits de la démocratie, mais 33 % du même
sondage, des répondants du même sondage, doutent de l'indépendance des médias
publics face aux politiciens, ou encore 32 % pensent la même chose du
système judiciaire, ou encore 31 % disent que le mode de scrutin est
inadéquat. Donc, il y a quand même un... grosso modo, un tiers des répondants
de ce sondage-là qui doutent de certaines composantes essentielles de la
démocratie. Puis il n'y a pas un profil type de la personne qui a décroché,
mais c'est... Aujourd'hui, la politique, puis vous le savez, c'est chirurgical,
hein? Tu sais, on... c'est des segments d'électorat. Les enjeux sont complexes,
les gens ne sont plus des blocs monolithiques nécessairement. Donc, il faut
comprendre un peu plus les raisons de chacune de ces personnes-là de douter de
la démocratie pour être en mesure de leur montrer que, bien, ce n'est peut-être
pas un régime parfait, mais c'est peut-être le plus parfait des régimes ou, du
moins, c'est le moins imparfait des régimes, pour paraphraser Churchill.
Qu'est-ce qu'on fait pour régler tout ça?
Je n'ai pas la réponse. Je pense qu'un projet de loi comme celui-là, c'est un
pas dans la bonne direction, parce que ça va permettre au moins de faire cesser
des comportements qui ralentissent le groupe, hein, qui nuisent au travail des
élus, puis peut-être que ça va permettre aux élus d'en convaincre un peu plus
de la pertinence puis que, collectivement, bien, il faudra y avoir une
réflexion puis un discours pour valoriser notre régime. Parce qu'il faut
être... il faut être conscients qu'on vit... Puis le Canada, selon le Democracy
Index, 13e démocratie la plus solide au monde, mais la minorité des pays
vivent en démocratie aujourd'hui. Donc, on est... on est dans les meilleurs,
mais notre camp, ce n'est pas le camp majoritaire. Puis, à l'heure du
numérique, bien, les discours de partout rejoignent nos citoyens aussi, puis il
y a des états internationaux qui ont intérêt à ce que les démocraties ne soient
plus des démocraties.
Donc, je pense que la... la base qu'on
peut faire plus... puis là, c'est le prof de sciences po qui divague un peu,
mais... mais je <reviens...
M. Dubois (Philippe) :
...on
peut faire plus
... puis là, c'est le prof de sciences po qui divague un
peu, mais... mais je >reviens vers vous, c'est que, collectivement, si
on prend conscience de la chance qu'on a puis qu'on valorise la démocratie puis
qu'on valorise les personnes qui l'exercent, même si on ne sera jamais tous
d'accord puis qu'on ne sera jamais pleinement satisfaits, bien, ça, c'est déjà,
je pense, un pas dans la bonne direction, parce qu'au moins on va développer
une loyauté puis un sentiment d'appartenance envers le système de gouvernance
qu'on s'est donné.
Mme Lakhoyan Olivier : C'est
bien dit. Puis vous avez bien expliqué la... la valorisation et ramenez les...
la population à aimer et à respecter notre... démocratie. Concernant le projet
de loi, ce projet de loi, revenons au projet de loi, vous dites que c'est la
première étape. Donc, je vois une deuxième et troisième, quatrième étape.
Pouvez-vous élaborer là-dessus?
M. Dubois (Philippe) : Oui,
j'ai... j'ai dit «première étape», puis... puis on me l'a rappelé, tout à
l'heure, que ce n'est pas une première étape, dans le sens que ça s'inscrit
dans une série d'étapes, dans une série de mesures adoptées par l'Assemblée
nationale pour tenter d'offrir aux élus les moyens d'exercer leur mandat.
Ceci dit, quand je parle que ça ne devrait
pas être le fil d'arrivée, mais une étape dans ce processus-là, c'est qu'il
faut s'adresser... Comme c'est des problèmes complexes, avec des causes
complexes, bien, il faut s'adresser à l'ensemble de ces... de cette
complexité-là. Et encore une fois, l'itinéraire, il n'est pas connu, mais si...
Le jour où vous allez adopter ce projet de loi là, si les élus décident de
l'adopter, j'espère, et ça, c'est mon voeu de citoyen, que la réflexion ne
s'arrêtera pas au moment du vote, mais qu'elle va continuer. Puis les échanges
qu'on a me rassurent, mais que c'est un combat de tous les jours et qu'il y
aura d'autres problèmes qui vont émerger.
• (19 h 10) •
Puis je repense aux élus municipaux qui...
qui sont souvent loin de Québec, qui sont... qui vivent une réalité
complètement différente que les élus de l'Assemblée nationale et qui lancent
des cris du cœur depuis un certain nombre d'années. Et je pense qu'on aurait
tendance à mieux comprendre leur travail pour être en mesure de mieux répondre
à leurs besoins aussi, et ça, bien, c'est... c'est votre travail d'élus, c'est
mon travail de chercheur, c'est le travail d'un paquet de gens de focusser
davantage sur le comment puis le pourquoi plutôt que sur le spectacle que l'on
associe généralement à la politique.
Mme Lakhoyan Olivier : Donc,
vous, vous croyez que, d'après vous, ce projet de loi n'est pas complet?
M. Dubois (Philippe) : Sans
dire qu'il n'est pas complet, je pense que... que ce projet de loi là s'attaque
à une problématique qui dépasse la portée du projet de loi. Ceci dit, à savoir
si le projet de loi répond complètement, puis là, j'ai le chapitre I en tête, est-ce
que le projet de loi peut permettre de cesser des comportements inacceptables,
je pense que le projet de loi permet de le faire.
Mme Lakhoyan
Olivier :
Hum-hum,
OK.
M.
Dubois (Philippe) : Hein? Je ne pense pas qu'en mettant ce
couvercle-là sur la marmite, l'eau va arrêter de bouillir. Autrement dit, ce
n'est pas parce qu'on a les moyens d'empêcher les gens d'agir de façon
inacceptable avec des élus que ces gens-là vont changer d'opinion.
Mme Lakhoyan Olivier : Oui.
Vous n'avez pas... vous n'avez pas mentionné... je n'ai pas entendu votre
opinion sur... sur l'article où on va... on va laisser les municipalités faire
leurs réunions en mode à distance. Qu'est-ce que vous pensez de cela? Parce que
tantôt vous avez mentionné que la population aimerait... ou ce serait important
qu'ils voient physiquement les élus en réunion. Donc, est-ce que vous croyez
que si... s'il va y avoir des réunions à distance, est-ce que ça va affecter
l'opinion publique?
M. Dubois (Philippe) : Je...
je ne sais pas si les citoyens aimeraient assister aux séances, mais je pense
qu'il... que l'opportunité qui existe est utile dans certaines circonstances.
Dans un conseil municipal, on ne va pas au conseil municipal, sauf si on est
directement concernés par un enjeu puis qu'on n'est pas contents. Généralement,
on... disons les choses comme elles sont.
Ceci dit, je n'ai pas d'opinion
particulière comme chercheur sur la pertinence ou pas, ou sur les conséquences
éventuelles de tenir des réunions à distance. J'y vois plein d'avantages, j'y
vois aussi des désavantages, et... mais comme chercheur, je n'ai pas de donnée
qui me permet de vous dire : C'est une bonne ou une mauvaise chose. Puis
je pense qu'un peu comme beaucoup de trucs qui se sont numérisés dans les
derniers temps, bien, on... c'est à la... avec la pratique, on va... on va y
voir plus clair.
Mme Lakhoyan Olivier : Il
reste combien de temps?
Le Président (M. Schneeberger) : Il
reste sept minutes.
Des voix : ...
Mme Lakhoyan Olivier :
J'aurais un autre point. Vous avez parlé d'accentuer des campagnes de
valorisation avec les <jeunes...
Mme Lakhoyan Olivier :
...j'aurais
un autre point. Vous avez parlé d'accentuer des campagnes de valorisation avec
les >jeunes, vous n'avez pas parlé des aînés, parce que les aînés,
d'après des statistiques, sont majoritairement ceux qui votent, n'est-ce pas?
M. Dubois (Philippe) : Tout à
fait.
Mme Lakhoyan Olivier : Qu'est-ce
que vous en dites, concernant les aînés et les jeunes, pour valoriser le
respect envers les élus et la participation au droit de vote, là?
M. Dubois (Philippe) : Tout à
fait. Vous avez raison que je n'ai pas mentionné les aînés, pas par âgisme,
mais parce que ces gens-là sont généralement ceux qui participent le plus, ceux
qui connaissent le plus aussi comment le système fonctionne ou, du moins, qui
sont habitués au fonctionnement de nos institutions.
Pourquoi je... j'ai parlé plus
particulièrement des jeunes? C'est qu'on sait que les jeunes votent moins, ça,
encore une fois, c'est un peu convenu de le dire, mais c'est vrai. On sait
aussi que les jeunes sont plus nombreux à remettre en question le
fonctionnement des institutions, hein? Il y a moins de jeunes qui sont membres
de partis politiques. Ça ne veut pas dire qu'il n'y a plus de jeunes dans les
partis politiques, mais il y a moins de jeunes qu'avant qui sont prêts à
s'investir dans un parti politique ou à militer politiquement de la façon dont
on le faisait voilà 15 ans, voilà 20 ans, voilà 30, voilà 50 ans.
Et donc je pense que ce n'est pas inopportun de sensibiliser, sensibiliser les
jeunes générations au fonctionnement du système pour qu'ils comprennent comment
ça fonctionne, pour qu'ils comprennent le pourquoi, hein, pourquoi c'est fait
comme ça, pourquoi une commission parlementaire, pourquoi des élections,
pourquoi des partis politiques. Après, ils vont pouvoir faire leur propre
jugement, mais il ne faut pas prendre pour acquis que parce qu'une institution
existe, elle est comprise et que tout le monde... tout le monde sait à quoi
elle sert et pourquoi elle existe.
Et on a peut-être fait l'économie puis pas...
pas juste au Québec, là, mais tu sais, on pourrait faire le même discours sur
l'université, on pourrait faire le même sur plein d'institutions qui existent,
mais qu'au final on... on les prend un peu pour acquis. Et donc on oublie
d'expliquer pourquoi elles existent puis comment elles fonctionnent, puis que,
lorsqu'on comprend pourquoi elles existent, puis pourquoi elles fonctionnent,
comment elles fonctionnent, bien, notre regard change, on n'est peut-être pas
convaincus de leur pertinence, mais au moins on comprend les raisons de leur
existence.
Puis, comme les citoyens plus âgés
semblent davantage comprendre ça, parce qu'ils votent plus, parce qu'ils
participent plus, je crois que le besoin est auprès des plus jeunes générations,
qui, pour plein de raisons, sont moins enclins à aller voter, moins enclins à
participer dans les institutions actuelles, puis de faire le pont, en fait,
entre nos institutions et ces générations-là.
Mme Lakhoyan Olivier : À quel
âge vous trouvez qu'on doit approcher les jeunes, est-ce que ce serait
primaire, secondaire?
M. Dubois (Philippe) : C'est
une... Là, on s'éloigne un peu de mon champ d'expertise. Donc, je ne dirais pas
un âge sur mes propres opinions personnelles, mais... mais il y a des
chercheurs qui s'intéressent à l'éducation citoyenne puis à l'impact de
l'éducation citoyenne, l'éducation aux médias aussi, l'éducation numérique. Tout
ça a un impact sur notre perception, comme citoyen, du fonctionnement puis de
la pertinence de nos institutions. Donc, je pense que c'est un... c'est une
préoccupation qu'on devrait avoir. Sur l'âge, je n'ai pas de réponse
malheureusement pour vous, parce que ce serait... ça dépasse mes compétences.
Mme Lakhoyan Olivier : Merci
de me donner cette opportunité d'avoir cette conversation avec vous. En tant
qu'élue, pour moi, c'est vraiment important, et je sais, tous mes collègues,
c'est pareil, pour nous, c'est important la population puis d'être proche de
nos populations, jeunes, aînés, les familles, vraiment, tout le monde. On a
cette responsabilité-là de faire le pas, mais la société aussi. Les écoles
aussi devraient... devraient peut-être nous inviter à leurs écoles pour aller
parler aux élèves de la démocratie. Il y en a beaucoup aujourd'hui dans la...
dans la société, je trouve qu'ils ont peur d'inviter un élu par peur de prendre
une partie. Donc, si tu n'es pas au pouvoir, bien là, OK, qu'est-ce que le
gouvernement au pouvoir va penser? Donc, je pense que c'est un travail
sociétal.
M. Dubois (Philippe) : Je
suis... je suis d'accord avec vous, puis vous venez dans mes cours quand vous
voulez, Mme la députée.
Mme Lakhoyan Olivier : Merci.
Mme Setlakwe : Est-ce qu'il
reste encore du temps?
Le Président (M. Schneeberger) : Oui,
il reste 2 min 30 s.
Mme Setlakwe : Je peux poser
une dernière...
Mme Lakhoyan Olivier : Ah
oui! Vas-y, vas-y.
Mme Setlakwe : Merci à ma
collègue. Je vous remercie beaucoup, Pr Dubois, pour votre... votre
intervention. Je pense que vous êtes venu compléter notre journée d'aujourd'hui
avec... vous avez apporté un éclairage différent et intéressant. Là, on vous a
entendu dire que le chapitre I, c'est un pas dans la bonne direction, qu'il
répond à un besoin, que les <élus...
Mme Setlakwe :
...le
chapitre I, c'est un pas dans la bonne direction, qu'il répond à un besoin, que
les >élus vont pouvoir faire cesser des comportements inacceptables et
des irritants. On a entendu... Puis c'est... effectivement, ça répond à un
besoin, les groupes saluent le dépôt de ce projet de loi là.
On a... on a entendu, entre autres, la Ligue
des droits et libertés venir dire : Faites très attention, le libellé est
trop large, on donne... on vient «offrir la possibilité de prononcer une
injonction si un élu fait l'objet de propos ou de gestes qui entravent indûment
l'exercice de ses fonctions ou portent atteinte à son droit à la vie privée».
Vous avez dit tout à l'heure, puis je m'en réjouis, là, que, selon un sondage,
68 % de la population est satisfaite de notre démocratie. Là, est-ce que
vous pensez que les citoyens vont se sentir brimés dans leur liberté
d'expression? Est-ce que vous pensez que... si on met tout ça dans la balance
des inconvénients, est-ce qu'on va... on va glisser dans la mauvaise direction?
M. Dubois (Philippe) : Ce
serait... ce ne serait évidemment pas souhaitable. N'étant pas juriste, par
exemple, sur le libellé en question, je n'ai pas d'opinion particulière, mais...
mais très clairement il y a des gens qui pourraient voir ça comme étant une
preuve de plus que les élites ne veulent pas véritablement entendre le peuple.
Parce que, lorsqu'on les questionne ou lorsqu'on les... on les challenge, en
bon français, bien, ils ont un moyen de nous faire taire. Je ne pense pas
que... surtout si c'est la cour qui juge qu'il y a véritablement une situation
problématique, je pense que cette mesure-là pourrait être comprise et acceptée
par l'ensemble ou du moins la majorité de la population.
• (19 h 20) •
Mais il faut être conscients que, pour des
gens qui voient déjà un complot sociétal, bien, le fait de se faire priver d'un
droit, bien, évidemment, ça va alimenter leur perception des choses. Mais là il
y a un calcul à faire. Est-ce qu'on veut que les élus continuent à être
harcelés ou on veut leur donner le moyen de faire cesser en utilisant des
moyens, et c'est vrai, qui sont exceptionnels? On vient ici priver le droit à
des citoyens d'entrer en contact avec des élus, mais, en même temps, comme pour
ce qui est des plaidants querelleurs, parfois les droits sont mal utilisés,
puis il faut faire cesser des situations qui au final nuisent au groupe plutôt
qu'à un individu.
Mme Setlakwe : Merci.
Le Président (M. Schneeberger) : Alors,
merci beaucoup. J'ai laissé un petit peu filer le temps pour être égal des deux
côtés, étant donné que tout à l'heure on avait dépassé. Alors, merci beaucoup
pour votre précieux mémoire, M. Dubois, vraiment enrichissant. Et puis je pense
que nous... nous devons tous faire plus connaître notre profession, parce que
c'est vraiment la méconnaissance de beaucoup de citoyens qui fait en sorte
qu'il y a du... qu'ils soient très critiques.
Alors, sur ce, je vous souhaite une belle
fin de soirée. Et nous ajournons la commission au mercredi 1er mai après les
avis touchant les travaux. Merci beaucoup.
(Fin de la séance à 19 h 21)