(Quatorze heures deux minutes)
Le Président (M. Gagnon) : Alors,
bonjour à tous. À l'ordre, s'il vous plaît! Ayant constaté le quorum, je
déclare la séance de la Commission de l'aménagement du territoire ouverte.
La commission est réunie cet après-midi afin de
poursuivre l'étude détaillée du projet de loi n° 50, Loi édictant la Loi
sur la sécurité civile visant à favoriser la résilience aux sinistres et
modifiant diverses dispositions relatives notamment aux centres de
communications d'urgence et à la protection contre les incendies de forêt.
Mme la secrétaire, est-ce qu'il y a des
remplacements?
La Secrétaire : Oui, M. le
Président. M. Rivest (Côte-du-Sud) est remplacé par M. Sainte-Croix
(Gaspé) et Mme Setlakwe (Mont-Royal—Outremont) est remplacée par Mme Maccarone
(Westmount—Saint-Louis).
Étude détaillée (suite)
Le Président (M. Gagnon) : Merci
beaucoup. La commission est maintenant prête à poursuivre l'étude détaillée du projet de loi. Lors de son
ajournement des travaux, nous étions à l'article 69 de la loi édicté par
l'article 1 du projet de loi. Est-ce qu'il y a des interventions?
Je débuterais par M. le ministre.
M. Bonnardel : Je ne me souviens
plus si j'ai lu l'article 69.
Le Président (M. Gagnon) : Vous
l'avez lu, M. le ministre.
M. Bonnardel : Je l'avais-tu lu? Je
l'avais lu?
Le Président (M. Gagnon) : Oui.
M. Bonnardel : Ah! vous le savez?
Bon.
Le Président (M. Gagnon) : On était
rendus aux interventions.
Mme Maccarone : ...
M. Bonnardel : Je vais le relire.
Le Président (M. Gagnon) : Vous
voulez le relire? Parfait.
M.
Bonnardel : Alors, pour... L'article 69 : «Pour
bénéficier d'une aide financière ou d'une indemnité prévue par un programme, le demandeur doit transmettre sa
demande à l'autorité chargée de son administration. Celle-ci doit prêter assistance à tout demandeur qui le requiert pour
lui faciliter la compréhension du programme et, le cas échéant, l'aider
à formuler sa demande.
«Le demandeur
doit informer l'autorité de tout changement dans sa situation susceptible
d'avoir une incidence sur l'application du programme à son égard.»
Commentaire : Cet article prévoit qu'une
demande pour recevoir de l'aide financière ou une indemnité doit être adressée
à l'autorité chargée de l'administration d'un programme et que celle-ci a le
devoir d'apporter son aide au demandeur qui a besoin d'assistance. Il donne
l'obligation au demandeur de tenir informée l'autorité chargée d'administrer un
programme d'un changement dans sa situation qui pourrait avoir un effet sur sa
demande.
Donc, grosso modo, bien, c'est un peu... Si je
reprends Baie-Saint-Paul, parce que c'était d'actualité hier, là, on envoie...
dans des situations particulières, au-delà d'avoir nos employés qui répondent
du programme au ministère, bien, des fois, on les envoie même sur le terrain,
dès le lendemain ou le surlendemain d'une catastrophe, pour être sur le terrain puis répondre... répondre aux sinistrés, là,
qui, plus souvent qu'autrement, sont un peu dépourvus, là.
Le Président (M. Gagnon) : ...une
intervention? Mme la députée.
Mme
Maccarone : Mais vous avez sans doute vu, dans le mémoire de
l'Association des directeurs municipaux du Québec, eux, ils se
questionnent par rapport à le délai nécessaire, pour une municipalité, de
l'adoption d'un plan de sécurité civile. Ils parlent de
ça ici, à l'article 69, parce qu'ils disent qu'il va avoir un impact sur
eux. Est-ce que ça, c'est traité dans les articles dispositoires à la fin,
peut-être?
M.
Bonnardel : Bien là, je ne sais pas... je pense... sincèrement, là, je
pense qu'il n'y a pas de lien entre ce que vous dites puis l'article 69,
là.
Mme
Maccarone : Je cite leur mémoire, il dit : «Or, le projet de loi,
dans sa forme actuelle, n'accorde pas de délai aux municipalités. En effet,
selon l'article 69 du projet de loi, la date d'entrée en vigueur de
l'article 7...»
M.
Bonnardel : Ah! ça doit être l'autre, l'article 69 de l'autre
cahier.
Mme
Maccarone : De l'autre? OK, OK, OK, parfait. Je voulais juste
manquer... je ne voulais pas manquer une opportunité de s'assurer qu'on a
vraiment vidé toutes les questions des gens qui sont venus témoigner. Ça fait
que ça me va. Merci, M. le Président.
Le Président (M.
Gagnon) : Est-ce qu'il y a d'autres interventions? S'il n'y a pas
d'autre intervention, nous allons procéder à la mise aux voix. Est-ce que
l'article 69 est adopté?
Des voix : Adopté.
Le Président (M.
Gagnon) : Lecture de l'article 70, s'il vous plaît, M. le
ministre.
M.
Bonnardel : C'est ça, je vous confirme que c'est l'autre 69.
Article 70 :
«Aux fins de l'application d'un programme, l'autorité chargée de son
administration peut en tout temps exiger que
lui soient communiqués, pour examen ou reproduction, tout document et tout
renseignement qu'elle juge nécessaires et à examiner les lieux ou les
biens concernés.
«De
plus, elle peut communiquer un renseignement personnel, sans le consentement de
la personne concernée, à une autorité municipale à qui cette
communication est nécessaire à l'exercice de ses fonctions.»
Cet
article donne à l'autorité chargée de l'administration d'un programme d'aide
financière ou d'indemnisation les pouvoirs nécessaires pour assurer son
application.
Le Président (M.
Gagnon) : Est-ce qu'il y a des interventions? Mme la députée.
Mme
Maccarone : Oui. Est-ce qu'on peut avoir des exemples de ça? Puis je
présume... Est-ce que ça, c'est quelque
chose aussi qu'on n'a jamais mis en oeuvre ou est-ce que ça fait partie des
articles qu'on n'a jamais évoqués, mais un exemple de ceci...
M.
Bonnardel : Bien, je pourrais peut-être prendre l'exemple de
Baie-Saint-Paul. Pour ce qui est... pour ce qui
est des sommes qui sont versées à Baie-Saint-Paul, la valeur culturelle de
certaines propriétés, donc, il y a un partage d'information que la ville
doit avoir... doit avoir besoin face aux programmes que nous, nous
remboursons... nous pourrions rembourser à certains sinistrés.
Mme
Maccarone : Est-ce qu'il y a un exemple de le montant des frais?
Est-ce que ça, c'est quelque chose qui est budgété?
M.
Bonnardel : Quand vous dites les frais...
Mme
Maccarone : Bien, on dit le... d'aide financière ou d'indemnisation.
Ça fait qu'est-ce que ça, c'est quelque chose qui est budgété? Est-ce qu'on a
une idée de le montant qui peut être attribué à ceci, peut-être, dans l'exemple
de Baie-Saint-Paul, ce serait bien...
Le Président (M.
Gagnon) : ...faire une intervention. Consentement?
Mme
Maccarone : Consentement.
Le Président (M.
Gagnon) : Je vous laisse présenter votre nom et votre titre, s'il vous
plaît.
M. Savard
(Jean) : Bonjour. Jean Savard, sous-ministre associé Sécurité civile,
Sécurité incendie.
En fait, c'est des
montants qui sont déjà statués dans le cadre de nos programmes d'aide
financière et, considérant qu'on ne peut pas
prévoir, dans l'année, le nombre de sinistres, l'ampleur des sinistres, c'est
pris à même le fonds consolidé,
lorsqu'il y a des programmes comme ça, mais c'est des barèmes déjà établis par
décret, puis, lorsque c'est des programmes généraux, bien, ils sont
adoptés par le ministre, là, par arrêté.
M.
Bonnardel : Par exemple, hier, j'ai annoncé qu'on avait versé,
à Baie-Saint-Paul, 18 millions de dollars à date puis 3 point
quelques millions à Saint-Urbain. Nous autres, on va chercher l'argent au fonds
consolidé.
Mme Maccarone : Et,
dans les barèmes des investissements, parce que ça, c'est substantiel, on n'a
pas une limite? 18 millions, c'est beaucoup. C'est substantiel lorsqu'il
y a une limite.
M.
Bonnardel : Bien, si la moitié du... si la moitié du village avait
perdu ses maisons, on va répondre à ceux qui
ont subi un sinistre, là. Donc, 18 millions, c'est quand même substantiel,
important, pour 8 000 habitants, là, mais on parle de... si je me
souviens par coeur, là, on parle de 320 dossiers à Baie-Saint-Paul puis à peu
près une trentaine à Saint-Urbain.
Mme
Maccarone : Mais il n'y a pas de limite. Ça peut être un montant qui
monte jusqu'à 50 millions de...
M.
Bonnardel : Si, malheureusement, c'était le cas, oui.
Mme
Maccarone : Tout dépendamment de le sinistre ou l'état... OK, merci.
Le Président (M.
Gagnon) : M. le député de Laurier-Dorion.
M. Fontecilla :
Merci, M. le Président. Une
question sur le texte. On dit qu'on «peut en tout temps exiger que lui soient communiqués, pour examen ou
reproduction». Qu'est-ce qu'on veut dire plus exactement par «reproduction»?
M.
Bonnardel : Copie.
M.
Fontecilla : Donc, on peut faire copie de ce document-là?
M.
Bonnardel : Oui. C'est le terme juridique, j'imagine, là, oui. C'est
un terme qu'on... On me confirme que c'est un terme qui est repris dans
plusieurs lois.
M.
Fontecilla : C'est bon.
Le Président (M.
Gagnon) : Seconde intervention, Mme la députée?
Mme Maccarone :
...une dernière question. Est-ce
qu'on a une idée de le montant d'argent qui a déjà été investi lors de
l'utilisation de l'article 70 ou... Dans le fond, c'est l'article 110 de la loi
actuelle, parce que, là, ce n'est pas adopté encore, cette loi. Est-ce qu'on a
une idée de combien d'argent a déjà été investi suite à...
M.
Bonnardel : Pour 2023, exemple?
Mme
Maccarone : Bien, oui, pour l'année précédente ou... mettons, parce
qu'on a les...
M.
Bonnardel : Je peux vous le trouver, là. Je ne me souviens plus par
coeur pour les... en tout cas, pour toutes les...
Mme Maccarone :
Bien, pas tout de suite, mais, si
on peut avoir une idée, je serais curieuse de le savoir, puis, pendant
que vous faites votre recherche, bien, on peut continuer, mais...
• (14 h 10) •
M.
Bonnardel : OK, mais on va vous le trouver.
Mme
Maccarone : OK, merci.
Le Président (M.
Gagnon) : M. le député de Laurier-Dorion.
M. Fontecilla :
Dans la même veine, M. le
Président, est-ce que le ministère a fait... comment dire, a compilé ces
données-là depuis un certain nombre d'années, là, parce que... bon, pour savoir
si on investit de plus en plus ou... Peut-être,
c'est une information qu'on pourrait obtenir à l'étude de crédits, mais je veux
savoir si cette information-là, elle est compilée, là.
M. Bonnardel :
On a tout ça d'année en année,
là. On peut vous le sortir, si vous voulez, pour les trois, quatre, cinq
dernières années.
M. Fontecilla :
Ou même plus longtemps, là, depuis
20 ans, là, même, là. Il faudrait voir une... comme un graphique, là,
en quelque sorte, sur...
M. Bonnardel :
On va regarder ce qu'on peut vous sortir.
Le
Président (M. Gagnon) : Il y a d'autres interventions? Il n'y a pas
d'autre intervention. Donc, nous allons procéder à la mise aux voix.
Est-ce que l'article 70 est adopté?
Des
voix : Adopté.
Le Président (M.
Gagnon) : Adopté. M. le ministre, lecture de l'article 71, s'il
vous plaît.
M.
Bonnardel : Oui. 71 se lit comme suit : «Lorsqu'un programme est
mis en oeuvre, un organisme public au sens
de la Loi sur l'accès aux documents des organismes publics et sur la protection
des renseignements personnels (chapitre A-2.1) peut communiquer un
renseignement personnel, sans le consentement de la personne concernée, à toute
personne ou tout organisme, si cette communication satisfait aux conditions
suivantes :
«1° elle est
nécessaire afin de joindre ou de localiser la personne concernée;
«2°
elle est manifestement au bénéfice de la personne concernée, notamment en vue
du maintien ou de l'adaptation de l'offre de services publics à cette personne.
«Ne
peuvent être communiqués que les renseignements nécessaires aux fins
poursuivies par la communication.»
Cet article vise à
permettre que des renseignements personnels puissent être communiqués par un
organisme public sans le consentement de la
personne concernée dans certaines circonstances lorsqu'un programme d'aide
financière ou d'indemnisation est mis en oeuvre.
Donc, exemple, un
transporteur scolaire, là, qui est en mesure, nécessairement, de conduire des
enfants de familles évacuées, on a besoin de l'adresse où ces familles sont
relocalisées, le ministère de la Santé, on aurait besoin d'obtenir... d'obtenir
la liste des personnes sinistrées qui est détenue par le MSP pour pouvoir
recouper la liste avec ces... avec la liste de clients qui présentent des
besoins particuliers dans le but de leur apporter un soutien supplémentaire.
Même chose du côté de la SHQ, s'il y en a qui possèdent un logement à prix
modique et qu'ils ont dû être évacués, bien, ça nous prend aussi des
renseignements pour leur expliquer où on en est avec leur logement comme tel.
Donc, c'est un peu ce principe, là, qui est important pour... à la faveur, à la
fin, là, du sinistré, là.
Le Président (M.
Gagnon) : Merci, M. le ministre. Des interventions?
M. Bonnardel :
Mais il n'y a pas... pour la fin, il n'y a pas de changement, là, dans
le...
Le Président (M.
Gagnon) : Mme la députée de Westmount—Saint-Louis.
Mme
Maccarone : Oui. Je vois qu'il y a... il n'y a pas de changement avec
le 111.1, à moins qu'il y ait quelque chose que j'ai manqué, mais ça semblait
la même chose. On a déjà utilisé cet article, on l'a déjà mis en vigueur? Oui. Il n'y a pas de lien avec la Loi
visant à aider à retrouver des personnes disparues, il n'y a pas quelque chose
en lien avec ça, parce qu'il me semble, c'est quelque chose qu'il pourra y
avoir une ligne brisée.
M.
Bonnardel : Bien, dans la loi sur les personnes disparues, je me
souviens par coeur, on donne le droit aux policiers
d'avoir l'information immédiatement sur la prétendue personne qui pourrait
avoir kidnappé, enlevé un enfant ou autre, là, donc...
Mme
Maccarone : Ou disparu?
M.
Bonnardel : ...ou disparu.
Mme
Maccarone : Là, on présume qu'il y a quelque chose...
M.
Bonnardel :
Oui, c'est ça, on présume.
Mme
Maccarone : Là, mettons, je présume que c'est peut-être en lien avec
autre chose, mais il n'y a pas un lien du tout à faire avec la loi qu'on a
adoptée... avec le projet de loi n° 14?
M.
Bonnardel : Bien non, je ne pense pas qu'il y ait de lien à faire avec
les personnes disparues. De toute façon, la
police a le droit aussi de... par une alerte x, tu sais, de mentionner :
tel ou tel enfant sera accompagné de telle ou telle personne.
Mme
Maccarone : Ça fait que l'information qu'on parle ici, dans
l'article 71, c'est l'information qui va être donnée à qui? Les
renseignements personnels, c'est donné à qui? Parce que, quand on parle de la
Loi visant à aider à retrouver des personnes
disparues, on parle des policiers, on parle de forces de l'ordre ici. Est-ce
qu'on parle des mêmes personnes ou est-ce qu'on parle de municipalités,
on parle des ministères?
M. Bonnardel :
Bien, comme les exemples que je
vous donnais tantôt, là, ça peut être le ministère de la Santé qui
peut... souhaite obtenir la liste des personnes sinistrées qui est détenue par
le ministère, là, pour recouper la liste de
clients qui présentent des besoins particuliers dans le but de leur apporter un
soutien, exemple, supplémentaire. La SHQ, qui est associée
nécessairement à la gestion de plus de 100 000 logements au Québec, sinon
plus... donc, en cas de sinistre, la SHQ a
besoin de localiser les résidents évacués. Donc, c'est le genre de
renseignements qu'on va partager.
Mme
Maccarone : Ça fait qu'un organisme public, ça veut dire ministère, ça
veut dire réseau scolaire, réseau de santé.
M.
Bonnardel : Oui, municipalités aussi.
Mme
Maccarone : Les municipalités aussi, OK. OK, merci.
Le Président (M.
Gagnon) : D'autres interventions? Alors, s'il n'y a pas d'autre
intervention, nous allons procéder à la mise aux voix. Est-ce que
l'article 71 est adopté?
Des voix : Adopté.
Le Président (M.
Gagnon) : Adopté. M. le ministre, la lecture de l'article 72,
s'il vous plaît.
M.
Bonnardel : Oui. 72 se lit comme suit : «Ont un caractère public
les renseignements relatifs aux sommes versées à une personne physique en
application d'un programme concernant :
«1° les dommages à un
immeuble;
«2° les travaux d'immunisation
d'un bâtiment ou de stabilisation d'un terrain;
«3° les frais de déplacement d'un bâtiment ou une
allocation de départ, y compris, le cas échéant, tout montant relatif à
une cession de terrain.
«Lorsqu'un
tel renseignement est communiqué, il n'est pas associé au nom du bénéficiaire
de la somme, mais seulement à l'adresse municipale ou au numéro de lot
de l'immeuble concerné.»
Commentaire :
Cet article vise à faciliter l'échange de certains renseignements associés au
versement, à une personne physique, de sommes en application d'un programme
d'aide financière ou d'indemnisation.
Donc, ça, c'est un
point pour le citoyen. Je pense, j'en avais déjà parlé, là, mais peut-être pas
assez, là. Vous le savez, présentement, là,
il existe quand même la règle, là, du... une procédure légale en cas de défaut
ou de vice caché, on va l'appeler
ainsi. Donc, on va rendre publiques, donc, les sommes qui auraient été versées
ou qui pourraient avoir été versées, donc, à une résidence pour que le
futur acheteur en soit informé.
Donc, le but, à la
fin, de tout ça, ça va être la réalisation d'une sorte de plateforme de
diffusion qui va viser à informer la
population, puis la population, bien, ça peut être les professionnels de
l'immobilier, les courtiers, nécessairement, qu'une propriété est en
zone... est en zone inondable. Donc, on va se donner des outils pour que le
citoyen lui-même soit mieux protégé face à l'achat possible d'une maison qui
pourrait être en zone inondable.
Le Président (M.
Gagnon) : Mme la députée.
Mme Maccarone :
C'est nouveau. Ça fait que les
citoyens n'ont pas actuellement accès à ce type d'information?
M.
Bonnardel : Exact.
Mme
Maccarone : Comment est-ce qu'ils vont pouvoir consulter les
informations concernées?
M. Bonnardel :
C'est ça que je vous disais à la
fin. Donc, ce qu'on va préparer, c'est une sorte de plateforme de
diffusion sur laquelle les gens, dont les courtiers immobiliers,
nécessairement, et vous... Vous souhaiteriez acheter une maison sur le bord de
l'eau. Est-ce qu'il y a déjà eu... est-ce qu'il y a déjà eu, premièrement, des
sommes qui ont été versées par le ministère, puis le ministère pourra me
corriger, là... par le ministère, à savoir est-ce qu'il y a déjà eu inondation,
il y a déjà eu des sommes qui ont été versées pour peu importent les... peu
importent les raisons, voilà x nombre d'années. Donc, c'est une information qui
va être importante pour le citoyen.
Mme
Maccarone : Ça fait qu'on va retrouver ça sur le site du ministère ou ça
va être un...
M.
Bonnardel : Oui, si vous voulez plus d'info précise, le sous-ministre
peut vous répondre.
M. Savard
(Jean) : On n'a pas encore des détails d'où ça va se retrouver, mais
c'est fait en collaboration avec le ministère qui a l'expertise pour ce type de
plateforme géoréférencée. Présentement, on est avec le MNRF à cet effet-là, et assurément que, considérant qu'on
administre les programmes puis qu'on a un lien fort avec ça, il y aura des liens qui pourront être faits. C'est toujours
sur quebec.ca. On s'assurera que les gens puissent avoir accès. L'objectif
est que les gens soient le plus informés
possible. Ça fait qu'on va rendre l'information la plus, disons, juste... tu
sais, que les gens puissent la retracer facilement.
Mme Maccarone :
Et c'est uniquement en lien avec les frais qui ont été versés par le
gouvernement, pas les assureurs, parce que c'est... il y a...
M.
Bonnardel : C'est ça. Non, non, il y a une différence entre les deux,
là, oui, oui.
Mme Maccarone : Oui,
mais, c'est ça, je voulais juste... parce que ça peut être endommageable aussi
pour le propriétaire.
M. Bonnardel : Non, non, c'est
juste, juste, juste que le gouvernement... bien, le ministère a versé...
Mme Maccarone : OK, parce que, tu
sais, j'ai quand même une crainte. On ne veut pas que la valeur... mettons, si
eux, ils souhaitent vendre ou quelque chose comme ça, puis c'est leur projet de
vie, puis là la valeur de la propriété va
beaucoup baisser parce que ça va être public partout, pour tout le monde, de
voir qu'il y a quand même eu des investissements... Est-ce qu'il y a eu une
consultation pour ça? Ça, c'était quelque chose qui a été demandé par
des municipalités, par des citoyens?
M. Bonnardel : C'est ça, on a un
comité consultatif qui... avec les municipalités. Ils ont nécessairement été
consultés dans tout ça puis ils ont trouvé intéressant que... de rendre
publiques ces informations pour la population en général. Tu sais, avant toute
chose, c'est vraiment pour ceux et celles qui souhaitent s'acheter des maisons,
puis qu'ils aient toute l'information, et
qu'ils ne découvrent pas, quelques années plus tard... Comme je vous le disais
tantôt, là, vis-à-vis les procédures légales que tout le monde connaît,
là... J'achète une maison, je découvre qu'il y a eu inondation puis vice
caché...
Mme Maccarone : Oui, un vice caché.
M. Bonnardel : Donc là, bien, vous
allez nécessairement le savoir avant de faire l'achat, puis ça va devenir un automatisme, quand ça va être connu, que les
courtiers vont faire : OK, on vient de vendre une résidence à x nombre
de mètres d'une rivière, d'un lac XY... bien, le courtier va nécessairement
aller voir...
• (14 h 20) •
Mme Maccarone : Je vois 100 %
le bénéfice pour les nouveaux acheteurs. C'est plus une question d'une
préoccupation pour les propriétaires actuels que... est-ce qu'ils vont être
désavantagés puis, si oui, est-ce qu'il y a quelque chose qui est prévu pour
eux? Parce que je pense qu'on devrait... Nous devons se préoccuper un peu d'eux
à l'intérieur de ce processus, déjà que leur maison a été atteinte d'un
sinistre tellement important qu'ils ont dû recevoir des sommes du gouvernement. Mais est-ce qu'il y a une pénalité, pour
eux, qui était aussi évaluée parce que leur maison...
M. Bonnardel : Bien, ceux qui
pourraient avoir eu un problème ou qui n'ont pas... qui n'ont pas demandé de
sous, là, peu importe, là, bien, ils sont obligés, dans la déclaration de
vendeur, de le déclarer. Donc, ça se pourrait qu'il y ait une mini inondation
sans recours au ministère, pour des raisons x, y, ils ont mis
40 000 $ dans le sous-sol et ont
payé eux-mêmes. Bien, dans la déclaration, le jour où tu vends, tu es obligé de
le déclarer. Si tu ne le fais pas, bien...
Mme Maccarone : Sauf que ce n'est
pas public.
M. Bonnardel : Non. Non, mais tu es
obligé de le déclarer, puis c'est pour ça que le vice caché existe, là.
Aujourd'hui, je ne veux pas prétendre que les gens cachent des choses, mais...
Mme
Maccarone : Non, non, puis ce n'est pas une... On ne vise
personne. Je comprends le besoin de vouloir protéger les futurs acheteurs.
C'est juste que j'ai quand même une minipréoccupation, pour ceux qui sont
actuellement propriétaires, que leur adresse va être publique, avec ce qui
est arrivé puis, tu sais, la valeur de leur maison va juste baisser année après
année.
M. Bonnardel : Bien, il ne faut pas
oublier... il ne faut pas oublier... il ne faut pas oublier que le nom n'est
pas mentionné, là.
Mme Maccarone : Non, non, mais
l'adresse est là.
M. Bonnardel : C'est ça,
l'adresse... l'adresse est là, là.
Mme Maccarone : Oui, l'adresse est
là. Je ne parle pas d'eux personnellement. Je comprends, ils ne sont pas
personnellement visés, mais ça reste que leur propriété va quand même... leur
adresse va être publique. Ça fait qu'il y aura quand même un impact sur eux en
ce qui concerne la valeur. Pour moi, la différence avec la vente de ma maison,
s'il y a eu une fuite d'eau ou quelque chose comme ça, mon condo, il y a eu une
fuite ou quelque chose comme ça, c'est... puis, oui, c'est important que cette
information est divulguée, mais c'est... ce n'est pas sur un site, pour tout le
monde, à consulter, ça fait que, là, je n'aurais jamais d'offre.
En tout cas, je trouve que, pour moi, il y a une
différence, mais, voilà, bien, je soulève ma préoccupation. Je ne suis pas
contre parce que je comprends, comme je dis, la nécessité de protéger le
consommateur, mais je pense qu'on devrait se préoccuper aussi des propriétaires
actuels. Ce n'est pas de leur faute qu'ils ont eu un sinistre. Merci. M. le
Président.
Le Président (M. Gagnon) : D'autres
interventions? M. le député de Laurier-Dorion.
M. Fontecilla : Oui.
Par ailleurs, là... donc, ici, c'est dans le cas où des sommes ont été versées
à une personne physique, mais, par
exemple, un acheteur, là, est-ce qu'il peut... il existe, en ce moment, au
gouvernement du Québec, un registre pour savoir si telle adresse a déjà
été inondée, non pas qu'elle se trouve dans une zone inondable, je suppose que
ça, on peut le savoir, là, mais si telle adresse a été déjà inondée?
M.
Bonnardel : Bien, nous, au ministère, si on a eu à rembourser des
sommes... exemple, Baie-Saint-Paul, bien, on a nécessairement une liste de...
M.
Fontecilla : Vous le savez, là, mais, si... C'est parce qu'il y a
des... il y a des habitations qui se trouvent dans des zones inondables, mais
qui n'ont pas encore eu des inondations, là. Est-ce que...
M.
Bonnardel : Ce n'est pas chez nous, ça.
M.
Fontecilla : Ce n'est pas chez nous, mais... OK, mais est-ce que ça
existe au gouvernement du Québec? Est-ce que vous...
M.
Bonnardel : Peut-être au ministère de l'Environnement, mais je ne sais
pas...
M.
Fontecilla : Très bien. Ceci étant dit, là, vous dites qu'«ont un
caractère public les renseignements relatifs aux sommes versées». Plus tard,
vous dites : «Lorsqu'un tel renseignement est communiqué». Je veux juste
m'assurer, là... Est-ce que n'importe qui pourra aller dans un éventuel
système, puis taper telle adresse, et voir si des sommes ont été versées ou il
faut en faire la demande?
M.
Bonnardel : Non, vous allez sur le site. C'est un caractère public,
là. Donc, si... bien, d'habitude, les gens qui vont aller là-dessus, c'est
parce qu'ils ont une intention d'acheter puis d'aller voir si c'est une zone
qui a déjà été à risque. Donc, ça se peut qu'il y ait deux, trois maisons, le
long d'une rivière, qui sont intéressantes, mais ça, les gens vont le savoir,
mais c'est les courtiers qui vont surtout, surtout, surtout être informés de...
à la base, de tout ça. Donc, ça va être un caractère utile pour... pour un
futur acheteur, en tout cas, là.
M.
Fontecilla : Je suppose que le système banquier aussi, peut-être, aurait
un intérêt, ou les assurances?
M.
Bonnardel : Peut-être, peut-être, peut-être.
M.
Fontecilla : Bien, c'est public. Donc, elles peuvent avoir... ces
institutions-là peuvent avoir accès à ces informations-là?
M.
Bonnardel : Peut-être, oui.
M.
Fontecilla : Très bien.
Le Président (M.
Gagnon) : D'autres interventions? Alors, s'il n'y a pas d'autre
intervention, nous allons procéder à la mise aux voix. Est-ce que
l'article 72 est adopté?
Des voix : Adopté.
Le Président (M.
Gagnon) : Adopté. M. le ministre, lecture de l'article 73, s'il
vous plaît.
M.
Bonnardel : Alors, 73 se lit comme suit : «Le droit à une aide financière
ou à une indemnité prévue par un programme se prescrit par un an an à compter
de la date de sa mise en oeuvre ou, lorsque la période visée est prolongée ou
son territoire d'application élargi, de la date de cette décision en ce qui
concerne la nouvelle période ou le nouveau territoire. Pour un dommage qui se
manifeste graduellement ou tardivement, le délai court à compter du jour où il
se manifeste pour la première fois, pourvu que cette première manifestation ne
soit pas postérieure de plus de cinq ans à
la date de mise en oeuvre du programme ou de la décision d'en prolonger la période
visée ou d'en élargir le territoire d'application, selon le cas.»
Commentaire :
Cet article établit une prescription instinctive... extinctive du droit à
obtenir une aide financière ou une indemnité dans le cadre d'un
programme et fixe le point de départ du délai de prescription.
Donc,
si vous avez regardé, là, à gauche, c'est le même... premier paragraphe, c'est
le même. On a enlevé le dernier pour rendre ça plus simple, plus facile
pour le citoyen.
Le Président (M.
Gagnon) : Merci, M. le ministre. Est-ce qu'il y a des interventions?
Mme la députée de Westmount—Saint-Louis,
oui?
Mme
Maccarone : Oui, oui, c'est moi.
Le Président (M.
Gagnon) : Ah! je n'étais pas sûr s'il y avait une question.
Mme Maccarone : Merci.
Est-ce qu'on a un exemple de ça, lorsque la période visée est prolongée sur son
territoire... ou son territoire d'application élargi?
M. Bonnardel : M. le sous-ministre.
Le Président (M. Gagnon) : Consentement?
Mme Maccarone : On n'a plus besoin
de consentir, là. On l'aime, on souhaite qu'il réponde.
Le Président (M. Gagnon) : ...redemander
le consentement...
M. Savard (Jean) : En fait,
lorsqu'il y a un arrêté ou un décret pris par le gouvernement pour un sinistre,
ça couvre une période, le sinistre, supposons, du 15 au 20 mai 2024,
inondations, les sinistrés.
Mme Maccarone : Puis on a un an...
M. Savard
(Jean) : Un an à partir de... mais il peut arriver qu'on
constate... les municipalités se rendent compte, sur leur territoire,
qu'ils ont des dommages puis que le... Je vais vous faire... Le sinistre a
bougé dans la province pendant... C'est souvent des dépressions qui amènent
beaucoup de pluie, tout ça, puis, le 21 mai, on a constaté qu'il y avait...
Alors, nous, on va élargir, des fois, le territoire en rajoutant des
municipalités où la période du sinistre... qui peut être du 15 au 21 mai, puis c'est le ministre qui nous donne
l'accord, par signature, d'élargir ça. Alors, c'est là que ça vient
changer un petit peu le délai de prescription d'un an. Alors, c'est un exemple,
ici, là, de cette phrase-là.
Mme Maccarone : Est-ce que ça, c'est
quelque chose qu'on peut imaginer... arrivera dans un cas, là, comme un
glissement de terrain, puis on voit qu'il y a un impact deux ans plus tard, ou
même chose dans les feux de forêt qu'on a
vus? Parce que je peux imaginer qu'un an après on n'a pas tout constaté les
difficultés que soit les communautés ou les municipalités vont faire
face à cause... c'était gros, là.
M. Savard (Jean) : Ça vient couvrir
ça aussi. Quand on dit «pour un dommage qui se manifeste graduellement ou
tardivement», le temps va être compté à partir du moment où il a été constaté.
Donc, il y aurait eu... l'eau a atteint, finalement, les fondations, ça a causé
quelques dommages que les gens, pour x raisons, n'ont pas... n'ont pas
constatés, donc pas de réclamation, et là ils se rendent compte puis ils sont
capables de faire le lien avec le sinistre qu'il y a eu à telle date. Bien, à
partir du moment où c'est constaté, on est capables de considérer aussi cette
réclamation-là, ce qui donne de la souplesse, justement, dans l'administration.
Mme Maccarone : Puis pourquoi qu'on
se limite à cinq ans? Le cinq ans, c'est une date qui sort d'où? Ça, c'est basé
sur de la recherche sur les changements climatiques, sur les impacts qu'on a
déjà vécus dans le passé?
M. Savard
(Jean) : Je vous dirais, beaucoup sur l'expérience vécue
dans le passé, qui est au-delà de cinq ans, et comment c'est très, très
difficile de faire le lien entre un sinistre et l'occurrence de dommages, là,
qui viendrait tardivement.
Mme Maccarone : Mais on peut le
faire à l'intérieur de quatre ans?
M. Savard (Jean) : Bien, il faut se
donner un barème aussi à quelque part.
M. Bonnardel : Donc, ça, c'est...
pas l'exemple à court terme, là, dans les derniers... ça arrive, ça arrive.
M. Savard (Jean) : C'est très, très
rare.
Mme Maccarone : Bien, moi, je le
salue. Évidemment, comme on dit tout le temps, depuis le début de l'étude
détaillée de ce projet de loi, on n'espère jamais l'utiliser, on n'espère
jamais l'évoquer. Ça fait que je n'espère jamais avoir recours à utiliser cet
article, mais j'essaie d'imaginer... parce qu'après un an ou même deux ans je suis en train d'imaginer des exemples dans ma
tête de comment... comme j'ai mentionné, les glissements ou les feux de
forêt, mais, rendu cinq ans, je suis d'accord avec M. Savard, ça commence à
être difficile. Mais ce n'est pas la même chose, trois ans, quatre ans?
M. Bonnardel : On s'est quand même
basés sur l'expérience passée, comme le sous-ministre l'a mentionné, puis il
n'y a pas de cas d'espèce qui nous... qui sont revenus au bout de quatre ans,
quatre ans et demi. On s'est dit : Oui,
on est borderline, excusez de le dire de cette façon, il faudrait peut-être
monter ça plus haut. À l'article suivant, vous allez le voir, on se
donne... bien, qu'on se donne... le ministre se donne la possibilité, selon des
circonstances exceptionnelles, de, là, répondre à une situation comme celle-là
si cela arrivait, donc.
• (14 h 30) •
Mme Maccarone : À l'extérieur de
cinq ans, mettons?
M. Bonnardel : C'est
ça, c'est ça.
Mme Maccarone : OK. Bon, comme je
dis, je questionnais même le cinq ans, pas parce que ce n'est pas bon, juste
que, je suis d'accord, trois ans plus tard, ça commence à être difficile,
quatre ans plus tard, encore plus difficile, ça fait que cinq ans... Pourquoi
on a mis cinq ans, même si... La question reste pour moi, parce que, si, à
l'article 74, on donne le pouvoir au ministre d'agir dans les cas
exceptionnels, pourquoi qu'on a besoin de mettre cinq ans? Parce que ça doit
être rare, un cas de... qu'on agit cinq ans après. Est-ce que c'est déjà
arrivé? Parce qu'on se base sur l'expérience du passé. C'est ça que vous avez
dit.
M. Savard (Jean) : ...
M.
Bonnardel : Oui,
oui, Saguenay va avoir 25 ans ou à peu près, là.
Mme Maccarone : On a agi cinq ans
après.
M. Bonnardel : Bien, la... pas cinq
ans après, là. C'était dans une troisième, quatrième année, où là il a commencé à y avoir de la moisissure, tu sais,
l'évaluation n'avait peut-être pas été assez professionnelle, je vais le dire
poliment, là, puis que là, bien, les gens n'ont peut-être pas vu que, eh oui,
la moisissure était là, mais finalement elle était rendue là. Puis avec les
années, bien, ça a amené... ça a amené, bien, des fois, des situations où, là,
bien, les gens se sont dit : Heille! On ne l'a pas vu, là.
Mme Maccarone : OK. Merci.
Le Président (M. Gagnon) : D'autres
interventions? M. le député.
M. Fontecilla : ...lorsqu'on dit
«c'est prescrit par an», là, donc, la validité d'un programme d'indemnité ou
d'une aide financière va... normalement, va durer un an. C'est ça qu'il faut...
C'est à l'intérieur d'un an qu'on peut faire ces demandes-là? Je veux bien
comprendre ça, là. Et qui peut être étendu, où le territoire d'application...
Une voix : ...
M. Fontecilla : OK. Et même qu'on
pourra, cinq ans après, une limite de cinq ans après, si on réussit à faire le
lien, là... on pourrait faire appel à ces programmes d'aide financière?
Une voix : ...
M. Fontecilla : Très bien. Merci.
Le Président (M. Gagnon) : D'autres
interventions? Alors, s'il n'y a pas d'autre intervention, nous allons porter
l'article 73 aux voix. Est-ce que l'article 73 est adopté?
Des voix : Adopté.
Le Président (M. Gagnon) : Adopté.
Lecture de l'article 74, s'il vous plaît. M. le ministre.
M. Bonnardel : 74 se lit comme
suit : «Le ministre responsable de l'application d'un programme peut, en
raison de circonstances exceptionnelles, décider qu'une personne physique qui
serait autrement inadmissible à un programme a droit aux bénéfices de ce
programme. Dans ces mêmes circonstances, il peut également décider qu'une
personne admissible à un programme est dispensée de certaines conditions de ce
programme.»
Commentaires : Cet article accorde au
ministre responsable de l'application d'un programme le pouvoir, lorsqu'il
existe des circonstances exceptionnelles, de rendre admissible à l'aide
financière ou à l'indemnité prévue par un
programme une personne physique qui ne le serait pas autrement et d'exempter
une personne qui y est admissible de respecter des conditions qu'un tel
programme prévoit.
Donc, on a... Bien, c'est la portion anglais. Je
vais vous la lire tout de suite, si vous le souhaitez, puis je vous donnerai les explications par la suite, là, de
«circonstances exceptionnelles» vis-à-vis «raisons humanitaires». Ça vous va?
L'article 74, le... L'article 74 se
lit comme suit, pour l'amendement : Remplacer, dans le texte anglais de l'article 74 de la Loi sur la sécurité civile
visant à favoriser la résilience aux sinistres, proposé par l'article 1 du
projet de loi, «administration» par «application».
Article 74, tel
qu'amendé : «In exceptional circumstances, the minister responsible for
the application of a program may decide that a natural person who would
otherwise be excluded from the program is entitled to the benefits of the program. In the same
circumstances, the minister may also decide that a person eligible under a
program is dispensed from some of the program's requirements.»
Le Président (M. Gagnon) : Merci, M.
le ministre. Interventions? Mme la députée.
Mme Maccarone : Je
veux juste dire que j'approuve puis je trouve l'accent du ministre vraiment
excellent.
Le Président (M. Gagnon) : ...Laurier-Dorion,
oui.
M. Fontecilla : Pouvez-vous nous
donner des exemples, M. le ministre?
M. Bonnardel : Sur?
M. Fontecilla : Sur cet article-là,
là.
M. Bonnardel : Sur l'amendement?
M. Fontecilla : Non, non... OK, je
reviendrai avec ma question à l'amendement. Excusez-moi.
M. Bonnardel : Oui, là, je
cherchais, là... je cherchais ce que je pouvais vous donner, là. Je me dis,
là : en anglais ou en français? Bon,
bien oui, donc, on remplace «raisons humanitaires» par «circonstances
exceptionnelles». Vous pourriez avoir... vous pourriez avoir, exemple,
une dame qui... personne âgée qui met sa maison à vendre puis qui s'en va en
résidence. Elle est en résidence, donc ça devient sa résidence principale, et
sa résidence qui est à vendre, qui devient sa résidence secondaire, près d'un
cours d'eau, est inondée. Elle ne serait pas compensée parce que c'est sa
résidence secondaire maintenant. Vous me suivez?
M. Fontecilla : ...
M.
Bonnardel : Donc,
ça, c'est... Le terme «circonstances exceptionnelles», pour nous, pour les
juristes, est plus large que juste la raison humanitaire, là.
Le Président (M. Gagnon) : Il y a
d'autres interventions, toujours en lien avec l'amendement? Alors, s'il n'y a pas d'autre intervention, nous allons
procéder à la mise aux voix. Est-ce que l'amendement à l'article 74 est
adopté?
Des voix : Adopté.
Le Président (M. Gagnon) : Adopté.
Nous allons procéder à l'article 74. Alors, si... Nous allons procéder à
la mise aux voix. Est-ce que l'article...
Une voix : ...
Le Président (M. Gagnon) : Est-ce
qu'il y a des interventions, bien oui, c'est vrai, en lien avec
l'article 74? Il n'y a pas d'autre... Mme la députée.
Mme
Maccarone : Oui. C'est juste qu'on parle d'«admissible à un
programme». On parle d'«autres programmes» dont ils sont admissibles, et
pas nécessairement l'exception de 73? «Dans ces mêmes circonstances, il peut également décider qu'une personne admissible à un
programme est dispensée de certaines conditions», ça fait que, là, on
parle de tous les programmes, dont...
M. Bonnardel : Oui, oui.
Mme Maccarone : Ce n'est pas
uniquement quand on parle de 73?
M. Bonnardel : Exact. Autrement
inadmissible à un programme, c'est ça, oui.
Mme Maccarone : Oh! c'est gros. Ça fait
que ça, ce n'est pas nécessairement en lien uniquement avec les programmes qui
peuvent aider au niveau municipal. Ça peut être...
M. Bonnardel : ...qui est relié à
nous, là.
Mme Maccarone : ...uniquement
Sécurité publique?
M. Bonnardel : Ce qui est relié à
nous, là, oui, oui, relié à nous.
Mme Maccarone : OK. Ça fait que pas
éligible pour autre programme, mettons, environnemental ou des... au niveau
municipal? OK. On ne devrait pas mentionner ça quelque part que c'est uniquement
pour... Parce que moi, quand je lis ça, je... Encore une fois, je ne suis pas
en désaccord, c'est juste que c'est large. Tu sais, moi, quand je lis ça : Dans ces mêmes... il peut également
décider qu'une personne admissible à un programme est dispensée de certaines
conditions... mais on ne parle pas que ça vise uniquement le ministère de la
Sécurité publique.
M. Bonnardel : ...on
fait référence au... à la section du programme que nous travaillons
présentement. Donc, c'est pour ça que, dans l'article 74, on fait
référence au programme sur lequel on travaille dans cette section du projet de
loi, là.
Mme Maccarone : On est dans quelle
section? Rappelle-moi, parce que moi... seulement pour...
M. Bonnardel : Dans la portion
indemnisation, aide financière et indemnisation, juste avant l'article 62
dans le projet de loi.
Mme
Maccarone : OK. Ça fait qu'on n'a pas besoin de faire une
autre référence à ça parce qu'on est dans cette section uniquement?
M. Bonnardel : C'est ça.
Mme Maccarone : OK. Merci.
Le
Président (M. Gagnon) : D'autres interventions? Alors, s'il n'y a pas
d'autre intervention, nous allons procéder à la mise aux voix. Est-ce
que l'article 74 est adopté?
Des voix : Adopté.
Le Président (M. Gagnon) : Adopté.
M. le ministre, la lecture de l'article 75, s'il vous plaît.
M. Bonnardel : 75 se lit comme
suit : «L'aide financière ou l'indemnité accordée en vertu d'un programme
ou le droit à celle-ci est consenti à titre personnel et est, de ce fait,
incessible, sous réserve des exceptions que le programme prévoit.
«L'aide financière ou l'indemnité accordée au
bénéficiaire est insaisissable», insaisissable, c'est ça.
Cet article établit certaines caractéristiques
de l'aide financière et de l'indemnisation.
Le Président (M. Gagnon) : Merci, M.
le ministre. Des interventions? Mme la députée de Westmount—Saint-Louis.
Mme
Maccarone : Quand on avait débattu de l'article 62, vous
m'avez dit que c'est à 75 qu'on parle d'en cas de décès. Ça, ici, en
quoi c'est en lien avec le cas de décès d'une personne, cette aide financière?
M. Bonnardel : Vous faites référence
à 62?
Mme
Maccarone : Quand on avait fait le débat à l'article 62,
où on traitait l'aide financière et indemnisation, j'avais posé la
question de qu'est-ce qu'on fait, mettons, dans le cas d'un décès, pour les
personnes qui vont hériter ou qui vont être
éligibles, mettons le conjoint ou la conjointe de la personne concernée, puis
vous m'avez dit que, là, on va traiter ça à l'article 75. Alors,
est-ce que c'est ici? Parce qu'on parle des bénéficiaires : «L'aide
financière ou l'indemnité accordée aux bénéficiaires est insaisissable».
M.
Bonnardel : Ah! OK. Ce que le sous-ministre me confirme, c'est
que ça va être expliqué dans le programme qu'on... Dans la fin de l'article, du paragraphe un, là, on dit :
«incessible, sous réserve des exceptions que le programme prévoit».
Mme Maccarone : Excusez-moi, dis ça
encore.
M.
Bonnardel : Oui. Donc, l'article 75, à la fin du premier
paragraphe, là, on parle d'«incessible, sous réserve des exceptions que
le programme prévoit». C'est dans le cadre du programme qu'on va mentionner la
partie relative à un décès.
• (14 h 40) •
Mme
Maccarone : Mais on le... Mais, dans le programme... On n'a
pas déjà adopté tous les paramètres de ce programme à 62?
M. Bonnardel : M. le sous-ministre
va...
M. Savard (Jean) : En fait, c'est
que c'est des programmes qui sont évolutifs dans le temps. Ça fait que, selon
les besoins, soit on peut faire... le ministre peut nous demander de faire des
programmes spécifiques à un tel... à un tel besoin ou on a des programmes
généraux aussi, et c'est justement à l'intérieur de ces programmes-là que les
accommodements, là, qui seraient nécessaires pour les cas d'exception, on peut
les inclure, ce qui offre un petit peu plus de souplesse qu'aller les inscrire
directement dans la loi, ce qu'on ne peut pas voir en amont, l'ensemble des
exceptions qui seraient nécessaires pour bien indemniser les gens.
Alors,
en les ayant dans le programme, ça offre l'opportunité d'adapter, justement, à
la hauteur des besoins, puis, dans des cas
particuliers, là, on parle d'un décès, mais il pourrait y avoir d'autres choses
qu'on n'a pas envisagées. Ce qu'on ne veut pas, c'est se ramasser avec
des gens orphelins d'aide financière parce qu'on n'aurait pas les moyens de les
adresser.
Mme
Maccarone : Où est-ce que, mettons, suite à l'adoption de la loi, je
vais pouvoir trouver tous ces paramètres-là?
M. Savard
(Jean) : Bien, nos programmes sont disponibles présentement, là, tous,
sur Québec.ca, là, que ce soient les programmes généraux qu'on a, et les
programmes spécifiques aussi, qui ont été adoptés, là, sont aussi disponibles
sur Québec.ca. Et à chaque fois que le ministre, soit par arrêté, nous donne
l'opportunité de mettre en oeuvre un programme, il est déposé sur Québec.ca,
qu'il soit spécifique ou général, là.
Mme
Maccarone : Puis, dans ces programmes qui existent actuellement ou
dans celui qui sera mis en... parce que, là,
ça existe, actuellement, n'est-ce pas? C'est quelque chose qui est déjà en
place, on parle des bénéficiaires suite à un décès.
Des voix : ...
Le Président (M. Gagnon) : Si
mademoiselle veut prendre la parole, est-ce qu'il pourrait y avoir
consentement?
Des voix : Consentement.
Le Président (M. Gagnon) : Consentement.
Je vous invite à... votre nom et votre titre, s'il vous plaît. La parole
est à vous.
Mme Potvin (Noémi) : Bonjour. Je m'appelle
Noémi Potvin, je suis avocate aux affaires juridiques du ministère de la
Sécurité publique.
En
fait, dans les programmes, en ce moment, là, on m'indique qu'il y a déjà
certaines conditions d'admissibilité pour
les héritiers. Ceci dit, ces conditions-là sont limitées en raison des deuxième
et troisième alinéas de l'article 115. Puis on s'est rendu compte,
à l'usage, qu'il y avait des cas de figure où on ne pouvait pas verser de
l'aide financière à des héritiers, parce que, par exemple, ils ne
maintenaient... ils ne restaient pas au domicile qu'ils avaient hérité.
Donc, l'idée, ici,
avec le nouveau 75, c'est qu'on enlève ces obligations-là très fermes dans
la loi, et les programmes vont pouvoir s'ajuster selon les cas de figure, là.
C'est plus facile de modifier le programme ou d'être plus souple, là, par
rapport à ça.
Puis il y a un lien
aussi à faire avec l'article 74. Les motifs humanitaires, c'était
tellement restreint comme critère, donc il
n'y avait rien qui permettait de rendre ces gens-là admissibles, qui héritaient
d'une maison, par exemple.
Mme
Maccarone : OK. Ça fait que... parce que, là, auparavant, dans le 115,
on parlait de résidence principale, biens
essentiels, incapacité physique de maintenir ce domicile. Mais moi, je veux
juste m'assurer que, exemple, la maison, il y a quelque chose qui
arrive, puis on est éligible pour avoir une indemnité, qu'un membre de la
famille peut toujours être éligible comme bénéficiaire, s'il y a quelque chose
qui arrive dans le cas de décès. Parce que c'est quand même majeur, ce qui est arrivé. Ça fait que, selon vous... Je veux
juste m'assurer de ma bonne compréhension, qu'on enlève tout ça. On a de
la souplesse maintenant.
Mme Potvin
(Noémi) : C'est ça, c'est que, là, justement... C'est ça, en enlevant
les deux alinéas de 115, là, le deuxième et
le troisième, ça va permettre cette souplesse-là. Parce que, là, ce n'est pas
tous les héritiers, par exemple, qui
pouvaient avoir de l'aide financière, parce que, par exemple, ils ne
maintenaient pas le domicile ou ils ne restaient pas au domicile qu'ils
avaient hérité. Ça fait que... C'est parce que, sinon, la loi dit que c'est
incessible, cette aide financière là, ce droit-là. Donc là, sous réserve des
exceptions que le programme va pouvoir prévoir...
Mme
Maccarone : Ça fait que j'ai une dernière question pour vous, d'abord.
On est en train d'harmoniser 115, 116 et
117, dans le 75, puis là on parle de... le droit à une aide financière ou à une
indemnité est incessible. Mais ça, on
ne parle plus de «le droit à», on parle de «l'aide financière ou l'indemnité
accordée au bénéficiaire est insaisissable», qu'on reconduit dans le 75,
mais le 116, on ne l'utilise plus. Ça fait qu'on n'a plus besoin de dire que le
droit à une aide financière ou à une indemnité est incessible... insaisissable.
Mme Potvin (Noémi) : C'est dit à 75, par
contre, ça dit : «L'aide financière ou l'indemnité accordée en vertu d'un
programme ou le droit à celle-ci», donc on a jumelé les deux.
Mme
Maccarone : On l'a reformulé. OK.
Mme Potvin (Noémi) :
Oui, c'est ça.
Mme Maccarone : OK. Merci beaucoup.
Le
Président (M. Gagnon) : Merci. Est-ce qu'il y a d'autres
interventions? M. le député.
M.
Fontecilla : Donc, on devrait comprendre qu'avec la nouvelle version,
l'article 75, tous les héritiers, héritières vont avoir droit à l'aide
financière selon le programme actuel?
M.
Bonnardel : Exact.Ça, c'est selon... comme je le disais
tantôt, selon ce que le programme prévoit. Donc, c'est le ministère qui va
établir les futures règles dans le programme.
M.
Fontecilla : Ah! ce n'est pas déjà établi, là?
M. Bonnardel :
Ça peut... Comme le sous-ministre
le mentionnait tantôt, c'est toujours en processus, en évolution pour
des cas de figure qui...
M. Fontecilla :
OK... la nature des programmes.
M.
Bonnardel :
C'est ça.
M. Fontecilla :
OK. Et est-ce que... Ensuite, on
dit que «l'aide financière ou l'indemnité accordée au bénéficiaire est
insaisissable». Est-ce que, dans le... Je suppose que c'était cette... comment
dire, cette faculté-là se transmet aussi aux héritiers? Donc, si c'est
les héritiers qui sont bénéficiaires d'une aide financière ou d'une indemnité,
elle aussi, elle est insaisissable?
M.
Bonnardel : Bien, peu importe qui est là, peu importe qui, oui.
M.
Fontecilla : C'est ça. Parfait.
Le Président (M. Gagnon) : D'autres
interventions? S'il n'y a pas d'autre intervention, nous allons procéder
à la mise aux voix. Est-ce que l'article 75 est adopté?
Des voix : Adopté.
Le Président (M.
Gagnon) : Adopté. M. le ministre, lecture de l'article 76, s'il
vous plaît.
M.
Bonnardel : «76. L'aide financière accordée en vertu d'un programme
doit être utilisée exclusivement aux fins auxquelles elle est versée.»
Commentaire :
Cet article établit une restriction dans l'utilisation de l'aide financière qui
est accordée une personne.
Donc,
vous comprendrez que l'aide financière est accordée en vertu d'un programme,
sous réserve de factures qui sont envoyées.
Le Président (M.
Gagnon) : Interventions? Mme la députée de Westmount—Saint-Louis.
Mme
Maccarone : Est-ce qu'il y a déjà eu des gens qui... autres que ça?
Oui? Ça, c'est terrible. En tout cas, on vote rapidement cet article, M. le
Président.
Le Président (M.
Gagnon) : Alors, à la demande la députée... Oh! non, on ne vote pas
rapidement.
M.
Fontecilla : Si vous permettez, chers collègues. Par contre, comme
tout processus de... En fait, cela impose
une vérification. Comme tout processus de vérification, cela ajoute des couches
de complexité, certains diraient même
de bureaucratie. Moi, j'ai déjà été en contact avec des... en communication
avec des sinistrés, à Baie-Saint-Paul en
particulier, là, qui me disaient que chaque facture était... faisait l'objet
d'une véritable négociation avec les fonctionnaires en charge, donc une
complexité assez grande, là, parce qu'évidemment on se donne... on s'arroge le
droit, c'est légitime, là, de vérifier la
conformité. Mais on me faisait part de certaines incohérences. Un voisin, sa
facture, pour à peu près le même
travail, était acceptée; le voisin d'à côté, ce n'était pas accepté. Donc, ça
amène un niveau de, comment dire, de... La vérification en tant que telle, ça
amène un certain niveau de complexité et des retards dans les versements, etc.
Qu'est-ce que vous pourriez répondre à cette inquiétude-là, M. le
ministre?
M.
Bonnardel : Bien, je vous dirais que le ministère s'est grandement, en
majuscules, grandement amélioré en termes de processus et de faciliter les
remboursements aux sinistrés. Je prends l'exemple de Baie-Saint-Paul, on a
ouvert plus ou moins 300... 350 dossiers. Il en resterait une trentaine ou à
peu près qui ne sont pas réglés. On est en constante communication avec la municipalité,
qui est un partenaire aussi là-dedans, et nécessairement les sinistrés. Mais on
est ailleurs, entre ce qui se faisait voilà 15 ans, aujourd'hui... et
aujourd'hui du côté du ministère. Donc, on est très facilitants dans nos
opérations.
M. Fontecilla : Très bien. Mais la
base, là, la base de cette vérification-là se fait toujours sur la... sur
présentation des factures, et, des factures, il peut y en avoir beaucoup, là.
Donc, c'est chaque document qui doit être analysé par un
fonctionnaire, voir si ça correspond aux critères, etc. Donc, c'est toujours le
même principe, j'ose croire.
M.
Bonnardel : Il faut faire une différence entre ce qui est
l'indemnisation versus l'aide financière, là.
M. Fontecilla :
OK. Parfait. Et, lorsque... Par
exemple, pour l'immunisation, est-ce que c'est une aide financière ou
c'est une... et la vérification des factures, on va y aller très, très
concrètement, là...
M.
Bonnardel : Sur l'aide financière.
M.
Fontecilla : C'est sur l'aide financière?
M.
Bonnardel : C'est ça.
M.
Fontecilla : Mais elle se fait toujours sur la base de vérification de
chaque facture par une personne qui vérifie les critères.
M.
Bonnardel : Ça va de soi.
M.
Fontecilla : Et vous dites que ça s'est amélioré?
M.
Bonnardel : On est ailleurs.
M.
Fontecilla : Parfait.
M.
Bonnardel : On est ailleurs.
M.
Fontecilla : Je vous informe qu'il y a un certain nombre de personnes
qui disent qu'ils trouvent ça... ils trouvent le processus lourd, quand même,
aujourd'hui.
• (14 h 50) •
M.
Bonnardel : C'est très minime, M. le député, sincèrement, là, c'est
très minime, très minime. Je ne vous dis pas
qu'il n'y a pas toujours un... matière à s'améliorer, là, sauf que nos procédures,
en tout cas, voilà 10 ans, 15 ans et aujourd'hui, là, sont
complètement différentes, complètement.
M.
Fontecilla : Mais qu'est-ce qui a changé en 15 ans, là?
M.
Bonnardel : Bien, on est plus réactifs, plus rapides dans les délais,
là. Avant, on pouvait avoir des... des deux ans puis des trois ans... peut-être
pas trois là, mais, plus souvent qu'autrement, on dépassait les délais, là,
très, très, très longs, malheureusement, pas au bénéfice du citoyen, à la base.
Puis aujourd'hui, bien, on axe nos réponses beaucoup plus sur le citoyen, pour
le supporter puis, bien, on envoie des équipes mobiles, on envoie les équipes
mobiles sur le terrain, là, à... Je prends Baie-Saint-Paul encore, là, je pense
qu'on avait des équipes mobiles, là, quatre, cinq jours après l'événement, là.
M.
Fontecilla : Pour faire ce type de travail?
M.
Bonnardel : Absolument, oui, puis on me confirme, là, encore, encore
là, là, si besoin est... si besoin est, on se déplace.
M. Fontecilla :
Tout à fait. Est-ce qu'il y a un
processus, il y a une certaine... C'est très bien, là, la réactivité, là, être
rapidement sur les lieux du sinistre, mais souvent, l'aide financière, ça va
s'étaler plusieurs mois, là. Est-ce qu'il y
a un certain processus de standardisation, là, de l'analyse des demandes, etc.?
Je vois le sous-ministre hocher de la tête. Est-ce que c'est le cas?
M.
Bonnardel : Oui, tout à fait.
M.
Fontecilla : Très bien.
Le Président (M.
Gagnon) : Est-ce qu'il y a d'autres interventions? S'il n'y a pas
d'autre intervention, nous allons procéder à la mise aux voix. Est-ce que
l'article 76 est adopté?
Des voix : Adopté.
Le Président (M.
Gagnon) : Adopté. Lecture, l'article 77, M. le ministre.
M.
Bonnardel : 77 se lit comme suit : «Le gouvernement est
subrogé de plein droit, jusqu'à concurrence des sommes versées, dans les droits de tout bénéficiaire d'une aide
financière ou d'une indemnité prévue par un programme contre le tiers
responsable du risque, du dommage ou de l'événement.»
Commentaires :
Cet article établit une subrogation de plein droit en faveur du gouvernement
qui est applicable lorsqu'un tiers
est responsable du dommage causé à la personne qui est bénéficiaire de l'aide
financière ou de l'indemnité.
Donc, l'exemple le
plus frappant, je pense que c'est Lac-Mégantic, là. Au-delà de l'aide qu'on a
accordée, bien, on subroge, donc, ce droit
pour aller demander de, bien... d'amener en cour, exemple, une société
ferroviaire, pour ne pas les nommer, là, pour poursuivre, poursuivre une
société X, si on considère qu'il y a faute.
Le Président (M.
Gagnon) : Merci, M. le ministre. Des interventions? Alors, s'il n'y a
pas d'intervention, nous allons procéder à la mise aux voix. Est-ce que
l'article 77 est adopté?
Des voix :
Adopté.
Le Président (M.
Gagnon) : Adopté. Lecture, 78, s'il vous plaît. M. le ministre.
M.
Bonnardel : «78. Le bénéficiaire d'une aide financière ou d'une
indemnité doit rembourser au ministre les
sommes qu'il a indûment reçues, sauf si elles ont été versées à la suite d'une
erreur administrative qu'il ne pouvait raisonnablement pas constater.
Ces sommes peuvent être recouvrées dans les trois ans suivant le moment où
elles deviennent exigibles ou, s'il y a eu
mauvaise foi, dans les trois ans de la connaissance de ce fait, mais au plus
tard 15 ans après le moment de leur exigibilité.
«Malgré le deuxième
alinéa de l'article 75, les sommes que le bénéficiaire doit rembourser
peuvent être déduites de l'aide financière ou de l'indemnité à laquelle il
aurait droit par la suite.»
Commentaire :
Cet article vise à permettre de réclamer à un bénéficiaire le remboursement des
sommes qui lui ont été versées sans droit et à établir les modalités
alors applicables.
Le Président (M.
Gagnon) : Merci, M. le ministre. Des interventions? Mme la députée de Westmount—Saint-Louis.
Mme
Maccarone : Oui. Pourquoi le 15 ans?
M.
Bonnardel : On reprend, à ma connaissance... oui, on reprend le
15 ans, là. Je ne sais pas si on a des...
Mme
Maccarone : Oui, mais je reviens à mes arguments qu'on a déjà eus au
début. On est en train de refaire une loi qui n'a pas été touchée pour presque
25 ans. Pourquoi qu'on garde 15 ans? Même nos impôts, on n'a pas
besoin de les garder pour plus que sept, huit ans, là. Pourquoi 15 ans?
M.
Bonnardel : On me confirme que c'est écrit dans d'autres lois
similaires, oui.
Mme
Maccarone : Mais ce n'est pas bon, ça. Vous savez, je le dis souvent,
ce n'est pas parce qu'on ne l'a pas fait ailleurs qu'on ne devrait pas le faire
ici.
M.
Bonnardel : Oui, je comprends.
Mme
Maccarone : Moi, je trouve que... Honnêtement, je me sens mal pour
quelqu'un. 15 ans plus tard, on va
dire : Bien, vous, vous me devez de l'argent, puis moi, j'ai déjà tout
détruit mes impôts parce que c'est 10 ans plus tard, puis je n'ai
plus ça, c'est tout dans la déchiqueteuse. Alors, je questionne vraiment le
15 ans. Est-ce qu'on a des cas où on est allé recouvrir quelque chose
15 ans plus tard?
M.
Bonnardel : Est-ce qu'il y a des cas? Est-ce qu'il y a des cas? Il
faudrait que je vérifie, là, mais on dit bien : «S'il y a eu mauvaise foi,
là, dans les trois ans de la connaissance de ce fait, mais au plus tard
15 ans après le moment». J'avoue que c'est... Mais bon, je n'ai pas
d'exemple à vous donner, si, dans les dernières années, il y a eu des cas, des
cas de figure spécifiques, là. Je ne pense pas, là, on les aurait, si...
Mme
Maccarone :
Je suis presque contente de ça, comme réponse,
parce qu'honnêtement de savoir qu'on est allé chercher de l'argent de quelqu'un
15 ans plus tard parce qu'on a dit : Bien, vous, vous avez été de
mauvaise foi puis vous avez eu de l'argent indûment reçu... Mais sincèrement,
je questionne le 15 ans, là, parce que je me mets dans la place de la
personne puis je vois que ça, c'est quelque chose qui va être probablement
contesté. On va faire quoi? Une enquête? Il va y avoir un audit? Comment, même,
on va savoir que c'est le cas? Exemple, à l'intérieur de trois ans — on va
dire trois ans parce que c'est plus récent — comment on va savoir qu'il y
a quelqu'un qui a reçu des sommes indûment?
M. Bonnardel : Comme je vous disais
tantôt, notre juriste est en train de vérifier, c'est... Le terme
«15 ans», vous avez raison, là, mais standard... c'est standard dans
plusieurs, plusieurs, plusieurs lois. Donc, oui, il faudrait que quelqu'un dise
au ministère : Bien, telle personne a réclamé tant d'argent, il n'y avait
pas droit pour les raisons x, y.
Mme
Maccarone : Ça fait que ça prend quelqu'un qui dénonce, pour qu'on
sache?
M.
Bonnardel : Bien, à la base... à la base, oui, là.
Mme
Maccarone : Ça fait que, si ce n'est pas en lien...
M.
Bonnardel : Ou qu'on constate lors d'une inspection ou une vérification,
là. Mais, comme je vous dis, tant mieux, tant mieux si on n'a pas de cas de
figure dans les cinq, six, sept dernières années, là.
Mme
Maccarone : Ça fait que vous faites les inspections après qu'il y a un
déboursement de sommes d'argent pour s'assurer, comme on a dit dans l'article
précédent, que l'argent a été bel et bien utilisé pour ce qui était prévu. Ça
fait que vous avez... Allez-y.
M.
Bonnardel : Exemple, on paie pour un ponceau.
Mme
Maccarone : Excusez-moi?
M. Bonnardel :
On paie pour une opération x, y à une municipalité, là, puis on se rend
compte que... bon, le travail a été fait, mais, cinq ans plus tard, on se rend
compte que le travail, pour des raisons x, y, là, d'analyse a été mal fait. Donc là... Là, vous aviez le cas de
figure, peut-être, de M., Mme Tout-le-Monde, mais moi, je vous donne un
cas de figure plus...
Mme
Maccarone : Municipal.
M.
Bonnardel : ...plus municipal.
Mme Maccarone :
Mais vous, vous aurez... vous
saurez que ça, c'est arrivé, parce que vous faites des inspections?
M.
Bonnardel : Ça, bien, oui, il peut y avoir une analyse qui est faite
pour un autre sinistre, quelques années plus tard, puis on...
Mme Maccarone :
Mais ce n'est pas le standard. On
ne fait pas régulièrement des inspections, on ne fait pas des suivis
pour voir que l'argent a été utilisé?
M.
Bonnardel : Non, non, il n'y a pas d'inspection spécifique, là, pour
chaque personne, là, qui a demandé... qui a demandé une indemnité, là.
Mme
Maccarone : Est-ce que c'est déjà arrivé qu'on a demandé aux
municipalités de nous rembourser de l'argent parce qu'on n'a pas utilisé les
sommes comme elles étaient déjà utilisées ou qui ont reçu...
M.
Bonnardel : Ou que le travail ait été mal fait, là, surtout que...
Mme
Maccarone : ...trop d'argent?
Des voix : ...
M.
Bonnardel : Vas-y. Il peut y aller, M. le Président?
Le Président (M.
Gagnon) : Oui.
M. Savard
(Jean) : Oui, c'est déjà arrivé qu'on aille rechercher de l'argent,
soit que l'évaluation des dommages... on parle... On va revenir avec un
ponceau, 30 pouces, il faut le réparer. L'évaluation des dommages qui fait qu'on a donné une avance à la municipalité,
finalement, les travaux sont effectués, c'est moins onéreux que prévu,
c'est plus rare, mais ça arrive, c'est moins onéreux que prévu, bien, on va
aller rechercher les sommes qui étaient versées en trop, parce que c'était...
le dommage est couvert par ça.
Mme
Maccarone : On assume la bonne foi.
M. Savard
(Jean) : Oui.
Mme
Maccarone : 15 ans, on assume moins de bonne foi.
M. Savard
(Jean) : Oui. En même temps, on met une limite à 15.
Mme Maccarone : OK. Je réitère,
c'est très, très, très long. OK. Bonne chance. OK. Merci.
Le
Président (M. Gagnon) : Pas d'autre intervention? Est-ce qu'il y a
d'autres interventions? Oui, allez-y, M. le député.
M.
Fontecilla : Je veux bien comprendre. La mauvaise foi, qu'est-ce
que... qu'est-ce qu'elle change concrètement lorsqu'on constate qu'il y a
mauvaise foi... lorsqu'il y a mauvaise foi, lorsqu'il y a eu, par exemple, une... si on utilise l'exemple du ponceau, il y a
une surfacturation? Mais la mauvaise foi, qu'est-ce que ça... qu'est-ce que
ça implique dans la procédure? Je veux bien comprendre.
M.
Bonnardel : Vas-y, Jean...
Des voix : ...
Mme Potvin
(Noémi) : Parfait. Bien, la mauvaise foi, là, c'est sûr que c'est un
concept qui est quand même large, là, qui va
varier selon les situations. Mais, par exemple, dans un cas d'aide financière,
là, d'argent que l'on reçoit, bien, c'est un peu des exemples comme vous
avez donnés, ça peut être de faire des fausses factures, ça peut être de
faire... de s'entendre avec un contracteur qui va faire lui-même des fausses
factures pour gonfler le prix. Ça peut être un éventail de situations.
Évidemment, ça ne vise pas l'erreur de bonne foi qu'un citoyen peut faire, là,
ce n'est pas la moindre erreur. C'est vraiment dans un cas où on se rend compte
qu'il y a eu pratiquement de la fraude, là, pour obtenir un montant d'aide
financière plus élevé.
• (15 heures) •
M.
Fontecilla : Très bien, mais ensuite qu'est-ce que c'est... Lorsqu'on
est convaincu qu'il y a eu mauvaise foi, qu'est-ce que ça fait en particulier,
là, dans la procédure? Là, c'est ça que je visualise moins bien.
Mme Potvin
(Noémi) : Ah! bien, dans ce cas-ci, ça fait que ça peut servir de
fondement à la procédure, parce que normalement... On voit, là, dans l'article,
là, il y a quand même un délai, là, il faut que les sommes soient recouvrées
dans... recouvrées dans les trois ans qui suivent le montant, ou elles
deviennent inexigibles. Mais, comme là il y a eu de la mauvaise foi, on ne
pouvait pas savoir qu'elles étaient exigibles, ces sommes-là, donc c'est pour
ça qu'on dit où... Dans le fond, là, à partir du moment où on le sait, on se
met le délai à partir de la connaissance, là, sinon maximum 15 ans plus
tard.
Maintenant, dans la
procédure, c'est la personne qui allègue la mauvaise foi qui doit le prouver.
Donc là, par exemple, ça serait le Procureur général, qui nous représenterait
dans une poursuite, qui devrait venir démontrer les éléments de preuve qui
prouvent la mauvaise foi qui a eu lieu.
M.
Fontecilla : Par exemple, on va y aller... il y a eu un déboursé pour
un... on va continuer à utiliser cet... et, cinq ans après, on se rend compte
qu'il y a eu... les prix ont été gonflés, mauvaise foi, ça s'apparente à la
fraude. De un, on doit le prouver et, de deux, on doit... on se donne trois ans
pour récupérer, recouvrir cet argent-là. C'est ce que je comprends?
Mme Potvin (Noémi) :
En fait, on donne trois ans à partir du moment où la somme devient
exigible. Par exemple, nous, au ministère, on apprend aujourd'hui, là, le
2 mai, que les sommes sont exigibles, normalement, on a trois ans, mais,
si, finalement, on se rend compte qu'il y a eu mauvaise foi, on n'a pas pu...
le délai de trois ans... on est plus tard que le délai de trois ans, qui,
normalement, nous empêcherait de poursuivre, mais là on se rend compte qu'il y
a eu de la fraude, de la collusion, etc., bien là, la loi nous permet d'y aller
jusqu'au... trois ans à partir du moment où on le sait, mais jamais plus tard
que 15 ans. Ça fait que c'est sûr que, même s'il y a eu de la fraude, de
la collusion, disons, le 2 mai 2024, bien, dans 15 ans maximum, il
est trop tard, là, pour le gouvernement, de recouvrir ces sommes-là.
M.
Fontecilla : À partir de 15 ans, il y a prescription.
Mme Potvin
(Noémi) : C'est ça, prescription totale.
M.
Fontecilla : Très bien.
Le Président (M.
Gagnon) : Mme la députée de Westmount—Saint-Louis.
Mme
Maccarone : Puis, si c'est devant le tribunal, le 15 ans, ça
tient? Exemple, le gouvernement dit : Là, on pense que vous êtes de
mauvaise foi, on souhaite recouvrir l'argent que vous avez eu indûment, mais là
on est rendus à 15 ans et six mois, mais on est devant le tribunal parce
que la personne est en train de se défendre puis dit : Non, non, non, je
ne suis pas en accord, mais le 15 ans s'écoule, juridiquement, c'est ça,
peut-être, qui m'échappe.
Mme Potvin (Noémi) :
Il faut que la procédure soit déposée avant le 15 ans pour interrompre
la prescription.
Mme
Maccarone : OK, mais la procédure peut aller au-delà?
Mme Potvin
(Noémi) : Oui, c'est ça, la... autrement dit, le jugement ou la
procédure n'a pas à être terminée ou le jugement n'a pas à être obtenu avant la
fin de ce 15 ans là.
Mme Maccarone : À l'intérieur... OK,
merci.
Le Président (M. Gagnon) : M. le
député.
M. Fontecilla : Concrètement,
comment ça va se passer? Mettons, on va se placer dans le cas d'une entité,
d'une personne morale, là, et le ministère se... acquiert la conviction qu'il y
a eu mauvaise foi, il envoie une facture. Des fois, ça peut être des montants
très élevés. Donc, on s'attend à ce que, normalement, dans les trois mois, vous
devez payer, mais ça se peut qu'il y ait eu
un refus et que ça aille... donc, c'est des procédures judiciaires qui sont
entamées.
Mme Potvin (Noémi) : Bien, ça peut
toujours commencer par un avis ou par une mise en demeure. Là, généralement,
les procédures ne sont pas intentées comme ça, contre une personne, sans
qu'elle soit au courant avant. Il y a toujours moyen de s'entendre aussi, là.
Le ministère, de ce que je comprends, c'est toujours très souple avec les
sinistrés, mais, si la personne ne paie pas malgré un avis, malgré une mise en
demeure, bien là, à ce moment-là, la procédure peut être intentée.
M. Fontecilla : C'est une procédure
judiciaire?
Mme Potvin (Noémi) : Oui, c'est ça.
Ça va être une demande introductive d'instance qui va être présentée devant
soit la Cour du Québec ou, si le montant est supérieur au seuil de la Cour du
Québec, bien, ça va être la Cour supérieure.
M. Fontecilla : Très bien.
Le
Président (M. Gagnon) : Est-ce qu'il y a d'autres interventions? Alors,
s'il n'y a pas d'autre intervention, nous allons procéder à la mise aux
voix. Est-ce que l'article 78 est adopté?
Des voix : Adopté.
Le Président (M. Gagnon) : Adopté.
Article 79, s'il vous plaît, M. le ministre, la lecture.
M.
Bonnardel : «79. Toute somme exigible en vertu d'une
subrogation ou d'une réception de l'indu est garantie par une hypothèque
légale sur les biens du débiteur.»
Commentaire : Cet article permet de
garantir une créance de l'État par une hypothèque légale sur les biens d'un
débiteur qui doit des sommes en vertu des articles 77 et 78, que nous
venons d'adopter, proposés par l'article 1 du projet de loi.
M. Fontecilla : Merci, M. le ministre.
Des interventions? Il n'y a pas d'intervention. Alors, s'il n'y a pas
d'intervention, nous allons procéder à la mise aux voix. Est-ce que
l'article 79 est adopté?
Des voix : Adopté.
Le Président (M. Gagnon) : Adopté.
Lecture de l'article 80, s'il vous plaît, M. le ministre.
M. Bonnardel : J'ai... oui, je vous
lis l'article puis je vous lis l'amendement par la suite.
Donc : «80. Toute personne visée par une
décision portant sur l'admissibilité à un programme, sur le montant de l'aide
financière ou de l'indemnité accordée, sur une condition pour en obtenir le
versement ou sur une somme exigible en vertu
d'une réception de l'indu peut en demander la révision à la personne désignée
par le ministre responsable de l'application d'un programme, sauf s'il
s'agit d'une décision rendue en vertu de l'article 74.
«Elle doit produire sa demande par écrit dans
les deux mois de la date où elle a été avisée de la décision en indiquant les
principaux motifs sur lesquels elle s'appuie, à moins qu'elle ne démontre avoir
été dans l'impossibilité d'agir plus tôt.
«La demande de révision ne suspend pas
l'exécution de la décision, à moins que la personne désignée pour la révision
n'en décide autrement.»
Commentaire : Cet article établit un
recours en révision aux personnes visées par certaines décisions relatives à
l'application des programmes d'aide financière et d'indemnisation et prévoit
les modalités alors applicables.
C'est la même chose que tantôt pour
l'amendement, là. Je vous le relis juste pour la portion du mot qui est
remplacé : Remplacer, dans le texte anglais du premier alinéa de l'article
80 de la Loi sur la sécurité civile visant à favoriser la résilience aux
sinistres, proposé par l'article 1 du projet de loi, «administration» par
«application».
Le Président (M. Gagnon) : Merci.
Est-ce qu'il y a des interventions en lien avec l'amendement? Alors, nous
allons procéder à la mise aux voix de l'amendement de l'article 80. Est-ce
qu'il est adopté?
Des
voix : Adopté.
Le Président (M. Gagnon) : Adopté.
Alors, nous allons revenir à l'article 80. Est-ce qu'il y a des interventions?
Madame, vous êtes en réflexion?
Mme
Maccarone : Oui.
Le Président (M.
Gagnon) : Voulez-vous parler?
Mme
Maccarone : Oui, oui.
Le Président (M.
Gagnon) : Oui? La parole est à vous, Mme la députée.
Mme
Maccarone : Je souhaite juste avoir un exemple de la mise en
application de cet article.
M. Savard
(Jean) : Un sinistré qui reçoit réponse à sa réclamation, il reçoit un
montant, mais pas à la hauteur de ce qu'il
s'attendait, pour x raisons, demande la révision de son dossier, explique les
motifs, pourquoi il pense que ça n'a pas été bien traité, ou c'était...
ou l'ensemble des critères du programme, selon lui, il n'a pas pu en bénéficier
de façon adéquate, alors on a une équipe, là, de révision qui va repasser à
travers le dossier pour voir si tous, tous, tous les critères ont bien été
traités selon les règles du programme puis s'assurer que le sinistré ait droit
à l'ensemble de l'aide financière qu'il se ferait donner. Ça fait que, sans
vous mettre des montants, c'est le genre de choses qu'on a.
Mme
Maccarone : Mais ils ont seulement deux mois? Nous, on se donne 15 ans
pour recouvrer l'argent puis, eux, on leur donne deux mois?
M. Savard
(Jean) : Oui. Pardon?
M.
Bonnardel : Ils ont deux mois pour faire la demande.
Mme
Maccarone : Oui, mais c'est ça, je trouve que ce n'est pas beaucoup.
Pourquoi qu'on s'est statués sur deux mois puis peut-être pas un six mois? Tu
sais, encore une fois, je me mets dans la position de cette personne où sa vie est toute à l'envers, puis, peut-être, ils
ont de la misère à se retrouver à l'intérieur de le processus, une personne
aînée, par exemple. Puis je comprends qu'on
a de l'accompagnement, on a déjà vérifié tout ça dans des articles précédents,
mais deux mois, il me semble, ce n'est pas long. Pourquoi qu'on ne leur donne
pas au moins trois ou six...
M. Savard
(Jean) : Je pense que...
Mme
Maccarone : Puis, s'il vous
plaît, j'espère que la réponse, ce n'est pas parce que, dans toutes les autres
lois, c'est deux mois, là.
M.
Bonnardel : Non, mais c'était... oui, c'était déjà deux mois, là. Je
comprends votre...
Mme
Maccarone : Oui, oui, mais c'est juste parce que, là, on a
l'occasion... Puis je comprends aussi, c'est probablement parmi les articles
qu'on applique rarement ou j'espère qu'on applique rarement, mais pourquoi ne
pas viser un petit peu plus de temps?
M. Savard
(Jean) : En fait, on s'ouvre la porte ici parce qu'on dit : «à
moins qu'elle ne démontre avoir été dans l'impossibilité d'agir plus tôt».
Alors, si c'était une personne aînée qui dit : Bien, écoutez, j'étais,
pour x raison, à caractère humanitaire, dépassée par la situation, c'est le
genre d'argumentaire que nous, on va ouvrir la porte rapidement, mais, en même
temps, le délai de deux mois permet aussi que... et les gens qui n'ont pas
l'aide financière à la hauteur de ce qu'ils s'attendaient, généralement, ça ne
va même pas dans le délai de deux mois. Tu sais,
rapidement, on a la demande qui vient en révision, s'il y en a. Ce n'est pas
beaucoup de dossiers, là, qu'on a à ce niveau-là. Alors, on a quand même
la possibilité d'aller au-delà de deux mois avec ce qui est écrit dans
l'article.
Mme
Maccarone : Je comprends. Je comprends, mais ça, c'est toujours...
souvent, c'est subjectif. C'est pour ça que je ne comprends pas pourquoi qu'on
ne leur donne juste pas un petit peu plus de temps, un petit peu plus de
souplesse dans...
M.
Bonnardel : Oui, c'est pour ça qu'on vous disait tantôt, là, nos
processus, nos façons de faire... On est axés
vraiment citoyens. On met ça dans le projet de loi, là, «à moins qu'elle ne
démontre avoir été dans l'impossibilité d'agir plus tôt». On n'est pas
rigides, là, puis on dit : Mon Dieu! Là, vous avez... vous nous avez donné
une explication x, y, puis c'est trois jours après le deux mois. On est assez
ouverts, puis c'est ce qu'on fait, au ministère, depuis des années.
• (15 h 10) •
Mme Maccarone : On
a entendu des histoires où ce n'est peut-être pas le cas, c'est juste que...
Puis, je comprends, tout le monde est... de la bonne volonté, mais souvent ça
dépasse la personne avec qui qu'on parle ou la personne concernée aussi.
Mettons, une personne qui est un petit peu plus agressive, puis c'est difficile
de traiter le cas de cette personne, peut-être, on va avoir moins d'ouverture,
puis ils sont trois jours en retard, mais la personne verra moins de souplesse,
puis ça peut être la même chose si c'est trois mois ou six mois. Juste que je
me mets dans la place de ces personnes, peut-être, 60 jours, ce n'est pas
beaucoup... de réviser, d'avoir une consultation, d'avoir les documents
nécessaires.
M. Bonnardel : Il ne faut pas
oublier qu'on les accompagne du début à la fin ou presque, hein? Ces gens, on les accompagne du début à la fin. Ça fait que ce
n'est pas une surprise, là, plus souvent qu'autrement. Donc, le deux mois,
c'est... ça se fait rapidement, comme le sous-ministre l'a mentionné, puis,
dans l'article, dans le deuxième alinéa, bien, on se donne une ouverture,
«à moins qu'elle ne démontre avoir été dans l'impossibilité d'agir plus tôt»,
puis c'est écrit noir sur blanc. Donc, si la personne lésée, je vais le dire
ainsi, là, se manifeste, bien, on va lui donner le bénéfice...
Mme
Maccarone : Avez-vous des statistiques de combien de personnes
demandent une révision puis combien de fois qu'ils sont acceptés ou
refusés?
M. Savard (Jean) : C'est des
chiffres qu'on pourrait avoir. Je n'ai pas ces statistiques-là avec moi, là, je
vous dirais, à peu près une dizaine de dossiers aux deux, trois mois. Ça
dépend, c'est très facultatif, du nombre de sinistres qu'on va avoir dans
l'année, nombre de programmes mis en oeuvre. Une année où on a des sinistres
qui touchent beaucoup, beaucoup, beaucoup de résidences, bien, le ratio va
faire qu'on va en avoir davantage. C'est à la marge, je vous dirais. Sur le
nombre de dossiers qui est traité dans une année, c'est vraiment des cas, là,
d'exception.
Mme Maccarone : Mais, si vous vous
engagez de partager ces informations... je comprends, pas aujourd'hui parce que vous ne les avez pas avec vous, mais je
serais curieuse de savoir c'est quoi, les statistiques, encore une fois,
pour faire le point de M. le ministre, que les choses vont bien, puis qu'il y a
un accompagnement, puis que, s'il y a des
gens qui sont hors de délais, bien, il y a aussi une souplesse d'accompagnement
pour ces citoyens. Je serais curieuse de voir cette information.
M. Bonnardel : Oui, on a demandé...
Mme Maccarone : Merci.
Le
Président (M. Gagnon) : Alors, s'il n'y a pas d'autre intervention, nous
allons procéder à la mise aux voix. Est-ce que l'article 80, tel
qu'amendé, est adopté?
Des voix : Adopté.
Le Président (M. Gagnon) : Adopté.
M. le ministre, lecture de l'article 81, s'il vous plaît.
M. Bonnardel : Oui, 81, j'ai encore
un amendement pour la portion anglaise.
L'article 81 se lit comme suit :
«[[Les sommes requises pour l'application des programmes, y compris les frais d'administration excédentaires en situation
de sinistre ou d'autres événements qui compromettent la sécurité des personnes
et lors du rétablissement après l'événement, ainsi que celles pour analyser si
un programme doit être établi ou mis en oeuvre sont prises sur le fonds
consolidé du revenu.]]
«Les sommes recouvrées en vertu de
l'article 77 ou 78 sont versées au fonds consolidé du revenu.»
Commentaire : Cet article prévoit que les
sommes requises pour l'application des programmes sont prises sur le fonds
consolidé du revenu. Il prévoit également que les sommes versées indûment qui
ont été récupérées ou celles obtenues par le gouvernement lors de l'exercice de
son droit à la subrogation sont versées au fonds consolidé.
L'article 1 de l'article 81, donc,
remplace, dans le texte anglais du premier alinéa de l'article 81 de la
Loi sur la sécurité civile visant à favoriser la résilience aux sinistres,
proposé par l'article 1 du projet de loi, «administration» par
«purpose»... par «purpose», oui, pardon.
Une voix : ...
M. Bonnardel : «Purposes», oui, il y
a un «s» à la fin, «sorry».
Le
Président (M. Gagnon) : Merci, M. le ministre. Est-ce qu'il y a des
interventions en lien avec l'amendement? Mme la députée.
Mme Maccarone : C'est rare, mais je
trouve le changement ici, en anglais, particulier, parce que, là, c'est
vraiment en lien, selon moi, là... parce que, là, on fait beaucoup de
changements d'administration pour l'application, mais «purposes of the
program»... ici, «administration of the program», selon moi, puis je pense que
je suis la seule anglophone ici, ma compréhension aurait été bonne. Je ne
l'oppose pas, mais «administration of the program»... Je pense sincèrement qu'on n'avait pas besoin d'avoir
un amendement parce qu'«administration of», c'est une même chose... «the
purposes of», mais je ne suis pas légiste.
M.
Bonnardel : Merci pour votre point.
Le Président (M. Gagnon) : Est-ce
qu'il y a d'autres interventions? S'il n'y a pas d'autre intervention, nous
allons procéder à la mise aux voix. Est-ce que l'amendement à
l'article 81 est adopté?
Des voix : Adopté.
Le Président (M. Gagnon) : Adopté.
Est-ce qu'il y a des interventions en lien avec l'article 81? Mme la
députée.
Mme
Maccarone : Pourquoi qu'on a les parenthèses autour de cet article,
par curiosité, là, c'est...
M.
Bonnardel : Il n'y a pas de... il n'y a pas de modification, à ma
connaissance.
Mme Maccarone :
Oui, mais il y en a d'autres où
on n'avait pas de modification puis on n'a pas fait ça, parce que, même
si on fait la comparaison avec le 122, on n'avait pas... C'est juste...
M.
Bonnardel : ...quand on a recours au fonds consolidé, c'est les
doubles parenthèses qui font foi d'un...
Mme Maccarone :
Mais on n'avait pas ça avant.
M. Bonnardel :
Ah! puis, quand la loi est
adoptée, ça disparaît. Écoutez, ça fait quand même un bout de temps que
je suis ici, là, puis c'est la première fois que je...
Mme
Maccarone : Ah bien! je viens d'apprendre quelque chose.
M.
Bonnardel : Moi aussi, là, j'apprends...
Mme Maccarone :
OK, bien, merci. C'est
intéressant. Pourquoi qu'on le met? C'est juste... Pourquoi qu'on le met
puis pourquoi qu'on le supprime, d'abord? Je ne sais pas, c'est...
M.
Bonnardel : C'est le secrétariat à la législation qui l'oblige.
Mme
Maccarone : Ah oui? Compliquée, cette personne. OK.
M.
Bonnardel : Ces personnes.
Mme
Maccarone : Ces personnes, c'est vrai. Merci.
Le Président (M. Gagnon) : Est-ce
qu'il y a des interventions? Alors, s'il n'y a pas d'intervention, nous allons
procéder à la mise aux voix. Est-ce que l'article 81, tel qu'amendé, est
adopté?
Des voix :
Adopté.
Le Président (M.
Gagnon) : Adopté. M. le ministre, lecture de l'article 82, s'il vous
plaît.
M.
Bonnardel : Oui. On change de section, on s'en va à la section V,
Pouvoirs réglementaires.
Donc, 82 : «En
outre...» Il n'y a pas d'amendement ici? Non. «En outre des pouvoirs
réglementaires prévus par la présente loi, le gouvernement peut, par
règlement :
«1° établir des
normes permettant d'assurer une gestion efficace des risques de sinistre ou une
réponse optimale aux sinistres, dans la mesure où cela n'empiète pas sur le
domaine de compétence spécifique d'une autre autorité
réglementaire, ou rendre obligatoires de telles normes élaborées par un autre
gouvernement ou par un organisme ayant pour mandat de les élaborer;
«2° déterminer, parmi
les dispositions d'un règlement pris en vertu de la présente loi, celles dont
la violation constitue une infraction et indiquer, pour chaque infraction, les
amendes dont est passible le contrevenant et qui ne peuvent excéder
10 000 $.»
Commentaire :
Cet article complète les pouvoirs réglementaires du gouvernement nécessaires à
l'application de la loi.
Le Président (M.
Gagnon) : Merci, M. le ministre. Des interventions? Mme la députée de
Westmount—Saint-Louis.
Mme
Maccarone : Gros changement avec 123, gros, gros, gros
changement. On avait 1°, 2°, 3°, 4°, 5°, 6° puis on a ajouté «il peut
également»... sept, huit, neuf éléments, puis là on est rendus à deux.
Pourquoi?
M. Bonnardel : Noémi va...
Mme Potvin (Noémi) : Bonjour. En
fait, effectivement, là, le changement est assez important, là.
D'une part, il faut voir qu'il y a quelques-unes
de ces habilitations-là... Par exemple, si on a 123, je vous dirais, là, il y avait... bien, en tout cas, il y
avait des dispositions par rapport à la gestion des risques de sinistres qui
vont pouvoir être prévues dans le cadre du pouvoir habilitant qu'on a
mis à l'article 10, là, relativement à la démarche, au plan de sécurité civile, aux activités de formation que les
municipalités vont... pourraient devoir prendre. Donc, il y en a
beaucoup qu'on retrouve là.
Ensuite, c'était une liste d'habilitations qui
était extrêmement détaillée. On voyait ça plus avant, dans les lois plus anciennes, là, des pouvoirs habilitants très,
très, très précis. Ceci dit, là, la façon dont il est rédigé en ce moment, là,
surtout le paragraphe 1°, permet d'aller
chercher plusieurs normes qui sont déjà couvertes... qui vont couvrir, en fait,
ce qu'on retrouve à 123 en ce moment, là.
Mme Maccarone : Ça fait que, si on
le fait, mettons, paragraphe par paragraphe, le premier, «déterminer les normes
concernant la surveillance d'activités, des biens ou phénomènes naturels qui
sont générateurs de risque de sinistre majeur ou mineur», ça, ça se retrouve à
10, vous dites?
Mme Potvin (Noémi) : Ça, ça se
retrouve à 11, là, pour les générateurs de risque.
Mme Maccarone : Ça, c'est à 11.
Mme Potvin (Noémi) : Mais aussi on
peut voir qu'à 82 le paragraphe 1° nous dit qu'on peut «établir des normes permettant d'assurer une gestion efficace
des risques de sinistre ou une réponse optimale aux sinistres». Donc, dans ces
normes-là, on peut, par exemple, aller prévoir des normes pour surveiller des
activités, des biens ou des phénomènes dans le but d'assurer une
meilleure réponse aux sinistres, par exemple.
Mme
Maccarone : Ça fait que moi, je retrouve ça, mettons, dans
l'ancien paragraphe 3°, «déterminer les normes applicables». Je veux juste
savoir comment qu'on regroupe tout ça. Comme, tu sais, exemple, le paragraphe
4°, quand on parle d'un gouvernement ou un organisme ayant un mandat pour
élaborer... ça, je m'en souviens. On a fait le débat sur ces pouvoirs
dans les articles précédents.
Mme Potvin (Noémi) : Puis ça, en
fait, le paragraphe 4°, maintenant, on n'a plus besoin de mettre ça spécifiquement, là. Ça fait partie d'un pouvoir
d'une... si c'est habilité par la loi, là, ou dans la loi elle-même, de rendre
des normes d'un autre gouvernement applicables, là, par...
• (15 h 20) •
Mme Maccarone : Puis c'est la même
chose pour le 5°. On l'a adopté dans un article précédent.
Mme Potvin (Noémi) : Oui, c'est ça.
Mme
Maccarone : C'est la même chose pour le 6°, conditions pour
les délais dans lesquels les normes prévues... le présent...
Mme Potvin (Noémi) : Oui, c'est ça.
On n'a pas besoin de prévoir ça dans une habilitation réglementaire, là. C'est
la nature même d'un règlement de déterminer les conditions puis les délais dans
lesquels les normes qu'il crée vont s'appliquer.
Mme Maccarone : Et, pour le «il peut
également»... parce que le 2°, je sais qu'on a déjà... on a déjà vu ça, je pense, la dernière fois qu'on a travaillé
ensemble, ça fait trois semaines à peu près, mais le 1°, «déterminer les
méthodes et les critères
d'application à la détermination de la vulnérabilité d'une communauté», ça, il
me semble... le mot «vulnérabilité d'une communauté», on ne l'a pas vu
encore.
Mme Potvin (Noémi) : On ne l'a pas
vu, mais ça, ce paragraphe-là, c'est un peu... c'est ce que va prévoir, dans le
fond, la démarche régionale de gestion des risques. Le but de la démarche
régionale, c'est d'aller notamment vérifier
la vulnérabilité de notre milieu ou de notre communauté face aux risques qui
sont présents sur notre territoire. Donc
là, à ce moment-là, bien, lui, il est déjà vraiment couvert, là, par
l'article 10, là, qui permet de prévoir plusieurs choses, là, par
rapport à la démarche.
Mme
Maccarone : Pourquoi qu'on a fait le choix de ne pas
réutiliser le mot «vulnérable»? Je trouve que c'est bien, ça explique beaucoup,
mais c'est un choix du législateur de ne plus utiliser ce mot, parce que, pour
moi, je ne suis pas légiste, quand je
lis, c'est très clair pour moi, l'utilisation de cette terminologie, mais, pour
vrai, je pense que c'est... Je n'ai pas fait une recherche, là, mais je
pense que c'est la première fois que je vois ce mot à date.
M. Bonnardel : Ça
se peut. C'est possible.
Mme Maccarone : Mais pourquoi qu'on
a fait ce choix?
M. Bonnardel : C'est le choix du
légiste, oui, oui, sincèrement, là.
Mme Potvin (Noémi) : Bien, en
rédigeant, on ne sentait pas... ça ne s'intégrait pas particulièrement dans la façon dont on réfléchissait le projet de loi. Par
contre, c'est sûr qu'ultimement c'est un des objectifs, finalement, de la sécurité
civile. C'est quoi, de la résilience, c'est quoi? C'est de faire diminuer ta
vulnérabilité, mais pourquoi, je ne pourrais pas vous en dire davantage.
Mme Maccarone : C'est un choix. M.
Savard...
M. Savard
(Jean) : Oui. Je voulais juste dire que c'est vraiment...
c'est inhérent à la... pour le processus de gestion des risques,
toutefois, qui est l'essence même du projet de loi.
Mme Maccarone : OK. Puis le
10 000 $, on n'a pas changé ce montant même si la loi date de 23 ans,
mais, le 10 000 $, on a gardé ce montant. Pourquoi qu'on ne l'a pas
changé?
Mme Potvin (Noémi) : Maintenant,
dans les dernières années, les montants des amendes, tout ça est analysé par une direction au ministère de la Justice pour
s'assurer d'avoir une cohérence dans l'ensemble du corpus, par exemple,
pour ne pas qu'une loi prévoie un montant, je veux dire, de 25 000 $ pour
une infraction similaire, un autre soit puni par une infraction de
5 000 $. Donc, au moment de la rédaction du projet de loi, ça a été
envoyé au ministère de la Justice, et on a eu des discussions avec les
personnes, qui nous ont fait des recommandations, puis finalement, les montants... ce qu'on comprend, c'est que les
montants, il y a 20 ans, dans la loi, ils étaient assez élevés. Donc là,
il a été jugé correct de les conserver comme ça, là.
Mme Maccarone : OK. Merci.
Le Président (M. Gagnon) : Merci.
D'autres interventions? Alors, s'il n'y a pas d'autre intervention, nous allons
procéder à la mise aux voix. Est-ce que l'article 82 est adopté?
Des voix : Adopté.
Le Président (M. Gagnon) : Adopté.
L'article 83, s'il vous plaît, M. le ministre.
M. Bonnardel : «Chapitre IV.
«Présomptions, droits et immunités.
«83. Toute personne qui respecte un ordre donné
en vertu de l'article 23 ou 57 est réputée se trouver dans une situation
de force majeure.»
Commentaire : Cet article établit une
présomption légale de force majeure en faveur des personnes soumises à un ordre
donné dans l'exercice d'un pouvoir extraordinaire au cours d'un état d'urgence
local ou national.
Le Président (M. Gagnon) : Merci.
Est-ce qu'il y a des interventions? M. le député de Laurier-Dorion.
M.
Fontecilla : Qu'est-ce que... Quelle est la valeur légale, la
signification légale d'une situation de force majeure? Qu'est-ce que ça
permet ou ne... Est-ce que c'est stipulé quelque part? Est-ce que ça...
M. Savard (Jean) : Oui, c'était...
ça vient du code... Bon, bien, je peux y aller, excusez, oui?
Le Président (M. Gagnon) : Oui.
M. Savard (Jean) : C'est dans le
Code civil, où il y a un article... c'est l'article 1470. Je peux vous
le... je peux vous le lire, si vous voulez.
M. Fontecilla : Oui, allez-y.
M. Savard (Jean) : «Toute personne
peut se dégager de sa responsabilité pour le préjudice causé à autrui si elle
prouve que le préjudice résulte d'une force majeure, à moins qu'elle ne se soit
engagée à le réparer.
«La force majeure est un événement imprévisible
et irrésistible; y est assimilée la cause étrangère qui présente ces mêmes
caractères.»
M.
Fontecilla : Donc, en langage plus courant, là, ça voudrait
dire quoi, surtout la première partie, là? Qu'est-ce que ça permet, les
cas... la situation de force majeure, là?
M. Savard (Jean) :
On va vous le vulgariser, oui.
Mme Potvin (Noémi) : Oui, comme on a
vu... Bien, l'article 1470, là, dans le Code civil, c'est un article qui
se retrouve dans la section sur la responsabilité contractuelle ou
extracontractuelle, et puis cet article-là, ce qu'il dit, c'est que,
finalement, tu peux... normalement, tu es tenu... le principe, c'est que tu es
responsable des préjudices que tu causes à autrui, mais, quand tu es dans un
cas de force majeure, tu peux te dégager de ta responsabilité et ne pas avoir à
répondre des préjudices que tu as causés en raison du fait que c'est une force
majeure.
Maintenant, quand on arrive à l'article 83,
finalement, qu'on étudie, on vient dire : «Toute personne qui respecte un
ordre donné en vertu de l'article 23 ou 57...» Donc, ça, c'est les articles
de... les pouvoirs en cas de déclaration d'état d'urgence locale ou déclaration
d'état d'urgence nationale. Une personne qui va respecter un ordre qui lui a
été donné, dans ce contexte-là, on vient dire : Toi, tu es réputé dans une
situation de force majeure. Donc, elle peut
se dégager de sa responsabilité face au préjudice qu'elle aura causé en
agissant selon l'ordre qui lui a été donné.
Maintenant, ça ne signifie pas que la personne
qui a subi un préjudice ne sera pas indemnisée. Là, c'est les règles qu'on a
vues précédemment, par exemple, la municipalité qui doit indemniser, dans un
délai de trois mois, les préjudices qui auront été causés dans le cadre d'un
état d'urgence local, même chose pour le gouvernement. Donc, c'est juste que la
personne qui, elle-même, a commis le geste en respectant l'ordre n'aura... ne
sera... elle pourrait être poursuivie, mais, en tout cas, si elle l'était, elle
va pouvoir être, dans le fond, protégée, là, des dommages qu'elle aurait
causés.
M. Fontecilla : Juste pour... par
exemple, ça pourrait... une personne qui respecte un ordre, ça peut être, par exemple, quelqu'un qui quitte en toute urgence son
domicile et laisse les feux allumés, la cuisinière allumée, et ça suscite
un feu, par exemple. Ça pourrait être ça ou qu'il...
Mme Potvin (Noémi) : Bien, ça, c'est
sa compagnie d'assurance, normalement, qui devrait l'indemniser, mais je vais
vous donner l'exemple d'un contracteur qui, pendant un état d'urgence local, se
fait demander par la municipalité de prendre une machinerie lourde, d'aller
creuser une tranchée sur tel terrain. Bien là, c'est sûr que ça endommage le
terrain de la personne chez qui on a creusé, mais ce n'est pas le contracteur
lui-même qui serait tenu responsable de ça. Lui, il a seulement respecté
l'ordre qui lui a été donné dans le cadre de l'état d'urgence. Donc là, le citoyen qui s'estimerait... qui trouve qu'il a
subi un préjudice, c'est ça, va demander à la municipalité de l'indemniser.
M.
Fontecilla : OK, et la municipalité est tenue responsable... si
elle est tenue responsable de ce... doit indemniser.
Mme Potvin (Noémi) : C'est elle qui
va devoir indemniser, c'est ça, puisque... c'est ça.
M. Fontecilla : Et non pas le
ministère, c'est la municipalité, là.
Mme Potvin (Noémi) : Bien, si c'est
une déclaration d'état d'urgence local et que c'est elle-même qui a ordonné ça, oui, c'est la municipalité.
Maintenant, est-ce qu'il y a une demande d'aide financière qu'elle pourra
faire? Oui, probablement, là, en vertu du programme, mais le citoyen qui
a subi le préjudice, lui, va se retourner vers la municipalité.
M.
Fontecilla : Très bien. Lorsque vous parlez de toute personne
qui respecte un ordre, c'est toute personne physique?
Mme Potvin (Noémi) : Ou morale.
M. Fontecilla : Ou morale. Ça comprend
les deux sens?
Mme Potvin (Noémi) : Oui, une
personne, c'est physique ou morale.
M. Fontecilla : Parfait.
Le
Président (M. Gagnon) :
D'autres interventions? S'il n'y a pas d'autre intervention, nous allons
procéder à la mise aux voix. Est-ce que l'article 83 est adopté?
Des voix : Adopté.
Le Président (M. Gagnon) : Adopté.
M. le ministre, nous irions à l'article 84, s'il vous plaît.
M. Bonnardel : «84. Toute personne
mobilisée en application de mesures établies en vertu de la présente loi ou
dont les services ont été requis ou acceptés pour répondre à un sinistre, à un
autre événement qui compromet la sécurité des personnes ou à leur imminence
est, pour la détermination de la responsabilité civile à l'égard des tiers,
réputée être une préposée de l'autorité sous laquelle elle est placée. Il en
est de même d'une personne qui participe à une activité de formation ou à un
exercice en matière de sécurité civile.
«Malgré
le premier alinéa :
«1° un préposé de
l'État ou d'une personne morale de droit public ne cesse pas d'agir dans
l'exécution de ses fonctions du seul fait qu'il est placé temporairement sous
une autre autorité;
«2° une personne
mobilisée ou dont les services ont été requis ou acceptés dans le cadre de l'application
de l'article 18 ou 28 est réputée être un préposé de la municipalité locale qui
était empêchée ou qui faisait défaut d'agir;
«3° une personne
mobilisée ou dont les services ont été requis ou acceptés dans le cadre du
déploiement de mesures de coopération par
les autorités québécoises ou celles de l'extérieur du Québec est réputée être
une préposée du gouvernement.»
Commentaire :
Cet article établit, aux fins de la détermination de la responsabilité civile à
l'égard des tiers, une présomption légale de
subordination entre une personne autre qu'un fonctionnaire agissant dans le
cadre de certains événements visés par la loi et l'autorité sous
laquelle elle est placée.
• (15 h 30) •
Le Président (M.
Gagnon) : Merci, M. le ministre. Des interventions? Mme la députée de
Westmount—Saint-Louis.
Mme
Maccarone : Là, je présume, l'explication de ceci, c'est une mesure de
protection pour la personne qui doit agir.
M.
Bonnardel : Exact.
Mme
Maccarone : Est-ce qu'on a des exemples de ceci? Puis la raison qu'on
a besoin de ça, c'est parce que la personne
est dédouanée de faire quoi exactement, qu'on a besoin d'avoir cette mesure de
protection? Parce que, si je lis bien le premier alinéa, bien, il faut
quand même agir dans les règles de l'ordre, là, respecter la loi, etc.
M.
Bonnardel : Oui. On a un exemple, là, qui...
M. Savard (Jean) : Alors, il
y a un sinistre dans une municipalité, puis la municipalité demande... il y a un entrepreneur puis il
y a quelques employés qui seraient disponibles pour venir les aider à faire des
sacs de sable. Bien, la municipalité, elle va aller prendre ces hommes-là pour
venir les aider à faire des sacs de sable. Alors, au moment où il commence à
faire la tâche pour la municipalité, il est réputé comme étant un employé de la
municipalité, malgré qu'il travaille
pour l'entreprise X. Alors là, c'est toute la couverture de la municipalité qui
va s'appliquer à cette personne-là.
Mme
Maccarone : Toute la couverture de la municipalité, incluant les
assurances, des choses comme ça... la personne est blessée?
M. Savard
(Jean) : CNESST.
Mme
Maccarone : Pourquoi qu'on ne dit pas ça explicitement? Je pense que
Me Potvin souhaite contribuer.
M. Savard (Jean) : En fait, c'est pour la
détermination de la responsabilité civile à l'égard des tiers. Ça veut dire,
s'il arrive un accident ou quelque chose à l'égard des tiers, il va y avoir la
protection aussi de la municipalité à cet effet-là.
Mme
Maccarone : Pourquoi qu'on ne dit pas explicitement comme ça? Pourquoi
qu'on ne dit pas qu'ils seront couverts? La façon qu'on l'écrit, j'ai dû comme
déterminer qu'est-ce que ça voulait dire. Puis je comprends que c'est un jargon
légal, mais pourquoi qu'on ne dit pas tel que...
M. Savard
(Jean) : Bien, on vient le dire ici.
M.
Bonnardel : Bien, «pour la détermination de la responsabilité civile à
l'égard des tiers, réputée être une préposée
de l'autorité sous laquelle elle est placée», donc, l'employé de construction
qui était à l'embauche de Bonnardel Construction, qui s'en va donner...
Mme
Maccarone : Oh! il y a Bonnardel Construction?
M.
Bonnardel : ...qui
s'en va donner un coup de main à la ville de La Malbaie, bien, il devient sous
l'autorité, donc... l'autorité de la ville de La Malbaie.
Mme
Maccarone : Puis le propriétaire de Bonnardel Construction...
M.
Bonnardel : Il était... Il est fâché, si le gars, il est blessé.
Mme
Maccarone : Mais non, mais...
M.
Bonnardel : Non, non, mais il a donné un coup de main.
Mme
Maccarone : Bien non, bien... Bien, c'est ça, la prochaine
question. Dans les articles précédents, je veux juste m'assurer de
qu'est-ce qu'on a déjà adopté. Bonnardel Construction sera indemnisée pour
couvrir les frais supplémentaires, dans le
cas où cette personne qui est employée de cette entreprise a prêté
main-d'oeuvre... main-forte puis...
M.
Bonnardel : Bien, c'est la municipalité qui a recours aux
services de la compagnie de construction X, et cela est remboursé par la suite,
en termes de dépenses extraordinaires, par le MSP lors d'une réclamation x à la
municipalité.
Mme Maccarone : Mais ici on ne parle
pas uniquement des municipalités.
M. Bonnardel : Non, non, c'est ça,
ça peut être... ça peut être...
Mme Maccarone : Parce qu'il me
semble, c'est le prochain article, un peu, qu'on parle... Je ne sais pas, j'essaie de retrouver l'impact sur les
municipalités aussi, puis, dans le fond, c'est la même question que j'aurais
pour 84 et 85. Les municipalités, est-ce qu'eux aussi sont couverts par
ce type de règle que...
M. Bonnardel : Oui. C'est un petit
peu plus loin que... si je ne me trompe pas... qu'à l'article 2.
Mme Maccarone : Article 2?
M.
Bonnardel : Oui, sur la portion... pour la portion CNESST, là,
assurance, que vous disiez tantôt, quand on termine la loi... la loi...
Mme Maccarone : Oui, ici.
M. Bonnardel : ...on tombe à
l'article 2. C'est là qu'on va en parler, la Loi sur les accidents du travail
et les maladies professionnelles.
Mme Maccarone : Mais je veux juste
m'assurer ma bonne compréhension. Dans l'exemple que vous avez donné, un
employé de cette entreprise est interpelé de venir aider dans le cas d'un
sinistre, quelque chose majeur, aux
municipalités. Il est couvert maintenant. Cette personne, en principe, est
employée de la ville. Quelque chose lui arrive, il est blessé, il sera couvert par les assurances de la municipalité,
puis la municipalité sera dédouanée... bien, dédouanée, sera couverte, à
quelque part, par le ministère, s'il y a des frais... assurance...
M. Bonnardel : Il est couvert par la
CNESST, là, parce que c'est un accident de travail.
Mme Maccarone : Puis si ce n'est pas
une municipalité...
M. Bonnardel : C'est la même chose.
Mme Maccarone : C'est la même chose?
M. Bonnardel : CNESST, oui.
Mme Maccarone : OK. Merci.
Le Président (M. Gagnon) : M. le
député de Laurier-Dorion.
M.
Fontecilla : J'aimerais bien comprendre les... ensuite, après
«malgré le premier alinéa», le premier paragraphe : «Un préposé de
l'État, une personne morale de droit public ne cesse d'agir dans l'exécution de
ses fonctions du seul fait qu'il est placé temporairement sous une autre autorité.»
Il ne cesse... Il ne cesse pas d'agir dans l'exercice de ses fonctions.
Qu'est-ce que ça veut dire exactement, là, s'il vous plaît?
M. Savard
(Jean) : Je peux vous donner un exemple. Nous, au MSP, pour
différentes raisons, la municipalité, on aurait des employés sur place lors
d'un sinistre puis là on voit qu'ils ont besoin d'aide. Cas d'exception,
nos employés s'en vont directement, sous l'autorité de la municipalité, pour
les aider. Les fonctionnaires d'État demeurent
quand même un employé MSP pour le temps qu'il va aider la... je vais dire un
cas de figure, une municipalité, parce que, justement, c'est un préposé
de l'État. Alors, il y a une exception pour les préposés de l'État à cet
effet-là.
M. Fontecilla : Pour tout
fonctionnaire de l'État?
M. Savard (Jean) : Oui.
M. Fontecilla : Que ce soit un
fonctionnaire du ministère du Revenu, de l'Aide sociale ou du ministère de la
Sécurité publique, il demeure toujours à l'emploi de l'État?
M.
Savard (Jean) : Oui.
M. Fontecilla :
Et, quand vous parlez d'une
personne morale de droit public, c'est une institution publique, là?
M. Savard
(Jean) : Oui, Hydro-Québec, une municipalité.
M.
Fontecilla : Une municipalité aussi?
M. Savard
(Jean) : Oui.
M. Fontecilla :
Très bien. Dans le deuxième
alinéa, la dernière phrase, la dernière partie de la phrase, «qui était empêchée ou qui faisait défaut d'agir...» Donc,
«une personne mobilisée ou dont les services ont été requis ou acceptés
dans le cadre de l'application de l'article 18 ou 28 est réputée être une
préposée de la municipalité locale», donc, une personne mobilisée, ça peut être n'importe qui, là. Une personne civile,
là, dans une opération d'urgence, s'il collabore, il est préposé...
d'être un... il est... il travaille, en fait, pour une municipalité locale.
Mais «qui était empêchée ou qui faisait défaut d'agir», j'ai de la misère à
comprendre.
M. Savard
(Jean) : C'est justement l'article où on constate qu'une municipalité,
pour x raison, est à défaut d'agir, soit un dépassement de capacité important
ou différentes raisons, n'est pas en mesure de remplir sa fonction de
coordination des actions de sécurité civile sur son territoire. Le ministre
demande que la MRC ou telle autre municipalité aille les aider, et tout ça, ça
fait qu'ils... les personnes de la municipalité qui vont aider deviennent
réputées employées de cette municipalité-là.
M.
Fontecilla : Qui était empêchée d'agir?
M. Savard
(Jean) : Oui.
M.
Bonnardel : Empêchée ou qui faisait défaut d'agir.
M. Savard
(Jean) : C'est ça, qui faisait déjà défaut.
M.
Fontecilla : Et l'article 18 ou 28 fait allusion exclusivement
aux municipalités?
M.
Bonnardel : Oui, 28, municipalités locales, oui. 18 aussi.
M. Fontecilla :
Très bien. Une dernière question. Les mesures de coopération, troisième
alinéa, c'est lorsqu'on envoie du personnel à l'extérieur du Québec, là,
lorsqu'il y a des demandes, des sollicitations pour aller éteindre des feux au
Nouveau-Brunswick, aux États-Unis ou peu importe?
M. Savard
(Jean) : Oui, tout à fait, oui.
M.
Bonnardel : C'est ça, c'est ça, c'est ça, oui.
M.
Fontecilla : Très bien. Même si c'est une personne qui n'est pas une
préposée... un employé de la SOPFEU? Ça peut être toute personne qui travaille,
qui est... qui fait partie de ces missions-là, entre guillemets?
M. Savard
(Jean) : La mission gouvernementale, oui.
M.
Fontecilla : Très bien.
Le Président (M.
Gagnon) : D'autres interventions? S'il n'y a pas d'autre intervention,
nous allons procéder à la mise aux voix. Est-ce que l'article 84 est
adopté?
Des voix : Adopté.
Le Président (M.
Gagnon) : Adopté. M. le ministre, article 85, s'il vous plaît...
Oui.
M.
Fontecilla : Suspension de quelques minutes?
Le Président (M.
Gagnon) : Suspension de quelques minutes?
M.
Fontecilla : Si vous permettez. Merci.
Le
Président (M. Gagnon) : Nous allons suspendre quelques minutes, au
Kirkland.
(Suspension de la séance à
15 h 39)
(Reprise à 15 h 44)
Le Président (M. Gagnon) : Alors,
nous allons reprendre. M. le ministre, quand vous serez prêt, vous pouvez
faire la lecture de l'article 85.
M.
Bonnardel : 85 se lit comme suit : «Toute personne visée à
l'article 84 qui participe au déploiement de mesures pour répondre à un sinistre, à un autre événement qui compromet
la sécurité des personnes ou à leur imminence de même que toute autorité de qui
elle est la préposée ou qui a déployé ces mesures ou en a demandé le déploiement
sont exonérées de toute responsabilité pour le préjudice qui peut résulter d'un
acte accompli ou omis par cette personne, à moins que ce préjudice ne soit dû à
sa faute lourde ou intentionnelle.
«Ne
peut bénéficier de l'exonération prévue au premier alinéa l'autorité qui, dans
le cas d'un sinistre, n'a pas, conformément à la présente loi :
«1° réalisé la
démarche de gestion des risques de sinistre ou n'y a pas collaboré;
«2° adopté
un plan prévu par la présente loi ou mis en place les mesures d'un tel plan
dont elle est responsable;
«3° déployé
les mesures dont elle est responsable pour répondre au sinistre et qui sont
liées à l'acte reproché.»
Commentaires :
Cet article accorde une immunité relative aux personnes agissant dans le cadre
de certains événements visés par la loi. Les autorités qui y sont mentionnées
pourront bénéficier de cette immunité dans le cas d'un sinistre, sous réserve
que les obligations que leur confère la loi aient été exécutées.
Une voix :
...
M.
Bonnardel :
Ah oui! c'est ça, excusez-moi, j'ai un amendement, là, donc, qui est en
concordance avec l'article 34, 35, qu'on a adoptés précédemment.
Article 1 de
l'article 85. Remplacer, au paragraphe 2° du deuxième alinéa de
l'article 85 de la Loi sur la sécurité
civile visant à favoriser la résilience aux sinistres, proposé par
l'article 1 du projet de loi, «adopté», par «réalisé».
Le Président (M. Gagnon) : Merci,
M. le ministre. Est-ce qu'il y a des interventions en lien avec l'amendement? Il
n'y a pas d'intervention. Alors, s'il n'y a pas d'intervention, nous allons
procéder à la... à la mise aux voix, pardon, de l'amendement de
l'article 85. Est-ce que l'amendement est adopté?
Des voix : Adopté.
Le Président (M.
Gagnon) : Adopté. Est-ce qu'il y a des interventions en lien avec
l'article 85? Mme la députée de Westmount—Saint-Louis.
Mme
Maccarone : Le ministre sait sans doute que la FQM, eux, ils demandent
d'avoir... d'offrir aux municipalités qui ont coopéré à la démarche, même si
celle-ci n'est pas terminée, la même protection et la même exonération. Ça fait partie de leurs
recommandations, dans le fond, c'est la recommandation 6. Je présume que
ça a été pris en considération. Ça fait que c'est quoi, la réponse du
gouvernement envers leur demande?
M.
Bonnardel : Bien, comme mentionné dans l'article, là, «ne peut
bénéficier de l'exonération au premier alinéa
l'autorité qui, dans le cas d'un sinistre, n'a pas, conformément à la présente
loi, réalisé les démarches de gestion des risques de sinistre ou n'y a
pas collaboré.» Donc, il est certain que dans tout ça, pour nous, la démarche
de préparation de gestion va être établie
avec le ministère. C'est ce qu'on avait... C'est ce qu'on avait mentionné
précédemment. On va travailler nécessairement avec eux pour que,
rapidement, on ait cette démarche de gestion qui soit mise en place qui est en
concordance un peu avec celle aussi que l'Environnement... je pense, on l'avait
expliqué, là, qui était le plan... je ne me souviens plus comme tel le terme,
là...
Une voix :
...
M.
Bonnardel :
...le plan climat, c'est ça, avec le plan climat. Donc, on va grosso modo
calquer à 90 % ce qui était dans le plan climat, travailler, pour l'autre
portion, 10 % avec les municipalités pour en arriver à répondre à cette
démarche-là.
Mme
Maccarone : Mais eux... Mais, dans le plan climat, on parle de
l'exonération pour les municipalités?
M.
Bonnardel : Non, ça n'a pas... ça n'a pas rapport, je pense, avec...
Mme Maccarone : Parce que c'est
exactement ça qu'ils cherchent, parce qu'ici on parle des personnes qui peuvent
bénéficier d'une exonération. Puis, dans le fond, ils sont pour, mais ils
disent que les municipalités ne sont pas couvertes. Ça
fait qu'ils demandent d'avoir une modification pour s'assurer que, mettons,
«municipalité» paraît dans cet article en termes de l'exonération.
M.
Bonnardel :
Bien, c'est ça, c'est «toute personne» en réalité, là, mais on ne peut pas...
on ne peut pas substituer, on ne peut pas
substituer les municipalités qui n'entameraient pas ces démarches, pour leur
dire : Bien, vous ne le faites pas, ce n'est pas grave, puis vous êtes
exonérées pareil, là. Ça n'aurait pas... Ça n'aurait pas de bon sens, là.
Mme Maccarone :
Non, mais... Oui, bien, je
comprends, mais il me semble, quand on regarde le paragraphe 1° qui
dit : «Réalisé la démarche de gestion des risques de sinistre ou n'y a pas
collaboré»... parce qu'on dit qu'ils ne peuvent pas bénéficier de l'exonération avec ces trois conditions, mais, s'ils
tombent dans ces trois conditions, bien, c'est clair, ils ne seront pas
exonérés.
Eux, ils demandent,
dans la première paragraphe, qu'on dise : Toute personne et toute
municipalité visées à l'article 84 qui participe aux mesures. C'est ça
qu'ils demandent. Mais, peut-être c'est moi qui comprends mal où cette
exonération existe, mais je comprends leur point de vue. Eux aussi, ils ne
veulent pas être attaqués, par la suite, s'il
y a quelque chose qui arrive. Ça fait que les mesures de protection pour eux se
retrouvent où, si on ne peut pas modifier cet article?
M. Bonnardel :
Bien, c'est ça, c'est... quand
ils vont répondre aux paragraphes 1°, 2°, 3°, l'exonération va être applicable.
Mme
Maccarone : Ça fait que, même si on ne dit pas explicitement
«municipalité»... parce que, quand on dit «toute personne», puis quand je
regarde 84...
M.
Bonnardel : ...c'est le premier paragraphe, le premier alinéa, «toute
autorité».
Mme
Maccarone : «Toute personne visée...»
M.
Bonnardel : «Toute autorité de qui elle est la préposée ou qui a
déployé ces mesures ou en a demandé le déploiement sont exonérées de toute
responsabilité», toute autorité.
Mme Maccarone :
Moi, quand je lis... Excusez-moi,
peut-être que c'est moi qui comprends mal, mais... «85. Toute personne visée à l'article 84...» Ça fait
que, quand je retourne à 84, on parle de «toute personne mobilisée en application
de mesures établies en vertu de la présente
loi», on ne parle pas... Quand on dit «toute personne», pour moi, ce n'est pas
clair que «toute personne», ça veut dire
aussi municipal... municipalité. Je ne nie pas qu'il y a une mesure de protection
quelque part, c'est juste que je souhaite comprendre.
• (15 h 50) •
M.
Bonnardel : C'est ça, c'est «ou à leur imminence de même que
toute autorité». Autorité, toute autorité, ou
à leur imminence de même que toute autorité. «Toute autorité», c'est
nécessairement les municipalités, gouvernement ou autres.
Mme Maccarone :
Toute personne visée à 84 qui
participe au déploiement de mesures pour répondre à un sinistre, à un...
ou un autre événement qui compromet la sécurité des personnes ou à leur
imminence de même...
M.
Bonnardel : De toute autorité.
Mme
Maccarone : De toute... qui elle est la préposée ou qui a... OK. Ça
fait que, quand on dit «toute autorité»,
puis là on va le dire au micro pour que tout le monde comprend, parce que,
c'est sûr, ils suivent nos travaux, je présume, ils suivent nos
travaux... ça fait que, quand on parle de «toute autorité», on parle des
municipalités. Ça fait qu'eux, ils ont la couverture dont ils se méfiaient de
ne pas avoir, dans leur mémoire?
M.
Bonnardel : C'est ça.
Mme
Maccarone : Ça fait que c'était juste un manque de compréhension de
l'application.
M.
Bonnardel : C'est ça.
Le Président (M.
Gagnon) : Il y a d'autres interventions? S'il n'y a pas d'autre...
Oui?
M.
Fontecilla : Je voulais juste... Encore une fois, lorsqu'on fait
allusion à l'autorité, là, dans le cadre de cette loi-là, c'est soit une
municipalité ou une MRC.
M.
Bonnardel : Oui,gouvernement aussi.
M.
Fontecilla : Ou le ministère, concrètement, le gouvernement,
donc, trois entités.Et est-ce que c'est implicite dans la
compréhension? Pourquoi ne pas l'indiquer? Parce que «toute autorité», c'est...
Il y a toute sorte d'autorités là.
M. Bonnardel : Oui,
Mme Potvin...
Une voix : La juriste va vous
l'expliquer.
Mme Potvin (Noémi) : En fait...
Bonjour. C'est que, le terme «autorité», on l'a utilisé à d'autres endroits
dans la loi, hein? On a les autorités municipales qui sont définies au début,
dans les articles... dans l'article 2, puis on a aussi les autorités gouvernementales. Donc, quand on utilise
uniquement le mot «autorité» ici, bien, il faut avoir en tête qui on
vise, hein, dans... On a deux types d'autorité, les gouvernementales et les
municipales. Parmi nos autorités municipales, on a, dans la définition, les
municipalités locales, les régionales ou celles qui agissent, là, à ce titre en
vertu de la loi. Donc là, c'est vraiment... Au lieu d'écrire, de nommer toutes
les autorités, là, spécifiquement, ici, qui pourraient bénéficier de cette
exonération-là, on a utilisé le terme générique qui englobe tout ça, tout
simplement.
M.
Fontecilla : Très bien. Mais, rafraîchissez-moi la mémoire, la
définition d'«autorité», ça a été explicité ailleurs?
Mme Potvin
(Noémi) : Bien, on n'a pas une définition d'«autorité»,
uniquement ce mot-là, mais, quand on regarde la façon dont le projet de loi est monté, ça ne peut pas être autre
chose que les autorités municipales et gouvernementales.
M. Fontecilla : Très bien. C'est
implicite.
Mme Potvin (Noémi) : C'est ça.
M. Fontecilla : Très bien.
Le
Président (M. Gagnon) : Est-ce qu'il y a d'autres interventions? S'il n'y
a pas d'autre intervention, nous allons procéder à la mise aux voix de
l'article 85 tel qu'amendé... est adopté?
Des voix : Adopté.
Le Président (M. Gagnon) : Adopté.
M. le ministre, lecture de l'article 86, s'il vous plaît.
M. Bonnardel : «86. La
représentation ou la défense d'une personne visée à l'article 84 dans une
enquête du coroner ou du
commissaire-enquêteur aux incendies portant sur l'événement auquel elle a
participé ou dans une procédure dont est saisi un tribunal ou un
organisme qui exerce des fonctions juridictionnelles dans laquelle lui est
reproché un acte qu'elle a accompli ou omis dans le cadre de l'événement est
assumée par l'autorité de qui elle est réputée être la préposée.
«Malgré le premier alinéa, l'autorité peut
convenir avec la personne de lui rembourser des frais raisonnables qu'elle ou
son représentant a assumés.
«L'autorité est toutefois dispensée de cette obligation
lorsqu'elle est la demanderesse dans la procédure ou lorsque la personne y
consent de façon spécifique et par écrit.
«En outre, l'autorité peut exiger le
remboursement des frais qu'elle a engagés ou remboursés lorsque l'acte accompli
ou omis par la personne constitue une faute lourde ou intentionnelle ou que
celle-ci est déclarée coupable d'une
infraction criminelle et qu'elle n'avait aucun motif raisonnable de croire que
sa conduite était conforme à la loi.»
En commentaire : Cet article prévoit que
l'autorité de qui une personne agissant dans le cadre de certains événements
visés par la loi est réputée être la préposée en vertu de l'article 84
doit assumer sa représentation ou sa défense en cas d'enquête publique ou de
poursuite, sauf exception.
Le Président (M. Gagnon) : Merci, M.
le ministre. Juste avant d'aller avec les interventions, je veux juste vous dire, avant de poursuivre... je vous informe
que le document représentant le nombre de dossiers d'aide financière passés
devant le comité de révision annuel, transmis par le ministère, est disponible
maintenant sur Greffier dans les documents distribués.
Revenons à l'article 86. Est-ce qu'il y a
des interventions? Intervention? Mme la députée de Westmount—Saint-Louis.
Mme Maccarone : Merci. Cette
section, est-ce que c'est aussi quelque chose qui est repris dans la Loi sur
les coroners? Est-ce que ça aussi, c'est... on va le retrouver là aussi?
C'est-tu une mesure de protection additionnelle? Parce qu'il me semble, dans le cadre de travail d'un coroner, par
exemple, ou... Un commissaire-enquêteur, est-ce que c'est uniquement ici
qu'on va trouver ça? Est-ce qu'ils n'ont pas... Ils ne sont pas couverts
ailleurs ou parce que c'est uniquement dans le cas d'un sinistre ou quelque chose
comme ça, un état majeur?
Mme Potvin (Noémi) : Bien, la Loi
sur les coroners, elle, va encadrer comment va se dérouler l'enquête du
coroner, par exemple, là, les audiences, la remise du rapport. Mais il n'y a
pas de dispositions spécifiques, à ma connaissance, qui vont venir dire comment
va se passer la représentation de tel témoin quand... dans le cas où... dans un
cas particulier comme celui-là, de sinistre. C'est vraiment la loi particulière
ici qui vient nous dire : Bien, écoutez, la représentation de cette
personne-là va être assumée de telle façon dans tel cas spécifique, là. Donc...
Mme
Maccarone : Est-ce que ça veut dire que cet article se retrouve aussi
dans la loi sur la santé et services sociaux? Parce que, quand on parle de ce
type de travail, peut-être, ça doit être reproduit ailleurs.
Mme Potvin
(Noémi) : Bien, je ne sais pas pour la santé. Par contre, je sais
qu'on a des dispositions similaires dans la Loi sur la sécurité incendie, dans
la Loi sur les cités et villes, le Code municipal du Québec, la Loi sur la
fonction publique aussi, là.
Mme
Maccarone : Et la différence avec le 127 et le 86? Parce qu'on a aussi
vu que c'est évolué.
Mme Potvin
(Noémi) : Oui. Honnêtement, c'est qu'on voulait le rendre plus clair,
là. Sincèrement, là, on trouvait que... Par
exemple, je vais vous donner concrètement, là... Le dernier alinéa, on dit,
dans notre 86 : «En outre, l'autorité peut exiger le remboursement
des frais qu'elle a engagés ou remboursés lorsque l'acte accompli ou omis
constitue une faute lourde ou intentionnelle.»
Bon, dans
l'article 127, actuellement, on dit que l'autorité est dispensée de
l'obligation, finalement, d'assumer la défense «lorsque la personne est
déclarée coupable d'une infraction ou d'un acte criminel», mais on le sait
seulement à l'issue du procès, on ne peut pas le savoir à l'avance. Donc, nous,
on a voulu plutôt parler de remboursement,
étant donné que c'est plus tard qu'on peut l'apprendre, pas au début, où il
faut assumer la représentation de la personne.
Mme
Maccarone : Comment ça se fait qu'on n'a pas eu ce réflexe lors de la
rédaction du première version de cette loi?
Mme Potvin
(Noémi) : Bien, je ne sais pas. Je n'étais pas là.
M.
Bonnardel :
...c'est ça.
Mme
Maccarone : Oui, mais c'est que c'est très logique, ce que
Me Potvin vient de dire. Ça fait que je ne comprends pas comment ça se
fait que c'est la rédaction actuelle. Ça fait que ça, ça veut dire, je présume,
encore une fois, on n'a jamais eu recours à cet article pour ça, juste pour ça,
pas pour les remboursements des frais suite à des vérifications du coroner.
M.
Bonnardel : ...pas aucune connaissance d'un cas de figure.
Mme
Maccarone : Non, hein, c'est ça, parce que, sinon, on l'aurait vu dès
le départ que ça va être difficile à appliquer. OK. Bien, merci.
Le Président (M. Gagnon) : Merci.
Est-ce qu'il y a d'autres interventions? S'il n'y a pas d'autre intervention,
nous allons procéder à la mise aux voix. Est-ce que l'article 86 est
adopté?
Des voix :
Adopté.
Le Président (M.
Gagnon) : Adopté. M. le ministre, l'article 87, s'il vous plaît.
M. Bonnardel :
«87. Le ministre ne peut être
poursuivi en justice en raison d'un acte accompli ou omis de bonne foi
dans l'exercice de ses fonctions.
«Ne peuvent non plus
être poursuivis en justice en raison d'un acte accompli ou omis de bonne
foi :
«1° un
inspecteur, un enquêteur ou une personne désignée agissant, selon le cas, dans
l'exercice des fonctions prévues aux articles 18, 34, 36, 51 ou 57;
«2° une
municipalité locale, un inspecteur ou une personne désignée agissant dans
l'exercice des fonctions prévues à l'article 13 ou 15;
«3° une
municipalité locale, les membres de son conseil ou les autres personnes
habilitées exerçant un pouvoir extraordinaire prévu à l'article 23;
et
«4° le
gouvernement ou un ministre exerçant un pouvoir prévu à l'article 57.»
Commentaire :
Cet article accorde une immunité relative à certaines personnes exerçant des
fonctions ou des pouvoirs qui leur sont confiés par la loi.
Le Président (M.
Gagnon) : Merci, M. le ministre. Est-ce qu'il y a des interventions?
Mme la députée de Westmount—Saint-Louis.
Mme Maccarone :
Juste pour ma compréhension, 87,
c'est l'article dont on a dit qu'on attendait à adopter suite à l'adoption de
l'article 13, où on parlait de «l'inspecteur peut, à l'exercice de ses
fonctions», mais on s'est dit que...
M.
Bonnardel : Ah oui! oui, il ne peut pas être poursuivi, là.
Mme
Maccarone : Il ne peut pas être poursuivi, sauf qu'on ajoute toutes
les autres personnes. Parce que, dans les autres articles, on a supprimé tous
ces paragraphes puis là on le retrouve ici. Attention, là, je suis en... viens pour ton job, là. OK. Je suis contente parce que
là je comprends qu'on est en train d'avoir une synergie puis d'éviter des
répétitions. C'est ça? OK.
Le Président (M.
Gagnon) : M. le député de Laurier-Dorion.
M. Fontecilla :
De façon générale, lorsque ces
personnes n'exercent plus leurs fonctions d'inspecteur, enquêteur,
conseiller municipal ou même ministre, est-ce qu'elles peuvent être
poursuivies?
M.
Bonnardel : C'était lors de l'exercice de leurs fonctions qu'ils ne
peuvent pas être poursuivis, là.
M.
Fontecilla : C'est ça. Après la fin de... lorsqu'elles n'exercent
plus, des recours sont possibles?
Des voix : ...
• (16 heures) •
M.
Bonnardel : C'est ça. Pour l'exercice qu'ils ont accompli, ils ne
peuvent pas être poursuivis, là. Donc, même
s'ils avaient quitté... tombé à la retraite, là, il n'est plus à l'emploi,
mais, pour le cas précis, il ne peut être poursuivi.
M. Fontecilla :
Même après qu'ils ne sont plus
ministres, qu'ils ne sont plus inspecteurs, conseillers municipaux?
M.
Bonnardel : Exact. On parle d'un cas...
M.
Fontecilla : Donc, tout acte découlant de l'exercice de ses fonctions,
la personne responsable ne peut être poursuivie, ad vitam aeternam.
M. Bonnardel :
C'est ça, pour le cas précis au moment que c'est arrivé.
Le
Président (M. Gagnon) :
D'autres interventions? S'il n'y a pas d'autre intervention, nous allons
procéder à la mise aux voix. Est-ce que l'article 87 est adopté?
Des voix :
Adopté.
Le Président (M.
Gagnon) : Adopté. M. le ministre, article 88 pour lecture, s'il
vous plaît.
M.
Bonnardel : «Il est interdit à un employeur ou à son agent de
congédier, de suspendre ou de déplacer un membre de son personnel, d'exercer à
son endroit des mesures discriminatoires ou des représailles ou de lui imposer
toute autre sanction pour le seul motif qu'il a quitté précipitamment son
travail ou qu'il s'en est absenté en raison du fait que ses services ont été requis ou acceptés pour le déploiement de
mesures pour répondre à un sinistre ou à un autre événement qui
compromet la sécurité des personnes ou à leur imminence, pourvu qu'il l'ait
avisé qu'il devait quitter précipitamment son travail ou s'en absenter.
«De plus, toute
personne qui se croit victime d'une sanction visée au premier alinéa peut
exercer un recours devant le Tribunal
administratif du travail. Les dispositions applicables à un recours relatif à
l'exercice par un salarié d'un droit lui résultant du Code du travail
(chapitre C-27) s'appliquent, avec les adaptations nécessaires.»
Cet article vise à
protéger les personnes des représailles de leur employeur dans le cas où elles
s'absentent pour leur... de leur travail afin d'apporter leur aide lorsque des
mesures sont déployées en réponse à un événement compromettant la sécurité des
personnes, tel un sinistre. On peut prendre les exemples que le sous-ministre a
donnés tantôt, là, principe d'aide, là, pour une municipalité, l'employeur
dit : Tu n'y vas pas ou tu es allé, je t'avais dit de ne pas y aller, je
te congédie. Il ne peut pas être congédié.
Le Président (M.
Gagnon) : D'autres... Mme la députée.
Mme
Maccarone : Auparavant, dans le 129, par contre, on avait des amendes.
Là, on n'a plus d'amende.
M. Bonnardel :
C'est ça, c'est 90.
Mme
Maccarone : 90, on revient avec les amendes puis un rehaussement des
montants. Est-ce qu'on a eu des cas de ça à 88? Je veux dire...
M. Bonnardel :
Pas à ma connaissance, non. Ça
doit être assez rare que ça arrive, mais on le met quand même.
Mme Maccarone :
Mais, encore une fois, on est
contents que c'est rare que ça arrive. C'est
ça, on se prépare pour tout,
je comprends. OK.
Est-ce que ça, c'est
quelque chose... Juste par hasard, toutes ces informations... parce que, là, on
est en train de mettre tout ça à l'intérieur d'une loi qui est quand même
importante puis peut-être difficile à digérer pour M. et Mme Tout-le-monde.
Toutes ces informations, je présume, qui sont regroupées de manière... pour les
municipalités, à comprendre... comme ça, ça va être extrait de la loi, puis il
va y avoir un document qui va être préparé par les municipalités... de
comprendre, si vous faites face à ça, sachez que cela, c'est que ce serait
contre la loi, puis il y aura des amendes d'entre 500 $ puis
2 500 $...
M. Bonnardel : Oui, c'est ça, quand
la loi va être adoptée, il va y avoir des tournées de la loi qui vont être
faites par nos directions régionales pour sensibiliser nos partenaires.
Mme Maccarone : Puis des documents
qui sont préparés pour eux, comme ça, ils...
M. Bonnardel : Qui va de soi, qui va
de soi, là, avec des points de forme qui vont... qui sont plus spécifiques aux
partenaires concernés, là.
Mme Maccarone : OK. Merci.
Le Président (M. Gagnon) : Est-ce
qu'il y a d'autres interventions? M. le député.
M.
Fontecilla : Par extension, est-ce qu'une personne qui quitte
son travail parce qu'il y a un ordre d'évacuation, parce qu'enfin il y a
une situation d'urgence, est-ce qu'un employeur peut la congédier?
M. Bonnardel : Bien, s'il va donner
un coup... s'il va donner un coup de main...
M. Fontecilla : S'il va donner...
ici, c'est s'il va donner un coup de main à la municipalité, par exemple, il ne
peut être congédié, mais, s'il y a
un ordre d'évacuation, il quitte son travail... Est-ce qu'une personne peut
être congédiée parce qu'il quitte son travail, finalement?
M. Bonnardel : Non. Bien, il y a un
ordre...
M. Fontecilla : Non, mais est-ce qu'il
y a une...
M.
Bonnardel : Il y a
un ordre d'évacuation, là.
M. Fontecilla : Est-ce qu'il y a une
disposition légale qui prévoit ce cas de figure là?
M. Bonnardel : Non, mais ce serait
contraire... Bien là, il y a des recours vis-à-vis les normes du travail, là. Bien, c'est certain que, si j'étais congédié parce
que j'ai quitté, bien, j'ai des recours face aux normes du travail ou autres,
là.
M. Savard (Jean) : ...
M.
Bonnardel : C'est
ça, c'est ça.
M. Fontecilla : Un congédiement
abusif, là, en quelque sorte?
M. Bonnardel : Voilà.
M. Fontecilla : Très bien.
Le Président (M. Gagnon) : Pas
d'autres interventions? Alors, s'il n'y a pas d'autre intervention, nous allons
procéder à la mise aux voix. Est-ce que l'article 88 est adopté?
Des voix : Adopté.
Le Président (M. Gagnon) : Adopté.
Lecture de l'article 89, s'il vous plaît, M. le ministre.
M. Bonnardel : 89, donc :
«Chapitre V.
«Dispositions pénales.
«89. Est passible d'une amende de 1 000 $
à 5 000 $ s'il s'agit d'une personne physique ou de 3 000 $
à 15 000 $ dans les autres cas :
«1° quiconque fait défaut de produire une
déclaration de risque en contravention à l'article 11;
«2° quiconque
gêne le ministre, une autorité municipale, un enquêteur, un inspecteur ou une
personne désignée ou habilitée en vertu de l'article 15, du deuxième
alinéa de l'article 21, de l'article 51 ou 55 dans l'exercice des pouvoirs qui lui sont attribués en vertu de la
présente loi, quiconque refuse d'obéir à un ordre qu'il a le droit de donner,
de lui communiquer les renseignements ou les documents
qu'il a le droit d'exiger ou de lui apporter sans motif valable l'aide qu'il
peut requérir ou quiconque cache ou détruit des documents ou d'autres choses
utiles à l'exécution de ses fonctions;
«3° quiconque fait une déclaration ou donne un
renseignement ou un document qui est incomplet ou qui comporte une mention
fausse ou trompeuse dans le but d'induire en erreur celui qui a le droit de
l'exiger.
«Une poursuite pénale pour une infraction visée
au paragraphe 3° du premier alinéa se prescrit par un an depuis la connaissance
par le poursuivant de la perpétration de l'infraction. Toutefois, elle ne peut
être intentée après un délai de cinq ans depuis la perpétration de
l'infraction.»
Commentaire :
Cet article prévoit les amendes applicables en cas d'infraction à certaines
dispositions de la loi.
Le Président (M. Gagnon) : Merci, M.
le ministre. Est-ce qu'il y a des interventions? Mme la députée.
Mme Maccarone : Oui, là, le
paragraphe 1°, qui est en lien avec le 11, «quiconque fait défaut de produire
une déclaration de risque en contravention», une déclaration de risque,
qu'est-ce que c'est exactement? Parce que je vois le...
M. Bonnardel : C'est le plan de
gestion... Là, c'est ça que j'allais voir, là, mais c'était le plan de gestion
des risques, là, si je ne me trompe pas, là.
Mme Maccarone : Oui, mais, à
l'article 11, on parle des personnes dont les biens ou les activités peuvent
être à l'origine d'un sinistre. Ça fait que, là, ici, à moins que je ne suis
pas, on parle des «biens ou des activités qui peuvent être à l'origine d'un
sinistre que le gouvernement détermine par règlement...»
M. Bonnardel : ...ça va être défini
à l'article 11. C'est bien mentionné, là.
M. Savard (Jean) : C'est ça, le
règlement va venir dire c'est qui puis quelles sont les informations à fournir.
M. Bonnardel : C'est ça.
Mme Maccarone : Ça fait que le
règlement... Le gouvernement va déterminer les biens et les activités qui pourraient être à l'origine d'un sinistre, ce qui
les obligerait à collaborer avec les autorités, mais, de produire une
déclaration de risque, c'est la personne qui doit préparer ceci, ce
n'est pas le gouvernement.
M.
Bonnardel : C'est les personnes, c'est ça, dont les biens ou
les activités peuvent être à l'origine d'un sinistre.
Mme
Maccarone : Ça fait que, si cette personne ne fait pas la
déclaration de risque, ils peuvent être assujettis à une contravention.
M. Bonnardel : C'est ça, une
minière, exemple.
Mme Maccarone : Une quoi, excusez...
M. Bonnardel : Une entreprise, là,
propane, minière, un possible générateur de risque, là... une entreprise
générateur de risque, je devrais dire, là.
Mme
Maccarone : Pouvez-vous m'expliquer le deuxième paragraphe,
«quiconque gêne le ministre, une autorité municipale, un enquêteur»? «Gêne le ministre», ça, ça veut dire... on
est en train de leur empêcher de faire leur travail?
M. Bonnardel : Oui, on l'empêche de
faire son travail.
Le Président (M. Gagnon) : D'autres
interventions?
Mme Maccarone : J'avais aussi
marqué... Excusez-moi, M. le Président. J'avais aussi marqué qu'il y avait un lien avec l'article 94. Est-ce que c'est
toujours le cas? Parce que, là, à 94, on parle d'une poursuite pénale, mais
ici, on parle uniquement des amendes
parce qu'on... dans le dernier paragraphe, «une poursuite pénale pour une
infraction visée au paragraphe 3°», parce que ce n'est pas juste des amendes,
ça peut être une poursuite pénale. Est-ce que... Ça, ce n'est pas
quelque chose qui est nouveau, mais les poursuites pénales, on les traite à 94.
C'est ça?
M.
Bonnardel : C'est le pouvoir qu'on donne aux municipalités. À
94, au troisième alinéa, les amendes imposées appartiennent à... bien,
elles appartiennent à la municipalité poursuivante, là.
M. Savard (Jean) : ...
M. Bonnardel : C'est ça, c'est la
municipalité qui poursuit à 94.
Mme Maccarone : OK.
Ça fait que ça, c'est municipal, OK. Puis, encore une fois, le cinq ans, c'est
une date que... le cinq ans, est-ce que ça, c'est quelque chose qui
était déjà en place?
M.
Bonnardel : Oui.
Mme
Maccarone : Puis on reconduit le cinq ans parce que c'est une date
qu'on utilise partout?
M.
Bonnardel : C'est de la concordance, j'imagine, avec...
Mme Potvin
(Noémi) : ...délai standard dans un cas de...
Mme
Maccarone : Délai standard, OK.
• (16 h 10) •
Mme Potvin (Noémi) : Pour les poursuites pénales,
là, qui n'est pas la même dynamique que quand on va recouvrer de
l'argent et qui... là, c'est vraiment... il y a une sanction pénale, là, quand
même.
Mme
Maccarone : Et les montants qui sont décrits, le 1 000 $,
5 000 $, puis le 3 000 $ 15 000 $, on ne les a pas rehaussés
parce qu'ils ont déjà été très élevés à l'époque?
M.
Bonnardel : C'est l'évaluation, j'imagine. C'est la même réponse que
madame.
Mme
Maccarone : OK, merci.
Le Président (M.
Gagnon) : M. le député de Laurier-Dorion.
M.
Fontecilla : Je veux vérifier... Une poursuite pénale pour une
infraction visée au paragraphe 3°, est-ce que
c'est la... c'est quiconque fait une déclaration ou donne un renseignement, un
document qui est incomplet, etc., etc.?
M.
Bonnardel : C'est ça.
M.
Fontecilla : Parfait. Pourquoi il n'y a pas de poursuite pénale pour
quiconque gêne le ministre, dans l'exercice de ses pouvoirs, de lui communiquer
les renseignements ou les documents? Pourquoi cette... Pour une fausse
déclaration, c'est passible d'une poursuite pénale, et, pour avoir gêné ou
obéi... de refuser un ordre, ce n'est pas prévu?
M.
Bonnardel : Notre juriste va vous...
Mme Potvin
(Noémi) : En fait, là, vous avez vraiment... La poursuite pénale, elle
est possible dans le cas du paragraphe 1°, du paragraphe 2° ou 3°. C'est la
même peine. C'est juste que le Code de procédure pénale prévoit qu'il y a
des infractions... La poursuite d'une infraction, là, c'est prescrit après un
an de la commission de l'infraction de façon générale. Donc, ça, on n'a
pas besoin de le prévoir spécifiquement, mais, dans le cas du paragraphe 3°, on
a le cas de la fausse déclaration ou de la
fraude, autrement dit. Donc là, étant donné que c'est de la fraude, on ne peut
pas savoir que l'infraction a été commise. Donc là, on part le délai de
prescription à partir du moment de la connaissance de la fraude. C'est comme...
C'est juste le délai de prescription qui change au deuxième alinéa.
M.
Fontecilla : OK. Ce n'est pas de la poursuite pénale, là?
Mme Potvin
(Noémi) : Non, c'est ça, la poursuite pénale, elle est possible dans
tous les cas qui sont prévus aux paragraphes 1° à 3° du premier alinéa,
c'est ça, parce que, si on n'a pas cette prescription-là, qui est différente, pour
les cas prévus au paragraphe 3°, bien, ça fait que tu peux frauder, tu peux
tromper, puis finalement, après un an, si tu
as été chanceux et personne ne l'a découvert, on ne peut plus te poursuivre,
tandis que, là, ça ne serait pas... ça ne serait pas équitable. Donc,
c'est pour ça qu'on prévoit le délai qui part au moment de la connaissance de
la fraude.
M.
Fontecilla : Sinon, elle n'a pas été intentée, mais, après cinq ans,
il y a prescription.
Mme Potvin
(Noémi) : Maximum cinq ans, exactement.
M.
Fontecilla : Très bien.
Le Président (M. Gagnon) : D'autres
interventions? S'il n'y a pas d'autre intervention, nous allons procéder
à la mise aux voix. Est-ce que l'article 89 est adopté?
Des voix : Adopté.
Le Président (M.
Gagnon) : Adopté. Avant d'aller à l'article 90, j'informe que la
liste de tous les montants octroyés en vertu
du PGIAF, ventilés par sinistre et par catégorie de sinistrés, est transmise au
ministère, est disponible sur Greffier dans les documents distribués. M.
le ministre, lecture de l'article 90.
M. Bonnardel : OK. On a un
amendement à 90.1, que je lirai tout de suite après.
«90. Est passible d'une amende de 500 $ à
2 500 $ tout employeur qui contrevient à l'article 88.»
Commentaire : Cet article prévoit l'amende
pouvant être imposée à un employeur qui sanctionne un membre de son personnel
pour le motif qu'il s'absente du travail afin d'apporter son aide lorsque des
mesures sont déployées en réponse à un événement compromettant la sécurité des
personnes, tel un sinistre.
L'amendement de l'article 1, article 90.1,
se lit comme suit : Insérer, après l'article 90 de la Loi sur la
sécurité civile visant à favoriser la résilience aux sinistres, proposé par
l'article 1...
Une voix : ...
M. Bonnardel : Ah! on va le faire
après? Pardon. On adopte celui-ci puis on met l'autre après, c'est vrai. Je
suis désolé, c'est vrai. Alors, je retire ce que j'ai lu.
Le Président (M. Gagnon) : Alors,
nous allons discuter de l'article 90. Est-ce qu'il y a... M. le député.
M. Fontecilla : Oui, c'est la peine,
500 $... bien, si un employeur refuse que son employé aille aider la
ville, ça peut être grave, là, je considère ça grave, là, et... Comment cette
peine-là a été déterminée?
Mme Potvin (Noémi) : Oui, dans les
consultations qu'on a faites auprès de MJQ, il faut...
M. Fontecilla : Du...
Mme Potvin (Noémi) : Du ministère de
la Justice, pardon. Il faut qu'on tienne compte, comme je disais tantôt, de
l'ensemble des infractions prévues par les autres lois. Dans la Loi sur les
normes du travail, à l'article 122, il y a une série d'actes
répréhensibles comme ça, que c'est... il y a vraiment, c'est ça, plusieurs
articles qui prévoient les choses qu'un
employeur ne peut pas faire, là, les cas pour lesquels il n'y a aucune
représaille, congédiement ne devrait être... être toléré par
l'employeur... pris par l'employeur, et, plus loin dans cette loi-là, on
prévoit que l'infraction est d'à partir de 600 $.
Maintenant, là, le 600 $, ce n'est plus une
norme dans les barèmes du ministère de la Justice, là. Il n'y a plus de
nouvelles lois qui vont prévoir une infraction à 600 $. Donc, ce qu'on
nous a dit, c'est... On ne peut pas aller, quand
même, plus grave que ce que prévoit la Loi sur les normes du travail parce que
les cas qu'on y voit sont similaires à ça. Donc, le montant pour lequel
on pouvait monter, c'était 500 $.
M. Fontecilla : C'est le point de
départ.
Mme Potvin
(Noémi) : Oui, c'est ça. On ne peut pas aller plus haut que
le 600 $, mais on ne peut pas prendre le 600 $ parce que ce n'est plus
des barèmes actuels de montants d'infractions.
M. Fontecilla : Et c'est quoi, les
barèmes actuels?
Mme Potvin (Noémi) : Je ne connais
pas ça par coeur, là. Je ne pourrais pas vous dire... C'est vraiment une
analyse plus... c'est ça, c'est des tableaux qui sont produits à ce moment-là,
qui font... qu'ils vérifient dans plusieurs lois, là... puis les barèmes, c'est
ça, je ne les connais pas.
M. Fontecilla : Parfait. Ça, c'est
le plancher, disons, là, mais, par rapport au plafond, 2 500 $, est-ce que
c'est la même analyse?
Mme Potvin (Noémi) : Oui, c'est ça,
c'est la même analyse. Là, si vous voulez, on pourrait essayer de trouver rapidement c'est quoi, le montant maximal
dans la Loi sur les normes du travail pour une infraction similaire, là,
mais on a suivi la même logique.
M. Fontecilla : Est-ce qu'on peut
supposer, avant de faire cette recherche-là, que le montant maximal, c'est
2 500 $?
Mme Potvin (Noémi) : Bien là, dans
la loi sur les normes, je ne sais pas si c'est ça exactement, là. Je ne l'ai
pas sous les yeux. Ah! il est là. Ah! mais c'est 1 200 $, quand même, 1
200 $, le montant supérieur, le montant maximal dans la Loi sur les normes
du travail. Donc, finalement, on a pu... on a été autorisés à aller plus haut
que ça parce que, dans les barèmes dont je vous parlais tantôt, il y a... on
peut choisir, disons, le facteur multiplicateur du montant de l'amende
initiale. Donc là, ici, on a pris 500 $, qui était le montant maximal
qu'on pouvait prendre, puis on l'a monté, on a pris le fois cinq, là, pour le
monter à 2 500 $.
M.
Fontecilla : Très bien, mais c'est bien, là, on apprend des choses. Il
y a un facteur de multiplication, mais est-ce
qu'il y a une... il y a un... comment dire, une qualification de la faute? En
utilisant le multiplicateur par cinq, là, en disant 2 500 $,
ce qui dépasse le montant que vous avez mentionné tantôt, là, est-ce qu'on est
en train de dire, en fait, que l'effet
d'avoir contrevenu à l'article 88, c'est grave, donc on va aller à une
amende un peu plus salée, on va dire?
Mme Potvin
(Noémi) : Bien, si on regarde...
M. Fontecilla :
Donc, il y a une... On qualifie,
là, on dit que c'est grave, là. Le législateur est en train de dire :
C'est une faute plus grave que, normalement, ce qui est prévu dans le Code du
travail. Est-ce que j'ai raison ou pas?
Mme Potvin
(Noémi) : Bien, le facteur multiplicateur, il est conforme aussi à ce
qu'on a retenu à 89, pour le montant de 1 000 $ à 5 000 $
ou de 3 000 $ à 15 000 $. Donc, on a pu garder ce même
facteur là, puis c'est sûr que la gamme
de... la gamme de montants possibles pour infliger une amende, là, dans le cas
de 2 500 $, on va aller dans les cas les plus graves, par
exemple, c'est ça, puis aussi la loi prévoit, un petit peu plus loin, que ces
montants-là sont portés au double en cas de récidive, donc.
M.
Fontecilla : Donc, je veux juste être certain qu'il y a... que le
législateur est en train de dire : Il y a des gravités. Dans ce cas-là, donc, c'est une amende un peu plus... un peu
plus forte, ce n'est pas juste un calcul mathématique, une
extrapolation, etc. Il y a un jugement, là.
Mme Potvin
(Noémi) : Je ne prendrai pas sur moi de qualifier les autres
infractions qu'on retrouve dans la Loi sur
les normes du travail. Cette loi-là pourrait faire l'objet d'une réévaluation
des montants. Et nous, dans ce cas-ci, on a considéré que, quand même,
un montant de 2 500 $, qui est un montant maximal pour sanctionner un
employeur dans un cas comme celui-là,
c'était justifié d'aller jusque-là étant donné la gravité de l'infraction. Mais
je ne voudrais pas me prononcer sur toutes les autres actions prévues
dans la Loi sur les normes.
M.
Fontecilla : C'est sous cette loi-ci?
Mme Potvin
(Noémi) : Oui.
M.
Fontecilla : Vous êtes en train de dire : À 2 500 $ maximum,
c'est parce qu'il y a une certaine gravité dans la... pas vous, là, mais le
ministère, le législateur, finalement, nous, quand ça va être adopté, on est en
train de dire... de qualifier cet acte-là de plus grave. Donc, il y a un
montant plus élevé de ce qu'on retrouve dans d'autres lois, ou etc. C'est ça,
le message qu'on est en train d'envoyer, là, et je pose la question au
ministre.
M.
Bonnardel : Bien, vous avez raison, dans une certaine mesure, là, le
principe de gradation est un principe de gradation qui vient avec... qui vient
avec les amendes qui sont en augmentation aussi, là.
M.
Fontecilla : Très bien.
Le Président (M. Gagnon) : Est-ce
qu'il y a d'autres interventions? Alors, s'il n'y a pas d'autre intervention,
nous allons procéder à la mise aux voix. Est-ce que l'article 90 est
adopté?
Des voix : Adopté.
Le Président (M.
Gagnon) : Adopté. M. le ministre, 91, s'il vous plaît.
M.
Bonnardel : Non, là, j'ai l'amendement à 90.1...
Le Président (M.
Gagnon) : Ah! amendement?
M.
Bonnardel : ...qui se lit comme suit : Insérer, après
l'article 90 de la Loi sur la sécurité civile visant à favoriser la
résilience aux sinistres, proposé par l'article 1 du projet de loi...
Le Président (M.
Gagnon) : M. le ministre, excusez-moi, je veux juste attendre qu'on le
projette.
M.
Bonnardel : Ah! excusez.
• (16 h 20) •
M. Bonnardel :
Donc, 90.1. Insérer, après
l'article 90 de la Loi sur la sécurité civile visant à favoriser la
résilience aux sinistres, proposé par l'article 1 du projet de loi,
le suivant :
«90.1.
Quiconque, par un acte accompli ou omis, aide ou, par un encouragement, un
conseil, un consentement, une autorisation
ou un ordre, amène une personne à commettre une infraction visée par la
présente loi commet lui-même cette infraction.»
Donc, vous rendre ça
plus simple à comprendre, son... le complice... face à une infraction, bien, le
complice subit les conséquences.
Le Président (M.
Gagnon) : Mme la députée.
Mme
Maccarone : On a besoin de ça ici? Il me semble, ça, ce n'est
pas une autre loi, ça? Ce n'est pas ça sous le ministère de Justice? Je
ne sais pas, je trouve, c'est sévère pour notre projet de loi.
Mme Potvin (Noémi) : Bien, en fait,
dans le Code criminel, par exemple, il y a une disposition générale qui
s'applique pour sanctionner les cas de complicité à toutes les infractions
prévues par le Code criminel. Et vous avez raison
de dire qu'on pourrait penser que ça irait dans le Code de procédure pénale,
mais il n'y en a pas, de disposition comme celle-là. Donc, nous, on n'a
pas le mandat de modifier le Code de procédure pénale, mais on peut le prévoir spécifiquement dans notre loi, à l'instar de la
majorité des lois qui prévoient des infractions pénales. Donc, on doit le
prévoir à la pièce.
Mme Maccarone : Est-ce que ça veut
dire... On est en train de comme créer de la jurisprudence?
Mme Potvin (Noémi) : On ne crée pas
de la jurisprudence parce qu'en fait c'est des articles qui sont communément
appliqués par les tribunaux. C'est ça, c'est que ça permet vraiment d'aller
chercher le complice. Si on ne le met pas, la personne qui est complice ne
pourra pas être reconnue coupable de la commission de l'infraction.
Mme Maccarone : Est-ce que ça existe
ailleurs, dans autre loi où on a cette lacune?
Mme Potvin
(Noémi) : Ah! bien là, les lacunes, je ne le sais pas, mais
je sais que la formulation de 90.1 qu'on propose, elle est
similaire à ce qu'on retrouve dans les lois plus récentes, je dirais, là. C'est
l'équivalent de 130 qu'on avait actuellement dans la Loi sur la sécurité
civile, mais qui était beaucoup trop restreint. Maintenant, la formulation «quiconque», là, ça permet vraiment d'aller
chercher n'importe qui qui se rend complice. C'est comme ça qu'on le retrouve
dans les lois en ce moment.
M. Bonnardel : ...si vous allez le
lire, là.
Mme Potvin (Noémi) : Oui, c'est ça,
on va le revoir.
Mme Maccarone : OK, merci.
Le Président (M. Gagnon) : M. le
député.
M.
Fontecilla : Peut-être, je n'ai pas bien saisi ce que vous avez
dit. S'il y a déjà une disposition dans le Code criminel pour la
complicité... mais ça ne s'étend pas à cette loi-là?
Mme Potvin (Noémi) : Le Code
criminel, c'est une loi fédérale qui s'applique aux infractions criminelles ou, par exemple, aux infractions de la Loi
réglementant certaines drogues et autres substances. On reste dans le droit
fédéral. Ici, on est dans le droit
provincial. On ne peut pas prendre la disposition du Code criminel puis
l'appliquer à nos infractions.
M. Fontecilla : Et, quand vous dites
un code provincial, c'est le Code civil du Québec?
Mme Potvin (Noémi) : Non, c'est...
Nous, on a le Code de procédure pénale qui prévoit la façon dont les poursuites sont prises, par exemple, pour des
infractions à des lois pénales québécoises, mais on n'a pas l'équivalent, dans
le Code de procédure pénale, de la disposition générale qu'on retrouve dans le
Code criminel.
Le
Président (M. Gagnon) : D'autres interventions? Alors, s'il n'y a pas
d'autre intervention, nous allons procéder à la mise aux voix. Est-ce
que l'amendement introduisant le nouvel article 90.1 est adopté?
Des voix : Adopté.
Le
Président (M. Gagnon) : Donc, le nouvel article 90.1 est adopté.
M. le ministre, nous irions à l'article 91.
M. Bonnardel : «91. Lorsqu'une
personne morale, un agent, un mandataire ou un employé de celle-ci, d'une société de personnes ou d'une association non
personnalisée commet une infraction à la présente loi ou à ses règlements,
l'administrateur ou le dirigeant de la personne morale, société ou association
est présumé avoir commis lui-même cette
infraction, à moins qu'il n'établisse qu'il a fait preuve de diligence
raisonnable en prenant toutes les précautions nécessaires pour en
prévenir la perpétration.
«Pour l'application du présent article, dans le
cas d'une société de personnes, tous les associés, à l'exception des commanditaires, sont présumés être les
administrateurs de la société en l'absence de toute preuve contraire désignant l'un
ou plusieurs d'entre eux ou un tiers pour gérer les affaires de la société.»
Commentaire : Cette disposition établit une
présomption à l'effet que l'administrateur ou le dirigeant de la personne
morale de la société ou de l'association qui a commis une infraction est présumé
avoir lui-même... cette infraction, à moins qu'il
n'établisse qu'il a fait preuve de diligence raisonnable en prenant toutes les
précautions nécessaires pour en prévenir la perpétration.
Le Président (M. Gagnon) : Merci, M.
le ministre. Des interventions? Mme la députée.
Mme Maccarone : Comment qu'il va
faire preuve de diligence raisonnable? Comment que cette personne va faire ça?
Qu'est-ce qui sera acceptable dans ce cas-là? Parce que c'est quand même un cas
extrême. On dit : On est en état d'urgence, tout le monde agit. Peut-être
qu'il y a un manque de communication ou je ne sais pas, tu sais, je veux me mettre sur le côté de la bonne foi de
la personne, puis là il y a un malentendu, qu'est-ce qui serait acceptable?
M.
Bonnardel : C'est ça, c'est devant la cour qu'il va devoir
démontrer, là, sa... de la diligence raisonnable, là.
Mme
Maccarone : Ça, ça veut dire qu'ils vont devant la cour. Ce
n'est pas... attends, ce n'est pas juste à l'interne. Là, on est devant
le tribunal?
M. Savard (Jean) : Bien, en fait, je
peux y aller. Effectivement, si ça devient... devant un juge, bien, la personne
morale doit démontrer qu'elle a pris les moyens, soit par des courriels ou
de... pour s'assurer qu'il n'y ait pas faute
qui a été commise, que lui avait... que cette personne morale là a tout mis en
oeuvre, là, que... pour s'assurer que la loi était respectée.
Mme Maccarone : Ça fait qu'ici on
présume qu'on est déjà devant un juge, là.
M.
Bonnardel : Bien,
dans un... dans ce cas-ci, presque, oui : «...est présumé avoir commis
lui-même cette infraction, à moins qu'il
n'établisse qu'il a fait preuve de diligence raisonnable.» Il doit prouver,
devant une instance x, en prenant toutes les précautions nécessaires
pour en prévenir la perpétration...
Mme Maccarone : On n'a pas un
recours avant? Mettons, il n'y a pas un témoignage que cette personne peut
faire avant d'aller devant un juge pour dire... parce que ça... la personne qui
va déterminer, est-ce que c'est le même cas dans toute cette section, quand on
parle de «toute sanction», «pénalité», tout ça, c'est parce qu'on est devant un
juge? Est-ce que c'est ça que je comprends, toute la section?
Mme Potvin (Noémi) : Si je peux me
permettre, là, c'est vraiment une présomption qui vise à faciliter la preuve du
poursuivant, puis, dans ce cas-ci, c'est qu'au lieu que ce soit le procureur
aux poursuites criminelles et pénales ou le procureur municipal qui ait à
prouver que l'administrateur ou le dirigeant de la personne morale a laissé
aller, par exemple, l'entrave à un inspecteur... il y a eu une inspection dans
un endroit, mais moi, dirigeant, là, j'ai laissé ça aller, je le savais, qu'il
y avait ça. Bien, ça fait que le procureur, lui, il n'aura pas à le prouver.
C'est la personne, c'est l'administrateur ou
le dirigeant de la personne morale qui va devoir venir dire : Écoutez,
moi, là, oui, c'est arrivé dans mon
entreprise, mais je n'ai jamais toléré ça, j'ai d'ailleurs toujours indiqué à
mes employés, par exemple, de collaborer avec les inspecteurs du
ministère ou de la municipalité.
Donc, c'est
vraiment... Si cet article-là n'existait pas, ça ne ferait pas en sorte que
l'administrateur ou le dirigeant ne pourrait pas être poursuivi, c'est
juste que ça compliquerait la preuve du poursuivant. Donc, nécessairement, on
est devant la cour quand cet article-là est employé.
Mme Maccarone : Ça fait qu'il est
réputé coupable.
Mme Potvin (Noémi) : C'est ça, il
est présumé.
M.
Bonnardel :
Présumé, oui.
Mme Potvin (Noémi) : Donc, il peut
repousser cette présomption-là.
Mme Maccarone : Présumé coupable,
OK. Puis, quand on parle d'«à l'exception des commanditaires», un exemple d'un commanditaire... parce que, dans le
deuxième paragraphe, on dit : «Pour l'application du présent article,
dans le cas d'une société de personnes, tous les associés, à l'exception des
commanditaires, sont présumés être les administrateurs de la société en
l'absence de toute preuve contraire.» Exemple d'un commanditaire, parce que
moi, je regarde la loi en anglais aussi juste pour me... puis, en anglais, on
dit «except special partners». Ce n'est pas la même chose comme traduction, là,
de «commanditaire». Je veux juste dire que ça ne m'a pas clarifié du tout... Un
partenaire spécial, ce n'est pas un commanditaire.
M. Bonnardel : C'est ça. Je n'osais
pas le dire de cette manière, mais c'est un bailleur de fonds. C'est ceux qui
fournissent le capital, là, pour les sociétés en commandite, là,oui,c'est ça. Un commanditaire bailleur de fonds n'est pas nécessairement un
administrateur dans ce cas-ci.
Mme Maccarone : Puis, en anglais, on
appelle ça un «special partner»?
M. Bonnardel : Oh!
là, vous êtes meilleure que moi, sûrement, à définir ça.
Mme Maccarone : Bien, c'est parce
que ce n'est pas du tout la même traduction pour moi, là. Je dirais que, si on peut sauter cet article juste pour avoir une
clarification... Je ne veux pas que quelqu'un vienne ici pour expliquer
aux membres de la commission, mais, si vous pourriez juste faire une
vérification avant qu'on l'adopte, le 91, «special partner»...
M. Bonnardel : Ah! de toute façon, à
l'heure qui... à l'heure qu'il est là, on va... on va le vérifier puis...
Mme
Maccarone : Ah! bien, oui, parce que «special partner» puis
«commanditaire», c'est... ce n'est pas clair.
Le Président (M. Gagnon) : Parfait.
Alors, ce que je comprends, M. le ministre...
Alors, si tout le monde est d'accord, compte
tenu de l'heure, la commission ajourne ses travaux au mardi 7 mai 2024, à 19 heures... pas 19 heures,
pardon, 9 h 45. Bonne route à ceux qui vont prendre la route. Un
plaisir. Merci à tout le monde.
Une voix : ...
Le Président (M. Gagnon) : 9 h 45.
C'est mon erreur, Mme la députée.
(Fin de la séance à 16 h 30)