(Neuf
heures cinquante-deux minutes)
Le
Président (M. Schneeberger) :
Alors, bon matin à tout
le monde. Et, ayant le quorum, je déclare la Commission de l'aménagement du territoire ouverte.
Alors,
je rappelle que la commission est réunie ce matin afin de poursuivre l'étude
détaillée du projet de loi n° 57, Loi édictant la Loi visant à
protéger les élus et à favoriser l'exercice sans entraves de leurs fonctions et
modifiant diverses dispositions législatives concernant le domaine municipal.
Est-ce que nous avons
des remplaçants, ce matin, M. le secrétaire?
Le
Secrétaire : Oui, M. le Président. M. Ciccone (Marquette) est
remplacé par Mme Lakhoyan Olivier (Chomedey);
M. Kelley (Jacques-Cartier), par Mme Dufour (Mille-Îles); et
M. Fontecilla (Laurier-Dorion), par M. Grandmont (Taschereau).
Mémoire déposé
Le Président (M. Schneeberger) : Merci
beaucoup. Alors, avant de commencer, je dépose les commentaires du Conseil
du statut de la femme sur le projet de loi n° 57. Alors, ça va être déposé
au niveau des greffes.
Étude détaillée (suite)
Alors,
jeudi 9 mai dernier, nous étions à l'étude de l'article 10 du
projet de loi. La ministre en avait fait la lecture.
Alors, je comprends aussi... si j'ai... j'ai vu d'autres... avant de commencer,
qu'il y aura peut-être une modification des changements de l'ordre des blocs. Alors, je ne sais pas si c'est...
il y a consentement avec les autres... les autres députés. Oui? Parfait.
Mme
Laforest : Il y a consentement, c'est bon.
Le Président (M.
Schneeberger) : Alors, parfait. Alors, nous... Alors, je laisse... On
débute les débats avec l'article 10, s'il y a des questions. Oui?
Mme
Setlakwe : Oui, bonjour, M. le Président. Bonjour à tous.
Le Président (M.
Schneeberger) : Allez-y.
Mme
Setlakwe : Donc, nous étions donc... la ministre avait fait la
lecture, c'est ça? Donc, on est rendus à questions, commentaires. Oui, j'aurais
une première question. J'ai lu l'explication, là, les constats que vous aviez
fournis dans... qui sont prévus dans le tableau que vous avez fourni. Donc, on
saisit bien l'intention ici. Mais je me demandais,
dans un premier temps, est-ce que c'est une situation réellement vécue, là, il
y a des villes qui sont au-dessus du seuil des 100 000 que, là, ils
sont actuellement peut-être sous le seuil. Est-ce que c'est des cas vécus?
Juste nous donner comme un portrait de la réalité actuelle.
Mme
Laforest : Oui, en fait... Bien, on va la nommer, là, il n'y a pas de
problème, c'est la ville de Saint-Jean-sur-Richelieu
qui était passée à 100 000 et plus. Puis, je ne sais pas, je pense, c'est
au début, début du projet de loi, je mentionnais qu'il y avait des...
quand même plusieurs citoyens qui avaient quitté les grandes villes pour aller
plus vers les banlieues ou les régions. Puis
ça, ça fait partie de la situation. Durant la pandémie, les gens se sont
déplacés plus dans cette municipalité-là, dans cette ville-là, qui est
Saint-Jean-sur-Richelieu.
Donc, évidemment, il
faut comprendre que les villes de 100 000 et plus, ça touche les corps de
police au niveau des lois des corps de police, l'obligation d'avoir le Vérificateur
général. Donc, c'est pour ça que, quand ici on mentionne qu'il y a un peu
moins... qu'il y a une baisse minime du nombre d'habitants, quand même, si je
peux dire, accepter qu'on puisse changer
cette loi-là... parce qu'avec la disposition qu'on amène, évidemment, bien là,
on dit aux municipalités de 100 000 et moins qui devaient se doter
de nouveaux services... à ce moment-là, on va pouvoir l'accepter avec
l'article 10 qu'on a lu, oui, c'est vrai, avant de se quitter.
Mme
Setlakwe : Et puis donc... Peut-être que je devance, là, mais à partir
de quel moment, par contre, est-ce que ces obligations et ces pouvoirs vont
être retirés? Si je comprends bien, c'est qu'il y a deux critères à respecter.
Il faudrait que la population continue d'être en décroissance, et ce, pendant
cinq ans, ou est-ce que, là, je suis rendue plus loin, peut-être?
Mme Laforest : Non,
vous l'avez vraiment, vous êtes juste. C'est vraiment cinq ans, puis la
population est toujours en décroissance.
Mme Setlakwe : OK. Puis comment
est-ce que le suivi va se faire?
Mme
Laforest : Bien, le... avec les statistiques — on
les a, quand même — le
nombre d'habitants, ça fait que c'est facile à comptabiliser.
Mme Setlakwe : OK. Est-ce que...
Mais j'imagine que, de toute façon, il y a un envoi annuel qui est fait
peut-être par la municipalité, il y a comme un état des faits annuellement sur
la...
Mme Laforest : Oui, de toutes les
municipalités, il y a toujours le décret au niveau de la population.
Mme Setlakwe : Exact, une fois par
année. Et puis... Bien, c'est ça, j'imagine que, donc, l'idée, c'est que tous ces services-là ou ces... ont été mis en
place. On ne veut pas les... on ne veut pas les démanteler, on ne veut pas les retirer. Ça se comprend. Est-ce que... Bon, et là
je vois qu'on exclut les dispositions de la loi ou certaines dispositions
de la loi sur les élections.
Mme Laforest : Oui, l'exception au
niveau de la loi sur les élections, c'est : «La disposition prévoit que
les dispositions de la LERM, qui s'appliquent aux municipalités de 100 000
et plus, ne sont pas visées par le mécanisme que nous proposons». Les raisons,
c'est que la LERM prévoit différentes règles qui varient selon la population,
en utilisant notamment le seuil de 100 000 habitants, exemple le
nombre de districts, le nombre de signatures dans une déclaration de candidature.
L'application de la règle aurait été incompatible avec la majorité des
situations puisque la fourchette existe pour les municipalités jusqu'en deçà de
100 000 habitants
et moins. La LERM prévoit déjà un mécanisme similaire pour plusieurs seuils,
dont celle des municipalités de 20 000 habitants
qui donne accès à la location au niveau des
partis politiques. Donc, il y a des dispositions dans la LERM que même on n'est
pas obligés de faire le changement parce qu'il y a des dispositions qui
sont déjà prévues dans la LERM, déjà.
Mme Setlakwe : OK. Donc, dans la
LERM... pour ce qui est des obligations ou des dispositions qui sont prévues à
la LERM, là, on va appliquer celle pour les municipalités de moins de
100 000?
Mme Laforest : Exact.
Mme Setlakwe : C'est ça qu'on dit?
Mme Laforest : Exact. Puis c'est
déjà prévu dans la loi.
Mme Setlakwe : Bien, c'est déjà
prévu par la loi... C'est-à-dire qu'on n'est pas obligés de toucher la loi, parce que, là, cette loi-là, elle a des... elle a
des fourchettes ou des séries d'obligations qui s'appliquent à des
municipalités de moins de 100 000. Et là on n'est pas en train de
dire, dans la modification, qu'on continue de les... on ne veut pas faire en
sorte que ces dispositions-là continuent de s'appliquer, même si le seuil
descend en bas de 100 000?
Mme Laforest : Exact.
Mme Setlakwe : OK. Sauf... Là, je
pense qu'il y a une exception. Est-ce que vous pouvez l'expliquer, cette
exception-là?
Le Président (M. Schneeberger) : ...
Mme Laforest : Si on a le
consentement, vous pouvez parler, sans problème.
Le Président (M. Schneeberger) : Oui,
besoin du consentement.
Des voix : Consentement.
Le Président (M. Schneeberger) :
Alors, veuillez vous nommer par votre nom et titre.
Mme Petit
(Katia) : Bonjour. Katia Petit, sous-ministre adjointe aux
politiques au ministère des Affaires municipales et de l'Habitation.
Alors, vous allez voir un peu plus tard qu'il y
a une exception, c'est tout simplement pour le colistier qu'on veut garder,
donc, la possibilité, pour certaines villes, d'avoir un colistier, là, au poste
de maire. Donc, actuellement, il y a Québec
et Montréal qui utilisent la possibilité d'avoir un colistier. Donc, si, par
exemple, le chef perd ses élections, il
peut prendre le poste du conseiller. Donc, cette mesure-là, on veut qu'elle
continue de s'appliquer, même s'ils baissent un petit peu en dessous du
seuil de 100 000.
Mme Setlakwe : Pourquoi?
Quel est le raisonnement par rapport à cette disposition-là?
Mme Petit (Katia) : C'est que, dans ce
cas-là, il n'y a rien de spécifique de prévu dans la LERM, comparativement aux
autres dispositions pour lesquelles il y a des seuils. Donc, ici, c'est juste
logique de le garder pour permettre à ces
villes-là d'avoir plus de flexibilité. Ils peuvent quand même abroger leur
règlement s'ils le veulent, en passant, là, c'est un choix, là. Donc, les
villes peuvent abroger leur règlement tout de même, mais on veut leur garder la
possibilité, parce que ça permet le
bon fonctionnement des villes, donc, tout simplement, là. Puis il n'y a pas de
mesure spécifique qui porte là-dessus dans la LERM.
• (10 heures) •
Mme Laforest :
Puis votre question est
excellente, parce que c'est la question qu'on va aborder à l'article 85
tout de suite après.
Mme
Setlakwe : OK. Donc, moi, peut-être, ma dernière question, c'est...
Non, c'est très clair, là, il faut juste voir
à quel moment est-ce que, là, ces obligations-là et ces pouvoirs-là vont cesser
d'être applicables. Puis, si je comprends, là... on en a déjà parlé,
donc cinq années consécutives que la population soit en décroissance et inférieure
à 100 000. Donc, ça n'irait pas... Je
comprends. Donc, on va... vous allez poser un geste après cinq ans. Mais ça,
c'est si ça s'applique. J'imagine que, dans les faits, ça ne s'est
peut-être jamais vu, en fait.
Mme Laforest :
Je ne sais pas si, dans le
passé... Mais là je ne peux pas... Est-ce que ça s'est déjà vu dans le passé? Je
n'étais pas là dans les... depuis six ans. Mais, avant ça, est-ce que c'est
déjà arrivé?
Mme Petit
(Katia) : À notre...
Le Président (M.
Schneeberger) : ...
Mme Petit (Katia) : Merci. À notre... C'est
la première fois... En fait, c'est la première fois que la question se
pose, donc d'où l'importance de légiférer puis de clarifier cette espèce de
vide qui existe actuellement, là.
Mme Setlakwe :
Et pourquoi on a prévu la période de cinq ans? C'est basé sur quoi?
Mme Petit
(Katia) : En fait, on a examiné différents modèles. On a essayé
d'avoir quelque chose de simple. Puis il faut comprendre, quand même, que, les
obligations qui sont associées au fait de franchir la barre de 100 000,
c'était quand même important, notamment le niveau de corps de police, et on
veut s'assurer que, vraiment, on est en décroissance pour éviter, par exemple,
qu'ils embauchent des gens, qu'ils développent de nouvelles activités, par
exemple, de police pour ensuite, l'année... deux ans après, être obligés de...
par exemple, de congédier des gens ou de
mettre fin à des activités. Donc, cinq ans, ça nous apparaissait vraiment être
représentatif d'une tendance décroissante, puis d'avoir un certain
niveau de certitude qu'ils ne repasseront pas, l'année d'après, le seuil de
100 000, là.
Le Président (M.
Schneeberger) : Ça va? Députée de Mont-Royal—Outremont.
Mme Setlakwe : Oui. Peut-être. Donc... OK. Non, j'ai... Donc,
prenons un cas, là. Disons que, Saint-Jean-sur-Richelieu,
qui est déjà sous le seuil de 100 000, la tendance... Mais qu'est-ce qui
arrive si, je ne sais pas, pendant cinq
ans, ça descend, mais ça remonte un peu, ça descend, c'est... ou c'est le... Si
on regarde la population après un an, puis, après ça, après... ou on
fait le comparatif après cinq ans, qu'est-ce qui arrive si ça monte puis ça
descend?
Mme
Laforest : Vous pouvez y aller, mais, en fait, on va toujours se baser
sur le recensement de l'ISQ, qui est basé sur le décret de recensement, puis
c'est sûr qu'après cinq ans, ça dépend, là, si ça baisse toujours, il y aura une modification, puis, si ça monte au-dessus de
100 000 puis ça redescend, à ce moment-là, il y aura d'autres... d'autres
possibilités. J'imagine qu'on pourra à ce
moment-là... qu'on pourra intervenir, là. Si ça le monte au-dessus de
100 000, on pourra peut-être
redemander un cinq ans à ce moment-là, mais... ou si ça baisse continuellement,
ce sera une nouvelle disposition selon le décret de la population.
Mme Setlakwe :
Mais si je regarde le libellé, il faut dire que le libellé, ce qu'il semble
dire, c'est... Disons qu'on est à 99, là,
c'est fictif, là, 98, 97, 96, 95, bon, OK, là, après cinq ans, on statue ou,
là, la ville va devoir aviser le ministre et le ministre de la Sécurité
publique, puis là on va mettre fin aux obligations, par exemple, d'avoir un...
Mme Laforest :
Exact. Un corps de police.
Mme Setlakwe :
Un corps de police, oui. Mais qu'est-ce qui arrive si, je ne sais pas,
c'est 99 000, 99 500, 98 000, 98 500? Est-ce qu'on veut...
on veut que ce soit pendant cinq années consécutives, à chaque année, la
décroissance? Je suis pas mal dans le détail, là, mais...
Mme Laforest : Bien,
c'est sûr que s'il y a une croissance à chaque année, on va repartir après cinq
ans. On repart à zéro complètement,
puis il y a un nouveau décret pour... Exemple, si la population est toujours en
baisse après cinq ans, c'est sûr qu'il va falloir faire une modification
dans la loi.
Mme Setlakwe :
OK. Donc, on repartirait à zéro, si ça remonte un peu.
Mme Laforest : Oui, tout à
fait.
Mme Setlakwe : OK. Ça fait que
ça pourrait prendre plus que cinq ans avant de retirer les obligations. OK.
Mme Laforest : Puis ça dépend,
là, de la situation.
Mme Setlakwe : OK. Puis là
est-ce que cette... cette mesure-là, elle avait été demandée? C'est en réponse
à une demande, là?
Mme Laforest : Oui, parce que,
quand le... Bien, c'est quand même une mesure qui a été demandée, parce que,
quand on est passés à 100 000, il y a quand même eu... (panne de son)
...avec la municipalité pour expliquer les responsabilités d'une municipalité
qui a atteint... qui atteint 100 000 habitants et plus. Donc, même
les conseillers municipaux, ils avaient eu quand même certaines rencontres, des
formations, puis là ils sont en baisse. Donc, après... après la possibilité d'avoir de nouvelles modifications avec le corps de
police, avec le vérificateur général, c'est sûr que, là, enlever ça, ce
serait assez particulier pour l'instant.
Mme Setlakwe : Ça me va pour
l'instant, merci.
Le Président (M. Schneeberger) :
Oui? D'autres questions? Député de Taschereau.
M. Grandmont : Oui, merci
beaucoup, M. le Président. D'abord, salutations, content de vous retrouver, même chose pour les députés de la partie
gouvernementale, ainsi que Mme la ministre, ainsi que tout le personnel qui
est présent aujourd'hui.
Bien, moi, je trouve que c'est, à la base, une
mesure qui semble intéressante, là, c'est-à-dire qu'on veut offrir un peu plus de prévisibilité aux villes qui sont
comme sur la frontière en fait, du 100 000, c'est ça un peu. Juste pour
bien comprendre, là, qu'est-ce que ça implique, vous avez parlé d'un
vérificateur général, vous avez parlé des corps de police. Est-ce qu'il y a d'autres dispositions qui doivent être mises en
place par les municipalités à partir du moment où elles franchissent le
seuil de 100 000 personnes, 100 000 résidents?
Mme Laforest : ...alors, les
obligations qui touchent les municipalités qui franchissent le seuil de
100 000 habitants, bien, évidemment, ils ont des droits additionnels.
L'habilitation à nommer du personnel de cabinet, ça, on l'a déjà voté, je
crois, le 50 000 et plus... non, on avait ajouté 50 000 et plus, OK,
ça fait que... alors, pour nommer le
personnel du... de cabinet, pour le maire, pour les conseillers de
l'opposition. Il y a la nomination d'un vérificateur général, la
dotation d'un service de police, la possibilité de déléguer au comité exécutif
la modification du budget dans certaines
circonstances, une exemption référendaire dans les cas d'emprunts au fonds de
roulement ou au fonds général pour des dépenses d'immobilisation, et l'option
de déléguer certains pouvoirs en urbanisme au comité exécutif.
M. Grandmont : Donc
là, je comprends que la disposition est à l'effet que, si une ville franchit le
seuil de 100 000, dans le fond, ces nouveaux... ces nouvelles...
nouveaux éléments là, en fait, doivent être mis en place. Ces nouveaux droits,
bien, la ville les possède dorénavant. Maintenant, si, après quelques années,
elle baisse sous 100 000, dans le fond,
il y a une période tampon de cinq ans dans laquelle elle continue de devoir
avoir un service de police, un vérificateur général, puis d'avoir tout
ce que vous avez nommé tantôt. Puis, après le cinq ans, dans le fond, c'est là
qu'on vérifie si... en fait, c'est là qu'on vient confirmer qu'on le fait
sauter, dans le fond?
Mme Laforest : Pardon?
M. Grandmont : Après... après
cette période-là, le cinq ans, là, après le... si la ville redescend sous
100 000.
Mme Laforest : Oui.
M. Grandmont : Dans le fond, le cinq
ans, là, c'est une période pendant laquelle la ville garde ces droits et ces
obligations-là?
Mme Laforest : Oui.
M. Grandmont : Puis, au bout
des... Oui, expliquez, allez-y.
Mme Laforest : Bien, en fait,
la logique dans cet article-là, il faut comprendre que ça touche énormément le
corps de police municipal, parce que, quand on arrive à 100 000 et plus...
je crois que c'est un niveau de police 2 à Saint-Jean-sur-Richelieu, parce
qu'ils sont 100 000 et plus, donc, ils ont plusieurs obligations nouvelles
et des activités, aussi, différentes, sur le
territoire, à respecter. Ça fait que c'est sûr que, si on baisse, on baisse, on
baisse, bien, évidemment, la municipalité sera
sûrement en accord de diminuer et de faire changer... s'il y a une modification
à faire, parce que, veux veux pas, le corps de police a plus de
responsabilités. Ça fait que c'est quand même important de voir que juste
mettre un corps de police municipal de niveau 2, ça demande énormément, donc
ce serait vraiment illogique d'enlever ça tout de suite en baissant un peu le
nombre d'habitants. Mais moi, je suis persuadée que Saint-Jean-sur-Richelieu,
il y aura quand même un plateau, là, je ne suis pas inquiète du tout, je ne
pense pas que ça va baisser continuellement. On va... on va voir.
M.
Grandmont : Non, mais, en même temps, tu sais, vous avez... vous avez
inséré cet article-là, c'est parce qu'on veut essayer de s'assurer...
Mme
Laforest : Oui, parce qu'ils ont travaillé beaucoup.
M.
Grandmont : ...si jamais ça se produit... En fait, on pense,
effectivement, que ça pourrait augmenter, mais, en même temps, bien, on
pourrait parler démographie, mais c'est vrai que la ville a grossi beaucoup,
peut-être, avec la COVID,
le télétravail, il y a peut-être plus de gens qui sont allés s'installer là,
qui peut-être qu'ils vont retourner vers les centres, les lieux de
destination aussi. Peut-être que ça... peut-être qu'on va en observer une...
Mme
Laforest : Peut-être.
M.
Grandmont : ...une diminution de la population, avec le vieillissement
aussi, bon. Moi, ce que je veux comprendre, c'est le cinq ans, dans le fond,
là. Est-ce que, dans le fond, pendant cette période-là où elle rebaisserait
sous 100 000, la ville doit maintenir son service de niveau 2 pour la
police?
Mme
Laforest : Oui, oui.
M.
Grandmont : OK. Donc, ce cinq ans là, il est ferme, là?
Mme
Laforest : Oui.
M. Grandmont :
Donc, la ville ne peut pas, s'il
y a une diminution de sa population, puis même, une décroissance pendant
deux, trois ans, elle ne peut pas venir voir la ministre puis dire :
Heille! on aimerait ça, finalement, retomber au niveau sous les 100 000?
Mme
Laforest : Cinq ans.
M. Grandmont :
Est-ce que c'est ferme ou c'est négociable?
Mme
Laforest : C'est ferme, puis c'est ferme...
M.
Grandmont : C'est ferme?
Mme Laforest :
...votre question est bonne
aussi, pour la même raison, à cause du corps de police. Parce que, si on
disait, à chaque année, «ça peut changer, ça peut changer», bien là, c'est sûr
que ce ne serait pas évident pour la municipalité, là, avec ses polices.
M. Grandmont :
D'accord. Et donc dans ce cinq
ans-là, tout ce que vous avez nommé, dans le fond, tous les droits et
toutes les responsabilités, la ville les maintient comme si elle était à plus
de 100 000?
Mme
Laforest : Oui.
M.
Grandmont : OK, parfait. Maintenant, si la ville baisse, puis on a
passé l'échéance, le tampon, là, de cinq
ans, là, le délai de cinq ans, on est toujours sous les 100 000, est-ce
que la ville peut négocier avec la ministre de baisser, mettons, le niveau de police, mais garder le
vérificateur général, de garder certaines des dispositions des villes de
100 000 et plus, ou c'est vraiment : elle est en dessous, elle
n'a plus le droit à rien, finalement?
Mme
Laforest : Bien là, c'est sûr que ce n'est pas négocié non plus
nécessairement avec la ministre, mais il y
aura une... je crois qu'il y aura une évaluation dans ce sens-là, là, dans cinq
ans là, on verra, là, qu'est-ce qui se passe, parce qu'à ce moment-là on ne
peut pas prédire évidemment.
M. Grandmont :
Mais, pour l'instant, ce que vous
avez prévu, c'est que si, au bout de cinq ans, elle est toujours sous le
100 000, dans le fond, elle revient au statut des villes de moins de
100 000 au complet.
Mme Laforest :
Oui, normalement, c'est ça. Mais
si la baisse est vraiment minime, minime en bas de 100 000... Tu
sais, ça dépend. Si on est à 99 000 point quelques, on ne peut pas
prédire. Mais s'il y a quand même... On verra à ce moment-là, mais je ne peux
pas... je ne peux pas vous répondre, malheureusement.
M.
Grandmont : OK. Donc, on met la disposition, mais on comprend qu'il y
aura... il y aura une potentielle négociation...
Mme
Laforest : Il y aura évaluation.
M.
Grandmont : ...une évaluation qui sera faite au bout des cinq ans. Si
on est à 99 300 au bout de cinq ans, on
sent que la ville a comme une embellie, il y a de la construction, on risque
d'accueillir des nouvelles personnes, il y a un petit baby-boom, ou je ne sais pas quoi, on garderait peut-être cette
possibilité-là de la... tu sais, d'assujettir la ville aux plus de
100 000... aux normes de plus de 100 000, même si elle est en deçà au
bout de cinq ans, là.
Mme Laforest :
Oui. Mais, honnêtement, je crois
que ça va revenir vite à 100 000, mais ça, c'est personnel, là, parce que je sais qu'il y a des projets en
habitation là, considérables à cet endroit. Mais, encore là, tu sais, je ne
peux pas... je ne peux pas vous répondre, mais...
M. Grandmont :
...boule de cristal, évidemment.
C'est juste que je voulais savoir, tu sais, si le cinq ans, il est
ferme, puis...
Mme
Laforest : Le cinq ans est ferme.
M. Grandmont :
...mais, en même temps, on dit
que si, au bout de cinq ans, on est 99 500, bien, on pourrait le prolonger,
on...
Mme
Laforest : ...peut-être faire un projet de loi d'intérêt privé
seulement pour Saint-Jean-sur-Richelieu, à ce moment-là.
M. Grandmont :
OK. On pourrait faire un projet
d'intérêt privé pour l'assujettir, dans le fond, aux plus de 100 000.
Mme
Laforest : Oui, peut-être, oui.
• (10 h 10) •
M. Grandmont :
OK. Puis, de manière générale,
là, les villes comme... Là, c'était... c'est Saint-Jean-sur-Richelieu,
qui est comme le cas, un peu, dans le fond, dans lequel...
Mme
Laforest : C'est le seul cas.
M. Grandmont :
...sur lequel on s'appuie. C'est le seul cas qui est sur la limite, un peu, là.
Mme
Laforest : Oui, vraiment.
M. Grandmont :
Là, il y a
100 000 habitants, actuellement, à Saint-Jean-sur-Richelieu? Je pense
que oui, hein?
Mme
Laforest : Il y en a moins que...
M.
Grandmont : Il y en a un petit peu moins?
Mme
Laforest : Exactement c'est combien... Je vais demander si on a le
chiffre exact.
M.
Grandmont : Bien, je n'ai pas les statistiques à jour, là, évidemment,
là.
Mme
Laforest : Il y a la ville de Brossard aussi qui est toujours en
croissance. On va voir aussi.
M.
Grandmont : Elle est rendue à combien, Brossard, à peu près?
Mme
Laforest : On va le demander, Brossard et Saint-Jean-sur-Richelieu.
Brossard, 95 000.
M.
Grandmont : Ah! OK. Quand même.
Mme
Laforest : Puis Saint-Jean-sur-Richelieu, je vais l'avoir, le chiffre,
je vais vous le transmettre aussi.
M. Grandmont :
97 000, 98 000, quelque
chose comme ça. OK. Puis pour une municipalité, là, tout... tu sais, ça
représente combien de coûts supplémentaires, à peu près, là, de faire passer un
niveau de police de niveau 1 à 2? J'imagine que c'est dans ce sens... dans ce
sens-là qu'on les prend là. Je ne suis pas très familier avec les services de police, là. Mais donc de passer au niveau 2,
là, ça représente combien de plus d'investissements pour la municipalité?
Mme
Laforest : Je n'ai pas le chiffre, mais je vais vous revenir
avec le chiffre. On va le demander, on va vérifier. Puis
Saint-Jean-sur-Richelieu, le nombre de citoyens, c'est 99 494.
M.
Grandmont : Oui, c'est ça. 99 500, on est vraiment...
Mme
Laforest : Ça fait qu'on est juste à 506 habitants de moins.
M. Grandmont :
Puis donc
Saint-Jean-sur-Richelieu... Puis vous avez une expérience, là, au niveau
municipal, qui est... qui est pas mal plus étoffée que la mienne, là,
mais, généralement, quand les villes passent le seuil de 100 000 habitants, est-ce qu'elles sont
heureuses des moyens qui viennent avec puis des responsabilités qui viennent
avec ou si c'est plutôt une charge importante?
Mme
Laforest : Bien, quand on regarde encore le... la situation d'un corps
de police, oui.
M.
Grandmont : Ça, c'est une charge supplémentaire?
Mme
Laforest : Oui. Puis un vérificateur général aussi, c'est très
apprécié.
M. Grandmont :
Mais c'est apprécié, mais
c'est... c'est une charge, mais c'est un salaire, dans le fond, c'est ça.
Mme
Laforest : Oui.
M.
Grandmont : Tandis que les services de police, ça représente quoi
comme déploiement supplémentaire d'effectifs ou de présence sur le terrain? Ça
représente quoi?
Mme
Laforest : Bien, en fait, quand il y a des situations particulières,
on peut avoir, à ce moment-là, le corps de police municipal et la SQ sur le
même territoire, en même temps, pour une situation x. Ça fait qu'il y a beaucoup, beaucoup de collaboration avec la SQ,
avec le corps de police municipal, à ce moment-là, pour des situations.
Mais les responsabilités du corps de police municipal, précises, est-ce que,
Mme Katia, vous pourriez les énumérer?
Mme Petit
(Katia) : En fait, il y en a plusieurs. Par exemple, en matière
d'enquête, c'est vraiment des types d'enquêtes
spécifiques, par exemple, des meurtres, ils vont pouvoir faire des meurtres
intrafamiliaux, ils vont pouvoir enquêter
sur les gangs de rue, etc. Donc, il va y avoir une série de types d'enquêtes
additionnelles qui se concrétisent, des fois, par l'embauche de quelques
enquêteurs additionnels. Il va également y avoir des nouvelles obligations, par
exemple, en matière de mesures d'urgence, d'avoir une intervention... d'être
capables de faire des interventions qui impliquent des personnes armées,
barricadées, ce genre de choses là. Donc, c'est vraiment quelques
responsabilités additionnelles par rapport à
l'ensemble, là. Il y a six niveaux de services de police, au total, donc le 2,
c'est le deuxième plus bas.
M. Grandmont :
Le deuxième. OK. Puis j'imagine
que Québec, Montréal sont à 6, quelque chose comme ça?
Mme Petit
(Katia) : La Sûreté du Québec est à 6, Montréal est à 5, Québec est à
4.
M.
Grandmont : OK, d'accord. Donc, c'est ça, c'est que, si, dans le fond,
la ville est au niveau 1... En fait, dès qu'il y a des interventions qui
demandent un niveau supérieur partout sur le territoire du... québécois, dans
le fond, dès qu'il y a des interventions qui demandent un niveau supérieur à ce
que la ville est habilitée à faire, dans le fond, c'est la... c'est la SQ qui
intervient, finalement, suite à ça.
Mme Petit
(Katia) : Oui, en service supplétif ou en service complémentaire.
M. Grandmont :
D'accord, je comprends. OK, ça
fait que ça ne représente pas, de ce que je comprends, de ce que vous me
dites, comme services supplémentaires ou possibilités supplémentaires... ça
nécessite des embauches, mise en place de
certaines mesures, notamment des plans d'urgence, des choses comme ça, mais ça
ne représente pas des sommes qui sont extraordinairement grandes pour
une municipalité.
Mme Petit
(Katia) : Non. La marche n'est pas... n'est pas si haute entre le
niveau 1 et le niveau 2. On parle vraiment de certains services
d'enquête spécialisés plutôt, là.
M. Grandmont :
Puis c'est toujours... le niveau
d'intervention policier, c'est toujours attaché à la... à la taille de
la population, dans le fond?
Mme Petit
(Katia) : Comme, un niveau 2, c'est 100 000 à 250 000.
M. Grandmont :
OK. Parfait, je comprends. OK,
c'est bien. Bien, c'est intéressant. Bien, moi, ce que je comprends, c'est que, dans le fond, là, on se donne un peu de
prévisibilité à certaines municipalités qui sont sur le bord... notamment,
Saint-Jean-sur-Richelieu, Brossard... Ils sont 99 496, quelque chose comme
ça...
Une voix : ...
M.
Grandmont : ...puis Brossard, qui est à 95 000 habitants.
Donc, on a... on les voit arriver, puis, comme la population risque de
fluctuer, bien, au moins, on se garantit que, même s'ils montent ou descendent
en bas de 100 000 pendant quelques
années, au moins, ils vont rester assujettis aux dispositions, là, des villes
de 100 000 habitants. Je trouve ça intéressant. Je pense que,
pour l'instant, je n'ai pas d'autre question là-dessus.
Le Président (M. Schneeberger) : Ça
va comme ça? Alors, d'autres questions? Oui, députée de Mont-Royal—Outremont.
Mme
Setlakwe : Bien, je rebondirais sur ce que le député de Taschereau a
mentionné, puis je l'avais en tête depuis tout à l'heure, mais moi, ce que je
comprends, c'est que Saint-Jean-sur-Richelieu, c'est une tendance à la baisse,
et c'est vraiment ça qu'on est en train de viser à l'article qu'on étudie, à la
modification, c'est-à-dire qu'on ne veut pas retirer les obligations et les
pouvoirs tout de suite quand on passe en bas du seuil, ce qui est... Parce que
je présume qu'ils étaient évidemment, au-dessus du seuil de 100 000. Là,
ils seraient à six habitants de moins, 99 494. Là, on va voir ce qui va arriver dans les prochaines années. Ça pourrait
prendre plus que cinq ans, c'est ce que je comprends, avant qu'on les
considère véritablement sous le seuil de 100 000. Mais, dans le cas de
Brossard, là, moi, je vois un autre cas.
C'est une... c'est une tendance à la hausse. Là, je ne le sais pas. Quand on
dit qu'ils sont à 95 000, eux, ils ne sont... ils ne sont pas
assujettis?
Mme
Laforest : Non.
Mme
Setlakwe : Bon. Et donc, un jour, ils le seront peut-être.
Mme
Laforest : Peut-être.
Mme
Setlakwe : Mais cette disposition-là n'a rien à voir avec une
situation d'une municipalité dont la population est à la hausse. Moi, si je le
comprends bien, on n'attendra pas cinq ans avant de lui imposer les
obligations, par exemple, d'un corps de police niveau 2. Dès que... Tu
sais, donc, c'est... c'est là où je pense qu'il y a peut-être un élément à clarifier ou, en tout cas, à nous... à nous
clarifier. Si Brossard... Le jour où Brossard, en vertu d'un décret,
informe que sa population est maintenant au-dessus du seuil de 100 000, on
n'attendra pas cinq ans de voir la tendance, les obligations vont s'appliquer à
elles. Est-ce que je me trompe?
Mme
Laforest : Automatiquement.
Mme
Setlakwe : OK.
Mme
Laforest : Sauf que... Oui. Non, mais... Oui.
Mme
Setlakwe : Parce que...
Mme
Laforest : Quand même,
5 000 habitants, c'est... c'est rare que ça se fait en un an, là,
mais... puis même en deux ans, parce qu'on regarde... En général, les
citoyens qui se sont déplacés dans les régions, sur cinq ans, on peut être
entre 5 000 et 7 000 citoyens de plus. Ça fait que c'est sûr que,
d'ici cinq ans, on va avoir vraiment les bons chiffres,
selon moi.
Mme
Setlakwe : Oui, mais ce qu'on vise ici, c'est vraiment dans un sens,
là, tu sais, quand on... quand la tendance est à la baisse. Sinon, le régime
actuel, quand une municipalité devient... dont la... si une municipalité a une
population qui excède 100 000, c'est un nouveau régime qui s'applique à
elle. On n'attend pas cinq ans de voir la tendance.
Mme
Laforest : Tout à fait, oui.
Mme
Setlakwe : OK. Merci, ça va pour moi.
Le Président (M.
Schneeberger) : ...
Mme Lakhoyan Olivier : Oui, bonjour, tout le
monde. Ne pas avoir ajouté cet article-là, qu'est-ce qu'il serait arrivé?
Mme Laforest :
...le cadre... tout ce qu'on a
dit, là, tout ce qu'on a expliqué, là, donc, toutes les modifications qu'il y a eu avec le corps de police, l'embauche
d'un vérificateur général, tout ça fait qu'il faudrait reculer, il faudrait
revenir en arrière. Je ne crois pas
que, pour une municipalité, c'est tellement beaucoup de travail, créer un corps
de police comme ça, pour
100 000 habitants et plus. Je pense qu'en tant que gouvernement ce
serait bon de respecter le travail qui a été fait aussi, là. Donc, il
faudrait vraiment revenir à la case départ.
Mme Lakhoyan
Olivier : OK. Est-ce qu'il y a eu des situations où des villes ont eu
besoin d'apporter des changements que ça n'a
pas été, comme, fluide, sans cet article de loi, ça n'aurait pas... ça n'aurait
pas eu la possibilité d'apporter les changements?
Mme Laforest : Non.
Mme Lakhoyan Olivier : Donc, cet
article est important afin qu'on puisse...
Mme Laforest : Bien oui. Il est
vraiment important, bien oui. C'est comme si on dit à une ville :
Maintenant, vous vous êtes formé un corps de police municipal, puis, le
lendemain, on vous... vous annulez cette modification-là, ces services-là dans
votre municipalité, tout est interdit. C'est sûr qu'on a besoin de faire
l'article à ce moment-ci.
Mme
Lakhoyan Olivier : OK, donc, en faisant ces barèmes-là, les villes
savent quoi s'attendre, donc, quand on dépasse le 100 000 ou on
l'abaisse.
Mme Laforest : Ah! oui, tout à fait,
tout à fait, parce que...
Mme Lakhoyan Olivier : Donc, c'est
ça qu'on fait.
Mme Laforest : Oui. Puis, comme je
le disais, même pour passer de 100 000 et plus, il y a eu des rencontres
avec la municipalité pour bien expliquer les nouvelles possibilités d'une
municipalité qui a 100 000 et plus, et les obligations également.
Mme Lakhoyan Olivier : OK, c'est
bien. Donc, on clarifie le tout.
Mme Laforest : Oui.
Mme Lakhoyan Olivier : Merci.
Le Président (M. Schneeberger) : Ça
va? D'autres questions? Oui, député de Taschereau.
M. Grandmont : ...juste... Ma
collègue de Mont-Royal—Outremont a dit
quelque chose, là, qui m'a... sur lequel j'accrochais, là.
Saint-Jean-sur-Richelieu, c'est en croissance ou c'est en décroissance
actuellement?
Mme Laforest : Saint-Jean-sur-Richelieu...
M. Grandmont : Bien,
Saint-Jean-sur-Richelieu... c'est ça que je dis...
Mme Laforest : ...était en
croissance, puis là il y a une petite, petite décroissance...
M. Grandmont : Ah! il y a une petite
baisse. D'accord.
Mme Laforest : ...de
506 citoyens.
M.
Grandmont : Ah! OK, c'est ça. D'accord, OK. Mais donc... Parce
que je regardais les chiffres, là, de 2011, je pense qu'on était à
92 000, après ça, 2016, on était à 95 000. Donc, globalement, quand
même, ça monte.
Mme Laforest : Oui.
M.
Grandmont : D'accord. OK, donc ils n'ont...
Saint-Jean-sur-Richelieu n'a jamais franchi 100 000 non plus.
Mme Laforest : Non.
M. Grandmont : Bien, c'est ça, ma
question, en fait.
Mme
Laforest : Bien, l'année
passée, puis c'est pour ça qu'ils étaient... ils avaient des obligations.
Maintenant, là, il y a une baisse, donc il faut quand même respecter ça,
là.
M. Grandmont : Ah! oui, on l'a
légèrement dépassé?
Mme Laforest : Oui. Puis c'est ça,
la loi dit que, dès que tu dépasses 100 000, tu as des obligations.
• (10 h 20) •
M.
Grandmont : OK. Puis donc est-ce que Saint-Jean-sur-Richelieu
a mis en place les mesures de... qui sont... qui reviennent aux villes
de plus de 100 000?
Mme Laforest : Oui,
c'est pour ça qu'on amène ça. Oui.
M.
Grandmont : Oui, d'accord, c'est bon. C'est excellent,
parfait. Je comprends, excellent. Donc, mais en le faisant comme ça,
même de manière rétroactive, est-ce que c'est besoin... est-ce qu'on a besoin
de le spécifier? Parce que là,
officiellement, Saint-Jean-sur-Richelieu est sous le 100 000 à l'adoption
du projet de loi. Est-ce qu'il y a une mesure rétroactive, il y a un
article qui vient spécifier...
Mme Laforest : Je crois que c'est...
Ah! c'est 141. On va l'avoir plus tard.
M. Grandmont : Parfait. Donc, on va
venir statuer que, dans le fond...
Mme Laforest : C'est bien.
M. Grandmont : OK, je comprends,
c'est bon. Parfait, merci.
Mme Laforest : ...arrive, puis 141
arrive aussi.
Le Président (M. Schneeberger) : Ça
va? D'autres questions? Oui, députée de Mont-Royal—Outremont.
Mme Setlakwe : Justement, j'aurais
peut-être... Moi, j'aimerais qu'on reparle du colistier, mais là j'ai
l'impression que ce n'est pas ici, là, qu'on fait un retranchement pour le colistier.
Mme Laforest : C'est 85. C'est lui
qu'on fait tout de suite après.
Le Président (M. Schneeberger) : Ça
fait qu'on va adopter 10 puis on va aller à 85?
Mme Laforest : Oui.
Le Président (M. Schneeberger) : Je
présume qu'on va l'adopter, je ne sais pas, on ne peut pas... alors... Parce
que, depuis tantôt, vous posez des questions sur le 85.
Mme Laforest : Oui, on va l'adopter.
Le
Président (M. Schneeberger) : Alors, d'autres questions pour l'article 10?
Non? Alors, est-ce que l'article 10 est adopté?
Des voix : Adopté.
Le Président (M. Schneeberger) : Adopté.
Article 85.
Mme Laforest : L'article 85 :
L'article 146 de cette loi est modifié par le remplacement de la dernière phrase du deuxième alinéa par la phrase
suivante : «L'article 6.1 de la Loi sur les cités et villes
(chapitre C-19) s'applique, avec les adaptations nécessaires,
lorsque la population de la municipalité diminue en deçà de
100 000 habitants.»
L'article 85 du projet de loi modifierait
l'article 146 de la Loi sur les élections et les référendums dans les
municipalités afin de prévoir que le règlement adopté par une municipalité en
vertu du deuxième alinéa de cet article, concernant la double candidature à un
poste de membre du conseil, continue d'être en vigueur même si la population de la municipalité devient inférieure à
100 000 habitants, selon les modalités qui sont prévues dans le
nouvel article 6.1 de la Loi sur les cités et villes proposé par l'article 10 du projet de loi.
Actuellement, l'article 146 prévoit que ce règlement cesse d'être
en vigueur lorsque la population de la municipalité diminue en deçà de
100 000 habitants.
Donc, ici, on vient maintenir le double... la
double candidature pour les candidats au poste de maire lorsque la population
diminue sous le seuil de 100 000 habitants. On harmonise ce mécanisme
avec celui proposé pour les autres
dispositions propres aux municipalités de 100 000 et plus. Le règlement
qui permet la double candidature, le colistier, justement, adopté par une municipalité de 100 000 habitants ou
plus, restera en vigueur si la population de cette municipalité descend
ensuite sous ce seuil. Alors, voilà. Merci, M. le Président.
Le
Président (M. Schneeberger) : Merci beaucoup. Questions sur le 85? Députée de Mont-Royal—Outremont.
Mme Setlakwe : Oui, merci, M. le
Président. Donc, oui, j'aimerais ça qu'on m'explique un peu mieux...
Le Président (M. Schneeberger) : ...
Mme
Laforest : ...a le double colistier, puis il y a juste
Montréal. Ça fait que ça, c'était ma question. Et Québec.
Mme Setlakwe : Dans les faits, c'est
ça, il y a juste Montréal et Québec?
Mme
Laforest : C'est ça.
Mme
Setlakwe : Mais ici, on est en train de dire... puis c'est... là, ça
semble quand même être théorique, mais c'est
ça, c'est souvent le cas avec une loi, mais le régime qu'on vient d'examiner,
le nouveau régime qui dit : Bien, attendons cinq ans pour voir si
la tendance à la baisse est réelle, ça prend cinq années consécutives sous
100 000, cinq années consécutives de population à la baisse, et là on
relève la municipalité de ses obligations et de ses... et des pouvoirs qui lui sont octroyés si elle a... tu
sais, si elle avait maintenu son statut de plus de 100 000, sauf... là, on
vient dire spécifiquement pour la possibilité d'avoir un colistier aux
élections. Mais donc une... peut-être que c'est moi qui le comprends mal, mais
une municipalité qui descendrait en bas du 100 000, là, selon les critères
de... prévus à 6.1... on dit... on est rendus à 95 000, puis peut-être
qu'elle va continuer à descendre puis on permettrait au maire ou à la mairesse,
le candidat, d'avoir un colistier. Pourquoi? Puis, dans le temps, ça va s'arrêter
où, cette possibilité-là?
Le Président (M.
Schneeberger) : Oui, Mme la sous-ministre qui va répondre ou...
Mme
Laforest : Bien, en fait, je crois que c'est pour la prévisibilité des
partis politiques, là, évidemment, la principale raison. Mme Petit,
peut-être?
Le Président (M.
Schneeberger) : ...
Mme Petit
(Katia) : En fait, ici, on est vraiment dans une disposition de
concordance, là. Donc, comme on a prévu une règle pour les municipalités qui
repassent sous la barre du 100 000, ce qu'on vient prévoir c'est que ça va
faire la même chose pour la règle du colistier, donc c'est vraiment de la
concordance. Donc, une ville qui aurait pris un règlement pour prévoir la
possibilité d'avoir une double candidature, ce que ça vient dire, c'est que,
par exemple, si Saint-Jean-sur-Richelieu l'avait pris... il ne l'a pas fait,
là, à l'heure actuelle, mais s'il l'avait pris, ça veut dire que ça
continuerait à s'appliquer selon les mêmes règles que ce qu'on vient d'adopter.
Donc, c'est... on est vraiment dans de la concordance pure ici.
Mme
Setlakwe : ...effectivement, pendant cinq ans, la population est à la
baisse, bien non, ils n'auront plus ce pouvoir-là, mais... OK, c'est, si jamais
ils repassent au-dessus, on continue à faire appliquer le règlement. OK, je
comprends. Merci.
Le Président (M.
Schneeberger) : D'autres questions? Député de Taschereau.
M.
Grandmont : Oui, merci. Je ne suis pas sûr de comprendre, là. Vous
dites qu'il y a seulement deux villes qui, actuellement, ont des... la
possibilité d'avoir des colistiers, Québec et Montréal?
Mme Petit
(Katia) : En fait, toutes les villes de 100 000 peuvent, là.
C'est juste qu'il y en a juste deux qui se sont prévalues de cette possibilité.
M. Grandmont :
Et ça, c'est... comment une ville... Parce qu'il y a 11 villes de
100 000... si on considère, là, Saint-Jean-sur-Richelieu, il y a
11 villes de plus de 100 000 habitants. Qu'est-ce que doit faire
une ville pour s'en prévaloir? C'est une résolution du conseil municipal?
Mme Petit
(Katia) : C'est un règlement.
M.
Grandmont : Un règlement, oui, c'est ça. Et donc voté par le conseil
municipal? D'accord. Est-ce que vous savez s'il y a déjà des municipalités qui
ont tenté d'avoir cette possibilité-là, ou ça n'a juste pas été...
Mme Petit
(Katia) : Je n'ai pas... je n'ai pas d'information à cet effet-là.
M.
Grandmont : D'accord. Mais vous n'avez pas eu d'autres demandes que
Québec et Montréal pour des villes de 100 000 et plus?
Mme Petit
(Katia) : C'est qu'ils ne nous le demandent pas. Ils doivent prendre
un règlement, tout simplement, donc.
M.
Grandmont : Oui, oui, c'est ça. Oui, c'est ça, elles sont autorisées
d'office, là, les 11 municipalités. OK, parfait. Et donc ça, cette...
cette disposition-là, là, de pouvoir avoir... de pouvoir se prévaloir d'avoir
un colistier pour les villes de
100 000 habitants et plus, pourquoi avoir... pourquoi... Dans le
fond, on a... on a... au projet... au... à l'article 10, dont on
a... c'est ça, 10, qu'on a traité tantôt, l'article 10 tout à l'heure, on
parlait d'un paquet de dispositions que les villes allaient devoir maintenir
pendant cinq ans. Pourquoi on fait un article spécifique sur la notion de
colistier alors que c'est comme intégré, c'est comme... c'est prévu sur une
période de cinq ans à l'article 10?
Mme Laforest :
C'est ça. C'est parce que, là, c'est la loi sur les élections et les
référendums, donc, par cohérence, il faut ajouter cet article-là, parce que la Loi
sur les élections et les référendums dans les municipalités prévoit
qu'une municipalité de 100 000 et plus peut prendre un règlement pour que
toute personne éligible puisse à la fois
porter sa candidature au poste de maire et conjointement avec un autre
candidat, qui constitue son colistier, à un poste de conseiller. Donc,
ici, l'article 10, c'est la Loi sur les cités et villes, puis ici, c'est
la loi sur les élections.
M. Grandmont :
Oui. C'est juste qu'on a présenté
l'article 85 comme un article de concordance. Je comprends l'esprit
de la concordance pour la mettre dans, finalement, la loi sur les élections et
les référendums, pour avoir une équivalence à ce qu'on a décidé tantôt, ce qui
a été voté tantôt sur la loi sur les cités et les villes. Par contre, il y a un
délai de cinq ans à l'article 10 de la loi sur les cités et les villes,
puis ici, il n'y a pas de délai qui est imprimé. Donc, est-ce qu'on ne devrait
pas avoir un délai de cinq ans aussi du côté de la loi sur les élections et les
référendums?
Mme
Laforest : Question de cohérence. Je crois que je vais demander à
maître...
Le Président (M.
Schneeberger) : ...consentement pour que la personne puisse prendre
parole? Oui? Alors, monsieur, vous vous nommez par votre nom et titre.
M. Bernier
(Guillaume) : Oui. Guillaume Bernier, avocat au ministère des Affaires
municipales.
Donc, la modification
qu'on apporte ici, à l'article 146 de la Loi sur les élections et les
référendums dans les municipalités, vient dire tout simplement que
l'article 6.1 qu'on a adopté tout à l'heure, le nouvel article dans
la Loi sur les cités et villes, va s'appliquer au règlement adopté par les
municipalités concernant les colistiers. C'est tout ce qu'on vient faire, dans
le fond, on rend... on rend applicable l'article 6.1 de la Loi sur les
cités et villes...
M.
Grandmont : ...aussi, là.
M. Bernier
(Guillaume) : Exactement. C'est ça.
M. Grandmont :
Ah! OK, parfait. D'accord. Donc,
on l'a, notre concordance. Parfait, excellent. Moi, ça fait le tour pour
cette question-là, merci.
Le Président (M.
Schneeberger) : Ça va? D'autres questions? Députée de Mont-Royal—Outremont.
Mme
Setlakwe : ...merci au légiste. Donc... Mais ce que je comprends
aussi, c'est que, si on retourne à 10... On disait, à 6.1, que les dispositions
de la loi qui s'appliquent aux municipalités de 100 000 et plus continuent
de s'appliquer quand on descend en bas du seuil, mais on exclut la loi... les
dispositions de la loi... la LERM, comme on l'appelle,
la loi sur les élections et les référendums, et là, si... on a besoin de 85,
parce que, si on lit juste 6.1, ça inclurait la disposition sur la
possibilité d'avoir un colistier, qui pourrait... qui ne s'appliquerait plus.
• (10 h 30) •
M. Bernier
(Guillaume) : Bien, c'est que, dans la LERM, comme on disait tout à
l'heure, il y a déjà une série de règles, là, qui visent ces situations-là où
les municipalités sont juste sur le bord des seuils, puis c'est déjà réglé par
la LERM dans plusieurs situations. Donc, à 6.1, on exclut ces cas-là. Mais pour
le colistier, il y a un choix qui a été
fait, là, de rendre applicable la règle de 6.1 de la Loi sur les cités et villes, qu'on a adopté tout à l'heure. Donc, c'est
pour ça que c'est rédigé comme ça, finalement. Je ne sais pas si...
Mme
Setlakwe : Oui. Moi... Merci, moi, ça me va, oui.
Le Président (M. Schneeberger) : Oui,
ça va comme ça? D'autres... d'autres questions? Députée de Chomedey.
Mme Lakhoyan Olivier : C'est pour les... pour
les... Cette règle-là s'applique pour les villes 100 000 et plus,
c'est ça, 100 000 habitants et plus.
Cet article... cet article s'appliquerait, non? Parce qu'il y a juste
Montréal et Québec, vous avez dit, qu'on a ce système-là.
Mme
Laforest : Oui.
Mme Lakhoyan
Olivier : Ça va être appliqué à 100 000 habitants et plus?
Mme
Laforest : Bien là, je ne comprends pas la question, par exemple.
Mme Lakhoyan Olivier : Pour l'article 85,
«concernant la double candidature à un poste de membre du conseil», «continue d'être en vigueur même si la population
de la... devient inférieure à 100 000 habitants» et plus... «inférieure
à 100 000 habitants».
Le Président (M.
Schneeberger) : ...
Mme
Laforest : Je ne comprends pas...
M. Bernier
(Guillaume) : Bien, dans le fond, l'article 146 de la LERM qu'on
vient modifier ici, là, sur les colistiers,
ça dit, bon, qu'une municipalité de 100 000 habitants ou plus peut
adopter un règlement sur les colistiers. Donc, c'est uniquement les
villes de 100 000 habitants ou plus qui peuvent adopter un tel
règlement. Donc, c'est les 100 000 et plus, c'est ça.
Mme Lakhoyan Olivier : OK, c'est ça.
Donc, en ce moment, c'est les deux villes... ce sont les deux villes qui en
ont... Québec et Montréal, qui en ont adopté.
M. Bernier (Guillaume) : Il y a un
choix qui est fait, effectivement.
Mme Lakhoyan Olivier : Je suis de
Laval. Donc, je suis en train de penser, nous sommes 100 000 et plus.
Est-ce qu'ils pourraient l'adopter aussi?
M. Bernier (Guillaume) : Oui, tout à
fait.
Mme Lakhoyan Olivier : Donc, même si
on passe cet article-là, les villes doivent l'adopter, c'est bien ça?
Mme Laforest : Oui. Vous pourriez le
demander à votre maire.
Mme Lakhoyan Olivier : OK. Non,
c'est les villes qui vont le faire. Je ne vais pas demander, là, mais j'étais
curieuse de savoir.
Mme Laforest : Non, mais vous
pourriez lui en parler, là.
a19295
Mme
Lakhoyan Olivier : C'est ça. Parfait. Merci.
Mme Laforest : ...règlement à ce
moment-là.
Mme Lakhoyan Olivier : OK. Merci.
Le
Président (M. Schneeberger) :
Ça va? D'autres
questions? Non. Alors, est-ce que l'article 85 est adopté?
Des voix : Adopté.
Le Président (M. Schneeberger) : Adopté.
Article 141.
Mme Laforest : 141.
L'article 6.1 de la Loi sur les cités et villes (chapitre C-19),
édicté par l'article 10 de la présente loi, s'applique à la ville de
Saint-Jean-sur-Richelieu depuis le 1er janvier 2024.
Donc, l'article 141 du projet de loi
prévoit une règle particulière concernant l'application de l'article 6.1
de la Loi sur les cités et villes, donc l'édiction est prévue à
l'article 10 de la présente loi. Dans le cas de la ville de
Saint-Jean-sur-Richelieu, en effet, comme cette ville est retombée en 2024 sous
le seuil des 100 000 habitants, soit avant l'entrée en vigueur prévue du nouvel article 6.1 de la Loi sur les
cités et villes, la présente disposition est nécessaire pour rendre
applicable cet article à la ville.
Ici, on vient
assurer que les droits et les obligations pour les 100 000 ou plus
s'appliquent également à la ville de
Saint-Jean-sur-Richelieu depuis le 1er janvier 2024. Donc, on vient ici
indiquer et préciser la date du 1er janvier 2024, malgré le recul
de la population.
Le
Président (M. Schneeberger) : Merci. Questions sur l'article 141? Députée
de Mont-Royal—Outremont.
Mme Setlakwe : Oui. Merci. Bien,
très rapidement, là. Moi, ce que je comprends, c'est qu'on a absolument besoin
de ça, sinon ils seraient tombés dans un vide où immédiatement les obligations
et les pouvoirs ne seraient plus applicables à eux. Ma seule question, pour le
choix de la date, juste pour être sûre de savoir comment ça fonctionne, donc
c'est à partir du 1er janvier qu'on fait les... qu'on fait les
modifications quand on passe d'une catégorie à une autre. Donc, j'imagine qu'en 2023... Ah! je ne sais pas. À un moment
donné, il y a un décret qui est établi, puis moi, je ne me souviens même
pas, là. J'ai déjà été conseillère municipale, puis c'est vrai qu'à chaque
année il y avait — là,
on me le rappelle, là — un
décret ou, en tout cas, la population était fixée, disons, je ne sais pas, moi,
c'est fixé à quel moment durant
l'année. Mais les... la conséquence de ce chiffre commence à s'appliquer au
1er janvier de l'année subséquente, c'est ça qu'on doit comprendre?
Mme Laforest : Oui, c'est ça. Le
calcul est fait en décembre puis, en janvier, ça s'applique.
Mme Setlakwe : Le calcul est fait en
décembre?
Mme Laforest : Oui.
Mme Setlakwe : Parfait.
Moi, ça répond à ma question, là. Aucun commentaire ici.
Le Président (M. Schneeberger) : Oui.
Parfait. D'autres questions? Député de Taschereau.
M. Grandmont : Oui. Donc, on a la
réponse à nos questions qu'on avait tantôt, là. Donc, c'est ça, en s'appliquant
à partir du 1er janvier 2024, on est correct. La population avait décru en
2023, j'imagine...
Mme Laforest : Oui.
M.
Grandmont : ...puis, dans le fond, on la fixe, puis, en
mettant le 1er janvier, on est sûr qu'on est correct, là.
Mme Laforest : Oui.
M. Grandmont : Parfait. Excellent.
Mme Laforest : Oui.
M. Grandmont : Puis même chose
aussi, là, comme on a compris tantôt, dans le fond, la loi... dans le fond, le
colistier continue de s'appliquer aussi parce qu'on l'a intégré finalement dans
la Loi sur les élections et les référendums municipaux. Donc, tout est correct,
il est béton. Parfait. Merci.
Le Président (M. Schneeberger) : Oui,
députée de Mont-Royal—Outremont.
Mme Setlakwe : Peut-être une
dernière. Là, je comprends que là on l'inclut dans un omnibus, mais est-ce que
c'est le genre de disposition qui aurait pu faire l'objet d'un PLIP?
Mme Laforest : Oui.
Mme Setlakwe : Dans le fond, pas le
choix, là. Si on n'était pas dans un contexte d'étude d'un projet de loi, il
fallait déterminer ce qui se passait avec cette ville-là.
Mme Laforest : Cette
municipalité-là, oui, de 100 000 et moins. Oui.
Mme Setlakwe : OK.
Mme Laforest : Bonne question. Ça
fait trois, quand même, trois ou quatre articles qu'on adopte, trois, je crois,
qu'il aurait fallu faire un PLIP, là, un projet de loi d'intérêt privé. Donc,
c'est important, oui, ça clarifie tout.
Le Président (M. Schneeberger) : Ça
va? Alors, est-ce que l'article 141 est adopté?
Des voix : Adopté.
Le Président (M. Schneeberger) : Adopté.
Là, nous avons un article 140.1 qui est un amendement. Alors...
Mme Laforest : Mais, M. le
Président, je crois que mes collègues aussi sont au courant, bien entendu. Nous
allons suspendre les articles 140.1, 140.2, 3.2 et 3.1. Nous allons les
suspendre si mes collègues sont bien... mais vous étiez au courant.
Mme Setlakwe : Oui, oui. En fait,
merci de nous accommoder. Nous, ça fait notre affaire de le repousser
possiblement à cet après-midi.
Mme Laforest : C'est ça. OK. Alors,
à la demande de mes collègues, on va retirer ces articles-là puis on va les
reprendre. On va continuer à l'article 139.1.
Le Président (M. Schneeberger) : Oui.
Alors, consentement? Étant donné que les autres, c'est des amendements, pas de problème, mais
l'article 2, étant donné qu'il fait partie du projet de loi, est-ce que
j'ai le consentement pour le suspendre? Consentement? Parfait. Alors,
nous allons maintenant au 139.1, qui est un amendement. Alors, je laisserais la
ministre...
Des voix : ...
Le Président (M. Schneeberger) : Je
vais laisser la ministre lire... dans le fond, lire l'article.
Mme Laforest : 139.1.
Le Président (M.
Schneeberger) : Oui. Est-ce que vous l'avez? Il est au greffe, vous
l'avez reçu? Vous l'avez. Tout le monde l'a? Parfait. Alors, vous pouvez y
aller, Mme la ministre.
Mme Laforest : Oui, j'y vais tout de
suite, M. le Président. L'article 139.1. L'article 37 de cette...
Est-ce que vous l'avez eu? Vous avez eu les amendements?
Le Président (M. Schneeberger) : Oui,
oui.
Mme
Laforest : Ils sont dans le Greffier? Vous les avez? OK.
L'article 139.1, article 37 de la Loi sur les terres du
domaine de l'État.
Insérer, après l'article 139 du projet de
loi, ce qui suit :
«Loi sur les terres du domaine de l'État
139.1. L'article 37 de la Loi sur les
terres du domaine de l'État (chapitre T-8.1) est remplacé par le
suivant :
«37. Le
ministre peut, par délivrance de lettres patentes ou par acte notarié en
minute, céder à titre gratuit des terres sous son autorité, ainsi que les
bâtiments, les améliorations et les meubles qui s'y trouvent, pour les usages
suivants :
«1° à des fins éducatives ou pour des
prestations de services de santé et [des] services sociaux, de même que les
usages accessoires à ceux-ci;
«2° pour un usage d'utilité publique prévu par
le gouvernement par voie réglementaire.
«L'usage prévu au premier alinéa doit être
exprimé dans les lettres patentes ou dans l'acte notarié.»
Cet
amendement modifierait l'article 37 de la Loi sur les terres du domaine de
l'État afin de permettre à la ministre des Ressources naturelles et des
Forêts de céder, à titre gratuit, une terre du domaine de l'État à des fins
éducatives, et à des fins de prestation de services de santé et de services
sociaux, ainsi que pour les usages accessoires à ceux-ci.
À l'heure actuelle, une telle cession ne peut
être faite que pour les motifs d'utilité publique prévus par règlement. Or, les tribunaux donnent une
interprétation restrictive à la notion d'utilité publique, ce qui limite les
usages qui peuvent être faits, prévus
par règlement pour la cession d'une terre à titre gratuit. La modification
proposée permettrait donc de s'assurer que la ministre pourrait céder, à
titre gratuit, des terres du domaine de l'État à des fins éducatives et à des
fins de prestation de services de santé et de services sociaux.
Ici, on vient
soutenir le développement des collectivités puis on vient optimiser
l'utilisation des terres du domaine de l'État.
Le Président (M. Schneeberger) : Parfait.
Merci.
Mme
Laforest : Donc, les coûts des terres seraient diminués,
évidemment, pour la construction d'établissements scolaires ou de santé.
Peut-être, si vous voulez, si vous me permettez,
je vais faire une petite... bien, en fait, un historique de cette situation-là. Quand on a signé l'entente de
réciprocité avec l'union municipale... avec les unions municipales, Québec,
Montréal, évidemment, il y a plusieurs... il y avait quand même plusieurs
projets pour des écoles. Et, au niveau des terrains,
par exemple, des écoles, il y a des terres qui sont très, très intéressantes
qui appartiennent... ce sont des terres publiques, puis c'était impossible de faire des projets sur ces terres.
Donc, c'est... ici, on vient, si je peux dire, donner des possibilités, soit pour le ministère de la Santé
ou encore le ministère de l'Éducation. C'était demandé, lors de la signature de
toutes les unions municipales, qu'il y ait plus la possibilité d'avoir des
terres qui coûtent un peu moins cher que certains
terrains publics, qui sont dans le privé, qui sont à vendre et qui coûtent
assez... c'est assez onéreux pour certains projets. Mais c'est dans cette
perspective-là qu'on est arrivés avec l'article ici, 139.1, et l'amendement.
Puis, pour les fins détails, je crois que nous aurons plus de détails au
niveau légiste, là. Merci.
• (10 h 40) •
Le
Président (M. Schneeberger) : Merci. Alors, questions sur l'article? Députée de Mont-Royal—Outremont.
Mme
Setlakwe : Merci. Avant d'examiner le libellé, juste... Et
merci, Mme la ministre, pour l'explication de... ou le fondement de... le raisonnement qui vous a amenée à apporter cette
modification-là dans le projet de loi omnibus qu'on étudie. Mais si on recule un peu plus dans le temps, là,
rappelons-nous que... En fait, on va vraiment reculer, là. L'éducation,
c'est de compétence provinciale, et ça n'a jamais été aux municipalités à céder
des terres ou à trouver des terrains, et à faire tout le processus, et à
encourir les... des frais pour trouver des terrains d'école. Là, on sait qu'en
2020, si je ne me trompe pas, votre gouvernement a changé la loi. Et maintenant
pouvez-vous nous expliquer le régime actuel qui s'applique aux villes?
La nouveauté... bien, la nouveauté, ça fait
depuis quatre ans, les villes doivent maintenant non seulement discuter avec les centres de services scolaires,
mais aussi fournir des terrains, non plus... Moi, c'est ma compréhension.
Juste nous réitérer le régime actuel depuis 2020.
Le Président (M. Schneeberger) : Mme
la ministre.
Mme
Laforest : Oui. Bien, peut-être que je vais... Je vais donner
des exemples, là. Il y a, exemple, un hôpital ou encore, peu importe, un CIUSSS
ou un CISSS, puis il y a des terrains qui sont disponibles, qui ne peuvent être
utilisés, ou encore, la même chose,
ici, avec le ministère de ma collègue ici, là, Ressources naturelles. Donc,
c'était comme impossible, même avant la loi, de céder ces terrains-là.
Donc là, ce qu'on dit, c'est qu'on a déjà des possibilités, avec le ministère des Ressources
naturelles, de céder gratuitement des terrains. Ça fait que c'est pour ça que
les municipalités, quand on a négocié avec les municipalités dans
l'entente de réciprocité, bien, c'est sûr que les unions disaient : Vous
avez des terrains, par exemple, avec le ministère des Ressources naturelles.
Vous en avez déjà, des terrains. Est-ce qu'on
pourrait utiliser ou encore faire l'analyse de ces terrains-là que vous avez
déjà avec ces ministères respectifs là. Puis c'est pour ça que, maintenant, il
faut modifier la loi pour céder ces terres-là au ministère des Ressources
naturelles.
Au niveau de
la procédure des ressources... du ministère des Ressources naturelles, je vais
peut-être expliquer. Ce serait bon d'avoir la procédure, comment la
cession des terrains se fait.
Le Président (M. Schneeberger) : Oui,
alors j'ai besoin du consentement pour que madame puisse prendre la parole.
Consentement? Oui. Alors, madame veuillez vous nommer et votre... par nom et
titre.
Mme
Ste-Croix (Lucie) : Oui, M. le Président. Bonjour. Lucie Ste-Croix,
sous-ministre associée au territoire et aux affaires stratégiques au
ministère des Ressources naturelles et des Forêts.
Alors, à l'heure actuelle, la cession, à titre
gratuit, aux fins qui sont indiquées dans l'amendement qui est sous vos yeux,
ce n'est possible, au moment où on se parle, que pour les municipalités nordiques,
par l'application d'un programme. Donc, toutes les municipalités qui sont au
nord du 49e parallèle peuvent bénéficier d'une cession à titre gratuit,
mais toutes les municipalités qui sont au sud ne peuvent pas bénéficier d'une
cession à titre gratuit.
Donc, au
moment où on se parle, si une municipalité voulait acquérir des terres
publiques qui sont à l'intérieur de
son périmètre d'urbanisation, bien, le ministère des Ressources naturelles et
des Forêts doit, en application de la loi, vendre ces terres-là à la juste valeur marchande. Alors, ce qui est
proposé ici, c'est de permettre au Québec au complet la cession de
terres à titre gratuit aux fins qui sont prévues à l'amendement, donc, santé,
services sociaux, éducation et utilité publique. Les objets d'utilité publique,
là, sont déjà prévus par règlement, mais on peut penser, par exemple, à la
construction d'aqueducs, d'égouts, lignes électriques, des choses... des
éléments comme ceux-là qui sont des fins d'utilité publique.
Donc, pour
permettre aux municipalités au Québec au complet de pouvoir acquérir de manière
gratuite des terres publiques à l'intérieur de leur périmètre
d'urbanisation, c'est cette raison pour laquelle vous avez l'amendement devant
vous.
Le
Président (M. Schneeberger) : Ça va? Questions? Oui, députée de Mont-Royal—Outremont, puis, après ça, je vais passer au député de Taschereau.
Mme Setlakwe : Merci pour
l'explication. Moi, je n'ai pas de... Je comprenais dans les grandes lignes ce qu'on visait. Et merci de l'explication, c'est
important de comprendre qu'actuellement le pouvoir de céder, à titre gratuit,
n'existe pas à l'extérieur de la zone, disons, nordique. Donc là, on vient
dire... Merci, là, je comprends très bien ce que
le libellé vient faire puis c'est au bénéfice des municipalités, ça, je le
comprends aussi. Mais moi, ce que j'essaie de savoir politiquement, là, de la part de la ministre, c'est qu'on veut
quand même répondre à une problématique, problématique de terrain. Là, moi, je parlais, par exemple, pour des
fins d'école. On le sait qu'il y a des municipalités qui ont des enjeux
avec la nouvelle disposition qui les oblige à céder un terrain pour des fins de
construction d'école, n'est-ce pas?
Mme Laforest : Bien, c'est... En
fait, là, vous dites...
Mme Setlakwe : Et donc c'est
juste... j'aimerais juste qu'on le remette quand même dans le contexte de...
Mme Laforest : De 2020?
Mme Setlakwe : ...de ce nouveau
régime qui pose des problèmes pour les municipalités. Là, je vois que c'est une
solution qui est apportée. On n'a rien contre la solution qui est apportée,
évidemment, de permettre à un ministère, à
une ministre, de dire : Mais j'ai ces terrains et je n'ai pas le pouvoir
de les céder à titre gratuit. Je ne peux actuellement que les vendre à
la juste valeur marchande. Donc, c'est au bénéfice des villes pour faire
avancer des projets de construction
d'écoles, d'hôpitaux, d'autres établissements de soins de santé ou pour des
fins d'utilité publique. On comprend ce que ça veut dire, aqueducs,
égouts, tout ça, oui. Mais j'aimerais quand même qu'on le ramène dans le
contexte de nouveau régime qui s'applique depuis 2020 et qui est problématique
et qui a peut-être fait en sorte qu'on a retardé des projets de construction d'écoles,
par exemple.
Et donc est-ce que cette proposition, c'est une
solution parmi d'autres à cette problématique-là? Et comment vous rassurez les
villes qui sont, par exemple... là, je vais arrêter là, mais, par exemple, à
Val-David qui ne voient pas... là, je n'ai pas les chiffres sous les yeux, mais
de mémoire, le terrain qui est envisagé ou qui est considéré vaut peut-être
même plus que leur budget annuel? Dans certains cas, c'est un quart, un tiers,
une demie du budget, des fois, ça dépasse le budget annuel. C'est vraiment une
problématique dans certaines villes.
Mme Laforest : Oui, bien, en fait,
pour répondre à votre question, vous parlez de 2020 puis... bien, moi, c'est
sûr que je vais... Il y a vraiment un lien direct avec l'ancien nom du pacte
fiscal, qui est maintenant l'entente... l'entente de réciprocité. Puis
évidemment, quand il y a eu des... il y a eu plusieurs rencontres pour
l'entente de réciprocité. Puis évidemment, quand on touche... il y a plusieurs
terrains dans les municipalités qui étaient regardés pour
faire des nouvelles écoles. Est-ce que vous dites... Là, vous dites :
D'après moi, peut-être, il y a eu du retard, ça a retardé. Non, parce qu'on
était en période de pandémie, donc, vous savez, pendant deux ans, comment ça s'est
passé, je ne reviendrai pas là-dessus. Sauf que, dans l'échange et dans les
discussions qu'on a eues avec les grandes villes,
FQM, Québec, Montréal et l'UMQ, bien, c'est certain que c'était la demande,
parce que, quand on se rencontrait, les
gens nous disaient : Bien, écoutez, vous en avez, vous, des terrains,
est-ce qu'on pourrait faire un échange ensemble pour avoir une cession
de terrains gratuits, parce que vous avez des ministères qui ont déjà des
terrains qui leur appartiennent?
Donc, si, nous, on voudrait... si on voulait
construire une école sur le terrain qui appartient au ministère, à tel
ministère, est-ce qu'on pourrait l'avoir? Ça fait que même les municipalités
étaient très intéressées avant tout terrain sur
leur secteur, parce que vous comprenez qu'avoir un terrain qui est cédé
gratuitement, c'est différent. Puis il y avait déjà des terrains qui
étaient vraiment ciblés pour dire : Ça, c'est... c'est un terrain qui
appartient, par exemple, au ministère Ressources naturelles. Est-ce qu'on pourrait
y avoir droit? Ça fait que c'est là que nous, on a dit : Pour les hôpitaux, pour les écoles, pour tout projet, qui
sont dans la liste, évidemment, oui, ce sera possible. Donc, c'est vraiment...
Vous, vous dites «problématique», mais c'est sûr qu'avec la pandémie il n'y a
pas eu de retard, mais là c'est sûr que ça répond beaucoup plus à leurs
demandes. Ça fait qu'on ouvre la possibilité, on offre plus de... plus de
terrains avec cette modification dans la loi.
Merci, en passant, à votre ministère, là. Mais
c'est ça. Puis même, il y a des CIUSSS et des CISSS qui disaient : Nous,
on a des terrains, mais on ne peut pas les céder parce que la loi ne nous le
permet pas. Ça fait que c'est pour ça qu'on a fait une modification. Puis ça
vient vraiment, vraiment dans la demande des unions, dans la déclaration de
réciprocité, de... puis même eux le demandaient, de prioriser les terrains
publics.
• (10 h 50) •
Mme Setlakwe : Je comprends. Est-ce
que... et je l'ai lu, je me rappelle de l'avoir vu dans le... dans le document qui a été signé en décembre 2023, on
parlait des... on parlait des terrains pour construction d'écoles, etc. Donc,
je peux voir que c'est une... c'est une mesure qui va venir aider. Mais est-ce
que, dans les faits, ces terrains-là vont répondre à la demande? Et
est-ce qu'ils vont répondre, par exemple, à la situation qui prévaut à
Val-David, qui doit... En ce moment, le terrain qui est visé à Val-David, il
doit être exproprié. Il représente un coût de 25 millions sur un budget annuel de 12. Il y a Otterburn Park aussi
qui est une municipalité où il y a vraiment un dossier réel, là, de besoin
d'une école. Le terrain identifié par le
centre des services scolaire, présumément le terrain identifié, donc, ce n'est
pas un terrain qui appartient au ministère des... c'est les Ressources
naturelles, c'est ça? Il y a un terrain qui est identifié, qui coûterait
5 millions, possiblement neuf, budget annuel des municipalités,
16 millions. Saint-Lin—Laurentides,
la municipalité estime à environ 40 millions le montant qui doit être
déboursé, au cours des prochaines années, pour l'achat de cinq terrains. Le
budget annuel de la municipalité, 33 millions. Mercier, j'ai quelques
exemples comme ça, là, mais je pense que ce sont quand même... ce sont des
vrais cas de municipalité où on est à la recherche de terrains. On a identifié
des terrains, il y a des discussions avec les centres des services scolaires.
Ça implique des coûts élevés pour les municipalités.
J'ai des exemples ici, là, Saint-Lin... Mercier,
c'est un tiers de leur budget annuel. Le dossier progresse. Le terrain
identifié par la ville reste d'être retenu... risque d'être retenu. Encore une
fois, je pose la question : Est-ce qu'avec cette mesure-là il y a des
terrains pertinents qui respectent les critères des centres de services
scolaires, pour les municipalités que je nomme, là? Val-David, Otterburn Park,
Saint-Lin, Mercier, Saint-Eustache. Un parc nouvellement... Oh! un parc
nouvellement rénové, donc un parc qui appartient à une ville qui bénéficie aux
payeurs de taxes foncières, a dû être cédé
au centre de services scolaire. Est-ce que ça aurait fait une différence à
Saint-Eustache? Brossard, le centre
de services scolaire demande de construire une école dans un quartier, dans le
seul parc d'un milieu urbanisé et défavorisé.
Contrecoeur, les seuls terrains qui pourraient
être rendus disponibles sont celui d'un... bon, d'un magasin. Il coûterait
8 millions sur un budget de 20 millions. Sherbrooke aussi, c'est une
problématique. Le centre de services scolaire demande des terrains cinq fois
plus grands que le terrain d'une école de taille comparable dans la région de
Montréal. Bois-des-Filion... Là, je pense, vous avez saisi ce que je veux dire.
Vous êtes sûrement au courant, là, de ces cas-là. Je vous entends, vous dites
que, dans les faits, ça n'a pas été retardé, mais il y en a peut-être d'autres
cas comme... comme ceux-là. Donc, clairement,
la mesure de 2020 pose une problématique pour un certain nombre de municipalités.
Et en quoi est-ce que l'article qu'on est en
train de regarder va aider ces municipalités-là... ou est-ce que ça va viser,
bien, d'autres cas qui ne sont pas ceux que j'ai nommés?
Le Président (M. Schneeberger) : Mme
la ministre.
Mme Laforest : C'est ça, c'est sûr
que ça revient quand même au ministère de l'Éducation, là... Puis, ce qu'on a fait, c'est qu'on a mis un comité en
place. Parce que là toute la liste, peut-être, vous pourriez... pourriez me la laisser,
là, parce que c'est vraiment un comité qui est en place, avec le ministère de
l'Éducation, avec les ministères respectifs, pour regarder si les terrains sont
disponibles. Là, je ne peux vraiment pas vous répondre, là, pour chacune des
municipalités qui demande ces terrains-là. Est-ce que ce sont des terres
publiques? Je ne le sais pas. Ça fait que, peut-être,
on pourrait les soumettre au comité à ce moment-ci, parce que c'est eux qui
demandaient aussi, qui... de laisser des terrains comme ça pour les municipalités.
Donc, moi, je
pense que votre liste, vous pourriez peut-être nous la partager, puis je la
donnerai... On la remettra au comité qui est en place.
Mme Setlakwe : Puis
l'idée, pour moi, c'est... encore une fois, ce n'est pas de dire que cette
mesure n'est pas...
Mme
Laforest : Non, je comprends.
Mme
Setlakwe : Oui. Mais là, quand vous me dites : Bien, c'est
vraiment le ministère de l'Éducation, la... rappelez-moi, c'était la loi, là
j'y vais de mémoire, ce n'était pas... j'ai 40, je me trompe peut-être, là,
mais, en 2020, c'était une loi qui était déposée par le ministère de
l'Éducation ou le ministère des Affaires municipales?
Mme
Laforest : Oui, c'était le projet de loi avec le ministère de
l'Éducation. Mais, pour les terrains des écoles, ça relève vraiment, vraiment
du ministère de l'Éducation. Donc, moi, je pense qu'on pourrait, avec le comité
qui est en place, là, peut-être dresser
comme il faut votre liste complète, puis on pourra leur... la partager à ce
moment-là. C'est intéressant.
Mme
Setlakwe : Est-ce que... Mais rappelez-moi, là, c'était donc un projet
de loi, est-ce que c'était le projet de loi n° 40, ou je suis...
Des voix : ...
Mme
Laforest : C'est la Loi modifiant principalement la Loi sur
l'instruction publique relativement à l'organisation et à la gouvernance scolaire.
Oui, exactement. Donc, si on partage les responsabilités entre le milieu
municipal et scolaire, pour l'implantation de nouvelles... nouvelles écoles,
nouvelles infrastructures scolaires, oui, c'est la Loi sur l'instruction
publique. Donc, c'est la loi de mon... de mon collègue à l'éducation. On pourra
quand même partager la liste des besoins, si
vous en avez, là, plusieurs comme ça, puis ceux-ci seront en mesure de regarder
les besoins réels.
Mme
Setlakwe : Oui, oui. Donc, c'était une loi du... oui, du ministère de
l'Éducation, pour partager la responsabilité pour les constructions d'écoles
avec les municipalités. Est-ce qu'à l'époque les municipalités avaient émis des
réserves, des préoccupations?
Mme
Laforest : Honnêtement, là, il faudrait peut-être parler à mon
collègue qui était là avant, à l'éducation. C'était... C'était mon collègue qui
était là, à l'habitation. Sauf que moi, disons que je négocie avec les
municipalités, puis les municipalités, en contrepartie, m'ont demandé des mesures
comme ça, qu'on ajoute dans le projet de loi.
Mme Setlakwe :
Mais, à l'époque, en 2020, ça
avait été... il y avait eu des consultations. Est-ce que les unions des... l'Union des municipalités était venue
dire... lever un drapeau, disant : Attention, là, ça va imposer une charge
financière importante aux municipalités?
Mme
Laforest : Bien, en fait, c'est deux choses, hein? Puis là c'est sûr
qu'on avait eu quand même de bons échanges, parce que les municipalités étaient
très, très, très favorables, très heureuses d'avoir de nouvelles écoles dans leurs quartiers, évidemment, parce qu'on
comprend qu'une nouvelle école amène un milieu de vie, milieu économique,
ça bouge beaucoup. Donc, les municipalités
étaient en faveur. Puis je le sais, qu'il y avait eu des discussions, également,
avec le ministère de l'Éducation. Mais ce qui est important de voir, c'est
qu'on répond à leur demande. Parce que la demande
était : Bien, pouvez-vous, nous, gouvernement... est-ce que vous pouvez
céder des terres, à ce moment-là, qu'on pourrait utiliser? Donc, autant, même, on l'ajoute pour des casernes de
pompiers, des projets aussi pour les municipalités, des nouveaux
projets, avec les terres publiques.
Ça
fait que les municipalités aussi, pas juste pour les écoles, là, demandaient ça
pour les casernes de pompiers, bref, des hôtels de ville, des projets comme ça
dans... pour tout projet, là, dans les villes. Donc, on a ouvert les
possibilités pour des projets différents, s'il y a un projet de caserne de pompiers,
une bibliothèque aussi. Donc, ça aussi, on va répondre à la demande, s'il y a
une nouvelle bibliothèque dans la municipalité, pour que la municipalité puisse
regarder, au niveau des... du territoire,
exact. Mais ce n'est pas mon ministère. Est-ce que je me trompe ou... Je pense,
c'est ça, hein? Je suis pas mal sûre, hein,
pour des projets aussi dans les municipalités. Une bibliothèque, ça pourrait...
Mme Ste-Croix
(Lucie) : Bien, il faudrait voir, en termes juridiques, si ça cadre
dans les fins, mais je ne crois pas.
Des voix : ...
Le Président (M.
Schneeberger) : ...oui, excuse-moi.
M. Tremblay-Parent
(Gabriel) : Moi, c'est Gabriel Tremblay-Parent...
Le Président (M.
Schneeberger) : Oui. Alors, excusez-moi, là. J'ai besoin du
consentement pour que vous puissiez prendre la parole. Consentement?
Des voix : Consentement.
Le Président (M.
Schneeberger) : Alors, veuillez vous nommer par votre nom et titre.
M. Tremblay-Parent (Gabriel) : Parfait.
Gabriel Tremblay-Parent. Je suis avocat légiste pour le ministère de la Justice
du Québec.
Le Président (M. Schneeberger) : Allez-y.
M. Tremblay-Parent (Gabriel) : Oui.
Pouvez-vous répéter la question, à savoir si...
Des voix : ...
Le Président (M. Schneeberger) : Est-ce
que la question peut être répétée?
M. Tremblay-Parent (Gabriel) : Oui.
Mme
Laforest : Bien, en fait, qu'est-ce que je disais, c'est que
cette mesure-là, pour les terres publiques, peut permettre des
différents projets dans les municipalités, comme une bibliothèque, ou encore,
une école. C'est ça?
M.
Tremblay-Parent (Gabriel) : Bien, évidemment, on est plus au niveau,
finalement, du... Tu sais, l'élargissement, là, c'est qu'au niveau des
écoles ou des établissements de santé on n'aura pas besoin de passer par la municipalité. Ça pourrait être cédé, finalement,
directement du gouvernement, là, puisqu'on parle de terres du domaine de
l'État vers un centre de services scolaire. Donc, ça évite, disons, la
pression, sur une municipalité, de fournir un terrain,
là, pour la construction d'une école. Ça peut venir directement d'une terre du
domaine de l'État — évidemment,
si c'est la terre appropriée, là.
Donc,
évidemment, l'objectif, c'est vraiment de s'assurer, là, qu'il puisse y avoir
une cession de terre du domaine de l'État pour la construction d'écoles,
notamment.
Le Président (M. Schneeberger) : Ça
va?
Mme Setlakwe : Merci. Mais je suis
vraiment intéressée de revenir sur cette information, peut-être que...
peut-être qu'elle est erronée, mais est-ce que, vraiment, ces terres pourraient
servir à des bâtiments municipaux pour des fins municipales, comme une
bibliothèque ou un hôtel de ville?
Des voix : ...
Mme Setlakwe : Un centre sportif?
OK. Oh! mais là, c'est gros...
Mme Laforest : Mais ce n'est pas
dans le même article, c'est l'autre, suivant?
• (11 heures) •
M. Tremblay-Parent (Gabriel) : Je
peux répondre. En fait, c'est que cet article-là, il y a deux mesures,
finalement, dans les amendements qui sont présentés. D'abord, il y a la
modification à l'article 37. L'objectif de cette modification-là, c'est
d'élargir pour les écoles ou les centres... les établissements de santé et
services sociaux. Donc, c'est vraiment
l'objectif de cette mesure-là. À l'heure actuelle, l'article 37
permettrait déjà, par voie réglementaire, là, de permettre des cessions pour, tu sais, un usage d'utilité publique,
là, qui pourrait inclure, effectivement, une bibliothèque ou autres établissements de la sorte, là. Donc, on
vient vraiment juste ajouter le volet écoles, centres hospitaliers, et autres,
là, santé et services sociaux. On a une
autre mesure, qui va venir plus tard, là, qui est l'introduction de
l'article 40.0.1, qui, lui, est plus développement urbain comme
tel, là.
Donc, il faut vraiment bien départager les deux,
mais, au niveau des autres établissements publics, l'article permettrait déjà
de le faire à l'heure actuelle.
Mme Setlakwe : ...c'est assez large,
donc, si on regarde le deuxième paragraphe du premier alinéa.
M. Tremblay-Parent (Gabriel) : Bien,
il faut que ce soit prévu par règlement, bien entendu. Absolument.
Mme Setlakwe : Oui, oui, il faudrait
que ce soit prévu par règlement. Mais donc, effectivement... Là, je suis en
train de lire que ça pourrait viser un bâtiment dont l'utilité relève vraiment
d'une ville, comme une bibliothèque municipale, un centre sportif et
communautaire.
Mme Laforest : Le logement social.
M. Tremblay-Parent
(Gabriel) : Ça pourrait le devenir. En fait, c'est qu'on
parle, évidemment, d'une cession d'une terre du domaine de l'État vers une
municipalité pour aller vers une utilisation qui serait d'utilité publique,
finalement. Donc, on prend... mettons, ça peut être un bâtiment gouvernemental
qui servirait à d'autres fins à l'heure actuelle, mais qui serait cédé pour
devenir une école ou pour devenir une bibliothèque. Donc, ce n'est pas de
partir d'une bibliothèque municipale et de la transférer
pour que ça devienne une école, à titre d'exemple, là, tu sais, c'est vraiment
de l'État vers une municipalité ou vers un service scolaire, pour un usage
d'utilité publique.
Mme
Laforest : Puis, dans les articles... C'est sûr qu'il y a quand même
d'autres articles, mais on va toucher les
aspects — merci
beaucoup — on
va toucher des aspects différents. Puis d'ailleurs, quand on parle de
conversion de bâtiments, il y a aussi pour compléter... pour aider aussi
la pénurie de logements sur ces terrains-là, sur des terrains propices, qui
appartiennent, ici, à ma collègue sous-ministre. Donc, c'est vraiment
intéressant, là, pour...
Mme
Setlakwe : OK. Donc, on va pouvoir compléter avec les autres...
Mme
Laforest : Avec les... Oui, on est déjà... Vous êtes à l'avance.
Mme
Setlakwe : Oui. Est-ce que j'ai encore du temps, M. le Président?
Le
Président (M. Schneeberger) :
Bien, vous avez encore du
temps, mais j'avais quand même député de Taschereau qui voulait prendre la parole au tout début, mais... OK?
Alors, continuez, Mme la députée de Mont-Royal—Outremont.
Mme Setlakwe :
Merci. Est-ce que, donc... Parce
que, sur le libellé lui-même, tu sais, je pense que ça fonctionne, là,
le... vous voulez prévoir le pouvoir, qui n'existe pas actuellement, et la
façon de le faire, c'est par la délivrance de lettres
patentes ou par un acte notarié en minute, là. On comprend que ce n'est pas par
un simple contrat d'achat-vente, là,
sous seing privé, ça... vous confirmez que c'est la façon de faire pour céder
un terrain d'une... d'un ministère. «À titre gratuit des terres sous son
autorité ainsi que les bâtiments, les améliorations et les meubles qui s'y
trouvent, pour les usages suivants».
J'imagine que c'est... En fait, première question : Est-ce que ce libellé
se trouve ailleurs dans le corpus législatif, là, ce libellé exact, pour
prévoir la cession à titre gratuit?
M. Tremblay-Parent
(Gabriel) : Bien, en fait, on retrouve à d'autres endroits, là, tu
sais, notamment dans la... Tu sais, à
l'heure actuelle, l'article 37 prévoit déjà, là, ce volet-là de cession à
titre gratuit. On retrouve également, là, d'autres cessions. Je sais
qu'il y avait une mesure, là, qui avait été faite justement au niveau de... du
projet de loi au niveau de l'habitation. Il faudrait que je prenne quelques
minutes, là, pour avoir l'article exact, là, mais... Mais, évidemment, c'est
cette loi-là qui prévoit les cessions puis les... tous les types d'aliénation
qui peuvent être faits pour des terres du
domaine de l'État. Donc, évidemment, ce n'est pas ailleurs qu'on va retrouver,
là, ces compétences-là, là, c'est vraiment la loi qui encadre, là, les
cessions, ventes et locations, là, des terres du domaine de l'État.
Mme Setlakwe :
OK. Donc : «À des fins
éducatives ou pour la prestation de services de santé [ou] de services sociaux — donc,
c'est ça, ce n'est pas juste santé, services sociaux aussi — de
même que les usages accessoires...» Avez-vous des exemples d'«usages
accessoires à ceux-ci»?
Mme
Laforest : ...
Mme
Setlakwe : Non, non, «usages accessoires». Je suis encore dans le
premier paragraphe.
M. Tremblay-Parent
(Gabriel) : Bien... Bien, en fait, il pourrait y avoir, à titre
d'exemple, tu sais, un service d'alimentation à l'intérieur d'un hôpital, là,
donc on parle vraiment accessoire à la prestation de santé et services sociaux,
là, une cafétéria, à titre d'exemple, là, à l'intérieur d'une école ou quelque
chose comme ça. Mais il faut vraiment que l'objectif principal, ce soit la
prestation.
Mme
Setlakwe : OK. Donc, ici, on parle, disons, d'une école, d'un hôpital,
d'un CLSC, d'une clinique et, deuxième paragraphe, «pour un usage d'utilité
publique prévu par le gouvernement par voie réglementaire». Là, ce que
j'entends, c'est que c'est très large et que ça peut inclure des bâtiments
municipaux. Ça, ça me surprend, mais là on
l'apprend aujourd'hui. Donc, c'est assez... c'est majeur pour les municipalités
de pouvoir se faire céder à titre gratuit des terres pour ces fins-là,
parce que, souvent, ce qui empêche, là, la... ces projets-là d'avancer,
c'est... c'est justement... c'est qu'ils n'ont pas le... ils n'ont pas le
terrain pour une bibliothèque, pour... pour un centre sportif, pour un aréna, pour des... toutes sortes
d'installations récréatives. C'est intéressant. Et que l'usage doit être prévu
dans les lettres patentes.
Donc, honnêtement, le
libellé, moi, je pense, je n'ai pas d'autre question. Mais je n'ai toujours pas
réponse à la question plus générale que je posais : Est-ce qu'il y a... il
y a des terrains qui sont visés par ce nouvel article qui vont répondre aux
besoins des municipalités que j'ai nommées, qui ont des... qui ont des besoins
d'écoles et qui sont à la recherche de
terrains qui ne leur coûtera pas ou qui n'impliquera pas des sommes qui
représentent une portion très importante de leur budget?
Le Président (M.
Schneeberger) : Mme la ministre.
Mme
Laforest : Bien, en fait, ce qu'il est vraiment important de
mentionner... Puis votre commentaire est vraiment
intéressant, parce que vous dites : C'est large, qu'est-ce qu'on fait,
c'est énorme pour les municipalités. Merci. Parce
que, justement, quand on négociait avec les municipalités, on disait :
Bien, il y a déjà des terrains qui sont possiblement présents dans vos
municipalités qu'on pourrait peut-être faire des conversions avec d'autres
ministères. Donc, c'est important de voir
qu'on pige déjà dans nos terrains à nous, comme gouvernement. Donc, c'est pour
ça que les municipalités, pour eux, c'est un geste énorme qu'on pose.
Puis, en même temps, comme je le dis, je voudrais ravoir votre liste. Moi, ce
que je suis... ce que j'ai en tête comme projets... je sais qu'il y a des
projets qui concernent cet article-là en Abitibi-Témiscamingue, puis ça, c'est
important.
Puis, juste pour
répondre à votre autre question : Est-ce qu'il y a eu du retard?, le
ministère de l'Éducation dit qu'il n'y a eu aucun retard. Quand on dit :
Cette mesure-là du projet de loi n° 40, est-ce qu'il y a eu du retard à
cause de ça?... Non, il n'y a pas de retard. Puis je sais qu'il y a des projets
en Abitibi. Puis, oui, c'est énorme pour les municipalités, parce que,
vraiment, on va offrir nos terres publiques, mais il va y avoir d'autres
projets aussi, là, d'autres possibilités de projets, puis des projets de
logement déjà. Donc, si on peut prendre soit des bâtiments qui appartiennent au
gouvernement pour en faire du logement... Vous voyez qu'on va très loin, là,
mais ça, ce sera dans les prochains amendements.
Mme Setlakwe :
...au niveau de... Là, moi, je
n'ai pas la carte, tu sais, je ne connais pas, là, la carte du ministère,
donc, des Ressources naturelles. Est-ce qu'il y a des terrains... Bien,
j'imagine, c'est un peu partout au Québec. Vous avez parlé des zones nordiques, où on n'aurait pas besoin de ce
libellé-là. Mais est-ce qu'on a... est-ce que ça concerne des terres uniquement
en milieu rural, urbain? On parle de terrains qui se situent où, là? Juste pour
avoir une idée, là, de la répartition géographique. Tu sais, ils sont où, ces
terrains-là?
Encore une fois,
j'essaie de me rattacher à la liste de municipalités qui attendent une école.
Je veux bien, qu'il n'y ait pas de retard, mais, forcément, je pense que ces
discussions-là de recherche de terrains, ça doit... si ça n'implique pas un
retard, ça implique certainement des... en tout cas, des défis pour la
municipalité qui... pour les municipalités concernées. Donc, juste nous
indiquer ils sont où, ces terrains-là.
Le Président (M.
Schneeberger) : ...la parole? Bien, c'est la ministre ou...
Mme
Laforest : Ah! bien, moi... Bien, la question était à Mme la
sous-ministre?
Le
Président (M. Schneeberger) :
Parce que, moi, c'est la ministre qui a la parole, mais là c'est à vous de
décider qui qui répond.
Mme
Laforest : Bien, c'est où il y a des demandes, à l'intérieur du
périmètre urbain ou tout près, parce qu'on
comprend, là, si c'est pour des services de santé ou encore des écoles, c'est
quand même tout près des citoyens, là.
Mme Setlakwe :
OK. Donc, ce n'est pas des zones
en particulier, éloignées, là, c'est... On parle de terrains qui touchent
à la plupart des municipalités.
Mme
Laforest : Bien, en fait... Bien, la vérité, c'est où il y a des
demandes. Mais les demandes pour des écoles,
des hôpitaux, bien, c'est vraiment près des... près du périmètre... à
l'intérieur du périmètre urbain ou tout près de la municipalité.
Mme Setlakwe :
OK. Mais ici on parle de
terrains. Ces terrains-là, il y a... Toutes les municipalités ont des terrains qui
appartiennent à les... au ministère des...
Mme
Laforest : Tout le gouvernement. Le gouvernement a des... Là, rendu
là...
Mme Setlakwe :
...au ministère des Ressources
naturelles? C'est ça, ma question. J'essaie de voir ces terrains-là sont...
sont où, les terrains dont on parle ou qui concernent l'article en question.
Le Président (M.
Schneeberger) : Mme Ste-Croix.
• (11 h 10) •
Mme Ste-Croix
(Lucie) : Merci. Bien, ça concerne des terres publiques. Donc, là où
il y a des terres publiques qui sont près des municipalités, très... très près
des centres, là où il y en a, ça pourrait être des terres qui pourraient être
visées par la disposition qui est... qui est sous vos yeux ce matin. Donc, ça
ne vise pas des terres privées, ça vise des
terres publiques, parce qu'ici on vient apporter une modification à la Loi sur
les terres du domaine de l'État.
Donc, il faut que les terres soient publiques pour faire l'objet d'une cession
à titre gratuit. Et, comme Mme la ministre
l'a mentionné, il faut qu'il y ait une demande qui aille avec... avec ces
lots-là, là, qui seraient à proximité des municipalités.
Mme Setlakwe :
Je comprends. Merci. Donc là,
vous n'êtes pas capables de me dire si ça pourrait représenter une solution
pour les municipalités que j'ai nommées : Val-David, Otterburn Park,
Saint-Lin-Laurentides, Mercier, Saint-Eustache, Brossard, Contrecoeur,
Sherbrooke, Bois-des-Filion.
Mme Ste-Croix (Lucie) : Bien, je ne
peux pas l'affirmer à la commission ce matin. Il faudrait regarder quel est l'état des terres privées, des terres
publiques dans les municipalités que vous mentionnez. On peut dire, de manière
générale, que, lorsqu'on est au sud de la province, en
territoire densément peuplé, il y a peu de terres publiques, alors que, plus on
s'éloigne... plus on s'éloigne des centres densément peuplés, plus il y a de
terres publiques.
Mme Setlakwe : OK. Voilà. Donc...
Merci de la précision, mais je pense que la problématique des terrains d'école, c'est surtout dans les milieux densément
peuplés, je me trompe? Parce que là, si on parle de municipalités où...
qui ne sont pas densément peuplées, où les territoires sont... sont grands et
aérés, il me semble que là il n'y en a pas, d'enjeu de trouver des terrains
pour des écoles. J'essaie juste de voir est-ce qu'on répond à la problématique
actuelle. Je comprends que c'est positif de dire : On va offrir des
terrains, mais est-ce qu'on est en train d'offrir des terrains où il n'y a pas
vraiment de besoins? Je ne dis pas qu'il n'y a pas du tout de besoins, mais on
essaie quand même d'arrimer les besoins avec les solutions.
Mme Laforest : Bon. Bien, je vais...
Le Président (M. Schneeberger) : Mme
la ministre.
Mme Laforest : Oui. Merci, M. le
Président. Je vais bien l'expliquer. Dans le passé, on avait une certaine... une bonne problématique, si je peux dire, puis
c'est pour ça qu'aussi, vous l'avez bien expliqué la dernière fois... qu'au
niveau des infrastructures en eau, ça coûte une fortune, on a un grand déficit
quand on est arrivés en poste parce qu'il y
avait beaucoup de constructions d'école, exemple, qui étaient faites... les
constructions étaient vraiment faites éloignées, parfois. Il y avait un terrain de disponible, bien, on construisait une
école à cet endroit-là, ce qui veut dire qu'au niveau des
infrastructures en eau les coûts étaient énormes.
Ce qu'on veut faire maintenant? On a exigé à
toutes les MRC une planification d'aménagement du territoire, ce qui veut dire
qu'on demande aux MRC, on demande aux municipalités une planification, une
prévision. Donc là, c'est important de le mentionner parce qu'on ajoute la
mesure avec les terres publiques pour des projets santé, des projets d'éducation. Donc, on ajoute ces deux
dispositions-là au niveau des services de santé et de... et services sociaux
et pour des usages d'utilité publique également, mais on va toujours revenir
avec nos orientations gouvernementales en aménagement du territoire qu'on a
adoptées avec la Loi sur l'aménagement et l'urbanisme. Puis ça répond à votre
question très bien, parce qu'on dit : Les municipalités et les MRC,
maintenant, on exige une planification, une orientation gouvernementale, même
en habitation. Maintenant, on a une nouvelle OGAT en habitation. Donc, c'est
sûr que c'est un outil de plus d'ajouter cette possibilité-là avec les terres
publiques parce qu'avec la liste des terrains qui sera disponible pour des
besoins pour des écoles, par exemple, bien, c'est prévu dans l'entente de
réciprocité.
Donc, vous voyez que maintenant tout s'attache.
On oblige une planification, une prévision, orientation gouvernementale, planification nationale d'aménagement du territoire,
puis là on offre également la possibilité, avec les terres publiques, de faire
des projets et scolaires... des projets, aussi, de santé, bref, soit dans le
périmètre urbain ou tout près de la municipalité.
Je l'ai...
J'ai expliqué vite, mais l'historique, c'est parce qu'on a eu d'autres projets
de loi, là, pour aménagement du
territoire, urbanisme, pour une meilleure planification. Ça fait que c'est pour
ça qu'on veut quand même offrir ce qu'on a comme terres de disponibles
mais pour des besoins santé, éducation.
Mme Setlakwe : Merci. Ma
dernière question, ce serait peut-être de dire : Est-ce qu'on ne devrait
pas juste revenir en arrière puis dire qu'en matière d'éducation, que ce soit
le... fournir l'éducation, le... aux élèves, aux étudiants et l'école... que
tout... que tout le dossier de l'éducation devrait relever du provincial,
plutôt que d'avoir un peu morcelé ou changé
le régime puis, après ça, de venir de façon accessoire, indirecte, imparfaite,
selon moi, corriger cette situation
qui a été imposée aux villes en 2020? Vous ne pensez pas qu'on devrait
revenir... Je vous pose la question : Est-ce qu'on devrait revenir
au régime pré 2020...
Mme Laforest : Bien, moi...
Mme Setlakwe : ...où
l'éducation, c'était 100 % une juridiction, compétence de Québec?
Mme Laforest : Oui, mais, en
même temps, il faut voir que, quand... Comme là, il y a une disposition que
notre gouvernement... que notre, votre gouvernement, tous ensemble, ici, on
peut adopter, de dire : Bien là, on va aller
vraiment plus loin, on offre la possibilité de prendre des terres publiques
qu'on a déjà. Que ce soit en 2020, que ce soit en 2005 ou en 2030, là on met... on offre... on met à la
disposition des municipalités des terrains qui appartiennent. Ça fait
que, déjà là, c'est vraiment logique. Puis c'est important, parce que les
coûts... imaginez comment on va baisser les coûts. Ça fait qu'on n'est pas dans
la logique de dire : Avez-vous fait... Est-ce qu'on vient corriger 2020?
Pas du tout, même pour tous les projets. Ça fait qu'on ne peut pas attacher ça
seulement au ministère de l'Éducation, parce qu'on touche la santé, puis
tantôt, peut-être dans d'autres amendements, on va sûrement toucher le
logement.
Donc, moi, je pense que c'est une logique. Puis,
moi, c'est ça que je discutais quand on négociait avec les villes dans l'entente de réciprocité. Quand les
villes disaient : Est-ce qu'on peut regarder dans vos terrains?, nous,
comme gouvernement, on a dit : Bien, c'est certain qu'on va regarder si on
peut changer la loi pour prendre des terres qu'on a déjà pour les
offrir. Puis, si les terres sont cédées, bien, c'est sûr que ça coûte moins
cher. Donc, le coût d'une école va coûter
beaucoup moins cher, et peu importe... peu importe, un hôpital aussi. Donc, on
n'est pas dans la... on n'est pas dans reparler de 2020, on est là dans
offrir la possibilité aux municipalités de prendre qu'est-ce que le
gouvernement a comme terres à côté, dans... ou dans leurs
municipalités, les offrir gratuitement pour les céder pour des services
essentiels comme la santé puis l'éducation.
Mme Setlakwe : Vraiment une dernière.
Est-ce qu'il y a d'autres ministères qui pourraient faire l'objet d'une disposition
comme ça? Je pense qu'on avait parlé ensemble de... des Transports.
Mme Laforest :
On est en discussion présentement, puis je suis sûre que vous allez me
poser une question qu'on va voir peut-être un peu plus loin, là, mais, oui, il
y a d'autres ministères qui vont venir, si je peux dire, bien... offrir...
améliorer l'offre pour les municipalités. Allez-y...
Mme Ste-Croix
(Lucie) : ...peut-être...
Le Président
(M. Schneeberger) : Mme Ste-Croix.
Mme Ste-Croix
(Lucie) : Oui. Je peux peut-être ajouter à la réponse de la ministre.
C'est... C'est la ministre qui est responsable de la Loi sur les terres du
domaine de l'État qui pourra céder à titre gratuit si la disposition est
adoptée pour les fins... les fins qui sont mentionnées à cet article. Il y a
des terres publiques qui sont sous la responsabilité d'autres ministères, et
ces autres ministères là pourraient faire le choix d'en confier la gestion, si
vous voulez, à la ministre des Ressources
naturelles et des Forêts, qui pourrait, par la suite, céder à titre gratuit à
une municipalité. Donc, il faut que ça passe à travers les mains... en
application de la Loi sur les terres du domaine de l'État pour une cession à
titre gratuit.
Mme
Laforest : On ne pourrait pas tout placer dans le ministère de
l'Éducation, bref.
Mme Setlakwe :
Là, vraiment une dernière, je le
dis toujours, mais est-ce qu'«à des fins éducatives», ça inclut
l'enseignement supérieur, donc les cégeps, par exemple?
Mme
Laforest : Oui.
Mme
Setlakwe : Merci. Moi, ça va pour l'instant.
Le Président (M.
Schneeberger) : Parfait. Député de Taschereau.
M.
Grandmont : Oui. Merci beaucoup, M. le Président. Bien, c'est ça, il y
a quelques questions que j'avais qui ont été
répondues, là, dans... dans l'échange précédent. Donc, on comprend que, pour
l'instant, les terres qui relèvent du domaine de l'État, c'est les
terres qui sont de la juridiction de la ministre des Ressources naturelles et
des Forêts, essentiellement c'est ça.
Mme
Laforest : Oui.
M.
Grandmont : Donc, de par la loi, là. Mais donc une terre qui
appartient au ministère des Transports, par exemple, n'est pas... n'est pas
assujettie par cette disposition-là, actuellement?
Le Président (M.
Schneeberger) : Oui, Mme Ste-Croix, allez-y.
Mme Ste-Croix (Lucie) : ...pourrait l'être. Si, par
exemple, le ministère en question transfère la responsabilité des terres à la ministre des Ressources naturelles
et des Forêts, elle pourrait se prévaloir de cette disposition-là, si c'est ce
que la municipalité demande aussi, là, ça prend une demande de la municipalité.
M.
Grandmont : Parce que, tu sais, je pense, effectivement, à des terres,
là... Tantôt, on a essayé d'avoir un peu le portrait d'où se situent les
terres... les terres de l'État, en fait... du domaine de l'État, pardon, puis
ce qu'on comprend, c'est que c'est plus dans les parties, dans les... dans les
régions plus rurales ou dans le Nord du Québec que ça... que l'État possède, finalement, des terres. Dans les milieux
urbains, il y a quand même des terres qui appartiennent au ministère des
Transports, puis on peut penser qu'éventuellement des conversions, par exemple,
d'autoroutes en boulevards urbains
pourraient être des terrains sur lesquels, éventuellement, le ministère des
Transports pourrait céder. Mais le
chemin, ce serait ça, là, une municipalité qui demande au ministère des
Transports de céder un terrain lui appartenant, des emprises
autoroutières, par exemple, pourrait les céder éventuellement au ministère des
Ressources naturelles et des Forêts, puis,
après ça... être transférées, dans le fond, pour un usage spécifique, là, qui,
pour l'instant, là... l'article qu'on est en train de voir, c'est des
fins d'utilité publique ou... par voie réglementaire ou des fins éducatives ou la prestation de services de santé et services
sociaux. Mais le chemin, ça serait vraiment ça : le ministère des
Transports qui cède à Ressources naturelles et Forêts puis, après ça,
qui cède pour une utilité autre.
Le Président (M.
Schneeberger) : Oui, Mme Ste-Croix.
Mme Ste-Croix
(Lucie) : Oui. Oui, exactement. Ce que vous dites est juste.
Évidemment, la partie de votre question, par
exemple, ou de votre réflexion, là, eu égard à un... la transformation d'une
autoroute en boulevard urbain, on n'est
pas là, là. Ici, ça ne vise pas... ça ne vise pas les fins qui sont prévues,
là, OK? Donc, par exemple, vous avez parlé de la transformation d'une
autoroute en boulevard urbain. Si je... Si je comprends votre raisonnement, ça
pourrait libérer des marges de chaque côté
de la route, qui pourraient, elles, ces marges-là, être... dont la
responsabilité pourrait être transférée du ministère des Transports vers
le ministère des Ressources naturelles et des Forêts et, après ça, être cédées
gratuitement à la municipalité. Oui, votre raisonnement est... est correct.
M. Grandmont : OK. Donc, ça pourrait
fonctionner, OK.
• (11 h 20) •
Mme Ste-Croix (Lucie) : Oui.
M. Grandmont : OK, parfait. Donc,
c'est ça, en fait. Puis là vous avez dit, juste pour être sûr... Parce que, quand on... quand on s'est rencontrés en rencontre
de travail, la semaine dernière, il avait été évoqué, là, la possibilité
d'avoir... je vais juste retrouver le
tableau, là, on avait parlé... on avait parlé... oui, c'est ça, permettre à la
ministre des Ressources naturelles et
des Forêts de céder à titre gratuit une terre du domaine de l'État à une
municipalité pour des fins de développement urbain. Ça, on va en traiter
tantôt dans d'autres articles, d'accord.
Là, donc, pour cet... pour l'article dont on est
en train de traiter, là, qui est le... j'ai perdu le chiffre, là, mais on est... le 139.1, donc, on est vraiment
simplement sur des prestations d'utilité publique prévues par règlement, d'une
part, puis, après ça, bien, tout ce qui est du domaine de la santé et services
sociaux sociaux puis l'éducation. Donc, on a
essayé d'énumérer un peu, avoir une idée, là, de qu'est-ce que ça représentait.
Donc, on a des centres de services scolaires, des cégeps, universités,
donc ça pourrait entrer là-dedans aussi. Services sociaux, donc, on comprend
que c'est tout le ministère de la Santé.
Donc, j'aimerais qu'on discute d'abord de ça,
là. Tout à l'heure, Mme la ministre avait dit : Effectivement, des fois,
il y a une... on a tendance à... les municipalités, des fois, cherchent le bon
terrain, le centre de services scolaire
cherche le meilleur terrain pour implanter une école primaire ou secondaire.
Des fois, ces écoles-là sont plutôt loin,
tu sais, le terrain qui est disponible est assez loin, ce qui fait qu'on n'est
pas en train de créer, comme Mme la ministre l'a dit tantôt, évidemment,
des milieux de vie. Tu sais, c'est ce qu'on souhaite, en fait, c'est que nos
jeunes puissent se déplacer facilement à pied ou à vélo puis que l'école soit
au coeur de ces quartiers-là.
On en a, des écoles, ici. Par exemple, à
Beauport, on a une nouvelle école qui a été construite sur le bord de
l'autoroute Félix-Leclerc. Bon, ce n'est peut-être pas le meilleur endroit en
termes d'accessibilité puis en termes de qualité
de l'air et de bruit pour les jeunes, pour se concentrer, j'imagine. En quoi la
disposition qu'on a présentement, là, ou
des terres publiques du domaine de l'État, pourrait améliorer cette
situation-là? En quoi cette disposition-là rendrait des terrains mieux
localisés, disponibles pour développer des quartiers, des milieux de vie qui
sont intéressants? Parce que j'ai comme dans l'idée que c'est tout le
temps excentré puis c'est à l'extérieur du développement urbain existant. Donc, ça serait peut-être ma première
question : En quoi ça vient bonifier l'offre de terrains pour créer des
vrais quartiers, des vrais beaux milieux de vie intéressants?
Mme
Laforest : Bien, d'emblée, je serais portée à vous
répondre : Si les terrains sont déjà disponibles et gratuits, c'est
sûr que l'offre est vraiment, mais vraiment bonifiée. Ça serait ça tout de
suite...
Évidemment, quand vous avez la possibilité chez
vous, sur votre terrain, d'agrandir votre maison, puis votre terrain vous appartient, vous allez le faire
plutôt que d'acheter un autre terrain à côté pour... C'est logique, là,
d'investir sur son propre terrain. Ça fait que, comme gouvernement, on
offre nos terrains, nos terres publiques. Et je pense que... je pense que ça veut tout dire, là, cet exemple-là. Pourquoi
acheter d'autres terrains quand le gouvernement offre des terrains
disponibles pour des services, là?
Il y a aussi,
quand vous mentionnez les écoles, les universités, les cégeps, les collèges,
les... les CPE aussi, là, il ne faut pas oublier, il y a plusieurs
projets aussi en garderie, CPE.
M. Grandmont : Mais donc, si on...
si on a des municipalités... pas des municipalités, bien, en tout cas, des
centres de services scolaires, par exemple, ou des... oui, des centres de
services scolaires qui, par cette disposition-là, dans le fond, se font céder des terrains gratuitement, directement, là,
sans passer par la municipalité, de par le gouvernement, un... l'autre
ministère, dans le fond, là, donc il y une voie directe pour... est-ce qu'on ne
risque pas d'avoir des... de l'intention, de
l'intérêt pour créer des quartiers autour de ces écoles-là? Je veux dire, on
est en train d'implanter une école sur une terre publique, est-ce qu'il
n'y aura pas une pression pour créer un quartier autour?
Mme Laforest : ...vous touchez à
l'article 139.5. Votre question arrive, là, à l'article 139.5.
M. Grandmont : OK.
Mme
Laforest : Parce qu'en fait le permis va être délivré aussi
avec le ministère de l'Éducation, évidemment, pour l'école. Ça fait
qu'on va y toucher... on va y aborder au prochain article.
M.
Grandmont : Ces terrains-là, là, qui appartiennent au
ministère des Ressources naturelles et Forêts, là, c'est quoi, leur situation?
Est-ce que ce sont des terrains boisés, des milieux humides? Ça peut être... Ça
peut être tout, en fait?
Le
Président (M. Schneeberger) : Mme Ste-Croix, allez-y.
Mme Ste-Croix
(Lucie) : Oui, ça peut être tous les... tous les exemples que vous
avez donnés.
M.
Grandmont : D'accord.
Mme Ste-Croix
(Lucie) : Alors, évidemment, une terre... la municipalité demandera,
j'imagine, la cession d'une terre à titre gratuit dans un endroit qui convient
au développement qu'elle souhaite faire, soit utilité publique, qui est prévue
ici, et...
Puis
j'aimerais préciser que ce qu'on vient ajouter à l'article 37 de la Loi
sur les terres du domaine de l'État, là, c'est le premier... le premier
paragraphe, donc, «à des fins éducatives ou pour la prestation de services de
santé et de services sociaux, de même que les usages accessoires à ceux-ci».
Les usages d'utilité publique sont déjà prévus à l'article 37 actuel de la
Loi sur les terres du domaine de l'État.
M.
Grandmont : Parfait. Des usages d'utilité publique, est-ce que ça
comprend des routes également?
Mme
Ste-Croix (Lucie) : Bien, je peux peut-être... je peux peut-être lire,
là, les différents usages d'utilité publique
qui sont, à l'heure actuelle, prévus par règlement. Juste pour les besoins de
la commission, on parle du r.1 qui datait...
donc le règlement numéroté 1 qui va avec la Loi sur les terres du domaine
de l'État, qui s'appelle le règlement sur les cessions à titre gratuit
de terres pour usage d'utilité publique. Donc, on prévoit, là, cette cession à
titre gratuit à une municipalité à des fins
de voie publique, donc rue, chemin, des services administratifs municipaux,
d'infrastructures portuaires ou aéroportuaires, de lieu d'élimination de
matières résiduelles, tel un site d'enfouissement sanitaire ou un incinérateur, de traitement des eaux usées, de
protection d'un réservoir d'eau potable, de réseau d'aqueduc et d'égout,
je continue, à une municipalité locale à des
fins de services de voirie ou de transports en commun, de logement social,
de sécurité publique, de services sociaux, de parc municipal, de jardin,
d'espace vert, de protection du patrimoine, de culture ou à des fins non lucratives de loisirs, à un organisme sans but
lucratif qui prend en charge la gestion d'infrastructures portuaires ou aéroportuaires à la suite d'une... d'une
rétrocession consentie par le gouvernement du Canada au gouvernement du
Québec, à une régie intermunicipale, lorsqu'elle est requise à des fins de
parc, de jardin, d'espace vert ou à des fins non lucratives de loisirs et pour
l'exploitation non lucrative de cimetières.
Donc, il y a déjà
toute une série d'usages des terres qui cadrent dans l'utilité publique, qui
sont prévus, là, à... au Règlement sur les cessions à titre gratuit de terres
pour usages d'utilité publique. Donc, à tous ces usages-là, on vient ajouter ce
que vous avez devant les yeux, donc des fins éducatives ou de prestation de
services de santé et de services sociaux, de même que les usages qui peuvent
être accessoires à ces services-là qu'on vient de mentionner.
M.
Grandmont : Donc, je comprends que c'est seulement le premier
paragraphe qu'on vient ajouter au... à l'article 37.
Donc, ce qui était déjà du paragraphe numéroté 2, là, «pour un usage
d'utilité publique prévu par le gouvernement par voie réglementaire»,
ça, c'était déjà existant.
Mme Ste-Croix (Lucie) :
Oui.
M.
Grandmont : Je comprends.
Mme Ste-Croix
(Lucie) : Puis vous l'avez plus bas, là, dans...
M.
Grandmont : Oui. Parfait.
Mme Ste-Croix
(Lucie) : ...l'actuel et le visé.
M. Grandmont :
OK. Donc, moi, je comprends...
Bien, j'aimerais quand même revenir sur le premier paragraphe. Bon,
d'une part, je pense que c'est à ça qu'on référait, là, quand on parlait de
2020, là, c'est donc un amendement qui avait
été apporté, dans lequel... dans un projet de loi, dans lequel, finalement, on
est... les municipalités sont obligées de céder à des centres de
services scolaires des terrains en bon état, là, donc décontaminés... à des
centres de services scolaires pour
construire des écoles. Donc, à la demande d'un centre de services scolaire, la
municipalité est obligée de répondre présent puis céder un terrain du
choix, là, du centre de services scolaire. Ça, ça existe actuellement. C'est le
régime qui a cours actuellement.
Là, on est en train
de créer une nouvelle façon, finalement, de peut-être pourvoir à cette demande
de terrains pour construire des nouvelles
écoles. Puis, évidemment, on est contents qu'il y ait des écoles qui se
construisent. Ça veut dire que la jeunesse a besoin d'être éduquée puis
qu'évidemment on crée des quartiers intéressants. Cela dit, est-ce qu'on n'est
pas en train de créer deux régimes qui vont s'opposer? Il n'y a plus aucune
municipalité qui va vouloir céder un terrain à un centre de services scolaire
en disant : Bien, regardez de l'autre côté, il y a un terrain qui est... qui appartient au ministère des Ressources
naturelles et à la Forêt. Ce terrain-là devrait être priorisé plutôt qu'un
terrain qui va coûter très cher à la municipalité. C'est quelque chose
qui est quand même décrié, là. J'imagine que Mme la ministre, dans les différents congrès et assises auxquels elle assiste,
elle se promène, on lui en parle souvent. Moi, c'est le genre de chose dont on me parle souvent quand
même aussi. Les municipalités ont une certaine... certaine frustration,
je vais dire comme ça, là, depuis que cette disposition-là est passée.
Bref, ma question,
c'est : Est-ce qu'on n'est pas en train de créer deux régimes qui vont se
compétitionner l'un l'autre?
Mme Laforest : Non, plutôt, on vient
augmenter l'offre.
M. Grandmont : Mais il y a des
municipalités, donc, qui vont devoir continuer à payer pour leurs terrains pour
les offrir...
Mme Laforest : Oui, parce qu'il y a
des municipalités qui...
M. Grandmont : ...puis, de l'autre
côté, il y a des municipalités qu'il y aura des terres publiques disponibles à
côté, puis il va y avoir une façon d'aller chercher ces terrains-là
gratuitement.
Mme Laforest : Oui, mais c'est parce
que...
Le Président (M. Schneeberger) : ...
• (11 h 30) •
Mme Laforest : Oui. Merci, M. le
Président. C'est parce que ce n'est pas... ce n'est pas partout, là, qu'il y a
des disponibilités comme ça, là. Donc, il y a des endroits que les terres
publiques, ce ne sera pas possible parce que ce
n'est pas disponible. Mais là, nous, ce qu'on fait, c'est vraiment répondre à
l'entente de réciprocité, de dire : On a... On a formé un comité, avec le ministère de l'Éducation, avec les
Affaires municipales, pour trouver les meilleurs terrains disponibles, avec
ma collègue ici, au ministre... ministre des Ressources naturelles. Donc, on
vient juste ajouter des terrains disponibles.
M. Grandmont : J'entends bien. D'un
côté, tantôt... je reprends... je paraphrase un peu — Mme
Ste-Croix, c'est ça, hein...
Mme Ste-Croix (Lucie) : Oui.
M. Grandmont : ...parfait, merci — donc,
Mme Ste-Croix, qui disait : Bien, tu sais, les terres publiques sont
distribuées, évidemment, inégalement sur le territoire québécois. On peut
comprendre que, dans les centres urbains... ça peut être ma compréhension,
mais, dans les centres urbains, il y a moins de ces terres publiques du domaine
de l'État, là, qui sont... qui existent. Donc, on va demander aux municipalités
plus grosses, dans le fond, de continuer à payer puis... pour fournir des
terrains aux centres de services scolaires, alors que, dans les plus petites
municipalités, peut-être... je généralise peut-être trop, mais vous pourrez me
corriger, mais, dans les plus petites municipalités, bien, ces terres publiques
là... terres... domaine de l'État, j'imagine que c'est des synonymes, là,
mais...
Une voix : ...
M. Grandmont : Oui, OK, parfait.
Donc, ces terres publiques là sont plus disponibles, donc elles pourraient être
utilisées. Et donc ces petites... plus petites municipalités là n'auraient pas
à payer.
Je pense que
ça rejoint peut-être un peu le questionnement de ma collègue tantôt, là, qui
cherchait à savoir est-ce que ça
répond à des besoins spécifiques. Parce que moi, j'ai l'impression qu'on crée
deux régimes. Il y a des... Il y a des municipalités qui vont devoir
continuer à fournir des... des terrains pour les centres de services scolaires
puis, de l'autre côté, des municipalités où il va y avoir cette
disponibilité-là de terres du domaine de l'État. Donc, est-ce que... est-ce
qu'on ne crée pas, dans le fond, une disparité entre les municipalités?
Mme Laforest : ...on ne peut pas...
là, c'est sûr que nous, on discute de cet article-là, mais là on ne peut pas dire qu'on crée une disparité, parce qu'il va
falloir quand même prendre chaque demande, et chaque région, et chaque
municipalité, chaque besoin. Ça fait que, là, c'est sûr qu'il faut y aller...
vraiment faire du cas par cas parce qu'on n'a pas la liste des demandes.
C'était une demande des unions, comme je le mentionne, dans le pacte, l'ancien
pacte. Donc, on répond à la demande de
l'UMQ, FQM, Québec, Montréal. Mais moi, personnellement, je sais qu'il y a
des... il y a des endroits sur la Côte-Nord aussi qu'il y a des terres
publiques, qu'on pourrait faire des projets comme ça, mais là c'est sûr qu'on ne peut pas répondre à votre demande, parce
qu'on l'ajoute présentement. Puis d'ailleurs, c'est quand même positif,
parce que je suis persuadée que, quand l'article sera adopté, il y a justement
un... il va y avoir... l'inventaire sera... sera fait, là, dans chacune des
municipalités où il y a des projets, des écoles. Mais je ne peux pas répondre à
votre question présentement, parce que, voyez-vous, on vient... on discute de
l'article de loi.
M. Grandmont : Oui, je suis bien
d'accord. Puis, comme j'ai mentionné tantôt, il y a... On va le voir quand les
demandes vont rentrer aussi, éventuellement. C'est ça, je comprends très, très
bien, mais il y a une demande qui revient
quand même assez souvent, c'est de faire sauter cette obligation-là que les
villes ont de devoir fournir, en version décontaminée, des terrains pour
les centres de services scolaires. Est-ce que ça... Parce que, là, peu importe,
là, le portrait, ce sera quoi, là, on sait
qu'il y aura des demandes qui vont rentrer sous ce régime-là, puis il y en a
d'autres qui vont rentrer sous le régime qu'on est en train d'étudier
présentement. Est-ce qu'il y a moyen d'éviter les disparités en faisant sauter cette première disposition-là, qui date de
2020, si ma mémoire est bonne, à l'effet que les villes sont obligées de
fournir des centres... des terrains aux centres de services scolaires? Si on
fait sauter les deux... je veux dire, si on ajoute de l'offre au niveau des
terres du domaine de l'État, puis que, de l'autre côté, on fait sauter cette
disposition-là d'obligation des municipalités et des villes de fournir des
terrains décontaminés aux centres de services
scolaires, dans le fond, tout le monde est gagnant. On ne crée pas deux
régimes. Même sans même avoir eu l'état de situation, là, je pense que c'est un
irritant pour plusieurs municipalités. Je ne peux pas croire que Mme la ministre
n'en a pas entendu parler quand elle a rencontré des municipalités depuis 2020,
là.
Mme Laforest : Bien, honnêtement,
depuis... je n'en ai pas entendu parler, là, récemment, on en a parlé quand on
a signé l'entente de réciprocité. Quand on a partagé cette possibilité-là, il y
a eu, vraiment, là, les... durant les
échanges, quand même, les municipalités étaient très, très, très satisfaites.
Donc là, c'est sûr qu'on vient bonifier l'offre. Puis, en même temps, si on peut offrir les projets d'écoles ou peu
importe, hôpitaux, sur des terres publiques, des terres de l'État, c'est
la même chose, bien, tant mieux.
Mais là je comprends votre question, tu sais,
votre question est excellente. Vous dites : Est-ce que vous auriez pu...
est-ce qu'on pourrait faire sauter la... voyons, la disposition qui est dans le
projet de loi n° 40? On n'est pas là du
tout, du tout, là. On vient augmenter l'offre des terres publiques, puis même
pour plusieurs projets, parce que ça, c'est avec le ministère de
l'Éducation que ça s'est fait. Mais en même temps, vous me dites : Est-ce
qu'on fait... est-ce qu'on enlève ça? Dans les échanges, ça a été beaucoup plus
de : Bien, permettez-nous de faire des projets sur vos terres, le
gouvernement. Puis là on dit oui aujourd'hui. Ça fait que je pense qu'on répond
plus à une demande, puis on augmente l'offre, puis pas juste pour les écoles,
les garderies, et tout ça, là, plusieurs projets aussi.
M. Grandmont : Mais, encore une
fois, on a bien compris que les terres du domaine de l'État, les terres
publiques ne sont pas réparties partout pareil. Donc, il y a des municipalités
qui ont la chance d'en avoir à proximité et
qui pourront donc profiter de l'introduction, là, de l'article 139.1,
puis, de l'autre côté, il y a des municipalités pour lesquelles il n'y en a... il n'y a pas cette
possibilité-là. Donc, on n'est pas en train de régler la situation pour
l'ensemble des municipalités. Puis,
pour vrai, moi, je... à chaque fois que je rencontre des municipalités, c'est
un sujet dont on me parle.
Donc, je répète ma question : Est-ce qu'il
y a de l'intérêt à revoir cette disposition-là qui avait été apportée par le projet de loi n° 40 en 2020? Est-ce
que... tant qu'à... tant qu'à ouvrir les possibilités pour les municipalités,
est-ce qu'on ne devrait pas aussi revoir celle-là pour donner les mêmes
chances à toutes les municipalités, finalement, d'avoir un peu plus de soutien
de l'État? Parce que, là, les municipalités... Puis je me souviens, l'article,
entre autres, avec France Bélisle, à Gatineau qui disait : Tu sais, on se
retrouve à financer, dans le fond, la mission de l'État, en éducation, notamment. C'était un irritant majeur,
les municipalités qui contribuent financièrement à l'octroi de terrains
décontaminés pour des centres de services scolaires. C'est les villes qui
payaient, là, c'est... pourtant, c'est pour mettre en place une infrastructure pour... qui va être utilisée par les centres
de services scolaires, donc c'est une mission du gouvernement du Québec.
Donc, est-ce
qu'on ne devrait pas revoir ces dispositions-là? Tant qu'à aller sur le :
donnons plus de possibilités aux municipalités d'avoir des terrains
dédiés à l'éducation, puis que ça leur coûte... tu sais, que ça ne leur coûte
pas... ça ne leur coûte pas des sommes quand
même assez importantes. Puis, d'autre part, que ce ne soit pas un empiétement
ou, en fait, une... que ce ne soit pas une
utilisation de fonds publics municipaux à des fins de mission de l'État
québécois. Donc, est-ce qu'on... est-ce qu'on ne devrait pas faire ça,
finalement, revoir cette disposition-là qui est dans le PL 40 de 2020?
Mme Laforest : Non. Parce que, là,
honnêtement, là, offrir toutes les terres publiques à toutes les régions, à
toutes les municipalités, c'est énorme, qu'est-ce qu'on fait là. Ça fait que je
pense que, même pour tous les projets... Puis là, si on revient avec la
disposition de 2020, avec le ministère de l'Éducation, il y a d'autres projets
qui sont en attente... puis que ces
projets-là aimeraient ça, prendre les terres publiques à... faire leurs projets
sur les terres de l'État.
Donc, la disposition, là, vous parlez de 2020,
mais, en même temps, quand on va avoir tous les terrains qui sont disponibles
du gouvernement pour offrir des projets santé, éducation puis sûrement
logement, imaginez, là, toute l'ouverture
qu'on a puis les opportunités que les municipalités vont avoir. Ça fait que je
pense que, là, on va plus... on va beaucoup plus large, et l'offre est
beaucoup plus importante pour les futurs projets au Québec.
M. Grandmont : Parfait. Donc,
j'entends bien que, pour certaines municipalités, il y aura la possibilité
d'avoir... d'utiliser l'article 139.1, là, qui vient d'ajouter un
paragraphe, là, qui permet de céder des terres de l'État à des fins éducatives pour la prestation de services
de santé et services sociaux de même que pour leurs usages accessoires, évidemment, mais que, pour d'autres municipalités,
dans le fond, où il n'y a pas la proximité, il n'y a pas la possibilité d'utiliser des terres publiques, bien, il n'y aura
pas cette possibilité-là, donc, on devra rester sous le régime qui a cours
actuellement, c'est-à-dire qu'elles devront continuer à payer pour offrir
gratuitement des terrains aux centres de services scolaires.
Donc, il y aura des municipalités qui vont être
avantagées par ce qu'on est en train d'introduire puis il y aura des
municipalités, dans le fond, qui seront perdantes, en fait, qui verront le même
régime, là, qui découle du PL 40 de 2020. Elles devront continuer à payer
pour que l'État puisse... l'État québécois assure sa mission éducative.
Mme
Laforest : Bien, écoutez, je ne veux pas donner cet
exemple-là, mais j'imagine que... Imaginez la possibilité pour une
municipalité, là, qui reçoit... fait la demande d'avoir une terre qui
appartient au gouvernement et elle prend ce terrain-là,
le revend, puis, après ça, on va dire, bien là, la municipalité... parce qu'il
peut y avoir la cession du terrain et la
municipalité peut le revendre aussi, là. Ça fait qu'imaginez les possibilités
pour les municipalités, juste avec cet article de loi là qu'on vient
offrir.
M. Grandmont : Là, vous êtes en
train de dire... Là, c'est comme une autre chose, là. Ce que vous êtes en train
de dire, c'est que, finalement, les municipalités pourraient recevoir un...
Mme Laforest : Parce que, là, on
parle d'un autre article que vous allez voir.
M. Grandmont : D'un autre article.
Oui, c'est ce que j'avais compris, oui.
Mme Laforest : C'est ça. 139.5.
M.
Grandmont : Et donc, elles pourront le vendre, par exemple, à
un promoteur immobilier qui pourra faire du résidentiel.
Mme Laforest : Bien, on va le voir
tantôt, oui.
M. Grandmont : Mais c'est un peu ça.
On pourra en reparler, parce que j'ai envie de reparler un peu...
Mme Laforest : Un peu.
M. Grandmont : Mais j'ai envie de
vous parler un peu, là, de la Loi sur l'aménagement et l'urbanisme, là.
Mme Laforest : OK. À 139.5?
M.
Grandmont : J'imagine. Je n'ai pas regardé à quel article,
précisément, là, à quel amendement, en fait, vous faites référence, là,
mais, oui, oui, évidemment.
Mme Laforest : 139.5.
• (11 h 40) •
M. Grandmont : Parfait, excellent.
Mais... Oui, mais, tu sais, j'en suis, là, sur le fait de pouvoir céder des
terrains, des terres... des terres qui appartiennent au domaine de l'État à
des... pas à des municipalités, à des centres de
services scolaires ou encore à des CISSS ou des CIUSSS pour être capable de
mettre en place des services. Ça, j'en suis, je trouve ça... Je trouve
que c'est une idée qui, somme toute, peut avoir son intérêt. Moi, ce que je
comprends, c'est qu'on est en train quand même de créer deux catégories.
Actuellement, toutes les municipalités au Québec sont assujetties au PL 40 de 2020, c'est-à-dire que toutes les
municipalités doivent fournir un terrain. C'est ça, actuellement.
Mme Laforest : Oui, mais...
M. Grandmont : Bien, c'est la
réalité. C'est ça, actuellement.
Mme Laforest : Oui, mais c'est parce
qu'aussi, quand on va adopter, si on l'adopte, cet article-là, puis on va regarder aussi 139.5, la municipalité qui
reçoit... qui... admettons, qui fait la demande pour avoir un terrain qui
appartient à l'État, reçoit un terrain. La municipalité vend le terrain,
exemple. Bien, moi, je pense que c'est quand même hyperpositif pour les
municipalités. Ça fait que je pense... en tout cas, selon moi, là, c'est...
disons qu'on encourage beaucoup les constructions,
logements, hôpitaux, écoles, garderies. Ça fait qu'avec cette disposition-là,
c'est sûr que la municipalité va avoir le terrain, va pouvoir le
revendre, imaginez. Ça fait qu'à ce moment-là, je pense que...
M. Grandmont : Mais, évidemment, ça
ne sera pas toutes les municipalités qui vont avoir cette... qui vont pouvoir
s'en prévaloir.
Mme Laforest : Bien là, c'est sûr,
s'il n'y a pas de terre publique sur la...
M. Grandmont : C'est ça, donc, on
est d'accord.
Mme Laforest : C'est sûr. On ne peut
pas vendre ce qu'on n'a pas.
M. Grandmont : Mais là,
actuellement, toutes les villes qui veulent avoir une nouvelle école, dans le
fond, doivent fournir au centre des services scolaire un terrain. Ça, c'est la
façon de fonctionner, actuellement.
Mme Laforest : Oui. Puis il n'y a
pas de retard, présentement, ça fait que cette disposition-là, si on avait eu
vraiment des retards dans les municipalités... Donc, on va regarder, là, c'est
sûr qu'il y a eu un deux ans d'accalmie, mais...
M. Grandmont : Et
donc, comme je vous dis, moi, on me parle toujours, toujours, toujours de cet
enjeu-là parce que c'est un irritant majeur,
parce que... Puis je comprends, là, la logique que vous avez pour certaines
municipalités où il y a des terrains
publics à proximité, de vouloir leur offrir. Je veux dire, c'est un irritant
financier majeur, majeur, de moins pour elles. Ça, c'est très clair.
Maintenant, il y a des municipalités où il n'y a
pas de terres publiques, il n'y a pas de terres du domaine de l'État à proximité, donc on ne pourra pas leur
offrir cette possibilité-là et elles vont devoir continuer à céder des terrains
gratuitement aux centres de services scolaires, ça peut représenter plusieurs
dizaines de millions de dollars pour des municipalités, et donc on comprend
aussi que, donc, on est en train de créer un nouveau régime qui va pouvoir bénéficier à certaines municipalités, mais pas à
d'autres, qui vont devoir continuer à céder leurs terrains aux centres de services
scolaires. Je veux juste que ça soit clair parce que, dans le fond, on n'est
pas en train de régler une situation pour l'ensemble des municipalités, les
villes du Québec, on est en train de régler la situation pour une partie.
Mme Laforest : J'aimerais vraiment
ça, là, puis j'aimerais tellement ça avoir toute la liste des terrains
disponibles que cet article-là, cette disposition-là va offrir, parce que si on
avait toute la liste... mais on ne peut pas faire
ça, tu sais, ça fait que c'est pour ça qu'on va y aller par région, par
terrain, par... parce que là c'est nouveau, nouveau, nouveau, mais si on avait
toute la liste, peut-être que vous diriez : Oh là là, c'est vrai que
c'est... l'offre est abondante, là.
M. Grandmont : Oui, mais si on
touche 1 100 municipalités au Québec, je pense que ça peut valoir...
ça peut avoir...
Mme Laforest : Il n'y a pas... il
n'y a pas des projets d'école partout, là.
M.
Grandmont : Mais c'est ça, ce n'est probablement pas le cas.
Ce n'est probablement pas le cas, puis ce n'est probablement pas le cas des
plus grandes municipalités, principalement, parce que les terres de l'État sont
probablement plus en milieu rural.
Le Président (M. Schneeberger) :
Est-ce
que la députée de Labelle voulait prendre la parole? Parce que depuis tantôt
que vous me faites des signes.
Mme Jeannotte : Bien, merci, M. le
Président. Bien, effectivement, c'est exactement ça. Merci de me permettre
d'intervenir. En milieu rural, c'est extraordinaire, cette mesure-là. Je veux
juste témoigner à quel point ça va être bien
reçu. Pourquoi? Parce que les terres du domaine de l'État sont souvent
malheureusement peu disponibles. Puis là les... des municipalités comme
Mont-Laurier, ou Mont-Tremblant, ou Mont-Blanc sont tellement contentes de cette disposition-là parce qu'ils vont pouvoir
développer. Alors que moi, je ne le vois pas comme deux régimes, au contraire,
je le vois, comme Mme la ministre l'explique, que l'offre est bonifiée. Donc,
c'est... c'est vraiment... ça va être vraiment une bonne mesure. Merci.
Le Président (M. Schneeberger) : Ça
va? Oui. Député de Taschereau.
M. Grandmont : Oui, bien, la députée
de Labelle... Labelle, hein, c'est ça, hein, a commencé en disant : En milieu rural, ça va être super bien accueilli.
Évidemment, c'est sûr que ça va être bien accueilli, mais en... mais en milieu
urbain, par exemple dans les communautés métropolitaines, où les terres... Les
terres du domaine public, il n'y en a pas.
Bien, donc, on est en train de créer deux régimes. Bien oui, parce que d'un
côté on va pouvoir... Mais écoutez-moi bien, d'un côté, on va pouvoir offrir
des terrains qui appartiennent au gouvernement du Québec, et donc il n'y a aucun
coût associé à ça, en plus, c'est des terres qui vont être boisées, des milieux
humides, ou je ne sais pas quoi, là, mais, tu
sais, il n'y aura pas de pollution en plus, il n'y a pas de décontamination à
faire, donc le terrain est juste rasé, puis on construit un hôpital ou
un centre de... une école ou un CPE, que sais-je.
En milieu urbain, là, dans les centres, dans les
communautés métropolitaines, il n'y en a pas, donc c'est toujours le projet de
loi n° 40, l'amendement qui avait été apporté au projet de loi n° 40 de
2020 qui s'applique, donc on a l'obligation
pour les municipalités de fournir, à la demande du centre de services scolaire,
un terrain qui est exempt de contamination. Donc, ce terrain-là, il
avait une valeur, il appartenait à la municipalité, elles doivent le céder,
donc c'est des pertes de revenus parce qu'en plus les en-lieu de taxes ne
couvrent pas 100 % de la valeur des taxes, puis, en plus, s'il est contaminé, la municipalité doit... doit décontaminer.
C'est des coûts, pour les municipalités, supplémentaires. Donc, moi, je
pensais qu'on aurait un régime qui nous permettrait d'aider toutes les
municipalités, mais force est de constater que non.
Mme Laforest : ...on aide toutes les
municipalités, c'est parce que peut-être qu'il y a une municipalité qui ne pourra pas participer à cette nouvelle mesure-là,
mais, comme je vous explique, on n'a pas la liste des terres publiques,
on n'a pas tous les projets au Québec, ça fait que c'est sûr qu'on pourrait
vraiment s'attarder sur votre préoccupation, mais
on n'a pas les détails. Là, on va les comptabiliser dans chacune des
municipalités que chacune des municipalités auront des projets, parce
qu'avec l'entente de réciprocité, ça a été une demande, on répond positivement,
mais, en même temps, il va falloir faire quand même toute la liste de tous les
projets avec tous les terrains disponibles. Ça fait que c'est sûr que je ne pourrais même pas répondre à votre question
présentement, on n'a pas l'inventaire, on n'a pas les projets qui vont
avec les terrains disponibles.
M. Grandmont : Bien,
on part d'office avec le... un a priori que des terres du domaine de l'État, il
n'y en a pas partout. C'est ce qui a été dit tout à l'heure par
Mme Ste-Croix, c'est ce que la députée de Labelle a dit, mais je veux dire, pour être... pour être utilisable à des
fins... à des fins éducatives ou des services sociaux. Donc, on ne répondra
pas, par cette mesure-là, aux besoins de l'ensemble des municipalités du
Québec, à moins que vous nous arriviez avec une liste puis une démonstration
que, tu sais, ça... ça va vraiment... ça va vraiment être profitable pour tout
le monde. C'est pour ça que je dis : Si
on voulait vraiment, si on voulait vraiment s'assurer qu'on veut rendre... être
bénéfique, en fait, pour l'ensemble
des municipalités, bien, faisons ça, adoptons le... effectivement, là,
l'article 139.1... l'amendement 139.1 puis, de l'autre côté,
faisons sauter cet irritant-là, qui date de 2020. C'en est un, irritant majeur,
qui coûte cher aux municipalités. Comment ça
se fait que les municipalités financent la mission de l'État en éducation?
Il y a quelque chose qui ne fonctionne pas.
Le Président (M. Schneeberger) : Mme
la ministre.
Mme
Laforest : Bien, je comprends votre... votre déception, mais
on n'ira pas là, malheureusement. Mais je suis... je comprends, là, vous êtes déçu. Mais ce que je
ne comprends pas, c'est que vous ne voyez pas toutes les possibilités
qu'on offre aux villes.
M. Grandmont : Mais je les vois.
Mme
Laforest : Parce que l'article suivant, imaginez, les villes
vont pouvoir prendre le terrain, la terre publique, la revendre.
Imaginez.
M. Grandmont : Oui, bien ça, on en
parlera tantôt parce que j'ai des grandes interrogations là-dessus.
Mme Laforest : Non mais imaginez,
là.
M. Grandmont : Oui.
Mme
Laforest : Ça fait qu'à ce moment-là, si la municipalité vend
un terrain qui appartenait au gouvernement, quand même, la municipalité
a un revenu, elle pourra acheter un terrain pour une école, voyons! C'est...
M.
Grandmont : Oui. Non, mais je suis... je vous suis là-dessus,
tu sais. Puis je les vois, les bénéfices potentiels, là.
Mme Laforest : Oui, c'est ça, il
faut vraiment les...
M.
Grandmont : Bon. Sur les fins éducatives puis de prestations
pour les santés... de santé et les services sociaux, ça, je les vois.
Après ça, on pourra jaser de l'autre article, point cinq, là, tout à l'heure,
parce que ça, j'ai des grandes questions à vous poser là-dessus.
Mais ce que je vois, c'est qu'avec le 139.1, en
ajoutant le paragraphe n° 1°, on vient répondre à des
besoins exprimés par des municipalités, mais ça répondra... On n'est pas
capables de nous assurer aujourd'hui que ça va répondre aux besoins de
l'ensemble des municipalités. Même, on comprend, en fait, au fil des
discussions, que ça ne répondra pas aux besoins de tout le monde. Donc, moi,
mon simple souhait, ça aurait été de dire : Bon, bien, assurons-nous de
répondre aux besoins de tout le monde en faisant sauter cette disposition-là,
qui est un irritant depuis 2020. C'est le seul
point. Je le comprends bien, le bénéfice pour les municipalités, là, je la
comprends, la demande, puis je comprends le bénéfice qu'elles vont en
retirer. Mais pourquoi donner un bénéfice à certaines municipalités et pas à
toutes?
Mme Laforest : Bien, c'est parce que
là, je comprends, là, je vous comprends vraiment, mais on fait des suppositions
parce qu'on n'a pas la liste des terres publiques au complet puis on n'a pas la
liste des besoins. Ça fait que, même si vous
me dites ça, là, puis même s'il y avait un... Par exemple, si vous m'arrivez
par... avec un amendement, bien, je
vais dire : Attendez de voir les besoins qu'on a dans les municipalités,
parce que, s'il n'y a pas de besoins dans une municipalité ou encore
s'il y a plusieurs terres publiques, puis la municipalité peut les recevoir et
les revendre, puis la municipalité va
pouvoir reprendre ces montants-là pour construire une école, puis la ville,
peut-être qu'elle sera très, très heureuse, vous comprenez? Ça fait que là, on
n'a pas les besoins exacts partout au Québec. Parce que, même si on
change les dispositions, si on n'a pas de besoins dans la municipalité...
Puis, en même temps, je comprends, là, mais on
ne peut pas faire plaisir à tout le monde. Puis on... Disons que c'est sûr qu'il
y a des mesures qui ne plaisent pas à tous, mais là, vraiment, c'est... c'est
une panoplie de terrains qu'on met à la disposition des municipalités. C'est
plus comme ça qu'il faut le voir.
M. Grandmont : Donc, je comprends
que, pour l'instant, là, vous n'êtes pas...
Mme Laforest : Puis je...
• (11 h 50) •
M. Grandmont : Bien,
je vous laisse terminer votre phrase.
Mme
Laforest : Oui. Bien, je voudrais peut-être juste ajouter,
parce que c'est vraiment important de le mentionner, il y a un comité
qui est en place avec le ministère de l'Éducation, ce serait vraiment bon,
peut-être, puis comme je le disais à ma collègue, de, tu sais, dresser la liste
puis de dresser... donner cette liste-là, peut-être, au comité qui étudie les
possibilités des écoles, parce que là, il y a d'autres choses aussi, là,
garderies, CPE, collèges, universités. Ça fait que ce serait peut-être bon, à
ce moment-ci, que nous, on puisse s'entendre pour dire : Vous avez
vraiment une préoccupation, c'est important,
moi, je l'entends très, très bien. Moi, je crois qu'on triple l'offre aux
municipalités, avec cette mesure-là, mais, en même temps, les besoins
spécifiques, comme j'entends, là, dans certaines municipalités, bien, il faut avoir la liste, la liste des besoins,
c'est comme ça qu'on va pouvoir répondre à la demande. Puis, à ce moment-là, peut-être,
on pourra réviser notre possibilité ou notre disposition. Mais là, on n'a pas
la liste des besoins. C'est ça.
M. Grandmont : Et donc... OK,
supposons qu'on adopte ça... en fait, il va... il va être adopté, forcément,
là, mais à partir du moment où il va
entrer... il va être sanctionné, vous dites qu'il y a un comité qui est en...
qui est chargé de garder un oeil là-dessus puis de regarder un petit peu
la liste des besoins, puis tout ça.
Mme Laforest : Oui.
M. Grandmont : Si on se rend compte
qu'il y a des municipalités qui ne peuvent pas se prévaloir de cette
disposition-là, qui se retrouvent dans la situation où elles doivent céder aux
centres de services scolaires un terrain décontaminé, ça va sonner quoi,
comme... Quel genre de drapeau ça va allumer dans le comité? Puis qu'est-ce
que... qu'est-ce que, vous, comme ministre, vous allez mettre en branle pour
corriger ces situations-là?
Mme Laforest : Bien, à la base, tu
sais, je vous répondrais toujours, on est comme dans le fictif, mais est-ce
qu'il pourrait y avoir des échanges, est-ce qu'il pourrait y avoir une
mutualisation au niveau du terrain, est-ce qu'il pourrait y avoir... On n'est pas... En fait, ce que vous dites, tout se
peut. Oui, ça se peut. Mais maintenant, présentement, c'est concret, une
nouvelle mesure, puis on veut attendre de voir les besoins réels. Puis, à ce
moment-là, vous le savez, là, comment je
veux collaborer, à ce moment-là, s'il y a des dispositions à améliorer pour
certaines villes... Mais changer la loi complètement du projet de loi
n° 40, c'est sûr qu'on ne fait pas ça ici, là. C'est... c'est impossible
pour l'instant. Parce qu'en plus il y a eu
deux ans qu'il ne s'est rien passé au niveau des constructions. Ça fait que là,
il faut faire... il faut se rattraper. On donne même toute la
possibilité de ces terrains...
M. Grandmont : ...qui se sont
construites...
Mme Laforest : Non, non, ce
n'est pas ça que je dis.
M. Grandmont : Non, c'est ça.
Mme Laforest : Non, non, ce que
je veux dire, pendant deux ans, ça a été assez particulier, là.
M. Grandmont : Oui, oui, oui.
Mme Laforest : Vous savez
qu'est-ce qui s'est passé. Ça fait que, là, laissons-nous le temps, offrons
toutes les terres publiques. Puis je crois
que, même cette mesure-là, tu sais, il y en a qui vont dire : Mon Dieu! le
gouvernement est très généreux pour les écoles, les hôpitaux, parce que
des terres gratuites, des terres de l'État, c'est... c'est un privilège, là,
d'avoir ça. Puis les municipalités sont tout à fait reconnaissantes parce que,
vraiment, là...
M. Grandmont : Mais donc, s'il
y a des municipalités qui se retrouvent dans la situation, puis que ça risque d'y arriver... d'arriver, là, je veux dire, on en
voit quand même régulièrement, là, qui font la manchette, là, s'il y a des
écoles... pas des écoles, mais des
municipalités qui sont forcées d'offrir des terrains à des centres de services
scolaires, ils peuvent se retourner vers la ministre puis dire :
Est-ce qu'on peut trouver un arrangement?
Mme Laforest : Bien, disons
qu'on reçoit beaucoup de courriels, là.
M. Grandmont : Ah! OK, bien...
Donc, vous en recevez déjà beaucoup. C'est ça que je comprends.
Mme Laforest : Mais
vous comprenez que c'est : comité avec le ministère de l'Éducation, pour
la construction des écoles. Ce n'est pas moi, là, mais je comprends vos
demandes.
M. Grandmont : Non, mais je
veux dire, à la fin, c'est parce que c'est vous qui avez la possibilité de changer la loi ou de trouver des aménagements pour
que ces municipalités-là n'aient pas à... Tu sais, ça touche beaucoup
les Affaires municipales, là. Le projet de loi n° 40,
c'était un projet de loi qui était de vous.
Mme Laforest : Non, c'était
écoles. Ce n'était pas moi.
M. Grandmont :
Ah! C'était écoles. C'était... OK, OK.
Mme Laforest : C'est pour ça.
C'est pour ça. Vous me dites de changer le projet de loi no 40. C'est...
C'est très malaisant. Je ne peux pas faire ça. Mais moi, c'est la disposition
que je peux offrir aujourd'hui. Mais je suis sûr que vous allez me revenir dans quelques mois. Puis, si vous voyez qu'il
y a une problématique, on pourra discuter ensemble. Ça, je suis très
ouverte à ça.
M. Grandmont : Bien,
il risque d'en avoir d'autres, effectivement. Il risque d'en avoir d'autres,
effectivement. OK, donc je comprends bien que, pour l'instant, il n'y a
rien qui bouge. Parfait, ça va pour l'instant. Merci.
Le
Président (M. Schneeberger) : Ça va? Députée de Chomedey, vous voudriez... Oui, Mont-Royal—Outremont.
Mme Setlakwe : ...est-ce que
vous aviez été consultée en 2020 quand l'amendement a été amené à la fin du
processus, je pense que c'était même peut-être en processus de bâillon, sur le
projet de loi n° 40?
Mme Laforest : Pour...
Mme Setlakwe : En éducation, oui.
Mme Laforest : Bien,
tous les projets de loi, on est tous... On est tous consultés, on est tous
avertis, on est tous... On prend toutes les... tous les commentaires.
Mme Setlakwe : Vous n'étiez pas
contre.
Mme Laforest : Bien, ce que je
vous dis aujourd'hui, c'était une mesure que, moi, je voyais bonne, très bonne. Puis je la vois encore excellente aujourd'hui,
parce qu'une école dans un quartier, dans une municipalité, il y a plus de citoyens, il y a plus... il y a plus de
vie, le développement économique est meilleur. Ça fait que, si vous me posiez
la question à moi, oui, je suis d'accord.
Puis ça, je l'ai dit souvent à mes collègues des... aux municipalités. Amenez
une école dans mon quartier, je vais être très heureuse parce qu'il va y
avoir plus de construction, plus de... plus de vie.
Mme Setlakwe : Non, mais ce
n'est pas ça, ma question. Oui, oui, mais vous étiez...
Mme Laforest : Donc, oui, moi,
je suis pour qu'une municipalité qui veut avoir plus de citoyens, si elle doit
défrayer une somme quelconque, mais si elle s'est très, très bien entendue avec
le centre de services scolaire, bien, tant mieux si on a une nouvelle école
dans un quartier ou dans... Peu importe dans quelle région, c'est essentiel.
Les écoles, c'est les familles, c'est...
c'est de nouveaux citoyens parfois. Puis c'est ça qu'on a vécu avec la
pandémie, les gens se sont déplacés dans les régions, donc, il y a des
nouvelles écoles dans les régions.
Mme Setlakwe : OK,
donc, vous êtes à l'aise avec la mesure qui est en place depuis 2020, où les
municipalités doivent défrayer les coûts.
Mme Laforest : Bien, moi...
Mme Setlakwe : On n'est pas
contre les écoles, là. Ce n'est pas ça que je dis. Mais que ce soit...
Mme Laforest : Bien, moi, je
suis vraiment la personne qui est en collaboration avec les villes. Puis cette disposition-là qu'on amène aux villes, c'est
énorme. Puis, quand on l'a proposé aux municipalités durant la négociation de
l'entente de réciprocité, disons que les municipalités étaient vraiment,
vraiment, vraiment rassurées.
Mme Setlakwe : Ici, on dit
qu'on est dans le fictif. Vous avez dit : On va attendre de voir les
besoins, on va attendre de voir les
demandes, on va attendre de voir les terrains, même. Et moi, je me dis :
Quelle est la vision? C'est vous, la ministre des Affaires municipales.
Vous avez... On le sait qu'il y a des zones à densifier, on le sait que...
Elles sont connues, là. On sait qu'on doit développer autour des
infrastructures existantes. On sait que ça prend des nouvelles écoles dans plusieurs cas. Là, on nous dit : Les terrains
qui sont visés ici ne sont pas dans les zones densément peuplées. Honnêtement, moi, j'aurais aimé ça... Je
me serais attendu à vous entendre sur la vision. Parce que, quand je disais que
c'est gros, de donner aux villes des terrains pour des fins municipales, pour
des bâtiments municipaux, bien là, on comprend que ça va devenir... Bon,
peut-être pour... Votre collègue a mentionné Mont-Tremblant, Mont-Blanc, etc.
Je comprends, mais l'objectif principal, c'est vraiment, ici, pour des fins de
mission de l'État du Québec, là. Donc... Vous
comprenez? C'est... On est en train de dire : Wow! on est généreux. On
donne des terrains pour remplir notre mission. Il y a quelque chose qui... on dirait qui ne fonctionne pas dans notre
échange. On n'est pas dans le fictif, là. Où sont les besoins? Où sont
les terrains? Puis comment qu'on va faire arrimer tout ça?
Mme Laforest : Bon, bien, je suis
très heureuse d'avoir cette question-là, parce qu'on a mis en place la politique nationale d'aménagement du territoire,
que vous connaissez très bien, on a changé la Loi sur l'aménagement et l'urbanisme, on a travaillé toutes les nouvelles
orientations gouvernementales en aménagement du territoire. Ce n'était pas revu, là, les orientations
gouvernementales n'étaient pas revues depuis 1994. Donc, notre gouvernement, on
les a revues. On a fait énormément de
consultations partout au Québec, donc les nouvelles orientations seront
adoptées. La politique nationale
d'aménagement du territoire, en juin 2022, a été adoptée. La Loi sur
l'aménagement et l'urbanisme, une loi qui avait... qui datait de
43 ans, n'avait pas été touchée.
Quand
je suis arrivée en poste, la question que j'ai eue, c'est : Combien
coûtent les infrastructures au Québec, désuètes?
Puis on m'a dit : On en a pour 40 milliards, les infrastructures au
Québec, soit en infrastructures en eau, peu importe, quand on parle
d'infrastructures. Et ma question a été : Est-ce que, dans le passé, on a
mieux... on a bien planifié? Est-ce qu'on a bien aménagé? Puis ce qu'on m'a
dit, c'est : On n'a pas revu l'aménagement du territoire. On n'a pas de planification obligatoire avec nos
MRC, nos municipalités. Dans nos plans de développement, il n'y a pas d'obligation
au niveau du respect des orientations gouvernementales en aménagement du
territoire. Alors, c'est sûr que, quand vous
me dites : Vous n'avez pas de vision, bien, ça me touche un peu, parce que
des lois de 40 ans puis des planifications en aménagement du
territoire, on a fait ça, des lois qui avaient 40 ans, là, imaginez,
43 ans exactement.
Ça fait que moi, je
suis quand même très fière puis je salue les municipalités, maintenant qu'elles
doivent planifier, mieux planifier,
aménager, revoir complètement toutes les dispositions au niveau de la
densification dans les municipalités avant de construire à l'extérieur.
Imaginez, c'est toute une vision, ça, comme gouvernement, parce que c'est sûr
que, quand on annonce la politique nationale d'aménagement ou la Loi sur
l'aménagement et l'urbanisme, ou encore, peu
importe, les orientations gouvernementales en aménagement du territoire, les
gens vont dire : Mon Dieu, c'est
quoi, ça? Sauf que moi, je pense aux futures générations, je pense aux enfants,
puis je me dis : Ça nous prend un Québec qui a une vision puis,
avec l'aménagement du territoire, on va y arriver.
Puis, en plus, avec
les terres publiques, pour revenir, parce que je pourrais en parler longtemps,
mais ça me touche ce que vous dites, mais,
évidemment, la meilleure chose, c'est vraiment de travailler avec nos MRC. Dans
le passé, on travaillait moins avec
nos MRC. Là, on travaille pour l'obligation de planification avec les plans
d'urbanisme dans nos municipalités.
Écoutez, juste, juste
ces aspects-là, je peux vous dire une chose que, dans 20 ans, je suis sûr
qu'au niveau des infrastructures en eau, ça va coûter moins cher, parce qu'on
ne construira pas partout, on va moins, disons, voyager pour... C'est beau de
construire une école, là, quand il y a un terrain de disponible, mais, si ça
nous prend un nouveau quartier, de nouveaux
autobus, pensez à tout ça, combien ça coûte pour une municipalité... Ça fait
que là, c'est sûr que notre vision est là. Je suis très fière avec ces
trois dispositions-là.
Mais vous avez
raison, c'est sûr que, devant un public, ce n'est pas quelque chose de très
sexy de dire : Je revois les
orientations gouvernementales ou la politique d'aménagement, mais dites-vous
que, si on avait pensé ça il y a 40 ans, on ne serait pas là
aujourd'hui.
• (12 heures) •
Mme
Setlakwe : J'entends ce que vous dites, mais, dans les faits, est-ce
que les villes sont accompagnées, toutes
celles que j'ai nommées précédemment, est-ce qu'elles sont accompagnées dans
l'accomplissement de cet... de ces objectifs-là, quand on sait que leurs
projets n'avancent pas puis que ça leur impose une charge financière énorme, la
construction d'écoles?
Mme Laforest :
Bien, c'est sûr qu'à votre
réponse, c'est facile de répondre : Oui, les municipalités sont toutes accompagnées,
c'est sûr, avec les directions régionales et par notre ministère, même notre
ministère, puis les autres ministères concernés, quand on voit, avec le
ministère de l'Éducation, qu'il y a déjà un comité de haut niveau pour les
futures écoles. Mais, au ministère, chez nous, oui, ils sont accompagnés, que
ce soit pour quelques projets... Il y a l'obligation
également des schémas d'aménagement du territoire que vous connaissez super
bien. Mais les villes, il y a des groupes au ministère des Affaires
municipales qui accompagnent, soit pour les infrastructures en eau... Les gens
se déplacent, il y a vraiment un bel accompagnement.
Mme
Setlakwe : Moi, je voulais dire, pour les terrains d'école, en tout
cas, vous regarderez la liste, là, des municipalités qui ont été nommées. Puis
je ne pense pas que la mesure qui est mise en place vient les aider.
Mme
Laforest : Bien, cette mesure-là qu'on fait aujourd'hui? L'article,
là, ça n'aidera pas?
Mme
Setlakwe : Oui. Oui. Val-David, Saint-Lin, toutes celles qu'on a
nommées, Sherbrooke, tout ça...
Mme
Laforest : Oui, c'est ça, j'ai dit : Donnez-moi la liste, on...
ou... Bien, pas moi...
Mme
Setlakwe : Parce que ça, ce n'est pas fictif, ça, c'est réel, là.
Mme
Laforest : Mais, il faut...
Oui, mais, c'est ça, il faut transférer, pas à moi, là, mais la liste, on va la
transférer au ministère de l'Éducation.
Mme Setlakwe : Oui. Et d'ailleurs, il y a plusieurs de ces
villes-là, bien, pas... ils n'ont pas tous des mémoires prébudgétaires,
mais c'était connu quand même, là, dans les demandes de l'UMQ puis dans les
demandes de certaines villes, notamment Sherbrooke. Je passerais la parole à...
Mme Lakhoyan Olivier : Il reste-tu
du temps?
Mme Setlakwe : ...s'il
reste du temps.
Le Président (M. Schneeberger) : Oui.
Députée de Chomedey.
Mme Lakhoyan Olivier : Merci, M. le
Président. À première vue, l'amendement 139.1, c'est très louable à penser
que, jusqu'à aujourd'hui, on ne peut pas céder gratuitement... que maintenant
ça va être gratuit, céder des terres pour les besoins scolaires. Pour l'utilité
publique, c'est une bonne chose, mais mes collègues de Mont-Royal—Outremont et Taschereau ont apporté de très bons points. Surtout
la collaboration avec les municipalités, c'est très important, parce qu'ils ont leur vision pour leur ville, donc... mais
vous avez assuré qu'il y a une collaboration avec les villes, les MRC.
Donc, ça, c'est une bonne chose.
C'est sûr que
c'est très vague comme amendement. Moi, mon inquiétude... peut-être, ma
collègue de Mont-Royal l'a souligné tantôt, il faudra s'assurer que...
qu'on ne cède pas les territoires à n'importe quel prix. C'est sûr, c'est très louable et c'est important, tous ces
services-là aux citoyens, mais les citoyens, en général, on a besoin de nos
forêts, nos boisés, les terres humides. Donc, il faudra faire attention
de ne pas juste céder pour céder les terrains riverains, protéger et donner
accès aux citoyens, en général, ne pas bâtir comme... Tu sais, à Chomedey,
on... Moi qui est à Chomedey, j'ai des
citoyens qui sont frustrés de voir... de ne pas avoir accès aux terrains
riverains. Donc, je ne sais pas si le ministère a accès à ça. Donc,
c'est juste ça, si on peut faire attention à... aux boisés, aux forêts ou les
terres où ça serait utile aux citoyens.
Mme
Laforest : C'est bien. Bien, c'est sûr qu'on va respecter la
LQE, la Loi sur la qualité de
l'environnement. Puis, quand
vous dites : Ce n'est pas à n'importe quel prix, bien, c'est sûr que c'est
gratuit, hein, ils sont cédés.
Mme Lakhoyan Olivier : Oui.
Mme
Laforest : Ça fait que c'est tout à fait un très bon prix.
C'est un bon... c'est un bel arrangement. Puis ensuite, quand vous
dites : Ces lois, bien, merci beaucoup, vous avez vraiment raison.
Mme Lakhoyan Olivier : Oui, bien,
«pour n'importe quel prix», ce n'est pas concernant : Oui, c'est gratuit, c'est vraiment... C'est bon qu'on est arrivés là,
c'est une bonne chose, mais qu'on n'enlève pas aux citoyens d'avoir accès
à la forêt ou au boisé ou accès à la rivière. Donc, c'est des... c'est de ça
que je parle.
Mme
Laforest : Oui. Justement, ça revient à ce que je disais
tantôt, au niveau de l'aménagement du territoire, il y a des règles déjà établies
qu'on a votées dans les anciennes politiques depuis six ans. Puis, quand vous
dites : Pour quelques projets... En fait, on le voit ici, là, c'est
des projets de santé et services sociaux et éducatifs.
Mme Lakhoyan Olivier : Oui. Oui,
oui. Donc, de ne pas oublier, mis à part tout ça, la qualité de vie de nos
citoyens.
Mme Laforest : Bien, exactement, on
va respecter la politique d'aménagement du territoire.
Mme Lakhoyan Olivier : Merci, M. le
Président.
Le
Président (M. Schneeberger) : Oui, merci beaucoup. Alors, député de Taschereau,
pour un gros 40 secondes.
M. Grandmont : 40 secondes?
Le Président (M. Schneeberger) : Oui.
M. Grandmont :
Hé! my, my. Comment... Dans le
fond, comment ça va se passer quand une municipalité veut avoir accès à un
terrain? Comme, c'est quoi, la demande? Ça va se passer comment? Puis est-ce
que la ville doit... Est-ce que la
municipalité va devoir avoir fait la démonstration qu'il n'y a pas d'autre
terrain vacant disponible pour être capable de mettre en place ces
services-là?
Mme Ste-Croix (Lucie) : Je peux y
aller?
Le Président (M. Schneeberger) : Oui,
Mme Ste-Croix, allez-y.
Mme
Ste-Croix (Lucie) : Oui, merci. Alors, si on regarde le processus
actuel qui est limité aux municipalités nordiques versus le processus
qui sera amélioré et qui sera étendu à l'ensemble des municipalités au Québec,
il y a huit étapes, hein, le processus
d'analyse d'une demande qui nous est faite... qui nous serait faite par une
municipalité, il y a... bien, par les personnes qui sont visées par
l'article qu'on discute, donc il y a le dépôt de la demande, la réservation des
terres, OK? Ça, c'est une mesure qui va... qui permet à la municipalité, là, de
faire le travail qu'elle doit faire. Donc,
ça lui réserve le territoire aux fins où elle l'a demandé. Le dépôt du plan de
développement. Alors, cette... la municipalité ou l'organisme a un
travail à faire pour venir démontrer quel sera l'usage qui est prévu là,
comment elle souhaite
développer. Sa demande sera traitée, il y aura des consultations qui auront
lieu avant la cession des terres publiques.
On fait... on fait ça de manière courante, préparation, transmission,
acceptation de l'offre. Il y aura arpentage, nécessairement, et préparation de... et signature de l'acte notarié ou
encore des lettres... des lettres patentes si l'organisme est représenté
par un avocat.
Donc, on vient retrancher pas mal d'étapes du
processus qui est en cours, qui s'applique en ce moment, c'est huit étapes
plutôt que 12. Donc, le processus est accéléré et, en plus, il est proposé
d'être étendu à l'ensemble des municipalités du Québec et non plus simplement
limité aux municipalités nordiques.
Le Président (M. Schneeberger) : Député
de Taschereau.
M. Grandmont : Est-ce que ça va
devoir se faire en respect du schéma ou du plan d'aménagement, du plan
d'urbanisme de la ville?
Mme Ste-Croix (Lucie) : Oui, oui. Et
s'il y a une nécessité qu'il soit modifié, bien, la municipalité devra ou
l'organisme devra s'engager à le modifier en concordance... en conformité avec
l'usage qui est prévu.
M.
Grandmont : Mais donc il n'y aura pas... Est-ce qu'il y a une
démonstration de non-disponibilité d'autres terrains sur son territoire
à faire?
Mme Ste-Croix (Lucie) : Bien, ça, je
ne crois pas. Je ne crois pas que ce...
Le Président (M. Schneeberger) : Monsieur...
Me Temblay-Parent, c'est ça?
M.
Tremblay-Parent (Gabriel) : Oui, c'est bien ça. Bien, en fait, tu sais, la
démonstration... parce que, tu sais, il faut se soumettre également, là,
tu sais, aux deux mesures différentes, là, qui sont présentées pour les
modifications à la LAU... pas à la LAU, pardon, à la LTDE, la Loi sur les
terres du domaine de l'État. Donc, celle-ci, dans ce cadre-là, bien, c'est vraiment... puisque c'est pour un usage en
particulier, c'est sûr que c'est un pouvoir discrétionnaire. Donc, tu sais, la ministre va devoir apprécier,
effectivement, s'il y a un besoin avant d'aller de l'avant avec la cession de
la terre.
Quand on va aborder,
là, l'introduction de l'article 40.0.1, là, donc une cession vraiment à
des fins de développement urbain, là,
tu sais, puisqu'on est vraiment dans un plan de développement, là, le
justificatif, là, est indiqué, là, directement dans l'article, donc ça
devra être soumis, là.
M. Grandmont : Ça va pour l'instant,
merci.
Le
Président (M. Schneeberger) : Ça va? Parfait. Alors, s'il n'y a pas d'autre
question, est-ce que l'article 139.1 est adopté?
Des voix : Adopté.
Le Président (M. Schneeberger) : Adopté.
Parfait. Alors, l'article 139.2, qui est aussi un amendement.
Mme
Laforest : Oui. Merci, M. le Président. L'article 139.2,
article 38 de la Loi sur les terres du domaine de l'État.
Insérer, après l'article 139.1 du projet de
loi tel qu'amendé, le suivant :
139.2.
L'article 38 de cette loi est modifié par le remplacement, dans le premier
alinéa, de «des lettres patentes, les
conditions et restrictions dont était assortie une cession à titre gratuit
cessent de s'appliquer et la cession» par «de la cession à titre gratuit visée
à l'article 37, les conditions et les restrictions dont elle était
assortie cessent de s'appliquer et elle».
• (12 h 10) •
Cet amendement modifierait l'article 38 de
la Loi sur les terres du domaine de l'État afin de corriger une imprécision. Plus précisément, les clauses
restrictives dont sont assorties les cessions de terres du domaine de l'État
sont toujours d'une durée de
30 ans. Or, l'article 38 ne fait référence qu'aux cessions par lettres
patentes. Dorénavant, cet article préciserait que toutes les cessions
sont visées, ce qui inclut les cessions par acte notarié.
On vient ici harmoniser le libellé de
l'article 38 avec les modifications de l'article 37. Les conditions
et les restrictions auxquelles est assujettie une cession à titre gratuit,
incluant les cessions par acte notarié, cesseraient de s'appliquer après une
période de 30 ans. Merci.
Le
Président (M. Schneeberger) : Merci beaucoup. Alors, questions sur l'article?
Députée de Mont-Royal—Outremont.
Mme Setlakwe : Oui, merci, M. le
Président. Bien là, je pense que c'est une technicalité, mais je ne la saisis pas à première... à la première lecture. On vise à
corriger une imprécision... Parce que, là, je dois lire l'article tel que
modifié. Quel est le... quel est l'objet, là, du délai de 30 ans,
ici? C'est peut-être une question plus aux légistes.
Le Président (M. Schneeberger) : Oui.
Oui, Me Tremblay-Parent.
M.
Tremblay-Parent (Gabriel) : Oui. En fait, effectivement, c'est
vraiment une correction, là, c'est que, tu sais, une clause restrictive, c'est
ce qui va limiter, finalement, l'usage de la terre qui a été cédée à titre
gratuit. Donc, mettons qu'on prend l'exemple, là, d'un... tu sais, d'une
cession qui serait faite pour un hôpital, bien, on va avoir une clause
restrictive qui va être soit dans les lettres patentes ou soit dans l'acte
notarié en minute qui va venir dire : Bien,
tu peux l'utiliser juste pour un hôpital. Et donc on... La disposition, à
l'heure actuelle, précise que c'est 30 ans. Donc, c'est déjà la
situation dans la Loi sur les terres du domaine de l'État, mais,
malheureusement, je dirais, la disposition parle juste, là, des lettres patentes,
mais on parle... tu sais, finalement, le 30 ans, là, s'applique à toutes
les cessions à titre gratuit, là. Donc, c'est un délai qui vient, je dirais,
solidifier la clause restrictive, là. Le délai de 30 ans, tu sais, c'est un délai qu'on utilise généralement en droit
immobilier, là, comme... comme prescription, là. Donc, c'est vraiment pour s'assurer
que, dans tous les cas, autant par acte notarié que par lettre patente, là, les
clauses restrictives qui limitent l'utilisation du territoire cédé vont pouvoir
s'appliquer.
Le Président (M.
Schneeberger) : D'autres questions?
Mme
Setlakwe : Oui.
Le Président (M.
Schneeberger) : Oui. Allez-y.
Mme
Setlakwe : Merci pour l'explication. Donc, il ne fallait pas seulement
viser les cessions qui ont lieu par un acte notarié, mais celles qui sont... Il
y avait deux façons de... bien, lettre patente ou acte notarié?
M. Tremblay-Parent
(Gabriel) : C'est ça, il fallait viser les deux.
Mme
Setlakwe : Il fallait viser les deux, je comprends. Et donc, là, si on
détermine qu'un terrain va devoir servir à des fins de construction d'un
hôpital, là, on le fait, on suit la procédure, et puis là, après 30 ans,
qu'est-ce qui arrive? Les conditions et restrictions qui prévoient que le terrain
doit n'être utilisé que pour des fins d'un hôpital, ce que je lis, c'est qu'elles cessent de s'appliquer. Là, on doit... bien,
on ne doit pas renouveler cette intention de faire en sorte que le
terrain soit utilisé pour les fins d'un hôpital? Ce qu'on dit, c'est que, là,
la cession devient irrévocable?
M. Tremblay-Parent
(Gabriel) : Tout à fait, mais c'est la situation actuelle, là. Donc,
tu sais, il n'y a pas de modification à ce titre-là. C'est important, là, de
venir préciser un délai, là. Tu sais, c'est comme au niveau de la prescription,
c'est que, si on ne prévoyait pas de délai comme tel pour la clause
restrictive, bien, ce serait laissé à l'interprétation d'un juge, donc si
jamais il y avait une contestation ou quelque chose comme ça.
Ça fait que, pour ce
type de clause restrictive, là, puis c'est pour ça que l'article 38, là,
de la Loi sur les terres du domaine de
l'État prévoit déjà ce délai de 30 ans, on vient s'assurer que la clause
restrictive va pouvoir s'appliquer, là, pendant la... la période de
30 ans, là, mais on ne peut pas éternellement avoir... Tu sais, à partir
du moment qu'on vend une terre à quelqu'un, qu'on lui cède, là, à titre gratuit
en l'occurrence, bien, on ne peut pas non plus avoir des clauses qui restent,
tu sais, pour l'éternité, là. Ça prend toujours une limite, là, pour avoir
une... tu sais, une certaine protection
juridique, là, finalement, de la clause. À défaut d'en prévoir une, les
tribunaux... ça va être laissé à l'appréciation du tribunal.
Mme Setlakwe :
Non, je comprends. Mais donc, à
l'expiration du délai de 30 ans... Là, l'hôpital est construit, l'hôpital
est là et la durée de vie d'un hôpital, c'est plus que 30 ans, on en
convient?
M. Tremblay-Parent (Gabriel) : Oui,
mais la terre va appartenir finalement au centre intégré de santé et services
sociaux. Ça va lui être... ça va lui avoir été cédé, donc l'usage va pouvoir se
poursuivre. Mais donc ce n'est pas... au bout de 30 ans, ça ne vient pas finalement limiter l'usage comme tel, ça
fait juste en sorte que, dans l'acte de cession comme tel, bien, on
prévoit que c'est au moins pendant 30 ans que ça doit être fait
finalement, là.
Mme
Setlakwe : Oui, je comprends. Puis ça existe déjà, ça existe déjà pour
des cessions.
M. Tremblay-Parent
(Gabriel) : Tout à fait.
Mme
Setlakwe : OK. Donc, après 30 ans, c'est que l'État, donc, n'a
plus le pouvoir d'imposer cette condition-là,
ou le fait d'avoir imposé cette condition lors de la cession à titre gratuit,
elle a une durée de 30 ans, puis, après
30 ans, bien là, c'est... l'État n'a plus de droit de regard. C'est ce que
je comprends, la cession aura été irrévocable?
M. Tremblay-Parent
(Gabriel) : Voilà.
Mme
Setlakwe : Mais c'est... elle devient irrévocable et sans condition.
M. Tremblay-Parent
(Gabriel) : Effectivement.
Mme
Setlakwe : Parce qu'il me semble que le fait... mais, en tout
cas... Elle est irrévocable dès le jour 1, non? S'il y a une cession à
titre gratuit puis qu'il y a un règlement qui est adopté, il me semble que ce
doit être irrévocable.
M. Tremblay-Parent (Gabriel) : Bien,
en fait, le principe, c'est de dire que, si après 15 ans, à titre
d'exemple, il y avait un changement d'utilisation de la terre, que,
mettons, le... tu sais, évidemment, ce n'est pas possible pour un centre
intégré de santé de faire autre chose que de la prestation de santé et de
services sociaux, mais, si, mettons, c'était fait, là, dans le cadre, bien, il
y a une clause restrictive qui empêcherait puis ce serait possible de...
finalement de résoudre la vente puis, pour l'État, de reprendre le terrain.
Mais, au bout de 30 ans, ce n'est plus possible.
Mme
Setlakwe : Non, je comprends, c'est le régime actuel.
M. Tremblay-Parent
(Gabriel) : Tout à fait.
Mme
Setlakwe : Mais est-ce que... si on va un petit peu plus loin puis on
utilise un autre exemple qui a été discuté
tout à l'heure, parce qu'on nous dit que ça peut être très large et que ça peut
être un terrain qui pourrait servir à des fins municipales, comme une
bibliothèque, un centre récréatif, un centre sportif, communautaire, etc., là,
la liste est longue, aréna, et donc la municipalité n'aurait pas le loisir de changer
la mission du bâtiment?
M. Tremblay-Parent
(Gabriel) : Bien, elle pourrait le faire, mais en demandant, là, la
permission au ministère, là. Puis, à ce
moment-là, il y a... il y a différents... les articles, finalement, suivants,
là, de la Loi sur les terres du domaine de l'État, l'article 39
notamment qui impose, là, à la personne qui s'est vu céder le terrain de
demander la permission, puis, ensuite, l'article 40, là, qui prévoit qu'à
ce moment-là il y a une évaluation de l'usage, est-ce que c'est pour un autre
usage d'utilité publique, si ce n'est pas le cas, bien, ça pourrait être vendu
à certaines conditions, donc il y a toute une mécanique, finalement, là, qui
est prévue à la Loi sur les terres du domaine d'État, là, pour encadrer les
changements d'usage.
Mme
Setlakwe : OK. Donc, il y aurait des négociations ultérieures,
forcément, si on changeait le... l'utilité?
M. Tremblay-Parent
(Gabriel) : À l'intérieur de 30 ans, effectivement, oui.
Mme
Setlakwe : OK, ça va. Mais l'objectif premier de cet amendement,
c'était pour...
M. Tremblay-Parent
(Gabriel) : Bien, pour préciser que, finalement, le 30 ans, là,
le délai, finalement, là, s'applique à la fois pour les cessions qui sont par
lettres patentes, donc un document, là, unilatéral, là, qui provient de l'État, ou par acte notarié en minutes, là, donc
devant notaire, là, un acte de vente, là, comme on l'entend plus communément.
Mme Setlakwe :
Je comprends. Non, non, c'est ce
qu'on a discuté au départ. Donc, ce n'était pas... l'idée, ce n'était
pas de changer le régime applicable?
M. Tremblay-Parent
(Gabriel) : Non. C'est celui qui s'applique actuellement.
Mme
Setlakwe : Merci.
Le Président (M.
Schneeberger) : Ça va? D'autres questions? Oui, députée de Chomedey.
Mme Lakhoyan
Olivier : Oui. On offre des terrains lorsque le besoin se fait. Donc,
lorsqu'on a besoin de bâtir un hôpital, une école ou la municipalité le
demande, on offre le terrain. Là, c'est... Certaines fois, les offres sont
faites par des lettres, et maintenant on dit que ça va être par des...
Une voix : ...
Mme Lakhoyan
Olivier : ...notariées, c'est ça? Donc, ça, c'est un des changements
qu'on apporte avec cet article... cet amendement?
M. Tremblay-Parent
(Gabriel) : Bien, c'est déjà fait à l'heure actuelle, en fait. C'est
juste qu'on vient prévoir que les clauses restrictives, la mécanique, là, qui
gère les clauses qui viennent limiter les usages, que ça s'applique dans les
deux cas, donc si ça a été fait autant par lettre patente que par acte notarié.
Mais déjà, à l'heure actuelle, les deux possibilités existent, là.
• (12 h 20) •
Mme Lakhoyan
Olivier : Le 30 ans, je sais, ma collègue a déjà demandé
là-dessus, quand on offre ces terres pour 30 ans, il y a un projet, donc
il va y avoir une construction. Est-ce que ça se peut... Avez-vous des exemples
où les projets n'ont pas eu lieu? Est-ce qu'il y a une raison derrière ce
30 ans? Il doit y avoir des exemples, là, où on a déjà eu... où ça n'a pas
été fait, et puis le ministère va reprendre les terres. C'est ça? C'est-tu ça?
Le Président (M.
Schneeberger) : Mme Ste-Croix.
Mme Ste-Croix (Lucie) : Malheureusement,
M. le Président, je n'ai pas la réponse à cette question, mais je vais... je
vais la poser à l'organisation. Et, quand la réponse nous arrivera, ça me fera
plaisir de la mentionner.
Le Président (M.
Schneeberger) : OK. Est-ce que vous...
Mme
Lakhoyan Olivier : Je crois que cet amendement est... c'est écrit
Chicoutimi, donc... sur l'amendement. C'est-tu celui-là?
Des voix : ...
Mme Laforest : Non, moi, je n'ai pas
présenté d'amendement. J'en aurais en tête, par exemple.
Mme Lakhoyan Olivier : Je me
demandais : On se base sur quoi? Donc, on a-tu vécu un exemple? Donc, on
allait bâtir quelque chose puis on ne l'a pas fait, donc on le reprend?
M. Tremblay-Parent (Gabriel) : Bien,
en fait, c'est juste un délai de base, là, qu'on retrouve. Tu sais, notamment,
c'est ce qui était prévu, là, dans le Code civil au niveau de la prescription
immobilière, là. Donc, tu sais, c'est un
délai qui est généralement reconnu en droit, là, au niveau du droit immobilier,
pour dire qu'au bout de 30 ans, bien,
une vente comme telle ou un droit doit être fixe, doit être stable, là. On doit
éviter de le remettre en question après 30 ans, là. Donc, c'est
pour ça que ce délai-là, historiquement, avait été fixé à 30 ans, là, à
l'article 38.
Mme Lakhoyan Olivier : Parfait.
Merci.
Le Président (M. Schneeberger) : Ça
va. Oui, député de Mont-Royal—Outremont.
Mme Setlakwe : Merci. Là je vois
qu'il y a une... un régime distinct qui s'applique pour une cession à titre
gratuit à une municipalité pour la construction ou l'amélioration d'une voie
publique. Là, dans ce cas-là, la cession est irrévocable à compter de la date
des lettres patentes, et on ne sent pas le besoin... Donc, dans le cas d'une
cession pour des fins de... qui concernent
une voie publique, il y a juste une façon de le faire, on ne précise pas qu'il
y a aussi l'acte notarié?
Le Président (M. Schneeberger) : Me
Tremblay-Parent.
M. Tremblay-Parent (Gabriel) : Non,
non, je pense que dans le cas, là, de... tu sais, par voie publique, là, il n'y a pas... ça demeure le même... le même régime,
là, c'est juste que c'est irrévocable, là, du moment que... du moment,
finalement, que la cession a été faite, là, il n'y a pas de distinction.
Mme Setlakwe : Pourquoi il y a ce
régime distinct?
M.
Tremblay-Parent (Gabriel) : Bien, il n'y a pas de régime distinct, là, qui est
applicable, là, pour les deux, là.
Mme
Setlakwe : Moi, je pensais que, dans le premier... premier
cas, le caractère irrévocable entrait en vigueur, si on veut, ou devenait... ou, en fait, la cession
devenait irrévocable après 30 ans, alors que, quand ça concerne une voie
publique, c'est dès la date des lettres patentes.
M. Tremblay-Parent (Gabriel) : Bien,
en fait...
Mme Setlakwe : Je ne le lis
peut-être pas correctement, là.
M.
Tremblay-Parent (Gabriel) : Bien, en fait, effectivement, là, c'est un régime
particulier pour l'historique. Pourquoi ça se retrouve comme ça, je ne
peux pas le dire, mais ce que... tu sais, c'est autant par lettres patentes que
par acte notarié, c'est juste que le... dans
ce cas-là, puisqu'il est question de construction de route immédiate, j'imagine
qu'historiquement, là, on avait établi que l'irrévocabilité se faisait, là, du
moment que la cession était établie.
Le Président (M. Schneeberger) : Ça
va? Oui?
Mme Setlakwe : Merci.
Le
Président (M. Schneeberger) :
Oui, ça va comme ça? D'autres questions? Alors, s'il n'y a pas d'autre
question, est-ce que l'article 139.2 est adopté?Adopté.
139.3.
Mme Laforest : Article 139.3,
article 39 de la Loi sur les terres du domaine de l'État.
Insérer, après l'article 132.2 du projet de
loi tel qu'amendé, le suivant :
139.3.
L'article 39 de cette loi est modifié par le remplacement de «titulaire
des lettres patentes» par «cessionnaire».
Cet amendement apporterait à l'article 39
de la Loi sur les terres du domaine de l'État une modification de concordance, à raison... en raison de la
modification apportée à l'article 38 de cette loi par un autre amendement.
En effet, l'article 39 de cette
loi vise tous les types de cession, dont celles par acte notarié et pas
seulement celles par lettres patentes.
Ici, on vient harmoniser le libellé de
l'article 39 sur les lois sur les terres du domaine de l'État avec
l'article 38 déjà adopté par le projet de loi. Voilà.
Le Président (M. Schneeberger) : Merci
beaucoup. Est-ce que nous avons des questions sur 139.3? Aucune?
Mme
Setlakwe : ...inclus... est plus inclusif et vise les deux situations.
Le Président (M.
Schneeberger) : Alors, est-ce que l'article 139.3 est adopté?
Des voix :
Adopté.
Le Président (M.
Schneeberger) : 139.4.
Mme
Laforest : L'article 139.4, article 40 de la Loi sur les
terres du domaine de l'État.
Insérer, après
l'article 139.3 du projet de loi tel qu'amendé, le suivant :
139.4.
L'article 40 de cette loi est modifié :
1° par le
remplacement du premier alinéa par le suivant :
«Le
ministre peut, à la demande du cessionnaire, modifier les conditions prévues
aux lettres patentes ou à l'acte notarié pour subdiviser à l'usage qui y
est exprimé un autre usage prévu au premier alinéa de l'article 37.»
2°
par le remplacement, dans le deuxième alinéa, de «n'est pas prévu par ce
règlement» et «titulaire, modifier» par, respectivement, «n'y est pas
prévu» et «cessionnaire, modifier.»
Cet amendement apporterait
à l'article 40 de la Loi sur les terres du domaine de l'État une
modification de concordance en raison des modifications proposées aux
articles 39 et 38 de cette loi par d'autres amendements. En effet,
l'article 40 vise tous les types de cession, dont celles par acte notarié,
pas seulement celles de lettres patentes.
Alors, ici, M. le
Président, on vient harmoniser avec l'article 40 de la loi sur les terres
publiques de l'État avec la modification apportée aux articles 37, 38 et
39 du projet de loi. Merci.
Le Président (M.
Schneeberger) : Merci beaucoup. Est-ce que nous avons des questions
sur l'article? Oui, députée de Mont-Royal—Outremont.
Mme
Setlakwe : Oui, je vois bien la concordance, mais, au-delà de la
concordance, là, je vois que le ministre a le pouvoir de modifier les
conditions prévues aux lettres patentes ou à l'acte notarié à l'intérieur de
cette période de 30 ans — c'est
comme ça que je le comprends — pourrait
substituer à l'usage qui y est exprimé un autre usage. Donc, j'essaie de voir comment tout ça s'imbrique,
là. Il y a principe de prescription de 30 ans. Après 30 ans, les
restrictions ne s'appliquent plus, ça devient une cession irrévocable,
et là ça appartient à... la décision appartient exclusivement à la municipalité
de décider de changer d'usage, disons. Mais, à tout moment, le ministre a un
pouvoir discrétionnaire, à la demande du cessionnaire, de modifier les
conditions. C'est comme ça qu'on doit le comprendre?
Mme Laforest :
C'est une obligation d'informer
le ministre à ce moment-ci, s'il y a une demande de modification de
l'usage, par exemple pour la terre qui a été cédée.
Mme Setlakwe :
Mais c'est plus qu'une demande
d'informer, c'est que c'est un pouvoir qui est octroyé, un pouvoir
discrétionnaire à la ministre?
M. Tremblay-Parent
(Gabriel) : Mais il faut avoir en tête que c'est pour y substituer un
autre usage d'utilité publique, là, ou un autre usage, là, avec les nouveaux
qui sont introduits, là, prestations de santé et services sociaux, éducation, là, qui sont prévus à
l'article 37, là. Donc, c'est comme une permission, finalement, qui est
demandée à la ministre responsable des terres du domaine de l'État.
Mme Setlakwe :
OK. Puis là est-ce qu'il y
aurait... on reprendrait le processus que Mme Ste-Croix a mentionné,
la consultation, etc.?
M. Tremblay-Parent
(Gabriel) : Bien, il y a... ce serait également... puisque c'est
l'exercice d'un pouvoir discrétionnaire, tu sais, ça doit être fait de façon
justement cohérente, en suivant les mêmes étapes, là, c'est-à-dire si c'est
opportun, évidemment, de s'assurer que le besoin est là, puis que...
Le Président (M.
Schneeberger) : D'autres questions, ça va?
Mme
Setlakwe : Mais je ne vois pas que l'on doit toujours respecter ces
conditions-là. C'est sous-entendu, selon vous?
M. Tremblay-Parent (Gabriel) : Bien,
en fait, c'est le... un pouvoir discrétionnaire, ça ne peut pas être exercé de
façon arbitraire, là. Donc, tu sais, évidemment, la ministre va devoir
l'exercer, là, avec le discernement qui lui... qui doit être fait, là, pour
l'exercice du pouvoir. Donc, tu sais, il n'y a pas de condition inférieure ou
supérieure à ce qui est prévu, là, pour la cession initiale, là, c'est les
mêmes étapes.
Mme
Setlakwe : ...
Le Président (M.
Schneeberger) : Oui, allez-y, d'autres questions?
• (12 h 30) •
Mme
Setlakwe : Oui. Mais c'est juste que, là, on est en train de vraiment
élargir le... C'est un... c'est un pouvoir qui existait déjà, où il y avait
des... il y avait de ces cessions-là qui étaient permises dans le régime
actuel, mais là on est en train de l'étendre
à tout un nouveau territoire pour des fins élargies, mais on n'a pas jugé bon
de prévoir une mécanique un peu plus serrée, de... par rapport à... là,
peut-être, je pose la question à la ministre, là, de... Parce qu'on ne voit pas
tout le régime. On nous explique les étapes à suivre puis que c'est... la
demande doit venir d'une municipalité. On
l'a expliqué verbalement, mais, ensuite, là, on voit que ça peut... Ça semble,
à la lecture de... à la lecture du... bien, du premier... premier alinéa,
premier paragraphe, ça semble être assez simple, le mécanisme pour venir
changer les... venir substituer l'usage.
Mme
Laforest : Bien, en fait, s'il y a une demande, par exemple, à la
ministre, la ministre fait la demande à l'administratif et l'administratif fait
le travail, là, ce n'est pas... Puis là, c'est à ce moment-ci que tout est
transparent, tout est légal, là, mais ce n'est pas... C'est juste que moi, je
peux transmettre la demande.
Le Président (M.
Schneeberger) : Alors, compte tenu de l'heure, nous allons suspendre,
et nous revenons après les affaires de la période courante.
(Suspension de la séance à
12 h 31)
(Reprise à 15 h 27)
Le Président (M.
Schneeberger) : Alors, bon après-midi à tous. Alors, la Commission de l'aménagement
du territoire reprend ses travaux.
Alors, nous
poursuivons l'étude détaillée du projet de loi n° 57, Loi édictant la Loi
visant à protéger les élus et à favoriser l'exercice sans entraves de leurs
fonctions et modifiant diverses dispositions législatives concernant le domaine
municipal.
Alors,
à la suspension, nous étions à l'article... ou 139.4. Est-ce qu'il y avait
d'autres questions pour cet article? Député de Taschereau.
M. Grandmont :
Oui, merci beaucoup, M. le
Président. Simplement pour bien comprendre... Mais je ne sais pas, en
fait, si la discussion avait été terminée, là, entre ma collègue de Mont-Royal—Outremont et Mme la
ministre.
Le Président (M.
Schneeberger) : Non, elle n'a pas été terminée, mais c'est... ce n'est
pas grave.
M. Grandmont :
Ah! OK. OK. On reprend où on était. C'est correct. On
reprend... On repart en neuf?
Le Président (M.
Schneeberger) : Oui. Ah non, continuez, continuez.
M. Grandmont :
Excellent. Oui, donc j'avais une question,
moi, par rapport à ça : «Le ministre», donc, «peut, à la demande du cessionnaire, modifier les
conditions prévues aux lettres patentes ou à l'acte notarié pour substituer».
Oui, c'est ça, ça me revient. Quand Mme la
ministre a lu l'article 139.4, elle a eu... elle a accroché sur le mot
«substituer» puis elle a dit
«subdiviser», puis elle s'est reprise tout de suite après. Mais ça m'a fait
réaliser qu'on n'avait pas abordé la notion de la taille du lot, en
fait, ou du terrain, en fait, qui appartient aux terres publiques, aux terres
du domaine de l'État. Comment ça se passe, concrètement, là? Est-ce que,
facilement, la ministre peut séparer une terre puis en offrir seulement une partie, ou est-ce que c'est l'entièreté du lot qui
est donné à la municipalité qui en fait la demande, ou évidemment au centre de
services scolaire, ou à l'agence de santé? Bref, j'aimerais comprendre un peu,
là, comment ça se... concrètement, ça s'opère, cette partie-là.
Mme Laforest :
Oui. Oui. Alors, il va y avoir une
évaluation de la terre, donc la terre pourrait être cédée en lots. Donc,
il pourrait y avoir... Ça, ça pourrait être possible.
M.
Grandmont : Donc, ça pourrait être possible?
Mme
Laforest : Parce que la terre sera évaluée par un arpenteur. Puis, à
ce moment-là, c'est sûr qu'il y aura subdivision ou encore... dépendamment de
la demande, là. Ce serait possible.
M.
Grandmont : Puis ça se fait à la demande de qui? Je veux dire,
ultimement, c'est la... c'est la ministre qui
va demander... qui va... qui va choisir, qui va déterminer. Mais la taille du
lot, en fait, là, qui va être offert, ça va être bâti sur la demande du
requérant?
Mme Laforest : Oui, c'est en
fonction des besoins, en fonction des besoins et de la demande aussi.
M. Grandmont : En
fonction de la demande et des besoins. D'accord. Parce que j'imagine qu'une
terre... peut-être que... je ne sais pas si vous avez l'information, là, mais
les terres du domaine de l'État, puis je n'ai pas été sur les cartes, là, de...
où on pourrait avoir le zonage puis les numéros de lots, mais j'imagine que
c'est des lots qui sont assez considérables, donc on devrait avoir
systématiquement... bon, presque systématiquement, en fait, là, des
subdivisions de lots pour offrir une partie seulement à la municipalité.
Le Président (M. Schneeberger) : Oui.
Mme Ste-Croix.
• (15 h 30) •
Mme Ste-Croix (Lucie) : Merci. Bien,
en fonction... La superficie va être évaluée en fonction de la demande de la municipalité ou de la personne qui a fait...
qui a fait la demande. Des lots... Si on est en territoire arpenté, donc là où
il y a des numéros de lots, vous faites référence à des... à des numéros de
lots, là, cadastrés, bien, s'il faut scinder le
lot cadastré en parties, bien, ce sera possible de le faire. Donc,
l'arpenteur... Tout à l'heure, quand j'ai mentionné, là, le processus à
travers lequel une telle demande... processus administratif à travers lequel
une telle demande devait cheminer, vers la
fin, je vous ai mentionné l'arpentage. Donc, il faut que le terrain qui va être
cédé gratuitement soit arpenté, donc les subdivisions sont certainement
possibles.
M. Grandmont : D'accord, d'accord.
Les terres du domaine de l'État, là, est-ce qu'on a une idée du nombre de
kilomètres carrés ou d'hectares, je ne sais pas comment vous le calculez, là,
mais que ça représente au Québec?
Mme Ste-Croix (Lucie) : 92 % de
la superficie du Québec est... est publique.
M. Grandmont : 92 % de la
superficie du Québec. Donc, c'est un vaste, vaste, vaste territoire. J'imagine qu'on n'a pas, sur l'ensemble de ce territoire-là,
fait des inventaires écologiques, par exemple, de ces terres-là pour les
caractériser. Est-ce qu'on... Est-ce que...
Ou est-ce qu'il y a une partie de ces terres de l'État là qui ont été
caractérisées, d'un point de vue d'inventaire écologique, par exemple?
Mme Ste-Croix (Lucie) : Bien, il
faudrait poser la question aux collègues du ministère de l'Environnement, de la
Lutte contre les changements climatiques, de la Faune et des Parcs.
M. Grandmont : D'accord. Est-ce
qu'on...
Mme Ste-Croix (Lucie) : C'est leur
responsabilité de caractériser l'écologie, là, si vous voulez.
M. Grandmont : Oui, d'accord. Puis
est-ce qu'on... Est-ce que c'est possible d'avoir quelqu'un... Est-ce qu'il y a
quelqu'un ici, là, qui est habilité à répondre à cette question-là?
Mme Ste-Croix (Lucie) : Je ne crois
pas.
M. Grandmont : Non? Donc, OK. Donc,
dans le cas où on aurait éventuellement une municipalité, on va en traiter à
139.5, ou encore dans les cas qu'on a vus jusqu'à maintenant, là, les centres
de services scolaires où, encore une fois, là, le milieu de la santé voudrait
utiliser une partie, une terre du domaine de l'État, où est-ce que s'insère la
partie d'évaluation, d'inventaire écologique de ces terres-là dans le
processus, là?
Mme
Ste-Croix (Lucie) : Bien, dans le processus que j'ai mentionné tout à
l'heure, là, qui comprend huit étapes, il y en a une qui vise la
consultation de certains ministères et organismes. Donc, si une demande de
cession à titre gratuit était reçue, en
fonction des amendements qu'on a sous les yeux, bien, nécessairement que je
pense à deux ministères en particulier, ça n'exclut pas les autres, mais deux
ministères en particulier seraient consultés, celui des Affaires municipales et
de l'Habitation, celui de l'Environnement, de la Lutte aux changements
climatiques, de la Faune et des Parcs également. Et ce dernier ministère
pourrait soulever, par exemple, des enjeux de nature écologique, soit une
espèce menacée, vulnérable, une plante particulière, quelque chose qui ferait
en sorte que la cession ne pourrait pas avoir lieu ou, en tout cas, ne pas...
ne pourrait pas avoir lieu sur une partie de ce qui est visé. C'est possible.
M. Grandmont : Donc, même chose pour
un milieu humide, évidemment, aussi...
Mme Ste-Croix (Lucie) : Tout à fait.
M. Grandmont : ...qu'on veut
chercher à protéger. D'accord. Et donc, dans ces cas-là, le... la ministre des Ressources naturelles et des Forêts, puisque c'est
elle qui va, dans le fond, céder cette terre-là, pourrait décider de quoi?
De céder un autre terrain qui aurait une valeur écologique, par exemple, moins
importante ou qui pourrait demander des mesures de mitigation ou de
compensation s'il y a perte de milieux humides? Ce serait... Ce serait elle qui
ferait ça ou c'est... c'est plus le ministère de l'Environnement, dans le fond?
Mme Ste-Croix (Lucie) : C'est plus
le ministère de l'Environnement qui... qui ferait ça s'il y avait lieu de le
faire. Mais, dans le cas particulier que vous soulevez, la ministre des
Ressources naturelles et des Forêts ne pourrait pas céder
une partie du lot, par exemple, qui serait visé par une espèce de plante qu'il
faut protéger ou quelque chose comme ça, là. Donc, la partie... la partie du
territoire visée serait exclue de la cession à titre gratuit, nécessairement.
M. Grandmont :
Oui, d'accord. D'accord. Les terres du domaine de l'État, généralement,
j'imagine que ce n'est pas... ce n'est jamais zoné agricole.
Mme Ste-Croix (Lucie) : C'est possible qu'il y
ait des terres publiques qui soient sous cultures par des agriculteurs. On
ne peut pas l'exclure, mais on peut... on peut dire que la grande majorité des
terres agricoles sont privées.
M.
Grandmont : Oui, donc... puis donc, aussi, incidemment, le corollaire
de ça, c'est que la grande majorité des terres qui appartiennent au domaine de
l'État ne sont pas zonées agricoles. On pourrait dire ça aussi?
Mme Ste-Croix
(Lucie) : Oui.
M. Grandmont : Oui, effectivement. Donc, dans le fond, on aurait
des terres qui pourraient être données éventuellement à des municipalités,
ou à des centres des services scolaires, ou à des... à l'agence de santé... Santé
Québec, on va le résumer comme ça, et il n'y aurait aucun contrôle qui serait
fait outre que le ministère de l'Environnement, la ministre des Affaires
municipales. Mais la CPTAQ n'interviendrait jamais sur des... ou à peu près
jamais, on peut le supposer, sur des cas comme celui-là. Donc...
Mme Ste-Croix (Lucie) : Ou... Non, mais la CPTAQ,
si on était en terres agricoles publiques, serait nécessairement interpellée,
là, c'est sa fonction de défendre l'usage...
M.
Grandmont : Oui, évidemment. Elle, c'est le domaine agricole, c'est
ça.
Mme Ste-Croix
(Lucie) : Pardon?
M.
Grandmont : Elle, c'est le domaine agricole de toute façon, c'est ça.
Mme Ste-Croix
(Lucie) : Oui.
M.
Grandmont : C'est ça.
Le Président (M.
Schneeberger) : Mme la ministre souhaite intervenir.
Mme Laforest :
Oui. Bien, j'aimerais quand même
ajouter. Parce qu'aux Affaires municipales, oui, on a consulté, comme à l'Environnement, mais aux Affaires
municipales, on arrive tout de suite avec les schémas d'aménagement, puis
dans le schéma d'aménagement, il y a... c'était identifié, des terres
agricoles. Donc, c'est tout de suite transparent, on le voit tout de suite.
M.
Grandmont : Oui, en même temps, là, ce qu'on a dit, tantôt, c'est que
les terres, dans le fond, pourraient être
cédées à des municipalités, on va le voir tantôt, si c'est déjà inclus dans le
schéma d'aménagement ou si on modifie le
schéma d'aménagement pour intégrer, dans le fond, ces terres-là. Donc, on
demanderait aux municipalités, avant de céder la terre, que le schéma
d'aménagement soit modifié pour pouvoir intégrer ces terres-là, finalement,
dans l'actif de la municipalité.
Mme
Laforest : Oui, exactement, soit conforme. Donc, il faut absolument
que le schéma d'aménagement soit conforme.
M.
Grandmont : Donc, la ville aurait simplement à faire une modification
de son schéma d'aménagement pour devenir conforme et se voir, finalement,
donner une terre appartenant à l'État.
Mme
Laforest : Bien, la ville fait une demande... fait son changement au
niveau du schéma d'aménagement. Comme les... le processus, c'est la même chose,
il est accepté ou refusé, là, aux Affaires municipales.
M.
Grandmont : OK. Mais, en même temps... En même temps, là, donc, les
Affaires municipales seraient à la fois
chargées de juger de la validité du nouveau... du schéma modifié puis, après
ça, seraient chargées aussi de donner, de céder une terre du domaine de
l'État.
Mme
Laforest : Tout à fait, en respect de nos OGAT et de...
M.
Grandmont : OK. Oui, bien, c'est ça, là, c'est que...
Mme
Laforest : ...notre politique d'aménagement. Oui, vous avez
raison. C'est un bon point, c'est une bonne piste.
M. Grandmont : Oui?
OK. C'est un bon point. Mais, en même temps, je suis en train de me
demander : Est-ce qu'on est en train de protéger notre... nos
milieux naturels avec une mesure comme celle-là?
Mme
Laforest : Bien, là, c'est sûr que c'est toujours en respect des
schémas d'aménagement. Donc, on ne change
pas la réglementation pour les schémas d'aménagement, en respect, exemple, pour
les terres agricoles, tout est... tout
est en fonction des orientations gouvernementales avec les neuf orientations
obligatoires qui doivent être identifiées avec la publication et la planification des MRC, comme je mentionnais
tout à l'heure, et la politique d'aménagement du territoire aussi.
M.
Grandmont : Mais là, c'est une mesure qui pourrait être prise comme
une mesure pour protéger le milieu agricole, c'est-à-dire qu'il y aurait
peut-être moins de demandes de villes pour dézoner des terrains... des terres
agricoles. En soi, ce n'est pas une mauvaise chose, là, on veut les protéger,
nos terres agricoles. Mais là, de l'autre
côté, on viendrait... le gouvernement du Québec viendrait donner gratuitement
des terres, sur lesquelles on peut imaginer qu'il y a de la forêt puis
des milieux humides, puis on les donnera aux municipalités pour qu'elles
puissent se développer. Parce que c'est ce qu'on envoie comme message aussi,
c'est du développement urbain, là. On pourrait construire du résidentiel plutôt
que de favoriser, peut-être, une plus grande densification des milieux déjà
bâtis?
Mme
Laforest : Bien, il faut être prudents, parce que, quand un schéma
d'aménagement est accepté, est adopté, bien,
les autres ministères aussi l'ont évalué, là. Il n'y a pas juste les Affaires
municipales, là. Par exemple, il y a le ministère du Transport qui évalue aussi la demande. Donc, les autres
ministères aussi évaluent... ont leur mot à dire, là, dans les schémas
d'aménagement.
M. Grandmont :
Est-ce que vous avez fait une
évaluation de cette mesure-là quant aux objectifs de réduction de
l'étalement urbain? Est-ce qu'il y a une évaluation des risques à
l'augmentation de l'étalement urbain aux yeux de cette disposition-là?
Mme
Laforest : Bien, les... au niveau... comme je le mentionnais :
politique d'aménagement du territoire qui a
été adoptée en 2022, respect des orientations gouvernementales, donc, c'est sûr
que dans les orientations gouvernementales, dans la politique
d'aménagement du territoire, les périmètres urbains sont vraiment très, très
bien considérés, et c'est la première obligation d'essayer de construire dans
le périmètre urbain. Ça fait que c'est sûr que, s'il y a une demande très, très
loin, à ce moment-là, on recommence l'évaluation.
M.
Grandmont : Mais, en même temps, pourquoi avoir besoin de mettre cette
mesure-là, si on dit : On va respecter nos périmètres urbains puis on va
favoriser une certaine densification? Puis même, il y a des municipalités qui
s'organisent, dans la Communauté métropolitaine de Montréal, Mme la ministre
est au courant, là, qu'il y a une espèce de péréquation qui s'effectue dans les
villes, par exemple, où on a atteint la limite de ce qu'on pouvait construire. Donc, les villes s'arrangent entre
elles pour redistribuer des revenus, pour éviter que certaines municipalités
fassent du dézonage à outrance ou, en tout cas, demandent du dézonage à
outrance, puis, en même temps, aient la possibilité d'avoir des revenus pour
être capables de mettre en place leurs budgets puis les faire fonctionner, que
ça soit logique puis que ça fonctionne.
• (15 h 40) •
Donc, cette
mesure-là, est-ce que ça semble... Moi, en tout cas, ça me semble
contreproductif sur l'enjeu de l'étalement urbain. On est en train de donner la
possibilité, peut-être, d'un côté, de mieux protéger notre territoire agricole,
mais, de l'autre côté, c'est des forêts appartenant au domaine de l'État qu'on
va transférer dans le domaine des
municipalités pour qu'elles puissent continuer à se développer. Tantôt, on
parlait des écoles, des centres de services scolaires. C'est des
institutions qui sont assez grosses, volumineuses, qui prennent de l'espace. Je
peux comprendre, à la limite, que, dans une MRC, quand on veut se doter de
services qui sont importants, peut-être qu'on n'a pas tout le temps les terrains requis puis on veut faire
attention aux terres agricoles, mais là, pour du développement résidentiel,
alors qu'on pourrait faire de la densification, j'ai de la misère à m'expliquer
comment on peut être cohérent à la fois avec,
d'un côté, les objectifs de la LAU, de la Loi sur l'aménagement et l'urbanisme, puis, de l'autre côté, offrir plus de possibilités de développer
autour des municipalités du Québec en cédant gratuitement des terres du domaine
de l'État.
Mme
Laforest : Là, vous parlez de l'article 139.5, le prochain
article qu'on discute. Parce qu'on va obliger aussi la... Je lis juste un petit
paragraphe, là, parce qu'on va arriver là tout de suite après : «La
municipalité doit transmettre au ministre avant la cession un plan de
développement des terres qui précise la nature du projet...» Donc, il y a une obligation de déposer le plan de
développement. À ce moment-là, tout de suite, on arrive avec les obligations :
schéma d'aménagement, aménagement du territoire, le schéma d'aménagement
accepté aussi avec la MRC, le plan d'urbanisme de la municipalité.
Ça fait que ça, là,
vous êtes... vous nous devancez parce que c'est l'article suivant, l'obligation
d'un dépôt de plan de... du plan de développement des terres.
M. Grandmont : OK, parfait. Bien, on
pourra en jaser tantôt, de cette partie-là. On a comme bifurqué un petit peu,
mais vous voyez un petit peu qu'on a... la discussion qu'on aura tantôt, là,
sur 139.5, là, quelque chose sur laquelle on
a beaucoup de préoccupations, chez nous. On veut protéger notre territoire
québécois puis on veut s'assurer qu'on n'est pas en train de déshabiller
Paul pour habiller Jean, à quelque part, là.
Mme
Laforest : D'accord. Merci.
Le Président (M. Schneeberger) : Ça
va? Pas d'autres questions? Alors, est-ce que l'article 139.4 est adopté?
Des voix : Adopté.
Le Président (M.
Schneeberger) : Adopté. 139.5.
Mme
Laforest : Article 139.5, articles 40.0.1 et 40.0.2 de la
Loi sur les terres du domaine de l'État.
Insérer, après
l'article 139.4 du projet de loi tel qu'amendé, le suivant :
139.5. Cette loi est
modifiée par l'insertion, après l'article 40, des suivants :
«40.0.1.
Le ministre peut, par la délivrance de lettres patentes ou par acte notarié en
minute, céder à titre gratuit à une
municipalité des terres sous son autorité, ainsi que les bâtiments, les
améliorations et les meubles qui s'y trouvent, à des fins de
développement urbain.
«La
municipalité doit transmettre au ministre avant la cession un plan de
développement des terres qui précise la nature du projet de
développement urbain et qui démontre ses besoins.
«Le plan de
développement peut prévoir qu'une partie des terres cédées en vertu du présent
article sera affectée à un usage prévu au premier alinéa de l'article 37.
«40.0.2. Lors d'une
cession à des fins de développement urbain, les lettres patentes ou l'acte
notarié peuvent prévoir des clauses restrictives, notamment pour assurer le
respect du plan de développement des terres.»
Alors :
«À l'expiration d'un délai de 30 ans à compter de la date de la cession,
ces clauses cessent de s'appliquer et la cession devient irrévocable.»
Cet
amendement propose d'introduire dans la Loi sur les terres du domaine de l'État
les nouveaux articles 40.0.1 et 40.0.2.
L'article 40.0.1
proposé vise à permettre à la ministre des Ressources naturelles et des Forêts
de céder à titre gratuit des terres sous son
autorité à des municipalités à des fins de développement urbain. La
municipalité concernée devrait
transmettre à la ministre un plan de développement des terres qui précise la
nature du projet de développement et qui démontre ses besoins. Les dispositions
de la Loi sur l'aménagement et l'urbanisme, notamment, s'appliqueraient
pour le développement des terrains ainsi cédés.
À l'heure actuelle,
la ministre des Ressources naturelles et des Forêts peut uniquement céder des
terres du domaine de l'État à titre gratuit pour un usage d'utilité publique
déterminé par règlement en vertu de l'article 37 de la Loi sur les terres
du domaine de l'État, ce qui exclut certains types de développement urbain,
notamment des développements résidentiels.
Par
ailleurs, l'article 40.0.2 de la Loi sur les terres du domaine de l'État
proposé vise à préciser que la ministre des Ressources naturelles et des Forêts pourra prévoir des clauses
restrictives à une cession de titre gratuit à des fins de développement urbain,
notamment pour assurer le respect du plan de développement des terres. La durée
de ces clauses serait d'un maximum de 30 ans.
Alors, ici, on vient
soutenir le développement des collectivités et optimiser l'utilisation des
terres du domaine de l'État. Donc, les municipalités pourraient acquérir plus
facilement des terrains pour, par exemple, des écoles, des hôpitaux qui ont un
potentiel de développement pour favoriser également, par exemple, de nouveaux
logements sociaux.
Le Président (M. Schneeberger) : Voilà.
Est-ce qu'il y a des questions sur 139.5? Députée de Mont-Royal—Outremont.
Mme Setlakwe : Merci, M. le Président.
Je ne veux pas qu'on reprenne toute la discussion qu'on a depuis ce matin, mais il me semble que le libellé est un peu
différent ici. Donc, on comprend que c'est la mécanique, que la municipalité
doit transmettre un plan de développement des terres, et c'est la nature du
projet de développement urbain et qui demande... et qui démontre ses besoins.
Est-ce que... Dans le premier article qu'on a regardé ce matin, il me semble
qu'on ne parlait pas de développement urbain. On s'en tenait à des fins
éducatives ou d'utilité publique. Juste nous expliquer le... Pourquoi on
utilise ce libellé plus large.
Mme Laforest :
Bien, en fait, c'est sûr que dans la... dans la vision, exemple, là, d'un
terrain pour une école, ou je pourrais
donner comme exemple une vieille école qui est peut-être désaffectée, ou encore
il y a une terre de l'État qui est à côté, qui est disponible, à ce
moment-ci, on peut construire une école. La municipalité en fait la demande. Puis comme notre priorité, c'est la construction
de logements, à ce moment-ci, s'il y a un terrain qui est disponible ou
encore si... comme si... comme il est mentionné ici, soit pour un bâtiment
également, ça pourrait être possible pour construire du logement, c'est dans la
vision de la pénurie de logements.
Mme Setlakwe :
Merci.
Le Président
(M. Schneeberger) : Ça va? D'autres questions?
Mme Setlakwe : Est-ce que
qu'on... On veut prévoir des délais à ce processus-là? Comme à quel moment
est-ce que les réponses doivent être données? Le partage d'information, est-ce
que c'est prévu ailleurs?
Mme Laforest : OK.
Je vais laisser, pour les délais, la sous-ministre aux Ressources naturelles...
Je ne sais pas, au niveau des délais pour les terres et les permis, je
ne sais pas s'il y a un délai.
Le Président
(M. Schneeberger) : Mme Ste-Croix.
Mme Ste-Croix
(Lucie) : Bien, il n'y a pas de délai prescrit si c'est votre
question. Cependant, ce matin, là, j'énonçais les différentes étapes du
processus administratif à travers lequel une demande devrait cheminer. Puis je vous expliquais qu'à l'heure actuelle, les
demandes qu'on reçoit pour les municipalités qui sont au nord du 49e, parce que
c'est ce qui est possible à l'heure actuelle, bien, il y a 12 étapes.
Donc, c'est très, très long. C'est très, très long. Ça peut prendre entre un et deux ans et demi. C'est
très, très long. Donc, il y a certainement... Il y a nécessité, là, de venir réduire ce délai-là, justement pour ne pas contrer
l'effet de la disposition. Ici, on vise à permettre aux municipalités de
pouvoir continuer leur développement urbain.
Donc, ça peut vouloir dire de la construction de logements pour répondre
aux enjeux de pénurie de logements. Ça peut
aussi être du développement commercial, un centre d'achats, par exemple,
ou un regroupement de magasins pour bien servir la population. Ça pourrait être
encore un développement industriel qui pourrait être... qui pourrait être
l'objet de la terre cédée, tout ça devant être présenté par la municipalité
dans ce... dans le document qu'elle devra
soumettre, là, dans un plan de développement qui vient expliquer ce qu'elle
souhaite faire avec la terre qu'elle demande en cession gratuite, là.
Mme Setlakwe :
Merci.
Le Président
(M. Schneeberger) : Ça va? Questions? Députée de Chomedey.
Mme Lakhoyan
Olivier : Merci. Je trouve que c'est... Cette proposition-là est
encore très large. Et puis, comparée à l'autre où on dit : C'est pour des
écoles, ou pour service ou hôpital, là, on dit «développement urbain»,
l'exemple que vous avez donné pour les logements, peut-être, mais là, c'est
n'importe quoi, en fait, n'importe quoi. Si la municipalité démontre le besoin
pour n'importe quel développement, donc, il y a la possibilité. J'ai bien
compris ça? C'est n'importe quoi, vraiment, là, que la municipalité a besoin.
Mme
Laforest : Bien, en fait, là, on parlait, ce matin, écoles. Mettons,
une école, un hôpital ou encore, si on peut... s'il y a une demande pour
construire du logement, on ne pourrait pas refuser de construire du logement à
côté d'une école, puis en plus si on est à l'intérieur du périmètre urbain.
Mais il faut toujours avoir en tête qu'il y a des obligations, respect du
schéma d'aménagement, et tout, et tout, comme j'ai expliqué tantôt. Mais là,
c'est sûr que si, admettons, une école désaffectée ou encore un vieux garage
municipal, puis il y a une terre en friche à côté, donc c'est sûr que, dans la
logique, c'est important d'essayer de reprendre le bâtiment, exemple, le vieux
bâtiment, le vieux garage municipal. Mais là, je donne des exemples comme ça,
mais on est toujours en... puis c'est pour ça, on appelle ça du développement.
Le plan de développement est déposé. Maintenant, il va-tu être accepté ou
refusé? Il faut respecter les orientations gouvernementales et toute la
procédure. Mais c'est sûr que si on construit une école sur une terre de l'État qui est disponible, puis on
interdit d'avoir du logement autour, ce serait complètement illogique, là. Ça
fait que c'est pour ça qu'on peut permettre cette mesure-là.
Mme Lakhoyan Olivier : Mais madame a continué en
disant «centres d'achats», donc c'est n'importe... n'importe quel
projet, si je comprends bien.
Mme
Laforest : Bien, je vais vous donner le... un exemple important. Mais
c'est sûr qu'il y aurait tellement d'exemples
à donner. Exemple, une épicerie dans un petit village, bien, c'est sûr qu'il y
a une nécessité, là. D'ailleurs, on a quand même plusieurs demandes au
niveau des commerces de proximité puis on a fait un programme pour ça aussi parce qu'on avait plusieurs demandes. Mais s'il
y a une école nouvelle avec... puis c'est dans le périmètre urbain, avec
du logement social, et il y a une possibilité d'avoir une épicerie, il faudrait
quand même... il faudrait... dans toute
logique, ce serait important de ne pas refuser. Mais l'évaluation est là,
vraiment, là, autant pour les terres agricoles, comme toutes les
exigences sont importantes à respecter.
Mme Lakhoyan
Olivier : Pourquoi on a fait deux... deux... deux amendements? On
n'aurait pas pu mettre tout ça dans une?
Mme
Laforest : Oh mon Dieu! Là, vous allez, là...
• (15 h 50) •
Mme Lakhoyan Olivier : Tu sais, c'est parce
qu'on parle de scolaire, santé, social, puis là, on ajoute un autre.
Pourquoi on n'aurait pas pu mettre tout dans une?
Mme Laforest :
Votre question est bonne. Je vais laisser Me Tremblay répondre.
Le Président (M.
Schneeberger) : Me Tremblay-Parent.
M.
Tremblay-Parent (Gabriel) : Oui. Bien, en fait, là, il faut... il faut quand
même distinguer les deux mesures. Dans le sens que, tu sais, la
première, celle qui modifie l'article 37, on est vraiment dans la cession
à titre gratuit pour
la cession... pour des usages spécifiques, là, donc santé, éducation ou
d'autres usages qui sont prévus par règlement. Quand on est à l'article 40.0.1,
on est vraiment dans une cession à une municipalité, là. Cette particularité-là
ne se retrouve pas à 37. 37, ça pourrait
être, mettons, un CISSS ou un centre de services scolaire, etc. Donc, 37, c'est
vraiment de façon générale mais pour des usages précis. Tandis que là,
on est plus pour du développement en général, évidemment en fonction des
besoins, mais à une municipalité. Donc, c'est vraiment pour du développement
urbain municipal, donc on est finalement
pour des objectifs, là, différents, donc c'était... Pour plus de clarté, là, ça
valait la peine de séparer les deux articles.
Mme Lakhoyan Olivier : Ça a du sens.
J'ai une autre question à la ministre.
Le Président (M. Schneeberger) : Allez-y,
Mme la députée de Chomedey.
Mme Lakhoyan Olivier : Est-ce qu'on
mettrait la priorité sur l'article 13, les besoins, pour école, hôpital,
prioritaires au magasin, par exemple, si on a des demandes en même temps?
Mme Laforest : La priorité, bien là,
c'est sûr qu'il faut respecter les demandes, l'autonomie municipale. C'est sûr que si une municipalité... Ça dépend des
municipalités. On ne peut pas dire... Par exemple, si les écoles, il y en a assez
sur le secteur, mais il n'y a pas assez de logements, puis il y a un vieux
garage municipal ou une terre de l'État à côté qui est disponible... Ça dépend
des projets.
Mme Lakhoyan Olivier : C'est bien.
Merci beaucoup.
Mme Laforest : Merci.
Mme Lakhoyan Olivier : Merci, M. le
Président.
Le Président (M. Schneeberger) : Ça
va. D'autres questions? Député de Taschereau.
M. Grandmont : Oui, merci beaucoup.
Mme la ministre a dit que ça répondait à des demandes des unions, quand on a
amorcé la discussion, là, plus tôt aujourd'hui, là. Qui, exactement? Est-ce que
l'UMQ, la FMQ, certaines villes en particulier ont demandé ça?
Mme Laforest : Quelles demandes?
M.
Grandmont : Pour être capables de faire des cessions de terres
appartenant à l'État québécois à des municipalités?
Mme Laforest : Bien, en fait... Oui,
c'est ça. C'est quand même l'ensemble, c'est l'ensemble du milieu qui demandait ça, si c'était possible d'avoir des
projets sur des terres de l'État, puis c'est dans la foulée, là, des
discussions.
M. Grandmont : OK. Donc, autant à
l'UMQ qu'à la FQM, on vous demandait ça.
Mme Laforest : Oui, oui, oui. Les
deux.
M.
Grandmont : D'accord. Puis ça répond à quel besoin, hein?
Parce qu'il me semble que quand on a discuté dans le... dans la révision
de la Loi sur l'aménagement et l'urbanisme, là, on avait eu des bonnes
discussions, là, notamment, on avait discuté
du préambule. Je n'irai pas dans le détail, mais je vais rester dans le
général. En fait, dans le préambule, on disait, là... il y avait une...
C'est quand même intéressant, hein, cela dit, d'avoir des préambules à un projet de loi. Rares sont les projets de loi où il
y en a, puis j'apprécie celui, particulièrement, là, de la LAU. Mais, entre
autres, on dit, c'est le troisième et le quatrième considérant :
«Considérant que ce territoire est à la fois une richesse inestimable et une ressource limitée et qu'il
importe de le protéger et de le mettre en valeur au bénéfice des générations
actuelles et futures». Puis le quatrième
considérant, c'est : «Considérant que les actions humaines sur le
territoire produisent des effets persistants».
Moi, je reviens à cette possibilité qu'on
voudrait donner aux municipalités d'acquérir gratuitement, par cession du gouvernement
du Québec, des terres qui sont potentiellement des forêts, des milieux qu'on
pourrait mettre en valeur, puis, de l'autre côté, on dit qu'il faut protéger ce
territoire-là. J'ai de la misère à faire l'adéquation entre les deux. D'un
côté, on veut protéger le territoire. De l'autre côté, on dit : Bien, vous
avez juste à demander, ce n'est pas sûr que
vous allez l'avoir — mais, tu
sais, il y a des balises, là, on pourra en discuter après — mais on va vous céder ces
territoires-là pour que vous puissiez... Il me semble que la logique, ça aurait
été de dire : Bien, on devrait changer les façons d'occuper le territoire
puis de faire de la densification, par exemple, sur un territoire.
Mme Laforest : Ah! mais on a changé
la manière d'occuper le territoire, là, avec les OVT, c'est vraiment important,
là, de le mentionner, là, parce que, par exemple, s'il y a encore de l'espace
dans une MRC puis il y a des demandes de
développement dans une autre MRC à côté, ça aussi, on a légiféré pour ça, là.
On a vraiment travaillé pour que toutes les parcelles de terrain soient
bien occupées avant d'accepter d'autres projets dans d'autres MRC. Puis ça, ça s'est fait aussi avec la Loi sur l'aménagement et
l'urbanisme. Puis dites-vous que c'est important de mentionner, toujours,
priorités : santé, éducation puis logement. Donc, on a des priorités, là.
Ça fait un bout qu'on parle de logement, les
écoles, les services de santé. Donc, c'est sûr qu'il faut... il faut
vraiment... il faut comprendre que s'il y a une terre qui est cédée pour
un hôpital, bien, c'est parce qu'il y a des besoins du milieu aussi. Puis on a
tellement de statistiques, par exemple, pour le mouvement de population, ça
fait qu'on sait que s'il y a une municipalité qui a beaucoup plus de citoyens,
pas assez de logements, puis les deux MRC à côté sont complètes aussi... Donc,
il y a des évaluations qui se font, puis c'est assez... c'est très, très bien
analysé.
M.
Grandmont : OK. Mais vous me dites... vous me dites une chose qui
est... d'abord, qu'il y a plusieurs mécanismes
de protection ou de cheminement pour se rendre jusqu'à la cession d'une
terre... d'une terre. Ça peut être quand même relativement long, dans la
mesure où on doit évaluer est-ce qu'il y a des possibilités de développer
dans une ville contiguë, est-ce qu'il y a
une possibilité de faire de la densification, est-ce qu'il y a possibilité de
faire... d'utiliser un terrain qui appartient déjà à la municipalité,
est-ce qu'il y a moyen d'utiliser un terrain qui était en vente, sur lequel il
y aurait de la décontamination. Enfin, bref, on essaie d'évaluer les besoins
d'abord, puis après ça, ça devient comme la
deuxième option ou la troisième option potentielle. Mais, en même temps, vous
me dites que ça... les demandes sont
venues de plusieurs, plusieurs, plusieurs municipalités, que les deux unions
cherchaient à avoir cette modification-là, avoir cet outil-là. Ça fait que j'ai de la misère à comprendre. Est-ce
que les villes, dans les rapports que vous avez eus avec eux... est-ce que vous sentez qu'ils
comprennent bien que ce n'est pas un chèque en blanc puis ça ne sera pas si
facile que ça à donner? Si ça vient... S'il y a autant de demandes que
ça, pourquoi finalement...
Mme
Laforest : Bien, honnêtement, vous pourriez le demander aux villes.
Parce que, justement, les villes considèrent
parfois que l'acceptation des schémas d'aménagement, par exemple, avec les
plans d'urbanisme, c'est assez... c'est très sévère, c'est complexe.
Donc, moi, je vous laisserais peut-être poser la question aux unions. Parce que
je peux vous dire une chose, que, si vous posez la question aux villes :
Est-ce que c'est bien contrôlé? Sûrement que les villes vont dire : Très, très bien, parfois trop bien contrôlé.
Donc, tu sais, quand on joue même par MRC pour le développement dans
chacune des MRC, c'est parce qu'on a... on a essayé de penser à tout, là.
M.
Grandmont : D'accord. Mais donc, si on veut mettre ça en place, c'est
parce qu'on pense que ça répond à un besoin.
Mme Laforest :
Ah! bien oui, c'est certain.
C'est demandé, de toute manière. C'est... c'est vraiment demandé, là.
M. Grandmont :
Mais, en même temps, vous êtes...
vous dites, aujourd'hui : Mais, en même temps, on ne leur dira
pas : C'est oui automatique, ça va être compliqué, vous ne l'aurez pas,
c'est presque sûr.
Mme
Laforest : Bien, ce n'est pas... c'est... En fait, bien oui, c'est
compliqué un peu parce qu'on ne pourra pas
dire : On donne une terre de... on cède une terre de l'État parce qu'il y
a un projet de logement social, là. Il faut évaluer est-ce qu'on en a
vraiment bien besoin, est-ce qu'il y a assez de citoyens, est-ce qu'on a plus
de citoyens, plus d'habitants à cet
endroit-là. Si on a un... au niveau des écoles, le ministère de l'Éducation est
en mesure de savoir vraiment bien, là, où il y a plus d'élèves, dans quels
quartiers qu'il y a plus d'élèves. Ça, là, le ministère de l'Éducation a
plusieurs données aussi, là.
M.
Grandmont : OK.
Mme
Laforest : Ça fait que ce n'est pas un chèque en blanc du tout.
M. Grandmont :
Bien, c'est drôle, parce que j'ai
comme l'impression que, d'une part, les municipalités veulent l'avoir; de
l'autre côté, vous, vous ne voulez pas vraiment leur donner, mais ça apparaît
dans un amendement aujourd'hui. J'ai de la misère à suivre, honnêtement.
Mme
Laforest : Bien... Bien oui, bien... mais c'est tout à fait logique.
Si je vous disais : On cède les terres de
l'État à toutes les municipalités, mais on ne vérifie pas... Ça fait que,
moi... Bien, c'est sûr que, là... Je vais me reprendre. Si on n'avait pas défini et obligé la politique
d'aménagement du territoire, qui a été... qu'on a rencontré
480 organismes, 4 000 citoyens...
Tout le monde a travaillé sur la politique d'aménagement du territoire. Les
orientations gouvernementales, ça a
été près de quatre ou cinq ans de consultations, les... l'occupation pour la
vitalité du territoire aussi, il y a eu plusieurs consultations.
Donc, on connaît
vraiment les besoins dans chacune des régions, les priorités de chacune des
régions, puis, étant donné que, là, on a des besoins, par exemple, pour des
hôpitaux, des écoles, c'est pour ça qu'on a l'aide du ministère des Ressources naturelles, pour, justement, que le
gouvernement puisse offrir ce qui est dans son coffre-fort pour offrir des
terres de l'État. C'est quand même très, très positif. Mais ce n'est pas parce
qu'on fait ça que c'est : Prenez les terres, et vos projets seront
acceptés immédiatement, là, ce n'est pas ça du tout, du tout, parce qu'on reviendrait
à la case départ d'il y a six ans, là. Ça fait que c'est sûr que c'est ça qu'on
veut essayer de contrôler.
M. Grandmont : C'est drôle que vous
utilisiez l'expression «coffre-fort». Ce qu'on met dans un coffre-fort,
généralement, c'est précieux, puis on fait attention pour ne pas le dilapider.
Mme Laforest : Oui.
Bien, c'est précieux aussi, les terres de l'État, je vous le dis.
M. Grandmont : Bien, c'est
exactement pour ça que je vous pose toutes ces questions-là, aujourd'hui, c'est
parce que c'est précieux, puis je comprends
difficilement pourquoi on cède à des municipalités pour du développement urbain,
donc de la construction...
• (16 heures) •
Mme Laforest : Bien, on ne pourrait
pas laisser...
M. Grandmont : ...ou pour des
projets de «power centers», ou des projets de centre commercial.
Mme Laforest : Non...
M.
Grandmont : J'ai de la misère à comprendre la logique derrière
prendre ces terres-là, qui sont des milieux naturels la plupart du
temps, disons, puis les céder pour en faire du développement, alors qu'on
aurait peut-être pu travailler à consolider ce qui est déjà existant.
Mme Laforest : Bien, en fait, il y a
quand même une priorité. Quand on parle d'un hôpital, quand on parle d'une
école...
M. Grandmont : Ah! Mais ça, je vous
l'ai donné tantôt, là.
Mme Laforest : ...s'il y a un besoin
d'école, il faut quand même considérer qu'on a besoin de construire une école.
Puis vous savez comme moi, là, que les écoles, il y en a quand même plusieurs
qui sont vétustes, les hôpitaux aussi, les
CHSLD, des CPE. CPE, c'est plus récent, quand même, là, mais... Ça fait que
quand les priorités sont là dans la même... dans la municipalité...
Mais, pour moi, des terres... les terres de l'État, c'est important, là, c'est
vrai, c'est une richesse aussi. Mais si on la cède, c'est parce que c'est un
besoin de population, c'est un besoin important, là.
M.
Grandmont : Ça fait longtemps que les municipalités vous le
demandent, ça, que des terres du domaine public, du domaine de l'État
vous soient... leur soient cédées?
Mme Laforest : Pardon?
M. Grandmont : Est-ce que ça fait
longtemps que les municipalités vous demandent cet amendement-là, qu'ils
demandent d'avoir... on leur cède des terres publiques?
Mme Laforest : C'est dans la foulée
de l'entente de réciprocité, beaucoup de discussions, puis c'est dans ce
contexte-là.
M.
Grandmont : Donc, ça avait... Donc, on a eu quand même
plusieurs projets de loi, il me semble, je pense qu'on est rendu à notre
troisième...
Mme Laforest : Oui. Ah! On a fait...
M. Grandmont : ...depuis 2022.
Mme Laforest : Oui, plusieurs, oui.
M.
Grandmont : Donc, pourquoi ça apparaît aujourd'hui, puis que
ce n'est pas apparu avant, lors de la révision de la LAU ou des autres
projets de loi qu'on a faits ensemble?
Mme
Laforest : Bien, parce qu'il fallait absolument passer,
avant, l'obligation de la politique d'aménagement, l'obligation des
orientations gouvernementales, il fallait absolument revoir la Loi sur
l'aménagement et l'urbanisme. Le meilleur exemple, c'est comme tantôt, les MRC,
je vous mentionnais. Si on autorisait... Si on passait cette loi-là, et qu'il n'y avait pas d'obligation de
planification, de prévision et pas d'obligation du plan de développement, bien
là, c'est sûr qu'il y aurait plus d'inquiétude, là. Ça fait qu'il
fallait quand même y aller étape par étape. Puis on est allés le plus vite possible dans les projets de loi,
mais il fallait les faire avant, là. Tu sais, comme la Loi sur l'aménagement
et l'urbanisme, c'est une loi de
43 ans. Ça fait que c'est sûr que c'est... ça fait des projets de loi
assez lourds, des omnibus lourds. Mais là, on est arrivés, c'est pour ça
qu'on peut maintenant travailler pour...
M. Grandmont : M. le Président, il
me reste combien de temps?
Le Président (M. Schneeberger) : Allez-y.
M. Grandmont : Il me reste combien
de temps?
Le Président (M.
Schneeberger) : Pour le temps, exactement... bon, vous avez plus de
10 minutes.
M. Grandmont : Il me reste plus que
10 minutes?
Le Président (M. Schneeberger) : Oui.
M. Grandmont : OK, parfait.
Peut-être une question un petit peu plus technique, là. Est-ce que ça arrive
que des terres publiques, donc des terres du
domaine de l'État, se retrouvent à l'intérieur d'un périmètre d'urbanisation
d'une ville?
Mme Laforest : Oui.
M. Grandmont : Ça arrive?
Mme Laforest : Oui, souvent, oui.
M. Grandmont : Souvent?
Mme Laforest : Oui.
M.
Grandmont : OK. Puis, donc, ça fait déjà partie des
territoires qui, potentiellement, pourraient être développés?
Mme Laforest : Oui. Tout à fait.
M. Grandmont : D'accord.
Mme Laforest : Puis c'est ceux-là
que... Oui, je vais dire comme...
M. Grandmont : Pardon?
Mme Laforest : C'est... c'est
ceux-là que... c'est ceux-là qui sont priorisés, d'ailleurs.
M. Grandmont : C'est ceux-là qui
sont priorisés?
Mme Laforest : Oui.
M. Grandmont : Parfait. Vous savez,
il est tellement plus facile pour les promoteurs de développer des terres sur
lesquelles il n'y a rien. J'imagine que vous avez déjà eu plusieurs discussions
avec des organismes qui sont très ferrés dans le domaine de l'aménagement, de
l'urbanisme, qui répètent souvent qu'on devrait travailler à mieux réutiliser
les terrains qui sont déjà construits même si c'est plus difficile, même si ça
demande plus d'effort, ça demande plus d'argent, ça demande de la décontamination,
mais, en même temps, on travaille sur des terrains sur lesquels il y a déjà des infrastructures d'aqueduc, égout, électricité.
Il y a déjà des services, donc, qui sont offerts là-dessus. Dans quelle mesure on va être capables avec cette
disposition-là d'envoyer un signal clair aux municipalités que c'est ça
qu'on priorise davantage plutôt que la facilité de raser une forêt puis
construire à cet endroit-là?
Mme
Laforest : Bien, c'est certain qu'on a mis en place la Table Québec-Municipalités. Donc, les rencontres, même avec le
ministère, se font régulièrement. C'est sûr que ce sera connu, là, puis, de
toute manière, ils sont en attente de ces
travaux-là. Ça fait que c'est sûr que la collaboration, c'est à toutes les
semaines, avec les municipalités. Donc, c'est sûr que ce sera très, très
connu quand le projet de loi sera... sera adopté.
M.
Grandmont : Bien, c'est-à-dire, qu'est-ce qui va être très,
très connu? C'est-à-dire, cette nouvelle disposition-là va être connue?
Mme Laforest : ...le Muni-Express.
M. Grandmont : Pardon?
Mme Laforest : Le Muni-Express. Vous
savez, quand on termine un projet de loi, là, tout est à l'intérieur, tout est
bien expliqué.
M.
Grandmont : Oui, d'accord, mais est-ce que... Dans les
publications qui vont être faites, dans les communications qui vont être
faites auprès des municipalités, ça va être quoi qui va être dit? Est-ce qu'on
va dire : Nous avons fait adopter un nouvel amendement qui permet aux
municipalités de demander au ministre des Ressources naturelles et des Forêts
de lui céder des terres du domaine public? C'est ça qui va être communiqué aux
municipalités. Est-ce qu'il va y avoir quelque chose qui
va être communiqué à l'effet que nous vous engageons... nous vous demandons de, d'abord, prioriser les terrains qui sont déjà
développés dans vos municipalités avant de venir cogner à notre porte pour
avoir une terre... une terre du domaine de l'État?
Mme Laforest : Oui, bien, les...
elles le savent, puis comment on va y arriver, c'est... On va travailler encore
une fois dans chacune des régions. Par
exemple, là, on a les Affaires municipales, la direction des Affaires
municipales, dans toutes les régions du Québec. Donc, il y a de
l'accompagnement. Avec le ministère des Ressources naturelles, c'est la même, même chose. Ça fait que les
municipalités ne seront pas seules, là. Il y a énormément d'accompagnement
après, suite à ce projet de loi là.
M.
Grandmont : Est-ce que vous trouvez que cet article-là, le
139.5, est cohérent avec les orientations de la Loi sur l'aménagement et l'urbanisme?
Mme Laforest : Bien, ce sera
obligatoire. L'article doit être en cohérence avec les OGAT. C'est ça que je
mentionne depuis tantôt, oui, on peut céder des terres pour des projets
humains, si je peux dire, là, l'éducation, santé, mais il faut que ce soit en
cohérence avec nos OGAT. Ça fait que ce n'est pas sûr que, même s'il y a une
terre qui est disponible dans une municipalité pour un projet x... ce n'est pas
sûr que le projet sera accepté nécessairement, après toutes les étapes, toutes
les évaluations que je mentionnais auparavant.
M. Grandmont : Les OGAT,
actuellement, sont adoptées, je ne crois pas, encore, hein?
Mme Laforest : Dans quelques semaines,
je crois.
M. Grandmont : Dans quelques
semaines?
Mme Laforest : Je n'ai pas la date
exacte, là, mais bientôt, bientôt.
M. Grandmont : Donc, nous, pour
l'instant, on n'a pas accès aux documents qui... aux OGAT, en fait, là...
Mme
Laforest : Bien, il y a eu la consultation. Il va y avoir un
premier jet, puis, d'après moi, on va vous mettre au courant.
M. Grandmont : Oui, oui, j'imagine,
j'espère bien que vous allez nous mettre au courant. C'est juste que je me demande dans quelle mesure... si on autorise
ça, dans quelle mesure on va avoir vraiment des... on va avoir vraiment
des mesures très solides pour protéger le territoire puis nos milieux naturels,
des milieux humides.
Mme Laforest : Parce que les
orientations gouvernementales, il faut que ce soit accepté et passé au Conseil
des ministres, sauf que, tout de suite après, on vous enverra un document.
M. Grandmont : Oui, oui, mais,
effectivement, c'est juste que j'ai... Je vais répéter ce que j'ai dit, là,
mais j'ai de la difficulté à voir comment, si on autorise ça aujourd'hui sans
avoir pu prendre connaissance des OGAT, qu'on
va être dans un régime qui va permettre une réelle protection des milieux
naturels, des milieux humides au Québec. Moi, je vois, à travers cet
article-là, un risque potentiel de s'écarter de l'objectif qu'on a puis qu'on
avait, je pense, à travers le projet de loi n° 16, là, la révision de la
Loi sur l'aménagement et l'urbanisme, de bien protéger notre territoire. On le
dit, là, je vous ai lu les considérants tantôt, là, le territoire, c'est
quelque chose qui est important, qui est sacré, en quelque part, qu'il faut
faire attention et qui a un caractère, quand il est construit, qui est un
peu... bien, pas qu'il est un peu, mais qui est irréversible. À partir du
moment où on a empiété dessus, on s'est privés d'une ressource naturelle fort importante. Donc, on adopte ça puis, de l'autre
côté, on ne connaît pas les OGAT. Donc, vous nous dites : Bien oui,
mais c'est aligné, là, c'est cohérent, mais on n'a pas vu les OGAT. On ne le
sait pas.
Mme
Laforest : Bien, les OGAT, c'est certain que... Dites-vous,
là, que ce n'est pas moi, là, qui détermine les OGAT, c'est après une
grande consultation. Donc, les OGAT, d'ailleurs, celles-là, les orientations
gouvernementales au niveau de l'aménagement
du territoire, n'avaient pas été revues depuis 1994. Donc, ça a été quand même
un travail important, puis, dans quelques semaines, les nouvelles OGAT
seront présentées, mais les OGAT sont... viennent après, là, tout le travail qu'on a fait avec le projet de loi... tous
les projets de loi, là, 16, 39, aménagement du territoire, la politique
d'aménagement. C'est la même chose, là, la Loi sur l'aménagement et
l'urbanisme.
Donc, c'est comme... Il fallait faire politique
d'aménagement, LAU et OGAT. Ça fait que, là, c'est sûr qu'on est rendus à la
troisième étape, qui sont les OGAT. Donc, moi, je pense que, si on n'avait pas
fait ça, aménagement, politique, LAU, OGAT, je comprendrais vraiment, vraiment
votre inquiétude, mais, au contraire, on s'est donnés... on s'est dotés de plusieurs outils, obligation de
planification, ce qui n'était pas le cas avant avec les MRC. On a même lancé, vous le savez, l'ATCL, là, pour la
transition des changements climatiques, 500 millions, 1 point
quelques millions dans chacune des MRC pour la planification pour le
territoire et les changements climatiques. Donc là, on a vraiment plusieurs, plusieurs outils. Bien, moi, je pense
que... Je comprends, là, votre inquiétude, mais je crois que vous allez être
rassuré prochainement.
M. Grandmont : Tantôt...
Il me reste combien de temps, M. le Président?
Le Président (M. Schneeberger) :
Environ
10 minutes à peu près.
M.
Grandmont : Ah! on est rendus juste là. Oui, c'est ça, sur les
mesures de mitigation puis de compensation, là, est-ce que c'est à la
charge de la municipalité de le faire ou si c'est le ministère de
l'Environnement qui le fixe pour la municipalité?
• (16 h 10) •
Une voix : ...
Le Président (M. Schneeberger) : Est-ce
que vous aviez une question, M. le député de Taschereau?
Mme Laforest : Ah! les coûts?
M.
Grandmont : Non, non, non, je demandais : Pour les
mesures de mitigation et de compensation, est-ce que c'est... qui les
évalue et les énonce?
Mme
Laforest : Là, il n'y en a pas présentement. Je ne comprends
pas... Est-ce que vous comprenez la question?
Une voix : ...
M. Grandmont : Bien, je fais
référence à une conversation qu'on a eue plus tôt, en fait, là, je
demandais : Est-ce que c'est aux municipalités, d'elles-mêmes... Par
exemple, quand elle a fait son évaluation des besoins, là, puis qu'elle va présenter ça au ministre... à la
ministre des Affaires... pas des Affaires municipales, Ressources naturelles
et Forêts, est-ce que c'est elle-même, d'emblée, la ville, qui doit déjà
identifier les mesures de mitigation ou de compensation
considérant le milieu naturel qu'on va finalement développer? Est-ce que c'est
la ville qui le fait ou si c'est le ministère de l'Environnement qui
établit ces mesures-là?
Le Président (M. Schneeberger) : Oui,
Mme Ste-Croix.
Mme Ste-Croix (Lucie) : À mon avis,
c'est une impossibilité, là, que ça se passe comme ça parce que la municipalité
va évaluer son besoin. Elle va cibler une terre publique, par exemple, puis
elle va faire son plan de développement en fonction de son besoin et de cette
terre publique là. Si elle a une connaissance fine de la terre qu'elle souhaite
se voir céder à titre gratuit, elle va le savoir, s'il y a quelque chose qui
doit être protégé. Donc, elle ne devrait pas
déposer sa demande en visant ce territoire-là. Si elle n'a pas de connaissance
fine, je vous ai mentionné tout à l'heure qu'il y a des ministères qui
vont... qui vont être consultés. Je vous ai mentionné le ministère de l'Environnement, de manière certaine, le ministère
des Affaires municipales, de manière certaine, la CPTAQ dans l'exemple
que vous donniez précédemment. Donc, si la municipalité n'a pas la connaissance
fine du territoire, le ministère de l'Environnement va lui dire : Bien, à
tel endroit, vous ne pouvez pas parce qu'il y a tel élément qui nécessite
d'être protégé ou, en tout cas, de ne pas être l'objet du développement que
vous souhaitez y faire.
Donc, il n'y a pas de mesure de mitigation, là,
ici. Les mesures de mitigation et de compensation, vous faites probablement
référence à la Loi sur la qualité de l'environnement, alors, ça, c'est tout un
autre... c'est toute une autre pièce
législative qui fait partie du corpus gouvernemental. Et, tout à l'heure, vous
demandiez : Est-ce que cet amendement-là est cohérent avec la Loi
sur l'aménagement et l'urbanisme? Je peux vous assurer que les juristes, les
légistes qui écrivent les lois et les processus à l'intérieur du gouvernement
pour vérifier les lois font en sorte que le corpus ne se contredit pas
lui-même. Alors, ça, c'est certain, là, ni les lois ni les règlements... ça, il
y a des gens qui passent là-dessus pour être certains que les dispositions des
différentes lois ne se contredisent pas.
M. Grandmont : Bien, je vais
revenir... Je vais aller sur la dernière partie, d'abord. Quand je demandais,
finalement, la cohérence, je veux bien croire à 100 % qu'il n'y a pas de
contradiction au niveau légal. Je veux dire, on a plein d'experts ici qui sont
là pour s'assurer que les lois ne se contredisent pas, évidemment. Moi, quand
je parlais de cohérence, c'était une cohérence sur le fond, sur l'orientation
politique qu'on donne à une... à une loi. Si on a une loi sur l'aménagement et
l'urbanisme puis qu'on dit, dans ses considérants, par exemple, qui est un peu
les balises à l'intérieur desquelles on veut orienter une loi... on dit :
On veut protéger le territoire québécois, les milieux naturels, bien, je
m'attends à ce que les lois, même si elles ne sont pas en contradiction les unes
avec les autres, bien, aillent aussi dans le sens des orientations politiques
qu'on a voulu donner à ces lois.
C'est deux choses quand même assez différentes
puis c'est dans ce sens-là que je posais ma question. J'aurais pu être plus
précis, peut-être, mais, pour moi, je veux juste m'assurer que ce qui est
décidé aujourd'hui et ce qui va être voté aujourd'hui va dans le sens d'une
meilleure protection du territoire québécois. C'est beaucoup ça qu'il y a
derrière, évidemment, là, mon plaidoyer aujourd'hui, là.
Mme
Laforest : Bien, moi, là, je trouve ça important de vous répéter, là,
que vous étiez avec moi sur les projets de loi puis vous savez tout ce qu'on a
adopté. Vous avez même apporté des amendements. Puis je crois que, si on
repense à ces projets de loi là et si on parle de la Loi sur la qualité de
l'environnement, ce qui est essentiel, et tous les ministères qui sont consultés lors d'un
schéma d'aménagement pour accepter un plan de développement... moi, je
pense que... je suis même convaincue que vous êtes plus au courant de voir que
l'article qu'on amène ici ne pourrait pas...
n'aurait pas pu être adopté il y a trois, ou quatre ans, ou peu importe, deux
ans. Il fallait passer pour des... par des projets de loi importants, puis, si
vous vous rappelez, là, la Loi sur l'aménagement et l'urbanisme et la politique
d'aménagement, vous voyez pourquoi il fallait absolument faire ça avant
d'en arriver là aujourd'hui. Ça fait que ça, c'est beaucoup plus rassurant.
M. Grandmont :
Oui. Puis, oui, pour la première
partie de votre réponse, Mme Ste-Croix, dans le fond, là, vous touchiez
les mesures de mitigation ou de compensation. Moi, je référais peut-être à des
milieux humides parce que, dans les terres du domaine public, j'imagine
qu'il y a des milieux humides à l'occasion, ce qu'on n'empêche pas... Dans le
fond, on n'empêche pas l'utilisation ou le développement de terres sur
lesquelles il y a des milieux humides. Dans ce
temps-là, il y a des mesures de compensation qui sont exigées par le ministère
de l'Environnement. Donc, c'est à ça que je référais, dans le fond, mais
donc ça serait le même processus qui s'appliquerait dans ce cas-là?
Mme
Laforest : Oui.
M. Grandmont :
Donc, les villes seraient
assujetties, dans le fond, à suivre les lois du ministère de l'Environnement
et compenser d'une manière ou d'une autre, là, il y a plusieurs... il y a
quelques options possibles, ces milieux-là, d'accord.
Pour ce qui est des
aménagements, des orientations gouvernementales en aménagement du territoire,
là, les OGAT dont on en parle depuis tantôt, là, je me demande, là, dans quelle
mesure les demandes qui seraient formulées à
la ministre des Ressources naturelles et des Forêts iraient dans le sens des
orientations qui étaient celles, là, de votre gouvernement, là.
Évidemment, on comprend que ce n'est pas le texte final, mais il y a quand même
des choses intéressantes là-dedans.
D'abord, adapter les
milieux de vie aux changements climatiques, j'imagine que, là-dedans, on...
quel genre d'évaluation... Est-ce qu'on évalue le transport, par exemple, qui
serait généré par l'achat ou la cession d'une terre pour créer un nouveau pôle de déplacement? Parce qu'une école, qu'elle
soit primaire, secondaire, cégep, université, puis plus on monte,
évidemment, plus c'est un pôle de déplacement important, même chose pour un
centre hospitalier, par exemple, on comprend
qu'on induit des déplacements, est-ce que ça, c'est tenu en compte dans
l'évaluation que... puis là vous mettez le nom du ministère de votre choix, là...
va tenir compte pour octroyer ou céder ce terrain-là?
Mme Laforest :
Bien oui, c'est sûr, là. Depuis
tantôt, je le dis, là, que tout le monde est consulté. Les ministères sont
consultés. Il n'y a pas de réponse... Si vous saviez comment les schémas
d'aménagement, c'est assez complexe. Oui, tout le monde en parle, des schémas d'aménagement, parce que c'est
sévère, c'est complexe. Ça fait que c'est sûr que les mesures sont là,
les mesures de protection, là, sont là.
M.
Grandmont : Oui, OK. Est-ce que... Si je regarde l'orientation 2,
l'objectif 2.1, là, Conserver les milieux naturels d'intérêt, est-ce que
139.5 est en lien avec cet objectif, est cohérent avec l'objectif 2.1?
Mme
Laforest : Oui.
M. Grandmont :
Dans quelle manière ça donne une
influence positive sur la préservation des milieux naturels?
Mme Laforest :
Bien, on vient justement de le
mentionner, que, si le besoin est là pour un hôpital, par exemple, sur
le... dans le milieu, pour la communauté, bien, il y a un besoin de répondre
aux citoyens au niveau de la santé, par exemple, mais là c'est sûr qu'on va
cibler un terrain. Comme on le mentionne, il y a plusieurs terres de l'État qui
sont dans le périmètre urbain. Alors,
pourquoi ne pas utiliser ces terres-là? Puis, en même temps, là, il va falloir
répondre à toutes les obligations que je vous ai mentionnées auparavant.
M. Grandmont :
L'orientation 4,
l'objectif 4.2, optimisation... optimiser l'utilisation du sol et les
investissements publics en orientant la croissance vers les milieux
urbanisés...
Mme Laforest :
C'est exactement ça qu'on dit aussi, les périmètres urbains, concentrer
dans les périmètres urbains, puis la priorité...
M. Grandmont :
Oui, dans le...
Mme Laforest :
Pardon?
M. Grandmont :
Non, non, allez.
Mme Laforest :
Bien, c'est ça.
M. Grandmont : Bien, c'est
parce que moi, je fais une bonne différence, quand même, entre les milieux déjà
urbanisés puis le périmètre urbain. Le périmètre urbain... Il y a des villes
qui ont des périmètres urbains qui sont vraiment, vraiment lâches, qui sont... Il y a
beaucoup de possibilités, là. On aurait... on aurait quand même pas mal de
possibilités de développer déjà sur l'existant, mais ça demande des efforts,
encore une fois, si on...
Mme Laforest :
...adopté dans la politique d'aménagement du territoire, sur la
densification. C'est vraiment ça, la densification dans le périmètre urbain. Donc,
il faut qu'il y ait un respect de développement dans le périmètre urbain avec
la politique d'aménagement du territoire.
M. Grandmont :
Mais il n'y a pas de cible d'augmentation de la densité, par exemple, dans
ces périmètres urbains là.
Mme Laforest :
Bien, dans les orientations gouvernementales, vous allez voir.
M. Grandmont :
Donc, il pourrait y en avoir?
Mme Laforest :
Il pourrait y en avoir.
M. Grandmont :
Moi, j'ai de la difficulté à voir, là, la plus-value de cet... de cet
article-là. De permettre, finalement, de
céder des terres pour des besoins d'utilité publique, à la limite, je peux le
comprendre, mais, pour dire qu'on va
construire seulement un centre d'achat, développer du résidentiel,
moi, j'ai bien, bien, bien de la misère à acheter ça.
• (16 h 20) •
Mme
Laforest : Mais vous préférez que les municipalités... qu'elles
achètent des terrains qui sont hyper, peut-être, dispendieux pour un projet x
et que les citoyens soient augmentés de taxes énormément plutôt que prendre un
terrain qui est disponible, un terrain qui appartient au gouvernement, que le
gouvernement est prêt à céder, pour construire, par exemple, une école? Vous
comprenez?
M. Grandmont :
Il n'y a pas nécessairement de lien, là. Si c'est pour faire un centre
d'achat, c'est de l'argent... c'est de l'argent privé qui peut acheter un
terrain, puis, s'il le fait en milieu déjà urbanisé, dans un milieu déjà bâti, il a quand même déjà un avantage à le
faire. Si c'est pour faire du résidentiel, il y a moyen de rentrer dans son argent
en augmentant les densités parce qu'on a plus d'étages potentiels pour occuper
ce même espace là.
Mme Laforest :
OK, là, je comprends votre position. Ça fait que vous... Il faudrait
répondre aux unions. Durant... quand on a
négocié avec... l'entente de réciprocité, vous êtes prêts à dire aux
municipalités : Municipalités, on ne vous cède aucun terrain au
Québec.
M. Grandmont :
Moi, ce que je vous dis, c'est que je n'ai pas l'impression qu'avec des
aménagements comme celui-là on est en mesure
d'encourager les municipalités, comme les investisseurs privés, à, d'abord,
favoriser le développement sur des terrains déjà urbanisés, donc des
terrains qui ont déjà été occupés, ce qui nous permettrait, par ailleurs, de
protéger puis de mettre en valeur peut-être au bénéfice justement des
populations qui sont riveraines de ces
espaces naturels là parce qu'on pourrait faire une mise en valeur... On
pourrait créer des milieux de vie qui sont beaucoup plus agréables et où
on aurait ces espaces-là, je reprends un peu les paroles de ma collègue de
Chomedey tantôt, où on aurait accès finalement à des espaces de... des espaces
verts de qualité et qui seraient mis en valeur. Moi, je pense que c'est vers ça
qu'on devrait aller, quitte à avoir des programmes pour faire la
décontamination, ce qui n'existe pas actuellement, je pense, au Québec. Il y en
a déjà eu, et vous pourrez me corriger, mais il me semble que ce serait ça, la
voie d'avenir à privilégier.
Mme Laforest : Mais on l'a faite, cette
voie d'avenir là, aussi avec la protection des milieux... la possibilité que
les municipalités protègent les milieux naturels dans la municipalité. On l'a
octroyé aussi avec la Loi sur l'aménagement et l'urbanisme. On l'a
donné, ce pouvoir-là, aux municipalités. On vient de le donner. Ça fait un an.
M. Grandmont :
Oui, sauf qu'en même temps cet article-là semble vouloir faire le contraire,
mais, bon...
Mme Laforest : Mais je comprends. C'est
votre impression, là. Je respecte votre impression, mais je crois que
vous êtes dans l'erreur.
M. Grandmont :
Bien, moi, je pense que non. Je pense qu'on devrait plutôt envoyer un
message très, très fort aux municipalités qu'il faut d'abord développer les
secteurs qui sont déjà urbanisés...
Mme Laforest :
Bien, en fait...
M. Grandmont : ...favoriser les
modifications douces puis s'assurer d'avoir davantage de transport collectif
pour augmenter la densité autour de ça.
Mme Laforest :
Bien, on a tout fait ça, ces obligations-là, dans la politique
d'aménagement du territoire.
M. Grandmont : Et donc pourquoi
avoir besoin de 139.5?
Mme Laforest : Bien,
c'est parce qu'il faut répondre à, par exemple, une pénurie de logements parce
qu'il y a eu un déplacement de
population vers les régions. Ça fait que les gens qui demeurent dans des plus
petites municipalités ou d'autres municipalités, on ne peut pas les
loger à... il faut les loger, ces personnes-là. Donc, on répond à la demande des citoyens, vous comprenez? Puis les
écoles, honnêtement, il y en a plusieurs qui sont très vétustes. Quand on est arrivés en place, on a investi beaucoup
pour les écoles aussi. Donc là, on aide pour améliorer ou agrandir des écoles.
Ça fait que c'est pour ça que tout le monde, si je peux dire, met la main à la
pâte.
M. Grandmont : Puis
des écoles, nécessairement, il faut que ça aille sur des nouveaux terrains? On
ne pourrait pas prendre les terrains des écoles déjà existantes puis
construire en hauteur pour les agrandir? Ça se fait.
Mme Laforest : Bien, je
comprends toutes, toutes vos questions, mais je pense qu'il faudrait le faire,
comme je l'explique, là, ça fait quelques fois que je le dis, là, avec tous les
projets de loi qu'on a mis en place pour avoir une vision, justement. Puis, si
je répète ce que j'ai dit au début, ce n'était pas normal, là, d'arriver avec
des déficits de 40 milliards au niveau des infrastructures au Québec, là.
On ne peut pas vraiment accepter ça maintenant. C'est pour ça que, maintenant,
ça prend une planification de développement. C'est ce qu'on fait.
Maintenant, s'il y a des terres qui sont
disponibles, des terres de l'État dans le périmètre urbain, puis on peut répondre à un besoin urgent de la population,
bien, il faut que tout le monde, comme je le dis, là, travaille en ce sens-là,
puis les municipalités ont déjà... On a déjà donné le pouvoir aux municipalités
de protéger les milieux naturels. Ça fait que ça, elles peuvent le faire déjà,
puis il y en a... d'ailleurs, il y a... tu sais, il y a Laval, Longueuil, il y
a d'autres villes qui l'ont fait déjà, dès qu'on a passé notre projet de
loi.
M.
Grandmont : Moi, je ne comprends pas le lien avec... Vous avez
parlé d'un certain déficit d'entretien des infrastructures. C'est quoi,
le lien?
Mme Laforest : Bien, c'est parce
qu'on... Il n'y avait pas d'obligation de planification. Ça fait que c'est sûr que, si on avait besoin d'une école, on pouvait la
construire à plusieurs kilomètres. Donc, on amenait des... du... besoin de transport, besoin de construire des routes,
mais c'est... puis des infrastructures en eau aussi, ça coûte une fortune. Ça fait que ça... ça, c'est depuis, là... depuis des
années et des années qu'on fait ça. Maintenant, c'est plus sévère, puis on demande
d'avoir une planification de développement.
M. Grandmont : OK. Je ne
n'obstinerai pas bien, bien plus longtemps que ça. Moi, je veux juste dire que
je vais voter, là, contre cet article-là. Je
ne pense pas que ça apporte une meilleure protection du territoire québécois.
Je pense qu'il y a assez d'outils au Québec pour être capables de
favoriser la création d'espace sur... ou, en fait, de favoriser le
développement sur des terres déjà occupées, sur lesquelles, certes, c'est plus
difficile de construire. Il y a de la décontamination à faire à l'occasion, il
y a la déconstruction, la démolition parfois à faire, mais, en même temps, si on veut être capables de travailler pour lutter
contre l'étalement urbain, si on veut être capables de protéger le territoire...
les territoires naturels, les espaces naturels puis les donner de manière...
aux populations qui sont riveraines, leur donner accès à ça... On sait combien
la pandémie, notamment, nous a donné un bon indicateur de combien les gens cherchent les espaces verts, puis c'est bon pour
la santé. C'est bon pour la santé mentale aussi. Je ne pense pas que c'est avec
des orientations comme celles-là qu'on va arriver à bien faire ce travail-là
qui est fort important. Donc, je voterai sur division tout à l'heure.
Le
Président (M. Schneeberger) : Oui, merci beaucoup. D'autres questions? Alors,
s'il n'y a pas d'autre question, est-ce que l'amendement qui introduit
l'article 139.5 est adopté?
M. Grandmont : Sur division.
Des voix : Adopté.
Le Président (M. Schneeberger) : Sur
division?
M. Grandmont : Sur division.
Le
Président (M. Schneeberger) : Adopté sur division. Alors, nous en sommes au
prochain article, qui est le numéro 150.1.
Mme Laforest : M. le Président, je
crois qu'on va revenir à 140.1... non, 150.1?
Des voix : ...
Mme Laforest : OK, 140.1.
Le
Président (M. Schneeberger) : OK. Alors, consentement pour revenir au 140.1?
Consentement?Oui, parfait. Alors, allez-y, Mme la ministre.
Mme Laforest : Bon,
merci, Mme Ste-Croix. Nous continuons avec l'article 140.1,
article 93 de la Loi modifiant diverses
dispositions législatives en matière d'habitation. Insérer après
l'article 240 du projet de loi, ce qui suit :
Loi modifiant diverses dispositions législatives
en matière d'habitation.
140.1.
L'article 93 de la Loi modifiant diverses dispositions législatives en
matière d'habitation (2024, chapitre 2) est modifié par
l'insertion, à la fin du paragraphe 3° du deuxième alinéa, de «, à moins
qu'il ne soit possible d'établir que le projet est conforme aux affectations du
sol déterminées dans le plan d'urbanisme de la municipalité.»
Cet amendement modifierait l'article 93 de
la Loi modifiant diverses dispositions législatives en matière d'habitation afin de permettre à une municipalité
locale d'autoriser un projet d'habitation qui déroge à sa réglementation
d'urbanisme même si le projet est situé dans une zone où aucun usage
résidentiel n'est possible, à la condition qu'il soit conforme aux affectations
de sol déterminées dans son plan d'urbanisme.
Donc, ici, on veut accélérer la construction de
logements. Les municipalités pourront recourir plus rapidement au pouvoir
d'autoriser des projets d'habitation dérogatoires dans les nouveaux secteurs à
développer ou redévelopper, considérant parfois les délais dans les
municipalités pour les plans d'urbanisme. Merci.
Le
Président (M. Schneeberger) : Merci beaucoup. Est-ce qu'il y a des questions sur
140.1? Oui, députée de... Députée de Mille-Îles, allez-y.
Mme Dufour : Oui, merci, M. le
Président. Oui, je prends connaissance, là, de l'article. Dans le fond, c'est
le projet de loi n° 31 qu'on est en train de modifier, si je ne me trompe
pas, là. Je cherche ce projet de loi là. C'est le projet de loi n° 31,
c'est ça qu'on est en train de modifier? Donc, donc, ce que je comprends, c'est
qu'ici on veut permettre, dans le fond, de pouvoir, disons, amener un
développement à un endroit même si le zonage n'est pas du zonage résidentiel,
c'est bien ça, mais en autant que l'affectation du schéma, elle soit respectée,
mais elle... Je ne sais pas exactement comment ça va être validé parce que,
parfois, les affectations, c'est... tu sais, par exemple, je ne sais pas, moi,
ça va être du commercial de façon générale, mais avec du logement comme façon
accessoire... Donc, comment exactement ça va être établi que ça respecte ce
qu'on vient décrire ici?
Mme Laforest : C'est permis parce
que, dans l'affectation de schémas, c'est déjà établi. Ça, c'est pour la ville de Montréal. Donc, au niveau du schéma
d'aménagement, c'était déjà permis. C'est plus dans l'acceptation du plan
d'urbanisme qu'il y a des délais, puis, considérant qu'au niveau du plan
d'urbanisme les délais sont quand même assez
longs pour... pour être... D'ailleurs, vous connaissez très, très bien le
domaine. Au niveau des plans d'urbanisme, c'est plus long. Donc là, c'est sûr qu'au niveau de l'acceptation pour
le schéma d'aménagement pour la ville de Montréal, ça, c'est permis,
c'est déjà possible, mais il y avait comme une petite demande... bien, en fait,
une demande, parce que faire une demande de
changement au niveau du plan d'urbanisme, ça, ça peut prendre... on m'avait dit
entre neuf et 18 mois, donc, on
retarde, mais voire même deux ans. Ça fait que, là, c'est sûr que ça retardait
les projets d'habitation qui ont déjà été annoncés.
Mme
Dufour : Mais là, ça, je pense que ça faisait référence
peut-être plus à l'article qu'on va voir ultérieurement, 140.2.
Mme Laforest : Oui, exactement.
Mme Dufour : Là, moi, ma question
concernait plutôt l'article 140.1, celui qu'on est en train de traiter,
là, dans le fond, où on dit : «À moins qu'il ne soit possible d'établir
que le projet est conforme aux affectations du sol déterminées dans le plan
d'urbanisme de la municipalité». Donc, moi, c'est ma question ici, parce que ce
que je comprends, c'est qu'ici ce n'est pas provisoire, là, ça peut être
permanent, là, donc, contrairement à l'article 140.2, qui est un peu différent, donc juste saisir
comment on va déterminer que le projet est conforme aux affectations du sol
s'il ne respecte pas le zonage. Vous comprenez?
• (16 h 30) •
Mme Laforest : Oui, Mme Petit.
Le Président (M. Schneeberger) : Oui,
allez-y.
Mme Petit (Katia) : Merci, M. le
Président. En fait, c'est qu'ici, ce qu'on vise, là, c'est vraiment les
secteurs qui seraient en requalification.
Donc, un secteur, par exemple, où le plan d'urbanisme prévoirait une
affectation assez large, donc, par exemple, en milieu urbain, avec, bon,
du commercial et du résidentiel, à l'heure actuelle, c'est qu'il faut... On peut utiliser le pouvoir uniquement si
le règlement de zonage, donc, le prévoit spécifiquement, que le secteur
permet du résidentiel. Or, ce qu'on vise ici, c'est des secteurs où... par
exemple, qui seraient des centres d'achats qui... qui vont être rachetés puis,
par la suite, construits. Donc, pour accélérer, tant que c'est conforme au
schéma, évidemment, et au plan d'urbanisme,
donc, globalement, on permettrait d'utiliser le pouvoir même si, par exemple,
un... tous les réseaux... les règlements de zonage n'auraient pas été
modifiés, là, par concordance, tout simplement.
Mme Dufour : OK, donc, mais on
comprend que ça pourrait ne jamais être conforme au zonage, là, c'est... Un coup qu'on l'autorise, là, je comprends qu'on
dit : Bien, le plan d'urbanisme va être peut-être modifié ultérieurement,
mais il ne pourrait jamais être modifié
finalement parce que la MRC pourrait le refuser, le changement, par exemple.
Là, on est vraiment à l'étape ici de la municipalité. Elle permettrait
le projet. C'est ça. Ça fait que, là, le zonage, lui, ne serait pas conforme, mais, tu sais, parfois, les
zones... les affectations sont... vous l'avez dit, là, des fois, sont assez...
plus vagues. Des fois, elles sont plus précises, mais permettent, tu
sais, un pourcentage, par exemple, d'un autre usage, puis c'est ça que j'avais en tête, là, je me disais : Comment on va
s'assurer que ça respecte l'affectation si les... Tu sais, il y a comme... Par exemple, l'affectation dirait,
par exemple, que c'est à majorité commerciale, mais avec une portion... ou vice versa, là, tu sais. Comment... comment on
s'assure, dans ce cas-là, que ça respecte l'affectation qui est prévue
quand c'est... quand c'est mixte?
Mme Laforest : Oui, allez-y. Moi?
OK, bien, moi...
Le Président (M. Schneeberger) : Mme
la ministre.
Mme Laforest : En fait, ce qui est
important de mentionner, c'est que l'assouplissement, ici, qu'on propose va
permettre aux municipalités d'utiliser leur pouvoir, un pouvoir qu'elles ont,
un pouvoir exceptionnel en lien avec le plan d'urbanisme. Donc, c'est sûr que,
là, il y a un délai, souvent, avec le zonage, puis là il y a une problématique
présentement à cause des délais et le zonage. Donc là, on a les projets, on a
le financement, mais là il faut absolument que la ville de Montréal puisse
passer à l'étape d'avancer plus rapidement dans son projet. Donc, évidemment,
ce qu'on fait, c'est que la municipalité n'aura pas à attendre la concordance
du règlement que... avec le règlement de zonage. Donc, la municipalité n'aura
pas à attendre la... la concordance avec son règlement de zonage.
Mme Dufour : Mais ici, on... Là,
vous avez parlé de la ville de Montréal, là. Je m'excuse, là, je ne me rappelle
pas par coeur du projet de loi 31, toutes les lignes, mais c'est
spécifiquement juste la ville de Montréal, cet article-là? Parce que moi, je
pense, c'est toutes les municipalités, là.
Mme Laforest : Je crois qu'il y a
Laval, Longueuil... Il y en a d'autres, hein? Il y a Laval, Longueuil...
Mme Dufour : Bien, je pense que
c'est toutes les municipalités. Je ne sais pas si on peut voir qu'est-ce que ça
aurait l'air, tu sais, l'article écrit, à la fin, là?
Mme Laforest : Ah! peut-être. Oui,
bonne idée.
Mme Dufour : Parce que... Mais il
n'est pas là, c'est pour ça qu'on...
Mme Laforest : L'avez-vous,
Me Cantwell, l'article modifié?
Une voix : ...
Mme Laforest : OK. Voulez-vous qu'on
suspende? On va aller chercher l'article modifié.
Le Président (M. Schneeberger) : ...est
capables de l'avoir.
Mme Dufour : Oui, pour comprendre
qu'est-ce qu'on...
Mme Laforest : OK. On va suspendre,
M. le Président.
Le Président (M. Schneeberger) : Alors,
nous allons suspendre quelques instants.
(Suspension de la séance à 16 h 34)
(Reprise à 16 h 52)
Le Président (M. Schneeberger) : Alors,
nous reprenons les travaux.
Alors, je donne la parole à Mme la ministre
concernant la question qui avait été demandée, avec l'article qui est composé
au complet maintenant.
Mme
Laforest : Oui. Bien, en fait, on a... on a bien expliqué, la
mesure est demandée, comme on le disait, là, Montréal, les
arrondissements, Laval, Longueuil, parce qu'il faut comprendre que, puis ça, ça
n'a peut-être pas été mentionné, c'est seulement sur une période de trois ans.
Ça avait été demandé par ma collègue. Donc, c'est vraiment possible, l'ancien
article, pour trois ans. Ici, c'est aussi sur trois ans, renouvelable pour deux
ans.
Ce qu'on fait, c'est qu'on respecte les plans
d'urbanisme des municipalités, on respecte les schémas d'aménagement. Qu'est-ce
qu'on fait, c'est qu'on va donner plus de temps pour le zonage du secteur.
Il faut comprendre aussi que, puis c'est ça
qu'on mentionnait auparavant, il y a eu le projet de loi 16, le projet de
loi 39 pour les municipalités, avec les questions de zonage, urbanisme,
donc il y a eu plusieurs mesures et plusieurs
changements octroyés aux municipalités. Donc, c'est pour ça que là on vient
donner la possibilité que, si le zonage n'est pas
conforme, en autant que le schéma d'aménagement et le plan d'urbanisme
répondent aux besoins... c'est pour ça qu'on donne cette disposition-là avec
cet article.
Puis là il y a eu certaines explications à
l'article 640.1, c'est bien ça, M. le Président?
Le Président (M. Schneeberger) : Oui,
oui.
Mme Laforest : Merci. OK.
Le
Président (M. Schneeberger) : Alors, est-ce que ça va comme ça? D'autres
questions? Députée de Mille-Îles.
Mme Dufour : Oui, merci, M. le
Président. Bien, simplement dire qu'on a eu des conversations aussi hors d'ondes, là, qui ont répondu à mes multiples
questionnements. Donc, pour moi, c'est... ça a fait le tour. Merci beaucoup.
Le
Président (M. Schneeberger) : Alors, s'il n'y a pas d'autre question, est-ce que
l'article 640.1 est adopté?
Des voix : Adopté.
Le
Président (M. Schneeberger) : Adopté. Alors, c'était un amendement... C'est
vrai, je voulais préciser, dans le fond, c'est l'amendement qui introduit
l'article 640.1. Article 2.
Mme Laforest : Oui.
L'article 2. Loi sur l'aménagement et l'urbanisme.
L'article 2 : L'article 145.35.2
de la Loi sur l'aménagement et l'urbanisme (chapitre A-19.1) est modifié
par l'insertion, après le sous-paragraphe a du paragraphe 1° du deuxième
alinéa, du sous-paragraphe suivant :
«a.1) le versement à la municipalité d'une somme
d'argent destinée à la mise en oeuvre d'un programme de logements abordables,
sociaux ou familiaux;».
Donc, l'article 2 du projet de loi
modifierait l'article 145.35.2 de la Loi sur l'aménagement et l'urbanisme afin de permettre à une municipalité d'exiger,
dans le cadre d'une entente en matière de zonage incitatif, le versement
par la personne qui demande un permis de construction, d'une somme d'argent
destinée à la mise en oeuvre d'un programme de logements abordables, sociaux et
familiaux.
Ici, c'est pour avoir une meilleure flexibilité
pour les outils d'urbanisme pour favoriser le développement des logements sociaux et considérant que nous sommes
en période d'augmentation de construction de logements sociaux.
Et on a
l'amendement, M. le Président. Je vais le lire : Insérer...
Article 2. Insérer, à la fin du sous-paragraphe a.1 du
paragraphe 1° du deuxième alinéa de l'article 145.35.2 de la Loi sur
l'aménagement et l'urbanisme, proposé par l'article 2 du projet de loi,
«ou la cession en faveur de celle-ci d'un immeuble destiné à être utilisé à ces
fins».
Cet amendement modifierait
l'article 145.35.2 de la Loi sur l'aménagement et l'urbanisme afin de
permettre à une municipalité locale d'exiger la cession d'un immeuble destiné à
être utilisé à des fins de logements sociaux, abordables ou familiaux, comme
prestation dans le cadre d'une entente en matière de zonage incitatif.
Donc, ici, on vient ajouter plus de souplesse
pour le zonage incitatif afin de favoriser son utilisation à des fins de bonification de l'offre de logements,
évidemment. Puis on s'attend à ce qu'il y ait plus de cessions d'immeubles
aux municipalités par les promoteurs. Voilà.
Le Président (M. Schneeberger) : Merci
beaucoup. Alors, est-ce qu'il y a des questions sur l'article n° 2?
Députée de Mille-Îles.
Mme
Dufour : Oui. Merci, M. le Président. Donc, ce qu'on
comprend, là, c'est... il y a eu des articles dans les journaux à cet effet, donc ce qu'on... ce qu'on
souhaitait ici, ce que je comprends, c'est de pouvoir non seulement — là
c'est une nouveauté, là — non
seulement verser de l'argent, que les municipalités puissent demander d'avoir
de l'argent en échange d'un bonus de densité, mais qu'en plus ça
pourrait être une cession d'un immeuble, mais qui est destiné pour ces fins.
Donc, je ne sais pas exactement comment on peut
le contrôler. J'imagine, c'est la municipalité qui va juger si ça correspond à
la valeur. Comment... tu sais, parce que, dans un cas, c'est une somme
d'argent, comment on établit qu'un immeuble
c'est équivalent? Ça, c'était un questionnement, quand j'ai vu l'amendement,
là, que je me demandais.
Mme
Laforest : ...parce que là... Oui, c'est ça. En fait, c'est
la demande de Laval, je crois, pour... Oui, je crois que celui-ci, c'est
Longueuil. Non, c'est Laval qui avait demandé ça. Excusez-moi.
Mme Dufour : La somme d'argent,
c'était Longueuil. Puis là je comprends que la... l'immeuble, c'est Laval qui
l'a demandée.
Mme Laforest : Oui, exactement.
Donc, ce qu'on veut, c'est pouvoir, je pourrais dire, négocier ou regarder
d'autres possibilités, si, par exemple, il y a une cession d'immeuble avec la
municipalité.
Puis, dans la Loi sur l'aménagement et
l'urbanisme, le règlement sur le logement abordable, social et familial permet
déjà un engagement sous forme de cession d'un immeuble, mais ce règlement
prévoit des exigences fermes pour les
demandeurs de permis. Puis l'immeuble qui serait cédé pourrait être
reconstruit, bâtiment présent sur le terrain ou
non. La loi ne prévoirait pas de critère quant à sa localisation ou ses
caractéristiques. Donc, c'est ici qu'il faut faire une modification. Par
exemple, la municipalité pourrait accepter un terrain qui est situé dans un
autre secteur que celui visé par l'entente de zonage incitatif. Donc, il y a
comme une entente de partenariat.
Mme Dufour : Merci. Mais ça... j'imagine qu'il faut au minimum
que ce soit dans la même ville, parce que ça, ce n'est pas inclus, là,
mais...
Mme Laforest :
Oui, il faut que ce soit dans la
même ville puis il faut qu'il y ait une entente qui soit signée, là.
Mme Dufour : Mais ici, on ne le dit pas, là, que c'est dans un
immeuble... Tu sais, on dit «un immeuble destiné à», «utilisé à ces fins», mais ça pourrait être un
immeuble ailleurs, parce que... Oui, j'ai entendu la ministre dire : Dans
un autre quartier, mais où est-ce qu'on mentionne que ce doit être dans
la même municipalité?
Mme
Laforest : Oui, bon point. Est-ce que c'est bien... Est-ce qu'on
définit vraiment dans une municipalité exactement, Me Cantwell?
Le Président (M. Schneeberger) : Oui.
Alors, j'ai besoin du consentement pour que M. Cantwell prenne la parole. Consentement?
Mme Dufour : Consentement.
Le Président (M.
Schneeberger) : Oui. Alors, M. Cantwell, vous nommer et par...
avec votre titre.
M. Cantwell (Philip) :
Merci, M. le Président. Philip Cantwell, je suis avocat au ministère de la
Justice.
Il y a un principe en
droit municipal, le principe de la territorialité des compétences municipales.
Donc, une municipalité a compétence exclusivement sur son territoire, à moins
que la loi lui donne expressément des pouvoirs à l'extérieur de son territoire.
Donc, quand la loi
est muette et qu'elle ne dit rien, on doit toujours la lire avec ça en tête et
comprendre que la municipalité, ses pouvoirs sont... lui sont accordés pour
être exercés sur son territoire.
• (17 heures) •
Mme Dufour : OK. Mais une entente... elle pourrait signer une
entente pour faire un bonus, admettons, parce qu'il y a quand même des
promoteurs qui ont des terrains dans plusieurs municipalités, admettons, ils
diraient : Bien, moi, sur ce
terrain-là, dans votre municipalité, j'aimerais signer une entente, mais, en
échange, je vous cède un terrain dans la municipalité voisine ou un immeuble dans la municipalité voisine. Vous
dites que cette entente-là ne serait pas valide?
M. Cantwell
(Philip) : Je ne pense pas que ça serait une prestation acceptable,
là, avec le régime du zonage incitatif, parce que la municipalité n'aurait pas
le pouvoir d'utiliser cet immeuble-là à des fins de... de logement abordable,
social ou familial, parce qu'elle n'a pas le pouvoir de... de faire un tel
projet à l'extérieur de son territoire.
Mme Dufour : OK.
OK. Ça m'apparaît clair à ce moment-là.
L'autre élément que
je vais soulever, parce que je l'ai soulevé dans le passé, quand on s'est... on
est venus sur le zonage incitatif, c'est... c'est comment on s'assure qu'il y
ait une équité entre les projets puis qu'il n'y ait pas, disons, des
passe-droits, par exemple. Puis comment on s'assure, par exemple, qu'un cède
quelque chose qui vaut équivalent à ce
que... la somme d'argent qu'on demande à l'autre, par exemple, différents
projets, les... puis ça, je vous... Vous
vous rappelez sûrement, Mme la ministre, qu'on avait longuement discuté sur les
risques de dérives éthiques, là, quand on demande à un... à un conseil
municipal de... de négocier directement avec un promoteur. Dans le passé, on a souhaité
fermer la porte à ça. Là, on l'a rouverte, mais ça reste que là, maintenant, on
est... on parle même d'échange d'argent.
Donc, comment on s'assure que les sommes qu'on dit à a.1, bien, ça va
correspondre dans le projet b aussi, là, d'un autre promoteur?
Mme Laforest :
Bien, votre question est
excellente, parce que — puis
ça revient aussi, comme je le mentionne, avec les projets de loi qu'on a
adoptés ensemble — c'est
sûr que là les municipalités travaillent pour avoir des... de nouveaux projets.
Puis, quand on parle
de projets de densification, bien, ce sont parfois les promoteurs qui disent...
et qui le demandent, qui disent : Bien, moi, je suis rendu à tel...
admettons, à tel niveau, je pourrais continuer. Est-ce que... Comment on pourrait procéder? Est-ce que la ville
pourrait faire un règlement à ce moment-ci, qu'il y ait de bons échanges?
Puis moi, je suis prêt, comme promoteur, à donner un certain montant à ce
moment-ci, là. Ça fait que c'est plus dans ces dispositions-là. Puis, étant
donné qu'ils sont déjà sur place et qu'il y a déjà des projets en attente,
c'est là que les municipalités ont dit :
Bien, si nous, on veut en profiter pour répondre à la pénurie de logements,
pourquoi ne pas aller de l'avant avec cette mesure-là?
Ça fait que c'est
vraiment à la demande des promoteurs et des municipalités, présentement, là. Il
y a quand même plusieurs municipalités qui le demandaient.
Mme
Dufour : Oui. Contrairement à la mesure précédente,
celle-ci, il n'y a pas de date de fin. Donc, elle va être en vigueur
pendant longtemps, là, le zonage incitatif.
Tu
sais, dans l'autre cas, il y a un rapport, il y a... tu sais, dans... je parle
de l'amendement de... de... qu'on a travaillé juste avant, là. Moi, je
l'appelle l'amendement 37.2 du projet de loi n° 31, là, mais je
risque de perdre tout le monde avec ça. Mais
bref, l'amendement précédent, il n'y a pas... il y a une date de fin, puis les
maires, les conseillers municipaux
doivent faire un rapport pour expliquer qu'est-ce qu'ils ont fait. Ici, je
me... je n'ai pas souvenir s'il y avait une reddition de comptes du... de la
mesure et à quelle fréquence. Parce que, là, ici, ça va perdurer dans le temps,
ici, là.
Mme Laforest :
Bien là, c'est sûr qu'on revient
aux mêmes dispositions que la municipalité a, avec ses obligations. Par
exemple, avec le Vérificateur général, il y a une... il va y avoir une
reddition de comptes également. Puis votre première... pourquoi c'est comme ça,
OK, la réponse est simple. C'est que les municipalités disaient : Nous,
cette mesure-là, on... vous pouvez la
laisser à long terme, parce que, les promoteurs, évidemment, il faut les
encourager, de un. Puis, en même
temps, nous, on ne pense pas que ça va durer, exemple, 10 ans, parce qu'il
va y avoir le taux d'inoccupation, normalement, qui va... Oui, mais vous
comprenez que c'est pour ça qu'il n'y a pas de date de...
Mme Dufour : Mais ici on... ici, ce n'est pas relié au taux
d'inoccupation, là, cette mesure-là. Ça, c'était l'autre mesure
précédente.
Mme
Laforest : Non, non, non, je sais.
Mme Dufour : Donc, ça va perdurer dans le temps, bien au-delà
de 10 ans. Puis d'ailleurs c'est utilisé en Ontario depuis très longtemps, plus longtemps que
10 ans, ils adorent ça. Mais l'enjeu, il est toujours le risque qu'on
demande à des élus municipaux de négocier. On ne... On offre la
possibilité de négocier directement avec des promoteurs des avantages fiscaux
d'une certaine façon. Ici, on dit «en échange d'une somme d'argent», mais vous
vous rappelez qu'il y a aussi des éléments, par exemple, qui pourraient réduire
la facture pour le promoteur. Donc, il y a quand même... Tu sais, on le sait
que c'est financièrement intéressant, généralement, construire davantage plus
haut — pas
toujours, ça dépend du nombre d'étages, mais
généralement c'est plus rentable — ce
qu'on veut définitivement encourager en ce moment parce qu'on a un enjeu
où est-ce que c'est rendu que ça coûte trop cher.
Mais c'est juste de
s'assurer... Moi, c'est là mon inquiétude, c'est qu'il n'y ait pas un promoteur
qui soit avantagé sur un autre, que, dans un cas, on dise : Moi, je te
permets de construire, par exemple, quatre étages de plus, puis, en échange, tu dois payer, je ne sais pas,
moi, 100 000 $ dans le fonds X, puis l'autre : Bien, tu dois...
tu... on te permet quatre étages de
plus, mais tout ce qu'on te demande, c'est peut-être de changer des fenêtres,
des fenêtres d'Energy Star. Parce que
ça, c'était partie des possibilités. Vous comprenez que la valeur n'est pas la
même, là. C'était déjà probablement prévu dans le projet, des fenêtres
comme ça. Ça fait que comment on s'assure...
Mme Laforest :
Non, votre point est excellent,
votre point est excellent. Puis, en même temps, bien, c'est sûr que... Au
niveau des contributions, ce sera dans le calcul avec le règlement, comme les
contributions, exemple, par exemple,
pour fins de parc. Mais c'est vrai que... Vous dites : Est-ce que,
exemple, on pourrait favoriser plus un promoteur qu'un autre? Bien, le
règlement sera adopté par le conseil municipal au complet, donc c'est sûr que,
s'il y a un promoteur qui est favorisé, dites-vous qu'il y en a un qui va
lever... il y a des gens qui vont lever la main rapidement.
Mme Dufour :
Ou s'il y a de l'opposition au conseil.
Mme
Laforest : Mais votre point est très bon aussi, là, ça, c'est...
Mme Dufour : S'il
y a de l'opposition au conseil. Mais ce n'est pas toujours le cas. Tu sais, il
y a quand même un risque de dérive, puis des fois les gens ne voient pas, là,
qu'est-ce qui s'est négocié par l'arrière. Ça fait qu'il est juste là, l'enjeu,
puis c'est ça qu'il faut bien s'assurer d'encadrer. Moi, je pense qu'il y a
peut-être un risque ici du fait qu'on est dans de l'argent. Mais, bon, je
comprends, tu sais, la mesure. Puis le reste, le débat, on l'a déjà fait dans le passé, là, sur le reste. Mais moi, je
voulais le resouligner à nouveau, là, qu'il y a un risque de dérive éthique ici. Puis ce n'est pas le Vérificateur général qui
va savoir puis qui va pouvoir aller valider ce que les élus municipaux ont
négocié par en arrière avec des promoteurs, là, tu sais.
Mme Laforest :
Ah! ça, c'est sûr que non. Mais, en même temps, on...
Mme Dufour : Ça,
on est dans... on est hors éthique, là, c'est sûr.
Mme Laforest :
Oui. On parlait des
contributions, c'est pour ça que je disais ça, là. Mais c'est bien de le
soulever, mais...
Mme Dufour :
Il y a un risque.
Mme
Laforest : Mais, moi, ce que je voulais dire tantôt... Présentement,
c'est sûr qu'il y a quand même plusieurs promoteurs qui sont... et plusieurs
municipalités qui veulent contribuer pour la construction. C'est très bien. Je
crois qu'il va y avoir comme une espèce d'engouement pour cette mesure-là. Mais
ce que je voulais dire, quand je parlais...
il va arriver... ce ne sera pas... Je pense que, les prochaines années, les
trois prochaines années, ça va être très, très fort, cette mesure-là.
Puis après on verra, là. Mais vous avez raison pour... d'être prudents.
Mme
Dufour : Bien, moi, je pense que ça va prendre plus que trois ans pour
résorber la crise du logement, Mme la ministre. Au rythme où ça va, là, je
pense qu'on en a pour très longtemps, malheureusement. Voilà.
Le Président (M.
Schneeberger) :
Ça va? D'autres... Député de Taschereau.
M.
Grandmont : Oui. Bien, merci. Oui, en fait, on est très contents, là,
de cette mesure-là. Je pense que c'est des mesures qu'on avait hâte de... de
souligner. Effectivement, là, comme la collègue, là, de... de Mille-Îles, là, l'a souligné tantôt, c'est des mesures qui sont
utilisées en Ontario depuis quand même pas mal de temps puis qui donnent
des résultats positifs, là. Puis on l'a même élargi, là.
Je ne sais pas
comment ça a été mis en place en Ontario, mais je me souviens très bien, là,
des cas lors d'une visite que j'ai faite,
une mission d'étude que j'avais faite à Toronto, entre autres, là, les... le
«bonus zoning», là, le zonage incitatif
était aussi utilisé pour mettre en place des parcs aux frais d'un promoteur
immobilier. Donc, différentes mesures toujours à caractère public, là,
tu sais.
Ce
qu'on veut, l'objectif, c'est qu'on favorise à la fois la densification, hein,
c'est un peu ce que j'argumentais
tantôt, donc, qu'on favorise la densification en même temps... en échange d'une
contrepartie qui permet d'avoir des retombées positives pour l'ensemble
de la collectivité. Je pense que c'est ça qu'on souhaite et je pense que c'est
une bonne façon de l'apporter. Ça fait plusieurs années que ça existe là-bas,
ça donne des résultats positifs, là, que j'ai pu voir de mes yeux, vu.
Maintenant, j'ai des
préoccupations, là, qui sont similaires, là, à ce qui a été évoqué tantôt.
D'abord, j'aimerais savoir, est-ce que ce
seront nécessairement des informations qui sont publiques? Je n'ai pas trop
compris, là, tout à l'heure, la
réponse. Est-ce que, par exemple, une municipalité qui négocie avec un
promoteur, nécessairement... Ou est-ce que, dans le fond, il va être
attendu des municipalités que cette... que la méthode de calcul du... du zonage
incitatif sera connue et publique, dans le fond? Est-ce que c'est... c'est ça
qui est prévu actuellement?
Mme
Laforest : Oui.
M. Grandmont : Donc, une municipalité qui veut se prévaloir de cette... de cette
disposition-là doit rendre publique la méthode de calcul? Ça, c'est une
obligation? Est-ce que c'est prévu dans les articles de loi qu'on va mettre
en...
Mme Laforest :
Bien, c'est... c'est déjà dans
l'ancien projet de loi n° 16, c'était déjà dans le projet de loi n° 16.
• (17 h 10) •
M.
Grandmont : Parfait. Excellent. C'est bon. Excellent. Donc, c'est déjà
public. Et donc les méthodes de calcul ne seront pas nécessairement les mêmes
d'une ville à l'autre, j'imagine que chaque ville va avoir sa propre façon de
calculer, mais au moins on pourra s'assurer qu'il n'y a pas de potentielles
influences ou corruption, même, à la limite, pour que certains promoteurs
soient avantagés plutôt que d'autres. Les règles seront établies, claires,
publiques pour tout le monde en amont, évidemment, avant de... Donc, c'est
quoi, le processus? Une ville dit : Je veux mettre en place un processus
de zonage incitatif. Elle fait sa demande... bien, en fait, n'as pas besoin de demander, elle passe une résolution pour instaurer
un règlement puis, après ça, elle rend public son règlement. Peut-être juste
élaborer un petit peu là-dessus.
Mme Laforest :
Bien, en fait, c'est différent
pour chacune des municipalités. Mais il y a une demande, exemple, d'un
projet x avec un promoteur X. La ville passe son règlement avec le... son
calcul à l'intérieur du règlement, par résolution, c'est accepté. Puis pourquoi
on va... on propose cet article-là? Parce que, comme je le mentionnais tout à l'heure, les promoteurs, aujourd'hui, tant qu'à
être rendus à un niveau, veulent aller plus loin. Puis les municipalités ont
besoin d'augmenter, d'accélérer cette possibilité-là. Mais c'est tout prévu,
comme la municipalité, par résolution, par règlement, les calculs sont dans le
règlement, oui.
M. Grandmont :
Parfait. Donc là, c'est
simplement pour des... donc, des changements sur le zonage, effectivement.
Donc, à la première demande, dans le fond,
la ville doit rendre public son... sa méthode de calcul. Est-ce que la ville
peut changer sa méthode de calcul dans le temps?
Mme Laforest :
Elle peut changer complètement.
Elle peut changer son règlement, dépendamment de la situation. Une ville
peut toujours.
M. Grandmont :
Au rythme où elle...OK.
D'accord. Et donc... mais c'est toujours, encore une fois, de notoriété
publique?
Mme
Laforest : Oui.
M. Grandmont :
OK. Parfait. Excellent. Non, moi,
c'est une mesure que je... vraiment, qu'on trouve intéressante, importante à
mettre en oeuvre. Ça répond effectivement aux demandes qui étaient avancées par
plusieurs municipalités, les unions aussi, qu'on avait rencontrées
là-dessus. Je pense que c'est une bonne façon, effectivement, de travailler sur
l'offre de logements qui soit abordable, qui
soit sociale et qui soit aussi, là, de... des grands logements. Donc, ça, je
pense que c'est une bonne façon de
travailler. Puis après ça, bien, les municipalités peuvent utiliser ce fonds-là
qui est dédié, dans le fond, à la création de logements...
Mme Laforest : Sociaux
et abordables.
M.
Grandmont : ...sociaux et abordables, comme bon leur semble
aussi, aux endroits où ça leur chante aussi. Donc, c'est une bonne
mesure. Merci.
Le Président (M. Schneeberger) : Oui.
Ça va? OK. D'autres questions? Non? Alors, est-ce que l'article 2...
Une voix : ...
Le
Président (M. Schneeberger) : Oui, ça, c'est un amendement. Alors, est-ce que
l'amendement est adopté?
Des voix : Adopté.
Le Président (M. Schneeberger) : Adopté.
Alors, on revient à l'article 2 tel qu'amendé.
Des voix : Adopté.
Mme Dufour : ...
Le Président (M. Schneeberger) : Oui.
Non, non...
Mme Dufour : ...qu'il faut que je
dépose? Excusez-moi, j'essaie juste de...
Le Président (M. Schneeberger) : Oui.
Vous auriez un amendement à déposer?
Mme Dufour : Oui, mais c'est ça, je
veux juste savoir, c'est-tu 2 ou 2.1?
Une voix : ...
Mme Dufour : C'est 2.1?
Le Président (M. Schneeberger) : C'est
après?
Mme Dufour : C'est après. OK. Parfait.
Le Président (M. Schneeberger) : OK.À ce moment-là, il faut... on doit mettre aux voix cet article puis on
reviendra par la suite.
Mme Dufour : Parfait.
Le
Président (M. Schneeberger) : Alors, est-ce qu'il y avait des questions sur
l'article 2 tel qu'amendé? Non? Alors, est-ce que l'article 2,
tel qu'amendé, est adopté? Adopté?
Des voix : Adopté.
Le
Président (M. Schneeberger) : Oui. Parfait. Alors... Bien, moi, je vous écoute,
je pose la question. Alors là, à ce moment-là, je vous inviterais à...
Est-ce que l'article est déposé du niveau des greffes?
Mme Dufour : Là, je comprends que
c'est l'article 2.1...
Le Président (M. Schneeberger) :
Oui. Alors, nous allons suspendre quelques instants, juste dans le but de
recevoir l'amendement, et on vous revient.
(Suspension de la séance à 17 h 14)
(Reprise à 17 h 25)
Le Président (M. Schneeberger) : Alors,
nous reprenons les travaux. Alors, je vais laisser la députée de Mille-Îles
lire l'amendement qu'elle souhaite déposer. Et puis je le sais que vous avez eu
des conversations pour éventuellement que la ministre veuille faire des
vérifications, ça fait que vous allez lire l'article qu'on va déposer...
l'amendement, pardon, et puis par la suite on va le retirer.
Mme Dufour : Bien, moi... non, on ne
veut pas le retirer, M. le Président.
Le Président (M.
Schneeberger) : Bien, pas le retirer, mais le suspendre, excusez-moi,
le suspendre pour revenir éventuellement. Voilà.
Mme Dufour : Oui. J'aimerais quand
même pouvoir l'expliquer.
Le Président (M. Schneeberger) : Oui,
oui, allez-y, il n'y a pas de problème.
Mme Dufour : Tu sais, ça fait que je
pense que je vais... je vais juste faire une petite mise en contexte puis, après, je vais le déposer. C'est bon? Dans le
fond, c'est ça, c'est... je reviens, encore une fois avec une proposition pour
permettre le zonage différencié, qui est distinct du zonage incitatif.
Je souhaite l'expliquer parce que pour... pour certains ça peut sembler...
c'est quand même assez technique, là. Mais le zonage incitatif, qu'on a vu
précédemment, dans le fond, permet de faire
un certain... ils appelaient ça un «bonus zoning», un bonus de densité pour un
projet x, en échange de quelque chose qui est négocié avec la
municipalité. Le zonage différencié, c'est tout à fait différent. Ce que ça permettrait, c'est plutôt, de facto, sur un
lot x, de déterminer qu'il peut y avoir une densité supérieure mais pour
un type de projet donné qui ici serait du
logement social ou abordable. Donc, ce qui ferait que, pour le même lot, il y
aurait deux types de densité, une densité moindre pour du logement
régulier et une densité supérieure pour du logement social et... ou abordable. Et l'idée, c'est... en fait, c'est donner un
certain avantage financier sur le coût du terrain, les...
Le Président (M. Schneeberger) : Est-ce
que vous êtes en train d'expliquer votre amendement?
Mme Dufour : Non, bien, j'ai...
juste faire le... Bien, je voulais faire la mise en...
Le
Président (M. Schneeberger) : OK. Parce qu'idéalement ce serait de le lire puis
l'expliquer après. Mais, si vous...
Mme Dufour : OK. Parfait.
Le Président (M. Schneeberger) : Mais,
si vous voulez le mettre en contexte, je comprends.
Mme Dufour : Vous avez raison. Je
m'emballe, je m'emballe quand je parle de zonage différencié. Donc... donc, ce n'est pas la première fois, là, que je
l'amène, je l'avais amené dans un autre projet de loi, il n'y a pas longtemps,
puis le projet de loi 16 aussi, ça fait
que je vais le lire maintenant, M. le Président, l'article 2.1, donc, qui
ajoute, après l'article 2 du projet de loi, là, de... l'article
suivant, voilà :
2.1. Le projet de loi est modifié par
l'insertion, après l'article 145.35.4 de cette loi, de la section
suivante :
«Section X.2
«Le zonage différencié
«145.35.5. Le
conseil d'une municipalité dotée d'un comité consultatif d'urbanisme peut
adopter un règlement relatif au zonage différencié visant à accroître
l'offre de logement social et abordable pérenne.
«145.35.6. Le règlement peut contenir toute
norme conforme aux dispositions de l'article 113, à l'exclusion d'une norme
relative aux usages, qui est destinée à s'appliquer de façon différenciée pour
les projets dont la totalité des logements nouvellement construits ou convertis
est destinée au logement social ou abordable pérenne et dont la gestion est
confiée à un office municipal ou régional d'habitation, une coopérative
d'habitation autre que celle dont l'objet principal est de faciliter l'accès à
la propriété ou d'une entreprise d'économie sociale constituée en personne
morale à but non lucratif en vertu de la partie III de la Loi sur les
compagnies (chapitre C-38).
«145.35.7. Le règlement doit notamment
prévoir, en outre des éléments que la municipalité peut prescrire, que chaque logement doit conserver sa destination
initiale pour une durée minimale de 30 ans suivant la fin des travaux.
Un logement demeure abordable au sens de ce règlement si elle est disponible à
un prix d'au moins 20 pour cent inférieur au prix évalué à la valeur du
marché.
«145.35.8. Quiconque contrevient à l'une ou
l'autre des dispositions du règlement ou à l'article 227.7 de la Loi sur les compagnies (chapitre C-38) ou à
l'article 221.2.3 de la Loi sur les coopératives (chapitre C-67.2)
est passible d'une amende dont la municipalité prescrit les montants minimal et
maximal, pour autant que le montant maximal par logement n'excède pas
10 000 $.
«145.35.9. Le règlement est réputé ne pas
contenir de dispositions propres à un règlement susceptible d'approbation
référendaire.»
Donc là, je comprends qu'il est officiellement
déposé.
Le Président (M. Schneeberger) :
Oui, il est déposé.
Mme Dufour : Maintenant, on peut
suspendre puis on reviendra pour le débat ultérieurement.
• (17 h 30) •
Le
Président (M. Schneeberger) :
Oui. Bien, aviez-vous d'autres
explications? Parce que je vous ai coupée un peu, mais...
Mme Dufour : Bien là, vous voulez
que je le fasse?
Le Président (M.
Schneeberger) : Oui, oui, c'est important.
Mme Dufour : Oui. OK. Bien, dans le
fond, c'est ça, l'intérêt du zonage différencié... Puis, vous savez, il y a
quelques semaines, je crois que c'est il y a une semaine et demie, j'étais dans
un congrès sur les coopératives d'habitation du Québec, et il y a des gens qui
ont posé... dans la salle, à un panel d'experts sur la scène, ils ont
demandé : Mais qu'est-ce qu'on peut faire pour réduire les coûts? C'est
rendu tellement, tellement cher, construire des
unités, on n'y arrive plus. Qu'est-ce qu'on pourrait faire pour... pour réduire
les coûts? Et la personne, l'expert sur la scène a dit instantanément, il a dit : Bien, il y a la
possibilité du zonage différencié qui a été proposée à l'Assemblée nationale,
mais ça n'a pas été adopté. Donc, ça, c'est ce que j'avais déjà proposé, qui
n'est pas mon idée, là, je dois dire, là,
c'est venu du milieu, des spécialistes du milieu qui l'avaient proposé, puis
ensuite les villes l'ont demandé aussi, dans le projet de loi
n° 31, dans les mémoires, plusieurs municipalités l'avaient demandé.
Mais l'idée, c'est que c'est, comme je disais,
de facto, d'offrir une densité supérieure, sur certains terrains, aux projets
de logement social et abordable. Et ce que ça fait, c'est que les organismes
qui regardent pour acheter des terrains, s'ils savent d'avance que sur ce
terrain-là ils vont pouvoir faire, par exemple, quatre étages de plus que s'ils
faisaient du logement régulier, bien, ils sont capables de compétitionner sur
le coût du terrain. Parce que, dans le fond,
eux vont pouvoir diminuer ou réduire leur facture par unité, par logement, et
donc ils vont être capables d'embarquer dans une surenchère potentielle,
ce qui actuellement... Ils ne sont pas compétitifs du tout avec les promoteurs,
disons, plus... plus gros qui font du logement régulier. Donc, ça a cet
avantage-là, mais en plus ça vient réduire la facture à la porte. Donc, c'est un avantage financier, un
incitatif financier, mais qui est à coût nul pour le gouvernement, à coût nul
pour les municipalités.
Donc, je pense que ça fait le tour, là, M. le
Président, de l'explication.
Le Président (M. Schneeberger) : Merci
beaucoup. Alors, vu qu'on... il y a eu une entente, à ce moment-là, j'ai besoin
du consentement pour suspendre l'amendement. Consentement?
Des voix : Consentement.
Le Président (M. Schneeberger) : Parfait.
Alors, nous poursuivons avec l'article 140.2.
Mme Laforest : 140.2. OK. Insérer,
avant l'article 141 du projet de loi, le suivant :
«140.2. Jusqu'au
(indiquer ici la date qui suit de trois ans celle de la sanction de la présente
loi), l'article 145.35.1 de la Loi sur l'aménagement et l'urbanisme
(chapitre A-19.1) doit se lire en y supprimant ", conformément à des
orientations définies à cette fin dans le plan d'urbanisme,".
Donc, ici, c'est en concordance avec ce qu'on a
adopté précédemment, on vient limiter la contrainte d'exercice rapide des
pouvoirs de zonage incitatif. Puis on introduit dans le projet de loi une
disposition transitoire qui va permettre à
la municipalité locale d'adopter, dans les trois années suivant la sanction de
la loi, un règlement de zonage incitatif.
Le Président (M. Schneeberger) : Merci.
Est-ce qu'il y a des questions sur l'article 140.2? Oui, députée de Mont-Royal—Outremont.
Mme Setlakwe : Oui. Donc, je
comprends qu'on est en concordance avec ce qui a été discuté précédemment sur le zonage incitatif. Mais, ici, on n'est pas
en train de répondre à la demande de la ville de Longueuil? Oui, on... C'est
ça que je voulais clarifier.
Mme Laforest : Oui.
Mme Setlakwe : Pouvez-vous juste
nous rappeler la problématique qu'elle vivait? Elle disait... C'était une question de délai, oui, ou de... Il y avait une...
il y avait une technicalité, là, si on laissait le libellé tel quel. Ça n'offrait
pas toute la souplesse. Donc, juste nous rappeler, là, le raisonnement derrière
la demande de la ville de Longueuil.
Mme Laforest : Oui. OK. En fait...
Oui, c'est ça. C'est vraiment pour la ville de Longueuil, puis c'est pour une
question de cohérence avec la planification territoriale en matière de zonage
incitatif pour la municipalité, qui nécessite... qui a besoin préalablement de
définir des orientations à cette fin dans son plan d'urbanisme. Donc, évidemment, il y a eu des délais importants, ça
pouvait aller jusqu'à deux ans. Donc, dans des grandes villes, dans
certaines grandes villes, le processus de modification du plan peut
prendre plusieurs mois, ce qui peut avoir des effets.
Puis il y a déjà des promoteurs qui sont prêts à
investir pour du logement de zonage incitatif. Donc, ici, on voit... on ne met
pas du tout, du tout en question l'importance de cette cohérence-là, mais, dans
le contexte actuel de la crise du logement
ou de la pénurie de logements dans certaines municipalités, c'est important de
ne pas imposer des contraintes aux municipalités qui souhaitent agir
rapidement et immédiatement pour ne pas perdre les promoteurs qui sont pour des
projets de logements abordables dans certaines... certains quartiers.
Donc, les municipalités pourraient, dès l'entrée
en vigueur de la loi, c'est pour ça qu'il y a la sanction de la loi, adopter et
mettre en oeuvre un règlement de zonage incitatif et modifier en parallèle leur
plan d'urbanisme pour assurer la cohérence entre les deux. Donc, il y aurait
quand même la... l'adoption et la mise en oeuvre du règlement de zonage incitatif pour modifier en parallèle leur plan
d'urbanisme. Puis ici, on bénéficie aussi de trois ans pour apporter les
ajustements requis aux plans d'urbanisme. Merci.
Le Président (M.
Schneeberger) : Merci beaucoup. Alors, questions? Ça va. Députée de Mille-Îles.
Mme Dufour : ...
Le Président (M.
Schneeberger) : Il va... Il va s'ouvrir.
Mme Dufour : ...
Le Président (M.
Schneeberger) : Non, l'autre micro.
Mme Dufour : Ah!
OK. Ils se sont trompés.
Le Président (M.
Schneeberger) : Voilà.
Mme Dufour : Ah!
merci. Oui, dans le fond, c'est ça, je pense que c'est un... c'est un
amendement qui est intéressant, là, ça va
permettre d'accélérer. On aurait pu y penser, à l'époque, l'an dernier. Mais
moi, personnellement, je ne vois pas d'enjeu avec ça. Est-ce que
c'est... Et on peut se poser la question : Est-ce que c'est absolument
nécessaire que ça soit dans le plan d'urbanisme, de... d'avoir ce règlement de
zonage incitatif là, là? Tu sais, je me pose
la question : Est-ce que ça pourrait être comme à l'extérieur du plan
d'urbanisme? J'ouvre la porte à la question, là, mais je ne sais pas si
ça a été discuté, réfléchi ou...
Mme Laforest :
Oui. Bien, en fait, ce qu'elles
nous ont dit, c'est qu'évidemment, si on ajuste cette mesure-là, si c'est bien
inscrit comme ça dans la loi, on évite certains doutes pour aller de l'avant
avec certains projets. Donc, c'est important, là, pour que les gens
voient que c'est vraiment... la mesure est prise, c'est transparent. On va de
l'avant quand même avec les projets, malgré cette disposition-ci. Donc, c'est
sûr que c'est... disons que ça soutient mieux la municipalité qui fait des
projets comme ça.
Mme Dufour : Mon
questionnement, c'est de savoir est-ce que c'est nécessaire que ça soit inclus
dans le plan d'urbanisme. Et ça n'aurait pas pu être juste un règlement de
zonage incitatif que les municipalités adoptent sans que ça soit dans le plan
d'urbanisme?
Mme
Laforest : Bien, c'est en lien avec les autres articles qu'on a
adoptés, je crois, Mme Petit? C'était une question de cohérence aussi.
Le Président (M.
Schneeberger) : Mme Petit. Allez-y.
Mme Petit
(Katia) : En fait, on s'assure toujours, effectivement, que l'ensemble
du cadre, allant du schéma jusqu'au règlement de zonage, est le plus conforme
possible. Donc, ici, c'est vraiment en cohérence. On veut s'assurer... Puis on
laisse un délai, là, quand même assez long, de trois ans pour le faire.
Donc, souvent, ça va se faire en même temps,
des fois, que d'autres modifications, où on va juste venir introduire une
orientation claire à l'effet qu'on souhaite donner lieu... avoir du zonage
incitatif sur notre territoire, puis ça nous donne l'assise plus conforme, je
dirais, là, pour adopter nos règlements de zonage incitatif. Donc, on
est vraiment dans de la cohérence, mais on veut s'assurer que ça reste, même si on introduit de nouveaux
pouvoirs puis qu'on veut faciliter, qu'on reste quand même cohérent ou global,
là.
Mme Dufour : OK.
Merci.
Le Président (M.
Schneeberger) : Ça va. D'autres questions? Alors, s'il n'y a pas
d'autre question, est-ce que l'article 140.2 est adopté?
Des voix : Adopté.
Le Président (M.
Schneeberger) : Adopté. L'article 3.2.
Mme
Laforest : Cette loi est modifiée par l'insertion, après
l'article 233.1, du suivant :
«233.1.0.1.
L'abattage d'arbre fait en contravention d'une disposition réglementaire
adoptée en vertu de l'article 79.3 ou
du paragraphe 12.1° du deuxième alinéa de l'article 113 est sanctionné par
une amende d'un montant minimal de 500 $ auquel s'ajoute :
«1° dans le cas
d'un abattage sur une superficie égale ou inférieure à 1 000 m2, un
montant minimal de 100 $ et maximal de 2 500 $;
«2° dans le cas d'un
abattage sur une superficie supérieure à 1 000 m2, un montant minimal
de 5 000 $ et maximal de
15 000 $ par hectare déboisé ou, proportionnellement, par fraction
d'hectare; lorsqu'au moins la moitié du couvert forestier a été abattu,
le montant maximal est porté à 30 000 $.
«Les montants prévus au premier alinéa sont
doublés en cas de récidive.»
Cet amendement introduit un nouvel
article 233.1.0.1 à la Loi sur l'aménagement et l'urbanisme afin de
prévoir que l'abattage d'arbre en forêt privée fait en contravention d'un
règlement adopté en vertu de l'article 79.3 ou du paragraphe 12.1° du deuxième alinéa et de l'article 113
serait sanctionné par une amende d'un montant minimal de 500 $, auquel s'ajouterait un montant
minimal de 100 $ et maximal de 2 500 $ si l'abattage couvre une
superficie... une superficie égale ou
inférieure à 1 000 mètres carrés. Si l'abattage couvre une superficie
supérieure à 1 000 mètres carrés, le montant additionnel
minimal serait de 5 000 $ par hectare déboisé et le montant maximal
de 15 000 $ ou de 30 000 $ par hectare déboisé, selon
l'intensité de la coupe. En cas de récidive, les montants seraient portés au double.
Ici, on veut évidemment dissuader les
producteurs de contrevenir à la réglementation municipale en matière d'abattage
d'arbre. On vient rendre le régime pénal en matière d'abattage d'arbre plus en
phase avec la réalité des activités sylvicoles en forêt privée. Donc, ici,
c'est en cohérence avec les... les activités sylvicoles, excusez-moi, en forêt
privée. Donc, les amendes potentielles resteraient suffisamment dissuasives
pour les producteurs forestiers sans être disproportionnées, compte tenu du
potentiel économique limité pour l'exploitation forestière. Donc, il y a eu des
discussions avec la forêt... les gens de la
forêt privée et les gens qui travaillent pour les activités sylvicoles
également en forêt privée. Donc, il y a une certaine logique qu'on vient de
préciser ici pour la coupe partielle. Merci, M. le Président.
• (17 h 40) •
Le Président (M. Schneeberger) : Merci.
Députée de Mille-Îles.
Mme
Dufour : Oui, merci, M. le Président. Alors, on va
retourner en arrière, on va retourner dans le projet de loi n° 50... pas... 37, plutôt, fiscalité
municipale, qu'on a adopté en décembre 2023. Ces montants-là ont été
augmentés à ce moment-là. Donc, c'était un amendement que j'avais déposé
et qui avait pour but, dans le fond, de décourager l'abattage illégal parce que
les sommes... les municipalités nous avaient avisés, puis c'était une demande
de l'UMQ, d'ailleurs, d'augmenter ces montants-là, parce que les sommes, quand
on mettait bout à bout, là, les coupes illégales, c'était dérisoire et c'était
plus intéressant, finalement, de payer l'amende que de demander un permis à
cause des délais, des fois, qui sont
encourus par un permis, par exemple. Et on le voit, les sommes... les sommes...
C'est ça, là, ils sont... on parle d'un montant de 100 $, peut-être
2 500 $.
Donc, je reviens, donc, dans le projet de loi
n° 37. Ça a été modifié, ça a été augmenté. Suite à ça, il y a eu un enjeu, par contre, avec les propriétaires de forêt
privée. On a eu des échanges, j'imagine que la ministre, et son bureau aussi,
a eu des échanges avec des représentants, et il est venu clair qu'il y avait un
enjeu pour la forêt privée. Mais ça reste qu'il y a toujours la... Il faut...
il faut trouver une solution pour la forêt privée et ne pas les... leur nuire,
les empêcher, finalement, de prélever du
bois dans leur propre forêt, mais tout en protégeant les milieux urbains, les
boisés en milieu urbain, qui étaient, à l'origine, là, ce qui était visé
par l'article.
Donc, maintenant, moi, ce que j'aimerais
comprendre, c'est qu'à l'époque, la façon que le... l'article était rédigé, il
touchait deux articles, si on veut, là, deux paragraphes du... de
l'article 113 de la Loi sur l'aménagement et l'urbanisme, le 12° et le
12.1°. Là, on vient l'enlever, on vient enlever le 12°... attendez, excusez,
là, j'essaie de me retrouver. On vient enlever le 12° ou on vient enlever le
12.1°? Il y a un des deux, en tout cas, qu'on enlève, et les montants sont retournés au montant d'origine.
Donc, je veux juste qu'on m'explique davantage il est où le gain pour les
milieux urbains puis, tu sais, comprendre aussi par rapport aux forêts privées,
là.
Le
Président (M. Schneeberger) : Merci. Alors, est-ce qu'on a une réponse? Oui.
Alors, monsieur... J'ai besoin du consentement pour que — excusez-moi,
votre... pouvez-vous me...
M. Dumont (Luc) : Luc Dumont.
Le Président (M. Schneeberger) :
...Luc?
M. Dumont (Luc) : Dumont.
Le Président (M. Schneeberger) :
...Dumont, OK — M. Dumont
puisse prendre la parole. Consentement?
Des voix : Consentement.
Le Président (M. Schneeberger) : Alors,
M. Dumont, votre nom et titre.
M. Dumont
(Luc) : Oui. Bonjour. Luc Dumont, avocat à la Direction
des affaires juridiques du ministère des Affaires municipales.
En fait, ce qu'elle fait, cette disposition-là,
c'est qu'elle retire l'article... le paragraphe 12.1° de
l'article 113 et l'article 79.3 du
régime actuel. Le régime actuel, comme vous l'avez mentionné, les amendes ont
été élevées dans le cadre du
PL 31. Les articles qui sont retirés et déplacés dans l'article qui sera
présenté subséquemment visent davantage la forêt privée. Toutefois, comme vous voyez, on conserve néanmoins les
dispositions de l'article 233.1 qui vise, a priori, ce qui est...
ce qui est davantage en milieu urbain. Les sanctions... les... dans... Le
régime de sanctions n'a pas été touché pour ces... dans
le fond, pour une infraction à toute disposition qui découlerait d'une
infraction au règlement pris en vertu des
articles... de l'article 113, paragraphe 12°. C'est encore la même
chose par rapport au paragraphe 31. Toutefois... Toutefois, pour ce qui... pour ce qui serait des
dispositions qui viseraient 12.1° et 79.3, ce serait ce nouveau régime
là qui serait applicable.
La méthode de
comptage est différente. Donc, on ne compte pas les arbres un à un,
contrairement à ce qui se ferait en milieu
plus urbain, ce qui est comprenable puis qui est compréhensible plus qu'ici...
ce qui est compréhensible puisqu'évidemment
on... dans une forêt, faire du un par un, c'est... c'était assez compliqué,
autant, là, très particulièrement pour les... pour les inspecteurs qui
devaient... qui devaient se présenter puis commencer à faire le calcul. Puis on y va plutôt, dans ce cas-ci, à une
superficie minimale avec un régime de montant déterminé. Et si cette superficie-là
minimale est dépassée, c'est-à-dire 1 000 mètres carrés, on passe au
paragraphe 2° pour lequel les infractions
sont plus élevées et on aborde aussi... on apporte aussi la notion de couvert
forestier abattu ou partiellement abattu, auquel cas le montant de la
sanction va être plus élevé.
Mme Dufour : OK. Donc, pour la forêt
privée, on tombe dans ce régime-là, avec ces sommes-là. Pour le... la forêt
en milieu urbain, là, du moins, là, ou la... autre que privée, là, les sommes
ne seraient pas modifiées?
M. Dumont
(Luc) : Non, les sommes ne sont pas modifiées...
Mme Dufour :
Les modifiées... Les sommes qu'on avait modifiées resteraient telles
quelles.
M. Dumont (Luc) :
C'est exactement les mêmes. C'est exactement les mêmes.
Mme Dufour :
OK. Maintenant, le questionnement que j'avais, c'était par rapport à 12° et
versus 12.1°. Effectivement, 12.1° parle de forêt privée, mais il parle
d'autres choses aussi. Ça fait que je veux juste, juste pour le bénéfice de
tous, là, qu'on... lire le 12°.
Le 12° dit :
«Régir ou restreindre, par zone, l'excavation du sol, le déplacement d'humus,
la plantation et l'abattage d'arbres et tous travaux de [déblaiement] ou de remblai;
obliger tout propriétaire à garnir son terrain de gazon, d'arbustes [et]
d'arbres.»
Le 12.1°,
c'est : «Régir ou restreindre la plantation ou l'abattage d'arbres afin
d'assurer la protection du couvert forestier et de favoriser l'aménagement
durable de la forêt privée.»
C'est...
c'est ici qu'il est, mon enjeu, c'est que, dans le 12.1°, on lit «assurer la
protection», alors que, dans le 12°, on ne parle pas de ça, on parle
juste de la plantation et l'abattage d'arbres. Donc, je veux juste m'assurer
qu'une forêt protégée qui n'est pas une forêt privée ou... ou... ou pas, tu
sais, par exemple, une forêt, mais qui, éventuellement, aura un développement,
mais que le promoteur n'a pas demandé un permis, par exemple, il rentre
vraiment dans la catégorie 12° et non pas dans la 12.1°.
M. Dumont
(Luc) : Bien, en fait, tout va dépendre d'en vertu de quoi le
règlement municipal... le règlement de la municipalité a été pris puisque
l'habitation prévoit que c'est un règlement, une disposition ou un règlement pris... un règlement pris en vertu de l'article...
de l'article 113, paragraphe 12° ou paragraphe 12.1°. Donc, le
règlement... le règlement municipal
vise ou va viser précisément... dans le fond, différentes sections de son
territoire, selon l'habilitation qu'il prévoit. Donc, si nous sommes,
par exemple, en milieu... en milieu, on va dire, plus urbain, fort probablement
que la municipalité aura adopté son règlement en vertu du paragraphe 12°.
Mme Dufour :
OK. OK, c'est bon. Merci.
Le Président
(M. Schneeberger) : Ça va? D'autres questions? Non? Oui, Mme la
ministre.
Mme Laforest : Oui. Il faudrait quand
même informer que le montant minimal, c'est le prochain... le prochain article.
Votre question était bonne parce que les municipalités disaient justement qu'il
fallait revenir au montant de base de 500 $. C'est juste le montant
minimal qui a... qu'on va changer dans le prochain article, parce que les
municipalités trouvaient que les montants étaient assez élevés, donc ils ne
pouvaient pas demander ça à un simple citoyen, c'est le prochain article, 3.1. Quand, tantôt... Tantôt, vous avez
questionné : Est-ce que les montants... Les montants minimaux ne
changeront pas.
Mme Dufour : ...dans
le cas des autres... Outre la forêt privée, ce que je comprends, c'est qu'il
n'y a pas de changement sur les montants. Les montants avaient été augmentés
dans l'article... dans le projet de loi n° 37...
Mme
Laforest : OK. OK, excusez. C'est bon.
Mme Dufour : Et
là on n'y touche pas, c'est bon, parce que c'était une demande des villes de
les augmenter. C'est bon?
Mme Laforest :
C'est bon.
Mme Dufour : OK.
Le
Président (M. Schneeberger) : Ça va?
Mme Dufour : C'est
bon, on s'entend.
Le Président (M. Schneeberger) : Alors,
est-ce que l'article... l'article... dans le fond, l'amendement qui introduit
l'article 3.2 est adopté?
Des voix : Adopté.
Le Président (M.
Schneeberger) : Adopté. 3.1.
Mme
Laforest : L'article 3.1. Insérer, après l'article 3 du
projet de loi, le suivant :
3.1.
L'article 233.1 de cette loi est modifié par le remplacement, dans ce qui
précède le paragraphe 1° du premier alinéa, de «de l'article 79.3 ou de l'un des paragraphes 12°
et 12.1°» et de «2 500» par, respectivement, «du paragraphe 12°» et
«500».
Cet amendement
propose de modifier le règlement sur l'aménagement et l'urbanisme pour rendre
conforme et en... cohérence le règlement qui porte sur l'aménagement de la
forêt privée, qui est visé par un régime pénal distinct proposé.
Donc,
évidemment, ici, on vient distinguer les abattages d'arbre selon qu'ils sont
effectués dans un contexte de forêt privée ou dans un autre contexte en
milieu urbain.
Le Président (M.
Schneeberger) : Oui, députée de Mille-Îles.
Mme Dufour : Là,
c'est exactement le contraire de ce qu'on vient juste de discuter, là. Tout à
l'heure, on parlait que les... ces
montants-là ne bougeraient pas. Là, ils sont... ils sont diminués, ils
reviennent aux montants qui étaient au
préalable, avant l'article 37. Là, je vois des signes de tête que non,
mais pourtant, c'est... Excusez, j'ai... j'ai de la misère à suivre.
Mais, si je regarde le... l'amendement qu'on avait à l'époque, j'y retourne...
• (17 h 50) •
Des voix : ...
Mme Dufour : À
l'époque, moi, je veux juste dire, l'amendement que j'avais déposé dans
l'article 37 venait monter... c'était 500 $, on l'augmentait à
2 500 $, et là on vient le réduire.
Mme
Laforest : Parce que plusieurs citoyens n'étaient pas capables de le
payer.
Mme Dufour :
Ça fait que...
Mme
Laforest : Puis les municipalités étaient mal à l'aise parce que
2 500 $ pour un citoyen qui fait...
Mme Dufour : Mais
c'était l'UMQ qui avait fait cette demande-là.
Mme
Laforest : Bien là, c'est ça que... ils demandent un correctif.
Mme Dufour : Là,
c'est... c'est dur à suivre, là, honnêtement.
Mme
Laforest : C'est juste pour le montant minimal, par exemple.
Mme Dufour : C'est
le montant minimal qui change...
Mme
Laforest : Juste ça.
Mme Dufour : ...mais
le cas d'abattage d'une superficie inférieure...
Mme
Laforest : Ne change pas.
Mme Dufour :
...à un hectare ne change pas. Mais ça reste que c'est... C'est-tu un montant
par arbre? «Un montant minimal de 500 $ et maximal»... OK, OK. OK, ça fait
que la facture globale va rester...
Mme
Laforest : Très élevée.
Mme Dufour : ... — si,
par exemple, quelqu'un détruit, je ne sais pas, moi, 1 000 arbres — va
rester très élevée...
Mme
Laforest : Très élevée.
Mme Dufour : ...mais
c'est le coût minimum qui va être moindre. Puis c'est... dans le fond, c'est
pour un arbre. On peut s'entendre, à 500 $, c'est pour un arbre.
OK.
Mme
Laforest : Bien, en fait, c'est sûr que, pour un citoyen qui coupe son
arbre sur son terrain, c'est... je comprends, là, que ça... il faut que ça soit
réglementé.
Mme Dufour : C'est
ça.
Mme
Laforest : Mais les montants étaient assez élevés, donc il y a eu une
demande...
Mme Dufour : Je
comprends, je comprends.
Mme
Laforest : ...d'y aller à la baisse, mais pas pour les autres
montants, pas pour...
Mme Dufour : Pas
pour... c'est ça. OK. Ça va.
Le Président (M.
Schneeberger) : Ça va? Pas d'autres questions? Alors, est-ce que
l'amendement qui introduit l'article 3.1 est adopté?
Des voix : Adopté.
Le Président (M.
Schneeberger) : Adopté. Là, nous en sommes au...
Mme
Laforest : 28.
Le Président (M.
Schneeberger) : 28?
Mme
Laforest : Oui.
Le Président (M. Schneeberger) :
J'ai... 150.1, j'avais, moi.
Mme
Laforest : 150.1...
Le Président (M.
Schneeberger) : 150.1, oui, on ne l'a pas adopté.
Mme
Laforest : Ah! OK, désolée.
Le Président (M.
Schneeberger) : Oui, après c'est le 28. Vous avez raison.
Mme
Laforest : OK, désolée. L'article 150.1. Insérer, après
l'article 150 du projet de loi, le suivant :
«150.1. Chacune des
municipalités locales de Gatineau, de Laval, de Lévis, de Longueuil, de
Mirabel, de Montréal, de Québec, de
Saguenay, de Sherbrooke, Trois-Rivières et chacune des municipalités régionales
de comté de Beauharnois-Salaberry, de Deux-Montagnes,
[...]Côte-de-Beaupré, de La Jacques-Cartier, [...]Vallée-du-Richelieu, de
L'Assomption, de L'Île-d'Orléans, de Marguerite-D'Youville, des Moulins, du
Roussillon, de Rouville, de Thérèse-De
Blainville et de Vaudreuil-Soulanges doit produire, pour la période de
quatre ans débutant le 1er janvier 2025, un bilan comprenant
les renseignements suivants :
«1° un état de situation
de l'habitation sur le territoire auquel s'applique son schéma d'aménagement et
de développement;
«2° une
reddition de comptes sur l'atteinte des cibles et sur la mise en oeuvre des
orientations et des objectifs prévus par le schéma d'aménagement et de
développement en matière d'habitation;
«3° les
moyens qu'elle entend prendre pour atteindre toute cible en matière
d'habitation qui n'a pas été atteinte au cours de la période visée par
le bilan.
«Les articles 10
et 11 de la Loi sur l'aménagement et l'urbanisme (chapitre A-19.1)
s'appliquent à ce bilan, avec les adaptations nécessaires.
«Une municipalité
visée au premier alinéa doit également produire un tel bilan pour couvrir toute
période subséquente de quatre ans, et ce, tant que le ministre des
Affaires municipales, des Régions et de l'Occupation du territoire n'a pas
déterminé à l'égard de cette municipalité la date prévue à l'article 129
de la Loi modifiant la Loi sur l'aménagement et l'urbanisme [des] dispositions
(2023, chapitre 12). La partie écoulée de la période de quatre ans en cours à la date déterminée par le ministre est, le
cas échéant, couverte par le premier bilan régional que produit la municipalité
en vertu de l'article 9 de la Loi sur l'aménagement et l'urbanisme
(chapitre A-19.1).»
Donc,
cet amendement introduit dans le projet de loi une disposition prévoyant
l'obligation, pour toute municipalité visée par l'orientation
gouvernementale en aménagement du territoire en matière d'habitation, de
produire un bilan spécifique à cette matière. Ce bilan sera... serait produit
pour la période de quatre ans débutant le 1er janvier 2025.
La disposition prévoit que ces municipalités
devront également produire un tel bilan pour couvrir toute période subséquente
de quatre ans, et ce, jusqu'à la date que déterminera la ministre des
Affaires municipales pour le début de l'obligation de
production du bilan régional exigée par la Loi sur l'aménagement et l'urbanisme.
Advenant le cas où une période couverte par
le bilan spécifique à l'habitation n'était pas complétée à cette date, elle
sera couverte par le premier bilan régional de la municipalité.
Ici,
on vient assurer une reddition de comptes rapide sur les orientations, les
cibles et les objectifs des MRC en matière d'habitation, un engagement accru
des MRC en matière d'habitation, de planification de l'offre d'habitation...
Ah! c'était à la demande de mon collègue, qui a quitté. Donc, ici, on vient
introduire l'obligation pour chaque MRC de définir dans son schéma
d'aménagement et de développement des cibles d'aménagements propres à son
territoire. Donc, les MRC devront produire
tous les quatre ans un bilan de l'état de l'aménagement, comprenant
notamment une reddition de comptes, sur l'atteinte de leurs cibles.
Voilà. Merci, M. le Président.
Le Président (M. Schneeberger) : Merci
beaucoup. Est-ce qu'il y a des questions? Députée de Mont-Royal—Outremont.
Mme
Setlakwe : Oui. Bien, écoutez, juste... J'aimerais entendre la
ministre sur la réflexion, là, derrière cette modification-là. Pourquoi amener
ça à ce stade-ci? Est-ce qu'il y a eu des consultations? Et quel est... Qu'elle
nous explique aussi la séquence, là, de...
du... à suivre, là. Est-ce que les municipalités doivent... doivent vous faire,
donc, leur diagnostic, établir des cibles, tout ça, et... avant d'en
arriver à une reddition de comptes?
Je suis un peu...
Puis, évidemment, je suis certaine que ma collègue qui est porte-parole en
habitation va avoir des questions, mais est-ce que c'est quelque chose qui
est... qui a été discuté, ça a été... vous avez consulté les acteurs? Est-ce que les acteurs sont à l'aise avec
ça? Est-ce que... Juste nous expliquer, donc, le raisonnement derrière...
derrière cette mesure.
Mme
Laforest : Bon. Très bonne question. En fait, c'est qu'au départ les
orientations gouvernementales dataient de
1994, et il n'y avait pas d'orientations gouvernementales en aménagement du
territoire dans... spécifiquement pour
l'habitation. Donc, c'est sûr qu'on oblige maintenant l'OGAT habitation,
l'orientation gouvernementale en habitation,
ce qui est tout à fait logique, et... donc, prévisibilité avec des cibles, des
indicateurs, maintenant, pour connaître le développement de... les développements en habitation sur leur
territoire. Donc, ici, on nomme les MRC que je... en fait, celles que
j'ai énumérées, et ce qu'on exige, c'est de planifier, prévoir et comptabiliser
tout le développement sur... en habitation. Puis on demande aussi le bilan, au
niveau de l'état de situation de l'habitation sur leur territoire. Dans leurs
schémas d'aménagement, on demande une reddition de comptes de l'atteinte des
cibles et sur la mise en oeuvre des orientations et des objectifs qui sont
prévus par les schémas d'aménagement, puis on demande aussi des moyens qu'elles
entendent prendre pour atteindre toutes les cibles demandées en matière
d'habitation.
Parce qu'on y allait
à la pièce. Certaines MRC, par exemple, demandaient certains projets en
habitation, mais on n'avait pas
d'inventaire, on n'avait pas de portrait sur leur... le territoire. Donc, nous,
évidemment, avec la pénurie de logements et toutes les demandes et les... en
habitation, c'est sûr que, là, on demande une prévisibilité, une planification.
Puis c'est, en fait, la question de mon collègue, que je disais : On va
l'exiger maintenant. Toutes les lettres ont été envoyées, tout le monde est au
courant puis tout le monde est à l'aise avec ça, parce qu'on prévoit puis on voit qu'on aurait peut-être dû... quand je
parlais des années, des 30, 40 dernières années, on aurait dû prévoir d'avoir
un inventaire sur le territoire, en habitation, dans toutes les MRC du Québec,
puis là, c'est ce qu'on vient ajouter.
Le Président (M.
Schneeberger) : Parfait.
Mme Setlakwe :
Vous ne voyez... vous ne voyez
pas, avec ça, un désengagement, du tout, de l'État? Donc, c'est... Quel
est l'accompagnement du... du gouvernement, du... de votre ministère, celui de
l'habitation?
Mme
Laforest : Ah! on est là, le même accompagnement qu'on fait avec les
schémas de... en... les schémas d'aménagement.
C'est le même, même accompagnement. Puis on travaille avec nos directions
régionales. Puis tout le monde... tout... tout le monde est d'accord.
Mme
Setlakwe : Merci.
Le Président (M.
Schneeberger) : Députée de Mille-Îles.
Mme Dufour : Oui,
merci, M. le Président. Juste pour bien saisir, on dit ici : «Une
reddition de comptes sur l'atteinte des cibles». Qui établit les cibles?
Mme
Laforest : Pardon?
Mme Dufour : Quand c'est... On demande aux villes un bilan
comprenant une reddition de comptes sur l'atteinte des cibles. Qui
établit les cibles?
Mme
Laforest : Ce sont elles-mêmes, les MRC.
Mme Dufour : OK. Donc, les MRC
établissent des cibles, et les municipalités doivent ensuite répondre aux MRC,
à savoir si elles ont atteint leurs cibles ou pas. C'est bien ça?
Mme Laforest : Oui.
Mme Dufour : OK. Là, ici, on a
inclus des municipalités spécifiques, donc... parce qu'on dit «des
municipalités locales de Gatineau», puis là, après ça, on est dans des MRC.
Donc, c'est chacune des municipalités à l'intérieur
de toutes ces MRC là qui devront faire ça. Pourquoi pas l'ensemble des
municipalités ou l'ensemble des MRC d'abord?
Mme Laforest : En fait, les... au
niveau des MRC, les 23 qui sont visées par la mesure ont... bien là, c'est sûr que les MRC sont au courant quand même, là,
même si je dis ça, sont... ont six mois pour intégrer dans leur schéma
d'aménagement et de développement les mesures en habitation. Il y a
23 MRC, les MRC qui font partie des communautés métropolitaines de
Montréal et de Québec, il y a 10 villes. Pourquoi ces 10 villes là?
Parce que ce sont 10 villes qui
exercent les compétences de MRC, une ville, une MRC. Puis, pour les
70 autres MRC du Québec, l'orientation gouvernementale en matière d'habitation va entrer en vigueur en même
temps que les autres orientations gouvernementales, pour être en cohérence avec celles qui arrivent en
octobre 2024. Donc, il y a une question de cohérence avec les autres
MRC, OGAT.
• (18 heures) •
Mme
Dufour : Mais pourquoi ces MRC là? Pourquoi pas... Pourquoi
celles-ci en particulier? Comment elles ont été choisies?
Mme Laforest : Bien, c'est Montréal
et Québec, en fait.
Mme Dufour : Non, non, mais je
suis... il y a... Tu sais, pourquoi La Côte-de-Beaupré, Jacques-Cartier, Vallée-du-Richelieu, pourquoi ces MRC là et pas
d'autres qui ont tout autant de crises, qu'ils vivent autant la crise du logement,
là?
Mme Laforest : Bien, la CMM, la CMQ,
c'est Montréal et Québec, avec les autres, comme vous le mentionnez, mais c'est ceux-là qui ont les... la
plupart du temps, les plus... bien, qui ont les plus gros enjeux en habitation,
donc on exige tout de suite des cibles et des indicateurs.
Mme Dufour : Bien, il y a... il y a
des municipalités qui sont en dehors de ces MRC là qui vivent des taux qui sont
à zéro, là. Donc, c'est... je pense, la crise du logement, actuellement, elle
touche pas mal partout, là.
Mme
Laforest : Bien, oui, vous avez raison. Mais, en même temps,
on travaille avec nos directions régionales, donc il faut quand même le faire
en cohérence. Ça, c'était vraiment les prioritaires, puis après ça, les
autres... les autres, c'est une question de date, là, qu'on a dit
octobre 2024, donc c'est comme un peu demain matin, là.
Mme Dufour : Tu sais, je... OK. Donc
là, les cibles sont établies par les MRC ou les municipalités. Ça fait que, dans le fond, il est où, l'incitatif pour
construire plus? J'essaie de le saisir, là, tu sais. Si une municipalité sait
que, d'habitude, elle arrive à... bien, pas «elle», ce n'est pas la
municipalité qui construit, mais si les entrepreneurs arrivent à
construire x, il est où l'incitatif pour se fixer une cible plus
ambitieuse? Parce qu'ici, ce qu'on dit, c'est : Bien, c'est une reddition de comptes sur l'atteinte des cibles qu'elles
se sont établies elles-mêmes. Donc, il n'y a pas de pas de... il n'y a pas d'incitatifs, là, à
nécessairement dépasser ou... Et quel est... Qu'est-ce qui se passe, s'ils ne
l'atteignent pas?
Mme Laforest : Bien, en fait, votre
question est excellente. Parce que les MRC avaient... avant, n'avaient pas la
compétence complète en habitation. Là, il a fallu le passer dans un projet de
loi, on l'a fait ensemble, donner la compétence aux MRC pour pouvoir construire
sur leur territoire. Maintenant, si elles ont demandé la compétence, il faut
quand même avoir un inventaire des projets habitations et des logements sur
leur territoire. Ça va en lien avec les
compétences qu'on a données. Donc, elles demandent le pouvoir, on le donne,
mais donnez-nous un portrait, un peu, sur votre territoire. C'est quand
même important, là, parce que...
Mme Dufour : Bien, avoir un portrait
puis établir des cibles, ce sont deux choses différentes. Le portrait, on
l'a déjà avec la SCHL, on sait les mises en chantier à peu près partout au
Québec, à chaque... à chaque trimestre.
Mme Laforest : Mais les besoins...
Mme Dufour : Donc, cette
information-là, sur le portrait, on l'a pas mal déjà. On ne sait pas... Je
comprends qu'on ne connaît pas nécessairement
les besoins. Ça, ça faisait partie... En tout cas, de mon expérience, on avait
ça, nous, dans le... pardon, le schéma d'aménagement de la ville de
Laval. À l'époque, pour les besoins, on avait une idée de, tu sais, où on serait au niveau de la... de la
démographie, quelques années, mais pour ce qui est d'établir des cibles, ça,
c'est une nouveauté pour les municipalités. C'est sûr que ça va impliquer une
certaine... un certain travail de concertation, mais ça... Puis je vais poser
la question à ma collègue. C'est que... Puis... Puis je vais vous amener un échange que j'ai eu avec la ministre de
l'Habitation lors de l'étude des crédits, où j'ai demandé quelles étaient ses
cibles, les cibles du gouvernement,
pour l'ensemble du Québec, et la réponse que j'ai eue, c'est : Bien, c'est
les municipalités qui vont établir les cibles. Donc là,
ce que je comprends, c'est par ici qu'on vient le faire, c'est par cet
amendement-là. Mais, encore une fois,
ça ne nous dit pas comment on va atteindre, tu sais... Tu sais, il est où,
l'incitatif pour atteindre ces cibles-là?
Mme Laforest : ...en fait, on
pourrait, si je peux dire, y aller à l'inverse. Si les MRC ne répondent pas ou ne... oui, ne répondent pas aux cibles en
habitation, la ministre pourrait exiger des cibles en habitation. Il faut
comprendre qu'il y a des endroits, ça construit très, très rapidement. Puis
vous connaissez... toutes les régions, en fait, au niveau de
l'habitation maintenant. Puis il y a des endroits qui devraient construire plus
rapidement. Donc, certaines des MRC qui ont
demandé la compétence de construire et qui ne construisent pas encore... Ça
fait que c'est pour ça qu'on pourrait demander ou exiger des cibles plus
élevées. Donc là, on donne le pouvoir aussi en même temps à la ministre
d'exiger des cibles plus élevées, si, disons, les projets de logement ne lèvent
pas assez rapidement.
Mme
Dufour : Ceci dit, actuellement, la situation... C'est vrai
qu'il y a des municipalités qui octroient les permis plus lentement.
C'est... c'est vrai. Mais je peux vous dire que j'ai rencontré plusieurs
promoteurs qui ont en main leur permis puis qui ne construisent pas. Donc, ce
n'est pas que dans les mains des villes, il y a une grande partie qui vient du
marché. Et actuellement ils sont... s'ils construisent, ils ne sont pas
capables de les louer ou les vendre au prix
que ça se construit. Et ça, pour agir sur le coût de la construction, bien là,
on a besoin du gouvernement. Les villes ne peuvent pas tout faire ça
toutes seules.
Donc là, à un moment donné, je me pose la
question : Si on demande aux villes d'établir leurs cibles puis on vient
les taper sur les doigts, il n'y a pas une certaine forme de
déresponsabilisation de la part du gouvernement, comme ma collègue le
soulignait? Parce que, finalement, ça devient que c'est les villes qui vont
porter ce fardeau-là, alors qu'il y a une grande partie qui ne relève pas
d'elles, qui relève du... de l'écosystème.
Puis c'est partout à travers la province, là. Tu
sais, les baisses de mises en chantier, on en a vu partout. Quand il y a eu des
mouvements records de... tu sais, les mises en chantier records, bien, c'était
partout que c'était record. Il y a quelques
municipalités que c'était moins, tu sais... c'était moins bien, mais de façon
générale, c'était partout. Mais, quand ça a baissé, ça a vraiment baissé
presque partout. Il y a certaines municipalités qui se sont démarquées. Mais,
dans les faits, c'est un... l'enjeu, c'est l'écosystème actuel.
Mme Laforest : Oui. Mais là, il faut
juste être prudents, là. On ne vient pas donner ça aux villes puis on
dit : Arrangez-vous avec ça, là. On travaille avec les villes. Comme
toutes les orientations gouvernementales, on le fait aussi, là. Donc, les cibles, les indicateurs, on va le faire aussi avec
les MRC, là. On leur... On ne les laisse pas comme ça, seules, avec... D'ailleurs, il y a de la
formation pour les cibles, pour comment arriver, comment s'ajuster, comment
ajouter des... des indicateurs en habitation. Parce que c'est important, quand
même, que les MRC qui ont un taux d'inoccupation très, très bas... Il faut
construire, il faut avoir des projets en habitation.
Puis, dans le
passé, on a quand même eu une période de 10 ans, puis les projets ne levaient
pas nécessairement. Ça fait que
pourquoi les projets pendant 10 ans ne levaient pas? Bien là, là, c'est
ça, on exige des cibles, des indicateurs aux MRC et on collabore avec
elles pour nous faire un portrait, un inventaire du territoire, là. Puis c'est
ça qui est important. Moi, je ne suis pas
inquiète. Puis dites-vous qu'il y a des équipes qui sont là pour... pour ces
obligations-là. Puis ils sont d'accord, là.
Mme Dufour : Bien, ce n'est pas tout
à fait... Je m'excuse, mais ce n'est pas tout à fait la... Ce qui s'est passé, là, ce n'est pas... Il n'y a pas eu
10 ans qu'il ne s'est rien construit, là. L'année record... La deuxième
année record, c'était 2020, là. On retourne il y a trois... il y a
quatre ans, là. Donc, ce n'est pas... ça ne fait pas 10 ans qu'on ne
construit pas, là.
Mme
Laforest : Non, non, c'était l'année 2020, vous avez
raison, sauf que... Bien, je vais vous... je ne veux pas vous couper la
parole, là, mais...
Mme Dufour : En fait... Mais, tu
sais, 2020... 2021 a été une année vraiment exceptionnelle.
Mme Laforest : Merci!
Mme Dufour : Le marché a... a
retombé pas longtemps après, parce que, tu sais, dans le fond, il y a toujours
un décalage, hein, d'environ deux ans... deux à trois ans entre les mises
en chantier puis le moment que le marché réagit, là, parce que... Puis là, ce qu'on
voit aujourd'hui, il y a... il y a moins de demandes de permis. Donc, on peut s'attendre que, dans deux ans, il va y avoir
beaucoup moins de sorties de terre juste parce qu'il y a un délai. Le marché,
actuellement, fait que ce n'est pas... ce n'est pas rentable, donc les gens ne
construisent pas. Il y a eu... des demandes de l'industrie pour alléger, pour
réduire les coûts, mais ici, moi, ce que je vois, c'est que ça ne va pas régler
rien, là. C'est juste qu'on va rajouter un fardeau aux municipalités, mais sans
qu'il y ait comme un incitatif réel à atteindre ces cibles-là, là. Ça fait que
les MRC vont faire un certain contrôle, mais, je veux dire, au bout du compte,
ça ne fera pas faire en sorte qu'il y a plus de logements qui sort de terre,
là.
Mme Laforest : Mais moi, je vais
vous poser une question. Ça veut dire que, si, pendant des années... Puis là
vous dites : En 2021, oui, ça a été la plus... l'année qu'on a le plus
construit. S'il y a eu un moment où les projets au
Québec, là, les... comme je parle de certains projets, là, AccèsLogis, ou peu
importe, les projets levaient moins, où ça prenait...
Mme Dufour : Oui.
Je... Mais ce n'est pas de ça que je parle.
Mme
Laforest : Non, non, mais un exemple comme ça, là. Moi, je pense qu'en
tant que gouvernement c'est important d'être partenaire avec les MRC pour leur
dire : Maintenant, on a une nouvelle orientation obligatoire, au
gouvernement, dans les... toutes les nouvelles OGAT, et vous devez ajouter des
cibles, et avoir des indicateurs pour le développement en habitation sur votre
territoire. Moi, je pense, c'est une obligation.
Là, je pense... bien,
selon moi, peut-être, corrigez-moi, vous pensez qu'on laisse ça comme ça aux
MRC, puis arrangez vous, puis... Mais ce n'est pas comme ça que ça se fait, là.
Il y a des équipes, au ministère, qui accompagnent, les directions régionales
sont là, la Société d'habitation du Québec travaille également. Mais c'est
important d'avoir des objectifs, là, à atteindre en habitation, comme les
autres OGAT aussi.
Mme Dufour : Oui. Puis je ne parlais pas d'AccèsLogis, là. Je
ne parle pas de logement social ici, là. Je parle de logement dans tous
les types, là.
Mme
Laforest : Tout logement.
• (18 h 10) •
Mme Dufour : Quand
je parle de construction, là, actuellement, ce qui sort de terre... la seule
chose qui sort de terre, c'est du logement
social, actuellement. Les autres projets, s'il n'y a pas d'intervention du
gouvernement, ne sont pas rentables.
Ils ne sortent pas de terre, à moins qu'ils soient très chers, tu sais, qu'ils
sortent, tu sais, par exemple... des habitations qui sortent à
500 000 $, 600 000 $. C'est à peu près ça, là, qui sort de
terre actuellement.
Donc, le fait est
que... Je comprends que vous allez accompagner les MRC pour établir des cibles,
mais mon point, c'est qu'une fois que ces
cibles-là sont atteintes, de un, le gouvernement, je comprends, n'imposera pas
de cibles, donc il n'y aura pas d'objectif de dire : Bien, il faudrait que
tu augmentes ce qui est... ce qui est construit sur le territoire. Puis,
de deux, s'ils n'atteignent pas les cibles, bien, il n'y a pas... il n'y a pas
de conséquences nécessairement, là. C'est... Je n'en vois pas ici. Tu sais,
c'est une approche qui est quand même assez différente de l'Ontario, là, mais
ça, je vais en parler demain à la motion du mercredi. Mais, tu sais, on est
beaucoup plus dans l'attentisme ici, là.
Mme
Laforest : Bien, peut-être, c'est votre... c'est votre compréhension
de cette exigence-là, malgré que ça a été
très, très bien accueilli. Puis, en même temps, tu sais, comme gouvernement,
c'est normal aussi, c'est un peu la même... la même vision qu'on a, par
exemple, avec la stratégie d'économie d'eau potable dans les... dans les
municipalités. On exige, mais on accompagne, là. On est vraiment en
collaboration. On ne les... On ne les laisse pas comme ça, là.
Mme Dufour : OK.
Quand... quand vous mentionnez que ça a été bien accueilli, là, vous... vous
dites que l'amendement a été présenté à
l'Union des municipalités, à la FQM, puis tout le monde a dit : Wow! C'est
merveilleux, on est supercontents de cet amendement-là?
Mme
Laforest : Tout à fait.
Le Président (M.
Schneeberger) : Ça va?
Mme Dufour :
Oui.
Le Président (M. Schneeberger) :
D'autres questions? Non?
Une voix :
...
Le Président (M. Schneeberger) : Oui.
Bien oui, vous avez le droit. Alors, députée de Mont-Royal—Outremont.
Mme
Setlakwe : Merci. Bien, deux questions. Une qui est plus de procédure,
là.
J'imagine que le
délai pour produire ce bilan, ce rapport, c'est ça qui est visé aux articles 10
et 11, que je n'ai pas sous les yeux, de la Loi sur l'aménagement et l'urbanisme? Parce que c'est un peu... c'est un peu général.
Comme on prévoit l'obligation de
produire ce bilan, mais sous quelle forme, dans quel délai? Vous voyez ce que
je veux dire, là, toute la procédure en termes de formalités à
respecter.
Mme
Laforest : ...l'expliquer, il n'y a pas de problème, si vous êtes
d'accord.
Le Président (M.
Schneeberger) : Oui. Alors, Me Dumont.
M. Veilleux
(Jean-Pierre) : Merci. Jean-Pierre Veilleux, notaire et légiste au
ministère de la Justice.
En fait, le bilan
couvrirait une période qui débuterait le 1er janvier 2025 jusqu'au
1er janvier... Oh! excusez.
Le
Président (M. Schneeberger) : ...excusez-moi. C'est parce que, là, ça a
tellement changé de fois aujourd'hui, là, c'est... c'est un feu roulant.
Alors, c'est M. Veilleux. C'est ça?
M. Veilleux (Jean-Pierre) : Oui,
c'est ça.
Le
Président (M. Schneeberger) : Alors, consentement pour qu'il puisse prendre la
parole, même s'il avait déjà commencé? C'est moi qui m'est...
Des voix : Consentement.
Le Président (M. Schneeberger) : Parfait.
Alors, allez-y, M. Veilleux.
M. Veilleux (Jean-Pierre) : Donc,
oui, je reprends l'explication. En fait, le bilan qui est proposé ici, en fait,
en matière d'habitation, couvrirait la... la
période du 1er janvier 2025 au 1er... dans le fond, jusqu'à la fin de 2028
et devrait être produit dans les six mois à partir du 1er janvier
2029, donc production, fin... fin juin 2029. Autrement dit, la municipalité
aurait six mois pour finir son bilan à la fin de la période.
Mme Setlakwe : OK. Donc, attendez,
là. Donc, six mois après la période de quatre ans, mais vous ne voulez pas
avoir les cibles... l'état de situation. Je ne sais pas. J'essaie de
décortiquer, là. On parle d'un état de situation sur l'habitation. Oui, c'est
sûr, certain qu'au niveau de la reddition de comptes je peux... je peux voir
qu'on... ils doivent le produire dans le
délai... dans un délai de six mois après la fin de la période de quatre ans qui
est visée. Mais pour ce qui est des cibles?
M. Veilleux (Jean-Pierre) : En fait,
je vais... je vais... Je comprends mieux votre question. Mes excuses. En fait, il est anticipé que les cibles soient
définies avant le 1er janvier 2025 pour, par la suite, permettre aux
municipalités de faire un bilan sur une période de quatre ans, qui
débuterait à cette date.
Mme Setlakwe : OK. Est-ce que c'est
moi qui a manqué? Merci de le... Donc, pour ce qui est de l'obligation
rattachée à mettre de l'avant les cibles, ça, c'est prévu où?
Mme Laforest : Dans les... dans
l'orientation en habitation. Dans les OGAT habitation.
Mme Setlakwe : Dont on parle, là,
depuis ce matin?
Mme Laforest : Oui.
Mme Setlakwe : Est-ce qu'elles
sont... Est-ce qu'elles sont diffusées et connues aujourd'hui, ces OGAT?
Mme Laforest : L'OGAT habitation,
oui.
Mme Setlakwe : Oui. OK.
Une voix : ...
Mme Setlakwe : Oui. D'accord. OK.
Mon autre question, c'est : Est-ce que... Comment ça s'inscrit, cette obligation-là, par... ou comment est-ce que... En
tout cas, c'est peut-être l'inverse, mais comment est-ce que les cibles qui sont mises de l'avant par la CMM, par exemple,
Communauté métropolitaine de Montréal, qui met de l'avant aussi des cibles en densification et en termes
d'atteinte, bien, de densification, d'unités de logement? Comment est-ce qu'on
réconcilie les deux, les... les cibles de la
CMM et... qui sont d'ailleurs... qui ne sont pas sous révision, corrigez-moi,
et cette obligation-là?
Le Président (M. Schneeberger) : Alors,
Mme la ministre.
Mme
Laforest : ...que toutes les autres orientations
gouvernementales. Il n'y a pas de changement, là. C'est les mêmes
obligations. Je crois que vous êtes à l'aise.
Le Président (M. Schneeberger) : Députée
de Mille-Îles, vous souhaitez intervenir? Non.
Mme Laforest : Parce que c'est la
même chose. Les schémas d'aménagement doivent être conformes. Puis, pour la
CMM, c'est au plan métropolitain, donc, pour les autres municipalités, c'est le
schéma d'aménagement. Aux Affaires municipales également, là, c'est la même
disposition qui s'applique.
Mme
Setlakwe : ...différentes questions. Puis je ne pense pas que
de... Je ne pense pas qu'on remet en question l'idée de faire une
reddition de comptes. Ce n'est pas ça. C'est juste que ça semble sortir un peu,
aujourd'hui... un peu... Ça ne semble pas avoir été... en
tout cas, de ce que... de ce qu'on comprend, ça ne semble pas avoir été discuté
et ça ne semble pas avoir reçu l'approbation ou l'aval des municipalités. Et
puis deuxièmement, bien, on se demande est-ce
que c'est vraiment tout... tout bien attaché avec l'accompagnement puis le
financement qui doit venir... qui doit venir avec.
Mme
Laforest : ...on n'arrive pas comme ça, là, avec cette
mesure-là. Ça a été discuté, ça a été négocié avec... avec les associations puis les unions municipales.
Il faut voir aussi que, quand on a encore une fois négocié l'entente de réciprocité,
on avait dit qu'on allait travailler en partenariat pour des cibles ou des...
l'orientation gouvernementale en habitation puis on allait le faire en
conformité avec le milieu municipal. Donc, il n'y a pas de surprise ici, là,
pour la production du bilan régional. Il n'y a vraiment pas de surprise.
Mme Setlakwe : Merci.
Mme Laforest : Merci.
Le Président (M. Schneeberger) : Oui.
Maître... Députée de Mille-Îles.
Mme Dufour : Merci, M. le Président.
Par rapport à la CMM, peut-être revenir sur... C'est une... Il y a une bonne
question ici, là. Est-ce qu'il y aura... Parce que, là, on prévoit que les
redditions de comptes se font au niveau des MRC, mais c'est vrai que la CMM, la
CMQ, eux, ont... ont des planifications territoriales beaucoup plus vastes.
Est-ce que ce sera aussi transmis? Je ne le vois pas, là, dans l'amendement,
que ce soit prévu.
Mme Laforest : ...transmis aussi. La
même chose.
Mme Dufour : Mais je ne le vois pas,
que ce soit prévu, que ce soit transmis au niveau de la communauté
métropolitaine. Je ne sais pas. Peut-être que c'est parce que, là, on ne l'a
pas dans l'entièreté, là.
Mme
Laforest : Parce que là, vous demandez les bilans de la CMM,
mais là, c'est les bilans... Je ne comprends pas votre question.
Le Président (M. Schneeberger) : Députée
de Mille-Îles.
Mme Dufour : Oui. Ce que je demande,
c'est : Est-ce que... Parce que les... La CMM, par exemple, là, c'est
l'exemple que je connais le mieux, a des objectifs, se mettre une reddition de
comptes aux deux ans, là. Et d'ailleurs on avait changé, dans le projet de loi
n° 16, on avait changé, là, la périodicité pour s'arrimer à ça, la
périodicité des redditions de comptes pour les schémas, pour s'arrimer avec la
CMM puis pour qu'il y ait des redditions de comptes à presque à tous les ans. Là, ici, on dit : Oui, ça va... ça va
être transmis à la CMM, mais ce n'est pas écrit, que ce doit l'être. Donc là, c'est vraiment le... Ça fait que,
là, la CMM va-t-elle aller chercher la même information autrement, puis là,
ils vont devoir le livrer différemment? Tu
sais... tu sais, c'est... c'est essayer de se... tu sais, d'être en concordance
pour ne pas multiplier les redditions de comptes. C'est... c'est...
Mme
Laforest : Mais votre question est excellente, mais c'est...
c'est déjà prévu, ça. Ces dispositions-là, dans la Loi sur l'aménagement et...
et l'urbanisme, c'est prévu. Donc,
c'est les mêmes dispositions qui sont dans la LAU. Puis on ne touche pas au bilan métropolitain ici, là.
C'est important aussi de bien le préciser parce que les schémas
d'aménagement qui seront modifiés va être conforme avec le pénal.
• (18 h 20) •
Mme Dufour : OK. Il n'y aurait pas
un intérêt qu'il y ait un bilan métropolitain au niveau de l'habitation?
Mme Laforest : Heille! Là, si on
demande ça, honnêtement, je vais consulter avant le milieu parce que c'est
quelque chose.
Mme Dufour : OK. OK.
Mme
Laforest : Déjà qu'on arrive avec des dispositions
obligatoires pour les OGAT en habitation, si on ajoute ça, moi, je ne
suis pas à l'aise, j'aimerais mieux consulter.
Mme Dufour : Mais on le... on le
demande pour les MRC... au niveau des MRC, tu sais. Après ça...
Mme Laforest : Oui, mais c'est ça,
ils sont d'accord puis ils sont au courant.
Mme
Dufour : Oui, ils sont d'accord. Vous avez dit tout à
l'heure que vous avez même déjà envoyé les lettres pour les demander. Ce n'est
pas faire les choses un peu à l'envers? Il n'aurait pas fallu adopter ça avant
d'envoyer les lettres?
Une voix : ...
Mme
Laforest : Non. Allez-y. Allez-y.
Mme Dufour :
Est-ce que c'est fréquent comme... qu'on fait ça comme ça? On... On exige des
choses aux municipalités avant même que la loi le prévoie?
Mme
Laforest : ...c'est ça. Là, on parle des bilans. Il faut... Il ne faut
pas mélanger.
Mme Dufour : Oui,
bien, c'est ça. Bien, les bilans qu'on vient établir ici, dans cet
amendement-là.
Mme Petit
(Katia) : C'est ça. En fait, c'est vraiment une certaine modification,
je dirais, de concordance. C'est que la ministre de... En tout temps, la
ministre, elle a modifié la loi, elle a modifié... Là, on vient... elle va
sortir bientôt les OGAT. Celle de l'habitation est sortie avant les autres.
Donc, comme toutes les OGAT, les MRC doivent adapter leur... leur schéma
d'aménagement à ces OGAT là. Donc là, tout ça, c'est déjà prévu, c'est déjà
conforme. C'est juste que, comme l'OGAT
habitation est rentrée en vigueur d'avance pour ces municipalités-là, c'est
qu'on vient devancer, si on veut, la production,
on vient permettre la... on vient demander la production d'un bilan séparé ou
distinct des autres OGAT ou de la mise en oeuvre complète des OGAT.
Donc, on est vraiment juste dans une question de s'assurer d'avoir en temps
opportun un bilan de cette OGAT là. Donc, c'est... c'est tout ce qu'on vient
faire ici. L'obligation, elle était déjà
existante, là, pour... pour implanter l'OGAT, modifier... l'implanter dans
leur... leur schéma d'aménagement pour... pour six mois. Donc, tout ça,
c'est déjà prévu, là. On... Ce n'est pas une nouvelle obligation. On vient
modifier la date de bilan et en demander un un peu plus tôt, spécifique à
l'habitation pour cela.
Mme Dufour : OK. OK. Les autres OGAT qui vont entrer en vigueur
ultérieurement... Là, à quel moment elle est rentrée en vigueur, cette
OGAT, l'OGAT habitation?
Mme Petit
(Katia) : 27 mars.
Mme Dufour : Donc,
tout récent. Et là... Et c'est quand même étonnant. D'habitude, les OGAT, ça...
elles sont adoptées ensemble. Là, je comprends qu'on a devancé celle-ci parce
qu'il y a une urgence.
Mme
Laforest : ...
Mme Dufour : Non.
Ce n'est pas ça?
Mme
Laforest : Parce que l'OGAT habitation, dans les orientations
gouvernementales, encore, qui relèvent de 1994, il n'y en avait même pas,
d'OGAT habitation. C'est pour ça qu'on doit faire ça.
Mme Dufour : Je comprends. Mais là, on décale avec les autres
OGAT qui sont en cours d'être modifiées, là. Donc, il y aura des
nouvelles OGAT qui vont être adoptées quand, les prochaines, les autres?
Mme
Laforest : J'ai... Excusez, je n'ai pas...
Mme Dufour : Les...
La mise à jour des autres OGAT, c'est prévu pour quand?
Mme Laforest :
Oui...
Des voix :
...
Mme Dufour : Donc,
on s'entend que c'est un décalage de quelques semaines, là.
Mme Laforest :
Mais ça dépend de la procédure
pour les adopter. Vous savez, la procédure pour... Je n'ai pas la date
exacte, là, qu'on va passer...
Mme Dufour : Donc,
quelques semaines?
Mme
Laforest : Quelques semaines.
Mme Dufour : Donc,
il y a un décalage d'environ deux... deux mois, trois mois entre les
différentes OGAT. Donc là, les municipalités
vont devoir rendre des comptes pour ça, séparément. Elles vont devoir rendre
des comptes plus tard, ultérieurement, pour les autres OGAT. C'est bien
ça?
Mme
Laforest : Mais c'est un travail continuel, là, ce qu'on fait là, là.
Ce n'est pas... Ce n'est pas une surprise
puis ce n'est pas... Oui, il y a la nouvelle OGAT habitation. Tout le monde a
été consulté, même depuis deux ans, avec l'entente de réciprocité, tout
le monde était d'accord. Maintenant, là, c'est sûr que dans les procédures, là,
on vient demander cette mesure-là avec cet
article-là, parce que, bon, on s'entend qu'au niveau de l'habitation ça
prenait, disons... ça prenait plus d'encadrement, je vais le dire comme
ça.
Mme Dufour : Oui.
Bien, en toute sincérité, Mme la ministre, je ne le vois pas, l'encadrement,
très fort ici, là. C'est... c'est les
villes qui vont... et les MRC, ensemble, qui vont déterminer les cibles, là.
Donc, l'encadrement, c'est... c'est... ça va être selon bien ce qu'ils
vont...
Mme Laforest :
...les indicateurs des cibles,
là, moi, je pense que c'est... puis de l'aide, de l'accompagnement, je pense qu'on vient bien... Peut-être que vous
n'aimez pas le mot «encadrement», mais on dira comment... on choisira le
mot qu'on veut.
Mme Dufour : On
verra... On verra les résultats, mais, en tout cas, je dirais qu'il y a
d'autres approches.
Mme Laforest :
Disons que c'est très positif,
d'avoir une nouvelle OGAT habitation, avec des bilans comme ça, là.
Mme Dufour : Ça,
oui. Ça, oui.
Mme Laforest :
Je pense que c'est... c'est très bien d'ajouter ça, selon moi, là. Mais je
comprends.
Mme Dufour :
Ça, je suis d'accord avec vous, c'est bien d'avoir ajouté, je suis d'accord
avec vous, c'était manquant. Mais l'enjeu que je vois, c'est ici, c'est un
décalage de redditions de comptes où est-ce que, là, tu sais, il va y avoir des différents moments où les villes
vont avoir... et selon où elles se trouvent, dans quelle MRC, elles vont avoir des dates différentes. Et là, en plus, il y aura
les autres OGAT, qu'elles vont devoir rendre des comptes aussi dans un délai différent. Donc, tu sais, c'est... c'est toujours
l'ajout et la complexité, la multiplication des redditions de comptes qui pèse
sur les municipalités. Je suis certaine qu'elles vont en parler vendredi lors
du congrès de l'UMQ.
Mme Laforest :
Oui, peut-être, mais là, il y a
quand même trois ans pour intégrer les nouvelles OGAT, là, ça fait
que...
Mme Dufour : Les
autres, mais pas pour habitation.
Mme Laforest :
En tout cas, moi, je trouve ça...
Je trouve, ça se fait bien. Sinon, c'est sûr qu'on n'aurait pas pu aller
de l'avant, là.
Le Président (M. Schneeberger) : ...comme
ça? Alors, s'il n'y a pas d'autre question, nous allons mettre aux voix
l'article 150.1. Est-ce que 150.1 est adopté?
Des voix : Adopté.
Le Président (M.
Schneeberger) : Adopté. Oui?
Mme Dufour : ...on
peut avoir un vote par appel nominal, s'il vous plaît?
Le Président (M. Schneeberger) : Oui.
Alors, un vote par appel nominal demandé par la députée de Mille-Îles.
Le
Secrétaire : Pour, contre, abstention. Mme Laforest (Chicoutimi)?
Mme
Laforest : Pour.
Le
Secrétaire : M. Girard (Lac-Saint-Jean)?
M. Girard
(Lac-Saint-Jean) : Pour.
Le Secrétaire :
Mme Jeannotte (Labelle)?
Mme
Jeannotte : Pour.
Le
Secrétaire : M. Rivest (Côte-du-Sud)?
M. Rivest : Pour.
Le
Secrétaire : M. Gagnon (Jonquière)?
M. Gagnon : Pour.
Le
Secrétaire : Mme Dionne (Rivière-du-Loup—Témiscouata)?
Mme Dionne : Pour.
Le Secrétaire :
Mme Setlakwe (Mont-Royal—Outremont)?
Mme Setlakwe : Abstention.
Le Secrétaire : Mme Lakhoyan
Olivier (Chomedey)?
Mme Lakhoyan Olivier : Abstention.
Le Secrétaire : Mme Dufour
(Mille-Îles)?
Mme Dufour : Abstention.
Le Secrétaire : M. Schneeberger (Drummond—Bois-Francs)?
Le Président (M. Schneeberger) : Abstention.
Alors, l'article... l'amendement est adopté. Article n° 28.
Mme Laforest : Oui. Alors, pour les
gens qui... pour les gens qui suivent la commission, les prochains
articles, 28, 43, 56, 62, 139 et 136, on... on touche, en fait, l'achat
local, puis on doit changer les dates concernant l'achat local.
L'article 28. L'article 573.3.1.2 de
cette loi est modifié, dans le troisième alinéa :
1° par l'insertion, après le paragraphe 6°,
du suivant :
«6.1° des mesures favorisant les biens et les
services québécois ou autrement canadiens et les fournisseurs, les assureurs et les entrepreneurs qui ont un
établissement au Québec ou ailleurs au Canada aux fins de la passation de tout contrat qui comporte une dépense inférieure au
seuil de la dépense d'un contrat qui ne peut être adjugé — excusez — qu'après
une demande de soumissions publique en vertu de l'article 573;»;
2° par le remplacement, dans le
paragraphe 7°, de «et qui peuvent être passés de gré à gré en vertu de
règles adoptées en application du quatrième
alinéa» par «, dans la mesure où ces contrats peuvent être passés de gré à gré
en vertu de règles adoptées en
application du quatrième alinéa ou sont visés par une mesure prise en vertu du
paragraphe 6.1°».
Ici,
l'article 28 du projet de loi modifie l'article 573 de la Loi sur les cités et villes pour incorporer l'obligation, pour les municipalités locales, à cette loi,
d'inclure dans leur règlement de gestion contractuelle des mesures favorisant
les biens et les services québécois ou autrement canadiens ou les fournisseurs,
les assureurs ou les entrepreneurs qui ont un établissement au Québec ou
ailleurs au Canada aux fins de la passation de tout contrat qui comporte une...
une dépense inférieure à 133 800 $.
Donc ici, on
vient... L'article 28 du projet de loi propose que tout contrat visé par
une telle mesure soit assujetti aux mesures prévues au règlement sur la
gestion contractuelle pour favoriser la rotation des éventuels cocontractants.
Ici, c'était pour encourager l'achat québécois.
C'est une mesure qu'on avait adoptée dans un autre projet de loi, qui était le projet de loi n° 67, pour
encourager l'achat local. Donc, évidemment, on a adopté cet article-là, puis
là, on vient reconduire cet article pour favoriser l'achat local dans
les municipalités. Alors, voilà. Merci.
Le Président (M. Schneeberger) : Questions
sur l'article? Oui. Députée de Mont-Royal—Outremont.
Mme
Setlakwe : Merci. Donc, bien, évidemment, on ne peut pas être
contre ça, là, de favoriser les entreprises québécoises ou canadiennes
ou ailleurs au Canada. C'est une obligation, hein, de... Ce n'est pas... ce
n'est pas... c'est vraiment une obligation de prévoir ces dispositions-là dans
le... dans le processus d'appel d'offres?
Mme Laforest : Oui.
Mme Setlakwe : OK. Et puis ça
s'applique à toutes les municipalités?
Mme Laforest : Oui.
Mme Setlakwe : Ça pose... Ça ne peut
pas... Ça ne posera pas d'enjeux pour les plus petites?
Mme Laforest : Oui. Ça, c'est une
obligation qu'on avait adoptée dans le contexte du projet de loi n° 67, et
c'était pour répondre à certains besoins des municipalités pour que... pour
l'achat local, favoriser et encourager le recours aux entreprises québécoises
dans un contexte de dévitalisation des régions. Puis c'est une mesure qui a été
vraiment appréciée par les municipalités, donc on a demandé de prolonger la
date. C'est pour ça qu'on... on propose cet article-là, pour la diversité des
fournisseurs puis la rotation des fournisseurs également, qui serait applicable
aux contrats octroyés à la suite des appels
d'offres sur invitation. Puis je crois, si je ne me trompe pas, il n'y a pas de
date. On la met... C'est une mesure pérenne, hein? Parce que c'était une
mesure dans le projet de loi n° 67 qu'on avait adoptée pour trois ans, maintenant, on applique cette mesure-là à long
terme. Donc, c'est très positif pour l'achat québécois.
• (18 h 30) •
Mme
Setlakwe : Merci. Ah! c'était genre... c'était un genre de
projet pilote qui, finalement, a montré ses preuves, puis on veut le
pérenniser.
Mme
Laforest : Bien, en fait, c'est ça parce que...
Mme
Setlakwe : Oui, sinon, il prend fin.
Mme
Laforest : Oui, c'est ça. Parce que, qu'est-ce qui s'était passé, dans
le contexte de la pandémie, les entreprises...
quelques... il y avait plusieurs entreprises qui avaient des difficultés, donc
on avait mis une mesure pour que les
municipalités encouragent... les encouragent fortement, donc encourager l'achat
québécois avec tous les organismes municipaux. Puis c'est sûr que, là,
on a vu que ça aidait plusieurs entreprises québécoises, c'est pour ça qu'on veut
pérenniser cette mesure-là.
Mme Setlakwe :
...pas à des appels d'offres
publics. C'est des appels d'offres sur invitation, là, de gré à gré, qui
sont négociés?
Mme
Laforest : Oui.
Une voix :
...
Mme
Setlakwe : Oui, j'aimerais ça entendre la...
Mme
Laforest : Elle dit : Sous les seuils.
Mme Setlakwe :
Oui, c'est ça. Donc, ce n'est
pas... on ne parle pas ici de contrats majeurs où est-ce qu'on est dans
le SEAO?
Mme
Laforest : Non.
Mme
Setlakwe : OK.
Mme Laforest :
On est... on est avec une mesure
de 133 800 $. J'aimerais bien, là, mais on ne peut pas parce qu'il faut
respecter...
Mme
Setlakwe : Oui, oui, le mécanisme public puis le plus bas
soumissionnaire.
Mme
Laforest : Oui.
Mme
Setlakwe : Et puis ce seuil-là, de 133 000 $, a été
déterminé de quelle façon?
Mme
Laforest : Oh! le 133 000 $.
Mme Petit
(Katia) : ...indexé sur une base annuelle.
Mme
Laforest : OK.
Mme Petit
(Katia) : Puis il y a... il y a aussi des paramètres qui sont guidés
dans les accords de commerce internationaux.
Mme Setlakwe :
Merci. Donc, ça, c'est vraiment
une mesure qui est très bien... qui est vraiment souhaitée, était bien
reçue. J'imagine qu'il n'y a personne qui a d'enjeux avec ça. Parfait.
Le Président (M.
Schneeberger) : Députée de Chomedey.
Mme Lakhoyan
Olivier : Ma collègue a demandé les questions que j'avais. J'aurais
une autre. Avant... avant la loi, pendant COVID, qui termine le 25 juin
2024, avant cette mesure-là, comment on fonctionnait pour les gré à gré, les dépenses inférieures à
133 800 $? Est-ce que l'achat pourrait se faire à l'extérieur du
Canada? Ou il n'y avait aucune... aucune consigne, donc là, on ajoute
les produits canadiens?
Mme
Laforest : Les produits québécois aussi.
Mme Lakhoyan
Olivier : Ah oui, oui, c'est sûr, québécois reste, là, mais...
Mme
Laforest : C'est ça. C'est pour favoriser l'achat québécois aussi.
C'est sûr qu'il faut respecter la règle des
accords de commerce, donc il faut... avec l'accord de commerce, il faut être
prudents. Donc ici, c'est... Les organismes municipaux vont pouvoir
inclure dans le règlement, donc les municipalités l'ajoutent dans leur gestion
contractuelle, ces mesures pour le recours à l'achat québécois ou sinon
canadien pour l'acquisition sous le seuil de l'appel d'offres, qui est de
133 800 $. Alors, voilà.
Mme
Lakhoyan Olivier : Ma question, c'était : Avant ce projet...
cette mesure qui se termine au mois de juin, est-ce qu'avant on n'avait
pas de consigne pour l'achat pour gré à gré, comme... il n'y avait pas de
consigne?
Mme
Laforest : ...pas nécessairement, c'était facultatif. Donc,
là, c'est sûr que c'est vraiment une mesure qui a été populaire...
Mme Lakhoyan Olivier : Canada,
Québec.
Mme Laforest : Oui, puis les
entreprises québécoises ont bien apprécié.
Mme Lakhoyan Olivier : Merci, Mme la
ministre.
Mme Laforest : Merci, madame.
Le Président (M. Schneeberger) :
Ça
va? Pas d'autres questions? Alors, est-ce que l'article 28 est adopté?
Des voix : Adopté.
Le Président (M. Schneeberger) : Adopté.
Article 43.
Mme Laforest : On fait la même,
même, même chose, mais maintenant pour le Code municipal.
Donc, l'article 938.1.2 de ce code est
modifié, dans le troisième alinéa :
1° par l'insertion, après le paragraphe 6°,
du suivant :
«6.1° des mesures favorisant les biens et les
services québécois ou autrement canadiens et les fournisseurs, les assureurs et les entrepreneurs qui ont un
établissement au Québec ou ailleurs au Canada aux fins de la passation de
tout contrat qui comporte une dépense inférieure au seuil de la dépense d'un
contrat qui ne peut être adjugé qu'après une demande de soumissions publique en
vertu de l'article 935;»;
2° par le remplacement, dans le
paragraphe 7°, de «et qui peuvent être passés de gré à gré en vertu de
règles adoptées en application du quatrième
alinéa» par «, [des mesures] où ces contrats peuvent être passés de gré à gré
en vertu [des] règles adoptées en application du quatrième alinéa ou sont visés
par une mesure prise en vertu du paragraphe 6.1°».
Donc, c'est la même, même loi qu'on vient de
passer, mais qui s'applique au Code municipal. Merci.
Le Président (M. Schneeberger) : Questions
sur 43?
Mme Setlakwe : Oui. Mais, écoutez,
c'est la même...
Le Président (M. Schneeberger) : Députée
de Mont-Royal—Outremont.
Mme
Setlakwe : Merci. C'est la même disposition, mais qui
s'applique au code. Donc, je ne veux pas répéter. Mais j'ai pensé :
Est-ce qu'on a une idée de... tu sais, du chiffre d'affaires que ça a pu...
Mme Laforest : J'aimerais tellement
ça, savoir...
Mme Setlakwe : ...oui, que ça a pu
générer, oui.
Mme Laforest : Je ne sais pas si
on... Là, c'est sûr qu'on n'a pas ça, mais prenez la question, là. Ce serait
peut-être vraiment important, votre question, vraiment. Parce que c'est sûr
qu'on parle de 133 800. Ça fait que je me dis : Je ne sais pas si on
pourrait, je ne sais pas, améliorer cette mesure-là, évidemment. Très bonne
question. On va essayer de...
Mme Setlakwe : Mais on...
Mme Laforest : ...ça va prendre un
petit bout de temps, là...
Mme Setlakwe : Oui, oui, ça peut
prendre un...
Mme Laforest : ...mais votre
question est importante.
Mme
Setlakwe : ...mais c'est intéressant pour notre économie puis
de voir si ça a donné lieu à la signature de beaucoup de contrats puis
le recours à... c'est ça, un nombre important de services ou d'achats de biens,
etc.
Mme Laforest : Oui.
Mme Setlakwe : Merci.
Le
Président (M. Schneeberger) : Oui. Députée de Chomedey.
Mme Lakhoyan
Olivier : Oui. Merci. Dans l'autre article, j'ai vu la même chose,
puis je remarque la même chose, donc, parce
que c'est pas mal la même chose, la rotation, donc, favoriser la rotation des
éventuels contractants.
Donc, en principe, on
devrait faire une rotation avec les entreprises qu'on fait affaire. Est-ce que
c'est fait, nécessairement? Parce que c'est très vague comme message.
Mme
Laforest : Le principe de rotation des fournisseurs sera applicable
aux contrats octroyés à la suite d'un appel d'offres sur invitation. Donc,
maintenant, on va ajouter le principe de rotation. Donc, c'est encore mieux.
Mme Lakhoyan
Olivier : Donc, pour s'assurer que ça se fasse.
Mme Laforest :
Oui, exactement, donc, pour qu'il y ait une petite lumière de sensibilité
pour la rotation des fournisseurs, pour ne pas toujours avoir les mêmes. Oui.
Mme Lakhoyan
Olivier : Oui. Merci.
Le Président (M.
Schneeberger) : Ça va? D'autres questions? Est-ce que
l'article 43 est adopté?
Des voix : Adopté.
Le Président (M.
Schneeberger) : Adopté. Article 56.
Mme Laforest : Ici, c'est la même chose,
je crois, pour la communauté... la CMM, la Communauté métropolitaine de Montréal, même disposition.
L'article 56 :
L'article 113.2 de cette loi est modifié, dans le troisième alinéa :
1° par l'insertion,
après le paragraphe 6°, du suivant :
«6.1° des mesures
favorisant les biens et les services québécois ou autrement canadiens et les
fournisseurs, les assureurs et les entrepreneurs qui ont un établissement au
Québec ou ailleurs au Canada aux fins de la passation de tout contrat qui comporte une dépense inférieure au seuil de la
dépense d'un contrat qui ne peut être adjugé qu'après une demande de
soumissions publique en vertu de l'article 108;»;
2° par le
remplacement, dans le paragraphe 7°, de «et qui peuvent être passés de gré
à gré en vertu de règles adoptées en
application du quatrième alinéa» par «, dans la mesure où ces contrats peuvent
être passés de gré à gré en vertu de
règles adoptées en application du quatrième alinéa ou sont visés par une mesure
prise en vertu du paragraphe 6.1°».
Même
mesure au niveau de l'achat local pour la gestion contractuelle d'un organisme
municipal, mais pour la Communauté métropolitaine de Montréal.
Le Président (M.
Schneeberger) : Questions sur 40... 56? Députée de Chomedey.
Mme Lakhoyan Olivier : Merci, M. le Président.
Encore, bien sûr, ça se ressemble, ces trois articles. Concernant les fournisseurs, les assureurs et les
entrepreneurs, disons qu'on veut faire affaire avec une compagnie, mais que
cette compagnie fait ses achats de l'extérieur. Donc, l'important c'est
de faire affaire avec l'entrepreneur qui est là, même s'il achète... Veux, veux pas, ça se peut que des compagnies achètent
des produits d'ailleurs, mais l'important, c'est que l'entreprise soit
là.
Mme Laforest :
C'est certain qu'il y a des
entreprises, par exemple, qui achètent des pièces, qui n'ont pas le choix, à
l'extérieur. Mais, à ce moment-ci, ils sont quand même bien établis ici, au
Québec.
Mme Lakhoyan Olivier : C'est ça. Comme des
compagnies d'assurances, par exemple, il y a des compagnies d'assurances ici, mais qui font affaire avec
plusieurs assureurs qui peuvent être d'ailleurs, pour ne pas nommer États-Unis.
Donc, il n'y a pas de... il n'y a pas de restriction là-dessus.
Mme
Laforest : Non.
Mme Lakhoyan
Olivier : Parfait. Merci. L'important que l'adresse soit ici...
Mme
Laforest : Oui, puis c'est au choix de la municipalité.
Mme Lakhoyan
Olivier : ...l'entreprise soit québécoise, canadienne.
Mme
Laforest : Oui, exactement.
Mme Lakhoyan
Olivier : Merci.
Mme Laforest : Merci.
Le
Président (M. Schneeberger) : Ça va? Autres questions? Députée de Mont-Royal—Outremont.
Mme
Setlakwe : Merci. Rapidement. Ici, est-ce que... Je ne vois pas le
seuil, là, c'est le même seuil ou c'est un seuil différent?
Mme Laforest : C'est le même seuil, même, même chose, identique.
Puis on va avoir la Communauté métropolitaine
de Québec, même chose aussi, même seuil, même application.
Mme
Setlakwe : Merci.
Le Président (M.
Schneeberger) : Ça va? Oui. Alors, est-ce que l'article 56 est
adopté?
Des voix :
Adopté.
Le Président (M.
Schneeberger) : Adopté. Article 62.
Mme
Laforest : Article 62 : L'article 106.2 de cette loi
est modifié, dans le troisième alinéa :
1° par l'insertion,
après le paragraphe 6°, du suivant :
«6.1° des mesures
favorisant les biens et les services québécois ou autrement canadiens et les
fournisseurs, les assureurs et les entrepreneurs qui ont un établissement au
Québec ou ailleurs au Canada aux fins de la passation de tout contrat qui
comporte une dépense inférieure au seuil de la dépense d'un contrat qui ne peut
être adjugé qu'après une demande de soumissions publique en vertu de
l'article 101;»;
2° par le
remplacement, dans le paragraphe 7°, de «et qui peuvent être passés de gré
à gré en vertu de règles adoptées en application du quatrième alinéa» que «,
dans la mesure où ces contrats peuvent être passés de gré à gré en vertu des règles adoptées en application du
quatrième alinéa ou sont visés par une mesure prise en vertu du
paragraphe 6.1°».
Même disposition que
les autres articles, là, mais, maintenant, pour la Communauté métropolitaine de
Québec, M. le Président.
Le Président (M. Schneeberger) : Merci.
Est-ce qu'il y a des questions? Députée de Mont-Royal—Outremont.
• (18 h 40) •
Mme Setlakwe :
Oui, merci. Évidemment, on n'a
rien contre, là, rendu à la ville de Québec, mais ils ont mis de
l'avant, dans leur mémoire, une préoccupation. Je suis en train de le relire
rapidement, ils ont déjà eu «une politique d'approvisionnement durable qui
réaffirme l'adhésion de la ville de Québec aux meilleures pratiques en matière d'approvisionnement, et elle prévoit que ses
actions s'appuient sur un autre grand pilier de l'approvisionnement durable», de
«l'écoresponsabilité.»
Est-ce
que vous avez tenu compte de leur... de leur préoccupation? Je ne suis pas sûre
de voir... peut-être juste me l'expliquer, mais est-ce qu'on veut mettre
de l'avant viendrait contrecarrer...
Mme
Laforest : Non. En fait, c'est que...
Mme
Setlakwe : ...oui, cette orientation qu'ils ont? Et comment est-ce
qu'on peut réconcilier les deux?
Mme Laforest :
Oui, en fait, la ville de Québec,
c'était une mauvaise interprétation, parce qu'ils croyaient que c'était
spécifiquement au Québec, mais on a mis «ou ailleurs au Canada». Puis quand on
a ajouté, dans l'article, «ou ailleurs au
Canada», la ville de Québec a compris... la Communauté métropolitaine de Québec
a compris qu'il n'y avait pas de
clause complètement fermée au Québec avec cette disposition-là, «autrement au
Canada». Donc, ça devient conforme à leur demande.
Mme
Setlakwe : OK. Mais le libellé était comme ça dès le dépôt du projet
de loi initialement.
Mme Laforest :
Oui, mais c'est parce qu'il
fallait leur expliquer que c'était vraiment «autrement au Canada». Ça
fait que là c'est correct. Ça répond...
Mme
Setlakwe : Merci. OK.
Mme
Laforest : Merci.
Le Président (M.
Schneeberger) : Ça va? Pas d'autres questions? Est-ce que
l'article 62 est adopté?
Des voix :
Adopté.
Le Président (M.
Schneeberger) : Adopté. Article 139.
Mme Laforest : Même
chose ici pour la Loi sur les sociétés de transport en commun. Donc,
l'article 139 : L'article 103.2 de cette loi est modifié, dans
le troisième alinéa :
1° par l'insertion, après le paragraphe 6°,
du suivant :
«6.1° des mesures favorisant les biens et
services québécois ou autrement canadiens et les fournisseurs, les assureurs, les entrepreneurs qui ont un
établissement au Québec ou ailleurs au Canada aux fins de la passation de tout contrat
qui comporte une dépense inférieure au seuil de la dépense d'un contrat qui ne
peut être adjugé qu'après une demande de soumissions publique en vertu de
l'article 95;»;
2° par le remplacement, dans le
paragraphe 7°, de «et qui peuvent être passés de gré à gré en vertu des
règles adoptées en application du quatrième
alinéa» par «, dans la mesure où ces contrats peuvent être passés de gré à gré
en vertu des règles adoptées en
application du quatrième alinéa ou sont visés par une mesure prise en vertu du
paragraphe 6.1°».
Donc, cette disposition est pour, encore une
fois, encourager l'achat québécois ou autrement canadien dans le respect des accords de libéralisation des marchés
publics, mais, maintenant, pour les dispositions des sociétés de transport
en commun. Merci, M. le Président.
Le Président (M. Schneeberger) : Merci.
Est-ce qu'il y a des questions sur 139? Ça va?
Mme
Setlakwe : ...vous demander. Donc, la mesure qui était mise
en place de façon temporaire, elle visait toutes ces... toutes ces
entités incluant les sociétés de transport?
Mme Laforest : Oui, les sociétés de
transport aussi, oui, tout à fait.
Mme Setlakwe : Merci.
Le
Président (M. Schneeberger) : Ça va? Alors, est-ce que l'article 139 est
adopté? Adopté. Alors, article 136.
Mme Laforest : L'article 136 :
L'article 17 de la Loi sur la société du Centre des congrès de Québec
(chapitre S-14.001) est modifié :
1° par
l'insertion, à la fin du paragraphe 1°, de «ainsi que tout autre
établissement situé dans la région de Québec ou les régions environnantes et dédié à la tenue de congrès, de salons
ou d'expositions dont le gouvernement lui confie la responsabilité»;
2° par leur remplacement, dans le
paragraphe 2°, de «du Centre des congrès» par «des établissements visés au
paragraphe 1°»;
3° par le
remplacement, dans le paragraphe 3°, «du Centre des congrès et d'en
assurer l'exploitation, la promotion et l'administration» par «et à la
promotion des établissements visés au paragraphe 1° et de maximiser les
retombées économiques, touristiques, intellectuelles et sociales générées par
leur exploitation».
Donc, ici, on vient étendre la mission de la
Société du Centre des congrès de Québec pour ajouter à leurs responsabilités un
rôle de générateur de retombées économiques, maximiser les avantages
économiques, touristiques, intellectuels et sociaux, et ce, au bénéfice de la
communauté de la région de Québec, des régions environnantes et plus largement
de l'industrie touristique du Québec. Donc, on s'attend à ce que la Société du
Centre des congrès de Québec pourrait exploiter d'autres établissements que le
Centre des congrès.
Donc, voilà, c'est une disposition qui était
travaillée, je crois, avec le ministère de la Justice, c'est bien... le ministère
du Tourisme...
Une voix : Tourisme.
Mme Laforest : ...Tourisme. Donc, on
va changer de légiste. Bonjour. Rebonjour. Ça va bien?
Une voix : ...
Mme Laforest : Bien oui, ça va très
bien. Merci. Merci, M. le Président.
Le Président (M. Schneeberger) : Alors,
est-ce qu'il y a des questions sur 136? Députée de Chomedey.
Mme Lakhoyan Olivier : Merci, M. le
Président. Bien sûr, on ne peut pas être contre ça. C'est important, l'agrandissement des centres de congrès. Quand on
parle de d'autres établissements, est-ce que c'est parce que ce n'est
pas possible, l'agrandissement? Est-ce qu'ils ont en tête des immeubles déjà?
Quels sont leurs plans?
Le Président (M. Schneeberger) : Oui.
Mme Laforest : Ah! OK.
Le Président (M. Schneeberger) : Qui
va... Qui veut répondre?
Mme Laforest : C'est le ministère du
Tourisme, je vais...
Le Président (M.
Schneeberger) : Oui. Alors, ça nous prend le consentement.
Une voix :
...
Mme
Laforest : Ah! OK.
Le Président (M.
Schneeberger) : C'est Mme Petit qui va répondre?
Une voix :
...
Le Président (M.
Schneeberger) : Oui, alors, allez-y.
Mme Petit
(Katia) : Parfait. Merci, M. le Président...
Une voix :
...
Le Président (M.
Schneeberger) : Non, non, c'est correct, ça avait été... C'est bon.
Mme Petit (Katia) : Donc, effectivement,
c'est une mesure qu'on a travaillée avec nos collègues du ministère du
Tourisme, qui s'inscrit vraiment dans une mise à jour des mandats des deux
sociétés des centres des congrès, qui sont... qui n'avaient pas été revus depuis très, très longtemps, donc, qui sont
excessivement axés sur le fait de gérer eux-mêmes leurs propres
établissements et d'avoir des retombées pour... aux fins uniquement du centre
des congrès. Or, ce qu'on leur demande maintenant, c'est plutôt de développer,
de contribuer plus activement à un plan d'affaires en tourisme pour, par
exemple, leur permettre de s'associer avec d'autres établissements de la même
région, pour obtenir un événement, dans... soutenir qui voudrait obtenir un
événement, mais qui n'ont pas nécessairement l'expertise requise. Donc, vous
voyez un peu le type de mesure, c'est vraiment d'actualiser, la mettre au goût
du jour pour que ça réponde plus à ce qu'il fait actuellement, là, le centre
des congrès. Donc, voilà.
Le Président (M.
Schneeberger) : Oui. Ça répond à votre question, députée de Chomedey?
Mme Lakhoyan
Olivier : Vous avez dit : Ça répond plus à ce qui se fait déjà?
Mme Petit (Katia) : Oui, c'est-à-dire que le
Centre des congrès de Québec, ici, est vraiment... et tout comme celui de
Montréal, a commencé déjà à préconiser une vision tournée vers... vers
l'extérieur, un peu plus, donc, vraiment de jouer un rôle de mobilisateur de toute la communauté du tourisme
autour d'une région. Donc, il joue... il a commencé déjà à jouer ce
rôle-là, donc, pour asseoir davantage la planification stratégique, où le
ministère du Tourisme veut aller également, donc, d'en faire des partenaires
clés dont la mission dépasse leurs murs, finalement.
Mme Lakhoyan
Olivier : Est-ce qu'ils... est-ce qu'ils font ou ils feront affaire
avec d'autres régions ou dans la même région? Est-ce qu'ils vont travailler
avec Lévis, Montréal ou juste on va rester dans la région... dans la région de
Québec, pour le Centre des Congrès du Québec?
Mme Petit
(Katia) : Ça pourrait être des régions avoisinantes ou externes, selon
l'événement, là, donc, on...
Mme Lakhoyan
Olivier : Je comprends. C'est important leur présence et tout le
travail qu'ils font, là. Ça stimule l'économie, puis on a une visibilité
internationale aussi, puis ça allonge la saison touristique. C'est vraiment
important que nos centres de congrès fonctionnent bien, et c'est une bonne
chose, pour moi.
Le Président (M.
Schneeberger) : ...d'autres questions? Députée de Mont-Royal—Outremont.
Mme
Setlakwe : Oui, j'aurais une question. J'essaie de voir. Est-ce qu'on
a un exemple? Il doit y avoir, dans le plan...
Puis je comprends très bien ce qu'on veut faire, là, on veut qu'ils s'ouvrent
au-delà de leurs murs, comme vous avez dit, puis qu'ils s'associent avec
d'autres centres pour en faire probablement un... des événements plus mobilisateurs
qui impliquent... qui impliquent... en tout cas, la communauté de façon plus
large. Mais est-ce qu'on a des exemples en tête, des exemples concrets, là,
de...
Mme Petit
(Katia) : Je n'ai pas d'exemple précis, mais peut-être...
Le Président (M. Schneeberger) : Bon.
Oui. Alors, ça me prend le... excusez, ça me prend le consentement pour que
la personne puisse prendre la parole.
Des voix :
...
Le
Président (M. Schneeberger) : Alors, désolé, je n'ai pas votre nom, c'est pour
ça que j'ai dit «la personne». Alors, veuillez vous nommer avec votre
titre.
M. Hudon (Alain) :
Merci, M. le Président, il n'y a pas de problème. Alain Hudon, légiste au
ministère des Finances, Tourisme et Économie.
Non, je n'ai pas d'exemple concret à vous
montrer, mais comme on l'a mentionné, là, les lois constitutives du Palais des
congrès, de la Société des Congrès, là, ça date de 1993 dans le cas de Québec,
puis 1981 dans le cas de Montréal, et c'est vraiment centré sur l'exploitation
d'un établissement unique, à savoir le Palais des congrès dans le cas Montréal, Société des congrès dans le cas de
Québec. Donc, si on veut aller au-delà de cet établissement-là, il faut
vraiment modifier la loi en conséquence. Mais je n'ai pas de projet concret,
là, mais là, on leur donne les munitions pour pouvoir le faire puis développer
ce créneau-là.
Mme Setlakwe : Parce
qu'actuellement, donc, le Centre des congrès, bon, on comprend leur mission,
ils administrent, ils exploitent le Centre
des congrès, mais il pourrait y avoir, donc, bien... ou je vais formuler ma
question autrement, d'autres établissements situés dans la région de
Québec, présents ou à venir, là. Vous n'avez pas d'idée, de vision en tête forcément, c'est juste de... Je
comprends très bien l'idée d'ouvrir la loi pour élargir leur mandat ou prévoir
que leur mission n'est pas restreinte au
Centre des congrès lui-même, mais il pourrait s'étendre à d'autres
établissements... Mais est-ce qu'ils existent, ces autres établissements
là?
• (18 h 50) •
Le Président (M. Schneeberger) : M. Hudon.
M. Hudon (Alain) : Merci, M. le
Président. Bien, il y a d'autres établissements qui peuvent probablement exister puis qui font peut-être de la tenue de salons,
d'expositions de façon sporadique, mais ces établissements-là, s'ils existent
actuellement, effectivement, à la suite des modifications qui sont proposées
là, il pourrait y avoir une entente entre la
société, mettons, là, du Palais des congrès ou encore le Centre des congrès de
Québec, avec cet établissement-là, pour justement développer de façon plus
permanente, on va dire, des activités. Donc, ce n'est pas lié à des établissements
qui n'existent pas, la loi est ouverte pour
des établissements qui pourraient exister ou ne pas... ou être en
développement, là.
Mme Setlakwe : C'est ça, mais
j'essaie de... je comprends qu'il n'y a pas d'exemples précis, mais j'essaie de
voir. Donc, il y aurait, disons, là, je ne sais pas pour... ça pourrait être un
truc annuel ou non, mais il pourrait, sous un thème quelconque, avoir tenue de salons,
de conférences, d'expositions à différents endroits sous le même thème. Et tout ça serait administré, chapeauté, exploité
par le Centre des congrès. Est-ce que je m'approche un peu de l'intention,
être sur différents sites, mais chapeauté par...
Mme Laforest : Par le Centre des
congrès. En fait, là, qu'est-ce qu'on fait, c'est que le gouvernement vient, si
je peux dire, donner la possibilité au Centre des congrès... confie
l'administration puis l'exploitation au Centre des congrès pour ajouter des activités ou encore travailler avec d'autres
activités dans d'autres régions. En fait, c'est pour que le Centre des
congrès de Québec puisse prendre de l'extension... de l'expansion, je m'excuse.
Mme Setlakwe : Oui, oui. Non, non,
je comprends puis je n'ai rien contre, j'essaie de donner vie à... au libellé
puis essayer de voir comment ça pourrait se traduire dans la réalité. J'essaie
de voir qu'est-ce que vous pouvez nous dire de plus sur la vision, justement,
du gouvernement par rapport au Centre des congrès.
Mme
Laforest : Faire des événements dans des régions différentes,
possiblement au même moment, avec Lévis, avec Montréal, pour créer des
événements vraiment plus... plus dynamiques... grandioses...
Mme Setlakwe : Avec un plus grand
rayonnement, oui.
Mme Laforest : ...oui, plus grands
événements.
Mme Setlakwe : OK. Donc là, là
j'embarque peut-être un peu plus dans le libellé, donc, «ainsi que tout autre
établissement situé dans la région de Québec ou les régions environnantes». Ça,
c'est assez... c'est assez précis.
Mme Laforest : Oui, parce qu'il y a
un centre des congrès aussi en Beauce. Il y en a à Lévis, en Beauce. Donc, évidemment, si le centre... si on donne les
pouvoirs... si on confie l'administration puis l'exploitation aux centres
d'établissement, bien, c'est sûr qu'eux peuvent se regrouper pour des
événements d'envergure.
Mme Setlakwe : Là, j'essayais de
voir si l'expression «régions environnantes», c'était suffisamment précis ou... de toute façon, il va falloir que... c'est
ça, le gouvernement qui pose un geste puis... Comprenez-vous ce que je veux
dire? Là, vous ouvrez la loi puis vous
essayez de le faire de façon le plus large possible, parce que vous avez nommé
Lévis, mais, dans le fond, on pourrait aller jusqu'où?
Mme Laforest : Bien, parce que,
présentement, c'est le gouvernement qui a l'exploitation... l'exploitation, la
responsabilité. Là, c'est comme, on confie l'exploitation, on confie
l'administration au Centre des congrès de Québec. Donc, c'est eux qui sont
responsables du rayonnement, du déploiement de leurs services, de leurs
activités. Donc, c'est sûr que... Puis
c'était demandé aussi, vous comprendrez, là, pour briller beaucoup plus, là.
Donc, c'est très... c'est quand même important pour la tenue des
congrès, les salons, les expositions. Puis ça peut toucher aussi des régions... environnantes,
comme on le mentionne. On dirait que je n'ai pas de... on dirait que je n'ai
pas de mots, là, mais c'est vraiment cette situation-là, on confie
l'exploitation au Centre des congrès de Québec.
Le Président (M.
Schneeberger) : Est-ce que ça va? Avez-vous d'autres questions?
Mme
Setlakwe : Oui. Bien, peut-être encore, juste pour clarifier, là,
qu'est-ce qu'on veut dire par régions environnantes. Parce qu'on dit que la
société va pouvoir... «a pour objet d'administrer et d'exploiter le Centre des
congrès de Québec ainsi que tout autre établissement situé dans la région de
Québec ou les régions environnantes», quand
même, concept flou, «établissement dédié à la tenue de congrès, de salons ou
d'expositions dont le gouvernement lui confie la responsabilité».
Donc, comment ça se
fait? Dans la séquence, le gouvernement va dire : On vous confie la
responsabilité de tenir... C'est le gouvernement qui va émettre l'intention ou
conférer la responsabilité, disons, de tenir un événement ou une exposition à
grand déploiement à Québec et dans une zone précise? Est-ce que ça va se faire
au cas par cas? Parce que, sinon, je pense que peut-être l'expression est un
peu floue.
Mme Laforest :
C'est une passation de pouvoirs,
si on peut le voir comme ça, plus concrètement, là, mais je vais
laisser...
Le Président (M.
Schneeberger) : M. Hudon.
M. Hudon
(Alain) : Oui. Alors, il y a plusieurs éléments dans ce que vous avez
mentionné, là. Mettons, uniquement au niveau de la notion de régions
environnantes, c'est un concept, vous avez dit, qui est flou, puis il est
volontairement flou, pour justement qu'on ne soit pas pris dans un carcan,
dire : Ah! il y aurait eu une opportunité, mais, mettons... Puis je ne peux pas faire... je ne fais pas de
cachette, là, dans les versions antérieures du projet, on avait mis
«contiguës». Donc, «contiguës», déjà là, on est capables de faire un périmètre,
là, vraiment précis, ce qui est contigu à la région de Québec, là, on prend une
carte puis on dessine, mais il y avait... C'est contigu à Québec puis c'est contigu à Montréal. Il y a comme encore une
superficie, on va dire, qui est au Québec, qui n'est pas couverte par
l'ouverture qu'on propose ici.
Donc,
s'il arrivait un événement particulier dans une autre région qui n'est pas
contiguë à Québec, ni contiguë à la région de Montréal, on l'échappe, on ne
pouvait pas le développer. Ça fait que là on a dit : Bien, il y a-tu un
concept qu'on pourrait mettre qui serait un petit peu plus large, sans qu'il y
ait un empiètement entre Montréal puis Québec? Donc, on est allé avec «régions
environnantes». Je pense que ça fonctionne, mais, en tout cas...
Puis ce qui va
arriver, la façon dont ça devrait fonctionner, là encore, on est au début, là,
c'est qu'il y a... Ce n'est pas le gouvernement qui va prendre nécessairement,
d'emblée, l'initiative de désigner un établissement qui va pouvoir être jumelé
avec la Société du Palais des congrès ou encore le Centre des congrès de
Québec, c'est plutôt... Dans le... comment je dirais ça, dans l'industrie
touristique, on sait à l'avance qu'il y a des événements qui sont projetés dans
un an, dans deux ans, dans trois ans, puis là il va y avoir des démarches qui
vont se faire entre le Centre des congrès de Québec ou le Palais des congrès et
un établissement potentiel. Et là, lorsqu'on va être capable d'avoir un projet
ficelé, on va demander au gouvernement de désigner l'établissement en question.
Ça va être un décret du gouvernement.
Mme
Setlakwe : Merci. Ça vient... ça vient clarifier le processus. Est-ce
que... Là, vous avez parlé de version précédente, quel a été le... C'est un
processus de longue haleine qui a mené à cet amendement? Qu'est-ce que...
Quelle a été la réflexion, les consultations? Il y a eu plusieurs versions?
Vous avez parlé d'une version qui...
M. Hudon
(Alain) : Bien, c'est sûr que, quand on rédige un projet de loi, on ne
réussit jamais du premier coup, là. Donc, on y va en fonction des orientations
qu'on a, puis c'est en testant les orientations, souvent, le produit qui
découle des orientations qu'on a obtenues, qu'on voit s'il y a un manque ou il
n'y a pas un manque.
Le Président (M.
Schneeberger) : Il y a d'autres questions?
Mme
Setlakwe : Donc, ça peut... Oui, peut-être juste...
Le Président (M.
Schneeberger) : Ça va.
Mme
Setlakwe : ...dans le deuxième paragraphe, «élaborer des projets de
développement ou d'exploitation des établissements», c'est différent de...
c'est différent d'une tenue de congrès, d'un salon ou d'un établissement. Là,
on dit : «Élaborer des projets de développement ou d'exploitation des
établissements», dont on vient de parler, là, au paragraphe précédent.
Qu'est-ce qu'on entend par ça?
M. Hudon
(Alain) : Oui, ça, la mesure, c'est de confier à un centre des congrès
existant, soit le Centre des congrès de Québec ou le Palais des congrès, le
mandat d'exploiter de d'autres établissements. Donc, c'est ça qu'on... Le
deuxième paragraphe, dans le fond, il vient clarifier ça. Donc, c'est
d'élaborer des projets de développement et d'exploitation de ces
établissements-là, à savoir l'établissement même du Centre des congrès, l'établissement
même du Palais des Congrès et, éventuellement, d'autres établissements désignés
par le gouvernement.
Mme Setlakwe : C'est
de la concordance, dans le fond, avec l'idée au premier paragraphe, je pense,
oui.
M. Hudon (Alain) : Oui, il faut,
parce que, sinon, ça aurait été limité au Centre des congrès.
Mme Setlakwe : Moi, ça va, je pense.
Je n'ai pas d'autres questions, à moins que ma collègue en ait. Merci.
Le Président (M. Schneeberger) : Députée
de Chomedey.
Mme Lakhoyan
Olivier : Je vais revenir à ma question, M. le Président. Je
ne sais pas qui qui va répondre, mais...
Le Président (M. Schneeberger) : Ce
n'est pas moi.
Mme Lakhoyan Olivier : On est tous
pour la stimulation, l'économie, et qu'on agrandit les visites des gens de
l'extérieur. C'est bon pour l'économie, pour les hôtels, les restaurants. Donc,
tout est bon. Ma question que j'ai demandée tantôt, je n'ai pas eu de réponse,
c'est concernant l'agrandissement. Est-ce qu'il y avait... Est-ce qu'on a déjà
pensé à un agrandissement du Centre des congrès du Québec?
Mme Laforest : Bien, ça, ce n'est
pas... ce n'est pas mon ministère, c'est le ministère du Tourisme, puis c'est
fait avec... si c'est pour la ville de Québec, avec la ville de Québec. Mais
ici, on vient répondre à une demande dans le
plan stratégique du ministère du Tourisme. Le ministère du Tourisme avait, dans
son plan, 2023 jusqu'à 2026, justement, le pouvoir de confier
l'administration au Centre des congrès de Québec puis l'exploitation également.
Donc, c'est dans la vision du ministère du Tourisme, parce que le ministère du
Tourisme avait vraiment une vision d'affaires, le tourisme d'affaires qui
fonctionne avec les centres des congrès. Donc, ici, on répond à la demande.
Mais, pour l'agrandir, aucune idée, c'est le ministère du Tourisme qu'on
devrait poser la question et aussi la ville de Québec. Je n'ai pas la réponse.
• (19 heures) •
Le Président (M. Schneeberger) : Ça
va? Parfait.
Mme Lakhoyan Olivier : Pas de
réponse.
Le Président (M. Schneeberger) : Alors,
est-ce que l'article... est-ce que l'article 136 est adopté?
Des voix : Adopté.
Le Président (M. Schneeberger) : Adopté.
Article 139.
Mme Laforest : 139?
Le Président (M. Schneeberger) : 137,
excusez.
Mme Laforest : 137, d'accord. Bon,
ici, on a la même, même disposition pour le Centre de congrès... le Palais des
congrès de Montréal.
Alors,
137 : L'article 18 de la Loi sur la Société du Palais des congrès de
Montréal (chapitre S-14.1) est modifié :
1° par
l'insertion, à la fin du paragraphe 1°, de «ainsi que tout autre
établissement situé dans la région de Montréal ou les régions environnantes et dédié à la tenue de congrès, de salons
ou d'expositions dont le gouvernement lui confie la responsabilité»;
2° par le remplacement, dans le
paragraphe 2°, de «du Palais des congrès» par «des établissements visés au
paragraphe 1°»;
3° par le remplacement, dans le
paragraphe 3°, de «du Palais des congrès et d'en assurer l'exploitation,
la promotion et l'administration» par «et à la promotion des établissements
visés au paragraphe 1° et de maximiser les retombées économiques,
touristiques, intellectuelles et sociales générées par leur exploitation».
Donc, ici,
c'est la Loi sur la Société du Palais des congrès de Montréal. On vient
permettre au gouvernement de confier l'administration ou l'exploitation à
d'autres établissements pour la tenue des congrès, de salons et d'expositions dans
la région de Québec ou les régions environnantes. Donc, la même, même
disposition se fait maintenant pour la mission de la Société du Palais des
congrès de Montréal.
Le Président (M. Schneeberger) : Questions?
Oui, députée de Chomedey.
Mme Lakhoyan Olivier : Merci, M. le
Président. Selon l'article de La Presse en septembre, il y
avait un article sur le Centre de congrès de
Montréal, et puis on disait qu'en 2020, pour... je vais la lire : «Pour
illustrer les limites du Palais des congrès, ce dernier rappelle le
rassemblement de l'American College of Physicians que la métropole n'a pas pu accueillir, en 2020, parce que notre
maison était trop petite. Pendant ce temps, des complexes rivaux situés ailleurs au pays, comme Vancouver et Calgary, ont
pu prendre de l'expansion ou sont en train d'accroître leur empreinte.»
Donc, il y a un article
sur le Centre des congrès et les besoins et les demandes d'agrandissement. Ils
étaient pas mal découragés parce qu'ils perdaient
des chiffres d'affaires et puis que ça affecte Montréal aussi. Donc, c'était
dans la section Affaires, 26 septembre 2023.
Mme Laforest : Bon. Votre article
est tellement bon, sauf qu'ici, avec l'article qu'on vient d'ajouter, bien, on
va permettre justement à la Société du Palais des congrès de Montréal, par
exemple, avec elle-même qui va gérer son... l'exploitation et, bref, son
administration... va pouvoir travailler avec d'autres établissements pour la
tenue de congrès, de salons, d'exposition
dans la région de Montréal et des régions environnantes. Donc, évidemment, la
société des Palais du congrès... la Société du Palais des congrès de
Montréal va pouvoir maintenant... a les pouvoirs pour travailler avec d'autres... d'autres instances pour accepter plus
d'événements de plus grande envergure, considérant qu'elle va pouvoir travailler avec les régions
environnantes, la même chose que Québec. Donc, à ce moment-ci, c'est
intéressant pour elle parce qu'elle a plus de pouvoirs pour des événements
grandioses.
Mme
Lakhoyan Olivier : C'est... Tout ça, c'est bon, mais toujours ma
question : Pourquoi pas d'agrandissement pour les deux? Bien, je ne
vais pas retourner sur l'autre, là, mais Palais des congrès de Montréal.
Mme Laforest : Oui. Non, mais votre
question est bonne, mais, de toute manière, il vaut mieux regrouper des
services, parfois, que d'agrandir. Mais ce n'est pas à moi de décider, comme,
une autre fois, c'est le ministère du Tourisme. Donc là, c'est bien, parce
qu'on va travailler, toutes les sociétés des palais des congrès, ensemble.
Mme Lakhoyan Olivier : Ça, ça va
être effectif quand, ces changements-là qu'on va apporter?
Mme Laforest : Quand on va adopter
le projet de loi.
Mme Lakhoyan Olivier : Oui? C'est
immédiatement?
Mme Laforest : Oui, immédiatement.
Mme Lakhoyan Olivier : C'est bien.
Merci beaucoup.
Mme Laforest : Merci.
Le Président (M. Schneeberger) :
Ça
va? Oui, députée de Mont-Royal—Outremont.
Mme Setlakwe : Merci. Donc, le
libellé est identique, on fait la même chose, on élargit, on change la loi.
Mme Laforest : Tout à fait.
Mme
Setlakwe : On élargit les pouvoirs ou le mandat de la société.
Je pense que la discussion sur les infrastructures, elle est... elle
peut avoir lieu en parallèle, là, ce n'est pas... je veux dire, on ne ferme
pas... la porte n'est pas fermée, c'est juste une question de... ici, de
modifier la mission, modifier le mandat de la société.
Mme Laforest : Confier
l'exploitation.
Mme Setlakwe : Pour aller au-delà de
ses murs, comme on a fait... comme vous souhaitez le faire à Québec.
Mme Laforest : Tout à fait.
Le Président (M. Schneeberger) : Ça
va?
Mme Lakhoyan Olivier : C'est sûr,
c'est bien, les deux. Les deux articles sont importants pour le tourisme.
Le Président (M. Schneeberger) : Alors,
est-ce que l'article 137 est adopté?
Des voix : Adopté.
Le Président (M. Schneeberger) : Adopté.
Alors, pour le prochain bloc, nous en sommes maintenant au niveau de l'amélioration et l'application de
l'éthique et des règles de déontologie. Alors, il y a cinq articles, et le
premier, c'est un amendement numéroté 124.1.
Mme Laforest : Oui. Merci. OK. Bon,
l'article 124.1, article 705.1 de la Loi sur l'instruction publique.
Insérer, après l'article 124 du projet de
loi, ce qui suit :
Loi sur l'instruction publique
124.1. La Loi
sur l'instruction publique (chapitre I-13.3) est modifiée par l'insertion,
après l'article 705, du suivant :
«705.1.
Pour l'application de toute loi autre que la Loi modifiant principalement la
Loi sur l'instruction publique relativement à l'organisation et à la
gouvernance scolaires (2020, chapitre 1), un commissaire d'une commission
scolaire anglophone, [et] un conseil des commissaires d'une commission scolaire
anglophone et une commission scolaire anglophone
sont réputés être, respectivement, un membre d'un conseil d'administration d'un
centre de services scolaire, un conseil d'administration d'un centre de
services scolaire et un centre de services scolaire.»
Donc... «Le présent article est déclaratoire.»
Cet amendement introduit dans le projet de loi
un nouvel article, insérant l'article 705.1 dans la Loi sur l'instruction publique afin d'assimiler, pour
toute loi autre que la Loi modifiant principalement la Loi sur l'instruction
physique... publique relativement à l'organisation et à la gouvernance
scolaire, un commissaire d'une commission scolaire anglophone, un conseil des
commissaires d'une commission scolaire anglophone et une commission scolaire
anglophone à, respectivement, un membre du conseil d'administration d'un centre
de services scolaire, un conseil d'administration d'un centre de services
scolaire et un centre de services scolaire. Le nouvel article 705.1 aurait
une valeur interprétative.
Donc, ici, on prévoit que, pour toute loi autre
que la Loi modifiant principalement la Loi sur l'instruction publique
relativement à l'organisation et à la gouvernance scolaire, un commissaire
d'une commission scolaire anglophone, un
conseil des commissaires d'une commission scolaire anglophone et une commission
scolaire anglophone sont réputés
être, respectivement, un membre d'un conseil d'administration d'un centre de
services scolaire, un conseil d'administration d'un centre de services
scolaire et un centre de services scolaire.
Alors, ici, nous allons... on vient s'assurer
que le motif d'inhabilité relatif au cumul des fonctions d'élu et de membre du conseil d'administration d'un centre de
services scolaire s'applique aux commissions scolaires, aux commissaires
anglophones. Voilà. Merci, M. le Président.
Le Président (M. Schneeberger) : Oui.
Alors, est-ce qu'il y a des questions sur l'amendement? Députée de Mont-Royal—Outremont.
Mme Setlakwe : Merci. Est-ce qu'on
doit comprendre ici... c'est simplement... C'est justement, c'est pour la
question des règles applicables au cumul des fonctions, mais, étant donné que
les... on ne parle plus de commissions scolaires
pour le système francophone, mais il reste que, dans le cas du système
anglophone, les commissions scolaires existent
toujours. Donc, c'est vraiment juste pour être sûr qu'il y avait un... sinon,
il y avait un vide juridique. Je... c'est ce que je comprends, là, pour le cumul des fonctions. Juste nous... Je
ne veux pas vous mettre des mots dans la bouche, juste nous rappeler le
principe sur... qu'on met de l'avant pour le cumul de... oui, le cumul de
fonctions. On ne veut pas que des commissaires scolaires ou, en fait,
aujourd'hui, des membres de conseil d'administration d'un centre de services
scolaire, puissent également occuper une fonction élective dans un conseil
municipal, c'est ça? Est-ce que je le comprends bien? Et là, par cette
modification-là, c'était comme un oubli.
Le Président (M. Schneeberger) : C'est
monsieur qui va la prendre? Mme la ministre.
Mme Laforest : Bien, moi, je peux
répondre, sans problème. Parce qu'au niveau des commissions scolaires
anglophones, c'est commissions scolaires anglophones, puis, quand on a fait
l'application du projet de loi, on disait «centre
de services scolaire». Donc, il y a une correction à faire pour commissions scolaires
anglophones, suite au projet de loi n° 40. Puis le cumul des
fonctions, je vais laisser... Vous êtes du ministère de l'Éducation? OK, pour
cette partie, je vais laisser la réponse...
Le Président (M. Schneeberger) : Alors,
j'ai besoin du consentement pour que monsieur puisse prendre la parole.
Consentement. Alors, monsieur, vous nommer par votre nom et titre.
M. Guyon Martin (Alexandre) : Alexandre
Guyon Martin, avocat pour le ministère de l'Éducation.
Donc, en fait, exactement, ici, pour le cumul de
fonctions qui a été interdit avec la modification qui a été apportée par le PL n° 49
à l'article 300 de la Loi sur les élections et les référendums dans les
municipalités, on a fait mention d'un membre d'un conseil
d'administration d'un centre de services scolaire anglophone. C'est que le
projet de loi 40, qui a été adopté en février 2020, qui a été sanctionné,
qui est contesté par l'Association des commissions scolaires anglophones du
Québec, opère le changement de nom, mais, en raison du sursis d'application de
la loi qui a été ordonné par la cour, disons, pendant ce temps-là, les
dispositions n'étaient pas applicables à l'égard des commissions scolaires
anglophones.
• (19 h 10) •
Par contre, étant donné que la loi, elle est
adoptée, elle est sanctionnée, il y a une présomption de validité de la loi jusqu'à ce qu'un jugement final soit rendu,
qui pourrait invalider certaines dispositions ou qui pourrait les confirmer.
S'il y a des dispositions qui sont invalidées, ce n'est qu'à ce moment-là qu'on
devra les considérer invalides.
D'ici là, le
législateur n'a pas le choix, quand il adopte d'autres mesures législatives,
des mesures réglementaires, des directives, de tenir compte du fait que
le projet de loi 40 a été adopté et est, jusqu'à maintenant, présumé
valide. Donc, c'est ça qui a été fait à
l'article 300 de la Loi sur les élections et référendums dans les
municipalités. Donc, on réfère à un membre d'un conseil d'administration
d'un centre de services scolaire anglophone.
Donc, la disposition qu'on propose d'ajouter,
l'article 705.1 de la Loi sur l'instruction publique, permet, dans toute
loi, parce que c'est une difficulté qu'on rencontre dans, en fait, toutes les
lois, les règlements, les directives qu'on a adoptés depuis février 2020, donc, permet
de clarifier, en fait, l'intention du législateur que, dans ces
modifications-là, lorsqu'on parle d'un centre de services scolaire, lorsqu'on
parle d'un membre d'un conseil d'administration, ça concerne aussi le
réseau scolaire anglophone.
On en exclut évidemment de l'application le
PL 40 lui-même, étant donné qu'il est contesté. On l'exclut de l'application de notre disposition interprétative,
mais pour tout le reste du corpus juridique... pour tout le reste du corpus
juridique, dans le fond, on va y aller avec cette règle d'interprétation.
Mme Setlakwe : OK, je comprends...
Mme Laforest : ...clarifier
l'interprétation du projet de loi suite aux dispositions du tribunal. Donc, on
vient faire un ajustement obligatoire suite à la décision du tribunal. Donc,
c'est simple, mais on n'a pas le choix.
Mme Setlakwe : Ça me va.
Le Président (M. Schneeberger) : Ça
va? Députée de Chomedey.
Mme
Lakhoyan Olivier : Donc, la commission scolaire anglophone n'était
nulle part, donc il fallait le mettre quelque part pour dire :
Bien, il existe.
Mme Laforest : Bien oui, c'est ça,
exactement, vous avez tout compris.
Mme Lakhoyan Olivier : Parce que les
commissions scolaires ne sont plus, ce sont des services scolaires, mais on n'a
pas pensé aux commissions scolaires anglophones qui sont toujours là. Donc, il
fallait le dire : Bien, ils sont là aussi.
Mme Laforest : Ils sont là aussi.
Exactement.
Mme Lakhoyan Olivier : Donc,
clarifier, et que tout le monde soit content.
Mme Laforest : C'est clair et net.
Mme Lakhoyan Olivier : Merci.
Mme Laforest : Bienvenue.
Le Président (M. Schneeberger) : Ça
va? Députée de Mont-Royal—Outremont.
Mme Setlakwe : Je comprends la
technicalité puis la situation, si on veut, intérimaire, là, jusqu'à ce que
tout le processus judiciaire soit terminé puis qu'on en vienne à un statut
peut-être définitif par rapport aux commissions scolaires ou centres de services scolaires, mais juste nous rattacher à
la règle sur le cumul des fonctions, elle est où, cette règle? Ce n'est
pas... ce n'est pas dans le PL 57, là. Le cumul des fonctions, dans le
PL 57, ça, c'est autre chose.
Mme Laforest : C'est ça, parce
que...
Mme
Setlakwe : Oui, là, c'est... oui, c'est... J'avais raison, au
début, de dire : Il y a une règle qui existe sur cumuler des
fonctions d'élu scolaire puis d'élu municipal?
Mme Laforest : C'est dans le projet de loi 40, en
fait, avec le ministère de l'Éducation, puis il y a eu un jugement qui a
été rendu le 13 juillet 2022 : «La Cour supérieure concluait que,
comme le motif d'inhabilité référait à un membre du conseil d'administration
d'un centre de services scolaire anglophone, en raison du sursis, l'application
du projet de loi n° 40 aux commissions
scolaires — comme
vous le mentionnez — anglophones
ne pouvait s'appliquer aux commissaires des commissions scolaires
anglophones.» Donc, c'est sûr qu'il y a... Il y a, oui, la partie centres de
services scolaires et commissions scolaires puis il y a eu le cumul des
fonctions aussi. Donc, on vient rétablir et bien définir à partir du jugement qui a été rendu le 13 juillet 2022.
Votre question était excellente. Ça fait qu'on fait deux choses, centres
de services scolaires, commissions et aussi le cumul des deux fonctions.
Le Président (M. Schneeberger) : Ça
va? Oui?
Mme Setlakwe : Oui, mais
pourquoi le faire ici, dans le projet de loi no 57?
Mme Laforest : Parce
que c'est un omnibus municipal puis on insère des dispositions, comme avec les
mesures du ministère de la Justice précédemment.
Des voix : Tourisme.
Mme
Laforest : Oui! Pourquoi je dis toujours Justice? Tourisme, excusez.
Mme Setlakwe : Puis le libellé, là, il
se trouve ailleurs, dans d'autres... comme vous sembliez le dire, M. le
légiste, là... Maître, oui.
Mme Laforest : Le libellé était dans le
projet de loi 49 en 2021, je crois. Si je ne me trompe pas, c'est bien ça,
le cumul des fonctions?
M. Guyon
Martin (Alexandre) : C'est ça.
Mme Laforest : Puis le centre de
services scolaire et commission scolaire, bien c'est à... ça appartenait au ministère
de l'Éducation dans le projet de loi 40. C'est ça.
M. Guyon
Martin (Alexandre) : Le cumul des fonctions, c'est l'article 300
de la Loi sur les élections et les référendums
dans les municipalités qui a été modifié par le projet de loi 49. Donc, la
raison pour laquelle on proposait la modification
dans un PL municipal, c'est pour répondre à cette difficulté-là principalement.
Par contre, la formulation vise à s'appliquer à l'ensemble des lois du
Québec.
Mme Setlakwe : Oui, je comprends. Mais
donc on n'est pas... Sur le fond... sur le fond, au niveau du cumul des
fonctions, c'est dans le projet de loi 49... On ne le change pas, le
régime.
Mme Laforest :
Qui a été adopté en 2021. Non, c'est ça, l'affaire.
Mme Setlakwe :
C'est une question de terminologie.
Mme Laforest :
Exactement.
Mme Setlakwe :
OK. Voilà.
Mme
Laforest : C'est ça.
Mme
Setlakwe : Merci.
Le Président
(M. Schneeberger) : Ça va? Pas d'autres questions?
Mme Laforest :
Non.
Mme Lakhoyan
Olivier : Oui.
Le Président
(M. Schneeberger) : Oui. Députée de Chomedey.
Mme
Laforest : Ah! excusez.
Mme Lakhoyan Olivier : Est-ce
que... Est-ce qu'on a eu un feedback des commissions scolaires anglophones
sur cet article-là? Est-ce qu'on a eu...
Mme Laforest : ...important d'appliquer
la modification que le juge a soulignée, là, c'est une question légale, là. Donc, c'est le juge qui a tranché. Il faut
s'appliquer... Il faut se... On n'a pas le choix, c'est une obligation. On n'a
pas le choix.
Mme Lakhoyan
Olivier : OK, OK.
Le Président
(M. Schneeberger) : Ça va?
Mme Lakhoyan
Olivier : Mais je voulais savoir s'ils étaient contents qu'on...
Mme Laforest :
Ils vont l'apprendre aujourd'hui.
Mme Lakhoyan
Olivier : OK.
Mme Laforest :
On va... On va voir.
Mme Lakhoyan
Olivier : C'est bien. Merci.
Le Président (M. Schneeberger) : C'est
bon?
Mme Laforest :
C'est une décision du tribunal.
Le Président (M. Schneeberger) : Alors,
est-ce que l'article... Dans le fond, est-ce que l'amendement qui introduit
l'article 124.1 est adopté?
Des voix : Adopté.
Le Président (M. Schneeberger) : Adopté.
Alors, compte
tenu de l'heure, la commission ajourne ses travaux sine die. Et je vous
souhaite une belle soirée.
(Fin de la séance à 19 h 16)