Journal des débats de la Commission de l'aménagement du territoire
Version préliminaire
43e législature, 1re session
(29 novembre 2022 au 10 septembre 2025)
Cette version du Journal des débats est une version préliminaire : elle peut donc contenir des erreurs. La version définitive du Journal, en texte continu avec table des matières, est publiée dans un délai moyen de 2 ans suivant la date de la séance.
Pour en savoir plus sur le Journal des débats et ses différentes versions
Le
mardi 28 mai 2024
-
Vol. 47 N° 66
Étude détaillée du projet de loi n° 57, Loi édictant la Loi visant à protéger les élus et à favoriser l’exercice sans entraves de leurs fonctions et modifiant diverses dispositions législatives concernant le domaine municipal
Aller directement au contenu du Journal des débats
Intervenants par tranches d'heure
-
-
-
Schneeberger, Sébastien
-
Laforest, Andrée
-
Setlakwe, Michelle
-
Girard, Eric
-
Grandmont, Etienne
-
Lakhoyan Olivier, Sona
-
-
Setlakwe, Michelle
-
Laforest, Andrée
-
Schneeberger, Sébastien
-
Girard, Eric
-
Lakhoyan Olivier, Sona
-
-
Schneeberger, Sébastien
-
Girard, Eric
-
Laforest, Andrée
-
Setlakwe, Michelle
-
Lakhoyan Olivier, Sona
-
-
Laforest, Andrée
-
Schneeberger, Sébastien
-
Setlakwe, Michelle
-
Girard, Eric
-
Grandmont, Etienne
-
-
Schneeberger, Sébastien
-
Girard, Eric
-
Setlakwe, Michelle
-
-
Setlakwe, Michelle
-
Laforest, Andrée
-
Schneeberger, Sébastien
-
Girard, Eric
-
Grandmont, Etienne
-
-
Laforest, Andrée
-
Grandmont, Etienne
-
Schneeberger, Sébastien
-
Girard, Eric
-
Setlakwe, Michelle
-
-
Grandmont, Etienne
-
Laforest, Andrée
-
Schneeberger, Sébastien
-
Setlakwe, Michelle
-
Rotiroti, Filomena
-
-
Rotiroti, Filomena
-
Schneeberger, Sébastien
-
Laforest, Andrée
-
Grandmont, Etienne
-
Setlakwe, Michelle
-
Girard, Eric
-
-
Schneeberger, Sébastien
-
Rotiroti, Filomena
-
Ciccone, Enrico
-
Setlakwe, Michelle
-
Laforest, Andrée
-
Grandmont, Etienne
-
-
Schneeberger, Sébastien
-
Ciccone, Enrico
-
Laforest, Andrée
-
Grandmont, Etienne
-
-
Grandmont, Etienne
-
Laforest, Andrée
-
Schneeberger, Sébastien
-
Setlakwe, Michelle
-
Girard, Eric
-
Gagnon, Yannick
-
Rivest, Mathieu
-
Dionne, Amélie
-
Rotiroti, Filomena
-
Ciccone, Enrico
-
Arseneau, Joël
-
-
Ciccone, Enrico
-
Laforest, Andrée
-
Schneeberger, Sébastien
-
Setlakwe, Michelle
-
Grandmont, Etienne
-
-
Schneeberger, Sébastien
-
Laforest, Andrée
-
Ciccone, Enrico
-
Setlakwe, Michelle
-
Grandmont, Etienne
-
Arseneau, Joël
-
Rotiroti, Filomena
-
Girard, Eric
-
Gagnon, Yannick
-
Rivest, Mathieu
-
Dionne, Amélie
9 h 30 (version révisée)
(Dix heures deux minutes)
Le Président (M. Schneeberger) : Alors,
bon matin à tous. Bienvenue à la Commission de l'aménagement du territoire. Ayant
le quorum, alors, la... la commission est ouverte.
Alors, nous... Je rappelle que la commission
est réunie aujourd'hui pour poursuivre l'étude détaillée du projet de loi n° 57, Loi édictant la Loi visant à protéger les élus et à
favoriser l'exercice sans entraves de leurs fonctions et modifiant diverses
dispositions législatives concernant le domaine municipal.
Alors, est-ce que nous avons des
remplaçants ce matin, Mme la secrétaire?
La Secrétaire : Oui, M. le
Président. M. Kelley (Jacques-Cartier) est remplacé par Mme Lakhoyan
Olivier (Chomedey) et M. Fontecilla (Laurier-Dorion) est remplacé par M. Grandmont
(Taschereau).
Le Président (M. Schneeberger) : Merci
beaucoup. Alors, lors de la dernière séquence... en tout cas, j'ai... on m'a
dit qu'il y avait eu un consentement pour modifier les séquences. C'est ce
qu'on... qui m'a été dit. Alors, je voulais savoir...
10 h (version révisée)
Le Président (M. Schneeberger) : ...un
consentement pour modifier les séquences. C'est ce qu'on... qui m'a été dit. Alors,
je voulais savoir si le consentement était... Parfait. Alors, consentement.
Alors, nous étions... nous avions adopté l'article 11 lors de la dernière
rencontre. Et là on me dit que vous vouliez réouvrir l'article. Alors, ça me
prend le consentement pour la réouverture de l'article.
Des voix
: Consentement.
Le Président (M. Schneeberger) :
Consentement. Alors, je vous laisse... je vous laisse aller.
Mme Laforest : Je vais
laisser ma collègue commencer.
Mme Setlakwe : Oui. Bon matin
à tous. Merci, M. le Président. Bonjour. Oui, concernant l'article 11, on
avait discuté la semaine dernière du raisonnement derrière, là, cette
modification, c'était de donner plus de latitude aux municipalités pour
transmettre le rapport financier ainsi que le rapport du vérificateur ou du
vérificateur externe au ministère. On nous a dit qu'entre la période de 2016 à
2023 il y avait autour de 35 % des municipalités qui ne s'étaient pas
conformées, elles avaient demandé une extension du délai. Parfois, on parle de
situations exceptionnelles, par exemple des cas d'inondations, tout ça. C'est
juste une remise en contexte. Et donc c'était demandé de reporter l'exigence du
15 mai au 15 juin.
Or, il semblerait que, même le 15 juin,
ça peut poser des problèmes pour certaines municipalités, notamment la ville de
Montréal, qui, déjà, connaît son calendrier pour 2024 et nous dit qu'ils vont
devoir... si on maintient la date du 15 juin, ils vont devoir continuer de
demander des dérogations. Dans le cas de Montréal, il y a toute une séquence,
là, en amont. Les conseils d'arrondissement se tiennent au début du mois,
tandis que les conseils municipaux et ensuite le conseil d'agglomération se
tiennent plus tard dans le mois, donc à la fin, plus souvent la troisième
semaine du mois. Et donc, pour 2024, par exemple, conseil municipal : 17,
18 juin; conseil d'agglomération : 20 juin. Et donc ce qu'il
nous dit, c'est que ce serait contre-productif de mettre une date précise dans
le projet de loi en milieu du... en milieu de mois, au lieu de leur permettre d'être
certains de ne pas manquer les instances en juin. Et donc ce qui est demandé, c'est
de plutôt prévoir, plutôt que le 15 juin, la fin juin, le 30, c'est ça, n'est-ce
pas? Donc, ça a été discuté. Je pense que c'est... ce serait... M. le Président,
je pense qu'il y a une ouverture du côté du gouvernement aussi. Donc...
Mme Laforest : Vous allez
déposer un amendement?
Mme Setlakwe : Oui. Oui,
exactement. On déposerait un amendement, M. le Président, à l'article 11.
Le Président (M. Schneeberger) : ...
Mme Setlakwe : Il est... Parfait.
Il est déposé. Je le lis. Donc, on propose de remplacer l'article 11 du
projet de loi par le suivant :
L'article 105.2 de cette loi est
modifié par le remplacement, dans le
premier alinéa, de «15 mai» par
«30 juin». Voilà.
Le Président (M. Schneeberger) : Parfait.
Alors, est-ce qu'il y avait des questions ou tout est...
Mme Laforest : Non. Non, tout
est beau.
Mme Setlakwe : OK. Parfait.
Alors, est-ce que l'amendement est adopté?
Des voix : Adopté.
Le Président (M. Schneeberger) : Adopté.
Est-ce que l'article 11, tel qu'amendé, est adopté?
Des voix : Adopté.
Le Président (M. Schneeberger) : Adopté.
Alors, article 12.
Mme Laforest : Article 12.
Je crois qu'il va y avoir d'autres amendements suite à cette correction-là. Oui?
L'article 12.
Le Président (M. Schneeberger) : Un
amendement sur le 12?
Mme Laforest : Sur le... la
date du 30 juin.
Le Président (M. Schneeberger) : OK.
Mme Laforest : C'est l'article 12.
Est-ce que... M. le Président, est-ce que mon collègue adjoint parlementaire
pourrait en faire la lecture?
Le Président (M. Schneeberger) : Oui,
il n'y a pas de problème.
Mme Laforest : Est-ce qu'il y
a consentement?
Des voix : ...
Mme Laforest : On y va.
M. Girard (Lac-Saint-Jean) : Article 12 :
L'article 105.2.2 de cette loi est
modifié par le remplacement, dans le premier alinéa, de «juin» par «septembre».
Donc, les notes explicatives : L'article 12
du projet de loi modifierait l'article 105.2.2 de la Loi sur les cités et
villes afin de reporter de juin à septembre le mois au cours duquel le maire
doit faire rapport aux citoyens des faits saillants du rapport financier, du
rapport du vérificateur général et de celui du vérificateur externe. Ce
rapport... Ce report de juin à septembre est requis compte tenu de la
modification proposée à l'article 11 du projet de loi qui modifierait l'article 105.2
de la Loi sur les cités et villes afin de reporter du 15 mai au 15 juin
la date limite à laquelle le greffier doit transmettre au ministre le rapport
financier et tout rapport du vérificateur général ou du vérificateur externe.
En effet, comme ces rapports sont remis au ministre plus tardivement, il est
aussi requis de déclarer la période durant laquelle est réalisé le rapport du
maire sur les faits saillants de ces divers documents. Donc...
Le Président (M. Schneeberger) : Oui.
Alors, ça va?
Mme Laforest : Oui, ça va.
Le Président (M. Schneeberger) : Questions
sur l'article 12?
Mme Setlakwe : Oui,
peut-être, rapidement, M. le Président. Donc... Ah! là, on est sur l'amendement
ou sur le... Sur l'amendement?
Mme Laforest : Bien, en fait,
on reporte la date, évidemment, pour être en <cohérence...
Mme Setlakwe :
...Sur
l'amendement?
Mme Laforest :
Bien,
en fait, on reporte la date, évidemment, pour être en >cohérence avec la
date qu'on avait mise, le 15 juin, mais là, étant donné que la date est
changée, à la demande de ma collègue, du 30 juin, donc, c'est vraiment
important de modifier l'article pour changer les dates également pour le dépôt
du rapport.
Le Président (M. Schneeberger) : OK.
Alors là, il faut déposer un amendement pour le...
Mme Laforest : Non. Non, non,
non.
Le Président (M. Schneeberger) : OK.
Il est... Dans l'article, il est déjà à date?
Mme Laforest : Dans
l'article, oui, parce que, dans l'article, c'est «tenue en septembre», on a
changé «en juin» pour «en septembre»...
Le Président (M. Schneeberger) : Parfait.
Bon. Alors, c'est correct.
Mme Laforest : ...mais ça,
c'est en cohérence avec la demande de ma collègue.
Mme Setlakwe : Oui, oui. Non,
non, tout à fait. Vous m'excuserez, parce qu'effectivement, dans l'article, on
parle de juin, on ne parle ni du 15 ni du 30, donc il n'y a pas d'enjeu. Je
lisais plutôt la note explicative, mais... Et évidemment, si on a décalé
l'obligation de transmettre le rapport à la fin juin, bien là, il faut ajuster
la date ou le délai à respecter pour le maire pour faire rapport à la
population sur ce rapport-là en septembre et... mais c'est... c'est tout à fait
cohérent. Mais je me demande pourquoi septembre. Parce que, là, on veut éviter
la période estivale, j'imagine.
Mme Laforest : Tout à fait.
Mme Setlakwe : Bon, c'est ça.
Mme Laforest : Tout à fait.
Mme Setlakwe : Donc, il n'y a
pas d'enjeu...
Le Président (M. Schneeberger) : Pas
de question?
Mme Setlakwe : ...pas de question.
Le Président (M. Schneeberger) : Parfait.
Alors, est-ce que l'article 12 est adopté?
Des voix : Adopté.
Le Président (M. Schneeberger) : Adopté.
Article 35.
M. Girard (Lac-Saint-Jean) : L'article 35 :
L'article 176.2 de ce code est
modifié par le remplacement, dans le premier alinéa, de «mai» par «juin».
Donc, l'article 35 du projet de loi
modifierait l'article 176.2 du Code municipal du Québec afin de reporter
du 15 mai au 15 juin la date limite de transmission au ministre des
Affaires municipales par le greffier-trésorier du rapport financier et du
rapport du vérificateur externe.
Mme Laforest : Merci. En
fait, ici, c'est important de déposer un amendement suite à la demande de
déplacement du 30 juin.
Alors, l'amendement, l'article 35 :
Remplacer l'article 35 du projet de
loi par le suivant :
35. L'article 176.2 de ce code est
modifié par le remplacement, dans le
premier alinéa, de «15 mai» par «30 juin».
C'est de la concordance seulement, M. le
Président.
Le Président (M. Schneeberger) : Parfait.
Au niveau... Alors, est-ce qu'il y a des questions sur l'amendement? Aucune.
Est-ce que l'article 35, tel qu'amendé, est adopté?
Des voix : Adopté.
Le Président (M. Schneeberger) : Là,
j'ai sauté une étape, je veux aller vite. L'amendement, il faut qu'il soit
adopté. Alors, est-ce que l'amendement est adopté?
Des voix : Adopté.
Le Président (M. Schneeberger) : Bon,
parfait. Alors, est-ce que l'article 35, tel qu'amendé, est adopté?
Des voix : Adopté.
Le Président (M. Schneeberger) : Adopté.
Parfait. Article 36.
• (10 h 10) •
M. Girard (Lac-Saint-Jean) : Donc,
l'article 36 :
L'article 176.2.2 de ce code est
modifié par le remplacement, dans le premier alinéa, de «juin» par «septembre».
Alors, M. le Président, l'article 36
du projet de loi modifierait l'article 176.2.2 du Code municipal du Québec
afin de reporter de juin à septembre le mois au cours duquel le maire doit
faire rapport aux citoyens des faits saillants du rapport financier et du
rapport du vérificateur externe. Ce report de juin à septembre est requis
compte tenu de la modification proposée à l'article 35 du projet de loi
qui modifierait l'article 176.2 du Code municipal du Québec afin de
reporter du 15 mai au 15 juin la date limite à laquelle le
greffier-trésorier doit transmettre au ministre le rapport financier et le
rapport du vérificateur externe. En effet, comme ces rapports sont remis au
ministre plus tardivement, il est aussi requis de déclarer la période durant
laquelle est réalisé le rapport du maire sur les faits saillants de ces divers
documents.
Le Président (M. Schneeberger) : Merci
beaucoup. Questions sur l'article 36?
Mme Setlakwe : Non, M. le
Président, on est... suite logique.
Le Président (M. Schneeberger) : Oui,
député de Taschereau.
M. Grandmont : Oui. Je
m'excuse, j'ai... je ne suis pas intervenu avant, là, mais je suis retombé
dans... je suis retourné dans mes notes. Je me souviens que j'avais écrit, là,
notamment à partir de l'article 12, puis... donc les articles qu'on vient
de traiter aussi, 35, 36. Donc, si le maire ou la mairesse doit faire rapport
aux citoyens des faits saillants du rapport financier et du rapport du
vérificateur externe en septembre dorénavant, donc, c'est la nouvelle date,
dans le fond, qu'on vient donner?
Mme Laforest : Oui.
M. Grandmont : On va se
retrouver potentiellement en période électorale à... aux quatre ans.
Mme Laforest : En novembre,
la période électorale.
M. Grandmont : Donc, les
élections, c'est... normalement, c'est début novembre?
Mme Laforest : 25 novembre.
M. Grandmont : 25 novembre?
Une voix : ...
Mme Laforest : 4 novembre.
M. Grandmont : Autour du
4 novembre?
Mme Laforest : Oui, excusez.
M. Grandmont : Donc, en
septembre, on est juste avant les élections, donc on est corrects...
Mme Laforest : On est corrects.
M. Grandmont : ...parce que
les élections, c'est cinq, six semaines.
Mme Setlakwe : Oui. Mais
c'est vraiment à la demande, là, de tous les partis.
M. Grandmont : C'est ça. Non,
c'est correct, mais je voulais juste m'assurer qu'effectivement on ne tombait
pas en période électorale, mais c'est correct. C'est parfait. Excellent.
Le Président (M. Schneeberger) : ...
M. Grandmont : Oui. Merci.
Le Président (M. Schneeberger) : Alors,
est-ce que l'article 36 est...
M. Grandmont : ...
Le Président (M. Schneeberger) : Oui?
M. Grandmont : ...on se
rapproche, à tout le moins, des élections. Est-ce que c'est un enjeu
particulier pour les municipalités, en fait? Puis qui avait demandé ça,
exactement?
Mme Laforest : Et le Vérificateur
général<i> et les unions, l'UMQ, FQM, Québec, Montréal.
M. Grandmont : OK. Bien,
est-ce qu'on a fait une évaluation du... de... du fait qu'on est proche des
élections, qu'est-ce que ça pourrait avoir comme influence? Je comprends l'idée
de reporter, évidemment, là, pour donner plus de temps.
Mme Laforest : Oui, il y a eu
une évaluation avec le ministère des Affaires municipales, c'est sûr, avec
l'équipe des fiscalistes, puis c'est préférable comme ça.
M. Grandmont : D'accord. Puis...
Mme Laforest : Il n'y a pas
d'enjeu.
M. Grandmont : Aucun enjeu?
Mme Laforest : Aucun enjeu.
M. Grandmont : OK. <Merci...
Mme Laforest :
...fiscalistes,
puis c'est préférable comme ça.
M. Grandmont :
D'accord.
Puis...
Mme Laforest :
Il
n'y a pas d'enjeu.
M. Grandmont :
Aucun
enjeu?
Mme Laforest :
Aucun
enjeu.
M. Grandmont :
OK. >Merci.
Le Président (M. Schneeberger) : Parfait.
Est-ce que l'article 36 est adopté?
Des voix : Adopté.
Le Président (M. Schneeberger) : Adopté.
Article 58.
M. Girard (Lac-Saint-Jean) : L'article 209
de cette loi est modifié par le remplacement, dans le premier alinéa, de «mai»
par «juin».
Donc, l'article 58 du projet de loi
modifierait l'article 209 de la Loi sur la Communauté métropolitaine de
Montréal afin de reporter du 15 mai au 15 juin la date limite de
transmission, par le secrétaire de la communauté, au ministre des Affaires
municipales et aux municipalités du territoire de la communauté, du rapport
financier et du rapport du vérificateur.
Le Président (M. Schneeberger) : Merci.
Alors, est-ce qu'il y a des questions sur l'article 58?
Mme Laforest : C'est... On a
un amendement pour la date du 30 juin, demandée précédemment, mais c'est
la même chose, là, c'est avec la Communauté métropolitaine de Montréal, la même
loi qu'on change.
Article 58, article 209 de la
Loi sur la Communauté métropolitaine de Montréal :
Remplacer l'article 58 du projet de
loi par le suivant :
58. L'article 209 de cette loi est
modifié par le remplacement, dans le premier alinéa, de «15 mai» par «30 juin».
Merci, M. le Président.
Le Président (M. Schneeberger) : Merci
beaucoup.
Mme Laforest : Question de
concordance, pour le 30 juin.
Le Président (M. Schneeberger) : Parfait.
Alors, questions sur l'amendement? Est-ce que l'amendement est adopté?
Des voix : Adopté.
Le Président (M. Schneeberger) : Parfait.
Est-ce que l'article 58, tel qu'amendé, est adopté?
Des voix : Adopté.
Le Président (M. Schneeberger) : Adopté.
Article 59.
M. Girard (Lac-Saint-Jean) : Donc :
L'article 210.1 de cette loi est modifié par le remplacement, dans le
premier alinéa, de «juin» par «septembre».
Alors, l'article 59 du projet de loi
modifierait l'article 210.1 de la Loi sur la Communauté métropolitaine de
Montréal afin de reporter de juin à septembre le mois au cours duquel le
président du comité exécutif de la communauté doit faire rapport aux citoyens
des faits saillants du rapport financier et du rapport du vérificateur.
Ce report de juin à septembre est requis
compte tenu de la modification proposée à l'article 58 du projet de loi qui
modifierait l'article 209 de la Loi sur la Communauté métropolitaine de
Montréal afin de reporter du 15 mai au 15 juin la date limite à
laquelle le secrétaire de la communauté doit transmettre au ministre et aux
municipalités du territoire de la communauté le rapport financier et le rapport
du vérificateur. En effet, comme ces rapports sont transmis plus tardivement,
il est aussi requis de déclarer la période durant laquelle est réalisé le
rapport du président du comité exécutif de la communauté sur les faits
saillants de ces divers documents.
Le Président (M. Schneeberger) : Merci.
Questions sur 59? Aucune. Est-ce que l'article 59 est adopté?
Des voix : Adopté.
Le Président (M. Schneeberger) : Adopté.
Article 6.
M. Girard (Lac-Saint-Jean) : Donc,
la Charte de la Ville de Montréal, métropole du Québec. Article 6 :
L'article 144.7 de la Charte de la
Ville de Montréal, métropole du Québec (chapitre C-11.4) est modifié par
le remplacement, dans le premier alinéa, de «juin» par «septembre».
Donc, l'article 6 du projet de loi
modifierait l'article 144.7 de la Charte de la Ville de Montréal,
métropole du Québec afin de reporter de juin à septembre le mois du... le mois
au cours duquel le maire d'un arrondissement doit faire rapport aux citoyens
des faits saillants des résultats financiers de l'arrondissement et, le cas
échéant, du rapport du vérificateur général et de celui du vérificateur externe.
Ce rapport de juin à septembre est requis compte tenu de la modification
proposée à l'article 11 du projet de loi qui modifierait l'article 105.2
de la Loi sur les cités et villes afin de reporter du 15 mai au 15 juin
la date limite à laquelle le greffier doit transmettre au ministre le rapport
financier et ceux du vérificateur général ou du vérificateur externe. En effet,
comme ces rapports sont remis au ministre plus tardivement, il est aussi requis
de déclarer la période durant laquelle est réalisé le rapport du maire sur les
faits saillants de ces divers documents.
Le Président (M. Schneeberger) : Merci.
Est-ce qu'il y a des questions sur l'article 6? Aucune. Est-ce que
l'article 6 est adopté?
Des voix : Adopté.
Le Président (M. Schneeberger) : Adopté.
Article 67... 64, pardon.
M. Girard (Lac-Saint-Jean) : Donc,
l'article 64 :
L'article 196 de cette loi est
modifié par le remplacement, dans le premier alinéa, de «mai» par «juin».
Alors, l'article 64 du projet de loi modifierait
l'article 196 de la Loi sur la Communauté métropolitaine de Québec afin de
reporter du 15 mai au 15 juin la date limite de transmission, par le
secrétaire de la communauté, au ministre des Affaires municipales et aux
municipalités du territoire de la communauté, du rapport financier et du
rapport du vérificateur.
Le Président (M. Schneeberger) : Alors,
merci. Alors, j'imagine qu'il y a un amendement aussi pour la concordance. Alors,
Mme la ministre.
Mme Laforest : Oui. Merci, M.
le Président. Article 64, article 196 de la Loi sur la Communauté
métropolitaine de Québec :
Remplacer l'article 64 du projet de
loi par le suivant :
Article 64 : L'article 196
de cette loi est modifié par le remplacement, dans le premier alinéa, de «15 mai»
par «15 juin»... par «30 juin».
Merci, M. le Président.
Le Président (M. Schneeberger) : Parfait.
Est-ce qu'il y a des questions sur l'amendement? Est-ce que l'article... 64,
tel... <Comment...
Le Président (M. Schneeberger) :
...des questions sur l'amendement? Est-ce que l'article... 64,
tel... >Comment?
Une voix : ...
Le Président (M. Schneeberger) : Oui,
c'est vrai. On va aller vite parce que c'est de la concordance, mais il faut
l'adopter. Alors, excusez-moi. Est-ce que l'amendement est adopté?
Des voix : Adopté.
Le Président (M. Schneeberger) : Est-ce
que l'article 64, tel qu'amendé, est adopté?
Des voix : Adopté.
Le Président (M. Schneeberger) : Article 65.
M. Girard (Lac-Saint-Jean) : L'article 197.1
de cette loi est modifié par le remplacement, dans le premier alinéa, de «juin»
par «septembre».
L'article 76... excusez,
l'article 65 du projet de loi modifierait l'article 197.1 de la Loi
sur la Communauté métropolitaine de Québec afin de reporter de juin à septembre
le mois au cours duquel le président du comité exécutif de la communauté doit
faire rapport aux citoyens des faits saillants du rapport financier et du
rapport du vérificateur.
Ce report de juin à septembre est requis
compte tenu de la modification proposée à l'article 64 du projet de loi
qui modifierait l'article 196 de la Loi sur la Communauté métropolitaine
de Québec afin de reporter du 15 mai au 15 juin la date limite à
laquelle le secrétaire de la communauté doit transmettre au ministre et aux
municipalités du territoire de la communauté le rapport financier et le rapport
du vérificateur. En effet, comme ces rapports sont transmis plus tardivement,
il est aussi requis de déclarer la période durant laquelle est réalisé le
rapport du président du comité exécutif de la communauté sur les faits
saillants de ces divers documents.
Le Président (M. Schneeberger) : Merci
beaucoup. Alors, est-ce qu'il y a des questions sur 65? Non? Alors, est-ce que
65 est adopté?
Des voix : Adopté.
Le Président (M. Schneeberger) : Adopté.
Article 17.
M. Girard (Lac-Saint-Jean) : Oui,
M. le Président. L'article 17 :
L'article 468.45.5 de cette loi est
modifié, dans le premier alinéa :
1° par le remplacement, dans le paragraphe 1°,
de «30» par «50»;
2° par le remplacement, dans le paragraphe
2°, de «15» par «30». Donc, l'article 17 du projet de loi modifierait
l'article 468.45.5 de la Loi sur les cités et villes afin d'augmenter la
limite d'un montant maximum pouvant être déposé dans les réserves financières
constituées par les régies intermunicipales. La limite basée sur les autres
crédits prévus au budget de l'exercice financier au cours duquel est adopté le
règlement serait augmentée de 30 % à 50 %. La limite basée sur le
coût total non amorti des immobilisations serait augmentée de 15 % à
30 %.
• (10 h 20) •
Le Président (M. Schneeberger) : Merci
beaucoup. Est-ce qu'il y a des questions sur l'article 17? Députée de Mont-Royal—Outremont.
Mme Setlakwe : Oui. Merci, M.
le Président. Donc, juste nous expliquer, Mme la ministre, s'il vous plaît, là,
le raisonnement derrière cette augmentation. J'imagine qu'elle est... elle est
souhaitée, là, ça donne une plus grande marge de manœuvre, puis il y a
peut-être eu... Juste nous rappeler. Donc, la réserve financière permet de...
puis elle peut être... elle peut être renflouée, mais, j'imagine, c'est à
partir des surplus d'une municipalité, puis la réserve, pour différentes fins,
peut être utilisée pour financer différentes dépenses importantes, là, ou... ça
peut être pour différentes fins. Mais... Mais pourquoi, donc, avoir augmenté
les plafonds? Ce n'est quand même pas... c'est non négligeable. Puis ce que je
comprends aussi, c'est que le plafond, c'est... on n'ajoute pas le fonds de
roulement. Si une municipalité a un fonds de roulement ou une réserve pour un
fonds de roulement, on déduit le... on déduit ce montant-là du plafond.
Mme Laforest : Oui.
Le Président (M. Schneeberger) : Mme
la ministre.
Mme Laforest : OK? OK. Mais,
présentement, le montant total de la réserve qui est prévu pour l'exercice
financier, si on additionne les réserves qui sont déjà créées par règlement, on
ne peut pas dépasser 15 % du coût total qui est non amorti sur les
immobilisations, puis il y a 30 % des autres crédits qui sont prévus au
budget déjà existant pour l'exercice actuel, l'exercice financier actuel. Puis,
dans le cas où les fonds de roulement sont constitués, le montant maximal est
réduit du montant de ce fonds.
Donc, c'était une demande avec les régies
intermunicipales. Puis le... si on rehausse le seuil, ça va permettre
d'améliorer la stabilité, plus de flexibilité financière pour les régies
intermunicipales. C'était demandé par toutes les régies intermunicipales. Puis,
en même temps, c'est une excellente pratique, pour une meilleure gestion
financière, de provisionner des fonds, parce qu'évidemment les régies
demandaient une meilleure prévisibilité. Donc, en provisionnant des fonds, au
niveau des dépenses, c'était plus équitable et plus... si je peux dire, plus
transparent pour diminuer le besoin de recourir à des emprunts, parce que,
souvent, les régies intermunicipales faisaient des emprunts, mais maintenant,
en haussant les fonds, on permet une meilleure prévisibilité.
Le Président (M. Schneeberger) : Parfait.
Merci beaucoup. Ça répond à vos questions?
Mme Setlakwe : Merci. Donc...
Mais là, ici, on parle des... cet article parle ou concerne les régies
intermunicipales, mais le principe va s'appliquer ou le... la hausse va
s'appliquer...
Mme Laforest : Aux
municipalités aussi.
Mme Setlakwe : ...aux
autres... aux autres... c'est ça, on va y venir dans l'étude des autres
articles. Oui, oui, ça me <donne...
Mme Setlakwe :
...c'est
ça, on va y venir dans l'étude des autres articles. Oui, oui, ça me >donne
une bonne idée de l'intention derrière ce changement-là, mais... mais
donnez-nous donc un exemple en particulier où ça pose problème, le plafond
actuel.
Mme Laforest : Oui. On a des
exemples avec les municipalités... Bien, peut-être, Me Desjardins-Dufresne
pourrait l'expliquer, parce que vous avez les détails, vous, vous avez des
exemples de municipalités. Moi, je ne les ai pas, les exemples des
municipalités. Mais, peut-être, si vous êtes d'accord,
Me Desjardins-Dufresne.
Le Président (M. Schneeberger) : Consentement
pour la prise de parole? Oui. Alors, Me Desjardins-Dufresne, c'est ça?
Mme Desjardins-Dufresne (Erika) :
Oui.
Le Président (M. Schneeberger) : Parfait,
allez-y.
Mme Desjardins-Dufresne (Erika) :
Erika Desjardins-Dufresne, je suis directrice générale de la fiscalité et
de la transition climatique au MAMH. Je ne suis pas maître, je fais juste le
souligner.
Donc, oui, on a plusieurs municipalités
qui mettent déjà en place des réserves financières, en particulier les plus
grandes villes. C'est elles qui nous ont signifié que, pour certains projets
majeurs, comme des projets de transport collectif, par exemple, ou encore, dans
le cas des régies, il y a des régies... on a des exemples de régies d'incendie
qui tiennent des réserves pour leurs véhicules... leurs véhicules, par exemple.
Donc, c'est des montants qui peuvent être significatifs une année. Donc, dans
certains cas, elles souhaitaient pouvoir avoir une marge de manœuvre
supplémentaire pour des projets spécifiques. Donc, à l'heure actuelle, on n'a
pas de cas où les municipalités sont rendues, mais, selon leurs... les
prévisions de certaines municipalités, c'était quelque chose qui risquait
d'arriver dans un avenir relativement court.
Le Président (M. Schneeberger) : Ça
va?
Mme Setlakwe : Merci. Mme la
ministre, vous n'avez pas peur que ça puisse donner lieu à de la surtaxation?
Mme Laforest : Non, parce
qu'évidemment, ici, on va empêcher certains règlements d'emprunt, c'est ce que...
c'est ce qu'elles demandaient, pour dire : Si on n'accepte pas ça, on va y
aller par règlement d'emprunt puis on va en faire plus. C'est pour ça que ce
qu'on amène ici va limiter la possibilité des règlements d'emprunt.
Mme Setlakwe : Je comprends,
mais... mais, quand... c'est pour donner une flexibilité, là, je saisis, mais
j'essaie de voir... Bien, j'ai deux questions.
Donc, si on évite d'aller en règlement
d'emprunt... par exemple on a un projet de transport collectif, puis c'est une
année exceptionnelle, et la réserve est insuffisante pour, je ne sais pas, là,
la... pour... pour acheter du... acheter du matériel, par exemple, ou encourir
une dépense en immobilisation importante, on n'a pas besoin d'aller en
règlement d'emprunt, mais donc ça implique qu'il n'y a pas d'ouverture de
registre avec possibilité pour les citoyens de venir... de venir se prononcer.
Mme Laforest : Ah! là, bonne
question. Maître... Allez-y, allez-y.
Le Président (M. Schneeberger) : Allez-y.
Mme Desjardins-Dufresne (Erika) :
Elles doivent passer un règlement pour mettre en place les réserves
financières. Donc, le règlement, dans le fond, au sein de la municipalité peut
être commenté par le... par les citoyens. Donc, c'est un exercice qui est très
transparent quand même, là.
Mme Laforest : C'est une
obligation.
Mme Desjardins-Dufresne (Erika) :
Exactement. Elles sont obligées de passer par règlement.
Mme Setlakwe : Tout à fait. Et
donc pourquoi avoir choisi de passer de 30 à 50? Et pourquoi 50 %? Et
pourquoi 30 %?
Mme Desjardins-Dufresne (Erika) :
C'est des... Selon les estimés, dans le fond, qui nous ont été présentés par
certaines municipalités, c'étaient des taux qui semblaient réalistes à l'heure
actuelle pour... pour répondre à leurs besoins à moyen terme.
Mme Setlakwe : Ça va pour moi
pour l'instant, M. le Président.
Le Président (M. Schneeberger) : Ça
va? Parfait. D'autres questions? Non? Oui, députée de Chomedey.
Mme Lakhoyan Olivier : Concernant
cette augmentation de la limite des montants maximums qui... pouvant être
déposés dans les réserves financières, est-ce qu'on parle le surplus qu'ils
peuvent garder de plus afin de pouvoir gérer... de gérer, là, leurs besoins,
là, plus de flexibilité? Est-ce que c'est bien ça?
Mme Laforest : Oui. Oui, tout
à fait.
Mme Lakhoyan Olivier : Comme
ça, ils n'ont pas besoin de demander à chaque fois une enveloppe puis attendre.
Donc, ils ont déjà leurs réserves.
Mme Laforest : Si on applique
le règlement, oui.
Mme Lakhoyan Olivier : OK. Donc,
l'argent est extra. Ils pouvaient garder jusqu'à 30 % de leur budget.
Maintenant, avec cet article-là, on leur offrirait 50 %, ce qui est
demandé par eux.
Mme Laforest : C'est ça, oui.
Exactement.
Mme Lakhoyan Olivier : Merci
beaucoup.
Mme Laforest : Merci.
Le Président (M. Schneeberger) : Ça
va? Alors, s'il n'y a pas d'autre question, est-ce que l'article 17 est
adopté?
Des voix : Adopté.
Le Président (M. Schneeberger) : Adopté.
Article 27.
M. Girard (Lac-Saint-Jean) : Donc,
M. le Président, l'article 27 : L'article 569.5 de cette
loi est modifié, dans le premier alinéa :
1° par le remplacement, dans le paragraphe 1°,
de «30» par «50»;
2° par le remplacement, dans le paragraphe 2°,
de «15» par «30». Donc, l'article 27 du projet de loi modifierait
l'article 569.5 de la Loi sur les cités et villes afin d'augmenter la
limite des montants maximums pouvant être déposés dans les réserves financières
constituées par la municipalité. La limite basée sur les autres crédits prévus
au budget de l'exercice financier au cours duquel est adopté le règlement serait
augmentée de 30 % à 50 %. La limite basée sur le coût total non
amorti des immobilisations serait augmentée de 15 % à 30 %. C'est la
suite du 17.
Le Président (M. Schneeberger) : Merci.
Questions sur 27?
Mme Laforest : ...Loi sur les
cités et villes, M. le Président. C'est de la concordance avec cette Loi sur
les cités et villes.
Le Président (M. Schneeberger) :
Merci. Alors, est-ce que <l'article 27...
Mme Laforest :
...concordance
avec cette Loi sur les cités et villes.
Le Président (M.
Schneeberger) : Merci. Alors, est-ce que >l'article 27 est
adopté?
Des voix : Adopté.
Le Président (M. Schneeberger) : Adopté.
Article 40.
M. Girard (Lac-Saint-Jean) : Article 40 :
L'article 614.5 de ce code est
modifié, dans le premier alinéa :
1° par le remplacement, dans le
paragraphe 1°, de «30» par «50»;
2° par le remplacement, dans le paragraphe 2°,
de «15» par «30». L'article 40 du projet de loi modifierait
l'article 614.5 du Code municipal afin d'augmenter la limite des montants
maximums pouvant être déposés dans les réserves financières constituées par les
régies intermunicipales. La limite basée sur les autres crédits prévus au
budget de l'exercice financier au cours duquel est adopté le règlement serait
augmentée de 30 % à 50 %. La limite basée sur le coût total non
amorti des immobilisations serait augmentée de 15 % à 30 %.
Le Président (M. Schneeberger) : Merci.
Alors, questions sur l'article 40?
Mme Laforest : ...la Loi sur
les régies intermunicipales, puis c'est un... de la concordance.
Le Président (M. Schneeberger) : Merci
de la précision. Alors, est-ce que l'article 40 est adopté?
Des voix : Adopté.
Le Président (M. Schneeberger) : Adopté.
Article 52.
M. Girard (Lac-Saint-Jean) : Article 52 :
L'article 1094.5 de ce code est
modifié, dans le premier alinéa :
1° par le remplacement, dans le
paragraphe 1°, de «30» par «50»;
2° par le remplacement, dans le
paragraphe 2°, de «15» par «30». L'article 52 du projet de loi
modifierait l'article 1094.5 du Code municipal afin d'augmenter la limite
des montants maximums pouvant être déposés dans les réserves financières
constituées par les municipalités. La limite basée sur les autres crédits
prévus au budget de l'exercice financier au cours duquel est adopté le
règlement serait augmentée de 30 % à 50 %. La limite basée sur le
coût total non amorti des immobilisations serait augmentée de 15 % à
30 %.
Le Président (M. Schneeberger) : Merci.
Mme Laforest : ...avec le
Code municipal, M. le Président.
Le Président (M. Schneeberger) : Merci
beaucoup. Questions sur 52? Aucune. Est-ce que l'article 52 est adopté?
Des voix : Adopté.
Le Président (M. Schneeberger) : Adopté.
Article 57.
• (10 h 30) •
M. Girard (Lac-Saint-Jean) : L'article 57 :
L'article 194 de cette loi est
modifié, dans le premier alinéa :
1° par le remplacement, dans le
paragraphe 1°, de «30» par «50»;
2° par le remplacement, dans le
paragraphe 2°, de «15» par «30».
L'article 57 du projet de loi
modifierait l'article 194 de la Loi sur la Communauté métropolitaine de
Montréal afin d'augmenter la limite des montants maximums pouvant être déposés
dans les réserves financières constituées par la communauté. La limite basée
sur les autres crédits prévus au budget de l'exercice financier au cours duquel
est adopté le règlement serait augmentée de 30 % à 50 %. La limite
basée sur le coût total non amorti des immobilisations serait augmentée de
15 % à 30 %.
Le Président (M. Schneeberger) : Merci.
Mme Laforest : Concordance
avec la CMM, M. le Président.
Le Président (M. Schneeberger) : Merci
beaucoup. Questions sur 57? Non? Alors, est-ce que 57 est adopté?
Des voix : Adopté.
Le Président (M. Schneeberger) : Adopté.
Article 63.
M. Girard (Lac-Saint-Jean) : L'article 184
de cette loi est modifié, dans le premier alinéa :
1° par le remplacement, dans le
paragraphe 1°, de «30» par «50»;
2° par le remplacement, dans le
paragraphe 2°, de «15» par «30».
L'article 63 du projet de loi
modifierait l'article 184 de la Loi sur la Communauté métropolitaine de
Québec afin d'augmenter la limite des montants maximums pouvant être déposés
dans les réserves financières constituées par la communauté. La limite basée
sur les autres crédits prévus au budget de l'exercice financier au cours duquel
est adopté le règlement serait augmentée de 30 % à 50 %. La limite
basée sur le coût total non amorti des immobilisations serait augmentée de
15 % à 30 %.
Le Président (M. Schneeberger) : Merci.
Mme Laforest : Merci, M. le
Président. Même chose pour la Communauté métropolitaine de Québec, la CMQ,
concordance.
Le Président (M. Schneeberger) : Merci
beaucoup. Questions sur 63? Oui, députée de Mont-Royal—Outremont.
Mme Setlakwe : Bien, pas
spécifiquement sur 63, parce qu'évidemment c'est le... c'est le dernier article
qui devait être modifié, là, dans le... dans le contexte de ce thème-là, mais
j'aimerais amener, donc, un point additionnel. J'aurais une question pour la
ministre qui concerne la fiscalité municipale. Je ne sais pas si vous voulez
adopter... J'annonce juste mes couleurs maintenant, là, avant qu'on passe à
l'autre... à l'autre rubrique, mais j'ai... non, sur 63, non, mais j'aimerais
ça poser une question sur la fiscalité municipale, étant donné qu'on est dans
le cadre d'un omnibus. Donc, est-ce qu'on... je peux le faire maintenant?
Le Président (M. Schneeberger) : Bien
oui.
Mme Setlakwe : OK. Merci.
Le Président (M. Schneeberger) : Pas
d'objection.
Mme Setlakwe : Merci. Oui,
Mme la ministre, la question du coefficient maximal qui s'applique aux
municipalités, qui... bien, ça varie, là, entre 4,5, 5, c'est... c'est quelque
chose qui continue d'être demandé, là, qu'on puisse offrir une flexibilité, une...
aux municipalités, puis, justement, c'est de ça dont on parle ici. J'ai en
tête, entre autres, Boucherville, qui le dit, qui le demande. On en a parlé à
l'échange de crédits, ce n'est pas juste eux. Puis j'ai l'impression que c'est
un... c'est un enjeu...
10 h 30 (version révisée)
Mme Setlakwe : ...l'échange
des crédits. Ce n'est pas juste eux. Puis j'ai l'impression que c'est un... C'est
un enjeu dont on n'a pas fini d'entendre parler avec... Oui. Où en êtes... Où
en êtes-vous rendus dans votre réflexion, sachant que, dans... dans plusieurs
cas, notamment à Boucherville, c'est le cas à Saint-Bruno et ailleurs, la
valeur foncière augmente? Là, le prochain rôle... je ne veux pas me tromper
dans mes dates, là, 24, 25, 26, il va avoir un nouveau rôle. Oui, au... Oui. Les
valeurs résidentielles sont à la hausse puis le premier réflexe d'une
municipalité dans ce temps-là, c'est d'ajuster le taux... taxation
résidentielle pour pouvoir, bien, épargner les... les résidents, là, de ne pas
faire en sorte qu'il y ait une augmentation équivalente de leur taux de taxes.
Mais là, dans ce cas-là, il faut que la
municipalité aille chercher son... boucler son budget. Et donc elle est... si
elle est limitée dans ce qu'elle peut faire avec le taux de taxation commerciale
et industrielle, bien, il peut y avoir un manque à gagner, il peut y avoir des
taxes commerciales qui ne soient pas... qu'il ne soit pas possible d'aller...
d'aller chercher. Les valeurs commerciales ne semblent pas augmenter au même...
au même rythme. Quel est l'état de votre réflexion là-dessus, sur cet enjeu-là?
Mme Laforest : Très,
très bonne question en passant. C'est qu'on a évalué la situation parce qu'on a
eu la question dans le projet de loi 39, puis, par exemple, il y avait la
ville de Gatineau qui le demandait. Et, avec les... les évaluations qu'on a
faites au ministère des Affaires municipales, avec la fiscalité municipale :
Qu'est-ce qui arrive en... en regardant les enjeux du coefficient? Le fardeau
revenait aux entreprises. Donc, c'est les entreprises, elles, qui étaient comme
impactées de cette possibilité-là. C'est sûr que transférer... que l'impact
soit aux citoyens ou aux entreprises, c'est comme si on... on transférait le...
la situation et la possibilité des citoyens aux entreprises. Donc, ce n'était
pas vraiment souhaité.
Ce qu'on a fait, c'est que, dans le projet
de loi 39, puis ça a vraiment bien été accepté, on est allés avec la taxe
par secteur. Puis ça, ça a été bien, bien, bien accueilli. Puis maintenant, il
y a des municipalités... Là, c'est sûr que le projet de loi 39 vient
juste, juste, juste d'être adopté. Donc, en y allant avec la taxe par secteur,
ce qui était souhaité par les municipalités, disons qu'on a répondu à la
demande. Maintenant, on vient juste d'adopter le PL 39. Donc, la taxe par
secteur, c'est nouveau. Ce qu'on a comme... comme réponse, c'est positif, parce
qu'il fallait quand même respecter... Si on changeait pour les citoyens aux
entreprises, les entreprises étaient vraiment, si je peux dire, en désaccord.
Ça fait que c'est pour ça qu'on a commencé à y aller par la taxe par secteur.
Mais honnêtement, on vient de l'octroyer
dans le PL 39. On va voir comment ça va aller. Puis d'après moi, ça
répond, ça va répondre à la demande, parce que c'était... c'était demandé par
Gatineau, puis on l'a fait par la taxe... avec la taxe par secteur, puis ça a
été hyper bien... bien reçu.
Mme Setlakwe : Je
comprends. Merci. Est-ce que vous avez une indication des municipalités qui
vont aller de l'avant et...
Mme Laforest : Par la
taxe par secteur?
Mme Setlakwe : Oui, et y
aller avec la taxe par secteur? J'essaie de... de comprendre donc...
Mme Laforest : Oui. Il y
en a quelques-unes, mais j'aimerais mieux ne pas les nommer ici, c'est sûr. Mais,
en même temps, suite en plus avec ce qu'on a vécu pendant deux ans et demi, l'essentiel
était vraiment de soutenir nos PME. Puis si, admettons, il y avait un
changement au niveau de la taxe pour les PME, bien, c'est sûr que là, ce n'était
pas aidant pour nos PME. Donc, il faut... il faut être prudents dans cette
demande-là. Puis nous, ce qu'on a fait, c'est qu'on est allés avec la taxe par secteur,
qui était... qui était justifiée... puis que c'était mieux équilibré.
Mme Setlakwe : Pouvez-vous
me... Oui, je comprends, là, la taxe par secteur, donc, il peut y avoir un...
un taux de taxation non résidentielle différent par secteur ou par zone dans la
municipalité.
Mme Laforest : Oui,
exactement.
Mme Setlakwe : Donc... OK.
Donc, ça voudrait dire que... Je ne sais pas, moi... Mais est-ce que c'est... est-ce
que cette mesure est pertinente pour... selon vous... je comprends que ça
semble être pertinent pour... pour Gatineau, mais est-ce que c'est pertinent
pour toutes les municipalités? J'essaie de voir. Si une municipalité a un
secteur industriel relativement homogène, où... Ils ne pourront pas se... ils
ne pourront pas se prévaloir ou ce ne sera pas pertinent, dans leur cas, de se
prévaloir de cette... de cette mesure-là. Comprenez-vous ce que je veux dire?
Alors que... Puis là, il y a donc un manque de flexibilité. J'essaie de voir
comment on peut... Puis je comprends que la porte ne semble pas fermée à double
tour, là, pour venir ajuster ou permettre une discrétion dans... dans le futur,
mais qu'est-ce que vous répondez aux municipalités pour qui peut-être cette
mesure-là de taxation par secteur n'est pas... n'est pas un outil utile?
Mme Laforest : Bien, en
fait, j'irais plus... peut-être, si je peux corriger...
Mme Setlakwe : Oui, oui,
allez-y, parce que...
Mme Laforest : Parce que
ce qui est... ce qui était souhaité pour les municipalités, c'était que, par
exemple, dans des quartiers défavorisés, que les maisons ou les résidences ne
soient pas impactées au maximum. Ça fait que c'est sûr qu'en y allant avec la
taxe par secteur, les quartiers qui sont, si on peut dire, un peu défavorisés,
bien, il y a un ajout qui peut se faire, il y a un équilibre à la <baisse...
Mme Laforest :
...si
on peut dire, un peu défavorisés, bien, il y a un ajout qui peut se faire, il y
a un équilibre à la >baisse qui peut se faire. Parce qu'on pense, la
taxe par secteur, qu'on va la hausser, mais les municipalités pensaient
vraiment aux gens à faible revenu qui avaient des résidences, de... de bien les
écouter et de bien... d'offrir la taxe par secteur. Ça fait qu'il faut être
prudents. Ce n'est pas vraiment pour augmenter au maximum, mais c'est plus pour
aider nos quartiers défavorisés. Ça fait que ça, c'est la première demande qui
était faite par les municipalités. Ça fait qu'à ce moment-ci, si les
municipalités peuvent aider les secteurs qui sont plus défavorisés au niveau du
coefficient... ça, ça peut vraiment aider. Ça fait que c'est plus à... C'est
pour ça que j'aime mieux ne pas nommer une municipalité, là, pour ne pas que...
Mme Setlakwe : Non, je
comprends.
Mme Laforest : Alors,
vous voyez, là. Un ajustement comme ça, par secteur, c'est nouveau, nouveau,
là, ça vient juste, juste de commencer. Ça fait qu'on va laisser le temps à la
mesure de... de se mettre en place. Puis il y a même des municipalités qui ne
sont pas encore tout à fait au courant.
Mme Setlakwe : Non, non,
je comprends, c'est tout à fait nouveau.
Mme Laforest : Ça fait
que c'est ça.
Mme Setlakwe : Donc, on
dirait... Moi, je le voyais plus du côté de la taxation commerciale et
industrielle, mais, dans le fond, au niveau du résidentiel, il y aurait des...
il y aurait des catégories de résidents, là. Donc, oui, par secteur, on leur
donnerait...
Mme Laforest : Un
allègement.
Mme Setlakwe : Exact.
Merci. Je cherchais... j'avais un mot en anglais, je ne voulais pas l'utiliser.
Donc, oui, un allègement, mais... Puis, oui, je peux voir le bien-fondé de...
derrière cette idée-là, mais ça fait en sorte que la municipalité n'ira pas
chercher plus de fonds. Ça va juste donner un allègement à certains secteurs
qui va être compensés par d'autres, mais on ne touche pas au coefficient dans
ce cas-là.
Mme Laforest : Non, mais
il faut voir que...
Mme Setlakwe : Coefficient
maximal.
Mme Laforest : Il faut
voir que... Là, c'est sûr qu'on pourrait en parler longtemps, sauf que les
municipalités, dans le projet de loi 39, ont beaucoup plus de mesures,
parce qu'on a permis... Ça... ça, c'est vraiment très bien accueilli, encore
une fois, très populaire, la taxe pour les... les logements vacants, la taxe
pour les terrains vacants. Donc, c'est sûr que... Même la taxe pour les
terrains vacants, là, vous l'avez vue dans les municipalités, pour augmenter
l'offre de logements. C'est sûr que les terrains vacants maintenant peuvent
être plus taxés. Donc, il y a comme un équilibre. La municipalité qui va offrir
une baisse de taxe pour un quartier plus défavorisé, bien, il y a moyen d'aller
chercher d'autres revenus avec les terrains vacants ou les logements vacants.
Ça fait qu'on a vraiment donné des mesures :
la taxe distincte selon le secteur, la taxe variée pour les immeubles
résidentiels, le taux maximal pour les terrains... les terrains vacants, le
taux à l'égard des logements vacants, le partage des revenus entre
municipalités. Donc, il y a eu quand même plusieurs mesures que la municipalité
est capable de dire : Si j'aide ce quartier-ci, parce que les résidents en
ont vraiment besoin, à ce moment-là, bien, moi, je suis capable d'aller
chercher un certain montant avec d'autres mesures comme les terrains vacants ou
les logements vacants.
• (10 h 40) •
Mme Setlakwe : OK. Merci.
Non, non, puis je comprends ce que vous me dites. Alors, la... la municipalité
va pouvoir, puis c'est tout à fait logique, on ne veut pas que les terrains
restent vacants.
Mme Laforest : ...
Mme Setlakwe : Et donc
c'est un incitatif pour...
Mme Laforest : Construire
plus vite.
Mme Setlakwe : ...construire,
mettre de l'avant des projets pour maximiser le... l'utilisation du terrain.
Mme Laforest : Tout à
fait.
Mme Setlakwe : Je
comprends. En tout cas, je maintiens... J'entends ce que vous dites, c'est...
c'est récent, on va laisser le temps... le temps faire les choses puis aux
municipalités de... de voir comment ils veulent utiliser ces outils-là puis
voir si ça va répondre à la... à la demande. Mais... Puis je terminerais
là-dessus, M. le Président, je veux juste réitérer que, pour certaines
municipalités qui m'ont encore sensibilisée à l'enjeu, il semblerait que de... de...
puis... que de leur permettre de... de jouer avec le coefficient... Puis je
vous entends que ça peut aussi, évidemment, nuire au secteur commercial.
Mme Laforest : Ah! oui,
tout à fait.
Mme Setlakwe : Je le
comprends. Et ce qu'ils demandent, dans ce cas-là, c'est peut-être de donner
une... une discrétion à la ministre. Donc, ce ne serait pas de dire aux villes :
Faites ce que vous voulez, le coefficient maximal ne s'applique plus à vous,
mais il y aurait peut-être lieu de voir comment on peut... bien, il y a deux
choses, de... donc, de traiter certaines municipalités, comme celles que je
vous ai mentionnées dans l'agglomération de Longueuil, comme Montréal, là, de ce
que je comprends de... je regarde 244.40, où on parle des différents
coefficients, pour Montréal, elle «peut, par règlement, déterminer un
coefficient supérieur à celui qui lui est applicable en vertu de... du
paragraphe», ça, c'est une chose, ou on pourrait... ça, c'est une suggestion
qui a été... qui a été amenée, mais, si on ne veut pas faire ça, donner le... la
discrétion à la municipalité... c'est de dire : Bien, peut-être que la
ministre pourrait avoir la discrétion, dans certains cas, de... de jouer avec
le coefficient. Qu'est-ce que vous pensez de ça?
Mme Laforest : Bien, en
fait, première mesure, c'étaient toutes les mesures au niveau de la fiscalité
dans le PL 39. On va voir comment ça va se passer avec les municipalités.
Maintenant, on avait promis, il y a quatre, cinq ans, de... de revoir la
fiscalité municipale. Il y a eu un comité fiscalité municipale. Donc, avec
l'UMQ, FQM, Québec et Montréal, il y <a...
Mme Laforest :
...municipale.
Il y a eu un comité fiscalité municipale. Donc, avec l'UMQ, FQM, Québec et
Montréal, il y >a eu une table spécifiquement pour la fiscalité
municipale. Donc, c'est sûr que tous ces enjeux-là sont suivis de près. Ça fait
que, si on a des demandes, ça va se discuter à la table.
Mme Setlakwe : OK. Je
comprends quand même certaines municipalités qui, peut-être... pour lesquelles
le... la taxation par secteur, ce n'est pas une avenue qu'ils veulent retenir,
et qu'ils voient peut-être leur... leur secteur résidentiel de façon peut-être
plus homogène, puis là ils voient que... Puis d'ailleurs, moi, je... je pense,
dans ma circonscription, ça peut être le cas aussi, là. Quand les valeurs
augmentent au rôle, c'est assez impressionnant, puis c'est tant mieux, là,
l'investissement des gens prend de la valeur, tout ça. Mais l'impact est énorme
sur la taxation. Et puis ce n'est pas du tout la même chose pour les propriétés
commerciales.
En tout cas, dans le cas de... dans le cas
de Boucherville, ils voyaient, au dernier rôle, que c'était... dans le cas des
résidences, c'était 20,9 % d'augmentation, alors que, pour les propriétés
commerciales, c'était 8,4 %. C'est quand même une bonne différence. Puis,
s'ils voulaient que l'impact sur le résidentiel soit nul, bon, ils ajustaient
le taux de taxation, le «mill rate», là, le... le taux par 100 $
d'évaluation. Là, ils le baissaient pour ne pas que le compte de taxes soit
augmenté, mais ça faisait en sorte que... que, pour les commerces, le compte de
taxes était... était diminué, donc il y avait un manque à gagner de 7 %.
La ville perdait 7 % de revenus des taxes commerciales, ce qui n'est pas
rien. Donc, dans leur exemple, il est impossible d'avoir un taux de taxation
plus élevé que... Bon, il y avait un maximum par 100 $ d'évaluation pour
les... les propriétés commerciales, 2,3, disons, puisque ce taux ne peut
excéder quatre, virgule, fois... 4,8 fois le taux de base résidentiel. Par
conséquent, la taxation des commerces est en baisse de 7 %, puis ce n'est
pas... ça ne peut pas être l'effet souhaité.
En tout cas, je mets de l'avant cette
situation-là, qui... J'imagine que, pour certaines municipalités, ils voient
que le problème n'est pas en train de disparaître. Ils voient que le prochain
rôle va ne faire qu'amplifier la problématique.
Mme Laforest : Oui, mais il
faut voir aussi, à titre d'information, que nos PME sont... au niveau du
coefficient, il est quatre fois plus élevé que le résidentiel. Ça fait que
c'est sûr que là, il faut protéger quand même nos PME. Ça fait qu'il y a eu des
évaluations, mais on va suivre ça de près quand même.
Mme Setlakwe : OK. Ça
va. Non, je voulais le...
Le Président (M. Schneeberger) :
Ça va?
Mme Setlakwe : ...je
voulais l'amener, je voulais voir où vous en étiez avec votre réflexion. Puis
je comprends aussi qu'il faut protéger les PME. On veut... on veut qu'elles se
développent, on veut qu'elles... qu'elles aillent bien et tout ça. Mais
peut-être que c'est encore d'avoir un oeil sur certaines municipalités qui...
qui vivent des enjeux particuliers ou, en tout cas, qui ont une situation telle
que les outils qui sont mis de l'avant... ne sont pas... ne sont pas utiles.
Merci, M. le Président.
Le Président (M. Schneeberger) : Parfait.
Peut-être juste rappeler que c'est des moyens qu'ils disposent. Ils ne sont pas
obligés de... Ils peuvent rester, actuellement, comme qu'ils... comme qu'ils
sont actuellement, là.
Mme Setlakwe : Non, non,
tout à fait. Mais la discussion qu'on a, c'est de... c'est... Non, on n'est pas
en train de dire que le... que l'outil serait... Non, je comprends très bien
que l'outil n'est pas obligatoire, mais si l'outil n'est pas pertinent pour...
pour permettre à une municipalité de faire face à un enjeu... C'était plutôt
ça, mon point, puis je pense que la ministre l'a bien compris.
Le Président (M. Schneeberger) : C'est
un outil... c'est un outil que la municipalité dispose.
Mme Laforest : Oui, mais
c'est parce que là, l'outil qui était demandé dans le PL 39, c'est pour
aider les quartiers défavorisés. Ça fait que c'est sûr que c'est un outil
intéressant. Mais oui, les municipalités peuvent rester comme ça, mais, pour
les quartiers défavorisés, il y a une question à se poser.
Le Président (M. Schneeberger) : Parfait.
Alors, nous allons revenir à l'article 63. Est-ce que l'article 63
est adopté?
Des voix
: Adopté.
Le Président (M. Schneeberger) : Adopté.
Article 19.
M. Girard (Lac-Saint-Jean) :
L'article 19. L'article 512 de cette loi est modifié par l'ajout,
à la fin, des alinéas suivants :
«Le conseil peut prévoir le délai de
paiement accordé à l'adjudicataire d'un immeuble. Le cas échéant, il prévoit
également les modalités de remise en vente de l'immeuble en cas de défaut de
paiement dans le délai prévu.
«Dans le cas où il prévoit un délai de
paiement, le conseil peut également prévoir que l'enchère s'effectue à distance
plutôt que dans un lieu physique.»
Donc, l'article 19, M. le Président,
du projet de loi modifierait l'article 512 de la Loi sur les cités et
villes afin de permettre au conseil municipal de prévoir le délai de paiement
accordé aux adjudicataires des immeubles vendus par la municipalité pour défaut
de paiement des taxes. Actuellement, la loi prévoit qu'un adjudicataire est
tenu de payer le prix de son adjudication immédiatement après la fin de
l'enchère sur l'immeuble.
De plus, le projet de loi modifierait
l'article 512 afin de permettre au conseil municipal de prévoir que la vente
des immeubles pour taxes s'effectue à distance plutôt qu'en personne, ce qui
permettrait de tenir des... les enchères sur Internet.
Le Président (M. Schneeberger) : Merci.
Est-ce qu'il y a des questions, commentaires sur l'article 19? Députée de Mont-Royal—Outremont.
Mme Setlakwe : ...Mme la
ministre, si vous pouviez juste nous expliquer le... le raisonnement derrière
tout ça. On n'a rien contre moderniser les... les façons de faire, mais quelle
est la problématique, et quelle a été la demande et pourquoi on en arrive avec
cette mesure-là, s'il vous plaît.
Mme Laforest : Oui. <Bien...
Mme Setlakwe :
...la
demande et pourquoi on en arrive avec cette mesure-là, s'il vous plaît.
Mme Laforest :
Oui.
>Bien, précédemment, je discutais qu'on avait mis une table sur la
fiscalité municipale en... en place, puis ça, ça a été demandé. La première
demande, c'était vraiment cette possibilité-là, considérant maintenant... avec
la pandémie, les deux ans et demi qu'on a vécu. Ça fait que là, il y a des
nouveaux outils technologiques. Puis les gens demandaient... les gens qui
siégeaient sur cette table-là demandaient vraiment de... d'évoluer et de donner
la possibilité de simplifier puis optimiser le processus des ventes pour...
pour taxes pour les municipalités et les acheteurs. Puis, si on ajoute cette
possibilité-là, d'enchères à distance, bien, il faut comprendre qu'évidemment
on rejoint énormément de monde, beaucoup plus de personnes que si c'était en
présentiel. Donc, c'était demandé dans le rapport de la... dans... des... des gens
qui siègent sur la table sur la fiscalité municipale. Puis, voilà, c'est suite
à la pandémie, là, au niveau de la vente aux enchères.
Le Président (M. Schneeberger) :
...Alors, ça va?
Mme Setlakwe : Merci.
Donc, comment ça va... Premièrement, est-ce que ça se fait souvent? Je
comprends le... je comprends le... le pourquoi de la chose, évidemment, puis il
y a toutes sortes d'avis qui sont donnés, mais est-ce que, dans les faits,
c'est... c'est une mesure qui est mise à exécution? Et, est-ce que, dans les...
Oui, dans... il y a des cas réels où vraiment la municipalité va...
Mme Laforest : Bien là,
c'est sûr qu'on ajoute cette mesure-là. Donc, c'est sûr que là, on va voir
ça...
Mme Setlakwe : ...généralement,
la mise aux enchères, là, quand...
Mme Laforest : Ah! OK.
Avec cette mesure-là, on ne l'a pas.
Mme Setlakwe : Parce que là,
on parle d'une... d'une propriété... d'une... d'un... d'un propriétaire qui ne
paie pas ses taxes municipales, puis la ville a droit de... d'aller saisir...
juste... Oui.
Des voix : ...
Le Président (M. Schneeberger) : Oui,
Me Desjardins-Dufresne.
Mme Desjardins-Dufresne (Erika) :
Oui. Dans le fond, oui, effectivement, les mesures de vente pour taxes sont
utilisées à la fois par les grandes villes et par les MRC, dépendamment, là, de
si elles sont régies par le code municipal ou la LCV. C'est effectivement une
mesure qui est très utilisée. Il faut dire que, dans 90 % des cas environ,
les... les gens qui sont en défaut de paiement, ça ne se rend pas jusqu'aux
ventes pour taxes, on règle avant. Mais il demeure environ, là, bon an, mal an,
un 10 %, là, des gens, là qui... en défaut de paiement, qui peuvent se
rendre jusqu'en vente pour taxes. Et ce régime-là datait, on avait certains
articles, là, qui dataient des années 50, 60, voire avant. Donc, c'est sûr
qu'une mise à jour était requise, notamment pour la question, là, des ventes
virtuelles.
Et l'article en particulier ici, bien, il
vise la question du délai de paiement, vu que la loi prévoit en ce moment que
le paiement doit fait... doit être fait de manière «immédiate», c'est le terme
qui est utilisé, et on comprend que par les moyens virtuels, eh bien, le
paiement immédiat n'est pas... n'est pas... est plus difficile. On ne paie pas comptant
quand on... On paie virtuellement, donc ça peut être par transfert bancaire,
par exemple. Donc, il doit y avoir un délai de quelques jours. Donc, ça nécessitait
plusieurs ajustements dans la loi pour permettre justement de s'adapter à cette
réalité virtuelle là.
• (10 h 50) •
Mme Setlakwe : OK.
Est-ce que... Bien là, je comprends que la mesure était... elle est demandée,
là, puis on veut... on veut moderniser, mais on n'a pas de... d'inquiétude au
niveau de la capacité des villes de tout mettre ça en œuvre puis de... de
mettre les mesures en place pour déployer ce... ce nouveau... cette nouvelle
façon de faire?
Mme Laforest : ...simple,
même, beaucoup plus simple.
Mme Setlakwe : Plus
simple, même.
Le Président (M. Schneeberger) :
...Oui.
Mme Setlakwe : Ça va
pour moi, pour l'instant.
Le Président (M. Schneeberger) : Députée
de Chomedey.
Mme Lakhoyan Olivier : En
défaut de paiement des taxes, la ville peut... peut vendre puis, avec cet
article-là, on va autoriser de faire cet acte-là à distance. Et vous dites que
10 % des cas par année, ça se produit... que les gens ne paient pas, et
puis on vend leur propriété.
Mme Desjardins-Dufresne (Erika) :
...non pas 10 % des propriétaires ne paient pas, mais plutôt 10 %
des gens qui ne paient pas, à la fin, on va se retrouver en vente pour taxes.
Donc, il y a 90 % qui va se régler avant. Donc, finalement, ils vont avoir
des ententes avec la municipalité ou avec leur institution financière qui va
leur permettre de régler leurs... leurs taxes.
Mme Lakhoyan Olivier : Dans
quelle situation on arrive à ça? C'est quoi, notre patience d'attente? C'est
quoi, les... les limites d'attente pour le paiement des taxes? Est-ce que c'est
comme un an, deux ans, six mois? Parce qu'il faut payer immédiatement, je
comprends, mais...
Mme Desjardins-Dufresne (Erika) :
Dans certains cas, les municipalités, comme je le disais, vont choisir
d'avoir des ententes avec les propriétaires. La plupart des municipalités vont...
vont souhaiter d'abord et avant tout s'entendre avant d'aller... c'est le
dernier recours, hein, la vente pour taxes. Donc, même si elles ont un délai minimum
d'attente avant de pouvoir procéder aux ventes pour taxes... vont tenter de
s'entendre, là, évidemment, avec leur propriétaire. Elles ont tout intérêt à
fonctionner comme ça, parce que ça... ça engendre des frais, quand même, aller
en vente <pour...
Mme Desjardins-Dufresne (Erika) :
...à fonctionner comme ça, parce que ça... ça engendre des frais,
quand même, aller en vente >pour taxes, pour la municipalité, là, donc
ce n'est pas... ce n'est pas... Donc, bref, même s'il y a un délai minimum dans
la loi, souvent, les municipalités vont préférer prendre plus de temps ou
tenter de s'entendre avec le propriétaire.
Mme Lakhoyan Olivier : Donc,
ça dépend des cas. Parfait. Merci beaucoup.
Le Président (M. Schneeberger) : ...D'autres
questions? Est-ce que l'article 19 est adopté?
Des voix : Adopté.
Le Président (M. Schneeberger) : Adopté.
Article 23.
M. Girard (Lac-Saint-Jean) :
L'article 519 de cette loi est modifié par l'ajout, au début du
premier alinéa, de «Sous réserve d'un délai prévu en vertu du deuxième alinéa
de l'article 512,».
Donc, l'article 23 du projet de loi
modifierait l'article 519 de la Loi sur les cités et villes en concordance
avec la modification proposée à l'article 512 de cette loi et qui
permettrait au conseil municipal de prévoir le délai de paiement accordé aux
adjudicataires des immeubles vendus pour taxes. C'est de la concordance.
Mme Laforest : Oui.
C'est de la concordance, M. le Président, avec la Loi sur les cités et villes.
Le Président (M. Schneeberger) : Parfait.
Questions? Alors, est-ce que l'article 23 est adopté?
Des voix : Adopté.
Le Président (M. Schneeberger) : Adopté.
Article 20.
M. Girard (Lac-Saint-Jean) :
Article 20. Cette loi est modifiée par l'insertion, après l'article 512,
du suivant :
«512.1. Le conseil peut prévoir que, dans
l'hypothèse du défaut du plus haut enchérisseur de payer le montant de son
acquisition dans le délai applicable, le second plus haut enchérisseur lui serait
substitué à titre d'adjudicataire plutôt que de remettre l'immeuble en vente.
«La décision du conseil doit également
prévoir les modalités d'une telle adjudication, notamment celle de la remise en
vente de l'immeuble en cas de défaut de paiement du second plus haut
enchérisseur dans le délai applicable.»
Alors, M. le Président, l'article 20
du projet de loi ajouterait l'article 512.1 de la Loi sur les cités et
villes afin de permettre au conseil de prévoir une exception à la règle
actuellement prévue à l'article 519 de cette loi et selon laquelle un
immeuble doit être remis en vente lorsque son adjudicataire fait défaut d'en
payer le prix. L'exception que le conseil pourrait prévoir permettrait d'éviter
d'avoir à reprendre le processus du... le processus de vente au complet dans le
cas d'un tel défaut en désignant le second plus haut enchérisseur comme
l'adjudicataire de l'immeuble.
Le Président (M. Schneeberger) : Questions,
précisions?
Mme Laforest : Précision.
Ici...
Le Président (M. Schneeberger) : Oui.
Mme Laforest : ...Je
veux juste expliquer...
Le Président (M. Schneeberger) : Oui.
Mme Laforest : On vient
prévoir la procédure, parce qu'ici auparavant, on a prévu un délai pour le
paiement. Maintenant, il faut... Ici, on vient déterminer la procédure à faire
si le paiement ne se fait pas, parce qu'on peut octroyer un délai, puis, si le
délai n'est pas... n'est pas...
Une voix : ...
Mme Laforest : ...respecté,
merci. Donc, on... on doit ici prévoir la procédure en cas de non-paiement
du... avec le délai qui a été accordé. On vient déterminer que ça prend une
procédure si la personne ne paie pas, malgré le délai qui a été accordé.
Le Président (M. Schneeberger) : Ça
va? Questions? Députée de Mont-Royal—Outremont.
Mme Setlakwe : ...Je
comprends ce qu'on est... ce qu'on veut faire, là, c'est moderniser, puis c'est
bien correct. Mais est-ce que... Puis je m'excuse si j'ai manqué la réponse, mais
est-ce que ce... ce régime-là, ce nouveau régime qu'on est en train de mettre
en place a été... a été réalisé dans les faits? Est-ce qu'il a été testé, puis
il a été testé avec succès, cette façon de faire? J'ai peut-être... j'ai
peut-être manqué, là.
Mme Laforest : C'est
exactement ce qui s'est passé durant la pandémie...
Mme Setlakwe : Durant
la... OK.
Mme Laforest : ...par
obligation, pour les ventes aux enchères des résidences. C'est exactement...
Donc, ça s'était tellement bien fait que, là, on permet... on le permet.
Mme Setlakwe : ...désolée,
Mme la ministre. C'est ça, je suis en train de voir... Moi, dans mon expérience
au municipal, je n'avais... je n'avais pas vécu ça. En fait, j'étais... je suis
même surprise d'apprendre que... bien, pas surprise, mais...
Mme Laforest : Qu'on
n'était pas rendus là.
Mme Setlakwe : Bien, non...
Oui. Oui, d'une... d'une part, peut-être, mais aussi le... le 10 % quand
même, malgré toutes les tentatives... Puis je sais qu'une municipalité ne le
fait pas par plaisir, là, d'être obligée de... de se rendre là, puis qu'il y a
toutes sortes de... de démarches, puis on... C'est vraiment le dernier recours,
vous avez raison de... de le souligner. Mais il demeure quand même qu'il faut
prévoir ce mécanisme-là, c'est l'ultime droit de la municipalité de... en cas
de non-paiement, de... de procéder à une vente à l'enchère, puis dans certains
cas... Le 10 %, c'est dans... C'est ça, il resterait un 10 % de cas,
puis j'imagine, c'est surtout dans des grandes municipalités, ou pas
nécessairement?
Mme Laforest : ...parce
que, durant la pandémie, il y a plusieurs citoyens qui sont allés vers les
régions. Donc, c'est sûr que ça peut toucher tout le Québec. Ça peut être des
terrains aussi.
Mme Setlakwe : Des
terrains, oui. Mais il y a un lien avec le fait que les gens avaient quitté
vers la région?
Mme Laforest : Non,
non...
Mme Setlakwe : Non, non?
Mme Laforest : ...mais,
je veux dire, des ventes aux enchères, ça peut arriver partout, dans toutes les
municipalités.
Mme Setlakwe : Oui, oui.
Non, non, tout à fait. Ça fait que là...
Mme Laforest : Oui.
Mme Setlakwe : Puis donc,
ce que je comprends, c'est que durant la pandémie, on a trouvé une nouvelle
façon de procéder. Au lieu de le faire en personne, on le faisait de façon
virtuelle, puis on est juste en train de pérenniser ce...
Mme Laforest : ...toujours
y aller par décret. Donc...
Mme Setlakwe : Oui.
Mme Laforest : ...c'est
sûr qu'avec le ministère des... des Affaires municipales, il fallait y aller
par décret, au Conseil des ministres, pour chacune des mesures. Et ça, ça s'est
<très...
Mme Laforest :
...y
aller par décret, au Conseil des ministres, pour chacune des mesures. Et ça, ça
s'est >très bien passé, c'est pour ça qu'on dit... et c'était demandé,
comme je le dis, là, à la table... table de la fiscalité municipale, c'est pour
ça qu'on peut l'octroyer sans problème.
Mme Setlakwe : Parfait.
Donc, on ne change pas, dans le fond, le... on ne change rien sur le fond, sur
les... sur les principes qui s'appliquent, sur les... C'est vraiment
l'exécution de la vente à l'enchère puis...
Mme Laforest : Oui,
exactement.
Mme Setlakwe : OK, donc
ça va. Puis, durant la pandémie, on a trouvé des nouvelles façons de faire,
puis on fait juste enchâsser dans la loi ce nouveau régime ou cette...
Mme Laforest : ...
Mme Setlakwe : Parfait. Puis
ici, donc on a prévu le... la façon de le faire de façon virtuelle, faire le
paiement, mais là, si on se rend compte que le paiement n'est pas passé, là, on
est dans un... une option b, ici, dans... dans l'article qu'on est en train de...
de réviser.
Mme Laforest : ...là, en
fait... en fait, les villes vont dire : OK, on... on va permettre un
délai, mais, si ce n'est pas payé, il faut permettre... il faut... il faut tout
de suite, clairement, dire qu'est-ce qu'on va faire. Donc, on oblige qu'il y
ait une procédure.
Mme Setlakwe : ...si le
plus haut enchérisseur ne paie pas : Bien là, qu'est-ce qu'on fait?
Mme Laforest : C'est ça.
Exactement.
Mme Setlakwe : On s'en
va... on s'en va au second. OK.
Mme Laforest : C'est ça.
Le Président (M. Schneeberger) : ...
Mme Setlakwe : Oui.
Le Président (M. Schneeberger) : Alors,
est-ce que l'article 20 est adopté?
Des voix : Adopté.
Le Président (M. Schneeberger) :
Adopté. Article 21.
M. Girard (Lac-Saint-Jean) :
Article 21. L'article 513 de cette loi est modifié par l'ajout, à
la fin, de l'alinéa suivant :
«L'avis doit mentionner toute décision
prise en vertu du deuxième ou du troisième alinéa de l'article 512 ou de
l'article 512.1. Dans le cas où l'enchère s'effectue à distance, l'avis
précise le mode et la période de réception d'une enchère et le montant de la
clôture.»
L'article 21 du projet de loi
modifierait l'article 513 de la Loi sur les cités et villes afin que
l'avis publié pour annoncer la tenue de la vente aux enchères mentionne les
éléments qui pourraient être déterminés par le conseil municipal en vertu des
nouveaux pouvoirs proposés aux articles 512 et 512.1 de la Loi sur les
cités et villes.
Le Président (M. Schneeberger) : ...
Mme Laforest : Ici,
bien, on vient juste expliquer comment l'avis public... qu'est-ce que l'avis
public doit comporter pour la vente aux enchères.
Le Président (M. Schneeberger) : ...Est-ce
que nous avons des questions sur 21? Ça va? Alors, est-ce que l'article 21
est adopté?
Des voix : Adopté.
Le Président (M. Schneeberger) : Adopté.
Article 45.
• (11 heures) •
M. Girard (Lac-Saint-Jean) :
Article 45. Ce code est modifié par l'insertion, après l'article 1026,
des suivants :
«1026.1. Le conseil de la municipalité
régionale de comté peut prévoir le délai de paiement accordé à l'adjudicataire
d'un immeuble. Le cas échéant, il prévoit également les modalités de remise en
vente de l'immeuble en cas de défaut... en cas de défaut de paiement dans les
délais prévus.
«Dans le cas où il prévoit un délai de
paiement, le conseil peut également prévoir que l'enchère s'effectue à distance
plutôt que dans un lieu physique.
«1026.2. Le conseil de la municipalité
régionale de comté peut prévoir que, dans l'hypothèse du défaut du plus haut
enchérisseur de payer le montant de son acquisition dans le délai applicable,
le second plus haut enchérisseur lui sera substitué à titre d'adjudicataire
plutôt que de remettre l'immeuble en vente.
«La décision du conseil doit également
prévoir des... les modalités d'une telle adjudication, notamment celle de la
remise en vente de l'immeuble en cas de défaut de paiement du second plus haut
enchérisseur dans le délai applicable.
«1026.3. L'avis prévu au deuxième alinéa
de l'article 1026 doit mentionner toute décision prise en vertu de l'un ou
l'autre des articles 1026.1 et 1026.2. Dans le cas où l'enchère s'effectue
à distance, l'avis précise le mode et la période de réception d'une enchère et
le montant de la clôture.»
Alors, l'article... l'article 45 du
projet de loi introduirait au code municipal les articles 1026.1 à 1026.3,
lesquels sont l'équivalent des modifications proposées par le projet de loi
pour les articles 512, 512.1 et 513 de la Loi sur les cités et villes.
Le Président (M. Schneeberger) : Précisions?
Mme Laforest : Oui. Ici,
M. le Président, c'est un résumé de toutes les... de tous les articles qu'on a
adoptés au niveau de la vente aux enchères, mais concernant le code municipal.
Donc, c'est de la concordance.
Le Président (M. Schneeberger) :
Parfait. Est-ce qu'il y a des questions? Non. Alors, s'il n'y a pas de
question, est-ce que l'article 45 est adopté?
Des voix : Adopté.
Le Président (M. Schneeberger) : Adopté.
Article 47.
M. Girard (Lac-Saint-Jean) :
Article 47. L'article 1034 de ce code est modifié par l'ajout, au
début du premier alinéa, de «Sous réserve d'un délai prévu en vertu de
l'article 1026.1,».
L'article 47 du projet de loi
modifierait l'article 1034 du code municipal, en concordance avec le
nouvel article 1026.1 proposé pour ce code et qui permettrait au conseil
de la MRC de prévoir le délai de paiement accordé aux adjudicataires des
immeubles vendus pour taxes. C'est de la concordance.
Mme Laforest :
Merci,
M. le Président. Concordance avec les MRC, mêmes... mêmes obligations. C'est de
la concordance.
Le Président (M. Schneeberger) : Est-ce
que l'article 47 est adopté?
Des voix : Adopté.
Le Président (M. Schneeberger) :
Adopté. Article 44.
M. Girard (Lac-Saint-Jean) :
Article 44...
11 h (version révisée)
Le Président (M. Schneeberger) : ...article 44.
M. Girard (Lac-Saint-Jean) : Article 44 :
L'article 1026 de ce code est modifié par l'insertion, dans le quatrième
alinéa et après «autre date», de «ou heure».
Alors, l'article 44 du projet de loi
modifierait l'article 1026 du Code municipal<i> afin de permettre au
conseil de la MRC de modifier l'heure de l'avant pour taxes, notamment afin de
permettre la tenue d'enchères en ligne.
Le Président (M. Schneeberger) : Parfait.
Précisions?
Mme Laforest : Ce n'est pas
drôle, mais on est obligés de le faire pareil, là. C'est... C'était un article
qui était archaïque. Donc, on permet aux MRC de déterminer l'heure. Incroyable.
Merci.
Le Président (M. Schneeberger) : Alors,
nous sommes... nous en sommes dans la précision. Alors, est-ce qu'il y a des
questions sur l'article? Alors, est-ce que l'article 44 est adopté?
Des voix : Adopté.
Le Président (M. Schneeberger) : Article 22.
M. Girard (Lac-Saint-Jean) : Article 22.
L'article 517 de cette loi est modifié par la suppression de la dernière
phrase.
L'article 22 du projet de loi
modifierait l'article 517 de la Loi sur les cités et villes afin de
retirer une contrainte relative au processus de vente pour taxes, laquelle n'est
pas prévue au Code municipal<i>. Le retrait de cette contrainte
permettrait également que les enchères pour divers immeubles puissent se tenir
sur Internet de façon concomitante.
Le Président (M. Schneeberger) : Questions,
précisions sur l'article 22?
Une voix : ...
Le Président (M. Schneeberger) : Oui,
députée de Mont-Royal—Outremont.
Mme Setlakwe : Merci. Bien, c'est
juste qu'on ne nous a pas expliqué, là, la phrase qui est supprimée.
Mme Laforest : En fait, qu'est-ce
qu'on permet, puis ça, c'est encore une question d'évolution, c'est qu'aujourd'hui,
par exemple, quelqu'un qui ne paie pas deux ou trois immeubles, on ne peut pas
les mettre aux enchères simultanément. Donc, il faut y aller une à la fois. Là,
on va permettre, parce que c'était demandé, la vente simultanée de plusieurs
immeubles dans les enchères virtuelles. C'est seulement cet ajout-là.
Le Président (M. Schneeberger) : D'autres
questions?
Mme Setlakwe : Donc, c'est
moins de... Non, je comprends. Donc, c'est moins de... Je comprends. Bien, le
problème, ça va impliquer moins de... moins de paperasse, moins de formalités.
Non? Ou je le comprends mal? Mais c'est parce que, si... c'est ça, s'il y a un
propriétaire qui a plusieurs immeubles, donc le défaut vise plusieurs immeubles
ou terrains ou bâtiments, mais ils doivent quand même... Je comprends, là, c'est
juste une question d'avis. L'avis vise les trois. On n'a pas à reproduire... le
processus? Parce que, je veux dire, la vente, quand même, doit se faire de
façon distincte pour chaque... pour chaque propriété ou je saisis mal?
Le Président (M. Schneeberger) : Me
Desjardins-Dufresne.
Mme Desjardins-Dufresne (Erika) :
Merci. Dans le fond, c'est qu'on se rappelle que le processus était fait
pour être en direct, donc en présentiel. On avait une liste. Donc, la
municipalité mettait en vente l'immeuble a, une fois qu'il était adjugé, l'immeuble
b, ensuite l'immeuble c, l'immeuble d. Donc, on devait clore la vente de chacun
de ceux-là. C'est ce que la loi prévoit actuellement. Alors que, dans un
processus de vente virtuel, on va se retrouver, par exemple, avec cinq, six, 10 immeubles
qui sont vendus simultanément, donc les gens... pour lesquels les gens peuvent
enchérir. Mais ce n'est pas prévu comme ça dans la loi. Donc, il faudrait que
la municipalité mette en vente l'immeuble a, qu'elle attende que la vente soit
terminée. Donc, si elle décide qu'elle met les immeubles en vente pendant deux
jours, de manière virtuelle, bien, elle devait attendre deux jours avant de
mettre en vente l'immeuble b. Donc, c'est ce que la loi prévoit, mais ça fonctionnait
dans un contexte où, les gens, on vendait en direct, à la criée, qu'on appelle,
donc sur place. Mais dans un concept de vente virtuelle ou d'enchères
virtuelles, on comprend qu'on va avoir plusieurs lots, plusieurs immeubles qui
vont être vendus en même temps, tout simplement. Donc, ça ne change rien au
fait... Pour le propriétaire, ça... en défaut ou pour les potentiels acheteurs,
ça ne change rien, sauf... même que ça facilite un petit peu, pour les
potentiels acheteurs, de dire : Bien, moi, c'est l'immeuble z qui m'intéresse
et non pas le a, donc je peux déjà participer à l'enchère pour cet immeuble-là
sans attendre que les autres soient vendus. Mais ça demeure au choix de la
municipalité. Une municipalité pourrait décider qu'elle procède quand même à la
suite l'une de l'autre, là, dépendamment du moyen qu'elle choisira.
Mme Setlakwe : Je comprends.
Donc là, on retire l'obligation, parce qu'on disait «les immeubles sont offerts
en vente et vendus séparément».
Mme Desjardins-Dufresne (Erika) :
C'est ça.
Mme Setlakwe : Je comprends.
Merci.
Le Président (M. Schneeberger) : Ça
va? Oui, députée de Chomedey.
Mme Lakhoyan Olivier : J'aimerais
demander une question à madame...
Le Président (M. Schneeberger) : Desjardins.
Mme Lakhoyan Olivier : ...Desjardins,
s'il vous plaît.
Le Président (M. Schneeberger) : Me
Desjardins, pardon.
Mme Lakhoyan Olivier : Je n'ai
pas bien compris. D'après ce que je comprends, dans l'article 24, c'est
que si quelqu'un a deux, trois immeubles, on dirait — c'est ça que je
comprends — on dirait : On va pouvoir les vendre les trois en
même temps. Mais d'après ce que vous avez expliqué, c'est que s'il y a une
liste de six immeubles différents, puis... propriétaire ou non, on va pouvoir
les mettre en vente à l'enchère tous ensemble, c'est ça? Est-ce que c'est ça
que <j'ai...
Mme Lakhoyan Olivier :
...tous
ensemble, c'est ça? Est-ce que c'est ça que >j'ai compris?
Mme Desjardins-Dufresne (Erika) :
Bien, je... juste pour préciser, vois si on s'entend sur la même chose. Ça
ne change rien au fait qu'une MRC ou une municipalité accumule, dans le fond,
les... si tu arrives avec sa liste en disant : Voici les immeubles, pour
défaut de paiement, que je souhaite mettre à la vente aux enchères.
Indépendamment qu'ils soient du même propriétaire ou non, ça ne change rien,
dans le fond, c'est : Est-ce que les taxes ont été payées ou pas? Donc,
cette liste-là, normalement, la municipalité publie ou la MRC publie un avis
dans lequel elle va... elle doit tous les afficher auprès de la population :
voici les 10 immeubles en vente aujourd'hui. Et la loi prévoit, dans un
cas comme celui-là, qu'au moment de la vente, ils doivent être vendus un après
l'autre, adjugés un après l'autre. Donc, en enlevant l'obligation que ce soit
fait de manière individuelle, on permet à ce que ces 10 immeubles-là
soient vendus de manière simultanée, c'est-à-dire qu'en mode virtuel, bien, on
va voir les 10 immeubles apparaître et les gens intéressés vont pouvoir,
dans le fond, enchérir sur l'immeuble qui l'intéresse, indépendamment de la
fin, dans le fond, du... de l'enchère. Je ne sais pas si c'est plus clair.
Mme Lakhoyan Olivier : Oui,
oui, c'est très clair. Merci beaucoup. Merci, M. le Président.
Le Président (M. Schneeberger) : Parfait.
Alors, est-ce que l'article 22 est adopté? Adopté?
Des voix : Adopté.
Le Président (M. Schneeberger) : Merci.
Alors, 24.
M. Girard (Lac-Saint-Jean) : Articles 24 :
Cette loi est modifiée par l'insertion, après l'article 534, du suivant :
«534.1. L'adjudicataire peut se faire
rembourser du propriétaire, ou de la personne qui exerce le retrait en son nom,
le coût de toutes les réparations et améliorations nécessaires qu'il a faites
sur l'immeuble retrait, lors même qu'elles n'existent plus, avec intérêt sur le
tout à raison de 10 % par an, une fraction de l'année étant comptée pour
l'année entière.
«L'adjudicataire peut retenir la
possession de l'immeuble retrait jusqu'au paiement de cette créance.»
Alors, l'article 24 du projet de loi
ajouterait l'article 534.1 à la Loi sur les cités et villes afin
d'harmoniser le processus de vente pour taxes avec ce que prévoit l'article 1060
du Code municipal<i> relativement à l'exercice du droit de retrait et aux
dépenses que l'adjudicataire peut demander de se faire rembourser. Le nouvel
article 534.1 permettrait que le remboursement ne vise que les dépenses
qui étaient nécessaires alors que les règles du droit commun permettraient
également de viser les dépenses jugées utiles.
• (11 h 10) •
Le Président (M. Schneeberger) : Merci
beaucoup. Est-ce qu'il y a des commentaires sur... ou des questions?
Mme Setlakwe : Merci, M. le
Président. Bien, ici, on est... on est... je ne pense pas qu'on est dans la
concordance. Juste nous expliquer pourquoi on change la règle au niveau des
dépenses remboursables.
Le Président (M. Schneeberger) : Oui.
Mme la ministre.
Mme Laforest : ...
Le Président (M. Schneeberger) : Bien,
Me Dufresne... Desjardins.... Desjardins-Dufresne, pardon.
Mme Desjardins-Dufresne (Erika) :
Merci. Ici, en fait, c'est de l'harmonisation avec le Code municipal. Donc,
non pas avec une disposition qui est dans l'actuel projet de loi, mais dans le Code
municipal, cette disposition-là est déjà prévue. Il faut comprendre qu'il y a
un droit de rachat, dans le fond, donc, pour les propriétaires, les anciens
propriétaires, ceux qui n'avaient pas acquitté leur taxe, ont un an pour
revenir auprès du nouveau propriétaire pour racheter leur immeuble. C'est un
droit qui est prévu dans la loi. Dans un cas comme celui-là, le propriétaire
qui a acheté aux enchères l'immeuble, lui, peut devoir faire des rénovations
urgentes, par exemple un mur de soutènement, ou quelque chose comme ça, pour
maintenir l'immeuble ou le terrain en bonne qualité ou... Donc, bref, s'il doit
faire ces travaux-là, lui, il encourt des frais, mais il peut se retrouver,
pendant cette année-là, que, finalement, le précédent propriétaire revient
acheter l'immeuble.
Donc, le Code municipal prévoyait que dans
un cas comme celui-là, eh bien, le nouveau propriétaire, je vais l'appeler
comme celui-là, peut... peut exiger d'être remboursé, dans le fond, de ces
frais-là, qu'il a dû acquitter, lui, pendant l'année qu'il était propriétaire
de l'immeuble. Il peut l'exiger du propriétaire précédent, donc celui qui
n'avait pas acquitté ses taxes. La Loi sur les cités et villes ne prévoyait pas
une disposition comme celui-là, donc ça... ça menait à une certaine forme
d'iniquité entre les nouveaux acquéreurs d'immeubles, là, qui, dans un cas, se
voyaient rembourser les travaux et, dans un autre cas, qui n'avaient pas de
recours. Donc, c'est une disposition qui nous a été demandée par les
municipalités qui sont sous LCV, là, de manière à assurer, comme je le disais,
l'équité entre les nouveaux acquéreurs.
Mme Setlakwe : OK. Merci.
Non, votre explication, elle est très claire. Donc, dans le fond, même après le
processus de vente aux enchères, il y a encore un autre genre de délai de
grâce, pour le propriétaire qui est en défaut, de venir reprendre sa propriété.
Mais on comprend qu'il y a peut-être eu, durant... durant la période en question,
des travaux qui ont été faits et il y a un prix qui est associé à ça. Et là, ce
que je comprends, c'est que... C'est parce que j'accrochais sur la fin de
l'explication, les dépenses nécessaires versus les dépenses utiles, mais
dans... là, ce que... je pense que ce qu'on est en train de faire, c'est de
venir <combler...
Mme Setlakwe :
...dans...
là, ce que... je pense que ce qu'on est en train de faire, c'est de venir Lcombler
un vide dans la Loi sur les cités et villes. Pourquoi on n'avait jamais couvert
cette situation-là? Donc, c'est... c'étaient les règles de droit commun qui
s'appliquaient et que... Il y avait vraiment un vide, donc, pour le
remboursement de ces dépenses-là.
Mme Desjardins-Dufresne (Erika) :
Oui. Je ne sais pas si...
Mme Setlakwe : C'est un peu
étrange, non? Je n'ai rien contre le principe, mais j'aimerais comprendre
comment se fait-il que...
Des voix : ...
Mme Setlakwe : Et donc, selon
les municipalités, donc selon si on traite d'une municipalité régie par le Code
municipal<i> ou une municipalité régie par la Loi sur les cités et
villes, c'étaient deux... c'étaient deux dispositions différentes qui
s'appliquaient. Donc, dans un cas, c'était le Dode municipal puis dans l'autre
cas, c'était le... le Code civil<i>?
Le Président (M. Schneeberger) : Alors,
premièrement, consentement pour la prise de parole?
Mme Setlakwe : Consentement.
Le Président (M. Schneeberger) :
Consentement. Alors, M. Nadeau-Labrecque. Alors, Me Nadeau-Labrecque, c'est à
vous.
M. Nadeau-Labrecque (François) : Oui,
merci, M. le Président. Alors, François Nadeau-Labrecque, je suis avocat pour
le ministère de la Justice. Effectivement, il y avait deux régimes qui
s'appliquaient. Il n'y avait pas de vide comme tel, mais les deux régimes font
en sorte qu'il y avait des petites différences entre les deux. Puis la petite
différence, c'est ça, c'est les dépenses jugées nécessaires versus celles qui
sont jugées utiles, dans... en vertu des règles de droit commun, les dépenses
jugées utiles pouvaient être remboursées à l'adjudicataire. Donc, on peut
penser, par exemple, à l'installation d'un cabanon, d'une clôture, à de
l'asphaltage, des choses qui sont utiles, mais qui ne sont pas nécessaires.
Donc, ça venait rajouter au fardeau du propriétaire qui est en défaut et qui
veut racheter son immeuble. Donc là, en venant harmoniser les deux
dispositions, bien, on applique le même régime, que ce soit une municipalité du
Code municipal ou une municipalité de la Loi sur les cités et villes.
Mme Setlakwe : Non, je
comprends. Donc, il n'y avait pas... Non, non, il n'y avait pas de vide, mais
il y avait deux régimes différents qui s'appliquaient. Et là, donc, pourquoi on
a choisi, donc, de pérenniser ou d'uniformiser avec la règle du code...
Une voix : ...
Mme Setlakwe : Pardon? Oui,
mais pourquoi on a choisi le régime du Code municipal?
M. Nadeau-Labrecque (François) : Bien,
ça vient protéger, en quelque sorte, le propriétaire en défaut pour ne pas que
l'adjudicataire engage des dépenses qui ne sont pas nécessaires dans la
première année, pour laquelle il peut encore exercer son droit de retrait et
racheter l'immeuble. Donc, on dit au... à l'adjudicataire : Tu vas... Pendant
un an, là, attends avant de faire ce genre de dépenses là, tu vas pouvoir faire
les dépenses nécessaires pour préserver l'immeuble,, mais pas rajouter des
choses qui sont utiles, mais qui ne sont pas nécessaires.
Mme Setlakwe : Est-ce que...
Oui. Non, je peux voir, là, comme, donc, changer la toiture, réparer des
fissures, faire en sorte qu'on fait des travaux... qu'on fasse des travaux qui
sont... oui, qui sont nécessaires donc au maintien de... Oui, bien, on... Non,
je ne suis pas sûre que c'est le maintien, mais bon.
Non, je trouve ça intéressant, donc, mais
est-ce que, dans les faits, il y a eu... il y a eu beaucoup de cas comme
ceux-là, là, dans les municipalités, des cas où, un an plus tard, finalement,
les choses... les choses vont mieux, l'ancien propriétaire est capable d'aller
reprendre sa propriété, puis doit, donc, évidemment, payer les... le «coût des
réparations et améliorations nécessaires qui ont été faites sur l'immeuble
retrait»? Est-ce qu'il y en a beaucoup, de ces cas-là?
Mme Laforest : On n'a pas le
nombre?
Mme Desjardins-Dufresne (Erika) :
Non, on n'a pas de recension de ça, mais les municipalités, surtout les
plus grandes, je vous dirais, c'est elles qui nous ont sensibilisés au fait que
c'est souvent les cas les plus complexes, les cas de rachat. Donc, c'est là où
il était opportun de clarifier ces dispositions-là, parce que c'est ces cas-là
qui sont les plus litigieux. On comprendra pourquoi, là, ou les plus sensibles.
Donc, c'est elles qui avaient constaté la distinction entre les deux régimes,
puis qui souhaitaient...
Mme Setlakwe : Ça fait que
j'imagine que les cas les plus litigieux, justement, c'étaient... c'étaient
ceux où c'était le concept de dépense utile, peut-être, qui était... Parce que
là, il y avait, justement, un litige entre l'ancien propriétaire puis le
nouveau, je pense qu'on l'appelle l'adjudicataire. L'adjudicataire venait dire :
Bien là, tu vas me rembourser a, b, c, d, e, parce que c'était... c'était
utile. Puis c'est ça qui causait un litige, donc là, on aime mieux s'en tenir à
un régime uniforme, puis de dire : Ce n'est que les dépenses nécessaires.
Ça me va. Ça va. Donc, c'est vraiment l'utilité d'un projet de loi omnibus.
Mme Laforest : Oui, une mise
à jour.
Mme Setlakwe : Oui. Donc, ce
n'est pas tant la quantité, mais c'est... ça faisait en sorte qu'il y avait des
cas... des cas complexes. Là, on va venir vous mettre un régime plus simple et
uniforme. Donc, peu importe où on réside au Québec, dans le fond, qu'on...
parce que c'est soit le Code municipal ou la Loi sur les cités et villes, c'est
le même régime qui va s'appliquer.
Mme Laforest : C'est ça.
Le Président (M. Schneeberger) : Ça
va? Alors, est-ce que l'article... Oui, <députée...
Le Président (M. Schneeberger) :
Ça va? Alors, est-ce que l'article... Oui, >députée de Chomedey.
Mme Lakhoyan Olivier : Oui.
Pour continuer. Donc, un propriétaire qui a perdu sa résidence peut revenir
jusqu'à un an après, reprendre. Mais vous dites : Il n'y a pas eu de tels
cas, mais on laisse ça quand même au cas où il y en aurait.
Mme Laforest : Mais il y a
certains cas, mais on n'a pas le nombre.
Mme Lakhoyan Olivier :
Ah! OK, OK. Il y en a certains
cas. OK. La partie, ici, où celui qui a acheté l'immeuble peut faire des
réparations, mais il est averti, il ne le fait pas à moins que c'est
nécessaire. Donc, on peut lui rembourser, le propriétaire qui va acheter. Donc,
ma question, c'est en deux parties. Est-ce que l'ancien propriétaire va pouvoir
acheter au prix qu'il a acheté... que la personne a acquéri cette résidence?
Est-ce qu'il l'achète à même valeur qu'il a payé, premièrement? Deuxièmement,
c'est-tu pour les... les réparations qu'à raison de 10 % par an... mais si
c'est un an, pourquoi on a mis 10 % par an? Est-ce qu'on peut juste
clarifier ça pour moi, s'il vous plaît?
Le Président (M. Schneeberger) : Oui.
Alors, Mme Desjardins-Dufresne. C'est...
Mme Laforest : ...
Le Président (M. Schneeberger) : Oui,
la ministre répond.
Mme Laforest : Bien, en fait,
c'est pour définir les procédures. Les procédures, c'est sûr que s'il y a eu
des travaux qui étaient nécessaires, exemple, oui, il y a moyen de les repayer.
Mais en même temps, s'il y a des frais qui sont associés à ça... donc, il faut
prévoir parfois des frais, notaire ou quelconques, là. Donc, c'est pour ça
qu'il y a une prévision.
Mme Lakhoyan Olivier : OK. Et
puis le tarif, est-ce que ça serait le même prix que...
Mme Laforest : Oui.
Mme Lakhoyan Olivier : ...la
personne a acheté? Donc...
Mme Laforest : Oui.
Mme Lakhoyan Olivier : OK.
Mme Laforest : Oui.
Mme Lakhoyan Olivier : Intéressant.
Merci.
Mme Laforest : Il ne faut pas
que ça...
Des voix : ...
Le Président (M. Schneeberger) : Alors,
est-ce que l'article 24 est adopté?
Des voix : Adopté.
Le Président (M. Schneeberger) : Article 143.
• (11 h 20) •
M. Girard (Lac-Saint-Jean) : Article 143.
L'article 534.1 de la Loi sur les cités et villes, édicté par l'article 24
de la présente loi, ne s'applique pas à un immeuble vendu avant le, donc (indiquer
ici la date de la sanction de la présente loi).
L'article 143 du projet de loi prévoit
que le nouvel article 534.1, proposé pour la Loi sur les cités et villes et
relatif aux dépenses que l'adjudicataire peut demander de se faire rembourser
en cas d'exercice du droit de retrait, s'appliquerait uniquement aux immeubles
vendus à compter de la sanction de la loi.
Le Président (M. Schneeberger) : Questions?
Députée de Mont-Royal—Outremont.
Mme Setlakwe : Donc, ça,
c'est en lien avec ce qu'on vient de discuter?
Mme Laforest : Oui. En fait,
c'est l'entrée en vigueur...
Mme Setlakwe : Oui. Non, je
comprends, mais...
Mme Laforest : ...de ce qu'on
a établi précédemment.
Mme Setlakwe : Mais... OK. Je
suis obligée de dire que... Mais... mais dans le fond, tous les articles
entrent en...
Mme Laforest : Non.
Mme Setlakwe : Pourquoi il
faut prévoir que... Pourquoi, dans ce cas-ci, il faut prévoir une date d'entrée
en vigueur?
Mme Laforest : Oui, c'est
parce que... Oui, il y a des lois, là, comme on le mentionne ici, cités et
villes, le Code municipal<i>, mais après chaque bloc, c'est sûr qu'il y a
une entrée en vigueur de ces lois-là. On vient juste prévoir l'entrée en
vigueur... «indiquer ici la date de la sanction de la présente loi», on l'a
fait les trois autres fois aussi, là, quand on changeait de bloc. Donc, ici, on
vient entrer...
Mme Setlakwe : Ah! oui.
Mme Laforest : Et ça...
Mme Setlakwe : Je ne sais
pas. Oui, ça s'applique à toutes les dispositions, dans le fond.
Mme Laforest : C'est pour...
c'est pour ce qu'on vient de discuter, là.
Mme Setlakwe : Oui, oui, non,
non, ça, je le vois très bien que dans ce cas, de ce qu'on vient de discuter,
dans les cas... dans le cas très précis d'une vente ou d'un remboursement de
dépenses encourues durant l'année au bénéfice de... l'adjudicataire a le droit
de se faire rembourser les dépenses nécessaires. Là, il faut prévoir que ça
s'applique juste... Il me semble que ça va de soi que ça ne s'appelait pas un
immeuble vendu avant que la loi entre en vigueur. C'est peut-être une question
pour le légiste.
Mme Desjardins-Dufresne (Erika) :
Oui, c'est exactement ça. C'est que, dans le fond, il va y avoir des ventes
qui ont été faites avant l'entrée en vigueur de la loi. Donc, considérant qu'il
y a un an pour le rachat, donc le droit de retrait, ici, on vient
spécifiquement parler... on réfère à l'article précédent dont on vient
d'adopter. Donc, de dire : Dans le cas où il y a eu un... des travaux qui
ont été faits, on a prévu des frais applicables qui peuvent être exigés de la
part de l'adjudicataire. Eh bien, là on vient mentionner que dans... que ça ne
va pas s'appliquer aux ventes qui ont été faites après, parce qu'on comprend
que les ventes qui ont été faites avant, il faut que le propriétaire...
l'adjudicataire et celui qui est en défaut de paiement de taxes doivent pouvoir
savoir à quoi s'attendre, là. On réfère au précédent régime, là, on ne peut pas
changer en cours de route, là.
Mme Setlakwe : Non, non, non,
c'est ça. Puis ici, on parle quand même d'un... C'est une période d'un an à
partir d'une vente, mais il faut quand même qu'on <vienne...
Mme Setlakwe :
...d'un
an à partir d'une vente, mais il faut quand même qu'on >vienne dire
clairement : Ça ne vise que les ventes qui vont être faites après la
sanction. Je comprends.
Une voix : ...
Mme Setlakwe : Oui, c'est ça.
Le Président (M. Schneeberger) : Alors,
est-ce que l'article 143 est adopté?
Des voix : Adopté.
Le Président (M. Schneeberger) : Adopté.
Article 25.
M. Girard (Lac-Saint-Jean) : L'article 25 :
L'article 535 de cette loi est abrogé.
L'article 25 du projet de loi
abrogerait l'article 535 de la Loi sur les cités et villes. Cet article
est inopérant depuis l'entrée en vigueur du Code civil<i> en 1994, qui
prévoit que... pardon, l'aliénation forcée du bien loué, notamment d'un immeuble
comportant un logement, ne met pas fin de plein droit au bail.
Le Président (M. Schneeberger) : Est-ce
qu'il y a des précisions? Non. Alors, est-ce que...
Une voix : ...
Le Président (M. Schneeberger) : Oui?
Oui. Non, bien, des précisions... de la part de la ministre, là, mais non,
alors...
Mme Laforest : Bien, en fait,
l'explication, c'est depuis, le Code civil du Québec a été modifié pour
protéger les locataires. Les locataires bénéficient maintenant des protections
du droit commun puisque le Code civil du Québec ne permet pas la... la
résiliation du bail en cas de vente volontaire ou forcée du bien loué. Donc,
ici, c'est pour... c'est pour éviter le droit aux locataires, maintenant, dans
le Code civil du Québec. Bref, c'est pour éviter toute confusion, maître...
oui? OK.
Le Président (M. Schneeberger) : Ça
va? Questions? Députée de Mont-Royal—Outremont.
Mme Setlakwe : Bien, ce que
je comprends, c'est qu'on est en train de supprimer un article qui, en fait, ne
sert plus à rien depuis 1994. Puis là, on s'est rendu compte... on s'est rendu
compte que c'était un article qui... bien, qui était là, qui aurait dû... C'est
un petit ménage après... après coup. Il n'est jamais trop tard pour faire un...
Mme Laforest : Oui, c'est ça.
Mme Setlakwe : ...pour faire
un... ...un ménage de la loi, parce que c'est bien... c'est bien le Code civil<i>
de 1994 qui s'applique, qui prévoit que l'aliénation forcée du bien loué,
notamment d'un immeuble comportant un logement, ne met pas fin de plein droit
au bail. Bien, effectivement, mais qu'est-ce que... Puis 535 disait quelque
chose de différent?
Mme Laforest : Bien, en fait,
c'est déjà prévu dans le Code civil?
Mme Setlakwe : On n'est pas
en train de changer le Code civil, moi, c'est ce que je comprends, mais... mais
j'imagine qu'il y avait, comme, deux régimes, si on laisse 535. Bien là, 535,
je n'ai pas le bénéfice de l'avoir sous les yeux, mais ça disait autre chose?
Le Président (M. Schneeberger) : Me Nadeau-Labrecque.
M. Nadeau-Labrecque (François) : Oui.
Je peux vous le lire. Alors, actuellement, l'article 535 de la Loi sur les
cités et villes : «La personne qui exerce le retrait reprend la propriété
sujette aux baux notariés consentis de bonne foi par l'adjudicataire, mais elle
n'est pas tenue de maintenir tels baux pour plus d'un an à compter de la date
de l'adjudication, même s'ils ont été consentis pour un plus long terme.» Donc,
ces dispositions-là ne... sont inopérantes, comme on le dit, depuis l'entrée en
vigueur du Code civil.
Mme Setlakwe : ...qui offre une
meilleure protection aux locataires.
M. Nadeau-Labrecque (François) : Exact.
Puis... Donc, cet article là, actuellement, il peut créer de la confusion,
parce que quelqu'un qui lit cet article-là croit que ça s'applique, alors que
ce n'est pas ça qui s'applique, c'est les articles du Code civil.
Mme Setlakwe : Est-ce que,
dans les faits, il y a eu des... des litiges ou des...
M. Nadeau-Labrecque (François) : Pas
à ma connaissance, là.
Le Président (M. Schneeberger) : Ça
va?
Mme Setlakwe : Bien, ça va.
On fait... On va le supprimer, je pense, pour éviter... éviter toute confusion.
Encore une fois, c'est à ça que ça sert, un omnibus.
Le Président (M. Schneeberger) : Ça
va.
Mme Setlakwe : Merci.
Le Président (M. Schneeberger) : Alors,
est-ce que l'article 25 est adopté?
Des voix : Adopté.
Le Président (M. Schneeberger) : Adopté.
26.
M. Girard (Lac-Saint-Jean) : Article 26 :
L'article 536 de cette loi est modifié par la suppression du deuxième
alinéa.
L'article 26 du projet de loi
modifierait l'article 536 de la Loi sur les cités et villes afin de
retirer la limite imposée aux municipalités quant au montant de l'enchère
qu'elles peuvent faire pour l'acquisition d'un immeuble vendu pour taxes ou
sous contrôle de justice. Donc, l'article est modifié.
Le Président (M. Schneeberger) : Est-ce
que nous avons des précisions là-dessus? Mme la...
Mme Laforest : Oui, c'est
bon.
Le Président (M. Schneeberger) : Oui,
ça va. Alors...
Mme Setlakwe : ...
Mme Laforest : Bien, avant, c'est
parce que les municipalités ne pouvaient pas acquérir des immeubles, puis là,
c'est important avec... la... la... On vient permettre, ici, de participer aux
enchères publiques pour défaut de paiement de taxes. Donc, les municipalités
vont pouvoir acquérir des immeubles sans contrainte, avec des montants
maximums. Donc, c'est sûr qu'on vient diversifier les moyens pour que les
municipalités... puissent acquérir des immeubles. Puis c'est important, cette
mesure-là, dans le cas des logements sociaux abordables, les écoles, les
bâtiments communautaires, parce qu'on avait dit, justement... les villes
demandaient le pouvoir de... de... d'acquérir des immeubles pour en faire du
logement social, du logement abordable. Donc, ici, c'est une nouvelle mesure.
C'est vraiment... C'est vraiment très, très positif, là.
Le Président (M. Schneeberger) : ...Ça
va?
Mme Setlakwe : Oui.
Le Président (M. Schneeberger) : Députée
<de...
Le Président (M. Schneeberger) :
...Ça va?
Mme Setlakwe :
Oui.
Le Président (M. Schneeberger) :
Députée >de Mont-Royal—Outremont.
Mme Setlakwe : Merci. Non, je
pense que c'est une bonne chose, mais on vient retirer une limite, on ne vient
pas...
Mme Laforest : Bien, c'est
parce qu'aujourd'hui, si je peux ajouter, les municipalités peuvent participer
aux ventes aux enchères, en fait, mais seulement si le prix d'acquisition n'est
pas supérieur à la valeur des taxes impayées. Ça fait que là, c'est sûr qu'on
vient le permettre, maintenant, aux municipalités. Donc, c'est... C'est très
positif parce que dans le passé il y a des immeubles qui se sont vendus, puis
les municipalités voulaient garder du logement social, du logement abordable.
Donc, là, ils n'avaient pas la possibilité de garder les clientèles dans ces
immeubles.
Mme Setlakwe : C'est ça.
Donc, on enlève... En période de crise du logement, c'est pour permettre aux
municipalités une plus grande marge de manœuvre, là, pour des fins
d'habitation.
Mme Laforest : Oui, tout à
fait. C'est demandé, ça, Longueuil, Laval, pour garder le logement social.
C'est vraiment demandé.
Mme Setlakwe : Oui. Je
comprends. Donc, l'enchère, si on le laissait comme ça : «L'enchère de la
municipalité ne doit cependant pas dépasser le montant des taxes en capital,
intérêt et frais». Ça limitait la... Ça limitait la municipalité, en fait. Oui,
je comprends. C'est très bien.
Le Président (M. Schneeberger) : Alors,
est-ce que l'article 26 est adopté? Adopté?
Des voix : Adopté.
Le Président (M. Schneeberger) : Oui,
c'est bon? Oui. Parfait. Alors, article 49.
M. Girard (Lac-Saint-Jean) : Article 49 :
L'article 1038 de ce code est modifié par la suppression du deuxième
alinéa.
L'article 49 du projet de loi
modifierait l'article 1038 du Code municipal afin de retirer la limite
imposée aux municipalités quant au montant de l'enchère qu'elles peuvent faire
pour l'acquisition d'un immeuble vendu pour taxes ou sous contrôle de justice.
Il s'agit de l'équivalent, pour le Code municipal, de modifications proposées à
l'article 536 de la Loi sur les cités et villes. Donc, c'est de la
concordance.
Mme Laforest : Oui. Même
chose pour la disposition qui est la même chose avec la Loi sur les cités et
villes.
Le Président (M. Schneeberger) : Questions
sur 49? Ça va? Est-ce que 49 est adopté?
Des voix : Adopté.
Le Président (M. Schneeberger) : Adopté.
Article 4.
• (11 h 30) •
M. Girard (Lac-Saint-Jean) : Article 4.
Donc, la Charte de la Ville de Gatineau.
L'article 4 : L'article 18
de l'annexe B de la Charte de la Ville de Gatineau (chapitre C-11.1) est
abrogé.
Donc, l'article 4 du projet de loi
abrogerait l'article 18 de l'annexe B de la Charte de la Ville de
Gatineau, en concordance avec la modification proposée à l'article 536 de
la Loi sur les cités et villes visant à retirer la limite applicable au montant
d'une enchère municipale.
Mme Laforest : Donc, c'est de
la concordance, la même, même disposition qu'on a adoptée, les deux autres
articles, mais, maintenant, pour la Charte de la Ville de Gatineau.
Le Président (M. Schneeberger) : Merci.
Est-ce qu'il y a des questions? Ça va. Est-ce que l'article 4 est adopté?
Des voix : Adopté.
Le Président (M. Schneeberger) : Article 5.
M. Girard (Lac-Saint-Jean) : Donc,
bien, la Charte de la Ville de Longueuil.
L'article 39 de l'annexe C de la
Charte de la Ville de Longueuil (chapitre C-11.3) est abrogé.
L'article 5 du projet de loi
abrogerait l'article 39 de l'annexe C de la Charte de la Ville de
Longueuil, en concordance avec la modification proposée à l'article 536 de
la Loi sur les cités et villes visant à retirer la limite applicable aux
montants d'une enchère municipale.
Mme Laforest : Même
disposition, mais pour la Charte de la Ville de Longueuil.
Le Président (M. Schneeberger) : Merci
beaucoup. Questions? Est-ce que l'article 5 est adopté?
Des voix : Adopté.
Le Président (M. Schneeberger) : Adopté.
31.
M. Girard (Lac-Saint-Jean) : L'article 31 :
L'article 4 du Code municipal du Québec (chapitre C-27.1) est modifié
par l'ajout, à la fin, de l'alinéa suivant :
«Le présent article s'applique également
aux fins de l'exercice par une municipalité régionale de comté d'une fonction
prévue au titre XXV pour le compte d'une municipalité régie par la Loi sur
les cités et villes, en vertu d'une entente conclue conformément à l'article 569
ou 569.0.1 ou en vertu de l'article 678.0.1.»
L'article 31 du projet de loi
modifierait l'article 4 du Code municipal<i> afin de prévoir que les
dispositions de ce code en matière de vente pour taxes s'appliquent aux ventes
faites par une MRC pour le compte d'une municipalité locale régie par la Loi
sur les cités et villes. Cette modification vise ainsi à éviter que la MRC qui
a déjà l'obligation de procéder aux ventes pour taxes de la municipalité locale
régie par ce code ait à appliquer un régime juridique qui peut varier selon la
loi qui régit la municipalité locale pour le compte de qui la vente est faite.
Le Président (M. Schneeberger) : Merci.
Précisions?
Mme Laforest : Oui. En fait,
c'est que les MRC ont demandé qu'il y ait une précision parce que les MRC,
quand il y avait, justement, des ventes qui étaient faites pour le compte de la
MRC, devaient utiliser...
11 h 30 (version révisée)
Mme Laforest : ...il y avait
justement des ventes qui étaient faites pour le compte de la MRC, devaient
utiliser le <i>Code municipal et aussi la Loi sur les cités et villes.
Donc, les MRC ont demandé uniquement d'utiliser le Code municipal. On vient
éclaircir les précisions, puis en même temps, ça allège le fardeau parce qu'il
y avait des dispositions qu'elles devaient respecter dans le Code municipal,
dans la Loi sur les cités et villes, puis dans le Code municipal, tout était
bien indiqué. Donc, ce n'était pas nécessaire de travailler avec les deux dispositions,
la Loi sur les cités et villes et le Code municipal. Donc, on vient le préciser
ici, dans la loi, que les MRC vont travailler avec le Code municipal.
Le Président (M. Schneeberger) : Ça
va? Questions? Non.
Mme Setlakwe : Ça va. Ça
semble parfait.
Le Président (M. Schneeberger) : Parfait.
Alors, est-ce que l'article 31 est adopté?
Des voix : Adopté.
Le Président (M. Schneeberger) : Adopté.
Article 144.
M. Girard (Lac-Saint-Jean) : Article 144 :
L'article 4 du Code municipal du Québec (chapitre C-27.1), tel qu'il
se lit le (indiquer ici la date qui précède celle de la sanction de la présente
loi), continue de s'appliquer à une vente pour taxes ordonnée par le conseil
d'une municipalité avant le (indiquer ici la date de la sanction de la présente
loi).
Alors : L'article 144 du projet
de loi prévoit que la modification proposée à l'article 4 du Code
municipal, relative aux ventes pour taxes effectuées par une MRC pour le compte
d'une municipalité locale régie par la Loi sur les cités et villes, ne s'appliquerait
pas aux ventes déjà ordonnées avant la... avant la sanction de la loi.
Le Président (M. Schneeberger) : Questions
ou précisions de la part de la ministre? Non?
Mme Laforest : Non, c'est
pour indiquer la date avec les MRC, là, il n'y a pas de... pour les règles
transitoires. C'est la même chose que tantôt.
Le Président (M. Schneeberger) : Parfait.
Alors, est-ce que l'article 144 est adopté?
Mme Setlakwe : ...même chose,
sauf que c'est dit différemment. C'est que, s'il y a un processus qui est en
cours... Je ne suis pas sûre que c'est la même chose. Juste peut-être nous...
Mme Laforest : C'est... C'est
au niveau de la loi qu'on permet avec les MRC. Maintenant, il faut indiquer la
date exactement qu'elles peuvent appliquer ce nouveau règlement là, comme
tantôt on l'a fait avec... c'était... Quel article qu'on l'a fait pour indiquer
la date, là?
Mme Setlakwe : Mais c'était...
Mais c'était juste différent. Tout à l'heure, on disait : Les ventes
faites avant...
Mme Laforest : 143.
Mme Setlakwe : ...c'est l'ancien
régime. Ce n'est que les ventes faites à partir de la sanction pour lesquelles
les nouvelles règles s'appliquent. Là, on dit que l'article continue de s'appliquer
à une vente pour taxes ordonnée par le conseil avant la date de la sanction.
Mme Laforest : Exactement.
Exactement. Ici, on s'assure que, la modification qui est introduite avec l'article 31
du projet de loi, il n'y ait pas d'effet rétroactif sur les ventes qui ont été
ordonnées avant l'entrée en vigueur de cette loi, de notre projet de loi.
Mme Setlakwe : Ah! bien oui,
c'est la même chose que tantôt.
Mme Laforest : Oui, c'est ça.
Mme Setlakwe : Il n'y a pas d'effet
rétroactif, oui.
Le Président (M. Schneeberger) : Parfait.
Alors, est-ce que l'article 144 est adopté?
Des voix : Adopté.
Le Président (M. Schneeberger) : Adopté.
145.
M. Girard (Lac-Saint-Jean) : Article 145 :
Aucune vente pour taxes ordonnée avant le (indiquer ici la date de la sanction
de la présente loi), effectuée par une municipalité régionale de comté pour une
municipalité locale régie par la Loi sur les cités et villes, n'est invalide du
seul fait que les dispositions du Code municipal du Québec relatives à ces
ventes ont été appliquées alors que celles de la Loi sur les cités et villes
auraient dû l'être.
L'article 145 du projet de loi
prévoit une disposition visant à éviter qu'une vente pour taxes ne soit
invalidée pour le seul motif qu'une MRC aurait appliqué le régime juridique
prévu au Code municipal à une vente effectuée pour le compte d'une municipalité
locale régie par la Loi sur les cités et villes.
Le Président (M. Schneeberger) : Précisions?
Ça va? Oui.
Mme Setlakwe : ...
Le Président (M. Schneeberger) : Alors,
oui, députée de Mont-Royal—Outremont.
Mme Setlakwe : Merci. Donc,
les MRC ont le pouvoir de procéder à une vente pour le compte d'une
municipalité locale, mais, dans certains cas, les... on peut parler d'une
municipalité locale régie par le Code municipal, puis, dans un autre cas, ça
peut être une municipalité régie par la Loi sur les cités et villes. À la
demande des MRC, on dit : Il n'y a pas de... Il n'y a pas deux régimes
qui s'appliquent, on va appliquer le régime du Code municipal du Québec. Mais
la question que je n'ai pas posée, c'est : Est-ce qu'il y avait vraiment
une différence substantielle entre les deux régimes ou si c'est juste
comme une mécanique légèrement différente?
Là, je comprends, ce qu'on vient faire
ici, c'est de dire : Mais, si ça a été fait en conformité avec un des deux régimes
ou si ça a été fait en conformité avec la Loi sur les cités et villes, elle n'est
pas invalide, je comprends. Mais, à partir de la sanction de la loi, c'est un
seul régime qui va s'appliquer aux ventes. Mais pourquoi, dans le fond, il y a...
il y a deux régimes... bien, distincts, mais c'est un...
Mme Laforest : Bien, en fait,
il y a la Loi sur les cités et villes. Il y a des municipalités que c'est...
qui sont régies par la Loi sur les cités et villes, d'autres par le Code
municipal. Il y a des petites différences ici.
Mme Setlakwe : Oui. C'est des
petites différences. C'est ça, j'essaie de voir. C'est quoi...
Mme Laforest : Donc, on vient
préciser ici les règles transitoires avec la Loi sur les cités et villes et
aussi avec la loi... du Code municipal. Donc, ici, c'est important de bien
préciser au niveau de la loi. J'imagine, c'est une question de légalité, <maître...
Mme Laforest :
...c'est
important de bien préciser au niveau de la loi. J'imagine, c'est une question
de légalité, >maître... Oui?
Le Président (M. Schneeberger) : Est-ce
que M. Labrecque avait à intervenir?
Mme Laforest : Oui, oui,
toujours, mais c'est juste pour préciser ça, en fait.
Le Président (M. Schneeberger) :
Oui, Me Labrecque.
M. Nadeau-Labrecque (François) : Oui.
Le Président (M. Schneeberger) : Oui.
OK. Bon.
Mme Setlakwe : Là, je
comprends ce qu'on est en train de préciser, parce que là on dit que c'est un
seul régime qui va s'appliquer puis c'est celui du Code municipal, à partir de
la sanction de la loi. Mais une vente qui aurait été faite en conformité avec
le régime de la Loi sur les cités et villes ne sera pas invalide.
M. Nadeau-Labrecque (François) : Exact,
exact.
Mme Setlakwe : OK. Et ma
question, c'est... puis je pense que la ministre a répondu, mais en... en fait,
les deux régimes ne sont pas si différents que ça, j'imagine. En quoi
est-ce qu'ils sont différents?
M. Nadeau-Labrecque (François) : Bien,
en fait, la principale différence va se retrouver au niveau du droit de retrait.
Dans le cas du droit de retrait qui est exercé en vertu de la Loi sur les cités
et villes, l'ancien propriétaire va s'adresser directement à l'adjudicateur
pour racheter son immeuble. Dans le cas du Code municipal, il doit s'adresser
au greffier-trésorier de la MRC qui a procédé à la vente. Donc, dans le cas du
code, la MRC reste impliquée dans l'exercice du droit de retrait jusqu'à ce que
la vente finale soit conclue.
Mme Setlakwe : OK, mais
autrement, autrement, ce sont les mêmes droits et obligations.
M. Nadeau-Labrecque (François) : Oui,
parfois, le texte, le libellé diffère un petit peu, mais pas nécessairement
quant aux effets juridiques. Puis, bien, l'article 145 vise
essentiellement, là, à éviter qu'une municipalité... qu'une MRC, en fait, qui
aurait déjà appliqué le Code municipal, à l'égard d'une vente faite pour le
compte d'une municipalité de la LCV, bien, que ça ne soit pas invalidé. Mais il
y a peut-être des MRC qui appliquaient correctement le régime, en fait, on
l'espère que c'était déjà le cas dans la plupart des cas. Mais 145, c'est pour
éviter que, s'il y avait eu des accrocs par erreur, bien, que ça ne soit pas
invalidé.
Mme Setlakwe : Merci.
Le Président (M. Schneeberger) : Ça
va? Alors, est-ce que l'article 145 est adopté?
Mme Laforest : Adopté.
Le Président (M. Schneeberger) : Adopté.
Article 3.
• (11 h 40) •
M. Girard (Lac-Saint-Jean) : Article 3 :
L'article 188 de cette loi est modifié par l'insertion, dans le deuxième
alinéa et après «(chapitre C-27.1)», de «et sous réserve du troisième alinéa de
l'article 4 de ce code».
L'article 3 du projet de loi
modifierait l'article 188 de la Loi sur l'aménagement et l'urbanisme en
concordance avec la modification proposée à l'article 4 du Code municipal.
Ainsi, dans le cas où une MRC effectuerait les ventes pour taxes d'une
municipalité locale régie par la Loi sur les cités et villes, les représentants
de cette dernière pourraient participer aux délibérations et aux votes du conseil
de la MRC sur les questions relatives aux ventes pour taxes.
Le Président (M. Schneeberger) : Ça
va. Alors, est-ce qu'il y a des questions sur l'article 3?
Mme Setlakwe : ...
Le Président (M. Schneeberger) : Oui,
députée de Mont-Royal—Outremont.
Mme Setlakwe : On est encore
dans de la concordance?
Mme Laforest : Oui.
Mme Setlakwe : Mais ici on
est en train de dire que les représentants de la municipalité visée gardent le
droit de participer aux délibérations.
Mme Laforest : C'est ça,
celles qui sont régies avec la LCV, la Loi sur les cités et villes.
Mme Setlakwe : Bien que les
MRC puissent appliquer le régime du Code municipal?
Mme Laforest : Du code
municipal, exactement. Donc, c'est...
Mme Setlakwe : Il fallait
quand même qu'on dise... OK, je comprends. Il fallait qu'on dise que les
représentants de la municipalité locale dans... sur laquelle se trouve la
propriété en question, qui fait l'objet de la vente, ils ont droit de... C'est
juste de maintenir leur droit.
Mme Laforest : De participer
au conseil de la MRC.
Mme Setlakwe : Aux
délibérations et aux votes du conseil sur les questions relatives aux ventes
pour taxes.
Mme Laforest : Exact.
Mme Setlakwe : Merci.
Le Président (M. Schneeberger) : Ça
va. Alors, est-ce que l'article 3 est adopté?
Des voix : Adopté.
Le Président (M. Schneeberger) : L'article 46.
M. Girard (Lac-Saint-Jean) : Article 46 :
L'article 1033 de ce code est abrogé.
L'article 46 du projet de loi
abrogerait l'article 1033 du Code municipal, lequel est désuet. Les
montants visés par cet article peuvent par ailleurs déjà être récupérés par la
MRC dans le cadre des frais encourus pour la vente en vertu, selon le cas, des
articles 1026, 1030 ou 1047.
Le Président (M. Schneeberger) : Merci.
Est-ce qu'il y a des questions sur l'article 46? Oui, allez-y, madame,
députée de Mont-Royal.
Mme Setlakwe : ...la ministre
sur ce changement-là. Parce que là, je vois que la FQM a une réserve. Eux, ils
souhaiteraient que... Mais juste nous expliquer pourquoi, à votre sens,
l'article n'est plus... n'est plus requis, là, le 1033.
Mme Laforest : OK. Bien,
juste pour vous rassurer, on a parlé avec la FQM, puis c'est déjà réglé, là,
ils sont... ils sont rassurés. En fait, les... l'article 1033 du Code
municipal détermine les honoraires que peuvent exiger le greffier-trésorier,
comme on l'a mentionné précédemment, puis le <calcul...
Mme Laforest :
...et
comme on l'a mentionné précédemment, puis le >calcul d'une partie des
frais est basé sur le nombre de chiffres inscrits dans les documents relatifs à
la vente évidemment. Puis l'article 1030 du Code municipal prévoit déjà
que les frais encourus pour parvenir à la vente seront prélevés sur chacun des
immeubles vendus, puis ça, on l'a déjà adopté dans... dans... précédemment.
Donc, évidemment, ici, les frais sont déjà... sont déjà prélevés sur chacun des
immeubles, c'est pour ça, ici, qu'il fallait faire une modification, mais avec
la FQM, il y a eu des discussions, et peut-être si vous voulez dire : La
FQM est rassurée... Non?
Le Président (M. Schneeberger) : Mme Desjardins-Dufresne.
Mme Desjardins-Dufresne (Erika) :
Oui. Merci. Effectivement, dans le fond, c'était une question de
compréhension du régime actuel, c'est que ça portait un petit peu à confusion,
ces deux articles-là. Il y a... L'article qu'on abolit, qu'on abroge
actuellement était beaucoup plus limitatif dans les frais qui pouvaient être
demandés, et on parlait, là, d'un 0,10 $ par mot, ce qui n'était plus du
tout réaliste avec les frais actuels.
Donc... Mais force est de constater que
l'article 1030 du Code municipal prévoit déjà de manière plus... beaucoup
plus large les frais qui peuvent être exigés. L'article 1030, dans le
fond, prévoit que tous les... les montants, là, qui sont liés aux frais
encourus par la vente peuvent être ajoutés, dans le fond, au prix de... au prix
de vente, donc les frais encourus par la municipalité, bien entendu, là, soit
pour les documents qui ont été transigés, la main-d'oeuvre, etc. Donc, la
plupart des... des... des MRC, des municipalités utilisaient cette
disposition-là, la plupart des MRC à notre connaissance. La FQM, lors de nos
dispositions, on leur a bien expliqué, dans le fond, que c'était un équivalent,
puis ils ont été rassurés, là.
Mme Setlakwe : ...ce que vous
nous dites, c'est que c'est un échange qui a eu lieu après le dépôt de leur
mémoire.
Mme Desjardins-Dufresne (Erika) :
Exact. Exact.
Mme Setlakwe : Parce qu'ils
n'étaient pas du tout contre le fait qu'on souhaite moderniser, c'était
vraiment juste sur cette disposition-là. Ils n'ont plus d'enjeux?
Mme Desjardins-Dufresne (Erika) :
Non.
Mme Setlakwe : Dans le fond,
le 1030 est satisfaisant.
Mme Desjardins-Dufresne (Erika) :
Oui, parce qu'il couvre plus large encore.
Mme Setlakwe : Il couvre plus
large. OK.
Mme Desjardins-Dufresne (Erika) :
Exactement. Il est plus flexible et couvre plus large.
Mme Setlakwe : Merci.
Le Président (M. Schneeberger) : Ça
va? Alors, est-ce que l'article 46 est adopté?
Des voix : Adopté.
Le Président (M. Schneeberger) : Adopté.
48.
M. Girard (Lac-Saint-Jean) : Article 48 :
L'article 1036 de ce code est modifié par l'insertion, dans le troisième
alinéa et après «bois», de «ou des constructions».
L'article 48 du projet de loi
modifierait le troisième alinéa de l'article 1036 du code municipal afin
de l'harmoniser avec ce que prévoit l'article 521 de la Loi sur les cités
et villes relativement à l'interdiction d'enlever les constructions sur
l'immeuble dans l'année suivant son adjudication.
Le Président (M. Schneeberger) : Merci.
Est-ce qu'il y a des questions sur l'article 48?
Mme Setlakwe : Oui. Juste
peut-être...
Le Président (M. Schneeberger) : Députée
de Mont-Royal—Outremont.
Mme Setlakwe : Si la ministre
peut nous... nous expliquer.
Mme Laforest : Oui, en fait,
c'est une disposition qui est vraiment importante parce que durant cette
période, qu'on a adopté précédemment, bien, c'est sûr qu'il faut éviter les
démolitions. Ça fait qu'ici l'article prévoit vraiment d'éviter des
démolitions, que ce soit effectué... qu'il y ait des démolitions qui soient
effectuées par le nouveau propriétaire pendant la période que l'ancien
propriétaire peut exercer son droit de rachat. Donc, c'est important de le
mentionner, là, que s'il y a un rachat d'immeuble, bien, le nouveau
propriétaire ne peut pas démolir. C'est important.
Mme Setlakwe : Mais la
disposition, elle existait déjà, c'est juste que là on vient... on vient
préciser ou ajouter... préciser l'obligation de l'acquéreur, de
l'adjudicataire, dans le fond.
Mme Laforest : Bien, on vient
harmoniser avec le Code municipal et la Loi sur les cités et villes, parce que
le Code municipal prévoit que l'acquéreur ne peut enlever du bois puis la... la
Loi sur les cités et villes prévoit que l'acquéreur ne peut enlever du bois ni
des constructions. Ça fait que c'est un peu spécial, les deux sont... c'est
différent, donc c'est important d'être clair.
Mme Setlakwe : Non, tout à
fait, avoir une seule... un seul libellé qui s'applique dans les deux... les
deux lois.
Mme Laforest : Oui, pas de
démolition.
Mme Setlakwe : Oui, oui, mais
donnez un exemple. Est-ce que ce serait, par exemple, un cabanon, comme on a
discuté tout à l'heure? Oui. Il y aurait un cabanon qui aurait été construit
durant l'année en question, c'est une construction qui est utile ou c'est un...
c'est peut-être utile, ça ne sera peut-être pas remboursé, mais ils ne peuvent
pas l'enlever.
Mme Laforest : Oui, allez-y.
Le Président (M. Schneeberger) : Oui.
Mme Desjardins.
Mme Desjardins-Dufresne (Erika) :
Merci. C'est les constructions qui sont déjà présentes. Donc, si
l'adjudicataire achète un immeuble pour lequel il y a également un cabanon,
bien, durant cette année-là, il ne pourra pas démolir ledit cabanon.
Mme Setlakwe : OK. Non, ce
n'est pas... Donc, mon exemple n'était pas bon, c'est des... c'est des choses
qui existaient déjà. Je comprends. «Du bois ou des constructions sur
l'immeuble...» Non, je pense, ça va de <soi...
Mme Setlakwe :
...«Du
bois ou des constructions sur l'immeuble...» Non, je pense, ça va de >soi,
oui, oui.
Le Président (M. Schneeberger) : Ça
va? Alors, est-ce que l'article 48 est... Ah! non, j'avais vu...
excusez-moi. Député de Taschereau.
M. Grandmont : Oui, merci.
Juste, qu'est-ce qu'on entend par «bois»? Est-ce que c'est des arbres?
Une voix : ...
M. Grandmont : C'est des
arbres. OK, donc on appelle ça du bois. Bon, je...
Mme Laforest : ...
M. Grandmont : Oui, je comprends,
c'est juste que c'est drôle de...
Mme Laforest : Oui, c'est
bizarre.
M. Grandmont : Oui, c'est ça,
d'appeler ça comme... comme une... une... une pile... une pile de bois, dans le
fond, une pile de ressources naturelles.
Mme Laforest : Oui, c'est ça.
M. Grandmont : D'accord. Ça
fait qu'on comprend mieux. Puis, au niveau des constructions, qu'est-ce qui
définit ce qui est une construction puis ce qui n'en est pas? C'est quelque
chose qui est fixe, c'est quelque chose qui est... qui est ancré au sol, c'est
quelque chose qui...
Mme Laforest : C'est quoi,
une construction dans la loi? Allez-y.
Des voix : ...
Mme Laforest : Bonne
question, mais c'est large.
Le Président (M. Schneeberger) : ...
M. Nadeau-Labrecque (François) : C'est
tout ce qui est construit, en fait. On peut penser à un bâtiment, on peut
penser à une structure, mais ce n'est pas un aménagement de terrain, par
exemple.
M. Grandmont : Oui, OK. Mais
donc est-ce qu'il doit y avoir nécessairement un ancrage sur le sol? Tu sais,
je pense à une maison... une maison roulotte, par exemple, là, une maison
mobile.
M. Nadeau-Labrecque (François) : Non,
ça peut être... ça peut être déposé sur le sol et ça n'a pas besoin d'être
nécessairement ancré, là.
M. Grandmont : Donc, une
maison mobile, dans le fond, devrait rester sur place et fait partie du lot,
dans le fond, fait partie de l'immeuble, dans le fond. Donc, ça, ça ne pourrait
pas bouger. OK. Parfait. C'est intéressant. Parfait. Merci.
Le Président (M. Schneeberger) : Ça
va? Alors, est-ce que l'article 48 est adopté?
Des voix : Adopté.
Le Président (M. Schneeberger) : Adopté.
Article 50.
M. Girard (Lac-Saint-Jean) : Articles 50 :
L'article 1044 de ce code est modifié par le remplacement, dans le premier
alinéa, de «de toutes taxes municipales» par «des taxes municipales et
scolaires».
Alors : L'article 50 du projet
de loi modifierait l'article 1044 du Code municipal afin de l'harmoniser
avec ce que prévoit l'article 525 de la Loi sur les cités et villes
relativement à la preuve du paiement des taxes scolaires.
Le Président (M. Schneeberger) : Questions?
Ça va?
Mme Setlakwe : Oui.
Le Président (M. Schneeberger) : Oui.
Députée de...
Mme Laforest : Bien, c'est
l'harmonisation entre la loi sur... encore une fois, entre la Loi sur les cités
et villes et le Code municipal. La Loi sur les cités et villes prévoit que la
personne qui remporte l'enchère aura droit à un acte de vente définitif à
condition de présenter à la municipalité le certificat d'adjudication et la
preuve de paiement de taxes municipales et scolaires et la loi du Code
municipal ne prévoit pas l'obligation de présenter une preuve de paiement de
taxes scolaires. Donc, ici, on vient harmoniser les deux mesures.
• (11 h 50) •
Mme Setlakwe : OK. Donc, pour
une municipalité qui est régie par la Loi sur les cités et villes, déjà, c'est
ce qu'on prévoit. Il faut démontrer la preuve du paiement des deux taxes,
municipales et scolaires.
Mme Laforest : Exact. Puis
l'autre, le Code municipal, ce n'était pas obligatoire de présenter la preuve.
Donc, c'est une... c'est une logique, là.
Mme Setlakwe : Oui.
Le Président (M. Schneeberger) : Ça
va? Alors, est-ce que l'article 50 est adopté?
Des voix : Adopté.
Le Président (M. Schneeberger) : 51.
M. Girard (Lac-Saint-Jean) : Article 51 :
L'article 1057 de ce code est modifié par le remplacement de «Le
propriétaire de tout immeuble vendu en vertu du chapitre I du présent
titre (articles 1022 à 1056), peut le retraire dans l'année qui suit le
jour» par «L'immeuble vendu pour taxes peut être racheté par le propriétaire ou
ses représentants légaux, en tout temps durant l'année qui suit la date».
Alors : L'article 51 du projet
de loi modifierait l'article 1057 du Code municipal afin de l'harmoniser
avec ce que prévoit l'article 531 de la Loi sur les cités et villes
relativement à l'exercice du droit de retrait par les représentants légaux du
propriétaire
Mme Laforest : Donc, ici,
c'est un peu la même chose. On vient harmoniser la Loi sur les cités et villes et
le Code municipal. Cités et villes, on prévoit que l'immeuble vendu pour taxes
peut être acheté par le propriétaire ou ses représentants légaux, et le Code
municipal n'indique pas que les représentants légaux de l'ancien propriétaire
peuvent procéder au rachat de l'immeuble. Donc, ici, on vient harmoniser les
dispositions pour les conditions de rachat de l'immeuble.
Le Président (M. Schneeberger) : Parfait.
Mme Laforest : C'est un peu
la même chose de... c'est la même chose.
Le Président (M. Schneeberger) : Questions
sur 51?
Mme Setlakwe : Oui, M. le
Président. Donc...
Le Président (M. Schneeberger) : Mme
la députée de Mont-Royal—Outremont.
Mme Setlakwe : Bien, c'est
deux choses. On veut harmoniser le libellé, mais... donc les deux... entre
les deux régimes, c'est ça, entre le Code municipal puis la Loi sur les
cités et villes?
Mme Laforest : Oui. Puis en
même temps, ici, c'est important de le mentionner, quand c'est une question de
succession. Donc, c'est vraiment utile quand c'est une succession ou encore
lorsqu'il s'agit d'une entreprise. Donc, il fallait vraiment harmoniser les
deux mesures.
Mme Setlakwe : Oui, oui,
ajouter «ou ses représentants légaux».
Mme Laforest : «Ou ses
représentants légaux», exactement.
Mme Setlakwe : Et... Oui,
parce que, sinon, ça peut... il y a des situations qui n'étaient pas couvertes.
Mais il y a aussi l'expression «retraire». Est-ce que ça, c'était considéré une
expression un peu archaïque ou... plutôt que «racheter»? J'imagine que, sur le
fond, ça veut dire la même chose, mais comme moi, personnellement,
«retraire»... je comprends «droit de retrait» mais retraire une... oui,
retraire toute une... <Oui...
Mme Setlakwe :
...mais
retraire une... oui, retraire toute une... >Oui?
M. Nadeau-Labrecque (François) : Les
deux expressions avaient le même sens, là, mais «racheter» est du langage
plus clair, là, donc plus simple à comprendre.
Mme Setlakwe : Mais sur le
fond, on change... on change...
M. Nadeau-Labrecque (François) : Sur
le fond, on ne change pas.
Mme Setlakwe : On ne change
rien?
M. Nadeau-Labrecque (François) : Non,
non, on ne change pas. Le seul changement qui est fait, c'est qu'on ajoute, là,
l'expression, là, «ou ses représentants légaux», puis c'est pour plus de
clarté, là. Donc, il n'y a pas de changement quant au fond, là.
Mme Setlakwe : Oui, mais,
tant qu'à ajouter «ou ses représentants légaux», vous vous êtes dit :
Bien, on va aussi prévoir que c'est... donc, un rachat peut être «racheter»,
plutôt que dire «le retraire».
M. Nadeau-Labrecque (François) : Oui,
parce que les deux expressions étaient utilisées dans le code. Donc là, on
a utilisé celle-là, là, pour être harmonisés avec la LCV.
Mme Setlakwe : Merci.
Le Président (M. Schneeberger) : Ça
va? Alors, est-ce qu'il y a... est-ce que l'article 51 est adopté?
Des voix : Adopté.
Le Président (M. Schneeberger) : Adopté.
Article 18.
M. Girard (Lac-Saint-Jean) : Article 18 :
L'article 509 de cette loi est modifié par la suppression du troisième
alinéa.
Alors : L'article 18 du projet
de loi modifierait l'article 509 de la Loi sur les cités et villes afin de
supprimer la possibilité qu'un droit de retrait puisse être exercé dans le cas
où un immeuble est vendu en exécution d'un jugement obtenu par la municipalité
pour le paiement de taxes municipales. Un tel droit de retrait n'existe pas en
vertu de l'article 1019 du Code municipal, l'équivalent de
l'article 519, ou en vertu des règles du droit commun. À noter que le
droit de retrait prévu à l'article 531 de la Loi sur les cités et villes,
qui peut être exercé dans l'année qui suit la vente d'un immeuble par la
municipalité en raison des taxes impayées sur cet immeuble, serait par ailleurs
maintenu.
Le Président (M. Schneeberger) : Merci.
Alors, est-ce qu'il y a des questions sur l'article ou...
Mme Laforest : Oui.
Le Président (M. Schneeberger) : Précisions,
Mme la ministre.
Mme Laforest : Bien, cette
mesure est vraiment importante parce que, quand... Ici, ce qu'on explique,
c'est que, quand il y a une décision qui est prise par le tribunal, évidemment,
le droit... le droit de... le droit de retrait par le ministère de la Justice
n'est pas approprié. Donc, ici, on vient bien expliquer, quand il y a une
décision qui est prise par un tribunal, c'est... il y a des mesures différentes
qui se prennent.
Mme Setlakwe : Pouvez-vous
nous expliquer, par contre, dans... Là, depuis... depuis qu'on étudie ce bloc,
on parle d'une vente pour non-paiement de taxes, puis le régime qui s'applique
à ces ventes-là, aux enchères, puis ensuite au droit de retrait, mais il peut y
avoir des situations où... J'essaie de comprendre cet autre régime. Donc, un immeuble
qui est vendu en... On ne parle pas du tout, là, d'une vente pour non-paiement
de taxes, là, c'est une autre situation complètement, mais il y a quelque chose
qui m'échappe.
Le Président (M. Schneeberger) : Mme Desjardins.
Mme Desjardins-Dufresne (Erika) :
Merci. Oui, à vrai dire, une municipalité peut procéder de deux manières
lorsqu'il y a... elle a des taxes dues, soit par le processus de vente pour
taxes, dont on vient de discuter, ou elle, elle-même ou la MRC, effectue la
vente pour taxes, donc ce qui est encadré par la LCV comme municipal, ou
encore, elle peut s'adresser devant les tribunaux. Donc, elle peut aller, là,
dans la Cour du Québec pour demander, là, à se faire payer, dans le fond, à se
faire rembourser les ventes pour taxes.
Dans un cas comme celui-là, en ce moment,
il y a une disposition un peu particulière, qui prévoit un droit de retrait
également, même si c'est le tribunal, même si c'est un juge qui a déterminé
qu'il devait y avoir une vente pour taxes, effectivement. Il y a le droit de
retrait qui s'applique dans les cas des ventes pour taxes, spécifiquement,
alors que ce droit de retrait là n'existe pas, pour aucune autre disposition,
pour des jugements équivalents. Donc, c'est un peu une particularité, qui peut
s'expliquer dans un contexte de vente pour taxes, dans la mesure où ce n'est
pas un tribunal qui fait la vente, mais bien une MRC ou une municipalité.
Donc, il peut y avoir des raisons pour
lesquelles on laisse le droit ou le choix à l'ancien propriétaire de revenir.
Dans le cas où ça a été fait dans un processus encadré par la justice, comme
celui-là, le droit de retrait ne devrait pas pouvoir s'appliquer, là. Il y a un
jugement de la cour qui a été rendu.
Mme Setlakwe : Qui est final,
dans le fond.
Mme Desjardins-Dufresne (Erika) :
Exact.
Mme Setlakwe : Il y a une... il
y a une... C'est ça, il y a une connotation définitive, puis il n'y a pas de
droit de retrait. Mais, actuellement, il y en avait un, droit de retrait...
Mme Desjardins-Dufresne (Erika) :
C'est ça.
Mme Setlakwe : ...dans la Loi
sur les cités et villes. Puis dans le Code municipal, est-ce qu'il y avait ce
droit de retrait aussi?
Mme Desjardins-Dufresne (Erika) :
Non, il n'y avait pas l'équivalent dans le Code municipal.
Mme Setlakwe : OK. Donc, ici,
c'est un objectif d'harmoniser mais aussi de... C'est qu'on détermine qu'il ne
devrait pas y avoir un droit de retrait.
Mme Desjardins-Dufresne (Erika) :
Exact.
Mme Setlakwe : J'essaie juste
de comprendre. Je comprends, là, qu'il y a deux avenues possibles, mais où
on s'en irait? Pourquoi une ville irait, donc, devant le tribunal? Quel...
quel... Qu'est-ce qui serait différent, dans les faits? La plupart du temps,
j'imagine que c'est la municipalité qui s'en occupe et qui procède à la vente
aux enchères. Puis là on irait devant un tribunal...
Mme Desjardins-Dufresne (Erika) :
On n'a pas de statistiques, mais c'est une... c'est un choix, c'est une
opportunité de la municipalité de procéder comme celle-là. Ça peut être dans un
cas où, par exemple, elle n'est pas... elle fait... Elles ne font pas des
processus de vente pour taxes à chaque mois, hein? Généralement, c'est une fois
par <année...
Mme Desjardins-Dufresne (Erika) :
...chaque mois, hein? Généralement, c'est une fois par >année.
Donc, est-ce que ça peut être dans un contexte où elles préfèrent le faire en
dehors, spécifiquement, pour un cas en dehors de son processus de vente pour
taxes? Mais c'est... étant donné que ces deux régimes-là existent et
peuvent... doivent cohabiter, bien, on veut s'assurer qu'il y ait une cohérence
dans les distinctions, qu'elles soient pertinentes, entre les deux.
Mme Setlakwe : Mais les
raisons pour lesquelles une municipalité souhaite aller au... tu sais, jusqu'au
bout du processus, là, il y a non-paiement de taxe, il y a eu... il y a eu avis
par-dessus avis, délais, délais, bon. Là, il n'y a plus rien à faire, le
propriétaire ne paie pas ses taxes. Et là on enclenche le mécanisme de vente à
l'enchère?
Mme Desjardins-Dufresne (Erika) :
Oui.
Mme Setlakwe : Mais
j'essaie... Mais ce sont quand même les mêmes raisons. Que ce soit fait via un
tribunal ou que ce soit fait par la ville elle-même, il en demeure... J'essaie
de voir en quoi on voudrait... qu'est-ce qui justifie qu'il n'y a pas de droit
de retrait dans un cas. Le citoyen ou le propriétaire n'a pas payé ses taxes,
il y a eu une vente, mais là, l'adjudicataire, pendant un an, il est comme
dans une espèce de régime transitoire, là. C'est vraiment après un an que
ça devient définitif parce que le propriétaire initial a un droit de retrait.
Mais quand on passe par la voie... la voie judiciaire...
Mme Desjardins-Dufresne (Erika) :
Si je peux vous donner une précision...
Mme Setlakwe : Oui. Peut-être
qu'il me manque une précision. Je ne dis pas qu'il ne faut pas harmoniser, mais
j'aimerais comprendre pourquoi.
Mme Desjardins-Dufresne (Erika) :
Excusez-moi, j'ai pris la parole.
Le Président (M. Schneeberger) : Oui,
oui, oui. Allez-y, allez-y.
Mme Desjardins-Dufresne (Erika) :
Une précision. Dans le fond, c'est que, dans certains cas, les
municipalités ont un intérêt à aller devant la cour parce qu'il y a d'autres
biens que l'immeuble qui serait vendu pour taxes. Donc, s'il y a d'autres
éléments, dans un cas comme ça, il y a l'immeuble, donc la municipalité se
retrouve en cour parce qu'elle, elle a la part immeuble, mais il pourrait y
avoir d'autres biens, là. La cause pourrait être plus large qu'uniquement la
portion des ventes pour taxes. Et... Ou encore, si la créance... si l'immeuble
vaut moins que les créances des taxes, dans un cas comme celui-là, il peut y
avoir un intérêt, là, à se retrouver devant la cour. Donc, c'est... c'est...
c'est plus rare, mais oui, effectivement, c'est un processus qui peut arriver.
Et la ministre l'a bien mentionné, à partir du moment où c'est le juge qui
prend une décision, donc, bien, cette décision-là devrait être finale.
Mme Setlakwe : Non, non. OK, je
comprends. Merci de ces précisions-là. Donc, on prend la voie judiciaire, donc
il y a cette... C'est ça. Il y a un juge qui regarde ça, il y a la cour, la
cour se prononce, à la lumière de toutes les... toutes les circonstances. C'est
terminé, après le jugement, il n'y a pas de droit de retrait. Ça va. C'est ça.
Parfait.
Le Président (M. Schneeberger) : Parfait.
Alors, est-ce que l'article 18 est adopté?
Des voix : Adopté.
Le Président (M. Schneeberger) : Adopté.
Alors, nous suspendons jusqu'après la
période des affaires courantes. Bon midi.
(Suspension de la séance à 12 heures)
15 h (version révisée)
(Reprise à 15 h 31)
Le Président (M. Schneeberger) : Alors,
bon après-midi à tous. Alors, la Commission de l'aménagement du territoire
reprend ses travaux.
Nous poursuivons l'étude détaillée du
projet de loi n° 57, Loi édictant la Loi visant à protéger
les élus et à favoriser l'exercice sans entraves de leurs fonctions et
modifiant diverses dispositions législatives concernant le domaine municipal.
Alors, il y a consentement, je pense, pour
que la députée de Jeanne-Mance—Viger puisse remplacer le député de
Jacques-Cartier. Alors, consentement? Parfait. Alors, nous en... nous en
étions, lors de la suspension, à l'article 18 qui a été adopté. Alors,
nous poursuivons à l'article 142.
M. Girard (Lac-Saint-Jean) : Donc,
l'article 142, M. le Président : L'article 509 de la Loi sur les
cités et villes, tel qu'il se lit (indiquer ici la date qui précède celle de la
sanction de la présente loi), continue de s'appliquer à un immeuble vendu avant
le (indiquer ici la date de la sanction de la présente loi).
Donc, l'article 142 du projet de loi
prévoit que le droit de retrait prévu au troisième alinéa de l'article 509
de la Loi sur les cités et villes que l'article 18 du projet de loi
propose de supprimer continuerait de s'appliquer aux immeubles vendus sous
contrôle de justice avant la sanction de la loi, donc, pour ne pas que ça
change en cours de route.
Le Président (M. Schneeberger) : Parfait.
Merci. Alors, est-ce qu'il y a des questions sur l'article 142? Oui,
allez-y.
Mme Setlakwe : ...M. le
Président, mais je pense que c'est la suite de la discussion qu'on avait juste
avant de suspendre, où on faisait mention qu'il y avait deux... deux voies
possibles, pour une municipalité, pour la vente, c'est-à-dire de s'en occuper
soi-même ou de passer par la voie judiciaire, et puis, là, c'est simplement l'article
qui traite de l'entrée en vigueur de cette... de cette disposition-là qui
enlève le droit de retrait dans le cas d'une vente qui se fait alors que c'est
la cour qui détermine... qui se prononce sur la vente...
15 h 30 (version révisée)
Mme Setlakwe : ...le droit de
retrait, dans le cas d'une vente qui se fait, alors que c'est la cour qui
détermine... qui se prononce sur la vente. Il n'y a pas de droit de retrait,
puis on vient dire que ça concerne uniquement les ventes qui sont faites à
partir de la sanction de la loi. C'est ça?
Mme Laforest : Tout à fait.
Le Président (M. Schneeberger) : ...parfait.
Alors, est-ce que l'article 142 est adopté?
Des voix : Adopté.
Le Président (M. Schneeberger) : Adopté.
Alors, l'article 123.
M. Girard (Lac-Saint-Jean) : Article 123 :
La Loi sur la fiscalité municipale (chapitre F-2.1) est modifiée par
l'insertion, après l'article 64.1, du suivant :
«640... 64.2., pardon, ne sont pas portés
au rôle les barrages qui sont la propriété de l'État ou dont il a
l'administration ou la gestion.»
Donc, l'article 123 du projet de loi
introduirait, à la Loi sur la fiscalité municipale, un nouvel article 64.2
afin de prévoir que les barrages qui sont la propriété de l'État ou dont il a l'administration
ou la gestion ne doivent pas être portés au rôle d'évaluation foncière.
Le Président (M. Schneeberger) : Merci.
Alors, est-ce qu'il y a des questions sur l'article 123?
Mme Setlakwe : ...j'ai
quelques...
Le Président (M. Schneeberger) : Oui,
députée de <i>Mont-Royal... Oui, allez-y.
Mme Setlakwe : Merci. Oui, j'ai
quelques questions. Peut-être, bien, premièrement, de façon générale, juste
demander à la ministre de, s'il vous plaît, nous expliquer quel est le
raisonnement, là, quelle a été la réflexion qui vous a menés à changer le
régime par rapport aux barrages. Parce que là, on comprend qu'il y en a... que
les barrages ne seront plus du tout inclus au rôle, de sorte que les
municipalités ne tireront pas de revenus de taxation du tout, d'aucun barrage.
Mme Laforest : Bien, oui,
votre question est excellente. En fait, c'est qu'on vient simplement ajouter...
faire une correction, parce que les barrages, au Québec, il y en a 1 297, donc
les barrages qui sont concernés, les 1 297, sont assujettis à la loi,
évidemment, des en-lieu de taxes, puis il y en a 17 qui ne sont pas ou... qui
ont été oubliés ou qui ne sont pas concernés. Donc, les municipalités, des 17 n'ont...
sont traitées différemment au niveau des barrages. Ça fait que là, qu'est-ce qu'on
veut, on veut que ce soit homogène, au niveau du rôle d'évaluation foncière,
avec les... pour être comme les 1 297 barrages qui sont concernés au
Québec. Donc, les 17, je peux vous les nommer, si vous voulez. Il y a 17 barrages
qui sont touchés par cette harmonisation, si je peux dire, je les ai ici. On
pourra vous envoyer la liste des barrages. Mais il faut vraiment que la loi sur
les barrages soit homogène partout au Québec. Donc, encore une fois, on vient
faire un correctif.
Mme Setlakwe : Merci. Mais,
oui, j'allais vous demander de nous... Je comprends que vous avez une liste.
Est-ce que, d'ailleurs, c'est 27 ou 17?
Mme Laforest : 17.
Mme Setlakwe : C'est 17? OK.
Mais vous dites qu'il y en a donc... Tout le reste... Donc, il y en a seulement
17 qui sont sujets au... à la taxe foncière, puis là vous voulez corriger. Mais
en quoi? Donc, il y avait deux régimes qui s'appliquaient sous la loi actuelle,
si on ne la modifie pas?
Mme Laforest : Bien, c'est
ça, on peut dire oui, ça... c'est comme s'il y avait deux régimes. Parce qu'il
faut comprendre, c'est que les barrages ne sont pas assujettis, ils n'ont pas
de services municipaux, les barrages, donc c'est évident qu'au niveau de la
taxation ce n'est pas les mêmes mesures à prendre. C'est pour ça que les 1 299
sont traités différemment, puis il y en avait 17 qui avaient été comme traités
différemment. Donc, on y a ajouté les 17, aux 1 297. Puis les barrages, c'est
sous la responsabilité de l'État, donc c'est normal que ces barrages-là ne
doivent pas être inscrits au rôle d'évaluation foncière.
Mme Setlakwe : Merci. Bien,
écoutez, vous avez mentionné un élément sur lequel j'aimerais revenir, c'était
une de mes questions. Donc, dans aucun cas, les municipalités ne doivent
fournir des services, donc elles n'encourent aucunes dépenses par rapport à ces
barrages-là, là, les 1 270?
Mme Laforest : 1 297.
Mme Setlakwe : 97. Je m'excuse,
oui, c'est 1 270, plus les...
Mme Laforest : Ah! oui...
Oui, OK, c'est ça... vous avez raison, total.
Mme Setlakwe : Mais ma
question demeure, donc : Les municipalités ne fournissent aucun service
par rapport aux barrages?
Mme Laforest : Aucun service.
Mme Setlakwe : Aucun service,
donc aucunes dépenses?
Mme Laforest : Aucunes
dépenses.
Mme Setlakwe : OK. Et donc c'est
pour ça que vous souhaitez, donc, qu'il n'y ait aucuns revenus non plus?
Mme Laforest : Oui, c'est ça.
Mme Setlakwe : Ça représente
combien de villes, là? Je comprends, vous m'avez offert de... vous nous avez
offert de fournir une liste des différents barrages. Mais on parle de quelles
municipalités? Combien de villes... combien de villes sont touchées?
Mme Laforest : Est-ce que...
est-ce que je peux remettre la liste? C'est plutôt la liste des barrages, là.
Est-ce qu'on peut la remettre?
Le Président (M. Schneeberger) : Oui,
vous pouvez la déposer au greffe.
Mme Laforest : OK. Bien,
voulez-vous... Est-ce qu'on peut suspendre, et on va juste la remettre, ou...
Le Président (M. Schneeberger) : Bien,
vous pouvez la remettre officiellement, mais on peut aussi la remettre en mains
propres, il n'y a pas de problème.
Mme Laforest : OK. On va
donner la copie.
Mme Setlakwe : Merci. Donc, c'est
donc déposé à la commission?
Mme Laforest : OK. <Alors...
Mme Setlakwe :
...Donc,
c'est donc déposé à la commission?
Mme Laforest :
OK. >Alors,
je vais les nommer. OK, il y a Roxton, Matane, Kipawa, Laverlochère-Angliers,
Coaticook, Waterloo, <i>Notre-Dame-de-Laus, Lac-des-Écorces, Témiscamingue,
Saint-Didace, Notre-Dame-des-Neiges, Saint-Denis-de-Brompton, Scotsdown... Scotstown,
excusez, Antoine-Labelle, Belleterre, La Vallée-de-la-Gatineau et Saint-Pie.
Mme Setlakwe : OK. Bien,
merci. Est-ce que vous avez une idée du montant dont vont être privées les
municipalités? Avez-vous un montant total de...
Mme Laforest : Oui. Oui.
Mme Setlakwe : Ça représente
combien de revenus en taxation, là, qui vont... qui va leur être retiré?
Mme Laforest : Le total,
c'est 445 000 $. Donc, ce n'est pas si pire, là, c'est...
Mme Setlakwe : 445 000 $...
Mme Laforest : 445 000 $.
Mme Setlakwe : ...de revenus
de taxation...
Mme Laforest : Oui, qui sont
répartis.
Mme Setlakwe : ...au total?
Mme Laforest : Au total.
Mme Setlakwe : Est-ce qu'il y
a une municipalité qui... J'essaie de voir s'il y a des... C'est réparti.
Est-ce que... Parce qu'honnêtement, je vais venir au point, ça ne semble pas
faire consensus, ou ça semble, en tout cas, créer une déception dans le monde
municipal. Là, je me réfère au mémoire de l'UMQ, qui... ils ne souhaitent pas
voir cette mesure être mise de l'avant, ils demandent de le retirer. Tu sais,
jusqu'à maintenant, je vous dirais, généralement, dans le projet de loi, ce
sont des mesures qui sont mises de l'avant pour moderniser, c'est attendu dans
le domaine municipal, en tout cas généralement, là. Et, ici, on voit que ça
pose problème, ils disent que ce n'est pas une bonne idée, de «s'il vous plaît
retirer l'article 123 du projet de loi, qui vise à exclure les barrages
administrés par l'État du rôle d'évaluation foncière. Ça sert de... des pertes
de revenus non négligeables pour les municipalités ayant des barrages sur leur
territoire, alors que celles-ci possèdent souvent un coffre à outils limité
pour générer des revenus en raison de leur emplacement géographique ou du
nombre d'habitants sur leur... sur leur territoire.».
Est-ce que vous croyez, Mme la ministre,
que vous allez, par cette mesure, nuire de façon indue à des municipalités qui
ont peut-être un potentiel fiscal restreint?
• (15 h 40) •
Mme Laforest : Oui. Bien,
votre question est excellente, mais, en même temps, il faut voir que c'est
vraiment inéquitable pour les 1280 municipalités, qu'elles n'ont pas cette
mesure-là. Donc, c'est sûr que, pour les municipalités, qui l'ont... C'est tout
à fait normal d'être assujetti aux 1280 municipalités qui sont pareilles
partout au Québec. Donc, les 17 qui sont ici, je pense que c'est beaucoup plus
équitable que partout au Québec ce soit la même réglementation à ce moment-ci.
Il y a quand même une iniquité, là, pour
les villes, puis les villes même qui ne peuvent pas, qui ne taxent pas, bien,
c'est sûr que les villes disent : Mais pourquoi elles le font? Donc, étant
donné qu'il y en a 17 qui avaient comme été oubliées, on harmonise la loi
partout au Québec avec tous les barrages.
Mme Setlakwe : Merci. Je
comprends. Donc, là, tout à l'heure, vous avez fait référence à la <i>loi
sur les barrages, est-ce qu'il y a une loi... Ou c'est plutôt la Loi sur la
fiscalité municipale qui est modifiée. Il y aurait, j'imagine, une disposition
sur... bien, la disposition dont on traite, là, 64.2. Pardon?
Mme Laforest : Non. La loi
sur les barrages, c'est au ministre de l'Environnement, ce n'est pas chez nous.
Ça, c'est vraiment fiscalité.
Mme Setlakwe : Non, non,
c'est ça. Mais ici on touche à la Loi sur la fiscalité municipale qui a une
disposition sur les barrages, mais on l'introduit. Mais donc, actuellement,
comment se fait-il qu'il y avait un traitement inégal entre les municipalités
si... Ce que je comprends, c'est que l'article 64.2 n'existe pas actuellement.
Donc... donc, les barrages, a contrario, les barrages sont portés au rôle.
Mme Laforest : C'est parce
qu'il y avait comme, si je peux dire, une coquille dans la loi, mais je vais
laisser les légistes l'expliquer.
Mme Setlakwe : Merci.
Mme Laforest : Il y avait une
petite coquille dans la loi qui pouvait être... qui pouvait concerner les 17 municipalités.
Donc, les 17 municipalités ont utilisé cette petite coquille là — on
va l'expliquer bientôt, là — dans la loi. Et c'est pour ça qu'elles
sont traitées différemment ou qu'elles se traitent différemment, ces
municipalités-là.
Mme Desjardins-Dufresne (Erika) :
C'est... À vrai dire, c'est...
Le Président (M. Schneeberger) : Allez-y,
Me Desjardins.
Mme Desjardins-Dufresne (Erika) :
Parfait. À vrai dire, c'est qu'on a constaté, dans le fond, un traitement
hétérogène de la part des évaluateurs quant aux barrages qui sont situés sur
les terres du domaine de l'État. La loi, actuellement, prévoit principalement...
bien, elle décrit, là, ce qui doit être porté et pas porté au rôle et on
parle... on fait référence à un terme principalement d'une construction qui est
érigée sur une terre appartenant... ou une forêt du domaine de l'État. Et on
parlait de définition de construction, bien, dans ce cas-ci, certains
évaluateurs considéraient qu'un barrage n'était pas nécessairement une
construction au sens de la loi. Donc, elle portait au rôle. Donc, après
analyse, on a <constaté...
Mme Desjardins-Dufresne (Erika) :
...construction au sens de la loi. Donc, elle portait au rôle. Donc,
après analyse, on a >constaté qu'effectivement il y avait un manque de
clarté ici puisque, dans d'autres articles, on référait à des barrages... donc
on référait à des barrages, donc, pour des fins hydroélectriques ou pour la
flottaison du bois. Donc, puisqu'on référait plus spécifiquement à des barrages
et qu'ici on parle de construction, bien, il pouvait y avoir un manque de
clarté dans l'interprétation des évaluateurs dans le cas de ces
17 municipalités-là, ce qui n'aurait pas dû normalement se produire, là.
Mme Setlakwe : OK. Donc là,
ça va être clair, avec 64.2, que tout simplement, les barrages ne sont pas
portés au rôle, puis... en tout cas, je reprends... Je pense qu'avec le... L'élément
important, c'est que les municipalités n'encourent pas de dépenses, ils n'ont
pas de service à fournir. Et je reviens juste sur le chiffre de 445 000 $
annuellement. Est-ce qu'il y a une municipalité qui est... ou quelques-unes qui
sont touchées plus particulièrement ou c'est une somme qui serait... on
pourrait... on pourrait diviser par 17 puis en arriver à un impact sur...
approximatif sur chacune des municipalités?
Mme Laforest : Bien, sûrement
pas parce qu'il y a quand même la valeur des immeubles qui est différente, là,
pour chacune... chacun des ouvrages de protection, chacun des barrages.
Mme Setlakwe : ...de voir
s'il va avoir une municipalité ou deux, s'il va y avoir des cas vraiment de...
Tu sais, ça peut mener... Je pose la question, là : Une petite
municipalité qui a un petit budget qui n'a pas... tu sais, qui est en région
éloignée avec une... pas une grande population et qui verrait un trou dans son
budget qui pourrait affecter le service à la population, est-ce que ça vous
préoccupe?
Mme Laforest : Bien oui, ça
nous préoccupait, sauf qu'on a regardé au niveau du pourcentage, puis c'est...
ça peut aller de 0,01 % à 2,8 %. Donc, les montants sont quand même
minimes, là, par rapport aux budgets des municipalités. Donc, on touche
vraiment 0,01 % à 2,88 %. Puis vous l'avez aussi, là, dans le tableau
qu'on vous a remis. Ça fait que vous allez voir, là, les montants ne sont pas
énormes.
Mme Setlakwe : C'est... OK, donc,
c'est... oui, c'est plutôt... ce n'est pas matériel du tout, là, c'est... Vous
avez dit que c'est zéro virgule?
Mme Laforest : Ça commence...
Bien, en fait, c'est 0,0... 0,01 %, l'équivalent, là, pour... dans le
budget, jusqu'à 2,88 %. Ils sont tous en bas de 1 %, il y en a juste
une qui est au-dessus de 2 %, c'est Roxton Pond.
Mme Setlakwe : OK. Non, ça...
je pense que ça fait le tour. Merci, Mme la ministre.
Le Président (M. Schneeberger) : Oui.
Parfait. Alors, s'il n'y a pas... Oui, député de... Heille! j'ai un blanc,
alors... de Taschereau, excusez-moi.
M. Grandmont : Merci. Bien,
merci pour les échanges. Merci. Moi aussi, j'avais des questions quand même sur
cet article-là. Donc, 17 municipalités, là, sur... qui, dans le fond,
perdront des revenus. On comprend que ce n'est pas des revenus qui sont très
élevés en termes de budget. J'aimerais juste comprendre comment... qu'est-ce...
qu'est-ce qui est taxé, en fait. D'abord, est-ce que c'est... Quand on dit que
ça apparaît au rôle, donc on... il y a une évaluation qui est faite de la
valeur? Comment ça fonctionne dans le cas d'un barrage? Je peux le comprendre
pour une maison, avec des comparables, mais, dans le cadre d'un... dans le cas
d'un barrage, là, comment c'était évalué, ça, pour la mise au rôle?
Le Président (M. Schneeberger) : ...Desjardins.
Mme Desjardins-Dufresne (Erika) :
Merci. C'est l'évaluateur municipal qui procède, dans le fond, à
l'évaluation. Dans un cas comme celui-là, il va s'appuyer sur des comparables,
donc sur d'autres types de barrages qui avaient existé. Évidemment, ce n'est
pas de l'évaluation de masse, comme vous l'avez mentionné, comme pour le
domaine résidentiel, mais c'est plutôt de l'évaluation, dans ce cas-ci, du cas
par cas, donc, constructible pour... qui va se fier à des valeurs de d'autres
barrages ou qu'est-ce que ça coûterait potentiellement, construire un tel
barrage, moins la dépréciation qui s'applique.
M. Grandmont : Donc, c'est
vraiment sur la valeur du barrage lui-même ou si c'est basé sur, en quelque
part, la valeur des services qui sont offerts aux propriétaires, en fait, pour
avoir accès, par exemple, au barrage?
Mme Desjardins-Dufresne (Erika) :
La valeur du barrage lui-même
M. Grandmont : Du barrage
lui-même. D'accord. Quand tantôt on parlait, là, de... qu'il n'y a pas de coûts
associés à ça, ça m'a quand même un peu surpris. Bon, je comprends que c'est un
barrage hydroélectrique, peut-être il fournissait lui-même son électricité
puis... Dans tous les cas, là, de toute façon, ça relève d'Hydro-Québec, donc,
ça, ce n'est pas... ce n'est pas du domaine du municipal généralement. Mais,
l'accès en eau potable, il doit avoir des bâtiments accessoires, j'imagine, qui
viennent pour l'opération de ce barrage-là, pour la surveillance. Donc, ça veut
dire qu'il y a besoin d'y avoir une certaine visite, une certaine présence.
Donc, il y a accès à de l'eau potable notamment, j'imagine. Il doit y avoir
accès, aux bâtiments, aussi, donc du déneigement. Est-ce... Comment ça se passe
pour cet accès à ces différents services-là quand on opère un barrage comme
celui-là?
Mme Desjardins-Dufresne (Erika) :
Bien, généralement, on parle ici, effectivement, d'un barrage, donc il n'y
a pas beaucoup d'immeubles associés. Mais on applique une valeur minimale, dans
le fond, pour les autres immeubles qui sont... qui peuvent être adjacents au
barrage comme tel.
M. Grandmont : Donc, ça veut
dire quoi <concrètement...
Mme Desjardins-Dufresne (Erika) :
...adjacents au barrage comme tel.
M. Grandmont :
Donc,
ça veut dire quoi >concrètement comme... Est-ce que ça... Est-ce que ça
suscite ou ça génère en fait des... certains revenus pour la municipalité quand
même, une forme de compensation pour quelques services qui seraient offerts?
Mme Desjardins-Dufresne (Erika) :
Bien, c'est très, très, très minime, la valeur de ces bâtiments-là. La
valeur la plus importante, c'est celle du barrage. Donc, les revenus tirés des
municipalités, les compensations qui seraient versées pour ces immeubles
adjacents là sont infimes, là. Tu sais, on va parler de quelques dizaines de
dollars, parfois, là. Donc, c'est vraiment la valeur du barrage qui peut avoir
une différence. Puis encore, il y a certains barrages qui valent peu, d'où les
chiffres... que Mme la ministre a présentés.
M. Grandmont : Oui, oui,
je comprends. Mais donc, est-ce qu'il y a des barrages... Sur les 1 297,
là, j'imagine que l'entretien des chemins d'accès pour ces barrages-là, ou
encore l'accès à l'eau potable doivent être, j'imagine, fournis par la
municipalité. C'est une forme d'entente qu'on a, puis ça se passe comme ça. Est
ce qu'il y a... Il n'y a pas de forme de compensation, il n'y a absolument rien,
là.
Mme Desjardins-Dufresne (Erika) :
Il peut y avoir des voies d'accès, effectivement. Dans certains cas, elles
peuvent être entretenues par la municipalité ou, dans d'autres cas, par
l'industrie forestière ou par une zec, par exemple. Ça va dépendre de la nature
du barrage, là.
M. Grandmont : D'accord.
Merci.
Le Président (M. Schneeberger) :
Ça va? Alors, est-ce que l'article...
Une voix : ...
Le Président (M. Schneeberger) :
Oui. Oui, députée de Mont-Royal—Outremont.
Mme Setlakwe : Je veux
juste revenir sur la discussion qu'on a. Je comprends le désir d'uniformiser
puis d'avoir un traitement uniforme. Vous avez dit, Mme la ministre, qu'il n'y
avait pas de... que ça n'impliquait aucune dépense pour les municipalités. Donc,
il n'y a même pas, disons, un chemin à entretenir pour se rendre aux barrages,
pour y accéder. C'est que c'est coût nul, là, pour les municipalités où on
retrouve ces barrages.
Mme Laforest : Mais je
n'ai pas, là, les dépenses exactes, s'il y a des dépenses. Sauf qu'ici,
qu'est-ce qu'on fait, c'est vraiment assujettir ces barrages-là à la même loi
de tous les barrages du Québec. Donc, si on ne faisait pas ça, il faudrait
changer la loi de tous les barrages du Québec. Donc, considérant que les autres
municipalités sont à l'aise, puis c'est comme ça, c'est dans la loi,
évidemment. Mais je n'ai pas la précision est-ce qu'il y a un chemin à
entretenir pour un barrage au lac des Écorces, je ne l'ai pas. Mais en même
temps, c'est comme inéquitable pour les autres municipalités qui, elles, n'ont
pas ces revenus-là. Puis, on s'entend, les revenus sont quand même... C'est
quand même des revenus entre 0,01 % et 2,8 %, c'est quand même...
Mme Setlakwe : Oui.
• (15 h 50) •
Mme Laforest : Ça fait
que c'est sûr que, là, il faut quand même... il faut harmoniser la même loi
partout au Québec.
Mme Setlakwe : Non, non,
on n'est pas insensible à ça du tout. On essaie juste de voir l'impact sur...
l'impact de la mesure. Puis ça avait quand même été soulevé dans le mémoire de
l'UMQ et je pense aussi de la FQM, qui souhaitait que vous alliez... que vous
n'alliez pas de l'avant dans ce sens-là. Maintenant, l'échange qu'on a, il est
important, là.
Vous avez mis en lumière le fait que ce
n'était pas... que ça concernait 17 municipalités seulement. Est-ce que...
Pour faire l'évaluation, ça, ce n'est pas à la charge de la municipalité,
l'évaluation qui en est faite, du barrage. Vous dites qu'il y a des évaluateurs
qui... L'explication qu'on a reçue, c'est que l'évaluateur ou les évaluateurs
qui traitaient de ces dossiers-là interprétaient différemment le texte de loi,
qu'ils pouvaient, eux, considérer que c'est une construction ou c'est un
bâtiment adjacent, en tout cas que ça devait être inclus au rôle, et d'autres l'interprétaient
différemment. Donc, vous souhaitez vraiment clarifier tout ça et dire que tout
simplement les barrages ne sont pas portés au rôle. Donc, mais qui assume les
frais de l'évaluation?
Mme Desjardins-Dufresne (Erika) :
C'est la municipalité ou la MRC. C'est l'évaluateur municipal qui a... qui
procède à l'évaluation. Donc, ce sont... C'est l'organisme municipal
responsable de l'évaluation qui le fait. Puis ça, c'est payé par les
municipalités locales.
Mme Setlakwe : Par les
municipalités.
Mme Desjardins-Dufresne (Erika) :
Oui.
Mme Setlakwe : Oui, oui.
Donc... Mais donc... OK, et là, ils font l'évaluation des bâtiments
commerciaux, des bâtiments résidentiels, etc. Ils font... Ils font l'évaluation
de tous les bâtiments sur le territoire de la municipalité. Puis là, s'ils
arrivent devant un barrage, là, ils... Là, ils ne le feront pas.
Mme Desjardins-Dufresne (Erika) :
C'est ça.
Mme Setlakwe : Donc, il
n'y aura pas de frais. Mais, c'est-à-dire qu'il n'y aura pas de service rendu.
Ils ne vont pas l'évaluer parce que ça ne concerne pas le rôle... le rôle
foncier. Est-ce que c'est comme ça qu'on doit le comprendre?
Mme Desjardins-Dufresne (Erika) :
C'est ça. C'est non portable au rôle.
Mme Setlakwe : J'essaie
juste de savoir s'il y a des frais pour la municipalité. Donc, si les
services... s'ils font... si l'évaluateur n'évalue pas, bien, il n'y a pas de
services. Donc, on ne paie pas pour des services.
Mme Desjardins-Dufresne (Erika) :
C'est ça. Alors qu'actuellement les 17 municipalités, elles, doivent
défrayer des frais pour que leur évaluateur procède à l'évaluation.
Mme Setlakwe : OK. Et
donc, je regarde... Là, ici, on parle de barrages... en tout cas, il y aurait
un <inventaire...
Mme Setlakwe :
...je
regarde... Là, ici, on parle de barrages... en tout cas, il y aurait un >inventaire
d'autour de 1 300 barrages au Québec, il y en a 17 qui sont... qui
sont portés aux rôles et pour lesquels les municipalités tirent des revenus. Là,
ici, je suis tombée, là, rapidement sur un article de presse :«Le barrage
de Lac-Sergent passe l'évaluation.» Ici, il y avait un journal local qui
rapportait que les citoyens qui vivent en aval du lac Sergent, du côté de la
rivière Portneuf, peuvent vivre en... peuvent se sentir en parfaite sécurité.
Le barrage est en opération depuis 2004 sans problème, il est sécuritaire, etc.
La ville... 20 ans après sa construction, la ville a investi environ 15 000 $
pour l'évaluation de la sécurité du barrage, comme l'oblige la loi. Est-ce que,
là, ici, on parle de barrages qui sont... c'est ça, qui sont dans le fond, sous
la gouverne du gouvernement? Mais on voit qu'il y en a, des frais.
Mme Laforest : ...des
barrages privés, puis il y a des barrages de l'État aussi, là.
Mme Setlakwe : Bon, voilà,
donc...
Mme Laforest : Ici, c'est
vraiment les barrages de l'État.
Mme Setlakwe : OK, donc
probablement que ce que je suis en train de lire, c'est un barrage privé, ce
n'est pas un barrage du gouvernement du Québec?
Mme Laforest : Bien là, je ne
l'ai pas, toute la liste des autres, les 1 297, je n'ai pas la liste, là,
il faudrait... Ils appartiennent à l'État, mais je ne voudrais pas me tromper
de dire que lui... On va vérifier, on va vérifier, là, mais je ne voudrais pas
m'avancer puis dire que lui appartient...
Mme Setlakwe : Non, je
comprends, mais il n'en demeure pas moins qu'il semble y avoir donc des frais
pour maintenir la sécurité. Ces frais-là ne devraient pas être à la charge de
l'état québécois?
Mme Laforest : Mais il faut
être prudent parce que les ouvrages de protection... les barrages, en fait, il
y en a plusieurs, en amont des lacs, dans toutes, toutes, toutes les régions du
Québec, mais il y en a qui sont privés, puis il y en a qui sont privés et qui
doivent être entretenus. Vous comprenez, ce n'est pas la même situation. Comme
là, ici, on parle des barrages de l'État seulement.
Mme Setlakwe : Oui, mais
quand vous dites «privé»... Je comprends, là, mais donc... donc le barrage
appartient à qui?
Mme Laforest : Bien, c'est
sûr, ça, c'est la loi avec mon collègue à l'environnement. Mais il y a des
barrages... Vous comprendrez qu'anciennement on érigeait des barrages pour
protéger, exemple, une cinquantaine de résidences secondaires. Il y a eu des
barrages qui ont été construits comme ça. Ça fait que ça, c'est sûr qu'il faut
que les gens entretiennent le barrage, puis c'est bien défini, là, c'est des
habitudes, puis ça se fait continuellement. Maintenant, ça, on est en dehors de
ça du tout, là, aujourd'hui, là, on est complètement en dehors de ça. C'est
vraiment celles qu'on... on les rend conformes à la loi actuelle, les 17, comme
les 1 297. Mais là je ne sais pas, l'exemple que vous avez, il faudrait
vérifier, là, je ne sais pas, le lac Sergent, ou... je ne peux pas vous dire.
Mme Setlakwe : Donc, il y
aurait des barrages au Québec... Je comprends, là, vous dites : Des
barrages privés qui sont en aval des cours d'eau, des lacs, mais qui ne
seraient pas... ils ne sont pas sous la responsabilité de l'État.
Mme Laforest : ...il y a des
gros barrages, puis il y a des tout petits barrages aussi, c'est ça, là, ce
n'est pas la même chose, ce n'est pas les mêmes...
Mme Setlakwe : En tout cas,
ça demeure... On dirait que j'ai toujours un point d'interrogation. J'ai
l'impression qu'il y a des barrages pour lesquels les municipalités doivent
encourir des frais. Parce que vous dites : C'est privé, c'est privé, donc
c'est la municipalité qui...
Mme Laforest : Ça dépend. Il
y en a que c'est, exemple...
Mme Setlakwe : ...ou ça peut
appartenir à une entreprise?
Mme Laforest : ...il y a des
barrages que je connais, c'est 50 propriétaires de résidences secondaires
qui sont responsables de l'entretien, c'est un club privé, puis ils
entretiennent le barrage. Mais c'est ça, c'est des dispositions différentes. Ça
fait que... Mais ça, encore une fois, on ne touche pas à ça aujourd'hui. Là, on
vient vraiment harmoniser la loi pour les 17 qui reçoivent des montants, parce
qu'ils... Les municipalités taxent pour les barrages qui sont énumérés ici.
Mme Setlakwe : Je comprends,
non, non, je trouve ça intéressant. Je comprends ce que vous faites, mais on
dirait que ça suscite quand même des questions sur le régime qui s'applique
généralement aux barrages au Québec. Il en existe des milliers, des barrages
privés en désuétude, c'est un article de l'an dernier, 2023 : «Des
milliers de barrages au Québec. La plupart ont été construits entre 1940 et
1980 pour notamment créer des lacs, ce qui n'est d'ailleurs plus autorisé. Au
moins 62 % des barrages de la province appartiennent à des propriétaires
privés ou à des associations de propriétaires, soit 3 857 barrages,
selon le ministère de l'Environnement. Lorsque les barrages sont privés, les
pouvoirs des municipalités sont limités pour assurer leur entretien.»
Mme Laforest : Mais il y a
toujours une vérification qui se fait pour les barrages de l'État, là, avec le
ministère de l'Environnement. Ça, c'est continuel, là, la vérification des
barrages de l'État, ça, c'est... ça se fait continuellement. C'est une
responsabilité de <l'État...
Mme Laforest :
...barrages
de l'État, ça, c'est... ça se fait continuellement. C'est une responsabilité de
>l'État, là.
Mme Setlakwe : Incluant
vis-à-vis les barrages privés?
Mme Laforest : Non, c'est ça
que je vous explique.
Mme Setlakwe : Non, c'est ça.
Mme Laforest : Pour les
barrages de l'État, ceux ici, là, les 1 297, il y a une responsabilité de
l'État pour l'entretien des barrages.
Mme Setlakwe : ...des
barrages privés.
Mme Laforest : C'est ça. Il y
a une loi, vraiment, la loi sur les barrages, là, ça existe, avec le ministère
de l'Environnement, mais, encore une fois, ce n'est pas mon ministère. Puis ils
sont... ils travaillent en relation, en partenariat avec la Sécurité publique,
évidemment, là. Il y a eu un événement, d'ailleurs, on voyait qu'il y avait un
barrage qui était comme en mauvaise position, là, dernièrement. La Sécurité
publique s'est tout de suite déplacée, avec le ministère de l'Environnement,
pour sécuriser le barrage, là, c'est... Il y a vraiment une vérification qui
est faite de l'État. Mais, pour les barrages privés, c'est un autre...
complètement un autre domaine.
Mme Setlakwe : OK, donc il y
a des barrages, au Québec, qui ne sont pas sous la responsabilité du
gouvernement. C'est ce qu'on comprend.
Mme Laforest : Oui.
Mme Setlakwe : Et les
municipalités ont... Quel est leur rôle dans...
Une voix : ...
Mme Setlakwe : Oui, elles
semblent être limitées, donc, dans leur... si elles doivent s'en occuper. Si ce
n'est pas l'État québécois, c'est...
Mme Laforest : Souvent, c'est
la municipalité avec les résidents qui occupent, admettons, l'espace, comme je
vous disais, là, les 50 résidents qui demeurent autour du lac qui a un
barrage, puis, à ce moment-là, il peut y avoir un partenariat avec la
municipalité, là. Ça existe depuis toujours, toujours, ça.
Mme Setlakwe : Non, je
comprends, puis ce n'est pas de ceux-là dont on parle, mais, quand même, on est
en affaires municipales puis là on parle de barrages, on sait qu'il y en a
beaucoup qui sont vieux. Est-ce que c'est une... est-ce que les municipalités
vous parlent de cet enjeu-là, pour ce qui est de ces autres barrages là, les
barrages privés?
• (16 heures) •
Mme Laforest : Bien, ça peut
arriver quand il y a des... Comme quand on a fait le plan pour les inondations,
le projet de loi 67, là, c'est sûr qu'il y a des municipalités qui nous en
ont parlé, puis c'est certain qu'il y a une responsabilité des propriétaires.
Les 50 résidents, je donne toujours ça comme exemple, ça peut être un
autre exemple, mais les 50 résidents qui demeurent dans leur résidence
secondaire puis qui... c'est connu, là, qu'il y a un barrage avant... exemple,
en amont, avant le lac pour protéger les citoyens. Donc, c'est connu, donc les
propriétaires sont responsables aussi. Ça se travaille avec les municipalités,
là, soit pour l'entretien, soit pour l'investissement. Donc, c'est habituel,
ça, mais là on est vraiment dans le domaine privé, là.
Mme Setlakwe : Puis il y a
des... OK, je comprends. Il y a des ententes, dans ces cas-là, qui lient la
municipalité.
Mme Laforest : Oui. Oui, il y
a des ententes avec la municipalité. Parfois, c'est la municipalité qui est
propriétaire ou encore, comme je le mentionne, les 50 résidents sont
propriétaires. Ça dépend des cas, là.
Mme Setlakwe : OK. Ça, c'est
un autre... c'est probablement un autre débat, mais il n'y a pas une charge...
Pour ces barrages-là, j'essaie de voir, est-ce la charge, elle est... donc,
elle repose juste sur les propriétés qui sont concernées, et la municipalité...
ou la municipalité pourrait se tourner puis, après ça, taxer l'ensemble des
résidents, là, pour l'entretien de ces barrages-là? Non? C'est une entente...
je comprends que c'est privé, c'est une entente avec la municipalité pour
l'entretien. Donc, ce n'est que les propriétés concernées qui ont la charge
de... d'assumer les coûts d'entretien?
Mme Laforest : Il y a des
municipalités qui sont propriétaires des barrages, donc, c'est elles qui font
l'entretien. C'est normal, c'est la municipalité qui est propriétaire.
Mme Setlakwe : Je comprends. OK.
Donc, ici, ce n'est vraiment que les 17 pour lesquels il y avait une
interprétation différente de la part des évaluateurs. Là, on clarifie, il n'y
en a aucun de ceux-là qui va être porté au rôle.
Mme Laforest : C'est ça.
Mme Setlakwe : Merci.
Le Président (M. Schneeberger) : Alors,
juste peut-être vous mentionner, pour ce dossier-là, que le document avec la
liste des barrages est maintenant sur le Greffier. Alors, s'il n'y a plus
d'autre question... Ah! député de Taschereau.
M. Grandmont : Oui, merci. Au
fil de la discussion, là, j'ai... il me semble que les choses se sont un peu
clarifiées, là. Moi, j'avais... «Barrage», on a tendance, nous, souvent, à
penser à des barrages électriques, mais on parle vraiment de retenues d'eau,
dans le fond, des barrages qui sont de simples retenues d'eau. Est-ce que c'est
vraiment juste de ça dont on parle ou des barrages électriques peuvent en faire
partie aussi? Quels types de barrages on parle dans le cas qui... par l'article 123,
en fait, là?
Mme Laforest : Bien, les barrages
électriques, par exemple, il y en a qui appartiennent à Hydro-Québec, puis là
il y a des barrages comme ceux-là, ceux qui sont dans les municipalités qui
sont concernées. Puis les 1 299, également.
M. Grandmont : 1297.
Mme Laforest : Donc, on
touche seulement ceux-là.
M. Grandmont : Donc, les
1297, est-ce qu'il y en a là-dedans qui sont des barrages qui servent à la
production électrique?
Mme Laforest : Il y en a
sûrement, oui, parce que c'est des... l'État a des barrages aussi. Donc, ici,
là, c'est vraiment les barrages qui appartiennent...
16 h (version révisée)
Mme Laforest : ...c'est des...
il y a... il y a... l'État a des barrages aussi. Donc ici, là, c'est vraiment
les barrages qui appartiennent à l'État.
M. Grandmont : Oui. Est-ce
que ces 1 297 barrages là, c'est... c'est tous les barrages que
possède l'État, puis il y en a là-dedans qui servent à la fois à la production
électrique, d'une part, puis d'autres, que c'est des retenues d'eau, là,
simplement pour créer des plans d'eau, ou encore, contrôler les débits d'eau de
certaines rivières, par exemple?
Mme Laforest : ...je n'ai pas
la liste, là, quels... Il faudrait peut-être avoir la liste, parce que votre
question, on n'a sûrement pas la réponse toute de suite, là.
M. Grandmont : Moi, je n'ai
pas besoin d'avoir la proportion exacte. Je veux juste savoir est-ce que...
est-ce que ça comprend tous les barrages hydroélectriques qui appartiennent à l'État
québécois, et aussi, là-dedans, cette liste-là, s'il y a aussi des barrages qui
ont d'autres usages que la production électrique.
Mme Desjardins-Dufresne (Erika) :
...des barrages qui servent à la régularisation du débit d'eau, ce que vous
avez dit tout à l'heure. Donc, sinon, pour les autres, c'est plus...
réservoirs, régularisation du contrôle de débit d'eau. Pour les autres, c'est
clairement établi, dans le fond, que, comme je le mentionnais tout à l'heure, l'hydroélectricité,
on a du... de la flottaison du bois, qui existe encore. Ces barrages-là ne sont
pas portables au rôle, et c'est clairement défini. Donc, ils ne sont pas dans
les 17 mentionnés ici, là.
M. Grandmont : Je comprends.
À qui... Qui gère ces barrages-là au Québec, ces barrages qui appartiennent à l'État
québécois?
Mme Laforest : ...les
barrages, c'est le ministère de l'Environnement.
M. Grandmont : C'est le
ministère de l'Environnement qui gère ça?
Mme Laforest : Oui.
M. Grandmont : Donc, des
barrages qui sont sous la gestion d'Hydro-Québec sont aussi des barrages qui
sont gérés par le ministère de l'Environnement?
Mme Laforest : Les barrages d'Hydro-Québec?
M. Grandmont : Oui.
Mme Laforest : Ils sont sous
la responsabilité d'Hydro-Québec, puis Hydro doit respecter la loi sur les
barrages.
M. Grandmont : OK, d'accord.
Et ces barrages-là qui sont... qui appartiennent à Hydro-Québec, est-ce qu'il y
en a qui sont dans les 1 297?
Mme Laforest : Je ne
penserais pas. Est-ce qu'on peut... Je ne pense pas. Est-ce que...
Une voix : ...
Mme Laforest : Non, hein?
Non.
M. Grandmont : OK. Donc, ce
sont tous des barrages qui peuvent servir à la production d'électricité, mais
qui n'appartiennent pas à Hydro-Québec, ou qui sont aussi utilisés pour
régulariser des débits d'eau.
Mme Laforest : Tout à fait.
M. Grandmont : Parfait. Quand
un barrage appartient à une municipalité, est-ce que... bien, c'est un bien qui
appartient à une municipalité... je ne sais pas trop, là... est-ce que la
municipalité met ses propres immeubles au rôle d'évaluation, à son propre rôle
d'évaluation?
Mme Laforest : Non.
M. Grandmont : Non,
évidemment.
Mme Laforest : Ça lui
appartient.
M. Grandmont : Exact. Est-ce
que, quand c'est un barrage privé, les barrages privés sont inscrits au rôle
des municipalités?
Des voix : ...
Mme Laforest : Allez-y. Moi,
il n'y a pas de problème, là, si vous voulez...
Le Président (M. Schneeberger) : ...approbation
pour prendre la parole? Consentement?
M. Grandmont : Oui, consentement.
Le Président (M. Schneeberger) : Parfait.
Alors, monsieur, vous nommer, avec votre titre.
M. Veilleux (Jean-Pierre) : Jean-Pierre
Veilleux, notaire au ministère de la Justice. En fait, il y a déjà plusieurs
types de barrages qui ne sont pas portés au rôle. Par exemple, les barrages
hydroélectriques, qu'on discutait tout à l'heure, actuellement, ils ne sont pas
portés au rôle, donc non taxables, etc. Et la mesure ici vient tout simplement
faire... s'assurer que les barrages de l'État, peu importe leur vocation,
soient également non portés au rôle.
M. Grandmont : Parfait. Mais
ma question, c'était : quand on a des barrages qui sont privés pour créer
un plan d'eau pour les 50 personnes... 50 ménages, 50 familles qui
ont une résidence secondaire... je vais prendre l'exemple de la ministre, ça
fait une image dans la tête aussi, là, je le vois, là... donc, ce barrage-là,
là, est-ce qu'il est porté au rôle de la municipalité où ce lac-là ou ce plan d'eau
là est situé?
M. Veilleux (Jean-Pierre) : Si
c'est uniquement pour de la retenue des eaux, ça pourrait, effectivement, être
porté au rôle.
M. Grandmont : Donc, ça peut,
mais pas nécessairement.
M. Veilleux (Jean-Pierre) : Oui.
Ça dépend des cas, en fait. Vraiment, il faudrait l'analyser au cas par cas,
là.
Mme Laforest : Il y a des
municipalités qui le portent au rôle, d'autres qui sont exemptées.
M. Grandmont : OK. Donc, c'est,
encore une fois, pour certaines municipalités, une source de revenus, en fait,
puis pour d'autres, non. Puis qu'est-ce qui fait que, des fois, c'est porté au
rôle et d'autres fois, non?
Mme Laforest : Bien, la loi
sur les barrages, ça existe depuis toujours. Donc, c'est sûr qu'il y a des
barrages qui sont portés au rôle depuis toujours. Donc, c'est un rituel, là,
pour la municipalité. Puis d'autres ne l'ont jamais été. Donc, c'est sûr que c'est
la réglementation qui se poursuit à ce moment-là.
M. Grandmont : OK. J'ai juste
de la difficulté à comprendre pourquoi... Puis là je ne sais pas si vous avez
des informations sur le nombre de barrages privés qui seraient portés au rôle
au Québec?
Mme Laforest : On va essayer
de vous trouver ça. Mais ce n'est pas mon ministère, là, mais...
M. Grandmont : Mais c'est
parce que, pour...
Mme Laforest : On va
travailler avec Environnement puis... Pour porter au rôle, oui, c'est chez nous,
c'est vrai.
M. Grandmont : Oui, c'est ça.
Mme Laforest : On va... on va
vous trouver ça.
M. Grandmont : Ils sont
portés au rôle aussi? Non...
Mme Laforest : Non, mais on
va vous trouver la liste, là. On ne l'a pas.
M. Grandmont : Ah! vous allez
trouver la liste. Bien, en fait, c'est qu'il y a comme un... une possibilité,
dans le fond, pour certaines municipalités d'avoir... de tirer des revenus, je
vais le dire comme ça, là, mais de porter au rôle des barrages qui sont privés,
puis j'ai l'impression que ça revient à leur... c'est leur prérogative de le
faire. Ou est-ce qu'il y a des <critères...
M. Grandmont :
...puis
j'ai l'impression que ça revient à leur... c'est leur prérogative de le faire.
Ou est-ce qu'il y a des >critères? Est-ce que, dans le fond... Là, on
revient sur... Tu sais, vous avez dit tout à l'heure que, dans le fond, ce
qu'on veut, c'est harmoniser, parce qu'il y a différents types
d'interprétations qui peuvent être faites, puis certains barrages, bien, ont
été considérés... ont été oubliés parce qu'ils passaient un peu sous une autre interprétation
de la loi. Est-ce que, pour les barrages privés, c'est la même chose ou si,
vraiment, ça dépend juste... c'est juste une prérogative des municipalités de
porter au rôle ou non ces barrages privés là?
Mme Laforest : Bien là, je ne
peux pas vous répondre. Ça fait longtemps, longtemps, là, cette... Il y a des
exceptions, ça, c'est certain, pour les barrages. Mais est-ce que vous avez
depuis quand c'est comme ça?
Mme Desjardins-Dufresne (Erika) :
La date exacte, je ne pourrais pas vous dire. Dans le fond, si je peux
résumer, si ça peut vous éclairer, il y a deux grands types de barrages, comme
Mme la ministre le disait, barrages qui sont... qui appartiennent à l'État, on
inclut là-dedans les barrages qui appartiennent aux MRC ou aux municipalités,
et les barrages privés, dont les barrages qu'on appelle... qui font partie d'un
régime d'autoconsommatrices, donc les... une entreprise, par contre... par
exemple, qui utilise elle-même son hydroélectricité, qui a son propre barrage
pour produire son hydroélectricité. Tout ça est encadré différemment dans la
loi.
À l'heure actuelle, on parle
spécifiquement, là... l'article ici, il vise spécifiquement les immeubles
portés... les immeubles qui appartiennent à l'État, comme je le mentionnais,
donc, ou sur... ou sur une terre qui appartient à l'État. Et, dans ce cas-ci,
on a plusieurs dispositions dans la loi qui viennent prévoir de quelle manière
ça doit être porté au rôle ou pas. Donc, ce n'est pas... normalement, ce n'est
pas au bon vouloir de l'évaluateur. Au contraire, c'est encadré dans la loi. Et
c'est le problème qu'on a constaté ici, c'est que normalement, ces barrages-là
devraient... auraient dû être considérés comme l'ensemble des autres barrages
prévus, soit les barrages hydroélectriques et les barrages de flottaison de
bois, auraient dû être considérés de la même manière, et... mais le fait qu'on
utilise le terme «construction», principalement, a créé une certaine... une
certaine ambiguïté qui fait que ces 17 municipalités là ont décidé de
porter au rôle des immeubles.
• (16 h 10) •
M. Grandmont : Je comprends,
je comprends.
Mme Desjardins-Dufresne (Erika) :
Mais, normalement, c'est très clair dans la loi que c'est... ce qui est
portable et ce qui n'est pas portable au rôle.
M. Grandmont : Puis les 17 barrages
qui appartiennent à l'État, là, donc qui ne sont pas couverts actuellement, là,
sur les 1 297... vous avez déposé, là, tout à l'heure, là, la liste, là,
des municipalités qui seront éventuellement touchées par ça... est-ce que vous
êtes en mesure de nous dire aussi... puis c'est peut-être inclus dans la liste
déjà, là, mais... quelle était leur fonction, leur utilité?
Mme Laforest : ...on va
vérifier.
M. Grandmont : Mais... OK, vous
allez vérifier. Est-ce que vous allez pouvoir nous fournir l'information?
Mme Laforest : Oui.
M. Grandmont : Oui? D'accord,
d'accord. Ce que je trouve... En tout cas, je me pose un peu les questions...
les mêmes questions que, je pense, ma collègue de Mont-Royal—Outremont,
peut-être sous un autre angle, là. Il y a... il y a comme possibilité, dans le
fond, pour les municipalités, que certains barrages privés, dans le fond,
soient inscrits au rôle, puis là il y a des... il y a des barrages pour
lesquels, finalement, c'était possible, pour des dispositions, évidemment, là,
qu'on tente de corriger, mais, en même temps, ça va toujours être possible de
le faire pour des barrages privés, ce ne sera pas possible pour le faire pour
l'entièreté des barrages qui appartiennent à l'État.
Ça fait que je me demande dans quelle
mesure on a comme... pas deux régimes qui se côtoient, mais qui sont, dans le
fond, comme deux poids deux mesures, en fait. Il y a une possibilité, d'un
côté, puis il ne l'a pas, de l'autre. J'ai de la misère à comprendre un peu,
là, pourquoi tous les... tous les barrages du domaine... qui appartiennent à
l'État, dans le fond, sont soustraits à cette... à cette possibilité-là.
Mme Laforest : ...je vais le
dire dans mes mots, là. Les 1 280... 1 280 barrages... Il y en a
1 297 au Québec. Il y a eu la loi, justement, pour la taxation des
barrages. Donc, les barrages qui appartiennent à l'État n'étaient pas portés au
rôle. Dans la loi, on s'est aperçu qu'il y a 17 municipalités qui taxaient
encore au niveau des barrages, qui avaient des revenus du gouvernement pour
leurs barrages. Mais les 17 municipalités, c'est qu'elles se sont... si je
peux dire, elles ont interprété différemment le règlement de la loi sur les
barrages. Donc, pour les 1 280 qui ont respecté la loi sur les barrages,
au niveau de la taxation... mais pour les 17 qui sont... qui n'ont pas respecté
la loi des barrages... il faut quand même que les 17 soient... soient
considérés comme les 1 280 qu'il reste au Québec.
M. Grandmont : Qu'ils soient
assujettis, dans le fond.
Mme Laforest : C'est ça,
c'est juste un assujettissement, voilà, oui.
M. Grandmont : D'accord. Je
ne voulais pas vous mettre des mots dans la bouche, c'étaient vos mots à vous,
mais...
Mme Laforest : Assujettissement,
c'est ça.
M. Grandmont : D'accord.
Mme Laforest : Mais c'est
vraiment ça.
M. Grandmont : Là, je
comprends que, dans le fond, ça... on veut assujettir ces 17 barrages là,
là, à la même chose que les... aux mêmes dispositions que les
1 280 autres. Il n'y aura pas de... d'effet de rétroaction ou de
compensation qui va être demandée à ces municipalités-là qui ont taxé, pendant
des années, des barrages?
Mme Laforest : ...déjà, là, c'est
pour ça qu'elles doivent considérer qu'elles ont été très <chanceuses...
Mme Laforest :
...c'est
pour ça qu'elles doivent considérer qu'elles ont été très >chanceuses là.
M. Grandmont : Donc, c'est ce
que vous dites aujourd'hui, là...
Mme Laforest : Il n'y a pas
de rétroaction.
M. Grandmont : ...il n'y aura
pas d'argent, il n'y aura pas de compensations qui leur seront demandées.
Mme Laforest : Non.
M. Grandmont : OK, merci.
Le Président (M. Schneeberger) : Ça
va? Alors, est-ce que l'article 123 est adopté?
Des voix : Adopté.
Le Président (M. Schneeberger) : Adopté.
Article 149.
M. Girard (Lac-Saint-Jean) : «149.
Aucune somme visée à l'article 254 de la Loi sur la fiscalité municipale
(chapitre F-2.1) n'est versée par le gouvernement, à compter de l'exercice
financier municipal de 2025, à l'égard d'un barrage qui n'est plus porté au
rôle d'évaluation foncière en vertu de l'article 64.2 de cette loi, tel
qu'édicté par l'article 123 de la présente loi.
«Le premier alinéa s'applique malgré le
troisième alinéa de l'article 254.1 de la Loi sur la fiscalité municipale et
l'article 7.1 du Règlement sur les compensations tenant lieu de taxes (chapitre
F-2.1, r. 2).»
Alors, l'article 149 du projet de loi
mettrait fin, à compter de l'exercice financier municipal de 2025, au versement
de toute compensation, tenant lieu de taxes, à l'égard d'un barrage qui n'est
plus porté au rôle d'évaluation foncière en vertu de l'article 64.2 de
cette loi, tel qu'édicté par l'article 123 de la présente loi.
M. Grandmont : Merci. Est-ce
qu'il y a des questions sur 149?
Mme Laforest : ...c'est
votre... c'est la crainte que vous ayiez. Vous avez mentionné tantôt, pour les
municipalités : Est-ce qu'elles auront des... est-ce que ce sera
rétroactif ou est-ce qu'elles auront des compensations? Donc, c'est sûr qu'ici,
sans cette disposition-là de l'article, bien la mesure qui va entrer en vigueur
au moment de la sanction de la loi, bien, les municipalités pourraient devoir
rembourser des montants, une partie des compensations qui sont versées pour
l'année 2024. Donc, c'est ici, comme vous le... comme on l'a dit, là, il
n'y a pas de montants qui seront demandés, des montants rétroactifs. Ça fait
qu'ici c'est... à votre question, là, c'est la réponse.
Le Président (M. Schneeberger) : Député
de Taschereau.
M. Grandmont : Donc, 2024
sera payé entièrement...
Mme Laforest : Oui.
M. Grandmont : ...puis, dans
le fond, dès la... pas la sanction, donc au début... 2025, dans le fond, à
partir de 2025, peu importe la date de sanction, les municipalités ne pourront
plus porter au rôle ces installations-là.
Mme Laforest : C'est ça,
dernière année, 2024.
M. Grandmont : D'accord,
parfait.
Le Président (M. Schneeberger) : Ça
va?
M. Grandmont : ...oui.
Le Président (M. Schneeberger) : Alors,
est-ce que l'article 149 est adopté?
Des voix : Adopté.
Le Président (M. Schneeberger) : Adopté.
Là, il y avait l'article 117 et son amendement, qui avait été suspendu.
Alors, je voudrais avoir le consentement à savoir si on le reprenait.
Consentement ou...
Des voix : Consentement.
Le Président (M. Schneeberger) : Oui?
Parfait. Alors, je pense que, si ma mémoire est bonne, il y avait une question
qui avait été soulevée, et on attendait des réponses là-dessus. Je ne sais pas
si... j'imagine qu'on a les réponses étant donné que vous acceptez de le... de
le reprendre.
Des voix : ...
Le Président (M. Schneeberger) : C'est
ça, l'amendement n'a pas été déposé, c'est ça? C'est bien ça? Il y avait une
volonté de déposer l'amendement, mais il n'avait pas été déposé. Exactement.
Parfait.
Mme Laforest : ...
Le Président (M. Schneeberger) : Non,
il n'a... il n'a pas été... il est au Greffier, mais il n'a pas été déposé
officiellement, ça veut dire qu'il n'a pas été lu.
Mme Laforest : ...M. le
Président.
Le Président (M. Schneeberger) : Oui.
Parfait, il est là. Ça, c'est l'amendement? Parfait.
Des voix : ...
Le Président (M. Schneeberger) : Parfait.
Alors, qui lisait l'amendement?
Mme Laforest : ...l'article 117 :
Ajouter, à la fin de l'article 659.5 de la Loi sur les élections et les
référendums dans les municipalités, proposé par l'article 117 du projet de loi,
l'alinéa suivant :
«Les modalités prévues au premier alinéa peuvent
notamment viser à favoriser le respect des dispositions de l'article 659.1.
Elles peuvent également porter sur la <confidentialité...
Mme Laforest :
...à
favoriser le respect des dispositions de l'article 659.1. Elles peuvent également
porter sur la >confidentialité des renseignements contenus dans la liste
et sur la désignation d'une personne par le parti pour recevoir la liste.»
Ici, on vient prévoir la transmission
annuelle, aux partis politiques autorisés, d'un extrait de la liste électorale
permanente comprenant les renseignements des électeurs de la municipalité où
ils exercent leurs activités. Ici, l'amendement vient préciser que les modalités
de transmission de la liste déterminées par le Directeur général des
élections<i> peuvent notamment porter sur le respect et la
confidentialité des renseignements qui y sont contenus.
Je crois que, si je ne me trompe pas,
c'est... quand on avait suspendu cet article, là, c'était une demande par
respect pour la confidentialité de la liste électorale, c'est bien ça? On était
rendus là quand... parce qu'on... C'est il y a deux semaines, ça? OK, donc
c'est ça, on a ajouté... on a ajouté votre proposition à l'amendement. Donc,
ici... voilà, donc, ici, ça va réduire l'écart entre les partis politiques, et
en ce qui concerne l'accès aux électeurs, plus de confidentialité, puis le Directeur
général des élections<i> pourrait demander aux partis de désigner une personne
également pour recevoir la liste puis assurer la protection de son caractère
confidentiel. C'est ça qu'on avait demandé également.
• (16 h 20) •
Le Président (M. Schneeberger) : Parfait.
Est-ce qu'il y a des questions sur l'amendement? Députée de Mont-Royal—Outremont.
Mme Setlakwe : ...merci, M.
le Président. On se souviendra que la discussion, oui, portait sur la
confidentialité, mais c'était une question aussi de... Bien, en fait, je
m'excuse. Directement sur l'amendement, là, là, on voit que les modalités du
règlement peuvent viser à favoriser le respect. Pourquoi vous avez choisi de
laisser la discrétion et ne pas en faire une obligation?
Mme Laforest : ...
Le Président (M. Schneeberger) :
...allez-y.
Une voix : ...
Le Président (M. Schneeberger) : Oui,
consentement, c'est vrai. Alors, consentement pour prendre la parole?
Consentement, allez-y.
Mme Petit (Katia) : Merci,
donc...
Le Président (M. Schneeberger) : ...vous
présenter.
Mme Petit (Katia) : Donc,
Katya Petit, sous-ministre adjointe aux politiques au ministère des Affaires
municipales et de l'Habitation. Alors, ce qu'on est venu faire, c'est qu'on est
venu notamment prévoir ce que peuvent contenir les modalités. Donc, il revient
au DGE, qui gère lesdites modalités, de prévoir lesquelles il veut... il
souhaiterait voir appliquer, là. Donc, c'est pour lui laisser la marge de
manœuvre requise. Donc, on est venu préciser que ça peut notamment porter sur
la désignation d'une personne... d'une personne, là, du parti pour recevoir la
liste, qui, elle, va être responsable de s'assurer que la confidentialité est
respectée. Donc, on est vraiment en continuité avec sa propre demande, là,
lorsqu'il est venu en commission.
Mme Setlakwe : Et j'ai le
mémoire sous... son mémoire sous les yeux. Mais là on lui... on lui attribue la
responsabilité, donc, de prévoir les règles de confidentialité. Si je me
souviens bien, son commentaire était le suivant : au provincial, la
loi 25 s'applique. Mais pas au municipal? Est-ce que c'est le cas pour le
traitement des renseignements personnels?
Mme Petit (Katia) : En fait,
c'est que les partis provinciaux sont assujettis à la... à la Loi sur la
protection des renseignements personnels dans le secteur privé, ce qui n'est
pas le cas des partis municipaux. Ce qu'on avait indiqué, là, lors des premiers
échanges à ce sujet-là, c'est que ce serait vraiment un chantier majeur de le
faire. Donc là, ce qu'on est venu prévoir, c'est des modalités pour venir compenser
cette réalité-là propre à la liste électorale. Donc, il y a déjà des modalités
qui s'appliquent pour la transmission de la liste, parce que les partis la
reçoivent déjà, là, par exemple, en période électorale. C'est juste que là, ils
vont la recevoir une fois par année.
Donc, ce qu'on est venu faire, c'est
prévoir qu'il y a déjà des interdictions dans la loi, entre autres à 659.1, là,
qu'il est interdit de communiquer la liste à d'autres fins, etc. Et il y a même
des sanctions associées à ça. Donc, on est venus s'assurer que tout ce
régime-là s'appliquait également aux extraits de listes qui sont transmis hors
période électorale. Donc, on est venus vraiment pallier... et on a échangé avec
le DGE à ce sujet-là...
Mme Setlakwe : Parfait, merci.
Mme Petit (Katia) : ...pour
s'assurer que ça lui convienne.
Mme Setlakwe : Et le DGE
s'est déclaré satisfait de cet amendement?
Mme Petit (Katia) : Oui, tout
à fait.
Mme Setlakwe : OK. Mais on se
souviendra, Mme la ministre, qu'en fait je pense que c'était vous qui aviez
demandé la suspension, parce que vous disiez que, tu sais, dans les petites... Pardon?
Mme Laforest : Ce n'était pas
l'article ici, là...
Mme Setlakwe : Oui,
c'était... mais c'est-à-dire que... Là, je me... là, je ne suis peut-être plus
sur l'amendement, mais ça concerne quand même la discussion qu'on avait. Transmettre
la liste électorale aux partis politiques, évidemment que ça... c'est quelque
chose qui a lieu aux quatre ans, c'est sûr. Et là on avait la discussion :
Ah! là, ce serait donc une nouvelle disposition... une nouvelle obligation de
la transmettre en septembre de chaque <année...
Mme Setlakwe :
...serait
donc une nouvelle disposition... une nouvelle obligation de la transmettre en
septembre de chaque >année. Je pense que la mairesse de Longueuil, c'est
quelque chose qu'elle souhaitait puis ce n'est sûrement pas juste elle, là, donc,
quand il y a un... quand il y a un parti politique qui est formé. Puis on avait
toute la discussion à savoir : Qu'est-ce que ça prend pour former...
autoriser un parti politique? Et là on avait la discussion, en commission, à
savoir... Mais donc ces informations-là sur les électeurs vont... vont être
envoyées à chaque année, puis c'est vous que vous aviez dit : Dans les
petites municipalités, attendez, là, ça me... Vous sembliez sensibilisée et
inquiète. Puis, finalement, votre réflexion, à ce niveau-là, qu'est-ce que...
Mme Laforest : Oui, bien, en
fait, vous avez vraiment une bonne mémoire, parce que j'étais inquiète des
petites municipalités, parce que je disais : Les petites municipalités, au
niveau de la confidentialité... tout le monde se connaît, ou presque, là, dans
les petites municipalités. Sauf que les petites municipalités, ce qu'on a
regardé, ils n'ont pas de parti politique. Ça fait que, tout de suite... Ce
n'est pas un... ce n'est pas un enjeu... ce n'est pas un danger, là, ce n'est
pas... ce n'est pas un enjeu à considérer à ce moment-ci. Puis ici, bien, en
ajoutant l'obligation de sécurité puis les mesures que le DGE a demandées, à ce
moment-ci, ça respecte...
Mme Setlakwe : OK. Donc, dans
les petites municipalités, il n'y a pas de parti politique. Rappelez-nous la
règle, donc, c'est-tu 5 000 habitants?
Mme Laforest : Je vais vous
dire, c'est 5 000... c'est 5 000 et plus pour un parti politique.
Mme Setlakwe : C'est ça.
Donc, les municipalités de 5 000 et moins, il n'y a pas de... il n'y a pas
de parti.
Mme Laforest : C'est ça. Ça
fait que c'est pour ça... c'est ça qui m'inquiétait. Mais 5 000 et moins,
il n'y a pas de... pas de danger.
Mme Setlakwe : OK. Là, on dit
que «sauf lors d'une année électorale — parce que là, ce n'est pas...
ce n'est pas en septembre que c'est transmis, on suit le calendrier... le
calendrier propre à une année... une année électorale — le DGE
transmet, en septembre de chaque année, selon les modalités qu'il détermine, à
tout parti autorisé, la liste des électeurs au sein de laquelle le parti
autorisé exerce ses activités, qui sont inscrits sur la liste permanente». Quel
était... quel était l'objectif, déjà, de ça? C'était de... que les partis
soient sur un même pied d'égalité, ceux qui existent depuis longtemps et ceux
qui sont nouvellement créés? Juste nous rappeler, là, l'objectif qui est
souhaité avec cette modification-là.
Mme Laforest : Bien,
l'objectif, c'était... en commission parlementaire, en consultation, on écoutait,
là... c'était la demande de l'UMQ, Québec, Montréal, puis les gens disaient...
les unions disaient : Pourquoi vous, vous le faites au provincial, et
nous, on ne peut pas le faire? C'est plus cette mesure-là. Ça fait que c'est
sûr qu'on a vérifié avec le DGE. Donc, c'est sûr qu'avec les dispositions de
confidentialité et... on répond à la demande du DGE, on répond à la demande des
petites municipalités concernant la confidentialité. Donc, à ce moment-ci, il
n'y a pas d'enjeu, là.
Mme Setlakwe : OK. Puis dans
une petite municipalité de moins de 5 000 habitants, il n'y a pas de
parti, donc il va y avoir transmission seulement aux quatre ans aux candidats
indépendants?
Mme Laforest : Aux candidats
indépendants, yes... oui, excusez.
Mme Setlakwe : Et donc, dans
les petites municipalités, il n'y aura pas un envoi à chaque année?
Mme Laforest : Non.
Mme Setlakwe : Non,
effectivement, parce que, s'il faut attendre aux quatre ans pour voir qui va...
qui seront les candidats...
Mme Laforest : Oui.
Le Président (M. Schneeberger) : ...
Mme Setlakwe : Puis ce que
vous dites, c'est que... Merci, M. le Président, je suis en train de, oui,
réfléchir, je... Au provincial, c'est la règle, on l'a calquée, là, vous avez
calqué ce libellé sur ce qui existe pour les élections provinciales. À chaque
année, en septembre, les listes sont envoyées à chaque parti autorisé.
Mme Laforest : Trois fois par
année au provincial.
Mme Setlakwe : Ah! c'est
trois fois... c'est trois fois par année, OK. Là, au municipal, ce serait, avec
cet article, une fois par année. Puis les mesures de confidentialité qui
existent, là, quand on remet la liste, est-ce que vous pouvez nous refaire un
rappel de ce qui existe quand c'est envoyé? Comment... comment est-ce que... Ça
se fait via le greffier, j'imagine? Puis comment est-ce que la confidentialité
des renseignements personnels est... dans les faits, comment elle est... elle
est assurée?
Mme Laforest : Mme Petit.
Le Président (M. Schneeberger) : ...
Mme Petit (Katia) : Parfait.
Donc, merci, M. le Président. En fait, il y a une interdiction très claire de
prévue, déjà, dans la loi... dans la LERM, l'article 659.1, qui prévoit qu'il
est interdit à quiconque d'utiliser, de communiquer ou de permettre que soit
communiqué à d'autres fins que celles prévues par la loi, un renseignement
contenu dans une liste électorale ou référendaire, etc., là. Je peux vous la
lire au complet. Et à ça est associée une infraction en cas de... en cas de
violation, là, de l'interdiction, et une sanction pénale qui peut aller, par
exemple, jusqu'à 2 000 $ pour une personne <physique...
Mme Petit (Katia) :
...et
une sanction pénale qui peut aller, par exemple, jusqu'à 2 000 $ pour
une personne >physique pour une première offense, 6 000 $ pour
une personne morale, et c'est le double, là, en cas... en cas de récidive.
Donc, c'est un régime qui est assez serré, qui est appliqué pour la liste
transmise en... pendant l'année électorale.
Donc là, ce qu'on est venu s'assurer,
c'est que ces mêmes modalités là s'appliquent à la liste transmise hors période
électorale, et qu'en plus le DGE est bel et bien habilité pour venir prévoir
des modalités additionnelles pour en assurer la confidentialité. Donc, c'est
comme si on lui donne, en plus, le moyen d'agir, en disant : pareil comme
au provincial, où les partis doivent désigner une personne qui est responsable
de la liste. Bien là, on l'applique aussi pour les partis municipaux, donc on
lui donne le moyen d'agir.
Mme Setlakwe : OK. Non, l'amendement
me semble bien fondé. Comment est-ce que cet amendement, donc cette
transmission annuelle de la liste, va, selon vous, favoriser, là, la... Est-ce
que vous voyez qu'il va y avoir une meilleure participation citoyenne, une
meilleure... Parce qu'on sait que le taux de participation... Bien, tu sais,
quel est l'objectif, en fait? C'est...
Mme Laforest : L'objectif,
c'est de rejoindre les électeurs, quand on dit qu'on veut plus d'électeurs,
attirer plus de personnes qui sont vraiment sensibles au milieu municipal. Donc,
c'est toujours dans cette optique-là. Ça fait que c'est sûr qu'à ce moment-là,
s'il n'y avait pas la possibilité de rejoindre les électeurs dans le passé... Là,
on le permet. Bien, c'est sûr qu'on va... on va aider à ce que les gens
participent plus.
• (16 h 30) •
Mme Setlakwe : Est-ce que...
est-ce que vous... quand même, vous envisagez d'entreprendre un chantier, là,
pour assujettir les... les... assujettir le municipal au régime qui s'applique
aux élections provinciales? Parce que c'est assez sévère, hein, on ne peut pas
communiquer avec des électeurs en cours d'année. Les partis politiques, là,
c'est très... c'est devenu limité, puis c'est bien comme ça, là, ce qu'ils
peuvent faire avec... dans leurs communications. C'est-à-dire que le respect
des renseignements personnels, maintenant, c'est géré de façon très serrée, et
au municipal, on voit qu'il y a quand même un autre régime, là. Là, ce que vous
dites, c'est qu'il faut favoriser... il faut favoriser le contact avec les
citoyens, il faut... il faut entrer en contact avec eux, il faut... il faut
parler d'affaires municipales, il faut les engager, mais il va y avoir une
disparité entre ce qui est permis de... ce qui est permis au provincial et ce
qui est permis au municipal. Ça ne vous... ça ne vous préoccupe pas?
Mme Laforest : Bien, ça me
préoccupe, certain. Ce qui me préoccupe, c'est ce qui se passe présentement,
parce que, présentement, il y a des listes qui se partagent, puis ce n'est pas
normal que les listes se partagent, parce que, dans la loi... Là, on légalise
la possibilité, mais, aujourd'hui, à ce jour, il y a, des fois, des listes qui
se partagent, puis, normalement, dans la loi, on ne peut pas le faire. Donc là,
on vient vraiment baliser la mesure avec le DGE, donc tout est bien défini. Ça
fait que c'est sûr que ce qui se fait... puis, honnêtement, je le dis ici parce
que je sais que ça se fait, là, dans le milieu municipal, ce qui se fait,
présentement, c'est moins encadré. Là, on vient encadrer, puis les mesures sont
balisées, sont bien expliquées. Donc, c'est sûr que c'est... disons que c'est
plus normal, ce qu'on fait aujourd'hui.
Le Président (M. Schneeberger) : Ça
va? Alors, si... Député de Taschereau.
M. Grandmont : ...peut-être
aller d'abord sur ce que vous avez dit, là, tout à l'heure... bien, à
l'instant, en fait, là. Vous dites que ce qui se fait actuellement au
municipal, c'est moins encadré. Qu'est-ce que vous voulez dire par là?
Mme Laforest : Bien, des
fois, il y a des partages des... il y a certains endroits que la liste... il y
a un partage de certaines listes. Mais il faut que ce soit bien encadré, bien
balisé. Puis là, avec le DGE, on répond à la demande du DGE au niveau de la
confidentialité. Donc, c'est sûr que ce n'est pas la... C'est très, très bien,
ce qu'on amène là.
M. Grandmont : OK. Mais c'est
partagé à qui, les listes? Parce qu'actuellement, il y a juste les partis
politiques qui peuvent avoir accès à ces listes-là. Je vais répéter, là, mais
il y a seulement les partis, actuellement, qui ont le droit d'avoir accès aux
listes, là. Ça, ça ne change pas, c'est juste qu'on augmente la fréquence. Là,
vous dites : C'est partagé. C'est partagé à qui, comment?
Mme Laforest : ...parfois, il
y a une liste, au fédéral, qui va être partagée...
M. Grandmont : Dans ce
sens-là.
Mme Laforest : ...au municipal
ou... au provincial, au municipal. C'est ça, là. Il faut vraiment bien... bien
établir la loi, là.
M. Grandmont : Je comprends.
Ce qu'il y a dans la liste... ce qu'il y a dans la liste électorale, est-ce que
c'est la même chose au niveau fédéral? On fait juste revoir les limites, dans
le fond?
Mme Laforest : ...
M. Grandmont : C'est ça.
Donc, essentiellement, on revoit les limites, mais c'est exactement les mêmes
informations qui sont présentes.
Mme Laforest : C'est...
Exactement, oui.
M. Grandmont : Donc... Je
comprends. Donc, dans ce cas-là, on se retrouvait avec des municipalités, selon
ce que vous venez de dire, qui se faisaient partager des listes des paliers
supérieurs.
Mme Laforest : Tout à fait.
M. Grandmont : Mais donc qui
avaient accès, potentiellement, à des données, aussi, qui étaient de
l'extérieur de leur municipalité, ce qui... ce qui contreviendrait, dans le
fond, à la loi.
Mme Laforest : Bien, c'est ça.
M. Grandmont : Parce que la
loi va être claire...
16 h 30 (version révisée)
M. Grandmont : ...accès
potentiellement à des données aussi qui étaient de l'extérieur de leur
municipalité, ce qui contreviendrait, dans le fond, à la loi.
Mme Laforest : Oui.
Bien, c'est ça.
M. Grandmont : Parce que
la loi va être claire, c'est vraiment juste pour la municipalité.
Mme Laforest : Oui,
exact. Vous avez tout compris.
M. Grandmont : Parfait.
Dans la liste électorale, c'est une question que je me pose, puis c'est un
petit peu à côté, mais tant qu'à être sur la liste elle-même, là, les
informations qu'on trouve dans la liste électorale, c'est quoi?
Une voix : ...
Mme Petit (Katia) : Nom,
âge et adresse de l'électeur.
M. Grandmont : Il y a le
numéro de téléphone aussi quand il y a un numéro fixe?
Mme Petit (Katia) : Non.
M. Grandmont : Il n'y a
pas de numéro de téléphone. D'accord. Donc, on a juste le nom, l'âge, le genre,
puis l'adresse.
Mme Petit (Katia) : Pour
les municipales, exactement.
M. Grandmont : Pour le municipal.
Est-ce que c'est les mêmes informations au niveau québécois et fédéral?
Mme Petit (Katia) : Il y
a le sexe en plus au niveau provincial.
M. Grandmont : Donc, le
genre, au niveau québécois.
Mme Petit (Katia) : Oui.
M. Grandmont : Parfait.
D'accord. Tantôt vous avez parlé de 5 000 habitants comme une limite
acceptable parce que c'est la limite qui est utilisée actuellement pour
permettre, autoriser les partis politiques. C'est ce que vous avez dit. Donc,
la loi est prévue comme ça actuellement.
Autrement, des fois, on a des alliances de
candidats indépendants, candidates indépendantes qui vont se regrouper sous une
bannière, mais ils ne peuvent pas être reconnus au sens de la loi, comme un
parti politique, donc, avec tous les avantages mais aussi toutes les
contraintes administratives qui viennent avec ça. Donc, c'est ça.
Puis vous aviez dit que ça... ça ne vous
inquiète pas. Parce qu'il y a la notion, là, de... de connaître ses voisins,
là, je le dirais comme ça. Dans les petites municipalités, on se connaît plus.
Là, si on a accès aux informations de tout le monde, ça peut poser un préjudice
ou un problème, en fait.
À 5 000 habitants, on se connaît
quand même pas mal, là, tu sais, est-ce que... est-ce que vous trouvez vraiment
que la limite de 5 000 habitants, c'est une barrière, c'est une... c'est
un nombre, c'est une... c'est une population qui est suffisante pour ne pas,
justement, susciter des enjeux particuliers au regard de la liste électorale?
Mme Laforest : Bien là,
c'est sûr qu'avec les infractions ou encore avec la disposition qu'on amène
aujourd'hui, les 5 000 habitants, il n'y a plus de problème, là. Ça
fait que je ne sais pas si tout le monde se connaît à 5 000 habitants,
mais...
M. Grandmont : Bien, pas
loin, quand même. Il y en a qui sont plus connus que d'autres, évidemment,
mais...
Mme Laforest : Il y en a
qui sont... qui sont voisineux, mais je ne sais pas, je ne peux pas vous
répondre.
M. Grandmont : Voisineux!
J'aime ça.
Mme Laforest : Voisineux.
Qui sont placoteux.
M. Grandmont : Non, mais
voisineux, c'est bon. Il y en a qui débarquent puis qui jasent un peu.
Mme Laforest : Oui, c'est
ça.
M. Grandmont : Oui, c'est
ça, exactement. OK. Mais je comprends qu'il faut bien l'accrocher à quelque
chose en quelque part aussi à un moment donné aussi, là. Ça fait que c'est... c'est
un peu la limite.
Ça me fait me poser la question, les... donc,
les partis politiques vont pouvoir le recevoir, ils vont désigner une personne,
ils vont pouvoir recevoir trois fois... non, pas trois fois par année, une fois
par année au municipal. D'abord, pourquoi ne pas avoir fait un calque de ce qui
se fait au gouvernement du Québec puis transférer trois fois par année?
Mme Laforest : C'était
leur demande.
M. Grandmont : C'était
leur demande.
Mme Laforest : Ils ne
voulaient pas trois fois par année. C'était ça.
M. Grandmont :
Ah! OK. OK. Eux-mêmes ne
voulaient pas trois fois par année. Puis ça n'aurait pas été plus simple pour
vous de juste comme copier-coller le...
Mme Laforest : ...dépend,
parce que là, le DGE, pour lui, trois fois par année, c'est beaucoup aussi, là...
M. Grandmont : C'est
plus de travail.
Mme Laforest : ...au
niveau des vérifications, là. Ça fait que c'est sûr qu'une fois par année c'était
demandé, donc le DGE est correct avec ça aussi.
M. Grandmont : OK. Il y
a quand même 8 000... pas 8 000, 1 100 municipalités.
Pourquoi j'avais 8 000 dans la tête? 1 100 municipalités. Et
donc, dans ce cadre-là, lui, ça va lui demander, le DGE, de toujours faire le
processus de validation, trouver la personne autorisée, transmettre l'information.
Puis il y a un travail de surveillance qui est fait aussi de sa part.
Mme Laforest : Oui.
M. Grandmont : Comment
ça se fait, ce travail de surveillance là pour s'assurer que...
Mme Laforest : Ah, mon
Dieu!
M. Grandmont : ...la
liste est bien, elle est bien respectée?
Mme Laforest : On va l'inviter.
Il va nous expliquer comment il va faire ça. Mais c'est lui, là, c'est toute son...
son équipe, là, de validation.
M. Grandmont : Mais ça
fonctionne par dénonciation ou s'il fait des enquêtes lui-même?
Mme Laforest : Heille! le
DGE, il est tellement...
M. Grandmont : Pardon?
Mme Laforest : Non, mais le
DGE, il en... Il est tellement sensible à tout ce qui est vérification, je ne
suis pas inquiète qu'il va tout vérifier, là.
M. Grandmont : D'accord.
Mme Laforest : Mais je
ne le sais pas, il faudrait lui poser la question. Je ne peux pas vous
répondre. Le DGE...
M. Grandmont : On ne l'a
pas sous la main, ici, aujourd'hui, hein?
Mme Laforest : On va l'inviter
une autre fois.
M. Grandmont : Ça aurait
été le fun de l'avoir quand on traite d'un enjeu qui... qui concerne...
Mme Laforest : Oui, je
sais, mais... Voulez-vous... On pourra lui demander.
Une voix : ...
Mme Laforest : Ah! le DGE
recommande depuis plusieurs années de réduire au provincial à une fois par
année. Ah! il y a la même demande mais pour le provincial. Donc, le message est
envoyé pour le provincial.
M. Grandmont : D'accord.
Mme Laforest : C'est juste
une fois par année. Ça veut dire que le DGE, il trouve ça... C'est un travail
ardu, c'est certain, là, s'il veut que le provincial soit seulement une fois
par année aussi.
M. Grandmont : D'accord.
Mme Laforest : Donc, le
provincial, un jour, va le copier le municipal. C'est bon.
M. Grandmont : Ça
pourrait être parti de vous. C'est bien, ça.
Mme Laforest : C'est le
fun.
M. Grandmont : Ce serait
parti de vous puis de... de votre travail avec les municipalités.
Mme Laforest : Heille,
de vous aussi, là. On est ensemble, là, ce n'est pas moi.
M. Grandmont : On fait juste
questionner aujourd'hui, nous.
Donc, seulement les partis qui <peuvent...
M. Grandmont :
...On
fait juste questionner aujourd'hui, nous.
Donc, seulement les partis qui >peuvent
recevoir les listes électorales. Les candidats qui sont indépendants au niveau
municipal, ils n'ont donc pas accès à ces listes-là?
Des voix : ...
Mme Laforest : Non.
M. Grandmont : Non. Donc, les
listes annuelles, les candidats indépendants n'y ont pas accès même s'ils sont
dans une ville de 5 000 habitants ou plus.
Mme Laforest : Non, mais
c'est normal aussi, là. Ils l'ont juste en période électorale. C'est parce que
la loi est pour les partis politiques.
M. Grandmont : OK. Puis donc
ce... cet élu municipal d'une ville de 5 000 habitants qui s'occupe
d'un district électoral, est-ce qu'il n'aurait pu avoir, par exemple, accès à
une liste pour son district électoral?
Mme Laforest : Je ne le sais
pas, mais c'est beaucoup, là, c'est...
• (16 h 40) •
M. Grandmont : Bien, ce n'est
pas beaucoup, ce n'est pas beaucoup de noms, en fait, là, mais...
Mme Laforest : Non, mais si
on permettait ça à tous les indépendants, je ne le sais pas. Honnêtement, là,
c'est un enjeu particulier.
M. Grandmont : Mais ça, il y en
a-tu beaucoup des indépendants au Québec au municipal? J'imagine que oui.
Mme Laforest : Bien, honnêtement,
votre... votre question est excellente, mais je ne le sais pas, j'aurais
beaucoup d'inquiétude à tous les indépendants, là, permettre le partage de
cette liste électorale là. Je ne le sais pas. Je vais... j'aimerais mieux faire
des vérifications avant de m'avancer.
M. Grandmont : OK. Parce que
ce serait quoi, la crainte, en fait? C'est la surcharge? Ou si...
Parce qu'en quelque part on a comme deux
catégories d'élus, dans le fond, là. Je comprends qu'il y en a qui sont
indépendants, des fois par choix, des fois pas par choix aussi, ça arrive
que... que des élus sont... sont expulsés de leur caucus, par exemple, de leur
parti, il peut y avoir toutes sortes de situations, mais on... dès lors qu'ils
sont plus d'un parti politique, ils ont accès à moins d'informations que les
autres élus qui sont au même titre qu'eux autres représentants d'une
municipalité de 5 000 habitants et plus, là.
Mme Laforest : Vous avez
raison. Parce que le but de... du partage de la liste, c'est vraiment pour
rejoindre... parce que les partis politiques ont beaucoup plus d'activités
durant une année qu'un indépendant. Un indépendant fait appel à tout le monde,
fait appel à tous, mais les partis politiques, ils ont plus d'activités.
M. Grandmont : ...ils ont
plus d'activités puis ils ont...
Mme Laforest : Bien, souvent,
les partis politiques ont plus d'activités durant une année qu'un indépendant
ou une indépendante.
M. Grandmont : Oui, parce que
ça vient avec des moyens puis il y a plus d'élus qui sont regroupés ensemble,
ça fait qu'ils vont avoir des cabinets, par exemple.
En même temps, un élu, ça... une de ses
tâches, c'est évidemment de représenter les gens de son district électoral,
comme nous, on a à représenter, vous et moi, puis nous... on a à représenter
les... les électeurs puis même les non-électeurs aussi, là, mais toutes les
personnes qui sont dans notre circonscription ou dans notre district électoral.
Donc, je... moi, je m'inquiète de voir les
élus indépendants dans des villes de 5 000 habitants et plus ne pas
avoir accès à la même information. Évidemment, peut-être pas sur... Tu sais,
peut-être que ça ne vaut pas la peine qu'ils aient l'ensemble de l'information
pour l'ensemble de la ville, là, mais peut-être de leur district, des gens
qu'ils représentent, dont ils ont la responsabilité de représentation, là.
Mme Laforest : Mais ce n'est
pas les élus qui reçoivent la liste, c'est le parti, mais c'est sûr que
c'est... Mais il faut vraiment voir que la liste va au parti.
M. Grandmont : Oui, je le
comprends, mais ça crée cette distorsion-là entre des élus indépendants puis
des élus qui sont membres d'un parti.
Mme Laforest : Mais ça, c'est
la même chose au provincial.
M. Grandmont : Les élus au
gouvernement du Québec ne reçoivent pas... les indépendants ne reçoivent pas
les listes trois fois par année non plus?
Mme Laforest : Non.
M. Grandmont : OK. C'est
vraiment par parti. Donc, dans ce cadre-là, les élus indépendants reçoivent
seulement la liste aussi une fois aux quatre ans, juste avant l'élection.
Mme Laforest : C'est ça, oui.
M. Grandmont : Pourtant, ils
ont à aussi représenter les gens de leur circonscription. Puis nous, on reçoit
l'information... en tout cas, quand il y a des demandes, c'est-à-dire que nous,
c'est le parti qui la reçoit officiellement, mais, je veux dire, la liste que
je reçois ou, en fait, pour laquelle on... on écrit un courriel trois fois par
année, c'est pour les... les électeurs, les électrices de ma circonscription.
Puis après ça on collige tout ça ensemble puis ça fait une liste de parti, dans
le fond.
En tout cas, je vous laisse ça parce que
je... il me semble qu'on crée une différenciation, là, deux classes d'élus.
Puis, comme je vous le dis, des fois, c'est par choix, des fois, ce n'est pas
par choix qu'on est indépendant quand on est élu au... au niveau municipal
comme... comme au niveau québécois aussi, évidemment, là.
Mme Laforest : C'est bon
d'être dans un parti.
M. Grandmont : Jusqu'à une
certaine limite, j'imagine que oui, là.
Mme Laforest : Ça, c'est un
débat en dehors d'ici.
M. Grandmont : J'étais
content que ma collègue de Mont-Royal—Outremont, tantôt,
rappelle un peu, là, où est-ce qu'on en était quand on avait mis... quand on
avait suspendu 117.
Je vous avais posé une question sur la...
les conditions de création, là, d'un parti politique, là, «tout parti autorisé
en vertu du chapitre XIII». Je vous avais parlé, là, de la création des
partis, pour avoir accès à des listes électorales. Je ne sais pas si vous avez
cheminé par rapport à ça, si vous avez... vous allez proposer des amendements,
ou vous en avez discuté avec le DGE, ou si... ou vous lui avez transmis
l'information pour que lui réfléchisse à ça de son côté
Mme Laforest : Redites-moi,
là, c'était quoi, la...
M. Grandmont : En fait, la
logique, c'était que c'est très facile de créer des partis <politiques...
Mme Laforest :
...Redites-moi,
là, c'était quoi, la...
M. Grandmont :
En
fait, la logique, c'était que c'est très facile de créer des partis >politiques,
on se comprenait, là, on avait... J'avais questionné à savoir quels étaient les
critères qui permettaient de créer officiellement un parti politique. Puis,
bon, on avait une centaine de membres à avoir comme... comme signataires, là,
ou comme membres d'un parti politique, nom, adresse d'une personne qui était
officiellement représentante de ce parti-là, et ça lui donnait donc accès à
beaucoup d'informations quand même sur la composition de territoires entiers
d'une municipalité ou... même chose peut se passer au niveau québécois, là, de
l'entièreté du Québec aussi.
Mme Laforest : Oui,
c'était... On parlait du fédéral, provincial, municipal, c'est ça? C'étaient
les mêmes chiffres.
M. Grandmont : Je pense
que... je pense qu'on s'en était tenu vraiment à... au Québec et municipal, là,
mais oui, en tout cas.
Mme Laforest : Oui, c'est ça.
M. Grandmont : L'idée, c'est
que c'est facile d'avoir accès à de l'information pour un effort qui est
relativement petit. Donc, ça donne accès à de l'information.
Puis on sait combien, bien, ces listes
peuvent avoir une certaine valeur ou peuvent être utilisées à des fins autres
qu'électorales, malheureusement, là. Les gens... il y a des gens qui sont
malheureusement mal intentionnés.
Puis je... je soulevais la question. Je
n'avais pas nécessairement des pistes de solution à proposer, mais comme ça
fait deux semaines qu'on s'en est parlé, je voulais savoir si vous aviez
cheminé là-dedans.
Mme Laforest : Oui. Bien, en
fait, j'ai posé la question, mais notre réflexion n'est pas terminée, puis on
va continuer à cheminer.
Mais rejoindre 100 personnes, que ce
soit au municipal ou au provincial, c'est quand même quelque chose, là, ça fait
que c'est sûr que quand on regarde ça... Tu sais, mais ce n'est pas terminé, la
réflexion, là. Mais c'est la même chose, provincial, municipal.
Ça fait qu'à ce moment-ci est-ce qu'on
devrait changer le nombre de signatures? Ce n'est pas dans le projet de loi
présentement.
M. Grandmont : Non, non, je
l'entends.
Mme Laforest : Mais on va
continuer de réfléchir.
M. Grandmont : Je l'entends,
mais trouver 100 personnes sur... sur la base de l'entièreté du territoire
québécois, par exemple, c'est assez simple, moi, je... puis même à l'échelle
d'une ville, une municipalité de la taille de Québec, par exemple, comme je
vous disais, moi, je... des fois, je me demande si certains partis sont sérieux
dans leur volonté de vraiment, tu sais, participer à la vie démocratique. Des
fois, je me demande pourquoi... pourquoi ils ont créé un parti, si ce n'est pas
pour avoir des fois de l'information, là.
Mme Laforest : Oui,
peut-être.
M. Grandmont : Alors, moi, je
voulais simplement soulever l'information, parce que je pense que c'est
peut-être par vous, là, que cet...
Mme Laforest : Oui, on va
continuer de réfléchir. On va en parler, oui.
M. Grandmont : Au DGE, là. Je
pense, ce serait une bonne idée que de réfléchir à ça, notamment sur peut-être
hausser de façon assez importante, là, le... le nombre de signataires requis
pour pouvoir créer un parti politique, là, surtout quand on veut créer un parti
qui ne va pas... qui veut... qui... disons à l'échelle québécoise, là, qui veut
officiellement se présenter aux élections, puis on a besoin de... je pense,
c'est votre chef de cabinet adjoint qui nous disait que c'était
100 personnes. Ça reste quand même très faible, comme mesure de... comme
garantie, là, de sérieux, je le dirais comme ça. Merci beaucoup.
Le Président (M. Schneeberger) : Alors,
est-ce que l'amendement qui... de l'article 117... Oui?
Mme Setlakwe : ...l'amendement.
Le Président (M. Schneeberger) : Oui.
Mme Setlakwe : OK. Je vais
continuer. Je repensais à l'objectif qui est visé, là. On échangeait sur le
fait de pouvoir permettre une meilleure... un meilleur contact avec les
électeurs, tout ça, que ça va sans doute contribuer à favoriser la
participation citoyenne, l'engagement, le... et ultimement la... hausser le... le
taux de participation, on l'espère.
Mais, vraiment, ce qu'il faut mettre de
l'avant, c'est le fait de ne pas pénaliser ou qu'il n'y ait pas un traitement
qui pourrait être inéquitable entre un parti qui est là de longue date, qui est
installé, qui a accès à la liste, qui peut entrer en contact avec les électeurs
vis-à-vis un parti nouvellement créé, qui ne devrait pas...
Dans le fond, c'est ça, là, que ça vient
faire, c'est qu'on... un parti nouvellement créé qui a été autorisé, qui est
prêt, n'a pas à attendre l'année électorale, dans le fond, peut commencer à
recevoir la liste annuellement en septembre. C'est ça qu'on doit comprendre?
Mme Laforest : Oui, mais
votre question, c'est?
Mme Setlakwe : Mais à ma
question... c'est... c'est ça l'objectif derrière, je pense, la mesure...
Mme Laforest : Oui, oui, c'est
ça, oui, oui.
Mme Setlakwe : ...c'est à
vous de le confirmer, mais c'est parce que ça n'a pas été dit comme... ça n'a
pas été dit au micro, mais c'est que c'est un... c'est qu'on ne veut pas qu'un
nouveau parti soit défavorisé.
Mme Laforest : Exactement.
Mme Setlakwe : C'est comme ça
qu'on doit le comprendre?
Mme Laforest : Oui.
Mme Setlakwe : Mais ça, je
pense que c'est important, puis que ça sert bien la démocratie. C'est sûr que
ça prend des garde-fous puis des règles de confidentialité. Et moi, ce que j'ai
retenu aussi de la discussion, c'est que le DGE est à l'aise avec...
Mme Laforest : Tout à fait,
oui.
Mme Setlakwe : ...avec ce
rôle qu'on lui donne et avec cette... cette disposition.
Mme Laforest : Oui, promis.
Mme Setlakwe : Question...
question pour vous : Qui est le responsable au sein du parti? Comment ça
fonctionne au municipal? Qui est désigné la personne responsable pour... au
niveau de la protection des renseignements personnels? Et qui est imputable,
là, si... si la liste électorale n'est pas... s'il y a des manquements au
niveau du respect des... des modalités de... de confidentialité?
Des voix : ...
Mme Petit (Katia) : En fait,
ce qu'on vient prévoir dans l'article, c'est spécifiquement la possibilité pour
le DGE de <demander...
Mme Petit (Katia) :
...ce
qu'on vient prévoir dans l'article, c'est spécifiquement la possibilité pour le
DGE de >demander qu'il désigne quelqu'un au sein du parti pour le faire.
Donc, c'est ce qu'on vient prévoir ici. Donc, ça pourrait varier selon ce qu'il
demande. Est-ce que c'est le trésorier, est-ce que c'est...
Donc, ici, ce qu'on vient prévoir, c'est
vraiment qu'il peut demander la désignation, là. Vous voyez, à la fin du... de
l'amendement.
Mme Setlakwe : Mais
justement, au début de notre échange, on... j'avais soulevé le fait que le
libellé ne contient pas une... ne prévoit pas une obligation mais plutôt une
possibilité. On a bien choisi le terme «peuvent».
Là, rappelez-moi, vous m'aviez expliqué ou,
en tout cas, expliquez-moi à nouveau, s'il vous plaît, là, en quoi il va devoir
y avoir des modalités pour favoriser le respect des dispositions qui traitent
de confidentialité, parce qu'on dit que «le règlement peut porter sur la
confidentialité des renseignements contenus dans la liste et sur la... et sur
la désignation d'une personne par le parti pour recevoir la liste.»
• (16 h 50) •
Mme Petit (Katia) : C'est que...
comme Mme la ministre aussi l'expliquait, c'est que le DGE a déjà la
possibilité de... d'établir des modalités, là, en vertu de l'article existant, d'établir
des modalités pour assurer la gestion de la liste électorale qui est transmise
en période électorale.
Ce qu'on est venu faire, c'est s'assurer
qu'il peut également le faire pour les extraits de listes qui sont communiqués
hors période électorale et lui permettre, comme il l'avait demandé, d'exiger la
désignation d'une personne.
Donc, c'est ce qu'on est venu faire, on
l'habilite à le faire, comme il peut, par exemple, déterminer des modalités,
présentement, pour la liste permanente, là, pour la liste en cas de... en
période électorale.
Mme Setlakwe : Je comprends.
Mais pourquoi on... pourquoi on... vous ne voulez pas le... qu'il soit
contraint de le faire?
Mme Petit (Katia) : L'obliger?
Mme Setlakwe : Oui.
Mme Petit (Katia) : Mon Dieu!
Des voix : ...
Mme Petit (Katia) : ...qui
est appliqué présentement. Pour la liste en période électorale, il y a déjà
cette possibilité-là, qu'il exerce... qu'il exerce. Et donc il va, assurément,
puisqu'il l'a demandé, l'exercer. Ce qu'on vient donner, c'est des exemples de...
de modalités qu'il pourrait édicter.
Des voix : ...
Mme Setlakwe : Non, non. OK.
Donc là... Non mais c'est parce que ce que... ce qu'on... Je comprends, là,
qu'aux quatre... Actuellement, le régime prévoit que la liste est envoyée aux
quatre ans, on veut qu'il y ait un envoi à tout... à chaque année, en septembre,
pour les partis politiques, mais il n'y a pas, donc, un... il n'y a pas
d'obligation d'avoir un... de mettre sur pied un régime, là, pour assurer la
confidentialité des renseignements personnels?
Des voix : ...
Mme Setlakwe : Non, je
comprends qu'il le fait. Vous dites : Il le fait, mais il n'est pas tenu
de le faire en vertu de la loi. C'est ce que... c'est ce qui m'apparaît évident
à la lecture du libellé.
Mme Petit (Katia) : En fait,
c'est qu'il a la possibilité d'établir les modalités qu'il détermine et il peut
les changer également, là, en cours de route, c'est-à-dire c'est un pouvoir
habilitant de... d'établir ça.
Donc là, à savoir s'il le fait
systématiquement, je regarde les équipes...
Des voix : ...
Mme Laforest : Moi, je vais
poser une question. Je comprends mal votre question. Je vais la poser
autrement. Ce que vous dites, c'est : Moi, j'aimerais... Est-ce que ce
serait possible qu'il «devrait» et non qu'il «pourrait»? Ce n'est pas
compliqué, votre question, c'est que... est-ce qu'on...
Des voix : ...
Mme Laforest : C'est ça. On
va suspendre, M. le Président.
Le Président (M. Schneeberger) : Alors,
nous allons suspendre quelques instants.
(Suspension de la séance à 16 h 52)
(Reprise à 17 h 02)
Le Président (M. Schneeberger) : Alors,
nous reprenons les travaux.
Alors, je pense qu'il y a eu des
discussions. Alors, peut-être juste m'expliquer ce que vous voulez faire en
lien avec l'amendement de l'article 117.
Mme Laforest : Bien, je vais
laisser ma collègue discuter. On a eu des échanges. Bien, il y a eu une
proposition, puis je crois qu'on va être obligés de... bien, on va être obligés,
on va... on va retirer notre amendement, mais j'aimerais qu'elle explique.
Le Président (M. Schneeberger) : Oui.
Alors, qui donc parmi les... Oui. Alors, députée de Jeanne-Mance—Viger.
Mme Rotiroti : Bien, dans le
fond, qu'est-ce qu'on vient de faire ici, c'est qu'on change où est-ce qu'il y
avait le «peut» pour «doivent», qui fait en sorte que, vu qu'on va remettre la
liste électorale... au lieu de remettre à tous les quatre ans, on le remet sur
une base annuelle, ça va permettre à un parti politique de désigner une
personne qui serait responsable de recevoir la liste électorale, mais, même
temps, aussi d'être imputable si jamais la liste électorale ou les données
personnelles ne sont pas utilisées dans l'encadrement que le DGE leur donne.
Alors, ça va permettre facilement de... de
cibler la personne qui est responsable de s'assurer que ces données-là sont...
17 h (version révisée)
Mme Rotiroti : ...l'encadrement
que le DGE leur donne. Alors, ça va permettre facilement de cibler la personne
qui est responsable de s'assurer que ces données-là sont évidemment quand même
confidentielles, mais ce sont... se sert de la liste électorale correctement.
Le Président (M. Schneeberger) : Oui.
Alors, premièrement, j'ai besoin du consentement pour retirer l'amendement qui
était déposé, de l'article 117. Consentement? Parfait. Alors, à ce
moment-là, je vais vous laisser lire le nouvel amendement déposé, et puis, par
la suite, on va discuter de l'amendement puis on ira à la mise aux voix.
Mme Rotiroti : Alors, l'article 117 :
ajouter, à la fin de l'article 659.5 de la Loi sur les élections et les
référendums dans les municipalités, proposé par l'article 117 du projet de
loi, l'alinéa suivant :
«Les modalités prévues au premier alinéa
doivent notamment viser à favoriser le respect des dispositions de l'article 659.1.
Elles doivent également porter... la confidentialité des renseignements
contenus dans la liste et sur la désignation d'une personne par le parti pour
recevoir la liste.»
Le Président (M. Schneeberger) : Parfait.
Alors, est-ce qu'il y a des questions sur l'amendement?
Mme Laforest : Consentement.
Le Président (M. Schneeberger) : Consentement?
Mme Laforest : ...c'est
logique.
Le Président (M. Schneeberger) : Oui,
parfait. Alors, oui, député de Taschereau.
M. Grandmont : Bien, moi, je
n'avais pas de question, mais je pense que c'est un ajout qui est intéressant.
Ce qu'on veut, puis, dans les échanges que j'ai eus tantôt, aussi, là, ce que j'espère,
c'est aussi qu'on... qu'on protège mieux la vie privée des électeurs, des
électrices. La modification, c'est un petit mot qui change, mais ça augmente l'imputabilité,
ça augmente l'ambition de viser à favoriser le respect des dispositions. Donc,
moi, je trouve que c'est une bonne... C'est un ajout que je trouve intéressant,
puis je vais évidemment voter pour. Donc, merci.
Le Président (M. Schneeberger) : Parfait.
Alors, on va passer à la mise aux voix. Est-ce que l'amendement proposé à l'article 117
est adopté?
Des voix : Adopté.
Le Président (M. Schneeberger) : Adopté.
Maintenant, nous en sommes à l'article 117 tel qu'amendé. Est-ce qu'il y
avait d'autres questions ou nous pouvons passer à son... Oui?
Mme Setlakwe : Est-ce qu'un
parti politique peut se servir de la liste pour des fins de financement quand
on n'est pas en période électorale?
Mme Laforest : Est-ce que...
Mme Setlakwe : Est-ce qu'un
parti politique peut utiliser la liste, les données dans la... les informations
contenues dans la liste électorale pour des fins de financement?
Mme Laforest : Oui, c'est ça...
c'est ça qu'on permet, là.
Mme Setlakwe : Donc, il n'y a
pas de restriction?
Mme Laforest : Oui, pour
rejoindre les électeurs, mais aussi pour du possible financement.
Mme Setlakwe : OK.
Le Président (M. Schneeberger) : Ça
va? Oui. Alors, à ce moment-là, est-ce que l'article 117, tel qu'amendé,
est adopté?
Des voix : Adopté.
Le Président (M. Schneeberger) : Adopté.
Parfait. Alors, nous avons terminé le bloc. Alors, pour le bloc suivant, qui
est le bloc n°9, qui est de
favoriser la civilité et de mieux protéger les institutions démocratiques,
alors peut-être juste une approche... Là, étant donné que l'article 1 est un
article qui amène une nouvelle... une nouvelle loi au complet, alors il y a des
directives là-dessus. Premièrement, je voudrais savoir si j'ai le
consentement...
Une voix : ...
Le Président (M. Schneeberger) : Oui.
Je veux savoir si j'ai le consentement pour que le... étant donné que l'article
1 comprend plusieurs sous-articles, si on a le consentement pour débattre
article par article et, par la suite, procéder à l'adoption globale de l'article
1 qui comprend les neuf sous-articles ici. Consentement? Parfait.
Une voix : ...
Le Président (M. Schneeberger) : Attendez
un instant. Qu'est-ce qu'il y a?
Une voix : ...
Le Président (M. Schneeberger) : M.
le député de Lac-Saint-Jean, je vous laisse lire le premier article.
M. Girard (Lac-Saint-Jean) : OK.
Donc, je ne lis pas l'article au complet, j'y vais...
Le Président (M. Schneeberger) : Bien
là, l'article 1, qui introduit le... l'article au complet.
M. Girard (Lac-Saint-Jean) : Je
le lis au complet. Après ça, on débat... amendement?
Le Président (M. Schneeberger) : Par
la suite, ça ne donne rien de refaire la lecture au complet. On va y aller
sous-article par sous-article. Ça va être trop long, sinon, comprenez-vous?
Alors, je vous laisse...
M. Girard (Lac-Saint-Jean) : OK,
M. le Président.
Le Président (M. Schneeberger) : Dans
le fond, l'article 1, c'est la <i>loi visant à protéger les élus
municipaux.
M. Girard (Lac-Saint-Jean) : Parfait.
Le Président (M. Schneeberger) : Parfait.
Puis, après ça, par la suite, ça va intégrer le premier sous-article.
M. Girard (Lac-Saint-Jean) : Donc,
l'article 1 : «La Loi visant à protéger les élus et à favoriser l'exercice
sans <entraves de leurs fonctions...
M. Girard (Lac-Saint-Jean) :
...loi
visant à protéger les élus et à favoriser l'exercice sans >entraves de
leurs fonctions, dont le texte figure au présent chapitre, est édictée.»
Le Président (M. Schneeberger) : Parfait.
Alors, je vous laisse passer maintenant au premier article là-dessus parce que,
là, l'adoption va se faire à la fin.
M. Girard (Lac-Saint-Jean) : «Section
I. Objet.
«1. La présente loi vise à valoriser le
rôle des élus, à encourager les candidatures aux élections et à contribuer à la
rétention des élus en favorisant l'exercice sans entraves des fonctions
électives au sein des institutions démocratiques québécoises, notamment
l'exercice de telles fonctions à l'abri des menaces, du harcèlement et de
l'intimidation.»
Normalement, j'aurais dû le lire au complet,
puis on aurait fait l'amendement.
Une voix : ...
M. Girard (Lac-Saint-Jean) : ...avec
tous les... tous les sous-articles, puis, après ça, nous, on a un amendement.
Je ne sais pas si c'est la procédure.
Le Président (M. Schneeberger) : Regardez,
on va suspendre quelques instants parce que ce n'est pas clair. Merci.
(Suspension de la séance à 17 h 09)
(Reprise à 17 h 13)
Le Président (M. Schneeberger) :
Alors, M. le député du Lac-Saint-Jean, je vous invite à lire l'article 1
de la loi existante, alors, au complet et, par la suite, justement, j'inviterai
la ministre, par la suite, à lire l'amendement et y aller par sous-articles.
M. Girard (Lac-Saint-Jean) : Parfait,
M. le Président. Donc, on reprend.
Article 1 : «La Loi visant à
protéger les élus et à favoriser l'exercice sans entrave de leurs fonctions,
dont le texte figure au présent chapitre, est édictée.»
«Loi visant à protéger les élus et à
favoriser l'exercice sans <entraves de leurs fonctions...
M. Girard (Lac-Saint-Jean) :
...loi
visant à protéger les élus et à favoriser l'exercice sans >entraves de
leurs fonctions.
«Section I. Objet.
«1. La présente loi vise à valoriser le
rôle des élus, à encourager les candidatures aux élections et à contribuer à la
rétention des élus en favorisant... en favorisant l'exercice sans entraves des
fonctions électives au sein des institutions démocratiques québécoises,
notamment l'exercice de telles fonctions à l'abri des menaces, du harcèlement
et de l'intimidation.
«Section II. Députés de l'Assemblée
nationale.
«2. Un député qui fait... un député qui,
du fait qu'il est un élu, fait l'objet de propos ou de gestes qui entravent
indûment l'exercice de ses fonctions ou portent atteinte à son droit à la vie
privée peut demander à la Cour supérieure de prononcer une injonction pour
mettre fin à cette situation.
«La Cour peut notamment ordonner à une
personne :
«1° de ne pas se trouver dans le bureau de
circonscription du député;
«2° de ne pas se trouver dans les bureaux
du cabinet ministériel d'un membre du Conseil exécutif;
«3° de cesser... de cesser de communiquer
avec le député;
«4° de cesser de diffuser dans l'espace
public des propos visés au premier alinéa.
«Une demande est instruite et jugée d'urgence.
«3. Quiconque entrave l'exercice des
fonctions d'un député en le menaçant, en l'intimidant ou en le harcelant de
façon à lui faire craindre raisonnablement pour son intégrité ou sa sécurité
est passible d'une amende d'au moins 500 $ et d'au plus 1 500$.
«4. Le directeur général des élections
peut prendre, pour le bénéfice d'un député, un recours visé à l'article 2.
«Le directeur général des élections peut
intenter une poursuite pénale pour une infraction prévue à l'article 3. L'article
18 de la Loi sur le Directeur des poursuites criminelles et pénales (chapitre
D-9.1.1) ne s'applique pas au directeur général des élections lorsqu'il intente
une telle poursuite.
«5. Le directeur général des élections
peut, de sa propre initiative ou à la demande d'une personne, faire enquête aux
fins de la présente section.
«Les dispositions de la sous-section 3 de
la section II du chapitre I du titre VI de la Loi électorale (chapitre E-3.3)
et de l'article 573 de cette loi s'appliquent, avec les adaptations
nécessaires, à ces enquêtes.
«6. Le directeur général des élections
peut confier à un membre de son personnel l'exercice de tout pouvoir ou de
toute fonction que la présente section lui attribue.
«Section III. Élus municipaux.
«7. Aux fins de la présente section, on entend
par :
1° "élu municipal" : un
membre d'un conseil d'une municipalité locale ou un préfet élu conformément à l'article
210.29.2 de la Loi sur l'organisation territoriale municipale (chapitre O-9);
2° "organisme municipal" :
une municipalité locale, une municipalité régionale de comté, une communauté
métropolitaine, une société de transports en commun, une régie intermunicipale,
l'Administration régionale Kativik ou le Gouvernement régional d'Eeyou Istchee
Baie-James.
«8. Un élu... un élu municipal qui, du
fait qu'il est élu... qu'il est un élu, fait l'objet de propos ou de gestes qui
entravent indûment l'exercice de ses fonctions ou qui portent atteinte à son
droit de la vie privée peut demander à la Cour supérieure de prononcer une
injonction pour mettre fin à cette situation.
«La Cour peut notamment ordonner à une
personne :
1° de ne pas se présenter aux séances de
tout conseil d'un organisme municipal auquel siège l'élu municipal;
2° de ne pas se trouver dans les bureaux
de tout organisme municipal visé au paragraphe 1° sans y avoir été autorisé par
le conseil de cet organisme;
3° de cesser de communiquer avec l'élu
municipal;
4° de cesser de diffuser dans l'espace
public des propos visés au premier alinéa.
«Une demande est instruite et jugée d'urgence.
«9. Quiconque, lors d'une séance de tout
conseil d'un organisme municipal, cause du désordre de manière à troubler le
déroulement de la séance est passible d'une amende d'au moins 50 $ et d'au
plus 500 $.
«10. Quiconque entrave l'exercice des
fonctions d'un élu municipal en le menaçant, en l'intimidant ou en le harcelant
de façon à lui faire craindre raisonnablement pour son intégrité ou sa sécurité
est passible d'une amende d'au moins 500 $ et d'au plus 1 500 $.
«11. Un organisme municipal peut prendre,
pour le bénéfice d'un élu municipal, un recours visé à l'article 8.
«12. Une municipalité locale peut intenter
une poursuite pénale pour une infraction prévue à l'article 9 ou 10 qui a été
commise sur son territoire. «L'amende appartient à la municipalité qui en a
intenté la poursuite.
«Une poursuite visée au premier alinéa est
intentée devant toute cour municipale ayant compétence sur le territoire où l'infraction
a été commise. Les frais relatifs à une poursuite intentée devant une cour municipale
appartiennent à la municipalité dont dépend cette cour, sauf la partie des
frais remis par le percepteur à un autre poursuivant en vertu de l'article
345.2 du Code de procédure pénale (chapitre C-25.1) et sauf les frais remis au
défendeur ou imposés à cette municipalité en vertu de l'article 233 de ce code.
«Section IV. Disposition modificative.»
13. L'article 541 de la Loi électorale
(chapitre E-3.3) est modifié par le remplacement de «et la Loi sur les
élections scolaires visant certains membres des conseils d'administration des <centres
de services scolaires anglophones...
M. Girard (Lac-Saint-Jean) :
...de
«et la Loi sur les élections scolaires visant certains membres des conseils
d'administration des >centres de services scolaires anglophones
(chapitre E-2.3)» par «la Loi sur les élections scolaires visant certains
membres des conseils d'administration des centres de services scolaires
anglophones (chapitre E-2.3) et la Loi visant à protéger les élus et à
favoriser l'exercice sans entraves de leurs fonctions (indiquer ici l'année et
le numéro de chapitre de la présente loi ainsi que le numéro de l'article de
cette loi qui édicte la Loi visant à protéger les élus et à favoriser
l'exercice sans entraves de leurs fonctions)».
«Section V. Disposition finale.»
14. Le ministre désigné par le
gouvernement est responsable de l'application des articles 2 à 6.
Le ministre des Affaires municipales, des
Régions et de l'Occupation du territoire est responsable de l'application des
articles 7 à 12.
M. le Président, nous avons un amendement.
Le Président (M. Schneeberger) : Merci
beaucoup pour la lecture. Alors, je vais laisser présenter l'amendement par la
ministre.
• (17 h 20) •
Mme Laforest : L'article 1 :
Remplacer l'article 1 du projet de loi par le suivant :
«1. La Loi visant à protéger les élus
municipaux et à favoriser l'exercice sans entraves de leurs fonctions, dont le
texte figure au présent chapitre, est édictée.
«Loi visant à protéger les élus municipaux
et à favoriser l'exercice sans entraves de leurs fonctions.
«1. La présente loi vise à valoriser le
rôle des élus municipaux, à encourager les candidatures aux élections
municipales et à contribuer à la rétention des élus municipaux en favorisant
l'exercice des fonctions électives au sein des institutions municipales
québécoises sans entraves et à l'abri des menaces, du harcèlement et de
l'intimidation et sans restreindre le droit de toute personne de participer aux
débats publics.
«2. Aux fins de la présente loi, on entend
par :
«1° "un élu municipal" : un
membre d'un conseil d'une municipalité locale ou un préfet élu conformément à
l'article 210.29.2 de la Loi sur l'organisation territoriale municipale
(chapitre O-9);
«2° "l'organisme municipal" :
une municipalité locale, une municipalité régionale de comté, une communauté
métropolitaine, une société de transports en commun, une régie intermunicipale,
l'Administration régionale Kativik ou le Gouvernement régional d'Eeyou Istchee
Baie-James.
«3. Un élu municipal qui, du fait qu'il
est élu, fait l'objet de propos ou de gestes qui entravent de façon abusive
l'exercice de ses fonctions ou qui constituent une atteinte illicite à son
droit à la vie privée peut demander à la Cour supérieure de prononcer une injonction
pour mettre fin à cette situation.
«La Cour évalue la demande en tenant
compte de l'intérêt public. Elle peut notamment ordonner à une personne :
«1° de ne pas se présenter aux séances de
tout conseil d'un organisme municipal auquel siège l'élu municipal;
«2° de ne pas se trouver dans les bureaux
de tout organisme municipal visé au paragraphe 1° sans y avoir été
autorisée par le conseil de cet organisme;
«3° de cesser de communiquer avec l'élu
municipal;
«4° de cesser de diffuser dans l'espace
public des propos visés au premier alinéa.
«Une demande est instruite et jugée
d'urgence.
«3. Aux fins du premier alinéa, ne
constitue pas une entrave le fait d'exprimer, par tout moyen, son opinion dans
le respect des valeurs démocratiques du Québec.
«4. Quiconque, lors d'une séance de tout
conseil d'un organisme municipal, cause du désordre de manière à troubler de
façon abusive le déroulement de la séance est passible d'une amende d'au moins
50 $ et d'au plus 500 $.
«5. Quiconque entrave l'exercice des fonctions
d'un élu municipal en le menaçant, en l'intimidant ou en le harcelant de façon
à lui faire craindre raisonnablement pour son intégrité ou sa sécurité est
passible d'une amende d'au moins 500 $ et d'au plus 1 500 $.
«6. Un recours visé à l'article 3
peut être pris par une municipalité locale pour le bénéfice d'un membre de son
conseil ou par une municipalité régionale de comté pour le bénéfice de son
préfet élu conformément à l'article 210.29.2 de la Loi sur l'organisation
territoriale municipale.
«Lorsque le membre ou le préfet prend,
lui-même ou par le procureur de son choix, un tel recours, la municipalité
visée au premier alinéa doit en payer les frais raisonnables ou, avec son
accord, lui rembourser ces frais au lieu de les payer. Toutefois, si la Cour
supérieure ne prononce aucune injonction et que la municipalité estime que le
recours a été pris de mauvaise foi, cette dernière est dispensée de cette
obligation et peut, le cas échéant, réclamer le remboursement des dépenses
qu'elle a engagées.
«7. Une municipalité locale peut intenter
une poursuite pénale pour une infraction prévue à l'article 4 ou 5 qui a
été commise sur son territoire.
«L'amende appartient à la municipalité qui
a intenté la poursuite.
«Une poursuite visée au premier alinéa est
intentée devant toute cour municipale ayant compétence sur le territoire où
l'infraction a été commise. Les frais relatifs à une poursuite intentée devant
une cour municipale appartiennent à la municipalité tout dépend cette cour,
sauf la partie des frais remis par le percepteur à un autre poursuivant en
vertu de l'article 345.2 du Code de procédure pénale (chapitre C-25.1) et
sauf les frais remis au défendeur ou imposés à cette municipalité en vertu de
l'article 223 de ce code.
«8. Aucune injonction ne peut être
demandée en vertu de l'article 3 à l'encontre d'un élu municipal à l'égard
de propos ou de gestes visant un autre membre du conseil élu auquel siège
l'élu.
«Aucune poursuite pénale ne peut être
intentée en vertu de l'article 4 à l'encontre d'un élu municipal à l'égard
d'un acte posé lors d'une <séance d'un conseil auquel...
Mme Laforest :
...l'encontre
d'un élu municipal à l'égard d'un acte posé lors d'une >séance d'un
conseil auquel il siège ni en vertu de l'article 5 à l'égard d'un acte visant
un autre membre du conseil municipal auquel siège l'élu.
«9. le ministre des Affaires municipales,
des Régions et de l'Occupation du territoire est responsable de l'application
de la présente loi.»
Alors, on va commencer, M. le Président,
article par article.
Le Président (M. Schneeberger) : Alors,
à ce moment-là, je vous inviterais justement à faire la présentation de
l'article 1.
Mme Laforest : OK, l'article 1.
L'article 1 du projet de loi édicterait la loi...
Le Président (M. Schneeberger) : Oui,
par contre, par contre, je voudrais juste avoir le consentement pour qu'on
puisse justement... Il n'y aura pas une adoption à chaque article. L'adoption
finale... bien, en tout cas, la mise aux voix va se faire à la fin, mais on va y
étudier article par article, là. C'est important. Consentement? Parfait.
Allez-y.
Mme Laforest : L'article 1.
L'article 1 énoncerait l'objet de la loi, lequel consiste à valoriser le rôle
des élus municipaux et à contribuer à leur rétention en favorisant l'exercice
de leurs fonctions à l'abri des menaces, harcèlement et l'intimidation.
Le Président (M. Schneeberger) : Merci.
Est-ce qu'il y a des questions sur l'article 1? Allez-y, députée de Mont-Royal—Outremont.
Mme Setlakwe : Si je
comprends bien, bon, sur l'objet... là, on parle de l'objet de la loi à
l'article 1. Vous aviez un amendement, n'est-ce pas?
Mme Laforest : Il est là.
C'est l'amendement que j'ai lu.
Mme Setlakwe : Non, non,
c'est ça. Donc, OK, c'est bon, mais, OK, suite à la discussion qu'on a eue, on
a eu des discussions, là, en marge de l'étude de cette section-là, j'avais
amené le point qu'il serait intéressant de venir clarifier l'objet parce que,
dans sa version initiale, l'objet visait simplement à dire qu'on venait
valoriser le rôle des élus, encourager les candidatures, contribuer à la
rétention en favorisant l'exercice des fonctions électives au sein des
institutions municipales québécoises sans entraves et à l'abri des menaces,
harcèlement, intimidation.
Moi, j'avais mentionné, il serait
intéressant de venir... de venir dire, dès l'objet de la loi, qu'on ne souhaite
pas restreindre la participation citoyenne. Bon, c'est pour répondre évidemment
aux préoccupations qu'on a... dont... qu'on a entendues autant durant les
consultations que par différents groupes, différents... différentes plateformes.
En tout cas, c'est dans le domaine public qu'il ne faut surtout pas, par
l'adoption de cette loi, qui a un objectif louable de protéger les élus, qu'on
vienne museler, qu'on vienne créer des... un potentiel de situations abusives
dans l'autre sens de la part des élus. On veut... on veut que les citoyens
sentent qu'ils peuvent absolument venir poser des questions aux élus
municipaux. Les élus doivent être à l'écoute. Ils doivent pouvoir défendre
leurs décisions, etc.
Et là je trouve que l'ajout qui a été
fait, qui... qui vise à répondre justement au fait qu'on ne veut pas limiter la
liberté d'expression et, tout de suite, dès le... dès le premier article, venir
situer le lecteur ou toutes les personnes qui vont devoir poser des gestes en
vertu de ce nouveau texte de loi, de venir dire qu'on ne souhaite pas
restreindre le droit de toute personne de participer au débat public, moi, je
l'aurais... J'apprécie le fait que vous... que vous ayez amendé le premier
article justement pour ne pas seulement parler de la portion de protection des
élus, mais venir dire aussi qu'on ne souhaite pas restreindre la participation
de quelqu'un au débat public. Moi, je l'aurais... j'aurais... j'aurais proposé
un libellé différent. Est-ce que c'est à ce stade-ci que je devrais déposer un
sous-amendement, ou je l'explique, ou...
Une voix : ...
Mme Setlakwe : Oui?
Le Président (M. Schneeberger) : Oui.
Mme Setlakwe : Oui, on va
le... on va le déposer. Je vais commencer peut-être à l'expliquer. Bien...
Le Président (M. Schneeberger) : Est-ce
que vous l'avez reçu?
Mme Laforest : ...
Mme Setlakwe : Oui, bien, je
vais... je vais expliquer... C'est sûr que ça vient répondre à un commentaire
qu'on avait... Donc, c'est bien de venir, à la fin, mentionner l'intention qui
n'est pas de restreindre le droit de toute personne, mais je trouve que la
façon dont c'est libellé, actuellement, bien, premièrement, c'est très court et
ça ne vient pas traiter, dans un... dans un premier temps, de la demande qui a
été faite par les médias. Eux, dans l'exercice de leurs... de leurs fonctions,
ils font la collecte d'information, la détention, tout ça, dans le...
l'utilisation, ils communiquent du matériel journalistique à une fin
d'information légitime du public.
Alors, c'est... et c'est pour ça que
j'ajouterais l'élément, le paragraphe b, mais, d'entrée de jeu, là, je trouve
que le libellé que vous avez choisi, bien là je ne l'ai pas sous les yeux, mais
ça dit que c'est sans restreindre... Est-ce qu'on a le libellé? Oui, c'est sans
restreindre le droit de toute personne de participer au débat public, mais on
s'entend que le droit de participer, c'est... Là, vous avez dit : C'est
très large. Vous ne venez même pas le baliser, puis c'est justement ce que le
projet de loi veut faire. On veut continuer... on veut continuer à encourager
la <participation citoyenne, mais cette liberté...
Mme Setlakwe :
...on
veut continuer à encourager la >participation citoyenne, mais cette
liberté d'expression et cette liberté de participation, et tout, elle est...
elle a ses limites, elle n'est pas absolue. Encore faut-il que ce soit par le
biais de moyens d'expression et de contestation raisonnables. Voyez-vous que,
je ne sais pas, je propose un libellé qui est quand même plus détaillé, parce
que, si vous le laissez, actuellement, comme c'est... comme c'est soumis, bien,
c'est sans restreindre le droit d'une personne de participer. Il y en a... il y
en a, des balises à ce droit.
Une voix : ...
Mme Setlakwe : Oui. Donc là,
je vais le déposer. Je pense que c'est ce que je dois faire.
Le Président (M. Schneeberger) : Alors,
déposez-le puis faites-en la lecture, s'il vous plaît.
Mme Setlakwe : Oui, merci, M.
le Président. Donc, on propose un article 1 amendé. On propose de modifier
l'amendement proposé à l'article 1 du projet de loi par l'insertion, après
le premier alinéa de l'article 1 de la loi édictée, de l'alinéa suivant :
«L'atteinte des objectifs énoncés au
premier alinéa ne doit pas limiter :
«a) la participation citoyenne dans les
débats démocratiques par le biais de moyens d'expression et de contestation
raisonnables; et
«b) la collecte, la détention,
l'utilisation ou la communication de matériel journalistique à une fin
d'information légitime du public.»
Donc, l'article modifié se lirait comme
suit : «La présente loi vise à favoriser le rôle des élus, à encourager
les candidatures aux élections et à contribuer à la rétention des élus en
favorisant l'exercice sans entraves des fonctions électives au sein des
institutions démocratiques québécoises, notamment l'exercice de telles
fonctions à l'abri des menaces, du harcèlement et de l'intimidation. L'atteinte
des objectifs énoncés au premier alinéa ne doit pas limiter la participation
citoyenne dans les débats démocratiques par le biais de moyens d'expression et
de contestation raisonnables ni la collecte, la détention, l'utilisation ou la
communication de matériel journalistique à une fin d'information légitime du
public.»
• (17 h 30) •
Mme Laforest : Bien, en fait,
c'est sûr que, là, il y a une question au niveau légal, là.
Mme Setlakwe : Pour les
légistes, oui.
Mme Laforest : Je comprends...
je comprends votre position. Nous, on était très ouverts justement en indiquant
«toute personne de participer au débat public», toute personne incluant...
toute personne, donc, ça peut être aussi un groupe, ça peut être un
journaliste, ça peut être... Donc, nous, c'est très, très large. Là, je ne sais
pas, de la manière que vous l'écrivez, si... Je ne sais pas, j'aurais besoin de
l'avis d'un légiste, là, parce que je crois que, si nous, notre mesure incluait
ces dispositions-là, peut-être...
Le Président (M. Schneeberger) : Oui.
Alors, consentement pour prendre la parole?Consentement. Alors,
veuillez vous nommer par votre nom et titre.
M. Dumont (Luc) : Oui,
bonjour. Luc Dumont, avocat à la Direction des affaires juridiques du ministère
des Affaires municipales.
En principe, ce qu'on appelle, là, une
disposition d'objectif, ça doit être large, court et succinct parce que ça
énonce... en fait, un énoncé pour l'interprétation de toute, toute, toute la
loi. L'idée de mettre les précisions qui sont suggérées pourrait faire en sorte
que ce soit plus limitatif que d'autre chose. À notre avis, le libellé large,
en fait, sert beaucoup mieux la loi de cette façon-là puisque les tribunaux,
eux, vont s'en servir pour en évaluer la portée, et je ne pense pas qu'il soit
nécessaire d'aller indiquer à la pièce tout ce qui ne peut pas être inclus
là-dedans.
Mme Setlakwe : OK. Donc, «sans
restreindre le droit de toute personne de participer au débat public», ça,
c'était l'amendement qui a été soumis par le gouvernement. Est-ce que ça inclut,
ça vise le travail journalistique?
M. Dumont (Luc) : Tout à
fait. Le journalisme est reconnu comme faisant partie d'un débat libre et
démocratique par les tribunaux. Il n'y a aucun doute là-dessus.
Mme Setlakwe : Est-ce que
participer au débat public, ça inclut le fait de collecter, détenir, utiliser,
communiquer du matériel journalistique à une fin d'information légitime du
public?
M. Dumont (Luc) : Je pense
que la question que vous posez revient un peu à l'argument que je soulève,
c'est que c'est extrêmement précis. Je ne pense pas qu'une disposition
interprétative serve à ça. C'est les tribunaux, cas par cas, qui vont juger si,
oui ou non, ça s'inscrit là-dedans.
Mme Setlakwe : Les tribunaux
vont devoir effectivement se prononcer dans le cas de l'injonction. C'est la
cour qui va... qui va octroyer une injonction. Pour les autres mesures
auxquelles on va... on va... qu'on va étudier plus tard, donc le régime pénal
avec les sanctions, là, ce n'est pas... ce n'est pas un tribunal, là, c'est le
corps de police qui va... c'est un corps de police qui va se prononcer dans...
M. Dumont (Luc) : Bien, il y
a deux choses. Le corps de police, lui, il va faire son enquête, auquel cas les
procureurs de la municipalité vont décider, eux, s'ils ont une cause
suffisamment probante pour entamer des poursuites. C'est le premier élément. Le
deuxième élément, il faut quand même... On lira... on lira la disposition plus
tard. La notion d'entrave au niveau pénal, le fardeau de preuve est extrêmement
lourd. Donc, l'idée derrière ça, c'est que je ne pense pas qu'on puisse
associer le fait de...
17 h 30 (version révisée)
M. Dumont (Luc) : ...la notion
d'entrave au niveau pénal, le fardeau de preuve est extrêmement lourd. Donc, l'idée
derrière ça, c'est que je ne pense pas qu'on puisse associer le fait de
collecter des données, par exemple, au fait de... au fait que la conséquence
serait qu'il y ait des... qu'il y a des conséquences physiques, psychologiques
sur la personne. Je pense qu'il faut distinguer les deux, là.
Le Président (M. Schneeberger) : Députée
de Jeanne-Mance—Viger.
Mme Rotiroti : Oui, merci.
Dans le fond, la question, c'est dans les municipalités, entre autres, tu as un
journal local, le journal qui est très lu, c'est la source d'information pour l'ensemble
des citoyens dans la localité, et le journaliste, la plupart du temps, c'est un
journaliste, je disais, à temps partiel parce qu'il n'est pas là, ce n'est pas
ça son emploi en tout temps. Quand lui va informer la population, il va faire
son article pour relater les discussions du conseil. Et il y a eu une... je ne
sais pas, moi, une prise de bec entre deux élus sur une position, puis lui, il
est fidèle dans son article et relate exactement qu'est-ce qui s'est passé.
Est-ce que le journaliste serait assujetti à... par un élu pour dire : Heille,
tu n'avais pas d'affaire à écrire ça? Est-ce qu'il est assujetti... ou est-ce
qu'il est protégé dans la liberté d'expression?
M. Dumont (Luc) : C'est tout
à fait protégé. La charte... la charte des droits de la personne s'applique. La
loi ne change rien là-dedans, là.
Mme Rotiroti : Alors le
journaliste, lui, a le droit d'écrire comme il veut. La liberté d'expression
pour le journaliste est intégrale.
M. Dumont (Luc) : Dans l'exercice
raisonnable de son droit à la liberté d'expression. Ce qui peut être limité,
par exemple, c'est de la diffamation ou des mensonges.
Le Président (M. Schneeberger) :
Je pense que le député de Marquette avait une question.
M. Ciccone :Oui, j'aurais peut-être une question juste parce que je
vous ai... je vous ai écouté. Bien, bonjour, tout le monde. C'est ma première
intervention. Je suis content d'être ici. Vous avez dit tantôt : Il faut
que ce soit large, puis je comprends pourquoi que ça soit large parce qu'il ne
faut pas que ça soit... il ne faut pas qu'on... que ça évite d'amener un
élément si jamais ça va devant la cour. Ça, je comprends ça. Mais avec qu'est-ce
qu'on voit là, là, donnez-moi, par exemple, un élément qui pourrait être laissé
de côté si on est trop restrictif dans ces... avec nos deux... nos deux petits
paragraphes a et b, par exemple, quelque chose qui vous vient à l'idée, là.
M. Dumont (Luc) : C'est
difficile pour moi de vous donner un élément comme ça. La manière que c'est
écrit, ce que vous présentez, avec tous égards, ce qui n'est vraiment pas une
mauvaise idée, puis je comprends l'intention qui est derrière, mais lorsqu'on
met une liste qui peut sembler exhaustive, il peut y avoir une interprétation
restrictive de cette loi-là qui fait en sorte qu'étant donné que ça ne tombe
pas dans l'énumération qui est là, moi, je ne peux rien faire.
M. Ciccone :OK. Mais vous n'êtes pas capable de me donner un exemple de
situation qui pourrait être... qui pourrait faire en sorte que le juge dise :
Ah non! Finalement, c'est tellement restrictif, ce qui est dans la loi que,
moi, je ne peux pas aller là. Parce qu'on... Depuis le début du projet de loi,
vous comprenez qu'on fait notre travail, qui est poussé, puis on se met tous
des scénarios dans la tête, là. Puis là, moi, honnêtement, quand vous avez dit
ça tantôt, j'ai dit : Bon, bien, je vais arriver. Parfait. Je vais faire l'exercice
de trouver un élément qui pourrait faire... faire en sorte que justice ne soit
pas rendue parce que, justement, l'ajout de ce sous-amendement-là est trop restrictif.
Puis même vous, vous n'êtes pas capable de m'arriver avec un exemple.
M. Dumont (Luc) : Je
regrette, monsieur, je ne peux pas vous en donner une. Je pourrais revenir plus
tard puis l'analyser... puis l'analyser plus... je veux dire, plus en
profondeur, mais, normalement, c'est... les dispositions d'objet... puis ce n'est
pas normalement systématique. Surtout lorsqu'il s'agit de lois qui touchent la
liberté des individus et des élus, la rédaction impose toujours un format
large, non limitatif, pour permettre toute la discrétion nécessaire que les
tribunaux ont besoin lorsque vient le temps de juger chaque cas en l'espèce. Et
le législateur ne peut pas tout prévoir, particulièrement dans ces cas-là. Et
il est là, le risque.
M. Ciccone :
Merci.
Le Président (M. Schneeberger) :
Mme la députée de Jeanne-Mance—Viger.
Mme Rotiroti : Juste une
précision parce que, dans votre explication, vous dites que c'est les élus, vous
ne mentionnez pas les journalistes. Là, dans l'amendement que ma collègue
apporte, c'est vraiment la liberté d'expression par rapport au journaliste et
comment que lui va écrire son article. Alors, je veux juste m'assurer que les
journalistes sont compris dans votre définition très large.
M. Dumont (Luc) : Malgré le
fait que l'intelligence artificielle avance beaucoup, les journalistes sont
encore des personnes aujourd'hui. Donc, je vous dirais qu'elle rentre dans le
concept de personne. Donc, toutes personnes qui participent au débat public,
donc, ils sont protégés.
Mme Rotiroti : Merci.
Le Président (M. Schneeberger) : Ça
va? D'autres questions? Oui, députée de Mont-Royal—Outremont.
Mme Setlakwe : Oui, je
comprends l'idée de rester large et le... <mais moi, je voulais qu'on ait
cet échange-là...
Mme Setlakwe :
...je
comprends l'idée de rester large et le... >mais moi, je voulais qu'on
ait cet échange-là pour être sûre qu'on... qu'on réfléchisse à toutes ces
situations-là et s'assurer qu'ils soient... qu'elles soient visées par le
libellé qui a été proposé, donc sans restreindre le droit de toute personne de
participer au débat public. Est-ce qu'un journaliste qui... qui cherche par
tout moyen, là, d'aller... d'aller chercher des informations, par exemple sur
des dépenses qui ont été encourues par un élu, par un... par un fonctionnaire
dans le cadre d'un voyage et qui fait des demandes d'accès à répétition et
qui...
M. Dumont (Luc) : C'est
couvert, c'est protégé, ça fait partie du droit journalistique. Aller chercher
de l'information, ça ne remet en aucun temps en question ce droit-là d'aucune
sorte, évidemment dans la limite du légal. S'il y a des entrées par infraction,
par exemple, et là ça serait du criminel, bien là, ça, c'est une limite
raisonnable au droit journalistique, là.
Mme Setlakwe : Oui. On a
entendu, dans les consultations puis dans différentes discussions depuis que le
projet de loi a été... a été déposé, puis c'est une bonne chose que ça suscite
un intérêt puis que ça suscite des discussions, on a entendu le fait que ce qui
peut poser problème parfois, c'est le... c'est l'effet... bien, c'est l'effet
répétitif et c'est l'effet aussi de certains citoyens qui viennent en groupe
dans des séances de conseil. Et moi, je l'ai entendu encore très récemment aux
assises de l'UMQ, une mairesse dire : Il y a parfois un comportement qui,
quand il est pris de façon isolée, quand c'est une personne qui vient au
conseil pour amener de l'avant une préoccupation, c'est une chose, mais,
souvent, les citoyens viennent en groupe, et ça peut avoir un effet de... ça
peut être ça qui crée l'intimidation. Là, on dit : «sans restreindre...» je
vous pose la question, «sans restreindre le droit de toute personne de
participer au débat public», comment vous l'interprétez, là, dans la situation
que je mets de l'avant, d'une façon... donc l'effet de groupe?
• (17 h 40) •
M. Dumont (Luc) : Je vais...
je vais vous référer au principe cardinal à cet effet-là, au premier alinéa de
l'article 9.1 de la charte québécoise, qui est toujours applicable, hein,
je vous le rappelle, est toujours applicable, toute liberté inhérente à la
personne doit... bien, qui est protégée, doit être tout de même exercée dans
les valeurs démocratiques du Québec, dans l'ordre public et dans l'intérêt
général. Donc, dans ce cas-ci, le droit des... les droits des citoyens de
manifester leur mécontentement, de dire qu'ils ne sont pas d'accord, même avec
un langage très coloré, il doit être protégé. Par contre, il y a des situations
qui deviennent tellement excessives qu'il faut, à un moment donné, pondérer ces
droits-là puis sous-balancer qu'est-ce qui est dans l'intérêt d'une personne ou
de l'autre, et ça, on n'enlève pas ça.
Mme Setlakwe : OK. Et là
le... Écoutez, je vais poser la question directement, là. La question de la
liberté d'expression, certains ont dit : On n'en parle pas du tout dans le
projet de loi, là, le maintien du droit à la liberté d'expression. J'aimerais
vous entendre. Est-ce que, pour vous, ce n'est pas nécessaire de le mettre
parce que la charte s'applique avec tous les droits et libertés qu'elle met de
l'avant? Tu sais, dans le fond, je vous... je vous demande de, s'il vous plaît,
dire au micro en quoi ce n'est pas nécessaire de mentionner, de façon explicite,
la liberté d'expression.
M. Dumont (Luc) : Bien, dans
à peu près toutes les lois, il y a toujours un... bien, dans plusieurs lois, il
y a toujours un potentiel... un potentiel d'atteinte à une quelconque liberté
qui est prévue à une des chartes. On ne... Il n'est pas nécessaire non plus
de... il n'est pas nécessaire non plus de citer les droits qui sont prévus
parce que la charte québécoise est quasi-constitutionnelle, donc elle a une
suprématie sur toutes les autres lois au Québec. Donc, elles doivent toujours
s'interpréter... donc toutes les lois, y compris celle-ci qu'on étudie en ce
moment, doivent s'interpréter en accord avec ces chartes-là. Donc, c'est inclus
là-dedans.
Ce qu'on fait par contre, dans... dans
l'amendement que vous avez proposé, c'est qu'on vient expliciter, je crois, un
peu tout ça pour enlever toute ambiguïté quant au fait que les droits de... les
droits de manifester son désaccord, le droit de critiquer les élus, il est là.
Mme Setlakwe : Merci. Est-ce
qu'il y a eu... Là, peut-être que je me tourne plus vers la ministre, mais,
avant de déposer le projet de loi, est-ce que vous avez fait une analyse, là,
l'impact sur les droits et libertés?
Mme Laforest : Bien, c'est
certain qu'on a travaillé avec d'autres ministères concernés. Donc, ça, c'est
sûr qu'avec mon collègue, ça a été vraiment vérifié avec la loi... la charte
des droits et libertés<i>. Dans il y a aussi... Dans les autres articles,
là... c'est sûr qu'on est au premier article, mais dans les autres, vous allez
voir aussi, là, parce que l'article 3, on en parle également. Puis vous
allez voir aussi... par exemple, à la fin de l'article 3, vous avez «aux
fins du premier alinéa, <ne constitue pas une entrave...
Mme Laforest :
...aussi...
par exemple, à la fin de l'article 3, vous avez : «aux fins du
premier alinéa, >ne constitue pas une entrave le fait d'exprimer par
tout moyen son opinion dans le respect des valeurs démocratiques du Québec».
Donc, c'est encore une fois très, très large. Ça veut dire qu'il n'y a rien qui
empêche... on... si je peux dire, il n'y a pas... il y a un respect. La
priorité, c'est de respecter la charte des droits et libertés<i>. On ne
touche pas à ça.
Puis, dans les articles qu'on va lire puis
l'amendement que j'ai lu, il faut toujours avoir en tête qu'on est toujours
dans des situations abusives, des situations d'abus, des menaces vraiment, là,
abusives, du harcèlement abusif, vraiment des cas limites comme ça. On n'est
pas à la première infraction, quelqu'un va aller au micro ou encore un
journaliste va poser une question. Pas du tout. On est vraiment dans du
harcèlement, de l'intimidation, des propos violents, menaçants, abusifs,
toujours comme ça.
Donc, c'est sûr que, là, ce qu'on fait, on
le fait parce que certains élus ne peuvent plus travailler, des conjoints,
conjointes ne peuvent plus travailler, des enfants des élus ne peuvent plus
travailler, mais ça n'arrive pas comme ça une première fois, c'est vraiment
dans des situations complètement abusives. Situations d'abus, il faut agir,
c'est pour ça qu'on vient protéger. Mais, au niveau de la charte des droits et
libertés<i>, au niveau du... Les journalistes vont pouvoir y aller, sans
problème, on n'est pas là du tout, du tout, là.
Ça fait qu'il faut voir l'article et
l'injonction. L'injonction... on amène l'injonction pour des cas... pour que
l'injonction puisse permettre des situations d'abus, pour qu'on puisse agir en
urgence. Parce que, parfois, des menaces comme ça, à répétition... puis on a
plusieurs cas, là, en exemple. Ça fait qu'il faut le voir vraiment comme ça. Ça
fait qu'il faut mettre de côté, là... Il n'y a aucune problématique pour les
citoyens, pour les journalistes, pour les groupes... les groupes communautaires
ou autres, là, à aller au conseil... aux séances du conseil municipal, là, on
n'est pas là du tout, du tout.
Mme Setlakwe : Merci. Là,
je... ma prochaine question porte peut-être plus sur le libellé, donc ce sera
soit vous ou le légiste, mais, quand on parle de débat public, j'ai en tête des
exemples qui nous ont été soumis, là, des citoyens qui, à répétition, envoient
des courriels, ça peut être des chaînes de lettres.
On a lu... je pense que c'était dans le
mémoire de la Ligue des droits et libertés, il y a eu une situation où il y a
des citoyens qui ont écrit à plusieurs reprises... en tout cas, à un bureau de...
bureau de circonscription d'un élu du gouvernement, et ils se seraient fait
répondre, je crois, de... que c'était du harcèlement, qu'il fallait cesser,
qu'il fallait cesser ce comportement-là. Je ne l'ai pas sous les yeux, mais je
vais... ma mémoire est bonne, là, c'était, ça. C'était donc le fait de
communiquer à répétition sur un même enjeu. Est-ce que ça, ça fait... Donc,
j'essaie d'élaborer sur le concept de débat public. Et est-ce que participer au
débat public et le droit de participer au débat public, ça inclut le droit
d'écrire des courriels, de susciter des chaînes de lettres et des envois
répétitifs sur un enjeu, où il n'y a pas d'injure, il n'y a pas d'insulte, tu
sais, on fait juste manifester, disons, son désaccord ou ses préoccupations de
façon... en communiquant par écrit, là, par courriel, par lettre?
M. Dumont (Luc) : Bien,
évidemment, sans me prononcer spécifiquement sur le cas que vous soulevez, tout
ce qui est chaîne de courriels, tout ce qui pourrait être un moyen de pression,
ça fait... ça reste protégé par la liberté d'expression. On se comprend, il est
normal qu'il y ait aussi des... on va dire des moyens un peu plus expéditifs ou
des moyens qui peuvent être... qui peut-être un peu plus perturbateur.
Néanmoins, chaque cas va s'apprécier selon les faits propres qu'il regarde.
Donc, c'est... Je vous dirais qu'en
principe, oui, mais, évidemment, si... dépendamment de la teneur du message,
dépendamment aussi de... dépendamment aussi de l'entrave que ça fait sur le
continuum temporel, ça fait combien de temps qu'on le fait, ça fait-tu une
journée, deux jours, ça fait-tu des années? Est-ce que l'élu est encore en
mesure de rendre sa prestation de travail? C'est tous ces... tous ces
éléments-là doivent être pris en compte et s'apprécient selon chaque cas. Donc,
je ne peux pas... on ne peut pas faire... je ne peux pas vous donner une
réponse blanche ou noire, c'est...
Mme Setlakwe : Non, je
comprends, je comprends ce que vous dites. Puis, dans le fond, ça sera de voir
au cas par cas, la cour déterminera, ou les autorités détermineront s'il y a
matière à s'engager dans un des recours qui sont prévus, je comprends. Mais ma
question, donc : Débat public, ça ne vise pas simplement le cas de se
présenter en personne au micro dans une séance du conseil?
M. Dumont (Luc) : C'est... Il
faut vraiment l'interpréter dans son sens très large, «débat public». Le débat
public, c'est les médias, le débat public, c'est tout ce qui se retrouve sur la
place publique ou même... ou même une simple critique qui serait faite par un
citoyen à son élu, même si ça ne concerne que lui, <ça fait partie du
débat public...
M. Dumont (Luc) :
...par
un citoyen à son élu, même si ça ne concerne que lui, >ça fait partie du
débat public. Il ne faut vraiment pas le... il ne faut vraiment pas en
restreindre l'interprétation.
Mme Setlakwe : OK, parfait.
Donc, en personne, par écrit. Les médias sociaux aussi?
M. Dumont (Luc) : Les médias
sociaux sont une sphère publique, donc, oui, il peut y avoir un débat
là-dessus, mais là je ne me prononcerai, pas, par contre, sur la teneur des...
sur la teneur des propos qui sont tenus parce qu'évidemment il y a des propos
qui ne sont pas permis, là. Comme menacer quelqu'un de mort, évidemment, il y a
des dispositions dans le Code criminel là-dessus.
Mme Setlakwe : Non, non, je
comprends. Encore une fois, on tombe dans... Là, on analysera la situation,
mais c'est de... c'est de venir dire au micro, là, pour les fins de la
commission, qu'est-ce qu'on entend par débat public, puis là vous avez dit
qu'il faut l'interpréter dans son sens le plus large, et ce n'est pas
uniquement en personne, c'est par écrit puis...
M. Dumont (Luc) : S'il y a un
débat sur une plateforme, je crois que c'est... je ne crois pas, je suis
convaincu que c'est couvert.
Le Président (M. Schneeberger) :
...
Mme Setlakwe : Très bien. Donc,
dans le cas qui avait été soulevé, là... Je peux continuer. M. le Président?
• (17 h 50) •
Le Président (M. Schneeberger) : Oui,
oui, c'est correct, mais si... C'est bon? J'avais aussi le député de Taschereau,
depuis un bout, qui voulait prendre la parole, mais c'est correct, vous avez du
temps.
Mme Setlakwe : Nous, il nous
reste combien de temps, pour l'opposition officielle?
Le Président (M. Schneeberger) : Je
vais vous dire ça dans pas long.
Mme Setlakwe : Merci.
Le Président (M. Schneeberger) : Je
n'ai pas les chronomètres sous les yeux.
Mme Setlakwe : Merci. Donc,
pour répondre, donc, au cas qui a été mis de l'avant dans le mémoire de la Ligue
des droits et libertés, où un... Et peut-être qu'effectivement, là... C'est
parce que la réponse qui a été donnée, c'était que... «Sachez que le nombre
excessivement élevé de courriels envoyés à notre adresse constitue du
harcèlement. Nous préférons vous en avertir avant de devoir transmettre cette
situation problématique à la Sûreté du Québec.»
Ce que vous... ce que vous avez dit, c'est
que, dans ce cas-là... Vous ne vous prononcez pas sur un cas précis, je
comprends, mais le fait de communiquer par écrit, par courriel, des chaînes de
lettres, se présenter, ça ne constitue pas forcément du harcèlement et ça fait
partie de participer au débat public de le faire. OK.
Des citoyens qui se présentent en groupe à
une séance de conseil munie de... ça, on l'a entendu beaucoup aussi, là, avec
des banderoles, des affiches, ils sont nombreux. Et disons qu'ils ne perturbent
pas le déroulement d'une séance, est-ce que ça fait partie du concept de
participer au débat public?
Mme Laforest : Oui, tout à
fait.
Mme Setlakwe : OK. Je ne sais
pas si vous avez...
Mme Laforest : Aucun
problème.
Mme Setlakwe : Moi, j'ai... Oui,
j'ai peut-être une dernière question avant de céder la parole à mon collègue de
Marquette, qui est notre expert sur la question de l'intimidation. Le libellé
large, je le comprends. J'imagine que vous vouliez mettre de l'avant, de façon
générale, l'objet de la loi, de favoriser l'exercice sans entraves des
fonctions électives au sein des institutions démocratiques, mais là, ici,
«entraves» est utilisé sans le qualifier, sans parler de... ni d'indûment ni de
façon abusive. C'était intentionnel de le laisser... de laisser le mot dans son
sens... dans son sens tel qu'on l'entend, là, dans le dictionnaire. Juste
préciser pourquoi ici, on parle simplement d'entraves sans le baliser.
M. Dumont (Luc) : C'est... Ça
ne serait pas un ajout qui serait à exclure, d'aller le baliser de la même
façon qu'on l'a fait. Par contre, ça reste que c'est une disposition d'objet
qui sert à l'interprétation de la loi... de la loi dans son corps. Donc, il
faut quand même s'en remettre à... on va dire, aux articles suivants lorsqu'ils
sont clairs à cet effet là. Par exemple, par l'article... par exemple, à
l'article 3, lorsqu'il s'agit d'injonction, on vient qualifier le terme
d'«entrave abusive». Ensuite, au niveau pénal, bien, on vient... au niveau
pénal, on vient expliciter en quoi consiste l'entrave pour avoir une sanction
pénale, c'est-à-dire qu'elle soit suffisante pour laisser craindre à la santé
et à la sécurité physique de la personne.
Dans ces cas-là, on comprend qu'on vient
la baliser, mais, dans le cas de l'article 1, ce n'est pas nécessaire,
mais ça pourrait l'être si.. Je veux dire, ça pourrait l'être si c'est ce que
la commission souhaiterait, mais ça ne pose pas de problème, en fait, aux
termes de l'interprétation de la loi, là.
Mme Setlakwe : Enrico?
Le Président (M. Schneeberger) : M.
le député de Taschereau, vous vouliez prendre la parole. Député de Taschereau.
M. Grandmont : Oui. Bien,
d'abord... juste une question, là, d'abord, sur la forme, là. L'amendement, en
fait, qui est proposé, là, il y avait... il y a deux numéros 1, hein? Il y
a un premier article, qui dit : «La Loi visant à protéger les élus
municipaux et à favoriser l'exercice sans entraves de leurs fonctions, dont le
texte figure au présent chapitre, est édicté.» Est-ce qu'on aurait dû traiter
ça ou pas? Je me posais la question, je pense que mon collègue de Marquette
tantôt aussi.
Le Président (M. Schneeberger) : ...mais
vous parlez de deux numéros 1.
M. Grandmont : On l'a comme
sauté, en fait.
Le Président (M. Schneeberger) : Oui,
l'article 1, c'est le... c'est l'article général, là, <que vous
parlez?...
Le Président (M. Schneeberger) :
...l'article 1, c'est le... c'est l'article général, là, >que
vous parlez?
M. Grandmont : Oui, c'est ça,
exact. Donc, ça, on ne le traite pas?
Le Président (M. Schneeberger) : Alors
que, là, on est dans les... dans les sous-articles. Mais vous pouvez poser une
question sur l'article.
M. Grandmont : Non, mais je
me demandais si on devait le traiter, c'était plus ça, en fait, si on ne
l'avait pas sauté, dans le fond.
Le Président (M. Schneeberger) : Bien,
il fait partie, là.
M. Grandmont : Oui, je sais,
c'est pour ça que je me demandais si on aurait dû le traiter d'abord, puis,
après ça, passer à l'article qu'on est en train... bien, qui... où il y a une
proposition d'amendement, là. Je voulais juste... Vous verrez ce que vous
faites avec ça, je voulais juste le soulever.
Le Président (M. Schneeberger) : Bien,
c'est parce que c'est lui qu'on adopte à la fin, alors on peut y revenir. Une
fois qu'on adopte... à l'adoption finale, c'est lui qui est adopté.
M. Grandmont : Ah, OK, bien
oui, ça peut être fait comme ça aussi. Parfait. Excellent. Parfait.
Oui, donc sur l'amendement de ma collègue
de...
Une voix : ...
M. Grandmont : ...sous-amendement,
pardon, merci, de ma collègue de Mont-Royal—Outremont,
donc je comprends, oui, effectivement, là, qu'on est dans les objets, donc on a
besoin d'avoir une... des balises interprétatives, dans le fond, c'est ça. Puis
c'est l'objectif, dans le fond, d'avoir aussi un libellé qui est général. C'est
ce que je comprends aussi. Je comprends aussi la limite que ça amène, d'avoir
la proposition qu'on a, là, actuellement sur la table.
Moi, j'aimerais vous entendre sur... ou
Mme la ministre, là, sur la notion de débat public. Est-ce que c'est un terme
qui est juridiquement défini ou pas? Dans le fond, il est écrit comme ça.
Est-ce que... Est-ce que c'est clair pour tout le monde, le sens qu'on doit
donner au terme, à l'expression «débat public»?
M. Dumont (Luc) : C'est un
terme, là, qui est... C'est un terme qui est relativement récurrent lorsque les
juges sont appelés à soupeser, justement par... Notamment, par exemple, le
droit des journalistes à diffuser certaines informations versus le droit à la
vie privée de certaines personnes, c'est souvent le terme qui est retenu. C'est
souvent ce qu'on dit, que le... que le débat public... dans le fond, pour avoir
un débat public sain, il faut liberté d'expression, démocratie. Dans le fond,
tous... dans le fond, tous les...
Une voix : ...
M. Dumont (Luc) : C'est ça, la
primauté du droit, tout ce genre... tous ces éléments-là se retrouvent
là-dedans.
M. Grandmont : Puis qu'est-ce
qu'on... Donc, c'est un... c'est une expression qui est utilisée couramment, et
donc qui revient?
M. Dumont (Luc) : Oui.
M. Grandmont : Donc, les
juges ne seraient pas embêtés devant ce texte, ce choix de mots là, cette
expression-là?
M. Dumont (Luc) : Je confirme
que non. C'est quand même assez récurrent.
M. Grandmont : Parfait. Puis
qu'est-ce qu'on comprend là-dedans, là? C'est l'entièreté du travail
journalistique, c'est ce qui se passe à la radio, dans les journaux? Ça se
passe où? C'est le droit de manifester?
M. Dumont (Luc) : Ça peut... ça
peut inclure des artistes, ça peut... Ça inclut, là, tout ce qui est... ça
inclut tout ce qui est imaginable, en fait, là, dans la mesure où est-ce que ça
touche la sphère du public, une forme de critique. Donc, il faut... il faut l'interpréter
très largement, le débat public. Dans le cas... dans le spectre de cette loi-ci,
c'est comme ça qu'il faut le voir.
M. Grandmont : Parfait. Et
donc vous avez dit aussi tout à l'heure, puis j'imagine que Mme la ministre va
être d'accord avec ça, que ça a un côté aussi... les objets, en fait, d'un
projet de loi ou d'un chapitre de projet de loi, ça a aussi une... En fait, je
ne sais même plus si vous l'avez dit, si c'était dans ma tête. On est rendus en
fin de journée. Mais ce que je veux savoir, c'est : Est-ce que ça peut
avoir un caractère aussi de... non seulement de balise interprétative, mais
aussi de rassurer? Parce que c'est un peu ça aussi qu'on essaie de faire, là.
Il y a des modifications qui sont apportées, il y a un amendement qui est
apporté à l'article... Je pense, c'est Mme la ministre qui l'avait dit tantôt.
Donc, il y a... il y a l'article 1,
donc, qui vient répondre à des inquiétudes que des gens avaient actuellement.
Parce que, vous l'avez dit tantôt, la charte des droits et libertés<i> québécoise
s'applique. Elle est au-dessus, elle est quasi constitutive. Par contre, on
sent le besoin de venir faire des amendements à l'article 1 parce qu'il y
a eu une vive... des vives inquiétudes qui ont été nommées dans les différents
mémoires, dans les médias. Donc, en quelque part, on vient non seulement
baliser, mais aussi, en quelque part, rassurer sur la portée de cet... de ce
chapitre-là.
Mme Laforest : Oui, sauf que,
là, on a ajouté «sans restreindre le droit de toute personne de participer au
débat public», mais c'était ça quand même. Puis, même dans la loi, il faut
respecter la charte des droits et libertés<i>, donc même si on n'ajoutait
pas la mesure qui a été proposée. On l'ajoute parce qu'on l'écrit, c'est écrit
noir sur blanc, évidemment, parce qu'il y a eu quand même certaines craintes, mais
sans ajouter ça, c'est certain qu'au départ il n'y a aucun débat qui sera
restreint, il n'y a aucune personne qui sera refusée, il n'y a aucun
journaliste qui ne pourra pas...
M. Grandmont : Bien, je
comprends que c'était... je comprends que c'était votre intention.
Mme Laforest : On l'a ajouté
parce que les gens craignaient que les personnes ne pourraient pas faire leur
travail ou encore ne pas participer aux séances du conseil. Donc, on l'ajoute
comme ça. C'est pour ça que le... c'est très, très large, mais, en même temps...
mais même si on ne l'avait pas ajouté, ce n'est pas ça, le but. Comme je le
dis, le but, c'est vraiment harcèlement, intimidation, vraiment situations
abusives.
M. Grandmont : Parfait. Bien,
je pense qu'on est à la même place.
Mme Laforest : Oui.
M. Grandmont : Puis je pense
que c'est intéressant puis important d'apporter quand même... de répondre aux
inquiétudes qui est exprimée, soit dans les mémoires, dans les commentaires
qu'on a reçus, dans les nombreux... <on doit être rendus à 75,
80 courriels...
M. Grandmont :
...dans
les commentaires qu'on a reçus, dans les nombreux... >on doit être
rendus à 75, 80 courriels reçus, là, en lien avec le projet de loi en
cours, 57, dans les médias. Puis je comprends en même temps l'importance
d'avoir des objets qui sont larges.
Donc, moi, j'annonce tout de suite que,
dans le fond, dans la même veine, en fait, j'aurai une proposition de
sous-amendement aussi, qui va dans le sens de ce que vous proposez, qui est
peut-être juste un petit peu plus précis sur le caractère, disons, voulant
rassurer, en fait, les différentes parties prenantes qui ont participé au
débat, tout en restant évidemment très général, je comprends qu'on est dans les
objets, mais je garde ça pour tantôt.
Mme Laforest : OK. Bien, ce
qu'on va faire, par exemple, parce que, là, c'est sûr qu'il y a plusieurs
articles, peut-être avant de recommencer ce soir, on pourra discuter, parce que,
s'il y a plusieurs amendements qui changent tous les autres paragraphes, tous
les autres articles...
M. Grandmont : ...
Mme Laforest : Non, mais on
va discuter, là, de la situation des amendements. Si un change un autre, un
autre, un autre. On va regarder la portée complète de l'article avant de
recommencer.
M. Grandmont : Oui, mais je
pourrai peut-être le déposer puis... Bien, de toute façon, on est sur un autre
amendement en ce moment, là, mais on verra ce que vous en faites d'abord, et,
après ça, on pourra regarder le nôtre, là.
Mme Laforest : Puis, si on
peut les avoir d'avance, c'est bien, parce que nous, on les a tous partagés
d'avance, ça fait que ça pourrait vraiment éclaircir, là, le...
M. Grandmont : Oui. Vous
savez comment ça fonctionne. À la deuxième opposition, on a un petit peu moins
de moyens. Donc, évidemment, on essaie d'aller à la même vitesse que vous, mais
c'est difficile.
Mme Laforest : OK. C'est bon,
c'est bon.
M. Grandmont : C'est un peu
ça, l'enjeu, hein?
Mme Laforest : Désolée. OK,
merci.
M. Grandmont : Mais on pourra
vous partager celui-là. Effectivement, on l'a déjà libellé, là.
Mme Laforest : C'est bon.
Le Président (M. Schneeberger) : Est-ce
qu'il y avait d'autres questions? Député... député, oui, député de Marquette.
M. Ciccone :M. le Président, je vous suggère de...
Le Président (M. Schneeberger) : De
lever...
M. Ciccone :De suspendre, parce que, là...
Le Président (M. Schneeberger) : De
suspendre.
M. Ciccone :Parce que, là, je pense que la ministre n'aura pas le temps
de me répondre.
Le Président (M. Schneeberger) : Parfait.
Étant donné qu'il est 18 heures, pour le souper, nous allons suspendre
jusqu'à 19 heures.
(Suspension de la séance à 18 heures)
19 h (version révisée)
(Reprise à 19 h 05)
Le Président (M. Schneeberger) :
Alors, bonsoir à tous. Nous reprenons la Commission de l'aménagement du
territoire. Alors, je rappelle que nous poursuivons toujours l'étude détaillée
du projet de loi n° 57, <i>loi édictant la loi visant à protéger les
élus et à favoriser l'exercice sans entraves de leurs fonctions et modifiant
diverses dispositions législatives en matière du domaine municipal.
Alors, avant la pause, nous en étions aux
discussions sur le sous-amendement de l'article 1, et je pense que le
député de Marquette voulait prendre la parole.
M. Ciccone :Merci beaucoup, M. le Président. J'espère que tout le monde
a eu un bon souper. On va... On va rentrer, là... Depuis... J'écoute ma
collègue depuis tantôt, j'ai écouté le député à ma gauche également... de quoi?
Une voix : ...
M. Ciccone :Taschereau, je le savais, Taschereau. Il y a... Puis on a
parlé des journalistes aussi. J'ai écouté aussi votre juriste puis là je me
suis dit : Bien, on est obligés... Je voulais attendre un peu plus tard
avant de rentrer dans... avec ces questions-là, mais je n'ai pas le choix de
les poser, parce que ça va nous donner vraiment une définition, puis avec les
définitions, vos réponses, Mme la ministre, ça va... on va être capables de
cheminer. Je vais vous demander d'entrée de jeu... Parce que, là, on vient
mettre un concept dans la loi, là, on vient rajouter, là, «entraves», «menaces»,
«harcèlement», «intimidation». C'est quoi, pour vous, du harcèlement, Mme la
ministre?
Mme Laforest : Bien, en fait,
harcèlement, intimidation, menaces...
M. Ciccone :Juste harcèlement, juste harcèlement, le mot «harcèlement».
On reviendra aux autres après.
Mme Laforest : En fait,
honnêtement, du harcèlement, c'est une situation, premièrement, qui est
répétitive, qui est abusive puis qu'on est à la limite d'avoir certaines
menaces dans le discours, par exemple. Donc, c'est sûr que du harcèlement, ce n'est
pas, comme je le mentionnais, là, quelques fois, un citoyen qui arrive dans un
conseil municipal. C'est quand même une situation qui est quand même répétitive
puis qu'il y a des propos qui peut... qui harcèlent complètement le travail d'un
élu municipal, d'un maire ou d'une mairesse. Donc, on est vraiment toujours
dans l'excès. Parce que, du harcèlement, un citoyen... — un citoyen! — un
élu peut vivre ça quelques fois, mais, quand c'est répétitif et abusif, c'est
des situations comme ça qu'on veut essayer de limiter, des situations abusives.
Comme je le dis, on est toujours dans un contexte d'abus.
M. Ciccone :Vous comprenez que la... votre définition de «harcèlement»
peut être différente de celle d'un autre?
Mme Laforest : Ah! tout à
fait.
M. Ciccone :Peut être différente également du juge qui va peut-être
avoir à prendre une décision, peut être différente aussi de celle qui va porter
plainte, peut être différente aussi de celui qui va présumément harceler. Vous
avez parlé tantôt... Avec des paroles, est-ce qu'il peut y avoir du harcèlement,
sans paroles?
Mme Laforest : Bien, en fait,
ce que vous me posez comme question, c'est ce que le juge va déterminer, parce
qu'il va y avoir un tribunal pour le déterminer puis...
M. Ciccone :Vous allez voir, je m'en viens.
Mme Laforest : Allez-y,
continuez.
M. Ciccone :Non, non, mais, selon vous, est-ce qu'on peut harceler
quelqu'un sans utiliser notre parole?
Mme Laforest : Bien, je vais
vous donner le meilleur exemple, puis dans des cas d'exemple qui se passent au
Québec, dans certaines <municipalités...
Mme Laforest :
...
exemple, puis dans des cas d'exemple qui se passent au Québec, dans certaines >municipalités :
un citoyen qui se stationne toujours devant la maison de l'élu, sans paroles,
mais par gestes, c'en est, du harcèlement.
M. Ciccone :Parfait. Je suis content de vous entendre dire ça. Là, on
va aller à l'aspect journalistique, là. Parce que moi, je comprends pourquoi
que ma collègue, elle a mis ça, là. Un journaliste qui vient cogner à votre
porte à tous les jours pour vous parler, qui fait son travail de journaliste...
Parce qu'on va avoir la notion de vie privée, un peu plus tard, là, on va avoir
la notion de vie privée un peu plus tard, là.
Mme Laforest : Oui.
M. Ciccone :Tu sais, ton endroit privé, ton terrain, c'est à toi, c'est
ta possession, tu as un droit à la vie privée, tu as un droit à ta possession.
Quelqu'un qui vient... un journaliste qui veut faire son travail de
journaliste, qui vient cogner à la porte à tous les jours, à tous les jours,
là, puis tu ne veux pas lui parler, tu dis : Va-t'en, sors de mon terrain
privé, est-ce que c'est de l'harcèlement, ça?
Mme Laforest : Ça pourrait en
être, tu sais, si c'est blessant, si c'est menaçant, si c'est répétitif, si
c'est abusif. Mais, en même temps, je le dis toujours, c'est le tribunal qui va
juger, ce n'est pas moi du tout, du tout, comme ministre.
M. Ciccone :Oui, bien, je comprends, mais c'est parce que, là, nous,
l'idéal, là, ce qu'on veut, là, idéalement, c'est qu'on n'a pas besoin de ça. Puis
on n'a pas le choix de le mettre, on n'a pas le choix de le mettre, parce que
ce n'est pas juste les journalistes, c'est d'autres, c'est des citoyens aussi.
C'est que ça peut être des choses répétitives, répétitives. Mais en même temps
le journaliste, lui, va dire : Bien, écoutez, là, moi, je veux faire ma
job; elle ne veut pas me parler, bien, je vais attendre, le temps qu'elle va
sortir, puis je vais la confronter, je vais la confronter. Mais ça, ça peut
être vu comme de l'harcèlement. Mais les journalistes disent : Bien non,
mais on fait notre travail, nous autres, là, puis vous savez que...
Puis là on pourrait aller... même aller
plus loin, là, on peut aller... Puis on sait qu'il y a des journalistes, des
policiers qui vont faire du travail de... pour aller voir, par exemple... ils
vont aller regarder dans les poubelles, ils vont aller regarder sur le terrain,
ils vont faire des... des enquêtes. Il y a de l'enquête journalistique, il y a
des grandes, grandes, grandes enquêtes qui ont été faites, journalistiques, de
façon un peu... Mais il faut quand même protéger les journalistes. Je comprends
pourquoi qu'elle met ça, ma collègue. Ça fait qu'est-ce que le journaliste va
se faire poursuivre pour harcèlement, parce qu'il veut avoir une réponse, il
n'est pas capable de l'avoir?
• (19 h 10) •
Mme Laforest : Bien, dans le
projet de loi, il y a... c'est important peut-être de vous le mentionner, là,
il y a la protection des adresses des élus municipaux. Parce que, ça, c'est sûr
qu'on veut garder ça dans la confidentialité. Donc, les adresses, normalement,
ce sera... seront confidentielles, maintenant, puis c'est normal aussi.
Maintenant, comme vous le mentionnez, un
journaliste qui... Mais là vous me... vous me demandez de porter un jugement,
puis ce n'est pas moi qui vais le porter, ça va être le juge puis ça va être
avec l'injonction qu'on va pouvoir accorder. Mais un journaliste qui... qui cogne
à la porte, qui pose des questions, il est dans le cadre de son travail, ça
peut... ça peut être tout à fait normal. Mais si c'est répétitif, si c'est
quasiment du harcèlement, si c'est abusif, si c'est menaçant puis si c'est à répétition...
Premièrement, moi, ce que je vous dis :
c'est quand même très, très rare que c'est arrivé dans des cas... dans les
municipalités, avec des journalistes. Ça fait qu'il faut tout de suite rassurer
les journalistes que c'est très, très rare qu'un élu municipal ou une élue
municipale a dit qu'elle vivait ou qu'il vivait du harcèlement d'un
journaliste. On parle énormément, énormément, dans le projet de loi, des
citoyens. Pour les journalistes, dans le cadre de leur travail, ça ne s'est
pas... on n'a pas eu d'exemple de situations comme ça, là, que les élus
vivaient du harcèlement avec les journalistes. Donc, le juge décidera à ce
moment-là, là.
Mais, comme je vous dis, si ça peut faire
de la peine à l'élu, si ça peut le vexer, si ça peut... s'il peut se sentir
menacé, si un journaliste y va pendant six mois, tous les jours, à tous les
jours à sa résidence, bien là, c'est sûr qu'il y a une question aussi de
logique, puis il y a sûrement... il va y avoir une demande d'arrêt, là, des...
de ces mesures-là, de ces gestes-là. Mais comme je vous dis, nous, dans une
situation, comme je vous dis, ça fait six mois, le journaliste y va tous les
jours cogner à sa porte, l'élu n'est plus capable de faire son travail, l'élu
se sent blessé, l'élu se sent harcelé, il y aura un tribunal qui pourra juger
de la situation, puis ce n'est pas à moi de juger ça.
M. Ciccone :Tantôt, vous avez dit : Il n'y aura pas l'adresse. Mais
vous comprenez que, dans des petits villages, quand il y a 5000, 6000 personnes, on
sait où est-ce que les gens restent, on n'a pas besoin que ce soit public, mais...
Mais je comprends ce que vous dites, parce que vous dites que ça pourrait être
de l'harcèlement.
Moi, où j'en... ou je veux en venir ici,
là, c'est que c'est pour ça que c'était important de l'encadrer. Je comprends
ce que M. le juriste disait, que si on nomme trop d'affaires, on peut en
laisser de côté puis on peut limiter la décision du juge. Mais la tolérance,
pour plusieurs, n'est pas la même non plus. Je pense qu'un journaliste qui se
présente cinq, six fois devant chez une personne, cette personne-là qui n'a pas
la même composition que vous, par exemple, Mme la ministre, elle va craquer
avant vous, là. Mais ça, est-ce que c'est de l'harcèlement? Vous, vous allez
être capable d'en prendre pas mal plus, vous êtes capable de confronter, mais
on a <tous un point...
M. Ciccone :
... allez être capable d'en prendre pas mal plus,
vous êtes capable de confronter, mais on a >tous un point de rupture, à
un moment donné. Puis là vous allez dire : Bien, là, ça va faire, après 20 fois.
L'autre, c'est quatre fois, cinq fois.
Puis là tu dis : Bien, c'est le juge.
Oui, mais ça ne peut pas tout se retrouver devant le juge, là, tu sais, je veux
dire... Ce n'est pas parce qu'il y a une plainte qu'elle se retrouve devant le
juge. Il y a un processus où ça doit passer. J'imagine que le DPCP, c'est lui
qui va décider, si jamais ça... des accusations doivent être portées. Mais il
ne faut pas non plus que ça devienne, surtout, là, puis là je parle plus pour
les journalistes, là, puis même les autres aussi... Il ne faut pas que ça
devienne comme un bar ouvert, en disant : Wo! Bien là, moi, n'importe quoi,
je... je trouve que c'est de l'harcèlement. Puis là on n'a pas parlé encore
d'intimidation, on n'a pas parlé encore d'entraves, puis on n'a pas parlé
encore de menaces, là. Parce que c'est... on peut faire cet exercice-là aussi,
là.
Mme Laforest : ...de donner
de cas, on peut tellement donner d'exemples. Mais là c'est sûr que, je le
répète... Puis ça arrive quand même régulièrement, là, que des élus... il y a
des journalistes qui vont chez les élus, là, puis c'est très, très, très
fréquent, là. Mais je parle toujours que, quand on est rendu... Parce qu'il y
en a plusieurs, c'est pour des informations dans certaines situations. Mais
quand on est rendu avec... ça blesse l'élu, ça humilie l'élu, l'élu n'est plus
capable d'aller travailler... D'ailleurs, dans la phrase «sans restreindre le
droit de toute personne de participer aux débats publics», donc, évidemment, ça
peut correspondre à cette situation-là, à cette phrase-là qu'on a ajoutée
aussi. Mais il faut comprendre que l'élu se sent humilié, se sent vexé, c'est
répétitif, donc, à ce moment-là, c'est sûr que ça pourrait être ça. Mais, comme
je vous mentionne, on n'a pas de situations, au Québec présentement, des
journalistes qui humilient, qui blessent, qui harcèlent.
Mais, en même temps, c'est important,
comme on le disait, d'ajouter toutes les possibilités, là, aux journalistes de
poser des questions, de faire leur travail, là. Il faut vraiment rassurer les
journalistes, on n'est pas en train de restreindre ou encore de, si je peux
dire... d'empêcher les journalistes de faire leur travail. On n'est pas là du
tout, du tout. Mais là vous me parlez d'un journaliste qui va à la maison. Je
me pose la question : Est-ce qu'un journaliste, pendant six mois, qui va
aller dans... cogner à la maison d'un élu... Les journalistes sont assez
intelligents. Je ne pense pas. Mais en même temps, si ça arrive pendant six
mois, c'est répétitif, c'est abusif, l'élu ne peut plus travailler, il y a
entrave à son travail. C'est tout ça qui fait qu'il y a possibilité que l'élu
dise : Bien moi, je ne suis capable de faire mon travail, je ne peux pas
aller travailler. À ce moment-là, il va y avoir des mesures pour lui, et le
juge va décider.
M. Ciccone :Mais vous voyez que, tu sais, on n'a pas le choix de
retourner toutes les pierres. Puis vous comprenez pourquoi que les journalistes
aussi se sentaient... se sentaient inquiets aussi. Parce que vous dites que ce
n'est jamais arrivé. Je ne suis pas sûr que ce n'est jamais arrivé au Québec,
là, mais... Puis il faut s'assurer aussi qu'un projet de loi, bien, ça vive
dans le temps aussi. Il faut s'assurer de faire en sorte qu'on va... on est
capables d'éliminer, là, puis il n'y a rien de parfait, là... qu'on est capables
d'éliminer toutes les situations, en même temps, bien protéger la liberté de
chacun et surtout la liberté de presse dans le cas...
(Interruption)
M. Ciccone :Ah! vous avez un téléphone, Mme la ministre?
Mme Laforest : ...désolée.
M. Ciccone :C'est un journaliste, c'est un journaliste qui vous harcèle.
Il n'arrête pas!
Mme Laforest : C'est ça.
M. Ciccone :Bon, bien, blague à part, bien, je sais que vous comprenez
ce que je veux dire, mais encore là, moi, je veux juste... Je comprends l'objet
du juriste, en terminant, puis je vais laisser la parole, là... mais je
comprends l'aspect, le b. Tu sais, le b, là, pour moi, là, je ne vois pas
pourquoi... Puis ça n'enlèverait pas non plus... ça n'enlèverait pas la... Ça
s'adresse seulement aux journalistes, celle-là, là. Tu sais, je comprends que,
les deux ensemble... Le premier, je vais le donner aux juristes. Mais
auriez-vous une suggestion justement, pour un peu plus rassurer les
journalistes, avec le b, là, la façon qu'on pourrait le récrire différemment ou
le composer différemment qui n'enlèverait pas l'objet de l'article 1, là,
ou du paragraphe 1°, là? Avez-vous une suggestion? Moi, je pense qu'on pourrait
arriver avec quelque chose qui... au niveau, justement, de la liberté de
presse, journaliste. Puis je comprends qu'un journaliste qui veut... qui veut
faire de l'harcèlement, il va payer comme les autres, là. Mais juste pour le
travail, il n'y a pas moyen de... Ça rassurerait les gens. Moi, je pense que ce
serait un bon...
Mme Laforest : Si vous me
posez la question à moi, c'est sûr que, moi, «sans restreindre le droit de
toute personne de participer aux débats publics»... Toute personne peut être
aussi un journaliste. Maintenant, c'est sûr, il faut se rapporter au niveau
légal, un journaliste, est-ce que c'est comme une personne, toute personne qui
peut participer aux débats publics? Est-ce que... Moi, c'est sûr qu'au niveau
légistique je vais laisser le légiste répondre à la question. Moi...
M. Ciccone :...laisser la parole, mais moi, je parle des gestes, des
gestes posés qui peuvent être répétitifs. Quelqu'un... Quelqu'un qui va à la
porte, quelqu'un qui va voir le journaliste, là, le conseil... le conseiller,
par exemple, ou le maire, à tous les jours, qui sort, puis il veut une réponse,
ça, c'est-tu vu comme de l'harcèlement? Ça pourrait être vu comme de
l'harcèlement, vous me l'avez dit, ça pourrait être...
Mme Laforest : Avec un <journaliste...
M. Ciccone :
... comme de l'harcèlement, vous me l'avez dit, ça
pourrait être...
Mme Laforest :
Avec
un >journaliste?
M. Ciccone :
Oui, s'il n'arrête pas, là, il n'arrête pas, à tous les jours, à tous les
jours, à tous les... Bien là, l'élu va dire : Bien là, moi... c'est de
l'harcèlement, ça, là, je ne suis plus capable de faire mon travail, j'ai de la
peine. Puis énumérez tout ce que vous m'avez dit, là.
Mme Laforest : Oui, mais, si
je vous entends bien, ça revient à ce que... La phrase, la phrase qu'on a
ajoutée, «sans restreindre le droit de toute personne», ça correspond à votre
demande. Parce que, si on ajoute la collecte, la détention, l'utilisation, la
communication de matériel journalistique à une fin d'information légitime du
public, ça, si on... si... Admettons, là, on extrapole, on lit entre les
lignes, ça pourrait dire également que le journaliste, il est dans le cadre de
son travail, peut aller à la maison, exemple, de l'élu, à la résidence de
l'élu, parce que, lui, c'est pour de la collecte de données, c'est pour du
matériel journalistique. Donc, lui, on pourrait l'exclure, à ce moment-ci. C'est
pour ça qu'il faut rester dans la... dans la globalité de la mesure. Parce que,
si je lis votre proposition b, bien, à ce moment-ci, un journaliste qui va
toujours à la résidence d'un élu serait accepté, parce que, là, il est dans le
cadre de son travail, c'est pour du matériel journalistique. À ce moment-ci, ça
ne fonctionnerait pas, votre demande.
M. Ciccone :Non, mais c'est parce que, si quelqu'un est... Donc, ça
dépend toujours le nombre de fois qu'il va y aller. Parce que quelqu'un qui y va
trois, quatre fois, par exemple, pour une personne, ça peut dire : Bien
là, c'est trop. Mais, en même temps, ça, ça n'exclut pas le fait que ça peut
être de l'harcèlement aussi, parce que vous l'avez dit, ça pourrait être de
l'harcèlement. Mais en même temps on vient dire... Bien, comme je vous dis, là,
il y a-tu un mot qu'on pourrait rajouter, ou deux, que ça ferait votre affaire,
dans ça, juste pour rassurer les journalistes?
Mme Laforest : OK. Mais là
vous me demandez : Est-ce qu'il y a un mot ou deux, Mme la ministre, que
vous voudriez ajouter? Mais ce n'est pas à moi à ajouter les mots, parce que
moi, je travaille, c'est sûr, avec...
M. Ciccone :Non, je comprends.
• (19 h 20) •
Mme Laforest : Mais vous,
est-ce qu'il y a un mot qui vous... Parce que si nous, on dit : Au niveau
légal, c'est ça, ça fonctionne bien comme ça... Parce que, là, c'est sûr que...
Êtes-vous d'accord avec moi que le volet b, c'est comme si on dit, bien : Un
journaliste, c'est dans le cadre de son travail, c'est pour fins d'information,
c'est légitime, c'est pour le public, donc, à ce moment-ci, un journaliste
pourrait y aller à répétition chez un élu, si on lit ça comme ça?
M. Ciccone :Bien, c'est parce qu'il y a toujours... il y a toujours la
limite de l'harcèlement.
Mme Laforest : Oui, c'est ça.
M. Ciccone :Mais, en même temps, la personne va-tu dire : Si j'y
vais quatre fois, cinq fois, c'est trop, il faut que j'arrête, tu sais?
Regardez-le de l'autre côté, là. Le journaliste va-tu dire : Bien là, je
pourrais y aller une troisième fois, puis une quatrième fois, puis aller
l'attendre à tel endroit, ou à l'hôtel de ville, ou... Puis là, oh! là, ça va
peut-être l'empêcher d'y aller, parce que, justement, il pourrait penser que
lui... bien là, je suis à la veille d'avoir une plainte. Ou le conseiller, avec
ça, va dire : Bien là, toi, là, la prochaine fois, je te porte plainte. Ça
peut peut-être dire à un journaliste : Bien, j'arrête. Tu sais, il y a
cette option-là aussi, là. Ça, il faut... il faut tout... il faut tourner
toutes les pierres, là, puis toutes les hypothèses.
Mme Laforest : Oui, oui. Mais
en même temps, comme je le disais depuis le début, la charte des droits et
libertés<i> est obligatoire, ça s'applique. Donc, c'est sûr que le
journaliste va faire son travail. Puis il a droit, il a droit à tous les
débats, il a droit à toutes les séances du conseil. Maintenant, c'est si l'élu
se sent menacé, là, c'est différent. Ça fait que moi, rendu là, je pense que le
juge... le tribunal est capable de juger de la situation, si c'est menaçant,
harcelant, abusif. Ça fait que je pense qu'il faut laisser ça dans le contexte.
Mais, en tout cas, moi, c'est sûr que je
ne crois pas... Puis dans la philosophie de tous les élus municipaux, il n'a
pas... il n'a pas été question des journalistes. Puis en plus c'est sûr que,
toutes les unions municipales, Québec, Montréal, les gens veulent travailler
avec les journalistes, puis on aime les journalistes. Honnêtement, là, ça se
passe très bien, tu sais. En six ans, moi, que je suis ici, puis même mes
collègues, il n'y a personne qui a vécu des situations abusives avec des
journalistes.
Ça fait que c'est sûr que, là, si on
extrapole puis on essaie de donner des exemples possibles, bien, tout est
possible. Mais en même temps, dans le possible, bien, ce sera au tribunal de
juger. Nous, on arrive avec une possible injonction, s'il y a des mesures
vraiment inacceptables, mais, rendu là, c'est sûr que c'est embêtant, moi, de
juger, là, je ne suis pas à l'aise du tout de juger ça.
M. Ciccone :Non, ça, je comprends ça. Puis c'est parce qu'encore une
fois, moi, je me mets encore dans les souliers de... tu sais, du domaine public.
Dans des villages un peu plus petits, on sait ce qui se passe. Tu sais, tu
portes plainte contre quelqu'un, même s'il n'est pas accusé, vous savez qu'il y
a... la la plainte peut être... la plainte peut être... peut faire mal aussi,
là. Juste une plainte, ça peut faire mal à la réputation de quelqu'un, que ce
soit un conseiller, un maire ou même face à un journaliste aussi. Ça fait qu'il
ne faut pas que ce soit une arme, que ce soit utilisé non plus contre les
journalistes, également.
Mme Laforest : Non, mais en
même temps il faut rester très, très... il faut rester... pas vague, mais il
faut rester large dans cette mesure-là. Parce qu'il y a tellement d'exemples. Il
y a des figures incroyables, on pourrait donner tellement d'exemples. C'est <pour
ça, je dis...
Mme Laforest :
...
Il y a des figures incroyables, on pourrait donner tellement d'exemples. C'est
>pour ça, je dis que, si on cible des contextes particuliers ou encore
des groupes particuliers, des groupes communautaires, peu importe... C'est pour
ça que la personne, toutes les personnes... Bien, c'est sûr qu'à ce moment-là
on répond à... ou à toutes les possibilités.
M. Ciccone :J'ai... C'était mon plaidoyer, Mme la ministre. Je voulais
absolument faire ce point-là, je trouvais que c'est important de le faire.
Encore là, moi, je... tu sais, je ne crois pas que ça vient défaire l'objet
du... de l'article, mais en même temps, ça, c'est mon opinion. On va voter
tantôt sur cet article-là. Alors, c'est... ça fait pas mal le tour, mais, s'il
y a d'autres choses, je me réserve le droit de revenir, Mme la ministre. Merci
beaucoup.
Mme Laforest : OK. Merci,
député de Marquette.
Le Président (M. Schneeberger) : Parfait.
Est-ce qu'il y avait d'autres questions concernant le sous-amendement? Non?
Alors, s'il n'y a pas d'autre question, est-ce que le sous-amendement est
adopté? Est-ce qu'il est adopté, le sous-amendement?
Des voix : ...
Le Président (M. Schneeberger) : Contre?
Parfait. Alors, il est rejeté. Alors, nous poursuivons maintenant le... sur
l'article 1. Député de Taschereau.
M. Grandmont : Merci
beaucoup, M. le Président. Bien, comme je l'ai dit tantôt, je voulais proposer
un sous-amendement, moi également, à l'article 1. Donc, on peut peut-être
juste procéder directement.
Le Président (M. Schneeberger) : ...déjà
déposé?
M. Grandmont : Je crois que
oui.
Le Président (M. Schneeberger) : Oui?
Alors, à ce moment-là, vous l'avez? Tout le monde l'a? Alors, à ce moment-là,
je vous permets d'en faire la lecture et de le déposer officiellement.
M. Grandmont : Parfait. Je
vous remercie. Alors : À l'article 1 de la loi visant à protéger les
élus municipaux et à favoriser — est-ce que je lis les bonnes choses?,
oui, c'est ça — ... et à favoriser l'exercice sans entraves de leurs
fonctions, édictée par l'amendement à l'article 1 du projet de loi, ajouter,
à la fin, les mots «et en respect du droit à la liberté de réunion pacifique et
à la liberté d'expression.»
Donc, dans le fond, on vient ajouter,
là... On garde la partie, là, où on parle de laisser le droit de toute personne
à participer aux débats publics. Je pense qu'on a compris que c'était un terme
qui, juridiquement, était compris. Et le sens de notre proposition était à la
fois, donc, de garder cette partie-là qui est... qui est comprise, là, par
le... les éventuels juges, là, qui se pencheront sur des cas. On comprend aussi
l'importance de garder le libellé d'un article 1 qui présente les objets
de la loi, du chapitre I, de les garder larges, évidemment. Puis en même temps,
aussi, on essaie de se raccrocher aussi à ce qu'on disait, de venir rassurer,
en fait, des... des personnes qui sont intervenues ou des personnes... ou des
entités qui sont intervenues dans le débat depuis le dépôt du projet de loi
n° 57. Donc, je vais aller avec quelques explications sur le pourquoi. Je
pense qu'il faut qu'on... qu'on vienne rassurer, en fait, une partie de la
population qui est inquiétée par les objets du projet de loi, là, tel qu'il a
été déposé.
D'abord, bien, il y a eu plusieurs personnes
qui sont intervenues au cours de... Je l'ai dit tantôt, là, on a dû recevoir
une cinquantaine, une... 60, 70, 75 courriels de différents organismes, là, qui
soutenaient sensiblement la même chose que ce qu'on a reçu par ailleurs, là, un
peu plus tard. Mme la ministre, vous aviez reçu, là, le 29 avril, une
lettre de quatre centrales syndicales, là, la CSD, CSQ, CSN et FTQ, dans
laquelle ces quatre centrales-là disaient... en fait, vous demandaient, là,
de... vous invitaient à faire preuve de prudence par rapport à toutes les
mesures qui risquaient de réprimer la participation démocratique et la liberté
d'expression de la population. Ils disaient qu'elles pouvaient avoir un effet
de dégrader davantage le climat social, d'attiser la polarisation et donc
d'empirer les problèmes d'insécurité, de harcèlement, d'intimidation.
Bon, après ça, il y a plusieurs
recommandations plus précises sur certains articles du projet de loi, notamment
les articles 2 et 8, l'article 9 également, aussi. Puis là on voit
qu'il y a quand même eu des... un cheminement, là. On pourra parler de ces...
de ces autres... de ce cheminement-là quand on verra le reste de l'amendement
qui est proposé par Mme la ministre.
Ce qu'il est intéressant aussi de
souligner, puis j'en avais parlé dans mon... dans mon intervention dans le vote
sur le principe, c'est que la liberté... pas la liberté d'expression, la
liberté... le droit de manifester, c'est un droit qui est reconnu par les tribunaux,
c'est quand même important, qui est soutenu à la fois par la liberté
d'expression, par la liberté de réunion pacifique. Et c'est pour ça qu'on porte
un amendement, là, qui vient réunir ces deux droits-là qui sont fondamentaux,
qui sont importants pour notre démocratie au Québec, dans lequel on dit,
effectivement, que le droit de manifester peut être dérangeant, mais en même
temps ce droit-là, encore une fois, comme je l'ai dit tantôt, qui a été reconnu
par les <tribunaux, vient...
M. Grandmont :
...
droit-là, encore une fois, comme je l'ai dit tantôt, qui a été reconnu par les
>tribunaux, vient soutenir que des personnes qui sont sans droits ou qui
ont moins de... pas de droits, mais qui ont moins de pouvoir, en fait, que des
personnes qui sont en position de pouvoir, comme des élus, sont en droit de
manifester, même si c'est parfois dérangeant. Puis évidemment il y a des... c'est
cadré, tout ça, là, je pense que lorsque votre juriste en a parlé tout à
l'heure... Je m'excuse, j'ai oublié votre nom, votre nom de famille.
Une voix : ...
M. Grandmont : Dumont,
Dumont. Donc, Me Dumont, donc vous êtes notaire. M. Dumont en a parlé tout
à l'heure. Évidemment, c'est un... c'est un droit qu'on veut pouvoir protéger,
ça fait partie du débat public. Donc, ce qu'on vient proposer, en fait, avec
cet amendement-là, c'est simplement de venir ajouter une... une touche, en
fait, là, pour venir rassurer une partie de la population, là, et des
organismes qui se sentent... qui sentent qu'il y a une potentielle dérive qui
pourrait arriver.
Je ferais référence aussi à la... à la
lettre... Je n'en ai pas parlé, mais il y a les médias, là, qui ont écrit
aussi, là. Puis on en avait parlé beaucoup, mon collègue de Marquette, tantôt,
est beaucoup revenu sur la question des médias, qui pourraient être empêchés,
en tout cas suspectaient qu'il pouvait y avoir une certaine entrave à leur
travail comme organes. On dit souvent que c'est un des pouvoirs, un des piliers
fondamentaux, là, de notre démocratie. Et à ce titre, elle dit... ils disent
eux-mêmes qu'elles peuvent, que les... que les critiques formulées par les
médias ou les reportages qui peuvent être organisés peuvent sembler peut-être
dérangeantes, mais n'en demeurent pas moins légitimes et essentiels à l'existence
d'une démocratie saine. Donc, ils revenaient sur un... sur plusieurs enjeux.
• (19 h 30) •
Puis, comme je le disais tantôt, on pourra
discuter après de chacun des... des amendements que Mme la ministre a apportés
tout à l'heure, mais je pense que c'est bien de venir, comme, cadrer dans le
premier article le fait que, même si on sait, évidemment, là, que la charte des
droits et libertés<i> québécoise s'applique, évidemment, encore une fois,
simplement venir rappeler que non seulement on permet à toute personne de
participer au débat public, mais aussi que ce projet de loi là n'est pas une
entrave au droit à la liberté de réunion pacifique et à la liberté
d'expression.
Donc, voilà. Je n'irai pas plus loin pour
l'instant. J'aimerais ça entendre Mme la ministre, là, d'abord, sur la
proposition que nous faisons.
Mme Laforest : Bon, alors...
Le Président
(M. Schneeberger) : ...
Mme Laforest : Merci.
Comme je l'ai mentionné tantôt, bien, la liberté d'expression, je l'ai exprimé tantôt,
là, qu'il n'y avait aucune problématique, c'était une obligation, la liberté
d'expression. Puis à votre question, c'est pour ça qu'on a ajouté le paragraphe
après... après le paragraphe 3°, à la toute fin : «Aux fins du premier
alinéa, ne constitue pas une entrave le fait d'exprimer, par tout moyen, son
opinion dans le respect des valeurs démocratiques du Québec.». Donc, encore une
fois, c'est beaucoup plus large que ce que vous demandez. Puis ça répond à la
demande, justement, des groupes, là, des groupes syndicals et des autres
groupes qui manifestaient leur inquiétude. Alors, avec ces deux mesures-là
qu'on a ajoutées, ça... ça répond à leur inquiétude.
M. Grandmont : «Aux fins
du premier alinéa...» Donc, on est au troisième. «Aux fins du premier alinéa...»
Mme Laforest : «Aux
fins...» «Aux fins du premier alinéa, ne constitue pas une entrave le fait
d'exprimer...»
M. Grandmont : Donc, si
on réfère au premier alinéa, le premier alinéa dit : «Un élu municipal
qui, du fait qu'il est un élu, fait l'objet de propos ou de gestes qui
entravent de façon abusive l'exercice de ses fonctions ou qui constituent une
atteinte illicite à son droit à la vie privée peut demander à la Cour
supérieure de prononcer une injonction pour mettre fin à cette situation.»
Mme Laforest : Bien,
oui.
M. Grandmont : Et vous
dites qu'à la fin, ce qu'on dit, c'est qu'aux fins du premier alinéa, ce que je
viens de lire, «ne constitue pas une entrave le fait d'exprimer — donc,
on réfère spécifiquement à l'entrave — ...le fait d'exprimer par tout
moyen son opinion dans le respect des valeurs démocratiques du Québec.»
Bien, on pourrait discuter de ce que ça
veut dire, parce qu'on vient vraiment le situer sur la notion d'entrave, alors
que, par exemple, un travail journalistique pourrait être de nature, comme l'a
dit tantôt mon collègue de Marquette... pourrait avoir l'air de harcèlement,
mais, dans les faits, le journaliste, peut-être, fait juste son travail. Et
donc ce n'est pas couvert par ce que vous venez de me dire là. Parce que, ce
que vous disiez tantôt, c'est vraiment : On est spécifiquement sur
l'entrave. Donc, je comprends que c'est intéressant, là, d'ajouter une notion
où on vient élargir ou préciser que ce n'est pas une entrave, le fait
d'exprimer par tout moyen son opinion dans le respect des valeurs démocratiques
du Québec, mais il n'y a pas que les entraves qui sont touchées par le projet
de loi 57. C'est pour ça qu'il y a...
Puis... Puis il faut... Ça fait que
j'essaie vraiment, là, de... Je suis bien conscient qu'on est dans les objets
du chapitre I. C'est pour ça qu'on l'accroche à l'ensemble. Puis, tu sais, ce
que je viens ajouter, là, en fait, là, ce n'est pas, tu sais... Vous allez
sûrement être d'accord avec moi sur le fait que le droit à la liberté des
réunions pacifiques, la liberté d'expression, c'est quand même quelque chose
qu'on veut reconnaître, protéger, au Québec. Je pense que vous l'avez dit plus
tôt, vous avez dit : La charte québécoise des droits et libertés continue
de s'appliquer, même si on n'avait pas mis la partie sur le débat public. Même
si on ne met pas la partie que je propose...
19 h 30 (version révisée)
M. Grandmont : ...même si on n'avait
pas mis la partie sur le débat public, même si on ne met pas la partie que je
propose d'ajouter, la charte continue de s'appliquer quand même, mais il y a...
il y a un devoir, je pense, compte tenu de l'ensemble des discussions qu'on a
eues avec différents acteurs, parties prenantes, la société civile, des médias,
des... des institutions, disons, syndicales. On vient simplement statuer,
rappeler... en fait, c'est plus un rappel, on vient simplement rappeler que ces
principes-là sont fondamentaux, c'est tout. Je veux dire, sur le fond, là, vous
avez raison, vous l'avez dit tout à l'heure, ça ne change pas grand-chose. On n'aurait
pas pu... On aurait pu ne pas le mettre. Notre juriste en résidence, M. Dumont,
l'a dit aussi, ça continue de s'appliquer. Mais ça reste quand même des bases...
des balises interprétatives pour les juges, éventuellement, puis c'est aussi
une façon d'envoyer un message à tous ceux, là, qui nous ont écrit, à tous ceux
qui ont écrit dans les médias.
Moi, je vous fais la... très humblement la
proposition d'ajouter ces mots-là, qui ont été très utilisés dans les
différentes lettres, dans les différents types de manifestations, dans les
audiences qu'on a entendues, ça allait de la Ligue des droits et libertés à...
sans rien enlever à la protection des élus, là, on est tous d'accord qu'on veut
travailler là-dessus. Mais voyez-le comme une façon de calmer le jeu, un peu.
Moi, c'est ce que je vous propose.
Mme Laforest : Bien, en fait,
j'ai tout expliqué tantôt, qui est... C'est en respect complètement de la
loi... de la... en respect de la charte des droits et libertés<i>, c'est
tout à fait en lien, obligatoirement, là, c'est sûr. Puis en plus, c'est... c'est
dans la charte, puis le tribunal est là pour le juger, puis c'est sûr que... C'est
une obligation, la charte des droits et libertés. Donc, s'il y a entrave ou
quoi que ce soit, le tribunal va juger, à ce moment-ci.
M. Grandmont : Mais vous avez
raison. C'est vrai que la charte continue de s'appliquer, mais je...
Mme Laforest : Ça fait que c'est
pour ça qu'on est... Pourquoi ajouter ça? C'est obligatoirement en respect de
la charte des droits et libertés, là, le projet de loi, puis c'est pour ça qu'on
a ajouté trois... trois ajouts avec l'amendement, en tout cas, on a
changé, pour respecter les demandes des groupes syndicaux et compagnie, là.
M. Grandmont : Mais je vous
donne... Vous avez raison, là, la charte continue de s'appliquer. Je l'ai dit
tout à l'heure aussi, puis on dit la même chose là-dessus. Mais je pourrais
vous poser la question : Pourquoi, dans ce cas-là, avoir ajouté les mots
«sans restreindre le droit de toute personne de participer aux débats publics»?
Je pense que vous poursuiviez... en tout cas, j'ai l'impression, peut-être que
je me trompe, mais j'ai l'impression qu'on poursuit sensiblement le même
objectif. Vous avez ajouté «sans restreindre le droit de toute personne de
participer aux débats publics», alors qu'il n'aurait pas été nécessaire, selon
l'interprétation qu'on en fait, là, avec les discussions avec maître... Me Dumont?
Des voix : Dumont.
M. Grandmont : C'est ça? C'est
juste que je ne suis pas sûr si c'est «maître». Oui, c'est ça, hein? Oui, c'est
ça. Parfait. Me Dumont.
Donc, on n'aurait pas eu, nécessairement,
besoin de l'ajouter, parce que, comme on l'a dit...
Mme Laforest : On n'aurait
pas eu besoin de l'ajouter. On l'a ajouté justement pour... en respect de...
des...
M. Grandmont : Parce que...
Mme Laforest : Vous étiez là
quand ils sont venus nous rencontrer, là.
M. Grandmont : Exactement.
Donc, moi, je propose simplement d'aller juste un peu plus loin dans l'explication
qu'on donne ou dans le fait de rassurer les différents intervenants pendant...
ce projet de loi là et d'ajouter des mots qui ont été utilisés de façon
répétée, continue, «la liberté de réunion pacifique et la liberté d'expression».
Mme Laforest : Mais, dès qu'on
indique, là, le... le... «participer aux débats publics», ça implique
automatiquement la loi de... la charte des droits et libertés<i>, c'est
directement en lien avec ça. Le droit de participer aux débats publics implique
directement la liberté d'expression dans les réunions, c'est... c'est... c'est relié
directement. Ça fait que, même si on ajoute quelques mots ou quoi que ce soit,
c'est déjà inclus.
M. Grandmont : C'est drôle,
parce que le premier amendement... le premier sous-amendement, en fait, pardon,
que je voulais vous proposer, c'était de biffer la référence aux débats publics
et d'y aller plutôt directement sur le droit à la liberté de réunion pacifique
et à la liberté d'expression, parce que, pour moi, ça me semblait plus
fondamental de parler de ces deux droits-là, qui sont au coeur de notre
démocratie, plutôt que le débat public. Dans les différentes interventions qu'on
a eues des gens ou des groupes qu'on a entendus en audiences, les lettres qu'on
a lues, ils n'ont pas parlé de débat public. En tout cas, ils en ont peut-être
parlé, mais ce qui revenait le plus souvent, c'étaient les droits de liberté...
le droit à la liberté de réunion pacifique et la liberté d'expression.
Moi, je l'ai gardé, finalement, parce que
j'ai trouvé que les explications de Me Dumont étaient intéressantes. Moi,
ce que je vous propose, c'est de l'ajouter. Peut-être que dans les yeux ou dans
la compréhension d'un juge, après, peut-être, peut-être, selon ce que vous
dites, peut-être qu'il y aura une forme de redite. Moi, ce que je vous propose,
c'est quand même de les ajouter, parce que c'est ces mots-là qui permettront,
je pense, de rassurer beaucoup de gens, beaucoup plus que «débats publics», là.
Mme Laforest : Bien, donner
la possibilité à toute personne de participer aux débats publics, ça inclut
automatiquement la liberté d'expression, en... en... C'est écrit comme ça. S'il
n'y avait pas l'obligation de la liberté d'expression, il n'y aurait pas, ici,
l'ajout de la personne qui est... qui peut <participer...
Mme Laforest :
...ici,
l'ajout de la personne qui est... qui peut >participer aux débats
publics. On permet à toutes les personnes de participer aux débats publics.
S'il n'y avait pas ça, c'est parce que... il n'y aurait pas le respect de la
charte. C'est indiqué comme ça, c'est que toutes... toutes les personnes
peuvent participer aux débats publics. Donc, il y a liberté d'expression.
M. Grandmont : Donc, je vous
pose la question autrement dans ce cas-là. Pourquoi avoir choisi d'utiliser le
terme «débats publics» plutôt que d'utiliser les termes «droit à la liberté de
réunion pacifique» et «liberté d'expression»?
Mme Laforest : On est dans un
contexte de séance du conseil municipal, puis la liberté d'expression
s'applique obligatoirement. Partout au Québec, c'est obligatoire, c'est comme
ça dans la charte. Donc, à ce moment-là, on est dans une séance de conseil, il
y a un débat public, toute personne peut venir assister, et discuter, et
demander, dans un débat public, se présenter.
M. Grandmont : Est-ce que
vous avez...
Mme Laforest : Tout s'attache
ensemble.
M. Grandmont : Est-ce que
vous avez, Mme la ministre, une définition claire de ce que c'est le débat
public?
Mme Laforest : Je vais
laisser Me Dumont... La meilleure définition de débat public, s'il y en a
une, ça doit être lui qui doit la prononcer.
Mme Laforest : Me Dumont.
M. Dumont (Luc) : Oui. La
définition de débat public, je ne peux pas vous en donner une qui est
parfaitement claire parce que c'est un... c'est un concept qui est muable. Mais
ce qu'il faut entendre, lorsqu'on consulte la jurisprudence, c'est tout ce qui
a trait... c'est tout ce qui a trait aux questions qui seraient de nature
publique, pour laquelle une personne va... une personne ou des personnes vont
s'exprimer. Essentiellement, c'est... la nature du débat s'attache aussi à la
nature des fonctions que les élus occupent. Donc, évidemment, ça implique qu'il
y ait un débat, qu'il y ait des discussions, qu'il y ait un choc des idées.
Donc, conceptuellement parlant, nous trouvions que c'était intéressant. Plutôt
que de répéter des dispositions de la charte québécoise à l'article 1 qui
s'appliquent, il nous apparaissait opportun de plutôt prendre ce concept-là,
puisque forcément, pour qu'il y ait un débat, il faut qu'il y ait de la liberté
d'expression, il faut qu'il y ait... il faut qu'il y ait le droit de réunion
pacifique, il faut qu'il y ait tous ces droits-là.
• (19 h 40) •
Par ailleurs aussi, si on met... si on met
de l'emphase aussi sur la question du droit à la liberté, la réunion pacifique,
est-ce qu'il faudrait aussi ajouter le droit à l'honneur, le droit à la
dignité? C'est... c'est... Idéalement, je... Idéalement, il s'agissait de
mettre un concept qui regroupait autant que possible ce qui nous apparaissait
la majorité des valeurs, là, qui étaient en question ici, là, de la charte.
M. Grandmont : Le droit à
l'honneur et le droit à?
M. Dumont (Luc) : La dignité.
M. Grandmont : Dignité. Dans
quelle mesure le droit à l'honneur et le droit à la dignité pourraient avoir
une incidence à l'intérieur du projet de loi n° 57 ou
pourraient être invoqués?
M. Dumont (Luc) : Par
exemple, celui des élus, leur droit à l'honneur, leur droit à la dignité. Si,
par exemple, il y a... si, par exemple, on... dans le cadre d'une atteinte
illicite — on y reviendra, là-dessus — à son droit à la vie
privée, si ça outrepasse à un point tel qu'on bafoue son honneur et sa dignité
qui est un droit garanti à la charte, tu sais. L'idée n'est pas de reproduire
chaque disposition de la charte ici, à l'article 1, puisqu'elle...
puisqu'elle s'applique de toute façon, l'idée, c'est d'aller énoncer l'objectif
qui est poursuivi.
M. Grandmont : Est-ce qu'il y
a quelque chose de drôle, Mme la ministre?
Mme Laforest : Pas du tout.
M. Grandmont : Non?
Mme Laforest : Non, je vous
écoute.
M. Grandmont : C'est
Me Dumont qui parlait.
Mme Laforest : Le droit à
l'honneur, le droit à la dignité. J'écoute tout.
M. Grandmont : Parfait,
excellent. Donc, le droit à l'honneur, le droit à la dignité, mais en même
temps, vous n'avez pas de définition claire de ce que c'est que c'est, le débat
public. Donc, comment on fait pour... Est-ce que c'est par... c'est par la
jurisprudence, dans le fond, qu'on va établir ou que les juges vont devoir
faire leur travail de définir si un acte mérite une amende, par exemple? Il va
se baser sur la jurisprudence, dans ce temps-là?
M. Dumont (Luc) : On est dans...
on est dans un... on est dans une disposition d'objet. Elle va servir à... elle
vient justifier pourquoi le législateur vient légiférer ici, elle peut servir
de source interprétative. Lorsqu'on arrivera à l'interprétation des articles,
de l'injonction, des différentes dispositions pénales, elles m'apparaissent
assez claires par rapport à ce qui est indiqué pour éviter qu'il y ait, autant
que possible, des interprétations... des interprétations <qui...
M. Dumont (Luc) :
...des
interprétations... des interprétations >qui... qui... qui ne seraient
pas concordantes à ce qu'on veut faire ici.
L'article 1, à la base, ça sert à
justifier pourquoi, pourquoi cette loi-là va être adoptée. Donc, il ne faut pas
lui donner, là, une portée plus que qu'est-ce qu'elle en a vraiment, là.
M. Grandmont : Mais en
fait, moi, la proposition que je faisais, selon votre compréhension, donne
moins de portée que ce que la notion de débat public semble vouloir donner.
Vous avez parlé de droit à l'honneur, droit à la dignité, donc on pourrait
élargir à d'autres droits, dans le fond, c'est ce que vous dites. C'est qu'à
travers le débat public, un juge pourrait être à même d'élargir la... la portée
de son jugement sur des droits fondamentaux respectés ou édictés dans la charte
des droits québécois, droits des libertés québécois, charte québécoise, en
invoquant d'autres droits, pas seulement le droit à la liberté de réunion
pacifique ou la liberté d'expression.
M. Dumont (Luc) : Oui,
on peut dire ça. Oui.
M. Grandmont : OK.
Parfait. Correct. Je vais m'arrêter là pour l'instant. Je ne sais pas si mes
collègues ont des questions ou veulent intervenir là-dessus. Sinon, je
conclurai.
Le Président (M. Schneeberger) : Ça
va? OK. D'autres questions? Non? Alors, s'il n'y a pas d'autre question, je
vais...
M. Grandmont : Bien, je
veux... je veux juste conclure, si vous permettez, M. le Président. Mon
objectif est vraiment d'essayer d'avoir une... un article qui énonce l'objet du
chapitre, qui est le plus clair, qui est le plus large évidemment possible
aussi. Mon objectif, et je tiens à le resouligner, est celui d'envoyer un
message clair aussi que les libertés de manifester pacifiquement, la liberté de
réunion pacifique, la liberté d'expression sont protégées. Donc, je maintiens
quand même, même si je comprends les arguments, je maintiens quand même qu'on a...
on devrait les nommer au sein de cet... de ce... de cet article 1 là.
Donc, je suis prêt à passer au vote, M. le Président.
Le Président (M. Schneeberger) : Merci.
Mme Setlakwe : ...
Le Président (M. Schneeberger) : Oui,
députée de Mont-Royal—Outremont.
Mme Setlakwe : Oui,
merci. Moi, j'ai bien écouté les échanges. Personnellement, nous, on pense que
ce n'est pas une bonne idée de venir nommer spécifiquement certains des droits
et libertés. Je pense qu'il faut... Bien qu'on... depuis... ça fait des
semaines qu'on martèle le fait qu'on ne veut pas du tout brimer le droit à la
liberté d'expression, d'association, de... de réunion pacifique, il y a... il y
en a d'autres, là, je pense que c'est mal avisé, par contre, de... de venir en
nommer certains. Je pense qu'il fallait avoir le débat. Personnellement, je
pense que c'était... c'était mieux de venir préciser de façon explicite qu'on
voulait d'aucune façon restreindre le droit d'un citoyen de venir s'exprimer et
de participer au débat, de faire valoir, par différents moyens qu'on a... qu'on
a discutés plus tôt, donc, ses... son opposition, ses questionnements, ses
doléances, ses préoccupations, etc. Mais là, quand on commence à nommer
certains droits, certaines libertés, on est moins à l'aise. Laissons la charte
s'appliquer dans sa globalité.
Le Président (M. Schneeberger) : OK.
Parfait.
Mme Setlakwe : Sachant
très bien, je termine là-dessus, que les... que les balises... C'est vrai que
l'objet doit demeurer, c'est... on expose le but, l'objectif qui est visé par
cette nouvelle loi, on sait toutefois que ça va servir, entre autres, à la
cour, à toutes les personnes qui vont être appelées à intervenir, à poser des
gestes, à interpréter, à... à déterminer quel était le... quels étaient le...
on va... c'est-à-dire qu'on va donc examiner le comportement d'un citoyen et...
et d'autres personnes qui vont intervenir dans les débats publics à la lumière
de ce qui est mentionné. Voilà.
Le Président (M. Schneeberger) : Merci.
Alors, nous allons mettre aux voix le...
Une voix : ...
Le Président (M. Schneeberger) : ...par
appel... Nous allons mettre aux voix le sous-amendement présenté par le député
de Taschereau sur l'article 1. Alors, est-ce que le sous-amendement est
adopté?
La Secrétaire : Pour,
contre...
Mme Laforest : Rejeté.
Contre.
Des voix : ...
Mme Laforest : Excusez,
excusez, excusez.
La Secrétaire : Pour, contre,
abstention. M. Grandmont (Taschereau)?
M. Grandmont : Pour.
La Secrétaire
:
Mme Laforest (Chicoutimi)?
Mme Laforest : Contre.
La Secrétaire
: M. Girard
(Lac-Saint-Jean)?
M. Girard (Lac-Saint-Jean) :
Contre.
La Secrétaire
: M. Gagnon
(Jonquière)?
M. Gagnon : Contre.
La Secrétaire
: M. Rivest
(Côte-du-Sud)?
M. Rivest : Contre.
La Secrétaire : Mme Dionne
(Rivière-du-Loup—Témiscouata)?
Mme Dionne : Contre.
La Secrétaire
:
Mme Setlakwe (Mont-Royal—Outremont)?
Mme Setlakwe : Contre.
La Secrétaire
:
Mme Rotiroti (Jeanne-Mance—Viger)?
Mme
Rotiroti
:
Contre.
La Secrétaire
: M. Ciccone
(Marquette)?
M. Ciccone :
Contre.
La Secrétaire
:M.Schneeberger (Drummond―Bois-Francs)?
Le Président (M. Schneeberger) : Abstention.
Alors, l'amendement est rejeté. Alors, nous revenons sur l'article original.
Est-ce qu'il y avait encore des... Député de... des Îles-de-la-Madeleine.
M. Arseneau : Moi,
j'aimerais faire un amendement et je l'ai transmis déjà au <secrétariat...
M. Arseneau : Moi,
j'aimerais faire un amendement et je l'ai transmis déjà au >secrétariat...
Des voix : ...
Le Président (M. Schneeberger) : Est-ce
que vous avez déposé votre amendement au Greffier, député des Îles? Oui.
M. Arseneau : Oui. Alors,
comme vous le voyez, on ne s'était pas concertés, mon collègue de Taschereau et
moi, mais essentiellement, plutôt que faire le débat sur sa motion, je préfère
faire le débat sur la mienne... ou sur mon amendement, c'est-à-dire, mais ça
vient rejoindre essentiellement le propos qu'on vient d'entendre.
Il me semble pertinent d'insister sur le
fait que, lorsque l'on établit l'objectif, ce à quoi vise la loi qu'on vient
édicter, de dire dans quel cadre cette loi-là se situe, surtout en vertu du
fait qu'on arrive avec une définition nouvelle ou un vocable qui n'est pas
clairement défini par la loi ou encore par la jurisprudence, à savoir l'entrave.
Donc, s'il est pertinent de dire que le... l'exercice doit se faire sans
entraves, bien, évidemment, si on mentionne «sans restreindre le droit à toute
personne de participer aux débats publics», il me semblait pertinent de
s'accrocher à quelque chose qui existe déjà et le réitérer, qu'en aucun cas ça
ne doit venir restreindre la liberté d'expression. Monsieur... Me Dumont,
tout à l'heure, a mentionné que cet article 1 devenait une source
interprétative pour les tribunaux. Alors, il me semble que, si nous voulons
lancer un signal comme quoi les entraves et les menaces, et ainsi de suite, ne
sont... sont proscrites, il me semble aussi pertinent de dire qu'on ne doit pas
restreindre, ce faisant, avec un nouveau vocable, une nouvelle... un nouveau...
un nouveau terme, «restreindre la liberté d'expression et le droit de toute
personne de participer aux débats publics», là, on l'a dit tout à l'heure, une
expression qui n'est pas clairement définie.
• (19 h 50) •
Et je voudrais juste mentionner que le
débat public, tout à l'heure, dans l'échange auquel on a pu assister, la
ministre l'a campé dans le cadre des séances municipales. Mais on comprendra
que, lorsqu'on regarde la loi, là, dans sa pluralité d'articles, là, on en
compte quoi, 14, on ne fait pas référence, dans chacun de ces articles-là,
uniquement à des séances municipales. On peut faire référence, par exemple, aux
réseaux sociaux, on peut faire référence aux rencontres fortuites à l'épicerie,
sur la rue, sur le terrain... un terrain privé, dans un endroit public. D'où
l'idée de ne pas restreindre ça à un débat public dans le cadre d'une séance
municipale. Donc, à tous égards, la liberté d'expression doit être reconnue,
réaffirmée.
Et ce qu'on... ce qu'on... ce qu'on
apporte, dans le cadre de cette nouvelle loi, doit être lu, doit être compris,
doit être interprété à la lumière de cette liberté d'expression, qui est si
chère et que l'on veut préserver, et que plus de 300 organisations voient
comme étant menacée par un libellé qui est trop vague, celui de l'entrave.
Donc, le restreindre, l'encadrer, dans le... dans le cadre de la liberté d'expression,
ici, me semble tout à fait pertinent et responsable parce qu'on n'a pas défini
à l'heure actuelle ce qui était ou non acceptable, comme comportements, et qui
pourrait être interprété par les uns ou par les autres comme une entrave ou
pas.
Tout à l'heure, d'ailleurs, il y a eu une
discussion avec le député de Marquette, là, sur ce qu'on pouvait définir comme
étant, pour les uns et les autres, du harcèlement. Imaginez, l'entrave. Alors, si
nous, comme législateurs, on n'a pas une idée claire de ce qu'est l'entrave,
puis qu'on va venir, un peu plus tard, en définissant ce qu'est... ce qui n'est
pas une entrave, mais... là, on laisse essentiellement le champ libre pour les
tribunaux de déterminer, selon le juge qui s'y penchera, ce qu'est une entrave.
Mais moi, je pense que ce qui est
intéressant de mentionner aujourd'hui, c'est : tout ce qui est de l'ordre
de la liberté d'expression doit être respecté, et c'est à la lumière de... du
respect de cette liberté fondamentale qu'on pourra juger si l'entrave est
réelle ou non, et c'est... c'est... c'est... Parce que ce n'est pas... ce n'est
pas... ce n'est pas simple comme débat. Puis je ne suis pas juriste,
évidemment, mais selon ma compréhension, on amène, aujourd'hui, la définition
de ce qui devient, quelque <part...
M. Arseneau :
...la
définition de ce qui devient, quelque >part, un nouveau délit. La
question du... du... de la menace, du harcèlement, de l'intimidation est déjà
assez bien campée, je pense, dans le droit criminel, mais l'entrave, c'est...
c'est nouveau. Et je pense qu'on ne peut pas faire l'économie, ici, d'une
définition de ce à quoi on s'attend, de ce qu'on veut, comme... comme objectif
visé par la loi, de façon la plus claire possible. Et ça ne me semble pas aller
trop loin que de répéter que la liberté d'expression est fondamentale, ici, si
c'est une clause essentiellement interprétative.
Puis je vous ferais mention aussi, on
pourra aller vérifier, que, dans d'autres projets de loi, on l'a déjà fait. On
vient tout juste de sortir de l'étude du projet de loi n° 37 sur le
bien-être et le... la protection... le Commissaire au bien-être et aux droits
des enfants, et il est mentionné dans le préambule qu'on doit respecter le
droit des enfants à l'aune de la charte des droits et libertés. Bien,
évidemment, que la charte des droits et libertés s'applique, de toute façon. Ça
ne nous a pas empêchés de l'inscrire dans la loi n° 37, qui sera adoptée,
vraisemblablement, demain.
Alors, je pense que, si on veut rassurer
tous les gens qui sont inquiets par l'introduction d'un nouveau délit qui est
mal défini et qui peut, théoriquement, venir brimer la liberté d'expression et
puis le droit de participer aux débats publics... je pense que ce n'est pas un
luxe ici de l'ajouter, de le mentionner et de l'écrire en toutes lettres sans
que ce soit vu comme étant redondant.
Je sais qu'on dit souvent ça, lorsqu'on
étudie nos lois, que le législateur ne parle pas pour ne rien dire, mais je ne
pense pas qu'on parle pour ne rien dire lorsqu'on dit qu'on introduit un terme
qui est mal défini et puis qu'il ne vise pas à restreindre un droit
fondamental, qui est le droit à la liberté d'expression. Alors, c'est le point
que... l'élément que je voulais faire valoir ici au débat.
Le Président (M. Schneeberger) : Ça
va? Alors, est-ce qu'il y a des questions, réponses, suite au dépôt du
sous-amendement présenté par le député des Îles-de-la-Madeleine? Donc, ça va? Oui.
M. Arseneau : Bien, s'il n'y
a pas de... s'il n'y a pas de réaction, est-ce que je peux poser une question,
à savoir, parce que les gens se posent la question, on a déjà eu une séance de
breffage, là, puis on... le public n'a pas eu l'occasion d'y assister : Quelle
est la définition d'«entrave»? Est-ce que Me Dumont peut nous expliquer
dans ses termes ce qu'est une entrave?
Mme Laforest : Une entrave,
c'est ce qui... ce qui retient, ce qui gêne un travail.
M. Arseneau : Est-ce qu'on
conviendra que, lorsque l'on manifeste une opposition à travers des gestes ou
des propos... que ça gêne un conseil municipal qui voudrait adopter à la
va-vite, à la hâte une proposition, une réglementation, une motion à laquelle
certains pourraient vouloir s'opposer?
Mme Laforest : Mais là, ce
qui est important, encore une fois, de mentionner, c'est qu'on est venu
vraiment baliser, resserrer avec la notion d'abusif. Vous allez le voir un peu
plus loin.
M. Arseneau : Bien,
justement, c'est... c'est... En tout respect, Mme la ministre, c'est que, dans
le paragraphe qui est devant nous, on ne parle pas du fait que c'est abusif, on
parle strictement d'une entrave.
Mme Laforest : Mais on va y
arriver, là.
M. Arseneau : Sans entraves. Mais...
Mme Laforest : De façon
abusive.
M. Arseneau : Mais...Oui,
je sais qu'on va y arriver, mais, si cet article 1 nous sert de source
interprétative pour le reste et qu'il est imprécis, bien, c'est... je ne
comprends pas comment on fait cet exercice-ci. S'il doit servir, en quelque
sorte, de préambule à ce qui vient par la suite, pourquoi... si c'est si
important d'ajouter le terme «abusif», pourquoi on ne l'introduit pas dès le
départ?
Mme Laforest : Bien, en fait,
c'est que c'est comme... quand il y a un article, le préambule est large, puis
après ça, on vient définir les paramètres. C'est ce qu'on fait ici avec
l'article 1.
M. Arseneau : Mais là il est
non seulement large, il est indéfini.
Mme Laforest : Bien, on le
définit, là, par la suite, là. Voulez-vous qu'on... On peut y arriver tout de
suite, si vous voulez, là. Il n'y a aucun <problème...
Mme Laforest : ...On peut y
arriver tout de suite, si vous voulez, là. Il n'y a aucun >problème.
M. Arseneau : Non, bien, je
pense qu'on y arrivera tout à l'heure, là. Mais le terme, sur le plan légal, «l'entrave»,
la définition que vous avez donnée tout à l'heure, ce n'est pas issu d'un
corpus législatif ou d'une jurisprudence. Ce que vous nous avez donné tout à
l'heure, c'est la définition du <i>Petit Larousse ou du <i>Petit
Robert, c'est ça?
Mme Laforest : Bien, vous me
demandez la réponse?
M. Arseneau : Oui.
Mme Laforest : Je vais... Si
vous voulez, vous voulez la réponse du légiste, je vais... je vais...
M. Arseneau : Oui. Bien,
j'aimerais ça voir si...
Mme Laforest : ...je vais
laisser le légiste répondre, ça va me faire plaisir.
M. Arseneau : On a posé la
question tout à l'heure à savoir si, le «débats publics», il y avait une
définition légale. Moi, je veux...
Mme Laforest : Bon. C'est
bien.
M. Arseneau : ...je veux
juste terminer avant de vous laisser la parole. C'est parce que, si on ne se
raccroche pas à mon point de vue sur des éléments sur lesquels les juges,
éventuellement appelés à se prononcer, peuvent s'appuyer de façon solide et
sans... sans interprétation abusive, il me semble qu'on ne les guide pas de la
bonne façon. Alors, si on utilise un nouveau terme qui ne fait pas partie, mais
là vous me répondrez, du corpus législatif ou de... de la jurisprudence, bien
là, on nage un petit peu, là, en... dans le néant.
Le Président (M. Schneeberger) : ...commentaires?
Député de Marquette, je pense que vous souhaitez prendre la parole.
M. Arseneau : Bien, je pense
que le... Me Dumont.
Le Président (M. Schneeberger) : Ah!
Me Dumont, allez-y, après on va... ça sera le député de Marquette.
M. Dumont (Luc) : Oui,
bonjour. Est-ce que...
Le Président (M. Schneeberger) : ...
• (20 heures) •
M. Dumont (Luc) : Merci.
Comme je le mentionnais un petit peu plus tôt, c'est... c'est une disposition
d'objet. Donc, l'élément principal de ça, c'est de venir justifier pourquoi le
législateur ne... qu'on légifère dans ce sens-là. Il peut servir de source
subsidiaire interprétative dans la mesure où est-ce que les dispositions
subséquentes ne seraient pas claires. Or, comme on le verra, l'entrave, elle
est... elle... L'entrave, lorsqu'il s'agit de l'injonction, elle est précisée,
elle est éclaircie. Puis ce que... Puis, pour ajouter ce que la ministre a dit
par rapport à la définition d'entrave seule, c'était tout à fait exact, il faut
vous lui donner son sens courant.
Le Président (M. Schneeberger) : Ça
va? OK. Député de Marquette souhaitait intervenir.
M. Ciccone :Oui, juste des précisions parce que le sens des mots puis
les définitions sont très, très importantes, là. Encore une fois, je remercie
le député des Îles-de-la-Madeleine de parler d'entrave. Je voulais rester... Je
n'avais peut-être pas grand-chose à dire sur le sous-amendement du député,
mais, parce qu'on a amené le mot «entraves» et, par la suite, «entraves abusives»,
qu'on verra, là, dans l'article 3, et aussi au niveau des amendes dans
l'article 4, si je ne me trompe pas, là... mais «de façon abusive», là, le
mot «abusive», je veux juste des précisions, là. Parce qu'une entrave, c'est
très large, hein? Mais là vous rentrez... vous avez parlé, Mme la ministre,
d'entraves abusives. Maintenant, je vais vous donner un exemple, là, perturber
un événement public d'un conseiller ou d'un maire, on peut entraver, mais le
faire de façon pacifique, mais l'élu ne sera pas capable de faire son
événement, là, est-ce que c'est considéré comme étant abusif, ça?
Mme Laforest : Bien, vous me
posez tellement des bonnes questions, mais je ne suis pas le juge. Alors, ce
n'est pas moi qui va déterminer et donner la réponse, je ne peux pas.
M. Ciccone :Je comprends, mais c'est parce qu'il faut régler le problème,
là. Ça... Quand... Si c'est trop large, ça va se retrouver tout devant le juge.
Moi, ce que je veux éviter, c'est que... justement, qu'il y ait, tu sais, des
cadres très, très précis. Puis je suis d'accord avec le député des
Îles-de-la-Madeleine. Pourquoi qu'on ne met pas le mot «abusif» tout de suite
dans ce premier article-là et... ou le... au premier paragraphe puis qu'on le
définit, c'est quoi? Comme ça, bien, ça peut éviter encore une fois qu'on porte
plainte tout le temps puis que... que... que... qu'on fasse travailler en
double le DPCP, là. Il faut juste que ce soit vraiment clair, là, puis il faut
que les gens... En théorie, là, Mme la ministre, un projet de loi, je sais que
ce n'est pas toujours possible, là, il faut que ce soit écrit pour le citoyen.
Le citoyen, là, doit comprendre, là, c'est quoi, ses droits. Quand on veut, là,
perturber... Quelqu'un, il dit : Bien, il va-tu penser que c'est abusif
s'il veut perturber puis il veut faire passer son message, mais il le fait de
façon respectueuse? Moi, je vais vous en nommer un autre, une contestation
sociale, l'expression collective. Tu sais, je veux dire, ça, là, ça peut
être... ça peut-tu empêcher sur des droits fondamentaux, qui est au coeur de
notre démocratie, là? C'est... c'est...
Je comprends ce que vous dites, puis je
comprends que vous êtes de bonne foi, Mme la ministre, puis je comprends que
vous avez écrit ce projet de loi là pour faire un pas en avant, mais en même
temps, vous dites toujours : Bien, c'est le juge...
20 h (version révisée)
M. Ciccone :...mais, en même temps, vous dites toujours : Bien, c'est
le juge qui va s'en occuper, c'est le juge qui va s'en occuper. Bien, il faut
que ce soit clair avant que ça se retrouve devant le juge, pour éviter,
justement, que tout se retrouve devant le juge. Il faut que ça soit défini, là,
comme il faut... comme il faut, là.
Mme Laforest : Mais c'est
parce qu'on est... on est encore au premier paragraphe.
M. Ciccone :Oui, oui, mais c'est parce que vous avez parlé d'«abusive»,
là, tu sais. C'est vous qui amenez le terme.
Mme Laforest : Oui, mais...
Oui, c'est ça. Mais c'est parce que, si on continue l'article, on définit
vraiment pour que le juge puisse saisir les éléments. Mais c'est à la suite de
l'article 1.
M. Ciccone :OK. Parfait.
Mme Laforest : Ça fait que c'est
sûr qu'on pourrait continuer l'article. Peut-être qu'on pourrait lire tout l'article,
puis après ça... Je ne sais pas. Parce que là, c'est...
M. Ciccone :Mais... Mais je comprends. J'ai mis une ligne à l'eau. Je
comprends. Mais je ne voulais pas en parler. Comme je vous dis, j'étais de
bonne foi, je ne voulais pas aller là, mais c'est parce que vous avez nommé ces
mots-là. Vous avez parlé d'entrave, ou le mot «abusif», que ça allait plus
loin. Ça fait que je me suis dit : Bien, je vais prendre l'occasion de
semer une petite graine aujourd'hui, tantôt, ce soir, puis je vais peut-être...
je vais revenir, définitivement, plus tard, puis je vais vous reposer les mêmes
questions. Ça fait que préparez-vous, là, je vais vous revenir avec les mêmes
questions tantôt.
Mme Laforest : C'est bon.
M. Ciccone :C'est parfait. Merci beaucoup.
Le Président (M. Schneeberger) : J'avais
Mme la députée de Mont-Royal—Outremont qui voulait poser
une question.
Mme Setlakwe : Oui. Merci.
Juste pour renchérir sur les propos de mon collègue... et aussi des propos de
notre collègue des Îles-de-la-Madeleine, puis revenir aussi sur une discussion,
avant la pause... avant qu'on prenne une pause pour le souper, avec le légiste.
Je comprends l'idée d'avoir un objet qui demeure large, dans les grandes
lignes, mais on sait que ça accroche vraiment au niveau du terme «entrave», à
tel point que vous avez jugé bon de venir modifier le libellé par rapport à la
version initiale. Vous l'avez fait autant dans l'article qui traite du recours
en injonction... vous l'avez fait aussi quand on parle de troubler le
déroulement d'une séance, on a... on a indiqué «de façon abusive». Et ensuite,
bon, là, quand on parle d'entrave, par contre, lorsqu'il y a des menaces, de l'intimidation,
du harcèlement, je ne me souviens pas, là, si on... vous l'avez... si vous l'avez
modifié.
Mais tout ça pour dire que ce ne serait
pas une bonne idée, tout de suite, de venir cadrer un peu ou baliser le mot
«entrave»? Parce que, dans son sens commun, c'est... c'est gêner, c'est...
c'est peut-être déranger, mais il va de soi qu'un élu, dans le cadre de ses
fonctions, il va vivre des entraves, c'est clair. Si on ne veut pas vivre d'entraves,
si on ne veut pas faire face à des vents de face, là, puis si on ne veut pas
être obligés de toujours justifier ce qu'on fait, on n'est pas dans les... dans
la bonne ligne, là. Comme élu, il faut constamment faire face à de la... de l'opposition,
de la contestation, des opinions. Tu sais, si on pense qu'on va plaire à tout
le monde puis que tout le monde va s'exprimer dans le même sens, c'est loin d'être
le cas. Donc, forcément, le travail d'élu implique des entraves, implique d'être...
d'être gêné. On n'a jamais la pleine liberté. Il faut... Il faut tenir compte
de ce que les citoyens vont... tu sais, des conséquences d'une décision sur les
citoyens. Il y a des... Il y a des intérêts divergents. Je pense que vous
comprenez ce que je veux dire. Et j'ai senti, de la part... Mme la ministre, j'ai
senti, de la part du légiste, que, peut-être, c'était... ce n'était pas une
mauvaise idée de venir tout de suite qualifier, baliser le mot «entrave». Ça, c'est
point 1. Puis... Puis, point 2... Parce que là, en fait, on est sur l'amendement,
là, du... proposé par le... Bien, je vais laisser peut-être réagir à ce premier
point là, puis je reviendrai avec mon deuxième point.
Mme Laforest : Maître...
Le Président (M. Schneeberger) : Oui.
M. Dumont (Luc) : Bien, j'ai...
Non, je n'ai pas réagi. Qu'on vienne baliser? Non...
Mme Setlakwe : Non, mais,
plus tôt, quand on parlait de l'objet, vous n'avez pas dit que, peut-être, ça
pourrait se faire, de venir... Non? OK. Peut-être, j'ai mal compris. OK. Donc,
vous maintenez qu'à l'article 1 il ne faut pas toucher à «entrave», il
faut laisser le mot «entrave», sens usuel, sens... le sens large, selon le
dictionnaire?
M. Dumont (Luc) : Bien...
Bien, je maintiens ce que j'ai dit dans l'argumentaire de tantôt. C'est une
disposition d'objet qui... dans le fond, qui vient... qui vient dicter pourquoi
on légifère aujourd'hui. Par la suite, à chaque fois que la notion d'entrave,
dans le corps de la loi, est mentionnée, il est circonscrit d'une manière
particulière selon si c'est au niveau pénal ou si c'est en matière d'injonction.
Mme Setlakwe : OK. Donc, j'ai
peut-être mal... mal interprété vos propos, là, de... Mais donc, OK, vous, vous
seriez d'avis qu'on peut le laisser comme ça, étant donné que, plus loin, quand
on est dans le... des dispositions plus particulières, sur des recours plus
particuliers, on vient vraiment baliser, mais j'aimerais savoir qu'est-ce que
la ministre en pense. Ça demeure quand même une décision politique, là.
Mme Laforest : Bien, moi, ce
que j'en pense, là, personnellement, là, c'est sûr que vous nommez des aspects
qui sont disposés à quelques reprises dans l'article au complet. Ça fait que
c'est sûr que, moi, ce que je peux proposer, là, parce que vous <parlez...
Mme Laforest :
...au
complet. Ça fait que c'est sûr que, moi, ce que je peux proposer, là, parce que
vous >parlez de la liberté d'expression, vous parlez d'entrave, vous
parlez «abusive», et tout, et tout... Donc, c'est sûr que si, à chaque article,
on discute comment devraient être écrits les mots, moi, je crois que, si vous
avez plusieurs amendements, on pourrait discuter ensemble pour essayer de... si
je peux dire, de raccourcir. Parce que, là, on est dans, justement, le premier
paragraphe et on parle des aspects du quatrième paragraphe et du troisième
paragraphe.
Est-ce qu'on pourrait suspendre, M. le
Président? On va regarder un petit peu où vous voulez en venir, pour ne pas,
justement, qu'on parle de chaque ligne et de vouloir changer chaque article, à
ce moment-ci. Est-ce qu'on pourrait suspendre puis regarder un peu comment vous
voulez travailler l'article? Parce que, si on travaille chaque ligne, on ne
sortira pas d'ici avant... avant longtemps, là. Ça fait que... est-ce qu'on
pourrait suspendre? Est-ce que vous êtes d'accord?
M. Ciccone :...moi, je n'ai pas de problème, mais j'aurais une question
avant de suspendre.
Mme Laforest : Oui, allez-y.
Le Président (M. Schneeberger) : Oui.
Bien, par contre, il y a M. le député de Taschereau qui voulait prendre la
parole avant, à moins qu'il veut...
M. Grandmont : Non, mais je
vais lancer quand même une autre... une autre réflexion, en fait, pour faire
suite, parce que, je pense, ça fait partie de la même réflexion, là, puis je
tiens à la dire tout de suite. Dans le fond, je veux faire un peu de pouce, là,
sur ce que mon collègue de Marquette a dit tantôt.
Dans... Dans votre mémoire, Mme la
ministre, là, que vous avez déposé au Conseil des ministres, là, vous disiez :
«Les infractions pénales visant à sanctionner les citoyens menaçants ou
harcelants, intimidants à l'égard d'une personne élue ou ceux troublant le
déroulement d'une séance du conseil d'un organisme municipal pourraient
toutefois susciter des inquiétudes de la part des citoyens à l'effet qu'une
telle infraction pourrait porter atteinte à leur liberté d'expression ou de les
censurer lors d'une séance du conseil. Il reviendrait alors aux tribunaux de
circonscrire la portée de ces infractions.»
• (20 h 10) •
Moi, je... j'ai comme l'impression
qu'on... en ne venant pas assez baliser, peut-être, certains mots, notamment la
notion d'entrave, parce que c'est un peu de ça dont on parle dans ce
paragraphe-là, notamment, on risque de se retrouver avec un engorgement, un
certain engorgement à la Cour supérieure<i>, qui va devoir traiter des
demandes. On sait déjà... La Ligue des droits et libertés avait quand même été
assez éloquente, là, sur certains abus qui existaient, qu'ils ont documentés,
alors que, même, on n'avait pas ces nouvelles dispositions là. Moi, j'ai quand
même, encore une fois, toujours dans... on veut toujours protéger nos élus,
mais, comme les notions ne sont pas claires suffisamment, notamment la notion
d'entrave, on risque de se retrouver avec davantage de demandes qui sont
déposées à différentes instances et à terme, donc, d'avoir une Cour supérieure
qui est engorgée. Mais aussi... je ne sais pas si Mme la ministre m'écoute
bien, mais on risque aussi... en plus d'avoir une Cour supérieure qui risque
d'être bien engorgée, d'être bien surutilisée, sur... à surcapacité, on risque
d'avoir aussi des contestations de ces dispositions-là.
Moi, ce que je souhaite, c'est à la fois
protéger les élus, on partage tous et toutes le même objectif ici... mais, de
l'autre côté, on veut s'assurer que le projet de loi offre des balises, des
garanties de balises qui sont suffisamment claires pour éviter les dérapages,
pour éviter que la Cour supérieure soit aux prises avec un afflux trop grand de
demandes ou encore une contestation de... des dispositions qu'on aura travaillées
ici au cours de l'étude détaillée du projet de loi n° 57.
Donc, je voulais juste le ramener parce
que je n'ai pas l'impression, même si on a fait un certain chemin, là, depuis
ce qui est écrit là, dans le mémoire... on a quand même cheminé, mais il reste
encore des zones grises que, je pense, il vaudrait la peine de clarifier pour
éviter soit des dérapages, soit un engorgement à la cour, soit une contestation
du projet de loi n° 57.
Le Président (M. Schneeberger) : Oui.
Mme Laforest : Bien,
honnêtement, c'est ce que j'ai proposé tantôt. C'est qu'on est au paragraphe 1,
puis vous dites que l'article n'est pas assez bien défini, c'est moins bien
expliqué, que ça peut donner plusieurs possibilités au juge, que c'est trop
large, mais on vient juste de lire le premier paragraphe, on ne lit pas le
restant de l'article. Alors, c'est sûr que, si on en reste au premier
paragraphe, vous allez... vous avez raison de dire que ce n'est pas complet,
c'est trop large, ça donne trop de possibilités au juge ou encore trop... trop
de causes à un juge, mais on n'avance pas, là, dans l'article. Ça fait que
c'est sûr qu'on va en... on va discuter très, très longtemps, là. C'est pour ça
que, tantôt, j'ai dit : Est-ce qu'on peut suspendre? Parce qu'on va
continuer comme ça des heures et des heures. Il faut avancer. Parce qu'on ne
lit même pas le restant de l'article.
M. Grandmont : Mais je vous
entends, puis on les a en tête, on les a lus quand même aussi, puis on voit où
est-ce que... où est-ce qu'on s'en va avec tout ça. Mais il reste quand même
qu'on est dans les objets... on est dans l'objet, en fait, qui vient donner des
balises générales à l'article. On vous a proposé d'ajouter certains...
certaines... certains... Bien, dans ce cas-ci, l'amendement de mon collègue des
Îles-de-la-Madeleine, c'est d'ajouter la liberté d'expression. J'imagine que
c'est le même raisonnement qui s'applique à ce que j'avais proposé avant. On le
fait, puis je ne sais pas si c'est le souhait aussi ou l'intention de mon
collègue, mais c'est dans l'esprit de venir <clarifier...
M. Grandmont :
...c'est
le souhait aussi ou l'intention de mon collègue, mais c'est dans l'esprit de
venir >clarifier qu'on respecte toujours certains droits fondamentaux
québécois, qu'on vient aussi donner une certaine... vient rassurer certains
acteurs qui ont pris la parole sur ce dossier-là.
Puis, de l'autre côté, bien, on aborde
pour la première fois, dans l'article 1, la notion d'entrave sans nommer à
cet article-là qu'elle est... que c'est de manière abusive qu'on va la traiter
dans le reste du chapitre I. Peut-être que c'est juste d'ajouter la notion
d'«abusive» à cette... à «entrave» dans l'article 1, puis peut-être que ça
viendrait clarifier les choses. C'est un peu ce que ma collègue de Mont-Royal—Outremont proposait, j'ai l'impression.
Donc, voilà, tu sais, c'est un peu... je
veux dire, on essaie de faire notre travail de manière consciencieuse, Mme la
ministre, je pense que vous le savez, on essaie de travailler dans l'objectif
d'avoir le meilleur projet de loi à la fin. C'est ce qu'on poursuit tous ici. Je
n'ai pas envie de travailler là-dessus jusqu'en septembre. Voilà.
Le Président (M. Schneeberger) :
Alors, d'autres qui voulaient prendre la parole? Sinon, aussi, juste
peut-être rappeler qu'étant donné qu'on n'adopte pas des... bien, en tout cas,
les articles, il n'y a pas de mise aux voix par article, l'article 1 sera
adopté au complet à la fin, il n'y a rien qui vous empêche d'aller voir les
autres articles, là, pour... tu sais, pour spécifier, là, on... Tu sais, il n'y
a pas de vote. Alors, Mme la ministre ou les députés peuvent aller voir pour
préciser certains... certaines règles ou certaines approches, là. Alors, à ce
moment-là, s'il y a...
M. Grandmont : M. le
Président...
Le Président (M. Schneeberger) :
Oui. Député de Taschereau.
M. Grandmont : ...juste
une question de précision quand même. Parce que, si on fait ça, la gestion du
temps, je ne sais pas comment vous organisez ça, mais c'est parce que,
formellement, quand on change d'article, on remet un peu le compteur à zéro
pour être sûrs d'avoir les mêmes temps de parole aussi, là. Parce que j'ai ça en
tête aussi, là.
Le Président (M. Schneeberger) :
Bien, c'est chronométré. De toute façon, tous vos temps de parole sont
chronométrés. Alors, si vous prenez du temps de parole sur un article, bien, il
va être chronométré sur votre article.
M. Grandmont : OK.
Des voix : ...
Le Président (M. Schneeberger) :
Alors là, je ne sais pas, Mme la ministre m'a demandé une suspension. Alors,
est-ce que vous...
Des voix : ...
Le Président (M. Schneeberger) :
Oui?
M. Ciccone : Bien,
juste une petite question générale. Avant de passer la parole, vous m'aviez dit
que vous reviendrez à moi, là. C'est correct?
Le Président (M. Schneeberger) :
Oui.
M. Ciccone :Question d'ordre général. Parce que j'écoute ça, là, puis moi,
là, honnêtement, là, vous comprenez, Mme la ministre, là, vous parlez à
quelqu'un qui a été intimidé puis qui a intimidé également, ça fait que je
comprends les impacts. Moi, là, si on est capables de protéger le plus possible
un être humain d'être intimidé, là, comprenez bien, là, je suis dans votre
équipe, là. Moi, la seule chose que je veux, c'est que ce projet de loi là
sorte puis qu'il ait un impact réel.
Ma question est la suivante : Ce
projet de loi là, là... puis c'est général, là, qu'est-ce que cette loi-là
qu'on va amener aujourd'hui, là... que le Code criminel ne pourrait pas... ne
pourrait... ne couvrirait pas, là, dans ce projet de loi là? Parce qu'il y a
beaucoup de termes qui est utilisé dans le Code criminel où, vraiment... Parce
que, tantôt, vous m'avez dit : Bien, le juge va décider, mais il y a
beaucoup d'éléments dans ce projet de loi là où... qu'on n'a pas besoin de ça
pour... Le harcèlement, c'est illégal. L'intimidation, c'est illégal. Les
menaces, c'est illégal. Ça fait que... qu'est-ce que ce projet de loi là...
C'est pour ça que nous, on essaie de rajouter des termes, on essaie de rajouter
des éléments qui vont faire en sorte que ça va peut-être aller plus loin. Je
comprends que ça ne peut pas contrevenir au Code criminel, ça, je comprends ça,
mais le but de cette... de la présentation de votre projet de loi, c'est pour
justement encore mieux protéger les élus, en l'occurrence, ici. Alors, c'est
pour ça, ma question est générale : Qu'est-ce que le projet de loi, là,
vient faire de plus que ce qui est déjà prévu dans le Code criminel pour
protéger les élus et même le citoyen?
Mme Laforest : Votre
question est excellente. Puis ce que je peux vous répondre là-dessus, c'est
qu'on vient compléter ce qui n'est pas possible dans le Code criminel et aussi
avec les mesures de la <i>Commission municipale. Donc, il y a le Code
criminel et il y a la Commission municipale. D'ailleurs, Me Marois est ici pour
ça, là, le président de la Commission municipale. Et le manque ou le vide qu'il
y a entre les citoyens et les élus municipaux, le projet de loi n° 57
vient remplir ce vide-là. Première des réponses.
Deuxième des réponses, deuxième réponse
importante. Je pense que... pour toutes les questions que vous avez posées, et
la vôtre aussi, je comprends que ce qui vous touche énormément, c'est que c'est
toujours la notion d'abus, qu'on ne le voit pas ou c'est lu dans le quatrième
paragraphe.
Alors, moi, je vais refaire ma demande, ça
fait la troisième fois que je le demande, je demande de suspendre, parce qu'on
va tourner en rond pour la même demande du député de Marquette, que j'aimerais
expliquer à tout le monde ici, si c'est possible.
Le Président (M. Schneeberger) :
Parfait. Alors, nous allons suspendre, le temps... (panne de son) ...voilà.
(Suspension de la séance à 20 h 18)
20 h 30 (version révisée)
(Reprise à 20 h 42)
Le Président (M. Schneeberger) :
Alors, nous reprenons les travaux.
Là, il y a eu plusieurs discussions, alors
disons que je vais laisser Mme la ministre prendre la parole en premier pour
savoir un petit peu ce que vous vous êtes... qu'est-ce que vous êtes entendus.
Mme Laforest : Oui. Mais en
fait, c'est ça, on a discuté, au niveau de la situation abusive ou entrave abusif...
abusive. On a regardé dans le texte, et notre... notre amendement au niveau des
situations abusives et des entraves abusives est très, très complet. Donc, c'est
sûr qu'à ce moment-ci il n'y aura pas de changement.
Il y a peut-être un petit amendement que
mon collègue député de Lac-Saint-Jean va lire, mais c'est au niveau de la charte
des droits et libertés<i>. Alors, c'était conforme. Merci.
Le Président (M. Schneeberger) : Parfait.
Alors, à ce moment-là, je vais mettre aux voix...
Des voix : ...
Le Président (M. Schneeberger) : Oui,
il y a-tu... Est-ce que quelqu'un veut prendre la parole du côté de... Oui,
député de Marquette?
M. Ciccone :Oui, oui. Non, non, non. Je comprends... je comprends que
la ministre, elle, pour elle, c'est réglé, là, mais moi... moi, je trouve que
le mot «entrave» est très, très, très large, là.
J'ai même... hors micro, j'avais même
suggéré à la ministre peut-être même de définir l'entrave, parce que, quand on
regarde, le mot «entrave», dans différents projets de loi, peut être défini de
façon différente, va avoir une force différente également.
Si on va voir dans le Code criminel puis
on parle d'entrave au travail d'un agent de la paix, ce n'est pas long qu'on
sait c'est quoi, là, il va y avoir des accusations, arrestations, puis il peut
y avoir... il peut y avoir des séquences, là... des conséquences.
Dans ce cas-ci, entrave à un élu, tu sais,
je veux dire, si tu déranges son épluchette de blé d'Inde puis tu <l'empêches...
M. Ciccone :
...élu, tu sais, je veux dire, si tu déranges son
épluchette de blé d'Inde puis tu >l'empêches de faire son travail...
Je comprends qu'on va rajouter plus loin
le mot «abusif», là, ça, je comprends ça, mais, en même temps, c'est... ce
n'est pas vraiment défini.
Puis la ministre dit «bien, c'est le juge
qui va décider», je comprends ça, mais il faut quand même qu'il y ait des
barèmes, là, pour que le juge puisse travailler, là. C'est large en maudit, le
mot «entrave», là.
Ça fait qu'encore une fois, moi, je veux
éviter que tout se retrouve devant... justement qu'il y ait des plaintes puis...
devant les tribunaux puis... puis on veut que le processus se fasse rapidement.
C'est l'objet du projet de loi, j'en conviens, j'en suis.
Je suis du côté de la ministre là-dessus,
mais moi, j'ai beaucoup, beaucoup, beaucoup de réticence avec le mot «entrave»
et j'aimerais qu'on l'encadre un peu plus. J'aimerais que ce soit défini
vraiment dans le contexte du... du projet de loi actuel, face aux élus
municipaux, en l'occurrence ici.
Alors, moi, c'est important que je le
dise, là, au micro pour que ça puisse être compris.
Je comprends que la ministre, elle, c'est
réglé pour elle, mais moi, pour moi, ce n'est pas encore réglé. Mais, encore
là, on va voter sur le... sur cet aspect-là. Voilà.
Le Président (M. Schneeberger) : Bon.
Là, j'avais plusieurs demandes de prise de parole. Alors, j'avais la députée de
Mont-Royal—Outremont, le député de Taschereau, et je vais
finir par le député des Îles-de-la-Madeleine.
Je rappelle juste que les discussions
doivent porter sur le sous-amendement présenté par le député des Îles-de-la-Madeleine.
Voilà. Merci. Alors, députée de Mont-Royal—Outremont.
Mme Setlakwe : Oui. Merci, M.
le Président. Donc, sur, justement, le sous-amendement qui a été déposé par le
député des Îles, sans restreindre la liberté d'expression et le droit de toute
personne de participer au débat public, j'aimerais savoir si le légiste est du
même avis quant à cet amendement-là que par rapport à celui qui a été déposé
par le député de Taschereau. Est-ce que... Parce que je crois que la ministre a
dit qu'il y a... il y a peut-être un autre amendement qui se trame en rapport
avec la charte.
J'aimerais savoir quelle est votre
position par rapport à cet... cet amendement-là, est-ce que vous croyez
toujours que c'est préférable de ne pas nommer un droit ou une liberté en
particulier et plutôt laisser la charte s'appliquer dans sa globalité?
Le Président (M. Schneeberger) :
Consentement pour que le... Oui? Alors, Me Dumont, allez-y.
M. Dumont (Luc) : La
similarité des deux propositions est quand même là. Donc, oui, moi, je... il me
semble tout à fait raisonnable de penser que le débat public, nécessairement, pour
ce faire, inclut la liberté d'expression.
Donc, le droit de participer à un débat
public emporte évidemment toutes les libertés qui sont relatives, dont la
liberté d'expression.
Mme Setlakwe : Merci. Et
puis, juste pour clarifier, Mme la ministre, vous avez dit que de votre côté,
il y a quelque chose où vous avez... vous avez... vous êtes prête à statuer sur
ce... ce sous-amendement ou sur une autre question en lien avec la charte, est-ce
qu'on peut savoir de quoi il s'agit?
Mme Laforest : ...situations abusives,
là.
Mme Setlakwe : OK.
Mme Laforest : Non. Oui.
Mme Setlakwe : Donc, vous,
vous maintenez que le sous-amendement n'est pas...
Mme Laforest : Il n'est pas
nécessaire.
Mme Setlakwe : N'est pas
nécessaire. Merci.
Le Président (M. Schneeberger) :
Député de Taschereau.
M. Grandmont : Oui, merci.
Moi aussi, là, à l'intérieur de cet... ce sous-amendement-là, là, j'aimerais
quand même revenir sur la notion d'entrave, puis mon collègue de Marquette y a
fait référence, là, mais je vais vous le lire, en ce qui a trait à l'infraction
d'entrave à un agent de la paix, c'est «le simple fait de rendre le travail
d'un policier plus compliqué par son comportement». Ça reste quand même très
léger. Je veux dire, si c'est ça, une entrave, puis si on l'applique,
évidemment, ce n'est pas exactement le même genre de métier, on s'entend, là,
puis on n'est pas dans le criminel, on est dans un autre régime, ça reste quand
même que l'entrave est facile à être nommée par une personne qui peut...
On discutait tantôt à bâtons rompus et à
micros fermés, mais un élu qui doit faire un discours dans un événement à
l'extérieur puis il y a des gens, des manifestants, par exemple, qui font jouer
de la musique très, très fort pour empêcher qu'on puisse entendre ce
discours-là, est-ce que ça constitue une entrave?
Tu sais, on pourrait faire tous les cas de
figure, à chaque fois, Mme la ministre va nous répondre : Bien, ce n'est
pas à moi de juger, ça va être aux tribunaux. Mais comme la notion est
tellement large et facilement atteinte, en tout cas au regard de ce qu'on a
comme autres cas similaires où on parle d'entrave, le travail des policiers, mais
on risque de se retrouver avec beaucoup de causes devant les tribunaux, donc
d'embourber le système juridique. Puis après ça, bien, des contestations qui
viendront créer une jurisprudence puis baliser, en fait, ce que c'est une
entrave.
Est-ce qu'il faut passer par tout ce
processus-là de contestation de la... des articles du projet de loi 57 qui
touchent l'entrave pour finalement arriver à tracer une ligne à force de
jurisprudence?
Il me semble qu'on devrait peut-être, il
me semble, travailler ça un peu en amont puis avoir une définition plus claire
de ce qu'on entend par entrave ou trouver un autre <nom...
M. Grandmont :
...définition
plus claire de ce qu'on entend par entrave ou trouver un autre >nom.
Il y a plusieurs projets de loi... Un
autre concept, pardon. Il y a plusieurs projets de loi, Mme la ministre, sur
lesquels on a travaillé ensemble, dans lesquels il y avait des définitions qui
étaient clairement identifiées au début du projet de loi. Pensons, par exemple,
au projet de loi qui touchait la... une réforme de la Loi sur l'aménagement et
l'urbanisme, il y avait une série de définitions. Je l'ai faite avec d'autres
ministres, notamment 48, en sécurité routière, il y avait une série de
définitions.
Est-ce qu'on ne pourrait pas avoir aussi,
pour l'entrave, une définition en amont dans les premiers articles du projet de
loi, le chapitre I de la loi 57? Ce serait ma proposition.
Puis, bien, je reviendrai aussi,
évidemment, sur la liberté d'expression. Je pense que ça va dans le sens de ce
qu'on avait proposé tantôt. On allait peut-être un petit peu plus loin avec le
droit de réunion pacifique, ça va dans le même sens.
Donc, moi, j'appuie évidemment, là, le...
le... la proposition de sous-amendement de mon collègue des Îles-de-la-Madeleine.
Le Président (M. Schneeberger) : Alors,
député des Îles-de-la-Madeleine.
• (20 h 50) •
M. Arseneau : Oui, bien, je
pense qu'on... Vous vous apprêtez à voter là-dessus. Je pense qu'on a... on a
effectivement ici un élément qui, moi, me turlupine.
Quand on lit le texte initial — je
vais retrouver, là — on parle de favoriser l'exercice des fonctions
électives au sein des institutions municipales québécoises sans entraves et à
l'abri des menaces, du harcèlement et de l'intimidation, comme si c'étaient
deux choses différentes, les entraves d'une part, et les menaces, le
harcèlement et l'intimidation d'autre part, mais quand il est question des
exemples et puis des cas qu'on souhaite toucher, on revient presque toujours — en
fait, moi, je n'ai pas d'autre exemple, là — à la question de la
menace, du harcèlement et de l'intimidation.
Donc, pour ce qui est de la liberté
d'expression, je comprends, là, que la ministre ne veut pas retenir cet
aspect-là, mais je vais revenir tout à l'heure avec une proposition de
sous-amendement, où il me semble que l'on... on pourrait concentrer nos efforts
sur les menaces, le harcèlement et l'intimidation sans introduire un nouveau
délit ou un nouveau vocable qui est mal défini et qui, à mon sens, constituerait
une voie de passage inspirée, en fait, de ce qui se passe un... ce qui est
écrit un petit peu plus loin dans le projet de loi, c'est-à-dire... Je vais le
trouver, là, l'article 5. Puis là je fais juste référence à ça,
l'article 5 dit : «Quiconque entrave l'exercice des fonctions d'un
élu municipal en le menaçant, en l'intimidant ou en le harcelant».
Je pense que ça, ça fait l'unanimité,
parce qu'on sait de quoi on parle lorsqu'on parle de menace, d'intimidation ou
de harcèlement qui entravent l'exercice, mais lorsqu'on introduit un nouveau
mot, un nouveau terme qui s'appelle l'entrave et qui semble être distinct de la
menace, de l'intimidation ou du harcèlement, c'est là que je trouve qu'on a un
problème. Bref, j'y reviendrai tout à l'heure.
Le Président (M. Schneeberger) : Merci.
Alors, s'il n'y a pas d'autre intervention, nous allons mettre aux voix le
sous-amendement proposé par le... Oui? Par appel nominal. Là, je m'en doutais,
alors...
Mme Setlakwe : ...passer aux
voix, s'il vous plaît.
Le Président (M. Schneeberger) : Oui.
Allez-y, députée de Mont-Royal—Outremont.
Mme Setlakwe : Oui, parce
qu'honnêtement, en toute transparence, je comprends, avec mon chapeau d'avocate
puis en ayant l'échange avec les légistes, qu'on veut que la globalité de la
charte s'applique, tous les... tous les droits, toutes les libertés, on ne veut
pas... Mais ici, dans le cadre du débat sur ce projet de loi là, je... je suis
très mal à l'aise de voter contre l'idée d'amener spécifiquement la liberté
d'expression, là, c'est comme...
Une voix : ...
Mme Setlakwe : C'est ça, ça va...
ça va de soi. Et donc, dans ce sens-là, je... on... tu sais, j'annonce un peu
nos couleurs, là, qu'on a vraiment un malaise à voter contre cette idée-là.
Je proposerais peut-être, je pose la
question : Est-ce qu'il y a moyen de fignoler le libellé pour... bon, sans
ajouter «notamment», mais juste pour indiquer que... Évidemment, c'est la
liberté d'expression qui ressort comme étant celle qui est la plus menacée dans
le cadre de l'étude de ce projet de loi là, est-ce qu'il y a une façon de dire
que c'est sans restreindre, bon, notamment la liberté d'expression?
Je comprends qu'on a déjà le mot
«notamment» ou «sans restreindre»... en particulier... Je ne sais pas, là, je
soumets la question parce que si on ne met pas le mot «notamment», c'est... ce
n'est pas idéal, mais, encore une fois, je... je pense que c'est préférable de
mettre... de mettre la... de l'indiquer.
Des voix : ...
Mme Setlakwe : Mais c'est ça.
Je posais la <question...
Mme Setlakwe :
...de
mettre la... de l'indiquer.
Des voix :
...
Mme Setlakwe :
Mais
c'est ça. Je posais la >question tout à l'heure. Donc, il y a un
amendement qui s'en vient justement de la part du gouvernement pour...
Mme Laforest : C'est ça qu'on
disait, oui.
Mme Setlakwe : OK. Mais c'est
ce que je voulais savoir tout à l'heure dans ma... mon intervention précédente,
parce que, je veux dire, je suis comme incapable de voter contre ça, mais je
sais que ce n'est pas idéal comme libellé. Donc, c'est pour ça que je disais :
Est-ce qu'il y a quelque chose qui se trame au niveau de la charte? Puis là je
viens de l'apprendre.
Mme Laforest : C'est ça que
le député de Lac-Saint-Jean voulait lire tantôt.
Mme Setlakwe : Ah!
Le Président (M. Schneeberger) : Ça
va?
Mme Setlakwe : Et donc?
Mme Laforest : On va... donc,
on va retirer.
Mme Setlakwe : Non, mais
c'est comme... On ne peut pas prendre une décision là-dessus...
Mme Laforest : On va voter
contre.
Mme Setlakwe : ...sans savoir
ce qui s'en vient.
Mme Laforest : Oui, c'est ça.
Le Président (M. Schneeberger) : Parfait.
Alors, je vais mettre... Bon, je vais mettre aux voix le... par appel nominal,
oui, le... l'amendement. Là, je pense qu'on a un député qui vient de quitter.
Mme Rotiroti : ...on ne peut
pas voter sur ça si on ne sait pas qu'est-ce qui s'en vient. Peut-être
qu'est-ce qui s'en vient va faire en sorte qu'on va tous voter contre celui-là,
parce que l'autre est plus inclusif puis ça fait plus notre affaire.
Je veux dire, à un moment donné, là, il
faut qu'on soit cohérents dans qu'est-ce qu'on fait, là.
Mme Laforest : ...lire
l'amendement, M. le Président. On est rendus là. Il faut que vous laissiez la
parole à M. le député de Lac-Saint-Jean.
Le Président (M. Schneeberger) : Bien,
alors, par contre, ça prend le consentement pour qu'il puisse le lire, parce
que là on n'est pas dans l'ordre habituellement des choses.
Alors, pour le bien de la cause, je
comprends que... puis rassurer les gens, je comprends que vous souhaitez que le
député de Lac-Saint-Jean lise l'amendement, qu'il soit déposé... ou que la
ministre... soit déposé avant même que vous... on vote sur le dépôt. Alors,
consentement? Parfait. Alors, député de Lac-Saint-Jean, faites-en la lecture.
M. Girard (Lac-Saint-Jean) : Donc,
je peux faire un... déposer un sous-amendement par-dessus un autre
sous-amendement?
Le Président (M. Schneeberger) : Comment?
M. Girard (Lac-Saint-Jean) : Normalement,
on devrait voter sur son sous-amendement et ramener...
Le Président (M. Schneeberger) : Le
suspendre?
Des voix : ...
Le Président (M. Schneeberger) : Bon.
Parce que là vous... il faudrait vous... vous faites plusieurs insinuations de
faire ci, ça. Moi, j'essaie juste de suivre, de suivre selon les règles. Alors,
je vais...
À ce moment-là, on va mettre aux... on va
mettre aux voix l'amendement. Parfait. Ça fait que là on va...
Alors, est-ce que l'amendement présenté
par le député de... des Îles-de-la-Madeleine, pardon, sur le...
l'article 1 est adopté? Par vote nominal.
La Secrétaire : Pour, contre,
abstention. Mme Laforest (Chicoutimi)?
Mme Laforest : Contre.
La Secrétaire : M. Girard
(Lac-Saint-Jean)?
M. Girard (Lac-Saint-Jean) : Contre.
La Secrétaire : M. Gagnon
(Jonquière)?
M. Gagnon : Contre.
La Secrétaire
: M. Rivest
(Côte-du-Sud)?
M. Rivest : Contre.
La Secrétaire
: Mme Dionne
(Rivière-du-Loup—Témiscouata)?
Mme Dionne : Contre.
La Secrétaire
: Mme Setlakwe
(Mont-Royal—Outremont)?
Mme Setlakwe : Pour.
La Secrétaire
:MmeRotiroti (Jeanne-Mance—Viger)?
Mme
Rotiroti
:
Pour.
La Secrétaire
: M. Grandmont
(Taschereau)?
M. Grandmont : Pour.
La Secrétaire
:M.Schneeberger (Drummond—Bois-Francs)?
Le Président (M. Schneeberger) : Abstention.
Alors, l'amendement est rejeté.
Alors, à ce moment-là, député de Lac-Saint-Jean,
vous souhaitez déposer un amendement sur l'article 1.
M. Girard (Lac-Saint-Jean) :
Je souhaite déposer un sous-amendement. Donc, en fait, c'est «dans le respect
de la Charte des droits et libertés de la personne».
Une voix : ...
M. Girard (Lac-Saint-Jean) : OK.
On va attendre qu'il soit au tableau.
Le Président (M. Schneeberger) : ...Greffier.
M. Girard (Lac-Saint-Jean) : Oui,
il est déposé au Greffier.
Le Président (M. Schneeberger) : Parfait.
Alors, juste... on va l'afficher. Et vous avez... vous allez le lire au
complet, s'il vous plaît.
M. Girard (Lac-Saint-Jean) : Donc,
vous voulez que je le lise au complet?
Le Président (M. Schneeberger) : Oui.
M. Girard (Lac-Saint-Jean) : Donc :
Article 1 (article 1 de la Loi visant à protéger les élus municipaux
et à favoriser l'exercice sans entraves de leurs fonctions).
Insérer, dans l'amendement proposé à l'article 1
du projet de loi, à la fin de l'article 1 de la Loi visant à protéger les
élus municipaux et à favoriser l'exercice sans entraves de leurs fonctions
proposé, «dans le respect de la Charte des droits et libertés de la personne
(chapitre C-12)». Voilà, M. le Président.
Le Président (M. Schneeberger) : Voilà.
Merci. Est-ce qu'il y a des questions sur l'amendement proposé par le député de
Lac-Saint-Jean?
Des voix : ...
Le Président (M. Schneeberger) : Alors,
pas de questions? Oui, allez-y. Bien... parce que tout le monde me regarde,
mais il n'y a personne. Alors, députée de Mont-Royal—Outremont.
Allez-y.
Mme Setlakwe : ...M. le
Président. J'aimerais juste savoir, ce... cette... ce bout de phrase, «dans le
respect de la Charte des droits et libertés de la personne», s'inscrirait donc
après... juste le voir, là, s'inscrirait après les mots... après «sans
restreindre le droit de toute personne de participer aux débats publics, dans
le respect de la Charte des droits et libertés de la personne. Bon.
Là, c'est <inclusif...
Mme Setlakwe :
...et
libertés de la personne. Bon.
Là, c'est >inclusif, la charte
s'appliquerait dans sa globalité, donc je ne peux pas me contredire par rapport
à ce que j'ai mentionné plus tôt.
Ma question est la suivante :
Est-ce... Bien, j'ai deux questions. Est-ce qu'on voit ce... ce libellé dans
d'autres lois de notre corpus législatif ou là on est en train de créer un
précédent?
Le Président (M. Schneeberger) : Me Dumont.
M. Dumont (Luc) : Je vous...
je vous dirais que je pense qu'il y a eu... je pense qu'il y a une occurrence à
quelque part dans le corpus législatif québécois, mais ce n'est pas quelque
chose qu'on fait, là... très fréquent.
Une voix : ...
M. Dumont (Luc) : Bon, bien,
M. le député des Îles-de-la-Madeleine l'a mentionné, ça a été ajouté dans le
projet de loi 37, dans PL 37. Donc là, ce n'est plus inusité.
Mme Setlakwe : Donc,
récemment dans le 37, là, dans la... la législature actuelle. OK. Est-ce que...
Là, on parle de la charte québécoise, pas besoin de parler de la charte
canadienne?
M. Dumont (Luc) : Non.
Mme Setlakwe : Ça marche.
M. Dumont (Luc) : On n'y
réfère pas normalement dans le corpus.
Mme Setlakwe : Non. OK. Donc,
ça va. Moi, c'est très clair.
Le Président (M. Schneeberger) : Ça
va? D'autres questions? M. le député de Taschereau.
M. Grandmont : Donc, je
comprends que ça s'insère vraiment à la fin de l'article, c'est ça, hein? C'est
bien.
Puis je ne sais plus à qui m'adresser, là,
est-ce que c'est le député de Lac-Saint-Jean ou le...
Une voix : ...
M. Grandmont : M. le
Président... J'aime ça m'adresser à vous quand même.
Mme Laforest : OK. Allez-y.
Oui, ça vient à la fin.
M. Grandmont : Tu sais, c'est
comme... c'est plus... c'est plus convivial puis c'est...
Mme Laforest : Ah, c'est
gentil. Merci beaucoup. Oui, ça vient à la fin.
M. Grandmont : Ce n'est pas
nécessairement que vous êtes plus conviviale, c'est juste que vous portez le
projet de loi, mais vous l'êtes aussi, par ailleurs.
Mme Laforest : OK. Bien,
j'espère.
M. Grandmont : Il ne faut pas
me faire dire des choses que je ne pense non plus, là.
• (21 heures) •
Mme Laforest : J'ai beaucoup
de plaisir en même temps. Mais oui, ça vient après «sans restreindre le droit
de toute personne de participer aux débats publics dans le respect de la Charte
des droits et libertés de la personne (chapitre C-12)».
M. Grandmont : Oui, c'est ça.
Puis donc à la fin de l'article. Donc, on lirait : «Sans restreindre les
droits de toute personne de participer au débat public dans le respect de la
Charte des droits et libertés de la personne (chapitre C-12)».
Moi, ça... ça me convient, je pense que ça
va dans... vraiment dans l'esprit de ce qu'on voulait.
Puis je suis content aussi qu'il y a déjà
une occurrence déjà récente, mais c'est peut-être une bonne pratique, là, des
fois, de venir le...
Puis ça rejoint complètement, là, les...
les préoccupations qu'on avait à l'effet de rassurer, hein, parce que, dans
un... dans un article sur les objets, on veut à la fois donner des balises interprétatives
mais aussi rassurer des gens. Je pense que ça, c'est le genre de choses...
Des voix : ...
M. Grandmont : On ne s'entend
plus parler.
Le Président (M. Schneeberger) : M.
le député de Taschereau, on va s'arrêter là pour ce soir parce qu'on est déjà
dépassés.
Alors, étant donné de l'heure, nous...
nous ajournons la commission sine die.
(Fin de la séance à 21 h 01)