Journal des débats de la Commission de l'aménagement du territoire
Version préliminaire
43e législature, 1re session
(29 novembre 2022 au 10 septembre 2025)
Cette version du Journal des débats est une version préliminaire : elle peut donc contenir des erreurs. La version définitive du Journal, en texte continu avec table des matières, est publiée dans un délai moyen de 2 ans suivant la date de la séance.
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Le
mercredi 29 mai 2024
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Vol. 47 N° 67
Étude détaillée du projet de loi n° 57, Loi édictant la Loi visant à protéger les élus et à favoriser l’exercice sans entraves de leurs fonctions et modifiant diverses dispositions législatives concernant le domaine municipal
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Intervenants par tranches d'heure
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Schneeberger, Sébastien
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Ciccone, Enrico
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Laforest, Andrée
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Girard, Eric
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Setlakwe, Michelle
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Grandmont, Etienne
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Schneeberger, Sébastien
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Laforest, Andrée
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Grandmont, Etienne
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Girard, Eric
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Rivest, Mathieu
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Dionne, Amélie
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Gagnon, Yannick
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Setlakwe, Michelle
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Ciccone, Enrico
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Rotiroti, Filomena
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Laforest, Andrée
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Grandmont, Etienne
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Schneeberger, Sébastien
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Ciccone, Enrico
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Setlakwe, Michelle
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Setlakwe, Michelle
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Laforest, Andrée
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Schneeberger, Sébastien
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Grandmont, Etienne
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Ciccone, Enrico
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Arseneau, Joël
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Schneeberger, Sébastien
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Grandmont, Etienne
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Setlakwe, Michelle
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Ciccone, Enrico
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Laforest, Andrée
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Girard, Eric
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Gagnon, Yannick
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Rivest, Mathieu
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Dionne, Amélie
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Arseneau, Joël
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Setlakwe, Michelle
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Laforest, Andrée
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Schneeberger, Sébastien
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Arseneau, Joël
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Grandmont, Etienne
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Grandmont, Etienne
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Laforest, Andrée
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Schneeberger, Sébastien
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Arseneau, Joël
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Laforest, Andrée
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Schneeberger, Sébastien
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Grandmont, Etienne
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Girard, Eric
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Gagnon, Yannick
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Rivest, Mathieu
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Dionne, Amélie
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Setlakwe, Michelle
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Rotiroti, Filomena
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Schneeberger, Sébastien
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Grandmont, Etienne
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Ciccone, Enrico
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Setlakwe, Michelle
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Laforest, Andrée
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Schneeberger, Sébastien
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Grandmont, Etienne
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Grandmont, Etienne
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Schneeberger, Sébastien
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Laforest, Andrée
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Girard, Eric
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Gagnon, Yannick
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Dionne, Amélie
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Rivest, Mathieu
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Setlakwe, Michelle
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Ciccone, Enrico
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Rotiroti, Filomena
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Ciccone, Enrico
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Laforest, Andrée
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Schneeberger, Sébastien
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Grandmont, Etienne
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Setlakwe, Michelle
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Rotiroti, Filomena
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Girard, Eric
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Gagnon, Yannick
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Dionne, Amélie
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Rivest, Mathieu
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Laforest, Andrée
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Grandmont, Etienne
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Schneeberger, Sébastien
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Setlakwe, Michelle
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Ciccone, Enrico
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Laforest, Andrée
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Ciccone, Enrico
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Schneeberger, Sébastien
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Rotiroti, Filomena
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Setlakwe, Michelle
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Grandmont, Etienne
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Girard, Eric
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Gagnon, Yannick
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Dionne, Amélie
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Rivest, Mathieu
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Schneeberger, Sébastien
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Setlakwe, Michelle
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Laforest, Andrée
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Rotiroti, Filomena
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Ciccone, Enrico
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Laforest, Andrée
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Ciccone, Enrico
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Schneeberger, Sébastien
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Grandmont, Etienne
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Setlakwe, Michelle
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Rotiroti, Filomena
11 h (version révisée)
(Onze heures vingt-trois minutes)
Le Président (M. Schneeberger) : Alors,
bonjour à tous. Je déclare la Commission de l'aménagement du territoire ouverte
étant donné qu'il y a quorum.
Alors, la commission est réunie ce matin afin
de poursuivre l'étude détaillée du projet de loi n° 57,
Loi édictant la Loi visant à protéger les élus et à favoriser l'exercice sans
entraves de leurs fonctions et modifiant diverses dispositions législatives
concernant le domaine municipal.
Est-ce qu'il y a des remplaçants ce matin,
M. le secrétaire?
Le Secrétaire : Oui, M. le
Président. M. Kelley (Jacques-Cartier) est remplacé par MmeRotiroti (Jeanne-Mance—Viger) et M. Fontecilla
(Laurier-Dorion) est remplacé par M. Grandmont (Taschereau).
Le Président (M. Schneeberger) : Merci
beaucoup. Alors, hier, lors de la... de l'ajournement, pardon, de la... du
projet de loi, nous étions à... au sous-amendement du député de Lac-Saint-Jean.
Et puis je sais que le député de Marquette avait posé une question, mais il n'y
a pas eu de temps pour la réponse. Alors, je ne sais pas si vous vouliez
reposer la question ou quoi que ce soit. On était là.
M. Ciccone :On était là?
Mme Laforest : ...Président,
sur l'ajout du... de l'amendement de mon collègue de Lac-Saint-Jean sur l'ajout
dans le respect de la Charte des droits et libertés de la personne, chapitre C-12.
Maintenant, mon collègue député du Lac-Saint-Jean devra retirer l'amendement,
parce qu'après vérification, dans le respect de la Charte des droits et
libertés de la personne, c'est d'emblée dans tous les projets de loi. Donc,
évidemment, le ministère de la Justice s'est penché sur votre demande... Ah! le
député de... des Îles n'est pas là, mais c'était sa demande... mais c'est une
obligation d'emblée. Donc, si on l'ajoute là, il va falloir changer tous les
projets de loi. Donc, on va retirer l'amendement de mon <collègue...
Mme Laforest :
...il
va falloir changer tous les projets de loi. Donc, on va retirer l'amendement de
mon >collègue de... du Lac-Saint-Jean. On était rendus là.
Le Président (M. Schneeberger) : Oui.
Alors, ça... ça me prend le consentement pour le retrait.
M. Girard (Lac-Saint-Jean) :
Bien, je retire le... l'amendement que j'ai déposé, M. le Président.
Le Président (M. Schneeberger) : Parfait.
Des voix : ...
Le Président (M. Schneeberger) : Ça
fait qu'il n'y a pas de consentement. Parfait. Alors, je continue le débat.
Mme Setlakwe : ...la
ministre veut intervenir avant?
Le Président (M. Schneeberger) : Je
laisse le débat, c'est vous qui nous a demandé le débat, moi... Oui.
Mme Setlakwe : Oui, donc,
je veux juste... Oui, merci, M. le Président. Je veux juste réitérer, on a eu
de longs échanges hier sur la question des droits et libertés. Il y a eu
différents amendements qui ont été déposés et, à la fin, c'est le gouvernement
qui soumet un amendement référant spécifiquement, explicitement à la charte des
droits et libertés<i> du Québec. J'ai posé la question au micro hier. Est-ce
qu'on est en train de créer un précédent? Parce que la... la charte s'applique
d'emblée. Elle chapeaute toutes les lois qu'on adopte, à moins d'utiliser la
clause dérogatoire, mais la... la charte s'applique. J'ai posé la question
spécifiquement, exprimant une inquiétude comme quoi on est en train de créer un
précédent. J'ai dit : Est-ce que cette... ce libellé a déjà été inscrit
dans le corpus législatif? Ce à quoi on m'a répondu : Oui, à une seule
occasion récemment, dans le projet de loi 37.
Là, ce matin, on a... on tient un discours
différent, M. le Président. Donc, là, le gouvernement réalise entre temps que
ce n'est pas opportun d'apporter cet amendement. Alors, voilà, je propose qu'on...
qu'on vote sur l'amendement.
Le Président (M. Schneeberger) : Parfait.
Alors... Oui, député de Taschereau.
M. Grandmont : Oui.
Bien, moi, je... Au fil des discussions, puis on en a eu plusieurs, évidemment,
là, on avait donc statué qu'un... un article qui traite des objets d'un
chapitre ou d'un projet de loi vient donner des balises interprétatives puis
peut servir aussi à rassurer la population ou des parties prenantes qui ont...
qui sont intervenues dans le cadre d'un... de l'étude d'un projet de loi. Ce
n'est... puis ce n'est pas nous, ce n'est pas les oppositions qui avons dit ça,
là, ça venait de la partie gouvernementale, cette... cette... ces propos-là.
Donc, j'aimerais comprendre pourquoi on l'inscrit dans le projet de loi 37
puis ce ne l'est pas dans le projet... ce ne serait pas possible dans le projet
de loi 57 d'abord.
Mme Laforest : Bon...
Le Président (M. Schneeberger) : Mme
la ministre.
Mme Laforest : Oui.
Alors, dans... dans le projet de loi 37, la mention de la charte donnait
seulement un exemple de la loi qui protège le droit des enfants. Donc, ce n'est
pas une question d'imposition de la charte des droits et libertés<i>, ce
n'était qu'un exemple. Alors, quand le député des Îles-de-la-Madeleine disait :
Pourquoi on ne l'applique pas ici dans votre loi, parce qu'on l'a appliqué dans
le projet de loi 37, alors, dans le projet de loi 37, c'était
vraiment pour donner un exemple. Ça fait que c'est pour ça que nous, après
vérifications, on ne peut pas aller de l'avant, parce que sinon il va falloir
complètement faire tous les changements nécessaires avec... dans toutes les
lois qui touchent la loi.... la charte des droits et libertés<i>. Donc,
c'est une obligation d'emblée. Mais, considérant que le député des Îles avait
mentionné que c'était très bien mentionné dans le projet de loi 37, bien,
on a vérifié, puis dans le projet de loi 37, c'est juste pour donner un
exemple, puis ce n'était pas dans un article de loi, c'était vraiment à titre
d'exemple dans le préambule.
M. Grandmont : Est-ce
qu'on pourrait suspendre, le temps de consulter le projet de loi 37 pour
vérifier comment il est utilisé?
Le Président (M. Schneeberger) :
Vous demandez une suspension?
M. Grandmont : Je le
demande.
Le Président (M. Schneeberger) : Est-ce
qu'il y a consentement pour suspendre?
Mme Laforest : Bien, je
ne pense pas, parce que c'est vraiment dans le préambule. Ils ont passé la
soirée à... à valider puis à vérifier.
M. Grandmont : Mais
c'est parce que vous nous dites que c'est utilisé comme exemple. Exemple de
quoi? Exemple de lois auxquelles il faut... qu'il faut respecter? Exemple de...
tu sais, dans quel sens c'est utilisé? Je veux bien que ça serve d'argument,
mais si on n'a pas le temps, nous... Vous nous arrivez avec aujourd'hui un
retrait de cet... de l'amendement que vous avez vous-même déposé, je veux dire,
j'aimerais ça juste avoir le temps de pouvoir consulter l'argument, prendre
connaissance de l'argument que vous invoquez, que c'était juste un exemple,
puis pouvoir mesurer, en fait, de mon appréciation... donner mon appréciation
de cet argument-là.
Mme Laforest : On
pourrait le transférer, mais c'est sûr qu'il n'y aura pas de changement
malheureusement. Mais on pourra vous le transférer. Est-ce qu'on peut... On
peut suspendre, là, on va vous le transférer tout de suite.
M. Grandmont : Parfait.
Merci beaucoup.
Le Président (M. Schneeberger) :
Alors, nous allons suspendre.
(Suspension de la séance à 11 h 29)
11 h 30 (version révisée)
(Reprise à 11 h 35)
Le Président (M. Schneeberger) : Alors,
nous reprenons les travaux. Je laisse le discours. Il y avait une demande de
suspension. Y a... Qui veut prendre la parole pour la suite?
Mme Laforest : ...le député
de Taschereau, mais moi, ce que je peux amener, c'est que, bien, pour redire...
pour répéter ce que je disais... ce que je mentionnais au début, c'est qu'on ne
pouvait pas ajouter... Bref, on a fait un effort d'essayer d'ajouter l'amendement,
parce qu'on disait que, dans le projet de loi 37, c'est indiqué. Dans le projet
de loi 37, c'est bien indiqué, mais c'est dans le préambule, dans les
considérants. Puis, dans le projet de loi 37, je pourrais le lire ici, là,
c'est vraiment dans les considérants, puis c'est bien dit : «Considérant
que les droits des enfants sont protégés au Québec par la loi, notamment par le
Code civil, notamment par la charte des droits et libertés», alors...
«Considérant qu'il y a des préoccupations des enfants dans les politiques gouvernementales»,
notamment. Donc, c'est plusieurs exemples qui sont donnés dans le préambule du projet
de loi 37.
Maintenant, nous, l'appliquer comme ça
dans notre projet de loi 57, ce ne serait pas applicable, parce que, comme
je le mentionnais, il faudrait revoir tous les articles de loi, parce que la Charte
des droits et libertés de la personne s'applique obligatoirement dans tous les
projets de loi. Donc, on ne peut pas l'ajouter comme ça seulement à la fin d'un
paragraphe. Voilà. Merci, M. le Président.
Le Président (M. Schneeberger) : Merci.
Député de Taschereau.
M. Grandmont : ...Donc,
j'ai la même compréhension. En fait, c'est effectivement dans le préambule que
ça avait été mis... que ça a été ajouté au projet de loi 37. Ça a d'ailleurs
été ajouté par le député... bien, par le ministre des Services sociaux, le
député de Taillon. Donc, c'est une modification qu'il a lui-même apportée à son
projet de loi, si ma compréhension est bonne. Puis vous pourrez vérifier, là, si
jamais ce n'est pas le cas, mais c'est notre compréhension, là. Il y a eu une
série de... il y a eu une petite légère modification qui a été apportée par la
suite par la députée, là, de Robert-Baldwin, mais initialement, là, ça venait
vraiment du... du ministre lui-même.
Donc, on est dans un préambule. Moi, j'aimerais
comprendre c'est quoi, la différence, en fait... Parce que là on parle... on
est dans un article, en fait, qui est un... qui... qui vient déterminer les
objets de... du chapitre. Pour moi, ça s'apparente à un préambule, ça s'apparente.
Peut-être que ce n'est pas la même chose, peut-être que M. le juriste pourra
nous dire la différence que ça a comme impact sur l'écriture d'un texte de loi.
Mais on est, encore une fois, dans l'instauration de balises interprétatives.
Et donc, pour moi, ça peut se faire pour
les raisons qu'on a évoquées hier, là, notamment la question de rassurer le
public puis donner des balises, évidemment aussi. Donc, pour moi, ça demeure
pertinent d'inscrire, tel que vous l'avez vous-même présenté hier, le
respect... dans le respect de la charte québécoise des droits et libertés,
puisque ça s'apparente à un préambule, en tout cas, on est dans les objets,
donc dans des... dans des grands principes, en fait, qui viennent chapeauter l'écriture
d'un chapitre ou d'un projet de loi. Mais je serais curieux d'entendre Me
Dumont sur cette interprétation que je fais.
Le Président (M. Schneeberger) : Oui.
Alors, Me Dumont, même si on vous connaît, vous... besoin du consentement pour
la prise de parole.
Des voix : Consentement.
Le Président (M. Schneeberger) :
Alors, vous présenter par votre nom et titre.
M. Dumont (Luc) : Bonjour.
Luc Dumont, avocat à la direction des affaires juridiques du ministère des Affaires
municipales. Le préambule, c'est à la base, les... c'est à la base une... une
liste d'énoncés du gouvernement. Puis ce n'est pas... ça n'a pas
nécessairement... ça n'a pas un caractère normatif. Ça peut, dans certains cas,
servir de source d'interprétation, mais ce ne sont que des énoncés. Tandis que...
tandis qu'une disposition d'objet, c'est... on vient circonscrire ce à quoi la
loi doit servir. Donc... donc, ce n'est pas... ce n'est pas la même chose.
M. Grandmont : Donc,
est-ce que vous êtes d'avis qu'il faut retirer cette mention, cette référence à
la charte québécoise des droits et libertés?
M. Dumont (Luc) : Moi,
je pense... bien, pas je pense, je suis convaincu que c'est préférable puisque,
de toute façon, l'article 52 de la charte prévoit déjà qu'aucune
disposition de n'importe quelle loi au Québec ne peut déroger des articles 1
à 38, qui comprend notamment le droit à la liberté, à moins qu'il y ait une
disposition dérogatoire, puis on n'est pas là du tout.
M. Grandmont : Parfait.
Merci.
Le Président (M. Schneeberger) :
Ça va?
M. Grandmont : Oui...
Le Président (M. Schneeberger) :
D'autres <questions?
Le Président (M. Schneeberger) :
...ça va?
M. Grandmont :
Oui...
Le Président (M. Schneeberger) :
D'autres >questions?
M. Grandmont : ...réponses.
Moi, je vais continuer... je vais quand même demander le vote éventuellement
là-dessus.
Le Président (M. Schneeberger) : Parfait.
Alors, s'il n'y a pas d'autre question, nous allons mettre le sous-amendement
aux voix. Est-ce que le sous...
Des voix : ...
Le Président (M. Schneeberger) :
Pardon?
M. Grandmont : Appel
nominal.
Le Président (M. Schneeberger) : Oui.
Nous allons mettre le... voyons, sous-amendement aux voix par appel nominal. M.
le Président.
• (11 h 40) •
Le Secrétaire : M. Girard
(Lac-Saint-Jean)?
M. Girard (Lac-Saint-Jean) :
Contre.
Le Secrétaire : Mme Laforest
(Chicoutimi)?
Mme Laforest : Contre.
Le Secrétaire : M. Rivest
(Côte-du-Sud)?
M. Rivest : Contre.
Le Secrétaire : Mme Dionne
(Rivière-du-Loup—Témiscouata)?
Mme Dionne : Contre.
Le Secrétaire : M. Gagnon
(Jonquière)?
M. Gagnon : Contre.
Le Secrétaire : Mme Setlakwe
(Mont-Royal—Outremont)?
Mme Setlakwe : Contre.
Le Secrétaire : Monsieur...
Mme Rotiroti, Jeanne... M. Ciccone (Marquette)?
M. Ciccone :
...
Le Secrétaire : MmeRotiroti (Jeanne-Mance—Viger)?
Mme
Rotiroti
:
Contre.
Le Secrétaire : M. Grandmont
(Taschereau)?
M. Grandmont : Pour.
Le Secrétaire : M.Schneeberger (Drummond—Bois-Francs)?
Le Président (M. Schneeberger) : Abstention.
Alors, le sous-amendement est rejeté.
Nous revenons à l'article initial,
l'article 1. S'il n'y a pas d'autre... Oui, question? Ça va? S'il n'y a
pas d'autre...
Mme Setlakwe : ...
Le Président (M. Schneeberger) :
Oui. Alors, députée de Mont-Royal—Outremont.
Mme Setlakwe : Nous
sommes toujours sur l'article 1 qui énonce l'objet de la loi, n'est-ce
pas?
Le Président (M. Schneeberger) : Oui.
Mme Setlakwe : Donc, on
a eu une... plusieurs échanges sur la notion d'entraves : «entraves» se
trouve dès... dès l'article 1. Il est utilisé... ou ce mot est utilisé
seul, sans... sans le qualifier, sans le baliser, sans lui ajouter un... un
adjectif, alors que, plus loin, à 3, quand on parle du nouveau recours à l'injonction,
on dit que l'entrave... on parle de propos ou de gestes qui entravent de façon
abusive. Plus loin, quand on parle du désordre, on ne parle pas de... d'entraves,
mais... mais le gouvernement est venu modifier la version initiale de son
projet de loi pour qualifier aussi que le désordre doit se... de se faire de
manière à troubler de façon abusive. La ministre a, à maintes reprises, en
commission et ailleurs à d'autres occasions dans l'espace public, affirmé qu'on
visait des situations d'abus, des situations abusives envers les élus.
Alors, je proposerais un amendement à
l'article 1. Je crois qu'il est prêt. Je ne sais pas, je pense qu'il a été
soumis... un sous-amendement qui a été envoyé pour introduire le mot «abusives»
suite au mot «entraves».
Le Président (M. Schneeberger) : OK.
Alors, nous allons suspendre, parce qu'il n'est pas arrivé. Alors, nous
suspendons quelques instants.
(Suspension de la séance à 11 h 42)
(Reprise à 11 h 45)
Le Président (M. Schneeberger) : Alors,
nous reprenons les travaux. Alors, je vais donner la parole à la députée de Mont-Royal—Outremont pour qu'elle puisse nous lire le
sous-amendement proposé.
Mme Setlakwe : Oui.
Donc, je propose de modifier l'amendement proposé à l'article 1 du projet
de loi par l'insertion dans l'article
1 de la Loi édictée de «abusives», après
«entraves».
L'article modifié se lirait donc comme
suit :
«La présente loi vise à valoriser le rôle
des élus, à encourager les candidatures aux élections et à contribuer à la
rétention des élus en favorisant l'exercice sans entraves abusives des
fonctions électives au sein des institutions démocratiques québécoises,
notamment l'exercice de telles fonctions à l'abri des menaces, du harcèlement
et de l'intimidation, sans restreindre le droit de toute personne de participer
aux débats publics.»
Le Président (M. Schneeberger) : Merci.
Est-ce qu'il y a des questions sur le sous-amendement proposé?
Mme Laforest : ...les
questions, je vous laisse aller.
Mme Setlakwe : ...Donc,
pour revenir à la discussion qu'on avait hier, «entraves» utilisé de cette
façon, c'est le sens commun qui lui est donné, ce qui veut dire... «entraves»
veut dire ce qui retient, ce qui gêne. Puis, sans être redondante, là, hier soir,
on... je mentionnais qu'un élu, forcément, c'est intrinsèque, c'est implicite
dans nos... dans nos fonctions, que ce soit... Peu importe le palier, on n'a
pas... on doit toujours défendre nos décisions, on doit répondre aux
préoccupations, on doit... On s'expose forcément à la critique, à ce que les...
les citoyens viennent remettre en doute, remettre en cause nos propositions,
nos décisions, nos projets de loi. Donc, ça fait partie du rôle d'un élu.
Donc, si on le laisse de façon générale
dans l'objet, je... j'ai peur que ça puisse donner lieu à une interprétation,
donc, trop large du concept. Bien que, plus tard, je reconnais, quand on met de
l'avant le recours à l'injonction, on a mieux balisé. Quand on parle de... des
deux pénalités... des deux... des deux clauses pénales nouvelles qui traitent,
dans un premier cas, donc, des... des cas de harcèlement, menaces,
intimidation, c'est plus précis, aussi, dans le cas de troubler le déroulement
d'une... d'une séance de conseil. Mais... mais néanmoins, je pense que, dans
cet article, il serait opportun de venir quand même préciser qu'on parle ici...
on parle généralement d'entraves abusives envers les élus.
Puis je rappelle que l'article 1,
l'objet va servir notamment à un juge qui va évaluer le comportement d'un
citoyen à la lumière de ces balises-là. Donc, je pense qu'il serait opportun
d'inscrire le mot «abusives». Je pense... je pense même, dans les échanges hier
soir, qu'il y avait une ouverture du gouvernement. Donc, j'aimerais entendre la
ministre : Est-ce qu'elle pense que ce serait opportun de l'ajouter et,
sinon, pourquoi?
Le Président (M. Schneeberger) : Mme
la ministre.
Mme Laforest : Merci, M.
le Président. En fait, le premier paragraphe, c'est sûr que, quand on commence à
lire l'article 1, c'est la présentation du... du... de l'article général.
Donc, c'est sûr qu'à ce moment-ci on présente l'article, le but, pourquoi on...
on veut cette mesure-là. Et, par la suite, le terme «entraves abusives» est
bien qualifié. Donc, il faut quand même... Puis c'est ça que je mentionnais
hier, parce qu'on a eu des discussions hier, si, à chaque phrase, on indique
«abusives», «abusives» ou «abusifs», peu importe, des «propos abusifs», des «entraves
abusives», à ce moment-là, on... on va sûrement, on va sûrement... puis dans
l'optique et dans la vision du ministère de la Justice, on va vraiment
s'attaquer sur des situations toujours, toujours abusives.
Maintenant, étant donné que la loi est
nouvelle, on l'applique. C'est sûr qu'il va y avoir une jurisprudence qui va
s'appliquer par la suite, parce que là on commence à appliquer cette loi-là,
mais ce n'est pas, comment je peux dire... ça peut arriver une fois, ça peut ne
pas être abusif, mais, en même temps, ça peut être blessant, touchant, peinant,
intimidant, humiliant pour l'élu. Ça fait que c'est sûr que là on est dans la
présentation générale de l'article de loi au premier paragraphe. Et, par la
suite, on <indique...
Mme Laforest :
...présentation
générale de l'article de loi au premier paragraphe. Et, par la suite, on >indique
«entraves abusives», et on l'a aussi, comme vous dites, là, «de façon abusive»,
là, on l'explique bien. Mais c'est pour ça qu'au début il faut laisser ça quand
même général, parce qu'il faut laisser le tribunal et le juge se laisser
l'opportunité de... d'évaluer la situation comme telle et de ne pas... Tu sais,
si on l'indique, on va l'indiquer à toutes les phrases, là, dans l'article de
loi. C'est pour ça que le premier paragraphe, on doit le laisser comme ça, plus
général.
Mme Setlakwe : ...vous
avez mentionné dans votre explication «toujours, toujours». Ça va «toujours,
toujours» être des cas abusifs.
Mme Laforest : Oui, dans
des situations d'abus, des propos abusifs, oui. Sauf que là, on est dans la
présentation de l'article. Donc, c'est sûr que c'est important de mentionner
que, là, les... les... il faut être à l'abri des menaces, du harcèlement, de
l'intimidation, sans restreindre le droit de personnes... aux personnes de
participer aux débats publics. Puis, après ça, c'est bien indiqué dans le
projet de loi. Parce que si on l'ajoute là, on va l'ajouter à tous les
paragraphes, là. C'est pour ça que le premier paragraphe, il faut le laisser
général puis, après ça, on le détermine par la suite.
• (11 h 50) •
Mme Setlakwe : Vous ne
croyez pas, donc, qu'il serait important de venir envoyer le message clair
qu'on est... Donc là, évidemment, vous êtes... Vous ne voulez pas définir «entraves».
Ça, c'est ce que je pense, que c'est assez clair, ça, que votre position c'est
de ne pas définir «entraves» dans le projet loi, c'est bien le cas?
Mme Laforest : Bien, il
faut laisser quand même...
Mme Setlakwe : Oui? OK. Mais
si on a... si vous... on ne le définit pas, vous souhaitez le laisser comme ça
de façon générale, «sans entraves», sachant que c'est inhérent aux fonctions
d'un élu de faire face à des entraves dans son quotidien.
Mme Laforest : Bien, en
fait, comme je le mentionne toujours, je sais que le député de Marquette va
revenir avec ça, mais ça prend l'interprétation du juge quand même. Ça fait que
là, c'est sûr que c'est la présentation de l'article générale, mais après on le
définit, les... «entravent de façon abusive à l'exercice de ses fonctions ou
qui constituent une atteinte illicite à son droit à la vie privée.» Donc, par
la suite, on le définit. Mais là c'est juste dans le premier paragraphe. Donc,
ce serait mieux de le laisser général comme ça, puis après on va expliquer les
autres mesures.
Mme Setlakwe : Oui. Oui,
je vous entends. Il y a le... il y a le juge, il y a aussi... Puis on l'a
entendu, je veux dire, il y a eu à maintes reprises des gens qui sont... qui
ont exprimé dans l'espace public l'inquiétude que ça... ça puisse créer des
comportements abusifs, on ne le souhaite pas, Mme la ministre, mais de la part
de certains élus qui pourraient eux-mêmes abuser de ces nouveaux recours. C'est
quand même novateur. C'est nouveau, ce qu'on met en place. Je le réitère, les
objectifs sont louables. Je l'ai dit et redit.
Et, en tant qu'ancienne élue municipale,
ça me... ça me touche et ça m'affecte énormément de voir ces élus, ces
personnes compétentes, avec un sens de l'engagement, s'investir dans... dans le
service public et abandonner, notamment pour... en raison de situations
abusives. Mais là il faut faire très attention de viser le juste équilibre ici
et ne pas ouvrir la porte à des interprétations trop larges des différents
recours. Alors, écoutez, moi, je pense que d'entrée de jeu, si on n'a pas peur
de le dire et de le redire verbalement, je pense qu'on ne devrait pas avoir
peur de l'inscrire dans le... dans le projet de loi.
Le Président (M. Schneeberger) :
...Député de Marquette. Oui.
M. Ciccone :...beaucoup, M. le Président. Rebonjour à tous. On fait
encore du chemin sur le mot «entrave», là, puis je comprends que la ministre a
sa façon de voir les choses. C'est sûr que, nous, on le voit d'une façon
différente, parce qu'encore une fois je fais référence à ce qu'on voit dans le Code
criminel, puis je vais vous en citer quelques passages. Infos, entraves à la
justice, là, informations sur les entraves à la justice, l'article 129 :
«Quiconque, selon le cas :
«volontairement entrave un fonctionnaire
public ou un agent de la paix dans l'exécution de ses fonctions ou toute
personne prêtant légalement main-forte à un tel fonctionnaire ou agent, ou...
ou lui résiste en pareil cas;
«omet, sans excuse raisonnable, de prêter
main-forte d'un fonctionnaire public ou à un agent de la paix...» Alors, vous
voyez qu'on utilise seulement le mot «entrave» ici, là. «Entrave», parce que,
dans la situation du Code criminel, le mot «entrave» est pas mal plus large,
est très, très, très large.
Dans le cas qui nous concerne ici, dans le
projet de loi 57, comme ma collègue le disait, c'est encore très, très,
très large dans l'explication à l'article 1, dans le premier paragraphe,
là, quand on parle seulement «sans entraves des fonctions électives», avant le
sous-amendement. Ce qui laisse place comme... c'est comme une <catégorie...
M. Ciccone :
...avant le sous-amendement. Ce qui laisse place
comme... c'est comme une >catégorie. Entrave... Il y a entrave, après ça
il y a harcèlement, il y a intimidation. Ça fait que là... Il y a des menaces
également. Ça fait que là, ça devient une catégorie. Puis le député de... des Îles-de-la-Madeleine
en parlait hier. Alors, moi, je ne vois pas pourquoi on devrait... Parce qu'une
entrave à un travail... Puis je sais qu'on va le voir plus loin, là, au 5, par
exemple, «quiconque entrave l'exercice des fonctions d'un élu municipal en le
menaçant»... en le menaçant, ça devient une entrave. Un peu plus tôt également,
on parle aussi d'entrave, «qui entravent de façon... un élu municipal qui
fait... du fait qu'il est élu fait l'objet de propos ou de gestes qui entravent
de façon...», là, on parle de propos qui entravent de façon abusive. Ça fait
que là, on l'associe à un acte. Là, ici, il n'est pas associé à aucun acte, là.
On parle des fonctions électives au sein des institutions démocratiques
québécoises.
Alors, c'est pour ça que moi, selon...
pour être cohérent, cohérent... Puis je ne pense pas que ça ne changerait
absolument rien, absolument rien à l'objet du projet de loi, de rajouter le mot
«abusives», parce qu'encore une fois, je répète, là, même si on va plus loin
puis on l'explique, là, ça reste encore qu'une entrave n'est pas
nécessairement... ne va pas nécessairement se retrouver devant la loi, là, ou
va faire objet d'une plainte au... au tribunal, puis même au... au DPCP, à être
obligé de... d'étudier la... cette... cette situation-là, ou même par
injonction, par exemple, là, quand on va voir un peu plus tard.
Alors, moi, c'est... j'abonde dans le même
sens. Ça ne change rien, on pourrait l'ajouter, parce que là, encore une fois,
on ne le met pas... absolument rien dans ça, alors que, plus tard... Puis je
comprends la ministre de dire : Bien, plus tard on l'explique, oui, mais
c'est parce que, plus tard on l'explique, mais ce n'est pas de la même façon
qu'il est écrit là dans la... dans le premier paragraphe de l'article 1.
Le Président (M. Schneeberger) : Oui,
alors, une autre personne qui veut prendre la parole? Ça va? Député de Taschereau.
M. Grandmont : Oui.
Merci, M. le Président. On a... on a pour objectif, avec ce projet de loi là,
de s'attaquer, entre autres, à la vague de démissions importante. Ce qu'on
veut, c'est que les gens cessent de démissionner pour des raisons, évidemment,
qu'on pourrait corriger, qu'on pourrait éviter. Là-dessus, évidemment, il y a
une portion qui relève de problèmes de harcèlement, de menaces, d'intimidation,
même d'agressions. On le sait que ça existe. On veut évidemment corriger cette
situation-là.
Moi, j'aimerais savoir : Est-ce que
vous avez des statistiques sur la partie qui... la partie, là, des 800 démissions,
là, qui sont dues à des questions de harcèlement, menaces, intimidation,
agressions qui viennent de la relation avec des citoyens et des citoyennes?
Le Président (M. Schneeberger) : Mme
la ministre.
Mme Laforest : Non. Si
vous me demandez les statistiques exactes, non. On a le... On a énormément de
courriels, énormément de... de faits racontés, ça, c'est sûr, c'est pour ça
qu'on a mis de l'avant le projet de loi. Mais le nombre de statistiques
exactes, non.
M. Grandmont : Puis
évidemment, là, on est... on est évidemment... on ne se met pas la tête dans le
sable, on sait que ça existe. Il y a des cas qui ont été nommés, qui ont fait
les médias. Nous-mêmes, comme élus à l'Assemblée nationale, évidemment, on
reçoit un certain lot de ce type de comportements là contre nous.
Donc, on ne sait pas non plus quelle
proportion de ces 800-là pourrait être due à du surmenage, à du... à des
comportements inappropriés entre élus eux-mêmes ou à des comportements
inappropriés qui proviennent des citoyens et des citoyennes? On n'a aucune
idée, là, on est dans le noir complet, sur les 800, quelles sont les causes de
ces démissions-là?
Mme Laforest : Bien, on
n'a pas le nombre exact. Par contre, il y en a plusieurs cas d'élus qui ont
travaillé avec la <i>Commission municipale. Puis, comme je le mentionne,
il y a... en fait, il y a le Code criminel. Mais, en même temps, je vais
répondre tout de suite au député de Marquette : le Code criminel, c'est de
compétence fédérale. Ça fait qu'on est vraiment... Ce n'est pas la même chose.
On ne peut pas comparer ça ici.
Ici, on est avec le droit pénal, ce qui
est complètement différent du... du Code criminel, puis c'est là qu'on vient
agir, nous. On vient agir avec le droit pénal, pour les élus municipaux, avec
les citoyens. Puis pourquoi on le fait? C'est parce qu'il y a des mesures qui
sont applicables avec la <i>Commission municipale, mais, quand il y a des
dépressions, peu importe, là, la situation des élus, à ce moment-là, il y a
des... il y a des situations que la <i>Commission municipale n'avait
pas... comment je peux le dire... dans la loi, ne pouvait pas appliquer des
mesures de menace... de menace... de... d'infraction comme telles, comme on le
fait dans le projet de loi.
Ça fait que, comme je le disais hier,
nous, on vient répondre au vide qu'il y avait entre les deux mesures. Puis ce
qui est important, c'est que... Dans notre projet de loi, c'est pour ça qu'il
fallait absolument bien définir le <mot...
Mme Laforest :
...important,
c'est que... Dans notre projet de loi, c'est pour ça qu'il fallait absolument
bien définir le >mot «entraves», pour des entraves comme on le
mentionne, parce qu'il faut... il faut resserrer l'interprétation pour ne pas
être entre la <i>Commission municipale et entre le Code criminel, qui est
fédéral. Ça fait que c'est pour ça qu'on doit agir ici. On vient vraiment
répondre à la demande. Mais honnêtement, les élus qui ont démissionné ou dépression,
il y en a énormément, là. Puis des lettres assez particulières, il y en a
énormément, puis on en a entendu aussi en commission. Puis parfois c'est...
c'est vraiment une mairesse, un... un conseiller... un citoyen qui va aller une
fois au micro, mais qui va dire à la mairesse ou au maire : Toi, tu ne
sortiras pas de la bâtisse, je vais t'attendre, puis... et là ça continue, ça
continue, ça continue. Donc, ce n'est pas abusif, c'est arrivé juste une fois.
Mais, en même temps, c'est des exemples comme ça qu'il faut... qu'il faut
donner des outils aux élus, heureusement.
M. Grandmont : Bien, ça,
c'est une menace... L'exemple que vous donnez, c'est une menace claire, puis ça
aurait pu être traité par le criminel, ça, c'est clair dans mon esprit.
• (12 heures) •
Mme Laforest : Mais c'en
est, des exemples comme ça...
M. Grandmont : Mais on
reviendra...
Mme Laforest : ...mais
le nombre exact, je ne l'ai pas.
M. Grandmont : ...mais
on reviendra... Nous étions à la notion d'entraves, là, moi, je voudrais qu'on
y revienne tantôt. Mais juste revenir un peu encore sur la genèse, là, du... du
projet de loi. Vous dites : On n'a pas de statistique là-dessus.
Évidemment, on a beaucoup de démissions, puis évidemment on veut y voir, puis
il y a probablement des gens qui restent puis qui subissent des comportements
soit entre élus, soit de la part de citoyens, de citoyennes, ou même peut-être
de... de groupes, peu importe, là, mais qui décident de demeurer en place... À
quelque part, on veut évidemment que tout le monde ait droit de travailler dans
un climat de travail qui est le plus sain possible, tout en sachant puis en
étant bien conscients, en même temps, aussi, qu'être élu, bien, ça vient aussi
avec son... son lot d'adversité. Il y a un petit vent de face tout le temps, ce
n'est jamais...
Je pensais à ma collègue de Mont-Royal—Outremont
qui disait : Ce n'est pas la place... ce n'est pas la meilleure place pour...
pour faire consensus puis pour avoir juste des amis, là, ce n'est pas un monde
de calinours ici, on le sait. Puis, en même temps, est-ce que... Je vois bien
du monde qui acquiesce... Mais, en même temps, ça reste quand même qu'on... tu
sais, on... est-ce qu'on peut avoir un minimum de... d'encadrement pour être
capables de travailler dans un environnement qui est plus sain? Parce que ce
n'est pas normal, évidemment, qu'on subisse... même si on a un vent de face, même
si on ne fait pas l'unanimité auprès de tout le monde, bien, ce n'est pas
normal quand même, malgré tout, qu'il y ait des situations de harcèlement, de
menaces, d'intimidation puis d'agression, ça, ça reste des comportements qui
sont proscrits.
Maintenant, je reviens sur la genèse du
projet de loi, vous dites : Actuellement, on n'a rien, on veut mieux
définir ce qu'est une entrave. Ça, on y reviendra tantôt. Je trouve ça
intéressant que vous avanciez cette... ce... vous-même, là, ce... ces mots-là, là,
la notion de définition d'entraves. Mais vous dites : La commission... la Commission
municipale du Québec et le fédéral, dans le fond, sont déjà... ont déjà eu à
traiter des cas, c'est-à-dire qu'il y a des gens, des élus qui ont fait des
plaintes à la... pardon, à la CMQ... puis le fédéral aussi, quand c'est de
nature criminelle, en reçoit. Donc, est-ce qu'il est possible d'avoir des
informations sur... des statistiques qui nous proviennent de la CMQ ou encore
du fédéral sur cet... sur les différents cas qu'ils auraient pu... ou qu'ils
ont reçus? En fait, on soupçonne qu'il y en a eu, donc je ne parlerai pas au
conditionnel, mais est-ce que... est-ce qu'on a ces informations-là de leur
côté?
Mme Laforest : Bien,
comme je le mentionnais, c'est... c'est ce qu'on vient compléter avec le projet
de loi, parce que la CMQ n'a pas le mandat entre les élus et les citoyens.
C'est ça qu'on vient ajouter ici, dans le projet de loi 57, pour la
protection des élus.
M. Grandmont : D'accord.
Mme Laforest : Donc,
c'est sûr qu'on n'a pas le nombre, parce que la CMQ n'a pas le pouvoir de faire
ça, non.
M. Grandmont : La CMQ,
c'est uniquement entre élus. Parfait. Et donc au niveau fédéral, il y en a eu
des cas qui ont été au... qui ont été traités par le fédéral, je veux dire, il
y a eu des plaintes au criminel d'élus municipaux. Donc là, on touche les
citoyens et les citoyennes. Est-ce que vous avez fait cette demande d'avoir des
informations pour savoir, là, quelles... quelle était l'ampleur de la
problématique au Québec?
Mme Laforest : Bon, au Code
criminel... Mais, encore là, c'est sûr qu'on n'explique pas... on ne dira pas
le détail des causes. Mais il y a... il y a eu, au Code criminel, 26 maires,
six conseillers municipals. Puis là, présentement, il y a quatre... Puis ça,
c'est important, regardez : il y a 26 maires, six conseillers
municipals pour des propos ou gestes menaçants qui ont été rapportés. Les
dossiers fermés, il y en a quatre pour le maire et un pour le conseiller
municipal. Donc, il y a vraiment, vraiment, je pense, une belle considération à
avoir dans notre article de loi pour nous amener l'injonction et la notion
d'urgence, parce que là, les causes sont ici, 26 maires ou mairesses
peut-être, là, mais ça vous indique, au niveau du Code criminel, combien il y
en a. Donc, c'est sûr que...
M. Grandmont : ...pour préciser,
c'est depuis 2021?
Mme Laforest : Est-ce
qu'on a les dates? 2023-2024. Ça fait qu'il y en a quand même 26 plaintes
avec le Code criminel. Puis c'est vraiment différent, comme je le dis, c'est
traité différemment, ce n'est pas nous. Ça fait que c'est pour ça que je pense
qu'il y a... Je suis convaincue d'ailleurs avec tout ce qu'on a lu comme
courriels et histoires assez particulières. Il y a des...
12 h (version révisée)
Mme Laforest : ...je suis
convaincue, d'ailleurs, avec tout ce qu'on a lu comme courriels et histoires
assez particulières... il y a des tentatives de suicide. On a des lettres, c'est
particulier, ça fait que c'est sûr qu'on ne peut pas laisser ça aller comme ça.
Maintenant, ce qui est important de voir,
c'est que si la <i>Commission municipale joue son rôle, joue très, très
bien son rôle entre élus, la Commission municipale, et le Code criminel a ses
compétences avec le fédéral, mais, nous, on est capables d'ajouter une
protection des élus, ici, avec le projet de loi n° 57.
M. Grandmont : Parfait. Vous
avez dit tantôt : On veut introduire une nouvelle... un nouveau régime
dans lequel on va venir définir... dans le fond, on va venir encadrer les
relations entre les citoyens et citoyennes et les élus. Je comprends, il y a
comme une espèce de flou, un vide juridique à ce niveau-là, parce que le
fédéral s'occupe du criminel, la Commission municipale s'occupe du... des
relations entre élus eux-mêmes, et donc il reste la partie entre citoyens,
citoyennes et élus.
Mme Laforest : Oui.
M. Grandmont : Ça, moi, je
suis d'accord là-dessus, on peut intervenir. En même temps, on ne connaît pas l'ampleur...
quantitative de, par exemple, le lien entre le nombre de démissions puis des
comportements qui seraient inappropriés de la part de citoyens et citoyennes.
Donc, ça, on n'a pas d'information là-dessus. On se fie sur le fait que c'est
nommé. On a reçu des courriels, plusieurs histoires évidemment, puis on ne veut
pas les invalider. Ces histoires-là sont vraies, puis, évidemment, on veut
agir, mais on n'a pas une idée de l'ampleur du phénomène.
Mme Laforest : Bien, en fait,
moi, je pourrais vous dire comme ça, là, que c'est au moins une cinquantaine de
courriels, là, que, vraiment, c'était hyperpréoccupant, là, puis des histoires
d'horreur, là. Mais les gens qui envoient les courriels, je peux vous dire...
les gens veulent rester. Oui, les gens parfois se nomment, mais, en même temps,
les gens ne veulent pas sortir leur histoire au grand public, là, parce que c'est
leur vie personnelle. C'est des dépressions. C'est des histoires de famille, et
tout, et tout. Ça fait que même ça, je ne pourrais pas... je ne pourrais pas...
M. Grandmont : Quand vous...
Quand vous parlez d'histoires d'horreur, là... 50 courriels, c'est quand
même beaucoup, là, on s'entend, là...
Mme Laforest : Oui.
M. Grandmont : ...puis, quand
vous parlez d'histoires d'horreur, là, moi, je... il y a plein d'images qui
peuvent nous venir en tête, là. À quoi... Sans entrer dans le détail, là, mais
vous faites référence à quoi exactement, là?
Mme Laforest : Ah! bien, tout
de suite... Bien, vous savez, là, au niveau municipal, il y a la Commission
municipale. Tout de suite on essaie d'offrir de l'aide si les gens ont besoin d'aller
voir la Commission municipale, considérant que c'est des élus, mais il y a
aussi les directions régionales. Les directions régionales des affaires
municipales accompagnent énormément les élus.
M. Grandmont : Oui.
Mme Laforest : Ça fait que...
Bien là, moi, je suis là depuis bientôt six ans, donc, c'est certain qu'avec la
mesure qu'on ajoute là... C'est sûr qu'il y a beaucoup — c'est ça que...
me présente, là — il y a beaucoup, beaucoup de situations que les
enfants sont suivis pour aller à l'école, de l'intimidation pour les
conjointes, des arrêts de travail pour les conjointes des maires, donc c'est...
Il y a des menaces aussi à l'extérieur pour que... Les conjointes se font dire,
si ton conjoint reste maire, toi, tu vas perdre ta job, des trucs comme ça, là.
Tu sais, ça fait que c'est des histoires assez particulières. Ça fait que c'est
quand même, oui, une cinquantaine de courriels. Je peux dire qu'en six ans, c'est...
on va dire, c'est peut-être peu. Il y en a peut-être plus, là, peut-être 70,
75, mais, en même temps, tant mieux, s'il y en a 70,75 ou 50, mais on ne peut
pas laisser aller ça comme ça, là, parce qu'il y a une protection des élus.
Puis, tu sais, quand je vous dis qu'il y a
des histoires sordides avec des familles, ça fait vraiment pitié. C'est pour ça
qu'on vient vraiment... On va chercher l'endroit où ni un ni l'autre ne peut
agir.
M. Grandmont : Bien, dans les
50, 70 courriels, là, d'histoires d'horreur, là, que vous avez... ou, en
tout cas... Oui, c'est ça, je reprends vos mots, là, des histoires d'horreur
que... dont vous avez été mis au courant, là, est-ce qu'il n'y a pas là-dedans
des cas qui devraient être directement référés ou traités de manière
criminelle? Si c'est des histoires d'horreur, moi, j'imagine...
Mme Laforest : Bien là, c'est
sûr que...
M. Grandmont : ...des choses
assez épouvantables, là.
Mme Laforest : Oui, mais moi,
ce que je veux dire, c'est que... moi, mon rôle, là, c'est de donner du soutien
aux élus et aux municipalités. Ça fait que ce qu'on a fait tout de suite, on a
investi, là, vous l'avez entendu, le 2 millions pour du soutien
psychologique, pour des psychologues pour les élus. Ça fait que ça, tout de
suite, on a mis ça en place, puis il a vraiment été, si je peux dire, un soupir
de soulagement pour les élus. C'est très utilisé. Il y a une ligne d'urgence
aussi qu'on a mise en place avec l'UMQ, avec la Fédération québécoise des
municipalités. Il y a une... il y a aussi des assurances aussi qui vont être
mises en place avec une des deux unions. Donc, on a mis des mesures en place,
là, du soutien psychologique, services de psychologue, ligne d'urgence, mais c'est
sûr que moi, mon rôle, c'est de donner tous les outils et de référer les gens
qui en ont besoin. Puis la commission municipale est très, très bien outillée
parce qu'elle, elle connaît aussi éthique, déontologie, toutes les normes à
respecter.
Puis aussi les unions, bien, ils ont le
téléphone d'urgence, ça fait qu'ils ont les téléphones pour parler à un
psychologue ou avoir de l'aide immédiatement. Ça fait que c'est pour ça que
oui, toutes les mesures sont là, mais ce qu'on veut, c'est arrêter le citoyen
qui menace continuellement ou, encore, pose des gestes comme... comme les
gestes qui sont nommés dans l'article.
M. Grandmont : ...le
2 millions de dollars pour le soutien psychologique, la ligne
d'urgence, évidemment, c'est des mécanismes <qui sont salués, là...
Mme Laforest :
...pose
des gestes comme... comme les gestes qui sont nommés dans l'article.
M. Grandmont :
...le
2 millions de dollars pour le soutien psychologique, la ligne
d'urgence, évidemment, c'est des mécanismes >qui sont salués, là. Puis,
je vous le dis, là, je ne sais plus si je l'avais salué sur les médias sociaux,
c'est la bonne pratique, mais sinon, je vous le dis aujourd'hui, là, c'est
évidemment une mesure qui est intéressante. Puis, comme dans tous les cas, évidemment,
ce qu'on veut essayer d'avoir le plus possible aussi, c'est des mesures qui
vont s'attaquer à la racine des problèmes, c'est-à-dire agir en amont, tu sais,
une ligne psychologique... une ligne d'urgence, du soutien psychologique, c'est
apprécié, c'est nécessaire.
Mais évidemment, au départ, il faut
essayer de travailler sur l'élimination, évidemment, des menaces, du
harcèlement, de l'intimidation. J'aurais peut-être ajouté «des agressions», là,
dans le... dans le paragraphe, là, mais tous ces comportements-là qui font en
sorte que cette ligne d'urgence et ce soutien psychologique, en théorie,
devraient devenir inutiles. Dans le meilleur des mondes, on n'aurait pas besoin
de ça parce qu'il n'y aurait pas ces comportements-là. C'est ce qu'on souhaite
toujours. Ce serait l'idéal, mais bon, c'est une utopie. Je pense qu'il faut
travailler quand même sur les deux, hein? On ne peut pas se concentrer juste
sur les mesures, les plasteurs ou les mesures d'aide, par la suite.
• (12 h 10) •
Maintenant, j'aimerais revenir quand même
sur la notion d'entrave. Bon, je pense que vous avez... vous vouliez ne pas
mettre de définition de ce que c'est, une entrave, dans le projet de loi, en
prétextant que c'est aux tribunaux de juger. Quand on regarde un peu ce que...
Puis malheureusement il y a peu d'endroits, dans les lois québécoises ou
canadiennes, qui traitent de l'entrave, puis ça reste quand même un concept
assez large. Quand on regarde un peu les entraves au travail des policiers, par
exemple, aux agents de la paix, mon collègue de Marquette, tantôt, en a parlé,
puis le refus de donner son nom ou de donner son vrai nom est passible de...
d'une amende, je pense, c'est deux ans de prison, qu'on peut avoir pour ne pas
avoir donné son nom. Vous voyez que j'ai... en donnant précisément cet
exemple-là, je viens marquer qu'on pourrait avoir une interprétation qui est
très préoccupante. Parce que, c'est quoi, en fait, «entraver de manière
abusive», ou même sans l'ajout, là, du mot «abusif», là, tel que le propose
l'opposition officielle, ça reste quand même que l'entrave est... est un
concept où finalement on peut avoir des interprétations qui sont... qui sont
très larges et qui peuvent être inquiétantes.
Moi, quand je pense aux groupes qui sont
venus nous voir, quand je pense aussi au travail, aux lettres qu'on a vues dans
les médias et des lettres que vous avez reçues, là, de la part des syndicats,
puis que je vois une certaine crainte de voir le mot «entrave» utilisé
notamment dans les objets, à l'article 1, mais aussi plus loin dans le...
dans le chapitre I, bien, je les comprends d'avoir une crainte que ça soit
interprété de manière très large. Donc, je me questionne même sur la présence
du mot «entrave» dans l'article 1, je me questionne sur la présence. Parce
que ce qu'on veut éviter, là, Mme la ministre, là, c'est que les gens puissent
travailler à l'abri des menaces, du harcèlement et de l'intimidation et des
agressions. Je me permets encore une fois de l'ajouter. Parce que ce n'est pas
normal que, dans le travail, dans le cadre de leurs fonctions puis de nos
fonctions ici aussi, à l'Assemblée nationale, on travaille dans un climat qui
serait toxique.
Ce qu'on veut, c'est que le climat soit le
plus sain possible, dans la mesure du possible, évidemment, parce qu'on est en
position de pouvoir, évidemment, ça vient avec un vent de face, de l'adversité.
Mais est-ce que la notion d'entrave est nécessaire? Je me pose la question. Je
me la pose.
Mme Laforest : Bien, c'est
sûr, vous pouvez vous poser la question, là, c'est normal aussi, là. Sauf que
dans tout le corpus du projet de loi, c'est sûr que le meilleur terme, le
meilleur mot qui a été choisi, avec le ministère de la Justice, c'est vraiment
«entrave», là. Ça fait qu'il y a eu des raisons pour choisir ce mot-là. Je
pourrais peut-être laisser Me...
M. Grandmont : Dumont.
Mme Laforest : ...Dumont.
Mais moi, c'est sûr que c'est le terme juridique qui a été choisi, approprié
pour l'indiquer. Mais vous avez... vous pouvez poser des questions, c'est
parfait.
M. Grandmont : Parfait. Je
vais... Je vous reposerai des questions après. On peut écouter M. Dumont... Me
Dumont, pardon. Excusez-moi.
Le Président (M. Schneeberger) : Me
Dumont.
M. Dumont (Luc) : ...
M. Grandmont : Vous le
méritez, vous le méritez, là. Prenez-le, prenez-le.
M. Dumont (Luc) : Donc, je
veux juste comme recadrer tout de suite. Il faut prendre quand même l'article 1
puis la notion d'entrave, puis il faut l'interpréter dans l'ensemble de la loi,
là. On ne peut pas prendre isolément l'article 1 puis faire fi de tous les
autres articles qui vont suivre. La règle d'interprétation des lois,
principale, c'est : La loi s'interprète dans son ensemble, puis ça doit
s'interpréter dans... de manière harmonieuse puis être cohérente. Donc, pour ma
part, moi, il n'y a aucun risque, si on prend... lorsqu'on prend, par exemple,
le recours en injonction, <qu'un juge vienne...
M. Dumont (Luc) :
...cohérente.
Donc, pour ma part, moi, il n'y a aucun risque, si on prend... lorsqu'on prend,
par exemple, le recours en injonction, >qu'un juge vienne, après ça,
dire, à cause de l'article 1 : Ah! le législateur a mis le terme
«abusif», mais, dans l'article 1, on ne le qualifie pas, donc je... ça n'a
pas besoin d'être abusif. Il faut toujours, toujours s'en remettre à l'article
qu'on applique lorsqu'il s'agit du recours en injonction ou lorsqu'il s'agit de
l'entrave, qui est assez bien qualifiée, puisqu'évidemment on parle de
harcèlement, intimidation qui... et puis il y a un critère objectif pour la
personne qui... voyons, qui peut craindre raisonnablement pour sa santé et sa
sécurité. Donc là, ici, il y a des paramètres.
Pour ce qui est... pour ce qui est de
l'entrave, c'est important aussi de rappeler qu'il faut... on ne fait pas que
protéger la personne en tant que telle, on protège l'élu, sa fonction puis
l'institution qu'il représente. Et l'institution qu'il représente, ses
fonctions, elles doivent fonctionner, doivent fonctionner en démocratie, sinon
il n'y a pas de décisions qui vont pouvoir se prendre. S'il n'y a plus d'élu,
il n'y aura plus non plus d'institution. C'est à ça qu'il sert, le projet de
loi, il sert à assurer une pérennité, puis une rétention, puis des nouvelles
candidatures à titre d'élu. Donc, il faut voir tout ce projet de loi là dans sa
globalité.
Donc, le terme «entrave à la fonction», il
est important parce que c'est la fonction qu'on protège ultimement. Parce que,
s'il n'y a plus personne pour les occuper, ces fonctions-là, bien, elles
n'existent plus.
M. Grandmont : Je vous... je
vous entends bien. D'une part, évidemment, là, ce qu'on veut... Puis, moi,
c'est mon... c'est mon souhait aussi, puis c'est de cette façon-là que j'aborde
le projet de loi, je l'ai dit d'entrée de jeu. D'abord, il y a deux grands
principes qui me guident dans mes interventions. D'une part, évidemment, on
veut travailler sur cette épidémie de démissions des élus, ça, pour moi, c'est
évident. Puis ça touche au caractère toxique de l'environnement dans lequel
nous travaillons comme élus, et les élus, au niveau municipal, aussi y
travaillent, en partie, évidemment, parce que c'est entre élus, des fois, c'est
la charge de travail. On avait proposé, je le rappelle aussi, là, en même temps
que ma collègue... hein, mes deux collègues sont là, en fait, de Marquette et Mont-Royal—Outremont, qui ont proposé aussi un mandat
d'initiative, je me permets de le rappeler. Mais nos mandats d'initiative
couvraient plus large que simplement la question des incivilités, des
agressions, du harcèlement, de l'intimidation. Ça tient à plus large que ça,
donc. Mais, si le projet de loi n° 37 nous permet effectivement d'aborder
une partie de ces enjeux-là, bien, faisons-le, puis on le fait de bonne foi,
là.
Notre objectif, c'est d'éviter que les
gens aient à travailler dans des environnements où on a des comportements qui
sont complètement inappropriés et qu'on veut proscrire. Parce que, dans tous
les autres milieux de travail, c'est interdit, il y a des lois qui l'empêchent.
Il y a une loi sur la santé et sécurité au travail qui vient dire que le
harcèlement, c'est inapproprié, et il y a des mesures contre ça. Les
agressions, le harcèlement, c'est la même chose, on n'a pas le droit de faire
ça en milieu de travail. Pourquoi les élus devraient endurer ça? Il y a moyen
de manifester son désaccord de manière... de manière exempte de menace,
harcèlement, intimidation et agression.
Maintenant, il y a l'institution, entrave
à l'institution. Moi, c'est là où je trouve qu'il y a peut-être un... une
interprétation un peu large. Parce que, de l'autre côté, là, de ce projet de
loi là, il y a la liberté de manifester, la liberté d'expression, la liberté de
se réunir de manière pacifique. Le droit de manifester, c'est un droit qui est
reconnu par nos tribunaux, qui va déranger, qui va entraver le bon déroulement
de... des travaux d'une institution. C'est le propre d'une manifestation. Elle
va déranger, elle va ralentir. Quand vous avez une manifestation, une grève
dans un milieu de travail, bien, évidemment, toutes les choses sont arrêtées,
les travaux sont arrêtés. Même, on s'est donné, au Québec, la possibilité
d'interdire qu'il y ait des briseurs de grève, les lois antiscabs. Ça existe
parce qu'on établit que le droit de manifester est important puis que les
employés ont le droit de bâtir un rapport de force dans une négociation avec
leur employeur pour négocier des conditions de travail, par exemple.
Donc, une manifestation peut entraver
momentanément le travail, le bon déroulement des opérations ou du déroulement,
là des opérations d'une institution. Donc, c'est là où moi, j'ai... il y a un
enjeu. D'un côté, moi, je veux bien qu'on travaille à protéger les élus pour
qu'ils puissent travailler dans des environnements qui sont le plus sain
possible, le moins toxique possible. Mais, de l'autre côté, la notion
d'entrave, c'est là où il y a un enjeu pour moi, c'est là où il y a un enjeu.
Donc, qu'on le mette «sans entrave abusive», c'est qu'on vient de créer, puis
je pense que ça va rejoindre un peu les propos <de mon collègue...
M. Grandmont :
...il
y a un enjeu. Donc, qu'on le mette «sans entrave abusive», c'est qu'on vient de
créer, puis je pense que ça va rejoindre un peu les propos >de mon
collègue des Îles-de-la-Madeleine, c'est qu'on vient créer une nouvelle
catégorie. Je pense que mon collègue a une... un amendement, là, je ne veux pas
lui mettre des mots dans la bouche, là, mais il a un amendement qui va venir un
peu nuancer, en fait, puis préciser que ce sur quoi on travaille, c'est d'abord
les comportements inappropriés des citoyens et des citoyennes contre des élus.
Moi, je pense qu'il est là, le véritable enjeu, puis il est là le véritable
travail qu'on devrait poursuivre ici, au sein de cette commission qui travaille
sur le projet de loi 37.
Le Président (M. Schneeberger) : Oui.
Alors, s'il n'y a pas d'autre intervention, nous allons... Oui, députée de Mont-Royal—Outremont.
M. Ciccone :Ah! bien oui. Good.
Mme Setlakwe :
...
M. Ciccone :
OK. Parfait.
Le Président (M. Schneeberger) : Député
de Marquette.
• (12 h 20) •
M. Ciccone :Oui, merci beaucoup. Il y a un élément également qu'on
doit... qu'on doit considérer ici, là. Puis je ne veux pas redire tout ce que
j'ai dit, là, mais, tu sais, rajouter, là, le... ça sert également à avoir une
précision légale aussi, là. Dès le début de l'objectif de ce projet de loi là,
c'est... je comprends qu'on a amené d'autres choses, là, c'est un omnibus, là,
mais l'objectif de ce projet de loi là, c'est de protéger les élus contre toute
attaque. Puis on a défini, là, quel genre d'attaque, que ce soit le
harcèlement, les menaces et l'intimidation, et là on met le mot «entraves»
aussi.
Alors, l'objectif, c'est... c'est vraiment
de protéger les élus et de protéger justement leur... leur travail, puis de
faire en sorte que... notre démocratie également, parce que, si on n'en a plus,
comme ça a été mentionné, le débat démocratique va être... va être affecté.
Alors, ajouter «abusifs» après «entraves», ça permet au législateur de
spécifier qu'est-ce qui est une entrave, que ce n'est pas toutes les entraves
qui sont... qui est une obstruction ou qui est illégale. Ça fait que, déjà là,
on le dit d'entrée de jeu, là, ça fait que c'est pour ça qu'on resserre un peu
le mot «entraves», puis que ça vise seulement ce qui est abusif de nature, M.
le Président. Également, la protection des droits, ça, on en a parlé un peu
plus tôt aussi, ça permet de protéger les droits et libertés des individus. Il
y a... On a parlé des journalistes hier aussi, là. Ça fait que, là, ça veut
dire, ça, que, tu sais, ça vient protéger la liberté... la liberté d'expression
puis la protection des droits. Puis on dit, d'ores et déjà, en partant, au
début, voici ce qu'on veut dire par entraves, parce qu'entraves, bien, si c'est
à considérer, c'est... ça doit être absolument abusif.
La proportionnalité des sanctions
également, parce qu'on a des... il va y avoir des amendes, là. Je comprends que
la ministre tantôt, elle me disait qu'il ne faut pas comparer les deux, le Code
criminel, puis tout ce qui est pénal, ça, je comprends ça. Je pense que la
ministre n'est pas... elle n'est pas obligée de me l'expliquer, là. Là, on
parle d'amendes, mais là, en même temps, en mettant ça, bien, ça vient définir
aussi... donner des barèmes un peu plus clairs au juge aussi, de... le montant
puis de l'amende qu'il va donner aussi. Quand on dit : C'est abusif, bien
là, c'est... ça vient restreindre un peu puis pour... pour faciliter le travail
du juge aussi. Parce que c'est sûr qu'il ne faut pas se mêler, puis on a eu la
discussion en Chambre tantôt, là, il ne faut pas mêler les deux. Ce n'est pas à
nous autres à dire au juge quoi faire, mais, en même temps, c'est nous autres
qui va mettre les barèmes pour que le juge prenne une décision.
Puis ça vient aussi prévenir, parce qu'il
faut regarder les deux côtés, là, ça vient prévenir aussi les abus de pouvoir
également, là. Tu sais, ça vient dire : Bien, regarde, si tu veux porter
plainte, si tu veux... si tu veux avancer dans ça, tu veux dénoncer, mais, tu
sais, il ne faut pas que ça commence... les gens commencent à dénoncer pour
n'importe quoi, parce qu'ils se sentent... Ça fait que tu leur dis : Ce
n'est pas juste une entrave, là, il faut que ce soit abusif, abusif aussi,
parce qu'il faut protéger également le système. Alors, ça sert aussi à
délimiter un peu les comportements.
Alors, moi, c'est un peu mon... ma plaidoirie
aujourd'hui, là. Je comprends qu'on n'est peut-être pas d'accord de l'autre
côté, sur ce... sur cet enjeu-là. Je comprends que mon... on débat sur des
termes, ce n'est pas encore une loi, là, on débat sur des termes. Puis ce qui
est ironique dans tout ça, c'est que, dans mon premier cours de droit à l'UQAM,
on m'a dit : Il ne faut jamais interpréter une loi, mais on se retrouve
toujours devant les tribunaux parce qu'il y a deux parties qui interprètent la
loi. Ça fait qu'il faut éviter ça le plus possible. Il faut que ce soit un peu
plus encadré selon moi. Voilà, M. le Président.
Le Président (M. Schneeberger) : Merci.
Alors, députée de Mont-Royal—Outremont.
Mme Setlakwe : Oui, merci. <J'aimerais
renchérir sur...
M. Ciccone :
...possible. Il faut que ce soit un peu plus encadré
selon moi. Voilà, M. le Président.
Le Président (M. Schneeberger) :
Merci. Alors, députée de
Mont-Royal—Outremont.
Mme Setlakwe :
Oui,
merci. >J'aimerais renchérir sur une question qui a été posée par le
député de Taschereau à la ministre, à savoir si elle avait, bon, des
statistiques, des données, tout ça. Ça m'a fait penser... Évidemment, j'ai bien
écouté l'échange, mais ça m'a fait penser à deux choses, bien, aux différents
sondages que l'UMQ a menés, qui nous donnaient quand même... qui permettaient
de brosser un portrait de ce que vivent les élus. Et, par ailleurs, j'ai aussi
pensé au rapport de recherche qui vous avait été soumise, Mme la ministre,
rapport de recherche de Mireille Lalancette. C'est un rapport qui vous était dressé,
il est assez étoffé, sur la gestion par les élus des actes et propos violents,
haineux ou déplacés à leur égard. C'est... Donc, ça, c'en est un. Dans quelle
mesure est-ce que vous vous êtes inspirée de ce rapport de recherche quand vous
avez déposé votre projet de loi.
Mme Laforest : Bien,
honnêtement, on s'est inspiré de tous les rapports qu'on a eus, de toutes les
consultations, de tous les rapports et de tous les courriels qu'on a reçus
également, toutes les demandes de l'UMQ, la FQM. Bref, on s'est inspiré de tout
le monde, là, puis c'est pour... puis ça revient aussi dans... Tu sais, je vais
vous donner deux exemples, vous allez comprendre pourquoi le premier paragraphe
est quand même important. C'est important de le laisser plus large un peu, OK?
Je vais vous donner des exemples d'entraves à la fonction d'élu par des menaces
d'intimidation, du harcèlement. Puis là on n'a pas la notion... bien, on s'est...
on s'est laissé influencer par tous les groupes. Honnêtement, pour répondre à
votre question, là, oui.
Mme Setlakwe : On étaitensemble
durant les consultations, on a entendu... on a entendu la même chose.
Mme Laforest : Oui, c'est ça.
Mme Setlakwe : Mais,
spécifiquement, là, sur ce rapport de recherche qui est quand même étoffé, une
soixantaine de pages, est-ce que vous en avez commandé plusieurs de ces
rapports-là ou est-ce que celui-ci a quand même un caractère plus particulier,
plus important dans votre réflexion?
Mme Laforest : Bien, je ne
pourrais pas dire que lui est plus important qu'un autre, là, mais c'est
certain que, depuis six ans, on a eu quand même...
Mme Setlakwe : Vous en avez
commandé plusieurs, rapports de recherche, de cette nature-là?
Mme Laforest : Non, non, mais
j'en ai lu plusieurs, là, tu sais, c'est important. Puis j'ai discuté avec des
anciens ministres des Affaires municipales aussi, ça se passait aussi, puis il
n'y avait pas de mesure. Donc, il y a quand même beaucoup de travail qui a été
fait, là.
Mme Setlakwe : Oui, oui,
mais... OK, donc. Mais, ici, je pensais que c'était vous qui aviez donné le
mandat à Dre Lalancette.
Des voix : ...
Mme Laforest : Oui, c'est
vrai.
Mme Setlakwe : Non?
Mme Laforest : Pardon?
Mme Setlakwe : C'était vous
qui aviez donné le mandat à Dre Lalancette de...
Mme Laforest : Oui, puis dans
le programme... dans le rapport... bien, c'est sûr que nous, dans la loi, on va
vraiment plus loin, là, parce que ça, il y avait justement de l'aide avec des
programmes psychologiques dans le rapport puis c'est important aussi. Ça, on le
met aussi dans... On l'a déjà appliqué avec le soutien psychologique, avec de
l'aide aussi pour des intervenants. Donc, il y a des mesures qu'on a déjà
appliquées, là. Comme je mentionnais tantôt, les deux annonces qu'on a faites,
ça, on s'est inspiré aussi de ce rapport-là, mais il y a eu... Bref, disons
qu'il y a plusieurs... on a pris plusieurs recommandations.
Mme Setlakwe : Est-ce que... OK.
Est-ce que vous avez jugé bon de... Est-ce que vous... Qu'est-ce que vous
pensez de sa définition du harcèlement et de ses impacts? Parce qu'elle dit
clairement quel impact ça peut avoir sur les élus. Vous n'avez pas souhaité
définir «harcèlement» à la lumière de son rapport?
Mme Laforest : Bien, comme je
le mentionne, chaque situation est préoccupante, chaque situation est
stressante. Autant les faits qui sont énumérés dans ce rapport-là, c'est
préoccupant. On est arrivé. Puis à chaque fois d'ailleurs, depuis six ans, on a
fait de la formation avec des webinaires, pour les élus, c'était demandé. On a
fait... On a lancé le plan de lutte, d'ailleurs, suite à des recommandations,
le plan de lutte contre l'intimidation avec 11 mesures vraiment concrètes
pour contrer l'intimidation pour les élus. On n'a pas arrêté, en fait. Puis c'est
pour ça que le projet de loi 57, il est assez... il est bien, si je peux
dire, il est bien défini. Parce que les mesures qu'on a pris en place, vous le
savez, depuis six ans, on n'a pas arrêté, là, de soutenir les élus municipaux,
mais on est rendus à un stade où, parfois, là, c'est sûr qu'il y a une question
de fonctionnement, une question de vie familiale, une question que là, on va
trop loin, là, depuis la pandémie. Ça fait que c'est pour ça qu'on va encore
plus loin avec ces mesures-là. Mais tous les rapports... Puis, oui, vous avez
raison, les recommandations au niveau de l'intimidation, harcèlement, on a fait
les capsules aussi au niveau du harcèlement, de l'intimidation suite à des
recommandations de ces rapports-là. Ça fait qu'on n'a pas arrêté vraiment.
Tous... tous les rapports étaient essentiels puis tout... Oui.
Mme Setlakwe : Bien, écoutez,
<moi, je pense...
Mme Laforest :
...d'intimidation
suite à des recommandations de ces rapports-là. Ça fait qu'on n'a pas arrêté
vraiment. Tous... tous les rapports étaient essentiels puis tout... Oui.
Mme Setlakwe :
Bien,
écoutez, >moi, je pense que l'amendement proposé, je reviens à
l'amendement, là, ici, est... est toujours pertinent. J'essaie de voir est-ce
que vous avez des exemples d'entraves, peut-être que c'est... Mais est-ce que
des entraves qui ne seraient pas abusives, des entraves qui n'entraîneraient
pas... qui n'impliquent pas un abus, en quoi... Quelle est... Expliquez-nous
quelle est votre réticence à venir préciser le mot «entraves» par... en le
qualifiant, en lui apportant une précision.
• (12 h 30) •
Mme Laforest : Bien, comme je
le mentionne, c'est le premier paragraphe. On présente l'article. Si je peux
donner des exemples, admettons, d'entraves à la fonction d'élu par des menaces,
de l'intimidation, du harcèlement, en fait, la personne peut se présenter dans
une séance du conseil municipal, prendre... prendre la parole, et là c'est
vraiment, là, des propos et menaçants, intimidants, soit sur la personne, sur
la vie familiale de la personne. Ça peut vraiment être, bref... bref, une...
des propos vraiment inacceptables. C'est arrivé juste une fois, mais tout ce
qui en découle, avec les menaces, l'intimidation, la violence, ça peut arriver
juste une fois.
Ça fait que c'est pour ça que je dis que
là, est-ce qu'on dit «sans entraves abusives»? Est-ce que c'est abusive...
c'est abusif? Elle est allée seulement, la personne... admettons, le citoyen
est allé seulement une fois au micro, et ça a duré 20 minutes, et a dit
des propos sur la famille, et des trucs comme ça. Ça fait que, ça, ça peut être
un exemple. Après ça, comme je le mentionne, bloquer un élu à une séance du
conseil municipal, soit pour y arriver, soit pour quitter, ça, c'est quand même
arrivé plusieurs fois à plusieurs élus. Après ça, comme je le mentionnais, se
manifester devant la résidence privée. Est-ce que, si on met «entraves abusives»,
et le citoyen est toujours stationné devant la maison... puis là, est-ce que
c'est abusif parce qu'il est stationné seulement dans sa voiture? Est-ce que,
si on ajoute «entraves abusives», on va dire : Bien là, ce n'est pas
abusif parce qu'il est seulement dans sa voiture, il attend, il surveille la
maison.
Ça fait qu'il faut comprendre aussi que
le premier... le premier paragraphe, il faut laisser large. Ça fait que vous
avez des exemples comme ça, que le juge, si on... si on, comme je le disais, si
on ajoute toujours la notion abusive à chaque phrase, à chaque paragraphe, bien
là, c'est sûr que ça va... ça peut être interprété différemment. Mais les
exemples que je vous... je vous mentionne, tu sais, il y a des élus, c'est
arrivé une fois, dans la visite dans une épicerie... mais pas un élu, plusieurs
élus, ça a été l'horreur, ce qu'ils ont vécu en allant faire l'épicerie avec
leur famille. Est-ce que c'étaient des entraves abusives? C'est arrivé
seulement une fois.
Ça fait que c'est pour ça, je dis qu'il
faut quand même laisser large le premier paragraphe qui présente l'article. Ça,
c'est des exemples comme ça qui ne sont pas vus comme étant abusifs. Puis là,
on a les... d'autres exemples, que je vais arriver plus tard, c'est vraiment
des exemples de manières abusives qui empêchent l'exercice de la fonction
d'élu. Mais vous voyez, des exemples comme ça, un juge pourrait dire :
Bien, ce n'est pas abusif, c'est arrivé seulement une fois. Sauf que la
réputation de l'élu, peut-être, pendant 20 minutes que quelqu'un va au
micro, est détruite à vie. Mais le citoyen est allé seulement au micro une
fois; puis c'est arrivé quelques fois aussi, parle de la famille, des enfants,
qu'est-ce qui se passe, puis invente des scénarios, puis invente... donne des
mauvaises réputations à la famille, aux enfants. C'est arrivé seulement une
fois, ça fait que là ce n'est pas abusif, mais c'est arrivé une fois. C'est
pour ça qu'il faut laisser quand même le tribunal juger de la situation.
Mme Setlakwe : Merci.
Le Président (M. Schneeberger) : Oui,
Mme la députée.
Mme Setlakwe : J'aurais une
autre question.
Le Président (M. Schneeberger) : Oui,
allez-y.
Mme Setlakwe : C'est une
question que je pense, qui vaut la peine d'être... d'être répondue au micro,
là. Parce que, quand vous décrivez des exemples, puis je comprends que les...
vos exemples ne sont pas exhaustifs, c'est... c'est évident, vous avez apporté
des exemples pertinents, mais... mais, parfois, vous parlez d'entraver avec
menaces, harcèlement, intimidation.
Alors que, dans le fond, le... je veux
juste qu'on soit clairs, là, le nouveau régime a trois composantes, là :
le recours à l'injonction, où on ne parle pas de menace, intimidation,
harcèlement, c'est une entrave de manière abusive, on va laisser le juge se
prononcer, on a des pénalités qui peuvent être imposées dans deux... deux
scénarios, et là on parle de... Je vais y aller directement, là, je ne veux pas
paraphraser, je vais le dire exactement. C'est : «Quiconque entrave l'exercice
des fonctions d'un élu — là je suis à l'article 5 — en
le menaçant, en l'intimidant ou en le harcelant de façon à lui faire craindre
raisonnablement pour son intégrité ou sa sécurité.» Et on a aussi la situation
d'une personne qui vient, à 4, «lors d'une séance, causer du désordre de
manière à troubler de façon abusive».
Est-ce que ces trois recours sont...
peuvent être cumulatifs ou est-ce qu'ils sont mutuellement exclusifs...
12 h 30 (version révisée)
Mme Setlakwe : ...lors d'une
séance, causer du désordre de manière à troubler de façon abusive. Est-ce que
ces trois recours sont... peuvent être cumulatifs ou est-ce qu'ils sont
mutuellement exclusifs?
Mme Laforest : Est-ce que, M.
le légiste, vous pouvez répondre si ça peut être cumulatif?
Mme Setlakwe : Mais selon
vous, Mme la ministre?
Mme Laforest : Je ne suis pas
avocate, je ne pourrais pas vous répondre. Je vais laisser M. le légiste...
Le Président (M. Schneeberger) : M.
Dumont.
Mme Setlakwe : Est-ce que ça
peut s'appliquer...
M. Dumont (Luc) : Oui. C'est
certain que, dépendamment des cas de l'affaire, si une personne est capable de
remplir le fardeau de preuve puis de démontrer la nécessité d'avoir... d'obtenir
une injonction, il pourrait l'avoir. Puis s'il est capable d'aller faire une
plainte aussi à la police, puis qu'au terme de l'enquête, les éléments de
preuve sont là, il peut aussi avoir une amende. Ce n'est pas la même chose.
Donc, oui, on peut les... on peut faire les deux, si j'ai bien compris la
question.
Mme Setlakwe : Oui. OK. Donc,
un comportement isolé ou répété pourrait donner lieu à une injonction et une
amende. C'est ça.
M. Dumont (Luc) : Oui, parce
que ça ne sert pas le même objectif, en fait.
Mme Setlakwe : Non. Tout à
fait. Les critères de chacun de ces recours-là sont... sont différents. Mais
moi, je vous ai entendu dire que, dans tous les cas, il y a une situation d'abus.
Puis vous, vous nous dites que vous êtes à l'aise à laisser le mot «entrave» de
façon... évidemment, dans l'objet, dans son sens le plus usuel, «gêner», «retenir»,
alors qu'on sait qu'un élu, il n'y a rien de plus inhérent, dans la fonction d'un
élu, que d'être gêné ou retenu par des pétitions, par des chaînes de lettres,
par des courriels, par des questions, par des rencontres, par des
manifestations, par des démonstrations. Est-ce que pour vous, des citoyens qui
viennent en groupe... On a reçu, vous et moi, et les autres élus, des courriels
à répétition, disant : Attention à des gens vulnérables, des groupes de
personnes... Là, je me réfère au mémoire de la Ligue des droits et libertés,
qui dit : Ces personnes qui sont vulnérables, qui... Ce n'est pas des gens
qui ont... qui vivent des difficultés vis-à-vis un élu qui est en situation de
pouvoir, ils se sentent peut-être... C'est gros, pour eux, d'aller à une séance
de conseil ou d'aller confronter ou questionner un élu. Ils viennent en groupes,
ça arrive souvent. Ils ont des banderoles, ils viennent ensemble. Ils peuvent
être respectueux, civils, mais ils sont ensemble, en groupes, et ils cherchent
à se mobiliser pour avoir un effet plus fort, ils ont... pour passer leur
message, que ce soit sur des questions de logement, de... En tout cas, je veux
dire, la liste est extrêmement longue. Vous voyez ce que je veux dire, mais ça,
c'est venu des groupes d'action communautaire, des gens qui se mobilisent, qui
viennent... Et là, quel message on leur envoie, aujourd'hui? Est-ce que c'est
abusif, ce qu'ils font? Est-ce qu'on souhaite que ces personnes-là continuent
de se mobiliser ensemble pour venir mettre de l'avant leurs enjeux auprès de
leurs élus?
Mme Laforest : Bon. Alors, à
votre question — d'ailleurs, on les a reçues — certaines
personnes, d'ailleurs, au niveau des mêmes questions, bien, c'est sûr que ça...
on ne touche pas du tout, du tout les groupes, là. Les manifestations, les
groupes qui se présentent, on ne touche pas ça du tout, il faut rester...
Est-ce qu'il y a eu des menaces? Est-ce qu'il y a eu du harcèlement? C'est
normal, ça fait partie du travail. Puis là, quand on dit que ça entrave le
travail de l'élu, est-ce que le groupe bloque l'entrée à l'élu à chaque conseil
municipal? Mais c'est normal d'avoir des manifestations, le droit de grève, c'est
dans la loi, on va reparler de la charte des droits et libertés<i>. Donc,
c'est prévu, ça, dans leur travail. En aucun temps, on ne va empêcher les
groupes de se présenter dans des séances de conseil municipal.
Mme Setlakwe : Donc, ce n'est
pas une entrave.
Mme Laforest : Pas du tout,
pas du tout. Puis regardez, dans la deuxième page, je ne sais pas si vous l'avez...
Mme Setlakwe : C'est
important que ce soit dit au micro, là, ce n'est pas une entrave, un groupe qui
se présente?
Mme Laforest : Non. Puis c'est...
encore là, ici, c'est bien défini, c'est écrit : «La cour évalue la
demande en tenant compte de l'intérêt public.» Donc là, vous donnez l'exemple d'un
groupe pour le logement, le logement social, le logement abordable, mais c'est
pour l'intérêt public, donc c'est prévu aussi, là, dans l'article.
Mme Setlakwe : Oui, je
comprends, oui, suite à... Oui, c'est un amendement que vous avez déposé, qui
est pertinent.
Mme Laforest : Oui, donc, c'est
prévu, ça fait partie du travail de l'élu.
Mme Setlakwe : OK. Et on
revient, donc... parce qu'à un moment donné, il faut... Donc, vous considérez
que ce n'est pas... Parce que vous ne vous êtes pas encore prononcée, mais je
crois comprendre que vous ne voulez pas ajouter le mot «abusive». Donc, si on
ne l'ajoute pas, vous considérez que c'est... cette façon de faire des groupes
d'action communautaire ne constitue pas une entrave à une fonction élective.
Mme Laforest : Bien, tout à
fait. Puis, oh mon Dieu, vous répondez même à la question que vous me <posez...
Mme Laforest :
...vous
répondez même à la question que vous me >posez, parce que les groupes
qui viennent manifester, ce n'est pas abusif. Vous comprenez, des fois, qu'il y
a des mesures qu'on peut dire : Bien, c'est dans le cadre de leur travail.
C'est dans le cadre... Ça fait que, tu sais, il ne faut quand même pas à
chaque... à chaque paragraphe, ajouter... «sans entrave abusive», parce qu'un
groupe qui se présente à un conseil municipal régulièrement, c'est normal. Un
groupe de logement, ça va arriver souvent.
Mme Setlakwe : Il est arrivé
à, Trois-Rivières... Puis, tu sais, là, je vais... honnêtement, il faut... il
faut... il faut se poser, les questions, là. Il y avait la question, donc, des
chaînes de lettres et... Quelle est votre réaction, là? Je pense, c'est arrivé
même au bureau du premier ministre, là, des envois... des envois de courriels,
des chaînes de lettres. Est-ce que ça constitue une entrave?
• (12 h 40) •
Mme Laforest : ...les chaînes
de lettres.
Mme Setlakwe : Est-ce que...
OK, ce n'est pas une entrave. Et à l'été 2023, il y a des citoyens de la
ville de Trois-Rivières préoccupés par un projet d'agrandissement d'un parc
industriel. Ça, là, ça se... ça se reproduit dans un grand nombre de
municipalités à travers le Québec, là, des citoyens qui vont dans... qui
assistent à une séance de conseil pour énoncer leurs préoccupations par rapport
à un projet, que ce soit un parc industriel ou autre, là. Lors de la séance du
conseil municipal du 20 juin 2023, les citoyens dans l'assistance se
lèvent en silence pendant l'intervention d'un conseiller, lequel marque
également son opposition à cette mesure, et brandissent des petites affiches
sur lesquelles on peut lire : «Milieux humides, on vous a à l'oeil». «Eau
propre ou asphalte, l'heure des choix». «La prochaine génération vous regarde»,
et déroulent une bannière. Alors que les propos du conseiller — donc,
au sein du conseil, il y en avait qui étaient dissidents, qui n'étaient pas
d'accord avec le projet — suscitent des applaudissements des citoyens
pendant quelques secondes. Plusieurs chantent ensuite le slogan : «Pas un
hectare de plus». Le tout dure environ deux minutes. Le maire suppléant a alors
suspendu rapidement la séance et a appelé la police. Le reste de la séance
s'est déroulé en présence de la police, les portes verrouillées, empêchant
toute personne d'entrer ou de sortir de la salle. Est-ce que... À quel
moment... on n'est plus dans l'entrave? À quel moment est-ce que... Qu'est-ce
que vous... Qu'est-ce que vous pensez de cette situation-là?
Mme Laforest : Bien, comme je
le disais, puis je le dis depuis hier, là : Tout groupe peut se présenter
dans un conseil municipal. Toute personne, peu importe, peut arriver avec des
banderoles, peut faire une chanson devant le conseil municipal, mais ça, c'est
tout à fait accepté puis c'est normal. On le dit, là : C'est vraiment— puis
on l'a indiqué — «toute personne de participer à un débat public».
Donc ça, c'est un débat public. Toute personne peut y assister.
Maintenant, quand on va plus loin, là, on parle de
menaces et de tous, tous, tous les... tous les faits qu'on a ajoutés
présentement sur l'article. Là, on va plus loin. Là, c'est différent. Mais il
n'y a rien qui empêche... Les chaînes de lettres, c'est de la liberté
d'expression. On ne touche pas à ça non plus.
Mme Setlakwe : OK. Vous
êtes... oui, vous êtes en train de... en tout cas, d'avance, de dire si
c'est... c'est permis ou pas. Mais je ne comprends toujours pas pourquoi vous
hésitez à qualifier «entrave». Parce que là, on est en train de dire généralement
qu'on veut contribuer à la rétention des élus en favorisant l'exercice sans
entrave des fonctions électives, alors que ça fait partie du quotidien. Vous le
reconnaissez, tu sais, que les citoyens doivent... peuvent venir en groupes...
fait partie de leur travail, qu'ils viennent...
Mme Laforest : C'est parce
qu'après, dans les autres articles, c'est tout bien défini, là, au niveau de
l'entrave dans des situations particulières. Là, on est juste dans le premier
paragraphe, mais on va continuer après, là, ça fait qu'on va pouvoir en
discuter après.
Mme Setlakwe : Merci.
Le Président (M. Schneeberger) : D'autres...
Député de Taschereau.
M. Grandmont : Merci.
Intéressante discussion avec notre collègue de Mont-Royal—Outremont,
Mme la ministre. Vous... Je ne peux m'empêcher de noter que vous nommez des
comportements qui seraient permis dans des conseils municipaux d'un côté, en
même temps, de l'autre côté, vous ne venez pas définir ce que c'est une
entrave. Dans le... dans le mémoire que vous avez déposé au Conseil des
ministres, vous avez dit : Certaines personnes pourraient... ou certains
groupes pourraient trouver que le projet de loi est une atteinte à la liberté
d'expression, la liberté de manifester, à la liberté de se réunir pacifiquement
et vous référez aux tribunaux, dans le fond.
Donc, d'un côté, on vous demande de peut-être
mieux définir, de peut-être mieux encadrer différents mots qui sont utilisés
dans le projet de loi, notamment le mot «entrave», puis de l'autre, il y a un
refus de votre côté en disant : C'est les tribunaux qui vont trancher, qui
vont définir puis se bâtir une jurisprudence autour de ce concept-là. Puis, de
l'autre côté, vous, ici, en commission, vous définissez des comportements que
vous jugez acceptables.
Mme Laforest : ...
M. Grandmont : Bien, je veux
dire, vous dites... vous dites : Les manifestations seront permises,
les... Par exemple, c'est un <bon...
M. Grandmont :
...vous
dites : Les manifestations seront permises, les... Par exemple, c'est un >bon
exemple, là, «les manifestations seront permises» au sein du conseil municipal.
Mme Laforest : C'est toujours
permis, mais là, c'est sûr que je pourrais avoir, et vous aussi, là, tout le
monde pourrait avoir plusieurs, plusieurs, plusieurs exemples. Mais quand tu
en... on parle vraiment «sans entrave à la fonction d'élu», un exemple : un
groupe qui vient manifester, c'est normal, ça va arriver puis ça va toujours
être comme ça dans nos séances de conseil municipal. C'est tout à fait normal.
Par contre, un groupe qui va se présenter dans un conseil municipal, qui va
saccager la salle du conseil, il y a entrave au travail de l'élu, les élus ne
peuvent plus continuer à travailler. Tu sais, c'est là, l'affaire, on est
vraiment rendus ailleurs, là.
M. Grandmont : Elle est où,
la limite entre entraver, là, l'exemple qu'on a... que notre collègue a lue tantôt,
là, qui est un cas... puis il y a, d'ailleurs, une vidéo, aussi, qui a circulé
récemment, vous l'avez sans doute vue passer aussi au conseil municipal de
Trois-Rivières. Le conseil a été ralenti pendant quelques minutes. Ils n'ont
pas saccagé, là, ils ont ralenti la bonne tenue, le bon déroulement du conseil
municipal, hein, les choses ont été... Le conseil a été suspendu pendant
quelques minutes, puis après, ça s'est fait sous supervision policière. Donc,
de votre point de vue, actuellement, aujourd'hui, là, vous considérez que ce
n'est pas une entrave?
Mme Laforest : Bien, je le
dis, puis je vais le répéter, puis je vais faire ça, là, jusqu'à la fin du
projet de... de loi : Je ne suis pas juge. Il y a des tribunaux pour le
décider. Imaginez si moi, je dis : La situation de Trois-Rivières, c'est
une entrave, on va donner une infraction à tous les gens qui sont allés
manifester à Trois-Rivières. Voyons, je suis qui, moi, pour dire ça? Alors,
même si vous essayez de me faire dire des... pour moi, c'est... tu sais, c'est
une entrave ou non, bien, c'est pour ça qu'on vient l'appliquer dans le projet
de loi. On vient demander une injonction pour qu'elle soit traitée d'urgence
avec la Cour supérieure<i>, pour qu'il y ait un jugement rapide, pour que
les élus puissent continuer leur travail. Vous comprenez? Présentement, on ne
peut pas faire ça.
M. Grandmont : Moi, je vous
l'ai dit, tantôt, ce que... ce que j'espère trouver comme équilibre à travers
le projet de loi, là, c'est à la fois protéger les élus, on veut vraiment
protéger les élus, qu'ils puissent travailler dans un environnement qui est
sain, mais de l'autre côté, je veux protéger aussi des droits qui sont
fondamentaux dans notre démocratie. Il est normal qu'un conseil municipal...en
tout cas, il est normal qu'une institution, qu'elle soit publique ou privée,
soit ralentie par des manifestations ou mouvements de grève. Souvenez-vous,
l'hiver dernier, là, les manifestations qui ont eu lieu dans le secteur public,
là. Je veux dire, c'est un droit qui est officiellement reconnu. Ils ont le
droit de manifester, là, ils sont en négociation avec le Conseil du trésor pour
améliorer leurs conditions, puis, bon, c'est dans les moyens qu'ils ont à leur
disposition. Mais pendant ce temps-là, les écoles étaient fermées, les hôpitaux
fonctionnaient à régime, disons, réduit, les services d'urgence... Donc il y
avait quand même un minimum qui était assuré. Mais donc, le bon déroulement des
opérations, des écoles puis des... des hôpitaux n'était pas assuré, là, on se
comprend qu'on était dans un régime de manifestation et il y avait grève.
Et pourtant, ça, c'est... c'est reconnu,
c'est protégé par nos chartes, par notre charte québécoise. C'est reconnu aussi
au fédéral. Et, évidemment, ça a été reconnu par les tribunaux. Donc, moi,
c'est l'utilisation du mot «entrave», là, qui... quelle soit abusive ou non, il
me semble qu'il y a quelque chose, là, qui... Puis, comme je le disais tantôt,
mon collègue, peut-être moi-même aussi, après, on verra au fil des
discussions... auront des... des propositions sur ce mot-là précisément.
J'aimerais vous entendre, tu sais... À
défaut d'avoir vraiment une définition du mot «entrave», comme je vous l'ai dit
tantôt, moi, je veux que les élus puissent travailler dans un milieu qui est
exempt de certains comportements. Ça fait que... Puis je prends juste des
exemples que vous avez nommés au fil des discussions, vous avez parlé
d'empêcher un élu de passer, d'accéder, par exemple, à la salle du conseil.
Est-ce que c'est une entrave ou c'est de l'intimidation, selon vous?
Mme Laforest : Bien là, j'ai
répondu à votre question, là.
M. Grandmont : Non, non, non,
ce n'est pas la même question, là. Je ne demandais pas si c'est de l'entrave.
Mme Laforest : Non, non, mais
là... Écoutez, là...
M. Grandmont : Bien,
regardez, je vais vous la... je vais... je vais y aller autrement, OK? On pourrait
se poser la question : Empêcher un élu de passer, est-ce que c'est de
l'entrave ou c'est de l'intimidation? Stationner devant...
Mme Laforest : Écoutez, je ne
répondrai pas à votre...
M. Grandmont : Non, non, je
sais, je sais, je sais. Vous m'avez dit que vous ne répondriez pas. C'est
correct.
Mme Laforest : Non, mais...
J'aimerais bien répondre, mais je n'oserai pas répondre parce que ce n'est pas
à moi à prendre le rôle du juge qui va prendre la décision dans chacune des situations.
Hier, on a dit... Un exemple, c'est, je crois... Il y a un député qui a dit :
Moi, j'ai vécu ça, mais ça dépend, c'est selon lui, comment qu'il a vécu ça. Ça
dépend. Chaque cas est différent. Tu sais, je ne peux pas... Demandez-moi pas
si chaque situation vécue dans un conseil municipal... Il y a
1100 municipalités, donc des situations, il y en a beaucoup...
M. Grandmont : Parfait.
Mme Laforest : ...qui sont
vécues. Puis ce n'est pas moi, qui est ministre des Affaires municipales, de
dire «coupable ou non, entrave ou non». Si on met un système en place, ce qui
est <extraordinaire...
Mme Laforest :
...«coupable
ou non, entrave ou non». Si on met un système en place, ce qui est >extraordinaire,
selon moi, aujourd'hui, c'est qu'on a la chance ici, tous ensemble, les élus,
de mettre un système en place pour protéger les élus...
M. Grandmont : On est
d'accord.
Mme Laforest : ...puis en
laissant la liberté d'expression, en laissant le droit de grève. On ne touche
pas à ça. C'est pour ça que je disais, hier : Il n'y a aucun journaliste
qui doit être inquiet, aucun, aucun, aucunement. Mais on doit laisser des élus
aller travailler, on doit les... tu sais, les enfants des familles, arrêter de
les menacer, les conjoints doivent continuer leur travail. Ça doit se passer
comme ça, là, quand tu es élu municipal. Puis, en même temps, qui va se
présenter élu, aujourd'hui, s'il n'y a pas aucun, aucun, aucun encadrement
qu'on peut ajouter, aujourd'hui, dans la loi, pour dire : Oui, les élus,
soyez fiers d'être élus, on va vous protéger, mais en même temps, laisser
toutes les autres règles s'appliquer, comme la charte des droits et
libertés<i>, le droit de grève?
• (12 h 50) •
Ça fait que c'est sûr que là, malheureusement,
si vous me donnez... me posez plein de questions, bien, c'est plein d'exemples,
puis ce ne sera pas moi à agir. Moi, mon rôle, c'est de... avec vous, ce n'est
pas moi qui le fais seule, d'apporter un changement à la loi pour mieux
protéger nos élus, pour arrêter d'avoir des... des démissions, pour arrêter d'avoir
des gens en arrêt de travail, pour avoir... arrêter ce qu'on vit présentement
dans le milieu municipal.
M. Grandmont : Je vous
entends très bien, puis tout ce que vous avez dit touchait des notions qui
touchaient au milieu de travail. Ce qu'on veut, c'est éviter les menaces, le
harcèlement, l'intimidation, les agressions. Vous n'avez pas parlé... En tout
cas, je n'ai pas entendu la notion d'entrave. Quand je dis, là... Puis je n'irai
pas par questions, je vais y aller par affirmations. Empêcher un élu de passer,
là, puis d'entrer à l'hôtel de ville, par exemple, tu sais, on pourrait
considérer que c'est une entrave, mais on pourrait dire, aussi, que c'est une
certaine forme d'intimidation. Quand on dit... puis c'est un exemple que vous
avez donné tantôt aussi, là, stationner devant la maison d'un élu de manière
répétée et abusive, est-ce que c'est de l'entrave? Non. Est-ce que c'est du
harcèlement? Probablement. Est-ce que de dire à un élu qu'il ne rentrera pas
chez lui à soir, est-ce que c'est de l'entrave? Pas sûr, mais la menace,
certainement.
Moi, je pense que la portion sur laquelle
on devrait se concentrer, dans le cœur... puis qui est au cœur, qui devrait
être au cœur de ce chapitre I du projet de loi n° 57, là, c'est vraiment
le milieu de travail, l'abri... pouvoir travailler à l'abri des menaces, du
harcèlement, de l'intimidation et des agressions. Je pense que c'est là-dessus
qu'on devrait se concentrer.
La notion d'entrave est floue, ouvre la
porte à beaucoup d'interprétations potentielles, et moi, je pense que ça, c'est
un des enjeux importants du chapitre I, la notion d'entrave.
L'autre partie, là, je suis 100 %
d'accord avec. La notion de garantir aux élus qu'ils vont pouvoir travailler à
l'abri des menaces, du harcèlement, de l'intimidation et des agressions, pour
moi, il faut travailler là-dessus à 100 %. C'est la partie la plus
importante, c'est le cœur du projet de loi, et c'est comme ça qu'on garantira
aux élus, comme individus, de pouvoir travailler, donc, dans un milieu qui est
plus sain, puis on pourra s'attaquer à la partie, là, des démissions puis de
l'insatisfaction de travailler en milieu municipal ou à l'Assemblée
nationale<i>, qui est problématique au regard des relations avec les
citoyens et les citoyennes.
Parce que l'autre partie, l'entrave, là,
vient vraiment toucher de façon... puis malheureusement, parce qu'on a peu de
définitions, puis il y a peu de précédents dans les différentes lois québécoises
ou canadiennes, vient toucher potentiellement à la notion de liberté
d'expression, de liberté de réunion pacifique et donc de droit de manifester.
Le Président (M. Schneeberger) : Merci.
D'autres... S'il n'y a pas d'autre commentaire, nous allons mettre aux... Oui.
M. Ciccone :...d'abord si le député des Îles-de-la-Madeleine veut la
parole.
Le Président (M. Schneeberger) : Comment?
M. Ciccone :Je voulais savoir si le député des Îles-de-la-Madeleine
voulait parler, je le...
M. Arseneau : Je n'avais rien
demandé.
M. Ciccone :OK. Je ne voulais pas...
Le Président (M. Schneeberger) : Député
de Marquette.
M. Ciccone :Merci beaucoup. Honnêtement, là, depuis tantôt, ce que
j'entends... puis ça semblait être clair, là, puis depuis hier, justement, la
ministre nous dit : Ça va être... ça va être aux juges de décider. Mais en
même temps, elle est embarquée dans le jeu en disant : Mais non, ça, ce
n'est pas une entrave; ça, ce n'est pas une entrave; non, ça, ce n'est pas une
entrave; que ça soit des chaînes de lettres, non, ça ce n'est pas une entrave.
Ça fait que déjà, là, elle s'est mise en position de décider qu'est-ce qui est
une entrave ou non.
Présenter en groupe devant un conseil,
elle dit : Non, ce n'est pas une entrave. Mais ça peut devenir une
entrave, ça pourrait devenir une entrave. Si on empêche les gens de rentrer, ça
pourrait devenir une entrave. Mais là, vous allez me dire : Mais c'est une
entrave qui est... qui devient du harcèlement, qui devient de l'intimidation,
qui devient peut-être même une voie de fait. Oui. Mais, en même temps, le
sens... le sens des mots dans un... dans un article dans un article de loi est
très, très, très lourd de sens, là. Je vais vous <lire...
M. Ciccone :
...dans un article de loi est très, très, très lourd
de sens, là. Je vais vous >lire, là, «entrave», dans le Petit Larousse :
«Ce qui retient, gêne, embarrasse; obstacle.» Moi, c'est ça que je vois, là,
dans l'article 1, là. Mais ça, on dit qu'on n'a pas le droit de faire ça.
Là, vous dites : Oui, oui, mais plus tard, on va l'expliquer, ça fait
qu'on va voter sur celui-là, mais plus tard, on va l'expliquer. Bien non, mais
il faut... il faut ajuster le premier pour passer au deuxième. Si on n'est
pas... On n'est pas ici pour le fun puis on n'est pas confortables avec ça. Je
comprends que l'idée derrière ça a peut-être un sens, mais nous, comme
législateurs qui représentent le peuple, on n'est pas d'accord avec ça. Puis ce
n'est pas juste nous autres, il y a des groupes, également, qui l'ont
mentionné.
Alors, moi, je ne vois pas pourquoi que
justement... Puis je comprends que rajouter des mots, des fois, ça vient
limiter. Dans ce cas-ci, là, ça ne vient pas justement empêcher quelqu'un de
faire son travail. Au contraire, je pense, ça vient encadrer le travail, par
exemple, du DPCP ou même du juge, parce que notre rôle, c'est de leur donner
les outils pour bien faire leur travail puis rendre les décisions plus rapides,
parce qu'on veut faciliter, justement, cette prise de décision là de façon
urgente.
Alors, moi, je trouve ça un peu... je
trouve ça un peu drôle qu'on dise une chose puis ce matin... hier, puis là, ce
matin, on vient dire : Bien là, on vient déterminer qu'est-ce qui est une
entrave ou non. Alors, déjà là, si on fait cet exercice-là, ça vient dire que,
justement, là, on n'est pas... ce n'est pas clair, là, ce n'est pas clair dans
ce qu'on... ce qu'on avance dans l'article 1. Alors, nous maintenons notre
position sur l'aspect d'entrave abusive, parce qu'«entrave», de la façon qu'il
est utilisé dans les autres articles, Mme la ministre, n'est pas utilisé de la
même façon dans l'article 1. Voilà. C'est tout ce que j'avais à dire.
Le Président (M. Schneeberger) : Oui,
député des Îles-de-la-Madeleine.
M. Arseneau : Oui. Bien,
juste un mot sur la... le sous-amendement proposé par ma collègue. Le problème fondamental...
Qu'on parle d'un... d'une entrave abusive ou indue, on est dans le même
registre, on tente de qualifier une notion qui elle-même n'est pas définie.
Alors, si on ne sait pas ce qu'une... ce qu'est une entrave de façon très
précise, si on ne sait pas quel comportement on veut sanctionner, si on dit :
On va adopter ça, mais que l'intention du législateur n'est pas définie, mais
on va laisser aux juges le soin de le définir, je pense qu'on ne va pas au bout
de notre responsabilité et de notre fonction. Et c'est là, le problème
fondamental.
On peut utiliser tous les qualificatifs
voulus pour définir l'entrave, pour circonscrire l'entrave, si on ne sait pas
de quoi on parle, s'il est comme... moi aussi, j'avais une définition du
dictionnaire, si on parle d'entrave comme d'un obstacle ou d'un empêchement ou
d'une contrainte, bien, il y a de multiples façons démocratiques d'exprimer
notre point de vue, notre opposition à un certain nombre de décisions ou
d'intentions, et ainsi de suite, qui peuvent être perçues comme des entraves ou
des obstacles ou des empêchements à aller rapidement puis adopter des... et
prendre des décisions, mais là, on ne sait pas si elles seraient véritablement
des entraves qui seraient légales, qui seraient reconnues par le juge ou pas
comme étant licites, ou si elles deviennent illicites. Et là, bien, je trouve
qu'on ouvre la porte extrêmement grande à toutes sortes de situations qu'on ne
veut pas voir arriver. Ce n'est pas l'objectif de... je pense, de notre travail
et du projet de loi.
Si l'on veut sanctionner des comportements
qu'on juge inacceptables ou des gestes ou des propos, je pense qu'il faut dire
de quoi on parle et l'inscrire dans le projet de loi, sinon on parle pour ne
rien dire. Et c'est la raison pour laquelle je ne m'en prends pas de façon...
plus spécifiquement, là, à l'intention de ma collègue de qualifier l'entrave,
je reviens sur l'idée que l'entrave veut dire tout et son contraire selon la
personne qui se prononce là-dessus et selon le contexte. On dit même que, selon
le ressenti de la personne, ça pourrait être différent. Bien, alors, à ce
moment-là, je pense qu'on embrasse beaucoup trop large et on étreint bien mal,
alors que je pense que ce qui est reconnu par tout le monde comme l'objectif
fondamental, c'est, oui, de doter... de s'assurer de favoriser un climat de
travail... ou un climat ou une... un contexte qui favorise l'exercice des
fonctions électives qui est à l'abri des menaces, du harcèlement ou de
l'intimidation ou des agressions, mais des notions qui sont bel et bien
reconnues, qu'il est facile d'observer, d'identifier et de décrire. Et c'est le
sens de <l'amendement...
M. Arseneau :
...bien
reconnues, qu'il est facile d'observer, d'identifier et de décrire. Et c'est le
sens de >l'amendement que je présenterai tout à l'heure.
Le Président (M. Schneeberger) :
Merci. Alors, j'imagine que, compte tenu de l'heure, nous allons suspendre
jusqu'à 15 heures.
(Suspension de la séance à 13 h 00)
15 h (version révisée)
(Reprise à 15 h 06)
Le Président (M. Schneeberger) : Alors,
bon après-midi à tous. La Commission de l'aménagement du territoire reprend ses
travaux. Je rappelle que nous poursuivons l'étude détaillée du projet de loi n° 57, Loi édictant... Loi édictant... pardon, visant à
protéger les élus et à favoriser l'exercice sans entraves de leurs fonctions et
modifiant diverses dispositions législatives concernant le domaine municipal.
Alors, avant la suspension, nous étions
toujours au sous-amendement présenté par la députée de Mont-Royal—Outremont.
Alors, est-ce qu'il y avait encore des... avant que je mette aux voix le sous-amendement?
Je vois qu'il n'y a rien. Alors, est-ce que le sous-amendement présenté à l'article 1...
M. Grandmont : ...
Le Président (M. Schneeberger) : Oui.
Oui, député de Taschereau.
M. Grandmont : Voulez-vous
juste nous rappeler où est-ce qu'on en est, là?
Le Président (M. Schneeberger) :
Comment, pardon?
M. Grandmont : Excusez-moi. Pouvez-vous
nous rappeler juste... nous rappeler juste où on en est? On est sur le sous-amendement,
entraves abusives?
Le Président (M. Schneeberger) : Oui,
je viens de le dire, je viens de le rappeler.
M. Grandmont : Parfait,
excellent.
Le Président (M. Schneeberger) : Le
sous-amendement présenté par la députée de Mont-Royal—Outremont.
M. Grandmont : Non, moi, ça
allait là-dessus, j'ai fait valoir mes points tout à l'heure. Il n'y a pas de
problème.
Le Président (M. Schneeberger) : Ça
va? Alors, à ce moment-là, est-ce que le sous-amendement présenté est adopté?
Mme Setlakwe : ...vote par
appel nominal, s'il vous plaît?
Le Président (M. Schneeberger) : Bien
entendu. Vote par appel nominal.
Le Secrétaire : Pour, contre,
abstention. Mme Setlakwe (Mont-Royal—Outremont)?
Mme Setlakwe : Pour.
Le Secrétaire : M. Ciccone
(Marquette)?
M. Ciccone :Pour.
Le Secrétaire : Mme Laforest
(Chicoutimi)?
Mme Laforest : Contre.
Le Secrétaire : M. Girard
(Lac-Saint-Jean)?
M. Girard (Lac-Saint-Jean) : Contre.
Le Secrétaire : M. Gagnon
(Jonquière)?
M. Gagnon : Contre.
Le Secrétaire : M. Rivest
(Côte-du-Sud)?
M. Rivest : Contre.
Le Secrétaire : Mme Dionne
(Rivière-du-Loup—Témiscouata)?
Mme Dionne : Contre.
Le Secrétaire : M. Grandmont
(Taschereau)?
M. Grandmont : Abstention.
Le Secrétaire : M.Schneeberger (Drummond—Bois-Francs)?
Le Président (M. Schneeberger) : Abstention.
Alors, l'amendement est rejeté. Alors,
nous poursuivons le débat sur l'article 1. Député des Îles-de-la-Madeleine
M. Arseneau : J'aimerais
déposer un amendement, si vous le permettez, M. le Président.
Le Président (M. Schneeberger) : Oui.
Vous l'avez déposé, on l'a reçu au greffe. Alors, je vous invite à en faire la
lecture.
M. Arseneau : J'avais au
départ envoyé un premier amendement, puis un deuxième, puis ensuite un
troisième qui inclut les deux premiers. J'aimerais qu'on regarde le troisième,
ce serait plus simple pour tout le monde, là, si vous le voulez bien.
Le Président (M. Schneeberger) : Pour
qu'on soit bien sûr, c'est l'amendement qui modifie l'article 1 et qui
modifie l'article 3?
M. Arseneau : Oui, tout à
fait.
Le Président (M. Schneeberger) : Parfait.
M. Arseneau : Tout à fait.
Alors... Oui, je pense que je vais essayer de vous le lire... Alors, ce que je
propose comme sous-amendement, c'est le suivant :
Modifier l'article en introduisant... OK,
l'article 1 modifie l'article... Non, c'est <ça...
M. Arseneau :
...
en introduisant... OK, l'article 1 modifie l'article... Non, c'est >ça :
Modifier l'article 1 introduit par
l'amendement proposé à l'article 1 du projet de loi, en retirant les mots
«sans entrave et» et remplacer les mots «sans restreindre le droit de toute
personne de participer au débat public» par «qui l'entrave»;
Modifier l'article 3 introduit par
l'amendement proposé à l'article 1 du projet de loi, en introduisant après
«de gestes» les mots «menaçants, harcelants ou intimidants».
Alors, ce que ça veut dire
essentiellement, c'est que... on l'a mentionné à plusieurs reprises, il y a
définitivement un os autour de la définition du terme «entraves». J'oserais
dire que la principale entrave à nos travaux à l'heure actuelle, c'est ce
terme. Et pour tenter de dénouer l'impasse et de proposer une voie de passage,
il me semblait opportun de proposer que l'on élimine le mot «entraves» pour
revenir au comportement qu'on cherche à sanctionner, qui me semble être celui
qui est... les termes qui sont déjà bien compris et admis par tous, donc les
comportements étant les comportements menaçants, harcelants ou intimidants.
• (15 h 10) •
Ce sont des termes qui font déjà l'objet
d'une compréhension des tribunaux, de la cour et du commun des mortels dont
nous sommes. Et à l'article 1, donc, si plutôt que parler d'entraves d'une
part, et d'autre part, de menaces, de harcèlement et de l'intimidation, la proposition,
le sous-amendement, vise essentiellement à parler des fonctions électives qui
sont mises à l'abri des menaces, du harcèlement et de l'intimidation, qui sont
des comportements qui entravent donc les fonctions électives. À ce moment-là,
ça devient parfaitement cohérent puisqu'on sait exactement quels sont les
comportements qui viennent entraver la fonction de l'élu.
Et de façon concomitante ou conséquente,
l'article 3 pourrait également être modifié de la même façon en parlant de
propos, parce qu'on dit qu'un élu municipal, du fait qu'il est un élu, fait
l'objet de propos ou de gestes sans définir quels sont ces propos ou ces
gestes. Alors, des gestes qui entravent, si l'on précise que ce sont des propos
ou des gestes menaçants, harcelants ou intimidants, on comprend que c'est... Il
ne faut pas prouver, là, une entrave, mais bien une menace, une intimidation ou
un harcèlement, et qui empêche évidemment l'exercice des fonctions qui
constituent une atteinte illicite à son droit à la vie privée et ainsi de
suite, sur laquelle la cour va pouvoir se prononcer par injonction. Lorsqu'un
juge sera saisi d'une demande d'injonction, une demande urgente, bien, il devra
se pencher sur des propos ou des gestes qui sont de l'ordre de la menace, de
l'intimidation ou du harcèlement. Et s'il constate que c'est le cas, bien,
évidemment, il constate également que c'est une entrave au travail ou à
l'exercice des fonctions de l'élu et peut prononcer l'injonction.
Ces deux propositions là, essentiellement,
elles sont aussi conséquentes ou en parfaite coordination avec l'article 5
qui fait essentiellement la même chose. Si on le relit, «quiconque entrave
l'exercice des fonctions d'un élu municipal», et là, on dit comment et c'est
l'article peut-être le plus précis, le plus clair du projet de loi, dans le
projet de loi, c'est qu'on dit : «en le menaçant, en l'intimidant ou en le
harcelant de façon à lui faire craindre raisonnablement pour son intégrité ou
sa sécurité.» C'est à ce moment-là qu'il devient passible d'une amende de
500 $ ou d'au plus 1 500 $. Donc, ici, on est clairs, on définit
l'entrave en parlant de la menace, de l'intimidation ou du harcèlement qui fait
craindre, évidemment, pour l'intégrité ou la sécurité.
Donc, il me semble qu'en toute cohérence,
si on ramène cette façon de rédiger l'article 5 à l'article 3 et à
l'article 1, bien, on peut définir ce qu'on entend par entraver la
fonction ou l'exercice de la fonction de l'élu. On s'éloigne de cette espèce de
trou noir où on a le terme «entraves» qui peut dire tout et son contraire selon
la personne à qui on s'adresse et on fait notre travail aussi de législateur en
manifestant de façon claire, nette, <précise...
M. Arseneau :
...et
on fait notre travail aussi de législateur en manifestant de façon claire,
nette, >précise notre intention. Et nous ne laissons pas aux juges le
soin de définir le mot «entraves», nous définissons que le geste d'entraver, en
fait, doit être associé nécessairement à la menace, l'intimidation ou le
harcèlement.
Et il me semble que la plupart des fois où
on a demandé des explications en commission parlementaire, lorsqu'on était en
consultations particulières, ou lorsqu'on a questionné la ministre sur ce qu'on
cherchait à empêcher, ce qu'on voulait régler comme problématique, et les cas
sur lesquels on voulait se pencher, on vient toujours par ramener la question
de la menace, de l'intimidation ou du harcèlement. Et puis accessoirement, bien
évidemment, si on parle d'agression, c'est encore pire. Mais là, on ne parle
pas de ça dans le projet de loi actuel.
Alors, il me semble qu'avec une... une
approche comme celle-là, on n'a pas besoin de se substituer au juge, parce
qu'on a entendu tout à l'heure la ministre nous dire qu'elle ne pouvait pas
aller plus loin en disant : Bien, moi, ce n'est pas... Je ne suis pas le
juge qui se prononcera. Là, nous indiquons clairement au juge que la menace,
l'intimidation et le harcèlement, c'est inacceptable face à des élus municipaux
et que c'est... ce sont des comportements répréhensibles, des comportements que
nous devons sanctionner parce qu'ils entravent ces comportements-là, et ils
sont bien ciblés, la capacité des élus à exercer leur fonction en toute... en
toute sécurité. Et il en va aussi, là, pour leur famille, lorsqu'il est
question, là, du droit à la vie privée, là, pour l'article... c'est quoi,
l'article 3, où on parle du droit à la vie privée? Donc, ça... par
extension, c'est donc la famille également qui est touchée.
Je réitère qu'à défaut d'y aller avec une
approche comme celle-là, on a une espèce de boîte noire qu'on met en place, et
à partir de ce moment-là, on laisse le soin aux tribunaux de définir ce qu'est
une entrave. Et il me semble qu'on est dans ce que je qualifierais de droit
nouveau, c'est-à-dire un élément qui n'est pas actuellement... qui ne fait pas
partie du corpus législatif ou qui est... qui n'est pas associé à une
définition claire. On a de la difficulté à la définir nous-mêmes, alors de
laisser au juge le soin de le faire, ça ne me semble pas très responsable de la
part du législateur.
Et on évite justement d'avoir à se
justifier de mettre en place quelque chose qui pourrait aller trop loin, en
indiquant par exemple que ça ne doit pas aller à l'encontre de la capacité des
gens de participer au débat public, ou encore est-ce que ça va restreindre leur
capacité, leur droit de s'exprimer. Là, quand on sait que la Charte des droits
et libertés nous permet de le faire, parce que ce droit-là, il est reconnu, le
droit à la liberté d'expression ou le droit d'association pacifique également,
ou de... comment on appelait ça? De réunion pacifique. Tout ça devient
superfétatoire, ce n'est plus nécessaire de le préciser, parce que, là, on se
concentre sur des choses dont on sait d'emblée que ce n'est pas admissible dans
une société civilisée comme la nôtre, une société de droit, parce que la
menace, elle est inacceptable, que ce soit sur le plan criminel ou sur le plan
pénal. Je comprends qu'on peut dire : Bien là, on s'inspire du Code
criminel. Bien sûr, on s'inspire de quelque chose qui existe puis qui est
compris de tous, mais ce qu'on est en train de faire, c'est on s'éloigne du
Code criminel pour arriver avec des sanctions pénales. Mais, si on transporte
les concepts, on est capable de mieux les expliquer, de mieux les comprendre et
de mieux les faire appliquer.
Donc, il ne s'agit pas ici, là, d'usurper
des éléments du Code criminel. Je voudrais tout de suite le mentionner que ce
n'est pas du tout ça, l'objectif, c'est que... plutôt qu'arriver avec un
nouveau délit qu'on ne peut pas définir, c'est-à dire on n'a pas été encore
capable, depuis le début des travaux dans cette commission-ci, de définir de
façon claire et consensuelle ce qu'on voulait dire par un comportement qui
constitue une entrave. On va même jusqu'à faire des amendements au projet de
loi pour dire : Voici ce que ce n'est pas. Mais, si on n'est pas capable
de dire ce que c'est, on a un problème. Et on a un problème, et c'est la raison
pour laquelle on a plus de 300, 350 organismes qui disent : On met la
liberté d'expression et d'association et la capacité pour nous de nous exprimer
face au pouvoir municipal... parce qu'on ne sait pas ce que vous allez
interdire, on ne sait pas quel est le <comportement...
M. Arseneau :
...parce
qu'on ne sait pas ce que vous allez interdire, on ne sait pas quel est le >comportement
que vous voulez sanctionner, on ne sait pas ce qu'on peut potentiellement faire
de répréhensible. On sait ce qui ne l'est pas, mais il y a bien des choses qui
pourront être définies plus tard dans la jurisprudence.
Puis je pense que ce n'est pas sage pour
les élus de laisser les juges gouverner à notre place lorsqu'il est question de
prendre une décision en ce qui concerne l'assurance, la valorisation...
l'assurance qu'on doit donner aux élus et la valorisation de leur travail dans
un cadre qui est exempt de menaces, de harcèlement et d'intimidation.
• (15 h 20) •
Alors, c'est le plaidoyer que je voulais
faire, d'entrée de jeu, sur les amendements. Puis, cela dit, je suis ouvert à
tous les amendements de ce sous-amendement-là, mais je pense qu'à défaut
d'avoir une certaine ouverture là-dessus, on revient sur la question de la
définition de l'entrave. Parce que l'utiliser comme verbe, on sait ce que ça
veut dire, il y a un comportement qui entrave, un comportement qui fait
obstacle à quelque chose, c'est clair. Mais le juge, le jour où il devra se
pencher là-dessus, il va évaluer le comportement qui entrave. Mais, encore une
fois, si on dit simplement qu'il s'agit du terme, de l'entrave, et qu'on
n'arrive pas à le définir, bien, on ne sait pas ce sur quoi on veut que le juge
se prononce. Et, pour moi, encore une fois, je me répète, je pense que ce n'est
pas faire notre travail de façon rigoureuse, de l'ouvrir de façon aussi large,
avec les risques que ça... que ça comporte pour l'exercice de la liberté
d'expression de l'ensemble de la société civile à travers l'ensemble du Québec.
Merci, M. le Président.
Le Président (M. Schneeberger) : Merci.
Alors, est-ce qu'il y a des commentaires suite à la présentation du
sous-amendement?
Mme Laforest : Mon
commentaire est celui-ci, parce que je remercie quand même le député des Îles,
j'ai reçu l'amendement hier pour validation, donc c'est certain, comme je le
mentionne, là, avant de refuser un amendement, il y a des... il y a des équipes
qui se penchent sur le nouvel amendement. Puis c'est sûr qu'il y a eu... il y a
eu analyse de l'amendement. Puis c'est assez complexe. Parce que, quand vous
dites ici : «La présente loi vise à valoriser le rôle des élus, à
encourager la candidature aux élections et à contribuer à la rétention des élus
en favorisant l'exercice des fonctions électives au sein des institutions municipales
québécoises, à l'abri des menaces, du harcèlement et de l'intimidation qui l'entravent»,
«qui l'entravent», ça pourrait être des fonctions électives. Les fonctions
électives, est-ce que c'est un travail? Comment... Comment sont vues les
fonctions électives? Tout de suite là, il y a comme ambiguïté. Donc, ce n'est pas...
on arriverait encore à une notion qui n'est vraiment pas claire ici. Puis
ensuite, «au sein des institutions municipales québécoises qui l'entravent»,
alors c'est comme si la phrase «qui l'entravent» va chercher certaines notions,
fonctions électives, institutions municipales québécoises ou encore rétention
des élus, mais en même temps, «qui l'entravent», ça finit comme ça. C'est
comme... c'est... ce n'est pas assez clair, là, ce qu'on me dit.
Puis aussi, quand on arrive aussi... Vous
avez raison, par exemple, de dire que l'article 3 est attaché également
avec l'article 5. Parce que ce qu'on dit depuis le début, au paragraphe
un, qu'il manque des notions comme abusif, puis aussi quand on parle des
notions pénales, mais c'est... c'est normal qu'au pénal on soit plus clairs,
évidemment, vous le savez, parce que les conséquences sont rendues par un
agent. Donc, c'est sûr qu'au pénal c'est beaucoup plus clair. Donc, avec
l'article cinq, on... encore une fois, on l'éclaircit. Puis voilà. Mais il y a
eu quand même analyse, étude et possibilité, puis ce n'est pas possible d'aller
de l'avant avec votre amendement.
Le Président (M. Schneeberger) : Député
des Îles-de-la-Madeleine.
M. Arseneau : Oui. Bien,
juste en toute... Bien, je suis content de... qu'on puisse en discuter. Puis,
en tout respect, les... lorsqu'il est question de bien comprendre le
sous-amendement, moi, j'ai voulu respecter de façon très, très précise ce qui
était déjà proposé dans l'amendement de la ministre. Et, la façon dont je
comprends l'amendement de départ, c'est que l'on veut favoriser, là... si on se
rend jusqu'à «favorisant», ce qu'on veut favoriser, c'est l'exercice des
fonctions électives au sein des institutions municipales québécoises. Donc, ça
me semble très clair, ce que... la raison pour laquelle, là, la présente loi
existe, on veut valoriser... c'est favoriser l'exercice des fonctions électives
au sein des institutions québécoises. On veut le favoriser, dans le projet
initial d'amendement... on veut favoriser cet exercice des fonctions électives
sans entraves et à l'abri des menaces, du harcèlement, de l'intimidation. OK, c'est
ce qu'on veut <faire...
M. Arseneau :
...
sans entraves et à l'abri des menaces, du harcèlement, de l'intimidation, OK, c'est
ce qu'on veut >faire.
Étant donné — moi, c'est ma
prétention — que l'entrave est difficile à définir — à
l'évidence, depuis qu'on en parle — si on élimine tout simplement cet
aspect, «sans entraves», on ne change pas du tout le sens de ce que propose la
ministre. On veut favoriser l'exercice des fonctions électives au sein des
institutions municipales, à l'abri des menaces, du harcèlement et de
l'intimidation, c'est ce que la ministre propose. Et ce qu'on ajoute par la
suite, c'est le fait que les menaces, le harcèlement et l'intimidation peuvent
entraver l'exercice des fonctions, en fait, entravent l'exercice.
Puis la raison pour laquelle la
proposition que j'ai faite en sous-amendement n'est pas «peut entraver», c'est
qu'on ne peut pas mettre de conditionnel au fait qu'une menace, un harcèlement
ou de l'intimidation a un effet réel. On aurait pu écrire... la phrase serait
plus jolie, mais moins précise, si on disait «favorisant l'exercice des
fonctions électives au sein des institutions municipales québécoises, à l'abri
des menaces et du harcèlement et de l'intimidation qui peuvent l'entraver, cet
exercice-là». Mais c'est plus qu'une possibilité, c'est un effet réel que l'on
constate et sur lequel on veut se pencher.
Alors, encore une fois, je ne vois pas en
quoi, sur le plan du libellé, cette proposition-là vous apparaît difficile à
comprendre, parce que c'est essentiellement la formulation initiale qui veut
favoriser l'exercice des fonctions électives au sein des institutions
municipales québécoises et de les mettre à l'abri des menaces, du harcèlement
et de l'intimidation qui l'entravent, le «l'» étant «qui entravent l'exercice
des fonctions électives». Bon, je ne suis pas un rédacteur de loi, là, mais on
a quand même travaillé là-dessus pour s'assurer que, sur le plan de la maîtrise
de la langue française, cette structure-là se tient et elle se comprend très
bien.
Maintenant, la question est de savoir si
on veut considérer qu'une entrave, c'est quelque chose de différent qu'une
menace, que du harcèlement ou de l'intimidation. Alors, moi, si c'est là-dessus
qu'on insiste dans l'étude du projet de loi, bien je reviens à mon argument de
départ. Je sais très bien ce qu'est une menace, je sais la comprendre, je sais
la déceler, je vais la dénoncer. Je sais que le juge pourra le reconnaître
comme moi. Il en va de même pour le harcèlement, on en avait déjà parlé. Il en
va de même pour l'intimidation qui peut affecter l'exercice des fonctions
électives d'un élu municipal. Et je l'ai déjà été, j'ai déjà subi des menaces,
j'ai déjà subi du harcèlement et de l'intimidation. Subi des entraves, j'en
subis aujourd'hui, hier, à l'époque où j'étais élu. Dans tous les postes
électifs où j'ai déjà servi, j'ai été dans un environnement où on a constamment
eu des gens qui tentaient de contester nos décisions, qui nous mettaient des
obstacles sur la route, qui voulaient nous empêcher d'aller de l'avant avec un
certain projet de règlement ou avec des motions ou avec... Les contraintes sont
multiples, c'est le propre de la démocratie.
Alors, si on n'arrive pas à définir, de
façon claire, ce qu'est une entrave de la même façon, de façon éclatante, que
ce qui est une menace, du harcèlement, de l'intimidation, si on me dit que le
concept est vraiment autre chose, bien qu'on nous le définisse, parce qu'à
chaque fois qu'on a posé la question, on est revenu à la menace, on est revenu
à l'intimidation, on est revenu au harcèlement. Alors, si c'est de ça qu'on parle,
puis ça me semble être l'élément fondamental à clarifier ici, en commission. Si
l'on parle d'un autre concept, donc que l'entrave n'est pas une menace, n'est
pas de l'intimidation, puis n'est pas assimilable à du harcèlement, bien de
quoi parle-t-on? Moi, je pense que l'on parle de la même chose. En fait, je
comprenais qu'on parle de la même chose.
J'ai entendu les élus municipaux nous
parler de menaces, d'intimidation et de harcèlement qui entravent leur travail,
qui les affectent, qui les bousculent, qui les bouleversent, qui les rend
anxieux, qui a un effet sur leur famille également et sur leur capacité à
continuer parfois leur mandat et pour certains... dans certains cas, ils vont
jusqu'à démissionner parce qu'ils sont dans une situation comme celle-là. Mais,
à chaque fois, je n'ai pas vu d'autre concept que la menace, l'intimidation, le
harcèlement, et si ça a été jusqu'à l'agression, bien là, évidemment, c'est
encore <pire...
M. Arseneau :
...le
harcèlement, et si ça a été jusqu'à l'agression, bien là, évidemment, c'est
encore >pire, mais c'est aussi un concept qui est bien connu. Alors moi,
je vous demande respectueusement de nous dire ce qu'est une entrave, à défaut
de quoi ne pas l'utiliser comme un terme qui serait une boîte à surprises pour
nous tous, pour les élus puis pour les tribunaux.
Le Président (M. Schneeberger) :
Merci. Alors, est-ce qu'il y a d'autres personnes qui souhaitent
intervenir? Oui, députée de Mont-Royal—Outremont.
Mme Setlakwe : ...répondre...
Non? Moi, j'avais des questions. Je trouve ça intéressant, là, l'amendement qui
est soumis. Ma première question ou ma première observation, ce serait que, là,
on a, au-delà de toute l'explication sur le fait que, là, maintenant, l'entrave
est une conséquence, qui est forcément une conséquence de menace, harcèlement
ou intimidation. Première observation, c'est que, là, on a... on a retiré la
question d'assurer... de ne pas restreindre le droit de toute personne de
participer au débat public dans l'amendement, c'était l'objectif?
• (15 h 30) •
M. Arseneau : Non. Bien,
en fait, la remarque m'a été faite par d'autres collègues, là. En fait, ce
que... Je n'ai rien contre le fait qu'on mette la ceinture, les bretelles puis
un peu aussi de «duct tape», là, pour tenir nos pantalons. Mais dans ce cas-là,
il me semble que si la ministre a rajouté la notion de ne pas restreindre le
droit de toute personne de participer au débat public, c'est parce qu'on
présente un concept qui n'est pas défini et dont les gens pensent que ça
pourrait atteindre leur droit de participer à des débats publics, ou à
s'exprimer librement, ou encore à se rassembler de façon pacifique. On l'a mis
en conséquence, cet élément-là, du fait qu'entrave n'est pas défini. Mais à
partir du moment où on a des concepts très bien définis, comme sont ceux de la
menace, du harcèlement et de l'intimidation, bien là, je pense qu'on ne peut
plus opposer l'intimidation, la menace et l'intimidation à l'idée de
restreindre le droit de toute personne de participer au débat public.
C'est comme si on disait : Il peut y
avoir des... Si on le conservait, ma compréhension des choses, c'était comme :
Tu peux faire des menaces, là, mais c'est-à-dire on va s'assurer que tu puisses
participer au débat public, même s'il y a une certaine menace mais qu'elle
n'est pas trop grave, ou que l'intimidation n'est pas trop grave, ou que le
harcèlement ne l'est pas suffisamment. Alors c'est... c'est là où on se met
dans un contexte où il y a une injonction, là, où il y a une demande
d'injonction, parce que c'est ce qui vient plus tard, il ne semblait plus
nécessaire, mais vous pouvez en juger autrement, de se donner cette
protection-là, parce que l'objectif n'est jamais... Avec le projet de
sous-amendement que je vous soumets humblement, là, l'objectif n'est jamais de
restreindre le droit de toute personne à participer, il est de sanctionner la
menace, l'intimidation et le harcèlement. Puis c'est clair, c'est clair que ce
sont les comportements qu'on veut sanctionner. Puis évidemment, ce n'est pas en
sanctionnant ça qu'on va affecter de quelque façon que ce soit la capacité des
gens à participer à un débat public. Menacer, ce n'est pas participer à un
débat public, intimider non plus, puis harceler encore moins.
Mme Setlakwe : OK. Je
comprends. Je comprends. Donc, l'idée... Je voulais quand même, merci, avoir
l'explication parce que... Mais là, on... Je veux juste revenir en arrière. Je
comprends que ce qui est proposé par le député des Îles, c'est donc, dans tous
les cas, de faire en sorte que l'entrave est causée par des menaces,
harcèlements ou intimidations, mais je veux juste faire remarquer que, dans sa
version initiale, la disposition sur le recours à l'injonction, puis là je vais
m'adresser, évidemment, à la partie gouvernementale pour venir nous expliquer, mais
moi, j'avais compris que l'intention, c'était d'offrir ou de créer un nouveau
régime additionnel.
Il y a déjà un régime qui permet d'avoir
recours à une injonction en vertu du droit civil, là, du Code de procédure
civile, et on nous explique que, là, on voulait en créer un spécifique aux élus
et de leur permettre, donc, de faire cesser des comportements, certains
comportements, qui respectent, qui... certains critères sont rencontrés, mais
de façon urgente pour leur permettre de mettre fin à une situation qui cause un
préjudice, soit à eux-mêmes ou à leur famille. Et j'avais compris du libellé
que là on serait en train de changer, là, avec la proposition. Mais si c'est...
Si c'est l'intention du gouvernement, bien, qu'on nous le dise, mais est-ce que
ma compréhension est bonne? On voulait créer une injonction, un recours à
l'injonction similaire à celui qui existe déjà en vertu du droit commun, en
vertu du Code de procédure civile que je n'ai pas sous les yeux et je n'ai
jamais été avocate en litige, donc je m'en remets...
15 h 30 (version révisée)
Mme Setlakwe : ...que je n'ai
pas sous les yeux, et je n'ai jamais été avocate en litige, donc je m'en remets
à vous, mais on ne nommait pas spécifiquement les mots «intimidation», «menace»
ou «harcèlement». Est-ce que c'était... c'était souhaité, c'était intentionnel?
Mme Laforest : ...vous avez
tout compris. En fait, c'est le but.
Mme Setlakwe : OK. Donc là...
Bien, c'est parce que, si c'est ce qu'on souhaite avec l'amendement, mais il
faut comprendre la portée de l'amendement, parce qu'en changeant 1, bien, on
change aussi 3, qui est le nouveau... ce nouveau recours à l'injonction. On
change les critères. On rend ça plus difficile à obtenir. Est-ce... est-ce le
cas, Mme la ministre ou M. le légiste?
Mme Laforest : Plus difficile
à obtenir?
Mme Setlakwe : Bien, bien là
on resserre les critères. On fait en sorte que les critères sont... bien, sont
moins... sont plus restrictifs, sont plus stricts. Donc, le fardeau de preuve,
il est plus... bien, pas le fardeau, mais la preuve qui doit être faite serait
plus... serait plus imposante.
Mme Laforest : Bien, en fait,
qu'est-ce qu'on fait, c'est... vous avez totalement raison, on vient baliser...
on vient guider le travail de la Cour supérieure en balisant, en nommant,
justement, les possibilités avec l'injonction. Vous avez tout à fait compris.
Mme Setlakwe : Mais, selon l'amendement
qui est proposé, est-ce qu'on fait en sorte qu'on vient...
Mme Laforest : Selon l'amendement
du député des Îles?
Mme Setlakwe : Oui, parce qu'il
faut bien en comprendre la portée, là. Est-ce qu'on serait en train de
confirmer... Donc, vous m'avez confirmé que l'intention, c'était de créer un
régime spécifique pour les élus parce qu'on avait compris d'une explication
aussi qui nous avait été fournie que les élus municipaux ne se trouvent pas
suffisamment protégés. Si on n'est pas dans une situation de harcèlement
criminel, menace de mort, où c'est le... c'est le Code criminel qui s'applique,
on est dans une situation où ils sont incapables de faire cesser certains
comportements, et ça mène à des démissions. Et donc on dit... on envoie... on
crée un nouveau régime avec... qui va... qui va donner lieu à une nouvelle
jurisprudence... comme on dit aux juges : Nous souhaitons protéger les
élus municipaux. Parce que j'avais compris que, peut-être, les juges ou le...
étaient peut-être réticents, étant donné qu'on a affaire à une fonction
élective, de venir octroyer des injonctions. Premier constat, OK. Mais là ma
question, c'est : Si on changeait le libellé de l'article 3 dans le
sens de l'amendement qui est proposé, comment est-ce que... Donc, je vais poser
une question ouverte. Comment est-ce que l'amendement... et quelle est la
portée de l'amendement sur le recours à l'injonction qu'on souhaite offrir aux
élus municipaux? Je vais le poser comme ça.
Mme Laforest : La question est
à maître... Allez-y.
Mme Setlakwe : Oui, parce qu'il
faut comprendre la portée de l'amendement.
Le Président (M. Schneeberger) : Oui.
Alors, Me Dumont.
M. Dumont (Luc) : Merci.
Comme vous l'avez souligné, effectivement, il y a les recours, on va les
appeler les recours actuels normaux, qui sont à la disposition des élus puis
des municipalités. Ce que la loi fait, c'est qu'elle envoie un signal... On parle
en matière d'injonction. On envoie un signal à la Cour supérieure parce que c'est
le seul tribunal qui est compétent pour rendre toute ordonnance de la nature de
l'injonction et, dans le fond, pour signaler les intentions du législateur
quant au fait qu'il y a des limites pour lesquelles on souhaite que les
tribunaux rendent des ordonnances afin de limiter ce qui est... ce qui est...
sans dire inacceptable, ce qui peut être raisonnablement limité dans le cadre d'un
débat libre et démocratique.
Mme Setlakwe : Quel est l'impact
de l'amendement proposé à cet égard-là, ça, par rapport à la version initiale
que le gouvernement soumet et même par rapport à ce qui existe en droit commun
en vertu du Code de procédure civile?
M. Dumont (Luc) : Dans le
Code de procédure civile, il n'y a aucun qualificatif, il y a... par rapport à
la possibilité d'avoir... par rapport à avoir une injonction. Quiconque qui
veut faire arrêter ou... qui voudrait faire arrêter un geste par un individu
doit se présenter à la Cour supérieure et démontrer... démontrer les
éléments... les éléments qui sont nécessaires pour l'obtenir, mais il n'y a
rien qui est plus... il n'y a rien de précisé par rapport à ça. Pour ce qui est
du recours qu'on a actuellement...
Mme Setlakwe : ...donc il n'y
a rien qui est précisé dans le libellé?
M. Dumont (Luc) : Dans le
Code de procédure civile.
Mme Setlakwe : OK, parfait.
M. Dumont (Luc) : Dans le
Code de procédure civile, il n'y a rien. C'est les règles...
Mme Setlakwe : Mais les juges
ont des critères à respecter, quand même, qui sont connus, oui.
M. Dumont (Luc) : Ont des
critères... ont des critères à respecter, sérieux et serrés, puis, je veux
dire, ce n'est pas... L'ordonnance d'injonction n'est vraiment pas un recours
nouveau, là. Les critères jurisprudentiels sont très, très, très bien établis.
Ici, ce qu'on... ce qu'on a constaté dans divers... dans divers jugements qui
ont été rendus, c'est que les tribunaux sont sympathiques aux cas qui leur sont
soumis par les élus, mais, comme dans la... comme dans le cas de
Saint-Constant, la municipalité de Saint-Constant, le tribunal, à l'époque, a
dit qu'il y avait... qu'il avait certaines hésitations parfois à aller limiter
la <liberté d'expression...
M. Dumont (Luc) :
...qu'il
avait certaines hésitations parfois à aller limiter la >liberté
d'expression d'un citoyen.
Par contre, dans le cas de Saint-Constant,
finalement, le juge s'était résolu à rendre une ordonnance puisque, bien, en
fait, là, les comportements qui étaient ciblés à l'époque étaient...
outrepassaient largement ce qui peut être toléré. Là, on parlait de violence
puis d'atteinte à l'intégrité physique complète, là, à cette époque-là. Mais le
but de cette disposition-là, c'est de répondre à ces hésitations-là des
tribunaux puis de leur... d'envoyer le message du législateur comme quoi il est
souhaité, dans le fond, au nom du... au nom du... au bénéfice de la fonction
élective puis de la pérennité des institutions démocratiques, de rendre des
ordonnances dans les mêmes critères qui existent encore lorsque le juge
constatera qu'en soupesant les droits d'un et chacun c'est justifié d'apporter
ces limites-là.
• (15 h 40) •
Mme Setlakwe : Très bien. Et
donc l'amendement proposé viendrait rendre... ferait en sorte qu'il serait plus
difficile pour un élu municipal d'obtenir une injonction par cette voie-là,
pourrait...
M. Dumont (Luc) : Ça pourrait
potentiellement dans certains cas qui, je pense que plusieurs personnes l'ont
répété, peuvent être indéfinis, là, toutes les situations qu'on pourrait
imaginer, mais dans certains cas... je ne suis pas juge non plus, dans certains
cas, ça pourrait venir limiter la discrétion des tribunaux supérieurs... de la
Cour supérieure, laquelle on ne vient pas toucher, là, dans ce projet de loi
là. Ça fait que c'est les mêmes... On est encore dans le même... dans les mêmes
paramètres du recours en injonction normal. C'est les mêmes critères, c'est les
règles de la Cour supérieure, puis ça, on ne touche pas à ça. On ne pourrait
même pas le faire de toute façon.
Mme Setlakwe : OK. Et donc
les critères, moi, si je ne me trompe pas, ce serait, donc, apparence de droit,
préjudice sérieux et irréparable, tiendre en compte... prendre en compte la
balance des inconvénients. Évidemment, on parle ici d'un préjudice qui ne peut
pas être compensé par des dommages et intérêts ou qui peut difficilement
l'être. Et puis la notion d'urgence, bien là elle est traitée dans le projet de
loi. On dit que ça doit être instruit d'urgence. Est-ce que c'est comme ça
qu'il faut le comprendre?
M. Dumont (Luc) : Bien, je
vais préciser, c'est qu'il y a un double concept par rapport à l'urgence.
L'urgence, dans le projet de loi, c'est au niveau de la priorisation du dossier,
c'est qu'on priorise au rôle la demande... la demande d'un élu. Par contre,
obtenir une injonction interlocutoire urgente répond à ces autres critères
complètement autonomes. Ça se pourrait très bien que l'élu se présente en
urgence et que le juge dise : Bien, parfait, je vous entends maintenant,
demande une injonction interlocutoire urgente, dise : Bien là, vous ne
remplissez pas le fardeau pour ça, arrivez-moi... parce que... arrivez-moi avec
un dossier complet, parce que, lorsqu'on demande une injonction interlocutoire
urgente, c'est par affidavit. Il n'y a pas eu de témoignage de la personne qui
aurait été visée par ça.
Donc, il y a... dans le fond, il y a une
très grande déférence de la part des tribunaux là-dessus. Par contre, ils vont
dire : Revenez-moi quelques semaines plus tard avec un dossier complet, et
là je vous rendrai... et là je vous rendrai, si je juge... comme vous l'avez
dit, si les éléments constitutifs sont présents, c'est-à-dire apparence de
droit... on peut les répéter encore, mais vous les avez très bien énumérés, là,
auquel cas je vais vous rendre votre injonction interlocutoire le temps que je
rende ma décision sur la demande d'injonction permanente.
Mme Setlakwe : Merci. C'est
très clair. Je pense que, dans le... dans l'amendement qui est proposé, mais c'est
encore... C'est une question, là. Le fait de relier «menace», «harcèlement» et
«intimidation» à l'entrave, c'est vrai, mais en lien avec l'article 5.
C'est une question que je pose, là.
Une voix : ...
Mme Setlakwe : Oui, puis, dans
le cas de l'article 3, pour l'injonction, on a un libellé plus général. Il
faut... il faut démontrer qu'il y a des gestes ou des propos qui viennent
entraver de manière abusive le travail d'un élu.
Mme Laforest : Exactement.
Mme Setlakwe : Exactement. OK.
Ma question suivante... C'est parce que, je pense, c'est important qu'on
clarifie exactement ce qu'on est... ce qu'on veut viser, là, donc, puis
l'amendement de notre collègue est pertinent dans ce sens-là, mais je pense que
ça viendrait compliquer l'obtention d'une injonction, mais ma prochaine
question, c'est... Aujourd'hui, avec les outils qui sont disponibles pour un
élu municipal, bien, il y a soit... c'est le Code criminel et... mais est-ce
que... Comment se comporteraient les agents de la paix, là, les corps
policiers, etc., face à une situation qui ne constitue pas, bon, un
harcèlement... du harcèlement criminel, mais une forme d'incivilité, parce que,
je pense, c'est ça qu'on veut... on veut stopper, là... une forme d'incivilité,
un comportement envers l'élu ou envers l'institution démocratique, que ce soit
de façon isolée ou à quelques répétitions?
Moi... en tout cas, moi, ma compréhension,
c'est qu'aujourd'hui les élus qui font face à ces incivilités qui ne
constituent pas un comportement... qui constituent un acte criminel, parce que
ce n'est pas ça ici qu'on veut faire, ils sont... ils ont... ils se font
répondre : Ah! on ne peut pas <rien faire, c'est simplement de
l'incivilité...
Mme Setlakwe :
...ils
se font répondre : Ah! on ne peut pas >rien faire, c'est simplement
de l'incivilité. Et là, justement, ce que le projet de loi vise à faire, c'est
de leur donner un outil pour venir... pas faire en sorte que le comportement,
cette incivilité-là, constituerait un acte criminel, mais venir faire en sorte
qu'on puisse... Bien, ça fait... ça va constituer une... bien, un geste pénal,
là, ça va pouvoir... il va pouvoir y avoir un régime pénal qui s'applique à ce
genre de comportement là dans la mesure où c'est abusif. Donc, ça peut survenir
plusieurs fois.
Je vais donner un exemple, un élu. Il y a
un maire, moi, qui m'a raconté qu'il se faisait... je ne dirais pas que c'était...
il ne se faisait pas suivre, là, ce n'était pas un acte criminel, mais il se
faisait régulièrement intercepter par le même citoyen dans la rue, dans la
municipalité, alors que le maire était en train d'avoir des conversations avec
des citoyens, dans l'objectif... Il n'y avait pas de... il n'y avait pas de
menace, il n'y avait pas d'intimidation, mais c'était un geste répétitif qui
visait à venir l'entraver dans ses fonctions, à venir stopper un peu ce qu'il
faisait, à venir mettre... mettre fin à une conversation, mais dans l'objectif
de le faire changer d'idée.
Donc, c'est un peu ce que... ce qui était
visé dans le rapport qui avait été soumis par Dre Lalancette, ça peut avoir
pour effet... puis, je pense, c'est ça, l'entrave, de peut-être avoir pour
effet de faire en sorte que l'élu va choisir de peut-être reculer, ou se taire,
ou ne pas aller de l'avant avec un projet. Est-ce que c'est ce genre de
comportement là qu'on tente de stopper avec le régime d'injonction?
Mme Laforest : Bien, ce qu'on
vient faire, présentement, là, ce qui est important de mentionner dans notre
article puis dans... même dans le projet de loi de protection des élus, c'est
qu'on vient... on vient guider l'évaluation, l'analyse du tribunal,
présentement, parce que, présentement, comme vous le dites, il n'y a pas de
notion d'urgence. Ça, c'est sûr qu'on amène aussi cette notion-là. Puis, comme
vous l'avez dit tantôt, la Cour supérieure... supérieure dispose déjà de cette
prérogative-là d'ordonner une restriction à une personne... par exemple, une
personne, un citoyen ou peu importe, là, qui demande une injonction, sauf
qu'avec les mesures qu'on ajoute on vient vraiment guider et baliser le travail
du tribunal par rapport au travail d'un élu municipal.
Donc, c'est sûr que, dans le contexte qui
est actuel, ordonner les restrictions quand un citoyen dépasse les bornes,
bien, c'est sûr que c'est inacceptable, sauf que le tribunal, aujourd'hui, on
vient lui... on vient lui donner des outils pour guider ces infractions-là parce
que, présentement, il n'y a pas de notion d'urgence puis il n'y a pas... il n'y
a pas de balise claire pour que le tribunal puisse agir directement avec un
citoyen qui abuse, ou qui menace, ou qui harcèle un élu. Donc, ce qu'on vient
faire en plus, c'est qu'on vient prévoir que l'injonction est jugée urgente
dans des cas comme ça. Donc, oui, vous avez raison, ce qu'on fait, c'est
vraiment... on vient baliser, ou guider, ou encadrer le travail du tribunal, de
la cour, pour agir plus rapidement avec une menace comme ça d'un citoyen.
Mme Setlakwe : Merci. Ça
répond à mes questions sur... bien, sur l'amendement puis aussi les
clarifications au niveau de l'article 3, sur l'injonction.
Le Président (M. Schneeberger) : Parfait.
Député des Îles-de-la-Madeleine.
M. Arseneau : Moi, j'aurais
juste besoin d'une... peut-être une précision. Je ne sais pas si Me Dumont peut
intervenir là-dessus, là. On vient de parler de la notion d'urgence si on
cherche à obtenir une injonction. Je comprends très bien, là, que l'intention
de la ministre à travers le projet de loi, c'est de faire en sorte d'influencer
le tribunal qui, aujourd'hui, on l'a répété à plusieurs reprises, semble plus
frileux ou hésitant à accorder des injonctions interlocutoires. La notion d'urgence,
en quoi est-elle modifiée par l'introduction du sous-amendement que je vous
propose?
M. Dumont (Luc) : C'est
vraiment... c'est vraiment, en fait, là, au niveau administratif, procédural.
Vous savez, les tribunaux sont très occupés. Donc, en ajoutant cette
mention-là, c'est tout simplement... je vais vous imager ça, le dossier se
retrouve en haut de la pile.
M. Arseneau : Mais quelle
mention...
M. Dumont (Luc) : Donc, il
n'y a pas... Donc, il n'y a pas de... Il n'y a de... Dans le fond, au niveau de
la priorisation, il n'y a pas de preuve à faire sur l'urgence en tant que
telle. Par contre, une fois qu'on... une fois qu'on veut être entendu puis que
le recours est entamé, si on veut ce qu'on appelle une injonction
interlocutoire d'urgence, là, il y a tout un fardeau de preuve qu'il faut
remplir. Si la personne qui le demande n'est pas capable de le remplir, le juge
va dire : Bien, revenez-moi dans quelques semaines avec un dossier
complet, que je puisse entendre les deux parties, et là je rendrai ma décision.
C'est une décision interlocutoire normale, qui n'est pas urgente, le temps que
la décision soit <rendue sur le fond de l'injonction permanente...
M. Dumont (Luc) :
...le
temps que la décision soit >rendue sur le fond de l'injonction
permanente.
M. Arseneau : Mais en fait
j'ai peut-être mal formulé mon questionnement. L'amendement qu'on est à étudier
présentement, là, s'il est modifié par le sous-amendement, est-ce que le
traitement par le tribunal serait différent en matière d'urgence ou non d'agir?
M. Dumont (Luc) : Pas sur
le... pas sur le... pas sur le fardeau de ce qui est à prouver. Il faut quand
même prouver tous les éléments si on veut une injonction interlocutoire urgente.
C'est-à-dire, d'aller limiter les droits de quelqu'un, d'un individu qui ne se
serait pas fait entendu seulement par voie d'affidavit, on ne va pas toucher à
ça. C'est ce qu'on appelle... L'injonction interlocutoire urgente, on ne va pas
la faire. Par contre, ce que ça fait, par contre, l'idée d'introduire la notion
du jugement d'urgence, comme je vous dis, c'est purement administratif,
c'est-à-dire qu'on... qu'on permet... on permet tout simplement d'aller...
d'être sur le dessus de la pile par rapport à la mise au rôle.
• (15 h 50) •
M. Arseneau : Mais où est-ce
qu'on introduit... Là, je ne sais pas à quoi vous faites référence, je
m'excuse, peut-être que c'est moi qui ne saisis pas, là, le... J'essaie encore
une fois de déterminer en quoi le fait de proposer une modification à
l'amendement proposé par la ministre change les règles ou... les règles du jeu
lorsqu'on procède à une demande d'injonction.
M. Dumont (Luc) : Par
exemple, si une personne n'est pas en mesure d'avoir une injonction... ne
serait pas en mesure de remplir le fardeau de la preuve pour avoir une
injonction interlocutoire urgente, il faudrait qu'il dépose une demande pour
avoir une injonction... bien, une injonction... injonction interlocutoire. Ça
peut prendre plusieurs semaines, voire des mois, même, pour ça, même juste pour
avoir une injonction interlocutoire. Dans ce cas-ci, en ajoutant la notion
d'urgence, administrativement, on saute les autres dossiers puis on a... Dans
le fond, ça accorde une forme... ça accorde une priorisation à l'étude du
dossier par le tribunal.
M. Arseneau : Mais l'ajout de
la notion d'urgence, où la voyez-vous?
M. Dumont (Luc) : Mais c'est
parce qu'on n'est plus... Je pense qu'on n'est pas dans l'article 1 en ce
moment, c'est qu'on a... on a bifurqué tantôt sur la notion d'injonction à
l'article 2, là... 3, pardon.
M. Arseneau : À l'article 2,
mais celui-là est inchangé. On parle de sous-amendement, puis cet article-là
est inchangé. Ça fait que je ne sais pas pourquoi on fait ce débat-là. Moi, je
voulais juste qu'on juge...
M. Dumont (Luc) : Bien, c'est
ça, puis vous modifiez 3 aussi en même temps. C'est pour ça qu'on est tombés
sur cette notion-là.
M. Arseneau : Oui, oui, mais,
encore une fois, moi, je demande à être convaincu qu'en proposant des
amendements je viens réduire la capacité de l'élu d'obtenir d'urgence une
décision de la cour. Je ne vois pas en quoi les amendements que je propose
diminuent la notion d'urgence.
M. Dumont (Luc) : Je pense,
ce qui était soulevé, c'est que le fait d'ajouter pour l'injonction les
caractéristiques liées au harcèlement, l'intimidation, par rapport à ce qui est
possible d'avoir en matière d'ordonnance, ça restreint... ça peut venir
restreindre les possibilités pour obtenir une injonction.
M. Arseneau : D'accord, OK.
Donc, vous faites référence à 3. Si on ne parle... Je veux juste qu'on se
comprenne bien, là. Si on parle de propos ou de gestes, là, évidemment, le
spectre de ce qu'on peut retenir comme étant important et urgent est plus large
que si on le confine dans le geste ou le propos qui est menaçant, qui est
intimidant ou qui est harcelant. C'est ce qu'il faut comprendre de votre
explication.
M. Dumont (Luc) : C'est
qu'on... Dans le fond, on laisse à l'appréciation du juge si l'entrave est...
si l'entrave est abusive et qu'elle justifie... et qu'elle justifie, dans le
fond, la... une ordonnance de... une ordonnance. Cela dit, comme on dit, ça
reste que, pour rendre une injonction, pour rendre de telles ordonnances,
c'est... ce sera encore les mêmes critères, qui existent déjà aujourd'hui, qui
ont été appliqués dans des situations similaires.
M. Arseneau : Je comprends, d'accord.
Vous avez bien expliqué votre point de vue, mais, tout à l'heure, on a aussi
mentionné que les... si les juges étaient plutôt réticents ou hésitants à aller
de l'avant, c'est qu'ils ne souhaitaient pas limiter le droit d'expression. C'est
ce qu'on a entendu tout à l'heure. Donc, on est vraiment dans le cœur de ce qui
fait actuellement problème, c'est que, sans le préciser de façon très, très
claire, ce qu'on semble avoir exprimé comme législateurs, c'est que, dans
certains cas, on va demander au juge de limiter le droit d'expression, mais on
lui laissera le soin d'intervenir au cas par cas.
Des voix : ...
M. Arseneau : Bien, c'est sur
l'enregistrement, on l'a <entendu, je l'ai noté, là...
M. Arseneau :
...bien,
c'est sur l'enregistrement, on l'a >entendu, je l'ai noté, là : «Les
juges sont hésitants à limiter le droit d'expression, et c'est la raison pour
laquelle ils n'accorderaient pas d'injonction souvent.» C'est ce que j'ai
entendu tantôt.
M. Dumont (Luc) : Ils sont
hésitants à limiter la liberté d'expression lorsqu'il s'agit... lorsqu'il s'agit
de soupeser ce droit, justement, à la liberté d'expression, le droit de tout
citoyen de critiquer, de parler et les droits individuels de l'élu lorsque ceux-ci
sont atteints. Il s'agit toujours de soupeser ce qu'on fait. Ça fait
qu'évidemment, dans tout cas d'injonction, d'ordonnance, c'est sûr que... c'est
sûr que c'est une limitation dans tous les cas. On limite... ultimement, on
limite les droits d'un citoyen lorsque c'est devenu... lorsque ses agissements
sont devenus injustifiables par rapport à la norme raisonnable.
M. Arseneau : Exactement, et
c'est la norme raisonnable que moi, je cherche à définir et que je proposais de
définir dans le sens strict, effectivement, de la menace, de l'intimidation ou
du harcèlement, mais là ce qu'on semble dire, c'est qu'il y a autre chose,
d'autres comportements, d'autres propos, d'autres gestes qui sont... qui
débordent de la norme du raisonnable, mais on n'est pas en mesure où on ne
souhaite pas le définir aujourd'hui, et on va laisser le soin aux tribunaux de
le définir, et c'est sûr que cette définition-là aura un impact, un impact sur
la liberté d'expression des gens et leur droit d'association pacifique. C'est
ce que moi, je comprends, là, de ce qu'on est en train de discuter aujourd'hui,
et, entre vous et moi, j'ai l'impression que ça accrédite un peu les craintes
et les préoccupations d'un certain nombre de groupes qui jugent que cette
ouverture-là crée une brèche dont on ne sait pas exactement ce que ça va donner
comme... comme résultat.
Mme Laforest : Mais moi,
j'aimerais... Est-ce que c'est possible de réagir? Parce que, là, il ne faut
pas... Il ne faut vraiment pas.... Là, il ne faut pas faire peur, là, parce que
c'est pour ça aussi qu'on a ajouté, là, le paragraphe : «Aux fins du
premier alinéa, ne constitue pas une entrave le fait d'exprimer, par tout moyen,
son opinion dans le respect des valeurs démocratiques du Québec.»
Donc, quand vous dites : On vient
restreindre la liberté d'expression, bien non, pas du tout, là, ce n'est pas
ça, là, du tout. Puis, en même temps, tu sais, c'est sûr que, comme je le
mentionne, on peut amener plusieurs exemples, plusieurs situations, mais ce
qu'on vient faire, c'est baliser le travail du juge. C'est un... c'est un
nouvel outil qu'on va donner aux juges. On vient paramétrer les gestes, les
propos, harcèlement, menace, intimidation, au juge pour lui dire qu'on lui... On
guide la Cour supérieure pour avoir une demande d'injonction pour agir plus
rapidement si on est dans des propos menaçants, intimidants ou encore des... du
harcèlement qui entravent la fonction d'élu.
Donc c'est très, très... Oui, c'est
simple, c'est peut-être restrictif, mais, en même temps, c'est là qu'on ne peut
pas agir présentement pour protéger nos élus. Il y a la commission... Comme je
le dis, la <i>Commission municipale fait tout son travail. Ça, c'est
très, très large. Puis il y a l'autre... l'autre possibilité aussi, là, avec le
Code criminel. Mais là il ne faut pas sortir d'où on veut aller. On veut juste
aller chercher ce qui est impossible à travailler ou encore à avoir comme
possibilité de protection pour nos élus municipaux. Donc, dans les possibilités
de protéger les élus municipaux, bien, la nouvelle orientation est vraiment cet
article de loi là qui dit : Bon, on va pouvoir, admettons, baliser le
travail du juge... que lui va dire : Est-ce que c'est vraiment... dans le
cadre de propos d'intimidation, de harcèlement... est-ce que c'est dans le
cadre de ces gestes-là et que ça entrave le travail d'un élu?
Ça fait que, là, c'est sûr qu'il faut
quand même être très concret. C'est spécial à dire, mais il faut... il ne faut
pas sortir du cadre où on veut aller. Le cadre, c'est vraiment... c'est donner
la possibilité au tribunal de dire : Oui, maintenant, vous avez le droit
de porter une décision pour un élu municipal, et même vous pouvez le faire en
situation d'urgence. Ça fait que c'est pour ça que je dis que c'est nouveau,
qu'est-ce qu'on fait là, mais il ne faut pas... il ne faut pas faire peur puis
il ne faut pas dire : Maintenant, ça va... ça va empêcher la liberté
d'expression. On comprend que certains groupes étaient en désaccord, qu'ils
étaient <mal à l'aise, mais là il faut...
Mme Laforest :
...comprend
que certains groupes étaient en désaccord, qu'ils étaient >mal à l'aise,
mais là il faut juste voir...
Comme si on regarde, là, les
75 courriels... les 75 personnes qui ont envoyé des courriels, là, de
détresse, là, on les a bien entendues. Ils ont été transférés, ces
personnes-là, puis ils ont eu du soutien psychologique, mais ce qu'on veut,
c'est traiter ces personnes-là qui n'ont pas... ils n'ont pas d'endroit où
aller, puis la cour manque d'outils, puis c'est ce qu'on vient donner à la Cour
supérieure, pour dire : Maintenant, on vous donne les pouvoirs pour agir
en urgence dans des situations de menaces. Ça fait que c'est ça qu'on vient
faire, là, parce que, là, c'est sûr que, si on... si on déborde, on va aller
trop loin puis on perd l'objectif du projet de loi, puis, c'est ça, il ne faut
pas perdre l'objectif du projet de loi du tout, du tout.
• (16 heures) •
M. Arseneau : Bien, en fait,
on le répète, qu'on souscrit à l'objectif d'intervenir. Ce qu'on essaie de
définir, c'est dans quelles situations on intervient et quelles sont justement
les situations où, si on se met à la place du juge, comme législateurs, on
aimerait qu'il agisse, et c'est cette incapacité-là à cerner de façon plus
précise ce qui n'est pas de l'ordre de la menace, de l'intimidation ou du harcèlement
qui pose problème, parce qu'un propos ou un geste, bien, évidemment, c'est... Le
spectre est excessivement large, et de laisser uniquement à l'appréciation d'un
juge, et puis d'un autre, puis d'un autre encore, le soin de définir ça, c'est
là où on a, disons, une certaine préoccupation.
Le Président (M. Schneeberger) : Ça
va? Alors, on avait le député de Taschereau qui souhaitait prendre... prendre
la parole.
M. Grandmont : Oui, merci.
D'abord, je voudrais remercier mon collègue des Îles pour... ça ne vous dérange
pas qu'on résume ça aux Îles, non, ça vous va... mon collègue des
Îles-de-la-Madeleine... il n'a pas répondu... des Îles-de-la-Madeleine pour le
dépôt de son sous-amendement. Je trouve ça intéressant parce qu'effectivement
ça vient ramener, en fait, à ma préoccupation... Je pense que ça offre une
réponse intéressante à la préoccupation que j'ai, qui est de s'attaquer au nœud
du problème qui est de travailler sur les comportements qui sont inappropriés.
J'aurais une question, peut-être, pour Mme
la ministre. Quand on... quand je regarde, là... Puis, c'est vrai, je pense
qu'il l'a conservé aussi, là, dans le... dans son... dans sa proposition, oui,
c'est ça : «En favorisant l'exercice des fonctions électives au sein des
institutions municipales québécoises». Donc, les fonctions électives, là, d'un
élu, là, au niveau municipal, ça consiste en quoi, grosso modo?
Mme Laforest : Bien, vous me
posez des questions, mais c'est l'amendement du député des Îles.
M. Grandmont : Bien, il est
dans votre... il est dans votre proposition aussi, là.
M. Arseneau : Il est dans le
texte original.
M. Grandmont : Il est dans le
texte original.
Mme Laforest : Ah! OK, OK. Je
pensais que vous vouliez que je commente l'amendement du député des Îles.
M. Grandmont : Non, non, je parle
des...
M. Arseneau : L'exercice des
fonctions électives.
M. Grandmont : Non, non, ça,
on y viendra tantôt. Non, non. La notion de fonction élective, là, c'est quoi,
les fonctions électives, de quoi on s'attend comme travail?
Mme Laforest : Bien, c'est
toutes les fonctions d'un élu municipal, en fait.
M. Grandmont : OK, puis ça,
ça comprend...
Mme Laforest : Tout ce qui
est... tout ce qui est dans le domaine municipal, dans ses fonctions, d'un élu.
M. Grandmont : OK. Tu sais,
nous autres... ici, à l'Assemblée nationale, moi, je sais que j'ai trois rôles
principaux, là. J'ai à représenter les gens de ma circonscription, surveiller
l'action gouvernementale, puis le dernier, c'est...
Une voix : ...
M. Grandmont : Législateur, oui,
on est en train de le faire en plus. Donc, j'ai trois fonctions principales.
Donc, dans l'ensemble de ce que je fais, il y a ça. Puis là, bien, on pourrait
se poser la question : Si j'organise... si je participe à une épluchette
de blé d'Inde, ou à un souper spaghetti, ou que sais-je, quelle partie du rôle
que je fais, mais je ne sais même pas si... Tu sais, quand on parle d'entraves,
là, dans le fond, là, lesquelles parties des fonctions électives d'un élu
municipal pourraient éventuellement faire partie de ce qui serait traité par un
juge?
Mme Laforest : Toutes les
fonctions qui ont un lien avec la fonction d'un élu municipal. S'il est demandé
dans une activité comme ça, à titre d'élu municipal, d'être représentant, c'est
sûr, c'est dans ses fonctions électives.
M. Grandmont : OK. Donc, je
vois Me Dumont, là, hocher de la tête. Donc, je comprends que, dans le fond,
ça, ça a été comme analysé comme une des fonctions. Quelqu'un... un élu qui
irait dans une activité-bénéfice ou peu importe, si on l'entrave, si on
l'empêche, par exemple, de tenir un discours dans une fête foraine, une fête de
quartier en jouant du tambour très fort, bien là on est en train d'entraver son
travail. Donc, je comprends bien que ça peut en faire partie?
Mme Laforest : Oui.
M. Arseneau : Évidemment,
entrer au conseil municipal, ça en fait partie aussi. Le déroulement du conseil
municipal, ça pourrait en faire partie également aussi?
Mme Laforest : Oui.
M. Grandmont : Oui,
évidemment, OK, parfait. Donc, on progresse, parce qu'on n'avait pas d'exemple
encore de ce qui était une entrave, mais on commence à comprendre un peu, là,
où est-ce qu'on veut s'en aller avec ça. Vous dites que vous avez reçu 75
courriels de gens qui... des élus qui... puis vous avez parlé d'histoires
d'horreur, là, j'imagine que...
16 h (version révisée)
M. Grandmont : ...vous dites
que vous avez reçu 75 courriels, là, de gens qui... des élus qui... puis
vous avez parlé d'histoires d'horreur, là, j'imagine que ce n'était pas tout
dans le piton non plus. Mais, tu sais, s'ils ont pris la peine de vous écrire,
c'est parce que, quand même, il y avait quand même quelque chose d'important à
vous communiquer aussi, là, j'imagine, là. Avez-vous... Avez-vous... Comment
vous avez analysé, en fait, là, ces courriels-là? Parce que, j'imagine, ça a
servi un peu... Bien, tu sais, je ne veux pas vous mettre des mots dans la
bouche, mais peut-être que de la façon que vous le racontez, j'ai l'impression
que ça a servi un peu de déclencheur, entre autres. Il y a la vague de
démissions des élus, mais il y a ces 75 courriels-là qui semblent avoir
quand même assez été importants. Vous avez appuyé sur le mot «histoires d'horreur».
Comment vous... Comment ça a servi, en fait, à, disons, catalyser ou démarrer,
en fait, votre réflexion sur le projet de loi?
Mme Laforest : Bien, moi, je
crois sincèrement qu'on n'est pas là pour ne pas faire évoluer les... et aider
les gens qui sont avec nous en politique, évidemment. Puis, recevoir des
lettres comme ça, moi, je ne peux pas rester insensible, je devais agir. Puis c'est
sûr que j'ai la chance d'être là depuis le début, donc, des situations comme
ça, j'en ai vécu. Et aussi, avec la pandémie, mes collègues députés en ont vécu,
des collègues et des maires, des mairesses que je connais très, très bien
également, il y a eu beaucoup de démissions. Mais c'est quand même, comment je
pourrais dire... c'est continuel.
J'arrive, là, du congrès de la FQM. Il y a
un maire qui est venu me voir, qui a dit : Vous... Vous venez de sauver ma
vie, Mme Laforest. Ça fait que la protection des élus municipaux, là... C'est
sûr que les élus municipaux sont essentiels. Les élus, on est tous essentiels
pour la démocratie. Mais moi, je ne peux pas rester insensible quand ça fait
des années, je suis aux Affaires municipales. Vous allez dire peut-être :
Ce n'est pas trop, 50, 75 citoyens qui envoient des lettres ou des
courriels comme ça. Mais moi, mon rôle, c'est de protéger les élus en premier
et d'aider les municipalités. Mais, la première des choses, c'est de...
protéger l'être humain qui est... derrière l'élu... protéger les familles. Ça
fait que c'est sûr que l'élément déclencheur, dès que j'ai vu ça, j'ai dit :
Voyons donc! Tu sais, parce que, vous le savez, on va en politique pourquoi, pour
aider notre municipalité, notre région, pour... tu sais, pour des projets
communs. On ne va pas là pour se faire tirer des tomates, là, puis on ne va pas
là pour le pouvoir, là. Tu sais, tant mieux si on peut changer les choses, mais
moi, je le dis : On le fait ensemble, on change les choses.
Donc, les élus municipaux, bien, pourquoi,
après la pandémie et durant la pandémie, c'est vraiment devenu comme ça,
derrière les écrans, puis après, c'est à l'épicerie, puis c'est à l'aréna? Puis
ça n'arrête pas comme ça, là. Ça fait que, là, c'est sûr que moi, je me disais :
Si, comme gouvernement, on n'agit pas, il y a une question d'irresponsabilité.
Parce que, si on ne protège pas nos élus maintenant, puis on n'a pas un projet
de loi qui peut le faire, puis qu'on ne vient pas encadrer et baliser le travail
de la Cour supérieure<i>, on a la chance de le faire, bien, pour moi, là,
je laisserais tomber des élus.
Puis, des tentatives de suicide, vous
étiez ici quand on était en commission, vous en avez entendu aussi. Ça fait que
vous me dites : Quel était... Pourquoi vous avez fait ça, Mme Laforest?
Ça vient me chercher, ce que vous dites, parce que je me dis : J'aimerais
ça, sauver tout le monde. Ça, c'est... Je ne peux pas sauver tout le monde. Sauf
que j'ai la chance, avec vous, avec vous et vous, d'être en place pour prendre
un article, si simple et si concret soit-il, mais qui va aller tellement loin.
Moi, je suis sûre qu'à la fin du projet de loi, honnêtement, on va se dire :
On a mieux... On va... On a réussi à mieux protéger les élus municipaux puis, aller
en politique municipale, bien, c'est bon, ça peut être plaisant. Puis, si je
vis, comme ça, des menaces d'intimidation, ou ma conjointe, ou mes enfants, ma
famille, bien, au moins, il y a un gouvernement qui a levé la main pour dire :
Eille! Un instant, on a dit qu'il y avait une possible injonction présentement
dans un projet de loi pour que la Cour supérieure, le tribunal rende une
décision immédiate. Parce que quelqu'un qui se fait menacer, le lendemain,
dites-vous, là, qu'il n'a pas dormi de la nuit, là. Puis parfois, aujourd'hui,
à cause qu'on n'a pas des... on n'a pas la possibilité de rendre des décisions
en urgence, ça peut durer des semaines, des semaines. Donc, il y en a vraiment
que leur vie est... est vraiment atteinte, parce qu'ils ont décidé de vouloir
changer une municipalité, changer un projet.
Donc là, c'est sûr, ça vient me chercher,
ce que vous posez comme question. Mais elle est très bonne, votre question. Mais
vous allez faire le changement avec moi aussi, là. Ça fait que c'est pour ça,
je dis que les mots qu'on met dans l'article 1, bien, c'est sûr que c'est
travaillé avec le ministère de la Justice, parce qu'ils... ils travaillent,
eux, avec... évidemment tout... tous les légistes pour que ce soit bien... placé,
pour que ce soit bien positionné. On a ajouté des amendements, c'est certain,
parce que la liberté d'expression, c'est essentiel, puis les journalistes, on
en a besoin, ils sont essentiels, nos journalistes. Ça fait qu'on n'est pas
dans... dans déranger la liberté d'expression et nos journalistes. On veut que
ça fonctionne comme ça toujours. On veut juste aller chercher des possibilités <pour...
Mme Laforest :
...On
veut juste aller chercher des possibilités >pour sauver nos
75 personnes, là, qui sont au bord du gouffre. C'est ça qu'on fait, là,
dans notre projet de loi. Alors, ne pensez pas qu'on vient changer, si je peux
dire, les... tous les articles dans un projet de loi municipal pour
complètement déstabiliser ou encore mélanger un tribunal ou un juge qui a à
rendre une décision. Au contraire, on donne des balises sérieuses, harcèlement,
intimidation, c'est bien écrit, «menaces qui entravent le travail de l'élu». C'est
simple. C'est ça. Puis ça peut être une cause d'urgence... traitée en urgence.
Si ça se passe dans le conseil municipal, tant mieux, parce qu'on peut faire
appel à la police municipale, qui va donner une infraction, tant mieux. Puis on
verra plus tard avec les députés parce que vous savez qu'il y a des députés qui
ont eu des menaces aussi.
M. Grandmont : ...en ai
envoyé moi-même à la... à la SQ...
• (16 h 10) •
Mme Laforest : Bon, alors,
voilà. C'est pour ça que l'élément déclencheur, c'est ça qui a fait que je me
disais : Si moi, après mon mandat aux Affaires municipales, je n'agis pas,
bien, honnêtement, là, quand je vais me bercer, quand je vais être grand-mère,
je vais dire : J'ai échappé, j'ai manqué quelque chose, puis il y a des
élus qui sont encore en détresse, puis j'ai été élue, puis je n'ai pas agi,
puis, comme gouvernement, je pouvais changer les choses, je ne l'ai pas fait.
Honnêtement, je pense qu'il y aurait eu des regrets. Il y aurait eu des
regrets.
M. Grandmont : Bien, vous
voulez savoir, moi, je salue le fait que vous ayez fait... je salue le fait que
vous ayez déposé un projet de loi qui visait à protéger les élus. Moi, je suis
100 % derrière vous, là-dessus. Je constatais... Puis je le rappelle
encore, on a déposé des mandats d'initiative en simultané, parce que nous
aussi, la situation nous préoccupait. Nous aussi, on voyait cette épidémie de
démissions là d'un très mauvais oeil. C'est mauvais pour notre démocratie.
Puis, encore une fois, je le rappelle, c'est anormal qu'une catégorie de
personnes au Québec travaillent dans des conditions où on trouve ça... dans des
milieux où on trouve ça acceptable, puis je le dis avec des gros guillemets,
là, on trouve ça acceptable, où il est toléré, je dirais, d'avoir de
l'intimidation, du harcèlement, des menaces. Ça ne se peut juste pas.
Mme Laforest : Tout à fait.
M. Grandmont : On a eu des
témoignages, là. Je me souviens d'Alicia Despins, qui est de... qui était du
regroupement, là, <i>Faut que ça change, qui parlait de son conjoint, qui
est dans le milieu de la santé. Puis, quand on raconte à nos conjoints, à nos
conjointes, le soir, puis c'est la même chose au niveau municipal, ce qui se
dit ou ce qu'on endure sur les médias sociaux, c'est le genre de chose qui est
inacceptable, qui ne se peut pas dans d'autres milieux de travail. Ça ne se peut
pas. Donc, il faut y voir. Ça, je suis 100 % d'accord avec vous.
Mais je vous posais la question sur les...
sur la... une part de l'origine de votre réflexion. Quand vous dites : Ce
n'est pas beaucoup, 75 courriels envoyés, là, depuis... depuis six ans,
moi, je ne suis pas sûr que... Tu sais, je le modérerais, là, dans le sens
où...
Mme Laforest : J'ai dit :
Ce n'est peut-être pas beaucoup pour vous.
M. Grandmont : Non, non, mais
je... Non, non, non. Mais justement, je veux justement nuancer. Puis je n'ai
pas... je n'ai pas qualifié, en fait, la quantité, mais je dois vous dire que
ce n'est pas peu non plus, tu sais, loin de là. Ce n'est pas tout le monde qui
va prendre la peine de le faire. Il y en a qui ont décidé de partir de la politique,
ils ont fait ce choix-là, de quitter, tout simplement. Il y en a d'autres qui
ne prendront juste pas l'opportunité ou ne penseront pas à vous écrire, pour
toutes sortes de raisons. D'autres ont fait des plaintes à travers d'autres
mécanismes qui existent présentement. Mais la quantité importe peu pour moi. L'important,
c'est ce qu'on... c'est que vous avez de ces lettres-là. On constate par
ailleurs qu'il y a 800... conseillers municipaux ont quitté, pas tous pour ces
raisons-là non plus, par ailleurs, là. Je le répète toujours, c'est beaucoup
plus large que simplement les relations citoyens et élus. Mais, quand même, tu
sais, il faut en prendre acte puis il faut... Je pense qu'on fait bien d'agir
là-dessus.
Maintenant, moi, ce que je voulais savoir aussi,
c'est ces lettres-là, là, les gens qui vous ont écrit, là, qui ont pris le
temps de vous envoyer un courriel, qu'est-ce qu'ils disaient principalement,
là?
Mme Laforest : ...curieux. Je
ne peux pas dire ça ici, là.
M. Grandmont : Non, non, je
sais, mais on peut rester général.
Mme Laforest : C'est par
respect pour les personnes qui envoient des lettres. Vous en recevez comme moi,
là.
M. Grandmont : Non, non, mais
je ne vous demanderais pas de déposer les courriels non plus. Ce n'est pas la
question. Ce n'est pas mon intention. Mais ce que je veux dire, c'est que je
vous écoute parler depuis le début, où on... depuis le début de la journée ou en
tout cas... ou le milieu de l'avant-midi, quand on a commencé à traiter de
l'article 1, puis quand je vous écoute parler, puis quand j'écoute ce que
vous dites, là, des 75 courriels, là, vous parlez beaucoup, là, de
menaces, d'intimidation, de harcèlement. Vous ne parlez pas d'entrave. Vous
parlez... Vous avez même dit, tout à l'heure, il y a... il y a quelques
minutes, là, vous avez parlé de «menaces qui entravent». Tu sais, moi, je pense
que la proposition qui est faite par notre collègue des Îles-de-la-Madeleine,
là, est intéressante. Parce que, ce qui est le véritable problème au fond de
tout ça, là, c'est... c'est le lot, la... Il y a des expressions pas très...
pas très belles, pour le dire, mais je vais le dire poliment, mais il y a des
brouettes... il y a des brouettes de commentaires haineux, d'intimidation, de <harcèlement...
M. Grandmont :
...haineux,
d'intimidation, de >harcèlement, de situations qui n'ont pas... qui
n'ont juste pas de bon sens, qui font que les gens ont envie de décrocher, un
moment donné. Si je suis payé, puis on l'a entendu, là, c'est... c'est un cas
fréquent, là, qu'on entend souvent, là, je n'irai pas... je n'irai pas... tu
sais. Puis les gens vont en politique, comme vous l'avez dit tantôt, là, pour
essayer d'améliorer leur municipalité, parce qu'ils ont des idées, parce qu'ils
ont une vision. Puis évidemment, bien, ça ne fait pas tout le temps l'affaire
de tout le monde parce qu'il y en a qui sont accrochés au statu quo. Ça fait
que, là, ils arrivent puis ils veulent changer, améliorer leur municipalité. Là,
quand ils voient ce que ça génère comme... comme commentaires négatifs, comme
regards des autres, comme commentaires désobligeants à l'épicerie, comme...
comme conséquences désagréables à vivre pour soi, pour sa famille, pour ses
proches, ils se disent : Eille! Je n'irai pas... Je n'irai pas me
consacrer 24/7 à 6 000 $ par année pour en plus recevoir toute cette...
cette haine-là en plus. C'est un désincitatif à faire de la politique ou en
tout cas c'est... c'est la goutte, des fois, qui va faire déborder le vase, qui
va faire que les gens vont quitter.
Moi, je suis persuadé que... puis, tu
sais, dites-moi le contraire si c'est le cas, là, sans rentrer dans le détail
des cas, mais les courriels que vous avez reçus, là, j'ai comme l'impression
que c'est beaucoup aussi principalement des cas de gens qui disent avoir reçu
de la haine, avoir été intimidés, harcelés. La question des entraves, là, la
question des entraves, je ne suis pas sûr que c'est au cœur du désengagement
puis la vague de démissions qu'on a au Québec, malheureusement. C'est pour ça
que je trouve que la proposition de notre collègue est intéressante, parce que
les menaces, le harcèlement, l'intimidation, ça entrave effectivement l'envie
de travailler, ça entrave le travail de nos élus. Moi, je veux juste qu'on
fasse attention à ne pas créer une nouvelle catégorie. Puis c'est ça qui fait
peur aux gens, c'est ça qui fait peur aux groupes des médias, aux syndicats,
aux groupes de la société civile, à des citoyens qui trouveraient que c'est
problématique. C'est ces comportements-là qu'on veut éliminer, c'est ces
comportements-là qu'on veut faire arrêter.
Vous savez, tantôt, je vous avais proposé
une espèce de test, là, en trois questions, là... bien, pas des questions, mais
en trois cas de figure. Je vous avais demandé : Empêcher un élu de passer,
est-ce que c'est de l'entrave ou de l'intimidation? Est-ce que stationner
devant la maison à répétition, devant la maison d'un élu, est-ce que c'est de
l'entrave ou du harcèlement? Dire à un élu qu'il ne rentrera pas chez lui,
est-ce que c'est de l'entrave ou c'est de la menace? Moi, je pense que des
termes comme «menaces», «intimidation», «harcèlement», c'est des termes qui
sont beaucoup plus clairs, qui sont à la source du désengagement des élus qu'on
a actuellement. C'est à cause de ces trois concepts là, entre autres, qu'on a
de la difficulté à soit retenir nos élus, soit les attirer vers la politique,
beaucoup plus que les entraves. Les «entraves», c'est... c'est un terme qui est
large, qui est mal défini, qui risque de créer un nouveau champ légal dans
lequel on va devoir... les tribunaux vont devoir se positionner. Puis je
comprends aussi que c'est ce terme-là qui pose un problème, qui pose... qui
amène de grandes inquiétudes à tout un pan de la société qui veut s'assurer de
pouvoir protéger la liberté d'expression, la liberté de se réunir
pacifiquement, donc le droit de manifester également.
Donc, moi, je vous remercie vraiment pour...
pour la discussion puis la transparence dont vous faites preuve sur... sur les
lettres que vous avez reçues, sur les discussions que vous avez. Nous-mêmes, on
a des discussions régulièrement avec des élus du municipal, que ce soit l'UMQ,
à la FQM. Puis on comprend tellement qu'il faut changer les choses pour qu'ils
puissent faire leur travail sans entraves, qu'ils puissent le faire dans un
environnement de travail qui est exempt de ces sources de l'entrave, de cette...
de cette haine-là, du harcèlement, de l'intimidation, des agressions, des
incivilités, de l'intimidation. Ça, ça doit être... éliminé. Ça, c'est la
cause, il me semble, de ce... de cette vague, en tout cas en bonne partie, de
cette vague de démissions, de cet écœurement que certains élus peuvent avoir, puis
probablement aussi, puis encore une fois, là, comme je vous disais, là, peut-être,
vous pouvez me contredire, mais aussi de la... de la source ou de l'envie de
vous écrire. Les 75 personnes qui l'ont fait, là, c'est probablement plus
ça qui est à la base des courriels que vous avez reçus.
Mme Laforest : Merci.
Le Président (M. Schneeberger) : Ça
va? Alors, député des Îles-de-la-Madeleine.
M. Arseneau : Oui. Bien, en
fait, je trouve intéressant effectivement la discussion qu'on... qu'on a. Et
puis je veux le préciser une fois de plus, puis que ce soit compris, on cherche
tous à favoriser l'engagement des gens, des citoyens dans... en politique
municipale, peu importe où on habite. Au Québec, il y a... il y a un palier
gouvernemental qui est... qui <est...
M. Arseneau :
...un
palier gouvernemental qui est... qui >est fondamental et qu'il faut
protéger. Et effectivement, le projet de loi, ce qu'on souhaite, c'est qu'il
puisse donner aux élus une certaine zone de confort pour pouvoir exercer leurs
fonctions. Et c'est la raison pour laquelle moi, je dis : Il faut cibler
les comportements qui sont à proscrire. Et on arrive à le faire lorsqu'il est
question de la menace, de l'intimidation ou du harcèlement, puis c'est pas mal
moins clair pour l'entrave.
Et là où on a à trouver l'équilibre, Me Dumont
le disait tout à l'heure, et je pense que plusieurs l'ont dit depuis... depuis qu'on
est à se pencher sur ce projet de loi là... l'équilibre, il est aussi, je
dirais, dans l'engagement démocratique, non seulement des élus, mais également
des citoyens et des organisations qui sont réparties un petit peu partout à
travers le Québec et qui veulent aussi s'assurer que le palier municipal soit
un palier démocratique où, entre deux élections, on puisse encore s'exprimer,
qu'on puisse encore s'assurer d'avoir voix au chapitre, d'être entendus par les
élus municipaux.
• (16 h 20) •
Et c'est là où on s'assure de faire la
discussion correctement pour ne pas, justement, faire en sorte de créer un
déséquilibre qui, en bout de ligne, serait tout aussi dommageable pour les élus,
qui pourraient se retrouver sans, justement, cette participation essentielle de
la population et des groupes de la société civile à leur action politique. Donc,
moi, je pense que lorsqu'il est... On ne peut pas opposer la protection du
droit d'association, la protection de la liberté démocratique de s'exprimer et
la protection des élus contre les menaces, l'intimidation et le harcèlement, ce
serait trop... beaucoup trop manichéen. Je pense qu'il faut soutenir les deux
et s'assurer qu'en protégeant les élus on ne brime pas les gens qui veulent
s'exprimer, et parfois exprimer leur mécontentement ou exprimer leur
opposition, exprimer un point de vue qui est contraire au point de vue qui est
présenté par... par leurs élus.
Alors, je pense que ça, ça fait partie de
l'exercice démocratique, et c'est ce sur quoi repose notre... notre régime à
tous points de vue. Alors, de ce point de vue là, qu'il soit clair que
lorsqu'il est question de situations où il y a urgence d'agir de la part de la
cour, parce que l'exercice des fonctions de l'élu sont... sont mises à mal,
l'exercice est mis à mal... Je voudrais valider une chose. Lorsqu'il est
inscrit en toutes lettres dans l'amendement de la ministre qu'«une demande est
instruite et jugée d'urgence», je pense que ça ne peut pas être plus clair, là,
«la demande est instruite et jugée d'urgence», mais les critères, eux, ne
changent pas de façon fondamentale par rapport à l'évaluation, disons, de
l'urgence.
Est-ce que je pourrais avoir une précision
à savoir, si on change quoi que ce soit dans l'appréciation, par le juge, de
l'urgence, à savoir, s'il s'agit d'un préjudice qui est causé, qui est sérieux
et irréparable, est-ce que... est-ce ça reste essentiellement la même chose?
Mme Laforest : Selon moi,
oui. Moi, je suis convaincue que oui.
Oui? Il y a-tu... C'est pareil. Oui?
Le Président (M. Schneeberger) :
...
M. Dumont (Luc) : Bien, comme...
comme j'expliquais, la mention par rapport à ça, c'est que c'est... c'est au
niveau administratif. C'est un ordre de priorisation des dossiers au rôle.
Donc, on passe, on fait... on fait sauter le dossier en haut. Par contre, s'il
s'agit de donner une... dans le fond, une injonction sur... sur le banc,
immédiatement, c'est-à-dire en dedans de 24 heures, on ne change pas le
fardeau de la preuve à remplir pour la personne qui le demande.
M. Arseneau : Exact.
M. Dumont (Luc) : On ne le
change pas. L'appréciation des faits est la même. Mais ça... Mais ça reste que
l'avantage principal, c'est que lorsqu'il s'agit d'avoir une... une injonction
interlocutoire, ce qui est... ce qui est, dans le fond, l'ordonnance la plus
demandée généralement, c'est beaucoup plus rapide dans son traitement.
M. Arseneau : Mais je... je
comprends, mais j'apprécie votre réponse, Me Dumont. Donc, l'appréciation
des faits demeure la même, mais ce qu'on vient indiquer de façon très claire,
c'est que ce <doit...
M. Arseneau :
...indiquer
de façon très claire, c'est que ce >doit être instruit de façon... et
jugé de façon urgente. On fera l'appréciation des faits de la même façon, mais
les faits qu'on soumettra à l'appréciation du juge, ce sont les faits qui sont
relatifs à des propos ou des gestes, de façon générale, des... alors que... Et
là on... on laissera à la discrétion du juge de trancher à savoir si ça
constitue ou ça peut constituer un préjudice sérieux, irréparable, qui
nécessite une action urgente. D'où le sous-amendement qui, et je le ramène... qui
permet de mieux cadrer l'appréciation des faits du juge. S'il y a menace, s'il
y a harcèlement ou s'il y a intimidation, on peut penser que le préjudice est
sérieux et que le préjudice est irréparable. Alors que, si on y va de façon
plus générale, avec des propos ou des gestes, il me semble qu'on ouvre une
brèche et une espèce de boîte de Pandore. Même si je reconnais le point de vue
de la... de la ministre à l'effet qu'un peu plus tard on indique que «le fait
d'exprimer par tout moyen son opinion dans le respect des valeurs démocratiques»,
ça ne constitue pas une entrave, il y a quand même là un corpus, disons, ou un
délit d'entrave qui est encore mal défini, et tout à fait nouveau, et qui, à
mon sens, est... demeure sujet à précision.
Le Président (M. Schneeberger) : Ça
va? Oui. D'autres... Député de Taschereau.
M. Grandmont : ...merci.
Le Président (M. Schneeberger) : Non.
Ça va. Parfait. Alors, s'il n'y a pas d'autres... Parfait. Oui. Il y avait-tu
d'autres commentaires? Non. Parfait. Alors, nous allons... Oui?
M. Arseneau : J'ai encore
quelques minutes, quelques secondes?
Le Président (M. Schneeberger) :
Oui.
M. Arseneau : Juste avant de
passer au vote, je comprends que vous allez passer au vote, mais... j'aurais
une dernière intervention.
Sur les deux propositions qui composent le
sous-amendement que j'ai proposé, ils sont en lien, je l'ai expliqué dès le
départ, avec l'article 5, qui, lui, précise lorsqu'il est question d'une
amende entre 500 $ et 1 500 $. Cet article-là précise que
l'entrave à l'exercice des fonctions d'un élu municipal, il est très, très
cadré, tu sais, il est très précis, c'est lorsqu'on le fait en menaçant, en
intimidant ou en harcelant de façon à faire craindre raisonnablement pour son
intégrité et pour sa sécurité. J'aimerais savoir pourquoi, dans ce cas-là, on
précise que c'est la menace, l'intimidation ou le harcèlement qui font craindre
pour l'intégrité et la sécurité, pourquoi c'est valide lorsqu'on donne des
amendes, puis pourquoi ce ne serait pas valide pour le geste de soumettre au
jugement d'un... à la décision d'un juge une demande d'injonction.
Mme Laforest : Parce que
l'amende vient du policier.
M. Arseneau : Et?
Mme Laforest : Bien, ici,
c'est ça, la différence. C'est que l'amende vient d'un policier, donc c'est sûr
que ça peut toujours être contestable devant un juge, pareil.
M. Arseneau : Et pourquoi
ce...
Mme Laforest : Vous parlez de
l'article 5?
M. Arseneau : Oui, oui, oui.
Parce que... Je veux juste comprendre. Parce que ça vient d'un policier, il
faut préciser de façon plus pointue ce qui pose une entrave?
Mme Laforest : Un, c'est...
c'est remis par un policier, l'autre, c'est par... avec un tribunal. Donc,
c'est deux choses différentes, c'est pour ça qu'ici il faut venir le préciser.
M. Arseneau : Oui. Mais...
Mais je voudrais comprendre la motivation derrière la proposition. Je sais que
ce sont deux... deux institutions différentes, là.
Mme Laforest : Ah! oui, c'est
copié avec le ministère de la Justice.
Allez-y.
M. Dumont (Luc) : C'est...
Le Président (M. Schneeberger) : Me Dumont.
M. Dumont (Luc) : Merci
beaucoup. C'est... Bien, c'est deux choses très différentes. Comme... Comme la
ministre l'a mentionné, au niveau de la disposition pénale, il s'agit d'un
agent de la municipalité, donc c'est... ce n'est pas un magistrat, ce n'est pas
quelqu'un qui a la formation, qui est apte à soupeser... qui est apte à
soupeser tous les éléments propres à l'infraction. Il n'y a <pas...
M. Dumont (Luc) :
...propres
à l'infraction. Il n'y a >pas... Il y aura... Il n'y a pas de procédure
contradictoire devant lui, donc il doit avoir des critères serrés tout de suite
pour rendre le constat d'infraction... immédiatement ou... En pratique, ce qui
va plutôt se passer, c'est que ça va être le... ça va être la municipalité qui
va lui envoyer le constat. Il peut décider de déclarer coupable ou non. S'il
décide... S'il juge qu'il n'est pas coupable, il va le contester devant la
cour... devant la cour municipale, qui, elle, va trancher. Donc, en matière
pénale, étant donné que la conséquence est plus immédiate, bien, il faut que le
justiciable soit quand même capable de savoir quelle est... quels sont les
éléments de l'infraction.
En matière d'injonction, c'est différent. En
matière d'injonction, il ne s'agit pas de punir. Il s'agit de mettre fin à des
gestes qui ne sont pas désirés, auquel cas c'est... seule la Cour
supérieure<i> est habilitée pour rendre ce genre d'ordonnance là en
soupesant les droits... les droits de chacun, soit sa... soit ses droits individuels
et sur les droits... leur droit individuel à la liberté d'expression. Et c'est...
Dans les cas d'injonction, les juges sont les meilleurs, sont les mieux placés
pour décider au cas par cas c'est quoi, la pondération des droits de tous et
chacun.
• (16 h 30) •
M. Arseneau : D'accord. Bien,
c'est ça. Donc, en d'autres mots, là, je comprends bien votre explication, il
est beaucoup plus simple, comme on le dit depuis... depuis le début,
d'identifier un comportement qui est menaçant, qui est intimidant ou qui est...
harcelant et qui fait craindre raisonnablement pour l'intégrité et la sécurité
d'un élu que de juger d'une demande d'injonction où la personne, elle, se sent
dans l'incapacité d'exercer ses fonctions, parce qu'un comportement qui n'est
pas nécessairement associé de façon très claire, nette et précise à la menace,
à l'intimidation ou au harcèlement, mais est néanmoins préjudiciable et affecte
sa capacité d'exercer ses fonctions. Et c'est là qu'il doit faire la
démonstration auprès d'un juge... pour... pour solliciter son intervention pour
faire cesser ledit comportement. C'est comme ça qu'il faut le comprendre, la
différence entre les deux. Je vous remercie.
M. Dumont (Luc) : Exact.
Le Président (M. Schneeberger) : Alors,
député de Taschereau.
M. Grandmont : Oui. Juste un
petit peu plus de précision, parce qu'effectivement moi aussi, j'avais remarqué
que l'article 5 puis l'article 4, en fait, là, les deux, d'une part,
quand on parle d'entrave... Tantôt, bien, on a eu des échanges là-dessus, Mme
la ministre et moi, sur le fait qu'une entrave, ça pouvait être bien des
choses, là. Ça pouvait être à la fois empêcher un élu d'entrer au conseil
municipal, ça peut être aussi l'empêcher de prendre... faire une prise de
parole publique lors d'un événement festif à l'extérieur, par exemple. Puis
là... Puis... Puis en même temps, on essaie d'avoir, donc, des définitions un
petit peu plus claires de ce que c'était, une entrave. Puis moi, je mettais
toujours en relation le fait que ce qui entrave ou ce qui décourage les élus de
faire leur travail, puis peut-être causer démission, puis, des fois, écrire à
Mme la ministre, puis font démissionner, bien, c'est probablement plus
l'intimidation, le caractère menaçant de certaines... certaines interventions
des élus, le harcèlement, qui peuvent leur faire craindre raisonnablement pour
leur intégrité ou leur sécurité.
Ça fait que dans le premier article, là,
on dirait qu'on sépare les concepts de comportement inapproprié puis l'entrave,
c'est comme deux choses complètement séparées, alors que dans l'article 5,
on les regroupe ensemble, l'entrave est directement liée à l'intimidation, le
harcèlement, la menace. Ça fait que j'ai de la misère à comprendre pourquoi on
se retrouve avec une compréhension commune de ces... de ces concepts-là, à
l'article 5, alors qu'à l'article 1, ce sont deux choses séparées. Alors
que la proposition de mon collègue des Îles-de-la-Madeleine vise sensiblement à
faire ce qu'on fait dans l'article 5, c'est-à-dire regrouper l'entrave
avec les... les comportements inappropriés. J'aimerais comprendre pourquoi ce
n'est pas recevable d'avoir un article... ou, en fait, un sous-amendement comme
ce qui est proposé par mon collègue des Îles-de-la-Madeleine puis, de l'autre
côté, avoir l'article 5, qui fait justement ce même travail là, de les
joindre ensemble.
Mme Laforest : Bien, ça a
déjà tout été expliqué, honnêtement.
M. Grandmont : Bien, ça a été
tout expliqué?
Mme Laforest : Puis,
l'article 5, c'est qu'on vient définir les montants, en plus. C'est
seulement ça, là.
M. Grandmont : OK.
Mme Laforest : De 500 $
à 1 500 $. Puis on l'a bien expliqué, l'article 1 puis toute la
suite après.
Le Président (M. Schneeberger) :
Ah!
Mme Laforest : M. le
Président...
16 h 30 (version révisée)
Mme Laforest : ...M. le
Président.
Le Président (M. Schneeberger) : Ça
va?
M. Grandmont : C'est la seule
réponse?
Mme Laforest : Non, mais c'est
parce que ça fait plusieurs fois qu'on l'explique.
Le Président (M. Schneeberger) : C'est
bon?
M. Grandmont : Ce n'est pas
très satisfaisant.
Le Président (M. Schneeberger) :
Alors, nous allons mettre aux voix l'amendement. Est-ce que le sous-amendement
présenté à l'article 1 est adopté?
Une voix : ...
Le Président (M. Schneeberger) :
Par appel nominal.
Le Secrétaire : Pour, contre,
abstention. Mme Laforest (Chicoutimi)?
Mme Laforest : Contre.
Le Secrétaire : M. Girard
(Lac-Saint-Jean)?
M. Girard (Lac-Saint-Jean) : Contre.
Le Secrétaire : M. Gagnon
(Jonquière)?
M. Gagnon : Contre.
Le Secrétaire : M. Rivest
(Côte-du-Sud)?
M. Rivest : Contre.
Le Secrétaire : Mme Dionne
(Rivière-du-Loup—Témiscouata)?
Mme Dionne : Contre.
Le Secrétaire : Mme Setlakwe
(Mont-Royal—Outremont)?
Mme Setlakwe : Abstention.
Le Secrétaire : MmeRotiroti (Jeanne-Mance—Viger)?
Mme Rotiroti : Abstention.
Le Secrétaire : M. Taschereau...
M. Grandmont (Taschereau)?
M. Grandmont : Ce n'est pas
la première fois, pour.
Le Secrétaire : M.Schneeberger (Drummond—Bois-Francs)?
Le Président (M. Schneeberger) : Abstention.
Alors...
Mme Laforest : M. le
Président, est-ce qu'on peut suspendre?
Le Président (M. Schneeberger) : Oui,
on peut suspendre. Alors, l'amendement est rejeté.
Nous suspendons quelques instants.
(Suspension de la séance à 16 h 35)
17 h (version révisée)
(Reprise à 17 h 34)
Le Président (M. Schneeberger) : Alors,
nous reprenons les travaux. Alors, avant la suspension, nous venions de passer
aux voix le sous-amendement qui avait été déposé. Alors, ça a été rejeté.
Alors, nous revenons maintenant à l'article 1. Alors, je laisse... je
laisse la parole à ceux...
17 h 30 (version révisée)
Le Président (M. Schneeberger) : ...Alors,
nous revenons maintenant à l'article 1. Alors, je laisse... je laisse la
parole à ceux qui veulent la prendre. Député de Taschereau.
M. Grandmont : Oui. Bien, on
va avoir un amendement à déposer.
Le Président (M. Schneeberger) : OK.
Alors...
M. Ciccone :Un sous-amendement.
M. Grandmont : Un
sous-amendement, oui. Merci de me corriger, mon collègue de Marquette.
Le Président (M. Schneeberger) : Parfait.
Alors, député de Taschereau... Est-ce que vous l'avez eu, au greffe? Non.
M. Grandmont : On va l'envoyer
à l'instant.
Le Président (M. Schneeberger) : OK.
M. Grandmont : On peut
suspende deux secondes, ça me va.
Le Président (M. Schneeberger) : Alors,
nous allons suspendre le temps de le prendre. Voilà.
(Suspension de la séance à 17 h 35)
(Reprise à 17 h 39)
Le Président (M. Schneeberger) : Alors,
nous reprenons les travaux. Je vais laisser la lecture au député de Taschereau.
Alors, allez-y.
M. Grandmont : Merci, M. le
Président. Donc, voilà, je dépose ce sous-amendement-là. Donc, je vais en faire
la lecture : À l'article 1 de la Loi visant à protéger les élus
municipaux et à favoriser l'exercice sans entraves de leurs fonctions, édictée
par l'amendement à l'article 1 du projet de loi, supprimer, après «québécoises»,
les mots «sans entraves et».
Donc, ça se lirait comme suit :
«La présente loi vise à <valoriser...
M. Grandmont :
...comme
suit :
«La présente loi vise à >valoriser
le rôle des élus municipaux, à encourager les candidatures aux élections
municipales et à contribuer à la rétention des élus municipaux en favorisant l'exercice
des fonctions électives au sein des institutions municipales québécoises à l'abri
des menaces, du harcèlement et de l'intimidation, sans restreindre le droit de
toute personne de participer aux débats publics.»
Écoutez, je pense que Mme la ministre ne
sera pas surprise, là, de cet amendement-là, j'ai beaucoup argumenté dans ce
sens-là. Pour moi, il y a deux choses différentes dans l'article 1
puis dans le... dans tout le chapitre I. En fait, il y a, d'une part, la
question, là, des menaces, des comportements qui peuvent être perpétrés, là, en
fait, là, par des citoyens, des citoyennes ou des groupes qui pourraient, de
manière indue, là, faire des menaces, du harcèlement, de l'intimidation auprès
des élus municipaux, et de l'autre, il y a toute la question des entraves.
• (17 h 40) •
Moi, ce qui est important... Ce qui est
important là-dedans, c'est qu'on arrive à bien les séparer, et je le disais
plus tôt, là, selon moi, puis Mme la ministre ne m'a pas... ne m'a pas
contredit là-dessus, là, quand je faisais référence aux différents lettres et
courriels qu'elle a reçus, il y a des gens qui ont pris la peine de lui écrire,
puis probablement... tu sais, je suis assez persuadé que ça représente juste la
pointe de l'iceberg, en fait, là. J'ai l'impression que, s'il y a
75 personnes qui lui ont... qui ont pris le temps de lui écrire, il y a
beaucoup de gens qui... beaucoup d'élus, en fait, là, qui vivaient des
situations stressantes dues à des menaces, du harcèlement, de l'intimidation.
Donc, je considère que c'est quand même un nombre assez important et qui est un
bon indicateur de l'importance d'agir et de protéger les élus.
Puis c'est aussi mon souhait, hein? Ce que
je veux, c'est qu'on protège les élus dans leurs fonctions. Ce que je veux,
c'est qu'ils puissent faire leur travail comme tous les Québécois et toutes les
Québécoises au Québec qui travaillent, qui ont la possibilité de travailler
dans un environnement qui est exempt de toutes ces manifestations stressantes,
intimidantes. Les menaces, du harcèlement, de l'intimidation, ça ne devrait pas
exister dans le cadre des fonctions d'un élu ou d'une élue, ce n'est pas le
genre d'environnement dans lequel on veut travailler.
Je ne sais pas... Tu sais, j'ai demandé...
C'est difficile d'avoir des statistiques sur quelles sont les causes des
départs, des démissions des gens qui sont... qui quittent, en fait, leurs
fonctions, puis il n'y a pas de données scientifiques. J'ai demandé à mon
équipe, là, de rechercher, là, des données, puis, selon les infos que j'ai
réussi à trouver, là, les élus qui envisagent de démissionner sont davantage
victimes de tous les types de violence, par exemple, alors que le taux d'élus
qui disent avoir vécu du harcèlement est de 36 %, ça passe à 51 % chez
ceux qui envisagent de démissionner. C'est quand même important, là, 51 %
des personnes qui envisageraient de démissionner disent que c'est à cause du
harcèlement. 46 % des élus qui disent avoir vécu de... 46 %, pardon,
des élus qui disent avoir vécu de l'intimidation qui ont effectivement
démissionné, et le taux passe à 61 % chez ceux qui envisagent de
démissionner. Donc, deux tiers des personnes qui envisagent de
démissionner de leur poste d'élu ou municipal, deux tiers, c'est parce
qu'ils ont eu de... ils ont vécu de l'intimidation.
Donc, évidemment, ce n'est jamais... ce
n'est jamais tranché au couteau, puis, évidemment, ce n'est pas toute d'une
cause aussi qui est de... des citoyens ou des citoyennes ou des groupes, ça
peut être les élus entre eux autres. Mais, quand même, ça donne l'indication
que le milieu de travail dans lequel évoluent les élus municipaux n'est pas
favorable au plein exercice de leurs fonctions électives, comme c'est écrit
dans le texte. Donc, moi, je pense que ça vaut la peine de travailler de façon
précise là-dessus. Je le répète, on veut que les élus puissent travailler dans
des environnements qui sont le plus sains possible.
De l'autre côté, là, on a toute la notion
d'entrave. L'entrave, ça, c'est un enjeu sur lequel on nous a alertés. On a
reçu plusieurs mémoires, on a reçu plusieurs groupes aussi en audiences qui
nous ont dit qu'ils avaient des craintes par rapport à l'utilisation de ce
mot-là. On a reçu des lettres, plusieurs par courriel; il y a eu des lettres
officielles qui ont été envoyées également par les centrales syndicales; il y a
eu des lettres qui ont été envoyées aussi à travers les médias — pas
plus tard que, je pense, aujourd'hui, il y avait encore des lettres ouvertes
qui paraissaient dans les médias — puis c'est beaucoup la notion
d'entrave qui pose problème, c'est vraiment cette... cette... cette notion-là
qui est importante, pour moi.
Donc, moi, ce que j'ai envie de proposer,
Mme la ministre, là, c'est qu'on se concentre... qu'on y aille par étapes :
qu'on se concentre d'abord sur ce qui est sûr, sur ce qui est solide, sur ce
qui est clair aux yeux des tribunaux, et travailler sur la menace, <travailler...
M. Grandmont :
...et
travailler sur la menace, >travailler sur le harcèlement, travailler sur
l'intimidation. Ce sont des gestes qui sont interdits au Québec. On ne peut pas
faire ça en milieu de travail. Les milieux de travail normaux, là, en dehors...
je parle en dehors des fonctions électives, ont déjà des mécanismes pour
légiférer là-dessus, ont déjà des mécanismes pour le prévenir, pour le
dénoncer, pour... pour arbitrer puis pour mettre en place des mesures pour
l'empêcher ou pour punir. Donc, on a ces dispositions-là qui existent déjà.
Moi, la notion d'entrave, là, je la trouve
trop floue, trop inquiétante, au regard notamment, là, de la liberté
d'expression, de la liberté de se réunir pacifiquement, et donc du droit de
manifester. Ce que je propose, c'est qu'à court terme on adopte... qu'on puisse
avancer dans le projet de loi, qu'on adopte la partie ou les parties, les
articles qui touchent davantage les comportements qu'on veut restreindre, puis
de l'autre côté, la partie d'entrave, là, bien, qu'on y revienne plus tard.
Commençons par mettre en place un régime dans lequel on va intervenir sur la
question du harcèlement, des menaces et de l'intimidation. Quand ce sera fait,
puis si on voit qu'on a besoin de redurcir la loi, on se refera un omnibus dans
lequel on viendra ajouter d'autres notions pour venir encadrer peut-être des
parties qui auraient été oubliées ou qu'on pourrait améliorer. Mais la partie
qui me semble la plus solide, la plus sûre et aussi la partie sur laquelle, à
mon sens à moi, me semble la plus urgente d'agir, c'est la partie qui touche
les comportements qu'on veut proscrire. L'entrave, c'est se mettre le pied
ou... le pied ou la main dans un panier de crabes. En tout cas, je dirais ça
comme ça. C'est un panier de crabes, c'est une boîte de Pandore, c'est... Il y
a plusieurs expressions pour caractériser ce que ça peut représenter, là, mais
plusieurs organismes de la société civile nous ont mis en garde quant à
l'utilisation de ces termes-là, de ce concept-là dans le projet de loi n° 57.
Donc, je vous le demande, c'est ce que je
vous propose, ça me semble raisonnable. Commençons par travailler sur ce qui
est solide, les comportements, puis par la suite, s'il y a besoin de corriger,
on fera un autre projet de loi, un autre omnibus. Il nous reste du temps d'ici 2026.
Je suis sûr que Mme la ministre pourra, d'ici 2026, corriger la situation
et pourra tout aussi bien se bercer dans sa chaise berçante plus tard avec le
sentiment du devoir accompli.
Le Président (M. Schneeberger) : Alors,
commentaires sur le dépôt du sous-amendement? Non? Oui.
Mme Setlakwe : ...M. le
Président...
Le Président (M. Schneeberger) : Vous
avez le droit.
Mme Setlakwe : ...je me
demandais si la ministre intervenait.
Mme Laforest : Bien, en fait,
on a discuté précédemment assez longuement, mais la notion d'entrave est
importante parce qu'elle est reliée vraiment dans les fonctions électives.
Donc, c'est sûr qu'on parlait d'entrave, empêcher le travail de l'élu puis
c'était important de le mentionner. Ça fait qu'on ne peut pas l'enlever,
certain, puis on l'a expliqué vraiment plusieurs fois tantôt, là, comment...
comment c'était important le mot «entrave». On essayait de trouver des
synonymes, puis, bref, c'est le meilleur des... des... c'est la meilleure
expression pour s'attacher avec la fonction de l'élu. Alors, voilà. Merci, M.
le Président.
Le Président (M. Schneeberger) : Merci.
M. Grandmont : ...Mme la
ministre, c'est le fait qu'ils subissent des menaces, du harcèlement et de
l'intimidation. C'est vraiment ça qui entrave le travail. C'est pour ça que
tantôt j'étais d'accord avec la proposition de mon collègue des Îles-de-la-Madeleine,
c'est ce qui est le principal moteur du désintérêt, ou des démissions, ou
des... de la difficulté de travailler au sein d'un conseil municipal, c'est le
fait qu'on subit des pressions, c'est le fait qu'on subit des menaces, du
harcèlement, de l'intimidation.
La notion d'entrave, là, elle réfère à
d'autres choses, d'autres concepts qui... qui laissent croire qu'il y aurait
des chances, effectivement, d'entraver ou de limiter la capacité pour les gens
d'exprimer leur point de vue dans certaines situations. Et ça aussi, c'est
dommageable. Ça aussi, c'est important de le souligner. C'est potentiellement
dangereux pour notre démocratie dans laquelle on respecte, on reconnaît la
liberté d'expression, notamment, comme un droit fondamental au Québec. Tant que
ce mot-là va être là-dedans, on va avoir des gens qui vont, à juste titre, je
pense, craindre pour la liberté d'expression au Québec. Ça va continuer. Ça
risque d'être contesté. Ça va se retrouver devant les tribunaux.
Le Président (M. Schneeberger) : Députée
de Mont-Royal—Outremont, parfait, allez-y.
Mme Setlakwe : Merci. Bien,
c'est sûr que le mot «entrave» seul, là, sans qualification, ça pose un
problème. Donc, dans ce sens-là, moi, j'ai tenté de... on... nous avons tenté
de le faire modifier en ajoutant «abusive». Toutefois, là, si on l'enlève
complètement...
Bien, j'ai peut-être... avant de
continuer, j'ai une question pour mon collègue de Taschereau. Est-ce qu'en
enlevant «entrave» ici, vous souhaitez aussi faire comme notre collègue des Îles-de-la-Madeleine
et retirer la notion d'entrave à l'article 3 qui traite du nouveau recours
en <injonction...
Mme Setlakwe :
...la
notion d'entrave à l'article 3 qui traite du nouveau recours en >injonction?
M. Grandmont : Moi, c'est... Évidemment,
là, là, je propose, là... je travaille sur l'article 1, évidemment, il y
aurait de la concordance à faire si on adopte ma proposition.
Mme Setlakwe : OK, merci.
Bon, si on enlève simplement «sans entraves et», à mon sens, là on devient
restrictif dans l'article 1 qui énonce l'objet. Et vous me corrigerez, là,
mais, puis je ne veux pas être redondante par rapport à ce que j'ai dit
précédemment, mais je pense qu'à chaque fois ça vaut la peine de faire valider
notre compréhension, moi, ce que je vois, c'est que l'objet doit être assez
large, il doit... Dans le fond, on cherche à trouver un libellé qui expose,
oui, l'objet, la protection des élus, mais on ne veut pas restreindre la
participation citoyenne, mais qui cherche aussi à résumer, en quelque sorte, ou
à exposer un sommaire des différentes mesures ou des différents recours qu'on
introduit dans la loi un petit peu plus loin. J'en vois trois.
• (17 h 50) •
Je vois à 3, à l'article 3, le
nouveau recours... le nouvel outil qui est offert aux élus d'entamer une
procédure en injonction, et là, je me répète, dans ce cas-là, on ne traite pas,
dans le libellé actuel, on ne parle pas de menaces, harcèlement, intimidation.
Moi, j'ai compris qu'il peut y avoir des situations où un... On veut donner la
possibilité à un élu de demander une injonction pour qu'un comportement, que ce
soient des propos ou des gestes, cesse de façon urgente parce que ça constitue
une entrave de manière abusive à l'exercice de ses fonctions, et là, il y a
tout le reste des critères que le juge va devoir appliquer. Est-ce que c'est
une bonne compréhension de l'article 3 sur l'injonction? L'injonction ne
parle pas, là... c'est... on parle... on ne parle pas de menaces, harcèlement,
intimidation. Alors...
Mme Laforest : ...
Mme Setlakwe : OK, oui? Alors
donc, si on enlève «entraves» puis on dit que la loi vise juste à protéger
l'élu de menaces, de harcèlement et d'intimidation, bien là, on escamote le
recours en injonction tel que stipulé ici. C'est exact?
Mme Laforest : Oui.
Mme Setlakwe : Je regarde le
légiste aussi. Merci.
Dans un deuxième temps, il y a un autre...
un autre outil qui est offert à l'article 4 et qui vient créer une
infraction pénale, pas un crime, une infraction pénale pour quiconque va venir
causer du désordre de manière à troubler de façon abusive le déroulement de la
séance de conseil. Ici, on ne vise pas nécessairement... le comportement ne
vise pas forcément un élu directement. Est-ce que je me trompe? Je ne me trompe
pas? Le comportement à 4, il... il...
Mme Laforest : Pas directement.
Mme Setlakwe : ... le citoyen,
ce n'est pas nécessairement un geste qui est directement visé vers un élu, qui
vise directement un élu. Donc...
Mme Laforest : Ça peut... Ça
vise le conseil municipal, la...
Mme Setlakwe : Oui. Donc, la
personne... Donc, ici... donc, OK. Moi, je le comprenais comme ça aussi. Une
personne, et ça arrive, se présente dans une institution démocratique, là, un
conseil municipal où on a tout à fait le droit de venir et d'exposer notre
point de vue, mais si on vise le cas d'une personne qui vient causer du
désordre de manière à troubler de façon abusive le déroulement de la séance,
ça, ça peut avoir un effet sur les élus et ça peut avoir un effet sur les
autres citoyens qui ont envie de se prononcer. Ça, c'est quelque chose, je
trouve, qu'on ne dit pas suffisamment. Quand on cause un désordre dans un
conseil municipal, c'est sûr que ça affecte les élus, mais je pense que c'est
important qu'on dise aussi que des citoyens qui auraient envie de venir exposer
une problématique ou exprimer un point de vue, s'adresser à leurs élus et qui
voient ce désordre, ce cirque, ce chaos se dérouler sans conséquence, bien, il
y a un impact. Moi, j'appelle ça la majorité silencieuse. La majorité
silencieuse qui voit ça, qui voit que ça se fait en toute impunité, se dit :
Ouf! Moi, je n'irai peut-être pas. Alors, moi, je le voyais d'une façon large,
l'article 4. Est-ce que je le comprends bien?
Mme Laforest : Tout à fait.
Mme Setlakwe : OK. Et donc
l'article 4 ne serait pas... Il me semble que, là, avec le nouveau
libellé, je ne vois pas que le concept est inclus dans l'objet de la loi.
Est-ce que je me trompe?
Mme Laforest : Tout à fait
aussi.
Mme Setlakwe : Mais donc ça fait
partie de ce qu'on veut protéger. On veut protéger l'élu, pas juste... on ne
veut pas le mettre à l'abri uniquement de menaces, de harcèlement et
d'intimidation, on veut mettre... on veut le mettre, lui, à l'abri, les autres
citoyens et toute l'institution à l'abri de ce genre de comportement là qui
trouble une instance démocratique.
Mme Laforest : Oui,
exactement.
Mme Setlakwe : Bon, merci.
Et troisièmement, on crée l'infraction
pénale à 5, où là, on a effectivement des menaces, de l'intimidation ou du
harcèlement qui viennent entraver les fonctions d'un élu. Là, je trouve que le
libellé rejoint plus ce qui est proposé à 1, n'est-ce pas?
Mme Laforest : Oui, aussi.
Mme Setlakwe : OK, mais 1, là,
1 ne... avec ce libellé-là, je suis obligée de dire que ça ne convient pas au
régime qu'on vient mettre place pour protéger...
Mme Laforest : Merci
beaucoup.
Mme Setlakwe : ...selon moi.
Mais je continue de... je maintiens qu'«entraves» seul, sans le qualifier, ce
n'est peut-être pas <idéal.
Mme Setlakwe :
...«entrave»
seul, sans le qualifier, ce n'est peut-être pas >idéal.
Le Président (M. Schneeberger) : Ça
va? Député de Taschereau.
M. Grandmont : Bon, d'une
part, je ne réargumenterai pas sur l'amendement... sur la modification... je ne
réargumenterai pas sur le... l'article 1. J'irai plutôt plus sur des
éléments que ma collègue de Mont-Royal—Outremont a nommés.
D'une part, l'article 4 : Lors d'une séance... «Quiconque, lors d'une
séance de tout conseil d'un organisme municipal, cause du désordre de manière à
troubler de manière abusive le déroulement de la séance est passible d'une
amende d'au moins 50 $ et d'au plus 500 $.»...
Des voix : ...
M. Grandmont : Excusez-moi,
j'ai de la misère à m'entendre parler.
Le Président (M. Schneeberger) :
...la parole.
M. Grandmont : Merci. Donc,
je répète, l'article 4 : «Quiconque, lors d'une séance de tout
conseil d'un organisme municipal, cause du désordre de manière à troubler de
manière... de façon abusive le déroulement de la séance est passible d'une
amende d'au moins 50 $ et d'au plus 500 $.» Là-dedans, il n'y a pas
de référence à l'entrave.
Puis par ailleurs il existe déjà dans plusieurs
municipalités... Bien, en fait, les municipalités ont la possibilité de
réglementer la... le bon déroulement de leur conseil municipal. J'ai quelques
exemples, si je ne me trompe pas.
Municipalité de Val-des-Lacs, à
l'article 8. Je vais vous le lire parce que c'est quand même intéressant. «Article 8 — Ordre
et décorum.
«Le maire ou la personne qui préside la
séance maintient l'ordre et le décorum durant les séances du conseil municipal.
Il peut ordonner l'expulsion de l'endroit où se tient une séance de toute
personne qui en trouble l'ordre et le bon déroulement, notamment :
«en utilisant un langage grossier,
injurieux, violent ou blessant ou en diffamant quelqu'un;
«en criant, chahutant;
«en faisant du bruit;
«en s'exprimant sans en avoir obtenu au
préalable l'autorisation;
«en posant un geste vulgaire;
«en interrompant quelqu'un qui a déjà la
parole;
«en entreprenant le débat avec le public;
«en ne respectant pas la procédure
mentionnée au point 10.4;
«en ne se limitant pas au sujet en cours
de discussion.»
Dans la municipalité de Mille-Îles, donc
on est du côté de Laval, à l'article 18. Je vais me permettre de le lire
aussi parce que c'est intéressant. On est plus synthétique dans Mille-Îles. «Tout
membre du public présent lors d'une séance du conseil doit s'abstenir de crier,
chahuter, de chanter, de faire du bruit ou de poser tout autre geste
susceptible d'entraver le bon déroulement de la séance.»
À Montréal, à l'article 36. Je vais
me permettre de le lire parce que c'est intéressant aussi. Ah! je l'ai passé. «Une
question doit être posée au président de la séance dans la forme interrogative
et ne contenir que les mots nécessaires pour obtenir les renseignements
demandés. Elle doit se rapporter à une matière d'intérêt public qui relève des
attributions de l'arrondissement.
«Est notamment irrecevable une question :
«1. qui est malveillante à l'égard
d'autrui;
«2. dont la réponse constituerait une
opinion personnelle.
«Sont également prohibés durant la période
de questions :
«1. l'utilisation d'un langage injurieux
ou obscène;
«2. les débats entre personnes présentes
dans l'assistance ou entre ces dernières et les membres du conseil ou les
officiers.»
Ça fait que mon point là-dedans, M. le
Président, c'est assez simple. C'est que d'une part, les conseils municipaux
ont déjà la possibilité de réglementer leurs conseils municipaux. On n'a pas
besoin d'avoir un projet de loi qui traite d'entraves. Les conseils municipaux
ont cette possibilité-là de le faire. On peut bien rajouter... On peut bien
rajouter un mécanisme pour... puis encore là, moi, je suis très critique de ça,
là, mais on peut... on peut rajouter des mécanismes, mais les conseils
municipaux ont déjà cette possibilité-là.
Par ailleurs, à l'article 5,
évidemment, si on adoptait mon sous-amendement, il faudrait faire sauter, là,
la partie où on parle... On en parle-tu? Oui, «entrave». Puis encore, on
pourrait le garder parce qu'il n'y a pas vraiment de référence à
l'article 1, là : «Quiconque entrave l'exercice des fonctions d'un
élu municipal en le menaçant, en l'intimidant ou en le harcelant de façon à lui
faire craindre raisonnablement pour son intégrité ou sa sécurité est passible d'une
amende d'au moins 500 $ et d'au plus 1 500 $.» Ça ne serait
pas incohérent même que de le garder.
Donc, moi, je ne vois pas d'incohérence,
je ne vois pas d'impossibilité pour les conseils municipaux, par ailleurs, de
réglementer leur... la bonne marche, le bon déroulement des conseils
municipaux. Je pense que mon... ma proposition de sous-amendement est tout à
fait raisonnable, nous ramène à la notion de protection des élus, des gestes
qu'on veut éviter de citoyens envers ces élus-là, d'intimidation, de
harcèlement, de menaces. C'est ce qu'on veut prohiber. C'est ce qu'on veut interdire.
Mettons un travail... Faisons les choses dans l'ordre et par étapes. Commençons
par travailler sur ce qui est sûr, ce qui est solide, des notions qui sont bien
claires pour les <tribunaux...
M. Grandmont :
...ce
qui est solide, des notions qui sont bien claires pour les >tribunaux,
et de l'autre, travaillons à garder du temps, revoir la notion d'entrave,
voyons si elle est nécessaire dans un avenir prochain. Comme je le disais, on a
jusqu'à encore 2026, donc on a encore deux ans devant nous pour revenir à
la charge, si on se rend compte qu'au bout d'une année, deux années, le
projet de loi n° 57 ne va pas assez loin. C'est ce que je dirais, M. le
Président.
Le Président (M. Schneeberger) : Merci.
Alors, à ce moment-ci, nous allons suspendre les travaux jusqu'à
19 h 30.
(Suspension de la séance à 18 heures)
19 h (version révisée)
(Reprise à 19 h 34)
Le Président (M. Schneeberger) : Alors,
bonsoir à tous. Alors, la Commission de l'aménagement du territoire reprend ses
travaux. Alors, je rappelle que nous poursuivons l'étude détaillée du projet de
loi n° 57, Loi édictant la Loi visant à protéger les élus et à favoriser
l'exercice sans entraves de leurs fonctions et modifiant diverses dispositions
législatives concernant le domaine municipal.
Alors, avant la suspension, nous en étions
à l'article 1, et il y avait un sous-amendement déposé par le député de
Taschereau. Alors, je veux juste vérifier s'il n'y avait pas d'autre
intervention.
M. Grandmont : Bien oui, je vais
continuer.
Le Président (M. Schneeberger) : Oui,
intervention. Alors, député de Taschereau.
M. Grandmont : Juste avant de
continuer, M. le Président, il me reste combien de temps...
19 h 30 (version révisée)
M. Grandmont : …juste avant de
continuer, M. le Président, il me reste combien de temps?
Le Président (M. Schneeberger) : 6 min 30 s.
M. Grandmont : 6 min 30 s.
Parfait. Merci. Donc, voilà, tout à l'heure, j'ai énuméré puis lu, en fait, des
parties de règlements municipaux qui venaient encadrer le bon fonctionnement, l'ordre,
le décorum de certaines municipalités au Québec, là. J'ai parlé de quatre... de
trois cas, Val-des-Lacs, dans les Laurentides, les Mille-Isles et Montréal, donc,
trois municipalités avec des tailles différentes, des moyens différents, des...
des situations, des conditions, des... donc, des milieux très différents les
uns des autres. Et dans chacun des cas on se rend compte, dans le fond, que les
conseils municipaux de toutes les villes du Québec, peu importe leur taille,
peu importent leurs moyens, sont capables de réglementer l'ordre et le décorum
au sein de leur conseil municipal, et plus particulièrement la période des
questions... et aussi, en fait, la période des questions, pas plus
particulièrement, mais aussi la... Donc, on voit qu'on est capable, quand même,
de faire un gros ménage dans tout ce qui touche le langage grossier, injurieux,
violent, blessant, diffamant, le fait de crier, de chahuter, de faire du bruit,
de s'exprimer sans avoir obtenu au préalable l'autorisation, de poser des
gestes vulgaires, d'interrompre quelqu'un qui a déjà la parole, d'entreprendre
un débat avec le public, de ne pas respecter les procédures, de ne pas se
limiter... de se limiter au sujet de... en cours de discussion.
Donc, moi, je repose ma question, parce
que je reviens avec mon sous-amendement, là, qui vient, dans le fond, biffer la
notion de sans entraves : En quoi on a besoin de traiter de l'entrave dans
un projet de loi qui vise à protéger les élus de comportements qui sont de l'ordre
de l'intimidation, du harcèlement, de la menace, alors que les municipalités
ont le pouvoir de réglementer la bonne tenue des séances du conseil municipal?
Mme Laforest : Bon, bien,
juste pour corriger, là, les séances du conseil municipal, là, puis ça, c'est
dans le projet de loi aussi, là, on veut obliger les conseils municipaux d'avoir
une régie interne pour la séance du conseil municipal. Parce que, vous avez
raison, là, il y a des municipalités qui ont déjà une régie interne, sauf que
ce n'est pas uniforme du tout, du tout à la grandeur du Québec. Donc, ce qu'on
veut, c'est harmoniser et obliger les séances... les conseils municipaux à
adopter une régie interne pour la séance du conseil. Ça, c'est la première des
choses. Parce que vous avez nommé des municipalités où il y en a, mais ce n'est
pas comme ça partout au Québec.
L'autre chose. Si on recommence à discuter
«sans entraves», bien, moi, honnêtement, je vais le redire, on a discuté
énormément du mot «entraves», et je pense que je répéterai les mêmes choses qu'on
a dites aujourd'hui.
M. Grandmont : Bien, en tout
cas, force est de constater qu'on n'a pas été convaincus, de notre côté en tout
cas, parce qu'on dirait qu'on a tous les outils, même en enlevant le mot
«entraves», là, on a tous les outils pour être capables de protéger
adéquatement les élus municipaux de ce qui cause une source de stress
importante. D'un côté, on a effectivement... si on l'enlève, là... on garde les
notions de «menaces», de «harcèlement», d'«intimidation», d'«agression»
fonctionnelles dans le projet de loi. Ce sont des notions qui sont bien
claires, qui sont comprises par les tribunaux. De l'autre côté, on sait que des
municipalités ont déjà le pouvoir de réglementer et d'avoir leurs propres codes
pour la bonne tenue des séances du conseil municipal.
Vous dites que vous voulez aller plus loin
et, disons, inciter fortement... Je ne sais pas si c'est le bon terme, là, mais
en tout cas vous voulez obliger, peut-être, je ne sais pas, là, mais vous
voulez inciter, à tout le moins, là, les municipalités à se doter d'un code
pour être capables de... d'une régie... Je ne me souviens plus du terme que
vous avez employé, je suis désolé. Mais donc, dans le fond, vous voulez que les
municipalités s'obligent à aller vers des codes pour être capables d'articuler
un règlement qui viendrait encadrer le bon fonctionnement. Donc, je ne vois pas
l'utilité de garder le mot «entraves», d'autant plus que c'est le terme qui
pose problème au regard de différents acteurs qu'on a entendus soit en
audiences, ici, soit à l'extérieur dans les médias. Donc, non, je demeure à
convaincre.
Mme Laforest : Bien, vous
demeurez à convaincre, mais en même temps, tous les groupes qu'on a rencontrés,
il n'y a personne, il n'y a pas un groupe qui a parlé... qui a mentionné... ou
qui a parlé contre le mot «entraves», ça, c'est important de le mentionner,
dans toutes les consultations. Non, mais c'est vrai, le mot «entraves» ne
dérangeait pas les groupes du tout, du tout.
Mais le mot «entraves», en fait, c'est
simple... c'est simple. Je sais que vous n'appréciez pas ce mot-là, mais en
même temps il faut le relier dans la fonction de l'élu. Puis qu'est-ce qui va
faire qu'un élu peut être menacé, <harcelé ou...
Mme Laforest :
...
dans la fonction de l'élu. Puis qu'est-ce qui va faire qu'un élu peut être
menacé, >harcelé ou intimidé, c'est dans l'exercice de ses fonctions.
Puis qu'est-ce qu'on veut attacher, c'est le lien entre le citoyen qui empêche
l'élu de travailler, de faire ses fonctions électives. Donc, un citoyen qui
empêche l'élu de faire ses fonctions électives, c'est... ce sont des entraves
durant sa période de travail d'élu municipal. Donc, il y a un lien,
directement. On ne pourrait pas dire : En favorisant l'exercice des
fonctions électives au sein des institutions municipales québécoises, à l'abri
des menaces. Parce que peut-être que.... même s'il y a des menaces ou du
harcèlement, ça ne l'empêche pas de travailler. C'est là qu'il faut vraiment
ajouter...
Puis, comme je le dis, il faut bien
expliquer, pour que l'injonction soit claire et transparente pour le tribunal, donc,
on ajoute «sans entraves». Mais je l'ai... j'en ai parlé toute la journée.
Alors, ça revient quand même à la même définition. Je sais que vous n'êtes pas
convaincu, mais je n'ai pas à vous convaincre. L'important, c'est de donner des
outils au tribunal pour qu'il puisse baliser les procédures de menaces, de
harcèlement et d'intimidation envers les élus municipaux.
• (19 h 40) •
M. Grandmont : Mais
actuellement ces termes-là sont déjà balisés.
Mme Laforest : Les termes
«menaces», «harcèlement», «intimidation», oui. Mais comme je l'explique, pour les
élus municipaux, il y a un vide que nous, on doit ajouter dans la loi.
M. Grandmont : Bien, écoutez,
vous avez dit tantôt qu'il n'y a aucun groupe qui a manifesté de
l'opposition...
Mme Laforest : Ils n'ont pas
parlé d'entraves, là.
M. Grandmont : ...à
l'utilisation du terme «entraves». Il y en a eu, des groupes qui sont venus
dire que ça n'avait pas de bon sens. Il y a des groupes qui ont même dit que
tout le chapitre I allait trop loin, qu'il y a déjà des dispositions qui
existent actuellement qui permettent aux élus de se défendre et que l'entrave
allait trop loin. Il y a des groupes qui se sont prononcés contre l'utilisation
du mot «entraves» spécifiquement. Il y a des choses qui sont... Il y a des...
Il y a plusieurs acteurs de la société civile qui se sont... qui se sont
inquiétés de l'utilisation de ce terme-là.Vous avez reçu... Vous avez
reçu les mêmes lettres que moi, vous avez reçu les mêmes communications, vous
avez lu les mêmes articles, les mêmes lettres ouvertes que moi.
Mme Laforest : Moi,
l'article 3, ça, oui, c'est vrai, vous avez raison, au niveau des groupes,
il y a eu des... Les groupes se sont exprimés puis avec certains
questionnements avec l'article 3. Ça, vous avez raison, puis c'est pour ça
qu'on a ajouté les amendements, d'ailleurs.
M. Grandmont : La... Pardon?
Les amendements? Oui, OK. Excusez-moi, je n'avais pas compris. Non, moi, je
demeure toujours à convaincre, je ne crois pas qu'on arrive à... Puis, comme je
le dis, je pense proposer quelque chose qui me semble raisonnable.
Ce qu'on veut faire, c'est, évidemment,
protéger les élus contre des comportements qui les empêchent de faire leur
travail convenable, qui les découragent de se présenter au boulot à tous les
matins, d'arriver au conseil municipal, de se présenter devant les foules, parce
qu'ils ont peur, parce qu'ils sont tannés, ils sont essoufflés d'être harcelés,
d'être intimidés, d'être menacés. Ça, je le comprends. Puis on veut les
protéger, ces élus-là, comme on veut protéger... j'aimerais mieux qu'on
travaille dans un climat plus sain aussi à l'Assemblée nationale, à bien des
égards, des fois entre élus puis aussi dans notre relation avec certains
citoyens. Ça pose problème des fois. Puis c'est vrai que c'est essoufflant, c'est
éreintant, puis je veux qu'on les protège.
Mais, en même temps, moi, je reviens à ça,
là, l'entrave, là, la façon qu'on envoie ça aux tribunaux en leur disant :
Débrouillez-vous pour bâtir une jurisprudence, parce qu'il n'y a rien pour
l'instant, là, débrouillez-vous pour bâtir une jurisprudence. Moi, j'ai
vraiment peur que ce soient beaucoup de cas qui soient envoyés directement
là-bas, qu'on ralentisse ou qu'on engorge le travail de la Cour supérieure, ou,
de la même façon, c'est que ce soit éventuellement contesté. Puis, après ça,
qu'est-ce qu'il restera de tout ça? Je ne sais pas, mais j'ai des craintes.
Donc, je trouve que c'est juste plus
prudent d'y aller par étapes, commencer par retirer le mot «entraves», qui pose
problème, à mon avis, garder les termes qui sont plus sûrs, qui ont déjà une
assise juridique. Les menaces, le harcèlement, l'intimidation, c'est ça qui
pose problème pour les élus. Puis on verra si on a besoin d'aller plus loin
avec la notion d'entrave par la suite.
Mme Laforest : Mais
honnêtement je ne suis pas tout à fait d'accord, M. le Président, si je peux
m'avancer, pour dire que, là, bref, on envoie ça, puis on va avoir énormément
de causes. C'est sûr que si, admettons, on a... on n'attache pas et on ne relie
pas les menaces, le harcèlement et l'intimidation avec les fonctions électives
de l'élu qui, lui, est entravé avec ces mesures-là, ces menaces, le
harcèlement, l'intimidation dans le cadre de son travail, bien là, c'est sûr. Mais
on vient tellement bien l'expliquer, donc à ce moment-ci le juge ou peu
importe, là... C'est tellement bien expliqué. Donc, il faut que ce soit durant
ses fonctions, il ne faut pas que ça entrave son travail. Puis on touche les
menaces, harcèlement, intimidation. Mais ce que vous dites, c'est que, si on
enlève «entraves», je comprends qu'il y aurait énormément de causes, là, parce
que ce n'est <même pas à...
Mme Laforest :
... je
comprends qu'il y aurait énormément de causes, là, parce que ce n'est >même
pas à l'intérieur de de son travail nécessairement, puis ça ne l'empêcherait
pas nécessairement de faire ses fonctions électives. Donc, «entraves» est
important d'être ajouté dans l'article.
M. Grandmont : ...parce qu'on
est élu 24/7, un peu, en quelque part, là. Il y a des menaces, je veux dire,
des commentaires de toutes sortes, de toutes natures, il y en a sur les médias
sociaux. Est-ce que, quand je suis en train de consulter mes réseaux sociaux,
par exemple, si je suis dans la rue, chez nous... Tu sais, on n'est pas tout le
temps dans la... dans le... Comment je dirais ça? J'ai de la misère à voir la
nuance entre être en fonction, ne pas l'être. L'application de la notion
d'entrave, ce n'est pas clair pour moi, avec ce que vous venez de dire, là.
Le Président (M. Schneeberger) : ...votre
temps est écoulé, M. le député de Taschereau.
M. Grandmont : Bien, j'ai
posé une dernière question. Je ne sais pas si Mme la ministre peut répondre,
là.
Mme Laforest : À qui? Quoi?
Excusez.
M. Grandmont : C'est parce
que vous avez ouvert, comme, un front. Je m'excuse de dépasser, je veux juste
répéter ma question, M. le Président, là. Vous avez dit que c'était dans le
cadre de ses fonctions, que, s'il n'y avait pas la notion d'entrave, ce
serait... donc celui-ci... il pourrait y avoir des plaintes ou des demandes
d'injonction en tout temps. Or, quand on est élu, on est un peu élu 24/7. Puis
donc on parlait aussi de cas où on peut être sur les médias sociaux puis
recevoir du harcèlement, des menaces. Même chose, si on va à l'épicerie, on
n'est pas en fonction, mais en même temps on est...
Mme Laforest : Mais là...
M. Grandmont : ...on est susceptible
de recevoir des commentaires. Je voudrais juste que vous clarifiiez ce que vous
venez de dire, là.
Mme Laforest : Mais, dans une
situation comme ça, par exemple à l'épicerie, bien, encore une fois, c'est bien
défini, il peut appeler la... l'élu pourrait appeler la police, là, la police...
immédiatement, la police municipale. Mais ça dépend des cas, ça dépend des
situations.
Le Président (M. Schneeberger) : Alors,
nous allons mettre aux voix l'amendement, si je n'ai pas d'autre intervention.
Alors, le... Est-ce que le...
M. Grandmont : Par appel
nominal, s'il vous plaît.
Le Président (M. Schneeberger) : Oui,
par appel nominal, bien sûr. Alors, est-ce que l'amendement déposé par le
député de Taschereau est adopté?
M. Grandmont : C'est un
sous-amendement, mais je suis pour.
Le Président (M. Schneeberger) : Un
sous-amendement, oui. Pardon.
Le Secrétaire : Pour, contre,
abstention. M. Grandmont (Taschereau)?
M. Grandmont : Pour.
Le Secrétaire : Mme Laforest
(Chicoutimi)?
Mme Laforest : Contre.
Le Secrétaire : M. Girard
(Lac-Saint-Jean)
M. Girard (Lac-Saint-Jean) : Contre.
Le Secrétaire : M. Gagnon
(Jonquière)?
M. Gagnon : Contre.
Le Secrétaire : Mme Dionne
(Rivière-du-Loup—Témiscouata)?
Mme Dionne : Contre.
Le Secrétaire : M. Rivest
(Côte-du-Sud)?
M. Rivest : Contre.
Le Secrétaire : Mme Setlakwe
(Mont-Royal—Outremont)?
Mme Setlakwe : Contre.
Le Secrétaire : M. Ciccone
(Marquette)?
M. Ciccone :Contre.
Le Secrétaire : MmeRotiroti (Jeanne-Mance—Viger)?
Mme Rotiroti : Contre.
Le Secrétaire : M.Schneeberger (Drummond―Bois-Francs)?
Le Président (M. Schneeberger) : Abstention.
Alors, l'amendement est rejeté. Nous revenons sur l'article 1 original.
Alors, est-ce qu'il y avait... Oui, député de Marquette.
M. Ciccone :Merci beaucoup, M. le Président. Mme la ministre, vous
allez voir, là, qu'on vous a écoutée. J'ai pris des notes, je vais vous citer.
Je vais déposer un sous-amendement, M. le Président.
Le Président (M. Schneeberger) : Alors,
parfait. Est-ce que le greffe l'ont?
M. Ciccone :Il est là, oui.
Le Président (M. Schneeberger) : Oui?
Parfait. Alors, vous...
M. Ciccone :On peut continuer?
Le Président (M. Schneeberger) : Faites-en
la lecture, oui, exactement.
M. Ciccone :Parfait. On va le mettre à l'écran. Je vais le lire, puis
après ça, bien, on va... je vais l'expliquer. Alors, article 1 : Modifier
l'amendement proposé à l'article 1 du projet de loi par l'insertion dans
l'article 1 de la Loi édictée :
1° par la suppression des mots «sans
entraves et»;
2° par le remplacement de «à l'abri
des menaces, du harcèlement et de l'intimidation,» par «L'exercice de telles
fonctions doit notamment être à l'abri des menaces, du harcèlement et de
l'intimidation qui pourrait entraver leur travail, et ce,».
Alors, je vais vous faire la lecture
complète :
«La présente loi vise à valoriser le rôle
des élus municipaux, à encourager la candidature aux élections municipales et à
contribuer à la rétention des élus municipaux en favorisant l'exercice des
fonctions électives au sein des institutions municipales québécoises. L'exercice
de telles fonctions doit notamment être à l'abri des menaces, du harcèlement et
de l'intimidation qui pourraient entraver leur travail, et ce, sans restreindre
le droit de toute personne de participer aux débats publics.»
Alors là, c'est dans l'objectif de trouver
un passage, là. Parce que, depuis tantôt que je vous écoute, Mme la ministre, puis
j'écris, puis je vous cite, vous avez dit bien clairement, suite au dépôt du
sous-amendement du député de Taschereau, que la notion d'entrave doit absolument
être là, c'est très important. Alors, je vous cite : «La notion d'entrave
est importante, on ne peut pas l'enlever». Il est là, «entraver». Vous avez dit
également : «Menaces qui entravent le travail d'un élu.» «Menaces qui
entravent le travail d'un élu.» Vous avez dit également : «L'exercice des
fonctions électives, peut entraver» avec les trois éléments. Vous avez encore
fait référence à «entraves» avec les trois éléments, comme il est stipulé dans
l'article 3 et <également dans...
M. Ciccone :
... référence à «entraves» avec les trois éléments,
comme il est stipulé dans l'article 3 et >également dans l'article 5
qui fait référence à «entraves» avec, justement, les éléments qu'on... qu'on a
devant nous, là, harcèlement, intimidation qui pourraient entraver le travail.
Encore une fois, je peux répéter. Je
réitère, là, que le mot «entraves», ça ne peut pas être juste tout seul, comme «intimidation»,
«harcèlement» et «menaces», parce que c'est un peu... On le voit trop large. Je
comprends vos explications. Mais de cette façon-là, on vient exactement écrire
le mot «entraves» dans, justement, l'objectif des autres articles que vous
avez... que vous avez écrits, la façon que vous avez bâti vos articles. On
vient entraver, justement... On vient utiliser le mot «entraver» pour spécifier
exactement quelle est l'entrave, au lieu de le mettre sur un sens large.
Puis, comme vous avez pu... comme vous
avez pu voir, là, parce que vous avez utilisé souvent le mot «entraves» de
façon à ce qu'il fallait le laisser large, on a ajouté «notamment», ce qui est
signifiant... ou ce qui signifie de garder les choses larges aussi, là : «L'exercice
de telles fonctions doit notamment être à l'abri des menaces». Alors, ça
respecte l'aspect large que vous voulez garder au mot «entraves». Alors, voilà,
M. le Président.
• (19 h 50) •
Le Président (M. Schneeberger) : Merci
pour les explications. Est-ce qu'il y a des commentaires suite au dépôt du
sous-amendement?
Mme Laforest : Je comprends
votre... votre approche. Mais en même temps vous... vous enlevez le mot «sans
entraves», vous ajoutez «entraver leur travail», puis les menaces, le
harcèlement, l'intimidation, tout est à... tout est à l'intérieur, comme
l'article 1 qui est présenté. En fait, c'est que le mot «sans entraves»,
vous le déplacez pour «entraver leur travail», donc à ce moment-ci c'est plus
limité. Moi, je pense qu'à ce moment-ci j'aime mieux mon article, parce que le
mien est quand même... il peut aller chercher d'autres situations plus larges
que celles où vous l'expliquez de cette manière-là. Parce qu'en fait je
comprends, là, vous avez changé des blocs de mots, mais... C'est une belle
approche, honnêtement, mais ça revient à l'article 1, puis c'est moins
limitatif, de la manière qu'on l'a écrit.
M. Ciccone :Vous avez dit que vous aimez mieux le garder plus large,
parce que ça vient limiter. Par contre, dans les autres articles, l'article 3,
l'article 5, vous limitez aussi, là, c'est restrictif, parce que vous
faites référence à certains éléments, dont justement le harcèlement,
l'intimidation. Ça vient limiter quoi, «entraves»? Parce que, dans le fond, là,
ce qu'on dit, puis on revient, ça fait longtemps qu'on en parle, là... Ça vient
limiter quoi de l'avoir seulement... si on le met justement à ces trois
éléments-là? Si on le laisse seul, ça vous donne... Quelle liberté ça vous
donne de plus? Quelle liberté ça vous donne de plus? Parce que, là, vous dites
que c'est restrictif à ces trois mots-là, mais si vous le laissez tout seul, ça
veut dire... c'est plus large. Bien, vous avez peur qu'on enlève quoi?
Mme Laforest : Bien, moi, je
pense que si... On a entendu, là, toutes les raisons de votre collègue, là, de Mont-Royal—Outremont, tantôt, qui est avocate, là, elle a
vraiment bien expliqué les mesures, pourquoi on ne pourrait pas y aller avec un
amendement comme ça.
M. Ciccone :Bon, moi, bon, c'est drôle, parce que ce n'est pas ça que
j'ai compris. Ce qu'elle plaidait, elle plaidait également sur l'aspect
d'enlever complètement le «sans entraves». Moi, il est là, là, «entraves», là,
on l'utilise... un verbe différent.
Mme Laforest : Oui, mais
c'est ça...
M. Ciccone :On le met à l'infinitif, là.
Mme Laforest : C'est ça, c'est
ça, mais qu'est-ce que...
M. Ciccone :Mais il est là, là, ça fait qu'on... Ma collègue, ce
qu'elle plaidait, elle disait qu'elle... il ne faut pas l'enlever, le mot
«entraves», là. Il est là, «entraves», là.
Mme Laforest : Mais les
entraves, là, qui ne sont pas reliées à l'intimidation ou au harcèlement,
qu'est-ce qu'on en fait?
M. Ciccone :Comme? Bien, expliquez-moi lesquelles?
Mme Laforest : Bien là,
tantôt, j'en ai donné, là, des... Un conseil municipal, par exemple... Attendez,
j'avais donné des exemples. On recommence, là. OK. Exemple, des gens qui
arrivent dans un conseil municipal, puis ça s'est passé quand même dans une
belle grande ville qu'on connaît, là, qu'il y a eu débordements, qu'il y a eu
des objets qui sont... qui sont allés partout, du papier partout, des cahiers
partout. Ensuite, quand je mentionnais, là, répéter... de manière répétitive,
injurier des élus qui assistent à la séance du conseil municipal, après ça
créer un sentiment d'insécurité quand, admettons, les gens arrivent dans un
conseil municipal, comme ça s'est passé dans une grande ville. Donc,
évidemment, c'est... on a créé un sentiment d'insécurité chez les personnes qui
étaient présentes. C'est des exemples qu'on a <donnés...
Mme Laforest :
... d'insécurité
chez les personnes qui étaient présentes. C'est des exemples qu'on a >donnés
précédemment, ça.
M. Ciccone :Bien, je suis vraiment content que vous me dites ça, Mme la
ministre, parce que tout ce que vous m'avez dit, là, ça rentre dans
harcèlement, intimidation et... Ça rentre là-dedans, là, ça rentre là-dedans.
Quelqu'un qui a peur de rentrer, c'est parce qu'il est intimidé. Lancer des
papiers, et tout ça, à un moment donné, ça rentre dans les définitions de ce
que vous me dites, là. C'est large, ça, là, «harcèlement» puis «intimidation».
On peut intimider de milliers de façons. Le harcèlement, ça peut se faire de
milliers de façons puis les menaces aussi, là. Puis là tout ce que vous m'avez
dit, ça rentre là-dedans.
Mme Laforest : Oui, mais, en
fait, là, on parle de troubler, troubler l'ordre public, en fait, là, ce que
vous parlez, là, c'est bien ça, troubler une séance de conseil municipal?
M. Ciccone :Bien, je veux dire, là, vous m'avez parlé de sentiments,
là.
Mme Laforest : Ça en est, des
menaces.
M. Ciccone :Ça, ça amène un sentiment, là. Quelqu'un que... Quand tu
troubles l'ordre public, je veux dire... Quand tu troubles l'ordre public, là,
tu appelles la police, puis ils vont arrêter, là. C'est déjà prévu dans la loi,
ça, que tu n'as pas le droit de troubler l'ordre public. Là, ici, on vient
protéger les élus, là. À moins que vous vouliez changer la loi au complet
pour... sur... que ça dépasse la protection des élus, là. Là, vous parlez de l'ordre
public. Tu appelles la police si quelqu'un...
Mme Laforest : ...je parle
des exemples que je donnais tantôt, là.
M. Ciccone :Bien, c'est ça, mais vous me parlez de l'ordre public.
Parce que les exemples que vous m'avez donnés, on peut les mettre dans chaque
catégorie, le harcèlement, l'intimidation, ce que vous m'avez dit, là. Vous
comprenez?
Mme Laforest : Mais
honnêtement...Hein? Pardon?
Des voix : ...
Le Président (M. Schneeberger) : Alors,
consentement pour la prise de parole? Oui?
M. Ciccone :Oui.
Le Président (M. Schneeberger) : Alors,
Mme Katia Petit, allez-y.
Mme Petit (Katia) : Oui.
Katia Petit, sous-ministre adjointe aux politiques au ministère des Affaires
municipales et de l'Habitation.
Donc, comme Mme la ministre l'a dit et
comme il a été expliqué à plusieurs occasions, on est vraiment dans l'objet.
L'objet, il doit s'assurer de couvrir l'entièreté de la nouvelle loi qu'on
crée. Il doit être suffisamment large pour ne pas venir trop circonscrire puis
laisser quand même de la marge de manœuvre aux tribunaux pour interpréter au
cas par cas les événements.
Et, comme il a été mentionné tantôt, c'est
que, oui, on retrouve la notion de menaces, harcèlement et intimidation à une
infraction spécifique, là, qui est à... qui est à l'article n° 5,
mais on a également l'infraction, par exemple, d'avoir troublé une séance, là,
du conseil et troublé ou empêché, là, de façon telle qu'une séance ne se déroule
pas. Puis on va l'aborder plus tard dans le projet de loi, là, c'est que, là,
on est un petit peu, là... on saute d'un article à l'autre, mais ça, ce n'est
pas nécessairement associé, par exemple, à du harcèlement, là.
Donc, il faut avoir vraiment un article
très large, puis on pense que, par la suite, il doit s'interpréter avec
l'ensemble du texte. Et, comme on l'a mentionné, on est venus apporter
différentes... différents amendements aux articles pour être sûrs que ça
s'applique uniquement à ce qu'on voulait réellement viser puis de répondre à
toutes les préoccupations des groupes, en termes de liberté d'expression et
tout. Donc, on est venus vraiment le resserrer à différents endroits.
Donc là, ici, on est vraiment dans
l'article de la loi. La ministre l'a expliqué, notre juriste l'a bien expliqué
aussi qu'il faut que ce soit suffisamment large. Et il est essentiel que «sans
entraves», ce soit associé à l'exercice de la fonction de l'élu. C'est
exactement ce qu'on vient légiférer ici. Donc, c'est un concept qui est
essentiel pour l'ensemble de la loi, donc, assurer la protection des
institutions... démocratiques, pardon, et empêcher... éviter, là... assurer que
le... que les élus exercent leurs fonctions sans entraves. Donc, c'est vraiment
l'objet de la loi, et on pense vraiment que c'est essentiel de garder ce
terme-là.
M. Ciccone :Quand vous m'avez dit... Merci beaucoup. Merci beaucoup.
Quand vous avez dit, justement : C'est pour que ça reste très large, au
niveau de l'entrave... C'est parce que, vous comprenez, puis vous êtes
pratiquement obligée de me donner raison là-dessus, c'est que «entrave», ça
peut être... ça peut être vu comme une faute, en même temps, mais aussi ça peut
être soumis à un juge, mais aussi tu peux avoir des entraves qui n'est pas une
entrave qui peut devenir... que le DPCP va le recevoir. Tu sais, je veux dire,
c'est large, mais, de l'autre côté... C'est parce que, moi... Vous voyez, vous,
de l'autre côté où il faut qu'il reste large. Mais moi, je vois de l'autre...
de l'autre sens aussi. Puis on dirait que vous avez de la difficulté à regarder
de l'autre côté aussi, où là on peut utiliser n'importe quoi pour dire :
Bien là, moi, je trouve que c'est de l'entrave, je n'aime pas ça, je ne suis
pas capable de le prendre, ça fait que je vais... je vais demander une
injonction, je vais demander ci, je vais utiliser...
J'ai peur qu'il y ait de l'abus, je vais
vous dire bien franchement, là, j'ai peur. Parce que, dans notre côté, oui, il
faut protéger, mais en même temps il ne faut pas que ça aille trop loin de
l'autre côté. Puis moi, de le laisser lâche comme ça, je trouve que ça <peut
aller trop...
M. Ciccone :
... loin de l'autre côté. Puis moi, de le laisser
lâche comme ça, je trouve que ça >peut aller trop de l'autre côté, puis
là ça va se retrouver devant le juge, le DPCP qui va dire : Non, non,
finalement, ça, c'est... il n'y a pas matière à prendre une décision là-dessus
ou à envoyer une amende, là. Ça fait que moi, je le vois de l'autre côté aussi.
On dirait que ça, la ministre, n'a pas... elle ne le voit pas beaucoup de ce
côté-là. Elle veut protéger plus un côté, qui est correct, j'en suis, puis on
est tous d'accord avec ça. Mais, de l'autre côté, je trouve que ça va un peu
trop loin.
Mme Petit (Katia) : Peut-être
préciser...
Le Président (M. Schneeberger) : ...
Mme Petit (Katia) : Merci, M.
le Président. Juste peut-être préciser que, le projet de loi, comme on l'a
mentionné, la charte continue de s'appliquer. Et à terme il y a toujours un
tribunal, il y a.... On a mis les balises pour s'assurer qu'un tribunal
pourrait se prononcer contre d'éventuels abus ou mauvaises utilisations des dispositions.
Donc, on pense vraiment qu'on a mis l'ensemble des balises pour s'assurer les
écarts dont vous faites mention.
• (20 heures) •
M. Ciccone :Je vais laisser ma collègue...
Le Président (M. Schneeberger) : Oui,
députée de Mont-Royal—Outremont.
Mme Setlakwe : Oui, si je
peux intervenir. Je ne pense pas que ce soit limitatif, parce qu'on a inséré le
mot «notamment» de façon intentionnelle, là. Ici, l'exercice... Parce que je
reconnais que l'exemple qui est... que c'est un exemple qui est donné où qu'on
vise les cas de menace, harcèlement, intimidation qui pourraient entraver le...
le travail des élus. Mais c'est notamment les autres situations qu'on a déjà,
je ne veux pas les répéter, là, mais les autres situations sont couvertes,
donc, par le libellé. Et surtout il est intéressant de venir... On fait en
sorte que le mot «entraves» demeure, mais il... il est rattaché aux notions de
menaces, harcèlement, intimidation, il n'est pas employé seul, sans
qualificatif, ce qui est quelque chose qui continue de nous agacer. Mais je ne
pense pas que ce soit limitatif, avec l'emploi du mot «notamment».
Le Président (M. Schneeberger) : Ça
va? D'autres...
M. Ciccone :Bien, je vais poser une question : Trouvez-vous qu'il
est... en mettant «notamment», est-ce que c'est limitatif ou c'est... ça le
reste, on le garde un peu plus large, justement, avec les explications qu'on a
eues, là? Est-ce que ça reste plus large? Est-ce que vous considérez qu'avec le
«notamment» on le met plus large? On dit «notamment», pas «réservé à seulement
le harcèlement, l'intimidation et les menaces», on dit «notamment».
Mme Laforest : C'est un bel
exemple, mais honnêtement, on aime mieux notre formulation.
M. Ciccone :Ça fait que vous me dites : C'est un bel effort,
Enrico, mais...
Mme Laforest : Non, mais...
Une voix : Bravo pour
l'effort!
M. Ciccone :Merci pour l'effort, Enrico!
Le Président (M. Schneeberger) : Député
de Marquette.
M. Ciccone :Ce ne sera pas une première étoile, ça va être la troisième.
C'est ça que vous me dites?
Mme Laforest : Mais les
troisièmes étoiles sont essentielles.
M. Ciccone :Quand même pas pire, troisième étoile. Mon Dieu! Écoutez...
Mme Laforest : Je comprends,
je comprends...
M. Ciccone :Je pourrai avoir essayé. Vous ne pouvez pas me dire que je
n'ai pas essayé, vous ne pouvez pas me dire que mes arguments, les arguments de
nos collègues, ici, ne sont pas valables. Encore une fois, je ne suis pas
juriste, j'aimerais tellement ça être assis dans la place de Me... Me Dumont,
peut-être que je comprendrais un peu plus vite. Mais moi, je ne le vois pas. Je
comprends qu'il faut... il y a des textes de loi, c'est important, il faut se
référer aussi à d'autres textes de loi. Mais, dans ce contexte-là qu'on vient
amener une nouvelle formule attitrée aux élus pour les protéger, le mot «limitatif»...
Puis je me suis dit : Je vais envoyer une balle courbe, je vais mettre
«notamment», elle ne pourra pas dire que c'est limitatif. Vous l'avez quand
même sorti. Je trouve ça un peu... je trouve ça plate un peu, là, mais en même
temps...
Mme Laforest : Mais ça peut
porter... Vous avez raison, par exemple, pour un... sur un point. Vous avez
dit : Je vais envoyer une balle courbe, je vais placer «notamment». Mais
pour moi, oui, il y a... il y a un sens, ça pourrait être limitatif. Mais
dans... dans un autre côté, quand on ajoute : «Doit notamment être à
l'abri des menaces, de harcèlement, d'intimidation», ça peut aussi porter à
confusion dans le sens que ça ouvre des exemples : notamment menaces,
harcèlement, intimidation. Donc là, c'est comme si on ouvre encore plusieurs
possibilités. Une autre vision, ça pourrait être ça.
Ça fait que, là, c'est sûr que ce qu'il
faut, c'est vraiment baliser au maximum la nouvelle réglementation pour agir
rapidement envers les élus municipaux. Puis ça, tu sais, ça peut porter... Il
peut y avoir deux aspects, là, sous votre... votre nouvelle formulation. Ça
fait que, oui, ça peut être d'un côté restrictif, mais, de l'autre côté, ça
pourrait être très, très large. Donc là, ça... Bref, on est mieux avec notre
paragraphe.
M. Ciccone :Mais vous... vous... Je pensais arrêter là, mais vous me
donnez tellement de jus, Mme la ministre. Vous dites, vous me dites,
tantôt : Restez large...
Une voix : ...
M. Ciccone :Non, je ne dirai pas ça, parce que je veux vous entendre
parler, parce que, là, vous allez dire : Je ne parlerai plus. Vous me
dites, tantôt : Restez large. Puis là vous venez me dire : Bien,
c'est parce qu'on veut baliser. Là, honnêtement, là, on part de 0 à 100, là. Ça
fait que, là, vous me dites que vous voulez baliser puis, juste avant, vous me
dites, vous voulez rester large. Là, je suis un... Là, déjà que je commençais à
être mêlé, là vous me mêlez encore plus, Mme la ministre...
20 h (version révisée)
M. Ciccone :...déjà que je commençais à être mêlé, là, vous me mêlez
encore plus.
Mme Laforest : Justement, c'est
ce que je voulais dire. Votre phrase est complètement... n'a pas de sens.
M. Ciccone :Mais vous avez dit que j'avais fait un bel effort, puis là,
ça n'a pas de sens.
Une voix : ... plus d'étoile,
ne mettez plus d'étoile. Il n'y en a plus.
Mme Laforest : Non, mais c'est
parce que... Bref, on est mieux de rester avec... parce que je ne veux pas
rester large.
M. Ciccone :Parfait. Baliser assez large. Merci, M. le Président.
Le Président (M. Schneeberger) : Alors,
député de Taschereau.
M. Grandmont : Merci. Bien,
moi... Moi, je comprends le sens de la proposition du député de Marquette, en
tout cas, puis il me plaît. Moi, je lui donne une étoile, je lui donne une
étoile. Non, je l'aime parce qu'effectivement, bien, il rejoint un peu ce qu'on
dit, là. En fait, là, on essaie de trouver des manières d'éviter de créer un
nouveau champ, là, en amenant un concept qui est... qui est large, qui est
vraiment large. Mme la ministre, elle dit qu'il est balisé, que le mot
«entrave» est balisé, mais dans les faits, pour nous, c'est peut-être là, la
grande différence de point de vue, au départ, parce que pour nous, il est très
large. C'est pour ça, je pense, qu'il veut... que le député, mon voisin, ici,
veut l'attacher, finalement, à... aux notions qui, elles, sont plus claires :
les menaces, le harcèlement, l'intimidation. Ça, c'est des concepts clairs sur
lesquels on est capables d'avoir des définitions claires. Un juge est capable
de se prononcer là-dessus de manière claire. C'est des concepts qui existent
déjà, il y a déjà des textes qui existent, même, jusqu'à la CNESST qui fournit
des guides pour éviter des comportements inappropriés en entreprise ou dans les
institutions, dans les sociétés d'État, etc. Pour moi, c'est clair.
Donc, en disant qu'on veut... si on suit
bien le raisonnement, là, de Mme la ministre, avec sa proposition, son
amendement original, elle dit qu'il est balisé, alors que nous, on lit
complètement l'inverse, on lit qu'on ouvre quelque chose, qu'on... c'est encore
plus large que ce qu'on... ce qu'on devrait... ce à quoi on devrait s'attaquer
à l'intérieur de ce projet de loi là.
Puis, tantôt, je me permets de revenir
quand même sur une partie, le début de l'échange que vous avez eu, le député de
Marquette et vous, Mme la ministre. Vous avez... tu sais, le député de
Marquette vous demandait : Qu'est-ce que ça permet de plus, l'utilisation
du mot «entrave»? Qu'est-ce que ça permet de faire? Qu'est-ce qui n'est pas
couvert... qui est... qui est déjà couvert, actuellement, par les lois en
vigueur? Puis vous avez parlé d'intimidation, débarquer dans le conseil, faire
du chahut, mettre des collants, que sais-je, là, qu'on peut faire, là, pendant
une manifestation, des propos injurieux, des menaces à l'endroit des députés...
des députés, des élus municipaux, des situations où on a... où il y a un
sentiment d'insécurité, des comportements qui amènent un sentiment d'insécurité.
Je vous l'ai dit tantôt, puis vous êtes d'accord, puis j'aurai une question
après, aussi, par rapport à ça, mais les municipalités sont déjà... ont déjà
les pouvoirs pour être capables de mettre en place des règlements pour encadrer
le travail lors du... de la bonne tenue, en fait, d'un conseil municipal.
Je vous ai parlé de trois villes. Je
reprends toujours celui de Val-des-Lacs, parce que je le trouve intéressant. Il
est très clair, il est très large, il vient baliser. Ils ont dû en vivre, des
histoires, là-bas, à Val-des-Lacs, pour avoir des termes aussi précis que ça,
aujourd'hui. Mais ils parlent d'éviter d'utiliser un langage grossier et
injurieux, violent ou blessant, diffamant quelqu'un, éviter de crier, de
chahuter, éviter de faire du bruit, éviter de s'exprimer sans avoir obtenu au
préalable l'autorisation, éviter de poser un geste vulgaire, éviter d'interrompre
quelqu'un qui a déjà la parole, éviter d'entreprendre un débat avec le public,
éviter de ne pas respecter la procédure, éviter... se limiter au sujet qui est
en cours lors de... dans la discussion.
Les municipalités ont déjà ces pouvoirs-là.
Tous les exemples que vous avez donnés, là, les municipalités ont le pouvoir d'agir
là-dessus. Je ne vois pas en quoi ajouter «entrave» permet ça, d'autant plus
que vous avez dit que vous vouliez... puis là, c'est là que je vais vous poser
une question, parce que vous dites que, dans votre proposition, là, dans la
version amendée de l'article 1, finalement, vous... ou c'est ailleurs,
parce que je ne l'ai pas trouvée, vous voulez vous assurer que tous les
conseils municipaux du Québec se dotent de règlements pour encadrer la bonne
tenue, l'ordre, le décorum dans les conseils municipaux. C'est où? Juste pour
savoir, parce que je ne l'ai pas trouvée tantôt, là, en cherchant rapidement.
Des voix : ...
M. Grandmont : Donc, c'est
dans un article de...
Des voix : ...
M. Grandmont : OK, parce que,
là, on a vu l'article 1 du chapitre I. C'est ça qu'on est en train de
voir, c'est ça, hein?
Le Président (M. Schneeberger) : Est-ce
que ça concerne l'article 1, votre question?
M. Grandmont : Bien, je veux
juste m'assurer... parce que je ne le trouvais pas dans l'article 1. Je
veux juste qu'on me dise c'est où?
Mme Petit (Katia) : C'est
dans la 13.33, 13 et suivants, là, dans l'ordre de notre projet de loi.
M. Grandmont : Donc, ça se
trouve...
Mme Petit (Katia) : Donc, pas
dans l'article 1, évidemment, là, qu'on est en train d'étudier. C'est plus
tard, à <partir...
Mme Petit (Katia)T :
...évidemment,
là, qu'on est en train d'étudier. C'est plus tard, à >partir de
l'article 13.
M. Grandmont : À partir de
l'article 13, donc c'est la section IV. C'est-tu ça?
• (20 h 10) •
Mme Petit (Katia) : C'est la
section Civilité, là, dans laquelle on est actuellement. C'est juste que
l'article 1, c'est juste un élément de cette section.
M. Grandmont : Oui, oui, oui.
J'essaie de le trouver. Je m'excuse, je ne le trouve pas. OK, mais on va le
voir plus tard, là. Il n'est pas encore couvert, là, pour l'instant.
Mme Laforest : Oui.
M. Grandmont :
OK. OK. OK.
Le Président (M. Schneeberger) : Parfait.
Alors...
Une voix : ...
M. Grandmont : Ah! OK, 13,
puis 331, qui est modifié. D'accord, je comprends. C'est parfait.
Le Président (M. Schneeberger) : Parfait.
M. Grandmont : Donc... Oui,
c'est ça. Donc, je reviens. Merci pour la réponse, Mme Petit. Donc, c'est
ça. Donc, je reviens avec la question de mon collègue de Marquette, là. Si les
réponses que Mme la ministre a données tout à l'heure sur ce que permettait
d'ajouter la notion d'entrave, à mon analyse, on est capables de le faire à
travers ce qu'on va faire à l'article 13 tantôt, puis ce qui est déjà
permis par ailleurs. C'est juste que là, on va s'obliger, à travers
l'article 13, de l'avoir pour l'ensemble des municipalités du Québec.
Bien, je repose la même question : Qu'est-ce que permettra l'ajout du mot
«entrave» séparé des notions, là, de menace, harcèlement et intimidation, qu'on
ne peut pas déjà faire?
Mme Laforest : Bien, il y a
une affaire, je ne comprends pas, là, puis, honnêtement, on va... peut-être,
c'est vous qui allez me répondre. Parce qu'il y a un amendement du député des
Îles et il y a un amendement du député de Marquette, puis vous êtes d'accord à
tous les amendements, mais notre amendement, vous n'êtes pas d'accord, puis
vous revenez toujours sur le mot «entrave». Moi, je le dis, là, le mot
«entrave», on doit le laisser là comme il est, puis c'est une question... c'est
une question de l'équipe du ministère de la Justice. Je pense que c'est
important. Puis je comprends, là, que vous êtes pour tous les amendements, mais
notre amendement est quand même solide, là.
M. Grandmont : Non. Je me
suis abstenu sur certains... certains amendements...
Mme Laforest : OK.
M. Grandmont : ...également
aussi, là.
Mme Laforest : OK, mais en
même temps, je comprends votre position. Vous êtes mal à l'aise avec le mot
«entrave», mais que voulez-vous, je vais répéter ce que je dis depuis ce midi :
On doit laisser le mot «entrave».
M. Grandmont : D'accord, mais
ma question, ce n'est pas...
Mme Laforest : Je le sais que
vous n'êtes pas... vous n'êtes pas... comment... convaincu. Bien, je comprends,
on applique une nouvelle mesure dans une loi. C'est nouveau.
M. Grandmont : D'accord.
Bien, moi, je fais juste ramener, en fait, ce qui a été nommé par plusieurs
acteurs que nous avons entendus, soit durant les audiences elles-mêmes, soit à
l'extérieur dans les lettres ouvertes, soit dans des lettres qui nous ont été
envoyées. Le mot «entrave» ouvre un champ nouveau qui, selon certains, risque d'amener
à certains abus puis des... une diminution de la portée de d'autres... de
d'autres droits qui sont en vigueur actuellement puis qui sont fondamentaux
pour notre société. Un droit de manifestation qui est soutenu par la liberté
d'expression et par le droit de réunions pacifiques.
Moi, c'est pour ça que je reviens souvent
sur cet enjeu-là, parce que, comme je le disais tantôt, les autres termes, pour
moi, sont très clairs. C'est l'utilisation du terme «entrave». Puis je vais
répéter ma question parce qu'on a un peu changé de sujet, là, mais je vous repose,
dans le fond, la question : Sachant qu'il est possible, pour les
municipalités, de se doter d'un code pour encadrer la bonne tenue, l'ordre, le
décorum d'un conseil municipal, sachant qu'à l'article 13, un peu plus
tard, quand on y arrivera, on viendra renforcer ce pouvoir-là, des
municipalités... On va leur demander de le faire, donc, d'encadrer, d'avoir des
articles comme celui que je vous ai lu, celui de Val-des-Lacs, celui de... des Mille-Îles,
celui de la ville de Montréal, s'assurer que tout le monde a un code pour être
capable de bien encadrer ça, sachant que tout à l'heure, quand mon collègue,
notre collègue, ici, a posé la question, vous avez répondu... Quand il vous a
demandé qu'est-ce que le mot «entrave» apportait de plus, vous avez répondu des
éléments... en fait, tous des exemples qui, à mon sens à moi, peuvent être
répondus par la réglementation municipale ou encore ce qu'on va faire à
l'article 13, bien, je vous repose la question : Qu'est-ce que le mot
«entrave», tel que vous le libellez, peut apporter de plus dans la protection
des élus, au Québec?
Mme Laforest : Le mot
«entrave», là, je pense que je l'ai assez bien expliqué. Puis on le dit, là, le
mot «entrave», c'est ce qui va empêcher un élu de travailler dans... dans ses
fonctions.
Puis l'autre chose, c'est que quand vous
parlez des groupes qui étaient... certains étaient mal à l'aise... ou dans les
lettres qu'on a eues, c'est quand c'était écrit «les entraves indues». Puis,
dans notre amendement, on a enlevé le moins «indues», ça, vous l'avez vu aussi
sûrement, là, mais on a gardé le mot «entrave», parce que les commentaires,
c'était que les gens n'aimaient pas le mot «indues». Puis ça, on le... on l'a
enlevé. Ça fait que ça, c'est réglé, là, pour répondre à la demande. Puis les
amendements, si je peux dire, on s'est bien... on a collaboré avec tout ce
qu'on a entendu, puis on a été à l'écoute, parce qu'on a fait quand même
plusieurs amendements selon les demandes des groupes. Puis, voilà, le <mot...
Mme Laforest :
...quand
même plusieurs amendements selon les demandes des groupes. Puis, voilà, le >mot
«entrave», je sais, là, vous allez y penser cette nuit, c'est sûr, là. Je n'ai
pas de réponse, je n'ai plus de mots, je n'ai pas... le mot «entrave» est
important.
M. Grandmont : Moi, je
dors bien la nuit... mon sommeil, je dors très bien. Je lis avant de me
coucher...
Mme Laforest : Mais je
n'ai pas d'autres mots à vous dire...
M. Grandmont : ...j'ai
changé ma routine...
Mme Laforest : ...c'est
ça, j'aimerais ça...
M. Grandmont : ...pour passer
moins de temps sur les médias sociaux avant de me coucher, ça, ça aide pas mal.
Vous savez comment c'est, on a beaucoup de commentaires, ce n'est pas le fun.
Non, j'arrive à bien dormir, mais je vous remercie de vous en préoccuper. Mais
non, le mot «entrave», moi, pour moi, il est lourd de sens parce que,
justement, il ouvre une possibilité importante d'interprétation.
Mme Laforest : Mais le
mot «entrave» vous dérange. Quand on a ajouté la phrase : «sans
restreindre le droit de toute personne de participer aux débats publics», on a
ajouté, quand même... et, après ça, on a dit : «aux fins du premier alinéa,
ne constitue pas une entrave le fait d'exprimer par tout moyen son opinion dans
le respect des valeurs démocratiques du Québec». Ça, on l'a ajouté aussi, là,
c'est important, là. Je sais qu'on n'est pas rendus à ce paragraphe-là, mais ça
a été ajouté, puis ça veut tout dire, en fait, là.
M. Grandmont : Oui, puis
je vous vois cheminer puis j'en suis très content. C'est pour ça que je me
permets d'insister. Je me dis : On pourrait aller plus loin encore.
Mme Laforest : J'allais
dire quelque chose, je ne le dirai pas.
Le Président (M. Schneeberger) : Bon,
alors, s'il n'y a pas d'autre commentaire, nous allons mettre aux voix le...
M. Ciccone :...
Le Président (M. Schneeberger) : Oui,
député de Marquette.
M. Ciccone :Soyez ouverts, je dis ça comme ça. Tu sais, à
l'article 2, «aux fins de la présente loi, on entend par...» Parce que
tantôt, je vous ai cité le mot «entrave» dans le Code criminel. Je sais que
vous me dites : Bien, ce n'est pas pareil. Oui, je comprends que ce n'est
pas... le pénal puis le Code criminel, ce n'est pas la même chose, mais à le
définir dans la...
Mme Laforest : Je vais
laisser...
M. Ciccone :Juste si c'est possible...
Mme Laforest : Oui, je
vais laisser Mme Petit, parce qu'elle était au ministère de la Sécurité
publique, donc là, je pense qu'elle va avoir votre réponse.
M. Ciccone :OK, peut-être que ce n'est pas possible, mais juste voir si
ça...
Le Président (M. Schneeberger) :
Mme Petit.
Mme Petit (Katia) : Merci. En
fait, peut être que la DAJL pourra... pourra compléter, là, mais vous savez, le
terme «entrave», clairement, on n'est pas... on ne veut pas la définition du
Code criminel, on l'a bien expliqué, on n'est pas du tout dans le domaine du
Code criminel. La notion d'entrave, elle existe quand même, là, puis Me Dumont pourra
le préciser, mais elle existe dans quand même plusieurs lois puis c'est souvent
interprété de façon large. Ce n'est jamais défini de façon précise. Nous, ce
qu'on est venus faire, par contre, comme on l'a expliqué, c'est qu'on est venus
surtout le baliser dans les articles où on applique l'injonction, entre autres,
où on est venus clairement préciser ce que ce n'est pas. Donc, il y a eu
vraiment un pas assez important, en termes d'amendements, qui a été fait pour
clarifier cet élément-là, mais je suis certaine que Me Dumont dirait la même
chose, on essaie d'éviter de mettre des définitions de ce genre de concepts là
dans la loi, parce qu'on lie les mains de la cour, on limite l'interprétation
alors que c'est plutôt le rôle des tribunaux de l'interpréter, là.
M. Ciccone :Vous n'avez pas besoin de parler, c'est clair. J'ai
compris. Merci beaucoup. Je voulais voir si c'était une possibilité.
Le Président (M. Schneeberger) : Merci.
Alors, est-ce que le sous-amendement déposé est adopté?
M. Ciccone :...par appel nominal, s'il vous plaît.
Le Président (M. Schneeberger) : Par
appel nominal, M. le Président... M. le secrétaire, pardon.
Le Secrétaire : Pour, contre,
abstention. M. Ciccone (Marquette)?
M. Ciccone :Pour.
Le Secrétaire : Mme Setlakwe
(Mont-Royal—Outremont)?
Mme Setlakwe : Pour.
Le Secrétaire : MmeRotiroti (Jeanne-Mance—Viger)?
Mme Rotiroti : Pour.
Le Secrétaire : Mme Laforest
(Chicoutimi)?
Mme Laforest : Contre.
Le Secrétaire : M. Girard
(Lac-Saint-Jean)?
M. Girard (Lac-Saint-Jean) :
Contre.
Le Secrétaire : M. Gagnon
(Jonquière)?
M. Gagnon : Contre.
Le Secrétaire : Mme Dionne
(Rivière-du-Loup—Témiscouata)?
Mme Dionne : Contre.
Le Secrétaire : M. Rivest
(Côte-du-Sud)?
M. Rivest : Contre.
Le Secrétaire : M. Grandmont
(Taschereau)?
M. Grandmont : Pour.
Le Secrétaire : M.Schneeberger (Drummond—Bois-Francs)?
Le Président (M. Schneeberger) : Abstention.
Alors, le sous-amendement est rejeté.
Nous revenons à l'article1 original.
Est-ce qu'il y avait d'autres questions? S'il n'y a pas d'autre question, nous
allons passer à l'article 2.
Mme Laforest : L'article 2 :
«Aux fins de la présente loi, on entend :
«1° "élu municipal" : un membre
d'un conseil d'une municipalité locale ou un préfet élu conformément à
l'article 210.29.2 de la Loi sur l'organisation territoriale municipale
(chapitre O-9);
«2° "organisme municipal" : une
municipalité locale, une municipalité régionale de comté, une communauté
métropolitaine, une société de transport en commun, une régie intermunicipale,
l'Administration régionale Kativik ou le Gouvernement régional d'Eeyou Istchee
Baie-James.»
Le Président (M. Schneeberger) : Questions?
Mme Setlakwe : Oui, M.
le Président.
Le Président (M. Schneeberger) : Députée
de Mont-Royal—Outremont.
Mme Setlakwe : Oui,
merci. Bien, «élu municipal», ça me semble très clair, là, c'est un membre d'un
conseil, évidemment, ça inclut un maire d'une municipalité locale ou un <préfet...
Mme Setlakwe :
...évidemment,
ça inclut un maire d'une municipalité locale ou un >préfet élu. Dans
«organisme municipal», juste pour clarifier, deux questions. On ne vise pas ici
les... bien, je ne crois pas, mais juste le confirmer, les... j'allais dire les
commissaires scolaires, mais les... oui, les commissaires scolaires. Les
commissaires scolaires sont-ils... sont-ils visés dans la définition?
• (20 h 20) •
Mme Laforest : Les
commissaires scolaires, non.
Mme Setlakwe : C'est donc une
commission scolaire ou un centre de services scolaire et les personnes qui
siègent sur le conseil d'administration et ceux qu'on considère encore des
commissaires élus jusqu'à ce que leur statut soit réglé de façon définitive.
Les commissions scolaires anglophones ne sont pas visées, ici.
Mme Laforest : Non.
Mme Setlakwe : OK. C'est ce
que je pensais. Et deuxième question : Pourquoi on nomme seulement deux...
de façon spécifique, deux administrations... Bien, on nomme l'Administration
régionale Kativik de façon spécifique, et le Gouvernement régional d'Eeyou
Istchee Baie-James. Pourquoi seulement ces deux-là?
Mme Laforest : C'est Me
Dumont qui va l'expliquer.
Le Président (M. Schneeberger) : Me
Dumont.
M. Dumont (Luc) : Je vais
devoir vous revenir avec la réponse, malheureusement, sur cette question-là,
parce que c'est une disposition standard qu'on met lorsqu'il s'agit de
couvrir... lorsqu'il s'agit de couvrir, là, les projets, le... dans le fond, le
champ d'application d'un projet de loi. Pourquoi c'est ces deux-là? Ça relève
davantage du droit autochtone. Donc, pour vous donner une réponse claire, je ne
pourrai pas vous répondre maintenant, il faudrait que je vérifie avec un de mes
collègues.
M. Ciccone :Mais on s'entend qu'il s'engage... M. Dumont s'engage à
nous revenir avec la réponse d'ici demain.
M. Dumont (Luc) : Oui, je
vais vous revenir rapidement.
M. Ciccone :
OK.
Le Président (M. Schneeberger) : C'est
un engagement. Alors, si vous avez la réponse ce soir, bien, on va... on y
reviendra, sinon, à ce moment-là, j'imagine qu'elle pourra être déposée au
secrétariat.
Est-ce qu'il y avait d'autres commentaires
sur l'article 2? Questions? Oui, oui, député de Taschereau.
M. Grandmont : Oui. Je ne
sais pas si c'est là que ça pourrait s'appliquer, là, mais on a... Tu sais, il
y a des groupes, notamment, là, des groupes qui représentent, là, des... qui
représentaient des fonctionnaires. Notamment, on a eu le... Oui, on avait eu,
notamment, là, une association de directeurs généraux qui était venue nous voir,
notamment, puis il y a eu quelques groupes qui nous ont sensibilisés au fait
qu'on devrait élargir le projet de loi non seulement aux élus, mais aussi, bon,
il y a eu des élus qui ont demandé à ce que les familles aussi soient
protégées. Je pense qu'on va éventuellement en traiter. Il y en a d'autres qui
ont demandé, aussi, à ce que des fonctionnaires soient... soient touchés, visés
par le projet de loi. Il y avait des demandes pour que les directeurs généraux
le soient. Il y en avait pour que les greffiers le soient. Il y en a qui nous
ont demandé que ce soit l'ensemble des fonctionnaires qui soit couvert par le
projet de loi. Il y en a qui nous ont demandé... mais ce n'était pas dans les
audiences, c'est une discussion que j'ai eue par après, des fonctionnaires qui
étaient en relation avec le public, notamment, par exemple, des gens qui
travaillent pour la voirie dans certains cas, ou encore les chauffeurs
d'autobus, par exemple, qui vivent aussi un fardeau de récriminations de
certains usagers transports en commun, très élevé.
Donc, je me demandais, est-ce qu'on aurait
besoin de l'inscrire tout de suite, définir quels sont ces postes, qu'est-ce
que ça couvre, dans le fond? Parce que là, on a deux définitions : les
élus municipaux, les organismes municipaux. Ça, je pense que les définitions
sont correctes, là. Peut-être qu'on n'a pas besoin de définir ce que sont
certains corps de métier au sein de l'appareil fonctionnarial des différentes
instances municipales, parce qu'on a les organismes municipaux qui sont définis
eux-mêmes. Je ne sais pas. Donc, je me demandais s'il y a une place pour ça, en
fait, définir... si on a besoin de définir, dans le fond, là, certains types de
métiers qui pourraient être couverts par la loi.
Mme Laforest : Bien, votre
question... votre question est excellente, parce que nous, on doit vraiment, si
je peux dire, on est vraiment restreints à un membre du conseil d'une
municipalité locale, un préfet élu, bref, et l'organisme municipal. Toutes les
autres personnes que vous avez nommées, ça, c'est sûr que ça concerne mon
collègue au ministère de la Sécurité publique, donc on ne peut pas toucher. Par
contre, il y a des discussions qui se font présentement, parce qu'on les a
entendues en commission parlementaire, en consultations particulières, mais pour
les autres personnes, par exemple, tous les employés municipaux, on s'entend,
ici, qu'il ya a des... il y a des règles, là, qui s'appliquent avec le
ministère de la Sécurité publique, mais on a entendu les gens en consultation,
donc on va regarder qu'est-ce qu'on peut faire avec ça, mais ça ne nous
concerne pas ici, dans le projet de loi.
M. Grandmont : Ce que vous
dites, c'est qu'il y aura, donc, des... peut-être, des avancées qui seront
faites pour les protéger, mais dans un autre projet de loi qui serait mené par
votre <collègue...
M. Grandmont :
...pour
les protéger, mais dans un autre projet de loi qui serait mené par votre >collègue — je
parle au conditionnel, là — par votre collègue le ministre à la
Sécurité publique.
Mme Laforest : Oui, ça
se pourrait, mais présentement, tous les élus municipaux, quand même, il y a un
volet protection avec le ministère de la Sécurité publique, déjà, qui existe.
Ça fait que c'est sûr que là, après les consultations, on va regarder si on va
aller plus loin, mais ici, là, on garde seulement les élus municipaux puis les
organismes municipaux.
M. Grandmont : Juste
savoir en quoi, là... En quoi ces personnes-là sont plus protégées que les élus
municipaux à travers des dispositions qui relèvent du ministère de la Sécurité
publique?
Mme Laforest : En quoi
ces personnes-là sont plus protégées? Bien, nous, on fonctionne avec la
fonction... dans les fonctions électives, les fonctions des élus.
M. Grandmont : Oui.
Mme Laforest : On est vraiment
dans ce cadre-là.
M. Grandmont : D'accord,
mais vous dites... C'est parce que j'ai de la misère à comprendre, là. Vous
dites qu'actuellement, ces personnes-là, dans le fond, leur protection relève
davantage du ministre de la Sécurité publique.
Mme Laforest : Oui. Oui.
Donc, il y a... Présentement, là, il y a des travaux qui se font, il y a une
analyse qui se fait. Je ne sais pas où ça va aller, mais je vous donne quand
même une bonne information, là. Puis ça, ça va concerner le ministère de la
Sécurité publique.
M. Grandmont : OK.
Actuellement, ces personnes-là, est-ce qu'ils ont raison... Est-ce qu'ils ont
eu raison, à votre avis, de venir ici puis de demander davantage de protection?
Mme Laforest : Bien,
honnêtement, pour moi, là, ce n'est pas... Je ne peux pas vous dire que moi,
j'ai eu, comme... j'ai eu tous les courriels, là, des élus municipaux. Je n'ai
pas eu ça, là, à mon... à mon cabinet à moi, puis au ministère. Mais peut-être
qu'il y a eu des demandes comme ça au ministère de la Sécurité publique, là, je
ne pourrais pas vous...
M. Grandmont : Non, mais
on les a entendus en audience, là. Ils nous l'ont... Ils vous l'ont demandé à
vous.
Mme Laforest : Ah! Bien,
eux autres, c'est sûr qu'ils ont dit : Si on... si on peut, on aimerait ça
aussi avoir droit à cette protection-là. C'est sûr que ça a été demandé en
consultation particulière.
M. Grandmont : Oui, oui,
c'est ça.
Mme Laforest : Oui,
c'est sûr, là. Les gens peuvent demander aussi une certaine protection, mais
nous, on est vraiment dans cette mesure-là, aujourd'hui.
M. Grandmont : OK. Puis
pourquoi on fait ce choix-là? Parce que ces personnes-là, dans le fond, font
fonctionner l'appareil ou l'institution municipale, là, à quelque part. Ils
participent aussi, à quelque part, à la... au bon fonctionnement de l'appareil
municipal. Pourquoi, dans le fond, ces personnes-là ne sont pas couvertes, puis
on veut couvrir les élus? J'essaie de comprendre la distinction entre les deux.
Mme Laforest : Bien,
justement, avant d'aller de l'avant, on va faire des travaux, on va vérifier.
Est-ce que c'est notre responsabilité? Est-ce que c'est le ministère de la
Sécurité publique? Est-ce qu'il y a déjà une fonction? Il y a... il y a tous
les travailleurs, aussi, de la fonction publique. Si on touche les travailleurs
des affaires municipales, des ministères, des municipalités, tu sais, c'est
quand même très large, là. Ça fait qu'il y a du travail à faire avant... avant
de continuer.
M. Grandmont : Je
comprends, je comprends. Vous avez... Je reviens, je vais... je vais encore
redire le mot en e. Je vais encore redire le mot en e. Je vais parler
d'entrave. Vous avez dit... vous avez dit que, pour vous, le mot «entrave» est
important parce qu'il fallait l'attacher à la protection de l'institution,
s'assurer que les élus puissent faire leur travail électif...
Mme Laforest : Sans
entrave.
M. Grandmont : ...sans
entrave, évidemment, mais... Mais le... Tu sais, dans le fond, ce qu'on veut
protéger, c'est leur rôle, c'est... Donc, c'est l'institution, quelque part,
qu'on vient protéger à travers le travail des élus. Il y a plusieurs personnes
qui sont venues nous voir, notamment, là, l'association des directeurs généraux
des MRC, je pense, qui est venue nous dire que, tu sais, dans les petites
municipalités, là, tout le monde se connaît, tout le monde est proche. Le
directeur général, le greffier, ils se font autant invectiver... ils se font
autant invectiver que des élus, là. C'est la même réalité qu'ils vivent, là.
Ils sont au cœur de l'appareil municipal. Les citoyens et les citoyennes ne
font pas nécessairement la différence entre les élus... Ça fait qu'à un moment
donné, il y a... il y a, à mon avis, autant urgence d'agir, de vouloir les
protéger, que les élus eux-mêmes. Puis ils sont au cœur de l'appareil
municipal. Ils sont au cœur de cette machine-là aussi. Donc, j'ai de la misère
à comprendre pourquoi d'un côté, on traite les choses ici aux Affaires
municipales, puis de l'autre, pour des travailleurs, des fonctionnaires de
l'appareil municipal, ils ne sont pas traités par la ministre des Affaires
municipales, mais par le ministre de la Sécurité publique. Pourquoi il y a une
distinction entre les deux?
Mme Laforest : Bien, il
y a du travail qui se fait entre les deux ministères. Il y a des rencontres qui
se font. Je crois même qu'il y a un comité interministériel...
M. Grandmont : J'imagine.
Mme Laforest : ...pour
étudier la situation. Mais comme je vous dis, avant d'aller plus loin, c'est
une grande mesure, là, qui... que vous parlez. Il y a peut-être... il y a
peut-être raison d'aller de l'avant, mais, avant, on va regarder, parce que,
là, c'est... ce sont tous les employés des municipalités, tous les directeurs
généraux. C'est quand même une partie des fonctionnaires. Avant d'aller plus
loin, il y a des... il y a du travail qui se fait entre les deux ministères. Ce
n'est pas... ce n'est pas... ce n'est pas un travail en silo, là. Ne soyez pas
inquiet.
M. Grandmont : Non, non.
Je ne suis pas... je ne suis pas inquiet. Faites-vous-en pas. Mais ce que j'ai
de la misère à comprendre, c'est le raisonnement logique derrière. Je veux
dire, il y a... Tu sais, protéger les élus, c'était un bon mandat, je suis
content que vous l'ayez saisi. Évidemment, là-dessus, on n'a pas... on est en <accord...
M. Grandmont :
...élus,
c'était un bon mandat, je suis content que vous l'ayez saisi. Évidemment,
là-dessus, on n'a pas... on est en >accord à 100 % là-dessus. Suite
aux audiences puis aux nombreuses représentations qu'on a pu avoir, vous avez
apporté des modifications. On a quand même une liste d'amendements, aujourd'hui,
qui est quand même substantielle, des modifications assez en profondeur. Je me
dis : Pourquoi, alors qu'on a entendu ces personnes-là, qui sont des
greffiers, qui sont des directeurs généraux, qui travaillent au sein de
l'appareil municipal, nous faire des représentations, pourquoi on n'a pas fait
ce travail-là, aussi, de les inclure, alors qu'ils relèvent, dans mon esprit,
des affaires municipales aussi? Je comprends qu'il y a un comité
interministériel, là, mais je ne comprends pas pourquoi ça doit être traité par
le ministère de la Sécurité publique, alors que de l'autre côté, on est... tu
sais, on est en affaires municipales puis on protège les élus. Il y a... il y a
ce choix-là que je ne comprends pas. Pourquoi on n'est pas en train de parler
d'eux ici, aujourd'hui... bien, je veux dire, on en parle, mais pourquoi on
n'est pas en train de traiter un amendement que vous auriez apporté suite aux
représentations qu'ils ont faites?
• (20 h 30) •
Mme Laforest : Mais il faut
être prudents, là, parce que, là, vous me dites : Pourquoi on n'est pas
allé de l'avant? Quand on n'est pas prêts... On est mieux de ne pas amener de
mesure quand on n'est pas prêts, parce qu'il y a du travail, il y a des
consultations à faire. Là, on parle de tous les employés, par exemple, des
municipalités ou tous les directeurs généraux des municipalités. Est-ce qu'on
va... Est-ce que ça va inclure tous les autres directeurs généraux aussi? Il
faut... il faut... Quand on fait les choses, il faut bien les faire. On ne serait
pas prêts, là, à amener cette mesure-là ici. On les a entendus en
consultations. Il y a déjà du travail qui se fait.
Même, vous avez dû entendre mon collègue,
il y a quelques mois, parce qu'on avait des démissions des élus ou des menaces
des élus, lui-même disait qu'il y avait un comité, on travaillait ensemble, les
deux ministères, pour la protection des élus ou encore... Bien, on savait que
le projet de loi allait arriver, là, mais il y a le volet aussi avec la Sûreté
du Québec, il y a un volet aussi avec le Code criminel.
Donc, moi, c'est sûr qu'honnêtement, on
amène un projet de loi, ici, qui était prêt, mais il faut laisser le temps
au... le temps... le travail se faire. Ce qui est positif, c'est que le projet
de loi n° 57, c'est vrai qu'il est arrivé comme ça. Il est travaillé
depuis longtemps, mais il se travaillait pendant le projet de loi n° 39,
puis là, on a eu le temps de le déposer, tant mieux, avant les élections, c'est
une... c'est une bonne chance. Mais pour les autres, la protection de tous les
employés municipaux, tu sais, on touche aussi mon collègue au Travail, là, il y
a d'autres ministères qui sont concernés. Ça fait qu'on va laisser le temps... On
va laisser le travail se faire.
M. Grandmont : Parfait. Puis
pourquoi ce n'est pas... Dans le fond, le projet de loi n° 57, là, les
élus municipaux, pourquoi ce n'est pas au ministère de la Sécurité publique que
c'est traité? Mais je comprends, là, pour le délai, là, ça, vous m'avez
convaincu, c'est correct, là. Ça fait beaucoup de monde, beaucoup de corps de
métiers différents, évidemment, là. Ça, cette partie-là, je vous le concède, on
peut faire les choses en deux temps, c'est bien correct.
Mme Laforest : Parce qu'il y
a un grand lien...
M. Grandmont : Pourquoi ce
n'est pas Sécurité publique pour les élus?
Mme Laforest : ...il y a un
grand lien, comme je l'ai dit aussi plusieurs fois aujourd'hui, avec les élus
qui sont touchés avec la Commission municipale du Québec. Donc, la Commission
municipale du Québec, on comprend, c'est avec le ministère des Affaires
municipales. Donc, ici, on savait que la protection des élus pouvait être
insérée dans notre omnibus, dans le projet de loi n° 57.
M. Grandmont : Alors que les
employés de la <i>Commission municipale, il n'y a aucun lien, dans le
fond.
Mme Laforest : Pardon?
M. Grandmont : La Commission
municipale, les fonctionnaires, il n'y a aucun lien.
Mme Laforest : Aucun lien?
M. Grandmont : Il y a... il
n'y a pas de plainte ou de... Y a-tu des recours pour les... pour les
fonctionnaires, à la Commission municipale?
Mme Laforest : Bien, là, on
parle élus et citoyens.
M. Grandmont : Oui, je sais,
je sais.
Mme Laforest : Oui, c'est ça.
M. Grandmont : Non, non, mais
je parle des fonctionnaires, citoyens... citoyens et... En fait, est-ce que...
est-ce que la Commission municipale du Québec traite aussi d'enjeux qui sont
vécus, dans le fond, par des fonctionnaires?
Mme Laforest : Oui, elle
peut.
M. Grandmont : D'accord.
Mme Laforest : Exemple, un DG...
conflit d'intérêts, un DG avec un maire, c'est sûr que oui, là.
M. Grandmont : OK. Est-ce que
c'est toujours dans des cas où ça implique un élu ou si c'est vraiment... il
peut y avoir des cas entre, par exemple, deux employés d'une même municipalité?
Mme Laforest : Ça peut
impliquer un élu, ça peut impliquer deux municipalités, ça dépend des causes.
M. Grandmont : OK. L'argument
que vous me donnez pour me convaincre que, dans le fond, la protection des
élus, ça doit passer par le ministère des Affaires municipales, c'est qu'on
veut se raccrocher à là... au fait qu'essentiellement, ça se passe avec la <i>Commission
municipale, qui relève du ministère des Affaires municipales. Vous me dites,
après ça, qu'il y a des... il y a des employés qui peuvent voir leurs causes,
ou leurs griefs, ou leurs plaintes traités par la Commission municipale aussi,
mais on les envoie, eux autres... On aura un projet de loi éventuel au
ministère de la Sécurité publique.
Donc, j'ai de la misère à comprendre la
logique derrière. D'un côté, on traite un projet de loi pour les élus... Je
comprends, là, le faire en deux temps, ça, c'est correct, mais que, d'un côté,
on traite la sécurité des élus aux Affaires municipales puis la sécurité des
employés, donc les greffiers, les directeurs généraux et plus large,
potentiellement, là, dépendamment, au ministère de la Sécurité publique?
Mme Laforest : Mais c'est
très, très large, là. Comme, par exemple, la Commission municipale peut... une
municipalité peut demander de l'aide pour protéger des employés municipaux avec
la Commission municipale. Moi, ici, là, je suis vraiment à... comme on le mentionne...
20 h 30 (version révisée)
Mme Laforest : ...la Commission
municipale<i>. Moi, ici, là, je suis vraiment... comme on le mentionne, là,
vraiment, là, menaces, intimidation, harcèlement avec les élus municipaux et
les citoyens.
M. Grandmont : Oui. Les
petites municipalités, ce qu'ils nous disaient, là, c'est que le... dans l'oeil
des citoyens, ou des électeurs, en fait, là, ou des citoyens, des fois, là, les
greffiers, les DG, c'est un peu comme des élus, puis ils ont des cas assez
problématiques des fois. Je comprends qu'ils ne vous ont peut-être pas envoyé
de courriel, là, mais ils nous en ont quand même raconté, là. On en a eu, des
cas, qui nous ont été évoqués, où, effectivement, c'est des... c'est des
citoyens ou des groupes de citoyens qui agissent et qui vont faire, comme on
disait tantôt, là, de l'intimidation, des menaces, du harcèlement. Donc, j'aimerais
juste comprendre.
Puis, évidemment, vous ne pouvez pas me
dire des informations qui vont être du ressort, là, du... qui vont être au cœur
du projet de loi, peut-être, éventuel... en tout cas, vous me donnez peut-être
un scoop, là, mais élaboré par le ministère de la Sécurité publique. Dans le
fond, on crée un régime ici, où... Dans le fond, il y a un nouveau régime d'injonction
qui est plus rapide pour les élus. C'est un peu ça qu'on fait, là, on veut être
plus rapides. On veut donner la possibilité aux élus d'être protégés plus
rapidement, puis la preuve va peut-être être un petit peu moins grosse à bâtir.
Mais les greffiers puis les DG, là, ils nous disaient qu'ils vivaient
exactement les mêmes problématiques que des élus. Est-ce à dire qu'ils n'auront
pas les mêmes outils pour se défendre?
Mme Laforest : Il y a du
travail qui se fait présentement.
M. Grandmont : Il y a du
travail qui se fait présentement. Mais donc...
Une voix : ...
M. Grandmont : Je n'ai pas
compris le commentaire.
Mme Laforest : Anis, il dit :
On vous invite à suivre nos prochains travaux, nos prochains projets de loi.
M. Grandmont : D'accord.
Excellent. Peut-être nous faire un montage avec les meilleurs moments.
Mme Laforest : Mais ce n'est
pas... ce n'est pas tous les... ce n'est pas tous les greffiers, là, trésoriers
non plus qui vivent ça. C'est pour ça, là.
M. Grandmont : Non, comme ce
n'est pas tous les élus qui vivent ça non plus.
Mme Laforest : Là, on le fait
parce qu'on a quand même un nombre impressionnant de démissions, là.
M. Grandmont : Oui, oui.
Mme Laforest : Ça fait que c'est
sûr que, si on met une mesure pour tous les employés municipaux, il faut quand
même qu'on ait des raisons de faire des projets de loi puis des situations
assez particulières.
M. Grandmont : Effectivement.
Mme Laforest : Alors, voilà.
M. Grandmont : Puis d'ailleurs...
j'essaierai de retrouver le chiffre, là, mais j'avais des mises à jour à faire
sur le nombre de démissions, là. Je pourrai vous envoyer ça tantôt, mais c'est
épeurant. Vous l'avez aussi? 960 quelques...
Le Président (M. Schneeberger) : Alors,
oui, députée de Mont-Royal—Outremont.
Mme Setlakwe : Oui. Merci. J'aimerais
revenir... J'aimerais juste revenir sur la définition d'«organisme municipal».
Je regarde mes notes, puis notre collègue à l'opposition officielle, qui est
porte-parole au niveau du dossier des autochtones, me disait :
Assurez-vous, là, que ça couvre aussi une municipalité autochtone comme Kahnawake,
Wendake. Il ne faudrait pas les oublier.
Des voix : ...
Mme Setlakwe : OK. Donc... OK.
Il n'y a aucune... Il n'y a aucune municipalité autochtone qui serait oubliée
ici, là. Puis vous allez nous revenir avec la question des deux...
Des voix : ...
Mme Setlakwe : Ah! vous avez
déjà votre réponse? Bon. Puis, écoutez, je me... je rectifie le tir, là. Je
suis... Oubliez ma question. Mais on n'a pas... on n'a pas oublié, donc, des...
M. Dumont (Luc) : ...la
juridiction du Québec, non, en fait, c'est exactement pour ça. Un de mes
collègues, qui est beaucoup familier avec cette question-là, me disait que... justement,
que, dans le fond, là, ce qu'on appelle, là, le GREIBJ puis l'ARK, là, c'est...
c'est des entités qui sont similaires à des municipalités mais qui n'en sont
pas, donc, pour s'assurer... mais ils ont quand même des élus, comme, sur leur
conseil, ça fait que, pour s'assurer qu'ils soient couverts, bien, il faut les
assimiler à «organisme municipal».
Mme Setlakwe : Oui, il faut
les nommer spécifiquement.
M. Dumont (Luc) : Exact.
Mme Setlakwe : Puis on n'en a
pas échappé?
M. Dumont (Luc) : Non.
Mme Setlakwe : Ce sont ces
deux-là?
M. Dumont (Luc) : Exact.
Mme Setlakwe : OK. Merci.
Donc, c'est exhaustif.
Et là mon autre question, c'est pour
renchérir sur les propos du... de notre collègue de Taschereau. Bon, là, j'ai
compris, là, je ne veux pas qu'on recommence le... j'ai compris l'explication,
que c'est peut-être ultérieurement qu'on va... vous allez souhaiter bonifier,
vous allez viser à bonifier la protection des officiers municipaux. Là, ici, ce
qu'on fait avec le projet de loi n° 57, ce que vous faites, ce qu'on
comprend, c'est de protéger... les mesures de protection, les recours qu'on met
en place, ça vise à protéger les fonctions électives, c'est rattaché à la
fonction d'un élu ou d'une élue. C'est bien ça, Mme la ministre?
Mme Laforest : Oui.
Mme Setlakwe : Et puis...
Mme Laforest : ...rapporté à
la fonction d'élu, oui.
Mme Setlakwe : Oui? OK. Donc,
il n'en demeure pas moins qu'il y aurait peut-être lieu de mettre à jour des
articles. Il y en a un dans le Code municipal<i> puis il y a son pendant
dans la Loi sur les cités et villes. Ça, c'est les... c'est l'union des... En
tout cas, ce sont... ce sont les... c'est une union qui représente les
directeurs généraux ou les officiers municipaux, qui nous disent... Oui,
l'ADMQ. C'est intéressant, ce qu'ils disent, puis on se souvient qu'on en avait
parlé en <consultations...
Mme Setlakwe :
...Oui,
l'ADMQ. C'est intéressant, ce qu'ils disent, puis on se souvient qu'on en avait
parlé en >consultations. Il y a un article dans le Code municipal,
l'article 173, qui traite des montants d'amendes en lien avec les
officiers municipaux. Les montants sont... ça date d'une autre époque, là.
Je vous lis l'article 173 : «Quiconque
moleste tel officier — un officier municipal — ou lui nuit,
ou cherche à le molester ou à lui nuire, dans l'exercice de ses fonctions,
encourt, pour chaque offense, une amende de pas moins de 2 $ ni de plus de
10 $, et est, en outre, responsable de tous les dommages-intérêts en
réparation du préjudice qu'il a causé, envers ceux qui l'ont subi.»
Puis l'article 14 dans la Loi sur les
cités et villes parle d'un montant de pas moins de 20 $ ni de plus de 50 $.
Est-ce que... Qu'est-ce que vous pensez de
ça, Mme la ministre, ces montants-là? Est-ce que...
• (20 h 40) •
Mme Laforest : On... Bien, on
avait discuté de ces articles-là. C'est vraiment des vieux, vieux, vieux
articles qui sont encore là, on pourrait les abroger, mais, à ce moment-ci,
c'est sûr qu'on... il faudrait ajouter plusieurs amendements, parce que c'était
l'ancienne loi qui se reproduit, là, dans le projet de loi. C'est sûr qu'on
pourrait abroger ça, mais je ne sais pas combien d'articles et d'amendements on
devrait faire, ça fait que...
Mme Setlakwe : Mais l'abroger
ou le mettre à jour?
Mme Laforest : Bien, ça
dépend. Il faudrait... Il faudrait évaluer la situation, là. Mais, tu sais,
c'est les montants qui existaient il y a très longtemps, les 2 $, là,
c'est ça qu'on a discuté, là. Mais, à ce moment-ci, ça ne viendrait pas dans le
projet de loi, là.
Mme Setlakwe : Non...
Des voix : ...
Mme Setlakwe : Non, parce que
ça, ça ne peut pas rester comme ça. Il faut... Il va falloir que vous posiez un
geste, je pense, parce que les montants sont... sont vraiment trop bas. Et puis
c'est une préoccupation, là, des... l'Association des... ADMQ...
Une voix : ...
Mme Setlakwe : ...directeurs
des municipalités.
Le Président (M. Schneeberger) : Oui,
Mme Petit.
Mme Petit (Katia) : Oui.
Merci, M. le Président. Oui, écoutez, ça, c'est... c'est des chantiers puis ça
s'inscrit dans la réflexion plus globale qu'on a, là. Ça mérite... C'est des
articles qui datent de tellement longtemps que ça ne tient pas compte non plus
de toute l'évolution du droit depuis ce temps-là. Donc, on ne pourrait pas
juste augmenter le montant, là, ça nécessite une réflexion plus de fond puis ça
s'inscrit dans le fameux chantier, là, dont on discutait tantôt, une réflexion
plus large sur l'ensemble des employés.
Mme Setlakwe : Effectivement,
le libellé, je pense qu'il mérite une petite... une petite mise à jour, oui, peut-être
pas juste les montants. Mais, en tout cas, ajoutez ça sur votre...
Mme Laforest : Ah! mais il y
en a plusieurs... il y aurait plusieurs... il y a une grande mise à jour à
faire, honnêtement, là.
Mme Setlakwe : Bon, bien...
Mais, en tout cas, je terminerais en disant qu'étant donné qu'on sait qu'il y a
des comportements... malheureusement, là, qu'il y a une détérioration du climat
puis du... des incivilités et du... des situations de non-respect puis de...
c'est ça, d'incivilité envers non seulement les élus, mais les officiers
municipaux aussi, il faudrait peut-être y voir plus tôt que plus tard.
Mme Laforest : Oui.
Mme Setlakwe : Merci. Donc,
moi, je pense que... Ah! bien, peut-être en lien avec «organisme municipal» et «municipalité».
La définition d'«organisme municipal», elle est... elle est utilisée ensuite
plus loin quand on dit qui peut prendre, pour le bénéfice d'un élu, un recours
visé à l'article... bien là, ce n'est plus 8, c'est l'article 3. C'est
donc... C'est l'organisme municipal qui va pouvoir prendre le recours en
injonction, Mme la ministre? Qui est habilité, donc, à prendre un recours en
injonction?
Mme Laforest : Avec
l'organisme municipal, qui est habilité pour...
Mme Setlakwe : Oui, pour
prendre le recours en injonction.
Mme Laforest : Avec... C'est
la municipalité.
Mme Setlakwe : Seulement la
municipalité locale?
Mme Laforest : Ou l'élu
lui-même, mais normalement ça va être demandé avec la municipalité.
Mme Setlakwe : Bien là, je
pense que c'est plus large que ça, là, parce que c'est «l'organisme municipal»
qui est utilisé à l'article... 11 est devenu... 11 est devenu...
Des voix : ...
Mme Setlakwe : Oui, oui, moi,
c'est 11 dans mon projet de loi que j'avais mis dans le cartable, mais c'est
devenu... c'est devenu 6.
Une voix : ...
Mme Setlakwe : Ah! OK. Vous
l'avez changé? Je sais qu'on n'est pas rendus à cet article-là, mais la
définition, elle est utilisée plus loin.
Une voix : ...
Mme Setlakwe : Ah! non, OK, ici,
municipalité locale ou une MRC pour le bénéfice du préfet.
Mme Laforest : C'est ça.
Mme Setlakwe : En tout cas, on
y arrivera. Et, pour le... pour la poursuite pénale, à l'article 7, là pourquoi
on se <limite...
Mme Setlakwe :
...Et,
pour le... pour la poursuite pénale, à l'article 7, là pourquoi on se >limite
à «municipalité locale»? C'était un commentaire qu'ils avaient, ils disaient :
Pourquoi est-ce que ce n'est pas...
Mme Laforest : Où vous
êtes? À l'article 7?
Mme Setlakwe : Oui. Mais
qu'est-ce qui a justifié que, dans certains cas, on se limite à «municipalité
locale», à d'autres cas on élargisse à une MRC?
Mme Laforest : Parce que
ça peut être une MRC, une municipalité locale ou une régie intermunicipale à ce
moment-ci. C'est pour ça que c'est bon de le spécifier.
Mme Setlakwe : Mais, à
7... à 7, on semble être limité à la municipalité locale.
Mme Laforest : C'est parce
que la municipalité locale, elle, va travailler avec son corps de police
municipal pour les infractions, comme une infraction normale. C'est pour ça
qu'il faut l'ajouter ici pour le... mieux le définir.
Mme Setlakwe : OK.
Mme Laforest : ...tout
de suite après, c'est écrit : «L'amende appartient à la municipalité qui a
intenté la poursuite.»
Le Président (M. Schneeberger) :
Ça va comme ça?
Mme Setlakwe : Oui.
Donc, une MRC... pas... une MRC n'a pas ce pouvoir-là. On me dit... On me fait
signe que non. C'est la municipalité locale avec le corps...
Mme Laforest : La MRC
n'a pas le pouvoir, il n'y a pas de corps municipal.
Mme Setlakwe : ...avec le
corps municipal. Très bien. Non, moi, personnellement, je n'ai pas autre chose
sur l'article 2 au niveau de ces deux définitions-là.
Le Président (M. Schneeberger) :
C'est bon? Alors, s'il n'y a pas d'autre question, nous allons passer à
l'article 3. Alors...
Mme Laforest : ...du fait qu'il
est un élu, fait l'objet de propos ou de gestes qui entravent de façon abusive
l'exercice de ses fonctions ou qui constituent une atteinte illicite à son
droit à la vie privée peut demander à la Cour supérieure de prononcer une injonction
pour mettre fin à cette situation.» Merci, M. le Président.
Le Président (M. Schneeberger) :
Merci.
Mme Laforest : Ah! Ah!
bien, je vais continuer.
«La Cour évalue la demande en tenant
compte de l'intérêt public. Elle peut notamment ordonner à une personne :
«1° de ne pas se présenter aux séances de
tout conseil d'un organisme municipal auquel siège l'élu municipal;
«2° de ne pas se trouver dans les bureaux
de tout organisme municipal visé au paragraphe 1° sans y avoir été autorisée
par le conseil de cet organisme;
«3° de cesser de communiquer avec l'élu
municipal;
«4° de cesser de diffuser dans l'espace
public des propos visés au premier alinéa.
«Une demande est instruite et jugée d'urgence.
«Aux fins du premier alinéa, ne constitue
pas une entrave le fait d'exprimer, par tout moyen, son opinion dans le respect
des valeurs démocratiques du Québec.»
Merci, M. le Président.
Le Président (M. Schneeberger) :
Merci. Est-ce qu'il y a des questions sur...
Mme Setlakwe : ...on aurait
un amendement, qui a été envoyé.
Le Président (M. Schneeberger) :
Oui, on l'a déjà reçu. Il n'y a pas de problème. Est-ce que vous voulez le
déposer immédiatement?
Mme Setlakwe : Oui, s'il
vous plaît.
Le Président (M. Schneeberger) :
Alors, Mme la députée de Mont-Royal—Outremont, on vous
écoute. Juste peut-être le temps... Donnez-nous... Voilà, il est rendu sur
les... sur les écrans.
Mme Setlakwe : Mais
juste une... Bien, je vais le lire. Après ça, je pourrai fournir une
explication. Donc, on propose de modifier l'amendement proposé à l'article 1
du projet de loi par l'insertion à la fin de l'article 3 de la Loi édictée
de l'alinéa suivant :
«La collecte, la détention, l'utilisation
ou la communication de matériel journalistique, à une fin d'information
légitime du public ne constituent pas une entrave au sens du premier alinéa.»
Donc, l'article se lirait comme suit...
Est-ce que je dois lire l'article au complet? Oui?
«Un élu municipal qui, du fait qu'il est
un élu, fait l'objet de propos ou de gestes qui entravent de façon abusive l'exercice
de ses fonctions ou qui constituent une atteinte illicite à son droit à la vie
privée peut demander à la Cour supérieure de prononcer une injonction pour
mettre fin à cette situation. «La Cour évalue la demande en tenant compte de
l'intérêt public. Elle peut notamment ordonner à une personne :
«1° de ne pas se présenter aux séances de
tout conseil d'un organisme municipal auquel siège l'élu municipal;
«2° de ne pas se trouver dans les bureaux
de tout organisme municipal visé au paragraphe 1° sans y avoir été
autorisée par le conseil de cet organisme;
«3° de cesser de communiquer avec l'élu
municipal;
«4° de cesser de diffuser dans l'espace
public des propos visés au premier alinéa.
«Une demande est instruite et jugée d'urgence.
«Aux fins du premier alinéa, ne constitue
pas une entrave le fait d'exprimer, par tout moyen, son opinion dans le respect
des valeurs démocratiques du Québec. Et
«La collecte, la détention, l'utilisation
ou la communication de tout matériel journalistique, à une fin d'information
légitime du public ne constituent pas une entrave au sens du premier alinéa.»
Bon, là, ici, évidemment, on est soucieux
de ne pas brimer, ne pas affecter la liberté de presse. Je pense que la
préoccupation demeure, Mme la ministre. Est-ce que... J'aimerais vous entendre,
là, sur comment vous les rassurez.
Mme Laforest : ...
Mme Setlakwe : Absolument.
Si on... Si on prend, par exemple, le quatrième... là, c'est un paragraphe dans
le deuxième <alinéa...
Mme Setlakwe :
...par
exemple, le quatrième... là, c'est un paragraphe dans le deuxième >alinéa,
quand on dit que la cour peut notamment ordonner à une personne «de cesser de
diffuser dans l'espace public des propos visés au premier alinéa», bien,
régulièrement, des journalistes vont mettre de l'avant des propos concernant un
élu municipal, là il faut vraiment que ce soit clair que ça n'est... ça ne
constitue pas une entrave, il faut que ce soit clair que ce n'est pas visé par
le premier alinéa et ça ne peut pas donner lieu à des injonctions. Les... vous
avez lu comme moi, là, les représentants des différents... des différents
médias qui ont fait un... qui ont sonné la... qui ont... comment on dit ça...
Une voix : ...
Mme Setlakwe : ...oui, qui
ont... qui ont tiré la sonnette d'alarme et qui ont dit : Attention! Il y
a un trou béant ici, là, il ne faut absolument pas que ça vienne affecter notre
travail journalistique.
Alors, vous vous souviendrez que, ce
libellé, on a tenté de le faire inscrire dans l'article 1, dans l'objet. Vous
n'avez pas voté pour, mais je pense qu'il serait encore mieux... donc on se
réessaie, là, puis je pense qu'il est encore mieux... mieux situé ici dans
l'article qui traite de l'injonction.
J'aimerais vous entendre, Mme la ministre,
là-dessus.
• (20 h 50) •
Mme Laforest : Votre question
est très, très bonne.
Mme Setlakwe : Oui. Puis vous
dites que vous avez échangé avec les médias, ça, on en avait déjà parlé, et
qu'ils avaient été rassurés, mais, nous, ce n'est pas le son de cloche qu'on a.
Mme Laforest : OK. Moi, j'ai
dit que j'avais annoncé, pour les médias, qu'il n'y avait aucune inquiétude à
avoir.
Là, si on revient avec le paragraphe, en
commençant : «La Cour évalue la demande en tenant compte de l'intérêt
public. Elle peut notamment ordonner à une personne...» Alors, quand on lit ici :
«La Cour évalue la demande en tenant compte de l'intérêt public», alors,
immédiatement, ce qui... ce que ça veut... ce que ça prétend, ce que ça veut
dire, c'est qu'évidemment on va tenir compte de l'intérêt public, on va tenir
compte de la Charte des droits et libertés de la personne, on va tenir compte
aussi du travail d'un journaliste. Donc, c'est sûr ici que le travail d'un
journaliste, ça tient compte de l'intérêt public. Donc, le paragraphe explique,
très brièvement, mais ça veut quand même dire ça, qu'on va respecter l'intérêt
public, on tient... tient compte de la charte. Puis, évidemment, le travail
d'un journaliste, c'est dans l'intérêt public. Donc, ici, ça veut... ça
l'explique très bien.
Mme Setlakwe : OK. Moi, je
n'ai rien contre ce libellé-là, que la Cour évalue la demande en tenant compte
de l'intérêt public. Je pense que cet amendement au libellé initial, il est...
il est bon. Toutefois, moi, je pense que... Là, dans cette... dans ce
contexte-là, la cour est déjà saisie d'une demande. Moi, je pense que ce que le
libellé qu'on a soumis, qui, d'ailleurs... je n'en prends pas le... ce n'est
pas moi qui l'ai rédigé, on nous... on nous a demandé de le prévoir
spécifiquement. Ce qu'on dit avec ces mots-là, c'est que ces gestes-là, ou ces
propos-là, ou ces... cette façon de traiter l'information, collecte, détention,
utilisation, communication, ne constituent pas une entrave. Donc, on est en
train de dire d'avance : Ce n'est pas une entrave et ça ne doit pas faire
l'objet d'une procédure en injonction.
Et d'ailleurs, je veux juste terminer
là-dessus, ce libellé se trouve de... presque mot pour mot, là, c'est une
disposition très similaire, existe déjà dans la Loi sur la protection des
renseignements personnels dans le secteur privé. Ça existe dans le corpus
législatif, là, dans la loi... je pense, c'est la loi 25.
Mme Laforest : Oui, mais vous
allez lire aussi : «Aux fins du premier alinéa, ne constitue pas une
entrave le fait d'exprimer, par tout moyen, son opinion dans le respect des
valeurs démocratiques du
Québec.»
Mme Setlakwe : Oui. Mais
c'est plus qu'exprimer son opinion, là, ce que... ce que font les journalistes,
c'est toute la démarche...
Mme Laforest : «...le fait
d'exprimer, par tout moyen...»
Mme Setlakwe : Mais, avant de
l'exprimer, il y a toute une démarche qui est faite en amont pour aller
chercher l'information.
Mme Laforest : Mais ça tient
compte de l'intérêt public, en fait, un travail de journaliste, c'est tissé.
Donc, le premier et le dernier paragraphes concernent vraiment la possibilité
de ne pas... si je peux dire, de ne pas interdire le travail d'un journaliste
ou peu importe. C'est dans l'intérêt public, on tient compte de la charte, évidemment,
puis on vient... on vient respecter, par tout moyen, le respect et l'opinion
des valeurs démocratiques du Québec. Donc, à ce moment-là, le tribunal voit que
c'est dans toutes les sphères, dans toutes les... dans tous les besoins, là,
d'intérêt public. Donc, c'est... c'est inclus.
Mme Setlakwe : Mais un
journaliste qui fait bien son travail, là, puis qui fouille, puis qui pense
qu'il y a de quoi, là, puis il veut aller chercher...
Une voix : ...
Mme Setlakwe : ...oui, il
fait une <enquête....
Mme Setlakwe :
...qu'il
y a de quoi, là, puis il veut aller chercher...
Une voix :
...
Mme Setlakwe :
...oui,
il fait une >enquête, il va... il va, par tous les moyens, aller
creuser, chercher, il pense qu'il y a peut-être eu... je vais donner un
exemple, là, il y en a tellement, d'exemples, mais sur une question de dépenses,
tu sais, il contrôle l'action... c'est la surveillance de l'action
gouvernementale, de comment on dépense les fonds publics, il décide qu'il ne
lâche pas le morceau...
Mme Laforest : Bien, c'est
dans...
Mme Setlakwe : ...puis il
pose... il pose des gestes envers la collecte...
Mme Laforest : ...c'est dans
l'intérêt public.
Mme Setlakwe : C'est... Ah!
mais qu'est-ce qui vous... quelle est votre réticence à le dire de façon
explicite, à vraiment viser de façon explicite le travail journalistique?
Mme Laforest : Bien, en fait,
c'est protégé, un, par la charte, ça, c'est sûr, la liberté d'expression. Deux,
on vient ici vraiment bien indiquer que, quand c'est dans l'intérêt du... des
citoyens, quand c'est dans l'intérêt public, il n'y a pas de... le tribunal,
tout de suite, comprend que c'est dans... dans le travail du journaliste, il ne
peut pas... il ne peut pas dire : Non... comme vous dites, là, même s'il
pose des questions, même s'il revient, même s'il fait enquête pendant des
semaines, des semaines, c'est dans... c'est dans le cadre de son travail. Donc,
ici, même, on dit que c'est permis.
Mme Setlakwe : Vous avez eu
des discussions avec eux puis ils vous ont dit qu'ils étaient rassurés du
nouveau libellé avec vos amendements?
Mme Laforest : Non.
Mme Setlakwe : Les
amendements sont récents?
Mme Laforest : Les nouveaux
libellés, vous les avez eus, là, on s'entend, les amendements, là, c'est vous
qui les avez. Je n'ai pas présenté les amendements aux journalistes, là, ça,
c'est sûr, sauf que j'ai... j'ai vraiment lu tous les commentaires, ça, c'est
sûr.
Mme Setlakwe : Non, non,
mais, suite au dépôt de ces amendements-là auprès... à la commission...
Mme Laforest : ...c'est sûr
que, dans le cadre du projet de loi, je ne peux pas présenter les amendements à
d'autres personnes à ce moment-ci, là.
Mme Setlakwe : Non, non, mais
ils sont publics, là, depuis... Vous n'avez pas eu de son de cloche de leur
part?
Mme Laforest : Non.
Mme Setlakwe : «Un élu
municipal qui, du fait qu'il est un élu, fait l'objet de propos ou de gestes
qui entravent de façon abusive l'exercice de ses fonctions ou qui constituent
une atteinte illicite à son droit à la vie privée peut demander à la Cour
supérieure de prononcer une injonction pour mettre fin à cette situation.»
Donc, vous ne croyez pas que ça puisse
ouvrir la porte à des démarches, des procédures qui seraient intentées par des
élus pour venir entraver le travail des journalistes?
Mme Laforest : Pas du tout.
Pas du tout. Parce que, s'il y a un travail qui est dans l'intérêt du public,
c'est vraiment le travail d'un journaliste, là.
Mme Setlakwe : OK. Donc,
c'est votre amendement qui est venu, selon vous...
Mme Laforest : Le spécifier.
Mme Setlakwe : ...fermer la
porte ou... oui, c'est ça, fermer... fermer la porte à cette possibilité-là?
Avant, il y avait un flou?
Mme Laforest : Bien non, il
n'y avait pas de flou, parce que nous, on s'était basés sur la charte des
droits et libertés<i>, donc, automatiquement, on ne peut pas empêcher ça.
Comme on le disait, là, les groupes peuvent manifester, il y a des droits de
grève, il y a des... il y a toutes sortes de manifestations qui peuvent arriver
dans un conseil municipal à cause de la charte des droits et libertés. Sauf que
nous, quand on a entendu les commentaires... puis j'ai lu... je les ai lus, là,
les... tous les articles des journalistes, bien, c'est pour ça qu'on s'est dit :
Il faut ajouter que, quand ça tient compte de l'intérêt public, l'intérêt des
citoyens, on ne peut pas... on ne peut pas empêcher le travail d'un
journaliste, par exemple, ou peu importe, là.
Mme Setlakwe : OK. Alors,
comment on pourrait expliquer... mais c'est peut-être vous, le légiste, mais
comment on explique que cette... ce libellé se trouve dans la loi 25 mais
qu'on hésite à l'inscrire ici? Pourquoi il est nécessaire à un endroit puis il
n'est pas nécessaire ici?
Mme Laforest : Parce qu'avec
l'ajout des amendements, c'est complet.
Mme Setlakwe : Mais la charte
s'applique dans les deux lois.
Mme Laforest : La charte est
obligatoire partout, de toute manière.
Le Président (M. Schneeberger) : Député
de Marquette.
M. Ciccone :Merci beaucoup. Madame, je vais vous lancer des petites
hypothèses, là. Je vais revenir hier, sur ce que vous m'avez dit hier, quand je
vous ai parlé, justement, de... on a parlé de harcèlement, on a parlé d'entrave,
on a parlé d'intimidation, puis vous m'avez dit clairement, puis on pourrait
revoir, là, dans le verbatim, là, que ça s'appliquait également à des
journalistes, parce que je vous ai dit hier des scénarios.
Admettons qu'un journaliste revient à
chaque jour à la porte, cogner à la porte, puis il fait ça constamment,
constamment, l'élu pourrait demander une injonction, s'il se sent harcelé par
un journaliste, de dire : Bien là, c'est assez, là, je demande une
injonction. Puis là le juge... le juge, par exemple, déciderait de... c'est
quand même un journaliste, là, déciderait de dire : Bien là, là, vous
n'avez plus le droit d'aller au conseil municipal. Est-ce qu'il pourrait faire
ça? Parce que... Parce que vous m'avez dit : C'est le juge, <mais...
M. Ciccone :
...pourrait faire ça? Parce que... Parce que vous
m'avez dit : C'est le juge, >mais...
Mme Laforest : D'après
vous... Bien, d'après vous, quelle serait ma réponse?
M. Ciccone :Je ne le sais pas. Je vous pose la question.
Mme Laforest : C'est le
tribunal qui va décider.
M. Ciccone :Oui, mais...
• (21 heures) •
Mme Laforest : Un journaliste
qui cogne à tous les jours à la porte d'un maire ou d'une mairesse, ça n'arrive
pas. Honnêtement, je n'ai jamais vu ça.
M. Ciccone :Non, ça, on ne peut pas dire ça. Ça, on ne peut pas dire
que ça n'arrive pas. Ça pourrait arriver.
Mme Laforest : Bien...
M. Ciccone :Puis un projet de loi doit vivre dans le temps. Je veux
juste terminer.
Mme Laforest : Oui.
M. Ciccone :Mais, en même temps, vous m'avez dit : C'est le juge
qui va s'en occuper. Mais vous venez de dire, pas plus tard que voilà trois
minutes : On ne peut pas empêcher le travail d'un journaliste. Ça fait
que, dans le fond, vous dites aux juges, là : Vous ne pouvez pas empêcher
le travail d'un journaliste. Vous dites...
Mme Laforest : Bien, c'est
parce que vous...
M. Ciccone :Vous prenez déjà une décision en disant : On ne peut
pas. Vous n'avez pas dit : On ne pourrait pas, on va voir, c'est le juge
qui va décider. Vous dites : On ne peut pas. On ne peut pas empêcher le
travail d'un journaliste.
Mme Laforest : ...vous me...
M. Ciccone :Parce que ça pourrait arriver. Comprenez-vous ce que je
vous dis? Ça pourrait arriver. C'est pour ça qu'ils sont inquiets.
Mme Laforest : OK. Vous me
donnez, là, deux situations différentes, OK? Vous me dites : Un
journaliste qui cogne à la porte, à tous les jours, d'un maire ou d'une
mairesse. Je vous dis : Je n'ai jamais vu ça. Je suis honnête, là. En six
ans, je n'ai jamais vu ça. Puis même... En tout cas, je n'ai jamais vu ça.
Maintenant, c'est sûr que, si un
journaliste commence à tous les jours à cogner à la porte d'une mairesse, sans
cesse, puis là l'élue dit : C'est du harcèlement, puis l'élue prend des
mesures, et le juge dit : Oui, c'est du harcèlement, à ce moment-là c'est...
c'est ordonné par le tribunal, c'est le juge qui va décider. Ça fait que moi,
je ne peux pas vous dire que... qu'est-ce que va décider le juge. Mais un
journaliste, dans son travail... Premièrement, honnêtement, là, vous me
donnez... vous me donnez un exemple extrême. Puis, si on parle à nos
journalistes ici et chez moi, je n'en ai jamais vu un à tous les jours aller
chez un maire ou une mairesse. On comprend, là, les journalistes sont très
professionnels. Il n'y en a pas un qui ferait ça à tous les jours pendant x
nombre de semaines. Je ne penserais pas, du moins. Peut-être, dans le temps, ça
va arriver, comme vous le dites, mais, à ce moment-là, nous, ce qu'on fait,
c'est qu'on vient baliser et... pas baliser, on vient permettre et exempter le
travail quand c'est dans l'intérêt public. Un journaliste, c'est dans l'intérêt
du public, donc ils sont protégés, et la charte les protège également.
M. Ciccone :...toujours vous nommer puis faire... pour faire un point,
là, puis vous me dites : Ça n'arrive pas, mais, pour faire un point, on
est obligés d'aller loin pour vraiment démontrer ce qui pourrait arriver. Puis
je le sais, là, ce n'est pas comme ça chez nous, ce n'est pas comme ça chez
vous, mais cogner à la porte... ça peut être... bien là, va suivre constamment
à l'épicerie, au conseil de ville, partout, pour essayer d'avoir un
commentaire. Puis là, à un moment donné, il dit : Là, là, ça fait deux,
trois semaines, là, tu ne me lâches pas, moi, je pense que c'est de
l'harcèlement. Bien là, c'est parce qu'avec cet... ce sous-amendement-là...
parce que, là, on dit : «de ne pas se présenter aux séances de tout
conseil d'un organisme municipal auquel siège un élu municipal». Parce que, là,
vous dites qu'on ne peut pas empêcher le travail d'un journaliste. Avec ça, ce
qu'on dit, c'est que, regarde, nonobstant, là, la collecte, la détention,
l'utilisation ou la communication de matériel journalistique... Parce que
peut-être que... mais il pourrait continuer à écrire, il pourrait continuer à
faire quand même un certain travail.
Mme Laforest : Donc, si je
lis bien votre paragraphe : «La collecte, la détention, l'utilisation ou la
communication du matériel... de matériel journalistique, à une fin d'information
légitime du public ne constituent pas une entrave au sens du premier alinéa», donc,
si je lis ça comme ça, ça veut dire que, dans le cadre de la collecte, la
détention, l'utilisation, la communication de matériel journalistique, si le
journaliste, à tous les jours, se présente chez une mairesse ou un maire...
M. Ciccone :
Ou suit quelqu'un, oui...
Mme Laforest : ...aurait la
possibilité d'y aller à tous les jours. Ça ne peut pas fonctionner, votre
paragraphe.
M. Ciccone :Non, ce n'est pas ça je dis, ce n'est pas ça je dis.
Mme Laforest : Bien, c'est
ça.
M. Ciccone :Non, ce que je dis, ce n'est pas d'y aller à tous les
jours, mais, en même temps, est-ce qu'on empêche... même s'il y a une
injonction, par exemple il fait une demande d'injonction, est-ce que ça peut
l'empêcher d'écrire, de citer la personne dans les journaux, de faire son
travail, quand même, journalistique? Est-ce qu'on... Est-ce qu'on vient
l'arrêter? Moi, c'est une question que je vous pose. Je ne fais pas une
affirmation. C'est une question que je vous pose pour tourner toutes les
pierres.
Mme Laforest : Je...
M. Ciccone :Si vous me dites non, c'est non. Si vous me dites oui,
c'est oui. Moi, je veux juste savoir votre... des réponses.
Mme Laforest : Mais là je
vais vous répondre comme j'ai toujours dit, là. Aujourd'hui, c'est plate, parce
que, normalement, je suis plus intéressante que ça, mais là je vais vous dire
une chose : S'il y a des... du harcèlement, des menaces, de l'intimidation
de la part du journaliste, comme vous le dites, si c'est à tous les jours chez
l'élu, bien, à ce moment-là, le tribunal va décider, il y aura... il y aura une
décision qui sera prise.
M. Ciccone :
OK.
Mme Laforest : Mais, comme ça,
je ne peux pas... même pas accepter ça, parce que ça, OK, si on permet ça comme
ça, «fine», c'est bien, sauf que ça veut dire qu'un journaliste pourrait aller
à tous les jours cogner à la porte...
M. Ciccone :Non, non, ça veut... ça veut dire qu'un juge pourrait dire :
Mais là vous n'avez plus le droit d'aller au conseil municipal. Moi, je pose
une question, là.
Mme Laforest : Bien, au
conseil municipal, c'est dans le cadre de son travail.
M. Ciccone :Oui, mais...
Mme Laforest : Ah! après
avoir harcelé, intimidé.
M. Ciccone :Oui, oui, oui. Il pourrait.
Mme Laforest : Bien là...
Bien, c'est ça que je vous dis. Il faut qu'il y ait... Il faut qu'il y ait quand
même un jugement...
21 h (version révisée)
Mme Laforest : ...bien, c'est
ça que je vous dis, il faut qu'il y ait... il faut qu'il y ait quand même un
jugement, là, par la suite.
M. Ciccone :
OK, parfait.
Mme Laforest : Si le juge dit :
Il y a eu harcèlement, il y a eu intimidation, il y a eu menaces, il ne pourra
peut-être plus y aller, au conseil municipal.
M. Ciccone :C'est correct, parfait. C'est juste ça que je voulais
entendre. Je ne voulais pas rentrer dans un débat, je voulais juste avoir...
Mme Laforest : Non, c'est
intéressant.
M. Ciccone :...une petite précision. Merci.
Le Président (M. Schneeberger) : Oui.
Alors, député de Jeanne-Mance—Viger.
Mme Rotiroti : Oui, merci, M.
le Président. Moi, je vais aller un petit peu pointilleux par rapport à votre
libellé à vous, Mme la ministre. Vous dites : «qui entrave de façon
abusive l'exercice de ses fonctions ou qui constitue une atteinte illicite à
son droit à la vie privée, peut demander à la Cour supérieure de prononcer une
injonction.» Quand on regarde «une atteinte illicite», ça peut comprendre la
discrimination, atteinte à la propriété, violation des droits de propriété
intellectuelle, diffamation et atteinte à la vie privée.
Un journaliste qui couvre un conseil de
ville, et il y a une prise de bec entre deux élus, et le journaliste relate
cette prise de bec là exactement comme ça s'est passé dans le conseil de ville,
et il y a un conseiller qui n'est pas content de la manière que le journaliste
a relaté la... l'information, qu'est-ce qui s'est passé dans le conseil de
ville. Lui, il juge que c'était diffamatoire. À ce moment-là, l'élu en question
peut demander... peut aller devant les cours demander une injonction pour dire
que le journaliste a tenté de diffamer sa réputation?
Mme Laforest : Le... les
atteintes illicites, c'est dans la loi, là, le terme, je vais laisser Me Dumont...
Mme Rotiroti : Absolument.
Oui, oui, c'est un terme légal.
Mme Laforest : Oui, c'est ça.
Je vais lui laisser s'expliquer. Puis, à ce moment-là, votre question, ça
revient à... Oui?
Mme Rotiroti : Oui, puis je
vais juste continuer, parce que, dans la définition de diffamation, on dit que
ça peut être même dans une publication, en disant : «La déclaration doit
être communiquée à une tierce personne et peut être diffusée par écrit,
oralement ou par tout autre moyen de communication.» Alors, évidemment, le
journaliste va écrire, parce que sa... son travail, c'est justement ça, c'est...
il se présente au conseil de ville, puis dans le journal local, deux jours plus
tard, bien, on a le résumé des débats du conseil de ville. Mais cette
soirée-là, ça a brassé, entre élus, là, ça a brassé, parce que, bon, l'opposition
n'était pas d'accord avec une position du... de le... gouvernement... pas le
gouvernement, le...
M. Ciccone :Le maire.
Mme Rotiroti : ...le maire, et
le journaliste, lui, bien, il écrit ça à sa façon, il relate les événements, et,
peut-être, il rajoute un mot de plus, un mot de moins, qui fait en sorte que le
maire dit : Heille! lui, là, c'est l'acharnement sur moi, il vient de dire
des faussetés. Selon lui, c'est allé trop loin, dans qu'est-ce qui est écrit
dans les journaux. Là, c'est assez. Alors là, il se présente devant la cour
puis il dit : Je demande une injonction, parce que ce journaliste-là,
bien, c'est l'acharnement, c'est la diffamation, il écrit des affaires que ce n'est
pas vrai, c'est des faussetés.
Alors, comment qu'on protège, à ce moment-là,
la liberté de presse, et de laisser le journaliste faire son travail, sans...
sans ajouter... Parce que, dans le fond, ma collègue de Mont-Royal, quand elle
parle de collecte, d'intentions... l'utilisation ou la communication de matériel
journalistique, bien, ce volet-là, ça tombe dans le matériel journalistique,
afin de... afin d'information légitime du public. C'est exactement qu'est-ce qu'elle
veut protéger. Alors, pourquoi vous n'êtes pas à l'aise avec ça?
Mme Laforest : Parce que la
diffamation, c'est complètement un autre recours. Peut-être, Me Dumont,
voulez-vous...
Le Président (M. Schneeberger) : Me
Dumont.
M. Dumont (Luc) : ...exact,
ce que la ministre dit est exact. La diffamation, c'est différent. Là, sans
rentrer dans les détails, il peut arriver, des fois, que les choses se
chevauchent puis qu'il y ait de la diffamation puis une atteinte illicite. Mais
nous, on ne vise que l'atteinte illicite ici, là. Les propos diffamatoires, c'est
un autre recours, c'est... ça se fait par les règles générales de l'injonction,
prévues au code de procédure. Ça, on ne touche pas à ça, là.
Mme Rotiroti : Mais quand
vous... quand vous dites : L'atteinte illicite... Donnez-moi un exemple.
Si vous dites que l'atteinte illicite, ce n'est pas la discrimination, la
violation des droits, diffamation ou atteinte à la vie privée, alors c'est
quoi, votre définition? Si vous dites que ça peut devenir du harcèlement et
de... J'essaie de comprendre.
M. Dumont (Luc) : Par
exemple, ça... par exemple, ça pourrait être le fait... ça pourrait... par
exemple, un des cas de jurisprudence que j'ai eus devant moi, c'est le fait d'occuper
puis de piqueter pendant très, très longtemps devant la maison... devant la
maison d'un élu. Ça, c'est une atteinte... ça, ça a été considéré par un <tribunal...
M. Dumont (Luc) :
...devant la maison... devant la maison d'un élu. Ça, c'est
une atteinte... ça, ça a été considéré par un >tribunal comme une
atteinte illicite, parce que le déroulement de sa vie privée, il était... il
était atteint à un niveau, là, qui n'était plus acceptable, selon... selon le
tribunal, à ce moment-là, ce qui n'est pas de la diffamation. On n'est pas
là-dedans.
Mme Rotiroti : OK. Ça fait
que, pour vous, la diffamation ne fait pas partie d'une atteinte illicite.
Alors, le journaliste qui va écrire un article, qui va quasiment accuser le
maire de... je ne sais pas, moi, de ne pas faire sa job correctement ou d'avoir
des... la collusion ou la... peu importe, ça, c'est... le maire n'a pas le
droit.
M. Dumont (Luc) : C'est un
recours diffamatoire. La question serait différente si, par exemple, il y
aurait un individu qui irait chercher les relevés de notes d'un des enfants de
l'élu puis qui rendrait ça public. Ça, ce serait une atteinte potentiellement
illicite à la vie privée.
• (21 h 10) •
Mme Rotiroti : ...on dirait...
il le fait souvent, puis le maire dit : Bien, c'est de l'acharnement,
c'est du harcèlement. À ce moment-là, ça ne tombe pas... le maire ne peut
pas...
M. Dumont (Luc) : Bien, ça,
ce serait au juge de juger. Mais moi, ce que je peux vous dire, c'est que si
c'est des propos diffamatoires, des mensonges ou... mais que ce soit... mais si
c'est des mensonges et tout, ça se tourne davantage par rapport... par rapport à
la diffamation. Ce n'est pas ça qu'on vise par cette loi-là ici.
Mme Rotiroti : Mais qui ne
l'empêche pas non plus. Vous le... Dans le fond, le journaliste qui, lui, fait
son travail, mais que, peut-être, pour l'élu, va trop loin dans son travail, il
est assujetti à une injonction.
M. Dumont (Luc) : Il faut que
ça se qualifie dans la loi, c'est-à-dire une atteinte illicite à la vie privée.
Il faut qu'il soit capable de le démontrer puis le juge le constate. Il faut
que ce soit une... que ce soit une entrave injustifiée.
Mme Rotiroti : Une entrave
bien justifiée...
M. Dumont (Luc) : Injustifiée.
Mme Rotiroti : Injustifiée.
M. Dumont (Luc) : Abusive.
Pardon, excusez-moi.
Mme Rotiroti : Une entrave
abusive. Moi, je ne suis pas convaincue. Je vais réfléchir puis je vais revenir,
M. le Président.
Le Président (M. Schneeberger) : OK.
D'autres... d'autres questions? Ça va? Oui.
Mme Setlakwe : ...questions
sur l'article... sur l'article 3, c'est sûr, mais là vous voulez savoir si
on a d'autres interventions sur l'amendement?
Le Président (M. Schneeberger) : Oui...
sur l'amendement.
Mme Setlakwe : Pas pour le
moment. Je ne sais pas si le... notre collègue de Taschereau en a?
M. Ciccone :
Bien...
Le Président (M. Schneeberger) :
Oui, député de Marquette.
M. Ciccone :
Bien, je veux juste faire un petit point. Je veux juste, peut-être,
renchérir sur ce que ma collègue dit, parce qu'une atteinte illicite là, ma
collègue vous l'a dit, discrimination, atteinte à la propriété, violation des
lois, diffamation, exactement. Mais s'il y a de la discrimination à chaque
fois, une fois, deux fois, quatre fois, cinq fois, six fois, ça peut donner du
harcèlement. Comprenez-vous? Ça va être l'interprétation... Mais est-ce que... est-ce
que le maire peut se prévaloir du projet de loi ici sans que ce soit de la
diffamation? Parce que là, je sais que vous allez me nommer, dans le Code
criminel, la diffamation... mais là... 317 à... 319, je ne sais pas quoi, là,
mais c'est parce qu'un élément qui n'est pas nommé là peut devenir du
harcèlement. Est-ce que le maire peut se prévaloir de ça? C'est ça, la
question. Puis là vous allez dire : C'est le juge. Oui.
M. Dumont (Luc) : Si... Dans
le fond, il faut toujours se rapporter à la loi qui est ici. Il faut... il faut
que la personne qui fasse la demande d'injonction soit capable de remplir le
fardeau qui est imposé au juge. Il faut que le juge soit convaincu par
prépondérance des probabilités, c'est-à-dire qu'il soit convaincu que
l'atteinte soit abusive ou que, lorsqu'on parle d'atteinte illicite au droit à
la vie privée, c'est au droit à la vie privée, c'est un des droits qui est
circonscrit dans la charte, là. Ce n'est pas tous les droits, c'est vraiment
une atteinte illicite au droit à la vie privée.
Donc, dépendamment des cas d'espèce, puis
là on pourrait en nommer vraiment plusieurs, il peut y avoir de la diffamation
qui s'est entremêlée, il peut y avoir des propos diffamatoires qui se sont
entremêlés puis qui se sont immiscés aussi dans la vie privée, on ne sait pas.
Ça se peut que ça arrive, mais là on est dans plusieurs... On pourrait en
nommer plein, plein, plein de cas, sans fin. L'idée, c'est de remplir le
fardeau de preuve qui est prévu à la loi.
M. Ciccone :Parce que, dans le fond, ce que j'entends, c'est que pour
vraiment se prévaloir de cette... de cette loi-là, il faut que le maire ou
l'élu soit sûr d'être capable de le prouver, parce que c'est son fardeau à lui,
c'est son <fardeau...
M. Ciccone :
...d'être capable de le prouver, parce que c'est son
fardeau à lui, c'est son >fardeau à lui. On a eu une discussion, tantôt,
à bâtons rompus. Il faut... il faut qu'elle soit capable de le prouver, sinon
elle ne peut pas... elle ne peut pas arriver là facilement puis le dire, là. Ça
fait que c'est ça, il faut qu'elle soit absolument... Oui? Parfait. Merci, merci
beaucoup. On va peut-être utiliser plus tard ce que vous avez dit. Merci
beaucoup.
Le Président (M. Schneeberger) : Ça
va? Député de Taschereau.
M. Grandmont : Oui, merci
beaucoup. Bien, on va commencer d'abord sur la question... on va commencer
d'abord sur la question des médias, là, puisque les collègues à ma droite, ici,
là, ont amené un amendement qui traite spécifiquement de ça, là. D'abord,
qu'est-ce qu'on a comme... qu'est-ce qui existe au Québec comme définition
d'«organe de presse»? Parce que je suis sur le conseil de presse, là, puis ce
n'est pas... évidemment, pas tous les médias, ou, en tout cas, dans ma tête,
qui se qualifient pour être un média, peut-être, qui se... qui rentrent
là-dedans, mais qu'est-ce qu'on rentre là-dedans, dans le fond? Puis peut-être
que ma question s'adresse à ma collègue de Mont-Royal—Outremont,
là, je pense que c'est elle qui a déposé l'amendement. Qu'est-ce qu'on entend
par «matériel journalistique», comme «organe de presse»? Juste pour comprendre.
Mme Setlakwe : ...d'organe de
presse. Si vous me permettez, M. le Président...
Le Président (M. Schneeberger) : Oui,
allez-y, députée de Mont-Royal—Outremont.
Mme Setlakwe : ...tout
simplement, on veut exclure ou venir préciser de façon spécifique et explicite
que le travail d'un journaliste... Le travail est... ce n'est pas juste de
publier un texte, c'est toute la démarche, là, de collecte d'information, la
détenir, l'utiliser ou la communiquer. Le matériel journalistique, il peut
prendre différentes formes, à une fin d'information légitime du public. On veut
simplement venir préciser que cette démarche du journaliste, dans le fond, même
si ça peut déranger un élu ou ça peut... ça fait partie de la vie d'un élu.
L'élu doit composer avec autant les questionnements des citoyens que ceux des
médias.
Et on répond à la demande, à l'inquiétude
des médias, de venir préciser que toute cette démarche d'obtention
d'information, de questionnement dans toute la chaîne de collecte, de
détention, là, tout ce qui mène à la préparation d'une communication de...
c'est ça, de matériel journalistique, je pense que c'est... Puis d'ailleurs ça
existe déjà dans le corpus législatif, là. Toute cette... tout ce processus,
ce... n'entrave pas un élu dans l'exercice de ses fonctions.
M. Grandmont : Est-ce que des
chroniques, ça fait partie du... est-ce que ça fait partie du corpus, là,
législatif, là? Quand on parle de matériel journalistique, ou encore, de
journalisme, est-ce que la question... les chroniques, par exemple, font aussi
partie de ce qu'on pourrait caractériser comme du matériel journalistique?
Mme Setlakwe : Bien oui. Moi,
je... oui, je le voyais dans son sens large.
M. Grandmont : OK. Moi, j'ai
testé ça sur le Conseil de presse, là. C'est peut-être, là, ce qui se rapproche
le plus de ce qui regroupe, là, l'ensemble des organes de presse, là. Je vais en
nommer, comme ça : il y a Bell Média, Cogeco Média, la fédération des
journalistes, fédération nationale des journalistes et de la culture, affiliée
à la CSN, Les Hebdos du Québec, L'Actualité, LaPresse,
LaPresse canadienne, Le Devoir, Les Affaires,
les Coops de l'info — il y en a plusieurs — Québec
Science, Radio-Can, Télé-Québec, la Gazette, TV5, Urbania.
Est-ce que c'est ça, l'écosystème
journalistique au Québec, ou s'il y a d'autres organes qui sont aussi inclus
là-dedans ou pas? Je pense aux médias communautaires, je pense à des médias,
par exemple, qui ne s'y trouvent pas. Il n'y a pas de référence à TVA, Québecor,
il n'y a pas de référence à certaines radios privées aussi. CHOI Radio X, pour
la nommer, par exemple, ici à Québec, ne fait pas partie des groupes qui sont
là-dedans. Est-ce qu'on... est-ce qu'on peut faire partie de ce qui se qualifie
pour être du matériel caractérisé comme du matériel journalistique quand on est
à l'extérieur de ces organes-là qui sont nommés, là, actuellement?
Le Président (M. Schneeberger) : Est-ce
que vous avez une... La question s'adresse...
Mme Setlakwe : ...
Le Président (M. Schneeberger) : ...à
la députée de Mont-Royal—Outremont?
M. Grandmont : À la collègue
de Mont-Royal—Outremont, là, oui.
Mme Setlakwe : Mais je pense
que j'ai répondu. D'ailleurs, je suis dans la Loi sur la protection des
renseignements personnels dans le secteur privé, où on a jugé bon d'inclure
cette précision que la loi ne s'applique pas à la collecte, la détention,
l'utilisation et la communication de matériel journalistique... bon, là, ça
traite aussi de matériel historique ou généalogique, ce n'était pas pertinent
ici... à une fin d'information légitime du public. Écoutez, je pense que ça
vient mettre la... ça vient envoyer le signal que cette démarche n'est pas...
ne doit pas être réputée être une <entrave...
Mme Setlakwe :
...ça vient envoyer le signal que cette démarche n'est pas...
ne doit pas être réputée être une >entrave, ne constitue pas une
entrave dans le travail des élus.
Rappelons-nous à quel point il y a des
déserts médiatiques qui s'installent, d'ailleurs, malheureusement, dans
différentes régions du Québec. C'est à la grandeur du Québec, là. Les conseils
municipaux, en plus, sont en... sont de moins en moins adéquatement couverts.
Il faut vraiment réfléchir à savoir est-ce que... Comme législateur, ce n'est...
ce n'est vraiment pas un bon message à envoyer, là, que... Bien, en tout cas,
j'entends la ministre que le libellé a été amélioré, mais c'est... c'est... il
faut être... il faut être clair, comme législateur, que ce qu'on vise à faire...
De protéger l'élu de comportements abusifs qui entravent leur travail, leur...
l'exercice de leurs fonctions électives, c'est ça qu'on veut faire. On veut... on
ne veut pas venir ouvrir la porte à une interprétation large, ouvrir la porte à
une autre problématique, où les élus se serviraient de ces nouveaux outils, qui
servent un objectif vraiment louable... mais qu'ils s'en servent... ça peut
arriver, on ne le souhaite pas, on présume de la bonne foi de tout le monde,
mais qu'ils s'en servent pour venir entraver le travail des journalistes, qui
est... qui est une composante essentielle de notre démocratie. Moi, je
m'arrêterais là.
• (21 h 20) •
M. Grandmont : C'est bon.
C'étaient juste des questions pour essayer d'éclaircir un peu, voir la portée,
là, de la proposition, de l'amendement... du sous-amendement, pardon, qui est
apporté.
J'aurais peut-être plus des questions,
maintenant, pour la partie gouvernementale. Tu sais, il y a des éléments, là,
en fait, dans le... la proposition que... maintenant que je le comprends mieux,
là, que je trouve intéressants. Évidemment, là, le travail journalistique est
important. Il y a la notion de fins d'information légitime du public, que je
trouve qui est une des parties quand même assez fortes de cet amendement-là, puis
c'est là où, tu sais, je faisais référence, des fois, à des chroniques. On peut
se poser la question si c'est du matériel journalistique. Est-ce que c'est pour
fins d'information légitime du public ou si c'est... c'est... la chronique sort
de ça? J'avoue que je n'ai pas l'information, moi, personnellement, ici, là. Je
ne sais pas si ça rentre... À mon avis, en fait, les chroniqueurs ne sont pas
assujettis aux règles journalistiques, puis c'est d'ailleurs une des confusions
qui existent actuellement dans les médias, les chroniqueurs ne sont pas
considérés comme des journalistes. Ça fait que, des... En tout cas, je me pose
la question sur la portée de l'amendement, notamment au regard de ça.
Puis aussi, bien, il y a... il y a
certaines... il y a des comportements qui peuvent être faits dans des... dans
certaines radios, notamment. J'ai moi-même été... on n'a pas donné toutes mes
informations personnelles d'où j'habitais, mais on a nommé la rue sur laquelle
j'habitais, dans une radio de Québec. On a nommé plusieurs fois l'endroit où je
travaillais et où plusieurs de mes collègues travaillaient, puis il y avait un caractère
très intimidant à faire donner ces informations-là en ondes. Là, après ça, je
ne sais pas si ça rentre dans le type... puis peut-être que Me Dumont pourra
nous éclairer là-dessus, mais le type de comportements qui pourraient,
éventuellement, être traités par le projet de loi n° 57, si c'est un élu
qui est touché par ce genre de divulgation-là. En anglais, on appelle ça du
«doxing», là, donc la divulgation d'informations personnelles par des médias.
Mais, en même temps, là, comme je vous dis, là, j'ai... j'ai de la misère à
définir exactement ce qu'est un média au regard des informations que j'ai
actuellement, mais, disons, dans l'espace public, par des organes qui
s'apparentent à des médias.
Est-ce que c'est... Est-ce qu'un élu
pourrait intervenir sur la base de... Là, parce que là, on est sur un
endroit... on est sur... on touche les médias, là, puis c'est ça, le cœur de
l'amendement... du sous-amendement qui est proposé par notre collègue, mais on
parle particulièrement, là, du droit... ou de l'atteinte, en fait, à son droit
à la vie privée. Est-ce que, dans ce cadre-là, un élu pourrait utiliser les
outils qui sont présentés dans le projet de loi n° 57 puis demander une
injonction pour arrêter... ou s'il doit utiliser un autre moyen, qui serait plus
de l'ordre de la diffamation, par exemple? Mais la diffamation, c'est donner
une information qui est fausse sur une personne, sur ses intentions, par
exemple. Peut-être juste des éclaircissements là-dessus, là.
Mme Laforest : ...des éclaircissements,
mais c'est sur l'amendement de ma collègue. Mais moi, je suis contre
l'amendement. Ça fait que j'aime mieux ne pas expliquer son amendement, je suis
contre. Sauf qu'au niveau des médias, c'est sûr que, que ce soit un
chroniqueur, un journaliste ou un animateur, évidemment, c'est dans le cadre de
leur travail. Maintenant, s'il y a, exemple, dévoilement de l'adresse privée,
comme vous le mentionnez, ça pourrait être une atteinte également, puis c'est
ça qui... c'est pour ça qu'on ajoute également : «qui constitue une
atteinte illicite à son droit à la vie privée». Donc, c'est le juge qui va
décider si c'est une atteinte à votre vie privée.
M. Grandmont : Mais donc,
selon vous, dans le fond, on n'a pas besoin de l'amendement... du sous-amendement
proposé ici parce que, dans le... dans la <finale...
M. Grandmont :
...on
n'a pas besoin de l'amendement... du sous-amendement proposé ici parce que,
dans le... dans la >finale, en fait, on dit... Ah! je ne suis pas au bon
endroit. Mais, en fait, on dit, là, «aux fins du premier alinéa, ne constitue
pas une entrave le fait d'exprimer par tout moyen son opinion dans le respect
des valeurs démocratiques du Québec». Est-ce que ça couvre les médias aussi,
selon votre interprétation, et selon Me Dumont aussi?
Mme Laforest : Oui. Oui,
tout à fait.
M. Grandmont : OK. Donc,
à la fois, vous répondez positivement sur le fait que... puis peut-être que Me
Dumont pourra acquiescer aussi, là, mais que le fait de dévoiler des informations
privées pourrait constituer une atteinte à la vie privée, et donc, dans ce
cas-là, évidemment, les deux pourraient demander une injonction...
Mme Laforest : Oui.
M. Grandmont : ...pour
faire cesser ou faire... puis même faire se rétracter, par exemple, un média,
ou ce qui s'apparente à un média, là. Encore une fois, au niveau de la
définition, ce n'est pas clair pour moi tout le temps. Puis, de l'autre côté,
vous pensez qu'avec ce qu'on a d'écrit là, même sans l'ajout de la collègue de Mont-Royal—Outremont, on arriverait à l'expliquer aussi, là.
Mme Laforest : Oui, tout
à fait.
M. Grandmont : OK, je
comprends mieux, correct.
Le Président (M. Schneeberger) :
Ça va? Il y avait le député de Marquette, je pense, qui souhaitait prendre
la parole.
M. Ciccone :Juste... juste un petit... quelques questions, là, pour
peut-être mettre du poids, là, puis je veux entendre la ministre là-dessus, à
savoir si ça aurait pu fonctionner, si les choses auraient pu être différentes
avec ce... selon elle. Vous avez parlé tantôt de liberté de presse, liberté
d'expression. Les journalistes sont protégés, parce que c'est déjà là. C'est ce
que vous avez dit un peu plus tôt. Un cas concret, là, puis vous le connaissez,
le cas, là, c'est le cas de Pétronille, à l'île...
Une voix : Sainte-Pétronille.
M. Ciccone :À Sainte... pardon, Sainte-Pétronille, Saint-Pétronille, à
l'île d'Orléans. La ville avait essayé de bâillonner les... le journal local, elle
avait envoyé pratiquement 100 mises en demeure aux citoyens, et ça avait
coûté plus de 20 000 $, là, d'avocat pour une ville qui a à peu près
2 000 habitants, là. Pourtant, la ville... Puis la ville a été
blanchie, soit dit en passant, là, là-dedans, là.
Une voix : ...
M. Ciccone :Oui, mais tu sais...
Une voix : ...
M. Ciccone :Oui, oui, je comprends. Mais tu sais, elle a... tu sais,
elle n'a pas été... elle n'a pas été réprimandée, là. Elle n'a pas dit... Tu
sais, ça... En tout cas, il y a une ambiguïté là-dedans. Puis elle n'a pas eu
bien, bien de... elle n'a pas eu un gros coût, là, la ville, là. Mais est-ce
que vous pensez qu'avec cet amendement-là la ville aurait dit : Bien, on
ne le fera pas parce que c'est sûr et certain que, hein, on ne gaspillera pas
20 000 $, là, de l'argent de nos citoyens, puis, regarde, ça ne
passera jamais avec ça. Ça fait qu'on protège... dans le fond, on ne vient pas
protéger, là, justement, ces abus-là?
Mme Laforest : Bien, la
situation de Sainte-Pétronille, bien, honnêtement, c'est bien, parce
qu'évidemment tout est sorti dans les médias. Ce qu'on voit, là, c'est quand
même hyperpositif, les médias. Et en plus, avec le rapport de la <i>Commission
municipale, on voit que la municipalité ne pouvait pas museler les médias.
Donc, on a vraiment un bel exemple comment les médias sont importants pour
nous. C'est dans l'intérêt des citoyens. Donc, on a vraiment un bel exemple.
Maintenant, étant donné qu'il y avait des gestes qui étaient posés par la
municipalité, la <i>Commission municipale pouvait y aller. Donc, ça,
c'était dans les pouvoirs de la municipalité.
Il y a des amendements qu'on va voir plus
loin puis qu'on ne peut pas présentement parce que la situation de
Sainte-Pétronille, vous allez voir, dans d'autres articles plus loin, que... là
où la ministre peut immédiatement agir pour envoyer de l'accompagnement à la
municipalité. Dans ce qui s'est passé à Sainte-Pétronille, c'est sûr que c'est
une situation particulière, mais dans le projet de loi, c'est prévu, parce que
ce n'est pas la première municipalité qui vit des problématiques comme ça,
question d'organisation, question de procédure. Donc, on va pouvoir, vous allez
le voir plus tard, immédiatement se déplacer et aller accompagner la
municipalité pour bien expliquer comment faire les choses. Parce que là, il y a
eu énormément de mises en demeure.
Bref, je ne parlerai pas ici de la
situation de Sainte-Pétronille, mais, quand même, dans le projet de loi, on
amène un amendement plus tard puis on pourra en reparler à ce moment-ci. On
va... on pourrait agir comme ça avec Sainte-Pétronille, mais on a quand même la
<i>Commission municipale qui a très bien agi, là, puis vous voyez que les
médias, encore une fois, ils ont été très bien protégés.
M. Ciccone :OK. Merci pour la réponse, Mme la ministre.
Mme Laforest : Ça fait
plaisir.
Le Président (M. Schneeberger) :
Oui, parfait. Alors, s'il n'y a pas d'autre question, nous allons mettre
aux voix l'amendement proposé... sur le sous-amendement, pardon, proposé à
l'article 3. Est-ce que...
Une voix : ...
Le Président (M. Schneeberger) :
Par appel nominal, M. le secrétaire.
Le Secrétaire : Pour, contre,
abstention. Mme Setlakwe (Mont-Royal—Outremont)?
Mme Setlakwe : Pour.
Le Secrétaire
: M. Ciccone
(Marquette)?
M. Ciccone :
Pour.
Le Secrétaire
:MmeRotiroti (Jeanne-Mance—Viger)?
Mme
Rotiroti
:
Pour.
Le Secrétaire
: Mme Laforest
(Chicoutimi)?
Mme Laforest : Contre.
Le Secrétaire
: M. Girard
(Lac-Saint-Jean)?
M. Girard (Lac-Saint-Jean) :
Contre.
Le Secrétaire
: M. Gagnon
(Jonquière)?
M. Gagnon : Contre.
Le Secrétaire
: Mme Dionne
(Rivière-du-Loup—Témiscouata)?
Mme Dionne : Contre.
Le Secrétaire
: M. Rivest
(Côte-du-Sud)?
M. Rivest : Contre.
Le Secrétaire
: M. Grandmont
(Taschereau)?
M. Grandmont : Abstention.
Le Secrétaire : M.Schneeberger (Drummond—Bois-Francs)?
Le Président (M. Schneeberger) : Abstention.
Alors, le sous-amendement est <rejeté...
M. Grandmont :
…Abstention.
Le Secrétaire :
M.
Schneeberger
(Drummond—Bois-Francs)?
Le Président (M. Schneeberger) :
Abstention. Alors, le sous-amendement est >rejeté. Moi, je ne
sais pas si... je proposais peut-être un petit deux, trois minutes de pause
ou... si ça vous tente. Sinon, on peut continuer. Alors, moi, je vais en
prendre une pareil.
Une voix : ...
Le Président (M. Schneeberger) :
Trois minutes de pause?
Alors, nous allons suspendre quelques
instants.
(Suspension de la séance à 21 h 30)
21 h 30 (version révisée)
(Reprise à 21 h 44)
Le Président (M. Schneeberger) : Alors,
nous reprenons les travaux. Alors, nous en étions à l'article 3. Alors, je
laisse poursuivre la conversation. S'il n'y a pas de question, nous allons
mettre aux voix.... pas aux voix, mais nous allons passer à l'article 4.
Oui. Alors, Mme la députée de Mont-Royal—Outremont.
Mme Setlakwe : Je ne sais pas
si ma collègue de Jeanne-Mance voulait commencer. Moi, je peux peut-être
commencer avec une première question. On a déjà parlé quand même beaucoup, là,
de ce nouveau recours, de ce nouvel outil qui est offert... qui sera offert aux
élus. Je suis heureuse de voir que vous avez prévu, de façon plus spécifique, <qu'on
parle de propos ou de gestes...
Mme Setlakwe :
...je
suis heureuse de voir que vous avez prévu, de façon plus spécifique, >qu'on
parle de propos ou de gestes qui entravent de façon abusive l'exercice des
fonctions d'un élu et qui constituent une atteinte illicite à son droit à la
vie privée. Bon, là, plus loin, on dit, et c'est une bonne chose, que «la cour
évalue la demande en tenant compte de l'intérêt public». Bon, «elle peut
notamment — et ce n'est donc pas exhaustif — ordonner à une
personne de ne pas se présenter aux séances de tout conseil d'un organisme
municipal auquel siège l'élu municipal».
Est-ce que vous avez réfléchi au concept
de temps? Tu sais, il y a des élus qui siègent, là, sur... des élus qui siègent
pendant plusieurs mandats. Est-ce que... Comment vous voyez ça, là, de baliser
ça dans le temps?
Mme Laforest : C'est la cour
qui va le déterminer, encore une fois.
Mme Setlakwe : Oui. C'est une
préoccupation qui nous avait été signalée. Je pense que ce n'est pas
forcément... ce n'est pas forcément pour toujours. C'est selon le cas? Selon le
cas, le juge va décider qu'est-ce qui est approprié?
Mme Laforest : Oui, tout à
fait, oui.
Mme Setlakwe : Bon, encore
une fois, là, vous avez... vous avez rassuré qu'au paragraphe 4°... «cesser de
diffuser dans l'espace public des propos visés au premier alinéa». Vous
rassurez les médias qu'on ne les vise pas ici?
Mme Laforest : Pas du tout.
Mme Setlakwe : OK. Si on revient
généralement au paragraphe introductif... Puis je comprends que vous ne voulez
pas statuer vous-même, là, sur ce qui peut constituer une entrave qui pourrait
mener... mais ça prend quand même, je pense, dans l'espace public, des
exemples, des exemples de comportements qui pourraient possiblement... ou
peut-être des cas ont été vécus qui nous ont été relatés en commission. Quel
genre de comportement pourrait potentiellement donner lieu à des... à cette
injonction, à cette... c'est ça, qui pourrait faire en sorte que ce nouvel
outil pourrait s'avérer utile?
Mme Laforest : Bien, tout
comportement qui comporte des menaces, du harcèlement, de l'intimidation à ce
moment-ci.
Mme Setlakwe : Mais pourquoi
vous revenez toujours avec ces... On est dans le paragraphe sur... ou dans le
recours à l'injonction et on ne mentionne pas ces mots-là dans le libellé.
Mme Laforest : Parce qu'il
est déjà déterminé dans les premiers paragraphes, donc ce n'est pas nécessaire
ici. C'est des exemples qu'on peut donner, là, «notamment ordonner à une
personne de ne pas se présenter aux séances du conseil municipal». Donc, c'est
sûr que c'est dans le cadre du premier... C'est pour ça que je disais, le
premier paragraphe est essentiel.
Mme Setlakwe : Oui, mais je
suis confuse, là...
Mme Laforest : Ou je ne
comprends pas votre question, peut-être. Ça se peut, là.
Mme Setlakwe : Mais lire les
critères, les composantes du recours en injonction, ce n'est pas forcément
menaces... menaces, intimidation, harcèlement.
Mme Laforest : ...il faut que
ce soit, par exemple... Là, c'est là que la notion...
Mme Setlakwe : Non, mais oui
ou non, Mme la ministre? Est-ce que, forcément, ça prend des menaces, de
l'intimidation, du harcèlement pour donner lieu à une injonction?
Mme Laforest : Mais c'est ça
que je vous dis, ce n'est pas... je ne peux pas décider ça, c'est le tribunal
qui va décider c'est quoi... c'est quoi qui va... qu'est-ce qui va arriver pour
obliger un citoyen de ne pas se présenter aux séances de tout conseil ou encore
de ne pas se présenter dans les bureaux d'un organisme municipal, de cesser de
communiquer avec l'élu municipal. Donc, c'est sûr qu'il va y avoir une décision
qui sera prise. Je ne peux pas faire ça, moi, là.
Mme Setlakwe : Non, non, je
comprends. Mais, dans l'infraction pénale un peu plus loin, là, on dit qu'il
faut que la personne entrave l'exercice des fonctions d'un élu en le menaçant,
en l'intimidant ou en le harcelant. Alors, quand je vous demande un exemple
d'un comportement qu'on veut faire cesser, je suis surprise que vous parliez
tout de suite d'intimidation, menaces, harcèlement. Alors, peut-être que je
devrais poser la question au légiste : Est-ce que ça doit... ça prend
obligatoirement une menace, de l'intimidation ou du harcèlement pour donner
lieu à une injonction?
Mme Laforest : Bien, il faut
respecter toujours l'article qu'on... Pour revenir à l'article 1 qu'on
vient de faire, qu'on va adopter, il faut que ce soit dans le cadre de cet
article-là que le tribunal va pouvoir ordonner une mesure. Mais peut-être, Me
Dumont, vous pouvez compléter, mais c'est dans le cadre de l'article...
M. Dumont (Luc) : Je ne peux
pas vraiment ajouter rien de plus. Ça va être... c'est à la pression factuelle
des tribunaux. Je ne peux rien... je ne peux rien rajouter de plus. <Ce
que la ministre a dit est exact....
M. Dumont (Luc) :
...des
tribunaux. Je ne peux rien... je ne peux rien rajouter de plus. >Ce que
la ministre a dit est exact.
Le Président (M. Schneeberger) : ...
• (21 h 50) •
Mme Rotiroti : Merci. Je
comprends que vous dites : Vous ne pouvez pas ajouter rien de plus, mais
on doit se référer à l'article 1, et l'article 1, si c'est adopté tel
que la ministre a amendé, on parle de menaces, harcèlement, intimidation.
Alors, ça veut dire que, pour qu'on émette une injonction, pour qu'un élu émette
une injonction, il faut qu'il remplisse ces trois critères-là, un des trois,
c'est-à-dire menaces, harcèlement ou l'intimidation. Vrai?
M. Dumont (Luc) : ...encore
une fois, il faut quand même s'en remettre au libellé de l'article qui est là.
Mme Rotiroti : Mais je vous
lis le libellé de l'article 1.
M. Dumont (Luc) : Mais de
l'article... mais là... mais là vous m'amenez à l'article 1, mais il faut
quand même s'en remettre au libellé de l'article 3, ce qui est...
Mme Rotiroti : Oui. Alors,
l'article 3 : «atteinte illicite à son droit à la vie privée pour
demander à la Cour supérieure de prononcer une injonction pour mettre la fin de
cette situation». Alors, tout à l'heure, vous avez dit, si j'ai bien... et si
je vous cite comme il faut, que «le fardeau est sur l'élu pour émettre
l'injonction».
M. Dumont (Luc) : Oui.
Mme
Rotiroti
: C'est-à-dire
que l'élu doit avoir un motif sérieux, un motif sérieux pour émettre... pour
demander une injonction. Pour vous, le motif sérieux, ça serait... Donnez-moi
un exemple.
M. Dumont (Luc) : De vous
donner des exemples, c'est... ce serait de me substituer par... ce serait
vraiment un substitut au travail d'un juge, c'est la considération d'un
ensemble de faits, de qui l'a fait, de comment ça s'est passé. Donc, c'est très
difficile pour moi de vous donner un exemple succinct en une ligne. Je pense que,
comme c'est le cas actuellement, les juges de la Cour supérieure<i> sont
familiers avec ce genre de questions là. Ils sont habitués de soupeser tout ça,
et c'est eux qui sont... c'est eux qui sont les mieux à même de juger d'une
affaire en particulier.
Mme Rotiroti : Bon. Alors, un
élu qui veut aller chercher une injonction... une injonction... et vous dites
qu'il doit y avoir des motifs sérieux, ils doivent se poser cette question-là
avant d'aller voir le juge pour demander l'injonction. Quand vous dites :
Il faut que ça soit une entrave de façon abusive, parce que c'est ça qui est
écrit aussi dans l'article 3, pour vous, «façon abusive», c'est... est-ce
que c'est un acte qui est en répétition?
M. Dumont (Luc) : C'est... Ça
va s'apprécier au cas par cas par le juge.
Mme Rotiroti : OK, puis... OK,
bien, je.... Alors, le fardeau demeure toujours sur l'élu. L'élu doit avoir un
motif sérieux, c'est vrai...
M. Ciccone :...
Mme
Rotiroti
:
Oui, c'est vrai?
M. Dumont (Luc) : Ce que la
loi dit, c'est qu'il faut que ce soit... que ce soit abusif. Ce n'est pas
sérieux, c'est abusif. Donc, il faut... il faut être en mesure de convaincre le
juge que l'entrave, elle est abusive. Là, les cas possibles peuvent être
infinis. Je ne peux pas... je ne peux pas vous les énumérer.
Mme Rotiroti : Mais c'est ça,
ça fait qu'on ne peut... on ne peut pas quantifier c'est quoi, «abusif». Vous
dites : C'est le juge qui va décider si ça a été abusif ou pas, si
l'entrave était de façon abusive. C'est au juge de décider ça.
M. Dumont (Luc) : C'est lui
qui doit le décider pour rendre son...
Mme Rotiroti : Qui va décider
dans son jugement.
M. Dumont (Luc) : C'est ça.
Mme
Rotiroti
:
Si... OK, OK.
Le Président (M. Schneeberger) :
Ça va?
Mme
Rotiroti
: Oui,
merci.
Le Président (M. Schneeberger) : Député
de Marquette.
M. Ciccone :Merci. Je veux juste comprendre, là. Tantôt, vous m'avez
dit... Tu sais, on pose des questions, puis, souvent, la réponse, ça va être...
Mme la ministre, vous allez dire : Bien là, c'est la cour qui va évaluer,
c'est la cour qui va décider. Là, ici, on... dans l'article de loi, on nomme
des exemples : «1° de ne pas présenter aux séances de tout conseil
d'organisme municipal, de ne pas se trouver dans les bureaux», puis, dans le
fond, on dit déjà au juge qu'il peut... ce qu'il peut faire.
Mme Laforest : C'est des
exemples.
M. Ciccone :Oui, c'est des exemples, mais on... c'est écrit dans un
projet de loi, là. Ça fait qu'on dit au... on dit au juge : Voici comme
exemple ce que vous pouvez...
Mme Laforest : Oui...
M. Ciccone :Mais pourquoi vous dites toujours que oui, mais c'est :
Non, je ne peux pas répondre parce que c'est le juge qui va décider? Est-ce que
le juge... <Vous dites : «Notamment...», vous gardez ça large...
M. Ciccone :
...va décider? Est-ce que le juge... >Vous
dites : «Notamment...», vous gardez ça large. Vous dites :
«Notamment, il peut», mais il pourrait ordonner d'autres choses aussi.
Mme Laforest : Ah! bien, tout
à fait, là. Ça dépend, là. S'il y a des menaces graves ou, peu importe, là,
c'est sûr que ça peut être d'autres exemples qu'on pourrait ajouter. Mais ça,
c'est le minimum, là.
M. Ciccone :Je comprends, mais comprenez-vous que, tu sais, ça va un
peu à l'encontre de ce que vous dites, là, que le juge est autonome, c'est lui
qui décide, on n'a pas d'affaire à lui dire quoi faire? On ne se substituera
pas au juge, c'est... on va séparer les pouvoirs. C'est tous des mots que vous
avez utilisés, là. Mais là vous dites... bien, vous définissez quand même un
certain carré de sable. Même si vous écrivez «notamment», vous dites :
Bien, il peut faire ça. Peut-être que le juge, lui, il dit : Bien non,
moi, je vais donner d'autres choses. Oui, il peut le faire, il a la liberté de
le faire, mais, quand même, vous l'écrivez quand même noir sur blanc dans le
projet de loi, que :«Notamment, vous pouvez faire ça, M. le juge».
Mme Laforest : Tout à fait,
mais ce n'est pas limitatif, là. Mais vous avez raison.
M. Ciccone :OK. Parce que ça... c'est ça que je trouve, ce n'est pas
limitatif, mais nous, ce qu'on avait proposé avant, c'était limitatif, alors
qu'on utilisait le mot «notamment» également, là. Parce que c'est... Tu sais,
dans le fond, vous dites : On ne peut pas... on ne pourra pas dire au juge
quoi faire, on ne va pas lui suggérer quoi faire, mais dans sa...
Mme Laforest : Ça, c'était
dans «entrave», «entraver», là.
M. Ciccone :Non, non, mais c'est dans... puis même plus tard aussi, là,
c'est sur le mot «notamment» aussi. Tu sais, là, je sais que vous ne voulez pas
banaliser... baliser, pardon, mais vous l'écrivez quand même, là, vous donnez
une piste de solution dans la décision du juge. Moi, je trouve ça bizarre.
Mme Laforest : Peut-être.
Peut-être, ça se peut. Je vous le permets, peut-être, ça fait bizarre, mais
disons que...
M. Ciccone :Pourquoi qu'on peut le faire là puis on ne pourra pas le
faire ailleurs? Pourquoi des fois il faut laisser totalement la liberté au juge
puis des fois on lui dit : Bien, voici, M. le juge? Dans la loi... parce
que c'est écrit, là, c'est écrit, vous ne le dites pas juste comme ça, là, au
micro, c'est écrit dans la loi. Commencez avec ça, M. le juge, là, vous pouvez
faire ça, là.
Mme Laforest : Oui. Moi, ce
qu'on me dit, c'est quand on introduit une nouvelle mesure, comme ce qu'on fait
présentement dans le projet de loi, on vient parfois, dans certains projets de
loi, ajouter des «notamment», des exemples, comme je le dis, pour présenter des
exemples au juge qui pourrait appliquer ces nouvelles mesures-là, puis ce n'est
pas limitatif, comme je le dis, il pourrait y en avoir énormément d'autres.
Mais ça peut arriver dans une nouvelle obligation, une nouvelle mesure, une
nouvelle procédure de donner certains exemples. Mais si je ne me trompe pas,
tantôt, je pense que ce n'est pas la même chose parce qu'on on parlait
d'entrave et entraver ou des trucs comme ça, là, ou encore...
M. Ciccone :Non, je parlais du mot... je parlais du mot «notamment», là.
Mme Laforest : Vous parlez du
mot «notamment», c'est vrai, notamment, menaces et tout ça, là, oui, mais là
c'est sûr qu'on aurait pu en ajouter plusieurs. Là, c'est sûr qu'on en met
quelques-unes, mais nous, c'est vraiment intimidation, harcèlement, puis
c'étaient ces trois-là qui étaient visés et non d'autres.
M. Ciccone :Parce que, ce que j'entends bien aussi, c'est que, dans
l'article 1, là, vous mentionnez menaces, harcèlement, intimidation, mais
ça pourrait être d'autres choses aussi.
Mme Laforest : Ça pourrait
être d'autres choses, là, mais là, honnêtement...
M. Ciccone :Ça fait que ça pourrait être d'autres choses? Je ne pense
pas qu'elle est d'accord avec vous. Ça pourrait être d'autres choses, oui ou
non? Parce que, là, votre collègue a réagi, là. Ça fait que ça pourrait être
d'autres choses?
Mme Laforest : Bien là...
Allez-y donc. Moi, je ne veux pas parler pour quelqu'un, là. Allez-y.
M. Ciccone :C'est pour ça qu'on pose des questions, parce que...
Mme Laforest : Non, c'est bien,
mais c'est parce qu'on revient au mot «sans entraves», puis je ne voulais pas
le répéter, là, mais c'est parce que c'est pour ça qu'on a ajouté le mot «sans
entraves» avant pour arriver avec ces trois dispositions-là.
M. Ciccone :OK, mais ça pourrait être... ça pourrait... on pourrait
demander une demande d'injonction sur d'autres choses que la menace,
harcèlement, intimidation? Ça ne se limite pas seulement à ces trois-là, là,
ces trois mots-là, là?
Mme Laforest : Pour
l'injonction, il n'y a pas de rapport avec ça, par exemple, là.
M. Ciccone :OK, ça fait que c'est plus large, ça peut aller plus large.
Parfait. Merci.
Le Président (M. Schneeberger) : Ça
va? Députée Mont-Royal—Outremont.
Mme Setlakwe : Oui, merci.
Est-ce que... La question de la prescription, je me réfère au mémoire, là, de
la Ligue des droits et libertés, est-ce qu'ici, en vertu du nouveau régime
qu'on est en train d'instituer, est-ce que des injonctions pourraient être
données pour une période qui excéderait trois ans?
Mme Laforest : Bien, c'est
le... ce sera jugé en temps et lieu, là. C'est encore la même réponse.
Mme Setlakwe : Mais ce n'est
pas balisé autrement, ça, la durée des injonctions?
Le Président (M. Schneeberger) : Me Dumont.
M. Dumont (Luc) : Il y a
certaines injonctions qui sont balisées <dans le Code de procédure
civile...
Le Président (M. Schneeberger) :
...Me Dumont.
M. Dumont (Luc) :
Il
y a certaines injonctions qui sont balisées >dans le Code de procédure
civile, à l'article 509, qui sont limitatives lorsqu'il s'agit, dans
certains cas... pour des gestes de violence où il y a une limitation de trois
ans, mais... et ça, c'est depuis 2016, mais la règle générale en matière
d'injonction, c'est que c'est à la discrétion du juge lorsque... puis il
pondère pour ce qu'il croit approprié dans la situation.
• (22 heures) •
Mme Setlakwe : OK. Selon le
nouveau libellé que vous avez ajouté, «aux fins du premier alinéa ne constitue
pas une entrave le fait d'exprimer par tout moyen son opinion dans le respect
des valeurs démocratiques du Québec», est-ce que... considérez-vous... est-ce
que vous considérez qu'avec le libellé actuel, là, une injonction pourrait être
demandée par un élu qui est visé par une campagne de lettres ou de courriels?
Tu sais, on voit ça souvent, là, ces initiatives-là qui sont initiées par des
organisations de la société civile. Je sais que j'en ai parlé hier, mais est-ce
que ces démarches... démarches démocratiques...
M. Dumont (Luc) : Est-ce que c'est
à moi... Est-ce que la question est à moi ou à Mme la ministre?
Mme Setlakwe : Pardon?
M. Dumont (Luc) : Est-ce que
la question est à moi?
Mme Setlakwe : Bien, c'est
toujours à la ministre en premier, puis, ensuite...
Mme Laforest : Mais on en a
parlé, des lettres ouvertes, que ça ne concernait pas des envois de lettres
ouvertes, là.
Mme Setlakwe : Mais ce n'est
pas une lettre ouverte, là, c'est des initiatives qui ont lieu, là, fréquemment
par des organisations de la société civile, des... ou, en tout cas, les
campagnes de lettres ou de courriels. Pour vous...
Mme Laforest : Mais non, ce
n'est pas ça. Tu sais, on ne touche pas... c'est du travail normal. On en
reçoit tellement, des lettres et des courriels, ce n'est pas ça, là. On n'est
pas dans... on n'est pas dans les menaces, on n'est pas dans... Tu sais, il
faut voir aussi... Puis, à ce moment-ci, bien, peu importe, là, si ça
outrepasse l'acceptable, bien, il va y avoir une décision aussi qui sera prise.
Mme Setlakwe : Mais est-ce
que vous croyez qu'avec le libellé...
Mme Laforest : J'aimerais
bien être juge, hein? J'aimerais bien aujourd'hui être juge, je pourrais
répondre qu'est-ce que je ferais, mais, encore là, je ne pourrais peut-être
pas...
Mme Setlakwe : Mais est-ce
que cette démarche fait partie de... d'exprimer son opinion dans le respect des
valeurs démocratiques du Québec?
Mme Laforest : Oui, tout à
fait.
Mme Setlakwe : OK. Donc, ce
n'est... ça ne constitue pas une entrave, selon le libellé?
Mme Laforest : Pas du tout.
Mme Setlakwe : Très bien. Ça
va pour l'instant.
Le Président (M. Schneeberger) : Ça
va?
Mme Setlakwe : Merci.
Le Président (M. Schneeberger) : Député
de Marquette.
M. Ciccone :J'ai une petite question, là. Est-ce que le juge, lui,
pourrait peut-être un jour déterminer que ça, ça pourrait être vu comme de l'harcèlement?
Parce que, là, vous dites non, là, parce que, là, vous dites ce que le juge
dirait, là.
Mme Laforest : Oui, c'est ça,
puis je ne veux pas dire ce que le juge dirait.
M. Ciccone :Bien, vous venez de le dire, vous dites que, non, ça ne
consiste pas à de l'harcèlement, ça, une chaîne de lettres puis ces affaires-là.
Mme Laforest : Mais, quand on
parle d'une chaîne de lettres, c'est un moyen d'exprimer des opinions. Quand on
parle d'exprimer des opinions, on l'a... «aux fins du premier alinéa ne
constitue pas une entrave le fait d'exprimer par tout moyen — donc
une lettre, un fax, un courriel, un pigeon voyageur — son opinion
dans le respect des valeurs démocratiques.»
M. Ciccone :OK. Oui, OK
Mme Laforest : Voilà.
M. Ciccone :Parce qu'il y a plusieurs façons, peut-être, d'envoyer des
lettres ou... Tu sais, c'est parce que, là, vous dites ce que le juge
déciderait, là.
Mme Laforest : Non, non, non.
Hé! Non, non, non.
M. Ciccone :Parce que peut-être que le juge va voir... peut-être que le
juge verrait, là, que ça soit d'une différente façon de communiquer... dire :
Bien là, ça, non. Ça, ça... je détermine que c'est trop, là. Tu sais, puis là
le député n'est plus capable de... pas le député, mais l'élu n'est plus capable
de faire sa job parce que, là, c'est... il est complètement subjugué, il est
pogné, il n'est plus capable de faire son travail à cause peut-être d'un
élément qui touche à ça, là.
Mme Laforest : Oui, c'est ça.
Mais, en même temps, si le juge, lui, juge que le fait de s'exprimer par tout
moyen son opinion, c'est respectable, vous comprenez qu'à ce moment-ci, c'est
dans les valeurs démocratiques du Québec, donc c'est acceptable.
M. Ciccone :OK. Bien, donnez-moi un exemple que ça ne pourrait pas être
acceptable, d'utiliser des communications.
Mme Laforest : Non.
M. Ciccone :Non?
Mme Laforest : Non, je ne
donne pas d'exemple, non. Non, parce que je donne des exemples puis vous en
demandez d'autres. Ça fait que... Moi, je ne suis pas juge puis j'aimerais
bien...
M. Ciccone :Bien non.
Mme Laforest : Non, non, mais
je ne suis pas placée... je ne suis pas... je ne peux pas vous répondre à la
place d'un tribunal. Vous me posez des questions. J'aimerais bien vous dire que
des... Pour moi, des chaînes de lettres, il n'y a aucun problème puis c'est sûr
qu'il n'y a aucun problème. Des courriels, des chaînes de courriels, on en
reçoit sans arrêt. Il n'y a pas de courriel. Mais, si c'est des chaînes de
courriels menaçants, avec des menaces... peu importe, des menaces de mort,
c'est une autre affaire. Ça fait que c'est pour ça, je dis qu'il y a tellement
de cas de figure.
M. Ciccone :C'est ça, il y a beaucoup de cas de figure.
Mme Laforest : Oui, c'est ça.
Ça fait que...
M. Ciccone :Parce que... parce que la façon que vous, vous le voyez... Le
point que je veux faire, c'est que peut-être que le juge ne le verrait pas de
la même façon que vous.
Mme Laforest : Bien, sûrement,
ça se peut aussi. Puis peut-être que moi, je ne verrais pas ça non plus comme
le juge le voit.
M. Ciccone :
C'est ça. Mais c'est pour ça que c'est toujours délicat quand vous dites :
Non, ça, non...
22 h (version révisée)
Mme Laforest : ...le juge le
voit.
M. Ciccone :C'est ça. Mais c'est pour ça que c'est toujours délicat
quand vous dites : Non, ça non, ça oui, ça non. C'est pour ça.
Mme Laforest : Mais c'est
pour ça qu'il faut se... toujours revenir dans l'espace intimidation, menaces,
harcèlement. C'est vraiment... c'est très simple. Pourtant, pour moi, c'est
simple, mais il faut garder l'article toujours dans ce contexte-là.
M. Ciccone :C'est simple pour vous, mais le harcèlement, c'est...
Mme Laforest : Oui, c'est...
Je ne veux pas dire ça. Heille! Non, non, non. Ce que je veux dire, c'est que
les paramètres qu'on fixe ici dans notre article sont... comment je pourrais
dire, sont concrets, concis, bien expliqués.
Maintenant, vous avez raison, là, les cas
de figure sont énormes, les exemples sont énormes. Vous avez tout à fait
raison.
M. Ciccone :Vous comprenez que si c'était vraiment clair, net et
précis, on ne passerait pas des heures, des heures et des heures à... Si on a
des questions, c'est parce que...
Mme Laforest : C'est tout à
fait légitime.
M. Ciccone :J'imagine que quand le ministère a écrit le projet de loi,
ils ont dû en passer des heures aussi de tourner toutes les pierres puis dire...
Puis il y a eu des débats.
Puis je ne veux pas revenir au mot
«entrave», là, mais je suis persuadé qu'il y a eu des quelques heures de
discussion sur ce mot-là, je suis persuadé.
Mme Laforest : Oui, pendant
un mois. Le mot «entrave» a été étudié un mois.
M. Ciccone :Parfait. Ça fait que, finalement, on n'est pas dans le
champ.
Mme Laforest : Bien, vous n'êtes
pas dans le champ du tout.
M. Ciccone :Parfait. Merci. On va être... Non, vous a dit quelque chose
de bon, on va rester là-dessus. Merci, M. le Président.
Mme Laforest : Je dis plein
de choses de bonnes.
Le Président (M. Schneeberger) : Ça
va? Député de Taschereau.
M. Grandmont : Merci. Ça fait
que des campagnes de pigeons voyageurs, ça marche. Ça dépend à quelle vitesse
ils arrivent.
Mme Laforest : ...pigeon n'intimide
pas.
M. Grandmont : Pardon?
Mme Laforest : Si le pigeon n'intimide
pas, ne harcèle pas puis ne menace pas.
M. Grandmont : Exact.
Mme Laforest : Il est 10 heures,
là.
M. Grandmont : Moi aussi, j'avais
des questions sur la...
Mme Laforest : Il est 10 h 05.
M. Grandmont : Oui, mais c'est
ça, le temps passe. J'avais des questions, moi aussi, sur la question de la
durée, parce qu'on pourrait comprendre qu'un juge pourrait émettre une
injonction à une personne. Il n'aurait plus le droit de se trouver dans la même
pièce ou dans le même... dans la même enceinte, de ne pas se présenter aux
séances de tout conseil d'un organisme municipal ou d'un... ou d'un conseil d'un
organisme municipal auquel siège l'élu.
Si l'élu est en poste pendant 20 ans,
ça veut dire que cette personne-là, potentiellement, pourrait ne plus, pendant
20 ans, assister au conseil municipal, au conseil d'arrondissement au
siège d'un même élu, au conseil de la société de transport auquel siège le même
élu, au conseil de je ne sais pas quelle autre affaire, mais potentiellement c'est
ça, ça pourrait mener à ça. C'est ce qu'on doit comprendre? Ça pourrait.
Mme Laforest : Ça se
pourrait.
M. Grandmont : Si le juge
décide que c'est ça. Ça fait que vous avez préféré ne pas mettre de balises,
vous avez préféré laisser au juge le soin d'évaluer, dans le fond.
Puis sur quelle base il devra juger, puis c'est
peut-être à Me Dumont que je m'adresse davantage, là, mais sur quelle base
il va juger de la sévérité de la peine?
Mme Laforest : Sur la base de
l'intérêt public.
M. Grandmont : De l'intérêt
public. Puis comment on mesure ça?
Mme Laforest : Bien, sur la
base de l'intérêt des citoyens, sur la base de l'intérêt du conseil... de la
séance du conseil municipal, sur la base des menaces, ou peu importe, là, le
geste qui a été posé.
M. Grandmont : Donc, est-ce
que c'est la gravité du geste qui vient préciser ou qui sert de balise pour le
jugement sur la durée, notamment?
Mme Laforest : Bien oui, bien
oui, c'est sûr, c'est certain.
M. Grandmont : Puis quand
ça... quand... Il y a déjà des demandes d'injonction qui existent, il y a déjà
un régime d'injonction qui existe au Québec, on en a parlé un petit peu tantôt,
comment le juge détermine ou sur quelle base. Ça peut aller de combien d'années
à combien d'années puis sur quel type de sévérité de fautes dans d'autres
mécanismes légaux, là, qu'on vient fixer la durée?
Mme Laforest : Je vais
laisser Me Dumont. S'il a des fois des... Je ne le sais pas si vous avez
quelques paramètres en années de... Je ne le sais pas, là, impossible pour moi.
Le Président (M. Schneeberger) : Me Dumont.
M. Dumont (Luc) : Je ne le sais
pas, je n'ai pas cette information-là, malheureusement.
M. Grandmont : Parce que?
Vous n'avez pas l'information parce que?
M. Dumont (Luc) : Bien,
pouvez-vous juste me la répéter?
M. Grandmont : Je
demandais... En fait, on a discuté tantôt qu'il y avait d'autres formes de
demandes d'injonction qui pouvaient être formulées actuellement. Ce qu'on dit,
c'est qu'il y a certaines... il y a certains types d'injonction, là, dont on va
avoir une durée fixe de trois ans, je le redis de mémoire, là, je ne suis pas
juriste, là, de durée de trois... trois ans ou trois mois, trois ans, je pense,
vous avez dit, hein? Après ça, est-ce qu'il y a d'autres types de régimes d'injonction
dans lequel la durée peut varier?
Puis ma question, c'est : Sur quelle
base ou sur quelle gravité, quel type d'acte ou de gravité d'acte on va venir
fixer une durée plus ou moins longue de l'injonction?
M. Dumont (Luc) : Je ne peux
pas vous répondre sur les... sur l'ensemble des critères qui peuvent être pris
en compte par les juges de la Cour supérieure<i> parce que je n'en plaide
pas, des injonctions.
Par contre, comme on l'avait <mentionné...
M. Dumont (Luc) :
...parce
que je n'en plaide pas, des injonctions.
Par contre, comme on l'avait >mentionné
plutôt durant la commission, la règle générale de l'injonction permanente, qui
ne sera pas nécessairement permanente, c'est... le juge va... le juge est en
mesure de délimiter la période qu'il juge appropriée.
Là, si vous voulez que je vous parle de
l'injonction interlocutoire, bien, l'injonction interlocutoire, elle est là
durant le temps jusqu'à tant que le juge se prononce sur le fond de la
permanente. C'est ça.
M. Grandmont : Évidemment, on
agit maintenant puis après ça on porte un autre jugement qui vient fixer la
durée.
M. Dumont (Luc) : Tout à
fait.
• (22 h 10) •
M. Grandmont : J'avais une
question qui touchait encore ça, le... OK. Mais je reviendrai. Ça va peut-être
me revenir de toute façon, là.
Sur la... sur la notion d'urgence, je sais
que vous en avez parlé un petit peu tantôt, là, sur...
Donc, on en parle, là, elle est jugée
d'urgence, la demande est instruite et jugée d'urgence. Est-ce qu'il y a des
délais? Vous avez parlé d'une espèce de système de priorisation, en fait, là, à
la Cour supérieure<i>.
Donc, dans le fond, quand une demande est
jugée d'urgence, est instruite et d'urgence, dans le fond, elle passe avant les
autres, tout simplement. Est-ce qu'il y a une durée maximum, un délai de
traitement, disons, raisonnable ou prescrit à la Cour supérieure<i>?
M. Dumont (Luc) : J'ai posé
la question au Procureur général du Québec. Ça peut être le lendemain.
M. Grandmont : Ça peut être
le lendemain, mais est-ce qu'il y a un maximum?
M. Dumont (Luc) : Je ne
pourrais pas vous dire, là.
M. Grandmont : Parfait.
Excellent. Tout à l'heure, Mme la ministre, le député de Marquette vous
demandait des exemples, puis c'est intéressant, moi aussi, j'aime ça vous
entendre parler de différents exemples, puis vous avez résumé, dans le fond, en
disant : Mais je ne peux pas vous donner tous les exemples possibles et
inimaginables parce qu'il y a certainement plusieurs, mais ce qu'il faut
savoir, ce qu'il faut se rappeler, c'est qu'on doit rester à l'intérieur des
concepts menaces, intimidation et harcèlement.
Si on veut résumer, là, l'ensemble de
l'oeuvre, là, on va travailler pour, dans le fond, tout ce qui est menaces,
intimidation, harcèlement, c'est ce qu'on vise par le projet de loi 57.
Mme Laforest : Alors, je vais
lire le premier paragraphe. On revient toujours au premier paragraphe. Ça
résume vraiment l'article complet.
«La présente loi vise à valoriser le rôle
des élus municipaux, à encourager les candidatures aux élections municipales et
à contribuer à la rétention des élus municipaux en favorisant l'exercice des
fonctions électives au sein des institutions municipales québécoises sans
entraves et à l'abri des menaces, du harcèlement et de l'intimidation, sans
restreindre le droit de toute personne de participer aux débats publics.»
Donc, c'est vraiment toujours à ce
paragraphe-là que nous allons nous référer, qui présentait bien l'article au
complet.
M. Grandmont : Parfait.
Mme Laforest : C'est dans ces
paramètres-là.
M. Grandmont : Parfait.
Chaque fois qu'on vous pose la question, on revient toujours à ces trois
concepts-là, puis vous ne nommez jamais l'entrave.
Mme Laforest : ...je viens de
le lire.
M. Grandmont : Oui, je sais,
là vous venez de le lire, mais quand vous donniez des exemples, tantôt, au
député de Marquette, vous disiez, là : Ce qu'on veut éviter c'est des
menaces, de l'intimidation, du harcèlement.
Mme Laforest : Mais je viens
de lire, là, «sans entraves et à l'abri des menaces».
M. Grandmont : Ce que je veux
signifier par là, c'est qu'on crée un nouveau régime pour défendre, pour
protéger les élus. On aurait pu s'en tenir à menaces, intimidation,
harcèlement, sans nécessairement aller dans la notion d'entrave. Vous-même,
vous ramenez seulement les notions de menaces, intimidation, harcèlement, quand
on vous le demande.
Mme Laforest : On a discuté,
ça fait... Je pense, ça fait 12 heures qu'on dit la même chose.
M. Grandmont : Je me
demandais, si on revient à ces trois mots-là, là, puis en ajoutant «sans
entraves», là, évidemment, là, menaces, intimidation, harcèlement, donc agir
sans entraves, pour les gestes, là, qui seraient plus... qui seraient plus
lourds, là, qui toucheraient la violence, les agressions physiques, par
exemple, là, ce n'est pas là-dedans, là, qu'on... ce n'est pas avec le 57 qu'on
va y répondre, là.
Mme Laforest : On l'a dit
aujourd'hui aussi, ça, ça touche le Code criminel.
M. Grandmont : On tombe dans
le Code criminel, tout simplement, mais ce n'est pas une entrave au travail
d'un élu, c'est une entrave.
Mme Laforest : Je ne réponds
plus, honnêtement, là.
M. Grandmont : D'accord. On
se comprend. Parfait.
Mme Laforest : Je vais
prendre une pastille.
M. Grandmont : Un petit
caramel.
Mme Laforest : Un caramel.
M. Grandmont : Parfait. Ce
sera tout pour l'instant, merci.
Le Président (M. Schneeberger) : Ça
va? D'autres... Alors, on peut poursuivre. Alors, s'il n'y a plus de question au
n° 3, nous allons passer au n° 4. N° 4.
Mme Laforest : «Quiconque,
lors d'une séance de tout conseil d'un organisme municipal, cause du désordre
de manière à troubler de façon abusive le déroulement de la séance est passible
d'une amende d'au moins 50 $ et d'au plus 500 $.» Merci, M. le Président.
Le Président (M. Schneeberger) : Questions?
Mme Setlakwe : ...Président.
Le Président (M. Schneeberger) : Députée
de Mont-Royal—Outremont.
Mme Setlakwe : On a déjà
parlé, là, <précédemment...
17913
Mme Laforest :
...500 $.» Merci,
M. le Président.
Le Président (M. Schneeberger) :
Questions?
Mme Setlakwe :
...Président.
Le Président (M. Schneeberger) :
Députée de
Mont-Royal—Outremont.
Mme Setlakwe :
On a
déjà parlé, là, >précédemment de... de ce qui est... de... de cet outil.
Est-ce que vous pouvez nous expliquer quand même, là, le... Comment ça... La
séquence, comment ça va se... comment ça va se dérouler? Est-ce que... est-ce
que, déjà, il y avait cet... cet outil qui existait, mais qui était peut-être
appliqué de façon différente, là, d'une... d'une municipalité à l'autre?
Mais ma question, c'est vraiment de nous
expliquer la séquence, la procédure, là, comment ça se déroule.
Puis on a déjà dit, là, que c'est un... c'est
une personne qui vient, bon, causer le désordre de manière à troubler de façon
abusive, mais... Mais donc ça se produit, on est en séance du conseil, qui fait
quoi, à quel moment, là, pour... pour mettre... mettre cet outil-là en branle,
en oeuvre?
Mme Laforest : Bien, en fait,
c'est sûr que, dès qu'il va y avoir un appel ou une demande encore au corps
policier, bien, les procédures vont s'enclencher puis ce sera comme une
infraction, comme on le mentionnait, là, dans les... dans les municipalités,
c'est comme une infraction normale, entre 50 $ et 500 $.
Mme Setlakwe : Est-ce que... OK.
Donc, oui, oui, mais il y a un représentant de la municipalité qui va contacter
les corps... le corps policier, qui va venir constater.
Mme Laforest : Ça peut être
le greffier, ça peut être... à ce moment-ci, là, peu importe, la personne qui
est nommée au... au conseil municipal, qui peut téléphoner, qui peut parler au
corps policier. Normalement, c'est le greffier.
Mme Setlakwe : Et... Oui,
mais même chose en région éloignée, où il y a...
Mme Laforest : C'est le
greffier-trésorier, ça pourrait être ça aussi.
Mme Setlakwe : On fait appel
au corps policier le plus proche?
Mme Laforest : Oui, là, ça...
il va y avoir une notion ou non d'urgence, sûrement, là, dépendamment que...
qu'est-ce que dira l'enquête, mais ça va être rapide. Puis il va y avoir une
infraction qui sera donnée au citoyen.
Mme Setlakwe : Est-ce que le...
le corps policier doit venir tout de suite sur place ou il y a comme une... une
description qui est fournie, il y a un témoignage qui est donné, il y a...
Mme Laforest : Ça peut se
faire tout de suite, comme ça peut se faire peut-être après... après enquête.
Mme Setlakwe : OK. La
question de... du cas qui a été vécu à Trois-Rivières, où il y a eu une
perturbation d'un conseil, je pense, ça avait duré deux minutes.
Mme Laforest : Oui.
Mme Setlakwe : Comment ça
s'inscrit, là, dans le... Est-ce que ça aurait pu faire l'objet de...
Une voix : ...
Mme Setlakwe : ...oui, d'une
amende, selon ce nouvel article 4?
Mme Laforest : C'est sûr que
là, évidemment, notre article de loi, le projet de loi n'était pas adopté.
Donc, ici, si on revient une fois le projet de loi adopté, il y a toujours la
notion d'abusive.
Donc, la situation à Trois-Rivières aurait
été jugée dépendamment si c'est une situation abusive, mais là, à ce moment-ci,
on aurait peut-être ou possiblement pu agir.
Maintenant, c'est arrivé quand même peu de
fois. Puis, comme je le mentionne, c'est le tribunal quand même à la fin...
même après le projet de loi, le tribunal va prendre les décisions qu'il faut.
Mme Setlakwe : En quoi est-ce
que cet article vient bonifier le... le régime actuel pour un désordre dans le...
Mme Laforest : Pour un
désordre?
Mme Setlakwe : Oui, dans une
séance de conseil. Actuellement, là, qu'est-ce qui arrive si...
Mme Laforest : Bien,
qu'est-ce qui arrive? Il n'y a pas de... Admettons, là, que... Là, c'est sûr
que si ça arrive dans un conseil municipal, la police peut intervenir. Sauf que
si c'est un citoyen qui perturbe le... le conseil municipal, il y a
possibilité, par exemple, de demander une injonction à la cour et que le
citoyen... si ce sont des menaces...
Mme Setlakwe : Non, non, non,
je parle vraiment... si on est dans une trame factuelle, là, qui est visée à 4,
aujourd'hui, avant le... avant qu'on mette en place le régime, donc,
essentiellement, le régime actuel avant l'adoption de la loi.
Mme Laforest : Mais ça
dépend. Comme le collègue de Taschereau le mentionnait, il y a déjà des
municipalités que c'est bien expliqué comment doit se dérouler une séance du
conseil municipal. Puis il y a même des municipalités aussi qu'il y a des possibles
infractions, là, si ça peut arriver.
À ce moment-ci, bien là, qu'est-ce qu'on
va faire avec le projet de loi? Toutes les municipalités devront adopter une
régie interne pour la séance du conseil municipal puis ce sera bien défini, si,
admettons, il y a... il y a une perturbation de la séance du conseil à ce
moment-là.
Mme Setlakwe : Est-ce que...
est-ce que vous vous êtes inspiré d'un libellé qui existe? Là, je pense qu'il y
a peut-être quelque chose de similaire dans la Loi sur l'Assemblée nationale ou
je me trompe?
Mme Laforest : Vous êtes-vous
inspirés d'une loi sur l'Assemblée nationale?
Mme Setlakwe : Non? Il n'y a
pas la notion de causer le... le <désordre...
Mme Laforest :
Vous
êtes-vous inspirés d'une loi sur l'Assemblée nationale?
Mme Setlakwe :
Non?
Il n'y a pas la notion de causer le... le >désordre?
Des voix : ...
Mme Laforest : C'est ça, ce
n'est pas nous qui avons la loi.
Des voix : ...
Le Président (M. Schneeberger) : Est-ce
que vous voulez qu'on suspende quelques instants?
Mme Laforest : Non. OK. Oui,
on l'a ici. Vous avez raison, c'est la loi 55, oui : « Nul ne
peut porter atteinte aux droits de l'Assemblée. Constitue notamment une... une atteinte
aux droits de l'Assemblée le fait de :
«1° refuser d'obéir à un ordre de
l'Assemblée, d'une commission ou d'une sous-commission;
«2° rendre un témoignage faux ou incomplet
devant l'Assemblée, une commission ou une sous-commission;
3° présenter à l'Assemblée... un document
faux dans le dessein de se tromper;
«4° contrefaire, falsifier ou altérer,
dans le dessein de tromper, un document de l'Assemblée, d'une commission ou
d'une sous-commission ou un document présenté ou produit devant elles;
«Puis créer des désordres susceptibles de trouver...
troubler le cours des débats parlementaires».
Donc, oui, sûrement. Merci. On a quelqu'un
du ministère de... la Justice? Non, du Conseil exécutif.
• (22 h 20) •
Mme Setlakwe : Merci. Bien,
écoutez, moi, je me suis exprimée plus tôt aujourd'hui sur...
Moi, je trouve ça opportun, là, de venir
encadrer les séances d'un conseil. Puis ce n'est pas juste pour protéger... ce
n'est pas juste pour l'élu, là, c'est pour protéger l'institution. C'est une
instance démocratique qui doit... qui doit bien fonctionner, puis je pense que
c'est... c'est ce qu'on vise à faire ici.
Toutefois, pour que ce soit efficace, pour
que ce soit... qu'on comprenne bien de quoi il s'agit, j'aimerais ça, vous entendre
sur la notion de «causer du désordre».
Mme Laforest : Causer du
désordre durant le conseil municipal? Bien, le meilleur exemple, c'est
qu'est-ce qui s'est passé au conseil municipal de Montréal. C'est le meilleur
exemple qu'on peut avoir.
Mme Setlakwe : Oui, c'est-à-dire?
Mme Laforest : Bien, vous
savez qu'est-ce qui s'est passé à Montréal à la séance du conseil. Ça fait que,
pour moi, ça, c'est oui, c'est causer du désordre.
Mme Setlakwe : Non, mais je
pense qu'il faut... il faut répondre aussi... Ce que j'essaie de... de faire,
c'est de... de vous permettre de donner... vous donner l'opportunité de... de
venir dire que c'est bien balisé, parce que la dernière chose qu'on veut...
Autant je trouve ça important de protéger
les élus, les citoyens, toute... toute l'instance démocratique, je pense qu'il
faut être clair, là, dans... dans ce que ça veut dire, puis il faut... il ne
faut pas qu'on vienne empêcher ou décourager des gens de venir s'exprimer,
exprimer de façon légitime, là, dans les valeurs... Pourquoi on n'a pas repris
ici, donc, on n'a pas jugé bon de reprendre justement la notion de respect des
valeurs démocratiques?
Tu sais, comme par exemple les gens qui...
qui viennent en groupe pour exprimer leurs... les gens qui viendraient en
groupe exprimer leur opinion, qui se mobilisent ensemble, qui le font dans le
respect. Rappelez-nous, là, où est-ce que ça, c'est... Parce que, ça, ce n'est
pas visé, là, par le projet de loi. C'est quelque chose qu'on veut maintenir,
on ne veut pas... on ne veut pas le limiter.
Mme Laforest : ...la dernière
phrase du premier paragraphe, on le résume bien, c'est bien écrit «sans
restreindre le droit de toute personne de participer au débat public».
Mme Setlakwe : Parfait. Moi,
ça me... moi, ça me va. Donc, c'est ça. La balise, au tout début, va
s'appliquer à l'article 4.
Question : Est-ce qu'on n'a pas jugé
bon d'inclure une notion de... de temps, de temps? On veut, tu sais, de... Je
pense à l'exemple, là, de Trois-Rivières, là. Apparemment, c'était quelque
chose qui n'avait pas... ça n'avait pas duré longtemps. Tu sais, quelle... quelle
a été la réflexion, là, pour en arriver à ce... à ce libellé?
Le Président (M. Schneeberger) : Me Bernier.
M. Bernier (Guillaume) : Guillaume
Bernier...
Le Président (M. Schneeberger) : Alors...
Excusez. Oui. Alors, consentement pour prendre la parole?
Des voix : Consentement.
Le Président (M. Schneeberger) : Consentement.
Présentez-vous.
M. Bernier (Guillaume) : Bon.
On s'est inspiré, là, de... de l'article de l'Assemblée nationale, dans le
fond. On est partis du même libellé puis on a jugé bon d'ajouter «de façon
abusive», là, pour ne pas être trop <restrictif...
M. Bernier (Guillaume) :
...on a jugé bon d'ajouter «de façon abusive», là, pour ne
pas être trop >restrictif, là.
Mme Setlakwe : Merci.
Le Président (M. Schneeberger) : Ça
va?
Mme Setlakwe : Puis pour ce
qui est des montants, quelle était la réflexion pour...
Une voix : ...
Mme Setlakwe : Non, non,
c'est ça. Donc, je vois aussi que quiconque va donc troubler de manière à...
causer le désordre de manière à troubler de façon abusive le déroulement de la
séance est passible d'une amende d'au moins 50 $ et d'au plus 500 $.
Quelle a été la réflexion, là, pour...
avant de déterminer ces montants-là? Pourquoi ces montants-là?
M. Bernier (Guillaume) : Bien,
c'est sûr que si on compare avec les montants d'amende dans la Loi sur
l'Assemblée nationale, on est, disons, moins... moins sévères au niveau des
montants, mais, bon, c'est un choix d'opportunité, je pense, qu'on a fait ici,
là.
On ne veut pas empêcher les citoyens de
s'exprimer. On ne veut pas être trop sévère dans le montant de l'amende. Donc,
on arrive avec des montants ici qui nous semblent, disons, raisonnables. C'est
l'approche qu'on a retenue.
Le Président (M. Schneeberger) :
Oui, députée de Jeanne-Mance—Viger
Mme Rotiroti : Merci, M. le
Président. Je ne peux pas m'empêcher de... de poser la question au... à notre
juriste. Vous dites, vous vous êtes inspiré de qu'est-ce qu'on a dans la Loi de
l'Assemblée nationale, qui est l'article 55 que la ministre a eu la
chance de lire. Vous dites que vous... quand on vous pose la question sur le
50 $ jusqu'à 500 $, vous dites que vous vous êtes inspiré des amendes
qu'il y a à l'Assemblée nationale. J'aimerais ça juste savoir à quel article
vous vous référez de la loi, parce que je ne suis pas sûre que...
Mme Laforest : ...excusez, de
l'Assemblée nationale, hein? Désolée.
M. Bernier (Guillaume) : Non,
non, c'est ça, exact. On s'est inspiré du libellé par rapport aux comportements
qu'on... qu'on souhaite proscrire.
Mme Rotiroti : Oui, ça, c'est
correct. Alors, dites-moi, quand vous dites un moyen de 50 $ à 500 $,
vous prenez ces montants-là? Pourquoi ce n'est pas 500 $ à
1 000 $, par exemple? Vous, vous êtes... Ces montants-là sont jugés
comment?
M. Bernier (Guillaume) : Bien,
on a fait des... on a fait des consultations à l'interne au ministère de la
Justice, puis les montants qu'on a retenus ici étaient dans les... les
échelles, là, de ce qui serait raisonnable comme montants d'amendes.
Mme Rotiroti : L'échelle de
quoi, basée sur quoi?
M. Bernier (Guillaume) : Bien,
de... les montants de, disons, d'amendes qu'on a pour ces types d'infraction là
de façon générale, disons, là.
Mme Rotiroti : Pouvez-vous me
donner un exemple? Juste dans quelle loi ou...
M. Bernier (Guillaume) : Là,
je n'en ai pas un sous la main en ce moment, là, disons que je... je n'avais
pas anticipé ça, mais demain, on pourrait arriver avec des exemples si vous le
souhaitez.
Mme Rotiroti : Oui, ce serait
apprécié, oui. Merci.
Le Président (M. Schneeberger) : Oui,
député de Marquette.
M. Ciccone :Oui, merci. Il ne reste pas beaucoup de temps, là, mais je
veux juste demander peut-être une petite précision, là.
Justement, à l'article 4, là, on dit
«cause de désordre de manière à troubler de façon abusive», de façon abusive,
là. Est-ce que, par exemple...
Parce que quand on regarde le... parce
qu'il y a quand même une gradation, là. À l'article 5, quand on va aller
plus bas, là, on va nommer «en le menaçant, l'intimidant ou le harcelant». Mais
est-ce que ça peut être considéré comme abusif, ça, le harcèlement,
l'intimidation, les menaces?
M. Bernier (Guillaume) : ...les
cas qui seraient effectivement couverts par notre disposition ici. Du
harcèlement en séance de conseil, je pense qu'on s'entend autour de la table
pour dire que ça n'a pas lieu d'être, donc...
M. Ciccone :OK. Mais quand je lis... C'est parce que je veux savoir, moi,
parce que c'est de façon abusive. Tu sais, vous dites que... dans
l'article 5, vous nommez puis, en haut, vous dites seulement «de façon
abusive, à troubler de façon abusive», mais tu peux troubler de façon abusive
en menaçant, en intimidant, en harcelant, oui ou pas pantoute?
Parce que là il y a une gradation. Il y a
500 $... 50 $ à 500 $ puis il y a de 500 $ à
1 500 $. Mais est-ce que ça peut être de façon abusive avec le
harcèlement? Est-ce que ça rentre dans une façon abusive, ça, le harcèlement,
l'intimidation?
M. Bernier (Guillaume) : J'aurais
tendance à croire que oui, là.
Le Président (M. Schneeberger) : Mais
pourquoi d'abord, c'est juste 500... 50 $ à 500 $ si ça peut rentrer
là-dedans, «de façon abusive»?
Mme Laforest : Bien, en fait,
moi, je vais répondre, là, pour terminer la soirée, là, c'est qu'on s'est fié
sur des montants qui étaient déjà évalués, des infractions au niveau municipal.
Donc, c'est sûr qu'il y a de 50 $ à
500 $... Désolée, là, maître. Mais on a évalué avec... puis ça s'est fait
avec le ministère de la Justice, avec le ministère des Affaires municipales. On
a pris les infractions qui étaient aux Affaires municipales considérées avec...
avec des montants qui étaient évalués avec le ministère de la Justice pour
certains exemples d'infractions et on est arrivé avec ces montants-là. Alors,
voilà.
M. Ciccone :OK. Parfait. Ce n'était pas ma question, mais merci
beaucoup.
Mme Laforest : Bien, merci.
M. Ciccone :Moi, je parle «de façon abusive». Qu'est-ce qui rentre dans
la définition de «façon abusive»? Je sais qu'on n'a pas beaucoup de temps, mais
ça va être... c'est un beau préambule, là, Mme la ministre, pour revenir,
justement, sur cette question-là.
17913 Mme Laforest : Bonsoir!
Le Président (M. Schneeberger) : Alors,
compte tenu de l'heure, la commission ajourne ses <travaux...
17943
M. Ciccone :
...question-là.
17913
Mme Laforest : Bonsoir!
Le Président (M. Schneeberger) :
Alors, compte tenu de l'heure, la commission ajourne ses >travaux
sine die.
(Fin de la séance à 22 h 30)