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(Dix heures onze minutes)
Le Président (M. Thérien): À l'ordre, s'il
vous plaîtl
La commission du budget et de l'administration procédera à
l'étude détaillée des projets de loi suivants et ce, dans
l'ordre indiqué: Le projet, de loi 123, Loi modifiant la Loi sur les
syndicats professionnels, le projet de loi 4, Loi modifiant la Loi sur les
assurances. Je m'excuse. M. le secrétaire, est-ce qu'il y a des
remplacements?
Le Secrétaire: Oui, M. le Président. M. Maciocia
(Viger) remplace M. Bélisle (Mille-Iles) et M. Thérien (Rousseau)
remplace M. Després (Limoilou).
M. Garon: II y a bien des libéraux en vacances.
M. Polak: M. Thérien ne remplace-t-il pas M. Lemieux?
Le Président (M. Thérien): On m'a indiqué M.
Després.
M. Polak: Non, non. Mais moi je vous indique...
M. Garon: M. Lemieux est en vacances.
M. Polak: C'est que M. Thérien remplace M. Lemieux et M.
Després aurait dû trouver son propre remplaçant. Vous
êtes le président?
Le Président (M. Thérien): Oui, sauf que si je
remplace M. Després je fais partie aussi de la commission et je peux
voter.
M. Polak: Ahl Vous avez peut-être peur... l'Opposition. Il
y a un vote.
M. Garon: Mais on n'a pas quorum.
M. Poulin: On a quorum avec le président.
Le Président (M. Thérien): Si je remplace monsieur,
Oui.
M. Poulin: II remplace M. Després. Il y a quorum.
M. Polak: D'accord. Donc...
M. Garon: M. Lemieux est en vacances?
M. Gobé: II n'a plus de voix. Il a perdu la voix.
Une voix: II ne parle pas. M. Garon: Pardon?
Le Président (M. Thérien): Disons que M. Lemieux
bénéficie du doute lorsqu'il est absent.
M. Garon: C'est la meilleure chose qui puisse arriver aux
citoyens, que les libéraux perdent la voix.
Le Président (M. Thérien): Je demanderais donc,
s'il vous plaît, qu'on...
M. Polak: Excusez-moi, M. le Président. Lorsqu'on parle de
stratégie politique, donc, M. Thérien remplace M.
Després.
M. Garon: Stratégie politique, ah! ah!
Le Président (M. Thérien): C'est cela. Je remplace
M. Després comme membre puis, comme président, M. Lemieux. Cela
va? Donc, je demanderais...
M. Garon: Vous êtes quasiment comme la sainte
Trinité, vous.
Des voix: Ha! Ha! Ha!
Le Président (M. Thérien): D'ailleurs, je dois vous
avertir, M. le député de Lévis, que je suis né
à Noël.
M. Garon: Vous êtes né à Noël?
Le Président (M. Thérien): Oui, c'est cela. Pour
certains on peut être des sauveurs, pour d'autres des petits Christ. Cela
dépend des gens. Je demanderais donc...
M. Fortier:... de rayer de l'enregistrement.
Le Président (M. Thérien): De l'enregistrement.
M. Garon: Non, il ne raye pas. C'est enregistré. Mais vous
considérez-vous comme un cadeau de Noël?
Le Président (M. Thérien): Bon, on va revenir au
projet de loi.
M. Fortier: M. le Président.
Projet de loi 123
Le Président (M. Thérien): Je demanderais donc, M.
le ministre, si vous avez des remarques préliminaires,,
Remarques préliminaires
M. Fortier: M. le Président, il s'agit d'un projet de loi,
sinon substantiel, important quand même. Comme on l'a expliqué
lors de la discussion sur le principe du projet de loi, l'objectif est de
diminuer le fardeau du travail bureaucratique, technocratique qui incombe
à l'Inspecteur général des institutions
financières.
Nous avons démontré, lors du débat sur le principe,
que cette approbation des statuts ou des règlements des syndicats
professionnels n'était nullement nécessaire. À ce moment,
le député de Lévis avait posé quelques questions
pour s'assurer des implications du projet de loi comme tel. Avec votre
permission, j'autoriserai, si les membres de la commission le veulent bien,
l'Inspecteur général des institutions financières à
donner des précisions techniques pour répondre aux interrogations
qu'avait soulevées le député de Lévis lors de la
discussion du principe.
D'ores et déjà, M. le Président, j'aimerais
indiquer qu'il y aura un amendement, puisqu'on s'est aperçu qu'il y
avait certains syndicats qui avaient été créés par
projet de loi privé et qui émergeaient d'une façon
à la Loi sur les syndicats professionnels. Nous voudrions étendre
le projet de loi qui est devant nous à ces syndicats qui avaient pu
être créés par projet de loi privé et qui, dans leur
propre loi, se réfèrent à la Loi sur les syndicats
professionnels. Pour être bien certain que le projet de loi couvrira
également ces syndicats - en particulier on me parle de la CSD qui a
été créée par projet de loi privé en se
référant au projet de loi des syndicats professionnels - pour
couvrir cette éventualité, il y aura un amendement ici que je
dépose. Si vous voulez en faire la lecture, on va le distribuer.
Le Président (M. Thérien): Donc, je fais la lecture
de l'amendement, "Malgré toute disposition législative à
l'effet contraire, les associations, syndicats, unions,
fédérations ou confédérations de telles
associations ou syndicats, régis par la Loi sur les syndicats
professionnels, ne sont pas tenus, à compter du (insérer ici la
date d'entrée en vigueur de la présente loi), de faire approuver
leurs statuts et règlements, à l'exception des statuts
établissant une caisse spéciale d'indemnités, une caisse
spéciale de secours ou toute autre caisse de même nature. "
M. Fortier: Je ne sais pas si le député de
Lévis a des interrogations sur l'ensemble du projet de loi ou sur
l'implication ou les motifs. Nous avions indiqué que, comme les
associations sans but lucratif, non pas celles qui sont enregistrées
selon la partie III de la Loi sur les compagnies, n'ont pas à faire
approuver leurs règlements, on n'en voyait pas l'utilité pour les
syndicats professionnels. J'avais d'ailleurs fait remarquer que ces syndicats
professionnels qui sont incorporés selon cette loi sont en nombre
très minime, comparé aux syndicats qui existent par ailleurs et
que, par concordance et par non nécessité, il fallait
alléger le poids de l'approbation que l'inspecteur général
peut donner. Alors, je ne sais pas si vous avez des questions, M. le
député de Lévis, ou si l'inspecteur veut préciser
quelles étaient ses approbations et quel poids administratif cela
pouvait créer et quels seront les résultats du projet de loi qui
est devant nous.
Le Président (M. Thérien): Oui? M. le ministre.
Me Bouchard (Jean-Marie): Comme vous le savez, la Loi sur les
syndicats professionnels existe depuis 1924. Elle prévoyait justement -
ce qui était alors la règle prévalant dans le domaine du
droit corporatif où l'incorporation était une prérogative
royale - l'émission des lettres patentes ou des chartes royales.
À ce moment-là, comme c'était une
prérogative royale, gouvernementale, on exigeait non seulement
l'approbation des règlements mais également l'approbation et la
vérification des statuts, des documents, etc., parce que le fait de
s'incorporer était considéré comme un privilège et
non plus un droit.
En 1972, la partie III de la Loi sur les compagnies a été
amendée pour enlever cette exigence d'approbation du règlement
qui n'avait plus sa raison d'être parce qu'il s'agit d'un
règlement de régie interne et qu'il n'y avait pas
véritablement de motifs légaux pour refuser l'adoption ou
approuver les règlements de régie interne, de telle sorte que le
législateur a jugé à propos d'abandonner cette exigence
qui ne se justifiait plus.
Par ailleurs, la Loi sur les syndicats professionnels, dans le temps,
n'a pas été modifiée, de telle sorte qu'il y avait une
incohérence législative, un manque d'équité
évident et un formalisme bureaucratique qui continue de subsister dans
le cas des syndicats professionnels qui, lorsqu'ils font des refontes de
règlements de régie interne, soumettent cela à
l'inspecteur général.
L'inspecteur général, ce n'est pas la Cour suprême.
11 n'a pas à se prononcer sur la légalité des documents.
Sur le plan juridique et sur le plan du formalisme, c'était un
problème d'incohérence.
Il y a également un manque d'équité assez
effroyable dans le système des syndicats professionnels puisqu'il y a
environ 1190 syndicats professionnels incorporés en vertu de cette loi
au Québec. Par ailleurs, il y a au moins 10 000 à 11 000
syndicats professionnels qui ne sont pas incorporés et qui existent en
vertu du Code du travail dans la province de Québec, qui, eux, n'ont pas
à faire approuver leurs règlements par l'inspecteur
général parce qu'ils ne sont pas régis par la Loi sur les
syndicats professionnels.
Donc, il y avait un manque d'équité incroyable entre ceux
qui s'incorporaient et ceux qui devenaient des associations bona fide reconnues
par le Code du travail pour des fins d'approbation. Parmi ces 1100 syndicats
qui sont incorporés en vertu de la Loi sur les syndicats professionnels,
il y en a environ 500 qui sont des syndicats agricoles.
Une voix: Combien?
M. Bouchard: Il y en a 500.
M. Fortier: À peu près la moitié.
M. Bouchard: Alors, ce sont les raisons pour lesquelles...
M. Fortier:... 1165.
M. Garon: Quand vous dites que l'inspecteur général
n'a pas à se prononcer sur la légalité des
règlements, à quoi servait au fond cette disposition qui
était là depuis 1924 si le gouvernement permettait
l'incorporation et on devait fournir les statuts? Qu'est-ce qu'ils faisait avec
cela? Il n'y avait aucune approbation, c'est-à-dire aucune
vérification de leur validité?
M. Bouchard: C'est cela le problème. C'est que cela
devenait extrêmement difficile lorsque nous les recevions, et nous en
recevions beaucoup. À cause de cette exigence, les gens
préparaient des règlements de régie interne, comme
c'était le cas autrefois pour les corporations, partie III, les
fondations, enfin toutes les parties III, et devaient soumettre en même
temps non seulement les statuts d'incorporation mais leurs statuts de
régie interne, leurs règlements de régie interne. C'est
purement interne de régie interne. Le gouvernement n'a pas à
statuer sur la légalité ou l'illégalité d'un
règlement de régie interne que se donnent les corporations dans
le cadre de lois générales.
M. Fortier: J'imagine qu'on peut présumer, M.
l'inspecteur, que si c'est de régie interne, c'est que les membres qui
font partie de ce syndicat se sont réunis en assemblée
délibérante et ont approuvé par vote les règles de
régie interne qui les gouvernent. Dans ce sens, quel critère
pourrait utiliser l'inspecteur général pour dire: Écoutez,
pour tel et tel motif, on devrait se structurer ou avoir tel règlement
de régie interne. L'inspecteur se trouvait dans une situation où
il devait approuver selon la loi, mais il n'avait aucun critère pour
décider. En définitive, sous un régime
démocratique, ce sont les membres eux-mêmes qui décident
des règlements qu'ils peuvent se donner, à condition, j'imagine,
de respecter les règles générales du droit coutumier.
Je crois que c'est dans ce sens qu'on donnait une responsabilité
à l'inspecteur qui ne faisait qu'ajouter à la paperasse
administrative, ce qui est inutile. Je pense qu'on parle de
déréglementation. Il faut faire la distinction entre ce qu'on
appelle la déréglementation économique et la
déréglementation bureaucratique. Je pense qu'il y a tout avantage
à diminuer... Je pense qu'il n'y aura pas beaucoup de litiges ou de
discussions autour de la table si l'on dit qu'on devrait diminuer autant que
possible ce qu'on appelle la réglementation bureaucratique lorsqu'elle
est inutile. Ce sont des bouts de papier qui s'ajoutent dans le sous-sol de
l'édifice où se trouve l'inspecteur général et qui
ne donnent absolument rien. Ce dont on est en train de discuter, c'est: Est-ce
qu'il y a réellement une raison à cette approbation? S'il n'y en
a pas, ce sont autant de bouts de papier qui ne voyageront pas entre les
différentes villes du Québec et le gouvernement par l'entremise
de l'inspecteur général.
M. Garon: Mais dans le paragraphe 3, tel que la loi est faite
actuellement, c'est écrit: "Il est loisible à l'Inspecteur
général des institutions financières, sur requête
accompagnée de la déclaration et des status de l'association,
d'approuver ces statuts et d'autoriser la constitution. " Quand vous approuviez
les statuts, qu'est-ce vous faisiez? Vous les receviez puis les approuviez tels
quels, sans modifications jamais?
M. Bouchard: Bien, c'était là la grosse
difficulté, M. le député. L'inspecteur avait-il à
se prononcer sur le fond? Par exemple, une association dit: Nous faisons un
conseil d'administration, c'est 20 membres; il y a une cotisation et
l'assemblée générale est convoquée par les deux
tiers, par un tiers, etc.; cela varie selon les différentes associations
qui se donnent des règles propres à leur propre régie
interne. Ou encore, les associations qui faisaient des refontes
après
plusieurs années arrivaient avec une refonte administrative qui
disait: Maintenant, on veut refondre nos règlements.
On reçoit tout cela chaque fois. On l'étudie, puis on se
demande ce qu'on a à approuver et à ne pas approuver. Les avocats
qui communiquent avec nous nous disent: Écoutez, cela ne vous concerne
pas. Je comprends que la loi vous dit que vous pouvez les approuver mais... Au
fond, on nous demande simplement d'être une espèce de tampon.
M. Garon: Qu'est-ce que vous faisiez?
M. Bouchard: Bien, dans la mesure où on trouvait des
illégalités... Il n'y en avait pas parce que c'est fait par des
avocats, mais, à toutes fins utiles, c'était cela. Ce
n'était pas tout à fait correct en vertu de... C'était
donner à l'inspecteur général une
responsabilité.
M. Garon: Cela peut être illégal même si c'est
fait par des avocats.
M. Bouchard: Oui, mais la responsabilité professionnelle
est quand même là.
M. Garon: Pardon?
M. Bouchard: La responsabilité professionnelle est
là.
M. Garon: Oui, mais prenez le bureau de discipline des courtiers
d'assurances.
M. Bouchard: Cela, c'est pour les institutions
financières.
M. Garon: Cela a même été approuvé
dans la Gazette officielle et tout le kit et cela a passé
"free".
M. Bouchard: Oui, mais cela, c'est pour les institutions
financières. Prenez, par exemple, le principe maintenant qui est
à la base des compagnies partout au Canada et en Amérique du
Nord, surtout la partie nord. Vous avez une disposition formelle qui dit que la
préparation et le dépôt des statuts d'incorporation sont la
responsabilité unique des "incorporateurs".
M. Garon: Qui dit cela?
M. Bouchard: La loi dit cela. La Loi sur les compagnies.
M. Garon: Oui.
M. Bouchard: De telle sorte que les gens viennent maintenant. On
ne vérifie plus et c'est la responsabilité de ceux qui
incorporent. Si, ultérieurement, il y a des illégalités,
les tribunaux sont là pour trancher la question. Alors, l'incorporation
est devenue un droit pour tout le monde et non plus un privilège, comme
c'était le cas il y a 25, 30, 40, 50 ans.
C'est pour cela que dans le nouveau droit corporatif...
M. Garon: On dépouille tranquillement Sa
Majesté.
M. Bouchard: Ah bien! C'est fait... M. Fortier: Cela vous
fait plaisir? M. Garon: Pardon? M. Fortier: Cela vous fait
plaisir?
M. Garon: Vous dites cela quasiment avec un rire vicieux.
M. Fortier: Ah non! Je suis très républicain
là-dessus. Là-dessus, on va s'entendre.
Le Président (M. Thérien): Nous sommes dans les
remarques préliminaires. Est-ce que...
M. Garon: Non, on est à l'article 1. Je pensais qu'on
était à l'article 1.
Le Président (M. Thérien): Non, non. C'est parce
qu'on était... J'avais annoncé les remarques
préliminaires. M. le ministre avait expliqué...
M. Fortier: Je pense bien que ce sont des discussions qui vont
servir à tous les articles en fait...
Le Président (M. Thérien): C'est cela, c'est
cela.
M. Fortier:... une fois qu'on a convenu du principe.
Le Président (M. Thérien): M. le
député de Sainte-Anne.
M. Polak: Dans le cadre des remarques préliminaires, je me
rappelle que, comme avocat, j'ai déjà soumis des incorporations
pour des organismes en vertu de la partie III de la Loi sur les compagnies et
on a reçu des commentaires. Ce n'était pas une approbation
aveugle d'estampiller cela. Des commentaires disaient: La Loi sur les
compagnies dit telle et telle choses et vous n'êtes pas en
conformité avec tel et tel articles. Donc, il y avait un certain
contrôle, mais cela remonte peut-être à plusieurs
années.
Ce qui m'inquiète un peu - je comprends l'idée de la
paperasse et le reste - c'est de quelle manière est-ce qu'on
protège les membres? Vous le savez très
bien, c'est beau de dire: Bon, il y a un syndicat comme cela et on en
devient membres et les membres choisissent entre eux le régime interne.
À un moment donné, on devient membre d'un organisme comme cela et
il faut adhérer à quelque chose qui existe déjà. Il
y a des bureaux d'administration qui perpétuent leur manière de
faire cela, avec un ex-président qui est membre du comité, etc.
Je n'ai rien contre l'idée d'abolir votre fonction là-dedans,
mais je voudrais tout de même que... Y a-t-il une loi-cadre qui
prévoit tout de même une certaine protection pour les membres, par
exemple? On ne peut pas abuser de cela, d'avoir un membre de ce groupement. 3e
deviens membre et je paie ma cotisation et je suis sujet à toutes sortes
de règles internes qui existent déjà et qui ne sont
peut-être pas tellement démocratiques. Y a-t-il une loi qui.
» Est-ce qu'on ne devrait pas avoir au moins quelques règles de
base à suivre?
M. Fortier: M. l'inspecteur.
M. Bouchard: Oui. La Loi sur les syndicats professionnels,
même si elle est très vieille, est quand même une loi-cadre,
comme la Loi sur tes compagnies du Québec est une loi-cadre qui donne
les grands principes, les grands paramètres et les exigences qui doivent
être observées soit pour adopter une résolution, pour la
composition minimale d'un conseil d'administration ou la convocation d'une
assemblée, enfin tout ce qui doit être effectué. Cela
existe et ce n'est pas changé. Mais le problème qui se pose,
c'est qu'une fois que la loi-cadre donne les règles
générales, il appartient ensuite aux membres d'exercer leurs
droits, leurs privilèges et de se faire conseiller adéquatement
pour que les principes fondamentaux prévus dans les lois soient
observés par leurs élus. Ce que vous dites est exact, c'est qu'il
arrivait parfois - c'est sûr, ce n'était pas nécessairement
"rubber-stamped" dans tous les cas - des règlements qui étaient
vraiment mal foutus ou carrément illégaux. On ne les laissait pas
passer parce que... Mais c'est un service qu'on se trouvait à rendre et
on jouait le rôle, si vous voulez, de grand conseiller juridique global
pour la population, pour un segment de la population, pour une partie seulement
de la population parce que vous avez 10 000, 11 000 par rapport à
environ 1100 syndicats. Alors que les 35 ou 40 - je pense qu'on est rendu
au-delà de cela maintenant - corporations régies par la partie
III, ce sont des gens qui sont dans la même situation que les syndicats
professionnels et toutes les corporations.
M. Garon: Vous voulez dire 35 000 à 40 000? Vous avez dit
35 ou 40.
M. Bouchard:... de corporations sur la partie III.
M. Garon: 35 000 à 40 000? M. Bouchard: Oui, environ.
M. Fortier: Mais je peux donner un exemple, si vous le permettez,
M. l'inspecteur. C'est juste pour dire que, dans la Loi - je l'ai devant moi -
sur les syndicats professionnels, à l'article 2, on dit: "Les
règlements du syndicat doivent prévoir le nombre, qui doit
être d'au moins trois et d'au plus vingt-cinq - on reviendra
là-dessus - des directeurs ou administrateurs à élire,
ainsi que le montant du droit d'entrée et de la cotisation... " Je donne
cela comme exemple. Cotisation: "Dans le cas de syndicats groupant des
exploitants ou producteurs agricoles, la cotisation ne doit pas être
moindre de 6 $... " Paiement suspendu, suspension des membres, registres...
Tout syndicat - à l'article 5 - doit tenir...
M. Bouchard: D'accord.
M. Fortier:... un ou plusieurs registres contenant les
procès-verbaux, les noms et prénoms, etc. Autrement dit, il y a
un encadrement.
M. Bouchard: Oui, oui, d'accord.
M. Fortier: On dit simplement que les règlements internes
doivent se faire à l'intérieur de ce cadre-là qui est
défini dans la loi. Tout ce qu'on discute... Alors, on présume
que les avocats ou les mandataires de l'association qui prépare les
règlements doivent le faire à l'intérieur de la loi.
Sinon, cela peut être contesté en cour.
M. Bouchard: Oui.
M. Fortier: Mais il existe un encadrement.
M. Bouchard: D'accord. Étude détaillée
Le Président (M. Thérien): D'après ce que
j'ai cru comprendre, nous allons passer immédiatement à l'article
1. L'article 1 est appelé, M. le ministre.
M. Fortier: L'article 1, justement, est modifié par la
suppression, aux deuxième et troisième lignes du paragraphe III,
des mots "et des statuts" et des mots "d'approuver ces statuts et". Le
paragraphe 3 se lirait maintenant: "II est loisible à l'Inspecteur
général des institutions financières, sur requête
accompagnée de la déclaration de l'association, d'autoriser la
constitution, en association ou syndicat professionnel, des
personnes qui ont signé la déclaration et de celles qui
seront par la suite admises à faire partie de l'association ou du
syndicat. " Donc, on a enlevé l'obligation d'approuver les statuts qui
sont, de fait, les règlements. (10 h 30)
Le Président (M. Thérien): M. le
député de Lévis, est-ce qu'il y a des commentaires?
M. Garon: Mais on n'a pas besoin de les présenter non
plus. Ah, ça va être...
M. Fortier: Alors, je dois admettre... Je dois vous dire... Je ne
sais pas si j'ai la correspondance ici. J'ai eu une correspondance avec mon
collègue, Pierre Paradis.
M. Garon: Considérez-vous que c'est une
référence?
M. Fortier: Non, - mais, lui a référé la
question au Conseil supérieur de la main-d'oeuvre. Voyons! A quelle
place c'est, donc, ça. Pierre Paradis. Je vais vous lire sa lettre,
parce que je pense que ce serait quand même important qu'on le fasse
ici.
M. Garon: Je ne suis pas convaincu que Pierre Paradis va
être une référence pour les 500 syndicats agricoles.
M. Fortier: Non, c'est parce que lui se posait la question.
M. Garon: On devrait plutôt se méfier si c'est
référé par Pierre Paradis...
M. Fortier: On s'est posé la question au Conseil des
ministres, à savoir si c'est une bonne chose. "Pour compléter nos
démarches communes relativement au dossier ci-haut mentionné, la
présente est pour vous confirmer des consultations menées par le
CCTM - le Conseil - c'est quoi, le CCTM? -consultatif du travail et de la
main-d'oeuvre qui est formé de gens représentant les
différents milieux syndicaux - ont permis d'établir qu'il n'y
avait pas d'objection des parties quant à vos intentions
législatives en ce domaine. "
M. Garon: Voulez-vous abolir ce conseil-là?
M. Fortier: Je n'en ai aucune idée. M. Garon: Le
conseil de la faune...
M. Fortier: "Je vous transmets, d'ailleurs, à ce propos,
copie de la correspondance. " Alors, je peux bien la distribuer. Tout
simplement, eux, la question qu'ils ont formulée était la
même que la vôtre. A ces règlements, si on veut y avoir
accès, qu'est-ce qu'on fait?
Mais on a fait valoir, d'une part, que ceux qui s'incorporent selon la
partie III de la Loi sur les compagnies, l'inspecteur n'en a pas de copie. En
ce qui concerne les syndicats non incorporés, l'inspecteur n'en a pas
non plus de copie. Alors, pourquoi ferait-on une exception pour une
minorité de syndicats qui sont incorporés selon cette loi, mais
qui sont une minorité, face soit aux associations sans but lucratif
incoporées selon la partie 3 ou soit aux autres syndicats reconnus par
la loi du travail?
M. Garon: Est-ce que ça va leur coûter plus cher, au
fond, maintenant, puisque l'inspecteur général se trouvait
à jouer de par son service le rôle de vérificateur des
règlements lors de l'approbation de ces règlements-là?
Aujourd'hui, cela veut-il dire que, ne faisant plus cette
tâche-là, les gens vont devoir plus prendre un avocat, un homme ou
une femme de loi?
Le Président (M. Thérien): Vous pouvez
répondre, on a le consentement.
M. Fortier: Bien, l'inspecteur général me dit que,
dans le cas de la partie III, ça a été aboli en 1973. Il
n'y a eu aucune plainte et les gens... II n'y a rien qui s'est produit. Alors,
ça fait déjà 24 ans que ça dure pour
l'incorporation des associations sans but lucratif depuis 1973, et il n'y a
aucune plainte depuis ce temps-là.
Alors, s'il avait fallu que ça crée des problèmes
comme ceux que vous tentez d'imaginer pour les syndicats professionnels, on
aurait eu le même genre de plaintes, à la suite de l'abolition de
la non-nécessité de l'approbation des règlements, à
la suite de l'adoption de la loi de 1973.
M. Polak: Souvent, ce sont les avocats de l'aide juridique qui
s'occupent de ça, de la partie III, pour ces
groupements-là...
Le Président (M. Thérien): Est-ce qu'il y a
d'autres commentaires? Est-ce que l'article 1 est adopté?
M. Garon: Adopté.
Le Président (M. Thérien): L'article 1 est
adopté. J'appelle donc l'article 2. M. le ministre.
M. Fortier: A l'article, on enlève l'obligation d'avoir au
plus 25 membres. Alors, les gens, s'ils veulent avoir plus que 25
administrateurs, on se dit: Mais pourquoi pas? C'est à eux de
déterminer ça. Et l'autre modification, c'est la suppression du
quatrième alinéa.
M. Garon: Oui.
M. Fortier: Qu'est-ce que c'est le quatrième
alinéa? Le quatrième alinéa dit: "L'inspecteur
général, lorsqu'il le juge dans l'intérêt du
syndicat, peut autoriser celui-ci à prévoir, dans ses
règlements, un nombre de directeurs... ". Alors, on enlève ce
droit-là justement. Alors, c'est dans la même veine. C'est qu'on
soulage l'inspecteur général de donner son approbation dans des
cas comme ceux-là.
Le Président (M. Thérien): Est-ce que l'article 2
est adopté?
M. Garon: Adopté.
M. Polak: Une petite question.
Le Président (M. Thérien): Oui.
M. Polak: Quelle était l'idée d'abolir cette
restriction de 25? Moi, j'ai vu, dans la pratique, que les gens dans ces
groupements aiment tous être administrateurs. Donc, ils vont dire... Boni
On est 40, c'est 40 directeurs. Mais, cela ne peut jamais marcher, un organisme
comme ça. Moi, j'aurais même préféré voir une
réduction du nombre, peut-être, sur le plan pratique. Mais,
là, on a laissé ça complètement ouvert.
M. Garon: Non, ça va être un minimum de trois qui va
rester. Il va y avoir un minimum de trois, mais il n'y aura pas de chef
supérieur s'ils veulent être tous au conseil d'administration.
M. Fortier: En fait, on laisse les gens autonomes et responsables
décider entre eux. Moi aussi, je suis complètement d'accord qu'un
conseil d'administration de 53 personnes n'est pas ce qu'il y a de plus
efficace. Mais les gens vont en faire l'expérience par eux-mêmes
et je pense qu'ils ont assez de maturité, dorénavant, pour
prendre ce genre de décision, pour dire qu'un conseil d'administration
de 15 ou 20 personnes est à peu près le maximum.
Le Président (M. Thérien): Étant
donné qu'il y a eu une question au même moment, l'article 2 est
adopté.
M. Fortier: Adopté, en ce qui me concerne.
M. Garon: Oui.
Le Président (M. Thérien): Article 3?
M. Garon: C'est de concordance, au fond.
Le Président (M. Thérien): L'article 3 est
adopté. C'est de concordance.
M. Garon: Adopté.
M. Fortier: C'est cela. Cela va.
Le Président (M. Thérien): Article 3,
adopté. Article 4? M. le ministre.
M. Fortier: Ici, c'est qu'on veut s'assurer, pour éviter
toute confusion avec les statuts que l'inspecteur général doit
continuer d'approuver, ce sont des caisses spéciales d'indemnités
ou des fonds de secours. Autrement dit, il se peut que les syndicats
professionnels désirent créer des caisses spéciales
d'indemnités ou de secours. Dans ce cas, l'approbation de l'inspecteur
général demeure. C'est la modification qui est...
M. Garon: Êtes-vous sûr qu'on est à l'article
4? Est-ce que vous n'êtes pas rendu plus loin que cela?
M. Fortier: C'est ça, l'article 4. On touche à
l'article 19.
M. Garon: C'est cela, oui.
M. Fortier: On dit, dans le deuxième alinéa: "Les
statuts de l'union ou de la fédération doivent déterminer
les règles selon lesquelles les syndicats... " Pour éviter qu'il
y ait ambiguïté, parce qu'à l'article 9 de la loi - M. le
député de Lévis, je peux vous le lire - on dit: "Les
syndicats professionnels ont le droit d'ester en justice et d'acquérir,
à titre gratuit et à titre onéreux, les biens meubles ou
les immeubles propres à leurs fins particulières. Sujet aux lois
en vigueur, ils jouissent de tous les pouvoirs nécessaires à la
poursuite de leur objet et ils peuvent notamment: 1. établir et
administrer des caisses spéciales d'indemnités aux
héritiers ou bénéficiaires des membres défunts, ou
aux membres au décès de leurs conjoints, des caisses
spéciales de secours en cas de maladie, de chômage, ou autres
caisses de même nature, qui doivent être régies
exclusivement par les statuts approuvés par l'inspecteur
général. "
M. Garon: Oui, mais là, vous êtes rendu à
l'article 6.
M. Fortier: On veut garder le mot "statuts" en
référence à ces caisses spéciales
d'indemnités et de secours. C'est la raison pour laquelle à
l'article 19, on veut changer le mot "statuts" pour le mot "règlements",
pour bien faire la distinction entre les statuts touchant les caisses
d'indemnités et de secours qui, elles, devront être
approuvées par l'inspecteur général. Mais ici, à
l'article 19, on parle des règlements. En changeant le mot "statuts" par
"règlements", on va enlever toute ambiguïté qui aurait pu
exister.
On lit maintenant a Particle 19, en changeant le mot "statuts" par
"règlements", le deuxième alinéa: "Les règlements
de l'union ou de la fédération doivent déterminer les
règles selon lesquelles les syndicats adhérant à l'union
ou à la fédération seront représentés dans
le conseil d'administration ou dans les assemblées
générales. Les syndicats formant partie d'une union ou d'une
fédération ne sont pas responsables des dettes de cette union ou
fédération. "
J'imagine, dans le domaine agricole en particulier, qu'il peut y avoir
des syndicats professionnels organisés en fédération et
là, on parle des règlements de l'union ou de la
fédération et non pas des statuts de l'union ou de la
fédération, pour bien indiquer la différence,
M. Garon: Mais on dit "qui doivent être régis
exclusivement par les statuts approuvés par l'inspecteur
général. "
M. Portiers La, on fait référence à l'article 9,
autrement dit. Parce que dans la loi, le seul endroit où on va voir le
mot "statuts", c'est quand on va parler des statuts des fonds spéciaux
de secours ou d'indemnités. Ce sera le seul endroit où on pariera
de statuts.
M. Garon: Où cela? À l'article 9?
M. Fortier: À l'article 9, dans la Loi sur les syndicats.
Je l'ai ici, si vous voulez le lire. Dans la Loi sur les syndicats
professionnels, on parle de statuts de fonds d'indemnités de secours qui
doivent être approuvés. Dans le passé, on mêlait le
mot "statuts" avec les règlements. Pour être bien clair que,
dorénavant, on va se comprendre, quand on parle de règlements, au
lieu d'utiliser le mot "statuts", on va utiliser le mot "règlements",
les règlements internes.
M. Garon: Les statuts vont référer aux caisses?
M. Fortier: Quand on parle des statuts, on parle des statuts des
fonds d'indemnités ou de secours qui, eux, doivent être
approuvés par l'inspecteur général. C'est le seul
changement.
M. Garon: C'est donc l'article 4? M. Fortier: C'est cela.
Le Président (M. Thérien): C'est l'article 4.
Est-ce que l'article 4 est adopté?
M. Garon: Adopté. M. Fortier: Adopté.
Le Président (M. Thérien): Adopté. Article
5?
M. Fortier: À l'article 5» c'est encore le
même changement. C'est dans le même ordre d'idées. On change
le mot "statuts" par le mot "règlements", à l'article 25. A
l'alinéa b, on dit: "Les biens du syndicat sont dévolus comme
suit: b les biens provenant de dons ou legs font retour, suivant les
dispositions de l'acte constitutif de la libéralité, au donateur
ou aux représentants légaux du donateur ou du testateur. À
défaut de telles dispositions, ils sont attribués à une ou
plusieurs oeuvres similaires ou connexes désignées par les
règlements ou, à défaut, par une décision de
l'assemblée générale". Encore là, c'est dans le
même sens que l'article précédent. C'est pour changer le
mot "statuts" par "règlements" en se référant aux
règlements internes qui gouvernent les syndicats coopératifs.
Le Président (M. Thérien): Est-ce que l'article 5
est adopté?
Des voix: Adopté. Alors, l'article 6.
Le Président (M. Thérien): C'est cela. C'est pour
la recevabilité. On en a discuté et on va l'appeler le nouvel
article...
M. Fortier: Quoiqu'il y avait un article 6. On va changer la
numérotation.
Le Président (M. Thérien): Oui. 5. 1. M. Fortier:
D'accord.
Le Président (M. Thérien): Et on va
l'appeler...
M. Garon: C'est correct ça. L'article 6 est
remplacé par le suivant, et l'article 6 devient l'article 7.
Le Président (M. Thérien): Sauf que, pour la
recevabilité, à ce qui paraît, c'est l'article 5. 1...
M. Fortier: L'article 5. 1. La renumérotation se fera par
la suite.
Le Président (M. Thérien): C'est cela. J'appelle
l'article 5. 1.
M. Fortier: J'en fais la proposition, M. le Président.
Vous I'avez lu tout à l'heure. Comme nous l'avons indiqué, on
s'est aperçu, après la rédaction de la loi, qu'il y avait
des syndicats tels la CSD qui se référaient à cette
loi.
M. Garon: Mais, cet article va aller où dans le corps de
la Loi sur les syndicats professionnels? Il n'a pas l'air à
s'accrocher
nulle part.
M. Fortier: M. l'inspecteur, vous allez l'expliquer.
M. Bouchard: Ce sont eux qui ont demandé de le...
M. Garon: Non, non, ce n'est pas cela. Il doit s'accrocher
quelque part dans la Loi sur les syndicats professionnels, j'imagine, et
là, il n'a pas l'air à s'accrocher quelque part.
Le Président (M. Thérien): On ne dit pas quel
article il modifie.
M. Fortier: Autrement dit, oui, le député de
Lévis a raison, il va falloir qu'on...
Le Président (M. Thérien): Qu'on fasse une
référence à...
M. Garon: Ce serait peut-être mieux à l'article
9.
M. Fortier: Cela n'irait pas dans la section III, dispositions
particulières?
Une voix: Non, non.
M. Garon: Cela n'a pas de bon sens.
M. Fortier: M. l'inspecteur.
M. Bouchard: II s'agit d'une disposition particulière
qui... Dans le cas des syndicats régis nommément et
constitués en vertu de la Loi sur les syndicats professionnels, c'est
prévu dans la Loi sur les syndicats professionnels. Mais, dans le cas de
toutes les autres corporations régies par la Loi sur les syndicats
professionnels, mais en vertu de d'autres dispositions législatives,
cela nous prend un article charnière...
M. Fortier: Un article omnibus, quoi.
M. Bouchard: C'est cela. Cette disposition particulière
demeurera toujours dans cette loi spéciale - 3 ou 4, peu importe - et
s'appliquera à toute corporation régie en vertu de
différentes lois qu'on ne connaît pas. Et il y en a
peut-être des quantités assez grandes et qui auront le même
effet pour elles.
M. Garon: Ce n'est pas fameux pour que des gens qui pratiquent le
droit se retrouvent dans tout cela. Personne ne va penser aller à
l'article 3 pour y retrouver cette disposition. Il me semble qu'il devrait
aller se placer dans toutes les loi visées. Je comprends qu'on amende la
Loi sur les syndicats professionnels...
M. Fortier: Ici, dans la section III, il y a des dispositions
particulières.
M. Garon: Pardon?
M. Fortier: Non, je comprends le problème du
député de Lévis. Quand il y aura consolidation des
articles... Tant qu'à l'avoir trouvé, on pourra la rendre plus
visible.
Ici, il y a une section II: "De la liquidation", et il y a une section
III de "Dispositions particulières". L'article 28 dit: "La
présente loi a effet indépendamment des dispositions des
articles, etc. " On pourra le mettre là, à "Dispositions
particulières". Alors, ce serait: II n'existe pas d'article 29...
M. Garon: Pourquoi ne le mettrie2-vous pas comme deuxième
paragraphe au paragraphe 1 qui dit à ce sujet: "Sujet aux lois en
vigueur, ils jouissent de tous les pouvoirs nécessaires à la
poursuite de leur objet. Ils peuvent notamment: 1 établir et administrer
des caisses spéciales d'indemnités aux héritiers ou
bénéficiaires des membres défunts ou aux membres, aux
décès de leurs conjoints, des caisses spéciales de secours
en cas de maladie et de chômage, ou autres caisses de même nature
qui doivent être régies exclusivement par les statuts
approuvés par l'inspecteur général". Pourquoi ne pas
l'insérer là? C'est cette disposition qu'on vise, comme vous nous
l'avez dit tantôt.
M. Bouchard: Vous enlevez l'approbation des règlements
partout ailleurs, mais...
M. Garon: Mais vous avez gardé les statuts ici...
M. Fortier:... dispositions particulières. Si vous voulez
suspendre un instant.
Le Président (M. Thérien): La commission suspend
ses travaux pour quelques minutes.
(Suspension de la séance à 10 h 45)
(Reprise à 10 h 46)
Le Président (M. Thérien): À l'ordre, s'il
vous plaît!
M. Fortier: À l'interrogation très légitime
du député de Lévis, on pourrait l'incorporer à la
Loi sur les syndicats professionnels en se référant à la
section III, dispositions particulières. Il existe déjà un
article 28. Donc, il y aurait un amendement. D'un commun accord, on pourrait
modifier l'amendement que nous avons proposé tout à l'heure par
l'ajout, à l'article 5. 1: La
présente loi est modifiée... Quand on parle de la
présente loi, est-ce qu'on parle de...
M. Bouchard: C'est la Loi sur les syndicats professionnels.
M. Fortier: Oui. Bien, la présente loi, c'est la
présente loi ou la Loi sur les syndicats professionnels?
M. Garon: C'est dit dans le corps de l'article.
M. Fortier: La Loi sur les syndicats professionnels est
modifiée par l'article 29 suivant.
M. Garon: Ce n'est pas nécessaire. Toutes nos affaires
amendent cette loi.
M. Fortier: Quand on dit la présente loi, laquelle
est-ce?
M. Garon: Le projet de loi 123, Loi modifiant la Loi sur les
syndicats professionnels.
M. Fortier: Oui, oui.
M. Garon: SI on ajoute un article 6, on n'a qu'à dire
où on le place. Automatiquement, cela amende la Loi sur les syndicats
professionnels.
M. Fortier: D'accord. Ce serait: Cette loi est modifiée
par l'article 29 suivant. Par l'addition de l'article 29? Bon. Cette loi est
modifiée par l'addition de l'article 29 suivant. Puis, on ajoute le
texte qui a été soumis tout à l'heure.
Le Président (M. Thérien): Donc, en fait, on vient
de recevoir un amendement à ce qui avait déjà
été déposé, que M. le ministre... Est-ce que...
M. Garon: II serait peut-être mieux de corriger cela
plutôt que de corriger son amendement.
Le Président (M. Thérien): De corriger.
D'accord.
M. Fortier: C'est cela.
Le Président (M. Thérien): Donc, on va suspendre
deux minutes...
M. Garon: Oui. Ce serait plus simple.
Le Président (M. Thérien):... et on va
réécrire.
(Suspension de la séance à 10 h 48)
(Reprise à 10 h 50)
Le Président (M. Thérien): À l'ordre, s'il
vous plaît!
Nous reprenons nos travaux. M. le. ministre.
M. Fortier: M. le Président, après les discussions
que nous avons eues et avec l'accord de l'Opposition, je l'espère bien,
on modifierait l'amendement de l'article 5. 1 du projet de loi 123. L'article
5. 1 se lirait comme suit: "Cette loi est modifiée par l'ajout de
l'article 29 suivant: "29. Malgré toutes dispositions
législatives à l'effet contraire" et tel que cela a
été lu tout à l'heure. Peut-être que l'inspecteur
peut préciser les motifs.
M. Garon: Lisez-le donc fort. Je n'ai pas compris trop trop.
Le Président (M. Thérien): Est-ce que vous voulez
que je lise tout le...
M. Garon: Non, non, le préambule.
Le Président (M. Thérien): Cette loi est
modifiée par l'ajout de l'article 29 suivant: "29. Malgré toutes
dispositions législatives à l'effet contraire... " Donc, cet
énoncé deviendrait l'article 5. 1 du projet de loi 123. Est-ce
que l'article 5. 1 est adopté?
M. Garon: Adopté. M. Fortier: Adopté.
Le Président (M. Thérien): Est-ce que l'article 6
est adopté?
M. Fortier: Adopté. M. Garon: Adopté.
Le Président (M. Thérien): Adopté. Il y a
une motion de renumérotation. Est-ce que c'est adopté?
M. Fortier: Adopté.
Le Président (M. Thérien): Est-ce que le titre est
adopté?
M. Garon: Adopté.
Le Président (M. Thérien): Est-ce que le projet de
loi est adopté?
M. Fortier: Adopté tel qu'amendé. M. Garon:
Adopté.
Le Président (M. Thérien): Tel qu'amendé,
oui. Adopté.
Projet de loi 4
J'appelle maintenant le projet de loi 4. Nous allons passer aux notes
préliminaires, s'il y en a, M. le ministre.
Remarques préliminaires
M. Fortier: Alors, c'est un projet de loi très simple qui
comble un vide existant dans la Loi sur les assurances: une personne qui
faisait partie d'une association professionnelle reconnue par l'inspecteur
général des institutions financières et qui était
sujette à une réprimande ou, peut-être potentiellement,
à une suspension de cette association ou en butte à des
difficultés en vertu des dispositions du code d'éthique pouvait,
selon la loi existante, s'adresser directement à l'inspecteur
général pour obtenir un permis directement de lui.
Malheureusement, l'inspecteur, suivant les dispositions de la loi, ne pouvait
refuser le permis d'exercer la profession ni ne pouvait utiliser
l'argumentation invoquée contre l'individu en question. II s'agit ici de
boucher un trou de la loi et de s'assurer que, s'il y a des motifs de
réprimande ou s'il y a des motifs de suspension de permis, cet individu
ne peut "bypasser" la loi et obtenir un permis de pratique en s'adressant
directement à l'Inspecteur général des institutions
financières.
S'il vous plaît, oui.
M. Garon: II est en moyen, le député de Chauveau.
Il a un habit neuf, il offre le café à tout le monde. Les
affaires sont bonnes.
M. Fortier: C'est un gentil garçon.
Le Président (M. Thérien): Nous revenons au projet
de loi 4.
M. Fortier; On peut appeler les articles.
Le Président (M. Thérien): Est-ce qu'il y a des
remarques préliminaires, M. le député de Lévis?
M. Garon: Non. J'aimerais qu'on passe à l'étude des
articles, article par article.
Étude détaillée
Le Président (M. Thérien): J'appelle donc l'article
1.
M. Fortier: L'article 1: "La Loi sur les assurances (chapitre
A-32) est modifiée par l'insertion, après le premier
alinéa de l'article 327 du suivant: "Une association ou une corporation
professionnelle doit notamment, pour être agréée, exiger
des personnes qui veulent y adhérer les qualités requises par la
présente loi et ses règlements pour l'obtention d'un certificat,
leur imposer les mêmes conditions et exiger d'elles les mêmes
renseignements. "
C'est une obligation additionnelle qui est requise et qui n'est
présentement pas dans la loi. Est-ce que l'inspecteur peut ajouter?
M. Garon: Qualités requises.
M. Fortier: Cela va?
M. Garon: Attendez un peu.
Le Président (M. Thérien): Est-ce qu'il y a des
commentaires?
M. Garon: Les conditions imposées par le certificat seront
les mêmes que celles de l'association. Au fond, cela veut dire que c'est
l'inspecteur général qui va imposer les conditions.
M. Fortier: M. l'inspecteur.
M. Bouchard: Non. Actuellement, en vertu de la Loi sur les
assurances, il y a une disposition, l'article 327, qui prévoit en
réalité deux régimes d'autorisation de pratique dans le
domaine de l'assurance-vie: par l'inspecteur général qui
délivre des permis directement ou en reconnaissant une association. La
loi était muette sur les conditions devant être suivies par
l'association pour être accréditée. Mais, dans les faits,
l'accréditation existe depuis 1965; elle a été
révisée en 1983 et, dans les contrats d'accréditation, on
a nommément prévu que la corporation, qui était reconnue
par l'inspecteur général et dont l'adhésion à
l'association tenait lieu de titulaire d'un permis, devait se conformer aux
mêmes normes que celles que l'inspecteur exigeait pour l'émission
de ses propres permis.
M. Garon: C'est cela que je dis.
M. Bouchard: Au fond, maintenant, c'est la loi qui donne les
conditions, ce n'est pas l'inspecteur; c'est la loi et les règlements
d'assurance qui imposent les conditions pour l'obtention d'un permis
directement de l'inspecteur général. Alors, comme ici, le
régime...
M. Garon: Seulement la loi ou les règlements aussi?
M. Bouchard: II y en a une partie dans la loi et c'est
complété par les règlements des assurances.
M. Fortier: Là, on va plus loin, on le met dans la
loi.
M. Garon: C'est ce que voua appliquez. M. Bouchard: Oui,
directement.
M. Garon: Maintenant, les associations devront suivre les
mêmes règles que celles que suivait l'Inspecteur
général des institutions financières, en vertu de la loi
et des règlements.
M. Bouchards Exactement.
M. Fortier: Autrement dit, on donne plus de force parce que
c'était partiellement dans la loi et partiellement dans le contrat
d'accréditation. On croit que, la loi étant beaucoup plus forte,
cela va renforcer les contrats d'accréditation qui incluaient certaines
conditions pour pouvoir être acceptés par l'inspecteur
général.
M. Garon: Qu'est-ce qui arrivait avant? Vous m'avez parlé,
tantôt, de quelqu'un qui était...
M. Fortier: II y a des cas, peut-être que l'inspecteur peut
en donner. Il y a un exemple précis que l'inspecteur peut donner.
M. Garon: Pourquoi voulez-vous faire cela?
M. Bouchard: La situation qu'il y a à cause de cela,
l'ensemble du problème, comme on vient de vous le dire, c'est qu'il y a
un régime parallèle: soit détenir un permis d'un
inspecteur ou être membre d'une association accréditée. Les
gens viennent passer leurs examens au bureau de l'inspecteur et font leur
choix? soit d'obtenir un permis ou adhérer à l'association. Mais,
comme c'est un régime parallèle, c'était le principe du
parallèle: on ne se rejoignait jamais. Il y avait un vacuum qui faisait
que, par exemple - et c'est l'objet des autres articles qui suivent - il
n'était pas du tout certain, sur le plan juridique, que ce régime
parallèle n'empêchait pas un individu d'être à la
fois titulaire d'un permis et membre d'une association, un; et, deux, le plus
grave, - et cela a été clairement démontré par des
cas que nous avons eus - un individu membre de l'association, poursuivi par
cette dernière pour manquement au code de déontologie de
l'association - parce qu'elle s'est dotée d'un code de
déontologie... Nous avons exigé de ces associations, quand on les
a accréditées, qu'elles aient à peu près le
même système de protection du public que nous, donc, elles avaient
des codes de déontologie identiques au nôtre et elles avaient un
comité de discipline.
M. Garon: Vous parlez de l'association des courtiers.
M. Bouchard: On parle de l'APAVQ.
M. Fortier: L'Association provinciale des assureurs-vie. On parle
d'assurance-vie.
M. Bouchard: On parle seulement de cela.
M. Garon: Vous ne parlez pas des courtiers?
M. Bouchard: Non.
M. Fortier: Non, non, cela n'a rien à voir avec les
courtiers.
M. Garon: Les agents d'assurances. M. Fortier: Vie.
M. Bouchard: Les agents d'assurance-vie. Alors, un individu
poursuivi par son association et qui était condamné ou sur le
point d'être condamné par son association démissionnait de
l'association, venait au bureau de l'inspecteur général et
remplissait les conditions d'obtention de permis parce que l'inspecteur ne
pouvait invoquer les motifs que l'association avait contre lui pour obtenir un
permis. Donc, juridiquement, j'étais obligé de lui donner son
permis alors que je savais pertinemment, dans les faits, qu'il avait commis un
acte dérogatoire. L'inverse pouvait se passer dans le cas où
l'inspecteur se proposait - lorsqu'il décidait de la suspension ou de
l'annulation de permis - de le condamner. Au lieu de cela, l'individu
démissionnait, demandait une annulation du certificat et faisait sa
demande à l'asssociation. Alors, les gens évitaient ainsi les
systèmes en jouant sur les deux systèmes parallèles. C'est
ce trou que cette loi veut combler.
M. Fortier: J'ai rencontré l'Association provinciale des
assureurs-vie au mois de septembre et on m'avait part de ce problème.
C'est assez récent que les gens ont évoqué cette
possibilité. De toute évidence, je crois que c'est dans
l'intérêt de fermer la boucle et d'éviter que quelqu'un qui
déroge au code de déontologie puisse s'adresser à
l'inspecteur ou vice-versa à l'association et que ni l'un ni l'autre ne
puisse être en mesure, juridiquement parlant, de refuser le permis alors
qu'il a commis des actes dérogatoires ou qu'on croit qu'il a commis des
actes dérogatoires.
Le Président (M. Thérien): Y a-t-il d'autres
commentaires sur l'article 1? Est-ce que l'article 1 est adopté?
M. Maciocia: M. le Président.
Le Président (M. Thérien): Oui, M. le
député de Viger.
M. Maciocia: Vous parliez de la profession d'assureur-vie. Est-ce
qu'on parle aussi d'un courtier d'assurances?
M. Fortier: Non.
M. Garon: On est dans la section I.
M. Fortier: Le projet de loi devant nous ne touche pas à
tout le secteur des courtiers d'assurances générales. On parle
ici de l'assurance-vie uniquement.
M. Garon: On est dans la section des agents.
Le Président (M. Thérien): Est-ce que l'article 1
est adopté?
M. Fortier: Adopté.
Le Président (M. Thérien): J'appelle donc l'article
2. M. le ministre.
M. Fortier: L'article 2 dit que cette loi est modifiée par
l'insertion, après l'article 334, des suivants... Alors, on ajoute les
articles 334. 1, 334. 2, 334. 3. Peut-être peut-on les prendre un
à un. Peut-être que le mieux, c'est de lire l'article.
On dit à 334. 1: "Une personne qui est titulaire d'un certificat
d'agent d'assurances peut demander son adhésion à une association
ou à une corporation professionnelle d'agents ou de courtiers
agréée. Son adhésion à l'association ou à la
corporation annule son certificat. Celui-ci doit être remis à
l'inspecteur général. "De même, une personne qui est membre
d'une association ou d'une corporation professionnelle agréée
peut demander que lui soit délivré un certificat d'agent
d'assurances. La délivrance du certificat met fin à son
adhésion à l'association ou à la corporation. Le document
attestant son adhésion doit être remis à cette
dernière. "
Autrement dit, on veut fermer la double avenue, comme l'inspecteur vient
de l'expliquer, où une personne, en fait, aurait pu obtenir deux permis
de pratique. Alors là, on dit très clairement que c'est soit l'un
soit l'autre, et on verra par les autres articles quel pouvoir cela donne dans
les cas où il y aurait dérogation au code d'éthique. Je
crois qu'à l'origine, le législateur n'avait pas vu cette
possibilité et là il s'agit de préciser davantage
l'intention du législateur de 1983.
M. Bouchard: C'est cela.
Le Président (M. Thérien): Voulez-vous continuer
sous-article par sous-article ou tout l'article 2?
M. Fortier: L'article 334. Je propose l'adoption de l'article
334.
Le Président (M. Thérien): Est-ce que
l'article...
M. Fortier: Je propose l'adoption de l'article 334. 1.
M. Garon: En vertu de cet article, j'allais dire que, si vous
êtes membre d'une association, vous ne pouvez en même temps avoir
votre certificat.
M. Fortier: Vou3 pouvez obtenir un certificat de
l'inspecteur.
M. Garon: Si vous demandez d'avoir votre certificat...
M. Fortier: Vous devez démissionner.
M. Garon: Vous relevez de l'Inspecteur général des
institutions financières; vous n'êtes plus membre de
l'association.
M. Fortier: Vous en relevez indirectement par
délégation, parce que l'association par contrat doit appliquer
les mêmes règles ou à peu près, mais c'est par
délégation. Il ne peut pas être membre des deux à la
fois.
M. Garon: II n'est plus assujetti à l'une s'il est membre
de l'autre.
M. Fortier: Non, mais il est assujetti indirectement. D'ailleurs,
il se peut que je revienne à l'Assemblée nationale, M. le
député de Lévis, parce qu'on parle de plus en plus de
délégation, mais que ce soit par délégation ou non,
on désire encourager ces associations professionnelles. Comme dans le
cas de l'association des assureurs-vie et même si on
déléguait certains pouvoirs, puisque, dans le fond, la loi de
1983 prévoyait une délégation du pouvoir de l'inspecteur
général, cette délégation doit se faire à
l'intérieur de critères qui sont définis par les contrats.
Donc, c'est soit l'un soit l'autre.
Le Président (M. Thérien): Est-ce que l'article 2,
qui vise l'article 334. 1, est adopté?
M. Garon: Je ne comprends pas. Si un certificat est émis
par l'inspecteur général, éventuellement, vous voulez que
le certificat soit administré par un autre, une fois qu'il aura
été émis. Je ne comprends pas trop cela. Il est
responsable de son certificat ou bien il ne l'est pas.
M. Fortier: Ce que l'on dit, c'est que, pour avoir le droit de
pratiquer le métier ou la profession d'assureur-vie, il peut soit
obtenir un certificat directement de l'inspecteur après avoir
passé les examens ou, également, après avoir passé
les examens, demander un droit de pratique à une association qui a
été autorisée comme telle par l'inspecteur
général. C'est pour cela que je vous dis qu'il s'agit à ce
moment-là d'une délégation de l'inspecteur
général, telle que prévue par la loi. De fait,
l'Association provinciale des assureurs-vie du Québec a obtenu une telle
délégation depuis 1965, mais cette délégation a
été encadrée encore plus précisément dans la
loi de 1983. Tout simplement, l'article 334. 1 stipule très clairement
que c'est soit l'un soit l'autre et non pas les deux en même temps.
Le Président (M. Thérien): Mme la
députée de Chicoutimi.
Mme Blackburn: Deux questions d'information. Les champs de
compétence sont les mêmes, est-ce que je comprends ou... Sauf que
les codes de déontologie sont différents et ils relèvent,
l'un de l'association et l'autre de l'inspecteur. En résumé... Je
ne voudrais pas vous amener à recommencer l'explication, je m'excuse, je
n'étais pas là au début.
M. Fortier: Non, non, mais pour les codes de déontologie,
on n'en a pas parlé, alors c'est une bonne question.
M. Bouchard: Non. C'était d'ailleurs le but de l'article 1
en disant que, pour être accréditée, l'association en
question doit se conformer et posséder les mêmes qualités
que pour l'obtention d'un permis de l'inspecteur général. Dans
l'association, dans le contrat d'adhésion ou d'accréditation de
l'association, on exige justement que l'association se dote d'un code de
déontologie qui est identique ou qui s'apparente aux conditions de
l'inspecteur général, de telle sorte que ce régime
parallèle ne doit pas avoir une distorsion avec celui, public, de
l'inspecteur général. Donc, au point de vue déontologie,
elle a un code qui s'apparente au nôtre ou à nos conditions
fondamentales qui sont prévues dans notre règlement et qui est
supervisé par un comité de discipline interne de
l'association.
M. Fortier: II faut bien comprendre, madame, que cette
association en particulier des assureurs-vie du Québec, à venir
jusqu'à ce jour, était associée à l'Association des
assureurs-vie du Canada et, de toute façon, se donnait également
une mission d'éducation et de formation. De fait, elle jouissait mutatis
mutandis d'un pouvoir délégué de l'inspecteur et
l'inspecteur devait se satisfaire, par ailleurs, que les exigences qu'ils
appliquaient étaient essentiellement les mêmes» L'article
334. 1 ne fait que fermer la boucle pour éviter qu'une personne puisse
-si elle est en butte disons à une réprimande ou à une
suspension éventuelle de l'inspecteur général - dire
à l'inspecteur en toute légitimité, parce que la loi le
permettait: Merci beaucoup, vous êtes pour me suspendre mon permis la
semaine prochaine, mais comme la loi me le permet, je vais aller à
l'Association des assureurs-vie du Québec pour demander d'avoir un
permis. Ils n'auraient pas pu invoquer les motifs que l'inspecteur avait pour
lui retirer son permis de pratique.
M. Garon: II y a de drôles de dispositions dans cette
loi-là. Je ne vous interromps pas, continuez.
Mme Blackburn: Est-ce qu'il s'est présenté
plusieurs cas? Parce qu'on n'adopte pas un projet de loi pour quelques cas
d'espèce, je présume.
M. Fortier: Comme raison, il s'agit qu'une personne engage un
avocat intelligent et trouve cette possibilité et une fois que c'est
connu, tout le monde peut l'utiliser. Peut-être que dans le passé,
à moins que la brèche ait été
éventée, personne ne l'avait invoqué. C'est ce que
l'association m'avait dit, quand on m'a demandé d'assumer la
responsabilité des institutions financières. L'association
m'avait dit: M. le ministre, pressez-vous parce que maintenant que c'est connu,
toute personne qui passera devant notre comité de discipline va
immédiatement démissionner pour s'adresser à l'inspecteur
général. Une fois que c'est connu, cette possibilité, vous
pouvez bien imaginer que ce sera une avalanche d'utilisation de ce "vacuum"
législatif.
Mme Blackburn: Mais ce que je veux voir, c'est que ce sont des
problèmes appréhendés et non pas des problèmes
vécus. En tout cas, je me dis qu'on est en train de
légiférer...
M. Fortier: Je vais répondre. Étant donné
que c'est l'inspecteur qui administre la loi...
Mme Blackburn:... en vertu de l'appréhension.
M, Fortier:... il y a eu des cas spécifiques.
Mme Blackburn: Y a-t-il actuellement beaucoup de cas de
discipline chez vous? C'est une autre question.
M. Bouchard: Première question: oui, il y a eu des cas
vécus et c'est là que le bal a commencé. On a eu un cas
d'un individu qui avait un permis de l'inspecteur général;
une plainte très sérieuse sur un cas de déontologie
a été portée pour différents motifs qui
étaient sérieux. En pleine audition, l'avocat qui
représentait l'individu en question a fait valoir que l'inspecteur
n'avait plus de juridiction "functus officio", comme on dit, parce qu'il avait
demandé son annulation de certificat, de telle sorte qu'il avait
demandé l'adhésion à l'association. Alors, il a fallu que
je lui renvoie la cause et lui dise: Bien, je n'ai plus juridiction parce que
vous n'êtes plus dans la loi. Cela a été... Une fois que ce
cas a été connu, cela s'est répandu comme une
traînée de poudre et le comité de discipline lui-même
qui avait des cas s'est vu aux prises avec le même problème disant
qu'on ne peut plus fonctionner parce les gens invoquent... et
démissionnent. Ils vont aller chez vous demander des permis pour qu'ils
soient libérés de leur audition vis-à-vis du comité
de discipline à l'association.
Mme Blackburn: Je veux dire les cas pour lesquels le
comité de discipline intervient, est-ce qu'il ne serait pas aussi
passible de poursuite en vertu des lois? D'autres...
M. Bouchard: Non, parce que justement... C'est là le gros
problème juridique. C'est que lorsque, par exemple, quelqu'un est devant
le comité de discipline de l'association, et devant moi, je sais
très bien pourquoi, cette personne-là a été
traduite devant le comité de discipline. Mais je n'ai pas le droit de
tenir pour acquis et d'utiliser ce motif-là pour refuser la
délivrance d'un permis, parce que ça n'a pas été
jugé. Alors, je ne peux pas présumer cette personne-là
coupable d'avance.
Mme Blackburn: Mais ce n'était pas ça, l'objet de
ma question. C'est que j'ai dit: Du moment où la personne... On a contre
elle des informations qui nous laissent penser qu'elle n'a pas respecté
le code de déontologie, et même s'il y avait peut-être de la
fraude ou je ne sais pas trop... Vous ne nous avez pas parlé des
reproches qui lui étaient faits. Mais du moment où cette
personne-là échappe au comité de discipline parce qu'elle
s'est associée à la... Pas résilier, mais quand elle a
annulé son adhésion chez vous pour faire partie de la
corporation, pour la corporation professionnelle des agents, des courtiers
agréés.
À ce moment-là, vous dites: Je n'ai plus juridiction. Cela
irait et je comprends ça rapidement. Mais est-ce qu'il n'y a pas
d'autres tribunaux qui ont juridiction dans de tels cas? Je veux dire,
c'est...
M. Fortier: Non, c'est seulement s'ils vont en appel, parce qu'il
faut bien comprendre, de toute façon, que dans ces cas-là,
très souvent, ce ne sont pas les...
M. Garon: S'ils vont en appel, c'est quoi?
M, Fortier: C'est que si quelqu'un est condamné par
l'association, il peut aller en appel devant l'inspecteur et, ensuite, il peut
aller devant la cour. Mais la question que vous posez, c'est que, très
souvent, les personnes qui peuvent subir un préjudice... Je parle de la
personne qui achète une police d'assurance par exemple, elle n'est
peut-être même pas au courant du préjudice qu'elle a
vécu. Ce sont les collègues, c'est l'association qui entend
parler d'abus potentiels et à ce moment-là... D'ailleurs, c'est
la raison pour laquelle dans des corporations professionnelles, ce sont les
pairs qui entendent ces abus-là. Dans les exemples qu'on m'a
donnés - je ne sais pas si l'inspecteur a des exemple précis - je
ne crois pas qu'un individu...
M. Garon: Sauf...
M. Fortier:... puisse revenir contre un abus visant le code de
déontologie comme tel, à moins qu'il ait un préjudice
civil...
M. Garon: Sauf que ce n'est pas assujetti au Code des
professions.
M. Fortier: Si l'inspecteur...
Mme Blackburn: Ou un préjudice civil. C'est ce que je
pensais.
M. Garon: Les règles ne sont pas aussi correctes dans le
Code des professions. Mot, je suis un peu étonné que vous leur
donniez des droits additionnels sans leur donner un cadre plus
sévère qu'ils ont actuellement... À mon avis, le Code des
professions devrait s'appliquer à ces gens-là au point de vue des
appels et de la procédure. Parce que, là, c'est un peu à
la bonne franquette.
Le cadre du Code des professions est beaucoup plus rigoureux. J'aimerais
connaître l'opinion de l'inspecteur général
là-dessus. Il me semble que le Code des professions est beaucoup plus
rigoureux dans la procédure d'application du code de déontologie
et dans la procédure applicable par l'organisme qui surveille et la
personne qui peut se défendre.
M, Bouchard: Oui, bon. Le problème que je vois et l'autre
question qui s'y rattache... Il faut bien commprendre ceci: Un individu est
poursuivi pour manquement au code de déontologie qui prévoit un
tas de choses. Par exemple, le remplacement de polices qui ne respectent pas
les exigences des règlements sur les assurances ou qui donnent des
renseignements, etc.; un agent
d'assurances qui va faire des partages de commissions ou un agent
d'assurances qui va frauder ou, enfin, il y a différentes raisons qui
font qu'un individu peut être condamné soit par l'inspecteur, soit
par le comité de discipline.
Mais le problème qui se pose, c'est que, lorsqu'on invoque une
plainte contre un individu, cette plainte-là, tant qu'elle n'est pas
jugée, on ne peut pas présumer que cet individu-là a
commis cet acte-là. Alors, pour éviter d'être jugé,
soit par l'un, soit par l'autre, là, il se retire de l'organisme en
question qui peut le juger, de telle sorte que l'autre organisme a devant lui
un dossier vierge...
M. Fortier: Donc, la question...
M. Bouchard:... d'un individu qui remplit les compétences,
etc. Alors, ce qui pourrait arriver dans ces cas-là, ce serait le public
ou encore l'association qui, sans évoquer le code de déontologie,
prendrait une poursuite au criminel en vertu de cours des sessions de la paix.
Mais ce n'est pas nécessairement des motifs de cours des sessions de la
paix. Le remplacement de motifs, ce n'est pas un acte criminel. C'est un acte
qui va à l'encontre du code de déontologie, mais ce n'est pas
nécessairement un acte criminel. Le droit de recours qui pourrait
exister ultérieurement serait d'invoquer, par exemple, le comportement
du comité de discipline, sa façon de fonctionner. (11 h 15)
Donc, 11 n'y a pas d'autre recours? Non, sauf si vraiment, l'individu a
fraudé ou si c'est un vol. Ah, là, on peut invoquer le Code
criminel et là, toute personne intéressée pourrait porter
plainte devant la Cour des sessions de la paix. Mais ce ne sont pas surtout ces
cas.
Le deuxième point. Il est vrai que le Code des professions est
beaucoup plus sévère sur les comités de discipline qui
existent pour les corporations à acte exclusif ou les corporations
à exercice restreint. C'est très vrai. Dans le cas de l'APAVQ,
l'Association provinciale des assureurs-vie, je dois quand même dire, M.
le député, parce qu'ils se sont inspirés un petit peu du
Code des professions, que le président du comité de discipline
est un avocat de pratique privée. C'est un tiers qui préside le
comité et qui s'inspire largement des principes du Code des professions,
dans son mode de fonctionnement. C'est lui qui préside le comité
et non pas des gens à l'intérieur de l'association, pour son
comité de discipline. D'après ce que le ministre a dit, il y a
d'autres propositions qui peuvent s'en venir et qui vont peut-être
corriger la situation mais...
M. Garon: Les appels.
M. Fortier: Le député de Lévis posait la
question à savoir qu'une fois le jugement rendu par le comité de
discipline, disons, de l'Association provinciale des assureurs-vie, quels sont
les recours pour celui qui subit une réprimande ou une suspension?
M. Bouchard: Quant aux recours, l'acte d'agrément
prévoit, à l'article 12, ce qui suit: L'inspecteur peut demander
au comité de discipline de reprendre toute audition ou de réviser
toute décision si les motifs de fait ou de droit invoqués au
soutien de la décision sont manifestement erronés, si la
procédure suivie est entachée de quelque
irrégularité grave ou si la décision n'a pas
été rendue avec impartialité. L'acte d'agrément
prévoit cela.
Dans le cas des courtiers d'assurances générales, c'est
une autre chose. C'est prévu dans la loi. C'est complètement
différent. C'est une loi publique. Cela, ce n'est pas une loi publique.
C'est une convention privée entre l'inspecteur et l'Association
provinciale des assureurs-vie. Donc, il y a une possibilité de
révision. Si l'individu n'est pas satisfait de la décision du
comité de discipline, il peut en invoquer à la Cour provinciale
ou à la Cour supérieure. Il peut y avoir un bref
d'évocation ou n'importe quelle procédure régulière
qui est prévue au Code de procédure civile.
M. Garon: C'est marqué où?
M. Bouchard: C'est le droit commun. Pour un individu qui n'est
pas content, par exemple, et qui dit que le comité de discipline a
manqué aux règles de justice naturelle, l'avocat va prendre un
bref d'évocation et ira en Cour supérieure. C'est le droit
commun.
M. Garon: Vous voulez dire l'article 33? M. Bouchard:
Oui.
M. Garon: Ce n'est pas comme un appel.
M. Bouchard: Vous avez cette possibilité que je viens de
vous lire dans l'acte d'agrément. L'individu peut le faire mais, en
pratique, je n'ai jamais vu de gens qui sont venus parce qu'ils ont
été condamnés et qu'ils ont subi leur sort. Je
présume que les plaintes étaient suffisamment fortes de telle
sorte que je n'ai pas eu... Dans le cas des courtiers, j'en ai vus. Je suis en
audition...
M. Fortier: Quand on arrivera à la Loi sur les courtiers,
on en discutera.
M. Garon: Mais il y a une drôle de disposition que je vois
ici et qui dit que la
limite d'exercice...
M. Fortier: C'est à quel article, M. le
député?
M. Garon: A l'article 334... M. Fortier: Quoi?
M. Garon: À l'article 334, parce qu'on vient d'ajouter aux
dispositions de l'article 334: "Les titulaires de certificat d'agent
d'assurances doivent se limiter à l'exercice de leur profession, sauf
dans la mesure où les règlements autorisent des activités
accessoires à l'assurance. " Je ne suis pas un expert dans ce domaine
parce que cela ne fait pas longtemps que je suis critique dans ces
matières, mais on me dit qu'il y a eu des exclusions pour des gens qui
faisaient autre chose que la pratique des assurances. Cela me paraît un
peu exorbitant. Je peux être avocat et membre de l'ordre des avocats et
faire autre chose.
M. Fortier: M. le député de Lévis, vous avez
raison...
M. Garon: Je trouve cela exorbitant.
M. Fortier: Vous avez raison dans la mesure où... Il faut
bien comprendre que dans le passé, on parlait des quatre piliers. Un
banquier était banquier, les gens des assurances étaient dans le
monde des assurances, l'assurance-vie était l'assurance-vie et
l'assurance générale était l'assurance
générale. Avec le décloisonnement des institutions
financières, de plus en plus... d'ailleurs, les membres de l'association
des assureurs-vie, dorénavant, peuvent obtenir de la Commission des
valeurs mobilières des permis restreints de vente de produits
s'apparentant aux valeurs mobilières.
Justement, dans une allocution que j'ai prononcée vendredi
dernier devant l'ACCAP, l'Association canadienne des compagnies d'assurances de
personnes, j'indiquais qu'il va falloir très bientôt
décloisonner les intermédiaires. Décloisonner les
intermédiaires peut vouloir dire justement défaire ce que le
législateur avait prévu comme dans le cas des courtiers
d'assurances générales. Autrement dit, dans le passé,
c'était sérieux; on disait: Quelqu'un qui vend de l'assurance
générale n'a pas le droit de vendre de l'assurance-vie, et
quelqu'un qui vend de l'assurance générale n'a pas le droit de
vendre de valeurs mobilières.
C'est sûr qu'avec le décloisonnement et, comme vous le
dites, un avocat pourrait exercer et, s'il obtient les permis
nécessaires, faire autre chose. Je crois qu'on s'en va très
rapidement vers un décloisonnement des intermédiaires et j'avais
l'intention d'apporter dès cet automne des propositions en ce
sens-là. Je crois que le décloisonnement des institutions
financières ne peut se réaliser sans le décloisonnement
des intermédiaires. Je ne suis pas prêt à agir à ce
moment-ci. Je reviendrai avec des propositions dans ce sens et j'en suis fort
conscient.
M. Garon: Ce serait peut-être le bon temps pour appliquer
le Code des professions pour que, dans un domaine professionnel...
M. Fortier: Je prends note de vos remarques là-dessus.
À un autre moment, on discutera de la Loi sur les courtiers
d'assurances. Mais il faut bien comprendre. On pourrait bien examiner certaines
décisions de ces comités de discipline, mais je pense qu'on
réaliserait en les examinant que les gens qui ont été
suspendus ou condamnés n'étaient pas tous des anges. Il y a
réellement eu des abus notables face au public. Mais quand même,
si on peut renforcer les autorisations d'appel ou prévoir des modes
d'appel mieux cernés et encadrés, je pense bien qu'on les
examinera. Je suis sûr que l'inspecteur aura des recommandations à
nous faire là-dessus, à la suite de l'expérience qu'il a
vécue, surtout si on s'en va vers le décloisonnement.
Je crois qu'on s'en va vers une pratique multidisciplinaire dans la
vente de produits financiers. Autrement dit, traditionnellement, l'agent
d'assurance-vie ne vendait que de l'assurance-vie, le courtier en valeurs
mobilières ne vendait que des valeurs mobilières. Alors, on s'en
va très rapidement vers des groupes multidisciplinaires où on
défendait le départage des commissions. Si on s'en va vers le
décloisonnement, c'est bien certain qu'on devra permettre le partage des
commissions.
M. Garon: Bien, pourquoi pas?
M. Fortier: Pourquoi pas? A condition que le client soit
informé...
M. Garon: À qui est-ce que cela fait mal?
M. Fortier:... et qu'il ait des rapports une fois par
année, autrement dit que ce soit visible et connu. C'est dans ce sens
qu'on s'en va.
M. Garon: Ils pourraient en remettre une partie au client,
pourquoi pas? On commence à parler même dans le domaine... des
vendeurs d'automobiles, parfois, réduisent leurs commissions pour
être plus concurrentiels.
M. Fortier: Mais il faut bien comprendre que la loi touchant en
particulier les courtiers d'assurances générales a
été
adoptée en 1963. Peut-être le législateur avait-il
trouvé que c'était la meilleure formule à ce
moment-là, mais on n'est plus en 1963, on est en 1987. Avec le
décloisonnement des institutions financières, on devra apporter
des amendements.
Pour le moment, ce qui est devant nous n'est. » Je n'étais
pas prêt. J'essayais, à la suite des recommandations que
l'inspecteur et l'association m'avalent faites, de boucher un trou. C'est
réellement pour boucher un trou immédiatement, pour éviter
que l'association ne puisse fonctionner, mais il est bien certain qu'on veut
arriver avec des propositions beaucoup plus... Ce n'est pas un changement de
fond; je n'ai jamais prétendu que c'était un changement de fond.
Les changements de fond viendront cet automne, probablement.
M. Garon: Est-ce que l'inspecteur dirait que ceux qui ont
été condamnés sont surtout ceux qui ont été
trop libéraux dans leur pratique?
M. Fortier: Je ne sais pas s'ils étaient
conservateurs...
Des voix: Ha! Ha!
Le Président (M. Thérien): Nous allons revenir
à l'article 334. 1. Mme la députée de Chicoutimi.
M. Polak: M. le Président, est-ce que vous me permettez
une question?
Le Président (M. Thérien): J'étais pour
donner la parole à Mme la députée de Chicoutimi.
M. Polak: Ah boni Excusez-moi.
Le Président (M. Thérien): Après ce sera
à vous, M. le député de Sainte-Anne.
M. Polak: Excusez-moi. Non, non, elle est avant moi.
Mme Blackburn: Merci, M. le Président. A titre
d'information, comme le ministre nous a amené un peu en dehors du
débat actuel, lorsqu'on parle de groupes multidisciplinaires qu'on
acceptera en même temps qu'on décloisonnera les institutions
financières, est-ce que cela n'amènera pas certaines
modifications, un certain élargissement des fonctions des
différents groupes? Je ne sais pas comment cela va... Par exemple, celui
qui fait de l'assurance-vie, celui qui est courtier en immobilier, bref, tout
ce qui touche le domaine des transactions financières, il me semble
qu'à un moment donné, il va y avoir une espèce de
décloisonnement là aussi. Est-ce qu'on va pouvoir
être...
M. Fortier: Je ne suis pas en mesure de vous donner toutes les
réponses aujourd'hui, mais je peux quand même vous donner un
élément de réponse. Je pense que les membres de la
commission ont intérêt à savoir que cela s'en vient. Je
vous donne une espèce de préavis qui, je pense...
M. Garon: Un "scoop".
M. Fortier: Un "scoop". Bah! un "scoop", je l'ai dit
publiquement. Vous avez dû le lire dans Le Devoir, de vendredi dernier.
»
M. Garon: J'espère que les journalistes n'écoutent
pas.
Mme Blackburn: Non, ce n'est pas transmis ici.
M. Fortier: II y avait un très bon article dans Le Devoir
de vendredi dernier...
M. Garon: Ce n'est pas transmis. Mme Blackburn: Non, pas ici.
M. Garon: C'est pour cela que vous avez choisi d'être dans
cette salle-ci? Ce n'est pas transmis dans le perroquet de...
M. Fortier: Non, ah! c'est malheureux. Ha! Ha!
Mme Blackburn: Est-ce transmis? Oui?
Le Président (M. Therrien): Oui, c'est transmis.
M. Garon: Vous n'auriez jamais dû choisir de venir ici.
Mme Blackburn: Oh oui! Cela l'est. Je viens de voir. Je...
M. Fortier: Non, mais Mme la députée pose une
question très sérieuse: Le décloisonnement ou la pratique
multidisciplinaire fera-t-elle eh sorte que le même individu pourra
vendre tous les produits? Je n'en suis pas certain. D'ailleurs, il se peut fort
bien, quand on regarde les grands bureaux de courtiers à Montréal
- je pense au groupe de Parizeau et à d'autres -. qu'à
l'intérieur de ces groupes, il y ait des spécialistes; autrement
dit, une personne ne peut pas être spécialiste dans tout.
Peut-être qu'une même personne peut se spécialiser dans deux
domaines; certains individus seront peut-être spécialistes dans
trois ou quatre domaines, mais ce sera l'exception. Mais quand on parle de
pratique multidisciplinaire, on dit que différents spécialistes
pourront oeuvrer à l'intérieur d'une même équipe.
Cela signifie un partage de commissions
parce que si, à l'intérieur de cette équipe, c'est
l'agent d'assurance-vie qui amène M. Tartenpion à
l'intérieur du bureau et que, à ce moment-là, l'autre
spécialiste peut lui vendre des valeurs mobilières et encore un
autre, de l'assurance générale, il faut qu'on ait... Alors, la
pratique multidisciplinaire voudrait dire qu'il y aurait différents
spécialistes à l'intérieur du même bureau, parce que
le partage des commissions n'est pas permis présentement. Mais il se
pourrait également que certains individus puissent obtenir
différents permis: permis de courtier en valeurs mobilières,
permis d'assurance-vie. Je crois qu'on va quand même garder une certaine
réglementation pour s'assurer que les gens soient qualifiés. Il
n'est pas question de décloisonner. Quand on parle de
décloisonnement, je disais l'autre fois à mes collègues de
langue anglaise à une conférence
fédérale-provinciale qu'il est malheureux qu'en anglais on n'ait
pas cette distinction-là entre décloisonnement et
déréglementation. En anglais on parle de "deregulation" pour les
deux. "Décloisonnement" veut dire que les cloisons entre les
différentes institutions financières tombent, mais cela ne veut
pas dire qu'on déréglemente pour autant, au contraire. Si on
étudie les pouvoirs qu'on donne à l'inspecteur
général - et à l'automne, je viendrai très
probablement avec un projet de loi sur les assurances - on va voir qu'on va
donner plus de pouvoir à l'inspecteur général. Dans la
mesure où on va décloisonner, je pense qu'il faut donner plus de
pouvoir à l'inspecteur général. C'est malheureux qu'en
anglais ce soit le même mot "deregulation" parce qu'en français on
fait très nettement la distinction entre le décloisonnement, qui
est l'abaissement des cloisons entre les différentes institutions
financières, et la déréglementation, qui est
l'élimination des règlements. Alors, il n'est pas question, je
pense bien, de diminuer de beaucoup, de modifier ou d'éliminer la
réglementation qui va toucher la pratique du courtage des valeurs
mobilières ou la vente d'assurance-vie et tout cela, quoique certains
veuillent qu'on élimine cela, mais ce n'est pas mon intention. Quand on
parle de décloisonne-ment, c'est plutôt de permettre la pratique
multidisciplinaire de décloisonner les intermédiaires et de
permettre une vente plus vigoureuse des produits financiers dans tout le
Québec.
M. Garon: Plus de compétence aussi. Un avocat qui fait son
cours de droit, par exemple... Il y a bien plus de différence entre le
droit criminel et le droit fiscal qu'entre des régimes de retraite et
des contrats d'assurance.
M. Fortier: Moi, je n'ai pas regardé cela, je ne sais pas
si le Barreau le permet, mais en tout cas...
M. Garon: Non, mais vous êtes avocat dans tout. Quand vous
êtes avocat, vous êtes avocat ou vous ne l'êtes pas.
M. Fortier: En tout cas, M. le Président, c'est
très intéressant.
M. Garon: Dans le domaine des...
M. Fortier: C'est passionnant. On n'en parle pas souvent et cela
me fait plaisir...
Le Président (M. Thérien): Nous allons revenir
à...
M. Fortier:... que Mme la députée soulève le
problème, mais...
Le Président (M. Thérien):... à 3...
M. Fortier:... on déborde un peu le projet de loi.
Le Président (M. Thérien): C'est cela. Est-ce que
l'article 3...
M. Polak: M. le Président.
Le Président (M. Thérien): Oui, excusez-moi, M. le
député de Sainte-Anne.
M. Polak: Je pense que c'est important, pour deux ou trois
minutes de plus...
Le Président (M. Thérien): Je m'excuse.
M. Polak: J'ai pris quelques notes. Par exemple, la contrepartie
du décloisonnement est une compétence provinciale accrue. Je
pense que ce que le député de Lévis vient de dire est
très important, je suis tout à fait d'accord avec cela. Il faut
qu'on prenne des mesures pour que ces gens-là... Cela peut mener
à beaucoup d'abus. Il faut protéger le public et exiger
absolument une compétence provinciale accrue. Je suis content aussi que
le ministre ait parlé de donner de grands pouvoirs à l'inspecteur
général, mais il faut aussi lui donner, j'imagine, le personnel
pour...
M. Fortier: II n'y a pas de problème de ce
côté-là.
M. Polak:... prendre soin... Des voix: Hal Ha!
M. Polak: On peut lui donner le pouvoir, mais le problème,
c'est de quelle manière va-t-on exercer nos pouvoirs? Il n'y a pas
seulement le bâton derrière la porte, mais il faut aussi frapper
avec le bâton. À ces conditions-là, je suis bien
d'accord.
M. Fortier: À cet égard, je crois que l'inspecteur
a des budgets importants. En fait, le personnel qui faisait partie de l'ancien
ministère des Institutions financières se retrouve, à
toutes fins utiles, chez l'Inspecteur général des institutions
financières et à un moment donné, je discuterai... Lors de
l'étude des crédits, peut-être qu'on posera des questions
sur les budgets de la Commission des valeurs mobilières. Encore
là, des démarches sont en cours parce que je suis
complètement d'accord avec ce que le député de Sainte-Anne
dit: il n'est pas suffisant d'adopter des lois, il faut encore donner les
moyens pour que les contrôles s'exercent. Comme je l'ai indiqué,
au contraire, je ne suis pas de ceux qui croient qu'on doive diminuer les
pouvoirs du gouvernement dans les contrôles qu'on doit exercer. Je crois
que - je le répète -dans la mesure où on donne plus de
pouvoir aux intermédiaires et qu'on favorise le décloisonnement,
on doit exercer des contrôles nécessaires. (11 h 30)
Le Président (M. Thérien): Est-ce que l'article
334. 1 est adopté?
M. Garon: Adopté. M. Fortier! Adopté.
Le Président (M. Thérien): Passons à 334.
2.
M. Fortier: Alors, 334. 2, M. le Président. Je propose
l'adoption de 334. 2. Je le lis tout simplement: "L'inspecteur
général conserve la juridiction prévue à l'article
360, à l'égard d'une personne qui a été' titulaire
d'un certificat d'agent d'assurances et qui est devenue membre d'une
association ou d'une corporation professionnelle agréée, pour les
actes commis alors qu'elle était titulaire de ce certificat.
"L'inspecteur général peut rendre toute décision portant
sur l'annulation ou la suspension du certificat de cette personne comme si elle
en était encore titulaire. L'annulation ou la suspension du certificat
emporte l'annulation ou la suspension de l'adhésion de cette personne
à l'association ou à la corporation profesionnelle
agréée. "
Autrement dit, il y a une continuité et si la personne a soit un
permis d'association ou un certificat, l'inspecteur général garde
sa juridiction. Il peut utiliser les faits, s'il y avait réprimande, qui
ont été portés à l'attention d'un inspecteur ou de
l'autre, et ces faits peuvent être utilisés par l'inspecteur
général en toute continuité.
M. Garon: Adopté.
Le Président (M. Thérien): L'article 334. 2 est-il
adopté?
M. Fortier: Adopté.
Le Président (M. Thérien): Passons à 334.
3.
M. Fortier: 334. 3. Je propose l'adoption et je le lis. "334. 3
Une association ou une corporation professionnelle agréée
conserve sa juridiction disciplinaire à l'égard d'une personne
qui en a été membre et qui est devenue titulaire d'un certificat
d'agent d'assurances, pour les actes commis alors qu'elle était membre
de cette association ou de cette corporation. "L'association ou la corporation
professionnelle agréée peut rendre toute décision portant
sur l'annulation ou la suspension de l'adhésion de cette personne comme
si elle en était encore membre. L'annulation ou la suspension de
l'adhésion de cette personne à l'association ou à la
corporation professionnelle agréée emporte l'annulation ou la
suspension de son certificat d'agent d'assurances. "L'association ou la
corporation professionnelle agréée doit transmettre à
l'inspecteur général copie de toute décision finale
portant sur l'annulation ou la suspension de l'adhésion d'une personne
qui en a été membre. "
Alors, il s'agit d'un long texte juridique qui est le pendant... C'est
pour dire que, justement, il ne peut pas y avoir deux portes. Quant aux motifs
qui sont invoqués et l'obligation qu'on a ajoutée, c'est que
l'association ou la corporation professionnelle doit informer l'inspecteur
général des décisions qui ont été prises
pour que l'inspecteur puisse avoir un rapport complet sur l'état de la
situation vis-à-vis des membres de l'association.
M. Polak: Maintenant, juste une question, M. le
Président.
Le Président (M. Thérien): M. le
député de Sainte-Anne.
M, Polak: Je suis tout à fait d'accord avec cette
discipline mais pour éviter l'arbitaire, je présume que la loi
prévoit qu'il y a un système d'appel.
M. Fortier: On en a parlé il y a une minute.
M. Polak: Oui, ça existe.
M. Fortier: Et de toute façon, si c'est nécessaire,
comme je le disais tout à l'heure, il se peut que nous... À titre
d'information, je pense bien que je peux donner des préavis, vu
l'intérêt des membres de la commission pour ça. Comme vous
le savez, il y a un débat qui se fait chez les agents d'assurance-vie.
De tout temps, la formation
était donnée aux assureurs-vie - enfin, depuis plusieurs
années - par l'Association canadienne des assureurs-vie.
Certains Québécois avaient pris l'habitude de cette
appartenance à l'association qu'on peut appeler fédérale;
son siège social est à Toronto. Mais, de toute évidence,
le gouvernement québécois - et c'est la même chose pour
nous - favorise l'Association provinciale des assureurs-vie. Et il y a des
discussions, présentement, justement dans le sens de renforcer la
formation.
Il y a des discussions qui ont lieu présentement entre les
compagnies d'assurances et l'Association provinciale des assureurs-vie pour
former un conseil de l'assurance-vie, auquel conseil l'inspecteur pourrait
déléguer des pouvoirs. Â ce moment-là, les
compagnies d'assurances se retrouveraient à l'intérieur d'un
même conseil avec l'Association provinciale des assureurs-vie, ce qui
permettrait justement une meilleure formation.
De toute évidence, il ne s'agit pas de cela dans le projet de
loi. Mais, à un moment donné, j'aurai l'occasion soit de faire
une déclaration ou de revenir, de toute façon, devant la
Législature avec un projet de loi permettant ça. Mais je crois
que cela va aller dans le sens de favoriser la formation et de s'assurer que la
formation soit faite au Québec, dans les universités du
Québec ou ailleurs et de s'assurer que les compagnies d'assurances
collaborent avec les agents d'assurance-vie du Québec pour
améliorer leur formation professionnelle.
M. Garon: Mais pourquoi ne pas utiliser le Code des professions.
Je ne comprends pas trop, pourquoi, maintenant... C'est un domaine,
aujourd'hui. Autrefois, un vendeur d'assurances, c'était un vendeur
d'assurances. Mais aujourd'hui, ça demande plus de compétence
qu'antérieurement.
M. Fortier: Oui, mais d'une part, on m'indique que l'Office des
professions ne tient pas à reconnaître d'autres corporations
professionnelles. Je crois que c'était le fait de votre gouvernement et
je crois que c'est également le fait de notre gouvernement de ne pas
créer d'autres corporations professionnelles.
Mais j'imagine qu'on pourra emprunter certaines dispositions et, en tout
cas, on pourra examiner cela lorsqu'on modifiera la loi, parce que, dans le
fond...
M. Garon: Les compagnies seront un peu en conflit. L'association
professionnelle est là pour gérer la pratique...
M. Fortier: Qu'on le veuille ou non, vous savez, les compagnies
ont un gros mot à dire dans la formation et dans la reconnaissance.
Comme vous le dites, de plus en plus, il faut bien le comprendre, les motifs
que vous venez d'évoquer, M. le député de Lévis,
vont amener les compagnies à vouloir avoir des agents ou des
représentants les mieux formés possible. Les produits financiers
maintenant sont beaucoup plus complexes qu'ils ne l'étaient il y a 25
ans. Pour la personne qui achetait une assurance-vie il y a 25 ans, bon,
c'était d'acheter une police d'assurance de 10 000 $ payable à 65
ans, c'était assez facile. Maintenant les compagnies d'assurance-vie
mettent sur le marché des produits qui demandent un peu plus
d'intelligence parce que plus complexes. D'autant plus, si on veut que ces
mêmes personnes vendent en même temps des produits de valeurs
mobilières, alors, il est certain qu'il va falloir que les
représentants... D'ailleurs, je crois que les compagnies d'assurances,
malgré ce que vous venez de dire, vont avoir un motif important de
favoriser cette formation, parce qu'elles vont être en concurrence avec
d'autres compagnies d'assurances. Ce seront les sociétés, que ce
soit La Laurentienne ou une autre, qui vont donner la meilleure formation
à leurs représentants qui vont être en mesure d'aller
chercher une clientèle plus étendue qui va acheter des produits
plus sophistiqués. On le voit d'ailleurs par l'achat des
Québécois, on est rendu à 11 % des adultes
québécois qui achètent des actions à la Bourse. Je
voyais la déclaration du nouveau président de la Bourse, M.
Riverin, qui disait: Pourquoi pas se rendre à 20 %? Je suis tout
à fait d'accord. De plus en plus, les Québécois sont
instruits, s'intéressent aux institutions financières, veulent
investir et sont plus sophistiqués; cela va demander aux
représentants d'avoir une plus grande sophistication. Comme de raison,
est-ce que le représentant qui est dans la ville de Québec ou
à Montréal doit être plus sophistiqué?
Peut-être. Est-ce que le représentant qui est dans un petit
village devrait avoir la même sophistication? Peut-être pas, parce
que les besoins sont plus... Quoique encore dans certains... Dans la Beauce,
Fabien Roy fait fureur comme représentant de Geoffrion, Leclerc
et...
M. Garon: Oui, il va falloir que je le dise à Fabien. Il a
parlé contre la finance toute sa vie et il y est rendu maintenant.
M. Fortier: Ah oui! Tout cela pour dire que, même dans les
régions du Québec, les gens s'intéressent beaucoup aux
différents produits financiers. Ce n'est pas certain que, même
dans les différentes régions du Québec, la
nécessité d'avoir des représentants sophistiqués ne
soit pas là non plus. Alors de toute façon, je reviendrai avec
des propositions concrètes à ce sujet.
M. Garon: Moi, ce que je pense dans le
fond, c'est que, dans l'assurance, c'était des vendeurs
d'assurance autrefois. Je me demande aujourd'hui s'il faut penser en ces
termes? Quand j'ai vu dans le domaine agricole, par exemple, la vente de rentes
viagères à 4 % alors que les taux d'intérêt
étaient à des montants... C'était du vol pur et simple. Je
vais vous dire bien franchement que j'ai vu dans le domaine de l'agriculture
des genres de pratique d'assurance qui étaient du vol pur et simple. Je
me demande si on ne devrait pas penser beaucoup plus aujourd'hui non pas en
termes de vendeurs mais en termes de gens qui sont des spécialistes de
l'assurance, des conseillers en assurances et qui auraient l'obligation
quasiment de dire à leurs clients: Prends pas cela, le produit de telle
compagnie, c'est pas bon, cela ne vaut rien.
M. Fortier: II faut dire qu'il y a beaucoup de pression sur le
législateur en ce moment pour former ce qu'on appelle... pour autoriser
ce qu'on appelle les conseillers financiers...
M. Garon: C'est cela.
M. Fortier:... qui pourraient vendre différents
produits...
M. Garon: C'est cela.
M. Fortier:... mais une fois... Dans le moment, il existe
d'ailleurs à Montréal ou à Québec, j'en suis
sûr, des gens qui se disent conseillers financiers et ce n'est pas
réglementé. Autrement dit, les choses évoluent tellement
rapidement qu'on pense réglementer beaucoup de choses. Il n'y a rien qui
empêche quelqu'un d'ouvrir à Montréal un bureau de
conseillers financiers et il vous téléphone a la maison en
disant: Est-ce que je peux te conseiller pour organiser ton portefeuille? C'est
pour cela qu'il y a des ajustements à faire et il va falloir les
faire.
Le Président (M. Thérien): Je reviens. Mme la
députée de Chicoutimi.
M. Garon: Vous le faites tellement délicatement.
Le Président (M. Thérien): Je fais de mon mieux, M.
le député de Lévis.
M. Fortier: Est-ce que l'article 334. 3 est approuvé?
Le Président (M. Thérien): Bien, c'est cela. Mme la
députée de Chicoutimi m'a posé une question avant.
Mme Blackburn: Oui, je trouve que la question du
député de Lévis est importante, parce que les corporations
professionnelles reconnues comme étant régies par l'Office des
professions ont des obligations très claires quant au niveau de
formation, quant à la responsabilité de la corporation d'assurer
la formation et le perfectionnement. Certaines corporations administrent des
examens, définissent le niveau - est-ce que c'est le niveau secondaire,
collégial ou universitaire? Je trouve que plus cela devient complexe,
ces questions, plus on devrait assurer une formation de base à peu
près équivalente et qui a comme effet de garantir, je pense, la
protection du public. C'est dans ce sens que l'intervention du
député de Lévis est importante.
M. Fortier: Oui, mais dans le moment, je dois le dire, mon
intention n'était peut-être pas d'obliger l'Etat lui-même
à organiser ces cours. L'État le fait par l'intermédiaire
des universités. Je parlais du Conseil des assureurs-vie, probablement
qu'on va définir des niveaux de compétence qui vont exiger des
individus qu'ils subissent des examens à l'Université du
Québec à Montréal ou à l'Université Laval.
Autrement dit, les cours sont disponibles. Il reviendra à l'inspecteur
général de nous recommander des niveaux de compétence.
Mme Blackburn: D'accord.
M. Fortier: Vous avez raison de dire que ces niveaux de
compétence iront en augmentant, eu égard à la
sophistication des produits et dans le meilleur intérêt. Mais ce
que je vous dis, c'est que, de toute façon, il y a des compagnies qui se
dirigent dans cette direction et les compagnies ou les agents ou les
représentants d'assurances qui ne seront pas sophistiqués,
à mon avis, vont disparaître tût ou tard, parce qu'ils vont
se faire "by-passer" par d'autres qui, eux, auront la compétence voulue
pour vendre des produits plus sophistiqués.
Mme Blackburn: Cela va.
Le Président (M. Thérien): Est-ce que le
sous-article 334. 3 est adopté?
M. Garon: Adopté.
Le Président (M. Thérien): Est-ce que l'article 2
est adopté dans son ensemble, étant donné que tous les
articles sont adoptés?
M. Fortier: Adopté.
M. Garon: Adopté. Est-ce qu'il y a autre chose?
M. Fortier: Non. L'article 2 comprend l'article 334. 1, 334. 2 et
334. 3.
Le Président (M. Thérien): Non, c'est parce qu'on a
adapté les sous-articles à Particle 2.
Mme Blackburn: D'accord.
Le Président (M. Thérien): On adopte donc
l'ensemble de l'article. Est-ce que l'article 3 est adopté?
M. Fortier: Adopté. M. Garon: Adopté.
Le Président (M. Thérien): Adopté. Est-ce
que le titre est adopté?
M. Garon: Adopté.
M. Fortier: Adopté.
Le Président (M. Thérien): Adopté,
Mme Blackburn: Sur le titre, si vous permettez...
Le Président (M. Thérien): Oui.
Mme Blackburn:... généralement, ce que fait de plus
en plus le législateur, c'est qu'il s'assure que dans le titre, on
indique l'essentiel de la modification de manière que l'on puisse
facilement repérer les projets de loi et l'objet des modifications aux
lois. Là, c'est Loi modifiant la Loi sur Ies assurances qui a plus de
300 articles. Est-ce qu'il n'aurait pas été important d'ajouter
l'objet dans le titre? On s'est fait dire cela quasiment à chacune des
commissions parlementaires pour faciliter le repérage et la
classification des objets des modifications.
M. Fortier: Je comprends votre souci, Mme la
députée, mais vous devez bien comprendre que lorsqu'on indique
Loi modifiant la Loi sur les assurances, toute personne qui est dans le secteur
des assurances va immédiatement être attirée par ces
changements. Toute personne, qu'elle soit présidente d'une compagnie
d'assurances, agent d'assurances, courtier d'assurances, immédiatement,
son attrait... Je peux comprendre dans d'autres lois, ou quand on modifie une
loi et que la clientèle n'est pas précisée... Mais ici, je
dois vous dire, pour avoir oeuvré dans ce secteur depuis un an
déjà - enfin, depuis sept mois - que le monde de l'assurance est
un secteur qui suit très bien ses affaires. En tout cas, je comprends
votre souci mais je ne vois pas l'utilité dans la mesure où la
clientèle est très spécifique, que l'information soit
disséminée très rapidement.
Mme Blackburn: Ce n'était pas dans le but de mieux servir
la clientèle des assureurs au Québec, c'est simplement pour ceux
qui désirent faire de la recherche au sujet des projets de loi, pour
qu'on l'indique. Je dirais que dans toutes les commissions parlementaires que
j'ai vues, c'était non seulement pour ceux qui étaient
touchés par la modification mais pour faciliter la recherche. Je vous le
dis simplement. Je vous le signale. C'est ce qu'on nous a servi pour tous les
autres projets de loi. Une façon de le faire aurait été,
par exemple, modifiant les assurances touchant la responsabilité ou
l'adhésion à la fois d'un assureur qui relèverait soit des
institutions, d'association ou de corporation... Ce que je veux dire, c'est que
ce n'est pas destiné exclusivement à ceux qui sont touchés
par la loi, mais à ceux qui font des recherches sur les
différents projets de loi. C'est la remarque qui nous a
été faite dans toutes les commissions parlementaires. Comme il y
a près de 400 articles dans ce projet de loi, on pourrait penser qu'une
des façons de faciliter cette recherche, c'est d'indiquer dans le titre
l'objet de la modification. C'est simplement cela.
Je pense que si vous vouiez être conséquent avec ce qui se
fait dans les autres commissions par rapport aux autres projets de loi, il me
semble que cela devrait apparaître dans le titre.
Le Président (M. Thérien): Je repose la question.
Est-ce que le titre est adopté?
M. Fortier: J'en prends note.
Le Président (M. Thérien): Est-ce que le titre est
adopté?
M. Fortier: Adopté.
M. Garon: Pardon? Adopté.
Mme Blackburn: Est-ce qu'on ne pourrait pas suggérer au
ministre de nous...
Le Président (M. Thérien): II en a pris bonne
note.
M. Fortier: Non, mais j'imagine que le comité de
législation, s'il a eu de nombreuses représentations...
M. Garon: C'est là que cela va se faire.
Mme Blackburn: Bien oui, c'est là que cela va se
faire.
M. Fortier:... le comité de législation va en
prendre note, parce que je dois vous dire qu'on n'a pas reçu de guide
dans ce sens. De toute façon, je dois vous dire que la
préoccupation d'un ministre, lorsqu'il fait un projet de loi semblable,
n'est pas telle-
ment de penser aux chercheurs d'universités, de
l'Université Laval ou d'ailleurs. Parce que comme disait toujours
l'ancien président de l'IREQ, Lionel Goulet, autrefois de
l'Université Laval: Ce n'est pas des chercheurs que je veux, c'est des
"trouveurs". Ha! Ha! Ha!
Mme Blackburn: Vous remarquerez que c'est plus facile à
trouver si c'est plus facilement repérable.
Le Président (M. Thérien): Je repose la question
clairement. Est-ce que le titre est adopté?
Mme Blackburn: Le ministre en prend botine note. Il nous dit
qu'il va examiner...
M. Fortier: J'en prends bonne note et on va demander au
comité de législation...
Mme Blackburn:... la question. On pourra peut-être voir
s'il va faire...
M. Fortier:... qu'il nous fasse des recommandations à ce
sujet.
Le Président (M. Thérien): Est-ce que le projet de
loi est adopté dans son ensemble?
M. Fortier: Adopté. Une voix: Adopté.
Le Président (M. Thérien): Adopté.
Donc, je remercie les membres et les autres participants de votre...
Cela a été très agréable.
J'ajourne les travaux sine die, la commission ayant rempli son
mandat.
M. Fortier: On organisera un autre débat sur...
(Fin de la séance à 11 h 46)