(Neuf heures quarante-cinq minutes)
La
Présidente (Mme Dionne) : Alors, bonjour à tous et à toutes. Ayant constaté
le quorum, je déclare la séance de la Commission de l'éducation... de la
culture, pardon, et de l'éducation ouverte.
La commission
est réunie aujourd'hui afin de procéder à l'étude du volet Éducation
préscolaire, enseignement primaire et
secondaire des crédits budgétaires du portefeuille Éducation pour l'exercice
financier 2023-2024. Une enveloppe de cinq heures a été allouée pour
l'étude de ces crédits.
M. le secrétaire, y a-t-il des remplacements?
Le Secrétaire : Oui, Mme la
Présidente. M. Poulin (Beauce-Sud) est remplacé par M. Thouin
(Rousseau).
Éducation préscolaire,
enseignement primaire et secondaire
incluant formation professionnelle
La
Présidente (Mme Dionne) : Merci beaucoup. Donc, nous allons procéder à une
discussion d'ordre général, en blocs d'échange, incluant les questions et les
réponses. La mise aux voix des crédits sera effectuée à la fin du temps
qui leur est alloué, soit cet après-midi, vers les 17 h 45.
Discussion générale
Donc, je suis maintenant prête à reconnaître une
première intervention de l'opposition officielle pour un premier bloc d'échange. Notez que je vais laisser
libre cours aux échanges, et ceci se faisant en tout respect, et, s'il y a lieu, je reprendrai le contrôle de la discussion
si jamais il y a des problèmes, bon, mais finalement je vous laisse discuter
entre vous directement. Donc, je vous
rappelle que la longueur des réponses doit être généralement proportionnelle à
la longueur des questions. Donc, Mme la députée de Saint-Laurent, la
parole est à vous.
Mme
Rizqy : Merci beaucoup, Mme la Présidente. Mes premiers
mots vont à tous les Québécoises et Québécois affectés par les
inondations, particulièrement ceux dans la région de Charlevoix, et,
évidemment, aux familles des deux pompiers
toujours manquants à l'appel. Évidemment, j'espère qu'on va être en mesure de
retrouver tout le monde sain et sauf.
Alors, merci beaucoup, Mme la Présidente.
Bonjour à tous mes collègues députés présents. Évidemment, bonjour, M. le ministre, ainsi que les équipes qui
vous accompagnent. Les crédits, évidemment, c'est beaucoup d'heures de travail. Et je vous vois déjà avec vos cartables.
Je le sais, ça a été un exercice très rigoureux, alors merci énormément.
On a... on a eu beaucoup de réponses et beaucoup de travail à éplucher toutes
vos réponses, alors merci beaucoup.
Je commencerai dans... avec ma première question
au ministre, si vous permettez. Mais, en fait, je pense que... sûrement que le
ministre veut d'abord, lui aussi, dire un petit mot, là. Je vais lui laisser
parce que, lui aussi, j'imagine qu'il est très affecté par les inondations là.
M. Drainville : ...effectivement, on
a une pensée pour les sinistrés, puis, vous l'avez bien dit, en particulier
pour la communauté de Baie-Saint-Paul. On pense aux proches des deux pompiers,
qui doivent vivre un véritable enfer présentement, donc on leur souhaite un
très bon courage et on pense à eux. Et évidemment je... j'en profite également
pour saluer tous les collègues autour de cette table. Exercice de reddition de
comptes très important. À l'intérieur d'un
gouvernement responsable, l'exercice auquel on s'apprête à se livrer est un
incontournable. Il y a des... Pendant des générations, on s'est battus
pour pouvoir faire ce que l'on fait aujourd'hui, donc c'est très important. Et
je salue, bien entendu, mes équipes et du ministère et du cabinet, qui ont
travaillé très fort, vous l'avez bien dit, Mme la députée de Saint-Laurent,
pour être prêts à cette journée.
Mme
Rizqy : Alors, ma première question remonte, en fait, à la
première entrevue du ministre de l'Éducation. On lui a posé la question
est-ce qu'il reconnaissait l'existence de l'école à trois vitesses au Québec. À
l'époque, il avait dit non. C'était en novembre 2022. Alors, maintenant,
est-ce que sa position a évolué? Est-ce qu'il reconnaît aujourd'hui l'existence
de l'école à trois vitesses?
M. Drainville : En fait, ce que j'ai
dit quand on m'a posé la question, c'est que je n'étais pas dans un état d'esprit où ma... comment dire... ma posture,
comme nouveau ministre de l'Éducation, n'était pas de dire qu'on va affaiblir
un réseau pour en renforcer un autre. Moi,
je ne crois pas à ça. Je souhaite renforcer tous les réseaux, et je souhaite
donc favoriser la réussite scolaire de tous les enfants au Québec, et je
n'ai pas changé d'idée. Bien entendu, depuis ce temps-là, nous avons annoncé une série
d'initiatives qui visent à renforcer l'école publique. Pour l'essentiel, la
plupart de ces initiatives-là sont consacrées exclusivement ou primordialement
à l'école publique. Je parle, bien entendu, des aides à la classe, que je souhaite voir se déployer à travers les écoles
publiques du Québec, les écoles primaires publiques du Québec.
J'ai, bien entendu, annoncé également que je
souhaitais que les projets particuliers soient offerts dans toutes les écoles
secondaires publiques du Québec, au moins un projet particulier. Actuellement,
c'est un petit peu plus de la moitié des écoles secondaires qui ont... qui
offrent un projet particulier. Donc, bref, mon objectif, moi, c'est de
renforcer l'école, et en particulier l'école publique. L'école publique, pour
moi, c'est ma priorité.
Mme
Rizqy : ...très courte, très simple : Est-ce que, oui
ou non, il existe, en ce moment au Québec, un système à trois vitesses?
M. Drainville : Ce n'est pas une,
comment dire... une grille d'analyse à laquelle j'adhère.
• (9 h 50) •
Mme Rizqy : Donc, est-ce que vous
niez que présentement, suite à l'adoption du projet de loi n° 12 sous...
de votre gouvernement, que, pour un enfant, là, au Québec, là... Vous parliez des
projets pédagogiques particuliers, vous souhaitez que ça se multiplie. Mais
est-ce que vous réalisez qu'il y a des projets particuliers, au Québec, qui coûtent jusqu'à 14 000 $ dans le réseau
public? Est-ce que ça, vous, vous croyez que c'est un régime public acceptable
ou ça ne crée pas un réseau à deux vitesses dans le réseau public?
M. Drainville : Bien, d'abord, quand
vous donnez des chiffres comme ceux-là, des chiffres de 14 000 $, par
exemple, puis je ne nie pas, là, que ça existe, il faut faire la part des
choses. Je l'ai déjà dit, ça aussi, publiquement, quand on parle de chiffres
comme ceux-là, de façon générale, il peut y avoir des exceptions, mais, de
façon générale, ce sont des programmes qui sont accrédités par les fédérations
sportives et qui sont réservés à l'élite sportive. Je ne dis pas à l'élite au
sein de la population. Je parle de l'élite sportive, donc des sportifs d'élite
issus de toutes les origines. Parce que, de
façon générale, les frais qui sont demandés pour des projets particuliers dans
les écoles publiques, ils s'élèvent à quelques centaines de dollars.
Par exemple, jusqu'à maintenant, on défrayait
200 $ des coûts d'inscription à ces projets particuliers. On a augmenté de
100 $ cette mesure dans le dernier budget et, avec cette mesure de
300 $, on assure la gratuité d'inscription aux projets particuliers pour
plus de 50 % des élèves qui fréquentent l'école publique secondaire au Québec. Donc, on a... on a posé un geste pour
augmenter l'accessibilité aux projets particuliers dans les écoles publiques
en augmentant, donc, la subvention, si je peux dire, aux parents, aux enfants.
Et moi, je souhaite que ces projets-là soient de plus en plus accessibles.
Et je tiens à dire, je conclus là-dessus, Mme la
députée, ma préférence, moi, c'est qu'il n'y ait pas de sélection, qu'il n'y
ait pas de sélection pour accéder à ces projets-là...
La Présidente (Mme Dionne) : Je vous
rappelle que les réponses doivent être proportionnelles...
M. Drainville : Oui. Et je souhaite
que les élèves HDAA, handicapés ou avec un déficit d'adaptation ou
d'apprentissage, puissent y avoir accès également, Mme la députée de
Saint-Laurent.
Mme Rizqy : M. le ministre, votre
souhait peut être exaucé. J'ai...
M. Drainville : Pardon?
Mme Rizqy : Votre souhait peut être
exaucé. J'ai déposé un projet de loi en ce sens, vous pouvez juste l'appeler.
Ça mettrait en sorte que les enfants, là, peuvent accéder aux projets
pédagogiques qu'ils souhaitent, que ce soient, par exemple, du basketball, de
la musique, art dramatique, le programme international.
En ce moment, je vous réfère à l'article
d'Anne-Marie Provost le 10 novembre 2022 : «Les frais s'élèvent
en moyenne à 5 230 $ par année et peuvent grimper jusqu'à
16 000 $.» C'était l'article du Devoir. Alors, la moyenne à 5 230 $, si je retire 200 $, une
famille québécoise, là, même si vous lui donnez 200 $ ou même 300 $,
bien, elle n'a pas plus le 5 000 $ pour la payer, cette activité.
Donc, au fond, ça devient un système à deux vitesses dans le réseau public.
Je
vous rappelle aussi que le Québec devait, en fait, revenir à l'ONU, parce que
l'ONU, en mars 2020, a demandé au Québec quelles sont les mesures prises
pour assurer l'égalité d'accès à l'éducation dans le cadre d'un système
scolaire à trois niveaux au Québec, indépendamment de la situation économique
des parents. La réponse du gouvernement du Québec était attendue à Genève le
30 juin 2021. Est-ce que vous pouvez nous dire si et quand votre
gouvernement répondra à l'ONU?
M. Drainville : Bien, pour ce qui
est de la réponse à l'ONU, non, je ne suis pas en mesure de vous dire quand,
mais je peux vous revenir avec une réponse, si vous le souhaitez.
Mme Rizqy : Bien, elle est quand
même attendue, parce que c'est reconnu que le sentiment d'appartenance d'un
enfant, c'est aussi prendre part à différentes activités qu'il y a dans son
école. Alors, si l'art dramatique coûte 2 500 $, mais que l'enfant
n'a pas les moyens, il est exclu. Vous parliez de l'élite, mais, quand on est
un enfant de secondaire I, on n'est pas encore dans
l'élite, on veut découvrir, justement, des passions. Puis c'est justement la
raison même de l'école. C'est le seul ascenseur social que nous avons, au
Québec, qui permet aux enfants de toutes origines, peu importe leur code
postal, de pouvoir accéder à un meilleur avenir. Mais un enfant qu'on lui dit
non, pas parce qu'il n'a pas le talent ou le goût, l'intérêt, mais parce qu'il
n'a pas les moyens, c'est un enfant que nous laissons de côté. Alors, vous, M.
le ministre, on vous a déposé un projet de loi. Je vous invite à l'appeler,
parce que ça va permettre, justement, d'enlever au moins une barrière à
l'entrée pour ces jeunes enfants.
Vous avez parlé des
moyens que vous avez donnés, vous vous rappelez, vous avez eu la promesse du
parascolaire. Dans les crédits, je vous invite à aller au...
M.
Drainville : ...plus que la promesse. C'est fait maintenant, on paie,
on finance...
Mme Rizqy : Oui,
la promesse est faite, mais je vous invite à aller à la page de crédits pour ma
question, qui est le numéro...
M.
Drainville : Mais on finance une heure de parascolaire par jour,
là. Vous le savez, ça, Mme la députée.
Mme Rizqy : Oui,
mais... oui, mais allez aux crédits, s'il vous plaît, le n° 2-RP,
Éduc-44, Demandes de renseignements particuliers du deuxième groupe
d'opposition. La question est la suivante :
Combien d'écoles et d'élèves ont bénéficié
d'une heure de parascolaire gratuite telle qu'annoncée par la CAQ? La réponse,
moi, m'a vraiment surprise. En date du 31 décembre 2022,
449 écoles ont déclaré avoir participé à la mesure sur
15 028 écoles, ce qui permet d'offrir gratuitement une heure
d'activités parascolaires aux élèves du secondaire, et 155 575 élèves
qui s'étaient inscrits à des activités. Donc, si je prends 155 000 divisé
par environ 1,3 million d'élèves au Québec, réalisez-vous que ça donne à
peine 11 %? Est-ce que vous êtes satisfait de ce 11 %?
M. Drainville :
Oui, alors, j'ai la réponse ici qu'on vous a donnée. Effectivement, il y a
449 écoles qui ont participé à la
mesure, puis il y a un petit peu plus que 500 écoles secondaires au
Québec, Mme la députée de Saint-Laurent. Donc, je pense que c'est un excellent
résultat, ça.
Mme Rizqy : Mais,
M. le ministre, on parle d'enfants. Je ne parle pas d'établissements, je ne
parle pas de la brique. Je parle d'humains,
là, d'enfants qui participent à une activité parascolaire. Donc, si vous dites
qu'il y en a 155 575 et qu'il y
a environ 1,3 million d'enfants, ça fait qu'environ 11 % des élèves y
ont eu droit et on n'a pas juste... La promesse, là, c'était une annonce du 10 juin 2019 de votre collègue. La
ministre de la Condition féminine, à l'époque responsable aussi du Sport, avait dit que c'était une annonce
pour les... pour les élèves. Alors, moi, je me demande : Aujourd'hui,
est-ce qu'on est satisfaits de ce pourcentage?
M.
Drainville : ...honnêtement, je souhaiterais qu'il y en ait plus. Moi,
je... qu'est-ce que vous voulez, moi, j'ai adoré... L'une des raisons, sinon la
première raison pour laquelle j'ai fini par aimer l'école, c'est à cause du
parascolaire, puis la raison pour laquelle j'ai annoncé cette orientation
d'ouvrir à plus d'écoles et à plus d'élèves des projets particuliers, c'est
justement avec l'idée de leur faire aimer l'école. Pour moi, les projets
particuliers, ça vise à faire aimer l'école
et à susciter, donc, le... comment dire, la réussite scolaire, en faisant en
sorte que l'élève qui a... qui a le goût de s'investir dans le sport,
dans la musique, dans la danse, dans la technologie, dans la robotique, qu'il
puisse le faire, qu'elle puisse le faire à
travers les projets particuliers. C'est le même esprit qui animait la création
de la mesure pour le parascolaire.
Alors, il y a
449 écoles qui ont déclaré avoir participé à la mesure, 449 écoles
secondaires sur plus de 500 écoles
secondaires. Donc, c'est un bon... c'est un bon ratio de participation.
Maintenant, à l'intérieur de ces écoles-là, visiblement, ce ne sont pas
tous les élèves qui ont décidé de participer. Maintenant, Mme la Présidente,
cette mesure, elle est... c'est du... c'est
volontaire, là, on n'oblige pas les élèves à participer à des activités
parascolaires. Est-ce qu'il y en a suffisamment qui sont offertes? Sans
doute pas, sans doute pas, Mme la députée. Sans doute pas. Si on pouvait en
faire plus, je pense qu'on... ce serait bien.
La Présidente (Mme
Dionne) : Merci, M. le ministre...
M. Drainville :
Mais, encore une fois... encore
une fois, Mme la Présidente, on va installer un... on va installer
quelque chose de bien important, là. On finance, mais, à un moment donné,
l'organisation des activités, ça ne relève pas du 16e étage de l'édifice
G, ça, là, là. L'argent est disponible. Après ça, ça relève des centres de
services puis ça relève aussi...
La Présidente (Mme
Dionne) : En conclusion, M. le ministre.
M.
Drainville : ...des conseils d'établissement des écoles, là. La
responsabilité est partagée, là.
La Présidente (Mme
Dionne) : Mme la députée.
Mme Rizqy : Merci beaucoup, Mme la
Présidente. L'engagement électoral de 2018 était très clair, c'était
l'engagement... dans L'Actualité, on peut le lire, là, c'est
l'engagement n° 14, là : une heure d'activités parascolaires supplémentaire par jour pour offrir du sport, des activités
culturelles, de l'aide aux devoirs pour les élèves. Donc, c'était un engagement
très clair. Et vous avez même des cibles de... et vous avez même, à un moment
donné, dit : En 2019-2020, on voudrait atteindre 26 %. Donc, si vous
vous donnez des cibles puis que, finalement, elles ne sont pas atteintes,
est-ce que vous, de votre côté, vous allez revoir pourquoi que ce n'est pas
atteint ou vous allez juste nous dire :
Bien, nous, on a annoncé, on met de l'argent... Mais est-ce que vous en avez
mis assez? Est-ce que vous allez faire quelque chose pour vérifier
pourquoi vous n'avez pas atteint votre objectif électoral?
• (10 heures) •
M. Drainville : Alors, Mme la
Présidente, d'abord, je tiens à rectifier, là, un chiffre qui a été utilisé,
là. C'est bien 464 538 élèves, là, qui fréquentent les écoles
secondaires au Québec, là. Je crois...
Mme Rizqy : Mais l'engagement était
pour les élèves.
M. Drainville : ...je crois avoir
entendu... Je crois avoir entendu un chiffre beaucoup plus élevé, là. Donc, je
tenais à m'assurer que l'information soit correcte, là.
Bon, par ailleurs, Mme la Présidente, la députée
a raison de souhaiter que davantage d'élèves bénéficient de cette mesure-là.
Et, si les crédits doivent servir à ça aujourd'hui, notamment à ça, ça doit
être de nous permettre de redire à quel
point les activités parascolaires sont importantes pour faire aimer l'école. La
logique projets particuliers et activités parascolaires, comment dire,
découle du même esprit. Et donc, si on peut avoir plus d'élèves qui participent
aux activités parascolaires, si je peux regarder cette caméra et dire aux
dirigeants des centres de services qui nous écoutent, et aux directions d'école
qui nous écoutent, et au personnel scolaire qui nous écoute...
La Présidente (Mme Dionne) : En
terminant, M. le ministre.
M.
Drainville : ...allez-y, ouvrez la machine, l'argent est
disponible, faisons-en encore davantage pour offrir plus d'activités
parascolaires aux élèves.
La Présidente (Mme Dionne) : Merci.
Mme Rizqy : Mme la Présidente,
j'inviterais le ministre à ne pas rephraser mes questions. J'ai clairement dit que l'engagement électoral visait tous les élèves,
c'était écrit noir sur blanc, là. Je l'invite peut-être à revoir la plateforme
de sa formation politique et que, oui, effectivement, il y a environ
1,3 million d'élèves au Québec. On ne peut pas le nier. Alors, si dans les crédits... À moins que vous me dites qu'il y a
une erreur d'information dans les crédits, moi, j'ai 155 000 élèves qui en ont bénéficié sur
1,3 million d'élèves au total, à moins que, là, il veuille me dire que,
finalement, l'engagement électoral ne tient plus puis que, finalement,
on est passés de tous les élèves du parascolaire à seulement les élèves du
secondaire. Est-ce que c'est ça que vous voulez me dire? Est-ce que vous
changez votre engagement électoral puis que ce soit seulement pour les élèves
du secondaire?
M. Drainville : Mme la Présidente,
j'ai dit que ces projets-là allaient rester volontaires, que les heures de
parascolaire allaient rester volontaires. Je pense que c'est notre objectif à
tous que le plus grand nombre possible d'élèves s'inscrivent dans ces activités
parascolaires. Mais, par exemple, quand je dis, Mme la Présidente, que je
souhaite que toutes les écoles secondaires publiques du Québec offrent au moins
un projet particulier, je souhaite évidemment qu'elles... qu'elles en offrent
plus qu'un, mais je ne suis pas en train de dire qu'il faudrait que tous les élèves du secteur secondaire public au Québec
s'inscrivent dans un projet particulier. Il y a une marge qu'il faut laisser à
la liberté de l'élève. À un moment donné, ça se peut qu'il y ait des élèves qui
disent : Moi, je vis très bien avec le programme régulier, je n'ai pas le
goût de m'inscrire dans un projet particulier. Et donc il faut leur donner la
possibilité de le faire. Alors, moi, ce que je souhaite...
La Présidente (Mme Dionne) : Merci,
M. le ministre. En conclusion.
M. Drainville : ...c'est que les
écoles offrent le maximum de projets particuliers, et après ça je souhaite que la majorité, le plus grand nombre possible,
s'inscrive dans ces projets, mais je ne vais pas forcer les élèves à s'inscrire
dans des projets particuliers. Il faut laisser une certaine liberté aux élèves,
quand même.
La Présidente (Mme Dionne) : Merci,
M. le ministre. Mme la députée.
Mme Rizqy : M. le ministre,
respectueusement, dans l'enjeu qui nous occupe aujourd'hui, c'est précisément
ça où le bât blesse. L'élève n'a pas le choix lorsqu'il n'a pas d'argent. C'est
ça, l'enjeu dont il est question. C'est pour
cela qu'on vous a demandé, jour 1 que vous étiez devenu ministre de
l'Éducation, si vous reconnaissez, oui ou non, un système à trois vitesses,
particulièrement dans le réseau public, depuis qu'il y a eu l'adoption du
projet de loi n° 12. On a demandé, dès ce moment-là, que les projets pédagogiques
particuliers soient gratuits. Votre gouvernement l'a refusé, et vous êtes arrivé avec une contre-mesure qui était
la contre-proposition de dire : Bien, le parascolaire, ça va venir
pallier.
Alors, les enfants qui n'ont pas d'argent pour
aller au parascolaire, bien, ils pourront s'inscrire... pardon, les enfants qui n'ont pas d'argent pour les projets
pédagogiques particuliers, bien, vous allez pouvoir faire du parascolaire. Alors, nous, on a dit : Bien, ce n'est pas
vraiment la même chose, du parascolaire versus un projet pédagogique
particulier, mais
c'était la contre-proposition du gouvernement. Maintenant, vous avez annoncé,
pour le secondaire, 32,3 millions pour
le parascolaire. Quel est le montant alloué, pour le primaire, pour le
parascolaire? Est-ce que vous avez le chiffre, le montant?
La Présidente (Mme Dionne) : Je
rappelle qu'il reste 1 min 20 s pour ce premier bloc.
M. Drainville : On va... on va
vérifier l'information puis on va la transmettre à la députée.
Mme Rizqy : ...combien d'enfants ont
été touchés, au niveau primaire, par la mesure du parascolaire?
M.
Drainville : On va vérifier l'information, Mme la Présidente,
et, si on ne peut pas la donner dans la prochaine minute, on la donnera
au retour, lorsque la députée reprendra la parole, mais je veux juste dire,
madame...
Mme Rizqy : ...juste une dernière
question, vu qu'il manque...
La
Présidente (Mme Dionne) : Non, mais laissez le ministre répondre. Vous avez
un autre bloc tout à l'heure.
Mme Rizqy : Bien, ce n'est pas ça...
il faut que je pose ma question.
M. Drainville : Avec l'aide de...
avec l'aide de 300 $, c'est 63 % des projets particuliers qui seront
gratuits, et je rappelle que 75 % des projets particuliers coûtent moins
de 400 $. Je répète, avec 300 $ prévus au budget, les deux tiers... pratiquement les deux tiers des
projets particuliers au Québec sont gratuits et le trois quarts de ces projets
particuliers coûtent moins de 400 $. Alors, il faut faire la part des
choses, Mme la Présidente.
Mme Rizqy : ...la moyenne est à
5 230 $. Et je vous demanderais aussi de vérifier avec vos équipes
si, oui ou non, vous avez l'intention de répondre à l'ONU.
M. Drainville : Bien, on va vous
revenir sur l'ONU, comme je vous l'ai dit, là.
Mme
Rizqy : ...savoir est-ce que vous allez répondre, parce
que vous êtes un petit peu en retard, là, dans la réponse attendue.
M. Drainville : Comme je vous dis,
je vais vous revenir, Mme la députée de Saint-Laurent.
Mme Rizqy : Merci.
La
Présidente (Mme Dionne) : Donc, ça complète ce premier bloc d'échange. Je
suis prête maintenant à entendre la députée du deuxième groupe
d'opposition. Mme la députée de Mercier, la parole est à vous.
Mme
Ghazal : Merci. Merci beaucoup, Mme la Présidente. Bonjour,
M. le ministre. Bonjour, chers collègues membres de la commission. Bonjour
aussi à toutes les équipes du ministère de l'Éducation et les organismes. Moi
aussi, mes premiers mots vont aux familles éprouvées, là, par ce qui se passe
avec les inondations en Charlevoix et à Baie-Saint-Paul, de tout coeur avec
eux. Mme la Présidente, j'ai très, très, très peu de temps et beaucoup,
beaucoup de sujets. Donc, je vais essayer d'être brève dans mes questions puis
j'espère aussi que le ministre va être bref dans ses réponses.
Je veux commencer par le projet de loi que j'ai
déposé jeudi dernier. Ce dimanche, il y a eu un point de presse extraordinaire où il y avait beaucoup,
beaucoup de gens, des familles, des parents, des élèves, le groupe La voix des
jeunes compte et aussi les oppositions. Nous nous sommes unis pour dire que,
dans nos écoles, nous devons protéger les élèves contre les inconduites
sexuelles. Encore une fois, au collège Stanislas, une école secondaire privée à
Montréal, un autre enseignant visé par des agressions sexuelles. Il faut
vraiment qu'on cesse d'agir et de réagir sous le coup de l'indignation, quand
il y a des cas qui sont dans les médias, et agir en amont pour faire de la
prévention, et c'était l'objet du projet de
loi que j'ai déposé pour contrer, pour combattre, pour prévenir les violences à
caractère sexuel.
J'aimerais entendre le ministre. Je sais que
c'est un père de famille de trois enfants, qu'il est très sensible, qu'il
essaie d'agir un petit peu à gauche et à droite sur cette question. J'aimerais
savoir s'il a l'intention d'appeler le projet
de loi que j'ai déposé, un projet de loi qui est à peu près calqué, sauf,
évidemment, adapté... calqué à celui des... qui existe pour les cégeps et pour
les universités pour protéger les jeunes adultes depuis plusieurs années
maintenant.
M. Drainville : OK, d'abord, Mme la
Présidente, oui, je suis très sensible à cet enjeu-là parce que, oui... puis je
sais qu'il y a des sceptiques dans la salle, mais, honnêtement, je m'en fous un
peu. Oui, je réagis souvent en père de
famille avant de réagir en ministre et je ne m'en excuserai pas. Et donc toute
la problématique des violences sexuelles et des comportements, des inconduites sexuelles me touche beaucoup et me
préoccupe, et, honnêtement, Mme la Présidente, je suis... je vois à quel
point la députée de Mercier s'investit dans cette bataille-là et je la
félicite. Je la sens sincère et je sais qu'elle le fait pour le bien des
enfants.
Maintenant, comme je lui ai déjà dit en Chambre,
je ne suis pas fermé, moi, Mme la Présidente, à ajouter des protections aux enfants dans les circonstances ou
dans les situations de violence sexuelle. Je ne suis pas du tout fermé à
ça, mais ce que j'ai dit, c'est que nous nous sommes donné... collectivement,
cette Assemblée nationale s'est donné un
nouveau moyen pour protéger les enfants, c'est le protecteur de l'élève, le Protecteur national de l'élève, qui va entrer en pleine... pleine action
à partir de la rentrée prochaine, et tout ce que j'ai dit à la députée, là,
parce qu'elle souhaite que je sois bref, là,
mais l'essentiel de mon propos sur cette question-là, c'est : Permettons
au protecteur de l'élève et à ses protecteurs régionaux qui seront
nommés incessamment de nous montrer comment ils vont pouvoir mieux protéger, aider encore davantage nos élèves qui vivent des
situations de violence sexuelle, permettons à cette institution de vivre pleinement.
• (10 h 10) •
Et, s'il faut
ajouter des mesures de protection par la suite, je serai très ouvert à les
envisager, à les regarder, mais je souhaite que, d'abord, on permette à
ce protecteur de l'élève, pour lequel votre formation politique a voté... Elle
a appuyé la création du protecteur de l'élève. En fait, tous les partis
politiques ici présents ont appuyé la création du protecteur de l'élève, alors, et, dans cette nouvelle institution, de
par le travail, d'ailleurs, des oppositions, il y a eu un renforcement du processus de plainte en cas
d'inconduite sexuelle. C'est le produit du travail qui a été fait en commission
parlementaire. Et donc je souhaite que nous permettions à cette institution de
faire valoir ses avantages.
La Présidente (Mme Dionne) : Je cède
la parole à Mme la députée de Mercier.
Mme Ghazal : Merci, Mme la
Présidente. Il y a beaucoup de mécanismes, notamment le Protecteur national de l'élève, qui agissent après que les inconduites
sexuelles aient eu lieu. Il y a beaucoup d'actions que le ministre a mises
en place pour qu'on agisse après coup. Ce qu'on a besoin, en plus, au Québec,
c'est de développer pas juste une culture de dénonciation à l'intérieur des écoles,
mais une culture de protection, et c'est ce que le projet de loi fait. Ma question va être très simple. Est-ce que le
ministre trouve que la loi-cadre qui existe dans les cégeps et les universités
pour prévenir et combattre les agressions à caractère sexuel était une
bonne chose?
Des voix : ...
Mme Ghazal : Mme la Présidente, le
temps file. Moi, j'ai posé une question très, très claire que personne n'a
entendue, ni le ministre ni sa conseillère.
La Présidente (Mme Dionne) : J'invite
le ministre... M. le ministre.
M. Drainville : ...entendu,
madame... on vous a entendue, Mme la députée. Regardez, quand je regarde le
projet de loi que vous avez déposé, là, il y a plusieurs mesures qui sont déjà
en place. Il y en a d'autres sur lesquelles on travaille. La vaste majorité, en
fait, des mesures qui sont prévues à votre projet de loi font déjà l'objet soit
de mesures qui sont déjà en place soit de mesures sur lesquelles on travaille
présentement... la presque totalité de votre projet de loi, en fait. C'est
l'analyse que nous faisons.
Mme Ghazal : Est-ce que le
ministre...
M. Drainville : Donc, Mme la
Présidente, qu'est-ce que vous voulez que je vous dise? C'est ça, la réalité.
Mme Ghazal : Est-ce que le ministre trouve
que la loi-cadre qui existe dans les cégeps et les universités depuis 2017, qui
a été appuyée à l'unanimité par l'Assemblée nationale, était une bonne chose?
M. Drainville : Sans doute, sans
doute, mais, comme je vous dis, il n'y a pas de... à ma connaissance, en tout
cas, il n'y a pas de protecteur national de l'élève aux cégeps ou aux
universités. Je n'ai pas vu ça passer, en tout cas, si ça a été créé. Alors...
Mme Ghazal : La loi-cadre ne fait
pas la même chose que le Protecteur national de l'élève. Le Protecteur national
de l'élève agit en aval, après que les cas d'inconduite aient eu lieu. Moi, ce
que je propose dans le projet de loi, c'est ce qui existe déjà dans les cégeps
et les universités. Ça fait que le ministre... Ce que je comprends, c'est que
le ministre trouve que c'est une bonne chose de protéger les jeunes adultes,
des fois, ils ont 17 ans, par exemple, dans les cégeps et les universités,
mais de faire la même chose pour protéger en amont, avant que les agressions
aient eu lieu ou avant qu'elles aillent plus loin, puis qu'elles durent dans le
temps, puis qu'elles perturbent des jeunes, puis que plus tard, quelques années
plus tard, quand ces jeunes deviennent des adultes, on l'apprend dans les
médias, il trouve que ça, ce n'est pas nécessaire. C'est ce que je comprends.
Je comprends que le ministre trouve que c'est une bonne chose dans les cégeps et les universités, mais que ce n'est pas
nécessaire pour les écoles primaires et secondaires. Je vais passer à un
autre sujet.
M. Drainville : Mme la Présidente,
attends un peu, là... attendez un petit peu, là. C'est un sujet tellement
sérieux puis tellement délicat. Je pense qu'il faut s'élever un petit peu, là,
au-dessus des formules un petit peu trop partisanes,
peut-être. De me faire dire que, dans le fond, ça ne m'intéresse pas, moi, la
question des inconduites sexuelles ou des violences sexuelles, là...
Mme
Ghazal : Ce n'est pas ce que j'ai dit.
M.
Drainville : ...c'est me faire dire le contraire de ce que je viens de
déclarer précédemment. Là, je vous ai dit
que j'étais très, très, très... j'étais très, très, très préoccupé par ça, mais
je souhaite que nous permettions au protecteur de l'élève de nous
montrer comment il va assurer une meilleure protection à nos élèves, et il y a
une voie rapide qui est prévue dans le cas
des violences sexuelles. Il va pouvoir s'en saisir directement. Il va pouvoir
prendre même l'initiative d'enquêter dans les cas de violence sexuelle.
C'est ce qui est prévu à la loi.
Et
par ailleurs, Mme la Présidente, j'ai ici les propos tenus par la porte-parole
de Québec solidaire, porte-parole en matière d'éducation, la députée de
Sherbrooke, qui, au moment où on a voté la loi sur le protecteur de l'élève,
disait qu'«on fait des gains considérables avec la réforme du protecteur de
l'élève, qu'il va y avoir une plus grande indépendance, qu'il va y avoir un
mécanisme accéléré, notamment pour traiter les enjeux de violence sexuelle. On
a réussi à faire en sorte, grâce aux jeunes qui sont venus en commission
parlementaire... J'insiste là-dessus parce que j'en ai étudié plusieurs, des
projets de loi en éducation depuis mon élection en 2018. C'était la première
fois qu'on réussissait à faire venir des jeunes pour commenter un projet de loi
qui les touchait directement. Ça va être vraiment un élément de changement.» C'est la position de Québec solidaire
lorsqu'on a adopté la loi sur le protecteur de l'élève.
La Présidente (Mme
Dionne) : Merci. Mme la députée de...
M.
Drainville : Est-ce que cette position a changé?
La Présidente (Mme
Dionne) : Merci, M. le ministre.
Mme Ghazal : C'est
moi qui pose des questions.
M.
Drainville : ...dit que c'était un immense changement.
La Présidente (Mme
Dionne) : On est... M. le ministre, laissez poser...
M.
Drainville : Bon, OK, d'abord.
Mme Ghazal : Les
cas d'inconduite sexuelle dans les écoles chez les mineurs, surtout quand on
sait que plus de 50 % des victimes
d'agression sexuelle sont des mineurs au Québec, c'est vrai qu'il faut que ce
soit travaillé de façon transpartisane, et c'est pour ça que, les
oppositions, nous sommes unies d'une seule voix, dimanche, pour dire qu'on a
besoin, de la même façon que dans les cégeps et les universités, d'une
loi-cadre pour protéger les élèves contre les inconduites sexuelles avant,
avant que les cas arrivent.
Le Protecteur
national de l'élève, c'est une bonne chose, mais il va travailler après coup.
On a besoin d'une culture de protection pour les élèves dans nos écoles, et je
vais avoir la chance d'y revenir à d'autres fois parce que je suis convaincue
que, d'ici le mois de juin, je vais convaincre le ministre d'adopter cette
loi-là. Un jour, il va y avoir une loi-cadre
dans les écoles pour que ce soit obligatoire qu'il y ait une politique dans
toutes les écoles pour que, dès qu'un jeune parle d'une situation ne serait-ce
que malaisante, il y ait des actions, ce qui n'est pas du tout le cas en ce moment.
Je veux revenir sur
un autre sujet, la vétusté des écoles. Il y a... Maintenant, les écoles sont
classées A, B, C, D, E en fonction de leur
vétusté. Pourtant, il y a 163 écoles qui n'ont pas été classifiées, selon
les derniers chiffres que j'ai vus sur le site du ministère. Pourquoi?
Parce que le ministère dit que, bien, il n'y a pas eu de travaux planifiés par un organisme scolaire pour ces écoles-là, donc
on ne les classifie pas. Qu'est-ce qui arrive avec ces... Est-ce que c'est
toujours 163 écoles qui ne sont pas
classifiées? Qu'est-ce qui arrive avec ces écoles-là? Est-ce qu'elles sont A,
A+, E ou on ne le sait pas toujours?
M. Drainville :
Alors, Mme la Présidente, dans
les édifices, là, qui n'ont toujours pas fait l'objet d'une inspection,
là, il y a des édifices administratifs, il y a des édifices qui sont
excédentaires. Il y a deux ans, Mme la Présidente, c'était 0 % des bâtiments scolaires, au sens large, qui avaient
fait l'objet d'une inspection rigoureuse, 0 % il y a deux ans. On est à
92 % deux ans plus tard. Alors, la députée de Mercier a raison de dire que
ce n'est pas 100 %, mais de passer de 0 % à 92 % en deux
ans, je pense que c'est une performance très honorable. Et j'aimerais ça qu'on
le dise une fois de temps en temps, Mme la
Présidente, que le ministère puis que les gens qui travaillent pour l'éducation
au Québec font aussi des belles choses.
Mme Ghazal : Il
reste 30 secondes.
La Présidente (Mme
Dionne) : On va laisser le ministre...
M.
Drainville : Passer de zéro, zéro, «niet», zéro, zip! rien pantoute à
92 % en deux ans, c'est une bonne performance qui devrait être saluée.
Mme Ghazal : Qu'est-ce qui va arriver avec les 163? Ça va...
C'est-à-dire que... Est-ce que vous avez un objectif pour réduire ça puis arriver à 100 %? Il me
reste très peu de temps. Je vais m'adapter pour les prochaines fois. Je ne
pourrai pas attendre les citations du ministre. Ça me bouffe le temps.
M.
Drainville : Bien, Mme la Présidente, on a des...
Mme Ghazal : Bien,
qu'est-ce qui arrive avec le 163? Est-ce que... est-ce que vous avez un plan
pour arriver à 100 %? Ça va être quand?
M.
Drainville : ...on a déjà déposé, à la suite des minicrédits, là, les
crédits... le premier deux heures, là, les crédits
provisoires, la liste des bâtiments qui n'ont pas été inspectés. Alors, je peux
la redéposer à nouveau, là, mais, si vous regardez c'est quoi, là, vous
voyez : «Centre administratif, entrepôt, entrepôt, entrepôt, entrepôt,
entrepôt, atelier d'entrepôt, entrepôt — et
ça va vous donner une idée, là — roulotte,
entrepôt, entrepôt, entrepôt, bungalow, bungalow, bungalow.» C'est... Alors, Mme la Présidente,
c'est immense, le réseau de l'éducation. Alors, est-ce que... La question, c'est :
Prévoyez-vous vous rendre à 100 %? Je dirais... je dirais que...
La Présidente (Mme
Dionne) : C'est maintenant tout le temps qu'on avait.
M.
Drainville : Mme la Présidente...
La Présidente (Mme
Dionne) : Je m'excuse, monsieur. Je dois céder la parole à l'opposition
officielle. On est très serrés dans notre
temps. On doit respecter les délais. Donc, nous sommes rendus au troisième
bloc. Alors, je cède la parole à Mme la députée de Saint-Laurent.
• (10 h 20) •
Mme Rizqy : Merci
beaucoup, Mme la Présidente. Alors, je vais revenir encore sur les frais
facturés aux parents dans le réseau public, qui se veut gratuit et universel
pour tous. Un parent me demande... C'est la question d'un père que... Son enfant fréquente l'école Arthur-Vaillancourt. Il
veut savoir : Est-ce que vous, vous trouvez que c'est acceptable que les frais scolaires, soit environ
185 $, le transport scolaire, 250 $, et les services de dîneur, sans
le plan d'atténuation, 630 $, pour un total d'environ
1 000 $ par année par enfant...
M. Drainville :
Bien, pour ce qui est des projets particuliers à 185 $, ils sont
dorénavant gratuits.
Mme Rizqy :
...matériel scolaire, je n'ai pas parlé de... juste pour rectification tout
de suite, je n'ai pas parlé de projets
pédagogiques. Je parle de matériel scolaire, donc cahiers, les copies,
185 $. Je peux même le déposer, là, ce tableau-là existe.
M. Drainville :
Oui, excusez-moi, j'avais mal compris, là. Donc, c'était 185 $ pour
cahiers, copies...
Mme Rizqy :
Oui, transport...
M. Drainville :
...250 $ pour le transport puis 630 $...
Mme Rizqy :
...et le service de dîneur, sans le plan d'atténuation, c'est 630 $
par année, donc, pour un total, à terme, à 1 065 $ par enfant dans
une école publique.
M. Drainville :
Oui, bien, Mme la Présidente, pour ce qui est des dîneurs, les frais qui
sont facturés aux parents sont décidés par les autorités locales. Ils sont
décidés par les centres de services scolaires en consultation avec les comités de parents. En fait, la politique
tarifaire, elle est décidée par le centre de services en consultation avec le
comité de parents, et, par la suite, c'est chacune des écoles qui adapte cette
politique et qui adopte les tarifs par une décision du conseil d'établissement.
Donc, j'ai le goût de dire à ce père de famille : Je suis très sensible à
votre situation, mais, si vous trouvez que
c'est trop, vous devez vous adresser effectivement au conseil d'établissement.
Il y a des parents qui siègent au
conseil d'établissement. D'ailleurs, vous pouvez être même un représentant
parent sur le conseil d'établissement et avoir un mot à dire sur ces
politiques, mais, Mme la Présidente, encore une fois...
La Présidente (Mme
Dionne) : En conclusion, M. le ministre.
M. Drainville : ...bien, que chacun
prenne ses responsabilités, mais il faut, à un moment donné, qu'on impute la
responsabilité au bon décideur. Ce n'est pas moi qui décide ça, Mme la
Présidente, les frais de...
La Présidente
(Mme Dionne) : Merci. Je cède la parole à la députée.
Mme Rizqy :
En fait, oui, c'est le ministre qui décide. C'est pour ça que même son
prédécesseur avait déposé un projet de loi n° 12 sur
les frais facturés aux parents. Donc, oui, c'est une décision qui est
politique. C'est ici, là, qu'on a adopté ce
projet de loi. On ne l'a pas adopté dans les centres de services scolaires. On
n'a pas adopté ce projet de loi au
conseil d'établissement, là. Moi, ma question est toute simple. Lui, là, dans
sa vision de l'école publique, à titre
de ministre de l'Éducation, dans sa vision à lui, de ministre de l'Éducation,
trouve-t-il normal que, dans une école publique, on demande annuellement
environ 1 000 $ de frais aux parents par élève?
La Présidente (Mme Dionne) : M.
le ministre.
M. Drainville : Mme
la Présidente, on a fixé, effectivement, un maximum, le gouvernement a fixé un
maximum pour ce qui est des tarifs, et puis on a fixé un maximum parce
qu'il y avait des centres de services scolaires qui ambitionnaient, comme on
dit en bon français, et donc il a été décidé de fixer un plafond. Maintenant, à
l'intérieur de ce plafond, ce sont les
centres de services scolaires et les conseils d'établissement qui décident. Et,
Mme la Présidente, je l'ai déjà dit publiquement, ça ne me dérange pas
de le répéter, dans la réglementation, là, il n'y a absolument rien qui
interdit la mise en place d'un tarif familial. Si le centre de services
scolaire veut adopter un tarif familial à l'intérieur du plafond qui a été fixé
par la loi, il peut le faire, et, encore une fois, c'est possible pour les
parents de faire valoir leur demande, et je répète encore une fois parce que
peut-être que ça a échappé à la commission, là, mais les tarifs sont adoptés... la politique tarifaire, elle est adoptée sur
recommandation du comité de parents, qui fixe le tarif, Mme la
Présidente. C'est le comité de parents qui recommande la politique tarifaire.
La Présidente
(Mme Dionne) : ...merci. La parole est à la députée de
Saint-Laurent. Merci beaucoup pour votre réponse.
Mme Rizqy :
Merci beaucoup, Mme la Présidente. J'apprécie. Moi, ma question, ça pose à
savoir si, oui ou non, le ministre a une
vision pour le réseau de l'éducation public. Moi, dans tout ce qu'il me dit,
là, je n'ai pas entendu encore sa vision. Est-ce que, pour lui, il
trouve ça normal, le 1 000 $? Donc, est-ce que je dois conclure que
vous êtes à l'aise avec ces frais, oui ou non?
M. Drainville :
bien, ce que je dis, Mme la Présidente, c'est que ce n'est pas moi qui
décide des frais. On a fixé le plafond, et, à l'intérieur de ce plafond, de ce
maximum, ce sont les centres de services, et les conseils d'établissement, et en particulier les comités de
parents qui fixent les tarifs. Alors, Mme la Présidente, je comprends, là,
que la députée de Saint-Laurent veuille
faire de la politique avec ça, mais, honnêtement, à partir du moment où je vous
dis que le tarif maximum, c'est bien un plafond, n'est-ce pas, un plafond, on
ne peut pas dépasser ça... Auparavant, il y
a beaucoup de centres de services qui facturaient pas mal plus cher que le
plafond qu'on a fixé. Alors, le plafond, il a été fixé, et, à
l'intérieur de ce plafond-là, les centres de services peuvent décider de leur
politique tarifaire avec...
La Présidente (Mme
Dionne) : Merci, M. le ministre. Merci.
Mme Rizqy : Juste...
Moi, je veux juste savoir... Donc, je comprends que lui, il est à l'aise parce
que c'est lui qui a fixé le plafond puis il
est capable de vivre avec son plafond. Je tiens juste à le dire, qu'une dame
qui a cinq enfants, dans son cas, on parle d'un peu plus de
3 000 $ par année, ce qui est énorme. Honnêtement, là, c'est vraiment
énorme, juste pour le dîneur, et, en plus de ça, c'est qu'on n'est même pas
certains qu'il n'y aura pas de bris de service. On dit même, du même souffle, à
ce centre de services scolaire, qu'il est fort probable qu'il va y avoir des
bris de service parce qu'il y en a déjà eu dans la dernière année. Lorsque le
ministre me dit que ce sont les parents qui décident, alors, à ce moment-là...
M.
Drainville : ...
Mme Rizqy : J'inviterais
peut-être le ministre à entendre la question avant de m'interrompre, s'il vous
plaît. J'aimerais ça que l'exercice soit respectueux.
La Présidente (Mme
Dionne) : Je vous rappelle que les échanges doivent être effectivement
respectueux. Donc, allez-y, posez votre question, Mme la députée.
Mme Rizqy : Puis
je comprends la... qu'il a hâte de répondre, là, mais ma question, elle arrive,
ma question, c'est la suivante : Avez-vous pris le temps de lire les
documents qui ont été présentés au moment du vote au conseil d'administration au centre de services scolaire, à
savoir le SEJ-08, le SEJ-18? Est-ce que vous avez pris connaissance de ces documents? Si oui, où avez-vous vu, de
façon claire et limpide, le montant qui sera désormais facturé aux parents?
Parce que moi, j'ai eu beau lire les deux formulaires qui ont été distribués
aux parents, nulle part n'est indiqué le montant facturé.
M.
Drainville : Oui, mais, Mme la Présidente, en tout respect, là, je
veux bien répondre à ses questions, là, puis
je vais répondre à ces questions-là au meilleur de mes connaissances et
compétences, mais surtout à l'intérieur des responsabilités qui sont les miennes, mais, si la députée de
Saint-Laurent trouve que le processus au centre de services a été mal fait, bien, c'est au centre de services
scolaire d'être imputable pour ce processus-là, Mme la Présidente. C'est au
centre de services de rendre des comptes. C'est à la direction générale du
centre de services scolaire de rendre des comptes.
Je ne comprends pas,
Mme la Présidente, là, c'est comme si, dès qu'il y a un problème quelque part
dans une école, ou dans un service de garde,
ou quelque part au Québec, il faudrait que ce soit toujours le ministre qui,
ultimement, doive répondre de tout en tout temps sur tout ce qui se
passe. Mme la Présidente, il va falloir, comment dire, changer, je dirais, la culture autour du fonctionnement des centres de
services. Il va falloir que les centres de services soient de plus en plus
imputables pour leurs décisions, et, quand ça relève du centre de services,
c'est à eux d'en rendre compte. Quand ça relève du conseil
d'établissement...
La Présidente (Mme Dionne) : En
terminant.
M.
Drainville : Non, non, mais attendez un petit peu, Mme la Présidente,
si vous me permettez...
Mme Rizqy : Bien
non, c'est mon temps, là.
M.
Drainville : ...parce que la loi dit que les directeurs et directrices
généraux du centre de services sont les porte-parole officiels de l'instance.
Bien, c'est à eux autres de prendre la parole puis d'expliquer leurs décisions.
La Présidente (Mme
Dionne) : Merci.
Mme Rizqy : Ce ne sont pas des porte-parole, ce sont des DG.
Et je vous rappelle que la gouvernance scolaire, ça a été adopté par
votre gouvernement, elle disait, à l'époque, que ça va donner plus de pouvoirs
dans les mains de ceux qui connaissent le
nom et prénom des enfants. Moi, la dernière fois que j'ai regardé, ce sont les
parents, les enseignants, les équipes-écoles qui connaissent le mieux
les enfants.
À date, là, je vais
vous le dire très franchement, là, je ne suis pas du tout satisfaite du niveau
des réponses puis je veux expliquer pourquoi. Ici, là, pourquoi que je pose ces
questions-là, c'est parce que c'est un choc tarifaire pour des familles, puis, au Québec, là, en ce moment, là, il y en a
plein qui n'arrivent même pas à payer leur épicerie puis leur logement.
Alors, ce choc tarifaire est devenu, là, comme vraiment un coup de massue pour
plusieurs familles, et c'est pour cela qu'on a été interpelés, nous, les élus.
Pourquoi qu'on a été interpelés? Parce qu'en ce moment ils ne savent plus vers
qui se tourner.
• (10 h 30) •
Le ministre était, la
semaine dernière, au micro de Paul Arcand et il a dit qu'on pourra revoir cette
décision du centre de services scolaire. Quelques minutes après son passage au
micro de Paul Arcand, la directrice générale du centre de services scolaire des
Mille-Îles a contredit le ministre pour dire : Non, non, non, la décision
est prise, il n'y a pas de mécanisme de
révision. Alors, qui dit vrai, le ministre de l'Éducation, qui dit aux
parents : Il est possible de revoir
cette décision, ou la directrice
générale, qui ferme la porte après le
ministre puis qui dit : On ne va... on ne va pas
réviser cette politique.
Et je rappelle une
chose, la dernière fois que j'ai regardé aussi, au Québec, on a un Code civil.
Il y a ce qu'on appelle la bonne foi puis il
y a aussi ce qu'on appelle le dol par réticence. Le dol par réticence, c'est
quoi? C'est lorsque je garde une information sachant que, si mon
vis-à-vis était au courant de cette information, il n'aurait pas pu conclure,
donc il n'aurait pas voté en ce sens.
Moi, j'ai appris que,
dans les deux formulaires qui ont été donnés aux parents, au conseil
d'administration, il manquait un fichier
Excel où est-ce qu'on pouvait voir le montant qui sera facturé. Il n'y avait
pas ça. Donc, au moment du vote, les gens n'avaient pas toute
l'information de façon claire et limpide. Est-ce qu'on peut aussi conclure, là,
que leur consentement a été vicié?
M.
Drainville : Mme la Présidente, ce que j'ai déclaré dans cette
entrevue avec Paul Arcand, c'est que c'était
possible... si la... si le processus qui a été suivi pour prendre la décision
était un processus vicié, à ce moment-là, il était possible... ou irrégulier, utilisons le même mot que j'ai
utilisé lors de... de l'entrevue, si le processus est irrégulier, c'est
effectivement possible de demander une révision de la décision, mais, encore
une fois, Mme la Présidente, c'est aux personnes qui ont participé à cette
décision de le demander.
Par ailleurs, Mme la
Présidente, il est toujours possible pour un conseil d'administration de
réviser sa décision de sa propre volonté, bon. Et s'il y a des parents qui sont
insatisfaits, les parents peuvent communiquer avec le comité de parents qui a
été consulté dans l'établissement de cette nouvelle grille tarifaire.
Et, je répète, Mme la
Présidente, la grille tarifaire, c'est, plafond maximum, 3 $ de l'heure.
C'est ça qui a été entendu. Et la raison
pour laquelle cette loi a été votée, c'est qu'il y avait des centres de
services, par exemple, Portneuf, en 2019, c'était 5,50 $,
Premières-Seigneuries, c'était 8 $, Rives-du-Saguenay, c'était
5,25 $. Et donc il a été convenu que le tarif maximum de l'heure serait 3 $. Et, à l'intérieur de ce
tarif-là, c'est au centre de services, aux comités de parents et aux
conseils d'établissements de se gouverner.
Par ailleurs, elle a
parlé des transports scolaires. Mme la Présidente, je tiens à dire que, l'été
dernier, le gouvernement a investi 130 millions de plus dans le transport
scolaire, 130 millions de plus pour le transport scolaire. Alors, il ne faut pas non plus laisser entendre qu'on ne fait
rien pour le transport scolaire. Et là je ne parle pas...
La Présidente (Mme
Dionne) : M. le ministre, merci.
M.
Drainville : ...je ne parle pas des... des...
La Présidente (Mme
Dionne) : Merci. Merci. Je cède la parole à la députée.
Mme Rizqy : ...en aucun temps je n'ai dit : On ne fait
rien pour le transport scolaire. Ne mettez pas, s'il vous plaît, des mots dans ma bouche. Je suis une grande
personne, je suis capable de m'exprimer de façon libre et très, très éclairée. Et
j'ajouterais que je vous ai donné le montant qui était facturé. J'ai dit
250 $, par la suite, suite, j'ai parlé du 630 $ et j'ai parlé de plus
ou moins 185 $, pour un total de 1 065 $. C'est ça, ma question
auquel vous avez un petit peu, là, essayé de ne pas trop me répondre.
Puis, ce que je trouve bizarre, c'est que, d'un
côté, M. le ministre, vous dites que ce n'est pas à vous de gérer ça, mais,
lorsqu'il était question de fermer une classe de maternelle quatre ans au
Saguenay, là vous êtes tombé à bras raccourcis sur le DG puis vous avez dit : Moi, je vais venir
vous montrer comment faire des classes de maternelle quatre ans, pour
finalement réaliser qu'effectivement c'était le directeur général qui était en mesure
de vous dire que, oui ou non, il n'avait pas les ressources nécessaires.
Mais là, en ce
moment, c'est que c'est quand même vous, au micro de Paul Arcand, dans le
dossier, là, que je vous parle, là, les
services des dîneurs, qui a dit : On pourra réviser. Mais la DG vous a
contredit quelques minutes après, elle a dit : Non, on ne peut pas
réviser. Moi, je veux juste savoir qui dit vrai, la DG qui ferme la porte complètement,
elle dit qu'on ne peut pas réviser cette
décision, elle est prise, ou vous, le ministre, qui peux dire qu'effectivement
peut-être qu'on a manqué le coup avec la... le projet de loi n° 40
sur la gouvernance scolaire et que, finalement, le pouvoir n'est pas vraiment dans les mains de ceux qui
connaissent les élèves par leur prénom et leur nom de famille, c'est-à-dire les
parents puis l'équipe-école? Parce que ça se peut, là, qu'on...
Puis en plus j'ai
entendu des bruits de couloir, là, vous avez un projet de loi sur la
gouvernance scolaire. Alors, est-ce qu'au
fond c'est un aveu d'échec sur le projet de loi n° 40? Parce que,
visiblement, là, moi, je peux vous dire,
dans le réseau scolaire, là, sur le terrain, là, il n'y a pas grand-monde qui
sent qu'il a des pouvoirs pour mieux gérer leur école, ni les parents ni les équipes-écoles. Je vous le dis
sincèrement. Dans le service des dîneurs, le mot qui a été employé par
plusieurs, là, c'est qu'ils se sont sentis «bernés» par cette hausse tarifaire
parce qu'ils n'avaient pas l'information.
Moi,
aujourd'hui, je me tourne vers vous parce que vous êtes le ministre de
l'Éducation. Alors, si vous avez un projet de loi sur la gouvernance
scolaire, là, c'est parce que, visiblement, vous n'êtes pas satisfait de
comment c'est géré présentement.
M.
Drainville : ...Présidente, on discutera du projet de loi lorsqu'il
sera déposé puis ça me fera très grand plaisir, à ce moment-là, de...
La Présidente (Mme
Dionne) : Laissez le...
M.
Drainville : ...d'en discuter avec la députée de Saint-Laurent. Par
ailleurs, Mme la Présidente, je réitère que
c'est le comité de parents qui propose la politique tarifaire et ensuite c'est
le centre de services qui l'adopte. C'est ça, la situation. Et puis il n'y a rien qui empêche un conseil
d'administration de revoir sa décision et de réviser sa politique
tarifaire. Il n'y a rien qui l'empêche. Voilà. C'est...
Mme Rizqy : ...pensez-vous
sincèrement que le SEJ-08, c'est un parent qui l'écrit puis le SEJ-18, c'est un
parent qui l'a écrit? Bien non, c'est le centre de services scolaire. Ils ont
même l'en-tête, là. C'est leur politique qu'ils
donnent aux comités de parents. Et un des parents a demandé spécifiquement
d'avoir le fichier Excel. Ça lui a été refusé.
Et le centre de services scolaire a même poussé l'audace à demander aux parents
de faire une demande d'accès à l'information pour pouvoir avoir accès au
calculateur. Hé! moi, honnêtement, je trouve ça fou braque.
M.
Drainville : Je vous entends, Mme la Présidente, mais... c'est-à-dire,
je vous entends, Mme la députée, mais ce que je vous dis, c'est que, s'il y a
effectivement des parents qui sont insatisfaits, ils peuvent se tourner vers le
comité de parents, ils peuvent demander une révision. Et il n'y a rien qui
empêche une révision comme il n'y a rien qui
empêche, Mme la Présidente, dans le règlement, d'adopter une politique
tarifaire famille, donc de donner un tarif moins élevé à... au deuxième enfant de la même fratrie, puis un tarif encore
moins élevé pour le troisième enfant, si c'est le cas.
Donc,
il n'y a rien qui empêche les centres de services de répondre, dans le fond,
aux griefs que soulève la députée de Saint-Laurent. Il n'y a rien qui
l'empêche.
Mme Rizqy : Donc,
si les parents et le comité de parents le demandent, mais que la DG et le
centre de services scolaire continuent de dire non, est-ce qu'à ce moment-là
c'est vous qui allez rappeler à l'ordre le centre de services scolaire pour la
révision ou non?
M.
Drainville : Bien, Mme la Présidente, est-ce que les parents se
sont... est-ce que... Est-ce qu'ils ont fait une démarche formelle auprès du
centre de services? Je ne sais pas. Peut-être. Je ne sais pas. Est-ce qu'ils
ont fait une démarche auprès du comité de
parents? Est-ce que le comité de parents s'est montré ouvert à resoumettre la
question? Je ne le sais pas non plus, Mme la Présidente.
Mais, chose certaine,
moi, ce que je dis, c'est que je comprends très bien qu'il y a des parents qui
puissent se sentir brimés par ce qui s'est passé, mais ce que je leur dis, c'est
qu'ils ont des... ils ont des recours. Ils peuvent se manifester. Et visiblement il y en a qui le font auprès de la députée de
Saint-Laurent, c'est très bien, mais je pense que ça
pourrait être une bonne idée qu'ils le fassent également auprès du comité de
parents.
Comment ça se fait
que le comité de parents a recommandé cette grille tarifaire? Est-ce qu'il a...
est-ce qu'il a consulté les parents, le
comité de parents? Je pense qu'il y a encore là une forme de reddition de
compte qui doit se faire. Il y a des
personnes qui prennent des décisions, et c'est à elles, à un moment donné,
d'être imputables pour les décisions qu'elles prennent.
Mme Rizqy : ...il y a combien de personnes au conseil
d'administration qui votent? Il y a combien de personnes au conseil
d'administration qui votent?
M. Drainville : Bien, il y a
15 membres sur un CA de centre de services, là.
Mme
Rizqy : Combien de parents qu'il y a, sur les 15?
M.
Drainville : Bien, il y en a cinq, mais, souvent...
Mme Rizqy : OK.
Pensez-vous qu'en ce moment ils sont en situation d'avoir une majorité?
M. Drainville :
...souvent, les membres...
souvent, les membres de la communauté sont également des parents. Par
ailleurs, la présidence est assumée également par un parent. Et, encore une
fois, le... la loi prévoit que ce sont les comités de parents qui approuvent la
politique tarifaire. Alors, voilà.
Mme Rizqy : Est-ce
que vous réalisez qu'il y a seulement cinq parents sur 15? Donc, leur pouvoir,
là, il est assez limité, là, pour renverser une décision, surtout que la DG a
déjà dit qu'il n'est même pas question d'ouvrir la boîte, là, c'est terminé, le
vote.
M.
Drainville : Le comité de parents, Mme la Présidente, c'est...
c'est... Il faut faire la distinction, là. Il y a les cinq parents qui siègent
au conseil d'administration, mais il y a, à côté du conseil d'administration,
le comité de parents du centre de services, qui est constitué, comme le sait
sans doute la députée, d'un représentant-parent de chaque conseil d'établissement. Donc, chaque conseil d'établissement
envoie un représentant au comité de parents du centre de services, et
c'est ce comité-là dont je parle ici, là.
La Présidente (Mme
Dionne) : ...secondes.
Mme Rizqy : Merci
beaucoup. Savez-vous si, oui ou non, le centre de services scolaire a pris
cette décision dans le but d'éponger un déficit, notamment un déficit qui se trouverait
au niveau des services de garde, en facturant, à ce moment-ci, un montant
supplémentaire au service de dîneurs? Êtes-vous au courant de ça, premièrement?
Deuxièmement,
êtes-vous d'accord avec moi que, si ce n'est jamais dans... si jamais c'est,
d'aventure, pour éponger un déficit puis qu'on surfacture des parents du
service de dîneurs, il y aurait peut-être ici un problème légal? Parce qu'on
doit facturer un service reçu et non pas un service pour les autres.
• (10 h 40) •
La Présidente (Mme
Dionne) : C'est tout le temps qu'on avait. Je suis désolée. Donc, on
reprendra au prochain bloc. Je cède maintenant la parole au député de Matane-Matapédia.
La parole est à vous.
M. Bérubé : Merci, Mme la Présidente. M. le ministre, on se
connaît, lui et moi, depuis assez longtemps qu'il sait que je vais droit au but
et que je vais poser des questions importantes pour l'éducation. Et ça n'enlève
pas l'estime que j'ai pour lui, mais ce sera des questions assez
directes et concrètes.
Le ministre a dit
tout à l'heure qu'il est important de renforcer tous les réseaux. Alors, il
faut comprendre que ça inclut le réseau privé. Lorsqu'on regarde les chiffres
l'année dernière, le guide général du financement 2002... 2022-2023, le
gouvernement du Québec a accordé trois quarts de milliards de dollars en fonds
publics annuellement aux écoles privées. C'est très important comme montant. Ce
qui m'amène souvent à dire que ce sont des écoles semi-privées parce qu'il y a
pas mal de nous là-dedans. Tous les Québécois financent des écoles privées qui
font de la sélection, qui ont davantage de rayonnement, hein, qui ont des
conditions qui sont particulières.
Le
ministre a déclaré, en début de mandat, que «les écoles privées, elles jouent
un rôle dans la société et les écoles publiques
jouent un rôle, et je pense qu'ils sont complémentaires». Alors, ce concept de
rôle différent ou complémentaire, ce n'est dans aucune loi ni la Loi sur
l'instruction publique ni dans la Loi sur l'enseignement privé. Est-ce que le
ministre peut nous préciser ce qu'il entend par rôle complémentaire du privé et
du public?
M.
Drainville : Mme la Présidente, quand un parent décide de choisir une
école pour son enfant, ce n'est pas un choix idéologique, c'est un choix qui
est fait en fonction des besoins de l'enfant. Et donc ça arrive que ça ne
fonctionne pas à l'école publique puis qu'il y ait des parents qui décident,
parce que ça ne fonctionne pas à l'école publique, d'envoyer leurs enfants à
l'école privée. Ça arrive. Et ce choix-là, nous souhaitons le maintenir. Donc,
ce n'est pas... C'est dans ce sens-là, là.
Moi, je n'oppose pas les deux réseaux. Moi, je le prends par la lorgnette du
parent, pas par la lorgnette de l'idéologie politique.
M. Bérubé : Merci,
Mme la Présidente. Manifestement, puis c'est depuis des années, la CAQ a un
préjugé très favorable pour les écoles privées, ça s'exprime de toutes sortes
de façons. Pourtant, on peut se questionner lorsqu'on consacre trois quarts de
milliard de dollars à des écoles privées qui n'ont pas les mêmes contraintes,
ne sont pas assujetties à toutes les lois,
notamment celles sur la laïcité, ils font de la sélection. Donc, c'est un enjeu
important.
Le
ministre a... se souvient certainement qu'il a visité l'école Pointe-Lévy le 15 novembre 2022,
c'est dans sa circonscription,
j'imagine. Est-ce qu'il se souvient qu'on lui a remis une lettre cosignée par
125 enseignants et enseignantes? Et, s'il ne l'a pas en sa
possession, je lui lis un extrait, ça, c'est les enseignants et enseignantes de
sa circonscription :
«L'École
publique, la vraie, se meurt au détriment de milliers d'élèves qui n'auront pas
les mêmes chances que leurs collègues
du privé et des programmes spéciaux. Comment niveler vers le haut des classes
ordinaires et permettre un accès sans restriction à ces programmes?»
Une fois que je lui ajoute
cet élément, est-ce qu'il veut préciser sa réponse? Parce qu'il s'agit
d'enseignants et d'enseignantes qui travaillent dans sa propre circonscription,
et qui lui ont donné cette lettre, et qui s'attendent à un retour du ministre.
Je lui donne l'occasion de leur répondre.
M. Drainville : ...le PQI, là, pour
les écoles, a été augmenté de 9 à 22 milliards en cinq ans. Il n'y a pas
un sou de ces 22 milliards là qui est versé à des écoles privées. Le
22 milliards, le PQI, là, c'est pour des écoles publiques, bon. Mais c'est quand même considérable, de 9 à
22 milliards. Ça pourrait être plus, on s'entend, mais c'est quand
même beaucoup.
Par ailleurs, le budget de l'éducation, lui, il
est passé de 15 à 20 milliards. Ça aussi, c'est la première fois dans
l'histoire du Québec que l'éducation reçoit un budget comme celui-là. Et la
vaste majorité, évidemment, de ces sommes sont versées au réseau public.
Et par ailleurs, Mme la Présidente, il n'y a
aucun nouvel agrément pour des écoles privées qui a été accordé depuis 2008.
Depuis 2008, il n'y a aucune nouvelle école privée, au Québec, qui a obtenu un
agrément. C'est une information, je pense, qui est... qui est utile au débat.
M. Bérubé : Mme la Présidente, je
veux quand même souligner que, lorsqu'on veut renforcer les trois réseaux, puis
ça implique le réseau privé, c'est déjà trois quarts de milliard de
dollars. Le gouvernement du Québec aime souvent se comparer à l'Ontario. On a
déjà entendu ça. Vous savez quelle est la contribution du gouvernement ontarien
aux écoles privées? 0 $. Alors, on est vraiment unique, comme société, de
continuer ce financement-là à presque 1 milliard.
Je n'ai pas obtenu la réponse du ministre à la
lettre des enseignants et enseignantes de sa circonscription. Ils s'attendent à une réponse de leur député pour
plein de sujets, mais notamment celui-là. Alors, qu'est ce qu'il leur répond?
M. Drainville : Bien, Mme la
Présidente, les réponses, je les donne à chaque jour dans le cadre du travail que je fais. Quand j'annonce 300 $ par classe
du primaire au Québec, je donne quelque chose, je pense, d'utile qui va nous
aider avec la maîtrise du français, qui va nous aider avec la lecture.
Quand on annonce plus de projets particuliers puis on met de l'argent dans le
budget pour ça, je pose des gestes, encore une fois, qui vont, je pense,
renforcer l'école publique. C'est la somme de ces gestes-là qui constitue la
réponse, M. le député de Matane.
Par ailleurs, Mme la Présidente, une question
très amicale à mon... à mon collègue, parce qu'on est encore des collègues, on
est tous les deux députés. Le Parti québécois a toujours été favorable au
maintien du financement aux écoles privées. Est-ce que le... est-ce que le PQ a
changé de position sur le financement des écoles privées? Est-ce que,
maintenant, vous êtes contre le financement des écoles privées?
La Présidente (Mme Dionne) : M. le
député.
M. Bérubé : C'est moi qui pose les
questions, mais j'ai... j'ai beaucoup moins changé que lui, je peux lui
confirmer.
Mme la
Présidente, c'est la réponse que je vais transmettre aux enseignants et
enseignantes de Pointe-Lévy à la lettre qui leur était adressée et que
je vais déposer à la commission.
Je poursuis sur un autre sujet. Le ministre
considère que la laïcité, c'est un enjeu important, hein? Je regrette de le
ramener vers ce dossier, mais il va comprendre pourquoi. Au Québec, il y a une
cinquantaine d'écoles qui maintiennent des pratiques religieuses explicites et
qui sont financées par le gouvernement du Québec. Au Parti québécois, on
poursuit la réflexion sur la laïcité, et nous sommes d'avis que ce n'est pas le
rôle du ministère de l'Éducation de financer des écoles avec des pratiques
religieuses explicites. Il y a eu un texte de Laurence Niosi de Radio-Canada,
l'an dernier, qui faisait état de différentes pratiques. Et là ce n'est pas de
la catho-laïcité, là, ça touche les écoles de toutes confessions. Par exemple,
27 sont catholiques, 14 sont juives, quatre, musulmanes, deux sont protestantes
évangéliques, deux, arméniennes, et une, grecque orthodoxe. Ça, c'est connu,
ça, au ministère de l'Éducation. On peut
faire le choix de continuer de financer des écoles religieuses ou pas. Ce qu'on
propose au ministre, c'est de cesser ce financement.
Alors, est-ce qu'il est ouvert, en matière de
laïcité, à remettre en question ce financement pour des écoles privées
religieuses où la pratique est explicite?
M. Drainville : Mme la Présidente,
je vais donner à mon estimé collègue de Matane la même réponse que j'ai donnée
précédemment, ce n'est pas dans notre intention de revoir le modèle de
financement des écoles privées.
La Présidente (Mme Dionne) : M. le
député.
M.
Bérubé : Mme la Présidente, je veux quand même suggérer au
ministre qu'il vient de nous indiquer, de façon générale, qu'il n'a rien contre
le privé, il le favorise, il souhaite son essor, mais, quand je lui suggère
qu'il y a des pratiques religieuses explicites, ce qu'il vient de
condamner avec la prière à l'école, il n'y a aucun problème avec ça.
Je lui en cite quelques-unes, de ces pratiques,
et j'espère qu'il va reconsidérer ce qu'il vient de dire. Par exemple, il y a une école, à Québec, qui est dotée
d'une mission éducative centrée sur les valeurs bibliques, et son personnel
est de foi évangélique. Il y en a une autre où on enseigne les valeurs
chrétiennes, notamment au moyen d'activités de pastorale. Celle-là est dans son comté. Puis, il y en a un autre où...
l'école la Synergie, anciennement Les Écoles musulmanes de Montréal, offre des
études du Coran et d'études islamiques à ses élèves. Ça, c'est des pratiques
religieuses explicites. Puis j'essaie de voir quelle est la cohérence
avec les gestes qu'il a posés récemment suite à nos pressions.
Donc, le ministre nous affirme, père de la
charte de la laïcité dans une formation politique, il a fait adopter la
loi n° 21, qu'il n'est pas prêt à reconsidérer
ça. Je me demande si c'est... l'adoption de la loi n° 21,
c'était seulement pour dire «on a parlé de laïcité» ou s'il n'y a pas une
cohérence. Et, dans ce dossier, c'est toutes les confessions religieuses. Il
m'apparaît que c'est cohérent de reconsidérer ça, à moins que les pratiques que
je viens d'évoquer lui conviennent dans son réseau scolaire.
M. Drainville : Bien, Mme la
Présidente, si j'ai bien compris, là, le... les exemples qu'a donnés le député,
ce sont des écoles qui sont financées par le système public. Si j'ai bien
compris, toutes ces écoles-là sont financées par le système public.
M. Bérubé : Par le ministère. Par le
ministère.
M.
Drainville : Oui. Bien, ce que j'ai répondu dans ma réponse
précédente, Mme la Présidente, c'est que le... nous n'avons pas
l'intention de revoir le mode de financement des écoles privées.
Et là, quand il parle de cohérence par rapport à
la loi n° 21, la loi n° 21
ne s'applique pas aux écoles privées, elle s'applique aux écoles publiques et
elle s'applique aux écoles du préscolaire, du primaire et du secondaire. Et la directive que j'ai émise s'applique aux écoles du
préscolaire, primaire et secondaire du secteur public. Il y a une parfaite
cohérence entre 21 puis la directive qu'on a émise.
• (10 h 50)
•
M. Bérubé : Oh non! Respectueusement
soumis, il n'y a pas de cohérence. Le choix de maintenir les écoles privées, ce
qui n'est pas nulle part dans le programme de la CAQ, mais qui est une
conviction très forte qui est... qui est
assumée par ses représentants, c'est qu'on subventionne à 60 % des écoles
avec des pratiques religieuses explicites, et le ministre ne voit aucun problème avec ça. Je veux dire, c'est
l'argent durement gagné des Québécois qui sert à financer l'expression
de la foi dans le réseau scolaire.
La loi n° 21,
effectivement qu'elle... elle ne va pas assujettir les écoles privées. Nous, on
pensait qu'elle le devrait, hein, ce n'est pas la loi la plus cohérente. Mais
là, quand vient le temps d'avoir une loi qui est équitable à l'égard de toutes
les religions... Parce que, souvent, on a dit «on a ciblé une religion», je ne
suis pas d'accord avec ça, mais là je viens de vous nommer toutes les écoles
qui sont touchées. Posez le geste. Nous, notre position, c'est : Faites en
sorte qu'on arrête de financer les écoles où la foi est le coeur du projet
éducatif. Et si le ministre me dit non, bien, je vais en conclure qu'en matière
de laïcité, finalement, ce sera décevant, ce ne sera pas à la hauteur de ce
qu'ils ont voulu incarner.
M. Drainville : Mme la Présidente,
je prends note de la déception du député de Matane, mais je... je pense qu'il y
a cohérence entre 21 et la directive que nous avons émise. Et c'est une
avancée, la directive que nous avons faite, elle est peut-être... elle est
peut-être insuffisante aux yeux du député de Matane, je respecte son avis, mais
je pense qu'une directive comme celle-là c'est une avancée en matière de
laïcité. Je pense qu'on doit être fiers de l'avoir mise de l'avant, et ça
n'existait pas auparavant et maintenant ça existe. C'est un plus, cette
directive en matière de laïcité au Québec.
La Présidente (Mme Dionne) : Il vous
reste 1 min 30 s.
M. Bérubé : Et... Il fait référence
à la prière à l'école, j'imagine, Mme la Présidente.
M. Drainville : Bien sûr, bien sûr.
M. Bérubé : Bon, heureusement que...
M. Drainville : Vous vous en
réjouissez?
M.
Bérubé : Oui, parce qu'on vous l'a proposé. Puis, la
première réaction du ministre, c'était de dire : S'il y a un local
puis toutes les religions sont là, bien, c'est correct. Ce n'était pas la bonne
réaction. La bonne réaction, c'est de dire : L'école est laïque, l'école
n'est pas un lieu de culte. Exactement ce qu'on lui a proposé le jour un.
M. Drainville : Exactement ce que
dit la directive.
M.
Bérubé : Et heureusement qu'il a changé sa consigne, parce
que ce n'est pas ça qu'il devait faire au début, il pensait que toutes
les religions devaient être présentes. Non, c'est une erreur lorsqu'on est
ministre de l'Éducation puis lorsqu'on est... On constate que la laïcité est
importante, tant mieux, mais ce n'est pas ça qui est... qui est question, là.
La consigne, c'est correct, mais là le gouvernement du Québec accepte de
maintenir des écoles où la foi est le projet éducatif; je n'en reviens pas.
Après avoir tant entendu parler de laïcité dans le premier mandat, j'espère que
les gens prennent des notes sur le manque de cohérence de ce gouvernement sur
cet enjeu-là, ce qui s'ajoute à bien d'autres. Terminé, Mme la Présidente.
La
Présidente (Mme Dionne) : Vous avez terminé? M. le ministre, il vous
reste 27 secondes, si vous voulez répondre.
M.
Drainville : J'ai beaucoup de respect pour le député de Matane.
La Présidente (Mme
Dionne) : Merci.
Une voix :
...
La Présidente (Mme
Dionne) : Ça se conclut sur une bonne note.
M. Bérubé : ...réciproque.
La Présidente (Mme
Dionne) : Allez-y, gâtez-vous.
M. Bérubé : Je
vais utiliser les mêmes termes, j'ai beaucoup de respect pour le ministre de
l'Éducation.
M.
Drainville : Je lui cède 10 secondes, je lui cède 10 de mes
secondes pour qu'il le dise au microphone.
La Présidente (Mme
Dionne) : Allez-y, il vous reste 7 secondes.
M. Bérubé : Oui, j'ai beaucoup
d'estime et... et j'apprends à assimiler ses nouvelles positions, mais ça
n'enlève pas le respect que j'ai pour lui.
La Présidente (Mme Dionne) : Merci
beaucoup. C'est tout le temps que nous avions. Merci pour cette belle fin de
note.
Je
cède maintenant la parole au... au bloc du gouvernement et Mme la députée de
Hull, qui va débuter ses interventions.
Mme
Tremblay : Oui. Donc, je vais saluer, là, mes collègues députés
également, ministre de l'Éducation. On est
tous ici aujourd'hui parce qu'on a à coeur l'éducation. Puis vous... vous
aussi, vous aussi, puis vous faites, là, dans votre travail, très bien,
là, au quotidien, le ministre également.
J'ai passé
20 ans dans le monde de l'éducation, sur le terrain, puis j'ai vu les
avancées dans les dernières années. On a investi quand même des sommes qui sont
colossales. Le ministre l'a dit, on est passés dans un budget de 9 milliards à 22 milliards. Puis,
dans le dernier budget, bien, on ajoute encore, au niveau de l'enseignement
primaire, l'enseignement secondaire, de plus de 1,5 milliard. Si on
peut discuter aujourd'hui de tout ça... Puis, les questions qui sont posées, c'est parce qu'il y a de
l'argent, en éducation. Oui, on questionne, on questionne les sommes, on
questionne comment l'argent est investi, ça fait partie de notre rôle,
notre rôle de député, mais il ne faut pas oublier que, dans les écoles, toutes
ces sommes-là d'argent sont venues aider qui? Nos élèves. Il ne faut jamais
oublier que ce qu'on retrouve... ce qu'il y
a au coeur de tout ça, des discussions qu'on a, ce sont les élèves. Puis, je le
sais à quel point notre ministre de l'Éducation, c'est important pour
lui, il le répète constamment dans les discussions qu'on a ensemble, parce
qu'on a une belle équipe en éducation. Puis même mes collègues aussi, je sais à
quel point, pour eux, c'est important, nos élèves, la réussite de nos élèves.
Et c'est pour ça qu'on continue d'investir en éducation. Puis c'est important,
le mot «investissement», parce que l'éducation, ce n'est pas une dépense, au
niveau de la CAQ, c'est un investissement. On a vu d'autres gouvernements pour
qui c'était une dépense. Puis, pourquoi que je dis ça, c'est parce qu'eux sont
venus couper des milliards en éducation. Clairement, pour eux, c'était une
dépense, alors que, pour nous, à la CAQ, on
continue d'investir. Puis investir pour qui? Nos élèves, pour la réussite
éducative de nos élèves, parce qu'on veut un beau parcours pour nos
élèves puis parce que ces élèves-là, c'est le futur de demain, c'est notre
Québec de demain. Investir en éducation, c'est investir dans nos jeunes.
Et c'est pour ça
aujourd'hui, M. le ministre, que je veux que vous nous parliez, justement, vous
en parlez souvent, d'ailleurs, de la réussite éducative. Donc, je veux savoir
les initiatives que vous allez mettre en place, parce qu'il y a quand même des sommes importantes dans le budget au niveau de
la réussite éducative. Donc, qu'est-ce qu'on va mettre en place dans les
prochaines années, dans la prochaine année pour améliorer puis pour travailler
au niveau de la réussite éducative?
M.
Drainville : Merci pour la question, Mme la députée de Hull. Je suis
très heureux de vous compter parmi nous. Je suis très heureux que vous soyez
là, que vous fassiez partie de l'équipe, pas juste à cause de votre parcours
d'enseignante, mais aussi parce que vous avez aussi été une... vous avez été
une militante au sein de... du syndicat de la
FAE dans votre région, donc vous connaissez très, très bien les enjeux
d'éducation, et donc c'est un gros, gros plus que vous soyez là. Et je suis très heureux de vous compter comme
adjointe gouvernementale. Et, juste à vos côtés, il y a l'adjoint
parlementaire, mon adjoint parlementaire, le député de Richelieu et juste un
petit peu plus loin, à gauche du député de Richelieu,
il y a également mon adjointe parlementaire de Lotbinière-Frontenac, qui...
qui est là aussi. Donc, vous formez un très beau trio, et je suis très
content de pouvoir compter sur vous.
Réussite éducative,
me demandez-vous. J'ai déjà parlé des aides à la classe. On aura l'occasion
peut-être d'en reparler parce qu'honnêtement
les nouvelles, Mme la Présidente, par rapport aux aides à la classe, sont exceptionnelles.
Les... le projet pilote a donné ses premiers résultats.
Là, il y a un premier rapport qui a été produit et qui est exceptionnel, c'est-à-dire que les éducatrices qui
servent d'aides à la classe sont extrêmement heureuses, très valorisées
et se sentent utiles. Les enseignantes témoignent également à quel point elles sont
satisfaites et à quel point ces aides à la
classe les aident. Donc, ça, on pense que, si on pouvait déployer ça dans
l'ensemble des écoles primaires publiques du Québec, ça nous permettrait
effectivement de produire plus de réussite éducative. Parce que d'avoir deux
adultes dans une classe, c'est très, très bon, notamment, notamment lorsqu'il y
a des élèves à besoins particuliers dans cette classe-là. Donc, ça, c'est une
mesure.
J'ai parlé des
projets particuliers. Je ne veux pas... je ne veux pas radoter, là, je veux
donner... je veux couvrir le maximum de contenu. Un... une des dimensions, Mme
la députée de Hull, sur laquelle on va travailler, sur laquelle on travaille
déjà beaucoup et sur laquelle on aura des choses à dire, c'est la maîtrise du français.
Quand nous avons... quand on a rendu publiques, vous étiez là d'ailleurs, les
sept orientations prioritaires du... en matière d'éducation... du gouvernement
en matière d'éducation, j'ai placé le français numéro un au sommet de la liste
parce que je suis extrêmement préoccupé par l'état du français au Québec. Quand
je regarde les résultats des épreuves ministérielles, je trouve ça très
questionnant.
Et donc il faut
travailler sur l'enseignement et l'apprentissage du français. Et ça, c'est
quelque chose... c'est un chantier qu'on a ouvert et qu'on continue d'avancer,
dans lequel on continue d'avancer et sur lequel on aura des choses à dire.
L'autre secteur, puis
je sais que ça passionne le député de Richelieu, on pourra en rediscuter avec
lui dans les prochaines heures, mais c'est sûr que la formation
professionnelle, pour nous, c'est un moyen privilégié pour favoriser la
réussite éducative. Il y a vraiment des choses à faire en matière de formation
professionnelle.
Et
puis moi, je vous le dis, là, j'étais encore dans une école, là, il y a
quelques jours de ça, là, j'étais à Saint-Agapit, dans le comté de Lotbinière-Frontenac
puis j'ai rencontré des élèves qui sont en DEP ou en pré-DEP. Puis, je vais vous dire, le niveau d'énergie puis d'enthousiasme
qu'il y avait chez ces élèves-là, c'est extraordinaire. Puis ils m'ont présenté la cabane à moineaux qu'ils ont créée
puis ils m'ont présenté aussi le sapin qu'ils ont créé de leurs... de leurs
mains, qui étaient magnifiques, puis un
autre jeu également, dont je... je ne le nommerai pas parce que ça pourrait
porter à confusion et susciter des rires, des grands rires...
La Présidente (Mme
Dionne) : Merci.
M.
Drainville : Mais je... je... Tout ça pour dire qu'il y avait une
énergie dans cette pièce...
• (11 heures) •
La Présidente (Mme
Dionne) : Merci beaucoup, M. le ministre.
M.
Drainville : ...avec les élèves qui était vraiment formidable.
La Présidente (Mme
Dionne) : ...député...
M.
Drainville : Quoi?
La Présidente (Mme Dionne) : J'ai dit merci beaucoup pour vos interventions.
Je vais céder la parole à la députée de Lotbinière-Frontenac. Il y a
plusieurs députés qui ont des questions à vous poser.
M.
Drainville : ...
Mme Lecours
(Lotbinière-Frontenac) : Donc, merci, Mme la Présidente. Je salue mes
collègues de l'Assemblée puis aussi de l'équipe du gouvernement. Je veux aussi
saluer les fonctionnaires de... le cabinet aussi du ministre de l'Éducation
puis je salue aussi le ministre.
Il y a eu plusieurs
cas de violence puis d'intimidation dans nos écoles qui ont été rapportés dans
les médias. Je trouve que la situation est très préoccupante puis je pense
aussi que les collègues sont préoccupés par ça. On a besoin de moyens pour prévenir la violence. J'aimerais, M. le ministre,
que vous nous parliez des moyens qui sont prévus pour lutter contre la
violence et l'intimidation dans les écoles.
M.
Drainville : Merci beaucoup pour la question, Mme la députée de Lotbinière-Frontenac.
Je tiens à dire, Mme la Présidente, parce que la députée ne s'en vante pas,
mais moi, je vais le... je vais le dire, la députée de Lotbinière-Frontenac
fait une tournée des écoles pour justement aller voir un peu sur le terrain ce
qui se passe au niveau de la problématique de la violence. Donc, elle participe
aux discussions que nous avons sur cet enjeu. Et ça, c'est un autre chantier, Mme la Présidente, sur laquelle... sur lequel,
dis-je, nous... nous sommes à pied d'oeuvre. Donc, on aura des choses à
dire là-dessus, mais il y a déjà beaucoup de travail qui s'est fait, Mme la
Présidente, sur la question de la violence et l'intimidation.
D'abord,
je rappelle, Mme la Présidente, c'est important de le dire, que chaque école
doit se doter d'un plan d'action contre
la violence et l'intimidation. Ça fait plusieurs années que c'est dans la Loi sur l'instruction publique. Donc, ça, c'est très important. Et
évidemment ce plan-là, il faut constamment le questionner, le mettre à jour,
etc. Donc, ça, c'est la responsabilité des écoles de s'en... de s'en occuper.
Il y a plusieurs endroits, Mme la Présidente, où
le ministère de l'Éducation est présent, justement, pour discuter, poser des
gestes, faire de la prévention, bref, mettre de l'avant des moyens qui vont
nous permettre de réduire
la violence et l'intimidation dans les... dans les écoles, dans les milieux
scolaires. Il y a la table de concertation sur la violence, les jeunes
et le milieu scolaire, on est là. Il y a la Table nationale de lutte contre
l'homophobie et la transphobie des réseaux de l'éducation, on est là. Le Comité
stratégique en sécurité urbaine de Montréal, on est là. Il y a des sous qui ont
été accordés pour le déploiement d'agents sociaux dans les centres de services,
des agents sociaux qui sont dédiés au dossier du climat scolaire puis qui
accompagnent le réseau scolaire pour prévenir la violence et l'intimidation. On
parle de 6,5 millions. Il y a tout près de 5 millions qui ont été
versés aux organismes scolaires pour les soutenir, justement, pour soutenir les
écoles dans la mise en place d'interventions en matière de prévention de la
violence et de l'intimidation.
Il y a un
plan d'action également, Mme la Présidente, qui a été déposé pour contrer la
violence et l'intimidation. Il y a 26 mesures dans ce plan-là. Le
ministère de l'Éducation participe à 15 de ces 26 mesures. Encore là, plus
de 10 millions pour des mesures qui visent à assurer un climat qui est
sain dans les écoles, un climat sécuritaire, un climat positif. Et il y a aussi la Stratégie d'entraide éducative et de
bien-être à l'école. Ça, ça a été lancé en janvier 2021, donc on était encore dans la pandémie à ce
moment-là, Mme la Présidente. Et il y a un volet qui... qui... un volet,
dis-je, qui est consacré au bien-être à l'école à l'intérieur de cette
stratégie-là. Donc, on parle, encore ici, au-dessus de 20 millions
accordés au réseau scolaire pour des initiatives qui favorisent le bien-être à
l'école.
Donc, il y a déjà beaucoup de travail qui se
fait, mais, Mme la Présidente, je le redis, s'il faut en faire plus, on va en faire plus. Je tiens à l'affirmer, ça. Et
on va être extrêmement attentifs au travail qui sera fait par les protecteurs
régionaux de l'élève et le Protecteur national de l'élève à partir de septembre
prochain. D'ailleurs, il y a plusieurs des dispositions du règlement qui visent
à, comment dire, donner au protecteur les moyens de son mandat. Plusieurs de
ces dispositions ont été activées, il reste encore des dispositions à mettre en
oeuvre, elles le seront toutes pour qu'il puisse avoir tous les moyens de
ces... de ces... de son mandat pour la rentrée scolaire prochaine.
La Présidente (Mme Dionne) : Il vous
reste 1 min 50 s.
Mme
Lecours (Lotbinière-Frontenac) :
Merci. Donc, justement,
j'aimerais qu'on parle du Protecteur national de l'élève. Donc, il va
être en poste dès la rentrée 2023. Est-ce que vous pouvez nous en dire
plus sur son rôle et ses responsabilités, s'il vous plaît?
M.
Drainville : Oui... Oui, bonne question. Dans le fond, comme il
me reste peu de temps, je vais mettre l'accent sur le processus de
traitement des plaintes. Le processus de traitement des plaintes, qui est prévu
à la loi, va faire en sorte, Mme la
Présidente, que, dans certains cas, le Protecteur national de l'élève ou ses
pendants régionaux vont pouvoir se saisir d'une situation et l'enquêter
immédiatement. Ils vont... Et ce sera possible, même, pour les personnes qui
se sentent victimes de violence sexuelle ou les personnes qui souhaitent
dénoncer des situations de violence sexuelle,
de pouvoir s'adresser directement au protecteur de l'élève. Et ça aussi, par ce
processus beaucoup plus direct, beaucoup
plus rapide, ça devrait nous permettre d'obtenir encore plus de protection pour
nos élèves dans le réseau scolaire.
La
Présidente (Mme Dionne) : Merci. M. le ministre. Il reste 30 secondes.
Je peux le reporter à votre prochain bloc.
Mme Lecours (Lotbinière-Frontenac) : Oui,
on peut le reporter. Merci.
La
Présidente (Mme Dionne) : Donc, nous en serions rendus au troisième bloc de
l'opposition officielle. Donc, je cède la parole à Mme la députée de
Saint-Laurent.
(Interruption)
Mme Rizqy : ...juste rappeler, les
cellulaires...
La Présidente (Mme Dionne) : Merci
d'éteindre vos cellulaires, oui.
Mme Rizqy : Merci beaucoup, Mme la
Présidente. L'an passé, moi, j'ai eu des crédits le 4 mai 2022. Alors, je vais
faire un suivi. J'avais posé une question par rapport... Et je vais reposer la
même question, en fait, cette année, donc un an plus tard. Je vous invite, M.
le ministre, à prendre le RG20, donc demande de renseignements généraux de
l'opposition, le numéro RG20. On vous pose la question pour le personnel qui
sont hors structure et rémunérés par votre
ministère. Vous avez répondu que l'ancien sous-ministre que... dont
l'assignation a terminé en octobre 2020, M. Blackburn, serait directeur
du développement des affaires externes du Collège des administrateurs de
sociétés de la Faculté des sciences de
l'administration de l'Université
Laval, et ce, dans le cadre d'un
partenariat avec cette dernière.
C'est la même réponse que j'ai eue l'an dernier.
L'an dernier, j'ai demandé à votre prédécesseur si c'était toujours à jour
comme information. Il m'avait répondu que oui, alors que, sur le site Web, il
n'apparaissait plus. Je n'avais pas de numéro de téléphone. Puis à ce
moment-là, l'an dernier, on m'a dit : Oui, oui, Mme la députée de Saint-Laurent, il est bien là. Alors là, cette
année, je repose la même question, j'ai encore la même réponse. Est-il bien là?
M.
Drainville : Mme la Présidente, si vous me permettez, je vais
m'en référer à la sous-ministre de l'Éducation.
La Présidente (Mme Dionne) : Est-ce
qu'il y a...
Mme Rizqy : Bien
non, je veux avoir la réponse du ministre, là.
La
Présidente (Mme Dionne) : Bien, si le ministre souhaite faire répondre la
sous-ministre... s'il y a consentement de la part de la commission...
Mme Rizqy : Non, il faut qu'il y
ait... Bien, il faudrait qu'il y ait... Il faut que je donne mon...
La Présidente (Mme Dionne) : Donc,
vous n'avez pas de consentement?
M.
Drainville : ...si la députée insiste. Alors, la personne dont
on parle ici, c'est... elle occupe le poste de directeur du
développement et des affaires externes du Collège des administrateurs de
sociétés de la Faculté des sciences de l'administration de l'Université Laval
dans le cadre d'un partenariat avec cette université.
Mme
Rizqy : ...marqué dans le cahier des crédits, pour ma
réponse, mais je vous pose la question : Est-ce que cette
information est véridique?
Des voix : ...
M.
Drainville : On me dit qu'elle est véridique, mais qu'il est en
arrêt de travail prolongé, que cette personne est en arrêt de travail
prolongé.
Mme Rizqy : OK. D'accord. Parce que
je me posais la question parce que, moi, l'an passé, quand j'ai posé la
question, on m'a dit qu'il était bien présent. Or, sur son LinkedIn, c'est
marqué qu'il a arrêté de travailler en janvier 2022, qu'il ne... qu'il n'est
plus au Collège des administrateurs depuis janvier 2022, sur son LinkedIn.
Donc, est-ce qu'il est encore au Collège des
administrateurs mais en arrêt de travail ou il a quitté le Collège des
administrateurs tel que mentionné dans son LinkedIn à lui?
Des voix : ...
M.
Drainville : On m'indique, Mme la Présidente, qu'il est toujours
en prêt de service au Collège des administrateurs, mais qu'il est en
arrêt de travail.
• (11 h 10) •
Mme Rizqy : OK. Je vais passer à mon
autre question. Je suis contente que la députée de Hull soit avec nous
aujourd'hui, parce qu'on a eu une séance de travail suite à un mandat
d'initiative que j'ai demandé en février dernier. La séance de travail portait
sur les salles de retrait ou appelées d'isolement. Ça a fait, évidemment, grand
bruit suite à la parution de l'article de Mme Camille Carpentier de décembre
2022 à Radio-Canada, où est-ce qu'on a appris, avec des images assez, je vous
dirais, bouleversantes : «Ils ont volé sa vie comme un prisonnier, comme
s'il avait commis un crime majeur.» Ça, c'est la maman qui parle de son enfant
qui a été mis dans ce qu'on appelle une salle dite d'isolement, mais qui
ressemblait davantage à un cachot.
J'ai demandé, à ce moment-là, un mandat
d'initiative pour qu'on puisse aller faire le tour des différentes salles d'apaisement ou d'isolement au Québec. À ce
moment-là, la députée de Hull a dit, en séance de travail, qu'il y avait
déjà un comité. J'ai été très surprise de cette réponse. Alors, j'ai demandé
d'avoir l'engagement que ce comité... un, qu'on ait le nom du comité, qui y
travaillait. Il y avait eu un engagement qui a été pris au niveau de la
présidence. J'aimerais dans un premier temps... parce que c'est le
16 février dernier, aujourd'hui, on est le 2 mai, est-ce que l'engagement a été complété? Parce qu'à ce jour je
n'ai pas eu de communication du nom du comité et qui y travaillait, dans ce
comité.
La Présidente (Mme Dionne) : Alors,
on est présentement en étude des crédits budgétaires, mais je vais vérifier,
puis on va vous revenir en séance de travail à... de la commission régulière.
Mme Rizqy : Ah! mais ce serait
pertinent, parce que c'est aussi dans le cahier de crédits. Donc, j'inviterais le ministre à aller au 1RP_EDUC-201. Concernant
les salles de retrait ou d'isolement, le nombre d'élèves qui ont utilisé les
salles de retrait ou d'isolement par école, par niveau, primaire ou secondaire,
la réponse du ministère de l'Éducation : Vous ne détenez pas ces
informations. Le... question c, le temps moyen d'utilisation d'une salle de
retrait ou d'isolement par école, le ministère ne détient pas ces
informations. Or, on est supposés remplir un formulaire lorsqu'un enfant est
placé en salle d'isolement. Les parents, aussi, sont supposés de recevoir
communication.
Alors, je me demande, M. le ministre : Ne
pensez-vous pas qu'il est pertinent d'avoir cette information pour, justement,
faire les suivis adéquats, mais aussi de savoir à quoi ressemblent les salles
d'isolement au Québec? Parce que moi, j'en ai visité, que, très clairement,
c'étaient vraiment des salles d'apaisement, mais d'autres, de ce que moi, j'ai vu dans le reportage, je ne peux pas appeler
ça un... une salle d'apaisement, au contraire, ça ressemblait à un cachot.
M. Drainville : Oui. Très complexe,
Mme la Présidente, cette question des espaces de retrait et des espaces
d'isolement. Les chiffres sont connus sur le nombre de locaux, là, qui sont
utilisés comme espaces de retrait et/ou espaces
d'isolement. Moi, j'ai vu quelques-uns de ces espaces-là dans mes... ou de ces
locaux-là dans mes visites d'école. Et puis, effectivement, ce que j'ai senti, dans
les discussions que j'ai eues avec le personnel scolaire, Mme la Présidente,
c'est qu'il n'y a personne qui souhaite
envoyer un enfant dans un local d'isolement ou un local de retrait, il n'y a
personne qui souhaite ça. Et, quand on en vient à cela, c'est parce qu'il y a
malheureusement besoin, on a besoin de le faire, c'est ce qu'on m'a
expliqué.
Puis il y a sans
doute, parfois, des... ça doit arriver que, parfois, c'est la mauvaise décision
qui est prise, mais je pense que, de façon générale, il n'y a personne qui peut
remettre en question que notre personnel scolaire est bienveillant et que les gens qui travaillent dans les écoles souhaitent
prendre soin de nos enfants. Et donc, quand le personnel, la direction,
décide qu'un enfant doit être apaisé dans ce local d'apaisement, je suis
absolument convaincu... quand ils me disent
qu'ils le font... qu'ils le font à contrecoeur et que ça leur brise le coeur,
je les crois, Mme la Présidente, je les crois sincères.
Maintenant,
pour ce qui est du nombre d'élèves qui sont placés dans ces salles de retrait
ou ces salles d'isolement, nous n'avons pas ces chiffres-là, Mme la
Présidente.
La Présidente (Mme
Dionne) : Merci.
Mme Rizqy : Merci.
Ma question est très simple : Pensez-vous que c'est pertinent d'avoir
cette réponse?
M. Drainville :
C'est une bonne question, Mme la
Présidente. Savez-vous quoi? Je vais... je vais me donner le... je vais
me donner un espace de réflexion là-dessus et je vais vous expliquer pourquoi.
Non, Mme la Présidente, je pense qu'il y a... sur des questions délicates comme
celles-là, il ne faut pas hésiter.
La Présidente (Mme
Dionne) : Oui, terminez... terminez brièvement.
M. Drainville :
Et je dis que je me donne un
espace de réflexion là-dessus, parce qu'il y a un enjeu, notamment de
renseignements personnels, donc je pense qu'il faut le traiter avec beaucoup de
délicatesse.
La Présidente (Mme
Dionne) : Merci.
Mme Rizqy : Tout
le monde sait qu'on est capables d'avoir un chiffre sans nom, sans prénom, là.
Moi, je veux juste savoir pourquoi qu'on n'a pas cette information, d'autant
plus que, d'un côté, lors de la séance de travail, votre collègue la députée de Hull a clairement dit qu'il y avait un
comité, même, qui se penchait là-dessus. Et même vous, vous n'êtes pas
aujourd'hui en mesure de me donner ni les chiffres ni même le nom du fameux
comité qui travaille sur les salles d'isolement. Est-ce qu'il existe, ce
comité-là, ou il n'existe pas?
M.
Drainville : Bien, ce que je peux vous dire, Mme la Présidente, c'est
que nous travaillons sur un cadre de référence, hein, c'est bien ça? Ils
travaillent sur un cadre de référence, qui est présentement en élaboration et
qui sera diffusé en 2023. Alors, c'est possiblement de ce comité dont on parle,
là, c'est un... c'est un comité de personnes qui travaillent sur le cadre de
référence.
Mme Rizqy : D'accord,
mais vous savez qu'il existe déjà un cadre de référence pour les salles
d'isolement.
M.
Drainville : Bien, Mme la Présidente, s'il existe déjà, nous sommes à
le mettre à jour.
Mme Rizqy : OK.
Que ce soit très clair pour ceux qui nous écoutent, en aucun temps je ne crois
que le personnel manque de bienveillance. Moi, je m'interroge aujourd'hui pour
les questions d'isolement, pour les salles d'isolement, sur le physique de la
salle d'isolement. Est-ce normal d'avoir des salles d'isolement... qu'il n'y a
pas de fenêtre et que même la porte n'a pas de fenêtre? C'est ça, la question
aujourd'hui. C'est pour ça que je la pose, cette question-là. M. le ministre...
M.
Drainville : ...Mme la Présidente, juste un...
Mme Rizqy : Si
je peux...
M.
Drainville : ...on me dit qu'il n'y a... que ça n'existe pas, le cadre
de référence.
La Présidente (Mme
Dionne) : ...terminer, s'il vous plaît
M. Drainville :
Ça existe en santé, mais ça n'existe
pas à l'éducation. Donc, si... je pense que c'est important...
La Présidente (Mme
Dionne) : Mme la députée de Saint-Laurent, la parole est à vous.
M.
Drainville : ...de s'assurer que les... que les faits soient...
Mme Rizqy : Je vais vous le déposer.
Il y a une façon de travailler. Au Québec, là, ça fait des années que nous
avons des... du personnel qui est spécialisé avec les enfants, qui, eux, savent
comment gérer en amont afin de... d'escalader une
situation qui peut devenir critique afin de ne pas se rendre aux salles de
l'isolement. Et, lorsqu'on est rendu à la salle d'isolement, il y a même un
protocole. Donc, on avertit le parent et, après ça...
M. Drainville : Mme la Présidente...
Mme Rizqy : Non, c'est au centre
d'éducation, M. le ministre, et ces gens-là, lorsqu'ils travaillent, ils
s'assurent... par exemple, le temps, on ne va pas laisser pendant des heures un
enfant dans une salle d'isolement. Par exemple,
ça va être maximum cinq minutes. Ça existe, là, c'est... on n'est pas dans
un... dans le néant, là, ici, au Québec, là. Ça fait des années qu'on a
des salles d'apaisement et d'isolement et ça fait des années qu'on a du
personnel très compétent, je tiens à le dire, qui savent comment gérer ce type
de situation, mais malheureusement il n'y a pas toujours, dans l'école, cette
ressource spécialisée. Alors, des fois, ça peut arriver qu'une personne... pas
parce qu'elle est de mauvaise foi, mais pense qu'on l'envoie en salle
d'isolement, mais, des fois, on ne sait pas combien de temps qu'on devrait mettre, qu'on... qui est recommandé.
Alors, c'est ça, l'enjeu. C'est pour ça que je voulais savoir s'il y avait
vraiment un comité.
Bien, moi, aujourd'hui, quand on n'est même pas
capable de me nommer un comité, là, ça me trouble, le nom du comité, puis qui y
travaille, à ce comité, puis c'est quoi, l'objectif, combien de salles qui vont
être visitées, puis est-ce qu'on va se
donner des normes, à savoir que... Parce que moi, M. le ministre, là, je peux
même vous inviter dans mon comté, vous êtes le bienvenu. Inquiétez-vous
pas, là, je ne mords pas. Alors, vous pouvez venir dans mon comté. Moi, j'en ai une, école avec une salle
d'apaisement. Elle est vraiment une vraie salle d'apaisement digne de mention.
Et ça vaudrait la peine de faire l'exercice, c'est pour ça que je vous ai
demandé un mandat d'initiative, c'était pour comparer ce que nous avons de
meilleur dans nos écoles, mais aussi ce qui mériterait beaucoup d'amour pour
mettre à niveau, pour que ça ne ressemble pas à un cachot.
Parce que, lorsque j'entends une mère de famille
dire qu'on a volé... et que son enfant... Je ne veux pas mal citer, là. Permettez-moi de revenir dans l'article
rapidement, là, parce que je... mon temps file : «Ils ont volé sa vie comme
un prisonnier.» Je ne veux plus jamais relire ça. Et c'est ça, mon
devoir, c'est de vous attirer vers des sujets qui n'ont pas nécessairement
l'attention médiatique tout le temps, mais que, des fois, c'est quand on
travaille ensemble... Et c'est pour ça que je voulais faire le mandat
d'initiative avec vous, M. le ministre, ce n'était pas pour pointer du doigt le
personnel, ce n'est pas pour vous pointer, vous, du doigt, c'est pour qu'on
aille voir, dans le réseau scolaire, ce qui se passe physiquement et d'avoir
les meilleures normes.
Moi, j'ai la
main tendue, M. le ministre. Elle est encore présente. Si vous voulez venir
dans mon comté, puis qu'on en voit une belle, salle d'apaisement, puis,
après ça, qu'on aille voir une autre école, celles qui sont mentionnées dans
l'article de Mme Carpentier, puis dire : OK, effectivement, on est
capables de rehausser de façon digne, là, les salles
d'apaisement. Et je vais vous envoyer au secrétaire : Cadre de
référence et guide à l'intention du milieu scolaire : L'intervention
auprès des élèves ayant des difficultés de comportement. Là-dedans, on
mentionne comment, justement, travailler avec un enfant en amont, et pendant,
et après lorsqu'il a une crise. Ça existe déjà, M. le ministre, on va l'envoyer
au secrétaire.
Maintenant...
M. Drainville : ...Mme la
Présidente, est-ce que je peux répondre, à un moment donné, moi, là, là, ou...
La Présidente (Mme Dionne) : Oui.
Mme Rizqy : Bien oui, mais... oui,
mais je répondais au fait que vous disiez que ça n'existait pas, alors je...
La Présidente (Mme Dionne) : Bon...
M.
Drainville : Mais c'est parce que le cadre... le cadre de
référence dont vous nous parlez, ce n'est pas un cadre de référence sur
l'utilisation des locaux de traitement... de retrait ou d'isolement, là.
Mme Rizqy : Ils en parlent dedans.
M. Drainville : Ce n'est pas de
ça... il est question.
Mme Rizqy : Ils en parlent dedans,
M. le ministre.
• (11 h 20) •
M. Drainville : Ils en parlent, mais
ce n'est pas un cadre de référence là-dessus. Moi, ce que je vous dis, c'est
qu'on travaille actuellement sur un cadre de référence là-dessus, sur
l'utilisation des locaux de retrait et d'isolement. Et ce que je tiens à dire,
Mme la Présidente, c'est que, dans le cadre de ces travaux pour un cadre de référence, on pourrait effectivement souhaiter que
ces locaux d'apaisement, ces locaux d'isolement aient des fenêtres. Je
pense que ça pourrait faire, effectivement, partie du cadre de référence.
Voilà, c'est tout ce que je voulais dire.
Mme
Rizqy : Merci beaucoup, M. le ministre. ÉDUCATION-94,
nombre d'élèves HDAA sur la liste d'attente pour obtenir un accès à une des ressources spécialisées au niveau
primaire, l'information demandée n'est pas disponible au ministère.
ÉDUCATION-95, nombre d'élèves HDAA sur les listes d'attente pour obtenir un
accès à une ou des ressources spécialisées au niveau
secondaire, l'information demandée n'est pas disponible. Nombre d'élèves TSA sur la liste d'attente pour obtenir
un accès à une des ressources spécialisées au niveau primaire, l'information demandée
n'est pas disponible. Ça, c'est ÉDUCATION-96. Et, ÉDUCATION-97, nombre d'élèves
TSA sur les listes d'attente pour obtenir un accès à une ou des ressources
spécialisées au niveau secondaire, l'information n'est pas disponible.
M. le ministre, ce sont des données cruciales
pour être en mesure de savoir si, oui ou non, notre action, là, fonctionne.
Êtes-vous d'avis qu'on devrait avoir cette information pour s'assurer de savoir
exactement combien d'enfants ont besoin d'aide
et si nous avons les ressources adéquates? Est-ce que ça, vous pourriez prendre
l'engagement de nous revenir avec la réponse?
M. Drainville : Ce que je peux vous
dire, Mme la Présidente, ce que je peux répondre, c'est que je suis d'accord que c'est une information d'intérêt
public. Actuellement, ces données-là sont entre les mains des centres de
services scolaires, Mme la Présidente. Et j'ai déjà dit, au tout début
de mon mandat, à quel point je souhaitais pouvoir obtenir beaucoup plus rapidement et beaucoup plus
efficacement l'accès aux données du type dont parle la députée de
Saint-Laurent, Mme la Présidente. Et tout ce que je peux dire, c'est
que, dans la liste de mes sept orientations prioritaires, dis-je, il y avait un réseau plus efficace. Et ce que j'ai dit
à ce moment-là, c'est que cette efficacité-là, à mes yeux, passait notamment,
et j'ai le goût de dire «d'abord», par l'accès à une information précise, le
plus possible en temps réel. Et donc on est au travail là-dessus aussi, Mme la
Présidente.
Et j'invite la députée de Saint-Laurent à,
comment dire, rester très attentive, on aura des choses à dire sur ce sujet-là
prochainement. Et j'espère, Mme la Présidente, que, voyant les efforts que nous
faisons pour pouvoir avoir un meilleur accès
à des informations pertinentes, nécessaires... j'espère qu'à ce moment-là la
députée de Saint-Laurent nous donnera son appui pour que nous puissions,
justement, obtenir ce type d'information qui nous permettra, donc, de répondre
aux questions qu'elle soulève, qui sont tout à fait légitimes.
La Présidente (Mme Dionne) : Merci,
M. le ministre. Mme la députée.
Mme Rizqy : Donc, vous confirmez
qu'il y aura un projet de loi qui reviendra sur la gouvernance scolaire. Et,
oui, je serai bien évidemment avec vous pour travailler à l'étude détaillée de
ce projet de loi.
Vous avez aussi promis un tableau de bord. Et
ça, je l'ai déjà dit publiquement, je souhaite un tableau de bord en éducation, parce que je veux avoir des
réponses pour, justement, nous assurer qu'on est capables de faire les suivis. Vous
avez dit, d'ailleurs, que le Québec a réservé 240 millions de
dollars, d'ici 2027 à 2028, pour soutenir l'accès aux données et accroître
l'efficience du réseau du ministère de l'Éducation, 240 millions
d'ici 2027-2028, mais vous dites aussi que l'information est disponible
aux centres des services scolaires. Moi, je veux comprendre pourquoi on a
besoin de 240 millions de dollars pour avoir accès à ces données.
Est-ce que c'est le tableau de bord qui va coûter environ
240 millions de dollars à mettre en place?
Des voix : ...
M. Drainville : Madame...
Mme Rizqy : Je salue...
Permettez-moi au moins de saluer les élèves qui sont ici. Je pense qu'il y a le
Parlement école. Alors, bienvenue, les élèves, ce sont les crédits en
éducation. Alors, merci beaucoup de venir au Parlement,
c'est votre Parlement, vous êtes toujours les bienvenus. Et on salue,
évidemment, l'enseignant et les enseignants qui les accompagnent. Bravo!
La Présidente (Mme Dionne) : Merci.
On a... On se garde... oui. Merci. La...
Mme Rizqy : Bien oui, bien oui.
Bien, moi, vous... vous me voyez, avec les élèves, je suis toujours contente.
La Présidente (Mme Dionne) : Oui.
Oui, j'entends bien, Mme la députée. La parole est au ministre...
M.
Drainville : Oui. Bien, Mme la Présidente, effectivement, on a
mis au budget 240 millions pour améliorer la performance du réseau
scolaire. Et ces sommes-là visent notamment à soutenir l'accès aux données
et... et à... et à investir dans la transformation numérique. C'est exactement
ce dont nous avons besoin, Mme la Présidente, on a besoin d'investir dans de meilleurs systèmes d'information qui vont nous
permettre d'obtenir les données qui sont, dans certains cas, dans les
centres de services scolaires.
Ce qu'il faut savoir, Mme la Présidente, c'est,
actuellement, là, parfois, là, pas tout le temps mais parfois, quand je veux obtenir l'information, je suis
obligé de procéder par ce qui s'appelle une CollecteInfo. Une CollecteInfo, ça,
ça veut dire qu'on envoie, dans chacun des 72 centres de services
scolaires, un courriel, un message dans lequel on demande d'avoir accès
à une donnée ou à des données. Et là les centres de services reçoivent la
demande, se tournent vers les écoles, les
écoles remplissent les fichiers Excel, retournent les fichiers Excel au centre
de services. Le centre de services harmonise les fichiers Excel.
La Présidente (Mme Dionne) : M. le
ministre...
M. Drainville :
Par la suite, les fichiers Excel des 72 sont envoyés à Québec, quand les 72
répondent, ce qui n'est pas toujours le cas, il faut faire à nouveau une
harmonisation des données. Bref, ça nous prend, dans certains cas, des mois
avant d'obtenir l'information. Là, ce qu'on veut, notamment, par ces
investissements-là...
La Présidente (Mme Dionne) : M. le
ministre, merci. Merci. Il reste 40 secondes...
M. Drainville : Ce que l'on veut,
notamment, par ces investissements-là...
La Présidente (Mme Dionne) : ...je
donne la parole à Mme la députée. Merci beaucoup.
M. Drainville : ...
Mme Rizqy : Petit truc, M. le
ministre, vous pouvez envoyer un fichier Excel harmonisé à l'ensemble des
72 centres de services scolaires et commissions scolaires pour que tout le
monde réponde au même fichier Excel. Comme ça, vous allez sauver du temps pour
l'harmonisation.
Bien, je m'interroge sur le
240 millions de dollars. Donc, ce n'est pas uniquement pour la... je
cite, «soutenir l'accès aux données et
accroître l'efficience du réseau et du ministère de l'Éducation», c'est aussi
pour la transformation numérique. De façon succincte, est-ce que c'est
le ministre consultant à la Transformation numérique qui va être en charge de
cela? Êtes-vous confiant après SAAQclic?
La
Présidente (Mme Dionne) : Mme la députée, je vous garderais la question pour
votre prochain bloc, c'est malheureusement tout le temps que nous avons. Je
cède... je cède la parole maintenant au député de Matane-Matapédia.
M. Bérubé : ...la semaine dernière,
il a beaucoup été question d'enseignants qui ont clairement dépassé les bornes
en classe. J'y reviendrai de façon plus formelle, tout à l'heure, mais ça m'a
fait réfléchir sur l'utilisation du téléphone cellulaire en classe. Lorsque
j'ai fait du remplacement, l'an dernier, j'ai réalisé, dans l'école où j'étais,
que c'était à la discrétion des enseignants. Certains le permettent, d'autres
pas. Pourquoi je pose la question? Parce que, bien sûr, ça a été utile, dans
les cas qui ont été relatés dans les médias, pour apprendre qu'il y a des
enseignants qui devaient sortir rapidement, mais ça fait beaucoup réfléchir
aussi sur ce que ça peut devenir, le téléphone cellulaire, comme... Et nous, on
n'encourage certainement pas l'utilisation du téléphone cellulaire en classe
pour dénoncer les enseignants ou les
enregistrer, mais, de façon générale, est-ce que le ministre serait ouvert à
envoyer une directive sur cet enjeu-là aussi, qui baliserait?
Autrement
dit, mon point de départ, c'est : Est-ce si nécessaire pour les élèves
d'avoir leur téléphone cellulaire en classe? Je me pose sincèrement la
question et, comme il n'y a pas de politique nationale là-dessus, je trouve que
c'est pertinent parce que ça peut être de la distraction. Évidemment, dans
certains cas, ça peut être approprié dans le cadre
de certains cours, mais, de façon générale, c'est un nouveau phénomène qui
existe quand même depuis des années, à peu près tous les élèves en ont.
Alors, question toute simple : Est-ce que le ministre serait prêt à
réfléchir à cette question-là pour qu'au moins il y ait des balises nationales
là-dessus, une directive nationale?
M. Drainville : ...Mme la
Présidente, merci pour la question. Alors, il faut savoir qu'actuellement il y
a des codes de vie relevant des conseils
d'établissement qui prévoient, justement, que les élèves doivent laisser les
téléphones cellulaires, les
téléphones intelligents en dehors de la classe ou doivent les déposer dans un
panier, peu importe la procédure. Donc,
il y a déjà des écoles qui ont réglementé, si on peut dire, l'utilisation des
téléphones intelligents à l'intérieur des salles de classe. Donc, ça
relève de l'école, ça relève, donc du conseil d'établissement.
Maintenant, la question que me pose le député de
Matane, c'est : Est-ce que je serais ouvert à ce qu'on ait une directive
qui s'applique à l'ensemble des écoles du Québec? Et la réponse à cette
question, c'est : Je suis ouvert à y réfléchir, je suis ouvert à y
réfléchir. Voilà.
• (11 h 30) •
M. Bérubé : D'accord. Merci au
ministre. Mme la Présidente, on va parler des écoles vétustes. Dans toutes
circonstances, je pense qu'il faut se fier aux expertises scientifiques qui
existent. En 2023, 61 % des écoles sont en mauvais état, ça empire. Je
vais donner l'exemple du centre de services scolaire des Monts-et-Marées, celui
qui couvre la Matanie et la Matapédia.
Saviez-vous, Mme la Présidente, que, sur l'ensemble des écoles, il y en a
seulement une qui est A? Beaucoup de D, beaucoup de E. Donc, ça, c'est
des écoles qui sont en mauvais état, puis moi, je suis convaincu que ça a un impact sur l'appartenance à l'école, l'envie d'y
passer du temps, de faire du parascolaire. Moi, je suis convaincu de ça.
Alors, ça pose la question, puis le ministre l'a
déjà évoquée, de la transmission de l'information, de ce qu'il a comme données pour agir à la fois au plan de
l'état du bâtiment, mais aussi de la priorisation des écoles qui doivent être construites.
Alors, la question que je veux lui poser... Puis
d'ailleurs je fais un aparté en disant que, selon moi, le ministre, dans ses visites d'école, et peut-être
le fait-il déjà, devrait prioriser les écoles au taux de vétusté le plus élevé,
E, et défavorisation 10. Ça devrait être ces écoles-là qu'il visite en
premier. Et, s'il en veut plusieurs dans ma circonscription, il est
toujours le bienvenu, on fera ça ensemble.
Donc, question toute simple, question de
foi : Est-ce que le ministre fait confiance aux centres de services
scolaires pour l'analyse de la vétusté des écoles, oui ou non?
M.
Drainville : Bien, Mme la Présidente, a priori, bien sûr. Oui, je fais
confiance aux centres de services scolaires.
Moi, j'ai eu, dans ma vie de député, à faire affaire avec les ressources... les
services de ressources matérielles des centres de services scolaires,
et, de façon générale, ce n'est pas toujours... ça n'a pas toujours été,
comment dire, parfait, là, mais, de façon
générale, ce que j'ai constaté, c'est que les ressources matérielles dans les
centres de services, anciennement les commissions scolaires, faisaient
du bon travail.
Maintenant, ce que
nous avons mis en branle, Mme la Présidente, et c'est mon collègue responsable
des infrastructures qui s'en charge, c'est de mettre en branle essentiellement
deux procédures. La première, c'est qu'il a... il souhaite réaliser un audit,
là, a-u-d-i-t, pour vérifier la conformité d'application du processus
d'inspection qui a cours présentement, donc, dans les centres de services
scolaires. Donc, il va... il a déjà annoncé ça, là, hein, qu'il va procéder par
un échantillonnage d'écoles. Et donc ce sont des... c'est une firme
indépendante ou des inspecteurs indépendants
qui vont procéder, donc, à cette... à ces inspections. L'idée, essentiellement,
c'est de voir la concordance, là, donc, pour vérifier, dans le fond, la
démarche...
La Présidente (Mme
Dionne) : Rapidement, M. le ministre.
M.
Drainville : ...des écoles.
M. Bérubé : J'avais
juste besoin d'un oui ou d'un non à ma question.
M.
Drainville : Et il y aura, par ailleurs, un mandat sur le volet
utilisation des investissements.
M. Bérubé : D'accord.
J'avais seulement besoin d'un oui ou d'un non. J'apprécie le complément, mais,
pour les prochaines, j'ai peu de temps, alors j'aimerais qu'on aille sur l'essentiel.
Le ministre a posé des questions sur le rôle
des centres de services scolaires, quand même une création du gouvernement de
la CAQ. Bien sûr, il n'était pas là, il était à la radio à l'époque, mais ils ont fait ça en son absence. Projet
de loi n° 40, on a aboli les commissions scolaires pour les remplacer par des centres de services
scolaires, sauf chez les anglophones. Ah! ça, le gouvernement de la CAQ,
c'était : Pas question de toucher à ça. Deux poids, deux mesures.
Ceci étant dit, la
question de la confiance est importante parce que c'est quand même une création
de la CAQ. Et j'ai l'impression que le gouvernement est très critique sur sa
propre création. Autrement dit, qu'est-ce qu'on
a gagné avec le projet de loi n° 40? C'est quoi, les avantages qu'on a
dans le réseau scolaire? Est-ce qu'il y a plus d'imputabilité? Est-ce
qu'ils ont une meilleure relation que le milieu? Pour les députés, je peux en
témoigner, quand vient le temps d'échanger avec les responsables, ils prennent
l'information, l'envoient au ministère. Ils ne sont pas habilités à nous
accueillir en disant : Voici notre priorité, pouvez-vous plaider ça pour
nous?
Donc, selon lui,
c'est quoi, les avantages du projet de loi n° 40? Qu'est-ce qu'on a gagné
avec les centres de services scolaires
versus les commissions scolaires? Parce que, s'ils ont fait la loi, c'est pour
améliorer quelque chose. Alors, quel bilan il trace, brièvement?
M.
Drainville : Mme la Présidente, moi, ce que j'ai déclaré encore la
semaine dernière, c'est que, dans le projet de loi n° 40, les directeurs
et directrices généraux des centres de services sont officiellement les
porte-parole de leurs centres de services scolaires. Et ce que j'ai dit, c'est
que je souhaite que... Alors, cette disposition-là a été intégrée à la Loi sur
l'instruction publique, et donc ce que j'ai dit et que je réitère aujourd'hui,
c'est que je souhaite que ces directeurs, directrices de centres de services
assument ce rôle qui leur est donné par la loi, en vertu de la loi, de prendre la parole, d'être les porte-parole de
leurs centres de services. Est-ce qu'elles le font suffisamment, les directions
générales? La réponse est non. Je souhaiterais qu'elles le fassent davantage et
qu'elles... donc qu'elles prennent... comment dire, qu'elles assument leur rôle
de porte-parole et qu'elles rendent compte, donc, de leurs décisions à titre de
premiers dirigeants des centres de services.
M. Bérubé : ...comme réponse. Parce qu'avant, avec les élus
scolaires, moi, je pouvais accueillir ma présidente de commission scolaire
assez rapidement. On avait un ordre du jour : les infrastructures, les
dossiers spéciaux, ce qu'on allait plaider aussi. C'est comme ça que
j'ai obtenu un gymnase pour une communauté à l'école Saint-Victor de
Petit-Matane, parce que les commissaires et moi, on plaidait pour un gymnase.
Récemment, le ministre le sait, je l'ai interpelé sur deux gymnases dans ma
circonscription.
M.
Drainville : Et je vous ai répondu.
M.
Bérubé :
Oui, mais ce n'est pas que je veux mettre ça en valeur, c'est de dire que je le
fais directement avec lui, parce que ce n'est pas vrai que le centre de
services scolaire va me demander mon aide pour choisir les dossiers. C'est là
la complexité, je trouve, pour les élus, pour les députés d'assister le réseau
scolaire.
Puis le ministre a vu
une lettre, récemment, d'intervenants très... très sérieux qui disent :
«La place à un discours indépendant dans l'espace public n'existe plus. Les
présidents de conseils d'administration des centres de services scolaires ne questionnent pas publiquement les choix du
ministre — ils
ne le feront pas parce que vous savez ce qu'il va leur arriver — ne
demandent pas d'ajustements régionaux ou locaux. La loi les oblige au silence
au profit des directions générales.» Ils peuvent être des porte-parole, mais
ils n'ont pas... ils n'ont plus de pouvoir.
D'ailleurs, le ministre en a interpelé
un au Saguenay—Lac-Saint-Jean, a questionné ailleurs d'autres politiques. Mme la Présidente,
vous vous doutez bien qu'ils n'oseront pas, tels des commissaires scolaires,
mettre en cause ce que le ministre va dire.
Alors, on a perdu de ça, de cette indépendance. On n'a plus ça. Je trouve ça
regrettable. Je voulais surtout
l'exposer au ministre. S'il est pour faire une réforme, voici des éléments
intéressants à mettre en oeuvre.
Je continue sur un
autre enjeu. Il y a l'indice de défavorisation, donc de 1 à 10. Pour le
bénéfice de tout le monde, si vous êtes 10,
ça dépend du revenu de la mère et de plein d'enjeux différents. C'est les
écoles qui sont prioritaires. Encore une fois, dans ma circonscription,
il y en a plusieurs, des écoles cotées 10, cotées 9. C'est des écoles où
il y a de la pauvreté, où les enfants ne
mangent pas à leur faim pour toutes sortes de raisons, soit que les parents ne
s'en occupent pas, soit qu'ils n'ont pas les revenus, mais, dans tous
les cas, un des facteurs de la réussite scolaire, c'est d'avoir le ventre
plein.
Nous avons fait une
proposition, récemment au Parti québécois, par l'entremise d'un communiqué,
inspirée de lois qui ont été adoptées au Minnesota, en Californie, au Colorado
et chez nos voisins du Maine. Est-ce que le ministre
est ouvert à ce qu'on instaure des repas gratuits pour les enfants dans les
écoles? Est-ce qu'il est ouvert à ça? Lorsqu'il a vu le communiqué,
est-ce que c'est quelque chose qui... qui l'intéresse, qui pourrait avoir des
suites?
M.
Drainville : Bien, il y a beaucoup de questions, là, Mme la
Présidente.
M. Bérubé : Bien,
je vais y aller sur les repas.
M. Drainville :
D'abord, je veux juste dire...
Non, mais je veux juste corriger une information, là, qui a été diffusée, là. Le projet de loi n° 40 s'appliquait aux commissions scolaires anglophones comme aux
commissions scolaires francophones, là, sauf...
M. Bérubé : Les
élus scolaires.
M. Drainville :
...la seule distinction, la seule
distinction, c'est qu'il gardait les élections pour les représentants
parents de la communauté. Et c'est devant les tribunaux, donc on ne va pas en
dire davantage.
Pour ce qui est
d'aide alimentaire, Mme la Présidente, là, le programme en 2019-2020, il était
de 10 millions. Il a été augmenté à
39 millions en quatre ans. On est passé de 10 à 40 millions pour
l'aide alimentaire. Puis essentiellement pourquoi? Parce qu'on a décidé
de donner de l'aide alimentaire à toutes les écoles, pas juste les écoles
défavorisées. C'est la décision de mon prédécesseur, que je salue, bien
entendu. Et ça, ça ne... les 40 millions, ça ne compte pas les
13 millions qui ont été donnés au Club des petits déjeuners et les
2 millions pour La Cantine pour tous. Alors, on est rendus à presque 55 millions d'aide
alimentaire, Mme la Présidente. Comme gouvernement, c'est un... honnêtement,
c'est une... Ce n'est pas encore assez, je suis d'accord avec le
député...
M.
Bérubé :
J'ai une proposition.
M.
Drainville : ...ce n'est pas encore assez.
Alors,
Mme la Présidente, regardez, si on est capable d'en faire plus, là, on va en
faire plus, mais ce que je dis, c'est que déjà, au cours des quatre
dernières années, on a multiplié par cinq...
La Présidente (Mme
Dionne) : ...M. le ministre.
M.
Drainville : ...on est passés de 10 à 50 millions, plus de
50 millions.
La Présidente (Mme
Dionne) : Merci.
M.
Bérubé :
M. le ministre, je préférerais une loi, une application universelle, que ça
soit vraiment, là, les mêmes pratiques
partout, avec évidemment des produits sains, des produits québécois, incorporer
des produits régionaux, indifféremment
des conditions sociales des enfants, on a accès. Vous comprenez pourquoi. Si,
par exemple, on donne seulement des repas à ceux qui en ont besoin, ça
les ostracise. Ce n'est pas une bonne chose. On a tous vécu ça dans les écoles,
ce n'est pas souhaitable.
Mais
moi, je préférerais... J'invite le ministre, tiens, à s'inspirer des
législations du Minnesota, de la Californie, du Colorado et du Maine. Je
pense qu'on est assez riches, collectivement, pour faire ça pour nos enfants,
pour s'assurer que tout le monde ait des chances égales. Il ne s'agit pas de
juger les parents ici, mais c'est la moindre des choses, avant de commencer à
l'école, qu'ils aient le ventre plein. Moi, ça me... ça me déchire. Parce qu'on
sait que ça existe dans nos
circonscriptions. Il existe des organismes qui, tant bien que mal, font ce
qu'ils peuvent, mais ça prend une politique universelle par une loi. Et je suis
convaincu que le ministre a cette sensibilité qu'il partage avec nous tous.
• (11 h 40) •
La Présidente (Mme
Dionne) : En terminant, M. le député.
M.
Bérubé :
J'aimerais qu'il regarde ça sérieusement.
La
Présidente (Mme Dionne) :
Merci. C'est tout le temps que nous avions pour ce bloc. Je passe maintenant
la parole au deuxième groupe d'opposition. Mme la députée de Mercier.
Mme
Ghazal : Merci, Mme la Présidente. Moi, je fais l'effort d'aller vite
dans mes questions, là. Ce n'est pas... C'est aussi un effort, là, que je fais,
parce que, souvent, je parle beaucoup, donc j'aimerais que le ministre fasse le
même effort que moi.
J'ai une question. La
liste de tout à l'heure, là, des bungalows puis des entrepôts, est-ce que c'est
possible de la déposer, s'il vous plaît, pour les 163 — moi,
je pensais que c'étaient des écoles, là — qui sont non cotés?
M. Drainville :
Elle a déjà été déposée, Mme la
Présidente, à la suite des crédits provisoires. Mais, si la députée le souhaite,
on peut la redéposer. Aucun problème.
Mme Ghazal : Oui.
Oui, s'il vous plaît, je l'ai manquée.
La Présidente (Mme
Dionne) : Ce serait possible de... s'il vous plaît, de...
Mme Ghazal :
Parfait. Merci.
La Présidente (Mme
Dionne) : Est-ce que vous consentez à déposer à la commission, au
secrétaire?
Mme Ghazal : Parfait.
M.
Drainville : Bien, c'est ce qui est arrivé la première fois, puis on
peut le refaire une deuxième fois.
Mme Ghazal : On
la veut, là, oui, une deuxième fois.
La Présidente (Mme
Dionne) : Parfait. Merci.
Mme Ghazal : Merci
beaucoup. Tout à l'heure, j'ai écouté la discussion entre le ministre et la
députée de Saint-Laurent sur le système à trois vitesses. Une des façons de
contrer ça, même si je comprends que le ministre ne reconnaît pas tout à fait
que ça existe, etc., en tout cas, ce n'est pas dans son vocabulaire qu'il
utilise, une des façons de contrer ça puis de niveler vers le haut les écoles
publiques, c'est d'arrêter de financer les écoles privées. En Ontario, c'est ce qu'ils font. Il y a 7 %...
En fait, ils ne donnent aucun montant d'argent aux écoles privées. Les écoles privées,
après ça, peuvent charger le montant qu'elles veulent sans faire... en faisant
la sélection qu'elles veulent. 7 % des élèves y vont. Nous, ici, au
Québec, ça nous coûte cher parce qu'on finance, minimum, jusqu'à 65 %, au
minimum, les frais, qui fait que ça coûte moins cher pour les parents.
Est-ce que le
ministre trouve que ça ne coûte pas quand même cher pour que des parents qui
envoient leurs enfants à l'école publique paient par leurs impôts les... les
frais des élèves qui vont dans l'école privée?
M.
Drainville : Bien, Mme la Présidente, comme j'ai dit tout à l'heure,
nous n'avons pas l'intention de...
Mme Ghazal : Est-ce
que le ministre trouve...
M.
Drainville : ...nous n'avons pas l'intention de...
Mme Ghazal : ...que
ça coûte quand même cher de donner 65 %?
La Présidente (Mme
Dionne) : S'il vous plaît, un à la fois. On laisse le ministre
répondre à la question, s'il vous plaît.
M.
Drainville : Nous n'avons pas l'intention de revoir le mode de
financement des écoles privées. Ça ne fait pas partie de nos priorités.
Mme Ghazal : Est-ce que le ministre ne trouve pas que ça coûte
quand même cher de donner de l'argent public à des écoles privées?
M.
Drainville : Tout est une question de... comment dire, de perspective,
Mme la Présidente.
Mme Ghazal : La
dernière fois, aux crédits provisoires, j'avais posé une autre question au
ministre, qui semblait surpris d'apprendre
par son équipe, au moment où je lui posais la question, que les 300 $ qui
sont donnés pour les projets particuliers étaient aussi donnés pour les élèves
qui vont dans les projets particuliers dans les écoles privées.
M. Drainville :
Seulement pour le sport, Mme la
Présidente. Seulement pour les programmes qui deviennent...
Mme Ghazal : Pourquoi?
M.
Drainville : Bien, parce que, dans certains cas, le programme offert
par l'école privée est comme le programme
offert pour toute la région. Ça fait que c'est une école privée qui l'offre.
Alors, à ce moment-là, on ne veut pas pénaliser un élève, mettons, qui voudrait
aller dans cette école-là parce qu'il veut faire du... mettons du midget AAA. Bon, bien, il... pourquoi pénaliser cet
enfant-là à ce moment-là, là, qui est bon au hockey, qui voudrait s'inscrire
dans cette école-là?
Alors, on a décidé
que, pour ce qui est des programmes sport, dans certains cas, le 300 $ est
versé. Mais c'est la seule exception.
Mme Ghazal : Donc,
ce n'est pas offert dans toutes les écoles privées, Sport-études?
M. Drainville :
Non, il y a seulement huit
établissements d'enseignement privés qui sont des programmes, donc, reconnus
en sport-études par le ministère. Il y a seulement huit... huit institutions
qui bénéficient du 300 $.
Mme Ghazal : Puis ça a été un... Avant, c'étaient 200 $.
C'était un montant de combien, pour l'année financière avant, qui a été
donné?
M.
Drainville : Je ne suis pas sûr de comprendre.
Mme Ghazal : Au
total, ça a été un montant de combien qui a été offert pour les huit
établissements, puisque c'étaient 200 $? C'est...
M.
Drainville : Bien, je ne le sais pas. Il faudrait vérifier. Mais c'est
200 $ fois le nombre d'élèves qui s'en sont prévalus. Puis là ça va être
300 $ fois le nombre d'élèves qui s'en prévaudront.
Mme Ghazal : Parce
que cet argent-là aurait pu servir pour les élèves qui vont dans les écoles
publiques, pour qui...
M.
Drainville : Mme la Présidente, précision. Excusez-moi, Mme la
députée de Mercier. La mesure 200 $, c'est
une nouvelle mesure. Elle a commencé en septembre. Donc, il faut d'abord
laisser l'année... Tu sais, il faut... C'est maintenant, là, qu'il faudrait vérifier, là, combien d'élèves s'en sont
prévalus. Donc, on n'a pas le chiffre présentement...
Mme Ghazal : OK.
Puis c'est toujours pour les huit établissements. OK.
M.
Drainville : ...on n'a pas le chiffre, mais c'est pour les huit écoles
dont on parle. Alors, voilà.
Mme Ghazal : OK.
J'ai une autre question pour les écoles privées confessionnelles, je sais que
mon collègue de Matane-Matapédia a posé des questions là-dessus, où Radio-Canada
a dû faire une demande d'accès à l'information
pour obtenir le chiffre de 160 millions de dollars qui est donné par
le gouvernement pour une cinquantaine d'écoles privées confessionnelles,
dont certaines, là, je lis, la mission éducative est centrée sur les valeurs
bibliques, il y en a d'autres, c'est sur les
valeurs chrétiennes, etc., donc des écoles confessionnelles. Est-ce que le
ministre confirme ce chiffre de 160 millions de dollars donné
annuellement pour cette cinquantaine d'écoles privées?
M.
Drainville : Je ne suis pas en mesure de confirmer ce chiffre-là, Mme
la Présidente. Je ne suis pas en mesure de confirmer ce chiffre-là.
Mme Ghazal : Est-ce
que c'est possible que l'équipe puisse... Parce qu'on va avoir d'autres blocs
plus tard. Est-ce que c'est possible que,
plus tard, l'équipe du ministre puisse nous revenir avec ça et de nous donner
les chiffres? Parce que c'est important, quand même, qu'on le sache,
combien est-ce que les Québécois paient pour les écoles privées...
confessionnelles, dont les valeurs, parmi celles-là, sont centrées sur les
valeurs bibliques, alors que je le sais à quel point la laïcité est très
importante et tient à coeur au ministre.
M. Drainville :
Mme la Présidente, de la manière
que ça fonctionne actuellement, c'est que le statut confessionnel des
écoles n'est pas pris en compte dans le financement des écoles. Donc, le
chiffre dont on parle ici, je ne sais pas d'où ça sort, si c'est... Ça doit
être une évaluation...
Mme Ghazal : Ça
a été Radio-Canada, qui a dû...
La Présidente (Mme
Dionne) : ...le ministre terminer, s'il vous plaît.
M. Drainville :
Ça doit être une évaluation de...
effectivement, une extrapolation, possiblement, de la journaliste ou du
journaliste, là, mais ce n'est pas une donnée que nous avons.
Je
tiens à rappeler, par contre, que, dans le cas des écoles privées, elles
doivent suivre le programme pédagogique de l'école québécoise, là, le
PFEQ, comme on l'appelle, là. Ce programme-là, il doit être suivi par toutes
les écoles qui sont accréditées, qui ont un permis du ministère de l'Éducation.
Mme
Ghazal : Et le ministre a dit au début, quand il a pris le
poste, il a dit : Ça n'a pas de bon sens qu'on n'ait pas de données dans
le ministère de l'Éducation. Il faut qu'on fasse ce travail-là, puis qu'il y
travaille, d'avoir des informations.
Donc,
est-ce que le ministre trouve normal, alors que la laïcité est une valeur
fondamentale au Québec, qu'on ne sache pas
combien d'argent public est donné à des écoles privées confessionnelles? On le
sait pour les écoles privées au total?
M.
Drainville : Mme la Présidente, on n'a jamais demandé le statut
confessionnel des écoles.
Mme Ghazal : Pourquoi?
M.
Drainville : Bien, c'est une...
Mme Ghazal :
Trouvez-vous ça normal? Je veux dire, les Québécois doivent le savoir, combien
on donne d'argent à des écoles privées confessionnelles, dont les valeurs
bibliques sont enseignées.
M. Drainville :
Mme la Présidente, c'est une
décision qui a été prise, et on ne demande pas le statut confessionnel
des écoles au Québec.
Mme Ghazal : Est-ce
que le ministre est d'accord et à l'aise avec cette décision qui a été prise
par son ministère avant qu'il soit en poste?
M.
Drainville : Mme la Présidente, actuellement, on ne demande pas le
statut confessionnel des écoles au Québec. On ne l'a jamais fait, à ce qu'on me
dit.
Mme Ghazal : Actuellement,
vous ne le faites pas. Est-ce que vous avez l'intention de le demander
dorénavant pour avoir ce chiffre-là au lieu que ce soit une extrapolation et de
demandes d'accès à l'information par les journalistes pour pouvoir éclairer les
Québécois et Québécoises?
M.
Drainville : Mme la Présidente, ce n'est pas un critère de
financement. Le statut confessionnel, ce n'est pas un critère de financement.
Ce qui est important, c'est que les programmes éducatifs soient donnés dans ces
écoles-là et c'est ce sur quoi on veille.
Mme Ghazal : Ça,
ça a été une décision qui a été prise en cours de route, à travers les années,
où il y avait un comité, là, des affaires religieuses qui suivait ces
données-là. On a décidé de ne pas... de l'abolir, à l'époque. Je ne sais même
pas si c'était au temps de la CAQ parce que ce qu'on ne sait pas, bien, qu'est-ce
que tu veux, on ne le sait pas, ça fait qu'on ne peut pas agir là-dessus.
Est-ce que le
ministre... Moi, je ne sens pas que le ministre est à l'aise avec le fait qu'on
n'ait pas cette donnée-là, parce que c'est une décision qui a été antérieure à
sa présence. Est-ce qu'il a l'intention... lui qui n'arrête pas de dire à quel point la laïcité est
importante, et c'est une valeur aussi importante pour les Québécois et Québécoises,
pour nos écoles, est-ce qu'il a
l'intention... est-ce qu'il peut s'engager à demander à avoir ces données? Même
si ce n'est pas un critère de financement, c'est quand même une
information importante.
M.
Drainville : Comme je l'ai dit tout à l'heure, Mme la Présidente, ce
n'est pas notre intention de revoir le modèle de financement des écoles
privées.
• (11 h 50) •
Mme Ghazal : OK,
mais est-ce que... Le ministre n'a pas l'intention de revoir le modèle de
financement, ça, je l'ai compris. Mais est-ce qu'il a l'intention de savoir
combien d'argent public nous donnons aux écoles privées confessionnelles? C'est
une autre question, celle-là.
M.
Drainville : Non, je comprends. Mais on n'a jamais demandé le statut
confessionnel des écoles. Ce n'est pas un critère de financement. Et on n'a pas
l'intention de revoir le modèle de financement des écoles privées.
Mme Ghazal : Est-ce que le ministre a l'intention de demander
combien d'argent public est donné aux écoles privées confessionnelles?
M.
Drainville : Mme la Présidente, ce n'est pas un critère de financement,
le statut confessionnel des écoles. On ne
l'a pas demandé par le passé, on ne le demande pas aujourd'hui. Et ce que le
dis, c'est que le modèle de financement des écoles privées,
actuellement, ne fait pas... ça fait... En fait, la refonte ou la révision de
ce modèle-là ne fait pas partie de nos priorités.
Mme Ghazal : On
ne l'a pas demandé dans le passé, on ne le demande pas aujourd'hui. Donc, pour
le futur, allons-nous le demander ou pas? Allez-vous le demander ou pas pour le
futur?
M. Drainville :
Ça ne fait pas partie, Mme la Présidente, de nos priorités.
Mme
Ghazal : Donc, non, les Québécois ne sauront pas combien
d'argent public est donné à des écoles privées confessionnelles.
Pour
continuer dans le thème des écoles privées, il y a le rapport de la Commission
consultative de l'enseignement privé, à la page 70, où l'école
Sainte-Anne ne respecte pas le cadre légal applicable pour les services
d'enseignement au secondaire. Les frais imposés excèdent largement les montants
autorisés. C'est quoi, le montant autorisé de plus que le plafond qui est
permis par la loi?
M. Drainville : Pouvez-vous répéter
votre question? Le montant autorisé... Comment vous avez dit ça?
Mme Ghazal : Oui. Textuellement, ce
qui...
M. Drainville : Là, vous citez un
article de... Vous citez l'article de Radio-Canada, là?
Mme Ghazal : Non. Je cite... J'ai
devant moi, à la page 70, le rapport de la Commission consultative de
l'enseignement privé, peut-être que l'article de Radio-Canada a repris ça, qui
dit que «le collège de Sainte-Anne ne respecte
pas le cadre légal applicable pour les services d'enseignement secondaire,
puisque les frais imposés aux parents excèdent largement les montants
autorisés». De combien ces montants-là excèdent-ils les montants autorisés?
M. Drainville : Mme la Présidente,
on va faire une recherche pour donner une réponse correcte à la question de la
députée.
La Présidente (Mme Dionne) : Donc,
vous vous engagez à revenir avec la réponse?
M.
Drainville : Bien, on est en train de chercher l'information,
là. Plutôt que de dire n'importe quoi, je préfère qu'on s'assoie...
qu'on s'assure que l'information est exacte.
Mme Ghazal : Merci.
La Présidente (Mme Dionne) : Merci.
Mme Ghazal : Il me reste combien de
temps?
La Présidente (Mme Dionne) : Il vous
reste une minute.
Mme Ghazal : On a vu les enseignants
qui sont à bout de souffle. Il y en a beaucoup qui quittent. On sait, il y en a
qui quittent en début de carrière. Est-ce que le ministre sait combien
d'enseignants et d'enseignantes quittent leur emploi ou ont quitté, par
exemple, dans la dernière année, et les raisons?
M. Drainville : ...toujours en train
de chercher l'information. J'aurais voulu vous répondre.
Mme Ghazal : Ah! mais vous avez le
temps cet après-midi.
M. Drainville : Excusez-moi. Alors,
je vous écoute.
Mme
Ghazal : Donc, par rapport aux... je n'ai plus... je n'ai
plus beaucoup de temps, enseignants à bout de souffle, combien quittent
leur emploi? Combien ont quitté leur emploi dans la dernière année?
M. Drainville : Très bonne question.
On va chercher la réponse puis on va vous la... on va vous la donner, Mme la députée Mercier, dans la mesure où j'ai la
réponse, OK? Parce que j'ai un enjeu de données. Je l'ai dit déjà, là, j'ai un
enjeu de données. Et donc je vais voir si je suis capable de vous donner une
réponse précise à cette question-là.
Mme Ghazal : Oui. Le ministre avait
déjà dit qu'il avait un enjeu de données qui faisait qu'il ne savait pas non
plus combien d'enseignants étaient manquants.
M. Drainville : Exact.
Mme Ghazal : Là, c'est pour ceux qui
quittent. Est-ce qu'il le sait maintenant?
La
Présidente (Mme Dionne) : Le temps est malheureusement écoulé. Je dois
passer au prochain bloc. Alors, je cède la parole à Mme la députée de
Saint-Laurent de l'opposition officielle.
Mme
Rizqy : ...dernière question : Êtes-vous à l'aise de
confier la transformation numérique d'environ 240 millions de
dollars à votre collègue qui était le conseiller pour SAAQclic?
M.
Émond : ...que le ministre fait sa réflexion, j'invite la
collègue, peut-être, à se nommer, entre collègues, par nos titres
officiels, là. Moi, quand je regarde dans la... les collègues, des ministres...
Mme
Rizqy : Bien, je l'ai... le ministre responsable de la Cybersécurité
et de la Transformation numérique.
M. Émond : Oui.
Je n'ai pas entendu ça. C'est ça.
La Présidente (Mme
Dionne) : OK, oui. Oui, ça avait été dit. Merci.
M. Émond : Excellent.
Merci.
Mme Rizqy : Ça
a déjà été dit.
La Présidente (Mme
Dionne) : Merci.
M.
Drainville : ...
La Présidente (Mme
Dionne) : À vous, oui.
M.
Drainville : Le processus de transformation numérique au sein du
ministère de l'Éducation est réalisé par le ministère de l'Éducation. C'est le
ministère de l'Éducation qui accompagne les centres de services scolaires dans
cette transformation numérique.
Mme Rizqy : ...au
niveau du transport, c'était le ministère du Transport, mais qui était
accompagné par le ministère de la Transformation numérique. Est-ce que ce sera
aussi le cas en éducation? Est-ce que vous allez avoir un accompagnement du
ministère de la Transformation numérique ou non?
M.
Drainville : Mme la Présidente, il y a, au sein du ministère, une
direction qui est responsable de tout ce qui
concerne le numérique. Nous... Ça existe déjà. C'est cette direction, donc, qui
va accompagner les centres de services scolaires dans la transformation
numérique.
Mme Rizqy : Donc, le ministre
responsable de la Transformation numérique, vous n'allez pas retenir ses
services de consultation?
M. Drainville :
Mme la Présidente, il est évident que le leadership... le leadership de
cette transformation numérique est exercé par le ministère de l'Éducation.
Évidemment, il y a du travail qui se fait en collaboration avec le ministère de la Transformation numérique, le
ministère de mon collègue le député de La Peltrie. Alors, évidemment, il y a du travail de
collaboration qui se fait. Mais le leadership premier de cette
transformation-là, c'est au ministère de
l'Éducation que nous l'assumons. Et évidemment, Mme la Présidente, il y a, à
l'intérieur de cette transformation-là, un certain nombre de règles qui s'appliquent, notamment en matière de
protection des renseignements personnels. Et on s'assure, évidemment, de
respecter ces règles-là. Et, encore une fois, il y a du travail de collaboration
qui se fait entre notre ministère et le ministère responsable de la
Transformation numérique et de la Cybersécurité.
Mme Rizqy : Merci. Bien, je me pose
la question parce qu'au numéro 1RP-CMN-4, annexe 39, Comité consultatif
sur la Transformation numérique, le ministre responsable n'est pas dans la
liste du... Est-ce une erreur, un oubli ou c'est volontaire?
M. Drainville :
Vous voulez dire le ministre responsable de la Cybersécurité?
Mme Rizqy :
Et de la Transformation numérique. Son titre est double.
M. Drainville :
Oui, oui, oui.
Mme Rizqy :
Il est responsable de la Cybersécurité et de la Transformation numérique.
M. Drainville :
Non, c'est parce que vous parliez d'un ministre.
Mme Rizqy : Or, sur Comité
consultatif de Transformation numérique, à l'annexe 39 des cahiers...
CMN-4, vous mettez les membres du comité, nulle part on n'en fait
mention. À l'annexe 3.1, il n'est pas non plus dans les membres du comité.
Et à l'annexe 2 non plus, on ne fait pas référence au ministre responsable
de la Cybersécurité, alors qu'à
l'annexe 3.1, c'est le sous-comité de la Cybersécurité, et
l'annexe 2, c'est le chantier d'intelligence numérique. Alors, on
met beaucoup «d'intelligence numérique», «cybersécurité», mais le ministère qui
a été créé pour venir aider n'est dans aucun de vos comités.
Alors,
je me pose la question : Est-ce que c'est volontaire? Puis vous pouvez me
dire... Pas besoin de commenter le pourquoi que c'est volontaire. On doit tous
comprendre le pourquoi, là. Mais est-ce que c'est volontaire ou c'est
juste un oubli?
M. Drainville : Bien,
ce n'est ni l'un ni l'autre, Mme la Présidente. C'est le comité du ministère de
l'Éducation, qui est constitué du ministère, de l'Association des comités de
parents anglophones, de l'Association des administrateurs des écoles anglophones, l'Association des
directeurs généraux de centres de services scolaires anglophones... ou commissions scolaires anglophones, Association des
directions générales scolaires du Québec, Association montréalaise des
directions d'établissement, Association québécoise du personnel de direction
des écoles, Association
québécoise des cadres scolaires, Fédération des comités de parents du Québec,
Fédération québécoise des directions d'établissement d'enseignement,
Regroupement des comités de parents autonomes du Québec, Association des cadres
scolaires du Grand Montréal, Fédération des établissements d'enseignement
privés, Fédération...
Mme Rizqy :
...de ceux qui sont présents.
La Présidente (Mme
Dionne) : Laissez le ministre...
M. Drainville :
Et nous, Mme la Présidente, nous, nous étant le ministère de l'Éducation,
ça, c'est notre comité, on travaille avec tous ces gens-là pour faire la
transformation numérique. Et, quand il y a des enjeux, Mme la Présidente, de transformation numérique pour
lesquels nous avons besoin de l'expertise du MCN, nous nous tournons
vers le même MCN, qui, à ce moment-là, collabore avec nous. Il n'y a pas
d'enjeu, Mme la Présidente.
Mme Rizqy :
Vous n'avez pas... C'est une question simple. Je n'ai pas besoin que vous
me faites la nomenclature de ceux qui participent, moi, je vous pointe ceux qui
ne participent pas puis je vous demande : Est-ce que c'est normal qu'on a
créé un ministère de Cybersécurité et de la Transformation numérique, et que
vous allez consacrer 240 millions de dollars, et que je ne voie pas
nulle part que les membres, soit d'un comité interne ou externe... alors qu'il
y a plein de partenaires, vous venez de me faire la nomenclature de plein de
partenaires qui vont vous aider, mais votre collègue, qui est ministre de
Cybersécurité et de la Transformation numérique, est mis sur les lignes de
côté? C'est correct. C'est un constat.
• (12 heures) •
M. Drainville : Mme la Présidente... Mme
la Présidente, je ne sais pas par quelle formule je dois le répéter, là, mais
on est en lien avec le ministère de la Cybersécurité et de la Transformation
numérique. Quand il y a un enjeu, on leur parle. Mais le leadership de la
transformation numérique au sein du ministère de l'Éducation, c'est d'abord et
avant tout le ministère de l'Éducation qui s'en charge et qui travaille avec
ses partenaires, dont j'ai fait une liste à peu
près complète, pour s'assurer que cette transformation-là se fasse. Mais, s'il
y a des enjeux, à un moment donné, qui requièrent l'expertise du ministère de
la Cybersécurité et de la Transformation numérique, il y a une collaboration
très... très active et très correcte qui se fait.
Mme Rizqy :
Bien, moi, j'en vois un, enjeu, là : SAAQclic. Habituellement, c'est
qu'on veut s'assurer que, si on crée un ministère, c'est qu'il doit être
pertinent. Si vous investissez 240 millions de dollars pour faire une
transformation numérique et que vous avez un collègue qui a plaidé sa cause
pour la création de son nouveau ministère,
ça vient avec des outils, habituellement. Alors, moi, je trouve ça particulier,
je vais le dire ainsi, mais, regardez, c'est juste un constat.
Je
n'ai pas beaucoup de temps puis... Je vais aller directement à une autre
question qui est très, très pertinente. Puis je suis sûre que vous
connaissez l'école Madeleine-Bergeron. Vous connaissez bien cette école, qui
est dans la magnifique capitale nationale?
M.
Drainville : Oui, bien sûr.
Mme Rizqy : Madeleine-Bergeron, vous savez que c'est une école
spécialisée avec un mandat suprarégional?
M.
Drainville : Bien sûr.
Mme Rizqy : Vous
savez que cet enjeu n'est pas nouveau. On a posé la question en mai 2021,
c'était ma collègue de Westmount—Saint-Louis.
Vous avez reçu une lettre signée par 20 médecins de la Capitale-Nationale.
Pour la mise en contexte, pendant que vous ouvrez les cahiers...
M.
Drainville : Bien, je vais répondre à votre question, Mme la députée,
si vous le souhaitez.
Mme Rizqy : Oui, c'est ça, mais je veux faire la mise en
contexte, parce que je ne pense pas que... à moins que vous me dites que vous
connaissez l'enjeu de l'école Madeleine-Bergeron. Est-ce que vous connaissez
l'enjeu ou...
M.
Drainville : Bien sûr.
Mme Rizqy : ...voulez-vous
une mise en contexte?
M.
Drainville : Bien sûr que je connais l'enjeu.
Mme Rizqy : Alors,
c'est quoi, la réponse?
M.
Drainville : Bien, qu'on travaille avec l'école et avec le
centre de services. Et j'ai dit... que ce soit directement ou par
l'entremise de ma... de mes porte-parole, j'ai dit qu'il n'y a aucun enfant qui
souffrirait d'un manque de financement à l'école Madeleine-Bergeron et je le
maintiens.
Mme
Rizqy : Alors, pouvez-vous nous dire pourquoi qu'en 2021
votre prédécesseur a dit... c'était un problème qui pouvait être réglé assez
rapidement et que c'était, en fait, une dédale administrative, et, deux ans
plus tard, on est encore exactement au même point?
M. Drainville : Mme la Présidente,
ce que je peux dire à la députée de Saint-Laurent, c'est que nous avons eu des
discussions très exhaustives avec la direction du centre de services et nous
avons trouvé une voie de passage pour assurer le financement de cette école.
Donc, nous avions dit...
Mme Rizqy : Pouvez-vous nous dire
c'est quoi, la voie de passage?
La Présidente (Mme Dionne) : ...terminer
le ministre.
M. Drainville : ...donc, nous avions
dit qu'aucun enfant n'allait être abandonné, et je maintiens qu'aucun enfant ne
sera abandonné. Et j'ajoute qu'une voie de passage a été trouvée, et, de cette
façon-là, aucun enfant ne sera refusé, l'an prochain, grâce à cette voie de
passage que nous avons trouvée en discutant avec le centre de services.
Mme Rizqy : C'est quoi, la voie de
passage?
M. Drainville : C'est encore des
travaux qui doivent se tenir pour, je dirais, assurer le... comment dire, le détail de l'entente, mais le... comment dire, le
principe est acquis, Mme la Présidente. Il y aura financement, financement
adéquat qui fera en sorte qu'aucun élève ne sera refusé l'an prochain à l'école
Madeleine-Bergeron.
Mme Rizqy : La question...
M. Drainville : On est en train
d'attacher cette voie de passage avec la direction générale, mais le principe
est acquis. Et donc là il faut aller dans le détail, comme c'est souvent le cas
dans ces ententes-là, il faut régler des questions de détails, mais le principe,
lui, est acquis, Mme la Présidente.
Mme Rizqy : C'est que vous me donnez
la même réponse que votre prédécesseur d'il y a deux ans. C'est mot pour mot
pratiquement la même réponse, là. On est deux ans plus tard.
M. Drainville : Oui, mais, Mme la
Présidente, mon objectif, moi, c'est de trouver une entente qui va nous
permettre de régler cet enjeu-là pas juste pour septembre prochain, mais pour
les années à venir. C'est ça, l'objectif que je me suis donné.
Mme Rizqy : Bien, moi, je partage le
même objectif que vous puis je vais vous la donner, la voie de passage, parce
que le dossier est assez simple. Puis moi, je vous connais, M. le ministre, je
vous connais et je sais que vous êtes une personne très intelligente, qui est
capable de comprendre de façon succincte. Voici l'enjeu. Cette école est
spécialisée en déficience physique. Une des médecins à qui j'ai parlé m'a donné
un cas précis. Un enfant peut arriver en première année, il marche à ce
moment-là, mais on sait déjà que, tranquillement, il va perdre cette motricité
et qu'à terme il risque d'être dans un fauteuil roulant. Les services sont
donnés à même cette école que les gens qualifient dans le réseau école-hôpital.
Pourquoi? Parce que tous les services du CHUL se déplacent à l'école.
Le problème qui est arrivé, qui n'existait pas
avant, c'est qu'on avait besoin d'une seule cote pour avoir l'ensemble du financement. Donc, la cote, la
fameuse 36, c'était pour la déficience physique. Maintenant, on demande
aussi d'avoir une cote pour la déficience mentale. M. le ministre, vous êtes un
homme très intelligent, vous savez aussi bien que moi qu'une personne peut
avoir un handicap physique sans avoir un trouble mental. Mais la personne qui
est dans la chaise roulante a besoin de ce service à l'école. Je ne m'explique
pas, ni votre collègue qui était assis avant
vous sur cette chaise, pourquoi que, maintenant, on demande deux cotes, comme
si ce n'était pas déjà affligeant d'être... d'avoir une déficience
physique.
Alors, moi, il me semble que la voie de passage
est simple ici, c'est que vous devez revenir à ce qui existait déjà, une seule des deux cotes, vous obtenez le
financement, que vous avez soit une déficience physique, ou un trouble
au niveau de la santé mentale, ou une déficience intellectuelle grave, vous
obtenez la cote. Votre collègue qui est avec nous, député de Vanier-Les Rivières,
a, lui aussi, reçu ce courriel parce que ça se passe chez vous. Vous avez
répondu... Mon collègue a répondu aux parents que c'était réglé. Je suis malheureusement
dans l'obligation de vous dire : Non,
ce n'est pas réglé. Et là ça urge, parce que ces enfants ont besoin de ce
financement pour qu'on puisse continuer à offrir la gamme de services
auxquels ils ont droit.
Ici, il est question de médecins,
d'ergothérapeutes, de physiothérapeutes, tout ça se mobilise pour donner une chance à ces enfants, qui déjà sont affligés par
des troubles de santé, de pouvoir continuer leur apprentissage à l'école. Si le financement ne vient pas et que l'école n'est pas en
mesure d'accepter les nouvelles demandes, vous comprenez que ce sont les
parents qui vont se retrouver avec l'école à la maison et qu'on connaît déjà le
peu de succès, parce qu'on n'est pas capable d'offrir l'ensemble des services
que nous sommes capables de faire dans une école, parce qu'à l'école on a
beaucoup plus d'heures, c'est ça la différence.
Alors moi, M. le ministre, la voie de passage,
elle est, pour moi, très simple, elle est très claire. Êtes-vous capable de
vous engager, comme votre prédécesseur, à revenir à une seule des deux cotes
pour offrir l'ensemble du financement
complet et le faire dès maintenant? Parce que ça fait déjà deux ans qu'on nous
a promis ce changement-là.
M. Drainville : Mme la Présidente,
la plaidoirie de la députée de Saint-Laurent est très éloquente, j'y suis très
sensible. L'engagement que je prends, c'est que nous trouvions une solution
durable, pérenne, pour faire en sorte que cette école-là soit bien financée et
qu'aucun élève ne soit abandonné ou refusé. C'est là-dessus qu'on travaille. On
a une entente de principe. Il faut maintenant s'assurer que les détails soient
bien compris de part et d'autre. Mais mon objectif, Mme la Présidente, c'est
le même que celui de la députée de Saint-Laurent, c'est de s'assurer que ces enfants-là, qui vivent de
grandes difficultés, se trouvent bien dans cette école-là, qu'on réponde à
leurs besoins. Elle me propose un moyen, je l'entends. Est-ce que c'est
le moyen, le seul moyen? Est-ce qu'il y aura un autre moyen? Honnêtement, Mme la Présidente, ce qui m'importe à ce
stade-ci, ce n'est pas le moyen, c'est la fin, f-i-n, c'est-à-dire les
besoins des enfants et le financement correct, adéquat, pérenne de cette école
parce que les élèves en ont besoin. C'est ça l'engagement que je prends, Mme la
Présidente.
• (12 h 10) •
Mme Rizqy : Moi, je vous demanderais
aussi... Parce que la révision administrative qui demandait le code... le
code 24 et le code 36, 24, c'est pour la déficience intellectuelle
moyenne à sévère, et le code 36, pour déficience motrice grave, c'est un changement qui date du printemps 2021,
donc. Et nous, on a... ma formation politique, on a soulevé cet enjeu-là depuis le printemps 2021. Moi,
je demande que ce soit au moins rétroactif, parce qu'il y a un financement
qui est manquant.
Alors, ici,
là, ce n'est pas supposé de demander deux cotes. Il me semble qu'avoir la
cote 36, c'est amplement suffisant,
là, surtout que c'est une école qui est dite spécialisée pour des élèves avec
une déficience physique. On répond là clairement à un besoin. Et, je
vous rappelle, c'est la seule école spécialisée dans toute la région. C'est
pour ça qu'elle a un rôle suprarégional. Il n'y en a pas d'autre, école qui
peut offrir cela comme services, c'est la seule. Et vous la connaissez cette
école, elle est dans votre région. Alors, c'est mon plaidoyer, M. le ministre,
je vais vous revenir. Puis je vous le dis
tout de suite, là, les parents sont prêts même à se mobiliser pour venir au
parlement. Bien, moi, j'ose leur dire
prochainement qu'ils n'auront pas besoin de venir ici et qu'ils seront entendus
dans les meilleurs délais. Plus que deux ans.
Là, je vais vous amener à une autre école, le
centre de services scolaires des Laurentides. Je ne sais pas si vous le savez,
mais une décision qui est tombée par le centre de services scolaires... ou les
classes spécialisées, on revoit l'offre de
services pour des classes spécialisées avec des enfants qui ont des troubles de
langage. On retire les TES, pour
venir mettre les TES, donc, en éducation spécialisée, pour les classes aussi
dites régulières. En d'autres mots, on déshabille Pierre pour habiller
Paul. Par contre, Pierre, c'est celui que le besoin le plus criant dans le
réseau. L'enjeu, c'est le suivant, l'Ordre
des orthophonistes et audiologistes du Québec nous disent la chose
suivante : 80 % des enfants qui ont un trouble d'agressivité
ont, au départ, un trouble au niveau du langage. Et, si on a une classe
spécialisée, si on vient réduire l'offre de service dans la classe spécialisée,
est-ce que vous ne croyez pas qu'on est en train de déshabiller la mauvaise
personne?
M. Drainville : Bien...
Mme Rizqy : Et je tiens aussi à
ajouter une information, parce que le centre de services scolaires s'est défendu en disant : Oui, mais ils ont déjà
une orthophoniste. Dans la dernière année, quatre classes spécialisées, ils
n'ont eu aucune offre d'orthophonie,
aucune pendant un an, pas parce qu'ils n'ont pas affiché de poste, ils l'ont
affiché, mais il n'a jamais été comblé.
M. Drainville : Oui, mais c'est sûr,
Mme la Présidente, l'enjeu de la pénurie nous touche en matière d'orthophonie, mais ça touche également d'autres
classes de professionnels. Et évidemment, Mme la Présidente, on va continuer à
mettre les moyens financiers pour être capable éventuellement d'embaucher ces
personnes-là lorsqu'elles répondront aux offres d'emploi. Mais,
effectivement, dans certains cas, l'offre est là, est disponible, le poste est ouvert, mais on ne trouve personne pour le
combler. Ça, c'est un réel enjeu pas juste dans le réseau scolaire, mais, je
dirais, au sein de la société
québécoise en général. Mais ce n'est pas une raison pour abandonner, Mme la
Présidente. Ce n'est pas une raison pour baisser les bras. On va
continuer à travailler pour combler ces postes-là puis à essayer d'apporter de
l'aide aux enseignants d'autres manières, notamment par les aides à la classe
dont j'ai déjà parlé.
Pour ce qui est de la situation au centre de
services scolaires des Laurentides, Mme la Présidente, on va... on va
s'informer de ce qui se passe, et je vais à nouveau regarder, parce que... je
dis à nouveau parce que c'est arrivé à quelques reprises que la députée de
Saint-Laurent ou la députée de Mercier m'ont soumis des cas, des décisions
prises par les centres de services, donc, au niveau local. Et, de façon
générale, ma réponse a été d'expliquer, à partir de l'information que je recevais
des instances locales, d'expliquer la base de leur décision.
Mais j'en reviens à mon discours premier, Mme la
Présidente, lorsqu'un centre de services scolaires prend une décision, il est
redevable de sa décision. Les conseils d'administration sont composés notamment
de parents, de gens de
la communauté et du personnel scolaire. Et donc, lorsqu'ils prennent des
décisions, ils doivent rendre compte de leurs décisions. C'est aux
centres de services scolaires d'expliquer à leur population pourquoi ils ont
pris cette décision-là. Je pense que c'est important d'établir de plus en plus
le principe de la reddition de comptes des centres de services scolaires, Mme
la Présidente.
La Présidente (Mme Dionne) : Merci,
M. le ministre. Il reste 1 min 30 s.
Mme Rizqy : Merci beaucoup. Je vous
dis juste une chose, M. le ministre, un directeur d'école marche son école, un
DG marche son territoire, le ministre de l'Éducation marche l'ensemble du
réseau de l'éducation. Et c'est à vous de vous assurer, lorsqu'on fait des crédits,
que, lorsqu'on envoie de l'argent dans le réseau, ça doit répondre à des cibles. Et, au Québec, nous avons fait un
choix de société de nous assurer d'avoir ce filet de sécurité pour protéger
les plus vulnérables du réseau. En ce moment, les plus vulnérables du réseau,
je peux vous dire, ce sont des enfants HDAA,
des enfants qui ont soit une déficience, un trouble d'adaptation, et ils ont
besoin de ressources additionnelles. Je trouve qu'il y a en ce moment
une tendance qui se dessine où est-ce qu'on retire, à défaut de main-d'oeuvre,
des ressources spécialisées aux plus vulnérables pour les mettre dans le réseau
en général.
Et là rappelez-vous, là, le dossier que je vous
ai monté au niveau de la CSSDM, le CSSPI. Donc, on avait des enfants très vulnérables, avec la cote 33 ou
la cote 36, où est-ce qu'eux ont perdu leur service itinérant
d'orthopédagogues pour dire qu'on va saupoudrer partout dans le réseau
au lieu de s'attaquer, là, à ceux qui en ont le plus besoin et ceux qui, en
fait, de par leur cote, y ont droit, en plus. Moi, là, ça m'inquiète, cette
tendance, M. le ministre, parce que les ressources spécialisées,
malheureusement, on en a très peu. J'aimerais ça... j'aimerais ça qu'on en
scolarise plus.
La Présidente (Mme Dionne) : Merci.
C'est tout le temps qu'on avait pour ce bloc, donc merci beaucoup, Mme la
députée. Je cède maintenant la parole au gouvernement. M. le député de
Richelieu.
M. Émond : Merci beaucoup, Mme la
Présidente. Heureux de vous retrouver, Mme la Présidente, pour cette étape importante qu'est l'étude des crédits,
retrouver M. le ministre, que je salue, les collègues députés de tous les côtés
de la table et les équipes qui vous accompagnent.
Mme la Présidente, vous ne serez pas surprise si
je vais débuter mes interventions en parlant de formation professionnelle, un
sujet, vous le savez, qui me tient beaucoup à coeur. Et je suis toujours
heureux de parler de formation
professionnelle, mais d'autant plus depuis quelque temps, puisque le ministre a
inclus cette importante... cet important
volet en éducation qu'est la formation professionnelle dans ses sept priorités,
les sept priorités en éducation. Et
ça me réjouit, Mme la Présidente, parce que la formation professionnelle a
toujours été importante au Québec, dans le milieu de l'éducation, mais il l'est davantage, selon moi, en ce
moment, et pour plusieurs raisons, Mme la Présidente, parce qu'on a besoin plus que jamais, en ce
moment, des diplômés, des hommes et des femmes en formation professionnelle.
Je ne vous
n'apprends rien si je vous parle de pénurie de main-d'oeuvre, entre autres dans
les métiers techniques. Et M. le ministre et moi, on vient un peu du
même milieu. En fait, vous avez grandi, si je ne m'abuse, en face de chez moi, sur la rive nord du fleuve Saint-Laurent, en
face de Sorel-Tracy. Bon, là, Mme la Présidente, je vous... C'est un
petit secret que je vous dis, qu'on snobait un peu les gens de la rive nord,
hein, quand j'étais jeune, mais on avait beaucoup
de respect pour eux. Et beaucoup d'entre eux prenaient le traversier pour venir
travailler chez nous, à Sorel-Tracy, dans la capitale de l'acier. Donc,
je dis ça d'une façon un peu maladroite pour dire que M. le ministre et moi
avons beaucoup de respect pour les
travailleurs et les travailleuses qui oeuvrent dans des métiers techniques,
dans des métiers manuels. Et c'est, entre autres, ce que la formation
professionnelle tente d'atteindre comme objectif, de diplômer des jeunes hommes
et des jeunes femmes, parfois un peu plus âgés, vers des métiers plus
techniques.
Bon, je me dirige, Mme la Présidente, vers
l'importance de la valorisation de la formation professionnelle. Et cette
valorisation-là, on peut la faire de plusieurs formes, de plusieurs façons,
entre autres collectivement, je pense, comme
citoyens, comme citoyennes, en rappelant l'importance et surtout le degré
d'importance que prend un diplômé ou le diplôme de la formation
professionnelle. Et, moi, ça me réjouit tellement quand j'entends M. le
ministre dire sa phrase, que «chaque diplôme compte», trois mots très simples,
mais qui ont eu beaucoup d'échos dans le milieu de la formation
professionnelle, Mme la Présidente.
Moi, je vous... tiens à vous rappeler que j'ai
oeuvré dans ce milieu-là à la fin des années 90, début des
années 2000, et j'ai encore des antennes très présentes. Et le message a
tellement été bien reçu lors du cri du coeur de M. le ministre en incluant la formation professionnelle dans ses sept
priorités et en indiquant que chaque diplôme compte. Et, en me préparant
pour ce matin, je ressortais le taux de diplomation des étudiants en formation
professionnelle. Là, je vous parle, bien
entendu, de 2022-2021, mais 81,6 %, quand même, un chiffre qui est
intéressant et un chiffre... On peut peut-être se questionner si le
pourcentage ne pourrait pas être plus élevé, si, dans le contexte actuel, M. le
ministre... Mais d'autres collègues aussi ont visité des centres de formation
professionnelle, tout comme moi, et on se
rend compte que les employeurs, les entrepreneurs n'ont pas une tendance. Et je
vais le dire correctement, il faut être prudents pour s'assurer que
toutes les personnes qui s'inscrivent en formation professionnelle se rendent
jusqu'à l'obtention d'un diplôme qualifiant. Pourquoi? Parce qu'en ce moment on
pourrait être tentés, de la part de la classe des
gens d'affaires, de venir chercher nos jeunes avant même qu'ils aient obtenu
leur diplôme, hein, on le voit, là, dans des formations techniques, là.
Je vous donne un exemple. En usinage, après, à peine la moitié ou 70 %,
ils ont les compétences que les gens d'affaires pourraient juger suffisantes
pour dire : Viens-t'en chez moi, j'ai une job tout de suite pour toi.
• (12 h 20) •
Puis, moi, dans mes
visites de centres de formation professionnelle, Mme la Présidente, c'est un
message que j'envoie aux étudiants, aux étudiantes : Toffez, restez
jusqu'à la fin, complétez afin de sortir de là avec un diplôme qualifiant en
main, parce que, et je n'ai pas de boule de cristal, Mme la Présidente, mais il
suffirait que le cycle économique s'inverse
pour que ces personnes-là, qui ont eu un emploi mais qui ne sont pas diplômées,
pourraient être les premiers à être licenciées advenant le pire. Bon, là, je me
tourne tranquillement vers M. le ministre, parce que ce n'est toujours
bien pas un monologue, mon affaire, Mme la Présidente, pour lui parler de sa
volonté... de sa priorité, j'allais dire sa septième priorité, mais non, on ne
va pas les catégoriser par ordre d'importance. Moi, j'ai tendance à plutôt la
tirer vers le sommet des priorités. Mais, blague à part, j'aimerais savoir, M.
le ministre... Parce que je sais que vous
avez visité également des centres de formation professionnelle. Tantôt, vous
avez parlé de Saint-Agapit, hein, avec les cabanes en bois... à moineaux
en bois. Je ne vais pas, quand même, vous questionner sur la composition
desdites cabanes ou quels types d'oiseaux étaient-elles destinées à recevoir...
M. Drainville : Mais la photo est
sur les réseaux sociaux...
M. Émond : On va aller voir ça...
M. Drainville : ...si vous voulez
voir les cabanes.
M. Émond : ...on va aller voir ça
avec beaucoup de plaisir. Puis on va tenter d'identifier quelles sortes de
volatiles pourraient s'accommoder desdites cabanes, Mme la Présidente. Mais,
blague à part, M. le ministre, vous avez
fait et vous faites encore beaucoup de terrain dans les centres de formation
professionnelle. Et j'aimerais savoir, de votre part, si vous entendez
les mêmes choses que moi, les besoins du milieu, et comment... quel est votre
souhait... Comment souhaitez-vous que les
sommes investies en formation professionnelle se retrouvent concrètement sur le
terrain?
M. Drainville : Oui. Bien, Mme la
Présidente, je n'ai pas compté le nombre d'écoles depuis... Je n'ai pas compté combien
de... Je recommence. Je n'ai pas compté combien de semaines se sont écoulées
depuis que je suis ministre de l'Éducation,
mais je suis rendu à 35 écoles. Ça fait que je dois être pas loin d'une
par semaine en moyenne, puis j'ai l'intention de continuer à les
visiter. Je remercie le député de Richelieu. Quand je vous disais qu'il est
passionné par la formation professionnelle, vous en avez vu un bel exemple il y
a un instant.
D'abord, je tiens à préciser, Mme la Présidente,
oui, j'ai été élevé en face de Sorel, mais on ne disait pas qu'on était de la
rive nord, on était sur les îles, nous autres, les îles... on disait les îles
de Berthier, Sorel. Ça fait qu'on était
quelque part entre les deux. Et, comme les gens de Sorel, on n'hésitait pas
parfois à se définir comme barbotte. On
était fiers de notre... Oui, bien oui. Alors... C'est un poisson, ça, Mme la
Présidente, les barbottes. Très bien. Alors, il y en a beaucoup dans
notre coin, effectivement.
Alors, formation professionnelle. D'abord, j'ai
fait un investissement... On a annoncé un investissement de 80 quelques
millions en janvier. On était très fiers de ça... enfin, en février, devrais-je
dire, pour être plus précis. Et j'avais dit,
à ce moment-là, Mme la Présidente, que l'argent allait servir notamment, bon,
oui, à la modernisation de la formation professionnelle, mais à assurer
notamment des petites cohortes. Parce que vous qui êtes députée de
Rivière-du-Loup, Mme la Présidente, vous savez très bien que, dans nos régions
parfois, c'est difficile de combler les classes en formation professionnelle, des fois, il
en manque... il manque une inscription ou deux inscriptions pour atteindre,
mettons, le chiffre de 10, mettons, là,
c'est ça, la règle, là, on jase, là. Admettons que ça prend 10 inscriptions
pour offrir la formation, des fois, on est à huit, on est à neuf, puis là, en
vertu des règles, on ne l'offre pas parce qu'il n'y a pas assez
d'inscriptions, bon.
Alors, l'argent qu'on a investi au mois de
février va viser, justement, à assurer que certaines de ces petites cohortes
soient... comment dire, que le cours soit donné pour ces petites cohortes. J'ai
des exemples. Par exemple, centre de
services scolaires des Chic-Chocs, ça, c'est en Gaspésie, on va offrir le
programme de DEP plomberie, chauffage même s'il n'y a que neuf élèves
qui se sont inscrits. Centre des services scolaire de la Baie-James, le
programme assistance à la personne en
établissement et à domicile, un DEP, on va l'offrir, même si la cohorte, c'est
six inscriptions, six élèves, on
l'offre quand même. Centre des services des Appalaches, ça, c'est dans le beau
comté de Mme la députée de Lotbinière-Frontenac, Thetford Mines, le
cours de secrétariat, un DEP, huit élèves inscrits, on l'offre, bon.
Puis l'objectif, Mme la Présidente, c'est
d'assurer la pérennité de ces programmes-là. Parce que, si tu ne l'offres pas une année, d'abord, tu ne permets pas
aux élèves qui voulaient s'y inscrire d'aller chercher cette formation
professionnelle que l'on souhaite pour eux, pour elles, mais, deuxièmement, il
y a toujours le risque, si on n'offre pas la
formation, qu'à un moment donné le prof va dire : Regarde, je vais aller
faire autre chose de ma vie, et l'année suivante, quand on aura assez
d'inscriptions en vertu de la règle, qu'on ne puisse pas offrir le programme.
Ça fait que
c'est important, madame... Mme la Présidente, dis-je bien, dans les régions en
particulier, d'offrir, donc, ces petites... cette formation professionnelle
pour les petites cohortes. Et l'argent, donc, qui a été dévolu à la
modernisation de la formation professionnelle va servir à ça notamment. Et là
je vous parlais de l'annonce de 80 millions en février, ça, c'était, dans
le fond, tiré du budget de l'an passé. Là, dans le budget qui a été déposé il y
a quelques semaines, on parle de
200 millions qu'on investit à nouveau en formation professionnelle, et ça
va nous permettre, Mme la Présidente, oui, de continuer à moderniser
notre formation professionnelle, ça va nous permettre d'assurer les petites cohortes, peut-être pas toutes les
petites cohortes, mais certaines petites cohortes qu'on ne pourrait pas offrir
autrement. Donc, l'argent est là. On va
également donner aux centres de services... aux centres de formation
professionnelle les moyens d'acheter de l'équipement moderne, parce que,
dans certains cas, effectivement, l'équipement n'est pas assez moderne. Les jeunes s'inscrivent en FP, ils
regardent l'équipement sur lequel ils apprennent, après ça, ils s'en vont
en stage entreprise et ils se rendent compte que, dans le fond, l'équipement de
l'entreprise est plus avancé que l'équipement sur lequel ils apprennent.
Puis
ça, il faut faire attention à ça, parce qu'à un moment donné, s'il y a un trop
grand écart entre les deux, il y a un risque que les jeunes
disent : Bon, bien, regarde, moi, là, je vais lâcher l'école, puis je vais
aller travailler dans l'entreprise, là, na,
na, na. Puis là tu as le patron qui dit : Regarde, viens-t'en, lâche
l'école, viens-t'en chez nous, puis moi,
je vais te former. Puis moi, je dis, je l'ai dit publiquement, j'ai dit aux
employeurs : S'il vous plaît, ne faites pas ça, gardez les jeunes à
l'école, parce que vous allez être gagnants. Vous allez être gagnants d'avoir
un élève qui a son diplôme, parce qu'il va aller chercher des connaissances
puis des compétences qui, une fois qu'ils vont être avec vous dans votre entreprise, à votre emploi, qui
vont lui permettre, ses compétences, ses connaissances, de s'ajuster plus
rapidement aux nouvelles technologies puis de continuer, dans le fond, à vous
donner un bon rendement. Puis lui, cette personne-là, cet employé-là, va être
heureux, va se réaliser, va bien gagner sa vie, etc.
Moi, là, là dessus,
Mme la Présidente, le député de Richelieu puis moi on pense pareil. Moi, là,
j'ai vu... j'ai été élevé, moi, sur l'île
Dupas. Mon père était agriculteur. Sur l'île, il y avait des agriculteurs puis
il y avait des ouvriers. Puis les
ouvriers, ils partaient le matin puis ils allaient travailler soit à
A. Richard, à Berthier, soit à la Marine Industries, à Sorel.
M. Rochette, Placide Guertin, M. Félicien, c'est tout du monde avec
lequel j'ai grandi, moi. Puis j'ai vu ces hommes-là,
fiers, partir, aller travailler manuellement, avec leurs mains, fabriquer des
choses utiles, être heureux, élever leur famille. C'est ça, mon optique.
C'est ça, ma philosophie en matière de formation professionnelle. J'y crois profondément et je pense que c'est une belle façon
d'assurer plus de réussite scolaire, augmenter, dans certains cas, notre
diplomation, permettre, en particulier aux garçons, de se réaliser.
On sait qu'on a un
enjeu au niveau du décrochage scolaire. Il y a un grand écart maintenant entre
les gars et les filles. Il faut maintenir notre taux de diplomation chez les
filles, puis, si on peut l'augmenter, tant mieux, on veut le maximum de
diplômés, mais il faut aussi s'occuper de nos garçons. Et je pense que la
formation professionnelle, ça peut être une très belle façon de les garder à
l'école, nos jeunes garçons, puis de les diplômer, puis, de cette manière-là,
d'augmenter notre taux de diplomation puis de les rendre heureux, puis ils vont
être utiles, puis ils vont bien gagner leur vie. On s'entend là-dessus, hein,
M. le député de Richelieu.
La Présidente (Mme
Dionne) : ...une minute, M. le député, une minute.
M. Émond : Une
minute pour dire combien, Mme la Présidente, le ministre vient de livrer,
encore une fois, un témoignage vibrant. Et c'est exactement ce que je disais
d'entrée de jeu, combien on sent, chez le ministre, la volonté de valoriser la
formation professionnelle. Et le message est très bien reçu par le milieu.
Je vois le temps
filer. Je veux prévenir M. le ministre qu'on va poursuivre notre discussion, en
après-midi, sur la formation professionnelle. Je vais m'abstenir... Même si on
peut parler un peu de géographie, quand même, en éducation, Mme la Présidente,
parce qu'il a quand même évoqué les îles du nord, je tiens à vous dire que je
suis un petit gars de Sainte-Anne-de-Sorel
plutôt que Sorel, là, c'est encore plus dans les îles. On se plaît à dire qu'on
apprend à marcher avec des bottes d'eau dans les pieds chez nous, Mme la
Présidente.
Mais
tout ça pour vous dire qu'on aura l'occasion, cet après-midi, de parler encore
de formation professionnelle. J'aurai d'autres questions pour M. le
ministre, parce que je l'ai entendu parler, avec justesse, des petites cohortes
qu'il faut soutenir, de l'inscription, de l'importance des régions, et on va
poursuivre ça ensemble après le dîner.
La Présidente (Mme
Dionne) : Merci beaucoup, M. le député.
Donc, effectivement,
compte tenu de l'heure, la commission suspend ses travaux jusqu'à
15 h 30. Merci à tous et à toutes.
(Suspension de la séance à
12 h 30)
(Reprise à 15 h 29)
La Présidente (Mme Dionne) : Alors,
bonjour à tous et à toutes. On va reprendre nos travaux. Je vous rappelle
que la commission est réunie afin de poursuivre l'étude du volet Éducation
préscolaire, enseignement primaire et secondaire des crédits budgétaires du
portefeuille Éducation pour l'exercice 2023‑2024.
Avant de commencer,
j'aimerais vous dire qu'un document nous a été déposé par Mme la députée de
Hull sur la liste des organismes qui
travaillent à l'élaboration d'un cadre de référence dans le cas des salles
d'isolement. Donc, le document sera disponible pour les membres de la
commission sur le site du Greffier.
Je suis maintenant
prête à entendre les interventions de l'opposition officielle. Donc, Mme la
députée de Saint-Laurent, la parole est à vous.
Mme Rizqy : Merci beaucoup, Mme la Présidente. On prendra
connaissance du dépôt de document, et peut-être que j'aurai d'autres questions
à cet effet. J'invite le ministre à la demande de renseignements généraux, le n° 09, RG09, Projets de développement informatique, infonuagique ou
de modernisation des systèmes informatiques au sein du ministère ou d'un
organisme.
On
nous réfère à un tableau de projets. Lorsqu'on clique sur le lien qui nous a
été indiqué, on voit qu'il y a une exploration des projets ciblés, gestion des
infrastructures de l'éducation et de l'enseignement supérieur. Il y a un
montant alloué de... jusqu'à 15 millions de dollars, le coût estimé
est à environ 11 440 000 $, et description du projet.
• (15 h 30) •
Donc, j'attire votre
attention sur la description du projet : «Évaluer l'état du parc
d'infrastructures reconnu aux fins de
financement selon les lignes directrices du Secrétariat du Conseil du trésor
et en assurer le suivi annuellement.» Il devait y avoir un dépôt pour
2021, puis, après ça, on a repoussé ça à 2022. Là, on est rendus en 2023.
Si je comprends bien,
on a dédié une enveloppe budgétaire d'environ 15 millions de dollars
pour avoir un outil informatique pour
évaluer le parc infrastructures des écoles, pour leur donner justement les
cotes A, B, C, D, E, le travail a été fait, je crois qu'on est à
91 %, même, de l'avancement du projet. En fait, c'est marqué, 91 %.
Là, je me demande la
question suivante : On indique qu'on met 15 millions de dollars pour
mettre ça dans un logiciel, mais votre
collègue en Infrastructures ainsi que le premier ministre ont déjà dit qu'ils
voulaient revoir les critères et qu'il y avait des gens qui
travaillaient pour revoir les critères en matière de la vétusté des écoles
parce qu'il y avait un doute qui émanait de... de vous, de vous et de votre
gouvernement, du premier ministre.
Alors,
je me... je veux savoir : Est-ce que ce 15 millions de dollars a
été bien investi ou est-ce qu'on devra ajouter encore d'autres sommes
suite aux travaux qui sont faits en parallèle par votre collègue en
Infrastructures?
M.
Drainville : Oui. D'abord, Mme la Présidente, j'aimerais déposer le
document sur les bâtiments scolaires non
inspectés. On l'avait déjà déposé à la commission, mais la députée de Mercier a
souhaité que nous redéposions le document. Alors, si un page veut venir
le chercher, ça me fera plaisir de...
La Présidente (Mme
Dionne) : Oui, ou je vous demanderais, M. le ministre, de l'envoyer
via le secrétariat de la commission.
M.
Drainville : Ah! mais je pensais que la députée...
La Présidente (Mme
Dionne) : Adresse courriel...
M.
Drainville : C'est déjà fait, ça.
La Présidente (Mme
Dionne) : C'est déjà...
M. Drainville :
C'est déjà fait, on l'a déjà
envoyé au secrétariat, là. On l'a envoyé il y a plusieurs semaines de
ça, là.
La Présidente (Mme Dionne) : D'accord.
Alors, on va vérifier si on l'a reçu, mais on prendra la version papier.
M.
Drainville : Très bien. Maintenant, pour répondre à la question de la
députée de Saint-Laurent, ce dont on parle ici, c'est de l'outil GIIES. C'est l'outil
GIIES dont on parle. Il est effectivement en fin d'implantation, et donc on va
continuer à le déployer parce que c'est justement le... c'est l'outil qui nous
permet, donc, d'évaluer l'état des travaux à réaliser. Donc, on rentre les
données dans l'outil GIIES, et ça nous permet, donc, de calculer la cote de
l'école, donc A, B, C, D ou E.
Maintenant,
Mme la Présidente, pour ce qui est du mandat que M. le député de... pas le
député, M. le ministre des Infrastructures a annoncé, dont il a discuté,
d'ailleurs, avec la députée de Saint-Laurent lors de ses propres
crédits, j'avais commencé, tout à l'heure, Mme la Présidente, à préciser qu'il
y avait à ce mandat deux volets. Il y a un volet inspection qui va
consister notamment à un audit à partir d'un échantillonnage d'école au départ,
échantillonnage qui sera, par la suite, élargi, et il y a, à l'intérieur de ce
mandat, donc, volet inspection, la révision de la méthodologie... méthodologie sous-jacente à l'évaluation de
l'indice de l'état des infrastructures. Et ça, on souhaite... enfin, le
ministère des Infrastructures souhaite le compléter d'ici
l'automne 2023. Et par ailleurs il y a un autre mandat, le mandat volet
utilisation des investissements. Et celui-là, il vise à réaliser un examen de
l'octroi des sommes requises pour les travaux qui sont de nature à avoir un
impact sur le bâtiment, etc. Donc, il n'y a pas d'opposition, Mme la
Présidente, entre les... l'outil qu'on utilise déjà et notre volonté de valider
la méthodologie.
La Présidente (Mme
Dionne) : En terminant, M. le ministre.
M.
Drainville : Bien, j'ai terminé, Mme la Présidente.
La Présidente (Mme
Dionne) : Merci.
Mme Rizqy : ...non,
moi, je voulais juste savoir, parce que, d'une part, on a investi jusqu'à
15,5 millions, on est à 91 % d'avancement du projet, mais vous ne
voyez pas ici qu'il est probable, si jamais d'aventure vous n'êtes toujours pas
satisfait des cotes reçues, que votre collègue le ministre des Infrastructures
revoit encore les critères, et, par conséquent, vous allez devoir remodifier le
logiciel, donc entraîner encore des investissements là-dedans?
M. Drainville : Bien, écoutez, Mme
la Présidente, j'ai... j'ai les propos que mon collègue a tenus pendant la... l'étude de ses propres crédits, là, et ce qu'il
vous a dit, Mme la Présidente, ce qu'il a dit à la députée de Saint-Laurent,
c'est : «On ne
vient pas remettre en doute les cotes, on veut s'assurer que les
investissements sont mis sur les éléments pertinents et les plus utiles, par exemple les investissements qui
concernent la vocation éducative et non, par exemple, un stationnement.»
C'est l'exemple qu'il a donné.
Mme Rizqy : Alors, je vais lire mot
pour mot : «Évaluer l'état du parc d'infrastructures reconnu aux fins de
financement selon les lignes directrices du Secrétariat du Conseil du trésor.»
Donc, le 15,5 millions sert à ça. On entre
les données, après ça on nous dit, par priorités, où aller mettre des
investissements. Alors, votre... le travail de votre collègue n'est pas en double en ce moment si vous
me dites que, justement, le logiciel permet de le faire. Mais, d'autre
part, vous voulez revoir comment prioriser, mais le logiciel, ici, ça vient le
dire, on évalue l'état du parc aux fins de financement.
M.
Drainville : ...Mme la Présidente, le logiciel, il applique une
formule mathématique, mais il ne priorise pas. Il applique une formule
mathématique. Alors, une fois que le logiciel a produit son résultat, nous, on
se livre par la suite à une analyse.
Mme Rizqy : Mais le logiciel, vous
êtes d'accord qu'il donne une...
M. Drainville : Pardon?
Mme Rizqy : Vous êtes d'accord que
le logiciel donne une cote, donne un chiffre?
Des voix : ...
M. Drainville : C'est ça. Le
logiciel, Mme la Présidente, produit un résultat quantitatif, n'est-ce pas?
Donc, c'est la valeur pour maintenir la qualité des infrastructures sur la
valeur de remplacement. Mais, une fois qu'on a cette cote mathématique, si on
peut dire, ce résultat mathématique, après ça il faut porter un regard
qualitatif.
Quand j'ai dit, Mme la Présidente, là, qu'il y
avait 400 écoles, si on prenait la valeur des travaux à faire sur le
bitume, sur l'asphalte, si on jouait avec la valeur des travaux à faire sur la
cour ou encore la valeur pour changer les câbles informatiques dans l'école,
juste avec ces travaux-là, on aurait 400 bâtiments, qui sont actuellement
des D ou des E, qui deviendraient des C, donc état satisfaisant, ou même, dans
certains cas, qui deviendraient des B ou des A.
Alors, Mme la Présidente, est-ce qu'on peut
prendre un moment pour valider la méthode et valider cette... l'application de
cette méthode et voir, au terme des travaux...
La Présidente (Mme Dionne) : En
conclusion.
M.
Drainville : ...au terme des travaux que le ministère des
Infrastructures va... auxquels il va procéder, est-ce qu'on peut
améliorer la méthode? C'est ça, l'objectif de l'exercice, Mme la Présidente.
La Présidente (Mme Dionne) : Merci.
Mme la députée.
Mme
Rizqy : Oui. Respectueusement, c'est que, si ma question
dure 15 secondes puis qu'il y a un 30 secondes de réflexion
avant de répondre plus une minute pour répondre, on est loin de la
proportion questions-réponses. Maintenant que j'ai dit ça...
La
Présidente (Mme Dionne) : J'entends ce que vous me dites. Et certaines
réponses, parfois, demandent quelques explications supplémentaires. On
est dans le technique aussi. Simplement...
Mme
Rizqy : Ah! mais c'est pour ça que je suis très
spécifique. Quand je nomme les cahiers de crédits, je dis le numéro,
c'est...
La Présidente (Mme Dionne) : Oui,
tout à fait, mais la réponse aussi mérite d'être expliquée. Merci.
Mme Rizqy : Merci, Mme la
Présidente. Alors, moi, ici, ce que je note, c'est que vous avez investi près
de 15 millions de dollars pour assurer, et je cite, «le suivi de la
résorption du déficit de maintien d'actif», que le logiciel vous permet de donner une cote mais que... et
votre... et votre collègue m'a dit que l'échantillon auquel vous faites
référence, ce sont cinq écoles sur plus de
4 000 établissements. Donc, vous voulez revoir un mécanisme, dont les
contribuables paient en ce moment près de 15 millions de dollars, basé
sur un échantillon de cinq écoles? Parce que ça, ça a été la réponse de
votre collègue en Infrastructures.
• (15 h 40) •
M. Drainville : ...la Présidente, on
commence avec un petit échantillonnage, c'est ce que le ministre des Infrastructures a déclaré déjà, et par la suite
l'échantillonnage sera élargi, là. Il n'est pas question de se limiter au petit
échantillonnage. Il y aura un premier
échantillonnage limité, et cet échantillonnage-là, donc, va prendre de
l'importance. Et donc on arrivera
avec un échantillonnage représentatif au terme... au terme des travaux. C'est
ce qui a été déclaré... Je ne sais
pas s'il l'a dit comme ça à la commission, là, mais c'est ça, le... c'est ça,
la nature des travaux qui seront menés, là.
Mme Rizqy : Et
ce sera combien, l'échantillonnage élargi?
Des voix : ...
M. Drainville : Alors, l'objectif,
donc, c'est de commencer avec cinq et de l'élargir à 25, et on verra si c'est
nécessaire de l'élargir encore davantage. Mais l'objectif, essentiellement, c'est
de voir est-ce que la méthode qui est appliquée par les centres de services est
confirmée, est-ce que les résultats, dans l'application de cette méthode-là,
sont confirmés par le deuxième exercice par une firme indépendante...
La Présidente (Mme Dionne) : ...M.
le ministre. Merci. En terminant.
M. Drainville : ...ou par les
experts indépendants.
La Présidente (Mme Dionne) : Merci.
Mme la députée.
Mme Rizqy : Merci beaucoup. Moi,
j'ai une question pour mon comté. M. le ministre, vous êtes au courant, je vous
ai interpelé, on s'en est parlé. Il y a deux écoles à ville Saint-Laurent
qui sont mises sur pause alors qu'elles étaient dans le projet... dans la loi,
pardon, qui a été adoptée, c'était le projet de loi n° 66, mais la loi qui
vise à accélérer des travaux. Donc, on a jugé, à l'époque, que ces écoles
étaient prioritaires. On a les terrains, on a le plan d'architecture. Moi, je
veux savoir, aujourd'hui, pourquoi deux écoles qui sont nécessaires à
ville Saint-Laurent...
M. Drainville : ...
Mme Rizqy : Bien, ça... elles
n'existent pas. Donc, il y en a un qui est sur le boulevard Marcel-Laurin, l'autre sur le boulevard Jules-Poitras. Juste pour
donner un contexte, là, le boulevard Jules-Poitras, là, c'est l'endroit, là, où
est-ce que j'ai la plus forte densité de population au Québec. Donc, c'est
beaucoup de monde qui sont desservis. D'ailleurs, je pense que ma collègue a
déjà... a grandi à côté.
Une voix : Oui.
Mme Rizqy : Merci. Alors, elle peut
témoigner à quel point que c'est un endroit où est-ce que la population est
très active et continue de grandir.
Moi, je veux
juste savoir, on a voté, on a mis de l'avant ces deux écoles-là. Pourquoi
qu'elles sont mises sur pause alors qu'on prévoit encore plus de nouvelles
portes à Saint-Laurent? On est passé de 90 000 à plus de
100 000 résidents. Là, on
est... on en est à 105 000, on continue de grandir. Je ne vois aucune
bonne raison de mettre les écoles sur pause. Alors, quel est l'enjeu?
M.
Drainville : ...bien l'école 3 et 4 de la liste
Saint-Laurent? Je veux juste être certain qu'on parle bien des mêmes écoles,
Mme la députée.
Mme Rizqy : Oui. Bien, on peut les
appeler Marcel-Laurin, Jules-Poitras, c'est le nom qui leur est donné, entre
parenthèses.
M. Drainville : Marcel-Laurin et?
Mme Rizqy : Jules-Poitras.
M. Drainville : Jules-Poitras.
Alors...
Mme
Rizqy : Puis, je vous dis, M. le ministre, là, le poids de
la population augmente. On a augmenté nos mises en chantier à
Saint-Laurent. On ne manque pas de monde, on manque de classes.
M.
Drainville : Oui. Alors, Mme la Présidente, il y aura une
réévaluation qui sera faite cet été, une réévaluation à jour qui sera
faite. La situation dont me parle la députée de Saint-Laurent, Mme la
Présidente, elle n'est pas la seule à vivre
cette situation-là. Ce qui s'est passé, c'est que, pendant la pandémie, il y a
eu effectivement des mouvements migratoires, donc des gens qui ont
quitté l'île, et donc il y a eu une baisse de clientèle liée à ces
mouvements-là. Alors, il faut en tenir compte, bien entendu, Mme la Présidente,
dans les prévisions que nous faisons.
Maintenant, on est conscients du fait qu'il faut
bien s'assurer que ces mouvements-là se confirment et que la réévaluation à la
baisse se confirme. Et donc on va procéder à une nouvelle évaluation, et elle
sera terminée cet été. Elle sera terminée cet été. Voilà.
Mme
Rizqy : Je vous le dis, là, je suis députée de
Saint-Laurent, là, je le connais, mon comté, en 10 ans, on a déjà plus de
10 000 résidents et on prévoit en avoir plus de 20 000. C'est
ça, notre capacité, nous autres. En ce moment, je n'ai aucune école qui
est en bas de 100 % de taux d'occupation. On refuse des élèves. Ville
Mont-Royal, qui est collée
sur moi, eux autres aussi, on a mis une école sur pause, alors que toutes les
écoles à ville Mont-Royal sont à plus de 100 % d'occupation. Après
ça, l'autre école qui est mise sur pause est à L'Île-Bizard, donc un autre
comté libéral, c'est un adon, j'imagine, et
finalement à... la troisième école, à L'Île-des-Soeurs, aussi mise sur pause, alors qu'eux autres
aussi sont plus qu'à 100 % de capacité.
M. le ministre, juste pour vous donner un exemple, il y a des élèves
présentement qui sont dans une tour à bureaux à L'Île-des-Soeurs.
Alors, je ne comprends pas pourquoi que, nous,
là, au Québec, après avoir voté le projet de loi n° 66, 11 décembre 2020, deux ans et quelques mois
plus tard... Non seulement on serait déjà, en ce moment, en chantier, là,
on serait capables de faire une belle annonce, puis vous, de vous avoir... Moi,
je vous invite dans mon comté, là, pour couper le ruban, là, je veux vous voir,
M. le... M. le ministre, dans mon comté, vous êtes le bienvenu, venez couper le
ruban. Mais moi, en attendant, là, je vous le dis, là, je ne veux plus avoir
d'élèves, en ce moment, là, où est-ce qu'on
est obligés de réquisitionner la bibliothèque, où est-ce qu'on est obligés, là,
d'avoir, là, des élèves, là, entassés dans les classes. M. le ministre, L'Île-des-Soeurs, on peut y aller ensemble. Je suis convaincue
que, si vous voyez des élèves dans
une tour de bureaux, vous allez me dire : Mme Rizqy, vous avez raison... désolée,
je me suis interpelée moi-même...
La Présidente (Mme Dionne) : ...
Mme Rizqy : Alors, vous avez raison,
on a...
La
Présidente (Mme Dionne) : On a... Merci, merci. On poursuivra au prochain
bloc. Merci beaucoup. Je suis prête à maintenant entendre le deuxième
groupe d'opposition.
M. Drainville : ...avec le... avec
le consentement...
La Présidente (Mme Dionne) : Non,
je... M. le ministre, on doit passer à la deuxième... on doit passer au
deuxième groupe...
M. Drainville : ...
La Présidente (Mme Dionne) : Il y a...
C'est tout le temps pour ce bloc-là, je dois passer la parole au deuxième
groupe d'opposition. Mme la députée de Mercier, à vous la parole...
Une voix : ...
La Présidente (Mme Dionne) : Je
reste... je réitère les règles. Il y a des blocs très importants de temps. Merci. On est dans les études de crédits
budgétaires, il y a des blocs à respecter. Donc, je cède la parole à Mme la
députée de Mercier.
Mme Ghazal : Oui. Vous allez avoir
le temps de revenir à ma collègue. Donc, moi, je voulais aussi aller sur une
autre école qui a été votée dans le projet de loi n° 66 et qui se trouve
cette fois dans le comté de Verdun. C'est à L'Île-des-Soeurs, et, dans le
programme, là, le PQI, c'est écrit que c'est encore en construction. Elle a été
mise sur pause aussi en octobre dernier. Qu'est-ce qu'on attend? Il y a
beaucoup, beaucoup de demandes, les citoyens, là... ma collègue la députée de
Verdun me dit que les citoyens sont mobilisés. C'était aussi une promesse. Et
là les gens se demandent : Coudon, pourquoi est-ce que c'est mis sur pause
depuis octobre dernier? Donc, après les élections, là, il y a eu un changement de député, mais ce n'est même
pas... ça ne concerne même pas la CAQ. Mais les gens se posent la
question. Ils sont... Ils ont très, très hâte. Ça fait très longtemps qu'ils
attendent pour ce projet de loi, puis ça fait longtemps qu'il est en attente.
M.
Drainville : Alors, Mme la Présidente, je ne veux pas
m'obstiner avec vous, là, c'est vous qui présidez, là, c'est juste que, quand
on... on peut, par consentement, pas... prendre une minute de plus, puis
c'est retranché du bloc d'après.
C'est juste ça. Ça nous permet, à ce moment-là, de... juste de terminer
l'échange. Mais il n'y a pas de problème, il n'y a pas de problème, on
le reprendra tout à l'heure.
La Présidente (Mme Dionne) : J'entends...
M. Drainville : Mais je veux juste
vous dire, je veux juste vous dire, Mme la députée de Mercier, je veux juste vous
dire, c'est à la demande du centre de services Marguerite-Bourgeoys que le
projet a été mis sur pause. C'est la même réponse que j'allais donner à la
députée de Saint-Laurent. C'est à la demande du centre de services
Marguerite-Bourgeoys. C'est le centre de services Marguerite-Bourgeoys qui a
demandé que le projet soit mis sur pause parce que, selon leurs évaluations, il
y a baisse de clientèle. Et là, et là, il y aura mises à jour des prévisions de
clientèle qui seront faites, et ils seront
terminés cet été. C'est la seule réponse que je peux vous donner. Ce n'est pas
moi, ce n'est pas moi, ce n'est pas au ministère de l'Éducation qu'on
fait les prévisions.
Mme Ghazal : ...une réponse? Ça va
être quand, que... Je veux dire, jusqu'à quand les parents puis les élèves qui
sont dans les tours à bureaux vont attendre d'avoir une réponse? C'est quoi, la
date?
M.
Drainville : Cet été, on aura la nouvelle évaluation, la nouvelle
prévision de clientèle. C'est cet été qu'on l'aura.
Mme Ghazal : Très bien. Je vais
transmettre l'information à ma collègue. Est-ce...
M. Drainville : Je veux juste dire,
là, moi, là, je ne suis pas... je ne suis pas là...
La Présidente (Mme Dionne) : ...j'ai...
c'était...
Mme Ghazal : J'ai... j'ai eu ma
réponse pour...
La Présidente (Mme Dionne) : La
parole est à Mme la députée. Oui.
Mme
Ghazal : ...je suis satisfaite de la réponse. Maintenant,
est-ce que... J'avais deux informations que j'avais besoin, là, par rapport au Collège Sainte-Anne
dans le rapport de la Commission consultative de l'enseignement privé,
où est-ce qu'on disait que le collège, même s'il a obtenu son permis, ne
respectait pas le cadre légal. Et les services qu'il facturait, là, aux parents
excédaient largement ce qui est... les montants qui sont autorisés. Combien?
M. Drainville : ...
Mme Ghazal : ...je vais laisser le
ministre chercher, là, tout à l'heure, aussi, on a pris du temps à chercher.
La Présidente (Mme Dionne) : Mme la
députée.
Mme Ghazal : Oui.
La Présidente (Mme Dionne) : Laissez
répondre le ministre, s'il vous plaît.
M. Drainville : ...le chiffre que
j'ai ici, c'est que le montant facturé en trop en 2021-2022 par le Collège
Sainte-Anne, il était de 47 $.
Mme
Ghazal : Ça, c'est : «Excèdent largement»? Parce que
ça, c'est le montant... c'est la réponse du ministère. Mais, dans le
rapport de la Commission consultative de l'enseignement privé, il dit... il ne
donnait pas de montant et il disait : «Excèdent largement». Ça ne se peut
pas, que ça soit juste 47 $.
• (15 h 50) •
M. Drainville : Mme la Présidente,
je cite le chiffre issu du rapport.
Mme Ghazal : Est-ce...
M. Drainville : 53e... si je peux
répondre, s'il vous plaît.
La Présidente (Mme Dionne) : Oui.
Allez-y, M. le ministre.
M.
Drainville : 53e rapport annuel de la Commission
consultative de l'enseignement privé, Collège Sainte-Anne, montant en
trop, 2021-2022, 47 $, pour 2022-2023, situation régularisée. Oui.
Mme Ghazal : ...est-ce que c'est
possible, quand on dit «les frais imposés», le 47 $, c'est un type de
frais, puis il y a bien d'autres frais que votre ministère ne mentionne pas?
Puis là peut-être... tu sais, on joue sur les mots. Dans le rapport de la
commission, c'est écrit «les frais», ça fait que ça... ça peut être plusieurs
choses. Est-ce que vous, c'est... par
exemple, le ministère regarde juste les frais de scolarité, il n'inclut pas
tous les autres frais? Parce que ça ne se peut pas que ce soit...
47 $ n'égale pas «excèdent largement». Ça ne se peut pas. Il y a un chiffre
qui manque quelque part. Mais je vais laisser le ministre... Si c'est... c'est
ça, la réponse, je... elle n'est pas convaincante, mais je vais la prendre
parce que c'est la seule que vous avez donnée.
M. Drainville : Mme la Présidente...
Mme la Présidente, ce que nous supervisons, ce que nous... ce sur quoi nous avons autorité, ce sont les frais
pédagogiques. Pour ce qui est des frais accessoires, ça relève des
établissements. Ce sont des établissements privés, Mme la Présidente. Donc, les
frais accessoires, ça relève des établissements privés.
Mme Ghazal : ...«excèdent
largement», peut-être que c'est...
M.
Drainville : Alors, le frais... les frais pédagogiques, ils
excédaient de 47 $, et la situation a été régularisée. Pour les
autres frais, je ne suis pas en mesure de vous en parler, Mme la députée.
Mme
Ghazal : Donc, la commission, elle, peut-être qu'elle
parlait de tous les frais. Si je veux savoir... Parce qu'elle dit
«excèdent largement». Si je veux avoir les autres frais, je vais où?
M.
Drainville : Vous vous adressez à l'institution. C'est une
établissement... c'est un établissement privé.
Mme Ghazal : Parce
que ce sont des frais non réglementés. Mais elle, elle dit qu'ils sont...
qu'ils excèdent largement ce qui est... ce qui est permis, donc... en tout cas,
je... Et ça va rester un point d'interrogation. Peut-être qu'eux... peut-être qu'eux, ils ont qualifié que 47 $, c'est
trop. Je ne suis pas capable de répondre à ça, ça ne reste pas clair.
J'ai une autre
question par rapport aux... les élèves en situation de handicap, les EHDAA,
handicapés, en difficulté d'adaptation et
d'apprentissage. Votre prédécesseur avait déjà dit, à plusieurs reprises, que
les frais, quand... quand il n'y a pas de service, là, pour donner des
services, en fait, à ces élèves-là, que les parents pouvaient aller au privé à cause des listes d'attente qui sont trop
longues et que le ministère, le ministre de l'Éducation, votre prédécesseur,
a dit que les frais d'orthophonistes, de
psychologues, psychoéducateurs et d'autres professionnels qui manquent à
l'école quand les parents vont à l'extérieur ou au privé, ils sont remboursés.
Combien est-ce que le ministère a remboursé comme montant aux parents?
M. Drainville :
Je vais vous... Je vais devoir,
Mme la Présidente, vérifier cette information-là. Mais, effectivement, il y a
des centres de services scolaires qui remboursent les parents. C'est
essentiellement une... c'est une politique qui est appliquée... En fait,
chaque centre de services a sa propre politique en la matière, là. Je vais, si
vous me permettez... si vous me...
Une
voix : ...
M.
Drainville : Ce sont les centres de services qui remboursent, c'est ce
que je disais, ce sont les centres de services, donc, qui ont chacun leur
propre politique, quand ils en ont une, il y en a qui n'en ont pas, mais il y
en a qui en ont. Puis effectivement il y a
des centres de services qui remboursent un montant d'argent, et c'est très,
très variable d'un centre de service
à l'autre. Alors, si vous me permettez, Mme la Présidente, on va faire des
vérifications, puis je vais revenir
avec une information plus complète parce qu'il y a effectivement... j'ai
effectivement des informations là-dessus.
La Présidente (Mme
Dionne) : Merci, M. le ministre.
Mme Ghazal :
...pour avoir les informations, ça, je vais attendre. J'ai un autre bloc. Mais,
juste pour être certaine, c'est-à-dire qu'il
y a des centres de services scolaires qui ont des politiques : «Si
l'enseignante, avec les professionnels, avec la direction d'école,
considère qu'un jeune a besoin de services et que le réseau public n'est pas
capable de les fournir, le ministère de l'Éducation assumera la facture du
réseau privé.»
Ce
n'est pas écrit : En partie, en totalité, puis le centre de services
décide. Ça, c'est ce que votre prédécesseur avait dit en
septembre 2021.
Il a réitéré aussi,
il y a un autre article de journal qui disait la même chose, toujours en
septembre 2021 :
«Québec
va rembourser les parents qui font appel au privé pour des services
d'orthophoniste, de psychologue, de psychoéducateur ou d'autres
professionnels qui manquent dans les écoles publiques.»
Là, ce que je
comprends, on... Pour le chiffre, je vais l'attendre, là. Je veux savoir c'est
combien, j'imagine que votre ministère l'a, combien ça a coûté, tous ces frais
facturés par le privé qui ont été remboursés aux parents.
Et
la deuxième information face à la réponse du ministre : Est-ce que la
politique de remboursement est différente, donc ce n'est pas comme le disait votre prédécesseur en
septembre 2021, le public va rembourser la totalité des frais encourus par
les parents?
M.
Drainville : Mme la Présidente, je veux juste que ce soit clair. Le
ministère ne rembourse pas les centres de services. Ce sont les centres de
services qui, à même leurs fonds, décident, dans certains cas, de rembourser
une partie des frais. Ça, c'est la première
chose. Donc, on va aller aux informations, et, si j'ai des informations plus
précises, ça va me faire plaisir de les déposer auprès de cette
commission.
Maintenant, pour ce
qui est d'une politique de remboursement à partir d'ici, de notre budget, là,
pour les parents qui décident d'aller au privé, il n'y a... il n'y a pas de
politique de remboursement.
Mme Ghazal : Bien,
en fait, peu importe le mécanisme, ce que votre prédécesseur disait en
septembre 2021 contredit ce que le ministre... vous êtes en train de me
dire. Vous dites que c'est chaque centre de services qui décide de sa politique, il peut rembourser en partie, ou
en totalité, ou pas, alors que le ministre... bien, votre prédécesseur
disait... Quand il dit «e ministère de l'Éducation», peut-être que c'est
les centres de services, là, puis il y a une mécanique, ce n'est pas grave, là. Lui, ce qu'il dit, c'est que
les parents... Heille! les parents, vous allez être remboursés, je m'engage à
ça. Puis là ce que le... vous dites, M. le
ministre, c'est : C'est chaque centre de services, il y en a qui vont
rembourser, il y en a qui ne remboursent pas.
Moi,
je vois là une contradiction entre ce que vous dites maintenant, aujourd'hui,
et ce que votre prédécesseur disait. Est-ce qu'il y a un changement dans
la décision qui avait été prise par votre prédécesseur en septembre 2021?
M.
Drainville : Alors, Mme la Présidente, ce sont les centres de services
qui offrent les services, et, lorsqu'ils ne
sont pas en mesure d'offrir les services, ils peuvent décider, dans certains
cas, de rembourser le recours au privé. C'est ça, la situation actuelle.
Mme Ghazal : ...qui pourraient
décider de ne pas le faire? La réponse peut être juste oui.
M.
Drainville : Bien... Bien sûr, bien sûr, bien sûr.
Mme Ghazal : OK.
Parfait.
M.
Drainville : Je ne suis pas en train de vous dire que tous les centres
de services ont une politique de remboursement. Ce que je vous dis, c'est qu'il
y en a certains qui ont une politique de remboursement et il y en a d'autres, je le pense, qui n'en ont pas. Ce n'est
pas... ce n'est pas... comment dire, ce n'est pas une approche uniforme
d'un centre de services à l'autre.
La Présidente (Mme
Dionne) : ...ce bloc-là. Je tenais à rappeler qu'on avait mis le temps
sur pause lors de nos échanges du début. Et,
M. le ministre, juste pour votre information, en tant que témoin, vous ne
pouvez pas demander consentement pour prolonger un bloc de discussion.
M.
Drainville : Pardon, vous dites?
La Présidente (Mme Dionne) : J'ai
dit : Je voulais juste vous spécifier qu'en tant que témoin à la
commission vous ne pouvez pas demander consentement pour étirer un bloc.
M.
Drainville : Ah, d'accord.
La Présidente (Mme
Dionne) : Je voulais juste préciser pour le bien de la commission. Je
suis maintenant prête à entendre Mme la députée de Saint-Laurent pour ce
deuxième bloc d'intervention de l'opposition officielle.
Mme Rizqy : Merci
beaucoup. Puis je pense que le ministre avait hâte de pouvoir continuer à échanger
sur cette question. Donc, vous, vous nous dites aujourd'hui que ce...
Marguerite-Bourgeoys vous demande de mettre sur pause plusieurs écoles, puis
vous, vous obtempérez?
Moi, je suis vraiment
surprise, M. le ministre, parce que, si, pendant des années, on demande d'avoir
des nouvelles écoles, basé, justement, sur des prévisions mais aussi sur l'état
des lieux, aucune école présentement n'a un taux
d'occupation d'en bas de 100 % dans mon territoire, aucune. Et je viens de
vous le dire, on a augmenté le poids de population déjà de 10 000 et on prévoit en avoir
20 000, nouvelles portes à ville Saint-Laurent,
20 000 nouvelles portes. Et
juste à côté de nous, au sud, vous êtes au courant du projet Royalmount? Juste
ce projet-là, c'est 3 000 appartements.
Moi, je suis étonnée,
M. le ministre, de votre réponse parce qu'en décembre 2020 c'était urgent
d'adopter le projet de loi n° 66 et
d'accélérer ces écoles. Je vous demande l'exercice suivant. Allons-y, faire le
tour de mes écoles, et dites-moi dans quelles de ces écoles je manque
d'élèves. Je n'en ai aucune que je manque d'élèves, au contraire.
Ne faisons pas
l'erreur de ne pas mettre la mise en chantier dès maintenant de ces écoles,
parce que les terrains sont présentement disponibles. On a arrêté les terrains,
on a le plan architectural de ces écoles et on a même le PQI. Alors, c'est à vous, comme ministre de l'Éducation, de vous
assurer que l'argent que le gouvernement met sur la table, compte tenu
des prévisions que nous avons...
• (16 heures) •
Et je vous rappelle
que Saint-Laurent est une terre d'accueil. Ce n'est pas des farces, je le dis
des fois en blague, mais ce n'est pas des
blagues, les gens arrivent à Dorval, juste à côté de moi, puis s'en viennent à
Saint-Laurent. Moi, j'ai CARI puis CACI, c'est les deux plus grands
centres d'accueil à l'immigration du Québec. Puis, même ma collègue qui est
ici, je peux même la prendre en exemple. Nous, à Saint-Laurent, là, les gens
arrivent, on les francise. D'ailleurs, elle est... son français est impeccable,
hein?
Alors, écoutez, c'est
ça. Nous, à Saint-Laurent, là, des enfants de loi 101, là, j'en ai plein,
plein, plein, mais on a besoin d'espace. Et je ne veux pas que vous me disiez
que vous allez avaliser la mise sur pause de deux écoles importantes à Saint-Laurent, où est-ce que ces
enfants-là sont déjà juste à côté. Jules-Poitras, là... Je vais vous montrer
le quartier. Ce sont ceux qu'on a besoin des
plus belles, c'est eux qui sont dans ce quartier-là, juste à côté de
Jules-Poitras.
M. Drainville :
Mme la Présidente, je vais me répéter, les dernières prévisions en
provenance du centre de services
Marguerite-Bourgeoys, le centre de services prévoit... Là, Mme la Présidente,
je le dis d'emblée, là, la députée de Saint-Laurent ne sera pas
contente, c'est... c'est... je la prépare. Le centre de services
Marguerite-Bourgeoys prévoit 2 000 élèves de moins d'ici 2026
dans Saint-Laurent. Bon, ça, ce sont les dernières prévisions de 2022. Et là on
est postpandémie, et donc il faut refaire un tour de roue, il faut mettre à
jour les chiffres, parce qu'effectivement il faut...
il faut se demander : Est-ce que ces chiffres-là, 2022... jusqu'à quel
point est-ce qu'ils étaient liés à la pandémie? Alors là, on est sortis
de la pandémie, il va donc y avoir mise à jour des chiffres, Mme la députée de
Saint-Laurent, et ça va se faire d'une
manière rigoureuse, comme on le fait toujours. On ne joue pas avec ces
chiffres-là, Mme la Présidente, là. Il y a... je veux dire, il n'y a pas
personne qui peut...
La Présidente (Mme
Dionne) : En conclusion.
M.
Drainville : Et les chiffres, ils sont basés sur des données en
provenance de l'Institut de la statistique du Québec, puis c'est également les données d'Immigration,
et il y a aussi un comité de travail, me dit-on, avec le MAMH, donc le ministère des Affaires municipales, pour
les nouveaux développements. Donc, on va chercher de l'information
également du côté de... du ministère des Affaires municipales pour arriver aux
bons chiffres.
La Présidente (Mme
Dionne) : ...Mme la députée.
Mme
Rizqy : C'est drôle, hein, parce que, si vous dites qu'il
y a une baisse de population à Montréal, pourquoi que l'école d'Anjou,
elle, elle va pouvoir avoir lieu? C'est parce que c'est dans un comté caquiste?
M. Drainville : Mme la Présidente,
moi, je ne fais pas de politique avec les écoles, là.
Mme Rizqy : Bien, moi, je m'excuse,
les seules écoles qui sont mises sur pause sont toutes dans des comtés libéraux
puis dans un comté, maintenant, qui est solidaire, alors que, dans... dans
Verdun, là, les enfants, ce n'est pas des
farces, sont dans une tour de bureaux. Puis vous, vous me donnez des chiffres
qui ne reflètent pas la réalité terrain.
Alors, je propose une chose : venez
rencontrer le maire de ville Mont-Royal, venez rencontrer le maire de
Saint-Laurent, Alan DeSousa. On va vous montrer où est-ce qu'on a eu plein de
nouveaux développements, où est-ce qu'on a
plein de nouvelles portes. Puis c'est des familles qui sont installées à ville
Saint-Laurent. Nous, là, on a, là, un endroit où est-ce qu'il y a
plusieurs familles avec plus d'un enfant.
Alors, est-ce que vous acceptez de rencontrer le
maire de ville Mont-Royal et ville Saint-Laurent? Et on va pouvoir vous montrer
les nouveaux développements qui sont déjà construits, habités par des familles,
puis les autres développements qui s'en viennent, parce que, rappelez-vous, on
a aussi le REM. Donc, moi, j'ai Royalmount, au sud de Saint-Laurent, j'ai plein de développements chez nous, plein de
familles, mais je n'aurai pas d'école. Elles sont mises sur pause.
M.
Drainville : Mme la Présidente, dans le cas d'Anjou, l'école
est déjà en construction. On ne met pas sur pause des projets en
construction, Mme la Présidente.
Mme Rizqy : C'est exactement ça que
j'ai dit.
La Présidente (Mme Dionne) : ...
M. Drainville : Alors, l'école est
déjà en construction, on va la terminer.
Pour ce qui
est des exemples de Saint-Laurent, j'ai dit et je redis qu'il y aura mise à
jour des chiffres. Alors là, là, je
trouve ça assez... je trouve ça assez — quel
bon mot utiliser? — audacieux,
tiens, je trouve ça audacieux, de la part de la députée de Saint-Laurent, de
laisser entendre que les données qui nous proviennent de l'Institut de la
statistique, qui proviennent du ministère de l'Immigration sont
influencées par des calculs autres que les faits...
Mme Rizqy : Non.
M. Drainville : ...c'est ce que...
c'est ce que vous...
Mme Rizqy : Non, ce n'est pas ça que
je dis, M. le ministre.
M. Drainville : Bien, ça ressemblait
pas mal à ça, là.
Mme Rizqy : Je vais le dire
clairement, ce que je dis.
La Présidente (Mme Dionne) : ...
M. Drainville : Vous...
Mme Rizqy : Je dis clairement que
les écoles qui sont mises sur pause sont dans les comtés libéraux, et une
autre, qui était dans un comté libéral, qui est rendue dans un comté solidaire,
est mise sur pause. Mais, étrangement, vous utilisez l'argument qu'il y a une
baisse de population à Montréal, mais il n'y a pas de baisse de population,
tout à coup, dans Anjou. Anjou, eux, ils peuvent construire leur nouvelle école
secondaire.
Bien, moi, là, je suis contente pour les gens
d'Anjou, mais je voudrais aussi me réjouir pour les gens de Saint-Laurent, pour
les gens de Mont-Royal, pour les gens de L'Île-Bizard, pour les gens de
L'Île-des-Soeurs, même si eux, là, en ce moment, là, leurs enfants n'ont pas de
nouvelles écoles. Et je ne trouve pas ça normal qu'un ministre me regarde droit dans les yeux et qu'il me
dise : Bien, moi, regardez, le centre de services scolaire me dit que tout
est beau. Alors donc, on devrait se
réjouir qu'on a des enfants dans une tour de bureaux à L'Île-des-Soeurs. Ça ne
fait aucun sens.
Et je vais aller plus loin, j'invite le ministre
à venir sur le terrain. Je vais lui montrer le quartier en question, à
Jules-Poitras, je vais aussi montrer l'école qui doit être sur le boulevard
Marcel-Laurin, avec tous les nouveaux développements, et il va pouvoir
rencontrer le maire de Saint-Laurent et le maire de Mont-Royal, qui vont
pouvoir vous expliquer les nouveaux logements familiaux qui sont bâtis. Ce
n'est pas des logements de trois et demie, là, qu'on est en train de faire, on
fait des cinq et demie. On fait des... On fait même des maisons de ville, là,
c'est pour accueillir des familles, puis ils prennent toujours preneur, là,
chez nous. Donc, on n'a pas de problème, nous, de population. Au contraire, ça n'arrête pas de... Toute notre croissance
démographique, à Saint-Laurent, n'a jamais chuté, on est constamment en
augmentation. C'est ça que je vous dis, M. le ministre.
Alors, acceptez-vous de
venir rencontrer le maire Alan DeSousa, pour ville Saint-Laurent, ainsi que le
maire de ville Mont-Royal pour voir sur les
lieux, effectivement, les nouveaux projets, ceux qui
sont déjà construits, des nouvelles portes, qu'on appelle, avec des
familles, puis les nouveaux projets qui vont être en construction, là,
présentement, là? Il y a plein de mises en chantier chez nous.
M. Drainville : Mme la Présidente...
Des voix : ...
La
Présidente (Mme Dionne) : S'il vous plaît! S'il vous plaît! Un petit peu de
discipline. Merci. M. le ministre, c'est à vous.
M. Drainville : Mme la Présidente,
si les chiffres qui nous parviendront et la révision qui se conclura cet été
sont à l'effet qu'il y aura hausse de la clientèle scolaire, bien, à ce
moment-là, on sera au rendez-vous. C'est tout.
Mme Rizqy : OK.
M. Drainville : Je ne sais pas
pourquoi est-ce qu'on fait une histoire avec ça, là. Qu'est-ce que vous voulez?
Les chiffres, les chiffres que nous avons
présentement, ne nous permettent pas de conclure qu'il y a hausse de clientèle.
Les chiffres que nous avons présentement prévoient une baisse de
clientèle. Mais, je l'ai dit, je le redis, il y aura mise à jour. Et, si, effectivement, les nouveaux
calculs sont à l'effet qu'il n'y aura non pas une baisse mais bien une hausse
de la clientèle, bien, à ce moment-là, on sera au rendez-vous. Qu'est-ce que
vous voulez que je vous dise de plus?
La Présidente (Mme Dionne) : Merci,
M. le ministre. Mme la députée.
Mme Rizqy : Gens de
L'Île-des-Soeurs, vos enfants continueront d'aller dans une école qui est
située dans une tour de bureaux. Ce n'est pas parce que... faute d'avoir
essayé.
Alors, maintenant, bris de service. En 2021, on
a demandé de savoir combien d'enfants étaient en bris de service, qui étaient scolarisés à la maison. Il y
a le dénombrement qui est dans un rapport final. 1 481 élèves à
l'éducation préscolaire, enseignement primaire et enseignement
secondaire en situation complexe ont vécu ou vivent un bris de service depuis
février 2021. 1 481, c'est quand même beaucoup. Et là, dans la réponse de
cahier de crédits, c'est le 1RP_EDUC-185, en date du 3 mars 2023, donc
deux ans plus tard, 2 562 élèves en situation complexe à l'éducation
préscolaire, en enseignement primaire et en enseignement secondaire ont vécu ou
vivent un bris de service.
À l'époque, ma collègue de Westmount—Saint-Louis
a interpelé à deux reprises le ministre qui était, à l'époque, présent, qui lui
avait dit qu'effectivement c'était un problème. On renvoyait à la maison des
enfants, et ce, malgré le fait que la
scolarisation est obligatoire, au Québec, jusqu'à l'âge de 16 ans. Les
parents se sentaient et se sentent toujours abandonnés.
Comment expliquez-vous aujourd'hui que le nombre
d'enfants en bris de service a explosé au Québec, ça a presque doublé, alors
que nous avons une obligation légale de les instruire?
• (16 h 10) •
M. Drainville : Oui. Alors, Mme la
Présidente, ici, on parle d'enfants, effectivement, donc, du préscolaire ou encore du primaire ou du secondaire qui ont vécu
une situation complexe, et donc ce que nous faisons à ce moment-là, c'est
que nous devons travailler avec le ministère de la Santé pour essayer de
trouver une solution pour permettre, justement, à ces enfants-là d'obtenir une
forme de scolarité. Et, oui, pendant cette période où nous cherchons une
solution, il est possible que ces enfants-là se retrouvent à la maison. C'est
ça, la... l'explication, Mme la Présidente. Donc,
ce sont des enfants qui vivent de très, très grandes difficultés. Et on essaie
de trouver des solutions, Mme la Présidente, mais c'est... ce n'est pas
toujours évident.
Mme Rizqy : Ça fait maintenant quand
même plusieurs années, là, que ça a été soulevé. Son prédécesseur a dit, je cite : «Je n'accepte pas que les
élèves soient laissés sans service à la maison. C'est quand même un nombre
d'élèves important.» À l'époque, c'était 1 481. On est rendus à
2 562 en date de mars 2023.
Voici ce qu'une mère dit : «Est-ce que mon
enfant est trop dérangeant pour l'école?» Sincèrement, là, je vais le dire ainsi, là, moi, ça me perturbe énormément.
On a une obligation légale d'instruction. Lorsque les parents se voient obligés
de reprendre leurs enfants à la maison et lorsque nous savons qu'il y a un bris
de service... Ici, l'enfant non seulement est pénalisé, mais, dans ce cas-ci,
la mère de Brandon a dû arrêter de travailler pour s'occuper de son enfant. Puis, dans bien des cas que nous recevons
dans nos cas de comté, c'est souvent la maman qui doit arrêter de travailler
pour s'occuper de son enfant. Puis, pendant ce temps-là, on a un enfant qui
n'est pas scolarisé au Québec. Je ne m'explique pas comment se fait-il que non
seulement on n'a pas revu et corrigé la situation, mais, pire, c'est que ça a augmenté.
2 500 élèves, c'est 2 500 élèves de trop.
Alors, moi,
je demande au ministre c'est quoi, son plan d'action. Puis est-ce qu'il va
donner suite au projet de loi de ma
collègue de Westmount—Saint-Louis pour s'assurer de la scolarisation de ces élèves? Ils ont droit à la
scolarisation.
M. Drainville : Oui. Mme la
Présidente, je suis très conscient de la difficulté que ça représente pour les parents de ces élèves-là. Ces élèves, ils étaient
à l'école. Dans certains cas, ils étaient en classe régulière, et ça ne s'est pas bien passé. Dans certains cas, ils étaient aussi en
classe d'adaptation scolaire, dans certains cas, ils étaient en classe spéciale, et ça ne s'est pas bien passé. Et donc,
ayant épuisé les recours, ces enfants-là se sont retrouvés, oui, à la maison
en attendant qu'on puisse trouver une solution de concert avec le ministère de
la Santé, avec les services de santé. Je laisse aux citoyens qui nous écoutent
le soin de s'imaginer de quel type de besoin ces enfants-là présentent. Ce sont
des enfants qui présentent effectivement de
très, très, très grands besoins, Mme la Présidente. Et donc c'est un... c'est
une situation extrêmement difficile que vivent ces enfants et que vivent
leurs parents.
Maintenant, Mme la Présidente, je tiens à
ajouter un élément d'information. En 2019‑2020, on investissait
2,8 milliards pour les enfants HDAA, donc handicapés ou en déficit
d'adaptation ou d'apprentissage. En 2019, donc, c'était 2008. En 2020, c'était 3 milliards.
Aujourd'hui, c'est 3,4 milliards. On a ajouté 558 nouvelles classes
spéciales dans le réseau public entre 2019 et 2022.
La Présidente (Mme Dionne) : Merci
beaucoup.
M. Drainville : On est passés de
3 465 à 4 191 classes spécialisées
La Présidente (Mme Dionne) : Merci,
M. le ministre. Merci.
M. Drainville : Donc...
La Présidente (Mme Dionne) : Alors,
il reste...
M. Drainville : ...s'ajuster à des
clientèles...
La Présidente (Mme Dionne) : Merci,
M. le ministre.
M. Drainville : ...qui sont de plus
en plus complexes.
La Présidente (Mme Dionne) : Oui. Je
demande à ce que les réponses soient courtes, comme les questions. Merci. Il
vous reste 45 secondes, Mme la députée.
Mme Rizqy : «...ils m'ont dit :
On n'est pas un centre hospitalier, sa place est à l'hôpital, mais mon fils
n'est pas malade, il est autiste.»
Donc là, on parle de plusieurs cas. Ce sont des
enfants autistes. Ils ne sont pas malades, ces enfants-là. Ils ont droit à la
scolarisation.
M. le ministre, je vous connais. Je veux que
vous mettiez tout votre poids politique là-dedans pour cesser les bris de service. Regardez le projet de loi de ma
collègue, travaillez ensemble, réalisez-le. Ces enfants ont droit à l'instruction
publique. Est-ce qu'on peut compter sur vous
pour être aussi leur voix? Parce qu'eux, ils n'en ont pas, de solution, les
parents, ni les enfants, et c'est à vous, justement, de vous assurer que le
chiffre n'augmente pas mais qu'il diminue. Ça devrait être l'exception,
le bris de service. L'école, c'est obligatoire...
La Présidente (Mme Dionne) : En deux
secondes, Mme la députée.
Mme Rizqy : ...je ne saurais plus le
plaider.
La
Présidente (Mme Dionne) : Merci. C'est tout le temps qu'on a pour ce bloc.
Je cède maintenant la parole au député de Matane-Matapédia.
M. Bérubé : Merci, Mme la
Présidente. Au Parti québécois, la priorité en matière d'éducation, c'est la réussite scolaire. Tout le reste, c'est des moyens
pour y arriver. Le ministre avait un chantier en sept priorités. La nôtre,
il y en a une : réussite scolaire. Et tout ce qu'on indique depuis ce
matin, c'est des moyens pour y arriver.
Je vais
donner au ministre un exemple très concret, une véritable classe québécoise de
quatrième année, comment ça se passe, la composition de la classe, et comment
on arrive à la réussite scolaire dans ces circonstances. 21 élèves. Avec
les cotes de difficulté, nous sommes au maximum à 26 élèves pondérés. De
ce nombre, deux élèves avec un trouble du
spectre de l'autisme, deux élèves avec un trouble du comportement, un élève
identifié douance, trois élèves avec difficulté d'apprentissage, un
élève avec problème de dyslexie ou de dysorthographie qui a besoin de soutien
technologique, sept plans d'intervention. Ça, c'est une véritable classe.
Dans ces
circonstances, il y a des limites à ce qu'on peut demander à des enseignants.
J'ai entendu le ministre parler des aides à la classe, j'ai vu le
reportage en exclusivité à TVA, j'ai regardé ça avec attention, mais il y a des
limites à ce qu'on peut faire avec l'aide à la classe. Je veux vraiment que le
ministre ne mise pas tout là-dessus, parce qu'il y a ce que l'aide à la classe peut faire, qui n'est pas d'ordre pédagogique, puis il y
a aussi le personnel d'adaptation scolaire.
Alors, j'aimerais qu'il ne me revienne pas sur
le projet, je l'ai vu, le reportage, mais je veux qu'il m'explique la
distinction qu'il fait, dans une classe, concrètement entre le personnel de
soutien, l'aide à la classe, et le personnel d'adaptation
scolaire. Parce que tous les cas que je lui ai cités ont besoin d'une attention
particulière. Donc, s'il y a un chantier pour
l'aide à la classe, très bien, mais l'autre chantier, on en est où pour avoir
du personnel spécialisé en adaptation scolaire pour une classe comme celle-ci?
M. Drainville : Bien, Mme la Présidente,
ce qui se passe dans ces cas-là d'abord, c'est qu'il y a... Un élève, par exemple, qui est... qui a un plan
d'intervention parce qu'il est... il a le trouble... il a un trouble du spectre
de l'autisme ou encore il y a eu diagnostic pour un TSA, trouble du
spectre de l'autisme, cet élève-là, dans les faits, dans le calcul du ratio de la classe, va représenter l'équivalent
de trois élèves. Dans certains cas, même, si je ne me trompe pas, ça peut
même être quatre, mais je crois que le chiffre, c'est trois.
Maintenant... Alors, dans une composition de
classe, par exemple, si on regarde, là, troisième du primaire... Bon, troisième
du primaire dans une classe qui n'est pas en milieu défavorisé, le ratio... le
chiffre maximum d'élèves par classe, c'est
26. Ça, c'est en troisième année du primaire. Alors, dans ce cas-ci, si on
prend l'ensemble des cas dont nous a parlé le député de Matane, ces
élèves-là, dont il nous a parlé, représentent plus qu'un élève, dépendamment de
la... des besoins que cet élève-là a. Alors,
ça fait en sorte qu'effectivement l'enseignant n'a pas devant lui ou elle n'a
pas devant elle 26 élèves, mais elle va avoir 23 élèves, elle
va avoir 20 élèves, dépendamment, donc, de la... du nombre d'élèves qu'ils
représentent.
Et là, dans ces cas-là, Mme la Présidente, ce
qu'on essaie de faire, c'est d'aider l'enseignante. Par exemple, s'il y a des techniciennes en éducation
spécialisée dans l'école, on va essayer de lui en fournir une, TES, pendant un
certain nombre d'heures par jour. On va essayer de... effectivement, de
lui donner les services d'un professionnel ou d'une professionnelle, s'il y en
a de disponibles dans l'école ou dans le centre de services.
Et, oui, Mme la Présidente, mon souhait, c'est
que des aides à la classe viennent prêter main-forte dans ces classes, en
particulier dans ces classes. Et le projet pilote est très concluant là-dessus,
il aide beaucoup, beaucoup les enseignantes. Et donc je souhaite qu'ils soient
déployés, ces aides à la classe, à l'avenir.
La Présidente (Mme Dionne) : Merci.
M. le député.
M. Bérubé : Merci au ministre. Je
veux quand même préciser la portée des actions que peuvent faire les aides à la
classe : accompagner les élèves, aider l'enseignante dans les tâches non
pédagogiques, assurer le bien-être et la
sécurité des élèves dans leur vie scolaire, point. Pas plus que ça. Il y a des
gens qui se sont spécialisés dans leurs études pour intervenir. Il y a
quand même une limite à ce qu'on peut faire. Et d'entendre, dans le cadre d'une
négociation, que c'est un élément fondamental, c'est une avancée intéressante,
j'en conviens.
• (16 h 20) •
Mais le deuxième chantier que le ministre
évoque, d'avoir du personnel spécialisé, je l'invite à poursuivre, c'est la meilleure voie possible, c'est d'assister
les enseignants et enseignantes. Vous savez, souvent, ce qu'ils nous disent :
Ce n'est même pas une... Ce n'est pas... Ce n'est pas... C'est du temps qu'on a
besoin pour faire vraiment notre tâche,
parce qu'on a beaucoup d'administration, puis des gens qui s'occupent bien des
cas plus difficiles, le reste, là, on est tout capables de faire. Puis,
évidemment, s'ils peuvent avoir des meilleures conditions, tant mieux, puis ils
le demandent, puis ils font bien. Ils regardent leurs voisins ontariens. Mais
c'est le soutien qu'ils ont besoin et c'est pour ça qu'ils sont épuisés. Donc,
je retiens du ministre qu'il va travailler là-dessus.
Et je fais tout de suite un lien avec un rapport
que le ministre a entre les mains, je ne sais pas s'il est public, le rapport
Ménard, alors, si le... oui, qu'on lui a... sur la composition de la classe,
qui doit être plus équilibrée. Il a reçu, début février, le rapport de Me
Jean-Guy Ménard, le conciliateur qui... un rapport majeur pour le quotidien du
personnel enseignant. Moi, je n'ai pas ce rapport, mais peut-être qu'il est déjà
public. S'il l'est, j'aimerais l'avoir, puis pour le bénéfice de la commission.
S'il ne l'est pas, j'invite le ministre à surpasser d'autres de ses collègues
en matière de transparence et de documents
puis à les devancer. Mais c'est... c'est important. Alors, il faut intervenir
pour éviter les classes à défis particuliers, semblerait-il, dans ce rapport,
puis on suggère de faire plus tôt et en concertation avec les acteurs
des écoles.
Qu'est-ce que le ministre pense du rapport?
Est-ce qu'il adhère à ses recommandations? Et est-ce qu'on peut l'avoir, ce
rapport?
M. Drainville : Oui. Mme la
Présidente, d'abord, juste pour être bien, bien clair, technicienne en
éducation spécialisée, plus aide à la classe, plus professionnel de
l'éducation, c'est, comment dire... l'un n'exclut pas l'autre. Quand je dis que
je veux plus d'aides à la classe, ça ne veut pas dire que je veux que ces aides
à la classe remplacent des professionnels de l'éducation ou des TES, là, ça
s'ajoute. Je voulais juste être clair là-dessus. Peut-être que je ne l'avais
pas été suffisamment.
Par rapport au rapport Ménard, Mme la
Présidente, le député a été très rigoureux en disant qu'effectivement c'est
un... c'est le rapport qui est le produit de travaux qui découlaient de la
dernière négociation de la dernière convention collective. Et donc, avant de
m'engager à le rendre public, Mme la Présidente, je veux quand même m'assurer
qu'il n'y a pas un enjeu par rapport à la négociation actuelle. Je ne voudrais
pas, comment dire, manquer à mes obligations.
Je ne sais pas jusqu'à quel point ce rapport-là est public ou doit être rendu
public. Je pense qu'il y a un enjeu au niveau des parties impliquées, et donc
je me dois, Mme la Présidente, de vérifier cela avant de prendre quelque
engagement que ce soit là-dessus.
M. Bérubé : Oui. Il n'y a pas
d'obstacle, selon moi, à ce qu'on rende public ce rapport. Je veux dire, il a
été payé avec des fonds publics, il appartient à l'espace public, il nous sert
à expliquer des situations. Il est pédagogique, c'est le
cas de le dire. Donc, j'invite le ministre à le rendre public, qu'on puisse
regarder quelles sont les solutions. C'est
ce bout-là qui m'intéresse, là. Pas de question de coûts dans celui-là, il n'y
a rien à caviarder. Il n'y a pas de coûts, il y a des solutions.
J'invite le ministre — ce
serait une bonne semaine pour faire ça — de rendre ça public.
Une voix :
...
M.
Bérubé : Oui,
avant d'arriver à ça... La collègue de Saint-Laurent, tout à l'heure, a parlé
de tours à bureaux.
M.
Drainville : ...
M.
Bérubé :
Tours à bureaux. Bon, il existe beaucoup de classes dans des roulottes, mais,
au ministère, vous n'appelez pas ça comme
ça, hein? C'est quoi, le nom officiel? Unités... Des unités modulaires. Des
classes avec des roues, tu sais, ça ressemble à une roulotte de
chantier.
Vous en avez combien,
de ça? Puis ça va-tu venir... ça va-tu devenir une habitude? Est-ce que ça
devient pérein? J'aimerais ça en savoir
plus. Parce que, là, ce n'est pas des tours, parce que ça coûte cher, c'est des
rallonges d'école des fois, quand on
manque d'espace. Je veux avoir le nombre exact de roulottes puis ils sont où,
quitte à ce que vous nous reveniez plus tard.
Des voix :
...
M.
Drainville : Mme la Présidente, on va effectivement regarder ce qu'on
a, là, sous la main. Si on n'est pas capables
de déposer un chiffre complet, un tableau complet, là, on va s'assurer qu'il le
devienne, qu'il le soit, complet, puis on reviendra avec les données
complètes.
Une voix :
...
M. Drainville : Alors, on me dit... on me dit que c'est 1 400, M. le député. Je
viens tout juste d'avoir le chiffre.
M. Bérubé : On
a le chiffre?
La Présidente (Mme
Dionne) : M. le député, laissez le ministre répondre, s'il vous plaît.
M. Drainville :
On me dit que c'est 1 400 classes modulaires. Et je suis d'accord
avec le député, Mme la Présidente, ce n'est pas l'idéal. Et la raison pour
laquelle on doit procéder avec des unités modulaires parfois, c'est... souvent, même, c'est parce qu'on a... on fait face
à une augmentation de la clientèle, et puis il faut bien scolariser les enfants.
Et donc ce n'est pas notre premier choix, les unités modulaires, Mme la
Présidente, mais parfois c'est...
La Présidente (Mme
Dionne) : En terminant, M. le ministre.
M.
Drainville : ...c'est une situation qui s'impose.
Maintenant, je veux
juste, en conclusion, Mme la Présidente, préciser le fait... J'en ai visité
plusieurs, unités modulaires, et ce n'est
pas... ce n'est pas des roulottes sur des roues, là, Mme la Présidente, là. Il
faut faire attention, là.
La Présidente (Mme
Dionne) : Merci.
M. Bérubé : J'ai
une photo dans mon iPhone.
M.
Drainville : Disons qu'il y a des... il y a des modèles...
M.
Bérubé :
OK.
La Présidente (Mme
Dionne) : Merci. M. le député.
M. Bérubé : Dans
la région de la Capitale-Nationale, il y en a pour 22 millions. C'est
quand même beaucoup d'argent. Et puis on
nous indique, là, en tout cas, que cet argent-là serait... c'est le résultat
d'une mauvaise planification, qu'elle serait mieux consacrée pour les
services aux élèves, c'est sûr.
Ce matin, le ministre
a répondu à des questions sur les écoles religieuses...
La Présidente (Mme
Dionne) : ...
M.
Bérubé :
...que je lui ai posées, et la députée de Mercier aussi, puis il avait indiqué
qu'il allait revenir, bien, le moment est
venu... avec des nouvelles données, qu'il allait nous revenir, cet après-midi,
sur les écoles religieuses. Qu'est-ce qu'il peut nous apprendre de plus?
M.
Drainville : La réponse que j'ai donnée ce matin tient toujours. Mais
je veux juste vous dire... avant de me faire couper, je veux juste vous dire
que le rapport Ménard, il est disponible sur Internet. Si vous allez sur le
site de la CSQ et sur le site de la FSE...
La Présidente (Mme
Dionne) : Merci beaucoup...
M.
Drainville : ...les deux centrales syndicales...
La Présidente (Mme
Dionne) : Merci, M. le ministre.
M.
Drainville : ...le rapport est déjà public.
M.
Bérubé :
Merci.
La Présidente (Mme
Dionne) : Merci. Merci. C'est tout le temps qu'on a pour ce bloc. Je
cède maintenant la parole du côté du gouvernement, avec Mme la députée de Hull.
Mme
Tremblay : Oui. Oui. Bonjour, Mme la Présidente. Donc, ce matin, j'ai
parlé des élèves, qui étaient au coeur de nos préoccupations, puis maintenant
je vais parler un peu des enseignants puis des enseignantes, puis ça va
m'amener à mes questions pour le ministre, mais... pour dire que j'ai passé
quand même 20 ans dans le milieu de l'éducation,
puis je veux parler... puis souligner... Puis j'ai vu... on a vu plusieurs
groupes, là, d'élèves ou... passer, là, aujourd'hui, en haut avec leurs
enseignants puis leurs enseignantes, puis je veux parler de l'effet enseignants
puis enseignantes puis de la contribution
qu'ils apportent à notre réseau de l'éducation, parce que c'est par dizaines de
milliers, hein, qu'ils rentrent chaque matin dans nos écoles, nos
établissements scolaires. Puis, oui, il y a... il y a plusieurs situations qui
sont rapportées dans les médias puis qui sont difficiles, qui sont
inadmissibles, puis mon collègue le ministre de l'Éducation puis mes collègues
députés ont rapporté ces événements-là, qui sont malheureux puis qui sont
vraiment inadmissibles.
Mais, ceci dit, je
pense que c'est important de souligner tout le travail qui se fait dans nos...
dans nos écoles par le personnel enseignant, tous les projets qui sont menés,
les enseignants qui, chaque matin, comme moi, là, parce que je l'ai fait quand
même pendant de nombreuses années, là, entrent dans leur classe, accueillent
leurs élèves avec une passion, là, puis avec cette volonté-là de transmettre
les connaissances, de faire cheminer ces élèves-là. C'est tellement beau, là,
c'est tellement beau, là. Quand je vois un groupe d'élèves ici, j'ai le goût de
me lever puis d'aller leur parler, de le...
parce que c'est beau, être dans une classe, puis parce que les enseignants sont
passionnés, puis il y a un travail qui se fait quotidiennement dans nos
écoles qui est beau, on ne l'entend peut-être pas assez souvent, tous les
projets, comment les élèves sont accompagnés par ce personnel-là.
Puis là je parle des
enseignants puis des enseignantes, mais je veux aussi parler du personnel de
soutien qui accompagne ces enseignants puis ces enseignantes-là, les directions
d'établissement, le centre de services scolaire. C'est tous ensemble qu'on est
là pour ces élèves-là, puis je trouve ça important de le mentionner.
Puis j'ai fait le
terrain pendant la campagne électorale, puis, vous savez, de rencontrer, là...
Puis c'est un beau cadeau, pour l'ensemble
des profs puis du personnel, de voir ces élèves-là qui ont grandi, qui sont
maintenant sur le marché du travail, parfois qui sont parents puis qui
viennent te dire : Merci pour ce que tu as accompli dans ma vie, pour ce que tu as fait pendant que j'étais dans ta
classe, je me souviens de toi comme enseignant, un enseignant de bonne
humeur, passionné, avec des beaux projets. Je pense, c'est important de
souligner l'apport des enseignants puis des enseignantes dans le quotidien de
ces élèves-là.
C'est
précieux, ce qui se passe dans nos écoles, puis je tenais à le dire parce qu'on
n'en parle malheureusement pas assez
à l'Assemblée nationale. On soulève, oui, des enjeux qui sont extrêmement
importants, puis je comprends qu'on en
parle, mais il faut aussi parler de ce qui est beau puis du travail qui est
fait, parce que c'est des milliers, milliers, milliers de personnes qui
sont dans nos écoles.
Ceci dit, c'est vrai
qu'il y a des difficultés dans notre réseau, puis je l'ai... j'ai fait face à
ces difficultés-là, comme enseignante, comme
présidente de syndicat, puis je suis toujours aussi intéressée puis passionnée
par l'éducation et... ce qui m'amène
à parler un petit peu, là, d'insertion, un peu, professionnelle, parce qu'on
investit aussi des sommes parce qu'il y a des enjeux, il y a une pénurie
au niveau du personnel enseignant, puis on a, bon, ça a été soulevé, du personnel
qui est non légalement qualifié dans nos écoles. Ceci dit, il faut comprendre,
là, que, bon, il y a différentes situations mais que la majorité, une forte
majorité ont déjà un bac, dans ces personnes-là. Puis le ministre... Puis c'est
important pour le gouvernement, c'est
même... d'avoir du personnel qui est qualifié, puis on met en place des
solutions, puis il y a quand même plusieurs millions qui est mis en
place à l'heure actuelle.
Donc,
moi, je... j'aimerais ça entendre le ministre parler un petit peu, là, de
qu'est-ce qu'on fait puis qu'est-ce qu'on va faire pour contrer, là,
cette pénurie de personnel, de main-d'oeuvre dans le réseau de l'éducation. On
est conscients que c'est une difficulté. Donc, j'aimerais ça vous entendre.
• (16 h 30) •
M.
Drainville : Oui. Merci beaucoup pour votre question, Mme la députée
de Hull. Je vous ai entendue parler de
formation, n'est-ce pas? Alors, c'est important, Mme la Présidente, de rappeler
que la loi prévoit 30 heures de formation
aux deux ans pour les... le corps enseignant. Donc, ça, c'est inscrit dans la
loi. Et les données probantes, les toutes dernières recherches en matière d'éducation
démontrent à quel point la formation est importante et à quel point elle
peut outiller les enseignantes et les enseignants pour leur permettre de
relever les immenses défis qu'ils vivent dans
les classes au quotidien. Et donc je dois dire, Mme la Présidente, que c'est
un... c'est une... c'est une préoccupation pour moi, puis j'ai l'intention de mettre l'accent là-dessus au cours
des prochaines semaines, au cours des prochains mois, la nécessité, donc, d'ouvrir toutes grandes les
portes de la formation continue pour nos enseignantes et nos enseignants.
C'est quelque chose qui est très, très, très
important. Parce que, si vous parlez, par exemple, à un expert, à un
spécialiste comme Égide Royer, il va vous dire que les données probantes
sont à l'effet que des professeurs, des enseignantes qui ont eu accès à de la
formation seront davantage en mesure de gérer les classes qui sont... dont la
composition est difficile, les classes dans
lesquelles on va retrouver, par exemple, beaucoup d'élèves à besoins
particuliers. Donc, c'est possible,
par de la formation continue, de donner à nos enseignants davantage d'outils
pour leur permettre de faire face à ces difficultés, et donc de répondre plus
adéquatement et plus efficacement — c'est
pour ça qu'on parle d'enseignement efficace — plus efficacement aux
besoins de ces élèves.
Et il ne faut pas
oublier les autres également, il faut s'occuper des élèves à besoins
particuliers dans la classe, mais il ne faut pas oublier également les autres
élèves de la classe. Et donc, plus de formation continue égale moins de
professeurs épuisés à la fin de la journée, par exemple. Alors, c'est sûr que
c'est dans notre intérêt collectif de mettre l'accent sur la formation
continue.
L'autre
élément que je veux porter à l'attention de la commission en réponse à la
question de la députée de Hull, c'est
la formation de 30 crédits que j'ai souhaitée, Mme la Présidente, dans mes
sept orientations, là, du début de l'année. J'ai lancé un appel pour
qu'on crée... pour que les facultés d'éducation créent des formations de
30 crédits. Parce qu'actuellement, si tu as un bac en français, en
mathématiques, en géo, en histoire, bref, dans une matière qui est connexe à ce qui est enseigné dans nos écoles ou
dans une matière qui est carrément enseignée dans nos écoles, si tu as un
bac de trois ans, si tu veux obtenir ton
brevet, tu dois passer par une maîtrise qualifiante de 60 crédits. Et moi,
dans mes tournées d'école, Mme la Présidente, je rencontre beaucoup
d'enseignants non légalement qualifiés qui me disent : Bernard, ça
n'a pas de bon sens, 60 crédits. Ça va me prendre cinq ans, ça va me
prendre six ans. J'ai des enfants à la maison,
il faut que je fasse ça à temps partiel, les soirs, les fins de semaine. C'est
bien de valeur, mais, non, je ne prendrai pas la maîtrise qualifiante.
Et c'est pour ça...
C'est en réponse à ça puis en réponse aussi, Mme la Présidente, à des experts
qui m'ont dit : Bernard, il faudrait revenir à une formation de
30 crédits, comme c'était le cas auparavant, on avait un certificat en
pédagogie qui permettrait donc à ces profs qui ont un bac d'aller chercher le
30 crédits en pédagogie, en gestion de la classe, par exemple, et autres
compétences, et qui leur ouvrirait la porte vers le brevet d'enseignant. Et la
bonne nouvelle, c'est que la TÉLUQ l'a
annoncé, la TÉLUQ va offrir, à partir de septembre prochain, cette formation de
30 crédits. Il y a déjà
plusieurs centaines d'enseignantes et d'enseignants qui se sont inscrits à
cette formation, Mme la Présidente, et je souhaite évidemment qu'il y en
ait d'autres.
Et je souhaite
évidemment qu'il y ait d'autres facultés d'éducation qui offrent ce
30 crédits, parce que ça va nous permettre de former les non légalement
qualifiés. Et l'espoir que j'ai, c'est que ça va amener des enseignantes... des
nouveaux enseignants, des nouvelles enseignantes, donc des personnes qui ont un
bac et qui pourraient se dire : Ça me tenterait peut-être, la carrière,
moi, en enseignement, surtout avec cette voie rapide de 30 crédits. Je
vais aller travailler comme prof non
légalement qualifié dans une classe, puis je vais prendre le 30 crédits,
puis, éventuellement, je vais devenir... c'est mon intention, devenir
enseignant, enseignante en bonne et due forme. C'est une belle voie.
Puis,
quand on parle des bonnes nouvelles en matière d'éducation, là, sur lesquelles
on n'insiste pas suffisamment, là, la
voie rapide du 30 crédits, là, à mon avis, elle n'a pas été suffisamment
soulignée, Mme la Présidente, dans la liste des bonnes nouvelles.
La Présidente (Mme
Dionne) : M. le député de Richelieu, il vous reste
1 min 30 s.
M. Émond : Merci
beaucoup, Mme la Présidente. Puis je remercie la collègue de Hull de me
permettre de souligner cette bonne nouvelle,
parce que, vous avez raison, M. le ministre, je pense que ce que vous venez
d'évoquer n'a pas été souligné
suffisamment. Parce que, tout comme vous, dans les nombreuses visites
d'établissements scolaires... beaucoup de gens nous parlent, beaucoup
d'enseignants, d'enseignantes nous parlent de cette voie rapide qui... Puis vous l'avez bien dit, M. le ministre, ça existait
à l'époque. Moi, je me rappelle de l'époque où on allait chercher, entre
autres, en formation professionnelle, j'y
reviens, des gens compétents dans leurs métiers, hein? Tu vas chercher un
soudeur qui est peut-être un peu en fin de carrière puis qui veut passer
à autre chose parce que ça peut devenir difficile de travailler dans un milieu
de travail en soudure, mais qui veut partager ses compétences avec des
apprenants, mais ce type-là ou cette dame-là
n'a pas de formation pédagogique. Et, à l'époque, on les amenait dans le milieu
de la formation professionnelle pour ensuite leur dire : Bien, on
va te donner des trucs en pédagogie, Mme la Présidente. Alors, ces gens-là
allaient suivre un certificat en pédagogie.
Alors, moi, je salue
la volonté du ministre d'avoir mis dans ses sept priorités, puis c'est avec une
joie à peine dissimulée que j'ai
pratiquement le goût de faire un crochet à côté de cette... puisque le ministre
l'a dit, hein? La TÉLUQ va de l'avant avec... puis je suis heureux d'entendre
qu'il y a plusieurs inscriptions qui vont en ce sens-là.
Puis pourquoi c'est
une bonne nouvelle, Mme la Présidente? Parce que, souvent, on parle des profs
qui sont formés en pédagogie...
La Présidente (Mme
Dionne) : ...tout le temps qu'on avait. Merci, M. le député.
Document
déposé
J'ai pris
connaissance du document transmis par M. le ministre de l'Éducation concernant
les bâtiments scolaires non inspectés selon la nouvelle méthode d'inspection.
Donc, j'autorise le dépôt de ce document. Il sera disponible sur le site
prochainement puis transmis aux membres de la commission sous peu. Je suis
maintenant prête à entendre les interventions de Mme la députée de
Saint-Laurent.
Mme Rizqy : Merci,
Mme la Présidente. Je tiens à remercier la députée de Hull pour le dépôt de
documents. J'ai pris connaissance de la
liste des intervenants. Je me permets deux suggestions au ministre. Dans la
liste des intervenants, il en manque deux que je considère importants,
que nous, on avait inscrits dans la liste de mandats d'initiative : la
Fédération québécoise de l'autisme, qui, je rappelle, a plus de 45 ans
d'expertise, et la Société québécoise de la déficience intellectuelle. Je crois
qu'on pourrait les ajouter, ça ferait une voix au chapitre, notamment pour le
point de vue des parents, et ceux qui ont
une expertise avec des enfants, et ceux avec une déficience intellectuelle ou
avec un trouble du spectre de l'autisme.
Et, d'autre part,
j'ajouterais ma deuxième suggestion : ça nous prendrait une date butoir
pour arriver avec le cadre que vous souhaitez mettre en place pour les salles
d'isolement. Je vois de l'interrogation, là. Donc, je faisais référence au
dépôt de documents par rapport au comité qui travaillait à regarder les salles
d'isolement. Donc, ce sont mes deux
suggestions, d'ajouter ces deux organismes aux discussions et d'avoir aussi une
date butoir. Si vous avez déjà une date butoir, j'aimerais savoir c'est
quand que, justement, ils vont devoir déposer leur rapport et, évidemment, de
rendre public ce rapport-là.
Maintenant, j'ai une
autre question, ça, c'était juste une suggestion, là, j'allais dans ma
question, centre de services scolaire Chemin-du-Roy, vous vous rappelez,
c'était l'allégation qu'un enseignant n'aurait pas mis une mais bien deux
élèves enceintes, je vous avais interpelé pour déclencher une enquête. Vous
avez déclenché une enquête. Est-ce bien
juste que le rapport doit être déposé au mois de mai pour le centre de services
scolaire du Chemin-du-Roy?
M.
Drainville : On me dit que je devrais avoir le rapport sous peu.
Mme Rizqy : Sous
peu?
M.
Drainville : Oui.
Mme Rizqy : Est-ce que vous allez le rendre public,
évidemment, en caviardant toute information qui pourrait identifier les
victimes ou des sources, un peu comme vous avez fait pour l'école
Saint-Laurent?
M.
Drainville : C'est le rapport préliminaire que je vais obtenir... que
je devrais obtenir très prochainement. Le rapport final, je devrais l'obtenir
fin juin, et, à ce moment-là, on aura, dans le rapport final, des
recommandations. Donc, je suis plutôt tenté, Mme la Présidente, de rendre
public ce type de rapport, mais je veux juste me garder une petite gêne, là, je veux juste m'assurer qu'il n'y
a pas d'enjeu au niveau, par exemple, des renseignements personnels ou au niveau de... peu importe la raison. Mais je
dirais, Mme la Présidente, si ça peut rassurer la députée de Saint-Laurent,
que moi, je souhaite être le plus
transparent possible, là. Donc, s'il n'y a pas d'enjeu à le rendre public, ça
va me faire très, très, très plaisir de le rendre public.
• (16 h 40) •
Mme Rizqy : Merci
beaucoup, M. le ministre. Je pense que ce rapport est très attendu par
l'ensemble de la communauté, et c'est au sens large, je ne parle pas de la
communauté uniquement scolaire, mais de la communauté québécoise.
Maintenant, moi, je
fais miens les propos du député de Richelieu. Tantôt, il a fait un plaidoyer
très éloquent pour la formation au niveau des élèves en formation
professionnelle. Et on n'en parle pas beaucoup, mais c'est très important, il
faut se rappeler que les DEP, c'est souvent des jeunes qu'on a été capables de
raccrocher. Et c'est tellement important de valoriser. Le député a fait aussi
mention qu'il y a eu des sommes d'argent qui ont été allouées pour permettre le
déploiement de cohortes même si on n'avait pas atteint le fameux seuil critique
pour être en mesure de démarrer une cohorte.
Maintenant, j'ai
besoin de l'appui du député de Richelieu ainsi que du ministre de l'Éducation,
parce qu'au centre de formation
professionnelle Kirkland, des élèves ont appris sur le tard, cette session-ci,
d'hiver, que leur programme pour être assistant dentaire ne pourrait pas
démarrer parce qu'il manquait des inscriptions. Et ce n'est pas la faute des enseignants, qui se sont démenés, écoutez, les
enseignants ont fait des vidéos Instagram, des vidéos sur TikTok, des vidéos
sur Facebook pour aller recruter des élèves et ils ont réussi à obtenir un
nombre suffisant d'élèves pour démarrer la cohorte.
Malheureusement, environ une dizaine d'entre eux et d'entre elles, qui se sont
inscrits, on leur a appris, à quelques jours
du démarrage de ce programme, que, finalement, ils ne pourront pas démarrer le
programme, ils devront attendre au mois d'août prochain pour avoir assez
d'inscriptions.
Après le plaidoyer,
que je crois très sincère du député de Richelieu, moi, je sais une chose, c'est
que, quand qu'un jeune raccroche, on ne peut
pas se permettre d'attendre au mois d'août pour le raccrocher à nouveau, parce
qu'on ne sait pas qu'est-ce qui peut arriver d'ici là, avec la pénurie
d'emplois, on peut se trouver un emploi temporaire qui devient permanent.
M. le ministre, je vous invite à nous dire haut
et fort, là, que, dans la mesure que vous, votre gouvernement, financez les DEP
même lorsqu'il manque des inscriptions... que c'est ça, votre vision, et que
vous souhaitez que ce soit
maintenu. Donc, si on a des cohortes qu'il manque deux ou trois élèves, bien,
qu'on les parte quand même, parce que la quinzaine ou... 18 élèves sur
20, là... il me semble que, quand on est à 18 sur 20 d'inscrits, on peut le
démarrer, le programme, et ne pas dire non à 18.
Et là j'apprends
qu'on est en train de perdre deux professeurs et demi, qui, eux, ont aussi
appris que, puisque leur programme ne part pas en février, bien, leurs postes,
maintenant, seraient coupés. Donc, on est en train de perdre une expertise. Et
j'apprends aussi qu'on pousse ces élèves vers d'autres formations, mais assistant
dentaire, on en a quand même besoin au Québec, et on est en pénurie aussi
d'assistants dentaires.
Alors, quelle est
votre vision, M. le ministre? Est-ce que vous y croyez avec le même plaidoyer
que votre collègue le député de Richelieu?
Alors, même si on manque quelques inscriptions... est-ce que, pour vous, le mot
d'ordre, c'est qu'on démarre le programme malgré les quelques
inscriptions qui manquent?
M.
Drainville : Juste avant de répondre à la question, Mme la Présidente,
une précision à apporter suite à ma réponse précédente. Dans le cas du
Chemin-du-Roy, le rapport préliminaire me sera transmis très prochainement.
Maintenant, le rapport final concernant le Chemin-du-Roy sera intégré au
rapport final des autres enquêtes, et ce rapport final devrait me parvenir
d'ici la fin juillet 2023. Donc, je m'excuse, j'ai parlé de juin, ce serait
plutôt juillet. Mes excuses.
Pour ce qui est de la
formation professionnelle, c'est mon souhait, Mme la Présidente. Le souhait
exprimé par la députée de Saint-Laurent,
c'est mon souhait, c'est le souhait également du député de Richelieu. On est
très, très engagés en faveur de la formation professionnelle. Et ce que
j'ai dit ce matin, c'est qu'il y a une partie des sommes que j'ai annoncées au
début de l'année, le 81 millions, là... puis il y a une partie des sommes
que j'ai... qui ont été inscrites au budget déposé récemment, qui doivent
servir, justement, à assurer le financement des petites cohortes.
Puis
j'ai donné des exemples ce matin, je ne sais pas si vous m'entendiez, Mme la
députée de Saint-Laurent, là, mais, par exemple : Chic-Chocs, en Gaspésie,
plomberie-chauffage, un DEP de neuf élèves, on va de l'avant, on garde le programme; Baie-James, seulement six
inscriptions au DEP Assistance à la personne en établissement et à domicile,
on est allés de l'avant, on a conservé le
programme, on a offert la formation; Thetford Mines, le centre de services des Appalaches,
DEP en secrétariat, huit élèves, on est allés de l'avant.
Cela
étant dit, Mme la Présidente, la décision finale d'offrir ou pas la carte,
comme on l'appelle dans le domaine de
la formation professionnelle, la décision finale, elle est... elle appartient
au centre de services. Mais, chose certaine, Mme la Présidente, quand je
dis aux centres de services : Je souhaite préserver les petites cohortes,
et nous avons une mesure budgétaire qui vise à vous donner le financement pour
vous permettre de préserver les petites cohortes, il est bien entendu que mon
orientation ministérielle, c'est de dire aux centres de services : Vous
allez, s'il vous plaît, faire tout en votre pouvoir pour préserver les petites
cohortes, d'autant plus que vous avez des sous pour le faire.
La Présidente (Mme
Dionne) : Merci.
Mme Rizqy : ...M.
le ministre. Moi, maintenant, M. le ministre, je veux voir comment qu'on peut
faire pour travailler ensemble, parce que c'est quand même des élèves qui sont
raccrocheurs. Il y a une expertise au niveau des enseignants, là. Je ne veux
pas identifier les enseignants parce que vous comprendrez que, quand il y en a
cinq, c'est assez facile, après ça,
d'identifier, si je dis : C'est cinq ans, 10 ans, 15 ans ou
20 ans d'expérience, là, mais, là-dedans, il y en a plusieurs qui
ont une expertise. Et d'apprendre que le programme est fermé, alors que nous
sommes à quelques inscriptions, disons qu'il en manque deux ou trois... Bien,
si j'en ai 15, 18, là... 15 ou 18 élèves, là, qui sont prêts, là, à
raccrocher et qui n'ont pas fait de demande auprès de vous, le centre de services
scolaire, pour, justement, financer les absences, là, de deux, trois élèves
pour partir un programme... comment qu'un élève aujourd'hui peut se tourner
puis se dire : Bien, moi, je veux vraiment être inscrit dans le programme
d'assistant dentaire? C'est quoi, son recours?
Des voix :
...
Mme Rizqy : Voulez-vous
que je rephrase?
Des voix :
...
M.
Drainville : Oui. Alors, Mme la Présidente, quand un centre de
services décide d'offrir une formation professionnelle, de façon générale, c'est
arrimé au besoin de main-d'oeuvre. Par exemple, l'information qu'on me transmet à l'instant, c'est que, pour ce qui est
du programme d'assistante dentaire, il y a un surplus de 140 personnes
dans ce secteur présentement.
Mme Rizqy : Non.
J'ai parlé avec des professionnels du réseau dentaire, puis non. Puis ça tombe
bien parce que mon dentiste a déjà été président de l'ordre, alors, non, il y a
une pénurie, là, ils en ont besoin, puis je vous le dis, là, pour vrai, là, M. le ministre, là, ils en ont vraiment besoin.
Puis il faut aussi savoir qu'il y a aussi l'intérêt des élèves, là. Donc, quelqu'un qui souhaite devenir assistant
dentaire, j'aurais beau lui dire : Bien non, tu t'en vas en ébénisterie,
si ça ne l'intéresse pas,
ébénisterie, ça ne l'intéressera pas. Puis l'objectif, c'est de les raccrocher.
Et, si vous avez une quinzaine, disons, qui sont intéressés à ce
programme-là, pour quelques inscriptions, pourquoi qu'on fermerait le démarrage
de cette cohorte au risque de les perdre? Parce que, s'ils ne démarrent pas fin
janvier, début février, puis qu'on leur dit : Réessayez-vous au mois
d'août, on va voir si, au mois d'août, on a atteint le quota, là, bien...
Moi,
au fond, à la fin de la journée, M. le ministre, là, je vous le dis clairement,
ce n'est pas de votre faute. Au contraire,
moi, là, je vous le dis, là : Bravo! Félicitations, là! Moi, je suis
d'accord avec vous, mais je veux que votre volonté politique, bien, elle
soit sentie dans le réseau puis que, lorsqu'il manque quelques places, bien,
ils frappent à votre bureau puis qu'ils
disent : OK, vous avez annoncé quelque chose, de l'argent
supplémentaire... Puis c'est une bonne chose, là, on devrait, tout le
monde, l'enregistrer, je le dis clairement, mais moi, je veux que ça soit appliqué,
et là, en ce moment, ce n'est pas appliqué, et on est en train de perdre une
expertise au niveau des enseignants dans le programme d'assistance dentaire, et
on vient dire à des élèves qui sont inscrits : Bien, on vous retrouvera au
mois d'août. C'est ça qui est inacceptable.
Ce n'est pas la volonté ministérielle, là. Je ne veux pas mettre des mots dans
votre bouche, là, mais je sais que ce n'est pas votre volonté. Vous,
votre volonté, c'est qu'ils raccrochent puis qu'en temps opportun ils soient
inscrits.
M.
Drainville : Mme la Présidente, moi je veux juste dire, là, que la
députée de Saint-Laurent et moi, là, on joue
pour la même équipe, là, puis le député de Richelieu, je suis certain qu'il
serait prêt à sauter sur la glace dans cette équipe-là également, là, puis mes autres collègues aussi, là. Ma
conviction, Mme la Présidente, là, puis ma volonté, là, en matière de formation professionnelle, là, elle
est... elle est... je ne sais pas comment le dire, là, mais j'y crois. J'y
crois, j'en suis profondément convaincu.
Et
savez-vous quoi? Il est temps de dire haut et fort, comme l'a fait la députée
de Saint-Laurent, que de choisir un métier dans la vie, c'est une belle
chose. Puis un diplôme est un diplôme, est un diplôme. Si on a des élèves qui souhaitent
se diriger vers une formation professionnelle, il faut les encourager à le
faire. Et j'en appelle en particulier aux
parents. Parce que, des fois, comme parent, on a un petit mouvement de
recul : Un métier? Vraiment? Es-tu certain? Tu ne veux pas aller à
l'université?, etc. L'idée, ce n'est pas de décourager quelqu'un d'aller à
l'université, ce n'est pas de lui dire, bon... ce n'est pas ça. On souhaite le
plus d'élèves possible qui prennent le chemin, que ce soit de l'université, ou du cégep, ou de la formation
professionnelle, mais il faut rétablir l'équilibre, il faut le dire publiquement
haut et fort que choisir un métier, c'est beau, c'est utile, ça va te permettre
de bien gagner ta vie.
Et donc on met des
sous dans le budget, Mme la Présidente, et je souhaite là-dessus, avec la
députée de Saint-Laurent, envoyer un message
très, très clair aux centres de services : Maintenez le plus possible les
programmes, et les petites cohortes en particulier. C'est ça, ma
volonté, Mme la Présidente, Mme la députée de Saint-Laurent.
• (16 h 50) •
La Présidente (Mme
Dionne) : Merci. Merci, M. le ministre.
Mme Rizqy : Moi,
si vous permettez, avec consentement, si le député de Richelieu veut qu'on
travaille ensemble dans ce dossier-là... Parce que moi, j'y crois, je crois
sincèrement que, qu'ils soient 12 ou qu'ils soient 15, si on est capables de les raccrocher, bien, c'est un élève à la fois
qu'on va raccrocher au Québec. Puis, oui, effectivement, un diplôme,
c'est un diplôme, c'est un diplôme. Alors, ça, je termine là-dessus.
M.
le ministre, je veux vous amener à un enjeu que mon collègue et mon voisin de
comté, le député d'Acadie, a mis
plusieurs fois de l'avant, qui est une réalité qu'on parle très peu mais qui
est très importante : les élèves des écoles au Nunavik. Ça a été révélé
par Ariane Lacoursière dans La Presse, le 21 janvier dernier, qu'une douzaine d'enfants de
13 ans ont eu carrément des bris de service, qu'ils ne sont pas allés à
l'école depuis le mois de septembre car aucun enseignant
n'était disponible pour donner des cours. Et on apprend aussi que... dans
l'éditorial de La Presse du 13 février dernier, que les élèves de septième année du
village d'Inukjuak n'ont pas fréquenté l'école de septembre à janvier, qu'il y a également 84 élèves de la fin du
secondaire qui n'ont eu que trois semaines d'enseignement en sciences, alors
qu'il s'agit d'un cours obligatoire pour obtenir le diplôme d'études
secondaires.
Sachant
le taux de diplomation déjà très faible des élèves des Premières Nations, quel
est votre plan pour remédier à la situation?
M.
Drainville : Oui. L'enjeu de l'éducation, Mme la Présidente, au sein
des communautés autochtones et en particulier au Nunavik, c'est un enjeu
extrêmement important et c'est aussi un enjeu qui est extrêmement complexe. Évidemment, la pénurie nous frappe déjà, mais elle
frappe encore beaucoup plus durement les communautés autochtones, et
donc ça, c'est un enjeu.
On travaille
présentement avec les communautés autochtones pour essayer d'apporter des
solutions. J'ai eu des rencontres, moi, avec
les représentants de la communauté crie. J'ai participé également à un
après-midi de discussions qui portaient justement sur les questions
relatives à l'éducation au sein des communautés autochtones, j'ai eu un très
bel échange avec les personnes qui étaient là et qui représentaient plusieurs
nations autochtones du Québec. Et donc on
est au travail là-dessus, mais je ne vais pas faire semblant, Mme la
Présidente, de nier la complexité et le coefficient de difficulté très,
très grand.
Je
dois ajouter ceci, juste en conclusion : Il y a un enjeu de convention
collective dans le cas de l'enseignement dans le Nord, c'est-à-dire
qu'une enseignante qui quitte le Sud pour aller dans... aller enseigner, par
exemple, au sein de la commission scolaire
Kativik ne peut pas transporter avec elle son ancienneté, et ça, c'est
extrêmement... ça rend la tâche de recruter des enseignants extrêmement
difficile. Et donc, si on pouvait avoir un peu...
La Présidente (Mme
Dionne) : Merci, M. le ministre. C'est tout le temps qu'on a. Désolée,
je dois passer au prochain bloc d'intervention. Je cède la parole à Mme la
députée de Mercier.
Mme Ghazal : Oui. Merci beaucoup.
Donc, c'est mon dernier bloc, il me reste très peu de temps. J'ai trois sujets
à aborder, donc j'espère vraiment que le ministre va m'aider à pouvoir les
aborder.
Tout à l'heure, vous avez
annoncé votre intention de légiférer. Clairement, je comprends que ça va être
avant la fin de la session que vous allez
légiférer. Est-ce que c'est en lien avec ce que le ministre... le premier
ministre disait, là, il y a quelque temps : Il faut qu'il y ait des
décisions qui restent décentralisées, mais il faut quand même avoir le pouvoir
d'agir quand ça ne fonctionne pas? Il parlait des centres de services scolaires
et de leurs décisions. Souvent, nous aussi, on est interpelés par les parents
qui ne sont pas d'accord avec les décisions des centres de services scolaires. Est-ce que le ministre a l'intention de
légiférer parce que le projet... la loi n° 40 sur la gouvernance scolaire,
bien, c'était... ça n'a pas rien donné?
M. Drainville : Là, Mme la
Présidente, comment je dirais bien ça? Je pense que la députée de Mercier sait très bien ce qu'elle fait, elle sait très bien
que, si je réponds à sa question, je risque de me faire... on risque de dire
que j'ai commis un outrage au Parlement, alors je ne vais pas aller là.
Tout ce que je peux dire, Mme la Présidente, c'est qu'on aura des choses à dire
prochainement...
Mme Ghazal : Sur la gouvernance, par
exemple, scolaire?
M. Drainville : Ça se pourrait. Ça
se pourrait que ce soit...
Mme Ghazal : OK. Merci.
M. Drainville : Ça se pourrait que
ce soit un des thèmes sur lesquels on aura des choses à dire. Maintenant, avant de conclure que... avant de conclure ou,
comment dire, de présumer de ce qu'il y aura là-dedans, attendons voir et
ne tirons pas de conclusions hâtives, surtout pas en se basant sur un postulat
qui, à mon avis, est peut-être sujet à discussion...
Mme Ghazal : Bien, peut-être pas ne
pas rien donner... ou ne pas donner...
M. Drainville : ...c'est-à-dire la
conclusion de votre question, là, mettons, là, je...
Mme Ghazal : Bien, je vais parler
des centres de services scolaires puis de la frustration du premier ministre
par rapport à leur décision. Parce que, comme je vous le dis, là, les parents,
ils ne savent plus vers qui se tourner, ça fait qu'ils se tournent vers les
oppositions parce qu'ils veulent être entendus, parce qu'ils veulent qu'on
convainque le ministre.
Je vais prendre le cas du CSSMI. Là, ce n'est
pas le cas de la prof qui hurlait, mais c'est un autre cas, sur les frais de
service de garde et de dîner qui ont été fusionnés. Ça a été une décision qui a
été prise par le centre de services
scolaire. Je suis en contact... je sais que vous avez aussi été interpelé par
ma collègue là-dessus, j'ai un contact avec des parents qui sont
extrêmement inquiets parce qu'il va y avoir, à terme, des augmentations de
500 %. Et il y a un élément, peut être, qui n'a pas souvent été mentionné,
à l'effet qu'il y a des parents qui vont être capables de l'absorber, ça va, mais il y a des parents qui ne
seront pas capables, et ils vont donner une clé au cou de leurs enfants pour
qu'ils retournent sur l'heure du dîner, par exemple, à la maison et pour qu'ils
se surveillent tout seuls en espérant que tout aille bien, et tout ça, parce
qu'ils ne seront juste pas capables, des mères monoparentales, par exemple.
Et il y a un parent qui m'a fait prendre
conscience que, sur l'heure du dîner, les surveillantes, elles ne font pas juste s'assurer que tout se passe bien. Des
fois, elles voient ce qu'il y a dans les lunchs des enfants. Puis on l'a vu,
là, il y a eu un reportage récemment où il y a des enfants qui arrivaient à
l'école avec un sandwich à moitié mangé, au jambon. C'était vraiment, là, à
fendre le coeur, que des petits bouts de chou n'aient rien à manger pendant
toute la journée. Des fois, là, ce n'est pas
la faute de leurs parents, c'est juste que la vie est telle qu'elle est. Tout
ça pour dire que les surveillantes
voient ça, c'est un moment important où elles peuvent intervenir, et, après ça,
on peut aider les familles qui en ont besoin, mais ces moments-là
pourraient disparaître. Ça, c'est un élément que je veux amener au ministre.
Le ministre a
dit : Le comité de parents... les parents sont sur le conseil
d'administration, ils ont juste à changer de décision. Bien, la présidente du centre de services scolaires, elle a
dit, dans une entrevue à la radio, qu'il est trop tard, on ne peut pas
revenir sur la décision. C'est fait, voilà, il va falloir qu'ils vivent avec,
puis on va faire tout ce qu'on peut pour que tout se passe bien. Alors que le
ministre dit que les parents cassent la décision... Donc, avec la façon... Si on laisse ça aller, là, c'est juste de la
chicane. Et les parents sont prêts à se mobiliser. Qu'est-ce que le ministre
peut leur répondre? Est-ce que le ministre peut répondre aux parents qui
sont, en ce moment, inquiets puis veulent se mobiliser? Parce que ce n'est pas
vrai qu'ils vont avoir des augmentations de plus de 500 %.
• (17 heures) •
M. Drainville : Mme la Présidente,
si le conseil d'administration du centre de services scolaire décide que la décision qu'ils ont prise n'était pas la bonne et
qu'ils changent de décision, ils ont tout à fait le droit de le faire, je tiens
à le réitérer. Voyons donc!
Puis tout ce que j'ai dit déjà ce matin, là, ça
s'applique encore, ça n'a pas changé, là. La politique tarifaire, là, elle est... le plafond, c'est 3 $ de l'heure.
Ça, c'est ce que dit la loi. Maintenant, à l'intérieur de ce plafond-là, les
centres de services sont autonomes,
si on peut dire, en matière de politique tarifaire. Et, oui, c'est bien
l'établissement, c'est-à-dire l'école
ou le centre de services, qui va adopter la politique tarifaire en matière de
services de garde, sur recommandation du comité de parents, bon. Et puis
je répète que la réglementation, le plafond de 3 $ n'interdit pas la mise
en place d'un tarif familial. Alors, si le conseil d'administration du centre
de services scolaire des Mille-Îles décide de se réunir et d'adopter
un nouveau tarif ou d'adopter un tarif famille, ils ont tout à fait le droit de
le faire. Je ne peux pas le dire autrement, Mme la Présidente. C'est ça, la
réalité.
Mme Ghazal : Ce n'est pas exactement
comme ça que ça s'est passé. Il y a eu beaucoup d'informations que les parents
n'avaient pas, puis les parents, là, c'est des gens qui ont un travail à temps
plein, qui regardent tous les dossiers, qui
les étudient. Il y a eu un courriel qui a été envoyé aux parents, où est-ce
qu'on ne faisait pas le calcul pour savoir
ça va être combien au total pour l'année. Il a fallu que le comité de parents
fasse le calcul lui-même puis explique aux parents que... ce que vous avez pris
comme décision, voilà combien ça vous coûte. Il y a des parents, par exemple,
qui ont accepté puis qui ont dit, dans les CÉ, dans les centres
d'établissement, ils ont dit : Bien, on n'a pas le choix, on nous le recommande, on serait malvenus, là, de
voter contre. On a peur aussi que, si on ne paie pas pour ça, que d'autres
services soient coupés au courant de l'année.
Donc là, ça ne fonctionne pas. C'est la chicane,
c'est la pagaille. Le ministre ne peut pas dire : Vous êtes tous membres du conseil d'administration,
arrangez-vous, moi, je me retire de ça. La présidente dit : C'est trop
tard, c'est ça qu'elle dit, c'est
trop tard. Les parents disent : Non, on veut revoir ça, puis là c'est la
chicane. Qu'est-ce que le ministre répond aux parents?
M. Drainville : Mme la Présidente,
c'est le centre de services scolaire qui, ultimement, adopte la politique tarifaire. C'est le centre de services scolaire.
Ce n'est pas la direction générale du centre de services scolaire, c'est le
centre de services scolaire. C'est
donc le conseil d'administration, présidé par un parent, sur lequel siègent
cinq parents. Bon, alors, ce que je dis...
Mme Ghazal : Oui. Mais la nouvelle
gouvernance fait en sorte que ça ne fonctionne... comme dans un...
M. Drainville : Pardon?
La
Présidente (Mme Dionne) : Non, laissez la... répondre un à la fois, s'il vous plaît, sinon vous vous adresserez à la présidence.
Mme Ghazal : Bien, j'ai très peu de
temps, il me reste un autre sujet. Pour vrai, là... là, on a répété, je
comprends, c'est le centre... c'est le CA qui va décider, et ça finit là. Mais
ce n'est pas... Ça ne se passe pas comme ça dans... comme dans un monde idéal.
En ce moment, il y a les parents. Moi, supposons qu'on dit : Ah oui, que
le... que le conseil d'administration revienne sur sa décision, ce n'est pas comme
ça que ça va se passer, mais ce n'est pas grave,
je vais continuer à parler avec les parents qui sont mobilisés parce qu'ils
veulent que la décision soit renversée.
Par rapport à l'heure de dîner, est-ce que le
ministre n'est pas inquiet que des parents... qu'ils ne soient pas en mesure de payer ces montants-là, des milliers
de dollars, pour leurs enfants, et qui vont faire en sorte que leurs enfants
ne resteront pas sur l'heure du dîner?
Est-ce que le ministre n'est pas inquiet que les enfants les plus vulnérables,
on ne puisse pas les détecter parce
qu'ils vont retourner seuls à la maison? Juste... Je veux juste savoir s'il y a
cette inquiétude-là ou pas ou s'il s'en lave les mains. Moi, je suis
inquiète pour ces enfants-là.
M. Drainville : Bien, Mme la
Présidente, là, «il s'en lave les mains», franchement, là! Je ne m'en lave pas
les mains, là, tu sais...
La Présidente (Mme Dionne) : ...s'il
vous plaît.
M. Drainville : Mais, comment dire,
il y a effectivement... Dans ce que j'ai lu et de ce qui a été rapporté, puis
je n'ai aucune raison de penser que c'est... que c'est inexact, il y a
effectivement des parents qui expriment leur inquiétude sur ce sujet-là. Et, ce
que je ne comprends pas, Mme la Présidente, c'est que ces inquiétudes, comment
se fait-il qu'elles ne... qu'elles n'ont pas
été exprimées? On ne leur a pas donné l'occasion de s'exprimer à ces
parents-là? Comment ça se fait que
ces inquiétudes-là n'ont pas été apparemment prises en cause... prises en
compte, dis-je, dans la décision qui a été... qui a été prise?
Mme Ghazal : Est-ce que le ministre
a parlé avec la...
M.
Drainville : J'ai de la difficulté, Mme la Présidente, à
comprendre. Si effectivement les parents sont mobilisés, pour utiliser
les mots de la députée de Mercier, à ce moment-là, il me semble que les
représentants au conseil d'administration devraient prendre en compte...
La Présidente (Mme Dionne) : Merci
beaucoup. Merci...
Mme Ghazal : Je n'ai pas le temps
d'expliquer au ministre comment ça s'est passé. Moi, j'ai parlé avec les parents, visiblement pas le ministre. Eux autres,
ils vous ont interpelé, ce serait le fun que vous leur répondiez, aux parents,
et même peut-être que vous les rencontrez. C'est la journée où on veut se
rencontrer.
Écoutez, j'ai une question, une dernière
question par rapport à l'école à trois vitesses. Le ministre a dit : «Ce
n'est pas dans ma grille d'analyse.» Moi, ça me choque profondément. Je vais
juste donner un chiffre, là, on parlait des données
probantes... trois chiffres : 15 %, 61 %, 60 %. 15 %
des élèves qui fréquentent des écoles publiques dans des classes régulières sans aucun projet particulier fréquentent
l'université, 51 % de ceux qui fréquentent l'école publique avec des projets particuliers finissent par
aller... avoir un diplôme universitaire, 60 % du privé ont un diplôme
universitaire. Je ne suis pas en
train de dire que l'objectif, dans la vie, c'est d'avoir un diplôme
universitaire. Je suis en train de dire que c'est un indicateur...
La Présidente (Mme
Dionne) : ...vous avez une question, il vous reste 30 secondes.
Mme Ghazal : Oui. Je suis en train de dire que c'est un
indicateur qui montre qu'il y a une école à trois vitesses :
15 %, 51 %, 60 %. J'ai déjà proposé au ministre d'écouter
l'excellent balado de Karine Dubois, Chacun sa classe, balado dans Radio-Canada.
Est-ce que le ministre l'a écouté?
M.
Drainville : Mme la Présidente, j'écoute plein de... plein de balados,
puis je fais plein de lectures. Mais je vais faire deux commentaires.
La Présidente (Mme
Dionne) : Il reste cinq secondes.
M. Drainville :
Le premier, c'est que j'ai
souhaité plus de projets particuliers. Je l'ai exprimé très clairement.
Il y a des moyens. Et deuxièmement...
La Présidente (Mme Dionne) : Merci.
C'est tout le temps qu'on a malheureusement. Je dois céder la parole au député
de...
M.
Drainville : ...faire un métier puis une formation professionnelle, ce
n'est pas un déshonneur.
Une voix :
...
La Présidente (Mme Dionne) : S'il
vous plaît! Si les discussions ne sont pas cordiales, je vais vous demander
de vous adresser à la présidence, s'il vous plaît, pour les prochaines
interventions.
Alors, je cède
maintenant la parole à M. le député de Matane-Matapédia, pour votre bloc
d'intervention.
M. Bérubé : ...l'heure, le ministre a indiqué qu'il y avait
1 400 unités modulaires, des roulottes. Je veux l'ensemble des écoles où il y a des roulottes et le coût. Alors,
j'aimerais que le ministre s'engage à nous envoyer ça à la commission.
Oui ou non — je
n'ai pas besoin de réponse là-dessus parce que j'ai un... j'ai d'autres
questions à poser — est-ce
qu'il s'engage à nous donner la liste complète des écoles et le coût? En
rappelant que, pour la Capitale-Nationale, c'est
22 millions en partant, puis il y en a pour cinq ans dans bien des cas.
Donc, est-ce qu'il accepte de nous donner cette information-là après la
commission?
M.
Drainville : Alors, dès que ce sera compilé sous une forme qui est
aisément accessible et claire, ce sera acheminé, bien entendu, à la commission,
Mme la Présidente.
M. Bérubé : Très
bien. J'apprécie, Mme la Présidente.
Tout
à l'heure, j'ai posé la question sur la loi n° 40, mais je n'ai pas
véritablement eu de réponse à la hauteur de ce que le ministre peut me dire.
Quels sont les avantages, jusqu'à maintenant, qu'il observe de la loi
n° 40? Qu'est-ce que ça nous donne de plus, dans le réseau de
l'éducation, d'avoir aboli les commissions scolaires pour les remplacer par des centres de services scolaires? Qu'est-ce
que le ministre peut nous dire là-dessus, les grands avantages de la loi
n° 40?
M.
Drainville : Bien, écoutez, Mme la Présidente, la loi n° 40 a été
votée notamment parce qu'il y avait un souci de... je dirais, d'efficacité. On
se retrouvait avec des conseils des commissaires qui avaient été élus par des élections où la participation était famélique.
Alors donc, effectivement, maintenant il y a des conseils d'administration
sur lesquels siègent des parents, sur lesquels siège le personnel scolaire, sur
lequel... des membres de la communauté. Et les directeurs généraux, directrices
générales jouent un rôle de premier dirigeant qui est plus essentiel que
jamais. Et, moi, ce que j'ai dit, c'est que
je souhaite que ces premiers dirigeants soient plus que jamais imputables de
leurs décisions, jouent plus que jamais leur rôle de porte-parole de
centres de services.
Et, par ailleurs,
dans la loi n° 40, il y avait cette obligation de 30 heures de
formation continue aux deux ans, et on a l'intention de faire des progrès
là-dessus.
La Présidente (Mme
Dionne) : Merci. M. le député.
M. Bérubé : Pas
grand-chose pour la réussite scolaire là-dedans selon moi.
M. Drainville :
La formation.
M. Bérubé : Oui, mais mon analyse,
c'était l'abolition des postes de commissaires. C'était la principale
préoccupation. L'enjeu principal à l'époque, puis là je... le ministre n'était
pas là, mais je vais lui dire c'était quoi, c'était la
popularité de la mesure. Parfois, ça arrive que le gouvernement, son critère,
ce n'est pas la faisabilité, ce n'est pas l'utilité, c'est la popularité. Et
j'émets l'hypothèse que c'était ça, l'enjeu.
Deuxième question. J'accorde cette question-là à
la Fédération des comités de parents qui aurait aimé poser la question au ministre concernant le transport
scolaire. De nombreux bris de service cette année en raison de la pénurie de
personnel, et des grèves de chauffeurs, et des augmentations de coûts
importants, notamment pour les sorties culturelles.
Est-ce que le gouvernement compte apporter des changements dans le
fonctionnement du transport scolaire au Québec pour assurer
l'accessibilité des élèves à l'école? Et je lui soumets qu'au centre de
services scolaire des Monts-et-Marées, chez nous, en grève depuis des semaines,
là... puis il n'y a pas de service pour les élèves.
Donc, question de la Fédération des comités de
parents du Québec : Est-ce qu'il va changer la façon de procéder pour ce qui
est du transport scolaire?
M.
Drainville : Mme la Présidente, l'enjeu avec le transport
scolaire, c'est que ce sont des entreprises privées qui donnent les
services.
M. Bérubé : Payés par l'État.
M.
Drainville : Et, bien entendu, payés par l'État, comme le dit
le député de Matane. Et Dieu sait qu'on a augmenté notre paiement d'État
l'été passé. On a augmenté de 130 millions le financement global du
transport scolaire. Donc, c'est quand même une somme extrêmement importante. Et
je n'ai pas eu le temps d'en parler ce matin, là, mais il y a aussi les primes,
là, qu'on donne pour les chauffeurs, là. Alors, un volet rétention, là,
2 400 $, là, pour un conducteur en
emploi, ça, il obtient ça annuellement, un volet attraction qui permet à un
nouveau conducteur d'obtenir, en plus du 2 400 $ pour la rétention... d'obtenir un 1 700 $
supplémentaire, donc on est... on est à 4 100 $, et, si tu réfères un
nouveau chauffeur, tu auras droit à un autre 500 $.
La Présidente (Mme Dionne) : Merci.
Merci.
M. Drainville : Toutes ces mesures
s'ajoutent, Mme la Présidente.
La Présidente (Mme Dionne) : Merci
beaucoup. M. le député.
M. Bérubé : Il y a beaucoup de gens
qui font des contributions à l'éducation par des engagements bénévoles ou par des propositions. Une de ces belles
organisations s'appelle École ensemble. Est-ce que le ministère accepterait
de les rencontrer?
• (17 h 10) •
M. Drainville : Bien sûr.
M. Bérubé : Merci. Prochaine
question.
M.
Drainville : Je veux juste dire, Mme la Présidente... Je veux
juste dire, Mme la Présidente, que des demandes de rencontre, puis je ne me
plains pas, là, je veux juste être factuel... des demandes de rencontre, j'en
ai beaucoup, beaucoup, beaucoup. Et
j'essaie de rencontrer le maximum de groupes, le maximum de personnes possible,
j'essaie d'être très accessible. Et...
La Présidente (Mme Dionne) : ...M.
le ministre. Merci.
M. Drainville : Et le cabinet l'est
aussi.
La Présidente (Mme Dionne) : Merci.
C'était...
M. Drainville : Puis, quand je ne
peux pas les rencontrer, le cabinet...
La
Présidente (Mme Dionne) : Question courte, réponse courte. Merci beaucoup.
M. le député, la parole est à vous.
M. Bérubé : Oui. Je mets ça dans la
colonne des gains pour les partenaires de l'éducation, qui vont apprécier de
rencontrer le ministre, j'en suis convaincu.
Le ministre connaît certainement Claudia
Larochelle, qui est une critique littéraire, mais qui s'intéresse à beaucoup de dossiers, notamment l'éducation.
Est-ce qu'il a lu le texte qui s'appelle On va perdre Annie? Est-ce que
ça lui dit quelque chose?
M. Drainville : On va perdre?
M. Bérubé : Annie.
M. Drainville : Précisez.
M. Bérubé :
C'est un texte qui circule énormément, où on parle d'une enseignante du
primaire qui, avant sa retraite, 38 ans de service, va remettre sa
démission. Et elle explique pourquoi elle quitte. C'est un des textes les plus
percutants qui circulent dans le réseau de l'éducation présentement. Je le
déposerai pour les fins de la commission. C'est... Ça explique beaucoup
pourquoi il y a du décrochage, pourquoi les gens n'en peuvent plus, pourquoi qu'ils
doivent sortir. C'est vraiment un texte important que j'invite le ministre à
lire.
M. Drainville : Je pense en avoir déjà
pris connaissance, mais, comme je vous dis, je fais beaucoup, beaucoup
de lecture.
M. Bérubé :
Je le fournirai au...
M. Drainville :
Je veux juste préciser, M. le... Mme la Présidente, je vais rencontrer
l'École ensemble, mais j'ai d'autres groupes que je dois rencontrer avant, là.
Il faut juste qu'ils acceptent que...
M. Bérubé :
D'accord. Mais j'ai l'engagement du ministre.
M. Drainville : Puis, par ailleurs, je
veux juste dire : Les groupes que je n'ai pas toujours le temps de
rencontrer, mon... les membres...
La Présidente
(Mme Dionne) : Merci, M. le ministre.
M. Drainville :
...les membres de mon cabinet les rencontrent, eux, souvent.
La Présidente
(Mme Dionne) : Oui. Merci. On passe à la prochaine question.
Merci. M. le député.
M. Bérubé :
La semaine dernière, on a beaucoup parlé d'enseignants qui levaient le ton,
qui avaient des attitudes qui étaient inexcusables en classe, et puis on a
beaucoup parlé de ça, puis de comment on abordait ça, les mécanismes, pour
faire en sorte qu'ils soient retirés des classes. Mais moi, j'ai ajouté un
élément qui est important, il me semble, les
enseignants l'ont retenu : il faut offrir du soutien à ces enseignants.
Ils ne vont pas bien. Ils ont besoin d'être supportés. Ça, c'est
important.
Et je veux également
dire quelque chose qui n'a pas beaucoup été dit. Il existe aussi des parents
qui ont un langage abusif à l'égard des enseignants, ça, ça arrive, puis à
l'égard des directions, puis qui sont très, très durs, que leurs enfants n'ont
jamais rien fait. Ça, ça existe, puis c'est une source de stress et
d'inquiétude. Et il existe aussi des jeunes
qui ont des attitudes inacceptables à l'égard des enseignants. Il y a des cas
de violence dans les écoles, il y a des enseignants qui se font frapper,
insulter. J'ai même eu le cas d'une enseignante, récemment, qui s'est fait
filmer et placer sur TikTok avec des propos
qui n'étaient pas... qui n'étaient pas très agréables. Puis elle en arrêt de
travail depuis ce temps-là. Donc...
Et je pense que le ministre l'a bien saisi, il ne faut pas ostraciser les
enseignants, il faut intervenir quand c'est nécessaire puis on a les
informations. Mais, des propos inacceptables, des attitudes inacceptables
à l'école, elles viennent de partout. Alors, je suis... je suis heureux, parce
que je pense qu'il l'a évoqué, que tout le monde doit y mettre du sien. Alors,
en ce sens-là, je voulais réitérer ça : les enseignants qui ont été
identifiés, ils ont besoin de soutien, ils ont besoin d'aide. Moi, j'ai dit ça.
Puis je le sens, là, tu sais. On n'arrive pas à ça pour rien.
M. Drainville :
...très... je suis très...
M. Bérubé :
Vous en avez parlé, d'ailleurs, je pense.
M. Drainville :
...pas juste sensible, là. Ça me touche. Ça me rend même un peu ému par
moments, parce que je me promène dans les écoles, et, quand les enseignants me
racontent qu'ils ont été insultés, frappés, mordus, qu'ils ont été blessés dans certains cas, ils ne sont pas là pour me le
raconter, c'est leurs collègues qui me disent : On en a perdu une,
là, elle est en congé de maladie, là. Je veux juste vous dire que ces
incidents-là me touchent énormément. Et donc toute la problématique de la
violence, elle est effectivement extrêmement préoccupante parce que, là, on
parle de différents types de violence, on parle d'étudiants qui s'en prennent à
d'autres étudiants, on parle d'étudiants, d'élèves qui s'en prennent au
personnel scolaire. Et là, cette semaine, ce qu'on a vu, ou la semaine passée,
ce qu'on a vu, c'étaient aussi des épisodes où des enseignantes adoptaient un
comportement inacceptable envers des enfants.
La Présidente (Mme Dionne) :
...M. le ministre.
M. Drainville :
Et donc la problématique de la... des tensions, c'est quelque chose de très
important. Vous avez raison.
M. Bérubé :
OK. On est... Je pense qu'on le voit pas mal de la même... de la même
façon.
M. Drainville :
Oui.
M. Bérubé : Je
termine avec les écoles religieuses. Il y a une question de cohérence, je l'ai
dit ce matin. Vous savez, souvent, des observateurs de la laïcité vont dire au
gouvernement, par exemple : C'est de la catholaïcité. On entend ça
parfois. Nous, on se l'est fait dire. On a siégé dans le même Conseil des
ministres, le ministre et moi, à l'époque de
la charte des valeurs. Mais, les écoles religieuses privées subventionnées par
l'État, c'est multiconfessionnel. Moi, je suggère au ministre que, s'il
allait de l'avant, les gens diraient : Ah! il y a une grande cohérence.
Parce que la pratique religieuse, qui est au centre du projet éducatif, vous
pouvez, vous, le financer. Il y a des écoles qui ne reçoivent aucun financement au Québec, qui prodiguent ce type de
formation. Mais j'invite le ministre. Je sais qu'il a un préjugé pour le privé, c'est le choix du
gouvernement, je le respecte, je ne suis pas d'accord avec, mais, sur le
religieux, je connais assez bien sa pensée en matière de laïcité pour
savoir que ce serait une prolongation normale, dans les circonstances, de notre
réflexion collective. Ça ne peut pas être au centre du projet scolaire. Ça peut
l'être.
La Présidente (Mme Dionne) : ...M.
le député.
M. Bérubé : Mais je l'invite à cette
réflexion et à cette action.
La Présidente (Mme Dionne) : ...merci.
C'est tout le temps qu'on a pour ce bloc. Je suis maintenant prête à entendre l'opposition officielle pour le dernier
bloc d'intervention. Mme la députée de Saint-Laurent, la parole est à vous.
Mme Rizqy : Merci beaucoup, Mme la
Présidente.
M. le ministre, vous avez été interpelé par
l'école Peter Hall. Je crois que vous connaissez. C'est une école spécialisée
pour des enfants à besoins particuliers. C'est une école qui, évidemment, est
dans le merveilleux comté de Saint-Laurent.
Tous les enfants qui fréquentent cette école sont financés par l'État. Ce sont
des élèves qui viennent d'un peu partout, non seulement de
Saint-Laurent, mais, en fait, de très, très loin. Et ils sont transportés par
autobus scolaire. Et il y a un problème de
financement qui date de 2019. Votre prédécesseur a fait un engagement de régler
la situation.
Je vous explique. Vu que ce sont des enfants
avec des besoins plus particuliers, on ajoute un moniteur dans le transport
scolaire pour s'assurer de la sécurité des élèves, mais aussi du chauffeur. Ça
a toujours existé et ça a toujours été financé. Mais il est arrivé par la
suite, en 2019, un enjeu sur le financement. Votre prédécesseur a promis de le
régler. Dernièrement, votre équipe a mentionné que vous travaillez sur un
modèle de financement, mais pour l'année 2024-2025. Mais, pendant ce
temps-là, l'école Peter Hall doit payer à même ses fonds le moniteur sans avoir
le financement.
Donc, est-ce que vous gardez l'engagement de
votre prédécesseur? Et allez-vous rétablir le financement pour les
années 2020-2021, 2021-2022, 2022-2023, 2023-2024, nonobstant au fait que
vous travaillez pour le financement de 2024-2025?
M. Drainville : L'enjeu que vous
soulevez, Mme la députée de Saint-Laurent, c'est un enjeu qui touche d'autres
écoles. Et donc, ce à quoi on réfléchit présentement, c'est effectivement à une
mesure qui nous permettrait à la fois
d'aider Peter Hall, mais d'aider également d'autres écoles qui se retrouvent
dans des situations qui sont, sans être identiques, similaires. Et l'objectif, c'est 2024-2025. Donc,
l'objectif, c'est de trouver une solution, pas pour la prochaine rentrée
scolaire, mais pour l'autre ensuite... pour l'autre après, dis-je.
Mme Rizqy : Êtes-vous au courant du
déficit engendré par le manque de financement?
M. Drainville : Évidemment,
madame... Mme la Présidente. J'ai au-dessus de 3 000 écoles au
Québec, là, ça fait que je ne connais pas la situation financière de chacune
des 3 000 écoles, mais je comprends bien, par la question et par
l'inquiétude que vous me transmettez, que c'est un réel enjeu au niveau de...
au niveau des finances. Bien sûr.
• (17 h 20) •
Mme
Rizqy : Bien, on parle d'un peu plus de 500 000 $, on approche le 1 million, donc
ils sont obligés d'emprunter à des taux d'intérêt pour pouvoir couvrir ce
service. Là, ici, ce n'est pas du luxe, là, on parle des enfants avec
des vrais besoins particuliers qui vont dans une école spécialisée 100 %
subventionnée par le gouvernement. On a besoin du moniteur, et, je le répète,
pas uniquement pour protéger le chauffeur ou la chauffeure, mais aussi les
autres élèves, M. le ministre. On ne peut pas attendre à 2024-2025.
M. Drainville : Juste pour que les
gens nous suivent bien, Mme la Présidente, on parle ici de Peter Hall. C'est
l'une des 12 écoles privées, mais subventionnées à 100 % par l'État,
pour prendre soin et scolariser des élèves à
grands besoins particuliers, donc des élèves... C'est des écoles spécialisées
en adaptation scolaire. Alors, juste pour que les gens nous suivent, l'école Peter Hall a reçu presque 5 millions
en financement en 2021-2022. Et je comprends très bien, par la question
de la députée, que les coûts liés à ces frais de transport scolaire et ces
frais supplémentaires de transport scolaire vient mettre de la pression sur le
budget de l'école. J'en suis conscient.
Mme
Rizqy : ...sait que, sans le moniteur, il y a déjà eu des
incidents documentés. Parce qu'un élève se désorganise dans le
transport, et là ça peut... là, on est en train de rouler, là. C'est un
incident qui est majeur lorsqu'un... on a... un enfant se désorganise en plein
transport, là. Alors, il y a, sur les 12 écoles... il y en a quatre, en ce
moment, qu'ils ont un problème de financement. M. le ministre, moi, je vous
demande concrètement : Est-ce que vous reprenez, oui ou non, l'engagement
de votre prédécesseur, qui était de régler la situation en 2019, et, par conséquent,
de vous assurer que le
financement soit rétroactif, et de ne pas attendre pour 2024-2025? C'est
maintenant que les enfants sont en transport scolaire, c'est maintenant
qu'on a besoin du moniteur. On ne peut pas demander aux écoles qui s'occupent
des plus... des enfants qui ont le plus
besoin d'aide... d'afficher des déficits, là, puis d'aller sur un marché des
emprunts, là, pour offrir ce service.
M. Drainville : Mme la Présidente,
la présence d'accompagnateurs ne fait pas partie des règles budgétaires présentement. C'est ça qu'on est en train de
regarder. Mais je veux juste, Mme la... La raison pour laquelle il faut le
faire correctement, c'est que l'enjeu des accompagnateurs, ça ne
concerne pas seulement les écoles privées en adaptation scolaire, là, ça ne concerne pas seulement 12 écoles, il se
pourrait que ça déborde aussi sur d'autres écoles, par exemple des
écoles publiques. C'est possible qu'à un moment donné il y a un enjeu
d'accompagnement dans d'autres écoles. Et donc on ne peut pas régler à la pièce
cet enjeu-là, Mme la Présidente. On ne peut pas dire : L'enjeu des
accompagnateurs, on va le régler seulement pour les 12 écoles privées qui
sont spécialisées dans cette clientèle en adaptation scolaire. Donc, je me
dois, moi, comme ministre de l'Éducation, Mme la Présidente, de regarder
l'enjeu dans sa globalité. Oui, les besoins
de Peter Hall sont importants, je le reconnais, mais je dois aussi regarder les
besoins des autres écoles. Et, si on décide d'aller de l'avant avec une
mesure budgétaire pour financer les accompagnateurs, il faut que ce soit équitable pour tout le monde. Et c'est ça, l'enjeu,
Mme la Présidente. C'est ça, l'enjeu, Mme la députée.
Mme
Rizqy : Oui. Mais c'était le même enjeu que votre
prédécesseur. En 2019, lorsqu'il a pris l'engagement de le régler, là, il y avait aussi le même enjeu.
Et je vous rappelle que, oui, c'est une école privée 100 % subventionnée.
Parce que les autres centres de services scolaires n'ont pas le service, et
c'est pour cela qu'on se tourne vers l'école Peter Hall, notamment, ainsi que
les trois autres écoles qui offrent exactement le même service. Ils sont
exactement dans la même situation financière précaire. Alors, moi, je vous
demande juste : Oui ou non, reprenez-vous le même engagement que votre
prédécesseur ou vous l'avez abandonné, cet engagement-là?
M. Drainville : Mme la Présidente,
les engagements que je prends... je prends ça au sérieux, un engagement, là. Je
ne vais pas lâcher ça sur un coin de table. Si je prends un engagement, c'est
parce que j'ai l'intention de le tenir. Et donc, avant de prendre un
engagement, Mme la Présidente, je veux avoir les faits, je veux avoir le
portrait complet et je veux m'engager d'une manière équitable. Donc, je ne veux
pas faire de... je ne veux pas faire de... tu sais, annoncer des mesures comme
ça, à l'emporte-pièce, puis je satisfais une école, je satisfais un groupe
d'écoles puis, finalement, je me rends compte qu'en voulant satisfaire un
groupe d'écoles j'en ai mécontenté plusieurs autres qui se sentent... qui se
sentent défavorisées et qui se sentent désavantagées par la mesure.
Donc, en tout respect, Mme la Présidente, en
tout respect, Mme la députée, on est au dossier. Et l'objectif, c'est de
trouver une solution qui est équitable pour tous. C'est ça, mon objectif.
Mme Rizqy : Je comprends. Mais je
suis aussi certaine que votre collègue, là, votre prédécesseur ne prend pas non
plus des engagements à l'emporte-pièce et qu'il était bien au fait de la
situation, qui date maintenant de quatre ans. Alors, quatre ans plus tard, on
est dans une situation financière précaire, et ça fait en sorte qu'il y a des
choix qui doivent être faits au niveau des services. Et moi, j'invite le
ministre : Si l'enjeu, c'est d'être équitable pour tous, bien, je vous
invite à vous assurer qu'il y ait justement des moniteurs dans tous les
autobus. C'est une question de sécurité, pas pour uniquement le chauffeur, mais
même pour les autres élèves, là. Alors, là-dessus, M. le ministre, je vous ai
bien entendu.
Je vais passer, si vous permettez, toujours en
transport scolaire. En ce moment, mon collègue, là, le député de Pontiac,
là, il est inondé d'appels. Vous êtes au courant de la situation des chauffeurs
d'autobus en Outaouais, les parents, il y a beaucoup de frustration. Ils
veulent savoir c'est quoi, votre plan de match, parce qu'on ne peut pas juste
avoir d'un côté le ministère du Transport
qui dit : Ça s'en vient et, de votre côté : Ça s'en vient. Ça prend
une entente. Il faut que ce soit stable, le service de transport scolaire, pour
les élèves partout au Québec, sinon les parents, eux, se sentent vraiment, ici, pris en otages, M. le ministre.
Alors, c'est quoi, votre plan d'action à très court terme pour régler la
situation, là?
M. Drainville : Oui, mais il y a une
grève en Outaouais, Mme la Présidente, là. Quand on fait notre revue de presse, on s'en aperçoit. Ce qu'on... Moi, je ne
suis pas autour de la table, Mme la Présidente, là. Je le dis, là, je ne suis
pas autour de la table, là. Nous, ce qu'on fait, c'est qu'on donne aux centres
de services des ressources financières pour financer par la suite le transport
scolaire sur leur territoire. Donc, c'est à ça... c'est... c'est ça, l'enjeu.
C'est qu'on... Les ressources sont remises
aux centres de services, mais ce sont les centres de services qui négocient
avec les transporteurs. Alors là, on rentre dans une négociation. Et
puis les chauffeurs, souvent, sont syndiqués. Et donc ils s'assoient avec le
syndicat... enfin, l'employeur s'assoit avec les syndicats puis ils essaient
de... ou avec le syndicat, puis ils essaient de trouver une entente. Il y a eu
quand même plusieurs ententes qui ont été conclues dans le domaine du transport
scolaire ces derniers mois. Moi, le plus loin que je suis allé, là, puis
c'est... il faut que je fasse très attention,
là, parce que je ne suis pas partie aux négociations, là, puis il faut laisser
la négociation se faire correctement... mais ce que j'ai dit, c'est qu'on avait quand même augmenté d'une
manière substantielle le financement aux transporteurs scolaires. Je
l'ai dit tout à l'heure, là, 130 millions de plus. Et ce que j'ai dit,
c'est que je souhaitais évidemment que les chauffeurs aient leur juste part de
cette enveloppe de 130 millions qui a été versée aux transporteurs
scolaires. Et c'est le plus loin que je suis
allé et c'est le plus loin que je vais aller. Le reste, ça appartient à la
négociation, ça doit se régler à la table des négociations.
La Présidente (Mme
Dionne) : Mme la députée.
Mme Rizqy : Merci beaucoup, Mme la
Présidente. Écoutez, je vais aller dans mon dernier sujet, vu que le temps file. Vous nous avez parlé beaucoup de vos
sept priorités. Aujourd'hui, reconnaissez-vous que la priorité auquel
vous devriez vraiment vous attarder, là, qui est vraiment l'angle mort, c'est
toute la question des violences dans les écoles?
Je vous ai déposé plein de statistiques suite à des données... reçues par la
loi sur l'accès à l'information. Je vous ai demandé de travailler
ensemble en amont. Maintenant que votre réflexion, depuis maintenant plusieurs
mois, à force... je vous talonne, là... vous dites qu'il va y avoir un comité
qui vont travailler, qui vont déposer un rapport. Je vous ai demandé à plusieurs reprises : Est-ce qu'on peut s'asseoir
ensemble avant le dépôt du rapport pour travailler en amont et non pas pour
réagir suite au rapport? Parce que moi, je crois qu'on veut travailler ensemble
sur cette question, M. le ministre, qui affecte, d'une part, les élèves,
mais aussi des enseignants, les TES, le personnel de soutien, les
professionnels de soutien et, je vous dis, aussi les autres élèves qui, eux,
observent des cas de violence dans l'école.
Alors, je réitère mon offre, M. le
ministre : Est-il possible d'avoir une journée de réflexion, tous
ensemble, peu importe, là, votre couleur politique, moi, ça ne m'intéresse pas,
mais juste qu'on s'assoit ensemble puis qu'on rencontre des spécialistes ou
même des experts que vous avez déjà identifiés pour qu'on puisse avoir cette
réflexion de groupe avant le dépôt du rapport?
M. Drainville : Mme la Présidente,
la députée de Saint-Laurent nous a demandé, lors des crédits provisoires, de
travailler sur une stratégie en matière de violence. Et l'engagement que j'ai
pris à ce moment-là, c'est de travailler sur une stratégie en matière de
violence, et on y travaille depuis et on veut être très rigoureux. Parce que,
comme je l'ai dit tout à l'heure, quand on parle de violence, c'est
multidimensionnel, là : il y a la violence des enfants envers eux-mêmes,
les élèves contre les élèves, il y a les élèves contre les profs, puis là,
maintenant, on a des manifestations de violence verbale des profs envers les
élèves. Alors, avant d'arriver avec une stratégie, on veut s'assurer de bien réfléchir, puis d'arriver avec quelque chose qui
va être bien reçu, puis qui va couvrir... qui va couvrir le mieux possible la
réalité, puis apporter des solutions.
Est-ce qu'une fois qu'on aura déposé le plan,
Mme la Présidente... est-ce qu'il sera possible de le bonifier aux termes de discussions qu'on pourrait avoir
avec la députée de Saint-Laurent ou d'autres députés de cette Chambre? Pourquoi
pas? Mais je demanderais à la députée de Saint-Laurent, Mme la Présidente, de
nous faire confiance, là, et de nous laisser encore un petit peu de
temps pour travailler cette stratégie-là. On arrivera éventuellement avec une
proposition. Et puis, comme toujours, je ne suis pas un gars bucké, je ne suis
pas un gars, comment dire...
La Présidente (Mme Dionne) : ...le
ministre.
M. Drainville : ...fermé d'esprit,
s'il y a moyen de la bonifier, on pourra le faire à ce moment-là.
La Présidente (Mme Dionne) : Merci.
• (17 h 30) •
Mme Rizqy : Il me reste moins de
deux minutes, alors...
La Présidente (Mme Dionne) : Trois
minutes.
Mme Rizqy : OK. Parfait. Merci.
Bien, d'entrée de jeu, parce que, des fois, ça va vite, j'aimerais juste tout de suite dire merci aux gens, si jamais le temps
file. Alors, je voudrais vraiment dire merci aux équipes qui ont été ici puis
qui ont travaillé très fort pour les crédits. On a essayé de poser le plus de
questions sur les feuillets de crédits puis, merci,
on a eu des réponses quand même très détaillées. Merci, évidemment, à mes
collègues qui sont présents, à ceux qui
m'accompagnent, Alexandra et, ce matin, Florence. Mais aussi merci à vous, Mme
la Présidente. C'est la première fois, je crois, que c'était vous qui présidez.
Vous avez tenu les débats de façon très serrée avec notre horaire.
Maintenant,
alors, je vais poser ma dernière question, parce que je n'aurai peut-être pas
le temps d'avoir d'autres questions de relance. Vous me demandez de vous
faire confiance, M. le ministre. Je vous fais confiance. Mais, vous, pourquoi
vous ne me faites pas, moi, confiance pour travailler avec vous en amont?
M. Drainville : Ah bien, moi, je
l'ai dit à plusieurs reprises, Mme la Présidente, que je sais que la députée de
Saint-Laurent, elle est sincère dans son engagement pour l'éducation. Des fois,
on a des petits désaccords sur la forme ou
sur le fond, ça nous arrive, c'est correct, c'est humain. Mais moi, je ne doute
aucunement de votre engagement et de la sincérité de votre engagement,
Mme la députée de Saint-Laurent.
Mme
Rizqy : Êtes-vous prêt à me faire une petite place, même
un avant-midi, pour travailler en amont sur le dépôt?
M. Drainville : Ce que je vous ai
dit, c'est : Laissez-nous travailler sur la stratégie, et on aura quelque
chose à proposer éventuellement, et, une fois qu'on l'aura déposé, on verra
comment on peut l'améliorer. C'est ça que je vous ai dit.
Mme
Rizqy : Oui, mais c'est conditionnel que j'aurais
peut-être mon mot à dire. Et vous connaissez ma sincérité puis mon
engagement.
M. Drainville : Oui,
je le sais.
Mme Rizqy : Moi,
je vous fais confiance, je suis même prête à vous signer, là, une lettre de
confidentialité de mes travaux.
M. Drainville : Oui. Bien, écoutez,
Mme la Présidente, je prends plus que jamais note de la... de l'ouverture de la
députée de Saint-Laurent et de sa volonté de collaborer. Et puis, encore une
fois, laissez-nous travailler encore un petit peu.
La Présidente (Mme Dionne) : Il vous
reste 40 secondes.
Mme Rizqy : Alors, je vais reposer
une dernière question, si vous permettez. Si d'aventure, une fois qu'il est déposé et que je n'ai pas eu l'occasion de pouvoir
travailler avec vous — en
fait, je vous offre de m'ajouter du travail, j'en veux encore plus — est-ce
que vous prenez l'engagement qu'on puisse au moins avoir une petite séance de
travail, juste entre nous, à huis clos, sans caméra, rien d'enregistré, pour
qu'on puisse peut-être bonifier, si on a besoin de le bonifier? Parce
que ça se peut que je le regarde puis je dise : Bien, ma foi, M. le
ministre, c'est la perfection! Ça se peut.
Mais, si jamais il y a une petite place à l'amélioration, est-ce que vous avez
de l'ouverture pour une miniséance de travail? Je ne vous parle pas de
journée, là, je vous parle même d'un avant-midi.
La Présidente (Mme Dionne) : Il ne
reste plus de temps, alors on doit se laisser sur ces propos...
M. Drainville : C'est tentant, c'est
tentant. C'est matière à réflexion, Mme la Présidente.
Mme Rizqy : Je vais prendre la...
La
Présidente (Mme Dionne) : Merci. Merci beaucoup. Je cède maintenant la
parole du côté du gouvernement pour ce dernier bloc d'interventions.
Donc, Mme la députée de Hull, je crois que la parole est à vous.
Mme Tremblay : Oui.
Parfait. Donc, bien oui, je pense que c'est important, là, vous avez fait les
remerciements, mais oui, parce que... remercier toute l'équipe qui a
travaillé sur l'étude des crédits. On le sait, que c'est un travail qui est colossal, je pense que c'est important de
le souligner, donc je tenais à le souligner également, puis remercier, là,
l'ensemble de mes collègues députés qui aussi font un travail extraordinaire
pour parler d'éducation.
Alors, moi, je vais vous amener, là, dans le
guide du budget. Là, je suis à la page C.8, C.9, puis je vais reparler, en terminant, des élèves à besoins
particuliers, donc, puis je vais revenir aussi sur le projet d'aide à la
classe, parce que mon collègue député de Matane est revenu là-dessus
puis il semblait dire qu'il y avait des inquiétudes, là, par rapport à ce que l'aide à la classe va
remplacer le personnel de soutien, tout ça. Mais c'est très clair ici, hein,
c'est bien défini, là, dans le fameux, là, guide ici, qu'on a, là, Un
Québec engagé, notre plan budgétaire, c'est très séparé.
Puis je veux
dire que, dans les dernières années, le gouvernement a énormément investi
auprès de ces élèves-là, puis j'en ai été témoin, que ce soit par l'ouverture
plus importante de classes spécialisées, parce que c'est important, ces
classes-là, on en a de besoin, puis ça a été reconnu par notre gouvernement,
parce qu'on en a ouvert, et j'ai été témoin de ça dans les centres de services
avec lesquels j'ai eu la chance de travailler dans les sept dernières années.
Aussi, que ce soit par le tutorat, hein, on a
apporté... puis c'est suite à la pandémie, parce qu'on s'est aperçus, bon, que les gens avaient de grands besoins. Bien,
on a bonifié le service de tutorat, on a amené ça puis on le maintient. Ça aussi, c'est un service à nos élèves qui sont
en difficulté. On a ouvert aussi puis on a financé des classes à effectifs réduits.
Ce n'est pas tout à fait des classes spécialisées, mais c'est des classes où il
y a moins de... d'élèves, puis on apporte tout le soutien nécessaire en ayant
un groupe... un plus petit groupe.
Là, je pourrais aussi revenir sur le programme
Agir tôt, qui a un effet. Ça ne touche pas nos jeunes qu'on représente aujourd'hui, mais ça a quand même un
effet, d'agir tôt sur les élèves qui vont rentrer dans notre monde scolaire.
Donc, moi, je pense que je suis vraiment... Il y
a de l'argent, il y a des sommes importantes qui sont investies en éducation auprès des élèves à besoins
particuliers. Puis là je vais revenir sur... dans le... Ici, à la page C.8
et C.9, là, on parle d'aide à la classe qui est en appui aux enseignants
et aux enseignantes puis on le définit. Puis il y a des sommes importantes pour
ce volet-là. Et ça n'enlève pas le fait que les élèves qui ont des besoins
particuliers ont aussi besoin de personnel, de mesures qui s'adaptent à eux, un
soutien propre à eux, et ça aussi, c'est bien défini. Donc, on le voit, là, un
n'efface pas l'autre, puis je tiens à le dire, là, puis je trouve ça vraiment
important. Puis on le voit : «Accompagner les élèves ayant des besoins
particuliers [...] doivent avoir accès à des services éducatifs.» C'est
clairement écrit ici, dans le cadre budgétaire. Puis là on va investir, là,
puis on parle de mesures, là, de l'ordre de quand même, là, 66,3 millions
pour soutenir ces élèves-là à besoins particuliers. Ça fait que c'est une somme
puis c'est un montant qui est important.
Puis par le fait même... Je pense que de
soutenir ces élèves-là, c'est important, puis je sais à quel point vous le
réitérez de façon constante, M. le ministre, puis dans toute votre équipe
aussi, d'aider les jeunes à besoins particuliers. Puis Agir tôt, ça a
nécessairement un impact sur leurs compétences en français, puis ça, je pense
que c'est important de le dire. Puis là je trouve ça important, ces pages-là,
C.8 puis C.9 qui sont ici, parce que ça fait vraiment
le tour de plusieurs dossiers puis pour lequel c'est... que le gouvernement
investit de l'argent puis des sommes importantes.
Donc, accompagner les
élèves à besoins particuliers, j'aimerais ça, M. le ministre, bien, vous
entendre, les moyens que vous allez mettre en place, parce qu'on les énumère
ici. Donc, j'aimerais ça que vous en parliez parce que je sais que ça vous tient à coeur. Je vous ouvre la porte pour le
faire, en terminant, puis aussi parce qu'on en parle beaucoup dans le
réseau scolaire. Puis tout ça aussi peut-être en disant : Bien, en faisant
ça, aussi, on aide puis on va continuer de travailler le niveau de littératie
de nos élèves. Ça fait que je vous invite, là, à parler de tous les moyens que vous allez mettre en place pour soutenir ces
élèves-là à besoins particuliers, parce qu'il y a des sommes importantes
qui sont investies. Puis, disons-le bien, là, aides à la classe, oui, élèves à
besoins particuliers aussi, puis un... c'est deux volets qui sont importants,
puis un n'efface pas l'autre. Merci. Je vous laisse la parole.
• (17 h 40) •
M. Drainville : Dans le fond, Mme la
Présidente, la députée de Hull m'invite à faire un peu la synthèse des mesures, des principales mesures que contenait le
budget en matière d'éducation. Je vous le rappelle, Mme la Présidente, c'est
le plus important budget du gouvernement de la CAQ, à part le premier, à part
le tout premier, c'est le plus important, donc : une augmentation de
1,5 milliard sur cinq ans, donc on est très fiers de ce budget-là.
Et la députée de Hull, Mme la Présidente, a bien
raison d'attirer l'attention de notre vaste auditoire sur la somme de
789 millions, qui vise à accroître la persévérance et la réussite
scolaire. Ça, Mme la Présidente, c'est un très,
très gros investissement, et il y a une partie de cette somme-là qui a servi à
la mesure des 300 $, là, pour les livres, là. On va quand même acheter pour 300 $ de livres dans chacune des
classes du primaire public au Québec. À partir de septembre prochain,
c'est plus de 600 000 nouveaux livres, Mme la Présidente, qu'on va
ajouter en septembre, là, dans les classes
du primaire au Québec, dans les écoles publiques, puis on va ajouter
600 000 livres l'année d'après, puis on va ajouter
600 000 livres l'année d'après, puis on va ajouter un autre
600 000 livres l'année d'après, puis on va ajouter un autre
600 000 livres l'année d'après. On a financé ça pour cinq ans.
Puis l'idée, c'est que les livres se promènent
entre les classes, là. Parce qu'on le sait, la lecture, c'est la clé de la
réussite scolaire, parce que c'est transversal : si tu apprends à lire
tôt, tu es beaucoup plus susceptible de réussir à l'école. C'est fou, là, c'est... données scientifiques solides. Alors, il
faut, avec la lecture, ouvrir la porte à la réussite. Et donc, avec ces
livres-là, ce qu'on espère, c'est, oui, améliorer la maîtrise du français, mais
aussi augmenter les chances de réussite des enfants. Donc, lecture égale
maîtrise du français, lecture égale réussite scolaire dans toutes les matières.
Bon, alors, cette mesure-là, là, l'achat des
livres, là, sur cinq ans, là, elle est financée à même le 789 millions qui
est ici, là.
Bon, puis ensuite de ça, on a un
240 millions sur cinq ans pour améliorer la performance du réseau
scolaire. Alors, ça, c'est notamment les
investissements en matière d'accès aux données, là. On en a un peu parlé ce
matin, là, ça, c'est très important, Mme la Présidente, parce que, si on a un
meilleur accès aux données, on va être capables de mieux aider nos
élèves. Parce qu'on parle beaucoup d'efficacité, Mme la Présidente, puis il
faut faire attention, il ne faut pas que ce
soit désincarné. Quand on parle d'efficacité, on parle d'efficacité au service
de l'enfant, au service de l'élève, pour
nous permettre, oui, de prendre des meilleures décisions comme ministère, comme
ministre, comme gestionnaires, bien oui, c'est sûr. Mais, en bout de
ligne, notre objectif, c'est quoi? C'est d'aider les enfants, de favoriser la
réussite scolaire des enfants. Ce n'est pas l'efficacité pour l'efficacité, là,
c'est l'efficacité pour la réussite des enfants dans nos écoles. Alors, 240
pour ça puis 267 sur cinq ans pour, essentiellement, la formation
professionnelle puis aussi pour contrer la
pénurie de main-d'oeuvre. Puis un autre 200 quelques millions... Ah! ça,
on n'en a pas parlé, Mme la Présidente. Quand on dit que les budgets en
infrastructures ont augmenté de 9 à 22 milliards, là, depuis cinq ans, là,
depuis que la CAQ est au pouvoir, là, ça, c'est phénoménal, là, ça, c'est
phénoménal, là, 9 à 22 milliards, imaginez, là, ça monte de même.
Mais, en plus
de ça, on a, dans le budget depuis l'année passée, une mesure budgétaire qui
s'appelle Accélérer l'entretien du parc immobilier scolaire. Ça, là, l'année
passée, il y avait 200 millions, puis on a rajouté un 200, cette année, sur cinq ans. Puis ça, c'est les travaux de
prévention, Mme la Présidente : la fenêtre qu'il faut changer, les travaux
d'entretien mineurs qui vont faire en sorte qu'on va réparer avant que
ça devienne des travaux majeurs. Bon, bien, avant
cette mesure-là, là, avant l'année passée, là, il fallait que les écoles
prennent l'argent pour ces travaux, là, dans leur budget de
fonctionnement, dans les services aux élèves. Bien, depuis l'année passée, ils
ont de l'argent pour appeler le peintre, pour appeler celui qui s'occupe du
calfeutrage des fenêtres, celui qui s'occupe de changer la porte, de s'assurer
que les travaux d'entretien se fassent, que les travaux de prévention se fassent,
pour éviter que ça devienne des travaux majeurs qu'on va être obligé de mettre
sur le PQI par la suite. Ça aussi, c'est une mesure complètement passée sous silence. Ce n'est pas pour rien que je
vous en parle, parce que c'est une bonne mesure, Mme la Présidente,
c'est une bonne mesure puis c'est grâce à votre question que je peux en parler,
Mme la députée de Hull. Ça fait que je suis bien content de pouvoir en parler.
Je ne sais
pas s'il y a d'autres questions du genre, mais je les aime beaucoup, ces
questions-là, Mme la Présidente, parce que ça nous parlait... ça nous
permet de parler du positif, de ce qui va bien dans les écoles. Parce que, s'il
y a une chose qu'il faut dire, à la fin de ces crédits, Mme la Présidente,
c'est que, oui, il y en a, des problèmes, puis je ne suis pas jovialiste, des
problèmes, il y en a, il y en a jusqu'au plafond, des problèmes. Mais il ne
faut jamais oublier, puis je l'ai dit la dernière fois, quand on était au bleu,
je le redis aujourd'hui au rouge, il faut parler de ce qui va bien, il faut
dire à quel point on fait du bon dans les écoles.
La
Présidente (Mme Dionne) : Je vous entends bien, M. le ministre, et il vous
reste 24 secondes. Alors, est-ce qu'il y a une intervention de la
part de la députée... Mme la...
Mme Tremblay : Bien oui. En
terminant, M. le ministre, c'est important, ce que vous avez dit, il faut
parler de ce qui va bien dans les écoles.
Puis, vous l'avez dit, il y a beaucoup d'enjeux. Mais ce qu'il est important de
retenir aujourd'hui, c'est qu'on investit. On
parle d'éducation plus que jamais, notre gouvernement en parle plus que jamais,
d'éducation, et ça, c'est important de le dire, et c'est... on continue
d'avancer, et je pense que c'est ce qu'il faut retenir aujourd'hui.
La Présidente (Mme
Dionne) : Merci. Alors, c'est tout le temps qu'on a. Donc, le temps
alloué à l'étude...
M.
Drainville : Mme la Présidente, avec le consentement...
La Présidente (Mme
Dionne) : Avec le consentement...
Mme Rizqy : ...consentement, je pense que c'est très
pertinent, parce que ce sont des cahiers d'études très détaillés que
nous avons reçus. Oui, avec consentement, pour dire merci aux équipes.
M.
Drainville : Merci, madame...
La Présidente (Mme
Dionne) : Alors, est-ce que... Consentement pour que M. le ministre
s'adresse...
Des voix :
Consentement.
La Présidente (Mme
Dionne) : Merci. Allez-y
M.
Drainville : Ça ne sera pas long, Mme la Présidente. Merci beaucoup à
la députée de Saint-Laurent, merci à la
députée de Saint-Laurent. Alors, merci à tous ceux et celles qui nous écoutent,
là, au ministère, là, puis qui ont travaillé fort sur les cahiers de
crédits. La députée de Saint-Laurent avait bien raison de le dire, il y a
beaucoup, beaucoup, beaucoup de travail dans la préparation de ces crédits. Et
je tiens à redire, Mme la Présidente, à quel point les gens du ministère de
l'Éducation sont dévoués, sont engagés. Et puis ils veulent, comme nous tous,
la réussite des enfants. On ne leur dit pas suffisamment. Alors, je vous le
dis : Merci beaucoup.
Merci
aux fonctionnaires qui sont ici, les équipes de hauts fonctionnaires de haute
qualité, Mme la Présidente, je tiens à le dire. Merci à mon équipe du
cabinet, très dévouée : M. Dupras, mon dircab, puis il y a plein de monde autour. Merci. Et puis merci à vous tous, députés
et députées, pour le travail que vous faites et pour l'engagement que vous avez envers les élèves. Parce qu'on est tous
là pour la même raison, on est là pour les élèves. Merci beaucoup pour
votre dévouement et pour le travail que vous accomplissez quotidiennement.
Mme
la Présidente, vous avez bien fait ça, vous avez tenu ça serré, puis je vous félicite.
Il faut le ramener à l'ordre, des fois, le ministre, c'est correct, puis
vous avez bien fait ça.
Mme Rizqy : ...
La Présidente (Mme
Dionne) : Bien, allons-y, allons-y, applaudissons.
(Applaudissements)
La Présidente (Mme
Dionne) : Alors, je vous transmets également mes remerciements. Merci
infiniment pour votre participation et votre
discipline exemplaires. Alors, ce fut de beaux échanges. C'est important,
l'éducation.
Adoption des crédits
Ceci
étant dit, nous allons... le temps est... alloué pour l'étude des crédits du
portefeuille Éducation, donc nous allons maintenant procéder à la mise
aux voix des crédits.
Donc, le
programme 1, intitulé Administration, est-il adopté?
Des voix :
Adopté.
Des voix : Sur
division.
La Présidente (Mme
Dionne) : Adopté sur division.
Le programme 2,
intitulé Soutien aux organismes, est-il adopté?
Des voix :
Adopté.
Des voix : Sur
division.
La Présidente (Mme
Dionne) : Adopté sur division.
Le programme 3,
intitulé Taxe scolaire, Subvention d'équilibre fiscal, est-il adopté?
Des voix : Adopté.
Des voix : Sur
division.
La Présidente (Mme Dionne) : Adopté
sur division.
Le programme 4, intitulé Éducation
préscolaire et enseignement primaire et secondaire, est-il adopté?
Des voix : Adopté.
Des voix : Sur division.
La Présidente (Mme Dionne) : Adopté
sur division.
Et finalement le programme 6, intitulé
Régimes de retraite, est-il adopté?
Des voix : Adopté.
Des voix : Sur division.
La Présidente (Mme Dionne) : Adopté
sur division.
Documents déposés
Donc, en terminant, je dépose les réponses aux
demandes de renseignements de l'opposition.
Et, compte tenu de l'heure, eh bien, la
commission ajourne ses travaux au mercredi 3 mai, 15 h 30,
où elle entreprendra l'étude des crédits budgétaires du portefeuille
Enseignement supérieur.
Sur ce, je vous souhaite une excellente soirée.
Merci.
(Fin de la séance à 17 h 47)