Journal des débats de la Commission de la culture et de l’éducation
Version préliminaire
43e législature, 1re session
(29 novembre 2022 au 10 septembre 2025)
Cette version du Journal des débats est une version préliminaire : elle peut donc contenir des erreurs. La version définitive du Journal, en texte continu avec table des matières, est publiée dans un délai moyen de 2 ans suivant la date de la séance.
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Le
jeudi 22 février 2024
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Vol. 47 N° 39
Étude détaillée du projet de loi n° 47, Loi visant à renforcer la protection des élèves
Aller directement au contenu du Journal des débats
Intervenants par tranches d'heure
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Fortin, André
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Rizqy, Marwah
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Drainville, Bernard
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Asselin, Mario
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Rivest, Mathieu
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Poulin, Samuel
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Émond, Jean-Bernard
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Ghazal, Ruba
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Drainville, Bernard
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Rizqy, Marwah
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Fortin, André
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Ghazal, Ruba
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Drainville, Bernard
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Rizqy, Marwah
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Fortin, André
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Ghazal, Ruba
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Fortin, André
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Rizqy, Marwah
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Drainville, Bernard
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Ghazal, Ruba
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Ghazal, Ruba
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Drainville, Bernard
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Rizqy, Marwah
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Fortin, André
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Fortin, André
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Rizqy, Marwah
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Drainville, Bernard
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Ghazal, Ruba
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Ghazal, Ruba
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Drainville, Bernard
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Fortin, André
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Rizqy, Marwah
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Fortin, André
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Rizqy, Marwah
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Drainville, Bernard
11 h 30 (version révisée)
(Onze heures quarante-quatre minutes)
Le Président (M. Fortin) : À
l'ordre, s'il vous plaît! Ayant constaté le quorum, je déclare la séance de la Commission
de la culture et de l'éducation ouverte.
La commission est réunie aujourd'hui afin
de poursuivre l'étude détaillée du projet de loi n° 47, la Loi visant à
renforcer la protection des élèves.
Mme la secrétaire, est-ce qu'il y a des
remplacements?
La Secrétaire : Oui, M. le
Président. Mme Tremblay (Hull) est remplacée par Mme Lecours
(Lotbinière-Frontenac) et Mme Garceau (Robert-Baldwin), par M. Ciccone
(Marquette).
Étude détaillée (suite)
Le Président (M. Fortin) : Très
bien. Je vous rappelle qu'on est à l'étude article par article du projet de loi
n° 47, et on fonctionne par sujets. Donc, on est dans le bloc
Communication d'informations et clauses d'amnistie et on est en train d'étudier
le sous-amendement qui avait été présenté par la députée de Saint-Laurent. Mme
la députée.
Mme Rizqy : M. le ministre,
bonjour. Bonjour aussi à tous mes collègues ici présents. Est-ce que la nuit a
porté conseil? Est-ce que vous avez eu le temps de faire quelques appels,
notamment auprès de notre estimé collègue ministre de la Justice?
M. Drainville : J'avais déjà
fait, M. le Président, tous les appels nécessaires et je peux confirmer à la
députée de Saint-Laurent, à mon estimée collègue la députée de Saint-Laurent,
que de nouvelles vérifications ce matin me permettent de lui confirmer que nous
allons maintenir la formulation actuelle.
Mme Rizqy : ...sont de l'ordre
juridique?
M. Drainville : Je n'irai pas
dans ce...
Mme Rizqy : OK. Est-ce que je
peux les avoir...
M. Drainville : ...dans ce niveau
de détail, Mme la Présidente... M. le Président, mais ce que je peux dire, c'est
que les arguments que j'ai soutenus hier sur le fait que... Le libellé, tel
qu'il est proposé, nous permet <d'affirmer que la vaste, vaste majorité
des membres du...
M. Drainville :
...que
le libellé, tel qu'il est proposé, nous permet >d'affirmer que la vaste,
vaste majorité des membres du personnel scolaire seront assujettis au processus
de vérification, peu importe qu'ils travaillent dans un établissement primaire,
secondaire, centre de formation professionnelle, éducation des adultes. La
vaste majorité du personnel sera assujetti. Et, comme je l'ai dit ce matin,
comme je l'ai... comme je le réitère ce matin et comme je vous l'ai dit hier,
on se doit aussi de maintenir un certain équilibre dans le libellé qui est
proposé parce qu'il y a des enjeux liés notamment à la protection de la vie
privée.
Mme Rizqy : Les nouvelles
vérifications, est-ce que je peux les avoir hors micro, au moins, pour
comprendre?
M. Drainville : On peut
suspendre deux instants, M. le Président?
Le Président (M. Fortin) : Bien
sûr.
(Suspension de la séance à 11 h 47)
(Reprise à 11 h 59)
Le Président (M. Fortin) : Alors,
on reprend et on est encore sur le sous-amendement proposé par la députée de
Saint-Laurent.
Mme Rizqy : Bien, écoutez,
nous, on a fait nos arguments. Je pense que nous, on serait prêts à faire un
vote par appel nominal.
Le Président (M. Fortin) : Très
bien. Est-ce qu'il y a d'autres interventions? Non, ça va? Mme la secrétaire.
Une voix : ...
Mme Rizqy : Oui.
Le Président (M. Fortin) : Sur
le sous-amendement.
La Secrétaire : Donc, pour,
contre, abstention. Mme Rizqy (Saint-Laurent)?
Mme Rizqy : Pour.
La Secrétaire : M. Drainville
(Lévis)?
M. Drainville : Contre.
La Secrétaire : Mme Lecours,
Lotbinière... Pardon. M. Asselin (Vanier-Les Rivières)?
M. Asselin : Contre.
La Secrétaire : M. Rivest
(Côte-du-Sud)?
M. Rivest : Contre.
La Secrétaire : M. Poulin
(Beauce-Sud)?
M. Poulin : Contre.
La Secrétaire : M. Émond
(Richelieu) ?
M. Émond : Contre.
La Secrétaire : Mme Ghazal
(Mercier)?
Mme Ghazal : Pour.
La Secrétaire : M. Fortin (Pontiac)?
Le Président (M. Fortin) : Abstention.
Le sous-amendement est donc rejeté. On revient à l'amendement proposé par M. le
ministre. Est-ce qu'il y a d'autres commentaires ou interventions?
• (12 heures) •
Mme Rizqy : Pour le
sous-amendement?
Le Président (M. Fortin) : Pour
l'amendement qui avait été présenté par le ministre.
Mme Rizqy : Pour
l'amendement, pardon. Non, ça va.
Le Président (M. Fortin) : Non?
Alors, est-ce que l'amendement proposé par M. le ministre est adopté?
Des voix : Adopté.
Le Président (M. Fortin) : Adopté.
Mme Rizqy : Maintenant, on
revient sur l'article.
Le Président (M. Fortin) : Maintenant,
on revient sur l'article 5, et je vous propose, puisque cet article-là
compose plusieurs sections, d'y aller une section à la fois, si ça vous
convient.
Mme Rizqy : ...naviguer à
travers les sections. On peut partir comme ça, mais je me... je me réserve
la... M. le Président, je me réserve, s'il vous plaît, l'opportunité de pouvoir
faire des ponts avec les articles.
M. Drainville : ...
Mme Rizqy : Non, inquiétez-vous
pas, je...
M. Drainville : ...
Mme Rizqy : Absolument, parce
qu'ils sont quand même interreliés, là.
M. Drainville : Non, non, je
fais des blagues.
Le Président (M. Fortin) : On
va vous permettre une certaine latitude, Mme la députée. Alors...
Mme Rizqy : Oui, parce que
j'ai d'abord une question très générale pour le ministre. Vous savez, on s'en
était parlé lors des consultations au niveau des centres... bien, en fait, les
commissions scolaires Premières Nations. Parce que, quand je lis, c'est
vraiment pour centre de services scolaire ou établissement régi par la Loi de
l'enseignement <privé...
>
12 h (version révisée)
<17883
Mme
Rizqy :
...centre de services scolaire ou établissement régi
par la Loi de l'enseignement >privé.
M. Drainville : Ils ne sont
pas visés parce qu'ils ne sont pas assujettis. Enfin, ils ont leur propre loi.
Mme Rizqy : Oui. J'aurais un
amendement à l'article 4. Je vais vous le dire tout de suite pour que vous
puissiez réfléchir. On pourrait même le déposer pour s'assurer... Parce que...
M. Drainville : À l'article 4,
dites-vous?
Mme Rizqy : Oui, à l'article 4.
Je vais vous le mettre tout de suite dans le Greffier, là, pour que vous ayez
le temps de réfléchir, 261.1.3, là.
Le Président (M. Fortin) : Si
ça ne vous dérange pas, est-ce que... Je vais juste... Puis je vous permettrai
une certaine latitude dans le cours des choses, mais, juste pour qu'on voie la
progression, là, si vous voulez commencer par 261.1.1... Si vous me dites qu'il
n'y a rien, bien, je vais vous permettre d'y revenir quand même, là, au cours
de votre...
Mme Rizqy : Ah! OK. Parfait. Bien,
moi, j'irais, dans ce cas, à 261.1.3, parce que j'aurais un amendement.
Le Président (M. Fortin) : OK.
Avant ça, est-ce qu'il y a des interventions sur le 261.1.1?
Mme Rizqy : Non. On va avoir
une discussion plus tard sur la première partie de la première phrase. Il faut
faire des vérifications, vous vous rappelez?
M. Drainville : Oui.
Le Président (M. Fortin) : Oui.
D'accord.
Mme Rizqy : Donc, ça, on va
revenir plus tard, une fois que les vérifications seront faites, puis...
Le Président (M. Fortin) : Mme
la députée de Mercier, est-ce que j'ai vu que vous aviez une intervention?
Mme Ghazal : Bien, en fait, j'avais
aussi les mêmes questions par rapport aux Premières Nations. Probablement que
le ministre puis son équipe ont eu aussi la communication, une lettre du
Conseil en éducation des Premières Nations. Puis, dans le fond, c'est juste une
question pour comprendre, parce qu'il y a des communications qui sont faites
entre les différents centres de services, mais je pense qu'il y a certains
centres de services où il y a des Premières Nations, puis ils n'ont pas l'information.
Il y a comme une inquiétude qu'on en échappe aussi. Peut-être nous l'expliquer
un peu plus par rapport à leur demande.
M. Drainville : Bien, on... Je
pense qu'on a tous reçu, M. le Président, la même note, et, bien honnêtement,
je n'ai pas eu le... je n'ai pas eu le temps d'en prendre connaissance
correctement. Alors, je nous suggérerais, M. le Président, de prendre deux
minutes, là, juste pour lire exactement la communication que nous avons reçue
du Conseil en éducation des Premières Nations.
Le Président (M. Fortin) : Très
bien. Suspension, s'il vous plaît.
M. Drainville : Merci.
(Suspension de la séance à 12 h 01)
(Reprise à 12 h 16)
Le Président (M. Fortin) : Alors,
on reprend nos travaux. M. le ministre, vous avez eu l'occasion de vous pencher
sur la question qui vous avait été posée.
M. Drainville : Oui. Alors,
c'est complexe, M. le Président. Dès qu'on touche aux questions autochtones,
là, puis je le dis en tout respect, là, c'est complexe. Il faut <respecter...
M. Drainville :
...oui.
Alors, c'est complexe, M. le Président, dès qu'on touche aux questions
autochtones, là, puis je le dis en tout respect, là, c'est complexe. Il faut >respecter
cette complexité. Alors, plusieurs points, là, qu'il faut énoncer.
D'abord, il faut se rappeler que les
écoles de bande sont de compétence fédérale. Donc, M. le Président, on est très
ouverts à envisager le changement qui est proposé, donc, par le conseil
éducatif... le Conseil en éducation, dis-je, des Premières Nations, on est très
ouverts à le considérer, mais on ne peut pas, illico, donner notre accord. On
doit faire des analyses juridiques, et on va revenir sur cette question-là
lorsqu'on aura les résultats. Mais, chose certaine, on les aura avant la fin de
l'étude du projet de loi. Donc, ne vous en faites pas, on aura l'occasion de
discuter et puis de voir comment on peut en disposer, y compris en adoptant la
proposition qui nous est faite.
Maintenant, M. le Président, je vous
disais que c'est complexe, parce qu'évidemment il faut faire une distinction
entre les écoles de bande, qui relèvent, donc, de la compétence fédérale, et
les écoles qui relèvent des commissions scolaires crie, naskapie et inuite, la
commission scolaire Kativik. Et là la Loi sur l'instruction publique, pour
l'essentiel, elle ne s'applique pas aux Naskapis, aux Cris et aux Inuits, parce
qu'ils ont leur propre LIP, ils ont leur propre loi sur l'instruction publique.
Dans la loi québécoise sur l'instruction
publique, donc je ne parle pas de la loi qui s'applique aux Cris, aux... commission
scolaire Kativik et à la commission scolaire naskapie, donc, je parle de la loi
québécoise, à l'article 722, on peut lire ceci : «...le gouvernement
peut, par règlement, à la demande de la Commission scolaire crie, de la Commission
scolaire Kativik ou du Comité Naskapi de l'éducation, lui rendre applicable,
avec les adaptations de concordance nécessaires, une disposition ou partie
d'une disposition de la présente loi et indiquer la disposition de la Loi sur
l'instruction publique pour les autochtones cris, inuit et naskapis qu'elle
remplace.»
Bon, alors, ce que ça dit, ça, M. le
Président, c'est qu'on pourrait, effectivement, décider, notamment par souci de
cohérence, que la disposition qui est proposée ici pour les écoles de bande
s'applique également aux écoles des trois commissions scolaires que l'on vient
de nommer, mais, pour que ça se fasse, les commissions scolaires en question
doivent être consultées et elles doivent nous le demander en vertu de la loi.
Et donc, si c'est fait, si ces trois commissions scolaires nous demandaient,
par exemple, d'appliquer cette disposition à leur propre loi sur l'instruction
publique... En fait, non, on ne touche pas à la loi sur l'instruction publique
des Cris, Naskapis et Inuits. Ce que l'on ferait, c'est qu'on déciderait, par
règlement, d'appliquer aux commissions scolaires ladite disposition. Mais là il
faut que ce soit demandé, et donc il va falloir, M. le Président, se tourner
vers les représentants des trois commissions scolaires en question et leur
demander : Êtes-vous d'accord pour que cette disposition s'applique à
vous? S'ils nous répondent oui et qu'ils nous demandent de procéder, à ce
moment-là, on peut, par règlement, les assujettir à ladite disposition. Mais ça
doit venir d'eux. Ils doivent donner leur accord.
• (12 h 20) •
Donc, ce que je peux vous dire, M. le
Président, et ainsi qu'à tous les collègues, c'est que nous allons, d'un côté,
faire l'analyse juridique de la demande qui nous est faite en ce qu'il... en ce
qu'elle concerne les écoles de bande et nous allons aussi, parallèlement à ça,
nous adresser aux représentants des trois commissions scolaires en question
pour leur demander leur avis sur cette question et s'ils souhaitent être
assujettis à cette disposition telle que formulée. Si c'est le cas, on pourra,
à ce moment-là, assujettir les trois commissions scolaires par un changement
réglementaire, comme le prévoit la loi. Est-ce que ça vous semble raisonnable
comme procédure?
Mme Rizqy : Juste pour... Moi,
ma <compréhension...
M. Drainville :
...est-ce
que ça vous semble raisonnable comme procédure?
Mme Rizqy :
Juste
pour...Moi, ma >compréhension, là... Parce que, là, le Conseil
en éducation des Premières Nations, eux, leur demande, on la connaît. Donc, je
pense qu'on peut statuer pour le Conseil en éducation des Premières Nations. Ça
ne vous empêche pas de faire une vérification avec la commission scolaire crie,
Kativik et naskapie. Et, dans tous les cas, pour ces trois-là, ce sera par
règlement.
Or, la... le Conseil en éducation des
Premières Nations, eux, c'est dans la voie législative. Donc, c'est ici, là, à
261.1.3. Donc, dans... C'est... En fait, c'est deux chemins qui vont nous
amener à bon port, le cas échéant, pour les trois commissions scolaires, crie,
Kativik et naskapie, mais, dans le cas du Conseil en éducation des Premières
Nations, c'est vraiment leur demande. Donc, je pense qu'on peut, de façon
raisonnable, conclure qu'ils sont conséquents avec eux-mêmes. Puis, en même
temps, leur crainte, elle est totalement légitime, parce qu'il faut savoir...
M. Drainville : Oui, oui, on
n'est pas sur le fond, là. On n'est pas sur le fond.
Mme Rizqy : C'est ça. Sur le
fond, on s'entend... Permettez-moi d'éternuer.
M. Drainville : Oui. Ça va?
Avez-vous besoin d'un mouchoir? Est-ce que quelqu'un peut apporter un mouchoir
à Mme la députée de Saint-Laurent, s'il vous plaît? Merci.
Une voix : ...
M. Drainville : Oui. Bien, ça
a beau...
Mme Rizqy : ...délicatesse,
M. le ministre.
M. Drainville : De rien, de
rien.
Mme Rizqy : Est-ce que ça
vous va si on reprend le libellé que je vais lire? «Afin d'assurer la
protection de tous les élèves, le centre de services scolaire communique toute
information pertinente concernant ces comportements aux directions des services
éducatifs dans les communautés Premières Nations ("écoles de bande")
situées dans les régions avoisinantes.»
Donc, ça, c'est le libellé qui a été
proposé par le Conseil en éducation des Premières Nations. On peut le mettre
dans un amendement, qu'on peut mettre sur Greffier, mais le suspendre, le temps
que vous fassiez vos vérifications. Ça vous va?
M. Drainville : Ça me va.
Mme Rizqy : OK. Est-ce que
vous me permettez une courte suspension, le temps de transmettre l'amendement?
M. Drainville : Bien sûr.
Mme Rizqy : Merci.
Le Président (M. Fortin) : Suspension,
s'il vous plaît.
(Suspension de la séance à 12 h 24)
(Reprise à 12 h 30)
Le Président (M. Fortin) : Alors,
nous reprenons nos travaux. Mme la députée, je crois que votre amendement est
prêt.
Mme Rizqy : Oui. Merci
beaucoup, M. le Président. Donc, essentiellement, je vais relire la proposition
qui a été soumise par le... pardon, par le Conseil en éducation des Premières
Nations, donc : «Afin d'assurer la protection de tous les élèves, le
centre de services scolaire communique toute information pertinente concernant
ces comportements aux directions des services éducatifs dans les communautés
Premières Nations ("écoles de bande") situées dans les régions
avoisinantes.»
Et, tel qu'entendu avec le ministre, on va
le suspendre, le temps de faire les vérifications nécessaires et les appels
aussi, le cas échéant.
Le Président (M. Fortin) : Très
bien. Ça vous convient, M. le ministre?
M. Drainville : Absolument.
Le Président (M. Fortin) : Excellent.
Mme Rizqy : Merci.
Le Président (M. Fortin) : Alors,
est-ce qu'il y a des questions, commentaires sur le 261.1.2?
Mme Rizqy : Oui. M. le
ministre, on a eu beaucoup de questions qui ont été posées pour le caractère
raisonnable. Vous vous rappelez, différents groupes sont revenus pour nous en
parler, dont, notamment, les... pardon, la CSQ mais aussi la Fédération des
centres de services scolaires du Québec et l'ADGSQ. Est-ce que vous avez eu le
temps de faire des vérifications de comment on peut s'assurer que leurs
préoccupations, en fait, soient répondues, là? Parce qu'au niveau d'un <comportement
raisonnable...
>
12 h 30 (version révisée)
<17883
Mme
Rizqy :
...soient répondues, là? Parce qu'au niveau d'un >comportement
raisonnable... En fait, juste peut-être le clarifier, parce que je pense que...
M. Drainville : Oui, ça va
être dans le guide.
Mme Rizqy : Moi, comme juriste,
je le comprends, puis il y a de la jurisprudence pour... Peut-être même que le
légiste peut nous... peut éclairer. Je pense, c'est très important. Puis
peut-être voir aussi comment on pourra par la suite avoir des documents qui
pourront circuler, avec des exemples de «pouvant raisonnablement croire». Je
pense qu'on a... C'est du droit nouveau, de s'assurer de faire beaucoup de
pédagogie, je vais le dire ainsi.
M. Drainville : Je... Ça va
être... M. le Président, ça va être dans le guide. Ça va être dans le guide que
l'on donnera, donc, des éléments permettant, donc, aux centres de services
scolaires et aux écoles de se gouverner dans l'application de la nouvelle
norme. Alors, c'est...
Je vous donne l'exemple, là, parce que je
pense que ça va nous permettre de bien comprendre. Là, on a un guide, déjà, qui
existe, la vérification des antécédents judiciaires, guide à l'intention des
centres de services scolaires et des établissements d'enseignement privés du
Québec. Et donc, dans ce guide-là, si vous allez à la page 22, là, on a Infractions
susceptibles de retenir l'attention, bon, puis là vous avez des exemples :
infractions pour lesquelles une quelconque forme de violence a été utilisée,
notamment, bon, l'homicide, le vol qualifié, les voies de fait, l'enlèvement,
la séquestration, les menaces, l'intimidation, le harcèlement; les infractions
à caractère sexuel, notamment l'agression sexuelle, les actions indécentes, la
sollicitation ou l'incitation à la prostitution et la pornographie juvénile; infractions
dont la nature même est assimilable à un vol ou à une fraude, notamment... bon,
avec d'autres exemples; infractions relatives à la conduite des véhicules,
notamment... etc.
Alors, ce qu'on va faire, c'est qu'on va
créer un guide, pour, justement, l'application de la nouvelle norme, donc, du
comportement pouvant raisonnablement faire craindre pour la sécurité physique
ou psychologique des élèves. Et donc, dans ce guide-là, on aura une liste d'exemples
de comportements, donc, qui pourraient être considérés comme des comportements
pouvant mettre à risque la sécurité physique ou psychologique des élèves.
Alors, on pourrait retrouver là-dedans, par exemple, je ne sais pas, moi, une
enseignante, un enseignant qui crie, un enseignant qui... ou une enseignante
qui se présente à répétition en classe... est intoxiqué, des comportements
insouciants pour la sécurité de l'élève, etc.
Et on pourra également, en plus du guide,
utiliser la table des secrétaires généraux des centres de services scolaires et
des commissions scolaires, qui sont coordonnés par la Fédération des centres de
services scolaires du Québec. Alors, ça, c'est un... ce sont des tables où les DG,
puis les... les secrétaires généraux, dis-je, et les directions d'organisme
partagent l'information, mettent en place des mesures, etc. Ils organisent
également des séances de formation ou d'information conjointement avec le
ministère.
Donc, c'est différents moyens qu'on va
utiliser pour s'assurer que les personnes qui doivent appliquer la loi soient
bien en mesure de le faire, soient bien outillées pour pouvoir le faire.
Mme Rizqy : Merci. J'aime
bien que vous montriez le guide en question, que vous avez devant vous, qui a
été fait par le ministère de l'Éducation il y a déjà plus de 15 ans mais
qui est toujours aussi pertinent, là, le guide que vous avez entre vos mains.
Ça, habituellement... Mais ce que vous avez donné comme exemple dans un premier
temps, c'est surtout pour l'embauche, où il faut mettre, par exemple, fin à un emploi,
là. Mais j'aime ce que vous venez de montrer comme exemple. Je comprends que le
guide va être élaboré au courant des prochaines semaines, prochains mois. Il y
en a qui vous demandent de le définir.
Bien, moi, je vais vous donner un exemple
puis aussi une recommandation. Donc, on a appris, avec le témoignage de... par
exemple, de Mme Mélanie... Mélanie Lemay, qui était très poignant, qui,
elle-même, a été victime, tout ce qui est la notion de «grooming», donc, la
préparation, comment une personne en autorité peut préparer sa proie, entre
guillemets, la victime. Donc, il y avait, par exemple, des textos, alors, qui
étaient envoyés tard le soir avec des images, des pictogrammes pour illustrer,
évidemment, des parties intimes à partir d'une <aubergine...
Mme Rizqy :
...pour
illustrer, évidemment, des parties intimes à partir d'une >aubergine.
Donc, ça, moi, comme personne raisonnable, c'est quelque chose que j'ai un gros
drapeau rouge, vous comprendrez. Mais je me mets dans la situation d'un centre
de services scolaire qui, eux, vont être appelés à prendre des décisions. Et ce
centre de services scolaire doit avoir quand même, je crois, un guide assez
précis mais pas trop non plus. Donc là, vous allez me dire : Mme la
députée...
M. Drainville : ...raison, il
ne faut pas que...
Mme Rizqy : C'est ça, vous
allez me dire que je me...
M. Drainville : Il ne faut
pas prétendre que le guide est exhaustif.
Mme Rizqy : Exactement.
M. Drainville : Exactement,
là. C'est à titre indicatif. On veut qu'il soit le plus complet possible...
Mme Rizqy : Oui, pour
ratisser le plus large possible.
M. Drainville : ...mais on ne
veut surtout pas dire que, s'il y a d'autres exemples, d'autres cas qui se
produisent qui ne sont pas... qui ne font pas partie de la liste qui est...
énumérée, dis-je...
Mme Rizqy : Oui. Puis, quand
vous avez pris le micro, vous l'avez bien fait. Vous avez montré des exemples
concrets où est-ce qu'on peut voir que l'intégrité physique ou mentale d'un
enfant peut être compromise. Par exemple, vous avez parlé de crier, brasser. Mais
une des préoccupations qui a été soulevée, c'était : Est-ce qu'on va
partir en chasse aux sorcières après un enseignant ou un membre du personnel
scolaire qui arrive en retard? Évidemment, moi, dans mon sens commun, là, pour
moi, non, ça, c'est exclu. Puis ma compréhension, c'est que vous et moi, on a
bien la même lecture qu'effectivement on reste vraiment très ancrés avec
comportements physiques ou psychologiques qui pourraient être compromis, là, et
non pas, ce que je pourrais dire, qui pourraient, oui, avoir des répercussions
sur la tâche ou la prestation de services, mais vraiment plus ciblés en matière
de violence, au sens le plus large qu'on l'entend, violence verbale, violence
physique, violence à caractère sexuel.
M. Drainville : Alors...
Mme Rizqy : Après ça, je vais
faire ma recommandation.
M. Drainville : Oui. Alors,
plusieurs éléments, M. le Président. D'abord, dans la liste des exemples de
comportements qui pourraient être donnés en exemple dans le guide, j'ai donné
quelques exemples tout à l'heure, on pourrait également viser des
communications qui sont inappropriées sur les médias sociaux, sur les réseaux
sociaux, hein, parce qu'on sait que ça joue un rôle très important. Et
malheureusement, souvent, les... je pense que je peux dire «souvent», les
agresseurs vont utiliser les médias sociaux pour traquer leurs jeunes victimes.
Alors, ça, c'est un point que je voulais... que je voulais faire.
Par ailleurs, par rapport à la dernière
partie de votre intervention, il est certain, M. le Président, que les centres
de services scolaires ne peuvent pas agir de manière déraisonnable, hein? Si tu
vas trop loin, à un moment donné, tu peux, effectivement, te le faire
reprocher, et puis il y a des gestes qui peuvent être posés par les tribunaux
pour te rappeler à l'ordre, puis... Bon. Alors, on est conscients de ça, là. Les
personnes, les employés ont des droits, et donc il y a toujours la possibilité
de recourir aux tribunaux pour faire entendre leurs droits, pour faire valoir
leurs droits. Et, en ce sens, il faut quand même rappeler que le droit du
travail, lui, continue à s'appliquer, hein, il ne faut jamais le perdre de vue.
Le Tribunal administratif du travail a compétence pour entendre les causes. Donc,
quant à la préoccupation énoncée sur les droits des employés et le fait qu'il
faut faire attention pour ne pas aller trop loin, ça a été... ça a été soulevé,
notamment, par les syndicats, il y a quand même, dans notre droit puis dans
notre régime juridique, des recours qui permettent aux employés qui se
sentiraient lésés de pouvoir faire valoir leurs droits.
• (12 h 40) •
Mme Rizqy : Merci beaucoup,
M. le ministre. Ma recommandation... Vous vous rappelez de Mme Beaumont, qui
est venue en commission.
M. Drainville : ...
Mme Rizqy : Honnêtement, oui.
C'est une expertise...
M. Drainville : Et nous
aussi, d'ailleurs.
Mme Rizqy : Bien, c'est une
grande expertise avec une feuille de route, ma foi, vraiment complète, plus de
40 ans de service, une chaire de recherche, et qui est capable de voir
différentes formes de violence. Mais aussi, et je vais être très humble, là, moi,
très franchement, j'ai appris des affaires, là, puis...
M. Drainville : C'est rare.
Mme Rizqy : Non, ce n'est pas
rare. J'apprends tous les jours.
M. Drainville : C'est une
blague, c'est une blague.
Mme Rizqy : Et heureusement,
parce que, la journée que j'arrête d'apprendre, ça veut dire qu'il n'y a plus
grand-chose qui rentre.
M. Drainville : C'est une
blague, Mme la députée de Saint-Laurent. Je vous taquine. Allez, continuez.
Mme Rizqy : Non, mais
j'allais vous proposer... Je pense que ce serait pertinent que vous l'incluiez
lors de l'élaboration du guide.
M. Drainville : Qu'on inclue
quoi?
Mme Rizqy : Inclure Mme Beaumont
dans votre équipe.
M. Drainville : Ah! qu'on la
consulte.
Mme Rizqy : Oui.
M. Drainville : Oui, bien, on
a des...
Mme Rizqy : Je pense, ce
serait pertinent, parce qu'elle a, oui, le volet prévention, mais aussi
bienveillance, là, comme bonnes pratiques. Parce que, là, on va partir un
guide, là, mais aussi des bonnes pratiques, parce qu'il va <falloir...
Mme Rizqy :
...aussi
des bonnes pratiques, parce qu'il va >falloir aussi... Vous vous
rappelez, là, ce qu'on appelait, là, les témoins... Dans le rapport de
Saint-Laurent, ils parlaient des témoins spectateurs. Dans ce rapport-là, au
fond, il y a des gens qui voient quelque chose mais qui ne sont pas certains.
Est-ce que je dois agir, je ne dois pas agir? Est-ce que je me mêle de mes
affaires? Est-ce que j'ai outrepassé mon mandat? Je ne le sais pas. Est-ce que
ça, c'est correct ou pas correct?
M. Drainville : D'ailleurs,
la loi, là-dessus... le projet de loi crée des obligations, hein, il ne faut
pas l'oublier, l'obligation de dénoncer en vertu du code d'éthique et
obligation également de dénoncer un enseignant ou une enseignante au ministère
si jamais...
Mme Rizqy : Ça, je l'ai
compris, mais qu'est-ce qu'on dénonce? Quand est-ce... Il faut que la personne,
là, qui va... à qui on va faire appliquer la loi comprenne quand est-ce que son
obligation est enclenchée. Puis il y a du monde qui vont dire : OK, bien,
oui, là, je comprends qu'il texte un élève à 7 heures le soir. Moi,
personnellement, députée de Saint-Laurent, pour moi, c'est inapproprié, mais peut-être
que quelqu'un va dire : Ah! OK, elle texte quelqu'un à 7 heures le
soir, un de ses élèves. Moi, je trouve ça inapproprié.
Je vous donne un autre exemple. Est-ce que
vous vous rappelez, il y a quelques mois, une histoire abracadabrante où la DPJ
a donné son accord pour qu'une intervenante puisse accueillir chez elle une
élève qu'elle rencontre à l'école alors qu'elle est en couple avec cette élève?
M. Drainville : Oui, j'ai
vaguement souvenir.
Mme Rizqy : Bien, ça, là,
c'était, pour moi, surréaliste. Bien, vous comprenez que, vous et moi, on
entend ça, c'est clair que c'est déraisonnable. Mais, visiblement, ce n'était
pas clair pour certains. Puis bien des adultes étaient au courant qu'elles
étaient en couple, puis il n'y a personne qui a dit : Ça n'a pas de
mautadit bon sens. On remet une victime avec son gourou. Donc... Mais... Puis
les gens savaient qu'elles étaient en couple, là, puis elle a eu l'accord, là,
la bénédiction d'aller vivre avec cette personne. Alors...
Puis aujourd'hui aussi je lisais une
histoire...
M. Drainville : Moi, je pense
que, dans ce cas-ci, le code d'éthique, dont, je vous le rappelle, on...
qu'on... dont on soumettra un modèle, là, ou on soumettra, en tout cas, un...
je dirais, une première version assez complète qui pourra être adaptée selon
les circonstances locales, mais on va... on va travailler sur une version du
code d'éthique qui va être relativement uniforme, là, puis qui va être... qui...
À l'intérieur du code, il y aura des espèces de sections qui seront
obligatoires pour tous les codes d'éthique, dans tous les centres de services
scolaires.
Moi, je pense que... Par le code
d'éthique, j'ose croire qu'on aurait pu intervenir dans un cas comme celui-là,
c'est-à-dire que le code d'éthique, s'il est bien fait, va faire en sorte que,
quelqu'un qui observe ce que vous évoquez comme... comme histoire, là, bon,
bien, le code d'éthique devrait obliger quelqu'un qui est témoin de ce type de
situation... devrait l'obliger à dénoncer.
Mme Rizqy : Oui, mais là je
vais vous lire...
M. Drainville : Donc, le code
d'éthique peut être un moyen très efficace pour intervenir. C'est ce que je
veux dire.
Mme Rizqy : Oui, oui. Bien,
c'est pour ça que je vous dis qu'il faut que... Le code d'éthique, il va
falloir qu'on le vulgarise aussi, là, puis faire beaucoup, beaucoup de
pédagogie. Ça ne s'invente pas, ce que je vais vous lire, qui a été rapporté
par TVA Nouvelles, un prof de Drummond qui a mis... qui a eu, en fait,
une relation avec deux différentes élèves mais qui en a mis une enceinte, et là
j'ouvre les guillemets : «Avec l'accord de la DPJ, car l'adolescente était
à l'époque en famille d'accueil, celle-ci et Gignac ont même pu habiter
ensemble jusqu'à leur séparation.»
Non, non, mais, honnêtement, là, on va...
Non. Là, moi... Il y a quelqu'un ici, là, qui n'a pas compris des affaires
simples de la vie, là. Non. En situation d'autorité... D'ailleurs, ça fait des
années que c'est prévu dans le Code criminel que, quand on est en situation
d'autorité, il n'y en a pas, de consentement, même si la personne a 16, 17 ans.
En situation d'autorité, pas de consentement. Donc, ça, pour moi, c'est clair.
Puis, soit dit en passant, M. Gignac a eu 90 jours discontinus. Je
vais m'arrêter ici, parce que je vais m'emporter. Oui.
M. Drainville : ...je vous
donne un exemple, un exemple de code d'éthique, justement, au centre de
services scolaire de la Capitale, normes concernant la relation entre le
personnel scolaire et les élèves. Citation : «Tout employé ou tout
intervenant conserve une distance professionnelle dans ses relations avec les
élèves tant pendant les heures de travail qu'en dehors du contexte scolaire,
notamment en évitant d'établir des liens d'amitié susceptibles de compromettre
son objectivité et son impartialité vis-à-vis de ceux-ci.» C'est un exemple, tu
sais.
Mme Rizqy : C'est un
excellent exemple.
M. Drainville : Oui. Ça fait
qu'on a commencé à faire la recension, en fait, des... de certains codes
d'éthique, puis ça, évidemment, ça va nous guider dans la rédaction du code
d'éthique... du code d'éthique-maître ou...
Mme Rizqy : Est-ce qu'il va y
avoir une <formation...
M. Drainville :
...code d'éthique maître ou...
Mme Rizqy : Est-ce qu'il va
y avoir une >formation?
M. Drainville : ...cadre — cadre,
c'est mieux, maître, non, cadre — duquel, donc, pourront s'inspirer
par la suite les centres de services scolaires pour le compléter selon leurs
particularités.
Mme Rizqy : Ah! non,
non, non, je vous l'ai dit, là, d'entrée de jeu, moi, je ne veux pas
20 codes d'éthique au Québec, un seul.
M. Drainville : Oui,
mais...
Mme Rizqy : Je vous
explique pourquoi. Parce qu'il y en a qui ont mis la barre haute, avec raison.
Puis, si on a des disparités de traitement au Québec... Non, non, non.
M. Drainville : Non,
mais le code d'éthique-cadre va être déjà très exigeant. Il va être cadre.
Mme Rizqy : C'est ça, un
code d'éthique national.
M. Drainville : C'est
ça. Puis, si, selon les particularités locales, ils souhaitent ajouter des
choses, ce sera...
Mme Rizqy : Mais ils ne
peuvent pas en enlever.
M. Drainville : Non,
non, non, bien non.
Mme Rizqy : Le code
d'éthique, c'est la base. Puis il faut qu'on ait un langage commun.
M. Drainville : Oui. On
a... on a un amendement là-dessus, justement, qui prévoit...
Mme Rizqy : OK. Parfait.
Un seul code d'éthique national. S'il y a des gens qui, évidemment... Je
vais...
M. Drainville : Oui. S'ils
veulent...
Mme Rizqy : Ajouter
quelque chose... Puis d'ailleurs ils pourraient même le soumettre au ministère
de l'Éducation si jamais ils veulent le bonifier. Parce que moi, je crois qu'en
matière d'éthique ce n'est pas immuable, c'est-à-dire qu'il faut toujours
s'améliorer, parce que malheureusement il y aura toujours quelque chose de
nouveau qu'on n'aura pas vu venir. Moi, là, Snapchat, je ne l'avais pas vue
venir. Sinon, je l'aurais créée puis j'aurais fait de l'argent. Alors, vous
voyez?
M. Drainville : Vous
avez raison. Vous avez raison.
Mme Rizqy : Alors, il
faut qu'on soit capables d'être agiles puis d'avoir aussi une façon de revoir
ce code d'éthique pour...
M. Drainville : Périodiquement.
Mme Rizqy : ...oui, pour
le bonifier au fur et à mesure qu'on apprend. Moi, j'ai appris le «grooming».
Je ne sais pas si vous, vous le saviez. Moi, je ne... je ne connaissais pas
cette notion. Alors...
M. Drainville : Expliquez-la
pour les gens qui nous écoutent.
Mme Rizqy : Alors, je
vais donner un exemple très concret. Ça a été dans le reportage de J.E.,
à TVA. Il montrait cette jeune, talentueuse joueuse de basketball qui, dès sa
jeune enfance, est recrutée. Elle a un talent incroyable, mais son coach a une
attention très particulière envers cette jeune fille, et une relation
s'installe. Il n'y a pas d'acte qui est fait alors qu'elle est mineure, mais,
dès qu'elle franchit le cap de 18 ans, le cap, à ce moment-là... C'est là...
M. Drainville : Donc,
il... comme une araignée qui tisse sa toile, là.
Mme Rizqy : Exactement.
Vous le dites encore mieux que moi, M. Drainville... ah! excusez, M. le
ministre.
M. Drainville : Ça va,
ça va.
Mme Rizqy : Et c'est ça...
Et c'est plus tard qu'elle réalise qu'elle s'est fait manipuler. Elle réalise
que cet homme qui est plus vieux l'a préparée à tomber en amour, a préparé son
consentement, mais en fait son consentement a été vicié, même rendu à l'âge
adulte.
M. Drainville : Je
comprends. Tu tisses un lien de confiance avec un dessein, là, avec un...
Mme Rizqy : Exactement.
Puis, vu que vous savez que vous devez attendre 18 ans....
M. Drainville : ...avec
une intention... une intention criminelle, même, qu'on pourrait dire, parce
qu'à partir de 18 ans...
Mme Rizqy : Bien, à
partir de 18 ans, le consentement est correct, mais... Et cette jeune
joueuse, elle ne voulait pas déplaire, donc elle l'a suivi, donc, secondaire. Après
ça, elle est arrivée... de mémoire, c'est au collège Édouard-Montpetit. Elle a
continué à jouer au basketball AAA. C'était encore avec son coach. Elle ne
voulait toujours pas déplaire. Puis...
M. Drainville : Mais je
veux vous rassurer, Mme la députée de Saint-Laurent, puis d'ailleurs, si vous
voulez, si ça peut vous rassurer encore davantage, je peux céder la parole, M.
le Président, avec le consentement de la commission, à la ministre Stéphanie
Vachon, ici présente, qui va, si je ne m'abuse...
Mme Rizqy : Elle va
chapeauter, j'imagine.
M. Drainville : ...être
impliquée dans la rédaction du... dudit... desdites directives, n'est-ce pas,
du guide, alors, peut-être que... du code d'éthique. Peut-être que la...
Le Président (M. Fortin) : Est-ce
qu'il y a consentement?
Mme Rizqy : Oui, oui.
Le Président (M. Fortin) : Est-ce
qu'il y a consentement? Oui? Alors, est-ce que vous pouvez vous nommer ainsi
que votre titre?
• (12 h 50) •
Mme Vachon (Stéphanie) : Oui.
Bonjour. Stéphanie Vachon, sous-ministre adjointe au réseau et à la
gouvernance.
Effectivement, le code d'éthique, il sera
paramétré de façon significative par le ministère. Il y a un amendement,
d'ailleurs, qui est... qui est proposé pour en baliser le contenu minimal.
L'objectif aussi est de travailler avec
les centres de services scolaires et les organisations qui les représentent,
comme la Fédé des centres de services scolaires, pour élaborer un code modèle
le plus complet possible, donc, au-delà du minimum prescrit, aller un peu plus
loin administrativement par l'élaboration d'un code modèle, s'assurer qu'on
couvre le plus possible de comportements... des comportements qui pourraient
être inappropriés. Parce qu'on est dans les règles d'éthique. Donc, l'éthique
est différente de la déontologie et des... et également s'éloigne des
comportements qui peuvent faire l'objet d'infractions criminelles. L'éthique
est un petit peu plus diffuse comme concept. C'est ce qu'on... c'est ce qu'on
anticipe viser par le code d'éthique, donc, des comportements qui ne sont pas
nécessairement sanctionnables par le droit mais qui, au plan de l'éthique, sont
discutables. Donc, on souhaite que cet outil-là couvre le plus large possible.
Évidemment, on va proposer également des
façons d'atteindre les centres de services scolaires pour les former, les
sensibiliser au contenu. On va utiliser des mécanismes comme les mécanismes, au
ministère, que sont les forums des DG, les tables sectorielles avec les centres
de services <scolaires...
Mme Vachon (Stéphanie) :
...les
tables sectorielles avec les centres de services >scolaires et on va
utiliser les processus de nos... de la Fédération des centres de services
scolaires aussi, le ministre le nommait, avec les secrétaires généraux, qui
sont souvent des forums très utiles pour se partager une vision commune de
l'application des nouvelles règles, des nouvelles normes. Donc, on a plusieurs
instances. Donc, au-delà de l'écrire en concertation avec le réseau, on va
s'assurer de faire... mettre en oeuvre des mécanismes de diffusion pour qu'il y
en ait une compréhension commune.
Mme Rizqy : Absolument. Puis,
j'imagine, parce qu'on en parlait tantôt, ceux qui vont avoir l'obligation de
dénoncer, c'est eux autres aussi qui doivent maîtriser aussi les signaux qui
peuvent mettre en péril l'intégrité physique ou psychologique d'un élève. Donc,
par exemple, l'exemple... Par exemple, ce que vous avez illustré tantôt, des
contacts tard le soir, si jamais c'est porté à leur attention, par exemple, une
élève dit : Ah! bien, par exemple, M. Gignac me contacte le soir, on
s'écrit sur Snapchat, il faut qu'on comprenne que ça, c'est inapproprié, là,
puis qu'il faut... il faut alerter, là, il faut notifier.
Mme Vachon (Stéphanie) : Absolument.
Vous avez raison que, l'obligation de dénonciation, son efficacité sera à la
mesure de la bonne compréhension de ceux qui sont assujettis à la portée des
règles. Et l'éthique, ça peut être relativement diffus parfois. Donc, effectivement,
les séances de... les forums pour sensibiliser et former seront importants pour
une mise en application efficace de cet outil-là. Absolument.
Mme Rizqy : Oui. Merci
beaucoup, Mme Vachon.
Mme Vachon (Stéphanie) : Bienvenue.
Le Président (M. Fortin) : Mme
la députée de Mercier.
Mme Ghazal : Oui, bien,
j'ai... je voulais profiter de la discussion, là, parce que vous l'avez répété
à plusieurs reprises, premièrement, je pense qu'il y avait aussi un mémoire,
là, d'un professeur, Denis Jeffrey, qui en a parlé, qui a dit que la
déontologie puis l'éthique, ce n'est pas la même chose, puis vous l'avez dit à
plusieurs reprises, que c'est diffus.
Donc, dans l'article, là, qui... qu'on va
voir un peu plus loin... en fait, qui... dans le même article, là, 4... 5, le
fait que quelqu'un va être obligé... il est obligé de parler d'une situation,
donc, s'il entend, comme ça, au fil d'une conversation, comme le disait ma
collègue, qu'il a reçu un message sur une plateforme quelconque d'un prof après
les heures de classe... Cette personne-là, le code d'éthique va être assez
clair pour que, ce comportement précis là, la personne dise : Heille! je
suis obligée, j'ai entendu l'élève me le dire au détour d'une conversation où
est-ce que ce n'était même pas ça, le sujet, donc je suis obligée de faire
quelque chose.
M. Drainville : De dénoncer.
Il est obligé de poser un geste.
Mme Ghazal : De dénoncer.
Mais ça, c'est un comportement. Après ça, il y en a des milliers, de
comportements, des choses qu'on observe, et tout ça. Et c'est là que les gens
qui travaillent dans les écoles, que ce soient les directions, tout le monde,
là, qui oeuvre auprès des élèves, des fois, ils vont dire : C'est quel
comportement que c'est correct, quel comportement qui n'est pas correct? Tu
sais, tout ça, ça, le guide va aider à ça, à le préciser.
Mme Vachon (Stéphanie) : Je
dirais que le code en lui-même...
Mme Ghazal : Le code, je veux
dire, oui.
Mme Vachon (Stéphanie) : Le
code sera, comme le ministre le disait, suffisamment large pour couvrir le plus
de situations possible. Je pense que les outils qui vont aider à en préciser la
portée, d'une norme générale, ce seront surtout nos forums d'échange avec les
instances. On va se servir également... encourager les centres de services
scolaires à faire de la formation, de la sensibilisation. On va se servir,
comme je vous dis, des tables qu'on a, de concertation avec... Par exemple, je
nommais les secrétaires généraux. Ce sont... Les secrétaires généraux, ce sont
ceux qui, souvent, doivent bien comprendre la norme pour en assurer une bonne
diffusion dans leurs centres de services scolaires.
Alors, vous avez raison, les processus de
sensibilisation puis les instances de formation et de sensibilisation qu'on a
avec notre réseau seront importants pour baliser et bien comprendre la portée
des normes. Donc, oui, ce seront des normes générales. On va tenter qu'elles
soient le plus précises possible sans être trop limitatives pour éviter de ne
pas couvrir un comportement, mais le travail devra se faire en termes de
sensibilisation et de formation, parce qu'effectivement le... Il faut que ça
atteigne un bassin important, puisque tous les employés seront assujettis au
code d'éthique. Alors, il faut s'assurer d'une diffusion la plus large
possible. Alors, on devra utiliser nos canaux de diffusion et en prévoir une
diffusion très large.
Mme Ghazal : Oui. Tu sais,
j'aurais des questions plus précises, après, sur le code d'éthique, et tout ça,
mais on n'est pas dans l'article, là. Éventuellement, on pourra en parler pour
dire, tu sais : C'est un code d'éthique, pas un code de déontologie, ou
peut-être : Est-ce qu'il y a eu une réflexion pour que ce soit un autre
outil, par exemple? Tu sais, des fois, c'est des politiques, et tout ça, puis...
Mais ce qui est très, très important,
c'est que ce ne soit pas en fonction de la compréhension ou des valeurs de
chacun des centres de services scolaires. J'imagine, il y a des guides qui
étaient écrits puis que ce n'était pas fameux, là, je ne sais pas, tu sais, parce
que vous vous êtes servis, pour faire la loi, de ce qui existe déjà. Peut-être
qu'il y a des codes d'éthique, hum, ce n'est pas la bonne chose, ou c'est trop
large, ou on se retrouve juste avec un <document...
Mme Ghazal :
...trop
large, ou on se retrouve juste avec un >document. Ça fait que ça, d'être
précis, là, ça, ça va être... c'est tout un défi puis ça va être très, très
important.
Mme Vachon (Stéphanie) : Absolument,
absolument.
Mme Ghazal : OK. Merci.
Le Président (M. Fortin) : Est-ce
qu'il y a d'autres interventions sur le 261.1.2 à ce stade-ci? Non? Alors, je
reviens au 261.1.3. Comprenant qu'il y a toujours l'amendement suspendu de la
députée de Saint-Laurent, est-ce qu'il y a d'autres interventions sur
l'article?
Mme Rizqy : ...question juste
pour valider. Dans la Loi sur l'instruction publique, on s'en était parlé, la
vérification des antécédents, c'est pour les enseignants. Est-ce qu'on profite
de ce projet de loi pour élargir la notion?
M. Drainville : ...personnel.
C'est pour... c'est pour tout le personnel qui est en contact avec les élèves.
Mme Rizqy : Dans la Loi sur
l'instruction publique, c'est marqué «pour l'autorisation d'enseigner».
M. Drainville : Vous parlez
de l'article 26.
Mme Rizqy : Oui.
M. Drainville : Oui.
Mme Rizqy : Puis là je me
demande : Est-ce qu'on peut l'élargir en vertu de ce projet de loi ou on
le fait...
M. Drainville : Non, parce
que l'article 26, ça concerne les pouvoirs du ministre d'émettre le brevet.
Donc, ça ne peut que...
Mme Rizqy : Oui, mais...
M. Drainville : ...bien,
enfin, d'émettre une autorisation d'enseigner, là. Donc, ça peut être...
Mme Rizqy : Oui. C'est 22.1,
en fait.
M. Drainville : Donc, ça
ne... ça ne peut que concerner une autorisation d'enseigner, donc, quelqu'un
qui a soit un permis probatoire, une autorisation provisoire ou un brevet.
Donc, je ne peux pas... je ne peux pas suspendre quelqu'un qui n'a pas
d'autorisation d'enseigner.
Mme Rizqy : Non, non, 22.1,
autorisation d'enseigner, le ministre peut faire... «peut vérifier ou faire
vérifier, notamment par un corps de police du Québec, toute déclaration
relative à des antécédents judiciaires requise en vertu des dispositions de la
présente section et, à cette fin, communiquer et recevoir tout renseignement
nécessaire à la vérification de cette déclaration». Donc, je me posais juste la
question : Est-ce qu'on peut... Puis, 25.1, conditions relatives à la
demande d'une autorisation d'enseigner...
M. Drainville : Alors, le...
comment dire, la disposition qui est pertinente ici, M. le Président, c'est la
261.0.1. Celle-là, donc, c'est une disposition de la Loi sur l'instruction
publique, et celle-là concerne toutes les personnes qui sont appelées à oeuvrer
auprès des élèves mineurs.
Mme Rizqy : ...dans le...
dans la loi...
M. Drainville : 261... Ça,
c'est la LIP actuelle, là, que je vous donne comme exemple.
Mme Rizqy : OK. Donnez-moi
une seconde. Je vais...
M. Drainville : 261.0.1, dans...
donc, dans la loi actuelle, la Loi sur l'instruction publique : «Avant
l'embauche de personnes appelées à oeuvrer auprès de ses élèves mineurs ou à
être régulièrement en contact avec eux, le centre de services scolaire doit
s'assurer qu'elles n'ont pas d'antécédents judiciaires en lien avec les
fonctions susceptibles de leur être confiées au sein de ce centre de services
scolaire.
«À cette fin, ces personnes doivent
transmettre au centre de services scolaire une déclaration qui porte sur leurs
antécédents judiciaires. Le centre de services scolaire doit vérifier ou faire
vérifier cette déclaration.»
Donc, ça, ça concerne tous les employés
d'un centre de services scolaire qui sont en contact avec les élèves.
Mme Rizqy : Et là... Parce
que nous, à 5, on est à 261.1.1, mais là, nous, si je comprends bien, pour la
discussion qu'on a eue durant les consultations, 261.0.0... 261.0.1, pardon,
ça, ce n'est pas... la différence que je vois avec 25.1, c'est que 25.1 de la
Loi sur l'instruction publique... Il y en a un que c'est fait par la police,
mais, à 261.1.01, c'est fait comment? Parce que ce n'est pas marqué «par un
corps de police».
• (13 heures) •
M. Drainville : «261.0.3. Si
le centre de services scolaire a des motifs raisonnables de croire qu'une
personne qui oeuvre auprès de ses élèves mineurs ou est régulièrement en
contact avec eux a des antécédents judiciaires, il doit alors demander à cette
personne de lui transmettre une déclaration qui porte sur ses antécédents[...].
Cette dernière est tenue de la lui fournir dans les 10 jours de la
demande.
«Le centre de services scolaire doit
vérifier ou faire vérifier cette déclaration et s'assurer que cette personne
n'a pas d'antécédents judiciaires en lien avec ses fonctions au sein du centre
de services scolaire.»
Le Président (M. Fortin) : ...si
vous le permettez, M. le ministre, gardez cet article-là pas loin, puis on
pourra revenir à la discussion à 14 heures.
M. Drainville : À la reprise.
Le Président (M. Fortin) : Suspendons
donc les travaux jusqu'à 14 heures.
(Suspension de la séance à 13 h 01)
14 h (version révisée)
(Reprise à 14 h 04)
Le Président (M. Fortin) : Bon
après-midi, messieurs dames. La Commission de la culture et de l'éducation va
reprendre ses travaux.
Et on poursuit l'étude détaillée du projet
de loi n° 47, la Loi visant à renforcer la protection
des élèves. Au moment de la suspension il y a une heure, on était sur l'article 261.1.3,
et Mme la députée de Saint-Laurent avait formulé une question au ministre de l'Éducation.
Mme Rizqy : Il était en train
de me répondre.
Le Président (M. Fortin) :
Exact.
Mme Rizqy : C'était sur les
antécédents.
M. Drainville : En effet.
Mme Rizqy : Puis on était aux
articles où est-ce qu'on comparait 25.1, qui visait... antécédents faits par
les services de police, alors que les articles qui me sont pointés commencent d'entrée
de jeu avec un «si», donc une condition avant d'aller plus loin pour le
personnel de façon plus large.
M. Drainville : Le «si» dont
vous parlez, excusez-moi, c'est le «si»...
Mme Rizqy : C'est les
articles que vous m'avez pointés et que vous avez lus tantôt... parce qu'on
était à... Désolée, ma page a dû se rafraîchir. On a un petit souci technique
au niveau d'Internet.
M. Drainville : J'ai lu
261.0.3. Alors donc, c'est ça : «Si le centre de services scolaire a des
motifs raisonnables de croire qu'une personne qui oeuvre auprès de ses élèves
mineurs ou est régulièrement en contact avec eux a des antécédents judiciaires,
il doit alors demander à cette personne de lui transmettre une déclaration qui
porte sur ses antécédents judiciaires. Cette dernière est tenue de la lui
fournir dans les 10 jours de la demande.
«Le centre de services scolaire doit
vérifier ou faire vérifier cette déclaration et s'assurer que cette personne
n'a pas d'antécédents judiciaires en lien avec ses fonctions au sein du centre
de services scolaire.»
Et la question, donc?
Mme Rizqy : Bien, c'est ça, donc,
261.1... pardon, 261.0.3, il y a une condition, alors que, par exemple, à 25.1,
il n'y en a pas, de condition. On le fait systématiquement, et c'est fait par
un service de police.
Et je suis allée vérifier le projet de loi
qui est en simultané avec nous. Vous vous rappelez que votre collègue la
ministre aux Sports dépose aussi un projet de loi. Et elle, elle couvre les
antécédents en disant que ça doit être, de façon systématique, fait par la
police. Alors, je pense qu'on devrait s'arrimer.
M. Drainville : Vous voulez
amender 25.1? Je ne comprends pas.
Mme Rizqy : Bien, en fait,
non. Il faudrait qu'on amende 261.0.1 et modifier 261.0.3, parce qu'il va
devenir, au fond, caduc si on le fait de façon systématique. Il n'y aura plus
de «si». Donc, si c'est <fait...
Mme Rizqy :
...parce
qu'il va devenir, au fond, caduc si on le fait de façon systématique. Il n'y
aura plus de «si». Donc, si c'est >fait de façon automatique, on n'a
plus besoin de 261.0.3, parce qu'il y a une condition pour le déclenchement de
261.0.3.
Puis, pour les fins de discussion, je vais
juste dire «point 1», «point 3», vu qu'on reste à 261, ça va être plus simple. Point
03... à point 3, pardon, il y a une condition. Il faut d'abord que le centre de
services scolaire ait des motifs raisonnables de croire, pour le personnel
autre qu'enseignant, alors que les enseignants sont déjà visés à 25.1, puis on
le fait de façon systématique pour les enseignants. Mais pourquoi qu'on ne le
fait pas pour les TES qui y oeuvrent, pour le personnel de soutien?
M. Drainville : On le fait.
Mme Rizqy : Non.
M. Drainville : Tout le
personnel scolaire fait l'objet d'une vérification d'antécédents judiciaires
par le centre de services scolaire.
Mme Rizqy : Ce n'est pas le
même... Non, ce n'est pas le même libellé, juridiquement. À 25.1, c'est fait
par le service de police, la recherche des antécédents. Le 261.0.1 : «Avant
l'embauche de personnes appelées à oeuvrer auprès des élèves mineurs ou à être
régulièrement en contact avec eux, le centre de services scolaire doit
s'assurer qu'elles n'ont pas d'antécédents judiciaires en lien avec [ces]
fonctions susceptibles de leur être confiées[...].
«À cette fin, ces personnes doivent
transmettre au centre de services scolaire une déclaration qui porte sur leurs
antécédents judiciaires.»
Donc, la personne pourrait tout simplement
signer sous serment, dire : Moi, je n'en ai pas, d'antécédents
judiciaires, et ce serait suffisant pour rencontrer les... les critères,
pardon, de 261.0.1.
Et, 25.1, c'est les polices, là, c'est les
différents corps de police qui font la recherche. Donc, on ne demande pas de
déclaration de la part de l'employé. On s'adresse aux policiers, qui nous
envoient, vraiment, une recherche qui est faite.
Et c'est pour cela que votre collègue la
ministre aux Sports a pris le même libellé, en fait, que 25.1. À 25.1, là,
votre collègue aux Sports, le projet de loi qu'elle a déposé, c'est aussi le
service de police qui le fait. Donc, elle, toutes les personnes qui oeuvrent
dans les fédérations sportives, les antécédents, là, ce n'est pas une
déclaration, c'est vraiment un service de police qui doit le faire. On peut
même vous lire le projet de loi de votre collègue. Elle, c'est... Elle a marqué
exactement, pratiquement mot pour mot, ce qu'il y a dans 25.1, mais pour
l'ensemble des personnes qui oeuvrent au corps... dans les fédérations.
M. Drainville : Bon, regardez
bien, là, 261.0.5...
Mme Rizqy : Oui, 261.0.5.
M. Drainville : «Lorsque le
centre de services scolaire vérifie ou fait vérifier, en vertu des dispositions
de la présente sous-section, une déclaration qui porte sur des antécédents
judiciaires, il — donc, le centre de services scolaire — peut
notamment faire vérifier cette déclaration auprès d'un corps de police...» Ce
n'est pas systématiquement un corps de police.
En fait, moi, je vous dirais
qu'actuellement... puis là je n'ai pas de statistique là-dessus puis je ne
crois pas qu'on en tienne, là, mais on sait que, dans bien des cas, ce sont des
agences privées qui font les vérifications, parce que les corps de police...
Mme Rizqy : ...
M. Drainville : Laissez-moi
terminer, s'il vous plaît. Les corps de police sont tout simplement débordés. Ils
ont autre chose à faire. Et donc les agences privées font, je dirais,
régulièrement, fréquemment lesdites vérifications. Parce que, dans le fond,
pour vérifier un antécédent judiciaire, il y a des traces publiques qui
existent de ça.
• (14 h 10) •
Mme Rizqy : Nuance, ici,
importante : les services de police ont délégué cela. Donc, elles peuvent
le faire, les agences privées, mais elles sont affiliées avec le service de
police. Elles n'existent pas comme ça, là. Eux autres, là, ils le font, mais,
nécessairement...
M. Drainville : Je ne suis
pas certain si les... Mme la sous-ministre, est-ce que...
Mme Rizqy : C'est... Les
policiers le font et les agences privées le font. Oui.
M. Drainville : La députée de
Saint-Laurent dit que le pouvoir de vérification, il est délégué par le corps
de police à une agence privée. Moi, ma compréhension, c'est que, dans certains
cas, les centres de services scolaires vont faire directement affaire avec les
agences privées. Oui, c'est ça.
Mme Rizqy : Oui, on peut le
faire, mais, pour que l'agence privée existe, là, il a fallu qu'on lui donne
des autorités. Ce n'est pas elle qui s'est donné l'autorité de le faire. Donc,
quand on reçoit... Parce que, par exemple, moi, chaque année... pas à chaque
année, ce n'est pas vrai, lorsque je vais... je renouvelle, disons, avec le
Barreau, si jamais on me demande ma preuve, que nous, on appelle communément de
bonne conduite, je me tourne vers l'agence privée, là, j'ai quand même, en bas,
là... je peux même vous sortir mon certificat de bonne conduite qu'il n'y a
pas d'antécédent, là. J'ai le sceau d'un service de police. Je peux même vous
le montrer. Je peux vous l'imprimer. Il n'y a aucun antécédent.
M. Drainville : Bien, M. le
Président, je sais que la députée de Saint-Laurent est de toute, toute bonne
foi, mais je ne comprends pas où vous voulez en venir. Si je comprenais où vous
voulez en venir, ça m'aiderait à répondre à vos questions.
Mme Rizqy : Ah! parfait.
M. Drainville : Je ne sais
pas où vous voulez en venir.
Mme Rizqy : OK. Les
enseignants, à 25.1, c'est systématique, le service de police vérifie les
antécédents. On le fait pour tout le personnel enseignant à 25.1. Ça, on est
d'accord. Ils peuvent le...
M. Drainville : ...vérifier
ça.
Mme Rizqy : Oui, bien, ils
peuvent le <faire...
Mme Rizqy :
...ils
peuvent le...
M. Drainville :
...vérifier
ça.
Mme Rizqy :
Oui,
bien, ils peuvent le >faire aussi avec une agence privée. De toute
façon, le sceau en bas, là, ça va être un service de police.
M. Drainville : Mais on va
vérifier si, effectivement...
Mme Rizqy : Ils vont vérifier
dans les mêmes banques de données que les policiers. Donc...
M. Drainville : Oui. Ça,
c'est un fait, là. Mais est-ce qu'au ministère de l'Éducation, quand on vérifie
les antécédents judiciaires d'une personne qui demande une autorisation
d'enseigner... Est-ce que c'est systématiquement les corps policiers ou est-ce
que ça leur arrive...
Mme Rizqy : Mais, je vais
vous dire, même... Pour enlever ce questionnement... Je n'ai aucun malaise que
ce soit le service de police ou agence privée parce que c'est fait. Donc, pour
les enseignants au... c'est fait pour tous.
Moi, mon enjeu tombe à 261.0.1. À partir
de là, ce n'est pas vrai qu'il y a une vérification où on leur demande une
déclaration. Une déclaration, ce n'est pas la même chose. Je vous explique.
Moi, si je suis un centre de services scolaire, au niveau de l'embauche, disons
que je remplis mon nom, mon âge, mon adresse, à la fin, il va y avoir :
Avez-vous des antécédents? Déclarez solennellement que vous n'avez aucun
antécédent. Je vais cocher la case, dire : Je n'ai aucun antécédent et je
certifie le tout solennellement. J'ai donc fait une déclaration assermentée.
Donc, je remplis, avec cette déclaration, les critères de 261.0.1.
De là la raison de 261.0.3. Là, si un
centre de services scolaire pense que moi, j'ai menti, parce qu'ils ont eu des
échos, des murmures, des gens qui ont dit : Heille! en passant, elle vous
a menti, faites des vérifications, là, le centre de services scolaire a des
motifs raisonnables de croire que moi, qui oeuvre avec des mineurs, j'ai des
antécédents judiciaires. Là, le centre de services scolaire va dire : Je
veux vraiment que vous me transmettiez une déclaration qui porte sur l'ensemble
des antécédents judiciaires. Et après ça, à 261.0.5, le centre de services
scolaire peut faire des vérifications sur les antécédents judiciaires. Il y a
comme, au fond, une séquence, alors que, pour les enseignants, il n'y en a pas,
de séquence pour les enseignants. On le fait une seule fois, mais on fait comme
il faut. On vérifie les antécédents. On n'a pas besoin d'avoir des motifs de
croire que. On les vérifie.
M. Drainville : Si vous me
permettez, 261.0.1, le centre de services scolaire doit vérifier. Il n'y a pas
de... Il n'y a pas d'exception, là. La dernière phrase : «Le centre de services
scolaire doit vérifier ou faire vérifier cette déclaration» d'antécédents
judiciaires.
Mme Rizqy : ...vérifier
comment s'il n'y a pas de... s'il n'y a pas d'obligation de le faire avec les
corps de police ou avec une agence privée? Elle va vérifier comment si la
déclaration est assermentée?
M. Drainville : ...une
obligation, M. le Président, il y a une obligation du centre de services
scolaire. Donc, votre enjeu, c'est qu'on ne fait pas référence aux services
policiers, c'est ça?
Mme Rizqy : Bien oui, parce
que c'est eux qui ont les banques de données, eux ou les agences privées.
Les... Soyez... Je veux être très claire, je n'ai aucun malaise que ce soient
les services de police ou l'agence privée. Ils ont accès aux mêmes banques de
données. Mon enjeu, c'est qu'ici, contrairement avec les enseignants, où est-ce
qu'on met ceinture et bretelles, où est-ce qu'on fait une vraie vérification
complète, ici, je n'arrive pas à suivre comment on peut s'assurer que ce soit
vraiment bien fait. Et d'ailleurs c'est pour cela, je crois... puis je ne veux
pas parler en son nom, mais votre collègue la ministre aux Sports, elle a
repris votre libellé de 25.1 puis elle a juste mis, au fond, «fédérations
sportives».
M. Drainville : ...laissons
de côté, si vous voulez. On va régler notre... notre enjeu ici, Mme la députée
de Saint-Laurent, puis après on verra s'il y a un enjeu avec l'autre projet de
loi, là. Mais je...
Mme Rizqy : ...le projet de
loi, en fait, il est bien écrit. Bien, le vôtre aussi, là. Je reprends ce que j'ai
dit. Il est bien écrit. J'aime, en fait, le libellé de l'autre. L'autre projet
de loi, j'aime le libellé parce qu'au fond il reprend 25.1 mais l'applique pour
tout le personnel qui œuvre avec les mineurs dans les fédérations sportives.
M. Drainville : Ils
reprennent le même libellé que nous, Mme la députée de Saint-Laurent?
Mme Rizqy : 25.1. Vous parlez
d'Isabelle Charest, là? C'est «services de police». Les antécédents sont vérifiés
avec les services de police. Nous, ce n'est fait que pour les enseignants.
M. Drainville : «261.0.5. Lorsque
le centre de services scolaire vérifie ou fait vérifier, en vertu des
dispositions de la présente sous-section, une déclaration qui porte sur des
antécédents judiciaires, il peut notamment faire vérifier cette déclaration
auprès d'un corps de police du Québec...»
Mme Rizqy : Il peut.
M. Drainville : Donc, ils ont
pris notre libellé. Vous le trouvez bon, ça fait qu'il est bon.
Mme Rizqy : Il peut.
M. Drainville : Oui, il peut.
Mme Rizqy : Il n'a pas
d'obligation de le faire, mais c'est s'il a des motifs de croire que.
M. Drainville : 25.1,
c'est... 25.1, c'est la même formulation, «le ministre peut vérifier ou faire
vérifier cette déclaration, notamment par un corps de police du <Québec...
M. Drainville :
...le
ministre peut vérifier ou faire vérifier cette déclaration, notamment par un
corps de police du >Québec». Le projet de loi de Mme la ministre des
Sports : «Il peut notamment faire vérifier cette déclaration auprès d'un
corps de police du Québec», c'est la même formulation partout.
Mme Rizqy : Oui, mais, elle,
il n'y a pas de critère avant, d'antécédents, de déclaration, où qu'on
soupçonne qu'il y aurait une faute.
Le Président (M. Fortin) : Je
vous demanderais de vous présenter avant de prendre la parole ainsi que votre
titre, s'il vous plaît.
M. Guyon Martin (Alexandre) :
Alexandre Guyon Martin, avocat pour le ministère de la Justice.
Donc, dans le fond, à 261.0.1 et les
suivants, c'est la mécanique à l'embauche. Il y a une déclaration qui doit être
demandée, et le centre de services doit la vérifier ou la faire vérifier. Après
ça, le 261.0.2, c'est à d'autres moments.
Dans le fond, le centre de services
scolaire peut demander une déclaration, puis, à ce moment-là, il n'a pas
l'obligation de le faire... de vérifier ou de faire vérifier, puis même chose à
261.0.3, mais c'est qu'on se trouve à des moments différents. Mais, à
l'embauche, l'obligation de la vérifier ou de la faire vérifier, notamment par
un corps de police, elle est là. C'est la dernière phrase du deuxième alinéa
avec 261.0.5.
Mme Rizqy : Écoutez, c'est
peut-être moi, là, mais j'ai... C'est peut-être moi, le problème. Je le dis
honnêtement, là. Je n'ai pas l'impression, là...
M. Drainville : ...
Mme Rizqy : Ah! bien, je veux
juste expliquer pourquoi j'ai mon doute puis je vais juste l'expliquer. C'est
que j'ai l'impression que la façon que c'est écrit, 261.0.1 jusqu'à 261.0.6,
c'est que c'est segmenté. Puis, à un endroit... C'est vrai qu'à 261.0.1 on dit
qu'il doit vérifier la déclaration, mais on ne spécifie pas s'il doit vérifier
avec un corps de police à 261.0.1.
À 261.0.2, là, on change la formule, et ça
devient «peut agir sur la [bonne] foi de cette déclaration» ou encore «peut
[...] faire vérifier cette déclaration».
À 261.0.3, là, il y a une condition :
Si on a des motifs de croire que. Là, on peut... Là, à ce moment-là, on doit
vérifier ou faire des vérifications si jamais, par exemple, on pense qu'on nous
a menti ou, par exemple, la personne aurait soumis un faux document. Ça
pourrait arriver.
261.0.5, là, on rentre la notion de corps
de police, et là, après ça... 261.0.6.
• (14 h 20) •
Là, je pense... Est-il possible de prendre
ces articles-là et de regarder ce qui se fait en famille, où est-ce qu'en
famille c'est comme regroupé puis c'est, en somme : Tout personnel qui est
en contact avec les mineurs — nous, dans ce cas-ci, ce serait avec
les élèves — doit fournir une absence d'empêchement, tout simplement?
Et là on n'a même pas besoin de dire «service de police» ou «agence privée»
parce que c'est seulement un service de police ou une agence privée qui peut
fournir ça. Donc, ça viendrait, au fond, mettre tout ça ensemble, et là on
n'aurait plus d'enjeu. Parce que, là, moi-même, je vous avoue, je me perds à
travers ces différents articles.
Vous pouvez le prendre en délibéré, là,
parce que... j'ouvre une grande parenthèse, parce que je crois que ce serait
pertinent, peut-être, de... Parce qu'en famille les dispositions ont été
écrites plus récemment que celles-ci. Peut-être que ce serait judicieux de
faire les adaptations nécessaires. Puis, eux, c'est vraiment un «doit», là,
tout le temps. C'est tout le temps «doit». Il n'y a pas de «peut». C'est «doit»,
«doit», «doit». Puis il y a vraiment... Et, en plus, c'est que c'est aux trois
ans, en famille. Sinon, plus tard, je pourrais déposer un amendement qui serait
un calque de famille avec les adaptations nécessaires, là. C'est juste
qu'habituellement, maître, vous êtes meilleur que moi pour les amendements,
pour la rédaction.
Le Président (M. Fortin) : Mais,
si je comprends bien, Mme la députée, un tel amendement, là, serait à
l'extérieur de l'article 5.
Mme Rizqy : Bien, en fait,
c'est qu'il viendrait avant... Il serait entre 4 et 5, parce que nous, à 5, on
change 261.1.1...
Le Président (M. Fortin) : C'est
ça.
Mme Rizqy : ...alors que, moi,
c'est en 261.0.
Le Président (M. Fortin) : Exact.
Comme le ministre a déjà un amendement 4.1 qui vient toucher la question
du 261.0.1, si je ne me trompe pas...
Mme Rizqy : OK. Bien, à ce <moment-là,
on...
Le Président (M. Fortin) :
...si
je ne me trompe pas...
Mme Rizqy :
OK.
Bien, à ce >moment-là, on pourra faire la discussion, puis ça va nous
donner le temps, tu sais, de faire les adaptations. OK.
Le Président (M. Fortin) : Alors,
vous permettez qu'on continue le 5, si le ministre est ouvert à cette
possibilité?
Mme Rizqy : Oui, absolument,
oui. Bien, ça vous donne le temps de réfléchir avec moi. OK. Donc, ce que je
vais faire... J'ai eu les... Je vais préparer un amendement, quand on va
arriver à 4, pour voir comment on peut regrouper, puis éclairer, puis aussi
avoir les vérifications aux trois ans, avec six mois avant la fin de la
première vérification. Ça va arriver à 4. Je vais faire ça plus tard. Parce
que, là, j'ai eu les éclaircissements...
M. Drainville : OK. Mais, sur
la récurrence, on aura un amendement aussi à déposer, là.
Mme Rizqy : Ah! OK. Parfait.
Bien, à ce moment-là, je pourrais faire la discussion. Puis c'est juste... En
fait, préparez-vous, M. le ministre, là, pour... Je pense qu'on serait
capables, tu sais, peut-être de regrouper ces articles puis peut-être avoir un
libellé plus clair.
M. Drainville : Bon. Donc,
est-ce qu'on peut procéder?
Mme Rizqy : Donc, on ferme la
conversation pour le moment puis on la rouvre plus tard, si ça vous va,
évidemment. Moi, ça me va.
Le Président (M. Fortin) : Très
bien. Est-ce que ça vous va, M. le ministre?
M. Drainville : Oui, oui,
absolument.
Le Président (M. Fortin) : Est-ce
qu'il y a d'autres interventions, particulièrement en lien avec le 261.1.3, se
rappelant qu'il y a encore l'amendement suspendu de la députée de Saint-Laurent?
Non? Ça va?
Mme Rizqy : Non, ça va.
Le Président (M. Fortin) : OK.
262, est-ce qu'il y a des questions, commentaires?
Mme Rizqy : 262?
Le Président (M. Fortin) : L'article
5, 262. Mme la députée de Mercier.
Mme Ghazal : Bien oui,
j'avais plus des questions... J'avais des questions, par rapport à 262, sur le
fait d'obliger, et tout ça, là. Je ne veux pas aller nécessairement questionner
le principe. C'est plus l'applicabilité. Il y a des gens, par exemple, qui sont
venus en commission, ils nous ont dit : Des fois, tu aperçois quelque
chose qui se passe, de loin, dans un corridor. C'est... Tu sais, il n'y a
peut-être rien de grave, peut-être que oui, mais... puis là tu le vois. Est-ce
qu'il faut... tu sais, tu es obligé d'aller rapporter cette situation-là,
sinon... Là, tu te dis : Peut-être que ça ne vaut pas la peine parce que...
Je ne sais pas, moi, un jeune qui a été... je ne sais pas, qui a heurté le mur,
il y avait un prof à côté, puis ça ne veut pas dire que c'est le prof qui l'a
poussé. Donc là, tu te dis : Ah! si je suis témoin d'une situation, puis
quelqu'un le sait, puis que je n'ai rien fait, bien, moi, je suis obligé de le
déclarer.
Tu sais, jusqu'où on va, là, dans
l'obligation que tout employé qui... Ce n'est pas écrit «témoin». «Qui a un motif
raisonnable». C'est ça. C'est peut-être le motif raisonnable qui vient encadrer
les choses. Mais j'aimerais entendre le ministre nous dire, par exemple, des
exemples de situations que, là, il y a une obligation de le mentionner, de le
signaler au ministre pour ne pas...
M. Drainville : Bien, dans le
cas d'un... dans le cas...
Mme Ghazal : Parce que, des
fois, on peut aller dans des exemples farfelus, mais...
M. Drainville : Non, mais,
dans le cas d'un comportement... Tout à l'heure, j'ai donné des exemples, là. Une
enseignante, là, par exemple, là, qui passe son temps à crier, là, après les
élèves, là, puis tu enseignes dans la classe d'à côté, là, ou tu es le
concierge, puis tu passes dans le corridor, puis, régulièrement, fréquemment,
quand tu passes devant la classe, tu entends l'enseignante qui... qui gueule,
puis avec tout ce qui vient avec, là, on peut penser qu'à un moment donné les
élèves se mettent à pleurer ou qu'elle... l'élève est expulsé ou les élèves
sont expulsés puis... Bref, c'est un comportement qui n'est pas acceptable et
qui peut, effectivement, faire craindre pour la sécurité psychologique des
élèves dans ce cas-ci. Bien, à ce moment-là, tu as l'obligation, effectivement,
de le signaler au ministre. Et là le ministre peut, en vertu des pouvoirs qu'il
existe déjà... qu'il possède déjà, dis-je, déclencher un comité d'enquête.
Là, on n'est pas rendus là dans le projet
de loi, mais tu peux même... enfin, le ministre ou la ministre de l'Éducation
pourrait même, avant même de déclencher un comité d'enquête, pourrait nommer
quelqu'un qui pourrait aller vérifier les faits pour... Parce que le
déclenchement d'un comité d'enquête, c'est quelque chose de... c'est quelque
chose de sérieux, là. Alors là, dans le projet de loi, on se donne la
possibilité, on donne au ministre de l'Éducation la possibilité. S'il ne veut
pas ou si elle ne veut pas aller directement au comité d'enquête, cette
personne-là, donc, va pouvoir nommer, appelons ça une vérificatrice, une
personne qui va aller vérifier et qui va faire <rapport au ministre. Et,
à ce moment-là, le ministre...
M. Drainville :
...vérificatrice,
une personne qui va aller vérifier et qui va faire >rapport au ministre.
Et, à ce moment-là, le ministre pourra décider, subséquemment, de déclencher un
comité d'enquête, et le comité d'enquête, suite à l'enquête, peut faire un
certain nombre de recommandations, comme par exemple suspendre... recommander
la suspension du brevet ou même la révocation du brevet.
Alors, 478 : «Le ministre peut
désigner généralement ou spécialement une personne afin de vérifier si la
présente loi et ses textes d'application sont respectés.» Et là on ajoute, avec
le projet de loi : «Il peut, de la même manière, désigner une personne
afin de vérifier si les renseignements qui sont en sa possession sont
susceptibles de démontrer qu'un enseignant a commis une faute grave à
l'occasion de l'exercice de ses fonctions ou un acte dérogatoire à l'honneur ou
à la dignité de la fonction enseignante.»
Mme Ghazal : Mais, avant
de... Pour l'employé, là, quand on dit «tout employé», c'est-à-dire n'importe
qui qui travaille pour le centre... pas pour... dans l'école ou pour le centre
de services scolaire, donc qui est dans l'école, il peut... C'est parce que,
s'il est témoin d'une situation, là, telle que décrite dans 262, il est obligé
d'aller voir le ministre, mais on tient compte qu'il est allé voir les autres
mécanismes de plainte, là, si on veut, sa direction, et tout ça, là.
M. Drainville : Bien,
c'est-à-dire qu'en vertu du code d'éthique le même concierge, par exemple, ou
la même collègue pourrait, en vertu du code d'éthique, aller signaler le
comportement fautif à la direction du centre de services scolaire. Mais, dans
le cas d'un enseignant ou d'une enseignante, cette obligation de signaler, elle
est double, c'est-à-dire qu'un comportement qui n'est pas acceptable et qui
pourrait faire craindre pour la sécurité physique ou psychologique de l'élève
pourrait mener à un signalement en vertu du code d'éthique, parce que le code
d'éthique prévoit l'obligation de signaler... et l'obligation également de
signaler en vertu de l'article 26 de la LIP, donc au ministre, pour que le
ministre puisse éventuellement décider d'agir sur le brevet.
Rappelez-vous, là, c'est toujours... c'est
important, le ministre, son pouvoir d'action, il ne porte que sur les
enseignants, parce qu'il peut agir sur le brevet. C'est le ministre de
l'Éducation qui émet le brevet, et donc qui peut éventuellement le retirer.
Mais moi, je ne suis pas l'employeur. La personne qui est l'employeur, enfin,
l'institution, l'autorité qui emploie l'enseignante, ce n'est pas moi.
L'autorité qui emploie l'enseignante, c'est le centre de services scolaire. Et
c'est pour ça qu'on crée l'obligation de signaler un comportement à risque,
appelons ça comme ça, là, en vertu du code d'éthique. Me suivez-vous?
Mme Ghazal : Oui. Non, je
suis...
M. Drainville : Parce que ce
n'est pas... Honnêtement, c'est vrai que c'est assez technique. C'est... Il
faut le...
Mme Ghazal : Non, non, mais
je suis que c'est en lien avec la fonction d'enseignant qui a un comportement
répréhensible. Je ne veux pas tout dire comment c'est écrit dans 262. Puis
c'est tout employé d'un centre de services. Mais, quand on dit «tout employé
d'un centre de services», est-ce que ça peut être un autre enseignant qui est
témoin ou il faut que ce soit quelqu'un qui travaille dans la direction?
• (14 h 30) •
M. Drainville : Dès qu'un
employé observe un comportement qui pourrait mettre à risque la sécurité de
l'enfant, il a l'obligation de le signaler en vertu du code d'éthique. Donc, ça
peut être n'importe quel employé envers n'importe quel autre employé.
Mme Ghazal : OK. Puis ce
n'est pas, genre : La direction, elle, il faut qu'elle fasse quelque
chose. Parce que, normalement, il arrive un événement, un comportement
répréhensible ou un comportement...
M. Drainville : L'obligation
légale, elle est faite à tout employé.
Mme Ghazal : De façon
individuelle, et non pas l'institution ou l'établissement d'enseignement qui a
l'obligation de signaler au ministre.
M. Drainville : C'est
l'employé. C'est l'employé qui doit dénoncer, qui doit signaler. Maintenant...
Alors, ça, c'est ce que la loi dit, là. Donc, il va falloir que les gens
connaissent la loi. Puis il y aura sans doute un certain processus d'adaptation
à la nouvelle loi, là. On peut comprendre que c'est des centaines de milliers
de personnes qui travaillent dans le réseau scolaire. Alors, c'est possible
qu'au début les gens aient une connaissance imparfaite de leurs obligations,
mais il va falloir... Une fois qu'on a voté la loi et qu'on aura, comment dire,
produit les guides pour la mise en application de la loi, bien, il va falloir
que les équipes-écoles, comment dire, se... s'approprient ces nouvelles responsabilités.
Alors, ce que j'allais dire, c'est qu'en
plus des responsabilités que <prévoira...
>
14 h 30 (version révisée)
<209
M.
Drainville :
...s'approprient ces nouvelles responsabilités. Alors,
ce que j'allais dire, c'est qu'en plus des responsabilités que >prévoira
la loi est-ce que quelqu'un qui observe un comportement inacceptable pourrait
décider d'aller voir la direction de l'école puis dire : Écoute, ça n'a
pas de bon sens, là, tu sais, j'entends des choses, je vois des choses, ça n'a
pas de bon sens, M. le directeur, faites quelque chose?
Alors là, le directeur peut agir de par
son autorité, puis on espère, honnêtement, qu'il va le faire, mais la
disposition, tel que prévu dans le projet de loi, elle vise, dans le fond, à
responsabiliser l'ensemble de l'équipe-école. On ne veut pas que ce soit juste
le directeur ou la directrice qui soit responsable d'assurer la sécurité
physique et psychologique des élèves. On veut que ce soit un travail d'équipe-école.
On veut que tu... Tu es dans l'école? Bien, tu as une responsabilité envers les
élèves puis, si tu vois qu'un adulte ne se comporte pas correctement envers un élève,
tu as le devoir, tu as l'obligation légale de le signaler. On en... Il ne faut
plus en échapper. Puis, si c'est un enseignant, non seulement tu dois signaler
au centre de services, il faut que tu le signales au ministre, parce que moi,
je peux, de par mes pouvoirs, ordonner une vérification ou une enquête qui
pourrait mener à la révocation du brevet.
Mme Ghazal : Est-ce que ça, c'est...
est-ce que ça, c'est comme en réponse au fait qu'il y a beaucoup de gens qui
disaient : On l'a dit à la direction, mais la direction ne nous écoutait
pas, elle ne l'a pas fait? Donc, on s'est dit : Bien, on ne prend pas de
chance, on met les ceintures et les bretelles, puis ça pourrait être n'importe
qui qui va aller directement au ministre. Parce que, dans la vraie vie, quand
ça se passe bien, puis qu'on est quelqu'un qui travaille dans l'école, puis il
voit qu'il y a un enseignant qui ne fait pas les choses comme il faut ou qui a
un comportement qui est indigne, là, à sa fonction d'enseignant, tu sais, si tout
est bien fait, il va aller voir sa direction. Il ne va pas dire : Heille! je
vais appeler le ministre, là. Je veux dire, vous allez être occupé, là, ou, en
tout cas, là, le mécanisme pour le signaler au ministre, ça va être plein, ça
va être trop de monde. Est-ce que c'est en réponse au fait qu'il y a des
directions qui disaient : Bien, nous, le fait que des gens s'est plaint...
se sont plaints du fait que, ce qu'ils disent à la direction, bien, la
direction en faisait fi, et donc on préfère que le ministre le sache
directement du premier témoin et qu'il n'y ait pas une... si on veut, une
hiérarchie du signalement?
M. Drainville : Moi, je
dirais, M. le Président, la réponse à la question, c'est non. Est-ce qu'il a pu
y avoir, dans certains cas, des directions d'école qui n'ont pas agi
correctement ou qui n'ont pas agi avec suffisamment de célérité? Ça se peut. Sans
doute que c'est arrivé. Mais notre motivation, nous, ce n'est pas ça. Ce n'est
pas parce qu'on a eu connaissance de cas, etc., non, non.
La question qu'on s'est posée, c'est :
Comment est-ce qu'on peut s'assurer de responsabiliser l'ensemble des adultes
qui côtoient les enfants? Comment on peut leur donner un rôle dans la
protection des élèves? Et la réponse que nous avons insérée dans le projet de
loi, c'est : Regarde, tu entends, tu vois, tu constates des comportements
qui pourraient mettre en cause la sécurité physique ou psychologique, ce n'est
pas : Est-ce que je devrais en parler au directeur, est-ce que... non,
non, tu signales, puis l'employeur, le centre de services scolaire fera ses
vérifications.
Peut-être qu'il n'y a pas matière. Peut-être
que ce n'est pas fondé. Peut-être qu'il n'y a pas de comportement ou peut-être
qu'il y en a un, auquel cas le régime des sanctions va se... va s'appliquer, et
puis, là, bien, comme le prévoit le projet de loi, si tu es sanctionné pour de
tels comportements, les fautes ne disparaîtront plus de ton dossier. Puis, si
jamais tu changes de centre de services scolaire parce que tu commences à
sentir la soupe chaude, bon, bien, ton nouvel employeur, il va pouvoir appeler
le premier puis dire : Dis-moi donc qu'est-ce qu'il y a dans son dossier,
là, celui-là, là. Y a-tu quelque chose? Pourquoi il a quitté?
Bon, puis, parallèlement à ça, il faut
signaler au ministre parce que moi, j'ai d'autres responsabilités qui me
permettent d'agir sur le brevet. Puis c'est pour ça que, moi, ma
responsabilité, elle se limite aux enseignants. C'est la seule prise que j'ai.
Je n'ai pas de prise, moi, sur un technicien en éducation spécialisée. Je n'en
ai pas, de prise, là. Ce n'est pas moi, l'employeur. Je ne suis pas l'employeur
de l'éducatrice et je ne suis pas l'employeur du psychologue. Mais par contre comme
ministre de l'Éducation, je délivre le brevet. Je peux le retirer, alors, en
vertu d'une enquête, etc. Ça fait qu'on crée cette deuxième voie, encore une
fois, pour mieux protéger les enfants.
Mme Ghazal : Mais, dans le
fond, là, il y a plein de questions qui viennent dans mon... dans ma tête, c'est-à-dire
que c'est enlever le brevet ou pas, mais, je veux dire, s'il y a des punitions
ou des choses à avoir... Parce que finalement peut-être que ce n'est pas assez
grave pour enlever le brevet, mais c'est quand même... il faut quand même <apporter
des correctifs...
Mme Ghazal :
...c'est
quand même... il faut quand même >apporter des correctifs. Là, c'est
entre les mains de l'établissement, entre les mains de la direction directement,
puis je comprends que, dans les... Oui.
M. Drainville : Attendez un
petit peu, Mme la députée de Mercier. Ça peut, dans certains cas, mener à une
suspension du brevet et non pas à une révocation.
Mme Ghazal : Oui, oui, je comprends.
M. Drainville : Tu sais, il y
a une gradation aussi, là, hein?
Mme Ghazal : Oui, même pour
le ministre. Mais, des fois, si ce n'est pas... on n'a pas besoin de toucher...
il n'y a pas assez de matière pour aller toucher au brevet, mais il y a une
autre gestion, là, pour corriger ce problème-là.
M. Drainville : Effectivement.
Mme Ghazal : Puis là ça se
fait plus au niveau de l'école.
M. Drainville : Du centre de
services scolaire, exactement.
Mme Ghazal : Le centre de
services scolaire ou la direction puis l'employeur direct.
M. Drainville : Puis, quand
je parlais de suspension tout à l'heure, ça peut être une suspension avec
conditions.
Mme Ghazal : Oui. Il y a
beaucoup de mesures que le ministre peut...
M. Drainville : Il y a une
gradation, exactement, exactement.
Mme Ghazal : Puis je
comprends ce qui a été fait pour essayer d'en échapper le moins possible puis
de mettre des clôtures un peu partout, puis tout ça, pour les attraper. C'est
juste que, par rapport à cet article, j'essaie juste de voir si c'est réaliste,
parce que, des fois, on veut tellement tout faire que finalement, dans la vraie
vie, ça ne se produit pas parce que ce n'est pas facile... c'est-à-dire... Parce
qu'il y a le «tout employé dans un centre de services». Ça fait que c'est
n'importe qui. C'est vraiment n'importe qui qui peut le faire, donc là,
peut-être que... qui doit...
M. Drainville : Qui doit le
faire.
Mme Ghazal : ...qui est
obligé, en plus.
M. Drainville : Exact, qui
doit signaler.
Mme Ghazal : Donc là, ça
justifie encore plus le fait de le signaler. Donc là, peut-être qu'il va y en
avoir beaucoup, là, qui... de signalements. Après ça, est-ce qu'il va y avoir
suffisamment de ressources en place pour tous les traiter? C'est plus le côté
réaliste que le principe que je questionne. Et, en plus de ça, c'est quand on
voit un comportement, quand on est... qu'il y a un motif raisonnable de croire
qu'un enseignant a commis une faute grave, etc., qui met en cause des
comportements qui peuvent raisonnablement craindre à la sécurité physique et
psychologique, et non pas...
M. Drainville : Vous lisez
lequel, là?
Mme Ghazal : Je lis... On est
dans 262.
M. Drainville : Vous lisez...
Très bien. OK.
Mme Ghazal : Oui, c'est ça. Et
non pas, par exemple... Parce que, là, on vient encore plus d'élargir, en plus
que c'est «tout employé». Donc, c'est tout le monde. Donc, le ministre
risque... risque d'en avoir beaucoup, de signalements. Mais, en plus de ça,
c'est si on a des motifs raisonnables de croire qu'il y a des comportements qui
peuvent causer ou faire craindre à la sécurité psychologique et physique.
Est-ce que ça n'aurait été pas plus avisé de restreindre ça, s'il y a eu un
manquement au code d'éthique? Comme ça, c'est plus restreint que tout
comportement...
M. Drainville : Bien non,
parce qu'on voulait se situer, justement, dans le prolongement de
l'article 26 qui existe déjà dans la LIP. L'article 26, ça s'intitule
Faute grave ou acte dérogatoire d'un titulaire d'une autorisation d'enseigner.
Et là, si vous lisez 26 : «Toute personne physique peut porter plainte au
ministre contre un enseignant pour une faute grave commise à l'occasion de l'exercice
de ses fonctions ou par un acte dérogatoire à l'honneur ou à la dignité de la
fonction enseignante.»
Donc, ce pouvoir-là, il existe déjà.
D'ailleurs, on le raffermit, on le... on le renforce, avec le projet de loi, de
multiples façons, comme je l'ai déjà indiqué. On peut nommer quelqu'un qui va
aller vérifier les faits. Le recours au comité d'enquête est... est simplifié.
Mme Ghazal : ...le 26, il
n'est pas touché dans le projet de loi.
M. Drainville : Bien,
c'est-à-dire, l'article 262 que nous étudions présentement, il se situe
dans le prolongement de 26. Alors, juste pendant que vous réfléchissez, la
plainte...
Mme Ghazal : OK, OK, OK, oui.
• (14 h 40) •
M. Drainville : Actuellement,
la plainte doit être écrite, motivée et faite sous serment. Bon, bien, on
apporte un amendement qui va faire en sorte que la plainte n'aura plus besoin
d'être faite sous serment, de la même façon...
Mme Ghazal : Il y a... Dans...
Ça, c'est dans la liste des amendements, là, qui ont été ajoutés.
M. Drainville : Oui, exact,
exact, ou des nouveaux articles qu'on apporte, là, parce qu'à un moment donné
ça devient difficile de départager l'un de l'autre, de la même façon que...
Alors, actuellement, je ne peux pas déclencher le comité d'enquête si la
plainte n'est pas faite sous serment, mais, comme je l'ai déjà dit lors des
consultations particulières, si je ne m'abuse — ou est-ce que c'était
pendant le débat sur l'adoption du principe? — ça m'est arrivé... puis
je n'irai pas dans le détail, mais ça m'est arrivé, à un moment donné... Un cas
était largement médiatisé, les témoignages étaient crédibles, avec des
citations entre guillemets, puis j'attendais la plainte assermentée. Tant que
je ne l'avais pas, je ne pouvais pas déclencher le comité d'enquête.
Mme Ghazal : C'était à la
suite d'une question, je pense.
M. Drainville : Là, avec la
nouvelle loi... avec la nouvelle loi ou la loi améliorée... avec la loi
améliorée, on va être capables, sur la foi d'information crédible, de
déclencher le comité <d'enquête et de ne pas attendre que la plainte soit
assermentée...
M. Drainville :
...de
déclencher le comité >d'enquête et de ne pas attendre que la plainte
soit assermentée.
Mme Ghazal : OK.
Mme Rizqy : ...la plainte
assermentée.
Mme Ghazal : Bien oui.
M. Drainville : Oui, mais je
ne veux pas rentrer dans le détail. Alors... Mais vous comprenez...
Mme Ghazal : Mais là vous ne
voulez plus que ce soient les partis d'opposition qui vous fassent ça.
M. Drainville : Vous
comprenez que... vous comprenez que, comme ministre, tu veux... tu veux agir,
là, tu veux agir, tu veux protéger les enfants, là, bon, puis là tu as le
juridique qui te dit : Tu ne peux pas, tu sais.
Mme Ghazal : Ah oui! Eux
autres, là...
M. Drainville : Puis là tu
fais comme : Bien, voyons donc, ça n'a pas de bon sens, laissez-moi agir,
mais, non, la loi ne te le permet pas. Là, tu fais comme : Heille! on
peut-tu changer ça?
Mme Ghazal : Je change la loi.
M. Drainville : Alors là, on
le change.
Mme Rizqy : ...
Mme Ghazal : Oui, oui, vas-y,
vas-y, vas-y.
M. Drainville : Là, on le
change. Ça n'arrivera plus.
Mme Rizqy : ...juste une question,
parce que, dans le fond, qu'est-ce que vous changez, c'est le caractère de la
plainte. Est-ce que vous, de votre propre chef, même sans plainte, vous pouvez
agir, si vous avez des informations qui circulent dans les médias, ou non?
M. Drainville : Actuellement,
j'ai besoin d'une plainte assermentée. Avec 28.1 : «Le ministre peut
soumettre au comité d'enquête toute situation concernant un enseignant qui est
portée à sa connaissance s'il est d'avis que les renseignements qui sont en sa
possession sont susceptibles de démontrer une faute grave commise à l'occasion
de l'exercice de ses fonctions ou un acte dérogatoire à l'honneur ou à la
dignité de la fonction enseignante.
«Ces renseignements sont traités comme une
plainte et examinés conformément aux dispositions de la présente section, avec
les adaptations nécessaires.»
Mme Rizqy : Donc, par exemple...
M. Drainville : Donc, je peux
soumettre à un comité d'enquête toute situation qui m'apparaît fondée et ne
pas... ne pas attendre qu'une plainte soit portée à mon...
Mme Rizqy : Donc, par
exemple, on fait notre revue de presse, on voit une situation qui est rapportée
dans les médias, vous, vous avez le droit, à ce moment-là, avec 28...
M. Drainville : Avec la
nouvelle loi...
Mme Rizqy : Exactement.
M. Drainville : ...alors
qu'actuellement je suis obligé d'atteindre... d'attendre la plainte
assermentée.
Mme Rizqy : Voilà. Bravo!
M. Drainville : Donc, c'est
une nette amélioration, n'est-ce pas?
Mme Rizqy : Bien, ça, je l'ai
déjà dit, que c'était une nette amélioration.
Le Président (M. Fortin) : Est-ce
qu'il y a d'autres questions, commentaires? Oui.
Mme Rizqy : ...ma collègue
reprendre son échange.
Le Président (M. Fortin) : Très
bien. Sur le 262, Mme la députée de Mercier, est-ce que vous avez toujours des
questions, commentaires?
Mme Ghazal : Bien, j'essaie
juste de comprendre... bien, je comprends que c'est en continuation de
l'article 26, là, mais, par exemple, il y a des groupes qui proposaient,
là, puis c'est vraiment un questionnement, là, je ne dis pas que je vais amener
une modification, qu'au lieu de dire «mettant en cause [des] comportement
pouvant raisonnablement faire craindre pour la sécurité physique ou
psychologique des élèves»... que ce soit en fonction du manquement au code
d'éthique — en tout cas, ce n'est pas comme ça qu'ils l'ont formulé — pour
comme restreindre, pour ne pas que ce soit n'importe quoi, n'importe quelle
chose, n'importe quel mot qui a été prononcé. C'est ça, «à la suite d'un
signalement effectué en vertu du code d'éthique».
M. Drainville : Là, vous êtes
rendue sur quel article?
Mme Ghazal : Je suis toujours
à 262. Je ne bouge pas. Et... Dans le fond, juste avant «signaler sans délai la
situation au ministre», juste avant la phrase... parce que c'est une longue
phrase, là, ou, si on veut, à 262...
M. Drainville : Il n'y a pas
de référence au code d'éthique. Ça fait que je m'excuse...
Mme Ghazal : Non, non, mais
c'est une question. En fait, il y a des gens qui proposent... Parce que c'est
tellement large. Puis, quand j'ai posé la question, vous m'avez dit :
Bien, c'est une continuation du 26, mais je... En fait, l'idée, l'idée, là, je
vais l'expliquer. Au lieu de dire «mettant en cause des comportements pouvant
raisonnablement faire craindre pour la sécurité physique et psychologique», que
ce soit «à la suite d'un signalement en vertu du code d'éthique». Comme...
comme ça, on vient de restreindre les cas que... qui sont, si on veut, des
comportements indignes et dérogatoires à l'honneur de la profession
enseignante, pour ne pas que ce soit n'importe quel comportement, en fonction
de ce que n'importe quel employé sent que ce n'est pas correct. Bien... Puis je
ne suis pas en train de dire que c'est ça qu'il faut faire. Je pose juste la
question : Est-ce que ce serait une bonne chose ou une bonne idée de dire...
de tout... que ce soit en lien avec les signalements qui sont effectués en
vertu du code d'éthique au lieu d'aller avec la définition large?
M. Drainville : L'article 26,
là, ce qu'il dit, c'est : «Toute personne [...] peut porter plainte au
ministre contre un enseignant pour une faute grave...»
Mme Ghazal : ...on vient le répéter
dans 262.
M. Drainville : «Pour une
faute grave», ici, c'est déjà plus restrictif, là, «une faute grave commise à
l'occasion de l'exercice de ses fonctions ou [...] un acte dérogatoire à <l'honneur
ou la dignité...
M. Drainville :
...commise
à l'occasion de l'exercice de ses fonctions ou un acte dérogatoire à >l'honneur
ou à la dignité mettant en cause [des] comportement pouvant raisonnablement
faire craindre pour la sécurité physique [et] psychologique». Donc, on
ajoute...
Mme Ghazal : «Faute grave»,
c'est large. Là, vous...
M. Drainville : Comment?
Mme Ghazal : C'est que «faute
grave», dans la LIP, dans 26, c'est large. Là, vous dites : Bien, on va le
restreindre avec cette définition-là.
M. Drainville : C'est ça.
Alors, dans le cas de 26, donc, ce qui existe présentement, une personne peut
porter plainte. Il n'y a pas d'obligation.
Mme Ghazal : Oui, c'est ça,
le changement.
M. Drainville : Elle peut
porter plainte pour une faute grave ou pour un acte dérogatoire, en résumé, là.
Ici, je dis : Puisqu'il y a obligation de signaler, j'ajoute une exigence.
Tu as un motif raisonnable de croire qu'il y a faute grave ou acte dérogatoire,
mais cette faute grave ou cet acte dérogatoire doit mettre en cause des
comportements qui peuvent faire craindre pour la sécurité physique ou
psychologique, et là on doit signaler sans délai la situation au ministre.
Donc, dans le cas du signalement, je suis, effectivement, plus exigeant. Donc,
c'est plus restrictif, comme vous le souhaitez. Je pense, c'est ce que vous
souhaitez.
Mme Ghazal : Bien non, c'est
plus de dire : Est-ce que le fait d'ajouter les signalements en lien avec
le code d'éthique... Ça veut dire que, s'il y a eu un signalement, au lieu de
dire «un comportement pouvant raisonnablement faire craindre pour la sécurité
physique ou psychologique des élèves», de dire «à la suite d'un
signalement effectué en vertu du code d'éthique». C'est comme une sorte de
gradation aussi, c'est-à-dire qu'il y a eu un signalement... Parce que, là, il
va y avoir des... un code d'éthique. C'est comme pour ne pas... en bon
français, pour ne pas by-passer le code d'éthique, tu sais, d'aller
directement... au lieu d'aller directement vers le ministre, de voir : Est-ce
qu'il y a un comportement qui a causé un signalement, c'est-à-dire quelqu'un a
signalé une situation qui ne respecte pas les exigences de ce qui est écrit
dans les codes d'éthique? Et c'est à la suite de ça que, là, il faudrait le
signaler au ministre, si ce n'est pas... si le comportement est allé à
l'encontre du code d'éthique. En fait, c'est encore plus restrictif.
M. Drainville : Non, M. le
Président. Il faut... il faut garder les deux voies ouvertes, là. Il faut
garder les deux voies ouvertes. Il faut garder la voie employeur-employé puis
il faut garder la voie enseignant-ministre qui émet le brevet. Il faut garder
ces deux voies-là, d'abord, parce que, dans certains cas, ça se peut que la
personne décide de porter plainte ou de faire un signalement seulement du côté
du ministre. Même si elle aurait dû le faire peut-être en vertu du code
d'éthique, c'est possible qu'à un moment donné elle ne le fasse que... que sur
le brevet, qu'elle ne souhaite... peu importe la raison, elle décide d'y aller
par la voie de 26. Bon, bien, il faut qu'on ait cette possibilité-là. Moi, je
ne veux pas... je ne veux pas, en d'autres mots, renforcer la protection de
l'enfant par le code d'éthique puis affaiblir la protection de l'enfant en
affaiblissant l'article 26. Moi, ce que je veux, c'est renforcer la voie,
par 26, qui me donne le pouvoir de dire : Heille...
• (14 h 50) •
Mme Ghazal : Tu es obligé.
M. Drainville : ...tu sais,
il va y avoir enquête, puis c'est ton brevet qui est dans la balance. Je veux
garder cette possibilité-là.
Puis je pense qu'il faut la renforcer,
puis c'est ça qu'on fait avec le projet de loi, mais je ne veux pas, justement,
toucher seulement les enseignants. On veut s'assurer que tous les... tout le
membre... tous les membres du personnel scolaire soient, comment dire, tenus
responsables, soient imputables de leurs comportements envers les élèves, et la
meilleure façon pour y arriver, c'est... à notre avis, c'est par le code
d'éthique. Ça fait qu'on veut garder ces deux voies-là, Mme la députée de
Mercier.
Mme Ghazal : Oui. OK.
Le Président (M. Fortin) : ...Mme
la députée de Saint-Laurent, toujours sur le 262.
Mme Rizqy : Oui. Moi, je
comprends, M. le ministre, 262, on parle uniquement d'un enseignant afin que vous
pouvez... vous puissiez appliquer l'article 26. C'est ma bonne
compréhension?
M. Drainville : ...la question,
Mme la députée de Saint-Laurent?
Mme Rizqy : 262, on vise un
enseignant afin de pouvoir appliquer l'article 26. C'est bien ça?
M. Drainville : Bien, ça part
<avec 26 puis ça continue, là...
M. Drainville :
...bien,
ça part >avec 26 puis ça continue, là, tu sais, par exemple :
«27. Le ministre peut rejeter toute
plainte qu'il estime frivole ou abusive. Il en avise [...] le plaignant[...].
«28. Le ministre, s'il considère la
plainte recevable et si l'enseignant ne reconnaît pas la faute qu'on lui
reproche, soumet cette plainte à un comité d'enquête...»
26, c'est le point de départ. C'est pour
ça que vous m'entendez parler de 26, là.
Mme Rizqy : Oui, oui, 26 et
suivants.
M. Drainville : Mais c'est 26
et la suite, 26 et suivants.
Mme Rizqy : 26 et suivants, et,
ultimement, lorsqu'une plainte est fondée, c'est là que vous pouvez enlever le
brevet d'enseignant. C'est ça?
M. Drainville : Aux termes
d'une enquête.
Mme Rizqy : Aux termes d'une
enquête fondée.
M. Drainville : Exact, nécessairement.
Mme Rizqy : C'est ça, exactement.
M. Drainville : Puis on
propose, dans le projet de loi, la création d'un comité d'enquête permanent, parce
qu'un des enjeux que nous avons présentement, c'est que, quand on constitue les
comités d'enquête...
Mme Rizqy : Bien, ça, je suis
d'accord. Ça, je suis d'accord. Ça, je vous ai tout suivi, puis je vous suis,
puis je suis très d'accord, mais je veux savoir qu'est-ce qu'on fait avec les
autres.
M. Drainville : Les autres?
Mme Rizqy : Les autres
personnes qui ne sont pas des enseignants, qui n'ont pas un brevet d'enseignant
ou qui n'ont pas une autorisation d'enseigner. Alors, eux, on fait quoi avec
eux? Parce qu'on a des enseignants qui sont des suppléants, on a des
contractuels. Il y en a...
M. Drainville : ...à ce moment-là,
qui va recevoir les...
Mme Rizqy : OK. Donc, ce
serait le centre de services scolaire, ressources humaines, qui va faire le... C'est
ça?
M. Drainville : Si je
comprends bien votre question, vous parlez des... notamment des enseignants non
légalement qualifiés qui n'ont pas de brevet.
Mme Rizqy : Non, mais, dans...
M. Drainville : Parce que
c'est une bonne question, ça, puis on...
Mme Rizqy : Non, non, non. Parce
qu'au fond, ma compréhension, 26 et suivants, on vise ceux qui ont un brevet
mais aussi ceux qui ont une tolérance d'engagement, là.
M. Drainville : Non.
Mme Rizqy : Non. OK.
M. Drainville : Non. Le 26
actuel, non. Avec l'amendement qu'on dépose, on va élargir à tolérance
d'engagement, exactement.
Mme Rizqy : L'amendement. Oui.
OK. Parfait. Et là on va couvrir ceux qui ont un brevet, tolérance
d'engagement...
M. Drainville : Permis
probatoire...
Mme Rizqy : ...permis... et
suppléants.
M. Drainville : ...et
autorisation provisoire, dans la catégorie autorisation...
Mme Rizqy : OK. Oui, mais les
suppléants tombent dans une autre catégorie, eux autres.
M. Drainville : Les
suppléants, moi, je n'ai pas de prise sur eux parce qu'ils n'ont...
Mme Rizqy : Je le sais, mais
est-ce qu'on peut vous donner une prise? C'est ça, ma question.
M. Drainville : Ils n'ont pas
de... Ils ont... Pas vraiment, parce que tu peux être suppléant à la leçon, par
exemple, ou suppléant occasionnel sans avoir ni brevet ni tolérance
d'engagement.
Mme Rizqy : Je le sais, mais
est-ce qu'on peut trouver une façon de les écrire? Parce que...
M. Drainville : Ils vont être
inclus par le code d'éthique, Mme la députée de Saint-Laurent. C'est par le
code d'éthique.
Mme Rizqy : Parce qu'il y en
a un, là, que, récemment, dans l'actualité, là, c'était un suppléant, là, que...
qui a fait bien des dommages, qui a eu bien des dossiers disciplinaires, bien,
bien, bien...
M. Drainville : Oui, mais
c'est un... c'est un...
Mme Rizqy : À un moment
donné, je pense qu'il y a quelqu'un qui aurait dû dire : C'est assez. Ça
n'a pas été fait.
M. Drainville : Si c'est un
suppléant qui a une tâche, à ce moment-là, il a...
Mme Rizqy : Ça, c'est un
contractuel. Un suppléant qui a une tâche peut être un contractuel.
M. Drainville : Oui, mais tu
peux avoir des suppléants qui ont une tâche, et donc qui sont contractuels, et
pour lesquels ça prend une autorisation d'enseigner. À ce moment-là, moi, j'ai
une prise sur eux.
Mme Rizqy : Exact, oui.
M. Drainville : Parce que
l'autorisation d'enseigner, là... Pour les gens qui nous écoutent, on s'excuse,
là, je ne prends pas le temps de le répéter tout le temps parce que ça devient
extrêmement fastidieux, ça fait que je préfère dire que j'ai une prise sur le
brevet, mais, dans les faits, j'ai une prise sur l'autorisation d'enseigner, qui
comprend trois grandes catégories : permis probatoire, autorisation
provisoire et brevet. Là-dessus, moi, j'ai une prise. Avec le projet de loi, on
ajoute les personnes qui ont une tolérance d'engagement. On va pouvoir
déclencher un comité d'enquête. On va pouvoir, éventuellement...
Mme Rizqy : Exact. Mais maintenant,
avec la pénurie qu'on vit, on a une catégorie qui commence à grandir un peu
plus, les suppléants. Est-ce qu'on peut trouver une façon de vous donner une
prise pour eux?
M. Drainville : Alors, pour
ce qui est des enseignants à la leçon, par exemple, ou des suppléants à la
leçon, ou des suppléants à taux horaire, ou des suppléants occasionnels, eux
n'ont pas besoin d'autorisation d'enseigner et ils n'ont pas besoin non plus d'une
tolérance d'engagement. Et, eux, pour eux, c'est par le code d'éthique qu'on va
pouvoir les... J'allais utiliser un mot peut-être pas trop...
Mme Rizqy : Les viser par...
M. Drainville : Bien, les
viser, puis éventuellement les sanctionner, puis les sortir du paysage, là, tu
sais. Bon.
Mme Rizqy : Bien, c'est ça.
Moi, mon objectif ultime, là, je vais le dire de façon très claire. Certaines
infractions, comme vous le savez, je n'ai aucune tolérance. Vous arrivez en
retard, ce n'est pas, pour moi, quelque chose de dramatique. Mais, lorsqu'on
parle de l'intégrité physique ou psychologique d'un élève, c'est dramatique.
Pour moi, il n'y a pas de deux, trois prises au bâton, là, non, non, non.
M. Drainville : Il n'y en
aura pas. Avec le code <d'éthique, il n'y en aura pas...
M. Drainville :
...il
n'y en aura pas. Avec le code >d'éthique, il n'y en aura pas.
Mme Rizqy : Exactement. On a
des cas, dans les médias, qui ont été rapportés, là, puis, honnêtement...
M. Drainville : Oui, mais
ça... Oui, mais l'obligation en vertu du code d'éthique, actuellement, elle
n'existe pas, là.
Mme Rizqy : Bien oui.
M. Drainville : On la crée.
Mme Rizqy : Bien non, non,
l'intégrité d'un enfant, ça a toujours existé, là.
M. Drainville : Non, mais il
y a des centres de services qui ont des codes d'éthique, mais ce que je veux
dire, c'est que le code d'éthique...
Mme Rizqy : Non, mais... Non,
mais nos lois, là, ça... Je sais que... Comme adulte, là, je sais qu'un enfant
il est arrivé quelque chose, non seulement le centre de services scolaire doit
s'assurer de rapporter les faits ou même faire un signalement à la DPJ, là. Ça,
ça a toujours... ça... pas toujours, mais ça fait des années que ça existe, là.
Donc, il y a des obligations, déjà, légales qui existent.
M. Drainville : Oui, c'est
vrai.
Mme Rizqy : Mon objectif,
c'est que, lorsqu'on a pointé quelqu'un et qu'on l'a visé, puis qu'il y a une
enquête, bien là, à ce moment-là, là, c'est terminé, là. Tu ne reviens pas dans
notre réseau scolaire. Et là, en ce moment, vous... Ce que j'aime avec
l'amendement, c'est qu'on ratisse beaucoup plus large, mais j'aimerais juste
qu'on réfléchisse, puis ce n'est peut-être pas maintenant, pour trouver une
façon d'avoir aussi une prise sur la suppléance.
M. Drainville : Mais, comme
je vous dis, Mme la députée de Saint-Laurent, on l'a, là, la prise, là.
Mme Rizqy : Bien, ça, ce serait...
ce n'est pas au même niveau. Pourquoi qu'on monte ça à votre niveau à vous, là?
M. Drainville : Mais ce n'est
pas au même niveau... ce n'est pas au même niveau, parce que la personne n'a
pas de brevet, n'a pas d'autorisation provisoire, n'a pas de...
Mme Rizqy : Je le sais. Bien,
c'est-à-dire qu'elle serait éliminée. On ne pourrait même pas... Par exemple,
là, je vais vous donner un exemple bien concret, je ne voudrais même pas
qu'elle s'inscrive, après ça, à l'université, là, pour avoir un brevet
d'enseignant. Une fois qu'une personne est barrée, on va le dire ainsi, là,
parce qu'il est arrivé quelque chose de grave, là, puis qu'on... suffisamment
grave que l'enquête a dit : Non, non, non, si tu avais eu un... si tu
avais eu un brevet, on te l'aurait retiré, là...
Alors, moi, c'est pour ça que... Tu sais,
quand on monte ça au ministre, là, c'est qu'on considère que l'enjeu est
excessivement grave. Puis, avec raison, vous le faites bien, vous montez
différentes catégories puis vous élargissez. Je n'ai peut-être pas la réponse,
moi-même, aujourd'hui, de savoir comment on peut aller chercher l'autre prise
pour les suppléants, là, je n'ai pas la réponse en ce moment, M. le ministre,
mais peut-être...
M. Drainville : ...que vous
le sachiez, puis ça... comment dire, ça ne... ça ne remet pas en cause la
pertinence du questionnement, là, que vous... que vous soulevez, mais la
vérification à l'entrée, là, elle se fait pour tout le monde, là, Mme la
députée de Saint-Laurent, même pour le suppléant à la leçon, là, tout le monde,
même chose pour les vérifications, même chose pour le transfert du dossier, là,
tu sais. Alors...
Mme Rizqy : Oui, oui, mais il
y en a un que la sanction est tellement grave qu'on vous sort du réseau
complètement. Vous ne pouvez même pas appliquer. Vous comprenez? Là, ce qu'on
déclenche, 26 et suivants...
M. Drainville : Oui, mais le
centre de services scolaire va pouvoir faire la même chose. Il ne pourra pas
retirer le brevet parce qu'il n'y a pas de brevet.
Mme Rizqy : Non, parce que
c'était laissé à la discrétion de l'autre centre de services scolaire qui va
appliquer...
M. Drainville : Mais ils
peuvent le congédier. Ils peuvent congédier la personne.
Mme Rizqy : Oui, il va le
congédier, mais la différence, c'est qu'à 26... Par exemple, 26 et suivants,
c'est terminé. Vous ne pouvez même pas appliquer ailleurs. On ne laissera même
pas la discrétion à un autre centre de services scolaire de regarder votre
dossier puis voir : Oui, est-ce que c'est grave, pas si grave? Non, il n'y
a pas de discussion parce que le ministre a tranché.
M. Drainville : Non, mais le
ministre n'a pas... Je n'ai pas ce pouvoir-là. Je ne suis pas employeur.
Mme Rizqy : OK. Oui, quand
vous... À 26 et suivants, une fois que vous retirez le brevet, là, c'est
terminé, là. Il y a... C'est terminé. La personne ne pourra pas appliquer dans
une autre école. Vous êtes d'accord avec moi?
M. Drainville : Oui, exact.
Mme Rizqy : Alors, le suppléant,
si c'est juste le code d'éthique, bien, il peut aller appliquer ailleurs, puis
là, à ce moment-là, il faut que...
M. Drainville : Non. Il va
pouvoir appliquer ailleurs, mais la vérification des antécédents va se faire.
Mme Rizqy : Bien, elle a... Elle
va vérifier, oui. Elle va vérifier. «Antécédents», ça veut dire quoi, M. le
ministre?
• (15 heures) •
M. Drainville : Mme la
députée de Saint-Laurent, si la personne change de centre de services, elle
veut aller faire de la suppléance ailleurs, le centre de services qui reçoit
son dossier... en vertu de la loi qui est ici, là, qu'on propose, le centre de
services, avant de l'embaucher, va devoir vérifier si elle a eu des
comportements mettant à risque l'élève dans le centre de services précédent.
Donc, la vérification des antécédents en matière de comportement, elle se fait
pour tout le monde, y compris pour les suppléants. Il n'y a personne qui va
échapper à ça.
Mme Rizqy : OK. Et, dans la
gradation...
M. Drainville : La gradation...
Mme Rizqy : Il y en a une qui
est ultime et une autre qui laisse...
M. Drainville : Il n'y aura
plus d'amnistie. Il n'y aura plus d'amnistie parce que la...
Mme Rizqy : Là, je ne parle
pas de la... Je ne parle pas d'amnistie. Au moment de l'embauche, l'autre
centre de services scolaire, là... Si moi, je te permets d'appliquer, puis je
vérifie ce que tu as fait, puis moi... Par exemple, si un centre de services
scolaire t'a donné une suspension, disons, de trois mois, puis tu as décidé :
OK, parfait, je démissionne, je veux aller ailleurs, il n'y a rien qui va
t'empêcher d'aller... d'aller appliquer ailleurs. Ça va aussi dépendre...
M. Drainville : Mais il n'y a
rien...
Mme Rizqy : Puis vous savez que
les arbitrages...
M. Drainville : Il n'y a rien
qui oblige le centre de services à t'embaucher. Puis le centre de services,
avant de t'embaucher, va devoir vérifier les comportements du suppléant, dans
ce cas-ci, avant de signer le contrat.
Mme Rizqy : Est-ce qu'on peut
parler hors micro, s'il vous plaît?
Le Président (M. Fortin) : S'il
y a consentement. M. le ministre, ça vous convient?
M. Drainville : Bien sûr.
Le Président (M. Fortin) : Oui.
Suspension, s'il vous plaît.
(Suspension de la séance à 15 h 01)
15 h (version révisée)
(Reprise à 15 h 08)
Le Président (M. Fortin) : Alors,
nous reprenons les travaux. On est à l'étude de l'article 5, l'article 262,
qui découle de l'article 5. Est-ce qu'il y a encore des interventions? Mme
la députée de Saint-Laurent.
Mme Rizqy : Merci beaucoup, M.
le Président. Merci, M. le ministre, pour vos explications. J'ai une petite
question. Un, j'aime le fait qu'on élargit, mais je me pose la question
suivante. Puis peut-être que ce n'est pas dans cet article-là mais pour les autres.
On a eu, lors des consultations particulières... Est-ce qu'on doit aussi
notifier le Protecteur national de l'élève? Et aussi est-ce qu'on doit
notifier, par exemple, un ordre professionnel? Parce que, là, on parle de... beaucoup
des enseignants, mais, évidemment, une équipe-école n'a pas juste des
enseignants. Alors, je me posais la question là-dessus puis...
M. Drainville : Le PNE, dans
la Loi du Protecteur national de l'élève, s'il y a une plainte concernant un
enseignant et qu'il en est... donc, qu'il est informé, il est saisi ou il se
saisit d'une plainte, il doit nous informer en vertu de 26, toujours : «Lorsque
le responsable du traitement des plaintes...» Là, on parle du Protecteur
national de l'élève. C'est ça? Alors, «lorsque le responsable du traitement des
plaintes estime que des faits portés à sa connaissance soulèvent des questions
d'ordre disciplinaire, il en avise par écrit sans délai le responsable des
ressources humaines du centre de services scolaire. Lorsqu'il le juge à propos,
il en avise également le plaignant.
«De même, lorsque le responsable du
traitement des plaintes estime que des faits portés à sa connaissance
concernent une faute grave ou un acte dérogatoire visé au premier alinéa de
l'article 26 de la Loi sur l'instruction publique — donc, 26 — il
avise sans délai et par écrit le ministre des faits relatifs à cette faute ou à
cet acte. [Et] il en avise également le plaignant.
«Le ministre assure le suivi auprès du
plaignant de tout avis reçu en application de l'alinéa précédent, notamment
quant à son intention de porter plainte en vertu de l'article 26 de la Loi
sur l'instruction publique.»
Alors, en d'autres mots, le PNE est
informé d'un comportement qui pourrait nuire à la sécurité d'un enfant, il va
informer le ministre, et là le ministre pourra, si je comprends bien l'article,
là, parce que ce n'est pas moi qui l'a fait adopter, celui-là, là, mais il
pourra entrer en relation avec le plaignant pour lui demander, dans le fond :
Est-ce que tu souhaites porter plainte en vertu de 26? Je pense que ça...
• (15 h 10) •
Mme Rizqy : Bien, ma
compréhension, c'est que le...
Des voix : ...
M. Drainville : ...dans
l'autre sens aussi? Attendez un peu, je vais laisser la sous-ministre répondre.
Le Président (M. Fortin) : ...vous
représenter encore une fois, s'il y a consentement pour que la sous-ministre
s'exprime.
Des voix : Consentement.
Le Président (M. Fortin) : Merci.
Mme Vachon (Stéphanie) : Oui.
Alors, effectivement, deux dispositions de la Loi sur le Protecteur national de
l'élève qui s'appliquent. Le 26, celui que le ministre a lu, ça <vise le
responsable du traitement des plaintes. Alors, le responsable...
Mme Vachon (Stéphanie) :
...le
26, celui que le ministre a lu, ça >vise le responsable du traitement
des plaintes. Alors, le responsable du traitement des plaintes, lorsqu'il
reçoit, il est avisé d'un geste, une plainte qui implique une faute grave, donc,
qui implique des gestes visés par le processus de plainte au ministre en vertu
de l'article 26 de la LIP, on lui donne le pouvoir de le transmettre au
ministre, qui, lui, prend charge de la plainte. Et, à 39, 39 réfère au
protecteur régional de l'élève. Donc, 39 dit que l'article 26 s'applique
aussi au protecteur régional de l'élève.
Donc, dans les deux cas, tant le
responsable du traitement des plaintes du CSS que le protecteur régional de
l'élève, quand ils sont saisis de plaintes qui impliquent des gestes de l'ordre
de l'article 26 de la LIP, faute grave, acte dérogatoire, transmission au
ministre, qui, lui, prend charge en vertu de la section de la Loi sur
l'instruction publique.
Mme Rizqy : Oui. Ça, c'est
parfait. Est-ce que vous vous rappelez? Lorsque le Protecteur national de
l'élève est venu, il a dit que c'était important. Bien, un, je trouvais que
c'était très... très bien. Et lui, assez rapidement, il a fait un sondage pour
savoir si c'était connu. Puis il y avait du travail aussi à faire là-dedans. Mais
il disait qu'il ne faut pas non plus qu'il y ait trop de portes où cogner.
Donc, moi, je me pose la...
M. Drainville : ...
Mme Rizqy : Trop de portes où
cogner, parce que sinon les gens vont être mêlés.
Moi, je me pose la question suivante :
Si une personne croyait vraiment de bonne foi que la démarche, la bonne porte,
c'était de cogner au Protecteur national de l'élève, à ce... est-ce qu'à un
moment donné... est-ce qu'il... n'est-il pas dédouané de 262? Parce qu'au fond,
disons qu'il parle avec le Protecteur national de l'élève régional, il lui dit :
Écoute, parfait, je vais aussi informer le ministre parce que j'en ai
l'obligation à l'article 39 de... ou 37, pardon, de ma loi, à ce
moment-là, moi, je... moi, personnellement, M. le ministre, je vais considérer
qu'il a rempli son obligation, parce que le dossier va être transféré à vous,
là. Pour ne pas qu'une personne se fasse reprocher de ne pas avoir écrit aussi
en vertu du 262, en vertu de la LIP, je pense qu'un... Vous comprenez mon...
M. Drainville : ...pour
répondre à votre question, Mme la ministre... Mme la députée...
Mme Rizqy : Bien, moi, je ne
suis pas encore ministre, M. le ministre.
M. Drainville : ...Mme la
députée, je pense que le protecteur régional de l'élève, si on adopte cette
disposition-là telle quelle, le protecteur régional de l'élève conseillera au
plaignant de respecter la loi puis de transmettre une plainte directement au
ministre.
Mme Rizqy : Bien,
pouvons-nous peut-être prévoir un mécanisme? Parce qu'une fois que le
protecteur national prend la plainte elle est déjà rédigée, et lui, dans sa loi
qui le... qui le gouverne, il va vous... immédiatement vous notifier. Peut-être
s'assurer qu'au fond on n'ait pas besoin de multiplier les procédures. Je ne
sais pas comment on peut le faire à l'intérieur...
M. Drainville : Ça, c'est une
question intéressante, là...
Mme Rizqy : Merci.
M. Drainville : ...le risque
de dédoublement, dans le fond, là, c'est-à-dire, la personne porte plainte au
protecteur régional de l'élève concernant un comportement qui touche un
enseignant, selon la loi, le protecteur régional ou national de l'élève doit en
informer le ministre, mais, en vertu de la loi, cette même personne qui a
appelé le protecteur régional de l'élève doit aussi porter plainte au ministre,
doit signaler. Alors, la... Mme la députée de Saint-Laurent s'inquiète qu'il y
a trop de démarches qui soient imposées au bon citoyen.
Mme Rizqy : ...proposition,
c'est que, lorsqu'on est avec le Protecteur national de l'élève... que... tout
simplement, qu'on puisse offrir, tu sais, un formulaire qui dit : Bien,
votre plainte sera transmise en... conformément à l'article 262. Donc,
c'est la même plainte qu'on vous transfère. Comme ça, il n'y a pas... Tu sais, on
ne demande pas à personne de prendre son bâton de pèlerin. Puis, vous savez,
des fois, quand on dénonce, certaines personnes, on est capables de le faire,
mais, d'autres, ça peut être plus compliqué parce qu'ils ont des pressions
internes, ils ont l'impression qu'ils parlent dans le dos de quelqu'un ou ils ont
peur d'avoir des représailles. Alors, je pense que, si on a fait une fois la
démarche correctement, si la plainte peut juste être la même plainte transmise...
M. Drainville : Oui. Madame...
Mme Rizqy : C'est peut-être
plus administratif, ce que je dis, là, mais...
M. Drainville : Oui. Non, je
comprends, je comprends. Vous n'en faites pas un amendement formel, si je
comprends bien, mais nous...
Mme Rizqy : Je vous le
soumets.
M. Drainville : Non, c'est
bien. On va y réfléchir. On va voir si, effectivement, on peut trouver une
façon peut-être d'alléger le processus.
Mme Rizqy : Oui. Parce que ça
peut même être, au fond, un formulaire administratif qui est remis, puis que
c'est... on considère qu'à ce moment-là l'obligation de 262 est remplie.
M. Drainville : Oui. OK. On
va y réfléchir, OK?
Mme Rizqy : Oui. Merci
beaucoup.
Le Président (M. Fortin) : Très
bien. Est-ce qu'il y a d'autres questions ou interventions sur le 262?
Mme Rizqy : Oui, une
dernière. C'est aussi...
Le Président (M. Fortin) : Est-ce
que vous permettez? Mme la députée de Mercier avait souhaité faire une
intervention tantôt.
Mme Rizqy : Ah! bien non, allez-y,
allez-y. Non.
Mme Ghazal : Non, pas tout de
suite.
Le Président (M. Fortin) : Non?
Ça va?
Mme Ghazal : Non, non, non.
Le Président (M. Fortin) : OK.
Très bien.
Mme Rizqy : ...c'était par
rapport aussi aux ordres professionnels. Peut-être réfléchir à comment, toujours...
Si, par exemple, une personne fait une <dénonciation...
Mme Rizqy :
...aussi
aux ordres professionnels. Peut-être réfléchir à comment toujours... Si, par
exemple, une personne fait une >dénonciation au protecteur ou... mais
que la personne aussi appartient à un ordre professionnel, disons, parce que
c'est une intervenante sociale ou un psychoéducateur, eux, ils ont des ordres
professionnels, est-ce qu'à ce moment-là le ministre n'a-t-il pas une obligation
aussi d'alerter l'ordre professionnel? Oui...
M. Drainville : C'est le
processus de l'ordre, à ce moment-là, qui s'applique, Mme la députée.
Mme Rizqy : Oui, mais l'ordre
ne peut pas le deviner si on ne le notifie pas. Il doit aussi recevoir...
M. Drainville : Non, je sais,
mais c'est la même chose pour toutes les plaintes, là, dans... pour tous les
ordres professionnels, là. L'ordre ne peut pas savoir... ne peut pas connaître
la plainte tant qu'il n'y a pas eu de plainte.
Mme Rizqy : Non, c'est ça,
mais je pose... Est-ce que le ministère... Vous, une fois que, la démarche,
tout est fondé, vous recevez une plainte ou qu'on a une plainte qui est reçue
puis qui est fondée, est-ce qu'on ne doit pas le notifier à un ordre
professionnel ou... Je me pose la question, en fait.
M. Drainville : Bien là, ce
serait plus dans le cas du centre de services scolaire, parce que, pour les
enseignants, moi, je... évidemment, il n'y a pas d'ordre qui est en cause. Pour
le centre de services scolaire, une fois qu'un membre d'un ordre professionnel
fait l'objet d'une plainte puis possiblement d'une sanction, je ne suis même
pas sûr que...
Une voix : ...
M. Drainville : Non, c'est
sûr qu'il n'y a pas d'obligation, mais la... Est-ce qu'on pourrait... Est-ce
qu'on peut suspendre 30 secondes plutôt... (panne de son) ...comme ça?
Le Président (M. Fortin) : Suspension,
s'il vous plaît.
(Suspension de la séance à 15 h 18)
(Reprise à 15 h 21)
Le Président (M. Fortin) : Alors,
nous reprenons nos travaux. On s'était laissés sur une question de la députée
de Saint-Laurent. Avez-vous eu réponse à votre question, Mme la députée?
Mme Rizqy : ...réponse à
toutes mes questions par le ministre et son équipe, particulièrement Mme Vachon.
Le Président (M. Fortin) : Très
bien. Est-ce qu'il y a encore des questions? Oui, Mme la députée de Mercier.
Mme Ghazal : ...une question
par rapport à l'obligation, c'est-à-dire que ce n'est pas «peut» mais «doit».
Comment est-ce que ça peut fonctionner si quelqu'un... Parce qu'on peut ne pas
se rendre compte que quelqu'un n'a pas... ne l'a pas signalé. Est-ce qu'il va y
avoir des mesures disciplinaires parce que quelqu'un... on a su, d'une façon ou
d'une autre, que quelqu'un a été... a des motifs raisonnables de croire qu'un
enseignant...
M. Drainville : ...signaler
en vertu du code d'éthique?
Mme Ghazal : Oui.
M. Drainville : Code
d'éthique ou 26, là?
Mme Ghazal : Bien non, de
262, le «doit» au lieu de «peut». C'est-tu écrit «doit»? «Doit signaler».
M. Drainville : Oui.
Mme Ghazal : Oui, exact.
M. Drainville : Ça, c'est 26,
en <vertu de 26...
Mme Ghazal :
...«doit
signaler».
M. Drainville :
Oui.
Mme Ghazal :
Oui, exact.
M. Drainville :
Ça,
c'est 26, en >vertu de 26.
Mme Ghazal : Oui. Donc...
M. Drainville : Oui. Votre question,
c'est...
Mme Ghazal : Bien, dans le
fond, c'est : C'est quoi, la conséquence? Comment est-ce qu'on peut
s'assurer que...
M. Drainville : Si tu ne
signales pas?
Mme Ghazal : Oui. Parce qu'on
est dans une loi. Tu ne le fais pas. C'est quoi...
M. Drainville : Oui. Là, vous
me corrigerez si je me trompe, là, mais on a décidé, Mme la... Mme la députée,
M. le Président, on a décidé de ne pas aller là, parce que, là, on se disait :
Écoute, là, tu rentres dans un... C'est compliqué, là, d'appliquer des
sanctions, mettons, pénales contre une personne qui n'aurait pas signalé. Là,
on trouvait que c'était aller très, très loin, là. Ça fait que, là, à un moment
donné, encore une fois, il faut trouver...
Mme Ghazal : Ça fait que
c'est comme un devoir moral.
M. Drainville : ...il faut
trouver le juste équilibre. Il faut trouver le juste équilibre. Alors, on crée
une obligation morale et légale.
Mme Ghazal : Mais sans
conséquence.
M. Drainville : Non, mais elle
est légale, cette obligation. Mais effectivement, si vous me demandez :
Est-ce que... la personne qui a eu connaissance et qui décide de ne pas
signaler, est-ce qu'elle est assujettie à des sanctions pénales?, la réponse,
c'est non. Maintenant, est-ce que la direction du centre de services scolaire,
par exemple, qui a appris qu'elle le savait et qu'elle n'a rien fait... Est-ce
que cette personne-là, donc, pourrait être assujettie au processus
disciplinaire, à une mesure disciplinaire? La réponse, c'est oui.
Mme Ghazal : OK.
M. Drainville : Bien oui, bien
oui, parce que, là, tu n'as pas respecté la loi. Tu le savais, tu l'as entendu
crier, tu le vois rentrer au travail sous la dépendance de toutes sortes de
substances, mettons, là, tu vois qu'il n'est pas en état de s'occuper des
enfants puis tu as... Pourquoi tu as... Pourquoi tu n'as rien fait? Pourquoi...
pourquoi tu n'as rien dit? Bien, ce n'est pas acceptable.
Mme Ghazal : ...c'est, je ne
sais pas, moi, une suppléante, par exemple, qui a une autorisation quelconque,
là, qui fait que le ministre pourrait agir, puis qu'elle est sous la...
c'est-à-dire, qu'elle travaille avec un autre enseignant qui a... beaucoup plus
âgé, beaucoup plus d'expérience, ça fait qu'il y a comme un rapport d'autorité,
puis là elle voit des choses, puis, tu sais, des fois, c'est un peu plus
subtil, mais quand même, qui pourraient rentrer dans ce qui est écrit dans 262,
qu'un enseignant ne devrait pas agir de cette façon-là. Mais là elle est un peu
inquiète. Elle ne veut pas perdre son emploi, tout ça. Elle est... Tu sais,
elle doit signaler. Donc, est-ce... Tu sais, est-ce que ça veut dire qu'elle
pourra avoir des mesures disciplinaires de son employeur direct parce qu'elle
n'a pas respecté ce qui est écrit dans la loi?
M. Drainville : La réponse...
Mme Ghazal : C'est ça que ça
veut dire.
M. Drainville : La... Comme
je vous l'ai dit, la loi dit que tu dois signaler. Si tu décides de ne pas le
faire, puis que quelqu'un apprend que tu le savais, puis que tu ne l'as pas
fait, donc, tu le savais puis tu n'as pas respecté la loi, tu as des comptes à
rendre. Et donc, effectivement, le régime de sanctions pourrait s'appliquer à
ce moment-là. Maintenant... maintenant...
Mme Ghazal : Moi, c'est plus
le côté applicable.
M. Drainville : Mais le
fait... Mais il faut le voir inversement aussi. Le fait que c'est... c'est une
obligation légale, ça peut faire en sorte, justement, de libérer la parole. Ça peut
faire en sorte que la personne qui n'aurait pas, donc, eu le... comment dire,
qui n'aurait pas décidé de signaler va finalement le faire en se disant :
Oui, si je ne le fais pas, puis ils apprennent que je le savais puis je ne l'ai
pas fait, là, je me mets dans le trouble, ça fait que, là... Moi, je pense que
l'obligation légale peut faire pencher la balance du côté d'une plus grande
protection des enfants.
Mais, pour en revenir à votre point
premier, le danger... Parce qu'on y a réfléchi, évidemment, là. Tu sais, tu
construis le projet de loi puis tu essaies d'envisager tous les scénarios
possibles. Puis, je pense, c'est moi qui l'avais soulevée, la question. J'ai dit :
Oui, mais, obligation de signaler, si la personne ne respecte pas son
obligation, qu'est-ce qu'on fait? Puis là tu te mets à jongler avec les
hypothèses, mais là tu dis : Écoute, on veut-tu... Tu sais, on ne veut pas
non plus entrer dans une espèce de logique de chasse aux sorcières, là, où, tu
sais... où tu... chacun surveille chacun puis commence à dire : Tu le
savais-tu, toi, tu le savais-tu, toi? Pourquoi tu... Heille! Tu sais, je veux
dire, tout est une question d'équilibre. Il faut trouver le juste équilibre, qui
n'est pas évident, mais...
Mme Ghazal : C'est ça. Parce
qu'on ne change pas une culture. Par exemple, il y a des endroits où la culture
de s'assurer de respecter les règles, et tout ça, est vraiment présente. Dans
d'autres endroits... Souvent, ça dépend du leadership de la direction, de son
style de leadership, et tout ça.
M. Drainville : Vous avez
raison. Vous avez raison.
Mme Ghazal : Ça fait que ça,
ça ne se change pas parce qu'il y a un article 262. Ça prend du temps, ça.
Puis il y a des rapports humains, et tout ça, là, qui rentrent en ligne de
compte. Puis c'est pour... C'est ça.
M. Drainville : Exactement.
Exactement. Puis c'est pour ça que la loi est importante. Sinon, on ne serait
pas ici. Mais c'est certain que les changements de mentalité... les changements
de mentalité doivent également se faire, là. Tu sais, ça... Puis c'est pour ça
que tout à l'heure je parlais de responsabilisation <d'équipe-école. Tu
sais...
M. Drainville :
...tu
sais, ça... Puis c'est pour ça que tout à l'heure je parlais de
responsabilisation >d'équipe-école. Tu sais, je veux dire, à un moment
donné, il faut que ça fasse partie de notre culture scolaire que de se dire :
Nous sommes tous et chacun, individuellement et collectivement, responsables de
la protection de nos élèves.
Mme Ghazal : Juste pour être
sûre ici, par rapport à l'échange, on avait parlé du Protecteur national de
l'élève, c'est-à-dire que, là, on avait dit qu'il y a comme deux façons, il
faut y aller par le code d'éthique mais aussi par le ministre, mais il y a
aussi le Protecteur national de l'élève qui pourrait être... Il peut y avoir
une plainte aussi au Protecteur national de l'élève pour le même comportement,
le même prof.
M. Drainville : ...absolument
raison. C'est un très bon point, d'ailleurs. Parce qu'il faut se rappeler, le
régime de plainte du Protecteur national de l'élève, il y a une voie rapide
vers le protecteur régional ou national dans les cas de violence sexuelle, mais,
dans les autres cas, les cas de plainte non... pour non-violence sexuelle, il
faut suivre la procédure. La procédure, c'est la personne responsable du
traitement des plaintes au niveau de l'école, responsable des plaintes au
niveau du centre de services, et par la suite tu peux monter au protecteur
régional. C'est juste... «juste»... C'est pour les plaintes pour violence
sexuelle que tu peux court-circuiter l'étape 1 et 2 puis aller directement
à l'étape 3.
Mais vous avez absolument raison, la...
Mme la députée de Mercier, que, pour le genre de comportement dont on parle
ici, il y a une troisième voie. Vous avez raison. La personne... la personne
pourrait dire...
Mme Ghazal : ...
M. Drainville : Comment?
Mme Ghazal : C'est une
addition. Il faut prendre les trois voies.
M. Drainville : Bien, c'est
une addition... C'est une... c'est une autre voie qui s'offre. Parce qu'un
comportement mettant en cause la sécurité physique ou psychologique de l'élève,
ça peut être, dans certains cas, une violence sexuelle. Ça peut, hein?
Mme Ghazal : Oui. On va le
voir tantôt.
M. Drainville : Mais, dans
certains cas, un prof qui engueule systématiquement ses élèves, ce n'est pas de
la violence sexuelle. Alors, tu pourrais décider de porter plainte au directeur
de l'école, la direction d'école. Si tu n'es pas satisfait, tu vas... tu
demandes à parler au responsable des plaintes du centre de services scolaire. Puis,
si tu n'es pas satisfait, tu peux monter au protecteur régional de l'élève, qui
peut s'en saisir, de cette plainte-là. Puis, s'il s'agit d'un enseignant, à ce
moment-là, moi, selon la Loi du PNE, je dois en être informé. Ça redescend vers
moi.
Mme Ghazal : Puis, si
quelqu'un, par exemple, c'est une... il va au protecteur régional de l'élève
mais ne le dit pas au ministre... Mais après ça, à l'autre bout, le Protecteur
national de l'élève pourrait, lui, le dire au ministre, parce que je pense que,
dans la loi, il peut le... ou il doit, même, le signaler.
M. Drainville : Dans le cas d'un
enseignant.
Mme Ghazal : Donc là, on est
arrivés indirectement. Si la personne, là, «tout employé d'un centre de
services scolaire» ne va pas vers le ministre puis qu'il n'a pas respecté le
«doit le dire au ministre», ça pourrait être aussi par cette voie-là.
M. Drainville : Oui, mais,
dans... Oui, mais, dans le cas du...
Mme Ghazal : Mais il n'aura
pas refait...
M. Drainville : ...dans le
cas du retour vers moi, c'est juste pour les enseignants. C'est juste pour 26.
Mme Ghazal : Oui, oui, oui. Ça
fait que c'est un «doit».
M. Drainville : Individuel et
collectif.
Mme Ghazal : C'est ça, mais
pas de conséquence.
M. Drainville : Puis, tu
sais... Excusez-moi, Mme la députée de Mercier.
Mme Ghazal : Oui.
• (15 h 30) •
M. Drainville : Vous aviez...
vous aviez raison, tout à l'heure, de parler de changement de culture. Mais un
changement à la loi peut induire aussi ou contribuer à induire des changements
de culture. Tu sais, l'un se nourrit de l'autre, là. On ne serait pas en train
de discuter du projet de loi actuel s'il n'y avait pas eu un changement de
mentalité dans nos sociétés puis une réprobation de plus en plus forte et
généralisée de certains types de comportements. Donc, les mentalités évoluant,
ça nous amène une loi beaucoup plus exigeante, mais de la même façon que cette
loi plus exigeante, dans la responsabilisation qu'elle commande, va aussi faire
évoluer les mentalités dans les équipes-écoles puis dans les milieux scolaires,
là, tu sais.
Mme Ghazal : ...convaincue
que l'évolution des mentalités va continuer. Puis, à un moment donné, il va y
avoir une loi-cadre dans les écoles primaires, secondaires. Ça, c'est...
M. Drainville : Je savais que
vous alliez dire ça. Mais c'est correct. Vous avez absolument raison de... Je
respecte votre...
Mme Ghazal : C'est sûr que ça
va devenir la chose normale qui, aujourd'hui, est impensable. C'est sûr et
certain. Bien, sûr et certain... Je suis convaincue.
M. Drainville : Oui, puis je respecte
tout à fait votre point de vue. L'autre chose que je tiens à... on me le
souffle à l'oreille, puis c'est un point important, on va mieux protéger aussi
les personnes qui signalent et qui dénoncent contre les représailles. Et ça
aussi, ça aussi, ça va contribuer à libérer la parole, là.
Mme Ghazal : Ça, ça va être
dans d'autres articles, oui.
M. Drainville : Ça fait
partie des amendements que nous allons apporter, oui.
Mme Ghazal : Oui, des
amendements. OK. Parfait. Merci.
Le Président (M. Fortin) : ...d'autres
interventions sur 262? S'il n'y en a pas, je nous encourage à passer au 263.
Est-ce qu'il y a des interventions? Mme la députée de Mercier.
Mme Ghazal : Bien, ça, c'est
en <lien...
>
15 h 30 (version révisée)
<15383
Le
Président (M. Fortin) :
...députée de Mercier.
Mme Ghazal :
Bien,
ça, c'est en >lien avec... C'est les clauses d'amnistie. C'est-tu ça?
M. Drainville : ...d'amnistie,
là, oui.
Mme Ghazal : OK. OK. C'est là
qu'on vient... Est-ce que... Il n'y a pas d'amendement, hein, en lien avec ça.
Le Président (M. Fortin) : ...d'amendement
de présenté, non.
Mme Ghazal : OK. Donc, c'est
les clauses d'amnistie qui sont...
M. Drainville : Abolies.
Mme Ghazal : ...abolies, c'est-à-dire
que, s'il y a une convention collective, quand c'est en lien avec la sécurité
toujours, là, le comportement pouvant raisonnablement faire craindre pour la
sécurité psychologique ou physique des élèves, donc là, ça, on n'en tient plus
compte pour que, dans le dossier des enseignants... bien, que ça reste présent
à tout jamais.
M. Drainville : Exact.
Mme Ghazal : OK. Puis...
Bien, en fait, on est d'accord avec ça. Je le sais, qu'une des craintes qu'avaient
les syndicats, c'est plus de dire... la possibilité de s'amender dans la vie puis
que ça reste une tache. Moi, pour moi, pour les violences à caractère sexuel,
il faut que ça reste, là, présent. Puis, à un moment donné, la personne,
peut-être que, je ne sais pas, là, si ça fait 20 ans, puis il n'y a rien
eu après, c'est sûr que ça reste là, puis il faudrait, comme, qu'elle justifie
puis qu'elle explique.
Pour les autres comportements, par
exemple, est-ce que ça dépend de la gravité ou c'est tous les comportements qui
vont rester tout le temps? Tu sais, comme, quand on dit «des comportements
pouvant faire craindre à la sécurité physique ou psychologique», le
comportement le plus minimal, là, qui va rester, là, puis, s'il y a une
convention collective, on n'en tient pas compte... Tu sais, j'aimerais ça juste
avoir un exemple, parce que, des fois, les gens, ils ont des exemples farfelus
où est-ce qu'une fois, à un moment donné, il a dit un mot de trop, là. Tu sais,
à un moment donné, c'est... ce n'est pas grave, là. Ça fait que... Oui.
M. Drainville : C'est une
très bonne... c'est une très bonne question. C'est une très bonne question. Et
je vais laisser M. le juriste Alexandre Guyon Martin nous répondre là-dessus s'il
y a consentement, M. le Président.
Des voix : ...
Le Président (M. Fortin) : Oui,
consentement.
M. Guyon Martin (Alexandre) : Oui.
Donc, avec l'article 263 qui est proposé, tous les comportements qui sont
visés à l'article, donc, susceptibles de faire craindre pour la sécurité
physique ou psychologique des élèves vont rester. Par contre, ça va être dans l'analyse
qui va être faite où, là, la gravité de la situation, le contexte, l'écoulement
du temps va pouvoir avoir un impact dans l'application de la gradation des sanctions.
Mme Ghazal : Dans la
gradation, mais ça va quand même rester.
M. Guyon Martin (Alexandre) : Ça
va quand même rester.
Mme Ghazal : OK. Puis la
personne pourrait retrouver son permis... Parce que, là, ici, c'est... c'est que
c'est dans son dossier. Ça a un impact aussi sur, par exemple, son brevet, qui
est suspendu, ou des choses comme ça, ou, dans cet article-là, ça ne te touche
pas ça?
M. Guyon Martin (Alexandre) : Non,
ça ne touche pas ça. C'est dans le cadre des relations de travail.
Mme Ghazal : C'est juste le
dossier.
M. Guyon Martin (Alexandre) : C'est
ça.
Mme Ghazal : OK. Puis juste...
Par exemple, moi, ce que je voulais avoir du ministre, c'est plus... Bien, vous
dites qu'il y a une analyse du dossier qui est faite pour la gradation des
sanctions. Ça, c'est comme quelque chose qui existe en ce moment. Ça vient...
Ici, cette loi-là ne vient pas changer ça.
M. Guyon Martin (Alexandre) : Cette
loi-là, effectivement, ça vient...
Mme Ghazal : Le 263 ne change
pas ça.
M. Guyon Martin (Alexandre) : ...ne
change pas ça. C'est juste que l'analyse pour la gradation des sanctions se
fait, disons, sur une plus courte période étant donné que ces infractions...
que toutes les infractions, disons, disparaissent après un certain temps. Donc,
s'il y en a qui sont dans la période à l'intérieur...
Mme Ghazal : Ça fait 20 ans,
là, bien là...
M. Guyon Martin (Alexandre) :
...c'est ça, 20 ans, par exemple, ça, on ne pourra pas en tenir compte. Si
ça fait, par exemple, six mois puis que, là, les clauses d'amnistie prévoient
que c'est effacé par... après un an, bien là, on va pouvoir en tenir compte. Puis,
encore là, on va pouvoir faire une analyse des circonstances, le contexte puis
l'écoulement du temps, mais, bon, évidemment, là, la période est plus courte
pour l'application de la gradation des sanctions.
Mme Ghazal : C'est ça. Mais
ça, c'est pour les sanctions au moment où ça se produit. Mais c'est plus, par
exemple, quand quelqu'un change... C'est surtout ça, le cas, c'est quand il
change de centre de services scolaire. Puis ça a été ça, le modus operandi de
certains professeurs, puis c'est ce qu'on s'est rendu compte, là, dans les...
beaucoup dans les... dans les cas qui étaient médiatisés. S'il change, puis là
il y a un comportement qui est là, puis ça fait 20 ans, là, tu sais, on se
place 20 ans plus tard, qui est présent, versus un autre prof que, lui,
son dossier est vierge, bien, même si, par exemple, la personne qui regarde les
CV ou qui va fouiller pour regarder dans le dossier de ces employés-là, qui
demande à l'autre centre de services : Donne-moi donc son dossier... bien
là, elle va sûrement favoriser, à compétences égales, celui dont le dossier est
vierge, même si, l'autre, par exemple, ça fait 20 ans.
Ça fait que c'est pour ça que je me dis...
Parce que, souvent, les gens, ils vont... ils vont arriver avec des exemples
farfelus. Ils disent : Ah! il y a une fois, il a fait quelque chose qui
n'est pas correct. Puis je comprends que, pour que ça se retrouve dans un <dossier...
Mme Ghazal :
...des
exemples farfelus. Ils disent : Ah! il y a une fois, il a fait quelque
chose qui n'est pas correct. Puis je comprends que, pour que ça se retrouve
dans un >dossier d'employé, il a fallu que ce soit comme suffisamment
grave, suffisamment grave comme comportement pour que ça se trouve dans un
dossier d'employé. Mais peut-être qu'après 20 ans la personne s'est amendée, et
tout ça, sauf que, quand tu vas voir pour un nouvel employeur, un nouvel
employeur qui ne te connaît pas, tout ce qu'il a, c'est le dossier d'employé.
J'essaie juste de voir ce serait... c'est
quoi, les comportements minimaux. Tu sais, c'est... Dans le fond, c'est tous
les comportements, sans exception. J'essaie juste d'avoir des exemples de ce
qui est le moins grave. Peut-être que le ministre peut m'en donner. Puis, pour
moi, il n'y a pas de... Tu sais, texter, le soir, un enseignant, des émojis,
c'est ça qu'on avait parlé l'autre fois, bien, ça, ça a l'air banal, mais ça...
c'est grave, tu sais. Quand il s'agit des violences sexuelles, j'ai
l'impression que tout, c'est grave. Mais, pour ce qui est du... des autres, par
exemple, un prof qui a crié parce que, je ne sais pas, moi, il vivait une
situation difficile, une séparation, tout ça, il s'est retrouvé avec un dossier
à son... une note à son dossier, ça va rester pour toujours. Ça fait que c'est
là qu'on se dit : Ah! il ne va pas divorcer à toutes les années, tu sais,
il a fait une dépression cette année-là. Oui.
M. Drainville : Oui. Je ne
saurais vous donner un exemple, mais, tu sais, on est dans les affaires
humaines, hein? Puis vous avez... vous avez évoqué un exemple, quelqu'un qui
vit une dépression, par exemple, qui vit des moments difficiles. Ce n'est
pas... ce n'est pas impossible que le responsable des ressources humaines dise :
Écoute, on va... tu vas devoir aller chercher de l'aide, tu vas devoir aller
chercher de l'aide. Puis il y a des programmes, souvent, les programmes d'aide
aux employés, là, qui font... qui contribuent, donc, à aider ces personnes qui
ont besoin d'aller voir... d'aller consulter, bon, peu importe.
Mais, tu sais, je nous ramène tout le
temps, M. le Président, je nous ramène tout le temps au libellé. Les mots sont
importants. Ça prend un comportement qui peut raisonnablement faire craindre
pour la sécurité physique ou psychologique d'un élève. Alors, on peut analyser
chaque mot, là, séparément, là, mais je pense que le mot «raisonnablement» vise
justement, possiblement, à couvrir le type de situation que vous évoquez ici.
C'est possible que ce soit quelqu'un qui ait... mettons, là, on jase, là, qui
pète sa coche, comme on dit, là, qui ne visait pas nécessairement un élève mais
qui pète sa coche, là, qui explose, là, parce que, justement, la personne vit
un drame dans sa famille, a perdu un être cher, et puis, là, bon, bien, on
peut... Alors, les enfants arrivent à la maison : Mon Dieu! aujourd'hui,
Mme Chantale m'a fait peur, tu sais. Ah oui? Qu'est-ce qui s'est passé? Bon,
parent appelle la direction. Bon, OK, est-ce que c'est un comportement qui a pu
faire craindre pour la sécurité physique? Alors là, je réfléchis vraiment à
voix haute, là, parce que j'essaie d'être aidant. Ça se peut que le département
des ressources humaines ou le service des ressources humaines, après
vérification, dise : Oui, c'est vrai, ce qui s'est passé, on a plusieurs
élèves qui nous le racontent, ils nous racontent le même événement, elle a pété
sa coche, mais elle n'a pas posé... à notre avis, elle n'a pas fait craindre
pour la sécurité physique ou psychologique des élèves, mais, visiblement, elle
est dans un état d'esprit qui n'est pas idéal ou qui n'est pas acceptable, elle
est à risque, justement, éventuellement, de poser peut-être un risque pour la
sécurité, donc on va la rencontrer puis on va lui proposer d'aller se reposer
puis d'aller chercher de l'aide.
• (15 h 40) •
Alors là, on pourrait, dans ce
scénario-là... Puis, encore une fois, c'est très, très théorique, mais on en
est venu à la conclusion que... D'une manière raisonnable, après une analyse
raisonnable de l'événement, on en vient à la conclusion qu'elle n'a pas posé
une... un risque pour la sécurité, que la personne n'a pas posé un risque pour
la sécurité physique ou psychologique, mais qu'elle est à risque d'en arriver
là, et donc n'attendons pas qu'elle en arrive là et aidons-la puis... Bon,
hein, ça arrive, des burn-out, hein, on... Les problèmes de santé mentale, ça
touche tous les milieux de travail, hein, on le sait, là.
Alors, moi, je vais vous dire, Mme la
députée de Mercier, à un moment donné, on ne peut pas tout codifier dans une
loi, tous les comportements, tous les... toutes les situations, tous les
scénarios. J'en suis au point où je dis qu'il faut, à un moment donné, faire
confiance aussi. Il faut faire confiance aux <personnes...
M. Drainville :
...tous
les... toutes les situations, tous les scénarios. J'en suis au point où je dis
qu'il faut, à un moment donné, faire confiance aussi. Il faut faire confiance
aux >personnes qui vont gérer ces situations-là et...
(Interruption)
M. Drainville : Alors là,
c'est un sujet sérieux, mais là on rit parce qu'il y a un message très, très
sonore, sur un cellulaire, qui vient d'être entendu autour de la table, et
notre estimé collègue ici, à droite, a vécu un épisode comme celui-là où on a
entendu... on a entendu sa sonnerie très, très bruyante, et c'est ça qui nous
fait sourire.
Mme Ghazal : Bon, OK, oui.
M. Drainville : On revient,
donc, à... on revient, donc, à une... à un scénario qui est très sérieux,
celui-là. Et donc c'est le meilleur... c'est la meilleure réponse que je peux
vous donner, Mme la députée de Mercier.
Mme Ghazal : Oui. Est-ce
que... est-ce que le ministre a réfléchi de séparer, là, les violences à
caractère sexuel des autres comportements pouvant faire craindre à la sécurité
physique ou psychologique pour cette disposition-là?
M. Drainville : Pardon?
Mme Ghazal : Est-ce que le
ministre avait réfléchi de dire : Bien, les clauses d'amnistie, pour ce
qui est des violences à caractère sexuel, ça, on les enlève, versus d'autres
comportements?
M. Drainville : Non, on n'a
pas évalué ça, non. Ce qui fait craindre pour la sécurité physique ou
psychologique...
Mme Ghazal : C'est assez
grave, quand même.
M. Drainville : C'est... c'est
grave en soi, que ce soit... que ce soit sexuel ou pas.
Mme Ghazal : Puis, dans le
fond, pour savoir si la convention collective s'applique ou pas, c'est les gens
dans le centre de services ou la direction, là, comme, qui disent : OK, ce
comportement-là, on peut appliquer le un à cinq ans parce que lui, il ne vient
pas avoir un impact sur la sécurité physique ou psychologique, alors que tel
autre, ça n'a pas... ça n'a pas de lien.
M. Drainville : C'est ça. Il
va y avoir une appréciation. Il va y avoir une appréciation par les...
Mme Ghazal : Il y a une
appréciation par...
M. Drainville : ...les responsables
des ressources humaines.
Mme Ghazal : C'est ça.
M. Drainville : Puis vous
pouvez vous imaginer des cas où le service des ressources humaines va conclure
que c'est un comportement qui mettait à risque la sécurité de l'enfant et vous
pouvez imaginer une situation où le syndicat va dire : On n'est pas
d'accord, c'est une interprétation exagérée de la loi, et donc on va faire
valoir les droits de l'employé en vertu des droits des... en vertu des lois du
travail. Les lois du travail continuent à s'appliquer. Donc, ce sera possible
de... pour le syndicat, par exemple, d'être en... évidemment, d'être en
désaccord avec la décision du centre de services scolaire, et donc de déposer
un grief ou, enfin, de se prévaloir des droits qui sont conférés par les lois
du travail.
Puis évidemment, bien, l'application de la
loi, elle va se faire en vertu du guide que nous allons élaborer. On va... on
va faciliter l'application de la loi. On va aider les responsables des
ressources humaines dans les centres de services scolaires à bien s'approprier
cette loi-là.
Puis, je vais vous dire, je pense que,
comme c'est du droit nouveau, là, qu'on fait, là, hein, on est en train de
créer du nouveau droit, là, c'est ça qu'on fait, là, à travers ce projet de loi,
bien, il va... il va se développer une espèce de jurisprudence avec le temps
également, hein, il va se... notamment par l'échange qu'il va y avoir entre les
différents centres de services scolaires. Ils vont apprendre les uns des
autres, puis on va développer une espèce d'expertise dans ce domaine-là.
Mme Ghazal : C'est ça. Tu
sais, il n'y a pas de crainte, par exemple, de dire : Ah! il y en a qui
pourraient comme en abuser, l'employeur va abuser pour utiliser une
interprétation, là, de cet article-là pour aller enlever, tu sais, toutes
les... c'est-à-dire comme, si on veut — je ne sais pas c'est quoi, le
mot, en français, pour dire by-passer — ...
Des voix : ...
Mme Ghazal : ...contourner...
M. Drainville : Court-circuiter,
contourner, oui, contourner, c'est...
Mme Ghazal : ...ou
court-circuiter, ou contourner, contourner les... — merci, tout le
monde — ...
M. Drainville : Oui, outrepasser.
Mme Ghazal : ...pour
contourner les conventions collectives, là, tu sais.
M. Drainville : Outrepasser,
court-circuiter, contourner, oui, tout... c'est tout bon, je pense. Alors, la
question, c'est quoi?
Mme Ghazal : Oui, bien, on a
tout le... les synonymes et le champ lexical. «Contourner», c'est très bien.
Dans le fond, tu sais... Parce que certaines craintes que moi, je ne partage
pas, mais qu'on a entendues, c'est que ce soit utilisé par l'employeur pour... Dans
le fond, ce n'est pas pour la sécurité des élèves, leur sécurité physique ou
psychologique et les protéger contre les agressions sexuelles, c'est comme une
façon pour aller contourner les conventions collectives que les employeurs
n'aiment pas puis pour en abuser.
M. Drainville : ...parlé de
lois du travail, des recours qui vont continuer d'exister et puis de la
possibilité pour les syndicats de défendre leurs membres, y compris dans ces
cas-là.
Mme Ghazal : Très bien.
Merci.
Le Président (M. Fortin) : Ça
va, Mme la députée? Est-ce qu'il y a d'autres interventions sur le 263? Non? À
ce <stade-ci...
Mme Ghazal :
...merci.
Le Président (M. Fortin) :
Ça
va, Mme la députée? Est-ce qu'il y a d'autres interventions sur le 263? Non? À
ce >stade-ci, on a fait le tour des différents articles inclus dans
l'article 5, mais il y a encore l'amendement de la députée de
Saint-Laurent en lien avec les préoccupations des Premières Nations qui est
suspendu. Alors, je ne peux pas vous demander d'adopter l'article 5. Mon
petit doigt me dit, M. le ministre, que vous n'avez toujours pas de réponse à
cet amendement-là. Alors, je vous demanderais le consentement pour suspendre
l'article 5 et qu'on puisse retourner à l'article 4.
M. Drainville : Très bien.
Le Président (M. Fortin) : Est-ce
que ça vous convient?
Des voix : ...
M. Drainville : Oui,
absolument.
Mme Rizqy : ...une courte
pause santé de deux minutes?
Le Président (M. Fortin) : Oui,
bien sûr. Très bien. Est-ce qu'on peut suspendre quelques instants?
(Suspension de la séance à 15 h 47)
(Reprise à 15 h 51)
Le Président (M. Fortin) : Alors,
nous reprenons nos travaux. À ce moment-ci, je vous demanderais un consentement
pour rouvrir l'article 4 qui avait été suspendu.
Des voix : Consentement.
Le Président (M. Fortin) : Consentement.
Mme la députée de Mercier, vous nous aviez indiqué votre intention de déposer
un amendement.
Mme Ghazal : ...sur Greffier.
Il faut juste que...
Le Président (M. Fortin) : Effectivement.
Si possible, de le projeter à l'écran, s'il vous plaît. Merci. Non, à
l'article... C'est un amendement à l'article 4.
Mme Ghazal : OK. C'est parce
que ma vision n'est pas assez bonne pour voir à l'écran. Oui, je vais le lire.
Alors, c'est ça, je commence ici? OK. Insérer, après le... Insérer, après le
paragraphe 2° de l'article 4 du projet de loi, le paragraphe suivant :
3° par l'ajout, à la fin, de <l'alinéa
suivant...
Mme Ghazal :
...insérer,
après le paragraphe 2° de l'article 4 du projet de loi, le paragraphe suivant :
3° par l'ajout, à la fin, de >l'alinéa
suivant :
«Constituent notamment des comportements
pouvant raisonnablement faire craindre pour la sécurité physique ou
psychologique des élèves, les actes de violence à caractère sexuel.»
Donc, ici, je veux souligner la
collaboration du ministre et de son équipe. J'avais indiqué assez tôt... Lors
des consultations particulières, il y a eu aussi des groupes qui sont venus
pour dire qu'on ne peut pas avoir... le ministre ne peut pas avoir déposé un
projet de loi dont l'objectif... en fait, il a découlé, entre autres, d'une
enquête à cause de cas de violence à caractère sexuel dans les écoles, que le
mot «violence à caractère sexuel» ne se trouve nulle part dans le projet de loi.
Puis, je pense, rapidement, le ministre a dit : Oui, oui, on va l'ajouter.
Ça, ça me fait poser des questions sur la... En tout cas, je ne sais pas... Je sais
que tout le monde travaille très, très fort, mais beaucoup de pression... sous
beaucoup, beaucoup de pression, qui fait que les choses sont peut-être faites
très vite. Mais c'est pour ça qu'on est ensemble ici, pour en discuter puis
améliorer les projets de loi qu'on a devant nous. Donc, ici, tout ce que ça
vient faire, c'est que ça vient l'ajouter.
Dans le projet de loi n° 397, qui est
la loi-cadre pour les violences à caractère sexuel, qui s'inspire grandement de
ce qui avait été fait, de ce qui existe déjà, là, comme loi depuis 2017 pour
les cégeps et les universités, il y avait, tu sais, aussi une définition encore
plus large, c'est quoi, les violences à caractère sexuel, c'est quoi, les
pratiques, puis ça expliquait vraiment les notions. Ici, en collaboration avec
le ministre et son équipe, on est venus à un consensus qui est d'ajouter... de
dire que, quand... à chaque fois qu'on trouve «comportement pouvant raisonnablement
faire craindre pour la sécurité physique ou psychologique des élèves», bien,
que les VACS, les violences à... les actes de violence à caractère sexuel
soient inclus, soient entendus. Il n'y a pas de séparation. Encore une fois, le
caractère particulier des violences à caractère sexuel n'est pas tout à fait
reconnu dans cette loi-là. C'est particulier. Il y a une façon de fonctionner
puis de gérer ça différemment. Mais c'est un consensus. Donc, le consensus fait
en sorte qu'au moins ça, ça va se retrouver, puis c'est l'objectif de
l'amendement que je dépose ici.
Le Président (M. Fortin) : Très
bien. Commentaires? M. le ministre.
M. Drainville : Madame... Mme
la députée de Mercier, merci, merci et... de votre collaboration. Puis moi, je
ne n'ai pas d'intervention, M. le Président. Mme la députée de Mercier a bien
expliqué ce pourquoi nous pensons que... Nous partageons son analyse sur le
fait que c'est une bonne idée de bonifier le projet de loi de cette manière.
Le Président (M. Fortin) : Très
bien. Alors, est-ce que l'amendement présenté par... Oui, Mme la députée de
Saint-Laurent.
Mme Rizqy : ...favorables.
Le Président (M. Fortin) : Est-ce
que l'amendement présenté par la députée de Mercier à l'article 4 est
adopté?
Des voix : Adopté.
Le Président (M. Fortin) : Adopté.
Nous revenons donc à l'article 4. Questions, commentaires? Mme la députée
de Saint-Laurent.
Mme Rizqy : Merci beaucoup,
M. le Président. Alors, tel que mentionné au préalable, nous, on aurait un
amendement afin que, dans les guides, ce soit quand même partout obligatoire
que la vérification des antécédents est valide pour trois ans. Alors, on
pourrait le soumettre, si vous me donnez un petit instant, le temps de
l'envoyer.
Le Président (M. Fortin) : Très
bien. En fait, je crois qu'il a déjà été envoyé.
Mme Rizqy : Ah! OK.
Le Président (M. Fortin) : Alors,
ce ne sera pas très long.
Des voix : ...
Le Président (M. Fortin) : Oui.
OK. Parfait. On va suspendre quelques instants.
(Suspension de la séance à 15 h 55)
16 h (version révisée)
(Reprise à 16 h 22)
Le Président (M. Fortin) : La
commission reprend ses travaux. Et Mme la députée de Saint-Laurent nous avait
annoncé le dépôt d'un amendement. Mme la députée, voulez-vous le présenter?
Mme Rizqy : Certainement, M.
le Président. Article 4 : L'article 4 du projet de loi est
modifié par le remplacement, dans le paragraphe 2°, des mots «porter sur la
période couverte par la vérification des comportements» par les mots «prévoir
qu'une vérification des comportements est valide pour une période de trois ans
à compter de sa délivrance». Et je vois qu'il manque un petit point, mais
considérez que la phrase se termine.
En fait, l'article modifié se lirait ainsi :
«258.4. Le ministre élabore un guide
relatif à la vérification des antécédents judiciaires et des comportements
pouvant raisonnablement faire craindre pour la sécurité physique ou
psychologique [...] à l'intention des centres de services [...] et en assure la
diffusion. Ce guide doit notamment prévoir qu'une vérification des
comportements est valide pour une période de trois ans à compter de sa
délivrance.»
Dans les commentaires que nous avons
reçus, on a le mémoire de la Fédération des centres de services scolaires du
Québec, et il mentionne que «la terminologie utilisée dans le projet de loi ne
permet pas de conclure au caractère contraignant du guide. Dans la mesure où le
processus de vérification porte atteinte à certains droits, le simple fait de
tenir compte d'un guide n'apparaît pas comme étant une mesure qui favorise l'atteinte
des objectifs du projet de loi. En l'absence d'obligation précise dictée par la
loi, l'identité juridique du guide doit être sans équivoque.»
Je crois qu'ici, s'il y a une chose qu'on
doit s'assurer qui soit légiférée et non pas prévue dans un guide, il va
falloir qu'on édicte dans la loi que la vérification des antécédents
judiciaires, c'est pour une période de trois ans. Et il faut savoir que c'est
aussi la même période qui existe au niveau de la petite enfance. Donc, dans la
petite enfance, ça va même plus loin. C'est non seulement les antécédents, mais
on couvre aussi avec «absence d'empêchement», qui est beaucoup plus large, qui,
par exemple, va couvrir, même, par exemple, ce qu'on appelle communément une
demande de pardon. Donc, une demande de pardon, contrairement à la croyance
populaire que c'est effacé, ce n'est pas effacé. Ça tombe dans une catégorie à
part. Et, lorsqu'on fait une vérification d'absence d'empêchement, bien, si
jamais votre travail est avec des personnes vulnérables, c'est-à-dire mineur ou
une personne âgée, bien, à ce moment-là, il y aura une absence d'empêchement
pour le travail. Ça, c'est en matière de petite enfance.
Je ne vais pas aussi loin, je m'arrête à «antécédents
judiciaires», mais je reprends exactement la même période que pour la petite
enfance, maximum trois ans, et ça doit être renouvelé aux trois ans. Et, en
petite enfance, eux, le renouvellement, c'est six mois avant la fin de la
période de trois ans, mais, vous voyez, ça pourrait même être un mois avant. Je
vous le laisse.
Le Président (M. Fortin) : ...
M. Drainville : Oui. En fait,
on a essayé de comprendre, M. le Président, l'amendement puis on en vient à la
conclusion que ça ne fonctionne pas, pour la simple et bonne raison que, de la
façon que le projet de loi fonctionne, il y a une vérification avant l'embauche
pour toutes les personnes, donc, qui vont œuvrer au sein du centre de services
scolaire. Et par la suite, si on regarde l'article 261.1.3, il va y avoir
une nouvelle vérification des comportements lorsqu'il y aura un événement.
Donc, en d'autres mots, j'oserais dire que
la formulation que nous proposons est plus exigeante que celle que propose la
députée de Saint-Laurent dans son amendement, parce que le projet de loi, tel
qu'il est conçu, fait en sorte que, mettons que la personne est embauchée, je
dis n'importe quoi, 1er janvier 2024, embauchée, si un événement survient
pendant lequel on craint pour la sécurité physique ou psychologique des élèves,
bien, à ce moment-là, le processus s'enclenche, le processus de vérification va
s'enclencher. Que ce soit deux mois plus tard, quatre mois plus tard, six mois
plus tard, il va y avoir <enclenchement du processus...
M. Drainville :
...que
ce soit deux mois plus tard, quatre mois plus tard, six mois plus tard, il va y
avoir >enclenchement du processus.
Tu sais, quand... On lit, à 261.1.3 :
«Lorsque le centre de services scolaire conclut à un comportement pouvant
raisonnablement faire craindre pour la sécurité [...] des élèves d'une personne
qui œuvre auprès de ses élèves mineurs ou qui est régulièrement en contact avec
eux à l'occasion de l'exercice de ses fonctions, cette personne doit
transmettre au centre de services scolaire une déclaration [...] sur les
fonctions qu'elle exerce au sein d'un autre centre de services [...] ou d'un
établissement d'enseignement [...] privé.
«Le centre de services scolaire informe
tout autre centre de services scolaire et tout établissement d'enseignement
régi par la Loi sur l'enseignement privé au sein desquels la personne exerce
une fonction de cette situation.»
Alors, l'élément déclencheur en cours
d'emploi, c'est un comportement. Donc, je ne doute pas, là, que la députée veut
améliorer le projet de loi, mais, à mon avis, par son amendement, elle en
diminue l'efficacité et la portée.
Mme Rizqy : M. le ministre,
j'ai...
M. Drainville : Me
suivez-vous? Me suivez-vous, Mme la députée de... Oui.
Mme Rizqy : Oui, toujours. Vous
le savez, je vous suis attentivement, mot pour mot. Je capte tout ce que vous
dites.
M. Drainville : Oui. OK
Mme Rizqy : J'ai fait une
erreur.
M. Drainville : Ah! vous avez
fait une erreur.
Mme Rizqy : Oui. J'ai inscrit...
M. Drainville : On en fait
tous, là, je vous assure.
Mme Rizqy : Oui. J'ai marqué
«prévoir qu'une vérification des comportements». J'aurais dû inscrire «prévoir
qu'une vérification des antécédents judiciaires». C'est mon erreur. Maintenant,
je comprends pourquoi vous ne me compreniez pas, et vous avez raison. Est-ce
que vous me permettez de retirer l'amendement afin de pouvoir corriger mon
erreur et indiquer «antécédents judiciaires»?
M. Drainville : Moi, je donne
toujours une deuxième chance.
Mme Rizqy : Merci. Vous êtes
bien aimable. Alors, avec consentement, on va le renvoyer. Est-ce que vous
permettez, M. le Président, avec consentement, juste qu'on puisse... On va
renvoyer l'amendement, mais, pour la discussion, puis là je vois l'heure
avancer, ce serait «antécédents judiciaires». Ça vous permettrait — de
toute façon, on va ajourner dans 1 min 30 s — de
prendre...
M. Drainville : Donc, vous
me... vous me dépêchez...
Mme Rizqy : ...non, pas... de
statuer, oui.
M. Drainville : ...en semaine
de relâche parlementaire avec des devoirs à faire.
Mme Rizqy : Non, des
réflexions, M. le ministre, si ça ne vous gêne pas.
M. Drainville : Oui, c'est
ça, des réflexions. Oui, c'est ça.
Mme Rizqy : Mais, de toute
façon, vous travaillez tout le temps. Je regarde vos... pas que je fouine, là,
mais je fouine quand même un peu. Je vois que vous avez plusieurs post-it,
plusieurs codes de couleurs.
M. Drainville : Oui, j'ai
beaucoup de devoirs.
Mme Rizqy : Je sais, mais je
sais que vous allez le faire. Est-ce que ça vous va si on retire, mais que vous
considérez qu'il est déposé avec «antécédents judiciaires»?
M. Drainville : Oui, ça nous
va, ça nous va. Ça nous va, puis on vous souhaite un bon repos, Mme la députée
de Saint-Laurent. Prenez soin de vous.
Mme Rizqy : Merci énormément.
C'est très apprécié.
M. Drainville : Je salue tous
les collègues et je nous souhaite une bonne semaine de relâche parlementaire.
Merci au personnel. Merci beaucoup d'être là. Merci pour le travail que vous
faites, M. le Président. C'est bien parti. On ne lâche pas.
Le Président (M. Fortin) : C'est
un plaisir, M. le ministre. Vous êtes, tous les deux, tous les trois, tous les
députés, des élèves très assidus, et je suis certain que vous allez faire tous
vos devoirs au cours de la relâche parlementaire.
Ceci étant et compte tenu de l'heure, la
commission ajourne ses travaux sine die.
(Fin de la séance à 16 h 30)