(Quinze heures vingt-cinq minutes)
Le Président (M. Fortin) : À
l'ordre, messieurs, dames, s'il vous plaît! Ayant constaté le quorum, je
déclare la séance de la Commission de la culture et de l'éducation ouverte.
La commission est aujourd'hui réunie afin
d'entendre les intéressés et de procéder à l'étude détaillée du projet de loi
n° 211, Loi sur l'École Polytechnique de Montréal.
M. le secrétaire, bonjour. Y a-t-il des
remplaçants?
Le Secrétaire : Oui, M. le
Président, un seul remplacement. Mme Rizqy (Saint-Laurent) est remplacée
par Mme Setlakwe (Mont-Royal—Outremont).
Mémoire déposé
Le Président (M. Fortin) : Très
bien. Avant de débuter, je dépose le mémoire qui nous a été transmis par
Polytechnique Montréal relatif au projet de loi.
Remarques préliminaires
Et je céderais maintenant la parole à la députée
d'Anjou—Louis-Riel,
afin qu'elle puisse nous présenter brièvement le projet de loi et faire ses
remarques préliminaires. Par la suite, Mme la ministre, vous aurez la parole,
ainsi que les représentants des oppositions. Mme la députée.
Mme Karine Boivin
Roy
Mme Boivin Roy : Merci, M. le
Président. Alors, bonjour à tous. Je suis très heureuse d'être avec vous aujourd'hui pour vous présenter le projet de loi
d'intérêt privé n° 211 de l'École Polytechnique de Montréal.
D'ailleurs, salutations aux représentants de l'École Polytechnique.
Cette commission parlementaire a pour but de
procéder aux consultations publiques et ensuite d'étudier, article par article,
les modifications proposées au projet de loi. Je suis convaincue que votre
rapport nous permettra de confirmer les
orientations du projet de loi afin de lui permettre de passer à l'étape
suivante, soit celui de l'adoption finale.
Alors, avant
toute chose, je tiens à remercier toutes les personnes ayant collaboré au
projet, qui ont su naviguer de main
de maître à travers les différentes étapes. Je remercie particulièrement toutes
les personnes et organisations qui ont participé aux travaux
consultatifs. Alors, c'était un énorme chantier lancé en 2018 au sein de la
Polytechnique. Alors, je pense notamment à la communauté étudiante, aux
professeurs, aux membres de Polytechnique Montréal, mais également à l'externe,
M. le Président, à l'AGAR de l'Université de Montréal, à l'association des
diplômés et à l'Ordre des ingénieurs du Québec. Leurs commentaires auront
permis de bonifier le projet de loi pour qu'il réponde aux attentes de toutes
les parties prenantes. Alors, c'est cette version que nous vous proposons
aujourd'hui.
Il faut d'abord savoir que la Loi sur la
Corporation de l'École Polytechnique a été adoptée en 1987 et n'a fait l'objet d'aucune révision depuis. Alors, la
célèbre institution, qui est l'une des plus importants établissements
francophones de formation et de
recherche en génie au Canada et qui, depuis sa fondation, en 1873, a formé plus
de 60 000 ingénieurs, spécialistes
et chercheurs... alors, cette célèbre institution a donc cru bon de profiter de
son 150e anniversaire, célébré en novembre 2023, pour revoir sa
gouvernance.
Dans un souci de modernisation et à la lumière
des bonnes pratiques, et en cours depuis plusieurs années, le conseil
d'administration a décidé de procéder à une révision en profondeur de la loi
constitutive de l'école. Cette modernisation permet à Polytechnique d'adapter
sa mission, son mandat d'enseignement, son mandat de recherche et sa gouvernance
au contexte auquel est confrontée l'institution aujourd'hui, dans une société
en constante évolution. Ainsi, cette
démarche vise notamment à se doter des outils nécessaires et à se rapprocher
des bonnes pratiques de gestion observées
dans les autres universités ainsi qu'à affirmer le rôle fondamental du conseil
d'administration dans la gouvernance de Polytechnique.
À ce sujet, le projet de loi propose de revoir
sa taille afin que le nombre d'administrateurs soit proportionnel à la taille de l'organisation. Également, à ce
sujet, le projet de loi propose de revoir sa composition afin qu'il comporte
une majorité d'administrateurs indépendants par rapport au nombre
d'administrateurs internes. Il propose aussi de baser cette composition sur un
profil de compétences et d'expérience pour les administrateurs établi par le
conseil d'administration. Il prévoit enfin
de nouvelles modalités de nomination pour la présidence du conseil
d'administration et également la direction générale afin d'assurer une
meilleure gestion et son développement. Le projet de loi prévoit également la révision du statut corporatif afin
d'attribuer à Polytechnique les pouvoirs généraux des personnes morales qui sont prévues au Code civil du Québec plutôt que ceux de
la deuxième partie de la Loi des compagnies, comme c'est le cas actuellement. Finalement, le projet de loi permet
d'actualiser la terminologie et certains aspects qui apparaissent
aujourd'hui obsolètes.
Voilà qui présente sommairement, M. le
Président, le projet de loi d'intérêt privé de l'École Polytechnique de
Montréal. Donc, je suis très heureuse aujourd'hui, en tant que marraine de ce
projet de loi, de vous le présenter, sachant que Polytechnique représente une
institution importante pour Montréal et pour toute la province de Québec. S'il
devait être adopté, il permettra à l'École Polytechnique de continuer sa
mission fondamentale tout en dotant son conseil
d'administration de tous les outils nécessaires pour assurer son plein
développement organisationnel et stratégique.
Je vous remercie sincèrement à tous de
l'attention que vous lui porterez aujourd'hui. Merci, M. le Président.
Le
Président (M. Fortin) : Très bien. Merci, Mme la députée. Mme la ministre,
est-ce que vous avez des remarques d'ouverture?
Mme Pascale Déry
Mme Déry : Oui. Merci beaucoup, M.
le Président. Moi aussi, je suis très, très heureuse d'être là parmi vous
aujourd'hui pour présenter ce projet de loi d'intérêt privé de l'École
Polytechnique de Montréal. D'ailleurs, ma collègue Karine a très bien résumé
tout ça, excellente présentation sur les tenants et aboutissants de ce projet
de loi tant attendu.
J'aimerais, pour ma part, simplement dire que...
bien, quelques mots en appui à la démarche qui a été entamée par Polytechnique Montréal pour moderniser, justement, sa
gouvernance, la volonté de se mettre au diapason de son époque, qui est tout à fait louable, soit dit en passant. Il
s'est passé quand même beaucoup de choses depuis 1987, il y a 35 ans déjà. Alors, évidemment, comme tout
le reste, les pratiques de gouvernance évoluent et c'est pour cette raison que
la direction de Polytechnique nous a approchés pour nous présenter son projet,
après l'aboutissement d'un processus de consultations internes,
externes, comme le disait ma collègue tout à l'heure, qui s'est échelonné sur
quand même plusieurs années depuis 2018.
Alors, c'est un projet de loi que nous vous
présentons aujourd'hui qui demande à être étudié, qui vient donc moderniser les
pratiques de gouvernance de cette grande institution montréalaise, un bel
héritage à laisser pour commémorer les 150 ans de la riche histoire de
l'école, qu'on fête, d'ailleurs, cette année. Même si Polytechnique peut
compter sur une longue histoire, il est approprié, même recommandé qu'il se tourne
vers l'avenir, se dote de ce processus en phase, justement, avec l'époque dans
laquelle on vit.
• (15 h 30) •
Donc, avant de laisser la commission travailler,
j'aimerais remercier, à mon tour, aussi toutes les personnes qui ont contribué
de près ou de loin à ce projet, à commencer, bien sûr, par la direction de
Poly, qui a proposé des pratiques de
gouvernance dans l'air du temps qui vont lui permettre de poursuivre, de
manière plus efficace, sa mission d'enseignement et de recherche et de
demeurer un chef de file aussi dans le domaine du génie.
Ensuite, je
vais féliciter également les équipes de mon ministère qui ont accompagné
Polytechnique avec rigueur tout au
long de ce processus-là au cours des derniers mois. Je remercie aussi toutes
les personnes et tous les organismes qui ont participé aux
consultations, parce qu'on disait : C'est des consultations internes et
externes, et je suis certaine que la contribution de tous ces gens-là se
reflète dans l'actuel projet de loi.
N'oublions pas une chose, ces changements-là,
Polytechnique veut les apporter dans un seul objectif, c'est d'avoir un cadre de gouvernance rigoureux, moderne
pour poursuivre sa mission d'enseignement auprès de sa population
étudiante. Ce sont ces jeunes adultes qui portent sur leurs épaules une partie
du Québec de demain le méritent bien. Donc, merci et bons travaux à tous.
Le
Président (M. Fortin) : Très bien. Merci, Mme la ministre. Mme la députée
de Mont-Royal—Outremont, est-ce que vous avez des remarques
préliminaires?
Mme Michelle
Setlakwe
Mme Setlakwe : Oui, brièvement.
Merci, M. le Président. Bien, écoutez, à mon tour de dire quelques mots en
introduction. Moi, je suis très fière et très heureuse de participer à la
démarche aujourd'hui. Je salue la ministre, je salue la députée d'Anjou—Louis-Riel,
mes collègues de la banquette gouvernementale, toutes les équipes et, également,
évidemment, Mme Cohen, Mme Paquette. Ça me fait plaisir de vous revoir. Moi, je
porte plusieurs chapeaux, donc, députée de Mont-Royal—Outremont... Cette
institution phare, là... cette institution francophone phare dont on est tous fiers, au Québec, se situe dans la belle
circonscription de Mont-Royal—Outremont. Et puis, également, bien, ma présence ici aujourd'hui
s'explique par le fait que je suis porte-parole de l'opposition officielle en
enseignement supérieur. Donc, très heureuse de participer à la démarche, qui a
été très bien... très bien décrite.
Les choses ont évolué depuis que Polytechnique
Montréal existe, depuis 151 ans, maintenant. J'ai lu attentivement le mémoire qui nous a été soumis. La dernière mise à jour
remonte à plus de 40 ans, autour de 40 ans, 1987. Les choses ont évolué.
Il est temps, donc, d'adapter les pratiques pour que l'institution puisse
remplir pleinement sa mission. Il faut lui
donner, donc, les outils, les meilleures pratiques de gouvernance pour qu'elle
puisse assurer son plein potentiel.
Donc, c'est vraiment dans cet état d'esprit, M. le Président, que je participe
aujourd'hui à la démarche puis que je
vais collaborer entièrement, donc, à l'étude détaillée du projet de loi... 211?
Projet de loi... oui, projet de loi 211, merci.
Auditions
Le Président (M. Fortin) : Très
bien. Merci, Mme la députée. Est-ce qu'il y a d'autres membres de la commission
qui souhaitent s'exprimer? Pas à ce moment-ci. Très bien. J'inviterais alors
Mme Cohen, Mme Paquette à nous donner les
grandes lignes du projet de loi. Malheureusement, avec les règles, les règles
de fonctionnement pour l'étude de projet de loi d'intérêt privé, vous ne
disposez que de cinq minutes, mais il y aura une période d'échange, également,
avec les députés par la suite.
Exposé de la requérante
Mme Cohen (Maud) : Merci. Merci, M.
le Président. Mme la ministre, chers députés. Aujourd'hui, c'est un grand jour
pour notre institution, et je tiens à vous remercier de nous donner la parole
et de présenter la démarche menée par Polytechnique Montréal pour moderniser sa
gouvernance. Le projet de loi n° 211, la Loi sur l'École Polytechnique de
Montréal, est l'aboutissement d'une longue réflexion que nous conduisons auprès
de notre communauté pour assurer le plein développement stratégique de notre
établissement.
Mon nom est Maud Cohen, je suis directrice
générale de Polytechnique Montréal et je suis accompagnée de notre secrétaire
générale, Me Annick Paquette. Je veux aussi souligner la présence de Louis
Borgia, conseiller en gouvernance, qui nous
accompagne depuis très longtemps dans cette démarche, et remercier le comité de
gouvernance de notre conseil
d'administration, en particulier Mme Diane Wilhelmy, pour tout le travail
investi dans ce projet. Je salue. Je salue aussi les membres de notre
communauté qui nous écoutent, dont ceux et celles qui se sont impliqués au sein
du comité de travail sur le projet de loi.
Polytechnique Montréal travaille depuis plus de
150 ans maintenant, avec fierté, à développer les meilleurs talents du génie
québécois. Au fil des ans, on a formé plus de 60 000 ingénieurs, scientifiques
et chercheurs. Notre université s'est affirmée comme un véritable fleuron de
classe mondiale qui contribue au rayonnement du Québec et à ses besoins futurs.
Je vais d'abord laisser Me Paquette vous parler de notre démarche de
consultation et je pourrai ensuite présenter les principales modifications
proposées.
Mme Paquette (Annick) : Merci, Maud.
Les premières démarches de modernisation de la gouvernance de Polytechnique ont
commencé en 2018, à la demande du conseil d'administration. La dernière
révision de la loi, comme on le mentionnait, datant de 1987, plusieurs
pratiques de gouvernance méritaient d'être revues. Parmi elles, nous retrouvions le besoin d'accroître
l'imputabilité et l'alignement stratégique de la direction générale envers le
conseil d'administration, de sélectionner ses membres en fonction du
profil de compétences identifiées par Polytechnique et de modifier la
composition du conseil académique de l'institution.
Avec la contribution de l'Institut sur la
gouvernance d'organisations privées et publiques, nous nous sommes inspirés des
meilleures pratiques de gouvernance pour élaborer une nouvelle loi constitutive
qui répond mieux à nos besoins. En 2023, nous avons donc mené une vaste
consultation auprès de notre communauté afin de l'entendre sur les changements
à apporter à notre loi constitutive. Nous avons ainsi pu consulter les
professeurs, la communauté étudiante, le
personnel, les syndicats et les associations étudiantes pour recueillir leurs commentaires.
Nous avons également pu consulter d'autres acteurs externes, notamment
l'Université de Montréal, l'Ordre des ingénieurs et l'association des diplômés.
Les dispositions du projet loi 211 ne sont donc
pas l'expression de la volonté seule de la direction de Polytechnique. Elles
sont le fruit d'un dialogue auprès de l'ensemble de notre communauté.
Mme Cohen
(Maud) : Alors, j'en viens maintenant aux principales
modifications suggérées. D'abord soucieuse de mieux représenter sa communauté au sein du conseil d'administration,
le projet de loi prévoit l'ajout d'un quatrième siège pour la communauté
professorale. Un septième siège d'administrateur indépendant est ajouté pour que ceux-ci demeurent majoritaires au conseil,
comme le suggèrent les bonnes pratiques de gouvernance. Cet équilibre
permettrait à Polytechnique Montréal de mieux représenter sa communauté, tout
en allant chercher les compétences nécessaires
pour assurer pleinement son développement stratégique. En outre, le
gouvernement du Québec nommerait dorénavant deux administrateurs, dont le
président du conseil. Dans la perspective d'un meilleur alignement entre
la direction et les priorités établies par le conseil d'administration, la
direction générale serait nommée directement par le CA, comme c'est, par ailleurs, le cas dans toutes les autres
d'universités à charte. Finalement, le projet de loi révise notre conseil académique afin d'augmenter la
représentation étudiante et permettre aux maîtres d'enseignement d'y siéger.
En conclusion, nous croyons que le projet de loi
211 est une opportunité de donner un nouveau souffle à notre cadre constitutif, plus de 150 ans après la fondation de
Polytechnique. Ce projet de loi est le fruit d'un processus rigoureux et
inclusif, et nous croyons que les changements proposés sont un juste équilibre
entre les besoins de la communauté interne et ceux de la société québécoise.
Alors, je vous remercie beaucoup de votre temps. J'ai respecté votre cinq
minutes... nous avons respecté votre cinq minutes et nous serons heureuses de
répondre à vos questions.
Le Président (M. Fortin) : Très
bien, merci. Merci beaucoup pour votre exposé. Je me tourne vers la partie
gouvernementale. Vous disposez d'un gros 2 min 30 s. pour questionner...
questionner mesdames.
Mme Boivin
Roy : Alors, je serai très rapide dans ma prémisse,
mesdames. Donc, on comprend, là, qu'aujourd'hui vous êtes devant nous
suite à l'aboutissement d'une longue réflexion qui s'est échelonnée sur six
années. Donc, des travaux de réflexion qui ont donné
suite à cet immense chantier, qui ont débuté suite au rapport qui a été produit
par l'Institut sur la gouvernance d'organisations privées et publiques. Alors,
on comprend que ce rapport-là portait sur la gouvernance de votre institution.
Est-ce que vous pouvez nous en dire davantage? En fait, j'ai deux questions
pour vous. Est-ce que vous pouvez nous en
dire davantage sur les différents travaux qui s'en sont suivis, entre 2018 et
2024, pour qu'on se retrouve aujourd'hui en commission parlementaire?
Donc, ça, c'est la première question. La deuxième question, est-ce que vous
pouvez nous en dire davantage sur le processus de consultation interne et
externe, qui, je comprends, a eu lieu principalement en 2023? Merci.
Mme Cohen (Maud) : Je vais laisser
Me Paquette répondre.
Mme Paquette (Annick) : Donc, oui,
les travaux ont commencé en 2018, quand il y a eu le rapport de l'IGOPP, qui a jeté un peu les bases sur les
différentes modifications qu'on devait apporter à notre gouvernance. Il y a des
choses qui pouvaient se faire en marge de notre loi, mais il y a d'autres
éléments, comme le fait d'avoir une majorité d'administrateurs indépendants,
qui devaient se faire avec une modification à la loi. Donc, effectivement, à ce
moment-là, le conseil d'administration a mandaté le secrétariat général pour
débuter les travaux de réflexion, commencer les démarches de rédaction pour
voir quelles modifications seraient à proposer.
• (15 h 40) •
Il y a eu une petite pause pendant... de 2020 à
2022, je vous dirais, là, pendant la pandémie, et ça a repris par la suite de
manière plus intensive. Donc, effectivement, en 2023, c'est là que le conseil
d'administration a décidé de rendre publique la proposition de modification du
projet de loi, et que, là, on a entamé une vaste consultation auprès de notre
communauté. Donc, on a mis en place, par exemple, un site Web où les gens de
notre communauté étaient en mesure d'avoir toute l'information sur les raisons
d'être du projet de loi, les modifications qui étaient proposées, de pouvoir laisser aussi des commentaires sur les
différents articles, toutes informations qu'on a colligées. Maud et moi, on
a rencontré les syndicats, les associations étudiantes. J'ai fait la tournée
des sept départements de Polytechnique pour
aller à la rencontre des professeurs. Donc, il y a vraiment eu un vaste
chantier qui s'est fait pendant plusieurs mois, au printemps, à l'hiver,
printemps 2023, qui s'est cumulé par un comité de travail, qui, encore là,
réunissait des gens issus des différentes composantes de Polytechnique. Donc,
un membre étudiant, un représentant du personnel, un professeur, des gens du conseil d'administration, etc., qui ont lu tous
les commentaires que nous avons reçus pendant la consultation. Donc, j'avais dénombré, je crois, il y avait
475 personnes uniques qui avaient laissé un ou des commentaires sur notre projet de loi, que ce soit sur le site
Web ou lors des rencontres. Et donc c'est tout ça qui a mené à la bonification,
dans le fond, et aux propositions du projet de loi qui est devant vous
aujourd'hui.
Le
Président (M. Fortin) : Très bien. Merci. Merci beaucoup. Mme la députée
de Mont-Royal—Outremont,
vous disposez également d'un gros 2 min 30 s.
Mme
Setlakwe : Merci. Bien, écoutez, votre mémoire était très
clair. Moi, il y a peut-être un point que j'aimerais que vous abordiez
peut-être plus en détail, mais au niveau du profil des compétences... profil
des compétences, là on comprend qu'il va y avoir l'exigence d'avoir un
ingénieur sur le conseil. Peut-être juste nous décrire un peu en quoi la composition... il va y avoir deux
administrateurs de plus, et en quoi les changements vont vous permettre d'aller
chercher les bonnes personnes, vous
donner plus d'agilité? Puis est-ce que, dans le passé, il y avait... ces
contraintes vous ont posé des défis?
Mme Cohen (Maud) : Oui, tout à fait.
Écoutez, dans le passé, en fait, ce sont ces défis qui ont aussi mené à la
volonté de modifier le projet de loi.
D'abord, un
conseil d'administration équilibré, lorsqu'on regarde les bonnes pratiques
maintenant, là, en 2024, c'est un conseil d'administration qui a des
compétences vraiment diversifiées et qui permettent d'aller chercher, par
exemple, des gens qui ont des expertises en comptabilité pour les comités
d'audit, des gens qui ont de l'expertise en ressources humaines lorsqu'il
s'agit de discuter des conventions collectives, et en technologies de
l'information ou en cybersécurité lorsqu'il s'agit... Comme on est une
université monofacultaire, on se retrouvait... monodisciplinaire, pardon, pas
monofacultaire, il faut que je fasse attention quand je dis ça, une université
monodisciplinaire, on se retrouve... on se retrouve à avoir beaucoup
d'ingénieurs, déjà, dans l'institution, plusieurs des professeurs nommés sont
ingénieurs, certains ne le sont pas parfois mais la majorité vont l'être, et
donc la compétence d'ingénieur, elle se retrouve largement autour de la table.
Mais c'est d'aller chercher, justement, des gens qui ont des expertises
diverses pour enrichir le conseil d'administration et le support à l'équipe de
direction, mais aussi être en mesure de vraiment jouer un rôle stratégique et
un rôle de diligence auprès de ce qui se produit au niveau de l'organisation.
Donc, c'est vraiment essentiel.
Puis, par le passé, pour répondre à ça, là,
notamment lorsque notre président de conseil a été nommé, qui est ingénieur
mais qui est ingénieur dans une autre province, bien, il a dû repasser ses
tests auprès de l'Ordre des ingénieurs,
alors que, dans les faits, ce qu'on avait besoin, c'était d'une personne qui
avait un profil vraiment différent. On a eu d'autres enjeux lorsqu'est
venu le temps de nommer un président du comité d'audit, où on n'avait pas de
comptable autour de la table. Donc là, c'est de trouver un ingénieur qui a un
profil de comptabilité. Ça amène une lourdeur et une difficulté. Puis on ne va
pas nécessairement chercher la meilleure personne, là. On se retrouve à devoir
aller chercher une personne avec la compétence d'ingénieur d'abord, puis ensuite
comptable. C'est très, très complexe puis surtout ça ne permet pas d'enrichir
vraiment les discussions qu'on peut avoir avec la diversité. On le sait maintenant, les conversations où il y a une diversité
de profils sont beaucoup plus riches pour une institution, un établissement.
Puis on n'a pas... on n'a pas... on n'avait pas la capacité d'aller aussi loin
que ça avec la gouvernance actuelle.
Mme Setlakwe : Merci.
Le Président (M. Fortin) : Très
bien. Merci, merci, Mme la députée. Merci, Mme Cohen, Me Paquette. Merci de
votre contribution aux travaux. Si vous voulez rester avec nous, vous êtes les
bienvenues pour le reste des travaux de la commission.
Étude détaillée
On va
commencer l'étude article par article. Et je me tourne vers vous, Mme la
députée d'Anjou—Louis-Riel,
pour nous faire la lecture du préambule du projet de loi.
Mme Boivin Roy : Merci, M. le
Président. Alors donc je vous lis le préambule.
«Attendu que
l'École Polytechnique de Montréal a été constituée en corporation par le
chapitre 23 des lois de 1894;
«Que cette loi a été remplacée par le chapitre
127 des lois de 1954-1955, laquelle a été remplacée par le chapitre 135 des
lois de 1987, et qu'il y a lieu de remplacer cette dernière;
«Que l'École Polytechnique de Montréal est une
institution universitaire francophone d'enseignement et de recherche;
«Que l'École Polytechnique de Montréal désire
faire participer à son administration les membres de sa communauté,
principalement ses professeurs, ses maîtres d'enseignement, ses chargés de
cours, les membres de son personnel non enseignant, sa communauté étudiante et
les personnes diplômées de l'École, et qu'elle favorise une gouvernance collégiale associant les diverses
instances consultatives et décisionnelles de l'institution à sa gestion
académique et administrative;
«Que l'École Polytechnique de Montréal reconnaît
la liberté académique et qu'elle s'emploie à la protéger et à la valoriser;
«Que l'École Polytechnique de Montréal bénéficie
d'une autonomie pleine et entière quant aux décisions relatives à sa mission;
«Que l'École Polytechnique de Montréal est un
établissement universitaire au service de la société, des générations futures
et de la communauté qu'elle dessert;
«Que l'École
Polytechnique de Montréal est ouverte sur le monde et présente dans les
courants internationaux qui influencent la pratique du génie;
«Que l'École
Polytechnique de Montréal adhère aux principes de développement durable,
d'intégrité professionnelle dans la pratique du génie et de [la]
représentativité de la communauté qu'elle dessert dans le cadre de ses
activités;
«Qu'il y a lieu d'adapter la loi constitutive de
l'École Polytechnique de Montréal aux conditions nouvelles résultant de son
évolution et de son développement afin de lui permettre de continuer à
accomplir sa mission
Et, M. le Président, nous avons des commentaires
sur le préambule, que voici :
Le préambule proposé reprend en général celui de
la loi actuelle, la Loi sur la Corporation de l'École Polytechnique de
Montréal, donc 1987, le chapitre 135, en le complétant de diverses façons,
notamment en affirmant son caractère
francophone, en rappelant certains principes fondamentaux reconnus par la Loi
sur la liberté académique dans le milieu universitaire adoptée par l'Assemblée
nationale en 2022 et en indiquant certains engagements qui la
caractérisent.
Le Président (M. Fortin) : Questions,
commentaires au sujet du préambule? Mme la députée.
Mme Setlakwe : Oui, j'aurais une
question, M. le Président. On voit bien... On voit bien l'importance de l'autonomie, de la liberté académique. On comprend
que la mission de l'École polytechnique, elle est... elle est multiple. On parle du fait qu'elle est ouverte sur le monde.
Il y a une mission d'enseignement, il y a une mission de... au niveau de la
recherche pour cette institution, donc, francophone. Et, écoutez, ma question,
elle est en lien... évidemment, je suis d'accord avec tout ça, mais ma
question est en lien avec un projet de loi qu'on a étudié dans les dernières
semaines, le projet de loi 74, où on a eu des échanges très intéressants avec
le ministre de l'Immigration. On a proposé des amendements où on aurait
souhaité que la loi prévoie le respect de l'autonomie. On a même demandé...
parce que c'était la demande des universités, d'être exclues du projet de loi,
ça a été refusé, on a demandé d'exclure les cycles supérieurs.
Ma question
est la suivante, là : Étant donné, donc, les pouvoirs qui sont très
larges, la grande discrétion qui va être
laissée entre les mains du gouvernement en vertu du projet de loi 74, dans le
recrutement des étudiants internationaux, je m'inquiète un peu, là. Comment est-ce que la ministre pourrait nous
rassurer, là, que la... que le... que Polytechnique va pouvoir pleinement remplir son rôle, être présent
sur la scène internationale, être compétitif... compétitive, là, dans cette
course mondiale aux talents? Voilà ma question.
Mme Déry : Merci beaucoup. Bien,
écoutez, c'est une bonne question, compte tenu que le projet de loi 74 suscite
quand même des inquiétudes. Mais ce que je peux vous dire, c'est qu'on va
continuer de travailler en collaboration avec les universités, on va, comme je
l'ai dit publiquement à maintes reprises puis comme je l'ai dit à certains établissements... bien, en fait, tout le réseau
universitaire... qu'on partagera les différents scénarios puis qu'on avisera.
L'étude détaillée est terminée. On a les consultations qui sont terminées. On
ramasse un peu toute cette information-là
puis on va travailler sur certains scénarios, qu'on va partager avec le réseau
universitaire en temps et lieu. Voilà.
Le Président (M. Fortin) : Mme la
députée.
Mme Setlakwe : Merci. Donc, est-ce
qu'on doit comprendre qu'il va y avoir des discussions, il va y avoir une
collaboration étroite avec des institutions comme Polytechnique Montréal, qui,
rappelons-le... Puis, d'ailleurs, Mme Cohen a signé une lettre, au début des
consultations sur le projet de loi 74, réitérant l'importance ou l'apport
crucial des étudiants internationaux au sein de Polytechnique, pas juste au
niveau du bac. Mais, quand on parle de la maîtrise
et du doctorat, on parle d'une proportion de 60 % des cohortes et de
70 % au doctorat. Et ces étudiants-là ensuite sont pleinement intégrés
dans le milieu... le milieu du travail au Québec. Ils sont... Il y a des
collaborations avec le milieu. On
est... C'est la fierté de... C'est la fierté de l'institution. Et, sans, donc,
cette contribution des étudiants internationaux, bien, il va y avoir atteinte à la mission, là. Puis il faut donc
s'assurer que ces institutions, comme Polytechnique Montréal, gardent
toute leur autonomie dans le choix des programmes, s'assurer d'offrir un large
éventail de programmes, donc, qui couvrent
les besoins d'aujourd'hui, mais aussi les besoins de demain. Puis on pense que
c'est... moi, je pense que c'est les institutions qui sont les mieux placées,
là, pour faire ces choix-là, qui ne sont pas toujours liés aux besoins de main-d'oeuvre actuels, mais il faut
penser aux domaines qui sont en émergence et qui seront, donc, les défis,
les enjeux de société dans cinq, 10, 15, 20 ans.
• (15 h 50) •
Mme
Déry : C'est un fleuron de classe mondiale. Je pense que
Mme Cohen et Mme Paquette l'ont mentionné à plusieurs reprises. Polytechnique, on travaille avec eux depuis des
années. On a mis des incitatifs financiers, justement, pour être capable
de combler les pénuries de main-d'oeuvre dans le domaine du génie. C'est une...
C'est un fleuron. Puis, au-delà d'être un
fleuron, c'est qu'ils forment, évidemment, la relève de demain, c'est une
institution qui va garder sa compétitivité, qui va toujours demeurer
compétitive au sein de tout le réseau universitaire. Puis, comme je l'ai dit,
on va continuer de travailler en
collaboration, en concertation avec les universités puis on partagera les
différents scénarios sur lesquels on travaille en temps et lieu avec le
réseau universitaire, comme je l'ai dit à maintes reprises.
Mme
Setlakwe : Excellent. Donc, aujourd'hui, il n'y a toujours
pas une cible, une cible précise, là, au niveau des... au niveau des
plafonds ou des réductions dans l'accueil...
Mme Déry : L'étude détaillée vient
de terminer, l'étude détaillée du projet de loi 74 vient d'être terminée, on est en train, justement, de colliger toute
l'information des consultations. Il y a quand même eu deux jours de consultation.
Donc, on travaille là-dessus, mais, comme je
l'ai dit, en temps et lieu, on aura... on aura la collaboration, on aura à
faire avec le réseau universitaire puis on va partager tout ce dont on
travaille... sur lequel on travaille depuis quelques mois déjà.
Je vais quand
même laisser le temps au MIFI de colliger toute l'information qu'il y a eu
durant les consultations pour qu'on
soit capable, évidemment d'avoir, bien, l'heure juste sur tout ça. Puis ça va
nous permettre aussi de déployer, de travailler sur différents scénarios. On
travaille déjà puis, depuis quelques mois, je vous dirais, on a quand même
collaboré de manière étroite. Au cours de l'été, on a... on a partagé certains
scénarios sur lesquels on travaillait déjà, au cours de l'été, avec le BCI,
donc les représentants de tout le réseau universitaire, on a eu l'occasion d'en
parler à quelques reprises avec Mme Cohen, mais aussi avec tout le réseau
universitaire. Mais je pense que tout le monde s'entend pour dire, aujourd'hui, que Polytechnique Montréal est un fleuron
de classe mondiale. On est très, très, très fiers, au Québec, d'avoir une institution de la sorte et
on va s'assurer qu'elle maintienne sa compétitivité sur la scène québécoise, nationale
et internationale.
Le Président (M. Fortin) : Est-ce
qu'il y a d'autres questions, Mme la députée?
Mme Setlakwe : Oui, peut-être une
dernière. Bien sûr qu'on s'entend là-dessus, je pense que tout le monde ici,
dans la pièce, est d'accord pour reconnaître à quel point nous sommes fiers de
cette institution. Ma question était plus pour vous permettre de les rassurer,
étant donné qu'on n'a pas pu échanger durant les consultations particulières et
durant l'étude détaillée du projet de loi 74.
On est quand
même devant absence de plan de vision. On comprend qu'il y a un travail qui va
être entamé, là, de... au sein du gouvernement, qui va durer un certain nombre
de mois. On nous a dit qu'il allait certainement y avoir une réduction
au niveau des étudiants internationaux, sans qu'on nous donne un chiffre, sans
qu'on nous donne une cible, que tout était ouvert. Alors, ma question :
Est-ce qu'aujourd'hui vous pouvez quand même rassurer qu'on... il ne semble pas
y avoir... Est-ce que, selon vous, il y aurait un enjeu au niveau des cycles
supérieurs, au niveau... au niveau des programmes à Polytechnique ou au niveau
du nombre d'étudiants qu'ils accueillent?
Mme
Déry : Écoutez, on est complètement hors sujet, mais je
vais répéter ce que j'ai dit. On est quand même dans un projet de loi
privé sur la gouvernance et les changements qu'on apporte à la gouvernance de
Polytechnique. J'ai rassuré le réseau, je veux vous rassurer, hein, tout le
monde, aujourd'hui, je vais répéter la même chose que je répète depuis
plusieurs semaines déjà, même si je n'étais pas aux consultations puis au
projet de loi de mon collègue, c'est mon collègue du MIFI
qui porte le projet de loi, comme tout le monde le sait. Alors, encore une
fois, tout le monde peut se rassurer, c'est une institution qui va demeurer
compétitive sur la scène nationale, québécoise, surtout, et internationale.
Et on est là aujourd'hui pour parler du modèle
de gouvernance. Donc, on va poursuivre pour, justement, faire le point sur les changements qui ont été apportés
dans ce modèle de gouvernance, qui va leur permettre, justement, de rester
encore plus compétitifs sur la scène nationale et internationale et se mesurer
à d'autres institutions, justement, qui ont des... une gouvernance et des
mécanismes de gouvernance qui sont au goût du jour, comme on dit.
Mme Setlakwe : Très bien. Moi,
c'est... je... C'est, en quelque sorte, rassurant. Je ne pense pas qu'on est
complètement hors sujet. Moi, je n'ai pas d'autre question sur ce sujet-là,
mais, étant donné qu'on mentionne la liberté
académique, l'autonomie, l'importance d'être au service de la société, des
générations futures, de la communauté, d'être ouverte sur le monde, je
pensais que c'était important qu'on traite de cette question-là. Merci, M. le
Président.
Le Président (M. Fortin) : Très
bien. Est-ce que le préambule du projet de loi est adopté?
Des voix : Adopté.
Le Président (M. Fortin) : Adopté.
Article 1, Mme la députée.
Mme Boivin Roy : Merci beaucoup.
Alors :
Chapitre I
Mission et pouvoirs
Article 1. «L'École Polytechnique de Montréal,
ci-après appelée "l'École", a pour mission l'enseignement supérieur
ainsi que la recherche et l'innovation dans tous les domaines, notamment
scientifique et technologique, liés à la pratique du génie. Elle a également
pour mission d'offrir des services à la collectivité au bénéfice de la société.
«L'École peut également être désignée sous le
nom de "Polytechnique Montréal".»
Alors, M. le Président, les commentaires sur
l'article 1 : Dans cet article, la mission de l'École est précisée, premièrement, pour ajouter la notion d'innovation
à celle de recherche, les deux notions étant, pour l'école, intrinsèquement liées, deuxièmement, pour ajouter les domaines
technologiques associés à cette mission, et, troisièmement, pour élargir
l'évocation des champs d'activité de la
profession en référant à la pratique du génie au sens large plutôt qu'à
l'activité de l'ingénieur, qui pourrait être limité aux champs
d'exercices définis à la Loi sur les ingénieurs.
Au second alinéa, l'utilisation du nom
Polytechnique Montréal est aussi autorisée afin d'officialiser celui-ci dans sa
loi.
Le Président (M. Fortin) : Merci.
Questions, commentaires? Mme la députée.
Mme Setlakwe : Bien, peut-être,
rapidement, honnêtement, moi, ça me semble parfait puis c'est musique à mes oreilles, là, quand je vois qu'on parle de
recherche et d'innovation. Puis je pense que Polytechnique Montréal, comme d'autres
de nos institutions dans le réseau universitaire, bon, font partie de cet îlot
d'excellence. Et puis, encore une fois, je
me permets... ce sera probablement mon dernier commentaire, mais j'implore le
gouvernement d'être extrêmement prudent
dans l'exercice des pouvoirs extraordinaires, larges, qui lui sont octroyés,
qui seront présumément octroyés, là, si ce gouvernement va de l'avant
avec les prochaines étapes envers l'adoption du projet de loi 74. Mais il ne
faudrait d'aucune façon qu'on vienne
restreindre la capacité du Québec en matière de recherche et d'innovation qui
se fait par le biais notamment de l'École Polytechnique.
Le Président (M. Fortin) : Ça va?
Oui. Est-ce que l'article 1 est adopté? Adopté. Article 2, Mme la députée.
Mme Boivin Roy : «L'École a son
siège dans la ville de Montréal.»
Alors, il y a
quand même un commentaire relativement à cet article très court. Cet article
vise à ce que l'appellation utilisée soit désormais «siège» plutôt que
«siège social», conformément à ce que prévoit l'article 307 du Code civil
du Québec.
Le Président (M. Fortin) : Très
bien. Est-ce qu'il y a des questions? Non. Est-ce que l'article 2 est
adopté?
Mme Boivin Roy : Adopté.
Le Président (M. Fortin) : Adopté.
Article 3, Mme la députée.
Mme Boivin
Roy : «L'École est une personne morale. Elle peut poser
tous les actes compatibles avec sa mission.
«L'École peut notamment — premier
alinéa :
«1° acquérir, administrer, louer, échanger,
hypothéquer et aliéner des biens meubles ou immeubles, par tout mode légal, à
titre gratuit ou onéreux et faire à leur égard tout acte de propriétaire;
«[alinéa] 2° contracter des emprunts sur son
crédit et placer ses fonds de toute manière jugée appropriée, soit en son nom,
soit au nom de fiduciaires;
«[alinéa]
3° créer des instituts ou d'autres organismes en lien avec sa mission et en
déterminer la structure et la relation avec l'École;
«[alinéa] 4° conclure
avec tout établissement d'enseignement ou de recherche tout accord qu'elle juge
utile à la poursuite de ses fins;
«[alinéa] 5°
organiser des campagnes de souscriptions publiques;
«[alinéa] 6°
solliciter et recevoir tout don, legs ou autre libéralité, même immobilier, de
quelque manière et de quelque source que ce soit et en bénéficier sans
acceptation ni autre formalité.
«[Alors,] malgré
l'article 1824 du Code civil, toute donation à l'École peut être faite sous
seing privé.»
Les commentaires, M.
le Président, sur cet article. Le premier alinéa de ce nouvel article remplace
le premier alinéa de l'article 6 de la loi actuelle pour tenir compte du
nouveau Code civil du Québec, qui accorde des pouvoirs inhérents aux personnes
morales comparables à ceux d'une personne physique.
Le deuxième alinéa de
l'article intègre, en les simplifiant, les pouvoirs prévus aux articles 6
à 8 de la loi actuelle et y ajoute la capacité de conclure des accords avec
d'autres établissements universitaires et de créer des organismes en lien avec
la mission de l'école.
Le Président (M.
Fortin) : Mme la députée? Non. Ça va? Est-ce que l'article 3 est
adopté?
Des voix :
Adopté.
Le Président (M.
Fortin) : Adopté. Article 4, Mme la députée.
Mme Boivin
Roy : Merci. «Dans la conduite de ses affaires, l'École peut notamment
:
«[alinéa]
1° prendre des règlements sur les normes disciplinaires et éthiques applicables
à la communauté étudiante et à l'ensemble du personnel de l'École;
«[alinéa] 2° prendre
des règlements sur les frais de scolarité et autres frais payables par les
membres de la communauté étudiante;
«[alinéa] 3°
déterminer les conditions d'engagement, de rémunération et de travail du
directeur général, des cadres supérieurs ainsi que celles des autres membres du
personnel;
«[alinéa] 4° définir
l'organisation de l'enseignement et de la recherche;
«[alinéa] 5° adopter
des programmes d'études et prendre les règlements pédagogiques s'y rapportant;
«[alinéa] 6°
déterminer la nomenclature des grades, des diplômes et des certificats
universitaires et le mode d'administration des examens;
«[alinéa]
7° définir les critères et les procédures de nomination et de promotion des
membres du corps professoral;
«[alinéa] 8° prendre
des règlements sur la régie interne de l'École ainsi que tout autre règlement
nécessaire à l'application de la présente loi.»
Commentaire,
M. le Président, sur l'article 4. Cet article reprend l'article 10 de
la loi actuelle, tout en reformulant ou en précisant certains des pouvoirs qui
y sont prévus et en supprimant l'obligation de procéder par règlement dans
plusieurs cas où une résolution ou une résolution peut être utilisée.
• (16 heures) •
Le Président (M.
Fortin) : Merci. Questions, commentaires? Non. Est-ce que
l'article 4 est adopté?
Mme Boivin
Roy : Adopté.
Le Président (M.
Fortin) : Adopté. Article 5.
Mme Boivin
Roy : «L'École décerne à ses étudiants les grades, les diplômes et les
certificats universitaires déterminés en vertu du paragraphe 6° de l'article 4.
«Durant l'existence
d'un contrat d'affiliation avec l'Université de Montréal, ces grades, ces
diplômes et ces certificats universitaires sont décernés conjointement avec
l'Université de Montréal, sur recommandation du Conseil académique de l'École.»
Commentaire sur cet
article M. le Président. Cet article maintient l'article 11 de la loi
actuelle quant au contrat d'affiliation qui
lie l'école et l'Université de Montréal. Une précision est toutefois ajoutée au
second alinéa pour indiquer que les
diplômes sont décernés conjointement à l'Université de Montréal, dans la mesure
où le contrat d'affiliation est maintenu.
Le Président (M.
Fortin) : Sur l'article 5? Non? Est-ce que l'article 5 est
adopté?
Des voix :
Adopté.
Le Président (M.
Fortin) : Adopté. Article 6.
Mme
Boivin Roy : Merci. «Avec
l'autorisation du ministre responsable de l'Enseignement supérieur, l'École
peut conclure ou modifier un contrat d'affiliation avec l'Université de
Montréal.
«Le contrat d'affiliation établit notamment les
modalités d'approbation par l'Université de Montréal des règlements et des
résolutions adoptés en vertu des paragraphes 5° et 6° de l'article 4.
«Un contrat d'affiliation
conclu en vertu du présent article et toute modification à ce contrat entrent
en vigueur sur approbation du ministre.
«L'École ne peut mettre fin à un contrat
d'affiliation conclu en vertu du présent article sans l'approbation du
ministre.»
Commentaire sur cet article 6 : Cet
article reprend l'article 13 de la loi actuelle en parlant plutôt du
ministre responsable de l'Enseignement supérieur.
Le Président (M. Fortin) : Questions,
commentaires, Mme la députée?
Mme Setlakwe : ...petite question de
sémantique : Pourquoi on doit maintenant utiliser le terme ministre
responsable?
Mme Boivin Roy : M. le Président,
est-ce qu'on pourrait autoriser la sous-ministre à prendre parole?
Le Président (M. Fortin) : S'il y a
consentement. Est-ce qu'il y a consentement pour entendre la sous-ministre?
Oui, consentement. En vous présentant, s'il vous plaît, Mme la sous-ministre.
Mme De Blois (Paule) : Oui.Paule
De Blois, sous-ministre à l'Enseignement supérieur.
Je dois avouer que je devais... je vais moi-même
devoir référer à mes légistes, parce que la nuance entre responsable de
l'Enseignement supérieur et la ministre responsable de la loi m'échappe à l'heure
actuelle. Désolée.
Le
Président (M. Fortin) : Est ce qu'il y a un... Oui, en vous présentant,
s'il vous plaît, s'il y a consentement pour entendre le légiste? Oui.
Très bien.
M. Guyon Martin (Alexandre) : Oui.
Bonjour. Alexandre Guyon Martin pour... avocat pour le ministère de
l'Enseignement supérieur.
Donc, en fait, on utilise «ministre responsable»
dans son sens général. Actuellement, mais en fait, la Loi sur le ministère de
l'Enseignement supérieur, de la Recherche, de la Science et de la Technologie,
tu sais, c'est un terme qui est, disons,
mais c'est ça, prévu par la loi, sauf que la responsabilité de l'Enseignement
supérieur peut être confiée, par exemple, à un ministre, on peut créer
le ministère de l'Éducation et de l'Enseignement supérieur, donc la
responsabilité de cet article-là va aller avec le ministre qui est responsable,
plutôt que de suivre, disons, tout le bloc de la loi sur le ministère.
Mme Setlakwe : Merci.
Le Président (M. Fortin) : Très
bien. Est-ce que l'article 6 est adopté?
Des voix : Adopté.
Le Président (M. Fortin) : Adopté.
Article 7, Mme la députée, s'il vous plaît.
Mme Boivin Roy : Merci. Alors, sur
le conseil d'administration.
«L'École est administrée par un conseil d'administration,
ci-après désigné sous le nom de "conseil", lequel, notamment :
«[alinéa] 1° veille au respect de la mission et
surveille l'utilisation des ressources par la direction;
«[alinéa] 2°
approuve les prévisions budgétaires, le budget annuel, le plan
d'immobilisation, les états financiers et le rapport annuel;
«[alinéa] 3° contribue à l'élaboration des
orientations stratégiques de l'École, les approuve et s'assure de leur mise en
application;
«[alinéa] 4° approuve la structure
organisationnelle de la haute direction;
«[alinéa] 5° approuve les règles de gouvernance
de l'École en tenant compte de sa spécificité;
«[alinéa] 6° approuve le code d'éthique
applicable à ses membres et aux membres du personnel;
«[alinéa] 7° approuve les profils de compétence
et d'expérience requis pour ses membres;
«[alinéa] 8° approuve les critères et les
modalités d'évaluation de ses membres et ceux applicables au directeur général
en s'inspirant des meilleures pratiques en la matière;
«[alinéa] 9° approuve les critères d'évaluation
du fonctionnement du conseil;
«[alinéa] 10° établit les politiques
d'encadrement de la gestion des risques;
«[alinéa] 11°
s'assure de la gestion efficace et efficiente des ressources humaines, [des
ressources] matérielles, financières et informationnelles;
«[alinéa] 12° suit régulièrement la situation
financière de l'École et s'assure que les contrôles appropriés sont en place
afin de préserver sa santé financière à court, moyen et long terme;
et enfin, dans cette longue liste, M. le Président,
alinéa :
«13°
détermine, par règlement, la composition, le mandat et le mode de
fonctionnement de ses comités et s'assure que ceux-ci exercent
adéquatement leurs fonctions.»
Maintenant, commentaire
sur l'article 7 : Cet article est une disposition nouvelle qui
introduit dans la loi ce que sont aujourd'hui les pouvoirs généraux d'un
conseil d'administration comme celui de l'école, dans un contexte de
gouvernance modernisée. Cette formulation est inspirée de l'article 15 de
la Loi sur la gouvernance des sociétés d'État mais tient compte des
particularités propres à un établissement universitaire.
Le Président (M. Fortin) : Questions
sur l'article 7?
Mme Setlakwe : Oui, M. le Président.
Bien, ici, on voit bien qu'il y a des modifications, donc, au niveau des
pouvoirs. Et puis ce qu'il faut noter, c'est qu'on a le terme «notamment», donc
ce n'est pas une liste exhaustive. Je comprends très bien le commentaire ou la
note explicative que c'est une formulation révisée qui s'inspire de la Loi sur la gouvernance des sociétés d'État, qui tient
compte des particularités propres à un établissement universitaire, mais
est-ce qu'on a des comparatifs? Est-ce que, par exemple, on peut dire que c'est
un texte qui est tout à fait... ou plutôt usuel par rapport à d'autres
établissements universitaires? Et, si oui, lesquels?
Mme Déry : Oui, bien, en fait, oui,
je vais répondre à cette question-là, parce que, justement, ils se sont
inspirés... puis on le dit dans la note explicative, qu'ils se sont inspirés
d'une gouvernance modernisée. Ils ont... On en
a parlé en début, qu'on s'inspirait de l'IGOPP, qu'on s'inspirait aussi de la
Charte de l'Université de Montréal, qui a été, elle, revue il y a quelques années déjà, en 2018, je crois, et on
s'inspire aussi de la gouvernance sur les sociétés d'État. Donc, je pense que c'est, justement, on s'inspire
de pratiques usuelles, de pratiques qui existent déjà pour moderniser les
mécanismes de gouvernance de Polytechnique, là.
Mme
Setlakwe : Merci. Non, je me demandais si on était comme
similaires à d'autres établissements du milieu universitaire.
Mme Déry : L'Université de Montréal.
C'est la...
Mme Setlakwe : Très bien.
Mme
Déry : Ils se sont inspirés de la Charte de l'Université
de Montréal, notamment, en l'occurrence... notamment, il y en a d'autres, mais
ça se rapproche, ça se rapproche beaucoup de ce qu'on retrouve dans les autres
établissements universitaires.
Mme Setlakwe : Merci.
Le Président (M. Fortin) : Très
bien. Est-ce que l'article 7 est adopté?
Des voix : Adopté.
Le Président (M. Fortin) : Adopté.
Article 8, Mme la députée.
Mme Boivin
Roy : «Le conseil, lequel est formé majoritairement de
membres indépendants, est composé des 13 administrateurs suivants :
«[alinéa] 1°
le président du conseil, nommé par le gouvernement sur recommandation du
conseil, lequel doit se qualifier comme administrateur indépendant;
«[alinéa] 2° le directeur général de l'École;
«[alinéa] 3°
le recteur de l'Université de Montréal ou la personne qui le représente ou,
dans le cas où l'affiliation avec l'Université de Montréal a pris fin,
un membre indépendant supplémentaire nommé par le conseil;
«[alinéa] 4° cinq personnes nommées à titre de
membres indépendants dont :
«a) trois sont nommées par le conseil;
«b) une est nommée parmi les personnes diplômées
de l'École par l'organisme "Fondation et Alumni de Polytechnique Montréal"
constitué en vertu de la partie III de la Loi sur les compagnies [...] ou
par le successeur de cet organisme reconnu par le conseil; [et]
«c) une est nommée par le gouvernement;
«[alinéa] 5°
quatre personnes nommées par l'assemblée professorale, dont au moins trois
doivent être des professeurs;
«[alinéa] 6° une personne nommée par
l'association ou le regroupement d'associations d'étudiants accrédité en vertu de la Loi sur l'accréditation et le
financement des associations d'élèves ou d'étudiants [...] parmi la communauté
étudiante de l'École.
«À défaut
par l'une des instances visées au [...] paragraphe b du paragraphe...» «...au
sous-paragraphe — pardon — b
du paragraphe 4° et aux paragraphes 5° et 6° du premier alinéa
d'effectuer la nomination qui y est prévue dans un délai de quatre mois de la
vacance du poste concerné, le conseil peut effectuer la nomination à la place
de cette instance. Toutefois, avant d'effectuer la nomination prévue au
paragraphe 6° du premier alinéa, le conseil doit préalablement consulter les
présidences des associations d'étudiants.»
• (16 h 10) •
Alors,
maintenant, les commentaires sur l'article 8, M. le Président. Cet article
remplace les articles 15 et 16 de la
loi actuelle quant à la composition du conseil d'administration. La composition
de 13 membres qui est prévue au premier
alinéa se fonde essentiellement sur celle de la loi actuelle, qui est de
11 membres avec trois principaux ajustements.
Premièrement,
elle prévoit la présence de quatre membres désignés par l'Assemblée des
professeurs, conformément à une
lettre d'entente signée entre l'école et l'Association des professeurs de
l'École Polytechnique, donc l'APEP, en date du 7 mars 2022.
Deuxièmement,
elle prévoit la présence de sept administrateurs indépendants qui sont ainsi
majoritaires au sein du conseil.
Et,
troisièmement, elle indique que le gouvernement nomme deux administrateurs,
dont la présidence du conseil, ce qui
est actuellement le cas. Le nombre d'administrateurs nommés par le gouvernement
est comparable à ce que l'on retrouve sur le conseil d'administration
des autres universités à charte.
L'article
introduit donc le principe d'une majorité d'administrateurs indépendants qui
constitue l'une des bases de la gouvernance des conseils d'administration.
Il
importe de mentionner également que, suivant le paragraphe 1° du premier
alinéa, la nomination du président du conseil par le gouvernement est
faite sur recommandation du conseil, comme c'est le cas suivant
l'article 31 de la loi actuelle.
Le
deuxième alinéa de cet article remplace les articles 37 à 39 de la loi
actuelle et tient compte de la préoccupation exprimée par les associations
étudiantes qui souhaitent être consultées avant que le conseil procède à une
domination, à défaut, pour celle-ci, de le faire. Il est à noter que la
composition proposée s'inspire des instances de gouvernance d'autres
établissements universitaires similaires à l'École Polytechnique, notamment HEC
Montréal et, comme l'a dit la ministre, l'école de Montréal. Mais, bien sûr,
mon petit rajout n'est pas dans le document.
Le Président (M.
Fortin) : Très bien. Merci, Mme la députée. Mme la députée de Mont-Royal—Outremont.
Mme Setlakwe :
Non, mais, honnêtement, j'ai pris
connaissance, là, évidemment, du mémoire, des explications verbales qui
ont été fournies. Je pense que... Je vois qu'on augmente le nombre, mais qu'on
ne... tu sais, comment on est arrivé à 13, c'est peut-être ça où j'aimerais
qu'on élabore un petit peu. J'imagine qu'on ne voulait pas avoir un nombre trop
élevé pour demeurer agile, de maintenir cette collégialité, de maintenir cette
efficacité qui est souhaitée, peut-être, juste, revenir sur le chiffre 13.
Et puis deuxième
question, c'est que je vois aussi que c'est une vision inclusive, qu'on veut
qu'il y ait une bonne représentation du corps professoral, etc. Puis je pense
aussi que, dans les consultations, toutes ces instances-là avaient été
consultées et avaient été favorables aux recommandations et au texte du projet
de loi.
Mme Déry : Oui,
absolument. Bien, je vais revenir sur le 13 versus 11. C'est clair que ça
prenait un petit peu plus de gens pour que
le conseil soit proportionnel à la taille de l'organisation, mais que ça
demeure aussi peu élevé. On veut vraiment être agile, mais on veut
répondre aussi aux enjeux, donc, on veut être capables d'avoir une certaine
participation, une imputabilité aussi. C'est écrit clairement dans le mémoire
de Polytechnique, mais avoir à la fois une meilleure efficacité fonctionnelle
au sein du CA. Fait que c'est vraiment trouver le juste équilibre. Puis, en
ayant 13 personnes, on retrouve ce juste équilibre là par rapport aux 11
actuellement.
Mme
Setlakwe : OK. Puis cette participation accrue, là, du corps
professoral, peut-être, juste élaborer un peu sur cet élément-là.
Mme Déry : Bien, toutes ces demandes-là ont été faites en
consultation pendant longtemps. Donc, les demandes des assos étudiantes, les demandes du corps
professoral, ça se retrouve aussi ailleurs, dans les autres... les autres conseils d'administration. Donc, ça a été fait
sur la base des consultations qu'ils ont eues. Elle parlait justement, tantôt, Mme
Paquette... Me Paquette, des 475 commentaires. Ça faisait partie du dialogue
qu'il y a eu, justement, pendant plusieurs
années avec toute la communauté de Polytechnique. Donc, ça inclut le corps
professoral, ça inclut les étudiants aussi. Donc, c'est un conseil
d'administration qui est très bien représenté en termes de communauté
universitaire, là.
Mme
Setlakwe : Ça me semble excellent.
Le Président (M.
Fortin) : Très bien. Est-ce que l'article 8 est adopté?
Des voix : Adopté.
Le Président (M.
Fortin) : Adopté. Mme la députée, pour la lecture de l'article 9.
Mme Boivin Roy : «Un membre se qualifie
comme indépendant si, de l'avis du conseil ou du gouvernement, dans le cas où il est nommé par ce dernier, il n'a
pas, de manière directe ou indirecte, [des] relations ou d'intérêts, par
exemple de nature financière, commerciale, professionnelle ou philanthropique,
susceptibles de nuire à la qualité de ses décisions eu égard aux intérêts de
l'École.
«Un membre
est réputé ne pas être indépendant si une personne de sa famille immédiate, telle
que définie par le conseil, fait
partie de la direction supérieure de l'École ou si, au cours des trois années
précédant la date de sa nomination, il [était] à l'emploi de l'École.
«Le
recteur de l'Université de Montréal ou la personne qui le représente sont
réputés être indépendants.»
Alors, commentaire
sur cet article, M. le Président. Cet article est une disposition nouvelle qui
définit le principe d'indépendance suivant
une conception classique et largement reconnue. Elle s'inspire essentiellement
de celle introduite à l'article 1c de
la Charte de l'Université de Montréal, modifiée par la Loi modifiant la Charte
de l'Université de Montréal. Une précision est apportée au troisième
alinéa pour clarifier le statut du recteur de l'Université de Montréal ou de
son représentant, en précisant qu'ils sont réputés être indépendants par
rapport à l'école.
Le Président (M.
Fortin) : Mme la députée.
Mme Setlakwe :
Ça me semble tout à fait... tout
à fait en lien avec les bonnes pratiques. Puis, d'ailleurs, c'est aussi calqué
des définitions qu'on trouve dans la Charte de l'Université de Montréal mise à
jour en 2018. J'ai peut-être juste une question au niveau de la... le concept
de famille immédiate. Qu'est-ce qu'on entend par famille immédiate?
Mme Déry : Bien,
J'imagine que, s'il y a un proche qui est dans l'établissement, en tout cas, un
proche... un enfant ou un étudiant qui est
le fils de ou la fille de, du recteur ou de la rectrice, ou enfin, du...
j'imagine qu'il doit y avoir... il faut que le recteur ou la rectrice en
question soit capable d'être indépendante, là, qu'on... quitte à se...
Mme
Setlakwe : Le recteur est réputé indépendant.
Mme Déry : Exactement.
Mme
Setlakwe : On parle du recteur ici.
Mme Déry : Bien,
n'importe quel autre membre de la famille, là, le recteur est toujours réputé
indépendant. Donc, on s'assure de l'indépendance du recteur, même s'il y a... Bien,
les autres membres, c'est pareil aussi, là. Le caractère d'indépendance, c'est un peu la base des modèles de
gouvernance aujourd'hui, là, c'est un peu... c'est un peu la base du
modèle de gouvernance, c'est-à-dire, on assure une certaine indépendance, même
s'il y a certains proches qui peuvent fréquenter l'établissement, là. C'est
valable pour tout le monde, là, sur le CA, là.
Mme Setlakwe :
Non, non, tout à fait, je suis...
j'ai déjà regardé des dispositions similaires. Ma question, c'était plutôt de
s'assurer que tous les termes étaient... on avait des définitions bien
précises. Quand on parle d'un conflit d'intérêts puis qu'on parle
d'une... On parle de concepts. Comme, famille immédiate, on dit que c'est
défini par le conseil. C'était juste ça ma
question, mais je pense qu'on est ici... ici, on calqué ce qui se passe à
l'Université de Montréal.
Mme Déry : Bien, moi, je pense que les juristes et les
légistes, de notre côté mais du côté aussi de Polytechnique, n'ont
probablement pas juste calqué ça, mais je pense qu'on se base aussi sur des
modèles de gouvernance qui existent déjà. Maintenant, dans la terminologie, je
peux toujours demander à notre légiste voir si c'est conforme à ce qu'on
retrouve ailleurs, si c'est vraiment les termes qu'on utilise partout sur les
conseils d'administration. Est-ce qu'on permet de demander à notre légiste en
arrière?
Le Président (M.
Fortin) : Consentement pour M. le légiste? Oui. Consentement.
M. Guyon Martin (Alexandre) : Oui.
Bien, en fait, ici, au deuxième alinéa, le concept de famille immédiate,
on ajoute «telle que définie par le
conseil», donc il va revenir au conseil, à ce moment-là, de définir ce qu'on
entend par famille immédiate. On n'a pas fait ici... on ne l'a pas fait
directement dans la loi.
Mme
Setlakwe : OK. Puis des concepts de relations ou d'intérêts, puis on
donne des exemples de ce qui pourrait constituer une relation ou un intérêt...
Dans le fond, tout le concept est inclus ici, dans le premier alinéa, on n'a pas à se référer à un autre document, là. Il
faut que ça donne lieu, par exemple, à... ça peut être un intérêt de nature
financière, mais c'était... la définition est assez détaillée et spécifique. Il
n'y a pas... on n'a pas à se référer à un autre document pour la définition de
relations ou intérêts, c'est ce que... c'est ma compréhension.
Mme Déry : Oui.
Oui. Absolument. Tout est là.
Mme
Setlakwe : Ça va.
Le Président (M.
Fortin) : Très bien. Est-ce que l'article 9 est adopté?
Des voix : Adopté.
Le Président (M.
Fortin) : Adopté. Mme la députée, pour l'article 10.
Mme Boivin
Roy : «À l'exception du directeur général et du recteur de
l'Université de Montréal ou de la personne qui le représente qui sont d'office membres
du conseil, la durée du mandat des membres du conseil est de quatre ans et est
renouvelable deux fois.
«Malgré
le premier alinéa, la durée du mandat du membre de la communauté étudiante est
d'une année et est renouvelable.
«À moins qu'elles ne
perdent la qualité requise pour leur nomination, les personnes nommées
demeurent en fonction jusqu'à ce qu'elles soient nommées de nouveau ou
remplacées.
«Toutefois, le membre
de la communauté étudiante conserve sa capacité de siéger au conseil même s'il
perd son statut officiel d'étudiant au cours de l'année de son mandat.»
Les commentaires sur
l'article 10, M. le Président. Cet article remplace l'article 17 de
la loi actuelle.
En
vertu du premier alinéa, la durée des mandats de la plupart des membres du
conseil demeure de quatre ans. Toutefois,
il sera dorénavant possible de renouveler leur mandat deux fois plutôt qu'une
seule fois, en vertu de la loi actuelle, et ce, dans le but d'assurer
une stabilité et une continuité au sein du conseil.
Le
deuxième alinéa de l'article prévoit une exception pour la personne issue de la
communauté étudiante en raison même de son statut. Son mandat est d'une
année et peut être renouvelé sans terme spécifique.
• (16 h 20) •
Le Président (M.
Fortin) : Donc, ça va, Mme la députée? Très bien. Est-ce que
l'article 10 est adopté?
Des voix : Adopté.
Le Président (M.
Fortin) : Adopté. Article 11, Mme la députée.
Mme Boivin Roy : «Un siège vacant au
conseil est pourvu en suivant le mode prescrit pour la désignation du membre à remplacer. Le nouveau membre débute alors
un nouveau mandat dont la durée est déterminée par le conseil ou
recommandé par celui-ci dans le cas des nominations relevant du gouvernement.»
Commentaires sur cet
article. Cet article maintient le principe prévu à l'article 18 de la loi
actuelle quant aux sièges devenus vacants, avec un changement quant à la durée
du mandat du nouveau membre, laquelle débute à son point de départ. La durée du mandat lors d'un remplacement est déterminée
par le conseil ou recommandé par lui, dans les cas des nominations du
gouvernement, afin de permettre, si requis, un décalage entre les différentes
fins de mandat et d'assurer la stabilité et la continuité au sein du
conseil.
Le Président (M.
Fortin) : Ça va, Mme la députée? Oui. Est-ce que l'article 11 est
adopté?
Des voix :
Adopté.
Le Président (M.
Fortin) : Adopté. Article 12.
Mme Boivin
Roy : «Un membre du conseil doit dénoncer par écrit au conseil et au
ministre responsable de l'Enseignement supérieur, s'il a été nommé par le
gouvernement, toute situation susceptible de lui faire perdre les qualités
requises pour son poste.
«Le
seul fait pour un tel membre de se trouver, de façon ponctuelle, en situation
de conflits d'intérêts n'affecte pas sa qualification.»
Commentaires sur cet
article. Cet article nouveau prévoit que chaque membre du conseil doit
conserver son statut pendant toute la durée de son mandat, avec une exception
pour une situation de conflit d'intérêts ponctuelle. Cette disposition met en
application les meilleures pratiques en matière de gouvernance.
Le Président (M.
Fortin) : Mme la députée de Mont-Royal—Outremont.
Mme
Setlakwe : Merci. Donc, ici, s'il y a une situation où un membre se
trouve de façon ponctuelle, donc, c'est une situation temporaire, en situation
de conflit d'intérêts, il ne devient pas pour autant... il ne perd pas sa qualification, il peut continuer de siéger, mais
qu'est-ce que... qu'est-ce qui arrive, disons, en pratique ici? Donc,
temporairement, il doit se retirer pour certaines... un certain temps ou
pour certaines délibérations.
Mme Boivin
Roy : Si vous le permettez, nous ferons intervenir le légiste.
Mme
Setlakwe : Oui, bien sûr.
M. Guyon Martin
(Alexandre) : Bien, en fait, si le membre est en conflit d'intérêts,
effectivement, là, il faudrait que le conseil d'administration adopte des
normes pour savoir comment se comporter dans ces situations-là. Puis, si c'est un conflit d'intérêts... bien là,
on dit «ponctuel», c'est le cas, par exemple, un conflit d'intérêts qui vient
par donation, legs, des choses comme
ça, où on va inviter le membre à se... à s'en départir, par exemple, le plus
rapidement possible. Donc, c'est ce genre de situation là.
Mme
Setlakwe : Merci.
Le Président (M.
Fortin) : Ça va, Mme la députée? Oui. Est-ce que l'article 12 est
adopté?
Des voix : Adopté.
Le
Président (M. Fortin) : Article 13. Mme la députée.
Mme Boivin
Roy : «Tout membre du conseil, qu'il soit ou non nommé à titre de
membre indépendant, est tenu de prendre les décisions dans le meilleur intérêt
de l'École.
«[S']il s'acquitte de
ses obligations avec impartialité, indépendance, loyauté, prudence et
diligence, dans le respect de la mission de l'École et en toute
confidentialité.»
Alors, commentaires
sur cet article. Le premier alinéa de cet article nouveau ajoute un principe
fondamental de fonctionnement d'un conseil d'administration à l'effet que tout
membre agit en prenant en considération les intérêts institutionnels de
l'organisme plutôt que les intérêts qu'il serait susceptible de représenter
personnellement, en raison, par exemple, de son mode de nomination. Le second
alinéa ajoute des principes déontologiques de base qu'il est utile d'inscrire
dans la loi.
Le Président (M.
Fortin) : Ça va, Mme la députée? Très bien. Est-ce que
l'article 13 est adopté?
Des voix :
Adopté.
Le Président (M.
Fortin) : Adopté. Article 14. Mme la députée.
Mme Boivin
Roy : Merci. «La présidence dirige les séances du conseil, veille à ce
qu'il remplisse son rôle et exerce ses pouvoirs et évalue la performance des
autres membres du conseil selon les critères établis par ce dernier.»
Commentaires sur cet
article. Cet article nouveau précise les divers aspects du mandat principal du
président et prévoit qu'il a aussi la responsabilité de l'évaluation des
membres du conseil.
Le Président (M.
Fortin) : Vous semblez pensive, Mme la députée.
Mme
Setlakwe : Non, ça va. Merci.
Le Président (M.
Fortin) : C'est beau?
Mme
Setlakwe : C'est correct, oui.
Le Président (M.
Fortin) : OK. Est-ce que l'article 14 est adopté?
Des voix :
Adopté.
Le Président (M.
Fortin) : Adopté. Article 15. Mme la députée.
Mme Boivin
Roy : «En l'absence de la présidence du conseil à l'une de ses
séances, celui-ci désigne l'un de ses membres pour [le] remplacer.»
Petite note
explicative. Cet article reprend l'article 21 de la loi actuelle avec une
formulation simplifiée.
La Présidente (Mme
Dionne) : Des commentaires, Mme la députée? Est-ce que
l'article 15 est adopté?
Des voix :
Adopté.
La Présidente (Mme
Dionne) : Article 16. Mme la députée.
Mme Boivin
Roy : «Le quorum du conseil est de sept membres.»
Alors,
j'ai un commentaire qui est plus long que l'article en soi. Cet article prévoit
que le quorum sera dorénavant de sept membres plutôt que de six,
reflétant ainsi l'augmentation du nombre de membres du conseil de 11 à 13.
La Présidente (Mme
Dionne) : Commentaires sur cet article? Est-ce que l'article 16
est adopté?
Des voix :
Adopté.
La Présidente (Mme
Dionne) : Article 17.
Mme Boivin
Roy : «Les décisions du conseil sont prises à la majorité des membres
présents, à moins qu'un règlement ne le prévoie autrement.
«S'il y a égalité des
voix, celle de la présidence du conseil est prépondérante. Cependant, en cas
d'absence de cette dernière, la personne désignée pour la remplacer n'a pas de
[vote prépondérant].»
Alors, commentaires
sur cet article, Mme la Présidente. Cet article reprend l'article 23 de la
loi actuelle, avec une formulation simplifiée.
La Présidente (Mme Dionne) : Commentaires
sur l'article 17? Est-ce que l'article 17 est adopté?
Des
voix : Adopté.
La Présidente (Mme
Dionne) : Article 18.
Mme Boivin
Roy : «Dans l'élaboration des profils de compétence et d'expérience
requis [par les] membres, le conseil doit viser à [atteindre] des objectifs de
diversité et de représentativité des différentes composantes de [...]
collectivité desservie par l'École.
«Il doit également
viser à ce qu'au moins un membre soit un membre de l'Ordre des ingénieurs du
Québec institué en vertu de la Loi sur les ingénieurs...»
Alors, commentaires,
Mme la Présidente, sur l'article 18 : Ce nouvel article prévoit au
premier alinéa que le conseil d'administration doit tenir compte, dans sa
composition, des objectifs de diversité et de représentativité de la communauté universitaire. Le second alinéa prévoit
qu'il doit y avoir au minimum un membre du conseil qui soit ingénieur.
La Présidente (Mme
Dionne) : Des commentaires sur l'article 18? Est-ce que
l'article 18 est adopté?
Des voix : Adopté.
La Présidente (Mme
Dionne) : Article 19.
Mme Boivin
Roy : «La composition du conseil doit tendre à la parité entre les
hommes et les femmes.
«Cependant, aucun
acte ou document de l'École, ni aucune décision du conseil ne sont invalides
pour le motif qu'il n'est pas constitué en parts égales [d'hommes et de
femmes], du nombre minimal d'ingénieurs requis ou d'une majorité de membres
indépendants.»
Commentaires sur cet
article. Alors, ce nouvel article vise à répondre aux meilleures pratiques en
matière de représentativité dans la composition du conseil.
La Présidente (Mme
Dionne) : Des commentaires sur l'article 19? Est-ce que l'article 19
est adopté?
Mme Boivin
Roy : Vous me permettrez, Mme la Présidente, j'aurais peut-être un
deuxième commentaire sur l'article 19.
La Présidente (Mme
Dionne) : Oui. Mme la députée.
Mme Boivin Roy : Sur le second alinéa, qui
précise que cet objectif de parité, tout comme celui de l'article 18
quant au nombre d'ingénieurs et celui de l'article 8 quant à la majorité
d'administrateurs indépendants, ne constitue pas une condition de validité des
actes posés par le conseil.
La Présidente (Mme
Dionne) : Commentaires? Est-ce que l'article 19 est adopté?
Des voix : Adopté.
La Présidente (Mme
Dionne) : Article 20.
Mme Boivin Roy : «Le conseil doit
instituer, par règlement, un ou des comités ayant pour mandat de le conseiller
dans l'exercice de ses responsabilités en matière d'audit, d'éthique et de
gouvernance ainsi que de ressources humaines.
«Le
conseil peut également instituer, par règlement, tout autre comité qu'il juge
nécessaire au bon fonctionnement de l'École.
«Le
conseil peut déléguer à ses comités des pouvoirs décisionnels dont il détermine
les conditions d'exercice»
Commentaires sur cet
article, qui remplace l'article 27 de la loi actuelle. Son premier alinéa
prévoit la constitution de comités pour traiter des trois questions
suivantes : audit, éthique, gouvernance, ressources humaines, qui sont habituellement confiées à des comités du
conseil d'administration. Le deuxième et le troisième alinéas, permettre
que d'autres comités soient créés et indiquent que tous les comités peuvent se
voir déléguer des responsabilités de la part du conseil.
La Présidente (Mme
Dionne) : Commentaires sur l'article 20? Oui. Mme la députée.
Mme Setlakwe :
...une obligation d'avoir un
certain nombre minimal de comités, puis, après, on a la discrétion d'en
instituer d'autres. Est-ce qu'actuellement il y en a... il y en a trop?
Mme Déry : Bien,
c'est nouveau, c'est-à-dire, on actualise un peu. Ça vous montre à quel point
on était... on était dus pour dépoussiérer
un peu tout ça, parce que ça se mesure à ce que... ce qui se fait aujourd'hui,
là. C'est assez standard, d'avoir des comités de ce type-là sur des
conseils d'administration, là.
Mme Setlakwe : Non, non, tout à
fait. Je me demandais juste si, dans les faits, il y en a... qu'est-ce qu'on a
actuellement comme comités.
Mme Déry : Bien,
on peut demander à Polytechnique, si c'est le cas actuellement, déjà, Me
Paquette, si on me donne...
La Présidente (Mme Dionne) : Consentement
pour...
Mme Setlakwe : Oui. Bien sûr.
Une voix : Consentement.
Mme Paquette (Annick) : Alors,
actuellement, on a effectivement trois comités. Donc, le comité d'audit et le
comité de gouvernance existent déjà. Par contre, on a un comité exécutif, donc,
ce qui sera appelé à être aboli, parce que,
ce qu'on souhaite créer, c'est un comité des ressources humaines, donc en
phase, en fait, avec ce qu'on a indiqué dans la loi.
La Présidente (Mme Dionne) : Merci,
Mme Paquette. D'autres commentaires sur... Est-ce que l'article 20 est
adopté?
Des voix : Adopté.
La Présidente (Mme Dionne) : Article 21.
• (16 h 30) •
Mme Boivin Roy : «Les comités du
conseil institués en vertu du premier alinéa de l'article 20 doivent être
présidés par un membre indépendant de ce dernier.
«Des personnes qui ne sont pas membres du
conseil peuvent être nommées par le conseil au sein des comités de ce dernier.»
Alors, commentaire sur l'article 21. Ce nouvel
article prévoit au premier alinéa que les comités qui doivent être créés pour prendre en charge les sujets
mentionnés au premier alinéa de l'article 20, à savoir audit... édite...
éthique, pardon, et gouvernance et ressources humaines, doivent être présidés
par un membre indépendant, l'indépendance du membre étant un facteur de succès
des comités. Par ailleurs, le second alinéa indique que tous les comités
peuvent inclure des membres non administrateurs selon les besoins identifiés
par le conseil d'administration.
La Présidente (Mme Dionne) : Des
commentaires sur l'article 21? Est-ce que l'article 21 est adopté?
Des voix : Adopté.
La Présidente (Mme Dionne) : Nous
sommes rendus au chapitre III, Conseil académique, article 22.
Mme Boivin
Roy : Merci, Mme la Présidente. «Le conseil académique
est une instance consultative et décisionnelle
concernant l'enseignement et la recherche. Il relève du conseil
d'administration qui détermine, par règlement, ses responsabilités et son
mode de fonctionnement.
«Le conseil académique est formé des membres
suivants — premier
alinéa :
«1° le directeur général, qui le préside; — deuxième
alinéa :
«2° 12
membres du corps professoral ayant un statut régulier, nommés par l'assemblée
professorale; — troisième alinéa :
«3° quatre personnes provenant de la communauté
étudiante de l'École nommées de la manière prévue au paragraphe 6° du premier
alinéa de l'article 8.
«La
composition des membres nommés en vertu du [deuxième] paragraphe [...] du
deuxième alinéa doit tendre à refléter la proportion des maîtres
d'enseignement au sein de l'assemblée professorale.»
Alors, commentaire sur l'article 22. Cet article
reprend en grande partie les articles 28 à 30 de la loi actuelle concernant le
conseil académique, en précisant son rôle et en modifiant sa composition. En
effet, il sera maintenant possible et permis aux professeurs adjoints et aux
maîtres d'enseignement d'être membres du conseil académique.
De plus, on
précise que, pour être membres de cette instance, les membres du corps
«prossessoral» doivent détenir une permanence.
Finalement, le siège qui était prévu pour le
principal de l'école est remplacé par un quatrième siège pour une personne
provenant de la communauté étudiante.
La Présidente (Mme Dionne) : Merci,
Mme la députée. Des commentaires sur l'article 22?
Mme Setlakwe : Je me demandais juste
si... Actuellement, par rapport à la situation actuelle, le conseil académique
est composé de combien de personnes, et quel est l'objectif pour la suite?
Mme Boivin Roy : Mme la Présidente,
si on pouvait demander à l'École Polytechnique de répondre.
La Présidente (Mme Dionne) : Oui.
Mme Paquette.
Mme Paquette
(Annick) : Oui. Donc, en fait, le nombre total de membres du conseil
académique n'a pas changé. Donc, en abolissant la présence du principal, on a
amené ce poste-là, ce siège-là vers une... le représentant de la communauté étudiante. Et, au niveau des
membres professeurs, ils sont toujours 12, sauf qu'on a élargi ceux qui
étaient admissibles à siéger au conseil académique.
La Présidente (Mme Dionne) : Merci,
Mme Paquette. D'autres commentaires sur l'article 22? Est-ce que l'article 22
est adopté?
Des voix : Adopté.
La Présidente (Mme Dionne) : Chapitre
IV. Direction générale. Article 23. Mme la députée.
Mme Boivin
Roy : «Le directeur général est le premier dirigeant de
l'École. Il est nommé par le conseil selon la procédure de nomination
établie par règlement du conseil.
«Cette
procédure doit permettre l'égalité des chances entre les candidatures externes
et internes, assurer l'examen des candidatures de façon indépendante et
confidentielle et permettre la participation de la communauté universitaire.
«Les
fonctions du directeur général sont déterminées par règlement du conseil, à qui
il rend compte de son activité.»
Commentaire sur cet article. Cet article
remplace les articles 31 et 33 de la loi actuelle et apporte quelques
changements au statut du directeur général. Il sera désormais nommé par le
conseil, la plus haute instance décisionnelle de l'École, de qui il relève.
L'article prévoit également que le processus de nomination à la direction
générale doit être défini dans un règlement du conseil dans lequel, selon le
second alinéa, certains principes essentiels devront être respectés.
La Présidente (Mme Dionne) : Des
commentaires sur l'article 23? Est-ce que l'article 23 est adopté?
Des voix : Adopté.
La Présidente (Mme Dionne) : Article
24.
Mme Boivin Roy : «Le directeur
général préside l'assemblée professorale, laquelle est composée des membres du
corps professoral, soit les professeurs titulaires, [agréés et...] agrégés — pardon — et
adjoints ainsi que les membres d'enseignement.»
Alors, commentaire sur cet article, qui précise
le rôle du directeur général au sein de l'assemblée professorale et qui prévoit
que la composition de celle-ci inclut dorénavant les maîtres d'enseignement.
La Présidente (Mme Dionne) : Des
commentaires sur l'article 24? Est-ce que l'article 24 est adopté?
Des voix : Adopté.
La Présidente (Mme Dionne) : Adopté.
Article 25.
Mme Boivin Roy : «Le directeur
général doit s'assurer que le conseil dispose de l'ensemble des ressources requises
pour l'accomplissement de ses fonctions et de celles de ses comités.»
Note explicative. Mme la Présidente, cet article
nouveau introduit une exigence classique en matière de gouvernance visant à
protéger le conseil et à assurer son autonomie par rapport à l'administration.
La Présidente (Mme Dionne) : Des
commentaires sur l'article 25? Est-ce que l'article 25 est adopté?
Des voix : Adopté.
La Présidente (Mme Dionne) : Article
26. Mme la députée, je crois que vous avez un amendement.
Mme Boivin Roy : Oui, tout à fait.
On a déposé un amendement sur Greffier.
La Présidente (Mme Dionne) : Alors,
nous allons mettre à l'écran l'amendement. Donc, je vous invite à en faire la
lecture... de l'article d'abord, et ensuite l'amendement.
Mme Boivin Roy : Parfait. Alors, la
lecture de l'article 26 est la suivante :
«Le mandat du directeur général est de cinq ans
et peut être renouvelé une fois pour la durée déterminée par le conseil,
laquelle ne peut excéder cinq ans.
«Au terme de
ce second mandat, une procédure de sélection est lancée par l'École
conformément au règlement prévu à
l'article 23 et le directeur général sortant peut soumettre sa candidature au
même titre que tout autre candidat.»
Alors, j'ai
des commentaires sur cet article. Est-ce que vous souhaitez que je vous en
parle avant l'amendement, Mme la Présidente?
La
Présidente (Mme Dionne) : ...on ira à l'amendement.
Mme Boivin Roy : Parfait. Cet article
remplace l'article 32 de la loi actuelle et prévoit un mandat de cinq ans pour
le directeur général afin d'assurer une continuité dans la gestion. L'article
permet un renouvellement de mandat, en précisant toutefois que sa durée ne
pourra excéder cinq ans, selon ce que déterminera le conseil.
Le
deuxième alinéa prévoit qu'après deux mandats le processus prévu à l'article 23
de ce projet de loi doit être repris et le directeur général en poste
peut de nouveau soumettre sa candidature pour un autre mandat.
La Présidente (Mme
Dionne) : Alors, je vous invite à faire la lecture de votre
amendement.
Mme Boivin
Roy : Merci. Alors, remplacer, dans le deuxième alinéa de l'article 26
du projet de loi, le mot «sélection» par le mot «nomination».
Le
commentaire à cet égard. Il s'agit d'une modification qui vise à assurer une
cohérence avec le terme «procédure de nomination» utilisé au premier
alinéa de l'article 23.
La Présidente (Mme Dionne) : Est-ce
qu'il y a des commentaires sur l'amendement? Est-ce que l'amendement est
adopté?
Des voix : Adopté.
La Présidente (Mme
Dionne) : Des commentaires sur l'article amendé?
Mme Setlakwe :
Ah! peut-être une question, Mme
la Présidente. Donc, le directeur général ou, en l'occurrence, la directrice
générale, donc, elle a un mandat de cinq ans qui peut être renouvelé. Donc,
après 10 ans, on peut nommer à nouveau la même personne pour un autre 10 ans.
Donc, on a deux cycles de 10 ans, puis ça s'arrête là, ou on peut, dans
le fond... Si je comprends bien l'article, on peut repartir la procédure après
deux mandats.
Mme Déry : Oui. Ce que je comprends de l'article, c'est que,
justement, aussi, on peut soumettre une fois une candidature de nouveau pour un autre mandat, mais, après ça... À moins
qu'on lance la question à Me Paquette : Est-ce qu'on peut?
La Présidente (Mme
Dionne) : ...
Mme Paquette
(Annick) : Oui, certainement. Donc, effectivement, ce qui est prévu ici,
c'est qu'au terme du deuxième mandat on refait un processus de nomination au
complet, donc un affichage à l'externe où on recrute, où les gens de l'extérieur, incluant la personne qui
est directrice générale, peut soumettre sa candidature, mais on prévoit
un processus complet de nomination ici. Donc, il pourrait qu'au terme de ce
processus nouveau là, ce soit, oui, la personne qui était déjà en place, mais
que ça pourrait être quelqu'un d'autre également.
• (16 h 40) •
Une voix : Merci.
La Présidente (Mme
Dionne) : Est-ce que l'article 26 amendé est adopté?
Des voix : Adopté.
La Présidente (Mme
Dionne) : Article 27.
Mme Boivin Roy : «Lorsque le directeur
général est absent pour maladie, incapacité ou autre cause, le conseil
peut désigner un suppléant pour le remplacer temporairement.
«Dans le cas où le
poste de directeur général devient vacant, le conseil peut désigner une
personne pour assurer l'intérim jusqu'à ce que le poste soit pourvu
conformément au règlement prévu à l'article 23.»
Alors, commentaires
sur cet article. Ce nouvel article permet de faire face aux situations où le
directeur général ne peut exercer ses fonctions pour absence, maladie ou
incapacité, ainsi que pour le cas où sa charge devient vacante. Le conseil peut alors désigner, selon le cas, un suppléant pour
le remplacer jusqu'à ce qu'il puisse à nouveau exercer ses fonctions ou
un intérimaire jusqu'à ce que sa charge soit comblée par le conseil.
La Présidente (Mme
Dionne) : Des commentaires sur l'article 27?
Mme
Setlakwe : Non, ça me semble tout à fait correct. Il n'y a pas, donc,
de... on n'a pas prévu de limite de temps, là, pour cette période intérimaire
ou ce remplacement par une autre personne?
Mme Déry : Je
pense que c'est vraiment le CA qui doit se prononcer là-dessus dépendamment de
la nature, justement, de l'absence ou de la vacance en question, là.
La Présidente (Mme Dionne) : Est-ce
que l'article 27 est adopté?
Des voix : Adopté.
La Présidente (Mme Dionne) : Article
28.
Mme Boivin Roy : «Le secrétaire
général de l'École est nommé par le conseil sur la recommandation du directeur
général. Le conseil en détermine le statut et les responsabilités.»
Alors, commentaire là-dessus. Le nouvel article
vient clarifier le statut du titulaire de la fonction de secrétaire général.
La Présidente (Mme Dionne) : Des
commentaires sur l'article 28? Est-ce que l'article 28 est adopté?
Des voix : Adopté.
La Présidente (Mme Dionne) : Adopté.
Chapitre V. Dispositions transitoires et finales. Alors, à l'article 29, Mme la députée, je sais que vous avez un
amendement, donc juste lire l'article, et on procédera, par la suite, à
l'amendement.
Mme Boivin Roy : Merci. Alors :
Le principal de l'École en fonction le jour de la sanction de la présente loi
demeure en fonction pour la durée non
écoulée de son mandat sous l'appellation de président du conseil
d'administration, jusqu'à ce qu'il soit remplacé ou nommé de nouveau
conformément à la présente loi.
Le directeur
en fonction le jour de la sanction de la présente loi demeure en fonction pour
la durée non écoulée de son mandat
sous l'appellation du directeur général, jusqu'à ce qu'il soit remplacé ou
nommé de nouveau conformément à la présente loi.
Le mandat des autres membres du conseil se
poursuit pour la durée prévue de ce mandat et ces personnes demeurent en fonction jusqu'à ce que, le cas
échéant, elles soient remplacées ou nommées de nouveau conformément à la
présente loi.
Les deux professeurs qui ont été nommés membres
du conseil par ce dernier à titre d'ingénieurs diplômés de l'École en vertu du paragraphe 3° du premier
alinéa de l'article 16 de la Loi sur la Corporation de l'École Polytechnique
de Montréal sont réputés avoir été nommés par l'assemblée professorale en vertu
du paragraphe 5° du premier alinéa de
l'article 8 de la présente loi. Leur mandat se poursuit en cette qualité pour
la durée non écoulée de celui-ci, jusqu'à ce qu'ils soient remplacés ou
nommés de nouveau conformément à la présente loi.
Alors, commentaire sur cet article, Mme la
Présidente. Cet article habituel de transition est nécessaire pour le maintien en place de l'ensemble des membres du
conseil d'administration, pour préciser la durée de leur mandat et pour rendre effectif le changement d'appellation du
principal et du directeur de l'école, en plus de clarifier le statut des
deux professeurs nommés par le conseil sous la loi actuelle.
La Présidente (Mme Dionne) : Merci,
Mme la députée. Donc, vous pouvez présenter votre amendement.
Mme Boivin Roy : Merci. À l'article
29 du projet de loi, donc, premier allinéa :
1° remplacer, dans le premier alinéa, «président
du conseil d'administration,» par «président du conseil d'administration et, au
terme de ce mandat, il reste en fonction»; et le deuxième alinéa :
2° remplacer, dans le deuxième alinéa,
«directeur général,» par «directeur général et, au terme de ce mandat, il reste
en fonction».
Alors,
commentaire sur cet amendement, Mme la Présidente. À la suite d'un commentaire
formulé par le Secrétariat aux emplois supérieurs, cet amendement vise à
clarifier l'intention derrière cette disposition transitoire, soit le fait que le mandat du président du conseil
d'administration, alinéa 1°, et du directeur général, alinéa 2°, en poste au
moment de l'arrivée... de l'entrée en
vigueur, pardon, peuvent se poursuivre au-delà du terme non écoulé du mandat
jusqu'à ce qu'ils soient remplacés ou nommés de nouveau.
La Présidente (Mme Dionne) : Merci,
Mme la députée. Donc, des commentaires sur l'amendement?
Mme Setlakwe : ...pense que, sur le
fond... C'était quoi, l'objectif de la modification de l'amendement?
Mme
Déry : C'est vraiment pour s'assurer que la transition se
fasse de manière efficace. C'est vraiment les emplois supérieurs qui le
demandent, donc, pour s'assurer que la transition se fasse, pour maintenir en
place l'ensemble des gens sur le conseil d'administration, le temps... le temps
que la transition se fasse. Donc, c'est vraiment pour assurer, comme on l'a dit dans les autres... dans les
autres articles, c'est pour assurer une stabilité, là, pour ne pas qu'il y ait
de vacance, pour ne pas qu'il y ait de transition où il manque des gens
au conseil d'administration.
Mme
Setlakwe : Oui. Non, je pense que c'était mieux d'ajouter...
c'était «au terme de son mandat». Il reste en fonction jusqu'à ce qu'il
soit remplacé. Je comprends l'amendement. Merci.
La Présidente (Mme Dionne) : ...commentaires
sur l'amendement? Est-ce que l'amendement est adopté?
Des voix : Adopté.
La
Présidente (Mme Dionne) : Des commentaires sur l'article 29 amendé?
S'il n'y a pas de commentaire, est-ce que l'article 29 amendé est adopté?
Des voix : Adopté.
La Présidente (Mme
Dionne) : Article 30. Mme la députée.
Mme Boivin
Roy : 30. La présente loi remplace la Loi sur la Corporation de
l'École Polytechnique de Montréal (1987, chapitre 135).
Tout renvoi à cette
loi ou à l'une de ses dispositions est un renvoi à la présente loi ou à la
disposition correspondante de la présente loi.
Alors, un commentaire
là-dessus. Cet article indique que la loi actuelle est remplacée par le présent
projet de loi et indique que toute référence
à la loi, aussi remplacée, doit être considérée comme une référence à cette
nouvelle loi.
La Présidente (Mme
Dionne) : Des commentaires sur l'article 30? Est-ce que l'article 30
est adopté?
Des voix : Adopté.
La Présidente (Mme
Dionne) : Article 31.
Mme Boivin
Roy : Les règlements, les résolutions ou les ordonnances adoptés, le
contrat d'affiliation conclu avec l'Université de Montréal, les conventions et
les contrats signés, les actes posés et les engagements pris par l'École
restent en vigueur, dans la mesure où ils sont compatibles avec la présente
loi, tant que leur objet n'a pas été accompli ou jusqu'à ce qu'ils soient
modifiés, remplacés ou abrogés en vertu de celle-ci.
Alors, commentaire
là-dessus. Cet article habituel de transition prévoit que les actes posés par
l'école sous l'ancienne loi restent en vigueur jusqu'à l'adoption d'actes
modificatifs ou abrogatifs en vertu de la nouvelle loi.
La Présidente (Mme
Dionne) : Des commentaires sur l'article 31? Est-ce que l'article 31
est adopté?
Des voix : Adopté.
La Présidente (Mme
Dionne) : Et, finalement, dernier article, 32. Mme la députée.
Des voix : Adopté.
Mme Boivin Roy : La présente loi entre en
vigueur le... on aura à indiquer la date de la sanction de la présente loi.
Alors, évidemment, le
commentaire va au même effet.
La Présidente (Mme
Dionne) : Merci, Mme la députée. Des commentaires sur l'article 32?
Alors, est-ce que l'article 32 est adopté?
Des voix : Adopté.
La Présidente (Mme
Dionne) : Donc, est-ce que les intitulés des chapitres du projet de
loi sont adoptés?
Des voix : Adopté.
La Présidente (Mme
Dionne) : Est-ce que le titre du projet de loi est adopté?
Des voix : Adopté.
La Présidente (Mme
Dionne) : Donc, je propose que la commission adopte une motion
d'ajustement sur les références. Est-ce qu'elle est adoptée?
Des voix : Adopté.
Remarques finales
La Présidente (Mme Dionne) : Nous
sommes maintenant rendus à l'étape des remarques finales. Donc, je cède
maintenant la parole à la porte-parole de l'opposition officielle.
Mme Michelle Setlakwe
Mme
Setlakwe : Oui. Bien, merci, Mme la Présidente. Écoutez, j'avais très
peu de commentaires, très peu de questions. Je pense que le dossier a été
présenté de façon très professionnelle et rigoureuse. On voit que, dans... il y avait... il y avait
beaucoup de rigueur dans la préparation du mémoire qui était complet, écouté
puis... Je vois aussi le... tout le sérieux qui a été accordé à la démarche en
amont. Ça fait des années, là. On voit que vous réfléchissez... vous réfléchissez à ces changements qui sont
nécessaires. Donc, on vous souhaite le meilleur succès pour la suite, en espérant
que ces changements-là soient... vous permettent d'être encore plus agiles,
encore plus performants, vous permettent d'avoir
une gouvernance, vraiment, qui suit les meilleures pratiques, on n'en doute...
on n'en doute aucunement. Donc, ça m'a fait plaisir de collaborer à la
démarche cet après-midi.
Je vais me permettre,
en terminant, de revenir brièvement, là, sur la question des étudiants
internationaux puis des liens que moi, je
fais, là, entre certains éléments qui sont repris dans le projet de loi qu'on a
étudié cet après-midi, comme l'importance de l'autonomie au sein des
établissements d'enseignement comme celui de Polytechnique. On parle, d'ailleurs, spécifiquement, au début... à
l'article... bien, évidemment, je n'ai pas parlé du préambule, mais aux...
à l'article 1, de l'importance, pour l'École Polytechnique, donc, dans le cadre
de sa mission d'enseignement... Elle a une mission d'enseignement et de
recherche et d'innovation dans tous les domaines, notamment scientifiques et technologiques, liés à la pratique du génie. Puis,
moi, ce que j'ai retenu, donc, les commentaires du réseau universitaire,
c'était de s'assurer qu'on puisse laisser
l'autonomie aux établissements, comme Polytechnique, pour déterminer quels
programmes doivent être offerts, quels domaines doivent être visés, ne pas s'en
tenir à une réflexion uniquement liée à des
besoins de main-d'oeuvre, penser qu'on ne veut pas échapper, là, le prochain...
juste pour nommer celui-là, mais on ne veut pas échapper le prochain
Yoshua Bengio.
Les étudiants
internationaux sont une... non seulement ils sont une grande richesse au sens
le plus large du terme pour le Québec, ils
sont une grande richesse pour l'École Polytechnique, puis il faut aussi penser
que ça fonctionne dans les deux sens. Les étudiants en génie, les
Québécois qui étudient en génie vont parfaire aussi leur formation à
l'international. On ne voudrait pas... On ne voudrait certainement pas envoyer
un message qu'on change les choses qui fonctionnent bien au Québec. On comprend
qu'il y a peut-être certains établissements où il y a des pratiques de recrutement excessives qui... bon, c'est ça, qui
ont donné lieu à un accueil vraiment démesuré d'étudiants internationaux.
• (16 h 50) •
Pour ce qui est de
Polytechnique, moi, j'ai compris, en lisant la documentation durant les
consultations, en lisant de mémoire, en
lisant la lettre ouverte et également lorsque je suis allée visiter, pour la
deuxième fois, l'établissement, j'ai été en contact avec des étudiants
internationaux qui parlent un français impeccable, qui sont vraiment des
étoiles dans leur domaine, qui ont déjà des liens importants avec le Québec,
qui souhaitent y rester, etc. Donc, je pense qu'il faut vraiment continuer. Et, encore une fois, dans l'exercice des
pouvoirs, en vertu du nouveau projet de loi 74, j'espère qu'on ne viendra pas fragiliser, donc, cet îlot
d'excellence... c'est ça, cet écosystème universitaire qu'on a, qui fonctionne bien. On a entendu parler de la part des
universités que le recrutement devait rester entre les mains des
établissements, que ça se passe bien, qui sont... que les étudiants
étrangers sont — internationaux,
je préfère utiliser l'expression «internationaux» — sont essentiels,
surtout, là, pour les cycles supérieurs.
Et
puis, en terminant, mais je mentionne que c'est une question de cohérence
aussi, là, dans le plan stratégique du MES, le ministère de l'Enseignement
supérieur, on mentionne l'importance d'internationaliser l'enseignement
supérieur, d'être compétitif, d'être présent
dans cette course mondiale aux talents. Alors voilà, je pense qu'il faut être
cohérent avec les objectifs. Merci.
La Présidente (Mme
Dionne) : Merci, Mme la députée. Je cède maintenant la parole à Mme la
ministre.
Mme Pascale Déry
Mme Déry : Merci
beaucoup, Mme la Présidente. Bien, alors, je veux remercier évidemment tous les
acteurs de Polytechnique, qui ont travaillé très, très, très fort au cours des
dernières années. Moi, j'y suis arrivée, puis on a collaboré au cours des derniers mois, mais je sais que le travail avait
commencé déjà depuis 2018. Alors, bien, Maud Cohen, évidemment, merci,
Mme Annick Paquette... Me Annick Paquette, Louis Borgia aussi. Diane Wilhelmy,
donc, vous les avez tous mentionnées un
petit peu plus tôt. Donc, bravo pour ce travail qui a été fait vraiment de
manière très, très rigoureuse au cours des dernières années. Vous avez vraiment
maintenu ce dialogue avec tout le monde pour s'assurer d'avoir les
meilleurs mécanismes de gouvernance qu'on puisse avoir aujourd'hui.
Donc,
150 ans à développer, on se souhaite un autre 150 ans à développer les milliers
de talents et à maintenir ce fleuron
de classe mondiale que nous avons au Québec. Donc, voilà, on s'est inspiré des
meilleures pratiques de gouvernance, comme on vous l'avait dit à
plusieurs reprises. On a vu les changements et les modifications qui ont été
apportés au niveau de la gouvernance avec le
corps professoral, donc, le conseil académique, dont on modifie un peu la
structure, à la nomination du D.G.
également. Je pense qu'on s'arrime bien comme il faut avec les pratiques qui
existent aujourd'hui.
Donc, je voulais
vraiment vous remercier de cette précieuse collaboration, à tous mes collègues
ici aussi, au ministère également. Je pense
que c'était nécessaire d'en venir à un modèle un peu plus revampé pour
poursuivre cette mission d'enseignement et de recherche, d'innovation
aussi, on les a inclus dans le... dans le projet de loi, et ça va permettre à Polytechnique de demeurer l'un des
plus importants établissements de formation et de recherche en génie au
Canada, mais évidemment un établissement de classe mondiale, on l'a maintes
fois évoqué.
Je
suis convaincue que ces changements-là et ces nouveaux principes vont
permettre, justement, à Polytechnique de continuer sa mission de manière encore
plus efficace, d'abord auprès des étudiants qu'elle accueille, mais
aussi auprès de la collectivité québécoise.
Donc, encore une fois, merci beaucoup à tout le monde pour la contribution à
ces travaux, et je vous souhaite une excellente fin de journée.
La
Présidente (Mme Dionne) : Merci, Mme la ministre. Donc, s'il n'y a pas
d'autre intervention, je céderais le mot final à Mme la députée d'Anjou—Louis-Riel,
oui.
Mme Karine Boivin
Roy
Mme Boivin
Roy : Merci, Mme la Présidente. Alors, voilà qui met un
terme à nos travaux en commission parlementaire
pour entendre la Polytechnique Montréal et ensuite pour étudier, article par
article, le projet de loi d'intérêt privé n° 211
de l'École Polytechnique de Montréal.
Alors, bien
sûr, à l'instar de Mme la ministre, je tiens à remercier tout le monde pour
l'excellente collaboration, vous inclus, Mme la Présidente. Alors, évidemment,
je pense que cette étude n'a certainement pas été aussi fastidieuse que les
travaux que vous avez eu à faire, l'École Polytechnique, durant les six
dernières années, grâce à votre rigueur et votre professionnalisme. Alors, ça nous a permis aujourd'hui à ce que
les travaux puissent se dérouler très rondement.
Alors, il
était certainement pertinent, mais aussi nécessaire pour vous de voir à ce que
votre institution puisse être modernisée au niveau de sa gouvernance puisque
tout le monde s'entend aujourd'hui pour dire que l'École Polytechnique est une école névralgique pour le développement et
l'avenir du Québec, et ce, depuis 150 ans, comme l'a évoqué Mme la
ministre.
Alors, avec ce projet de loi, l'institut vient
se doter des moyens nécessaires pour rester dans cette position névralgique au centre de notre avenir et, comme
l'a dit Mme la ministre, pour les générations, aussi tout à l'heure dans ses
remarques initiales, pour les générations à venir.
Alors, félicitations à nouveau aux équipes du
ministère et à celle de Polytechnique, donc présentes avec nous, Maud Cohen, Me Annick Paquette et Louis
Borgia, également Émilie Brière, et vous m'excuserez, cher collègue, d'avoir
oublié votre nom, mais vous également. Je vous regarde, alors sentez-vous visé,
les remerciements vont à vous également et, bien sûr, notre collègue de Mont-Royal—Outremont. Donc, merci à
vous pour votre participation efficace aux travaux d'aujourd'hui.
Alors, je
suis convaincue, Mme la Présidente, que la suite de cette démarche sera
couronnée de succès pour l'École Polytechnique, ce qui devra nous amener, bien
sûr, j'imagine, à l'adoption finale de ce projet de loi. Alors, encore
une fois, merci à tous.
La
Présidente (Mme Dionne) : Merci beaucoup, Mme la députée. Donc,
félicitations pour l'excellent travail. Merci à tous pour votre
collaboration.
Donc, la
commission, ayant accompli son mandat, ajourne ses travaux sine die. Donc,
bonne fin de journée à tous.
(Fin de la séance à 16 h 56
)