(Onze heures trente minutes)
La Présidente (Mme Guillemette) : Ayant
constaté le quorum, je déclare la séance de la Commission de la culture et de
l'éducation ouverte.
La commission
est réunie aujourd'hui afin de procéder à l'étude du volet Éducation primaire,
secondaire, incluant la formation professionnelle, des crédits
budgétaires du portefeuille Éducation pour l'exercice financier 2026-2027. Une
enveloppe de cinq heures a été allouée pour l'étude des crédits.
Mme la secrétaire, est-ce qu'il y a des
remplacements?
La
Secrétaire : Oui, Mme la Présidente. M. Zanetti (Jean-Lesage) est remplacé par M. Nadeau-Dubois (Gouin) et
Mme Gentilcore (Terrebonne) est remplacée par M. Bérubé
(Matane-Matapédia).
La Présidente (Mme Guillemette) :
Merci, Mme la secrétaire. Donc, nous allons procéder à une discussion d'ordre
général, incluant les questions et les réponses, et la mise aux voix de ces
crédits sera effectuée à la fin du temps alloué, donc, aux alentours de
18 h 30 ce soir.
Éducation primaire et
secondaire incluant formation professionnelle
Discussion générale
Donc, je suis prête à reconnaître une première
intervenante de l'opposition officielle pour un premier bloc d'échange de
14 min 40 s. Mme la députée de Bourassa-Sauvé.
Mme Cadet : Merci, Mme la
Présidente. Bonjour, Mme la ministre. Salutations, chers collègues. Merci
également, donc, à l'ensemble des professionnels du ministère de l'Éducation
qui sont derrière nous et avec lesquels nous aurons le plaisir de passer une
longue journée.
Mme la ministre, je plonge directement. Donc,
vous le savez, je l'ai souvent évoqué, donc, la dernière année, elle a été
difficile dans le réseau de l'éducation. L'été dernier, des compressions
surprises ont été annoncées au réseau. Donc,
il y a eu, donc, un réinvestissement. Vous êtes arrivée en poste. Votre
prédécesseur a démissionné. Il y a eu énormément de soubresauts, donc,
qui ont causé, donc, une rentrée scolaire que d'aucuns ont qualifiée de pire
rentrée scolaire, donc, des 15 dernières années. Dans toute cette saga des
compressions, donc, on arrive à un moment de l'année... Donc, nous sommes au
mois de mai. On est un peu plus en mesure, donc, d'effectuer un bilan de tout
ce qui s'est effectué, puis c'est là-dessus que j'ai envie de commencer, parce
que j'ai l'impression que c'est une grande priorité pour les professionnels du
réseau de l'éducation.
Quand vous, vous êtes arrivée, il faut le dire,
donc, vous, vous avez posé, donc, un geste qui était attendu. Donc, on vous le
demandait, mais vous êtes arrivée un peu sur le tard. Mais, quand même, donc,
rapidement, par la suite, donc, vous avez levé les cibles d'ETC. Donc, je veux
peut-être arriver avec ça, parce qu'on le sait, le réinvestissement était
conditionnel à quelques éléments, dont les cibles d'ETC, puis c'était un des
éléments qui était un non-sens. Puis je veux savoir, d'abord, donc, vous, quand
vous êtes arrivée puis vous avez dit : OK, ça a bien de l'allure, donc, de
lever ces cibles d'ETC là, est-ce que vous savez quel montant devait être sauvé
pendant l'année scolaire avec... avec cette mesure budgétaire là qui est
imposée?
Mme LeBel : Oui, bien, merci. Merci,
chère collègue. Vous allez me permettre de prendre peut-être un peu de temps à
peine, parce qu'on a quand même cinq heures devant nous, pour saluer tout
le monde et remercier les équipes qui m'entourent, à qui je donnerai peut-être,
avec le consentement de mes collègues, la parole de temps en temps pour arriver
dans des précisions quand on sera peut-être dans des choses plus pointues, mais
de les remercier pour tout le travail qu'ils effectuent, parce qu'année après
année la préparation des crédits budgétaires, c'est toujours un travail
extrêmement fastidieux pour les équipes gouvernementales. Donc, je vais prendre
le temps de les remercier au début. Je vous les... Je ne vous les présenterai pas
tous, mais je prends le temps de les remercier parce qu'ils m'accompagnent et
de remercier mes collègues de la banquette gouvernementale qui m'accompagnent
aussi dans ces crédits-là.
Oui, bien, je vais peut-être commencer par un
peu, si vous me permettez, avec beaucoup de respect, corriger une prémisse de votre question. Il n'y a pas eu de
compressions l'an passé. Le gros enjeu de l'an passé était à deux niveaux.
Premièrement, les règles budgétaires sont arrivées très tardivement au niveau
des réseaux, et beaucoup d'embauches avaient été faites par les réseaux sur des
budgets qu'ils ne connaissaient pas encore. Donc, naturellement, ça faisait en
sorte que, malheureusement, ils avaient engagé sans connaître les budgets qui
étaient disponibles. C'était une première chose, et on pourra l'aborder plus
tard, mais on va régler cet enjeu-là de la... de la prévisibilité avec les règles budgétaires qui seront déployées de façon beaucoup
plus hâtive, donc, beaucoup plus tôt cette année pour... donc, qui est une des
demandes du réseau, c'est-à-dire de leur donner le plus de prévisibilité
possible.
Pour ce qui est de la question, là, plus
particulière des ETC, la règle budgétaire était... était écrite de façon telle
qu'effectivement elle empêchait de dépenser les budgets disponibles, même s'ils
étaient disponibles. Et moi, je vais parler pour moi puis je vais parler du
Trésor, il n'avait jamais été intention de faire en sorte de... surtout pas au
niveau des réseaux, là, il y a eu des règles d'ETC, des plafonds d'ETC qui ont
été mis ailleurs dans la grande... le grand appareil gouvernemental, en
particulier dans la fonction publique, mais on va distinguer le ministère du
réseau, donc, certainement pas dans le réseau. Il n'y a jamais eu de
plafonnement, ou de règle de plafonnement, ou de réduction d'effectifs dans les
réseaux.
Donc, effectivement, moi, quand je suis arrivée
en poste en septembre, j'ai fait la rencontre de beaucoup de gens, dont les
centres de services scolaires, et on m'a expliqué que la règle, qui était la
036 ou 034, vous allez... vous allez m'excuser si le numéro n'est pas bon, mais
on sait de quoi on parle, faisait en sorte de plafonner, alors que
l'intention... et je vais me placer du côté du Trésor, l'intention avait été
plutôt de faire un suivi, donc, une cible, on en a parlé, d'une cible, par la
suite, de faire un suivi, la règle cardinale étant, naturellement, le fait que
tous les centres de services scolaires ne peuvent pas faire de déficit, donc,
doivent respecter leurs budgets, mais l'idée n'était certainement pas de les
empêcher de dépenser leurs budgets et de pouvoir engager.
Donc, le plus rapidement possible... Parce qu'il
faut faire des modifications. Il faut que tout ça passe au Trésor. Il faut
trouver la meilleure façon de faire descendre la nouvelle consigne sans créer
un autre effet qui n'était pas désiré, donc, celui de plafonner. Donc, le plus
rapidement possible, bien, avec les équipes du Trésor et les équipes du
ministère, on a trouvé la façon de, je dirais, débloquer cet enjeu-là et de
faire du plafond d'ETC une cible. Pourquoi une cible? C'est parce que 80 %
de la rémunération des centres de services scolaires, c'est des ETC. Des ETC,
c'est des employés temps complet, des équivalents temps complet. C'est quoi,
des ETC? C'est des gens, c'est de la paie, c'est du salaire. Donc, on va
peut-être... Donc, c'est de la rémunération.
Donc, la règle était de leur dire : Bien,
vous devez respecter votre budget, suivez vos cibles. Donc, on en voit encore
cette année. Ce n'est pas une cible, c'est une estimation. Donc, on leur donne
une fourchette qu'on pense de leurs besoins en fonction de leurs budgets en
leur disant : Ceci n'est pas un plafond, c'est maintenant une estimation
de ce que vous pourriez avoir besoin comme ETC en fonction de votre clientèle,
en fonction de ce qu'on connaît de votre réalité, maintenant, vous avez un
budget, suivez votre cible — je
vais continuer à dire le mot «cible» — suivez votre cible parce que
c'est un indicateur de savoir si vous approchez de dépasser votre budget ou
non, donc, c'est une belle façon de gérer votre budget. On va continuer à
suivre ces indicateurs-là, mais ce n'est plus une cible. Ce n'est plus une
cible depuis l'automne, septembre 2025. On est rendus en 2026, hein? Oui.
Mme Cadet : Merci, Mme la
Présidente. Oui, il s'agissait de la mesure 16036, mais je suis...
Mme LeBel : 36, hein, oui. Merci.
Mme Cadet : Je suis surprise un peu,
Mme la ministre, parce qu'un peu... Donc, dans la réponse que vous avez donnée,
vous nous dites : Bien, en fait, il ne s'agissait pas de compressions, là,
ce... De mémoire, je veux dire, même le... même votre prédécesseur, à un moment
donné, donc, avait reconnu, donc, qu'il y avait eu, donc, des compressions dans
le réseau. Donc, c'est un peu... Vous comprenez qu'il y a... Il n'y a pas
grand-monde dans le réseau de l'éducation qui a retenu qu'il n'y avait pas eu
de compressions l'été passé. Puis, si ça n'avait pas été des compressions, je
ne pense pas qu'on aurait parlé d'un réinvestissement par la suite, alors
que...
Mme LeBel : Bien, il y a eu un
effet. Bon, je vais vous parler, moi, du point de vue... J'ai eu le privilège
d'être au Trésor pendant cinq ans et demi, donc, d'avoir suivi aussi les
budgets... là, je ne les connais pas tous par coeur, là, je me suis replongée
dans le budget de l'éducation, mais suivi les budgets de santé, éducation,
ministère des Transports. Il n'y a jamais eu de compressions dans le budget de
l'éducation.
Par contre, je suis d'accord que l'effet des
règles budgétaires, un, le moment où elles ont été déployées et, deux, la
fameuse 036, pouvait donner un effet de compression, parce qu'elles
empêchaient, effectivement, de dépenser leurs budgets de façon adéquate, et là
il y a eu des embauches qui ont été faites.
Donc, oui, on a eu du réinvestissement. On a
refait, avec le Trésor... Puis moi, je vais... j'étais Trésor à ce moment-là,
je suis maintenant Éducation, mais j'ai participé à l'exercice avec le Trésor
dans le courant du mois de juillet, août, une réévaluation plus pointue de la
clientèle, donc, une meilleure règle d'évaluation de la clientèle, et là on
a... on a réinvesti, effectivement, pour s'assurer que les besoins étaient
couverts.
Donc, c'est l'effet de plusieurs choses qui ont
donné une impression de compression, mais il n'y a jamais eu de coupure dans le
budget de l'éducation. Mais, oui, je peux comprendre que, du point de vue du
terrain, l'effet combiné de tout ça a donné l'impression de compression. Et le
réinvestissement était aussi tributaire du fait qu'on a refait... on a remis,
avec Éducation et Trésor, on s'est mis... «on» étant le gouvernement, là, mais
ces deux entités-là ont trouvé une façon de bien calculer la clientèle, parce
qu'il y avait des difficultés d'écart, des fois, de calcul de clientèle.
Mme Cadet : Merci. Bien, en fait,
ici, là, c'est parce que ça... Ça m'inquiète un peu, puis je ne m'en allais pas
nécessairement là, mais vos propos m'inquiètent un petit peu, madame... Mme la
ministre, parce que... Bien, en fait, dans son discours inaugural, la première
ministre a dit qu'elle déposerait un projet de loi pour, essentiellement, donc, éviter les compressions, mais là vous nous dites...
et, dans le sentiment public, l'objectif de cette promesse électorale là, c'est
de s'assurer que le réseau ne revive pas qu'est-ce qu'il a vécu l'année passée
avec votre prédécesseur, mais là vous nous dites : Bien, en bout de ligne,
il n'y en a pas eu, de compressions, il y a juste eu une impression de
compression.
Donc, est-ce que le
projet de loi que vous, vous allez déposer pour répondre aux besoins du réseau
de l'éducation... est-ce qu'il va juste être là pour empêcher les compressions
ou aussi pour les effets de compression? Parce que, là, ça ne changera rien,
là, si on va pouvoir revivre exactement qu'est-ce qu'on a vécu l'année passée
malgré le projet de loi de la première ministre.
• (11 h 40) •
Mme LeBel :
Le budget de l'éducation, depuis 2018, a augmenté de 62 %. Je n'ai pas en
tête l'inflation sur ces... sur ces huit années-là, mais le budget de
l'éducation est en moyenne de 7 %, là, par année, là, si je fais une règle
rapide, là, de calcul rapide, 6 % à 7 % par année. Ça dépasse
amplement l'inflation année après année, et c'était le cas de l'année en
question. Le budget de l'éducation était... couvrait les coûts de maintien des
services.
Maintenant, ce que la
première ministre dit, c'est qu'on veut s'assurer, dans le futur, que c'est
encore le cas. On a fait, nous, le travail depuis huit ans. On a haussé les
budgets de l'éducation. On les a même haussés à une valeur supérieure que
l'inflation. Il y a beaucoup de mesures qui ont été mises en place. On a ajouté
beaucoup d'éléments, des aides à la classe, du soutien. Donc, il y a beaucoup
de choses quand on fait le budget de l'éducation.
Donc, on a compensé
l'inflation, mais l'inflation, il faut faire attention, là, c'est un coût...
c'est un élément qui est pris en compte dans le coût de maintien de services,
parce qu'à l'Éducation on parle plus du coût de maintien de services. Donc,
combien ça coûte pour maintenir... maintenir les mêmes services plus les
mesures du budget, on pourra en parler. On aura du temps pour tout faire ça.
Donc, ce que la
première ministre veut, c'est s'assurer que, dans le futur, les services aux
élèves soient financés adéquatement, et c'est ce qu'on est en train de regarder
avec Trésor et Finances, à titre d'exemple, pour trouver la meilleure solution
pour garantir que cet... que ce qu'on a fait depuis huit ans nous survive,
finalement.
Mme Cadet :
Alors, essentiellement, là, ce que vous nous annoncez aujourd'hui, c'est que le
projet de loi que vous comptez déposer, bien, ça ne changera absolument rien
aux huit dernières années. Là, vous dites : On veut juste s'assurer que ce
soit encore le cas.
Mme LeBel :
Bien, la mesure qui va être prise avec... à laquelle on va décider, là,
d'adhérer, qu'on va trouver, là, la bonne façon de le faire pour remplir la
promesse de la première ministre, ce ne sera pas rétroactif, ça. Ça va être à
partir du prochain budget. Le budget actuel, il est déposé, puis, les huit
dernières années, l'augmentation de 62 % sur huit ans, elle est faite,
elle est pérennisée. Elle est en grande partie intégrée dans la base budgétaire
du ministère de l'Éducation. Donc, ça demeure. Et il n'a jamais été dit qu'on
allait faire ça de façon rétroactive puis il n'a jamais été dit que, dans les
huit dernières années, on n'avait pas couvert les services aux étudiants. Elle
a dit qu'elle, elle voulait s'assurer que ça allait toujours être le cas.
Donc, on est en train
de trouver les meilleures solutions pour le faire avec Trésor et Finances, pour
s'assurer que, dans le futur, l'éducation soit toujours pourvue comme il se
doit, comme elle l'a été dans les huit dernières années, parce que je n'ai
jamais entendu la première ministre dire que ce n'était pas le cas dans les
huit dernières années et je ne l'ai jamais entendue dire que ça allait, de
toute façon, être rétroactif. Et, le budget qui a été déposé en mars dernier par mon collègue, bien, les coûts de
maintien de services, c'est 2 %, puis le budget de l'éducation, c'est
3 %. Donc, on couvre les coûts de maintien de services.
Mme Cadet :
Il n'y a personne qui pense que le projet de loi, là, a pour but d'être
rétroactif, là, ça, c'est clair, Mme la ministre, mais la question que je vous
pose, là, c'est... Il y a le réseau qui a subi des compressions qui étaient
excessivement difficiles. Il y a du monde qui nous ont dit qu'ils étaient
absolument tannés puis qu'ils avaient l'impression que l'éducation... que ce
n'était pas la priorité puis... la priorité des priorités de la CAQ, comme on
avait prétendu que ce l'était au cours des huit dernières années. Il y a... Ça
a été excessivement difficile, puis là vous nous annoncez ce matin qu'en bout
de ligne vous allez déposer un projet de loi pour ne changer absolument rien.
Et là vous dites que
la première ministre n'a jamais dit que... n'a jamais admis les compressions de
l'année dernière. Bien, pour vous dire à quel point c'est... il semblait
tellement y avoir un lien de cause à effet, dans le cadre de la course à la
chefferie de la CAQ, quand on lit l'article de mars dernier, de La Presse
canadienne, bien, on voit, donc : «L'aspirante cheffe de la Coalition
avenir Québec, donc, promet de protéger les services aux élèves en faisant
croître les budgets au minimum au rythme de l'inflation. L'été dernier, son
rival dans la course, l'ex-ministre de l'Éducation, avait imposé des
restrictions budgétaires de 510 millions aux centres de services
scolaires. Pour éviter qu'un tel épisode se reproduise, elle s'engage à déposer
un projet de loi garantissant l'indexation des budgets au minimum à
l'inflation.» Mais là vous nous dites que ça n'a rien à voir avec l'épisode des
compressions de l'été passé, que tout va bien, Madame la Marquise, il n'y a
jamais eu de compressions dans le réseau de l'éducation, puis le projet loi
fait juste s'assurer que ce soit encore le cas.
La Présidente (Mme
Guillemette) : ...Mme la ministre.
Mme LeBel : Bien,
parce que vous me posez la question, il y a déjà eu des compressions dans le
réseau de l'éducation avant 2018. Donc, ce qu'elle a dit, la première ministre,
c'est que notre nouveau gouvernement protégera les budgets de services aux
élèves de toutes futures compressions budgétaires. Donc, on vient s'assurer...
Mme Cadet : Donc,
ça ne change rien. Donc, le milieu va pouvoir revivre qu'est-ce qu'ils ont vécu
l'été passé.
Mme LeBel : Bien,
ça va assurer que, dans le futur...
Mme Cadet : C'est
ce que vous nous dites. C'est ce que vous nous annoncez.
Mme LeBel : Bien,
ça va assurer que, dans le futur, il n'y aura jamais... il n'y aura pas...
Mme Cadet : Donc,
le projet de loi, il est inutile.
Mme LeBel : ...que
les services aux élèves vont toujours être couverts par le budget de
l'éducation. Donc, c'est un legs qu'on veut laisser. Puis c'est ça qu'elle veut
faire aussi avec son prochain gouvernement, donc, c'est de s'assurer de ça.
Mais, oui, il y en a eu, mais avant 2018.
Mme Cadet : ...l'été
passé font partie de votre legs qui va être protégé avec ce projet de loi là.
Mme LeBel : Bien, il n'y en a pas eu, de compressions, l'an
passé. Les gens ont eu les budgets, et c'était au-dessus des coûts de
maintien de services, puis ils ont eu ce qu'il fallait pour pourvoir aux
services à... aux services aux élèves. Il y avait l'enjeu des ETC, il y avait
des enjeux sur le terrain, entièrement d'accord, mais on les a réglés.
La Présidente (Mme
Guillemette) : Merci, Mme la ministre. Merci. Je céderais maintenant
la parole au député de Gouin.
M.
Nadeau-Dubois : Bonjour, Mme la ministre. Je pense que mon micro
est... Vous prenez soin de mon temps, n'est-ce pas, Mme la Présidente?
Une voix : ...
M.
Nadeau-Dubois : Il est ouvert? D'accord.
Des voix :
...
M.
Nadeau-Dubois : Oui, vous m'entendez bien? J'espère, parce ça va être
superintéressant.
Mme LeBel : ...
M.
Nadeau-Dubois : Oui. OK. OK. Bonjour, Mme la ministre. Bonjour, tout
le monde, chers collègues, l'ensemble des équipes également.
Écoutez, on va avoir
l'occasion, Mme la ministre, de parler de ce qui s'en vient en éducation, mais
je n'ai pas le choix de revenir un peu sur
l'échange que vous venez d'avoir avec ma collègue de l'opposition officielle,
c'est-à-dire revenir sur ce qui s'est passé en éducation l'année
dernière. Vous venez de dire qu'il n'y a jamais eu de compressions en éducation
et que les investissements du gouvernement ont toujours couvert les coûts de
système. L'an dernier, en 2025-2026, l'augmentation des dépenses de
portefeuille en éducation était de 0,7 %. Je vous réfère à la
page F.58 du budget, F.58, le taux d'augmentation des dépenses de
portefeuille en éducation, 0,7 %. Pouvez-vous m'expliquer dans quel
univers une augmentation de 0,7 %, ça couvre les coûts de système?
Mme LeBel : Avec plaisir. Page F.58, il faut prendre le
budget qui a été déposé en mars 2025. En mars 2025, le budget de
l'éducation était de 2,2 %. La page... en 2025-2026. La page F.58
fait référence au final. Le final, c'est la différence entre le budget qui a
été effectivement... effectivement... et l'autre. L'enjeu... l'enjeu, je vais
vous revenir, l'enjeu, c'est qu'en 2024, à la fin de 2024... Parce que c'est
toujours le probable, hein? Quand on fait le budget de 2025, on n'a pas
encore la dépense... la dépense réelle de 2024. Donc, on fait ça sur la dépense
probable de 2024 et la dépense probable de 2025.
La comparaison était
que l'augmentation du budget de 2025 était de 2,2 %. Ce qui est arrivé en
2024, la twist, si vous me permettez, c'est qu'il y a eu une augmentation du
budget de 2,2 % par rapport à 2024. Donc, ça, c'est clair, c'est fait,
c'était canné.
Ce qui est arrivé,
c'est qu'on a réglé beaucoup de conventions collectives vers la fin de
l'année 2024 et on a versé dans le réseau de l'éducation les rétroactions,
les rétros salariales, toutes en 2024. C'est un peu comme quand vous recevez
votre rétro puis vous avez ça tout sur votre même rapport d'impôt. Vous payez
de l'impôt dans une année, mais, dans les
faits, il aurait dû être... on aurait pu le répartir, 2022, 2023, ce qui fait
en sorte que le budget de 2024 a été
artificiellement augmenté des rétros. Donc, la différence entre 2024 et 2025
n'était plus de 2,2 % mais de 0,7 %, mais la réelle
augmentation, c'est 2,2 %, si on fait fi des rétroactions qui ont été
versées.
La Présidente (Mme
Guillemette) : Merci, Mme la ministre. M. le député.
M.
Nadeau-Dubois : Au final, les dépenses de portefeuille, en 2025-2026,
ont augmenté de moins de 1 % par rapport à l'année précédente.
Mme LeBel :
Non, 2,2 %.
M.
Nadeau-Dubois : Mme la ministre, c'est dans votre budget, c'est dans
vos documents. Cette information-là est écrite à la page F.58, et vous
nous dites ensuite : On a toujours couvert les coûts de système, on a
toujours couvert l'inflation. Donc, si je comprends bien, selon vous,
0,7 % d'augmentation, ça couvre les coûts de système et ça accote
l'inflation.
Mme LeBel :
Ce n'est pas selon moi, c'est...
M.
Nadeau-Dubois : Je veux dire, personne ne va être d'accord avec vous,
Mme la ministre.
Mme LeBel :
Bien... bien, j'ai beaucoup de respect...
M.
Nadeau-Dubois : Ça fait que c'est peut-être pour ça qu'il y a un effet
de compression puis un sentiment de compression.
Mme LeBel :
Non. J'ai beaucoup de respect pour vous, mais, à chaque fois que vous prenez un
chiffre isolément dans le budget... On a eu cette discussion-là pour le
1 %. À un moment donné, on a prétendu que le budget du public était à
1 % versus 3 % au privé. Après ça, on a prétendu que c'était
2,2 %. Là, on prétend que c'est 1,57 %. On va y revenir. Chaque fois
qu'on prend un chiffre isolément dans le budget, il faut être capable
d'expliquer pourquoi on en est là.
En mars 2025, la
différence, l'écart de budget entre le budget de mars 2025 et le budget de mars
2024 était de 2,2 %. L'éducation a reçu une augmentation de 2,2 %.
Par contre, pendant ce temps, les négociations en éducation se faisaient. Et,
quand on fait un budget, c'est sur le probable de 2024 et le probable de 2025.
À la fin de l'année 2024, on a versé en masse dans le budget de
l'éducation puis là on est venus y ajouter de l'argent, en 2024, qu'il n'a pas
eu à dépenser, dont on ne l'a pas privé. C'était prévu dans le cadre financier
des négociations, mais c'est venu, sur une façon comptable, impacter le
budget 2024. Donc, le réel de 2024 a été augmenté par les rétros de
rémunération parce qu'on les a toutes versées sur la même année. On aurait pu
les séparer sur 2022, 2023, 2024 pour avoir les faits réels. Mais ce qu'il faut
comprendre, c'est que l'éducation n'a pas juste reçu 0,7 %, a reçu 2,2 %.
Mais, sur une base comptable, à la fin de l'année, ça faisait 0,7 %.
• (11 h 50) •
M.
Nadeau-Dubois : Merci. Mme la ministre, ça fait...
Mme LeBel :
Mais ils n'ont pas été privés d'argent.
La Présidente (Mme
Guillemette) : M. le député.
M.
Nadeau-Dubois : Donc, on comprend que le sentiment de compression qui
a été vécu par tout le monde dans le réseau de l'éducation n'était qu'un
sentiment. Vous me permettrez d'en douter, parce que tout le monde qui
travaille au quotidien dans le système d'éducation québécois, y compris, par
ailleurs, les gestionnaires des centres de services
scolaires, décrivent la dernière année financière comme une année extrêmement
difficile où des choix crève-coeur ont été faits et où il a manqué d'à
peu près tout dans nos écoles publiques, puis le taux d'augmentation des
dépenses de portefeuille tend à donner raison à ce que vous décrivez comme un
sentiment de compression.
Maintenant qu'on a
fait ce retour en arrière, je veux parler de l'année qui s'en vient. Vous dites
que... ah! quand j'utilise des chiffres, je n'utilise pas... jamais les
mêmes... en fait, j'essaie d'utiliser le chiffre qui réfère à ce dont je parle.
Donc, quand je parle de l'augmentation des budgets des centres de services
scolaires, j'utilise le chiffre qui correspond à l'augmentation des budgets des
centres de services scolaires. Quand je parle, comme je l'ai fait ce matin, des
mesures en aide alimentaire, j'utilise le chiffre qui réfère aux mesures en
aide alimentaire. Quand je parle du taux des dépenses de portefeuille,
j'utilise le chiffre qui réfère aux dépenses de portefeuille.
Justement, en parlant
d'aide alimentaire, dans le projet de règle budgétaire que vous avez fait
parvenir au réseau de l'éducation à la fin du mois d'avril, on peut lire que la
mesure 1390, anciennement la mesure 15012... que cette enveloppe
budgétaire, donc, qui est l'enveloppe d'aide alimentaire envoyée aux écoles du
Québec, va être indexée de 1,57 % cette année. Est-ce que, selon vous, une
augmentation de 1,57 %, c'est suffisant pour couvrir l'inflation?
Mme LeBel :
Bon, je vais quand même reprendre, 30 secondes, le fait que vous semblez
laisser flotter que je disais que c'étaient des chimères, le sentiment de
compression. Ce n'est pas ça que j'ai dit. J'ai dit qu'il n'y a pas eu de
compressions, mais j'ai dit à votre collègue précédente qu'effectivement, par
contre, la règle sur les ETC pouvait créer une compression. Et on l'a débarrée,
cette règle-là. Donc, il n'y avait pas de compression, mais il était, à juste
titre, alimenté par une règle budgétaire des ETC, le plafond, qui faisait,
effectivement, un effet de compression. Mais, sur le réel, l'éducation a eu ses
budgets. Ça fait que je ne veux pas qu'on... qu'on laisse flotter que je pense
que les gens sur le terrain font des chimères. Et il y avait quelque chose, on
l'a réglé.
Ceci étant dit, l'aide
alimentaire, pour répondre à votre question, l'aide alimentaire au Québec, bon,
il y en a beaucoup, d'aide alimentaire. Je pense qu'il faut aider les familles
en difficulté. Mais l'éducation... Ça passe également par l'éducation. Bon,
c'est le fait de plusieurs personnes, mais ça passe également par l'éducation.
L'aide alimentaire au Québec, elle est... elle rentre dans nos écoles par
plusieurs portes, OK?
M. Nadeau-Dubois : En effet.
Mme
LeBel : Elle rentre par la
porte des... par la porte des règles budgétaires. Puis je pourrai aller sur le
1,57 % plus précisément. Elle entre par la porte des règles
budgétaires. Donc, cette année, c'est 61 millions qui va être alloué par
la porte des règles budgétaires. Elle entre aussi par la porte du financement
de groupes... pas de groupes, mais d'organismes qui font de l'aide alimentaire
dans les écoles, 18 millions pour le Club des petits déjeuners, à titre
d'exemple, et 8,8 millions pour La Cantine pour tous, et elle rentre aussi
par la porte d'appels de projets, 14 millions. Ça fait qu'il faut regarder
la globalité de l'aide alimentaire que les écoles vont recevoir, cher collègue.
M. Nadeau-Dubois : Mme la ministre,
je... Mme la Présidente...
La Présidente (Mme Guillemette) :
Oui, M. le député.
M. Nadeau-Dubois : Mme la ministre,
je connais tout ça depuis maintenant un moment, mais la promesse de la première
ministre, ce n'était pas la protection des... du financement des organismes
communautaires. La promesse de la première ministre lors de sa campagne à la
chefferie, c'était la protection des budgets en éducation. Le ministère de
l'Éducation, dans ses... dans l'argent qu'il envoie dans le réseau de
l'éducation via ses règles budgétaires, a une enveloppe d'aide alimentaire.
Cette enveloppe va augmenter de 1,57 %. D'abord, pouvez-vous me confirmer
cette information-là, cette enveloppe spécifique, 1390?
Mme LeBel : Bon, la promesse de la
première ministre pour le futur, parce que ce n'est pas le cas aujourd'hui, il
n'y a pas de problème, il n'y a pas d'enjeu, c'est de s'assurer que les
services aux élèves sont financés correctement. Et le financement d'un service
tel que l'aide alimentaire ne se fait pas juste par la règle budgétaire. Donc,
c'est de l'argent qui va dans les écoles.
M. Nadeau-Dubois : C'est
superintéressant. C'est juste que ma question, c'était : Pouvez-vous me
confirmer que la mesure 1390, Aide alimentaire, va être indexée de 1,57 %?
Mme LeBel : Présentement, ce qui
circule...
M. Nadeau-Dubois : Oui ou non?
Mme LeBel : Oui, bien, je m'excuse,
Mme la Présidente, mais je pense que je peux répondre de la façon que je
choisis à...
M. Nadeau-Dubois : Vous avez eu
amplement le temps de le faire.
Mme LeBel : Ça fait que, oui ou non,
avec beaucoup de respect, je ne me limiterai pas à ça. Je vais quand même fournir des explications. Présentement, la
règle... la règle budgétaire, le pourcentage qui est attribué, c'est 1,57 %,
c'est ce qui circule, mais ça tient compte de plusieurs paramètres qu'il faut
décomposer. Et, en plus, il faut y
ajuster... y ajouter les budgets d'aide alimentaire qui vont également
dans les écoles par d'autres types d'enveloppes que cette règle-là. Ça fait
qu'on ne peut pas dire que l'aide alimentaire est indexée de juste 1,57 % si on
fait fi de toutes les autres enveloppes.
M.
Nadeau-Dubois : Mme la Présidente, est-ce que la mesure 1390, Aide alimentaire, va être indexée de
1,57 %?
Mme LeBel : La mesure Aide
alimentaire, présentement, dans ce qui circule pour consultation, est à 1,57 %,
mais elle doit se lire avec les autres enveloppes, Mme la Présidente.
M. Nadeau-Dubois : Merci. Parfait.
Alors, est-ce que la mesure 1360 qui concerne les... Là, on parle des
services aux élèves en difficulté. Est-ce que cette mesure est également
indexée de 1,57 %? Est-ce que la mesure 1360, le soutien aux élèves
en difficulté HDAA... est-ce qu'elle est indexée, et donc augmentée, cette
année, de seulement 1,57 %?
Mme LeBel : Je reviens, là.
Présentement, le taux des règles budgétaires... Puis il y a des nouvelles
règles budgétaires là-dedans qui n'existaient pas avant. Il y a des nouvelles
enveloppes qui n'existaient pas avant, auxquelles on ne peut pas comparer.
M. Nadeau-Dubois : En effet.
Mme LeBel : Le
taux d'indexation ou le taux de 1,57 %, dans quelques règles budgétaires
ou dans certaines règles budgétaires, fait référence à plus que l'inflation. Ça
fait référence aussi aux clientèles. Ça fait référence... Donc, l'idée, là,
c'est qu'on regarde les besoins sur le terrain. Et je peux ici affirmer
aujourd'hui que 3 %, c'est ça qui est disponible pour l'éducation et c'est
ça qui va être distribué.
Maintenant, les règles budgétaires, ce sont des
règles comptables, et c'est pour ça qu'on essaie de faire des regroupements qui
vont permettre également d'avoir plus de flexibilité au réseau.
La Présidente (Mme Guillemette) :
Allez-y, M. le député.
M. Nadeau-Dubois : Merci, Mme la
Présidente.
Mme
LeBel : Puis, si vous voulez
qu'on vous explique le 1,57 %, on pourrait passer la parole, Mme la Présidente,
à un collègue.
M. Nadeau-Dubois : J'ai une question
pour poursuivre l'échange. Vous avez finalement fini par me répondre oui à ma
question factuelle : Est-ce que la mesure d'aide alimentaire 1390, qui est
la mesure d'aide alimentaire du ministère de l'Éducation, sera indexée de
1,57 %, ce qui est sous l'inflation? Vous avez fini par me dire oui. Ça a
été compliqué, mais on y est arrivés.
Donc, je vous repose la même question, aussi
simple que la précédente. La mesure 1360 qui concerne, je répète, le soutien
aux élèves en difficulté, les élèves HDAA, cette mesure spécifiquement,
pouvez-vous à nouveau me confirmer qu'elle sera indexée de 1,57 %?
Mme LeBel : Bien, c'est parce qu'à
un moment donné le mode de transfert de l'argent, qui... qui est un mode
comptable, du ministère vers les... vers les réseaux et les centres de services
scolaires n'est pas tributaire, n'est pas l'indication de l'augmentation du budget.
L'augmentation du budget, c'est la page F.60. Le 1,57 %, là, c'est ce qu'on... c'est ce qu'on a présentement sur la
table et qu'on va distribuer a priori, mais il y a plein d'affaires là-dedans.
Puis on va... On s'ajuste en cours d'année avec les clientèles.
M. Nadeau-Dubois : Il n'y a pas
plein d'affaires là-dedans. Je vous pose la question sur une mesure. Il n'y a
pas plein d'affaires, c'est une mesure, celle du soutien aux élèves en
difficulté.
Mme LeBel : Non, c'est parce que...
c'est parce que le taux est établi en fonction d'une multitude de facteurs. Et
ça, c'est ce qu'on va verser a priori, et après ça on s'ajuste avec les centres
de services scolaires au fur et à mesure s'ils ont plus de clientèle, s'ils ont
plus de ci. Ça fait qu'ils vont... Moi, je veux juste dire : Ils vont
l'avoir, l'argent nécessaire pour couvrir les coûts de maintien de services. Il
faut faire attention, parce que, là, on prend des règles comptables, des règles de transfert d'argent, et on en fait une
règle comme si c'était : Ah mon Dieu! c'est écrit 1,57 %,
donc, la page F.60 ment, elle dit 3 %, mais... Mais ce n'est pas le
cas, c'est 3 %.
M. Nadeau-Dubois : C'est en effet...
La page F.60, Mme la ministre, vous le savez très bien, ça réfère à
l'ensemble des dépenses de portefeuille. Il y a plein de choses là-dedans.
Mme LeBel : Bien, on peut aller
prendre...
M.
Nadeau-Dubois : Il y a de
l'entretien des infrastructures, il y a des transferts au privé, il y a du
transport scolaire.
Mme LeBel : On peut aller prendre un
élément. On peut aller prendre le programme 4.
M. Nadeau-Dubois : Il y a plein de
choses là-dedans. Moi, c'est pour ça que je prends des enveloppes précises,
parce que c'est elles qui nous indiquent ce que les élèves vont recevoir dans
les écoles. Vous avez fini par reconnaître que l'indexation de la mesure d'aide
alimentaire, c'était 1,57 %. Je vous pose juste la même question pour la
mesure 1360, qui est le soutien aux élèves en difficulté, et là vous semblez
avoir de la difficulté à me faire la même réponse que vous venez de me faire.
Je vous repose la dernière fois... une dernière fois cette question-là.
Puisqu'on le lit, là, à la page 7, 1,57 %, à côté de l'aide alimentaire,
on le lit également à côté de 1360, Soutien aux élèves en difficulté,
pouvez-vous me confirmer que c'est la bonne information?
• (12 heures) •
Mme LeBel : Bon...
La Présidente (Mme Guillemette) : Merci.
Votre temps est écoulé, M. le député de Gouin. Je passerais la parole à la
députée de Bourassa-Sauvé. Je laisse les échanges se faire fluidement, sans
nécessairement passer par la présidence, mais je vous demanderais, pour le Journal
des débats, d'être prudents, de ne pas parler l'un sur les autres. Donc,
Mme la députée.
Mme Cadet : Merci, Mme la
Présidente. Je vais revenir, Mme la ministre, donc, sur la promesse qui a été faite, donc, par votre cheffe. On a parlé tantôt,
donc, de l'augmentation des budgets à l'inflation. Vous avez dit : Bien,
finalement, tu sais, ça ne change rien, qu'est-ce qui
s'est passé dans les huit dernières années ou, disons, donc, dans les quatre
dernières années. Mais l'autre pan, là, de sa promesse, ça touchait vraiment,
donc, le fait de protéger les services aux élèves. Est-ce que vous considérez
que, l'année passée, les services aux élèves ont été touchés par les
compressions ou les apparences de compressions?
Mme LeBel : Il
y a eu des enjeux par rapport aux ETC, mais les budgets de l'année passée
permettaient de couvrir les services aux élèves, les coûts de maintien de
services. Donc, oui, par contre, il y a eu des enjeux par rapport aux ETC,
c'est-à-dire qu'il y a eu des embauches qui n'ont pas été faites par les
centres de services scolaires quand ils ont eu le budget trop tard, qui a fait
en sorte que, malheureusement, par la suite, même si l'argent était disponible,
ils n'ont pas eu la capacité d'embaucher.
Ça fait que moi, je
veux juste reprendre... Je n'ai pas dit que l'histoire des ETC avait eu un
effet nul. Je veux juste qu'on reprenne la
différence entre une compression budgétaire — ça veut dire des coupures dans les budgets — et
une règle budgétaire comme celle des ETC, qui est un plafond, qui,
effectivement, a eu un effet dans le réseau. Puis c'est pour ça qu'on a eu...
On a dû, dans le courant de l'été, faire... prendre des moyens pour... pour
corriger tout ça, mais, en même temps, il
fallait aussi aller corriger la règle du plafond des ETC. C'était important de
le faire. Oui, il y a eu des impacts, malheureusement, puis il y a même
eu des endroits où on n'a pas été capables d'embaucher parce que, bon, la règle
est arrivée, le plafond a été levé trop tard, mais ce n'est pas une question de
compressions budgétaires.
Donc, est-ce qu'il y
a eu des effets? Malheureusement, la réponse, c'est oui. Est-ce qu'on a corrigé
le plus rapidement possible? La réponse est : Je l'ai fait dès que j'ai pu
le faire. En arrivant, on a corrigé la règle, le plafond d'ETC, mais, oui, il y
a eu certains enjeux dans certains centres de services scolaires, où,
effectivement, disons que ça n'a pas aidé pour les embauches du personnel.
Mme Cadet : Oui.
Ce que je vois, le sondage de la FAE qui disait que 92 %, donc, des profs
avaient constaté des conséquences, donc, des coupes dans les budgets dans leurs
établissements, que des services aux élèves avaient été amputés, des situations
rapportées, fermeture de classes d'accueil, de soutien aux EHDAA, moins de
soutien aux élèves, orthopédagogie, orthophonie, psychoéducation, réduction des
activités destinées aux élèves, donc, tout ça, vous le reconnaissez, là, ces
effets-là.
Mme LeBel : Non,
je n'irais pas jusqu'à reconnaître tous les chiffres qui sont là-dedans, là.
Mme Cadet :
Bien, pas chacun...
Mme LeBel :
Je veux dire, je vais prendre... Je ne reconnaîtrai pas la prémisse de votre...
de votre question, mais je reconnais qu'il y a eu des pépins qui ont été, entre
autres, créés par l'histoire du plafond d'ETC, qu'on a corrigé le plus
rapidement possible. Mais ça va beaucoup plus loin, le document que vous venez
de dire, puis je ne... je n'acquiesce pas à tout ce qui est dans ce document-là.
Mais, si vous parlez des pépins qui ont eu lieu, bien, effectivement... Puis je
vous l'ai dit, dans la... dans ma réponse précédente, qu'effectivement ça avait
malheureusement occasionné des perturbations, là, sur les embauches, ce qui
fait en sorte que, même quand certains centres de services scolaires... Parce
qu'il y en a, des centres de services scolaires, qui, malgré le plafond d'ETC,
avaient pris des risques en se disant : Bien, moi, mes ETC se résorbent au
cours de l'année, puis avaient quand même embauché ce qu'ils devaient
embaucher. Il y en a d'autres qui n'ont pas pris un tel risque. Je ne juge pas.
Je dis juste qu'il y a eu un effet, et par la suite...
Mme Cadet :
...pas capables de faire des dépassements. Donc, il y a bien des centres de
services scolaires qui n'étaient pas en mesure de prendre un tel risque.
Mme LeBel :
Je ne juge pas. Je dis que ça a eu cet effet-là et que malheureusement, par la
suite, ils ont eu plusieurs difficultés d'embauche quand les... quand les...
j'allais dire les budgets ont été libérés, là, par le fait qu'on a transformé
le plafond en cible. Là-dessus, je vais acquiescer au fait que, oui, ça a... ça
a créé certaines perturbations, mais on a réglé... En tout cas, j'ai réglé la
situation le plus rapidement possible à mon arrivée.
Mme Cadet :
Il y a combien de monde qui est parti, combien d'ETC?
Mme LeBel :
Je n'ai pas les chiffres des ETC partis. Je n'ai pas les chiffres. Des gens qui
ont peut-être eu des difficultés d'embauche,
mais je n'ai pas les chiffres sous la main, là. On pourra peut-être vérifier.
Mais pouvez-vous préciser votre question pour que j'y réponde
adéquatement?
Mme Cadet :
Oui, bien, justement, bien, vous l'avez dit, donc, il y a des centres de
services scolaires qui n'ont pas été capables, donc, de... qui ont dû, donc,
laisser partir du monde à cause, donc, des plafonds d'embauche. Donc, est-ce
que vous savez, donc, quel a été l'impact direct de cette cible?
Mme LeBel :
Bien, on va vérifier. Bien, c'est plus un impact sur les embauches futures,
mais...
La Présidente
(Mme Guillemette) : ...à trouver la réponse et à la faire
parvenir à la commission.
Mme LeBel : Bien, on va
vérifier. D'ici la fin de la journée, je vais essayer de vous avoir un chiffre,
là, sur votre question précisément. Je ne l'ai pas en tête.
La Présidente (Mme Guillemette) :
Parfait. Merci.
Mme Cadet : Merci. Je reviens
encore sur 16036, parce qu'on le sait, il y en avait quatre, là, des
conditions, donc, au réinvestissement, donc, dont, donc, le respect de la cible
d'ETC, puis il y avait aussi les efforts de mutualisation. Est-ce qu'on a des
exemples de mutualisation régionale à ce point-ci de l'année scolaire?
Mme LeBel : J'ai... Je m'excuse, ce n'est pas... je n'ai pas
fait exprès, j'ai manqué le début de votre... votre question.
Mme Cadet : Je disais, la
mesure 16036, il y en avait quatre, conditions au réinvestissement, dont
la cible d'ETC, donc, qui a été levée par la suite, puis il y avait la question
des efforts de mutualisation. Donc, est-ce que vous avez des exemples d'efforts
de mutualisation qui ont eu lieu au cours de l'année scolaire?
Mme LeBel : Oui, bien, la règle
a été abolie, hein, quand je suis arrivée, la 16036, mais on a quand même
demandé aux centres de services scolaires de continuer à faire des efforts de
mutualisation parce que c'est... c'est... On peut toujours, surtout dans le
domaine administratif, et on ne parle pas des services aux élèves, mutualiser.
Il y a des endroits où on est en train de regarder pour mutualiser la collecte
de la taxe scolaire. Je sais qu'en Outaouais on regarde sur ces aspects-là, la
collecte de la taxe scolaire. On a un organisme, hein, qui collecte la taxe
scolaire, entre autres, pour Montréal. Donc, on a fait... Il y a des endroits
où on regarde. Et ça libère au niveau administratif dans les centres de
services scolaires quand on peut libérer ça.
Il y a de la mutualisation aussi au niveau du
transport scolaire qu'on est en train de regarder, pour les routes de transport
scolaire, pour des centres de services scolaires où c'est possible de le faire,
naturellement, où c'est limitrophe. On est en train de regarder aussi pour de
l'optimisation en matière de transport scolaire, c'est-à-dire de mettre en
place des solutions où on peut être capables de mieux... de mieux planifier une
route, tu sais, faire un horaire de route
scolaire pour s'assurer de maximiser la route puis le temps... le temps de
transport scolaire. Donc, ça, c'est des exemples qui me viennent en tête
rapidement.
Mais, un des grands exemples aussi, les services
juridiques, de mutualiser dans les centres de services scolaires. Il y a des
discussions et des projets.
Nous, on veut que ça vienne de la base,
naturellement, ce ne sera pas imposé par le ministère, mais on a aussi des
mesures pour favoriser la mutualisation qu'on a mises dans le passé puis dans
le budget également. Donc, on veut être capables de faire en sorte qu'ils le
font. Puis il y a l'histoire, je vous avais dit, l'histoire des contentieux, si
je peux le dire comme ça, dans mon... dans un terme qu'on connaît très bien
toutes les deux, là.
Et donc, dans les cas où c'est... on est
capables de le faire, d'être capables de mutualiser des services. Et c'est
surtout sur le point de vue administratif qu'on regarde pour être capables de
faire des économies, là, pas sur le... sur le point des services aux élèves.
Mais je pense qu'il y a des endroits où on peut mutualiser pour être capables
d'avoir des meilleurs services à moindre coût.
Mme Cadet : OK. Mais pas sur
les services aux élèves, parce que c'est ça, la grande préoccupation... la
grande préoccupation du milieu.
Je vous amène... En fait, peut-être juste pour
clore ce bout-là, parce que, moi, il y a quelque chose qui m'a chicotée...
Parce qu'on regardait, donc, toute la documentation, là, qui a été envoyée du
ministère aux centres de services scolaires. Donc, pendant toute cette saga
de... du 9 juin 2025 au 30 octobre... 22 octobre 2025, il y a à
peu près 16 lettres qui ont été envoyées. Comment est-ce que... comment
est-ce qu'on se retrouve à travers toutes ces tergiversations-là?
Mme LeBel : Bien, je... Bon,
moi, je vais vous parler à partir de septembre, mais, je veux dire, il y a des
rencontres, là. Ce n'est pas juste des lettres. En tout cas, moi, je vais vous
parler de mon expérience depuis que je suis au ministère de l'Éducation, parce
que je n'étais pas là avant juin. Donc, moi, à chaque fois qu'il y a une lettre
qui est envoyée, il y a des rencontres qui sont faites par la sous-ministre,
par les sous-ministres adjoints qui sont dans les départements concernés, avec
ce qu'on appelle le MEQ-Partenaires. Le MEQ-Partenaires, c'est... Vous les
connaissez. Vous savez qu'ils sont autour de la table. Donc, il y a les
associations de parents qui sont là, les comités de parents. On rencontre
également les syndicats. On consulte. Donc, ce n'est pas juste une lettre. Une
lettre officialise les communications, mais il y a des rencontres qui sont
faites également avec les gens. Et, moi, ce qu'on m'a dit à mon arrivée, c'est
que de telles rencontres avaient également eu lieu à l'époque entre... je vais
vous dire, au moins entre juin et septembre, là, fin septembre.
La Présidente (Mme Guillemette) :
Merci, Mme la ministre. Mme la députée.
Mme Cadet : ...merci. Je vais
maintenant, Mme la ministre, donc, sur l'enjeu, donc, du manque de personnel,
là. On sait, là, on... il y a des grands, grands défis, notamment, au niveau de
la rétention du personnel. Mais, d'abord et avant tout,
je veux dire, quand on regarde, donc, les chiffres 2024‑2025, là, au
niveau, donc, du nombre d'individus versus les équivalents à temps plein, donc,
ça, c'est... c'est normal, les équivalents à temps complet. Mais, quand on
regarde les chiffres du personnel de soutien, on voit qu'on a, donc,
110 325 individus pour 58 266 ETP. Évidemment, donc, on le
sait, il y a beaucoup d'horaires troués pour le personnel professionnel. C'est
quand même, tu sais, presque, donc, des horaires à 50 % ici. Je veux
savoir comment est-ce que ça va, le déploiement des aides à la classe, parce
que c'était ça, l'objectif des aides à la classe, de s'assurer de remplir... de
permettre à des personnes qui ont des horaires troués de pouvoir les compléter.
Mme LeBel : Bien, moi, il n'y a
pas d'enjeu sur le déploiement des aides à la classe. Toutes les aides à la
classe qui ont été mentionnées, entre autres, dans le cadre des négociations
des conventions collectives... bien, dans le cadre des négociations ont été
déployées. Je vais dire, de mémoire, que c'est... c'est 4 000, mais c'est
environ une classe sur deux, je pense, au primaire, qui y ont accès.
Mme Cadet : Une classe sur
deux.
Mme LeBel : Et là, ça, j'y
vais... j'y vais de miroir... de miroir... de mémoire. Je vais demander qu'on
me confirme le chiffre, et, si ce n'est pas le cas, je viendrai le rectifier.
• (12 h 10) •
Mme Cadet : C'était quoi,
l'objectif?
Mme LeBel : C'était 4 000,
le déploiement de 4 000 ETC... 4 000 aides à la classe, pas ETC,
mais 4 000...
Mme Cadet : 4 000 aides à
la classe.
Mme LeBel : 4 000 aides à la classe, oui, oui, parce
qu'il faut faire une différence entre les ETC et les personnes...
Mme Cadet : Et là on est rendus
à... Pardon?
Mme LeBel : Bien, ils ont été
déployés, oui.
Une voix : ...
Mme LeBel : Oui, bien, il y en
a 12 000 au total qui ont été déployées. Donc, les
4 000 mentionnées dans la négociation ont été déployées. Donc, ce qui
a été mentionné comme déploiement a été fait. Et c'est là que je dis que ça
fait à peu près une classe sur deux, si je ne me trompe pas, au primaire.
Mme Cadet : OK. Parfait. La
saga du PEQ, on avait, donc, il y a quelques semaines, au début de l'année,
donc, un article qui disait qu'au moins 1 000 employés, dont plus de
200 enseignants et plus de 700 membres du personnel de soutien, donc,
verraient, donc, leurs permis de travail arriver à échéance en 2026 et que les
chiffres pourraient être encore plus élevés
parce que c'était juste une compilation auprès de 10 centres de services
scolaires sur 72. Est-ce qu'on sait combien d'employés, en bout de
ligne, ont dû quitter dans les derniers mois? Comment est-ce que ça s'est passé
avec toute la tergiversation sur le PEQ?
Mme LeBel : Moi, je n'ai aucune indication, à mon niveau,
qu'il y a des employés qui ont quitté eu égard au PEQ. D'ailleurs,
c'était PTS...
Mme Cadet : PSTQ.
Mme LeBel : Oui, j'allais dire
que j'ai un PTSD. C'est moi qui a un syndrome. Par ailleurs, le PTSQ...
Mme Cadet : PSTQ.
Mme LeBel : Bon, le nouveau
programme, parce que, si je m'en vais dans les acronymes, on est... c'est
terminé pour la journée, le nouveau programme, l'éducation était priorisée,
faisait déjà partie des priorités. Mais moi, je n'ai eu aucune indication puis
aucune... à l'effet qu'il y a des gens qui ont quitté en raison de... du PEQ,
du PEQ ou du nouveau programme, là. Je n'ai pas d'indicateur.
Mme Cadet : Parfait. PL 94
maintenant. Donc, on était ensemble, donc, lors de l'étude détaillée de ce
projet de loi ci, puis plusieurs, bon, lors des consultations, donc, qui
avaient précédé, donc, notre étude détaillée, donc, étaient venus sonner
l'alarme. Donc, il pourrait, donc, y avoir des départs, par la suite, dans les
dernières semaines. Donc, on a vu aussi, donc, au cours du mois de mars, de
mémoire, donc, d'autres articles qui nous disaient qu'il pourrait y avoir,
donc, de 200 à 500 postes en jeu dans les trois centres de services
scolaires francophones qui desservent le territoire de Montréal. Est-ce que...
Là-dessus, est-ce que vous avez des chiffres sur le nombre de départs en lien
avec le projet de loi n° 94?
Mme LeBel :
Oui. OK. C'est marginal. Il y a eu plusieurs personnes qui ont été contactées.
On a eu un article qui disait des dizaines, si je ne me trompe pas. Il faut
faire attention, parce que ce sont tous des gens qui sont sur des listes de
rappel. La grande majorité de ces gens-là, même, n'avaient pas enseigné dans le
réseau de l'éducation depuis plusieurs années, mais ils faisaient partie des
listes de rappel ou des listes de... — de soutien, rappel, c'est-tu ça? — de rappel. C'est le bon terme. Parce qu'il y a
tellement... Les termes sont très précis en éducation. Donc, ils
faisaient partie de listes. Le chiffre qui circulait, je pense que c'était 150.
Ça, c'est 150 personnes qui ont été contactées. Beaucoup là-dedans
n'enseignent même plus, ont même dit qu'ils n'étaient même plus intéressés à
enseigner, et beaucoup là-dedans...
Mme Cadet : Bien, 94, c'est
plus personnel de soutien scolaire. Ce ne sera pas les enseignants.
Mme LeBel : Aussi. Je pense que
c'était... Ça fait... C'est le même... C'est la même réponse que j'ai à vous
donner, hein? Oui, c'est la même réponse. Et les centres de services scolaires,
donc, ont fait les démarches, mais, des gens qui ont été... qui enseignaient
dans les classes, il aurait fallu qu'ils soient embauchés après le mois de
mars, là, à ma connaissance.
Mme Cadet : Bien, encore fois,
qui étaient personnel, donc, professionnels de soutien scolaire. Ça fait que
les enseignants étaient visés par...
Mme LeBel : Mais... ou qui
étaient dans des écoles, je veux dire, enseignants dans les classes... oui,
vous avez raison, mais, quand... étaient dans des écoles, OK, occupaient un
poste dans des écoles.
Mme Cadet : Je comprends. OK.
Mme LeBel : Je pense que
c'est... Si on les compte sur les doigts de la main... Je n'ai pas eu
d'indication. Moi, les indications que j'ai eues par rapport au personnel de
soutien, c'étaient des gens qui étaient sur des listes de rappel. Puis
effectivement il y a des gens qui, sur les listes de rappel, ont refusé, donc,
ne seront plus sur la liste de rappel, mais ce n'est pas des gens qui étaient
embauchés dans le réseau comme tel. Donc, des impacts sur des embauches
réelles... La majorité, c'est des gens qui étaient là avant, avant la clause de
mars. Donc, ils ont gardé leur travail. Et tous ceux qui ont été embauchés
spécifiquement après la clause de mars, bien, la grande majorité, dans
plusieurs centres de services scolaires, avait déjà été avisée que cette clause-là
allait prendre effet. Donc, plusieurs ont accepté, mais je n'ai pas de chiffre
exact. Mais, à ma connaissance, c'est... on est dans... dizaines, et même pas centaine, là, même pas 100, là. C'est très...
c'est très minime, là, comme... Tu sais, quand je dis ça, là, ce n'est pas pour
dire qu'un impact sur une personne, ce n'est pas un impact sur une
personne, mais vous me demandez combien. Donc, on parle de... d'un chiffre très
marginal sur des gens qui étaient... qui étaient en place, là. Mais, à ma
connaissance, c'est...
Mme Cadet : Pour le moment. OK.
Mme LeBel : ...très peu, oui.
Mme Cadet : Et, parents bénévoles,
parce que ça aussi, on a vu certains articles là-dessus, là, des parents qui
disent : Bien là, sur le terrain... tu sais, peut-être que sur papier
c'est clair, là, mais en pratique c'est bien plus compliqué. Il y a un... qui a
pu superviser un carnaval d'hiver. Il y a une mère, donc, musulmane qui
pourrait servir le repas, mais... Une autre, donc, elle a été mise au ban.
Donc, pouvez-vous démêler tout ça pour les parents bénévoles?
La Présidente (Mme Guillemette) : ...de
Bourassa-Sauvé. C'est tout le temps que nous avions. Donc, je reconnais
maintenant le député de Matane-Matapédia.
M. Bérubé : Merci, Mme la
Présidente. Mme la ministre, chers collègues, depuis l'étude des crédits de
l'an dernier, il s'est passé bien des choses, notamment la volonté de son
prédécesseur de retirer plus de 500 millions du réseau de l'éducation. Et
la preuve qu'ils ont vraiment été retirés, c'est que la ministre a été obligée
de l'ajouter après. Donc, on a appris ça à la fin de l'année scolaire. La
session était terminée. J'ai parrainé une pétition qui a été signée par plus de
160 000 personnes, un des records à l'Assemblée nationale. Donc,
cette mobilisation a permis de faire reculer le gouvernement, et je veux
remercier la ministre pour ça. Si elle y a contribué, c'est des félicitations
que je souhaite lui adresser très sincèrement.
Mais cet exercice de reddition de comptes permet
de voir tout ce qui s'est passé depuis ce temps-là puis de faire des
propositions, comme je le fais à chaque fois. Alors, je me souviens que c'était
à l'étude des crédits que, la première fois, la question de la téléphonie
cellulaire en classe a été abordée. J'avais posé la question à son... à son
prédécesseur, et ça mené à une grande mobilisation transpartisane, puis
maintenant c'est un dossier qui a avancé, je pense, de façon très positive.
Mais je veux aussi mettre au jeu ce que nous, on aimerait faire, parce que,
nécessairement, cet automne, il y aura une nouvelle ou un nouveau ministre,
peut-être même un nouveau gouvernement, sait-on. Alors, quelles sont les
propositions...
Mme LeBel : ...
M. Bérubé : Je sais que ce ne
sera pas vous, vous l'avez dit. Rapidement au début de l'année, vous vouliez
que ce soit réglé. J'ai bien entendu.
Au Parti québécois, par exemple, on pense que ça
prend une commission sur l'avenir de l'école publique pour répondre à la crise
du réseau de l'éducation. On l'a dit en 2022, on le dit encore aujourd'hui. Ça
ne tardera pas. Dans la première année, on veut entreprendre cette... cette
action-là. On pense que c'est important. Mais, d'ici à ce rapport-là, on va
faire ce qui est... ce qui est le plus urgent.
Donc, mes questions vont beaucoup porter sur le
temps qu'il reste dans ce mandat, qu'est-ce que la ministre peut initier comme
changement ou qu'est-ce qu'elle peut nous indiquer comme progression, et le
premier enjeu, ce serait exactement dans le sens de ce que le chef du Parti
québécois disait à Paul Arcand lundi. La première chose qu'on ferait en
éducation, c'est écouter les enseignants et enseignantes, ce qu'ils ont à nous
dire. Puis ce qu'ils ont à nous dire beaucoup, c'est : Comment vous faites
pour rendre les écoles le plus possible exemptes de violence?
Alors, j'ai déjà indiqué à la ministre que, oui,
il y a des choses qui ont été faites. Il y a eu un forum auquel j'ai participé
dans un hôtel pas tellement loin d'ici. Il y a eu cette vidéo où son prédécesseur
a apparu sur tous les écrans, dans toutes les écoles en même temps. C'était
spectaculaire, ça. Mais, pour la suite, qu'est-ce qu'on peut faire de plus? Par
exemple, des syndicats d'enseignants avec nous nous ont demandé de reconduire
une grande enquête nationale sur la violence à l'école. Ça fait plusieurs
années qu'on n'en a pas eu. Je pense, c'est 2016, mais il faudrait que je
vérifie.
Donc, à cette
première question : Est-ce qu'on peut lancer ça... Je pense que c'est...
c'est positif. Donc, ce serait ma première question : Cette grande
enquête nationale sur la violence à l'école, demandée par plusieurs
partenaires, dont le Parti québécois, est-ce que la ministre trouve qu'on
pourrait lancer ça?
Mme LeBel : J'imagine que vous
faites référence, entre autres, à la motion que... qui a été présentée, hein?
Juste pour être sûre qu'on... qu'on parle de la même chose.
M. Bérubé : Oui. Vous étiez
d'accord.
Mme LeBel : Bon, bien... bien,
c'est ça, j'allais dire, j'étais d'accord avec la motion. Donc, on a voté pour.
M. Bérubé : Après
ça.
Mme LeBel : Bon, je ne prendrai pas toute la prémisse de
votre... de votre question, là, ce sont... parce qu'il y a des... Il y a
des choses que je serais tentée de corriger, mais je ne le ferai pas parce que
j'ai eu l'occasion de le faire abondamment tantôt sur la question du budget de
l'année passée. Mais, oui, on est en train de regarder, de faire des collectes
de données, se pencher sur la méthodologie. Donc, on est en train de regarder
comment on peut mieux agir, mieux déterminer les données en matière de
violence. Et ça fait partie des moyens d'action qu'on est en train de mettre en
place. Donc, ça fait suite à la motion auquel on a acquiescé.
M. Bérubé : Pas
tant. Je vous corrige à mon tour. La proposition, c'est de tenir l'enquête,
laisser faire l'enquête par un tiers qui va vous donner ces chiffres-là et qui
va aller faire... qui va aller colliger l'information. Je ne demande pas au
ministère de le faire. Je demande de confier ça à une enquête indépendante qui
va pouvoir faire ça. Donc, il suffit de lancer l'exercice, hein? Je pense que
tout le monde va applaudir. Alors, est-ce que la ministre est prête, Mme la Présidente,
à lancer cette nouvelle enquête nationale sur la violence en milieu scolaire?
Mme LeBel : Bien, il faut le
faire de façon rigoureuse. La motion disait que le... que le... demande au
gouvernement de s'engager à mener une enquête nationale sur la... sur la
violence. Donc, on est en train de regarder, effectivement, la meilleure façon
de le faire, parce qu'il faut le faire.
M. Bérubé : De
tenir l'enquête.
Mme LeBel : Non, bien, la... En tout cas, ce n'était pas ça
qui était la motion. Mais ce n'est pas grave, ce n'est pas grave.
M. Bérubé : Bien,
je l'ai ici, là.
Mme LeBel : De toute façon, de
toute façon, on ne s'obstinera pas sur un mot. Vous allez... On va perdre du
temps précieux à dire qu'on est en train de regarder les... la meilleure façon
de le faire.
M. Bérubé :
Respectueusement soumis, Mme la Présidente, on demande une enquête ou on n'en
demande pas une. C'est juste ça que je demande. Est-ce... est-ce que ça va être
une enquête nationale sur la violence à l'école? C'est juste ça, ma question.
Mme LeBel : Bien, on va
répondre à la motion puis on va... on va trouver la meilleure façon de le
faire, oui.
M. Bérubé :
Mais ça ne prendrait pas beaucoup de temps dire oui.
Mme LeBel :
Bien oui, mais je vous dis oui, mais on est en train, présentement, de regarder
la meilleure façon de le faire.
M. Bérubé :
Donc, la ministre me confirme, Mme la Présidente, qu'il y aura une enquête
nationale...
Mme LeBel :
Bien, tel qu'on a déjà voté oui à la motion qui le demandait.
• (12 h 20) •
M. Bérubé :
Très bien. Ça me... ça me convient.
Mme LeBel :
Donc, je réitère le oui de la motion.
M. Bérubé : Ça me convient. Très bien. Et, à travers...
J'aime ça, là, l'amener dans le camp du Oui, là. Ça me fait plaisir.
À travers nos
réflexions sur la violence, évidemment, il y a... La violence à l'école, ça
peut être entre les élèves, ça peut être entre les élèves puis le personnel
enseignant, le personnel... les professionnels de l'éducation, le personnel de
soutien, entre les enseignants aussi, les parents aussi, hein, il y a des
parents qui sont agressifs avec le personnel scolaire. Moi, je peux vous dire
qu'on a tous les deux, Mme la Présidente, un... des parents enseignants, là. Si
on avait à se faire dire quelque chose, on croyait l'enseignant. Mais là
souvent les parents sont très, très durs avec.
Alors, nous, on pense
que les... dans la réflexion, là, il devrait y avoir des sanctions qui sont
plus dures, surtout pour ceux qui créent des dommages épouvantables. Vous savez
qu'il y a des enseignantes, beaucoup d'enseignantes et quelques enseignants qui
sont retirés des écoles parce qu'il y a un traumatisme réel. Ils se sont fait
lancer des objets, ils se sont fait donner des coups, l'intimidation sur les
réseaux sociaux, on les photographie, on les ridiculise. Ça nous touche
beaucoup, je pense, toute la classe politique, puis j'aimerais que ça fasse partie...
Évidemment, il y a des limites à ce qu'on peut faire, mais je pense qu'il faut
durcir un peu. On est sortis là-dessus. Puis on doit protéger les enfants.
Alors, sur la
violence à l'école, outre ce... cet engagement que la ministre prend, à court
terme, y a-tu des choses supplémentaires qu'on peut faire pour outiller les
écoles, des nouvelles mesures?
Mme LeBel :
Bien, je suis d'accord avec vous qu'il y a... qu'il y a une grande réflexion à
y avoir. Malheureusement, nos écoles... Bon, ce n'est pas partout, là, puis,
des fois, je trouve qu'il faut relativiser, là. Il y a des écoles où ça va très
bien.
M. Bérubé :
C'est sûr.
Mme LeBel : Et, je vais le redire, hein, je m'excuse, mais le
système de l'éducation n'est pas brisé, mais il y a des enjeux auxquels
il faut s'adresser. Il faut le faire. Et, oui, il y a de la violence dans
certains milieux, dans certaines écoles, et ça, j'y adhère. Ceci étant dit,
ceci étant dit, pour répondre à votre...
M. Bérubé :
Je n'ai pas beaucoup de temps.
Mme LeBel :
Non, ce n'est pas pour vous... c'est pour vous dire que j'arrive à votre
question. Moi, je suis extrêmement préoccupée aussi par la part des parents
dans tout ça. Et c'est une conversation qu'il faut avoir avec les parents et
que je veux avoir avec les comités de parents. Puis il y a une réflexion qu'il
faut avoir. Ce n'est pas la majorité des parents, hein, c'est comme les parents
aux games de hockey, dans les arénas, ce n'est pas la majorité des parents.
Mais, oui, les parents font partie de la solution, et il faut... On regarde, et
je me penche, mais je ne peux pas avoir cette réflexion-là toute seule, ça fait
qu'il faut la faire avec les comités de parents, cette réflexion-là.
La Présidente
(Mme Guillemette) : Merci, Mme la ministre. M. le député.
M. Bérubé :
Protéger les enfants, on en a souvent parlé ensemble. Je pense que, oui, il y a
eu Bedford, mais il y a aussi la Mission de l'Esprit-Saint, comme quoi que les
dérives, elles sont de toute confession. Et ce qui s'est passé... en tout cas,
ce qu'on soupçonne qui s'est passé à la Mission de l'Esprit-Saint, vous allez
comprendre pourquoi, Mme la Présidente, j'ai dit ça, de nombreux reportages de
la chaîne Noovo indiquant carrément un groupe sectaire où des enfants réputés
avoir la formation à la maison se retrouvent dans une école où ils n'ont pas le
curriculum, où on leur apprend que les planètes n'existent pas, que des unions
entre un homme beaucoup plus âgé, une adolescente, c'est presque la normalité,
tout ça nous inquiète, «nous» étant la classe politique. Je nous inclus tous
là-dessus.
J'ai appris avec
plaisir que le ministère avait fait son travail. Un dossier a été soumis au
DPCP. Je ne demande pas à la ministre de le commenter. Elle est juriste puis elle
est ministre. Elle a une double... double prudence. Toutefois, toutefois, cette
école a un permis du ministère de l'Éducation, en tout cas, la Mission de
l'Esprit-Saint. Bedford... En tout cas, moi, j'ai... je l'ai ici. Bedford, là,
le rapport qui a été... qui a été colligé, il a été rendu public. Alors, Mme
la... Mme la Présidente, est-ce que la ministre peut faire la même chose
que pour Bedford et rendre public le rapport du ministère de l'Éducation quant
à la Mission de l'Esprit-Saint?
Mme LeBel :
Bien, je suis contente que vous souligniez qu'on est tous préoccupés. Et il
n'y a personne qui est insensible à la situation, tel que vous l'avez
mentionné, dont... dont je fais partie, dont mes collègues font partie. On en
fait tous partie. D'ailleurs, c'est pour ça que j'ai demandé rapidement à mon
ministère de déclencher une enquête sans tarder en octobre dernier. Et on ne
fait pas ça tout seuls. On fait ça avec la collaboration des services sociaux,
la DPJ, entre autres, on fait ça avec la collaboration du MSP, donc, qui est
maintenant le ministère de l'Intérieur... de la Sécurité intérieure. Donc, il y
a... Puis, naturellement, vous allez... vous comprenez ma prudence, parce qu'il
y a une enquête en cours. Et je peux vous garantir que tous les leviers à la
disposition du ministère de l'Éducation sont présentement activés.
Je
vais vérifier, mais, à ma connaissance, c'est tous de l'enseignement à la
maison, en tout cas, ceux pour lesquels... Donc, il n'y a pas de permis,
il n'y a pas de permis d'enseignement. C'est de... Il n'y a pas
d'établissement. C'est de l'enseignement à la maison. Mais je vais vérifier. De
toute façon, on est en train de regarder tous les leviers à notre disposition,
donc... Et il n'y a pas d'école. Il n'y a pas de permis... il n'y a pas de
permis d'école ni publique ni privée
là-dedans. C'est de l'enseignement à la maison. Il y a peut-être... Il y avait
peut-être une notion d'école illégale.
Mais ce que je veux
vous dire, c'est qu'au-delà de ça... Je ne commenterai pas plus, cher collègue,
là, parce qu'il y a vraiment une enquête en cours. Et tous les éléments sont
pertinents à l'enquête en cours. Donc, on va s'arrêter là. Mais je peux vous
garantir qu'on garde tous les leviers à notre disposition. Et non seulement on
garde tous les leviers à notre disposition, on les... on les... Comment je
dirais ça, donc? On les teste. On va au bout des leviers. Et j'ai même
l'intention qu'au bout du processus on fasse des changements législatifs si...
le cas échéant, si on doit aller plus loin dans les leviers du ministère de
l'Éducation.
M. Bérubé :
Ça me va.
La Présidente
(Mme Guillemette) : ...ministre.
M. Bérubé :
Mme la Présidente, dans le cas de Bedford, le rapport a été rendu public.
Mme LeBel :
Oui. Ce n'est pas la même affaire.
M. Bérubé :
Bien, pour le public, oui. Je l'invite à s'ouvrir à cette question-là.
Mme LeBel :
Bien, je suis très ouverte, mais ce n'est pas la même chose. Dans le cas de
Bedford...
M. Bérubé :
Bien oui, c'est la même chose.
Mme LeBel :
Non. Dans le cas de Bedford, il n'y avait pas de potentiel sectaire, acte
criminel...
M. Bérubé :
Vous croyez?
Mme LeBel :
...et potentiel à enquête. Là, présentement, là, l'école Bedford, on est allés
au bout et on a rendu le rapport public quand on a été certains qu'on était
allés au bout de l'histoire, qu'on avait fait les corrections. Et là il y a
même des contestations des 11 révocations de décret. Donc, je vais être
très prudente là-dessus.
M. Bérubé :
Vous avez bien fait.
Mme LeBel :
Mais ce que je vous dis, c'est qu'on va au bout...
M. Bérubé :
OK. Ça me va.
Mme LeBel :
...puis, quand on va avoir la conviction qu'on ne nuit pas...
La Présidente
(Mme Guillemette) : Merci.
Mme LeBel :
...aux démarches qu'on est en train de faire, on pourra...
La Présidente (Mme
Guillemette) : Merci, Mme la ministre.
M. Bérubé :
Ça me convient. Je vous ai salués pour ça, pour les... pour les brevets. Je
vous ai...
Mme LeBel :
On va où on doit aller, là.
M. Bérubé :
Vous voyez, là, on s'entend bien, là.
Mme LeBel :
Oui, absolument, toujours.
M. Bérubé :
La dernière fois qu'on a eu une interpellation, on a parlé de l'indice de défavorisation
socioéconomique. Vous m'avez dit : Au moment opportun. Je vous suggère
bien humblement, Mme la Présidente, que le moment opportun, c'est maintenant.
Alors, certaines écoles connaissent leur indice. Est-ce que la ministre peut
déposer, pour l'ensemble des écoles du Québec, au bénéfice de la commission et
du public, l'ensemble des nouvelles données quant à l'indice de défavorisation
et nous dire pourquoi, en plus des écoles qui vont en bénéficier, elle ne
continue pas de supporter les écoles qui en ont bien besoin, qui vont se voir
retirer une mesure qui pourrait leur permettre de favoriser la réussite
scolaire des enfants?
Mme LeBel :
Il y a plein de choses là-dedans à corriger dans ce que vous venez de dire.
M. Bérubé :
Ah! c'est la même affaire.
Mme LeBel :
La seule chose que je vais dire, c'est que cette liste-là va être très bientôt
rendue publique. Parce que la première chose qu'il fallait faire...
M. Bérubé :
...
Mme LeBel :
Bien, c'est là, les crédits, mais il y a des démarches qui se passent et il y a
une vie qui se passe en dehors des crédits.
M. Bérubé :
Bien, voyons donc!
Mme LeBel :
Donc, la première démarche était de faire le... de refaire les calculs avec
les... Parce qu'on a fait une première communication, en décembre, pour
s'assurer de donner une... un premier, en français, «heads-up», un premier
signalement, un premier... une première communication à des écoles qui, selon
le calcul, avec le nouveau recensement de 2021, par rapport à 2016, pouvaient
changer de catégorie.
Maintenant,
dernièrement, on a remis, avec les dernières données, parce que ça... Parce que
c'est fait aussi en fonction des élèves qui fréquentent l'école. Donc, ce n'est
pas une donnée dans l'absolu. Donc, en fonction des données les plus proches
possible de la fréquentation actuelle des écoles, on vient de donner aux
centres de services scolaires, il y a très...
il y a très peu de temps, la confirmation ou non pour certaines écoles et là on
pourra parler de l'IMSE, parce qu'il n'y a pas...
La Présidente
(Mme Guillemette) : Merci, Mme la ministre. M. le député.
M. Bérubé :
Mme la Présidente, respectueusement, on informe les centres de services
scolaires mais pas les parlementaires. Quand j'ai... je me suis adressé aux
manifestants tout à l'heure, là, ils peuvent m'indiquer les écoles. Je ne
comprends pas pourquoi la ministre informe à la pièce les centres de services
scolaires mais pas les parlementaires dans l'exercice le plus important de
l'année qui est la reddition de comptes. Vous avez ces informations-là à
quelque part. Une des personnes présentes derrière la ministre a ces
informations. Je réitère ma question. Si on ne le donne pas, là, je trouve que
c'est un manquement à la reddition de comptes. J'en ai parlé à l'interpellation. La ministre a été prévenue de
cette volonté de l'avoir, puis on ne l'a toujours pas là. Je ne trouve pas... je
ne trouve pas ça correct, Mme la Présidente.
Mme LeBel :
Bien, je m'excuse, Mme la... la Présidente. Mme la ministre... Mme la
Présidente, il y a des... Tu sais, je veux dire...
M. Bérubé :
Pourquoi vous le donnez aux écoles?
Mme LeBel :
Bien, parce que c'est les écoles qui sont les premières impactées. La
relation entre le ministère de l'Éducation se fait entre les écoles, et le
ministère de l'Éducation, et les centres de services scolaires. Maintenant,
cette liste sera rendue publique en temps opportun.
M. Bérubé :
Bien, voyons donc!
Mme LeBel :
Et je vous dis que, là, compte tenu qu'elle a été mise à jour dernièrement et
qu'elle a été... qu'elle a été donnée aux écoles...
La Présidente (Mme Guillemette) :
Merci, Mme la ministre.
M.
Bérubé :
N'importe quoi.
La Présidente
(Mme Guillemette) : Je cède maintenant la parole au député de Saint-Jérôme.
Merci.
M. Chassin : Merci, Mme la Présidente. Alors, peut-être que mon voisin va pouvoir
m'aider, parce que je cherchais le nom de deux écoles et je crois que c'est
dans le Bas-du-Fleuve qu'ils souhaitent changer de centre de services
scolaire.
Une voix : ...
M. Chassin :
C'est ça, hein, on parle de ce coin-là. Puis je trouve que c'est intéressant,
parce que... Puis, en guise d'introduction, Mme la Présidente, là, je veux
juste rappeler qu'avant d'arriver au pouvoir la Coalition avenir Québec avait,
effectivement, une réflexion sur l'éducation qui était assez copieuse, quand
même. Notamment, l'ancien ministre de l'Éducation et député de Chambly avait
écrit un livre, hein? Puis ce qu'on souhaitait mettre sur pied, ce n'étaient
pas des centres de services scolaires, c'étaient des centres de services aux
écoles. Et toute la nuance est là, Mme la Présidente. Puis, quand on a des
écoles qui souhaitent changer de centre de services scolaire, je me dis : Ah! tiens, il y a une démarche, là, qui
est faite pour essayer de dire : Bien là, on a quelque chose qui nous
déplaît.
• (12 h 30) •
Bon, je trouve ça intéressant, mais je trouve ça
intéressant surtout dans la perspective où je pense qu'il y a toutes sortes de
circonstances qui pourraient justifier de changer de territoire pour une école,
donc, pour un établissement, vraiment, et je me suis demandé si la ministre
pouvait nous donner une indication de quel est le processus à suivre, quel est
les cadres, disons, légaux ou réglementaires qu'une école doit suivre pour
changer de centre de services scolaire.
M. Bérubé : C'est
Monts-et-Marées, le centre de services scolaire.
Mme LeBel : Bien, il y a un
processus qui est prévu dans la loi, qui est l'article 116 de la Loi sur
l'instruction publique. C'est ça, la LIP, hein? C'est toujours la LIP qui
est... qui est ma bible ces temps-ci. Donc, c'est l'article 116. Il y a
des consultations qui sont prévues puis il y a un processus qui est prévu dans
la loi. Mais, si on revient particulièrement au cas de ces écoles-là, bon,
c'est la... les municipalités qui ont fait des demandes de résolution pour que
la ligne soit bougée, mais ça ne changera pas le cas factuel de ces écoles-là
qui ont des difficultés, effectivement, par rapport à l'évolution du nombre d'élèves, par rapport à la
difficulté d'embauche, alors...
M. Chassin : Moi, ce n'est pas tant sur le cas des écoles spécifiquement
que le processus, là.
Mme LeBel : Bien, il y a le processus,
mais, en toute... en tout respect, changer la ligne de bord ne changera pas la
situation de l'école, là.
M. Chassin : Et est-ce que, par curiosité, le processus, donc, avec
l'article 116 de la... Est-ce que vous pouvez nous expliquer, dans le
fond, la consultation porte sur... ou, enfin, on consulte qui?
Mme LeBel : Bien, je n'ai pas
le processus par coeur. Je pourrais vous lire l'article 116, mais, en
toute transparence, je n'ai pas lu dernièrement l'article 116. Je sais que
le processus est dans la LIP, par exemple, puis il existe un processus à
travers lequel il y a une consultation.
M. Chassin : D'accord. Et donc ce n'est pas... Donc, ce n'est pas un...
Il n'y a pas un décret de plus, un règlement, un ordre de... ou... Parce que,
des fois, on voit la loi, puis, comme vous le disiez à un collègue précédent,
il faut prendre l'ensemble, la globalité, hein, de tout le corpus.
Mme LeBel : Bien, ultimement,
il y a un redécoupage de la carte, là, mais... Mais, oui, mais ça commence par
un processus de consultation qui est beaucoup plus large que... qu'une
résolution de municipalité.
M. Chassin : D'accord. Donc, en fait, une résolution de municipalité
peut être l'initiation, disons, d'un processus, mais c'est plus large que ça.
On va consulter davantage.
Mme LeBel : C'est
l'article 116 de la LIP, que je n'ai pas relu dernièrement, en toute
transparence.
M. Chassin : D'accord, d'accord. Et puis est-ce que... Dans le cadre, dans
le fond, d'un... d'une loi sur l'instruction publique, évidemment, il y a toute
la réflexion sur l'établissement scolaire, puis je pense que c'est un petit peu ça, mon contexte, là. Quand on dit un
centre de services scolaire versus un centre de services aux écoles, il y avait
cette volonté, en 2016, à tout le moins, hein, là, je remonte il y a
quand même... il y a 10 ans, cette volonté de permettre à des écoles
publiques de gérer leurs infrastructures, d'embaucher leurs enseignants, de
pouvoir, en fait, dire à un centre de services aux écoles : Merci, mais,
non merci, nous allons nous passer de vos services, une municipalité, par
exemple, va nous aider avec le bâtiment, on va mettre en commun des ressources.
Puis je pense que ça peut être intéressant, là.
Quand on parle de mutualisation de services, ça existe dans le monde de
l'éducation, mais ça peut exister aussi avec, par exemple, la municipalité.
Est-ce que... est-ce que cette vision-là d'une école publique qui souhaite être
une école publique autonome, avoir toutes les mêmes attributions qu'une école privée, en quelque sorte, là, mais ne
pas relever d'un centre de services scolaire, est-ce que ça, c'est possible?
Mme LeBel : Bien, ce n'est pas une
réflexion qui est active présentement dans le sens où vous l'entendez, parce
qu'on a... Dans la réflexion qui a été faite par mes... par mes précédents
collègues, où on a changé les commissions scolaires en centres de services
scolaires, il y avait aussi cette volonté-là de mutualisation. Donc, c'est... c'est beaucoup plus avantageux, du point de vue
budgétaire, d'avoir un centre de services scolaire qui donne des services aux
écoles.
Mais, à travers les règles budgétaires, par
contre, si vous parlez d'autonomie, bon, il y aura... l'employeur demeure le
centre de services scolaire, mais, à travers l'autonomie maintenant, dans les
nouvelles règles budgétaires, on fait descendre... 20 % du budget va
descendre directement dans les écoles pour leur permettre d'avoir une plus
grande autonomie à... sur la gestion du budget, donc, ne passera pas à travers
le centre de services scolaire. Donc, on a prévu aussi, dans la réforme des
règles budgétaires, d'avoir plus de flexibilité puis plus d'autonomie pour les
écoles sur certains aspects.
Mais, au niveau de faire en sorte de faire des
écoles publiques privées, entre guillemets, là, dans le sens de l'autonomie, il
n'y a pas de réflexion. On a fait le mouvement qu'on avait à faire quand on a
transformé en centres...
La Présidente (Mme Guillemette) :
Une minute.
M. Chassin : Il
me reste une minute, hein? D'accord. Parce qu'évidemment je comprends puis je
salue la volonté de la ministre, là, puis d'avoir réduit le nombre de
catégories pour avoir donné de la flexibilité budgétaire, mais évidemment,
quand on embauche, par exemple, ses enseignants puis qu'on n'est pas contraints
par les règles qui contraignent un centre de services scolaire, ça peut être
intéressant.
Juste rapidement revenir sur ce que la ministre
a dit tantôt : Les plafonds des ETC ont été levés trop tard, je les ai
relevés dès que j'ai pu. Qui imposait ces plafonds au ministère de l'Éducation?
Mme LeBel : Pardon?
M. Chassin : Tout à l'heure, vous aviez dit...
Mme LeBel : Bien, c'est dans...
c'est dans une règle budgétaire, qui était la 034... 036, à l'époque, qui
faisait que c'était un plafond.
M. Chassin : Mais qui vient de... qui ne vient pas du ministère, donc,
qui est imposé au ministère.
Mme LeBel : Bien, du ministère de
l'Éducation, qui était une règle budgétaire qui venait du ministère de
l'Éducation à l'époque.
M. Chassin : Ah! OK. Et donc ça a été imposé au ministère par lui-même,
les plafonds des ETC.
Mme LeBel : C'est une règle budgétaire
qui a été faite par le ministère de l'Éducation, qui avait l'effet, je pourrais
dire, pervers de faire en sorte que ça empêchait souvent la dépense du budget.
Puis c'est pour ça qu'on a transformé le plafond en cible.
Puis je reviens sur les centres de services
scolaires. La mutualisation...
La Présidente (Mme Guillemette) :
Merci, Mme la ministre.
Mme LeBel : Ah! je reviendrai plus
tard.
La Présidente (Mme Guillemette) : Merci.
Donc, je cède maintenant la parole... excusez, à la députée de Bourassa-Sauvé.
Mme Cadet : Merci, Mme la
Présidente. Je veux à mon tour aborder, donc, une autre grande priorité du
réseau, soit la violence en milieu scolaire. En septembre dernier, j'étais aux
côtés du personnel de soutien scolaire, donc, pour dénoncer ce qu'eux... ce
qu'eux, donc, soulevaient comme une... comme une énorme priorité. J'étais aussi
avec les enseignants, donc, à Montréal, en décembre dernier, qui, justement,
donc, vous demandaient, donc, une rencontre à ce sujet-là. Donc, vous
constatez, donc, que l'ensemble du réseau se dit qu'il y a un gros, gros
sentiment d'urgence à l'égard du dossier de la violence dans les écoles.
Puis je veux déjà, donc, brosser un portrait,
parce que déjà, donc, en octobre dernier, en octobre 2025, le personnel de
soutien disait que c'est 52 %, donc, des membres qui disaient avoir été
victimes de violence directe. En décembre dernier, les membres de la FAE
disaient que 90 % du personnel enseignant aurait été victime d'actes de violence.
En Estrie, on nous parlait de 54 % des répondants qui disaient avoir subi
au moins un événement violent puis près du quart des profs qui ne se sentent
pas en sécurité dans l'école où ils travaillent. À Trois-Rivières, une
trentaine d'incidents rapportés en février dernier. Le lendemain, en
Montérégie, 10 000 gestes violents qui visent les enseignants et le personnel ont été répertoriés.
Et le rapport du Protecteur national
de l'élève aussi en a parlé en
février. Il y a eu l'étude de Francis
Dupuis-Deri en février également, donc, sur la misogynie, l'homophobie et la
transphobie. Bref, vous voyez, là, on parle de violence dans les
écoles... je ne veux pas dire chaque semaine, mais chaque mois ou presque, ou
presque aux deux semaines au Québec.
Je veux peut-être vous entendre, donc, sur la
problématique puis dire comment ça se fait qu'on n'a pas les ressources pour
pallier à cette épidémie-là.
Mme
LeBel : Bien, je vais y aller plutôt... Je vais commencer par la
problématique, là. Il n'y a personne qui nie
le fait qu'il y a... qu'il faut faire en sorte qu'il n'y ait pas de violence
dans nos écoles puis que... même si c'était juste une école au Québec,
que ce serait acceptable. Donc, ce n'est pas ça qui est... qui est le propos.
Au contraire, il faut... il faut faire en sorte de travailler sur ces
enjeux-là.
Malheureusement...
Quand je dis ça, ce n'est pas pour jeter la serviette, mais souvent ce qui se
passe à l'école est le reflet de la communauté et de la société dans laquelle
l'école évolue. Donc, il faut aussi dire que l'école ne peut pas à elle seule
régler tous les problèmes de violence.
Mais on peut mieux
s'outiller, mieux faire de la prévention. Ça passe par plusieurs enjeux. Moi,
je suis une fervente croyante en la prévention. Donc, il faut donner des outils
pour intervenir quand la violence est là. Il faut permettre d'équiper les
équipes-écoles, entre autres, d'être capables de faire des meilleures
interventions. Malheureusement, dans les cas les plus extrêmes... Puis
malheureusement c'est souvent des élèves qui ont des difficultés, hein,
d'autisme ou de choses... où les cas sont les plus extrêmes. Donc, il faut être
capables d'outiller les enseignants ou les intervenants pour bien intervenir.
Il y a plusieurs
choses qui sont faites par rapport à ça. Il y a des plans d'intervention qui
sont mis de l'avant. Tu sais, on a des plans... Chaque école doit se doter d'un
plan d'utilisation de la violence, mais encore faut-il qu'elle le déploie puis
qu'elle l'utilise. Donc, il faut s'assurer que les écoles, les directions
d'école... Parce que j'ai entendu aussi certains syndicats dire : Bien
oui, les outils sont là, mais ils ne sont pas déployés ou utilisés
adéquatement. Donc, ça fait partie de ce que je veux qu'on fasse et ce que le
ministère doit faire avec les centres de services scolaires, s'assurer que non
seulement il y a un plan, mais qu'ils le mettent en oeuvre et qu'ils
l'utilisent.
On a... on a, bon,
créé plusieurs entités, Protecteur national de l'élève, qui nous donnent un
regard, entre autres, en matière de violence conjugale... pas violence
conjugale, violence sexuelle — je vais vous demander de traduire mes
lapsus, le cas échéant — violence
sexuelle, mieux outiller le personnel scolaire, puis on a aussi augmenté le
personnel scolaire, qui est... qui est celui qui intervient, hein, les
travailleurs, les TES spécialisés, les gens qui peuvent intervenir. Donc, on a
augmenté plus rapidement les professionnels, le soutien puis le personnel
scolaire que la clientèle n'a augmenté. Donc, on a ajouté plus de soutien.
La Présidente
(Mme Guillemette) : ...ministre.
Mme Cadet :
Bien, en fait, je vais peut-être revenir sur un point que vous venez
d'aborder, Mme la ministre, parce que c'était justement là où je m'en allais quand
je parlais de ressources, de déployer ces ressources. Donc, vous convenez que
les TES, donc... donc, font partie de la solution. Là, vous dites, donc, qu'on
les a... qu'il y a eu une augmentation, mais en fait, moi, ce que je vois,
c'est qu'en mai 2025, donc, il y avait 19 176 TES qui étaient dans le
réseau, puis, tout de suite après, donc, à la rentrée scolaire, donc, il y en
avait, donc, 16 711. Donc, même avec les dernières données qu'on a, là, on
a à peu près, donc, 17 000 TES. Donc, il y en a moins en ce moment.
• (12 h 40) •
Mme LeBel :
Où est-ce que... où est-ce que... Vos chiffres proviennent de quel endroit?
Mme Cadet :
C'est dans le tableau de bord, Mme la... Mme la ministre.
Mme LeBel :
OK. Bien, moi, ce que je peux vous dire, là, c'est que l'augmentation sur
les sept dernières années de la population élève était de 9 %. On a
augmenté les professionnels de 18 %, presque 19 %. On a augmenté le
personnel de soutien de presque 26 %. Puis les enseignants, bon,
naturellement, les enseignants vont avec les classes, le nombre de classes,
mais donc... Donc, je pense que le chiffre est moins significatif, là. Ça
prend... ça prend des gens dans les classes, donc... Mais, au niveau du
personnel de soutien, on a augmenté beaucoup plus rapidement le nombre de
personnels de soutien que la clientèle. Maintenant, on pourrait toujours dire
que ça en prend plus, mais...
Mme Cadet :
Bien, c'est parce que, là, vous... c'est parce que, là, vous allez sur une
longue échéance, là. Vous dites, donc, dans les huit dernières années, là,
qu'il y a cette augmentation-là, mais, mettons qu'on parle, mettons, des... Si
on y va, donc, avec une plus petite, une plus courte échéance, mettons, dans
les deux dernières années, est-ce que vous avez ces chiffres-là aussi, là?
Parce que ça a l'air... ça a l'air d'être bien beau, là.
Mme LeBel :
Bien, je ne les ai pas devant... Je ne les ai pas, ces chiffres-là, devant
moi. Puis, comme on reprend tantôt, je vais vous dire que je vais les... je
vais aller les regarder. Vous faites référence au tableau de bord. Il faut
faire attention. Des fois, les données sont en cours, puis il y a... il y a des
embauches en cours, ça fait qu'il faut voir. Puis, quand on parle d'ETC, on ne
parle pas de personnes, on parle d'équivalents à temps complet. Ça fait que,
des fois, il peut y avoir plus de personnes derrière tout ça. Des fois, il y
a... Bon, ça fait que je veux juste être sûre d'avoir vos chiffres. Donc, vous
parlez du tableau de bord.
Mme Cadet :
C'est dans le tableau de bord, oui.
Mme LeBel :
Ça fait que je vais les vérifier. J'aurais voulu qu'on me les apporte
présentement, mais ce n'est pas le cas. Mais je vais les vérifier pour tantôt.
Mme Cadet : Oui,
parce que je pense qu'il y a quelque chose d'assez particulier de voir qu'il y
a moins de TES en ce moment qu'il y en avait, donc, à la fin de la
dernière... la fin de la dernière année scolaire, avec les besoins qu'on est en
train de nommer, là. C'est certainement...
Mme LeBel : Mais, avant d'y
répondre, je vais aller les regarder pour être capable d'y répondre
correctement et de donner une explication, le cas échéant.
Mme Cadet : Parfait. Plan de
prévention de la violence et de l'intimidation en milieu scolaire, quels sont...
quel est le budget qui a été dépensé en 2025-2026 pour ce plan-là?
Mme LeBel : En
2025-2026 pour...
Mme Cadet : 2025-2026
pour le PPVI, le plan de prévention de la violence et de l'intimidation en
milieu scolaire.
Mme LeBel : Pour 2025-2026, je
n'ai pas le chiffre. Je vais vous le retrouver, parce que c'est sûr qu'il est
quelque part, là, mais je ne l'ai pas sous la main.
La Présidente (Mme Guillemette) :
...dévoiler.
Mme LeBel : Absolument, oui.
La Présidente (Mme Guillemette) :
Parfait. Merci.
Mme LeBel : Je m'engage à le
fournir aujourd'hui.
La Présidente (Mme Guillemette) : Parfait.
Merci.
Mme Cadet : Bien, je pense que
vous êtes capable de les trouver assez rapidement. Bien, en fait, je vais
peut-être revenir, alors. C'était quoi, le budget qui était planifié? Est-ce
que ça, vous l'avez devant vous?
Mme LeBel : Pour la lutte à la
violence?
Mme Cadet : Oui, le plan de
prévention de la violence et de l'intimidation en milieu scolaire.
Mme LeBel : 12,5 millions?
12,5.
Mme Cadet : 12,5 millions.
Mme LeBel : Il a été déployé?
Une voix : ...
Mme LeBel : Ah! bien là, vous
parlez de 2025... vous parlez de 2026... 2025-2026, l'année passée.
Mme Cadet : 2025-2026, parce
qu'on n'a pas 2026-2027. C'est... c'est impossible.
Mme LeBel : L'année scolaire en
cours?
Mme Cadet : Non, c'est ça, ça,
on ne les a pas. C'est 2025-2026. C'est l'année qui s'est terminée.
Mme LeBel : C'est... c'est
toujours compliqué dans le système scolaire parce qu'il y a le budget du gouvernement qui est en années, puis là nous, on
est en années scolaires. Ça fait que ce que vous voulez savoir, c'est... Est-ce
que c'est sur l'année en cours ou pour la prochaine année?
Mme Cadet : Bien, écoutez, je vais
peut-être vous aider, là, parce que, moi, ce que j'ai ici, là, c'est que, pour 2025‑2026,
le budget qui était planifié était de 6,5 millions de dollars. Par contre,
le budget qui a été dépensé, en date du 5 mars 2026, est de
510 000 $.
Mme LeBel : On va aller vérifier ça
parce que je trouve que ça...
Mme
Cadet : Pouvez-vous nous
expliquer ça? Parce que, là, ce qu'on voit, c'est qu'on avait planifié
200 000 $ pour documenter la problématique, il y a zéro dollar
qui a été dépensé. On avait planifié 375 000 $ pour former le
personnel, il y a zéro dollar qui a été dépensé, 375 000 $ pour
former les élèves, zéro dollar de dépensé. Puis, pour les équipes
d'intervention, on planifiait 2,3 millions de dollars, parce que
c'était là.
Mme
LeBel : Êtes-vous dans les fiches, cahiers de crédits qu'ils vous ont
fournis?
Mme Cadet :
Oui.
Mme LeBel :
Ah! bien, peut-être, si vous pouvez identifier la fiche pour nous, ça nous
aiderait d'être sur la même... la même page,
disons, là, pour faire un jeu de mots, parce que... Ça va nous aider, là, parce
qu'à ce moment-là nous, on sait d'où vient la fiche, comment on l'a
préparée puis qu'est-ce...
Mme
Cadet : ...moi, j'ai... j'ai
une capture d'écran devant moi, madame. Est-ce que c'est plus facile pour vous?
Mme LeBel :
OK. Mais...
Mme Cadet :
172.
Mme LeBel :
La fiche 172. Bon, ça va m'aider. Merci beaucoup. Et, si vous êtes...
La Présidente (Mme Guillemette) : ...on va attendre la réponse, Mme la ministre. En
attendant, Mme la députée, est-ce que vous voulez continuer en attendant
la réponse?
Mme Cadet :
Bien oui, je vais continuer, oui, parce que...
Mme LeBel :
Mais on va vous revenir cet après-midi sur cette fiche-là pour que je puisse
vous l'expliquer, là. Mais là je l'ai. Je l'ai. Au moins, je sais de quoi vous
parlez, là.
Mme Cadet :
Mais là, bien, j'imagine que vous faites quand même des suivis concernant le
Plan de prévention de la violence et de l'intimidation, parce que, là, c'est
quand même assez substantiel, là, comme distinction, là.
Mme
LeBel : Bien, à ma
connaissance, là, l'argent disponible est dépensé. Donc, c'est pour ça que je
suis très... je suis très étonnée des
chiffres que vous me donnez. Je vais aller les vérifier, puis on va vous
revenir avec la réponse.
Mme Cadet :
Parce que la seule chose qui nous semble correspondre, là, c'est que le budget
de la semaine annuel, l'année passée, était de 500 000 $ et, cette
année, il est de 20 000 $. On comprend qu'il n'y a pas eu de vidéo
dans les classes cette année, là, ça fait que ça, c'est normal et apprécié,
mais, pour le reste, c'est... c'est assez surprenant de voir qu'essentiellement
il n'y aurait presque eu aucune équipe d'intervention de déployée à la... à la
grandeur du Québec, alors qu'on avait prévu un budget de 2,3 millions pour
les déployer puis qu'il y a 90 094 $ qui auraient été dépensés en
date du 5 mars 2026. Puis ça, c'est les réponses du ministère, Mme la
ministre.
Mme LeBel :
Oui, mais, si vous regardez les équipes d'intervention particulièrement, il y a
des équipes d'intervention qui sont là, permanentes, au ministère. Donc, c'est
celles... c'est celles qui sont interpelées en premier lieu. Donc, ces
interventions-là se fassent. Et ma compréhension, que je vais aller raffiner
pendant la pause, c'est que c'est des... c'est des sommes supplémentaires si on
a des besoins supplémentaires au niveau d'équipes d'intervention. Mais ce qu'on
dit, c'est que les interventions se font, mais il faut tenir compte du fait
qu'il y a des équipes d'intervention qui sont au sein même du ministère et qui
ne sont pas... qui ne sont pas comptées dans ces budgets-là. Mais je vais aller
revérifier pour être sûre de bien vous véhiculer cette information-là
adéquatement, pas juste dans le creux de l'oreille.
La Présidente (Mme
Guillemette) : ...pour la réponse.
Mme Cadet :
Avec le temps qu'il nous reste, Mme la ministre, donc, j'aimerais changer de
sujet. Donc, vous nous avez vus, donc, hier, en point de presse avec les
acteurs du milieu du livre concernant, donc, l'objectif de continuer de
protéger la mesure pour l'achat de livres à l'école. J'aimerais savoir si votre
position a cheminé depuis nos échanges en période de questions hier.
Mme LeBel :
Bien, ma position n'a pas cheminé parce que, moi, mon objectif et mon budget
est pour protéger la lecture des élèves, et les élèves vont avoir toute la
lecture nécessaire, qui pourra passer par l'achat de livres. Et je parlais du
programme de français, qui parle de 10 textes et discours, qui pourraient
être des livres. Mais ce qui est très clair pour moi, c'est... Et ça va...
C'est différent, hein? Un texte est différent en première année ou en
secondaire V, on se comprend. Donc, vers... au secondaire, ce sera
probablement plus des livres, plus tôt, ce sera probablement plus des textes.
Mais cette... cette notion-là de donner accès à nos enfants à des livres, à des
textes en français d'auteurs québécois va toujours demeurer.
Et moi, je fais
confiance aux gens du milieu, parce que, moi, mon rôle, comme ministre de
l'Éducation, c'est de m'assurer du service
aux enfants et de la réussite éducative des enfants. Alors, il y aura toujours
de la lecture, il y aura toujours du
sport puis il y aura toujours de la culture dans les écoles, et ça, c'est très,
très, très clair. Et ça, ça doit être... C'est ça qui va être mesuré.
D'ailleurs, on fait
souvent référence, hein, aux pays scandinaves et aux autres pays qui
fonctionnent supposément si bien en éducation. La règle, là, c'est qu'ils...
l'argent descend vers le terrain, et on laisse le terrain s'organiser.
Aujourd'hui, c'est vers ça qu'on veut s'en aller, c'est-à-dire qu'on laisse le
terrain s'organiser avec des orientations, des objectifs gouvernementals
extrêmement clairs, c'est-à-dire : Tous les enfants, dans toutes les
écoles, doivent faire du sport, doivent avoir... être exposés à la culture, ils
doivent être... avoir accès à de la lecture le plus tôt possible, et ça, pour
moi, c'est très clair, ça va passer par l'achat de livres. Naturellement, ça va
passer par peut-être aller à la bibliothèque municipale du coin parce qu'elle
est à côté de l'école. C'est ça que mes enfants, moi, faisaient, parce qu'elle
est extraordinaire, la bibliothèque municipale dans mon... à côté de l'école de
mes enfants. Et les enfants faisaient une excursion. Ils avaient accès à des
livres. Donc, l'idée, c'est qu'il y ait de la lecture, et je vais laisser, moi,
les gens du terrain faire en sorte de le faire le plus efficacement possible.
La Présidente (Mme Guillemette) :
...
Mme Cadet : Mme la ministre, je vous
entends. Puis, hier, tu sais, je pense qu'on a eu un échange assez sincère en
période de questions, là, où vous et moi, on partageait le même objectif de
s'assurer que nos enfants, donc, aient accès à la lecture. Je vous entends,
puis je vous... je vous crois, puis je vous sens sincère là-dedans. Le défi,
c'est que, si la mesure n'est pas protégée, il n'y aura pas de garantie ici.
On... Dans la réforme que vous mettez de l'avant... Puis moi aussi, je fais
confiance aux centres de services scolaires, là, puis je pense que je l'ai...
je l'ai mentionné plusieurs fois. Puis, même
quand votre... votre réforme est arrivée de l'avant, quand je l'ai lue, je me
suis dit : Je pense que ça va être bien accueilli, ça va être
accueilli avec soulagement par le réseau. Mais, dans toute règle, là, parfois,
il y a des exceptions. Puis ici je dis : Il y a quelque chose d'assez
fondamental, puis, si on veut s'assurer de garantir cet achat de livres là,
parce qu'on sait aussi que ça contribue à un écosystème culturel, puis, bon, je
comprends que, vous, c'est... ce n'est peut-être pas l'angle qui vous
interpelle, mais il y a des bases qui, à mon sens, ne devraient pas être trop,
je veux dire, modifiées, tu sais, ici, là, moi, je pense qu'il y a... il y a
matière à ce qu'on puisse offrir cette garantie-là au milieu.
Comment est-ce que vous pouvez cheminer dans
votre réflexion pour dire : OK, on peut toujours offrir cette même
flexibilité-là aux centres de services scolaires, là, cette même confiance aux
centres de services scolaires tout en garantissant la lecture à l'école?
• (12 h 50) •
Mme LeBel : Bien, vos termes sont
extrêmement importants. Je...
La Présidente (Mme Guillemette) : Merci,
Mme la ministre.
Mme LeBel : ...la lecture.
Mme Cadet : Mais on ne garantit pas
la...
Mme LeBel : Oui, je garantis la
lecture.
Mme Cadet : Comment est-ce qu'on
garantit la lecture?
La
Présidente (Mme Guillemette) : Merci, Mme la ministre. Donc, je vais céder la
parole à la députée de Hull. Mme la députée,
9 min 39 s.
Mme Tremblay : Parfait. Merci, Mme
la Présidente. Alors, dans le temps qui m'est... qui m'est alloué, moi, je vais
parler d'un comité de concertation qui a... qui a eu lieu dans la dernière
année, où il y a eu des échanges, de beaux échanges sur, justement, le rôle de
l'école, où... plusieurs sujets qui ont été abordés. Mais ce qu'il est
important de dire ici, c'est qu'il y avait... tout le monde était assis autour
de cette table-là. Puis là, quand je parle de tout le monde, évidemment, le
ministère de l'Éducation était... était présent, mais il y avait aussi les
parents qui étaient présents lors de ces discussions-là, il y avait,
évidemment, les centres de services scolaires, les commissions scolaires
anglophones étaient présentes également, l'ensemble des syndicats. Puis, quand
je parle des syndicats, là, je parle des syndicats du personnel de soutien, des
professionnels, des enseignants et des enseignantes, évidemment, qui étaient là
aussi, et je pense que je l'ai déjà dit, mais les parents.
Donc, ça a suscité de belles discussions, parce
que, dans nos écoles, le rôle... on se questionne souvent sur le rôle. Puis le
rôle, c'était très, très large. On avait plusieurs sujets, là, dont je n'aurai
pas le temps de tout traiter, vous aurez compris, en 10 minutes, mais
quand même certains... certains sujets sur lesquels je vais plus
particulièrement vous interpeler. Mais vous dire qu'on a parlé de... des
responsabilités de l'école, d'alléger son fonctionnement, de la mission de
l'école, flexibilité, prévisibilité. Mes collègues en ont parlé ce matin. Il y
a quand même des choses qui en sont ressorties. On a parlé des communications
avec... avec les parents, évidemment, aussi. Donc... Et on a essayé de dégager
certains consensus, des tendances dans les discussions que l'on a eues pour
alimenter les travaux. Je pense que c'est une belle, belle première étape, là,
qui a été faite, là, dans le cadre de la dernière année.
Donc, les échanges, premier échange qu'on m'a
parlé, c'étaient les responsabilités de l'école et de parler de sa mission.
Puis ça, ça a touché beaucoup, beaucoup, beaucoup de sujets. On a parlé,
là-dedans, de la communication avec les parents, on a parlé de l'évaluation. On
a parlé beaucoup, beaucoup, beaucoup de l'évaluation. Puis d'ailleurs je tiens à revenir sur ce sujet-là parce que c'est une
grande... c'est une grande question, mais elle est toujours sensible, cette
question-là, dans... dans le milieu scolaire, l'évaluation.
Quand on apporte des changements à l'évaluation,
c'est arrivé par le passé, c'est important de bien l'orchestrer, puis de bien
comprendre, puis pourquoi on évalue. Puis, les gens, c'est ce qu'ils sont venus
dire. Parce qu'évidemment, l'évaluation, quand on parle d'évaluation, on parle
du nombre de bulletins, le nombre de communications avec les parents, mais ce
qui est ressorti beaucoup, beaucoup là-dedans, c'est quel sens on donne à
l'évaluation, pourquoi on évalue, parce que l'évaluation, évidemment, ça guide
l'enseignant, l'enseignante dans sa pédagogie, ça permet à l'élève, lui, un peu
de se situer puis ça informe le parent aussi de son enfant, où il est. Ça fait
que vous... Tu sais, l'évaluation, ça inclut l'enseignant, l'élève puis le
parent.
Alors, évidemment, il y a beaucoup de choses qui
se sont dites quand on a parlé d'évaluation, notamment, là, de se dire :
Bien, l'évaluation, elle est importante, on a des questions à se poser, mais
c'est important que tout le monde soit impliqué dans les changements qu'on
pourrait y apporter. Mais le sens de l'évaluation a grandement, là, été... On
s'est dit que... Bien, tu sais, pourquoi on évalue, dans le fond? Donc, de
mettre des... Parce que, bon, on dit souvent : Dans le milieu scolaire, il
y a beaucoup d'évaluations. Ça a été nommé lors de ce comité-là également, alors
je tenais à le mentionner. Ils ont mentionné, évidemment, que tout ça doit se
faire avec les enseignants puis les enseignantes, qui sont au coeur. Puis ils
ont leur autonomie aussi là-dedans. Alors, ça a été mentionné au cours de cette
évaluation-là.
On a parlé aussi... Il y a beaucoup de contenus
ministériels, de contenus qui peuvent être mis dans les écoles. On dit :
Bon, bien, tu sais, recentrons sur la mission de l'école. Il y a tellement de
choses autour de l'école. Puis, un petit peu, les discussions de ce comité-là,
c'était : Bon, bien, qu'est-ce qu'on peut... comment on peut venir alléger
au lieu de tout le temps en ajouter? Donc, ça a fait partie aussi des
discussions. Au niveau des savoirs, on a dit : Bon, est-ce qu'on ne peut
pas revenir un peu aux savoirs essentiels? Donc, ça, ça a été... Les savoirs
qui sont prioritaires, donc, tout ça, ça a été nommé.
Donc, j'ai parlé de l'évaluation. Puis, quand
ils ont parlé d'évaluation, je ne l'ai pas dit, mais, tu sais, il y a une bonne
distinction à faire entre l'évaluation au primaire, l'évaluation au secondaire,
donc, de ne pas mélanger tout le monde ensemble.
On est venus parler aussi de tous les
encadrements en adaptation scolaire au niveau des élèves HDAA. Ça a amené aussi
de belles discussions.
Puis, quand on a parlé de la mission de
l'école... Parce que la mission de l'école, c'est ces trois piliers, c'est
instruire, socialiser, qualifier. Évidemment, on les... on les connaît très,
très bien. Puis ce qu'on a dit : Bien, la mission de l'école, est-ce qu'on
a besoin de toute la modifier, de tout rechanger au complet? Puis là ça a amené
de belles... de belles discussions. Puis certains sont venus dire : Bien,
il y a... il y a peut-être des clarifications, de la moderniser, donc,
notamment, le mot «socialiser», là. Là, il y avait beaucoup de discussions
autour de... Instruire, oui, qualifier, c'était plus clair, socialiser, ils
disaient : Bon, il y aurait peut-être lieu de retravailler ça. Donc, ça,
ça a amené des belles discussions.
La notion du parent dans l'école, parce qu'on
est beaucoup vers un parent qui a beaucoup de demandes, un parent qui est
client. Puis là certains disaient : Bien, on veut plus la collaboration
des parents. On a eu des belles discussions,
hein, Mme la ministre, là-dessus, même ce matin, là. Donc, le parent, c'est un
collaborateur. Il est... il est... Tu sais, on est tous ensemble dans un
même but, l'école, et les parents, et l'enfant qui est au centre, le jeune,
l'élève au centre de tout ça, dans la
réussite du jeune. Donc, ils disaient : Il faut... il faut se
repositionner en lien avec ce rôle-là des parents, un parent qui devrait
devenir beaucoup plus collaborateur que... Puis ils veulent, hein? Les parents,
là, qui étaient au coeur des discussions étaient bel et bien présents. Tu sais,
ils veulent aider, ils veulent faire partie de la solution. Ils disaient
souvent qu'avant, puis on l'a vécu aussi, parce que ça fait longtemps que je
suis dans le milieu scolaire, tu sais, l'école était accessible, beaucoup plus
accessible aux parents. Maintenant, c'est beaucoup plus difficile, pour
différentes raisons, que le parent soit dans l'école, entrer dans l'école, tu
sais. Ça fait que, tu sais, c'est beaucoup
refermé, c'est beaucoup barré pour plein d'enjeux, pour plein de raisons. Mais
les gens se disaient : Une école qui est plus ouverte, une
meilleure... un parent collaborateur. Donc, il y a... il y a du travail, il y a
des réflexions à avoir en ce sens-là. Et c'est... c'est des mots, là, qui ont
été... qui ont été nommés.
Évidemment, la... on m'a parlé de la formation
continue, de dégager du temps, de l'espace-temps aux enseignants puis aux
enseignantes parce que, oui, c'est important, la formation, la formation
initiale aussi. Il y avait du travail à faire du côté de la formation initiale.
Donc, ça, on en a beaucoup parlé, de la formation continue aussi, en
disant : Bien, la concertation est superimportante dans nos écoles, il
faut dégager du temps puis, pour ça, il faut revenir à sa mission puis arrêter
d'en ajouter.
Moi, en terminant, parce qu'il ne me reste pas
beaucoup de temps, Mme la ministre...
La Présidente (Mme Guillemette) :
...la députée, deux minutes.
Mme Tremblay : Il me reste une.
Bien, Mme la ministre, j'aimerais ça vous entendre... deux... deux... une,
deux, peu importe, vous entendre un peu sur la... comment ça a alimenté vos
réflexions au ministère, ce rôle de l'école... ce rôle de ce comité-là, puis
qui n'est pas terminé. Il y aura encore des suites, évidemment.
Mme LeBel : Bien, c'est un comité
qui est extrêmement important puis c'est peut-être la genèse de la reposition
qu'on doit faire pour la suite de la mission, les services aux élèves, puis
qu'est-ce que la mission du ministère de l'Éducation, finalement, et qu'est-ce
que la mission de l'école. Le rôle de l'école, c'est au coeur des services à l'élève qu'on doit donner et c'est... c'est très
important. J'ai demandé, d'ailleurs, aux gens qui forment ce comité-là de me
donner des mesures consensuelles que je pourrais pousser de l'avant. Je
pourrais vous dire que j'ai très hâte que les gens autour de la table m'amènent
une mesure qui est consensuelle de tous les partenaires, de tous les intervenants pour qu'on puisse la mettre de
l'avant, parce que moi, je pense qu'il faut améliorer beaucoup de choses.
Vous faisiez référence, entre autres, à
l'évaluation, hein? Ça fait partie de cette réflexion-là. J'ai eu l'occasion,
moi, de rencontrer, bon, des enseignants pendant les... pendant les
négociations aussi quand j'étais présidente du Conseil du trésor. Les
enseignants nous disaient aussi : Les bulletins, les fameux bulletins, les
évaluations, il y a trop d'évaluations, il y a trop de bulletins. En même
temps, comment concilier et respecter le désir des parents d'avoir une saine
communication de l'évolution de leurs enfants, tout en respectant le rôle des
enseignants, qui disent que des bulletins, à certaines années, c'est trop
lourd?
Il y a des belles initiatives, comme les
communautés de pratique, en Outaouais, à titre d'exemple, qui font en sorte
qu'on est capables de communiquer aux parents au fur et à mesure, et pas
nécessairement dans le cadre d'un bulletin magistral. Là, je ne suis pas en
train d'annoncer des choses. Je suis en train de vous dire que ce sont des
réflexions extrêmement intéressantes, qui sont, d'ailleurs, dans ce comité-là
puis qui alimentent nos réflexions, parce qu'on veut, avec les partenaires, les
gens sur le terrain, trouver les meilleures solutions pour améliorer le rôle de
l'école, repositionner le rôle de l'école. Et les parents en font partie, de
cette communauté-là, les enseignants en font partie, les directions d'école,
nos enfants. Donc, c'est un comité extrêmement important, puis j'étais très
contente de pouvoir lui redonner un second souffle.
La Présidente (Mme Guillemette) :
Merci, Mme la ministre.
Mme LeBel : Et j'ai hâte de voir les
résultats.
La Présidente (Mme Guillemette) :
Merci pour vos questions, Mme la ministre.
Donc, compte tenu de l'heure, la commission
suspend ses travaux jusqu'à 15 heures. Je vous souhaite un bon appétit à
tous.
(Suspension de la séance à 13 heures)
(Reprise à 15 heures)
La Présidente (Mme Guillemette) : Donc,
bon après-midi, tout le monde. Tout d'abord, avant de débuter les travaux,
j'aimerais savoir s'il y a consentement pour que la députée D'Arcy-McGee
remplace la députée de Jeanne-Mance—Viger. Consentement?
Des voix : Consentement.
La Présidente (Mme Guillemette) : Mme
la ministre, consentement?
Mme LeBel : ...pareil.
La Présidente (Mme Guillemette) : Merci.
Mme LeBel : Bien, ce que je veux
dire, je ne suis pas sûre que vous avez besoin de mon consentement, c'est
plutôt ça.
La Présidente (Mme Guillemette) : Donc,
nous reprenons nos travaux.
Je vous rappelle que la commission est réunie
afin de poursuivre l'étude du volet Éducation primaire, secondaire, incluant la
formation professionnelle, des crédits budgétaires du portefeuille Éducation
pour l'exercice 2026-2027.
Donc, nous
sommes maintenant rendus au bloc d'interventions. Je cède la parole à la
députée de Bourassa-Sauvé. Mme la députée.
Mme Cadet : Merci, Mme la
Présidente. Bon après-midi, Mme la ministre. Je plonge tout de suite, donc,
dans le sujet que nous abordions un peu plus tôt, parce que vous me disiez,
donc, vouloir aller chercher des données. Je comprends que vous les avez
trouvées, donc, j'aimerais qu'on puisse les entendre de votre part. Oui.
Mme LeBel : Bon, bien, il y a
plusieurs choses qu'on a abordées cet avant-midi. On avait fini avec la
lecture, je suis convaincue qu'on va la reprendre, ça fait que je vais la
laisser de côté pour l'instant, pas parce que je n'ai pas de réponse à donner,
mais parce que je vais aller plus sur les données.
Une des données était la question des postes,
hein, des postes affichés au tableau de bord. Je veux juste apporter une nuance
importante par rapport aux postes affichés au tableau de bord. Ce qu'on affiche
au tableau de bord, ce sont des postes, je... Et on ne fait pas de distinction
entre postes à temps partiel et postes à temps complet. Donc,
si, éventuellement... Je vous donne un exemple très... très à haut niveau. Si
moi, je suis un centre de services scolaire et j'ai quatre postes à temps
complet... à temps partiel, je vais marquer quatre postes. Mais, si, l'année
d'ensuite, je me suis pris deux postes à temps plein, ça va être écrit deux
postes. Donc, il faut juste faire attention, dans les faits, que ça ne veut pas
dire qu'il y a moins de monde. C'est plus le nombre de postes.
La donnée qui est la plus parlante, c'est la
donnée des ETP, qui est les équivalents temps plein, là, qui donne vraiment les
heures travaillées. La donnée de la... de la commission scolaire... de l'année
scolaire en cours n'est pas encore terminée, mais je peux vous dire que, dans
toutes les données... les années précédentes, cette donnée-là a évolué, puis on
a augmenté, là, de 5 000 ETP. Puis c'est un peu ce que je vous disais
tantôt, que, dans les dernières sept années, année après année, j'ai fait... je
vous ai dit sur sept ans, mais, année après année, l'évolution des postes de
professionnels ou de TES, techniciens en éducation spécialisée ont augmenté à un
rythme plus élevé que les augmentations de clientèle.
Mais, vous avez raison, l'affichage est tel
qu'il est mentionné, mais il y a... Et je n'ai pas la... Je ne peux pas vous
décortiquer tout ça, mais il faut comprendre que, si c'est deux postes temps partiel,
c'est marqué deux, puis, si, l'année d'ensuite, le même poste est devenu un
poste à temps plein, on a l'impression d'en avoir perdu un, alors que, dans les
faits, on est passés d'un temps... de deux à temps partiel à un temps plein. Ça
fait que c'est... Il faut juste faire attention à cette lecture-là. C'est pour
ça que je vous dis que les ETP sont plus parlants.
Ensuite, il y avait l'autre question, du PPVI.
Mme Cadet : Plan de prévention,
exactement.
Mme LeBel : Avec votre permission,
j'ai demandé à la sous-ministre de faire les vérifications, et, avec la page
que vous nous avez mentionnée... Merci. Quand vous nous donnez la page des
crédits, on a environ 500 pages de crédits ou de formules qu'on vous a...
qu'on a fournies aux oppositions, donc, c'est bien. Bien, elle va pouvoir
répondre à votre question si, avec votre permission, on peut lui passer la
parole.
Mme Cadet : Oui, consentement.
La Présidente (Mme Guillemette) : Donc,
votre nom ainsi que votre titre, s'il vous plaît.
Mme Arav (Carole) : Alors, Carole
Arav, sous-ministre au ministère de l'Éducation.
Alors, dans le plan PPVI, effectivement, on
avait un peu plus de 6 millions, là, qui était prévu à être dépensé, qui
n'a pas été au complet dépensé. En fait, les mesures qui étaient dans le plan,
on les a faites, on les a faites ou on est en train de les faire, parce que,
pour nous, l'année scolaire n'est pas terminée, mais on les a faites autrement.
Alors, tout à l'heure, avant que ça se termine,
là, vous parliez, entre autres, des équipes d'intervention. Bien, les équipes
d'intervention, c'étaient des contrats qu'on visait à donner à l'extérieur. Par
contre, il y a une équipe au ministère qui fait de l'intervention, puis on a
aussi des gens dans le réseau qui sont spécialisés pour faire de
l'intervention, ce qui fait qu'on n'a pas eu besoin de donner des contrats à la
hauteur de ce qu'on avait pensé avoir à donner, là. Alors, les services ont été
rendus soit par les équipes qui sont déjà dans le réseau, spécialisées
là-dedans, ou soit par celles du ministère.
C'est la même chose pour les équipes de
professionnels. On pensait donner des contrats. Là, il faut comprendre que cet
argent-là, c'est de l'argent qu'on prévoit donner en contrats généralement. On
n'a pas eu besoin, pour certains postes budgétaires, autant d'argent que ce
qu'on avait prévu. Alors, c'est la même... C'est ce qui est arrivé, entre
autres, pour la formation des élèves, pour le gabarit de lutte. Alors, ce
n'était pas... On n'a pas eu besoin d'argent pour faire ça. Il y en a d'autres,
par contre, qu'on a dépensé quand même au complet, là. Il y avait la lettre
RENFORT qu'on a... la ligne RENFORT. Elle, ce qui était prévu a été vraiment
dépensé à cette hauteur-là.
Donc, on n'a pas... Les actions sont toujours
là, sont... pour plusieurs, sont toujours en cours, ne sont pas terminées. Les
besoins, quand il y avait des besoins dans le réseau, principalement pour les
équipes d'intervention, qu'elles soient ministérielles ou encore du réseau, ça,
on y a répondu. Puis il y a de l'argent disponible si, d'ici la fin de l'année scolaire, il y avait des besoins qui
dépassaient ce qu'on est capables de donner, là, avec le... par... par le
ministère.
Mme Cadet : Donc, ça répond,
effectivement, donc, à quelques questions au niveau des dépenses à l'égard des
ressources professionnelles et des équipes d'intervention. Oui, effectivement,
on voit bien, donc, à la ligne 10, que la ligne RENFORT, donc, ce... cet aspect-là,
donc, du budget, donc, a bel et bien été dépensé. Je ne vous ai pas entendue au
niveau de la documentation puis de la formation.
Mme Arav (Carole) : Bien, en fait,
si on regarde la formation du personnel, on pensait donner des contrats. Ce
n'est pas ce qu'on a fait. On a plutôt pris des modalités différentes. Ça
aussi, ça a été fait.
Mme Cadet : OK. Ça aussi, c'est à
contrat.
Mme Arav (Carole) : Oui. En fait,
là, l'argent qui est là, c'est de l'argent qui n'est pas le budget normal du ministère,
là, qui n'est pas... et ni celui du réseau. Donc, c'est de l'argent qu'on
pensait... On en a mis de côté en disant : S'il y a des besoins pour aller
chercher des contrats pour nous accompagner, on a ces ressources-là, on a ces
budgets-là pour le faire. On n'en a pas eu besoin. Dans certains cas, on n'en a
pas eu besoin du tout. Dans d'autres cas, on a eu besoin
juste d'un petit montant par rapport à ce qui a été prévu. Ça fait que c'est de
l'argent qui est disponible, mais les actions qui étaient prévues, elles, elles
ont été faites.
Mme Cadet : OK. Je comprends.
Toujours dans le cadre, donc, de la prévention de la violence... Parce que, là,
donc, là, vous dites : Voici, donc, les... toutes les ressources sont là.
Mais, quand même, on sait qu'on a des gens qui quittent. Et votre prédécesseur,
en entrevue avec Patrice Roy, le 28 août 2024, s'était engagé à ce qu'on
puisse rendre obligatoires les entrevues de départ, parce qu'on se
disait : Bien, peut-être que la violence, donc, c'est une des causes de
départ du personnel. Est-ce que... Bien, justement, est-ce que ces entrevues de
départ là, elles ont été faites depuis cet engagement?
Mme LeBel : Bien... Oui. Bien là,
oui, au point de vue de... Les employeurs, ce sont les centres de services
scolaires. Donc, on a demandé, oui, à ce que ce soit fait. On a commencé à
faire le déploiement. Ce n'est pas encore rendu obligatoire. C'est plus
complexe qu'on ne le pensait, le mettre en place. Mais, oui, moi, je pousse
encore dans la même direction. Il faut que ce soit fait, parce c'est important
de comprendre pourquoi les gens partent. Il y a diverses raisons. Des fois,
c'est parce qu'un poste est allé ailleurs aussi. Puis il faut faire attention.
Il faut voir les départs aussi de gens qui partent d'un centre de services
scolaire, qui s'en vont dans un autre centre de services scolaire, mais qui
n'ont pas quitté la profession d'enseignant. Mais vous avez raison. Mais ce
n'est pas encore obligatoire, mais on a... on pousse beaucoup dans ce sens-là pour
que les données...
Mme Cadet : Pourquoi c'est plus
complexe à déployer?
Mme LeBel : Bien, c'est ce qu'on a
demandé aux centres de services scolaires de faire, là, mais ce sont eux, les
employeurs. Donc, c'est une question de relation entre le ministère et les
centres de services scolaires. Ce sont eux, les employeurs. Donc, oui, ça va
faire partie des collectes de données qu'on est en train de mettre en place.
Oui, on a fait des communications, on a fait des choses, on a demandé de le faire,
on l'a... on a poussé cette notion-là vers les centres de services scolaires.
Mme Cadet : Est-ce que vous savez
combien ont été faites... réalisées depuis?
Mme LeBel : Combien? Non, je n'ai
pas eu de... je n'ai pas de retour sur les chiffres. On n'a pas de retour sur
les chiffres, là. On leur a demandé, là... On va leur demander de nous faire...
nous faire des compilations de ça puis de nous donner les résultats de tout ça
pour avoir des données parlantes, là.
Mme Cadet : Puis est-ce qu'ils ont
le personnel pour pouvoir réaliser ces entrevues de départ là?
Mme LeBel : Bien, ça fait partie de
ça aussi, là. Tu sais, à un moment donné... Nous, c'est le service aux élèves
qui était priorisé cette année. On a redemandé de le faire, de le mettre en
place. On travaille avec eux pour le faire. Donc, on va voir comment on peut déployer
ça de façon encore plus efficace, là. Mais ça prend des efforts puis ça
prend... ça prend de l'énergie sur le terrain, effectivement.
Mme
Cadet : Donc, à cause du gel
d'embauche, donc, on n'a pas été en mesure de réaliser les entrevues de départ...
Mme LeBel : Non, ce n'est pas à
cause du gel d'embauche. Je suis en train de vous dire que ça prend de
l'énergie, puis, bien, on leur demandait de faire ça à travers tout le reste,
là.
Mme Cadet : Dans la même entrevue,
juste... parce qu'on est sur ce sujet-là, dans la même entrevue, le ministre s'était engagé à amener les enseignants
sans brevet à obtenir le brevet. Est-ce qu'on sait, donc, depuis, il y en a
combien qui étaient sans brevet qui l'ont obtenu ou qui sont en attente d'obtention?
Mme LeBel : ...brevets?
Mme Cadet : Oui, depuis...
Mme LeBel : Combien d'enseignants?
Là, vous faites référence à une autre fiche qu'on vous a fournie, j'imagine.
Mme Cadet : Non, non, non. Donc,
depuis l'entrevue du ministre, en... Donc, le 28 août 2024, donc, le
ministre avait... s'était dit : Bien, voici, nous, on s'engage à ce qu'on
ait des... à rendre obligatoires les entrevues de départ. Donc là, vous nous
dites : OK, on pousse dans cette direction-là. Donc, elles ne sont pas...
Mme LeBel : Ah! combien d'entrevues
ont été faites? Je l'ignore. Je n'ai pas le chiffre.
Mme Cadet : Ça... C'est ça, donc,
ça, vous m'avez dit, donc, ça, vous n'avez pas cette réponse-là. Puis, dans la
même communication, donc, la même entrevue avec Patrice Roy, il s'était aussi
engagé... dire : OK, bien, les enseignants qui sont
sans brevet, bien, il faut qu'ils l'obtiennent. Donc, depuis, est-ce que vous
avez cette... Bien, en fait, vous devriez avoir cette donnée-là, en fait.
Mme LeBel : On a continué à pousser
sur les parcours, hein, on a rajouté... Je pense que c'est 25 programmes
de parcours rapide au... Et puis moi, je suis tout à fait d'accord avec mon...
avec le ministre précédent, là. Il faut tendre à avoir des enseignants qui sont
qualifiés, parce que... Puis là je dis toujours qu'il faut faire une nuance
entre la compétence et la qualification. Il y a beaucoup d'enseignants qui sont
compétents dans le domaine dans lequel ils enseignent, les sciences, l'histoire,
la géographie, à titre d'exemple, mais, naturellement, il faut tendre vers la
qualification. Donc, il y a plusieurs façons d'être qualifié ou d'avoir des
autorisations d'enseigner. Donc, je parle souvent... Je parle particulièrement
des gens qui sont non légalement qualifiés. Donc, est-ce qu'il y a un chiffre?
Bien, je vais demander...
• (15 h 10) •
Des voix : ...
Mme LeBel : Oui, mais est-ce qu'on a
le chiffre de l'augmentation des brevets ou des autorisations d'enseignement?
C'est ça qui est la... qu'est la question. On a mis... Au règlement, on a
ajouté, au niveau de... On a ajouté 25 programmes, je pense, hein, dans le
dernier règlement, qui sont des parcours de qualification. Parce que, tu sais,
je suis allée... je suis allée à une conférence, il y a quelque temps, avec
d'autres ministres de l'Éducation à travers le monde, qui... où on parlait de
pénurie de main-d'oeuvre. Et le visage de l'enseignement est en train de
changer aussi, hein? Beaucoup de gens... en tout cas, moi, je vais parler de
ma... de ma génération, on entrait dans un parcours professionnel et souvent on
prenait la retraite dans le parcours professionnel. Il y a beaucoup d'enjeux,
oui, dans le parcours... dans le domaine de l'éducation, mais il y a aussi
beaucoup de gens qui ne veulent pas nécessairement enseigner pendant
25 ans. Il y en a d'autres qui veulent arriver dans l'enseignement
autrement. Donc, on travaille sur des parcours de qualification qui sont fort
différents du traditionnel bac et brevet, comme on avait avant, mais il faut
pousser vers la qualification.
Je peux vous dire qu'on a autorisé
25 parcours particuliers. Mais combien, depuis, qui ont des brevets...
Une voix : ...
Mme LeBel : Oui, puis les nouvelles
formations qu'on a mises en place durent plus que le temps duquel il a fait la
déclaration et aujourd'hui, là. Donc, on devrait, dans deux ou trois ans, avoir
des résultats sur le nombre de qualifications, ou de brevets, ou d'autorisations
d'enseigner qui se sont... qui sont faits, donc, de qualifications. Je pense
que le nombre de non légalement qualifiés a baissé légèrement dans le réseau
depuis... depuis quelques années. Moi, j'ai 9 000 quelque chose, mais
j'avais... j'avais...
Une voix : ...
Mme LeBel : On a déjà été à
11 000 puis on est à 9 000 non légalement qualifiés dans le
réseau, là. Donc, c'est sûr que...
Mme Cadet : Bien, moi, là-dessus...
Moi, j'ai... j'ai le chiffre de 9 251, donc, qui est le dernier disponible,
le nombre de non légalement qualifiés...
Mme LeBel : Oui, mais on a déjà été
à 11 000, si je ne me trompe pas.
Mme Cadet : Bien, moi, j'ai... Au
31 mai 2023, on était à 6 654.
Mme LeBel : Bon, ça fluctue. De
toute façon, c'est en fonction de la clientèle également, là, mais... Puis,
dans le... J'ai...
Mme Cadet : Puis, quand on
regarde... Puis là j'y vais vraiment aussi, là, de mémoire, parce qu'on... Dans
les derniers jours, on était dans le tableau de bord, puis on voit quand même,
donc, cette... cette augmentation, disons... Je peux retourner il y a... il y a
huit ans, là, mettons, là, mais dans les dernières années...
Mme LeBel : En tout cas, on pourra
réconcilier nos chiffres, mais moi, je... j'ai comme chiffre... puis j'avais
11 000 en tête, là, mais j'ai comme chiffre qu'en mai 2025 on avait
11 200 non légalement qualifiés et que, là, on est à 9 000,
peut-être 9 200 ou... mais autour de 9 000.
Mme Cadet : 9 251, oui.
Mme LeBel : 9 000 non
légalement qualifiés. Bon, il y a une question de fluctuation de la clientèle,
naturellement, aussi là-dedans. Le message aux centres de services scolaires,
c'est de prioriser les gens qui ont des qualifications, que ce soit un brevet
ou une autorisation légale d'enseigner. Le message qui a été envoyé également
aux non légalement qualifiés, puis j'ai écrit une lettre avant les fêtes, je
crois... Là, naturellement, mon espace-temps, des fois,
est confus, mais j'ai écrit une lettre, il y a quelques semaines, quelques
mois, pour leur dire qu'ils devaient également,
les non légalement qualifiés, se tendre vers un parcours de qualification,
parce que, pour moi, ce n'est pas... C'est
une mesure qui doit s'avérer temporaire le plus possible. Donc, une personne
qui entre dans le réseau, qui n'est... non légalement qualifiée...
Puis, encore là, je
veux faire attention. C'est pour ça que je dis qu'il ne faut pas mélanger
compétence et qualification, que ces gens-là sont très compétents, souvent,
dans le domaine pour lequel on les engage, que ce soit en formation
professionnelle ou que ce soit pour d'autres domaines, mais qu'ils doivent
quand même avoir une qualification légale d'enseigner. Bien, ils sont aussi
assujettis au nouveau règlement sur la formation continue, hein, le
30 heures sur deux ans. Donc, les gens qui sont non légalement qualifiés
doivent également faire ce 30 heures là, et les parcours de qualification
comptent pour ce 30 heures là.
La Présidente (Mme
Guillemette) : Merci, Mme la ministre.
Mme LeBel :
Donc, on met plein d'incitatifs.
Mme Cadet : Résultats
scolaires. Quand on regarde les taux de diplomation après sept ans, on voit,
dans votre rapport annuel de gestion, qu'il s'agit d'une cible non atteinte.
Donc, je... Moi, je vois, par exemple, donc, les chiffres pour les garçons, on
avait une cible de 81,3 %, donc, en 2024-2025, puis le taux de
diplomation, donc, après sept ans, donc, pour cette clientèle-là, donc, elle
est à 78,6 %. Est-ce que... Bien, d'abord, est-ce que vous pouvez nous
expliquer pourquoi est-ce qu'on n'a pas réussi à atteindre la cible cette
année?
Mme LeBel : Bon,
il faut toujours regarder les mesures qu'on met... qu'on a mises il y a sept
ans, hein? Donc, les mesures qu'on commence... qui commencent... qui vont...
qui vont... qui ont payé l'année passée ou qui ont payé en 2025, ce sont des
mesures de 2018. Les mesures de 2019, on va commencer à voir les effets sept
ans plus tard. Donc, on voit qu'il y a une amélioration dans la diplomation. Là,
je cherche mes chiffres, parce que j'avais un tableau que... auquel je voulais
faire référence, mais... Il y a une amélioration. Mais, c'est important de
comprendre, ce sont des parcours de... pas de qualification, là, mais de
réussite et de diplomation sur sept ans. Donc, il faut voir que ça s'améliore.
Ça s'améliore depuis... depuis quelques années. Ça s'améliore. La tendance
s'améliore de façon continue.
Je pense que c'est
effectivement celui-là. Merci beaucoup. Taux de diplomation et de qualification
par cohorte au secondaire après sept ans. Quand on regarde... Bon, c'est séparé
selon le sexe, mais, quand on regarde le total, on est en amélioration. On voit
qu'il y a une fluctuation. Si on prend les chiffres depuis... Si on regarde la
cohorte... Naturellement, la cohorte de 2017...
Des voix :
...
Mme LeBel : Parfait. C'est le résultat de 2023-2024 pour la
cohorte de 2017. Donc, les résultats de 2023-2024 s'améliorent. Et
c'est... c'est la même tendance. Et, depuis les... je dirais, depuis... particulièrement
depuis les 10, 15 dernières années, il y a une évolution du taux de
diplomation après sept ans.
Donc, les mesures que
l'on met en place depuis peut-être cinq, six ans, bien, ce sont des mesures
qu'on va... où on va pouvoir voir les effets sept ans plus tard, naturellement,
dans les taux de diplomation. Là, on a des résultats pour les cohortes jusqu'à
2018, je pense, là, pour le taux de diplomation.
Mme Cadet : En
fait, moi, je vois, donc, oui, une légère amélioration chez les garçons, mais
une stagnation chez les filles, là. Peut-être qu'on ne regarde pas, donc,
les... exactement les mêmes chiffres.
Mme LeBel : Ça
dépend du tableau qu'on regarde, hein? Moi, j'ai vraiment des chiffres ici qui
me disent, là, que les données, là, au... jusqu'en 2023-2024, 2017, bien, toute
la... si on regarde la courbe sur une dizaine d'années, tout est à la hausse. Il y a... il y a peut-être la cohorte de 2010, là,
pour des mesures qui auraient été mises en place en 2017-2018, mettons,
là, le taux était... total... Parce qu'on peut regarder... Bon, il y a une
différence entre l'écart puis le taux total,
mais le taux était autour de 80 %, 78 %, 77 %, puis là on est
autour de 84 %, tu sais, ça fait qu'il y a comme une augmentation,
là.
Mme Cadet : Mais on voit quand même qu'il y a souvent, donc,
une... quand même, donc, un défi chez les garçons.
Mme LeBel :
Absolument.
Mme
Cadet : Puis votre
prédécesseur, encore une fois, dans le documentaire de la collègue de
Saint-Laurent, L'écart silencieux, disait, donc, que le ministère
est au courant de la problématique et de... disait, donc, qu'il avait... Il
avait demandé au ministère de travailler là-dessus. Donc, est-ce qu'il y a un
suivi qui a été fait à ce sujet-là, donc, au sein du ministère pour...
Mme LeBel : Là,
vous parlez des garçons en particulier?
Mme Cadet :
Exactement.
Mme LeBel : Oui. L'écart... l'écart
garçons-filles, malheureusement, est... est notable partout à travers le monde,
là, partout à travers les systèmes d'éducation, peu importe le type de système
d'éducation qu'on a.
Mme Cadet : ...précisément, Mme la
ministre, est-ce qu'il y a une table de travail? Parce que, dans le fond, votre
prédécesseur disait...
Mme LeBel : Bien, il y a plus qu'une
table de travail, il y a plus...
Mme Cadet : OK. Allez-y.
Mme
LeBel : Oui. Et c'est une
préoccupation. Et un des grands aspects... Naturellement, on ne travaille
pas... Cette mesure-là n'est... Les mesures que l'on met en place ne
sont pas...
La Présidente (Mme Guillemette) :
...
Mme LeBel : Ah! je vais y répondre
éventuellement.
La Présidente (Mme Guillemette) :
Prochain bloc, Mme la députée de Bourassa-Sauvé, probablement.
Mme Cadet : Merci.
La Présidente (Mme Guillemette) :
Merci. M. le député de Gouin, pour 17 minutes.
M. Nadeau-Dubois : Merci, Mme...
Merci, Mme la Présidente. Rebonjour, Mme la ministre. Je veux parler avec vous
de la fin des enveloppes réservées pour les achats de livres dans les écoles.
C'est une décision qui fait énormément
réagir dans les écoles, bien sûr, mais aussi dans le milieu culturel. J'ai une
question toute simple pour vous : Avez-vous consulté le ministre de
la Culture avant de prendre cette décision?
Mme LeBel : On a eu beaucoup de
discussions avec le ministre de la Culture et son cabinet, ne serait-ce que
quand on a décidé de confirmer que les budgets de 13 millions étaient
maintenus. On les a confirmés dans... On les a confirmés pour les sorties
culturelles dans le budget. Donc, les budgets sont disponibles, ne... que ce
soit pour les livres, que ce soit pour les sorties culturelles. Il y aura même
une nouvelle annonce bientôt, que je ne veux pas brûler, mais on a une mesure
qui va être réservée également pour l'achat de livres supplémentaires au
secondaire. Donc, on va pouvoir en faire état dans quelque... dans quelque
temps. Donc, les budgets sont conservés, les budgets sont toujours là. Donc,
oui, il y a eu des discussions avec mon collègue là-dessus...
M. Nadeau-Dubois : Ma question...
Donc, vous me... Donc, ce que vous nous dites aujourd'hui, vous nous confirmez
avoir consulté le ministre de la Culture spécifiquement sur la fin des
enveloppes réservées, donc, dédiées à l'achat de livres dans les écoles.
Mme LeBel : Il y a eu des
discussions avec le ministère de la Culture et le cabinet du ministre...
M. Nadeau-Dubois : Sur cette
question-là en particulier.
Mme
LeBel : ...sur la question du regroupement des règles
budgétaires telles qu'on les connaît maintenant, oui.
M. Nadeau-Dubois : Parfait. Et
est-ce que le ministre de la Culture et ses équipes étaient d'accord avec cette
fusion des enveloppes?
Mme LeBel : Bien, le ministre de la
Culture et ses équipes comprenaient très bien les enjeux, et les objectifs, et
les avantages pour les enfants dans cette histoire-là.
M. Nadeau-Dubois : Non, mais est-ce
qu'ils étaient d'accord?
Mme LeBel : Bien, ils comprenaient
très bien les enjeux.
M. Nadeau-Dubois : Ils comprenaient
les enjeux, mais est-ce qu'ils... Donc, ils... Donc, vous nous affirmez
aujourd'hui que le ministre de la Culture approuve cette fusion des enveloppes.
• (15 h 20) •
Mme LeBel : Bien, vous lui poserez
la question à lui. Moi, ce que je comprends des discussions qu'on a eues, c'est
qu'il comprenait très bien les avantages pour les enfants du Québec de faire...
de passer dans cette transition-là des règles budgétaires. Mais je vais vous...
Je ne répondrai pas pour lui.
M. Nadeau-Dubois :
OK. Bien, c'est parce que c'est votre collègue, puis vous soutenez à avoir
eu des échanges avec lui, mais vous n'êtes pas prête à nous dire s'il était
d'accord avec votre décision.
Mme LeBel : Je vous dis qu'à
l'époque, dans nos discussions, il était... il comprenait très bien les
avantages de faire cette transformation budgétaire là.
M. Nadeau-Dubois : OK. Parce qu'à
peu près tout le milieu culturel est inquiet de cette mesure-là. Je pense que
le ministre de la Culture est à l'écoute de ses partenaires. Donc, vous nous
confirmez qu'il était informé avant votre décision et qu'il était d'accord.
Mme LeBel : Je vous confirme qu'il a
été... on leur a présenté la réforme, qu'il était au courant et qu'il voyait
très bien les avantages pour les enfants du Québec.
M. Nadeau-Dubois : OK. Est-ce qu'il
voyait les avantages pour le milieu culturel?
Mme LeBel : Bien là, vous lui
poserez la question.
M. Nadeau-Dubois : OK. Parce que...
Non, mais...
Mme LeBel : Moi, je lui ai présenté
les règles budgétaires du ministère de l'Éducation, je lui ai présenté des
avantages pour les élèves, et il voyait bien les avantages pour les élèves.
M.
Nadeau-Dubois : OK. Non, parce que vous êtes une procureure de
talent, puis je suis à même de le remarquer en ce moment, c'est que vous
ne me dites à aucun moment si votre collègue était d'accord avec votre
décision.
Mme LeBel : Bien, je vous dis que,
moi, ce que j'ai eu comme information de sa part, c'est qu'il était très... il
était très, très... Comment je dirais ça? Donc, il ne m'a pas omis d'objection
sur les règles budgétaires puis il comprenait bien les avantages pour les
élèves du Québec. Mais là, maintenant, vous lui poserez la question par rapport
à ce qu'il disait à son milieu.
M. Nadeau-Dubois : OK. Donc, le
ministre de la Culture est d'accord. Vous nous dites... Ce que vous avez
compris de vos échanges, c'est qu'il était d'accord avec cette réforme des
règles budgétaires.
Mme LeBel : Bien, il n'a pas soulevé
d'objection.
M. Nadeau-Dubois : Il ne s'est pas
opposé. Il n'a pas soumis d'objection. OK.
Mme LeBel : Pas à cette époque-là.
M. Nadeau-Dubois : Avez-vous eu des
échanges avec lui dans les derniers jours sur ces questions-là?
Mme LeBel : On a des échanges... On
a eu des échanges cette semaine sur ces questions-là avec son cabinet.
M. Nadeau-Dubois : OK. Parce que le
milieu culturel est extrêmement inquiet.
Mme LeBel : Absolument, oui.
M. Nadeau-Dubois : Est-ce qu'il vous
en a fait part?
Mme LeBel : Très dommage,
d'ailleurs, qu'on ait inquiété ainsi le milieu culturel, mais...
M.
Nadeau-Dubois : Bien, le milieu culturel a pris connaissance des
règles budgétaires puis il voit bien qu'il n'y a plus aucun dollar de réservé, j'insiste, réservé exclusivement à l'achat
de livres. On peut comprendre leurs inquiétudes.
Mme LeBel : Oui, mais moi, je vais
réitérer que le budget de l'éducation est là pour les enfants du Québec et
qu'on va s'assurer qu'il y ait de la culture dans les écoles. D'ailleurs, les
budgets sont encore disponibles, hein, l'argent est là, les sommes sont disponibles...
M. Nadeau-Dubois : Oui, oui. Non,
mais il n'est plus réservé.
Mme LeBel : ...et toutes les sommes
sont transférées vers les centres de services scolaires et les écoles. Les
directives sont très claires aux centres de services scolaires et aux écoles,
que ce soit la règle... la règle budgétaire sur les livres, que ce soit la
règle budgétaire sur la culture, les sorties culturelles, c'est qu'il va... il
faut qu'il y en ait dans les écoles.
M.
Nadeau-Dubois : Oui, bien sûr. Et ils pourront aller à la bibliothèque
si jamais ça revient moins cher que d'acheter des livres. Vous nous l'avez
précisé tantôt.
Mme LeBel : Pas
si ça revient moins cher, si c'est une meilleure opportunité pour les enfants
du Québec. Parce que c'est ça, le rôle du ministère de l'Éducation, c'est voir
à la réussite éducative et au bien-être des enfants.
M.
Nadeau-Dubois : OK. Donc, vous nous confirmez que le ministère de la
Culture et son ministre ont été consultés avant votre décision.
Mme LeBel :
Ils étaient au courant, absolument.
M.
Nadeau-Dubois : Ils étaient au courant et ils étaient d'accord.
Mme LeBel : Ils
étaient au courant, puis je n'ai pas reçu d'objection de leur part à ce
moment-là.
M.
Nadeau-Dubois : OK. Et est-ce que vous avez de l'ouverture à ce qu'il
y ait des échanges encore pour peut-être apporter des améliorations ou des
modifications à vos règles budgétaires là-dessus spécifiquement?
Mme LeBel :
J'ai... Bien, on a rencontré, même, des gens du milieu cette semaine. Mon
cabinet a rencontré des gens du milieu avec le cabinet de la Culture cette
semaine. Il n'y aura pas de règle dédiée, réservée, parce que ce serait faire
le contraire de la transformation qu'on est en train de faire. Alors, ce
serait, quant à moi, aller... être contre-productif.
Par contre, moi, je
suis très prête à voir comment on peut rassurer le milieu de la culture. Puis,
en même temps, rassurer le milieu de la culture... C'est quoi, l'intérêt du
milieu de la culture? Ils veulent que les enfants soient exposés à la culture?
Là-dessus, je peux les... je peux les rassurer, il y aura de la culture dans nos
écoles.
M.
Nadeau-Dubois : Bien, dans le cas... dans le cas des livres...
Mme LeBel :
Il y aura de la lecture.
M.
Nadeau-Dubois : ...ce qu'ils souhaitent c'est de s'assurer qu'il y ait
un plancher, qui n'est pas nécessairement un
plancher en argent, ça pourrait être un plancher, par exemple, en nombre
d'ouvrages, hein, il y aurait plusieurs manières d'y arriver, mais ils
souhaitent être rassurés, à savoir qu'il va y avoir un plancher en matière
d'achat de livres par les écoles du Québec. Vous nous dites que ça n'existera
pas.
Mme LeBel : Bien,
c'est ça... Bien là... Bien non...
M.
Nadeau-Dubois : Ça n'existera plus. Ça existait, ça n'existera plus.
Mme LeBel : Il
n'y aura pas de plancher en matière de livres, d'achat de livres.
M.
Nadeau-Dubois : OK. Pas de plancher.
Mme
LeBel : Par contre, ce qu'il
y a... Puis j'avais commencé à répondre à ma collègue tantôt, mais on a été... naturellement, le temps nous a empêchées de
poursuivre. C'est qu'il y a de l'obligation de lecture de livres dans les
écoles.
M.
Nadeau-Dubois : De lecture, mais il n'y aura plus aucune obligation
d'achat de livres. Vous venez de le dire, il n'y aura pas de plancher.
Mme LeBel : Bien,
ils ont de l'argent pour en acheter. Puis j'imagine que, s'il y a une
obligation de lire, ça prend des livres à lire. Donc, ils vont sûrement en
acheter encore.
M.
Nadeau-Dubois : Ou aller à... ou aller à la bibliothèque.
Mme LeBel : Mais
revenez... revenons à la base du... de la mission du ministère de l'Éducation.
C'est de faire lire nos enfants, leur donner accès à des livres, et là on leur
fournit les budgets nécessaires. Il y a des endroits où les bibliothèques...
M.
Nadeau-Dubois : Parfait...
Mme LeBel :
...même les bibliothèques de l'école sont très bien garnies. Il y a des
endroits où les classes sont très bien garnies. Il y a des endroits où on a
besoin d'injecter plus que ce qu'on leur envoie, et ils auront le loisir de le
faire.
La Présidente (Mme
Guillemette) : Mme la ministre, merci. M. le député.
M. Nadeau-Dubois : Merci beaucoup. On
a... Je pense que ça a été communiqué très clairement, il n'y aura pas de
changement. Il n'y aura donc pas de plancher d'achat de livres. Vous avez été
très claire. Je vous en remercie.
Je veux parler des processus de sélection qui
ont cours dans le système d'éducation au Québec, en particulier dans les écoles
publiques du Québec. Le 9 décembre dernier, vous vous êtes engagée, dans
une entrevue que vous avez donnée à La Presse, de faire un
état des lieux de ces programmes sélectifs et vous avez, je vous cite, «remis
en question le processus de tri auquel s'adonnent les écoles secondaires
publiques offrant des PPP». Fin de la citation. Vous avez également adopté une
motion, que je vous avais soumise le 10 décembre, donc le lendemain de la
publication de l'article, où vous vous êtes engagée à entamer une réflexion au
sujet des critères imposés dans certaines écoles publiques pour sélectionner
les élèves. Nous sommes à... Et vous vous êtes engagée, dans cette motion, à
livrer les résultats de cette réflexion avant la fin de l'année scolaire. On y
arrive. Quand allez-vous déposer les résultats de cette réflexion?
Mme LeBel : Bien, je me suis engagée
à le faire et je continue dans ma réflexion. Vous savez, je suis tout à fait
d'accord avec vous, surtout quand on parlait du primaire, hein, quand... les
sélections au primaire, qui étaient encore plus mises sur la sellette à l'époque.
Puis moi, je suis tout à fait d'accord, je suis tout à fait d'accord avec le
fait qu'il faut éviter de... je ne dirais pas ostraciser, mais de sélectionner
trop jeune, il faut... de surspécialiser nos jeunes trop rapidement.
Ce que j'ai
fait, et ce que j'ai vu, et ce que j'ai constaté, et ça, ça m'a quand même
rassurée, c'est qu'au niveau primaire dans les écoles publiques il y
a... il y a juste 4 % des enfants qui sont dans des programmes... des PPP
au niveau primaire, 4 % des enfants. Je ne dis pas que c'est... qu'il ne
faut pas s'occuper de ce 4 % là, mais ça m'a quand même rassurée de voir
que, quand même, au primaire, la très grande, la vaste majorité, sinon la
totalité des enfants du public sont dans des écoles... sont au public sans
avoir nécessairement de programme particulier.
Maintenant, on a fait... on a commencé par faire
un état de situation, et je pense qu'il y a, à travers les écoles qui ont... Je
ne veux juste pas me tromper sur le nombre, là, mais il y a très peu d'écoles
qui ont... parmi le 4 % ou parmi les écoles... Je pense, c'est
219 écoles, si je ne me trompe pas...
Une voix : ...
Mme LeBel : ...45 écoles sur
249 — parfait,
merci — 45 écoles
qui ont un programme particulier, sur 249, avec des critères seulement. Donc,
il faut regarder ça. Je suis... je suis en train de regarder aussi avec le
ministère, dans ces critères-là, est-ce que c'est des critères d'accès, de
performance académique ou c'est des critères de... je vais prendre...
d'affinités ou de compétences. Mais l'enjeu pour moi, c'est de vouloir faire en
sorte qu'il n'y ait pas de critère d'accès au primaire.
M. Nadeau-Dubois : Merci. Je
comprends, donc, que votre réflexion est entamée.
Mme LeBel : Bien, je suis en train
de raffiner ça.
M. Nadeau-Dubois : La motion... Dans
cette motion, vous vous êtes engagée à rendre publics les résultats :
«[Que] l'Assemblée nationale demande à la ministre de l'Éducation de livrer les
résultats de cette réflexion d'ici la fin de l'actuelle année [scolaire].»
Donc, est-ce que ça va prendre la forme d'un document écrit?
Mme LeBel : Je vais voir quelle
forme ça prendra. Mais je vais revoir la motion, mais, moi, ce que je me suis
engagée à faire, c'est d'avoir une réflexion d'ici la fin de l'année scolaire.
M. Nadeau-Dubois : Puis à en livrer
les résultats avant la fin de l'année scolaire. Est-ce que vous allez honorer
cet engagement?
Mme LeBel : Bien, je verrai sous
quelle forme. Je ne m'engagerai pas à... sous une forme quelconque aujourd'hui,
là. Je vais regarder ça.
M. Nadeau-Dubois : Est-ce que vous
vous engagez à respecter le libellé de la motion?
Mme
LeBel : Bien, je m'engage à respecter la motion pour
laquelle je me suis engagée, mais je vais regarder...
M. Nadeau-Dubois : OK. Donc, vous
allez nous livrer les résultats de la réflexion avant la fin de l'année.
Mme LeBel : Je vais regarder ça, de
la façon dont ce sera fait.
M. Nadeau-Dubois : Bien, je vous le
lis, là, je vous lis le libellé de la motion, Mme la ministre.
Mme LeBel : Oui, mais je verrai de
la façon dont ce sera fait. Mais je vais respecter la motion.
M.
Nadeau-Dubois : Mais vous allez le faire. Mais vous allez les livrer,
les résultats de cette réflexion.
Mme LeBel : Je
vais respecter la motion.
M.
Nadeau-Dubois : Parfait. C'est... Je vais vous donner un exemple. Une
école primaire de la région de Québec... Non, pardon. Je vais vous donner un
exemple. Une école primaire de la grande région de Montréal, on ne la nommera
pas, fait passer à des enfants de maternelle des examens. C'est des examens
oraux administrés par une firme privée
spécialisée en éducation. On parle d'un examen oral de 45 à 60 minutes
pour des enfants, donc, de cinq ans en maternelle, des entrevues qui
sont menées par cette firme privée spécialisée. Au terme de cet examen-là, on
dresse un classement des enfants de cinq ans, et c'est sur la base de ce
classement que ces enfants-là sont admis en première année en programme
d'études internationales. Je me demande bien ce que ça veut dire, en première
année, mais bon... Cet exemple-là, trouvez-vous que cette pratique-là ou ce
genre de pratique a sa place dans une école publique en 2026 au Québec?
Mme LeBel : Il
faut s'en éloigner de plus en plus. Ça, je ne suis pas... je suis totalement
d'accord avec vous.
M.
Nadeau-Dubois : OK. Envisagez-vous poser des gestes pour mettre fin à
ces pratiques-là?
Mme LeBel : Je
vais regarder comment on va agir dans ces circonstances-là, mais on est en
train de faire le tour de la question. Moi, je voulais avoir un portrait de la
situation avant de prendre des décisions. Le portrait de la situation me
rassure un peu, mais, en même temps, je vous l'ai dit, il faut qu'on regarde
les... dans le 4 % des jeunes qui sont
dans un programme particulier. Moi, pour moi, un critère de performance tel que
vous le décrivez, à cinq ans, je trouve ça trop jeune.
• (15 h 30) •
M. Nadeau-Dubois :
Donc, vous êtes en désaccord avec cette pratique-là.
Mme LeBel : Je
suis en désaccord avec cette façon de faire là, mais moi, je veux, avant de me
prononcer, aller voir ce qu'il en est, comprendre, l'étudier correctement avant
de prendre une décision.
M.
Nadeau-Dubois : Non, mais je suis heureux...
Mme LeBel :
Mais je vous dirais, à première vue... Parce que c'est pour ça que je suis
d'accord, que j'ai voté pour la motion, d'ailleurs.
M.
Nadeau-Dubois : Donc, des processus de nature compétitive, des
processus de sélection de nature compétitive comme celle-là à cinq ans...
Mme LeBel : Bien,
surtout...
M.
Nadeau-Dubois : ...vous êtes d'accord avec moi que ça n'a pas sa
place.
Mme LeBel : Bien,
je suis d'accord avec vous que ça fait... ça fait lever un sourcil,
effectivement...
M.
Nadeau-Dubois : Plus qu'un sourcil.
Mme
LeBel : ...suffisamment pour
que je m'engage dans une motion puis que je vous dise que je veux étudier
la question correctement et sérieusement.
M.
Nadeau-Dubois : Donc, vous vous opposez à ça, mais êtes-vous...
êtes-vous prête à vous engager à poser un geste quelconque, par exemple, mettre
un âge minimal? Ce ne serait pas compliqué. Qu'est-ce que vous pensez de cette
idée-là?
Mme LeBel : ...continuer
ma réflexion, tel que je me suis engagée à le faire, et je vais respecter ce
que je me suis engagée à faire.
M.
Nadeau-Dubois : OK. Bien, je comprends, mais là c'est parce qu'il
reste, comme, quelques semaines à la session parlementaire et à l'année
scolaire.
Mme LeBel : Oui,
mais elle n'est pas terminée. Elle n'est pas terminée, l'année scolaire.
M.
Nadeau-Dubois : OK. Donc, d'ici la fin de l'année scolaire, vous aurez
une réponse à cette question.
Mme LeBel : Je
vais respecter la motion à laquelle je me suis engagée.
M.
Nadeau-Dubois : Bien, je ne comprends pas... je n'ai pas... je ne
comprends pas ce qui vous rend, en tout respect, Mme la ministre...
Mme LeBel : Bien, parce que je veux continuer à faire mes
analyses. Ça fait que je ne prendrai pas d'engagement.
M.
Nadeau-Dubois : ...aussi hésitante à s'avancer sur un dossier qui est,
à... dans... à première vue, aussi clair, là. Par ailleurs, un de vos
prédécesseurs, le député de Chambly, avait clairement affirmé non seulement
qu'il était en désaccord, mais qu'il avait l'intention de mettre fin à ces
pratiques-là. Finalement, il a peut-être... il n'a pas eu le temps ou, bref, ça
ne lui a pas adonné. Mais je ne comprends pas pourquoi vous n'êtes pas capable
juste de dire, comme ministre de l'Éducation, que vous désapprouvez ça
complètement puis que, d'ici la fin de l'année scolaire, tel que vous vous êtes
engagée dans la motion, vous allez livrer les résultats de votre réflexion
clairement, publiquement, pour que les gens du réseau de l'éducation puissent
en prendre connaissance puis, idéalement, agir, parce que des abus comme ça...
Entre vous et moi, ça brise le coeur qu'on fasse subir ça dans nos écoles
publiques à des jeunes de cinq ans.
Mme LeBel : Bien, je suis d'accord avec votre prémisse. La
raison, c'est... L'affaire, c'est que vous me dites... vous me demandez
de m'engager sur le moyen, de la façon dont je vais faire.
M. Nadeau-Dubois : Oui, bien, vous êtes
ministre, hein? Je me demande... Tu sais, c'est à ça que ça sert, hein?
Mme LeBel : Bien
oui, bien, absolument, mais je vous ai dit que j'étais... j'avais... que
j'avais entamé une réflexion sérieuse. Parce que j'ai eu la même réaction que
vous, la même réaction que vous. On a déjà adressé cette question-là aux DG
dans les comités dans lesquels on travaille. On leur a déjà dit que, pour nous,
ce n'était pas une façon de faire au primaire. Maintenant, je veux continuer à
faire mon analyse de façon correcte et sérieuse avant de m'engager sur le moyen
que je vais prendre.
M.
Nadeau-Dubois : OK. Alors, l'analyse... Parfait. Alors, l'analyse se
poursuit.
Mme LeBel : Voilà.
M.
Nadeau-Dubois : Qu'en est-il d'un éventuel palmarès des écoles
publiques? Le 9 décembre, dans ce même entretien de La Presse, vous
aviez dit, je vous cite : «Je ne suis ni pour ni contre, bien au
contraire.» Je pense que c'était une boutade, en toute justice. «"Le
projet n'est ni abandonné ni mis de l'avant", explique-t-elle.» C'est
vous, Mme la ministre. Vous vous disiez, à l'époque, sensible au fait qu'il
peut à la fois motiver certains et être néfaste pour d'autres. À l'époque,
donc, vous n'aviez pas de position sur l'idée de votre prédécesseur d'un
éventuel palmarès des écoles publiques. Aujourd'hui, quelle est votre position
là-dessus?
Mme LeBel : Bien,
moi, je vous dirais, pour moi, ce n'est pas une priorité de mettre en place un
palmarès des écoles publiques. Je pense qu'il peut y avoir... Il y a des pour
et des contre, il peut y avoir des effets motivateurs, mais, pour moi, à ce
stade-ci, honnêtement, ce n'est pas une priorité. Ça fait que moi, je ne
mettrai pas en place un palmarès des écoles publiques.
M.
Nadeau-Dubois : On est d'accord. Donc, il y a des bons et des mauvais
côtés, mais les mauvais côtés l'emportent. Si vous arrivez, du côté de votre
décision, à la négative, on est 100 % d'accord.
Mme LeBel : ...de ne pas mettre mes efforts, dans le temps qui
m'est imparti, sur un registre d'écoles publiques.
M.
Nadeau-Dubois : Bonne décision... bien, selon moi. Dans ce même...
Mme LeBel : Ça,
celle-là, mon analyse était terminée, c'est pour ça.
M.
Nadeau-Dubois : Oui, c'est ça, l'analyse a été plus rapide.
Mme LeBel : Non,
elle était faite.
M.
Nadeau-Dubois : Autre chantier que vous avez annoncé dans cet
entretien du 9 décembre, vous avez annoncé réfléchir à la possibilité, même si
ce n'était pas tranché encore, je vous cite, à la possibilité, je vous cite, «d'éventuellement
enlever un bulletin pour le remplacer par une évaluation qui va satisfaire les
parents». Où en est ce chantier?
Mme
LeBel : Bien, j'aurais...
premièrement, j'aurais dû aller me relire, du 9 décembre. Non, c'est une
blague.
M.
Nadeau-Dubois : ...cinq chantiers.
Mme
LeBel : Non, non, mais... Oui, mais ça, j'ai eu l'occasion...
M.
Nadeau-Dubois : Il y en un
que vous avez déjà accompli, c'était le programme de français. On est tout à
fait... on est tout à fait contents. Qu'en est-il de cette élimination
d'un bulletin?
Mme
LeBel : Bon, dans cet...
dans... On a parlé... On a un comité sur le rôle de l'école dans lequel on
aborde ça. J'ai commencé à l'aborder avec certains syndicats. J'ai
commencé à aborder cette question-là avec certains comités de parents. J'ai
commencé les discussions. Il y a une très grande sensibilité sur cette
question-là. Je ne veux pas alerter personne ici, là, mais il y a... dans le
sens de gens qui nous écoutent, mais il y a une très grande sensibilité. Quand
on parle des enseignants, les enseignants aimeraient qu'on mette fin...
M.
Nadeau-Dubois : Mais vous, là, allez-vous le faire ou pas?
Mme LeBel :
Moi, j'ai lancé la réflexion pour que ça se... Mais la décision... Je ne pense
pas que la décision va être prise sous mon règne, mais je me suis assurée que
cette... que cette question-là et ce sujet-là étaient discutés dans des comités
officiels pour s'assurer qu'elle n'était pas abandonnée.
M.
Nadeau-Dubois : Donc, là-dessus aussi, la réflexion se poursuit. C'est
ce que je comprends. Parfait.
Mme
LeBel : Bien, j'ai lancé la
discussion parce que la réflexion ne se fait pas à mon niveau tout seul, là. Ça
se fait avec les comités de parents également.
M.
Nadeau-Dubois : Qu'en est-il de votre... Je vais presque... je vais
presque avoir le temps de faire vos cinq chantiers. Le cinquième chantier,
c'était celui des enseignants non qualifiés. Vous avez... Vous vous êtes
engagée à tenir un suivi serré de ces gens afin de s'assurer qu'ils ont bel et
bien l'intention de poursuivre leurs parcours de formation. Quel suivi
avez-vous fait sur ce chantier?
Mme LeBel :
Ce que je... ce que je vous dis, ce que j'ai fait, entre autres, je leur ai
écrit une lettre où je leur expliquais que, quant à moi, ils devaient s'engager
dans un parcours de formation qualifiant, que, pour moi, c'était une situation,
peu importe la compétence qu'ils ont...
La Présidente (Mme
Guillemette) : ...Mme la ministre. Merci beaucoup. M. le député,
merci. Je passe la parole à Mme la députée de Bourassa-Sauvé. Et peut-être
porter attention, dans vos interventions, de ne pas parler un par-dessus
l'autre. Pour la transcription, c'est plus facile. Mme la députée de
Bourassa-Sauvé.
Mme
Cadet : Merci, Mme la
Présidente. Infrastructures scolaires, Mme la... Mme la ministre, on le sait,
hein, les... selon le PQI, donc, les chiffres, donc, d'écoles vétustes,
les pourcentages d'écoles vétustes n'ont pas bougé, hein? Pour 2026-2027, donc, on parle toujours de 53 % des écoles
dont l'indice de vétusté est établi à D ou à E, donc en mauvais ou en
très mauvais état. Donc, on parle, donc, d'un peu plus d'une école sur deux,
là. Ce sont les chiffres officiels, mais, même dans les médias il n'y a pas si
longtemps, donc, il y avait un article qui parlait de 57 % des écoles
primaires et 61 % des écoles secondaires. Donc, je pense qu'on peut tous
se dire que le portrait s'avère accablant. Il n'y a pas si longtemps, il y a eu
le documentaire de Ricardo. D'abord, est-ce que vous l'avez regardé, le
documentaire, Mme la ministre?
Mme LeBel :
Oui, bien, j'y ai participé, en plus, donc...
Mme Cadet :
Oui, c'est vrai, c'est vrai. Donc, vous avez... vous avez regardé...
Mme
LeBel : Mais est-ce que j'ai
retenu tout ce qui a été dit par tout le monde? La réponse, c'est non. Mais,
oui, je l'ai regardé.
Mme Cadet :
OK. Donc, dans ce cadre-là, on parlait un peu plus tôt, donc, de vos
différents... de vos différents chantiers. Bien, je veux vous entendre, donc,
sur les projets, parce qu'il y a deux ans, donc, il y avait 99 projets de
rénovation ou de construction d'école qui étaient mis sur pause. Donc,
c'étaient des questions qu'on avait posées à votre prédécesseur, donc, à
savoir, donc, qu'est-ce qui va se passer avec ces projets-là, parce qu'ils
étaient au PQI. Ils sont toujours au PQI. Il y a... Pour la plupart, bien, ce
sont des projets qui vont finir par coûter beaucoup plus cher et dont l'indice
de vétusté, donc, risque, donc, de s'accroître, hein, parce que, bien, plus on
attend avant de les rénover, bien, plus ça devient difficile, puis les élèves,
donc, évoluent dans des circonstances assez difficiles.
De cette liste-là, aujourd'hui, il en reste combien? Il y en avait 99 qui
étaient mis sur pause en décembre 2023. Donc, aujourd'hui, il y en a
combien qui sont encore sur pause?
Mme LeBel :
Bon, bien, dans les projets, les 90 projets mis sur pause, ce n'étaient
pas tous des projets de maintien, là. Il y avait de la bonification. Il y avait
de l'ajout d'espace là-dedans aussi. Donc, ce n'est pas tous des...
Mme Cadet :
Oui, c'est ça, construction puis rénovation.
Mme LeBel : Oui, c'est ça,
construction, rénovation. On en a parti... On en a redémarré 16 et on est en
train d'en redémarrer d'autres. Donc, dans les prochaines semaines, au fur et à
mesure, on va en redémarrer d'autres. Mais il
y en a déjà une vingtaine, je dirais, de redémarrés, des projets qui... qui
vont créer des espaces, parce que, vous avez tout à fait raison, le parc
immobilier s'est détérioré de façon... Malheureusement, le parc est
vieillissant, a 50 ans et se détériore. C'est pour ça qu'on a ajouté
beaucoup d'argent dans le maintien d'actif cette année, principalement dans le
maintien d'actif. On avait des objectifs d'augmenter la proportion des
immeubles dans un état satisfaisant. Donc, on a... On est passés, là, de 39 %
à 47 % cette année... dans les dernières années.
Donc, est-ce que c'est parfait? La réponse,
c'est : Pas du tout. Est-ce qu'on doit en faire plus? La réponse, c'est :
Absolument. Donc, on est en train de regarder pour faire des projets de
rénovation et de voir aussi comment on peut maximiser les projets d'ajout
d'espace à moindre coût pour mettre beaucoup plus d'argent dans le maintien,
également, d'actif.
Donc, on est un peu en train de rebrasser les
cartes au niveau des infrastructures pour être capables d'avoir, disons, une
meilleure performance avec l'argent qui est disponible, parce que,
naturellement, la capacité de payer est limitée.
On a notre part du PQI, comme tout le monde, qui est déjà quand même très
élevée, le PQI et notre part du PQI, si on compare à d'autres
ministères. Donc, on est en train de regarder puis rebrasser les cartes pour
avoir des meilleures façons de faire, pour être plus performants dans la...
dans nos départs, là.
Donc, 70 %... oui, 78 % des sommes au
PQI, présentement, sont... vont être dévolues au maintien d'actif et non pas à
de la bonification. Ça fait que, quand on dit : Arrêtez de couper des
rubans, plutôt... plutôt entretenir, c'est exactement
le virage qu'on a pris et que... Et je vous dirais que 78 % des sommes...
Malheureusement, le parc a tellement besoin d'amour que, des fois, il y
a certaines personnes qu'on... moi la première, où j'ai l'impression, des fois,
qu'on pellette du sable sur la plage, là. Mais on essaie d'améliorer le parc le
plus rapidement possible, et, avec l'argent qui est consacré à la bonification,
bien, on essaie d'en faire plus en revoyant nos façons de faire, parce qu'il
faut, bien, entretenir nos écoles, mais il faut aussi asseoir nos enfants dans
des classes, là.
• (15 h 40) •
Mme Cadet : Classes
temporaires. En 2018, donc, vous nous parliez de construire les plus belles
écoles du monde. Aujourd'hui, ce qu'on voit, c'est que, depuis cinq ans, les
salles de classe préfabriquées, bien, poussent comme des champignons dans les
cours d'école du Québec. Selon le ministère, donc, il y en aurait... il y
aurait 2 100 classes modulaires dans les écoles, alors qu'en 2020,
donc, on en dénombrait seulement 450. C'est quoi, le... c'est quoi, le plan à
moyen terme, disons, là, dans votre vision pour ces classes modulaires là?
Mme LeBel : Dans les cinq
dernières années, je vous dirais que les plans d'évaluation des besoins
d'espace de beaucoup de centres de services scolaires ont été bouleversés. Et
je ne dirais pas l'immigration, je vais dire la migration, c'est-à-dire les mouvements internes qui ont eu lieu, bon,
oui, de l'immigration, effectivement, mais aussi de la migration,
c'est-à-dire des mouvements internes... Je parlais avec le CSS de la Capitale,
il y a quelques semaines de ça, où elle nous disait : Bien, il y a deux
ans, on était OK dans nos écoles puis dans notre plan de gestion des espaces,
puis, en trois... en deux ou trois ans, ce plan-là a été bouleversé, puis ils
ont eu besoin d'espace plus rapidement que prévu.
Donc, il y a aussi cette réalité-là. Il y a...
Pour moi, on n'est plus... on n'est pas dans des... Je veux le dire, là, ce
n'est pas des roulottes, les modulaires. On peut construire, maintenant, une
école modulaire qui est... qui n'est pas fort présentable, qui est très bien,
que les... que... en sept à huit mois, d'ailleurs. C'est la stratégie
qu'on a prise dans l'école qui a brûlé dans le comté... Là, j'oublie tout.
Hein?
Une voix : ...
Mme LeBel : À Prévost, c'est ça. Dans le
comté de Prévost, malheureusement, la fin de semaine, le week-end
de ma prise de pouvoir ou ma prise de possession du ministère ou du titre de
ministre... Bien là, c'est comme si je disais toujours... Il y avait beaucoup
de feux, là. il y avait les autobus et une école, malheureusement. Mais, grâce
à cette technique-là, on est capables de reconstruire cette école-là pour la
prochaine rentrée scolaire, on va l'espérer, le plus rapidement possible, au
même endroit. On va garder le gymnase qui était existant puis finalement qu'on
a pu sauver. Donc, il faut juste qu'on change les mentalités, là. On n'est plus
au même endroit avec les modulaires, ne serait-ce que l'ajout d'espace.
Il faut aussi penser que les mouvements
démographiques sont beaucoup plus volatiles qu'ils ne l'étaient à une certaine
époque, et, des fois, construire une école, bien, des fois, on la construisait
pour 30 ans parce qu'on savait qu'il y allait y avoir des familles là
pendant 30 ans. Maintenant, les gens déménagent, bougent beaucoup, les
familles bougent. Donc, il faut aussi être capables de penser à ça.
Donc, l'idée, ce n'est pas de pousser sur les
modulaires en disant : On ne construira plus d'écoles de façon
traditionnelle. L'idée, c'est de dire : Quand vous faites l'évaluation de
vos besoins d'espace, bien, vous devez les considérer compte tenu de votre
réalité et non pas sauter immédiatement à pieds joints sur une nouvelle école
traditionnelle. Il faut sortir de ces paradigmes-là.
On travaille aussi
pour... Parce que, quand j'ai rencontré les centres de services scolaires, on a
fait une espèce de caucus de centres de services scolaires avec... en Estrie,
avec beaucoup de représentants des infrastructures qui s'occupent de ça, de
voir aussi à mutualiser les plans. Moi, j'ai appris, à mon grand désarroi, que,
quand on construit une école au Québec, on repart à zéro
avec les plans. On refait un appel d'offres avec des plans. Alors, on est en
train de travailler pour voir comment on
peut peut-être avoir... être propriétaires de nos plans, peut-être se servir à
nouveau des plans. D'ailleurs, on l'a fait dans certaines écoles
nouvelle génération dans des secteurs où on s'est servis du même plan pour deux
ou trois écoles, puis, des fois, c'est de l'adapter au terrain, la changer un
peu de bord puis...
Donc, il y a
plusieurs choses à faire, le cahier de charges aussi à revoir. Donc, ce n'est
pas une mesure unique. Ce n'est pas, genre : On pousse les modulaires puis
on n'aura plus... L'idée, c'est de dire...
Mme Cadet : ...vous
interrompre, Mme la ministre, mais c'est un peu ça aussi, le sens de ma
question, de savoir... ce que vous nous dites : Bien, il va falloir qu'on
s'adapte, parce que ce n'est pas des roulottes, mais, tu sais, on ne peut
pas... on ne peut pas avoir un plan à long terme qui se base juste sur les
modulaires, là.
Mme LeBel : Non,
non, non. L'idée, c'est que ça va... Il faut que ça fasse partie de ce qu'on
considère. Et, quand les centres de services
scolaires regardent leurs besoins d'espace, ils ont plusieurs étapes à franchir :
Est-ce que j'ai des espaces disponibles dans mes bâtiments actuels,
est-ce que je suis capable, dans mes bâtiments actuels, d'accueillir ou de... ou de transformer mes bâtiments actuels de façon
correcte pour accueillir des enfants et est-ce que je peux... est-ce
qu'un modulaire peut faire le travail?
Et, quand je dis «un
modulaire peut faire le travail», c'est des belles classes. Il y a des
enseignants qui étaient réticents d'aller dans ces classes-là, et, quand on...
Et c'étaient des... À l'époque, elles étaient utilisées pour la transition en
attendant que la vraie école arrive. Et, quand on les faisait transférer dans
la nouvelle aile, ils étaient déçus de quitter l'aile modulaire parce qu'elle
était plus belle, plus lumineuse, avec l'air climatisé individuel dans chaque
classe.
Donc, il faut juste
sortir du paradigme que c'est des roulottes puis que c'est du préfabriqué, dans
le sens que ça n'a pas de sens, ce n'est pas ça. Et l'espace de vie, là, la
durée de vie maintenant d'un modulaire tel qu'on l'entend aujourd'hui, en 2026,
c'est de 35 à 50 ans, donc... et là nos écoles ont 50 ans. Donc, tout
ce que ça... Ce que je veux, c'est que ce soit... ça fasse partie des outils
utilisés par les centres de services scolaires et que, quand ils l'écartent,
bien, c'est parce que, dans la réflexion, ils l'ont quand même considéré.
Donc, avant, on
passait par-dessus puis on ne le considérait pas, et, grâce à ça, là, dans
certains projets qu'on a redémarrés en combinant des nouvelles constructions,
des constructions modulaires avec du préfabriqué puis en combinant tout ce
qu'on pouvait, bien, on a créé plus d'espace avec un coût moindre, ce qui fait
que cet argent-là est récupéré pour fournir plus d'espace à d'autres élèves,
parce que l'argent du PQI va être dépensé au complet.
Donc, ça fait en
sorte que, si je récupère 100 millions sur un projet ou sur un ensemble de
projets parce qu'on a considéré des modulaires à une place, on a fait un combo
modulaire, réaménagement, construction d'une nouvelle école, bien, on ne peut
pas dire non à ça, parce que cet argent-là va être réinvesti pour les enfants.
Donc, 78 % pour le maintien et le... ça fait 22, ce qui reste, là, si
je ne me trompe pas, 22 qui reste, bien, je veux qu'on le maximise, parce qu'il
faut produire des places pour asseoir les enfants dans... nos enfants dans les
classes.
Mme Cadet : Merci,
Mme la ministre. Dans d'autres écoles, ce qu'on constate, là, c'est les enjeux
de moisissures. Le 3 décembre, l'école Notre-Dame-de-la-Paix, en Montérégie,
a été fermée d'urgence après que des tests ont révélé la présence de
moisissures. Il y avait des enjeux depuis quand même un petit bout, là, qui
avaient été répertoriés. Il y avait même eu 17 rapports d'incident qui
avaient été transmis à l'employeur à ce sujet. On a posé la question. Vous
voulez la page, Mme la ministre? Donc, dans les cahiers de crédits, on parle de
la fiche 116 des renseignements particuliers.
Mme LeBel : Je
l'ai eue rapidement, celle-là. Merci.
Mme Cadet : Parfait,
parfait. Donc, sur l'avancement des travaux correctifs de problèmes de
moisissures en 2025-2026, donc, il y a l'école que je viens de vous nommer, là,
qui était dans les médias, Notre-Dame-de-la-Paix, mais on a quand même, donc, cinq autres écoles, donc, dans différents
centres de services scolaires, où est-ce qu'il y a de l'avancement,
donc, de travaux correctifs pour les problèmes de moisissures. Est-ce que vous
pouvez nous... nous faire état de l'état d'avancement de ces travaux?
Mme LeBel : Oui,
bien, je vais probablement passer la parole à mon... à ma personne au secteur
infrastructures pour vous donner les cas de figure particuliers qui sont à
l'affiche, parce que je ne voudrais pas rentrer dans les... dans les techniques
puis vous dire que... des choses qui ne sont pas là, mais ce que je veux juste
réitérer, là, que je sois très ferme, moi, j'espère qu'il n'y a, présentement,
dans les centres de services scolaires, aucune école, au Québec, où les gens
sont au courant qu'il y a de la moisissure et qu'ils n'ont pas fermé l'école,
là. Pour moi, c'est une procédure d'urgence. Et, si l'école n'est pas fermée
puis que le directeur d'école et le centre de services scolaire n'ont pas pris
les dispositions pour fermer cette école-là, je pense qu'on a un... on a un
enjeu. Maintenant, quand c'est le cas, il y a... c'est une question de santé et
de sécurité, l'école est fermée.
Et je vais, avec
votre permission, passer la parole à François, mais j'ai oublié son nom de
famille parce je l'appelle François.
La Présidente (Mme
Guillemette) : Est-ce qu'il y a consentement pour donner la parole,
donc...
Mme
LeBel : ...Leclerc, à M. Leclerc, désolée. Je ne voulais pas
l'appeler François pendant les crédits.
Mme Cadet :
Évidemment. Donc, oui, consentement pour entendre M. François.
La Présidente (Mme
Guillemette) : Merci. Donc, votre nom et votre titre, s'il vous plaît.
M. Leclerc
(François) : Bonjour. François Leclerc, sous-ministre adjoint,
Éducation.
D'emblée,
je vous dirais que tous les projets sont en cours. Puis je peux vous les
décrire, là, sommairement, là.
D'abord, le projet de
l'école L'Étincelle, au centre de services scolaire de Laval, tout ce qui a été
condamné a été isolé du reste du bâtiment. On vise une rentrée scolaire 2029-2030
pour le premier. Si vous voulez plus de détails, je peux vous en donner, mais
je vais y aller rondement.
Pour l'école Des
Cèdres, encore une fois au centre de services scolaire de Laval, même chose, la
portion condamnée qui était problématique a été condamnée aussi. Celui-là, on
vise une réintégration dans le pavillon sud pour l'année
scolaire 2028-2029 puis la fin des travaux en 2031-2032.
Pour ce qui est de
l'école primaire Notre-Dame-de-la-Paix, au centre de services scolaire de la
Vallée-des-Tisserands, c'est celui-là qui a été fermé en décembre 2025, le
remplacement de l'école, il est prévu pour la rentrée scolaire 2026-2027
avec une solution temporaire, là, immobilière.
Mme Cadet :
Des classes modulaires?
M. Leclerc
(François) : Ça peut être un mode hybride, du préfabriqué. Ensuite de
ça, pour l'école Du Boisé, au centre de services scolaire Coeur-des-Vallées, il
y a eu de la moisissure aussi dans un local adjacent au vide sanitaire.
Celui-là ici, il y a une entreprise externe qui est en train de faire les
travaux. Ça fait qu'on n'envisage pas nécessairement une nouvelle construction.
Pour l'école
secondaire Louis-Joseph-Papineau, au centre de services scolaire
Coeur-des-Vallées, ça, lui, ici, il y a des
tests de qualité de l'air qui ont été faits puis qui seront refaits au cours de
l'été pour le plancher du gymnase.
Puis,
le dernier, c'est au centre de services scolaire de la Capitale, l'école
Quatre-Saisons. Encore une fois, là, c'est au niveau de présence de
moisissures. Il y a des certificats de qualité de l'air qui ont été faits, puis
ça a été conclu que la qualité de l'air n'était pas affectée. Donc, il y a des
travaux qui vont servir à corriger les infiltrations d'eau au cours de l'été,
puis ça devrait être correct pour la rentrée prochaine.
• (15 h 50) •
Mme Cadet :
Merci beaucoup. Toujours en infrastructures, Mme la ministre, je vais vous
poser une question aussi, donc, sur l'école FACE. Il y a quelques années, donc,
votre... le prédécesseur de votre prédécesseur, donc, le député de Chambly,
donc, lorsqu'il était ministre de l'Éducation, était venu, disons, pas
nécessairement couper des rubans, là, mais faire une annonce dans le comté de
ma collègue de Westmount—Saint-Louis
en nous disant : Bien, regardez, donc, voilà, donc, on aura des travaux de
réfection, donc, pour le bâtiment... on va dire, le bâtiment original, là, de
l'école FACE, puis on vous promet que vous serez en mesure, donc, de retourner
dans votre bâtisse originale, et donc, dans l'intervalle, on va vous
relocaliser, donc, les élèves du primaire, dans une école, puis les élèves du
secondaire dans une autre école.
Là, depuis, ce qu'on
a appris, l'année dernière, de la bouche de votre prédécesseur, c'est qu'en
bout de ligne, bon, bien, on rétropédale sur la promesse qu'on a faite aux
parents. Ça ne fonctionnera pas. Je pense qu'il y a bien des parents qui se
sont retrouvés franchement déçus, hein, qui avaient hâte de retrouver leur
école, mais que, là, donc, doivent poursuivre, donc, dans... dans ces deux
écoles distinctes. Mais le hic, c'est qu'il y a des travaux de réfection à
faire quand même dans une de ces deux écoles-là, et on a les élèves du
secondaire qui sont dans la bâtisse originale. Donc, il faut continuer
d'entretenir pour la maintenir à niveau, hein, parce que sinon ça... on
s'entend que ça... il y aurait, donc, des grands enjeux de santé et sécurité
pour les jeunes qui sont là.
Je veux peut-être
vous entendre, d'abord, plus largement, donc, sur ce... sur le projet,
dire : Est-ce qu'on n'aurait pas pu faire les choses autrement dès le
départ, Mme la ministre?
La Présidente (Mme
Guillemette) : Une minute, Mme la ministre.
Mme LeBel :
Bien, une minute... Je comprends très bien, là, l'importance de cette école-là
pour les gens puis je pense que... Je ne veux pas répondre nécessairement en
une minute. Ça fait que je vais faire ce que j'ai à faire, puis, si vous voulez
revenir dans un autre bloc, madame, je vous... je vous le propose, Mme la
députée. Parce que, je veux dire, ça a toujours été l'orientation,
effectivement, de préserver le programme FACE, mais maintenant force est de
constater que de rénover le bâtiment patrimonial, ça n'a pas de sens au niveau
des coûts. Ça n'a pas de sens.
Mme Cadet :
Bien, on l'entretient quand même en ce moment, là. Ça nous coûte...
Mme LeBel :
Bien, l'école... Là, le centre de services scolaire fera ce qu'il veut avec ce
bâtiment-là. Ce n'est pas moi qui va lui dire quoi faire. Mais, si on veut
rénover pour le remettre à un niveau pour faire une école, ça n'a pas de sens,
les investissements. Puis je vous parlais tantôt de maximiser les dollars, là.
Bien, on va... On ne peut pas investir autant dans un bâtiment patrimonial.
Maintenant,
le programme FACE est préservé. Les gens sont relocalisés, au primaire et au
secondaire, dans deux autres écoles, et on
va préserver le programme axé sur les beaux-arts, puis ça va être maintenu dans
les deux campus. Mais la décision...
Mme Cadet :
Il y a cinq à sept millions par année qui sont dans le maintien.
Mme LeBel :
La décision ne sera pas revisitée.
La Présidente (Mme
Guillemette) : Merci. Merci, Mme la ministre. On reviendra
probablement au prochain bloc, Mme la députée. Donc, je cède la parole au
député de Matane-Matapédia, s'il vous plaît.
M.
Bérubé :
Merci, Mme la Présidente. À nouveau, salutations à tout le monde.
Je veux revenir sur
la Mission de l'Esprit-Saint. J'en ai parlé ce matin et j'ai évoqué à la
ministre que le ministère de l'Éducation a délivré un permis pour ce groupe
sectaire. C'est le cas à Lavaltrie. Alors, il y a une école qui a reçu
l'autorisation du ministère, où, essentiellement, tous les membres du personnel
et tous les élèves sont membres de la Mission de l'Esprit-Saint. Alors, j'en
informe la ministre. Je lui demande si cette école a fait l'objet de l'enquête
également. Ça rend les choses un peu délicates que le ministère ait délivré ça,
pensant, à l'origine, que ça permettrait de mieux contrôler le cursus.
J'informe cette commission et la ministre que je dispose de nombreux témoignages
poignants, en date d'aujourd'hui, d'anciens élèves et de gens qui gravitent...
et qui souffrent énormément de cette situation. Donc, ma question : Est-ce
que la ministre peut confirmer que son ministère a délivré un permis à l'école
Vallée-du-Roy, à Lavaltrie, qui a... qui est opérée par la Mission de
l'Esprit-Saint?
Mme LeBel : Bien,
j'ai eu l'occasion de faire une vérification parce que vous m'avez, merci,
là...
M.
Bérubé :
Prévenue.
Mme LeBel :
...prévenue puis interpelée, puis je l'apprécie beaucoup, sur cette école-là,
parce qu'effectivement moi, j'avais en tête une autre faction où c'est plus
l'école à la maison.
M. Bérubé : Il
y en a plusieurs.
Mme LeBel : Effectivement.
Oui, le permis... il y a un permis du ministère de l'Éducation. Je suis très
prudente dans la façon dont je m'exprime. Si on parle d'agir sur le permis
de... sur le permis, avec les vérifications qui ont été faites sur le permis et
les... et ce qu'on peut faire par rapport au permis, pour l'instant, il n'y
avait pas d'indicateur qui nous permettait de mettre fin au permis, ce qui ne
veut pas dire qu'on ne fait pas, je vais y aller de façon très générale, un
suivi, une vigie très serrée sur cette situation-là. Et c'est pour ça que je
vous disais, ce matin, que je fais...
J'ai fait deux
choses. J'ai demandé au ministère de faire des enquêtes et de pousser au
maximum les outils du ministère de l'Éducation disponibles, parce que le ministère
de l'Éducation, c'est le ministère de l'Éducation, hein, ce n'est pas la
Sécurité publique puis ce n'est pas la DPJ, là, c'est le ministère de
l'Éducation, avec les outils de la Loi sur — j'allais dire «l'infraction» — l'instruction
publique — je
suis retombée dans mon ancienne vie, désolée — l'instruction publique,
j'ai... de tester les outils au maximum et aussi de me faire des
recommandations si jamais les outils du ministère de l'Éducation n'étaient pas
adéquats dans certaines situations, peut-être même pour proposer éventuellement
des modifications ou des... ou donner des pouvoirs à d'autres de mes collègues
d'agir dans ces cas-là.
La Présidente (Mme
Guillemette) : M. le député.
M. Bérubé : Merci,
Mme la ministre. Je veux quand même informer la ministre et son équipe que
c'est une information qui est disponible depuis le 15 octobre dernier,
information de Marie-Christine Bergeron, de Noovo. Alors, j'ai l'article ici
que je pourrai transmettre à l'équipe de la ministre. Cette situation est
connue depuis quand même plusieurs mois.
Mme LeBel : ...ce
matin, elle était... Le fait que cette école-là avait un permis n'était pas à
ma connaissance à moi, mais c'était à la connaissance du ministère.
M. Bérubé : D'accord.
J'en ai d'autres.
Mme LeBel :
Je veux juste faire la nuance.
M.
Bérubé :
J'en ai d'autres, Mme la ministre... Mme la Présidente, Mme la Présidente...
La Présidente (Mme
Guillemette) : Allez-y, M. le député.
M.
Bérubé :
...qui n'ont pas fait l'objet d'un article. L'Église-École Alpha Oméga, Granby,
non subventionnée mais titulaire d'un permis, sa demande de renouvellement de
permis précise que l'école utilise des manuels de la pédagogie ACE, Accelerated
Christian Education. Ces manuels américains, qui sont autorisés au primaire par
le ministère de l'Éducation, nous disent : «Le document vise un
enseignement confessionnel des disciplines obligatoires, notamment le français,
les mathématiques, l'anglais et même la science.» Même la science.
Alors, ça, c'en est une deuxième, et j'y vais
d'une autre, l'Église-École Academie chrétienne de la Foi, à Vaudreuil-Dorion,
non subventionnée, mais a un permis du ministère. La direction de l'école exige
des enseignants qu'ils partagent la foi évangélique, qu'ils soient approuvés
par un pasteur et suivent une moralité biblique.
Est-ce que la ministre convient que même des
écoles non subventionnées ne devraient en aucun cas mettre la religion au coeur
du projet pédagogique?
La Présidente (Mme Guillemette) :
Merci, M. le député. Mme la ministre.
Mme LeBel : Oui, bien là, vous avez
eu toute l'occasion, j'imagine, de faire cette discussion-là avec mon collègue,
avec le projet de loi qui visait... bien, qui visait les subventions.
Maintenant, ce sont des écoles privées. Il n'y a aucun argent gouvernemental,
selon ma connaissance — est-ce
que je me trompe? — dans
ces deux écoles-là. C'est des écoles privées?
M. Bérubé : Je l'ai dit, mais vous
avez... vous avez... Le ministère a octroyé un permis à toutes ces écoles-là.
Mme LeBel : Oui, mais c'est des
écoles privées sans argent... sans argent...
M. Bérubé : Le ministère accepte une
pédagogie telle que celle-là.
Mme LeBel : Bien, c'est parce que...
M.
Bérubé : Je sais
qu'ils ne sont pas subventionnés.
Mme
LeBel : Oui, mais c'est parce qu'il faut faire une
différence entre... Là, je vais faire de la vérification, là.
M.
Bérubé : Ça me va.
Mme LeBel : Si l'enjeu est sur le
programme pédagogique, si le programme pédagogique du ministère de l'Éducation n'est pas respecté, le permis ne sera
pas renouvelé ou sera... sera... on agira sur le permis. Mais là, si vous me
parlez de laïcité dans ces écoles-là qui ne reçoivent pas d'argent, bien, la
voie qui a été suivie, c'est d'y aller sur les
écoles subventionnées, s'assurer que les... que les écoles qui reçoivent de
l'argent... Mais maintenant je n'ai pas la...
M.
Bérubé : Ce n'est
pas ça...
Mme LeBel : Je n'ai pas de preuve
que ces écoles-là ne suivent pas le programme pédagogique.
M.
Bérubé : Non, non,
mais je...
Mme LeBel : Puis on va faire les
vérifications, mais c'est le programme pédagogique, l'important.
M.
Bérubé : Voilà.
La Présidente (Mme Guillemette) : Merci,
Mme la ministre. M. le député.
M. Bérubé : Mme la Présidente, je ne
parle pas du financement. Je ne parle pas de laïcité. Je demande seulement,
devant témoins, à la ministre de porter attention aux trois cas que je viens
d'évoquer. C'est tout.
Mme LeBel : On va les regarder.
M.
Bérubé : Maintenant
que c'est public, c'est de la responsabilité de la ministre. Moi, j'aurai fait
mon bout là-dessus. Puis, s'il y en a d'autres, je vais les partager aussi.
Mais ça se peut qu'il y en ait d'autres.
Mme LeBel : Parfait.
M.
Bérubé : Ceci étant
dit, quant à la discussion sur ce que sont des écoles confessionnelles, où les
rites, la religion est au coeur du projet éducatif, non, on n'a pas pu en
parler tant que ça, parce que ça va être beaucoup dans l'application du
ministère de l'Éducation. S'il y a... s'il y a une volonté d'aller de l'avant
là-dessus, puis ça peut être partagé, bien, ça m'intéresse de savoir s'il y a
déjà des écoles identifiées qui pourraient perdre leur financement, si
l'exercice a été fait, mais je doute que ce soit trop tôt. OK.
Je veux parler de la construction des
écoles. Je ne sais pas si la ministre a vu le documentaire de Ricardo Larrivée,
où elle apparaît. La réponse est oui?
Mme LeBel :
Absolument.
M.
Bérubé :
Je l'ai vu aussi. Et il parle, évidemment, de plusieurs écoles, notamment à
Montréal, mais partout ailleurs au Québec, qui ont besoin d'énormément de
travaux. Des belles écoles, ça contribue au sentiment d'appartenance, ça donne
envie de rester pour le parascolaire, ça donne envie d'étudier, puis, dans bien
des cas, puis c'est triste quand même, l'école peut être en meilleur état que
la résidence où habitent les jeunes. Alors, ça, c'est triste, mais, en même
temps, ça fait un lieu qui est attrayant, qui est sécuritaire. Alors, c'est
un... C'est très important, de belles écoles.
Est-ce que la
ministre, Mme la Présidente, a commencé à appliquer la volonté de la première ministre
que ce soit le privé qui construise les écoles à partir des prochaines,
j'imagine? Il n'y en a pas eu énormément dans la dernière année, mais est-ce
que le virage est déjà pris, au ministère de l'Éducation, de faire en sorte que
ce soit le privé, dorénavant, qui prenne en charge la construction des écoles?
• (16 heures) •
Mme LeBel :
On est en train d'analyser puis de regarder cette option-là, puis comment on
pourrait la déployer, le cas échéant.
M.
Bérubé :
Quel serait l'avantage? Est-ce que c'est les coûts? Est-ce que c'est les
délais? Est-ce que c'est l'entretien ou l'assurance que les travaux soient...
soient durables?
Mme LeBel :
Bien, c'est ce qu'on est en train d'analyser, puis faire les analyses
correctement aussi. On veut savoir, parce que quel est... quel va être
l'avantage, pour le ministère de l'Éducation, de ne pas être propriétaire,
d'être locataire? Donc, on est en train de faire les analyses pour connaître,
effectivement, les meilleurs... les avantages d'aller de l'avant, et comment on
va aller de l'avant, le cas échéant, dans quels secteurs. Donc, les analyses sont en cours. La demande... La première
ministre nous a demandé de faire les analyses sur cette question-là.
M.
Bérubé :
OK. Mais on n'est pas sûrs que c'est mieux, faire ça. On sait que c'est un
engagement de la première ministre, mais vous n'êtes pas encore convaincue, Mme
la Présidente, je parle à la ministre à travers vous, que c'est une bonne
chose. C'est bien ça?
Mme LeBel :
Je vous ai dit... Bien, on est... La première ministre est pragmatique. Je suis
pragmatique. Elle pense que c'est une option qui fait du sens, et on l'examine,
et on va s'assurer que c'est une option qui va être gagnante pour les enfants
et le ministère de l'Éducation. Donc, on fait les analyses. On ne se
précipitera pas, au gouvernement, sur des options, mais on fait des analyses.
M.
Bérubé :
J'ai compris.
Mme LeBel :
Elle m'a demandé de faire des analyses, et on va les faire.
M.
Bérubé : Je sais,
mais la ministre n'a pas l'air hyperconvaincue. Mais je comprends qu'elle a eu
la commande.
Mme LeBel :
Ne lisez rien autrement que ce que je vous dis.
M.
Bérubé :
Ah! mais ça fait longtemps que j'observe la ministre, là. Je sais quand elle,
disons, pose des questions justifiées pour s'assurer que ce soit bien fait.
C'est un compliment.
Mme LeBel :
...parce que, quand on est du gouvernement, la rigueur est de... est de
rigueur.
M.
Bérubé :
C'est une surprise. Parlant de rigueur...
Mme LeBel :
Donc, c'est ce qu'on fait.
M.
Bérubé : Parlant
de rigueur, comment on explique ça, sur le coût des... Ce n'est pas pour rien
que je pose la question du coût. Là, là, je vais dire le nom d'une école, puis,
tout de suite, là, il y a quelqu'un qui va bouger là-dessus, là. L'école
secondaire Louis-Philippe-Paré, à Châteauguay, je ne sais pas qui a le dossier,
là, comment on explique que ça a coûté 468 millions, une seule école, je
répète, presque un demi-milliard pour une seule école? Il va rester combien
d'argent pour les autres écoles, comme l'académie Roberval, par exemple, à
Montréal, et d'autres, là, dans la circonscription de mon collègue? Parce que,
quand je regarde les objectifs dans le bulletin du ministère, bon, en termes
d'immobilisations, c'est dépassé un petit peu. Dans le bulletin, ça, c'est
positif, mais le déficit est énorme, ce qu'il nous manque pour construire des
nouvelles écoles avec les besoins qu'on a. Moi, dans le cas de Châteauguay, je trouve ça incroyable, 468 millions de
dollars. Dans ce cas précis là, il est arrivé quoi? On a découvert un gisement?
Mme LeBel :
Vous voyez que la commande... la commande est passée. Donc, on va...
M.
Bérubé : Je vous
l'avais dit, que ça allait faire réagir, hein?
Mme LeBel : On va trouver. Mais,
vous avez raison, on doit regarder les meilleures façons de construire. Donc,
oui, c'est un projet majeur par la SQI. Mais est-ce qu'on a des informations?
On est en train de regarder.
M.
Bérubé : Mais plus
que majeur, c'est...
Mme LeBel : Oui, c'est un projet
majeur. Comme vous le savez, hein, les projets majeurs, en particulier les
écoles secondaires, sont menés par la SQI. Donc, habituellement, la SQI est la
personne qui est détentrice des informations. Mais on va... On est en train de
chercher pour vous donner le plus d'informations possible.
Maintenant, vous avez raison qu'il faut faire
plus, puis maximiser, puis s'assurer que, quand on construit... quand on construit, on le fait de façon plus
adéquate. C'est pour ça que je vous dis qu'on est en train de regarder. On a...
Oui, mais on a... on a, dans les... Moi, je suis très heureuse de vous
dire qu'on commence à redémarrer des projets. Et, dans la majorité de ces
cas-là, on a rebrassé les cartes avec les centres de services scolaires et on
produit... on produit... On crée plus de places à des coûts moindres, dans
certains cas, que les projets de... qui étaient mis à l'origine sur la table.
Ça fait qu'on y travaille, parce qu'effectivement il faut... Malgré le fait que
les enfants méritent un environnement attrayant puis des beaux environnements,
ce n'est pas ça, l'enjeu. L'enjeu n'est pas là.
M.
Bérubé : Bien oui,
mais je peux-tu vous raconter une anecdote par votre entremise?
La Présidente (Mme Guillemette) :
Allez-y, M. le député.
M.
Bérubé : Quand la... J'ai une magnifique école qui
s'appelle Metis Beach School dans ma circonscription. J'ai aussi un
lab-école à Rimouski. Quand je visite ces écoles-là, je ne suis pas si heureux
que ça. Je vais raconter pourquoi. Parce que je sais que les autres jeunes
savent que ces écoles existent, puis ils n'y ont pas accès. Et ça me rend
triste d'en parler, parce que je me dis : Les autres enfants, ils savent
qu'il y a ces beaux laboratoires, puis gymnases, puis illuminés, puis tout ça,
puis ils n'y ont pas accès. Ça m'attriste beaucoup.
Alors, j'aimerais ça que tous les enfants aient
accès à des belles écoles. Je sais que c'est beaucoup d'argent, puis on ne pourra pas tout faire en même temps,
mais le documentaire de Ricardo Larrivée m'a touché, comme il a touché n'importe
qui qui l'a écouté. Je ne sais pas comment on va y arriver, mais j'aimerais que
la ministre commence déjà à voir comment on peut mieux planifier la
construction. Et c'est vraiment important, des belles écoles.
Mme LeBel : ...
M. Bérubé : Bien,
je vais aller rapidement.
Mme LeBel : Ah! allez-y.
M. Bérubé : J'ai
une question sur le bulletin. Je ne sais pas si c'est le bulletin de la
ministre ou de son prédécesseur. C'est le rapport annuel de
gestion 2024-2025. Alors... Ah! ce n'est pas si loin que ça, là. C'est les
mêmes collaborateurs autour de la ministre, là, qui étaient là avec son
prédécesseur.
Mme LeBel : ...2026-2027. Bien,
allez-y, allez...
M. Bérubé : Oui, bien, on regarde-tu le bulletin ensemble?
OK. Objectif : accroître la réussite des élèves. Taux d'obtention
d'un premier diplôme ou d'une première qualification en sept ans après l'entrée
au secondaire, cible non atteinte. Alors... Puis j'ai cet exemple-là puis j'ai
aussi la proportion d'élèves qui obtiennent entre 70 % et 100 % à
l'épreuve obligatoire d'écriture en français, langue d'enseignement, deuxième
année du secondaire, cible non atteinte aussi.
Mme LeBel : Bien, sur celle-là,
je vais...
M. Bérubé : À améliorer.
Mme LeBel : ...je vais crier
forfait et vous demander de passer la parole à la sous-ministre qui était là à
l'époque, mais pas moi.
M. Bérubé : Oui, mais... Ah!
mais là ça s'appelle l'imputabilité ministérielle. Ça adonne que j'ai déjà
occupé une fonction ministérielle. C'est la première chose qu'on nous apprend.
Mme LeBel : Mais là qu'est-ce
que vous voulez? Que je prenne acte et que je sois imputable? Je me sens
imputable, mais je ne peux pas répondre avec détail.
M. Bérubé : Non.
Comment on va s'y prendre pour atteindre la cible la prochaine fois?
Mme LeBel : OK. Ça, c'est sur
le 90 % de...
M. Bérubé : C'est
deux...
Mme LeBel : Ah! taux de
réussite.
M. Bérubé : J'ai
nommé, dans... Accroître la réussite des élèves, c'est le premier bloc
d'objectifs. C'est le bulletin, là. Ça compte pour beaucoup, là. À chaque
année, là, vous révisez ça. Je sais que vous avez des rencontres spécifiquement
là-dessus à chaque année. Mais comment on fait pour y arriver?
Mme LeBel : Amélioration du
taux de réussite?
M. Bérubé : Pour qu'on ait un
beau bulletin.
Mme LeBel : Oui, mais... Oui,
mais le bulletin a des...
M. Bérubé : Je les ai nommés,
c'est pour ça.
Mme LeBel : ...a des
catégories. Oui, c'est parce que...
M. Bérubé : Taux d'obtention
d'un premier diplôme ou d'une première qualification en sept ans après l'entrée
au secondaire, ça, c'est le premier élément où la cible n'a pas été atteinte,
toujours dans le rapport annuel de gestion 2024-2025,
parce que l'autre n'est pas encore disponible, et proportion d'élèves qui
obtiennent entre 70 % et 100 % à l'épreuve obligatoire
d'écriture en français, langue d'enseignement, deuxième année du secondaire.
Puis là les cibles ont-elles changé? Est-ce qu'il y a des correctifs?
Mme LeBel : Les cibles sont les
mêmes. Ça, je peux vous répondre que les cibles sont les mêmes. Bien, qu'est-ce
qu'on fait? Je peux vous parler, moi, que, depuis... depuis que je suis là en
septembre... Puis ce que je constate aussi qui est fait, c'est que... Quand on
parle du taux de réussite, bon, il y a le taux de réussite global, il y a le
taux de réussite des filles, il y a l'écart de réussite entre les garçons et
les filles. Donc, il y a plusieurs aspects. Souvent, ça passe par
l'apprentissage à la lecture très tôt, hein? La lecture est une... est une
donnée extrêmement importante. Et on est d'accord avec le fait que la lecture
doit être garantie à l'école, la lecture, et donc que les enfants vont lire
et... des livres éventuellement, idéalement. Donc, la lecture, mais... Ça passe
par ça, et le plus tôt possible.
Donc, on a mis en place... je pense, c'est les
mesures de pistage. Je cherchais, parce que j'avais la notion de décodage en
tête, mais des mesures de pistage. Dans le nouveau programme de français, on a
des lectures obligatoires. Naturellement, ça varie. Ça part de la première
année du primaire jusqu'au secondaire. Il y a de la lecture obligatoire. On
doit lire à tous les jours. Donc, il faut favoriser ça. Donc, il y a des
mesures qui sont mises en place, et on va pouvoir voir ça dans sept ans.
M. Bérubé :
D'accord. Merci.
La Présidente (Mme Guillemette) :
...ministre. Deux minutes, M. le député.
M. Bérubé : École Centennial.
Imaginez, là, gouvernement autonomiste, nationaliste, j'ai tout entendu, l'école Centennial, elle reçoit du financement
pour les élèves anglophones mais pas les francophones. Saviez-vous ça, Mme
la ministre? Il manque seulement l'agrément du ministère pour les élèves
francophones. Est-ce que... à moins que ce soit déjà fait puis j'aie manqué ça.
Est-ce que la ministre peut corriger ce qui est tout simplement une
irrégularité et permettre à Centennial de poursuivre sa mission?
Mme LeBel : Bien,
historiquement, ils avaient un agrément pour la portion anglophone. Ils ont mis
en place une portion francophone, mais il n'y a pas d'agrément qui se donne et
il n'y aura pas d'agrément qui va se donner. Il n'y a plus d'agrément qui se
donne.
M. Bérubé : Ah
non? Et pourquoi... et pourquoi donc?
Mme LeBel : Maintenant, s'ils
veulent changer leur agrément puis mettre l'agrément francophone au lieu
d'anglophone, on pourrait peut-être discuter, mais il n'y aura pas de nouveaux
agréments qui se donnent.
M. Bérubé : Bon,
alors, la position du gouvernement est connue. On va la transmettre aux gens de
Centennial.
Tout à l'heure, il a été évoqué la question des
raisons pour lesquelles les enseignants quittent. D'ailleurs, c'est une motion
que j'avais déposée, puis la ministre avait répondu favorablement. Il me semble
que c'est un peu court de se dire que c'est les centres de services scolaires
qui compilent. L'objectif, c'est qu'à terme la ministre soit informée
par l'entremise des centres de services scolaires, qui ne sont toujours bien
pas des principautés de... quoique parfois oui, de faire en sorte que
l'information monte puis que... Par exemple, c'est-tu la violence à l'école,
c'est-tu les plans d'intervention, c'est-tu de la détresse, c'est-tu le manque
de soutien? C'est quoi, les raisons principales? Puis là ça permet, dans une
négociation, par exemple, de convention collective, d'intervenir là-dessus.
Donc, je ne peux pas croire que chacun des centres de services scolaires garde
ces infos puis il ne les communique pas à quelqu'un au ministère en
disant : Nous, là, voici les départs qu'on a eus dans les dernières
années, puis on observe, là... c'est, par exemple, la violence à l'école, c'est
pour ça qu'on a quitté le réseau avant le temps. Moi, ça, ça m'intéresse puis
ça devrait intéresser la ministre aussi.
Mme LeBel :
Bien, je reviens à dire que... Je reviens à la question, puis vous pouvez
trouver qu'elle n'est pas suffisante, mais c'est quand même la réponse, que
c'est quand même le centre de services scolaire qui est l'employeur. Donc, ce
qu'on leur a demandé, c'est de faire en sorte de s'assurer des raisons des
départs — à
peu près un tiers des départs sont des gens qui ont transféré d'un centre de
services scolaire à l'autre...
M. Bérubé :
OK. Les autres?
Mme LeBel :
...ça fait qu'on peut les éliminer — et de prendre les mesures
appropriées pour que ce soit gardé. Puis, à ce moment-là, nous, on leur a
demandé si... de nous transmettre, par la suite, s'il y avait des enjeux plus
particuliers qu'on doit connaître pour pouvoir les aider dans ça. Mais
effectivement les entrevues se font par les centres de services scolaires.
M. Bérubé :
Bien, je veux dire, si la ministre ne le sait pas...
La Présidente
(Mme Guillemette) : ...la ministre. Merci, M. le député.
M. Bérubé :
C'est encore insuffisant comme réponse.
Mme LeBel :
Ce n'est pas moi qui... ce n'est pas moi qui...
La Présidente
(Mme Guillemette) : Pour le prochain bloc de l'opposition
officielle, je vais céder la parole à la députée de Vaudreuil.
• (16 h 10) •
Mme Nichols : ...Mme la Présidente.
Merci. Merci aussi à ma collègue, qui me permet de siéger, entre autres, ici,
aux crédits. C'est une commission qui est superpopulaire, là, les crédits, les
crédits en éducation, définitivement.
Moi, Mme la ministre,
j'avais des questions en lien avec l'optimisation du transport scolaire. Il y a
des enjeux, là, particulièrement au centre de services scolaire des Trois-Lacs.
Il y a une communication qui a été émise le 16 avril dernier, et ça
soulève beaucoup de préoccupations, beaucoup de préoccupations dans notre...
dans notre circonscription, dans notre comté, dans... en fait, dans Vaudreuil-Soulanges.
Si je ne me trompe pas, il y a environ 150 circuits puis il y a à peu près
10 % des circuits qui vont être coupés. Puis c'est dans le cadre,
justement, d'optimiser le transport scolaire. C'est des impacts majeurs. C'est
des impacts majeurs, évidemment, pour le transporteur, là, mais c'est des
impacts majeurs surtout pour les familles, pour les parents, pour les enfants.
C'est déjà arrivé précédemment, entre autres, à Sherbrooke. Ça fait que c'était
à peu près la même chose que dans le comté de Sherbrooke. On dit que c'est,
entre autres, là... Puis je pourrai la déposer, là, Mme la Présidente, là, la
correspondance de... du centre de services scolaire des Trois-Lacs, parce que,
dans la communication, on mentionne explicitement que ces orientations-là s'inscrivent
dans le cadre émis par le ministère de l'Éducation, ce qui laisse croire que la
situation observée pourrait s'étendre à d'autres régions par la suite. Donc, il
y a vraiment une grande préoccupation. Je
vois des signes de non de la tête, mais, tout de même, vous pourriez... vous
pourrez me le confirmer, là, éventuellement.
Mais ces coupures-là,
comme je vous disais, c'est à la demande du ministère. C'est une initiative, en
tout cas, du centre de services scolaire des Trois-Lacs. Il y a une lettre à
cet effet-là. Puis l'impact majeur, bien, c'est parce qu'il y a des enfants qui
sont en situation de garde partagée. Donc, ça ne fonctionnera plus. Ça ne
fonctionnera pas, évidemment. Il y a le transport scolaire, les services de
garde. Ils vont faire... Ils vont devoir faire un choix entre le service de
garde ou le transport scolaire. Ce n'est pas superpratique non plus pour les
parents, puis étant donné l'âge des enfants non plus, mais il y a des... il y a
des enfants qui sont aussi inscrits dans des programmes de sport-études qui
vont être impactés par cette décision-là du centre de... du centre de services
scolaire.
Ça fait que je me
demandais si la ministre était au courant puis si elle pouvait, sinon,
aujourd'hui, s'engager à demander au centre de services scolaire de mettre fin
à ces coupures de services, parce que ce n'est pas vraiment de l'optimisation,
là. En tout cas, on a beau le tourner de tous bords, tous côtés, moi, je
cherche c'est où, l'optimisation. Je n'en vois pas puis je n'en vois pas pour
nulle part, pas même pour les chauffeurs des autobus, qui vont avoir des
trajets plus longs, pas même pour le transporteur, pas pour les familles, pas
pour les enfants. Ça fait que, Mme la ministre, je vous laisse la parole puis
je demande si ce serait possible d'envoyer une directive claire au centre de
services scolaire des Trois-Lacs.
Mme LeBel :
Bien, ce que je peux vous dire, c'est qu'il n'y a pas de directive du
ministère de l'Éducation pour couper des routes, là, puis faire le genre de
situation que vous décrivez. Maintenant, on a pris note de ça, parce qu'on n'était pas au courant de cette situation-là. Les
centres de services scolaires sont maîtres de leur... de l'organisation de leur
transport scolaire, là. Il y a des sommes qui leur... qui leur sont versées
pour organiser ça, mais ils sont maîtres de l'organisation de leur transport
scolaire et imputables de tout ça. Mais on va très certainement faire les
vérifications, puis, si vous le voulez, même, vous pourrez communiquer avec mon
cabinet pour qu'on puisse avoir plus de détails puis qu'on soit vraiment à
niveau de l'information.
Mais vous me voyez hocher de la tête parce que
vous parliez de... que le centre prétendait que c'était une consigne du
ministère. La réponse est non. Je parlais d'optimisation en matière de
transport scolaire ce matin, mais ce n'est pas de ce genre d'optimisation là
qu'on parlait. On parlait d'optimisation du genre... Des centres... des centres
de services scolaires qui ont des zones limitrophes pourraient partager des
routes. On parlait d'optimisation sur l'optimisation des routes. Donc, on
parle... Une réelle optimisation, pour moi, c'est être capable de mieux
faire... mieux, donc, je vais le dire comme ça, là, de faire la même chose ou
plus, mieux. Donc, ce n'est certainement pas de couper des routes.
Maintenant, on va vérifier, on va vérifier les
raisons derrière tout ça puis on va faire une vérification appropriée. Et le
ministère va les contacter. D'ailleurs, la commande est déjà passée, mais
j'aimerais qu'on parle aussi avec mon cabinet pour qu'on puisse s'assurer de
faire un suivi là-dessus.
Mme Nichols : Oui. Parfait.
Bien, j'apprécie, j'apprécie cette ouverture-là.
Mme LeBel : On va voir ce qu'il
en est.
Mme Nichols : Puis je vais...
Ce que je vais faire, je vais déposer... je vais déposer la lettre ou je
pourrai la remettre aux membres de votre équipe. Parce que la lettre
commence : Dans...
«Bonjour,
«Dans le cadre des orientations émises par le
ministère, nous devons procéder à une optimisation des coûts liés au transport
scolaire.»
Bien, comme vous dites, ce n'est pas
nécessairement...
Mme LeBel : Bien, le
ministère...
Mme Nichols : On ne comprend
pas tous «optimisation» dans le même sens.
Mme LeBel : Bien, c'est parce
qu'on a demandé aux centres de services scolaires de s'optimiser, mais on n'a
pas imposé les secteurs ni les moyens. On leur a dit que... dans les... surtout
dans le secteur administratif, parce qu'on ne veut pas que... Ce n'est pas...
ce n'est pas dans les services aux élèves. On parlait, dans les questions
administratives, de trouver des moyens de s'optimiser. Certains ont commencé à
le faire en transport scolaire, mais de la façon dont je vous en parlais
tantôt, c'est-à-dire de mettre en commun deux centres de services scolaires
pour être capable, à moindre coût, d'aller transporter tous les élèves. Puis,
des fois, ça facilite les routes. Mais, en tout cas, c'est... Mais, comme je
vous dis, on n'a pas donné de consigne particulière, à quel endroit optimiser,
mais le message d'optimisation demeure, par contre.
Mme Nichols : Merci.
La Présidente (Mme Guillemette) : Merci,
Mme la ministre. Mme la députée de Vaudreuil, vous allez déposer le document à
la commission?
Mme Nichols : Oui, je vais
l'envoyer par courriel.
La Présidente (Mme Guillemette) :
À l'adresse de la commission, s'il vous plaît. Merci. Donc, je cède la parole à
la députée de D'Arcy-McGee.
Mme Prass : Merci, Mme la Présidente.
La Présidente (Mme Guillemette) :
À vous, maintenant.
Mme Prass : Donc, je viens ici
vous questionner aujourd'hui en tant que porte-parole pour les services
sociaux, donc, y compris des jeunes avec des besoins particuliers ou avec des
handicaps.
Malheureusement, comme, j'imagine, vous êtes
bien au courant, les bris de services scolaires s'accentuent d'année en année.
Pour l'année 2025‑2026, on a identifié 3 976 élèves qui ont vécu
des bris de service. Et je vous rappelle que ces chiffres-là ne... prennent
considération la période du 5 septembre 2025 au 15 janvier 2026, donc, même pas
toute l'année entière, un petit peu plus que la moitié de l'année scolaire.
Entre 2023 et 2026, c'est une augmentation de 64,9 % de jeunes qui n'ont pas
les ressources dont ils ont besoin à l'école. Donc, l'école ne peut pas les
soutenir et vont les renvoyer à la maison, ce qui fait en sorte que ce jeune ne
reçoit pas une éducation adéquate. Le parent n'est pas un professeur, n'est
pas... n'a pas les capacités d'éduquer son enfant. L'enfant est privé de
socialiser, de sa vie scolaire.
Au
Québec, comme vous le savez, le droit à l'éducation est un droit fondamental
garanti pour tous les enfants de la province. Lors du étude détaillée... bien,
lors du dépôt du projet de loi n° 89 par votre collègue ministre du
Travail, ce qui faisait en sorte de potentiellement pouvoir briser des grèves
pour le bien-être de la population, à plusieurs reprises, le ministre du
Travail a évoqué la situation des enfants avec des besoins particuliers,
spécifiquement quand il y a eu la grève des professeurs, et ces jeunes-là
étaient privés d'être à l'école. Et je voudrais vous lire certaines citations
qu'il a faites : «Les enfants à besoins particuliers, notamment atteints
du trouble du spectre de l'autisme ou en situation de handicap, pouvaient être
affectés dans leur développement, tant au plan des apprentissages que des
comportements, par le fait qu'ils n'étaient pas plus présents à l'école. Les
enfants à besoins particuliers dont les services éducatifs sont interrompus et
à l'égard desquels le conflit peut avoir un impact permanent sur le
développement de sa compétence, les enfants qui ont des besoins particuliers
dont les services éducatifs sont interrompus et qui subissent un impact négatif
sur leur développement cognitif ou le développement de leurs compétences, ça
peut avoir un effet pérenne. Finalement, les enfants handicapés, il y en a
54 000 au Québec. Une interruption des services éducatifs va provoquer une
régression dans leurs comportements et dans leurs apprentissages.» Donc, ça,
c'est votre collègue ministre du Travail qui a invoqué ces raisonnements pour
mettre de l'avant le projet de loi n° 89.
Votre prédécesseur à
l'Éducation, l'été dernier, a annoncé des coupures de plus d'un demi-milliard
de dollars, que vous avez par la suite... Mais ça fait en sorte qu'en début
d'année scolaire il y a plusieurs commissions scolaires et centres scolaires
qui n'ont pas pu faire les embauches qu'ils s'attendaient à faire pour, justement,
avoir des professionnels pour soutenir ces jeunes-là.
Donc, ma question,
premièrement : Est-ce que vous pensez que c'est normal qu'il y a plus de
4 000 jeunes, l'an passé, qui ont été renvoyés de l'école pour être à
la maison avec leurs parents sans avoir droit à l'éducation, sans avoir droit à
la socialisation et la vie étudiante? Parce que votre gouvernement dit que la
réussite scolaire, c'est votre priorité, mais il faut que ce soit la priorité
pour tous les élèves, y compris ceux qui ont des besoins particuliers. Donc, je
voudrais vous entendre à propos de cette augmentation, comme j'ai dit, de
64,9 % en deux ans des bris scolaires, et le fait que votre collègue
ministre du Travail a fait valoir que les grèves portaient préjudice aux élèves
vulnérables, mais, parallèlement, que les décisions des écoles de les renvoyer
à la maison pour des bris de service, mais sans... ça a un effet d'autant plus.
Alors, je voudrais vous entendre à ce sujet.
Mme LeBel :
Là, je veux juste qu'on fasse attention à faire un lien entre une grève d'un
syndicat et ce qu'on appelle les bris de service. Les bris de service, c'est...
ce n'est pas : Ah! «by the way», on n'a pas de service pour toi, va-t'en à
la maison. Les bris de service, c'est un enjeu extrêmement complexe. Ce sont
des jeunes qui ont des enjeux qui dépassent souvent... je ne dirais pas la
capacité dans le sens... mais... mais les moyens d'action du ministère de
l'Éducation. Ce sont des gens qui sont suivis par la santé, souvent, par
l'éducation. Donc, ce sont des jeunes qui, des fois, sont en décompensation. Ce
sont des jeunes qui ne peuvent pas être à l'école. Donc, ce n'est pas des
jeunes pour lesquels on ne peut pas fournir un service. C'est des jeunes pour
lesquels l'école ne peut pas répondre de façon momentanée, parce que souvent,
dans les bris de service que vous mentionnez, le nombre...
• (16 h 20) •
Ce qu'on n'a pas,
malheureusement, dans les données, c'est... C'est-tu un jour, c'est-tu une
semaine? Un jour est calculé comme un bris
de service, une semaine est calculée comme un bris de service pour l'enfant.
Donc, des fois, c'est des enfants qui quittent, le temps qu'on...
qu'on... je vais y aller dans les extrêmes, le temps que la médication, quand
ils en prennent une, soit ajustée, le temps qu'on trouve un moyen de les... de
les aider. Mais il y a... La santé est impliquée là-dedans, là. C'est des
problèmes extrêmement complexes. Ce n'est pas un jeune HDAA ou un jeune
handicapé pour lesquels il n'y avait pas un TES ou quelqu'un pour l'accompagner.
Ce n'est pas ça du tout. Les bris de service tels que compilés, ce sont
vraiment des problèmes, des enjeux extrêmement complexes pour lesquels la
capacité du ministère de l'Éducation, à un moment donné, est dépassée pour y
répondre dans la mission du ministère de l'Éducation.
Et
c'est des... Il y a des ententes de complémentarité pour ces jeunes-là, pour
les accompagner. Et souvent il y a... Ils sont en bris de service parce
qu'ils ne sont pas à l'école, mais ils ont des suivis à la maison. Ils sont
accompagnés avec... à la maison. On... C'est intersectoriel, le réseau de
l'éducation. On essaie d'organiser après ça puis on les réintègre, ces
jeunes-là, le plus rapidement possible.
Donc, il faut faire
attention, là. Ce n'est pas des jeunes pour lesquels on n'avait pas d'argent
pour fournir le service, là. C'est des jeunes pour lesquels la capacité... Même
si les services sont là, les TES sont là, ça dépasse le... je ne dirais pas le
mandat, parce que c'est une drôle de façon de dire, mais ça dépasse le
ministère de l'Éducation seul. Et il y a des ententes avec le système de santé
pour ça. Ça, c'est pour les bris de service.
Puis c'est bien
différent d'avoir une grève qui est... qui ferme les écoles pendant 10, 20,
30 jours. Ça, c'est le projet de loi de mon collègue, et qui dit que, dans
certains cas de figure, c'est un peu la notion de service essentiel qui a été
intégrée là-dedans, que, dans certains cas de figure, et ça prendra une
démonstration, ça prend même une décision, dans certains cas de figure, on
pourrait dire : Bien, peut-être, dans certaines classes particulières,
créer une espèce de... j'allais dire service essentiel, pour dire : Bien,
après 30 jours ou trois semaines de grève, bien, dans des... dans
certaines classes à besoins spécialisés, bien là, on va faire les mesures pour
avoir un service essentiel. Donc, il faut faire la différence entre le bris de
service.
Donc, pour moi, ce
n'est pas incompatible du tout, parce que ce sont deux choses complètement
différentes. Est-ce qu'on aime avoir des bris de service? La réponse est non.
Mais ce sont des jeunes qui ont des problèmes complexes, qu'on accompagne,
qu'on suit et qu'habituellement on les réintègre à l'école le plus rapidement
possible quand leur situation particulière s'est stabilisée.
Mme Prass :
Dans plusieurs cas que nous entendons, que ce soit de la part des écoles
eux-mêmes ou des centres scolaires, des commissions scolaires, c'était question
d'un manque de financement, parce qu'il n'y a pas les ressources qui sont
nécessaires pour soutenir ces jeunes. Ces jeunes-là sont intégrés à l'école.
Comme vous avez mentionné, c'est des jeunes qui, peut-être, au parcours de
l'année, là, les professeurs réalisent qu'ils n'ont pas les moyens, ils n'ont
pas les ressources. Ce n'est pas des jeunes qui arrivent... Évidemment, ils ont
des besoins particuliers, mais, s'ils ont pu commencer l'année scolaire, s'ils
ont pu intégrer l'école, c'est parce que, si le soutien est là, donc, ils
peuvent réussir.
Quand on les envoie à la maison, c'est le même
effet que votre collègue... Je n'essaie pas de faire un amalgame entre la grève et les bris de service, mais j'essaie de démontrer
que le... l'effet est pareil. Ce sont des jeunes pour qui, s'il n'y a
pas de routine continue, s'il n'y a pas de... leur éducation n'est... n'est pas
faite de façon continue, ils vont perdre des atouts, ils vont perdre des
comportements, justement, positifs qu'ils ont pu apprendre pendant qu'ils
étaient à l'école.
Donc, où devraient aller ces jeunes-là? Parce
que vous mentionnez... Il y en a, des fois, c'est un jour ou c'est une semaine,
mais il y en a que c'est de façon permanente, et l'école va leur offrir une
demi-journée d'éducation, peut-être, où ils vont remettre du matériel aux
parents en s'attendant que le parent puisse reprendre ce rôle d'éducateur. Je
vous rappelle aussi, quand il y a des bris de service, les parents doivent
s'absenter du travail parce qu'ils doivent rester à la maison avec ce jeune-là
qui ne peut pas être tout seul. Et les effets... Donc, les effets sont pareils.
La réintégration, comme j'ai dit, ça se fait certaines fois, mais ce n'est pas
les 3 976 jeunes qui sont toujours réintégrés à l'école.
Et j'ai... Lors des crédits, hier, avec votre
collègue des... le ministre des Services sociaux, je lui ai appris un élément
que nous avons appris dernièrement, qui a été... Je trouve ça horrible. La
Fédération québécoise de l'autisme nous a fait part que, parmi des jeunes qui
se font envoyer à la maison avec des bris de service, la DPJ va débarquer chez
eux et dire aux parents : Vous ne remplissez pas votre devoir d'éduquer
votre enfant. Donc, la DPJ va enlever l'enfant de la maison parce qu'ils jugent
que l'enfant n'est pas éduqué. Est-ce que vous pensez que c'est correct?
Qu'est-ce que vous pensez de cette situation? Est-ce que c'est le devoir du
parent ou ce n'est pas le devoir de l'État de fournir une éducation aux jeunes?
Le devoir d'éduquer revient à l'État et non au parent qui se fait... qui se
fait taper sur les doigts et... taper sur les doigts... qui se fait enlever
leur enfant de la maison.
Mme LeBel : Bien là, je veux
dire, je ne peux pas commenter ce que la DPJ fait parce que je ne suis pas au
courant de ce que vous me dites, mais je vais quand même vous offrir un élément
de réflexion. Ce n'est pas l'idéal, puis on ne veut pas de bris de service.
C'est pour ça qu'on travaille avec... avec le ministère de la Santé, parce
qu'on... Il y a beaucoup de cas où on doit avoir des ententes avec le ministère
de la Santé pour qu'ils nous aident, justement, à garder ces enfants-là
scolarisés le plus longtemps possible. Et l'idée, ce n'est pas de les renvoyer
à la maison, c'est de les garder à l'école le plus... le plus fréquemment
possible et pouvoir les scolariser correctement.
Maintenant,
quand la DPJ intervient, à ma connaissance, et je ne suis pas... Je ne suis pas
une experte de la DPJ dans ce sens-là, mais, quand elle intervient,
c'est quand il y a une compromission de fournir les services éducatifs, mais
pas parce que l'école a fait un bris de service, parce que le parent refuse
d'envoyer l'enfant à l'école. Si... Bien, à ce moment-là, bien, vous avez bien
fait d'adresser la question à mon collègue, parce que, si c'est... l'école,
pour des raisons, plein de raisons, fait en sorte que, dans un cas particulier,
ça ne fonctionne pas puis que la DPJ intervient, on a peut-être un autre enjeu
ici, là, que... que ce qui se passe par rapport à l'école. Puis vous avez bien
fait d'intervenir auprès de mon collègue avec ces cas de figure là, puis je
vous invite à nous... à les signaler précisément, ces cas de figure là, parce
que, si la DPJ intervient dans le cas où un parent a l'enfant à la maison, mais
a l'enfant à la maison parce qu'il n'y a pas de place à l'école et qu'il ne
peut pas... et que l'école ne peut pas l'accueillir, c'est bien différent que
l'école dit : Amène-le à l'école, puis que l'enfant refuse, là, on se comprend.
Mais, je veux dire, à part vous offrir cette réflexion-là, ce n'est pas une
situation qui était portée à ma connaissance, mais pas du tout.
La
Présidente (Mme Guillemette) : Merci. Merci, Mme la
ministre. Merci, Mme la députée. Je... (panne de son) ...la parole au
député de Côte-du-Sud.
M. Rivest : Merci. Merci, Mme
la Présidente. Vous savez, on a abordé l'aspect des infrastructures, puis
j'aimerais peut-être poursuivre dans ce volet-là, mais avec un angle qui va
exposer des réussites de la part de notre gouvernement, puis de pouvoir aussi
vous poser la question sur la suite, la suite des choses à réaliser. Vous
savez, peut-être d'une façon plus factuelle, là, le PQI, 167 milliards
d'investissements en infrastructures, 23,5 milliards sont accordés dans le
secteur de l'éducation, dont... Puis je suis intéressé... Je suis... J'ai
trouvé intéressant de voir ces chiffres-là, de savoir que 18,3 milliards
sont en maintien d'actif tandis que 5,2 milliards étaient en bonification.
On en a parlé, par la présence de la nouvelle première ministre, de cet
engagement-là qu'on souhaite réaliser en maintien d'actif, parce qu'on sait
comment les besoins sont... sont importants.
On a, en 2020, apporté cette vision-là des... de
la nouvelle école, hein, on veut... Tout à l'heure, le collègue le député de Matane-Matapédia
nous disait comment des nouvelles écoles, c'était précieux. Puis moi, je vois
déjà, dans mon secteur, je pense, entre autres, à une école à Rivière-du-Loup
qui a levé, mais toute cette réflexion-là de mieux répondre aux besoins des
élèves et des enseignants, d'avoir des écoles qui sont belles, d'avoir un
environnement adéquat pour eux. Puis je suis convaincu que, Mme la ministre,
vous avez le même souhait que moi d'en voir le plus possible se lever.
Mais je suis aussi fier de
faire partie d'un gouvernement qui, depuis plusieurs années, fait lever des
nouvelles écoles — je
ne suis pas certain du chiffre, là, mais on parle d'une centaine de nouvelles
écoles, je crois que... qu'on peut dire ce constat-là — et du
fait que pendant des décennies, avant notre arrivée au pouvoir... bien, que ça
a été difficile autant au niveau du maintien d'actif qu'au niveau de la
bonification d'espace. Donc, je me réjouis de ça, en étant tout à fait
conscient qu'il reste un travail incroyable à faire.
On a voulu aussi, par ces nouvelles écoles là
aussi, avoir une signature visuelle, signature visuelle qui venait placer
l'élément de mettre aussi en valeur les produits du bois, de l'aluminium
québécois, des accents bleus sur les façades, des bâtiments qui sont durables,
des bâtiments qui sont sécuritaires puis qui sont complètement adaptés pour les
besoins qu'on a et qui sont aussi électriques. Mme la Présidente, on parle
aussi d'éléments de lumière naturelle, d'éléments qui viennent porter un cadre
idéal, là, pour pouvoir faire l'apprentissage nécessaire. Je vous en cite
quelques-unes : l'école primaire du Boisé à Carignan, l'école primaire des
2 Rivières à Saint-Lucien, l'école secondaire
du Bosquet à Drummondville, l'école secondaire de la Croisée à Laval, l'école
secondaire Irma-LeVasseur à Anjou. On parle de toutes les régions du
Québec qui ont pu voir lever des infrastructures qui permettent un
apprentissage adéquat. Puis j'ai fait exprès pour ne pas vous parler de...
d'écoles ou d'ajouts de travaux qui ont été réalisés dans ma circonscription.
Je pourrais en revenir peut-être après avoir partagé avec vous la première
question que je veux vous poser.
• (16 h 30) •
Maintenant que ceci est dit, on se rend compte
qu'il y a énormément de travail à réaliser puis qu'il faut assurément aller
plus loin. On a dû, même, réfléchir, on en a parlé tout à l'heure, du modèle,
de la façon de faire, peut-être la présence du privé. On a pris une relative
pause, là, dans l'idée de vouloir poursuivre dans cette même direction là
d'école sur laquelle je viens de parler, mais je vous dirais qu'on n'a pas
chômé, même au contraire, qu'on a mis plusieurs projets qu'on a relancés. Je
vous en redonne aussi quelques exemples : l'ajout d'espace à l'école secondaire Jean-Baptiste-Meilleur, à Repentigny,
la construction d'une école primaire, 16 classes, à Val-David, construction
d'une école primaire de 24 classes dans le secteur Le Triangle, à
Montréal, construction d'une école primaire de 27 classes à
Saint-Charles-Borromée, la construction de l'école primaire Apprentis-Sages
dans le secteur Chambord, à Gatineau. Donc, des... Encore une fois, partout au
Québec où on est en chantier, on rénove, on avance, on construit des nouvelles
écoles et puis, assurément, on peut se dire qu'on peut faire mieux.
Et, dans ce sens, Mme la Présidente, j'aimerais
savoir : Bien que ça peut être complexe d'organiser les travaux, de voir
la surchauffe qu'il y a aussi, comment ça coûte cher de pouvoir construire,
bien, est-ce qu'il y a des solutions qu'on peut dire du terrain pour s'assurer
de relancer les projets? Comment on peut faire, d'ailleurs, pour s'assurer de
la collaboration de l'ensemble des acteurs qui sont sur le terrain avec le
gouvernement pour s'assurer qu'on puisse en faire encore davantage?
Mme LeBel : Oui, bien,
excellente question, parce qu'effectivement on a déjà commencé à mettre cette
nouvelle façon et vision de faire en place, c'est-à-dire... Dans le fond, ce
qu'il faut faire, c'est... Il faut... il faut partir de l'analyse des besoins,
hein, l'analyse des besoins d'espace plutôt que de partir sur un projet de
construction. Trop souvent, on dit : On veut une nouvelle école, mais on
ne regarde pas exactement les besoins d'espace et comment on va le faire. Donc,
il faut partir de l'analyse des besoins d'espace.
Et on a... On travaille avec... avec les gens
sur le terrain. Je disais que j'ai eu l'occasion de rencontrer plusieurs
centres de services scolaires et les directeurs généraux adjoints... c'est ça,
les DGA, les DGA qui sont aux infrastructures de ces centres de services
scolaires là, avec mon sous-ministre associé, justement, aux infrastructures,
pour être capables de voir avec eux où étaient les bloquants, comment on
pouvait les aider à mieux maximiser la façon de faire, à mieux utiliser les
sommes. On parlait des 90 projets qui ont été mis sur pause. On aura... On
en aura parti une quinzaine, entre 15 et 20.
On va en repartir d'autres dans les prochaines
semaines, mais, avant de les repartir puis au lieu de prendre le projet tel
quel, on a requestionné les centres de services scolaires en leur disant :
Refaites votre analyse de besoin d'espace, assurez-vous que votre besoin d'espace
est correctement identifié, parce que ça... je ne veux pas mettre de l'argent
dans des écoles qui vont s'avérer... s'avérer vides non plus, donc,
assurez-vous aussi de vos besoins. Comment on peut les remplir? Est-ce qu'on
peut maximiser les espaces actuels? Est-ce que c'est plutôt de la rénovation de
bâtiments actuels qui sont peut-être moins utilisés, que vous pouvez maximiser?
Est-ce que c'est de l'ajout d'espace par le biais de modulaires, qui sont de
très belles façons de faire, maintenant? Est-ce que... Donc, comment on fait
pour maximiser?
On a regardé avec eux, entre autres, le cahier
de charges. On est... on est sur le point de pouvoir déposer, dans les
prochaines semaines, un nouveau cahier de charges où on va avoir regardé...
revoir les volumes, revoir les spécifications techniques, toujours en gardant
en tête le bien-être des enfants, sans nuire aux enfants, mais, si on est
capables de gagner, sur les spécifications techniques, quelques millions de
dollars ou dizaines de millions de dollars par projet, bien, on va le prendre.
Utiliser, je disais, les écoles préfabriquées ou
les modulaires, qui ont deux avantages. Premièrement, maintenant, les
modulaires, ça a une durée de vie de 35 à 40 ans, 50 ans. Ça nous
permet, comme à l'instar de l'école de Prévost, de reconstruire une école
rapidement pour faire en sorte que les enfants reviennent dans leur quartier,
puis l'équipe-école va retrouver son école et se retrouver. Donc, les
enseignants vont se retrouver dans leur lieu. Et on est capables... je ne
dirais pas qu'elle va être identique, mais de refaire une école qui va avoir le
même feeling que l'ancienne école. Bon, naturellement, il n'y aura plus le
bâtiment de 1970, là, mais on se comprend qu'il va revoir... Ils vont récupérer
le gymnase, qui datait des années 2000, qui n'a pas été endommagé par
l'incendie. Donc, parce qu'on a cette option-là de
préfabriqué, on est capables de remettre ces gens-là dans leur milieu, dans
leur quartier en l'espace d'une année scolaire ou presque.
Donc, je pense... Et c'est ça qu'il faut faire,
c'est qu'il faut regarder les nouvelles façons de faire, peut-être... Et la
coopération du privé sera certainement, probablement aussi dans les modulaires
ou dans les préfabriqués. Je lance, là, parce qu'on est en train de faire une
analyse. On semble penser que parce que j'aime avoir de la rigueur, c'est parce
que je doute. Non. Même dans les projets où je trouve que c'est intéressant, je
pense que ça prend de la rigueur, des analyses avant de se lancer dans quelque
chose pour le faire correctement. Donc, on analyse, mais c'est sûr qu'on peut
peut-être voir le privé dans les modulaires ou dans les écoles préfabriquées,
parce que ce sont...
Et d'avoir aussi cette capacité-là peut-être de
changer plus aisément qu'on ne l'a présentement ces modulaires-là de place pour
aller répondre le plus rapidement aux besoins d'espace. Je vais parler de la
migration, et non pas de l'immigration, c'est-à-dire les mouvements migratoires
à travers le Québec, qui ont été quand même plus présents pendant... depuis la
pandémie, où beaucoup de gens se sont installés à l'endroit où leur chalet
était à l'époque et maintenant demeurent à cet endroit-là. Je fais... Je sais
que je fais des... je fais des raccourcis, parce que c'est beaucoup plus
complexe que ça, les mouvements de population, mais c'est des exemples.
Donc, on demande de travailler là-dessus, les
cahiers de charges. On a eu des discussions sur les plans, comment on peut
mutualiser les plans, certaines écoles. Il y a des endroits où ça ne
fonctionnera pas, qu'il faut refaire, mais est-ce qu'on doit refaire...
repartir la roue à chaque fois? Donc, il y a une réflexion là-dessus.
Donc, je peux vous dire que, dans les projets
qu'on a redémarrés, les 16 projets qu'on a redémarrés, par rapport aux
projets d'origine, on a créé plus d'espace à moindre coût parce qu'on a
requestionné les façons de faire, on a requestionné les projets d'origine. Ça
fait que ces centres de services scolaires là vont pouvoir avoir plus d'espace
pour plus d'enfants à moindre coût. Et cet argent-là est récupéré pour faire
quoi? Plus d'espace et plus de... plus de places pour les enfants, que ce soit
par une école d'une construction traditionnelle, je vais le dire comme ça, ou
par du préfabriqué.
Donc, on est en mouvement, là-dessus. Et je
pense que c'est ça qu'il faut regarder, la priorité qu'on doit avoir avec
l'argent, oui, le maintien, vous l'avez dit, hein, la rénovation. Le maintien,
la rénovation, 78 % du budget est là-dessus cette année, dont 22 %
pour de la bonification. Bonification, c'est de l'ajout d'espace. Donc, comme
on met la priorité sur la rénovation et
l'entretien des écoles, parce qu'il faut rehausser encore le niveau de notre
parc-école, donc, abaisser le niveau de vétusté ou rehausser le
parc-école, bien, il faut qu'on maximise ce 22 % là de budget pour être
capables de créer plus de places.
Donc, on est
en... on est en place. Et on travaille avec qui? On travaille avec les gens sur
le terrain, c'est-à-dire les gens, les spécialistes dans les centres de
services scolaires et la SQI, parce que c'est la SQI qui s'occupe des écoles
secondaires, donc, comment on peut faire... comment on peut améliorer ça. Et
ça, c'est sans compter tout ce qui a été fait au Trésor aussi sur les processus
internes, améliorer les processus internes pour raccourcir les délais. Ça fait
que l'effet combiné de toutes ces mesures-là pourront, j'espère, à terme, nous
permettre de produire plus... de construire plus rapidement de places à coût
moindre, donc, avec le même argent, en faire plus, finalement.
M. Rivest : Vous parlez, là, de la
SQI, et tout ça, mais moi, j'ai été témoin, durant... durant mon mandat, des
fois, des plus petits projets, mais qui changent nos communautés aussi, puis,
tu sais, de se mettre en marche avec les équipes. Puis j'en profite pour
remercier vos équipes aussi qui travaillent avec vous, parce que je regarde
tout ce qui a été réalisé dans les dernières années, toutes les réflexions, je
dirais, qui sortent du cadre peut-être habituel de peser sur un bouton puis de
se dire : On donne un budget puis on avance à l'intérieur des budgets
qu'on a. Je pense qu'on est en mouvement dans... Je vais nommer, chez moi, à Côte-du-Sud,
la politique sur le maintien des écoles, par exemple. Bien, ce travail-là, il
se réalise avec les gens du terrain. Il y a une réflexion qui est faite. Il y a
des rencontres qui sont réalisées. Puis je salue ce travail-là,
particulièrement au niveau de... du centre de services scolaire de la Côte-du-Sud.
Tu sais, d'avoir cette idée-là, de voir, OK, cette école-là, dans quel état
elle est, comment le milieu, aussi, a envie de travailler le maintien de
l'école, et qu'il y a du travail qui est fait avec d'autres... Je vois les gens
en route, les gens du milieu, pas juste du centre de services scolaire, mais
aussi des municipalités puis des équipes-écoles, etc., qui veulent trouver des
solutions pour faire encore mieux.
Puis je salue aussi plusieurs investissements,
entre autres, chez moi. Je pense à l'aménagement des terrains, des modules de
jeu à Sainte-Perpétue, à Saint-Marcel. J'étais présent dans ces annonces-là, et
les gens sont tellement heureux de voir des investissements qui se réalisent
comme ça. Et j'en aurais plein à vous mentionner.
Puis, petite anecdote, aujourd'hui même, on est
dans le travail pour le complexe sportif de l'école secondaire
Louis-Jacques-Casault, chez moi, qui est un des plus gros projets de l'histoire
de la Côte-du-Sud. Bien, les pépines arrivent. Le travail va se réaliser.
• (16 h 40) •
Donc, tout cet appui-là qu'il y a des équipes du
ministère, bien, moi, je trouve ça merveilleux de voir les investissements qui
ont été réalisés dans les dernières années puis je salue ce travail collectif
là qui est fait pour le bénéfice, finalement, de nos jeunes, mais de notre
communauté aussi, parce que je vois beaucoup d'efforts qui sont faits de
rallier le milieu de l'éducation avec nos milieux, que ce soient nos milieux
municipaux, nos milieux de l'ensemble de nos communautés.
Peut-être une petite question encore sur... au
niveau des infrastructures, Mme la Présidente, on en a parlé, on l'a abordé
quand même, mais les prochaines étapes, là, que vous voyez à venir pour,
justement, s'assurer que le maintien d'actif... de continuer d'améliorer puis de
maintenir nos écoles, de quelle façon on pourrait, là, définir les prochaines
étapes qui sont sur votre table de travail.
Mme
LeBel : Bien, déjà, pour le maintien d'actif plus particulièrement, on
a revu dernièrement... c'était avant que
j'arrive au ministère, mais on a revu la façon d'évaluer la vétusté de nos...
de nos buildings, parce que... Et je vous dirais que, bien, des fois,
les critères pour déclarer un immeuble non vétuste versus vétuste, ce n'étaient
peut-être pas les bonnes données. Ça fait qu'il faut améliorer la détection, la
capacité de savoir qu'est-ce que... où sont ces buildings-là, quelle est la
nature de la vétusté, tu sais, c'est le stationnement, versus l'immeuble,
versus... pour être capables d'avoir plus de prévisibilité puis d'accompagner
les centres de services scolaires dans la façon et leur capacité d'investir,
parce que ce qu'on ne voit pas ou ce qu'on n'est pas capables de prévoir, c'est
là qu'on a des problèmes pour l'investissement.
Donc, mieux prévoir
les investissements, mieux évaluer, ça, c'est déjà fait. Ça, c'est fait, la
nouvelle méthode. D'ailleurs, ce n'est pas la Vérificatrice générale qui a dit,
justement, que notre nouvelle méthode d'évaluation était beaucoup plus
adéquate? Donc, bon, ça a peut-être fait augmenter un peu les taux, parce qu'on
a mieux détecté, mais moi, je dis que, quand on détecte mieux, on peut mieux
agir. Ce qu'on ne voit pas ou ce qu'on ne sait pas, on ne peut pas... on ne
peut pas le réparer ou l'arranger. Donc, ça, c'est fait. On a... on a mis en
place des systèmes pour être capables de mieux prévoir les besoins et de mieux,
donc, prévoir les investissements. Donc, on est dans la démarche pour être
capables d'accompagner les centres de services scolaires, mais en plus on a
rehaussé les budgets, comme vous l'aviez
mentionné, à 70 % du budget de cette année du PQI, et pour le maintien
d'actif. Et ça, c'est fort important. Et... Ça, c'était pour Prévost plus tard. Merci.
Une voix :
...
Mme LeBel :
Oui, j'avais une note pour quelque chose d'autre, mais c'est pour une autre...
une autre discussion.
M. Rivest :
Il ne nous reste seulement que quelques minutes.
La Présidente (Mme
Guillemette) : 1 min 30 s.
M. Rivest :
Une minute. Peut-être, je vais prendre cette minute-là pour rappeler... pour
qu'on puisse se rappeler, là, la commission, entre autres, sur les écrans, la
décision de notre collègue à l'Éducation, dès la rentrée scolaire, en septembre
dernier, au niveau de l'interdiction des cellulaires à l'école.
Moi, j'ai un jeune de
15 ans, là, puis je peux vous dire que j'ai vu des différences marquantes
dans son cercle d'amis, dans les activités
qu'il a réalisées. Puis on en est tous témoins. On oublie parfois ces bons
coups là qui ont été réalisés parce qu'on n'en parle plus au moment où
que c'est réalisé puis que... Mais on oublie ça, mais ça a été tout qu'un boulot. Et ce travail transpartisan là qui a
été fait, entre autres, sur la commission des écrans... Moi, je salue, d'abord,
le rapport qui a été réalisé par ma collègue
ministre du Tourisme et députée de Rivière-du-Loup—Témiscouata—Les Basques, parce que ça a été tout un
travail qui s'est fait.
Mais, là où je
voulais souligner un petit élément... Peut-être qu'on aura l'occasion d'en
reparler au retour, mais, au niveau de l'intelligence artificielle, je pense,
ça peut être un volet important à discuter au niveau de l'impact que ça a sur
le décrochage scolaire. On a deux choix avec ces nouvelles réalités-là :
de mettre ça de côté, de ne pas s'en occuper, ou de faire ce qu'on a réalisé, je
pense, depuis 2024, de l'utilisation pédagogique et éthique de l'intelligence
artificielle, un guide qui a été émis pour le milieu scolaire, destiné au
personnel enseignant, entre autres, sur la pertinence pédagogique, les
principes éthiques et les obligations légales.
La Présidente (Mme
Guillemette) : Merci, M. le député.
M. Rivest :
On aura l'occasion d'en reparler plus tard.
La Présidente (Mme
Guillemette) : Merci beaucoup, M. le député. C'est tout le temps que
vous aviez. Donc, je cède la parole à Mme la députée de Mont-Royal—Outremont. À vous la parole.
Mme
Setlakwe : Merci, Mme la Présidente. Je vais ouvrir mon jeu tout de
suite. Je veux juste avoir un petit topo sur l'état d'avancement de deux écoles
dans ma circonscription, Félix-Leclerc, Notre-Dame-des-Neiges. Et je remercie
ma collègue de me laisser un peu de temps. Premièrement, Félix-Leclerc. Je ne
veux pas embarquer dans les détails. C'est une longue saga sur ce site-là,
toutes sortes d'enjeux, d'embûches, un litige. Ça fait que ce n'est pas tout,
là, de la faute du gouvernement, pas du tout, mais il n'en demeure pas moins
qu'il y a un projet de reconstruction qui prend beaucoup, beaucoup de temps à
se matérialiser. Il y a un terrain... il y a un terrain vague. Mais surtout ce
qu'il faut retenir, c'est qu'essentiellement c'est une génération d'enfants qui
n'ont pas vécu un milieu scolaire pleinement stable, là. Le préscolaire et le
premier cycle ont été envoyés à un endroit. Donc, ça a été difficile pour les
élèves, les familles, le milieu, pour toutes sortes de raisons. Le projet a été
mis sur pause en 2025, mais là il est réactivé. Écoutez, les familles sont
tellement inquiètes qu'il va encore leur arriver des embûches qu'ils sont venus
à mon bureau. Ils s'inquiètent. Ils se disent : Est-ce que cette fois-ci,
c'est la bonne? Est-ce que le projet de reconstruction va vraiment se faire? Et
dans quel horizon, Mme la ministre? Ce qu'ils veulent, après tout ce qui est
arrivé, c'est de la prévisibilité. Et donc je suis ici simplement pour qu'on
puisse les rassurer.
On
a su, j'arrête là-dessus, que les plans et devis du projet de reconstruction
ont été déposés au ministère en avril dernier. C'est une bonne nouvelle. C'est
l'ultime étape avant le lancement des travaux. Mais qu'est-ce que vous pouvez
leur dire pour la suite, là? Il faut vraiment que ce soit maintenu sur les
rails au gouvernement.
Mme LeBel :
Bien, absolument. L'appel d'offres est prévu pour... d'ici la fin mai, là,
l'appel d'offres. Donc, l'appel d'offres est prévu. Il n'est pas aujourd'hui,
mais il s'en vient. C'est à peu près ce que je peux vous dire. L'appel d'offres
est prévu d'ici la fin mai.
Mme
Setlakwe : On ne peut pas aller plus vite. Donc, ce n'est pas qu'on
attend des autorisations puis du financement, c'est...
Mme LeBel :
Non, non, c'est parce qu'il faut le préparer, l'appel d'offres, puis il faut...
Mme
Setlakwe : Oui, je comprends.
Mme LeBel :
Et vous savez très bien que la base d'un contrat est un appel d'offres bien
préparé, donc... Mais les appels d'offres sont prévus d'ici la fin mai, OK?
Mme
Setlakwe : Merci.
Mme
LeBel : On va faire les
choses correctement pour s'assurer que ça tient la route, mais c'est d'ici la
fin mai.
Mme
Setlakwe : Merci beaucoup. Merci beaucoup.
Mme LeBel :
Ça, c'était Félix-Leclerc, pour qu'on soit bien clairs.
Mme
Setlakwe : Félix-Leclerc, Félix-Leclerc.
Mme LeBel :
Parfait.
Mme
Setlakwe : Donc, enfin, ça va...
Mme LeBel :
...des-Neiges...
Mme
Setlakwe :
Notre-Dame-des-Neiges, école, bâtiment patrimonial sur le chemin de la
Côte-Sainte-Catherine, cette école est vide depuis déjà... je veux juste
revoir mes notes, depuis la... Donc, le bâtiment est fermé. Fermeture du
bâtiment depuis... dès la rentrée scolaire 2024‑2025, vétusté. Il y a des
travaux de réhabilitation majeurs qui sont nécessaires.
Je me demande s'il n'y a pas, même, des enjeux de structure. Les élèves
sont relocalisés dans deux écoles du secteur, Simonne-Monet puis
Bedford, mais il y a beaucoup... C'est... Au-delà des familles qui
s'inquiètent, c'est tout le milieu, là, de Côte-des-Neiges, de ma
circonscription, qui se disent : Qu'est-ce qui va arriver avec ce bâtiment-là, on a... comme on entend que c'est
tellement majeur, comme travaux de réhabilitation, et des enjeux de structure, et tout? Est-ce que le bâtiment...
Qu'est-ce que vous pouvez nous dire, là? Je sais qu'il y a une mention au PQI, mais il y a vraiment un
flou, à savoir : Quel est l'avenir de ce bâtiment-là? Est-ce qu'on va
même... Pouvez-vous même confirmer que la vocation du bâtiment va demeurer
scolaire? Qu'est-ce que vous pouvez me dire sur Notre-Dame-des-Neiges?
Mme LeBel :
Bien, je peux juste vous dire que... En toute transparence, on est... je suis
en train de demander qu'on fasse les vérifications, là, sur ce dossier-là
particulièrement. Je ne suis pas capable de vous répondre à ce moment-ci, mais
j'ai demandé à ce qu'on fasse les vérifications.
Mme
Setlakwe : Merci. Merci. Je vais juste terminer en vous disant,
donc... Oui.
Mme LeBel :
...contact, je vais prendre contact avec vous, là, pour vous donner les
renseignements.
Mme
Setlakwe : Merci. J'apprécie. Merci à ma collègue de Bourassa-Sauvé.
Mme LeBel :
Sur Notre-Dame-des-Neiges, c'est ça?
Mme
Setlakwe : Oui.
Mme LeBel :
Parfait.
Mme
Setlakwe : Merci.
Mme
LeBel : On vous demandera peut-être même plus de précisions pour être
capables de retrouver correctement le dossier. Ça fait qu'on va se parler.
Mme
Setlakwe : Merci.
La Présidente (Mme
Guillemette) : Donc, Mme la ministre, vous vous engagez à donner la
réponse.
Mme LeBel :
Je m'engage à lui parler là-dessus, oui.
La Présidente (Mme
Guillemette) : Excellent. Merci. Merci. Donc, on continue avec la
députée de Bourassa-Sauvé.
Mme Cadet :
Oui, oui, de retour à moi, Mme la ministre. Donc, on va rester quand même dans
le sujet des bâtiments patrimoniaux, parce que c'est là-dessus qu'on s'était laissés,
donc, sur le dossier FACE, un peu plus tôt, puis on n'avait pas terminé notre
échange.
Je le sais, donc,
dans le fond, votre propos, là, c'était de dire que, bien non, tu sais, ça
coûte absolument trop cher, donc, de rénover, donc, le bâtiment initial, mais
vous vous rendez compte que, là, chaque année, donc, on paie, on investit,
donc, de 5 à 7 millions, donc, juste dans l'entretien de ce bâtiment
patrimonial là. Parce que, là, je vous remets, là, en perspective les deux...
On devait, donc, rénover le premier bâtiment. C'est ce que votre collègue
député de Chambly, à l'époque ministre de l'Éducation, avait promis aux
familles. En bout de ligne, donc là, il y a eu la décision qui a été prise de
dire : Non, non, ça coûtera trop cher.
Donc là, où est-ce
que les enfants sont relocalisés, dans deux écoles différentes, de façon
temporaire, bien, ça, ça va devenir un projet permanent. Mais le problème,
c'est qu'il y a une des deux écoles, celle qui devrait abriter les jeunes du
secondaire, qui, elle, bien, il y a encore, donc, des travaux dessus. Donc là,
jusqu'en... Il devait être prêt... on avait parlé de 2029. Là, on nous parle de
2032. Donc, on n'a même pas de certitude d'à quel moment ces travaux-là seront
terminés. Donc, il y a la moitié des élèves qui sont dans le bâtiment original,
qui, lui, donc, doit être entretenu parce que sinon c'est dangereux pour les
élèves. Ils sont dedans.
Donc, j'ai... Est-ce
que vous... au moins, vous convenez avec moi qu'il y a une certaine
incongruité, là, avec le plan qui est... qui est mis de l'avant, où est-ce
qu'on a une école, là, qui est vide à 50 %? On a des élèves qui sont là,
dans ce bâtiment-là. Pour que le toit ne leur tombe pas sur la tête, on
continue de mettre 5 à 7 millions par année jusqu'en 2032.
Mme LeBel :
...
Mme Cadet :
Oui, ce sont des chiffres qui sont... Ce sont bien les chiffres qui sont
sortis.
• (16 h 50) •
Mme LeBel :
...ce n'est pas... ce n'est pas vous que je contestais. J'avais une question.
Mme Cadet :
Parfait.
Mme LeBel :
J'essaie de le faire discrètement, mais c'est difficile.
Mme Cadet :
Jusqu'à ce que soit achevé le chantier, donc, de l'école sur la rue
Saint-Urbain. Donc, est-ce que vous trouvez que c'est logique comme situation?
Mme LeBel :
Bien, écoutez, ce n'est pas idéal comme situation, hein, parce que, des fois,
l'idéal et la logique, malheureusement, ne vivent pas à la même adresse, mais
ce n'est pas idéal, comme situation. Mais la réfection du bâtiment patrimonial FACE,
ce sont des coûts astronomiques, astronomiques, et c'est beaucoup, beaucoup,
beaucoup... Là, on va parler juste d'argent, OK, pas de... je ne veux pas... tu
sais, pas de l'attachement des gens au bâtiment. On parle d'argent. C'est
beaucoup, beaucoup, beaucoup plus cher que les coûts que ça va prendre pour
mettre à niveau le primaire, qui est déjà fait, je pense, au coût de
55 millions, et le secondaire, présentement, qui est en planification. Et
là je ne révélerai pas les coûts de planification, parce qu'il y aura des
appels d'offres à venir, mais c'est à une fraction, une fraction des sommes qui
vont... qui seraient... qui pourraient... qui auraient potentiellement dû être
investies dans FACE, même en comptant les coûts de maintien présentement. Donc,
est-ce que c'est logique? Bien, c'est la situation dans laquelle on est.
Maintenant, la... Il
y a une... Je comprends, je comprends le... la déception des parents puis je
comprends l'attachement qu'on peut avoir à ce bâtiment-là, mais on ne reviendra
pas en arrière sur la décision qui a été prise. Maintenant, on va travailler le
plus rapidement possible pour que les enfants, je pense, c'est le secondaire,
hein, qui doit déménager, les enfants du secondaire déménagent le plus
rapidement possible dans leur nouvelle école, dont je... On n'a pas... J'avais
le nom en...
Mme Cadet :
Est-ce qu'on a un échéancier? Est-ce qu'on a un nouvel échéancier?
Mme LeBel :
C'est en plein... On est en train de planifier tout ça pour le faire le plus
rapidement possible. C'est en planification présentement.
Mme Cadet :
OK. Donc, on n'a toujours pas d'échéancier. Puis est-ce que, là, vous convenez
avec moi que, là, les montants qui ont été mis dans le bâtiment patrimonial,
là, tu sais, l'ont été en pure perte? Parce qu'il y avait quand même eu...
Donc, on avait commencé, donc, à... des travaux puis on a fait : Ah non!
ça va coûter trop cher. Donc, on les a arrêtés, et là les travaux
d'entretien... Mais, en bout de ligne, c'est de l'argent qu'on a... de l'argent
des contribuables qu'on a jeté par les fenêtres pendant tout ce temps-là.
Mme LeBel : Ce n'est pas de l'argent
qu'on a jeté par les fenêtres, parce qu'il fallait maintenir cette école-là
pendant... en attendant de pouvoir relocaliser les enfants. Donc, on l'a
fait... on l'a fait pour les enfants. Mais, à un moment donné, il a fallu faire
une évaluation de la situation puis prendre une décision par rapport au
bâtiment patrimonial, et la rénovation complète pour être capable de réintégrer
primaire, secondaire, ça n'a pas de sens au niveau budgétaire. Ça fait
peut-être du... Je ne dis pas que ça ne fait pas de sens pour les parents
d'avoir un attachement. Je parle simplement au niveau budgétaire, OK?
Mme Cadet : Sur quoi les coûts ont
été évalués? Parce que c'est sûr que, là, évidemment, donc, les gens dans le
milieu se disent : Est-ce qu'on a pensé à notre école idéale? Et là on
a... on a passé, donc, à des coûts astronomiques. Est-ce qu'il y avait eu... il
y aurait eu moyen de le faire à moindre coût?
Mme LeBel : Bien, je me suis
renseignée, parce que je n'étais pas là quand la décision a été prise, et il y
a eu des rencontres qui ont été faites avec les gens qui disent : On a des
moyens, on a des solutions pour le faire à moins cher. Je me suis renseignée,
et on a évalué ce qui avait été proposé par ces gens-là, mais c'était... Les
modifications qu'on pouvait faire... Puis ce n'est pas l'école idéale, c'est
l'école... une école... une école correcte, on... je ne dirai pas de base, mais
une école, là. Et, ce qu'on demandait, là, on parlait d'une passerelle ou on
parlait de certains enjeux qu'on pouvait peut-être laisser tomber. C'était
marginal ou bien ce n'était pas possible par rapport à la structure du
bâtiment. Parce que tout l'enjeu de cette histoire-là, c'est qu'il est
patrimonial. On va se parler franchement, là, c'est ça qui augmente de façon
exponentielle les coûts. Donc, en même temps, les modifications proposées
doivent respecter aussi la nature patrimoniale du bâtiment. Donc, ce n'était
pas possible au niveau budgétaire.
Donc là, on est en train
de faire ça le plus rapidement possible. Il y a du maintien qui a été mis dans
le bâtiment. Après ça, la commission scolaire fera ce qu'elle veut du bâtiment,
mais je pense que d'avoir maintenu le bâtiment et de ne pas l'avoir laissé se
détériorer davantage, bien, au final, ça va être quand même un investissement
pour le futur de ce bâtiment-là. Mais la commission scolaire prendra ses
décisions. Ce n'est pas à moi de le faire. Mais on a maintenu parce qu'il
fallait maintenir.
Mme Cadet : Vous ne trouvez pas que
c'est décevant que des parents se soient fait dire qu'ils allaient pouvoir
revoir leur école et qu'en cours de route, là, ça a changé?
Mme LeBel : Bien, je... Puis c'est
pour ça que je disais tantôt que je ne voulais pas faire preuve
d'insensibilité, parce que je parlais vraiment des coûts budgétaires, mais je
peux très bien comprendre la déception des
parents. Mais il y a une décision qui a été prise. Moi, j'ai requestionné parce
que je voulais comprendre la décision, puis, bien, il n'y a pas question
de changer cette décision-là au niveau de ne pas investir dans le bâtiment
FACE. Mais on va préserver le programme, mais il va être préservé dans deux
écoles, donc, une école primaire, une école secondaire.
Mme Cadet : Puis vous reconnaissez
que la situation actuelle... parce que, là, on... qu'on a des travaux, donc, de
maintien dans le bâtiment original puis qu'ils sont déplacés de façon
temporaire, etc., que tout ça... donc, que ce n'est pas idéal.
Mme LeBel : Bien, je reconnais que
ce n'est pas idéal. Puis est-ce que c'est une situation qu'on veut pour nos
enfants? La réponse est non, mais, des fois, on est dans des situations où on
n'a pas le choix, là. Mais, non, ce n'est pas idéal. Je ne peux pas... Je n'irai
pas faire semblant que c'est idéal. Je comprends très bien l'impact que ça a
sur les parents, je comprends très bien leurs préoccupations, mais la décision
a été prise pour les bonnes raisons, c'est-à-dire que... pour être capables...
Aussi, de l'argent qui ne sera pas investi parce que c'était beaucoup trop
cher, bien, va permettre de créer d'autres places pour d'autres enfants
ailleurs et de rénover d'autres écoles. Donc, il faut que le budget de
l'éducation soit géré de façon responsable, et maintenant, dans ce cas-là,
malheureusement, c'était... ça n'avait pas de sens, là, les investissements.
Mme Cadet : Merci. Je retourne sur
le sujet des enfants avec des besoins particuliers. Je... Bien, d'abord,
peut-être recevoir une explication, donc, de votre part, parce que, quand on
regarde le nombre d'élèves EHDAA à la formation générale des jeunes pour les
72 centres de services scolaires en 2025-2026, on voit, donc, qu'il y a
des chiffres, donc, qui oscillent entre... donc, entre 118 et, bon, parfois,
donc, 5 000, donc, des chiffres relativement, donc, modestes pour ceux qui
ont un code de difficulté. Donc, on parle des troubles graves de comportement,
de déficience intellectuelle profonde, de déficience auditive, etc.,
évidemment, donc, trouble du spectre de l'autisme, où est-ce qu'on a des
chiffres un peu plus élevés, mais, ceux qui sont sans catégorie mais avec plan
d'intervention, le total pour le réseau public est de 192 917.
Mme LeBel : Est-ce
que je peux vous demander le numéro du tableau que vous consultez? Pendant ce
temps-là, je pourrai le trouver.
Mme Cadet : Oui. On dit 75.
Mme LeBel : 75. Merci. Merci
beaucoup. Ça m'aide à vous suivre dans votre...
Mme
Cadet : Bien sûr. Donc, je suis à la fiche 75. Donc,
ça tombe bien, parce que, dans le fond, ce chiffre-là, ça donne à peu
près 75 % du nombre total d'enfants qui sont EHDAA. Je voudrais voir
comment est-ce que vous expliquez ce chiffre-là.
Mme LeBel : Je ne sais pas si je
peux vous expliquer ce chiffre-là. Vous parlez des gens sans... plans
d'intervention sans code particulier?
Mme Cadet : Sans... C'est ça, oui,
sans catégorie, oui.
Mme LeBel : Bien, HDAA, c'est...
Une voix : ...
Mme LeBel : Oui, c'est les troubles
d'apprentissage sévères, c'est les... c'est les handicaps. Il peut y avoir des
gens qui ont des troubles d'apprentissage avec un plan d'intervention, mais qui
ne sont pas considérés HDAA, là. Je ne suis pas...
Une voix : ...
Mme LeBel : C'est ça, H pour
handicapés, DAA pour troubles d'apprentissage... Il en manque...
Mme Cadet : Difficulté d'adaptation
ou d'apprentissage.
Mme LeBel : C'est ça, c'est ça,
exactement. Mais il peut y avoir des jeunes avec des plans d'intervention...
Parce qu'un plan d'intervention, ça peut être sur beaucoup de choses, hein?
Bon, je ne voulais pas mettre... j'allais dire «mon garçon», mais je... Dans
mon entourage, et là je ne parle pas de mon garçon, mais il y a des jeunes qui
ont des plans... Pour vrai, par exemple, parce que, là, il va dire :
Maman, maman! Non, ce n'est pas lui. Ce n'est pas toi, fiston, dont je...
auquel je fais référence. Mais il y a des jeunes, des fois, qui ont des plans
d'intervention pour avoir une aide particulière pour faire un examen avec un
ordinateur, etc., mais qui ont... qui ne sont pas nécessairement un code HDAA.
Donc, je ne sais pas si ça répond à votre question, là.
Mme Cadet : Qui n'ont pas un code de
difficulté précis.
Mme LeBel : Ils n'ont pas un code de
difficulté HDAA, mais ils peuvent avoir un plan d'intervention. Donc, les gens
avec un code de difficulté ont très souvent tous des plans d'intervention, mais
les gens avec des plans... des plans d'intervention n'ont pas nécessairement un
code de... un code de... un code, un code, un code.
Mme Cadet : Parfait. Donc, ça répond
à ma question de base.
Mme LeBel : Dans le fond, les plans
d'intervention, ça ratisse plus large que les... que les gens HDAA.
Mme
Cadet : Oui, c'est ça. C'est bien... c'est bien ce que je
constate, mais, dans le fond, c'est que c'est 75 %, donc, de...
Parce que, dans le fond, là, tous ceux qui ont un plan d'intervention, donc,
vont être catégorisés comme EHDAA, mais 75 %, donc, des enfants EHDAA dans
le réseau public n'ont pas de code de difficulté. Donc, c'est... c'est ces chiffres-là que je vous demandais de
commenter. Parce qu'on avait la même base d'interprétation. Donc, ça, c'est
assez constant, là, dans le réseau.
Mme LeBel : Oui, oui. Puis l'idée,
c'est qu'on ait... avec les plans d'intervention, c'est qu'on veut aider les
enfants, même s'ils n'ont pas nécessairement de code de difficulté particulier,
qu'ils soient un H ou un DAA, donc, parce que c'est des critères particuliers
pour avoir ce type de code là, mais il y a des plans d'intervention, comme je
vous disais, pour toutes sortes de situations où l'enfant nécessite une aide
particulière, donc... mais qui n'est pas nécessairement quelqu'un qui est un
enfant qui se classifie en fonction des critères pour lui attribuer un code
particulier, un H ou un DAA, là.
Mme Cadet : Nombre de classes
spécialisées dans le réseau, j'ai le chiffre 5 190. Pourcentage d'élèves,
primaire, EHDAA, en classe régulière, 80,7 %. Donc, ceux qui sont en
classe régulière, est-ce que vous avez des dépassements de seuil d'élèves par
classe? Est-ce que vous avez ces chiffres-là?
Mme LeBel : En
principe, non, mais, si c'est le cas, il y a des mécanismes de prévus, dans les
conventions collectives, qui ont été mis en place avec les syndicats. Je les ai
d'ailleurs négociés, ces mécanismes-là. Alors, ce n'est pas ce qu'on préconise.
Quand on est capables d'ouvrir des classes parce qu'il y a des locaux ou des
disponibilités, on le... on le préconise. Mais on suit ce qu'on a mis dans les
conventions collectives. Donc, quand ce n'est pas possible, bien, il y a des
compensations qui sont attribuées, mais on suit les mécanismes des conventions
collectives.
• (17 heures) •
Mme
Cadet : Oui, parce que souvent, tu sais, ça va arriver,
là, qu'on va nous dire : Bien, écoutez, donc, voici ce qu'on a
négocié, mais, dans les faits, il y a des dépassements de ratios, là. Donc, on
est... On... Les enseignants nous disent : Bien, on est débordés, tu sais,
on est... on n'a pas la capacité, donc, de pouvoir outiller, donc, les élèves
qui nous arrivent parce qu'on a, de facto, donc, des dépassements de seuil.
Qu'est-ce que vous leur répondez?
Mme LeBel : Mais ce n'est pas tous
des ratios, là. Des fois, c'est un nombre d'élèves dans la classe, et le ratio
total de la classe n'est pas dépassé. Mais ce que je veux vous dire, c'est
qu'on a mis des mesures en place. On a négocié des mesures avec les syndicats.
On suit les mesures qui ont été négociées avec les syndicats. Et, bon,
naturellement, si les syndicats ont des griefs à faire, ils pourront les faire,
mais, moi, ce que j'entends, c'est qu'on a mis
en place des mesures, et on les suit, comme on s'est engagés à le faire. Et,
dans beaucoup de mesures, c'était : Si les disponibilités sont là,
si... on peut le faire. Sinon, il y avait des mesures alternatives. Mais tout
ça a été signé et entendu avec les syndicats. Donc, on l'a fait de cette
façon-là.
Mme Cadet : 24 % des garçons,
16 % des filles se sont vu prescrire, en 2024, du Concerta, du Ritalin, de
l'Adderall. Est-ce que le ministère se penche sur la question de la
surmédicamentation?
La Présidente (Mme Guillemette) :
Merci, Mme la députée. C'est tout le temps qu'on avait pour ce bloc-là.
Document déposé
Donc, avant de passer la parole au député de Gouin,
j'ai bien reçu le dépôt du document de la députée de Vaudreuil et j'ai pris
connaissance du document. Donc, j'autorise son dépôt. Il sera bientôt
disponible sur Greffier et sur le site Internet.
Donc, maintenant, M. le député de Gouin.
M. Nadeau-Dubois : Merci, Mme la
Présidente. Rebonjour, Mme la ministre.
Mme LeBel : Bonjour, M. le député.
M. Nadeau-Dubois : D'abord, quelques
questions pour vous au sujet de l'engagement pris par la première ministre lors
de sa campagne à la chefferie de votre formation politique à l'effet, donc, de
protéger les budgets des services aux élèves
en les indexant à l'inflation, engagement qu'elle a réitéré lors de son
discours d'ouverture. Est-ce que cet engagement va prendre la forme d'un
projet de loi?
Mme LeBel : Bien, on va... Je vais
discuter avec la première ministre et avec, naturellement, les gens interpelés
par cet engagement-là, qui sont le ministère de l'Éducation, le Conseil du
trésor et le ministère des Finances, pour voir sous quelle forme cet
engagement-là se déploiera, mais ce n'est pas moi qui va faire cette
annonce-là. Je vais laisser cette prérogative-là à la première ministre.
M. Nadeau-Dubois : Mais donc ce ne
serait pas... ce n'est pas nécessairement un projet de loi.
Mme LeBel : Non, je n'ai pas dit...
Je ne dis ni oui ni non, bien au contraire. Je vais laisser à la première
ministre la prérogative de déployer la forme sous laquelle cet engagement-là
prendra... prendra effet.
M. Nadeau-Dubois : Donc, ce n'est ni
un projet de loi ni pas un projet de loi.
Mme LeBel : Je dis juste que je ne
répondrai pas à cette question-là, donc, ne pas y lire que c'en est un ou que
ce n'en est pas un. Ce sera à la première ministre de prendre la décision et de
faire ces annonces en temps opportun sur... de la... quelle façon cet
engagement-là se déploiera.
M. Nadeau-Dubois : Donc, vous n'êtes
pas en mesure de nous confirmer qu'il y aura dépôt de projet de loi d'ici la
fin de la session.
Mme LeBel : Bien, je ne... Ce n'est
pas moi qui vous le confirmera, non.
M. Nadeau-Dubois : Est-ce que ça...
c'est un engagement qui va être honoré d'ici la fin de la session
parlementaire?
Mme
LeBel : On m'a demandé, moi, de regarder avec Finances et Trésor les
meilleures façons d'atteindre cet objectif-là. Puis, encore une fois, je vais
laisser la première ministre prendre ses décisions sur le moment où elle
décidera de le faire.
M.
Nadeau-Dubois : Ah! mais vous... En avez-vous discuté avec la première
ministre, de cet engagement de protection des budgets de l'Éducation?
Mme LeBel : On
est en train de discuter sur... Oui, effectivement, on a eu des discussions.
M.
Nadeau-Dubois : OK. Puis est-ce que les... est-ce que le dépôt d'un
projet de loi, ça fait partie des options étudiées?
Mme LeBel : Je
vais garder mes discussions avec la première ministre confidentielles. Sachez
qu'on travaille sur l'engagement. Puis je vais laisser à la première ministre
le soin de vous annoncer la façon et le moment dont ce sera fait. Mais on en
parle, de cet engagement-là, puis on parle de la façon de le matérialiser.
M.
Nadeau-Dubois : Bon, je comprends... je comprends que vous refusez de
répondre à la question. C'est votre droit. J'aimerais maintenant...
Mme LeBel : Bien,
j'y réponds de la façon dont j'y ai répondu.
M. Nadeau-Dubois : En n'y répondant pas.
Donc, taxe scolaire. J'aimerais savoir, cette année, pour l'exercice financier 2026‑2027 — je
vais essayer de bien formuler ma question pour avoir la réponse que je
souhaite, là — combien
est-ce que ça va coûter au ministère de l'Éducation du Québec que cette mesure,
donc, à la fois d'uniformisation et de plafonnement de la taxe scolaire.
Mme LeBel : Bien,
on a les budgets qui nous sont transférés, puis là je cherche dans mes mesures,
que j'ai mises hier avec un beau petit post-it «taxe scolaire», parce que
j'avais comme une impression qu'on allait en... l'aborder potentiellement
sur... Je veux ramener à la page... C'est F...
M.
Nadeau-Dubois : ...sort des coffres du gouvernement pour financer
cette mesure-là?
Mme LeBel : J'ai...
j'ai la mesure Taxe scolaire, où je veux vous amener, là, à la ligne pour vous
donner l'argent exactement, là.
Des voix :
...
Mme LeBel :
D.6. Alors, dans le volume III?
Une voix :
...
Mme LeBel :
Dans le plan budgétaire.
Des voix :
...
Mme LeBel : Oui,
oui, je m'excuse, là. Plan budgétaire. C'est dans le budget, c'est ça. Pardon.
Une voix :
...
Mme LeBel :
Non, c'est moi qui... D.6. Alors, D.6. Les... L'argent qui va être donné, parce
qu'il y a une compensation qui va être faite aux centres de services scolaires
pour le plafonnement, parce que, naturellement, ils ont des revenus jusqu'à
3 % maintenant, et, comme il y a un plafonnement, il y a une compensation,
en 2026‑2027, vous pouvez voir à la page D.6 que pour... que c'est... Dans
le fond, c'est 95,7 millions par année. Par contre, à l'année 2026‑2027,
vous voyez 67 millions, parce qu'on a neuf mois, là, c'est sur neuf mois
qu'il reste jusqu'à la fin de l'année scolaire. Mais c'est 95... 95,7. Donc, la
compensation, c'est... à terme, là, jusqu'en 2030, c'est 500...
500 millions de dollars pour cette compensation-là. Et, si on va à la
page D.9, vous avez... bon, on explique, là, effectivement, les chiffres
que je viens de vous donner. On revoit le 67 millions et on voit également
qu'il y a le... la... maintenir un taux unique, aide pour limiter le 3 %.
Donc, c'est 1,2 milliard en 2026, à la page D.9.
M. Nadeau-Dubois : Mais moi, au
tableau D.4 de la page D.9, pour 2026‑2027, je lis... oui,
voilà, 1,15, 1,15...
Mme LeBel : Bien...
OK, j'ai arrondi, 1,153.
M.
Nadeau-Dubois : Donc... Parfait. Donc, c'est quand même
1,5 milliard de dollars auxquels il faut ajouter, donc, le 67 millions
dont on a parlé tantôt.
Mme LeBel :
Non, il est inclus. Il est inclus dans ce tableau-là, là. La subvention portera
à 1,2 milliard de dollars par année l'aide gouvernementale pour atteindre
et maintenir un taux unique et limiter la croissance du compte de taxe
scolaire. Donc, les trois... les trois items, dont le plafonnement à
3 %... Vous vous souviendrez que le premier... le premier élément qu'on a
fait, c'est d'uniformiser, donc, maintenir un taux unique.
M. Nadeau-Dubois : Oui, oui, bien
sûr, oui.
Mme LeBel : Donc, tout ça, là, c'est
1,153, donc 1,2 arrondi, là.
M. Nadeau-Dubois : Merci. OK. Donc,
disons... disons, donc, plus de 1 milliard de dollars par année,
1,2 milliard, donc... Puis là on a un montant cumulatif juste à côté, là,
depuis 2018, là...
Mme LeBel : Bien, jusqu'en... de...
Oui.
M. Nadeau-Dubois : ...près de
5 milliards de dollars. Comme ministre de l'Éducation, de voir que ça,
c'est un 5 milliards, là, cumulatif, cumulatif qui était avant des
revenus... était auparavant constitué de revenus autonomes qui rentraient
directement dans les centres de services scolaires via la taxe scolaire puis
qu'il faut aujourd'hui rajouter ça dans vos dépenses de portefeuille... Alors,
vous comprenez que... où je m'en vais, c'est-à-dire que ce n'est pas du nouvel
argent qui fournit des nouveaux services, c'est des sommes qui étaient...
avant, qui rentraient dans les centres de services scolaires directement. Ça ne
faisait pas le détour par vos dépenses ici. Est-ce que vous trouvez que ça a
été une bonne décision? Parce que, mettons, 1,2 milliard sur, quoi,
24 milliards de dépenses de portefeuille cette année, ce n'est quand même
pas marginal. C'est une bonne... C'est une proportion significative des
dépenses du gouvernement du Québec en éducation qui viennent... qui sont, en
fait, dorénavant des dépenses de... qui viennent se substituer à des revenus
qui étaient, avant... avant la réforme, des revenus autonomes des centres de
services scolaires. Est-ce que vous trouvez que ça a été une bonne décision,
avec le recul?
Mme LeBel : Bien, c'est une décision
qui a été prise pour les familles du Québec, pour alléger leur fardeau fiscal,
donc, pour aider les familles du Québec en réduisant leur fardeau sur la taxe
scolaire. Et, pour le ministère de l'Éducation, bien, Finances nous redonne cet
argent-là, donc, le compense dans notre budget. Donc, ce n'est pas autofinancé
par le ministère de l'Éducation, donc, ce n'est pas un revenu qui est perdu par
le ministère de l'Éducation ou par les centres de services scolaires. Par
contre, c'est à l'avantage et au bénéfice des familles du Québec, qui, elles,
voient leur taux de taxe scolaire plafonné à 3 %. Et, dans ce sens-là,
oui, je trouve que c'est une bonne mesure de notre gouvernement.
M. Nadeau-Dubois : Vous conviendrez
avec moi, par contre, que ce milliard-là, ou même davantage, par année, c'est
des sommes qui ne servent pas à donner des services supplémentaires dans les
écoles, dans la mesure où auparavant ces sommes-là rentraient directement dans
les centres de services via les... la taxation scolaire.
Mme LeBel : ...ces mêmes sommes là,
les centres de services scolaires l'avaient à partir de la poche des citoyens
de leurs... de leurs centres de services scolaires. Maintenant, c'est le
ministre des Finances qui leur donne. Donc, ils disposent des mêmes sommes.
Donc, les centres de services scolaires n'ont pas perdu d'argent. C'est la
source de leurs revenus qui s'est modifiée. Donc, ils reçoivent plus d'argent
du gouvernement, moins de revenus autonomes, mais, dans les faits, c'est
compensé, on compense pour le centre de services scolaire.
M. Nadeau-Dubois : Non... Mais donc,
ce fameux 2,4 % ou 3 %, là, d'augmentation des dépenses de
portefeuille, vous convenez avec moi qu'il y a une portion de ça qui est, en
fait, une substitution de revenus qui étaient auparavant des revenus autonomes
des centres de services.
• (17 h 10) •
Mme LeBel : Bien, les centres de
services ne perdent rien parce qu'on compense cette somme-là.
M. Nadeau-Dubois : Ce n'est pas ça,
ma question. Vous convenez qu'il y a une portion de ça qui est une substitution
de... pour compenser des pertes qui sont issues de votre réforme de la taxe
scolaire.
Mme LeBel : Mais... mais il n'y a
pas de croissance sur ce... sur ce montant-là, hein, il est à 95 millions
par année, là. Donc, il... J'allais dire «flat». Il est plat. Il n'y a pas de
croissance. Donc, il n'impacte pas au même niveau dont vous pensez. Donc, il y
a quand même une très grande croissance du budget de l'éducation depuis 2018
nonobstant ce facteur-là.
M. Nadeau-Dubois : Oui, oui, mais, quand
même, reconnaissez-vous qu'il y a une portion de votre... de vos dépenses
chaque année qui est... qui est, en fait, un remboursement, entre guillemets,
de perte de revenus qui étaient auparavant des revenus autonomes des centres de
services scolaires?
Mme LeBel : Bien, il y en a une
portion que c'est dans le budget, mais c'est... Nonobstant ça, il y a quand
même eu une grande augmentation des budgets.
M. Nadeau-Dubois :
OK. On a beaucoup discuté, plus tôt aujourd'hui, des... de s'il y avait eu
ou non des compressions l'an dernier. Il y a eu, l'an passé, des compressions.
Il y a eu une mesure d'optimisation budgétaire, la mesure 16032, qui, par
la suite, a été compensée par la mesure d'ajustement, la 16036. Il y avait une
série de conditions. On ne refera pas le débat sur la cible d'ETC.
Cette année,
dans le projet de règles budgétaires que vous avez soumis à consultation au
réseau, il y a à nouveau une mesure d'optimisation budgétaire. C'est la
mesure 15020. J'aimerais savoir : Est-ce qu'il y a un montant qui a
été fourni aux centres de services scolaires relativement à cette mesure
d'optimisation budgétaire? Est-ce qu'il y a un montant qui a été fourni aux centres
de services scolaires quant à cette mesure d'optimisation budgétaire?
Mme LeBel : Bien là, il faudrait que
je la vérifie, cette mesure, particulièrement, là...
M. Nadeau-Dubois : On est à la
page 40 de votre projet de renseignements budgétaires.
Mme LeBel : Oui, s'il vous plaît,
parce que, là, il y en a 264, mesures budgétaires, là, ça fait que...
M. Nadeau-Dubois : Dorénavant, il y
en a beaucoup moins que ça, grâce à vous.
Mme LeBel : Il y en... 264,
regroupées en 37 regroupements, mais on peut tous les voir à l'unité, là.
M. Nadeau-Dubois : La
mesure 15020, à la page 40, optimisation budgétaire : «Les
ajustements découlant de cette mesure visent notamment à assurer une saine
gestion des fonds publics et le respect du financement octroyé pour
l'éducation.» Est-ce qu'il y a des... Est-ce que les centres de services
scolaires ont reçu des montants quant à cette cible d'optimisation budgétaire?
Mme LeBel : On va la prendre en
délibéré, si vous avez d'autre chose, puis je vais vous ramener l'information,
parce que, là, c'est trop... c'est trop technique, là. Mais il n'y a pas... On
ne va pas chercher d'argent supplémentaire. C'est une mesure qui était... qui
se répercute les autres années. Mais je suis en train de vérifier exactement c'est quoi, l'impact, qu'est-ce que ça
veut dire. Comme je disais, il y en a 264, là, ça fait que je vais aller
vérifier.
M. Nadeau-Dubois : OK.
Mme LeBel : ...dès qu'il aura la vérification.
M. Nadeau-Dubois : Parce que j'avais
une question par la suite. Donc, est-ce qu'il y a des montants qui sont
associés à cette mesure d'optimisation budgétaire?
Des voix :
...
M. Nadeau-Dubois : Est-ce qu'on peut
suspendre, Mme la Présidente?
La Présidente (Mme Guillemette) : On
ne peut pas suspendre le temps. Par contre, Mme la ministre peut aller chercher
la réponse pendant que vous posez d'autres questions.
M.
Nadeau-Dubois : ...un temps limité. Je ne veux pas empêcher la
collégialité entre la ministre et son équipe.
Mme LeBel : ...fournir pendant votre
temps, je vais vous la fournir par la suite, la réponse. Je m'engage à le
faire. Mais j'essaie de l'obtenir pendant que vous me parlez puis j'essaie de
le faire en même temps pour être capable de vous répondre.
M. Nadeau-Dubois : Parfait.
La Présidente (Mme Guillemette) :
Merci. Merci, Mme la ministre. Donc, M. le député, vous pouvez passer à une
autre question si vous voulez.
Mme LeBel : Mais j'essaie de le
faire avant la fin.
La Présidente (Mme Guillemette) :
Merci.
M. Nadeau-Dubois : Revenons-y le
plus tôt possible.
Je veux
maintenant parler des indices de défavorisation. Vous avez échangé à ce sujet
avec mon collègue il y a quelques heures. Il y a plusieurs dizaines
d'écoles, on parle d'une quarantaine seulement sur l'île de Montréal, qui vont
voir leurs indices changer, pas parce que ce sont dorénavant des écoles plus
favorisées ou plus riches, mais souvent tout simplement parce que d'autres
milieux se sont davantage dégradés, on se comprend bien. Lorsqu'on a échangé
sur cette question-là lors des crédits provisoires, vous m'avez dit :
Gabriel, il y a des... il y a des enveloppes dans les
conventions collectives pour prévoir des mesures de transition. Il y a en effet
des enveloppes, 9,35 millions du côté
des syndicats FAE, 6,02 millions du côté de la... de la CSQ. Or, ces
enveloppes-là, elles ont déjà été attribuées à d'autres fins, puisque ce
ne sont pas des enveloppes dédiées exclusivement à ces mesures-là.
Je veux juste savoir. Vous m'aviez dit à
l'époque que vous feriez les vérifications. Maintenez-vous toujours que c'est
dans ces enveloppes-là, donc, les fameuses annexes, là, dans les conventions
collectives, que les écoles devraient aller chercher les sommes pour compenser
ce qui sont parfois des bouleversements terribles, en quelques semaines
seulement, de leurs organisations, des groupes qui ferment, des postes qui sont
abolis, des tâches qui sont fusionnées, etc.? Est-ce que vous maintenez que
c'est ces sommes-là qui doivent être utilisées pour financer des mesures de
transition dans les écoles dans les prochains mois?
Mme LeBel : Bon, première des
choses, je vais corriger votre prémisse de base, OK? Il n'y a pas d'écoles
présentement qui sont devenues plus favorisées parce qu'elles sont... se sont
fait dépasser par une école moins favorisée, pas du tout, au contraire. Ce que
vous nous dites... Ce que vous m'avez dit dans votre prémisse de base, là,
c'est qu'une école défavorisée est devenue dans un rang favorisé parce qu'il y
a une école qui est plus défavorisée qu'elle. C'est inexact.
M. Nadeau-Dubois : ...
Mme LeBel : Non, c'est inexact.
Cette année, là, on... C'est le contraire, même, cette année. Cette année, on aide davantage les écoles avec un niveau de
défavorisation à partir d'un seuil duquel les écoles reçoivent l'argent... est plus
bas. Je m'explique. La même école, l'année passée, la même, même école, avec
les mêmes élèves, les mêmes... la même, même, on prend une photo de la même
école avec le recensement 2016, une école qui était à 7,5 d'IMSE, pas son
rang, à 7,5 d'IMSE, elle était classée 5. Cette année, la même école est
classée 7 et va recevoir de l'argent. Donc, on... Le niveau réel, le niveau
réel des familles s'est amélioré, et le niveau d'IMSE à partir duquel on aide
les écoles est plus bas qu'avant, donc, on aide plus d'écoles. Donc, première
des choses, c'est inexact.
Deuxième des choses, les conventions
collectives, c'est pour les niveaux des écoles 8 et 9, pour les ratios dans les
classes. Présentement, il faudrait voir à la pièce, mais, des écoles qui vont
passer d'un niveau 8, à titre d'exemple, ou d'un niveau 7, il y a encore des
sommes. Et on va accompagner ces écoles-là pour maintenir les ratios une année
supplémentaire.
M. Nadeau-Dubois : ...ministre,
on va simplement...
La Présidente (Mme Guillemette) : ...M.
le député.
M. Nadeau-Dubois : ...on va...
on va simplement corriger, en effet, les faits. Tout ce que j'ai affirmé, c'est
que le fait qu'une école voie son rang amélioré, ce n'est pas nécessairement
synonyme du fait qu'il y a eu une amélioration objective de la situation
socioéconomique, puisque c'est... c'est un classement qui est relatif...
Mme LeBel : Non, c'est... ce
que vous dites est inexact.
M. Nadeau-Dubois : ...et tout
le monde comprend ça dans le réseau. Les directions d'école sont de cet avis,
les organisations du milieu de l'éducation, les centres de services scolaires
également. Puisque c'est un rendement relatif, un indice peut s'améliorer,
alors que, dans les faits, c'est les mêmes élèves d'une année à l'autre qui
fréquentent l'école. C'est un des problèmes avec ce... cette manière de
fonctionner.
Je veux juste vous ramener sur le sujet de ma
question. Est-ce que vous maintenez que c'est dans les fameuses annexes, donc,
l'annexe XLVII dans le cas de la FAE et l'annexe 59 dans le cas de la
CSQ, est-ce que vous maintenez que c'est là que doivent être... doivent être
puisées des sommes pour financer d'éventuelles mesures de transition d'une
année à l'autre? C'est ça que vous m'avez dit la dernière fois. Je veux juste
qu'on se le reconfirme.
Mme LeBel : Je ne peux pas
laisser passer ce que vous venez de dire parce que c'est inexact. Si l'IMSE...
M. Nadeau-Dubois : Mme la
ministre, on n'est pas dans un cours, là. Je vous demande une question sur les
annexes des conventions collectives.
Mme LeBel : Non, mais c'est
parce que vous ne pouvez pas affirmer, M. le député, quelque chose qui est
inexact, puis après ça en faire une vérité parce que vous ne me donnez pas
l'occasion de corriger.
M. Nadeau-Dubois : Il n'y a
pas... Vous n'êtes pas devant un juge, puis il n'y a pas de tribunal.
Mme LeBel : Donc, ce que vous
avez affirmé est inexact.
M. Nadeau-Dubois : Je vous pose
une question...
Mme LeBel : Bien, c'est
inexact.
M. Nadeau-Dubois :
Je vous... je vous pose une question factuelle : Est-ce que c'est dans les
annexes, donc, XLVII et 59, c'est ce que vous m'avez dit il y a quelques
semaines, que les écoles doivent aller chercher les sommes pour financer les
mesures de transition? C'est ça, ma question.
Mme LeBel :
...factuellement inexacte, votre prémisse. Maintenant, pour votre question,
c'est les annexes 46, 53 ou je ne sais pas trop, ça dépend des... ça
dépend des conventions collectives, là, mais il y a plusieurs annexes, mais il
y a des annexes dans les conventions collectives qui prévoient les ratios en
vertu de l'IMSE. Pour les écoles 8 et 10, il y a des ratios de prévus. Et,
si une école change de rang et qu'il y a... il y a, donc, les sommes pour faire
une transition, pour maintenir les ratios une année supplémentaire.
La Présidente (Mme
Guillemette) : ...merci, Mme la ministre. Donc, je cède la parole à la
députée de Bourassa-Sauvé. Et je ferais encore une petite intervention. On fait
attention de ne pas s'interpeler. Pour la transcription, c'est très difficile
pour eux. Donc, Mme la députée de Bourassa-Sauvé.
Mme Cadet : Merci,
Mme la Présidente. Je reviens sur le sujet des enfants avec des difficultés,
là, plus largement, là, pas nécessairement un HDAA, mais sous un autre angle
que ce que nous avons abordé précédemment, donc, dans le bloc précédent.
Selon un sondage de
la FSE auprès de 5 700 profs, on dit qu'il y aurait environ deux
enseignants sur cinq, tant au primaire qu'au secondaire, qui affirment que
certains élèves qui auraient dû redoubler leur année ou être dirigés vers une
classe spécialisée ont passé leur année en dépit de leurs recommandations. Ce
que les profs décrivent, c'est des... c'est des élèves qui sont en échec qui
sont promus sans soutien nécessaire ou qui ne vont pas nécessairement en classe
spécialisée, alors que c'est le service dont ils ont besoin. Et souvent, donc,
on va les mettre en modification des attentes.
Donc, la première
question que j'ai pour vous : Est-ce qu'il y a des directives qui sont
mises en place qui font en sorte que des profs se sentent forcés de faire
passer des élèves?
• (17 h 20) •
Mme LeBel : Là,
je suis toujours portée à dire «déboulonnage», mais c'est le déboulage, je
pense, le terme.
Mme Cadet :
Pas vraiment du...
Mme LeBel :
Et je pourrai peut-être vous faire donner plus de précisions par la
sous-ministre qui est au niveau pédagogique, mais on a mis fin, là, à cette
mesure-là. Je pense que ce n'est pas... ce n'est pas... Et je ne me souviens
plus de la date. Quelle date? Avant même que... Quand je suis arrivée... Je
vais vous dire, quand je suis arrivée au ministère, ça avait déjà pris fin
depuis au moins un an. Donc, je pense, c'est 2023 ou 2024.
Une voix :
...
Mme LeBel :
Oui. Mais je vous dis juste que ça n'existait déjà plus, parce que ce n'est
pas... ce n'est pas judicieux de faire... Tu sais, ça veut... ça peut penser...
On peut penser ça le fun de faire passer un élève qui n'a pas tous les acquis,
mais ça finit par le rattraper au final. Donc, c'est une mesure qui n'est
plus... qui n'est plus... n'est plus permise, là.
Mme Cadet : ...mais
là, quand vous parlez du déboulage, là, ça, c'est ceux qu'il y a peut-être un
cours qui était du niveau précédent puis qu'on faisait passer, mais là je parle
vraiment, donc, des jeunes... mettons, ici, on va se concentrer sur le primaire, donc, qui auraient dû redoubler, là. Donc,
c'est un sondage de la FSE puis ça date... Je vais... je vais vous
retrouver la date ici, là, mais c'est bien après, donc, la fin de la mesure sur
les doublages, là.
Mme LeBel : OK.
Mais là je viens de voir que vous faites penser... C'est ça, vous faites
référence, probablement, à un comité que la FSE nous a demandé de mettre en
place.
Mme Cadet :
Exactement.
Mme LeBel :
OK. Bien, on va peut-être donner la parole... Parce que le comité a été mis en
place. Si vous permettez, on pourrait donner la parole à Nadine...
Mme Cadet :
Elle va se présenter.
Mme LeBel :
...Peterson. J'ai l'air d'être tellement familière avec les fonctionnaires du
réseau, mais non. Je m'excuse, c'est moi qui, à force d'entendre parler de
Nadine, François et Stéphane, donc...
Mme Cadet :
...
Mme LeBel :
Oui, oui, oui.
Mme
Cadet : ...donc, c'est très récent.
Mme LeBel : Mais
le comité a été mis en place. On va pouvoir vous donner plus de précisions si
vous permettez qu'elle intervienne.
Mme Cadet :
Oui, consentement.
La Présidente (Mme Guillemette) : Parfait.
Donc, consentement. Vous allez donner votre nom et votre titre, s'il
vous plaît.
Mme Peterson
(Nadine) : Alors, Nadine Peterson, sous-ministre adjointe, Éducation.
Ça fait plaisir.
Donc, effectivement,
ce qu'on parle ici, c'est la promotion sans les acquis. Donc, il y a le fameux
déboulage, là, qui donne des unités si tu fais un cours de niveau supérieur qui
donne des unités. Par contre, là où la FSE nous a interpelés, c'est la
promotion sans acquis, donc, de faire passer un jeune à un niveau supérieur
alors qu'il n'aurait pas tous les acquis de son niveau inférieur. La FSE nous a
interpelés à quelques reprises là-dessus.
On a aussi une
Info-Sanction qui est sortie pour venir rappeler les pratiques de vraiment
s'assurer que tous les élèves ont les acquis pour faire passer. On a mis un
comité en place qui s'est réuni, je pense, il y a deux semaines passées à peu
près. Dans le fond, l'idée, c'est... Nous, on a envoyé l'Info-Sanction, qui est
une forme de directive aux enseignants, et puis les gens de la FSE nous ont
rapporté qu'il y avait quelques cas qui n'étaient pas appliqués dans les
écoles. Donc, on s'est donné vraiment un espace sécuritaire entre nous pour en
discuter, pour voir c'est quoi, l'effet sur le terrain, pour pouvoir vraiment
en prendre acte puis, ensuite de ça, faire des interventions. Ça fait qu'on est
à ce niveau-là.
La ministre a eu
l'ouverture de vouloir asseoir autant le ministère que le syndicat pour en
discuter. Les travaux ont commencé, puis c'est déjà très bien parti. Donc, on
reconnaît qu'il y a des situations qui sont vécues sur le terrain. Ça semble peut-être à la marge pour le moment, mais c'est ce
qu'on est en train d'évaluer avec les équipes.
Mme Cadet : OK.
Merci. Donc, vous... Donc, effectivement, donc, vous reconnaissez que ce sont
des situations, donc... ce qui est ressorti il y a à peine un mois, là, dans
les médias, donc, ça se produit sur le terrain. Puis ce qui nous est mentionné
aussi, là, que j'ai... j'ai dit, donc, dans ma... mon intervention précédente,
c'est que souvent, donc, ces élèves-là qui vont être... qui vont être promus
sans soutien nécessaire, bien, parfois, on va les mettre en modification des
attentes. Est-ce qu'on a les chiffres sur combien il y a d'élèves qui sont en
modification des attentes? Puis là ce n'est pas une fiche. Moi, je ne l'ai pas.
Mme LeBel : ...bien,
on est en train de le vérifier à mesure de la... votre question. Si vous voulez
peut-être continuer, pour ne pas perdre votre temps, on pourrait... votre... le
temps qui vous est imparti pour pouvoir en discuter, on la prend en note puis
on pourra revenir dès qu'on l'a. Donc, les chiffres...
Mme Cadet : Bien
oui, parce que je n'ai pas les chiffres sur il y en a combien, mais il y a
quand même, donc, 41 % des enseignants au primaire qui nous disent qu'ils
ont au moins un élève en modification des attentes en français dans leurs
classes et 37 % qui en ont au moins un qui est en mathématique. Mais on
s'entend que c'est un... c'est une mesure qui devrait être exceptionnelle, là,
pour les élèves qui n'arrivent pas à répondre aux exigences du programme. Donc,
c'est... S'il y en a au moins un pour 41 % des enseignants... Je me
demande : Est-ce que le ministère a les chiffres sur il y en a combien, au
total, qui sont en modification des attentes?
Mme LeBel : ...où on se parle, on ne
les a pas. C'est justement les travaux qu'on est en train de faire avec la FSE.
Puis c'est pour ça qu'on a réussi à... Puis je ne dénigre pas vos chiffres,
mais ça fait... c'est un sondage sur un échantillonnage.
Mme Cadet :
C'est sûr, oui, oui.
Mme LeBel :
Donc, est-ce que les gens qui ont répondu sont intéressés à répondre parce que,
nécessairement, il y en a plus? Donc, quelle est la réelle proportion? Ça fait
qu'on est... Ça fait partie des travaux.
Mme Cadet : Bien, c'est ça que je dis, je n'avais pas de
fiche, je n'ai pas les chiffres. Donc, on vous la posait...
Mme LeBel :
Non, c'est ça. Mais je ne veux pas vous promettre de vous trouver un chiffre
pour la fin parce qu'on ne l'a pas. Ça fait partie des travaux. D'ailleurs,
c'est ce que la FSE voulait qu'on aille creuser avec eux. Donc, on... Le comité
est en place. Je pense que c'est ça, la réponse courte.
Mme Cadet : Parfait.
Soutien aux partenaires en éducation. Pour avoir parlé avec plusieurs groupes,
Mme la ministre, donc, souvent, on va nous
dire : C'est... c'est très difficile d'obtenir de la prévisibilité de la
part du ministère de l'Éducation, parfois, donc, on attend, on attend,
et là, woup! donc, le dernier... le dernier jour de l'année... de l'année
financière, bien, c'est là qu'on finit par recevoir les montants pour l'année
qui vient de s'écouler, parfois, donc, on est obligés de
fonctionner à crédit puis de rembourser les sommes, et donc de payer des
intérêts, lorsque le ministère nous octroie les montants tard dans l'année, ça
crée énormément de stress.
Mme la ministre, ma
question pour vous : Est-ce que vous trouvez cette situation-là normale?
Mme LeBel : Bien, vous avez raison
que c'est un processus qui est beaucoup trop long, de toute... Bon, je vais
recadrer, hein? Le soutien aux partenaires, c'est de l'aide ponctuelle.
Beaucoup se sont... s'y attendent, d'en avoir année après année, là, mais je
veux rappeler que c'est de l'aide ponctuelle. C'est la prémisse de base. Mais
vous avez tout à fait raison, puis je suis tout à fait d'accord.
Bon, je ne veux pas tout mettre sur le passé
puis le fait que je n'ai pas pu agir maintenant, parce que je suis arrivée en septembre puis, bon, j'ai pris le SAP
où il était rendu, mais il y a des travaux au ministère, puis on... J'ai mis...
j'ai mis l'accent... Disons qu'ils existaient déjà. Donc, la question s'était
déjà posée par mon prédécesseur. J'ai peut-être augmenté un peu le... la
chaleur sur ces travaux-là pour qu'on revoie les façons de faire au SAP. Donc,
il y a des travaux là-dessus, effectivement.
Mme Cadet : Est-ce qu'il y a un
échéancier pour ces travaux?
Mme LeBel : Non.
Mme Cadet : OK. Mais la chaleur a
augmenté, parce que, là, vous reconnaissez la problématique, là.
Mme LeBel : Bien, j'ai demandé...
Dans le fond, j'ai demandé à ce qu'on se penche sur la question puis qu'on me
fasse des suggestions. Donc, j'en suis là.
Mme Cadet : Oui, oui, parce que ça
n'a pas de bon sens. Puis même le PACTE, l'été passé, c'était à peu près la
même chose. Les gens disaient : Bien, on risque peut-être de fermer parce
qu'on a... on sait que les sommes... puis là, dans ce cas-ci, on sait que les
sommes vont arriver, on nous l'a dit, mais on ne les reçoit pas.
Mme LeBel : Absolument.
Mme Cadet : Parfait. Merci.
Mme LeBel : On veut remédier à cette
situation-là.
Mme Cadet : Merci.
Mme LeBel : Je n'ai pas la réponse
du comment, mais je peux vous dire qu'on... que cette question-là, c'est... est
sur la table.
Mme
Cadet : Merci. 2026‑2027, dans le budget, pour le programme Soutien aux
organismes, coupure de 12 %. Est-ce que... Bien, d'abord, est-ce
que vous pouvez expliquer cette décision-là? Puis est-ce qu'on sait déjà quels
organismes vont être affectés?
Des voix : ...
Mme
LeBel : ...ligne... Mais ce
n'est pas une coupure, hein, c'est une aide ponctuelle qui avait été mise au SAP,
qui était pour deux ans, je pense, non récurrente. Donc, ça fait une bulle, si
vous voulez, ça redescend, mais ce n'est pas une coupure. Et c'était clairement
une aide de deux fois 8,2 millions...
Une voix : ...
Mme
LeBel : ...bon, je m'en
souviens, finalement, deux fois 8,2 millions, qui était pour deux
années, et c'était clair que c'était pour deux années seulement. Et
c'est simplement une aide qui ne s'est pas perpétuée et... Mais c'était entendu
qu'elle était ponctuelle, qu'elle n'était pas là pour augmenter le SAP de façon
permanente. Donc, c'est cette bulle-là qui fait qu'on a l'air d'avoir diminué,
mais, dans les faits, quand on enlève cette bulle-là, le SAP est pas mal
stable, là. Il n'y a pas...
Mme Cadet : Donc, il n'y a pas
d'organismes, là, qui vont recevoir des surprises dans l'année en cours.
Mme LeBel : Non, non, non. Le...
Non, parce que cette aide ponctuelle là était pour des choses particulières,
hein, des organismes... Oui.
Mme Cadet : OK. Parfait. Différents
programmes, InterCEP. Donc, vous le savez, je suis allée visiter, donc, deux
InterCEP. Je vous ai interpelée en période de questions. J'ai interpelé votre
prédécesseur aussi au cours des dernières années. Je sais que vous êtes
sensibilisée à la cause, que vous avez rencontré l'organisme. Donc, est-ce que vous avez, on peut dire, donc, du nouveau? Mais en fait,
vous le savez, donc, l'organisme, donc, vit une situation particulière, donc,
avec sa situation, donc, de loyer, donc, dans les différents CEP, donc, centres
d'éducation populaire. Comment est-ce que vous progressez dans vos... dans vos
discussions ou dans vos réflexions sur le fait de trouver une solution pour
InterCEP?
Mme
LeBel : Bien... bien, les discussions sont terminées. Je
les ai rencontrés. Ils ont eu des montants au SAP cette année. Il y avait la question de leurs
loyers. C'était très clair pour moi qu'on leur donnait de l'argent à partir du
SAP...
Des voix : ...
Mme LeBel : Ils ont de l'argent dans
le PACTE. Et l'argent qui était à partir du SAP, du... et, bon, pour les gens
qui nous écoutent, là, c'est le soutien aux partenaires, était spécifiquement
pour payer leurs loyers. Donc, on a discuté avec eux. Je pense qu'il y avait
trois des organismes sur six qui avaient eu des difficultés avec leurs loyers.
Donc, c'était très clair pour moi qu'on allait renouveler l'aide au SAP cette
année, mais qu'il fallait qu'ils s'arrangent pour être capables de payer leurs
loyers. Et les montants au PACTE, bien, pour l'instant, sont maintenus. Alors,
pour moi...
Mme Cadet : Pour... Parfait.
Mme LeBel : Oui, oui. Pour moi,
cette discussion-là, je ne dis pas qu'elle est terminée, mais elle est
terminée, là. On a... on a conclu. Ils voulaient avoir de l'argent au SAP, ils
l'ont eu, ils ont eu leur argent au PACTE, mais c'était très clair pour moi que
l'argent qu'on leur donne au soutien aux partenaires, c'est exceptionnel, parce
que les organismes qui ont de l'argent à la
fois au PACTE et à la fois au SAP sont peu nombreux, sinon... C'est à peu près
les seuls. C'est les seuls...
Mme Cadet : Bien, c'est une situation
assez exceptionnelle aussi, là.
Mme LeBel : Bien oui, l'exception
est exceptionnelle, mais c'était pour leur donner de l'aide pour payer leurs
loyers. Alors, je m'attends à ce qu'ils paient leurs loyers, par contre, là.
Mme Cadet : Parfait. Et, l'année
prochaine, normalement, ils devraient pouvoir recevoir leurs montants plus tôt
dans l'année...
Mme LeBel : Bien, ça, ça fait partie
du...
Mme Cadet : ...parce que, comme on
le disait tantôt, là, dans le chantier...
Mme LeBel : Oui. Bien là, vous...
Ça, ça fait partie de l'autre enjeu que, oui, on est en train de regarder.
• (17 h 30) •
Mme Cadet : Parfait. Passeport pour
ma réussite, ça, c'est un programme normé, là. Ce n'est pas un programme qui
est en soutien aux partenaires. Donc, ce qu'on comprend, c'est que vous leur
avez demandé d'ouvrir neuf nouveaux centres, mais le financement n'a pas suivi.
C'est un organisme, donc, qui opère aussi en Ontario, par exemple, puis ils ont
dit... Donc, là-bas, donc, le gouvernement... le gouvernement ontarien leur
octroie une part beaucoup plus significative de leur financement annuel. Leur
entente se termine en juin. Ils craignent de tomber entre deux chaises. Est-ce
que c'est possible de les rassurer?
Mme
LeBel : Bien, écoutez, ils nous ont contactés. On est au
fait de la situation. On est en train de regarder ça. C'est tout ce que
je vais dire pour l'instant.
Mme Cadet :
C'est assez
clair.
Mme LeBel : Quand je suis capable, j'essaie.
Mme Cadet : ROCLD, les...
Mme LeBel : ...
Mme Cadet : ROCLD, le Regroupement
des...
Mme LeBel : ROCLD?
Mme Cadet : Le Regroupement des organismes
communautaires de lutte au décrochage. Ce sont, donc, les écoles, donc, de la
rue, de façon générale. Sur le terrain, donc, il y a plusieurs organismes
communautaires qui observent un resserrement administratif dans l'application
de certaines exigences qui sont liées à la fréquentation scolaire obligatoire des jeunes de moins de 16
ans. Donc, techniquement, donc, ce sont des jeunes de moins de 16 ans,
donc, qui sont... qui ont certaines difficultés puis qu'on se dit : OK,
bien, toi, donc, ton cheminement, disons, régulier, donc, à l'école, c'est un
peu plus difficile, il faudrait que tu ailles, donc, dans cet organisme-là. De
leur expérience terrain, ce qu'ils nous disent, c'est : Bien, écoutez,
dans les dernières années, on dirait que ça a été un peu plus difficile,
qu'auparavant, donc, les centres de services scolaires, donc, nous référaient
les jeunes, que ça allait bien, mais là on a l'impression qu'il faut un petit
peu, donc, se battre pour pouvoir bien jouer notre rôle, mais... alors qu'on
sait que notre soutien, notre appui à ces jeunes-là, bien, ça leur permet,
donc, de diminuer l'accumulation, donc, d'échecs scolaires, de diminuer les
suspensions puis les bris de confiance répétés envers l'institution scolaire.
Ils vous ont demandé
d'ouvrir une table de discussion entre le ministère de l'Éducation, les centres
de services scolaires puis le regroupement des organismes pour placer des
balises administratives pour mieux collaborer ensemble. Donc, ici, là, c'est...
c'est l'une de leurs demandes principales.
Est-ce que... Bien,
d'abord, est-ce que vous êtes au courant de cette demande-là? Et donc, là, je
vois que vous n'êtes pas au courant de cette demande-là, mais est-ce que vous
seriez ouverte à l'idée de vous... de vous asseoir avec le regroupement des
organismes de lutte au décrochage scolaire puis les centres de services
scolaires pour qu'on voie comment mieux... comment est-ce qu'ils pourraient
mieux collaborer ensemble?
Mme LeBel : Bien, je vais prendre acte
de la situation puis je vais regarder avec les équipes du ministère ce qu'il
en est, mais c'est la... c'est l'étendue de ce que je vais dire là-dessus, là,
compte tenu que je ne suis pas au courant du dossier.
Mme Cadet : Toujours
parlant... Je vais y aller avec le sujet, maintenant, donc, de l'intelligence
artificielle. Il y a eu, donc, des données qui sont sorties récemment qui nous
disaient, donc : Tous les... Selon tous les secteurs d'enseignement
confondus, près d'un enseignant sur deux qui a répondu au questionnaire juge ne
pas... ne posséder que des notions de base concernant les connaissances
techniques et pratiques liées à l'intelligence artificielle. Il y a 46 %
de ces enseignants consultés là qui disent qu'ils n'ont reçu aucune information
de leurs directions ou de leurs centres de
services scolaires à ce sujet, alors que seulement 19 % d'entre eux ont
reçu certaines balises. Qu'est-ce que vous prévoyez faire pour mieux
outiller les enseignants?
Mme LeBel : Bien,
je suis très contente, parce que c'est un sujet qui m'interpelle beaucoup, qui
me passionne aussi, parce que je trouve que l'intelligence artificielle dans
nos écoles, l'intelligence artificielle tout court, bien, elle est déjà là,
hein? Puis, même si on a interdit les écrans, les téléphones cellulaires à
l'école, les enfants y ont accès à la maison, les étudiants y ont déjà accès.
Il y a plusieurs enseignants qui l'utilisent déjà. Puis, pour moi, c'est
important qu'on ne perde pas de vue qu'un enseignant sera toujours un
enseignant, puis on aura toujours besoin d'un enseignant, et que l'intelligence
artificielle numérique doit devenir un outil.
Donc, dans la
formation obligatoire, plusieurs choses. Il y aura un programme,
éventuellement, de compétences transversales, d'ici quelques... d'ici un an,
mais pas la prochaine rentrée scolaire, là, plus tard, qui va être implanté
pour 2027-2028, la rentrée scolaire 2027-2028 — là, je vais dire
n'importe quoi, parce que la façon dont je m'exprime, des fois, sur cet
enjeu-là... — mais
qui va faire en sorte qu'on devra intégrer les compétences numériques dans
l'enseignement. Et là on verra, avec le programme, comment on le développe,
mais de façon transversale, de façon transversale, parce que je pense que c'est
un outil.
Naturellement,
on va le faire plus tard parce qu'on veut que les enseignants soient prêts à
ça. Ils s'y préparent. Donc, on a, dans la formation obligatoire qu'on a
mise en place... Mon collègue, dans le projet de loi, a fait adopter la
formation obligatoire, 30 heures sur deux ans, vous vous souviendrez.
J'ai, comme ministre, parce que c'est moi
qui occupe le siège... Mais les ministres de l'Éducation ont la prérogative, à
l'intérieur de cette formation-là, par règlement, de mettre par blocs de
30 heures des heures obligatoires. Donc, moi, dans le premier bloc de
30 heures, je veux qu'il y ait deux heures de formation obligatoire sur le
numérique faite par les enseignants...
Mme Cadet :
Deux heures par...
Mme LeBel :
Deux heures sur le 30 heures.
Mme Cadet :
Sur le 30 heures. OK.
Mme LeBel :
Sur le 30 heures. C'est sûr qu'on va voir pour leur en fournir plus, mais
au moins deux heures sur le 30 heures. Et j'ai donné à l'INEE, qui est
maintenant en place et que son conseil d'administration est prêt, le premier
mandat d'étudier, de se pencher sur l'utilisation du numérique dans nos
dossiers, de la place de l'intelligence artificielle, pour avoir les meilleures
pratiques puis avec des données probantes pour être capable que ce soit un
outil pour l'éducation...
Mme Cadet :
Mais votre prédécesseur n'avait pas créé un guide? Pourquoi est-ce qu'on envoie
ça à l'INEE?
Mme LeBel :
Oui, oui, il y a un guide aussi. Là, je vous donne... J'allais à la tête... Il
y a un guide aussi, mais j'ai... Moi, je vous dis ce que j'ai ajouté depuis que
je suis arrivée, nonobstant que ce qui était là existe encore.
Mme Cadet :
...
Mme LeBel : Mais il est encore là,
le guide.
Mme Cadet : Oui, oui. Non, mais là
vous envoyez ça à l'INEE, qui va nous dévoiler les meilleures pratiques. Donc,
qu'est-ce qui va se passer avec le guide?
Mme
LeBel : Bien là, si le guide
doit être mis à jour, il sera mis à jour par l'INEE, mais là, présentement, il
y a un guide qui doit toujours servir pour... pour le numérique. On va
leur donner de la formation. Il va y avoir un programme qui va être mis en
place. Je les rassure, ce n'est pas pour la prochaine année scolaire. On veut
donner de la prévisibilité puis on veut s'assurer de bien fournir les... former
les enseignants.
Et j'ai demandé aussi à l'INEE de se pencher sur
la question pour nous donner les meilleures pratiques, parce que je pense qu'il
faut intégrer l'intelligence artificielle dans nos écoles. Maintenant, ça doit
être un outil pour les enseignants. La
relation enseignant-professeur... enseignant-étudiant, enseignant-élève devra
toujours être la première relation, la relation humaine. Donc, il va
falloir qu'on apprenne aux enfants à apprendre différemment, hein? Il va
falloir développer la pensée critique. Il va falloir développer la capacité
d'analyse... Oui.
La Présidente (Mme Guillemette) :
Merci, Mme la ministre.
Mme LeBel : C'est passionnant.
La Présidente (Mme Guillemette) :
Donc, je céderais la parole au député de Matane-Matapédia.
M. Bérubé : Merci, Mme la
Présidente. Alors, manifestement, la course au leadership à la CAQ nous a
appris bien des choses sur les intentions de la nouvelle première ministre, et
une des intentions manifestées, c'est l'élargissement
de la loi 101 aux élèves, aux étudiants de formation professionnelle et de
l'éducation des adultes. Et là on apprend que c'est
27 000 étudiants qui iraient vers le réseau francophone. Alors, quel
est le plan pour accueillir tous ces étudiants? Est-ce qu'on va créer des
écoles francophones dans l'Ouest-de-l'Île, au centre-ville? Comment ça marche?
Parce que tantôt j'ai donné l'exemple de la construction des écoles par le
privé puis j'ai bien senti que la ministre a dit : Oui, j'ai appris ça,
là, en même temps que vous. Mais là c'en est une autre, là. 27 000, ce
n'est pas rien. Alors, la parole est à la ministre.
Mme LeBel : Bien oui, là, il faut
comprendre que ce n'est pas des écoles de formation générale des jeunes. Donc,
ce n'est pas les écoles primaires, secondaires qui vont accueillir ça.
M.
Bérubé : Bien, ça
ne change rien.
Mme LeBel : Là, je suis en train de
regarder, avec mon collègue qui est porteur du dossier, sur la meilleure façon
de déployer cette mesure-là, mais le réseau va être prêt. On est en train
d'analyser où est-ce qu'ils sont, ces gens-là, où est-ce qu'ils sont, à quel
endroit on pourra les... qu'est-ce qui sera impacté, c'est-à-dire à quel
endroit on devra les transférer. Mais en... C'est des services aux adultes puis
c'est de la formation professionnelle, puis en général on est capables
d'accueillir ces jeunes-là, mais on est en train de travailler pour un plan de
déploiement qui va permettre d'accueillir dans... dans l'école publique. Mais
je veux juste dire que ce n'est pas dans les écoles primaires et secondaires,
là. Ce n'est pas la formation générale des jeunes, là. C'est... Là, je ne
voulais pas rentrer dans les acronymes, mais c'est la FP puis la FGA, là,
formation aux adultes, là.
M.
Bérubé : J'avais
tout compris ça.
Mme LeBel : Mais on devrait... On
travaille avec le ministre Roberge là-dessus puis on devrait être capables
d'être prêts à accueillir ces gens-là.
M. Bérubé : Pour quand? Est-ce que
c'est le... la ministre va pouvoir nous donner un échéancier?
Mme LeBel : Bien, l'échéancier sera
en fonction de ce que... du projet de loi qui sera adopté, et là on va
continuer les discussions avec mon collègue. Le projet de loi n'est pas encore
déposé, à ma connaissance.
M.
Bérubé : ...effectivement, mais on peut penser
raisonnablement que... C'est-tu plus une affaire d'une année, ou de cinq
ans, ou d'une génération? Comment ça marche?
Mme LeBel : Bien, on a des discussions
avec mon collègue. Vous verrez au dépôt du projet de loi.
M.
Bérubé : Mon Dieu!
C'est notre dernier rendez-vous, Mme la Présidente, là. J'essaie de...
Mme LeBel : Je le sais. On ira
prendre un café.
M.
Bérubé :
OK.
Mme LeBel : Bien, je vais en
profiter pour vous répondre, par contre, à une...
M.
Bérubé : Mais pas
sur mon temps, là. Vous ferez ça après.
Mme LeBel : Non, bien, sur votre
temps... C'est votre... c'est votre question, c'était votre temps.
M.
Bérubé : J'avais
fini. J'en ai déjà une deuxième, question.
Mme LeBel : OK. Mais je voulais
juste, pendant que vous... vous tournez vos papiers...
M.
Bérubé : Si on a du
temps à la fin, on s'en parle, d'accord? Si ça vous va.
Mme LeBel : Ah! La liste, la liste,
la liste, je voulais vous parler de la liste.
M.
Bérubé : Ah! oui,
oui, oui, mais...
Mme LeBel : Bon, je savais que ça
vous intéressait.
M.
Bérubé : Je
placerais ça sur votre temps, moi.
Mme LeBel : Bien, c'est parce que je
n'en ai pas, de temps. Mon temps est sur votre temps.
M.
Bérubé : Vous avez
le même que moi. Là, on en perd, là, ensemble. OK.
Mme LeBel : Mais voulez-vous que je
vous réponde sur la liste ou non?
M.
Bérubé : Oui, oui,
c'est un... c'est une de mes questions. Je vais y arriver.
Mme LeBel : Parfait.
M.
Bérubé : Dans ma
circonscription, il y a un parent particulièrement actif qui interpelle le
centre de services scolaire des Monts-et-Marées sur l'enjeu des cours d'école
qui sont fermées en hiver, d'accord?
Mme LeBel : En hiver?
M.
Bérubé : En hiver,
parce qu'il y a un protocole ou il y a une évaluation qui est faite par
l'équipe-école à l'effet que... est-ce que c'est sécuritaire ou pas, des
balançoires, des bascules, différents jeux, compte tenu du... je vais appeler
ça le tapis de neige. Et là ça revient souvent dans mon centre de services
scolaire. Puis je comprends les parents qui veulent que les enfants s'amusent,
puis je l'ai fait moi-même, bon, et pas mal tout le monde ici. Alors, pour les
règles de sécurité excessives dans les cours d'école, vous avez... Je vous
parle à vous, là, quand je vous dis ça, là.
• (17 h 40) •
La Présidente (Mme Guillemette) :
...M. le député.
M.
Bérubé : Quelques
jours avant Noël 2025, je cite la ministre : «"Les enfants
doivent apprendre à gérer eux-mêmes leurs propres risques", clame la
ministre», d'accord? C'est ce que la ministre a dit.
Mme LeBel : ...référence aux buttes.
M.
Bérubé : Oui, oui,
j'arrive, j'arrive. Mais ne volez pas mon...
Mme LeBel : Je m'en souviens très
bien.
M.
Bérubé : Ne volez
pas mon punch, là. J'arrive. Alors là, je veux bien, mais les écoles décident
d'ouvrir ou pas les jeux. Donc, moi, j'ai posé la question au centre de
services scolaire des Monts-et-Marées, puis ça s'appliquerait ailleurs :
Est-ce qu'il existe des règles claires pour tous les centres de services
scolaires ou c'est à la discrétion des équipes-écoles, des enseignants? Parce
que, là, est arrivé le roi de la montagne. Ça, là, dans ma feuille de bingo de
ce qui pouvait arriver sous le ministère avec votre prédécesseur, je ne l'avais
pas prévu. D'autres choses, mais ça aussi. Alors là, l'hiver est passé. On a du
temps pour réfléchir, faire le bilan du roi de la montagne puis des règles
excessives. Est-ce qu'on va donner des règles partout au Québec? Est-ce que
c'est les assureurs qui nous font... les assurances qui nous font peur? Juste
pour le savoir, parce que, ce parent-là, je vais lui envoyer l'extrait vidéo de
notre échange pour lui dire que j'ai fait le suivi pour lui et pour d'autres.
Mme LeBel :
Bien, vous pourrez lui dire que vous avez fait le suivi, mais on était au
courant de la situation. Moi, ce que je sais, c'est que les décisions des
centres de services scolaires, en particulier, découlent d'un avis du
Protecteur... du Protecteur national de l'élève. Mais, à l'instar que je ne me
promènerai pas avec un rapporteur d'angle dans toutes les cours d'école du
Québec pour mesurer l'angle des buttes, on ne donnera pas de directive. On laisse aux centres de services scolaires, aux
directions d'école d'évaluer en fonction des... Mais je pense que c'est des... c'est
des balises qui ont été données par le protecteur national de l'école dans...
M.
Bérubé :
En partie.
Mme LeBel :
En partie. Non, mais je vais laisser les centres de services scolaires et les
directeurs d'école se gérer en conséquence, et se gouverner en conséquence, et
apprécier, apprécier leurs... ce qu'ils doivent faire avec leurs cours d'école.
M.
Bérubé :
Chacun son style, hein, dans les ministres de l'Éducation. J'en ai croisé
beaucoup, de l'ancien premier ministre à aujourd'hui. Mais le ministre
précédent, lui, il décrète de lui-même que c'est le retour du roi de la
montagne, mais, quand je pose la question à la nouvelle ministre, elle, elle me
dit : On laisse les centres de services scolaires gérer ça. Soit qu'ils
ont un degré de volontarisme différent soit que leurs priorités sont
différentes, mais la réalité, c'est la même. Donc, il y a des buttes de neige.
On gère ça comment? Le ministre a dit : Il faut le retour du roi de la
montagne. Les parents l'ont entendu, puis ça s'est rendu aux enfants. Donc, je
comprends qu'on les laisse gérer ça, les centres de services scolaires.
Mme LeBel :
Bien, les meilleurs qui connaissent leurs enfants, leurs cours d'école, le
niveau de difficulté, le niveau de sécurité,
c'est les directions d'école. Ça fait que moi, je n'irai pas me mêler de toutes
les cours d'école du Québec.
M.
Bérubé :
Je le sais, ça.
Mme LeBel :
Ce qu'on leur a demandé, ce que mon prédécesseur a demandé, c'est qu'on
permette aux enfants de bouger, que peut-être... de mettre des buttes de neige,
que c'était une bonne solution pour les faire bouger.
Maintenant, vous vous
souviendrez que l'histoire des angles... de l'angle, hein, c'étaient les... des
assureurs, je pense. Ça ne venait pas du ministère. Donc, moi, j'ai dit :
On va laisser quand même... Il faut faire une différence entre la sécurité puis
le risque zéro, mais, entre ça, je laisse les directions d'école gérer leurs
cours d'école.
M.
Bérubé :
OK, avec des paramètres, quand même, qu'on peut leur fournir du protecteur de
l'élève.
Mme
LeBel : Bien là... Bien, le Protecteur national de l'élève, c'est des paramètres de danger, santé et... de
danger.
M.
Bérubé :
C'est les bonnes règles...
Mme LeBel :
Bien oui, des règles de gros bon sens, là. Je pense qu'ils ne veulent pas
personne que les enfants soient en danger. Mais, en même temps, je ne
commencerai pas à fournir des rapporteurs d'angle pour mesurer les buttes de
neige, là.
M.
Bérubé :
Mme la Présidente, dans un épisode précédent, ce matin, vous vous souvenez que
j'ai posé la question à la ministre de l'indice de défavorisation, les
indicateurs socioéconomiques.
Une voix :
...
M.
Bérubé :
Comment vous avez dit ça?
Une voix :
...
M.
Bérubé :
Oui, bien là, je n'aurais pas eu besoin de reposer la question si j'avais eu
l'info ce matin. Bien, je laisse la liberté à la ministre de nous communiquer
une information de dernière heure, mais après je reviendrai, mais j'annonce
tout de suite ma question. L'indice nous permet d'aider de nouvelles écoles.
Mais, les écoles qui ne seront plus aidées, à moins qu'elle nous annonce une
bonne nouvelle que tout le monde reste dans la mesure, moi, ça m'inquiète. Je
vais nommer une école, Victor-Côté, centre de services scolaire des
Monts-et-Marées, je pense qu'ils ne l'ont plus, l'indice. D'accord, mais
d'autres vont l'avoir. Donc, moi, je dis : Aidez tout le monde.
Mme LeBel : Je
vais... je vais commencer par la liste, parce qu'on va régler cette question-là.
Donc, j'ai demandé, suite à notre conversation de ce matin, j'ai... j'ai
demandé à ce qu'on rende la liste publique d'ici la fin de la semaine, OK?
Donc, ça, c'est réglé.
Il faut faire une
différence entre l'indice et le rang, parce que l'indice est calculé avec les
notions de l'ISQ, avec le... et ça prend
compte de deux facteurs, et c'est un indice qui est... de façon internationale,
est reconnu comme étant un des meilleurs prédicteurs, autant qu'un
indice peut prédire, de réussite scolaire. Qu'est-ce qu'il y a dans l'indice
IMSE? Deux composantes : la scolarisation des parents, particulièrement de
la mère, et le niveau... j'allais dire «niveau
financier», mais le niveau économique... d'emploi, économique de... grand
chapeau, niveau économique de la famille.
Si... Et là il y a une différence entre le rang,
le rang, 1, 2, 3, 4, 5 jusqu'à 10, qui donne des sommes d'argent...
M. Bérubé : Toutes les écoles, oui.
Mme
LeBel : ...et l'indice. Si l'indice de l'école s'est
amélioré, c'est parce que, nécessairement, il y a quelque chose qui a
changé. Et, si vous me dites que le portrait est identique et c'est les mêmes
enfants, bien, depuis 2016, soit que la mère s'est scolarisée ou que les
parents ont changé de niveau socioéconomique. Donc, il y a quelque chose,
nécessairement, qui a changé dans l'environnement de l'enfant, parce que
l'indice de l'école est calculé en fonction des enfants... de l'indice de
chacun... de l'indice des enfants qui l'occupent.
Ceci étant dit, le rang...
M. Bérubé : Oui, mais... On se
comprend.
Mme
LeBel : Le rang, cette
année, on aide plus d'écoles avec un indice plus bas. Je donnais l'exemple...
Et je vais... je vais le prendre de façon... de façon... de mémoire.
L'an... Pas l'an passé, mais avec le recensement de 2016, une école qui avait
l'indice 7,50 était dans le rang 5, parce que, dans le rang 5, on
aidait, à l'époque... Dans le rang 5, on était entre 6,73 et 7.
Maintenant, la même école avec l'indice... l'indice 7,50 est maintenant
dans le rang 7 et va recevoir de l'argent.
M. Bérubé : Justement, je me permets
de compléter. Prenons le cas d'une école cotée 10. C'est le pire chiffre,
on en convient.
Mme LeBel : Oui.
M.
Bérubé : Bon, vous avez du financement... Je donne un
chiffre, là, au hasard. Si vous avez du financement pour 100 écoles
avec cette mesure-là, puis il y a plusieurs écoles qui se sont... c'est
aggravé, puis là il n'y a plus de place pour les écoles qui sont encore à 10,
vous allez arrêter...
Mme LeBel : Non.
M. Bérubé : Bien, alors,
rassurez-moi sur le cas de l'école Victor-Côté du centre de services scolaire
des Monts-et-Marées, parce qu'ils ont la
mesure, je n'ai pas de raison de croire que ça s'est amélioré, puis ils ne
l'auront plus.
Mme LeBel : Bien, je vais la
regarder de façon correcte, mais, s'ils ont changé de rang...
M. Bérubé : Je ne crois pas.
Mme LeBel : ...c'est parce que leur
indice socioéconomique s'est amélioré. Soit que les élèves ne sont pas les
mêmes soit que la situation des élèves a changé au niveau familial, mais...
M. Bérubé : Vous allez me revenir.
OK.
Mme LeBel : Victor...
M. Bérubé : Côté.
Mme LeBel : Victor-Côté. Est-ce
qu'elle est dans une municipalité particulière?
M. Bérubé : Matane, votre ville
natale, Mme la ministre.
Mme LeBel : Matane, Matane.
M. Bérubé : On a ça en commun.
La Présidente (Mme Guillemette) : Mme
la ministre, vous vous engagez à donner la réponse...
Mme LeBel : À mon collègue.
La Présidente (Mme Guillemette) : ...au
député de Matane-Matapédia. Merci.
M. Bérubé : Merci.
Mme la Présidente, la fusion des enveloppes, mesures budgétaires, ça a été
annoncé, on a analysé ça, le collègue en a parlé aussi, je pense. Là, comment
on fait pour protéger la culture là-dedans? Parce que c'est
un peu discrétionnaire, là. C'est la... c'est la même enveloppe, ma
compréhension, je peux me tromper, sports et sorties culturelles, projets
particuliers. Est-ce que la ministre peut rassurer le milieu culturel? Je vous
parle... Tout ce qu'il y a comme mesures, ça peut être une pièce de théâtre, ça
peut être une sortie culturelle, ça peut être une activité qui est... qui
est... qui est nouvelle mais qui... à la lecture, il y a plein de possibilités.
Alors, il va en rester autant ou on laisse plus de latitude? Ça pourrait être
le sport qui, dans certaines écoles, ramasse...
Mme LeBel : Non.
M. Bérubé : Non?
Mme LeBel : Bien non. L'idée, l'idée, puis je vais essayer de
le véhiculer correctement, l'idée, là, c'est que... Moi, quand j'ai fait
la tournée des centres de services scolaires, entre autres, quand on a parlé
d'ETC, on m'a parlé des mesures budgétaires. Je vais vous donner un exemple, la
mesure sorties culturelles. Bien, c'est beaucoup plus facile, à Montréal, de faire
une sortie culturelle qu'à Val-d'Or ou même à Matane, potentiellement. Et
beaucoup me disaient : Mme la ministre, on brûle notre budget sorties
culturelles en transport scolaire puis en surveillants, on veut mettre de la
culture à l'école.
Donc, je vais donner
un autre exemple. Je vous donnais les livres ce matin. Ça peut avoir scandalisé
certaines personnes, mais, moi, c'est quoi, ma préoccupation comme ministre de
l'Éducation? C'est très clair. Il y a des attentes qui sont signifiées aux DG,
directeurs des services scolaires. On va avoir des ententes dans les... avec
les... voyons, les conseils d'administration — j'avais juste «c» en tête — les
conseils d'administration. Il va y avoir des engagements de pris avec eux. Dans
les... chacune des règles budgétaires, il y a, à l'en-tête des règles
budgétaires, des attentes et des orientations ministérielles. On va donner des
orientations. Mais l'idée, c'est qu'on ne va plus leur donner les... de cadenas
sur les moyens. C'est...
Et je vais donner un
exemple. J'ai une école qui est en pleine nature. Dans mon coin, une école est
en pleine nature. Elle a des pistes d'hébertisme. Elle peut aller jouer dehors.
Elle peut faire du plein air, du sport en masse. Elle remplit son mandat de
faire du sport, mais il reste de l'argent dans sa mesure. Avant, elle ne
pouvait pas prendre... Je vais donner 100 $. Elle ne pouvait pas prendre
le 20 $ qui restait dans la mesure puis elle ne pouvait pas rien faire d'autre avec que du sport. Peut-être qu'elle va
pouvoir le mettre en livres, peut-être qu'elle va pouvoir le mettre en culture.
L'idée, c'est que je
n'attache plus les gens sur les moyens. Je leur dis : Vous devez avoir de
la culture, du sport et de la lecture. Et ça, c'est incontournable. D'ailleurs,
dans le programme de français, c'est mandatoire, la lecture. Tous les jours, il
doit y avoir de la lecture. On doit lire des livres dans le programme de
français. On a même mis de la lecture... Je pense, c'est deux Québécois,
deux... cinq... En tout cas, il y a des... Il y a même des livres québécois,
des livres... des livres autochtones. Donc, il y a des choses dans le programme
de français.
Donc, ce n'est plus
dans une règle budgétaire, qui est une ligne comptable, où... On va dire aux
gens du terrain : Vous connaissez vos enfants, on vous fait confiance. Et
moi, j'ai décidé de faire confiance aux gens du terrain, comme je leur fais
confiance pour la sécurité des cours d'école. Je leur fais confiance qu'ils
vont atteindre les objectifs, mais je ne leur menotte plus les mains avec des
règles budgétaires.
• (17 h 50) •
M. Bérubé :
Oui, mais là, encore une fois, la ministre va devoir vivre avec les
engagements de la première ministre pour une troisième fois, au moins, si ce
n'est pas plus, parce qu'elle s'est engagée à restituer les fonds dédiés aux
sorties culturelles à l'école, mais là, si les fonds sont remis dans un...
Mme LeBel :
Les fonds sont là.
M. Bérubé :
...un pont commun du sport puis les autres loisirs, ça ne marche pas.
Mme LeBel :
Les fonds sont là. On a restitué les fonds. Les fonds sont là.
M. Bérubé :
Ça ne garantit pas... En tout cas...
Mme LeBel :
Puis on a...
M. Bérubé :
Pourquoi... Mais pourquoi ça inquiète le milieu culturel, d'abord?
Mme LeBel :
Bien, parce que le milieu... Je ne sais pas. Vous leur demanderez. Moi, la
culture à l'école, ça peut se faire sous toutes formes.
M. Bérubé :
Oui. On dirait que je ne suis pas convaincu.
Mme LeBel :
Mais... Bien, regardez, moi, je peux vous dire pourquoi ça inquiète les
libraires. Parce qu'ils se disent : On va acheter moins de livres. Mais,
moi, mon objectif, mon objectif, c'est...
M. Bérubé :
Ils m'ont écrit...
Mme LeBel :
Ce n'est pas ça, mon objectif. Mon objectif, c'est que les enfants soient
exposés à la lecture. Et ils vont acheter autant de livres s'ils ont besoin de
ces livres-là pour qu'ils soient exposés à la lecture. Donc, c'est ça,
l'objectif.
M. Bérubé : Mais là...
D'ailleurs, ils m'ont écrit, là, il n'y a pas longtemps, il y a quelques
minutes. Ils m'ont voulu... ils ont voulu que vous vous engagiez. Est-ce qu'il
va y avoir plus de livres?
Mme LeBel : Je ne m'engage à rien,
parce que je ne referai pas... Je ne ferai pas indirectement ce que je n'ai pas
voulu faire en ne... en donnant de la souplesse dans les règles budgétaires. Je
vous dis qu'à travers les orientations et les objectifs ministériels il y aura
de la lecture, il y aura de la culture et il y aura du sport pour tous les
enfants du Québec dans toutes les écoles.
M. Bérubé : Mais on va être
exposés aux mêmes vieux livres, c'est ça, l'accès aux livres et à la lecture,
mais pas d'acquisition.
Mme LeBel : Moi, je fais
confiance aux gens sur le terrain pour varier l'offre, pour s'assurer que nos
enfants sont exposés à plusieurs choses. Et les budgets sont là. Alors, ils les
utiliseront pour ça. C'est tout.
M. Bérubé : Oui, mais les
libraires, dans nos circonscriptions, là, on les connaît bien, moi, j'en ai
trois, là, des petits libraires très dynamiques, qui nous disent, là, que le...
une baisse importante de l'achat de livres...
Mme LeBel : Oui, mais ça,
c'était avant même la réforme des règles budgétaires. Ça fait que je pense que
ce n'est pas tributaire...
M. Bérubé : Ah! mais c'était
pas mal... c'était pas mal sous votre gouvernement, là.
Mme LeBel : Bien, je m'excuse,
là, mais là on est en train de vouloir démoniser la réforme des règles
budgétaires...
M. Bérubé : Non,
non, non, je ne démonise personne.
Mme LeBel : ...et
l'assouplissement, et le fait... Et on dit : Oui, mais, dans les dernières
années, l'achat de livres a baissé. Bien, je vous rappellerai que, dans les
dernières années, c'étaient les 264 règles budgétaires telles qu'on les
connaissait. Ça fait que le lien de cause à effet est douteux.
M. Bérubé : Bon...
La Présidente (Mme Guillemette) : ...M.
le député, 1 min 20 s.
M. Bérubé : ...avoir moins de
livres puis plus de livres, moi, je vais prendre plus de livres. Puis les
intervenants, les enseignants, enseignantes, les libraires, les gens qui
connaissent la question des achats...
Mme LeBel : Bien, les
enseignants...
M. Bérubé :
...les propres employés du ministère, des centres de services scolaires, ils nous
appellent, hein, ils nous écrivent puis ils disent : Avant, le budget,
c'était ça; voici, maintenant, c'est ça. Puis la même chose au collégial. Ça ne
relève pas de la ministre, mais la même chose existe aussi. Quand je pose la
question, est-ce qu'on peut garantir qu'il va y avoir plus de livres, «je ne
m'engage à rien», est-ce que c'est la réponse finale?
Mme LeBel : Bien, je ne
comprends pas pourquoi les enseignants puis les centres de services scolaires
s'inquiètent, parce que c'est à... c'est eux qui vont décider de les acheter,
les livres, ou non. Alors, ils n'ont pas à s'inquiéter. Si eux veulent plus de
livres, qu'ils les achètent. Les budgets sont là.
M. Bérubé : Mais
où résiderait l'intérêt de gens qui ont toujours acheté des livres de cesser
d'acheter des livres?
Mme LeBel : Bien,
où résiderait l'intérêt... Ils n'ont pas d'intérêt. Ils continueront à le faire
s'ils veulent le faire.
M. Bérubé : Et c'est pour ça
que... Et c'est pour ça qu'il y a moins d'argent pour les livres, parce qu'ils
continueraient de le faire, c'est leur intention. Ils n'ont plus accès à cet
argent-là.
Mme LeBel : Non, l'accès...
Non, non, je m'excuse, c'est... c'est inexact. L'argent est là. Le budget est
là et le budget est descendu de la même façon.
M. Bérubé :
OK. On ne s'entendra pas là-dessus.
Mme LeBel :
S'ils veulent continuer à acheter, grand bien leur fasse...
M. Bérubé :
Ah! bien, ils veulent.
Mme LeBel :
...c'est leur décision. Alors, ils n'ont pas à s'en plaindre, c'est eux qui
vont décider.
M. Bérubé : Pour
vouloir, ils veulent, là. Il n'y a aucun doute là-dessus.
Mme LeBel : Bien,
qu'ils le fassent.
M. Bérubé : Bon,
hier, le collègue de la ministre m'a parlé des maternelles quatre ans. Ça m'a
surpris...
La Présidente (Mme
Guillemette) : ...M. le député.
M.
Bérubé :
Ah! bien, c'est dommage, parce que j'en avais toute une.
La Présidente (Mme
Guillemette) : Merci. C'est tout le temps que vous aviez pour votre
bloc. Je cède la parole à la députée de Bourassa-Sauvé.
Mme Cadet : Merci,
Mme la Présidente. Pour un dernier bloc, Mme la ministre, je retourne sur le
sujet de l'intelligence artificielle, mais sous un autre angle. Vous vous
souvenez, Mme la ministre, donc, il y avait un article, il n'y a pas si
longtemps, donc, en janvier, qui disait que l'IA est mise au service de la
lutte contre le décrochage scolaire. Donc, on dit qu'à l'initiative de Québec
il y avait un système d'IA destiné à déterminer les élèves à risque de
décrochage scolaire qui a été implanté dans... dans plusieurs, donc, de nos
écoles. Cet outil-là continue de soulever des questions éthiques puis des
inquiétudes de la part d'experts et de parents. Pouvez-vous nous dire on en est
rendus où avec l'implantation de ce... cet outil-là?
Mme LeBel : Pendant
qu'on me... qu'on me met à jour sur le niveau d'implantation, moi, je veux
rassurer tout le monde, là, ce n'est pas...
ce n'est pas cet outil-là qui va décider si l'enfant est un décrocheur ou non.
Cet outil-là nous permet de prendre des données qui sont déjà des
données que l'on détient. Donc, on ne va pas aller chercher d'autres données.
Ce sont des données que l'on détient. Et souvent ce sont... Ça nous permet
d'aller voir... d'aller donner... lever un
drapeau sur des enfants qui... on n'aurait peut-être pas vus autrement. Mais,
une fois que le drapeau est levé, c'est les équipes-écoles qui font
l'évaluation puis c'est les gens sur le terrain qui vont... qui vont décider du
niveau d'intervention, si c'est exact ou non. Mais c'est un... c'est un système
qui permet, avec des indicateurs, d'aller analyser des choses.
Puis
je vous dirais qu'on a des belles histoires où il y a des jeunes qui ont été
rencontrés suite à cette analyse-là — là,
la façon dont ça s'est fait, je vais laisser ça aux écoles, mais je vais y
aller en raccourci — des
jeunes qui ont été rencontrés, et on s'est rendu compte que c'est des jeunes
qui pensaient à quitter l'école, et qui pensaient à décrocher, et que personne
n'avait vu venir. Donc, l'idée, c'est d'être capable... un outil
supplémentaire. C'est un outil supplémentaire. Ça ne viendra pas taguer un
enfant décrocheur, mais ça va au moins nous permettre d'aller chercher
peut-être ceux qu'on aurait échappés, qui sont moins classiques dans leurs...
dans leurs profils, je vais le dire comme ça. Et je peux vous dire qu'il y a
des belles histoires.
Maintenant, au niveau
du déploiement, il y a, quoi, 53 CSS, 53 CSS, présentement, qui utilisent
la solution. Mais c'est un outil au service des gens et non pas le contraire,
là. Donc, je veux juste rassurer les parents. Et on va... On se sert des
données, les centres de services scolaires se servent de données qu'ils ont déjà
à leur disposition, là. Ce n'est pas...
Mme Cadet : Mais
je comprends que les données existent déjà, parce qu'on parle, donc, de l'âge,
du genre, du statut d'immigration, du niveau de scolarité des parents, par
exemple. Donc, on...
Mme LeBel :
Il y a plusieurs choses. Je ne les ai pas toutes en tête, là.
Mme Cadet :
C'est ça. Je comprends qu'il y a 80... bien, en tout cas, c'est ce qu'on nous
dit, là, 80 données personnelles...
Mme LeBel : Il
y a 80 paramètres, je pense, quelque chose comme ça, oui.
Mme Cadet : ...c'est
ça, qui sont utilisées. Mais c'est quand même l'outil qui va corréler ces
données-là pour évaluer le risque de décrochage des élèves. Qu'est-ce que vous
pensez du risque de biais ou de faux positifs?
Mme LeBel : Bien,
c'est parce qu'au final c'est un être humain qui décide. Donc, j'aime mieux...
Je vais dire quelque chose, là, j'aime mieux identifier un enfant qui n'est pas
décrocheur que d'échapper un enfant qui l'était, donc... Et, au final, c'est un
être humain qui va faire l'évaluation finale, là, c'est un être humain.
Mme
Cadet : OK. Donc, ça, ça demeure toujours dans le processus, là,
c'est...
Mme LeBel : L'intelligence
humaine, là, et c'est un peu ça quand on parlait de l'IA tantôt avec les
enseignants puis comment se servir de l'IA, l'intelligence humaine devra
toujours demeurer au coeur du système d'éducation. L'enseignant devra toujours
demeurer au coeur du système d'éducation. Et c'est la même chose pour cet
outil-là. Ça... Il faut que ça devienne des outils et non pas le contraire.
Mme Cadet : Puis,
dans la formation qui va être donnée, est-ce que, justement, cet aspect-là va
être... va être précisé? Parce que je pense que ce qui... ce qui suscite des
inquiétudes, là, c'est la crainte de voir des enfants être mis sur une espèce
de, entre guillemets, voie de garage, là, qu'ils soient identifiés comme :
Ah! bien, voilà un potentiel décrocheur, donc, voici tes opportunités, voici
comment est-ce qu'on va t'enligner. Mais là vous me dites que ce n'est
certainement pas l'objectif. Mais est-ce qu'il va y avoir de la formation pour
s'assurer que les... l'humain qui, par la suite, reçoit cette donnée-là
comprend bien qu'il n'est pas juste en train de cocher une case?
Mme LeBel : Bien,
l'humain est déjà... l'humain est déjà formé. L'humain est déjà formé à
rencontrer des jeunes, mais peut-être que l'humain, dans... dans le filet qu'il
déploie présentement pour aller capter des jeunes, a avantage à se faire aider
par un outil qui va peut-être lever des drapeaux sur des jeunes qu'on n'aurait
pas détectés. Mais, au final, c'est l'être humain qui fait la... qui fait la
détermination puis qui décide si on doit aider ce jeune-là ou non. Puis, au
final, c'est quoi, l'objectif? Ce n'est pas mettre un jeune sur la voie de
garage. Si le jeune est vraiment décrocheur, je veux dire, on peut-tu le
rattraper avant qu'il décroche? On peut-tu comprendre pourquoi? Est-ce qu'il
vit une situation... Mettons, ça peut être une école... ça peut être un jeune
dans une école 1...
Mme Cadet : Oui,
mais les attentes qu'on va avoir face à cette... ce jeune-là ne vont pas
nécessairement changer parce qu'on le voit.
Mme LeBel : Je vous donne un exemple, un exemple, un jeune
qu'on ne voit peut-être... on le détecte peut-être moins, qui a toujours
été performant à l'école. Il commence à performer un peu moins. Là, je vous
donne des choses que vous allez dire : Oui, mais l'être humain peut le
détecter. Mais il y a peut-être des choses encore plus subtiles que ça. Il
manque plus qu'avant, peut-être pas assez pour lever un drapeau des êtres
humains, mais que le système fait : Oh! il y a comme un pattern qui se
dégage. On peut au moins aller vérifier avec cet enfant-là s'il vit quelque chose
de particulier dans sa famille, s'il y a une situation qui a changé qui fait
qu'il est peut-être moins attentif en classe. Mais je vous donne... C'est que,
pour moi, c'est que c'est un outil qui... qui est... L'humain n'est pas au
service de l'outil. L'outil est au service de l'humain, puis c'est très
important.
Mme Cadet :
Parfait. En mars dernier, le centre de services scolaire du Fer, sur la
Côte-Nord, disait : Plus de trois semaines après avoir été victime d'une
cyberattaque, le centre de services scolaire affirmait que le retour du réseau prendra encore quelques semaines. Il y
avait une enquête qui était en cours. C'était difficile de... En fait, il n'y
avait pas de suivi par rapport à ça. Ça fait quand même déjà quelques
semaines. Est-ce qu'on sait si le réseau est revenu?
Mme LeBel :
Bien là, je n'ai pas... En toute transparence, là, je n'ai pas l'acuité sur ce
dossier-là. Si je peux donner la parole à...
Une voix :
...
Mme LeBel :
...oui, j'avais juste «Stéphane», encore, en tête, Stéphane Lehoux — désolée,
je vais tous les passer — il
pourra vous répondre de façon précise. Il est en charge de cette... Merci.
Mme Cadet :
Oui, consentement.
La Présidente (Mme Guillemette) : Consentement? D'accord. Donc, votre nom et votre titre, s'il vous plaît.
M. Lehoux
(Stéphane) : Bonjour. Stéphane Lehoux, sous-ministre adjoint au ministère
de l'Éducation.
Effectivement, on a
accompagné le centre de services scolaire du Fer, là, dans son rétablissement.
Le réseau est de retour. On a priorisé, évidemment, le service à l'élève. Donc,
tout ce qui était possible pour ne pas affecter la pédagogie a été mis en
oeuvre, tout le volet du service administratif a été traité, et le réseau est
actuellement, effectivement, de retour.
• (18 heures) •
Mme Cadet :
Parfait. Merci.
La Présidente (Mme
Guillemette) : Merci.
Mme Cadet :
Autre sujet, Mme la ministre, vouvoiement, comment est-ce que ça se passe dans
le réseau en ce moment?
Mme
LeBel : Vous demandez comment je vais ou... Bien, ça se passe bien. Je
veux dire... Honnêtement, je ne suis pas sûre de bien comprendre.
Mme Cadet :
Mais le vouvoiement, ce qu'on sait, là, votre...
Mme LeBel :
Ah! le «vous». OK.
Mme Cadet :
Je n'ai pas demandé comment vous, vous allez.
Mme LeBel :
J'ai compris : Vous, Mme la ministre, comment vous allez? Excusez-moi. Ça
va, là, de façon évidente, beaucoup moins bien que je pensais.
Des voix :
...
La Présidente (Mme
Guillemette) : C'est normal, Mme la ministre.
Mme LeBel :
Oui, je commence à avoir... Si ça sent le brûlé, c'est mes neurones. Ça va
bien. Moi, les... ce que j'ai comme indications sur le «vous», ça va bien. Ça
prend de l'adaptation, naturellement. Mais, pour moi, c'est une mesure qui est
extrêmement importante, parce qu'à partir du... Tu sais, on peut penser que le
«vous» est marginal, mais, on le sait, hein, quand on a des... quand on a des
façons de se comporter, quand on a des marques de respect, quand, très jeune,
on apprend ces marques de respect là, bien, moi, je pense que ça aide dans le
climat.
Est-ce que c'est une
mesure qui va régler tout? La réponse, c'est non, je suis d'accord avec vous,
la réponse, c'est non. Mais pourquoi qu'on a des protocoles ici? Pourquoi on a
des mots interdits au salon rouge? Ça ne fonctionne pas toujours, mais, tu
sais, c'est pour garder... À partir du moment où on peut garder les débats
d'une façon respectueuse, bien, mettre des protocoles, des codes avec... dans
la façon dont on parle ensemble, dont les adultes, etc., moi, je pense que,
quand on apprend ça très jeune, bien, ça... Est-ce que c'est une panacée? La
réponse, c'est non. Mais est-ce que c'est
utile? Moi, je pense que oui. Et, moi, les indications que j'ai, c'est que ça
se passe bien.
Mme Cadet :
Parce que, vous aurez compris, je ne suis pas contre le vouvoiement.
Mme LeBel :
Non, je le comprends.
Mme Cadet :
Je pense que je partage à peu près, donc, la même lecture que vous sur le fond.
Je pense qu'effectivement ça nous a été présenté comme une panacée, puis, vous
l'admettez vous-même, ce n'en est pas une.
Mme LeBel :
C'est une mesure parmi tant d'autres.
Mme
Cadet : Mais là, vous dites,
en bout de ligne, ça se passe bien, le déploiement dans le réseau. Il n'y a
pas...
Mme LeBel :
Oui. Moi, j'ai... Bien, je vais le dire au contrario, je n'ai pas d'indication
que ça se passe mal. Donc, en général, moi, quand je n'entends pas parler de
quelque chose, c'est parce que... en général, c'est parce que ça va bien.
Mme Cadet :
Parfait. Entente Réflexe, sur l'île de Montréal, donc, c'est ce qui permet,
notamment, donc, aux centres de services scolaires de pouvoir partager leurs
infrastructures de sport avec les différents arrondissements de la ville de
Montréal. Ce qu'on constate en ce moment, c'est qu'il y a un... il y a un
manque à gagner, là. Donc, Québec, donc, devrait pouvoir offrir, donc, des
sommes aux centres de services scolaires. Je comprends qu'il y a un manque à
gagner de 200 000 $. Là, il y a des inquiétudes, par exemple, avec le
centre de services scolaire de Montréal, CSDM, qui soutient qu'il doit éponger
un déficit de 200 000 $ pour permettre la tenue de camps de jour
municipaux dans ses locaux, parce que sinon il ne sera pas capable de passer
l'été, parce que le financement qui est alloué par Québec est de 400 000 $
mais devrait être de 600 000 $. C'est sûr que, là, ce n'est pas une
solution qui est pérenne. On comprend qu'il y a des... des discussions, en
fait. C'est ce qu'on... C'est ce qui est dans l'espace public, là, c'est qu'il
y a des discussions. Alors, comment se déroulent les discussions entre le
ministère puis le centre de services scolaire par rapport à son financement?
Mme LeBel :
Bien, c'est plutôt le... comment se déroulent les discussions entre le centre
de services scolaire et les arrondissements,
là. C'est à eux de discuter de ça. Moi, j'avais eu des nouvelles, des
indications à l'effet qu'il y avait eu des ententes ou un aboutissement
heureux de ces discussions-là, à tout le moins pour un des deux centres de
services scolaires. Mais les discussions sont entre les centres de services
scolaires et les arrondissements. Alors, c'est à... On leur posera la question,
comment ça se déroule, mais, je vous dis, moi, les dernières indications que
j'avais eues, c'est qu'il y avait eu une solution à ça, là, et que l'enjeu
était résolu, à tout le moins pour un des deux. Mais, de toute façon, le ministère n'est pas dans cette discussion-là. C'est les
centres de services scolaires et les arrondissements.
Mme Cadet : Puis
c'est le cas un peu partout, parce qu'on a entendu le même type de situation...
Par exemple, dans le coin de Vaudreuil, on a...
Mme
LeBel : En tout cas, moi, j'ai été au courant qu'il y avait eu, dans
deux coins peut-être, un petit enjeu, là, à Montréal, mais je n'ai pas eu... je
n'ai pas eu d'indication qu'il y avait des enjeux ailleurs, là, pour les camps
de jour, pour les camps de jour.
Mme Cadet : Bien,
vous dites que ça... que ça, c'est un article du 8 mai, là, donc, de la semaine
passée.
Mme LeBel : C'est
la semaine passée? Oui, c'est déjà la semaine passée.
Mme Cadet :
Donc, vous dites, donc, là, que c'est... que c'est réglé.
Mme LeBel : Non,
bien, ce que je vous dis, c'est que moi, je n'ai pas eu de discussion parce que
ce n'est pas le ministère, c'est le centre de services scolaire et les arrondissements.
Et j'ai eu une indication qu'il y avait... que les discussions se déroulaient
bien et que... à tout le moins, dans un des cas, parce que j'avais eu...
j'avais eu vent, moi, à mon niveau, qu'il y avait deux cas, qu'à tout le moins,
dans un des cas, il semblait y avoir eu une résolution positive, mais j'ai...
Puis je n'ai pas eu d'autres nouvelles de ce dossier-là depuis la semaine
passée, parce que ce que je me suis fait dire, c'est que, si ce n'est pas déjà
réglé, les discussions se poursuivent. Mais ma connaissance à moi, c'est que ça
s'était réglé, à tout le moins dans un des deux cas, rapidement, d'ailleurs, si
je ne me trompe pas.
Mme Cadet :
OK. Puis est-ce que le ministère...
Mme LeBel :
En moins de 24 heures, si je ne me trompe pas.
Mme Cadet : Parfait.
Mme LeBel : Mais
ce que je vous dirais, c'est que c'est les centres de services scolaires qui
pourront mieux répondre à cette question-là parce que c'est eux qui ont les...
qui ont les discussions avec les arrondissements. Mais, oui, j'étais au fait
qu'il y avait eu un enjeu, là, surtout le fait que c'étaient des... Il y avait
déjà des inscriptions, hein, de faites, des choses comme ça, oui.
Mme Cadet : C'est
ça, pour les camps de... c'est ça, pour les camps de jour pour l'été. OK.
Devoir de loyauté, on
en a beaucoup entendu parler, notamment lorsqu'on étudiait le projet de loi n° 94.
Celui qui est imposé aux enseignants dans le réseau scolaire, il est décrié
par... notamment par les syndicats d'enseignants. Il y a eu un sondage de la
FSE-CSQ qui disait que la position, là, de leur permettre de pouvoir parler du
réseau publiquement est appuyée par près de 80 % de la population puis que
le devoir de loyauté, là, des enseignants devrait être envers les élèves, les
parents, la population, pas nécessairement envers leur employeur. Qu'est-ce que
vous, vous répondez à ce sondage-là?
Mme LeBel : Bien,
le devoir de loyauté envers un employeur, c'est un devoir de loyauté qui existe
pour tous les employés du gouvernement du Québec. C'est même dans le Code
civil, ce devoir de loyauté là. Donc, j'ai eu un devoir de loyauté pendant de
nombreuses années envers mon employeur. Ils ont un devoir de loyauté envers
leur école, leur centre de services scolaire, et c'est tout à fait normal.
Donc, moi, je pense que c'est normal. Il y avait déjà... Ce devoir-là existe
déjà dans le Code civil, de toute façon. Il y avait déjà des ententes locales
où il y avait ces devoirs-là, déjà, dans plusieurs ententes locales avec les
centres de... entre le centre de services scolaire, les syndicats et les
écoles. Donc, pour beaucoup d'enseignants, ce n'est pas nouveau. On a
uniformisé à travers le Québec. Puis, pour moi, c'est tout à fait normal qu'un
employé ait un devoir de loyauté envers son employeur.
Maintenant, un devoir
de loyauté, ce n'est pas une omerta. Un devoir de loyauté, c'est de ne pas
faire quoi que ce soit qui nuit à la réputation de ton employeur. Mais, en même
temps, il y a... on demande aux gens de dénoncer quand il y a des choses. On a
amélioré la loi sur les lanceurs d'alerte, qui les... qui les protège. D'ailleurs,
ça va vers le Protecteur du citoyen, maintenant, pour s'assurer de ça. Donc,
c'est sûr que, s'il y a des choses, bien, on s'attend à ce que les gens le
disent, mais il ne faut pas confondre devoir de loyauté et être muselé. Moi,
j'ai eu 27 ans une carrière où j'avais un code d'éthique, un devoir de loyauté,
et je ne me suis jamais sentie muselée.
Mme Cadet : OK.
Boissons énergisantes, on a 21 organisations scolaires, des directions d'écoles
privées, publiques, des comités de parents, des syndicats qui... qui sortent à
leur tour pour unir leurs voix pour donner du poids à la demande de la famille
du jeune Zachary Miron. Donc, on a tous vu ce dossier. Et donc les parents du
jeune Zachary souhaitent interdire la vente et la distribution de boissons
énergisantes aux jeunes de moins de 16 ans. Donc, je l'ai mentionné, donc,
le réseau de l'éducation, les gens du milieu de l'éducation se mobilisent pour
cet enjeu. Vous, vous en pensez quoi, Mme la ministre?
Mme LeBel :
Bien, déjà, dans le réseau de l'éducation, on a fait quelques vérifications,
puis, naturellement, si les gens de l'éducation se mobilisent, c'est parce que,
déjà, dans l'éducation, ce n'est pas présent. Ils ont déjà les moyens, dans
toutes les écoles du Québec, d'interdire ce genre de boissons là. Elles ne sont
pas présentes dans les écoles du Québec, présentement, ces boissons-là, donc,
ni au primaire ni au secondaire.
La situation de ce
jeune-là est... est d'une tristesse infinie. Ce que je comprends, c'est qu'il a
eu accès à cette boisson-là à... lors d'une sortie scolaire, mais à
l'extérieur. Ce que je peux vous dire, là, c'est que j'ai eu l'occasion d'en discuter avec la ministre de la Santé. Elle est très
sensibilisée à la situation, tout le monde est très sensibilisé à la situation,
puis elle travaille présentement à trouver une solution. Je vais la laisser
travailler à ça.
Moi, je me suis assurée
que, dans le réseau scolaire, tout le monde était outillé pour qu'il n'y ait
pas accès à ces boissons-là, mais je comprends que ça dépasse, là, le cadre des
écoles, hein? C'est souvent le dépanneur d'à côté ou des choses comme ça. Et je
sais que ma collègue y travaille. Donc, je ne veux pas répondre à sa place,
mais il y a une très grande sensibilité sur cette situation-là.
Mme Cadet : Merci beaucoup. Je vais poursuivre avec l'INEE,
donc, de retour à l'INEE. Ce qu'on comprend, donc, de notre demande de
renseignements particuliers, donc, les effectifs... les effectifs, donc,
auraient été évalués à 30 ETC. Il y aurait 10 ETC à l'emploi en ce moment.
Donc, il y a 20 à combler. On en est où, là?
Mme LeBel :
...
Mme Cadet :
Oui, on a... Où est-ce que nous en sommes, donc, avec l'établissement de...
Mme LeBel : Oui,
bien, j'ai... j'ai le bonheur de vous dire que le conseil d'administration a
été nommé. D'ailleurs, ils ont tenu leur première rencontre la semaine passée
ou la semaine d'avant, le 30 avril. Je suis même allée les saluer lors de leur première rencontre. Donc, ils vont
maintenant... ils ont maintenant... Et on a mis en... On va mettre en
oeuvre, là... Graduellement, on a mis tout ce qu'il y avait à mettre en oeuvre
par décret dans la loi pour leur permettre d'avancer, et là, bien, l'INEE va se
déployer. J'ai même eu l'occasion, comme je vous l'ai dit tantôt, de leur
donner un premier mandat. Donc, ils sont... ils sont en déploiement. Puis je
dirais même que j'ai vu leur... j'ai... bien, j'ai assisté...
Mme Cadet :
...à votre goût?
Mme LeBel : Bien,
est-ce qu'on... Est-ce que ça pourrait aller plus vite? Les choses pourraient
toujours, dans la vie, aller plus vite, mais je vais les laisser se déployer. Maintenant,
ils ont tout ce qu'il faut pour se déployer. C'est ça... Moi, je devais
m'assurer qu'ils aient tout ce qu'il faut pour se déployer, et c'est chose
faite.
Mme Cadet : Bien,
c'est ça, parce que, vous le savez, tu sais, dans le milieu, on s'est
dit : Bien, ça a pris énormément de temps. Il y avait toujours... Il y
avait très peu de mandats pour...
Mme LeBel : Et
ils ont même un premier mandat de ma part, qui est sur le numérique et
l'intelligence artificielle...
Mme Cadet :
Que vous venez de nommer tantôt.
Mme LeBel :
...et garder l'enseignant au coeur de tout ça.
• (18 h 10) •
Mme Cadet : OK.
Transport scolaire, hausse... la hausse du carburant frappe les transporteurs
scolaires en Gaspésie. Il y avait un article,
il n'y a pas si longtemps, sur ce sujet-là. Donc, ils sont... ils sont durement
touchés par la... par la flambée des prix. Puis il y a des voyages de
fin d'année qui sont remis en question. Est-ce que vous êtes en mesure de
pouvoir commenter ce dossier-là avec le temps qu'il nous reste?
Mme LeBel : Bien, je vais les rencontrer, oui, oui, je vais
les rencontrer, je pense, c'est vendredi ou la semaine... Je n'ai pas la
date en tête, mais je dois les rencontrer. Je pourrais juste vous répondre... À
haut niveau, il y a quand même quelque chose qui a été négocié avec eux. Il y a
une formule d'indexation là-dedans. Mais je connais... J'ai... Je suis au fait
de leurs préoccupations puis je dois les rencontrer, là. Si ce n'est pas à la
fin de la semaine de cette semaine, c'est dans la... dans les prochaines...
dans les prochains jours. Il y a déjà une date de fixée avec eux, oui.
Mme Cadet : OK.
Parfait. Performance des ministères, dans le tableau de bord de performance, le
ministère de l'Éducation est bon dernier dans le classement des ministères.
Comment est-ce que vous expliquez ça?
Mme LeBel : Ça, c'est celui de l'an passé, hein? Oui, c'est
celui de l'an passé. Mais il faut toujours s'améliorer. Là, vous voyez
les critères. Naturellement, est-ce que c'est une performance qu'on aime avoir?
La réponse est non, surtout pas en éducation. On veut un bon bulletin. Mais je
vais voir ce qui a été mis en place dans la dernière année. On aura le prochain
bulletin prochainement, j'imagine. Donc, on pourra voir s'il y a des
améliorations puis sur quoi il faut continuer à travailler.
La Présidente (Mme
Guillemette) : Merci, Mme la ministre.
Mme LeBel :
Merci.
La Présidente (Mme
Guillemette) : Merci beaucoup, Mme la députée de Bourassa-Sauvé.
J'inviterais maintenant, pour le dernier bloc, la collègue de Hull à prendre la
parole.
Mme
Tremblay : Merci, Mme la Présidente. Alors, on a fait le tour de
nombreux sujets aujourd'hui, donc, la violence dans les écoles, la
construction, le taux de diplomation, l'intelligence artificielle, on a parlé,
de mon côté, du comité et du rôle de l'école, donc, tous des sujets qui ont son
importance. On a parlé des enjeux qu'on avait. Les oppositions ont... ont
abondamment questionné, puis je les remercie, parce qu'on a tous à coeur
l'éducation, puis on travaille tous dans la même direction, puis d'ailleurs
votre personnel aussi qui est là, Mme la ministre également.
Puis je veux prendre
un moment quand même pour... pour souligner aussi... bien, d'abord, parce que,
là, aujourd'hui, on a parlé beaucoup des enjeux, mais tout le travail
extraordinaire qui est... qui est fait dans nos... dans nos écoles, donc, parce
qu'il y a... il y a, au quotidien, des enseignants et des enseignantes — vous
savez, je suis enseignante de formation — qui font un travail
extraordinaire, qui font vivre en classe des moments d'apprentissage, des beaux
moments à chacun de nos élèves, donc, qui apprennent, qui cheminent, qui... qui
font des apprentissages.
Autour... autour de
cette classe-là, évidemment, il y a tout le personnel qui les accompagne. Donc
là, on parle... Parce que, dans une école, il y en a, du personnel, que ce
soient les préposés, les TES, les gens du service de garde, nos aides à la
classe également, parce qu'il faut le dire, il y a un taux de satisfaction
énorme en lien avec... avec les aides à la classe qui ont été ajoutées, qui
apportent un support énorme dans les... dans les écoles, j'en profite pour le
dire. Donc, à ça aussi, il y a toutes les directions d'école, le personnel des
centres de services scolaires et des commissions scolaires.
Donc, je voulais
prendre un moment, là, pour les saluer, saluer, effectivement, comme je l'ai
fait, l'ensemble des personnes qui sont ici aujourd'hui, parce qu'on a tous et
toutes à coeur l'éducation. Oui, on a questionné, parce que c'est un énorme
réseau, un énorme bateau, l'éducation, mais, au-delà des défis, il faut se dire
qu'on a un beau réseau de l'éducation, puis
je tenais à le dire, puis qu'il y a des belles choses au quotidien qui se
vivent dans nos écoles, des beaux moments, et ça... des intervenants qui
prennent un élève qui ne va pas bien, qui sont là pour l'écouter puis le
soutenir dans ses difficultés. On le voit, il y a une communication avec les
parents aussi qui se passe, qui est fréquente, puis, généralement, qui se passe
très, très, très bien.
Donc,
moi, je tenais à le dire, parce qu'on a... À travers tout ce qu'on entend, à
travers tout, tout, tout ce qu'on entend, parce qu'on entend souvent plus le
côté qui ne se passe pas bien, la vie est ainsi faite, les médias vont
souligner plusieurs cas, plusieurs situations, puis le ministère... Puis, on le
voit aujourd'hui, vous avez répondu, on se questionne puis on veut
toujours s'améliorer. Vous avez parlé de l'INEE. Vous avez parlé de
l'intelligence artificielle, parce que c'est arrivé, tu sais, dans les deux
dernières années, là, de façon assez importante dans le réseau de l'éducation.
Mais ce qui est
important au-delà de ça, c'est que le réseau continue de faire avancer nos
élèves vers la réussite, il chemine, il se questionne. Et ça, c'est important.
Puis c'est ça qu'on a fait, tout le monde ensemble aujourd'hui. On a posé des
questions, le ministère y répond. On a un ministère qui veut continuer de
s'améliorer, qui met les choses en place, met certains comités en place à la
demande du réseau, implique tous les acteurs, et ça, je pense qu'il faut le
dire. Il faut prendre le temps pour le nommer, parce qu'on ne le dit pas assez
souvent, malheureusement, toute l'énergie qui est mise aussi pour l'améliorer,
notre réseau. Puis, tant qu'on va continuer de se questionner, bien, ça veut
dire qu'on continue de vouloir l'améliorer, puis c'est ça qu'on est venus
faire, tout le monde ensemble aujourd'hui.
Merci, Mme la
ministre de l'Éducation. Vous avez dit tantôt : Les neurones chauffent.
Bien, je pense qu'après un gros... presque cinq heures, plus de
cinq heures, bien, évidemment, il y a tout un travail derrière ça, on le
sait. Donc... Mais, aujourd'hui, ce qu'on constate, puis ce qu'on constate
aussi dans les dernières années, c'est qu'on travaille tous dans la même
direction. On veut que nos élèves soient bien à l'école, dans de belles écoles,
parce qu'on a parlé de rénovation, de construction d'école, mais on veut
surtout qu'ils soient heureux puis que le parcours scolaire de nos enfants,
bien, se passe toujours bien.
Alors, ceci dit, à
travers tout ça, à travers les années, on a mis de nombreuses mesures en place.
On a parlé du vouvoiement, voilà quelques minutes, qui est une mesure parmi
tant d'autres, évidemment. Je vais... je vais reparler brièvement, mon collègue
en a parlé tantôt, puis avec la collègue de Bourassa-Sauvé, de... Bien, il y a
eu tout un rapport, hein, qui a été fait sur les écrans. Alors, une des
premières mesures qui a été mise en place... Puis je suis fébrile quand j'en
parle, parce que c'est l'année passée qu'on a déposé le rapport. On était à la
fin mai et on se souvient... oui, avec, effectivement, un bébé qui est né à... non,
après, hein?
Mme Cadet :
Deux jours après le dépôt du rapport.
Mme
Tremblay : Deux jours après le dépôt du rapport. Donc, on se souvient
de ça. Il y a eu... Mais il y a eu un rapport préliminaire qui avait amené
l'interdiction du cellulaire en classe dès la rentrée scolaire. Donc, on était
à vivre cette première année scolaire là, donc, où il y a... où il y a
l'interdiction du cellulaire. Ma fille a survécu, alors, hein, et comme tous
les enfants du Québec, et même que je te dirais, bien, que... que, tu sais, ma
fille m'a dit : Je ne peux pas croire que tu as fait ça, maman. J'ai
dit : Ce n'est pas moi qui l'a fait, je l'avais suggéré. Mais j'y croyais
très fortement, ceci dit, pour avoir été enseignante puis avoir entendu...
Mais ça s'est bien
passé dans nos écoles. Je pense que vous pouvez le confirmer aussi de votre
côté. Je vois des signes de tête. Et je pense que c'est une belle... une belle
mesure. C'est aussi une belle mesure qui rappelle qu'on a travaillé tout le
monde ensemble pour que ça arrive puis que ça aboutisse. Puis il y aura
sûrement, là, d'autres mesures qui vont être déployées. Il y en a fréquemment
dans le réseau, parce que le réseau évolue et il est... et il faut répondre aux
changements.
Puis, toutes les
belles choses qu'on a mises en application aussi dans les dernières années,
bien, moi, je vais nommer quand même le salaire des enseignants et des
enseignantes. Ça, c'était une priorité. On en parle beaucoup moins. Parce qu'il
a augmenté de façon importante, puis je parle... En début de carrière puis en
fin de carrière, il y a de nombreux échelons, puis là ils
ont été ajustés au fil du temps, là, dans les deux derniers renouvellements de
convention, là, collective, là, parce que le salaire d'entrée... Il fallait
travailler sur le salaire d'entrée. Il y avait aussi le salaire de sortie puis
il y avait le nombre d'échelons. On a diminué d'un échelon. Alors, ça, je pense
que c'est une autre mesure parmi tant d'autres, mais ça fait partie de
l'attraction puis de la rétention de notre personnel. Tu sais, on veut que les
jeunes viennent, mais on veut les garder puis on veut qu'ils soient bien
rémunérés, évidemment.
Les aides à la classe, je l'ai déjà nommé, mais,
pour moi, ça, c'est... J'ai fait partie du projet pilote qui a été instauré, là, au tout... au départ, parce que
c'est parti de projets pilotes où on s'est assis avec les centres... Les
syndicats se sont assis avec les centres de services scolaires, le
ministère, pour mettre en place... Au début, c'était vraiment au compte-goutte
dans certaines écoles, puis les autres écoles regardaient ce qui se passait,
puis là ils disaient : Heille! moi aussi, je veux avoir des aides à la
classe. Puis là finalement, aujourd'hui, on connaît le résultat, il est
déployé, là, largement, dans l'ensemble du
réseau scolaire. Vous avez parlé d'une classe sur deux. Alors, ça, c'est
majeur. C'est très... C'est majeur, ce qui s'est... ce qui s'est passé
en lien avec ça.
Les chiffres démontrent aussi qu'on s'intéresse
de plus en plus à la profession enseignante. Ça, je pense que c'est important.
On veut que... On veut former... On veut que les jeunes viennent en éducation.
On veut les garder, évidemment. Donc, on me dit que les chiffres sont en
augmentation, aussi, du nombre de jeunes étudiants, étudiantes qui font le
choix de l'éducation, donc, de devenir enseignants et enseignantes. Alors, ça,
c'est une excellente nouvelle, parce que c'est une belle profession. C'est
incroyable, ce qu'on peut accomplir au quotidien, les réussites qu'on peut vivre,
puis de savoir qu'on va changer la vie des élèves, qu'on va les marquer. Moi,
je l'ai fait. C'est mes plus beaux souvenirs. Alors, vous dire qu'évidemment
c'est une bonne nouvelle de savoir que les jeunes s'inscrivent. Puis il faut
continuer puis il faut bien parler de l'éducation parce que c'est ce qui va
faire qu'on va... que les gens vont y aller. Bien, c'est parce que, justement,
on se donne le moyen de faire en sorte de toujours améliorer notre réseau de
l'éducation.
• (18 h 20) •
Aussi, vous dire, bien, qu'on... les
personnes... je veux remercier, puis je ne l'ai pas fait, les personnes
retraitées qui font le choix de continuer parce qu'ils sont en forme, parce
qu'ils sont en santé, parce qu'ils aiment ça puis ils ont le goût. Alors, je
les remercie de continuer à faire partie de nos écoles. Je remercie le
ministère aussi de faire en sorte qu'on les
paie selon leur échelle salariale. Donc, ça, c'est une mesure qui permet de les
retenir dans les... dans les écoles.
Tout le mentorat aussi, où les jeunes qui
rentrent dans nos écoles... Il y a eu beaucoup de mesures qui ont été mises en
place, parce que c'est important qu'elles soient soutenues. Quand tu arrives
dans une école, évidemment, tu as toute ta formation initiale, tu as eu tes
stages, mais, quand tu arrives, prendre en charge une classe pour une année
entière dans une matière où tu dois tout préparer, tu sais, là, bon, tu n'as
jamais passé à travers le programme au complet, tu as fait, en stage, parfois
des petits bouts, là, tu arrives puis tu as ta classe, tu vis certaines
difficultés, des choses que tu n'avais pas nécessairement pensé que tu allais
vivre. Ça fait que d'avoir du soutien des collègues, mais d'avoir des gens qui
sont dédiés à les aider avec du temps, ça, c'est d'autant plus important, de
leur donner des espaces parfois de libération pour se préparer, de la
formation. Donc, c'est toutes des choses que... qui sont faites puis, je pense,
qui contribuent à la réussite... à la réussite de leur insertion
professionnelle. Je cherchais le terme. Moi aussi, il est six heures... il est
presque 6 h 30. Alors, moi aussi, mes neurones vont... besoin d'être
nourris très, très, très bientôt. Alors, je pense que le réseau continue... Ça
va bien dans le réseau.
Puis je voulais terminer en vous... en vous
remerciant, tous et toutes, les oppositions, ceux qui étaient ici aujourd'hui.
Et, Mme la ministre, il vous reste quelques minutes, alors j'aimerais ça vous
laisser la parole. Probablement que vous avez aussi des choses qui n'ont pas
été mentionnées aujourd'hui. Peut-être qu'il y a des choses que vous voulez
dire. Alors, de prendre le temps pour le faire, et je reviendrai s'il reste du
temps.
Mme
LeBel : Bien, merci beaucoup. Peut-être, Mme la
Présidente, il reste combien de temps, juste pour que je...
La Présidente (Mme Guillemette) : Six
minutes.
Mme LeBel : Bon, on devrait être...
Écoutez, merci, merci d'avoir fait le... ce beau tour d'horizon, parce qu'on a
eu des échanges constructifs avec nos collègues de l'opposition, mais on a...
Naturellement, malheureusement, quand on est ministre, quand on est député,
souvent, ce dont on entend parler, ce sont les enjeux que vivent les citoyens,
ce sont les problèmes, hein? Bon, on a appris, en politique, qu'un problème
devient un enjeu, mais ce sont les problèmes que vivent les gens sur le
terrain. Quand tu es ministre de l'Éducation, quand tu es au ministère de
l'Éducation, bien, on interpelle le ministre, on interpelle le ministère,
souvent, quand il y a des enjeux, des problèmes, des difficultés à régler.
Quand on négocie avec les syndicats, avec les conventions collectives,
naturellement, c'est leur rôle, les syndicats mettent de l'avant ce qui... ce
qui est... ce qui est leurs revendications et les difficultés qu'ils vivent dans
le réseau quand on est enseignant.
Mais, vous
savez, j'ai froissé quelques plumes quand j'ai... je me suis exprimée, en
arrivant, en disant : Je refuse de dire que le réseau de
l'éducation est brisé, je refuse de dire que le réseau de l'éducation est brisé,
parce que, pour moi, dire que le réseau de l'éducation est brisé, c'est faire
fi du travail que vous avez fait, chers collègues, sur le terrain pour les
enfants, c'est faire fi du travail des directeurs de centre de services
scolaire que je rencontre, puis qui sont passionnés, puis à qui je fais
confiance, oui, pour prendre les meilleures mesures pour que nos enfants aient
accès à ce dont ils ont besoin pour la réussite éducative. Parce c'est quoi, au
final, la mission du... de l'éducation? C'est de faire réussir nos enfants,
puis la réussite éducative des enfants, bien, elle ne se mesure pas
nécessairement par l'obtention d'un diplôme d'études
secondaires dans la... dans le parcours régulier. Il y a d'autres parcours
alternatifs. Il y a la fonction... J'allais dire «la fonction publique». Il y a
la formation professionnelle. Il y a d'autres parcours. Ce n'est pas des plans
B, ça.
Je pense que ce qui... notre... Il faut qu'on
comprenne que les enfants ont tous des parcours différents. Il y en a qui ont plus
de difficultés que d'autres. Il y en a qui ont plus d'habiletés que d'autres.
Il y en a qui ont des affinités sur des choses et non... Puis je pense qu'il
faut... il faut mettre de l'avant aussi les parcours de formation
professionnelle. On en a moins parlé. Et souvent, moi, à mon époque, il y a
déjà plusieurs années de ça, c'était vu comme peut-être le parcours alternatif
des gens qui avaient moins de capacités académiques, mais ce n'est plus le cas
et ça ne doit pas être le cas. Ces gens-là s'accomplissent dans ces... dans la
formation professionnelle. Puis, il faut le dire, ce n'est pas des plans B. Et
notre rôle, comme société, comme gouvernement puis comme société, c'est de
mettre... c'est de mettre, devant ces jeunes-là, l'accès à plusieurs routes qui
mènent vers le succès, mais pas le succès tel que nous, on le définit, mais de
leur succès à eux, le fait de développer leur plein potentiel.
Ça fait que moi, je refuse de dire que l'école
est brisée. Par contre, j'occupe un siège, présentement, qui m'oblige à régler
les situations, et c'est ça que je me suis affairée à faire depuis le mois de
septembre. Et, avant, mes deux...
prédécesseurs avant... Trop de s. Il y a définitivement trop de s dans ma
phrase. Mes collègues précédents — c'est
encore mieux comme ça — mes
deux collègues précédents, parce qu'ils ont fait chacun... On est une grande
chaîne, hein? Ce siège-là nous est prêté. Moi, je suis ministre de l'Éducation
aujourd'hui. Il y en a eu d'autres, ministres de l'Éducation, avant. Il va y en avoir d'autres, ministres de l'Éducation,
après moi. Je suis très consciente que ce siège-là m'est prêté. Il m'est prêté puis il appartient à
qui? Il appartient aux enfants, ce siège-là. Il n'appartient pas à Sonia LeBel.
Il n'appartient pas à quelqu'un... je peux me nommer moi-même, hein, à
Sonia LeBel. Donc, il n'appartient pas non plus à ceux qui m'ont précédée puis
il n'appartient pas à ceux qui m'ont... qui vont me suivre. Donc, il appartient
aux enfants. Et la mission, à moi, que je me suis donnée, c'est de faire bouger
l'aiguille pour le mieux. Est-ce que c'est à travers les règles budgétaires,
qui vont donner plus de souplesse aux centres de services scolaires pour mieux
répondre aux besoins de qui? Les besoins des enfants.
Et il ne faut pas perdre de vue les enfants au
coeur de notre discussion. Des fois, on a plein de discussions sur l'argent qui
va aller où, l'argent que... qui perd, qui n'aura plus cet argent-là. Mais qui
doit être au coeur de notre réflexion, de notre discussion? Ce sont les
enfants, et donc c'est à travers les règles budgétaires, c'est à travers le
fait qu'on améliore la façon de construire les écoles pour fournir de la place
aux enfants. Mais, vous avez raison, merci de dire «merci» et merci à tous ceux
qui, chaque jour, se lèvent pour accompagner nos enfants.
J'ai... C'est mon héritage. Mes parents étaient
enseignants. J'ai souvent dit que j'étais le mouton noir de la famille, parce
que ma soeur a été enseignante toute sa vie, est encore... est encore sur le
terrain au moment où on se parle, et moi, bien, j'ai été avocate. Ça fait que
je suis comme le mouton noir. Et c'est un peu ma petite vengeance pour dire à
ma famille que moi aussi, j'ai participé à ce grand héritage familial là qui
était l'éducation, à ma manière, de mon point de vue, mais en essayant de
fournir les meilleurs outils possible et en essayant d'aplanir les enjeux et
d'apaiser le réseau. Quand je disais «apaiser le réseau», c'était ça.
Là, vous allez me permettre, Mme la Présidente,
de faire une petite parenthèse rapide. J'ai pris la peine de remercier toutes
les équipes. Je ne le refais pas individuellement, mais je veux remercier
particulièrement Stéphane, Stéphane Lehoux, qui prend sa retraite dans deux
semaines, après 38 ans au service du ministère de l'Éducation. Alors,
quand je parle de gens dévoués, Mme la Présidente, qui consacrent leur vie pour
les enfants et pour le ministère de l'Éducation, bien, moi, je vais avoir fait
quelques mois, il aura fait 38 ans. Ça fait que je veux qu'on lui lève
notre chapeau et le remercier. Merci, Stéphane. Et c'est maintenant sur
enregistrement.
Et, tous les autres, considérez-vous également
remerciés pour tout le travail que vous avez fait. Donc, je remercie mes
équipes et tout le monde. Et merci, chère collègue, d'avoir pris la peine de
souligner tout ça avec autant de brio. Merci.
La Présidente (Mme Guillemette) :
Merci, Mme la ministre. Mme la députée, je pense que vous aviez un petit
dernier mot.
Mme Tremblay : Bien, il reste...
La Présidente (Mme Guillemette) :
1 min 30 s.
Mme Tremblay : Bien, il reste
1 min 30 s. Alors, bien, je vais revenir sur le... ce que... ce que
la ministre vient de dire, de, dans chacune des actions qu'on pose, ne jamais
oublier pour qui puis pourquoi qu'on le fait. Alors, c'est pour nos élèves qui
sont assis chaque jour dans nos écoles, parce qu'ils y passent énormément de
temps. Puis je pense qu'il n'y a pas une personne qui était assise ici
aujourd'hui puis dans l'ensemble du réseau scolaire qui ne veut pas la même
chose, donc, que les enfants soient bien.
Puis, oui, il restera toujours, toujours... Il y
aura toujours des enjeux, des choses sur lesquelles il faudra se questionner,
parce que la société évolue, puis ça, il faut être capables de répondre à ça.
On a beaucoup... Vous avez... Tu sais, vous avez beaucoup parlé... On a parlé
de la violence dans les écoles aujourd'hui. Tu sais, on ne peut pas dire qu'on
n'est pas préoccupés par ça. Je le suis. Vous l'êtes. On l'est tous parce
qu'on... C'est un endroit où les enfants doivent être dans un milieu qui est
sécuritaire entre eux, entre le personnel, entre le personnel et les élèves.
Donc, moi, je pense que, tu sais, on continue de
faire en sorte que ça se passe bien, de... Puis, vous l'avez très bien dit, on
le fait pour les jeunes qui sont dans nos écoles. Alors, je tenais à le
souligner puis à dire que je trouve ça important, le
travail qui se fait aujourd'hui puis qui se fait quotidiennement dans
l'ensemble du réseau scolaire. Alors, pour moi, ce sera mon mot de la fin.
La Présidente (Mme
Guillemette) : Merci.
Mme Tremblay : Je n'ai plus de
question pour la ministre. Je pense qu'elle a eu quand même une tâche colossale
aujourd'hui.
La Présidente (Mme Guillemette) :
Une bonne journée. Merci, Mme la députée.
Adoption des crédits
Donc, le temps alloué à l'étude du volet
Éducation primaire, secondaire, incluant la formation professionnelle, des
crédits budgétaires du portefeuille Éducation étant presque écoulé, nous allons
procéder à la mise aux voix des crédits. Donc, le programme 1, intitulé
Administration, est-il adopté?
Des voix : Adopté.
Des voix : Sur division.
La
Présidente (Mme Guillemette) : Sur division. Le programme 2, intitulé Soutien aux organismes,
est-il adopté?
Des voix : Adopté.
Des voix : Sur division.
La Présidente (Mme Guillemette) :
Sur division. Le programme 3, intitulé Taxe scolaire-Subvention
d'équilibre fiscal, est-il adopté?
Des voix : Adopté.
Des voix : Sur division.
La Présidente (Mme Guillemette) :
Sur division. Le programme 4, intitulé Éducation préscolaire et
enseignement primaire et secondaire, est-il adopté?
Des voix : Adopté.
Des voix : Sur division.
La Présidente (Mme Guillemette) :
Sur division. Le programme 5... 6, 6, on passe de 4 à 6, d'accord,
programme 6, intitulé Régimes de retraite, est-il adopté?
Des voix : Adopté.
Des voix : Sur division.
La Présidente (Mme Guillemette) :
Sur division.
Donc, avant de terminer, je remercie les
équipes, Mme la ministre, toutes les équipes, les collègues qui ont participé. M. Lehoux,
le meilleur pour la suite.
Donc, compte tenu de l'heure, la commission
ajourne ses travaux au jeudi le 14 mai, à 11 h 15, où elle
reprendra l'étude des crédits budgétaires du portefeuille Culture et Éducation.
Bonne soirée à tous et merci pour le travail.
(Fin de la séance à 18 h 30)