Journal des débats de la Commission de l'économie et du travail
Version préliminaire
43e législature, 1re session
(29 novembre 2022 au 10 septembre 2025)
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Le
mardi 25 avril 2023
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Vol. 47 N° 5
Étude des crédits budgétaires du ministère de l'Économie, de l'Innovation et de l'Énergie, volet Économie - Économie
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Intervenants par tranches d'heure
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D'Amours, Sylvie
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Beauchemin, Frédéric
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Fitzgibbon, Pierre
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Beauchemin, Frédéric
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Fitzgibbon, Pierre
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D'Amours, Sylvie
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Bouazzi, Haroun
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Fitzgibbon, Pierre
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Beauchemin, Frédéric
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D'Amours, Sylvie
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Dufour, Pierre
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Boutin, Joëlle
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Bouazzi, Haroun
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Bouazzi, Haroun
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Fitzgibbon, Pierre
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D'Amours, Sylvie
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Beauchemin, Frédéric
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Bouazzi, Haroun
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Fitzgibbon, Pierre
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D'Amours, Sylvie
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Beauchemin, Frédéric
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St-Pierre Plamondon, Paul
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D'Amours, Sylvie
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Fitzgibbon, Pierre
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St-Pierre Plamondon, Paul
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Beauchemin, Frédéric
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Boutin, Joëlle
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Dufour, Pierre
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Fitzgibbon, Pierre
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D'Amours, Sylvie
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D'Amours, Sylvie
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Beauchemin, Frédéric
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Fitzgibbon, Pierre
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Fitzgibbon, Pierre
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Beauchemin, Frédéric
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D'Amours, Sylvie
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Bouazzi, Haroun
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Fitzgibbon, Pierre
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Beauchemin, Frédéric
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D'Amours, Sylvie
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Martel, Donald
9 h 30 (version révisée)
(Neuf heures quarante-six minutes)
La Présidente (Mme D'Amours) : À
l'ordre, s'il vous plaît! Ayant constaté le quorum, je déclare la séance de la Commission
de l'économie et du travail ouverte.
La commission est réunie afin de procéder
à l'étude du volet Économie des crédits budgétaires du portefeuille Économie,
Innovation et Énergie pour l'exercice financier 2023-2024. Une enveloppe
de 3 h 30 min a été allouée pour l'étude de ces crédits.
Mme la secrétaire, y a-t-il des
remplacements?
La Secrétaire : Oui, Mme la
Présidente. M. Leduc (Hochelaga-Maisonneuve) est remplacé par M. Bouazzi
(Maurice-Richard).
La Présidente (Mme D'Amours) : Merci.
Nous allons procéder à une discussion d'ordre général par bloc d'échange
incluant les questions et réponses. La mise aux voix de ces crédits sera
effectuée à la fin du temps qui leur est alloué, soit cet après-midi vers 16 h 15.
Je suis maintenant prête à reconnaître une
première intervention de l'opposition officielle pour un premier bloc d'échange.
M. le député de Marguerite-Bourgeoys, la parole est à vous.
M. Beauchemin : Merci
beaucoup, Mme la Présidente. Bonjour à vous tous. Bonjour, M. le ministre. J'ai...
j'ai une liste exhaustive, là, de plein de sujets que je veux discuter avec...
avec vous aujourd'hui, mais je pense que je vais tout de suite sauter dans les
faits d'actualité, là, qui... qui nous ont apparu cette nuit, en fait, à propos,
là, de... des études qui ont été demandées à KPMG puis à McKinsey. Je voulais
juste comprendre, M. le ministre, pourquoi avoir demandé une seconde étude
presque similaire, là, à McKinsey, par rapport à l'article qu'on a vu de Thomas
Gerbet, là, ce matin.
M. Fitzgibbon : OK. Bonjour,
tout le monde. Bienvenue à l'étude de crédits. Pour les prochaines heures, ça
va être un plaisir. Mais, premièrement, c'est deux mandats qui sont
complètement différents. Le mandat de KPMG est un mandat pour regarder la
relance de certains secteurs spécifiques, entre autres, je pense à... aux
forêts, je pense aussi... il y avait un travail sur l'achat local. Alors, c'est
un mandat qui a été fait en quelques mois, là, de janvier, février 2022, dans
les deux, trois mois qui ont suivi... 2021, je m'excuse.
Après ça, il y a un autre mandat qui a été
donné à McKinsey au courant de l'été 2021, mandat qui était pour
travailler avec nous pour regarder les déterminants qui étaient importants d'analyser
pour toute la question de combler l'écart de richesse que nous avons avec l'Ontario,
les États-Unis et d'autres juridictions qu'on valorise beaucoup, de faire des
études aussi de marqueurs, d'indicateurs internationaux, chose que nous n'avons
pas de disponible au ministère.
Donc, McKinsey, c'est un travail de
balisage international de revoir nos stratégies de création de valeur et d'innovation
pour s'assurer qu'on avait les bons déterminants, alors que KPMG était tout
simplement un exercice pour quelques projets spécifiques pour faire la balance.
M. Beauchemin : OK. L'article
du journal de ce matin mentionnait quand même qu'il y avait des très grandes
similitudes entre les deux études, justement, le point au niveau de... de
sonder les... les façons de faire à l'international semblait être demandé
autant par KPMG qu'à McKinsey. Ça fait que vous dites que c'est... que ce n'est
pas le cas.
• (9 h 50) •
M. Fitzgibbon : Non, les... le
balisage était complètement différent. KPMG a regardé ce qui pouvait se faire. Je
vous parle de l'exemple des forêts, par exemple, c'est un secteur. Ils ont pu
regarder ce qui se fait à l'extérieur du Québec, là, j'en conviens. Mais, dans
le cas de McKinsey, ils ont été ailleurs, là, c'est vraiment un démarchage...
ou un balisage, je m'excuse, pour voir, dans des juridictions comme Israël,
comme Singapour, comme la Corée, des juridictions qu'on respecte beaucoup,
quels étaient leurs déterminants à eux pour pouvoir imprégner l'innovation dans
leurs réflexes industriels, regarder avec nos zones d'innovation. Parce que
moi, j'ai toujours dit que ce qui est important pour le Québec, c'est d'identifier
les secteurs industriels où on peut être des champions mondiaux. Alors, on
avait déterminé avec l'équipe du ministère des secteurs qu'on aura voulu
valider avec McKinsey, qu'on avait la... notre prétention était justifiée. C'est
deux choses qui n'étaient pas tout à fait la même chose, là.
M. Beauchemin : OK. Pourquoi
avoir été gré à gré avec McKinsey, mais pas... avec un appel d'offres
traditionnel, là, de... appel d'offres, avec KPMG?
M. Fitzgibbon : On voulait
être efficients, efficaces puis on pouvait le faire en gré à gré. On n'a pas...
On a maintenu les règles. On trouvait que McKinsey connaissait quand même le
gouvernement, avait des bonnes connaissances, ça fait qu'on trouvait qu'il
était approprié d'y aller avec eux. On a respecté les règles, encore une fois.
M. Beauchemin : Un autre des
points qu'on a vu dans... dans l'article, c'était le fait que, pour l'année
fiscale 2019 à 2020, il faisait le comparable en <chiffres...
M. Fitzgibbon :
...On
a respecté les règles, encore une fois.
M. Beauchemin :
Un
autre des points qu'on a vu dans... dans l'article, c'était le fait que, pour
l'année fiscale 2019 à 2020, il faisait le comparable en >chiffres.
Puis, je veux juste avoir votre commentaire là-dessus, c'est... Pour ce qui est
de... de l'ensemble des dépenses du gouvernement en service-conseil, dans
l'ensemble de toute la machine gouvernementale, la facture était de
3 milliards. Puis, pour ce qui est de la... la facture, si on veut, des...
l'ensemble du haut fonctionnariat de la machine gouvernementale, on parle de
1,9 milliard. Trouvez-vous ça un petit peu disproportionnel, un peu, là, l'utilisation
d'autant d'argent pour aller demander conseil quand il y a tout l'appareil
gouvernemental qui ont l'expérience, évidemment, eux autres aussi, là, de la
machine, comment ça fonctionne? Mais il y a... il y a quand même... pas presque
le double, mais c'est au moins 50 % plus élevé, là.
M. Fitzgibbon : Je n'ai pas
le détail de... de ces chiffres-là, mais, tu sais, si vous me demandez mon
opinion à haut niveau, il faut revenir où nous étions. Je ne sais pas c'est
quoi, les chiffres...
M. Beauchemin : 2019 à 2020,
avant le COVID.
M. Fitzgibbon : Non, mais, ce
que je veux dire, c'est qu'il faudrait voir les chiffres avant pour voir avant
la pandémie, c'était quoi le... le ratio, là. Je pense que la pandémie,
clairement, a causé pour le gouvernement un désir de bien faire rapidement,
puis on n'avait pas l'expérience, évidemment, comme pas grand monde ont eu, de
toute évidence. Mais, en même temps, tu sais, ces... ces firmes-là, puis je ne
sais pas d'où... où le milliard a été dépensé, là, mais il y a toutes sortes de
firmes externes qui travaillent avec les différents gouvernements dans le monde,
puis ça se passait live. Alors, moi, je pense que c'était prudent de la part du
gouvernement du Québec de profiter de... de ressources externes. Encore une
fois, je n'ai pas le... le détail de la différence. Ça, c'est dur de commenter
spécifiquement, là.
M. Beauchemin : Bien, je
comprends dans un contexte où est-ce qu'effectivement on se met dans le
contexte de la pandémie, là, qu'est ce qui se passe à... dans d'autres coins de
la planète. Ça... ça peut s'expliquer, je suis d'accord. Puis, c'est sûr que
pandémie, c'est nouveau. L'appareil gouvernemental n'a peut-être pas toutes les
données, là, mais ils ont des... ils ont des façons de communiquer vers
l'externe qui... qui auraient peut-être pu être faites aussi. Mais les données
au niveau des 3 milliards versus 1,9 milliard, ça, c'est l'année
fiscale avant que le COVID arrive. Donc, c'est par rapport à ça spécifiquement,
vous, votre opinion sur ça? Parce qu'avant le COVID il n'y avait donc pas à...
comment on deal avec le COVID, là. On ne l'a pas eu, donc...
M. Fitzgibbon : Il faut dire
qu'il y a eu beaucoup... pas mal eu d'argent qui a été dépensé dans le premier...
dans le dernier trimestre, là. Mais, écoutez, je n'ai pas de réponse. Parce que
c'est sûr que, la fonction publique, moi, j'ai appris à la respecter beaucoup
parce qu'il y a des... des connaissances, il n'y a aucun doute, mais quand on
parle de... Règle générale, quand on parle de mettre des programmes en place
qui vont toucher la société, je pense que c'est correct de demander l'avis
externe. Bon, la... la proportion externe-interne, puis, on peut questionner,
là, le principe, moi, je le souscris totalement, de penser qu'on peut tout
faire à l'interne, c'est une vision très... très étroite, je pense. Alors,
écoutez, il faudrait que je regarde plus de détails pour vous donner un
commentaire, mais d'emblée, je pense que ce n'est pas inhabituel de voir ça.
Maintenant, dans quelle proportion...
M. Beauchemin : Bien, je
comprends puis je suis un peu d'accord avec vous que, de temps en temps,
effectivement, ça peut avoir de l'allure d'aller chercher à l'externe, mais c'est
juste le... c'est le ratio, 3 milliards contre 1,9 milliard dans la
même année, que ça je trouve quand même extrêmement significatif, là, c'est
juste ça, à un moment donné, peut-être que... peut-être plus tard aujourd'hui,
on pourra avoir plus d'explications, là, si c'est possible.
Étiez-vous satisfait de l'étude de... de
KPMG, là, la première étude qui a été gagnée en appel d'offres à 1
million de dollars?
M. Fitzgibbon : Écoutez, ça
nous a donné certains points de repère pour une relance dans certains secteurs.
En fait, tous ces rapports-là ont une valeur. Tu sais, c'est dur d'attribuer :
Ça vaut-tu 1 million, ça vaut-tu 300 000 $? C'est un jugement qui
est très, très, difficile à porter. Mais je pense que j'ai été satisfait de ce
qui a été... est sorti de là, comme j'ai été satisfait aussi avec les rapports
de McKinsey.
Puis, de toute évidence... mais pas de
toute évidence, mais je peux confirmer aussi que ce sont des recommandations,
ce sont des faits, mais que les décisions sont toujours prises par le
ministère. Ça fait que, tu sais, je pense qu'on sort gagnant d'avoir de
l'information externe pour s'assurer qu'on a tous les faits, parce que l'enjeu
qu'on a au gouvernement, c'est que, quand on prend des décisions, ça a un
impact sociétal important. Alors, moi, je suis... moi, je suis de nature à dire :
Soyons sûrs qu'on a l'information. KPMG a amené des choses intéressantes.
M. Beauchemin : Je vous ai
entendu tantôt, c'était... c'était deux demandes totalement différentes, là,
mais il y a eu quand même des mandats additionnels qui ont été donnés à KPMG
parce qu'initialement leur contrat gré à gré avait été entendu à
1 750 000 $. Puis, par la suite, il y a eu deux mandats
additionnels qui ont été demandés puis, de toute évidence, là, en lisant, c'est
ce que j'ai pu comprendre, là, demandant donc un 3 millions de dollars
additionnels de la part de... de McKinsey pour... pour ces deux réponses-là.
Puis, je vais... C'était un qui était sur la main-d'œuvre et l'autre sur la
croissance des entreprises des secteurs stratégiques. Donc, si je comprends,
cette demande-là n'a jamais été faite à KPMG aussi, initialement?
M. Fitzgibbon : Non,
effectivement. Ce qui est arrivé, c'est que, durant l'été 2021, le
ministère a contracté un <mandat...
M. Beauchemin :
...Donc,
si je comprends, cette demande-là n'a jamais été faite à KPMG aussi,
initialement?
M. Fitzgibbon :
Non,
effectivement. Ce qui est arrivé, c'est que, durant l'été 2021, le
ministère a contracté un >mandat avec McKinsey, qui pouvait aller
jusqu'à 4,9 millions, qui était en deux phases, une première phase pour
1,7, là, je n'ai pas de chiffres exacts, là, où ils devaient livrer des choses,
je pense c'était à... au début de l'automne 2021. Et, quand ce travail-là
a été terminé, il a été octroyé une deuxième phase, dans le même mandat,
jusqu'à 4,9, pour couvrir deux choses. Couvrir, effectivement, le côté
main-d'œuvre. Et mon collègue le ministre de l'Emploi, à l'époque, a travaillé
avec McKinsey sur l'approche main-d'oeuvre. Parce que la productivité, c'est
deux choses, la robotisation, l'innovation puis la main-d'oeuvre. Donc, partie
main-d'oeuvre avec mon collègue au ministère du Travail.
Et nous, à l'Économie, avec mon collègue à
ma droite, clairement, on voulait valider si nos vues sur les zones
d'innovation, nos vues sur quels sont les secteurs industriels où on peut être
gagnants. On voulait être sûrs de ne pas se tromper puis de voir... Parce qu'il
y a beaucoup d'argent qu'on va investir dans les zones d'innovation. On en a
fait deux à date, la troisième s'en vient. Donc, on voulait... on voulait valider
si nos hypothèses internes tenaient la route, considérant l'évolution des
différentes juridictions. Donc, l'autre mandat, qui était pour le ministère de
l'Économie, était carrément sur les secteurs stratégiques qu'on voulait valider
si on avait raison de penser qu'on pouvait devenir les champions du monde, dont
les batteries, entre autres.
M. Beauchemin : Bien,
j'essayais de comprendre, quand je prenais conscience, là, de... de cette
information-là, j'essayais de comprendre la chronologie des événements. Il y a
quand même eu une première entente à 1 750 000 $ et...
M. Fitzgibbon : Je n'ai pas
compris, là.
M. Beauchemin : J'essaie de
comprendre la chronologie des événements. Il y a eu la première entente avec
McKinsey, à 1 750 000 $, puis il y avait aussi une... une
ouverture de faire tout de suite un... donc un contrat ouvert, si on peut dire,
d'une certaine façon, pour un total de 3 millions de dollars de
plus, mais les besoins seront à déterminer plus tard. Est-ce que je... est-ce
que j'ai bien compris la chronologie? Ça s'est fait de cette façon-là?
M. Fitzgibbon : Exact. Vous
avez bien compris.
M. Beauchemin : Donc, on avait
réservé le temps de... de McKinsey, là, pour qu'ils restent stand-by, d'une
certaine façon, là?
M. Fitzgibbon : Non, ce n'est
pas de même que ça fonctionne avec les firmes comme ça. Ce qu'on avait dit à
McKinsey, c'est qu'on voulait commencer avec la première partie du mandat à
1,7 million pour revoir l'ensemble de nos politiques. Puis, on s'était
dit, dépendant du résultat... Je pense qu'il y avait trois mois, quatre mois
pour faire ça. Puis, comme vous savez, ces gens-là travaillent à la semaine. Ça
fait qu'on avait dit : OK. On a un... un horizon temporel qui va venir
octobre 2022... Non, octobre 2021?
Une voix : ...
M. Fitzgibbon : Septembre 2021.
Alors, on a dit : Ça, ça vaut 1,7 million. Quand on arrivera vers la
fin de cette période-là, on déterminera si on veut continuer dans un secteur ou
l'autre. Ça fait qu'on n'avait pas d'engagement comme tel, on avait un mandat
qu'on avait obtenu du Conseil des ministres, mais il y n'avait pas de travaux
qui avaient été anticipés, à l'été 2021, sur la deuxième phase.
M. Beauchemin : OK. Puis,
quand vous avez regardé les deux résultats des deux analyses, celle de KPMG
puis celle de McKinsey, il y avait quand même, sur les points qui étaient en
commun, il y avait quand même quelques points qui étaient en commun, il y
avait-tu des différences d'opinions de leur part là-dessus ou...
M. Fitzgibbon : Écoutez, j'y
vais de mémoire, là, rien qui me frappe, parce que, tu sais, une opinion ou des
faits... Encore une fois, McKinsey a aligné des faits qui étaient complètement
différents de ceux de... de KPMG, donc on n'était pas sur la... les mêmes
fuseaux horaires, si je peux dire, puis... Bon. Puis, ils portent des
recommandations, ils portent des jugements sur certaines choses. Mais KPMG était
tellement spécifique, du mois de février 2021 au mois de juin 2021
que, quand on a commencé McKinsey après, ce n'était pas de refaire ce que... ce
que KPMG avait fait, mais, surtout, c'était de faire d'autres choses. Alors, il
n'y a pas eu beaucoup de vases communicants entre les deux. Quand on est
arrivés à l'automne puis on a dit : OK, emploi, ça, il n'y avait... ça
n'avait aucun rapport avec KPMG, chantiers d'innovation, où on veut mettre de
l'argent pour créer de la valeur, il n'y avait pas réellement de vases
communicants non plus. Ça fait que je ne pourrais pas dire, tu sais, qu'on a
pris... Mais, en tout cas, si la question, c'est de dire : On a-tu pris
McKinsey pour valider ce que KPMG a fait? La réponse, c'est non, ce n'était pas
ça.
• (10 heures) •
M. Beauchemin : Est-ce qu'on
pourrait avoir accès à ces documents-là des... de KPMG et de... de McKinsey,
pour comprendre...
M. Fitzgibbon : Non.
M. Beauchemin : Aucunement
disponibles?
M. Fitzgibbon : Pardon?
M. Beauchemin : Ce n'est
aucunement disponible?
M. Fitzgibbon : Non, parce que
c'est des avis de consultants. Ce n'est pas que je veux faire mon difficile,
mais généralement on ne donne pas ces... ces rapports-là. Puis, certains... certains
documents ont... ont servi au processus décisionnel du gouvernement et ça le
fait encore. Mais je pense que, de toute façon, il y a des... des mécanismes de
demande d'information, là, mais, à ma connaissance, on ne peut pas remettre ces
documents-là.
M. Beauchemin : Donc, on
pourrait y avoir accès par demande d'information.
M. Fitzgibbon : Bien, je
pense que vous allez vous faire dire non, là, mais je ne suis pas sûr, je ne
suis pas expert dans les... Passez par le réseau normal, vous allez voir, là, mais
je pense que ça ne sera pas disponible.
M. Beauchemin : OK. Mais
est-ce qu'on peut conclure que, dans... dans l'optique de ces demandes-là qui
ont été faites à McKinsey et à KPMG, ça a servi quand même de base de données
pour avoir une... une idée, là, comme les Anglais disent «lay of the land», une
espèce de vue d'ensemble...
10 h (version révisée)
M. Beauchemin : ...OK, mais
est-ce qu'on peut conclure que, dans l'optique de ces demandes-là qui ont été
faites à McKinsey et à KPMG, ça a servi quand même de base de données pour
avoir une idée, là, comme les Anglais disent, «a lay of the land», une espèce
de vue d'ensemble de ce que les forces, faiblesses, si on peut dire, d'une
certaine façon, de l'économie, à ce moment-là, étaient, puis, à partir de ce
moment-là, les décisions, suite aux recommandations qui ont été faites dans le
rapport, ont été exécutées? Donc, ça a été la base du processus décisionnel, si
je comprends bien?
M. Fitzgibbon : Bien, j'aurais
une nuance. Je ne dirais pas la base. La base, je pense qu'elle existait et elle
existe encore au ministère de l'Économie, parce que je pense qu'il n'y a pas un
consultant qui peut mieux comprendre les différents tissus industriels du
Québec en termes de ce qu'on fait. Ça, je pense, le ministère de l'Économie est
un des ministères très performants de ce côté-là. Donc, la base, c'est nous
autres qui l'avions. On a mis les hypothèses sur comment on pourrait gagner en
termes international, mais certes, avant d'investir des sommes d'argent
importantes, je voulais qu'on valide si on était réalistes par rapport à ce qui
se fait dans le reste du monde.
Alors, je dirais que McKinsey a fait un
benchmarking pour voir qu'est-ce qui se passe, c'est quoi, les... en fait, c'est
quoi, les déterminants qui créent de la richesse, parce qu'en bout de piste on
mesure d'une façon... c'est le PIB par habitant, qui est probablement la
meilleure mesure connue aujourd'hui, qui est mécanique, qu'on peut établir. Bon,
comment on augmente le PIB par habitant? Il y a plusieurs déterminants. Puis un
des enjeux que moi, j'ai depuis le début, c'est de dire : OK, on a 12
déterminants pour une affaire, on va-tu faire les 12? Non, on va s'enfarger.
Quels sont ceux qui ont le plus d'impact sur les résultats? Et ça, je pense que
McKinsey a amené beaucoup pour voir des pays performants, voir, dans certaines
filières...
Israël, c'est un bon exemple, là. Je suis
allé, d'ailleurs, après ou avant... après, oui... Il y a des choses qui
marchaient, là, des initiatives... ça faisait bouger l'aiguille. Alors, moi, je
voulais qu'on valide si, un, les secteurs qu'on avait choisis étaient
appropriés, deux, si nos initiatives étaient les bonnes, puis souvent il y en
avait de trop. Alors, bien, je ne dirais pas que ça a été la base, mais ça a
été le raffinement de notre réflexion qui a été revue par McKinsey.
M. Beauchemin : Il ne me
reste pas énormément de temps, 45 secondes approximativement, mais donc les
déterminants, est-ce que vous pourriez les mentionner, lesquels ils sont?
M. Fitzgibbon : Bien, en
fait, une partie est déjà publique. Je pourrais voir, oui, parce que, si on
regarde dans la SQRI, par exemple, j'ai 15 déterminants qui sont listés à l'annexe,
là. On pourrait voir, oui, je ne les sais pas par coeur, mais...
M. Beauchemin : OK, puis
est-ce que, donc, le rapport de McKinsey vous a confirmé que le choix des
secteurs était le bon, que le choix des initiatives était le bon?
M. Fitzgibbon : Oui. En fait,
la réponse, c'est oui. Évidemment, si on fait un axe de... Nous, on fait un axe
où on peut être les plus performants. L'axe, combien il faut investir, là, il y
avait des bulles, là, il fallait choisir, là. Je dirais qu'on ne s'est pas
trompés, mais il fallait... il fallait ajuster certaines initiatives, je pense,
c'est un peu normal, puis on va les ajuster encore dans les prochaines années
aussi.
La Présidente (Mme D'Amours) : Merci.
Nous sommes maintenant à la deuxième période d'échange. M. le député de
Maurice-Richard, la parole est à vous.
M. Bouazzi : Et j'ai 11
minutes, c'est ça?
La Présidente (Mme D'Amours) : 11 min 12 s,
11 secondes, 10 secondes...
M. Bouazzi : Merci beaucoup,
Mme la Présidente. Merci, M. le ministre, chers collègues, d'être ici aujourd'hui
pour faire vivre cet exercice démocratique.
Ma première question pour vous, M. le
ministre, c'est : Est-ce que vous avez suivi la commission Charbonneau?
M. Fitzgibbon : Oui, comme
tout le monde.
M. Bouazzi : Est-ce que la
corruption ou la négligence dans l'attribution de l'argent public vous
inquiète?
M. Fitzgibbon : Ça, c'est une
chose importante. Les processus doivent être très rigoureux.
M. Bouazzi : À quoi, d'après
vous, sert un appel d'offres?
M. Fitzgibbon : De comparer
des offres.
M. Bouazzi : Et, par rapport
à la question précédente...
M. Fitzgibbon : Qui était?
M. Bouazzi : ...qui était l'inquiétude
face aux dépenses publiques, est-ce qu'un appel d'offres contribue à mettre de
la gouvernance ou une saine gouvernance pour éviter qu'il y ait de la
négligence dans les dépenses publiques ou carrément de la corruption?
M. Fitzgibbon : C'est un des
moyens.
M. Bouazzi : Est-ce que le
rapport de KPMG dont nous parlions a répondu aux exigences que vous attendiez?
M. Fitzgibbon : Oui, comme j'ai
dit tantôt.
M. Bouazzi : Et celui de
McKinsey aussi?
M. Fitzgibbon : Oui.
M. Bouazzi : Je vais vous
lire deux phrases. Donc là, j'ai une phrase, c'est : «Balisage économique
du Québec et comparaison avec d'autres juridictions comparables sur des grands indicateurs
de création de richesse.» Et une autre phrase, c'est : «Un balisage <international
de la compétitivité des secteurs clés...
M. Bouazzi :
...une
autre phrase, c'est : «Un balisage >international de la
compétitivité des secteurs clés du Québec, comprendre les atouts économiques
réels de la province.» Laquelle de ces deux s'applique au contrat de KPMG et laquelle
s'applique à celui de Mckinsey?
M. Fitzgibbon : Comme j'ai
dit tantôt, KPMG, c'était uniquement pour regarder la relance de certains
secteurs industriels.
M. Bouazzi : Et laquelle des
deux phrases s'applique à KPMG?
M. Fitzgibbon : Répétez-les,
là, je n'ai pas...
M. Bouazzi : Donc, il y en a
une, c'est : «Balisage économique du Québec et comparaison avec d'autres
juridictions comparables sur les grands indicateurs de création de richesse.» Et
l'autre, c'est : «Balisage international de la compétitivité des secteurs
clés du Québec et comprendre les atouts économiques réels de la province.»
M. Fitzgibbon : C'est la même
chose.
M. Bouazzi : Vous comprenez
que c'est les... deux contrats différents. Donc, vous nous expliquez que c'est
deux missions différentes que vous avez données à deux contrats et que vous
n'êtes pas capable de nous dire laquelle tombe dans quelle case?
M. Fitzgibbon : Non, parce
que c'est la première fois que je vois ça. Moi, les contrats, j'ai travaillé
avec. Je sais exactement ce qui s'est passé. Je suis très à l'aise avec...
M. Bouazzi : Ça, c'est les
objectifs qu'il y a dans les contrats qu'il y a eu avec ces deux... Donc, je
vous le dis, KPMG, c'était un «balisage international de la compétitivité des
secteurs clés du Québec, comprendre les atouts économiques réels de la province»,
et Mckinsey, c'était «balisage économique du Québec et comparaison avec
d'autres juridictions comparables sur les grands indicateurs de la création de
richesse». Est-ce que vous trouvez que les deux phrases sont différentes?
M. Fitzgibbon : Peut-être
pas, mais les rapports sont complètement différents.
M. Bouazzi : Quel est
l'objectif de diminution de gaz à effet de serre du gouvernement du Québec
d'ici 2030?
M. Fitzgibbon : ...répéter la
question? Je n'ai pas compris.
M. Bouazzi : Quel est
l'objectif de diminution de gaz à effet de serre du gouvernement du Québec
d'ici 2030?
M. Fitzgibbon : On est à Génies
en herbe aujourd'hui?
M. Bouazzi : Non, mais
j'imagine que c'est un chiffre...
M. Fitzgibbon : 30 mégatonnes.
30 mégatonnes d'ici 2030.
M. Bouazzi : Et en pourcentage?
M. Fitzgibbon : 37,5 %.
Est-ce que j'ai passé le test?
M. Bouazzi : Non, je pense
que c'est très important parce que l'avenir de la planète en dépend. Est-ce que
vous pensez que le 37 %...
M. Fitzgibbon : 37,5 %.
M. Bouazzi : ...37,5 %
correspond aux balises qui ont été décrites par les rapports du GIEC pour
pouvoir rester dans les limites du 1,5 degré d'augmentation de température
mondiale?
M. Fitzgibbon : Écoutez,
c'est une question très... Je ne sais pas à quoi vous jouez, là. C'est une
question très large, là, le... Si on atteint 37,5 % en 2030, nous devrons
être très contents. C'est une direction qu'il faut aller... Alors, il y a des
gens qui disent n'importe quoi... à 50 %, 60 %, d'autres à 20 %.
Nous, on a choisi 37,5 %. Je respecte ça. Je pense qu'on s'en va dans la bonne
direction. On n'est pas là encore. Il y a beaucoup de choses qui doivent être
faites. Alors, j'espère qu'on va se rendre à 37,5 %, puis, si c'est le cas, on
devrait être fiers de ce qu'on a fait.
M. Bouazzi : Alors,
laissez-moi poser la question autrement. Est-ce que le gouvernement du Québec a
pour objectif que la planète reste dans l'augmentation de 1,5 degré qui
est préconisée par le GIEC pour pouvoir rester dans une planète habitable?
M. Fitzgibbon : Nous avons
comme objectif, au gouvernement, de faire notre contribution à la réduction des
GES basée sur le fait que nous sommes un des plus bas producteurs de GES en
Amérique du Nord. On est au numéro un, deux ou trois. Les chiffres vont sortir
bientôt. On est dans une très bonne position, et l'approche que nous avons
établie, qui est agressive, contrairement à ce que certains peuvent penser,
37,5 %, va nous amener à la bonne place, et je pense que... J'étais à la
COP27, à Charm el-Cheikh, en Égypte, au mois de novembre dernier, comparé à ce
qui se passe avec d'autres juridictions, je suis très fier de ce que le Québec
fait.
• (10 h 10) •
M. Bouazzi : Est-ce que
l'objectif de 1,5 degré est un objectif du gouvernement?
M. Fitzgibbon : L'objectif du
gouvernement est de contribuer, par des initiatives, pour respecter l'ensemble
de l'oeuvre. Le Québec est une très petite géographie. 1,5, oui, c'est un
chiffre intéressant, c'est un chiffre important, mais il faut y aller avec les
mesures que nous avons de disponibles. Alors, ce qu'on fait présentement, c'est
une... On a une stratégie que mon collègue, Benoit Charette, à qui vous devriez
parler, en passant... est très solide, est très articulée, puis, encore une
fois, je suis très fier de ce que nous faisons et je pense qu'on va respecter
l'objectif ultime que la planète s'est donné.
M. Bouazzi : Dans le rapport
du GIEC, pour atteindre le 1,5 %, quelle est la baisse mondiale de GES que
doit se donner la planète d'ici 2030? Est-ce que...
M. Fitzgibbon :
Génies en
herbe... Je ne me suis pas rendu jusqu'à cette page-là du rapport.
M. Bouazzi : Donc, juste pour
être sûr, on a un plan économique vert du Québec qui vise 37,5 % de baisse
de gaz à effet de <serre et on ne sait pas...
M. Bouazzi :
...de
baisse de gaz à effet de >serre et on ne sait pas comment il s'insère
dans une stratégie mondiale pour atteindre le 1,5, alors que c'est la question
la plus importante qu'on a à gérer, dans le siècle actuel, d'un point de vue
économique.
M. Fitzgibbon : Je ne sais
pas à quel jeu vous jouez, là, mais le «bottom line», c'est que nos objectifs
ont été établis par des gens qualifiés, objectifs qui sont loin d'être simples
à respecter. On met tout en place pour y arriver, et je pense qu'on commence
comme ça, et je suis très, très à l'aise avec...
M. Bouazzi : Je veux juste
être clair, M. le ministre, je ne joue à aucun jeu. Les rapports qui ont été
produits sont très importants, et l'avenir de la planète en dépend, et c'est
très, très loin d'être un jeu. Donc, c'est 50 % de baisse mondiale de gaz
à effet de serre, et évidemment les 35 %... 37,5 % sont en dessous de
cet objectif mondial, sachant que nous, même si on est parmi, effectivement,
les meilleurs en Amérique du Nord, on se compare à une bien basse moyenne
mondiale. Est-ce que, dans le rapport actuel de baisse, justement, de votre plan
sur l'économie verte, on a identifié 100 % de ce qu'il faut faire pour
pouvoir atteindre les objectifs de 2030?
M. Fitzgibbon : Non.
M. Bouazzi : C'est quoi, le pourcentage?
M. Fitzgibbon : M.
Charette... Premièrement, vous êtes dans la mauvaise commission, là. M.
Charette va sortir bientôt... Alors, on a établi plusieurs initiatives qui vont
arriver à une grande partie de ça. Il y a les crédits carbone aussi,
évidemment, la taxe du carbone. Donc, il y a plusieurs initiatives. Alors, le
temps va nous donner justice.
M. Bouazzi : M. le ministre,
un plan pour économie verte, il y a «économie» dedans. Donc, je ne pense pas
m'être trompé de commission. Juste... est-ce que vous avez demandé, dans les
différents rapports, que ce soit à KPMG ou à McKinsey, comment est-ce que
l'économie, justement, sur laquelle on doit tabler, dans les prochaines années,
permet d'atteindre les objectifs de gaz à effet de serre?
M. Fitzgibbon : Non, pas
spécifiquement, parce que, dans toutes nos attributions d'aide financière
maintenant que nous avons au gouvernement, on regarde, d'une part, la réduction
des GES, et on regarde, d'autre part, l'augmentation de la productivité. Ce
sont les deux créneaux les plus importants pour le ministère de l'Économie.
Donc, de facto, quand on donne... on a des politiques interventionnistes, la
contribution à la réduction de GES est incorporée.
M. Bouazzi : Donc, vous avez
commandé deux rapports, un à KPMG et un à McKinsey, un avec un appel d'offres
et un de gré à gré, et, dans les deux, vous n'avez pas demandé comment cette
économie, l'avenir de l'économie du Québec, peut nous permettre d'atteindre nos
objectifs de gaz à effet... de baisse de gaz à effet de serre?
M. Fitzgibbon : C'est exact.
M. Bouazzi : Donc, dans les
rapports en question, est-ce que les deux rapports demandent... ont conseillé
d'investir dans la filière batterie?
M. Fitzgibbon : Encore une
fois, si vous avez écouté la réponse que j'ai donnée tantôt à votre collègue,
McKinsey n'a pas identifié des secteurs où nous devrions investir. McKinsey a
seulement confirmé où mettre des nuances sur les secteurs que nous avions
privilégiés. Alors, la filière batterie était un secteur que nous avons décidé
de privilégier quelque part à l'été 2019, avant la pandémie. Ça a été établi
par le ministère.
M. Bouazzi : Est-ce que vous
pensez que les fonctionnaires de votre ministère connaissent les spécificités
économiques du Québec?
M. Fitzgibbon : J'espère.
M. Bouazzi : Est-ce que vous
pensez qu'une firme internationale comme McKinsey peut se passer de cette
expertise pour comprendre comment se place l'économie du Québec par rapport à
l'économie internationale?
M. Fitzgibbon : Absolument
pas.
M. Bouazzi : Pourquoi alors
ne pas avoir respecté la convention collective, par exemple, où on allait
justement leur demander leurs conseils?
La Présidente (Mme D'Amours) : ...
M. Fitzgibbon : Bien, je vais
lui donner plus de temps. Je n'ai pas compris la question.
La Présidente (Mme D'Amours) : Vous
répondrez à un prochain bloc. Donc, nous revenons à l'opposition officielle. M.
le député de Marguerite-Bourgeoys, la parole est à vous.
M. Beauchemin : Merci, Mme la
Présidente. Une dernière question, M. le ministre, là, sur ce sujet-là, là, au
niveau des recherches. Ça fait que, si je comprends bien, il y avait le mandat
d'aller demander à McKinsey qu'est-ce qui se passe, quelles sont les bonnes
initiatives, là, à travers le monde, mais, en même temps, ça a été de
simplement confirmer aussi les choix qui avaient été déjà faits par le <gouvernement,
si ça, c'étaient...
M. Beauchemin :
...déjà
faits par le >gouvernement, si ça, c'étaient les bons. Il n'y avait pas
comme un : Voici d'autres opportunités que le gouvernement aurait donc pu
faire.
M. Fitzgibbon : Effectivement,
le travail de base a été de prendre... Là, on parle du deuxième mandat, 2b, là,
2a, c'est le travail, 2b, c'était l'initiative de zones d'innovation, pour ne
pas les nommer. Alors, nous avions, avec le ministère, établi, et on en avait
discuté avec le premier ministre, des chantiers industriels où on croyait qu'on
pouvait être les gagnants, et on avait des initiatives. Alors, on a donné ça à
McKinsey puis on leur a demandé de voir le balisage international : On
s'est-tu trompés, est-ce qu'il manque des déterminants, on s'est-tu trompés, y
a-tu des secteurs où on ne pourra pas être les gagnants? De facto, j'imagine,
on leur a demandé : Est-ce que... Bien, on ne leur a pas demandé, mais ils
auraient pu conclure qu'il y avait d'autres secteurs qu'on aurait privilégiés.
Ça, ce n'est pas arrivé pour des bonnes raisons, parce que nous avons une bonne
connaissance d'où on peut être bons. Alors, c'était plus de regarder ce que
nous avions fait puis d'arriver avec des nuances, d'arriver avec des analyses,
des faits qui pourraient nous... qui pourraient affecter comment est-ce qu'on
va aiguiller notre... nos initiatives.
M. Beauchemin : Donc, ils ont
confirmé que les choix étaient les bons, à quelques ajustements près. Il n'y a
pas... il n'y a aucune mention nulle part dans les rapports comme quoi il faut
faire un 180 degrés ici, on ne s'en va pas à la bonne place du tout, rien
de ça?
M. Fitzgibbon : Non, parce
que ce n'était pas le mandat, puis je ne pense pas qu'ils auraient pu
déterminer ça. C'est dur de faire ça quand tu es de l'externe puis... Par
contre, il y a des secteurs, peut-être, que moi, je voyais en avant de d'autres,
là, parce qu'ils ont modulé un peu notre appétit, notre enthousiasme, puis ils
ont mentionné des juridictions peut-être plus en avance que vous pensez. Donc,
il y a eu des ajustements en termes d'évaluation... pas d'évaluation, mais en
termes d'opportunités. Alors, ça, ils ont ajusté ça un petit peu, les boules
qui grossissent, rapetissent, là. Ça fait qu'il y en a qui étaient peut-être
plus petites que je pensais... étaient plus grosses, mais, en règle générale,
les approches... les choix des secteurs ont été reconfirmés.
M. Beauchemin : Est-ce qu'ils
ont changé l'ordre, selon ce que je comprends, ou pas vraiment?
M. Fitzgibbon : Bien, en fait,
eux, ce n'était pas seulement de déterminer l'ordre, c'est de dire
l'opportunité. Donc, il y a des secteurs où, l'hydrogène, par exemple, on a
rapidement vu qu'il y avait une opportunité même si on n'a pas les électrons
pour le faire, là. Donc, ils ont ajusté certains secteurs pour dire :
Woups! Il y a peut-être une plus grande opportunité que vous pensez,
considérant ce qui se passe dans le reste du monde. Ça, il y a eu un peu
d'ajustements dans ce sens-là.
M. Beauchemin : OK. Est-ce
que vous avez, par hasard, ici, aujourd'hui, avec nous, là, la liste des
secteurs qui ont été comme clairement identifiés pour...
M. Fitzgibbon : Bien, je ne
l'ai pas avec moi ici. On pourrait la regarder, mais ça va revenir aux zones
d'innovation.
M. Beauchemin : OK, d'accord.
Bien, écoutez, si c'était possible de nous la donner, la liste, ce serait fort
apprécié pour la conversation.
Je vous vous amener sur un autre terrain, un
terrain, en fait, qu'on a tous... qu'on a tous en commun, là, au Québec, là, je
dirais, au Canada puis à travers le monde, vous me voyez venir, là, je parle de
l'intelligence artificielle. Il y a... Vous avez... On a tous été témoins, là,
de la lettre qui a été écrite par... Maintenant, c'est rendu quasiment
30 000 signataires. On a eu la rencontre chez Mila, qui a été faite, là,
de façon non partisane, il y a deux semaines, déjà, de ça.
• (10 h 20) •
Le fédéral fait le projet de loi, puis
moi, je dirais que, bon, bien, de ma façon de voir les choses, j'ai un peu
l'impression que c'est comme pour encadrer à haut niveau, hein, les enjeux qui
sont associés. Puis je pense que Mila puis... Yoshua Bengio a souligné
l'importance d'accélérer la mise en place de ce projet de loi là, mais, nous,
notre rôle, ici, à Québec, c'est plus dans l'intégration de l'intelligence
artificielle dans l'ensemble de l'appareil gouvernemental du Québec, dans nos
services, là, qu'on offre aux citoyens. L'aspect des deux juridictions ici, là,
j'essaie de vraiment plus jouer là-dessus, dans les applications plus
pratico-pratiques, là, de M. et Mme Tout-le-Monde, là, autant pour le public,
en fait, que pour le privé, d'ailleurs, parce qu'il y a quand même une certaine
réglementation qu'on peut établir au Québec, là, pour ça... Pour vous, là,
c'est quoi, les secteurs prioritaires pour le gouvernement du Québec, que le
gouvernement du Québec doit interagir... pour l'intelligence artificielle, qui
sont de compétence provinciale?
M. Fitzgibbon : Bien,
premièrement, le contexte est un petit peu, là... Je pense que vous avez raison.
Le fédéral, avec le... regarde comment accélérer, peut-être, la <mise en
place...
M. Fitzgibbon :
...regarde
comment accélérer, peut-être, la >mise en place de ce projet de loi là.
La bonne nouvelle, c'est qu'il consulte M. Bengio et d'autres personnes aussi...
est très favorable, parce que ça démontre la pertinence de nos forces vives en
intelligence artificielle.
Maintenant, je pense qu'ici ce qu'on doit
faire, puis d'ailleurs, je pense, ça va être demain, là, on va venir public sur
le rôle du mandat que j'ai donné à la CIQ, le Conseil de l'innovation du
Québec, là, M. Sirois, qui était là, puis Mme D'Amours, puis, tu sais, il y a
eu des commentaires qui ont été faits. Demain, j'espère qu'on va... on va
réconforter les gens, à savoir que le CIQ, ce n'est pas son travail, de
recommander, le CIQ va consulter tous les intervenants. Puis il y a plusieurs personnes
qui ont levé la main, depuis plusieurs semaines, depuis cette rencontre-là,
dire : On veut contribuer au débat. Donc, la bonne nouvelle, c'est qu'on
va avoir le CIQ qui va être l'organe qui va solliciter, de façon non partisane,
les opinions des gens.
Maintenant, si je regarde aujourd'hui les
secteurs au Québec où l'IA va être pertinente, santé, éducation, productivité
entreprises, je dirais, c'est trois... il y en a plus que ça, là, mais c'est
les trois qui, pour moi, sont les plus importants.
M. Beauchemin : Culture, justice.
M. Fitzgibbon : Oui, bien,
c'est ça, mais il y en a d'autres, là, mais, tu sais, je vais laisser les
ministères... mais, tu sais, je regarde, sur une base pratique, santé, numéro
un, aucun doute. On a une chance, au Québec, d'avoir une très bonne médecine
personnalisée avec des chercheurs, des thérapistes. On a l'IA avec les Mila, IVADO.
Alors, on peut avancer là-dedans. L'éducation, je pense, ça va de soi, là. La
sous-littératie qu'on a au Québec, il faut la corriger. Puis la productivité, encore
une fois, moi, je pense que le Québec, tantôt, on en a parlé un peu, là, mais
on est sous-productifs. C'est ça qu'on a regardé beaucoup avec McKinsey, pour
valider ce que je... ce qu'on avait dans notre tête. Il y a là-dedans aussi... puis
c'est sûr que la justice puis la culture, c'est important aussi.
M. Beauchemin : Ça fait que
le mandat de M. Sirois, ça va-tu être de faire des recommandations?
M. Fitzgibbon : Le mandat de
M. Sirois, ça va être d'écouter les gens, d'écouter les intervenants de toute
forme, de toute... de toute source, je devrais plutôt dire, je m'excuse, et de
colliger ça, puis de donner un état de la situation, donner les préoccupations.
On se rappelle, M. Bengio avait même mentionné, tu sais, qu'on doit continuer à
investir en IA, il ne faut pas arrêter. Au contraire, profitons du leadership.
Puis je pense qu'avec M. Bengio puis les gens d'Apogée, on a des ressources
intéressantes qui vont pouvoir mettre les balises.
Puis on espère que ça va servir aussi au
fédéral. J'ai parlé à M. Champagne de ça, parce que j'ai dit : Écoute, on
fait un effort ici, au Québec, toutes les provinces devraient en faire un, je
pense. Puis là on va regarder s'il n'y a pas lieu d'avoir une stratégie
canadienne, qui serait très logique. Il y aura des particularités au Québec probablement.
On est un peu en avance, mais il ne faut pas non plus se fermer. Ultimement, ça
va être international, puis je pense que, le Québec, on est capables, peut-être,
de jouer un rôle international. Je pense qu'on est capables de s'infiltrer dans
la discussion.
Alors, M. Sirois, il n'est pas là pour,
lui, recommander, il est là pour colliger l'information qu'il va recevoir puis
il va... il va parler... il va être public sur ça, là, d'ici quelques jours. Il
va avoir une portée très, très large. Puis, s'il y a des gens qui veulent
parler, qui n'ont pas été invités par erreur, bien, ils vont être invités
aussi.
M. Beauchemin : Mais on
s'entend que ce qui va arriver, c'est... Un paquet de monde va donner leurs
opinions, les acteurs de la société civile vnt donner leurs opinions. Sirois va
collecter cette information-là, il va vous faire un rapport qui va avoir, donc,
toute cette information-là, un peu digérer, d'une certaine façon, là, les
enjeux plus spécifiques, et tout, mais, par la suite, il va falloir qu'on
agisse. Est-ce que la... L'esprit non partisan que j'ai voulu initier avec vous
sur le sujet, est-ce que ça va pouvoir se matérialiser à ce niveau-là? Parce
que je pense qu'une fois qu'on va avoir, justement, les commentaires de la
société civile il va falloir qu'on analyse ça de façon ouverte, d'une certaine
façon, puis qu'on puisse, par la suite, en arriver à faire des recommandations
non partisanes. Est-ce que ça va être le processus que vous envisagez? Parce
qu'il y a quand même d'autres étapes, là, qui vont s'en venir par la suite.
M. Fitzgibbon : La réponse,
c'est oui, parce que, tu sais, je pense que je n'ai... Je ne suis pas contre
une commission parlementaire ou... il y a un autre mot, là, mandat
d'initiative, mais il faut... il faut filtrer l'information. Tu sais, on ne
peut pas faire venir le monde puis... Ça prend un cadre. Puis, honnêtement, je
pense qu'avec M. Vinet, Valérie Pisano, Yoshua Bengio, l'Obvia, on a des gens
compétents. Ça fait que, je pense, c'est à eux... à eux de, puis via le CIQ,
ramasser ça puis le structurer.
Après ça, ce rapport-là, il va être public.
D'ailleurs, les rencontres vont être publiques aussi. Je pense que tous les
gens vont pouvoir participer. Ça ne sera pas enfermé. Le rapport ultime ou le
constat va être clairement public, puis on verra, à ce moment-là, c'est quoi,
la meilleure façon de continuer. Puis, en même temps, on travaille avec le
fédéral parce que le fédéral aussi veut faire la même chose. Ça fait que moi,
je pense qu'on est à la <bonne place, là, puis il faut...
M. Fitzgibbon :
...je
pense qu'on est à la >bonne place, là, puis il faut juste... il faut
juste s'assurer que tout le monde y voit son compte puis tout le monde ait
l'impression qu'ils vont pouvoir contribuer à un débat qui est très, très important.
M. Beauchemin : Juste pour
clarifier un point que vous venez juste de mentionner. Donc, il y a un paquet
d'informations qui va être mentionné, un paquet d'opinions, un paquet de
mémoires potentiels qui pourraient être déposés. C'est l'entière totalité de
tout ça qui va être accessible par la suite, là. Il n'y aura pas de... parce
que ce que vous m'avez dit, c'est... Vous voulez résumer le tout un petit peu,
mais on ne discartera pas de l'information qui va avoir été... On va donner
toute... carte blanche, là, l'accès à ça.
M. Fitzgibbon : Absolument, moi,
je m'en... à Luc, puis Luc Sirois, l'innovateur en chef, il faut qu'il
structure ce qu'il va recevoir. Bien, ce qu'on va recevoir, je ne sais pas
comment ça va se faire... probablement un site Web, j'imagine, là, mais les
gens qui vont prendre le temps d'écrire quelque chose, bien, ils méritent
d'être disponibles à tout le monde, c'est clair.
M. Beauchemin : Puis donc la
procédure, par la suite, ça va être...
M. Fitzgibbon : Bien, on
verra. Je n'ai pas d'idée précise, là, parce que j'ai de la misère... Je le
sais, qu'est-ce qui va arriver au bout, là, mais c'est clair qu'il y a beaucoup
de gens qui sont concernés par ça et c'est clair qu'il y a un manque de
communication. Il va falloir mieux communiquer. Vous étiez à la même rencontre
puis... Ça fait que je pense qu'il y a des façons de simplifier un peu le
débat, là. Moi, je m'attends à beaucoup de Mila et d'IVADO aussi. Oui, IVADO,
c'est plus dans le côté technique, de la puissance de calcul, mais il faut que
ces gens-là nous aident parce que c'est eux qui vont aider à cadrer la sévérité
de la situation, parce que je pense qu'il y a des gens, tu sais, qui ont
peut-être lu la lettre puis ils ont... ils se sont mis à avoir une anxiété, à
juste titre, parce que ce n'était pas clair.
Alors, simplifions... bien, pas «simplifions»,
mais cadrons, expliquons c'est quoi, l'enjeu. Tu sais, on parlait des modèles
de puissance générative, c'est ça, l'enjeu. Tu sais, on l'a vu avec la culture,
la semaine passée, aussi, là, mais... Alors, c'est sûr qu'il faut expliquer
c'est... il faut cadrer c'est quoi, les risques, puis, après ça, bien, quand tu
as évalué les risques, comment... les experts nous disent comment les corriger.
Donc, il va falloir rendre ça public.
M. Beauchemin : Un des
risques que j'ai mentionnés à la rencontre, c'est le risque réputationnel, puis
je vais m'expliquer, là, pour que tout le monde puisse être à un niveau
là-dessus. Un risque réputationnel, c'est un risque qui peut nous affecter
plusieurs années après avoir pris une décision, puis, dans ce contexte-là, moi,
je pense vraiment plus pour l'appareil gouvernemental, je pense pour tous
partis confondus, je parle pour le gouvernement au service, là, des citoyens. Dans
ce contexte-là, la transparence, l'accessibilité, la possibilité de pouvoir
questionner fait en sorte qu'on ait une acceptabilité sociale. C'est un peu, de
façon plus moderne, là, l'équivalent des conversations sur le gaz de schiste il
y a plusieurs années. Il y a un paquet de questions qui ont été posées pour
Hydro-Québec. On veut, donc, faire un barrage, est-ce que c'est acceptable,
est-ce les Premières Nations sont de ce côté-ci ou pas, etc.?
Donc, tout ce contexte-là, il faut que ce
soit transparent, puis c'est pour ça qu'initialement, quand on avait demandé un
mandat d'initiative pour que ça soit plus ouvert, c'était justement pour
éliminer ce risque réputationnel, parce qu'il ne faudrait pas que, dans cinq,
six ans ou plus tard, les Québécois disent : Ah! la génération de 2023,
là, ils n'ont pas fait le bon call, ils auraient donc dû être plus transparents
pour que tout le monde soit mieux éduqué, pour ne pas qu'on ait justement des
gens qui partent puis qui commencent à dire des faussetés à tour de bras, là.
Tu sais, c'est un peu le... pas le «fake news», mais c'est un peu... Toutes les
mauvaises informations qui pourraient circuler sur ce sujet-là viennent du fait
qu'on pourrait avoir un manque de transparence, et j'insiste vraiment sur le
fait qu'il y a plusieurs véhicules parlementaires qui existent pour nous
permettre de justement rendre ça plus transparent pour éliminer le risque
réputationnel.
• (10 h 30) •
Moi, je vous dirais que la première étape
que vous avez choisie, ce n'est peut-être pas exactement celle que j'aurais
choisie, mais je la comprends, je la respecte, puis je veux juste vraiment
m'assurer que, par la suite, tous partis confondus, là, on va pouvoir s'asseoir
avec des gens qu'on va pouvoir questionner. Ils ont donné des rapports. C'est
intéressant. Est-ce qu'on va pouvoir leur parler à eux, devant des caméras,
devant des micros, dans une commission parlementaire, où est-ce que ce serait
peut-être plus approprié, justement, pour s'assurer que l'ensemble de la
population puisse être confortable avec ce qui va être la base des
recommandations par la suite, là?
M. Fitzgibbon : Oui, bien, je
pense qu'on dit la même chose. On a la même destination, je pense. La question,
c'est comment on s'y rend, là, puis ça, c'est correct, différentes routes, mais,
tu sais, vous vous rappelez que... Moi, une chose que j'ai voulu faire avec M.
Bengio, le Pr Bengio, puis Luc, c'est de cibler des morceaux, là, puis vous
vous rappelez... pas des morceaux, sur la gouvernance. La gouvernance de l'IA
est très importante, et mon collègue le ministre de la Cybersécurité et du
Numérique, au gouvernement, joue un rôle important. Il était avec moi, d'ailleurs.
M. Caire va jouer un rôle important là-dedans. Alors, lui...
10 h 30 (version révisée)
M. Fitzgibbon : ...avec
moi, d'ailleurs, M. Caire va jouer un rôle important là-dedans. Alors,
lui, il va s'occuper de la gouvernance.
Moi, j'avais trois enjeux importants. La
première, c'était l'investissement. Le ministère de l'Économie, on investit en
innovation, on investit dans l'IA. Ça prend un cadre dans lequel on va dire :
Est-ce qu'on... Est-ce qu'on fait des revues diligentes avant d'investir dans
une compagnie x? On s'assure-tu qu'ils ne font pas des robots tueurs? Il y a
toute sorte... Il y a toute sorte d'éthique, au niveau de l'investissement, qu'on
doit regarder.
L'autre, tu l'as mentionné tantôt, c'est l'utilisation
de l'IA par l'État. Moi, je focusse beaucoup sur éducation, santé puis
économie, mais il y a d'autres... d'autres secteurs aussi, culture, justice.
Ça, c'est un bloc en soi. L'autre bloc qui est très important, c'est ma
collègue à l'Emploi, c'est l'impact de l'IA sur l'emploi. Ça, c'est
superimportant. Puis il y a beaucoup de craintes par rapport à ça. Ça, c'est un
chantier. Puis le dernier, bien, ça, c'est plus la promotion, moi, je pense que,
le Québec, on peut être un joueur dominant.
Alors, moi, je veux qu'on... qu'on
segmente les enjeux, puis Luc Sirois va travailler là-dedans. Puis on verra, il
y a peut-être des chantiers où on va dire : Bon, ça va, on est
confortables, d'autres : Oups! On n'est pas confortables, c'est encore
confus, puis là on pourra aller dans un autre mandat d'initiative ou d'autres
consultations. Mais commençons par faire un encadrement qui va aller
relativement vite, là, bien, une couple de mois. Quand on aura l'information,
on la partagera puis on verra comment... comment procéder pour être le plus
efficace possible.
M. Beauchemin : Une des
choses que...
La Présidente (Mme D'Amours) : ...
M. Beauchemin : Je vais
être obligé de revenir à la prochaine... prochaine étape. Mais, en tout cas, je
vais vouloir vous parler, effectivement, spécifiquement de l'impact sur l'emploi...
La Présidente (Mme D'Amours) : Merci.
Je suis maintenant prête à passer à la prochaine intervention. Mais avant, M.
le ministre, le député de Marguerite-Bourgeoys vous avait demandé de déposer
une liste. Vous aviez acquiescé par un oui, en hochant la tête, mais je dois
vous demander de bien dire que vous allez déposer cette liste et la déposer
ici, à la commission, pour qu'on puisse en faire le partage à tous les députés.
M. Fitzgibbon : Oui. Ce ne
sera pas aujourd'hui, là, mais je vais la déposer à un moment donné. On va
monter ça.
La Présidente (Mme D'Amours) : Parfait.
Merci. Donc, je cède maintenant la parole au député d'Abitibi-Est.
M. Dufour : Oui. Donc,
M. le ministre, vous le savez, dans la... l'année passée, on a eu la chance de
faire une annonce conjointe pour la compagnie Uniboard, au niveau de Val-d'Or,
mais pas simplement pour Val-d'Or. C'était un peu tout l'écosystème d'Uniboard,
veux veux pas, à travers l'ensemble du Québec, qui en bénéficie, de cet
investissement-là qui, veux veux pas, est un investissement de deuxième et
troisième transformation pour une région comme l'Abitibi-Témiscamingue.
La semaine... Cette semaine, c'est la Semaine
minière, et on a... Justement, hier, je faisais l'inauguration de la Semaine
minière, directement sur le site d'Odyssey, et c'est un... je pense, c'est un
sujet qu'on a déjà discuté, mais, je pense, c'est important de vous entendre un
peu. Qu'est-ce qu'est la vision, pour une région minière, par exemple, comme l'Abitibi-Témiscamingue,
sur la deuxième... difficilement, peut-être, troisième transformation, mais au
niveau de la deuxième transformation, quelle est la vision, justement, du
ministère de l'Économie et, justement, du ministre?
M. Fitzgibbon : Bien,
justement, quand on... quand on regardait les filières industrielles où nous
pouvions être des champions du monde, un peu, là, c'est clair que, tout le côté
minier, on a passé beaucoup de temps avec nos aviseurs externes pour s'assurer
qu'on avait... qu'on était sur la bonne voie.
Principalement, les minéraux critiques
sont très importants. Évidemment, quand on parle du fer, on parle de... on
parle des diamants, de l'or, c'est dur de créer de la valeur ajoutée dans la
chaîne, surtout le diamant, là, on l'envoie en Belgique pour être vendu sur la
bourse. Mais, quand on parle des minéraux critiques, c'est clair qu'on avait...
on avait du recul à prendre puis s'assurer qu'on était pour être capables de
bien utiliser ces minéraux-là.
Je pense que ce qu'on fait dans la filière
batterie est un excellent départ. Ce n'est pas fini, il faut l'exécuter. Mais,
quand on pense au... on pense au lithium, on pense au graphite, on pense au
nickel, on n'a pas de cobalt, au Québec, c'est un sous-produit, on a du vanadium,
donc c'est clair pour moi qu'il faudrait trouver un moyen de pouvoir faire la
deuxième, troisième et quatrième transformation, et à un point qu'aujourd'hui
on est capables d'établir, quand nous investissons dans des entreprises
minières, d'imposer un peu une intégration horizontale au Québec. Il faut être
prudents, évidemment, à cause de l'entente bilatérale, mais on a réussi à le
faire.
Le lithium, c'est le bon exemple. On est
capables de prendre la roche dans nos mines, dans nos deux mines qui vont être
exploitées présentement, de faire du spodumène, qui est un concentré, de l'envoyer,
prochainement, à Bécancour pour faire de l'hydroxyde de lithium, qui est une
composante importante de la cathode, puis là de dire au producteur, qui est
nous autres : Bien, ce produit-là va aller dans la chaîne, à Bécancour, si
on fait des cathodes. Là, ça adonne qu'on en a un qu'on a annoncé. D'autres s'en
viennent, avec GM-POSCO.
Ça fait que d'être capables de prendre
notre roche dans la mine de La Corne ou de Whabouchi puis de l'amener jusqu'à
une cathode <qui sera faite...
M. Fitzgibbon :
...
La Corne ou de Whabouchi puis de l'amener jusqu'à une cathode >qui sera
faite à Bécancour, bien là, on a créé une valeur qu'on n'a jamais eue au
Québec. Alors, il faut faire ça le plus possible dans tous nos minéraux
critiques. Ce n'est pas évident. On l'a vu... on le voit dans le scandium. On
fait ça avec Rio Tinto, Fer et Titane, la mine qui est à... sur la Côte-Nord.
Donc, on essaie de trouver un moyen de l'amener à Montréal, de la convertir.
Alors, c'est sûr que le ministère, dans
notre stratégie industrielle, minière, minéraux critiques... D'ailleurs, mon
collègue le ministre de l'Énergie, à l'époque, Ressources naturelles, avait mis
en place la stratégie des minéraux critiques, alors il faut exécuter sur ça, là.
La Présidente (Mme D'Amours) : Merci.
Mme la députée de Jean-Talon.
Mme Boutin : Bonjour, M.
le ministre. Je vais vous ramener sur un sujet que je trouve très intéressant,
parce que moi, j'aime tout ce qui touche l'innovation et le futur : sur
l'intelligence artificielle. Brièvement, là, le député de Marguerite-Bourgeoys
en a parlé, je pense que c'est un... c'est un secteur qui est névralgique pour
le Québec, on est déjà bien positionnés, là, dans le monde. Mais c'est aussi un
secteur qui est névralgique pour les entreprises du Québec.
Puis là, je vais vous amener sur l'Offensive
de transformation numérique, parce que, dans le dernier budget, je pense qu'il
y a un 888 millions qui a été rajouté pour améliorer la productivité des
entreprises. Puis, bien qu'il y ait beaucoup de préoccupations par rapport...
concernant l'intelligence artificielle, il faut que ce soit déployé et
développé de manière intelligente, avec un code éthique, et tout, je pense que
c'est aussi une opportunité incroyable pour nos entreprises. Puis j'aimerais ça
que vous nous parliez un petit peu plus de l'Offensive de transformation
numérique, où est-ce qu'on est rendus, c'est quoi, les prochaines étapes.
M. Fitzgibbon : Bien,
vous avez raison, je pense qu'une chose qu'on a observée rapidement, quand on a
commencé à réaliser comment on pourrait prendre l'IA puis l'appliquer à nos
entreprises, on a réalisé que malheureusement, au Québec, il y avait une marche
assez élevée entre la capacité de nos PME d'utiliser l'IA. Je m'explique.
Beaucoup d'entreprises n'avaient même pas
de systèmes ERP, de systèmes de progiciels pour trouver des données, les
capturer et pouvoir monter des bases de données. Donc, l'OTN, Offensive de transformation
numérique, ne se veut pas d'appliquer l'IA en entreprise, mais de numériser nos
entreprises, parce que plusieurs d'entre elles n'étaient pas là. Alors, si tu
n'es pas numérisé, c'est très dur de prendre des algorithmes pour prendre tes
données puis devenir compétitif, parce que les données n'existent pas ou ne
sont pas bien... ne sont pas bien capturées.
Alors, l'OTN se veut un programme où,
comme vous savez, on accompagne l'entrepreneur, 50-50, en gros, 50 % payé
par l'entrepreneur, 50 % payé par le gouvernement, c'est de la subvention,
ce n'est pas des prêts, pour que l'entrepreneur fasse son chemin critique pour
se rendre à un point. Il dit : OK, voici ce que j'ai à numériser, voici les
données qui sont pertinentes pour être compétitif, parce que ce n'est pas
toutes les données qui sont algorithmies ou algorithmables, parce que certaines
ne donnent rien. Alors, ça, c'est un travail énorme.
Alors, aujourd'hui, on est rendus... Je
n'ai pas le chiffre exact, là, on a le nombre d'entreprises, là.
Une voix : ...
M. Fitzgibbon : C'est ça,
on a 35 projets. Parce que nous... Ce n'est pas le gouvernement qui fait
ça. On engage des gens comme l'ITHQ avec les restaurants, par exemple, ou Inno-Centre,
le côté industriel. Alors, on a 35 projets où on va voir des entreprises.
Je n'ai pas le nombre d'entreprises, mais je pense qu'on est rendus à
20 000, 25 000. L'objectif, j'aimerais ça me rendre à 100 000.
Mme Boutin : ...
M. Fitzgibbon : Bien,
j'aimerais ça, là, mais évidemment on...
Mme Boutin : Là, je vais
poser une question pour... s'il y a des entrepreneurs qui écoutent, parce qu'on
me pose souvent cette question-là. Concrètement parlant, là, quelqu'un qui veut
avoir accès à des fonds, là, de l'OTN, comment ça fonctionne? Est-ce qu'il doit
faire un plan de transformation numérique? Qui l'accompagne? Parce que c'est
quelque chose qui n'est pas toujours clair. Est-ce que le mandataire, c'est Investissement
Québec, là? Concrètement parlant, ça marche comment?
M. Fitzgibbon : Effectivement,
le... Bon, j'ai le chiffre exact, là : 87 850 ont été sensibilisés,
pas tous sont sont rendus à prendre l'OTN. Mais je pense qu'Investissement
Québec... Parce qu'il y a 35 organismes qui font l'OTN. C'est sûr que je
ne les ai pas dans la tête, là, les 35, mais il faut que les entreprises puissent
parler à Investissement Québec, là, leur contact, Investissement Québec
régional, puis eux vont avoir accès aux 35 organismes qui font
l'accompagnement. Ils appliquent un programme. Puis, à ma connaissance, on ne
dit pas non à grand-monde, dans la mesure où, si le programme coûte, je ne sais
pas, moi, 15 000 $ de faire l'étude, bien, l'entreprise en paie la
moitié puis nous, on en paie la moitié. Alors, je pense qu'Investissement
Québec est l'organisme qui va pouvoir le faire.
Mon objectif... bon, je dis 87 500
qui ont été sensibilisés, j'aimerais ça que la plupart puissent... On vise à en
sensibiliser 160 000. Combien d'entre elles vont choisir d'investir, ça,
c'est une autre histoire, là. Évidemment, là, on a eu une période difficile,
avec l'inflation, on espère que ça va pouvoir revenir, mais il faut continuer
encore pendant plusieurs années.
• (10 h 40) •
Mme Boutin : Il reste
une minute. Je vais vous poser une petite question intelligence artificielle.
Le secteur en tant que tel, est-ce qu'il y a un plan de match pour positionner
le Québec encore plus, mondialement, dans l'intelligence artificielle?
M. Fitzgibbon : Bien, on est
chanceux parce que le fédéral va confirmer bientôt, c'est un secret de
polichinelle, qu'ils vont... qu'Apogée va être octroyé au Québec. Donc, le
Québec va reconduire son programme technique du fédéral. Nous avons reconfirmé
au Mila 21 millions <récemment...
M. Fitzgibbon :
...
programme technique du fédéral. Nous avons reconfirmé au Mila 21 millions
>récemment. Dans la Stratégie québécoise de recherche, investissement,
innovation, on a 117 millions, je me rappelle bien, d'investissements en
IA, donc on en a annoncé 21, il en reste d'autres. Donc, je pense que le
gouvernement du Québec va continuer au niveau recherche fondamentale qui nous
permet d'être notoires au niveau du monde. Le travail qu'on a à faire, c'est
faire le lien avec les entreprises.
La Présidente (Mme D'Amours) : Merci.
Maintenant, nous revenons à l'opposition officielle. M. le député de
Marguerite-Bourgeoys, la parole est à vous.
M. Beauchemin : L'impact
sur l'emploi, donc, c'est comme ça que j'ai terminé tantôt. Les trois trucs qui
semblaient... les trois questionnements les plus importants, c'est au niveau de
l'investissement, après ça c'était l'utilisation de l'IA par l'État puis
l'impact sur l'emploi.
Je vous dirais que, pour faire suite, là,
à ce que je disais tantôt à propos de... le risque réputationnel puis ce qui se
passe actuellement dans la tête de l'ensemble de la population, c'est cet
aspect-là, parce qu'il y a eu beaucoup, beaucoup, beaucoup d'articles, beaucoup
de commentaires qui ont été faits à ce sujet-là. On l'a vu, le plagiat aux
universités rend certaines nécessités pour les étudiants de ne plus avoir à
travailler autant, etc. Goldman Sachs a mentionné que, mondialement, on
pourrait penser qu'il y a jusqu'à 300 millions d'emplois sur la planète
qui pourraient être... C'est des gros chiffres, c'est quand même assez
impressionnant.
Je suis entièrement d'accord que c'est une
opportunité d'affaires, c'est une opportunité pour aussi améliorer l'économie québécoise,
la rendre encore plus compétitive, et tout ça. Mais il y a le côté humain de la
chose que, pour moi... c'est vraiment le facteur le plus important
actuellement. Comment peut-on s'assurer qu'il y ait une transition humaine dans
cette réalisation de l'intelligence artificielle? Puis, quand on écoute
l'ensemble des intervenants, il n'y a pas grand-chose qui est, comme, discarté :
Non, non, oublie ça, là... Il va y avoir des modifications à leur emploi, les
gens vont réétudier, vont se reskiller pour avoir d'autres... d'autres outils
dans leurs coffres d'outils pour être des nouveaux employés encore plus
performants.
Puis on l'a vu, à chaque fois qu'il y a
des transitions économiques significatives, l'arrivée de l'Internet, l'arrivée
de Word puis d'Excel, etc., a amélioré la productivité, puis ça peut peut-être
effectivement se rendre là. Mais il y a certains emplois qui sont sujets à être,
maintenant, une application, c'est assez réel. Et maintenant c'est comme les
chaînes de montage : bien, quand on était plus jeunes, il y avait les
arrivées des robots sur les chaînes de montage, à Sainte-Thérèse, puis on a vu
les gens faire la grève parce que, justement, ils perdaient leur emploi. Ils
n'ont jamais été remplacés, là. Il y avait plusieurs postes, ces gens-là ont eu
à se retrouver une raison d'être au niveau de l'emploi par la suite.
Donc, c'est toute la transition humaine. Moi,
je pense que ça, c'est l'impact sur l'emploi. Pour l'acceptabilité sociale,
pour avoir le support de la population puis pour calmer les inquiétudes de la
population, selon moi, c'est la priorité. Mais je vous fais une suggestion. Ce
serait probablement cet impact... ce secteur-là de votre questionnement qui
devrait définitivement être le plus rapidement possible envoyé dans une
commission publique comme ici, par exemple, où est-ce qu'on pourrait avoir le
questionnement. Qu'est-ce que vous en pensez, de ça?
M. Fitzgibbon : Bien, je
suis entièrement d'accord avec vous qu'il faut bien expliquer l'impact de l'IA et
de la robotisation, c'est relié, la numérisation, sur les emplois.
Je pense qu'on est privilégiés que cette
discussion-là ait lieu aujourd'hui et non pas voilà 15 ans. Voilà
15 ans, le ministre de l'Économie de l'époque était préoccupé par la
création d'emplois, c'était... on était obnubilés par ça. Il y avait des
premiers ministres qui mettaient... qui lançaient des chiffres de création
d'emplois, puis c'était encourageant pour la société. Alors, si on avait eu le
débat à ce moment-là, ça aurait été un peu en porte-à-faux.
Aujourd'hui, environnement où il faut
accepter qu'il y a une pénurie d'emplois, il faut accepter que la démographie
n'est pas de notre côté, mais pas juste au Québec, partout au Canada. Donc, on
a une démographie qui va croître de façon très faible, la population active
pourrait augmenter en pourcentage. Mais, le Québec, on est déjà très haut par
rapport à l'Ontario puis à d'autres provinces du Canada.
Donc on est dans une situation où, oui, il
y a un peu d'immigration, évidemment qu'on va vouloir faire. Mais
l'immigration, on ne va pas se compter des peurs, là, les migrants, tout le
monde les sollicite, là, les pays, là, tout le monde va courir après les
immigrants. Ça fait qu'à un moment donné, dans le monde, même, on voit l'Inde
puis la Chine qui commencent à réduire leurs démographies en termes de
croissance, donc c'est clair qu'on a un <environnement où...
M. Fitzgibbon :
...
réduire leurs démographies en termes de croissance, donc c'est clair qu'on a un
>environnement où il faut que nos jeunes se repositionnent et...
Bon, d'une part, ma collègue à l'Emploi,
elle est très soucieuse de ça, et c'est un débat qu'on pourra avoir.
Aujourd'hui, on a des pénuries d'emplois dans certains secteurs, alors moi, je
regarde ça puis je dis : OK, il faut aller soit former les gens ou
requalifier les gens quand c'est possible — souvent, ce n'est pas
possible — il faut aller recruter à l'internationale et il faut
numériser ou il faut mettre de l'IA, peut-être, dans certains procédés pour enlever
la... la pression sur l'emploi.
Comme je disais tantôt à votre collègue,
chez Investissement Québec, maintenant, il y a deux critères importants.
Quelqu'un vient me voir pour réduire les emplois, pour... un investissement qui
réduit les emplois, on va le supporter, ou crédits emplois mieux rémunérés, on
va le supporter. Puis l'autre, c'est les GES. Alors, vous... vous avez
absolument raison, puis je pense qu'on est heureusement dans un environnement
où la pression sur l'emploi est telle que les gens voient ça favorablement.
La question va être la transition. Il y a
des postes, les collets bleus par exemple... qui pourraient perdre leurs postes
parce que ça va être des gens avec des joysticks ou des écrans. Ils n'ont
peut-être pas la formation pour passer là, donc il y a un enjeu, je pense, de
transition, puis je pense que ma collègue en est consciente. Puis
effectivement, dans l'étude qu'on va faire avec Luc Sirois, on va voir ce qui
va arriver, puis, s'il y a une crainte, ou confusion, ou anxiété, il va falloir
l'adresser parce qu'on veut... on veut que les gens soient confortables.
M. Beauchemin : Ça
rejoint un petit peu ce que... ce qui était à la base même de cette
conversation-là initialement, là, il y a déjà plusieurs mois déjà, quand
j'avais mentionné ça initialement que... les balises, là. Mais on est chanceux
au Québec d'avoir une démocratie qui est en santé, on peut s'en parler, on peut
avoir une conversation, ce n'est pas pareil partout.
Donc, le problème que... que je peux voir,
c'est que l'utilisation, par exemple en Chine, de l'intelligence artificielle
va être faite en silos, totalement de façon différente par rapport à ce que
nous, on a l'intention de faire ici. Est-ce que vous voyez là-dedans une
menace? Est-ce que vous voyez là-dedans une opportunité? Est-ce que vous voyez
là-dedans une place, justement, à intervenir à un autre niveau, là, que...
qu'au Québec seulement, qu'au Canada seulement?
C'est vraiment... C'est un enjeu qui est
mondial, rendu là, parce que, si de... si des États voyous, si on peut les
appeler comme ça, décident de faire des robots militaires, c'est... c'est... on
s'en va à un autre niveau complètement, là. C'est tout cet aspect-là, tous les
questionnements, l'emploi, la sécurité, c'est tout ça qui est en jeu, là.
M. Fitzgibbon : Oui, mais
je vous réponds, c'est une question à haut niveau, là, mais je pense que,
géopolitiquement, ce qu'on voit présentement, c'est que les grands donneurs
d'ordre veulent avoir des chaînes d'approvisionnement beaucoup plus courtes et
résilientes. Je pense que ça, c'est très important.
Ce matin, j'étais avec... dans mon bureau,
avant d'arriver ici, avec une compagnie coréenne que je ne nommerai pas, qui
est un dominant dans un secteur très spécifique puis qui considère maintenant
s'établir en Amérique du Nord. Puis le Québec est un de leurs choix parce
qu'ils se disent : L'Amérique du Nord va être un cluster, va être un....
va... géopolitiquement, va être un secteur puis... Bon, c'est une compagnie
très, très technologiquement avancée, puis ils disent : Bien là, on
veut... on veut s'établir ici. C'est une compagnie qui n'a aucun «footprint»,
présentement, en Amérique du Nord. Alors, je pense que, ce phénomène-là, on va
le voir.
Là, on parle de la Chine, évidemment, il y
a des enjeux par rapport aux valeurs sociales, les gens sont réticents à
travailler avec la Chine; ça va probablement changer, je pense, il faut être
réalistes, là. Mais je pense qu'il va falloir peut-être aussi focaliser sur des
secteurs... Parce qu'il y a plusieurs parties de votre question, là, mais je
pense qu'il faut focaliser sur des secteurs où on peut attirer des jeunes, des
emplois qui sont bien rémunérés, je pense aux filières batteries, je pense à
l'aluminium aussi, si on voit qu'ELYSIS, éventuellement, fait de l'aluminium
vert. Il y a des postes de collets bleus qui n'existeront plus, il va y avoir
d'autres postes qui vont être créés. Il faut focaliser sur ça. Et je pense
que... je pense qu'on est capables de le faire, mais ça prend... ça prend une
discipline pour ne pas investir dans... dans tout.
• (11 heures) •
Puis après ça, la question, c'est le code
d'éthique, vous avez parlé du code d'éthique, comment le Québec peut s'insérer
dans l'éthique internationale. On a parlé de ça, l'autre fois, avec Yoshua
Bengio. Les gens du Mila, entre autres, là, pour être très, très spécifique,
voient une opportunité, comment le Québec, comment, le gouvernement... les
gouvernements, fédéral aussi, on peut aider ces gens-là à prendre leur position.
Puis moi, une chose qui m'inquiète, c'est
la puissance de calcul. Là, je déroge, mais... On ne peut pas faire du ChatGPT,
ici, on n'a pas la puissance de calcul pour le faire. Le quantique, on l'aura
un jour, là. Alors, on est un peu... on est... on est... on est, je pense, bien
positionnés sur une base d'éthique, Déclaration de Montréal. La question, c'est :
Comment est-ce qu'on peut prendre un leadership pour établir des règles
internationales? C'est ça qui est votre question. C'est plus complexe, mais je
pense qu'on va... il faut essayer de le faire dans un temps <réaliste
sur...
M. Fitzgibbon :
...
complexe, mais je pense qu'on va... il faut essayer de le faire dans un temps
>réaliste sur nos capacités. Mais je pense qu'on a...
Puis, pour conclure, vous étiez là, M. Bengio,
la question lui a été posée, à un moment donné : Êtes-vous capables de
recruter du monde en IA? Il a dit oui parce qu'à cause de notre notoriété puis
d'autres, à côté, on peut recruter du monde. Bien, profitons-en pour prendre
ces gens-là, le talent, puis les faire travailler, autant sur le côté
domestique que le côté éthique internationale, là.
M. Beauchemin : Je vais
revenir sur le rôle de l'Innovateur en chef. Donc, dans la suite de cette
rencontre-là, justement, son rôle est d'entendre les gens, les groupes, les
acteurs de la société civile qui, eux, veulent s'exprimer sur les avancées, sur
la lettre qui a été écrite par, maintenant, presque 30 000 personnes,
les craintes, etc. Mais, parallèlement à ça, est-ce qu'il y aurait... il y
aurait-tu comme un contrôle de la réponse gouvernementale? Est-ce que c'est à
lui, M. Sirois, de s'assurer que la réponse gouvernementale soit un peu
uniforme à travers l'ensemble des ministères?
M. Fitzgibbon : Oui,
bien, écoutez, mon collègue qui était avec moi à la rencontre du 12 avril
dernier, le ministre de la Cybersécurité puis du Numérique, travaille avec le
CIQ aussi, parce que le cadre de gouvernance du gouvernement a été mis dans ce
ministère-là, il a été créé pour ça. Alors, évidemment, ça avance très vite,
toute cette évolution-là. Alors, clairement, au moment où on se parle, il y a
des discussions qui n'ont pas rapport au ministère de l'Économie, qui ont lieu
avec M. Sirois.
Parce que M. Sirois, c'est un peu
comme Rémi Quirion. Rémi Quirion, c'est le chef scientifique du Québec, il
travaille avec tous les ministères. Il faut juste qu'il soit parqué à quelque
part, puis il est au ministère de l'Économie. Ministère de l'Innovation, bien,
il y a une logique, évidemment, parce que c'est le trait d'union entre
Investissement Québec puis M. Quirion. Mais Luc Sirois travaille avec tous
les ministères, il a des réunions constamment avec d'autres ministres, d'autres
ministères, auxquelles on n'est pas impliqués. Alors, oui, il faut le faire,
parce que, si on n'est pas cohérents entre nous, ça va être dur de convaincre
la population qu'on est... qu'on comprend l'environnement, là.
M. Beauchemin : La
raison pour laquelle je pose cette question-là, c'est parce que le ministère de
l'Éducation a appelé à... annoncé, excusez, un forum pour discuter des enjeux
de l'intelligence artificielle dans les cégeps et les universités. Ça, c'est
avant la nomination de M. Sirois. Ça fait que je me pose juste une
question, comme : Est-ce que c'est possible, donc, alors, que certains
ministères vont aller dans une direction avant même que...
M. Fitzgibbon : Je ne
suis pas familier avec ce à quoi vous référez, mais je suis convaincu, quand on
parle du cégep, on parle de ma collègue à l'Enseignement supérieur... convaincu
que M. Sirois va être partie prenante de la discussion. Peut-être qu'il ne
sera pas aux rencontres, mais il va avoir... Il faut qu'il y ait un vase
communicant, clairement, parce que sinon on n'accomplira pas, là.
M. Beauchemin : Juste
vous lire, là : «Lundi le 15 mai, à Montréal, la ministre québécoise
de l'Enseignement supérieur, Pascale Déry, réunira enseignants, professionnels
en pédagogie, chercheurs, experts en technopédagogie et en intelligence
artificielle, mais aussi étudiants et membres de la direction pour se pencher
sur ce sujet.» Puis ça, c'est dans un peu plus de deux semaines, là. C'est
juste... C'est un peu ça, ce que j'essaie de voir. Parce qu'il semble y avoir
une initiative qui est prise de façon individuelle par rapport à l'enseignement
supérieur. Quel est le rôle... quel sera le rôle, alors, de l'Innovateur en
chef? Est-ce que ce serait à cette personne... à cet individu-là de ramasser
tout le monde, dire : OK, on va y aller de façon plus ordonnée? Il y
a-tu...
M. Fitzgibbon : Bien, je
ne suis pas familier avec l'événement. J'ai pris une note : le 15 mai,
là. Probablement que ça a été organisé avant le 12 avril, je présume, là,
mais je peux me tromper. Mais je n'ai aucune crainte, parce qu'il y a plusieurs
comités interministériels. Luc Sirois et Rémi Quirion, les deux, parce qu'ils
sont très complémentaires, travaillent tous les ministères. Alors, je vais
faire un suivi, là. Mais moi, je pense qu'une chose comme celle-là,
probablement que c'est une initiative du ministère de l'Enseignement supérieur,
qui est très bonne, parce que l'IA fait partie du cursus qu'on veut faire avec
nos jeunes. Mais clairement, s'il y a des... si, dans le cadre de ce qu'ils
font, il y a des recommandations qui touchent le côté éthique puis le côté
qu'on parle, clairement, il faut que M. Sirois soit impliqué, et je suis
pas mal convaincu qu'il va l'être.
M. Beauchemin : Moi, je
n'ai pas une énorme expérience en gestion de l'État, là, je suis nouvellement
élu depuis le 3 octobre, mais je commence à avoir déjà des cheveux gris
qui s'additionnent. Mais ça m'apparaît un petit peu évident, par exemple, qu'il
y a une coordination qui devrait être un peu mieux faite pour ne pas qu'il y
ait, justement, ces fuites-là, d'une certaine façon, d'aller d'un bord puis de
l'autre, là, donc...
M. Fitzgibbon : Oui,
bien, encore une fois, je vais prendre un peu de recul par rapport à ça. Le 15
mais, là, c'était organisé avant le 12 avril. L'IA, c'est un domaine
important pour l'enseignement supérieur. On a demandé, d'ailleurs, à ma
collègue la ministre de l'Enseignement supérieur de produire plus de gradués.
Parce que, tantôt, on <parlait de...
M. Fitzgibbon :
...
l'Enseignement supérieur de produire plus de gradués. Parce que, tantôt, on
>parlait de... il faut atteindre 200 000 entreprises, là,
peut-être 180 000 entreprises québécoises, parce que ça prend du
monde qui connaissent l'IA pour aller dans l'entreprise, pas rien que des
docteurs non plus. Ça fait qu'on a une pression énorme sur le côté TI, les...
le STGM, plutôt. L'Enseignement supérieur, je ne suis pas surpris, je suis...
En fait, je suis heureux de voir qu'il y a une ruée par rapport à ça. Mais je
peux vous assurer qu'au niveau éthique, ce qui va sortir de là, c'est clair que
ça va s'englober avec M. Sirois, parce qu'il faut... il faut que ce soit
cohérent. Alors, moi, je m'engage à ce que la partie éthique de... la partie
éthique de tout ça s'incorpore dans l'exercice que M. Sirois va commencer.
M. Beauchemin : Je
comprends un peu la genèse, pourquoi que l'enseignement... l'Enseignement
supérieur a été, comment je pourrais dire, stimulé à agir plus rapidement. Parce
que, dans les premiers balbutiements, là, qu'on a vus, sur ChatGPT, c'était
justement ce que j'avais mentionné tantôt, les étudiants qui demandaient à
ChatGPT de rédiger leurs rapports de recherche, etc. Donc, il y avait tout le
côté droits d'auteur, il y avait tout le côté est-ce que nos étudiants vont
étudier, finalement, il y avait tout ce côté-là qui a été... Ça fait que
peut-être que ça, c'est en arrière de la raison du pourquoi que le 15 mai
il y a ça.
Mais il y a aussi les mêmes questions qui peuvent
se poser au niveau de la sécurité de l'information. Le ministre Caire, qui
peut-être est un petit peu occupé de ce temps-ci, là... Mais, je veux dire, il
y a quand même énormément de trucs qui auraient pu être faits juste au niveau
de la sécurité de notre information. Tous ces questionnements-là reviennent; le
dénominateur commun, c'est transparence. Puis je comprends qu'il y a un
processus, je comprends qu'il y a des étapes à suivre, et tout, mais je pense
que pour peut-être calmer le jeu, ça aiderait de définitivement, déjà, juste
mentionner...
La Présidente (Mme D'Amours) : ...
M. Beauchemin : ...même
si on prend des chemins différents, de mentionner que, oui, il va y avoir une
ouverture pour une commission québécoise sur l'intelligence artificielle, dans
un mandat d'initiative quelconque, pour assurer aux gens comme quoi que ça va
être ouvert.
La Présidente (Mme D'Amours) : Merci.
C'est tout le temps que nous avions. Nous poursuivons nos périodes d'échange
avec le deuxième groupe d'opposition. M. le député de Maurice-Richard, la
parole est à vous.
M. Bouazzi : Merci
beaucoup, Mme la Présidente. Donc, bien, évidemment, on a parlé de l'importance
des investissements économiques pour pouvoir atteindre nos objectifs de gaz à
effet de serre. On a aussi parlé, et c'est là où on était, sur l'expertise
du... des fonctionnaires du ministère de l'Économie pour imaginer l'économie de
demain et surtout comprendre nos spécificités à nous. Mais ma question pour M.
le ministre : Est-ce que le travail de consultants comme McKinsey serait
meilleur si les fonctionnaires sont consultés?
M. Fitzgibbon : Excusez-moi,
les fonctionnaires n'ont pas été consultés, ils ont participé.
M. Bouazzi : Ils ont
participé au... à... le travail de McKinsey?
M. Fitzgibbon : Il faut
comprendre comment les boîtes fonctionnent. Les consultants ne travaillent pas
dans leurs bureaux, seuls, sans parler à personne. C'est des fonctionnaires qui
travaillent avec eux autres.
M. Bouazzi : Est-ce que les
fonctionnaires étaient prévenus qu'un tel contrat était... était demandé à McKinsey?
M. Fitzgibbon : C'est
eux qui l'ont signé.
M. Bouazzi : Le contrat?
M. Fitzgibbon : Oui.
M. Bouazzi : Dans le
travail sur le fond de ce rapport, il y avait une partie qui touchait à la
pénurie de main-d'œuvre. Est-ce qu'il y avait, dans les conseils de McKinsey,
des conseils sur l'immigration?
M. Fitzgibbon : Non.
M. Bouazzi : Ils ont
fait tout un rapport sur la question de pénurie de main-d'œuvre, sans donner
aucune recommandation sur la question de l'immigration?
M. Fitzgibbon : On ne
leur a pas demandé.
M. Bouazzi : Et vous
avez été satisfaits qu'une boîte de consultants vous conseille sur la pénurie
de main-d'œuvre, sans qu'il y ait... Je pense qu'on s'entend tous ici,
probablement, en tout cas j'espère, que l'immigration est une des solutions
parmi les solutions qui touchent à la pénurie de main-d'œuvre.
M. Fitzgibbon : On a une
très bonne connaissance de l'immigration. On n'a pas besoin de se faire dire
par McKinsey quoi faire.
M. Bouazzi : Et donc il
n'y a pas eu aucune recommandation sur ça? Mais, dans le cadre...
M. Fitzgibbon : Bien, je
me répète, là, j'ai dit : On ne l'a pas demandé, ça fait qu'ils n'ont pas
fait de recommandation, c'est sûr.
M. Bouazzi : Et dans le
cas de KPMG, est-ce qu'il y a eu une recommandation dans ce sens?
M. Fitzgibbon : Aucun
rapport.
M. Bouazzi : Intéressant.
Donc, on a un rapport sur la pénurie de main-d'œuvre où on ne demande pas de
recommandation sur la question de l'immigration. On a une une étude sur
l'avenir économique du Québec où on ne se pose pas la question d'atteindre ou
pas nos... nos objectifs de gaz à effet de serre. Est-ce que la stratégie
batterie qui a été analysée, donc, analysée par McKinsey, fait partie d'une
stratégie plus large pour atteindre nos objectifs climatiques?
M. Fitzgibbon : Non.
M. Bouazzi : Donc, le
fait d'investir dans la filière batterie...
11 h (version révisée)
M. Bouazzi : ...pour atteindre
nos objectifs climatiques.
M. Fitzgibbon : Non.
M. Bouazzi : Donc, le fait d'investir
dans la filière batterie n'a rien à voir avec les objectifs qu'on a pour
diminuer les gaz à effet de serre?
M. Fitzgibbon : On a
différentes initiatives. La stratégie batterie était une stratégie de valeur
ajoutée qui en donne... qui donne à pouvoir permettre la réduction de GES dans
l'ensemble de l'œuvre, mais on a choisi les secteurs industriels au Québec qui
pouvaient se démarquer, créer de la richesse, parce qu'on est pauvre, au Québec,
là.
M. Bouazzi : Donc, le seul
objectif autour de ça, c'est qu'il y a des affaires à se faire dans cette
industrie-là.
M. Fitzgibbon : Il y a des
quoi?
M. Bouazzi : Des affaires. Il
y a de l'argent.
M. Fitzgibbon : De l'argent,
de la richesse, oui. De la richesse collective, il faut en créer, au Québec.
M. Bouazzi : Absolument, mais
ça ne fait pas partie... J'ai du mal, honnêtement, M. le ministre, à comprendre
comment est-ce qu'investir dans une... ne fait pas partie d'une vision plus
large d'atteinte de diminution de gaz à effet de serre, mais je comprends que
ce n'était pas un paramètre qui avait été pris en compte.
M. Fitzgibbon : Non, mais là,
je ne sais pas où vous allez, j'ai beaucoup de misère à vous comprendre, je m'excuse.
J'ai dit tantôt, d'entrée de jeu, que le ministère de l'Économie a deux
objectifs, le premier, qui est créer de la richesse collective pour qu'on sorte
de notre pauvreté collective, pour investir dans les missions de l'État
importantes comme l'éducation, la santé. D'autre part, on a une stratégie aussi
de développement économique pour réduire les GES. Donc, on regarde les deux de
façon concomitante. C'est ça, la stratégie du gouvernement.
M. Bouazzi : Je comprends. Je
veux juste être clair si je n'ai pas été clair. Effectivement, nous... un
gouvernement solidaire s'assurerait effectivement que la vision économique soit
cohérente en tout temps avec des objectifs de baisse de gaz à effet de serre dans
notre économie, tout en s'assurant d'un certain nombre d'objectifs sociaux, y
compris s'assurer du bien-être des travailleuses et des travailleurs et des
revenus qui y sont associés. Je comprends que, dans le cas de l'investissement
de la filière batterie, ce n'était pas la question, la question climatique ne
faisait pas partie des paramètres de ces investissements-là, et qu'effectivement
le seul paramètre, c'était à quel point est-ce qu'on va créer de la richesse.
Est-ce que... Je vais revenir, ici, oui, est-ce
que... Donc, on a vu, en décembre, en parlant de richesse, en décembre dernier,
2022, le PDG d'Investissement Québec nous dire que nous allons doubler les
investissements prévus dans la filière batterie en 2023. Vous avez déjà dit
vouloir investir de 2 à 3 milliards de fonds publics dans les filières
batteries. Où est-ce qu'on en est aujourd'hui dans les investissements qui ont
été mis en place par le gouvernement dans cette filière?
M. Fitzgibbon : Bien,
écoutez, on a... C'est probablement la filière industrielle la plus imposante
que le gouvernement du Québec contemporain n'aura jamais eue. Présentement, on
a plusieurs projets qui ont été annoncés, principalement à Bécancour, mais il y
a d'autres places aussi. On est la chaîne au complet, parce que la batterie, là,
c'est très large, là, on parle du minier, évidemment, on parle des matériaux et
composantes de batteries, on parle de la production de cellules.
Éventuellement, on parle de la fabrication de certains véhicules électriques,
tels autobus scolaires, autobus urbains, on parle du recyclage. Alors, écoutez,
on est rendu pas loin de 4 milliards, probablement, 4, 5 milliards d'investissements.
Le gouvernement, règle de l'art... règle
du pouce, je m'excuse, mettez 25 %... investissements, c'est ça... du
gouvernement, en prêts, une partie qui serait pardonnable, mais, en gros, on
prête jusqu'à 25 %, fédéral... puis, du 25 % qu'on prête, une partie
est pardonnable, selon des critères qu'on détermine.
M. Bouazzi : Dans le budget,
il y avait un certain nombre... un élargissement des congés fiscaux pour les
grands projets d'investissement... notamment la filière des batteries. Sur les
373 millions de cadeaux fiscaux aux entreprises, combien pourraient aller
aux batteries?
M. Fitzgibbon : Nous ne
savons pas, c'est un estimé qui a été fait par le ministère des Finances. On
regarde ça a posteriori. Il est trop tôt pour le savoir, parce qu'il y a des
projets qui ne sont pas nécessairement éligibles, il y a des critères. Alors,
je n'ai pas la réponse à votre question.
M. Bouazzi : Sur chaque
dollar investi, quelles sont les retombées pour le Québec, les retombées
fiscales?
M. Fitzgibbon : C'est large,
comme question. Je vais répondre différemment. Quand on regarde un projet, les
projets structurants comme celui-ci, dans la filière batterie, généralement, on
est ouverts à prêter 25 %, le fédéral fait la même chose, ça fait
50 %. Après, avec l'équipe du ministère des <Finances...
M. Fitzgibbon :
...prêter
25 %, le fédéral fait la même chose, ça fait 50 %. Après, avec
l'équipe du ministère des >Finances, on regarde les retombées, pas juste
fiscales, les retombées globales, et on donne un pourcentage de ça en pardons.
Alors, généralement, ça peut être un pourcentage
du pardon, qui peut aller de 20 à 50 %, par exemple, mais dans aucun cas
on ne va vouloir donner un pardon qui va excéder les retombées qui ont été
calculées sur une période de cinq, 10 et 15 ans. Alors, je n'ai pas de
pattern parce que votre question est trop large. On a à peu près
90 projets, présentement, dans les batteries, qu'on regarde, certains sont
en ébullition, commencent, seulement, donc ce n'est pas toujours le même pourcentage,
mais je peux dire que...
M. Bouazzi : Bien, globalement,
M. le ministre, on parle de 4 milliards de dollars. Ce n'est pas une
petite somme. Quel est le revenu dans les cinq prochaines années, les retombées
de ces 4 milliards de dollars investis? Quel est l'ordre de grandeur?
Je comprends qu'il y a des pardons, ça fait que ça, c'est de l'argent qu'on
perd. Je comprends qu'il y a des...
M. Fitzgibbon : Non, non, ça,
c'est très mal dit, on ne perd pas l'argent, on gagne de l'argent.
M. Bouazzi : Quand il y a des
pardons?
M. Fitzgibbon : De dire qu'on
perd de l'argent... dire que... perdre de l'argent, je pense que vous ne dites
pas les bonnes choses.
M. Bouazzi : Il faudrait que
la somme soit positive, mais, je veux dire, quand on pardonne des prêts, on
s'entend que c'est de l'argent qui ne revient pas. Ce n'est pas ça?
M. Fitzgibbon : Non, mais
pourquoi... pourquoi on ferait un pardon?
M. Bouazzi : Bien, c'est une
bonne question.
M. Fitzgibbon : Parce qu'on
fait des retombées, je viens de l'expliquer. Il y a des retombées qui excèdent
les pardons, donc on ne perd pas de l'argent.
M. Bouazzi : Donc, on est
d'accord, effectivement. Donc, le pardon tombe dans la colonne des moins, et
puis il faudrait que les retombées tombent dans la colonne des plus.
Ma question, c'est : Quelle est
l'évaluation de la somme des deux colonnes sur un investissement aussi immense
que 4 milliards? On a compris que l'investissement dans les batteries
n'était pas dirigé par une volonté d'atteindre les diminutions de gaz à effet
de serre. Est-ce qu'on a une idée claire de, au moins, les affaires que font
ces compagnies et quelles sont les retombées pour... qu'elles soient fiscales
ou pour les travailleuses et travailleurs du Québec?
M. Fitzgibbon : Les retombées
vont être plus grandes que le pardon.
M. Bouazzi : Mais est-ce que
vous avez des chiffres?
M. Fitzgibbon : Bien, ça peut
varier entre une et deux fois. Chaque cas est différent.
M. Bouazzi : Donc, sur cinq
ans, les 4 milliards dont on parle, il y aurait un 4 milliards, voire
même un 8 milliards de retombées économiques?
M. Fitzgibbon : Possiblement.
M. Bouazzi : OK. Et les
métriques associées à ça, je veux dire, aujourd'hui, on en est où, en 2023?
Est-ce que... Ça marche comment?
M. Fitzgibbon : Ça commence,
la filière. En 2019, le mot «batterie» n'était pas dans le vocabulaire du
gouvernement.
M. Bouazzi : OK. Et là, en...
À partir de quand on va commencer à avoir des métriques associées à ces
retombées économiques?
M. Fitzgibbon : Quand on va
produire des... La plus grosse usine, là, c'est celle de POSCO-GM va produire
en 2027... 2026. Nemaska, hydroxyde, va être en 2027, Nouveau Monde Graphite,
l'anode, en 2028...
M. Bouazzi : Excusez-moi, M.
le ministre, il me reste 20 secondes. Les 10 000 travailleurs
dont on a besoin pour pouvoir produire toute cette richesse, vous allez les
enlever de quelles industries, exactement?
M. Fitzgibbon : On va
produire du talent. On travaille étroitement avec l'Université du Québec à
Trois-Rivières, M. Christian Blanchette, on travaille avec le cégep, on
travaille...
La Présidente (Mme D'Amours) : Merci
beaucoup. Le temps étant écoulé, nous allons passer à la prochaine période
d'échange. Nous revenons à l'opposition officielle. M. le député de
Marguerite-Bourgeoys, la parole est à vous.
• (11 h 10) •
M. Beauchemin : Merci, Mme la
Présidente. M. le ministre, tout à l'heure, vous avez parlé du
21 millions, là, qui a fait suite, là, à notre rencontre, là, chez Mila,
il y a quelques semaines déjà de ça, le décret, là, pour financer de la
recherche. Il y a eu aussi un 9 millions pour un fonds de recherche, pour
consolider le programme de recherche et de partenariat sur l'adoption de
l'intelligence artificielle en santé. Ça, ça a été fait le 22 mars 2023.
Spécifiquement, là, c'était : l'adaptation de l'intelligence artificielle
en santé pour le soutien à l'adoption de l'intelligence artificielle dans les
établissements du réseau de santé. Ensuite, il y a eu 4,5 millions de
dollars qui a été décrété pour le Centre de recherche informatique de Montréal
pour soutenir confiance... intelligence artificielle et Confiance AI... Centre
de recherche informatique de Montréal, au cours des exercices 2022, 2023, 2024,
2025, afin de soutenir des activités pour le financement du projet Confiance IA,
visant l'accélération de l'adoption de l'intelligence artificielle dans le
système de critiques de l'industrialisation ainsi que la commercialisation de
l'intelligence artificielle de confiance au Québec. C'est quoi, l'implication
de l'innovateur en chef dans ces deux autres décrets là?
M. Fitzgibbon : Bon. Premièrement,
la plupart des sommes d'argent, là, je regarde la SQRI2, là, la
Stratégie québécoise de recherche et d'investissement et d'innovation qu'on a
lancée au printemps 2022, dans laquelle, et Luc Sirois, et Rémi Quirion
ont participé, le Scientifique en chef et l'innovateur en chef... la plupart
des sommes <viennent...
M. Fitzgibbon :
...et
Luc Sirois, et Rémi Quirion ont participé, le
Scientifique en chef et l'innovateur
en chef... la plupart des sommes >viennent de là. Il y a des sommes qui viennent
aussi du FRQ, là, trois fonds, les Fonds de recherche du Québec. Il y a des
sommes qui viennent de là aussi puis il y a probablement des sommes qui vont venir
de certains secteurs, bon, là, on parle de santé, sciences de la vie, on parle
de l'aluminium puis on parle de l'aérospatiale. Il y a des sommes là-dedans
aussi.
Alors, il y a plusieurs sources, mais je
vous dirais que la personne responsable de l'allocation des fonds de la SQRI
s'appelle Mathieu Gervais, qui est le sous-ministre adjoint à l'Innovation, qui
travaille étroitement avec le député de Jean-Talon, entre autres, qui est
responsable de l'innovation, et aussi Rémi, et Luc Sirois. Donc, c'est un
travail d'équipe, puis c'est Mathieu Gervais, au ministère, qui s'occupe de l'Innovation,
qui est celui qui va travailler avec les forces vives.
M. Beauchemin : OK. Puis,
pour ce qui est de la Santé, ça, ça se trouve à être qui qui...
M. Fitzgibbon : Bien, santé,
ce qu'on a fait, c'est qu'on a divulgué... Je ne me rappelle pas la date, là,
la stratégie des sciences de la vie, là, j'étais avec mon collègue le ministre
de la Santé, parce qu'évidemment je ne vous apprendrai rien en disant que le
succès de son initiative va passer en grande partie par l'innovation dans le
domaine de la santé. Alors, le ministre était avec moi quand on a lancé la
stratégie des sciences de vie, je pense que ça fait un an, un an et demi, mai
2022... alors, il était avec moi.
Alors, il y avait quatre initiatives, il
en a pris une. Alors, lui, il est très, très, très intéressé à ce que
l'innovation soit au rendez-vous, alors... Puis, dans certains cas, il y a des
sommes d'argent qui peuvent venir, parce qu'il y a une espèce de bureau de l'innovation
à l'intérieur du MSSS, qui existe, là, mais la pierre angulaire, c'est le
ministère de l'Innovation, et on travaille avec eux autres, c'est sûr, très,
très étroitement.
M. Beauchemin : Ça fait que,
donc, la coordination, là, est comme, tu sais, mobile, dans le sens qu'il y a
comme votre participation dans le secteur académique, avec Mila, le ministre de
la Santé, pour ce qui est de la Santé, il y a donc... Mais il y a-tu une place
où est-ce que tout se rejoint en haut, puis on prend la décision, dans un genre
de conseil?
M. Fitzgibbon : Oui. En fait,
le ministère que je représente, c'est le ministère Économie, Innovation,
Énergie. Donc, innovation, tout passe par le MEIE. Maintenant, innovation, je
me rappelle, quand on a fait la SQRI², la députée de Châteauguay, à l'époque, avait
été responsable, c'est elle qui travaillait, comme le député de Jean-Talon.
Elle avait créé un événement où tous les intervenants étaient venus, et il y
avait beaucoup de comités interministériels, parce qu'effectivement
l'innovation, même si ça réside au ministère de l'Innovation, ça touche tous
les ministères.
Alors, le point central, c'est le MEEI.
Par contre, il y a plusieurs initiatives des... interministérielles. Par
exemple, quand on lance une zone d'innovation, c'est sûr qu'il faut parler à l'Enseignement
supérieur, l'Éducation, bon, Santé, dépendamment des cas. Alors, clairement
coordonné par le ministère chez nous, mais qui doit impliquer tous les
ministères concernés.
M. Beauchemin : OK. Il n'y a
pas... Il ne semble pas... Bien, je vous entends, mais je me dis, on dirait
qu'il y a quand même plein d'initiatives qui semblent arriver, puis c'est
peut-être un gros mot, là, que je vais dire, du champ gauche, mais ce n'est
peut-être pas ça. On dirait qu'il y a des initiatives qui semblent se prendre
un petit peu à l'extérieur de ce ministère-là.
Je voulais juste, quand même, souligner le
fait que, de façon très transpartisane, ce serait quand même intéressant de
pouvoir, justement, à un moment donné, avoir tous ces gens-là pour avoir un son
de cloche, là, unanime au niveau de la coordination.
Puis je parle de ça de façon très, très
ouverte, parce que ce que je veux comprendre... C'est qu'actuellement, quand on
le regarde de l'extérieur, on a l'impression que ce n'est pas si bien coordonné.
Moi, ce que je veux voir, c'est une meilleure coordination, comme si, par
exemple, au bureau du premier ministre, on aurait à cœur les implications de
l'intelligence artificielle pour l'ensemble de l'appareil gouvernemental, pour
l'ensemble de la province, pour l'ensemble des Québécois. Ça ne semble pas être
le cas, ça ne semble pas être un dossier assez important pour être à la hauteur
du cabinet du premier ministre. Donc, il y a donc ces initiatives-là qui
semblent être un petit peu faites, là, ici et là, qui, des fois, sont
coordonnées par l'innovateur en chef, mais pas tout le temps. Ça fait que c'est
un peu ça, l'image que ça donne. Êtes-vous en désaccord?
M. Fitzgibbon : Oui, je suis
en total désaccord. En fait, je suis en objection complète à ce que vous venez
de dire, parce que, justement, le... Puis je vous inviterais à la lire, si vous
ne l'avez pas fait, la Stratégie québécoise de recherche et d'investissement en
d'innovation... inclut l'IA là-dedans. Et c'est la première fois, en fait,
qu'on <voit...
M. Fitzgibbon :
...la
Stratégie québécoise de recherche et d'investissement en d'innovation... inclut
l'IA là-dedans. Et c'est la première fois, en fait, qu'on >voit un document...
bon, c'est un document qui est aussi holistique sur l'impact de l'innovation
dans toutes les missions de l'État, dans toutes les entreprises, services
sociaux. Alors, entre la SQRI2, dans laquelle Rémi Quirion est
impliqué, parce qu'il y a un volet Fonds de recherche, dans laquelle Luc est
impliqué, Sirois, parce que, lui, c'est le trait d'union des entreprises puis
de la recherche... je pense qu'on a tout l'ensemble de l'oeuvre, qui est
tellement bien expliquée, et que Mathieu Gervais, qui est le sous-ministre
adjoint, qui travaille pour David Bahan, ici... Mathieu est responsable,
justement, de s'assurer que les initiatives à l'intérieur de la SQRI soient en
conformité avec les objectifs des différents ministères.
Puis, quand on a fait la SQRI, c'est la
première fois qu'on voyait ça au Québec, là. Votre gouvernement avait essayé
puis n'avait pas réussi, avant, là, avant vous, là. Alors, on avait tous les
ministres qui ont participé à cette grand-messe là, puis il y a eu une
adhésion, certains ministères plus que d'autres, je dois avouer, mais,
aujourd'hui, que ce soit l'Agriculture, que ce soit l'Enseignement supérieur,
que ce soit... bien, l'Énergie, c'est rendu chez nous, vous avez les Ressources
naturelles, moi, je pense qu'il y a une cohésion. Alors, peut-être qu'il y a
un manque de communication, là, si vous n'avez pas bien saisi ça, mais, au
contraire, moi, je pense qu'on a... on a un environnement qui est très, très,
très... M. Legault, le premier ministre, est même venu à la... aux consultations
pour la SQRI, puis il avait participé à la consultation, puis il y avait
exprimé le fait que pour que le Québec, dans les prochaines années, sorte de sa
pauvreté collective, en termes économiques, bien, il faut que l'innovation soit
au rendez-vous. Bien, moi, je pense qu'on a une bonne cohésion, mais il y a
encore beaucoup à faire. Ça a déjà été mis de l'avant en 2022, jusqu'en 2027,
donc on a encore quelques années pour conclure... pas «conclure», mais pour
avancer dans la stratégie.
M. Beauchemin : Je vous
entends, mais je réitère que même, par exemple, l'exemple du... de la réunion
pour la ministre de l'Enseignement, Pascal Déry, le 15 mai, c'était un
fait nouveau pour vous ce matin. Cette coordination-là donne quand même cette
image-là, qu'elle n'existe pas parfaitement. C'est ça, le point que j'essaie de
mentionner, qu'il y a des trucs qui semblent se faire ici et là, que ça ne
semble pas avoir été cautionné de façon centrale.
M. Fitzgibbon : Bien, écoutez,
juste une note, là, une anecdote, là, mais un ministre ne peut pas savoir tout
ce qui se passe au gouvernement, là, ce serait impossible. Alors, pendant qu'on
se parlait tantôt, David Bahan, mon collègue à côté, me faisait part que
Mathieu Gervais, la fameuse personne, est en contact avec le MES depuis trois
semaines sur cette réunion-là, donc l'harmonie est parfaite. Le ministère a été
impliqué, Luc Sirois est impliqué, alors je pense que... Je ne le savais pas,
effectivement, mais je ne peux pas tout savoir, là. J'en sais pas mal, là, mais
j'ai des limites sur ce que je peux lire et entendre.
Donc, la bonne nouvelle, c'est que, malgré
le fait que je ne savais pas que ça avait lieu, l'initiative est coordonnée par
le ministère de l'Innovation.
M. Beauchemin : Je vais vous
amener sur un terrain un petit peu plus macro. Lorsque vous êtes arrivé au
pouvoir en 2018, est-ce qu'il y a eu des facteurs qui ont été évalués pour
regarder le portrait économique du Québec, où est-ce que sont nos forces, nos faiblesses,
nos opportunités, nos menaces de.... classiques, «SWOT analysis», là? Est-ce
qu'il y a eu un «SWOT analysis», qui aurait été fait, une analyse SWOT qui
aurait été faite en 2018 par votre ministère?
• (11 h 20) •
M. Fitzgibbon : Oui, en fait,
dans la campagne électorale qui a mené à l'élection de la CAQ et qui a été
confirmée après par le travail avec le ministère... En fait, moi, dans les
premiers mois après que j'ai été élu, j'avais trois... bien, je n'avais pas
l'Énergie, à ce moment-là, mais j'avais trois choses importantes qu'il fallait
faire : il fallait que la balance commerciale internationale soit plus
équilibrée. On importait beaucoup plus que nous exportions. Deuxièmement, il y
avait une problématique au niveau de l'innovation. C'était clair que nous
étions sous-numérisés, sous-robotisés, au Québec, ce qui faisait qu'on avait un
écart de productivité. Puis la troisième chose, c'est que les investissements
étrangers, là, ce qu'on appelle, là, les investissements directs étrangers,
n'étaient pas à un niveau que je trouvais acceptable. Depuis plusieurs années, on
trouvait que c'était très faible, on voulait les doubler.
Donc, on voulait rétablir l'équilibre
commercial. À l'époque, il y avait un déficit commercial d'à peu près
23 milliards. Là, je parle, en 2017, là, 2018, si j'exclus le Canada, là,
je parle... Québec puis à l'international, déficit de 23 milliards.
Innovation, on avait... je n'avais pas les chiffres, là, mais c'était clair
qu'on était sous-investis. Puis donc on a voulu... Puis, investissements
directs étrangers, on était à 2 milliards, je pense. Alors, on voulait
doubler ça, bon. Ça, c'était le constat à l'époque. Je vais arrêter là, là.
M. Beauchemin : Donc, en
2018, la balance <commerciale...
M. Fitzgibbon :
...bon.
Ça, c'était le constat à l'époque. Je vais arrêter là, là.
M. Beauchemin :
Donc,
en 2018, la balance >commerciale, l'innovation et puis...
M. Fitzgibbon : L'investissement
étranger.
M. Beauchemin : Investissement.
Quatre ans plus tard, votre analyse, elle ressemble à quoi, maintenant?
M. Fitzgibbon : Bon. On a de
très bonnes nouvelles. Investissements directs étrangers, on a doublé, donc on
a respecté nos engagements, on a... à un point qu'aujourd'hui ce n'est plus une
priorité. On va continuer, évidemment, la filière batterie, évidemment, a aidé
beaucoup. Donc, on a fait un travail extraordinaire. Investissement Québec
International, qui n'existait pas, qu'on a créé avec le gouvernement, qui est
dirigé par M. Hubert Bolduc, a une équipe extraordinaire, on a Guy LeBlanc,
comme chef d'Investissement Québec. Donc, je pense qu'on a des marques ou un
bulletin très, très favorable par rapport à ça.
L'innovation, c'est un travail en progrès.
Est-ce qu'on est rendus où on va être? La réponse, c'est non. On a comme
objectif tangible de réduire le fameux écart de richesse avec l'Ontario, bon,
on a réduit d'une couple de points, mais il y a encore beaucoup à faire. C'est
un travail qui va prendre une décennie. Alors, c'est pour ça, d'ailleurs, que
la Stratégie québécoise de la recherche et investissement en innovation a été
faite. Votre gouvernement avait fait la première mouture de cette stratégie-là,
avec Mme Anglade, à l'époque. Donc, on l'a prise puis on l'a augmentée en
termes de ressources financières pour aller plus loin, parce que je pense que
c'est une stratégie excessivement importante. Donc, l'innovation, on a eu un
certain succès, mais on n'est pas rendus où il faut être.
Au niveau de la balance commerciale, bon,
évidemment, il y a eu la pandémie, ça n'a pas été facile, puis donc,
aujourd'hui, on a réduit l'écart, mais pas au niveau où je voulais. Moi,
j'avais comme objectif d'avoir une parité entre import et export, mais je dois
avouer que cette parité-là, ce n'est pas une fin en soi, là, tu sais, ce n'est
pas parce qu'on a une parité qu'on est bons nécessairement. Donc, pour moi, ce
n'était pas tellement l'atteinte d'un équilibre comme d'augmenter nos
exportations.
Et ça... Ce qu'on a fait, on a créé un
programme, j'oublie l'acronyme, là, on a créé un programme pour favoriser les
exportations qu'Investissement Québec gère et on a décidé de travailler avec
des nouveaux outils, pour permettre non seulement de faire des missions à
l'étranger mais aussi que les entreprises québécoises puissent ouvrir des
bureaux à l'international. Je pense qu'on a bien fait, mais l'équilibre, là, on
n'est pas là encore, là, puis la pandémie, évidemment, n'a pas aidé non plus, mais
je pense qu'on s'en va à la bonne place, et ce programme-là continue d'être en
application. Investissements étrangers, on travaille encore sur ça, mais
c'est moins une priorité parce qu'on a atteint un niveau, je pense, qui est
adéquat, mais là il faut travailler sur l'innovation, sur l'exportation. Il
faut continuer.
M. Beauchemin : ...où dans la
balance commerciale, exactement?
M. Fitzgibbon : ...là, je
vais vous le donner, je ne le sais pas par coeur, là. Il faut faire attention
aussi parce que, tu sais, les exportations... si on envoie 10 A220 de plus, ça
change les chiffres beaucoup aussi, ça fait que, tu sais, c'est des chiffres
qui sont macros, il faut être prudent, mais on va vous donner les chiffres plus
tard, là.
M. Beauchemin : OK. Donc, les
forces, selon vous, 2018, les forces, 2022, du Québec, de l'économie
québécoise?
M. Fitzgibbon : Les forces.
Bien, je pense qu'énergies renouvelables, talents... Quand je fais le pitch, à
l'international, parce qu'à matin je faisais le pitch, justement, là, à...
compagnie coréenne, énergies renouvelables, talents, 18 universités,
culturellement... on peut dire, c'est, culturellement, une place qui est bien,
les étrangers, je regarde... Je parlais ce matin à cette compagnie-là puis je
leur disais : Parlez aux gens de POSCO, une autre compagnie coréenne,
ou... Je rencontre régulièrement des Coréens qui sont ici, là, puis qui adorent
être au Québec. Donc, je pense qu'on est un terroir fertile pour les gens qui
viennent travailler ici. On a des universités, on a des collèges, on a de l'énergie
renouvelable puis on a un gouvernement qui va aider.
Puis j'ai toujours dit que si le support
financier est la raison principale pourquoi une compagnie vient ici, c'est la
mauvaise raison. Le support financier, ça vient en deuxième. Alors, moi, je pense
que, stratégiquement, on a des forces. Puis le secteur industriel qu'on veut
promouvoir, je pense que ça nous aide aussi, choisir les secteurs, tu as le
quantique, la microélectronique, avec Normand Bourbonnais au C2MI, la vallée de
la transition énergétique. Je pense qu'on a des secteurs... L'aérospatiale,
évidemment, c'est un secteur, historiquement, où le Québec a toujours été bien
vu. Moi, je pense qu'il faut mettre notre effort là-dedans, puis je pense que ça
va... ça nous sert bien.
La Présidente (Mme D'Amours) : 20
secondes, M. le député.
M. Beauchemin : Un des points
que vous avez mentionnés, c'est le talent. Le problème, c'est qu'on n'a pas de
bassin de population. Comment qu'on peut... puis peut-être qu'on va pouvoir
répondre au prochain bloc, là, mais il y a définitivement un problème là. On a
le talent mais le talent, il est occupé, là, il est déjà occupé.
La Présidente (Mme D'Amours) : Merci.
Nous procédons maintenant à la période d'échange avec le deuxième groupe d'opposition.
M. le député, la parole est à vous.
M. Bouazzi : Merci, Mme la
Présidente. Donc, on était rendus au fait que... et la vision économique a été
demandée à KPMG et McKinsey, n'était pas <basée...
M. Bouazzi :
...donc,
on était rendus au fait que... et la vision économique a été demandée à KPMG et
McKinsey, n'était pas >basée sur... ou en tout cas n'avait pas comme
critère de prendre en compte les baisses de gaz à effet de serre du Québec, que
le gouvernement lui-même s'est données et dont 50 % sont... à ce jour, non
défini, là, comment on va y arriver. Le fait que la filière batterie ne faisait
pas partie d'une stratégie de baisse de gaz à effet de serre au Québec, la... Est-ce
que le gouvernement a pour objectif d'électrifier toutes les voitures du
Québec?
M. Fitzgibbon : Bien, mon
collègue... Bon. Clairement, dans notre... dans initiative d'avoir 37,5 %
de réductions de GES, quand on regarde la provenance des GES, on a 43 %
qui vient du transport, puis on a à peu près 20 % qui vient des filières
industrielles, puis on a à peu près 10 % en agriculture. Donc, le
transport, 43 %, c'est clair qu'on va électrifier tout ce qu'on peut. On
n'a pas les chiffres précis parce que c'est encore incertain qu'est-ce qui va
arriver avec les transports lourds, mais moi, je pense que la grande partie des
véhicules vont être électrifiés, et nous allons clairement encourager les gens
à le faire de différentes façons. Donc, on veut électrifier les transports
et... M. Charette a annoncé, je ne sais pas quand, hier ou avant-hier, qu'on
augmente la barre de 1,5 million à 2 millions de voitures électriques
par 2030. Donc, oui, on veut aller vers ça, c'est clair, puis...
M. Bouazzi : Est-ce que la
stratégie de batteries qu'on se donne fait partie de la solution associée à
l'électrification des véhicules au Québec?
M. Fitzgibbon : Oui, mais,
bon, on ne fera pas de véhicules électriques ici, là, donc, c'est... on parle
de deux choses séparées, là. Je pense que les mesures gouvernementales pour
réduire les GES passent par les transports électriques, il n'y a aucun doute,
autant les transports en commun. La filière batterie, elle, va aider à produire
des composantes de batteries pour l'Amérique du Nord, principalement. Donc, on
va contribuer à l'Amérique du Nord, mais ce n'est...
M. Bouazzi : C'est deux... c'est
déconnecté. Est-ce qu'on a évalué, dans ces rapports, la quantité de matière
première qu'il nous faudrait pour électrifier le 1,45 million de véhicules?
M. Fitzgibbon :
Eh boy! On a... Bien, de toute
façon, on parle... on parle de batteries, les cellules puis ce qu'on appelle
l'assemblage de packs de batteries. Donc, il va y avoir assez de producteurs de
cellules en Amérique du Nord pour suffire à la demande. D'ailleurs, le nombre
de celluliers va être une fonction de l'adhésion des particuliers à la
conversion à l'électrique.
Nous, ici, au Québec, notre stratégie
batterie, c'est de pouvoir produire des cathodes, des anodes, des séparateurs
pour suffire à toutes les celluliers d'Amérique du Nord, et, éventuellement,
probablement, un cellulier qui va être ici, il va être ici, au Québec.
M. Bouazzi : Et donc il n'y
aura pas de limite dans notre capacité d'avoir assez de lithium pour
électrifier tous les véhicules du Québec?
M. Fitzgibbon : Il n'y a pas
de limite...
M. Bouazzi : Les limites, les
limites. Combien de tonnes de lithium on a besoin pour électrifier le parc de
voitures au Québec?
• (11 h 30) •
M. Fitzgibbon : On a assez de
lithium au Québec. Première... Il faut faire attention, là, le lithium, les
mines, il y en a plusieurs, mines, deux qui sont en vue pour être opérées. Il y
a le spodumène, il y a l'hydroxyde, il y a la cathode, là, la chaîne est
compliquée, mais il y a assez de lithium au Québec pour électrifier toutes les
voitures du Québec.
M. Bouazzi : OK. Je comprends
que la stratégie des batteries ne fait pas partie d'une stratégie de lutte
contre le réchauffement climatique, mais à ce... quand même, une question qui
me brûle les lèvres : Est-ce que votre ministère a demandé au ministère de
l'Environnement de relâcher les exigences environnementales pour la filière des
batteries?
M. Fitzgibbon : ...
M. Bouazzi : Pourquoi, à ce
moment-là, en début d'année, le gouvernement a décidé que la filière...
d'abaisser les exigences environnementales pour la filière de batteries, voire
même... donc là, je lis, «a modifié le règlement relatif, l'évaluation et
l'examen des impacts sur l'environnement de certains projets»? Pourquoi?
M. Fitzgibbon : Pouvez-vous relire
ce que vous avez dit? Je n'ai pas compris.
M. Bouazzi : Donc, cette
année, en début d'année, il y a quelques mois, le gouvernement a abaissé les
exigences environnementales pour la filière batterie. Pourquoi?
M. Fitzgibbon : Demandez à
Benoit Charette. Je ne suis pas au courant du détail.
M. Bouazzi : Donc, le
ministre en charge de l'écologie a décidé tout seul d'abaisser des critères
écologiques...
11 h 30 (version révisée)
M. Bouazzi : ...en charge de l'écologie
a décidé, tout seul, d'abaisser des critères écologiques sans qu'il y ait de
raison? C'est... pour des raisons écologiques?
M. Fitzgibbon : Il y a
sûrement des raisons, demandez-lui.
M. Bouazzi : Donc, c'est
quand même très étonnant, M. le ministre. Vous comprenez qu'un ministre de l'Écologie
décide d'abaisser les critères écologiques associés à une industrie, et que
vous n'ayez pas d'avis là-dessus... Est-ce que vous pensez que c'était une
bonne idée, d'abaisser les critères écologiques?
M. Fitzgibbon : Je ne sais
pas de quels critères vous parlez, là.
M. Bouazzi : Donc, dans le
cas des usines de fabrication de véhicules, alors que vous savez comme moi qu'à
part pour les véhicules lourds et les... et les... et les bus, nous n'en avons
pas, on a carrément aboli la... l'assujettissement de cette partie-là des
critères d'évaluation environnementale. Pourquoi?
M. Fitzgibbon : Je... je m'excuse,
j'ai de la misère à vous comprendre. Vous me demandez quoi, là, au juste?
M. Bouazzi : M. le ministre,
vous nous avez dit que c'est le plus gros investissement de l'histoire moderne
du Québec économique sur la question des batteries.
M. Fitzgibbon : Oui.
M. Bouazzi : On a un ministre
de l'Écologie, on... ministère, un gouvernement qui a décidé d'abaisser les
critères écologiques sur cette industrie ou, carrément, de faire en sorte que
la construction de véhicules électriques ne serait pas... assujettie à ces
réglementations. Ma question c'est : Pour cet investissement qui est si
important et dont vous parlez à peu près à chaque semaine, pourquoi est-ce que
cette décision a été prise par le gouvernement?
M. Fitzgibbon : Je ne sais
pas à quoi vous référez, là, on ne fait pas de voitures électriques, on fait
des composants de batteries, qui sont sujettes à toutes les normes
environnementales, là. J'ai de la misère à comprendre votre question. Je m'excuse.
M. Bouazzi : C'est ma
prochaine question : Pourquoi avoir aboli cette obligation pour des choses
qu'on ne fait pas?
M. Fitzgibbon : Je n'ai
aucune idée. Je ne suis pas capable de suivre, je m'excuse. Je dois être
fatigué ce matin, là.
M. Bouazzi : Je... pas de
votre état de fatigue, mais c'est quand même, encore une fois, très étonnant.
Dans le cas de... Vous avez un expert d'Investissement Québec, dans la question
des batteries, qui est passé dans le privé, c'est GM qu'il... qu'il aide
actuellement, concernant le projet d'usine à Bécancour. Est-ce que ça vous
inquiète?
M. Fitzgibbon : Non.
M. Bouazzi : Pourquoi, si ça
ne vous inquiète pas, il y a eu... Aujourd'hui même, on apprenait qu'il y a eu
une demande à tous les fonctionnaires d'Investissement Québec de ne pas parler
à cette personne, car elle les sollicitait, justement.
M. Fitzgibbon : Investissement
Québec a bien... a bien réagi, a bien établi les choses.
M. Bouazzi : Donc, ils
avaient raison d'être inquiets?
M. Fitzgibbon : Pardon?
M. Bouazzi : Est-ce qu'ils
avaient raison d'être inquiets de cette conversation?
M. Fitzgibbon : Investissement
Québec a ses normes. GM, ça fait un an qu'on leur parle, puis on leur parle
encore, puis on va approuver un beau dossier, bientôt, qui a... qui va être
fait de façon normale...
M. Bouazzi : Est-ce que vous
pensez que ça contribue à avoir une concurrence saine et loyale d'avoir des
gens qui ont participé à réfléchir à la stratégie batterie dans le ministère et
qui, maintenant, conseillent une partie de l'industrie privée?
M. Fitzgibbon : Ça n'a aucun
rapport. Le dossier est déjà fermé. Là, on va l'annoncer bientôt. Au contraire,
c'est une très bonne nouvelle. Je trouve ça bon que nos jeunes Québécois
puissent profiter de filières et travailler avec eux autres. C'est une très
bonne nouvelle pour le Québec.
M. Bouazzi : Vous comprenez, M.
le ministre, qu'il reste encore beaucoup de milliards à investir dans les...
dans les... dans les deux prochaines années et qu'effectivement le dossier n'est
pas clos sur la question des batteries. Et c'est une question plus large... ou
à moins que vous... à moins que vous pensez que GM ne va plus avoir de contrats
du gouvernement sur la question du... ou d'aide du gouvernement sur la question
des batteries.
M. Fitzgibbon : Est-ce que...
GM, c'est un projet parmi 90, là.
M. Bouazzi : Bien, vous venez
de me dire...
M. Fitzgibbon : Alors, c'est
une... c'est une bonne nouvelle, en fait, que les gens d'Investissement Québec
puissent travailler dans les secteurs clés du Québec. Moi, je trouve, c'est
favorable.
M. Bouazzi : Concernant...
Combien il me reste de temps?
La Présidente (Mme D'Amours) : 1 min 40 s.
M. Bouazzi : Ça va être
difficile. Est-ce que je peux reporter la minute pour la prochaine période?
La Présidente (Mme D'Amours) : Oui.
M. Bouazzi : Oui. Je vais la
reporter. Merci.
La Présidente (Mme D'Amours) : Merci.Nous revenons à l'opposition officielle. M. le député de Marguerite-Bourgeoys,
la parole est à vous.
M. Beauchemin : Merci, Mme la
Présidente. Merci, M. le ministre. J'aimerais juste y aller, peut-être, un
petit peu, en rafale, parce que je pense que je me rends compte qu'on... qu'on déborde
un peu. On a parlé des forces. Quelles sont, selon vous, rapidement, les
faiblesses de l'économie québécoise?
M. Fitzgibbon : La plus... la
plus grande faiblesse, je pense, c'est la... le sous-investissement en
innovation. Moi, quand je regarde, en fait... puis quand j'ai... on a travaillé
sur la SQRI2, on a fait beaucoup de benchmarking, puis pour
constater que le public... les fonds publics, plutôt, quand on regarde le
R&D en entreprise, on n'est pas mal pris par rapport aux autres <juridictions...
M. Fitzgibbon :
...puis
pour constater que le public... les fonds publics, plutôt, quand on regarde le
R&D en entreprise, on n'est pas mal pris par rapport aux autres >juridictions,
on est pas mal dans le premier... premier quartile.
Où il y a une déficience, c'est que, les
investissements des entreprises en innovation, dans les... dans le... dans leurs
opérations, on est trop bas, on n'a pas assez de start-up. Moi, ça me désole
que le Québec, qui est quand même un terroir fertile pour l'innovation en
termes de... en termes cérébrals, on a beaucoup de créateurs au Québec... Je
pense qu'on a une déficience au niveau du nombre de start-up, qu'il faut
corriger, qui est indirectement reliée à... à l'innovation en entreprise. Ça, c'est...
ça, c'est une grosse faiblesse.
M. Beauchemin : Puis, de
façon macro, quelles sont nos... les menaces face à l'économie québécoise?
M. Fitzgibbon : Bien, je
pense que ça... Moi... moi, l'écart de productivité... Parce que tantôt on
parlait de ce qui va arriver avec le... avec... géopolitiquement, il faut avoir
des créneaux où on est compétitifs, sinon on va avoir de la misère à exporter.
Alors, moi, je... moi, je suis... mon anxiété, c'est que je veux m'assurer que
les secteurs industriels porteurs... qu'on soit supporteurs en innovation,
parce que le risque, c'est que l'écart de richesse va se... va augmenter,
l'écart de pauvreté va augmenter. Là, on ne sera plus capables d'exporter puis
on va avoir une économie qui va être très, très déficiente.
M. Beauchemin : OK. Par
rapport à votre analyse, soit de 2018, puis celle de 2022 qui a été faite
postpandémie, quelles sont des grandes différences, selon vous, à cause de la
pandémie qui a... qui a modifié l'analyse?
M. Fitzgibbon : Bien, la
productivité... En 2018, j'aurais aimé voir une plus grande augmentation de
notre productivité. Ça... ça, c'est ma déception, même si on a quand même
pallié à une partie, soit 2,5 % par rapport à l'Ontario... en Ontario,
puis c'est de même aux États-Unis. Alors, je pense que ce n'est pas suffisant,
je pense que ce n'est pas suffisant. Puis productivité, ça vient de deux
choses, ça vient de la numérisation robotisation puis ça vient aussi au niveau
de l'emploi, comment est-ce que nos heures de travail sont mieux utilisées.
Donc, on a deux enjeux. C'est pour ça que... quand McKinsey a fini, 2A, 2B, là,
2A, c'était travail, emploi, puis 2B, c'était la productivité. C'est deux
secteurs qu'il faut... qu'il faut corriger. Je ne suis pas... Ça n'a pas été un
échec, entre 2018 et 2022, mais ce n'est pas suffisant.
M. Beauchemin : Donc, si
je comprends bien, il n'y a pas eu de progrès, là, entre 2018 et 2022. La
pandémie n'a pas amélioré la situation ou détérioré la situation.
M. Fitzgibbon : Bien
non, il y a eu une amélioration, mais, tu sais, l'écart est à quoi, 16 %,
on est rendus à 12 % ou 13 %, là. Bon, tu sais, je pense qu'on
accepte tous intellectuellement qu'on ne va pas corriger l'écart en quatre ans,
c'est impossible. Non, je suis content de la progression, mais... Bien, je suis
content... Il y a eu une progression, mais j'aurais aimé qu'elle soit plus...
plus rapide.
• (11 h 40) •
M. Beauchemin : OK. Je
veux vous amener sur un autre secteur d'intérêt. Les batteries, vous en parliez
un petit peu plus tôt. Je veux juste commencer cette... cette section-là en
parlant de deux citations de M. Michel Ringuet, et je cite : «On
risque de manquer le bateau pour les cinq prochaines décennies. Exporter nos
ressources naturelles sans exiger en retour serait un... une bien maigre
consolation.» C'est quand même gros, là, ce que M. Ringuet a dit à propos, là,
de ce que M. Champagne a mentionné, et donc indirectement ce que nous, on a
fait aussi. Il parle aussi que le fédéral était équitable, mais l'Ontario
semble avoir... en avoir reçu pas mal plus que nous, là, quand on regarde
l'ensemble de ce qui a été donné, là, par Ottawa. Je vais m'aventurer, en
incluant Volkswagen, qu'on parle de 10 fois plus, quasiment, là. M.
Ringuet a dit : «Pendant qu'on parle et qu'on rêve, l'Ontario nous dame le
pion en les attirant les uns après les autres.» C'est quand même des mots forts
de la part de M. Ringuet sur le sujet.
Quand on parle de Volks et des
13 milliards, vous, vous avez mentionné que, bien, ça prendrait des
terrains plus proches. Ça prendrait du courant, quand vous parlez de Bécancour,
parce que c'est la raison pour laquelle ils n'ont pas été finalement s'installer
ici, au Québec, là. Il y a-tu d'autres raisons pour lesquelles on a manqué le
bateau avec Volks, selon vous?
M. Fitzgibbon : Bien, il
y a plusieurs parties de votre commentaire que j'aimerais commenter. La
première, c'est qu'avec tout le respect que j'ai pour M. Ringuet je pense
qu'on peut être fiers, au Québec, de voir ce qui se bâtit au campus de
Bécancour. Moi, quand je suis arrivé en poste, j'ai été nommé ministre de
l'Économie en octobre 2018, jusqu'au printemps 2018, le mot «batterie»
n'existait pas dans le vocabulaire du gouvernement. Je regarde aujourd'hui ce
qu'on a, ce qu'on va avoir, bien, moi, je suis <excessivement...
M. Fitzgibbon :
...jusqu'au
printemps 2018, le mot «batterie» n'existait pas dans le vocabulaire du
gouvernement. Je regarde aujourd'hui ce qu'on a, ce qu'on va avoir, bien, moi,
je suis >excessivement satisfait. Alors, je nous donne une marque... un
bulletin très, très favorable par rapport à ça.
Et je pense que c'est important de
comprendre aussi que la stratégie du gouvernement, qu'on a établie en 2019,
c'était de dire : Partons à la base de nos minéraux critiques, montons
dans la chaîne d'approvisionnement jusqu'aux cathodes, anodes et... les
composantes de batteries. Ça, ça va être chez nous pendant des décennies.
Bon, là, on parle de Volkswagen.
Volkswagen, bon, ça n'a pas rapport à Bécancour, parce qu'il n'y aura jamais de
cellulier à Bécancour. Premièrement, le terrain... les terrains à Bécancour,
là, parce qu'il y a des terres... il y a des terres agricoles qu'on veut
protéger, là. Bécancour, là, il me reste deux, trois affaires à annoncer, là,
qu'on travaille, là, on va fermer ça, c'est fini. Bécancour va devenir un campus
pour les composantes de batteries, qui va être un campus assez extraordinaire.
D'ailleurs, les Coréens, ce matin, dans mon bureau, sont venus à cause de ça,
ils voient ce qui se passe. On parle de Bécancour maintenant au Japon puis en
Corée.
Volkswagen, l'enjeu était : nous
avons besoin de 650 mégawatts, premier trimestre 2027. C'est une
impossibilité technique. Hydro-Québec... plus capable. On n'a pas le courant
électrique. On aurait pu le faire deux ans plus tard, ce qu'on leur a offert,
ils ont dit : Non merci, on s'en va prendre du gaz naturel. Où? En
Ontario. Donc, Volkswagen, la discussion a duré une heure. Donc, ce n'est pas
le terrain. C'est parce que, les terrains, oui, on peut en avoir à des places...
Puis, de toute façon, ces celluliers-là veulent avoir... veulent être proches
de territoires où il y a beaucoup de talents. Bécancour, tu ne bâtis pas une
usine de 4 000 personnes, ce serait irréaliste. Donc, il y a des
terrains au Québec près des grands centres, on pense à Québec, on pense à Montréal,
où on aurait pu accommoder un cellulier. On n'a juste pas le courant électrique
qui se rendait là pour le temps qui était requis.
M. Beauchemin : Puis cette
réalisation-là qu'on n'a pas le courant électrique pour satisfaire cette
demande-là, ça a été réalisé, donc, dans les derniers... dans les derniers
mois?
M. Fitzgibbon : Moi, j'ai
commencé à avoir un sentiment qu'on n'aurait pas l'énergie renouvelable requise
au printemps 2022. Il faut comprendre, là, juste pour être clair, puis on
aura des crédits qui vont avoir lieu sur Hydro-Québec bientôt, là, juste pour
comprendre, les derniers 20 ans, 20 ans, combien de projets, au
Québec, on a eu qui requièrent plus que 50 mégawatts? Il y en a eu un, la
mine de Malartic. Là, aujourd'hui, on en a 50 en haut de 50 mégawatts.
Donc, il y a une nouveauté, là.
On est dans une situation, le Québec,
privilégiée où on a plus d'opportunités qu'on n'a jamais vues dans l'histoire
du Québec. Bien là, évidemment, voilà cinq ans, est-ce qu'on aurait pu planifier?
Puis, à juste titre, la réponse, c'est non. Est-ce qu'on aurait pu planifier,
voilà cinq ans, qu'il fallait avoir 10 000, 15 000 mégawatts de
plus d'ici 2026, 2027? La réponse, c'est non. Puis on ne va pas blâmer personne
de ne pas avoir pris cette décision-là. Aujourd'hui, on est dans une situation
privilégiée. Et, Volkswagen, pourquoi ils sont venus nous voir? Ils voulaient
avoir de l'énergie verte, il n'y en avait pas. Alors, on va travailler ça dans
le futur.
M. Beauchemin : Bien, justement,
c'est.... En 2018, quand vous vous êtes décidés... vous vous êtes assis, vous
avez décidé qu'on allait de l'avant avec une stratégie batterie, la résultante
de cette analyse-là allait donc donner comme résultat : ça va nous prendre
un Volkswagen de ce monde, peut-être, potentiellement, qui va venir s'installer
ici, et donc du courant, là, qui va venir avec ça. Je pose la question
sincèrement. Les aspirations de réussir en batterie, c'est... c'est bien, mais
les conditions gagnantes, si je peux utiliser un terme qui... avec un certain
historique ici, les conditions gagnantes, pour réussir d'avoir, justement,
Volkswagen, et/ou autres, là, OK, ils n'ont pas été identifiés en 2018, en tant
que tels, comme, ce que ça prendrait... le «power» que ça prendrait pour
pouvoir faire que ça fonctionne?
M. Fitzgibbon : Le succès
qu'on a, présentement, avec la filière batterie est un succès inégalé depuis 25 ans
au Québec, en fait, plus que ça, depuis l'histoire du Québec. Donc,
aujourd'hui, si on arrêtait avec les projets qu'on va annoncer dans les
prochaines semaines, on aurait un succès qu'on n'a jamais vu au Québec. Donc,
de conclure que, parce qu'on n'a pas eu Volkswagen, c'est un échec, c'est une fausseté.
Deuxièmement, des celluliers, moi, j'en
veux un autre. J'en veux un, un cellulier. Le Québec va avoir un cellulier. Le
Québec travaille présentement avec Hydro-Québec pour avoir d'autres sources
d'énergie. On travaille avec des celluliers, présentement, qui ont peut-être une
moins grande appétit de mégawatts à court terme. On a un problème à court terme
au Québec d'ici 2028. On a 21 000 mégawatts de demande, on a 1 000 mégawatts
de disponibles, en gros. C'est correct, on va choisir nos projets. Le campus de
Bécancour, on a identifié les mégawatts disponibles, ils sont alloués. Alors,
moi, je pense qu'on a un très grand <succès...
M. Fitzgibbon :
...c'est
correct, on va choisir nos projets. Le campus de Bécancour, on a identifié les
mégawatts disponibles, ils sont alloués. Alors, moi, je pense qu'on a un très
grand >succès et qu'un jour on aura un cellulier peut-être plus petit,
mais qui va coûter moins cher aussi aux Québécois et qui va nous permettre de
compléter notre chaîne. Puis il faut juste être patients, puis ce n'est pas une
course qu'on a commencée.
M. Beauchemin : Dans un
contexte de diversification du risque, de n'avoir qu'un cellulier, ce n'est pas
un risque en tant que tel?
M. Fitzgibbon : On pourrait
en avoir zéro, je serais content aussi. Ce qu'on a construit, avec le campus de
Bécancour, encore une fois, ça ne s'est jamais vu au Québec depuis 25 ans.
Il n'y a jamais eu un projet industriel qui aura aussi contribué, quand on va
avoir fini, là. On risque de se ramasser, probablement, dans ma tête, avec les
différentes phases, là, pas loin de 10 milliards. Ça ne s'est jamais vu au
Québec. Quand même qu'on arrêterait là, je serais excessivement content. Si on
a un cellulier, tant mieux. Puis sinon, tant mieux.
M. Beauchemin : En 2016, 2017
puis 2018, il y a eu des... de la... la politique énergétique de 2016-2030,
plutôt, on parlait d'une augmentation de 25 % totale d'énergie
renouvelable qui est... qui serait... a recommandé des cibles ambitieuses et
exigeantes à atteindre. Aujourd'hui, on... on se rend compte, là, qu'il n'y a
pas eu de progrès, là, qui a été fait, là, là-dessus en termes de...
d'augmentation de notre capacité électrique... verte, si on peut dire,
depuis... depuis ces années-là, depuis... depuis 2016.
Qu'est-ce que vous répondez à ça, au
niveau, justement, pour attirer d'autres... Parce que je comprends que vous
êtes satisfaits avec ce qui arriverait avec Bécancour, là, OK, mais on peut
quand même penser plus loin un peu. La question, c'est, pour aller plus loin,
il faut avoir, donc, du courant, comment se fait-il qu'on n'a pas déjà
identifié... pas... Je sais que, dans la campagne électorale, ça a été
mentionné, là, mais, je veux dire, depuis 2018, c'était écrit, dans les
ministères, comme quoi c'était essentiel d'y penser. Pourquoi qu'on n'a pas
réagi, selon vous?
M. Fitzgibbon : Bien,
premièrement, je pense, c'est faux de... ce que vous dites est faux, là, c'est
faux de dire qu'on n'a pas plus d'énergie renouvelable. Est-ce qu'on pourrait
en avoir plus? La réponse, c'est oui. Est-ce qu'en 2018... On se remet en 2018,
en fait, vous venez de quitter le pouvoir, est-ce qu'on pouvait penser qu'il y
aurait 20 000 mégawatts de demande d'électricité? La réponse, c'est
non. Il n'y a pas... votre gouvernement inclut, il n'y a personne qui pensait à
ça. On se faisait dire qu'il y avait des surplus hydroélectriques, parce que
l'évaluation de la demande assumait qu'il n'y aurait pas de grosse filière
industrielle en 2018, de 2017 aussi. Donc, aujourd'hui, je ne peux pas blâmer
les gens de l'époque, ce serait trop facile de vous blâmer ou blâmer, même, mon
collègue à l'époque, mais aujourd'hui on est en 2022, ça change.
Et, avec... avec Hydro-Québec, on a vu
Mme Brochu, avant son départ, il y a... il y a quelques semaines, qui a
identifié quatre façons d'augmenter, donc elle a réagi, l'efficience
énergétique, parce que la meilleure énergie, c'est celle qu'on ne consomme pas.
Puis, le Québec, on est très énergivores, on consomme mal. Deuxièmement, de
l'éolien qu'on peut balancer avec de l'hydroélectricité. Troisièmement, les
turbines, les turbines qui sont vieilles, qui doivent être changées, qui vont
amener de la puissance. Puis on va regarder aussi possiblement des grands
ouvrages. Alors, je pense qu'Hydro-Québec a identifié, a réagi, parce qu'il y a...
Pour la première fois de l'histoire, la première fois de l'histoire d'Hydro-Québec,
les demandes de mégawatts excèdent de beaucoup leurs anticipations, mais c'est
nouveau, ça... ce n'est jamais arrivé. En 2016, il n'y a personne... votre
gouvernement n'avait aucune idée de ça ni au début 2018. Alors, c'est une
nouveauté, alors il faut s'ajuster. Alors, moi, je pense qu'on est capables,
avec Hydro-Québec, de prendre des mesures pour avoir l'énergie renouvelable qui
va être appropriée pour les besoins de l'époque.
• (11 h 50) •
M. Beauchemin : En 2016,
avant même que la filière batterie soit mise en place, le gouvernement libéral
avait déjà identifié le fait que, nonobstant ce qui allait se passer dans la
batterie, parce que c'était... «Regardless», là, il n'y avait pas ça du tout
dans... dans les cartons, il y avait un besoin d'augmenter la capacité de
production d'énergie renouvelable de 25 %, ça avait déjà été mentionné en
2016. Donc, il y a eu quand même cet avertissement-là qui avait été mentionné,
il n'y a rien qui a été fait par la suite, là, je le constate, là, mais...
M. Fitzgibbon : Bien,
premièrement, vous étiez au pouvoir, à ce moment-là, vous auriez... vous auriez
pu faire quelque chose. Deuxièmement, il y a quand même eu
4 000 mégawatts d'éolien qui a été mis en place, il y a quand même eu
quatre projets de biométhanisation qui ont été mis en place. Il y a des choses
qui ont été faites, mais pas suffisantes, ça, je vous l'accorde, mais on est où
on est. Puis moi, je pense, encore une fois, que, la filière batterie, on est à
une place extraordinaire où on est. La vie, c'est un courant qui est... qui
prend du temps. Alors, est-ce qu'on est capables d'avoir, en 2028, 2029, 2030,
2032, des capacités additionnelles? La réponse, c'est oui.
Puis, à ce moment-là, il y aura... on...
on bénéficiera... Ce qu'on bâtit aujourd'hui, c'est la fondation de ce qui va
devenir le coeur d'un centre important de développement économique. Moi, je
pense qu'on est capables de dealer avec ça même s'il y a un délai d'une couple
d'années pour un projet... un projet ou deux. Entre-temps, on a amplement
d'investissements qui vont justifier cette <stratégie-là...
M. Fitzgibbon :
...même
s'il y a un délai d'une couple d'années pour un projet... un projet ou deux.
Entre-temps, on a amplement d'investissements qui vont justifier cette >stratégie-là.
La Présidente (Mme D'Amours) : ...M.
le député.
M. Beauchemin : Combien?
La Présidente (Mme D'Amours) : 10 secondes.
M. Beauchemin : Je vais
continuer tantôt.
La Présidente (Mme D'Amours) : Merci.
Maintenant, le prochain bloc d'échange se fait avec le député de Camille-Laurin,
vous rappelant que vous avez 13 min 42 s
M. St-Pierre Plamondon : Merci
beaucoup. Bonjour, M. le ministre. J'ai seulement 14 minutes, donc on va
s'en tenir le plus possible à des questions et des réponses courtes. Plusieurs
sujets importants, le premier, vous êtes ministre de l'Économie, et quelque
chose d'inquiétant qu'on observe, depuis quelques années au Québec, dans
l'économie québécoise, c'est l'absence de concurrence dans plusieurs domaines.
En fait, il faudrait parler de cartels. On parle de l'alimentation, des
télécommunications, mais surtout et bien sûr l'énergie, les pétrolières.
Je vais vous donner quelques chiffres,
juste pour le mettre en contexte sur le plan factuel. Les profits des géants
canadiens comme Suncor ont bondi de plus de 250 % dans les neuf premiers
mois de l'année dernière par rapport à l'année précédente. Ces hausses de
profits ne sont pas liées au prix du baril de pétrole, c'est-à-dire que, oui,
le... le prix du baril fluctue, mais ce n'est pas en aucun cas une
justification de ces profits-là. Pour vous donner un exemple, en termes de
chiffres, là, en termes de superprofits, selon le groupe de protection du
consommateur, les grandes pétrolières canadiennes ont... ont engrangé des
profits records de 29 milliards de dollars entre octobre 2021 et mars
2022, donc 10,8 milliards de plus que le meilleur trimestre qu'on pouvait
trouver auparavant. Et cette situation ne fait que s'empirer. Je pourrais vous
nommer chacune des multinationales puis leurs profits records.
Ma première question est toute simple.
Est-ce que vous, comme ministre de l'Économie, vous trouvez ça normal comme
situation?
M. Fitzgibbon : Non, bien,
écoutez, c'est sûr qu'on veut... on veut un meilleur équilibre de la richesse,
il n'y a aucun doute. On parle d'énergie ici. Bien, on va commencer des
consultations très rapidement... très prochainement, plutôt, sur qu'est-ce
qu'on veut faire au niveau de la... de la gouvernance, qu'est-ce qu'on veut
faire au niveau de la tarification. Là, le sujet est large, là, puis au niveau
de l'offre et de la demande, bien...
M. St-Pierre Plamondon : ...vous
ne trouvez pas ça normal.
M. Fitzgibbon : Bien, tu
sais, il faut... Ce serait le fun d'avoir un meilleur équilibre, oui.
M. St-Pierre Plamondon : ...vous
avez réfléchi à légiférer de manière à taxer les superprofits de ces compagnies
comme l'Union européenne, l'Angleterre et plusieurs autres pays dans le monde
ont commencé à le faire?
M. Fitzgibbon : ...
M. St-Pierre Plamondon : Pourquoi?
M. Fitzgibbon : Parce
que je ne pense pas que c'est le rôle du gouvernement du Québec de faire ça. Ce
sont des pétrolières qui ne sont pas établies ici. Alors, je pense qu'on va
laisser les marchés libres opérer. Je pense qu'on doit regarder... Dans le cas
de l'énergie, heureusement, avec l'énergie renouvelable qu'on a au Québec, on
est capables de contrebalancer ça. On peut parler de tarification de l'énergie
renouvelable, mais je ne pense pas que c'est le rôle du gouvernement du Québec
de...
M. St-Pierre Plamondon : Donc,
je comprends que vous ne trouvez pas ça normal que les Québécois
s'appauvrissent de plusieurs milliers de dollars, mais que vous, vous
n'allez... vous n'allez pas intervenir comme d'autres pays l'ont fait. Est-ce
que vous jugez... alors, que le bureau canadien de la concurrence fait son
travail dans ce dossier-là?
M. Fitzgibbon : Écoutez,
c'est une question qui est... qui est très importante, c'est national. Encore
une fois, je suis réaliste et pragmatique sur ce que...
M. St-Pierre Plamondon : Précisez
«national», pour vous est-ce que c'est...
La Présidente (Mme D'Amours) : ...M.
le député, laissez finir le ministre. Si vous voulez intervenir, regardez-moi,
j'arrêterai le ministre, mais c'est moi qui coupe les paroles des gens et non
pas les députés. Alors, s'il vous plaît, laissez le ministre finir sa réponse.
M. Fitzgibbon : Alors,
écoutez, je suis très pragmatique et réaliste. Le Québec, il y a des choses
qu'on peut bien contrôler. Alors, de se lancer dans un effort de tarifer ou de
taxer les grands producteurs internationaux au Québec, je pense que ce n'est
pas approprié pour... au ministère.
M. St-Pierre Plamondon : Mme
la Présidente, il ne répond pas à ma question. Ma question, c'est : Est-ce
que le Bureau de la concurrence canadien fait son travail, oui ou non? Et il
dit que c'est une question nationale. J'aimerais savoir si, pour le ministre de
l'Économie, «national», ça veut dire canadien ou ça veut dire québécois?
La Présidente (Mme D'Amours) : ...
M. Fitzgibbon : Canadien.
La Présidente (Mme D'Amours) : Merci.
M. St-Pierre Plamondon : ...veut
dire canadien. Très bien. Et je comprends que vous ne répondrez pas à ma
question sur le Bureau de la concurrence. Je vous remercie.
Deuxième thématique, les contrats octroyés
à McKinsey. Il y a deux contrats presque identiques qui ont été octroyés, l'un
à KPMG et l'autre à McKinsey. Le premier se penche sur l'avantage concurrentiel
et la relance économique du Québec. Il a été fait au terme d'un processus
concurrentiel dans le cadre duquel McKinsey n'a pas gagné le contrat, c'est
KPMG. On lit la description du deuxième mandat octroyé à McKinsey, c'est, à
toutes fins pratiques, la même chose, évaluer les mêmes objets.
J'ai deux questions pour vous. Est-ce que
vous pouvez nous expliquer pourquoi octroyer deux fois le même mandat à deux
firmes? Et... surtout, pouvez-vous nous expliquer pourquoi vous ne rendez pas
publics ces deux rapports-là pour que nous puissions juger nous-mêmes de la
valeur obtenue dans ces contrats-là et de la différence entre les deux mandats?
M. Fitzgibbon : Bien... je
vous encouragerais à écouter le «tape» de la conversation, on a passé une
demi-heure sur ça, ce matin, là, on a <passé...
M. Fitzgibbon :
...bien...
je vous encouragerais à écouter le «tape» de la conversation, on a passé une
demi-heure sur ça, ce matin, là, on a >passé à travers, mais je vais
vous faire un sommaire rapide. Premièrement, ce sont deux mandats complètement
différents. Le mandat de KPMG était un mandat qui a été octroyé pour regarder
la relance de certains secteurs industriels, mandat qui a été octroyé en
février 2022... 2021, je m'excuse, et qui a été fini en juin 2021. Deuxième
mandat de McKinsey, qui a été octroyé à l'été 2021, était pour revoir tout
le balisage international des déterminants pour créer de la richesse. Le
gouvernement, avec la fonction publique, avait identifié des zones
d'innovation, avait identifié des chantiers où nous voulions vouloir investir
pour créer de la richesse collective. Donc, on a voulu que McKinsey balise, à
l'international, si nous avions les bons déterminants et si nous avions des
bonnes initiatives en regardant ce qui se fait à l'extérieur. Donc, deux
mandats complètement différents. La raison pourquoi les rapports...
La Présidente (Mme D'Amours) : ...M.
le ministre, merci. M. le député.
M. St-Pierre Plamondon : Si
les mandats sont si différents... Parce que je suis obligé de vous corriger,
là, à la lecture des contrats octroyés, parce que ça, on... on l'a obtenu, les
descriptions sont étrangement similaires. Bien, dans la mesure où ce que vous
dites est vrai, pourquoi ne rendez-vous pas publics les deux rapports pour
qu'on puisse, justement, comparer et vérifier ce que vous nous affirmez, à
savoir que ce serait deux mandats complètement différents?
M. Fitzgibbon : ...répondre à
ça, les rapports ne sont pas publics pour deux raisons. D'ailleurs, vous pouvez
faire une demande d'accès à l'information, là, je pense qu'il y a un processus
normal qui existe. Bien, d'une part, des avis de consultants ne sont jamais
rendus publics, puis là c'est la pratique qu'on voit au gouvernement. Et,
deuxièmement, il y a certaines choses, dans les rapports en question, qui
servent au gouvernement, au ministère pour la prise de décision. Donc, dans ces
cas-là, les rapports ne sont pas publics.
M. St-Pierre Plamondon : Donc,
je comprends, juste pour préciser, que, malgré le fait que les descriptions de
contrats sont très similaires, vous, vous nous affirmez que c'est très
différent comme mandat, mais il va falloir vous croire sur parole, parce qu'on
n'obtiendra pas copie de ces rapports-là?
M. Fitzgibbon : Exact.
M. St-Pierre Plamondon : Merci.
On apprend aujourd'hui... Prochaine question. On apprend aujourd'hui également
que l'usine d'Alstom à... de La Pocatière ne sera pas celle qui construit les
voitures de tramway, parce qu'elles vont être faites au Mexique. Elles
n'obtiennent que des miettes, c'est-à-dire l'assemblage. Donc, c'est l'histoire
qui se répète, M. le ministre. Après les wagons du REM qui ont été faits en
Inde, on aurait pensé que la CAQ aurait pu... le gouvernement aurait pu
apprendre des erreurs du PLQ, mais on recommence ça.
Et, juste pour vous mettre en contexte
l'historique de votre propre parti, parce que, des fois, la mémoire est une
faculté qui oublie, en 2017, l'actuel ministre de l'Environnement s'était
présenté dans le projet de loi libéral sur le REM et avait déposé un seul
amendement, c'était l'exigence que 25 % du projet soit du contenu
québécois, en termes de matériel roulant de transport. Or, votre gouvernement a
déposé un projet de loi n° 12, et on a tout de suite indiqué que ça
n'allait pas assez loin, parce que, justement, vous n'exigez pas de contenu
québécois, comme l'a fait nos concurrents, dont les États-Unis, qui,
rappelons-le, avec le Buy America Act, va jusqu'à exiger 75 %, 80 %
de matériel fait aux États-Unis pour leurs projets. Nous, c'est zéro.
Donc, la règle qu'on proposait puis que je
vous suggère à nouveau, c'est le principe de réciprocité. Pourquoi est-ce que,
si des pays concurrents protègent leurs industries puis ont des clauses pour
avoir du matériel de transport roulant fait chez eux... pourquoi nous, au
Québec, on n'est pas capables de faire ça? Pourquoi est-ce qu'on choisit de
faire faire notre tramway au Mexique?
• (12 heures) •
La Présidente (Mme D'Amours) : ...
M. Fitzgibbon : Premièrement,
merci de poser la question. J'aimerais corriger les faussetés que vous avez
relayées à la population. Premièrement, on est très fiers de ce qui se passe
avec Alstom. J'étais parti des négociations avec Alstom quand ils ont acheté la
division Bombardier. À l'époque, à La Pocatière, il y avait 100 personnes
qui travaillaient. Aujourd'hui, il y en a 400. L'usine de La Pocatière, elle
est pleine capacité. Deuxièmement, le tramway auquel vous référez a été conçu
au Québec par les gens d'Alstom à Saint-Bruno. Et, deuxièmement, le train va être
assemblé à La Pocatière. C'est un succès énorme qui a été fait. Alors, ce que
vous avez dit est faux.
La Présidente (Mme D'Amours) : M.
le député.
M. St-Pierre Plamondon : ...que
vous êtes en train de m'accuser de dire une fausseté, alors que je viens de
dire qu'il est assemblé à La Pocatière, puis tout ce que vous trouvez à me
dire, c'est que vous êtes fier? Il est... L'article de journal, puis là vous
vous en prendrez à nouveau aux journalistes, parce que c'est votre fort, vous
direz aux journalistes que ce qu'ils rapportent sur Alstom n'est pas vrai.
La Présidente (Mme D'Amours) : M.
le député.
Des voix :
...
La Présidente (Mme D'Amours) : M.
le député.
M. St-Pierre Plamondon : ...
La Présidente (Mme D'Amours) :
Vous devez vous adresser à la présidence. Je laisse toujours la discussion
aller quand les deux échanges sont respectueuses. Je trouve que, là, on s'en va
loin, autant des deux côtés, je vous demanderais de la prudence, s'il vous
plaît, dans vos propos...
12 h (version révisée)
La Présidente (Mme D'Amours) : ...respectueuse.
Je trouve que là, on s'en va loin. Autant des deux côtés, je vous demanderais
de la prudence, s'il vous plaît, dans vos propos. Si ce n'est pas de la
fausseté, c'est peut-être de l'exactitude que vous voulez avoir, M. le député.
Je demande au ministre, là, de répondre à la question avec exactitude, s'il
vous plaît.
M. Fitzgibbon : Encore une
fois, donc, je pense qu'on doit être très fiers de ce qui se passe. La
Pocatière n'a jamais été dans une aussi bonne position, tel que promis par
Alstom quand ils ont acheté les opérations de Bombardier...
La Présidente (Mme D'Amours) : Je
vais aller à M. le député.
M. St-Pierre Plamondon : N'est-il
pas vrai d'affirmer que les voitures de tramway seront fabriquées au Mexique,
tel qu'on l'a appris dans les médias ce matin. Oui ou non?
M. Fitzgibbon : Vous jouez
avec les mots. Premièrement, il a toujours été conçu, depuis le début, que La
Pocatière assemble les trains, donc tous les trains vont être assemblés à La
Pocatière. Il y a un problème de ressources. La Pocatière n'a jamais été aussi
occupée, ils vont être encore très occupés pour les années à venir. Et, encore
une fois, le train a été conçu par les ingénieurs d'Alstom, à Saint-Bruno. Et
je pense que, deuxièmement... dernier commentaire, c'est un contrat qui a été
signé par la ville de Québec.
La Présidente (Mme D'Amours) : Merci.
M. le député.
M. St-Pierre Plamondon : Deuxième
question, parce que je note qu'il n'y avait pas de réponse à ma première :
N'est-il pas vrai que le gouvernement de la CAQ n'impose aucune exigence de
contenu québécois dans les projets de matériel de transport roulant? Oui ou
non?
La Présidente (Mme D'Amours) : M.
le ministre.
M. Fitzgibbon : Non. Il y a
des contenus, qui n'ont pas été divulgués, mais il y a des contenus. D'ailleurs,
les contenus vont être respectés. On va avoir une grande partie du train de
Québec qui va être conçu et assemblé au Québec, donc on est… on est très fiers
de cette situation-là.
La Présidente (Mme D'Amours) : Merci.
M. le député.
M. St-Pierre Plamondon : Merci,
Mme la Présidente. Durant la pandémie, M. le ministre, votre gouvernement a
accordé 17,4 milliards en contrats de gré à gré, sans appel d'offres, 17,4 milliards de
dollars. On sait qu'il y a eu une pandémie puis qu'on n'avait jamais vu une
pandémie comme ça de notre vivant. Maintenant, se pose la question de plusieurs
contrats qui ont été octroyés à des compagnies fictives, ou pour lesquelles on
n'a eu aucun rapport quant à ce qu'ils ont offert à l'État québécois en échange
de 7 milliards… de ces milliards de dollars. Ce sont des contrats sans
appel d'offres, qui peuvent donner lieu à des conflits d'intérêts. On se
rappelle qu'un sous-ministre de la Santé avait même contacté un de ses amis
pour un contrat de gré à gré. Bref, ça ressemble à des choses, par exemple, qu'on
a déjà vues lors de la commission Charbonneau.
Et là dans les milliards de contrats
donnés dans la pandémie… durant la pandémie, sans appel d'offres, plusieurs ont
été donnés, et ça a été rapporté dans les médias, vous me direz si vous croyez
cette information ou pas, à des entreprises fantômes, voire frauduleuses,
souvent, à l'extérieur, situées à l'extérieur du Québec. On a vu des États
comme l'État de New York, ailleurs dans le monde, tenter de récupérer ces
sommes. J'aimerais savoir si, depuis la pandémie, devant des milliards qui se
sont évaporés sans qu'on ait de réponse votre gouvernement a entamé des
démarches pour qu'on se fasse rembourser, et, si oui, lesquelles?
La Présidente (Mme D'Amours) : M.
le ministre.
M. Fitzgibbon : Je n'ai pas
la réponse à la question, parce que la plupart des contrats auxquels vous
référez viennent du ministère de la Santé. Donc, je n'ai pas la réponse à votre
question.
La Présidente (Mme D'Amours) : Merci.
M. le député.
M. St-Pierre Plamondon : Juste
terminer sur cette question-là. Donc, est-ce que je dois comprendre que, depuis
la pandémie, vous n'avez posé aucun geste pour vous informer de si et comment
le gouvernement tente de récupérer ces milliards de dollars?
M. Fitzgibbon : Je répète ce
que j'ai dit, c'est... la plupart des contrats ont été signés par le ministère
de la Santé. Il faudrait leur poser la question.
La Présidente (Mme D'Amours) : M.
le député, pour 40 secondes.
M. St-Pierre Plamondon : Volkswagen,
le fédéral a donné 13 milliards de dollars pour une filière qui
est supposée être votre fait d'armes, comme ministre de l'Économie. Question
très simple : Est-ce que vous allez demander à Ottawa de nous rembourser
la part du Québec, qui est de 2 virgule quelques milliards de dollars en impôts,
qui s'en va en Ontario, pour quelque chose qui, en fonction de notre avantage
concurrentiel sur le plan de l'hydroélectricité, aurait dû atterrir au Québec?
La Présidente (Mme D'Amours) : M.
le ministre, pour neuf secondes.
M. Fitzgibbon : La réponse, c'est
non, mais, en même temps, nous ne pouvions pas faire ce projet-là, donc ça n'a
même pas été dans les cartons qu'on considère faire Volkswagen. On en fera d'autres,
projets.
La Présidente (Mme D'Amours) : Merci.
C'est terminé. Nous passons maintenant à l'opposition officielle. M. le député
de Marguerite-Bourgeoys, s'il vous plaît.
M. Beauchemin : Mme la
Présidente. M. le ministre, vous venez juste de dire qu'il n'y a aucun rapport
de consultants externes qui devient public. Écoutez, le 17 mai 2022,
vous avez rendu publique l'étude sur l'impact économique des mesures gouvernementales
mises en place afin de déployer l'Internet à haut débit au Québec, une étude
faite par KPMG. Donc, il y avait la <volonté…
M. Beauchemin :
...mises en place afin de déployer l'Internet à haut débit au
Québec, une étude faite par KPMG. Donc, il y avait la >volonté, à ce
moment-là, de rendre ça public. Mais il n'y a pas la volonté de rendre l'étude
actuelle qu'on discute, de ce matin, de l'article de... qu'on a entendu ce
matin, de rendre ça public. C'est une question de volonté, je pense. De rendre
public le document, c'est juste une question... Si vous voulez le rendre
public, vous pouvez. Ça donne l'impression comme quoi que, dans certains cas,
bien, ça peut peut-être faire en sorte que le gouvernement peut peut-être mieux
paraître, parce qu'on va la rendre publique. Dans certains cas, on ne va pas la
rendre publique parce que peut-être que ça va à l'encontre de ce que nous
autres, on a fait, ou peut-être qu'ils nous disent qu'on n'a peut-être pas fait
la bonne chose ou pas parfaitement. C'est ça que ça donne comme impression.
Est-ce que vous allez rendre publics les
rapports qui ont été... Aucunement? Donc, il n'y a pas de volonté de le faire
public, c'est ça?
M. Fitzgibbon : Non.
M. Beauchemin : Je veux vous
amener sur la pénurie de main-d'oeuvre et l'impact sur l'économie. On connaît
déjà, évidemment, les impacts, c'est-à-dire perte de revenus, difficulté à
livrer les commandes, nos PME qui en arrachent, qui sont, malheureusement, le
plus souvent qu'autrement là, oubliées, là, par le ministère. Augmentation des
coûts. Tout le monde paie un loyer qui augmente, évidemment, mais pour les
entreprises, pour les PME, c'est encore plus difficile, parce qu'ils n'ont pas
la même réglementation au niveau des loyers. Pression de plus en plus grande
sur les employeurs, évidemment, et aussi, les employés, pour essayer de faire
en sorte qu'on produise le plus qu'on peut avec ce qu'on a dans une contrainte
où est-ce que les gens doivent augmenter leur nombre d'heures travaillées.
La CAQ a dit qu'il y avait des postes
vacants, que ça, c'était un bon indicateur. C'est quoi, les bons... les besoins
réels de main-d'oeuvre, selon votre vision, là, de l'économie du Québec?
M. Fitzgibbon : Bien, en
termes spécifiques, il y a des chiffres, là, mais je pense qu'un des enjeux
qu'on a dans la main-d'oeuvre c'est la requalification. La bonne nouvelle, ce
sont les emplois vacants. Je n'ai pas le chiffre précis, là, il change tous les
mois, mais sur le chiffre d'emplois vacants, la majorité ne requièrent pas de
bac universitaire ou d'enseignement supérieur. Donc, on peut croire qu'on
pourrait requalifier ces gens-là pour occuper ces postes-là quand on regarde le
nombre de chômeurs, le nombre de gens qui ne sont pas sur le marché du travail.
Alors, moi, je pense que le gros enjeu,
c'est, justement, d'exécuter le programme que mon collègue à l'Emploi, dans la
dernière législature, avait mis en place, 2,9 milliards, si je me
rappelle, de requalifiés. La nouvelle ministre de l'Emploi est à l'oeuvre aussi
là-dedans. Donc, je pense que l'enjeu principal, c'est de requalifier les gens,
aujourd'hui, qui ne travaillent pas, qui pourraient prendre… je pense, c'est
80 % des emplois vacants présentement.
Deuxièmement, je pense qu'il faut, au
niveau de l'enseignement, éducation, enseignement supérieur, qui inclut les
collèges techniques et les cégeps, CCTT, universités, évidemment… d'avoir un
meilleur appariement entre les besoins en entreprise, ou besoins sociétaux dans
les services publics, et la formation. Puis je pense que ça, le système
allemand, entre autres, le système dual fonctionne très bien. Donc, je pense,
il faut améliorer un peu la relation entre ce qui sort des collèges et ce qui
est en besoin, puis, en même temps, de requalifier. Je pense que c'est les deux
approches importantes qu'on doit considérer.
• (12 h 10) •
M. Beauchemin : Je vous
entends puis je me pose la question... Parce qu'on a vu que l'augmentation du
nombre de travailleurs temporaires a littéralement, là, explosé dans la
dernière année. C'est comme, en fait, répondre avec des travailleurs étrangers
pour les besoins de main-d'œuvre au Québec. Donc, la requalification que vous
mentionnez, elle n'est pas prioritaire. Est-ce qu'il y a comme... on peut-tu
faire un lien entre un et l'autre? Dans le sens que les emplois sont encore là,
les employés ne sont pas requalifiés, mais les emplois qui sont encore là se
font satisfaire par une demande... par une source étrangère, si on peut dire,
d'une certaine façon. Alors...
M. Fitzgibbon : Bien,
écoutez, je pense qu'il faut… il faut travailler encore plus fort pour que le
4 % de chômeurs, présentement, puisse se requalifier. Je pense qu'un
n'empêche pas l'autre. C'est sûr que les travailleurs temporaires étrangers,
bien, c'est des besoins spécifiques qu'on n'a pas pu combler puis que le
fédéral accepte qu'on... qu'on ouvre les valves, si je peux dire, pour
l'embauche, mais en même temps, je pense qu'on continue… la ministre de
l'Emploi travaille très fort pour que... prendre le plus grand nombre de
chômeurs possible pour essayer de les inciter à prendre ces travaux-là. Il faut
faire les deux en même temps, je pense.
M. Beauchemin : Quand on
regarde les juridictions qui sont proches de nous, l'Ontario, les États-Unis,
les réponses par rapport à la pénurie de main-d'oeuvre sont différentes qu'au
Québec. Quand on veut regarder les conséquences que ça a pour nos PME, selon
vous, c'est quoi, les conséquences à long terme sur les PME de notre approche
par rapport, justement, à cette pénurie de main-d'oeuvre là <versus…
M. Beauchemin :
...terme
sur les PME de notre approche par rapport, justement, à cette pénurie de
main-d'oeuvre là >versus ce qui semble se faire en Ontario puis ce qui
semble se faire aux États-Unis?
M. Fitzgibbon : Bien,
écoutez, moi, je regarde positivement le fait... Quand on regarde les
investissements privés non résidentiels, qui sont, règle générale, les
investissements d'entreprises, on voit un désir d'investir qui a augmenté de
façon importante au Québec. Là, je pense que c'est 14 % ou 15 %, là, dans
les chiffres que j'ai vus, mais c'est des statistiques, mais, quand... c'est
des projections, mais, quand même, faites par les CEO. Je regarde l'indice de
confiance de l'économie du Québec de nos entrepreneurs. Depuis un an, un an et
demi, on voit une hausse.
Moi, je pense qu'il y a un engouement, je
pense que les entrepreneurs veulent investir et je pense que les programmes
qu'on a mis en place, sur l'OTN, on en a parlé tantôt, et sur le programme
Productivité innovation d'Investissement Québec, pour investir avec les
entreprises dans la robotisation et la productivité… moi, je pense qu'on va
pallier en partie avec nos programmes incitatifs de rehaussement de la
productivité, qui vont faire en sorte que la pénurie de main-d'oeuvre va avoir
une pression moins grande. Mais elle va toujours demeurer, puis je pense que ça
va toujours être important que les entreprises puissent bien vendre leur... le
bienfait des emplois qu'elles offrent aux employés. Et ça va rehausser les
salaires, on a vu les salaires qui ont augmenté. Alors, il y a toutes sortes de
mesures qui vont se faire. Mais, bon, je pense que la productivité, on est dans
une position intéressante pour l'améliorer, considérant qu'on a une pénurie de
main-d'oeuvre, avec les technologies nouvelles.
M. Beauchemin : Quand on
regarde le nombre de chômeurs, on parle de 202 000, 208 000, quelque
chose comme ça. Quand on regarde le bassin... la capacité d'additionner du
monde dans le bassin de travailleurs, c'est des gens de 65 ans et plus qu'on
pourrait attirer vers le marché du travail. On parle de 75 000… 78 000.
Donc, ce qui est en jeu, là, pour se rendre, finalement, à un taux d'emploi
de... un taux de chômage de zéro, là, OK, qui est, économiquement, impossible à
atteindre, on parle de 276 000 emplois, avec un bassin de la population
qui n'augmente pas, des gens qui, année après année, vont prendre leur
retraite. Ce nombre de postes vacants là va donc plutôt augmenter.
Donc, comment qu'on fait pour... Je sais
qu'on a... vous parlez d'innovation, mais, vous l'avez dit tantôt, ce n'est pas…
ce n'est pas des diplômes universitaires tant que ça qu'on a de besoin. Ça ne
va pas exactement dans ce que le premier ministre avait mentionné, là :
Moi, je veux... je ne me souviens plus exactement de l'expression, là… je veux
des gens qui aident ma moyenne au-dessus de 50 000 $, ou je ne sais
pas quoi exactement, là. Mais ça n'aide pas à la situation, là. Comment qu'on
fait pour pouvoir, justement, aider nos PME, qui vont avoir de plus en plus... Ce
problème-là va être de plus en plus criant pour les 10 prochaines années, là.
M. Fitzgibbon : Bien,
premièrement, quand on parle des postes vacants, je pense qu'on comprend, dans
l'histoire du Québec et d'ailleurs, qu'il y a toujours un nombre minimum
d'emplois vacants comme de chômage là, puis, règle générale, là, si j'y vais de
mémoire, là, on parle de 125 000, 150 000 postes vacants, bon an mal
an, qu'on a toujours dans... vécu au Québec. Là, on a un excédent de ça, il y a
probablement un 75 000, 80 000, 100 000... 75 000, 100 000
personnes qu'il faudrait combler le plus vite possible.
On regarde de l'autre côté, effectivement,
le chômage à 4 %, là, ou 4,1 %, là, il ne baissera pas à 1,5 %, là,
ça va être un peu utopique, quoique certaines régions peuvent le faire. Il y a
quand même aussi, on oublie souvent, plusieurs... je pense qu'il y avait 200 000
personnes qui n'étaient pas sur les listes de chômage, qui n'ont pas... des
gens qui ont peut-être des problèmes de santé mentale légers, des problèmes...
des gens qui ne… qui ne veulent pas travailler, qui ne voulaient pas travailler.
Il y a un bassin de population là-dedans intéressant qu'on va regarder. On
parle des communautés autochtones. J'ai passé beaucoup de temps, depuis
quelques mois, aussi, dans les communautés. Il y a probablement un bassin de
personnes, là aussi, qui veulent travailler. Alors, moi, je pense qu'il faut...
Le travail va être plus complexe, parce qu'il faut convaincre ces gens-là que
les travaux... le travail, l'emploi est intéressant. C'est souvent des emplois
techniques, c'est souvent des emplois qui sont difficiles. Alors, moi, je
pense... moi, je suis confiant qu'on... ça va être... c'est plus compliqué,
mais notre ministre de l'Emploi est sur ça.
Les travailleurs d'expérience… bon, les
travailleurs d'expérience, ce n'est pas les aînés aujourd'hui… il y en a,
effectivement, peut-être 80 000, là, quand on parle de l'Ontario, bon. Au
Québec, on est peut-être... on est sous... on est sous-éduqués, entre
guillemets, par rapport à l'Ontario. Donc, c'est sûr que travailler sur un
modèle Excel, à 68 ans, c'est plus facile que d'être dans une mine de sel aux Îles-de-la-Madeleine,
là. Donc, je pense que, quand on va avoir les cohortes dans les prochains... dans
les prochaines années, je pense qu'on a une chance d'aller chercher une bonne
partie de ces gens-là. Mon <collègue…
M. Fitzgibbon :
...dans
les prochaines années, je pense qu'on a une chance d'aller chercher une bonne
partie de ces gens-là. Mon >collègue aux Finances a mis quelques
incitatifs fiscaux importants… on va peut-être en faire plus, éventuellement.
Mais c'est clair qu'on a un bassin intéressant là. Puis si on allait chercher
la moitié de l'écart avec l'Ontario… On parle de 35 000 personnes. Mon
75 000, tantôt, d'excédentaire, travaux vacants, il en manque 40 000.
Les autres communautés...
Alors, ce n'est pas... ce ne sera pas
facile, mais je pense qu'on est capables. Puis je pense que mes collègues à
l'Emploi sont... mon collègue... ma collègue à l'Emploi travaille sur ça, parce
que c'est une clé de voûte. Et, en bout de piste, la productivité aussi, oui.
On ne va pas tout mécaniser les 200 quelques mille emplois qui ne sont pas
comblés. Mais je pense qu'on voit… l'innovation est accrue. Les entreprises
sont face à un problème, et elles veulent le régler, puis le gouvernement ne
peut pas tout régler au complet, ça fait que certains vont aller plus vite,
peut-être, dans la productivité, dans l'investissement et l'innovation. On le
voit, certains secteurs, ça va être plus difficile, il va falloir être plus
prudents.
M. Beauchemin : Vous le
disiez tout à l'heure, que, dans les postes qui sont à combler, ce n'est pas
tous des postes qui ont besoin d'être avec un diplôme universitaire, un. Deux,
vous le mentionniez aussi tantôt, que les gens qui sont sur le chômage, ce
n'est pas tous des gens qui, eux, vont avoir les outils nécessaires pour
pouvoir permettre, disons, une connexion rapide avec les nouveaux postes ou les
postes qui sont disponibles. Est-ce que vous croyez, donc, que les, grosso
modo, là, 280 000 personnes, là, qu'on discute depuis tantôt, qui sont
relativement disponibles pour retourner sur le marché du travail… est-ce que
ces 280 000 personnes là vont améliorer notre productivité?
M. Fitzgibbon : Bien, juste
pour mettre les chiffres à l'heure, là, les chiffres en place, là, c'est les
mêmes chiffres. On a 207 000 postes vacants, puis quand on regarde
ça, il y a seulement 31 000 qui requièrent une formation universitaire,
donc on a quand même 15 %, donc 85 % non universitaires. C'est ce
qu'on disait tantôt, là, c'est le même chiffre. Bon, 280 000, je ne sais
pas, là, peut-être la mécanique n'était pas 280 000. Le chômage, c'est à
peu près 200 000, puis c'est ça. ... là, peut-être qu'il y a une autre...
Probablement pas. Probablement qu'il y a
beaucoup de postes à niveau inférieur qu'il faut combler rapidement, qui
n'augmenteront pas la productivité. Mais je pense, dans ces secteurs-là, c'est
là que le plus grand effort, je pense, est, puis au niveau de la robotisation.
Je pense aux plongeurs dans les restaurants, par exemple. Tu sais, il y a
beaucoup de travail qui se fait présentement là-dedans, par l'ITHQ et d'autres,
ça fait que... Puis ça n'aidait pas la productivité, mais ça va au moins donner
des travailleurs à ceux qui ne sont pas encore rendus à vouloir innover. On
pense aux champs, par exemple. On avait… on avait investi dans une société qui
faisait la collecte des brocolis dans le champ, pas robotisée, mais là il faut
aller plus vite, là. Alors, c'est sûr qu'il y a une pression pour aller plus
vite dans ces secteurs-là, mais, entre-temps, il va falloir engager des gens
pour...
M. Beauchemin : Mais vous ne
disiez pas tout à l'heure que l'enjeu et/ou la solution pour améliorer notre
performance économique, c'est l'innovation, qui va amener, justement, une
augmentation de notre productivité?
• (12 h 20) •
M. Fitzgibbon : Oui, mais, en
même temps... Absolument d'accord. D'ailleurs, chez Investissement Québec aujourd'hui,
les deux critères importants, c'est réduction de GES et augmenter la
productivité, même s'il y a moins d'emplois. Pendant ce temps-là, ça prend des
plongeurs dans les restaurants, ça prend des gens qui vont aller cueillir nos
fruits puis nos légumes. Ça fait qu'on a… on a une espèce de... ce n'est pas un
paradoxe, là, mais il y a deux… il y a deux approches. Moi, je pense qu'il faut
essayer le plus possible que l'innovation soit aussi pour les travaux peut-être,
qui sont moins intéressants pour les gens qui ne travaillent pas présentement.
Parce que c'est ça qui est l'enjeu, il faut convaincre les gens d'aller
travailler, puis il y a des gens qui ne veulent pas faire certains travaux. Alors,
si c'est le cas, on a deux choix, immigration temporaire ou on met des robots.
Mais les robots, ça prend… ça prend du temps avant de pouvoir les mettre en
place, là.
M. Beauchemin : Je comprends.
Écoutez, il y a une page que j'ai beaucoup aimée durant le budget, c'est la
page G.7. Ça fait que je ne sais pas si vous pouvez y avoir accès, là, la
page G.7, qui parle de la contribution des facteurs à la croissance
économique du Québec. Je l'ai même déchirée, là, pour m'assurer de l'avoir
proche de moi. On y voit que le bassin de travailleurs potentiels pour le
Québec, de 2024 à 2027, il n'augmentera pas. On voit aussi que le taux d'emploi
va avoir une tendance de 0,5 % pour ces mêmes années là. Moi, ce qui m'a
vraiment retenu mon attention, c'est… on parle de productivité, on parle
d'innovation… à cette même <page…
M. Beauchemin :
...Moi, ce qui m'a vraiment retenu mon attention, c'est… on
parle de productivité, on parle d'innovation… à cette même >page là,
il y a une statistique que ça prend une calculatrice pour le faire, parce que
c'est quand même... ça ne saute saute pas aux yeux, là, quand on le regarde
comme ça, mais, de 2010 à 2019, l'augmentation moyenne de la productivité a été
de 0,7 % pour toutes ces années-là. Quand on regarde 2020, 2021, 2022,
2024 et 2024 à 2027, là, c'est la façon que la page est décrite, la page G.27,
qu'on fait la moyenne de tout ça, la productivité pour ces années-là, donc de
2020 à 2027, est plus petite, de 0,6 %, donc moins de productivité, là,
depuis… depuis 2020.
M. Fitzgibbon : Mais je pense
qu'il faut… je dirais ... vous, là, je pense qu'il faut faire attention aussi,
il y a peut-être un peu d'aberrations. Je voyais, en 2021, 0,6 %, moins 3,
moins 9, il faut faire des blocs ensemble. Mais quand on regarde la projection
dans le cadre financier, on a quand même 1 % d'augmentation, basé sur ce
qu'on pense que nos programmes vont amener. Clairement, au niveau des
travailleurs potentiels, il y a une limite, c'est pour ça qu'on a mis zéro. Le
taux d'emploi, bien là, on parle probablement... bien, pas probablement, on
parle, entre autres, des gens d'expérience, qu'on va augmenter un petit peu.
Mais moi, je regarderais, en même temps, là, ce qu'on voit de 2020 à 2023 là, mettons
ça ensemble. Parce qu'il y a un peu… un peu d'aberrations, probablement à cause
de pandémie, je présume, là. Mais moi, je pense… le 1 %, je me rends
confortable que c'est un chiffre qu'on peut… qu'on peut viser.
M. Beauchemin : Bien, il y a,
effectivement, eu, à partir de 2020, un changement de gouvernement, disons, d'une
certaine façon. Mais ce que… ce que je voulais dire, c'est qu'en moyenne quand
même, parce qu'il y a des hauts et des bas, il y a des ralentissements, il y a
des expansions économiques, les cycles économiques étant ce qu'ils sont c'est
normal. Plus on a un horizon de temps à long terme, plus on est capables
d'avoir une vision des actions gouvernementales, puis voir qu'est-ce que ça a
comme effet, donc, sur l'économie dans son ensemble. C'est pour ça que je
regardais de 2020 à 2027, puis quand je vous dis… c'est… ce calcul-là vous
donne une productivité moindre que celle qui a été exercée de 2010 à 2019.
Donc, c'est quand même notable.
L'autre… l'autre conséquence de ça, c'est
que, quand on regarde, justement, ce qui est mentionné, là, de 2024, là, à
2027, pour l'augmentation de la productivité, on parle de 1 %, qui est un
estimé. On sait que l'Ontario, c'est plus élevé. Comment qu'on va pouvoir faire
le rattrapage, le fameux rattrapage, là, que M. Legault veut tout le temps nous
ramener, nous «bencher» contre l'Ontario, quand on va avoir... on va accuser un
recul contre l'Ontario, dans ce cas-ci?
La Présidente (Mme D'Amours) : ...secondes…
M. Fitzgibbon : Bien,
premièrement, c'est des projections par le ministère des Finances.
Deuxièmement, l'écart de productivité avec l'Ontario, quand on le mesure,
depuis 2018, il s'est résorbé de 2,5 %, à peu près, là. Ça fait qu'on a...
La Présidente (Mme D'Amours) : Merci,
merci beaucoup. Nous allons passer au dernier… à la dernière période d'échange.
Mme la députée de Jean-Talon, la période… la parole est à vous.
Mme Boutin : Merci, Mme la
Présidente. Je vais vous amener sur un autre... dans un autre domaine. Vous
parlez beaucoup, là, justement, de soutenir… de créer de la richesse collective
en soutenant la productivité, créer et soutenir l'innovation également,
stimuler les exportations. Moi, il y a un secteur que j'apprécie particulièrement,
là. J'ai commencé ma carrière dans l'aviation puis j'ai eu la chance d'aller à
Aéro Montréal récemment. J'ai regardé aussi les crédits qui ont été accordés.
L'année passée, vous avez annoncé, en 2022, un 334 millions qui couvrait
la période 2021 à 2024 pour la stratégie québécoise en aérospatiale. J'ai
quelques questions par rapport à ça. Premièrement, c'est quoi, le bilan que
vous pouvez en faire jusqu'à maintenant? Puis, tu sais, 2024, ça arrive
bientôt, là. Qu'est-ce qui se passe après 2024?
M. Fitzgibbon : Bien, écoutez,
premièrement, la semaine dernière, vendredi, je pense, j'étais à Aéro Montréal,
réunion annuelle de la grappe industrielle, et c'était… c'était le fun de voir
que… la pandémie, comme on le sait, a beaucoup affecté le secteur, les emplois
ont baissé de façon significative, et là on a annoncé, là, si je me rappelle
bien, 35 000… 37 000 emplois, les ventes qui ont augmenté de 10 %
à 15 %. Donc, on voit que le secteur a repris du poil de la bête, et je
trouve ça très intéressant. On voit des sociétés qui commencent à investir,
Bombardier, Pratt, Bell, Héroux-Devtek, dans des nouveaux projets. Là, la
confiance est revenue parce que l'avion civil... le secteur civil, <plutôt…
M. Fitzgibbon :
...Héroux-Devtek,
dans des nouveaux projets. Là, la confiance est revenue parce que l'avion
civil... le secteur civil, >plutôt, va très bien. On voit, avec Airbus,
la cadence qui augmente de façon importante, à Mirabel, pour le A220, et c'est
très, très encourageant. Donc, la plateforme ou… l'état d'esprit de la
communauté est bon.
Je regarde deux secteurs où on commence à
bien faire. Le secteur spatial, on a fait, évidemment, du travail avec MDA, on
a fait du travail avec GHGSat. Il y a toutes sortes de sociétés qui sont dans
l'espace spatial, et, clairement, dans les prochains 10 ans, il va y avoir
une effervescence de ces investissements-là, et le Québec est bien positionné,
à cause de notre base d'ingénierie. On avait annoncé le programme Télésat, là,
qui retarde un petit peu, mais, quand même, qui avait choisi le Québec comme
place d'assise.
L'autre élément important, c'est toute la
question de la migration, transition énergétique. Que ce soit le SAF, que ce
soit les appareils hybrides ou même électriques, on voit que le Québec, à cause
de notre filière batterie, à cause de nos ressources, que les sociétés rêvent,
de façon intéressante, de s'établir au Québec. Je pense à H55, une compagnie
suisse que j'avais visitée après mon séjour à Davos au printemps dernier... à
l'automne dernier, plutôt... en janvier, en fait, et cette société-là va faire
des moteurs ou des packs de batteries électriques, et a choisi de travailler
avec Pratt & Whitney, ici, au Québec, parce qu'on avait Pratt qui est un motoriste,
on avait notre filière batterie.
Donc, moi, je pense qu'on a présentement
une capacité intéressante de pouvoir attirer de nouveaux projets, soit au
niveau de l'espace ou au niveau de la transition énergétique, tout en
continuant de performer avec nos filières plus traditionnelles, comme celles
que j'ai mentionnées précédemment. Donc, je pense que l'engouement est là. On a
annoncé la semaine passée des programmes... des appels de projets pour
l'investissement dans des nouveaux projets. On a annoncé 44 millions de
projets pour lesquels on subventionnait un montant important.
Donc, notre programme des… de la stratégie
aéronautique, dans laquelle nous avions des crédits pour... des subventions
pour la R et D, fonctionne bien. Parce que la R et D, c'est ça qui est la base.
Si on investit en recherche, aujourd'hui, appliquée, bien, on va avoir des
chances d'avoir des projets qui vont… qui vont amener des projets plus
commerciaux, où les emplois vont être… vont être bien ici. Donc, je pense qu'on
a une capacité…
Puis je conclus en disant que j'étais à
l'ENA, l'école nationale d'aéronautique, c'est là qu'avait lieu la réunion
annuelle d'Aéro Montréal, et, un fait important, il y a quelques années, il y
avait beaucoup de sièges de libres à l'ENA, et, aujourd'hui, les sièges sont moins
libres, parce que les jeunes veulent revenir dans cette industrie-là, puis, on
doit avouer, pendant des années, qui a été malmenée. Alors, moi, je suis
confortable qu'on ait un bon environnement.
Mme Boutin : Bien, quand vous
étiez là la semaine dernière, c'est 47 millions pour soutenir quatre
projets, je pense, spécifiques. Est-ce que vous pouvez en dire un petit peu
plus?
M. Fitzgibbon : Oui, bien,
c'est des projets... beaucoup de projets là-dedans. Il y avait, par exemple, le
SAF, hein? Le SAF, c'est important. On regarde le kérosène vert, hein, si je
pourrais dire. Alors, on a… on a l'habilité, au Québec, d'avoir du CO2, on va le convertir avec de l'hydrogène vert.
Donc, un programme qui travaille avec des compagnies aériennes et la compagnie
SAF+, ça, c'est intéressant. On a un programme aussi pour les drones. On a… on
regarde ce qui va se passer au niveau des drones dans les prochaines années, et
il y a deux sociétés qui se sont mises ensemble pour dire comment on va
travailler ça, Bell Textron, pour un modèle hybride d'hélicoptère, puis on a
aussi Pratt & Whitney, qui travaille avec Flying Whales pour les ballons
dirigeables. Donc, il y a quatre projets, dans lesquels il y a huit entreprises
qui travaillent conjointement. Puis l'important, c'est que la PI qui va générer
de ça va rester au Québec.
• (12 h 30) •
La Présidente (Mme D'Amours) : Merci.
Mme Boutin : Ah! je peux-tu
vous poser une petite miniquestion? Question piège : À quand la zone
d'innovation en aérospatiale?
M. Fitzgibbon : Il faut… il
faut avoir un chef. On a parlé avec le conseil d'administration. C'est clair
qu'on est… on est voués à en avoir une, il faut juste travailler les morceaux
qui restent à établir en ce moment.
La Présidente (Mme D'Amours) : La
parole au député d'Abitibi-Est, en vous rappelant qu'il reste 1 min 30 s.
M. Dufour : Parfait. Donc, on
va passer peut-être dans un autre répertoire. M. le ministre, on vient de
parler de l'aéro, mais il y a aussi, je pense, un beau projet actuellement, en
hydrogène vert, qui parle de blocs de stations de ravitaillement pour Val-d'Or
et Saint-Jérôme, entre autres, pour, justement, permettre d'avoir une autre
source de ravitaillement qui permettrait, justement, d'éliminer du diesel. Je
pense que ça pourrait bien terminer la première période de questions que le
ministre de l'Économie a à faire.
M. Fitzgibbon : Bien,
écoutez, l'hydrogène vert, c'est clair que, quand… moi, je regarde sur une base
de GES, là… On a… on a, au Québec, l'ambition de réduire de 37,5 %, et il
y a des secteurs qui ne seront pas électrifiables. Je pense au transport lourd
et je pense aussi aux industries des... on pense à l'acier, on pense au ciment,
on pense à l'aluminium. Donc, ces secteurs-là, qui représentent quand même, probablement,
un 15 %, 20 % des GES qui sont émis au Québec, il faut qu'ils soient
hydrogénés ou bio-énergisés...
12 h 30 (version révisée)
M. Fitzgibbon : ...Donc, ces
secteurs-là, qui représentent quand même probablement un 15 %, 20 %
des GES qui sont émis au Québec, il faut qu'ils soient hydrogénés ou
bioénergisés. Alors, on a deux... deux éléments ici. Donc, on a la
bioénergie pour la méthanisation, pour la biomasse qu'on peut utiliser, puis il
y a aussi l'hydrogène qui peut être utilisé. Alors, moi, je pense que... je
vois d'un très bon oeil que le Québec produise... malgré le manque d'électricité,
que le Québec produise de l'hydrogène pour le transport lourd, «fuel cell»,
ravitaillement, je pense, c'est important de faire ça pour décarboner...
La Présidente (Mme D'Amours) : Merci
infiniment, M. le ministre.
Compte tenu de l'heure, la commission
suspend ses travaux jusqu'à 15 h 30. Merci, tout le monde.
(Suspension de la séance à 12 h 32)
15 h (version révisée)
(Reprise à 15 h 30)
La Présidente (Mme D'Amours) : Nous
reprenons nos travaux.
Je vous rappelle que la commission est
réunie afin de poursuivre l'étude du volet Économie des crédits budgétaires du
portefeuille Économie, Innovation et Énergie pour l'exercice financier 2023-2024.
Nous en sommes maintenant à une période d'intervention
de l'opposition. M. le député de Marguerite-Bourgeoys, la parole est à vous.
M. Beauchemin : Merci, Mme la
Présidente. Tantôt, on s'est quittés, on parlait de productivité. Je reviens
là-dessus, M. le ministre. C'est quoi, l'objectif qu'on a pour rattraper, donc,
la productivité par rapport à l'Ontario?
M. Fitzgibbon : Bien, le... De
vouloir combler l'écart, c'est une destination. Puis, quand... Justement, ce
matin, on parlait de Mackenzie, là. Moi et le sous-ministre, l'équipe du...
l'équipe du ministère, on a identifié... en fait, je l'ai devant moi, là, on a
identifié des chantiers qui vont faire qu'on va réduire l'écart, qu'on avait
parti de 16 % puis qu'on avait à un moment donné, durant... en février 2022,
on était à 12,6 %...
15 h 30 (version révisée)
M. Fitzgibbon : ...en février 2022,
on était à 12,6 %. On a plusieurs facteurs qu'on a identifiés, qui vont
prendre probablement une décennie avant d'arriver à zéro, parce que c'est un
chantier... tu sais, on était à 20 % d'écart à un moment donné, là, dans
le temps. Alors, nous, ce qu'on veut, c'est... On a voulu établir les
déterminants qui feraient en sorte qu'on ait une chance de réduire cet écart-là
et de les adresser un après l'autre puis de voir une progression. On aimerait
avoir un autre 3 %, 4 %, 5 % à réduire dans le mandat présent.
Peut-être qu'on va y arriver, peut-être pas, mais l'important, c'est la pente
descendante qu'on veut... qu'on veut faire.
M. Beauchemin : La page G.7 — la
page que j'aime beaucoup dans le budget du ministre des Finances — on
voit, là, que la productivité en 2022, l'année, là, que vous mentionniez
juste... tout récemment, là, était une baisse de 0,3 %, 2023, une baisse
de 0,9 %. Donc, si on rattrape, dans le contexte où est-ce que nous, on
perd du terrain, ça veut donc dire que l'Ontario perd encore plus de terrain
que nous en productivité. Si on a fait ce rattrapage-là de 2,5 %, vous
dites, là, en 2022, quand nous, on a perdu 0,3 % de productivité, ça
veut donc dire que l'Ontario en a perdu encore beaucoup plus que nous.
M. Fitzgibbon : Oui, ça, je
suis en train de trouver les chiffres, là, parce que ça... Pour moi, c'est ce
qui est important, plus que le tableau que vous référez, là, parce que le
tableau... Que ce soient des projections que Finances a faites, là, bien, je
les respecte beaucoup, mais, quand on regarde les chiffres réels, là, la
variation avec... woups, attendez un petit peu, avec l'Ontario, elle est montée
jusqu'à 16,4 % sous votre gouvernement, là, c'était à la fin de votre
gouvernement, puis, le cumul 2022, on est rendu à 13,8 %, donc 14 %,
2,4 %... deux point... il y a eu 2,6 % de réduction de l'écart
depuis ce temps-là. Donc, ça, pour moi, c'est les vrais chiffres, là. Ça, on
parle de PIB, on est réel ici.
Une voix : ...
M. Fitzgibbon : Par habitant,
excusez-moi. PIB par habitant, réel. Donc, de 16,4 %, à la fin de votre
mandat, à 13,8 %. Le cumul 2022, je pense qu'il manque un trimestre,
là.
M. Beauchemin : OK. Bien, je
comprends, sauf que je dois quand même me fier sur la page du ministère des
Finances, la page G.7, qui reprend le même data qui va cumuler vers cette
amélioration relative par rapport à l'Ontario auquel vous faites référence sur
votre tableau que je n'ai pas, là. Mais j'imagine que c'est le même data qui
doit donner ce résultat-là. Ça... ça ne peut pas être différent, là.
M. Fitzgibbon : ...c'est
la... Statistique Canada, là, qu'on...
M. Beauchemin : Oui, c'est ça,
c'est...
M. Fitzgibbon : Bien, que je
pense... Ça, c'est les bons chiffres, ça.
M. Beauchemin : C'est les... C'est
le même chiffre que le ministre des Finances a dû utiliser.
M. Fitzgibbon : Bien,
peut-être, mais ça, c'est le bon chiffre, là, ce que je vous ai donné.
M. Beauchemin : OK. Donc,
quand on... quand on regarde ça, on se dit : Bon, bien, OK, on a eu... on
a eu du rattrapage, dans les dernières années, dans un marché qui a été de...
baissier, si on peut dire, d'une certaine façon, en termes de productivité. Si
on fait juste... prenez... prendre l'exemple des batteries, où est-ce qu'avec l'annonce
de Volkswagen l'Ontario a eu 10 fois plus d'investissements dans ce
secteur-là, qui était un secteur assez prometteur, on peut... on peut s'entendre,
là, ça augure quand même relativement bien aussi pour l'Ontario au niveau de la
productivité pour les années à venir. Étant donné qu'on parle d'une game qui
est relative, ici, là, on parle vraiment de notre performance relative à la
performance de l'Ontario, étant donné que les prévisions du ministre des
Finances sont que la productivité moyenne pour... de 2024 à 2027 va être de
1 %, on doit quand même s'attendre aussi à ce que l'Ontario aussi va avoir
une certaine productivité. Les chiffres que j'ai cru entendre étaient
légèrement supérieurs aux performances que nous, on a eues.
Donc, quand je regarde ça puis je regarde
aussi le rapport du centre de la productivité et prospérité, la fondation
Somers, HEC, que vous connaissez probablement, à... Premier paragraphe de la
conclusion, on dit :
Au terme de cette 13e édition de ce
rapport-là, on comprend que le Québec se trouve à la croisée des chemins. Sans
un changement radical de sa politique industrielle, non seulement le Québec n'atteindra
pas l'objectif fixé pour 2036 — ici, on parle de productivité — mais
son économie risque de s'enliser dans la même spirale qui entraîne l'économie
canadienne depuis le milieu des années 2010.
Donc, je regarde tout ça, je me dis :
Bon, OK, correct, on planifie une <augmentation...
M. Beauchemin :
...on
planifie une >augmentation de 1 % de productivité. Il y a déjà eu
des années beaucoup plus rentables, si on veut, dans le Québec. Il y a déjà eu
des années beaucoup plus rentables, évidemment, en Ontario aussi. Croyez-vous
vraiment, là, qu'on va... on va être capables de rattraper, même d'atteindre
cet objectif-là, disons, dans les 10 prochaines années?
M. Fitzgibbon : Bien,
écoutez, il faut... Il faut y croire, hein, sinon on ne ferait pas le métier
que je fais. Tu sais, je regarde une feuille ici, là, c'est du potentiel quand
même, mais je regarde tous les projets de... Juste la filière batteries, là,
entre les discussions engagées, donc les discussions engagées, jusqu'en
opération, là, on a pour 38 milliards d'investissements. Le Québec n'a
jamais vu ça. Il n'y a jamais eu un dossier industriel où il y a eu autant
d'investissements potentiels. Donc, ça, je regarde ça. 38 milliards. Est-ce
qu'on va faire 38? La réponse est probablement non. Moi, je pense qu'on va se
ramasser à 10 à 15 milliards. Jamais vu, là. Sous les libéraux, là, avant
vous, là, pendant 15 ans, là, il n'y en avait pas, de projet comme ça. Je
regarde l'aluminium. Si jamais ELYSIS est un succès, on... il y aura des
annonces, plus tard, qui vont se faire pour des milliards. Je regarde le fer.
Alors, moi, je pense qu'on a une situation privilégiée.
Puis, le PIB par habitant, il y a un
numérateur et il y a un dénominateur. Alors, c'est sûr qu'au niveau du
dénominateur il faut comprendre qu'il n'augmentera pas rapidement. Alors, si on
rentre des projets comme ça, sans avoir une pression trop grande sur la main-d'oeuvre
ou de replacer de la main-d'oeuvre, clairement, on va réduire... en fait,
clairement, on va augmenter le PIB par habitant. Ça, je suis très, très
confiant. Clairement, quand on compare à l'Ontario, moi, je compare... je
compare aux États-Unis maintenant aussi beaucoup, parce qu'il ne faut juste pas...
il faut avoir... il faut avoir une multitude de benchmarks, le monde n'arrêtera
pas non plus, là, mais l'Ontario, ils ont une beaucoup plus grande plateforme
d'habitant. Alors, PIB par habitant, parce que PIB seul, on n'y arrivera pas.
Nous, notre croyance, c'est que notre PIB va croître peut-être égal ou
supérieur à l'Ontario, avec une main-d'oeuvre qui va être plus stable. Ça fait
que, le PIB par habitant, on a une chance de... C'est clair qu'on va
l'augmenter. La question, c'est à quel rythme on va l'augmenter pour réduire
l'écart.
Alors, moi, je suis très, très confiant
avec ce qu'il y a présentement sur la table à dessin, que, si on exécute...
qu'il faut exécuter, là, c'est des... c'est des projets encore en discussion,
je pense qu'on va y arriver.
M. Beauchemin : C'est juste
que j'essaie de... C'est parce que, des fois, les chiffres, ils ont de l'air
non significatifs. On parle de 1 %. Pour tout le monde, 1 %, c'est un
arrondissement, c'est... ça n'a pas l'air d'une si grosse affaire, mais, en
augmentation de la productivité, là, 1 %, c'est quand même relativement
majeur comme changement.
Puis ce que j'entends quand vous me dites :
C'est 12,5 % ou 14,5 % qui reste, là, à combler dans les
10 prochaines années, ça veut dire qu'il faudrait surperformer,
l'amélioration en productivité, on devrait surperformer l'Ontario de
1,5 %. Nous, on table, là, sur page G.7, que j'aime beaucoup, que, de
2024 à 2027, on va être à 1 %. Donc, on va surperformer l'Ontario de
1,5 %. Donc, ce que vous me dites indirectement, c'est que, pour cette
période donnée là, assumons, là, une ligne droite, là, OK, pour cette période
de trois ans qui est là, là, OK, l'Ontario va donc perdre de la
productivité d'un demi-point par année pour en arriver à faire ce
rattrapage-là.
M. Fitzgibbon : C'est une
bonne...
• (15 h 40) •
M. Beauchemin : ...excusez,
deux secondes. Parallèlement à ça, il y a quand même quelques milliards de
dollars d'investissements qui sont annoncés de façon récurrente en Ontario dans
l'économie. On a entendu parler de Volkswagen tout récemment. Donc, moi, je ne
m'attends pas à ce qu'il y ait un si gros «disconnect»... manque de connexions,
si on peut dire, entre ce qui se passe en Ontario puis ce qui va se passer ici.
Ça fait que... ça fait que je ne le... je ne le vois pas, comment qu'on
pourrait être capable d'avoir 1,5 % de plus de performance relative
annuelle en productivité contre l'Ontario. Ça... c'est... Je comprends que vous
avez des bonnes nouvelles, je comprends que les investissements vont se
réaliser, je comprends tout ça, puis on est tous contents que ça aille bien
dans notre économie, c'est sûr et certain, mais là on parle de productivité,
qui est une valeur qui est relative, en... C'est comme la deuxième dérivé. Ça
fait que je me pose la question comment on va pouvoir faire ça, parce que, là,
on sous-entend une baisse de productivité en Ontario. Si nous, on... Si nous,
on table pour 1 % puis que notre objectif, c'est de combler le gap, puis
c'est 1,5 % par année, grosso modo, que ça va représenter, on table donc
que l'Ontario va perdre un demi-point de productivité annuellement.
M. Fitzgibbon : Bon,
premièrement, le 1 % auquel vous référez, c'est une hypothèse du MFQ, ça
fait que, tu <sais...
M. Fitzgibbon :
...ça
fait que, tu >sais, j'oublie ça, là, c'est une hypothèse. On est 12 dans
la salle, une autre a mis 1,5 %, l'autre, elle a mis 2 %, l'autre,
elle a mis 0,5 %. Donc, il faut... il faut... il faut faire abstraction à
ce 1 % là. C'est une évaluation du ministère des Finances que je respecte
et qu'on... nos vues sont pas mal plus agressives que ça.
Deuxièmement, dans notre évaluation, qu'on
a validée avec, justement, nos aviseurs, nous croyons que le PIB du Québec
devrait augmenter à peu près au même rythme que celui de l'Ontario, PIB réel,
donc le numérateur. Le dénominateur va nous avantager parce que notre
main-d'oeuvre va rester stable. D'autre part, quand on regarde les
investissements, une donnée qu'on ne suit pas beaucoup, là, mais qu'on devrait
suivre aussi, bien, peut-être vous la suivez, là, c'est les investissements
privés non résidentiels. Pour moi, ça, c'est un gros, gros, gros élément.
Et ce qu'on voit, c'est qu'on a été,
depuis 15 ans, très déficients par rapport à l'Ontario quand on regarde
l'investissement en entreprise, qui présuppose que l'investissement en robot, en
numérisation n'ont pas été au rendez-vous. Il n'y a pas juste ça. Je pense que
nos programmes en place peuvent faire... En fait, c'est une opportunité. Vu
qu'on est sous-productifs par rapport à l'Ontario, moi, je crois qu'on est...
c'est plus facile, pour nous, d'augmenter la productivité par heure travaillée,
là, on parle par heure travaillée. Moi, je pense qu'on a une meilleure chance
que l'Ontario considérant d'où on part. Si j'ai raison et si on est capables de
monter les heures productives avec le même nombre d'heures, parce qu'assumons
qu'il n'y a rien qui bouge, bien, moi, je pense qu'on a une meilleure... on a
une chance assez forte de pouvoir...
La Présidente (Mme D'Amours) : En
terminant.
M. Fitzgibbon : Puis deux... Pour
conclure, PIB-PIB va avoir la même croissance. C'est au dénominateur qu'on va
faire la différence sur le PIB par habitant.
La Présidente (Mme D'Amours) : 15 secondes,
M. le député.
M. Beauchemin : D'accord.
Écoutez, je vais continuer dans le prochain bloc.
La Présidente (Mme D'Amours) : Parfait.
Je suis prête à entendre maintenant le deuxième groupe d'opposition. M. le
député de Maurice-Richard, la parole est à vous.
M. Bouazzi : Merci, Mme la
Présidente. Pour cette... pour cette partie, j'aimerais bien parler
d'intelligence artificielle. Et je pense que vous accorderez avec moi, M. le
ministre, que le visage de l'économie et même une bonne partie de la société sera
chamboulé, sera vraiment très différent pour un certain nombre de secteurs
d'industries et de secteurs économiques, de vie sociale par rapport à ce qui
est en train d'être fait actuellement en intelligence artificielle.
Ça fait que je vais... je vais peut-être
commencer par un certain nombre de questions. Évidemment, ça part de la
prémisse où on a un désaccord qui est en... qui est dû au fait que vous ne
voulez pas tenir une commission parlementaire pour venir écouter, dans un
processus qui est prévu ici, à l'Assemblée nationale, un certain nombre de
spécialistes, un certain nombre de chercheurs, de personnes de l'industrie qui
viennent nous parler comment est-ce que vous... eux, ils voient les différents
enjeux qui vont nous toucher. Mais est-ce qu'il va y avoir, dans 10 ans,
un certain nombre de métiers où les gains en efficacité vont faire qu'on va
avoir besoin de 50 %, voire même moins 50 %, voire même moins, de
main-d'œuvre?
M. Fitzgibbon : Écoutez, je
n'ai pas cette capacité intellectuelle de répondre à votre question. Par
contre, c'est clair, je pense, qu'on va devoir former beaucoup de gens, de
jeunes qui vont travailler sur les techniques IA, hein, parce que ce n'est pas
juste des... Dr Bengio, là, on... tout le monde veut en avoir 50 dans
notre environnement, mais, bon, ça n'arrivera pas. Moi, je pense qu'il y a un...
il y a un gros effort qui est fait avec les CCTT, l'enseignement supérieur.
Tantôt, on en a parlé, là, le 15 mai, il y a eu une... il y a une rencontre
avec les cégeps pour former des gens.
Alors, il va y avoir un déplacement
important, je pense, de main-d'oeuvre. On risque d'avoir peut-être un peu moins
de collets bleus, de gens qui sont... des métiers difficiles, il va y avoir un «shift»
qui va se faire. 50 %, ça m'apparaît énorme, mais peut-être que vous avez
raison. Puis je pense que ce qui est important, c'est que, dans la transition,
c'est un des cinq secteurs qu'on va analyser, l'impact sur l'emploi.
M. Bouazzi : Je veux juste
être sûr. Quand vous parlez de métiers difficiles, est-ce que vous êtes en
train de dire que l'intelligence artificielle va plus toucher... les
chamboulements vont plus toucher les cols bleus que les cols blancs dans
l'industrie?
M. Fitzgibbon : Non, mais
toute la robotisation doit passer par l'intelligence artificielle, on est
étroitement lié à ça. Je regarde ce qui se passe dans l'aluminium. Donc, il va
y avoir des impacts importants sur les travaux plus... plus manuels, c'est sûr.
M. Bouazzi : Vous comprenez
que l'extrême majorité... À ma connaissance, je ne connais pas d'étude qui dit
que ce qui est en train de se passer actuellement va, justement, toucher de
plein fouet les cols blancs et non pas les cols bleus. Je comprends que la <robotisation...
M. Bouazzi :
...Je
comprends que la >robotisation touche les cols bleus, évidemment, mais
cette transition-là, elle a beaucoup été faite dans les 30 dernières
années, et les recherches actuelles, à moins que vous ayez des recherches,
peut-être, dont je ne suis pas au courant, qui expliquent que ça ne va pas être
majoritairement les cols blancs qui vont être touchés. Ma question pour vous,
c'est : Quels sont les secteurs de la société parmi ces cols blancs qui
vont être le plus touchés par des baisses drastiques du besoin de
main-d'oeuvre?
M. Fitzgibbon : Je pense que
tous les... tous les secteurs vont être touchés. Vous avez raison, je pense que
l'intelligence artificielle, en soi, tu sais, il faut garder son application.
L'intelligence artificielle va être utilisée pour aider à mieux robotiser, à
mieux numériser. Donc, forcément, ça va permettre d'avoir une plus grande
efficacité innovatrice dans des usines de fabrication. Ça va aussi affecter des
travaux peut-être plus cléricaux au niveau de la comptabilité. Moi, je suis un
comptable, par exemple. Bien, il va-tu y avoir moins de comptables dans le
futur parce que les robots vont faire le travail? Puis tant mieux, mais on va
tout simplement déplacer la main-d'oeuvre. Et on est dans un environnement privilégié
où le Québec a énormément de projets, puis on manque de main-d'oeuvre. Alors,
pour moi, c'est une bonne nouvelle, alors il faut juste travailler dans une
transition.
M. Bouazzi : Donc, juste pour
dire, il n'y a pas de... Vous ne voyez pas, vous, un risque... C'est-à-dire
qu'actuellement il y a des Québécoises et des Québécois qui sont à
l'université, qui rentrent à l'université, qui finissent leur cégep, qui vont
étudier dans une spécialité pendant les trois prochaines années, peut-être
quatre ou cinq prochaines années, et qui... dans 10 ans, le métier
qu'ils auront appris aura pratiquement disparu, en tout cas, il n'y aura
largement pas assez de jobs pour l'extrême majorité de ces gens-là. Est-ce que
vous ne pensez pas qu'il est de notre responsabilité de prévoir aujourd'hui,
tout de suite les gens et pour pouvoir s'assurer que les gens qui rentrent à
l'université maintenant ne vont pas étudier pour rien pendant quatre ans? Parce
que, six ans après la fin de leurs études, il n'y aura plus de... je veux dire...
Et vous parlez des cols blancs. Encore une fois, je suis très étonné. Je veux
dire, dans la... dans la recherche, on parle plus des avocats, effectivement,
des comptables, on parle aussi des assistants, on parle... on parle d'un certain
nombre de métiers. Et la question... Et je suis d'accord avec vous, on n'a pas
une boule de cristal, on est occupés ici, à l'Assemblée nationale. Il y a des
chercheurs, par exemple, qui ne font que ça, étudier ça. Et vous ne pensez pas
qu'il est du rôle des législateurs d'avoir une commission ici, à l'Assemblée
nationale, pour éviter à ces jeunes-là d'étudier pendant quatre ans dans
une industrie qui va à peu près disparaître?
M. Fitzgibbon : Bien,
première des choses, je pense que vous avez tort parce que je pense que c'est
votre... pire que ça. Moi, je pense qu'il y a beaucoup d'experts qui disent que
les métiers que nos jeunes qui rentrent au secondaire aujourd'hui n'existent
pas aujourd'hui. Alors, c'est sûr qu'on est face à ça. Alors là...
M. Bouazzi : M. le
ministre...
M. Fitzgibbon : Je vais... je
vais répondre à la question, là.
M. Bouazzi : Oui.
M. Fitzgibbon : Alors, moi,
je pense que, clairement, il faut être sensibles à ça. Nous le sommes,
sensibles. Avec tout respect, ce n'est pas ici que ça va se régler. Alors, dans
les cinq chantiers que Luc Sirois va modérer, un des chantiers, si vous
vous appelez bien, c'est la... ça va être la main-d'oeuvre. Donc, il va y avoir
des gens qui vont pouvoir parler, qui vont pouvoir exprimer leurs vues. C'est
clair qu'il faut être sensibles à ça. Alors, ce n'est pas en commission parlementaire
qu'on va régler ça. Ça fait que moi, je dis tout simplement que le chantier
qu'on met en place avec la CIQ, un des cinq chantiers, adresse ce
point-là.
M. Bouazzi : Donc, ce n'est
pas ici qu'on va régler ça. Évidemment, nous, on pense que les élus du peuple,
évidemment, ont un rôle important à jouer. Si quelqu'un prend à peu près une minute
de cette conversation qu'on vient d'avoir, est capable de recréer votre voix,
M. le ministre, en train de chanter La Marseillaise, est-ce que c'est
légal aujourd'hui, ça, ou pas?
M. Fitzgibbon : Je ne
comprends pas votre question.
M. Bouazzi : Pardon?
M. Fitzgibbon : Je ne
comprends pas votre question.
M. Bouazzi : Est-ce que, si
quelqu'un prend une minute d'une conversation où il y a la voix de
quelqu'un, reproduit cette voix-là pour en faire à peu près n'importe quoi... est-ce
que c'est légal actuellement au Québec ou pas?
M. Fitzgibbon : Non, mais ça,
on en a parlé... on en a parlé, intimement, le 12 avril, vous étiez à la
même réunion. Les modèles, supermodèles de génération d'images, de mots, il
faut qu'ils soient encadrés. Alors, on est... c'est... clairement, on veut
faire ça. Alors, la...
• (15 h 50) •
M. Bouazzi : Donc... Et ça,
ça va se faire à l'extérieur de la législation de l'Assemblée nationale?
La Présidente (Mme D'Amours) : ...M.
le député, voulez-vous laisser M. le ministre finir la question? Vous prenez du
temps. J'essaie de le calculer. M. le ministre répond en moins de temps que
vous prenez. Alors, pour être équitable, laissez le ministre répondre, s'il
vous plaît.
M. Bouazzi : C'est parfait.
M. Fitzgibbon : Merci, Mme la
Présidente.
La Présidente (Mme D'Amours) : Adressez-vous
à moi si vous voulez que j'intervienne, s'il vous plaît.
M. Bouazzi : C'est noté, Mme
la Présidente.
La Présidente (Mme D'Amours) : Merci.
M. le ministre.
M. Fitzgibbon : Merci, Mme la
Présidente. C'est un... c'est un débat très dogmatique que nous avons. Parce
que tout ce que j'ai dit, c'est que Luc Sirois, le comité d'innovation...
Conseil d'innovation du Québec, son mandat, c'est de recevoir de l'information
des gens qui veulent parler, sociétés civiles, les experts, les professeurs,
pour ramasser l'information, pour être structuré en cinq chantiers, dont
le chantier de l'emploi. Et, quand on aura... on aura reçu l'information, on va
prendre acte de ça. Il parle de la gouvernance, le côté légal. On a un ministre
qui ne fait que ça, le ministre de la Cybersécurité et du <Numérique...
M. Fitzgibbon :
...la
Cybersécurité et du >Numérique. Sa responsabilité au gouvernement, c'est
de faire les lois. Mais, avant de faire des lois, il faut comprendre
l'environnement dans lequel nous sommes. Alors, nous voulons organiser la
structuration.
M. Bouazzi : Je pense
que c'est la responsabilité de tous les élus du peuple du Québec de participer
à créer ces lois-là. Et il est évident qu'on va se poser la question est-ce que,
oui ou non, reproduire une voix à l'identique pour en faire autre chose est
légal ou pas, et actuellement c'est un vide juridique. Est-ce que vous
pensez... À moins que vous pensiez que le rôle des députés de l'Assemblée
nationale n'est pas de participer à cette... à cette légifération. Je ne
comprends pas très bien quelle idée on a de la démocratie en se posant la
question, et puis il y en a beaucoup.
La question de la responsabilité, aujourd'hui,
si quelqu'un crée une intelligence artificielle qui donne des conseils
juridiques, on a des gens qui donnent les données sur laquelle on s'entraîne,
d'autres personnes qui entraînent les modèles, une troisième personne qui donne
les conseils. Si le consommateur du service, à la fin, reçoit un conseil erroné
qui a des conséquences graves pour sa vie, pour son avenir, qui est responsable
aujourd'hui? C'est un vide juridique. Est-ce que c'est la personne qui donne
les données? Est-ce que c'est la personne qui fait le modèle? Est-ce que c'est
la personne qui fait le service?
En tout respect à tout le processus que
vous faites à l'extérieur des murs de cette Assemblée, on pense vraiment qu'il
est du devoir de la... de cette instance démocratique de penser à ces
choses-là. Vous ne pensez vraiment pas que c'est notre rôle à nous, en tant que
législateurs, de faire ça?
M. Fitzgibbon : ...question?
M. Bouazzi : Ma question,
c'est que les législateurs doivent réfléchir à la loi. Ça, ce n'est pas le
ministre seul, c'est tous les députés. Et, actuellement, vous décidez de faire
des processus à l'extérieur des... de l'enceinte de cette vénérable institution,
pour laquelle j'ai un respect immense, et je suis très étonné de la facilité
avec laquelle vous avez de penser que ce n'est pas notre rôle à nous de
réfléchir à ces choses.
M. Fitzgibbon : Alors,
bon, je vais recommencer parce que je pense que... j'ai été mal compris, alors
j'ai dû mal communiquer. Vraiment, ce n'est pas juste les 125 députés qui
vont regarder ça, c'est la population au complet. Ce qu'on fait justement avec
M. Sirois, au CIQ, c'est qu'il va solliciter l'input de toute la
population. Les gens qui voudront faire des mémoires, ça peut être par le Web
ou... on va voir le procédé, il va y avoir un communiqué de presse qui va
sortir bientôt. Alors, je suis très satisfait. Et c'est ce qu'on va suivre
comme... comme procédure, de solliciter l'opinion de tout le monde dans des
chantiers structurés, sinon ça devient complètement instructuré. Et...
M. Bouazzi : Mais vous faites
les deux?
M. Fitzgibbon : Bien, je
n'ai pas fini, madame.
La Présidente (Mme D'Amours) : Allez-y,
M. le... M. le ministre.
M. Fitzgibbon : Alors,
j'aimerais aussi que... pouvoir... À la fin, on décidera qu'est-ce qu'on va
faire avec ça. Et, ultimement, le législateur, la personne qui va devoir
regarder si on fait un projet de loi, ça va être...
La Présidente (Mme D'Amours) :
Merci.
M. Fitzgibbon : ...le
ministère de la Cybersécurité.
La Présidente (Mme D'Amours) : Merci.
Avant de passer la parole à l'opposition officielle, je rappelle à tous les
membres de cette commission que, s'il y a une commission qui veut être débattue
en commission, c'est la commission qui décide et non pas le ministre en
question. Donc, vous pouvez faire vos demandes à la commission concernée.
M. le député de Marguerite-Bourgeoys, la
parole est à vous.
M. Beauchemin : Merci,
Mme la Présidente. Donc, M. le ministre, je veux juste continuer, là, la... en
productivité, quand on était en train de se parler tantôt. Vous avez dit :
On est 12 dans cette salle, ici, il pourrait avoir 12 prédictions, là. En
faites, vous, votre prédiction au niveau de la... du gain en productivité pour
les années à venir, c'est quoi? Il y a la page G.7, là, mais votre... vous,
votre...
M. Fitzgibbon : Je ne me
suis pas... Je ne suis pas... Je n'aime pas la numérologie. Moi, je regarde les
initiatives, les déterminants, et c'est ce qu'on a fait dans l'exercice à
l'automne 2021. Et ce qu'on met en place, par exemple zones d'innovation,
les programmes de productivité innovation, le programme de... OTN, de la SQRI,
on met en place des stratégies qui, selon moi, vont nous permettre d'augmenter
notre productivité, d'augmenter le PIB par habitant. Est-ce que ça va être
2 %, 1,5 %? Vous aviez absolument raison tantôt, ça ne sera pas
4 % ou 5 % parce que c'est des chiffres énormes. Alors, moi, je
serais très heureux entre 1 % à 2 % de productivité sur un PIB qui va
croître plus entre... de façon intéressante. Mais je n'ai pas de prédiction à
faire parce que ce n'est pas mon métier, là.
M. Beauchemin : OK, mais,
dans un contexte, où est-ce qu'on met... on met des sous du gouvernement, on a
des... qui... Pierre — on se dit — OK, mon objectif, c'est
de faire tel genre de rendement, mon objectif, c'est de faire tel genre
d'augmentation du produit intérieur brut, mon objectif, c'est d'avoir x nombres
de dollars qui rentrent dans les coffres de l'État, mon objectif, c'est d'avoir
aussi, donc, une productivité quelconque à améliorer, j'imagine. Non? Il n'y a
pas... Il n'y a pas personne qui a regardé l'objectif? À part à la page G.7,
là, du ministre des Finances, qui vient du rapport que vous avez mentionné, il
n'y a personne qui a donné un estimé? Grosso modo, si on fait ça, si on fait
ça, si on fait ça, tout ça ensemble, ça va <donner...
M. Beauchemin :
...ça
va >donner ça de gain de productivité au Québec?
M. Fitzgibbon : ...je l'ai
dit tantôt, on a visé de réduire à zéro l'écart sur 10 ans, c'était notre
cadre financier, puis là on a des mesures qui vont permettre peut-être d'y
arriver. Étant donné qu'il y a beaucoup de variables qu'on ne contrôle pas, je
pense qu'avancer des énoncés comme ça n'est pas crédible. Ce qui est crédible,
par contre, c'est de dire qu'on a établi des chantiers Puis je reviens aux
batteries, là, on a parlé beaucoup de batteries, l'intelligence artificielle...
les deux, en fait. L'intelligence artificielle, on a continué ce qui avait été
commencé par votre gouvernement. Dans le cas des batteries, c'est nouveau.
C'est des dossiers qui, selon nous, vont faire bouger l'aiguille.
Maintenant, d'avancer ici qu'on va réduire
de 4,5 % en 2027, ce n'est pas la nature de ce que je suis, comme
personne, mais je suis confortable. Par contre, quand les projets qu'on
regarde, qui s'insèrent dans une stratégie globale... qu'on s'en va dans la
bonne direction. Ça fait que je préfère travailler comme ça.
M. Beauchemin : Mais je
comprends, puis je ne veux... je ne veux pas... C'est dur, des fois, de... Comme,
une équation à trois variables, si on a juste une équation, des fois c'est...
c'est dur de quantifier les autres. Mais moi, je parle de l'information qu'on
nous donne, puis l'information qu'on nous donne, si on veut réduire le gap à
zéro, ce gap-là, c'est à peu près 13 % sur une période de 10 ans,
c'est 1,3 % d'amélioration de productivité de façon annuelle. Bon, je ne
m'attends pas à ce que ce soit une ligne droite, c'est sûr et certain, je
m'attends qu'il puisse y avoir des meilleures années que d'autres, mais il va y
avoir des moins bonnes années que d'autres aussi, évidemment.
Mais, de façon totalement cartésienne, je
me dis, il doit sûrement eu... y avoir eu l'exercice pour dire : Bon,
bien, OK, correct, ce qu'on fait, ça se traduit en ça de productivité. Puis ce
que vous me dites, c'est qu'on a regardé l'objectif «at large» sans se dire :
Bien, OK, correct, moi, je pense donc que la productivité devrait être
améliorée, hypothétiquement, là, avec un modèle Y, de façon linéaire, de
1,3 % par année. Il n'y a pas...
M. Fitzgibbon : Bien, non, on
a plus que ça. J'ai probablement, à la maison, ça d'épais de documents qu'on a
produits, qu'on a produits avec l'aide des consultants, et on a fait toutes
sortes de modèles empiriques pour les prochains 10 ans, pour arriver...
Parce qu'ultimement la commande de notre patron, de mon patron, c'est de dire :
Comment est-ce qu'on va vider l'écart, comment est-ce qu'on va... on va réduire
l'écart à zéro? Bon, on a fait un exercice mécanique, qu'on a fait, mais ce que
je dis, c'est que cet exercice-là nous montre qu'on pourrait arriver à zéro
dans 10 ans, mais ça va être excessivement difficile, ça prend des
conditions gagnantes à bien des égards.
Alors, au lieu de lancer des chiffres
comme ça, je préfère... On a les cadres, trouvons les déterminants importants.
Parce que le problème d'un gouvernement, c'est qu'on peut se lancer sur bien
des chemins en même temps, puis le risque qu'on a, c'est qu'on risque de ne pas
y arriver. Alors, on s'est dit : Moins de déterminants, allons-y, mais
mesurons l'impact, par contre. Parce qu'après un an, un an et demi on
pourrait dire : Woup! on s'est trompés, parce qu'il est possible qu'il y
ait un déterminant qu'on a mal évalué. Alors, moi, j'aime mieux avoir une
relation dynamique avec l'environnement stratégique. Alors, on a un cadre qui
nous permet, techniquement, d'arriver à zéro, mais je ne veux pas lancer ça
comme ça, parce qu'il y a beaucoup de variables. Mais moi, je suis... On
travaille sur les initiatives, puis, si vous ajustez en cours de route, on va
le faire.
La SQRI qu'on veut... La SQRI, vous allez
voir l'annexe, là, parce qu'il y a 12 ou... plus que... il y a 15... puis je
regardais Joëlle, là... il y a 15 indicateurs, puis on a regardé, l'autre
fois, puis il y en a une couple que ça ne marche pas, là. Donc, il faut
s'ajuster, là, je pense que c'est normal. Alors, je pense qu'il faut avoir
cette capacité-là de dire : Woups! ça ne va pas aussi bien qu'on pensait.
Pourquoi? C'est-tu un mauvais... c'est-tu un mauvais «marker» ou on n'est pas
bons dans les initiatives? Alors, je pense que je préfère travailler dans un
mode comme ça.
• (16 heures) •
M. Beauchemin : OK. Je vais
changer de sujet, pour ramener un sujet que vous aimez beaucoup, Le Panier bleu.
On a vu que le gouvernement du Québec a investi plus de 5 millions, en
fait, c'est 5 470 000 $, dans Le Panier bleu, et, pourtant, il y
a des commerçants et des Québécois qui ne sont pas certains que cette
plateforme soit, effectivement, la plus optimale possible. On comprend qu'il y
a 246 marchands qui sont inscrits comme étant des marchands... attendez,
il y a un terme, exactement, là... marchands identifiés... entreprises
inscrites pour faire partie, là, du Panier bleu. Il y a 220 000 entreprises,
là, au Québec, en tout et partout. Est-ce que... est-ce que ça... C'est-tu
un... Il y avait-tu un objectif en termes de nombre d'entreprises qu'on voulait
d'avoir d'inscrites? Est-ce que 246 sur 220 000, c'était l'objectif?
Est-ce que ça valait la peine?
M. Fitzgibbon : Bon, il y a...
Si on retourne un peu en arrière, Le Panier bleu avait été créé, là, à quelque
part, deuxième trimestre de 2020, peut-être zéro... Il avait deux objectifs.
Le premier objectif, c'est sensibiliser les Québécois à des produits locaux,
puis, deuxièmement, il y avait l'objectif de permettre à certains commerçants
de pouvoir transiger en ligne. Alors, le dossier a évolué...
16 h (version révisée)
M. Fitzgibbon : ...transiger
en ligne. Alors, le dossier a évolué... Évidemment, la pandémie, là, pas
besoin d'expliquer ce qui s'est passé... a évolué, on a décidé de séparer ça en
deux. Donc, on a, d'un côté, les identifiants, comment on... comment on permet
au consommateur de pouvoir identifier la composante d'un produit, en termes de
sa conception, fabrication complète ou partielle, et, en même temps, on a
travaillé sur la plateforme pour le site transactionnel.
Donc, si on parle du transactionnel, on a,
effectivement, au 31 mars 2023, 250 marchands pour lesquels il y a 100 000 produits,
dont 600 des produits portent sur des marques de certification de produits du
Québec. Donc, si je regarde... plateforme transactionnelle, ce qu'on a réalisé
avec Le Panier bleu, c'est qu'il y a un besoin criant d'aider la numérisation
de nos commerçants, puis on le voit dans l'OTN, donc c'est pour ça qu'on va
mettre beaucoup d'efforts de ce côté-là.
Et présentement 250 marchands, 100 000 produits,
j'espère que ça va augmenter, mais, en bout de piste, l'idée n'était pas d'avoir
1 000 marchands à une date, l'idée, c'est d'avoir un processus, d'avoir
une plateforme qui permet aux commerçants de commencer à vouloir travailler,
puis, éventuellement, ils iront sur Amazon, ils iront ailleurs. Donc, l'idée,
ici, n'est pas de remplacer une plateforme, mais de donner l'occasion à des
commerçants, qui, autrement, n'auraient pas l'occasion de le faire, de le
faire.
Alors, 250 marchands, 100 000
produits. On va continuer d'augmenter. On a investi avec le Fonds de
solidarité, avec Desjardins puis Lightspeed. Donc, on a les bons partenaires.
Donc, on va continuer à vouloir performer plus sur la plateforme Panier bleu,
transactionnelle, là.
M. Beauchemin : Vous avez
mentionné un chiffre tantôt, le nombre d'entreprises dont le produit est
totalement québécois, c'est ça?
M. Fitzgibbon : Non, ce que
je dis, c'est que la plateforme transactionnelle, donc, on a 250 marchands,
100 000 produits, dont 600 des produits seulement, ce n'est pas beaucoup,
c'est... il y a une marque de certification, le label, qu'on appelle, pour
Québec, donc...
M. Beauchemin : Que c'est
totalement québécois.
M. Fitzgibbon : Exact...
Conçu... Il y a différents grades, là, tu as trois grades, là. C'est les
fabricants qui ont décidé de vouloir avoir une certification. Donc, il y en a
600. C'est-tu 600 fabricants ou 600 produits?
Une voix : ...
M. Fitzgibbon : Produits.
M. Beauchemin : Donc, 600 sur
100 000. Donc, il y a 99 400 produits qui n'ont aucune
certification.
M. Fitzgibbon : Des marchands
qui... Des fabricants qui n'ont pas... qui veulent... ils ne voient pas le
mérite pour l'instant d'avoir... de passer par le processus de certification,
effectivement.
M. Beauchemin : Est-ce que ça
veut dire que c'est des... ce n'est pas des produits québécois ou ça veut juste
dire que c'est peut-être des produits québécois, mais ils ne veulent juste pas
se donner le trouble de le faire certifier?
M. Fitzgibbon : Exact. Il y a
un mélange des deux, là, évidemment, mais il y a des gens qui ne voient pas, à
ce moment-ci, l'utilité. Puis ça va venir avec la demande. Plus il va y
avoir... plus le consommateur va l'exiger, plus les gens vont le faire. Alors,
c'est ça qu'il faut continuer à promouvoir. Alors, il y a deux choses : la
certification, qui est faite par un OBNL, que le gouvernement organise, et la
plateforme inc., qui, elle, fait le transactionnel.
M. Beauchemin : Mais il n'y a
pas une façon de motiver les gens à, justement, vouloir l'avoir, cette
certification-là? Dans le sens que, je ne sais pas, moi, comme... Metro fait le
produit vedette de la semaine, OK, bien, ça pourrait être, sur Le Panier bleu...
le produit québécois de la semaine va être publicisé sur Le Panier bleu. Donc,
pour pouvoir avoir accès à ce genre de publicité gratuite, d'une certaine
façon, il faut avoir la certification.
M. Fitzgibbon : Oui, bien,
mais l'idée... Oui, bien oui, vous avez raison, mais l'idée était aussi que la
certification n'était pas seulement pour Le Panier bleu. On pourrait avoir une
certification sur Amazon, par exemple. Moi, j'ai eu des discussions avec d'autres
plateformes. Je pense que les deux... Il y a deux choses, là, qu'il faut
séparer. Pour la certification, est-ce que les Québécois aimeraient avoir un
label qui leur explique d'où vient le produit? C'est ça, la question. Comment
est-ce qu'on promouvoit ça? Puis ce n'est pas au gouvernement de décider qu'est-ce
que les gens vont acheter, mais on fait un effort là-dedans. Puis est-ce qu'on
est rendus à un niveau où on est satisfaits? Non. Je pense, il faut continuer à
le faire.
Moi, j'ai... j'avais dit ici, en cette
Chambre, voilà un an... puis on m'avait dit que j'étais ridicule, mais moi, j'avais
dit : Pourquoi un jour on n'aura pas... Amazon n'aura pas une section
Produits du Québec? On va voir ça, dans les prochaines années, je pense. Alors,
pourquoi on n'aurait pas des certifications sur Amazon? Ce qu'on veut, c'est
que les fabricants puissent avoir accès à une plateforme, peu importe laquelle,
où les gens vont pouvoir identifier d'où vient le produit, ou, en fait, la
conception, là. Alors, je pense que c'est... c'est ça qui est le focus qu'on va
avoir dans le futur.
Une voix : ...
M. Fitzgibbon : Mais on a
quand même... On me montre ici, là... M. Bahan me montre que, sur Le Panier
bleu, il y a une place, c'est certifié Québec, là. On a quand même accès à ce
qui est certifié Québec, mais ce n'est pas encore assez puissant pour que les
gens veuillent adhérer à faire cette certification, mais on va travailler sur
ça.
M. Beauchemin : Il me reste 1 min 10 s,
à peu près, je voulais juste vous poser une question vraiment spécifique par
rapport à ce qu'on disait ce matin. Donc, les rapports, les secteurs que vous
avez identifiés, avec McKinsey et KPMG, que vous deviez... aviez-vous eu le
temps, durant l'heure du <lunch...
M. Beauchemin :
...identifiés,
avec McKinsey et KPMG, que vous deviez... aviez-vous eu le temps, durant
l'heure du >lunch, là, de pouvoir produire cette liste-là pour la
déposer, pour qu'on puisse...
M. Fitzgibbon : Non, mais, en
fait, mon collègue... On va parler de zones d'innovation, tantôt, là...
Une voix : ...
M. Fitzgibbon : On va... on
va... Bien, il va décider... On va en parler, on va en parler verbalement parce
que c'est sur les zones d'innovation, finalement.
M. Beauchemin : Donc, vous
vous engagez à le déposer quand même, là?
Des
voix : ...
M. Fitzgibbon : OK. Il est en
train de la faire.
M. Beauchemin : Parfait. Il
me reste combien de temps?
La Présidente (Mme D'Amours) : 45 secondes,
M. le député.
M. Beauchemin : 45 secondes?
La Présidente (Mme D'Amours) : Oui.
M. Beauchemin : OK. J'ai
encore le temps. Revenons, d'abord, au Panier bleu, mon... notre minuterie
n'était peut-être pas optimale. C'est juste l'exemple, là... puis j'aimerais ça
peut-être clarifier peut-être c'est... comment la différence peut exister, la
campagne de publicité qui favorisait des pâtes produites à l'extérieur du
Québec, à l'intérieur, là, du Panier bleu, vous avez peut-être entendu parler
de cette situation-là, là. Il y avait un commerçant qui faisait la promotion de
ses pâtes, mais elles étaient produites à l'extérieur du Québec, sur Le Panier
bleu.
La Présidente (Mme D'Amours) : 15 secondes.
M. Fitzgibbon : La
qualification du Panier bleu... tu me corrigeras, là, la qualification du
Panier bleu, c'est que le commerçant doit être Québécois, peu importe ce qu'il
vend, parce que c'est impossible d'avoir un commerçant qui vend seulement des
produits québécois. Donc, panier...
La Présidente (Mme D'Amours) : Merci.
Merci beaucoup, M. le ministre. Maintenant, je vais céder la parole au député
de Nicolet-Bécancour. M. le député, la parole est à vous.
M. Martel : Merci, Mme la
Présidente. Bonjour, M. le ministre, toute l'équipe. Je m'étais promis de ne
pas parler du parc industriel de Bécancour, mais là j'ai entendu : 38 milliards,
10 milliards, filière batterie, je ne pouvais pas ne pas faire de lien, mais,
quand même, juste vous dire, avant de parler des dossiers, très content de
travailler avec vous, M. le ministre, de continuer notre travail au niveau du
développement des zones d'innovation. Avant d'être député, j'ai géré un
centre local d'investissement et... de développement, je veux dire, et j'ai
travaillé beaucoup avec le ministère de l'Économie, avec Investissement Québec.
J'ai toujours reconnu beaucoup de compétence à ces deux organisations-là, mais
là je veux le dire à micro ouvert, que c'est... on est chanceux d'avoir ces
deux organismes-là. Je vois M. Vézina, M. Bahan, la compétence a
toujours été là, mais je pense, M. le ministre, que vous avez insufflé un désir
vraiment de travailler fort pour améliorer l'économie. Moi, je sens la fonction
publique, je sens Investissement Québec vraiment motivés à travailler à la
réussite de... Puis je veux en profiter, de leur présence, pour les remercier,
mais aussi les féliciter. C'est vraiment plaisant... Là, je ne vois pas des
gens, nécessairement, d'Investissement Québec, mais je pense à Guy LeBlanc, je
pense à Sylvie Pinsonnault, Jean-François Béland, Yves Sicard, avec qui je
travaille beaucoup au niveau des zones d'innovation.
• (16 h 10) •
Juste... Je ne parlerai pas beaucoup du
parc industriel de Bécancour, mais, M. le ministre, le parc industriel de
Bécancour, il a 60 ans, à peu près, c'est le seul parc industriel qui
appartient au gouvernement du Québec. Et, quand j'étais dans l'opposition,
évidemment, j'avais beaucoup de critiques à l'égard du parc industriel, parce
que je disais que, dans les 15 dernières années, avant qu'on soit au
gouvernement, on avait perdu plus d'emplois dans le parc industriel qu'on en
avait créés, alors que c'est le seul parc industriel qui appartient au gouvernement
du Québec. On a perdu la centrale nucléaire de Gentilly, on a perdu Norsk
Hydro. La seule entreprise que les anciens gouvernements ont réussi à mettre
sur pied, c'est Greenstone, une usine de cannabis qui n'a malheureusement pas
beaucoup d'affaire dans le parc industriel, mais, depuis qu'on est là, je pense
que c'est cinq, six qu'on a, déjà, en place, beaucoup de centaines d'emplois de
nouveaux, évidemment, tout le développement de la filière batterie.
Je voulais vous demander, M. le ministre,
on a travaillé beaucoup ensemble au niveau des zones d'innovation, on a déjà
annoncé celle de Sherbrooke, celle de Bromont. Je viens de faire une tournée
pour des projets parce que... Comme directeur de CLD, ce qu'on a mis en place,
de faire travailler le milieu municipal pour les milieux de vie, de faire
travailler le secteur privé, les entreprises privées avec le milieu du savoir,
de voir toute la dynamique qui ressort de tout ça, moi, je n'ai jamais vu ça,
là, dans les... dans les 30 dernières années, de sorte qu'on a eu une
trentaine de projets qui ont été déposés. Évidemment, il ne peut pas y avoir 30
projets de zones d'innovation, si on veut développer des zones où est-ce qu'on
va avoir un potentiel à <l'international...
M. Martel :
...déposés.
Évidemment, il ne peut pas y avoir 30 projets de zones d'innovation, si on veut
développer des zones où est-ce qu'on va avoir un potentiel à >l'international,
mais on en a ciblé quelques-unes qui sont quand même assez avancées, je viens
de retourner... de les voir.
Et les gens ont travaillé très, très fort,
j'aimerais ça... Moi, le message que je leur ai dit, c'est : Vous êtes
dans la bonne voie. On aime le travail que vous faites, mais on ne veut pas
faire des annonces juste pour faire des annonces, sinon, on en aurait fait un
paquet juste avant la période électorale. On s'est fixé des barèmes, on est
très rigoureux là-dessus, on s'en tient à ça.
Ça fait que moi, je voulais vous demander :
Si vous aviez un message à adresser aux projets qui sont actuellement en
élaboration, là, qu'est-ce que vous leur diriez, à ces partenaires-là?
M. Fitzgibbon : Merci. Merci
pour les compliments au début. Puis il ne faut pas oublier notre chef, notre
chef a eu la vision, quand il a écrit son livre, que j'ai lu deux fois avant
d'aller en politique, là, sur le... Cap Saint-Laurent, donc, qui nous a
beaucoup inspirés.
Bien, je pense que ça répond un peu la
question que le député de Marguerite-Bourgeoys me posait. Je pense que les
zones d'innovation, le concept, évidemment, c'est d'avoir des thématiques où le
Québec peut se différencier... à laquelle on prend des entreprises privées, on
prend l'institution du savoir, à savoir universités, les collèges techniques et
la recherche. J'ai parlé tantôt qu'on manque de start-up, d'avoir des jeunes
pousses, là-dedans, donc, dans des thématiques où le Québec peut gagner.
Donc, évidemment, on a choisi Sherbrooke,
pour le quantique, on a choisi Bromont, la zone de microélectronique, la vallée
de la transition énergétique s'en vient, pour des raisons évidentes, Bécancour,
Shawinigan, Trois-Rivières, mais on peut penser que l'aéronautique... on peut
penser que l'aluminium... on peut penser que tout le côté minier... on peut
penser aussi niveau santé. On a, au Québec, des thérapistes de l'intelligence
artificielle. Donc, je pense qu'il y a des thématiques naturelles qui vont
faire en sorte qu'on va pouvoir avoir une zone d'innovation qui va, ultimement,
être le canal d'investissement du gouvernement dans l'interventionnisme qu'on
veut faire pour pouvoir combler l'écart de richesse.
Ceci étant dit, si on n'est pas une zone
d'innovation, on est quand même pertinent pour le Québec, c'est pour ça que le
programme OTN se veut un programme transversal pour aider tout le monde, parce
qu'on ne peut pas laisser personne en plan, mais le focus principal va être
dans des zones. On en a deux. Moi, je pense qu'on va finir avec quelque part
entre six et 10 zones.
Et je pense que la raison pourquoi on ne
les a pas toutes annoncées, c'est qu'on ne veut pas... ce n'est pas une course,
et on veut être capables de réunir les conditions gagnantes. Qui vont être
quoi? Une thématique, des joueurs : des grands donneurs d'ordres, des
start-ups, universités, collèges, tout ça réuni ensemble, avec de l'argent du
privé. Parce que le gouvernement ici va être le catalyst qui va animer ces
zones-là en bâtissant les infrastructures, mais on ne veut pas bâtir un stade
vide, sans équipe qui va venir jouer dedans. Donc, ce qu'on veut, c'est qu'on
veut bâtir des zones où le privé est déjà engagé. Et c'est-ce qu'on a vu à
Sherbrooke, pour l'Institut quantique, et c'est ce qu'on a vu évidemment à
C2MI, à Bromont. Donc, moi, je pense qu'on est... Le message que j'envoie,
c'est que ça va être le cœur de notre développement économique dans les
prochains 30, 40 ans, mais, pour être réunis, il y a des conditions qu'il faut
respecter. Puis vous faites un très bon travail de regarder les zones
potentielles, là, je les ai listées ici, qui vont nous permettre de créer de la
richesse pour les générations à venir, mais on va travailler très fort, dans
les prochaines années, pour en faire le plus possible. Mais, encore une fois,
on n'a pas un chiffre en tête, il faut avoir une thématique qui tient la route.
M. Martel : Puis ce qui est
intéressant, Mme la Présidente...
La Présidente (Mme D'Amours) : ...secondes.
M. Martel : Ce qui est intéressant,
peut-être que je peux conclure là-dessus, c'est que, même s'il y a 30 projets
et plus qui ont été déposés, l'idée de faire travailler ensemble le milieu de
l'éducation, du savoir, avec l'entreprise privée, même si ce ne sera pas, à la
fin, une zone d'innovation, on ne laisse pas tomber ces beaux projets là. On a
déjà commencé à parler de centres d'innovation, donc tous les gens qui
travaillent sur ces projets-là, ils ne travaillent pas pour rien, là.
La Présidente (Mme D'Amours) : Merci
beaucoup.
Compte tenu de l'heure, la commission
suspend ses travaux jusqu'à 17 h 15, où elle entreprendra l'étude du
volet Solidarité sociale et action communautaire des crédits budgétaires du
portefeuille Emploi et Solidarité sociale.
(Fin de la séance à 16 h 16)