(Onze heures dix-huit minutes)
La Présidente (Mme Boutin) : Alors,
l'ordre, s'il vous plaît! Ayant constaté le quorum, je déclare la séance de la Commission
de l'économie et du travail ouverte.
La commission est réunie afin de procéder à
l'étude du volet Économie, PME et Innovation des crédits budgétaires du
portefeuille Économie, Innovation et Énergie pour l'exercice
financier 2023-2024. Une enveloppe de deux heures a été allouée pour
l'étude des crédits.
Mme la secrétaire, y a-t-il des remplacements?
La Secrétaire : Oui, Mme la
Présidente. M. Leduc (Hochelaga-Maisonneuve) est remplacé par M. Bouazzi
(Maurice-Richard).
PME et Innovation
La Présidente (Mme Boutin) : Nous
allons procéder à une discussion d'ordre général par blocs d'échange incluant
des questions et réponses. Et la mise aux voix des crédits sera effectuée à la
fin du temps qui leur est alloué, soit après midi, vers 13 h 15.
Discussion générale
Je suis
maintenant prête à reconnaître une première intervention de l'opposition
officielle pour un bloc d'échange. M. le député de Marguerite-Bourgeoys,
la parole est à vous.
M. Beauchemin : Merci beaucoup, Mme
la Présidente. Est-ce qu'il y a un représentant du Conseil de l'innovation?
Une voix : ...
M. Beauchemin : D'accord. Écoutez,
on va revenir à la demande, là, qu'on a discutée à quelques reprises mardi. On a fait mention d'une liste détaillée
pour les secteurs économiques prioritaires les plus porteurs pour l'économie du
Québec. On avait demandé si cette liste-là était disponible. Elle a été
disponible, on demandait de la recevoir. Ici, on
parle de la liste, là, qui a été révisée, là, par McKinsey. M. le ministre,
cette information-là, vous la possédez. Est-ce que vous l'avez déposée?
Des voix : ...
La
Présidente (Mme Boutin) : ...parfait. On va pouvoir la déposer à la
commission. Vous pouvez poursuivre.
• (11 h 20) •
M.
Beauchemin : ...alors, on a discuté d'immigration permanente,
d'immigration temporaire. Il y a des impacts, évidemment, là, pour... pour les PME, pour nos PME, il y a des coûts qui
sont différents, évidemment. On va se rappeler que l'utilisation des... de la main-d'oeuvre temporaire pour les PME est
beaucoup plus coûteuse. Il y a un renouvellement annuel ou biannuel, requalification lors des roulements du personnel. M.
le ministre, est-ce que vous êtes capable de nous éclairer sur combien
d'entreprises, au Québec, ont recours à de l'immigration temporaire?
M.
Fitzgibbon : Non, je n'ai pas l'information. Il faudrait
demander à ma collègue ministre de l'Immigration, là. Je sais qu'on a
un... des programmes de sollicitation. Montréal International, Québec
International et Investissement Québec International fait des missions pour
aller aider les entreprises. Je sais qu'on a un très grand... très grande
coopération et on a une très grande crédibilité avec des entreprises
québécoises qui veulent des ressources externes. Alors, je n'ai pas le chiffre
exact, on pourra le trouver, peut-être, mais ce n'est pas... je ne l'ai pas.
M. Beauchemin : Selon vous, est-ce
que vous croyez que les PME ont une préférence pour l'immigration temporaire ou
l'immigration permanente?
M. Fitzgibbon : Bien, je pense, le
souci numéro un, évidemment, c'est d'avoir des employés. Je pense, ça, c'est... ça, c'est clair. Les gens aiment aussi
voir... Le programme de requalification, que ma collègue ministre de l'Emploi
chapeaute, est très, très bien reçu.
Évidemment, on veut... on veut... on veut aller plus vite, là. On a parlé de ça
avant-hier, je pense, il y a des besoins à combler qu'on essaie de
combler le plus rapidement possible.
Après
ça, quand on parle d'immigration, clairement, les entreprises préfèrent passer
par le réseau le plus rapide. Donc, il y a beaucoup d'effort qui est fait sur
une base d'immigrants temporaires, avec, évidemment, l'espoir que peut-être ces
gens-là vont rester, vont appliquer pour la permanence si le niveau de français
est plus élevé. Alors, pour les entreprises,
je pense qu'ils vont vouloir prendre les employés qu'ils peuvent trouver quand
ils sont en pénurie.
M.
Beauchemin : Donc, ce que vous me dites, finalement, c'est que c'est
la façon la plus rapide d'avoir des bras qui est prioritaire, mais, si, en bout
de piste, le coût... Parce que de la temporaire, on le sait, ce qui arrive,
c'est qu'il y a de la requalification qui
est à faire à tous les ans ou à tous les deux ans. Il y a une perte
d'efficacité, évidemment, qui agit dans ce sens-là. Dans l'immigration
temporaire, il n'y a aucun effort qui est fait pour l'intégration dans la
société québécoise. Il n'y a pas de cours de français, il n'y a pas de support
au niveau des valeurs québécoises, de rentrer...
d'être capable de comprendre... à parler français, etc. Donc, il y a moins
d'incitatifs, si on peut dire, là, pour que cette main-d'oeuvre-là
décide de vouloir extensionner son désir de vivre au Québec que seulement pour
l'emploi. Alors, à ce moment-là, il y a ces problèmes-là qui rentrent en ligne
de compte.
Selon vous... On
parle plus, évidemment, dans le concept, là, de personnel moins qualifié.
Évidemment, c'est... c'est ça qui se trouve
à être majoritairement du temporaire. Est-ce que vous, vous croyez que ça, ça a
peut-être un effet au niveau de la productivité des entreprises?
M.
Fitzgibbon : Bien, je pense que, quand on regarde les immigrants
économiques temporaires, ce n'est pas juste...
On parle des saisonniers, souvent, c'est des travaux, peut-être, qui sont plus...
à salaire moins élevé, mais il y a quand même beaucoup aussi
d'ingénieurs qui viennent, des gens qualifiés. Parce que ce qu'on a comme
principe, c'est de dire : Il faut trouver, au Québec, des Québécois qui
peuvent oeuvrer et prendre les postes qualifiés. À défaut de quoi, il y a des listes, le fédéral approuve,
on va chercher des gens temporaires. Les entreprises veulent accueillir de la bonne
façon, surtout en région. Ce qu'on voit en région, les entreprises sont très,
très ouvertes à accommoder, donner du
logement, s'occuper des enjeux sociaux. Parce qu'en bout de piste les employés
qualifiés, non pas saisonniers — le
saisonnier peut être qualifié aussi — les employeurs veulent les
garder. Alors, il y a un désir de garder ces gens-là, et je pense que c'est... ça incombe aussi à
l'entreprise de rendre le plus... plus facile l'intégration des immigrants.
Puis on voit des situations, dans certaines régions, où ça fonctionne
très bien, là.
M. Beauchemin :
Bien, tantôt, quand je faisais le
point pour, tu sais, ce qui vient avec le concept de l'immigration permanente versus la temporaire, c'est que, quand
c'est permanent, il y a de l'investissement, il y a du support gouvernemental pour encourager les individus à
apprendre à parler français, évidemment, des... pour les aider à mieux se
loger. Là, dans le contexte où est-ce que c'est temporaire, il y a... Est-ce
que... est-ce que vous êtes au courant s'il y a des entreprises qui sont
en mode, si on peut dire, d'éducation du français pour leurs employés? Parce
qu'on voit souvent... des exemples, on en a eu quelques-uns, de gens qui
viennent de l'extérieur, qui ne parlent pas français du tout, là, dans le monde
du travail. Cet aspect-là, est-ce que, vous, ça vous inquiète un peu ou...
M. Fitzgibbon :
Bien, premièrement, je pense que, quand on parle d'immigration en région,
de facto, les employeurs veulent aider, parce que, pour permettre à un
immigrant qui ne parle pas français, par exemple, d'être dans un environnement
qui est adéquat, il faut qu'il y ait des mesures qui soient prises pour les
aider. Moi, je pense qu'il faut aussi
séparer... dissocier, là, les saisonniers, où ces gens-là vont venir et
repartir, donc ils ont moins d'intérêt, puis c'est correct, mais, les gens qui sont sur un permis de travail de
deux ans, par exemple, dans des fonctions spécifiques, je pense que les gens en question veulent
apprendre le français, et les employeurs vont faciliter aussi. Alors, je pense
que...
M. Beauchemin :
...donc ils vont avoir des cours
de français pour pouvoir permettre aux employés temporaires de...
M. Fitzgibbon :
Je pense que c'est à géométrie
variable. Je pense, chaque entreprise... Il n'y a pas de réglementation du
gouvernement. On rentre dans le détail technique aussi, là. Parce que je pense
qu'en bout de piste... Je pense, c'est clair, notre politique, là, puis
notre... ma collègue à l'Immigration est très claire, elle a une politique
d'immigration, elle va en faire état prochainement, peut-être, de certains
changements. On va voir ce qu'elle va nous dire, mais le point le plus
important, c'est qu'au niveau de la permanence de l'immigration il est clair
qu'on veut des gens qui vont être capables de s'intégrer. Il faut avoir les
mécanismes en place pour pouvoir leur permettre de parler français à un niveau
acceptable, et ça a été notre politique gouvernementale depuis 2018.
M.
Beauchemin : Bien, c'est... ce n'est pas une condition sine qua non
pour l'immigration temporaire. C'est un peu ça, mon point, c'est que, dans ce
cas-là, ça reste le fardeau de l'entreprise, puis, généralement, une personne
qui arrive puis qui prend un emploi temporaire pour un an ou deux au Québec,
qui vient de l'extérieur, on peut quand même
s'attendre à ce qu'il vienne accompagné, conjoint et conjointe, peut-être même
avec des enfants. À ce niveau-là, il n'y a aucune aide non plus, ce qui
est différent de l'immigration permanente. Alors, on parle de, comme, vraiment une question... Est-ce que... est-ce que vous êtes
au courant si les entreprises... Y a-tu un pourcentage d'entreprises qui vous ont illustré comme quoi que, pour eux, c'est
important, et donc ils vont y aller de l'avant en aidant ces employés-là
à se franciser? Est-ce que vous êtes capables de nous donner une statistique ou
un ordre de grandeur?
M. Fitzgibbon : Non. Non, je
n'ai pas de statistiques. Bien, d'un autre coté, tu sais, il y a le... je pense
qu'il y a le cours normal des choses, là, on
a des missions assez récurrentes entre Québec International, Montréal International,
Investissement Québec International. On aide les
entreprises à aller solliciter des travailleurs temporaires, parce que,
souvent, il y a des crises, il y a des besoins, je devrais dire, à l'interne,
par... Je pense à trois, quatre CEO à qui je parle régulièrement. Quand ils vont
recruter des gens à l'international, ils vont tout faire pour pouvoir les
rendre heureux dans leur travail, surtout en
région. Alors, moi, je pense que... de facto, je n'ai pas de statistiques, on
pourrait la trouver, là, mais définitivement je pense que les employeurs
ont un devoir social, je dirais, et moral de faire le plus possible.
Maintenant, y a-tu des programmes? Non, parce
que temporaire, techniquement, c'est temporaire, mais je pense que c'est un...
c'est un bon moyen de compenser des... certains postes... qualifiés, des postes
qui ne sont pas comblables avec les ressources au Québec tant qu'on n'a pas
ajusté les cursus universitaires ou collégiaux pour former des techniciens dans
des bons... des bons domaines. Donc, je pense que les entreprises, règle
générale, ce sont des bons citoyens, corporatifs ou sociaux, puis ils vont
faire tout ce qu'ils peuvent pour intégrer les gens, là.
M. Beauchemin : Écoutez,
je comprends ce que vous me dites. Ce n'est peut-être pas à vous,
spécifiquement, que le constat que je vais émettre s'adresse, mais il y
a quand même eu, à plusieurs reprises, le slogan On va en prendre moins puis
on va en prendre soin, puis que, là, on regarde le chiffre de l'immigration
temporaire, puis je n'ai pas le dernier
chiffre... C'est-tu 200 000? C'est-tu 150 000, 175 000? Quelque
chose du genre. Par rapport à il y a même quatre ans, ça a explosé.
Donc, on prend moins de permanents, on dit qu'on en prend plus soin, mais,
pendant ce temps-là, il y a plus de temporaires, puis, ceux-là, bien,
évidemment, on en prend moins soin. En fait, ce n'est plus notre responsabilité
du gouvernement, on laisse la responsabilité de prendre soin de ces gens-là
pour s'intégrer dans la société québécoise, en espérant qu'un jour, peut-être,
ils voudront devenir permanents. On laisse donc à la charge du... de l'employeur cette responsabilité-là, qui
est une responsabilité qui devrait être au moins, au minimum, partagée,
selon moi, pour qu'on puisse s'assurer que l'effervescence du français en
région ne soit pas menacée, justement, par des contraintes d'employés qui ne
peuvent pas connecter, communiquer, là, avec les citoyens alentour, là.
• (11 h 30) •
M. Fitzgibbon : Écoutez, je ne
sais pas vraiment comment répondre spécifiquement à votre question. Il y a des choses, effectivement, que je pense qui
relèvent du ministre... de la ministre de l'Immigration, mais je pense que c'est
clair que, comme gouvernement, et j'endosse ça à 100 %, le niveau des
seuils de permanence de l'immigration est fonction de ce qu'on considère qui
est intégrable au Québec. Et ça, c'est une décision qui est prise par le
Conseil des ministres, recommandation par ma
collègue au ministère de l'Immigration. Moi, je pense qu'on fait les bonnes
choses pour évaluer comment on peut intégrer les gens.
Maintenant, ce que vous dites, c'est :
Est-ce que les employés immigrants économiques temporaires vont mettre en porte-à-faux notre désir d'intégration?
Écoutez, il y a deux choses. Premièrement, c'est des... c'est... moi, je considère
que les entreprises, surtout en région, font un très bon travail puis je pense
qu'il faut laisser aux entreprises le soin
de s'organiser. Puis moi, j'ai des exemples en tête, je vois des «compounds» de
logements. Des cours de français, j'ai vu ça aussi dans certaines
régions. Alors, nos entreprises sont tellement contentes d'avoir ces
immigrants-là temporaires que plusieurs
aimeraient les voir permanents. Conséquemment, je pense qu'ils vont participer
à l'intégration. Et, s'ils réussissent à faire leur intégration, si les
employés sont vraiment intéressés à rester ici, bien, peut-être qu'ils vont avoir une plus grande facilité de devenir des
permanents après. Quand on aura, au Québec, la capacité d'avoir une intégration
complète dans notre langue, bien, peut-être qu'on va avoir des seuils plus
élevés, mais je pense qu'on est prudents puis on veut faire attention. Parce
qu'effectivement si on a... si on n'intègre pas bien nos immigrants, ça va un
problème pour la survie du français au Québec, puis on veut protéger ça.
M. Beauchemin : Mais, si je
comprends bien ce que vous me dites ici, donc, vous seriez supporteur à ce que cette immigration-là temporaire, qui, clairement,
donc, est installée, donc, en termes de capacité d'accueil, elle existe,
elle est donc présente, parce que ces gens-là ne couchent pas dehors, là, ils
sont quand même logés, donc, il y a une capacité d'accueil suffisante, vous
êtes donc favorable à ce que cette capacité d'accueil... excusez, cette
immigration, qui est temporaire, devienne permanente.
M. Fitzgibbon : Il y a des
mécanismes, je pense qu'il faut... il faut respecter le fait que, quand on
regarde, la ministre de l'Immigration met
ses seuils, ils sont fonction d'un paquet de choses, sont fonction, évidemment,
des besoins puis sont en fonction de toute l'intégration. Alors, je
pense qu'il y a des critères très, très précis au gouvernement. Puis moi,
j'ai... confiance en cette ministre-là.
Les immigrants temporaires économiques,
techniquement, s'ils font leur travail de s'intégrer, de vouloir apprendre le français, si les entreprises leur
permettent, ça peut leur permettre d'aller peut-être plus vite dans la
permanence. Mais on parle de deux
sources d'immigrants, puis je pense que... Moi, ce que je dis, c'est que les
immigrants temporaires sont relativement, je pense, supportés par les
entreprises, puis ça va peut-être faciliter l'accès à la permanence. Mais, tu
sais, il ne faut pas mettre les deux ensemble, là, je pense, c'est deux choses
séparées. Mais, plus on va prendre les immigrants temporaires, plus on va les
intégrer, bien, plus on va être capables peut-être de les rendre permanents. Parce que la permanence est fonction du niveau de
connaissance du français, ça, c'est très important, puis elle est aussi dépendante des services sociaux disponibles,
logement, garderies, puis ainsi de suite. Puis c'est clair que c'est un enjeu, il
faut faire attention.
Alors, tous les ministères qui sont impliqués
là-dedans, plus on va être efficients pour avoir des plus grands services
sociaux, plus on va être ouverts à prendre l'immigration quand les gens parlent
français. Alors, je pense qu'on travaille de la bonne façon, je pense.
M. Beauchemin : Tout
ça s'attache, tout ça, ça se tient, tout ça, ça parle, en bout de piste, de
productivité pour les entreprises. Parce
qu'en bout de piste, si ça devient le fardeau des entreprises d'avoir des
garderies, des écoles, du logement pour l'immigration qui est temporaire, plus
la requalification des individus, etc., quand on regarde l'ensemble de
ça versus de l'immigration qui est permanente et qui vient avec le reste, qui
fait que l'école, etc... donc c'est plus sur
le bilan de l'État. Mais, à ce moment-là, on peut se poser la question, on
répond à un besoin immédiat, mais est-ce qu'on aide à long terme la
productivité du Québec?
Je vais l'illustrer d'une autre façon. La
personne a faim, on lui donne une barre au chocolat, mais, dans le fond, on devrait peut-être lui donner plus de
protéines pour que ça puisse être une bonne alimentation, au niveau économique,
je parle. Ce n'est peut-être pas la meilleure image, mais vous comprenez ce que
j'essaie de dire. La temporaire... l'immigration temporaire, de façon
récurrente, est plus coûteuse pour les entreprises. Et donc c'est dans ce
contexte-là, au niveau de, justement, aider nos entreprises à être plus
productives... vous ne voyez pas qu'il y a comme, quand même, un...
Je comprends ce que vous me dites, elles le
cherchent, elles le veulent maintenant, c'est criant, on répond comme ça. Mais, maintenant, là, qu'on sait que
c'est là, puis que la demande est là, puis qu'on a la capacité d'accueil,
elle est là, ce n'est pas... ce n'est pas : Ah! on n'a pas la capacité
d'accueil, on l'a, la capacité d'accueil, pourquoi ne pas simplement augmenter
les taux d'immigration permanente pour satisfaire le monde des affaires, qui le
demande et qui aimerait avoir cette aide pour améliorer leur productivité?
M. Fitzgibbon : Je vous entends
très, très bien. Et, encore une fois, je vais être solidaire avec ma collègue
la ministre de l'Immigration qui travaille sur ça et qui fera état de son
compte rendu, comment elle voit les choses.
Je vais
revenir aux entreprises, c'est ça, le point important. Il faut faire attention
aux immigrants économiques temporaires
parce qu'il y a différentes sortes. Je vais donner un exemple. Il y a des
Coréens présentement à Trois-Rivières, parce que POSCO, qui fait un gros
projet avec GM, veut avoir des gens parce que, malheureusement, des cathodes,
on n'en fait pas au Québec, on n'a pas l'expertise. Il y a un paquet de Coréens
qui sont ici en vertu d'un permis temporaire.
Est-ce qu'ils vont rester? Peut-être, peut-être pas. Est-ce qu'on va travailler
avec nos écoles, CCTT, collège technique à Trois-Rivières, Christian
Blanchette de l'UQTR, pour former des gens qui comprennent la cathode? Ça fait
qu'il faut faire attention. On est dans... Il y a des cas précis où on veut que
ce soit temporaire, puis les gens qui vont venir vont aller travailler ailleurs
après.
Alors, tu sais, il ne faut pas mettre tout dans
le même panier. Moi, je pense que l'immigration temporaire économique comble un
besoin urgent pour certaines entreprises, surtout des postes qui ne sont pas
comblés. D'autres vont peut-être vouloir
rester et s'intégrer. Alors, moi, je pense, la question fondamentale pour ma
collègue au ministère de
l'Immigration, c'est : Combien d'immigrants pouvons-nous avoir... Combien
de permanents pouvons-nous prendre annuellement selon nos capacités
d'intégration? Et ça va venir en partie avec : C'est-tu dans les régions?
C'est-tu Montréal ou ailleurs?
Alors, moi,
je pense qu'on veut tous augmenter ça, parce que le monde est face à une
pénurie de main-d'oeuvre, le monde est face à solliciter des immigrants
économiques, là, parce que le monde veulent avoir des ingénieurs, des gens dans les systèmes. Alors, il faut être
capables, par contre, de les bien intégrer. Puis il y a... je pense, il y a une
différence entre l'intégration d'un
immigrant temporaire d'un immigrant permanent. Je pense qu'il y a une nuance un
peu à apporter.
M.
Beauchemin : Bien, effectivement, au niveau... excusez
d'interrompre, là, mais, au niveau du gouvernement, effectivement, il y
a une différence de coûts. C'est plus économe, pour le gouvernement, d'avoir de
l'immigration temporaire que de l'immigration permanente. Puis c'est un peu là
où est-ce que je voulais en arriver, c'est qu'au niveau de...
La Présidente (Mme D'Amours) : En
terminant.
M. Beauchemin : ...au niveau de l'optimisation
des ressources, pour le gouvernement, la décision semble avoir été d'accepter
un ratio quatre pour un, là, quatre fois plus de temporaires contre...
La Présidente (Mme D'Amours) : Merci.
C'est tout le temps que nous avions.
Document déposé
Avant de passer à la prochaine période
d'échange, je vous signale qu'il y a une liste qui a été déposée sur...
Une voix : ...
La Présidente (Mme D'Amours) : ...le
Greffier, merci, Secteurs qui ont fait l'objet d'une analyse détaillée dans le cadre des mandats octroyés à McKinsey.
Donc, vous pouvez avoir accès maintenant à cette liste. Je cède maintenant
la parole au député de Maurice-Richard. La parole est à vous.
M. Bouazzi : Merci beaucoup, Mme la
Présidente. M. le ministre, chers collègues, merci, encore une fois, de faire
vivre ce moment démocratique. Il y a... Hier, avant-hier, j'ai rencontré des
représentants de microbrasseries, et peut-être, comme moi, M. le ministre, vous
pensez que c'est une industrie, évidemment, qui est en essor au Québec sur les 10 dernières
années, mais aussi, et surtout, c'est une industrie qui fait vivre vraiment des
économies très locales, pour un quart d'entre elles, se trouvent dans
des agglomérations de moins de 5 000 habitants. Et évidemment c'est avant tout des amoureux du processus de la bière
et non pas, évidemment, des tracasseries administratives, ou légales, ou réglementaires, et ils ont attiré mon attention
sur un certain nombre d'enjeux. Et puis j'aurais voulu voir avec vous
votre ouverture sur l'allègement d'un certain nombre de difficultés qu'ils
vivent par rapport à tout ça.
Parmi elles, il y a
la question d'autotimbrer les bières qui se retrouvent dans les restaurants ou
dans les bars. Vous savez probablement comme moi qu'historiquement il y avait
des différences de taxation entre les deux, mais que ces différences n'existent plus et que ça leur cause vraiment
beaucoup, beaucoup de soucis. Et puis, étant donné les tailles de ces
microbrasseries, ça leur complique beaucoup la vie. Ma première question :
Seriez-vous ouvert à revoir cette réglementation pour leur simplifier la vie?
• (11 h 40) •
M.
Fitzgibbon : Je pense que la question... Je vais la prendre largement
pour commencer. Le développement de l'alcool, c'est un dossier qui est
maintenant, depuis deux ans, au ministère de l'Économie. C'est un dossier qu'on
prend à coeur parce que, je pense, le développement de l'alcool au Québec, soit
les microbrasseries, les distillateurs, ceux
qui vinifient, je pense, c'est une belle industrie, effectivement, pour achat
local. On a montré un allègement particulier durant la pandémie. On a
permis à certaines... par exemple, on pouvait acheter notre vin dans les
restaurants durant la pandémie. Ça fait
qu'on a montré une ouverture pour alléger, de façon réglementaire, cette
industrie-là. Évidemment, il faut faire attention, parce qu'on a la RACJ
qui regarde le côté plus sécurité publique. On a la SAQ, bien, c'est moins
applicable dans les microbrasseries, qui a quand même des revenus, puis on...
C'est un monopole, entre guillemets, c'est la façon qu'on fonctionne. Puis
nous, l'Économie, on est ceux qui veulent développer les entrepreneurs. Alors,
c'est sûr qu'il y a une espèce de trilogie. Il faut faire attention, il faut
bien manoeuvrer là-dedans.
Mon
collègue ministre délégué à l'Économie va déposer, je pense, très bientôt, un
projet de loi pour l'allègement réglementaire.
On s'est engagés, le gouvernement, à faire un meilleur travail parce que c'est
très complexe, la réglementation, dans tout secteur, pas juste,
évidemment, l'alcool. Et il y a quelques clauses qu'on va probablement inclure
dans la déréglementation. Je ne veux pas divulguer tout de suite quelles vont
être ces clauses-là. Mais nous sommes
conscients que la réglementation est lourde. Il faut juste trouver l'équilibre,
avec mon collègue aux Finances, de dire : Bien, comment est-ce
qu'on va protéger les recettes? Puis, en même temps, si on les réduit, puis on
parle de la SAQ, bien, il faut être sûrs que
le bénéfice économique va être au moins égal à ce qu'on va couper. Alors, c'est
clairement un enjeu sur lequel je suis soucieux et je veux coopérer dans
un cadre, il faut... qui est complexe.
M. Bouazzi : Merci,
merci, M. le ministre. Effectivement, il y a aussi un certain nombre de choses
qui datent de la prohibition et des vieilles
reliques. La question fiscale ne rentre pas, hein, dans... à moins que... Il y
a la contrebande, évidemment, à moins que vous ayez des informations que
je n'ai pas, mais il est évidemment possible d'interdire la contrebande sans
avoir à complexifier la vie de ces microbrasseries.
Et puis aussi,
évidemment, il y a aussi toute la question de la vente en ligne où il y a des
choses qui sont possibles pour les vins, pour les cidres et pas pour les
bières. Je veux dire, il y a méthode à simplifier les choses. Et puis surtout, encore une fois, que c'est des
belles compagnies, hein, beaucoup, beaucoup dans nos régions, et puis qui
participent à améliorer le tissu social. C'est des gens qui sont amoureux de
leurs produits, et puis à vendre une partie de
bonheur, évidemment, aux Québécoises et aux Québécois. Et ça rejoint aussi une
demande des groupes des restaurateurs, que
j'ai rencontrés, qui, eux aussi, ont des problèmes concernant les questions de
timbres spécifiquement. Ça leur ferait du bien de ne pas avoir à gérer
toutes les paperasses associées.
Pour ce qui concerne,
justement, les restaurateurs et puis, plus largement, les PME, un des problèmes
les plus importants, voire même le problème numéro un dont on me parle dans les
différentes rencontres, c'est la question de pénurie
de main-d'oeuvre et la difficulté pour eux d'avoir à faire appel à de la
main-d'oeuvre temporaire. Ça fait que ma première question pour vous :
Est-ce que vous pensez qu'une main-d'oeuvre temporaire, par rapport à une
main-d'oeuvre permanente, est plus avantageuse pour les PME?
M.
Fitzgibbon : Comme j'ai dit tantôt à votre collègue, je pense, c'est
clair que, pour l'employeur, de recruter un employé qui va être là de façon
permanente est beaucoup plus intéressant, ça, je pense, il n'y a personne qui
peut argumenter contre ça. Nous, ce qu'on fait, c'est que... Encore une fois,
les seuils de permanence établis par la ministre de l'Immigration, avec le
consentement du Conseil des ministres, on veut augmenter le plus possible dans
la mesure où on peut intégrer... On a des débats différents des partis
politiques, quel est ce chiffre-là. Alors, la cible, pour moi, ça devient un
peu... c'est important.
Alors,
effectivement, les immigrants temporaires économiques peuvent compenser. Ce
n'est pas aussi valable pour un employeur qu'un permanent, il n'y a aucun
doute, mais, au moins, ça permet de pouvoir continuer à opérer.
M. Bouazzi : Je
ne vous ai pas parlé de cible, restons au niveau des PME et des compagnies en
général. Donc, on s'accorde, vous et moi,
qu'avoir accès à une main-d'oeuvre permanente simplifie la vie des PME et pas
seulement le fait de garder les personnes, etc., mais aussi dans le
processus pour aller la trouver. Est-ce que vous pensez qu'une PME, par exemple, par rapport... Vous avez donné
des exemples de grosses corporations qui font appel à la main-d'oeuvre
temporaire, mais, par rapport aux grosses corporations, est-ce que vous pensez
qu'elles jouent à armes égales dans l'accès à cette main-d'oeuvre temporaire?
M.
Fitzgibbon : OK.Quand je parle... je parle des missions,
là, de Québec International... M. Paquet, Montréal... Montréal International, IQ, généralement, ils
visent les PME. Parce que, règle générale, les grandes entreprises... Airbus n'a pas besoin d'Investissement
Québec pour aller recruter des gens à
l'international. Les PME en ont besoin. Alors, je n'ai pas la
statistique, là, mais moi, je pense que la plupart des gens qui s'en vont en
mission avec soit Carl Viel, Stéphane
Paquet, que ce soit Hubert Bolduc, moi, je pense, ça, c'est principalement les
PME, là. On peut définir c'est quoi, une PME entre le P puis le M, là,
mais c'est fait pour eux. Parce que, vous avez raison, pour une PME qui a 200, 300 personnes, d'aller recruter cinq
ingénieurs, ce n'est pas évident, là. C'est pour ça qu'on a ces missions-là. Et
je pense qu'on veut continuer à les faire.
Puis il y a
même des demandes qu'on augmente le nombre de missions, ce qu'on va faire
aussi. Bien, évidemment, il y a
l'autre côté de la médaille, là, combien d'immigrants temporaires qu'on peut
avoir, là, ça, c'est un autre débat, ça aussi.
La Présidente (Mme D'Amours) : M. le
député.
M. Bouazzi : La grande majorité des
PME n'a pas 300 personnes, M. le ministre, c'est plutôt autour d'une
dizaine de personnes. Et, justement, un des problèmes, c'est qu'ils n'ont pas
des... des départements qui s'occupent juste d'aller chercher de la
main-d'oeuvre externe. Et donc les PME sont spécialement pénalisées par les
politiques qui misent sur les politiques publiques, qui misent sur la main-d'oeuvre
temporaire étant donné que les plus grosses corporations ont des ressources qui
sont dédiées à aller chercher ces ressources humaines à l'étranger. Peut-être
pour conclure sur la question de la main-d'oeuvre : Est-ce que la
loi 101 s'applique sur les travailleurs
temporaires?
M. Fitzgibbon : Oui, il y a des
technicalités, avec le ministère de l'Immigration... je ne suis pas familier
avec tous les détails, là. Mais c'est sûr que, comme j'ai dit tantôt, par
expérience, puis ce n'est pas statistiquement prouvé, les employeurs qui
recrutent des immigrants temporaires, surtout en région, vont tout faire pour
que les gens soient heureux. Mais, pour être
heureux, bien, il faut que tu puisses terminer ton café, il faut que tu puisses
commencer à travailler avec tes collègues. Donc, je pense qu'il y a une force
en présence qui fait en sorte que les gens... les employeurs vont
contribuer. Alors, moi, je pense que...
M. Bouazzi : Juste pour être sûr,
vous ne savez pas si la loi 101 s'applique sur les... On comprend qu'il y
a plus de 100 000 personnes au
Québec actuellement parmi les travailleurs temporaires, plus de
300 000 personnes qui ont des permis temporaires, qui vivent
au Québec, et vous ne savez pas si la loi 101 s'applique sur ces
personnes-là.
M. Fitzgibbon : ...puis, de toute
façon, vous êtes dans la mauvaise commission. Il y a une commission sur
l'immigration, vous devriez changer de salle.
M. Bouazzi : Je ne pense pas que la
loi 101 et son application sur plus de 300 000 personnes est un
détail, M. le ministre. Est-ce que, par exemple, l'enfant d'un travailleur
temporaire qui a un travail dans l'intelligence artificielle a l'obligation
d'aller dans l'école en français, en langue française?
M. Fitzgibbon : Ça dépend ce qu'ils
veulent faire après, s'ils veulent rester ou non.
M. Bouazzi : Donc, il n'y a aucune
obligation pour un enfant de travailleur temporaire d'aller à l'école.
M. Fitzgibbon : Encore une fois,
vous vous êtes trompé de commission ce matin, là.
M. Bouazzi : M. le ministre, la
place du français est dans toutes les commissions, et j'espère qu'on partage
cet amour-là pour la défense de la langue française. Et on pense effectivement
qu'avoir des centaines de milliers... ou, en
tout cas, plus de 100 000 personnes parmi les travailleurs sur qui la
loi 101 ne s'applique pas est un problème. On peut toujours parler des
50 000, 45 000, 55 000, 80 000 travailleurs immigrants
permanents qu'on pourrait avoir, mais là on parle de plus de
100 000 personnes sur qui la loi ne s'applique pas.
Combien il me reste de temps, Mme la Présidente?
La Présidente (Mme D'Amours) : ...
M. Bouazzi : Est-ce que je peux la
reporter au prochain bloc, s'il vous plaît?
La Présidente (Mme D'Amours) : Oui.
M. Bouazzi : Merci beaucoup.
La Présidente (Mme D'Amours) : Merci.
Je cède maintenant la parole au député de Marguerite-Bourgeoys.
M. Beauchemin : Merci, Mme la
Présidente. Mardi, on a demandé à ce que... en fait, il y avait une promesse que l'Innovateur en chef allait être ici. C'est
pour ça que j'ai demandé s'il y avait quelqu'un du Conseil de l'innovation. Il
n'y a personne du Conseil, en plus, de l'innovation qui est ici. Le titre pour
la séance dans laquelle nous sommes aujourd'hui,
pour être juste très précis, c'est Économie, volet PME et Innovation. Pourquoi
que l'Innovateur en chef n'est pas ici, M. le ministre?
M.
Fitzgibbon : Bien, premièrement, merci de le dire, parce que ça
fait quoi, une heure qu'on est ici puis on parle d'immigration, ça fait
que je pense qu'on... je pense que vous êtes tous les deux dans la mauvaise
commission. Maintenant, première question,
première réponse. Deuxième réponse, il n'a pas de crédits à l'Innovation. On a
Rémi Quirion qui est ici. J'aimerais ça que quelques questions soient
posées à Rémi Quirion, le Scientifique en chef. Vous semblez l'ignorer complètement. Je vous... Petit rappel,
commission Innovation, je pense que M. Quirion pourrait amener beaucoup.
Maintenant, pour Luc Sirois, Luc Sirois, bien,
il n'y a pas de crédits budgétaires. Crédits budgétaires, c'est Mathieu... Gervais, c'est ça, Mathieu Gervais, mon
collègue ici, qui travaille avec M. Bahan, qui a des crédits budgétaires.
Alors, on va répondre à toutes les questions
sur... sur l'immigration aussi, mais sur... toutes les questions sur
l'innovation avec plaisir. Mais il n'est pas ici parce qu'il n'a pas de
crédits à lui comme tels. M. Quirion a des crédits.
• (11 h 50) •
La Présidente (Mme D'Amours) : Merci.
M. le député.
M. Beauchemin : OK, mais, juste pour
qu'on soit clairs, c'est parce que vous avez dit, dans le micro mardi, que
l'Innovateur en chef allait être ici. C'est juste...
M. Fitzgibbon : Je me suis trompé,
je référais à M. Quirion.
M. Beauchemin : D'accord.
M. Fitzgibbon : Je vais répondre en
son nom. Inquiétez-vous pas, je vais avoir les réponses.
M. Beauchemin : La raison principale
pour laquelle je trouvais que ce soit important, parce que c'est cette
personne-là que vous avez mandatée pour faire le suivi de la rencontre chez
Mila, c'est lui que vous avez mandaté pour coordonner l'effort. Avec tout
respect, M. le Scientifique en chef, ce n'est pas le mandat de monsieur de
faire ça, c'est le mandat de l'Innovateur en
chef. Donc, c'est ça que je voulais juste comme clarifier. On avait quand même
eu cette entente comme quoi que l'Innovateur en chef, la personne qui est
mandatée par votre ministère pour aller de l'avant sur les enjeux reliés à
l'intelligence artificielle... et il n'est pas là.
M. Fitzgibbon : Bien, écoutez, j'ai
fait une rencontre le 12... le 12 avril, je pense, 12 avril...
Une voix : ...
M. Fitzgibbon : ...12 avril, il
était là, vous l'avez rencontré, votre collègue a parlé...
M. Beauchemin : Oui.
M. Fitzgibbon : ...à un moment
donné, il ne peut pas me suivre partout, là. Alors, ici, il n'y a pas de
crédits budgétaires pour M. Sirois. Je vais répondre à toutes les questions que
vous avez sur l'innovation, et j'ai des collègues qui
sont ici. Puis, si on n'a pas la réponse, seulement Luc Sirois l'a, on va
vous revenir avec une liste.
M. Beauchemin : Je comprends, mais
M. Sirois, il n'était pas devant les caméras, là on est devant les caméras,
c'est toute la transparence. C'est le point que j'essaie d'amener depuis le
début de cette conversation-là, que je veux
non partisane, pour qu'on puisse s'assurer que l'ensemble des Québécois
puissent avoir la bonne information, puissent éliminer les inquiétudes qu'ils
ont en eux. L'Innovateur en chef est quand même la personne mandatée, mais
je vais parler à monsieur... Je m'excuse.
M.
Fitzgibbon : ...qui est membre, en passant, qui est membre,
excusez, il est membre du Conseil d'innovation du Québec. Donc, il est
sur le conseil d'administration, n'est-ce pas?
M. Beauchemin : Bien, écoutez, on
va... on va vous poser quelques questions. Selon vous, c'est quoi votre mandat
par rapport à l'innovation reliée à l'intelligence artificielle?
La Présidente (Mme D'Amours) : Avant
de répondre, j'ai besoin du consentement de tout le monde pour que monsieur
puisse répondre. Alors, j'ai le consentement?
Des voix : Consentement.
La
Présidente (Mme D'Amours) :
Veuillez vous identifier, vous présenter, monsieur, et ensuite faire votre
allocution.
M. Quirion (Rémi) : Oui. Rémi
Quirion, Scientifique en chef du Québec.
Nous, avec les Fonds de recherche du Québec, on
est là, vraiment, pour s'assurer d'une relève de qualité dans tous les secteurs
de la recherche et de la science, incluant l'intelligence artificielle. Donc,
il y a beaucoup d'investissements, à chaque
année, pour des étudiants en maîtrise, doctorat, postdoc, le recrutement de
jeunes chercheurs. On est très, très impliqué dans tout ce secteur-là.
On a créé, il y a quelques années, un observatoire sur les impacts sociétaux de l'intelligence artificielle, qui est dirigé par
une chercheuse à l'Université Laval, mais qui implique des chercheurs de partout au Québec. Cette
organisation-là a signé des ententes, par exemple, avec l'OCDE, donc ils sont
très présents à l'international aussi.
Du côté des développements récents, comme a dit
M. le ministre, je suis... je fais partie du conseil d'administration du
Conseil de l'innovation, et aussi je suis autour de la table pour tout ce qui
est discussion avec l'Innovateur en chef,
avec Luc Sirois, pour tout ce qui est en lien avec le développement récent en
intelligence artificielle, ChatGPT. J'ai déjà mandaté mes trois
collègues, les trois directrices scientifiques des Fonds de recherche du
Québec, de faire des consultations avec l'ensemble des experts au Québec, dans
nos universités, dans nos collèges, pour voir où ça s'en va, tout ça, et tenir
compte des développements récents dans le domaine de l'intelligence
artificielle.
Donc, nous,
c'est vraiment l'aspect, je dirais, plus académique du développement de
l'intelligence artificielle, et le collègue Luc Sirois, je dirais, un
peu plus, là, translationnel vers l'industrie, vers le secteur privé, petites
et moyennes entreprises.
M. Beauchemin : Merci. Est-ce que
vous pourriez, donc, plus me spécifier quel est le rôle du Conseil de l'innovation en ce qui a trait au spécifique
développement dans l'intelligence artificielle, basé sur la rencontre qu'il y a
eu le 12 avril?
M. Quirion (Rémi) : Je pense que M.
le ministre a mandaté le conseil, en particulier avec Luc Sirois, pour
travailler, pour produire... pour consulter, premièrement, les différents types
d'organisations au Québec dans le secteur de
l'intelligence artificielle. Moi, je vais m'occuper surtout du volet Recherche.
Il y en a du côté du volet éthique, du volet gouvernance, volet secteur privé.
Donc, vraiment, on va consulter, avec l'équipe de Luc Sirois et des collègues un
peu partout au Québec, dans différents secteurs, au cours des deux, trois
prochains mois, consulter les experts dans
le secteur de l'intelligence artificielle, du numérique, de ChatGPT, pour voir
où ça s'en va, tout ça, et éventuellement qu'est-ce que le gouvernement
du Québec devrait prendre comme décision en termes, éventuellement, de
règlement ou de législation.
M. Beauchemin : Est-ce que l'aspect
de la transparence, justement, du recueillement de tous ces mémoires, conversations,
écrit qui va être généré, est-ce que la transparence, pour vous, est un élément
important dans tout ça et puis pour le
conseil? Je vous demande de répondre tout le temps pour les deux, là, vous et
le Conseil d'innovation, là.
M. Quirion (Rémi) : Bien, nous,
lorsqu'on fait nos consultations, c'est ouvert. Les consultations, ça va être
ouvert avec les chercheurs un peu partout au Québec, là. Donc, ça va être
disponible, les gens vont pouvoir avoir accès à ça, il n'y a pas de... C'est la
façon dont on fonctionne, comme à l'Obvia, par exemple.
M. Beauchemin : Mais, pour mon
éducation, là, ouvert avec microphone, participation potentielle de
journalistes, au besoin, caméras, etc.
M. Quirion (Rémi) : Il va y avoir...
Nous, on consulte aussi beaucoup le public, c'est la marque de commerce de
l'Obvia, de consulter le public aussi pour voir les impacts que l'intelligence
artificielle peut avoir dans les... dans la vie de nos concitoyens,
concitoyennes.
M. Beauchemin : Puis là vous parlez
au nom de la recherche, ou de l'innovation, ou les deux?
M. Quirion (Rémi) : C'est toujours
un peu... c'est un continuum...
M. Beauchemin : Je vais tout juste
vous poser la question souvent, là, pour être certain.
M. Quirion (Rémi) : ...c'est un
continuum. Pour nous, on ne voit pas... C'est pour ça qu'on fait partie de ces
équipes-là puis on travaille très, très fréquemment, presque tous les jours,
avec Luc Sirois et l'équipe de Luc Sirois. Pour
nous, c'est vraiment un continuum, tout ça, et c'est ce que le Mila essaie de
faire, et avec IVADO, et avec ce que l'AI aussi... le continuum de la
recherche plus fondamentale vers l'application.
M. Beauchemin : Petite précision.
Vous pouvez répondre au nom de l'Innovateur en chef, c'est ça?
M. Quirion (Rémi) : Je ne peux pas
vraiment répondre au nom de l'Innovateur en chef. Luc peut répondre pour lui-même, mais c'est lui qui a été mandaté
aussi. Mais je suis très au courant des détails de tout le mandat qui a été donné au Conseil de l'innovation, étant donné que
je fais partie du conseil d'administration du Conseil de l'innovation.
M. Beauchemin : Autant pour
recherche qu'innovation, avez-vous une liste de l'ensemble des intervenants que vous allez vouloir rencontrer, pas que vous
avez déjà rentré en contact avec pour dire : On voudrait vous rencontrer, mais
la liste exhaustive, selon vous, de qui vous aimeriez rencontrer?
M. Quirion (Rémi) : On n'a pas
encore cette liste-là. C'est tout récent, là. Ça fait quelques... quelques
jours, finalement, qu'on a eu les différents
mandats. C'est certain que moi, je vais travailler avec mes trois directrices
scientifiques en
secteur de la santé, secteur des sciences pures, du génie et des mathématiques,
dans le secteur des sciences sociales, des sciences humaines, des arts
et culture. Et, avec les collègues, on va avoir un plan de match pour consulter
très, très largement le secteur académique, là, les collèges, les universités,
et, comme je le disais aussi, ouvert au grand public.
M.
Beauchemin : OK. Puis, au niveau des parties prenantes autres, qui
sont, par exemple, le commerce, etc., qui était sous-entendu de par le mandat
de M. le ministre avec le chef de l'innovation... l'Innovateur en chef, est-ce
que vous avez une liste aussi de ces intervenants-là?
M. Quirion
(Rémi) : Du côté... de ce côté-là, ça va être plus un des codirecteurs
du secteur recherche et industrie, donc, ça va être quelqu'un qui est en charge
de SCALE.AI, qui va s'occuper plus de ce secteur-là, du côté plus industriel.
M.
Beauchemin : OK. Est-ce qu'ils...
M.
Fitzgibbon : Mme la Présidente, juste un commentaire.
La Présidente (Mme
D'Amours) : M. le ministre.
M. Fitzgibbon :
Il a été émis à
11 h 14, vous n'avez pas eu le temps de le regarder, là, mais on
vient d'émettre justement un... tout
le cadre de ce qu'on va faire avec le processus qu'on a annoncé le
12 avril, et ce qu'on dit là-dedans, c'est qu'il va avoir des groupes, ça va être organisé, ça va être
coordonné par le CIQ, M. Luc Sirois, sauf qu'il va y avoir des
groupes, Rémi Quirion aussi, le Scientifique en chef, Nathalie
de Marcellis-Warin, que vous avez rencontrée. Julien Billot va être
là, de SCALE.AI. Il y a Sophie Larivière-Mantha qui est de l'Ordre des ingénieurs
du Québec. Donc, c'est quatre personnes qui
vont alimenter des groupes. Puis ce qu'on dit là-dedans, c'est qu'il y aura des
forums publics après qui vont être
organisés. Donc, la transparence va être complète, comme je l'avais promis lors
de la réunion du 12 avril.
Puis, attendez, là,
dans les prochains jours, on va avoir plus de détails sur les différents
groupes qui vont... Mais moi, je suis très à l'aise qu'on a les bonnes
personnes et que le CIQ, encore une fois, n'est pas l'organe qui va faire les recommandations. Le CIQ est l'organe...
c'est un OBNL, là, qui va s'occuper de solliciter les gens pour avoir un
encadrement sur le débat, parce que c'est très, comme vous savez, très large,
donc il faut encadrer. Quand on aura terminé puis qu'on aura les rapports
publics qui vont sortir, on décidera qu'est-ce que... c'est quoi, la prochaine étape. Puis mon collègue, comme vous le savez, le
ministre de la Cybersécurité puis du Numérique, va avoir un rôle à jouer
pour le côté gouvernance, parce que le législatif,
je pense qu'il va falloir probablement avoir des ajustements législatifs.
On travaille avec le fédéral aussi, avec le C-27. Ça fait que moi, je pense
qu'on va être à la bonne place.
• (12 heures) •
M.
Beauchemin : Bien, quand on va être rendu là, c'est clair qu'il va y
avoir besoin d'avoir, évidemment, des consultations publiques dans une
commission quelconque pour pouvoir évidemment discuter d'un projet de loi qui va être adopté. C'est clair. À ce moment-là,
ça va devenir vraiment transparent, comme... mais comme je le souhaitais
depuis le début, là, dans le sens avec une enceinte comme similaire à ici, là.
Est-ce qu'avant qu'on
se rende là, la liste des intervenants que vous allez rejoindre, que ce soit
plus de recherche, que ce soit plus les groupes des quatre, si je peux dire, y
a-tu moyen d'avoir cette liste-là publique? Est-ce que c'est possible d'être...
entre nous, de se la partager, histoire de mieux connaître...
M.
Fitzgibbon : Vous allez le savoir comme tout le monde... Je pense que
le processus de transparence, on va le
respecter, je l'ai dit. On n'est pas d'accord, vous et moi, sur le chemin pour
s'y rendre, puis c'est correct, moi, je sais où je m'en vais. Puis clairement que M. Sirois, sa responsabilité,
c'est de coordonner, puis détaché du gouvernement et de la politique... pas du gouvernement, et va
faire état publiquement de ce qu'il va faire dans les quatre... les quatre
chefs de sous-groupe. Alors, on va informer la population parce que je
pense que c'est très important.
Alors, je vais vous
demander de patienter puis de me laisser aller, puis ça va prendre plusieurs
mois. C'est un travail de longue haleine, mais je pense qu'on commence de la
bonne façon.
M.
Beauchemin : OK. Bien, on avait une promesse de votre part que
l'Innovateur en chef allait être là aujourd'hui. Mais, ceci étant dit, je peux
comprendre, on avait peut-être le même objectif, des chemins différents. Mais
moi, je parle souvent de l'acceptabilité sociale, que ce soit dans d'autres
domaines, mais dans le domaine de l'innovation,
qui est aussi... Écoutez, elle brasse les fondations mêmes de la société
actuellement, on pourrait quand même dire,
là. Pour que ça soit plus acceptable par tous, le plus de transparence le plus
souvent à l'intérieur même du processus, ça ne nuira pas à personne,
c'est sûr et certain, là. Ça va aider, au contraire.
Une voix : ...
M.
Beauchemin : C'est moi, ça?
Une voix : ...
M.
Beauchemin : Oui, c'est ça, c'est ChatGPT qui parle encore.
Je
veux revenir sur un autre sujet qui est... qui est... qui est parallèle, d'une
certaine façon. Lorsqu'on parlait de la liste, là, des secteurs prioritaires,
que, là, on a eue, qui est... qui est déposée, je veux juste clarifier... Vous
l'avez peut-être devant vous, là, la liste, en ce moment, là. Je veux juste
m'assurer, est-ce que ça, c'est en ordre de priorité?
M. Fitzgibbon :
Non, ils sont en ordre
alphabétique. Non, ce n'est pas en ordre alphabétique. Non, je ne sais pas. C'est mon sous-ministre qui l'a faite, alors je vais demander
à...
M.
Beauchemin : Ou en ordre d'opportunité?
M. Fitzgibbon :
...M. Bahan de déterminer...
comment il a déterminé cette liste-là. Je ne sais pas. On ne le sait pas.
M.
Beauchemin : OK. Je suis juste curieux de voir que «batterie» n'est
pas dans cette liste-là.
M.
Fitzgibbon : On a déjà fait ce travail-là avec McKinsey avant.
M.
Beauchemin : Pardon?
M.
Fitzgibbon : Bien, McKinsey nous a aidés en 2019. En... en 2019,
pour la première fois dans l'histoire du Québec, il y a eu une mission batterie
qui a été faite en Corée, au Japon et en Chine. Et je suis allé, d'ailleurs,
avec la personne qui est à ma droite, qui est le sous-ministre, M. Bahan,
que vous connaissez peut-être, qui est le sous-ministre à l'Énergie.
Alors, avant de se
pointer puis aller faire de la sollicitation là-bas, on s'est préparés pour
comprendre quel rôle le Québec pourrait jouer dans cette filière
superimportante puis, à ce moment-là, on avait contacté McKinsey pour nous
aider. Alors, le travail avait été fait. Donc, quand on est arrivés,
en 2021, durant la pandémie, bien là on n'a pas refait les choses qu'on
avait faites l'année d'avant ou deux ans avant.
M.
Beauchemin : Donc, le secteur des batteries, c'est canné. On est
solides, on est certains. Puis c'est... Ce n'est pas prioritaire pour le
développement futur ou c'est...
M.
Fitzgibbon : C'est le... c'est le dossier le plus important du Québec.
M. Beauchemin :
OK. Je vois que vous avez aussi l'hydrogène dans ce dossier-là,
l'intelligence artificielle, sciences de la vie, agriculture, construction.
Puis énergie, ça, c'est...
M.
Fitzgibbon : Bien, énergie, c'est que...
M.
Beauchemin : On parle-tu d'Hydro-Québec, développement de plan...
M.
Fitzgibbon : Oui, on parle... on parle de l'énergie. La transition
énergétique est largement définie. Bon, l'hydrogène est un sous-segment de
l'énergie, évidemment. L'hydrogène, c'est plus la conversion énergétique. Mais,
définitivement, la transition énergétique était au coeur de nos préoccupations
aussi, de savoir comment on pouvait profiter
de notre avantage comparatif que nous avions ou... et que nous avons encore
d'une certaine façon, comment on peut en profiter pour que nos secteurs
industriels puissent continuer de performer.
M.
Beauchemin : Bien, il y avait un lien entre ces questions-là puis
l'intelligence artificielle.
Puis
je vais... je vais retourner à vous. Donc, selon vous, quels sont les enjeux en
intelligence artificielle qui affectent le plus le gouvernement du Québec puis qu'on doit probablement
s'attaquer en premier? Selon vous, là, avant même votre... votre réflexe
d'expérience de vie, là, que vous, vous avez.
M. Quirion (Rémi) : ...beaucoup, beaucoup en
lien avec la santé, le secteur de la santé. L'utilisation d'intelligence
artificielle, ça peut être très positif, dans le secteur de la santé, pour
aider en termes de suivi prise de médicaments, suivi de développement de
pathologies, organisation des soins et services de santé, ça peut être très,
très utile. Bien sûr, il faut faire
attention en termes d'accès aux données par la suite, là, il y a...
mais, déjà, il y a les... la loi n° 3 qui a été adoptée récemment.
Donc, il y a des choses qui ont été faites de ce côté-là.
Et ce qu'on essaie de
faire, depuis trois ans maintenant, avec l'appui additionnel du ministère,
c'est d'avoir ce qu'on appelle des experts
bilingues, je dirais, quelqu'un qui a une formation du côté intelligence
artificielle et du côté médical pour
vraiment être capable de travailler, là. Et on a créé une quinzaine de chaires
de recherche dans ce domaine-là.
Donc,
on a de plus en plus d'experts dans nos hôpitaux, dans nos universités, qui
comprennent les deux mondes. Et c'est vraiment l'objectif du côté
intelligence artificielle et santé. C'est là qu'on s'en va. On n'est pas les
seuls dans le monde, là, ça se passe comme ça aussi en...
M.
Beauchemin : Mais c'est le seul dossier important ou c'est le premier?
M.
Quirion (Rémi) : C'est le premier pour l'intelligence artificielle. On
en a beaucoup en agriculture durable. Il y
en a beaucoup sur les changements climatiques. Mais, vraiment, un des premiers
dossiers, c'était l'intelligence artificielle dans le secteur de la
santé.
M.
Beauchemin : Est-ce que l'éducation est quelque part là-dedans?
M. Quirion
(Rémi) : L'éducation aussi. On est un peu... je dirais, en termes
d'experts, on est un petit peu en retard
malgré qu'à la... lors de la pandémie, les impacts de la pandémie chez les
jeunes... Donc là, il y a un programme de recherche de...
La Présidente (Mme
D'Amours) : ...
M. Quirion
(Rémi) : ...d'à peu près cinq ans dans ce... dans ce secteur-là
pour suivre des cohortes de jeunes qui ont été affectées par la pandémie.
La Présidente (Mme
D'Amours) : Merci. Merci beaucoup. Avant de passer au prochain... à la
prochaine période d'échange, nous avions commencé trois minutes en retard,
donc il y a... j'ai statué sur le retranchement de trois minutes au
gouvernement dans le dernier bloc. Donc, nous passons maintenant la parole au
député de Nicolet-Bécancour.
M. Martel : ...M.
le ministre. J'étais un peu abasourdi, là. Ce n'est pas la première fois que
j'assiste à une commission sur les crédits
en Économie. Je respecte beaucoup mes collègues de l'opposition, mais j'ai...
J'ai l'impression que l'économie du Québec va très, très bien et, à
entendre les questions qu'on a eues jusqu'ici, je pense que ça confirme que les
choses vont plutôt bien au Québec. M. le ministre, je vous salue. Puis je le
redis publiquement, je travaille avec vous au niveau des zones d'innovation,
c'est quelque chose que j'apprécie beaucoup, tout comme le ministère, je vois le sous-ministre, je vois le
sous-ministre adjoint, une équipe très compétente, des gens qui l'accompagnent,
le Scientifique en chef, M. Quirion, avec qui on travaille aussi au niveau des
zones d'innovation.
Puis évidemment il y
a Investissement Québec. Je trouve que, quand je... je compare l'évolution, le
mandat d'Investissement Québec est beaucoup plus... on est beaucoup plus au
niveau de la prospection maintenant que juste à
être une banque comme ça a pu être autrefois et j'ai l'impression que ça fait
une grande différence. Et tout le mandat qu'on a confié à Accès
entreprise, puis c'est un peu là-dessus que je veux vous amener parce que... Ça
va traduire un peu mon âge, mais, en 1994,
j'étais directeur général de la MRC de Nicolet-Yamaska, et, à cette époque-là,
il y avait une organisation de
développement économique qui ne couvrait pas tous les territoires, il couvrait,
de mémoire, là, la ville de Nicolet, la ville de Bécancour puis
peut-être deux ou trois autres municipalités.
• (12 h 10) •
En 1995, le Parti
québécois est arrivé au pouvoir puis ils ont mis en place les CLD. À mon avis,
ça a été vraiment une bonne chose puis ça a vraiment aidé au niveau du
développement économique régional. Les CLD, j'étais...
j'étais le directeur du CLD aussi, on avait cinq, six ressources
professionnelles pour aider tous les secteurs du territoire, évidemment
tout le développement économique, mais il y avait une partie agriculture, qui
est importante chez nous. Donc, on avait cinq, six ressources locales pour
s'occuper de notre développement économique.
Et le Parti libéral,
en 2000... je dirais, en 2014, 2015, 2016, ils ont abolit les CLD,
ils ont aboli les CRE, ils ont tout confié ça aux MRC et ils ont coupé,
évidemment, les budgets, de sorte que, si je prends Nicolet-Yamaska, ils étaient
peut-être cinq, à l'époque, pour faire du développement économique, ils sont
tombés à trois.
Nous, nous sommes
arrivés au pouvoir. On a renforcé le mandat, on a donné des ressources.
J'aimerais ça vous entendre sur le rôle que
vous voyez à Accès entreprise aujourd'hui et j'aimerais ça que vous répétiez,
là, les sommes qu'on a investies.
Juste pour donner une idée, là, en 1995, je pense qu'on avait donné un
montant de 140 000 $ pour faire du prêt, à cette époque-là, c'était
pour cinq ans, puis on devait le rembourser. On a rajouté beaucoup
d'argent. Là-dessus, je ne sais pas si vous pouviez...
M. Fitzgibbon :
...la question, merci. Parce que
je pense que, quand on regarde l'histoire du Québec contemporain, le Parti libéral a pratiquement détruit toute la
question du développement économique régional. Je pense que le bilan des
libéraux de 2003 à 2018 a été très mauvais sur le développement économique. Là,
on voit les chiffres aujourd'hui. L'investissement en région a augmenté de
façon importante par rapport à la période libérale. Et, effectivement, la
fermeture des CLD a été une erreur, je pense, stratégique importante.
Ce qu'on a venu... Ce
qu'on a voulu faire en créant la réforme d'Investissement Québec, c'est de
ré-établir la proximité des bonnes personnes avec le développement économique.
Hier, j'étais à la réunion de la FQM, Fédération québécoise des municipalités,
et ils sont encore très heureux de voir la décentralisation que nous avons
réussi à faire au gouvernement en créant
Accès entreprises Québec, qui est un programme où on a engagé, à date, là, je
vois les chiffres, 246 nouvelles ressources. On avait un budget qui
avait été établi de 97,5 millions juste pour mettre des ressources,
recréer le CLD, qu'on a appelé maintenant Accès entreprises Québec, et, à ce
jour, les MRC nous louangent pour avoir fait
ça. Est-ce que c'est parfait? Non. D'ailleurs, hier, j'ai mandaté mon... notre
collègue Pierre Dufour, le député d'Abitibi... quelque part, pour
travailler en région avec la FQM pour encore bonifier l'offre de services.
Donc, moi, je pense qu'on a corrigé. Encore une fois, erreur monumentale du
Parti libéral.
Deuxièmement, je pense
qu'en région il faut aussi établir des situations, et Luc Sirois, Innovateur en
chef, et Rémi Quirion, indirectement aussi,
on travaille avec les ressources d'Accès entreprises Québec parce que
deux nouvelles ressources par MRC n'est pas suffisant pour tout
servir la population entrepreneuriale. Ça fait qu'on travaille avec l'écosystème d'Innovation, le Scientifique en chef, Investissement Québec régional, on a maintenant 23 bureaux
régionaux. Alors, tout cet écosystème-là travaille ensemble, où on est
capables, à la base, d'être proches de nos entreprises. Il faut parfaire ce
système-là. On a mis ça en place la loi... le PL n° 27 a été approuvé en
décembre 2019, si je me rappelle,
donc... et il y a eu la pandémie. Donc, on n'est pas encore parfaitement
exécutoires, mais la plateforme est là, puis on va... on va l'améliorer,
et moi, je pense qu'on... on s'en va à la bonne place.
M. Martel : ...dans le développement
économique, et je peux vous confirmer, là, juste... Je pense à la MRC
Nicolet-Yamaska, MRC de Bécancour. Vraiment, c'est apprécié, l'aide
supplémentaire qu'on a donnée. Mais, vous savez,
quand on a parti ça dans la région où est-ce que j'étais, c'était peut-être
10 %, 12 %, le taux de chômage. Donc, ce qu'on voulait à
l'époque, c'était de créer des entreprises. Quand on créait une entreprise,
quand même, si c'était un employé, deux employés, le salaire, ce
n'était pas... ce n'était pas si important. Ce qu'on voulait, c'était diminuer
le taux de chômage, puis une des façons d'y arriver, c'était de créer plus
d'entreprises.
On n'est plus là aujourd'hui. Là, on est à une
époque où on doit aider les entreprises à se moderniser, aider les entreprises
dans... peut-être à améliorer leur recrutement. J'aimerais ça, vous entendre un
peu là-dessus. Par votre expérience, là,
comment... comment qu'on devrait influencer la mission des CLD en fonction de
l'économie d'aujourd'hui, là?
M.
Fitzgibbon : Clairement... On en a parlé un peu avant-hier.
Clairement, je regarde Investissement Québec, les critères utilisés maintenant pour l'octroi d'aides subventionnaires
ou non subventionnaires s'appuient sur deux critères importants. Le premier, c'est réduction de GES,
parce qu'on veut évidemment contribuer à pouvoir réduire nos émissions
de 37,5 % d'ici 2030 et, au même moment, augmenter la productivité.
Un point que j'ai mentionné ici, d'ailleurs,
puis je le dis à certains journalistes, on va encourager des projets d'investissement qui vont réduire le personnel, si
ça augmente la productivité. On est rendu là. Investissement Québec, il
y a 10, 15 ans, à juste titre, avait une autre approche où on a... on
avait des premiers ministres qui réclamaient 100 000 jobs dans le
prochain mandat. Donc, il fallait qu'Investissement Québec s'ajuste en
conséquence. Ce qu'il faisait à l'époque, à l'époque de la SGF et d'autres
organismes, on n'est plus là.
D'ailleurs, moi, une chose que je suis fier,
c'est l'établissement... je l'ai devant moi ici, le document, qui est la
Stratégie québécoise de recherche et d'investissement en innovation — malheureusement,
on parle d'innovation et on n'a fait aucune
référence à ça — qui
est une... qui est un très bon document qu'il faut exécuter, c'est le document...
c'est 2022-2027. Donc, on a pris la première stratégie puis on l'a bonifiée,
incorporant le Scientifique en chef, incorporant l'Innovateur en chef, et on a
un programme, je pense, qui va être très pertinent et percutant pour pouvoir aider nos entrepreneurs, nos entreprises à se
moderniser, se numériser, se robotiser, et je pense que le coeur de ça... Puis,
quand on travaillait avec McKinsey sur regarder les déterminants, on en parlait
avant-hier, les déterminants pour réduire l'écart de richesse, 80 %...
100 % du déterminant va être la productivité, 20 %, c'est la
main-d'oeuvre. Alors, c'est clair que la
SQRI s'attaque carrément au 80 %. Puis je pense qu'on a un bon guide. On
ne l'a pas exécuté encore, on
commence, mais je pense que je suis confortable avec ce qu'on a vu à date, qui
va incorporer, par ailleurs, l'intelligence artificielle, qui est incorporée là-dedans. Moi, je pense qu'on a le
bon... la bonne... le bon chemin pour se rendre à destination. Puis, en
même temps, on travaille sur la main-d'oeuvre, évidemment.
La Présidente (Mme D'Amours) : 45 secondes.
Est-ce que vous le reportez?
M. Martel : Oui, on va... on va le
reporter, s'il te plaît.
La Présidente (Mme D'Amours) : Parfait...
Maintenant, je cède la parole à l'opposition officielle, le député de Marguerite-Bourgeoys.
M. Beauchemin : Merci, Mme la
Présidente. Je veux revenir à votre liste des secteurs qui sont priorisés par
McKinsey. Vous avez donc mentionné, il y a 20 minutes de cela à peu près,
que la filière batterie avait été demandée d'être confirmée, ou vérifiée, ou
priorisée par McKinsey, mais en 2019, c'est ça? Est-ce qu'il y a moyen d'avoir
ce rapport-là aussi?
M. Fitzgibbon : Non.
M. Beauchemin : OK. Y a-tu eu
d'autres consultants externes qui ont été demandés de donner une opinion par
rapport à...
M. Fitzgibbon : Non. Puis d'ailleurs
vous avez... vous avez dit... fait un commentaire, au début, qui était erroné, là ou n'était pas factuel, là. Les
secteurs que vous avez vus là, ce n'est pas les secteurs priorisés par
McKinsey. C'est les secteurs que nous
avons demandés à McKinsey de nous donner une opinion. Pourquoi? Parce que,
exemple, les batteries, avec Karim Zaghib, qui est notre professeur
émérite de batterie, qui a, pour moi, inventé les batteries voilà 25 ans, mais on l'a... on ne le
reconnaissait pas, son crédit, et Mackenzie, on a fait un travail sur les
batteries. On a fait un travail... on a fait un travail... KPMG, on en a
parlé la semaine... mardi, de KPMG, tu sais, de le mettre en porte à faux, deux rapports pareils, pareils,
pas pareils pantoute. Alors, KPMG a fait le travail sur les forêts, par exemple.
Forêt, il n'est pas là. Pourquoi? Il l'a
fait avant. Alors, le gouvernement, on est quand même bien rigoureux et
coordonnés. Donc, ce qu'on voit là,
c'est des secteurs qu'on voulait approfondir parce qu'on n'était pas sûr à
100 % de nos convictions. Alors,
juste corriger ça. Donc, dans le cas de... dans le cas des batteries, on avait
travaillé en 2019, effectivement, avec... avec McKinsey, mandat
donné par Investissement Québec, en passant.
La Présidente (Mme D'Amours) : ...
• (12 h 20) •
M. Beauchemin : OK. Donc, mandat donné
par Investissement Québec, vous avez accès à ça. OK, parfait. Donc... Ça fait que, juste pour être clair, parce
que quand on s'était parlé, mardi, c'était vraiment la clarification des ordres
prioritaires qui avaient été discutées, vous aviez donc discuté avec
KPMG et McKinsey des ordres prioritaires. On a juste focussé sur la liste
que... de... de McKinsey, parce que ça semble être le consultant qui a reçu le
plus d'argent, donc on assume qu'il y a eu
plus de recherche approfondie sur le sujet. On... on avait une idée que c'était
une question d'ordre prioritaire et non de faire un groupe : voici
les cinq, six, là. C'était vraiment une question d'ordre prioritaire. Puis c'était ça qui était comme la conversation
qu'on a eue mardi. Je sais que votre... votre attaché, M. Bahan, a quand
même été la personne qui est allée demander
le contrat, qui a fait rédiger le contrat. Est-ce qu'il y a... Selon vous,
quand vous regardez la liste qui est là, là, l'ordre, selon vous, de
priorité, c'est... ce serait quoi?
M.
Fitzgibbon : ...je veux revenir à ça. Je pense que... Là, je
veux être sûr qu'on soit clair sur ça. Premièrement, la connaissance du terrain, le ministère de
l'Économie, il a une profondeur très grande de connaissances. Alors, le plan, qui
est en continu, de voir comment on peut... puis on remonte à 2018, là, comment
est-ce qu'on va combler l'écart de richesse, comment est-ce qu'on va devenir
performant, on avait décidé qu'on était pour focaliser sur des secteurs, zones
d'innovation, puis ainsi de suite. Alors, il y a eu une évolution qui a été
faite. KPMG, par exemple, a fait du travail sur l'aluminium, a fait du travail
sur les forêts. Mais, ce travail-là, combiné à notre expertise interne, parce que l'aluminium, on connaît ça pas mal, on a
dit : OK, on est confortables, qu'est-ce qu'on veut faire avec l'aluminium,
on est confortables comment l'industrie de la forêt va évoluer. Alors, quand
est arrivé McKinsey, après, maintenant, on n'a pas recommencé des choses pour
lesquelles nous étions confortables. Alors, on a focalisé sur des choses où on n'était pas sûrs à 100 %. Je vais prendre la
construction. C'est un bon exemple, la construction. Pourquoi on a mis ça là?
Ce n'est pas un créneau, ce n'est pas un... ce n'est pas... ce ne sera pas une
zone d'innovation. Mais la construction, c'est important pour le Québec.
On a tellement de projets dans le PQI, des entreprises, on a... Hydro-Québec,
alors on s'est dit : La construction, est-ce qu'on peut mieux s'organiser?
Alors, je donne un exemple comme celui-là.
Donc, la
liste qui est là, encore une fois, et le travail de McKinsey, c'était en appui
pour déterminer les priorités globales de notre... de notre
gouvernement. Ce ne sont pas les seules priorités, la batterie, je donne un
exemple évident, et les forêts aussi, d'une
certaine façon, ou l'aluminium. Alors, ça, combiné à notre expertise, combiné
avec KPMG, on a déterminé après
ça : Woups! Voici les secteurs où on peut être dominant. Et là, ça, c'est
les zones d'innovation. Puis zones d'innovation, on en a deux d'annoncées à
date, santé... pas santé, mais quantique à Sherbrooke et
microélectronique à Bromont. Cinq, six autres s'en viennent dans
des secteurs qui ne sont pas surprenants, où on pense qu'on est capables de gagner, là, on va... c'est là que le
gouvernement va être en support financier pour être sûr qu'on alimente... pas
alimenter, mais qu'on puisse avoir une bonne infrastructure.
Donc, pour mettre le contexte, McKinsey n'a pas
été là pour nous dire quoi faire, mais a été là pour valider où on était peut-être plus faible en termes de...
l'intelligence artificielle. L'intelligence artificielle, Tortoise, KPMG, on
est les champions mondiaux en fondamental, numéro un à sept, là, on... on peut
argumenter. Mais là l'enjeu de l'intelligence artificielle, ce n'est pas
ça, c'est comment est-ce qu'on l'applique. Comment est-ce qu'on... qu'on...
qu'on migre ça dans la... nos PME? Ça, c'est
une autre histoire. En partie, on a fait la SQRI. Bien, ce n'est pas... la
réponse n'est pas dans le livre, là, mais au moins on a des sommes
d'argent pour le faire. Mais on a demandé à... on a demandé à KPMG... McKinsey
de nous aider à comprendre. Puis moi, je suis allé en Israël, par exemple, pour
aller moi-même voir, puis Rémi était avec
moi, puis M. Bahan aussi... non, Mathieu était là, puis pour aller voir que
c'est qu'ils font qu'on ne fait pas. Alors, c'est ça que McKinsey a
apporté, là, donner un contexte des pays performants où on pourrait prendre les
meilleures pratiques.
La Présidente (Mme D'Amours) : ...M.
le député.
M.
Beauchemin : Oui.Donc, vous avez utilisé le mot «plus
fort», «plus faible» dans la liste qui est là, puis il y en a d'autres
qui ne sont pas dans la liste que vous dites que... l'aluminium, par exemple.
Lesquels sont les plus faibles, lesquels sont les plus forts, selon vous?
M. Fitzgibbon : Bien, je vais... je
vais parler... je vais parler d'où on focalise beaucoup, là : l'aluminium,
carrément. On est... on est probablement
ceux, aujourd'hui, qui produisent l'aluminium à plus bas carbone avec l'AP60.
On va continuer avec ELYSIS. Alors, l'aluminium, c'est clairement un secteur
qu'on veut continuer et transformer, on espère.
L'aérospatial, je pense, je ne vous apprends
rien, ça fait longtemps qu'on est forts en aérospatial. Il faut continuer à maintenir notre position de force. Ça
va être clairement une place qu'on va vouloir investir, on le fait déjà.
On parle de la santé. Santé, c'est très
complexe, mais moi... moi, je crois beaucoup à la santé personnalisée qui va
être accentuée par notre capacité en IA. Hein, l'IA dans la santé, ça va nous
donner des potentiels incroyables. On travaille sur une zone d'innovation en
santé.
On
parle aussi de transition énergétique. Évidemment, c'est très large, là, mais
ce qu'on va faire à Bécancour, Shawinigan, Trois-Rivières, la Vallée de la
transition énergétique va être, un jour, ou on l'espère, une zone
d'innovation. Il y a des joueurs qui viennent ici. Ça touche l'hydrogène, hein,
on a une chaire d'hydrogène à l'UQTR, on a Alstom qui réalise notre force en
hydrogène, qui veut travailler avec nous autres. Évidemment, les capteurs
d'anodes, tout ce qu'on voit dans le campus de Bécancour, c'est un secteur
important.
On en a quelques-uns d'autres, là, mais je pense
que c'est... c'est les plus importants.
Évidemment, on parle des transformations des
minéraux. On regarde ce qui se passe dans l'Abitibi, on a plusieurs mines. On va trouver un moyen,
peut-être, de trouver un vase communiquant avec l'université à Rouyn, voir comment
est-ce qu'on peut... comment est-ce qu'on peut... Parce que tout ça, là, ça
prend des secteurs industriels forts, mais
ça prend aussi l'institution du savoir, les universités, collèges qui vont
travailler avec ça pour l'innovation.
Alors, moi,
je pense que ces secteurs que je viens de nommer, là, c'est ça qui va être le
focus du... principal du gouvernement.
M.
Beauchemin : Donc, le... votre... la définition, là, que vous
venez de donner, c'est les centres d'innovation. Et donc chacun de ceux-là plus les autres qui ne sont pas sur la liste
vont-elles être conceptualisées, ou intégrées, ou dirigées, ou inspirées
par un centre d'innovation?
M. Fitzgibbon : Oui. Bien,
d'ailleurs, l'exemple que je suis plus... le plus facile à parler, c'est le
quantique à Sherbrooke, parce qu'on l'a...
on l'a fait. Alors, pourquoi on a fait l'industrie du quantique à Sherbrooke?
Une des raisons, c'est qu'on a un chercheur, qui s'appelle Alexandre
Blais, qui est reconnu mondialement pour les matériaux pour faire l'ordinateur quantique. Et là, lui, sa
présence dans la zone d'innovation a fait en sorte qu'IBM a dit : Sais-tu
quoi, le premier ordi quantique qu'on va faire au Canada, ça va être à
Sherbrooke, ou à Bromont, en fait, pas à... pas à Waterloo, où on pensait qu'ils allaient aller. Alors, aujourd'hui,
DistriQ, qu'on appelle, je pense, le nom qu'on a donné à la zone
d'innovation, on a l'Université de Sherbrooke, qui est clairement un fondateur
de tout ça, avec d'autres universités qui travaillent aussi conjointement avec
l'Université de Sherbrooke. M. Cossette fait un très bon travail. On a greffé
IBM, qui est là, on a des start-up qui viennent même d'Israël. Alors, on a créé
une espèce de momentum, écosystème, là, c'est... je n'aime pas utiliser le mot
parce qu'il est... c'est surutilisé, où là il y a des gens qui viennent se
greffer à ça. Alors, ça, c'est un bon exemple. Il est... il est plus intangible
pour bien du monde, le quantique, parce qu'on... ce n'est pas... ce n'est pas
évident parler de ça.
Microélectronique à Bromont, Normand
Bourbonnais, qui a parti le C2MI est rendu chef de la zone d'innovation. On a Teledyne, on a IBM. On regarde
le CHIPS Act qui s'en vient. Là, on commence à avoir un engouement. Il y a des
gens... les gens veulent aller là quand ils parlent de microélectronique. On va
créer une zone vallée énergétique, clairement, puis ça va être
probablement à Bécancour, Trois-Rivières, Shawinigan, et là avec, on va voir.
Alors, il
faut... effectivement, pour répondre à votre question, là, il faut avoir un
centre d'innovation qui va faire en sorte que les gens veulent venir
travailler ici, pas seulement pour bâtir une usine, mais profiter de
l'écosystème d'innovation. Puis, au Québec, on est 8,5 millions, il va
falloir choisir, on ne peut pas toutes les faire.
M. Beauchemin : OK. Les autres zones
d'innovation qui vont s'en venir, y a-tu un ordre dans lequel elles vont
sortir, ou elles vont être toutes annoncées puis réalisées par la suite, ou...
M. Fitzgibbon : Ce n'est pas... Ça
fait deux ans et demi, là, qu'on a commencé ce processus-là, puis nous, on disait : Aïe, il y en a seulement deux, il
devrait y en avoir plus que ça. Ce n'est pas une course. Parce que les zones
d'innovation, pour moi, ça va être le legs de notre gouvernement pour les
prochains 30, 40 ans, alors je n'ai pas... je n'ai pas d'échéancier.
Une des conditions importantes, puis c'est
important de le mentionner : il faut l'argent du privé. Parce que tout ce qui est gouvernemental à 100 % ne
fonctionne pas. Moi, je crois qu'il faut... il faut que le privé... J'ai beau
parler d'une zone d'innovation X,
si je suis le seul qui y croit puis je mets beaucoup d'argent dedans, «nous»
étant le gouvernement, là, pas juste moi, ça ne marchera pas. Il faut
que le privé soit là.
Alors, il y a
certaines zones où le privé, c'est... ce n'est peut-être pas clair encore,
c'est quoi, la... le fil conducteur, et... Mais je suis confiant qu'on
va probablement en faire une ou deux cette année, peut-être une ou deux l'année
prochaine. Puis, s'il y en a six, il y en aura six, puis, s'il y en a quatre,
il y en aura quatre. Mais, tu sais, il n'y en aura pas 22, là, parce que, tu sais, on ne peut pas prétendre au Québec qu'on
puisse être performants mondialement dans beaucoup de secteurs. Moi, je pense qu'on est mieux de
focaliser, là. Alors, oui, il va y avoir d'autres zones d'innovation, mais...
M. Beauchemin : Je comprends le
concept qu'effectivement, s'il y a plus de personnes, d'autres entités qui
confirment, effectivement, que ça a de l'allure, ça justifie l'accès.
Ici, je vois,
dans l'article de Radio-Canada qu'on a discuté en début de journée mardi, le
mandat qui a été donné, là, à
Mackenzie pour 1 750 000 $. Une des... une des tâches... en
fait, la tâche la plus prioritaire, c'est de définir à haut niveau les
chantiers à prioriser ainsi qu'une feuille de route à l'horizon de 2026. Donc,
c'est ce qu'on voit.
M. Fitzgibbon : Exact. On aura... En
fait, il y a... comme je l'avais expliqué, je pense, mardi, il y a... il y a
deux... il y a deux étapes à ça. La première étape, le 1,7 million, que
vous faites référence, c'est de revoir avec nous les déterminants de l'écart de
richesse, comment est-ce qu'on va combler l'écart de richesse avec l'Ontario,
avec les États-Unis. Donc, les
trois déterminants, le 80 % de productivité, 20 %,
main-d'oeuvre, comment qu'on décortique ça.
Après, la phase 2,
2A, 2B, 2A, emploi. Donc, il y a eu un travail qui a été fait à l'époque avec
mon collègue, qui était ministre du... de l'Emploi, qui est reparti avec ça
pour la partie emploi, puis nous, on est partis avec la partie productivité
puis les secteurs. Alors, ça, de là, on a choisi les secteurs que vous avez
vus, on a dit : Ces secteurs-là, on
veut les analyser parce qu'on n'est pas sûrs, on n'est pas appuyés sur
100 % de certitude, contrairement à la batterie, où... Alors, oui,
effectivement, on a choisi ces secteurs-là puis on approfondit.
Les initiatives, en fait... En fait, non,
première chose : Est-ce qu'on peut devenir champions internationaux? Puis, si oui, bien là c'est quoi, les choses qui
nous manquent par rapport à d'autres... d'autres juridictions qui sont plus
performantes que nous autres?
M.
Beauchemin : Ça fait que, donc, vous avez exclu aluminium, vous
avez exclu batterie du mandat parce
que ceux-là, c'étaient déjà...
• (12 h 30) •
M. Fitzgibbon : Absolument, parce
que, là, on le... on connaissait la réponse.
M. Beauchemin : Bien, vous saviez la
réponse, c'est top un, top deux. OK.
Pour M. le...
Une voix : ...
M. Beauchemin : ...en chef, merci,
les... Par rapport au décret, il y a eu le 21 millions, là, qu'on a été présents, là, à Mila, là, il y a quelques semaines
de ça. Il y a aussi le décret de 9 millions de dollars qui a été
donné au Fonds de recherche, que vous êtes sûrement au courant,
j'assume. Il y a eu aussi le contrat... excusez, l'octroi d'une subvention d'un
montant de 4,5 millions aussi au Centre de recherche informatique de
Montréal. Par rapport à ces décrets-là, à
vous spécifiquement, là, et après ça, ce sera pour l'Innovateur en chef, à vous
spécifiquement, votre rôle, vous le voyez comment dans l'octroi de ces
montants-là?
M. Quirion (Rémi) : Oui. Pour nous,
un peu comme j'ai mentionné, c'est vraiment la capacité, la relève, les jeunes chercheurs, c'est d'améliorer les capacités
de recherche au Québec dans ces secteurs-là. Donc, nous, en général, la
façon de faire, c'est de créer des programmes soit de chaires, j'ai mentionné
des chaires intelligence artificielle, par exemple, ou des programmes de
formation doctorat, maîtrise. On donne davantage de doctorats et de maîtrises
et postdoc dans ces secteurs-là et aussi
des... ce qu'on appelle des regroupements stratégiques, donc, ça, c'est des
chercheurs qui ont de l'expertise dans ces secteurs-là, on les met en
réseau, ils travaillent davantage ensemble, on en a plusieurs au Québec, là, on a environ 130 réseaux qui
sont financés par les fonds de recherche du Québec dans tous les secteurs,
et ça permet à nos équipes québécoises d'aller chercher du financement
additionnel pour leur projet de recherche au fédéral en général.
Donc, c'est un peu notre façon de travailler
lorsqu'on qu'on reçoit des argents comme ça.
M. Beauchemin : En recherche.
M. Quirion (Rémi) : Oui.
M. Beauchemin : Et en innovation, le
rôle?
M. Quirion
(Rémi) : Nous, c'est plus... encore une fois, là,
l'innovation, c'est plus du côté du Conseil de l'innovation et avec Luc
Sirois, Innovateur en chef.
Nous, le bout qu'on essaie de faire ici entre,
finalement, la... entre les deux, si on veut, c'est ce qu'on appelle l'entrepreneuriat scientifique. Donc, on a des
programmes dans la SQRI au carré, SQRI², des programmes d'entrepreneuriat
scientifique. Donc, pour les jeunes qui
terminent des études, par exemple au doctorat, qui seraient intéressés,
peut-être créer leur entreprise ou à
travailler dans de petites PME, donc on leur donne une bourse d'une couple
d'années, là, pour mieux comprendre l'entrepreneuriat scientifique. Et
ça, je dois dire, c'est relativement récent comme programme, trois ans, mais ça
marche bien, il y a beaucoup d'intérêt de nos jeunes pour aller dans ces
secteurs-là. Donc, eux vont probablement
devenir, si on veut, les traits d'union entre la recherche plus fondamentale et
la recherche plus appliquée.
M. Beauchemin : D'accord. Combien de
temps qu'il me reste?
La Présidente (Mme D'Amours) : ...
M.
Beauchemin : M. le ministre, selon vous, là, les conséquences,
les effets, les ramifications de C-27, au fédéral, sur les champs de
compétence du Québec, ça a l'air de quoi?
M.
Fitzgibbon : Bien, c'est clairement un enjeu. Quand je parle à
mon collègue le ministre de la Cybersécurité, Transformation numérique, on veut
faire attention, on veut faire attention parce que je pense que le Québec, dans
le cas précis de l'intelligence artificielle, honnêtement, je pense qu'au
Québec on a... on a un avantage comparatif par rapport à d'autres provinces. On ne veut pas être reculés par le C-27.
C'est d'ailleurs mes collègues qui sont responsables des
relations interprovinciales qui nous font état de ça. Donc, on veut coopérer.
Le professeur Bengio, d'ailleurs, été demandé
par M. Champagne de coopérer pour le C-27 pour le faire passer en Chambre
le plus rapidement possible. Mais, au même moment, il y a des
compétences provinciales qui nous sont propres qu'on veut maintenir.
Donc,
on... je pense que ce qui va arriver, c'est que le C-27 va... puis là je
spécule complètement, là, le C-27 va passer, ça va être le parapluie,
puis nous, on va probablement peut-être avoir des règles plus spécifiques.
M.
Beauchemin : C'est un peu pour ça que — je me répète encore — je
parle de transparence, je parle de rendre ça
public. Dans un processus de projet de loi comme C-27, les gens sont
interpelés, la société civile est interpelée. Ça vous a permis de voir
que, potentiellement, il peut y avoir des obstructions potentielles dans nos
champs de compétences à nous. Donc, cette transparence-là du fédéral vous a
permis de réaliser qu'il y avait probablement des questions à se poser, dont
des actions à poser de la part du gouvernement du Québec.
Si on recule d'une
dérivée en arrière, pour nous, ici, quand on regarde ce qui potentiellement se
fait avec l'initiative...
La Présidente (Mme
D'Amours) : ...
M.
Beauchemin : ...que vous avez faite, il y a des conséquences de
n'avoir pas ce même niveau-là de transparence. C'est juste l'image que j'essaie
de donner, là.
La Présidente (Mme
D'Amours) : Six secondes.
M.
Fitzgibbon : Merci.
La Présidente (Mme
D'Amours) : Merci. C'est tout le temps que nous avions. Je passe
maintenant la parole au député de Maurice-Richard pour une
période de 14 min 12 s.
M. Bouazzi : Merci
beaucoup, Mme la Présidente. Donc, restons sur les PME, les restaurateurs et un
peu sur les nouvelles technologies.
Un des problèmes qui
touchent les restaurateurs parmi les nombreux problèmes associés aux plateformes
de vente en ligne, de livraison, etc., telles que Uber Eats, et autres, c'est
le fait que ces compagnies confisquent, en fait, les données qui permettent aux restaurateurs ou plus largement à la PME
d'avoir accès à la liste des clients qui lui sont associés. D'abord,
bien, est-ce que vous trouvez que c'est normal?
M.
Fitzgibbon : Quelle liste? J'ai... j'ai manqué le début. Quelles
données qu'ils n'ont pas?
M. Bouazzi : Donc,
quand... quand... quand... actuellement, les plateformes qui...
M.
Fitzgibbon : Numériques.
M. Bouazzi : ...UberEats, et compagnie, qu'on... gardent pour
elles, si on veut, le lien entre le client et le restaurateur, sachant
évidemment que le lien entre un client et un restaurateur est un lien très,
très important pour toutes sortes de bonnes
raisons économiques et même pour créer du lien social dans des... dans des...
une économie qui est souvent de proximité. Est-ce que... est-ce que vous
trouvez que c'est normal?
M. Fitzgibbon :
Bien, écoutez, je n'ai pas de vue
spécifique sur ça. Je pense que, pour prendre les restaurateurs, quand
on a fait le programme OTN, offensive de transformation numérique, il y a un
volet, avec l'ITHQ, d'ailleurs, qui... qui s'occupe des restaurateurs. Je... je
viens de voir le chiffre qu'on a, là, on a mis 3,6 millions dans le projet
pour permettre, justement, aux
établissements de vouloir faire l'analyse numérique de ce qu'il y avait à
faire. Alors, c'est sûr qu'il y a des compagnies, comme Lightspeed, par
exemple, qui offrent des services.
Alors
là, ce que vous dites, je pense, c'est de dire : Est-ce qu'on est
confortables que des intervenants intermédient entre le client et le restaurateur
pour garder les données? Je pense que ça va être évolutif. Je pense qu'on a...
M. Bouazzi : ...vous
pensez que quoi?
M. Fitzgibbon :
C'est pour ça... Je présume que
vous référez au fait qu'il y a des plateformes qui s'insèrent entre les
clients et les restaurateurs, qui gardent l'information.
M. Bouazzi : Oui.
Exact.
M.
Fitzgibbon : Alors, vous me posez la question : C'est-tu normal?
Alors, je vous dirais que ça va être évolutif.
Je pense que plus les entreprises vont être capables de bien comprendre le
chemin numérique, peut-être qu'ils vont avoir des mécanismes pour garder
l'information. Est-ce qu'il faut aujourd'hui...
M.
Bouazzi : Mais je... je veux juste être sûr. Je comprends
que vous avez mis de l'argent dans des programmes qui ne sont pas reliés
exactement à ce que je dis. Actuellement, on a des plateformes qui ne paient
pas d'impôt ici, on s'entend,
qui vivent à l'étranger et qui confisquent le lien entre le client et le
commerce de proximité. Et ma question, c'est : Est-ce que c'est correct de laisser faire? Parce
qu'il n'y a pas de législation qui entoure ça, c'est un laisser-faire du
législateur qui permet que ce soit possible.
Est-ce qu'on continue le laisser-faire ou est-ce qu'on réfléchir ensemble à se
dire : Comment est-ce qu'on ne casse pas ce lien entre une économie de
proximité et le client?
M. Fitzgibbon : Bien, on a parlé du
fameux Panier bleu mardi, je pense que le Panier bleu se veut un exercice... La
partie transactionnelle, on travaille avec Lightspeed, entre autres, qui est
actionnaire, on veut permettre d'avoir un meilleur accès et contrôle des
données. Ça se veut ça. Présentement, effectivement, il faut... il faut
aller... il faut aller plus vite, mais, quand même, on y va tranquillement. Ça,
c'est récent, depuis novembre 2022 qu'ils sont opérationnels.
Donc, est-ce qu'on va bannir les autres? Moi, je
pense qu'il faut travailler de façon concomitante. Il faut avoir, d'une part, des plateformes québécoises qui
vont performer, puis on travaille fort là-dedans. Pendant ce temps-là,
il y a un code d'éthique qu'il faut regarder, puis là vous parlez du GAFAM,
j'imagine, entre autres, là. Alors, il faut faire
attention aussi. Puis, il y a un aspect compétitivité, là, il y a des gens qui
aiment travailler avec le GAFAM, alors il faut faire attention, comme
régulateur, de dire «on les bannit», mais...
• (12 h 40) •
M.
Bouazzi : UberEats, DoorDash, etc., ne sont pas les GAFAM.
Et ce n'est... simplement une... une volonté politique, ça ne coûte rien
à l'État de dire : À partir de maintenant, quand vous passez par un
intermédiaire, le lien entre le client et la... et le prestataire de services,
dans le cas qui nous intéresse, qui fait la nourriture et sans quoi il n'y aurait pas un client qui commande devrait
avoir accès aux données de ses clients pour savoir qui sont les personnes
qui... qui...
Donc, à chaque fois, vous savez, M. le ministre,
on se retrouve devant un fait accompli avec des compagnies, souvent des
corporations internationales, qui ne paient d'impôts nulle part, d'ailleurs,
pas plus ici qu'ailleurs, parce qu'elles se
débrouillent avec toutes sortes de montages pour ne jamais payer d'impôts, et
qui profitent d'un vide juridique. Effectivement, ça va très, très vite,
vous le savez comme moi, les questions technologiques, et malheureusement le
laisser-faire coûte très cher aux PME, coûte très cher aux petits restaurateurs
actuellement, et je n'ai même pas parlé du
30 % de cote qu'ils se prennent sur chacune des commandes. Je parle juste
du fait que vous savez comme moi que les données sont une énorme partie du capital de la richesse associée à ce
genre d'industrie, et priver nos PME de ces données-là alors qu'il y a des monopoles, en fin de compte,
ou, en tout cas, très peu de compagnies qui se permettent de faire ça... et
puis les restaurateurs, aujourd'hui, ne peuvent plus ne pas dealer avec ce
genre de plateformes.
Donc, je vous
invite à reconsidérer, vraiment, je vous le dis très sincèrement, le... votre
approche, et puis de nous poser la question sérieusement : Comment
est-ce qu'on peut éviter de priver nos PME du lien avec leurs clients et ne pas
le confisquer dans des compagnies étrangères?
Et ça vient, en fait, rejoindre un autre des
sujets qui m'est chers, qui est, encore une fois, avec les questions
d'intelligence artificielle. Les choses vont très, très vite, et on va se
retrouver devant le fait accompli devant un certain nombre de cas
d'utilisation, un certain nombre de «business cases» qui vont évoluer dans des
no man's land juridiques jusqu'à tant qu'il y ait des catastrophes et des
conséquences graves pour notre société. Et c'est pour ça que nous, on pense qu'avoir une commission publique,
avec des intervenants publics qui viennent ici s'adresser à nous comme
législateurs, c'est la bonne manière de faire.
Et on comprend que vous avez lancé, aujourd'hui,
un processus parallèle. Il peut être très bien... je pense qu'on peut très bien le garder tel qu'il est, mais
on ne voit pas pourquoi est-ce qu'on manquerait de cette transparence-là face
aux Québécoises et aux Québécois et puis, dans les enceintes de cette
institution démocratique, avoir, justement, les spécialistes qui
viennent s'adresser à nous pour nous alerter sur un certain nombre de choses,
incluant des choses qui vont être... qui sont légales, qui vont, du coup... ou,
plutôt, qui ne sont pas illégales, parce que c'est plutôt comme ça que
fonctionnent ces compagnies, et qui vont nous mettre dans des situations
difficiles. Et je vous donne un exemple, actuellement,
à quel point on ne sait pas. Moi, je vous poserais la question simple :
Est-ce que ChatGPT, aujourd'hui, respecte la loi n° 25,
d'après vous, M. le ministre?
M. Fitzgibbon : Bien, je vais
répondre différemment, là. Moi, je ne suis pas contre ce que vous mentionnez.
Est-ce qu'on permet à des sociétés de garder les données qui devraient
appartenir à un utilisateur? Je pense que... Là, on parlait... vous parlez d'Uber Eats, j'imagine, par exemple. Alors, la
question, c'est : Est-ce que nous, on peut légiférer? Il faut faire
attention. Il y a des restaurateurs qui sont contents de profiter des
plateformes comme celles-là puis qui sont...
qui peuvent vivre avec la conséquence de ne pas avoir les données parce qu'ils
ont... ils ont des revenus. La question que vous mentionnez, c'est : C'est-tu trop cher? Est-ce que les
données peuvent être mal utilisées? Moi, je pense que c'est une question
qui est légitime puis j'ai... je n'ai pas d'enjeu à réfléchir à ça.
Peut-être, je
vous encouragerais, dans ce cas particulier là... La consultation que Luc
Sirois va faire, là, au CIQ, pour l'IA, il y a une partie qui va être
les données, tu sais, une partie, d'ailleurs, qui nous touche, où investir.
Alors, moi, je pense qu'on pourrait
facilement incorporer cette discussion-là, qui est... qui est pertinente, sur
les données, et on sait que c'est... c'est le coeur, c'est le nerf de la
guerre pour l'IA.
Alors, qui a
les données, comment ils les utilisent, le cadre d'éthique de tout ça, moi, je
suis totalement ouvert à regarder ça.
Je pense que c'est complexe, pour le gouvernement, de légiférer pour le Québec,
mais il faut se poser la question.
Là, vous parliez de la loi n° 25
par rapport à... j'ai...
M. Bouazzi : Est-ce que ChatGPT
respecte la loi n° 25?
M.
Fitzgibbon : Je ne le sais pas, mais ce que je peux vous dire, c'est
qu'on est soucieux des modèles superperformants, génératifs d'images ou de
voix. On a été à la même rencontre, là, puis c'est clair qu'il faut regarder ça sans égard au PL n° 25, il faut... On est ouverts à ça puis on va regarder comment est-ce
qu'on va contrôler comment les modèles sur... les modèles génératifs
vont être utilisés au Canada, au Québec particulièrement, là.
M. Bouazzi : Actuellement,
M. le ministre, l'Italie, l'Allemagne, un certain nombre de pays européens ont statué que ChatGPT ne respectait pas les lois de
protection des données personnelles, et puis il est évidemment inquiétant que
nous, on ne le sache pas, en fait, et je n'ai pas l'impression qu'on se soit
déjà posé la question, au niveau du gouvernement, pour savoir est-ce que
c'est légal ou pas, déjà, ce qui existe, là, ne parlons pas de ce qui va
exister, avec ce genre de plateforme.
Je vais... Combien il
me reste de temps?
La Présidente (Mme
D'Amours) : 4 min 30 s.
M. Bouazzi : Je
vais aller vite sur un autre sujet. Cette année, les aides fiscales aux
entreprises vont atteindre 8,8 milliards de dollars, soit
2,4 milliards de plus qu'en 2018 sous les libéraux, donc une augmentation
de 37 %. Cela s'ajoute aux
4,9 milliards d'interventions d'Investissement
Québec, du Fonds de développement
économique en 2021-2022, c'est 2 milliards de plus que sous les
libéraux, soit près de 70 % d'augmentation.
Bien, ma première
question rejoindrait la conversation qu'on a eue avant-hier. Vous nous avez dit
que les investissements de l'État, les contributions, les prêts, qu'ils soient
pardonnables ou pas, etc., sont attachés à la stratégie
de baisse à gaz à effet de serre. Est-ce qu'on sait, par milliards ou... en
tout cas, par milliards investis, combien de baisses de gaz à effet de
serre sont associées à ces sommes immenses d'investissements auprès des
entreprises?
M.
Fitzgibbon : Je n'ai pas la réponse à la question là, là. Ce que j'ai
dit, puis je le répète, c'est que le modèle
ou l'objectif que nous avons de réduire de 37,5 % nos GES par rapport à
1990, qui représente 30 mégatonnes, les initiatives qu'on a présentement — mon
collègue Benoit Charette va être public sur ça bientôt — on
s'en va dans la bonne direction. Chaque
projet, encore une fois, a une composante diminution de GES et une composante
hausse de productivité. Il y a des projets qui augmentent la
productivité, qui ne réduisent pas les GES, qu'on fait quand même.
De me demander
aujourd'hui, là, les milliards, là, il faut que je regarde les chiffres, parce
qu'il y a beaucoup de chiffres que vous avez
lancés, là. Je ne peux pas vous répondre à votre question, là, je ne suis pas
génie en herbe. Je n'ai pas été sélectionné pour cette... cette
émission-là.
M. Bouazzi : Bien,
je ne vous demande pas 1 milliard à la fois. Actuellement, donc, au
Québec, les crédits d'impôt, par exemple,
versés aux entreprises, représentent l'équivalent de 15... un peu plus de
15 % de l'ensemble des impôts et de taxes payés par toutes les
entreprises, soit le double qu'en Ontario. Donc, je veux dire, si on compare le
Québec d'un point de vue PIB, on a des crédits qui représentent 0,75 % du
PIB contre l'Ontario qui est à 0,24 %, on parle de 0,75 % de crédits
d'impôt. Cette quantité de crédits d'impôt qui, on s'entend, pour une énorme
partie d'entre elles, ne va pas aux PME, quelle... quelle est son pourcentage
de participation? Est-ce qu'on est capable de dire : On a donné
0,75 % de notre PIB aux corporations, combien de baisses de CO2 y
est associée?
M.
Fitzgibbon : Vous m'amenez des choses... Je n'ai pas ça dans ma tête,
là, mais on a l'information.
M. Bouazzi : Mais
est-ce que vous pourriez nous donner...
M.
Fitzgibbon : Tu sais, il faut... il faut être sérieux, quand même, là.
Écoutez...
M. Bouazzi : C'est très sérieux, M. le ministre. Est-ce que
vous pourriez... Si vous ne l'avez pas tout de suite, est-ce que vous
pourriez nous la communiquer?
M. Fitzgibbon :
Peut-être. Mais, écoutez, vous
nous lancez des chiffres comme ça, là. Il faut que je m'assoie pour
regarder les chiffres, là, je ne suis pas numérologue, là.
M. Bouazzi :
C'est les chiffres du gouvernement, hein?
M.
Fitzgibbon : Mais, deuxièmement,
écoutez, on travaille sur les réductions de GES, là, je vous l'ai dit huit
fois, là. Ça fait que tous les projets d'Investissement Québec, pas
tous... regarde ça.
Les crédits d'impôt,
on va changer de sujet, les crédits d'impôt, c'est des mesures fiscales. Là,
premièrement, le ministère des Finances
établit des crédits d'impôt à la recherche, établit des programmes de congés
fiscaux quand on a des projets structurants. Alors, tu sais, il y a des
vases communicants là-dedans. Alors, nous demander aujourd'hui comment de GES
par rapport aux 2 milliards, c'est impossible à répondre.
M.
Bouazzi : Monsieur... M. le ministre, en tout respect, moi,
j'essaie juste de trouver quelles sont les métriques qui permettent
justement de suivre l'évolution des choses. J'ai travaillé toute ma vie avec
des métriques. Et puis, quand on fait
des gestions de projets, qu'on a des objectifs aussi ambitieux et...qu'on ne
trouve pas assez, mais quand même au minimum...
Actuellement, on a juste
50 % des manières d'atteindre ce 37 %... le 37,5 % de diminution
de gaz à effet de serre qui est défini, mais, en plus, on n'est pas capables de
comprendre, sur le... tout l'argent qui est injecté beaucoup dans des grosses corporations, quelle est la
partie de cette participation à la baisse de gaz à effet de serre. Moi, je
cherche juste des métriques. Si vous avez des métriques, un tableau de
bord qui nous explique pour chaque dollar investi, combien de GES on économise, je serais très heureux de le voir. Et,
sinon, je conclurais que vous ne l'avez pas, évidemment.
La Présidente (Mme D'Amours) : ...
M.
Fitzgibbon : ...le ministère de l'Environnement qui travaille
sur ça. Ils vont faire un rapport bientôt, c'est leur responsabilité. Le
ministère de... la Finance fait des crédits d'impôt pour voir les retombées
globales. Le ministère de l'Économie fait
de... dans des sociétés direct. Et, chaque fois qu'on investit, on regarde les
composantes. Et moi, je veux vous dire qu'on va se rendre au
37,5 %.
La
Présidente (Mme D'Amours) : Merci beaucoup. Je cède maintenant la parole au
député de Marguerite-Bourgeoys.
• (12 h 50) •
M. Beauchemin : Je reviens à la
liste. C'est une question beaucoup plus simple. C'est vraiment une question de
mettre de l'ordre dans cette liste-là, OK, puis j'assume que ça doit être quand
même connu. Par rapport à... au titre de la
liste, c'est-à-dire le secteur prioritaire, il y a-tu eu une façon de
numéroter, de un à six, laquelle est la plus importante? Puis, je pense que vous l'avez mentionné tantôt,
mais j'aimerais ça juste vous réentendre, puis les autres qui découlent
dans l'ordre croissant, décroissant. Parce
que, là, on a reçu une liste comme ça, mais j'assume que le rapport est un petit
plus peaufiné que ça, là.
M. Fitzgibbon : ...premièrement, la
liste, pour répondre à votre question, là, parce que vous... je ne vous l'aurais pas donné. Alors, la question, c'est... Le
titre, c'est marqué : «Secteurs qui ont fait l'objet d'une analyse
détaillée dans le cadre des mandats octroyés à McKinsey». Alors, je me
répète, malheureusement, là, mais ça, c'est des secteurs qu'on a dit à
McKinsey : On n'est pas sûr à 100 %, faites donc un balisage, les
déterminants qu'on a en tête. Alors, ça, conjugué au fait qu'avec KPMG, avec
nous-mêmes, on a conclu : batterie, aluminium, aérospatiale, on est sur la
coche, on est les champions, on connaît l'industrie assez bien pour savoir
qu'est-ce qu'on a à faire. On a dit : On n'ira pas faire le travail.
Alors,
cette liste-là, KPMG, qui a raffiné certains secteurs, forêt, aluminium, là, je
pense à ces deux-là particulièrement, notre croissance interne, on a
colligé ça ensemble puis on a dit : Bien, on va... on va identifier des
zones d'innovation qui, on l'espère, vont être matérialisées.
La Présidente (Mme D'Amours) : Merci.
M. Beauchemin : En fait, je vais
clarifier ma question, c'est : Vous, les... la liste qui est là, un, deux,
trois, quatre, cinq, six, selon vous?
M. Fitzgibbon : ...OK, mais...
M. Beauchemin : Oui. Prioritaires,
là, selon vous, là, à vos yeux à vous, pour le ministère, qui, j'assume, doit
avoir une opinion, quand même.
M. Fitzgibbon : Mais je ne suis pas
sûr qu'il y a une pertinence à la réponse à votre question, parce que, pour le ministère, c'est des secteurs où on pense
qu'on peut être gagnants, on peut être champions. Alors, les entreprises
vont venir nous voir. Sciences de la vie, c'est un bon exemple. Sciences de la
vie, santé personnalisée, IA, moi, je suis «all in» là-dedans. Alors, si GSK
vient nous voir, si Medicago, l'ancien... le nouveau Medicago vient nous voir,
Pharmascience, on va jouer là-dedans parce qu'on est bons là-dedans.
Maintenant, les priorités, ce n'est pas que nous
allons mettre plus d'argent à une place ou à une autre, les priorités qu'on a,
cette liste-là, avec les... l'autre liste, c'est de dire : Ces
secteurs-là, on va être interventionnistes pour contribuer à une plateforme.
M. Beauchemin : Bon, bien, dans le
cas de l'intervention de l'État, ça arrive à ce que je veux entendre, là, dans le cas de l'intervention de l'État, de façon
quantifiée en dollars, la priorisation de cette liste, qui sont les secteurs
prioritaires, n'incluant pas les trois autres
que vous avez mentionnés, là, batterie, aérospatiale, aluminium puis
forestation, je pense, que vous avez
ajoutée, là, est-ce que... est-ce que ça, vous avez un ordre de priorité
d'intervention gouvernementale?
M. Fitzgibbon : Non, parce qu'il
faut être... il faut être... Nous, ce qu'on fait, là, c'est qu'on va dire...
Bon, l'aérospatial, c'est un bon exemple. On
est déjà une zone d'innovation, c'est un secteur qui est privilégié. La
stratégie de l'aérospatiale 2022-2027, là, je ne sais pas les années, là,
on a trouvé des crédits importants là-dedans, les crédits subventionnaires pour la recherche, développement.
Alors, ça, permet à des sociétés comme Pratt, comme Héroux-Devtek, comme
Airbus : Heille! on veut piger là-dedans pour faire des projets
mobilisateurs, on fait des appels d'offres. Alors, c'est dur de prévoir
combien on va mettre en support tant que les projets n'arrivent pas.
Alors, les zones d'innovation, le
concept et le travail qui a été fait par McKinsey dans ces zones potentielles
là, c'est de dire : Dans ces
secteurs-là, on est confortables qu'on va créer de la richesse pour les
Québécois. Conséquemment, si les gens
viennent nous voir pour un projet, on va investir à la hauteur de 25 %
d'un projet, dépendamment de ce qu'on fait.
Alors, ce n'est pas
de choisir... Ce n'est pas, par exemple, choisir l'aérospatiale par rapport aux
batteries, mais, si Boeing vient nous voir
pour un projet mobilisateur puis si GM vient nous voir pour les batteries, on
va dire oui aux deux, on n'ira pas dire, bien, un par rapport à l'autre.
Alors, je pense qu'il faut focaliser sur...
M.
Beauchemin : Je comprends, mais, dans le contexte où est-ce qu'il y a
des ensembles d'opportunités sur la planète, je ne peux pas m'imaginer que vous
ne savez pas la réponse à savoir laquelle de ces initiatives-là, incluant les trois autres, donc un total de... laquelle
représente la plus grande opportunité économique pour le Québec. Je ne peux pas
croire que vous n'avez pas comme une réponse précise pour laquelle peut... avec
les... les GSK qui viennent se pointer ici, peut-être, en santé, ou
Boeing qui décide de venir travailler avec Bombardier, «whatever»... Tu sais,
comme n'importe quoi, là. Je ne peux pas croire qu'il n'y a pas comme une
opportunité, avec les lunettes les plus larges que vous regardez de l'ensemble de la planète économique, que vous
dites : Le Québec, là, s'il était capable de gagner dans... dans ce
secteur-là, ça, ce serait la plus grande... la plus grande opportunité
économique pour le Québec.
M.
Fitzgibbon : En fait, non, je ne peux pas répondre à cette
question-là, parce qu'encore une fois moi, je pense que le travail du
gouvernement, c'est de dire quels sont les secteurs où on peut gagner parce que
nous avons l'institution du savoir, on a des connaissances fondamentales
appliquées, des entreprises qui sont là, qui vont attirer des entreprises.
Notre travail, c'est de dire : Choisissons un secteur, publions-le, zone
innovation, et là dites aux... on va dire
aux gens «nous sommes ouverts». On peut être aussi performants économiquement
dans l'aérospatiale que dans les batteries. Mais moi, je ne sais pas si
Boeing va décider à moment donné : Woups! Heille! Québec, il se passe de quoi, on va aller ouvrir une usine d'aéronefs.
Est-ce que... est-ce que... est-ce que Mercedes va dire : Heille! c'est au
Québec, je vais venir? Alors, je ne vois pas...
On chasse. On a des
chasseurs à Investissement Québec, on chasse dans les créneaux où on est
performants. Mais d'aujourd'hui dire : Le potentiel aérospatial,
aluminium... Tu sais, l'aluminium, si on réussit, parce qu'on a essayé, depuis
20 ans qu'on essaie de faire la transformation secondaire, tertiaire, si
jamais on a un laminoir qui s'établit au Québec, ça va être le «home run». Je
peux-tu dire aujourd'hui qu'on va avoir un laminoir? Non, mais je peux dire,
par contre : Voici les secteurs où, s'il y a un laminoir... si quelqu'un
veut faire un laminoir au Québec, on va être là très, très, très supporteurs,
là. Je pense...
M.
Beauchemin : Mais c'est parce qu'en bout de piste vous voyez le
potentiel. En bout de piste, là, vous vous dites : Ça, là, eux autres
viennent, là, ça, là, ça va être du solide.
M.
Fitzgibbon : Exact.
M.
Beauchemin : OK. Donc, calculatrice, ça totalise combien pour chacune
de ces opportunités-là? En d'autres mots, ce que vous me dites, c'est que des
six, plus les trois autres, des neuf sont tout à pied égal. Il n'y en a pas une
plus «winner» que l'autre, là.
M. Fitzgibbon :
Bien, on ne contrôle... Il y a beaucoup de variables qu'on ne contrôle pas.
Alors, moi, je ne suis pas prêt à
dire : Les batteries, ça va contribuer 40 milliards au PIB, alors que
l'aluminium, ça va être 25 milliards. Il y a tellement de choses
que je ne contrôle pas, là. Je n'aime autant pas lancer des chiffres. Mais, par
contre, je suis confortable de dire que, si quelqu'un vient me voir : On
va faire les téléphones cellulaires au Québec, bien, je vais dire : OK. Allez-y, là, je n'irai pas
mettre... Parce que... il vient au Québec, il dit : On va construire une
usine de cellules, de cellules de cathodes additionnelles, là, peut-être
que je vais être plus généreux. Alors, moi, je pense que c'est ça, le travail
du gouvernement.
Puis on a fait le
travail, David et moi, sur... sur les secteurs, on parle, le potentiel des
contrats qu'on a présentement, puis je
regarde les batteries, à terme, je n'ai pas le chiffre, là, en tête, là, mais
je pense que c'est 38 milliards sur
le PIB, si tout va, si tous les projets qu'on a se matérialisent. Ça n'arrivera
pas, évidemment, mais, tu sais, le chiffre est assez gros pour dire :
Écoute, on va... on focusse sur ça puis, si on arrive à 20, bien, on sera... on
sera contents.
Ça
fait que je n'ai pas... Je ne peux pas... Intellectuellement, je ne suis pas
capable de prioriser, parce qu'il y a trop de variables que je ne
contrôle pas.
M. Beauchemin : Donc, si je comprends
bien, McKinsey ne vous a pas éclairé non plus là-dessus quand ils ont
fait la recherche.
M. Fitzgibbon :
Pas du tout. Pas du tout.
M. Beauchemin :
Il n'y avait aucun... aucune demande dans le contrat d'offres, là, à
McKinsey, de savoir : On aimerait savoir laquelle de ces six-là, là,
représente une opportunité plus significative que l'autre? Il n'y a pas de
priorisation qui a été faite?
M. Fitzgibbon : Non. Absolument
pas, parce que McKinsey, ils ont beau être «smarts», là, ils ne peuvent pas
répondre à cette question-là. C'est une question qui est... à mon avis, c'est
une question qui est irrésoluble.
Le
potentiel. Est-ce que le Québec peut se démarquer dans la filière batterie
pour... géopolitiquement en Amérique du Nord? Moi, je focalise beaucoup sur les
composantes de batterie. McKinsey, est-ce qu'on est... On a-tu raison de penser
qu'on peut gagner au niveau du «freight logical market», au niveau des
ressources naturelles, au niveau talent? Ça,
c'est des questions qu'on peut poser. Puis là la bulle, ils vont dire :
Oui, la bulle va être plus grosse, oui,
il y a du potentiel. Mais de dire, dans les huit secteurs qu'on a, là, huit,
10 secteurs qu'on a, prioriser de un à huit, la réponse, c'est non.
On ne leur a même pas posé la question. Puis même si je l'aurais posé, ils
auraient dit : On ne le sait pas.
M. Beauchemin :
C'est parce que, je m'excuse d'être plate, là, mais je reviens au mandat
qui a été donné à McKinsey, là :
Articulation d'une vision claire de l'ambition du gouvernement en matière de
croissance économique et définition
des cibles à atteindre. Donc, il doit y avoir, en quelque part à un moment
donné, ou bien un nombre d'emplois, ou un nombre de dollars, ou quelque
chose. Ça fait que McKinsey a donc fait une... un ordre, si je me...
M. Fitzgibbon :
Un ordre des secteurs?
M. Beauchemin :
Bien, de... des secteurs qu'ils vous ont présentés, là.
M. Fitzgibbon :
Non.
M. Beauchemin : Ils ont fait un ordre en
disant «définition des cibles à atteindre», donc, une fois que les cibles
sont atteintes, voici ce que ça donnerait.
M. Fitzgibbon :
Non. Ça n'a pas été demandé comme question.
M. Beauchemin : Ce serait bien le fun de
l'avoir, ce rapport-là. On pourrait... On pourrait quand même pouvoir...
M. Fitzgibbon : Je pense qu'il va être
disponible dans 40 ans? 30 ans? Il y a... il y a une période où tout
devient public, là, mais...
• (13 heures) •
M. Beauchemin :
C'est 25 ans.
M. Fitzgibbon : 25 ans... Non, mais
ce rapport-là, il sert encore à prendre la prise de décisions, là. Puis ce
n'est pas moi qui fais mon difficile, là, tu sais, moi, je suis les
règles, là.
M. Beauchemin : Bien là, on ne reviendra
pas là-dessus, M. le ministre, quand même, il y a eu... il y a eu quand
même un rapport pour le déploiement de l'Internet haute vitesse à travers le
Québec qui a été rendu public, fait par KPMG,
la semaine qui... qu'il vous a été donné. Ça fait que c'est une question de
volonté, là, ce n'est pas une question de règlement, là. Si vous voulez,
vous pouvez le faire. Vous pouvez vraiment rendre ça public. Si vous l'avez,
là, la volonté de le faire, là, c'est quelque chose qui est facile. C'est juste
une question de volonté.
M. Fitzgibbon :
Je... je respecte les pratiques. Je vous entends.
M. Beauchemin : Je veux... je veux
toucher au point de la perspective économique de nos PME au Québec, là.
Est-ce qu'on a le temps? Sept minutes. OK. J'en ai parlé brièvement tout à
l'heure au salon bleu. Les PME, qui ont été
questionnées par la Fédération canadienne des entreprises indépendantes, donc
c'est quand même un organisme très reconnu pour le secteur manufacturier
et les PME du Canada et du Québec en particulier... a donc établi le baromètre des affaires, et ça a été publié ce matin. Puis,
les propriétaires des PME du Québec sont les plus pessimistes du Canada.
Je sais que, là, vous m'avez répondu tantôt au salon bleu avec une autre
statistique, mais celle de ce matin, là, je ne sais pas si vous l'avez vue, mais j'ai le tableau ici puis je ne sais si on
peut le déposer, Mme la Présidente, là, mais ça ressemble à ça. Puis, la ligne en bas, la ligne, la petite
ligne bleue en bas, là, c'est dur à voir, peut-être, de loin, là, oui, mais la petite
ligne bleue en bas, là, ça, c'est 46,6 %, qui est l'indice le plus bas de
toutes les provinces au Canada, une baisse de 2 % depuis un mois, c'est...
C'est comme les... les attentes d'inflation. Les attentes d'inflation font en
sorte que la banque centrale doit gérer les attentes d'inflation pour ne pas
que l'inflation se présente. Bien, quand la morosité est présente dans les
PME... Puis je comprends que vous avez dit que tout semble être rose puis,
quand on parle, c'est négatif, mais ça,
c'est un rapport, quand même, de gens qui sont professionnels, qui, eux, savent
ce qu'ils font, puis ils parlent à
l'industrie, ils parlent à l'ensemble des PME. Donc, quand on deale avec ça,
quand on deale avec, justement, les attentes de morosité économique,
éventuellement, c'est comme la réalisation, la prophétie qui se réalise. Y a-tu
quelque chose que vous pensez qu'il serait
possible de faire pour, justement, améliorer cette perspective-là de l'ensemble
des PME au Québec? Parce que ce n'est pas n'importe quoi, ce rapport-là. Puis
je peux vous en donner une copie, si vous voulez.
La Présidente (Mme
D'Amours) : M. le ministre.
M. Fitzgibbon : Merci, non, j'y ai
accès. Je vous remercie. Je ne l'ai pas devant moi, là, mais je... Écoutez, des
rapports, il y en a une multitude, là, puis je ne veux rien enlever au FCEI,
là, mais moi, je peux vous dire, là, que le confort des
PME sur l'horizon temporel devant nous est très positif. Un des indices que je
surveille beaucoup, c'est le fameux IPNR, là, l'investissement privé non
résidentiel, Statistique Canada publie ça, là, ce n'est pas des chiffres qu'on fait au ministère de l'Économie. Et
on regarde l'investissement privé, on regarde... puis c'est du sondage,
là, ce n'est pas de l'actuel, on regarde le futur, et je pense qu'on voit une
courbe qui est assez impressionnante, sur l'investissement que les gens veulent
faire, en partie causé par la pénurie de main-d'oeuvre, il faut admettre, mais
en partie aussi parce que je pense que le Québec, on a un climat favorable,
climat favorable parce que, comme je disais ce matin, je pense qu'on a des
programmes qui sont pertinents pour l'aide à la numérisation, robotisation.
Alors, moi, je pense
que, des secteurs, c'est plus difficile, la restauration, c'est sûr, le tourisme,
c'est très difficile, puis on fait du mieux qu'on peut. Alors, on est-tu
parfait partout? Non, mais moi, je pense... Puis on reste à l'écoute aussi.
Écoutez, là, on a... J'ai envoyé mon collègue député d'Abitibi-Est en tournée
avec la FQM pour voir, justement, sonder le terrain, parce qu'effectivement il
faut rester connecté.
Alors, moi, je pense
que... Je suis peut-être jovialiste, là, mais je pense que le climat d'affaires
au Québec est bon. Est-ce qu'on peut l'améliorer? Absolument. Puis est-ce qu'on
va prendre des mesures plus pertinentes dans les régions, parce que c'est les régions qui souffrent le plus,
là? Oui. Alors, moi, je ne serai pas apocalyptique sur le rapport de la FCEI, là. Moi, je ne le suis pas, en tout
cas. Puis, oui, il y a des revendications, l'impôt, il y a un paquet de choses
qu'ils demandent, c'est leur travail, ce
sont des lobbyistes, ils demandent des choses au gouvernement. Je prends le
rapport avec humilité, tu sais, mais il ne faut pas juste se fier sur la
FCEI, là.
La Présidente (Mme
D'Amours) : Merci. M. le député.
M. Beauchemin :
Merci, Mme la Présidente.
Justement, l'investissement non résidentiel que vous avez mentionné, 2019
à 2022, est-ce que vous avez une idée de l'augmentation?
M. Fitzgibbon :
Oui... oui, je ne l'ai pas avec moi, là, mais on me montre d'autres choses
ici. Qu'est-ce qu'on me montre? On me montre
l'indice de confiance des PME, c'est la FCEI, bon. Il y a différentes pages,
dans le rapport, j'imagine, là. Ils montrent que l'indice de confiance
sur 12 mois a augmenté... 12 mois, de... puis, trois mois, 1,4 %, bon, ça, en soit, je ne sais pas, là, mais je
pense qu'il ne faut pas être trop négatif. Je vais vous trouver votre chiffre,
là, parce que... de façon continue. On va vous le trouver.
M.
Beauchemin : Je veux brièvement toucher l'Association des
restaurateurs du Québec. Tantôt, on parlait d'immigration
temporaire. C'est un problème pour les restaurateurs, parce que leur manque de
main-d'oeuvre, ce n'est pas au niveau... de haute qualification. Donc,
pour les restaurateurs, là, c'est de plus en plus difficile, trouver des bras
ici, au Québec, on en a parlé.
Je vous donne ça
d'emblée, parce que moi, je veux savoir qu'est-ce que vous pensez que les
restaurateurs du Québec peuvent avoir... puissent avoir de l'immigration
permanente un jour, donc changer le statut des employés temporaires pour
permanent dans la main-d'oeuvre moins qualifiée. Ce processus-là est beaucoup
plus laborieux. Il y aurait-tu moyen de l'améliorer, selon vous?
M.
Fitzgibbon : Bien, écoutez, honnêtement, là, on déborde un peu de mes
champs d'intervention, là. Je pense que
notre ministre de l'Immigration travaille très fortement sur regarder toute...
dans l'ensemble, l'immigration, on en a parlé tantôt, puis elle est
préoccupée par ça. Le nombre de permanents intégrables, qu'est-ce qu'on fait
pour l'augmenter de façon intelligente?
Peut-être qu'on ne l'augmentera pas non plus parce que, si on n'est pas
confortables, l'intégration, on ne l'augmentera pas.
Alors, le côté
permanent est un sujet excessivement sensible et préoccupant qu'on adresse...
puis le bureau du premier ministre travaille
avec le ministère de l'Immigration. Là, on parle de temporaires...
immigrants avec un permis temporaire. Moi, je favorise ça pour combler des
situations de crise. Puis là la question, c'est : On peut-tu faire quelque
chose avec ça pour les rendre plus aptes à devenir permanents? La réponse,
c'est oui. Puis plus ils vont être aptes à devenir permanents, plus on va
pouvoir...
La Présidente (Mme
D'Amours) : Merci, M. le ministre.
M.
Beauchemin : Mais ils sont déjà à l'emploi des restaurants, des
restaurateurs, c'est... Donc, au niveau de, justement,
leur capacité de pouvoir devenir des permanents, c'est... Si c'est un problème
de les avoir de façon temporaire, c'est donc un problème... ce serait un
problème, évidemment, de les avoir de façon permanente, mais, s'ils ne sont pas
de façon temporaire, ils ne le sont pas de façon permanente.
Donc, sur ce
point-là, si j'ai le temps un peu...
La Présidente (Mme
D'Amours) : 29 secondes.
M.
Beauchemin : Combien?
La Présidente (Mme
D'Amours) : 26 secondes.
M.
Beauchemin : Eh boy! OK. Bien, écoutez, le phénomène du
«no-show» dans la restauration... vous êtes au courant de ce que c'est,
M. le ministre?
M. Fitzgibbon :
...
M. Beauchemin : Le «no-show» dans un
restaurant, vous savez c'est quoi?
M. Fitzgibbon : Oui, oui.
M. Beauchemin : Il y a-tu moyen
d'encadrer le «no-show»?
M. Fitzgibbon : Je pense qu'on
regarde quelque chose, là... Bien, effectivement, c'est un enjeu, là. Moi, je
suis toujours dans les restaurants puis je me fais un devoir de rappeler quand
je n'y vais pas.
La
Présidente (Mme D'Amours) : Merci beaucoup. Donc, nous passons au prochain
bloc d'échange, avec la députée de Jean-Talon.
Mme Boutin : ...terminer ça en
beauté, M. le ministre, on va parler d'un sujet hyperintéressant, l'innovation.
Il y a presque un an, jour pour jour, vous avez déposé la stratégie québécoise
en recherche et investissement, SQRI2, avec le fameux Mathieu Gervais, là, qui est derrière, qui a travaillé
très, très fort... Ah! il n'est pas là... ah oui, bon, qui a travaillé très fort sur cette stratégie-là. Je
pense qu'il n'y a jamais eu un gouvernement qui a investi autant en innovation au
Québec, là, on parle de 7,5 milliards de dollars l'année passée,
puis, dans le dernier budget, je pense qu'il y a un 888 millions pour
améliorer la productivité des entreprises. J'imagine qu'il y en a plusieurs qui
vont dans cette stratégie-là.
Ce qui est intéressant dans cette stratégie-là,
c'est le virage commercial que vous amenez à l'innovation. On s'entend que,
pour que ce soit un succès, il faut favoriser la commercialisation
d'innovations, mais aussi favoriser la commercialisation d'innovations en
entreprise.
Vous avez parlé d'investissements privés. Là,
j'ai deux questions, je pense qu'il ne reste pas beaucoup de temps. Ma première question, c'est par rapport aux
objectifs que vous aviez au final, tu sais, c'est de réduire, là, l'écart
de productivité avec l'Ontario puis peut-être, un jour, avec les États-Unis.
Par rapport aux indicateurs que vous aviez, que
vous vous étiez donnés, là, c'est sûr que ça fait juste un an, comment vous
trouvez que ça va? Est-ce que vous êtes quand même satisfait du bilan de
la dernière année?
M.
Fitzgibbon : Écoutez, je pense que la progression est bonne.
Est-ce que je suis satisfait d'où on est rendus? La réponse, c'est non. Je pense qu'on doit continuer
puis je pense qu'avec Rémi puis avec Luc Sirois, d'ailleurs, une réunion que
vous avez participé aussi... je pense qu'il faut peaufiner nos initiatives pour
respecter nos critères, qui sont assez nombreux, là — je
cherche le document dans la SQRI2, là.
Et, par
exemple, je pense qu'on doit s'améliorer sur le transfert de technologies qu'on
voit dans les universités, dans la
commercialisation. On a créé Axelys, on a créé un fonds Eurêka, mais on n'est
pas satisfaits encore totalement qu'il y a un arrimage qui est adéquat
entre les universités, ce qui sort de la recherche et ce qui va être
commercialisé.
Donc, on a un certain progrès, mais il n'est pas
à mon goût. Mais je pense qu'on est capables de travailler avec les recteurs
universitaires, parce que... Je pense que M. Quirion, peut-être, pourrait
rajouter un petit peu, là, mais on a un enjeu, là. Peut-être que je vais lui
laisser la parole pour continuer, tiens.
• (13 h 10) •
M. Quirion (Rémi) : Merci. Merci
bien. Donc, j'ai parlé un peu d'entrepreneuriat scientifique, donc, ça, c'est
un des volets, un des aspects. On travaille beaucoup avec Axelys. On travaille
avec le conseil innovation. Donc, je pense
qu'on fait des progrès. Les indicateurs, c'était peut-être un peu trop tôt, là,
après une année, pour que ça bouge vraiment, mais ça va dans le bon
sens, je pense, et il y a beaucoup d'intérêt des jeunes.
Mme Boutin : En tout cas, je vais
vous le dire, pour vous, là, vous l'avez mentionné dans les derniers... un
autre bloc de crédits, je pense qu'on a réduit aussi l'écart de productivité au
niveau du travail avec l'Ontario. C'est-tu 2 %, environ?
M. Fitzgibbon : ...oui.
Mme Boutin : Donc, on va dans la
bonne direction.
M. Fitzgibbon : Oui. Puis je pense
qu'on en a parlé avec le député de Marguerite-Bourgeoys, je pense que c'est une
tâche énorme, de vouloir le réduire à zéro. C'est pour ça qu'on se donne
10 ans, puis peut-être que ça va prendre 15 ans. Pour moi, ce qui est
important, ce n'est pas la finalité, c'est la direction, puis effectivement je
pense qu'on s'en va dans la bonne direction. Il y a des trimestres où l'écart
grandit, d'autres... Alors, il faut regarder sur une base annuelle, mais moi,
je pense qu'on s'en va à la bonne place.
J'en profite, si vous me permettez, pour
répondre à la question que je n'ai pas répondue... le député de Marguerite-Bourgeoys. Je regarde les chiffres de Statistiques Canada pour l'investissement
privé non résidentiel, pas public, on était à 24,9 % en 2021,
27 % en 2022 puis 29,7 %. 29,7 %, c'est les...
Une voix : ...
M. Fitzgibbon : C'est
un sondage. C'est un sondage. Bien, moi, je pense que le climat, 27 % par
rapport à 29,7 %... 2,7 %, c'est 10 %. Je pense que ce n'est pas
pire comme... Ça, c'est le sondage. Ça, c'est l'état de...
Une voix : ...
M. Fitzgibbon : Oui.
Mme Boutin : J'ai une dernière
petite question, parce que vous avez annoncé quelque chose, il y a environ un mois, qui cadre aussi dans la SQRI2,
là, puis tout le support qu'on fait aux accélérateurs, aux incubateurs en
innovation technologique. Vous avez annoncé un hub d'innovation international à
Montréal, Espace Ax-C, 38,5 millions, ouverture en 2024. Est-ce que
vous pourriez nous en parler un petit peu?
M. Fitzgibbon : Bien, je pense qu'on
s'est inspirés beaucoup de... tu sais, vous connaissez, je pense que vous êtes allée... ce qu'on a, Station F, à Paris.
Je pense que ce qu'on a vu dans les derniers 15 ans, qui était correct, on
a créé beaucoup... Les libéraux
avaient commencé ça, promouvoir les incubateurs, accélérateurs. Je pense que
c'était une bonne approche.
Là, dans la SQRI2, ce qu'on a
réalisé, c'est que... Avec Mathieu, justement, qui est là-bas, on a décidé de
peut-être réduire le nombre d'incubateurs mais être plus performants. Puis le
Centech... c'est le Centech, là, qui s'appelle
Ax-C, maintenant, c'est un bon exemple. On a décidé : on va en prendre un,
là, qui performe, puis lui était le plus
performant, puis on a dit : On va le pimper. Alors, on a mis beaucoup
d'argent là-dedans. On va faire un centre qui, je pense, va être de la
même nature que Station F. Maintenant, il faut le faire à différentes places au
Québec.
Alors, moi, je pense que cet exercice-là, ça va
solidifier, ça va synergiser. Au lieu d'éparpiller nos sommes d'argent dans la
SQRI à 15, 20 incubateurs, on va dire : Réduisons. Donc, ceux qui ne
sont pas au rendez-vous, là, qui n'ont pas
reçu de l'argent, on va les aider. Peut-être, certains vont s'intégrer dans
Ax-C ou dans Centech. Alors, moi, je pense que c'est l'approche qu'il
faut faire.
Puis les pays performants, autant Israël, même à
Boston, avec le centre de santé, j'oublie le nom... à Boston, il y a la même chose en sciences de la vie.
Pourquoi ça marche? Tu regroupes des gens ensemble puis tu mets des forces.
Mme Boutin : Puis, dans ce hub
international là, est-ce qu'il y a certains cibleurs... certains secteurs qui
sont plus ciblés, dans le fond, pour...
L'objectif, c'est d'attirer des investissements aussi privés, là, étrangers
aussi, là. Est-ce qu'il y a des secteurs qui sont ciblés?
M. Fitzgibbon : On essaie de ne pas
être trop sectoriels, parce que la question qu'on a eue tantôt sur McKinsey, où
on focuse, on choisit des secteurs... évidemment, on en a six, sept, huit qu'on
a nommés, mais il faut faire attention parce
que l'innovation n'est pas seulement dans les secteurs qu'on a choisis,
l'innovation, elle est partout. Donc,
il faut que le Centech, il faut que les incubateurs puissent recevoir des
universités, des chercheurs, des entrepreneurs des projets innovants qui
vont être l'accompagnement, sans égard aux secteurs, parce que, sinon, on va
être trop interventionnistes.
Évidemment, je pense qu'on va voir une situation
où les jeunes chercheurs vont vouloir s'accrocher aux secteurs qu'on supporte.
Avec Rémi, on en parle souvent, avec ses conseils d'administration, nos
zones... nos zones d'innovation, Rémi
travaille là-dedans... Parce qu'ultimement les chercheurs, les jeunes vont
dire : Heille! le gouvernement, il est prêt à mettre de l'argent
dans les batteries, bien, on va travailler dans le domaine de l'hydrogène,
«fuel cell», dans le domaine des batteries. Alors, indirectement, on va
peut-être... je ne dirais pas diriger la recherche, là, c'est un terme que... il faut faire attention, mais disons
que nos secteurs industriels porteurs vont probablement attirer des gens,
mais, s'il y en a qui ont d'autres idées, des projets de société qui ne sont
pas en rapport aux zones d'innovation, bien, on va les faire aussi.
Mme Boutin : J'imagine qu'il n'y a
plus de temps, madame?
La Présidente (Mme D'Amours) : 20 secondes.
Mme
Boutin : Ah! bon, bien, je vous remercie infiniment, M. le
ministre, pour ces informations très intéressantes.
M. Fitzgibbon : Je suis très heureux
de vous avoir dans le groupe de l'innovation, au gouvernement, Mme la députée
de Jean-Talon.
Adoption des crédits
La Présidente (Mme D'Amours) : Le
temps alloué à l'étude des crédits budgétaires du volet Économie, PME et
innovation du portefeuille Économie, Innovation et Énergie étant presque
écoulé, nous allons maintenant procéder à la mise aux voix des crédits.
Le programme 3, intitulé Développement de la
science, de la recherche et de l'innovation, est-il adopté?
Des voix : Adopté.
Des voix : Sur
division.
La Présidente (Mme D'Amours) : Adopté
sur division. Le programme 5, intitulé Organismes dédié à la recherche et
à l'innovation, est-il adopté?
Des voix : Adopté.
Des voix : Sur division.
La Présidente (Mme D'Amours) : Adopté
sur division.
Compte tenu de l'heure, la commission ajourne
ses travaux au mardi 2 mai, à 17 h 45, où elle entreprendra
l'étude du volet Développement économique régional des crédits budgétaires du
portefeuille Économie, Innovation et Énergie. Merci, tout le monde.
(Fin de la séance à 13 h 16)