(Dix-sept heures quarante-cinq minutes)
La Présidente (Mme D'Amours) : À
l'ordre, s'il vous plaît! Ayant constaté le quorum, je déclare la séance de la
Commission de l'économie et du travail ouverte.
La commission est réunie afin de procéder à
l'étude du volet Développement économique régional des crédits budgétaires du portefeuille Économie, Innovation et Énergie pour
l'exercice financier 2023‑2024. Une enveloppe de
1 h 30 min a été allouée pour l'étude de ces crédits.
Mme la secrétaire, est-ce qu'il y a des
remplacements?
La Secrétaire : Oui, Mme la
Présidente. Mme Cadet (Bourassa-Sauvé) est remplacée par M. Fortin
(Pontiac), et M. Leduc (Hochelaga-Maisonneuve) est remplacé par M. Grandmont
(Taschereau).
Développement
économique régional
La Présidente (Mme D'Amours) : Merci.
Nous allons procéder à une discussion d'ordre général par blocs d'échange,
incluant les questions et réponses. La mise aux voix de ces crédits sera
effectuée à la fin du temps qui leur est alloué, soit cet après-midi vers
19 h 15.
Discussion générale
Je suis
maintenant prête à reconnaître une première intervention et je cède la parole
au député de Pontiac. M. le député.
M. Fortin : Merci. Merci, Mme la Présidente. Merci de cette gentille introduction.
Bonjour à tous les collègues qui sont
présents, M. le ministre, vos... votre très nombreuse équipe ici. On
apprécie... On appréciera très certainement l'échange, mais, vous le
savez, on a un temps très limité pour parler du développement économique
régional, alors commençons tout de suite et commençons, si vous le voulez bien,
par les zones d'innovation, ce qui est un projet qui, dans plusieurs régions du
Québec, là, est attendu.
Si je ne me
trompe pas, et vous pourrez me corriger si je me trompe, vous avez eu
34 demandes de différentes zones d'innovation, ce qui démontre un intérêt
évident de la part des régions de voir leur expertise reconnue, de voir
un appui gouvernemental pour créer une cellule d'importance dans chacune de ces
régions-là. Initialement, là, vous aviez
comme perspective ou comme intérêt d'offrir des zones d'innovation dans
plusieurs régions. Est-ce que c'est encore le cas aujourd'hui?
M. Fitzgibbon : Oui. Bonjour, tout
le monde. Bienvenue à l'étude de crédits.
Vous avez
raison, les zones d'innovation se voulaient la fondation, le «catalyst» pour
qu'on puisse déterminer des thématiques, au Québec, où nous pouvions
devenir des champions mondiaux. On avait établi aussi qu'on était pour avoir un processus de filtrer ces projets-là
et que certaines deviennent des zones d'innovation et d'autres pourraient
devenir des projets d'innovation.
Alors, à ce jour, on est heureux d'avoir
identifié deux zones qu'on a qualifiées : la zone de Sherbrooke, qui est
DistriQ, et l'autre région qui est Bromont, pour la zone de Technum. On a aussi
un projet à Rivière-du-Loup, qu'on a appelé
un projet HIFA, qui est un projet d'innovation. Donc, on est très heureux de la
progression, et d'autres projets vont être annoncés, on espère, sous
peu.
M. Fortin : Et est-ce que je me trompais quand j'ai dit que vous aviez
eu 34 demandes?
M.
Fitzgibbon : C'est le bon chiffre, je pense. Ma lettre ici...
on est à 31. Je pense qu'il y en a une couple qui ont été éliminées. Une
trentaine, oui.
M. Fortin : OK. Mais de ce nombre, là... Puis ça, il y a... vous le
savez, là, pour chaque demande, il y a des équipes qui travaillent là-dessus,
il y a des agents de développement économique qui passent énormément de temps.
Là, vous en avez deux, zones d'innovation identifiées et lancées. Vous avez un
projet d'innovation lancé. Combien vous en voyez, là, de ces zones-là, prendre
forme? Parce qu'il y en a quand même trois sur 34 ou trois sur une trentaine
qui sont avancées et il y a beaucoup de monde qui ont travaillé sur toutes les
autres, là.
M. Fitzgibbon : Oui, puis d'ailleurs
nous avons financé ces projets-là la plupart du temps. On a financé un chef de
projet par zone qui était... qui avait du potentiel. C'est dur de mettre un
chiffre précis, mais c'est clair qu'il n'y en aura pas 30
et c'est clair qu'il va y en avoir plus que deux. Donc, moi, je pense qu'on va
voir l'évolution. Probablement... je dirais, 10 serait un niveau probablement
intéressant, la raison étant très simple : il faut revoir la base... la
qualification d'une zone d'innovation. Ça prend une thématique qui va être dans
une industrie, dans un secteur où on peut être champions au niveau du... au
niveau mondial, et ça prend le privé qui est au rendez-vous, les universités.
Alors, il y a
beaucoup de conditions qui font en sorte qu'il y a des projets,
malheureusement, qui ne seront pas qualifiés zones, et espérons qu'il y aura
des projets d'innovation. Donc, si on en avait 10, je serais très content.
M. Fortin : OK.
Mais donc on ne parle plus, là, d'avoir une zone d'innovation par région, là.
Ça, ça n'arrivera pas dans ce format-là?
M.
Fitzgibbon : Exact, puis ça n'a jamais été l'objectif non plus.
M.
Fortin : OK. Expliquez-moi donc, là, juste
pour notre compréhension, là, puis je sais, le député de... je pense, c'est
Nicolet-Bécancour y a fait référence dans l'étude de crédits Économie, là, la
différence entre la zone d'innovation puis le projet. Parce que les gens, eux,
appliquent sur la zone d'innovation, si je comprends bien, mais, quand vous dites que vous allez avoir un projet,
là, ça ne veut pas juste dire qu'on va financer une entreprise à gauche, à
droite puis on va avoir un projet d'innovation, là.
• (17 h 50) •
M.
Fitzgibbon : Exact. Vous avez raison. À la base même, quand on a fait
le démarchage puis on a fait une session avec plus d'intervenants, on avait
dit : Qu'est-ce que ça prend pour avoir une zone d'innovation? Prenons une zone d'innovation. Un, ça prend des projets
industriels où le privé va investir. Deux, ça prend un parapluie, j'appellerais,
l'institution du savoir, universités, collèges, CCTT, projets de recherche,
pour que les participants voient un vase communicant. Ça prend des start-up, ça
prend du capital de risque. Alors, il y a un paquet de choses qui devaient être
mises en place pour pouvoir justifier une zone d'innovation.
Le projet de
Rivière-du-Loup, par exemple, c'est Premier Tech, c'est Rio Tinto puis c'est
Cascades, qui parlent d'emballages innovants. Bon, oups, emballages innovants,
est-ce qu'on peut être champions du monde? Non, mais c'est un projet intéressant. Il y avait le collège de
Rivière-du-Loup qui voulait s'impliquer aussi là-dedans, ça fait qu'on a
dit : Oups! il y a quelque chose, donc on a créé... ça s'appelle HIFA, on
a créé un projet qui va servir à multiples entreprises. Donc, ce n'est
pas une zone d'innovation comme telle, mais le principe de base d'avoir la
formation professionnelle, des projets qui
vont être multientreprises et des jeunes pousses de la région qui vont pouvoir
bénéficier justifiait ce qualificatif-là, j'appellerais, de projet
d'innovation.
M.
Fortin : Est-ce que vous avez... Est-ce
que vous vous êtes donné... parce que, là, vous avez en votre possession, là,
une trentaine de demandes. Est-ce que vous avez un objectif temporel,
c'est-à-dire on va avoir approuvé les demandes et lancé les projets à une
certaine date ou dit ouvertement, là, aux gens qui ont fait ces
demandes-là : Désolé, celle-là, là, elle ne passe pas, ça ne marche pas?
Est-ce que vous vous êtes mis une limite dans le temps?
M.
Fitzgibbon : En fait, je n'ai pas de limite dans le temps pour
qualifier une zone parce que, je pense, c'est un projet qui va durer plusieurs
décennies. Par contre, votre point est valable, à savoir qu'il y a des gens qui
sont en attente et ils ne veulent pas être en attente pendant deux ans.
Donc, ce qu'on va
faire, il est fort probable que nous allons annoncer une troisième zone
d'innovation avant la fin de la session parlementaire. Au même moment ou dans
les journées qui vont suivre, je vais faire un état de la situation pour les
autres projets qui sont sur la table à dessin. Puis on a déjà commencé à
disqualifier certains projets, dire : Vous ne serez pas une zone
d'innovation, mais continuez à travailler sur un projet d'innovation...
d'autres qui sont zonables, si je pourrais
dire, pour lesquels il manque des morceaux. Alors, je vais donner une couleur
de ça, parce que je pense qu'avant la fin du mois de juin ce serait
important que j'explique à la population...
M.
Fortin : Bien, puis on s'entend pour...
Tant mieux, là, s'il y en a un qui va être annoncé avant le mois de juin, mais
pour tous les autres, ce qu'on leur demande, c'est justement d'avoir cette...
Ces entreprises-là qui veulent se joindre à la zone d'innovation, une fois
qu'une entreprise dit : Moi, je suis prête à investir dans telle, telle,
telle région, dans tel, tel, tel cluster, on ne peut pas pas éternellement, là,
leur dire : Bien, attendez, on va annoncer quelque chose puis, après ça,
on va annoncer l'aide gouvernementale. Il y a une limite. Donc, même pour des
projets que vous trouvez intéressants, vous
ne vous êtes pas dit : D'ici les fêtes, il faut leur donner une réponse,
parce qu'à un moment donné, si c'est des grandes entreprises, ils vont
peut-être se dire : On va se tourner vers d'autres milieux, d'autres
marchés, d'autres endroits.
M.
Fitzgibbon : Une personne qui est en arrière de moi, ici, qui est le
sous-ministre adjoint aux zones d'innovation, est en continuelle discussion
avec le chef de projet. Puis je peux vous rassurer que, si dans une zone
potentielle, le privé est là... parce que c'est ça, l'enjeu principal. L'enjeu
principal, c'est de convaincre le privé d'investir dans cette zone-là puis de
partager un peu la recherche appliquée. Alors, ce n'est pas toujours facile.
Alors, quand on a des projets, des projets qui sont... qui tirent de la patte
un peu, en termes d'échéancier, c'est parce qu'il manque de privé, justement, parce qu'on a réussi à convaincre toute
l'industrie du savoir, là, les collèges, les universités embarquent
là-dedans.
D'ailleurs, Bromont et
Sherbrooke, ça a été créé en partie à cause de C2MI qui est un peu... c'est un
peu académique, formation puis l'Université de Sherbrooke. Donc, oui, il va
falloir le dire, et nous sommes... Les chefs de projet savent ce qui manque
pour être qualifié zone d'innovation. Ça, c'est important parce que c'est un
travail en continu. Mais néanmoins, avant la fin du mois de juin, je m'engage à
être public sur le statut de nos projets puis je vais probablement être assez
spécifique, là, sur lesquels projets qu'on s'attend de voir dans les prochains
mois.
M. Fortin : Est-ce que vous avez un...
M. Fitzgibbon : La prochaine année,
même, je pourrais dire.
M. Fortin : OK. Est-ce que vous avez un budget attitré limité pour ces
zones-là? Parce qu'on regardait les deux premières annonces, là, puis il y
avait un investissement, si je me souviens bien, 130 millions dans
Sherbrooke, 25 millions dans Bromont, du gouvernement comme tel, là. Mais
est-ce que vous vous mettez des limites par rapport à l'investissement du gouvernement ou si c'est... on va trouver un
programme différent à quelque part pour que ça cadre?
M. Fitzgibbon : Deux choses. Dans
les budgets qui ont été octroyés par le ministère des Finances, nous avons des sommes d'argent pour payer, par exemple,
des chefs de projet. Cette année, pour le budget, on a des sommes pour
une ou deux zones d'innovation. Alors, c'est sûr que c'est très difficile de
prévoir quelle va être la subvention ou la contribution du gouvernement pour
chacune des zones. Parce que, règle générale, ce qu'on a dit, c'est que le
gouvernement va être responsable d'investir pour l'infrastructure, parce que
les compagnies ne veulent pas faire ça nécessairement. Les sociétés viennent
pour le fonctionnement.
Ça fait qu'à date ce qu'on a vu à Bromont puis à
Sherbrooke, c'est à peu près 30 % gouvernement, 70 % privé. Ce n'est pas une règle, là, mais c'est ce
qu'on voit. Mais je n'ai pas de crédits budgétaires pour toutes les zones
d'innovation, ce serait difficile à faire. Mais c'est un projet qui est
tellement important pour le gouvernement, la plupart
des sommes d'argent, ça va être de l'infrastructure, donc du capital. Donc, on
est capables de travailler chacune des zones avec le ministère des
Finances pour les mettre en place.
M. Fortin : OK. Je vais... Je veux vous...
M. Fitzgibbon : Puis juste... mon
sous-ministre me donne le vrai chiffre, là. Bien, le vrai chiffre... On a à peu
près 140 millions de crédits accordés pour les zones d'innovation. Ça va
excéder ça, mais ça, on parle de crédits d'ici 2028, puis, s'il y a besoin, on
ira chercher des crédits additionnels.
M. Fortin : Ça, c'est des crédits d'ici 2028?
M. Fitzgibbon : Exact.
M. Fortin : Oui, OK. Bien, j'espère qu'on va excéder ça parce que juste
avec...
M. Fitzgibbon : Pardon?
M.
Fortin : J'espère qu'on va excéder ça. Juste avec les
montants annoncés dans les deux premières, ce serait un peu fou de se
limiter à ça.
OK.
J'aimerais ça qu'on regarde ensemble un projet que vous avez déjà disqualifié,
celui de Gatineau. J'aimerais ça que
vous nous donniez une explication, à savoir pourquoi le projet de zone
d'innovation en cybersécurité à Gatineau a été abandonné.
M.
Fitzgibbon : Deux... bien, plusieurs raisons. Premièrement, on
a considéré que la cybersécurité, un peu comme l'intelligence
artificielle, sont des projets transversaux, dans le sens que chacune des
régions du Québec devrait avoir son expertise en cybersécurité. Je pense que
c'est clair que ça va être la nouveauté qui va être... pas nouveauté, mais ça
va être requis pour permettre à l'intelligence artificielle de bien performer.
Première raison.
Deuxième raison, il n'y avait pas, à Gatineau, à
l'université, au moment où on a pris la décision, assez d'expertise
universitaire pour le justifier, quoique ça se corrige tranquillement, parce
que le Scientifique en chef, Rémi Quirion, travaille avec l'UQO, donc il va y
avoir des projets d'innovation. Mais d'avoir une zone innovation attitrée à
Gatineau en cybersécurité, on a renoncé à ça.
M. Fortin : Bien, j'ai entendu votre explication à la radio de
Radio-Canada là-dessus, là, puis ce que j'entendais de votre propos, c'est
qu'il n'y avait pas de projet... peu ou pas de projet, là. Est-ce que... Ce
n'est pas exactement ce que... Je comprends que vous me dites qu'il y a d'autres
enjeux, là, mais je vous avais entendu dire qu'il y avait peu ou pas de projet.
Est-ce que vous maintenez ça?
M. Fitzgibbon : Bien, il y avait peu
d'argent privé, pas assez pour le justifier, pour servir tout le Québec au complet. Donc, c'était fragmenté. Il y a d'autres
régions du Québec qui étaient un peu plus avancées en cybersécurité. Ça fait qu'on a conclu rapidement que d'avoir une
zone, comme on a, par exemple, dans la microélectronique, à Bromont, où ça devient clair, avec Teledyne, avec IBM, tout se passe
là, dans la cybersécurité, c'était pour être plus fragmenté dans la province,
donc le concept de la zone ne tenait plus la route.
M. Fortin : Oui,
mais une zone d'innovation, ça ne veut pas dire que tout se passe là, là, à
moins que vous me corrigiez puis que vous dites que c'est ça, votre...
M.
Fitzgibbon : Non, vous avez raison, sauf que, tu sais, il faut qu'il y
ait un noyau dur, solide, puis il n'était pas assez solide.
M.
Fortin : OK. Parce que, quand vous avez
abandonné le projet, là, le chargé... en fait, un peu avant, le chargé de projet ou le comité de pilotage du
projet à Gatineau nous disait qu'il y avait pour 300 millions
d'investissements de prévus dans ce dossier-là. Vous êtes en train de
nous dire que ce n'était pas ça du tout?
M.
Fitzgibbon : Bien, moi, je ne les ai pas vus, là, puis je ne veux
pas... des chiffres, là. Moi, je n'ai pas vu 300 millions de privé dans le
projet, non.
M.
Fortin : OK. Mais ça, ça vient du comité
de pilotage du projet, alors j'imagine qu'ils avaient en avant d'eux, là, tous ces chiffres-là. C'est un projet
qui, vous le savez, là, pour la région, là... c'est un projet d'une importance
assez importante. Puis je vous dirais... je vous dirais que la cybersécurité,
dans le milieu, disons, la région urbaine, là, donc la ville d'Ottawa
puis la ville de Gatineau, avec quatre niveaux de gouvernement, des services
publics et parapublics qui tentent de protéger leurs infrastructures informatiques,
il y a du client pour. Et déjà, d'avoir une zone...
d'avoir des partenaires déjà implantés en cybersécurité, parce qu'il y en a
dans la région de l'Outaouais... C'est malheureux, je vous dirais, que
ce projet-là ne puisse pas aller de l'avant, et ça laisse un certain goût amer,
là, dans la population.
M.
Fitzgibbon : Ceci étant dit, si je peux me permettre...
M.
Fortin : Oui, oui, allez-y.
M.
Fitzgibbon : Encore une fois, il n'y aura pas de zone. Ça, c'est
réglé, il n'y en aura pas. Mais on a quand même financé In-Sec-M, on a financé
le laboratoire numérique avec le ministre de la Cybersécurité. Moi, j'ai dit
aux gens sur... j'ai parlé à l'Université de l'UQO, il va y avoir des projets.
Vous avez raison, Ottawa, Québec, c'est les deux
centres gouvernementaux qui justifient d'avoir, dans l'écosystème, des gens qui
sont là-dedans. Je suis entièrement d'accord avec vous. Alors, le fait
qu'il n'y ait pas de zone d'innovation... On peut penser peut-être à un projet
comme Rivière-du-Loup, où il y avait... il y aurait... puis la grappe
industrielle cybersécurité est là, le lab numérique. Donc, on ne renonce pas à
mettre des sous pour quelque chose d'innovant dans la région.
M. Fortin : OK.
Est-ce que je comprends de votre propos qu'il n'y en aura pas nulle part, des
zones d'innovation en cybersécurité?
M.
Fitzgibbon : Vous avez raison.
M. Fortin : OK.
Donc, avis à... Je ne sais pas s'il y en avait d'autres, projets qui ont été
déposés en cybersécurité...
• (18 heures) •
M.
Fitzgibbon : Oui, il y en a eu, puis on a conclu, encore une fois...
Moi, je pense que cybersécurité, c'est transversal. Quand on parle de...
quantique, c'est vertical. On parle de, peut-être... on va avoir une zone
d'innovation dans la vallée énergétique... il y a beaucoup de verticaux
faciles, mais l'intelligence artificielle, la cybersécurité, c'est transversal,
tout le monde au Québec doit être capable de l'utiliser.
M.
Fortin : OK. Bien, je vous entends, là,
mais il y a quand même bien du monde qui ont travaillé sur ce projet-là. Alors, si c'était un peu la vision du
gouvernement de dire que non, non, c'est un... on en veut un peu partout, de
la cybersécurité, on ne fera pas une zone d'innovation, je pense que ça aurait
été utile. La région aurait pu se revirer vers
quelque chose d'autre en même temps. Donc, c'est quelque chose qu'on aurait
peut-être pu être un peu plus clair avec eux dès le début, là, disons.
J'aimerais ça savoir
à quel moment vous vous êtes rendu compte que ça ne fonctionnerait pas.
M.
Fitzgibbon : Il faudrait que je vous revienne, là, je n'ai pas les
dates, là, mais, tu sais... c'est évolutif, hein? Puis on me faisait
remarquer... Je m'en vais à Gatineau, je vais à Gatineau demain... pas demain,
vendredi, on va faire une petite annonce,
là, qui est reliée à ça aussi. Donc, on est en continu tout le temps. On a averti les gens de la zone, quand on a réalisé qu'il n'y
en aurait pas, là. Il n'y a pas eu six mois qui s'est passé, là. Ça fait que je
n'ai pas la date exacte, là.
M.
Fortin : Ça ne fait pas six mois, là,
c'est ça que vous voulez dire?
M. Fitzgibbon : Je
ne m'en rappelle pas, là, mais, la date où on a décidé qu'il n'y en avait pas,
peu de temps après, on a averti les gens responsables.
M.
Fortin : OK, mais l'enjeu, c'est que le ministre régional
en Outaouais disait à tout le monde, en campagne électorale, tout le
monde qui soulevait des doutes, là, en octobre... en septembre, tout le monde
qui soulevait des doutes, le ministre
régional disait : Bien, voyons, c'est de la folie, ça n'a pas de sens, ce
que vous dites là, on est à une ou deux signatures près d'annoncer la
zone d'innovation.
Étiez-vous à
une ou deux signatures près, en septembre dernier, au moment de vous présenter
devant l'électorat de la région, de lancer la zone d'innovation?
M.
Fitzgibbon : Si un privé était arrivé avec 200 millions,
un chèque de 200 millions, on aurait probablement dit oui, là.
M. Fortin : Mais il n'y en avait pas. Vous nous avez dit tantôt qu'il
n'y en avait pas.
M. Fitzgibbon : Il y avait un paquet
de monde qui parlait... 300 millions, là, je n'ai pas vu 300 millions
de privés, mais, il faut comprendre, là, les
gens qui sont responsables des projets chassent, hein? C'est des chasseurs,
puis ils chassent pour voir qui va venir, là. Il y avait beaucoup de
démarchage. Puis honnêtement, je ne me rappelle pas, au mois de septembre 2022,
combien de compagnies avaient exprimé de l'intérêt potentiel. Je n'ai pas ce
souvenir-là, mais je peux vous dire que,
s'il y avait eu des gens qui avaient fait des chèques pour 200 millions,
il y aurait eu une zone d'innovation.
La Présidente (Mme D'Amours) : ...M.
le député.
M. Fortin : Oui. Vous avez cité, tantôt, l'enjeu de l'université, l'Université
du Québec, puis le manque... en Outaouais, là, puis le manque de programmes.
Est-ce que... Voyant le désir de la région de se développer là-dedans, est-ce que vous avez poussé pour que des
programmes additionnels soient ajoutés? Et est-ce que ça a été le cas depuis?
M. Fitzgibbon : Je suis allé plus
loin que ça. Rémi Quirion, qui est le Scientifique en chef, qui est une partie
intégrante de nos zones d'innovation, a pris comme mandat de travailler avec
l'UQO pour regarder comment est-ce qu'on pourrait greffer... parce que tout ça,
en bout de piste, ça prend des chercheurs, hein, ça prend des gens qui sont
dans les universités, qui vont convaincre les industries, le privé à vouloir
investir. Alors, oui, on va travailler sur ça, puis, si on peut... si on peut augmenter le nombre de chercheurs en
cybersécurité à Gatineau, il y aura un projet d'innovation, qu'on
n'appellerait peut-être pas zone, mais il y aura un projet. On est ouverts à
ça.
M. Fortin : Dernière chose, Antoine Normand, là, qui était celui qui
avait poussé le projet, il le disait clairement, quand ça a été abandonné au
mois de mars, publiquement, que ça faisait des mois qu'on le sentait, que tout
le monde le savait que ce n'était plus sur le radar de Québec. Alors, j'espère
qu'en campagne électorale on a été le plus
transparent possible. J'espère qu'on n'a pas dit à la population qu'on était
sur le point de signer quelque chose...
La Présidente (Mme D'Amours) : ...merci.
C'est ce qui met fin à la première période d'échange. Je suis maintenant prête
à reconnaître le député de Taschereau. La parole est à vous, M. le député.
M. Grandmont : Merci beaucoup, Mme
la Présidente. Bonjour, M. le ministre, bonjour aux collègues. Content d'être
avec vous pour discuter de développement économique régional.
On va commencer par les claims miniers, si vous
le voulez bien, M. le ministre. Vous n'êtes pas sans savoir que le nombre de claims a explosé, là, dans les
dernières années. En fait, la ministre des Ressources naturelles et des Forêts a
avancé, là, un chiffre, là, un bond de
65 % du nombre de claims en deux ans, donc 300 000 claims
maintenant, au Québec, ce qui représente 16 millions d'hectares du
territoire qui seraient claimés. Ça veut dire 10 % du territoire
québécois. Est-ce que le gouvernement a fait une évaluation des redevances qui
découleraient de l'exploitation des minéraux critiques au Québec?
M. Fitzgibbon : Pas spécifiquement
pour toutes les... tous les claims, là, parce qu'il faut comprendre le processus. Le fait que nous avons des claims
n'indique pas du tout le support du gouvernement pour un projet. Les gens
peuvent... C'est un système relativement facile. Au Québec, présentement, on a
21 mines qui opèrent puis on en a 33 en développement, donc c'est
54 qui sont présentement à l'étude... 21 qui opèrent, 34 en étude, c'est de ça
qu'on parle. Les claims, on est des années avant de savoir si des projets vont
être viables... si, premièrement, le minéraux existe. Alors, non, pour les
claims, on n'a pas fait cet exercice-là, parce que ce serait très difficile à
faire.
M.
Grandmont : Donc, pour l'instant, on laisse le territoire être
claimé, mais on n'a pas vraiment d'idée de... du potentiel, en fait,
qu'il peut y avoir.
M. Fitzgibbon : Bien, on a du
potentiel, parce que, les minéraux critiques et stratégiques, on sait qu'il y a
une grande valeur. On le voit dans le
lithium, là, pour ne nommer que celui-là. Donc, on est clairs qu'il y a une
valeur, mais on n'a pas fait les études encore, parce
qu'on ne sait pas les réserves, là, qu'on a de disponibles puis on ne sait pas
comment va être utilisée la ressource non plus.
M.
Grandmont : Parfait. J'imagine que vous êtes familiers avec le fait
que, quand un territoire est claimé, c'est...
le territoire est en même temps gelé. On ne peut pas faire d'autres choses avec
ce territoire-là, on ne peut pas en faire une zone protégée, on ne peut
pas l'exploiter, on ne peut pas... Donc, il y a des pertes économiques liées à
ça. Est-ce que vous avez fait une évaluation
économique des pertes encourues par le fait que 10 % du territoire
québécois est gelé?
M.
Fitzgibbon : Pas réellement, parce que, s'il y a des claims, c'est
parce qu'il y a un potentiel minier qu'on va évaluer. Puis, s'il n'y a pas de
potentiel minier, les claims disparaissent puis le territoire peut être
disponible à d'autres vocations. Puis ma
collègue, bien, la ministre des Ressources naturelles regarde, justement,
comment est-ce qu'on va s'organiser
pour qu'il y ait des processus pour lesquels les gens qui ont des claims
puissent faire état de l'avancement de
leurs travaux, pour qu'éventuellement, s'il n'y a pas de potentiel minier,
bien, au moins que la... que le territoire soit, entre guillemets,
disponible.
M. Grandmont :
Vous savez que l'UMQ a fait un forum sur ce sujet-là à Gatineau il n'y a
pas longtemps. Les municipalités sont fâchées, en fait, là, de ne pas pouvoir
obtenir le plein pouvoir le contrôle sur leur territoire. On participe
actuellement aux études, là, sur... du projet de loi n° 16 sur la révision
de la Loi sur l'aménagement et l'urbanisme. Plusieurs municipalités ou
regroupements de municipalités sont venues nous dire qu'elles espéraient une abrogation de l'article 246, qui place la
Loi sur les mines au-dessus, finalement, de la capacité des municipalités
d'agir et d'utiliser leur territoire ou de voir au développement de leur
territoire comme bon leur semble. Donc, où est-ce que vous vous situez par rapport à ça, là, le pouvoir des municipalités de
déterminer elles-mêmes du développement régional?
M. Fitzgibbon : Bien, écoutez, je pense
que je vais laisser ma collègue aux Ressources naturelles commenter sur les
changements qu'on voudrait peut-être faire sur le côté des claims. C'est quelque
chose qu'on se préoccupe. Moi, ce qui me préoccupe, c'est la provenance des
gens qui ont les claims, là, parce qu'on veut contrôler un peu les ressources.
Moi, une de mes grandes préoccupations, c'est qu'on puisse utiliser nos
ressources pour créer de la valeur au Québec, puis c'est un peu la
première fois qu'on le fait avec les minéraux critiques qui sont dans le...
dans la batterie, on parle de lithium,
graphite, entre autres, alors que, dans le passé, on a souvent exporté nos
ressources. Alors, ça, ça me préoccupe beaucoup.
Puis, en même temps,
il faut juxtaposer à ça l'acceptabilité sociale. On a toujours dit : Les
projets doivent être socialement acceptables. Donc, on a un... je pense, un
filtre qui va empêcher qu'on fasse n'importe quoi. Les communautés autochtones, on les traite très différemment aujourd'hui
qu'on les traitait à l'époque. Donc, il y a des filtres qui sont là pour
s'assurer que, si un projet... si un claim devient un projet réalisable, on en
a 33, là, présentement, bien là, à ce moment-là, il faut... il va falloir que
le projet soit accepté par la communauté.
Ça fait qu'on est
déjà, je pense, des gardes à fous... des garde-fous, mais, en même temps, ma
collègue aux Ressources naturelles
regarde... je sais qu'elle regarde, on en parle, quel aménagement pourrait être
fait pour permettre différentes choses, donc ce que vous mentionnez,
mais aussi qu'on n'ait pas des terrains qui soient détenus trop longtemps sans
avoir de projet de développement.
M.
Grandmont : Selon vous, là, d'un point de vue plus philosophique, là,
ou même pratique, en fait, là, bien, qui
doit être aux commandes du développement économique régional? Est-ce que c'est
les municipalités qui doivent pouvoir faire elles-mêmes...
M. Fitzgibbon :
Clairement.
M.
Grandmont : ...décider elles-mêmes de qu'est-ce qui se fait sur leur
territoire?
M.
Fitzgibbon : Et c'est ce qu'on a fait. Une des grandes fiertés de
notre gouvernement, qui est un gouvernement de région, là, je rappelle ça à la
population, c'est que la réforme d'Investissement Québec, qu'on a initiée au
ministère très peu de temps après notre arrivée au pouvoir, a été justement de
redonner le pouvoir aux MRC. On a vu la
création d'Accès entreprise Québec dans les MRC. On a vu la création
d'Investissement Québec régional, où il y avait le pouvoir dans les
régions. Alors, on a laissé beaucoup, beaucoup aux MRC, et c'est là que ça doit
commencer, c'est sûr.
• (18 h 10) •
M. Grandmont :
D'un côté, vous me dites ça, bien,
avec lequel je suis très en accord, de l'autre côté, ce qu'on sait... il y a eu
des articles là-dessus d'ailleurs, à la mi-février, Journal de Montréal, mais on apprenait que plus de 60 % des
droits d'exploitation appartenaient à des compagnies d'ailleurs au Canada et à
l'étranger. Est-ce qu'on n'est pas en... est-ce qu'on n'est pas... on n'est pas
en contradiction avec le désir que vous affichez, et avec lequel on est
d'accord, que ce soient les municipalités, que ce soient les régions qui
décident elles-mêmes du potentiel économique régional?
M.
Fitzgibbon : Il ne faut pas... il ne faut pas mélanger... bien,
il ne faut pas mettre tout dans le même panier. Quand je parle du
développement économique régional, je pense... si je parle d'une mine de
lithium, je pense qu'il va y avoir des impératifs nationaux qu'il faut
considérer aussi, là. Ce n'est pas juste la MRC qui peut décider.
Moi... ce qu'on dit, c'est
que ce qu'on a fait, c'est qu'on a créé des agents dans les MRC, ce qu'on
appelle Accès entreprise Québec, qui
sollicitent les entrepreneurs, voir quels sont les projets porteurs, mais
souvent, dépendant du projet, bien, il va être... il va être relié à IQ
régional, ou IQ national, ou le MEI. Donc, quand on parle de mines, évidemment,
c'est des projets de plusieurs centaines de millions, c'est sûr que ça va se
passer aussi au niveau national... donner un autre sujet, savoir qui sont les
gens qui ont des claims. Puis effectivement, c'est un souci que j'ai exprimé
publiquement, entre autres, les Chinois... juste eux autres, on va voir les
Russes. Aujourd'hui, il faut être plus sensibles géopolitiquement, là.
Peut-être qu'il va falloir faire attention, dans le futur, sur les prochains
claims.
Maintenant,
sur la détention des projets, nous n'avons absolument aucun problème avec une
détention étrangère dans la mesure où l'alignement d'intérêt est avec le
Québec pour créer de la valeur dans la chaîne de production.
M. Grandmont : Donc, si je résume,
actuellement, vous espérez que ce soient les municipalités qui gèrent
elles-mêmes leur potentiel, disons, régional, développement régional. Mais, en
même temps, on gèle le territoire avec des
claims puis on ne sait pas trop c'est quoi, le potentiel, où il va se destiner,
où est-ce qu'ils seront, où seront les gisements,
puis où est-ce qu'ils pourront être exploités, mais, pendant ce temps-là, les
municipalités ne peuvent rien faire sur leur territoire.
Par ailleurs, après ça, s'il y a des endroits où
il y a des gisements, bien, c'est un peu une loto. Les municipalités perdront
peut-être, éventuellement, ce pouvoir qu'elles ont de développer elles-mêmes le
territoire avec des projets qui seraient
incompatibles avec l'activité minière. Et, de l'autre côté, vous avez parlé...
On parlait des régions puis du pouvoir, mais là on a 60 % des
municipalités... pas les municipalités, mais des claims sont détenus par des
intérêts étrangers. Il me semble qu'il y a quelque chose là-dedans qui,
fondamentalement, ne fonctionne pas très, très bien.
M. Fitzgibbon : Bien, je pense, vous
faites des amalgames, là, respectueusement, vous... vous mélangez des choses
qui n'ont aucun rapport, là. Vous parlez des claims miniers. Là, c'est une
partie du développement, là, les... Quand on
parle de développement régional, il n'y a pas juste les mines au Québec. Donc,
on va parler des claims miniers. Prenez un claim minier, si
l'entrepreneur qui trouve des ressources a un projet, nous allons accorder des
permis, nous allons probablement être obligés de financer. Alors, les
conditions qui vont respecter les besoins locaux de la MRC peuvent être tenues
en compte, mais de dire qu'à cause des claims les MRC n'ont pas de contrôle, là,
c'est de l'amalgame complet, parce que les MRC ont deux agents dans les...
Accès entreprises Québec, qui sont... qui font... On regarde tous les projets
qui sont disponibles dans la région, puis les mines, c'est une partie petite
des projets.
M. Grandmont : Bien, en tout cas,
respectueusement, moi, j'ai participé aux auditions du PL n° 16, puis toutes les municipalités et regroupements de
municipalités, FQM et UMQ, sont venues dire qu'elles voulaient l'abrogation de l'article 246. Donc, oui, elles sont
inquiètes, et, oui, effectivement, il y a un enjeu de dépossession du
territoire qui est vécu par ces municipalités-là.
La
Présidente (Mme D'Amours) : ...c'est maintenant le temps de l'opposition
officielle. M. le député de Pontiac, la parole est à vous.
M. Fortin : Merci, Mme la Présidente. Bon, le développement économique
régional, là, vous l'avez dit, là, c'est beaucoup basé sur des projets, hein,
c'est... du développement économique, c'est des projets. Puis, dans votre
projet de loi n° 2, vous êtes venus limiter, disons, l'acceptation
automatique de projets, là, à cinq mégawatts. Donc, sous cinq mégawatts, acceptés, il n'y a pas de problème, Hydro-Québec a
une obligation, si je comprends bien. Au-delà de ça, bien là, on verra. Puis je vous ai entendu spéculer, disons, et
je présume que c'est une spéculation, qu'il y aurait à peu près la
moitié des projets qui seraient acceptés au-delà de cette limite-là.
J'aimerais ça
savoir... Là, évidemment, là, ce projet de loi là est arrivé à un moment bien
inscrit dans le temps. Il y a des gens qui ont déjà des projets. Donc,
il y a des gens qui sont inscrits à une clause grand-père de ça, oui?
M. Fitzgibbon : Oui, excusez-moi...
M. Fortin : Oui, bien, pardon, je... Il y avait un point
d'interrogation après ma phrase, oui.
M.
Fitzgibbon : OK. Je n'avais pas compris, je m'excuse. Bon,
juste mettre ça dans le contexte. Le PL n° 2, là, qui est un... on
a un nouveau projet de loi, je ne sais pas lequel, mais il faut comprendre que
c'est Hydro-Québec qui ont demandé au
ministère qu'on prenne la décision. Pourquoi? Parce qu'évidemment on est dans
une situation où il y a plus de
demandes que de projets. Maintenant, on doit, au ministère... puis d'ailleurs
on va être publics dans pas grand temps. On va mettre sur le site Web du
ministère les critères qu'on va devoir utiliser pour accepter les projets,
parce que ça, c'est important que les gens
le savent. Alors, évidemment, le premier critère, c'est un critère
électrique : Est-ce qu'on peut...
M. Fortin : C'est un critère?
M.
Fitzgibbon : Électrique. Est-ce qu'on peut le faire, oui ou non?
Assumons que c'est oui, ça revient au ministère,
et là, à ce moment-là, clairement, acceptabilité sociale, région va être un
élément important aussi, parce qu'on veut valoriser le développement régional, qui est
cohérent avec ce qu'on fait au gouvernement, et que le projet, évidemment,
amène de la contribution réduction des GES. Parce qu'un des problèmes qu'on a
c'est qu'il y a... on a des projets qu'on
veut faire qui vont réduire les GES, qui vont créer de la richesse... espérons
que c'est la même chose. Alors, c'est très complexe, puis effectivement
il va falloir prendre... faire des choix, puis, les choix, on va les faire en
considérant différents critères qui vont inclure les régions et qui vont être
publics dans pas grand temps.
M.
Fortin : OK. Bien là, vous avez devancé ma
prochaine question, là. Vous en avez nommé quatre. Vous ne le limitez... vous
ne vous limitez pas à ça, j'imagine. Il y en a d'autres, des critères là-dedans
que vous allez sortir.
M.
Fitzgibbon : Oui. Ce matin, on a passé une heure avec le ministère
pour revoir, justement, ces critères-là, là,
parce qu'on veut... c'est complexe, là, puis on veut s'assurer qu'on ait tout,
mais en... il va y avoir quatre gros critères, puis on va... On va les
rendre publics, là, je ne veux pas faire... faire de la préemption, mais on va
être publics, parce que c'est important que les gens comprennent c'est quoi, le
fil. Parce qu'effectivement, si ça devient une boîte noire, les gens vont
spéculer que ce n'est pas... ce n'est pas des bonnes décisions, là.
M.
Fortin : Bien, il y a déjà des gens qui
soulèvent un peu... qui lèvent les sourcils, disons, par rapport à certains
projets, là. Vous avez vu des projets de cryptomonnaie, entre autres, qui
ont... qui ont fait sourire bien du monde,
parce que ce n'est pas des projets qui... Quand je regarde... quand je regarde
votre analyse, là, oui, la question des régions, peut-être, sur la
Côte-Nord, mais pour le reste... acceptabilité sociale, ce n'est peut-être pas
la meilleure chose, ça ne crée pas énormément d'emplois de grande qualité,
disons, là. Alors, est-ce que, dans cette... dans ces projets-là qui sont déjà
acceptés... Est-ce que vous avez une liste de projets déjà acceptés?
M.
Fitzgibbon : Bien, écoutez, premièrement, quand le projet de loi a été
approuvé, Hydro-Québec avait accepté
1 800 mégawatts de projets déjà, qu'on va honorer... cryptomonnaie,
par exemple, à Baie-Comeau. Et, au même moment, vous vous rappelez qu'on
a enlevé le bloc de cryptomonnaie, parce que la décision a été prise de ne pas
faire de cryptomonnaie. À tort ou à raison, on a pris la décision de ne pas en
faire. Bien, c'est sûr que ce qui avait été approuvé avant le projet de loi, on
respecte nos engagements, parce que je pense que c'est éthiquement
irresponsable de faire autrement.
Maintenant,
aujourd'hui, quand on regarde les projets, effectivement, hier, on en a refusé,
on va être obligés d'en refuser, d'en
accepter. Et, à date, heureusement, ceux qu'on a refusés étaient principalement
causés par le fait que... électriquement impossible de le faire. Donc,
ça, c'est facile. Si Hydro-Québec dit : Je ne peux pas donner
l'électricité dans cette région-là, parce que je n'ai pas de ligne de transport
pour l'avoir, bien, ce n'est pas compliqué, il n'y a pas de jugement à
apporter. Alors, c'est ça, le problème. C'est pour ça que le PL n° 2 a été
fait, parce que, dans une autre époque, Hydro-Québec devait et disait oui à
tous les projets, parce qu'on avait du surplus. Les temps ont changé.
M. Fortin : Bien,
est-ce qu'il y a des projets... outre pour un enjeu de capacité électrique, là,
est-ce qu'il y a des projets que vous avez refusés?
M.
Fitzgibbon : Pas à date, pas à date.
M.
Fortin : Non?
M.
Fitzgibbon : Non, parce que c'est quand même relativement récent, là,
puis il y a beaucoup de projets en suspens. Il y a beaucoup de gens qui sont
inquiets, parce qu'ils n'ont pas eu des réponses, parce qu'Hydro-Québec dit : Allez voir le ministère. Puis là, nous,
il faut gérer ça. Au lieu de dire non puis de prendre des choses arbitraires,
au contraire, on veut faire les bonnes choses puis on veut... on veut donner
des critères, mais on va dire non à des projets, c'est clair, parce
qu'on n'a pas aujourd'hui des capacités pour tous les projets industriels qui
sont sur la table.
M.
Fortin : Encore là, un entrepreneur ou une
entreprise qui vient vous voir avec une demande excédant cinq mégawatts
s'attend à une réponse relativement rapide. Est-ce que vous avez des délais
fixes au ministère pour leur répondre ou est-ce que l'analyse peut durer
longtemps?
M.
Fitzgibbon : Pour l'instant, on repousse la réponse, parce que la
réponse ne serait pas faite avec des faits, et nous ne voulons pas, au ministère...
parce que ça, il faut comprendre, ce n'est jamais arrivé, dans l'histoire du Québec, là. Ce n'est jamais, jamais arrivé, là. Ça
fait que, là, on se ramasse... Depuis deux mois que le PL n° 2 est passé,
là, là, il faut prendre une décision, on va dire oui puis on va dire non. Ça
fait que ce n'est pas vrai qu'on va faire ça en façon cavalière. Donc, on a
développé, avec le ministère, une grille très sophistiquée, des critères qu'on
a établis. Il y a des projets qu'on a dit : On va attendre, on va attendre.
On va probablement être capables d'avoir une première vague de projets fin
juin.
Alors, oui, il y a
des gens qui aimeraient avoir une réponse rapide, mais j'aime autant ne pas
donner de réponse que donner la mauvaise réponse, parce que, si on dit non à un
projet qui devrait être fait, bien là, on va le regretter puis, si on dit oui à
un projet qui n'amène aucune valeur, on va le regretter. Puis il faut
comprendre que la plupart... cinq mégawatts,
là, il faut mettre ça sur la table, là... je m'excuse de prendre beaucoup de
temps, mais cinq mégawatts, c'est le
Centre Bell, cinq mégawatts, c'est un hôpital de 250 lits. Tu sais, il n'y
a en pas tant que ça, là. Aujourd'hui, il y a quoi, il y a 100... 100
clients?
Une voix : ...
M. Fitzgibbon : Il y a une centaine de clients cinq mégawatts et
plus aujourd'hui, là. Il n'y en a pas tant que ça, sauf que ma problématique à moi, aujourd'hui,
c'est que les projets que nous avons sur la table en haut de cinq mégawatts,
il y en a au-dessus de 200. Alors, il est arrivé une situation qui est causée
par un paquet d'affaires, là. On n'a jamais eu autant de demandes qu'on a
aujourd'hui. Donc, moi, je préfère repousser la décision que de prendre des
mauvaises décisions.
• (18 h 20) •
M. Fortin : Est-ce que, des cryptomonnaies, vous allez en accepter?
M.
Fitzgibbon : Non. En fait, je répète... je recorrige. On a
enlevé le bloc qui avait été réservé de cryptomonnaie à une tarification
spécifique... c'est quoi, le tarif, là, c'est un tarif très bas. Ça, c'est
fini.
M. Fortin : Ça, il n'y en aura plus nulle part, pas en région, pas
nulle part? Il n'y en aura pas?
M.
Fitzgibbon : Non, ce que le... parce que, sous votre
gouvernement, à l'époque, c'était une bonne décision, en passant,
en 2018, vous avez déterminé qu'il y
avait 400 mégawatts qui étaient pour être alloués à la cryptomonnaie
à une tarification de... j'oublie le chiffre, là, puis c'était la bonne
décision que vous avez prise.
Là,
aujourd'hui, on ne veut pas, à ce tarif-là, le donner aux cryptos, on veut le
donner plutôt à des alumineries, par exemple. Alors, on a enlevé ce
bloc-là. Hydro-Québec nous a demandé : S'il vous plaît, mettez fin à ça.
Maintenant, aujourd'hui, s'il y avait une
cryptosociété qui viendrait nous voir puis disait : Je veux aller à une
place où il y a de l'énergie, on va payer 0,15 $ le kilowattheure,
peut-être qu'on dirait oui. Peut-être qu'on dirait oui.
M. Fortin : OK. Je reviens à ma question initiale, là. Est-ce que vous
avez une liste de projets qui sont... qui ont été... des projets qui ont été
acceptés, là, que vous avez déjà acceptés? Est-ce que ça, on a une liste? Puis
est-ce qu'on sait combien de mégawatts ils vont prendre, ces projets-là?
M. Fitzgibbon : Je n'ai pas le
chiffre avec moi. Comme j'ai dit tantôt, il y avait... il y a
1 800 mégawatts de projets qui avaient été acceptés par Hydro-Québec
avant qu'on change. Depuis qu'on est responsables de la location, on a eu des
non. On a-tu eu des oui officiels? Bien, il faudrait que je vous revienne, là,
je n'ai pas le...
M. Fortin : Des gens qui se sont désinvestis de ces projets-là, vous
voulez dire, des gens qui ont abandonné leur projet?
M. Fitzgibbon : Non. Nous, on a dit
non parce que ce n'était pas possible.
M. Fortin : OK, mais, dans les projets, disons, qui ont une clause
grand-père, là, parce que vous les avez acceptés précédemment...
M. Fitzgibbon : Ah! oui, ça, on a...
ça, on l'a accepté par défaut. Ceux qui avait été... on va de l'avant avec ces
projets-là.
M. Fortin : OK. Ça, est-ce que vous avez une liste de ça? Puis ça,
est-ce que vous avez des chiffres pour ça?
M. Fitzgibbon : Bien, les chiffres,
c'est 1 751 mégawatts. On a la liste, oui.
M. Fortin : Est-ce qu'elle peut être rendue publique, cette liste-là?
M. Fitzgibbon : Je ne le sais pas.
C'est parce qu'il va falloir... je vérifie. Je ne pense pas.
Des voix : ...
M. Fitzgibbon : Oui, c'est des
entreprises aussi, puis souvent ils ne veulent pas. Tu sais, Hydro-Québec ne
publiait jamais ça avant, là. Il faudrait que je vérifie, là. Les entreprises,
peut-être qu'ils ne voudraient pas qu'on publie ça, là.
M. Fortin : OK, mais, si c'est possible de savoir dans quoi on s'est
investis... je comprends que c'était avant le
changement, ce serait approprié. Alors, s'il y a une liste, une liste
partielle, s'il y a quelque chose que vous pouvez faire parvenir à la
commission...
M. Fitzgibbon : Je vais regarder ce
qu'on va pouvoir divulguer.
M. Fortin : OK. Je veux vous parler de la... je veux vous parler de la
décision de Volkswagen, parce que ça aurait pu être un projet de... en région,
au Québec, là, de développement économique régional majeur, et là on a vu toutes sortes de versions
différentes, là. Un article ici : Le dossier Volkswagen plombé par le
manque de main-d'oeuvre. On a vu des articles qui
disent : Il n'y a pas assez d'électricité pour Volkswagen, selon
Hydro-Québec... Il y a assez d'électricité, mais disons qu'il y avait... il y
avait des versions divergentes de ça, là.
Alors, si je comprends bien, là, votre
explication autour de la décision de ne pas s'investir au Québec, c'est
qu'Hydro-Québec aurait pu fournir de l'électricité comme ils en demandaient,
mais seulement au Saguenay ou sur la Côte-Nord. Est-ce que j'ai bien compris ce
que vous avez dit publiquement?
M. Fitzgibbon : Non, ce n'est pas ça
que j'ai dit. En fait, le seul article qui relate vraiment ce qui s'est passé,
c'est celui de La Presse, là, Hélène Baril. C'est la seule vérité.
Est-ce qu'il y a assez d'énergie? 700 mégawatts, là, qu'il fallait avoir en Q1, Q4, 2026, là, 700 mégawatts, là, dans les
deux piscines, là, Labrador ou Baie-James, là, il y en a 800, mégawatts. Il n'y
en a pas beaucoup plus, «by the way», mais il y en... il y en avait.
M. Fortin : OK, mais elle ne sert pas à grand-chose en haut là.
M.
Fitzgibbon : Alors, la seule place qu'ils auraient pu faire une
usine de 800 mégawatts, c'est à la Baie-James ou à Churchill Falls.
Alors, c'était... troisième paragraphe de l'article, là, la réponse est là,
c'était impossible. La discussion a duré une
heure. C'était impossible, impossible de donner le courant électrique autre
qu'accoté sur Churchill ou accoté sur
la Baie-James. Donc, il n'y avait aucune place, au Québec, qui aurait pu
prendre 800 mégawatts le premier... le quatrième
trimestre 2026.
M. Fortin : Alors, l'article d'Alexandre Robillard, là, qui dit
essentiellement : Le ministre a expliqué jeudi qu'Hydro-Québec aurait pu y
répondre au Saguenay ou sur la Côte-Nord, ça, c'est faux.
M. Fitzgibbon : Pas pour le projet
de Volkswagen, non.
M. Fortin : Pas...
M. Fitzgibbon : Pas pour le projet
de Volkswagen. 700 mégawatts, la réponse, c'est non.
M.
Fortin : OK, mais pouvez-vous m'expliquer comment l'Ontario
peut avoir des lignes de transport vers leurs régions? Parce qu'on parle
d'un milieu qui est en région, là, St. Thomas, puis nous, on n'a pas ça au
Québec.
M. Fitzgibbon : Oui. Êtes-vous allé
à St. Thomas?
M. Fortin : Pardon?
M. Fitzgibbon : Êtes-vous allé à St.
Thomas?
M. Fortin : Oui, c'est 40 000 personnes, St. Thomas.
M. Fitzgibbon : Non, mais à côté,
là, il y a pas mal de monde. Premièrement...
M. Fortin : On
est à 45 minutes de London, mais quand même.
M. Fitzgibbon : ...premièrement,
non, St. Thomas, là, c'était dans un autre fuseau horaire. Deuxièmement,
l'énergie... c'est quoi, l'énergie de St. Thomas?
M. Fortin : Ça
doit être du nucléaire, j'imagine? Je ne sais pas.
M.
Fitzgibbon : Et du gaz. Alors, nous, on n'a pas de nucléaire
puis on n'a pas de gaz. Le gaz, on n'aime pas ça ici.
M.
Fortin : OK, mais donc, les
enjeux de main-d'oeuvre, là, cités sur... pour le Saguenay puis la Côte-Nord,
ce n'est pas... ça ne fait pas pantoute partie de l'explication, parce
que...
M. Fitzgibbon : Bien, écoutez,
est-ce que Volkswagen... On n'a même pas pensé à la Côte-Nord... il n'y a pas
d'électricité à Sept-Îles, il y a 100 mégawatts de disponibles à
Sept-Îles. Pensez-vous que Volkswagen irait construire une usine à Sept-Îles?
Peut-être qu'ils le feraient. Ils ont besoin de 4 000, 5 000,
6 000 personnes? Je pose la question, là... CEO de Volkswagen, est-ce
que vous iriez à Sept-Îles?
M.
Fortin : Bien, quand on
parle... quand on parle du Saguenay, il y a presque 300 000 personnes
au Saguenay. Là, vous me dites : St. Thomas, il y a... il y a
50 000 personnes puis il y en a... il y en a 400 000, à London,
là, je vous... c'est vrai, il y a 400 000 personnes à London, qui est
à 45 minutes. Bien là, on parle quand même d'un milieu économique, le Saguenay, là, où il y a plusieurs
grandes entreprises, où ils sont habitués d'accueillir des grands projets.
Là, on parle d'un projet d'immense envergure, je suis d'accord.
M. Fitzgibbon : Bien,
je peux vous dire une chose, il faut... il faut faire... il faut comprendre
comment les industries fonctionnent, là. De penser qu'on va construire une
usine de 5 000 employés ailleurs que près de Québec ou de Montréal,
c'est utopique.
M. Fortin : À Bécancour, est-ce que ça se ferait?
M.
Fitzgibbon : 5 000 personnes? Non, il n'y aura pas de
cellulier à Bécancour. C'est impossible, ça n'arrivera pas.
M. Fortin : Alors, dans votre écosystème que vous prévoyez mettre à
Bécancour, pour la batterie, combien d'employés vous voyez au total?
M.
Fitzgibbon : Moi, je pense qu'on travaille sur ça étroitement.
Maintenant, là, à Bécancour et grand Bécancour, si on se rend à,
peut-être, 4 000, peut-être, le gros maximum... Un cellulier à Bécancour
est physiquement impossible. Premièrement, il n'y a pas de terrain.
M. Fortin : Un... pardon?
M. Fitzgibbon : Physiquement
impossible...
M. Fortin : Non, non, un... un cellulier?
M. Fitzgibbon : Cellulier, ceux qui
font les cellules, là.
M. Fortin : Oui, OK. Alors, au...
M.
Fitzgibbon : Cathodes... cathodes, oui, anodes, ça, ça
fonctionne. D'ailleurs, le campus va être... va être ça. Il n'y a pas un
cellulier à qui on parle qui va même considérer Bécancour, parce que la
main-d'oeuvre est dans les grands centres.
M.
Fortin : Alors, ce que vous voyez pour Bécancour, c'est...
au maximum, là, éventuellement, là, quand vous aurez fini, parce que beaucoup
de la filière batterie semble très concentrée, c'est de dire
4 000 employés environ.
M. Fitzgibbon : Oui, avec des projets
d'investissement de 10 milliards, qu'on n'a jamais vus sous votre
gouvernement, en passant.
M. Fortin : Non, mais on parle d'un... on parle aussi, là, d'un
écosystème qui change énormément, qui s'adapte énormément, qui évolue
énormément, mais c'est ce que vous entrevoyez, là, dans cet écosystème-là, pour
cette région-là. Vous ne voyez pas beaucoup plus que ça.
M. Fitzgibbon : Oui.
M. Fortin : OK. Je veux faire un petit bout sur le dernier mandat. Vous
aviez une collègue, bien, on peut la nommer, là, elle n'est plus là, là,
Marie-Eve Proulx, qui était... qui occupait les fonctions de ministre
responsable du Développement économique, que vous occupez maintenant. Et, en
2020, en juillet 2020, elle a émis un communiqué pour dire qu'essentiellement elle avait formé des comités dans chacune
des 17 régions administratives pour déterminer trois projets
structurants, que c'était ça, sa vision du développement économique régional,
là, serait façonnée par les priorités qui viennent des différentes régions.
Moi, je ne me souviens pas d'avoir vu la conclusion de ça. Est-ce que les trois
projets structurants par région ont été annoncés par la suite?
M. Fitzgibbon : Bien, deux choses.
Premièrement, Marie-Eve, à l'époque, avait commencé un processus d'établir les
priorités régionales pour la relance économique, et il y avait eu
113 projets qui avaient été identifiés dans toutes les régions. À ce jour,
on en a réalisé 65, il y a en 10 encore en analyse puis il y en a 38 qui ont
été non recommandés, donc qu'on a annulés. Donc, le fruit de l'effort a donné,
selon moi, des belles retombées.
Je vais aller plus loin que ça, parce
qu'évidemment c'est un gros enjeu, là, le développement économique régional,
puis c'est facile de critiquer quand on n'a pas tous les faits. Je vais vous
donner des faits, puis ça va relater à vous, là, dans votre...
M. Fortin : Bien, ça, ce n'est pas vraiment une critique, c'est une
question, là, que...
M. Fitzgibbon : OK, bien, je... là,
je vais aller avec une critique. Alors, moi, j'ai fait monter tous les
investissements qu'Investissement Québec a faits, incluant les fonds propres et
le Fonds de développement économique qui est au ministère. J'ai comparé la
période du 1er octobre 2018 au 28 février 2023 et j'ai comparé la période du 1er octobre 2015 au
30 septembre 2018. J'ai fait une moyenne de ça, une moyenne, puis j'ai
exclu Montréal, Québec, seulement les régions. Et ce qu'on note, c'est
qu'en moyenne, par année, sur une base annuelle, on a fait un nombre de projets, qui ne veut rien dire en soi, mais on a
une augmentation de 18 % sur le... la subvention ou le financement du
gouvernement puis 25 % sur les projets... Donc, notre gouvernement a
excédé de 18 % à 25 % l'investissement en région de ce qui avait été
fait durant la période 2015 à 2018.
Puis ce que Marie-Eve
Proulx a fait, bien, c'est une partie de ça, où je pense qu'on a quand même été
capables d'investir dans des projets structurants pour les régions.
• (18 h 30) •
M. Fortin : OK. J'ai laissé le ministre faire sa... son apologie,
disons, de son bilan, là, mais je vais vouloir revenir avec les questions spécifiques puis je sais qu'il reste
20 secondes, 30 secondes, là. On peut-tu juste le reporter au
prochain bloc pour qu'on puisse avoir une discussion plus complète?
La Présidente (Mme
D'Amours) : Bien sûr, bien sûr.
M.
Fortin : Merci.
La Présidente (Mme
D'Amours) : Merci, M. le député. Avant de poursuivre, M. le ministre,
M. le député vous demandait une liste,
qu'elle soit complète ou partielle, à déposer à la commission. Vous vous
engagez à le faire?
M.
Fitzgibbon : Oui, je m'engage à revoir ce qu'on peut faire, là. Je
n'ai pas toutes les règles dans ma tête, mais on va regarder...
La Présidente (Mme
D'Amours) : Parfait.
M.
Fitzgibbon : ...ce qu'on
peut divulguer par rapport au 1 700, 1 800 mégawatts de projets
qui est approuvé.
La Présidente (Mme D'Amours) : Parfait,
merci. Maintenant, je cède la parole au député de Taschereau. La parole est
à vous, M. le député.
M.
Grandmont : Merci, Mme la Présidente. J'aimerais, M. le ministre,
si... oui, j'aimerais qu'on parle du REM de l'Est, le projet structurant de
l'Est. Dans le projet qui est actuellement sur la table, là, on a eu un rapport
intérimaire, là, qui... un bilan intérimaire qui a été déposé, là, au début de
l'année... là-dedans, en fait, seuls les trains de la Caisse de dépôt et
placement... la technologie... en
fait, c'est mentionné comme ça, la technologie de la caisse est retenue
déjà, d'emblée, pour faire ce projet-là. Est-ce que vous confirmez ça?
M.
Fitzgibbon : ...répète la question? Bien, on est dans la mauvaise
commission, là, mais je vais essayer de répondre pareil, là.
M.
Grandmont : Il y a un lien.
M.
Fitzgibbon : Bien, demain... êtes-vous à Montréal? Bien là, on fait
Montréal demain, là.
M.
Grandmont : Est-ce que vous confirmez que, dans le projet... le projet
de REM, le PSE, en fait, là, maintenant, là,
le Projet structurant de l'Est, maintenant, seuls les trains de la caisse sont
envisagés comme technologie pour ce projet-là?
M.
Fitzgibbon : Bien, je ne savais pas que la caisse faisait des trains,
là.
M.
Grandmont : C'est la technologie de la caisse qui est utilisée pour le
REM actuellement.
M.
Fitzgibbon : D'après moi, ça ne fait pas de sens.
M.
Grandmont : Bien, c'est ce qui était... c'est ce qui est dans le
rapport, bon.
M. Fitzgibbon :
...écoutez, on va y aller avec le
rapport. Je n'ai pas vu le rapport, là, mais la caisse n'a pas de
trains, en tout cas, là.
M. Grandmont :
Parfait. Bien, je vous
encourage... je vous encourage à le regarder. On va changer l'angle un petit
peu, dans ce cas-là, si vous ne l'avez pas lu. Je vous encourage à le lire,
parce que ces trains-là, normalement... si on se fie à ce qui s'est
passé, évidemment, dans la première phase du REM, ces trains-là sont faits en
Inde. Donc, si on n'ouvre pas l'étude d'opportunité
à d'autres types de matériel roulant que ceux de la caisse, qui sont faits en
Inde, bien, on se prive de, potentiellement, pouvoir développer des
trains à La Pocatière.
M.
Fitzgibbon : Je m'excuse, là, je ne comprends pas la question. La caisse
ne fait pas de trains, là. Je ne comprends pas votre question.
M. Grandmont : Il me semble que
c'est assez clair pourtant.
M. Fitzgibbon : Bien,
je n'ai aucune idée de quoi vous parlez.
M. Grandmont : Si les... Je reprends
ça autrement, OK. Si les trains sont faits en Inde, parce qu'on a gardé la...
on a réutilisé la technologie qui est utilisée pour les trains... C'est des
trains qui sont faits par Alstom en Inde. On est d'accord? Si ces trains-là
servent à faire le projet structurant de l'est de Montréal, on s'empêche de
peut-être avoir des trains faits à La Pocatière. Êtes-vous d'accord avec ça?
M. Fitzgibbon : Oui, mais tu fais
des amalgames, là. Premièrement, le projet du REM de l'Est, la caisse n'a rien à faire là-dedans, là, c'est l'ARTM qui est
en train de faire le tracé, là, on... Tu es très en avant de... nous, on va
être, là... Le train de Québec... le tramway de Québec, il est fait où,
lui?
M. Grandmont : Le train de Québec?
M. Fitzgibbon : Oui? Il est...
M. Grandmont : Il va être,
semble-t-il, assemblé à La Pocatière.
M. Fitzgibbon : Ah! bon, c'est
intéressant.
M. Grandmont : C'est ce qui a...
c'est ce qui a été dit, puis le syndicat semblait content. Alors, pourquoi ne pas viser la même chose pour développer les trains
qui seraient faits, éventuellement, dans l'est de Montréal pour qu'ils
soient éventuellement, développés à La Pocatière?
M. Fitzgibbon : Nous, on est un
gouvernement qui fait les choses dans l'ordre.
M. Grandmont : Oui, d'accord.
M.
Fitzgibbon : On ne sait même pas il va être où, le REM de
l'Est. On n'a pas de processus encore. Allons-y étape par étape, là.
M. Grandmont : Bon, bien, on est
d'accord là-dessus. Non, mais on est d'accord là-dessus.
M. Fitzgibbon : On a... on verra.
M.
Grandmont : Si, vous, comme ministre responsable de la
Métropole et aussi responsable du Développement économique régional,
vous êtes d'accord avec moi sur le fait qu'on doit s'assurer de faire les
choses dans l'ordre et que les trains qui
rouleront, éventuellement, là, peu importe la technologie, on analyse toutes
les solutions possibles... bien, je
pense qu'on est d'accord là-dessus. Mais vous irez le dire à la ministre des
Transports, parce qu'elle, actuellement, dans son rapport, ça dit que
les trains, la technologie qui est, d'emblée, retenue pour faire ce projet-là
du Projet structurant de l'Est, c'est les trains de la caisse.
M.
Fitzgibbon : Bien, en tout cas, je ne veux pas m'obstiner avec
vous, là, mais les trains de la caisse, c'est comme dire... Ça n'a aucun
sens, ce que vous dites, les trains de la caisse. La caisse n'a pas de trains.
Arrêtez de dire ça, là, c'est ridicule.
M. Grandmont : OK, bien... OK. Le
projet du REM, actuellement, là, qui se déploie, là, vers l'ouest, là... vers
le sud... vers l'ouest de l'île de Montréal, les trains sont faits où?
M. Fitzgibbon : ...le projet qu'on
parle, il n'existe pas encore, là. Il est à la table à dessiner.
M. Grandmont : Moi, je vous parle de
la phase I du REM. Les trains sont faits où?
M. Fitzgibbon : L'appel d'offres a
été fait, puis c'est Alstom qui a fait les trains...
M. Grandmont : Bon, puis les trains
sont faits où?
M. Fitzgibbon : Une partie en Inde,
une partie ailleurs, là.
M. Grandmont : Bien, c'est ça. Ça
fait que le lien, il est là, là. Ce n'est pas compliqué, là.
M. Fitzgibbon : Mais ce n'est pas
les trains de la caisse. Ce n'est pas les trains de la caisse.
La
Présidente (Mme D'Amours) : ...il faudrait attendre que la personne ait
terminé, là, autant d'un bord que de l'autre. Ça fait que, s'il vous
plaît, si on veut vous suivre, là, respectez l'ordre, s'il vous plaît.
M.
Fitzgibbon : OK, c'est beau.
M.
Grandmont : Parfait. Donc, je comprends que le projet, même si vous
êtes ministre responsable de la Métropole,
puis qu'il y a un potentiel de développement économique régional, notamment
dans la région de La Pocatière... pour l'instant, le projet, vous ne
l'avez pas consulté. Vous n'avez pas regardé le bilan intérimaire qui a été
déposé par la ministre des Transports.
M. Fitzgibbon :
Le rapport qui va être pertinent,
c'est le rapport de l'ARTM, qui arrive en juin. À ce moment-là, on
prendra les bonnes décisions puis on le fera dans l'ordre.
17897
19267
M.
Grandmont : Parfait. Mais le projet intérimaire de janvier, vous ne
l'avez pas consulté encore?
M.
Fitzgibbon : Je l'ai vu, mais, écoutez...
M.
Grandmont : Bon, d'accord, je comprends. D'accord, donc, mais vous
demanderez à votre ministre voir si ce projet-là doit être fait de façon...
dans le bon ordre. On est bien d'accord là-dessus.
J'aimerais vous
parler du réseau cellulaire. C'est un enjeu important. C'est un enjeu de
sécurité publique aussi, en plus d'être un enjeu de développement économique
régional, évidemment. En septembre dernier, le premier ministre avait promis de compléter la couverture cellulaire partout sur
le territoire d'ici 2026. Donc, j'ai deux questions pour le ministre. La
première, c'est : Combien de foyers n'ont toujours pas accès à un service
de mobilité cellulaire au Québec?
M. Fitzgibbon :
Ce n'est pas mon dossier. Je n'ai
pas la réponse. J'ai un collègue qui travaille... c'est M. le ministre des
Finances, en fait, qui a le projet, avec le député d'Orford. Alors, il faudrait
poser la question aux crédits du MFQ.
M. Grandmont :
D'accord. Puis ce... les
75 millions qui sont prévus dans le budget pour améliorer la couverture
cellulaire en cours pour les deux prochaines années, est-ce que vous savez où
on en est actuellement? J'imagine que non.
Il
y a deux ans, quand l'ancienne ministre... députée de Rouyn-Noranda—Témiscamingue, vous avait questionné, en commission, à savoir si nos
infrastructures de télécoms devaient nous appartenir ou non, parce que c'est
vous qui répondiez de ce projet-là à l'époque, vous aviez dit : «Je suis
favorable, je suis favorable. Autant qu'une autoroute appartient à l'État, je pense que je suis favorable que l'oxygène appartienne
à tout le monde.» C'est beau. «L'infrastructure de télécommunication, il y a argument à faire ça, mais il y a un mérite
à concevoir que l'État pourrait être plus impliqué dans la gestion
d'infrastructures, mais ce ne serait pas pour aujourd'hui.»
Mais est-ce que vous
êtes toujours... est-ce que vous pensez toujours la même chose, que les
infrastructures, notamment, de couverture cellulaire, devraient être gérées par
le gouvernement du Québec?
M.
Fitzgibbon : Je pense qu'il y a différents modèles là. Puis je n'ai
pas le dossier, donc ce que je dis, ce que je pense, personnellement, n'a pas
d'importance. Moi, j'ai travaillé dans des pays du monde, parce que j'ai été dans les télécoms une partie de ma vie, puis il y
avait des endroits où l'infrastructure appartenait à l'État, d'autres non.
Alors, je pense qu'il y a différents
modèles. Alors, mon collègue, très compétent, le ministre des Finances, va
prendre une décision.
M.
Grandmont : Donc, vous n'avez pas d'opinion là-dessus?
M.
Fitzgibbon : Oui, mais ce n'est pas pertinent pour la commission.
M.
Grandmont : D'accord. Puis vous n'avez pas d'influence là-dessus au Conseil
des ministres?
M.
Fitzgibbon : Non.
M.
Grandmont : Non? Même si vous aviez le dossier il y a deux ans?
M.
Fitzgibbon : J'en ai assez, en ce moment...
M.
Grandmont : Oui, vous avez une bonne... vous avez une bonne platée.
C'est bon.
M.
Fitzgibbon : J'ai une bonne plateforme, là. Je pense que je suis
capable de m'occuper à temps plein.
M.
Grandmont : Est-ce que vous vous occupez d'Internet haute vitesse?
M.
Fitzgibbon : Non.
M.
Grandmont : Non plus.
M. Fitzgibbon : Non.
M. Grandmont :
Tabarouette!
M. Fitzgibbon : Je suis très limité,
mais...
M. Grandmont : Microbrasseries?
M. Fitzgibbon : Un peu.
M. Grandmont : Ah! OK, c'est bon, on
va en parler. Câline! Bien, vous le savez... je ne sais pas si vous êtes amateur de bière ou si on garde ça pour nous, mais
c'était la semaine des micros... des bières de microbrasseries, il y a très peu
de temps. Vous avez sans doute rencontré des gens, des représentants, là de
l'industrie. Bon, je n'ai pas besoin de vous convaincre, là, que non seulement
c'est un vecteur important de développement économique, mais aussi,
c'est souvent... c'est devenu... les microbrasseries, un peu partout au Québec,
c'est devenu un commerce d'appel. Des gens font la tournée des... choisissent
leur destination de vacances ou de fin de semaine, peu importe, récréative, en
fonction de l'offre qu'il y a sur le territoire.
Je pense que vous avez fait une certaine
ouverture, là, dans une commission, sur la question de l'abrogation du timbre,
qui est un peu une technologie désuète. Est-ce que vous êtes toujours de cet
avis-là?
M. Fitzgibbon : Bien, écoutez,
premièrement, je suis fier de dire que mon collègue le ministre délégué à l'Économie a, sous lui, l'allègement
réglementaire. On espère qu'on va pouvoir déposer un projet de loi bientôt. Je
n'ai pas la date, je ne sais pas si ça va se faire comme tel, là, je ne veux
pas préempter la discussion. Mais définitivement, nous sommes conscients que le développement
économique régional passe, en partie, par le développement des alcools, ça peut être les distillateurs aussi, et qu'il
faut probablement alléger la réglementation. Il faut donner plus de flexibilité,
tout en gardant à l'esprit qu'on veut...
évidemment, il y a un côté de sécurité publique, le côté aussi de la SAQ,
question des dividendes.
Alors, il y a
un équilibre à avoir, mais définitivement, mon collègue et moi travaillons sur
trouver des moyens d'alléger la réglementation, comme on a fait durant
la pandémie, qui a, je pense, bien fonctionné dans plusieurs cas.
• (18 h 40) •
M. Grandmont : Parce que vous savez
que le timbre, là, ça remonte à la prohibition. C'était comme une façon de savoir... s'assurer, finalement, que les
prix de vente n'étaient pas les mêmes. Maintenant, le prix de vente est le
même à la fois dans les commerces, que chez le détaillant, que chez le... que
pour les bars, en fait, et que ça fait juste ajouter énormément de procédures,
de manipulations. C'est compliqué. Puis ce qui semble être problématique, c'est que... pour les timbres, c'est qu'il y a un
certain lobby, notamment de la SQ, qui travaille très, très fort pour que ce soit
maintenu. Par ailleurs, l'industrie microbrassicole a offert des solutions
alternatives pour permettre quand même aux policiers de débarquer n'importe
quand sous un prétexte autre. Donc, on peut s'attendre à ce que le timbre
puisse tomber, éventuellement? Ils seraient très contents.
M. Fitzgibbon : Je ne veux pas aller
dans le timbre spécifiquement, là, je ne veux pas préempter rien, mais je peux
vous confirmer que nous...
La Présidente (Mme D'Amours) : ...c'est
tout le temps que nous avions pour cette période d'échange. Nous revenons au
député de Pontiac pour votre dernière période d'échange. M. le député, la
parole est à vous.
M. Fortin : Merci, Mme la Présidente. Faites attention, M. le ministre,
en disant que l'oxygène est à tout le monde.
Si vous dites ça à Québec solidaire, ils vont vouloir le nationaliser, donc... Mais
je veux quand même revenir sur un point que le collègue de Québec...
Une voix : ...
M. Fortin : ...Taschereau, merci, a soulevé, sur les microbrasseries.
La question du timbre, là, vous le savez que, dans le projet de loi
n° 102, Martin Coiteux avait enlevé cette réglementation-là, puis c'est
votre gouvernement qui l'a ramenée, par réglementation, deux ans plus tard.
Est-ce que vous ne voyez pas une contradiction avec ce que vous venez de dire,
là?
M. Fitzgibbon : Non, mais, écoutez,
on s'ajuste. Il faut être flexibles, je pense. Comme j'ai dit, il va y avoir des choses qu'on va annoncer au niveau de la
réglementation, je pense, qui vont être bonnes là, puis c'est un processus
continu, puis moi... Au niveau du ministère
de l'Économie et de l'Innovation, on croit que le développement de l'alcool est
un élément important du développement économique. Il faut faire attention,
sécurité publique, on ne veut pas promouvoir l'alcool à tout prix. SAQ, il y a
des... quand même des droits acquis, il y a des dividendes qui sont payés au gouvernement pour les missions sociales. Donc,
il faut... ça prend un équilibre là-dedans, mais on est d'accord qu'il faut
alléger, puis des fois, on peut faire des choses ou on va les défaire, mais je
pense que ça fait partie de notre...
M. Fortin : Mais c'est vrai que les microbrasseurs demeurent un engin
de développement ou un outil de développement économique, notamment, et
particulièrement, en région. Le fait qu'ils n'ont pas accès au marché public au même titre que les vignobles, le fait qu'ils n'ont
pas accès à la livraison à domicile au même titre que les vignobles, le fait
que le timbre demeure un enjeu au niveau des ressources humaines, au niveau de
la... de la surréglementation, pour eux, vous en avez beaucoup à faire.
Puis malheureusement, à chaque fois qu'on en
parle à un ministre ou à un autre, bien là, c'est parce qu'il y a quatre, cinq
ministres qui sont... qui sont impliqués dans ce projet-là ou dans cette
réglementation-là, mais il n'y en a jamais un qui semble prendre le leadership
de la chose. Est-ce que, vous, vous pouvez faire ça? Je le sais que vous avez
un attachement envers l'allègement réglementaire. Est-ce que ça peut être
quelque chose que vous poussez? Parce qu'on dirait qu'on se bute tout le temps
à un mur parce que ça tombe entre quatre ministères.
M. Fitzgibbon : Écoutez, le premier
ministre en a fait un devoir, parce qu'effectivement alléger le fonctionnement
de l'État est une... c'est très, très propre à notre parti politique, au
gouvernement. Mais je peux vous assurer que mon collègue le ministre délégué à
l'Économie passe beaucoup de temps sur ça, parce qu'il faut en faire une
priorité.
M.
Fortin : J'ai de la misère à convenir avec vous que c'est
propre à votre gouvernement quand Martin Coiteux avait enlevé la
question du timbre, puis que vous l'avez ramenée, mais bon.
Je reviens aux différents comités que Marie-Eve
Proulx avait formés, là, dans chacune des régions. Là, vous m'avez dit :
Il y a une soixantaine de projets qui ont été acceptés à travers le temps. Ça,
est-ce que... quand vous me dites ça, là, ça, c'est les projets qui sont sortis
de ces comités régionaux là, c'est bien ça?
M.
Fitzgibbon : Oui, effectivement. On a 113 projets, 65
approuvés, puis le chiffre, là, de soutien, c'est 179 millions,
soutien gouvernemental pour les projets réalisés.
M. Fortin : OK. Mais le fruit de cet exercice-là, là, on ne l'a jamais
vraiment vu. De ce que... ce que la ministre
Mme Proulx nous disait, là, en juillet 2020, c'est que les comités
formés dans chacune des 17 régions avaient la tâche d'identifier
trois projets structurants, et que le gouvernement annoncera rapidement
l'analyse de ces propositions, alors que les
ministres responsables des différentes régions présenteront les priorités
régionales cernées.
Je ne me souviens pas, puis les collègues me
corrigeront si j'ai tort... Il y en a un qui était ministre régional ici, là.
Moi, je ne me souviens pas de l'avoir entendu dire : Voici les trois
projets de l'Abitibi-Témiscamingue. Je ne me souviens pas d'avoir vu le
ministre, dans ma région, dire : Voici les projets, le fruit de ce
comité-là.
M. Fitzgibbon : Bien, écoutez,
premièrement, je me rappelle très, très bien le... de l'environnement parce
que... c'est à quelque part dans mes notes, là, je n'ai pas accès directement,
mais j'avais la liste de tous ces projets-là. Il faut comprendre aussi qu'on
est en pandémie. Si je me rappelle bien, c'est durant la pandémie qu'on avait
fait ça. Donc, il y a des... projets de
relance de certaines régions, les projets de Marie-Eve, les projets du
ministère, qu'il y avait aussi. Alors, il y avait des vases
communicants, là.
Il y a
beaucoup de projets qui ont été présentés par les comités qui étaient déjà dans
les cartons de Développement économique. Il y avait des projets qui étaient sur
la relance... la relance durant la pandémie. Il y a eu une liste qui a été
colligée, puis, de là, on avait filtré 113 projets, puis je... on l'a, la
liste, là, 113 projets, puis je n'ai pas la répartition par... On a la
répartition par région, mais je ne l'ai pas... elle n'est pas accessible
présentement, mais il avait culminé quelque chose, puis il y avait des listes
qu'on regardait avec les ministres régionaux. Moi, à l'époque, j'étais ministre
de Lanaudière puis j'avais ma liste, j'avais
cinq, six projets, puis les... on avait sollicité les ministres de l'époque,
régionaux, pour donner leur input, puis il a culminé de ça, bien, une sélection
naturelle, qui a été faite par le ministère.
M.
Fortin : Si je vous ai bien entendu, il y a des projets de
cette liste-là, là, qui, en 2020, était déjà bien élaborée, là, disons,
qui sont encore en analyse?
M.
Fitzgibbon : Non, mais ce que... je n'ai pas la... les vases
communicants... Ce que je vous ai dit, c'est qu'il y a eu 113 projets qui ont été mis sur la liste
en question, 65 réalisés, 10 en analyse, 38 non recommandés. 10 en
analyse...
Une voix : ...
M. Fitzgibbon : Il en mentionne un,
là, que vous connaissez très bien, là, la relance de Thurso.
M. Fortin : Oui, bien, parfait, j'y arrivais justement, on pourra en
parler, mais...
M. Fitzgibbon : Mais effectivement,
il y en a 10 sur 113 qui sont encore en analyse, probablement pour des raisons
comme Thurso, où il n'y a pas de solution facile, là.
M. Fortin : OK. Bien, allons-y, parlons-en de Thurso, parce que le
premier ministre y va cette semaine, donc j'imagine
qu'il y a des gens qui vont lui poser des questions. Dans une municipalité
comme Thurso, 300 emplois... en
partant, là, juste la question des 300 emplois de Fortress, ça fait une
moyenne différence dans une communauté comme celle-là. Puis, vous le
savez, là, au fil du temps, à force d'essayer de trouver des repreneurs pour
cette usine-là... le gouvernement s'est
donné des objectifs dans le temps, puis, à chaque fois, on a repoussé
l'objectif en disant : OK, bien, on va se donner un
autre six mois, on va se donner un autre six mois. Là, vous êtes rendus où avec
ça? Parce que ça fait beaucoup de six mois, là, qui s'accumulent.
M.
Fitzgibbon : Bien, je vais être avec Bernard Lauzon vendredi,
où on va peut-être faire une miniconférence de presse. Je ne veux pas
tout dire ce que je vais dire avec lui, mais c'est clair, puis je l'avais dit,
ça avait été public, si l'usine de Thurso
avait été à Terrebonne, je l'aurais fermée le mois après qu'on a fermé parce
que l'usine de Thurso ne pourra jamais refaire de la pâte. C'était
structurellement impossible.
La raison pourquoi on a été persistants, on a
été résilients pour regarder qu'est-ce qu'on peut faire avec Thurso, ce n'est pas pour les 300 employés,
qui ont tous retrouvé des emplois, en passant, c'est pour toute l'opération forestière
qui va alentour. Puis on a parlé, vous et moi, sur un autre projet que vous
aviez à coeur, vous avez sûrement encore à coeur... Alors, on a continué à
regarder, parce qu'on s'est dit : Si l'usine ferme en permanence,
qu'est-ce qui va arriver avec la matière ligneuse de la région? On va-tu
l'envoyer dans les autres régions du Québec? Ce qui n'est pas logique, parce
qu'on voulait la laisser dans la région. Ça fait qu'on a été très tolérants
pour trouver des solutions.
Et là je suis heureux de dire que... puis ça va
être public, là, je veux faire attention, là, mais on a deux projets
structurants. On va en choisir un des deux. Probabilité, puis ce n'est jamais
100 %, là, mais ce n'est pas loin de 100 %, qu'on va faire de la
bioénergie avec la matière ligneuse. Et je suis très content de voir qu'on a
des... ça a pris du temps... qu'on va être capables d'opérer d'une certaine
façon. Est-ce qu'il y va avoir 300 employés qui vont venir travailler à
Thurso? La réponse, c'est non. Mais il va y avoir de l'opération forestière qui
va pouvoir en bénéficier, alors les scieries vont pouvoir en bénéficier. Alors,
on a trouvé des... On a un processus qui a été organisé par le contrôleur,
Deloitte, qui a culminé avec deux projets qu'on a finalisés puis qu'on va
analyser en finale, dans les prochains mois.
M.
Fortin : Mais je vous... Très bien, là, très bien, parce
que ça... Vous nous dites : Il n'y aura pas de pâte, là, mais il faut
quand même utiliser le bois de moindre qualité dans la région, parce
qu'effectivement, s'il n'y a personne qui l'utilise... bien, il y a un
paquet de scieries qui en sont dépendantes. Alors, ça, de l'analyser pendant un
temps, là, puis de continuer à chercher quelqu'un, ça, c'est une bonne affaire.
Mais ce que vous me dites là, par exemple, dans le sens où il y a deux joueurs potentiels, puis on n'a pas encore décidé
lequel, puis tout ça, ce n'est pas la première fois qu'on entend quelque
chose comme ça, que les gens de la région entendent quelque chose comme ça, là.
Alors, qu'est-ce qui vous fait croire
aujourd'hui que vous êtes plus avancés que la dernière fois, où il y avait un
propos similaire, disons?
• (18 h 50) •
M. Fitzgibbon : Parce que, la
dernière fois, on avait beaucoup de repreneurs qui voulaient refaire de la
pâte... et de la pâte cellulosique, bien, je connais un peu ça, parce que j'ai
travaillé dans l'industrie jadis, puis nos analyses à nous, à l'interne, au
gouvernement, nous démontraient que c'était structurellement impossible que
Thurso redevienne une usine performante.
Encore, on me parlait d'usine de pâte, je n'y croyais pas, mais on laissait le
processus s'ensuivre.
Aujourd'hui, on parle d'une autre technologie,
où on va faire, peut-être, du biocharbon, où on va faire de l'huile
pyrolytique, où on va faire d'autres choses qui sont, en fait, très pertinentes
pour notre mission de réduction de GES, là. Pour moi, c'est un gain double. On
peut prendre la matière ligneuse pour améliorer notre condition
environnementale, et non pas faire de la pâte, qui était, malheureusement, une
situation impossible, selon moi, structurellement, à vouloir pérenniser.
M. Fortin : Et ça, cette décision-là par rapport à cette usine-là
spécifique, vous allez la prendre dans un futur assez rapproché? Parce que je
regardais les sommes que vous avez mises dans le budget, là, pour s'assurer du
transport de la pâte, là, pour l'instant, là, du transport de bois de moindre
qualité... C'est une somme pour un an. Alors, c'est le «deadline», là, le
fameux six mois, qui a été repoussé. Là, vous vous êtes donné un an. Mais cette
décision-là, elle doit venir bientôt? Parce que ces fonds-là vont venir à
échéance, éventuellement.
M. Fitzgibbon : Oui, d'ailleurs...
On n'a pas de date précise. Mais vous avez raison, en plus de donner une
subvention pour le transport du bois, il faut garder en opération, entre
guillemets, l'usine, hein, pour la «cogen», et tout ça, parce que ça coûte de l'argent, puis on est allés en décret
pour ça. Alors là, on a un décret qu'on a passé, je ne sais pas, au
printemps ou à l'automne dernier, et on a des fonds jusqu'à la fin septembre.
Mais je...
M. Fortin : Fin septembre?
M. Fitzgibbon : Oui, mais j'aimerais
ça qu'on décide ça durant l'été là.
M.
Fortin : Oui, parce que vous avez raison sur la question de
l'usine, là, de la «cogen», mais il y a aussi la... l'usine d'eau de la ville, là, qui est dans
cette... qui est dans cette usine-là. Alors, même si vous choisissiez de
simplement tout annuler, il reste cette question-là qu'on ne peut pas laisser
de côté, ne serait-ce que pour une semaine, là. OK.
Je reviens juste... parce que là, on a fait du
coq à l'âne, on est passés de... du développement économique, des projets qui
ont été sollicités par le fameux comité à l'usine de Thurso... Mais est-ce que
c'est une plateforme ouverte, ça? Est-ce
que... c'est-à-dire, là, vous aviez, à un certain moment, des comités qui
étaient chargés de trouver trois projets pour les
régions. Il y en a une soixantaine qui sont déjà faits. Donc, dans la tête du
monde qui cherchent des projets, là, ils
sont déjà derrière eux, là. Est-ce que cette structure-là, elle est reproduite
en ce moment? Est-ce que vous avez toujours des gens qui travaillent à
identifier ces projets structurants là dans chaque région? Puis... En fait,
non, je vais vous poser la question comme ça.
M. Fitzgibbon :
La réponse est non. La structure
qu'on a mise en place avec Marie-Eve, à l'époque, il y avait une connotation pandémique, connotation, un peu,
de climat pas... pas jovial pour le Québec. Donc, on voulait augmenter
ça. Alors, maintenant, ce qu'on a fait avec Accès entreprise Québec, deux
personnes par MRC, IQ régional, je pense qu'on a substitué ça avec une
structure plus pérenne là. Je pense que c'est beaucoup plus sain d'avoir une
structure avec des gens sur place, dans les MRC. On a 200 personnes qu'on a
engagées, je pense, à date, qui n'étaient pas là avant l'ancien CLD, puis IQ
régional, puis les députés, les élus peuvent canaliser leurs demandes.
Alors, moi, je pense
qu'on a un bon système. D'ailleurs, la FQM, auquel j'ai participé à leur
congrès la semaine passée, était très enchantée, très contente de voir la
progression qu'il y a eu. Je ne pense pas qu'on a besoin de refaire ce genre de
structure là.
M. Fortin : OK.
Donc, il n'y aura pas nécessairement, là, que ce soit MRC par MRC ou région par
région, là, de... disons, de plans élaborés par des comités. Vous pensez
que le monde en place est... ça va, de la façon que c'est structuré, c'est
correct?
M.
Fitzgibbon : Oui.
M. Fortin : J'arrête là. Dans les projets qui ont été acceptés jusqu'à maintenant,
est-ce que vous avez une répartition régionale de ça? Est-ce qu'il y a
des... parce qu'il y en avait, quoi, une soixantaine d'acceptés, là?
M.
Fitzgibbon : Oui. Je ne l'ai pas devant moi, là, mais on l'a, là. Il
faudrait voir si on peut...
Une voix : ...
M.
Fitzgibbon : Oui, il faudrait voir comment on peut... On peut vous
revenir sur ça.
M.
Fortin : OK. Je vais vous la poser comme
ça, puis, s'il y a des gens, derrière, qui ont une liste, là... Y a-tu des régions où il n'y en a pas, de projets qui ont
été acceptés? Il y a 17 régions au Québec, il y a 60 projets qui ont été
acceptés. Y a-tu des régions où il n'y en a pas qui ont été acceptés?
M.
Fitzgibbon : On peut vous revenir, si jamais... On va vous revenir. On
va vous revenir.
M.
Fortin : OK. Si vous voulez le déposer à
la commission, là, ça...
M.
Fitzgibbon : Oui, on va voir ce qu'on peut déposer là-dedans, là. Il y
a des choses qui n'ont peut-être pas été annoncées, mais on va voir ce qu'on
peut déposer.
M.
Fortin : OK. Bien, c'est les 60 projets
qui ont été acceptés. J'imagine qu'ils ont été annoncés, là, pour la majorité
là.
M.
Fitzgibbon : Probablement, mais... Ça fait qu'on va regarder ce qu'on
peut faire.
La Présidente (Mme D'Amours) : Si
vous avez la liste, M. le ministre, la déposer à la commission, s'il vous
plaît.
M.
Fitzgibbon : Oui, on va faire comme l'autre question.
La Présidente (Mme
D'Amours) : S'il vous plaît.
M.
Fitzgibbon : On va donner les deux...
M. Fortin : OK,
merci. J'ai un dernier sujet que je voulais amener, Flying Whales, là. Là, la
semaine dernière... La semaine dernière? Oui, la semaine dernière, vous avez
annoncé 8 millions en aide financière. Ça s'ajoute aux montants
initiaux, c'est-à-dire le fameux 28 millions en 2019, l'autre montant, en
2022, le 36 millions. Jusqu'où vous êtes prêts à aller dans ce dossier-là?
M. Fitzgibbon :
...merci de l'amener en
discussion. Premièrement, le montant que vous... auquel vous référez, là, c'est
un appel à projets, hein? Il y a un comité où... dans la stratégie... Il faut
comprendre, dans la stratégie de l'aérospatiale, qui est une stratégie
importante pour le gouvernement du Québec, on a des sommes qu'on a dévouées
pour le développement de recherche appliquée. Alors, ce qu'on fait, c'est qu'on
ne les choisit pas au ministère, mais on crée un processus dans lequel on
demande aux gens d'appliquer. Et Flying Whales avait... Pratt & Whitney,
puis il y a une troisième compagnie, j'oublie le nom...
Une
voix : ...
M.
Fitzgibbon : Thales, une compagnie très connue. Thales, Pratt et
Flying Whales travaillent ensemble sur un
projet pour la motorisation. Alors, c'est un... j'étais très content de voir
que la compagnie avait obtenu ça. La PI va être ici, au Québec. Ce sont des
gens du Québec qui vont travailler sur le projet. Alors, c'est une très bonne
nouvelle.
M. Fortin : OK.
Mais ça fait... Quand on dit «vont travailler sur le projet», là, ça fait
beaucoup d'argent qui est... d'argent public qui est investi. Avez-vous
une cible de retombées pour ce... pour cette entreprise-là?
M.
Fitzgibbon : Bien oui. Bien, premièrement, encore une fois, le projet
de 8 millions a été choisi par un comité, là. Je l'ai appris en même temps
que tout le monde. Maintenant, le projet original de Flying Whales, on se
rappelle pourquoi on avait fait ça. Puis honnêtement, on a fait ça avant de
savoir... avant d'avoir déterminé, avec mon
collègue qui était, à l'époque, ministre de l'Énergie, la stratégie des
minéraux critiques. Puis aujourd'hui, je peux vous
confirmer que, si le projet Flying Whales fonctionne, on l'espère tous, ça va
être très pertinent pour nos minéraux critiques, qui sont très, très
loin placés. Et deuxièmement, ce projet-là permettait aussi d'avoir une
exclusivité pour la fabrication et distribution de... du ballon dirigeable pour
l'Amérique du Nord. On sait qu'au Canada... j'avais parlé, à l'époque, aux gens
de la Colombie-Britannique et de l'Alberta... c'est un projet qui était très
structurant pour eux et toutes les provinces canadiennes, évidemment. Ça va
être difficile de vendre ça à New York, là... mais les provinces canadiennes
ou, même, en Amérique du Sud.
Donc, c'est un projet
qui avait... qui a des retombées économiques très fortes, dans la mesure où le
projet va voir... va exister. Et aujourd'hui, on est rendus à moitié de la...
l'évolution de la recherche appliquée, puis, quand je vois des Thales puis des
Pratt & Whitney qui travaillent sur le projet, bien, ça m'encourage.
M. Fortin : OK. Dernière question, je sais qu'il ne me reste pas
énormément de temps.
La Présidente (Mme
D'Amours) : 2 min 30 s, M. le député.
M. Fortin : 2 min 30 s? OK. Dernière question. Parce
que, tantôt, sur le dossier de Volkswagen, là, vous avez mentionné quelque
chose qui... honnêtement, je pense que ça mérite une clarification, peut-être,
pour beaucoup de gens, là. Puis je le sais que votre collègue la ministre de
l'Emploi, là, qui était responsable de la Côte-Nord, avait peut-être été un peu surprise de ne pas avoir
entendu des options, là. Mais tantôt... puis même chose pour le développement économique là-bas puis... mais
tantôt, vous avez mentionné : on avait le 800 mégawatts, là, à la
Baie-James, donc on... ou à... je pense que c'était la Baie-James que
vous avez mentionnée, là.
M. Fitzgibbon :
...les deux. On a deux piscines, là.
M. Fortin : OK. Donc, on aurait pu construire l'usine collée là-dessus,
parce qu'il était là, mais on n'avait pas de
moyens de le rendre à Montréal ou ailleurs au Québec. Là, est-ce que vous vous
rendez compte qu'on a besoin de le transporter, ce 800 mégawatts
là, qu'il pourrait y en avoir un autre, projet de même, là, la semaine...
Volkswagen, c'est une entreprise, hein, il pourrait y en avoir une autre, là.
Alors, est-ce que
vous vous fixez un délai ou un objectif pour être capables de transporter cette
capacité-là pour un projet? Parce qu'il n'y
en aura pas, de projet, qui va être construit à la Baie-James. Vous le savez,
je le savais, puis tout le monde le sait, là, mais...
M. Fitzgibbon :
Écoutez, il y a... les deux personnes dans la salle, ici, qui sont capables
de vous dire qu'on comprend ce qui se passe, c'est moi et mon collègue à ma
droite.
M. Fortin : Probablement. C'est pour ça que je vous le demande, là.
M. Fitzgibbon :
Et c'est une très bonne question, et vous avez absolument raison. Et par
ailleurs, tu sais, je peux rassurer la
population et rassurer le ministre, là, qu'on ne manquera pas de l'électricité
pour chauffer nos maisons, mais on a un enjeu pour les projets
industriels porteurs. Et, vous avez absolument raison, l'énergie, on n'en a pas
à l'infini. On a la puissance, l'énergie,
deux choses, deux concepts différents. Mais clairement, nous avons des enjeux
de transport électrique qu'on va falloir remédier puis Hydro-Québec en
est très consciente aussi. Alors, il faut régler ça.
Puis l'article de
Mme Baril, dans La Presse, était exactement vrai, l'énergie était
disponible pour Volkswagen, quoique le 700 mégawatts qu'ils avaient besoin
là, l'énergie aujourd'hui, là, il y en a peut-être 2 000 de disponibles. Il faut faire attention aussi, là.
Mais clairement, nous travaillons sur des projets autres pour séquencer le
besoin d'énergie...
La Présidente (Mme
D'Amours) : En terminant.
M.
Fitzgibbon : ...dans une période où on va pouvoir travailler avec
Hydro-Québec pour l'amener...
M. Fortin : ...un projet comme ça qui va arriver, puis je ne voudrais
pas qu'on se fasse prendre dans la même situation une autre fois là.
M. Fitzgibbon :
Vous parlez à un converti.
• (19 heures) •
La Présidente (Mme D'Amours) : Merci
beaucoup. Nous sommes maintenant à la période d'échange avec la partie
gouvernementale. Le député d'Abitibi-Est, la parole est à vous.
M. Dufour : Donc, bonjour, M.
le ministre. Permettez-moi... je ne pensais pas d'aller sur cette facette-là aujourd'hui, mais le fait qu'on a fait un bloc
complet sur l'industrie minière, sur les claims miniers, je pense que c'est
important que je prenne quelques secondes
pour donner, aux gens qui écoutent la commission, certains chiffres intéressants
sur l'industrie minière.
L'industrie minière canadienne, c'est quand même
une... c'est 350 ans, c'est 60 minéraux et métaux, 5 % du PIB au pays, 19 % de la valeur des
exportations canadiennes, et ce qui est peut-être intéressant pour les gens qui
écoutent, c'est qu'on retrouve ces produits-là pas simplement comme on
essaie de le dépeindre, comme dans seulement que les bijoux et les cosmétiques, mais on retrouve ça, naturellement, dans
les piles et les batteries, on le sait, avec le lithium, le nickel, le
cobalt, le cadmium, mais on le retrouve aussi dans beaucoup d'utilisations de
tous les jours, les écrans d'ordinateur, de télé, avec le silice... le
silicium, le plomb, le phosphore, l'indium; les équipements sportifs, avec le graphite, l'aluminium, le titane, le charbon; les
instruments de musique, nos musiciens, justement, cuivre, acier, nickel,
cobalt, fer, laiton; les écrans solaires, avec le zinc; l'électricité, avec les
fils de cuivre, les lunettes, avec le calcaire, les feldspaths, le carbonate de sodium; les dentifrices, avec le fluor.
Ça démontre, l'industrie minière, l'impact qu'elle a sur notre société.
Puis c'est facile de venir jaser sur les claims,
mais quand on regarde tout l'apport que ça donne autour, dans notre sphère d'économie, je pense que... comme ministre
de l'Économie, je pense que vous êtes très fier de voir l'industrie minière... Et venant moi-même,
là, d'une région minière, je peux vous dire une chose, on est très fiers de
travailler en partenariat avec l'industrie. Même si les holdings peuvent se
retrouver à l'extérieur du pays, ils ont une influence majeure sur nos
territoires. Et puis je veux vous dire une chose, on vit très, très bien, en
Abitibi, avec notre industrie minière, nos lacs aussi, qu'on peut exploiter, et
aussi toute la part sociale que l'industrie minière amène. Puis je vois mon collègue, ici, de Bécancour qui est très
heureux de voir qu'il va y avoir des composantes de batterie qui seront faites
chez eux prochainement.
Et c'est la même chose qui m'amène à ma
question, puis je pense qu'on en a déjà un petit peu discuté... Comment on
voit, justement, pour les régions, la... et, je pense, l'exemple de Bécancour
est intéressant, le potentiel de deuxième transformation pour le domaine
minier, justement, au niveau économique? Et naturellement, une région comme chez nous, l'Abitibi-Témiscamingue, comment
qu'elle peut aussi en bénéficier? Donc, c'est là qu'est ma question au
bout de la ligne.
M.
Fitzgibbon : Merci. Bien, on voit que vous connaissez bien les
régions, évidemment, puis vous connaissez aussi l'impact de l'industrie
minière.
Mais je
pense, c'est ça, la clé. Pour moi, ce qu'on va faire avec les minéraux
critiques des batteries, principalement le nickel, graphite, et lithium,
et silice, et magnésium, phosphate éventuellement, aussi, pour les batteries
LFP... je pense, c'est la première fois au Québec qu'on a la chance de pouvoir
être en aval sur la création de valeur, tu sais. Malheureusement, au niveau du
fer, pour l'instant... puis c'est correct, il y a des très bons emplois dans
le... sur la Côte-Nord, par exemple, dans la fosse du Labrador. Mais on prend
le fer, on l'exploite, on le convertit, on fait des boulettes puis on envoie ça à des aciéries dans le monde. C'est triste
de voir qu'on perd nos ressources. Diamant, bien, diamant, là, on
extrait, on a une mine, puis on envoie ça en Belgique pour qu'ils le vendent à
la bourse. Il n'y a pas grand-chose qu'on peut faire. L'or aussi...
Alors, on a été un peu victimes de notre succès.
Nos succès ont été dans des... principalement l'or et le fer. Puis moi, ce qui
me fascine, au Québec, c'est que l'expertise minière vient du fer, vient de
l'or, et là on peut la prendre, cette
expertise-là... Puis je regarde des gens qui travaillent chez Nemaska, qui vont
travailler chez Sayona, qui vont travailler chez Nouveau Monde graphite, il y a
beaucoup de monde qui viennent de ces industries-là. Puis j'ai vu, l'autre
fois... J'ai soupé avec Pierre Lassonde, l'autre fois, qui est un de nos
Québécois fantastiques, qui a créé la filière de l'or, et toutes ces ressources
travaillent dans ces... Les universités aussi, l'université à Rouyn,
l'université à Chicoutimi en fait un petit peu aussi. Alors, moi, je pense
qu'il faut profiter de ça, trouver nos minéraux critiques.
Puis mon collègue ministre de l'Énergie, à
l'époque, à l'autre mandat, avait fait une politique extraordinaire de minéraux
critiques, qu'on va exécuter maintenant. Alors, si on peut prendre notre talent
québécois, prendre les minéraux critiques, les amener loin dans la chaîne de
valeur, en aval, bien, on va créer des richesses incroyables pour les futures
générations du Québec.
M.
Dufour : Et je dois appuyer vos dires. Avec, justement,
l'expertise du savoir qui crée... que crée l'industrie minière, bien,
aujourd'hui, tout partout à travers le monde, que ce soit en Australie, dans
les pays scandinaves, en Afrique du Sud, en... comment dire, en Amérique
du Sud, etc., vous avez des gens de l'Abitibi-Témiscamingue qui sont à
l'intérieur de ces entreprises-là pour, justement, venir apporter leur
expertise. Je pense que ça, c'est important.
Deuxième élément, je pense, qui est important
de... quand qu'on parle de développement économique régional, ça a été touché
un petit peu par le collègue du... le député de Pontiac, on a parlé de zones
d'innovation. Par contre, le volet,
peut-être, qu'on a glissé un petit peu, tantôt, c'est que... Ce que moi, si
j'ai bien compris dans les discussions qu'on a déjà eues
antérieurement... c'est qu'au-delà de la zone d'innovation, pour certains
territoires, vous allez avoir aussi, potentiellement, des centres de recherche
qui vont se développer peut-être un petit peu dans d'autres milieux, qui viennent comme appuyer la dynamique des zones
d'innovation. Et puis mon collègue de Bécancour aussi... c'est des discussions
qu'on a déjà eues, justement, à cet effet-là.
M. Fitzgibbon : D'ailleurs, moi, je
suis un gros, gros, gros fervent des CCTT, je suis un gros fervent du réseau de l'Université du Québec, parce que ça a
permis aux régions de rayonner. Je n'avais pas compris ça, honnêtement, avant
que j'arrive en politique, là, mais de voir ce qui se passe à Chicoutimi, à
Rimouski, à Trois-Rivières, à Gatineau, là, on va espérer qu'on va voir
quelque chose qui va... au niveau de la cybersécurité, c'est extraordinaire.
Alors, il faut profiter de ce rayonnement universitaire là pour faire de la
recherche appliquée qui va permettre de faire le lien entre l'institution du
savoir puis nos entreprises. Alors, moi, je pense qu'on a une chance inouïe
qu'il faut... puis il faut perfectionner cette chose-là.
Puis ce qu'on voit à Trois-Rivières,
présentement, avec l'UQTR, qui permet à des gens, des compagnies étrangères qui
n'avaient aucune idée c'est quoi, l'UQTR, qui réalisent qu'on a des chercheurs,
Bruno Pollet, pour n'en nommer qu'un, qui fait de la recherche sur les
matériaux d'électrolyseurs... Bien là, Alstom regarde ça puis, ah, on va se
coller à Trois-Rivières.
Alors, moi, je pense qu'on est... La recherche
appliquée qui émane de nos chercheurs en recherche fondamentale devient
tellement importante. D'ailleurs, ma collègue la députée de Jean-Talon, qui est
responsable de l'innovation, travaille étroitement pour la fameuse SQRI, pour
voir comment est-ce que les fonds de recherche vont travailler avec les
universités pour qu'il sorte de là des choses. Alors, moi, je pense qu'il faut
aller beaucoup plus loin que ce qu'on a fait à date par rapport à ça.
M. Dufour : Bien,
peut-être pour, encore une fois, enchaîner sur ce que vous venez de... on a la
chance, de par, justement, nos universités, comme si je prends celle
de... l'Université du Québec en Abitibi-Témiscamingue, d'avoir l'effet
inverse : l'exode des cerveaux d'ailleurs, les gens de l'immigration qui
s'en viennent dans nos milieux, à partir de nos chaires de recherche. Et ça, je
pense que c'est un plus pour l'ensemble de nos institutions et aussi pour
avoir, justement, cette qualité-là d'experts qui vient s'établir ici, au
Québec.
Vous en avez parlé un petit peu, tantôt, aussi,
un autre point, je pense, qu'il serait peut-être intéressant d'avoir quelques
éléments d'information, c'est le volet Accès entreprise Québec que vous avez
mis en place avec des ressources
additionnelles. Jusqu'à présent, en êtes-vous satisfait? Est-ce que c'est
quelque chose qui, pour vous, donne la résultante escomptée?
M. Fitzgibbon : D'où on partait, je
pense qu'on a très bien fait. On a embauché près de 200 personnes dans les
MRC, qui remplacent ce qui était à l'époque les CLD. On se rappelle, les CLD,
certains ont continué d'opérer même s'ils n'avaient pas de financement du
gouvernement, certains ont arrêté. Donc, c'était un peu à géométrie variable,
dans les 115 MRC qu'on a au Québec, là, je n'ai pas le chiffre exact.
Est-ce que c'est parfait? Non. Je suis très heureux du développement, mais je
veux qu'on continue à améliorer ça. Et, en fait, vous êtes la personne qu'on a
désignée comme adjoint parlementaire. Je pense qu'on peut faire mieux. Et un
de... votre mandat, c'est de regarder avec la FQM qu'est-ce qu'on peut
améliorer. Puis j'espère que vous allez arriver avec des recommandations, puis,
si vous avez des bonnes recommandations, on va les exécuter.
M. Dufour : ...certain que je vais
consulter le député de Pontiac pour savoir qu'est-ce qu'il aurait comme idées. Je pense qu'on peut appliquer tout ça.
Mais, écoutez, on peut avoir bien du plaisir... Mais l'objectif, au Québec,
veux veux pas, vous le savez, il y a quelques
grands employeurs, mais ça reste une chose, c'est que nos PME sont encore
le corps et l'âme de plusieurs milieux.
Est-ce que vous avez, justement, des orientations précises que vous aimeriez
que nos PME se développent?
• (19 h 10) •
M. Fitzgibbon : Bien, clairement.
Moi, je regarde dans le mandat, dans la législature, la 43e législature,
mes objectifs sont doubles, parce qu'il faut
focaliser, dans le travail qu'on fait... Un, transition énergétique est au
coeur de mes préoccupations. Moi, je
passe beaucoup de temps sur ça parce que ça affecte l'économie puis ça affecte
l'environnement, les deux, puis c'est un sujet qui m'intéresse beaucoup.
Puis l'autre, c'est l'innovation. Je pense que ça... pas pour rien qu'avec la députée de Jean-Talon on passe
beaucoup de temps là-dedans aussi. C'est que, dans nos PME, d'après moi,
nous sommes sous-investis en innovation, pour toutes sortes de raisons
historiques. Ça ne sert à rien de chercher à outrance. Ce qui est important,
c'est de pouvoir changer ça. Et je pense que la pénurie de main-d'oeuvre, le
focus des zones d'innovation, avec des
champions mondiaux dans certains secteurs, fait en sorte que l'innovation est
un réflexe.
Puis l'innovation, ce n'est pas juste un réflexe
pour les entreprises, c'est un réflexe sociétal aussi. D'ailleurs, on a parlé
beaucoup de l'innovation sociale, et moi, je pense... Puis les fonds de
recherche qu'on a... On a une chance, au Québec, d'avoir des fonds de
recherche. Il n'y a pas grand monde qui a ça au Canada. On a des fonds de
recherche, on est bons en recherche fondamentale. Où on est plus faibles, c'est
comment est-ce qu'on fait le lien entre la recherche fondamentale puis la PME.
Puis on en parle depuis... depuis 20 ans, 30 ans, là, puis ce n'est
pas facile, sinon, ça aurait été fait.
Alors, il faut trouver une façon de... que cette recherche-là se traduise en
projets innovants, pour la plupart, et qu'ils soient implantés dans nos
PME. Et c'est complexe parce que les PME n'ont pas souvent les ressources humaines pour le faire. Il faut les
accompagner. Ce n'est pas l'argent qui manque, il faut accompagner les gens.
Puis on l'a vu dans les programmes d'OTN, auquel
je suis très fier, Offensive de transformation numérique. On a investi 125 millions là-dedans pour
permettre aux PME de comprendre le chemin pour se rendre à la numérisation
et la robotisation. Puis on a accédé à... actuellement, là, les chiffres, là,
20 000, 30 000 entreprises, mais il faudrait avoir
100 000 entreprises là-dedans. Alors, c'est le gros, gros, gros défi
pour nos PME, et c'est pour ça qu'il faut que l'innovation transcende dans tous
les gens qui font du développement économique puis qu'ils comprennent. Ils ne
vont pas toujours le faire. Les 200 personnes dans Accès entreprise ne
peuvent pas faire de l'innovation dans les entreprises, mais peuvent
identifier, avec l'Innovateur en chef qui est Luc Sirois, quels sont les
organes, les organes gouvernementals qui peuvent aider. Et ça, c'est un travail
qui est excessivement complexe, mais il faut trouver la façon de le régler
parce que c'est ça qui va nous sortir du fait qu'on a un écart de richesse trop
grand avec nos communautés ontariennes ou américaines.
M. Dufour : Bien, pas le choix de
dire que, justement, quand je regarde une entreprise comme chez nous, comme
ASDR, qui est capable aujourd'hui de faire des sous avec de la bouette, par
exemple... C'est simpliste, là, de dire ça de cette façon-là, mais c'est
justement tout l'aspect innovateur de ces éléments-là qui a fait en sorte
qu'aujourd'hui on est capable d'avoir ce type d'entreprises là qui sont
capables de maximiser tout produit que la terre procure.
Ça m'amène à,
justement, je pense, un volet que vous adorez, le volet énergétique. On le
voit, le développement, justement, des éoliennes dans certains secteurs,
etc., est-ce qu'on peut s'attendre à ce que le domaine des éoliennes... parce
qu'il commence à y avoir des demandes un petit peu partout dans chacune des
régions, puis on sait qu'il y a certains territoires, davantage que d'autres...
ont été ciblés. Est-ce qu'on peut s'attendre à voir d'autres territoires être
reconnus ou orientés pour un développement potentiel?
M. Fitzgibbon : Oui, puis la bonne
nouvelle, je pense, c'est que... Tu sais, là, on a eu la discussion tantôt avec
le député de Pontiac, je pense que c'est clair qu'on doit investir dans le
transport, mais on doit investir aussi dans l'énergie, tu sais. Notre capacité
énergétique va être limitée, un jour, pas pour les résidences, là, mais pour des
projets industriels. Alors, c'est clair qu'on va avoir des limites sur des
barrages. On s'entend, là, il n'y aura pas 10 barrages
qui vont se faire au Québec, dans les prochains 50 ans. Donc, ça prend une
alternative, c'est le solaire puis l'éolien.
On a été... J'ai été public sur le fait que
j'aimerais voir 1 000 mégawatts par année dans les prochains
15 ans. Et ce que ça a causé, ça, c'est que la FQM, les communautés
autochtones — je
voyage beaucoup avec notre confrère ministre des Affaires autochtones — il y
a du monde qui lève la main, là. Tu sais, ce n'est pas vrai de dire que personne n'en veut, là, de l'éolien. Il faut le
faire de façon intelligente, et, de l'intelligence... c'est-à-dire quelles sont les régions du Québec, MRC, communautés autochtones
ou les deux, qui disent : Nous, on en veut. Il faut regarder, après ça, où
il vente, là. C'est bien beau, dire : Je veux faire des éoliennes. S'il ne
vente pas, on n'en fera pas, là. Mais il y a
des... Les cartes du Québec, je la... commence à connaître pas mal, là, quand
c'est rouge foncé, là, il vente pas mal, là. Ça fait que, là, il y a des
gens là-dedans qui lèvent la main puis qui disent : On en veut de
l'éolien.
Alors là, il va falloir juxtaposer ça avec le
transport. Parce que, si je fais de l'éolien à Schefferville, bien là, s'il n'y
a pas de ligne pour les transporter, c'est bien beau, mais il va venter puis il
va y avoir de l'énergie qui ne servira pas. Alors, c'est très complexe.
Hydro-Québec est carrément embarquée là-dedans, et oui, moi, je pense qu'on va
voir, j'espère, dans les prochains... en 2032, qui est l'horizon temporel qu'on
a pour les projets industriels... qu'on va
doubler ou tripler l'éolien pour permettre de balancer avec l'hydroélectricité.
Puis, un jour, ce ne sera pas suffisant, mais commençons par l'éolien,
allons au solaire...
La Présidente (Mme D'Amours) : ...
M. Fitzgibbon : Merci de
l'intervention.
Adoption des crédits
La Présidente (Mme D'Amours) : Merci
beaucoup. Le temps alloué à l'étude des crédits budgétaires du volet
Développement économique régional du portefeuille Économie, Innovation et
Énergie étant presque écoulé, nous allons maintenant procéder à la mise aux
voix des crédits.
Le programme 2, intitulé Développement de
l'économie, est-il adopté?
Des voix : Adopté.
Des voix : Sur division.
La Présidente (Mme D'Amours) : Adopté
sur division.
Compte tenu
de l'heure, la commission ajourne ses travaux au mercredi 3 mai, à
15 heures, où elle entreprendra l'étude
du volet Économie, Investissement Québec des crédits budgétaires du
portefeuille Économie, Innovation et Énergie. Merci, tout le monde.
(Fin de la séance à 19 h 15)