(Quinze heures
quatre minutes)
La Présidente (Mme D'Amours) : ...s'il
vous plaît! Ayant constaté le quorum, je déclare la séance de la Commission de
l'économie et du travail ouverte.
La commission est réunie afin de procéder à
l'étude du volet Économie, Investissement Québec des crédits budgétaires du
portefeuille Économie, Innovation et Énergie pour l'exercice
financier 2023-2024. Une enveloppe de deux heures a été allouée pour
cette étude de ces crédits.
Mme la secrétaire, y a-t-il des remplacements?
La
Secrétaire : Oui, Mme la Présidente. Mme Boivin Roy (Anjou—Louis-Riel) est remplacée par M. Bélanger (Orford) et M. Leduc
(Hochelaga-Maisonneuve) est remplacé par M. Bouazzi (Maurice-Richard).
Investissement Québec
La Présidente (Mme D'Amours) : Puisque
nous avons débuté nos travaux à 15 h 04 et qu'une période de deux heures doit être consacrée à cette étude
de ces crédits, y a-t-il consentement pour poursuivre nos travaux au-delà
de l'heure prévue? Consentement. Merci.
Nous allons procéder à une discussion d'ordre
général du bloc d'échange, incluant les questions et réponses. La mise aux voix de ces crédits sera effectuée à
la fin du temps qui leur est alloué, soit vers... cet après-midi, vers 17 h 04.
Discussion générale
Donc, je suis
prête à reconnaître la première intervention de l'opposition officielle. M. le
député de Marguerite-Bourgeoys, la parole est à vous.
M. Beauchemin : Merci beaucoup, Mme
la Présidente. Merci à vous tous d'être ici aujourd'hui. C'est un exercice qui est ultra-important pour l'ensemble
des Québécois. Mais évidemment ce qui se passe avec Investissement
Québec est d'intérêt, évidemment, national et économiquement important.
Je veux commencer en vous parlant du virage
informatique. Investissement Québec s'est lancé dans un grand virage numérique, et on ne peut faire... que dire
que c'est une très bonne nouvelle. Évidemment, on est très heureux de
voir la modernisation de l'institution. Toutefois, ici, notre travail, c'est de
comprendre comment les sommes que le gouvernement va dépenser dans ses sociétés
sont les mieux investies.
Dans un
récent article qui est paru dans le Journal
de Montréal ce 1er mai, on
apprenait que la feuille de route mise en place, en 2019, par
Investissement Québec afin d'assurer le virage numérique de l'organisation
tardait à se concentrer. Selon l'article, il y a un montant de 20 millions
qui, sur une période de trois ans, va permettre d'assurer cette transition grâce à quatre projets
majeurs : la mise en place du logiciel... prologiciel Workday, le système
de gestion de relation avec les
clients de Salesforce, un nouveau cadre de sécurité, une transformation de
l'entreposage des données.
Je vais commencer avec une question simple, là.
Je vais vous demander si vous pouvez me faire un état des avancées pour chacun
de ces chantiers, s'il vous plaît.
M. Fitzgibbon : Je
veux juste ouvrir... Bon, premièrement, bienvenue à tout le monde, bienvenue à toute
l'équipe qui supporte MEI puis l'IQ. Mme la
Présidente, si vous le permettez, au lieu de dire : Je vais laisser la
parole à M. Leblanc, on va
accepter que, si la question est posée à Investissement Québec... qu'il puisse
répondre directement. Ça va peut-être sauver du temps.
La
Présidente (Mme D'Amours) : ...pour que M. LeBlanc prenne parole?
Consentement. Alors, lorsque vous prendrez
la parole une première fois, monsieur, veuillez vous présenter, dire votre titre
et ensuite répondre à la question.
M. LeBlanc
(Guy) : Oui, bonjour. Mon nom est Guy LeBlanc,
président-directeur général d'Investissement Québec.
Alors, pour répondre à votre question, cette
nouvelle du Journal de Montréal, c'était une fausse nouvelle. Ça datait d'une autre époque. Je ne sais pas quelle
était leur source anonyme, mais c'était la feuille de route de
20 millions, c'était le montant auquel il était fait référence. C'était la
feuille de route qu'on avait en 2019, avant mon arrivée, et je suis arrivé
au mois d'avril. C'était avant les fusions et c'était, bref, l'ancien
Investissement Québec.
Depuis, il y a eu la
pandémie. Il a fallu... Puis ça, la pandémie, ça veut dire le télétravail,
entre autres, et le programme PAC pour aider
les entreprises. Alors, il a fallu changer nos priorités, et mettre l'emphase
là-dessus, et installer, entre autres, Workday, parce que de passer de
500 employés à 1 200, il faut être capable de les payer. Et donc on a
fait un appel d'offres public pour s'assurer
de payer le bon prix, et on a installé Workday à l'intérieur du budget
prévu et à l'intérieur de l'échéancier prévu. Et
Salesforce est en place en partie parce qu'on a dû déplacer... déplacer nos
priorités. Avec la fusion, bien, on a déterminé que nos deux priorités
étaient, premièrement, la sécurité, absolument essentielle, et l'ajout de capacité, parce que le nombre d'interventions
qu'on fait a plus que... plus que doublé, pratiquement triplé depuis le
nouvel Investissement Québec.
• (15 h 10) •
M. Beauchemin : Donc,
en termes de sécurité, vous parlez de la sécurité des données, de
l'information, etc. C'est ça?
M. LeBlanc
(Guy) : Absolument.
M. Beauchemin : D'accord. Et puis...
Bien, OK. Si ça date, donc, de l'ancien Investissement Québec,
maintenant il y a le nouveau IQ fois deux, disons, en tant que tel, est-ce que
vous pourriez peut-être mettre à jour, alors, qu'est-ce que... Parce que, là, vous dites... Vous, vous dites que ça tombe
dans... Workday, ça a tombé dans l'enveloppe prévue. Mais c'est
laquelle? On ne sait pas. Je ne peux pas le déterminer à même l'article, là.
Est-ce que c'était 25 % du budget de 20 millions? Est-ce que vous
avez plus de précisions?
M. LeBlanc (Guy) : C'était... Un ordre de
grandeur, là, c'était à peu près le tiers de ce budget de
20 millions. Mais ce budget de 20 millions a été de beaucoup augmenté
justement pour répondre au nouvel Investissement Québec, au nombre d'interventions qu'on faisait, au nombre d'employés
qu'on était, et pour s'assurer que nos systèmes originaux tenaient le coup et d'être capables d'en augmenter la capacité
en y attachant différents... différentes applications. Donc, sécurité en
premier lieu, absolument.
Et maintenant, bien,
on a mis en place des processus rigoureux en termes de... On parlait dans
l'article de budgets dépassés, et ainsi de suite, là. Depuis... Depuis
quatre ans, donc depuis... depuis mon arrivée et depuis le nouvel Investissement Québec, on a respecté nos
budgets, et, en fait, nos coûts, nos dépenses réels des
quatre dernières années sont légèrement inférieurs au montant budgété. Et
notre feuille de route avance. On a mis en place un bureau de projet il y a
environ un an et demi. Et l'équipe, l'équipe de technologies d'affaires, a
pris beaucoup d'ampleur. On était peut-être une trentaine de personnes
en 2019 et avant, on est maintenant à peu près 100 personnes dans
l'équipe. Et vous pouvez imaginer que les budgets ont augmenté en conséquence.
Alors, le 20 millions de l'époque, là, c'est rendu davantage un ordre de
grandeur sur une base annuelle pour amener Investissement Québec avec la
sécurité requise et ses activités, de l'amener à l'ère moderne.
M.
Beauchemin : OK. Donc, je comprends que l'information de l'article
était probablement ancienne. Je comprends donc qu'il y a des nouvelles
enveloppes qui ont été...
M. LeBlanc
(Guy) : Est fausse, oui.
M.
Beauchemin : ...déterminées. Est-ce que ce serait possible pour vous
de nous dire quelles étaient ces dites enveloppes pour, disons, justement
Workday en tant que tel? Tu sais, ça a respecté la nouvelle enveloppe, mais, tu sais, c'est peut-être le tiers du
20 millions... C'était le tiers du 20 millions à l'époque de 2019.
Mais selon maintenant, le nouvel environnement?
M. LeBlanc
(Guy) : Non, non, c'est ce que ça a coûté.
M.
Beauchemin : C'est ce que ça a coûté? Ça fait que...
M. LeBlanc
(Guy) : Oui.
M.
Beauchemin : OK. Puis pour Salesforce?
M. LeBlanc (Guy) : Écoutez, Salesforce, c'est, entre autres, l'achat de licences. Et
cette... ces licences-là, bien, ça va en augmentant selon le nombre
d'employés qui ont... qui ont accès à Salesforce. Alors, je ne pourrais pas
vous donner un montant par rapport à Salesforce.
M.
Beauchemin : C'est sûr. OK. Donc, est-ce que... est-ce que vous avez
une idée de l'enveloppe totale de la transformation numérique du nouveau IQ,
là? Ça... C'était combien, le budget qui était anticipé pour être dépensé de
façon, peut-être, annuelle, puis après ça... tu sais, sur un horizon de
cinq ans? Je ne sais pas. Puis est-ce que, selon ce que vous avez comme
informations, chacune de ces étapes-là est respectée? De temps en temps, ça
peut peut-être un peu dépasser, de temps en temps, c'est en bas, mais, je veux
dire, somme toute, ça respecte la tendance ou on...
M. LeBlanc
(Guy) : L'article faisait...
M. Beauchemin :
Puis c'est quoi, le... En fait,
c'est quoi, les chiffres initiaux? Puis après ça quels sont les
résultats?
M. LeBlanc
(Guy) : Les chiffres mentionnés dans l'article étaient de l'ordre de
20 millions pour trois ans. Ce qu'on fait depuis, c'est de l'ordre de
15 à 20 millions par année pour amener Investissement Québec à niveau en
termes technologies d'affaires, compte tenu de l'augmentation de nos... de nos
activités et de nos ressources.
M. Beauchemin : C'est
une dépense qui va être récurrente. Parce que vous dites : C'est 15 à
20 millions par année pour les cinq, 10, 15 prochaines années.
Alors, ça peut changer, là, mais...
M. LeBlanc
(Guy) : Pour les prochaines années, assurément, oui.
M.
Beauchemin : Donc, c'est rendu...
M. LeBlanc
(Guy) : Parce que la feuille de route n'est pas complétée, il faut
continuer à travailler dans ce sens-là. Alors, pour les... assurément, pour les
deux ou trois prochaines années, on va être à ce rythme-là.
M. Beauchemin :
C'est quoi, les prochaines étapes,
là, sur cette feuille de route là que vous mentionnez, donc?
M. LeBlanc
(Guy) : Je ne rentrerai pas dans tous les détails pour la simple
raison que je veux m'assurer, en termes de
sécurité, qu'on ne dévoile pas d'informations critiques. Je vous dirai
simplement que la gestion de la relation client avec comme outil, entre
autres, Salesforce pour l'ensemble de l'organisation est la priorité de la prochaine année.
Et on va chercher à mettre ça en place puis d'implanter aussi une solution de
financement, qui existe dans plusieurs autres institutions financières,
et je regarde M. Bouazzi qui a déjà, à l'époque à la BDC, vu ce genre de
situation.
Alors, c'est
absolument... Si tu veux être de ton époque, là, c'est absolument essentiel de
mettre en place pour faciliter nos processus et augmenter notre productivité.
On parle beaucoup de productivité chez Investissement Québec, il faut... il faut être à la hauteur également. Alors, il y a du
travail qui reste à faire, mais, avec le bureau de projet, on a des
chargés de projets qui sont en place et on avance dans nos initiatives.
M.
Beauchemin : Sur un ordre d'idées totalement différent... Juste une
seconde.
Des voix :
...
M.
Beauchemin : Au mois de
décembre, qu'on vient juste... il y a six mois, là, vous avez vu mes
commentaires à propos, là, de la loi n° 96. Je n'ai jamais vraiment
eu la chance de jaser beaucoup avec vous, là, de cette histoire-là, mais je
voulais avoir votre opinion à propos des assouplissements que vous pensiez
qu'il serait souhaitable d'avoir pour la loi n° 96.
M. LeBlanc
(Guy) : En fait, encore une fois, le titre était erroné. Par contre,
l'article représentait ce que j'avais dit, à savoir, c'était dans le contexte
de la chambre de commerce métropolitain, où j'étais conférencier, et une
entrevue avec Michel Leblanc qui me demandait : La loi n° 96,
est-ce que ça va être un empêchement pour des entreprises? Et ce que j'avais
répondu essentiellement, c'était que la loi n° 96 doit davantage être
expliquée, qu'on venait juste de vivre une situation avec une compagnie qui
avait l'intention d'investir au Québec et qui se posait des questions par rapport à la loi n° 96 et,
après avoir eu les explications, que cet investissement s'est matérialisé au
Québec. Alors, c'était simplement le contexte. Le titre disait Guy LeBlanc
est contre la loi n° 96, ou quelque chose du genre, là, ou se
prononce...
M.
Beauchemin : Bien, en fait, le titre, c'est...
M. LeBlanc
(Guy) : Je ne sais plus quoi.
M. Beauchemin :
...critique la loi n° 96...
M. LeBlanc
(Guy) : Critique.
M. Beauchemin :
...et appelle à des assouplissements.
M. LeBlanc (Guy) : Alors, j'ai simplement
dit qu'elle devait être expliquée aux entreprises pour qu'ils puissent
la comprendre.
M. Beauchemin :
Expliquer aux entreprises externes du Québec qui veulent venir s'installer
au Québec.
M. LeBlanc
(Guy) : Voilà.
M. Beauchemin :
OK. C'est quoi, la meilleure façon, pour vous, selon vous, de pouvoir faire
ça?
M. LeBlanc (Guy) : Bien, on a des contacts
réguliers avec... avec les entreprises, sur une base même très
régulière. Et, simplement, si on prend dans le contexte de la filière batterie,
par exemple, on a fait du démarchage d'un grand nombre de compagnies. Et, lorsque la question est soulevée, on explique
en quoi ça consiste et puis que les Coréens ou Japonais n'auraient pas
nécessairement à parler français dans les six mois suivant leur arrivée.
M. Beauchemin : Est-ce
qu'inévitablement cette question de la loi n° 96 fait partie du «due
diligence» que ces compagnies-là
doivent faire quand ils investissent au Québec, selon vous, ou est-ce que
c'est quelque chose qui doit... automatiquement, doit leur être
mentionné devant... de par Investissement Québec, selon vous?
M. LeBlanc
(Guy) : En fait, ce sont des investisseurs très
sophistiqués, et ils sont au courant des différentes... des différents règlements, des différentes lois.
Et ça fait partie de leur revue diligente légale, entre autres, de voir à
quoi elles devraient se conformer. Et, par la suite, c'est là que les questions
nous sont posées et sont parfois posées aussi au gouvernement.
• (15 h 20) •
M. Beauchemin : OK. Donc, le
processus initié, là, si on peut dire, vient de la compagnie qui considère un
investissement au Québec ou demande à vous et/ou au gouvernement un
éclaircissement sur la loi n°96. Puis c'est à ce moment-là que vous, vous
suggérez que ce serait bon d'avoir un éclaircissement sur la
loi n° 96.
M. LeBlanc
(Guy) : Par exemple, mais ce n'est certainement pas nous
qui disons aux investisseurs éventuels : Attention! On a la
loi n° 96, hein? C'est...
M. Beauchemin : Oui. Et
j'imagine que, quelque part dans le processus, il faut qu'ils le sachent, tu
sais, que les employés sont sujets...
M. LeBlanc (Guy) : C'est un
point qui est soulevé assez tôt dans le processus.
M. Beauchemin : Ça fait que vous
mentionniez tantôt que, bon, c'est six mois, pour un Coréen qui vient
s'installer au Québec de façon permanente, qu'il a, la limite, là, pour
apprendre à parler français. Est-ce que ça, c'est quelque chose que la majorité
des entreprises, quand ils discutent avec vous, considère que c'est un problème
ou considère que c'est réglable, que c'est quelque chose qu'ils sont capables,
de pouvoir justement parler français en dedans de six mois?
M. LeBlanc (Guy) : Bien, ils
demandent des précisions puis ils s'adressent aux bonnes personnes pour avoir
ces précisions.
M. Beauchemin : OK.
Quand vous parlez... puis peut-être qu'on pourra déborder dans le prochain
bloc, M. le ministre. Quand on
s'était rencontrés, la semaine passée, on a parlé, là, des rapports, là, de
McKinsey, des rapports comme quoi que, bon, il y avait les secteurs
industriels les plus prioritaires, là, pour le gouvernement et puis que vous
aviez mentionné... On a eu la liste, là, des
cinq, il y en avait trois qui n'étaient pas dessus. Puis, là-dedans, bien, il y
avait la filière batterie, puis que, pour la filière batterie, il y
avait déjà eu une étude, là, qui avait été faite directement... attendez une
seconde, par... par McKinsey aussi à nouveau. Donc, est-ce que je comprends que
ce mandat-là à McKinsey a été octroyé par Investissement Québec directement?
M. Fitzgibbon : Oui. En fait, ce qui
s'est produit, c'est que, très peu de temps après notre arrivée en poste, premier... premier semestre 2019, on s'est
penché sur cette filière-là qu'on... qu'on commençait à apprendre. J'avais
planifié un voyage, mon premier voyage avec le sous-ministre, qui est assis en
arrière de moi, pour aller en Corée, au Japon et
en Chine, en fait. On est partis deux semaines juste avant la pandémie.
Donc, on voulait se préparer pour être capables de faire les bonnes
représentations. Donc, on avait décidé, dans l'équipe qu'on avait créée, qui
étaient des gens d'Investissement Québec International et des gens du
ministère, qu'on voulait approfondir un peu nos hypothèses pour s'assurer qu'on
puisse promouvoir le Québec de la bonne façon par rapport à nos minéraux
critiques, et ainsi de suite. Donc, effectivement, le mandat a été octroyé par
Investissement Québec directement à McKinsey, qui était le premier mandat de
McKinsey.
M.
Beauchemin : Le premier mandat de McKinsey, juste pour
clarifier, sur la filière batterie ou dans la... dans la...
M. Fitzgibbon : Non. On a... on a
référé, la semaine passée, vous vous rappelez... ou l'autre semaine, je suis
mélangé dans les journées, là, on a référé... la semaine passée, on a référé
aux contrats de KPMG et McKinsey donnés par le ministère. Alors, ça, ce
mandat-là, c'est un mandat spécifique pour la batterie, qui était circonscrit à
ça, mandat qui est terminé, qui n'a pas été reconduit.
M.
Beauchemin : Puis ça, ça a été donné, ce mandat-là, suite au
mandat que vous avez donné à McKinsey ou?
La Présidente (Mme D'Amours) : ...
M.
Fitzgibbon : Non. Non, c'est un mandat qu'on avait déterminé,
le ministère de l'Économie et Investissement Québec, focaliser
uniquement sur les batteries. Investissement Québec a donné le mandat.
La Présidente (Mme D'Amours) : Merci.
Nous passons maintenant au deuxième... à la deuxième période d'échange. Et je
cède la parole au député de Maurice-Richard. La parole est
à vous, monsieur.
M.
Bouazzi : Merci beaucoup, Mme la Présidente. M. le ministre, chers
collègues, M. LeBlanc. Quel plaisir de
participer à cet exercice démocratique! Ma première question, peut-être pour M.
LeBlanc, consisterait à parler justement de la filière batterie.
En 2022, vous avez annoncé qu'il y aurait comme objectif de doubler les
investissements prévus dans la filière batterie. Où est-ce qu'on en est, en
fait, par rapport à cet avancement?
M. LeBlanc (Guy) :
Bien, on a toujours... on a toujours l'intention... Je ne sais pas à quel
chiffre vous faites référence, mais ce
qu'on... ce qu'on vise, puis on a toujours le même objectif, c'est environ
10 milliards d'investissements dans les prochaines années. Il y a
un très grand nombre de joueurs intéressés dans les différentes... dans les
différents segments de la filière batterie.
On a un succès éclatant en termes d'attraction, nos minéraux critiques sont
évidemment très recherchés, notre hydroénergie également. Les gens pensent à
la... pensent au Québec davantage quand ils veulent... Ceux qui veulent faire
la batterie la plus verte, c'est au Québec que tu peux le faire. Puis, juste un
exemple, un kilowatt produit au Québec
produit un gramme de CO2, et, au Michigan, c'est environ 540 grammes
de CO2. Alors, c'est un attrait important. Et, au
cours des prochains mois... puis je vais toucher du bois parce que, vous savez,
les négociations, il peut y avoir des imprévus, mais on espère arriver avec des
annonces au cours des prochains mois.
M. Bouazzi : Et
donc, actuellement, c'est quoi, la quantité d'argent qui est dans cette
filière-là, investie par Investissement Québec?
M. LeBlanc
(Guy) : Écoutez...
M. Bouazzi : Un
ordre de grandeur, ça fera.
M. LeBlanc
(Guy) : On est... D'annoncé à l'heure actuelle, on est probablement
aux alentours... bien... oui, on est à peu
près aux alentours de 4 milliards d'annoncé, mais avec une probabilité
forte, une probabilité élevée, là, au cours des prochains mois,
d'arriver aux alentours de... des... un autre 4 milliards... 4 à
5 milliards. Alors...
M. Bouazzi : Donc,
dans l'année actuelle, ça serait possible d'en arriver à huit en tout, si tout
va bien.
M. LeBlanc
(Guy) : Si tout va bien, en touchant du bois, oui.
M. Bouazzi : OK. Et combien des 4 milliards actuellement
sont investis dans les mines de minéraux critiques et stratégiques?
M. LeBlanc (Guy) : Il y a... Il y a
plusieurs projets de mines de spodumène, qui va... qui va donner le
lithium. À l'heure actuelle, il y a... il y a la mine de Moblan qu'on détient à
40 % avec notre partenaire Sayona, il y a celle de Whabouchi, avec Nemaska, dans laquelle on détient 50 %. Il y a
quatre ou cinq projets miniers de spodumène, lithium, dans la
région de la Baie-James, et il y a un projet aussi en Abitibi avec Sayona,
l'ancienne North American Lithium.
M. Bouazzi : Mais,
en quantité d'argent, est-ce que vous avez un ordre de grandeur aussi?
M. LeBlanc (Guy) : Les investissements ne
sont pas... ne sont pas faits, mais, si on calcule que chaque projet est
d'environ... l'ordre de grandeur, entre 300 et 600 millions, c'est
significatif.
M. Bouazzi : Et combien Investissement Québec pense que ces investissements
vont rapporter sur les 4 milliards qui sont investis actuellement?
M. LeBlanc
(Guy) : J'ai fait une déclaration, il y a environ deux ans,
disant que, si on avait pour environ 10 milliards d'investissements, que
des revenus générés par cette filière, en 2030, seraient de l'ordre des
revenus d'Hydro-Québec. Alors, on parle de... probablement de l'ordre de
15 milliards et plus...
M. Bouazzi : Et
vos prévisions annuelles n'ont pas changé depuis le temps?
M. LeBlanc
(Guy) : ...annuel.
M. Bouazzi : Vos
prévisions n'ont pas changé deux ans plus tard?
M. LeBlanc
(Guy) : Je suis encore plus ambitieux.
M. Bouazzi : OK.
Peut-être quelques questions de... sur les questions de gouvernance. Vous savez
comme moi qu'un de vos experts en batterie est passé au privé, du côté de GM,
qu'il aide pour ce qui concerne l'usine de Bécancour.
La semaine dernière, on a appris qu'il a tenté de contacter un certain nombre
des employés d'Investissement Québec et qu'il a... Il y a eu une communication,
une directive qui interdisait aux gens d'Investissement Québec d'échanger avec
lui. Qu'est-ce que demandait M. Thibault aux anciens collègues
d'Investissement Québec?
M.
LeBlanc (Guy) : Bien, on n'a pas eu la chance de le savoir parce qu'il
y avait interdiction de lui parler et interdiction de l'écouter aussi. Il ne
pouvait pas... il ne pouvait pas agir. Et on l'a... on lui a tout de suite
mentionné qu'il devait respecter notre code d'éthique, et ça s'est... ça s'est
terminé à ce niveau-là. Notre code d'éthique prévoit que tu ne peux pas t'impliquer si tu connais... Si tu as des
connaissances qui ne sont pas du domaine public, tu ne peux pas
t'impliquer dans une transaction ou dans des opérations qui touchent ces
questions-là.
M. Bouazzi : Là,
vous parlez des employés actuels.
M. LeBlanc (Guy) : Je parle et de l'employé
qui a quitté... bien, je parle de l'employé qui a quitté, de M.
Thibault, il ne peut pas. Et les employés
qui sont à l'emploi d'Investissement Québec doivent respecter le même code
d'éthique...
M. Bouazzi : Oui.
Donc, juste...
M. LeBlanc
(Guy) : ...et ne pas parler à quelqu'un qui a quitté.
• (15 h 30) •
M. Bouazzi : Je
comprends, je comprends très bien. Donc, juste pour être sûr, il a demandé à
parler à des... de ce qu'on a lu dans le
journal, peut-être que ce n'est pas vrai, à des employés d'Investissement
Québec, mais il n'a rien demandé, techniquement, en tout cas. Vous
n'êtes... Vous ne savez pas ce qu'il aurait demandé à ses ex-coéquipiers?
M. LeBlanc
(Guy) : Non, et il ne faut pas croire non plus tout ce qui est
rapporté dans certains journaux. Parce
qu'ils parlaient de numéro... le numéro un de la filière batterie
d'Investissement Québec quitte pour GM. Il n'était pas le numéro un de
la filière batterie. On a une excellente équipe en place. J'ai dit, dans un
autre média, qu'il faisait partie, en langage de hockey... qu'il faisait partie
des deux premiers trios et qu'il ne jouait pas au centre.
M. Bouazzi : Mais
donc il avait quand même, entendons-nous, accès à de l'information privilégiée,
quand il était à Investissement Québec, sur ce qui touche aux batteries. Et c'est un des
malaises qu'on a pu lire et peut-être un... un malaise que je partage. C'est qu'évidemment cette information-là, eh
bien, il l'a avec lui, et c'est un fait. Et actuellement il travaille
avec une compagnie qui a... reçoit de l'argent d'Investissement Québec sur la
filière où il travaille...
M. LeBlanc
(Guy) : Mais je suis... je suis très heureux qu'il travaille avec
l'équipe de GM. Ils ont...
M. Bouazzi : Non,
je comprends, je comprends. Mais l'idée...
M. LeBlanc
(Guy) : Ils ont embauché une excellente ressource, et ça va aider à
faire progresser le...
M. Bouazzi : Je
comprends parfaitement. C'est juste, qu'il soit numéro 1 ou
numéro 12, le problème revient au même
sur la question de cet accès à l'information. Est-ce qu'il y a des financements
qui, d'un point de vue gouvernance, d'un point de vue délégation d'autorité,
doivent monter jusqu'au bureau du ministre pour être autorisés?
M. LeBlanc
(Guy) : Il y a... Il y a deux portions chez Investissement
Québec : il y a les fonds propres et le Fonds
de développement économique pour lequel on est mandataires. Alors, pour la
portion fonds propres, la décision finale
se prend au niveau d'Investissement Québec, et l'autorité ultime est le conseil
d'administration d'Investissement Québec.
Pour le Fonds de développement économique, et le Fonds de croissance des
entreprises du Québec aussi, et Capital ressources naturelles et énergie, on est mandataires. Alors, c'est nous
qui faisons l'analyse, on fait la recommandation, mais ultimement, selon la nature du dossier et des
montants concernés, ça va soit au ministre, soit au Conseil des ministres.
M. Bouazzi : Est-ce qu'il est déjà arrivé qu'on vous demande de
reconsidérer votre recommandation ou alors qu'une décision soit... Bien,
commençons par celle-là, déjà : Est-ce qu'il est déjà arrivé que vous
arrivez avec une recommandation... dit : Continuez à faire vos travaux et
puis revenez-nous avec une autre recommandation?
M. LeBlanc
(Guy) : Ça s'est peut-être fait dans le passé, mais pas depuis quatre
ans. Et il y a des discussions qui peuvent avoir lieu, il y a des précisions
qui peuvent être apportées, des éléments qu'on ne connaissait pas, qu'on va
valider avec l'entreprise concernée, et, s'il y a lieu de modifier, on va
modifier. Mais, sur demande politique de modifier des recommandations... Ça a
été... Ça a été entendu dès le départ. Et on a... on a un protocole, qui n'est
pas encore signé mais qu'on respecte, entre le ministère et Investissement
Québec justement pour, entre autres, protéger la réputation d'Investissement
Québec.
M. Bouazzi : Donc,
il n'est jamais arrivé qu'une décision aille à l'encontre d'une recommandation
qui a été faite au ministre, au bureau de ministre?
M. LeBlanc (Guy) : Mais c'est... c'est le
droit le plus... le plus total du ministre et du Conseil de ministres
de...
M. Bouazzi : Je
suis d'accord avec vous.
M. LeBlanc (Guy) : ...de prendre la
décision finale...
M. Bouazzi : Je
suis d'accord avec vous que c'est son droit. Et c'est pour ça que je vous pose
la question.
M. LeBlanc (Guy) : Mais, à ma connaissance...
M. Bouazzi : Est-ce qu'il a déjà
fait appel à cette prérogative et donc pris une décision qui va à l'encontre de
la recommandation qui lui a été faite?
M. LeBlanc (Guy) : À ma
connaissance, il n'y a pas de dossier où on a fait une recommandation et que le
ministère ou le Conseil des ministres a modifié la décision.
M. Bouazzi : Combien il me reste de
temps, Mme la Présidente?
La Présidente (Mme D'Amours) : Il
vous reste 49 secondes.
M. Bouazzi : Est-ce que je pourrais
les reporter, s'il vous plaît?
La Présidente (Mme D'Amours) : Bien
sûr. Bien sûr.
M. Bouazzi : Merci beaucoup.
La
Présidente (Mme D'Amours) : Nous revenons avec l'opposition officielle. Député
de Marguerite-Bourgeoys, la parole
est à vous.
M. Beauchemin : Merci, Mme la
Présidente.
Donc, je
reviens, là, sur le sujet que j'ai conclu lors de mon premier bloc. Donc,
l'étude de McKinsey, qu'Investissement Québec a octroyée, donc, à
McKinsey, est-ce qu'elle a modifié ou confirmé les premières visions que le
ministère et vous aviez de la filière batterie?
M. LeBlanc (Guy) : Ce qu'on se
disait au départ... Et on avait avec nous M. Karim Zaghib, qui était à Hydro-Québec,
au centre de recherche, qui a travaillé, qui est un expert du domaine de la
batterie, qui est reconnu de façon internationale, qui a fait des recherches
sur la batterie pendant 40 ans. C'est une sommité mondiale dans le domaine. On se disait qu'on avait la possibilité
d'établir au Québec, de la mine, jusqu'à la cellule, jusqu'à la batterie
et son recyclage... qu'on pouvait avoir la
chaîne complète au Québec. On a demandé à McKinsey de voir, de valider
est-ce que c'est envisageable d'avoir cette chaîne au complet, et pourquoi des
gens viendraient au Québec pour construire leurs batteries, et quelle est la
proximité du marché, des clients.
Alors, ce
que... Volkswagen... ce que McKinsey, pardon, nous a permis de voir, de
confirmer, c'est qu'à l'intérieur d'un rayon de
1 500 kilomètres ou à peu près, ce qui est économiquement rentable
pour le déplacement des... que ce soient des cathodes, des anodes ou des
cellules, que c'est tout à fait raisonnable et qu'on touchait le deux tiers ou
à peu près des manufacturiers automobiles américains. Et on avait aussi à proximité
l'Ontario. Donc, cette filière-là, c'est envisageable. Mais ce qu'ils nous
disaient, c'était : Écoutez, concentrez-vous... La plus grande portion de
la... de la valeur de la cellule, c'est 40 % pour la cathode et à peu près
20 % pour l'anode, alors, déjà, si vous avez ces deux composantes, vous allez aller chercher une bonne portion de la
valeur ajoutée de la batterie. Alors, on s'est concentrés là-dessus,
mais avec toujours en tête d'attirer éventuellement un cellulier. Et on
travaille là-dessus.
M. Beauchemin : Est-ce que ça, ça
faisait partie aussi de l'étude de McKinsey, de savoir quelles sont les
conditions gagnantes pour aller chercher, justement, un cellulier?
M. LeBlanc
(Guy) : Oui, tout à fait, sur quel... sur quel élément on devait...
on devait mettre l'emphase, ce qui nous
différenciait. Et ils n'ont... ils nous ont donné aussi accès, si une... si une
cathode, si une anode, si une cellule était fabriquée au Québec, comment
ça se comparait avec différents États américains et avec le reste du monde
aussi. Et c'était... On se différenciait pour l'Amérique du Nord, assurément.
Il y avait seulement la Chine qui représentait un élément plus concurrentiel en
termes de coût. Mais, par rapport au marché nord-américain, le Québec était l'endroit
privilégié qu'on avait... qu'on...
M. Beauchemin : Dans le marché...
dans le marché nord-américain?
• (15 h 40) •
M. LeBlanc (Guy) : Dans le marché
nord-américain, à cause de nos minéraux critiques, à cause de l'énergie, à
cause de la main-d'oeuvre qualifiée et à cause de la proximité du marché aussi.
M.
Beauchemin : Donc, les conditions essentielles pour le succès
avaient été identifiées. Ça prend du courant, la main-d'oeuvre, des
minéraux essentiels, les terrains, j'imagine, pour s'installer, tout ça?
M. LeBlanc (Guy) : Oui, l'espace. Et
Bécancour était un port en eaux profondes, un parc industriel qui était
essentiellement libre, alors c'était aussi... ça faisait partie des conditions
gagnantes.
M. Beauchemin : Cette
étude-là, la chronologie de la demande de l'étude, est-ce que vous avez une
date à peu près pour nous?
M. LeBlanc (Guy) : Tout ça... Je
suis arrivé en poste en avril 2019. Une de mes priorités, c'est... C'est sûr
que mes priorités étaient reliées à la fusion de toutes les organisations qui
allaient se joindre à Investissement Québec et
de faire évoluer la culture aussi. Il y avait la filière batterie puis il y
avait aussi les zones d'innovation que je souhaitais qu'on mette en place durant ce mandat. Alors,
c'est clair que... Puis le ministère nous a donné le mandat : Allez de
l'avant, faites le démarchage, mais il faut faire le démarchage avec les bons
outils. Et c'était... Cette étude de McKinsey nous permettait d'avoir ces
outils. Et on a embauché aussi une firme... une firme externe qui a fait de la
sollicitation dans le marché, qui a préparé toute la documentation avec l'aide
de l'étude de McKinsey.
M. Beauchemin : Un genre de plan
d'affaires, quelque chose comme ça. Et puis donc vous... Vous allez me trouver
fatigant, là, mais approximativement, la date, c'est en 2019? En 2020? En
première moitié?
M. LeBlanc (Guy) : À l'automne, à
l'automne 2019, on a, de mémoire, là, il me semble, c'est... c'est vers ce
moment-là, c'était avant la pandémie
assurément, automne 2019, on met en place le comité de pilotage. Et
Investissement Québec est au... essentiellement au coeur de ça à cause du
démarchage qu'on fait. Et on prend la responsabilité, au quotidien, de faire avancer la filière avec le
ministre de l'Économie et d'Innovation, avec... et le sous-ministre, avec
le ministre des Ressources naturelles,
Jonatan Julien à l'époque, et de l'Énergie, et la présidence, et quelques
conseillers d'Hydro-Québec. Parce que la filière batterie sans Hydro-Québec, ce
n'était pas possible. Alors, on a mis en place, donc, deux ministères, deux
sociétés d'État, et on s'est mis à travailler ensemble, à préparer qu'est-ce
qu'on était en mesure d'offrir comme énergie
selon les différents endroits, est-ce que Bécancour pouvait accueillir autant
de joueurs éventuels avec la capacité
énergétique qu'il y avait en place et quelle serait la séquence pour augmenter
les mégawatts à travers les années.
Et le plan de match correspondait aux besoins des entreprises au fur et à
mesure qu'on les approchait, là.
M. Beauchemin : Et donc, léger
détail, ça a été, pour aller chercher justement cette offre-là, puis cette
offre de... cette étude-là, de McKinsey, c'est une offre publique, un processus
public où est-ce que les gens, les firmes ont pu compétitionner pour vous
offrir une étude de ce genre ou...
M. LeBlanc
(Guy) : Non. On est allés à une entente gré à gré à cause
de leur expertise dans le domaine, et on voulait bouger rapidement. Et
ça rencontrait les normes, dans les 400 quelques mille dollars, là. On n'avait
pas besoin d'aller en appel... en appel d'offres.
M.
Beauchemin : Donc, c'est... c'est le coût approximatif, là, 400
quelques mille dollars, que ça... que l'étude a coûté?
M. LeBlanc (Guy) : Combien ça a
coûté?
M. Beauchemin : 400 quelques mille,
vous avez dit. C'est ça?
M. LeBlanc (Guy) : Oui.
M. Beauchemin : Parfait. OK. Donc...
Et, étant donné que l'appétit pour ce genre de batterie là dépasse grandement, là, ce que Bécancour est capable de
produire dans le 1 500 kilomètres, à quel moment vous vous êtes
rendu compte que les limites de capacité de
courant, finalement, allaient réduire l'aspiration... Je sais qu'on a réalisé
quelque chose, mais quand est-ce qu'on s'est
dit : Bon, bien, OK, c'est le maximum qu'on va pouvoir faire, ça va être
ça parce que, «that's it», c'est juste ça qu'on a de courant?
M. Fitzgibbon : Je vais prendre
la... Je vais prendre la réponse, puis Guy pourra compléter après.
Bien, premièrement, on retourne en arrière un
petit peu, là. On était en 2019. Premier voyage que j'ai fait avec le sous-ministre. À ce moment-là, de l'énergie,
on en a en masse. Il n'y a pas d'enjeu. Alors, nous, on n'est même pas soucieux de ça. Le mot «mégawatt», sur nos
«decks», n'était même pas présent, autre que de vendre, effectivement,
que nous avions l'énergie renouvelable.
Bon, le
démarchage, comme vous savez très bien, ça prend du temps. Alors, c'est
probablement, je dirais, début 2022, quand on a regardé le
potentiel que nous avions à Bécancour et à l'extérieur de Bécancour, on a
commencé, au ministère, à compiler les mégawatts potentiels. Parce que nous
avions un enjeu pour le transport dans une région : on avait l'enjeu de la
source énergétique. Et là on a commencé, en 2022, à réaliser : Woups!
Peut-être qu'il va y avoir des enjeux, il va falloir faire des choix.
Alors, très rapidement, à ce moment-là, je
dirais, là, à partir du mois de mars 2022, on a commencé à dire : OK, on
va devoir commencer à trianguler pour voir où on peut mettre les joueurs,
comment on va le faire. Et, à ce moment-là, on a commencé à intégrer
Hydro-Québec Exécution avec le ministère pour voir : OK, qu'est-ce qu'on
peut faire et pas faire pour qu'Investissement Québec puisse démarcher des
projets qui peuvent être exécutés. Alors, ça, je te dirais... ça, je vous dirais, c'est arrivé probablement, là, quelque
part au printemps 2022, qu'on a commencé à réaliser : Woups!
Il va falloir faire attention.
M.
Beauchemin : Donc, McKinsey ne vous
avait pas donné l'avertissement : Il va y avoir une limite de jus à
un moment donné, là, dans le projet parce que...
M.
Fitzgibbon : Non. Mais McKinsey sont... sont... On est en 2019,
là. On est en... Le mandat a été donné quelque part à... premier,
deuxième trimestre, troisième trimestre. Moi, j'ai fait mon voyage en décembre
2019, «mégawatt» n'était même pas dans
l'adéquation. Nous avions l'énergie renouvelable. McKinsey, son travail n'était
pas du tout ça parce que ce n'est pas
des électriciens. McKinsey, c'était de dire quelles sont les valeurs qu'on peut
vendre à l'international. C'était le... Ce n'était pas... Le mandat ne
débordait pas de ça.
M. Beauchemin : Non. C'est juste que
je comprenais que l'étude avait démontré quels étaient les éléments et
conditions essentiels pour gagner, les conditions gagnantes pour gagner le
pari, là. Le projet était emballant initialement, en 2019, il y avait déjà des
voitures électriques sur les routes, etc. On avait donc une idée que, tu sais,
ça allait faire quelque chose comme ça. Donc, il fallait comme quand même avoir
cette vision-là. Mais j'ai... j'ai cru comprendre tantôt que McKinsey avait
quand même donné la liste des conditions gagnantes que ça prendrait pour
pouvoir répondre à cette demande nord-américaine en dedans de
1 500 kilomètres de Bécancour. Ça fait que c'est pour ça que je me
pose la question : Est-ce qu'il y a-tu eu ou il n'y a pas eu cette analyse
de la part de McKinsey à savoir le courant que ça prendrait?
M.
Fitzgibbon : Mais, encore, je vais revenir à la base. L'offre
que nous avions anticipée, l'offre qui était... En fait, Hydro-Québec, à
ce moment-là, en 2019, les comités qu'il y avait, jamais on a identifié qu'il y
avait un problème. Parce qu'à l'époque il y
avait des surplus, alors ça n'a pas été une considération. Évidemment, le
succès que nous avons eu a causé une réflexion. Alors, en 2019, oui, il
fallait avoir l'électricité, c'est clair, parce qu'on vendait le projet comme étant, à la base, de l'énergie
renouvelable, pas du gaz naturel, pas du nucléaire, mais... Et on est
partis avec ça. Puis le mandat n'a pas été déterminé pour déterminer que :
On a 1 000 mégawatts, qu'est-ce qu'on fait? Ce n'était pas ça du
tout. Ce n'était pas dans l'équation. Mais, en 2022, on a commencé à réaliser
que...
Puis, à ce jour, on n'a pas refusé de projets
autres que celui de Volkswagen, qui était démesuré. Les autres projets, on est
capables de les faire. Alors, tout... tout est sous contrôle.
M. Beauchemin : OK. J'essaie juste
de me mettre dans le temps. Puis pourtant ce n'est pas... il n'y a pas si
longtemps, là, 2019. Ce n'est pas... C'est hier. Donc, si je comprends bien,
dans le fond, là, c'est que, quelque part à un moment dans ce processus-là,
dans l'équipe, on s'est retournés, on est allés voir Hydro-Québec, on a dit,
OK, le genre de projet qu'on aimerait faire, Hydro-Québec a dit : Oui,
cool, pas de problème, il y a du «supply», là, puis allez-y. Grosso modo, là,
je la résume, là, mais c'est-tu à peu près ça qui a été dit? Puis là,
finalement, par la suite, Hydro-Québec a... Ah! bien non, attendez, décarboner
le Québec, ça, c'est...
M. Fitzgibbon : Bien, il faut... il
faut retourner un peu en arrière. Puis demain, l'étude de crédits, vous n'êtes
pas là? OK. C'est votre collègue. Mais vous écouterez la télévision.
Il faut comprendre, l'histoire du Québec, depuis
2000, il y a eu un projet de 50 mégawatts et plus, c'était Canadian Malartic. Alors, on est en 2019, là. Il
n'y a même pas d'enjeu, pour Hydro-Québec, d'énergie. Puis il y a de l'énergie disponible dans les deux piscines en
haut. Alors, il n'y a jamais été question... Puis on a... on a... Puis, a
posteriori, on a fait la bonne chose. 400 000 $, avec McKinsey, tu ne
vas pas bien loin, là. Ça fait que nous, on focalisait sur les affaires
importantes. Et, à ce jour, nous avons été capables de prendre les projets. On
a parlé de 4 à 8 milliards, là. Bon, il
y a Volkswagen, on... la semaine passée, on peut en parler si vous voulez, mais
autres que Volkswagen, qui était démesuré,
il n'y a eu aucun problème. Alors là, il faut travailler très fort, par contre,
avec Hydro-Québec pour voir comment est-ce qu'on va séquencer des
nouvelles énergies. Alors, ce n'était pas dans le mandat, puis heureusement,
d'ailleurs.
• (15 h 50) •
Une voix : ...
M.
Beauchemin : Je ne suis pas... Je ne suis pas... Excusez, deux...
Je ne suis pas... Je ne suis pas en train de... Je ne cherche pas du
tout... J'essaie juste de comprendre. Parce que ça aurait pu être aussi avec
Volkswagen, s'il y avait eu une vision de la part... Parce que je... je
comprends maintenant que la source d'information, pour se baser sur la quantité de pouvoir hydroélectrique disponible, ce
n'était qu'Hydro-Québec. Puis la réponse à... La question aurait
été : Il n'y a pas de problème, si je comprends bien, là, à la question.
M.
Fitzgibbon : D'une part. Puis, d'autre part, aussi il faut
comprendre qu'à l'origine la stratégie que nous avions mise en place,
c'était de... en amont jusqu'en aval. Et on commençait par nos mines, première
conversion, deuxième convection, CAM, pCAM,
cathode, anode. Alors, ça, ce périmètre-là, on avait assumé à juste titre que
nous avions l'électricité.
Quand on arrive dans les celluliers, qui est une
autre patte de la chaîne de valeur qui n'était pas, à l'origine, dans notre
radar... Parce qu'on voulait bâtir la pérennité. Quand on parle de celluliers,
effectivement, il y a un enjeu important sur l'énergie qui va faire en sorte,
comme j'ai dit l'autre fois, qu'il va y avoir, on espère, un cellulier au
Québec, mais il n'y en aura pas deux.
M.
Beauchemin : Mais la question, donc, à Hydro-Québec, je m'excuse
d'être insistant là-dessus... mais la question à Hydro-Québec, elle a été de
savoir si les deux premiers volets, il y avait assez de jus pour faire ça, pas
de savoir, si un cellulier arriverait avec des gros
sabots, ça va prendre beaucoup de jus, ça, ça va prendre plus de jus, est-ce
qu'on a ça aussi. Donc, si je comprends bien, la question à Hydro-Québec a
été : Les deux premières étapes... Il y a-tu assez de courant pour les
deux premières étapes?
M.
Fitzgibbon : La... Vous avez raison, la stratégie du gouvernement en
termes de la filière batterie était et est toujours de dire : Assurons une
pérennité sur bâtir un campus qui va produire les composantes de batteries. Et
ça, on était confortables que nous avions l'énergie. On l'est encore.
Maintenant, le succès
amène du succès. Est-ce qu'on aura un jour un voiturier, quelqu'un qui va faire
des voitures, peut-être l'assemblage? On
va-tu avoir un cellulier? On l'espère. Alors, c'est sûr que, là, la donne a
changé. Mais on a le temps, je pense,
avec Hydro-Québec, puis on va en parler demain, on a le temps de travailler
avec Hydro-Québec pour bâtir la nouvelle énergie pour se rendre jusque
là. Mais le mandat original de McKinsey, le gouvernement du Québec, la stratégie qu'on aura mise en place,
qu'on a exécutée, c'était bâtir le campus pour les batteries, les
matériaux de batteries, ce qu'on avait... qu'on était capables de faire puis
qu'on peut encore faire.
M. Beauchemin :
Ce n'est pas une question champ
gauche, là, mais, dans le même domaine, la demande dans le marché nord-américain, dans le
1 500 kilomètres, pour, disons, les 15 prochaines années en
termes de batteries produites, là, je parle, là, est-ce que c'est une
fois Volkswagen, deux fois Volkswagen, trois, quatre, cinq, 10 fois
Volkswagen?
M.
Fitzgibbon : Écoutez, je vais répondre, puis Guy pourra complémenter.
Nous avons
présentement une situation où l'anticipation de la croissance des véhicules
électriques est telle qu'en Amérique du Nord la demande va très vite, et il va
fort probablement y avoir cinq, six, sept, huit, neuf, 10 celluliers qui vont s'installer en Amérique du Nord, États-Unis,
Canada confondus. On a parlé évidemment du programme du IRA aux
États-Unis, qui a un impact important sur la localisation. Donc, c'est clair
qu'il y a une... il va y avoir une croissance importante du nombre de
celluliers dans les prochaines années.
Je ne sais pas,
Guy...
M. LeBlanc
(Guy) : Bien, au niveau... Les minéraux les plus critiques, ça va
être... c'est le lithium et le nickel. Et on
est... on est choyés d'avoir ces minéraux-là au Québec. On va les transformer.
Et, en termes de demande, toutes les analyses disent qu'on va être... le
marché va être en manque, les... vont être en manque de cellules, donc cathodes, anodes. On va être capables de fournir
un cellulier qu'on aurait chez nous et on va être capables de fournir
des celluliers, que ce soit l'Ontario ou dans le reste des États-Unis.
La Présidente (Mme D'Amours) : Merci.
Merci beaucoup. Nous allons passer maintenant sur le côté
gouvernemental. Et je cède la parole à la députée de Jean-Talon.
Mme Boutin : ...Présidente.
Puisqu'on
parle d'Investissement Québec et de projets qui viennent ici, au Québec, j'aimerais
ça revenir sur... surtout que, bon, M. LeBlanc, vous étiez pas mal à la
barre de cette réforme-là, la réforme d'Investissement Québec mais notamment
sur son rôle à l'international, parce que c'est un volet que je pense qui est
superimportant pour le Québec, faire venir des investisseurs étrangers, mais
aussi soutenir l'exportation du Québec, parce qu'on ne peut pas vivre, là, en isolation, on s'entend, au Québec,
donc, est-ce que vous pourriez parler des changements qui ont été faits depuis 2019 puis le rôle, justement,
d'Investissement Québec International par rapport à l'attraction
d'investisseurs étrangers?
M. LeBlanc
(Guy) : ...Investissement Québec International a vraiment pris son
envol avec cette refonte d'Investissement Québec, avec l'arrivée, entre autres,
d'Export Québec, pour nous rendre bidirectionnels. Et on regarde simplement les
résultats d'exportation depuis... Si on compare... l'année 2022 à
l'année 2019, la croissance des
exportations du Québec est de 23 %. C'est... C'est spectaculaire. Bon, il
y a eu évidemment les années de pandémie, mais maintenant, on est... on
a une croissance de l'ordre de 23 %, de... en termes de biens, de
marchandises, là. On était à
92 milliards, à peu près, puis on est à 112, 113 milliards
fin 2022. Alors, le volet Exportation a explosé. Et notre rôle...
On calcule notre contribution non pas par les exportations totales, mais par
les ventes fermes. Et, les ventes fermes, c'est les compagnies qu'on accompagne
et qui réalisent des ventes suite à cet accompagnement.
Alors, quand Export
Québec s'est joint à nous, l'ordre de grandeur des... ventes fermes, pardon,
était d'entre 750 millions et 1 milliard par année. Et je vais
peut-être dévoiler des résultats qu'on est supposés annoncer bientôt, mais on
peut multiplier par trois le chiffre aujourd'hui.
Mme Boutin : Puis
est-ce que c'est dans... certains secteurs stratégiques ou c'est pas mal...
Est-ce que vous avez... Est-ce que vous visez certains secteurs pour stimuler
l'exportation?
M. LeBlanc
(Guy) : Historiquement, Export Québec faisait surtout de
l'accompagnement pour les petites... petites, moyennes entreprises et les
aidait à établir leur plan d'affaires. Et la contribution se faisait davantage
par une contribution financière, alors qu'aujourd'hui c'est seulement 25 %
de notre... de notre accompagnement qui se fait par la contribution financière.
C'est vraiment de les mettre en contact.
Pour
répondre à votre question précisément, on a décidé de mettre l'emphase... on
continue à servir les PME, mais on a
décidé de mettre l'emphase sur les secteurs stratégiques pour... Puis on aide
autant des BRP, des CAE ou des CGI que des petites entreprises de la
Côte-Nord.
Mme Boutin : Puis,
en termes d'investissements étrangers... parce que j'ai vu un article, là, que
vous aviez... une entrevue que vous aviez
faite l'année dernière, là, on parlait justement des investissements étrangers
qui ont quand même augmenté, là, considérablement, depuis, je pense,
2019. Là, je n'ai pas les chiffres. Peut-être que vous les avez pour 2022-2023,
là?
M. LeBlanc (Guy) : Bien, de mémoire,
on était aux alentours des 2,83 milliards en 2019, l'année dernière, on
était à 4,6, et, cette année, je ne veux pas dévoiler le chiffre qu'on va
annoncer bientôt, mais ça va être une augmentation spectaculaire. Et ça
n'inclut pas la filière batterie.
Mme Boutin : OK. Bien, est-ce que
vous la traitez à part, la filière batterie? Parce que j'ai vu sur votre site, là, bon, là, il y a technologies de l'information,
c'est quasiment 42 %, plus de 40 % des investissements, là, il y a
industries manufacturières, sciences de la vie, transport terrestre,
aérospatiale, agroalimentaire, mais je me posais la question, là, tout ce qui
était secteur plus énergétique, là.
M. LeBlanc (Guy) : Tant qu'une
transaction n'est pas... n'est pas complétée, ça ne fait pas partie de nos
résultats. Alors, c'est pour ça que je dis que ça n'inclut pas la filière
batterie en grande partie, là, de ce qui pourrait se matérialiser
prochainement. Mais il y a effectivement beaucoup de... beaucoup de travail. On
se concentre sur nos secteurs stratégiques et des joueurs qui, en termes de
demande énergétique, ne sera pas... ne seront pas de grands consommateurs
aussi.
Mme
Boutin : Oui. J'imagine que, bien, avec la discussion qu'on
vient d'avoir, là, sur les choix, là, en termes d'énergie, c'est assez
important. Mais ça m'amène à ma question : Est-ce qu'il y a des... C'est
quoi, vos objectifs stratégiques pour les
prochaines années? Est-ce que c'est simplement par secteurs? Par, bon,
justement, là, consommation énergétique?
• (16 heures) •
M. LeBlanc (Guy) : Il y a... Il y a
toujours nos secteurs stratégiques qui demeurent, mais ça va être de jouer un
rôle aussi avec les zones d'innovation. Pour que les zones d'innovation
fonctionnent, c'est important d'avoir des investissements privés. Et, ces
joueurs privés, bien, ils seront du Québec, mais ils seront aussi de
l'international. Et on veut les intégrer
également dans la filière batterie. Alors, ce sera un rôle que jouera
Investissement Québec International, d'une part. Et on a ciblé un
certain nombre d'entreprises d'impact.
Et on veut... Et il y a des enjeux de chaînes
d'approvisionnement. On veut cibler des joueurs qui pourraient venir produire
ces produits en demande, là, au Québec. Et on travaille aussi à rapatrier... Ce
n'est pas nécessairement avec l'équipe internationale, mais une équipe
internationale donne un coup de main aussi avec... on a une nouvelle équipe qui
fait de l'achat québécois. Et on essaie de rapatrier au Québec aussi des
entreprises québécoises qui ont des divisions ou des filiales à l'international
pour produire au Québec.
Mme Boutin : Donc, vous avez une
politique d'achat québécois également?
M. LeBlanc (Guy) : Également.
Mme Boutin : Ah! c'est bien. Moi,
j'ai une petite question par rapport à justement comment est-ce que ça s'arrime, le rôle d'Investissement Québec avec
justement les délégations internationales du... les Maisons du Québec,
et tout ça. Parce qu'il y a quand même un bon virage, là, tu sais. C'est...
C'est beaucoup plus économique maintenant. Puis comment est-ce que vous
travaillez ensemble maintenant?
M. LeBlanc (Guy) : Très bien. Très,
très bien. J'arrive de... J'arrive d'une tournée en Corée du Sud et j'étais au
Japon l'année dernière, et nos équipes... nos équipes export, attraction et du
ministère travaillent très, très bien ensemble. Et les gens qui ont les
meilleurs contacts le font au profit du Québec. Et c'est... Et c'est...
Lorsqu'on est en mission, par exemple, avec des entreprises... avec des
entreprises québécoises pour l'exportation, bien, on ne sait pas qui... on ne
sait plus qui est export, attraction ou ministère, les gens, vraiment,
travaillent très bien ensemble.
Mme Boutin : Bien, ça, c'est
vraiment une excellente nouvelle, puis je peux dire que les... Je fais quand même pas mal de missions pour l'Assemblée
nationale, mais j'en ai fait une aussi pour l'économie avec... aux États-Unis,
puis les autres provinces canadiennes nous envient énormément, là. Elles
essaient d'ailleurs de s'inspirer de nous, là, l'Alberta, notamment, là. Donc,
c'est superintéressant. Puis, je me souviens, avant même d'être élue, je
travaillais avec le chef de cabinet à l'Économie, comme cheffe de cabinet, puis
on avait eu cette discussion-là, dire : Tu sais, les entrepreneurs, quand ils s'en vont à
l'international, ils ne veulent pas juste de l'argent pour se faire financer
les missions, là. Ils veulent des contacts, un réseau pour exporter,
pour développer leur marché, leur distribution, mais aussi des partenaires
d'implantation. C'est tout ça qu'ils recherchent, puis je pense qu'il manquait
un petit peu de ça. Ça fait que j'en comprends que c'est... ça fait partie de
votre travail, là, dans vos équipes, là.
M. LeBlanc (Guy) : En fait, la plus
grande différence, je dirais, c'est la cohésion. Depuis que le projet de loi a
été... est passé en loi... la loi d'Investissement Québec, ça nous a donné la
possibilité de réunir tous les joueurs de l'écosystème,
que ce soit Montréal International, Québec
International, que ce soient les gens
du ministère des Relations internationales aussi,
et on se rencontre sous la direction d'Investissement Québec International. On
se rencontre de façon périodique, là, à
chaque... je pense que c'est chaque mois ou chaque deux mois, pour, justement,
déterminer les missions, les angles
d'attaque et de quelle façon on peut justement être bidirectionnels dans nos
démarches, comment aider les
entreprises du Québec à l'international et vice-versa, que ça soit au niveau de
la chaîne d'approvisionnement ou que ça soit en attraction
d'investissements purement, là, pour une filière stratégique.
Mme Boutin : Est-ce que...
La Présidente (Mme D'Amours) : 12 secondes,
Mme la députée.
Mme Boutin : Ah bon! Bien, merci
beaucoup, M. Leblanc, pour vos réponses. Vraiment, je vous souhaite le meilleur
des succès pour le Québec.
La Présidente (Mme D'Amours) : Merci.
Nous allons maintenant procéder à la période d'échange avec le député de
Marguerite-Bourgeoys.
M. Beauchemin : Mme la Présidente,
merci beaucoup. Donc, juste revenir à ce qu'on disait tantôt à propos des
batteries. Si j'ai bien compris, vous avez conclu en disant qu'on a assez
d'anodes puis la capacité de produire des cathodes de façon suffisante pour
nourrir la demande nord-américaine dans le 1 500 kilomètres, là, que
ce soit 10 fois l'équivalent de Volkswagen. Est-ce que c'est bien ce que
j'ai compris?
M. LeBlanc (Guy) : Ce que j'ai dit,
c'est qu'il y avait une demande pour nos produits, il n'y avait pas de question
à se poser par rapport à ça, mais est-ce qu'on va être capables d'être le seul
fournisseur? La réponse est absolument pas.
M. Beauchemin : OK. Selon vous, on
s'attend à pouvoir être, OK, 10 fois la...
M. LeBlanc (Guy) : Notre part de
marché?
M. Beauchemin : 10 fois Volkswagen,
ce serait quoi, notre part de marché?
M. LeBlanc (Guy) : Je ne peux pas
vous répondre.
M. Beauchemin : Non?
M. LeBlanc
(Guy) : Je pourrais... Je peux vous revenir avec une
réponse éventuellement, mais, du tac au tac, comme ça, là...
M. Beauchemin : Comme ça, là...
Bien, j'apprécierais. C'est juste pour me donner une idée, parce que, dans le fond, de... ça découle... parce que, par la
suite, comme vous avez sûrement dû être mis au courant, il y a eu cet
éveil national sur la décarbonation du Québec puis que ça, ça allait nous
demander une demie Hydro-Québec de plus juste pour
satisfaire la décarbonation. Et donc, avec la demande, on en arrive... on est
coche-coche, il n'y a plus de place pour rajouter... et donc ça veut dire qu'on va être limités à cause de ça.
C'est un peu la conclusion, là, de toute cette conversation-là,
nationale, qu'on semble avoir. Donc, ma question, c'est de savoir quelle part
potentielle de marché avons-nous puis qu'est-ce que ça pourrait représenter
comme perte économique ou perte d'opportunité économique, grosso modo.
M. LeBlanc (Guy) : Bien, ça fait
partie de notre stratégie aussi, d'investir dans les énergies renouvelables, et
c'est ce qu'on va faire avec les joueurs
locaux, et, en termes d'éoliennes, en termes de solaire, tout ce qu'on va
pouvoir produire, additionnel, va être... va être favorisé. Maintenant, il n'y
a pas seulement la filière batterie, et on n'est pas en train de dire qu'on va
épuiser... puis je vais laisser le ministre de l'Énergie commenter là-dessus,
ce n'est pas mon domaine, mais on n'est pas
en train de dire qu'on va épuiser nos... notre réservoir d'énergie seulement
pour la filière batterie. Il y a
d'autres... Il y a d'autres priorités. Et les technologies propres,
et le secteur manufacturier, pour réduire le gaz à effet de serre, on va continuer à investir dans ce
sens-là, et ça ne nécessite pas nécessairement de l'énergie additionnelle.
Alors, pour décarboner l'économie, ce n'est
pas seulement le secteur du transport, c'est 43 %, 31 %, c'est le
secteur manufacturier, le secteur industriel. Alors, on met l'emphase
là-dessus aussi, et c'est pour ça qu'on a lancé Compétivert.
M. Beauchemin : Je vous amène à un
autre sujet. On a vu l'article au mois de mars dernier, les résultats, là, d'Investissement Québec. Écoutez, j'ai la
page H.35, là, du budget du ministre des Finances, les revenus provenant
des entreprises du gouvernement,
Investissement Québec, projeté pour l'année fiscale 2022-2023, à moins
195 millions de dollars. J'assume
que la communication s'est bien faite entre vous, le ministre de l'Économie et
le ministre des Finances pour que cette information soit valable, j'imagine?
M. LeBlanc
(Guy) : C'était basé sur les résultats après six mois, et
on estimait que ce serait à peu près le même montant. C'est une
estimation simplement pour les fins du budget, et où on va se retrouver, bien,
écoutez, vous avez eu déjà des résultats de différents
fonds d'investissement québécois, ça se situe essentiellement entre un
rendement négatif de 3,5 % à à peu près 9 %. On va se retrouver... On
n'a pas encore les chiffres définitifs. L'audit est en train de se faire, mais on va annoncer ça au mois de
juin et on devrait se retrouver dans cette fourchette, mais du côté... à
l'heure actuelle, là, on prévoit être du côté
des plus performants et non pas du côté des moins performants. Et, si on
considère qu'on a...
On a quand même un portefeuille technologique
important. C'est le secteur qui a été le plus touché par le marché boursier. Si
on considère aussi qu'on prend... Notre mandat est de prendre plus de risques
et de combler les carences dans la chaîne des capitaux, ce qui n'est pas le cas
des autres fonds d'investissement. Alors, si on se situe dans... du côté des
plus performants à l'intérieur de cette année, je dirais que c'est un très bon
résultat dans le contexte marchés boursiers, et ça, c'est un résultat à une
date donnée, c'est une photo qui est prise à ce moment-là, et puis on pourra
s'en reparler dans six mois ou dans 12 mois, là.
• (16 h 10) •
M. Beauchemin : Bien, ça, c'est un
estimé pour l'année au complet, moins 195 millions. Vous, vous parlez de
rendement négatif, de 3,5 % négatif jusqu'à moins 9 %. Ça, c'est
l'ensemble de l'industrie ou c'est ce que vous estimez potentiellement pour...
M. LeBlanc (Guy) : Je dis que les
fonds d'investissement qui ont annoncé leurs résultats jusqu'à maintenant se
situent dans cette fourchette-là et je dis qu'en fin d'année, 31 mars
2023, on devrait normalement... pour l'année, on
devrait normalement se retrouver dans cette fourchette, mais je pense qu'on va
être plus près du 3,5 % que du 9 %.
M. Beauchemin : OK. J'aimerais... C'est
sûr qu'il y a des bonnes années, il y a des moins bonnes années, ça fait... dans... c'est le marché. L'an dernier,
c'était une bonne année. Ce n'est pas tout à fait la même chose cette
année. Vous m'avez expliqué que, grosso modo, c'est votre exposition au secteur
technologique qui est le plus gros... plus grande explication de la performance
négative, là, d'Investissement Québec. Quelle est la proportion de l'allocation
d'actifs dans ce secteur d'activité économique?
M. LeBlanc
(Guy) : Bien, si... En fait, juste, simplement, trois
placements cotés en bourse représentent environ 150 millions de ce
195. Alors, ça a un impact, et on a seulement une douzaine de sociétés cotées
en bourse, et c'est... pour une valeur d'à
peu près 400 à 500 millions. Pour répondre à votre question, côté
technologique, ça représente... dans notre portefeuille de
participation, ça représente à peu près 40 %, grosso modo, alors, sur
notre portefeuille total, je dirais peut-être à peu près 25 %, 30 %.
M.
Beauchemin : 25 %, 30 %, OK. Est-ce que vous êtes
capable de, même... de vous rappeler les top trois moins bonnes
performances?
M. LeBlanc (Guy) : Bien, il y a
Lightspeed, dans laquelle on a pris une position plus importante pour protéger un siège social au Québec, et ça fait
partie de notre mandat, de faire ça, et, avec la position de la Caisse de
dépôt et des fondateurs, ça nous permettait
d'arriver dans la zone des 30 % ou à peu près, Coveo a eu une baisse
importante, et puis, à travers un de nos fonds d'investissement dans Nuvei
aussi. Alors, ces trois placements ont représenté une baisse de valeur.
M. Beauchemin : 150 millions à
peu près...
M. LeBlanc (Guy) : Environ.
M.
Beauchemin : Peut-être une leçon... Quelles sont les grandes
leçons tirées, disons, de ces trois investissements? Moi, j'en avais
listé quelques autres, mais disons que c'est tout dans la même famille, là.
Quelles sont les grandes leçons? L'exercice d'investissement, la prise de
décision d'investissement au début, en amont, puis là évidemment la réalisation
de ce qui s'est passé puis les conséquences... Est-ce que vous pouvez
m'expliquer, disons, le processus d'investissement initial? Quand est-ce que
c'est... Puis je vais revenir avec d'autres questions qui vont suivre, là.
M. LeBlanc (Guy) : Bien, au départ,
ce sont tous les critères d'investissement que vous connaissez sûrement très
bien, là, et tout ce qui est le plan d'affaires, potentiel de croissance,
l'aspect innovateur, la qualité de l'équipe de direction, entre autres. On fait... on fait notre propre analyse. C'est
sûr que la compagnie nous fournit ses données. On fait notre travail
d'évaluation. On fait appel parfois à des firmes externes aussi pour nous
aider. Et, pour ces trois placements, en
l'occurrence, si c'était à refaire, on le referait, et ce n'est pas parce que
les marchés boursiers réagissent à toutes sortes de nouvelles que les
fondamentaux ne sont... ne sont plus là. Alors, pour ces investissements, et si
je regarde notre portefeuille de participation dans son ensemble, il y a peut-être...
il y a moins de... il y a moins de 10 % qui est sous-performant par
rapport aux attentes qu'on avait, mais autrement on est... on est extrêmement
satisfaits, et, encore une fois, les fondamentaux sont toujours là.
M. Beauchemin
: OK, je vais être plus spécifique. Lightspeed, par exemple, est-ce
que vous avez regardé, par rapport aux
pairs, qu'est-ce qu'il y avait en termes de revenus, qu'est-ce qu'étaient les parts de marché? Quelles
étaient les variables de décision pour en arriver à dire : OK, ça, ça
coche toutes les cases, on va y aller de l'avant avec ça? Donc,
il y avait quoi? Il y avait des ventes, il y avait un produit technologique
innovant. Est-ce que vous êtes capable de me donner, grosso modo, là, la
feuille de route qui a fait en sorte que la décision d'investissement a été
prise juste pour Lightspeed, par exemple?
M. LeBlanc (Guy) : Bien, son équipe de
direction a été le premier facteur, avec sa plateforme technologique,
l'originalité du produit, la place dans le marché qu'ils ont réussi à prendre
rapidement, leur... le volet international, les acquisitions qu'ils ont faites,
de quelle façon ils les ont intégrées, et le plan de croissance totalement
crédible, et on est encore à la même place par rapport à ça.
M. Beauchemin :
Est-ce que vous regardiez, donc, aussi les revenus, les marges nettes?
Est-ce que ça faisait partie de l'équation?
M. LeBlanc (Guy) : Dans le secteur
technologique, c'est plus... tu n'es pas... tu n'es pas dans une analyse
comme dans le secteur manufacturier, de RBAIIA et de... c'est davantage... oui,
tu regardes les revenus, la croissance des revenus, et la place que tu occupes
dans le marché, et le potentiel de croissance qui existe, et le caractère
innovateur de leur plateforme, et Lightspeed cochait et coche toujours toutes
ces cases. Alors...
M.
Beauchemin : Bien, vous savez comme... bien, vous savez comme moi
qu'aujourd'hui les...
M. LeBlanc (Guy) : Puis c'est une société
cotée en bourse. Je ne suis pas sûr que je veux m'étendre sur le sujet,
là, trop, trop longtemps.
M.
Beauchemin : Non, non, mais c'est parce que vous savez comme moi
qu'aujourd'hui les marchés, ce qu'ils
veulent, c'est de voir que l'entreprise est en train de faire de l'argent net
ou va en faire dans les prochains trimestres, avec un horizon de temps
qui est... que les investisseurs sont capables de voir. Donc, maintenant, la
mentalité par rapport à novembre 2021, elle
a totalement changé, évidemment, depuis les 12, 13 derniers mois, mais
donc... mais ça reste encore que les
lentilles que vous utilisez pour reconfirmer ces positions-là, c'est donc
produit innovant, croissance dans le secteur, leur part de marché, les
mêmes... les mêmes analyses, les mêmes variables, là, qui étaient mises en
place, là, en 2021, grosso modo.
M. LeBlanc
(Guy) : Totalement, parce que le potentiel de croissance est très
grand, et c'est la raison pour laquelle on regarde davantage la ligne du haut
plutôt que la ligne du bas pour l'instant.
M.
Beauchemin : Avec la position importante que vous avez dans ces
compagnies-là, est-ce que vous avez des sièges à chacun de ces conseils d'administration?
M. LeBlanc
(Guy) : Oui.
M.
Beauchemin : Donc, justement, ces...
M. LeBlanc
(Guy) : Pas chez Nuvei parce que c'est à travers un fonds
d'investissement qu'on a fait... c'est de façon indirecte qu'on a fait
l'investissement, mais, chez Lightspeed, chez Coveo, on est présents au
conseil.
M. Beauchemin :
Et le feedback du «board» que
vous obtenez, c'est tout le temps : On continue avec le même plan.
En d'autres mots, il n'y a pas un refocus vers la monétisation?
M. LeBlanc (Guy) :
Dans notre cas?
M.
Beauchemin : Dans le cas du... l'opinion du «board» au grand complet.
J'imagine que vous recevez le feedback des membres que vous... des gens que
vous avez mandatés pour être votre représentant sur des «boards»?
M. LeBlanc
(Guy) : Oui.
• (16 h 20) •
M.
Beauchemin : Quand ils reviennent de ces rencontres-là puis ils font
le rapport de ce qui a été discuté au «board»...
J'assume qu'au «board», étant donné que c'est des compagnies publiques, ils ont
des rapports à faire à tous les trois mois à des investisseurs au grand
complet. La mode d'investissement est rendue plus revenus nets, BAIIA. Donc,
est-ce qu'il y a quand même des mouvements à l'intérieur de ces «boards»-là que
vous entendez, où est-ce que les gens disent : OK, on va essayer de quand
même optimiser le modèle d'affaires le plus rapidement possible pour aller vers
des profits nets?
M. LeBlanc
(Guy) : Vous comprendrez que je ne peux pas répondre à cette
question-là avec une société qui est cotée en bourse.
M. Beauchemin : Donc... Alors, si on
avait à regarder, là, le portefeuille des compagnies que vous avez mentionnées tantôt plus les autres, vous dites que
ça représente 25 %, là, de l'ensemble du portefeuille
d'Investissement Québec,
grosso modo, c'est ce que vous avez dit tantôt, est-ce que vous pouvez décrire
les autres composantes, les autres grandes composantes du portefeuille
d'Investissement Québec?
M. LeBlanc
(Guy) : Alors, si on prend... Je vais diviser ça par
secteur de... Les comptes majeurs, alors, qu'on soit en équité, ou quasi-équité, ou dette, représentent, grosso modo, à
peu près le tiers de notre portefeuille. Le capital de risque et les
fonds d'investissement représentent à peu près un autre tiers aussi. Et le
financement à travers le réseau régional, et on joue notre rôle, là, dans les
17 régions du Québec, représente, grosso modo, à peu près l'autre tiers. À
l'intérieur de ça, les technologies et le secteur manufacturier sont de loin
les secteurs qui prévalent, là, d'à peu près de taille identique, plus de
manufacturier du côté de financement en réseau régional, plus de technologie du
côté des comptes majeurs, et du capital de risque, et fonds d'investissement
aussi. Essentiellement, ce sont les deux grands secteurs, mais on est aussi en sciences de la vie. On est... on est
aussi en aéronautique. On est aussi... Puis là je prends seulement le portefeuille au propre. Ça, c'est le
7,4 milliards. Si j'ajoute à ça le Fonds de développement
économique, pour lequel on est mandataire, notre
portefeuille est de 16 milliards. Et là les chiffres que je viens de vous
donner, là...
La Présidente (Mme D'Amours) : En
terminant.
M. LeBlanc (Guy) : ...ont
varié.
La
Présidente (Mme D'Amours) : Merci. Donc, avant de passer à l'autre période
d'échange, si je comprends bien, M. le ministre et M. LeBlanc
d'Investissement Québec, vous vous engagez à transmettre à la commission des
éléments de réponse, là, concernant les parts de marché, tel que demandé par le
député de Marguerite-Bourgeoys. Est-ce que
j'ai votre engagement? Oui? Merci. Donc, je passe maintenant la parole au
député de Maurice-Richard. La parole est à vous.
M. Bouazzi : Merci,
Mme la Présidente. J'aimerais parler de transition écologique. Il y a le
programme Compétivert dont on a
entendu parler, entre autres, dans les médias, mais aussi... Est-ce que...
D'abord, on parlait, en gros, de, je
pense, dans... mes souvenirs sont bons, 1 milliard d'ici 2024.
D'abord, bien, c'est combien de millions actuellement dans le portefeuille?
Et puis quel pourcentage du portefeuille ça représente?
M. LeBlanc (Guy) : En fait, au
départ, au départ, l'objectif était de 375 millions pour trois ans, et,
après un an, on était à 380 millions et
on s'est dit : Bien, plaçons la barre haute et visons le milliard. On
avait des inquiétudes par rapport à une deuxième année. On s'est dit que
les gens qui ont déjà cette conscience étaient les premiers à aller dans ce sens-là. On a eu une deuxième année de niveau
comparable avec... On est à 703 millions après deux ans. Alors, on
a le rythme pour se rendre au milliard, là, si l'année 2023-2024 est de
même... de même nature, et essentiellement c'est... Compétivert, il y a à peu
près 30 % de ces investissements-là qui sont dans l'électrification des transports,
à peu près 20 % en énergies renouvelables, et puis 10 %, là, qui est
en économie circulaire, puis le reste c'est vraiment... le 40 % restant,
c'est vraiment des secteurs variés.
M. Bouazzi : Et quel
pourcentage du portefeuille ça représente, 700 millions?
M. LeBlanc
(Guy) : Bien, 700 millions, c'est à la fois fonds
propres et fonds de développement économique. Alors, c'est 700 sur
16 milliards.
M. Bouazzi : Je vois mon
recherchiste qui fait les calculs. Le...
M. LeBlanc (Guy) : Grosso modo,
5 %.
M. Bouazzi : Quelle...
M. LeBlanc (Guy) : 4 %.
M. Bouazzi : 4 %. Quelle
quantité de CO2 on pense économiser par ces 700 millions?
M. LeBlanc
(Guy) : Je ne peux pas... Je ne peux pas vous répondre en
termes de CO2. Ce que je peux vous dire, c'est qu'on met
une emphase sur la décarbonation de l'économie, ça, c'est clair. On essaie...
On fait un diagnostic avec l'ensemble des entreprises. On offre aux entreprises
qu'on rencontre : On va vous faire un diagnostic en termes d'énergie, en termes d'eau. On fait l'évaluation
des gaz à effet de serre de l'entreprise et de quelle façon on peut
réduire, de façon la plus rapide, la plus efficace, rapidement, donc, et, à
partir de ce diagnostic, il y a un accompagnement technologique qui se fait
avec les gens d'IQ-CRIQ, qui sont des ingénieurs, des techniciens, et, par la
suite, le volet financement embarque.
M. Bouazzi : Et laissez-moi
poser la question... bien, peut-être pas poser la question de fond, mais poser
une autre question. Est-ce que vous avez une idée des émissions de gaz à effet
de serre associées aux investissements d'Investissement Québec?
M. LeBlanc (Guy) : La
réponse, c'est : On a mis en place, depuis décembre 2022, un
questionnaire. Alors, toutes nos nouvelles interventions se font à
partir d'un questionnaire ESG, et on devrait être en mesure éventuellement
d'arriver avec ces données, mais on n'est pas en mesure, sur le plan
technologique, de faire cette évaluation-là pour le portefeuille en date d'aujourd'hui, mais pour nos nouvelles
interventions, éventuellement, on va arriver à ce niveau de
sophistication, mais notre geste premier, c'est l'accompagnement avec les
entreprises dans les technologies propres.
M. Bouazzi : Je
comprends. Et puis vous n'êtes évidemment pas la seule institution financière
qui n'est pas capable de calculer les émissions de gaz à effet de serre
associées aux 16 milliards dont vous parliez. L'objectif du gouvernement, actuellement, c'est de baisser les
gaz à effet de serre de 37 % d'ici 2030... 37,5 % d'ici 2030. Nous,
on continue à penser qu'évidemment c'est un
objectif en deçà des objectifs que le GIEC nous demande, qui est un
minimum de 50 %, surtout, évidemment, que le capital que nous avons
consommé, le capital mondial de CO2 consommable que nous avons
consommé en tant que pays industrialisé est évidemment très, très largement
supérieur... notre historique est très, très
largement supérieur, par habitant, aux pays les moins nantis. Ceci étant dit,
combien de pourcentage de gaz à effet de serre vous pensez que les
investissements que vous faites vont nous permettre de baisser dans les
prochaines années, d'ici 2030?
• (16 h 30) •
M. LeBlanc
(Guy) : Je peux... je ne peux pas vous donner un chiffre de ce que ça
va donner par rapport au 37,5 % de 2030. Ce que je peux vous dire, c'est
qu'on mesure ce qu'on fait avec Compétivert, on mesure ce qu'on fait avec
l'initiative Productivité innovation, et tous nos... toutes nos interventions
sont en fonction de critères ESG, et on a bon espoir que... Si je regarde
l'objectif qu'on s'est fixé avec Compétivert, l'objectif qu'on s'est fixé avec
l'initiative Productivité innovation, qui a un impact aussi sur les gaz à effet
de serre, et on a dépassé notre objectif de quatre ans en deux ans et demi, on
en est à 2,6 milliards avec Productivité innovation, alors, quand on
combine ces deux initiatives, j'ai bon espoir qu'on va... qu'on va se rapprocher
ou rencontrer l'objectif, mais je ne peux pas en donner de chiffre précis.
M. Bouazzi : En
tout respect, M. LeBlanc, l'espoir ne suffit pas devant le manque de métrique.
Je veux dire, 2030, c'est demain matin, et évidemment, hier, on avait la chance...
et je comprends parfaitement que ce n'est pas, évidemment, le même genre de
produit financier, mais on avait la chance de rencontrer le PDG de la Caisse de
dépôt où il y a des calculs clairs non
seulement du nombre de CO2 associé à chaque milliard, mais aussi,
évidemment, la quantité nette...
brute de CO2 associée au portefeuille, et d'ailleurs ils
étaient déjà pas loin de la diminution de 50 % sur le portefeuille.
Actuellement, on a un
vrai problème. C'est-à-dire que, d'un côté, on a... Il y a un plan
gouvernemental du gouvernement qui nous dit : L'objectif, c'est
37,5 %; il n'est pas suffisant. Dans le plan lui-même du gouvernement, il est écrit que 50 % de ce qui est décrit
dans le plan permet d'atteindre ces objectifs-là. Il manque un 50 % qui est
non défini. Quand on a demandé... On a eu un échange avec M. le ministre cette
semaine sur la demande qui a été faite à McKinsey
et à KPMG sur est-ce qu'on a au moins demandé à ces firmes-là de nous dire
comment atteindre... entre autres choses,
créer de la richesse, mais aussi atteindre nos objectifs de gaz à effet de
serre... de baisse de gaz à effet de serre?, la question a été : Non, on n'aura pas demandé... Quand on a demandé à
M. le ministre : Est-ce que la stratégie batterie fait partie d'une
stratégie de baisse à gaz à effet de serre?, la réponse était clairement non.
Par contre, ce qu'on
nous a dit, et peut-être ce que nous a dit M. le ministre, c'était : Ne
vous inquiétez pas, 100 % de ce qu'on
met comme investissements prend deux choses en compte, d'un côté, la richesse
que ça crée, de l'autre côté, les baisses à... les baisses de gaz à
effet de serre, et donc le 37,5 %, on y travaille. Si on n'est pas
capables de calculer combien de tonnes de CO2 sont associées au
portefeuille actuellement, comment est-ce qu'on pense ne serait-ce qu'un
instant, et je pense qu'entre... J'ai du mal à voir. Et je suis persuadé que
quelqu'un qui vient vous voir pour un investissement et qui vous dit : Ne
vous inquiétez pas, je travaille dessus, c'est mon objectif d'entreprise, mais
je n'ai aucune métrique associée à ça qui me permet de garantir qu'en 2030 je
vais participer à cette baisse-là et comment... Je suis persuadé que vous
n'investirez pas votre argent si c'est ça, le critère, là.
M. LeBlanc
(Guy) : Tout à fait d'accord avec vous. Si quelqu'un vient nous voir
puis n'est pas en mesure de nous dire quoi et quand ou encore prétend être
capable de réduire de temps, on va s'assurer que les représentations qui sont
faites sont exactes. Et c'est la raison pour laquelle l'ajout d'Investissement
Québec-CRIQ à Investissement Québec nous aide énormément non seulement nous
pour mesurer l'impact éventuel, mais aussi pour accompagner les entreprises
pour accélérer la décarbonation. Et, si... je reviens avec les 43 % du secteur
du transport puis les 31 % du secteur
manufacturier, on agit dans ce sens-là et si on est capables... Puis la filière
batterie, entre autres, va avoir un impact d'ici 2030. Et, dans le
secteur manufacturier, c'est principalement là où on met les 2,6 milliards de
l'Initiative Productivité innovation et les 700 millions de Compétivert,
et on va continuer à pousser en ce sens-là.
M. Bouazzi : Combien de mégatonnes de baisse de gaz à effet de
serre la filière batterie va apporter... par exemple, on parle d'un
investissement de 10 milliards, 8 milliards d'ici 2030. Est-ce que
vous avez un chiffre?
M. LeBlanc
(Guy) : Pardon?
M. Bouazzi : Vous
venez de dire que la filière batterie va participer. On parle d'un
investissement de 8 ou 10 milliards de dollars. Combien de mégatonnes
de CO2 ça peut baisser?
M. LeBlanc (Guy) : Combien de gaz à
effet de serre émet votre voiture?
M.
Bouazzi : Est-ce que vous l'avez calculé, vous, le
10 milliards de dollars?
M. LeBlanc
(Guy) : Non, non, mais je vous demande...
M. Bouazzi : C'est
moi qui vous pose la question. Sur le 10 milliards de dollars, combien
de... Parce que ce n'est même pas clair que c'est pour ma voiture ici, au
Québec, là, c'est... Clairement, McKinsey a dû expliquer grandement qu'il y a
un marché mondial. Parce que tous les autres pays dans le monde se
disent : On a besoin de tout électrifier tout de suite, ça fait partie de
notre stratégie de baisse des gaz à effet de serre. Moi, j'ai entendu le ministre me dire clairement la semaine
dernière : Ça ne fait pas partie de ma stratégie de baisse des gaz à effet
de serre. La question, c'est : Les 10 milliards qu'on met
actuellement, au bout du compte, est-ce qu'on a analysé combien de pourcentage
de gaz à effet de serre ça va baisser au Québec?
La Présidente (Mme
D'Amours) : M. le ministre...
M.
Fitzgibbon : Je vais répondre.
La Présidente (Mme
D'Amours) : ...pour une minute.
M. Fitzgibbon :
La réponse, c'est zéro parce que
nous avons zéro. C'est-tu clair, là? Parce qu'on a 30 mégatonnes de
réduction qu'on doit faire au Québec. Combien de mégatonnes émettons-nous dans
la filière batterie? La réponse, c'est zéro. Zéro égale zéro. Alors, nous
allons faire des...
M. Bouazzi : Ma
question, c'était : Combien on va baisser? On a besoin de baisser. C'est
vous-même qui avez parlé des 30 mégatonnes d'ici 2030. On pense que ce
n'est pas assez, mais, sur ces 30 mégatonnes, est-ce que le
10 milliards investi diminue quelque chose?
M. Fitzgibbon :
Encore une fois, le
30 mégatonnes ne provient pas de la filière batterie, qui n'existe pas.
Donc, zéro égale zéro. Alors...
M. Bouazzi : Mais...
M. Fitzgibbon :
...écoutez-moi, je vais juste
finir, parce que vous êtes dogmatique. Alors, l'autre chose, c'est qu'on
produit des batteries pour aider la planète. Les batteries vont servir à
électrifier des véhicules. Où vont être vendus les véhicules? On ne le sait
pas, ils vont...
La Présidente (Mme
D'Amours) : En terminant.
M.
Fitzgibbon : ...et ça nous importe peu.
M. Bouazzi : Zéro
égale zéro, mais ça ne fait pas 30 mégatonnes, M. le ministre...
La Présidente (Mme
D'Amours) : Merci. Merci beaucoup.
M. Bouazzi : ...et
c'est cela qu'il va falloir trouver...
La Présidente (Mme
D'Amours) : M. le député, merci. C'est terminé pour cette période
d'échange. Nous allons maintenant passer à la période d'échange avec M. le
député de Marguerite-Bourgeoys. La parole est à vous.
M. Beauchemin :
Bon. Bonjour. Je veux revenir à
ce qu'on disait tantôt à propos de la façon d'essayer d'établir un indice de référence pour évaluer, là,
Investissement Québec, grosso modo. Quand je vous parlais de la
composition, quand je vous parlais tout à l'heure de la composition du
portefeuille, vous avez mentionné six catégories. C'est loin parce que c'est du... c'est de l'investissement
capital de risque, donc il y a aussi le volet de votre réseau, que ça, ça
fait aussi de l'investissement de capital de
risque, mais différemment. Donc, c'est dur de... pour la personne qui ne
connaît pas exactement comment le portefeuille d'Investissement Québec est
construit, de bien comprendre les composantes du portefeuille puis d'essayer de
comparer ça à la Caisse de dépôt, là, qu'on a rencontrée hier. Obligations,
actions, placements de produits dérivés, infrastructures, énergie, etc., des
classes d'actifs relativement plus classiques, là, si on peut dire, puis ils
ont aussi la classe investissement privé. Puis, vous, bien, c'est cette
classe-là d'investissement privé, mais multiplié, là, avec plusieurs
sous-catégories.
Ça fait que j'essaie
juste de me faire une tête, à savoir quel serait un indice de référence pour
comparer la performance d'Investissement
Québec, simple, là. Puis ce n'est pas facile. J'avoue que j'y ai pensé, depuis
les dernières semaines, à essayer de
voir quel serait un bon indice de référence. Il y a des composantes qu'on peut
regarder puis dire : OK, ça, ça se compare à quelque chose d'autre.
Ajoutons à ça le fait que, bien, l'exposition de votre capital, il n'est
majoritairement qu'au Québec. Donc, ça devient encore plus difficile de
regarder la comparaison avec des joueurs à travers
le monde, parce que, bon, bien, vous n'exposez qu'au Québec seulement. À moins
que je me trompe, il y a peut-être quelques petits arrondissements, là.
M. LeBlanc (Guy) :
Non, c'est 100 % au Québec.
M. Beauchemin : C'est ça.
M. LeBlanc
(Guy) : Et, en fait, on fait un balisage à chaque trois
ans, là, pour toute la question de performance et rémunération. Il y a une douzaine de sociétés de fonds qu'on utilise,
fonds et institutions financières, dont le Fonds de solidarité, le Mouvement Desjardins,
l'Industrielle Alliance, la Banque Laurentienne, les grandes banques ne font
pas partie de ça, et le meilleur... le PSP en fait partie, Caisse de dépôt en
fait partie aussi, mais ce n'est pas comparable. Mais, en termes de rendement,
on n'a pas le même mandat, clairement.
Le comparable qui se comparerait le mieux à
cause de la dimension géographique, c'est certainement le Fonds de solidarité.
Ils font du financement, ils font du capital de risque et ils ont aussi des
comptes majeurs. Donc, c'est probablement notre meilleur comparable en termes
de performance. Si...
M. Beauchemin : Juste deux petites
secondes, parce que... toutes classes d'actifs confondues, comme ce que vous
avez décrit tout à l'heure.
M. LeBlanc (Guy) : Je parle
globalement, mais, si on prend partage d'actifs...
M. Beauchemin : C'est ça, parce
qu'il y a des parties qui ne se comparent pas du tout.
M. LeBlanc
(Guy) : Oui. En termes de financement, je peux vous donner
nos trois dernières années. En termes de financement, on a un rendement
moyen d'à peu près 5,5 %. En capital de risque et fonds d'investissement,
on a un rendement moyen des trois dernières années de 25 %, et, pour nos
comptes majeurs, on a un rendement... en fait, pas les comptes majeurs, mais
nos participations, on a un rendement moyen d'à peu près 7 %.
• (16 h 40) •
M. Beauchemin : Puis comment ça se
compare par rapport à FTQ?
M. LeBlanc (Guy) : Je n'ai pas
comparé classe par classe, mais je dis simplement que la mission du Fonds de solidarité est davantage semblable à la nôtre,
et, en termes de rendement, on a eu des rendements plutôt comparables au
cours des dernières années. Le danger, c'est la date de fin d'année, qui
apporte des variations importantes.
M. Beauchemin : Est-ce que... parce
que, justement...
M. LeBlanc (Guy) : Parce que la
photo du marché boursier au 31 mars...
M.
Beauchemin : Oui, ça, je le comprends. La fin de votre année
fiscale, c'est le 31 mars. Le Fonds de solidarité, c'est le 12...
le 31 décembre.
M. LeBlanc (Guy) : 31 mai.
M. Beauchemin : 31 mai,
31 mai, OK. Donc, quand vous essayez de juste comparer ces trois parties,
trois composantes de votre portefeuille par
rapport aux composantes, là, du Fonds de solidarité, qui sont relativement
identiques, le prêt, capital de risque, est-ce que vous avez, donc, remarqué
une tendance différente qui...
M. LeBlanc (Guy) : Bien, je n'ai pas
la possibilité de faire des analyses détaillées avec le rapport annuel du Fonds
de solidarité versus notre rapport annuel. On a un document de 200 quelques
pages, et le Fonds de solidarité, c'est un autre type de rapport annuel
complètement et ce n'est pas aussi facile de faire ce genre d'analyse. Puis je
ne veux pas commenter sur le rapport annuel du Fonds de solidarité, là, ce
n'est pas le but de mon intervention.
M. Beauchemin : Je comprends. Une
suggestion comme ça, peut être demander à McKinsey d'établir le benchmark, là, c'est quelque chose qui pourrait
être faisable. Dans le fond, ce n'est pas la... on ne cassera pas la tête
à M. Papineau... Ah! excuse, LaFontaine
ici. Ça ne prend pas... ce n'est pas si complexe que ça, établir des
benchmarks, c'est faisable puis c'est
essentiel, je dirais, de mettre des benchmarks, d'émettre des indices de
référence pour qu'on puisse être capables...
Je sais que la mission, il y en a une de développement économique, il y en a un
autre de support régional, etc., il y a toutes ces affaires-là qui
peuvent être quantifiées, mais nonobstant toutes ces missions parallèles, il y
a quand même les actifs, comment performent-ils, puis d'essayer de trouver
l'indice de référence qui permet de dire : Bon, bien, oui, on a bien
performé ou moins bien performé, la valeur relative de tout.
Parce qu'en bout de piste, bien, c'est l'argent
des Québécois. Puis notre rôle à nous ici, c'est de définir ou d'essayer de comprendre comment vous, en fait,
définissez le succès. Vous avez du qualitatif, puis il y a du
quantitatif. Puis, pour en arriver à être
capable de faire le quantitatif comme il faut, bien, ça prend ça, ça prend...
voici des blocs, là, on a nos blocs ici, voici comment qu'on pourrait se
comparer. OK, on choisit de prendre FTQ, on prend le Fonds de solidarité FTQ,
on le prend puis on divise le Fonds de solidarité FTQ de la manière qu'on peut
le faire pour que ça nous ressemble un petit peu, voir qu'est-ce que ça donne.
Puis je pense que ça serait, en termes de gouvernance, en termes de
transparence, un outil qui aiderait
Investissement Québec à justement pouvoir connecter mieux avec l'ensemble des
payeurs de taxes au Québec.
M. LeBlanc (Guy) : Je
ne partage pas votre opinion. Je partage votre opinion en matière de bonne
gouvernance. C'est nécessaire, absolument. Et j'ai dit que le Fonds de
solidarité était peut-être le plus comparable à cause de son contexte
géographique et ses activités, sauf qu'ils n'ont pas le même mandat que nous.
On est là pour combler les carences dans la chaîne des capitaux. On est là pour
prendre plus de risques et d'être souvent l'investissement d'ancrage pour permettre
aux autres investisseurs de se joindre à nous. Et d'ailleurs c'est... le trois
quarts ou presque de nos financements se font avec des partenaires.
Maintenant, en termes
de l'argent des contribuables, l'argent des Québécois, notre rendement moyen
des trois dernières années a été de
9,3 %. Avec le genre de mandat qu'on a, de prendre plus de risques et de
combler les carences dans la chaîne des capitaux, 9,3 %, c'est, en
ce qui me concerne, une performance exceptionnelle.
M. Beauchemin :
Bien, finalement, 2021, l'année
de la pandémie, l'investissement en équité privé, en «private equity», a
bien fait presque tout partout en Amérique du Nord, donc je suis content que ça
a bien fonctionné pour Investissement
Québec. Mais vous avez quand même eu une performance de moins 0,03 %,
0,05 % ou approximativement l'an dernier, 7,6 % en 2022. Je
comprends, puis le seul point que j'essaie de dire puis d'essayer d'apporter de
valeur à la conversation, c'est qu'il y a d'autres pays où est-ce que,
justement, il y a ces missions-là, d'essayer de créer le lien entre le capital
de risque et les petits entrepreneurs qui sont moins exposés, si on peut dire,
à l'offre de capital de risque. Ça existe en Norvège, ça existe dans d'autres
juridictions et il y a moyen, quand même, par exemple, en demandant à McKinsey,
qui ont cette «exposure» globale, de pouvoir avoir accès à toutes ces banques
de données là. Je veux dire, OK, ce n'est
pas en dollars canadiens, ce n'est pas représentatif de l'économie québécoise,
mais il y a... voici des indices de référence qui pourraient être faits.
Bon, OK, c'est des géographies différentes. Il y a des indices qui font en
sorte que la Norvège a performé différemment que le Québec.
Nous, on a la banque
centrale américaine qui a augmenté de 25 points de base aujourd'hui. Je
veux dire, quand les Américains ont le nez qui coule, on pogne la grippe. Ça
fait que ce n'est pas du tout les mêmes influences que la Norvège va avoir, mais ils ont quand même des fonds qui aident
justement à faire le pont entre le capital de risque et... Donc, c'est
pour ça que je vous dis... Puis on aura sûrement la chance de se voir dans les
années qui vont suivre. Ça vaudrait
peut-être la peine d'avoir, plus étoffé, un rapport qui pourrait démontrer cet
exercice-là de pouvoir avoir au moins
une référence. Ça ne sera jamais parfait, il va tout le temps y avoir des
trucs... Ah! bien, j'en veux trois comparables, pas juste deux. J'en veux quatre comparables, pas juste trois. À chaque
année, il va y avoir des améliorations à faire, c'est sûr et certain.
Mais je pense que, dans un contexte, justement, de transparence, de bonne
gouvernance, pour essayer de définir plus habilement comment qu'on dit :
Le succès chez Investissement Québec... bien, moi, je pense que c'est un outil essentiel pour, justement... pour que
l'ensemble de la population y croie. Parce que, dans le fond, votre
mandat, c'est la gestion des fonds publics du Québec, donc, dans ce
contexte-là, c'est de la valeur ajoutée.
La Présidente (Mme
D'Amours) : M. le ministre.
M. Fitzgibbon : J'aimerais juste
rajouter... J'ai manqué le début, mais je pense que j'ai compris l'essence de
ce que vous avez dit. Je pense que vous vous référez à un indice de référence
pour pouvoir mesurer la performance. Je pense qu'on ne peut pas être contre la
vertu. Je pense que c'est quelque chose de très sain.
Par
contre, ce que je mettrais en garde, c'est que la réforme d'investissement que
nous avons faite fait en sorte qu'on ne peut pas évaluer le rendement
pur comme étant la seule contribution. Puis on a demandé... quand on a fait la
réforme, avant que M. LeBlanc soit nommé, on voulait séparer des
situations où la Caisse de dépôt, par exemple, était en compétition avec
Investissement Québec, où les banques étaient en compétition avec
Investissement Québec. Puis on a dit : On veut prendre plus de risques
chez Investissement Québec.
Comment est-ce qu'on
mesure la prise de risque? Le rendement, c'est sûr, puis il y a toutes les
retombées économiques qui sont dans les coffres
du gouvernement. Je suis totalement d'accord qu'il va falloir, à un moment
donné, être capables... puis on y réfléchit, avec le sous-ministre, comment
est-ce qu'on peut englober, d'une part, le retour d'Investissement Québec puis,
dans... d'autre part...
Lightspeed, tantôt,
j'écoutais partiellement la conversation, Lightspeed, je suis complètement
indifférent sur la volatilité des marchés,
considérant que c'est une société québécoise qu'on veut maintenir ici. Le jour
où Investissement Québec dirait : Bien là, Lightspeed, c'est fini,
on n'aime plus ça, c'est une autre histoire. Maintenant qu'on aime la
contribution, qu'on perde 150 millions une année, qu'on en refasse 75
l'année suivante, je ne pense pas que c'est ça, le rôle d'Investissement Québec.
Mais
je termine en disant : Je ne suis pas contre le fait que ça prend un
indice, mais il n'est pas évident à déterminer, considérant la mission.
M. Beauchemin :
Puis je ne dis pas que c'est facile, je dis que c'est un projet de longue
haleine. Étant donné qu'on va se voir pour
les quatre prochaines années, je souhaiterais que le processus soit enclenché
pour la simple et unique raison que
c'est une question de transparence et qu'aussi et surtout c'est... on ne
compare pas ici un fonds d'obligations contre un autre fonds
d'obligations, deux commodités, valeur ajoutée, parce que tu as deux
gestionnaires, un plus agressif que l'autre. Ce n'est pas juste ça. Il y a plein
d'impondérables, là, qui ne sont pas aussi faciles à quantifier, et ça, ça se décline dans l'explication qui peut
différencier. Mais je pense que ça vaudrait la peine de juste avoir une
base.
M. LeBlanc
(Guy) : Peut-être, mais, en même temps, il y a un autre facteur qu'il
faut considérer, c'est que, si la Caisse de dépôt ou le Fonds de solidarité
décident d'investir dans un projet et font équipe, par exemple, puis qu'on a
amené l'opportunité, on va se tasser, on leur laisse la place. Ça fait partie de
notre mandat.
M. Beauchemin : Ça
fait partie des éléments qui sont difficiles à quantifier, je suis d'accord,
mais ça fait partie aussi de quelque chose qui s'explique. Et je pense
qu'essayer d'avoir un «core» qui est très transparent, puis de l'expliquer,
puis, par la suite, avoir tout l'explicatif, vous gagnez, évidemment.
Parce
que ce qui arrive, c'est que... puis là, bien, je vais finir avec ça, ce qui
arrive, c'est que, bon, les Québécois regardent la performance, puis,
comme vous le savez, ils vont regarder aussi comment la rémunération est faite.
Puis là j'ai une question, en fait, juste un éclaircissement. Parce que, moi,
il y a quelque chose que je ne comprends pas quand je regarde le
rapport 2022 avec... Le rapport...
• (16 h 50) •
Une voix : ...
M. Beauchemin : La réponse aux questions
de crédits, en 2023, il y a, je crois, dans la haute direction, un
régime RILT, c'est ça, il y a... En français, ça veut dire... Un instant.
M. LeBlanc
(Guy) : Un régime d'intéressement à long terme.
M. Beauchemin :
Un régime d'intéressement à long terme. Est-ce que ça, c'est quelque chose
de nouveau? Parce que, sur le... sur la feuille qu'on a de l'an dernier, il n'y
avait pas cette composante-là dans la rémunération.
M. LeBlanc (Guy) : Il n'y avait pas cette
composante dans la rémunération, mais c'était expliqué, dans le rapport annuel,
de quelle façon... de quoi il s'agissait. Et c'est un régime d'intéressement
pour les membres de l'équipe de direction avec un volet de trois ans, un peu comme ce qui existe à la Caisse de
dépôt, BDC et la plupart des fonds d'investissement.
Il y a une portion
long terme. Cette portion long terme se calcule. Il y a des indicateurs de
performance basés essentiellement sur le
développement économique, c'est le critère numéro un, basé sur la performance
organisationnelle. Il n'y a pas de volet performance individuelle, évidemment.
M. Beauchemin : Mais vous comprenez d'où
ma question venait tantôt parce que, justement, dans l'établissement de la rémunération basée sur la performance, par
rapport à quoi? C'est ça qui est difficile des fois, c'est ça, le problème.
M. LeBlanc (Guy) : Le régime d'intéressement
à court terme fait référence à la performance individuelle, mais, pour
ce qui est de la performance... le rendement, c'est sur une moyenne, trois
ans...
M.
Beauchemin : De vous comparé à vous-même, c'est ça? C'est ça qui
est...
M. LeBlanc
(Guy) : De se comparer au coût des fonds du gouvernement du Québec...
M. Beauchemin :
Oui, c'est ça, mais c'est
correct. Mais c'est dans la performance relative, qui est souvent plus
importante, mais... parce que, quand je regarde ça... Donc, ce que vous me
dites, puis dans l'année qui s'est terminée le 31 mars 2022, sans entrer
trop dans votre intimité, là, 887 930 $, si c'est le chiffre que j'ai
bien compris... Puis, pour ce qui semble
être 2023, en réponse aux crédits, là, l'exercice des huis clos, là, ça va être
1 056 943 $, et, là-dedans, il y a un 350 000 $
pour... Donc, il y a eu une augmentation de votre rémunération cette année, si
je comprends bien?
M. LeBlanc
(Guy) : C'est la composante intéressement long terme basée sur la
performance de 2019-2020, le 31 mars 2020. Et il faut attendre le
rendement de trois ans pour déterminer si le montant peut être...
M.
Beauchemin : Puis là...
M. LeBlanc
(Guy) : Alors, vu que le rendement de trois ans, qu'on calcule le
31 mars 2022... et on paie à l'automne suivant. Ça fait que c'est un outil
de rétention aussi.
M.
Beauchemin : D'accord. Oui, je comprends, mais ça, ça veut donc dire
qu'il y a eu... pour l'année 2022, quand je disais, tantôt,
887 000 $, ça veut dire que le montant de RILT était moins élevé?
M. LeBlanc
(Guy) : Il n'y avait pas de montant RILT parce que le régime a été mis
en place pour l'année 2019-2020, qui était la première année des trois
ans.
M.
Beauchemin : Donc, c'est la première année qui rentre maintenant.
D'accord, je comprends. OK, donc, net, net, net,
en bout de piste, vous avez quelque 170 000 $ de plus de rémunération
cette année en incluant ce programme-là, n'est-ce pas?
M. LeBlanc
(Guy) : Parce que les paiements étaient différés pour attendre le
rendement de trois ans.
M. Beauchemin :
OK, et donc, par rapport à
l'année 2021, 839 000 $,
après ça, 887 000 $. Maintenant,
cette année, ça va être 1,56 million 1,57 million...
La Présidente (Mme D'Amours) : En
terminant.
M. Beauchemin : ...dans
le même ordre de croissance, rendement de 25 % en 2021, 7,6 % l'année
suivante, et moins 3,5 %.
La
Présidente (Mme D'Amours) : Merci, M. le député. Le temps étant écoulé, je
vais passer à la dernière période d'échange. Et je me retourne vers le
député de Nicolet-Bécancour. La parole est à vous.
M.
Martel : Merci, Mme la Présidente. Bonjour, M. le ministre,
bonjour, M. LeBlanc, bonjour, chers collègues. Je vais changer
juste un petit peu le préambule que j'avais pensé pour un peu faire une suite à
une discussion. Premièrement, je veux vous remercier d'accepter de servir le
Québec. Et, pour avoir fait affaire avec Investissement Québec avant d'être
député, pendant une quinzaine d'années, depuis que je suis député... Vous avez
parlé tantôt de changement de culture. Moi,
je peux en témoigner, ce n'est pas que les gens n'étaient pas compétents à
l'époque, les gens étaient très compétents, mais on parlait beaucoup
plus à une banque préoccupée par le placement que la création de richesse ou la
croissance économique du Québec. Et, à ce niveau-là, je pense qu'on remarque
une belle différence.
Vous connaissez le parc industriel de Bécancour.
Moi, là...
M. LeBlanc (Guy) : ...la semaine
prochaine, d'ailleurs, encore.
M. Martel : Oui, je sais, je sais.
Probablement qu'il n'y a pas un PDG d'Investissement Québec qui est allé aussi souvent que vous dans le parc industriel de
Bécancour. Mais mes... j'ai deux garçons qui ont 30 ans. Quand ils
sont venus au monde, j'étais très, très
jeune, là, mais, à 16 ans, pour leur apprendre à conduire, j'emmenais ma
voiture dans le parc industriel. Vous
savez, il y a l'autoroute 30, la partie nord, qui est développée, puis la
partie sud, qu'on est en train de développer.
Mais, juste sur la partie nord, il y a des belles entreprises, mais le parc
était occupé peut-être à 20 %. Puis, à l'intérieur du parc, ceux
qui ne le connaissent pas, là, il y a des boulevards à quatre voies, il y a des
rues adjacentes, il y a des traverses de voies ferrées, il y a des lumières de
circulation. Je trouvais que c'était une belle place pour apprendre à mes
enfants à conduire. Je pense qu'on ne pourra plus faire ça. Je pouvais faire ça
à l'époque parce que le parc n'était pas beaucoup occupé, comme je disais, et
je n'en revenais pas comment qu'un outil de la sorte, qui appartient au
gouvernement du Québec, n'était pas plus occupé qu'il l'était.
À cette époque-là, là, ça faisait peut-être
50 ans que le parc existait. On avait perdu l'entreprise Norsk Hydro dans les alentours de 2006 et 2012, quand j'ai été
élu député, on a fermé la centrale nucléaire de Gentilly, même si on avait investi déjà 2 milliards. Je ne veux
pas faire pleurer le ministre, mais la centrale produisait quand même
600 mégawatts d'électricité. Donc, même si on avait investi
2 milliards sur les 4 milliards, on a décidé de flusher ça. Quoi
qu'il en soit, quand on est arrivés au pouvoir,
j'ai demandé au ministre de venir faire une visite, ça ne faisait pas deux
semaines, je pense, qu'il était ministre, et on a fait le tour. J'ai invité le
premier ministre, j'ai invité d'autres ministres, des chefs de cabinet.
À l'époque,
les gouvernements... le parc industriel de Bécancour, c'était un potentiel,
mais c'était : Si ça ne marche pas
ailleurs, on amènera ça à Bécancour au lieu de dire : On a un potentiel
extraordinaire à Bécancour, on va l'afficher sur la scène
internationale, et, je pense, c'est un peu ça que vous avez fait. Puis je pense
que... puis j'aimerais ça que vous m'en parliez un petit peu, là, la
philosophie de prospection à l'intérieur d'Investissement Québec, moi, j'ai
l'impression que c'est une partie du succès, là, de la filière qu'on est en
train d'introduire à Bécancour.
• (17 heures) •
M. LeBlanc
(Guy) : En fait, il y a deux composantes importantes. Puis
la portion attraction, ça s'est fait beaucoup avec l'équipe d'attraction
d'investissements et avec l'équipe de Ressources Québec aussi, parce que
l'expertise minière, ressources naturelles était nécessaires avec l'équipe
d'attraction. On a attiré, chez Investissement Québec, des champions de
l'attraction d'investissements directs étrangers. On offre un service de
conciergerie, comme on voit dans les hôtels, et c'est exactement ce qu'on fait
avec les gens de Bécancour et de la région. On veut s'assurer qu'il va y avoir
non seulement un service de première classe pour le client, mais le
propriétaire de l'hôtel, ce sont des gens de Bécancour puis de la région.
Alors, il faut que ça soit absolument dans le meilleur intérêt de tout le
monde, et c'est cette sensibilité-là que nos gens ont. Ce n'est pas seulement
de faire... d'attraction d'investissements pour faire des chiffres d'attraction
en termes de dollars, mais c'est d'avoir des projets porteurs. Et c'est cette
attitude-là que les gens réussissent à promouvoir.
Puis les investisseurs étrangers ont des mots
vraiment élogieux pour parler de cette équipe. Et, si je prends aussi l'équipe de Ressources Québec,
Jean-François, puis Hubert, et Daniel, au niveau de l'équipe d'attraction,
travaillent main dans la main, et puis... avec les gens du ministère aussi, qui
ont passé beaucoup de temps également sur le terrain,
puis de travailler sur l'aménagement, la structure financière de ces projets-là
également. Ça a été un travail d'équipe incroyable avec les gens d'Hydro-Québec
aussi.
M. Martel : J'ai la chance, depuis
2018, de travailler avec le ministre à l'élaboration de toute la stratégie des
zones d'innovation. À cet effet-là, je travaille beaucoup avec Investissement
Québec. On travaille beaucoup avec Investissement Québec, puis je tiens à
souligner le travail d'Yves Sicard, Sylvie Pinsonnault, qui sont là de façon
très, très présente et proactive.
Hier, le ministre s'est interrogé sur les zones
d'innovation par rapport à tous les fonds gouvernementaux qu'on met dans les zones d'innovation, mais ce
qu'on n'a pas parlé, c'est le rôle d'Investissement Québec. Puis, quand
on veut... puis je ne sais pas si vous avez
un message adressé à des investisseurs potentiels, mais le défi qu'on a pour
finaliser les projets de zones d'innovation, c'est vraiment d'avoir des projets
d'investissements privés des entreprises. Et, à cet
effet-là, Investissement Québec est en contact, et je pense qu'il y a beaucoup
de projets qui s'en viennent dans les prochains
mois. Je ne sais pas si vous auriez quelques mots à nous dire par rapport à la
collaboration ou l'offre d'Investissement Québec à l'égard des zones
d'innovation.
M. LeBlanc (Guy) : Bien, c'est clair
que... puis je l'ai mentionné tout à l'heure, notre travail au niveau des zones d'innovation... puis, vous avez tout à fait raison, Sylvie Pinsonnault puis Yves Sicard font
du très bon travail, mais il faut
aussi attirer des investissements privés pour que les zones d'innovation voient
le jour. Et c'est là où on doit travailler, justement, en équipe avec...
avec les gens... avec l'équipe de zones d'innovation, d'Yves et Sylvie, avec
l'attraction d'investissements étrangers et puis avec nos gens de Ressources
Québec aussi pour en faire une zone. Alors, il reste des investissements privés
à attirer.
Et c'est vrai aussi au niveau de nos entreprises
québécoises. Parce que les zones d'innovation, ce n'est pas seulement des
grandes compagnies, c'est aussi avec le réseau... le réseau universitaire,
collégial. C'est d'avoir aussi du... des
sociétés en démarrage puis d'avoir des PME aussi qui s'installent. Alors...
puis il y a tout... il y a tous les fournisseurs pour ces joueurs-là qui
vont être extrêmement importants. Alors, on est à finaliser ces choses. Et puis
je vais laisser le ministre commenter là-dessus, éventuellement, sur...
M. Fitzgibbon : ...
La Présidente (Mme D'Amours) : 50 secondes.
M. le député de l'Abitibi-Est, 50 secondes.
M. Dufour : Oui, donc, M. LeBlanc,
merci beaucoup des explications que vous donnez aujourd'hui sur Investissement Québec. Peut-être juste pour clore cette
présentation-là, juste nous dire... IQ, veux veux pas, au niveau des régions, ça a quand même chamboulé un petit peu la
dynamique lorsque... la transformation d'Investissement Québec. Donc,
juste, peut-être, dans votre position à vous, présentement, qui dirigez
Investissement Québec, est-ce que vous êtes, jusqu'à présent, assez fier des
résultantes pour les régions éloignées?
La Présidente (Mme D'Amours) : ...20 secondes,
M. LeBlanc.
M. LeBlanc (Guy) : Oui, absolument,
je suis très fier de ce que l'équipe du réseau régional fait. Parce que réseau... les... tous nos bureaux à travers le
Québec, dans les 17 régions, c'est... c'est le coeur même de notre
stratégie, parce que ce sont eux qui sont en contact avec les communautés et
c'est eux qui peuvent amener l'expertise qui se retrouve chez Investissement
Québec-CRIQ, qui se retrouve chez Export Québec.
La
Présidente (Mme D'Amours) : Merci. Merci beaucoup, M. LeBlanc. C'est tout le
temps que nous avons.
Donc, le
temps alloué à l'étude des crédits budgétaires du volet Économie, Investissement
Québec, du portefeuille Économie,
Innovation et Énergie étant presque écoulé, nous allons maintenant procéder à
la mise aux voix des crédits.
Adoption des crédits
Le programme 4, intitulé Interventions
relatives au Fonds du développement économique, est-il adopté?
Des voix : Adopté
Des voix : Sur division.
La Présidente (Mme D'Amours) : Adopté
sur division.
Document déposé
En terminant, je dépose les réponses aux
demandes de renseignements de l'opposition.
Compte tenu
de l'heure, la commission ajourne ses travaux au jeudi 4 mai, à
14 h 30, où elle entreprendra l'étude des crédits budgétaires
du portefeuille Travail. Merci, tout le monde.
(Fin de la séance à 17 h 05)