Journal des débats de la Commission de l'économie et du travail
Version préliminaire
43e législature, 1re session
(29 novembre 2022 au 10 septembre 2025)
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Le
jeudi 4 mai 2023
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Vol. 47 N° 12
Étude des crédits budgétaires du ministère du Travail
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Intervenants par tranches d'heure
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Boivin Roy, Karine
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Cadet, Madwa-Nika
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Boulet, Jean
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Leduc, Alexandre
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Leduc, Alexandre
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Boulet, Jean
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Boivin Roy, Karine
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Cadet, Madwa-Nika
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Leduc, Alexandre
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Boulet, Jean
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Boivin Roy, Karine
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Cadet, Madwa-Nika
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Boulet, Jean
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Cadet, Madwa-Nika
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Boivin Roy, Karine
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Mallette, Carole
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Poulet, Isabelle
14 h 30 (version révisée)
(Quatorze heures trente et une minutes)
La Présidente (Mme Boivin Roy) : Alors,
ayant constaté le quorum, je déclare la séance de la Commission de l'économie
et du travail ouverte.
La commission est réunie afin de procéder
à l'étude du portefeuille Travail pour l'exercice financier 2023-2024. Une
enveloppe de 1 h 45 min a été allouée pour l'étude de ces
crédits.
Mme la secrétaire, est-ce qu'il y a des
remplacements?
La Secrétaire : Oui, Mme la
Présidente. Mme Boutin (Jean-Talon) est remplacée par Mme Mallette
(Huntingdon); Mme D'Amours (Mirabel) est remplacée par Mme Bogemans
(Iberville) et M. Dufour (Abitibi-Est) est remplacé par Mme Poulet
(Laporte).
La Présidente (Mme Boivin Roy) : Merci
beaucoup. Alors, nous allons procéder à une discussion d'ordre général par blocs
d'échange incluant les questions et les réponses. La mise aux voix de ces
crédits sera effectuée à la fin du temps qui leur est alloué, soit cet
après-midi vers 16 h 15.
Puisque nous avons débuté nos travaux à 14 h 16
et qu'une période de 1 h 45 doit être consacrée à l'étude de ces
crédits, y a-t-il consentement pour poursuivre nos travaux au-delà de cette
heure, jusqu'à 16 h 16?
Des voix : ...
La Présidente (Mme Boivin Roy) :
Consentement. Merci beaucoup.
Alors, je suis maintenant prête à
reconnaître une première intervention de l'opposition officielle pour un
premier bloc d'échange. Mme la députée de Bourassa-Sauvé, la parole est à vous.
Mme Cadet : Merci beaucoup, Mme
la Présidente. Bonjour, chers collègues. Bonjour, M. le ministre. Et merci à
toute l'équipe et ainsi qu'aux gens du ministère, donc, d'être présents aujourd'hui
pour cet exercice de crédits.
M. le ministre, donc, je commencerais
cette première période d'échange en vous posant quelques questions sur la
situation des travailleurs étrangers temporaires et l'encadrement du marché du
travail, l'encadrement des conditions de travail les concernant.
Tout d'abord, je comprends que l'employeur
qui embauche un travailleur étranger temporaire doit en informer la CNESST en
remplissant une déclaration d'embauche de travailleurs étrangers temporaires si
les informations devaient être conservées pour une période d'au moins 3 ans
dans le système d'enregistrement et de registre de l'entreprise. Ayant ce
mécanisme en place, d'emblée, je vous demanderais, M. le ministre: Combien de
déclarations d'embauche sont présentement en vigueur?
M. Boulet : Bien, merci pour
la question. Salutations à tous les collègues, heureux d'être ici. Je veux
simplement, avant de donner une réponse très mathématique, vous dire qu'on est
très heureux d'avoir adopté un règlement, le 1ᵉʳ janvier 2020, pour s'assurer
que les travailleurs étrangers temporaires soient bien accueillis, que les
agences de placement et de recrutement de travailleurs étrangers temporaires
détiennent un permis de la CNESST, fassent des déclarations d'embauche et n'aient
pas le droit de confisquer des documents, d'exiger des frais, et faire
connaître aux travailleurs étrangers temporaires leurs droits et obligations.
Quant aux déclarations d'embauche, 41 973
en 2022, collègue.
Mme Cadet : Oui, 2022, oui.
Merci, M. le ministre. Donc, la déclaration d'embauche, c'est une obligation
qui s'étend aux agences de recrutement. Donc, les 787 titulaires de permis
d'agence, en ce moment, donc, c'était...
M. Boulet : Oui, c'est bien,
ça.
Mme Cadet : Parfait. L'agence
de recrutement de travailleurs étrangers temporaires ou l'employeur qui
embauche directement une travailleuse ou un travailleur étranger temporaire
doit lui remettre un document qui décrit ses conditions de travail ainsi qu'un
dépliant sur ce que le travailleur doit connaître en matière de travail fourni
par la CNESST. J'ai eu l'occasion de consulter le formulaire, donc, c'est assez
complet. Donc, le document explique les droits des travailleurs et les
obligations des employeurs en matière de travail. Comment la CNESST est-elle en
mesure de valider si ces documents sont remis aux travailleurs?
M. Boulet : Par des campagnes
de sensibilisation, d'information, de formation, le site Web de l'accompagnement
personnalisé dans les langues requises, pour s'assurer d'une juste
compréhension. Et on a mis en place une escouade prévention où il y a des
personnes qui sont spécialisées dans l'accueil et l'accompagnement des
travailleurs étrangers temporaires. Donc, on s'assure que non seulement ces
personnes-là soient conscientes de leurs droits, mais qu'elles puissent les
exercer.
Mme Cadet : Je vous entends, M.
le ministre, mais, ici, si je comprends votre réponse, c'est qu'en fait il n'y
a pas de mécanisme qui permet à la CNESST de valider si les documents qui...
donc, qui font l'objet, donc, d'une obligation de la part de l'agence de
recrutement ou de l'employeur. Il n'y a pas de mesure pour pouvoir valider si c'est
bel et bien remis au travailleur?
M. Boulet : Oui, il y a des
façons de faire, bien sûr, sur réception d'une plainte d'une dénonciation ou on
...fait des interventions sans plainte ni dénonciation. On a fait des blitz,
souvenez-vous, notamment <dans certaines régions...
M. Boulet :
...fait
des interventions sans plainte ni dénonciation. On a fait des blitz,
souvenez-vous, notamment >dans certaines régions. Maintenant, comme
notre escouade est devenue permanente, on le fait dans tous les secteurs. Donc,
on s'assure, par ces interventions-là, du respect de ce qui est prévu dans le
règlement sur les agences de recrutement des TET et de bien informer les
travailleurs étrangers temporaires, puis il y a une vérification qui est faite
à chaque... À chaque fois, on fait les vérifications qui s'imposent pour
s'assurer du respect du règlement et de la Loi sur les normes du travail.
Parce que, rappelez-vous, collègue, le
12 juin 2018 était entrée en vigueur une révision quand même assez
importante de la Loi sur les normes du travail, et le règlement en est un
d'application d'un des articles, 41, je crois, là, de la Loi sur les normes du
travail. Et donc il y a des vérifications qui se font et on s'assure du respect
du règlement et de la loi.
Mme Cadet : Merci beaucoup.
Vous avez parlé de l'escouade prévention, qui est belle et bien devenue
permanente dorénavant. Combien d'ateliers en entreprise à l'intention des
travailleurs étrangers ont été livrés en 2022-2023?
M. Boulet : Je vais obtenir
le chiffre, mais je veux aussi profiter de l'occasion... qu'il y a aussi
beaucoup de travail d'information qui se fait auprès des employeurs.
Maintenant, on fait un service d'aide personnalisé pour les employeurs pour
bien les informer de ce que requiert l'accueil et de ce qu'impose le respect
des droits et obligations. Maintenant, quant au nombre, il y a eu
136 ateliers.
Mme Cadet : Et le service
d'aide aux employeurs, donc, c'est l'employeur qui doit en faire la demande?
M. Boulet : Oui, mais on
l'offre aussi. Quand on se déplace, quand on fait des interventions, on propose
à l'employeur de le rencontrer et de lui expliquer ce que ça... ce que le
règlement demande de faire.
Mme Cadet : Et ça, combien
d'ateliers de services d'aide personnalisés, là, on...
M. Boulet : 484. On est bon
dans les chiffres, hein?
Une voix : ...
M. Boulet : Il me semble
qu'on étudie les crédits, collègue d'Hochelaga-Maisonneuve.
Mme Cadet : C'est l'objectif
avec les crédits, on est dans les chiffres, M. le ministre.
Il y a eu quelques cas malheureux
mentionnés dans l'actualité récente, et puis, bon, vous le mentionnez, donc,
vous avez fait une annonce à ce sujet le 1er mars dernier. On sait que les
plaintes relatives aux normes du travail ont augmenté, dans les dernières
années, chez les travailleurs temporaires, là, passant de 16, en 2019, à 477
l'an dernier. Si la tendance se maintient, en 2023, on verra aussi l'atteinte
d'un nouveau record parce qu'il y a déjà 197 plaintes qui ont été déposées
seulement pour les trois premiers mois de l'année. Pour les plaintes qui ont
été déposées en 2022, quel a été le suivi de celles-ci?
• (14 h 40) •
M. Boulet : Bien, mon Dieu!
Quand il y a des... C'est intéressant parce que vous référez à un article... Rappelez-vous,
il y a L'actualité puis il y a Le Devoir. Moi, s'il y a des
plaintes, c'est signe qu'on informe bien des droits puis de l'obligation des
employeurs de respecter ces droits-là. Et ce qu'on a réalisé, c'est qu'en 2022,
par rapport à 2021, il y avait eu plus de réclamations, une augmentation
importante de réclamations pour accidents de travail ou maladies
professionnelles des TET, mais une augmentation moins importante que
l'augmentation du nombre de TET. Comme les réclamations, il y a eu une
augmentation de 14 % alors que le nombre a crû de 27 %.
Donc, les plaintes... quand il y a une
plainte, bien, vous le savez, on a la même formation préalable, puis le
collègue d'Hochelaga-Maisonneuve le sait. Évidemment, on dépêche des personnes,
on fait une enquête, on vérifie, on a les pouvoirs des commissaires d'enquête,
donc on peut requérir des documents, on peut vérifier, on peut s'assurer que
tout est compatible, on peut demander des livres de paie, on peut faire des
rencontres avec des personnes pour s'assurer qu'elles répondent bien à nos
questions, mais c'est : Vérification, enquête, après ça on détermine le
suivi à apporter et ça peut aller ultimement à un avis de correction et, après
ça, à des constats d'infraction, des amendes et tout ce que le processus nous
permet de faire.
Mme Cadet : M. le ministre,
donc, vous avez dit que nous étions dans les chiffres, et puis vous avez
raison, et je fais bel et bien référence à un article du Devoir de la
semaine dernière sur l'augmentation du nombre de plaintes, mais, au niveau du
nombre de lésions professionnelles, moi, ce que je vois, là, c'est qu'il y a eu
cinq fois plus de... en fait, que <les travailleurs étrangers temporaires...
Mme Cadet :
...professionnelles,
moi, ce que je vois, là, c'est qu'il y a eu cinq fois plus de... en fait, que >les
travailleurs étrangers temporaires ont été cinq fois plus nombreux à se blesser
au travail et à contracter des maladies professionnelles qu'il y a six ans,
alors que leur augmentation, comme vous l'avez dit, autour de 27 %, donc,
sont trois fois plus nombreuses. Je pense qu'on s'accorde sur ce chiffre-là,
mais...
M. Boulet : Les pourcentages
que je vous donnais, c'est si on fait la soustraction des cas découlant de la
COVID, parce qu'il y en a beaucoup qui ont contracté la COVID, mais, si on les
met de côté, l'augmentation des réclamations est moins importante que
l'augmentation du nombre. Puis, encore une fois, puis j'ai lu l'article, puis
elle le soulignait, la CNESST... on a annoncé une bonification des mesures de
prévention et la permanentisation de l'escouade de prévention et des services
additionnels pour les protéger. Puis, vous le savez, puis, si vous embarquez
dans des cas particuliers, il y a des circonstances qui sont inadmissibles puis
il faut s'assurer qu'au Québec, on ait un environnement dans les entreprises
qui est compatible avec la dignité de ce que nous impose l'intégration des
travailleurs étrangers temporaires.
Mme Cadet : Merci, M. le
ministre. Vous parlez, donc, de la bonification des mesures dont vous avez
parlé, dont l'article fait état aussi. Donc, en 2022, la province a accueilli
38 500 travailleurs étrangers temporaires, il y a quand même eu une
hausse assez fulgurante, là, depuis 2019. Vous me disiez plus tôt qu'il y a 41 973 déclarations
d'embauche en vigueur. Donc, on est encore en croissance. Est-ce que vous
pensez que le ratio d'agents de plus qui a été annoncé pour l'escouade
prévention est suffisant pour répondre à la demande?
M. Boulet : Actuellement,
oui, mais Mme Oudar qui est ici pourrait me confirmer, mais moi, je veux
m'assurer qu'on réponde aux besoins. Il y a des ressources qui peuvent être
requises, additionnelles. On a... Au-delà de nos agents de prévention qui font
partie de l'escouade, on a autour de 300 enquêteurs qui peuvent faire des
interventions, qui peuvent supporter nos conseillers qui sont spécialisés et
qui font partie de l'escouade de prévention pour les travailleurs étrangers
temporaires. Et je n'aurais pas de crainte de demander des ressources
additionnelles si on n'était pas capables de répondre aux besoins.
Mme Cadet : Merci. Lors de
votre annonce en mars dernier, vous annonciez aussi, donc, une... bon, on a
parlé du ratio actuel de plus annoncé, que pendant la période estivale, donc il
y aura aussi, donc, une dizaine d'agents de prévention qui s'ajouteront. Est-ce
que vous avez déjà trouvé ces agents-là pour la période estivale?
M. Boulet : Oui, ils sont
formés puis ils seront prêts à intervenir. Puis, vous savez, dans les
prochaines semaines, on va accueillir des travailleurs étrangers temporaires,
particulièrement dans le secteur agricole, et j'ai l'intention de faire une
nouvelle intervention pour rappeler à tout le monde le type de Québec que nous
voulons avoir en matière d'accueil des travailleurs étrangers temporaires.
Mme Cadet : Merci. Vous venez
de parler, là, des 291 inspecteurs en santé-sécurité. Donc... parce qu'en
fait dans votre annonce, là, vous disiez que ces inspecteurs-là et ceux... et
les 241 en normes du travail, donc, seraient ajoutés sur le terrain. Encore une
fois, donc, est-ce que ces effectifs sont déjà en place?
M. Boulet : Oui, tout à fait.
Mme Cadet : OK. Et vous avez
dit qu'ils ont été formés? Quelle est la formation qui leur a été donnée?
M. Boulet : Ah! Mon Dieu!
C'est des formations très variées, hein? Évidemment, il y a ceux en
santé-sécurité qui, souvent, ont un bagage dans des champs d'activités humaines
très variés, hein? Il y en a qui sont formés en économie, en droit, en psychologie,
en travail social, parce qu'on fait des interventions qui sont transversales.
Et, en matière de normes du travail, c'est le même phénomène aussi, là, c'est
des formations académiques qui sont très variées, il y a des ingénieurs aussi. Parce
que, quand on émet des avis de correction, vous savez qu'ultimement ils peuvent
émettre des scellés puis provoquer la fermeture d'une entreprise qui est
vraiment dans un état qui met à risque, de façon importante, la santé, sécurité,
intégrité physique des travailleurs. Donc, on s'assure que nos inspecteurs
aient le bagage requis par la nature de l'enquête et de l'intervention.
Mme Cadet : Merci. Vous avez
parlé des vérifications systématiques des agences de main-d'œuvre, des agences
de placement, puis notamment pour débusquer celles qui n'ont pas de permis et
qui ne respectent pas les pratiques légales, ça, vous l'avez évoqué. Pour ce
qui est de celles qui n'ont pas de permis, est-ce qu'on sait combien d'agences
qui n'ont pas de permis sont en opération?
M. Boulet : La vaste majorité.
Il y a des demandes de permis <qui ont été refusées...
Mme Cadet :
...qu'on
sait combien d'agences qui n'ont pas de permis sont en opération?
M. Boulet :
La
vaste majorité. Il y a des demandes de permis >qui ont été refusées, vous
avez vu nos statistiques. Mais, si tu n'as pas de permis, tu n'as pas le droit.
Donc, tu ne peux pas embaucher des travailleurs étrangers temporaires, tu es
dans l'illégalité et tu t'exposes à avoir un constat et payer l'amende qui est
prévue dans le règlement.
Mme Cadet : Mais est-ce que
vous êtes en mesure de...
M. Boulet : Et... Oui?
Mme Cadet : ...donc, au fond,
que l'opération, donc, servait à les débusquer. Donc, vous êtes en mesure de
les débusquer, donc de les trouver. Comment cette opération-là fonctionne?
M. Boulet : Bien, on fait des
interventions, on fait des vérifications, sur plainte, sur dénonciation.
Parfois, ça peut être via les médias, hein? Souvent, ça joue un rôle qui est
pertinent. Parfois, ça peut venir des partis d'opposition aussi. C'est parce
que, là, je veux faire plaisir à notre collègue d'Hochelaga-Maisonneuve.
Mme Cadet : Parfait. Je me
tourne vers l'augmentation de la violence en milieu de travail. Le nombre de
blessures et de maladies causées par la violence au travail a bondi de plus de
25 % entre 2018 et 2021. Vous avez eu l'occasion de commenter ce dossier-là
il y a quelques semaines. On sait que, malheureusement, dans la majorité des
cas, ce sont les femmes qui sont victimes de ces cas-là. Bon, on parle de
bousculades, de coups de pied, de volées de coups, de coups d'ongles, et vous
avanciez, dans votre entrevue du 24 février, M. le ministre, que la cause
de cette hausse de violence est multifactorielle et que la pandémie et la
pénurie de main-d'oeuvre ont certainement joué un rôle. Est-ce que vous pouvez
élaborer?
M. Boulet : Rappeler d'abord
que la violence en milieu de travail, elle est inadmissible, intolérable.
Rappeler qu'avec l'article 81.19, si c'est de la violence qui découle d'un
harcèlement psychologique ou à caractère sexuel, les employeurs ont une
obligation de prévention, donc de mettre en place une politique avec un
mécanisme de plainte et respect de la confidentialité, aussi une obligation de
corriger s'il y a une situation de harcèlement qui est portée à leur
connaissance.
La pandémie, il ne faut pas que ça serve
de prétexte, hein? Je pense que ça a accentué plusieurs phénomènes humains,
puis, dans les milieux de travail, plus d'anxiété, de fatigue. Et donc ça
peut... quand je dis multifactoriel, ça peut être un des facteurs qui explique.
Mais ceci dit, les réclamations, quand
elles sont légitimes, elles sont acceptées. Quand les personnes ont besoin
d'une indemnité de remplacement de revenu, elles l'obtiennent. Quand elles ont
besoin d'un conseiller ou d'une conseillère pour les accompagner en matière de
réadaptation sociale, physique, ou professionnelle, ou psychologique, la CNESST
est présente pour les accompagner.
• (14 h 50) •
Mme Cadet : Merci. J'insiste,
ceci dit, M. le ministre, sur la question des femmes, parce que, quand on
creuse, on constate que les femmes, donc, les milieux de travail
majoritairement féminins, donc, bien souvent n'ont pratiquement jamais eu accès
aux mécanismes de prévention dans les secteurs où elles œuvrent en majorité.
Donc, on peut émettre, à mon sens, le postulat que cette lacune peut avoir
entraîné des répercussions néfastes pour la connaissance et la reconnaissance
des lésions professionnelles liées aux métiers féminins.
On a parlé un peu, donc, des risques
psychosociaux dans les secteurs de l'éducation et de la santé dans l'actualité
récente, mais on peut aussi penser, en ce qui a trait, donc, aux milieux de
travail... où les femmes, donc, oeuvrent en majorité, qu'il existe, donc, des
positions contraignantes, par exemple, donc, pour les femmes de chambre ou pour
les préposées, où elles peuvent être exposées à des produits chimiques utilisés
pour faire le nettoyage. Donc, il peut... Ce sont des contextes qui sont peu
explorés, peu documentés.
Dans cette perspective, lors du dépôt du
projet de loi n° 59, je pense que le collègue d'Hochelaga-Maisonneuve
était là, vous étiez là, moi, je n'y étais pas, mais, de ce que je comprends,
vous aviez initialement proposé une modulation en utilisant les données
lésionnelles de la CNESST, ce qui reproduisait le biais historique. Vous avez
donc proposé que la CNESST soit responsable, donc, d'élaborer le règlement dont
vous avez parlé pour prévoir l'accès aux mécanismes de prévention qui reflètent
les réalités propres aux hommes et aux femmes. Donc, on a parlé du règlement,
donc, en ce qui a trait, donc, à la disparité hommes-femmes. J'aimerais vous
entendre sur cet élément-là.
M. Boulet : Bon. C'est une
excellente question. Je pourrais en parler pendant 15 minutes, Mme la
Présidente. J'ai combien de temps?
La Présidente (Mme Boivin Roy) :
...
M. Boulet : Mais là c'est
parce que je veux rappeler des souvenirs au collègue d'Hochelaga-Maisonneuve.
C'est important, ce dont on parle, parce qu'en 1979 et 1985, c'étaient des
secteurs où il y avait surtout des hommes, la foresterie, <les mines, la
métallurgie...
M. Boulet :
...c'étaient
des secteurs où il y avait surtout des hommes, la foresterie, >les
mines, la métallurgie, qui étaient considérés comme des secteurs prioritaires
où il y avait des mécanismes de prévention et de participation des travailleurs
pour diminuer les accidents de travail. L'économie s'est tertiarisée. Vous en
faites état. Il y a beaucoup plus de femmes. D'ailleurs, on a le deuxième taux
d'emploi le plus élevé chez les femmes au monde, en raison notamment de notre
RQAP, les contributions réduites aux services de garde et les risques ont
évolué. Il y a eu une mutation des risques plus à connotation physique vers des
risques de nature psychologique ou psychosociale. Et on l'a reconnu dans notre
projet de loi, dans la loi modernisant maintenant le régime de santé et
sécurité, et il y a une obligation des employeurs d'identifier ces risques-là
dans leur milieu de travail pour mieux les contrôler et éventuellement les
éliminer.
Et donc, dans tous les secteurs,
100 % des travailleurs bénéficient maintenant des mécanismes de
prévention, alors que ce n'était que 25 % avant la modernisation. C'est la
violence familiale, conjugale ou autre, qui a un... qui s'exprime et qui a un
impact au travail... C'est intéressant, parce que j'en parlais avec certains
collègues, cette loi-là a permis à une entreprise de services professionnels
d'obtenir une injonction pour protéger une femme qui était travailleuse,
victime de violence familiale de la part de son fils. Là, vous trouvez que je
parle trop longtemps, mais...
Mme Cadet : Oui.
M. Boulet : OK.
La Présidente (Mme Boivin Roy) :
M. le ministre, on va vous inviter à conclure.
M. Boulet : Donc, si ça
finit là, ça me va. Mais je veux juste vous dire que c'est un sujet qui me
fascine.
Mme Cadet : Merci. Je voulais
juste terminer. Manifestement, on aura l'occasion d'en rediscuter à l'extérieur.
M. Boulet : Mais on a
tout mis en place...
La Présidente (Mme Boivin Roy) :
Merci, M. le ministre. Merci beaucoup.
M. Boulet : Merci.
La Présidente (Mme Boivin Roy) :
Mme la députée, il vous reste 45 secondes.
Mme Cadet : Merci. Donc,
je veux vous poser une question, donc, sur les pompiers. En fait, qu'est-ce
qu'on attend pour reconnaître autant de cancers qu'en Ontario en ce qui a
trait, donc, à ce groupe? Allez-y.
M. Boulet : Une réponse
rapide.
Mme Cadet : Oui.
M. Boulet : Il n'y avait
aucun cancer des pompiers qui était reconnu dans la loi avant notre nouvelle
loi. Maintenant, il y en a neuf qui font consensus dans la littérature médicale
internationale et qui bénéficient donc de la présomption, qui sont dans le
Règlement sur les maladies professionnelles présumées. Le comité scientifique
va avoir mandat d'en étudier d'autres et d'en rajouter. Ceci dit, ça peut être
un cancer qui n'est pas dans les neuf et qui peut être reconnu sans bénéficier
de la présomption.
La Présidente (Mme Boivin Roy) :
Merci beaucoup, M. le ministre. Alors, j'invite...
M. Boulet : Merci.
La Présidente (Mme Boivin Roy) :
Merci. Je suis maintenant prête à reconnaître une première intervention du
deuxième groupe d'opposition pour un premier bloc d'échange. Alors, M. le
député d'Hochelaga-Maisonneuve, la parole est à vous.
M. Leduc : Merci, Mme la
Présidente. Salutations au ministre, à toute son équipe, à tous les collègues. Une
salutation à vous, Mme la Présidente. Si j'ai bien compris, c'est votre
première présidence aujourd'hui, notre collègue d'Anjou—Louis-Riel, avec qui on
apprend à travailler, j'apprécie beaucoup, sur le dossier de l'Assomption-Sud,
d'ailleurs, un gros dossier. Alors, bonne présidence.
M. le ministre, j'aimerais commencer avec
le projet de loi n° 19, qui est en ce moment entre
deux étapes. Là, on a terminé les audiences. On devrait... bien, dès la semaine
prochaine, retourner au salon bleu pour l'adoption de principe. Je le sais que
vous êtes en train de travailler sur des amendements. C'est la logique des
choses. La semaine dernière, j'ai fait une proposition de compromis dans
l'espace public, à savoir... de permettre une exemption plus large pour la
notion de famille pour les entreprises dans le milieu agricole, mais en échange
de garder à 10 employés et moins l'exemption pour les entreprises dites
familiales. Parce que, là, si on monte à 15, 20 ou 30, la notion d'extension de
la famille perd du sens. Est-ce que c'est un compromis qui vous semble
intéressant?
M. Boulet : Bon,
évidemment, les consultations particulières se sont bien déroulées. Il y avait
d'excellents mémoires, mais, pour répondre rapidement, c'est une piste qu'il
faut analyser. Je suis sensible à la réalité présentée par L'Union des
producteurs agricoles et je suis encore à un examen de nos options.
Mais je reviens au projet de loi. J'ai la
conviction intime que c'est un projet qui est équilibré. Il y a des groupes qui
sont venus demander des exceptions additionnelles à l'interdiction de
travailler en bas de 14 ans, d'autres voulaient moins d'exceptions, mais
on est à compléter l'analyse, mais... Puis vous me connaissez, j'aurai
certainement des discussions avec vous puis notre collègue du Parti libéral pour
voir si c'est opportun de faire des amendements.
M. Leduc : ...mauvaise
nouvelle, là, sur le rehaussement des exemptions à 10 et plus, là. Ça ne va pas
être 15, ça ne va pas être 20, on va garder ça à 10?
M. Boulet : Pour
l'instant, je réitère que le projet de loi est équilibré.
M. Leduc : Parfait.
M. Boulet : Puis, dans
le projet de loi, c'est moins de 10.
M. Leduc : Donc, s'il est
équilibré puis qu'on en rajoute, l'équilibre...
M. Boulet : Vous pouvez
supputer <sur nos intentions...
M. Boulet :
...de
10.
M. Leduc :
Donc,
s'il est équilibré puis qu'on en rajoute, l'équilibre...
M. Boulet :
Vous
pouvez supputer >sur nos intentions, mais je le redis, puis...
M. Leduc : Parfait. Je le
fais, je le fais.
M. Boulet : Non, non, puis...
absolument.
M. Leduc : Parfait, merci. Je
bascule sur une décision qui est sortie cette semaine, qui m'a fait de la
peine, pour être bien franc avec vous, sur le dossier de la notion
d'établissement pour les scabs, les travailleurs illégaux de remplacement, en
bon français. Vous le savez, j'ai déposé un projet de loi, dans la dernière
législature, le n° 992, qui visait à modifier le Code
du travail afin d'actualiser la notion d'établissement dans le cadre de
l'application des dispositions relatives aux briseurs de grève.
À l'époque, vous vous êtes opposé, vous
n'avez pas retenu l'idée de ce projet de loi là, en disant : Il y a déjà
une décision sur le dossier CRH à Joliette, qui, à partir d'une lecture... une
nouvelle jurisprudence, dans le fond, élargissait la notion d'établissement.
C'était une bonne nouvelle, mais moi, je disais : Il faut le sceller, ça,
il faut faire un projet de loi pour arrêter ça. Vous avez dit : Non, non,
les tribunaux, ça va être correct. Mais là, ils viennent de perdre, en fait, en
Cour supérieure, la Cour supérieure a cassé ce jugement-là. Est-ce que vous
regrettez un peu de ne pas avoir agi? Ça aurait pu régler ce dossier-là. Et
êtes-vous, donc, intéressé à ce qu'on revienne avec un projet de loi pour
sceller cette question-là?
M. Boulet : Je vais donner la
réponse la plus claire possible. Je ne regrette pas à ce stade-ci parce que la
décision de la Cour supérieure, du juge Collin, que j'ai lue, a été portée en
appel. Et mon opinion demeure celle que j'avais exprimée suite à la décision du
Tribunal administratif du travail, là, le juge juge Morand. Moi, j'avais lu
cette décision-là, puis il actualisait la notion d'établissement en tenant
compte de l'accroissement du télétravail. Et j'avais exprimé un accord, même
si... j'avais exprimé un accord avec la motivation de la décision du TAT.
J'ai été, j'avoue, un peu étonné de la
décision de la Cour supérieure, mais satisfait qu'elle soit portée en appel.
C'est le plus loin où je pourrais aller, parce que je vais respecter le
processus judiciaire, la Cour d'appel aura à s'exprimer. Puis vous savez que
c'était un processus en révision judiciaire, puis il y a deux concepts là :
Est-ce que la décision du TAT était raisonnable ou correcte? Ils ont utilisé le
test de la décision raisonnable plutôt que le test de la décision correcte, et
ça m'a encore plus étonné qu'on en vienne à la conclusion que c'est
déraisonnable, puis... Je ne sais pas, vous avez lu la décision?
M. Leduc : Mais, M. le
ministre, on va-tu attendre d'aller jusqu'en Cour suprême? Parce qu'après ça il
y a la Cour d'appel, puis après la Cour d'appel, il y a la Cour suprême, on
peut se magasiner un autre six, sept ans, là, de procédures judiciaires, tandis
que si on adoptait un projet de loi très clair qui, sur le fond, reprend
exactement l'accord que vous aviez donné à la décision précédente, on pourrait
régler ça en deux temps, trois mouvements, là.
M. Boulet : C'est une option,
puis moi, je n'exclus rien à ce stade-ci. Ceci dit, je le répète, mon opinion,
je l'avais déjà exprimée. Là, je vais faire preuve de réserve, là, parce que la
décision de la Cour supérieure est portée en appel, mais, pour moi, dans le
contexte des dispositions de 109.1 et suivants du Code du travail qui prohibent
l'utilisation de travailleurs de remplacement ou de briseurs de grève, le
télétravail ou la télétravailleuse devrait faire partie.
M. Leduc : Tout à fait. Ça
qu'on pourrait même, dans le cadre du projet de loi n° 19,
rajouter une petite référence à ça.
M. Boulet : Non, parce que ce
n'est pas l'objet du projet de loi.
M. Leduc : Avec le
consentement, tout est possible, M. le ministre.
M. Boulet : Mais il n'y aura
pas de consentement.
M. Leduc : On l'a déjà fait
dans le passé sur d'autres sujets.
M. Boulet : On a des
objectifs complètement différents. C'est un projet de loi qui s'intéresse à la
sécurité des enfants et à la réussite éducative...
M. Leduc : Oui, bien sûr.
M. Boulet : ...mais je
comprends très bien.
M. Leduc : Donc, pas dans le
projet n° 19.
• (15 heures) •
M. Boulet : Mais je n'exclus
rien.
M. Leduc : OK. Je vais le
prendre.
M. Boulet : Mais pas dans le
cadre du projet de loi n° 19, à côté.
M. Leduc : Non, c'est ça. Ça,
vous avez été très clair. Parfait.
M. Boulet : Guillaume, on se
comprend.
M. Leduc : Passons à un autre
sujet, M. le ministre. Vous savez, je vous ai écrit une lettre parce que
j'étais soucieux de ce qui se passait dans les entrepôts d'Amazon, notamment à
Montréal. Vous m'avez d'ailleurs répondu, je vous remercie. Vous m'avez dit,
là, notamment : Soyez assuré que la CNESST continue son travail sur le
terrain et prend les mesures nécessaires pour veiller à l'application des lois
et aux règlements dont elle a charge.
Sauf que, justement, dans le projet de loi
n° 59, dont on faisait référence tantôt, qui est
devenu la loi 27, on a adopté un article, l'article 15, je crois, qui
disait ceci : «Lorsque les travailleurs d'un établissement ne sont
représentés par aucune association accréditée — c'est le cas, en
l'échéance — les représentants des travailleurs au sein du comité
sont désignés par scrutin lors d'une assemblée convoquée à cette fin par un
travailleur de l'établissement.» Puis là, ce qu'on vous a souligné, puis nous,
on a mis la main sur un rapport d'enquêteurs de la CNESST, c'est qu'il y a des
comités, mais des comités bidons de gens nommés par l'employeur, préexistants à
la loi, souvent, qui ne font rien. Et ce qui est troublant, M. le ministre,
c'est que, dans le rapport de l'enquêteur de la CNESST dont on a mis... on a eu
vent... en fait, on n'a pas de copie, on a eu vent, c'est qu'il se contente de
dire, bien, qu'à l'avenir l'entreprise devrait se conformer à la loi, mais il
n'y a aucune forme d'intervention de prévue, il n'y a aucune forme de serrage
de vis, si vous me permettez l'expression...
15 h (version révisée)
M. Leduc : ...il n'y a aucune forme
d'intervention de prévue, il n'y a aucune forme de serrage de vis, si vous me
permettez l'expression, on fait confiance à l'employeur pour éventuellement
faire une assemblée, alors que visiblement ça ne respecte pas la loi en ce
moment. Est-ce que ce n'est pas quelque chose qui vous inquiète?
M. Boulet : Oui, si ce que
vous dites est juste, oui, parce qu'on ne fera pas un rapport d'enquête pour
dire «il devrait» ou faire une déclaration de la nature de celle que vous
soumettez. Mais je rappellerai que dans Amazon, on a fait des interventions
diligentes. Il y a eu quand même une vingtaine de plaintes. Puis, le 31 mars,
le comité des travailleurs, travailleuses d'Amazon, via le centre des
travailleurs, travailleuses immigrants, ont rencontré la direction d'Amazon en
rapport avec la situation qui avait été dénoncée par Radio-Canada. Mais, quand
on fait une enquête, ce n'est pas juste dire «il y a eu ça puis ça», il faut
que les lois soient respectées. Si on fait une enquête...
Puis, encore une fois, dans la mesure où
ce que vous dites est juste, moi, je pense que la CNESST étant présente,
notamment par le biais de sa présidente-directrice générale, va s'assurer de
faire les nuances qui s'imposent, mais s'il y a des suivis...
M. Leduc : Si on vous
communique le dossier... si on vous communique le dossier, on peut s'attendre à
ce qu'il y ait de l'action?
M. Boulet : Absolument.
M. Leduc : Parfait. On fera
ça.
M. Boulet : Parce que la
prévention, là, des accidents de travail, ça s'applique à tous les
travailleurs. Puis, les mécanismes de participation, c'est le même
raisonnement.
M. Leduc : Tout à fait. C'était
une avancée du projet de loi que j'avais saluée, d'ailleurs.
M. Boulet : Bien oui, bien
oui, bien oui.
M. Leduc : Combien de temps, Mme
la Présidente?
La Présidente (Mme Boivin Roy) : Il
vous reste deux minutes.
M. Leduc : Deux minutes. J'aimerais
rester sur le thème, mais peut-être m'adresser à Mme Oudar, si vous me le
permettez, M. le ministre, en lien avec l'application, donc, de... du nouveau
règlement de prévention sur les lieux non syndiqués.
Je reçois des échos de gens, notamment,
là, dans... dans le milieu du... du travail, qui s'inquiètent de l'application
de ça ou de la potentielle non-application ou à peu près non-application de ça.
Il n'y a pas de collecte de données à notre connaissance qui est faite, en ce
moment, de la part de la CNESST. Vous me corrigerez si ce n'est pas le cas, Mme Oudar.
Et ça nous inquiète, ça m'inquiète, parce que, dans la projet de loi, on avait
décidé de faire un bilan, hein, après cinq ans d'exercice. Et là on se pose la
question, là, ça fait déjà à peu près un an et des poussières qu'on roule avec
ça : Comment on va faire le bilan de l'application dans le milieu non
syndiqué si on ne collecte pas des données au moment où on se parle? J'aimerais
ça si vous pouviez un peu nous éclairer, Mme Oudar.
M. Boulet : Moi, j'ai... je consens
à ce que Mme Oudar réponde à ça spécifiquement parce qu'il y en a de la
collecte de données.
La Présidente (Mme Boivin Roy) : Merci,
M. le ministre.
M. Boulet : Mais je vais
laisser Mme Oudar compléter ce que je viens de dire.
La Présidente (Mme Boivin Roy) : Merci
beaucoup. Est-ce que les membres consentent à ce que madame prenne la parole?
M. Leduc : Bien sûr.
La Présidente (Mme Boivin Roy) : Merci
beaucoup. Alors, s'il vous plaît, vous identifier.
Mme Oudar (Manuelle) : Bonjour.
Manuelle Oudar, PDG de la CNESST. Effectivement, un article dans la loi, l'article 167.3,
au regard des travailleurs non représentés, comme le couvre effectivement la
question, bien, la nouvelle loi, la loi 59, prévoit des mesures de soutien
pour les travailleurs non représentés par une association accréditée.
Alors, nous, on a fait certaines
interventions. On a un programme aussi qu'on a déjà parti, là, au niveau d'intervention.
On a fait certaines interventions pour rejoindre ces travailleurs de façon plus
spécifique. Et on a, bon, beaucoup d'informations aussi sur notre site Web, là,
qui est quand même très visité.
Des voix : ...
Mme Oudar (Manuelle) : C'est
certain qu'on a une... une autre obligation qui est dans la loi, qu'on
travaille aussi avec le ministère du Travail sur le rapport quinquennal, si
votre question pose aussi les... l'élément pour dans cinq ans, le rapport
quinquennal qui sera déposé à l'Assemblée nationale.
La Présidente (Mme Boivin Roy) : Merci
beaucoup. Merci. Alors, je suis maintenant prête à reconnaître une deuxième
intervention de l'opposition officielle pour un deuxième bloc d'échange. Alors,
Mme la députée de Bourassa-Sauvé, la parole est à vous.
Mme Cadet : Merci beaucoup, Mme
la Présidente. M. le ministre, donc, j'aimerais revenir sur la situation des
pompiers. Je... Bon, je comprends, donc, le comité scientifique sur les
maladies professionnelles, donc, doit se former, mais... Et je vous entends
aussi, là, quand vous dites que, bon, précédemment, donc, aucune de ces
maladies professionnelles n'était reconnue, qu'il y a une ouverture à se... à au
moins, donc, s'approcher, donc, des... des 19 que l'on reconnaît en Ontario. Qu'est-ce
que vous répondez, donc, aux... aux pompiers, aux familles de pompiers qui
attendent, qui attendent, donc, depuis plusieurs années puis qui se disent qu'il
y a... qu'il y a une disparité qui subsiste malgré les dernières avancées,
parce qu'elles... elles sentent... elles sentent, là, la disparité avec l'Ontario?
M. Boulet : Je réponds qu'on
a fait une avancée majeure, parce que, pendant 40 ans, il n'y avait aucun
cancer pour les pompiers combattants, alors que, dorénavant, nous avons neuf
cancers associés au travail des pompiers combattants.
Puis, je profite de l'occasion pour dire
que c'est des personnes qui rendent un service tellement fondamental pour
assurer la sécurité de notre population, et ça, moi, je les remercie
constamment. Quand je parle avec des pompiers, je leur <mentionne...
M. Boulet :
...personnes
qui rendent un service tellement fondamental pour assurer la sécurité de notre
population, et ça, moi, je les remercie constamment. Quand je parle avec des
pompiers, je leur >mentionne.
Ce que je dis, c'est que l'avantage, en
plus d'avoir un règlement, c'est qu'il est évolutif. Il va s'adapter à
l'évolution des connaissances. On a mis les neuf, mais avec une ouverture à en
rajouter, en tenant compte du consensus scientifique international.
Dernier commentaire si vous me le
permettez. Ce n'est pas parce que ce n'est pas dans la liste des maladies
professionnelles présumées qu'un pompier ne peut pas faire une réclamation
parce qu'il a contracté un cancer. S'il est en mesure avec un expert de faire
la preuve d'un lien de causalité entre la nature de son travail et le
diagnostic posé, il va y avoir une réclamation acceptée et bénéficier des
indemnités de remplacement de revenu versées par la CNESST. C'est comme
ça que je réagis. On s'est donné, au-delà des neuf, des outils permettant de
s'adapter et d'évoluer.
Mme Cadet : Vous conviendrez
avec moi que le processus que vous venez décrire est beaucoup plus lourd pour
le pompier, pour ses proches. Donc, on est quand même dans une situation
aussi... S'il s'agissait donc d'une... d'une maladie présumée, donc ce serait
beaucoup plus facile, donc, pour le... pour le pompier d'être en mesure, donc,
de faire... de faire reconnaître la maladie professionnelle.
Et en ce qui a trait, donc, au comité,
donc, quand est ce qu'il va commencer à se rencontrer?
M. Boulet : Excusez-moi, je
n'ai pas compris la fin de votre question.
Mme Cadet : La... Bien, d'une
part, donc, je disais, donc, vous conviendrez avec moi que le processus que
vous venez de décrire est beaucoup plus lourd, donc, quand le... la personne n'est
pas reconnue, donc il doit faire la preuve. Donc, il y a quand même, donc, un
fardeau financier pour le pompier, pour sa famille.
M. Boulet : C'est
intéressant. Si vous aviez bénéficié de notre commission parlementaire, une
autre addition à notre loi santé, sécurité, c'est qu'on a créé un comité des
maladies professionnelles oncologiques, qui est sur la voie d'être effectif et
qui va pouvoir accompagner les pompiers qui, par exemple, ont un cancer qui
n'est pas dans la liste des neuf maladies professionnelles présumées. Donc, on
a une structure dans la loi qui va nous permettre de répondre aux besoins des
pompiers, tant au plan humain que juridique.
Mme Cadet : Merci. Et quand
est-ce que le Comité scientifique sur les maladies professionnelles va
commencer à se réunir?
M. Boulet : D'ici les
prochains mois. C'est un travail intense de recruter les bonnes personnes pour
s'assurer que notre règlement soit respectueux de l'évolution de la science
médicale. Mais d'ici quelques mois, je vous assure.
Mme Cadet : Merci, M. le
ministre. L'actualité récente fait aussi état de telles situations qui sont absolument
tragiques, donc soit les... les accidents et surtout les décès des signaleurs
routiers. Je comprends que c'est... que c'est transversal, que ça ne concerne
pas que vous, M. le ministre, mais je... on voit quand même que les
statistiques d'accidents qui impliquent des signaleurs routiers, donc, ne
cessent d'augmenter, on en avait plus de 200 en 2022, il y a eu
19 accidents de signaleurs, si je... 19, pardon, décès de signaleurs, si
je ne me trompe pas. Comment est-ce que vous comptez renforcer la protection
des signaleurs routiers à court terme?
• (15 h 10) •
M. Boulet : C'est une
excellente question encore une fois. Souvenez-vous, les signaleurs routiers
nous ont demandé de... d'être considérés comme étant exclus du décret des
agents de sécurité parce que c'est devenu une profession en soi d'être un
signaleur routier.
Puis, encore une fois, je profite de
l'occasion pour les remercier de leur travail puis je sais qu'ils mettent à
risque leur santé puis leur sécurité.
Et on est allé dans cette direction-là.
J'ai travaillé beaucoup avec les signaleurs routiers puis avec M. Lemieux du...
du Syndicat des métallos, qui le souhaitait ardemment. On a fait un suivi, et
le décret concernant les signaleurs routiers, bon, j'ai fait des entrevues il y
a peut-être un mois et demi, deux mois, mais il a été adopté, et ça va
permettre la professionnalisation de ce travail-là, et de s'assurer que les
parties avec un comité paritaire, là, parce que c'est un décret de convention
collective, permettent qu'on identifie les risques qui sont vraiment inhérents
et spécifiques à ce travail-là de signaleur routier.
Mme Cadet : Merci. Je
reviendrai, à mon tour, sur le... le projet de loi n° 19. Donc, vous
conviendrez qu'également à titre de porte-parole jeunesse il y a certains
aspects que nous avons élaborés, là, lors de... leur de... des consultations
particulières, donc, qui... qui m'interpellent. Lors des consultations, donc,
plusieurs intervenants, donc, ont souligné l'importance d'offrir de la
formation aux jeunes en matière de droit du travail. On a parlé de... des
initiatives de l'escouade de prévention jeunesse et Kinga qui font partie,
donc, de l'axe santé du plan d'action de la jeunesse. M. le ministre, vous avez
vous-même vanté à plusieurs reprises, donc, les mérites de ce <programme...
Mme Cadet :
...en matière
de droit du travail. On a parlé de... des initiatives de l'escouade de
prévention jeunesse et Kinga qui font partie, donc, de l'axe santé du plan
d'action de la jeunesse. M. le ministre, vous avez vous-même vanté à plusieurs
reprises, donc, les mérites de ce >programme. Le rapport annuel de la
CNESST indique qu'en 2021, donc, 447 écoles avaient participé au programme
et 124 703 jeunes avaient été sensibilisés. On est manifestement
toujours sur la thématique des chiffres. Donc, pour Kinga, on a ces
chiffres-là, mais pour l'Escouade prévention jeunesse, il n'y a aucune
information qui a pu nous être transmise. Donc, est-ce que vous êtes en mesure,
donc, d'élaborer là-dessus, puis de nous dire, donc, quelles étaient les cibles
pour l'année 2022, et si elles ont été atteintes?
M. Boulet : Oui. Bon, il y
a... pour le programme éducatif prévention jeunesse, il y a eu plus de
2 000 inscriptions puis dans près de 600 écoles primaires et
secondaires. Donc, c'est les chiffres que je peux vous donner.
Mais c'est intéressant ce que vous dites,
hein, les 124 000 puis les 447 écoles, il faut travailler beaucoup la
formation en amont. Tu sais, ce n'est pas... ce n'est pas quand tu commences à
travailler, ce n'est pas quand tu avances dans ton cheminement académique que
tu dois être informé de tes droits puis de ce que le marché de l'emploi offre.
Les normes, la santé et sécurité, c'est important. Puis, on aura... en
commission parlementaire quand on fera l'étude détaillée article par article,
on aura l'opportunité de discuter de tout ce que la CNESST déploie pour
sensibiliser, informer puis former, parce que ça, c'est fondamental.
Mme Cadet : Définitivement,
on en a... on en aura l'occasion. Puis, vous m'avez manifestement entendu
abondamment parler de formation lorsqu'on a rencontré les intervenants lors des
consultations particulières. Donc, on a... on en aura l'occasion.
Pour ce qui est des mesures, donc, est-ce
qu'il y a des mécanismes de vérification de l'efficacité de... de ces
programmes de prévention qui sont en place?
M. Boulet : Mon Dieu, à ce
stade-ci, je ne suis pas en mesure de m'exprimer sur l'efficacité, mais je suis
quand même convaincu qu'un jeune bien informé, soucieux de l'importance de se
protéger, parce que souvenez-vous que l'article 49, qui est le pendant de l'article 51
de la loi santé et sécurité, demande aux travailleurs de s'assurer d'être dans
un environnement de travail qui est sécuritaire, et de prendre les mesures qui
s'imposent pour le dire, puis porter les équipements de protection individuelle,
oui, je suis convaincue qu'au-delà de l'aspect légal il y a un impact qui est
positif.
Je suis quand même fortement inquiété par
l'augmentation du nombre de lésions professionnelles, tu sais, c'est
680 %, là, quand on considère 2022. Quand on a soumis le projet de loi,
c'était 540 %, mais de 2017 à 2022, c'est 640 %. Puis, chez les
16 ans et moins, c'est 80 %, c'est quand même majeur, ça fait que ça,
ça me préoccupe. Ça, ça remet l'accent sur l'importance, puis vous le dites
bien, de s'assurer qu'on comprenne bien nos droits puis nos bénéfices en
matière de santé et sécurité. Puis, c'est ce qu'on a fait d'ailleurs pour... Les
programmes de prévention puis les plans d'action, les employeurs vont devoir
identifier les risques puis les représentants en santé et sécurité, puis pour
les plus petites entreprises, les agents de liaison, vont pouvoir faire des
recommandations sur des tâches qui sont incompatibles avec le développement
socioaffectif ou le...
La Présidente (Mme Boivin Roy) : En
terminant, M. le ministre.
M. Boulet : ...les capacités
morales et physiques des jeunes. Merci. Excusez-moi.
La Présidente (Mme Boivin Roy) : Merci.
Mme Cadet : ...une
préoccupation partagée autour de cette table. Est-ce qu'il y a des rapports de
reddition de comptes qui ont été déposés auprès du ministère par la CNESST sur
les initiatives jeunesse?
M. Boulet : Oui, il y a
des... Tout à fait, je peux...
Mme Cadet : Est-ce que c'est...
c'est possible de les déposer en commission?
M. Boulet : Vous voulez dire
des rapports sur les campagnes sur les initiatives jeunesse? Moi, je pense
qu'on peut vous transmettre, oui, puis on pourrait les déposer, un inventaire
des initiatives et de ce que... des résultats. Les chiffres oui, on pourra
déposer ça.
La Présidente (Mme Boivin Roy) : Alors,
M. le ministre, vous vous engagez à transmettre l'information qui est demandée
au secrétariat de la commission?
M. Boulet : Oui, Mme la
Présidente.
La Présidente (Mme Boivin Roy) : Merci
beaucoup.
Mme Cadet : Merci, Mme la
Présidente. Toujours au niveau du volet jeunesse, le chapeau jeunesse, je
remarque que la CNESST a payé 38 227 $ pour une consultation des
utilisateurs sur l'appréciation du site Web volet jeunesse, il y a eu aussi
donc des post-tests de la campagne ciblant la clientèle jeunesse. Est-ce qu'on
peut déposer les résultats de ces sondages-là aussi en commission?
M. Boulet : Tout à fait, Mme
la Présidente, on pourra déposer les résultats du <sondage...
Mme Cadet :
...la
campagne ciblant la clientèle jeunesse. Est-ce qu'on peut déposer les résultats
de ces sondages-là aussi en commission?
M. Boulet :
Tout à
fait, Mme la Présidente, on pourra déposer les résultats du >sondage.
La Présidente (Mme Boivin Roy) : Merci
beaucoup, M. le ministre. Alors donc, l'information demandée sera déposée au
secrétariat de la commission.
Mme Cadet : Merci, Mme la
Présidente. Je pense que ça... ça nous permettra également d'avoir une
appréciation, parce que, bon, dans... si on a... on fait une petite parenthèse,
là, sur le projet de loi n° 19, on a également, donc, parlé, donc, de...
de la... du fait de faciliter le... le processus de plainte, là, chez les
jeunes travailleurs, donc avoir une idée de leur appréciation de ce qui se fait
précisément à leur endroit devrait nous être utile.
Encore une fois, sous le chapeau jeunesse,
au niveau de la gouvernance, la Loi sur la gouvernance des sociétés d'État
permet à la CNESST d'échapper à la norme de nomination d'au moins un jeune
membre de moins de 35 ans, de 35 ans et moins plutôt, sur ses
instances, mais cependant, on vient de nommer, on le nomme abondamment
également, donc, dans le cadre du projet de loi n° 19, donc la CNESST,
donc, prend des décisions qui ont des répercussions sur les jeunes
travailleurs. Donc, comment est-ce que vous justifiez l'exclusion de la CNESST
à cette législation?
M. Boulet : Dans le Comité
consultatif sur les normes du travail, on a une personne en bas de 35 ans,
sur le CA, non, mais c'est un objectif que je partage avec vous qu'il y ait
éventuellement, puis dans les meilleurs délais possibles, une personne en bas
de 35 ans pour refléter, pour représenter les sensibilités puis les
préoccupations des jeunes. C'est un excellent point.
Mme Cadet : Est-ce que vous
vous engagez, donc, à ce que... à assujettir la CNESST à l'article 3.6 de
la Loi sur la gouvernance des sociétés d'État?
M. Boulet : Non, je me... je
ne m'engage à rien. Je m'engage à reconnaître la légitimité de l'objectif et à
faire ce que je viens de vous mentionner, qu'on essaie d'identifier une
personne de moins de 35 ans et qu'on puisse la nommer, idéalement dans les
meilleurs délais.
Mme Cadet : Merci. En août 2022,
la Loi visant à assurer la protection des stagiaires en milieu de travail est
entrée en vigueur. Donc, vous comprendrez qu'on est toujours sous le chapeau
jeunesse. Bon. Vous le savez mieux que moi, donc, la loi, donc, vise à... à
accorder, donc, certains droits aux stagiaires et leur octroie la possibilité
de bénéficier de certains recours. Combien de plaintes pour pratique interdite
ou harcèlement ont été déposées à la CNESST depuis l'entrée en vigueur de la
loi?
M. Boulet : Excusez-moi, je
n'ai pas compris la fin de la question.
Mme Cadet : Oui, bien, on
est... Variations sur le même thème, M. le ministre, on est toujours dans les
chiffres. Donc, j'aimerais...
M. Boulet : Combien il y en
a?
Mme Cadet : Voilà. Des
plaintes ont été déposées.
M. Boulet : Le nombre de
plaintes ou le nombre de personnes couvertes par la... la loi?
Mme Cadet : Bien, je vais
prendre les deux réponses, M. le ministre, oui.
M. Boulet : OK. En 2022, cinq
plaintes, en 2023, deux plaintes. Et quand on a présenté la loi, ça concernait
à peu près 195 000 stagiaires dans tous les secteurs — santé,
éducation, services sociaux — des stages qui sont sous la supervision
d'établissements d'enseignement universitaires, collégial, secondaires, et,
encore une fois, c'était une avancée que je pense que tous avaient considérée
comme étant considérable, et ça confère des droits de courte... des droits à
des congés, à certaines normes du travail, même des absences de plus longue
durée, un devoir d'accommodement des employeurs, une protection contre le
harcèlement psychologique ou sexuel.
Puis, dans les plaintes, je n'irai pas
dans les détails, là, mais il y en a qui peuvent concerner le harcèlement
aussi.
• (15 h 20) •
Mme Cadet : Et donc ces
plaintes ont été jugées recevables?
M. Boulet : Je ne sais pas à
quel stade elles sont, les plaintes, les cinq puis les... les deux, là, je ne
sais pas si je peux avoir l'information rapidement.
Des voix : ...
M. Boulet : Donc, il y en a
trois qui sont fermées et il y a eu un règlement.
Mme Cadet : Merci. Et juste
rapidement aussi, donc, puis bien comprendre, l'application de la loi, voire
comment elle est mise en œuvre. En fait, dans... dans la réalité, donc, on sait
que la plainte peut être déposée au nom du stagiaire qui consent par un OBNL de
défense des droits des étudiants ou une association. Donc, est-ce que vous avez
une idée, donc, des plaintes qui ont été déposées par ces associations versus
par les étudiants eux-mêmes?
M. Boulet : Ces sept
plaintes-là... Un instant.
Des voix : ...
M. Boulet : Je n'ai pas l'information,
qui est considérée... jugée confidentielle à ce stade-ci, là.
Mme Cadet : Parfait. Merci.
Aucun problème, M. le ministre.
M. Boulet : Et c'est demandé
par les plaignants ou <plaignantes...
M. Boulet :
...confidentielle
à ce stade-ci, là.
Mme Cadet :
Parfait.
Merci. Aucun problème, M. le ministre.
M. Boulet :
Et
c'est demandé par les plaignants ou >plaignantes.
Mme Cadet : Parfait. Merci.
Il n'y a aucun problème, M. le ministre. Je me tournerais vers l'enjeu de
main-d'œuvre. Dans le rapport de la Commission des partenaires du marché du
travail, donc on le sait, on dit que les difficultés de recrutement, hormis le
manque de main-d'œuvre, y compris au sein de professions qui sont en équilibre
du marché de... du travail, donc peuvent être liées aux conditions de travail.
Vous étiez, donc, titulaire, donc, du poste, donc j'imagine que vous avez
pleinement conscience de ce dont je parle ici. Donc, est-ce que cet enjeu des
conditions de travail, comme frein au recrutement, est une préoccupation pour
vous?
M. Boulet : Oui, je l'ai
répété à plusieurs reprises et encore aujourd'hui. Les conditions de travail...
puis il n'y a pas que le salaire...
Mme Cadet : Exactement. Il y
a les conditions salariales et les conditions.
M. Boulet : ...il y a les
avantages sociaux, régimes de retraite, assurances collectives, le bien-être
général au travail, la conciliation travail-famille, le télétravail peuvent
être des atouts pour permettre de recruter et de retenir aussi, parce qu'il n'y
a pas que le recrutement, et toute la littérature, pas qu'au Québec, mais
ailleurs, le confirme. Puis, il y a eu des sondages, même ici, au Québec, et
76 %, je pense, des employeurs reconnaissaient que les conditions de
travail, encore une fois, pas que le salaire, étaient un atout pour le
recrutement, particulièrement des jeunes travailleurs et travailleuses. Et ça,
j'y crois sincèrement.
Mme Cadet : Au niveau
maintenant du recrutement dans le secteur de la construction. On le sait, donc
elle fait face à d'énormes défis, là, fait partie de l'Opération main-d'œuvre
dont vous avez parlé ce matin en période de questions. En novembre 2021,
vous vous êtes donné cinq ans pour atteindre le chiffre de 55 000 nouveaux
travailleurs dans le secteur. Quel est l'état de progression de ce chiffre?
M. Boulet : Ça va superbien.
Bon, je suis en contact assez fréquent avec la Commission de la construction du
Québec, et on atteint nos cibles de 11 000 par année de nouvelles entrées
dans le marché de la construction et on met un accent aussi particulier sur les
femmes, les personnes immigrantes et les personnes issues des communautés
autochtones et inuites.
Et les femmes, puisque vous m'en avez
parlé tout à l'heure, souvenez-vous qu'un rapport de la commission démontrait
que 53 % des femmes abandonnaient ce secteur-là au cours d'une période de
cinq ans. On a à peu près 3,6 % des travailleuses, bon, comme je
mentionnais un peu plus tôt, qui sont des femmes.
Les personnes immigrantes, même quand on
se compare, il faut travailler à la reconnaissance des compétences pour permettre
au charpentier menuisier de la Tunisie, ou à la peintre de la Colombie, ou
l'Ukrainien ou l'Ukrainienne qui vient au Québec et qui a une expérience dans
le secteur de la construction d'être reconnu et qu'on puisse les accompagner
dans leur intégration.
Puis donc on atteint nos cibles puis on
fait des activités de perfectionnement, là, quand les personnes n'ont pas les
certificats de compétence, là, mais on s'assure que la formation soit requise
pour assurer la qualité de la construction et la sécurité des personnes aussi.
Mme Cadet : Et au niveau de l'Entente
Québec-France sur la reconnaissance mutuelle des qualifications
professionnelles, combien d'autorisations légales d'exercer ont été délivrées
au 31 décembre 2022 dans le secteur des métiers de la construction,
là?
M. Boulet : Je pourrais
obtenir l'information puis vous la transmettre. Je ne suis pas en mesure de
répondre.
Mme Cadet : Parce qu'on sait
que dans les années... dans les quatre années précédentes, il n'y a pas eu
énormément de... de chiffres à ce niveau-là, là, pour l'ensemble des
travailleurs, là, qui ont été reçus par le biais de cette entente-là. Il y a
énormément de professions couvertes, là, mais, pour ce qui est des métiers de
la construction, c'est... c'est très peu, là, considérant le... le fait que
c'est un secteur névralgique qui fait partie de l'Opération main-d'œuvre. Je
vous demandais pourquoi cet outil-là n'avait pas été utilisé dans les années
précédentes. J'ai les chiffres au 31 décembre 2021, mais... mais pas
pour le dernier exercice.
M. Boulet : Mais, en même
temps, avec le ministère de l'Immigration, on fait des missions de recrutement
international. On appelle ça les Journées Québec en France. J'ai eu
l'opportunité, à ma deuxième année du premier mandat, d'y être, et il y avait
des applications, parce que le... le Québec est extrêmement attrayant pour les
Français.
Et là on a un projet pilote avec la Commission
de la construction du Québec, ce n'est pas la France, mais avec le Maroc. Il y
a 70 travailleurs qui ont déjà été recrutés, auxquels on devrait remettre
un certificat de compétence apprenti dans les prochaines semaines.
Donc, on est très actifs sur le
recrutement à l'échelle internationale, mais combien de certificats de reconnaissance
pour des travailleurs, travailleuses provenant de la France, ça, il faudrait
vérifier avec le ministère de l'Immigration puis obtenir la réponse, là. Je
serais... Je ne suis pas en mesure de <répondre...
M. Boulet :
...travailleuses
provenant de la France, ça, il faudrait vérifier avec le ministère de
l'Immigration puis obtenir la réponse, là. Je serais... Je ne suis pas en
mesure de >répondre à ça.
La Présidente (Mme Boivin Roy) : Merci,
M. le ministre. Alors, Mme la députée, est-ce que vous souhaitez avoir
l'information demandée?
Mme Cadet : Oui, je souhaite
avoir l'information demandée, Mme la Présidente.
La Présidente (Mme Boivin Roy) : Parfait.
Alors, M. le ministre, est-ce que vous vous engagez à déposer l'information
demandée au secrétariat de la commission?
M. Boulet : Sous la réserve
de l'existence de cette information-là. J'aimerais ça qu'on demande au MIFI,
et, si cette information-là existe... Parce que là, je comprends qu'il y a le
MIFI, la Commission de la construction du Québec. Et, parfois, on n'a pas tous
les chiffres, là, puis on n'a peut-être pas les outils pour obtenir
l'information, mais, sous réserve de l'existence de l'information, oui, je
m'engage.
La Présidente (Mme Boivin Roy) : Très
bien. Merci beaucoup. Mme la députée, votre temps est écoulé. Alors, je suis
maintenant prête à reconnaître, pour une deuxième intervention, la deuxième
opposition pour un deuxième bloc d'échange. Alors, M. le député d'Hochelaga-Maisonneuve,
la parole est à vous.
M. Leduc : Merci, Mme la
Présidente. M. le ministre, je vous ramène sur le PL 19, avec un angle
complètement différent cette fois-ci. Je ne sais pas si vous avez eu l'occasion
de jeter un coup d'oeil sur le mémoire de l'UTTAM qu'ils vous ont envoyé dans
le cadre du projet de loi n° 19 sur l'encadrement des enfants. Puis, je
vais vous en lire une section pour qu'on ait tous à l'esprit, là, de quoi il
s'agit :
«L'article 80 de la LATMP prévoit, pour
les travailleurs et travailleuses inscrits à temps plein dans un établissement
d'enseignement et qui sont âgés de moins de 18 ans, une indemnité de
remplacement du revenu établie non pas sur la base d'un revenu brut annuel
d'emploi ou du salaire minimum en vigueur, mais fixé arbitrairement à 50 $
par semaine en dollars de 1985. En 2023, cela correspond à un montant de
121 $ par semaine.
«L'article 80 prévoit la possibilité
de retenir une indemnité plus élevée si l'enfant démontre avoir gagné au cours
des 12 mois qui précèdent son incapacité de travail, un revenu brut annuel
d'emploi le justifiant. Or, beaucoup d'enfants qui débutent un emploi n'ont pas
une expérience de travail d'un an avant la survenance d'une lésion.
«Cette disposition, fixant l'indemnité hebdomadaire
à 121 $, s'applique d'office à tous les travailleurs et travailleuses
assujettis à la fréquentation scolaire obligatoire au moment de leur lésion.
Elle s'applique aussi aux travailleurs, travailleuses de 16 ou de 17 ans
inscrits aux études à temps plein. Jusqu'à ce qu'elles atteignent l'âge de
18 ans, ces victimes de lésions professionnelles qui demeurent incapables
de travailler ne toucheront que ce montant de 121 $ par semaine
d'incapacité de travail.
«Un enfant fréquentant l'école à temps plein
et travaillant 17 heures par semaine en période scolaire, tel que prévu
par le projet de loi n° 19, percevrait minimalement un salaire brut de
259,25 $ par semaine, 17 fois 15,25 $, le nouveau salaire
minimum. Une indemnité de remplacement de revenu correspondant à 90 % de
ce revenu net s'élèverait à 219,62 $ par semaine, soit près du double du
montant prévu par l'article 80.»
Est-ce qu'il n'y a pas lieu, là, de faire
une correction importante dans le projet de loi n° 19? Avez-vous pris
connaissance du mémoire de l'UTTAM?
M. Boulet : Je connais ce
point-là. Oui, on a pris connaissance du mémoire de l'UTTAM, et c'est dans
l'application de la LATMP, ce n'est pas dans le projet de loi n° 19 qu'on
va venir modifier la méthode de calcul de l'IRR. Mais, si ce que vous me
soumettez, puis si j'ai bien compris, parce qu'on aura en reparler, est
appliqué par automatisme, vous dites, c'est 121 $ systématiquement quand
ils vont à l'école, moi, ça ne m'apparaît pas compatible avec le libellé
nécessairement de l'article 80. Mais je vais vérifier comment c'est
appliqué.
Des voix : ...
M. Leduc : Il semblerait que
c'est même sur le site de la CNESST, M. le ministre.
• (15 h 30) •
M. Boulet : ...le vérifier
puis on pourra...
M. Leduc : Puis, de toute
façon, on peut toujours rajouter des éléments dans un projet de loi, surtout si
ça touche la question des enfants, le consentement bien sûr.
M. Boulet : Bien, ce qui
est... ce qui est important pour moi, c'est qu'on respecte la loi telle quelle,
ce n'est pas qu'on donne un montant systématiquement parce qu'il est à l'école,
sous réserve encore une fois du libellé. Parce que ce que je lis, et vous
l'avez mentionné : «L'enfant peut démontrer à la CNESST qu'il a gagné,
pendant les 12 mois qui précèdent la date de son incapacité, un revenu
brut d'emploi, justifiant une indemnité plus élevée.» Donc, le projet de loi ne
modifie pas l'article 80 et s'il justifie un droit à une IRR plus élevée
que le 121, la CNESST ne peut pas décider de sa propre initiative de lui verser
un montant automatique.
M. Leduc : Bon. Alors, on
prépara peut-être un amendement puis on en discutera en étude détaillée.
Je vous amène sur un autre sujet
complètement, sur la question de la construction. Je m'inquiète du carnet de
référence. Vous savez, c'est ça qui était supposé être la solution, là, au
placement syndical. Il y a beaucoup de gens, là, dans le milieu du travail qui
l'accusent de sexisme systémique, ce... ce carnet de référence là. Les
employeurs ne l'utilisent presque pas. Et on m'indique que la CCQ a un système
informatique complètement désuet, au point où il ne serait même pas capable de
donner des informations de base aux acteurs du milieu. Et on le sait, que la
CCQ procède actuellement, au moment où on se parle, à une modernisation de son
système informatique, un sujet qui fait couler beaucoup d'encre dans d'autres
domaines gouvernementals, vous en conviendrez. Je voudrais savoir : Est-ce
qu'on est en mesure de me dire quel est le coût de la réforme du système
informatique et avec quelle firme on fait affaire à la CCQ?
M. Boulet : Bien là, on a
demandé. Oui, j'ai les coûts, là, mais ...détaillés, là, mais il y a deux
choses. Pour le carnet de références, on a un chantier où on travaille... la
CCQ travaille avec les employeurs et les syndicats...
15 h 30 (version révisée)
M. Leduc : ...et avec quelles
firmes on fait affaire à la CCQ?
M. Boulet : Bien là, on a
demandé... oui, j'ai les coûts, là, mais... détaillés, là, mais il y a deux
choses. Pour le carnet de référence, on a un chantier où on travaille... la CCQ
travaille avec les employeurs et les syndicats pour voir à améliorer la façon
dont on utilise le carnet de références. Et pour les coûts de... c'est le
système Mistral qui vise à transformer de façon plus globale et de numériser
les opérations internes et externes de la CCQ. Je pense que j'ai... le contrat
au fournisseur qui est gestion Deloitte, pour le... jusqu'au 1ᵉʳ janvier
2024 pour la phase II, bien, il y a une valeur de 85 222 457,50 $, puis de
ce montant-là, il y a 30 330 772,17 $ qui a déjà été
dépensé.
M. Leduc : OK. Vous allez
pouvoir nous le ventiler peut-être par...
M. Boulet : Oui, ça peut être
ventilé.
M. Leduc : ...communication.
Parfait. Merci.
La Présidente (Mme Boivin Roy) : Alors,
juste un instant, M. le ministre, donc vous vous engagez à transmettre l'information
demandée au secrétariat de la Commission?
M. Boulet : Oui, on s'engage.
Merci, Mme la Présidente.
La Présidente (Mme Boivin Roy) : Merci
à vous.
M. Leduc : On se pose
beaucoup la question à savoir pourquoi il n'y a pas davantage d'efforts faits
dans la lutte au travail au noir parce que dans le milieu de la construction, c'est
quand même endémique, puis on n'a pas l'impression que le gouvernement, ou en
tout cas, à la CCQ, on met beaucoup d'efforts là-dessus.
M. Boulet : Ah! oui, au
contraire, il y a un comité tactique stratégique avec notamment Revenu Québec
et avec les autres organismes d'enquête, je pense que la Sûreté du Québec. Mais
il y a énormément d'énergie et de temps qui est consacré à la lutte au travail
au noir, et la CCQ est maîtresse de ce chantier-là. Et c'est important de
rappeler que quand tu es un citoyen, puis tu es témoin d'un travail effectué,
mettons, sans licence, il va y avoir des enquêtes, là. Mais la Régie du
bâtiment en fait partie aussi, là, de ce comité-là qu'on appelle ACCES, actions
concertées pour contrer les économies souterraines dans le secteur de la
construction. Les ministères sont là, la CCQ, la CNESST, le DPCP, le ministère
des Finances, le MTESS, la Régie du bâtiment puis Revenu Québec. Donc, il y a
beaucoup d'actions de sensibilisation et des interventions aussi.
M. Leduc : Sur le dossier du
télétravail, télésurveillance. Cette semaine, on a vu la conclusion d'une
entente importante entre les fonctionnaires fédéraux et le gouvernement
fédéral. La question du télétravail était centrale dans le conflit, et on
assiste aussi à une forme de... tu sais, moi, ça me surprend, là, une contre-offensive
patronale sur le télétravail. La Chambre de commerce de Montréal qui dit :
Ça suffit, il ne faut pas que ça soit mis partout, puis ils voulaient que le
gouvernement fédéral résiste. Je suis surpris parce que vous et moi, on était d'accord
sur le principe qu'il fallait qu'il y ait de l'ouverture là-dessus. On n'était
pas d'accord sur le fait qu'il fallait l'encadrer ou pas. Là, ce qu'on va
constater de plus en plus, c'est qu'il y a certains travailleurs, qui
bénéficient d'une protection syndicale et de l'outil syndical, qui sont
capables de l'obtenir. Et ceux qui ne l'auront pas, la protection syndicale,
ils ne l'obtiendront probablement pas parce que ce n'est pas dans les normes du
travail. Il n'y a pas lieu là de faire un chantier de réflexion, d'intégrer le
télétravail dans les normes du travail?
M. Boulet : Non, parce que ça
varie d'une organisation à l'autre. Pour moi, le télétravail, c'est un des
attributs essentiels du droit de direction d'un employeur. Mais comme vous le
savez, un droit de direction doit être exercé de façon raisonnable, sans abus,
sans discrimination puis de manière équitable. Moi, j'ai toujours encouragé les
employeurs à mettre en place une politique de télétravail, mais pas en vase
clos, après avoir dialogué avec les syndicats ou avec les travailleurs et
travailleuses en milieux non syndiqués.
Ce qui a été conclu avec Ottawa, puis je n'ai
pas lu la lettre d'intention, là, ou la lettre d'entente, c'est que ce sera
analysé. L'employeur va exercer son droit de direction après avoir discuté avec
la personne qui, si elle est insatisfaite, pourra présenter un grief. Et ça
revient à dire : Le droit de direction n'a pas été exercé de manière
raisonnable, et donc l'arbitre aura à décider si, en application de la
convention collective, c'est correct ou non.
M. Leduc : Sur, M. le
ministre, les clauses d'amnistie, c'est un sujet qui est très d'actualité, là,
les associations étudiantes parlent beaucoup de ça. Je pense que vous allez
être d'accord avec moi que c'est un dossier important, là, dans le dossier des
violences à caractère sexuel, notamment dans les campus. Je pense que vous allez
me rejoindre sur le fait qu'il faudrait que tout le monde se parle, que ça ne
peut pas se gérer au cas par cas, qu'il faut qu'il y ait une orientation
collective de concertation patronale et <syndicale...
M. Leduc :
...qu'il
faut qu'il y ait une orientation collective de concertation patronale et >syndicale.
J'ai soumis un mandat d'initiative... une demande de mandat d'initiative pour
générer cette concertation-là. On devrait la traiter dans une semaine ou deux,
j'imagine. Est-ce qu'on peut compter sur votre ouverture et votre appui pour
qu'on procède avec ce mandat d'initiative?
M. Boulet : Je l'ai fait. Ma
collègue à l'Enseignement supérieur l'a fait. On en a discuté, ma collègue et
moi, puis les clauses d'amnistie, moi, je considère qu'en matière d'agression
sexuelle ou de harcèlement sexuel en milieu de travail, particulièrement...
bien, je dis les universités pas particulièrement, partout, les clauses
d'amnistie, ça ne m'apparaît pas acceptable dans des cas...
M. Leduc : Donc, le mandat
d'initiative, il y a de l'ouverture?
M. Boulet : Bien, moi, je dis
il faut que... Non, je ne parle pas de mandat d'initiative.
M. Leduc : Mais moi, je vous
parle de ça, par exemple.
M. Boulet : Je pense que je
condamne, il faut considérer inadmissibles ces clauses d'amnistie là.
Simplement rappeler que l'amnistie, c'est qu'on pardonne au-delà d'un certain
nombre d'années. Dans le processus de gradation des sanctions disciplinaires,
on ne peut pas en tenir compte, mais ça...
M. Leduc : On fait ça à la
pièce? On ne fait pas une discussion concertée, tout le monde, là-dessus?
M. Boulet : Je ne me prononce
pas sur le mandat d'initiative, puis ça a été soumis à l'attention de ma
collègue à l'Enseignement supérieur, puis, par déférence, je la laisse donner
suite.
M. Leduc : Avec le temps qu'il
me reste, M. le ministre, pouvez-vous me parler un peu de l'avancement des
négociations sur le règlement permanent de la CNESST sur la prévention?
M. Boulet : Ça avance. Ce
n'est pas simple, on l'avait anticipé, mais tout se fait de manière raisonnée.
Et on a une leader au CA, que nous avons nommée, qui est Louise Otis, qui
fait un travail exceptionnel, puis on a des personnes qui travaillent dans son
périmètre d'action et des personnes, dont le VP à la prévention, on a Mme
Oudar, on a une personne qui est responsable d'un chantier...
La Présidente (Mme Boivin Roy) : En
terminant, M. le ministre.
M. Boulet : ...d'un comité
sur l'application de la Loi modernisant le régime de santé et sécurité. Ça
avance et ça va se faire en temps opportun.
M. Leduc : Merci.
La Présidente (Mme Boivin Roy) : Merci
beaucoup. Alors, M. le député, votre temps est écoulé. Nous aurions besoin de
prendre une suspension de cinq minutes. Alors, est-ce qu'on a le consentement
de tous pour une suspension de cinq minutes? Et, à ce moment-là, on imputerait
le temps sur le temps du gouvernement. Sinon, on va poursuivre les travaux pour
un cinq minutes.
Des voix : ...
La Présidente (Mme Boivin Roy) : Il
y a consentement? Donc, il y a un consentement pour prendre une suspension de
cinq minutes? Merci. Alors, le temps sera imputé sur le temps du gouvernement.
Merci.
(Suspension de la séance à 15 h 39)
(Reprise à 15 h 44)
La Présidente (Mme Boivin Roy) :
Nous allons reprendre les travaux… reconnaître une troisième intervention
de l'opposition officielle pour un troisième et dernier bloc d'échanges. Alors,
Mme la députée de Sauvé, la parole est à vous pour 20 min 54 s
Mme Cadet : Merci beaucoup,
Mme la Présidente. Donc, un dernier échange. Donc, j'aimerais poursuivre, M. le
ministre, donc, sur la question du secteur de la construction.
M. Boulet : ...
Mme Cadet : Comment?
M. Boulet : Le dernier
aujourd'hui.
Mme Cadet : Le dernier. Exactement,
le dernier échange aujourd'hui.
Donc, dans le... dans le secteur, donc,
évidemment, nous... Nous plaisantions hors micro, avant le début de ces… ces
périodes d'échange, que nous allons avoir un automne très chargé parce que vous
allez nous faire travailler avec la réforme que vous nous avez annoncée dans…
dans les médias et dans vos conférences. Donc, vous avez abondamment parlé de
la polyvalence, là, du travail en construction, donc, de la flexibilité et du
décloisonnement des métiers. Et vous... vous m'excuserez, donc, si... si
j'ai... j'ai peu pris connaissance, donc, d'un autre aspect, mais j'aimerais
peut-être plus vous entendre au niveau de la mobilité des travailleurs en
construction. Je vous ai peu entendu à ce sujet-là. Donc, au niveau de la
réforme qui s'en vient, donc, outre le décloisonnement, donc, à l'intérieur de
certaines familles de métiers que vous avez avancées sur la place publique,
comment vous percevez la problématique actuelle où… donc, disons, au niveau de
la mobilité interrégionale des travailleurs en construction?
M. Boulet : C'est une
bonne question. Bon, comme vous le savez, j'étais à la Chambre de commerce du
Montréal métropolitain puis j'étais content qu'une chambre de commerce serve de
forum pour discuter de modernisation du secteur de la construction, puis il y
avait des représentants syndicaux, des représentants patronaux.
Mme Cadet : Oui.
M. Boulet : Il y avait beaucoup
de personnes intéressées, mais il y a plusieurs thématiques, puis j'ai parlé de
polyvalence qui donnerait plus de flexibilité, donc une réduction des délais,
une meilleure aussi employabilité pour les travailleurs, une diversité de
tâches puis qui engendrerait aussi des gains de productivité. J'ai parlé aussi
d'accès à l'industrie pour les femmes, les personnes immigrantes puis les
travailleurs/travailleuses issus des communautés autochtones, d'intégration de
nouvelles technologies, là, parce qu'il y a des entreprises qui utilisent des
robots quadrupèdes, des robots collaboratifs mais pour améliorer les... les
façons de faire, mais sans jamais oublier la formation qui est un
incontournable. Parce que j'ai mentionné que je lisais un... un article assez
extensif, là, dans le… dans la revue d'affaires de l'Université Harvard, puis
les <entreprises...
M. Boulet :
...un
article assez extensif, là, dans le… dans la revue d'affaires de l'Université
Harvard, puis les >entreprises qui intègrent des nouvelles technologies
puis qui ne pensent pas à rehausser les compétences des travailleurs, ils
manquent leur coup, puis même un robot, ça a besoin d'être reprogrammé, ou
réparé, ou supervisé, donc c'est important.
La mobilité, je n'en ai pas parlé pour une
raison, c'est que c'est devant les tribunaux et donc, par respect pour le
processus judiciaire, je ne suis pas embarqué là-dedans. Mais c'est sûr que, et
vous connaissez peut-être la problématique, là, tu ne peux pas aller
travailler, partir de Trois-Rivières puis aller à Saint-Hyacinthe à moins
d'avoir fait 1 500 heures, à moins d'être considéré comme un
travailleur ou une travailleuse préférentielle. C'est sûr que ça me préoccupe.
Mais je suis attentif à ce qui se passe devant les tribunaux, ce qui
n'empêcherait pas... parce que, vous le savez, en consultant les parties, on
peut trouver un terrain d'entente puis mettre fin aux procédures judiciaires
devant les tribunaux. Mais là, je suis ambitieux de dire ça, là, mais au moins,
on va en parler.
Mme Cadet : D'accord. Merci
beaucoup, M. le ministre. Puis au niveau... Vous venez, là, d'évoquer l'accès à
l'industrie, donc, pour des groupes qui sont sous-représentés dans le secteur.
De ce que je comprends, la CCQ ne collige pas elle-même, donc, les données en
matière de diversité, elle utilise les données de Statistique Canada à cet
effet. Donc, est-ce que, donc, à travers la réforme, puisqu'il y a un objectif
nommé d'attraction et de rétention des travailleurs sous-représentés, donc,
est-ce qu'il y aurait un arrimage avec la… la collection de données?
M. Boulet : Avec Statistique
Canada?
Mme Cadet : Bien, dans le
fond, là, en ce moment, donc, je comprends que pour être en mesure de… de voir
quels sont les groupes, là, qui composent le secteur de la construction, donc,
il n'y a pas de collection de données qui est faite par la CCQ. C'est vraiment
à partir de données de Statistique Canada, donc, que le travail est fait. Donc,
est-ce qu'il y aurait un objectif de rapatrier cet élément-là à l'interne pour
mieux suivre la progression de l'objectif que vous nommez d'accès à
l'industrie?
M. Boulet : Comme je
mentionnais un peu plus tôt, on ne devait pas avoir des questions sur la
Commission de la construction du Québec. Ceci dit, si... dans l'hypothèse où il
n'y a pas de donnée pour faire un suivi puis qu'on se fie à ce que Statistique
Canada collige comme informations, je pense que la CCQ, avec le nouveau système
Mistral, va être en mesure de faire un suivi. Mais ils ont quand même soumis un
rapport sur... dans le contexte du programme d'accès à l'égalité des femmes, et
moi, ma compréhension, c'est qu'il y a un suivi du nombre et du pourcentage de
femmes qui intègrent l'industrie de la construction, puis les communautés
autochtones aussi, j'ai soumis un pourcentage, les personnes immigrantes, puis les
communautés visibles, là, les gens issus de la.... et ça, je pense que la CCQ a
ces informations-là. Maintenant, comment la CCQ les collige ou les obtient? Ça,
je ne suis pas en mesure de répondre adéquatement à...
Mme Cadet : Merci, M. le
ministre. De ce que je comprends en fait des réponses, celles qui ont été
soumises… soumises par votre ministère, là, c'est que les systèmes
d'identification de la CCQ ne permettent pas d'obtenir, donc, cette
information. Donc, elle guide leurs actions en matière de diversité de la
main-d'œuvre en utilisant les données gouvernementales, là, notamment celles de
Statistique Canada, donc.
• (15 h 50) •
M. Boulet : OK.
Mme Cadet : C'est ce qui…
c'est ce qui alimentait, là, ma question, là, c'est ce qui était sous-jacent,
donc, à ma réflexion sur la collection de données.
M. Boulet : Mais oui, tout à
fait.
Mme Cadet : Maintenant, au
niveau de la Régie du bâtiment, on le sait, il manque d'inspecteurs. C'est… il
y a plusieurs articles de presse qui nomment cette situation-là. Notamment,
ça... quand on compare les données québécoises avec celles des autres
provinces, nommément l'Alberta et l'Ontario, on voit qu'en Alberta, avec une
population qui est deux fois moindre, il y a cinq fois plus d'inspecteurs que
le Québec dans le domaine électrique particulièrement, et en Ontario il y a
120 fois plus d'inspections qu'au Québec. Le chiffre exact, là, je l'ai
ici, là : 485 000 inspections en Ontario; au Québec,
4 055, donc, dans le domaine électrique. Comment est-ce que vous justifiez
qu'il y ait si peu d'inspections au Québec comparativement aux juridictions
avoisinantes?
M. Boulet : Bon. Je
n'entrerai pas dans le contexte de la pénurie de main-d'œuvre, mais il y a
beaucoup d'acteurs qui sont impliqués dans le système d'inspection au Québec :
il y a les villes, il y a la Régie du bâtiment. Est-ce que construction... Garantie
de construction résidentielle... Les villes, particulièrement, qui adoptent des
codes de sécurité ou... pour l'inspection des bâtiments ont des inspecteurs,
des vérificateurs. Ça fait que c'est sûr que, si on additionne les inspections
faites par tous les partenaires, au Québec, je ne sais pas le chiffre auquel on
<arriverait...
M. Boulet :
...au
Québec, je ne sais pas le chiffre auquel on >arriverait.
Ceci dit, vous m'avez entendu au salon
bleu ce matin, j'ai rencontré le président de l'Ordre des architectes, la
présidente de l'Ordre des ingénieurs, je parle beaucoup avec la RBQ, il faut
certainement revoir le modèle d'inspection au Québec. Puis ce n'est pas tout le
temps la RBQ qui a le mandat d'inspecter, la RBQ émet des licences pour les
entrepreneurs, elle a une mission particulière, mais je suis préoccupé par les
missions parallèles de tous les inspecteurs. Puis la CCQ a des inspecteurs, la
commission de la CNESST a des inspecteurs. Ça fait qu'il faudrait additionner
l'ensemble des inspections, mais surtout de coordonner la façon dont on fait
des inspections, puis moi, j'anticipe une politique-cadre éventuellement
d'inspection au Québec. Puis j'ai donné un mandat clair, d'ailleurs, à la Régie
du bâtiment, qui travaille beaucoup avec la Corporation des maîtres
électriciens puis la Corporation des maîtres mécaniciens en tuyauterie, ce
qu'on appelle les tuyauteurs, pour s'assurer qu'il y ait des inspections à des
étapes charnières de la construction puis faire intervenir, bien sûr, les
inspecteurs avant la fermeture des murs.
La Présidente (Mme Boivin Roy) :
En terminant, M. le ministre.
M. Boulet : Donc, il y a déjà
un dialogue qui est constructif puis qui va mener à une révision du modèle
d'inspection au Québec.
Mme Cadet : Merci, M. le
ministre. Justement, vous venez de nommer la Corporation des maîtres
électriciens du Québec. Elle indique vouloir devenir le chien de garde des
travaux dans son champ de compétence. Et selon le CMEQ, donc, ça lui
permettrait de faire passer de 4 055 à 38 749 — décidément,
on est vraiment dans les chiffres aujourd'hui, là — le nombre
d'inspections annuelles dedans ce secteur-là. Donc, comment est-ce que vous…
comment est-ce que vous recevez la proposition de la CMEQ?
M. Boulet : Bien, c'est
certainement une proposition qui mérite d'être analysée. Mais il y a eu
d'ailleurs des échanges, tu sais, en novembre, en décembre, puis ça se
poursuit. Il y a une dizaine de partenaires, dont eux. Puis la définition des
objectifs puis les pistes de solutions, ce n'est pas encore complété. Mais moi,
j'anticipe, collègue, puis vous me connaissez quand même un peu, que ça puisse
se faire dans les meilleurs délais possibles. Mais c'est quand même un chantier
d'envergure ne serait-ce que par le nombre d'intervenants que par l'impact que
ça peut avoir sur la qualité des constructions au Québec et la sécurité des
personnes. On l'a vu dans Boisbriand puis dans le centre... dans le
Vieux-Montréal aussi récemment.
Mme Cadet : Merci. Toujours
dans le contexte de la RBQ, il y a, bon, des articles de presse, là, dont un
qui… qui date quand même, mais qui… donc qui rapportait, donc, un entrepreneur
avec des mauvaises créances ait réussi à fermer boutique sans payer ses
fournisseurs pour ensuite partir une nouvelle compagnie en toute impunité, donc,
ici... donc l'histoire, là, de cet électricien qui a perdu 34 000 $
et un plombier qui a perdu 60 000 $. L'article de journal titrait
donc : Un entrepreneur se moque de la Régie du bâtiment. Ici,
comment est-ce que... qu'est-ce qui a été entrepris pour corriger ce type de
situation là depuis la parution de ces articles?
M. Boulet : Je ne connais pas
ce cas spécifique là, mais c'est sûr qu'un entrepreneur qui ferme boutique, ce
qu'on appelle un «fly-by-night», qui ne paie pas ses fournisseurs puis qui
réussit à ravoir une licence d'entrepreneur, puis se repartir, c'est de la
fraude. Est-ce que je le... Je sais que ce cas-là a été rapporté à la Régie du
bâtiment du Québec. Maintenant, le suivi, c'est qu'il y a eu, bon,
dénonciation, et là c'est un travail d'équipe qui a amorcé un processus
d'enquête, et ça amènera éventuellement à des constats d'infraction, là.
Mme Cadet : Mais outre les...
Donc l'enquête, donc, par rapport au cas spécifique, mais au niveau d'une
politique plus structurante pour s'assurer, là, que ça ne puisse pas se
reproduire.
M. Boulet : Bien, la RBQ fait
partie du comité tactique, là, auquel j'ai fait référence tout à l'heure pour
lutter contre l'évasion fiscale puis le travail au noir. Et c'est sûr qu'il y
en a, des fraudes, il y en a des stratégies visant à camoufler des opérations
puis à voler ultimement, là, parce que c'est voler des fournisseurs. Il faut
les débusquer, il faut les dénoncer, il faut faire des plaintes. Évidemment, la
personne ou les personnes ne seront pas jugées avant enquête, mais après que le
processus d'enquête est terminé, il faut qu'il y ait de l'action.
Mme Cadet : Il y a aussi
quelques articles de presse, là, qui ont rapporté que des faux inspecteurs en
bâtiment, donc, tentent d'arnaquer la population évidemment. Je sais que
l'Office de la protection du <consommateur...
Mme Cadet :
...population
évidemment. Je sais que l'Office de la protection >du consommateur est
sur le dossier, mais, à tout le moins un cas précis qui a été rapporté, le
présumé inspecteur, donc, indique, là, avoir des partenariats avec la Régie du
bâtiment. Donc, est-ce qu'il y a une certaine préoccupation? En fait, j'imagine
qu'il y a certaines préoccupations par rapport à ce type de situation là au
sein de la régie.
M. Boulet : Ah! tout à fait,
oui.
Mme Cadet : Puis qu'est-ce
qui est fait? Bien, en fait, comment est-ce que la régie compte informer la
population de ces enjeux-là? Je sais que, bon, les médias, donc, permettent une
certaine… une certaine information, là, mais est-ce qu'il y a... bon, je
comprends que la sensibilité, elle est là, mais est-ce qu'il y a des gestes qui
seront posés pour… pour informer la population?
M. Boulet : Bon. Il y a
différentes phases, là, mais je pourrais vous détailler les actions de la Régie
du bâtiment, mais, pour informer la population, il y a quand même une stratégie
de communication, sensibilisation, information, la mission de la Régie du
bâtiment du Québec. Il y a eu des cas, là, documentés, là, le Mont Sainte Anne,
puis il y en a eu d'autres, là, qui ont été documentés sur les... Le quoi?
Des voix : ...
La Présidente (Mme Boivin Roy) : M.
le ministre.
M. Boulet : Oui? Ça va, oui.
Donc, de la sensibilisation à l'importance de détenir la licence, mais, tu
sais, chaque cas est particulier, là. Tu sais, le Mont Sainte Anne,
il y avait une responsabilité de l'exploitant puis du propriétaire de s'assurer
d'avoir des équipements totalement sécuritaires, mais il y a eu des interventions
diligentes, il y a eu des fermetures qui ont été ordonnées par la Régie du
bâtiment, des avis de non-conformité, il y a eu des corrections puis, après ça,
il y a eu réouverture, mais ça, je pense que ces cas-là contribuent aussi à
informer la population sur le champ d'action de la RBQ.
Mme Cadet : Merci. Je me
tourne vers un conflit tout à fait délicat, dont vous êtes tout à fait au
courant, donc le conflit au Cimetière Notre-Dame-des-Neiges. On sait, donc,
qu'il y a des familles endeuillées en ce moment qui n'arrivent pas à enterrer
leurs proches ou qui n'arrivent pas à aller voir leurs proches une fois… une
fois sous terre. Elles sont au milieu d'un conflit absolument épouvantable qui…
qui paralyse le cimetière parce qu'elles ne peuvent pas vivre leur deuil ici, puis
je sais, là, que vous êtes sensible à cette situation-là, comment est-ce…
comment est-ce que vous voyez le conflit?
M. Boulet : Bon. Ça me
préoccupe énormément. J'ai d'ailleurs fait un tweet encore aujourd'hui. Tu
sais, il y en a qui me disaient : Ça devrait être considéré comme un
service essentiel. Puis, comme vous savez, dans notre premier mandat, on a
amendé le Code du travail pour dépolitiser la détermination de ce qu'est un
service essentiel. Maintenant, plutôt que de se faire par décret, c'est le
Tribunal administratif du travail qui doit déterminer si, en l'absence d'un
service, il y a une atteinte potentielle à la santé et sécurité de la
population.
• (16 heures) •
Et, dans le cas du cimetière, il y a eu
une décision en 2020, si je ne m'abuse, puis le tribunal a jugé que ce n'était
pas un service public et a aussi dit qu'en l'absence de service il n'y avait
pas d'atteinte à la santé, sécurité de la population. Ça, c'est des
considérations juridiques. Maintenant, les familles endeuillées ont des droits.
Les corps humains, les êtres humains ont droit d'être traités avec dignité même
après la mort. C'est, bon, peut-être un peu philosophique, ce que je dis, là,
mais que des personnes... Tu sais, Patrick Lagacé avait documenté le cas d'une
mère qui est allée avec ses deux filles puis qui n'a pas pu aller se recueillir
dans le cimetière sur... puis c'était son autre petite fille qui était décédée.
Mais… puis je trouvais ça, au plan humain, complètement inadmissible, puis ça
m'affectait, puis j'en ai parlé, d'ailleurs, j'ai fait une entrevue avec M.
Lagacé là-dessus. Là, ça a été réouvert à cause du verglas, puis il est tombé
des branches, ils ne peuvent pas aller se recueillir, les familles endeuillées
ne peuvent pas aller se recueillir et puis comme ils n'enlèvent pas les
branches, bien, il y a des enjeux de sécurité, mais l'accumulation des...
Je n'aime pas parler de ce dossier-là,
mais là j'ai nommé, il y a deux semaines, un... notre conciliateur-médiateur en
chef et j'anticipe que les deux conciliateurs-médiateurs qui sont là vont
mettre une pression respectueuse de la volonté des parties. Mais je rappelle
tout le temps aux parties qu'elles ont une obligation de négocier de bonne foi
et avec diligence, et il faut mettre un terme, parce que, dans le cas des
employés de bureau, la convention est expirée depuis 2017, puis dans le cas des
mécaniciens, fossoyeurs et autres...
16 h (version révisée)
M. Boulet : ...puis, dans le
cas des mécaniciens, fossoyeurs et autres, depuis 2018. On s'entend tous ici
pour dire : Assez, c'est assez. Là, il faut trouver des solutions, il faut
trouver un terrain d'entente. Puis j'invite les parties à accélérer les
pourparlers puis régler ça le plus... tu sais, au plus sacrant, là.
Mme Cadet : C'est ça, quel
est... j'allais vous demander quel est votre seuil de tolérance par rapport au
conflit, mais je pense que vous venez de l'énoncer.
Je me tournerais vers la documentation...
demander... Je reviens un petit peu, donc, sur les éléments jeunesse. J'ai été
étonnée de constater l'abandon des stagiaires par le ministère du Travail. En
2021-2022, le ministère a accueilli 60 stagiaires, alors qu'en 2022-2023 il y
en a eu zéro, selon la documentation reçue. Est-ce qu'on peut nous expliquer
cet écart?
M. Boulet : C'est parce
que...
Mme Cadet : Ou est-ce que
c'est une erreur dans les chiffres, là?
M. Boulet : Oui, c'est
probablement une... On...
Une voix : ...
M. Boulet : ...c'est les
chiffres du ministère du Travail, Emploi, Solidarité sociale, puis les
stagiaires devaient être soit à la Solidarité sociale ou à l'Emploi. Mais, au
Travail, on n'avait pas de stagiaire.
Mme Cadet : Bien, est-ce que
vous comptez obtenir... recevoir des stagiaires au Travail?
M. Boulet : Bien, si besoin
en est. On va évaluer les besoins. Puis je pense que les gens qui sont dans mon
ministère sont tout à fait favorables à l'accueil de stagiaires pour répondre à
des besoins particuliers. D'ailleurs, ma sous-ministre, qui est à ma gauche,
était avec moi quand on a adopté... quand on a fait la commission parlementaire
sur la protection des stagiaires.
La Présidente (Mme Boivin Roy) : Mme
la députée, il vous reste deux minutes pour votre dernière intervention.
Mme Cadet : Merci. Le rapport
Rebâtir la confiance, ici... donc, en fait, est-ce que vous allez rendre
public le rapport?
M. Boulet : On va le rendre
public demain. Puis vous connaissez les trois expertes, hein? Rachel Cox, qui
nous avait inspirés dans la loi modernisant le régime de santé et sécurité pour
reconnaître l'impact de la violence familiale, conjugale et autres dans les
milieux de travail. Il y a Anne-Marie Laflamme, qui est doyenne de la faculté
de droit, puis il y a Dalia Fecteau, qui était à l'UQAM, qui est maintenant à l'Université
de Montréal. Un rapport extrêmement intéressant, qui fait une analyse
approfondie de la cohésion et de l'efficacité des recours suite à du
harcèlement ou des agressions à caractère sexuel dans les milieux de travail.
Donc, je suis convaincu que vous allez être extrêmement intéressée par la
lecture de ce rapport-là puis les recommandations qui sont faites.
Mme Cadet : Merci, M. le
ministre. Et dernière question. Donc, il y avait 28 conciliateurs-médiateurs en
2021-2022. Donc, on a des chiffres à peu près similaires, mais les crédits
dédiés en 2021-2022 représentaient un peu plus de 4 millions. Cette année,
un peu plus de 3,6 millions. Donc, qu'est-ce qui explique cette baisse?
M. Boulet : Bien, c'est sûr
que ça dépend du nombre de conflits de travail, des journées d'intervention
pour régler... les frais de déplacement, et tout ce que ça implique. Mais, je
vous dirais, il y a une paix industrielle relativement bonne au Québec. Ça fait
qu'il n'y a pas... on n'est pas dans une période d'ascension du nombre de
conflits de travail, alors qu'on aurait pu appréhender...
La Présidente (Mme Boivin Roy) : En
terminant.
M. Boulet : ...qu'il y en
avait plus, mais ce n'est pas le cas.
Mme Cadet : Merci beaucoup,
M. le ministre.
La Présidente (Mme Boivin Roy) : Merci
beaucoup, M. le ministre. Alors, Mme la députée, votre temps est écoulé. Nous
allons maintenant écouter et reconnaître une première intervention, une seule,
en fait, intervention d'un membre du gouvernement. Alors, Mme la députée de Huntingdon,
la parole est à vous.
Mme Mallette : Merci, Mme la
Présidente. Bien, je suis heureuse de participer à l'étude des crédits de la Commission
de l'économie et du travail. J'en profite pour remercier le premier ministre de
m'avoir nommée adjointe gouvernementale au ministre du Travail. Je remercie
aussi ce dernier de m'avoir confié les responsabilités en lien avec la
modernisation de l'industrie de la construction. C'est pourquoi j'aimerais vous
poser une question en lien avec les acteurs et les actions qui expliquent la
progression des femmes dans les différents métiers de la construction.
Comme vous le savez, dans le cadre de mes
fonctions, j'ai eu la chance de faire des rencontres très intéressantes. À
travers celles-ci, on m'a fait part d'enjeux et préoccupations sur le travail
des femmes au sein de l'industrie de la construction. De façon constante,
depuis les premières enquêtes, réalisées au milieu des années 1990, sur la
situation des femmes dans l'industrie de la construction, les données
recueillies par la Commission de la construction du Québec, la CCQ, démontrent
que ces dernières sont fortement <sous-représentées...
Mme Mallette :
...par
la
Commission de la construction du Québec, la CCQ, démontrent que ces
dernières sont fortement >sous-représentées dans la main-d'œuvre du
secteur, et qu'elles sont surreprésentées parmi les travailleuses qui quittent
l'industrie. La discrimination et le harcèlement sexiste et sexuel constituent
les deux principaux motifs invoqués par les travailleuses. Les données
compilées annuellement par la CCQ démontrent que le problème des abandons
freine... considérablement, pardon, la croissance du taux de représentativité
des femmes dans l'industrie, malgré la croissance de leur proportion parmi les
nouvelles entrées de travailleuses et travailleurs.
En 2022, des 27 139 entreprises
de la construction, seulement 16 % de ces dernières ont engagé au moins
une femme, ce qui est, malgré tout, une augmentation de 11 % par rapport à
2021. Selon les données de 2022, on constate une hausse de la présence des
femmes exerçant un métier ou une occupation dans l'industrie de la
construction. En effet, en 2015, il n'y avait que 1,3 % de femmes actives
sur les chantiers. En 2018, soit au moment de l'arrivée du gouvernement
caquiste, nous en étions à 2,14 %. En 2022, nous en sommes maintenant à
3,65 %. C'est une augmentation de 16 % depuis l'année précédente.
Autre élément intéressant, les femmes
représentent aujourd'hui 9,3 % de l'ensemble de la nouvelle main-d'œuvre.
Ce que je trouve encourageant, c'est qu'il y a aussi 20 % de plus de
compagnons femmes en 2022 qu'en 2021. Malgré ces résultats encourageants, le
maintien des femmes dans l'industrie de la construction est plus difficile que
celui des hommes. 53 % des femmes entrées comme apprenties ou en y ayant
une occupation ont quitté l'industrie après cinq ans. C'est signe qu'il reste
du travail à faire pour retenir les femmes dans l'industrie. Ma question est la
suivante : Quels sont les acteurs et les actions qui expliquent la
progression des femmes dans les différents métiers de la construction depuis
2016?
M. Boulet : Merci. C'est une
excellente question. Je vais profiter de l'occasion pour remercier ma collègue
de Huntingdon, qui joue un rôle extrêmement important puis intéressant. Tu
sais, le premier ministre nous a confié mandat de travailler à la modernisation
du secteur de la construction, puis, dès les premiers contacts que j'ai eus
avec ma collègue, elle s'est montrée, d'emblée, intéressée, puis elle a
participé déjà à des activités, puis elle joue un rôle actif. Puis je peux vous
assurer que les personnes qui vous connaissent vous estiment déjà, et je pense
que votre contribution va être extrêmement intéressante pour ce que nous avons
comme mandat, puis merci beaucoup. Puis vous étiez là, même... On a parlé de la
Chambre de commerce du Montréal métropolitain. Merci énormément de vous
préoccuper aussi de la présence des femmes.
Il y a un contexte, hein, aussi, puis il y
a des acteurs, puis, si on veut intégrer plus de femmes, ça prend des entrepreneurs
qui les embauchent, qui sont ouverts. Et ce qu'on a mis en place avec la Commission
de la construction du Québec est positif, le programme d'accès à l'égalité. Il
y a de la sensibilisation, de l'information, et je pense que les entrepreneurs
sont beaucoup plus soucieux de ça. Puis, souvenez-vous, collègue, qu'il y avait
eu l'année dernière... je pense que c'est dans un journal, Le Journal de
Montréal, où ils parlaient d'un chantier résidentiel où plus que 25 %
des travailleurs ou travailleuses étaient des femmes, puis c'était le chantier
où le taux d'efficacité était le plus élevé, puis il y avait beaucoup de
travail de finition. Puis les femmes sont meilleures que les hommes dans bien
des métiers de la construction, puis ce n'est pas que moi qui le dis.
Ça fait qu'il faut faire le message, il
faut continuer. Mais je le dis en respect... parce que les syndicats
participent à ça, puis ils ont mis en place des mécanismes pour prévenir,
aussi, ils ont contribué, avec les employeurs, à ce qu'il y ait des politiques
de prévention puis des mécanismes de plaintes. Puis on ne peut plus tolérer que
les femmes abandonnent parce qu'ils se font écœurer sur un chantier de
construction, puis, que ce soit de l'intimidation ou du harcèlement, on ne peut
pas accepter ça. Puis, moi-même, j'ai rencontré des femmes qui me disaient :
Ça n'a pas de bon sens, je ne suis pas capable de travailler dans un esprit de
collaboration, je me fais écœurer, puis je me fais faire... dire des
commentaires qui portent atteinte à ma dignité, puis qui créent pour moi un
milieu de travail qui est nocif. Ça fait que les femmes quittent.
Ça fait que je pense, collègue, qu'il faut
continuer à travailler avec tous les partenaires, la CCQ, avec son programme
d'accès à l'égalité, les <entrepreneurs...
M. Boulet :
...qu'il
faut continuer à travailler avec tous les partenaires, la CCQ, avec son
programme d'accès à l'égalité, les >entrepreneurs, les syndicats, puis
laisser savoir aux travailleuses qu'elles sont les bienvenues et qu'elles peuvent
avoir accès à tout ce dont elles aspirent faire. Merci beaucoup.
Mme Mallette : Merci.
La Présidente (Mme Boivin Roy) :
Alors, je comprends qu'il y aura une deuxième question. Mme la députée de
Laporte.
• (16 h 10) •
Mme Poulet : Oui, merci,
beaucoup Mme la Présidente. M. le ministre, j'aimerais vous ramener sur le
terrain de la loi... du projet de loi n° 19, loi sur l'encadrement du
travail des jeunes. J'ai eu l'opportunité de participer aux consultations
particulières, que j'ai grandement appréciées, ça a été très enrichissant, et
c'était vraiment enrichissant d'entendre tous ces intervenants.
Le PL n° 19 a
deux objectifs : réduire les accidents de travail et favoriser la réussite
éducative de nos jeunes. Les dernières modifications législatives datent de
25 ans, et la pénurie de main-d'œuvre incite le recrutement de... le
recrutement de nos jeunes. Je cite M. Blackburn, le président du Conseil du patronat : «Il ne faut pas voir sur le dos de
nos jeunes la solution pour pallier la pénurie de main-d'œuvre. Il importe de...
que nos travailleurs, nos jeunes travailleurs aient un environnement de travail
sain, sécuritaire, respectueux.»
À titre de ministre du Travail... J'ai
trois questions qui se recoupent. Alors : Est-ce qu'on est... on est en
train de sensibiliser les jeunes à leur sécurité et à leur santé dans leur
milieu de travail? Est-ce que vous pensez qu'à long terme le taux d'accidents à
la CNESST va baisser? Est-ce que, pour la prochaine génération des jeunes, on est
en train de les conscientiser quant à leurs droits, recours, réflexes de santé
et sécurité?
M. Boulet : Oui. Aussi, c'est
une excellente question, puis je veux aussi louer le travail puis la
contribution remarquable de ma collègue de Laporte. Elle est entrée à deux
pieds joints dans notre ministère, s'est intéressée à l'équité salariale, au
travail des enfants. Elle est en constante communication avec des gens de mon
équipe, de mon cabinet, puis je la remercie beaucoup, j'apprécie énormément ce
que vous faites. Puis le projet de loi sur le travail des enfants, c'est vrai
que c'était le fun, les consultations particulières, puis j'ai vu que vous
étiez très attentive, puis vous avez un esprit d'analyse qui va nous aider
beaucoup aussi.
Pour la... je vais traiter de deux aspects,
là. La sensibilisation, bien, vous le savez, les 124 000 étudiants,
étudiantes du primaire et du secondaire qui ont participé à des ateliers pour
être sensibilisés à l'importance du respect des normes et à la protection en
matière de santé et sécurité du travail... et on va continuer. Et je suis
convaincu, collègue... Parce que c'est une belle question ça : Est-ce que
ça va avoir un impact, ce projet de loi là? Inévitablement, parce que la
meilleure façon de diminuer le nombre d'accidents de travail, c'est par la
prévention. Ça fait qu'il faut développer, ce que nous faisons actuellement,
une culture de la prévention dans tous les milieux de travail mais une culture
de prévention, aussi, spécifique pour les risques inhérents à des personnes qui
sont en plein développement, puis qui n'ont pas les mêmes capacités physiques,
qui n'ont pas les mêmes capacités morales.
Puis, tu sais, même un jeune qui a un
certain âge, qui interagit avec un adulte, il y a un impact, il y a une
pression quand l'adulte exprime un désaccord ou une insatisfaction. Ce n'est
pas facile pour tous les jeunes de gérer la relation humaine, ça fait qu'il
faut tenir compte de cette réalité-là et de la nature des fonctions. C'est la
raison pour laquelle, dans le projet de loi, on demande d'identifier les
risques spécifiques aux jeunes de 16 ans et moins, parce qu'on sait qu'au
Québec l'obligation d'aller à l'école est jusqu'à 16 ans. Et les
représentants en santé et sécurité vont devoir demeurer vigilants et s'assurer
qu'il y ait une pleine compatibilité entre l'exercice d'un travail et le niveau
de développement du jeune ou sa capacité. Et ça, je suis convaincu qu'après un
certain nombre d'années on va, au Québec, s'être donné un coffre à outils qui
respecte non seulement la sécurité des jeunes et des enfants, mais qui permet
une meilleure réussite éducative.
Parce qu'il faut arrêter de lire des
enquêtes sur la santé psychologique des jeunes de secondaire I et II où il
y a une majorité de jeunes filles qui vivent de la détresse, de l'anxiété. Puis
ce n'est pas qu'ils décrochent tout le temps, c'est que leurs notes ne sont pas
les <mêmes...
M. Boulet :
...qui
vivent de la détresse, de l'anxiété. Puis ce n'est pas qu'ils décrochent tout
le temps, c'est que leurs notes ne sont pas les >mêmes, ils ne
développent pas le même intérêt. Au-delà de l'anxiété, ils ont aussi des
troubles de sommeil, qui les empêchent de se concentrer convenablement et
d'apprendre. Leur métier premier, c'est, d'abord, d'être élève, puis la
prospérité du Québec réside dans la réussite éducative de nos jeunes, puis
c'est comme ça qu'on doit penser puis c'est la raison qui nous incite à aller
de l'avant avec ce projet de loi là, qui, je le répète, je pense, est
totalement équilibré.
On me dit qu'il me reste peu de temps,
mais j'aimerais ça, si vous me permettez, Mme la Présidente, remercier...
La Présidente (Mme Boivin Roy) : Il
vous reste 45 secondes.
M. Boulet : Cinq?
La Présidente (Mme Boivin Roy) : 45 secondes.
M. Boulet : OK, merci. Ma
sous-ministre, Anne Racine, Marie-Claude Verreault, qui est la directrice de
mon cabinet, Joey, qui est mon conseiller, Manuelle Oudar, Michel Beaudoin...
Manuelle est la PDG de la CNESST, Michel, de la Régie du bâtiment... toutes
leurs équipes. Ils ont fait un travail... Vous le savez, les études de crédits,
là, c'est énormément de temps de préparation. Mais, hier, je faisais la
réflexion avec des gens, c'est un exercice qui est utile, qui est pertinent,
qui s'impose, pour permettre une certaine transparence puis une certaine
reddition de comptes. Il y a Lucie Nadeau, aussi, qui... qui est du Tribunal
administratif du travail, qui est présidente, que vous connaissez aussi.
La Présidente (Mme Boivin Roy) : En
terminant.
M. Boulet : Puis les
collègues des partis d'opposition, avec qui je veux continuer d'alimenter une
bonne et saine coopération. Merci beaucoup.
La Présidente (Mme Boivin Roy) : Merci,
M. le ministre. Alors, le temps alloué à l'étude des crédits budgétaires du
portefeuille Travail étant presque écoulé, nous allons maintenant procéder à la
mise aux voix des crédits. Alors, le programme 1, intitulé Travail, est-il
adopté?
Des voix : Adopté.
Des voix : Sur division.
La Présidente (Mme Boivin Roy) : Adopté
sur division. Finalement, l'ensemble des crédits budgétaires du portefeuille
Travail pour l'exercice financier 2023-2024 est-il adopté?
Des voix : Adopté.
Des voix : Sur division.
La Présidente (Mme Boivin Roy) : Adopté
sur division. Alors, en terminant, je dépose les réponses aux demandes de
renseignements de l'opposition.
Et, compte tenu de l'heure, la commission,
ayant accompli son mandat, ajourne ses travaux sine die. Merci à tous.
(Fin de la séance à 16 h 19)