Journal des débats de la Commission de l'économie et du travail
Version préliminaire
43e législature, 1re session
(29 novembre 2022 au 10 septembre 2025)
Cette version du Journal des débats est une version préliminaire : elle peut donc contenir des erreurs. La version définitive du Journal, en texte continu avec table des matières, est publiée dans un délai moyen de 2 ans suivant la date de la séance.
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Le
mercredi 21 février 2024
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Vol. 47 N° 41
Étude détaillée du projet de loi n° 42, Loi visant à prévenir et à combattre le harcèlement psychologique et la violence à caractère sexuel en milieu de travail
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Intervenants par tranches d'heure
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D'Amours, Sylvie
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Leduc, Alexandre
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Boulet, Jean
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Martel, Donald
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Mallette, Carole
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Poulet, Isabelle
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Boivin Roy, Karine
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Morin, André Albert
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Caron, Linda
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Leduc, Alexandre
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Boulet, Jean
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D'Amours, Sylvie
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Caron, Linda
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Boulet, Jean
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Leduc, Alexandre
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D'Amours, Sylvie
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Morin, André Albert
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D'Amours, Sylvie
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Caron, Linda
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Boulet, Jean
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Morin, André Albert
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Leduc, Alexandre
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Paradis, Pascal
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D'Amours, Sylvie
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Morin, André Albert
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D'Amours, Sylvie
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Caron, Linda
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Boulet, Jean
11 h (version révisée)
(Onze heures dix-huit minutes)
La Présidente (Mme D'Amours) : Bonjour,
tout le monde. Ayant constaté le quorum, je déclare la séance de la Commission
de l'économie et du travail ouverte.
La commission est réunie afin de
poursuivre l'étude détaillée du projet de loi n° 42, Loi visant à prévenir
et à combattre le harcèlement psychologique et la violence à caractère sexuel
en milieu de travail.
Mme la secrétaire, y a-t-il des
remplacements?
La Secrétaire : Oui, Mme la
Présidente. M. Dufour (Abitibi-Est) est remplacé par Mme Poulet (Laporte);
M. Tremblay (Dubuc) est remplacé par Mme Mallette (Huntingdon); Mme Cadet
(Bourassa-Sauvé) est remplacée par M. Morin (Acadie); et Mme Lakhoyan
Olivier (Chomedey) est remplacée par Mme Caron (La Pinière).
Document déposé
La Présidente (Mme D'Amours) : Merci.
Pour débuter, je dépose le rapport de la recherche intitulé Pour une pleine
protection des travailleuses employées via le programme québécois d'Allocation
directe/Chèque emploi-service.
Étude détaillée (suite)
Lors de l'ajournement de nos travaux d'hier,
selon notre plan de travail, nous étions au sujet 8, portant sur la Loi
sur les accidents du travail et les maladies professionnelles. Plus
précisément, le député d'Hochelaga-Maisonneuve venait de déposer un amendement
visant à introduire l'article 13.1. M. le député, la parole est à vous.
M. Leduc : Merci, Mme la
Présidente. Je pense qu'hier, j'avais... je venais de conclure mon explication.
Ça tombe mal, parce que là, on continue, mais je peux, très succinctement,
résumer. Donc, c'est une idée qui a été présentée dans le mémoire de Juripop,
puis, comme ils étaient passés assez tôt dans l'ordre des audiences, ça avait
permis, en tout cas, dans mon cas, de relancer quelques personnes, quelques
groupes qui étaient... qui les suivaient, sur leur ouverture ou pas à aller
jouer dans ce film-là, à savoir de permettre aux personnes victimes de
harcèlement sexuel de bénéficier de l'imprescriptibilité du recours civil
contre l'auteur des violences à caractère sexuel. En gros, on connaît le régime
de santé-sécurité, c'est un... ce qu'on appelle un «no fault» en anglais, là,
un sans faute qui... les contreparties au fait qu'on va être indemnisé
semi-automatiquement. Évidemment, il y a 150 barrières sur le... d'où le semi-automatiquement,
mais, bref, on va t'indemniser et, en échange, on ne peut pas poursuivre
l'employeur pour sa négligence. C'est l'espèce de compromis <historique...
M. Leduc :
...mais bref,
on va t'indemniser et, en échange, on ne peut pas poursuivre l'employeur pour
sa négligence. C'est l'espèce de compromis> historique qui a été fait
alentour de cette loi-là, qui tient, grosso modo, aujourd'hui. Mais là Juripop
dit : On devrait permettre à une personne victime de harcèlement de
pouvoir faire une exception à cette situation-là et juste lui permettre de
faire, dans le fond, une poursuite, au civil, toujours, contre une personne qui
ne serait pas l'employeur, comme tel, pas l'entreprise. Donc, la... le sans
faute demeurerait pour l'entité légale, qui est l'entreprise, mais ils
considèrent que ça ajouterait une espèce d'instrument supplémentaire, un chemin
supplémentaire pour la victime, de pouvoir... de permettre à cette personne-là
d'évaluer, pas obliger de le faire, bien sûr, jamais obliger de le faire, mais
d'évaluer la possibilité de faire un recours au civil contre l'agresseur, qui
pourrait être un collègue de travail, par exemple, et qui ne bénéficierait plus
de cette immunité en raison de cet accord historique entre patronat et syndicat,
à savoir que c'est un sans faute pour tout le monde.
• (11 h 20) •
Alors, c'est une idée que moi, j'avais
jugée particulièrement intéressante, suffisamment intéressante pour la déposer,
parce que je n'avais pas entendu le ministre sur cette idée-là, et je pense que
c'est l'endroit approprié pour le faire. Voilà.
La Présidente (Mme D'Amours) : Merci.
Commentaires, M. le ministre?
M. Boulet : Merci, Mme la
Présidente. Oui, je m'exprime sur cet élément-là, et vous y faites référence,
il y a un compromis social historique qui a été fait lors de l'adoption, en
1985, de la Loi sur les accidents de travail et maladies professionnelles, et
votre amendement constituerait un accroc extrêmement important à ce principe-là
qui... d'indemniser sans égard à la faute.
Et, ici, permettre un débat en matière de
responsabilité civile entre un agresseur et une victime qui sont deux collègues
de travail, ce serait de rejudiciariser, de créer un nouveau forum de
contestation qui serait complètement incompatible avec l'indemnisation sans
égard à la faute, je le répète, qui fait partie inhérente d'un compromis social
qui est vraiment reconnu et accepté par tout le monde.
Je comprends qu'un groupe en a fait
référence, mais c'est... ce n'est certainement pas dans cette direction-là
qu'il faille aller, au contraire, il faut simplifier, déjudiciariser, assurer
une pleine compensation aux personnes, réparer les torts. On a même fait une
brèche en matière de dommages et intérêts punitifs, et, pour toutes ces raisons,
nous ne serons pas d'accord avec cet amendement. Vous l'aviez anticipé, j'en
suis convaincu.
La Présidente (Mme D'Amours) : M.
le député.
M. Leduc : Moi, je ne me
rappelle pas d'avoir entendu aucun groupe s'exprimer négativement, puis, tu
sais, on en a fait, des commissions, ensemble, M. le ministre. Des fois, quand
il y a une idée un peu champ gauche, comme celle-là, qui apparaît, même tôt
dans les audiences, des fois, les groupes qui passent modifient un peu leur
présentation parce qu'ils veulent absolument s'inscrire en faux par rapport à
ça, ou ils vont réagir dans l'espace public, ou ils vont dire : J'avais
telle, telle chose à dire, mais là il faut que je réagisse, en plus, à ce qui
vient d'être proposé par un groupe. Et moi, je ne me rappelle de personne qui
s'exprime en défaveur de ça, autant les groupes patronaux ou syndicaux, les
expertes ou peu importe. Au contraire, moi, je me... quand je posais la
question, la plupart du temps, le monde disait : Heille, c'est
intéressant, oui, il faudrait évaluer ça, creuser un peu la chose.
Parce que, dans le fond, ce qu'il nous
dit, Juripop, c'est que, si une personne ne se prévaut pas de son droit d'aller
en recours à la LATMP pour lésion dans l'intérieur du deux ans, bien, elle a...
elle n'a plus, donc, de recours pour aller obtenir des réparations monétaires,
notamment, tandis qu'une personne qui serait victime de violence dans un
contexte hors travail, bien, on a modifié le Code civil pour que ce soient des
recours imprescriptibles, qu'il n'y a plus... il n'y a plus de délai. Tu peux
réclamer ça des années, des décennies, à la limite, plus tard. Alors, il y a
une forme d'incohérence du corpus législatif, je sais que c'est une expression
chère au ministre, de dire : Ton... ta violence à caractère sexuel, encore
une fois, comme je faisais l'image de la roulette hier, c'est arrivé dans ta...
dans ta vie privée, à la maison ou, peu importe, là, tu n'as comme plus de
délai parce qu'on a changé la loi, on a une... on a une discussion sociale
importante, puis on a changé la loi, puis c'est imprescriptible. Tandis que, si
c'est arrivé au travail, dépêche-toi, c'est deux ans, puis, si tu as manqué ta
shot, bien, tu es foutu, puis il n'y a plus... la porte est fermée.
Puis on en a parlé hier, abondamment, à
quel point le deux ans, à mon avis, était un problème, mais ça, là, c'est
terminé, c'est derrière nous, mais je voudrais sensibiliser le ministre de
manière supplémentaire sur l'aspect du trauma qui peut apparaître de manière
assez tardive, qui peut dépasser largement le deux ans. Mais, sinon, Juripop,
aussi, nous donne d'autres explications sur qu'est-ce qui pourrait légitimer le
fait d'ouvrir cette porte-là, aussi, sur le <fameux...
M. Leduc :
...Juripop,
aussi, nous donne d'autres explications sur qu'est-ce qui pourrait légitimer le
fait d'ouvrir cette porte-là, aussi, sur le >fameux deux ans, et je cite
un extrait court du mémoire : «Plusieurs raisons valides expliquent qu'une
personne ne se soit pas prévalue du régime de la LATMP. Pensons à l'incapacité
d'avoir accès à un médecin de famille, une démission, le recours à l'assurance
privée, etc.»
Alors, ce n'est pas cher payé, ça ne remet
pas du tout en question les fondements du régime de sans faute, ça ne touche
pas les employeurs, qui maintiennent leur sans faute intact, ça fait juste
ouvrir une possibilité supplémentaire à la victime d'initier un recours envers
un agresseur en milieu de travail.
M. Boulet : Bon, je vais être
très bref, là. On relit 438, là : «Le travailleur victime d'une lésion
professionnelle ne peut intenter une action en responsabilité civile contre son
employeur en raison de sa lésion», et tous les articles qui suivent confirment
le compromis social qui a été fait. Et ce que vous mettez sur la table, je le
répète, serait complètement incompatible avec le principe de base d'une
indemnisation sans égard à la faute, puis c'est recréer un forum,
rejudiciariser.
Puis le délai de deux ans, je l'ai
expliqué dans les jours précédents, on peut quand même utiliser un motif
raisonnable pour être relevé du défaut de le respecter. Puis c'est deux ans du
diagnostic, puis c'est une augmentation considérable de ce délai-là qui a été
faite, là, en 2018, là. Ça fait que je pense qu'on a abondamment discuté.
Je comprends ce que vous soumettez comme
amendement, mais, pour les raisons que je viens d'exprimer, on ne peut
malheureusement pas aller dans cette direction-là. Merci, Mme la Présidente.
La Présidente (Mme D'Amours) : Merci.
M. le député.
M. Leduc : Dernier
commentaire, Mme la Présidente, je veux juste lire un dernier extrait du
mémoire de Juripop, qui, à mon avis, est éclairant. Ils disent la chose
suivante : «Notamment en offrant un recours direct contre l'auteur de
violence, ce que le droit du travail ne permet actuellement pas, plaçant la
personne morale qu'est l'employeur comme unique responsable du harcèlement au
travail, cette modification permettrait aussi de répondre aux besoins des
personnes victimes, que ce soit l'auteur de la violence, et non nécessairement
l'employeur, qui réponde de ses actions.»
Souvent, dans le processus de réparation,
la personne victime va vouloir que ce soit l'auteur, là, puis va dire :
C'est lui qui doit payer, s'excuser ou peu importe, mais qui doit être impliqué
dans le processus, tandis qu'en effet, un des défauts du système du sans faute,
qui... je ne suis pas en train de le remettre en question, je pense qu'il
fonctionne, grosso modo, assez bien, mais un des défauts, c'est... en effet,
c'est que l'individu, ce n'est pas lui qui est visé, c'est la responsabilité de
l'employeur de préparer et de s'assurer d'avoir un environnement de travail
exempt de harcèlement et de violence. Mais l'individu coupable, lui, il est
comme hors de portée de la personne victime, alors que, dans des recours au
civil, c'est plus... c'est possible de le faire puis il y a une forme de
réparation plus personnelle, plus intime qui est impliquée dans ce recours-là.
Alors, suggestion lumineuse, à mon avis,
de Juripop. Je n'ai entendu personne s'exprimer en défaveur de ça, ni pendant
ni après les audiences. Là, la seule personne que j'ai entendue qui était
contre, malheureusement, c'est M. le ministre.
M. Boulet : ...Mme la
Présidente.
La Présidente (Mme D'Amours) : Pardon?
M. Boulet : Non, je n'ai pas
d'autre commentaire.
La Présidente (Mme D'Amours) : Pas
d'autre commentaire. Est-ce qu'il y a des interventions encore sur l'article 13.1,
l'amendement du député d'Hochelaga-Maisonneuve?
M. Leduc : ...
La Présidente (Mme D'Amours) : Un
vote par appel nominal est demandé. Mme la secrétaire, s'il vous plaît.
La Secrétaire : Pour, contre,
abstention. M. Leduc (Hochelaga-Maisonneuve)?
M. Leduc : Pour.
La Secrétaire : M. Boulet
(Trois-Rivières)?
M. Boulet : Contre.
La Secrétaire : M. Martel
(Nicolet-Bécancour)?
M. Martel : Contre.
La Secrétaire : Mme Mallette
(Huntingdon)?
Mme Mallette : Contre.
La Secrétaire : Mme Poulet
(Laporte)?
Mme Poulet : Contre.
La Secrétaire : 19255 Mme Boivin Roy (Anjou—Louis-Riel)?
Mme Boivin Roy : Contre.
La Secrétaire : M. Morin
(Acadie)?
M. Morin : Contre.
La Secrétaire : Mme Caron
(La Pinière)?
Mme Caron : Contre.
La Secrétaire : Mme D'Amours
(Mirabel)?
La Présidente (Mme D'Amours) : Abstention.
Donc, l'article 13.1, l'amendement qui a été déposé, est rejeté. Nous
passons maintenant, M. le ministre, à l'article 14, s'il vous plaît.
M. Boulet : Merci, Mme la
Présidente.
14. L'article 443 de cette loi est
modifié :
1° par l'insertion, dans le premier alinéa
et après «mois», de «ou, dans le cas d'une réclamation d'un travailleur pour
une lésion professionnelle résultant de la violence à caractère sexuel, dans
les deux ans»;
2° par l'insertion, dans le deuxième
alinéa et après «mois» de «ou, dans le cas d'une réclamation d'un travailleur
pour une lésion professionnelle résultant de la violence à caractère sexuel, au
plus [...] deux ans».
Commentaire. En fait, c'est simplement une
concordance avec ce qui a été déterminé aux articles 9 à 11 du projet de
loi. Merci, Mme la Présidente.
La Présidente (Mme D'Amours) : Merci.
Commentaires? Oui, M. le député de l'Acadie.
• (11 h 30) •
M. Morin : Oui. Bien, alors,
je vais être cohérent avec ce que j'ai dit précédemment. J'ai toujours cette
crainte, puis je comprends que le <ministre...
La Présidente (Mme D'Amours) :
M.
le député de l'Acadie.
M. Morin :
Oui.
Bien, alors, je vais être cohérent avec ce que j'ai dit précédemment. J'ai
toujours cette crainte, puis je comprends que le >ministre augmente le
délai de deux ans, mais j'ai toujours cette crainte qu'à un moment donné on en
échappe, des victimes, d'autant que, quand on lit 443, à la fin : «À
défaut de faire l'option prévue par le premier ou le deuxième alinéa, le
bénéficiaire est réputé renoncer aux prestations prévues par la présente loi.»
Ce n'est quand même pas banal. Alors, dans un cas comme ça, est-ce que ça veut
dire qu'un... une victime pourrait ne pas du tout recevoir de prestations? Et
est-ce que le ministre serait favorable ou ouvert au fait de qualifier,
finalement, le délai de deux ans de la connaissance ou encore des effets qui
peuvent résulter d'une telle situation?
M. Boulet : Donc, là, c'est
un débat... Je comprends votre point, mais ce n'est pas un débat qui est
concerné par l'amendement. Tout ce que ça vient dire, ici, c'est qu'il y a des
circonstances particulières qui permettent de... d'intenter une poursuite en
responsabilité civile quand ce n'est pas ton employeur, quand c'est un autre
employeur qui a commis une infraction criminelle, et ça, c'est prévu à 441, pour
recouvrer encore de cet employeur-là, qui n'est pas ton employeur, recouvrer un
excédent de pertes subies, puis si cet autre employeur-là est responsable d'une
lésion professionnelle visée dans l'article 31. Puis l'article 31 de
la loi, c'est une lésion professionnelle qui survient en raison de soins ou
traitements dispensés par un professionnel de la santé ou dans un contexte de
traitements qui sont prescrits. Donc, ce n'est pas... ça n'a pas de rapport
avec le... la substance de 443, c'est simplement pour faire une concordance
avec le délai de deux ans. Et le délai de deux ans, bien oui, on a fait la
discussion à moult reprises, et je comprends votre commentaire, mais c'est
simplement de revenir à ce délai de deux ans là, à l'égard duquel je me suis fréquemment
exprimé. Merci.
M. Morin : Merci.
La Présidente (Mme D'Amours) : Merci.
D'autres interventions sur l'article 14? L'article 14 est-il adopté?
Des voix : Adopté.
La Présidente (Mme D'Amours) : L'article 15.
M. le ministre, s'il vous plaît.
M. Boulet : Merci, Mme la
Présidente.
L'article 452 de cette loi est
modifié par l'insertion, dans le premier alinéa et après «mois», de «ou, dans
le cas d'une réclamation d'un travailleur pour une lésion professionnelle résultant
de la violence à caractère sexuel, [dans les] deux ans».
Commentaire. C'est exactement ce qu'on
vient de discuter, là, c'est de la concordance avec les articles 9 à 11.
Merci.
La Présidente (Mme D'Amours) : Merci.
Commentaires? M. le député de l'Acadie.
M. Morin : Alors, brièvement,
je vais faire le même commentaire en ce qui a trait au délai de deux ans, c'est
ce que j'ai fait depuis le début. Je n'en dirai pas plus. Merci.
La Présidente (Mme D'Amours) : Merci.
M. Boulet : Merci.
La Présidente (Mme D'Amours) : Donc,
est-ce que l'article 15 est adopté?
Des voix : Adopté.
La Présidente (Mme D'Amours) : Adopté.
Nous passons maintenant à l'article 16. M. le ministre, s'il vous plaît.
M. Boulet : Merci, Mme la
Présidente. 16 :
Cette loi est modifiée par l'insertion,
après l'article 458, du suivant :
«458.1. Commet une infraction et est
passible d'une amende d'au moins 1 000 $ et d'au plus
5 000 $ s'il s'agit d'une personne physique et d'une amende d'au
moins 2 000 $ et d'au plus 10 000 $ dans les autres
cas :
«1° l'employeur qui tente d'obtenir ou
obtient, de quelque manière que ce soit, le dossier médical auquel il n'a pas
droit d'accès en application de l'article 38;
«2° l'employeur ou la personne qu'il
autorise qui contrevient à l'article 38.1 ou au deuxième alinéa de
l'article 39;
«3° le professionnel de la santé qui
contrevient à l'article 38.1 ou au premier alinéa de l'article 39.».
Commentaire. On en a discuté aussi, là,
c'est les infractions spécifiques pour l'employeur, le professionnel de la
santé ou la personne autorisée par l'employeur qui ne respecterait pas les
différentes obligations de confidentialité qu'on a adoptées depuis le début de
l'étude détaillée du projet de loi. C'est tout, Mme la Présidente.
La Présidente (Mme D'Amours) : Merci.
Interventions sur l'article 16? M. le député d'Hochelaga-Maisonneuve.
M. Leduc : Ça, c'est la
CNESST qui est responsable d'appliquer ça?
M. Boulet : Oui, mais c'est
entendu au tribunal.
M. Leduc : Oui,
nécessairement. Mais, je veux dire, le policier, en quelque sorte?
M. Boulet : Bien, l'enquête
puis l'émission des constats d'infraction, mais les amendes sont perçues en cas
de non-paiement au tribunal.
M. Leduc : Je <comprends...
11 h 30 (version révisée)
<17899
M.
Boulet :
...mais les amendes sont perçues, en cas de non-paiement,
au tribunal.
M. Leduc :
Je >comprends.
Mais, encore une fois, juste pour bien comprendre, donc on précise des amendes
puis c'est... Comment ça fonctionne? Est-ce qu'il y a, comme, la CNESST qui se
promène, ça fonctionne sur délation, sur appel?
M. Boulet : Sur dénonciation,
sur plainte, suite à une enquête, suite à... Mais, généralement, il y a une
plainte qui mène à une enquête, après ça, il y a un constat d'infraction si l'enquête
révèle qu'il y a eu une violation d'une disposition de la loi, et, ultimement,
la CNESST fait la poursuite pénale.
M. Leduc : Donc, soit il y a
une plainte avec enquête, soit il y a une enquête autodéclarée par la CNESST parce
qu'ils ont vu ou perçu quelque chose. Est-ce qu'il peut y avoir, comme, une
constatation pendant une audience d'une dérogation qui serait susceptible d'être
une...
M. Boulet : Oui, oui, tout à
fait. Bien, des infractions de nature pénale, oui, si... oui, ça peut être
pendant une audience.
M. Leduc : Donc, pendant une
audience, on entend un témoin qui raconte quelque chose puis on fait : Oh «boy»!
Ça, c'est... ça, ça ouvre... ça, ça serait le motif de plainte. Comment ça
fonctionne?
M. Boulet : Oui, si c'est
rapporté à la CNESST, absolument.
M. Leduc : Par qui?
M. Boulet : Bien, par une
personne qui le constate. C'est sûr que, toutes les lois pénales, statutaires
au Québec, il faut quand même que quelqu'un se sorte la tête de l'eau et
exprime la violation. Il y a probablement des violations, pas que de cette
loi-là, qui ne sont pas rapportées et donc non punies, mais ce qu'on souhaite,
c'est faire la promotion de nos articles et s'assurer qu'ils soient respectés.
Puis ça, ça revient beaucoup au volet formation, information, sensibilisation.
Mais, généralement, je vous dirais, collègue, les... toute partie intéressée
peut dire, dénoncer ou faire une plainte.
M. Leduc : Puis est-ce que la
commission, la CNESST, a le... initie des plaintes, des fois?
M. Boulet : Fait l'enquête,
émet les constats d'infraction.
M. Leduc : Mais, je veux
dire, initie une enquête d'elle-même?
M. Boulet : Il... Bien, oui,
la loi permettrait, s'ils ont des motifs raisonnables de croire, par exemple,
ils peuvent faire une enquête, mais ils peuvent de leur propre initiative.
M. Leduc : Est-ce qu'ils le
font...
M. Boulet : Tu sais, on l'a
fait, dans certains secteurs, là, en matière de santé et sécurité, on l'a fait
dans certains secteurs où il y avait beaucoup de travailleurs étrangers
temporaires, on l'a fait... je dis «on», la CNESST l'a fait où il y avait des
enjeux de travail des enfants en bas de 14 ans, mais, oui, la CNESST peut
le faire de sa propre initiative.
M. Leduc : Puis est-ce qu'il
y a une forme de directive ou de politique interne à la CNESST sur comment on
gère... la gestion de ces dérives-là, dans le sens où est-ce que c'est prévu
pour les gens qui sont dans les audiences, par exemple, qui sont des plaideurs
de la CNESST que, s'ils constatent quelque chose qui est une amende, ils vont
automatiquement le rapporter à un collègue enquêteur? Comment ça marche? Il y
a-tu une directive là-dessus?
M. Boulet : Bien oui, il y a
une procédure interne, puis ça, ça a été discuté au CA de la CNESST, où sont
les patrons puis les syndicats, mais, oui, il y a des règles d'équité
procédurale. On s'assure que l'enquête soit faite en bonne et due forme, les
enquêteurs ont les pouvoirs des commissaires d'enquête, donc ils peuvent
demander des documents, ils peuvent apposer un scellé, ils peuvent... ils
peuvent faire ce qu'un enquêteur, en vertu de la loi sur les commissaires d'enquête,
peut faire, mais tous les pouvoirs sont en place et... pour assurer le respect
des lois.
M. Leduc : Je constate, et
vous me corrigerez si je me trompe, que les montants sont similaires à ceux qu'on
avait notamment dans le PL n° 59 et à d'autres
endroits de la loi, mais là, si c'est similaire à PL n° 59,
ça date quand même de 2021.
M. Boulet : Non. C'est
similaire aux montants d'amendes, si je ne m'abuse, dans le cas de non-respect
de l'obligation de détenir un permis pour les agences de placement puis de recrutement
des travailleurs étrangers temporaires et ce qu'on a mis à jour avec l'encadrement
du travail des enfants. Donc, c'est au même niveau puis c'est en cohésion, et
ça, c'est étudié par les avocats du ministère de la Justice pour assurer une
cohésion, en termes de gravité, avec l'ensemble du corpus législatif québécois.
M. Leduc : Puis, encore une
fois, ce n'est pas des montants qu'on pourrait inscrire dans la loi qui
augmentent de manière statutaire annuellement.
M. Boulet : Non.
M. Leduc : Parce que c'est la
fameuse doctrine du corpus législatif.
M. Boulet : Exact.
M. Leduc : Il faudrait quoi?
Il faudrait, genre, un projet de loi...
M. Boulet : Oui, des
amendements.
M. Leduc : ...qui toucherait
l'ensemble des amendes de l'ensemble des lois pour dire : Toutes les
amendes du Québec augmentent statutairement, au taux de l'inflation, mettons,
ou de l'IPC.
M. Boulet : Oui, mais,
actuellement, les montants d'amendes sont prescrits, sont <établis...
M. Boulet :
...les
montants d'amendes sont prescrits, sont >établis, puis, à moins d'un
changement social important, oui, il faut les adapter en fonction de... Il
pourrait y avoir des diminutions, là, dans certains cas, là, je n'ai pas d'idée
en tête, mais il faut un amendement législatif.
M. Leduc : OK.
M. Boulet : Merci
M. Leduc : Merci.
• (11 h 40) •
La Présidente (Mme D'Amours) : D'autres
commentaires sur l'article 16? Est-ce que l'article 16 est adopté?
Des voix : Adopté.
La Présidente (Mme D'Amours) : Ceci
mettrait fin au sujet 8, mais souvenez-vous que nous avions un 11.1 en
attente, de ce sujet. Alors, M. le ministre... C'est M. le ministre qui avait
déposé le 11.1.
M. Boulet : En fait, est-ce
que... est-ce que je dois le relire? Je l'avais déjà lu, hein?
La Présidente (Mme D'Amours) : Bien,
pour ceux qui nous suivent à la maison, oui, ce serait mieux, parce que ça fait
quand même un certain temps que vous l'avez lu. Donc, je vous demanderais de le
relire, s'il vous plaît, M. le ministre.
M. Boulet : Oui, puis je le
lis... c'est un amendement que nous avions présenté, suite aux consultations
particulières, qui se lit comme suit :
11.1, article 272.1 de la Loi sur les
accidents du travail et les maladies professionnelles. Insérer, après l'article 11
du projet de loi, le suivant :
11.1. Cette loi est modifiée par
l'insertion après l'article 272, du suivant :
«272.1. Lorsque le Tribunal administratif
du travail estime probable que le harcèlement psychologique ait entraîné chez
le travailleur une lésion professionnelle et réserve sa décision en application
du deuxième alinéa de l'article 123.16 de la Loi sur les normes du travail[...],
le délai applicable prévu aux articles 270 à 272, 443 ou 452 se calcule à
compter du jour de la décision du Tribunal, dans la mesure où une réclamation
ou un avis d'option pour une telle lésion n'a pas déjà été produit à la
Commission.
«Le premier alinéa s'applique également au
travailleur pour lequel une telle décision est rendue dans le cadre d'un
recours en cas de harcèlement psychologique découlant d'une autre loi ou d'une
convention.»
Alors, comme j'ai déjà expliqué, Mme la
Présidente, c'est pour assurer une cohésion entre deux corridors qui peuvent
être parallèles. Quelqu'un fait une plainte en vertu de la Loi sur les normes
du travail, monte l'échelle, se rend jusqu'au Tribunal administratif du travail,
et le Tribunal administratif du travail dit : Wow! C'est une lésion
professionnelle. Donc il rend... il décide que, comme c'est probable que ce
soit une lésion professionnelle, je réserve ma décision et je permets à la
victime, le plaignant ou la plaignante, de faire une réclamation pour être dûment
compensée par une indemnité de remplacement de revenu à la CNESST et pour ne
pas être pénalisée par le délai — ça va plaire à notre collègue d'Acadie...
de l'Acadie — donc, le délai de deux ans commence à courir à partir
du moment où le Tribunal administratif du travail estime probable et réserve sa
décision.
Donc, ça a été demandé, notamment par
Juripop puis le comité des expertes, là, mais c'est les deux qui m'ont guidé
là-dedans. Bon, moi, j'avais eu une discussion, puis ils en ont parlé, mais
aussi Juripop, pour ne pas que la personne subisse un préjudice parce qu'elle
n'a pas emprunté le bon corridor. Donc, moi, j'étais très fier de soumettre cet
amendement. Merci, Mme la Présidente.
La Présidente (Mme D'Amours) : Merci.
Avant de continuer, je devais vous demander le consentement pour reprendre.
Est-ce que j'ai le consentement pour reprendre l'amendement introduisant
l'article 11.1?
Des voix : Consentement.
La Présidente (Mme D'Amours) : Merci,
c'est gentil. Donc, j'avais Mme la députée de La Pinière, ensuite M. le
député d'Hochelaga-Maisonneuve et M. de l'Acadie ensuite.
Mme Caron : Merci, Mme la
Présidente. En fait, je levais la main tout à l'heure parce qu'avant de
terminer le bloc sur la LATMP, je voulais revenir sur le chèque emploi-service
avec d'autres informations, étant donné que M. le ministre avait dit que
c'était à ce moment-là qu'on en discuterait, et puis je voulais m'assurer de ne
pas passer tout droit au prochain... au prochain bloc avant de pouvoir en
discuter. Merci.
M. Boulet : Alors, tout de
suite après cet article-là, moi, je vais refaire une présentation de la
feuille, Linda... collègue.
La Présidente (Mme D'Amours) : M.
le député d'Hochelaga-Maisonneuve.
M. Leduc : J'ai envoyé un
sous-amendement au Greffier.
La Présidente (Mme D'Amours) : On
l'a reçu? Je vais prendre... on va suspendre quelques minutes, s'il vous plaît.
(Suspension de la séance à 11 h 45
)
(Reprise à 11 h 50)
La Présidente (Mme D'Amours) : Nous
reprenons nos travaux. M. le député d'Hochelaga-Maisonneuve a déposé un
sous-amendement. M. le député, est-ce que vous voulez bien nous en faire la
lecture, s'il vous plaît?
M. Leduc : Bien sûr, Mme
la Présidente. Article 11.1 :
Ajouter, à la fin de l'article 272.1
de la Loi sur les accidents du travail et les maladies professionnelles,
proposé par l'article 11.1 de l'amendement, l'alinéa suivant :
«Lorsqu'une réclamation est soumise [dans
un...] dans le contexte décrit par le premier ou le deuxième alinéa, l'article 31.1
ne s'applique pas.»
Alors, c'est très technique, mais qu'est-ce
que ça veut dire? Quand on dépose un recours en harcèlement psychologique, la
plupart du temps, c'est reconnu comme un accident de travail, mais ça peut
arriver que ça soit reconnu comme une maladie professionnelle. C'est moins
fréquent, mais ça arrive, puis ça arrive suffisamment souvent pour que je vous
en parle aujourd'hui. Il y a l'article 31.1 de la loi qui dit qu'on ne
peut pas réclamer quelque chose trois ans en arrière pour des indemnités.
Alors, je vais le relire, là, le 31.1 de la LATMP : «Aux fins de
déterminer le montant et le droit aux prestations accordées en vertu des
sections I et IV du chapitre III, [etc.,] lorsque la réclamation d'un
travailleur est soumise plus de trois ans après la réception du diagnostic
de maladie professionnelle, la date de la manifestation de la lésion et, lorsqu'elle
survient avant le dépôt de la réclamation, la date de l'incapacité du
travailleur à exercer son emploi, le cas échéant, sont réputées être celle du
dépôt de la réclamation.»
Donc, dans les scénarios où est-ce qu'on
est en train d'évaluer, là, tu sais, le délai, que ça a été long, les
procédures judiciaires puis qu'on finit par se décider que ça pourrait être reconsidéré
d'un point de vue de lésion et qu'on rouvre, il y a un flottement qui fait en
sorte que, pour les gens qui se feraient potentiellement reconnaître le
harcèlement psychologique comme une maladie professionnelle et puis c'est assez
bien discuté, notamment dans le JurisClasseur, notamment la jurisprudence
Pellerin et Centre réadaptation la Myriade, ce flou-là sur le délai empêche les
personnes de pouvoir potentiellement aller réclamer une rétroactivité
d'indemnité trois ans en arrière. Et on pense que c'est un truc qui est très
peu coûteux parce que ça ne concerne, au final, pas des centaines de personnes,
mais ça peut venir changer quand même la vie des personnes concernées. Voilà. Amendement
chirurgical, mais pertinent, à notre avis.
La Présidente (Mme D'Amours) : Merci.
Commentaires, M. le ministre?
M. Boulet : Bien, je
n'ai pas entendu Juripop et le comité d'expertes... bon, ils ont proposé
l'amendement soumis. En fait, le but visé, c'est ce que vous dites : s'il est
entendu au TAT beaucoup d'années après puis que le TAT estime probable... Nous,
ce qu'on dit, c'est que le délai commence à courir à partir du moment où le TAT
estime probable. J'ai de la misère à comprendre pourquoi on dirait que 31.1 ne
s'applique pas alors que... «lorsqu'elle survient avant», j'ai de la misère,
là, à le comprendre, là, mais, on... est-ce qu'on peut demander une suspension
de deux minutes? Je veux... je vais revérifier de quoi, s'il vous plaît, Mme la
Présidente.
La Présidente (Mme D'Amours) : Je
suspends les travaux quelques minutes.
(Suspension de la séance à 11 h 54)
(Reprise à 12 heures
)
La Présidente (Mme D'Amours) : Nous
reprenons nos travaux. Est-ce qu'il y a des commentaires? Oui, M. le député d'Hochelaga-Maisonneuve.
M. Leduc : Bien, Mme la
Présidente, à micro fermé, le ministre et moi, on a convenu de l'objectif, et
je vais donc retirer le sous-amendement le temps qu'il y ait une réécriture qui
soit faite par son cabinet. On a pu avoir, donc, une discussion sur
l'amendement en général, des choses à dire sur l'amendement en général, puis,
lorsque la lecture sera faite, on pourra revenir sur le sous-amendement.
Mais je salue et je remercie le ministre
pour son ouverture sur cet enjeu-là, qui, en effet, ne touche pas des milliers
de personnes, mais, pour les personnes qui seront impactées, ça peut changer
leur vie.
La Présidente (Mme D'Amours) : Est-ce
que j'ai le consentement pour retirer le sous-amendement du député d'Hochelaga-Maisonneuve?
Des voix : Consentement.
La Présidente (Mme D'Amours) : Consentement.
Donc, le sous-amendement est retiré. Nous revenons à l'amendement article 11.1.
M. le député d'Hochelaga-Maisonneuve, suivi de monsieur de la... député de
l'Acadie.
M. Leduc : Bon, d'abord, je
veux remercier, encore une fois, le ministre d'avoir suspendu l'article hier
soir pour nous laisser le temps et me laisser le temps, en particulier, de bien
saisir. C'était quand même un bon 4 h 30 min, hein, d'audience...
d'étude détaillée hier, c'était en fin de journée, ce n'était pas facile. Bref,
j'ai pris le temps, hier soir, avant de quitter l'assemblée, de bien
m'approprier le contenu de ce qui était proposé par le ministre comme
alternative à ce que j'avais moi-même déposé plus tôt. Et je vais vous dire,
Mme la Présidente, que c'est des... ce n'est pas tout à fait ça que je
souhaitais, et les échos que j'ai de différents milieux, c'est que ce n'est pas
tout à fait ça non plus qui était souhaité comme approche, et je vais vous
expliquer pourquoi.
Dans le fond, quand on est victime de
harcèlement psychologique ou de harcèlement sexuel, on commence par faire une
plainte, la plupart du temps en normes du travail, dans les deux ans de
l'événement. Après ça, la commission juge la... analyse la recevabilité de la
plainte, il y a un processus de médiation. S'il est un succès, il y a une
entente, ce qu'on appelle une transaction, puis c'est la fin de l'histoire.
S'il y a un échec, la CNESST fait une enquête distincte de l'analyse de
recevabilité. Si l'enquête est négative, la CNESST refuse, et c'est pas mal
terminé. Si l'enquête est positive, on réfère au TAT et on commence le
processus judiciaire. Avant de commencer le processus judiciaire, il y a un
processus de conciliation. La conciliation peut donner un succès, transaction,
fin des haricots, ou échec, on se lance en audience. L'audience peut dire qu'il
n'y avait pas de harcèlement sexuel ou de harcèlement psychologique, rejet, et
là, encore une fois, c'est la fin. Ou le TAT reconnaît qu'il y avait
harcèlement psychologique ou sexuel en vertu de 81.18. Là, il va se demander :
Bon, j'ai reconnu qu'il y a harcèlement, est-ce que l'employeur a rempli son
obligation? Si oui, il n'y a pas nécessairement de réparation, et donc c'est un
rejet. Si non, il n'a pas rempli ses obligations, on va regarder à 123.15, est-ce
que c'est probable qu'il y ait une lésion? Et, s'il n'y a pas de lésion, la
réparation est acceptée par rapport à la norme du travail. Mais, si oui, c'est
probable qu'il y a une liaison professionnelle, il y aura réparation partielle
en vertu de 123.16.
Alors, je vous explique ça, Mme la
Présidente, pour vous expliquer, justement, démontrer le processus quand même
particulièrement lourd de toute cette opération-là. Et là ce qui était soumis
par les groupes, les expertes, les syndicats, etc., ils disaient : À la
toute fin de ça, là, on a traversé les plaintes, les enquêtes, la médiation, la
conciliation, les audiences, la réaudience, à la toute fin, si on juge en effet
que c'est probable que c'est une lésion, le tribunal, le TAT, devrait avoir le
pouvoir, sur le champ, de décréter des dommages et des lésions.
Mais là ce qu'on nous soumet par la voix
du ministre, ce n'est pas ça du tout, c'est de dire : Après toute cette
saga, chère victime, on vous permet de recommencer à zéro avec un nouveau
processus en lésion professionnelle.
Quand on a fait toute la réflexion sur Rebâtir
la confiance, quand les expertes ont travaillé sur ce dossier-là, le but,
c'était la déjudiciarisation. Parfois, le ministre a utilisé cet argument-là
pour contrer certaines de mes propositions dans le cadre de cette étude
détaillée. Comment peut-on sérieusement envisager que la solution du ministre
est la meilleure solution si, au contraire, on nous propose quelque chose qui
viserait à ne pas forcer la victime à recommencer toutes ces étapes-là :
conciliation, audience, réaudience?
Donc, encore une fois, j'apprécie que le
ministre m'ait laissé le temps de bien <digérer sa proposition...
>
12 h (version révisée)
<17935
M. Leduc :
...encore une fois, j'apprécie que le ministre m'ait laissé le temps
de bien >digérer sa proposition. J'ai fait bon usage de ce temps-là, et
je constate que ce n'est pas tout à fait ça que demandaient les groupes et les
expertes, et que sa.... et que sa proposition a le potentiel de ne pas changer grand-chose,
malheureusement, dans le sens où les victimes qui auront traversé tout ça n'auront
plus la force de recommencer.
C'est extrêmement lourd, c'est extrêmement
difficile et, dans une certaine mesure, traumatisant, pour une victime, de
faire tout ce parcours-là, un parcours du combattant. J'ai nommé, c'est quoi,
cinq, six, sept étapes où on se fait questionner, on se fait remettre en
question, on se fait mettre des sous-entendus, des fois, par la partie adverse.
Et là on veut leur dire : Oui, oui, vous pourriez refaire un nouveau
délai, un nouveau processus. Fort bien, mais, si l'idée même de refaire un
processus est une idée inacceptable et inconcevable pour la personne victime,
pour les raisons que je vous ai... que je vous ai énumérées, on n'atteint pas
du tout l'objectif.
M. Boulet : Je vais
répondre assez brièvement. L'amendement, c'est un immense pas en avant parce
que ça empêche une personne d'être dépourvue, dépouillée de son droit. Donc, c'est
vraiment un pas en avant. Puis ce que vous oubliez de dire ou ce que... Là, je
vois qu'il y a des groupes qui vous envoient des commentaires, mais, à chaque
étape que vous avez soulevée, le travailleur ou la travailleuse est informé de
ses droits et de la nature de ses droits. Et donc, là, vous dites : On est
rendu en haut de l'échelle. Ça va être un nombre de cas limité, parce que les
personnes, elles vont avoir été informées à chaque étape. Et l'autre élément
que vous savez aussi, c'est que tout va être joint, tu sais, pour éviter... Les
deux recours seront joints. Ça fait que la personne n'aura pas à reprendre, n'aura
pas à répéter. Ça fait que c'est important de le dire, au plan de l'efficacité
et de l'impact pratique, c'est une autre dynamique. Alors, c'est tout, Mme la
Présidente.
M. Leduc : ...vous dites
que les deux recours seront joints?
M. Boulet : Bien, comme
les deux recours vont être joints, la plainte pour harcèlement en vertu de la LNT
puis la réclamation pour obtenir une indemnisation en vertu de la LATMP, ça va
être joint pour éviter, justement, la répétition des informations accumulées,
de l'enquête qui a été faite, puis etc. Tout ça va...
M. Leduc : Mais là on
parle d'un scénario, précisément, où il n'y a pas eu de plainte en LATMP.
M. Boulet : Exact. En
fait, ce n'est pas une plainte, la LATMP, c'est une réclamation.
M. Leduc : Bien, une
réclamation.
M. Boulet : Mais, s'il n'y
a pas eu de réclamation LATMP, puis il y a eu une plainte LNT, puis que la
personne revient faire sa réclamation LATMP pour être indemnisée, l'information
va être jointe.
M. Leduc : Oui, mais là
on parle d'un scénario où est-ce que ça n'a pas été fait puis qu'en bout de piste...
M. Boulet : Bien, ça n'a
pas été fait... Elle ne l'a pas fait. Bien oui, je suis d'accord, elle n'a pas
fait sa réclamation.
M. Leduc : Bien, c'est parce
qu'on ne parle pas de la même chose.
M. Boulet : Bien non, c'est
exactement la même chose. Elle a fait une plainte LNT puis elle n'a pas fait
une réclamation LATMP. C'est exactement la préoccupation adressée par Juripop
puis les expertes, c'est qu'il y avait un risque. Ils n'ont pas dit :
Faites cet amendement-là, mais la préoccupation, nous, on l'a adressée de cette
manière-là. Si la personne n'a pas fait sa réclamation, elle bénéficie d'un
délai nouveau de deux ans, qui commence à courir à partir du moment où le TAT
estime probable et réserve...
M. Leduc : Pour refaire
le processus?
M. Boulet : Pas pour
refaire... Les deux recours étant joints, ce qu'elle aura fait, ce qu'elle aura
donné comme information, ça va faire partie de son dossier de réclamation à la
LATMP. C'est ça qui est important.
M. Leduc : OK, bien, donc,
réexpliquez-moi le processus, là. Selon votre méthode à vous, elle fait tout ce
chemin-là. Elle a déposé juste LNT. Elle fait tout ce chemin-là. On juge
probable que c'est une... que c'est une lésion. Vous dites : Un nouveau
délai de deux ans s'ouvre pour qu'elle fasse sa réclamation en lésion. Qu'est-ce
qui se passe après? Elle fait la réclamation, qu'est-ce qui se passe?
Expliquez-moi le chemin qu'elle devra faire.
M. Boulet : Bien, l'agent
d'indemnisation va bénéficier du dossier de plainte, en vertu de la LNT, qui s'est
rendu jusqu'au Tribunal administratif du travail et va rendre la décision d'admissibilité.
M. Leduc : Et ça repart?
M. Boulet : Bien non, puis
là son indemnisation, son indemnité de remplacement de revenu lui est versée.
M. Leduc : Si l'agent
refuse...
M. Boulet : Bien, si l'agent
refuse... Si le TAT estime probable... L'agent d'indemnisation, ce n'est pas
une décision finale, mais elle pourra bénéficier de son recours puis aller au
Tribunal administratif du travail ultimement, là. Ça, elle ne perd aucun droit.
Elle recommence... elle commence sa réclamation, mais en bénéficiant de tout ce
qui a été <accumulé dans son autre dossier. Les dossiers sont joints...
M. Boulet :
...tout
ce qui a été >accumulé dans son autre dossier. Les dossiers sont joints.
Puis, je le répète, à chaque étape, les intervenants, les agents d'indem, les
conseillers en réadap, les conciliateurs, les réviseurs, les juges, les... tout
le monde est formé sur les mythes et stéréotypes. Ça fait que moi, je pense que
c'est une barrière de protection. En fait, l'amendement, moi, je l'ai fait,
justement, pour conférer une protection additionnelle aux victimes, simplement.
• (12 h 10) •
M. Leduc : Ah! je... moi, je
ne doute pas du tout de vos objectifs, là, puis de votre bonne foi là-dessus,
M. le ministre, on n'est pas... on n'est pas là du tout, mais j'essaie juste de
comprendre en quoi vous êtes convaincu que votre solution...
Des voix : ...
M. Leduc : J'essaie juste de
comprendre en quoi vous pensez que votre solution est meilleure que celle qui
est proposée, à savoir pourquoi, à la fin de tout ça, on ne fait pas juste
donner le pouvoir au juge du TAT d'octroyer les réparations.
M. Boulet : Il peut, il peut,
il réserve son droit, puis, même, à la limite, si l'agent d'indemnisation
refuse, le TAT se réserve... là, on le dit clairement, «estime probable et
réserve sa décision». Il n'y a rien de final. Il peut octroyer les dommages. Il
peut exercer tous ses pouvoirs de réparation, là. Non, c'est vraiment un filet
de protection additionnel. Moi, je... ça complète mes commentaires, Mme la
Présidente.
M. Leduc : Mais, si on... si
on considère... Si le juge du TAT dit : Il y a lésion probable, pourquoi
ce n'est pas là, tout de suite, qu'il, automatiquement, octroie les
réparations, et qu'on l'oblige, la personne, à retourner voir un agent
d'indemnisation?
M. Boulet : Bien là, c'est
comme si on donnait le pouvoir au TAT de rendre une décision en première
instance. Non. Ceci dit, avec respect, il faut quand même respecter le
processus. Il faut respecter l'autorité de la CNESST de rendre une décision et
de verser... parce que c'est la CNESST qui verse l'indemnité de remplacement de
revenu, et, non, je pense que ce n'est pas opportun d'agir, d'aller de cette
manière-là. Ceci dit, le TAT réserve sa décision, et donc il n'est pas dessaisi
du dossier.
M. Leduc : Je vais laisser
aller mon collègue, Mme la Présidente.
La Présidente (Mme D'Amours) : M.
le député de l'Acadie, la parole est à vous.
M. Morin : Oui, merci, Mme la
Présidente, parce qu'en fait mon intervention s'enligne à peu près de la même
façon que l'intervention de mon collègue d'Hochelaga-Maisonneuve, parce que
j'ai eu aussi le bénéfice de parler à des experts, puis ce qu'on... ce qu'on
dit, c'est que... Je comprends la volonté de M. le ministre, mais, en fait, la
proposition, la solution qui est apportée, quant à différents experts, arrive
trop tard et peut entraîner une multiplication des recours.
Alors, j'aimerais ça que le ministre
puisse nous expliquer... parce que, si je comprends bien ce que ça va faire, et
je ne répéterai pas l'entièreté des propos de mon collègue
d'Hochelaga-Maisonneuve, là, mais c'est que la victime s'engage dans un
processus, elle est devant le tribunal, et puis, là, à un moment donné, le
tribunal en arrive à la conclusion que ça pourrait être une lésion
professionnelle, puis que la victime peut avoir un autre recours, et là la
victime aurait deux ans, en vertu de l'amendement, pour se réorienter, sauf que
ma compréhension, c'est que, devant le tribunal, la victime va déjà avoir
écoulé un délai important pour en arriver là, et là on lui demande ou bien de
recommencer ou M. le ministre disait : Non, le dossier va suivre.
Alors, j'aimerais qu'on m'explique comment
ça va se faire, et, si on arrive un an, ou deux ans, ou trois ans après
l'événement puis qu'on demande des renseignements à la victime quant à son état
de santé, elle va devoir obtenir à nouveau des évaluations médicales, mais des
années après. Donc, au fond, au fond, est-ce que ce ne serait pas préférable de
clarifier, mais en amont, l'un ou l'autre des recours pour qu'il n'y ait pas
d'ambiguïté, puis qu'à ce moment-là la victime puisse être indemnisée le plus
adéquatement possible dans les circonstances, mais éviter cet élément-là? Puis ce
que des experts nous ont dit, c'est : On comprend très bien la volonté de
M. le ministre, mais ce qui est proposé n'aura pas l'effet escompté. Voilà.
M. Boulet : Or, il s'agit de
comprendre, là... puis, bon, je vais répéter que la personne fait une plainte
en vertu d'une loi, et le tribunal considère qu'elle aurait pu faire une
réclamation en <vertu d'une autre loi pour...
M. Boulet :
...et
le tribunal considère qu'elle aurait pu faire une réclamation en >vertu
d'une autre loi pour obtenir une indemnisation. Le tribunal dit : Il est
probable que ce soit une lésion professionnelle. Donc, on fait bénéficier la
personne d'un nouveau délai de deux ans, et, comme j'ai mentionné, au plan
pratique, c'est supersimple. La personne est informée, à chaque étape, de ses
droits, et, si c'est ce que la personne décide de faire, parce qu'elle pourrait
décider de poursuivre au temps, toute l'information est fusionnée. Donc, comme
les deux recours sont joints, la personne n'a pas à recommencer chacune des
étapes.
Et donc c'est pour donner suite à une
préoccupation exprimée par Juripop et par le comité d'expertes. Donc, c'est... pour
moi, c'est de ne pas compliquer ce qui, dans mon esprit, est simple. Puis, pour
une victime, ce qui va être important, au-delà de toutes nos discussions, c'est
qu'on lui donne la main, qu'on l'accompagne et qu'elle soit bénéficiaire d'un
accompagnement qui est humain de la part de personnes qui comprennent c'est
quoi, les stéréotypes, et il y a une obligation de formation qu'on a déjà
adoptée pour tous les intervenants et qui est déjà mise en place à la CNESST,
au Tribunal administratif du travail.
Ça fait que, moi, ça complète mes
commentaires, puis c'est le fond de l'amendement, c'est de faire bénéficier la
personne d'un nouveau délai, qui était cher aussi au collègue de l'Acadie. Ça
fait que je ne veux pas... Moi, ça complète, Mme la Présidente.
La Présidente (Mme D'Amours) : Merci.
D'autres interventions sur l'amendement? Oui, M. le député de l'Acadie.
M. Morin : Merci, Mme la
Présidente. Juste pour une précision. En fait, je comprends qu'avec votre
amendement, M. le ministre, finalement, le tribunal pourrait, évidemment,
envoyer un avis d'option produit à la commission. Quand on parle de commission,
ici, c'est la CNESST. Donc, s'il y a une preuve, une preuve médicale qui a été
faite devant le Tribunal administratif, puis qu'après ça le tribunal dit :
Écoutez, ce serait peut-être préférable pour vous d'aller devant la commission,
je comprends que ce que vous nous dites, c'est que cette preuve-là va être
transférée à la CNESST, parce que ma compréhension, c'est, pour que la CNESST
indemnise, il faut encore que la victime soit capable de démontrer, avec une
preuve médicale, son état.
M. Boulet : La réponse, c'est :
Oui, les deux recours sont joints, sont fusionnés.
M. Morin : Donc, je comprends
que, dans les faits, le tribunal prend la preuve puis l'envoie à la CNESST?
M. Boulet : En fait, la
preuve accumulée depuis le début de la plainte, là, parce que, comme
l'expliquait le collègue, il y a l'enquête, il y a la conciliation, il y a
l'étude faite par la CNESST, il y a les notes évolutives, il y a les expertises
médicales, mais tout est joint. Oui, tout à fait, à votre question, la réponse,
c'est oui.
M. Morin : OK. Je vous
remercie.
La Présidente (Mme D'Amours) : Merci.
D'autres commentaires sur l'article... l'amendement 11.1?
M. Leduc : ...la rédaction du
sous-amendement parce qu'on ne peut pas l'adopter tant qu'on n'a pas...
La Présidente (Mme D'Amours) : On
n'a pas rien reçu. Il faut... Si vous avez un sous-amendement à votre
amendement, M. le ministre...
On va suspendre les travaux quelques
minutes, s'il vous plaît.
(Suspension de la séance à 12 h 19)
(Reprise à 12 h 24)
La Présidente (Mme D'Amours) : Nous
reprenons nos travaux. Nous avons reçu un sous-amendement du député
d'Hochelaga-Maisonneuve. M. le député, si vous voulez bien nous en faire la
lecture, s'il vous plaît.
M. Leduc : Merci, Mme la
Présidente. Un sous-amendement. Donc, article 11.1, article 272.1 de la
Loi sur les accidents du travail et les maladies professionnelles.
Ajouter, à la fin de l'amendement proposé
à l'article 272.1 de la Loi sur les accidents du travail et les maladies
professionnelles, proposé par l'article 11.1 du projet de loi, l'alinéa
suivant :
«L'article 31.1 ne s'applique pas au
travailleur qui produit sa réclamation ou son avis d'option en application du
premier ou du deuxième alinéa.»
La Présidente (Mme D'Amours) : Merci.
M. Leduc : Et voilà, merci
pour les collègues du ministre qui ont préparé la rédaction du sous-amendement
et merci au ministre de l'accepter.
La Présidente (Mme D'Amours) : Est-ce
qu'il y a des interventions sur le sous-amendement? S'il n'y a pas
d'intervention, je vais le mettre aux voix. Est-ce que le sous-amendement à
l'amendement de l'article 11.1 est adopté?
Des voix : Adopté.
La Présidente (Mme D'Amours) : Adopté.
Nous revenons maintenant à l'amendement 11.1 tel qu'amendé. M. le député
d'Hochelaga-Maisonneuve.
M. Leduc : J'ai juste
une question rapide pour M. le ministre. Tantôt, vous faisiez référence au fait
que les deux dossiers seraient joints. Il y aurait jonction de dossiers à la fin
du processus. Corrigez-moi encore une fois si j'ai mal compris, mais, dans un
contexte syndiqué, on ne fait pas une plainte pour harcèlement psychologique à
la <commission. Ça va être jugé non...
M. Leduc :
...pour
harcèlement psychologique à la >commission. Ça va être jugé non
recevable parce qu'on est syndiqué. Il faut faire un grief, et là, si le grief
est référé à l'arbitrage, l'arbitrage a un peu le même pouvoir que le juge du
TAT en disant : Je constate qu'il y a possibilité de lésion. Et là on
redirige la personne vers l'indemnité, mais là le dossier ne sera pas joint.
M. Boulet : Non, mais la
personne peut décider... Évidemment, le syndicat ayant le monopole de
représentation de la personne, le syndicat va certainement faire bénéficier la
personne syndiquée de ce qui a été accumulé, et ça va évidemment faire partie
de la preuve à la CNESST, absolument.
M. Leduc : ...à la partie
syndicale de venir déposer...
M. Boulet : Ah! là, je ne
m'immiscerai pas là-dedans, mais, oui, tout à fait.
M. Leduc : En théorie, un bon
conseil syndical ferait ça.
M. Boulet : Oui, ce que vous
étiez, d'ailleurs, avant 2018.
M. Leduc : Parfait. Merci
beaucoup pour l'explication.
M. Boulet : Merci.
La Présidente (Mme D'Amours) : M.
le député de l'Acadie, la parole est à vous.
M. Morin : Merci, Mme la
Présidente. Donc, deux cas de figure pour M. le ministre. Si, devant le
tribunal, il n'y a pas eu de dépôt d'expertise médicale ou de consultation
médicale, puis c'est la victime qui a, en fait, avec d'autres témoins, décrit
ses symptômes, si le dossier est envoyé à la CNESST, est-ce que, dans un cas
comme ça, la CNESST va demander des expertises médicales — on est
plusieurs années après — pour être capable de déterminer l'indemnité?
Puis, s'il y a un délai... parce que je comprends que le tribunal prend le
dossier, envoie ça à la CNESST, mais, s'il y a un délai avant que la CNESST
prenne une décision, qu'est-ce qui arrive à ce moment-là avec les indemnités pour
la victime?
M. Boulet : La première
question, la réponse, c'est non. Ils ne demanderont pas une expertise médicale
à ce stade-là s'il n'y en a pas, surtout. Il y aura certainement une
attestation médicale initiale. La deuxième question, je ne suis pas sûr que
j'ai bien compris.
M. Morin : Bien, c'est-à-dire
que, pendant le délai, là, je veux dire, le tribunal... ma compréhension de
votre amendement, c'est que, là, le tribunal, là, dit : Écoutez, vous
devriez envoyer votre dossier à la commission. C'est ça?
M. Boulet : Oui.
M. Morin : Bon, mais la
commission ne prendra peut-être pas le dossier le lendemain matin et puis ne va
peut-être pas statuer là-dessus le lendemain matin.
M. Boulet : Non. Donc, les
indemnités vont être versées à partir du moment où le diagnostic aura été posé
au moment de la lésion. Il...
M. Morin : Au moment de la
lésion?
M. Boulet : Tout à fait, il
verse... tout à fait.
M. Morin : Donc, la
commission va l'indemniser tout de suite, et puis ça va remonter à la date de
la lésion?
M. Boulet : Tout à fait, exact.
M. Morin : Comme ça, la
victime, elle n'en subira pas, de préjudice?
M. Boulet : Tout à fait.
M. Morin : Parfait. Merci.
La Présidente (Mme D'Amours) : Merci.
D'autres interventions? Est-ce que l'amendement amendé introduisant le nouvel
article 11.1 est adopté?
Des voix : Adopté.
La Présidente (Mme D'Amours) : Adopté.
Nous serions rendus à l'article... En fait, c'est un amendement que vous
apportez, M. le ministre, à l'article 40. On aurait cette information-là
qui serait aussi sur Greffier. Donc, j'ai besoin du consentement de tout le
monde pour reprendre l'étude de l'article 40.
M. Morin : ...
La Présidente (Mme D'Amours) : C'est
le sujet 5, oui. Consentement? Merci.
M. Boulet : Bien, en fait,
c'est un amendement purement technique, là. C'était une coquille de rédaction,
là, c'est pour corriger... À cet article-là, on disait... En supprimant la
référence à 63.3, on se trouvait à supprimer, dans les ententes collectives,
l'intégration implicite des pouvoirs d'ordonnance de l'arbitre. Donc, on vient
juste corriger la référence à l'article qu'on voulait remplacer, tout
simplement. C'est purement technique.
La Présidente (Mme D'Amours) : Est-ce
que j'ai des interventions sur l'amendement de l'article 40?
M. Morin : ...que vous visiez
63.4 plutôt que 63.3. Est-ce que c'est ça?
M. Boulet : Oui, exact.
M. Morin : OK, parfait. Je
n'ai pas d'autre commentaire.
La Présidente (Mme D'Amours) : Donc,
je vais mettre aux voix l'amendement de l'article 40. Est-ce que
l'amendement est adopté?
Des voix : Adopté.
La Présidente (Mme D'Amours) : Nous
devons reprendre le vote sur l'article 40 tel qu'amendé. Est-ce qu'il est
adopté?
Des voix : Adopté.
La Présidente (Mme D'Amours) : Adopté.
Merci. Nous serions maintenant rendus au sujet 9, Dispositions transitoires et
finales. Donc, M. le ministre, l'article 42, s'il vous plaît.
• (12 h 30) •
M. Boulet : Ah oui! En fait,
c'était une préoccupation de la collègue libérale. En fait, c'est les chèques
emploi-service, puis je vous avoue que je ne comprends pas tous les méandres
parce que ça ne relève pas de nous. Ça relève du ministère de la Santé ainsi
que des centres locaux de services communautaires. Bon, je vous ai remis la
note hier, en <fin de journée...
>
12 h 30 (version révisée)
<17899
M.
Boulet :
...ministère de la Santé ainsi que des centres locaux
de services communautaires. Bon, je vous ai remis la note hier en >fin
de journée et j'en ai déjà parlé à mon collègue, là, pour vous donner de l'information
additionnelle, mon collègue à la Santé.
Bon, le ministère de la Santé, le CLSC,
ils reçoivent, ils font une évaluation, puis, quand l'évaluation est réalisée,
l'usager, il a la possibilité, évidemment, il y a des conditions, que des
services soient dispensés par un travailleur qui est engagé de gré à gré. Puis
là, dans ce cas, bien, il est considéré apte à prendre les responsabilités de l'employeur
en vertu de la loi sur les normes et de la Loi santé-sécurité du travail. Donc,
à titre d'employeur, il a toutes les responsabilités, toutes les obligations.
Puis pour l'indemnisation, c'est un
règlement, ça non plus, je ne suis pas familier avec ça, un règlement sur la
mise en œuvre de l'entente relative à la protection des travailleurs domestiques
dans le cadre de la modalité du chèque emploi-service, puis là on définit les
rôles et responsabilités en matière d'accidents ou de maladie. Ça fait qu'ils
sont actuellement... Christian me confirmait qu'ils révisent le cadre de
référence puis le processus pour confirmer les droits puis les responsabilités
des travailleurs puis des employeurs. Mais je vais, avec déférence, vous
permettre d'avoir des communications avec des personnes du ministère de la
Santé qui vont pouvoir vous donner une meilleure compréhension, et vous
pourrez, après ça, venir nous partager votre compréhension. Merci, collègue.
La Présidente (Mme D'Amours) : Merci.
Mme la députée de La Pinière.
Mme Caron : Merci, Mme la
Présidente. Alors, d'abord, je veux remercier le ministre, parce que, dès le...
quand on a fait le débat sur le principe du projet de loi, j'ai soulevé cette
inquiétude-là, cette préoccupation-là, parce que je connais le chèque
emploi-service. Mais on est dans une belle illustration que les dossiers aînés
ou personnes handicapées sont associés avec la Santé, puis là c'est correct que
ce soit le ministère de la Santé qui ait ce programme-là, mais qu'il y a des...
C'est transversal aussi, il y a souvent d'autres... des lois, dans d'autres
domaines, qui sont touchées, y compris celles du travail. Et, effectivement,
comme vient de le dire M. le ministre — et puis je le remercie pour
la fiche qu'il a faite — les personnes sont... les personnes... les
usagers des services d'aide à domicile sont considérés, dans le cadre du chèque
emploi-service, comme les employeurs, sauf que c'est difficilement applicable
pour eux de protéger les travailleuses qui viennent... qui viennent chez eux, à
la maison.
Et j'ai pris connaissance, malheureusement,
juste hier, d'un rapport de recherche qui a été fait en novembre 2023, et qui a
été fait, je crois, dans la foulée de... du projet de loi n° 15. Je ne
sais pas si le ministre, votre collègue à la Santé, a ce document-là entre les
mains, mais c'est le document qui a été déposé sur Greffier ce matin, parce qu'il
y a des... il y a quand même 55 000 travailleuses qui sont dans ce... dans
cette situation-là, si on comprend celles qui sont touchées par les services d'aide...
qui font les services d'aide à domicile. Dans ce programme-là, il y a plus
de... il y a près de 17 000 usagers du chèque emploi-service, pardon, et puis
plus de 23 000 pour le service de soutien à la famille. Donc, en gros, c'est 55
000 travailleuses, et, dans les faits, même si certaines lois prévoient... il y
a des protections automatiques, dans les faits, parce qu'il y a des exceptions
à la loi, par exemple, il faut qu'elles fassent 420 heures auprès du
même... du même usager, mais, en fait, on sait que ces personnes-là se promènent
d'usager en usager. Là, ils n'ont pas... ils ne travaillent pas à temps plein
pour un même usager. Donc, il y a plein de choses, puis, finalement, auxquelles
elles n'ont pas droit, puis elles sont exclues de ça, et c'est problématique.
Mais, en tout cas, il y a vraiment un rapport de recherche assez exhaustif qui
a été fait, et il y a 16 recommandations, à la fin de ce rapport-là, dont
certaines portent sur des amendements, des modifications à apporter à la LATMP,
à la Loi sur les normes du travail aussi. Donc, comme je disais tout à l'heure,
il y a un lien, même si ça relève de la Santé, il y a un lien, vraiment, avec
les lois du travail. Alors, je ne sais pas où en est le... où en est le
ministre dans la revue, là, de ça. Puis, vous me disiez, il y a possibilité que
je puisse le rencontrer pour voir qu'est-ce qu'il envisage?
M. Boulet : Moi, j'en ai
parlé avec mon collègue, et on va s'assurer que quelqu'un de son cabinet puisse
entrer en <communication...
Mme Caron :
...qu'est
ce qu'il envisage?
M. Boulet :
Moi, j'en ai parlé avec mon collègue, et on va s'assurer que
quelqu'un de son cabinet puisse entrer en >communication avec votre
bureau pour qu'il y ait un input, là. Le rapport de... Le rapport, c'est Au bas
de l'échelle, là...
Mme Caron : Oui, exactement.
M. Boulet : ...effectivement,
je connais l'organisation et vous pourrez faire bénéficier l'équipe du cabinet
de la santé de votre expertise en la matière.
Mme Caron : Mais, de ces
éléments-là, en fait...
M. Boulet : Bien oui.
Mme Caron : ...et que ça
puisse... ça puisse se traduire dans les lois du travail aussi...
M. Boulet : Tout à fait.
Mme Caron : ...parce que
l'objectif, si j'en reviens à l'objectif du présent projet de loi, c'est
vraiment de prévenir...
M. Boulet : Tout à fait.
Mme Caron : ...de combattre
et de... les violences à caractère sexuel et puis de protéger les travailleurs.
Et puis, tu sais, même, l'une des recommandations porte sur les questions de
harcèlement psychologique. Puis c'est très difficile à mettre en œuvre dans le
cas de ces travailleuses-là. Et, quand les travailleuses se rendent compte, par
exemple, que c'est l'usager qui va être tenu responsable, des fois, elles ne
portent même pas plainte parce qu'elles ne veulent pas que cette personne-là, à
qui elles s'attachent, finalement, puis à qui elles rendent des services
régulièrement, que cette personne-là soit dans une situation de devoir faire...
tu sais, avoir toutes les obligations, respecter toutes les obligations de
l'employeur.
Puis, aussi, bien, j'attirais l'attention...
Ça, ce n'est pas, peut-être... c'est peut-être quelque chose qui peut être
fait...
La Présidente (Mme D'Amours) : En
conclusion, Mme la députée, s'il vous plaît.
Mme Caron : Je conclus, la...
Quand la CNESST va mettre... va faire... avoir des communications avec les
employeurs, peut-être prêter une attention à ce groupe d'usagers pour qu'ils
aient aussi les informations qui leur permettront de... le plus possible, là,
de respecter les obligations que ce projet de loi là leur donne.
M. Boulet : Nous allons nous
en assurer. Merci.
La Présidente (Mme D'Amours) : Merci.
Donc, M. le ministre, nous revenons à notre projet de loi, l'article 42,
s'il vous plaît.
M. Boulet : Merci, Mme la
Présidente. Donc :
42. L'arbitre à qui un grief concernant
une plainte de harcèlement psychologique est déféré avant le— et là, ça serait la
date qui suit d'un an celle de la sanction de la présente loi — n'a pas à avoir
suivi la formation exigée à l'article 1 de la présente loi pour procéder à
l'arbitrage de ce grief.
Commentaire. Donc, c'est de la transition,
et on octroie, ici, un délai d'une année aux arbitres de griefs pour suivre la
formation qui va être offerte en application de l'article 1 du projet de
loi. Merci, c'est tout.
La Présidente (Mme D'Amours) : Commentaires
sur l'article 42? M. le député de l'Acadie.
M. Morin : Simplement une
question pour M. le ministre. Quand on dit, dans l'article 42, «déféré»,
vous entendez, par ça, que l'arbitre de griefs a le grief dans sa liste des
choses à faire, ou qu'il a commencé à entendre le grief?
M. Boulet : Il lui est déféré
à partir du moment où le grief est soumis. Puis, bon, en vertu des conventions
collectives, c'est un arbitre qui est convenu entre les parties, à défaut,
arbitre nommé par le ministère du Travail, mais, à partir du moment où ça lui
est déféré, c'est le terme utilisé, qu'il est saisi du dossier.
M. Morin : D'accord. Je vous
remercie.
La Présidente (Mme D'Amours) : Merci.
M. Boulet : Merci.
La Présidente (Mme D'Amours) : L'article...
Est-ce qu'il y a d'autres commentaires? L'article 42, est-il adopté?
Des voix : Adopté.
La Présidente (Mme D'Amours) : L'article 43,
M. le ministre.
M. Boulet : Merci. 43.
L'article 81.20 de la Loi sur les normes du travail, tel qu'il se lisait
le — et là on indique la date qui précède celle de l'entrée en vigueur
de l'article 19 — continue de s'appliquer à l'égard des
conventions collectives en vigueur le — et là on indique ici la date
de la sanction de la présente loi — qui n'indique pas le délai visé à
l'article 123.7 de cette loi, et ce, jusqu'à la date de leur
renouvellement.
Il en est de même pour le premier alinéa
de l'article 45 de la Loi sur le statut professionnel des artistes des
arts visuels, du cinéma, du disque, de la littérature, des métiers d'art et de
la scène à l'égard des ententes collectives qui n'indiquent pas le délai visé
au premier alinéa de l'article 63.3 de cette loi.
Donc, c'est complet, donc, en fait,
commentaire, c'est... On prévoit ici que les parties à une convention
collective actuellement en vigueur qui ne prévoient pas expressément le délai
de deux ans pour exercer le recours auront jusqu'au renouvellement de la
convention pour répondre à l'obligation de l'intégrer. Il en est de même pour
les parties à une entente collective conclue en vertu de la Loi sur le statut
professionnel des artistes. Merci. C'est complet.
• (12 h 40) •
La Présidente (Mme D'Amours) : Merci.
Commentaires sur l'article 43? L'article 43 est-il adopté?
Des voix : Adopté.
La Présidente (Mme D'Amours) : Adopté.
Maintenant, M. le ministre, l'article... Vous avez un amendement, M. le
ministre?
M. Boulet : Oui, ça va. Merci,
Mme la <Présidente...
La Présidente (Mme D'Amours) :
...M.
le ministre, l'article... Vous avez un amendement, M. le ministre?
M. Boulet :
Oui, ça
va. Merci, Mme la >Présidente. 43.1. Donc, on insère, après
l'article 43 du projet de loi, le suivant :
«Le gouvernement édicte un règlement visé
au paragraphe 9.1° du premier alinéa de l'article 223 de la Loi sur
la santé et la sécurité du travail, édicté par l'article 38 de la présente
loi, à défaut pour la Commission des normes, de l'équité, de la santé et de la
sécurité du travail d'en adopter un avant le», et là c'est la date qui suit de
deux ans celle de la sanction de la présente loi.
Donc, ça a pour objectif, commentaire,
d'imposer à la commission un délai de deux ans pour adopter un règlement
encadrant la prévention. Et, bon, évidemment, c'est pour donner suite au
rapport du comité d'expertes, la FTQ, la CSN et plusieurs autres groupes.
Alors, c'est complet. Merci.
La Présidente (Mme D'Amours) : M.
le député d'Hochelaga-Maisonneuve.
M. Leduc : Oui, bien, je suis
bien content de voir que le ministre avait retenu cette idée-là. On se
rappelle, là, que, dans l'étude du PL n° 59, c'est
une avenue que j'avais proposée parce qu'il y avait un... ça grinçait beaucoup
entre patronats, syndicats sur le fameux nouveau règlement adopté, puis on a eu
toutes sortes de discussions avec Mme Oudar de la CNESST, quand elle est
venue, sur les processus d'adoption réglementaires qui sont particulièrement
lourds à la CNESST. Et là, de dire qu'on donne une chance aux deux parties de
s'entendre, mais avec un délai, puis, autrement, c'est le ministre qui va
pouvoir imposer ce contenu-là du règlement, a produit un résultat dans le cadre
du PL n° 59. On a eu publication à la Gazette,
en janvier, du règlement qu'on... visé, donc, par le projet de loi et ça a
fonctionné. Donc, les deux parties se sont dit qu'on était mieux de trouver un
compromis qui nous satisfaisait que de prendre la chance que le ministre
tranche d'un bord ou de l'autre. Et je pense que cette recette là, donc, qui a
été testée pour une première fois... à ma connaissance, ça ne s'est pas fait
beaucoup dans le passé, dans d'autres domaines, donc, la bonne recette qui a
fonctionné une première fois, bien, pourquoi ne pas la refaire de nouveau?
Alors, moi, j'avais préparé un amendement exactement dans ce sens-là, Mme la
Présidente. C'est le ministre qui le dépose, il n'y a pas de problème, je
l'appuie avec enthousiasme.
M. Boulet : Bien, je remercie
le collègue d'Hochelaga-Maisonneuve. Effectivement, c'est une analogie
extrêmement pertinente que vous faites avec ce qui a été réalisé, là, dans la
Loi modernisant le régime de santé et sécurité du travail, et vous êtes
effectivement à l'origine de cet amendement-là que nous venons de déposer.
Alors, merci encore une fois.
La Présidente (Mme D'Amours) : Merci.
D'autres interventions sur le 43.1. Est-ce que l'amendement introduisant le
nouvel article 43.1 est adopté?
Des voix : Adopté.
La Présidente (Mme D'Amours) : Adopté.
Maintenant, M. le ministre, l'article 44, s'il vous plaît.
M. Boulet : Merci. 44. Le
ministre doit, en collaboration avec la Commission des normes, de l'équité, de
la santé et de la sécurité du travail, au plus tard le — et là, c'est
cinq ans... la date qui suit de cinq ans celle de la sanction de la présente
loi — faire au gouvernement un rapport sur l'application de la
présente loi et sur l'opportunité de maintenir ou de modifier ses dispositions.
Ce rapport est déposé par le ministre dans
les 30 jours suivants à l'Assemblée nationale ou, si elle ne siège pas, dans
les 30 jours de la reprise de ses travaux.
C'est complet. Donc, c'est l'obligation,
là, de faire rapport au gouvernement, en collaboration avec la CNESST, sur
l'application des dispositions du présent projet de loi. Merci.
La Présidente (Mme D'Amours) : Merci.
Commentaires sur l'article 44? Est-ce que l'article 44 est adopté?
Des voix : Adopté.
La Présidente (Mme D'Amours) : L'article 45,
M. le ministre, s'il vous plaît.
M. Boulet : Merci. Les
dispositions de la présente loi entrent en vigueur le — et là on
indique la date de la sanction de la présente loi — à
l'exception :
1° de celles des articles 4 à 11, 14
à 16, du sous-paragraphe b du paragraphe 1° et, sauf en ce qu'elles concernent
l'ajout du dernier alinéa de l'article 81.19 de la Loi sur les normes du
travail, du paragraphe 2° de l'article 18, des articles 22, 23, 25 et 26
du paragraphe 2° de l'article 29, de l'article 31 et du paragraphe 2°
de l'article 39, qui entrent en vigueur le — et là c'est la date
qui suit de six mois celle de la sanction de la présente loi;
2° de celles du paragraphe 2° de
l'article 18, en ce qu'elles concernent l'ajout du dernier alinéa de
l'article 81.19 de la Loi sur les normes du travail et des
articles 35 à 37, qui entrent en vigueur à la même date que les
dispositions du paragraphe 2° de l'article 144 et de l'article 147 de
la Loi modernisant le régime de santé et de sécurité du travail.
Alors, c'est complet. En fait, bon, vous
l'avez eu... depuis un certain temps, là, vous avez pu faire les <correspondances...
M. Boulet :
...alors,
c'est complet. En fait, bon, vous l'avez eu... depuis un certain temps, là,
vous avez pu faire les >correspondances qui s'imposent, là, mais la
majorité des dispositions entre en vigueur à la date de la sanction, il y a des
dispositions qui sont à étaler dans le temps, là, mais tout ça avait été...
fait l'objet d'une information transmise aux collègues depuis le début de
l'étude détaillée. Merci, Mme la Présidente.
La Présidente (Mme D'Amours) : Merci.
Est-ce qu'il y a des commentaires sur l'article 45? Est-ce que
l'article 45 est adopté?
Des voix : Adopté.
La Présidente (Mme D'Amours) : Merci.
Le titre du projet de loi est-il adopté?
Des voix : Adopté.
La Présidente (Mme D'Amours) : Je
propose que la commission recommande la renumérotation du projet de loi amendé.
Je propose que la commission adopte une motion d'ajustement des références.
Cette motion est-elle adoptée?
Des voix :
Adopté.
Remarques finales
La Présidente (Mme D'Amours) : Nous
en sommes maintenant rendus aux remarques finales. Je cède maintenant la parole
au député de Jean-Talon. La parole est à vous.
M. Pascal Paradis
M. Paradis : Pour combien de
temps, Mme la Présidente, s'il vous plaît?
La Présidente (Mme D'Amours) : Vous
avez le droit à 20 minutes.
M. Paradis : Ah,
20 minutes. Je vais faire ça plus court. Une chose qu'on doit remarquer,
c'est le fait qu'à peu près tous les intervenants qui sont venus en audience
ont salué le principe du projet de loi, ont salué le fait qu'il contenait des
avancées, et ça, j'aimerais remercier tout le personnel au sein du ministère,
toute l'équipe autour du ministre qui a participé au montage du projet de loi,
j'aimerais remercier toutes les personnes qui ont enrichi nos conversations,
nos discussions, en venant témoigner ici, en commission parlementaire. Je pense
que des félicitations spéciales, particulières, devraient être adressées au
comité des expertes qui, comme le ministre l'a mentionné, a guidé une grande
partie des réflexions qui ont mené à ce projet de loi, qui, par leurs
témoignages en audience, aussi, sont venues attirer notre attention sur des
éléments sur lesquels on pouvait encore travailler. Je trouve ça... je trouve
que c'est un bon signe pour notre démocratie, pour notre régime parlementaire
quand on s'inspire des meilleures pratiques et quand on s'inspire du travail de
personnes qui sont vraiment des expertes dans le domaine dont on parle pour
avancer le travail.
J'aimerais saluer, aussi, l'ouverture et
la collaboration dont a fait preuve le ministre dans la conduite de nos travaux
dans cette commission parlementaire et de même que mes collègues des partis
d'opposition. Je pense que nous avions tous un même objectif ici, tous et
toutes, un même objectif, c'est-à-dire de faire la meilleure chose possible
dans l'intérêt des personnes concernées, c'est-à-dire les personnes qui peuvent
être victimes de violences psychologiques, de violences physiques, incluant les
violences basées sur le genre et les violences sexuelles qui étaient, je pense,
au coeur de toutes nos réflexions ici.
En bout de ligne, le travail résulte, je
pense, le ministre l'a mentionné hier, et je pense que je l'ai moi-même
mentionné, en un bon équilibre. Je comprends que nous n'allons pas aussi loin
que certaines organisations nous ont demandé d'aller, sur certaines
dispositions, et qu'en faisant ça, bien, je pense qu'on tient compte, notamment,
de la jurisprudence, de l'état du droit sur certaines des questions. Et, à
l'inverse, certains nous ont dit : On va trop loin. Et là, encore une
fois, on dit : Bien non, mais c'est là qu'on est rendu au Québec, il faut
innover, il faut faire tout ce qu'on peut pour créer l'environnement de travail
le plus sain possible et le plus libre de toute forme de harcèlement et de
violence physique ou psychologique. En quelque sorte, peut-être que ça démontre
qu'on a un compromis qui est intéressant pour la société québécoise, mais
surtout, et je le redis, qui, je l'espère, va contribuer à faire du Québec une
juridiction qui ouvre la voie à de nouvelles façons de prévenir ces violences-là
et, lorsqu'il y en a, de les gérer avec les outils les plus adaptés possibles
pour faire en sorte que les personnes qui portent plainte, qui veulent faire
reconnaître une violation de leurs droits aient un contexte favorable pour le
faire, que les employeurs aussi aient des outils qu'il faut et les inspirations
qu'il faut, notamment dans les articles où on indique aux employeurs,
maintenant, ce qu'il faut avoir comme politique, notamment en matière de
prévention. Je pense que ça, c'est bon pour tout le monde.
Alors, merci encore une fois et
félicitations à tous les collègues et à toutes les collègues qui ont participé
au travail. Merci.
• (12 h 50) •
La Présidente (Mme D'Amours) : Merci,
M. le député. Maintenant, je vais céder la parole au député
d'Hochelaga-Maisonneuve...
M. Alexandre Leduc
M. Leduc : Merci, Mme...
La Présidente (Mme D'Amours) :
... pour vos remarques finales.
M. Leduc : Oui, merci, Mme la
Présidente. Je veux commencer par remercier la personne qui est à ma <gauche...
M. Leduc :
...oui,
merci, Mme la Présidente. Je veux commencer par remercier la personne qui est à
ma >gauche, qui s'appelle Alexandrine Lahaie, qui est stagiaire
Bonenfant ici, à l'Assemblée nationale. Elle a commencé à mon bureau la semaine
dernière, alors elle a eu un beau baptême du feu avec le projet de loi. Elle a
remplacé à pied levé mon collègue Guillaume, de la recherche, que je salue
aussi, qui avait préparé quelques amendements avant de... qu'on débute ici, et
Alexandrine a sauté dans le bateau, s'est mis les deux mains dans la pâte du
levain, a rédigé ses premiers amendements ici avec brio. Elle a identifié plein
d'amendements, de suggestions. Donc, sincèrement, bravo et merci pour tout ton
travail, Alexandrine.
M. Boulet : Pas trop, quand
même, hein?
M. Leduc : Pas trop de
remerciements, non?
M. Boulet : Pas trop
d'amendements.
M. Leduc : Pas trop
d'amendements. Ah oui! Parce que les remerciements, ça, il n'y a pas de limite.
Pas trop d'amendements.
Je veux remercier toutes les équipes des
différents groupes ici, les équipes qui sont derrière les différents caucus,
l'équipe du ministère. Merci pour la rédaction de l'amendement tantôt, c'est
apprécié. Les équipes techniques, les gens qui permettent qu'on soit mis en
ligne et qui transcrivent nos... nos intéressants, je pense, d'intéressants
débats pour la postérité.
Je veux saluer, évidemment, l'ouverture du
ministre, c'est notre huitième projet de loi ensemble, je pense. On a développé
une belle complicité, et je l'apprécie. On n'est pas toujours d'accord quand on
débat ici, mais il est toujours ouvert à la discussion et il est toujours ouvert
à l'échange, et je pense que ce n'est pas tous mes collègues qui ont la chance
d'avoir cette qualité-là d'échanges avec leur vis-à-vis, et moi, je me sens
bien heureux de ça, et je le salue, et je l'apprécie, sa collaboration depuis
autant d'années.
C'est, sur le fond, le projet de loi
n° 42, un bon projet de loi. Je l'avais souligné dans mes remarques, là, à
l'adoption du principe. C'était quelque chose qui était attendu. On avait tous
hâte de voir comment le rapport des expertes allait être concrétisé à travers
l'intervention législative du ministre. Je l'ai souligné et je le souligne
encore aujourd'hui, le problème du projet de loi, ce n'était pas son contenu,
c'est ce qu'on n'y retrouvait pas. Évidemment, je pense qu'il aurait pu aller
plus loin sur plusieurs enjeux. J'ai fait différents amendements, comme il se
doit, en m'inspirant de ce qu'on avait lu et entendu dans les audiences et dans
les mémoires, et je pense que le produit final, bien sûr, n'est pas aussi
amendé que je l'aurais souhaité, mais demeure une avancée législative
importante qui donnera des outils supplémentaires pour les femmes et les
personnes en général victimes de violences à caractère sexuel dans les milieux
de travail du Québec. C'est un fléau. Moi, je ne comprends pas qu'on n'en ait
pas fait plus que ça une priorité nationale, puis je ne lance pas de pierre à
personne, là, je parle d'un phénomène de société, ici. J'ai été profondément
atteint par les déclarations, les révélations alentour d'agressions non
dénoncées, alentour de #metoo. J'en reste marqué, et, pour moi, c'était,
évidemment, un devoir de travailler avec beaucoup de sérieux sur le contenu de
ce projet de loi là et de l'amener à bon port, ce que nous faisons aujourd'hui.
Merci, Mme la Présidente.
La Présidente (Mme D'Amours) : Merci,
M. le député. Je cède maintenant la parole au porte-parole de l'opposition
officielle, M. le député de l'Acadie.
M. André Albert Morin
M. Morin : Merci. Merci
beaucoup, Mme la Présidente. Alors, à mon tour de débuter par des
remerciements. Bien, écoutez, moi, j'ai été très heureux de siéger à la
commission, parce que, comme vous le savez, vous l'avez constaté, moi, je suis
arrivé à l'étape de l'étude article par article du projet de loi n° 42,
projet de loi qui est excessivement important, je tiens à le souligner, parce
que, quand on regarde les statistiques en ce qui a trait au harcèlement
psychologique, à la violence à caractère sexuel en milieu de travail, les
statistiques sont, malheureusement, trop énormes. Il faut faire quelque chose,
puis je salue l'initiative de M. le ministre. Donc, à vous, M. le ministre,
merci. Merci pour la façon dont les travaux se sont déroulés, de votre
ouverture également.
Je veux remercier les membres de votre
cabinet, mais aussi les fonctionnaires qui travaillent avec vous au ministère.
C'est souvent un travail dans l'ombre, mais, sans les fonctionnaires, sans les
légistes, avec respect, ce serait très difficile pour un ministre de faire
avancer ses projets de loi. Donc, je tiens... je tiens à souligner leur
travail. Ils sont toujours là, dédiés, loyaux, puis je pense que ça mérite
d'être souligné.
Je veux aussi remercier tous les collègues
députés, donc, de la banquette gouvernementale, des oppositions, ma collègue de
La Pinière, du comté de La Pinière. Toute l'aide que moi, j'ai eue pendant
l'étude de ces article par article, mon collègue de la recherche, Thomas, mais
je tiens aussi à souligner l'apport de Mme Florence Nadeau, qui est une
stagiaire Bonenfant, qui était avec nous, et qui s'est, elle aussi, retrouvée
littéralement plongée dans cette étude-là, et j'en suis privilégié, parce que
ce que vous devez <savoir...
M. Morin :
...retrouvée
littéralement plongée dans cette étude-là et j'en suis privilégié, parce que ce
que vous devez >savoir, c'est que c'est les stagiaires qui nous
choisissent, les parlementaires, et non pas l'inverse. Donc, ça mérite d'être
souligné. Merci, Florence, puis, comme ça, bien, ensemble, on fait bonne
équipe.
Je voulais aussi vous remercier, Mme la
Présidente, pour la façon dont vous avez présidé les travaux de la commission,
ça a été super bien, puis merci également aux employés de l'Assemblée
nationale, qui sont toujours excessivement professionnels et qui nous aident
dans nos travaux de parlementaires. Sans eux, notre travail serait
excessivement, excessivement difficile.
Merci aussi à toutes les personnes qui
sont venues. Moi, j'ai lu les mémoires. Merci aux expertes avec qui on a eu plusieurs
échanges pendant l'étude article par article, à tous les différents
intervenants, que ce soit le Conseil du patronat, Force Jeunesse ou d'autres,
ou des représentants syndicaux qui ont, en fait, produit des mémoires de grande
qualité, alors je tiens, véritablement, à le souligner.
J'aurais aimé, évidemment, que peut-être
plus d'amendements que j'ai proposés avec ma collègue de La Pinière soient
adoptés, mais je veux quand même... je veux quand même souligner l'amendement
qui a été accepté, puis qui a été accepté unanimement, puis je tiens à
remercier M. le ministre pour son ouverture et son aide, et je fais référence,
plus spécifiquement, à l'article 4 de la loi et à l'article 28.0.1,
où on a été, finalement, capables de s'entendre pour faire retrancher de cette
disposition-là «aux fins d'un même établissement, sauf si cette violence
survient dans un contexte strictement privé». Je dois vous dire que le libellé
original de la disposition m'inquiétait particulièrement, parce que je
comprenais la volonté du ministre de vouloir établir une présomption pour aider
les victimes, mais cet élément là, quant à moi, contribuait à véhiculer des
stéréotypes et venait, finalement, amoindrir l'efficacité de la présomption qui
était rédigée à 28.0.1. Donc, je pense que ça, c'est un... c'est une avancée
importante, parce que c'est déjà difficile, pour les victimes, d'en parler, de
témoigner, de divulguer, de rapporter, que, quant à moi, la dernière chose
qu'on voulait, c'est qu'en plus, dans le cadre d'un processus, on vienne,
évidemment, poser des questions sur ce qui peut se passer dans un contexte qui
est strictement privé, d'autant plus que, dans le domaine, évidemment, tout cet
argumentaire-là autour de la vie privée aurait, quant à mon avis, peut-être
augmenté les risques de victimisation secondaire, ce qui, évidemment, n'est pas
l'objectif du projet de loi, et je pense qu'on le reconnaît... on le reconnaît
pleinement.
Plusieurs des amendements que j'ai
proposés ont été rejetés. J'aurais préféré, peut-être, notamment dans le
domaine des violences à caractère sexuel, qu'on ait une plus grande flexibilité
quant aux délais. J'ai eu la chance de m'exprimer à plusieurs reprises là-dessus,
mais bon, écoutez, je pense que le point a été fait. Et je salue également le
ministre, qui a quand même déposé des amendements qui étaient très, très
importants pour nous, notamment en ce qui a trait à la formation offerte aux
arbitres, concernant, aussi, toute la question de la levée de l'obligation de
confidentialité, parce que je pense que, dans ce domaine-là, s'il y a un
élément qui est hyperimportant, c'est la formation, il faut le dire et le
redire, et je pense que c'est comme ça qu'on va être capable, éventuellement, de
faire comprendre à des gens que le harcèlement psychologique et la violence à
caractère sexuel en milieu de travail, il n'en faut pas. Puis l'objectif,
finalement, qu'on doit viser, même s'il est ambitieux, c'est un objectif zéro,
parce qu'un cas c'est un cas de trop. Puis, quand on voit, après, l'impact que
ça donne ou que ça a chez les victimes, écoutez, il y en a qui ça leur prend
des années, des années, des années à s'en remettre. C'est une souffrance au
quotidien, et donc je pense qu'il faut souligner, donc, la formation,
excessivement important. Et ça conclut mes remarques, je vous remercie.
• (13 heures) •
La Présidente (Mme D'Amours) : Merci.
Est-ce qu'il y a consentement pour poursuivre au-delà de <13 heures...
>
13 h (version révisée)
< 15399
La Présidente (Mme
D'Amours) :
...>13 heures pour terminer les remarques
préliminaires. Est-ce que j'ai le consentement? Consentement?
Une voix : ...
La Présidente (Mme D'Amours) : Pardon?
Une voix : ...
La Présidente (Mme D'Amours) :
Pas de consentement. Donc...
M. Morin : ...puis, bien, nous,
on a un caucus obligatoire, ça fait que... Puis il est ici, en plus, le caucus.
Donc, c'est pour ça que je ne consens pas.
La Présidente (Mme D'Amours) : Sur
ça, on va ajourner nos travaux, et nous reprenons nos travaux...
Des voix : ...
La Présidente (Mme D'Amours) : Oui.
On ajourne nos travaux, s'il vous plaît. Merci.
(Suspension de la séance à 13 h 01)
15 h (version révisée)
(Reprise à 15 h 02
)
La Présidente (Mme D'Amours) : Nous
reprenons nos travaux.
Et la Commission de l'économie et du
travail poursuit l'étude détaillée du projet de loi n° 42, Loi visant à
prévenir et à combattre le harcèlement psychologique et la violence à caractère
sexuel en milieu de travail.
Lors de la suspension de nos travaux de ce
midi, nous étions rendus à l'étape des remarques préliminaires, et le député de
l'Acadie venait de terminer les siennes. Est-ce qu'il y a d'autres interventions?
Mme la députée de La Pinière, la parole est à vous.
Mme Linda Caron
Mme Caron : Merci, Mme la
Présidente. Alors, je voulais, bien entendu, remercier toutes les personnes qui
sont venues durant les consultations de cette commission, qui ont déposé des
mémoires et qui ont fait un travail important qui a pu nous éclairer dans nos
travaux, ensuite, pour l'étude détaillée du projet de loi.
On avait déjà dit, dès le départ, au
moment du débat sur le principe du projet de loi, qu'on était d'accord avec les
objectifs qui ont été poursuivis. Je suis heureuse qu'on ait pu apporter
certains amendements, notamment la notion de «strictement privé», qui était
problématique pour plusieurs groupes. Alors, le fait que le ministre ait eu l'ouverture
d'enlever cette notion-là est fort apprécié.
Aussi, il ne faut pas se cacher, je pense
que le... parce qu'on est tous pour l'objectif du projet de loi, mais que les
obligations, pour les petites entreprises, vont quand même être importantes.
Alors, je me souviens que, durant les consultations, la CNESST avait dit qu'ils
avaient fait une demande d'ajout de personnel, je crois que c'était 24 ou 27 équivalents
temps complet, et qu'ils souhaitaient bien les avoir pour pouvoir bien mettre
en œuvre le projet de loi. Alors, j'espère que ce sera possible pour que...
parce que je souhaite de tout cœur que la mise en application se fasse bien,
autant pour les employeurs que pour les victimes éventuelles.
Il y aura aussi un grand effort de
communication, justement, pour les petits employeurs, parce que c'est eux qui
ont peut-être moins de réflexes d'avoir l'information, y compris pour ceux du
chèque emploi-service, dont j'ai parlé ce matin et à quelques reprises, c'est...
Autant on a mis... Autant le ministre, dans ses travaux avec son équipe de
préparation du projet de loi, a voulu s'imprégner, je dirais, des travaux des
chercheuses Cox et compagnie, <autant on aurait pu...
Mme Caron :
...
s'imprégner, je dirais, des travaux des chercheuses Cox et compagnie, >autant
on aurait pu s'imprégner des travaux de Boivin, Bernstein et Verville, Au bas
de l'échelle, pour la question du chèque emploi-service. Ce n'était pas... Ce
n'est pas que ça a été mis de côté, c'est juste que ça a été un peu dans
l'angle mort. Alors, je suis contente de l'ouverture qu'il y aura du côté du
ministre de la Santé pour s'assurer que les modifications seront apportées, là,
partout, y compris dans les lois du travail, pour que ça fonctionne bien pour
eux.
Alors, sur ce, je vais m'arrêter. Je vous
remercie de votre attention et puis je souhaite bonne chance à la mise en
œuvre. Merci.
La Présidente (Mme D'Amours) : Merci,
Mme la députée de La Pinière. Est-ce qu'il y a d'autres interventions? S'il n'y
en a pas d'autre, je cède finalement la parole au ministre. M. le ministre, la
parole est à vous pour vos remarques finales.
M. Jean Boulet
M. Boulet : Merci, Mme la
Présidente. Bien, d'abord, remercier mes collègues gouvernementaux qui ont été
ici présents et présentes depuis le début des consultations particulières, de
l'étude détaillée : mon collègue de Nicolet-Bécancour, de Huntingdon, de
Laporte, d'Anjou—Louis-Riel et de Hull. Votre présence, elle est extrêmement
importante. Puis on travaille en équipe, puis c'est une belle façon de
démontrer la coopération qui existe au sein de notre groupe. Les collègues des
partis d'opposition de l'Acadie, La Pinière, Hochelaga-Maisonneuve, Jean-Talon,
merci de vos propos raisonnés, mais tout le temps des propos qui visaient à ce
que les objectifs de ce projet de loi là soient rencontrés de la façon la plus
humaine, efficace et pragmatique possible. Puis c'est vrai que j'ai travaillé
beaucoup avec le collègue d'Hochelaga-Maisonneuve, on a fait beaucoup de
projets de loi ensemble. Et je pense que le projet de loi, que nous aurons à
adopter au salon bleu, représente un profond cri du cœur pour s'assurer qu'il
n'y ait plus de violence à caractère sexuel puis qu'il n'y ait plus de
harcèlement psychologique dans les milieux de travail.
Je veux aussi remercier Joey, de mon
cabinet, Caroline, qui est ma sous-ministre associée, Thomas, Alexandrine,
pour avoir travaillé aussi en équipe; aussi les légistes, Janika, Stéphanie, et
les avocats de la CNESST. Des fois, quand on fait une étude détaillée, on veut
que ça aille rapidement, mais je pense que tout le monde a travaillé de façon
tout à fait volontaire, puis ça a été bénéfique pour le résultat que nous avons
aujourd'hui.
Mme la Présidente, je vous le dis
constamment, vous permettez la discipline au sein d'une commission, et ça,
c'est aussi un grand atout pour l'avancement de nos travaux, puis moi,
j'apprécie beaucoup votre façon de vous comporter, puis de respecter, puis de
vous assurer que les règles, en même temps, soient bien respectées. Mme la
secrétaire, Nathalie, merci beaucoup pour le travail.
Puis, évidemment, on ne peut pas passer à
côté de Rachel, d'Anne-Marie puis de Dalia. C'est ces personnes-là qui nous ont
tous inspirés, qui m'ont d'abord inspiré. Mais c'est des personnes éminemment
brillantes qui connaissent l'environnement législatif, et qui discutent, et qui
veulent profondément faire avancer l'état du droit pour le bénéfice, d'abord et
avant tout, des personnes victimes. Puis moi, j'ai apprécié les rencontres puis
j'anticipe, d'ailleurs, les rencontrer dans l'avenir. Parce qu'un projet de loi
c'est beau, mais, dans son application, il faut que ça donne les meilleurs
résultats possibles.
• (15 h 10) •
On a encore, au Québec, malheureusement,
beaucoup trop de harcèlement et de violence en milieu de travail. C'est
effarant de constater que 49 % des Québécois observent ou subissent un
comportement sexualisé inapproprié ou discriminatoire dans leur milieu de travail,
puis c'est les femmes de moins de 34 ans, c'est les femmes qui ont une
incapacité, c'est les femmes qui sont dans la communauté LGBTQ2, c'est les
gens issus des minorités visibles qui sont les pires. Donc, il faut s'assurer
qu'au Québec on soit capable d'assurer tous les travailleurs et les
travailleuses de leur droit fondamental d'oeuvrer dans des milieux sains et
sécuritaires.
Je pense que, tous ensemble, on crie aussi,
aujourd'hui, et on croit profondément que chaque personne qui travaille doit le
faire dans un environnement qui est humain. Souvenons-nous des mouvements
sociaux qui ont <provoqué des prises de...
M. Boulet :
...
environnement qui est humain. Souvenons-nous des mouvements sociaux qui ont
>provoqué des prises de conscience. Mais le harcèlement psychologique,
malgré ça, et les violences à caractère sexuel continuent d'exister. Je pense
qu'il y a encore beaucoup à faire pour améliorer le monde du travail. On veut
que les personnes soient crues, que les personnes soient protégées, qu'il y ait
une culture de prévention et de signalement dans tous les milieux de travail.
Ce n'est que collectivement qu'on va relever ce défi-là d'oeuvrer dans des
environnements de travail exempts de harcèlement et de violence. On veut tous
que ces actes-là ne soient plus tolérés. Et je trouve que c'est quand même un
signal fort qu'on envoie aujourd'hui pour dire qu'on veut agir dès maintenant
pour prévenir le pire puis changer les mœurs dans les milieux de travail.
Donc, je pense, finalement, qu'on vient
d'enrichir le Québec. On donne aux Québécois et aux Québécoises une pièce
législative qui va contribuer à faire ce que le projet de loi, par son titre,
dit : c'est une lutte, c'est un combat, c'est une lutte sociale, c'est un
combat collectif. Et ce n'est que tout le monde ensemble, tous les acteurs,
tous les êtres humains qui vivent au Québec qui vont réussir à relever ce
défi-là et à gagner ce combat-là que nous amorçons, encore une fois,
aujourd'hui.
Alors, merci beaucoup à tout le monde.
Puis c'est un cadeau pour tout le monde, puis je pense qu'il faut tous se
l'attribuer. On a tous un rôle à jouer dans la loi qui sera, souhaitons-le,
adoptée dans les meilleurs délais possibles au salon bleu. Merci beaucoup, Mme
la Présidente.
La Présidente (Mme D'Amours) : Merci,
M. le ministre. À mon tour de faire des remerciements. Mes remerciements, je
commencerais par tous les pages qui nous ont accompagnés tout au long de ce
projet de loi. Sans vous, ce serait très difficile de faire de longues heures,
sans votre aide. Merci à tous les collègues qui sont présents. Merci.
J'ai adoré travailler avec vous, d'être
témoin de votre travail, pour la première fois avec le député de Jean-Talon,
que... j'ai vraiment apprécié son professionnalisme et son savoir dans ce
dossier-là par l'expertise qu'il a. Merci à tous les collègues.
Parfois, je suis intervenue avec le
collègue d'Hochelaga-Maisonneuve et le ministre pour leur dire qu'il fallait
qu'il y ait un temps de pause pour aider la technique à porter la caméra vers
vous. Je vous invite à regarder... à vous visionner, de temps en temps, vous
allez comprendre pourquoi je vous disais ça. Parce que vous commenciez à
travailler, l'image était sur soit le ministre ou soit sur le député. C'est
parfois difficile pour les citoyens de vous suivre, là. Mais, blague à part,
là, j'apprécie que vous ayez fait un effort. Je ne veux pas défaire le bon
déroulement quand il y a une bonne discussion qui se fait entre ministre et
entre députés de l'opposition. Quand tout va bien, quand c'est très
respectueux, vous n'avez pas à vous adresser à la présidence, là, j'essaie
d'être le plus possible, là, conciliante sur ce côté-là.
Et je vous remercie pour les remerciements
que vous faites au secrétariat et à la présidence, par le fait même qui est
moi. On se fait un devoir, moi et Nathalie, de neutralité complète. Je suis là
pour tous les députés qui sont alentour de la table. J'ai à respecter les
règlements, le temps qu'on vous alloue, et cette commission, ce projet de loi,
ça a été très facile, en tout cas, de travailler avec vous, ça a été très
facile de respecter les règlements. Vous nous avez rendu la tâche vraiment
facile.
Alors, sur ce, merci aussi à celui qui est
en arrière et qui ne dit jamais un mot, mais qu'on a un grand besoin, qui tient
le temps. Merci à toute l'équipe qui accompagne le gouvernement, tous les
fonctionnaires qui sont avec nous, les experts qui sont avec nous, l'équipe
de... toutes vos équipes, hein, les attachés politiques, les gens qui vous
suivent, vos recherchistes. Ça fait un projet de loi, pour la société
québécoise, qui est grandement apprécié.
Sur ce, la commission ayant accompli son
mandat, ajourne ses travaux sine die. Merci infiniment, tout le monde.
(Fin de la séance à 15 h 15)