(Onze heures trente-deux minutes)
La
Présidente (Mme D'Amours) : Bonjour, tout le monde. Ayant constaté le quorum,
je déclare la séance de la Commission de l'économie et du travail
ouverte.
La commission
est réunie afin de poursuivre l'étude détaillée du projet de loi n° 51, Loi modernisant l'industrie de la construction.
Lors de
l'ajournement de nos travaux le 28 mars dernier, selon notre plan de
travail, nous étions au sujet 1 portant sur le processus de négociation
collective, loi R-20. Plus précisément, nous en étions à l'étude de l'article
9. Y a-t-il d'autres interventions?
Pardon, avant de faire ça, Mme la secrétaire, y
a-t-il des remplacements?
La
Secrétaire : Oui, Mme la Présidente. M. Tremblay (Dubuc) est remplacé par Mme Mallette (Huntingdon).
La Présidente (Mme D'Amours) : Merci.
Je suspends les travaux quelques minutes.
(Suspension de la séance à 11 h 33)
(Reprise à 11 h 48)
Étude détaillée (suite)
La
Présidente (Mme D'Amours) : Nous reprenons nos travaux, et nous étions
maintenant à l'article 9. M. le ministre, je vous demanderais de refaire la
lecture de l'article 9, s'il vous plaît, parce que... pour remettre... les gens
qui nous écoutent pour la première fois, là. Je sais que vous aviez déjà
lu votre article, mais j'apprécierais que vous le relisiez aujourd'hui pour que
tout le monde soit au courant de sur quoi on va discuter.
M. Boulet : Merci, Mme la
Présidente.
Article
9 : Les articles 28 et 29 de cette loi sont modifiés par le remplacement
de «treizième» par «vingt-cinquième».
Commentaires :
La loi R-20 reconnaît cinq associations de salariés que la Commission de la construction du Québec peut
reconnaître comme représentatives en leur délivrant un certificat à cet effet.
L'article 9 du projet de loi propose de devancer
d'un an la période au cours de laquelle ces cinq associations peuvent faire constater leur représentativité par
la CCQ en lui faisant parvenir une demande à cet effet puis elle devance aussi
d'un an la date limite où la CCQ peut faire publier le nom des associations qui
ont fait une telle demande.
Alors, voilà, c'est... Merci, Mme la Présidente.
La Présidente (Mme D'Amours) : Merci.
Oui, Mme la députée, allez-y.
• (11 h 50) •
Mme Cadet : Merci beaucoup.
Merci, M. le ministre. Donc, pour reprendre, donc, votre tableau, qui, je pense, va être un grand outil, ici, là, je
comprends que, dans les modifications proposées que vous nous énoncez, donc,
on a les principaux éléments. Donc, ici, on
serait, donc, au tout début du processus au mois d'avril 2027, ici, OK, donc,
un mois, donc, avant le maraudage, et donc à
l'étape où les associations représentatives constatent leur représentativité
en demandant à la commission, donc, de
pouvoir, donc, participer au processus de maraudage qui va suivre par la suite.
Donc, c'est l'essence de l'article?
M. Boulet : Exactement.
Mme Cadet : Parfait.
Et donc, donc, les articles 28 et 29... Et là je sais que, la dernière
fois, Mme la Présidente, donc, j'avais posé une question un peu sur le
processus ici puis je prends le temps de l'expliquer pour qu'on puisse suivre
un peu, donc, le libellé, le détail de chacune des étapes, parce qu'elles sont
complexes.
Donc, une fois que la commission, au début du
mois d'avril, donc, donc, recevra, donc, ses constats de représentativité, au plus tard le 31 avril, devra
faire publier à la Gazette
officielle du Québec, et on
disait, dans un journal, donc, de langue française, que ça se fait, que c'est
la pratique habituelle puis qu'il n'y a pas de... pendant qu'on est en
train d'ouvrir l'article, il n'y a pas de remise en question, là, du processus
de publicisation, là, dans un journal, le nom des associations mentionnées,
donc, pour que tout le monde soit mis au courant.
Puis, peut-être juste sur le processus ici,
donc, encore une fois, puisqu'on est en train de moderniser le tout, est-ce qu'il y a une... Tu sais, en fait, est-ce
que c'est... Donc, c'est publié à la Gazette officielle, c'est publié,
donc, dans un
journal. Je comprends bien que, dans les faits, les gens qui sont membres,
donc, ils connaissent, donc, les associations représentatives, donc il n'y a pas nécessité d'avoir d'autres moyens de
faire connaître le nom des associations mentionnées à l'article 28
aux membres potentiels?
M. Boulet :
Pas à ma connaissance, puis c'est... La simple correction que je ferais à votre
propos, qui est totalement exact, c'est le 30 avril plutôt que le 31.
Mme Cadet :
Ah! bien oui, bien sûr. Merci.
M. Boulet :
Le reste, tout est tout à fait correct.
La Présidente (Mme
D'Amours) : M. le député d'Hochelaga-Maisonneuve.
M. Leduc :
Merci beaucoup, Mme la
Présidente. D'abord, merci au ministre et à son équipe pour le tableau, là, qui
nous aide à bien comprendre la séquence, parce que c'est vrai que la dernière
fois qu'on s'est parlé, il fallait s'imaginer des dates. Là, on a un tableau
ici, là, qui est très pertinent. Donc, merci beaucoup à tous ceux et celles qui
ont travaillé là-dessus. Juste comprendre, quand on met des dates ici, ça,
c'est parce que ça ne s'appliquera pas pour la négo immédiate...
M. Boulet :
Ça va s'appliquer...
M. Leduc :
...parce que la négo immédiate s'en vient, de mémoire, là.
M. Boulet :
Ça va s'appliquer pour la négo suivante.
M. Leduc :
C'est quoi, les dates de la négo à venir, là?
M. Boulet : La négo à venir, en fait,
c'est le 1er mai 2021 au 30 avril 2025, et la suivante serait du 1er mai 2025 au
30 avril 2029.
M. Leduc : Mais
donc le 25... la négo pour le 25 commence cette année, toute cette... la
séquence...
M. Boulet : Non, elle commencerait,
la séquence, après l'expiration de la... des conventions collectives de travail
actuelles.
M. Leduc :
OK. Je me suis autoperdu, peut-être, là. La convention actuelle se termine
quand?
M. Boulet : Bien, le maraudage aurait
lieu en mai 2024, donc il aura lieu cette année. Bien, en fait, c'est selon
les règles actuelles, donc...
M. Leduc :
C'est ça, c'est ça, ma question.
M. Boulet :
...puis le scrutin va avoir lieu les 20 premiers jours du mois suivant, c'est-à-dire
le mois de juin.
M. Leduc :
Donc, en fait, je reformule ma
question. Où est-ce que je voulais atterrir, c'est, dans le fond, pourquoi
vous n'avez pas... pourquoi ça ne peut pas s'appliquer tout de suite, ce
nouveau système.
M. Boulet : Bien, parce qu'on
n'aurait pas le temps. La convention expire dans un an, un an et deux semaines.
M. Leduc :
Il n'y aurait pas eu lieu de décaler un peu tout ça? Ça aurait été trop
compliqué avec les dates de conventions, puisqu'on aurait...
M. Boulet :
Tout à fait. Je pense que... Exactement, ce serait déjà passé dans le
temps, ça n'aurait pas été significatif, là. On ne peut pas devancer de
quelques semaines puis... mais, non, ce n'était pas praticable pour la
convention... les conventions actuelles.
M. Leduc :
Donc, on saute l'exercice qui commence... incessamment?
M. Boulet :
Oui, tout à fait. L'exercice actuel va se faire selon les règles qui sont
dans la loi R-20 actuelle.
M. Leduc :
OK. Dans ce cas-là, est-ce que les modifications autres qu'on va faire dans
le projet de loi, là, sur le... par exemple,
la question des... de la possibilité de négocier des... potentiellement un
système de... pas d'arrérages, le mot
m'échappe, là, mais, pour le salaire, là, les rétros salariales, toute la
question des tâches, toute la question... entre autres, qui étaient
conventionnées sur la mobilité régionale, est-ce que toutes ces
modifications-là aussi ne vont s'appliquer que pour la prochaine ronde de négo
et non celle en cours?
M. Boulet : On
va le voir dans les dates d'entrée en vigueur, mais il y en a qui vont entrer
en vigueur au moment de la sanction,
mais ça va être plus tard, pour permettre aux parties de s'adapter puis de
faire les campagnes d'information qui sont nécessaires pour que ça
puisse s'appliquer correctement. Puis, collègue, même qu'on est trop tard pour
2025 à 2029. Ça va s'appliquer, si je ne
m'abuse, du 1er mai 2029 au 30 avril 2033 parce qu'on a déjà
amorcé... on empiète déjà dans les dates, dans le calendrier qui est
prévu dans la loi actuelle.
M. Leduc :
Ma question, en fait, c'est : Si on est pour sauter une séquence de
négo avec le nouveau modèle de négo, qui, à sa face même, me semble
intéressant... On aura des discussions sur chacune de ces variations, mais, si on est pour sauter un exercice de négo, est-ce
qu'il n'est pas logique d'appliquer éventuellement les nouvelles modalités
possibles de cette négo-là pour la prochaine
aussi, notamment en matière de mobilité? Parce qu'il va y avoir, plus tard, un
article... au pire, on fera le débat là, à la limite, là, mais il va avoir y un
article où vous allez pouvoir... vous allez préciser
qu'on ne peut plus négocier de nouvelles clauses de mobilité. Du moins, c'était
l'intention initiale du projet de loi.
M. Boulet :
Oui, mais là, là, on pourra en discuter plus tard, là, mais... On va
discuter de ça plus tard, là.
M. Leduc :
OK, on fera ça.
La Présidente (Mme
D'Amours) : D'autres commentaires? Ça va?
M. Boulet : Puis, tu sais, juste pour
compléter, même pour 2025 à 2029, il aurait fallu commencer le maraudage
déjà, ça fait que c'est pour ça que ça va s'appliquer pour la convention du
1er mai 2029 au 30 avril 2033.
M. Leduc :
Parfait.
M. Boulet :
Merci.
La Présidente (Mme
D'Amours) : D'autres commentaires sur l'article 9?
S'il n'y a pas
d'autre commentaire, je vais le mettre aux voix. Est-ce que l'article 9 est
adopté?
Des voix :
Adopté.
La Présidente (Mme
D'Amours) : L'article 10, M. le ministre, s'il vous plaît.
M. Boulet :
Merci, Mme la Présidente.
10. L'article 31
de cette loi est modifié par le remplacement, dans le premier alinéa, de
«douzième» par «vingt-quatrième».
Commentaires :
L'article 10 du projet de loi propose de devancer d'un an la période dite
de maraudage, pendant laquelle une association représentative peut solliciter
un salarié membre d'une autre association afin d'avoir le droit de le
représenter.
Alors, voilà, ça
complète mes commentaires. Puis je pense qu'on en a discuté, actuellement,
c'est le 1er mai de l'année précédente, là ça va être le 1er mai deux ans
avant. Puis la période de maraudage, elle est toujours suivie d'un scrutin. Puis, période de maraudage, bien, on
sait tous, hein, que c'est une période ouverte ou une période qui permet
à tout le monde de solliciter et qui
détermine leur taux de représentativité, puis ça s'exprime par un scrutin qui
est tenu suite à la période de maraudage. Voilà, c'est tout.
La Présidente (Mme
D'Amours) : Merci. Commentaires? Oui, M. le député
d'Hochelaga-Maisonneuve.
M. Leduc :
Moi, je suis à l'aise avec le
changement, là, sur la date, mais je lis le reste de l'article puis j'ai une
question, peut-être, de curiosité. Quand on dit «aucune publicité sous quelque
forme que ce soit et aucune sollicitation ne peuvent être faites auprès
des salariés en vue d'obtenir leur adhésion à une association de salariés»,
donc, le cadre du maraudage, comment c'est appliqué, ça? Qui surveille ça,
c'est la CCQ?
• (12 heures) •
M. Boulet :
Oui, puis c'est des articles qui sont compatibles avec ce qu'on retrouve
dans le Code du travail. Tu sais, les sollicitations ne se font pas pendant les
heures de travail, il y a quand même des décisions qui ont été rendues, là,
mais c'est pour éviter les attroupements puis la sollicitation pendant les
heures de travail.
Donc, on respecte
cette approche-là. Évidemment, après la période de maraudage, il y a un certain
nombre de plaintes, de non-respect de règles, mais moi, je tiens à féliciter
les parties, les associations représentatives, parce que la dernière période de maraudage, ça a été une
période de maraudage sanitaire qu'on a organisée avec la direction de la santé publique. Il y a des personnes qui ont
demandé que la période de maraudage soit déplacée, ce que les associations
représentatives ne voulaient pas, ce à quoi j'ai adhéré, parce que c'est une
période qui est cruciale pour les syndicats, et on s'est assurés de faire une
campagne sanitaire, et donc ça s'est fait beaucoup de façon électronique, et ça
a été la campagne qui a généré le moins de plaintes, si je ne m'abuse, et le
plus de satisfaction. Je le dis parce que, souvent, il y en a qui me
disaient : Non, ils ne seront pas capables, mais, tu sais, ça a été un
grand succès.
La Présidente (Mme D'Amours) : D'autres
commentaires? M. le député.
M. Leduc : Oui,
s'il vous plaît, Mme la Présidente. Est-ce que c'est comme dans les élections
générales, puis qu'il y a une limite de dépenses?
M. Boulet : Mon Dieu! Les
dépenses...
Des voix : ...
M. Boulet : Moi, à mon avis...
Réjean, est-ce qu'il y a des limites de dépenses?
M. Leduc : On regarde la salle.
M. Boulet : Dans les périodes
de...
M. Leduc : Est-ce qu'on peut
faire un téléphone? Je prends l'option du téléphone...
M. Boulet : Non, non, mais
c'est sûr que moi, là-dessus, Alexandre, ma thèse, c'est que je respecte les statuts puis les règlements des syndicats puis
leurs façons de faire une campagne de maraudage. Ce n'est pas à l'État puis ce
n'est pas aux patrons à s'immiscer sur les façons de faire puis les coûts d'une
campagne de maraudage. Donc, je serais très étonné qu'il y ait des limites
quant aux coûts, donc ma réponse est non.
M. Leduc : Parce que, venant du
milieu syndical, les campagnes de maraudage de la construction ont un statut
quasi mythique, là, c'est... il y a des maraudages dans toutes sortes de
secteurs, mais, ceux de la construction, on le sait, là, quand ça s'en vient,
puis ça brasse, puis il y a beaucoup de matériel, puis etc. Ça fait que j'étais
curieux de savoir s'il y avait déjà eu des questions... pas sûr qu'il voudrait
des limites de dépenses nécessairement, le milieu syndical, mais j'étais curieux
de savoir si ça avait été... si c'était dans la loi, comment ça fonctionnait.
M. Boulet : Mais, ceci dit,
moi, ce dont j'ai témoigné, c'était des rivalités contrôlées puis
respectueuses.
M. Leduc : Tout à fait.
La Présidente (Mme D'Amours) : ...M.
le ministre, je vous rappelle que vous devez vous adresser... et dire le nom du
député par sa circonscription.
M. Boulet : Et m'adresser à
vous.
La
Présidente (Mme D'Amours) : Quand même, quand même, je dois le rappeler au
ministre. Mme la députée de Bourassa-Sauvé, s'il vous plaît.
Mme Cadet : Merci,
Mme la Présidente. Donc, nous avions expliqué, donc, à l'article 9, donc,
les associations représentatives faisaient constater leur
représentativité à la CCQ. La CCQ publiait, donc, à la Gazette officielle,
donc, tout ça, donc, dans le cadre, donc...
au sein, donc, du mois d'avril, donc, le tout pour que les salariés, donc,
soient au courant. Ensuite, à
l'article 30, là, qui n'est pas ouvert, bien, on dresse... donc, la
commission, donc, dresse la liste des salariés visés, donc, qui
respectent les différentes conditions pour qu'elles soient éligibles au
scrutin, que l'on verra, donc, au prochain
article. Et ici... donc, nous sommes à la période, donc, du 1er au 31 mai,
où la période de maraudage s'effectue.
Sur... à l'alinéa deux de
l'article 31 : «Toute telle publicité et toute telle sollicitation
doivent être faites en dehors du lieu travail.» Vous avez expliqué un peu
comment ça s'est passé la dernière fois, ça semble assez clair. Donc, je comprends que ce libellé-ci est lié à...
il est entendu par les différentes parties. Il n'y a pas de transgression en ce
qui a trait à... en dehors du lieu de travail, cette définition-là?
M. Boulet : Une excellente
question. Il n'y en a pas... il y en a peu, serait une réponse plus juste,
mais, quand il y en a, c'est dénoncé. Moi,
ça m'a été rapporté dans quelques cas, et c'est répréhensible, et c'est en
violation de la loi. Et, le cas échéant, il y a une plainte qui peut
être faite par le syndicat qui est concerné.
Mme Cadet : Oui,
mais là, plainte, justement, donc, qui est édictée, donc, à l'article... bien,
à 31, à l'alinéa trois, l'alinéa suivant, là.
M. Boulet : Exact.
Mme Cadet : Donc, on en fait
mention. Donc, ce... donc, ce libellé-ci, donc, il est assez clair et n'a pas à
être revu parce que les parties s'entendent bien sur ce que ça signifie, «en
dehors du lieu de travail».
M. Boulet : Tout à fait.
Mme Cadet : Merci.
La Présidente (Mme
D'Amours) : Merci. D'autres commentaires? Est-ce que l'article 10
est adopté?
Des voix : Adopté.
La Présidente (Mme D'Amours) : L'article 11,
M. le ministre, s'il vous plaît.
M. Boulet : Oui, merci, Mme la
Présidente.
L'article 32 de cette loi est modifié :
1° par le remplacement de «onzième» par
«vingt-troisième», partout où cela se trouve;
2° par le remplacement, dans le septième alinéa,
de «quatrième» par «cinquième».
Commentaires : L'article 11 propose,
donc, de devancer d'un an la période du choix d'allégeance syndicale, donc,
période de maraudage. Et ça s'exprime, par la suite, dans le cadre d'un scrutin
secret qui est supervisé par la Commission de la construction du Québec.
Donc... Puis il y a un alinéa, là, on corrige
aussi la référence à un alinéa de l'article 3.2 de la loi R-20, puis
cette correction-là avait été omise en 2022. Bon, je n'étais pas... c'était
pour la Loi renforçant la gouvernance des sociétés
d'État et modifiant d'autres dispositions législatives, donc on vient
simplement faire la petite correction technique. Donc, voilà, c'est
tout.
La Présidente (Mme D'Amours) : Commentaires
sur l'article 11? Mme la députée de Bourassa-Sauvé.
Mme Cadet : Oui. Bien,
peut-être commencer, justement, avec ce dernier point-là parce que j'essayais
de comprendre, donc, en lisant l'article 32. Donc, ici, donc, on corrige
le septième alinéa de l'article 32, qui se lit comme suit : «Une personne qui ne peut se qualifier comme membre
indépendant au sens du quatrième alinéa de l'article 3.2 ne peut
être désignée pour agir à titre de président du scrutin.»
Quand je vais voir l'article 3.2, le
quatrième alinéa, donc, on nous indique, donc, la définition d'un membre indépendant, qui va comme suit : «Dans la
présente loi, on entend par "[...] indépendant" un membre qui n'a
pas, de manière directe ou indirecte, de relations ou d'intérêts, par
exemple de nature financière, commerciale, professionnelle ou philanthropique,
susceptibles de nuire à la qualité de ses décisions eu égard aux intérêts de la
Commission.»
Je l'ai relu plusieurs fois, puis je comprends
qu'on veut... bien, en fait, que l'article 32, alinéa sept, réfère
plutôt au cinquième alinéa de l'article 3.2 en ce qui a trait, donc, aux
membres indépendants, mais ici, donc, au cinquième alinéa, on ne définit pas
«membre indépendant», on indique, donc, «tout membre qui est réputé ne pas être
indépendant». Donc, j'essaie de voir, donc, quelle est la correction qui avait
été omise à ce moment-là. Qu'est-ce qui... Pourquoi, en fait, l'article...
l'alinéa quatre ne suffit pas? Puis, le cas échéant, pourquoi est-ce qu'on
ne réfère pas plutôt, donc, à une personne qui ne peut... en fait, qui est
réputée ne pas être indépendante au sens du cinquième alinéa de
l'article 33.2, «ne peut être désigné pour agir à titre de président du
scrutin»?
M. Boulet : Je
vais faire une vérification additionnelle, là, mais c'est ce qui est l'objet de
la correction actuelle, au lieu de référer à «quatrième», on réfère à
«cinquième», et c'est une loi qui est déjà adoptée et sanctionnée, là, celle
concernant la gouvernance des sociétés d'État, donc c'est...
Mme Cadet : Oui, tout à fait,
M. le ministre, c'est juste qu'ici, donc, je comprends, oui, évidemment, donc,
la loi, donc, a été sanctionnée, donc, en 2022, c'est très clair... Ah! OK, je
pense que je comprends ce que vous essayez de me dire, dans le fond, donc,
dans... lorsqu'il y avait étude détaillée du projet de loi en 2022, il y avait
une proposition adoptée qui n'a pas... qui n'est pas entrée en vigueur.
M. Boulet : Non, en fait...
Mme Cadet : Bien, qui est
entrée en vigueur, mais qui n'a pas été modifiée.
M. Boulet : ...qui
a été mal exprimée. Ici, on référait au quatrième alinéa plutôt que le
cinquième alinéa, et c'est cette correction, là, technique, qui est
faite, ici.
Mme Cadet : OK.
Si je comprends bien ce que vous venez de me dire, puis peut-être qu'on a
besoin d'explications supplémentaires, en fait, je pense que j'avais
bien compris, saisi, donc, initialement. Donc, en 2022...
M. Boulet : Ce
n'est pas un changement de fond, c'est juste le... la correction d'une coquille
qui a été faite dans la loi sur la gouvernance des sociétés d'État, où
on a référé au mauvais alinéa.
Mme Cadet : Mais en fait c'est
la question que j'ai, c'est : Quelle est la coquille? Parce que, quand je
relis le quatrième alinéa, donc, on réfère... donc, on définit un membre
indépendant, et, quand je lis le cinquième alinéa, on nous explique quel membre est réputé ne pas être indépendant. Donc,
c'est pour ça que j'essayais de saisir, en le lisant plusieurs fois puis
sous différentes formes, qu'est-ce qu'on essaie de corriger.
M. Boulet : Est-ce qu'on peut
suspendre deux minutes? Je vais juste vérifier.
La
Présidente (Mme D'Amours) : ...les travaux quelques minutes, s'il vous
plaît.
(Suspension de la séance à 12
h 09)
(Reprise à 12 h 14)
La Présidente (Mme
D'Amours) : Nous reprenons nos travaux. M. le ministre.
M. Boulet :
Donc, moi, j'ai fini mes commentaires.
La Présidente (Mme
D'Amours) : Parfait. Mme la députée de Bourassa-Sauvé.
Mme Cadet :
Oui, merci, Mme la Présidente. Donc, j'ai bien saisi, grâce aux
explications détaillées, donc, ce dont il est question, donc, à
l'article 11, alinéa deux, donc, du projet de loi. Donc, pour ceci, donc,
au niveau de cette... ce remplacement-là, plutôt technique, est de la
concordance avec la loi sur la gouvernance des sociétés d'État. Donc, tout est
clair pour moi.
Maintenant, donc, de
retour, donc, au premier alinéa de l'article 11, ici, donc,
l'article 32, donc, est modifié par le remplacement de «onzième» par
«vingt-troisième». Donc, on arrive ici, donc, c'est la période de scrutin, on
est au mois de juin, et donc nous serons
dans... au niveau des modifications proposées, donc, au mois de juin 2027,
donc, la tenue du vote d'allégeance syndicale.
J'ai quelques
questions sur la procédure. Bien, la première des choses, je sais que le... on
nous parle du règlement, donc : «[Le] choix s'exprime par voie de scrutin
secret tenu sous la surveillance d'un représentant de la Commission, dont les
modalités sont prévues par règlement du gouvernement.» Je constate qu'il s'agit
ici, donc, du Règlement sur le choix d'une association représentative par les
salariés de l'industrie de la construction, le règlement 4.1. J'imagine
que toutes les... qu'il y aura, donc, des modifications de concordance qui
seront appliquées au règlement, ici, pour...
M. Boulet :
...
Mme Cadet :
Parfait. Oui, tout à fait. Donc, ça, c'est très clair.
Pardon,
juste relire mes notes, ici. Et... Bien, en fait... j'ai peut-être une question
plus procédurale sur comment, donc, le processus s'exprime, donc, pour
un nouveau salarié. Je pense que ça va plus tard... c'est expliqué plus tard, donc, dans la loi, mais au sixième alinéa de
l'article 32, donc : «Un salarié qui, ayant le droit de faire
connaître son choix, ne l'a pas exprimé suivant le présent article est
réputé [...] avoir choisi l'association [...] laquelle il avait déjà fait
connaître son choix dans les cas prévus par la présente loi...» Donc, un
nouveau salarié, donc, qui n'est pas... qui n'apparaît pas sur la liste dressée
par la commission, tel que prévu à l'article 30, quel est le processus qui
s'applique pour lui, puisqu'on est dans un régime à syndicalisation
obligatoire?
M. Boulet : La CCQ, dès qu'il
commence sa première heure, elle commence à computer les heures et lui demande
de faire son choix. Donc, c'est fait sur une base individuelle.
Mme Cadet :
OK, c'est fait sur une base individuelle, à ce moment-là.
M. Boulet :
Donc, il va décider lui-même.
Mme Cadet :
Parfait. Merci. Puis une autre question, ici. En lisant, donc, les
différents mémoires que nous avions reçus et les commentaires relatifs à
l'article 32, je... ici, donc, au niveau, donc, la voie de... par voie de
scrutin secret, donc, c'est bien indiqué, donc, au sein du règlement 4.1.
Il y avait une proposition au niveau du... de vote électronique. Qu'est-ce que
vous en pensez, M. le ministre?
M. Boulet : Mon Dieu! Ça, c'est une
question d'adaptation technologique qui ne relève pas de ma compétence, mais qui relève de la capacité de changement à la
CCQ. Bon, ils font un travail considérable pour adapter aux nouvelles technologies numériques tout ce qui se fait à la
CCQ, mais actuellement on me mentionne que les délais ne permettent pas de le faire, actuellement. Mais est-ce que ça
devrait être envisagé? Je pense qu'on va tous répondre par la positive. C'est
envisagé, maintenant c'est long.
Mme Cadet :
Merci. Merci, Mme la Présidente.
La Présidente (Mme
D'Amours) : Merci. M. le député d'Hochelaga-Maisonneuve.
M. Leduc : Un peu dans le même filon
que ma collègue sur le mode de vote, parce que l'article fait référence à un règlement qui n'est pas ouvert dans
la présente loi, sauf erreur, et... Donc, il y a règlement... donc, un vote
électronique, mais il y a aussi d'autres
mémoires qui parlaient d'un vote en personne, ça fait que, là... parce que, là,
c'est un vote postal, si je ne me trompe pas, M. le ministre, en ce
moment?
M. Boulet :
Oui, c'est par courrier. Je pense, depuis 2013, si je ne m'abuse, ça se
fait de cette manière-là.
M. Leduc :
Puis là, tantôt, vous avez parlé de la pandémie. Qu'est-ce qui avait été
adapté, déjà, là, pour la pandémie?
M. Boulet : Bien, que ça se fasse...
la sollicitation puisse se faire de... tu sais, plutôt... Par exemple, l'exemple
classique, c'est plutôt que de te remettre
un papier avec une feuille, pour éviter les contacts, bien, ça se faisait de
manière électronique, par courriel ou autrement, là.
M. Leduc :
Ah! d'accord. Donc, le mode de vote a été le même.
M. Boulet :
Mais il y avait un certain nombre de règles qu'on avait établies avec le
directeur de la santé publique au Québec, et
il nous avait donné son... il avait accepté les règles. On les avait définies
avec lui, en accord, bien sûr, avec les associations syndicales.
M. Leduc :
Mais ça a été un vote postal quand même, là, pendant la pandémie.
M. Boulet :
Oui, tout à fait, pour le scrutin, oui.
M. Leduc :
Parce que, là, il y en a... on a
eu plusieurs propositions, là. Ma collègue faisait référence à un vote
électronique, d'autres voulaient plutôt un vote en personne.
M. Boulet :
Oui, mais ça se fait par courrier depuis 2013, Mme la Présidente.
M. Leduc :
Pas de planification pour changer
ça? Et, si on voulait le changer, il faudrait modifier le règlement? Le
règlement fait référence au mode postal, si je comprends bien?
• (12 h 20) •
M. Boulet :
Le règlement, c'est sur la façon de le faire. Donc, c'est la raison pour
laquelle il n'a pas été adapté, ici, c'est
la période. Mais en personne, c'est sûr... puis là je vais faire attention à
mes propos, là, mais en personne, parfois ça générait des plaintes de
menace ou d'intimidation beaucoup plus facilement, alors que la manière dont ça
se déroule, actuellement, tu diminues
considérablement les risques. Maintenant, j'ai entendu la CSN demander un vote électronique.
Bon, c'est la question que notre collègue posait un peu plus tôt, de
Bourassa-Sauvé. Ça, il faut aller dans cette direction-là, dans les délais que
les personnes responsables...
M. Leduc :
Donc, il y a un objectif, à terme, d'atterrir à
un vote électronique?
M. Boulet :
Bien, moi, je pense que oui, là, tout à fait, puis on travaille dans cette
direction-là.
M. Leduc :
Bien, dans ce cas-ci, puis on
n'est pas obligés de le faire tout de suite, mais, si on a l'objectif
d'atterrir en vote électronique, ne serait-ce pas pertinent de modifier les
règlements tout de suite pour permettre le vote électronique? Parce que,
la façon qu'il est écrit...
M. Boulet :
Mon Dieu! C'est une question de...
M. Leduc :
...à l'article 15 du règlement, si je ne me trompe pas, là,
«l'enveloppe-réponse à la Commission par courrier». À moins qu'on en fasse une
interprétation large de «courrier électronique», là.
M. Boulet :
Mais, je pense qu'à ce jour, collègue, moi, je pense que c'est une... c'est
un objectif qui est louable. Maintenant, le vote électronique, selon ce que je
sais, ça a été écarté par les instances à la Commission de la construction du
Québec, ce n'est pas nécessairement l'avenue souhaitée. J'ai compris
l'association syndicale qui en a fait la demande, mais il y a encore des
discussions à avoir là-dessus par les partenaires.
M. Leduc :
Juste pour être bien clair, M. le ministre, moi, je n'ai pas de position
personnelle arrêtée sur vote électronique, vote personne, vote postal. Tout ce
que je dis, c'est que, s'il y a des discussions puis qu'on voudrait ouvrir la porte à un vote électronique, on serait
mieux de le préciser dans le règlement tout de suite, pendant que la loi est
ouverte, pour le futur.
M. Boulet :
Ce n'est pas nécessaire. Puis, tu sais, il va y avoir des discussions
importantes sur la sécurité informatique aussi, là, puis s'il y a des
adaptations qui ont à être faites, ce que je ne considère pas à ce stade-ci,
elles pourront être faites en temps
opportun. Mais on ne fera pas des modifications dans l'hypothèse où, alors
qu'actuellement, selon les informations que j'ai, les instances de la
CCQ ne le considèrent pas pour l'instant.
M. Leduc :
Mais, si jamais ils le considèrent dans un futur, même proche, il faudrait
modifier le règlement.
M. Boulet : Si besoin en est,
puis on verra quels seront les tenants et aboutissants d'un tel vote, là.
M. Leduc : Parfait.
M. Boulet : Merci.
La Présidente (Mme D'Amours) : Merci.
Mme la députée de Bourassa-Sauvé.
Mme Cadet : Oui,
merci, Mme la Présidente. Peut-être juste sur le même sujet, donc, je comprends
bien, vous dites, donc, que c'est un
scénario qui a été écarté par la commission, donc c'est un scénario qui a été
étudié formellement. Est-ce qu'il y a un rapport qui a été déposé... qui
vous a été déposé à cet effet, sur le vote électronique?
M. Boulet : Pas à moi,
personnellement, mais il y a une personne à la Commission de la construction du
Québec qui est responsable de l'organisation du scrutin, qui, elle, a un
rapport là-dessus, puis on pourra... Mais moi, je ne l'ai pas obtenu, là, ce
n'est pas... c'est vraiment de l'interne.
Mme Cadet : OK. Donc, c'est
vraiment... c'est considéré comme de la régie interne, donc, pour le moment?
M. Boulet : Absolument,
absolument.
Mme Cadet : Et, s'il le faut,
donc, s'il faut faire une modification réglementaire, ultérieurement, parce que
la commission, donc, n'est... considère
qu'elle a les ressources... Parce que j'imagine que, si c'est... le scénario a
été écarté, c'est que la commission considère qu'elle n'a pas les
ressources technologiques pour, donc, gérer le processus à court terme?
M. Boulet : Je pense que c'est
toujours... les motivations s'articulent toujours autour de la sécurité informatique. Mais, comme je mentionnais, oui, les
modifications réglementaires pourraient être apportées, le cas échéant.
Mme Cadet : OK. Est-ce que
c'est possible d'obtenir le rapport, ledit rapport?
M. Boulet : Est-ce qu'on...
Une voix : ...
M. Boulet : Il n'y en a pas, de
rapport? OK. J'avais compris... Non, mais il n'y en a pas, de rapport.
Mme Cadet : Ah! OK. D'accord.
M. Boulet : Mais c'est cette
personne responsable là de l'organisation du vote qui a les informations les
plus importantes sur ce qui a été décidé par les instances à la CCQ.
Mme Cadet : Parfait. OK. Sur la
préparation de l'instance, sa capacité à pouvoir mettre en oeuvre un vote
électronique, mais vous avez dit, vous, vous avez un... si... vous considérez
que c'est l'horizon dans lequel... c'est la direction dans laquelle, donc, nous
devrions aller...
M. Boulet : Il y aura toujours
des modifications réglementaires qui seront envisagées, là, si nécessaire.
Mme Cadet : OK, parfait. Mais
vous n'avez pas d'horizon sur cet élément-ci?
M. Boulet : Pas du tout, pas du
tout.
Mme Cadet : Merci.
Puis peut-être juste revenir, donc, un peu plus tôt, donc, je parlais, donc,
des modifications de concordance. Donc, je comprends, donc, qu'il est
prévu de modifier l'article 8 du règlement R-4.1, qui nous indique : «Avant le douzième mois qui
précède la date d'expiration d'une convention collective, la Commission
transmet à chaque salarié un document
qui l'identifie comme votant aux fins du scrutin...» Elle signe un document
d'information précisant les dates de scrutin et ses modalités, là, afin
d'être... de s'arrimer avec le projet de loi. Parfait. Merci.
La Présidente (Mme D'Amours) : Merci.
D'autres commentaires? Est-ce que l'article 11 est adopté?
Des voix : Adopté.
La Présidente (Mme D'Amours) : L'article 12,
M. le ministre, s'il vous plaît.
M. Boulet : Merci, Mme la
Présidente.
12. L'article 34 de cette loi est modifié
par le remplacement, dans le troisième alinéa, de «le premier jour du huitième
mois» par «le premier jour de la période visée par le rapport mensuel du
vingtième mois».
Commentaires, bon :
L'article 12 propose de devancer d'un an la prise d'effet du certificat
délivré par la Commission de la construction du Québec à chaque association. Et
c'est le sujet qu'on a discuté un peu plus tôt, là, c'est un certificat qui
établit le degré de
représentativité des syndicats.
La Présidente (Mme D'Amours) : Commentaires?
M. le député d'Hochelaga-Maisonneuve.
M. Leduc : C'est quoi, les
critères pour constater le degré de représentativité?
M. Boulet : Bien, c'est le
calcul, essentiellement.
M. Leduc : Le calcul du nombre
de membres?
M. Boulet : Le dépouillement
qui permet de déterminer...
M. Leduc : Oui, mais, je veux
dire, moi, demain matin, je m'ouvre un syndicat de la construction puis je
signe 15 cartes, je suis-tu représentatif?
M. Boulet : Dans les cinq, oui.
Puis je vais vous rappeler le degré de représentativité actuelle, c'est le
nombre de votes sur... les votes... le nombre total, puis là on établit un
pourcentage.
M. Leduc : Puis ça, c'est
déterminé par règlement?
M. Boulet : Oui. Actuellement,
la FTQ-Construction a une représentativité de 43 %, donc 43 % de ceux
qui ont voté adhèrent à la FTQ-Construction; l'Inter provincial, c'est
23,159 %; le Syndicat québécois de la construction, SQC, 19 %; la
CSD, 8,72 %; puis la CSN, c'est 6,1 %.
M. Leduc : Mais
ma question : Il y a-tu un pourcentage minimal pour accéder à cette
catégorie de représentativité?
M. Boulet : Non, il n'y a pas
de pourcentage.
M. Leduc : Il pourrait y avoir
un syndicat avec 1 %.
M. Boulet : Oui.
M. Leduc : Moi, je peux ouvrir
un syndicat, le Syndicat de la construction Alexandre Leduc, la semaine
prochaine.
M. Boulet : Non,
non, parce qu'il y a cinq associations syndicales reconnues dans la
loi R-20, c'est ces cinq syndicats-là qui sont reconnus. Donc,
Alexandre Leduc incorporé, non, ça ne marcherait pas.
M. Leduc : Non, ça ne
marcherait pas?
M. Boulet : Non.
M. Leduc : Vous ne viendriez
pas travailler pour moi?
M. Boulet : Malheureusement.
M. Leduc : Mais, blague à
part...
M. Boulet : Puis je le dis en
respect de votre capacité de mobiliser puis de recruter.
M. Leduc : Ah! en respect, bien
sûr, tout à fait.
Mais, blague à part, qu'est-ce qu'il faut faire
pour accéder à cette catégorie-là? Parce que, je comprends, vous dites :
Il y en a cinq qui sont reconnues, ça leur donne accès au maraudage, puis après
ça il y a un certificat de représentativité.
M. Boulet : Exact. Bien, il y a
un scrutin puis il y a le certificat de représentativité, oui, dans la... tout
à fait.
M. Leduc : Qu'est-ce qu'il faut
faire pour avoir son nom sur le bulletin de vote, finalement?
M. Boulet : Bien,
un des cinq syndicats, donc, tu adhères à un des cinq syndicats. Si tu
t'appelles Philippe Tremblay, tu votes puis tu décides que, suite à la
campagne de maraudage, le syndicat qui convient le mieux à tes ambitions, tes
intérêts — puis,
bon, chaque personne a ses critères — c'est l'Inter provincial,
bien, ils votent pour l'Inter.
M. Leduc :
OK, je reformule ma question. S'il y a une fusion, mettons, entre la CSN
puis la FTQ demain matin, il va-tu falloir changer la loi pour préciser que la
nouvelle CSN-FTQ, c'est le même syndicat ou, vice-versa, si la FTQ se divise en
deux, par exemple?
M. Boulet :
Bien, oui. C'est très hypothétique, mais, oui, il faudrait changer la loi pour
l'adapter parce que ça serait un nouveau syndicat issu de la fusion de deux
associations précédentes. Ça fait que c'est sûr que la loi R-20, sans être
une urgence, bien, il faudrait l'adapter.
M. Leduc :
Puis, si on regarde... si on a les cinq syndicats déjà représentés puis
qu'une nouvelle centrale syndicale débarque au Québec, se lance dans la
représentativité de la construction.
M. Boulet :
Non. Elle n'est pas reconnue, ce n'est pas légal. C'est les cinq
associations syndicales qui sont reconnues dans la loi sur les relations de
travail, puis c'est comme ça depuis le début.
M. Leduc :
Imaginons quand même le scénario. Il faudrait qu'elle vienne faire une
forme de lobbyisme auprès des élus pour
dire : J'aimerais ça, moi, éventuellement, faire de la représentativité en
construction pour être intégrée dans la loi, pour être intégrée sur le
bulletin de vote.
M. Boulet :
Ah! bien, ça, moi, je ne m'exprimerai pas là-dessus, mais, tu sais, en
dehors de la période de maraudage, c'est fermé, tu ne peux pas rien faire.
M. Leduc :
Ça, je comprends.
M. Boulet : Ça fait que, durant la
période de maraudage, si un syndicat x décide de s'impliquer dans la
campagne de maraudage, ça sera en
contravention de la loi, avec les pénalités qui s'imposent, et la Commission de
la construction du Québec va s'assurer de prendre les procédures qui
s'imposent, là. C'est illégal.
M. Leduc :
Parce que, dans le reste du Code
du travail, il y a des périodes de maraudage prévues. Mais, quand t'es
en maraudage, n'importe qui peut venir te voir et te solliciter pour t'attirer
dans ses rangs. Là, c'est un contexte différent parce que c'est une affiliation
individuelle et non collective.
M. Boulet :
Tout à fait.
• (12 h 30) •
M. Leduc :
Mais il reste que, dans ce
cas-ci, de la construction, il ne peut pas y avoir de nouveaux joueurs, c'est
interdit, tandis que, dans le reste du Code du travail, on peut se créer une
nouvelle centrale.
M. Boulet : Oui, on sait qu'en
pratique, dans les périodes de maraudage, il y a généralement une rivalité entre
deux syndicats, puis on sait quand ça se prépare, on sait comment ça se fait.
M. Leduc :
Bien sûr.
M. Boulet :
Puis, tu sais, les changements d'adhésion syndicale, vous le savez, se font
généralement à la dernière minute du
30 jours, là, pour s'assurer du maximum de confidentialité. Mais j'ai vu
des campagnes de maraudage où il y avait trois syndicats, puis il n'y a
rien dans le Code du travail qui empêche qu'il y en ait plus.
M. Leduc :
Exact.
M. Boulet : Mais ici on est dans un régime particulier à
adhésion syndicale obligatoire, on ne touche pas à ça. Et, dans un régime où il y a cinq associations
syndicales qui sont reconnues, qui ont développé l'expertise, aussi, dans
les métiers de la construction, qui ont développé les connaissances pour bien
représenter les travailleurs de la construction...
et moi, je n'ai jamais... depuis que je suis en politique, je n'ai jamais
entendu un syndicat m'exprimer un souhait ou un intérêt de devenir une
sixième association, et je pense qu'il y aurait une levée de boucliers.
M. Leduc :
Oui, je vous garantis qu'il y aurait une levée de boucliers, M. le
ministre, puis ce n'est pas ce que je souhaite nécessairement. Je suis juste
surpris qu'il n'y ait pas de mécanisme prévu pour éventuellement en avoir une
autre, ou réduire, ou peu importe. Nécessairement, il faudrait rouvrir la loi,
mais, bon, je comprends.
M. Boulet :
Mon Dieu! Moi, je pense que les associations qui sont au conseil
d'administration de la CCQ... ce serait un débat, à mon avis, qui se règlerait
rapidement.
M. Leduc :
Parfait. Merci.
M. Boulet :
Merci.
La Présidente (Mme D'Amours) : Oui,
Mme la députée de Bourassa-Sauvé.
Mme Cadet : Merci,
Mme la Présidente. Peut-être juste le dernier commentaire, M. le ministre,
donc, vous disiez, donc, depuis que
vous êtes en politique, vous n'avez jamais eu de sollicitation pour la création
d'une sixième association représentative.
Est-ce que vous avez entendu l'inverse, donc, plutôt, donc... donc, la volonté,
donc, de syndicats, donc, de plutôt fusionner, en regard, donc, de la
question de mon collègue?
M. Boulet : Ça
m'est déjà arrivé, mais je ne m'immiscerai pas dans les discussions totalement
confidentielles qui peuvent se tenir entre des syndicats, mais il n'y a
rien qui légalement empêcherait des syndicats de se fusionner. Le cas échéant,
la loi devrait, sans que ce soit urgent, être adaptée. Puis les personnes...
puis j'aimerais ça... collègues de
Bourassa-Sauvé puis Hochelaga-Maisonneuve, on me dit que les votants doivent
avoir cumulé 300 heures dans le secteur, tu sais, ça fait que,
quelqu'un qui est complètement nouveau, on va requérir, comme je mentionnais
tout à l'heure, sa volonté d'adhérer à un syndicat 1, 2, 3, 4 ou 5, là...
Mme Cadet : Sur une base
individuelle, comme on disait, oui.
M. Boulet : ...mais, pour
voter, là, lors du scrutin, ça prend 300 heures.
Mme Cadet : Sur
une base individuelle, comme vous l'expliquez, parce qu'effectivement, là, je
n'ai pas mentionné, donc, les
critères, donc, énoncés à l'article 30, là, un peu plus tôt, là, lorsque
la commission, donc, dresse la liste, donc, des personnes qui sont éligibles au
vote. Donc, c'est là, donc, qu'on constate le 300 heures, mais donc, là,
ça se fait sur une base individuelle. Donc, pour un nouveau membre, qui,
lui... donc, qui est... donc, il doit se syndiquer, même s'il ne... son nom n'apparaîtrait pas sur une liste
transmise aux associations représentatives. Là, vous dites... Je veux juste
revenir sur le... les points de questionnement.
M. Boulet : ...puis
là c'est quand vous avez des détails. Puis moi aussi, j'apprends en même temps,
là, sur la... la poutine un peu, là, mais...
Mme Cadet : C'est complexe.
M. Boulet : ...il
y a aussi des personnes qui votent qui ont moins de 300 heures, mais ils
ne sont pas comptabilisés dans la représentativité...
Mme Cadet : Dans la représentativité,
oui.
M. Boulet : ...ça fait que
c'est quand même une nuance intéressante. Mais je reviens à votre question de base, là, si des syndicats veulent fusionner, oui,
ça m'est arrivé une fois, mais ça n'a pas abouti à rien. Puis, ceci dit, moi,
je vais laisser...
Mme Cadet : Vous dites qu'il
n'y a rien dans la loi qui l'empêche. Donc, dans le fond, donc, ici, donc, à l'article 34, comme nous sommes en train de
l'étudier, donc, le degré de représentativité, donc, puis la... Puis évidemment,
donc, ils sont énoncés sur
l'article 35, donc, qui énonce, donc, comment on le calcule, mais il n'y a
pas de plafond de degré de représentativité dans la loi.
M. Boulet : Non,
non, puis ça pourrait varier. Ce que je constate, c'est que ça ne varie pas
tant que ça. Les pourcentages peuvent varier, puis là il y a des gens, il y a
des personnes qui pourraient confirmer ou infirmer, là, mais c'est plus
deux, moins deux, ça... il n'y a pas de de grosse différence, là.
Mme Cadet : D'accord. Et, dans
le... Et donc, dans... je comprends que c'est assez tout à fait hypothétique,
comme vous le mentionniez, mais, dans l'éventualité de fusion, donc, il n'y
aurait pas non plus... puisqu'il faudrait rouvrir la loi, à ce moment-là, il
n'y aurait pas non plus de volonté, donc, d'énoncer, donc, un plafond de degré
de représentativité dans cette éventualité-là non plus.
M. Boulet : Effectivement, non.
Mme Cadet : C'est très clair.
Merci.
Ensuite, juste revenir, donc, à notre tableau d'un
peu plus tôt, parce que ce... les modifications de l'article 34 ne figurent pas à la ligne du temps que nous
avons. Donc, moi, je comprenais de mon analyse préalable que nous en étions,
donc, au 1er septembre 2027 ici, c'est bien ça?
Des voix : ...
M. Boulet : Oui,
tout à fait. Bien oui, il n'est pas dans le tableau, parce que ce n'est pas au
coeur du processus de négociation, là, mais c'est 1er septembre
2027.
Mme Cadet : Donc, à ce
moment-ci...
M. Boulet : En
fait, 1er septembre de l'année précédente.
Des voix : ...
Mme
Cadet : ...parce que, là, on tombe... on était huit mois
précédant la date d'expiration, là on arrive à 20 mois précédant la date d'expiration. Donc,
habituellement, le degré de représentativité, donc, était connu un peu...
justement, donc, un peu plus tôt.
M. Boulet : ...2028. C'est ce
que je pensais, c'est 1er septembre 2028, parce que c'est le
1er septembre qui précède la date d'expiration des conventions, donc le
30 avril suivant.
Mme Cadet : C'est 2027. 20 mois
avant... Parce que ça se termine... 2029, donc 20 mois avant, on serait en
septembre 2027, ici. Parce que, là, nous
étions au maraudage, mai 2027, la tenue du vote d'allégeance syndicale, juin
2027. Donc, ici, donc, on serait tout de suite après, donc au
1er septembre 2027.
M. Boulet : ...
Mme Cadet : OK. Donc, c'est là
que nous sommes. Et, à ce moment-ci, donc, ce qui se passe, donc, on dit, donc, la commission, donc, constate le degré, elle
délivre à chaque association, donc, le nom... dont le nom a été publié
suivant l'article 29, donc les cinq syndicats représentés, un
certificat...
M. Boulet : ...représentativité.
Mme Cadet : Oui, avec les
critères énoncés à l'article 35, que nous énoncions plus tôt, là, avec les
pourcentages visés et la liste, donc, des salariés. Donc, le premier moment,
donc, où les associations représentatives prennent
connaissance, bien, en fait, des résultats du vote, là, en fait, officiels, là,
les résultats officiels du vote... donc, c'est le premier moment où
est-ce qu'ils connaissent, donc, leur poids... bien, leur degré de
représentativité, là, ça l'indique, bien, leur poids de représentation pour les
quatre prochaines années.
M. Boulet : Tout à fait.
Mme Cadet : OK.
C'est très clair. Parfait. Donc, on... Donc... je comprends où est-ce qu'on se
situe, ici. Merci.
La Présidente (Mme D'Amours) : Merci.
D'autres commentaires? Est-ce que l'article 12 est adopté?
Mme Cadet : ...
Des voix : Adopté.
Mme Cadet : Ah! ce n'est pas
grave. Ce n'est pas grave.
La Présidente (Mme D'Amours) : Nous
passons à l'article 13. M. le ministre.
M. Boulet : Vous pourrez me le
redemander.
13. L'article 35.3 de cette loi est modifié
par le remplacement, dans le premier alinéa, de «neuvième» par «vingt et
unième».
Commentaires,
donc : La loi R-20 — on
en a parlé aussi — prévoit
des présomptions de choix ou de maintien de choix d'une association quand un salarié n'a pas effectué de choix,
donc n'a pas été en mesure de le faire ou n'a pas voté. Il est ainsi
réputé avoir choisi la dernière association en faveur de laquelle il a exercé
un choix.
Donc, en concordance — c'est
uniquement la concordance, là, sur le fond, ça ne change pas — avec
les dispositions précédentes devançant d'un
an la période de maraudage, l'article 13 propose de devancer d'un an la
période d'application de ces présomptions-là. Alors, c'est complet.
La Présidente (Mme D'Amours) : Merci.
Commentaire sur 13? M. le député d'Hochelaga-Maisonneuve.
M. Leduc : C'est intéressant.
On pourrait appliquer ça aux élections générales aussi, non?
M. Boulet : Bien, si vous le
proposez, ça... Faites attention.
M. Leduc : Vous, vous auriez
intérêt à faire ça, vous autres.
M. Boulet : Faites attention.
Est-ce que c'est une bonne proposition?
M. Leduc : Vous auriez intérêt
à étudier ça, du côté du gouvernement.
M. Boulet : Donc,
tous ceux qui ne votent pas, on présume qu'ils ont le même vote que l'élection
précédente.
M. Leduc : ...une chance, c'est
un vote secret.
M. Boulet : Faites attention.
M. Leduc : Une chance, c'est un
vote secret, hein?
M. Boulet : Faites attention.
M. Leduc : Une
chance que c'est un vote secret. Bien, blague à part, M. le ministre,
j'imagine que c'est en raison des cotisations syndicales qu'on
fonctionne comme ça?
M. Boulet : Bien oui, bien sûr,
il faut...
M. Leduc : Parce
qu'autrement ils tomberaient comme dans les limbes, puis on ne saurait pas trop
comment les...
M. Boulet : Bien oui, bien oui,
c'est pour le précompte syndical, effectivement.
M. Leduc : OK. Il n'y a pas
d'autre motif?
M. Boulet : Non. Ça fait que
ça, cet amendement-là, c'est simplement de la concordance.
M. Leduc : Est-ce qu'on a des
statistiques sur le nombre de personnes qui ne votent pas? C'est-tu...
Des voix : ...
• (12 h 40) •
M. Boulet : ...il veut savoir
est-ce qu'il y en a beaucoup. Il y en a probablement... Tu sais, dans les
périodes de scrutin...
Des voix : ...
M. Boulet : ...de 20 % des personnes qui votent, ça fait
que la présomption s'applique de façon assez importante.
M. Leduc : Oh! OK, mais ils
sont... Puis on est sûrs que tout le monde a déjà voté au moins une fois?
M. Boulet : Bien
oui, bien oui, parce que le précompte s'effectue. Donc, on fait les déductions
à la source des cotisations syndicales. Ça fait que oui, mais ce n'est
pas...
M. Leduc : Mais on peut-tu
forcer quelqu'un à voter? Comment ça marche?
M. Boulet : Ah! mais non...
M. Leduc : Parce que, tu sais, mettons, je rentre dans la
construction, là, si je ne vote jamais, qu'est-ce qui se passe?
M. Boulet : Bien là, moi, je me
fie aux associations syndicales, là, ça... moi, ça... puis ça... oui.
M. Leduc : Non,
non, mais ce n'est pas ça que je veux dire, dans le sens où, si moi, je suis un
nouvel employé, je viens de faire ma formation accélérée, mon AEP
frigoriste...
M. Boulet : Ah! chanceux.
M. Leduc : Chanceux.
M. Boulet : Vous allez
travailler...
M. Leduc : Puis là je rentre
dans l'industrie de la construction, je reçois un bulletin de vote, puis, moi,
ça ne m'intéresse pas, puis je ne vote jamais. Qu'est-ce qui se passe à ce
moment?
M. Boulet : Bien, ça prend un
premier vote.
M. Leduc : Bien oui, mais...
M. Boulet : Puis ça... Oui.
M. Leduc :
Qui vous force à faire le premier vote?
M. Boulet :
Bien, c'est à l'entrée quand tu commences.
M. Leduc :
Tu ne peux pas avoir de contrat?
M. Boulet : Tu ne peux pas en avoir
de? Si tu rentres dans le secteur de la construction puis que tu n'as pas voté,
on va te demander à quel syndicat tu adhères. Ça fait qu'il va
dire : J'adhère à l'Inter, la... un des cinq.
M. Leduc :
Oui, ça, c'est en dehors des périodes de maraudage, en effet. Tout à fait.
M. Boulet :
Et, s'il ne vote pas par la suite, on applique la présomption.
M. Leduc :
D'accord. Donc, à l'entrée, en dehors du maraudage, tu rentres, tu es un
nouveau, une nouvelle...
M. Boulet : Si tu dis : Je suis
pour le Syndicat Leduc incorporé, tu vas rester avec ça, à moins que tu décides
d'aller voter pour changer.
M. Leduc :
D'accord. Et ce que je comprends
des statistiques, à sa face même un... peut-être un peu décevante, de
participation...
M. Boulet : Ah! bien, moi aussi, ça
m'étonne, mais je savais que ce n'était pas très élevé. Mais, dans les campagnes
de maraudage, au Québec, il y en a que c'est plus faible que ça.
M. Leduc : Mais
en même temps... bien, si moi, mettons, je rentre puis je veux voter pour le
syndicat... on va prendre une couleur,
mettons, là, le syndicat mauve, puis j'entre dans le milieu de la construction,
puis moi, je vote au syndicat mauve, si je ne veux pas changer de
syndicat, je ne suis pas obligé de revoter à chaque élection.
M. Boulet :
Exact. Exactement.
M. Leduc :
OK, bien, ça, ça explique peut-être un peu plus la participation plus...
M. Boulet :
Tout à fait.
M. Leduc :
Ah! voilà.
M. Boulet :
C'est sûr que, si, tu sais... bien, que tu es... ce n'est pas nécessaire de
voter. En fait, dans le 80 % qui ne votent pas, il y en a probablement un
fort pourcentage — puis
ça, je ne suis pas capable de le sonder — qui ne veulent pas changer,
qui décident de rester avec le même. Ça fait que, dans le, mettons, 18 %
qui votent, il y en a probablement un fort pourcentage que c'est pour changer
d'allégeance syndicale.
M. Leduc :
Mais ça, est-ce qu'on a des chiffres là-dessus?
M. Boulet :
Je ne le sais pas si on l'a aussi détaillé que ça, là, mais...
M. Leduc : Je serais curieux de voir, de ceux qui votent,
est-ce qu'ils votent pour rester ou pour... j'assume que...
M. Boulet : Bien, je présume, moi,
puis c'est une assomption, là, mais on n'a pas probablement ce détail fin là.
M. Leduc :
Bien, on... pourquoi on ne l'aurait pas, le détail? C'est... l'individu, on
le sait.
M. Boulet : Bien, il faudrait
calculer — bien,
peut-être qu'il existe — sur
les 100 personnes qui ont voté, il y en a combien qui ont changé
d'allégeance syndicale. Et peut-être qu'on est capables d'avoir cette
information-là, là, mais je vais le vérifier.
M. Leduc :
Bien, c'est sûr qu'on l'a, parce qu'on envoie des cotisations à gauche ou à
droite.
M. Boulet :
Bien, on va le vérifier. Oui, je pourrais te donner le...
M. Leduc : Puis ça, c'est sûrement anonymisé, je veux dire,
en quelque part, mais ce chiffre-là... OK, mais je comprends mieux,
donc, le chiffre est assez bas, parce que, si tu es dans le même syndicat, tu
ne veux pas changer...
M. Boulet :
Bien oui, bien oui, bien oui.
M. Leduc :
...ça ne sert à rien d'envoyer un bulletin, là. OK.
M. Boulet :
Bien non, exact.
La Présidente (Mme
D'Amours) : C'est bon? Mme la députée de Bourassa-Sauvé.
Mme Cadet :
Oui, merci. Merci, Mme la Présidente. D'abord, rapidement, sur la forme,
ici, là, je comprends qu'on est au... on est
au mois d'août 2027, ici. Puis je pense que ça, ça peut se confirmer, mais
juste sur la conversation qu'on vient d'avoir, donc, 20 %, moi,
tantôt, j'ai été vraiment surprise, là, 20 %.
M. Boulet :
Moi de même.
Mme Cadet : Donc, c'est un chiffre
extrêmement bas. Est-ce qu'il y a des campagnes? Est-ce qu'il y a quelque
chose qui est fait pour augmenter le taux de participation? Parce que ça...
M. Boulet :
Oui, il y a des campagnes de publicité, de sollicitation, d'information.
Chacun a son approche stratégique, mais je pense que le pourcentage faible
découle de l'application des présomptions. En fait, tu n'as pas besoin de voter
si tu ne veux pas changer. Puis, si tu votes... on présume que, la majorité des
votants, c'est parce qu'ils veulent changer de syndicat, mais peut-être qu'il y
en a qui votent parce qu'ils veulent réaffirmer leur adhésion au
syndicat 1, mais c'est ça. Mais, oui, il y a des campagnes de maraudage
qui ont fait...
Mme Cadet :
...
M. Boulet :
...qui ont fait l'objet de médiatisation, parfois, là, parce que ça se faisait
de façon très, très publique, parfois, puis il y avait des dénonciations qui
étaient faites. Mais je vous dirais que les campagnes de maraudage se font de
la manière la plus respectueuse, de la civilité, de la bonne collaboration,
puis je pense que ce que nous allons changer
dans la loi R-20 va permettre que ces campagnes de maraudage là soient
encore plus harmonieuses.
Mme Cadet : Bien, en fait, je me suis
peut-être mal exprimée, là, c'est parce que j'ai parlé de campagne... plus
de la Commission de la construction du Québec. Est-ce que c'est une
préoccupation pour la CCQ, ce taux?
M. Boulet :
Non, non, pas du tout.
Mme Cadet :
Pourquoi? Parce que la CCQ...
M. Boulet :
Bien, c'est parce que chaque salarié a droit d'exprimer en toute liberté sa
décision d'adhérer à tel ou tel syndicat. Ça
fait que, non, la Commission de la construction du Québec... En tout cas, moi,
je n'ai jamais eu d'échange où la CCQ
m'a démontré une préoccupation à l'égard du plus bas... d'un taux de
participation qui est plus bas. Mais ceci dit, encore une fois... puis
moi, je ne m'immiscerai jamais dans les campagnes puis les façons de faire des syndicats, mais la campagne de maraudage, c'est...
ça leur appartient véritablement puis c'est eux qui décident comment la
faire puis quel résultat ça va donner.
Mme Cadet : D'accord. Puis, je vous
dirais, c'est ça, donc, c'est quand même un... C'est sûr que les parallèles
sont un peu boiteux avec les élections générales, là, mais c'est sûr que...
Parce que, bon, il y a la... comme vous l'indiquez,
puis c'est une présomption qu'on fait, là, mais étant donné, donc, la... bon,
la présomption, donc, du choix, donc,
face au scrutin précédent, je comprends, donc, ce que vous dites en matière
d'incitatifs, mais il semble quand même y avoir, donc, une préoccupation
démocratique ici lorsqu'on a une si faible...
M. Boulet : ...je diffère d'opinion.
C'est le respect d'un choix et c'est le respect d'une décision individuelle de
ne pas changer. Puis la période de maraudage, c'est une opportunité de décider
de changer d'allégeance syndicale, il faut le voir de cette manière-là,
dans le milieu de la construction. Et la plupart des personnes, ce que nous
constatons, décident de demeurer avec le même syndicat. Moi, je trouve que
c'est un modèle de relative stabilité puis de... relative d'un environnement
qui est plus pacifique.
Puis, je le répète,
la sollicitation se fait, les campagnes se font, s'organisent par les
syndicats, mais je vois ça plus comme étant positif que négatif. Puis moi, si
j'étais un travailleur de la construction, puis que j'adhérais au syndicat X, puis que je décidais que je suis
content avec eux autres, puis que je suis satisfait de la représentativité, des
conseils puis de leur façon de
négocier, ne venez pas m'achaler. Moi, si je décide de rester là, imposez-moi
pas de voter. Ça fait qu'il y a du pour et il y a du contre. Je
comprends très bien votre point de vue, là, mais ce n'est pas si négatif que ça
au plan démocratique.
Mme Cadet : Bien,
comment est-ce qu'on s'assure du maintien de la légitimité de la
représentativité quand, au fil... je comprends, donc, bon, après, donc, une ou
deux, donc, conventions collectives, là, mais au fil, donc, du processus, qu'il
n'y ait pas eu de nouveau vote de réaffirmation, donc, d'un taux très, très
élevé de travailleurs, est-ce que ce sont... Je comprends que ce n'est pas une
préoccupation de la CCQ, mais vous... Et puis là, je ne suis pas en... on n'est pas en train de déposer un amendement,
là, on est juste en train, donc, d'avoir, donc, la conversation ici face à ce
qui peut être préoccupant dans l'industrie.
Est-ce que, vous, c'est un élément que vous questionnez un peu, quand vous
parlez avec la CCQ?
M. Boulet : Je
comprends vos commentaires, mais ce n'est pas une préoccupation pour moi parce
que le maraudage appartient totalement au syndicat, puis la tenue d'une période
de maraudage, la façon dont ça s'effectue, c'est
véritablement de la compétence, de la juridiction des syndicats. Et, dans la
mesure où il y a une adhésion obligatoire, tu sais que, quand tu adhères à ce syndicat-là puis tu es satisfait,
bien, ne pas voter, c'est exprimer une satisfaction à l'égard de ton
syndicat. Non, mais ça ne me préoccupe pas du tout.
Mme Cadet : Merci. Tantôt, on
parlait des chiffres, si c'était possible, donc, de façon anonymisée, parce
qu'évidemment le scrutin, il est secret, de savoir, donc, quel est le taux de
répondants, donc, qui changent, donc, de syndicat,
là, qui changent, donc, de représentation au fur et à mesure des scrutins.
Est-ce que ces chiffres-là... si on est capables, donc, de les
obtenir...
M. Boulet : Bien oui.
Mme Cadet : ...on serait en
mesure, donc, de les obtenir soit par sites ou par...
• (12 h 50) •
M. Boulet : Bien
oui, c'est publié. Oui, oui, tout à fait. Les pourcentages, je les ai donnés.
Puis, après le prochain scrutin, on peut regarder si la FTQ est passée de
43 % à 42 % ou à 44 %. Oui, oui, tout à fait. C'est public, ces
chiffres-là.
Mme Cadet : ...c'est ça, on
serait en mesure de voir, donc, que le 20 % qui a voté...
M. Boulet : Ah! tout à fait. On
sait que le...
Mme Cadet : Donc, c'est
18 %, ou 17 %, ou 20 % au complet qui ont... qui sont allés
voter pour changer.
M. Boulet : ...en 2020, c'est
17,43 % qui ont voté; en 2016, 20,17 %. Ça fait que, s'il y a eu des
variations de tant de pour cent, on sait que, sur le 20 %, il y en a tant
qui ont changé d'allégeance syndicale. Tu sais, si on regarde le SQC, l'Inter, CSN, CSD puis FTQ, puis qu'on
additionne les différentiels, puis qu'on aboutit à 14 %, on dit :
14 % sur le 20 %, c'est des personnes qui ont changé, c'est
aussi simple que ça.
Mme Cadet : Merci beaucoup.
La Présidente (Mme D'Amours) : Merci.
M. le député d'Hochelaga-Maisonneuve.
M. Leduc : Bien, deux éléments,
Mme la Présidente. D'abord, mettre peut-être une nuance, là, moi aussi, sur le fait de... c'est peut-être... tu sais, c'est
inquiétant, le bas taux de participation. Tu sais, moi, j'ai en tête plusieurs organisations communautaires ou des ONG où,
maintenant, quand tu adhères à l'ONG, ils t'offrent le renouvellement
automatique de ton membership, tu sais. Ça fait que tu mets ta carte de crédit,
puis tant que tu n'annules pas ton membership,
bien, à chaque année, la carte de crédit, ils vont chercher le 5 $,
10 $, 15 $, 20 $ de ton membership automatique jusqu'à la fin des temps, tant que
tu... tant que toi-même, tu n'as pas fait le geste de l'annuler ou de le
retirer. Je le vois peut-être un peu de la même façon.
Sinon, j'ai mis la main sur le tableau des
chiffres — c'est
un document public, là, les statistiques — puis là je regarde, pour
l'intérêt des gens qui nous écoutent puis des gens présents ici, sur
127 965 votants, donc le scrutin syndical de 2020, il y a
18 779 personnes qui ont voté, et de ces 18 779, il y en a
11 903 qui ont changé d'idée, qui ont
changé de vote, et donc 6 876 qui ont gardé la même allégeance précédente.
Puis j'ai fait une règle de trois rapide, ça me donnait à peu près 64 % de gens qui ont voté qui ont changé.
Donc, il y a à peu près un deux tiers de gens qui ont profité de
l'exercice pour changer d'allégeance.
M. Boulet : ...nos discussions.
M. Leduc : Un tiers, là, a fait
le geste de renouveler son adhésion, mais n'était pas obligé de le faire. Puis
c'est intéressant, parce qu'il y a visiblement plusieurs stratégies syndicales.
Il y a des syndicats qui... c'est une grosse majorité
de gens qui ont voté, de ce syndicat-là, qui ont changé. Il y a certains
syndicats que c'est quasiment moitié-moitié, donc ils ont misé sur un
certain renouvellement, visiblement. Après ça, chacun a sa stratégie terrain,
j'imagine. Mais ces chiffres-là sont donc dans un rapport, là, de la CCQ.
La Présidente (Mme D'Amours) : D'autres
commentaires? L'article 13 est-il adopté?
Des voix : Adopté.
La Présidente (Mme D'Amours) : L'article 14,
M. le ministre, s'il vous plaît.
M. Boulet : Merci, Mme la
Présidente.
14. L'article 36 de cette loi est modifié
par le remplacement, dans le deuxième alinéa, de «du huitième mois» par «de la
période visée par le rapport mensuel du vingtième mois».
Commentaires : En concordance
avec les dispositions précédentes devançant la période du choix d'allégeance,
l'article 14 propose de devancer d'un an la prise d'effet de la carte
d'allégeance syndicale remise par la CCQ à chaque salarié. Voilà, c'est
tout.
La Présidente (Mme
D'Amours) : Commentaires sur l'article 14? Mme la députée de
Bourassa-Sauvé.
Mme Cadet :
Oui, Mme la Présidente. Donc, ça me permet de poser la question que j'avais
un petit peu plus tôt à la modification de
l'article 34, ici, parce que c'est la même. C'était juste pour bien
comprendre. Donc, le rapport mensuel... Parce qu'ici, bon, je disais,
c'est la même, donc on est encore, donc, au... on est au 1er septembre
2027. Donc, d'une part, on informe les associations
représentatives de la liste, donc, des salariés qu'elles représentent et de
leur degré de représentativité. D'autre part, de façon concomitante, la
commission fait parvenir à chaque salarié, donc, leur carte, donc, d'allégeance syndicale. Donc, sur leur carte, donc, de
métier, donc, qu'ils ont, donc, on indique, donc, le... En fait, donc, c'est ça, donc, la... on a,
donc, la portion, donc, de la carte d'allégeance syndicale, donc, qui est remise
à l'employé.
Le
rapport mensuel... parce qu'évidemment, donc, on ne fait pas que changer du
huitième mois au 20e mois, là, comme
on le fait, donc, dans les autres modifications précédentes, on ajoute l'aspect
du rapport mensuel. Donc, c'est un peu ça, la question que j'avais plus
tôt, que j'ai omise.
M. Boulet :
...en fait, le nouveau libellé fait référence, effectivement, à ça. La
question est légitime. Là, au premier jour de la période visée par le rapport
mensuel... en fait, du premier mois, en fait, du mois de septembre, parce que c'est véritablement à compter de ce
moment-là qu'on peut faire le lien entre un salarié pris individuellement et
son association syndicale aux fins du précompte de la cotisation syndicale.
Donc, c'est exactement ce que vous soumettez.
Mme Cadet :
Oui. Puis peut-être juste expliquer pour tout le monde, donc, le rapport
mensuel, donc, de quoi il s'agit, ici.
M. Boulet :
Le rapport mensuel, c'est le rapport qui est préparé par la commission de
la CCQ, et là on est en mesure de déterminer
c'est quoi, son adhésion. Je vais le lire plus précisément. À
l'article 82, on dit : La commission peut, par règlement
approuvé par le gouvernement et publié à la Gazette... on oblige tout
employeur à lui transmettre un rapport mensuel de la manière qu'elle le
prescrit, comportant tous les renseignements, là, les noms, prénoms,
compétences, nombres d'heures, mais il y a aussi le règlement sur le registre,
le rapport mensuel, les avis des employeurs puis la désignation d'un employeur.
Puis
il y a un document, là, qui réfère à ce rapport mensuel là de l'employeur, un
document de la Commission de la construction du Québec. Et c'est dès que
ce rapport-là est émis que la CCQ peut faire le lien ou la jonction entre la
personne, son syndicat, et là peut faire le précompte de la cotisation
syndicale.
Mme Cadet :
OK. Je pense que je saisis, Mme la Présidente. Donc, je veux juste
m'assurer que j'ai bien compris. Donc, ici,
donc, la raison pour laquelle, donc, la modification de... En fait, c'est plus
qu'une simple modification de
concordance, ici, là, précisément, si j'ai bien compris, c'est que plutôt que
de simplement, donc, faire le report dans le temps avec la nouvelle
ligne...
M. Boulet :
...on réfère à la période visée par le premier rapport mensuel du mois de
septembre.
Mme Cadet :
OK. Ah! d'accord, donc, plutôt... Ici, donc, on n'est pas le
1er septembre, on est, donc, le premier jour où est-ce qu'on reçoit, donc,
le rapport mensuel...
M. Boulet :
Absolument.
Mme Cadet : ...qui
est réalisé par les employeurs chaque... ou chaque début du mois, là,
manifestement, que la CCQ reçoit.
M. Boulet :
Puis c'est là que la CCQ peut... Exactement.
Mme Cadet :
OK. Donc, la CCQ reçoit ce rapport-là, puis une fois qu'elle l'a reçu,
parce qu'elle voit, donc, la liste des salariés pour chacun des employeurs lors
de la réception du rapport mensuel, et peut donc informer, d'une part, les associations représentatives de leur
degré de représentativité et, d'autre part, transmettre aux salariés leur carte
d'allégeance syndicale en fonction du rapport mensuel.
M. Boulet :
Tout à fait, tout à fait.
Mme Cadet :
Et pourquoi le rapport, donc, ne se retrouvait pas, donc, dans le libellé
précédent?
M. Boulet : Moi, je pense que ça
engendrait des retards. Puis là, je dis, c'est probablement un retard
administratif, mais la révision de la loi nous permet de l'adapter à la
réalité.
Mme Cadet : Je
comprends. Donc, essentiellement, donc, ce qu'on vient d'expliquer comme
concept ici, là, c'est...
M. Boulet :
Exact.
Mme
Cadet : ...c'est, dans le
fond, la loi, donc, faisait... faisait en sorte que, comme je l'ai mentionné à
l'article... à l'article 12, bien, le premier... bien, le
1er septembre, bien, en fait, ils n'arrivaient jamais à répondre à leur
obligation.
M. Boulet :
Au lieu d'être un moment... exactement.
Mme Cadet :
OK, parce qu'il y avait le rapport mensuel... Donc, on l'adapte.
M. Boulet :
Puis je pense bien que les rapports mensuels, ils sont reçus, bon, dans la
semaine qui suit, ce qui permet à la CCQ... Ce libellé-là est beaucoup plus
compatible avec les façons de faire.
Mme Cadet : Oui. Donc, pour permettre
à la CCQ, donc, d'être en... de respecter les dispositions législatives de la
R-20, donc on en profite pour ajuster le tout à la réalité.
M. Boulet :
Oui.
Mme Cadet :
Parfait. C'est très clair.
La Présidente (Mme
D'Amours) : D'autres commentaires sur 14? L'article 14 est-il adopté?
Des voix :
Adopté.
La Présidente (Mme D'Amours) : L'article 15,
M. le ministre... 21, pardon. On s'en va vers... à 21, selon le plan.
M. Boulet :
Moi, je n'ai pas ça, moi, je suis à 15.
La Présidente (Mme
D'Amours) : Je vous dirais qu'avant de le lire, compte tenu de
l'heure, M. le ministre, je pense que je vais vous remercier de votre
collaboration, et je suspends les travaux jusqu'à 14 heures.
(Suspension de la séance à 12
h 59)
(Reprise à 14 h 03)
La Présidente (Mme
D'Amours) : La Commission de l'économie et du travail reprend ses
travaux. Nous poursuivons l'étude détaillée du projet de loi n° 51, Loi
modernisant l'industrie de la construction.
Lors
de la suspension de nos travaux ce midi, nous étions rendus à l'étude de
l'article 21. Donc, M. le ministre, s'il vous plaît, si vous voulez
bien nous en faire la lecture.
M. Boulet :
Merci, Mme la Présidente.
21.
L'article 44.3 de cette loi est modifié :
1° par le
remplacement, dans le premier alinéa, de «neuvième» par «vingt et unième»;
2° par le
remplacement, dans le deuxième alinéa, de «huitième» par «vingtième».
Commentaires :
La loi reconnaît trois associations sectorielles d'employeurs pour lesquelles
la Commission de la construction doit constater le degré de
représentativité.
L'article 21
propose de devancer d'un an — en fait, c'est un article miroir, là — la
période d'un mois au cours de laquelle la CCQ constate le degré de
représentativité des associations sectorielles d'employeurs puis la date de prise d'effet du certificat, délivré par la CCQ
à chaque association, lequel établit son degré de représentativité. Merci.
La Présidente (Mme
D'Amours) : Merci. Oui, M. le député d'Hochelaga-Maisonneuve.
M. Leduc :
C'est quoi, la différence de procéder par rapport à la représentativité par
rapport au milieu syndical? Tantôt, on a eu
un échange sur le fait que les associations syndicales étaient nommées dans la
loi, que, si d'aventure elles devaient changer, il fallait changer la loi. Là,
je ne vois pas de nom, mais c'est peut-être parce qu'on ne touche pas à
cet article-là.
M. Boulet :
Bon. C'est les associations sectorielles d'employeurs qui sont reconnues par la
loi. Puis la représentativité, elle est
définie, à 44.3, comme correspondant au pourcentage que représente, selon les
rapports mensuels transmis à la commission par les employeurs au cours des
12 premiers mois des 15 mois civils complets précédant le mois visé, le nombre d'heures de travail déclarées
comme ayant été effectuées dans son secteur par rapport au nombre total
d'heures de travail déclarées comme ayant été effectuées dans l'ensemble de
l'industrie. Ça fait que c'est une mécanique
un peu différente, là, mais c'est un pourcentage d'heures par rapport au nombre
total des heures déclarées.
M. Leduc : Donc,
les associations représentatives ne sont pas nommément précisées dans la loi,
contrairement aux associations... Ah! OK.
M. Boulet : Oui, ils sont
nommés à l'article 1. Il y a l'APCHQ, l'ACRGTQ puis l'ACQ. L'ACQ, c'est
l'Association de la construction du Québec, APCHQ... professionnels habitation
du Québec, puis ACRGTQ, c'est les grands... les grandes routes et les grands
travaux, les routes et grands travaux...
M. Leduc : Dans l'article...
M. Boulet : ...les routes et
grands travaux.
M. Leduc : Excusez.
J'essaie de me comporter selon les nouvelles... les rappels de directives. Dans
l'article 1, vous dites, les définitions, c'est là qu'ils sont nommés?
M. Boulet : Oui, si je ne
m'abuse.
M. Leduc : Ah! je le vois, là,
«associations d'entrepreneurs»...
M. Boulet : Oui,
puis, quand j'ai lu mon commentaire, collègue, j'ai mentionné... OK. Bien,
c'est ça, c'est les...
M. Leduc : ...c1, c2, c'est ça?
M. Boulet : ...c1,
c2, bon, pour le secteur résidentiel, c'est l'APCHQ; pour le secteur
institutionnel, commercial et
industriel, c'est l'ACQ; pour le génie civil et la voirie, c'est l'ACRGTQ. On
est habitués avec les acronymes, là, mais... comme les syndicats,
d'ailleurs.
M. Leduc : Les
acronymes, oui, ça, c'est très populaire dans le milieu. Si je comprends bien,
on les nomme...
M. Boulet : Comme les
syndicats.
M. Leduc : ...comme
les syndicats, sauf qu'eux, ils ont... les employeurs ont un mécanisme un peu
plus fluide, à quelque part, de reconnaissance, dans le sens où ça
pourrait évoluer plus facilement.
M. Boulet : C'est une
excellente question. Il y a l'AECQ, l'Association des entrepreneurs en
construction du Québec, qui est la seule association d'employeurs à adhésion
obligatoire au Québec, et c'est cette association-là qui négocie les clauses communes. Et les trois
associations sectorielles qui sont reconnues dans la loi, c'est celles dont on
vient de mentionner, il n'y a pas d'adhésion obligatoire. Mais c'est sûr, en
pratique, il y a des entrepreneurs ou des entreprises qui sont membres d'une ou
de deux associations parce qu'il y en a qui sont dans plus qu'un secteur. Il y
a des entrepreneurs qui peuvent être à la
fois dans le résidentiel puis le commercial, puis, bon, ils peuvent décider
d'être membres de plus qu'un, et chacune de ces associations-là négocie
avec les syndicats les clauses sectorielles.
M. Leduc : Et, dans ce
scénario-là, encore une fois, je pourrais théoriquement me partir une
association d'employeurs, aller chercher des entreprises, les fédérer sous mon
chapeau, qu'ils me livrent suffisamment d'heures puis pour apparaître dans la
loi, éventuellement?
M. Boulet : Bien, je
raisonnerais de la même façon, là, ce n'est pas prévu dans la loi. Tu ne peux
pas le faire à moins de le faire pour
d'autres raisons. Mais, si tu le fais pour les fins de négociation de
renouvellement de convention collective de travail, ça ne marchera pas.
M. Leduc : Donc, c'est, là
aussi, quelque chose d'extrêmement stable, j'imagine, à travers le temps, là.
M. Boulet : C'est un régime qui
est éprouvé, c'est un régime qui, effectivement, génère pas mal de stabilité,
tant du côté syndical que patronal.
M. Leduc : Puis est-ce que les
associations patronales qui sont nommées dans la loi, ici, sont inchangées
depuis 20, 30 ans?
M. Boulet : À ma connaissance, ils
ont... c'est depuis l'adoption de la loi, là.
M. Leduc : Des décennies, ah
oui. OK.
M. Boulet : Je ne sais pas qui
ferait l'historique... C'est depuis le début, collègue.
M. Leduc : Parce que ce
régime-là de la construction, c'est quoi, c'est les années 80, 90?
Des
voix : ...
M. Boulet :
1993, c'est ça. C'est ce que je pensais.
M. Leduc :
Donc, ces associations-là sont telles quelles au moins depuis 1993.
M. Boulet :
Exact, oui.
M. Leduc :
OK. Merci.
M. Boulet :
Ça fait 30 ans.
La Présidente (Mme
D'Amours) : ...que l'autre personne ait terminé de parler. Vous
êtes...
M. Boulet :
Est-ce que c'est 1 à 1, Mme la Présidente?
La Présidente (Mme
D'Amours) : 10 à 10, je vous dirais.
M. Boulet :
On se connaît trop, lui puis moi.
La Présidente (Mme
D'Amours) : Mais la discussion va très bien, là, le ton est courtois,
mais c'est juste une question de technique, là, puis la régie a de la
difficulté à savoir qui parle, parce que les caméras aussi ont de la difficulté à vous suivre, alors je vous demande
juste de faire quelques secondes de temps, d'attendre que l'autre personne
ait terminé pour commencer à parler, s'il vous plaît. Merci beaucoup. Merci,
c'est gentil.
M. Leduc :
Moi, ça complète, Mme la Présidente.
La Présidente (Mme
D'Amours) : Ça complète? Merci. Mme la députée de Bourassa-Sauvé.
• (14 h 10) •
Mme Cadet : Oui, merci, Mme la
Présidente. Donc, j'ai bien saisi, donc, en effet, donc, à l'article des
définitions, donc, on retrouve le nom des associations sectorielles
d'employeurs.
Donc, ici, donc, on a
un processus que vous expliquez comme miroir, M. le ministre. Donc, on
reprend, donc, notre ligne du temps, donc, la commission, donc, qui est bien
occupée pendant cette période-là de l'année, manifestement. Donc, on serait, donc,
en août 2027, donc, elle constaterait, donc, le degré de représentativité. Et
là je comprends que c'est à l'alinéa trois, donc, qu'on explique, donc, comment
le degré de représentativité, il est calculé du côté des employeurs.
M. Boulet :
...mon Dieu! C'est une excellente question. Bon, c'est le nombre d'heures
déclarées dans les rapports mensuels sur le nombre d'heures totales déclarées
dans le secteur de la construction. Mais industriel, institutionnel, commercial — ce
qu'on appelle ICI, là, c'est, en fait, institutionnel, commercial et industriel — ACQ, pour l'industriel, 6,376 %; pour
l'institutionnel, commercial, c'est 55,3 %; les grands... le génie civil,
voirie, l'ACRGTQ, c'est 20,217 %; puis le résidentiel, l'APCHQ,
c'est 18,101 %, aux fins, là, de la représentativité. C'est quand même
intéressant.
Mme Cadet :
OK, aux fins du calcul, le degré actuel de représentativité. Puis...
La Présidente (Mme
D'Amours) : ...de parler. Merci. Allez-y, Mme la députée.
Mme Cadet :
Merci, merci, Mme la Présidente. Puis ici, rapidement, donc, il est
question du... c'est le même rapport mensuel dont dont nous parlions plus tôt,
donc, à l'article précédent.
M. Boulet :
Tout à fait.
Mme Cadet :
Donc, dans le même document... Je pense qu'on irrite Mme la Présidente.
Donc, je vous vois hocher de la tête, M. le
ministre, donc, je confirme, vous m'avez répondu «tout à fait», pour... aux fins de ce micro. Donc, il s'agit du même rapport
mensuel, donc, transmis à la commission. Et ici, par contre... bien, en fait,
deux questions. Donc, la première, donc là, je comprends, donc, on est au mois
d'août, on constate la représentativité. On délivre aux associations
sectorielles d'employeurs un certificat établissant leur degré de représentativité,
donc, ceux que vous venez de nommer, pour ce qui est, bon, du régime actuel,
là... nous en sommes aujourd'hui. Le certificat prend effet le premier jour du
20e mois précédant la date d'expiration des conventions collectives. Donc,
ici, on n'ajoute pas le rapport mensuel,
donc, le certificat prend effet au 1er septembre, il prendra effet au
1er septembre 2027, dans ce cas-ci, donc. Et je comprends qu'ici il n'y avait pas de nécessité de faire les
modifications, d'attendre donc le rapport mensuel pour pouvoir...
M. Boulet : Non.
Mme Cadet :
Pourquoi?
M. Boulet : Bien, parce que c'est un
certificat qui confirme la représentativité, alors que l'autre rapport mensuel
sert aux fins de précompter, de faire la retenue des cotisations syndicales.
Mme Cadet : OK. D'accord. Ah! Puis...
d'accord, je comprends. Puis là... bien, dans le 44.3 au premier alinéa, donc,
on dit «au cours du — maintenant — vingt
et unième mois précédant la date d'expiration», donc, l'effet temporel
du rapport mensuel, il serait utile dans le cadre du constat de la
représentativité au premier alinéa, mais puisqu'on n'indique pas de premier
jour dans ce cas-ci, la commission parvient à respecter ses obligations en
vertu de la loi grâce au libellé du premier alinéa.
M. Boulet :
C'est clairement exprimé.
Mme Cadet :
Parfait. Et ici, je comprends, donc, l'objectif, donc, d'avoir, donc, un
effet miroir, que le tout se passe en même
temps, tant du côté patronal que syndical, donc, j'imagine, donc, c'est un
objectif de logistique du côté de la commission, on veut s'assurer de ne pas...
bien, en fait, d'être neutre dans la procédure en s'assurant que ça se
fasse en même temps?
M. Boulet : Oui, je pense que c'est
pour ces raisons-là, puis une question d'harmoniser, tant du côté syndical que patronal,
qu'on obtient des pourcentages de représentativité de façon contemporaine, là.
Mme Cadet :
Puis, puisque, là, donc... je comprends, parce qu'on n'ouvre pas, donc, les
articles précédents, puis là, donc, on avait une modification de concordance à
faire à l'article 44.3 de la loi, mais peut-être juste nous expliquer un
peu, donc, comment... bien, en fait, comment est-ce qu'on arrive à ces degrés
de représentativité là. Je comprends comment
ils sont comptabilisés, puis vous avez nommé, donc, les différents
pourcentages, mais comment la commission arrive à ce constat-là, qu'elle
émet au moyen, donc, d'un certificat, donc, qu'elle délivre à chacune des
associations, à 44.3?
M. Boulet : Bien, essentiellement,
c'est un calcul d'heures qui est fait en tenant compte des rapports,
uniquement...
Mme Cadet :
C'est vraiment... OK, c'est tout ça. OK.
M. Boulet :
...puis c'est véritablement les heures déclarées par l'association. Tu
sais, même, il y a... je pense, c'est l'Association de la construction du
Québec qui est venue, puis, en commençant, ils disaient : On représente 62 % des heures déclarées dans le secteur de
la construction. Puis, pour l'industriel, c'est... mettons, j'arrondis à
6,4 %, puis, pour l'institutionnel commercial, c'est 55,3 %,
là. Ça fait que c'est effectivement 62 % des heures déclarées. Puis,
dans... si je prends l'APCHQ, parce qu'on les connaît aussi, c'est 18 % de
l'ensemble des heures déclarées dans l'industrie de la construction.
Mme Cadet :
Parfait. Merci. Puis, quand on regarde donc rapidement, donc, les articles
précédents de la loi, donc, on comprend donc le processus d'entente, là, qui
est réalisé par les associations sectorielles d'employeurs pour pouvoir arriver à déposer un rapport mensuel avec
le nombre d'heures qu'on... en considération du nombre de membres
qu'elles ont.
M. Boulet :
Tout à fait.
Mme Cadet :
Parfait. Donc, c'est très clair pour l'article 21, donc.
La Présidente (Mme
D'Amours) : Merci. D'autres commentaires? L'article 21 est-il
adopté?
Des voix : Adopté.
La Présidente (Mme D'Amours) : Adopté.
Nous serions... Selon le plan, nous pourrions passer à l'article 16.
M. le ministre.
M. Boulet :
Merci, Mme la Présidente.
17.
L'article 41.4 de cette loi est modifié par le remplacement, dans le
deuxième alinéa, de «six» par...
La Présidente (Mme
D'Amours) : ...M. le ministre, le plan de travail, c'était
l'article 16.
M. Boulet :
Oui.
Mme Cadet :
Oui, c'est ça, c'est l'article 16 qu'il lit...
La Présidente (Mme D'Amours) : ...17.
OK, parfait. Je suis désolée...
M. Boulet :
Ah! désolé.
La Présidente (Mme
D'Amours) : ...désolée. Je m'excuse.
M. Boulet : Non, mais c'est mon
erreur. Je suis désolé. Parce que j'ai dit «de "six" par
"sept"», là, mais je pensais bien avoir dit «16», là, mais,
bon.
16.
L'article 41.4 de cette loi est modifié par le remplacement, dans le
deuxième alinéa, de «six» par «sept».
Commentaires :
Bon, la loi, bon, prévoit que la participation des associations représentatives
au processus de négo est régie par un protocole conclu entre elles, ce qu'on appelle
le protocole syndical.
Et donc, ici, on
vient mentionner, avec cet article-là, qu'on le devance de deux mois, soit du
1er avril au 1er février de l'année qui précède celle où expire la
convention collective, la date limite à laquelle les associations doivent
aviser le ministre du Travail de la conclusion de ce protocole. Alors, voilà.
La Présidente (Mme D'Amours) : Merci.
Y a-t-il des questions sur l'article 16? Mme la députée de Bourassa-Sauvé.
Mme Cadet :
Donc, la première des choses dont on réfère, donc, au tableau des
modifications proposées... Donc, je comprends, donc, qu'on est à la date du...
non, on est au 1er février 2028, ici. C'est bien celui-ci?
M. Boulet :
Oui.
Mme Cadet :
D'accord. Et là peut-être juste nous expliquer, d'abord, donc, M. le
ministre, donc, quelle est la nature, donc, du protocole, donc, conclu entre
les associations représentatives ici et que... qu'est-ce qui se retrouve dans
ce protocole intersyndical.
M. Boulet : Bon. J'aimerais ça
avoir... j'en avais un, modèle de protocole. Mais c'est signé par les cinq
syndicats, puis ils s'entendent sur l'approche de négociation, qui va
communiquer sur la place publique, comment on va faire la coordination des
négociations, quelle sera la stratégie, quelle sera... comment on va préparer
les offres puis comment on va participer au processus de médiation. Il y a
plusieurs paragraphes, collègue, mais c'est un protocole syndical, il y a à peu
près sept, huit pages.
Une voix : Cinq.
M. Boulet : Cinq pages? Bon. Il y en
a qui en ont plus que d'autres, là. Mais je vais vous lire les grandes
sections...
Mme Cadet :
Oui, s'il vous plaît.
• (14 h 20) •
M. Boulet :
Bon. Donc — puis
je vais lire un préambule parce c'est intéressant de lire ça, aussi, là — ça
vise à établir un consensus entre les
associations représentatives, ils appellent ça l'alliance syndicale, dans
l'industrie de la construction, puis il permet un déroulement harmonieux
du processus de négociation aux tables particulières, repose également sur le
respect, la transparence, la coopération, la communication entre les syndicats.
Il est... Ça prévoit l'établissement de la structure nécessaire à la négo des
clauses particulières, puis le protocole vise à déterminer les rôles que doivent accomplir toutes et chacune des
associations représentatives, parce que les associations d'employeurs,
c'est beaucoup plus par secteurs, bien, les syndicats, bien, il y a des
syndicats qui regroupent plus de métiers que d'autres, là, ou des métiers plus
distincts.
La première section,
on définit c'est quoi, l'alliance syndicale, essentiellement, on définit les
cinq, la loi, les partis. Ils forment un comité central de négociation. Puis là
ils ont trois représentants de chacun des syndicats, ils sont
15 représentants, puis ils expriment leur position en fonction de leur
degré de représentativité.
C'est
vraiment un exercice démocratique de syndicat qui est intéressant. Les
propositions, contre-propositions, les demandes concernant les clauses
sectorielles sont toujours... dans la recherche d'un consensus, ils tiennent
compte des besoins du comité central avant d'être déposées à la table de négo.
Le comité central doit approuver. Principe de base,
bon, les clauses particulières, c'est une seule table par métier ou occupation.
L'approche de négo, c'est la diligence et
la bonne foi. Là, j'y vais assez simplement, là. Le comité de négo, comment il
est... comment il prépare les demandes syndicales,
les clauses communes, le comité de coordination, composé de cinq membres,
responsable pour l'ensemble des
secteurs. Il voit à la location des salles de négo, conformément aux demandes
des comités de négociation sectoriels. Il s'assure aussi de bien
informer chacun des syndicats de ce qui va se passer, le calendrier de
rencontres. Il y a un comité des tables particulières. Il y a présence
d'observateurs des syndicats lors des séances de négociation.
Ce que ça prend pour
valider les ententes, il faut que ça rallie la majorité des associations en
fonction de leur degré de représentativité. Puis, tu sais, s'ils entérinent,
là, ça prend une majorité, relations publiques, les entrevues, les déclarations
publiques doivent être approuvées par le comité central de négociation, les
frais de négociation et une formule de partage des coûts. Ça fait que, en gros,
c'est ça, mais c'est vraiment de la compétence... c'est de la juridiction des
syndicats.
Mme Cadet :
D'accord. Est-ce que ce document, il peut être déposé sur le Greffier, Mme
la Présidente?
M. Boulet : Ah! moi, je n'ai aucun
problème qu'on dépose celui-là, il est signé à quelle date, hein?
Des voix : ...
M. Boulet :
OK. Moi, je n'ai aucun problème. 29 mars 2024, c'est le protocole
syndical. Je pense que ça peut être déposé au bureau du Greffier.
La Présidente (Mme
D'Amours) : On peut le déposer à la commission. Parfait.
Mme Cadet :
Merci. Donc, ça, c'est, donc, le dernier protocole, donc, en date du
29 mars 2024. Donc, quand je regarde le processus actuel, donc, la date
limite pour une entente sur le protocole de négociation, la date limite, c'est
le 1er avril, donc, c'est celui-ci, là.
M. Boulet :
Totalement.
Mme Cadet :
OK, d'accord. Et là je veux savoir, donc, dans quel... à quelle fréquence
les parties arrivent à s'entendre, pour... elles s'entendent, donc, entre elles
pour conclure le protocole intersyndical.
M. Boulet :
S'il n'y a pas d'entente qu'il y ait un mécanisme d'arbitrage qui est prévu
dans la loi, l'arbitre va résoudre le différend, un différend étant un problème
d'application ou de renouvellement du protocole syndical, sous réserve, là, puis je ne voudrais pas être dans
l'erreur, mais il me semble que ça m'est arrivé une fois où il n'y avait pas
d'entente, où il y avait un syndicat... mais ils ont fini par faire une
entente. Mais des fois il y a un ou deux syndicats qui peuvent ne pas adhérer, tu sais, ça fait qu'il y a beaucoup de
pourparlers. Ça fait que c'est sûr que ça, ça peut et ça génère un peu
de tensions entre les syndicats.
Mme Cadet :
Certainement. Donc là, je vois, donc... quand on ouvre notre R-20, donc,
l'article 41.4 a été adopté en 2011. Donc, il y a eu, donc, de façon...
donc, j'imagine, donc, c'est le quatrième protocole intersyndical qui est
déposé depuis?
M. Boulet : Oui, mais je n'étais pas
là en 2013, en 2017. J'étais là au dernier, à celui-là cette année, puis le
précédent.
Mme Cadet :
OK. Donc, c'est le troisième depuis, donc, 2013‑2017, et là de... non, ça
ne marche pas...
M. Boulet :
Oui, bien, en 2013, on était... nous n'étions pas là. Il y a eu 2013. En 2017,
il y a eu un arbitrage, puis je n'étais pas là, ça fait que c'est conforme aux
souvenirs que j'avais. Mais celui que j'ai vécu, quand même, il n'y a pas eu
d'arbitrage, mais il y a eu des tensions.
Mme Cadet :
Celui de 2021?
M. Boulet :
Oui, exact.
Mme Cadet :
OK. Donc, 2021, donc, il n'y a pas eu d'arbitrage. 2017, il y a eu un
arbitrage.
M. Boulet :
2017, il y a eu un arbitrage.
Mme Cadet :
Et 2013?
M. Boulet :
2013, il n'y a pas eu d'arbitrage.
Une voix :
...
M. Boulet :
Ah! OK, bien, il y a eu un arbitrage aussi.
Mme Cadet :
Il y a eu un arbitrage.
M. Boulet :
Tout à fait.
Mme Cadet :
Donc, quand même, les possibilités d'arbitrage sont assez fréquentes
depuis...
M. Boulet :
En fait, c'est, comme je l'ai exprimé à quelques reprises, une des
motivations de la modification de tout ce calendrier-là pour diminuer les
tensions, parce que, là, on finit, puis, quand il n'y a pas d'entente, on
arrive rapidement à la période d'allégeance
syndicale, puis la poussière n'est retombée, ça fait que... Mais en 2021 il n'y
en a pas eu, d'arbitrage, puis j'étais fier, mais, tu sais, j'ai été
impliqué, là, dans les discussions, là.
Mme Cadet : Merci.
Puis là, donc, je lis, donc, l'article 41.4, donc, vous nous avez lu,
donc, le contenu qui sera déposé,
donc, du protocole conclu avec les associations représentatives. L'avis de la
conclusion... vous avez... on dit, donc, «au moins»... Là, c'est compliqué, là, parce qu'on n'a pas le même
libellé qu'habituellement, parce qu'habituellement c'est
avant la date de la prochaine convention collective, puis ici, donc, on passe
de six à sept, donc, sept mois avant la date
prévue pour donner l'avis de négociation. Là, je suis un peu, juste... ça,
c'est une petite question, là, parce que, là, on passe du 1er avril au
1er février. Donc, comment est-ce qu'on arrive avec un délai de deux mois
s'il y a juste un mois qui est changé dans l'article de loi?
M. Boulet :
Du 1er avril? Bien oui, c'est deux mois, tout à fait. L'avis de
négociation est devancé d'un mois, puis le... L'avis, ici, en fait, il est
devancé de deux mois.
Mme Cadet : Ah! c'est que l'avis de
négociation est aussi devancé, deux mois, c'est pour ça qu'on arrive avec un
délai d'un mois, ici, avant la date prévue.
M. Boulet :
L'avis confirmant l'entente sur le protocole syndical, c'est deux mois.
Oui, c'est vrai, ce que vous dites, ça peut porter à confusion, mais ce n'est
pas le même délai de devancement.
Mme Cadet :
Ah! d'accord. Et là, donc, l'avis de négociation, donc, lui, je pense, dans
la loi actuelle, c'est six mois avant la fin de l'échéance des conventions collectives.
M. Boulet :
Oui, sept mois avant.
Mme Cadet : Et
là ça va être sept mois avant la fin de l'échéance des conventions collectives.
Donc, on recule comme ça, sinon...ça nous situe.
M. Boulet :
Tout à fait.
Mme Cadet :
Donc, maintenant que je comprends mieux, donc, ce délai-là, je reviens à
l'arbitrage, donc, 2013‑2017, donc, on a dû faire appel à un arbitre pour que
les parties s'entendent entre elles. Puis je comprends que toute la procédure est un peu modifiée pour
qu'elles puissent... pour faciliter les échanges. Mais l'arbitre, de son côté,
est-ce qu'advenant le cas, donc, qui est... qui n'est pas improbable, étant
donné la prévalence précédente, qu'il y ait recours à un arbitre, est-ce
que l'arbitre, donc, il a lui-même un délai pour rendre ses décisions?
M. Boulet :
C'est 90 jours, là, si je ne m'abuse, là. Est-ce que c'est bien 90?
Une voix : ...
M. Boulet :
Il n'y a pas de délai.
Mme Cadet :
Il n'y a pas de délai.
M. Boulet :
Non.
Mme Cadet : Bien, M. le ministre,
est-ce que vous ne trouvez pas que ce serait pertinent, donc, d'avoir un délai,
à ce moment-là? Parce que, quand on regarde, donc, la ligne du temps, donc,
les... avec, donc, du côté des modifications proposées, donc, on commence le
maraudage, donc, 12 mois avant, donc, on est vraiment, donc, à un an... on
a vraiment, donc, une année de plus,
donc, toutes les procédures, donc, qui entourent... en fait, tous les articles
de loi qu'on vient de voir sur l'avis de... donc, le constat de
représentativité qui est donné, le maraudage, le vote, la carte.
M. Boulet :
Je comprends, mais ce n'est pas un arbitrage de même nature que celui dans
le Code du travail du Québec, où là il y a un délai de 90 jours. C'est
vraiment un arbitre qui, à défaut d'entente, vient s'asseoir sur les protocoles
déjà conclus entre les parties et confirme. Ce n'est pas un arbitrage où il
entend des témoins, puis il entend les
parties, il entend les experts, puis il rend une décision. C'est vraiment comme
un arbitre avec un peu un chapeau de médiateur, puis il leur dit :
Écoutez, ça, vous avez convenu de telle manière dans les protocoles antérieurs,
puis ce sera ça. C'est plus de même que ça marche. Ça fait que ce n'est pas
souhaité puis souhaitable par les syndicats qu'on enferme ça dans un délai.
• (14 h 30) •
Mme Cadet :
Qu'il y ait un délai.
M. Boulet :
Oh non.
Mme Cadet :
Parce que c'est que, là, je vois... parce que vous dites que ce n'est pas comme
le Code du travail, mais à l'alinéa trois, donc, «les articles
75 à 77, 79 à 81, 83, 88 à 91.1 et 139 à 140 du Code du travail s'appliquent
à l'arbitrage du protocole, compte tenu des adaptations nécessaires», donc...
trouver, donc, le délai...
M. Boulet : Oui, c'est plus
qu'il détermine les modes de preuve, il peut rencontrer les parties, il peut
faire une conférence préparatoire et autres, là, mais il ne fait pas une
audience totale, là. Tu sais, les expériences qu'on a eues en 2013, 2017, ce
qu'on me confirme, c'est qu'il s'appuie sur les protocoles antérieurs, tout
simplement.
Mme Cadet : Oui,
bien, c'est ça, je vois bien, là, donc, au quatrième alinéa,
donc, «aux fins de rendre sa décision,
l'arbitre s'inspire de protocoles auparavant conclus ou décidés».
M. Boulet : Absolument, oui.
Mme Cadet : Et là, donc,
l'arbitrage en 2013 et 2017, quelle a été la durée, donc, la... Bien, en fait,
combien de temps ça a pris pour que l'arbitre, il rendre ses décisions dans ces
cas-là?
M. Boulet : Mon Dieu! On pourra
le vérifier, là, c'est une question d'historique, là. Mais on va vérifier puis
on pourra vous donner la réponse.
Mme Cadet : Bien, je pose la
question, on est... je pense qu'elle est pertinente pour l'adoption de
l'article, ici, parce que, si je comprends bien, notre... l'intention du
législateur, puis ce qu'on est en train de modifier, c'est de nous assurer que
vous, comme ministre, vous receviez, comme ça a été le cas, donc, cette
fois-ci, donc, ou le 29 mars dernier,
le contenu, donc, du protocole intersyndical, à temps pour la suite, donc, des
travaux, là, la suite des négociations. Mais, s'il n'y a pas de délai pour que l'arbitre, il rende sa décision,
j'imagine que, donc, les parties pourraient se rendre au 29 mars, dans le scénario hypothétique,
donc, de cette année, là, comme ça a été le cas, il pourrait se rendre au
29 mars, réaliser : Nous
devrions, donc, le déposer au 1er avril. Si ce n'est pas le cas... et
c'est à ce moment-là que l'arbitrage commencerait.
M. Boulet : Oui, puis c'est la
raison pour laquelle on le devance de deux mois. Mais moi, je demanderais une suspension, parce que je trouve que c'est un
point intéressant. Moi, je veux avoir une réponse claire, là, puis là je ne
l'ai pas, actuellement, mais, si on suspend deux minutes, je l'aurais.
La Présidente (Mme D'Amours) : Je
suspends les travaux quelques minutes.
(Suspension de la séance à 14 h 33)
(Reprise à 14 h 34)
La Présidente (Mme D'Amours) : Nous
reprenons nos travaux. M. le ministre.
M. Boulet : Bon. Merci, Mme la
Présidente. Contrairement à l'information qu'on m'avait donnée, le délai, dans le Code du travail, est prévu à
l'article 90. Et, dans le troisième alinéa, on dit notamment les articles
du Code du travail qui s'appliquent, il y a 88 à 91.1, et, à 90, il doit
rendre sa sentence dans les 60 jours. Donc, il y a un délai. Donc, c'est
moi qui n'étais pas bien informé.
Mme Cadet : Non,
mais c'est pour ça qu'on fait cet exercice d'étude détaillée, M. le ministre.
Merci. Donc, OK, donc, l'arbitre, donc, lui, donc, il a 60 jours
pour rendre sa décision...
M. Boulet : Il a 60 jours,
exact.
Mme Cadet : Donc,
60 jours, donc, 60 jours francs, comme on dit, ou...
M. Boulet : C'est
60 jours, tout simplement.
Mme Cadet : Donc, pas les jours
ouvrables, là, vraiment les jours calendaires.
M. Boulet : Les jours de
calendrier, oui.
Mme Cadet : OK.
La
Présidente (Mme D'Amours) :
...s'il vous plaît, sinon je vais vous demander de vous adresser à la présidence.
Ça va bien, tu sais, le ton est correct, mais soyez vigilants sur vos réponses
que vous faites, s'il vous plaît.
Mme Cadet : Merci, Mme la
Présidente.
La Présidente (Mme D'Amours) : D'autres
commentaires sur l'article 16?
Mme Cadet : Oui, bien...
pardon, là, je n'étais plus sûre, si c'était... on pouvait poursuivre. Donc,
merci, Mme la Présidente.
Donc, je
comprends, donc, que l'arbitre, selon le Code du travail, l'article 90 du
Code du travail, donc, un article qui
s'applique en l'espèce, a 60 jours calendaires, calendrier, pour rendre sa
décision. Dans ce cas-là, donc, s'il y a eu usage, donc, d'un... si, donc, il faut faire appel, donc, à un arbitre
pour avoir, donc, entre les mains... pour que vous ayez entre les mains, donc, un protocole intersyndical, ne
faudrait-il pas que les délais prennent en considération le... la période, là, maximale de décision de l'arbitre?
Parce que ma crainte, ici, là, c'est que... je comprends qu'on a étiré l'agenda
pour permettre que le processus soit ventilé le plus que possible au bénéfice
de toutes les parties, donc on se donne beaucoup de temps, mais là, ici, il n'y a pas grand-chose, donc, qui se... entre
le 1er septembre, là, ce qu'on a vu dans les articles précédents, donc, il
n'y a rien qui se passe jusqu'au 1er février, puis on reprend un peu... on
décale de deux mois, ici, là, l'entente,
mais on ne... On a une opportunité, peut-être, ici, là, de ventiler le
processus en tenant compte de ce délai-là pour que vous ayez entre les mains,
si d'aventure il y aurait décision, donc, d'un arbitre après laquelle...
d'attendre, que le reste de la ligne du temps ne soit pas...
M. Boulet : Bien,
écoutez, on devance de 60 jours, donc on couvre totalement le délai de
reddition de la décision. On passe du 1er avril au 1er février, donc,
s'il n'y a pas d'entente, la décision va être rendue au plus tard le
1er avril, là. Puis là j'y vais de façon pratico-pratique, là, mais
ça répond bien aux commentaires que vous nous soumettez.
Mme Cadet : Donc, le
1er avril. Et là... Excusez-moi. Donc, la fin d'échéance, donc, on
serait... Donc, à quel moment avant la fin de l'échéance des conventions
collectives la décision arbitrale serait rendue?
M. Boulet : ...le
1er avril, 60 jours après. Et ils pourraient soumettre à un arbitre
avant le 1er février, parce qu'ils doivent le soumettre le
1er février. Donc, ils pourraient décider d'aller devant un arbitre parce
qu'il y a une impasse avant.
Mme Cadet : Parfait. Un
instant. Et là... Je regarde, donc, l'article 90 du Code du travail, donc,
l'arbitre rend sa sentence dans les
60 jours suivant la fin de la dernière séance d'arbitrage. Donc, ça
signifie qu'il pourrait y avoir, donc, plusieurs séances d'arbitrage,
donc...
M. Boulet : Oui, c'est prévu
comme ça, mais, dans la pratique, comme vous lisez, il s'inspire des protocoles
auparavant conclus ou décidés puis il peut
en tout temps convenir de modifier le contenu de la décision de l'arbitre, là,
«les parties peuvent». Ce n'est pas un arbitrage traditionnel, le délai
s'applique, mais il n'y a pas des témoins qui sont entendus, là, puis il
n'y a pas d'experts non plus, puis il n'y a pas d'avocats qui plaident. C'est
vraiment... comment je dirais ça, son corridor décisionnel, il est prévu ici,
au quatrième alinéa.
Mme Cadet : OK.
Et là, donc, dans... au troisième alinéa de l'article 90 du Code du
travail, donc, vous pouvez accorder
un délai supplémentaire d'au plus 30 jours pour que les parties, donc...
pour que l'arbitre, là, puisse continuer de...
M. Boulet : Je
ne le fais jamais, là, en pratique, même en vertu du Code du travail, là, on ne
m'a jamais demandé de signer une
prolongation de délai pour permettre à un arbitre de rendre sa décision. S'il
le fait, c'est après avoir convenu avec les parties ou je sais ne pas,
là, mais ici ça m'apparaît plus théorique.
• (14 h 40) •
Mme Cadet : Parfait. Puis, je
continue, Mme la Présidente, le... je regarde le mémoire, donc, de l'ACQ, qui
nous dit ceci, donc : «Concernant que la période de maraudage a été
devancée de 12 mois, l'ACQ propose que le protocole intersyndical soit
remis au ministre du Travail 20 mois précédant l'échéance des conventions
collectives. À défaut, le ministre nomme un
arbitre pour décider du protocole applicable. La décision de l'arbitre doit
être rendue 15 mois précédant l'échéance des conventions
collectives, sans quoi le protocole mis en place lors de la dernière
négociation serait implanté tel quel.»
Donc... Et, dans... Bien, d'abord, peut-être vous entendre, donc, sur cette
recommandation-ci, là.
M. Boulet : Bien, ce que je
comprends, ils demandent de le devancer, le protocole syndical, plus que là?
Mme Cadet : Oui.
M. Boulet : Oui, moi,
là-dessus, ceci dit, avec respect pour l'Association de la construction du
Québec, c'est un protocole qui est convenu
entre les parties. Ça a super bien été cette année. Ça va généralement bien,
même s'il y a un arbitre qui est
nommé pour convenir en tenant compte des protocoles antérieurs. Je ne ferai pas
d'autre commentaire, là. Pour moi, ce
que les syndicats souhaitent dans le calendrier de convention d'un protocole
syndical, ça me convient.
Mme Cadet : Puis juste revenir
à la question précédente, parce que je sais que les...
M. Boulet : Puis juste...
Excusez-moi. Puis l'ACQ, ceci dit, encore une fois, avec respect, n'est pas
partie au protocole syndical.
Mme Cadet : Je vous entends, M.
le ministre. Peut-être juste revenir à la question que j'avais un peu plus tôt sur «avant la fin d'échéance des conventions
collectives», parce que, là, on a... je veux juste m'assurer que ce soit clair.
Les conventions, donc, expirent au 30 avril. Donc, puisque dans le... avec
les modifications proposées, la date limite pour une entente sur le
protocole de négociation serait déposée au 1er février de l'année
précédente. Donc, advenant le cas qu'un arbitre serait nommé au dossier, donc,
on aurait 12 mois en date, donc, disons, donc, du 1er avril, donc,
pour vous déposer le document.
M. Boulet :
Tout à fait.
Mme Cadet :
OK, on a différentes dates. Ça va, Mme la Présidente.
La Présidente (Mme
D'Amours) : C'est bien?
Mme Cadet :
Oui.
La Présidente (Mme
D'Amours) : D'autres commentaires sur le 16? Est-ce que
l'article 16 est adopté?
Des voix : Adopté.
La Présidente (Mme
D'Amours) : L'article 15, M. le ministre, s'il vous plaît.
M. Boulet :
Merci, Mme la Présidente.
15. Cette loi est
modifiée par l'insertion, avant l'article 41.3, du suivant :
«41.2.1. À compter du
premier jour du douzième mois qui précède la date d'expiration de la convention
collective prévue à l'article 47,
l'association sectorielle d'employeurs du secteur institutionnel et commercial,
du secteur industriel ou du secteur
génie civil et voirie doit consulter les donneurs d'ouvrage afin de recueillir
leurs commentaires sur la convention à renouveler ainsi que leurs
suggestions. L'association n'est toutefois pas liée par les commentaires et les
suggestions recueillis.»
Commentaires :
La loi R-20 prévoit une obligation pour les associations d'employeurs du
secteur institutionnel, commercial, génie civil et voirie de consulter
les donneurs d'ouvrage afin de recueillir leurs commentaires.
Puis
l'article 15, bien, propose de devancer du 1er octobre au
1er mai précédant la date d'expiration de la convention la date où cette
consultation doit débuter.
Puis
la disposition qui prévoit cette étape, elle est déplacée dans la loi R-20 pour
refléter ce changement dans la chronologie que vous connaissez. Alors,
c'est tout pour les commentaires.
La Présidente (Mme
D'Amours) : Merci. Oui, M. le député d'Hochelaga-Maisonneuve.
M. Leduc :
...de ce genre de texte là, en ce sens, d'une part, que c'est peut-être un
peu de régie interne de la façon dont se gouvernent les associations. Mais
ensuite ce n'est pas un peu déjà ça qu'ils font, de toute façon? Pourquoi on
vient l'inscrire dans la loi?
M. Boulet :
On ne l'a pas changé, on fait juste devancer. Mais, si vous voulez parler
du fond de l'article, parce que l'amendement
qu'on fait, c'est simplement de devancer, les donneurs d'ouvrage, là, c'est les
entreprises qui sont les clientes des employeurs ou des associations qui
regroupent des entreprises. Ils sont reconnus par le ministre, aussi
après consultation du ministre de l'Économie, et ils jouent un rôle... puis là
je n'étais pas là, je ne ferais pas la genèse
de cet article-là, mais c'est pour avoir des commentaires, puis c'est une forme
de collaboration, tu sais, qui permet de
bien comprendre les impacts des conventions collectives sur le cheminement des
travaux, etc. Et vous avez noté que c'est les secteurs qui sont visés
par la présence de donneurs d'ouvrage, c'est institutionnel, commercial et
industriel puis c'est le génie civil et la voirie.
M. Leduc : Juste... je suis un peu
confus. C'est que, là, vous dites : Ça existe déjà, mais c'est un nouvel
article, ça, là.
M. Boulet :
Oui, mais il est déplacé. C'est parce qu'il est déplacé, tout simplement.
M. Leduc :
Il est déplacé. D'accord, c'est ma confusion à moi.
M. Boulet :
Parce que le seul changement de fond, c'est le devancement.
M. Leduc :
Donc, il existait ailleurs. Vous
l'avez copié-collé tel quel, sauf la date, puis vous le mettez ailleurs.
M. Boulet :
Oui, tout à fait.
M. Leduc :
D'accord. C'est beau.
La Présidente (Mme D'Amours) : ...commentaires
sur l'article 15? Oui, Mme la députée de Bourassa-Sauvé.
Mme Cadet : Oui, merci, Mme la
Présidente. Donc, c'est ça, donc, que je constate... Donc, comme le ministre l'indiquait,
donc, l'article 41.2.1, donc, remplace le libellé de l'article 42,
alinéa quatre, sur le fond, et donc déplace le processus pour qu'il puisse se produire... Donc, ici, donc, c'est assez
clair, donc, puisqu'on le remplace. Donc là, on est au 1er avril...
1er mai, ici, 1er mai 2028, comme on retrouve dans la ligne du temps.
M. Boulet : Oui,
donc avant l'envoi de l'avis de négo, donc c'est devancé. Donc, c'est beaucoup
plus logique que ce soit comme ça.
Mme Cadet : OK, donc, c'est... Ça
ici, c'est ce qu'on déplace. Et là, donc, cette obligation-là qui existe déjà,
donc, on dit, donc, les... Pardon.
Donc, ces deux associations sectorielles, donc, consultent les donneurs
d'ouvrage. J'imagine que ça, c'est dans une optique de planification des
travaux.
M. Boulet :
Absolument.
Mme Cadet :
Donc, c'est dans... Merci, Mme la
Présidente. Donc, ce qui a fait l'objet, là, de plusieurs commentaires,
donc, lors des consultations particulières, donc, vous venez répondre à ce
besoin-là avec cet article-là, en déplaçant le processus, puis en permettant,
donc, une meilleure planification des travaux, plutôt que ça se faisait
initialement.
M. Boulet :
Tout à fait, puis une meilleure planification du processus de négociation
de renouvellement des conventions.
Mme Cadet :
Et ici aussi, ce que je vois, donc, dans l'arrêté n° AM-2012-002,
donc, qui concerne... donc, qui indique, donc... qui arrête... donc, dans le
secteur génie civil et voirie, sont reconnues donneurs d'ouvrage, aux fins de la consultation prévue par
l'article 42 de la loi R-20, différentes organisations. Est-ce que c'est
une liste qui est appelée à être modifiée? Puis on le voit, en fait,
pour chacun des...
M. Boulet :
Oui, totalement.
Mme Cadet :
Oui. Dans le secteur industriel aussi puis dans le secteur industriel,
commercial. Donc, comment... puis je sais
que vous n'étiez pas là à ce moment-là, mais, justement, vous dites, c'est
appelé à revoir. Donc, quels seraient, donc, les donneurs d'ouvrage qui
s'y retrouveraient aujourd'hui?
M. Boulet :
Bon, je peux les nommer, là, mais, comme je l'ai mentionné, c'est reconnu
par le ministre, après consultation du ministre de l'Économie, Innovation.
Mais, mettons, comme, le génie civil, voirie, il y a Énergir, Hydro-Québec, la
FQM, l'UMQ, ministère des Transports, Société énergie Baie James; il y a, pour
l'industriel, l'Association de l'aluminium,
l'Association minière — vous
les connaissez — Conseil
de l'industrie forestière, Manufacturiers
et Exportateurs, les commissions scolaires anglophones du Québec, l'association
hôtelière, CPQ, FCEI. Bien, il y en a beaucoup, beaucoup. Mais, oui,
c'est appelé à évoluer, là, ce n'est pas statique.
Mme Cadet : Oui, c'est ça. Donc, par
exemple, donc, dans le cadre de la filière batterie, ici, est-ce qu'il y
aurait, donc, des associations supplémentaires, donc, qui seraient
ajoutée ici?
M. Boulet :
Totalement. Hydro-Québec. Hydro-Québec est là-dedans.
Mme Cadet : Et donc comment est-ce
que vous comptez, donc, sélectionner, donc, celles qui s'ajouteraient ici, donc,
dans la liste de l'arrêté?
M. Boulet :
Bien, c'est les associations visées, là, génie civil, voirie,
institutionnel, commercial, industriel, qui...
en fonction de ceux qui donnent des travaux. Puis ce qu'on fait, il n'y a pas
de critères spécifiques, mais, dans le fond,
c'est les entreprises qui donnent des ouvrages et qui peuvent avoir une
pertinence à exprimer une idée ou partager une suggestion.
• (14 h 50) •
Mme Cadet :
D'accord. Pardon, je continue mon analyse, Mme la Présidente.
M. Boulet :
Mais ce n'est rien que le délai, hein? Encore une fois, c'est simplement le
délai.
Mme Cadet :
Oui, ici, donc, la modification qui est faite en est une qui est
temporelle, ici, mais on en profite, donc,
pour bien saisir, donc, ce dont il est question et voir, donc, si le délai qui
est modifié... tu sais, en fait, donc, si la modification qui est proposée, là, qui est uniquement temporelle, donc,
qu'elle est ajustée au contenu aussi de l'article. Donc, c'est un peu
pour ça que je pose ces différentes questions. Mais ça me semble assez clair à
cet égard, donc, les associations qui sont consultées.
La modification,
donc... Comment, en fait, ce nouveau délai, donc, il a été choisi, donc, la
date... Comment est-ce que vous êtes
arrivés, donc, au «premier jour du douzième mois qui précède la date
d'expiration de la convention collective» comparativement à «dès la
réception ou l'envoi d'un avis»?
M. Boulet : Bien, comme je l'ai
mentionné, comme on devance d'un mois l'avis de négociation, on devance la consultation, et ça permet d'avoir une bien
meilleure idée avant d'amorcer le processus de négociation, parce qu'on devance
du 1er octobre au 1er mai, donc on a une perspective qui est beaucoup
plus juste de la réalité des donneurs d'ouvrage plutôt que d'attendre le
1er octobre, où on a le nez collé sur la vitrine.
Mme Cadet : OK,
c'est, donc... essentiellement, donc, les organisations, donc, auraient cinq
mois supplémentaires?
M. Boulet :
Exact.
Mme Cadet : OK, avec... Puis ce délai
de cinq mois là, donc, il est au bénéfice des différentes parties, donc, des...
M. Boulet :
Oui, tout à fait, et des donneurs d'ouvrage, et des associations
patronales, et ultimement des syndicats,
parce que ça permet aussi d'avoir une négociation qui est beaucoup plus
harmonieuse et beaucoup plus diligente, j'oserais dire, parce que plus
tu attends pour consulter, bien, plus tu peux hésiter avant de répondre ou
formuler des demandes ou des contre-propositions.
Mme Cadet :
Parfait. Ça, c'est assez clair. Merci.
M. Boulet :
Merci.
La Présidente (Mme D'Amours) : Merci.
D'autres commentaires? Nous... Est-ce que l'article 15 est adopté?
Des voix : Adopté.
La Présidente (Mme
D'Amours) : Nous passons maintenant, M. le ministre, à
l'article 17.
M. Boulet :
Merci, Mme la Présidente.
17. L'article 42
de cette loi est modifié :
1° par le
remplacement, dans le deuxième alinéa, de «septième» par «huitième»;
2° par la suppression
des quatrième et cinquième alinéas.
Commentaires :
Bon, on devance, ici, d'un mois, comme je l'ai expliqué à plusieurs reprises,
là, soit du 1er octobre au
1er septembre précédant la date d'expiration, la date limite pour la
transmission de l'avis de négo à la partie patronale par la partie
syndicale.
Donc, on propose
aussi de supprimer deux alinéas de l'article 42 de la loi R-20, qui
sont déplacés ailleurs dans la loi afin de refléter le changement dans la
chronologie, là, c'est l'article 15 et l'article 18. 15, on l'a fait,
la consultation des donneurs d'ouvrage, puis, 18, on va le faire, c'est la
négociation de bonne foi. Donc, c'est un simple devancement. Merci.
La Présidente (Mme
D'Amours) : Commentaires? Oui, Mme la députée de Bourassa-Sauvé.
Mme Cadet :
Oui, merci. Donc, article 42, ici, donc, on le lit, donc : «Une
ou plusieurs associations représentatives peuvent, conformément à ce que
détermine le protocole prévu par l'article 41.4 — que
nous venons d'étudier, donc — aviser
par écrit une association sectorielle d'employeurs, ou une association
sectorielle d'employeurs peut aviser
par écrit une ou plusieurs associations représentatives, que ses ou leurs
représentants sont prêts à négocier pour la conclusion d'une convention
collective applicable dans le secteur de cette association sectorielle.» Donc, ici, donc, c'est ce qu'on disait, et la...
c'était la raison pour laquelle, à l'article 41.4... on comprend mieux
pourquoi le libellé n'est non pas
fait en fonction de la fin des échéances des conventions collectives, mais que
le délai donné, il est en... le point de référence, c'est plutôt l'avis
de négociation qu'on modifie ici, à l'article 42.
Je reviens, donc,
le... puis ça reprend un peu l'essence de la question que je posais, un peu
plus tôt, à 41.4, donc, puisque les associations doivent, donc, par écrit,
donc, s'aviser mutuellement, donc, il faut que le délai, entre le moment où
est-ce que vous recevez le protocole, il ait été négocié indépendamment entre
les parties ou qu'il ait fait l'objet d'un arbitrage, puis donc qu'il y ait,
donc, assez de temps, donc, entre ce moment-là et la transmission de l'avis, là, pour que tout le monde puisse se
préparer adéquatement. Donc, plus tôt, puis je sais qu'on en a discuté à 41.4,
vous nous disiez, donc, s'il y a arbitrage, l'arbitre, donc, il laisse
60 jours, en vertu du Code du travail, pour rendre sa décision, mais, dans
les faits, est-ce que ce délai de 60 jours a été respecté en 2013 et en
2017?
M. Boulet :
Il faudrait que je vérifie si le délai a été vérifié, il a 60 jours en
vertu du Code du travail; s'il n'a pas été
respecté, bien, il y a eu un non-respect du Code du travail. Mais, en 2013,
2017, on n'était pas là, je ne suis pas en mesure de répondre, mais les décisions arbitrales, s'il y a eu des
décisions arbitrales écrites, vous pouvez les obtenir aussi.
Mme Cadet : Oui, mais évidemment,
donc, il y a des cas futurs, donc, qui peuvent arriver. Donc la question,
ici...
M. Boulet :
Mais, tu sais, c'est sûr qu'on peut... Tu sais, dans le fond, ici, là, on
devance du 1er avril au 1er février
pour le protocole syndical. S'il n'y a pas d'entente, puis l'arbitre a
60 jours, on se retrouve au 1er avril — puis c'était,
selon le régime actuel, le 1er avril — pour déposer le protocole syndical. Et ici, la...
mais ça te donne suffisamment de
temps. Après ça, l'avis de négociation, c'est le point de départ des
négociations. Et, comme vous savez, ça se négocie par secteurs. La ratification des conventions, du
côté syndical, ça prend au moins trois associations représentatives qui
représentent plus de 50 % des salariés. Puis les associations patronales,
c'est selon chaque secteur...
Des voix : ...
M. Boulet :
Mais ce que vous me demandez, c'est les délais que ça a pris. Je ne sais
pas.
Mme Cadet : Est-ce que c'est possible... parce que c'est ça
que... parce que je repense un peu à la conversation que nous avions eue, si...
je comprends que, dans les faits, donc, l'arbitre laisse 60 jours, mais
l'objectif, ici, c'est de nous
assurer que vous puissiez, donc, avoir, donc, un document en main et qu'il y
ait, donc, assez de temps pour que les parties, donc, puissent se préparer et
déposer par écrit les différents avis, là. Donc, c'est pour ça que je trouve
que c'est important qu'on ait les véritables délais.
M. Boulet :
Bien, on a les délais. Du 1er février au 1er septembre, ça fait
combien de mois? Sept mois. On a le 1er février pour le protocole syndical
puis le 1er septembre pour l'avis de négociation, ça fait qu'il y a sept
mois entre les deux. Ce qui est plus que...
Actuellement, c'était le 1er avril pour le protocole syndical puis le
1er octobre pour l'avis de négo. Donc, on améliore le délai puis on
devance.
Mme Cadet :
OK. Puis, s'il y a eu un arbitre au dossier, ce que je comprends, on
améliore le délai de facto, puis c'est important, c'est ça, notre rôle comme
législateurs, mais je veux aussi qu'on prenne en considération les véritables délais... bien, en fait, les véritables
délais, compte tenu, là, donc, des précédents, pour qu'on puisse se situer,
tu as combien de temps. Donc, ça prendrait, donc... à l'avenir. Là, je
comprends que, là, vous avez reçu un protocole intersyndical pour cette
négociation-ci, mais, quand on va se retrouver en 2028... 2028, oui...
M. Boulet :
Selon les règles actuelles, il y a eu une entente en 2021, il n'y a pas eu
d'arbitrage. Donc, c'était le 1er avril parce qu'il y avait eu quand même
des discussions. Et l'avis de négo, c'est le 1er octobre. Selon les règles
proposées dans le projet de loi, on devance au 1er février pour le
protocole, puis on devance au 1er septembre pour l'avis de négociation, ça
fait que ça laisse sept mois. Puis, si le ministre s'assure... évidemment,
c'est la Commission de la construction du
Québec, on va s'assurer du respect de
la loi. Puis ces délais-là sont beaucoup plus aérés qu'ils l'étaient
avant, en tout cas, mieux aérés.
Mme Cadet : Quelles seraient les
conséquences si l'arbitre ne rend pas sa décision en 60 jours? Est-ce que
ça...
• (15 heures) •
M. Boulet :
À mon avis, le ministre va intervenir, parce que, si ce n'est pas respecté
puis que ça retarde le début. À la limite,
là, tu sais, si... je ne sais pas si le délai n'est pas respecté puis qu'il n'y
a pas d'impact, mais il ne faudrait certainement pas, collègue, que le
délai retarde le début du processus de négociation, parce que l'avis de
négociation, il doit être transmis le 1er octobre, ça fait qu'il faut
forcément que la décision ait été rendue avant, sinon il y a quelqu'un qui a
été négligeant à quelque part, il y a... on n'a pas fait le travail
convenablement. Moi, je ne trouverais pas ça acceptable. Puis ce n'est
certainement pas ce qui nous motive dans tous les amendements que nous
proposons à la loi R-20. Puis c'est sûr que l'avis de négociation... puis là on
va faire de la théorie, là, collègue, l'avis de négo, même si, hypothétiquement, il avait... l'arbitre n'avait pas respecté le
délai de 60 jours puis qu'on n'avait pas de protocole syndical, l'avis de négo doit être envoyé, sauf
que je vois mal un processus de discussion s'amorcer avec les syndicats
sans protocole syndical, on s'entend, et il y a quelqu'un qui a manqué à son
devoir à quelque part, puis je ne suis pas en mesure de dire quoi et qui.
Mme Cadet :
C'est ça, donc, j'essaie, donc, de... parce que, là, on est allés dans...
on est à 42, donc j'essaie de voir... donc, de nous assurer que tout ce que
nous mettons en place... parce que, c'est ça, donc, on aère, donc, le processus
pour garder plus de temps pour nous assurer de ne pas retarder le processus de
négociation et ne pas se retrouver, donc, à
la fin de la ligne du temps avec les mêmes pressions, là, les mêmes pressions
précédentes. Donc, vous me dites, donc, que le délai... bien, le délai, donc,
légal, donc, pour que l'arbitre rende sa décision, donc, c'est 60 jours.
Dans les faits, donc, ça pourrait prendre plus de temps, mais vous, vous
dites... donc, vous le... vous n'accorderiez pas
plus de temps, même si la loi le permet, donc, un premier 30 jours ou même
des délais ultérieurs. Et, dans les faits, ce que vous nous dites, c'est que le plus... le délai le plus court, dans
la réalité, qui pourrait être établi entre la transmission d'un protocole sur
arbitrage et le moment où l'avis doit être donné, qui serait maintenant...
serait le 1er septembre, donc ce serait... pardon, donc on serait,
donc, aux...
M. Boulet :
Ça serait cinq mois, le minimum.
Mme Cadet :
Cinq mois, OK.
M. Boulet : Ceci dit, je suis... puis
j'en profite pour souligner l'excellente collaboration de l'Alliance syndicale,
le protocole syndical est daté du 22 mars...
Une voix : ...
M. Boulet : ...29 mars, donc un
peu avant, même, le 1er avril, qui est la date actuelle. Donc, c'est, à
mon avis, bénéfique puis ça a... annonciateur. C'est certainement un
symptôme d'un processus qui va s'amorcer de manière diligente, là, mais c'est
cinq mois, là, mettons, le maximum.
Mme Cadet :
C'est ça, légal. Et là ce... comment vous disiez, en 2021, donc, vous
disiez, il n'y avait pas eu d'arbitrage?
M. Boulet : Non, mais je le dis, puis je ne pense pas de
briser... de ne pas respecter ce qui s'est passé, il y a eu des
discussions puis ils ont trouvé un terrain d'entente.
Mme Cadet :
OK. C'est juste que, là, je vois une décision, donc, du...
M. Boulet :
Ça fait que ce n'est pas allé devant un arbitre.
Mme Cadet : Bien,
c'est... bien, juste que, Mme la Présidente, je constate, donc, une décision du
tribunal d'arbitrage en date du 8 octobre 2020 concernant, donc, ce...
M. Boulet :
Ce protocole syndical là?
Mme Cadet :
Oui. Oui, concernant ce protocole...
M. Boulet :
Il me semble qu'ils l'avaient...
Des voix : ...
M. Boulet : Il y a eu une décision
arbitrale, qu'on me confirme, mais probablement qui entérinait la conclusion
des discussions que les syndicats avaient
eues, parce que ça n'avait pas eu d'impact négatif sur... L'avis de négociation
avait respecté le 1er octobre, puis le processus s'était amorcé quand même.
Mme Cadet :
D'accord. Et là ce qu'on constate, donc, le... quand... donc, la décision,
donc, elle a été rendue le 8 octobre, à
ce moment-là, et menait le... l'arbitre avait été saisi le 2 juillet 2020,
donc juillet, août, septembre, donc, octobre,
donc on a eu... donc, à ce moment-ci, donc, c'était trois mois, là, le
délai, donc on était au-delà, donc, du délai légal, donc, de
deux mois dans le Code du travail. Est-ce qu'il y a eu des conséquences à
ça, à ce moment-là?
M. Boulet : Moi, le souvenir que j'ai eu, c'est que les
parties s'étaient entendues, puis il y avait probablement un élément,
là... c'est une décision arbitrale, qu'on me confirme, qui a été rendue... moi,
je ne l'ai pas sous la main, mais confirmait probablement l'état de discussions
qui avaient eu lieu entre les syndicats.
Mme Cadet :
Est-ce qu'on peut suspendre, Mme la Présidente?
La Présidente (Mme
D'Amours) : On suspend les travaux quelques minutes.
(Suspension de la séance à 15
h 05)
(Reprise à 15 h 14)
La Présidente (Mme
D'Amours) : Nous reprenons nos travaux. Mme la députée de Bourassa-Sauvé,
s'il vous plaît.
Mme Cadet :
Merci, Mme la Présidente. J'ai une autre question pour le ministre. Combien
de temps... En fait, ici, donc, on nous
indique un délai. En fait, il y a une... l'avis de la conclusion du protocole
doit vous être donné dans un certain
délai. Combien de temps les parties ont pour s'entendre? À quel moment elles
commencent les négociations pour la résolution du protocole syndical?
M. Boulet : Il n'y a pas de délai de
début, ils peuvent commencer au moment qui est jugé opportun. Évidemment,
quand on aura passé la période de maraudage
puis le scrutin, ce sera une conjoncture qui sera bénéfique à des discussions sur
le protocole syndical, mais je ne saurais pas vous dire, parce qu'évidemment
ils ne me le mentionneront pas. Mais ça a pris combien de temps à négocier, le
protocole syndical du 29 mars? Je ne sais pas, mais il n'y avait pas de délai, une date où ils devaient nécessairement
commencer à discuter de ce protocole-là. Puis, comme moi, j'anticipe qu'il soit
presque systématiquement renouvelé, parce que, maintenant, c'est éprouvé — on a
eu 2013, 2017, 2021 — c'est
maintenant de plus en plus aisé de le convenir.
Mme Cadet : D'ailleurs, vous venez de
parler de 2021. En fait, la décision d'arbitrage que je viens de... que j'ai mentionnée
avant la suspension, Mme la Présidente, est-ce que je peux la déposer à la
commission?
La Présidente (Mme
D'Amours) : Bien sûr.
Mme Cadet : Donc, le dépôt sera
fait par la magie du processus de commission.
M. Boulet :
C'est le 8 octobre, le 8 octobre 2020, oui.
Mme Cadet :
C'est ça, donc, le 8 octobre 2020. Puis d'ailleurs on constate...
parce qu'on parlait plus tôt, là, du délai de 60 jours, donc, vous nous
disiez, parce qu'on est à l'article 42, ici, donc, qu'entre le moment où
l'avis est reçu par les parties et le dernier moment possible, donc, pour
recevoir le contenu, donc, de l'entente, donc, il y aurait, donc, tout au plus
cinq mois, mais ce qu'on constate en relisant, donc, l'article 90 du
Code du travail, c'est que c'est 60 jours, comme je l'évoquais plus tôt,
là, c'est 60 jours après la fin de la dernière date d'audience, donc le...
en fait, le processus... puis je comprends, puis le ministre l'a bien indiqué,
là, le processus, donc, ne comprend pas, donc, des témoins, etc., mais ça peut
être... ça peut, en théorie, être plus long que deux mois.
Et là, quand on
regarde, donc, la décision, donc, du tribunal d'arbitrage de 2020, on voit que
le tribunal a été saisi... que l'arbitre, plutôt, donc, a été saisi le
2 juillet, donc, on peut le lire au début du... on... voyons, de la décision, là, dès le départ, donc, au premier
paragraphe de la décision, donc, on le voit. Donc, le... vous nous disiez, donc,
le cours du mois de mai 2020, le ministre du
Travail, donc, vous avez été informé du différend, et le... donc, la
soussignée, donc l'arbitre, ici, donc, a été nommée le 2 juillet 2020 pour
en disposer, la décision a été rendue le 8 octobre. Donc, on a quand même, donc, un délai qui, quand bien même il
a respecté les dispositions du Code du travail, était, donc, dans les
faits, donc, plus long que 60 jours.
Donc, je réitère un
peu la question qu'on a ici, parce que, là, donc, on met, donc, l'avis au
1er septembre à l'article 42. Est-ce qu'on a... Et évidemment on...
il y a les précédents que j'ai nommés, là, mais, toute situation éventuelle future, donc, qui émanerait, donc, du
présent projet de loi, est-ce qu'on aurait assez de temps, M. le ministre,
pour permettre, donc, aux parties, donc, de pouvoir déposer l'avis et qu'elles
ne se sentent pas précipitées entre le moment où l'entente, elle est
véritablement conclue?
M. Boulet :
Oui, dans la mesure où tout est respecté. Puis je suis d'accord avec la
chronologie que vous venez de soumettre à la commission, mais d'imposer aux
syndicats, comme le propose l'ACQ, de devancer encore la conclusion d'un
protocole syndical m'apparaît non compatible avec le calendrier pris dans son
ensemble. Puis il ne faut pas oublier qu'on devance de deux mois le
protocole syndical et d'un mois l'avis de négociation. Puis c'était un nouveau régime, là, on en a parlé tout à l'heure,
en 2013, il y a eu un enjeu; en 2017, ça s'est bien conclu; puis, en 2020,
il y a eu un certain délai, mais il y a eu seulement deux dates d'audience
à la fin du mois d'août, alors que la sentence arbitrale était rendue le
8 octobre. Trop long, mais ça n'avait pas empêché les parties de se
préparer.
Puis en même temps il
ne faut pas que ce soit trop éloigné dans le temps. On a tourné la page à la
campagne de maraudage, au scrutin, et là la poussière est retombée, puis il
faut, là, commencer à mettre de la pression puis à se mobiliser pour amorcer le
processus de négociation. Puis je pense qu'en termes de conjoncture temporelle,
c'est tout à fait respectueux de la capacité
des parties puis de l'amorce d'un processus qui est harmonieux. Puis, si on commence
trop rapidement, ça va être un peu... ça risque d'être un peu plus «sloppy»,
entre guillemets, là.
• (15 h 20) •
Mme Cadet :
Je vous entends puis, peut-être, j'en profite pour faire une parenthèse. Je
sais que j'ai déposé le document, là, mais la décision d'arbitrage de 2020, ce
qu'on comprend, ce que le ministre disait, donc, en 2021, que les parties, donc, s'étaient entendues, mais ce
qu'on constate, c'est que... et que, bon, le tribunal... que la décision, donc,
du tribunal d'arbitrage portait peut-être, donc, sur... sur autre chose, mais
ce qu'on constate, c'est que la décision qui a été prise au terme, donc, d'une
décision de 20 pages, c'est d'imposer aux associations le protocole
intersyndical 2017‑2021 à la ronde de négociation 2020‑2025
jusqu'au présent. Donc, les... puisqu'on
en a une partie, ils n'avaient... puis
on va être... elles ne s'étaient pas entendues, donc il y a eu une imposition
d'un protocole, à ce moment-là.
Je reviens à ce que
vous venez dire, donc, sur le délai. Donc, selon vous, M. le ministre, donc, le
délai... Bien, en fait, quel serait le risque, selon vous, donc, de devancer
encore plus le moment où les parties devraient vous rendre la décision?
J'essaie de comprendre ce que vous avez dit tantôt.
M. Boulet :
Momentum.
Mme Cadet :
OK. Allez-y.
M. Boulet :
Quand tu amorces la négociation d'un renouvellement de convention, il faut qu'il
y ait un certain momentum, puis plus que tu éloignes ça dans le temps, bien,
moins il y a de momentum. Puis je pense que, là où on est rendus, il y a le protocole syndical, il y a l'avis de
négociation, puis de devancer encore le protocole syndical, c'est
d'imposer aux syndicats de s'entendre sur un protocole alors que la date
d'expiration est encore plus loin, puis plus loin, bien, moins ça impose de
pression aux parties de convenir. C'est mon approche, là, puis c'est un
calendrier qu'on a, après consultation,
considéré comme étant raisonnable puis respectueux de la négociation diligente
et de bonne foi qu'on souhaite... à laquelle on souhaite assister.
Mme Cadet :
Bien, justement, vous avez parlé de la négociation de bonne foi, on sait
qu'il y a un article de la loi R-20 qui l'indique, puis on le revoit, cet
article-là, justement, dans le cadre du projet de loi n° 51, c'est déjà
une obligation à laquelle les parties sont
soumises, donc pourquoi un délai plus étendu viendrait nuire à la conclusion,
donc, du processus de négociation, puisqu'ils sont assujettis à une
négociation de bonne foi?
M. Boulet : C'est
deux choses complètement distinctes. Le premier, c'est : on met la
table; le deuxième, quand on parle de bonne foi, c'est quand on se parle ou
dans un comportement ou une attitude. Là, ici, on parle d'un protocole
puis d'un avis, ça, c'est matière à l'Alliance syndicale. La bonne foi puis la
diligence, ça implique les deux parties en face à face, en négociation.
Donc, c'est deux éléments qui sont à distinguer.
Mme Cadet : Et donc on... donc, vous
disiez, donc, vous pourriez... Et, pour vous, donc, par exemple, un délai pour
que les parties commencent à discuter, vous ne trouviez pas que ce... Est-ce
que ça, ça nous aiderait, justement, donc?
M. Boulet : Oui, mais, tu sais, tu as beau vouloir commencer à
discuter, à t'asseoir à une table, puis vous connaissez le régime général qui
est dans le Code du travail, quand même qu'on s'assoirait un an avant,
s'il n'y a pas... tu sais, plus on approche de la date d'expiration,
plus on sent que le momentum s'impose, plus il y a de la pression sur les
parties puis plus c'est un incitatif grandissant à un règlement. Ça fait qu'il
faut quand même tenir compte de cette réalité-là
de relations de travail, sinon on ne peut pas être déconnecté de ce besoin-là
de sentir qu'on approche de la fin d'une convention.
Mme Cadet : Plus tôt, M. le ministre,
donc, vous indiquiez que le... de... votre premier réflexe, en fait, quand j'ai
posé la question, donc, sur le délai dans lequel, donc, l'arbitre devait rendre
sa décision, votre première pensée a été de se dire, donc, qu'il n'y en a pas
parce qu'on est dans un régime particulier, ici. Donc, est-ce que vous pensez qu'il
serait à propos, compte tenu du régime
particulier de la R-20, d'ôter, donc, l'article 90 de l'alinéa trois
de l'article 41.4 et d'avoir, donc, un... d'indiquer, donc, un délai
propre à la loi R‑20 pour que le processus, donc, suive son cours?
M. Boulet : ...ce que vous me dites,
quand vous m'avez parlé de délai qu'il devrait y avoir. Bon, on m'informe, il
n'y en a pas, de délai, ça fait que je vous dis : Il n'y a pas de délai,
ce n'était pas une bonne information. L'article 90 s'appliquant...
Parce que, quand vous m'écoutiez puis qu'on... je m'étais fait dire «pas de
délai», je me suis dit : Si jamais elle
veut qu'il y ait un délai puis qu'elle soumet un amendement, j'aurais comme été
favorable à ça. Mais, quand on me confirme que 90 s'applique, ça répond
à ce que vous me soumettez, il y en a un, délai.
Maintenant, ce que je
vous dis... puis ça n'a pas été respecté en 2020, mais ça, ça aurait dû être
respecté, mais le souvenir que j'avais...
puis j'étais presque convaincu que les parties avaient convenu, parce qu'il y
avait quatre syndicats sur cinq qui s'entendaient, puis ça
permettait aux syndicats d'avancer, mais il y a eu un syndicat qui avait ses
préoccupations particulières, puis ça n'a tellement pas dérangé qu'ils ont
attendu au mois d'août avant de faire leur
audience puis le 8 octobre avant qu'il y ait la décision arbitrale. Mais
ils s'inspiraient du protocole précédent, puis ça n'a pas nui, là. Mais, le délai de 60 jours, il faut qu'il
soit là. Moi, je pense que, s'il n'avait pas été là, j'aurais été
probablement d'avis qu'il fallait amender...
Mme Cadet :
Bien, merci, M. le ministre.
M. Boulet :
...parce que c'est une excellente remarque.
Mme Cadet :
Parce que, justement, c'est ça, donc, au départ, ce qu'on... c'est ça, on
n'avait pas nécessairement constaté l'article 90, ici, là. J'avais
effectivement, donc, initialement, une proposition d'amendement en ce sens.
Mais, ceci dit, dans la conversation que nous avons, je le réitère parce que
vous venez de dire, le délai 60 jours n'a pas été respecté. Mais ce que je
constate de la lecture de l'article 90 du Code du travail, c'est qu'en
fait il a été... il aurait été respecté parce qu'on parle donc de 60 jours
suivant la fin de la dernière séance d'arbitrage. Donc, on n'a pas, donc, un
délai complet de 60 jours, donc ce n'est pas qu'il y ait eu non-respect de
cet article-là.
M. Boulet :
...
Mme Cadet :
Voilà, donc, et c'est pour ça que je réitère, ici. Donc, ne faudrait-il
pas, donc, avoir un délai propre au régime de la loi R-20 qui ne tienne
pas compte, donc, de la dernière séance d'arbitrage? Parce que, manifestement,
donc, le régime du Code du travail est peut-être... comme c'est le cas pour
l'ensemble de la loi R-20, peut-être mésadapté à la réalité, là, des
négociations du processus des ententes intersyndicales.
M. Boulet :
Je suis sensible à ce que vous dites. En même temps, d'imposer une
contrainte de nature exceptionnelle aux parties contractantes dans le secteur
de la construction, ce serait mal perçu, selon moi, d'abord et avant tout du
côté syndical, et les associations patronales n'en tireraient pas un bénéfice.
Je pense que le délai, comment je vous
dirais ça, il a peut-être été respecté littéralement, mais, tu sais, qu'il y a
des... une audience à la fin août, à mon avis, ça ne respecte pas
l'essence de l'article, qui... qu'on... l'article 90, qui comporte un
délai. Tu sais, vous vous souvenez des décisions de la Cour suprême du Canada,
l'arbitrage, c'est un mode expéditif de résolution de litiges, notamment des
griefs, et ici, on n'a pas respecté la finalité de 90. Peut-être que,
littéralement, oui, puis, si on dit :
C'est la dernière journée, puis le 8 octobre, c'est dans les
60 jours, littéralement, oui, mais je ne me verrais pas, puis je ne
serais pas confortable, et je ne serais pas d'accord d'avoir un régime
exceptionnel avec un délai plus serré dans la
mesure où les inconvénients sont beaucoup plus imposants que les avantages que
ça pourrait générer. Je pense qu'il faut s'assurer de voir au respect du
processus de négociation. Puis le protocole, puis l'avis, c'est des
facilitateurs, puis, à date, ça n'a pas
empêché. Remarquez bien qu'en 2013, c'était la première année, il y a eu un
conflit de travail. Peut-être que, si
on avait devancé comme on le fait là, ça aurait pu contribuer. Mais en même
temps je ne veux pas tirer la pierre à personne, c'était une première, ça fait
que... Mais, pour maintenant, moi, ça ne m'apparaît pas problématique. Il
y a eu un conflit en 2017, mais il n'y en a pas eu en 2021.
• (15 h 30) •
Mme Cadet :
Effectivement, vous l'avez dit, donc, 2013, évidemment, donc, c'était la
première situation, donc le... ça se
comprend dans les circonstances. Je regarde quand même, donc, pour l'avenir et
de nous assurer que ce que nous mettons là, donc, en place, considérant,
donc, le fait que c'est possible, donc, qu'il y ait, donc, ce type de différend
qui survienne à l'avenir, que l'on ne... que les modifications, donc, à la
ligne du temps que nous fassions ne viennent
pas un peu, donc, précipiter les parties en fin de parcours. Puis je vous pose
la question, ici, sur... parce que vous demandiez... en fait, vous
disiez, M. le ministre, que ce ne serait au bénéfice d'aucune des parties,
pourquoi avoir un délai, donc, plus étendu,
dont une... un délai, donc, pour que le... un délai, donc, appliqué au secteur
de la construction pour que l'arbitre
rendre sa décision? Pourquoi ça, ce ne serait pas à l'avantage des associations
sectorielles d'employeurs? Parce que vous avez dit : Ce n'est à
l'avantage de personne.
M. Boulet :
...à la question. C'est les membres de l'alliance syndicale d'abord et
avant tout. Et, dans la mesure où c'est préjudiciable aux syndicats, ça ne sera
pas nécessairement bénéfique aux associations patronales, qui souhaitent et qui
anticipent un processus qui est diligent. C'est simplement ça.
Mme Cadet :
OK. Merci. Peut-être continuer, donc, où est-ce que nous étions,
article 42. Donc, au deuxième alinéa,
vous dites, donc : Cet avis peut être donné au plus tard le premier jour
de... donc, on... donc, le 1er septembre, ici. Pourquoi «peut» et
non «doit»?
M. Boulet :
Bien, parce qu'il peut être donné, ce n'est jamais une obligation. Je ne
comprends pas. C'est parce qu'il peut être
donné au plus tard, parce qu'il peut être donné avant, il peut être donné deux
semaines avant, il peut être donné... Je ne comprends pas le sens de la
question.
Mme Cadet :
...je pense que vous venez d'y répondre. Donc, ici, donc, c'est vraiment,
donc, parce que, donc, il s'agit, donc, d'un délai limitrophe. Donc, dans tous
les cas, donc, c'est indiqué, donc, dans l'article, que... bien, évidemment, donc, l'avis, donc, il... l'avis
doit être donné, donc, dans le processus. Parce que j'essaie de voir... Parce
qu'évidemment, donc, l'avis, vous l'indiquez dans la ligne du temps. Donc, ici,
dans les modifications proposées, on arrive au 1er septembre.
M. Boulet :
...libellé, c'est juste le mois. Le reste demeure intégralement ce qu'il
était.
Mme Cadet :
Un instant, Mme la Présidente, c'est... j'essaie juste... Je comprends que
c'est le même libellé qu'avant, là, j'essaie juste de voir dans la ligne du
temps qu'on a. Je comprends qu'on devance d'un mois, donc, plutôt que le
1er octobre, l'avis est donné au 1er septembre. Mais à quel moment,
donc, dans le libellé ici, on indique que
l'avis, donc, évidemment, il doit être donné? Parce que, quand on le... quand
on lit l'article et on... On élimine les alinéas quatre et cinq, là, ça, c'est clair. Est-ce que c'est parce
qu'on parle de l'avis écrit qui n'est pas obligatoirement par écrit?
Est-ce que c'est pour ça que le libellé est fait ainsi?
M. Boulet :
Je ne comprends pas la question.
Mme Cadet :
Je vais recommencer ma question. Donc, ici, donc, le processus qu'on voit
ici, donc, à l'article 42, donc, je
vous ai bien entendu, donc, sur tout ce qui a précédé, donc, au niveau, donc,
des délais jusqu'à l'avis. J'essaie
juste, donc, maintenant, donc, avant de conclure l'étude de cet article-là...
bien saisir, donc, ce qui se déroule, là,
dans les... bien, dans les faits et quelle est l'obligation des différentes
parties ici, à l'article 42. Donc, on nous indique que les associations représentatives peuvent
aviser par écrit l'association sectorielle d'employeurs ou l'autre peut... donc,
et vice versa. Donc, ça, c'est très clair au premier alinéa.
Au deuxième alinéa,
on nous dit, donc, l'avis, donc, «peut être donné au plus tard le premier jour
du huitième mois qui précède la date d'expiration de la convention collective
prévue à l'article 47». Donc, est-ce que, quand on lit le libellé... que l'intention du législateur de... a toujours été,
donc, de donner, donc, la possibilité aux parties de transmettre un avis
et non pas l'obligation?
M. Boulet :
...ça veut simplement dire que l'avis ne peut pas être donné plus tard que
cette date-là.
Mme Cadet : OK. Mais l'intention du
législateur est claire, donc, l'avis, évidemment, il doit être donné, même si,
donc, on ne retrouve pas, donc, ce terme-là, donc, dans l'article.
M. Boulet :
Totalement. Absolument.
Mme Cadet :
Donc, ça, c'est très, très, très clair pour l'ensemble des parties, mais on
met tout simplement, donc, une date butoir.
Donc, c'est tout ce qu'on indique à l'article 42, ici, mais c'est très
clair qu'il s'agit d'une obligation pour les parties. L'une ou l'autre
doit le faire au plus tard au 1er septembre. Parfait.
Des voix : ...
Mme Cadet :
Mme la Présidente, j'aimerais suspendre, s'il vous plaît.
La Présidente (Mme D'Amours) : Je
suspends les travaux quelques minutes.
(Suspension de la séance à 15 h 35)
(Reprise à 15 h 39)
La Présidente (Mme D'Amours) : Nous
reprenons nos travaux. Mme la députée de Bourassa-Sauvé.
Mme Cadet : Merci, Mme la
Présidente. Donc, toujours à l'article 42, ici, donc, nous en étions, donc, à l'avis. Dernière question que j'aurais ici sur cet
article, donc, est-ce que, donc, avec les différents délais dont nous avons parlé
et le fait que l'article, donc, 90 s'applique à 41.4, que le protocole...
est-ce que, donc, on aurait, donc... dans les faits, donc, avec tout ce que
nous avons mentionné, et ce qui se produit dans la réalité, et à quel point...
comment vous l'avez mentionné, le ministre, donc, il faudrait que l'arbitre,
là, respecte l'essence de l'article, même si la lettre a été respectée, par
exemple, dans le cas de 2020... Donc, à quel moment vous pensez, donc, au plus
tard, qu'une décision, donc, pourrait être rendue? Puis, pour vous, est-ce que
vous avez un moment où vous vous dites : À ce moment-ci, donc, il faut
absolument que la décision... que le protocole, il me soit rendu, que ce soit à
travers la négociation indépendante des parties ou une décision arbitrale,
avant que les avis soient transmis?
• (15 h 40) •
M. Boulet : Oui, merci pour la
question. Donc, l'intention est claire : le 1er février, le
protocole; le 1er septembre, l'avis de négociation. Donc, ce délai-là est
compatible avec le besoin des parties d'entamer le processus de façon convenable,
parce que, quand le protocole est là, c'est certainement un atout pour mieux
négocier. Il ne faut pas que, en cas de mésentente... Cette année, je le
répète, il y a eu un protocole syndical qui a été signé le 29 mars. Il ne
faut pas que, à défaut d'entente, un arbitre entende les parties dans un délai
minimalement qui doit respecter trois mois avant l'envoi de l'avis de
négociation, ça ne serait pas acceptable. Et il va certainement falloir que le
ministre s'assure de nommer avec diligence, s'assure de la disponibilité
diligente des parties et que ça puisse se faire dans des délais qui sont
minimalement respectueux de la qualité de la préparation du processus de
négociation.
Mme Cadet : Merci, M. le
ministre. Je comprends bien, donc, le délai, donc, minimal, donc, entre... pour
vous, là, qui constitue un délai respectueux du processus que nous sommes en
train, donc, de créer. Donc, il faudrait que le protocole... que l'avis de la
conclusion, donc, du protocole... qu'il soit négocié entre les parties ou par
un arbitre... bien, en fait, par un arbitre, dans les faits, soit transmis au
moins trois mois avant l'avis écrit.
M. Boulet : En fait, la
sentence arbitrale, parce que le protocole, c'est le 1er février.
Mme Cadet : Oui, la sentence
arbitrale, oui, voilà, oui.
M. Boulet : La
sentence arbitrale, il faut que le 60 jours soit respecté, le 1er avril.
Puis, si on donne deux mois additionnels pour entendre les parties, il
faut que le... Tu sais, on donne comme un... une marge de manoeuvre pour
entendre les parties selon leurs disponibilités, mais il faut que,
minimalement, le 30 juin, on ait...
Mme Cadet : Minimalement,
le 30 juin, que ce soit rendu, donc au moins trois mois avant le
1er septembre 2028.
M. Boulet : Oui, tout à fait,
ce qui serait respectueux du délai de 90 du Code du travail.
Mme Cadet : Parfait. Merci
beaucoup, Mme la Présidente.
M. Boulet : Merci.
La Présidente (Mme D'Amours) : Merci.
D'autres commentaires sur 17? Est-ce que l'article 17 est adopté?
Des voix : Adopté.
La Présidente (Mme D'Amours) : M. le
ministre, nous serions rendus à l'article 18, s'il vous plaît.
M. Boulet : Merci, Mme la
Présidente.
18. Cette loi est modifiée par l'insertion,
après l'article 42.1, des suivants :
«42.2. Au plus tard le premier jour du sixième
mois qui précède la date d'expiration de la convention collective prévue à l'article 47,
les associations de salariés représentatives, l'association sectorielle
d'employeurs et l'association d'employeurs doivent transmettre par écrit aux
autres parties leurs demandes, leurs offres ainsi que des propositions sur
l'ensemble des matières pouvant faire l'objet des négociations.
«42.3. Les négociations
doivent commencer entre les associations de salariés représentatives et, selon
leurs rôles respectifs, l'association sectorielle d'employeurs ou l'association
d'employeurs, et elles doivent se poursuivre avec
diligence et bonne foi. À cette fin, les associations peuvent convenir d'une
structure et de modalités de négociation.
«Toute demande relative à l'application du
présent article doit être déposée au Tribunal administratif du travail dans les
30 jours de la connaissance des faits allégués. En outre des pouvoirs que lui
attribue la Loi instituant le Tribunal administratif du travail, le Tribunal
peut rendre toute décision qui lui paraît juste et raisonnable, compte tenu de
toutes les circonstances de l'affaire.»
Commentaires,
donc : 18 introduit deux nouveaux articles, donc une nouvelle étape dans
le processus de négo, soit la transmission par les parties de leurs
demandes, offres, propositions sur l'ensemble des matières négociables, puis
ça, c'est au plus tard le 1er novembre précédant la date d'échéance.
Puis l'autre,
c'est 42.3, au premier alinéa, l'obligation de négocier avec diligence et bonne
foi, mais on introduit, au deuxième
alinéa, un recours devant le TAT pour assurer le respect de cette règle,
analogue à ce que vous connaissez, qui existe dans le Code du travail du
Québec à l'article 61. C'est tout.
La Présidente (Mme D'Amours) :
Merci. Député d'Hochelaga-Maisonneuve, la parole est à vous.
M. Leduc : Merci,
Mme la Présidente. On a envoyé sur le Greffier une proposition d'amendement au
nouveau 42.2. On en aura un tantôt aussi pour 42.3, mais allons-y
d'abord avec 42.2.
La Présidente (Mme D'Amours) : La
première. Oui, c'est vrai, effectivement, c'est sur Greffier. On va le mettre
sur écran. Si vous voulez bien nous en faire la lecture, s'il vous plaît, M. le
député.
M. Leduc : Bien sûr. À
l'article 42.2 de la Loi sur les relations de travail, la formation
professionnelle et la gestion de la main-d'oeuvre dans l'industrie de la
construction, proposé par l'article 18 du projet de loi :
1° insérer, après les mots «des propositions»,
les mots «de clauses»;
2° ajouter, à la fin, l'alinéa suivant :
«Le cas échéant, les associations doivent
envoyer leurs offres et propositions de clauses modifiées au plus tard un mois
après la réception de ces offres et propositions.»
Il y a donc deux éléments. J'aurais pu faire, là
aussi, deux amendements distincts, mais je me suis dit : Bon, allons-y
quand même... regroupons quelques thèmes, allons-y rondement.
D'abord, sur la première partie. Moi, je salue
l'initiative du ministre, où on dit qu'on doit se donner nos propositions, nos
positions, mais malheureusement ce que j'entends du milieu, c'est que parfois
une proposition, ce n'est pas assez clair et
ça ne permet pas d'avancer une négociation. Puis une négociation, ça se fait
sur quoi? Ça se fait sur des clauses de convention collective, ça se fait sur
du texte, ça ne se fait pas sur des concepts ou des idées un peu lancés
en l'air, d'où le rajout «de clauses». C'est
intéressant, des propositions, on peut toujours jaser de plein d'affaires,
mais, si le but, c'est d'accélérer la discussion entre les deux parties, la
discussion doit atterrir sur des clauses de convention collective, des
articles de convention collective, d'où la précision, donc, «de clauses».
La Présidente (Mme D'Amours) : C'est
tout, M. le député?
M. Leduc : Bien, je... le
ministre, il voulait peut-être prendre le temps pour consulter avant, ou je
vais sur la deuxième partie?
M. Boulet : Non, non, mais la
seule réserve que j'ai, collègue... tu sais, en négociation raisonnée, on y va
beaucoup plus par objectifs. On négocie des intérêts plus que des libellés,
plus que des clauses. Ça fait que c'est sûr que ma première réaction, ma
réaction primaire, c'est de dire : C'est un peu traditionnel comme
approche. Mais je comprends ce que vous dites, mais je le considérais comme
étant inclus, là, parce que c'est des demandes, des offres puis des
propositions de clauses. Ça, là, les parties, ce qu'ils vont comprendre,
collègue — puis
vous savez comment on négocie — c'est :
il va falloir écrire des clauses. Ça, ça risque d'alourdir considérablement le
processus. Puis je ne vois pas ni les syndicats ni les patrons écrire
des clauses.
L'autre, «doivent envoyer leurs offres et
propositions»...
M. Leduc : Je n'ai pas eu le
temps d'expliquer ce bout-là, M. le ministre.
M. Boulet : OK, c'est bon. OK,
bien, excusez, je pensais que...
M. Leduc : Bien, j'expliquais
le mot «clauses» en premier. J'attendais de voir si vous aviez terminé vos
discussions, ce qui est bien correct. Donc, bien, on peut peut-être rester sur
«clauses», d'abord, là, puis je pourrais revenir...
On va faire les deux en même temps. Peut-être qu'on aurait dû faire deux
amendements, finalement. Peu importe.
La deuxième partie. Si votre objectif, encore
une fois, c'est d'accélérer les discussions et de clarifier les discussions,
chacun dépose son cahier de demandes, on aura le débat sur si c'est des
demandes, des clauses, etc., mais après ça, nécessairement, la plupart du
temps, le cas échéant, on ajuste des demandes au regard des demandes de l'autre
partie. Et, si on se dit : On veut aller un peu plus vite, je pense que
nous devrions mettre aussi une date sur cet ajustement des demandes, qui
pourrait être, donc, un mois après. Évidemment, on peut discuter sur le délai,
ça peut être un peu plus long, un peu plus court, mais je
pense qu'un mois me semble raisonnable entre la réception des demandes de la
partie adverse et l'ajustement de nos demandes, toujours dans le but de
clarifier et d'accélérer les choses.
Donc, deux éléments.
Est-ce qu'on peut préciser que les propositions, c'est intéressant, mais, si on
veut vraiment avancer, il faut des clauses?
Après ça — moi,
j'en ai fait, des négos, M. le ministre en a fait aussi — les
clauses qu'on met dans une
proposition, là, c'est des premiers jets, on ne s'attend pas toujours... bref,
on s'attend rarement à ce que ça soit, tel quel, ça qui va être rajouté
à la convention collective, mais on met quelque chose au jeu. Puis même,
souvent, ici même, on fait ça. Même ici, là, moi puis M. le ministre, on peut
échanger sur des choses, sur des thèmes, mais au final on dépose un texte puis
on négocie sur un texte. Le texte nous permet d'avoir un débat aussi sur le
propos, sur le fond. Si, à la fin de l'échange, on s'entend sur le fond, mais
que le texte n'est pas adapté, on fait juste le mettre aux poubelles puis on en
écrit un autre. Moi, je ne suis pas un doctrinaire du texte qu'il faut
absolument qu'il soit parfait tout le temps au début, je suis plutôt de
l'approche : Mettez quelque chose au jeu pour qu'on ait une discussion sur
un truc quand même concret. Je ne pense pas que ça nuise. Au contraire, je
pense que ça clarifie les discussions. Ça fait que ça, c'est pour les clauses.
Puis, sur la question
d'un deuxième tour, en quelque sorte, là je trouve ça intéressant qu'on force
un premier tour de déposer les offres chacun
de leur côté, mais, pour accélérer encore plus les choses, il faudrait forcer
un délai pour déposer les contre-offres. Voilà.
• (15 h 50) •
M. Boulet : Bien,
sur le 42... sur les clauses, je suis beaucoup moins confortable, parce qu'on
avait utilisé «demandes», «offres»,
«propositions», puis, «de clause», selon moi, on va manquer notre coup, on ne
sera pas capables de contrôler si c'est des propositions de clauses. Puis de
plus en plus je vois des processus de négociation s'accrocher à des intérêts, d'abord des objectifs puis, après ça, des
intérêts, sans que les clauses soient précisées. Puis c'est souvent un
obstacle à une négociation raisonnée que d'avoir des clauses.
Le deuxième, sur un
deuxième tour, moi, je ne suis pas fermé, parce que, dans le fond, ce que vous
dites, le cas échéant, on envoie des nouvelles offres et propositions en tenant
compte de l'autre. C'est sûr que le risque, vous me voyez venir, c'est qu'on se serve du premier tour de l'autre pour
mieux préciser nos offres et propositions. Moi, j'ai souvent vu syndicats, patrons : Dépose en
premier; non, non, dépose en premier, puis tu fais tes demandes en fonction de ce que l'autre demande. C'est ma grande
appréhension pratique, puis c'est autant pour les syndicats que pour les employeurs. Mais je comprends ce que vous
me dites, puis on se connaît assez bien, puis même la collègue de Bourassa-Sauvé
nous connaît aussi, mais... je suis assez favorable à ça, mais j'ai peur de ça.
Tu sais, ils vont respecter la date, ils
vont soumettre des offres et propositions puis ils vont attendre de voir, c'est
ma crainte. Je ne sais pas ce que vous en pensez, là.
M. Leduc :
Bien, j'entends votre argument, mais je ne suis pas sûr qu'il s'applique
dans la circonstance, parce que c'est vrai qu'en négo, peu importe les
situations de négo, tu as toujours avantage à ce que ton vis-à-vis se mouille
en premier, ça te permet de voir : J'allais-tu offrir, moi, quelque chose
qui était bien au-delà de ce qu'il considérait comme raisonnable? Puis je peux-tu
moduler? Mais, dans ce que je comprends qui est votre système, ici, c'est que
les deux déposent en même temps leurs offres initiales.
M. Boulet :
Puis ils ont la même date...
M. Leduc :
Exact.
M. Boulet :
...sauf que...
M. Leduc :
Mais ça fait qu'il n'y a pas de jeu de : Je vais attendre qu'il dépose
pour modifier les miennes, on dépose nos offres initiales en même temps. Puis
là ce qu'on dit...
M. Boulet :
Oui, mais, tu sais, c'est... collègue, ceci dit, avec respect, c'est «au
plus tard», puis, tu sais, les patrons pourraient déposer quatre jours avant le
sixième jour qui précède, donc ça veut dire le 1er novembre. Ils
pourraient déposer à la mi-octobre, puis l'autre partie a attendu, puis on
scanne toutes les offres, propositions, puis on dit : Ah! on va demander
pas mal plus que ce qu'on anticipait. Et l'inverse peut arriver.
M. Leduc :
Oui, sauf que c'est plus l'inverse qui arrive, dans le réel.
M. Boulet :
...
M. Leduc : Non, mais pour vrai. Quand vous déposez vos
offres, que vous soyez du côté patronal ou syndical... Puis, comme
ancien syndicaliste, j'ai été longtemps du côté syndical, mais je suis
maintenant un patron, hein, M. le ministre, je suis un patron parce que les
employés de Québec solidaire sont syndiqués, imaginez-vous donc.
M. Boulet :
...été patron puis vous avez trouvé... ça a été un bel exercice pour vous,
mais vous avez donné beaucoup, j'imagine.
M. Leduc : J'ai
été très généreux, dans la limite de ce que nous offre l'Assemblée nationale,
bien sûr.
Blague à part, je connais un peu, donc, les deux
facettes de cette réalité-là, puis c'est sûr que des deux bords, tu te dis
toujours : Je vais en demander un peu plus, en espérant que ça module vers
la baisse des attentes de l'autre, puis c'est normal, c'est un peu ça, la
nature de la bête.
La proposition qu'on vous fait ici, c'est de
dire : Accélérons cette deuxième étape là, de moduler les vraies demandes,
entre parenthèses, qui est toujours le deuxième tour. Il se fait naturellement,
ce deuxième tour là. Tout le monde dépose
ses offres toujours un peu trop haut par rapport à ce qu'ils pensent réellement
obtenir, d'un côté patronal ou syndical. Après ça, tu négocies, puis là,
na, na, na, tu baisses. Nous, on dit «chop-chop». On se donne un délai, on
redépose tout de suite la deuxième vraie offre, entre parenthèses, ce qui
permet d'accélérer le processus.
M. Boulet : Sur le fond, je ne
ferai pas une opposition si forte. Sur le terme
«clauses», pour moi, ça ne m'apparaît pas
compatible avec la négociation raisonnée. Mais j'aimerais ça entendre notre
collègue de Bourassa-Sauvé sur
le deuxième tour.
Mme Cadet : ...je
vous dirais... bien, sur le terme «clauses», je suis du même avis que vous, là,
M. le ministre, je pense que ça complexifierait le processus.
Ensuite, j'aurais peut-être juste quelques
questions pour... si je peux, oui, oui...
M. Boulet : Oui, oui, tout à
fait...
Mme Cadet : ...donc, pour le
collègue d'Hochelaga-Maisonneuve, parce que je lis, donc, le libellé depuis tantôt, donc, sur... donc, des associations qui
doivent envoyer leurs offres et propositions... bien, d'abord, justement, donc,
leurs offres et propositions modifiées, et non «de clauses», au plus tard
un mois après la réception de ces offres et propositions. Donc là, vous... je
pense que vous me suivez depuis le début, là, donc, ici, donc, on est...
j'essaie de comprendre, donc, il est où,
notre calendrier, puis comment est-ce qu'on arrive à répondre à notre objectif,
donc, final. Donc, nous en serions...
Une voix : ...
Mme Cadet : ...au
1er décembre. Donc, au 1er décembre, donc, les associations devraient
transmettre leurs offres modifiées. Vous... J'essaie de saisir, collègue d'Hochelaga-Maisonneuve.
M. Leduc : Je peux y aller?
La Présidente (Mme D'Amours) : ...
M. Leduc : Donc,
dans le fond, là, une négo... puis ce qui est magnifique, je trouve, d'une négo
syndicale-patronale dans le milieu du
travail, c'est qu'on est condamnés à s'entendre. Moi puis mon vis-à-vis, le
leader du gouvernement, on peut négocier 150 choses, on n'est pas
condamnés à s'entendre, on peut juste ne pas réussir à s'entendre, souvent,
même chose ici, dans un Parlement, dans un projet de loi. Mais, dans une négo
syndicale, on est condamné à signer un texte
à la fin de l'exercice. Ça peut être long, ça peut être ardu, mais il va
falloir qu'il y ait une convention collective, c'est un incontournable. Ça fait que c'est nécessairement une stratégie
d'entonnoir, un exercice d'entonnoir, où chacune des deux parties part à un
point a puis un point b puis que, selon le rapport de force qui s'exercera en
fonction de 150 variables différentes, on va finir par atterrir à un
texte commun.
Mme Cadet : Mais ça...
M. Boulet : ...vous n'avez pas
peur que... Puis là vous pensez que les patrons le font plus que les syndicats.
Dans cette hypothèse-là, est-ce que les associations patronales ne risquent pas
de dire : On va faire notre premier tour le plus prudemment possible, on
va attendre de voir ce qu'ils nous demandent, parce qu'on va le voir, il y a
une date butoir, puis après ça, au deuxième tour, on va être plus spécifiques?
J'ai juste peur que c'est gagner un mois, alors qu'avec un tour on leur impose
de mettre leurs cartes sur la table beaucoup plus aisément. Tu... Vous me
suivez?
M. Leduc : OK, je comprends
votre question. Mon expérience de négo, c'est que c'est extrêmement mal venu de
profiter du deuxième tour pour rajouter des revendications ou intensifier des
revendications. Au contraire, selon l'idée
de l'entonnoir, tu dilues. Plus tu avances, plus tu dilues, plus tu modères tes
attentes, tu n'en rajoutes pas.
M. Boulet : ...une opportunité
de le faire.
M. Leduc : Non.
M. Boulet : On leur dit : Vous avez un deuxième tour.
Puis moi, je me mets dans les bottines de négociateur, là, puis on l'a
été, on sait tous comment ça marche, il y a ce risque-là, qui est quand même
important. Puis, s'il n'y a pas de deuxième tour, bien, qu'ils mettent leurs
cartes sur la table au premier tour, puis «that's it», après ça on amorce.
M. Leduc : Théoriquement,
tu peux toujours rajouter des éléments de négo n'importe quand, là. Après ça,
tu t'exposes potentiellement à une plainte
de mauvaise foi, difficilement défendable, peut-être, rendu à un niveau
tribunal, surtout avec un impact sur le réel processus de négo, mais il
n'y a rien qui t'empêche, dans l'absolu, de rajouter des éléments en cours de route, une fois que tu as
déposé une demande. C'est très mal reçu et très mal perçu, mais ce n'est
pas interdit, c'est plus dans le... dans la
crédibilité par rapport à ton vis-à-vis de ne pas le faire. C'est une forme de
respect de base.
Ça fait que... Est-ce que des gens pourraient profiter de ce deuxième tour là pour
rajouter des choses? Bien oui, en théorie. Ils peuvent le faire déjà, de
toute façon. Moi, ce que je dis, c'est qu'en mettant une date d'un mois après, ça me semble quand même raisonnable. Tu reçois les
offres initiales, tu les analyses puis là tu décides potentiellement de
moduler un peu tes affaires pour dire : Oui, ça, je pourrais laisser
tomber, ça, je pourrais le garder. Ça... comment je dirais ça, ça force une première discussion, un premier élagage de part
et d'autre. Peut-être qu'il n'y aura pas grand-chose qui va élaguer,
peut-être que les deux vont dire : Non, non, moi, je garde telles quelles
mes offres initiales, OK, mais il y aurait
quand même eu... on aura quand même forcé l'exercice, en théorie, en tout cas,
avec cette approche-là, d'élaguer un peu de part et d'autre.
La Présidente (Mme D'Amours) : Chers
collègues, pour nous, ici, c'est le dernier tour.
Donc, compte tenu de l'heure, la commission
ajourne ses travaux au mardi 16 avril 2024, à 9 h 30, où elle
entreprendra un autre mandat. Merci beaucoup, tout le monde.
(Fin de la séance à 16 heures)