(Onze heures vingt minutes)
La Présidente (Mme D'Amours) : Bonjour,
tout le monde. Ayant constaté le quorum, je déclare la séance de la Commission
de l'économie et du travail ouverte.
La commission
est réunie afin de poursuivre l'étude détaillée du projet de loi n° 51, Loi modernisant
l'industrie de la construction.
Mme la secrétaire, y a-t-il des remplacements?
La
Secrétaire : Oui, Mme la Présidente. M. Tremblay (Dubuc) est remplacé par Mme Mallette (Huntingdon).
Étude détaillée (suite)
La
Présidente (Mme D'Amours) : Merci. Lors de l'ajournement de nos travaux
d'hier, selon notre plan de travail, nous étions rendus au
sujet IV, portant sur les définitions. Plus précisément, nous étudions...
à l'étude... Nous étions, pardon, à l'étude
de l'article 1, et la députée de Bourassa-Sauvé venait d'indiquer son intention de déposer un
amendement. Mme la députée, veuillez nous en faire la lecture, s'il vous
plaît.
Mme Cadet : Merci
beaucoup, Mme la Présidente. Un instant... parfait. Parfait. Donc, je le vois à
l'écran. Merci.
Donc, Loi modernisant l'industrie de la
construction, à l'article 1. Article 1 de la Loi sur les relations de
travail, la formation professionnelle et la gestion de la main-d'oeuvre dans
l'industrie de la construction. L'article 1 du projet de loi est
modifié :
1° par la suppression du paragraphe p.2;
2° par le remplacement, dans le
paragraphe p.3, des mots «une personne immigrante» par les mots «un
résident permanent, un ressortissant étranger».
L'article modifié se lirait comme suit :
L'article 1 de la Loi sur les relations de
travail, la formation professionnelle et la gestion de la main-d'oeuvre dans
l'industrie de la construction (chapitre R-20) est modifié, dans le
premier alinéa :
1° par le remplacement, dans le
paragraphe i.1 de «42» par «41.2.1»;
2° par l'ajout, après le paragraphe p.1, du
paragraphe suivant :
«p.2) "personne représentative de la
diversité de la société québécoise" : un autochtone, une personne
faisant partie d'une minorité visible ou
ethnique, un résident permanent, un ressortissant étranger ou une personne
handicapée;».
La Présidente (Mme D'Amours) : ...
Mme Cadet : Oui, merci. Merci,
Mme la Présidente. Donc, M. le ministre, donc, hier, donc, nous avions, donc,
la conversation sur les définitions prévues à l'article 1. Mon
argumentaire était à l'effet que chacun, donc, des groupes, donc, vivant, donc, des dynamiques distinctes, donc, les unes
des autres, qu'il était peut-être plus opportun, donc, de conserver, donc, une
dénomination unique afin, donc, de bien... de bien, donc, statuer, donc, ces
différenciations-là, donc, de façon granulaire.
J'ai entendu l'argumentaire du ministre, donc,
par rapport à la simplicité et le fait que dans le cadre, donc, du projet de loi, donc, les différentes... les
différentes mesures visant à intégrer, donc, au sein, donc, de la
main-d'oeuvre, donc dans le secteur de la construction, beaucoup plus,
donc, de personnes, dites représentatives de la diversité de la société
québécoise. Donc, le fait, donc, de vouloir, donc, le faire, donc, quand même,
avec une certaine, donc, simplicité, donc, sur le plan de la législation, et
que ce terme parapluie existe, donc, à l'égard, donc, de la Loi sur la
gouvernance des sociétés d'État, qui est, aussi, donc, reproduit, donc, à la
loi R-20 en ce qui a trait aux modifications qui ont été faites, lors de
la dernière modification de cette dite loi, pour y inclure donc les personnes
représentatives de la diversité de la société québécoise, donc, au sein, donc,
du conseil d'administration de la CCQ.
J'entends le ministre au niveau, donc, de sa
volonté, donc, de conserver un terme parapluie. Donc, j'arrive avec une position disons, donc, mitoyenne, le... à
l'égard, donc, de tout ce qui s'est retrouvé dans les différents mémoires
des groupes ayant déposé ces documents, dans le cadre des consultations
particulières que nous avons menées, afin de conserver, donc, cet aspect de
simplicité, donc nous assurer que les mesures qui soient visées pour favoriser,
donc, cette insertion professionnelle des
personnes représentatives de la diversité québécoise, donc, puissent se faire,
mais tout de même assurer, donc, un souci de cohérence. Et c'est à cet
égard que je... Je reprends un peu, donc, la conversation que nous menions hier, donc sur le terme «personne
immigrante», donc, qui se retrouve, donc, au paragraphe, donc, p.2, du
projet de loi, donc, à l'article 1, un terme qui n'est pas nécessairement
défini, donc, dans ce sens, ailleurs dans la législation.
Le ministre l'a bien mentionné, donc, à la loi, donc, fédérale, donc, sur
l'immigration et le statut du réfugié, donc,
on définit ce qu'est un résident permanent, donc c'est très clair. Un
ressortissant étranger, donc, est également, donc, défini
dans notre corpus législatif, donc cet élément-là, donc, l'est aussi. Mais je
ne pense pas que la loi R-20 soit l'outil qui devrait, donc, amener, donc,
cette espèce, donc, de... bien, en fait, cette définition-ci, donc, de
«personne immigrante», alors que ce n'est pas l'objectif, donc, de la
loi R-20.
Considérant
les mesures, donc, de... qui favorisent, donc, cette participation à l'emploi,
donc ce plein épanouissement à
l'emploi, donc, des personnes représentatives de la diversité de la société
québécoise qui sont incluses dans le projet de loi, objectif que je
partage, et je l'ai mentionné maintes fois et je le répète, j'arrive donc avec
cette proposition d'amendement, donc, qui,
encore une fois... donc, qui est plutôt mitoyenne et nous permettrait de ne pas
créer, donc, d'incohérence législative, de conserver... de conserver,
donc, le terme que le ministre souhaite conserver dans le projet de loi afin, donc, d'assurer cette simplicité, cette
simplicité, mais de... d'avoir une vision, donc, plus à long terme, donc, sur l'ensemble, donc, des éléments,
puisqu'il n'y a pas de nécessité, là, même dans ce qui a trait, donc, au projet
de loi, donc, de définir «personne immigrante». Donc, je préférerais que, donc,
les termes... «résident permanent», qui existe, existe en vertu, donc,
de la loi sur l'immigration et le statut du réfugié, le terme «ressortissant
étranger», qui existe lui aussi, donc, qui se retrouve, donc, avec une
définition uniforme, ailleurs dans notre corpus, donc soient tout simplement
indiqués et compris dans «personne représentative de la diversité de la société
québécoise», qui... donc, qui, déjà, dans sa
mouture initiale, allait... était plus large que ce qu'on retrouve, donc, à la
politique qui a mené, donc, à ce terme, dans la Loi sur la gouvernance
des sociétés d'État.
J'espère que le ministre entendra
l'argumentaire. Il ne s'agit pas, donc, d'une modification de... qui change et qui aura, donc, une incidence sur la capacité de
ces personnes-là, donc, d'accéder, donc, aux mesures que nous verrons plus tard, donc, en matière de mobilité par
exemple, ou d'ouverture des bassins, ou de référence de la main-d'oeuvre. Merci,
Mme la Présidente.
La Présidente (Mme D'Amours) : Merci.
Commentaires sur l'amendement de la collègue? M. le ministre.
M. Boulet : Bien, assez
brièvement. Bonjour, Mme la Présidente. Bonjour à tout le monde. En fait, la
notion de «personne immigrante», le concept
en soi, il existe à 10 reprises dans le corpus législatif québécois. Notre
définition, comme j'ai mentionné hier, elle est large, mais elle vise à
servir la finalité, c'est-à-dire faciliter la mise en place de mesures et de
normes de reconnaissance. Donc, c'est pour bien répondre aux objectifs visés
qu'on avait une définition de cette nature-là. D'ailleurs, ce qu'on a mis, dans
cet article 1, a été convenu avec le ministère de l'Immigration,
Francisation, Intégration. Et juste rappeler qu'au plan pratique, la CCQ, qui va
s'assurer du respect des normes de reconnaissance, formation et expérience...
Les mesures visent tant les ressortissants étrangers que les résidents
permanents, donc sous... Il n'y a pas de mesure distincte pour les
ressortissants et d'autres mesures pour les résidents permanents, d'où, un, la
simplicité, la largesse de la définition, pour répondre, ultimement, à nos
finalités. Donc, je comprends l'amendement,
mais, pour ces raisons, nous maintenons le libellé que nous avons, Mme la
Présidente.
La Présidente (Mme D'Amours) : Merci.
D'autres commentaires? Mme la députée de Bourassa-Sauvé.
Mme Cadet : Oui. En fait, donc,
le terme, donc, il est mentionné ailleurs, mais il n'est pas... à mon... de mon
expérience, donc, en fait, de mes recherches, donc, il n'est pas défini. Je
sais qu'il est mentionné, mais est-ce que, donc, le... la définition, donc, qui
est prévue ici, donc «personne immigrante», donc étant «ressortissant étranger»
et «résident permanent», est-ce que cette définition-là, telle qu'on la
retrouve dans le projet de loi ici... est-ce qu'elle se retrouve ailleurs?
M. Boulet : ...répondu par la
négative, hier, à la même question.
Mme Cadet : OK. Donc, voilà.
Donc, elle n'est pas définie.
M. Boulet : Non. C'est une
définition convenue, suffisamment large, mais compatible et respectueuse des
finalités et objectifs que nous visons ici. Et il n'y a pas personne qui est
mis de côté. C'est une définition qui est vraiment inclusive et qui vise, comme
vous le savez, objectif avec lequel vous êtes totalement d'accord, à faire de
cette industrie une qui est inclusive et diversifiée.
• (11 h 30) •
La Présidente (Mme D'Amours) : ...
Mme Cadet : M. le ministre, je
réitère le fait que je vous entends et, encore une fois, que, donc, vous venez de le rementionner, donc, nous partageons les
objectifs. Je pense tout simplement que je ne pense pas que la loi R-20,
donc, soit le bon véhicule pour introduire cette définition-là dans le corpus.
J'essaie de comprendre, en fait, ce que ça... en fait, qu'est-ce que ça change
pour vous de... Je comprends. Je comprends donc que les préoccupations qui ont
été soulevées de ne pas avoir une définition parapluie pour «personne
représentative de la diversité de la société québécoise», donc, c'est un enjeu
pour vous. Ça, je l'entends. C'est pour ça que, cet amendement-ci, donc, à
l'issue de la conversation que nous avons eue hier, donc le débat que nous
avons tenu sur l'article 1, sur les définitions, j'ai saisi cette
préoccupation-là et puis c'est pour ça que j'arrive avec quelque chose qui
viendrait donc y répondre. Donc, j'essaie de comprendre, pour vous, quelle est
l'importance d'introduire cette définition-ci, puisque d'une part, si on la met, donc, dans le parapluie de «personne
représentative de la diversité de la société québécoise», qu'on retrouve
à p.3 dans votre projet de loi, donc, dans le projet de loi, donc, on vient
créer, donc, cette première définition pour ensuite l'inclure, donc, à... au deuxième
parapluie. Donc, j'essaie de saisir l'importance pour vous, donc, de le conserver
sur le fond. Qu'est-ce que mon amendement viendrait modifier pour vous?
M. Boulet :
Je n'ai pas d'autre commentaire. Je n'ai rien à ajouter.
La Présidente (Mme
D'Amours) : Merci.
Mme Cadet :
Bien, je pense que ma question est tout de même pertinente pour ceux qui
nous écoutent.
M. Boulet :
Ce serait les mêmes réponses que j'ai données hier. C'est une définition
qui vise à répondre aux objectifs, à la
finalité recherchée. C'est simple, c'est inclusif, c'est diversifié. Puis pour
chacun des mots, j'ai exprimé l'appui
sur lequel ça se fondait et la réalité humaine que ça visait. Donc, c'est sûr
que je pourrais reprendre ce que je vous ai expliqué hier, mais c'est
une...
Mme Cadet :
Ma question était distincte.
M. Boulet :
Oui?
Mme Cadet : En fait, ma question,
c'est de savoir qu'est-ce que mon... En quoi mon amendement, ma proposition
d'amendement, vient modifier vos objectifs?
M. Boulet :
Puis elle ne modifie rien. Pourquoi la modifier? L'amendement, il a été
fait. Il a été convenu, notamment avec la Commission de la construction, avec
le ministère de l'Immigration, après des consultations, pour s'assurer de la
facilitation dans la mise en application des normes d'accès, qui passe par la
reconnaissance des heures de formation et
des heures de travail... Et c'est cette symbiose-là qui est recherchée, tout
simplement. C'est une approche qui se
veut simple, et c'est une volonté ferme que nous avons de faire en sorte que
les personnes qui sont concernées par cet article-là puissent accéder à
l'industrie de la construction.
Puis on pourrait
discuter pendant des heures de comment l'écrire. Il y a une variété de textes
législatifs au Québec, mais ce qui est
intéressant d'une loi, c'est de s'assurer que le libellé soit compréhensif et
facile d'application. Le principe de lisibilité est aussi fondamental pour nous
autres. Et ça, les partenaires impliqués dans la mise en application des
normes se sentent confortables avec ça. Puis il n'y a pas de distinction à
faire. Il n'y a pas des normes pour les
ressortissants étrangers. Il n'y a pas d'autre type de norme pour les résidents
permanents. Donc, notre définition, moi, je la trouve hypersimple. Puis
c'est sûr qu'on pourrait changer des choses, mais je pense que la compatibilité
puis la correspondance entre ce que nous avons écrit et les objectifs d'énoncés
est claire.
Mme Cadet :
Est-ce que... Donc, je comprends, donc, pour vous, donc, vous convenez avec
moi, donc, sur... pour répondre à vos
objectifs, donc, mon amendement, ma proposition d'amendement, donc, permet de
répondre à vos objectifs, donc, encore une fois, dans les objectifs,
donc, sur le fond, donc, je partage, mais la question, donc, que je repose,
c'est : Est-ce que vous pensez qu'il revient donc, à la loi R-20 de
définir «personne immigrante»? C'est que, s'il y a... Pour vous, donc, il n'y a
pas, donc, de... En fait, j'essaie de comprendre la valeur ajoutée de le faire
ici, puisqu'avec ma proposition d'amendement donc, ça nous permettrait, donc,
de conserver votre objectif d'avoir, donc,
une meilleure lisibilité, donc, de la loi, avec le parapluie... le terme
parapluie «personne représentative de la diversité de la société québécoise», que je conserve ici,
donc, dans le libellé de ma proposition d'amendement, tout en ne créant pas,
donc, une nouvelle définition. Puis vous-même, vous en avez convenu, donc, le
terme n'est pas défini ailleurs dans la législation. Il est mentionné,
mais il n'est pas défini ailleurs dans la législation.
Je... moi,
personnellement, je ne pense pas que ce soit, donc, à la loi R-20, donc, de
créer cette définition-ci. Je pense qu'il
reviendrait donc, à un autre texte législatif de le faire. Donc, tant qu'à créer,
donc, quelque chose, donc, qui, peut-être, n'a pas tout à fait sa place
ici, on permet, donc, de répondre, donc, aux objectifs sur le fond, d'avoir, donc, une lisibilité de la loi, donc, avec ce
terme parapluie, qui se retrouve ailleurs, et c'est en ce sens-là que je
propose cet amendement, donc... de voir... Donc, pourquoi, pour vous,
c'est un problème, la proposition d'amendement?
M. Boulet : Je
vais limiter mon commentaire. Chaque loi peut avoir une définition qui est
compatible avec l'atteinte de ses objectifs. C'est ça, le but d'une loi,
qu'elle soit simple d'application, qu'elle soit compréhensive. Et je comprends
votre proposition, que je respecte, mais je n'ai pas d'autre commentaire à
faire, Mme la Présidente.
La Présidente (Mme
D'Amours) : Merci. D'autres commentaires sur l'amendement de la
collègue?
Mme Cadet : Oui, bien, tout simplement, Mme la Présidente, de
mon côté... Je ne sais pas si ma collègue des Mille-Îles, qui est de
retour avec nous, donc, a une question avant qu'on puisse conclure?
Mme Dufour : Oui,
merci...
La Présidente (Mme D'Amours) : Bien,
je vais vous donner la parole, Mme la députée des Mille-Îles.
Allez-y.
Mme Dufour : ...j'ai vu le micro
s'allumer, je m'excuse, Mme la Présidente.
La
Présidente (Mme D'Amours) : Oui, votre micro est maintenant ouvert.
Mme Dufour : Non,
en fait, je tentais simplement de savoir pourquoi on souhaitait, tu sais,
séparer une définition distincte pour les
personnes immigrantes versus... versus d'autres groupes qui sont mentionnés,
là, dans le p.3, là, dans le fond. Quand je le regardais, j'essayais de
comprendre pourquoi on les a séparés, tu sais, pourquoi, lui, on le définit,
mais, par exemple, «autochtone», on ne le définit pas, une personne handicapée,
on ne le définit pas, mais pourquoi «immigrante», on a eu le besoin de le
définir séparément. En fait, j'essayais de saisir... de l'inclure dans tout ce
qui est considéré de la diversité. Je ne vois pas, honnêtement, la nécessité de
le séparer, tout simplement, mais je voudrais peut-être vous entendre
là-dessus, là.
La Présidente (Mme
D'Amours) : ...
M. Boulet : Bien,
je l'ai expliqué abondamment, hier, dans un... J'aimerais ça vous dire qu'on
est heureux de vous revoir en santé, on a pensé à vous hier. Vous avez un
sourire, ce matin, qui témoigne de votre bon état.
Bon, j'ai expliqué
chacun des mots, son origine, pourquoi, les appuis, en termes de loi. Tu sais,
comme, les personnes handicapées, bien, il y a une loi sur l'office de
protection des personnes handicapées. Ça ne requérait pas plus de détails ou
plus de précisions, mais on voulait avoir une définition simple, libérale et
inclusive, qui facilite la mise en application, comme j'ai mentionné souvent,
des normes de reconnaissance de la formation et du travail. Et c'était
important pour nous d'avoir cette approche la plus englobante possible. Pas
plus compliqué que ça.
Mme Dufour : Peut-être
une question supplémentaire. Et là, si la question a été posée hier, là, je
suis désolée de répéter, je n'ai pas réécouté ce qui s'est dit hier, vous
comprendrez, j'étais ailleurs, mais «ressortissant étranger», est-ce que ça
inclut les travailleurs étrangers temporaires?
M. Boulet : Oui,
tout à fait. Bon, je vais répondre, attendez-moi... Mais une réponse rapide,
c'est oui.
Mme Dufour : Ça
inclut les travailleurs étrangers temporaires.
M. Boulet : Oui,
tout à fait.
Mme Dufour : Parce
qu'il y avait... il y avait des inquiétudes qui avaient été soulevées, là, dans
un mémoire, là, par rapport aux travailleurs étrangers temporaires.
M. Boulet : Donc,
je l'ai mentionné hier. Puis, sur la notion de personnes immigrantes, j'ai
référé au fait que ça comprenait la personne réfugiée, le demandeur d'asile, le
travailleur étranger temporaire, l'étudiant étranger, parce qu'il est aussi
autorisé à travailler un certain nombre d'heures pendant leurs études, là, si
je ne m'abuse, c'est 20 heures, tout ressortissant étranger qui est aussi
à l'extérieur, qui n'a pas encore de permis de séjour ou de permis de travail.
C'est hyperenglobant.
Mme Dufour : Merci.
Mais ça reste que, personnellement...
M. Boulet :
Ah! personnellement...
Mme
Dufour : ...je ne saisis pas
vraiment pourquoi on l'a séparé de la définition. C'est pour ça que j'appuie
la... pardon, l'amendement de ma collègue.
• (11 h 40) •
M. Boulet : Vous
allez appuyer la proposition d'amendement de votre collègue? Ah, oui? Mais vous
pouvez penser encore, là.
Des voix : ...
La Présidente (Mme D'Amours) : ...commentaires
sur l'amendement? Oui, Mme la députée de Bourassa-Sauvé.
Mme Cadet : Je
note... quand même, que je note que le ministre a dit qu'il souhaitait, donc,
avoir une définition libérale et inclusive.
M. Boulet : ...
Mme Cadet : Tout
de même, M. le ministre, la question de ma collègue... elle la reprend, mais je
pense que c'est peut-être cet élément-ci. Puis peut-être que, si vous répondez
à ça, je vais saisir. Pourquoi la définition de p.2? Tu sais, je comprends que les autres... chacun des autres éléments. Je
comprends pourquoi on n'a pas défini les autres éléments, ça, c'est
très, très, très clair. Je comprends pourquoi vous voulez une définition
parapluie. Ça, vous l'avez expliqué, la lisibilité, la cohérence. C'est très
clair, ça, je l'entends. Je pense que, dans tout ça, en fait, ce que je n'ai
pas saisi, c'est pourquoi est-ce qu'on... est-ce que vous trouviez important
d'inclure cette définition-ci, plutôt que de faire... en fait, de le libeller
comme je l'ai fait. Tu sais, c'est un peu ça, la question.
M. Boulet : Mais,
ça aussi, j'y ai répondu : pour éviter l'exclusion, pour que ce soit le
plus large possible. Donc, c'est mon commentaire.
Mme Cadet : Mais mon amendement ne
crée pas d'exclusion. Donc, c'est...
M. Boulet : Non, mais c'est une
définition qui se veut la plus englobante possible, là.
Mme
Cadet : Mais, justement, avec ma proposition d'amendement,
donc, ça permet de conserver l'aspect d'être englobant. C'est ça que
j'ai...
M.
Boulet : Je comprends votre proposition d'amendement, c'est
une option. Notre définition est une option que nous avons considérée, évaluée
après consultation et après avoir obtenu l'assentiment de nos collègues du
ministère de l'Immigration. Tout le monde est d'accord, sauf
peut-être... Je ne sais pas, il y en a qui sont en délibéré cependant.
Mme Cadet : Bon, d'accord. Bien,
écoutez, Mme la Présidente... Mais merci. J'aurais aimé... Donc, de ce que j'entends, le ministre a dit, essentiellement,
donc, qu'il l'entend, mon amendement, qu'il le comprend, qu'il est en... qu'il
serait en accord sur le fond, que c'est une... c'est une proposition. Moi, je
pense que ma proposition d'amendement,
donc, permet au libellé de l'article 1 d'être plus prudent, considérant
l'ensemble de la législation, puis aussi,
donc, le souci d'insérer, donc, les définitions, donc, au bon endroit, donc,
dans la législation, donc, de façon beaucoup plus large. J'entends que
vous souhaitez poursuivre avec le vôtre, parce que c'est le vôtre. Et
surtout... et j'entends surtout que vous souhaitez y aller avec votre
définition parce qu'elle est libérale.
M.
Boulet : C'est une belle conclusion, quand même.
Donc, je comprends que vous retirez votre amendement? C'est un...
Mme Cadet : Je ne retire pas mon
amendement, M. le ministre.
M. Boulet : Le texte est libéral,
vous en convenez, et vous voulez amender un texte libéral?
La Présidente (Mme D'Amours) : Bon,
si nous voulons poursuivre. J'ai encore à vous demander : Est-ce qu'il y a
des commentaires, questions sur l'amendement de la collègue? S'il n'y en a pas,
je vais vous demander si l'amendement est accepté ou rejeté.
Mme Cadet : ...
La Présidente (Mme D'Amours) : Oui,
un vote par appel nominal. Mme la secrétaire, s'il vous plaît.
La Secrétaire : Pour, contre,
abstention. Mme Cadet (Bourassa-Sauvé)?
Mme Cadet : Pour.
La Secrétaire : Mme Dufour
(Mille-Îles)?
Mme Dufour : Pour.
La Secrétaire : M. Boulet
(Trois-Rivières)?
M. Boulet : Rejeté.
La Secrétaire : Mme Tremblay
(Hull)?
Mme Tremblay : Rejeté.
La Secrétaire : Mme Mallette
(Huntingdon)?
Mme Mallette : Rejeté.
La Secrétaire : M. Dufour
(Abitibi-Est)?
M. Dufour : Contre.
La Secrétaire : M. Martel
(Nicolet-Bécancour)?
M.
Martel : Contre.
La Secrétaire :
M. Leduc (Hochelaga-Maisonneuve)?
M. Leduc : Pour.
La Secrétaire : Mme D'Amours
(Mirabel)?
La
Présidente (Mme D'Amours) : Abstention. Donc, l'amendement est rejeté. Nous
revenons à l'amendement 1. Est-ce
qu'il y a des commentaires sur l'amendement... sur l'article, pardon,
l'article 1? Oui, Mme la députée de Mille-Îles.
Mme
Dufour : Merci, Mme la Présidente. J'ai une question pour
le ministre. Lorsqu'on regarde les différents mémoires, l'APCHQ nous a fait part de... en fait, de leur... tu sais,
que, pour eux, la... les... le secteur résidentiel ne devrait pas être
déterminé selon le nombre d'étages. Et, comme on modifiait la section des
définitions, je me demandais, en fait, pourquoi le ministre n'en a pas profité
pour regarder... peut-être qu'il l'a fait puis qu'il a décidé de ne pas aller
de l'avant, mais... la définition de secteur résidentiel, dans le fond, qui,
actuellement, établit que, dans le fond, on est dans un secteur résidentiel si un bâtiment n'excède pas six étages...
six étages ou... dans le cas de bâtiments neufs, ou huit dans les autres cas, donc. Puis, ça, j'ignore la
genèse de qu'est-ce qui a mené à cette... à cette définition-là à l'origine, mais
j'avoue que, quand, nous, on... en tout cas, quand moi, j'étais au municipal,
puis qu'on regardait les différents... les différents projets, ça amenait une
complexité aussi de quels codes s'appliquent, etc. Donc, pourquoi on n'a pas
saisi cette opportunité-là, peut-être, pour corriger ça, en tout cas, ou, du
moins, comment répondre à l'APCHQ, là?
M.
Boulet : On pourra peut-être faire la discussion à un
article qui est pertinent. Ici, c'est des définitions pour fins
d'application de la reconnaissance des heures de formation et des expériences
de travail. Mais on pourra faire... Et ça a
été considéré et pas retenu, là. Si vous faites référence... les bâtiments
neufs... usagés, là, le six ou le huit étages, évidemment, il y a des
associations d'employeurs qui divergent d'opinion là-dessus. On pourra faire la
discussion au moment opportun, là, mais ça n'a pas été retenu.
Mme Dufour : Bien, je considérais
que c'était un moment opportun, parce qu'on était dans les définitions et qu'on
avait une demande de l'APCHQ, dans leur mémoire, de modifier la définition.
Donc, c'est pour ça que je considérais que c'était le moment opportun d'en
parler.
La Présidente (Mme D'Amours) : D'autres
commentaires? Oui, M. le député d'Hochelaga-Maisonneuve.
M. Leduc : J'ai mis, sur Greffier,
un amendement, Mme la Présidente.
La Présidente (Mme D'Amours) : Parfait.
On va le mettre sur écran, et je vais vous demander d'en faire la lecture
aussitôt qu'il sera sur écran, votre amendement. Vous pouvez y aller, M. le
député, s'il vous plaît.
M. Leduc : Merci, Mme la Présidente.
Alors : Remplacer le paragraphe 2° de l'article 1 du projet de loi
par le suivant :
2° par l'ajout, après le paragraphe p.1, du
paragraphe suivant :
«p.2) "personne faisant partie de certains
groupes victimes de discrimination en emploi" : une personne handicapée au sens de la Loi assurant l'exercice
des droits des personnes handicapées en vue de leur intégration scolaire,
professionnelle et sociale (chapitre E-20.1), une personne autochtone, une
personne qui fait partie d'une minorité visible
en raison de sa race ou de sa couleur de peau et une personne dont la langue
maternelle n'est pas le français ou l'anglais
et qui fait partie d'un groupe autre que celui des personnes autochtones et
celui des personnes qui font partie d'une minorité visible;».
Je salue les efforts de mes deux collègues des
récentes minutes. J'essaie un autre chemin. Je ne qualifierai pas les chances que j'estime de convaincre le
ministre avec ce chemin-là plus que l'autre, mais je me devais de l'essayer
quand même. Il y a un long passage, dans le
mémoire de la Commission des droits
de la personne du Québec, qui parle
des définitions. Je vais juste vous en lire quelques extraits, Mme la
Présidente :
«Dans un premier temps...» C'est à la
page 28. «Dans un premier temps, des remarques doivent être faites quant à
la terminologie même utilisée pour décrire ces groupes. Le terme "personne
représentative de la diversité de la société québécoise" porte à
confusion, particulièrement lorsqu'utilisé dans le contexte de mesures visant
l'égalité en emploi. Plus encore, leur définition paraît arbitraire. La
diversité de la société québécoise ne peut se résumer aux personnes
autochtones, aux personnes faisant partie d'une minorité visible ou ethnique,
une personne immigrante, une personne
handicapée. De surcroît, il est important de rappeler que le terme
"autochtone" comporte une majuscule, et que l'utilisation de
l'expression "un autochtone" est incorrecte.» Bon.
«D'autre part, il faut souligner que les
minorités visibles et les minorités ethniques ne peuvent être amalgamées. Au
sens de la LAEE, les minorités visibles sont identifiées comme telles en raison
de leur race ou de leur couleur de leur peau... de la couleur de leur peau,
alors que les minorités ethniques désignent des personnes dont la langue
maternelle n'est pas le français ou l'anglais et qui font partie d'un groupe autre
que celui des Autochtones et celui des personnes qui font partie d'une minorité
visible.
«Plus largement — puis je vais arrêter
avec ce paragraphe-là, Mme la Présidente — plus largement, la
commissaire... la commission constate que la terminologie choisie dans le
projet de loi pour désigner les groupes qui seraient victimes de discrimination est en rupture
avec les normes et principes de cadres législatifs existants en matière d'accès à l'égalité. Tel que
prévoit l'article 86 de la charte, les programmes d'accès à l'égalité ont
pour objet de corriger la situation de personnes faisant partie de
groupes victimes de discrimination dans l'emploi, ainsi que dans les secteurs
de l'éducation ou de la santé, et dans tout autre service ordinairement offert
au public. La LAEE, quant à elle, dans le même
esprit, vise à corriger les inégalités vécues dans
le domaine du travail, au sein des organismes publics qui y sont assujettis, par les groupes suivants : les
femmes, les minorités visibles, les minorités ethniques, les personnes
autochtones et les personnes handicapées. Ce sont ces mêmes groupes qui
sont visés par le programme d'accès à l'égalité dans la fonction publique et
par le Programme d'obligation contractuelle.»
Je m'arrête là, Mme la Présidente, parce que ça
continue pendant plusieurs autres pages, la lancée de la commission des droits
de la personne et de la jeunesse. Visiblement, hier, on a eu un échange avec le
ministre sur les amendes, il nous expliquait qu'il recevait des suggestions du
ministère de la Justice, qu'il prenait ces suggestions-là au sérieux. Là, il
reçoit des suggestions de la part de la commission des droits de la personne et
de la jeunesse. Ce n'est pas le ministère de
la Justice. Il y a une distance critique de la commission par rapport au
ministère, c'est comme ça qu'on l'a voulu. Prend-il, donc, tout aussi au
sérieux les recommandations de la commission que celles qui lui ont été faites
par le ministère de la Justice?
• (11 h 50) •
La Présidente (Mme D'Amours) : Merci.
Commentaires, M. le ministre?
M. Boulet : Mon Dieu! Bien, encore
une fois, on pourrait reprendre un débat. Je ne redirai pas que tout ce que
j'ai mentionné, mais il n'y a pas personne qui n'est pas capté ici. De toute
façon, je ne vois pas où vous avez inséré «personne immigrante». Est-ce que... est-ce
que je ne le vois pas bien ou... Je ne le vois pas dans votre définition, la
notion de personne immigrante. Est-ce que c'est une omission? Sûrement pas
volontaire, on se connaît assez bien pour ça, là.
M. Leduc : Je prendrais une
suspension, Mme la Présidente.
La Présidente (Mme D'Amours) : Je
suspends les travaux quelques minutes.
(Suspension de la séance à 11 h 51)
(Reprise à 11 h 56)
La Présidente (Mme D'Amours) : Nous
reprenons nos travaux. M. le député d'Hochelaga-Maisonneuve, la parole est à
vous.
M. Leduc : Merci, Mme la Présidente.
Dans le fond, ce qu'on fait, là, par rapport à son projet de loi, c'est qu'on reprend ces deux catégories, personne
immigrante, personne représentative de la diversité de la société québécoise,
puis on les rebrasse pour faire quelque chose qui, à notre avis, est plus
clair.
Je vous lis deux extraits de mémoire. C'est
toujours celui de la CDPDJ, à la page 30 : «La commission s'interroge
donc sur le choix d'ajouter ici une catégorie de "personne migrante".
En effet, au-delà du fait que le groupe n'est visé par aucun des grands
programmes d'accès à l'égalité dont le projet de loi semble s'inspirer, force est de constater que les personnes immigrantes
constituent un groupe particulièrement hétéroclite, qui peut regrouper... recouper,
pardon, différents motifs de discrimination, dont la race, la couleur ou
l'origine ethnique.»
Et il y a
aussi le mémoire d'ATF, qui s'interroge aussi sur les définitions du ministre,
notamment le «ressortissant étranger»,
puis ils disent ceci : «Intégrer la notion de ressortissant étranger dans
la catégorie des personnes immigrantes, comme le propose le PL n° 51, constitue une
erreur conceptuelle et terminologique. En effet, ces deux termes désignent des
réalités différentes en matière d'immigration. Comme dit précédemment, le terme
"personne immigrante" se réfère à quelqu'un qui migre ou qui a
récemment migré vers un pays dont le but de s'y établir... dans le but de s'y
établir de manière permanente. En revanche, un ressortissant étranger
est simplement une personne qui n'a pas la citoyenneté du pays où elle se
trouve, peu importe la durée de son séjour ou ses intentions d'établissement permanent.
«L'erreur réside, donc, dans le fait de
considérer que tous les ressortissants étrangers sont automatiquement des personnes immigrantes, ce qui n'est pas le
cas. Certaines ressortissants... certains ressortissants étrangers peuvent être
des touristes, des étudiants étrangers ou
des travailleurs temporaires qui n'ont pas l'intention de s'installer
définitivement dans le pays d'accueil. En les assimilant à des personnes
immigrantes, on crée une confusion conceptuelle et on brouille la
distinction entre les différents statuts migratoires, ce qui est peut-être»...
eux autres, ils font peut-être un procès d'intention, ils disent : «ce qui
est peut-être l'intention du ministre ici».
Dans le fond, M. le ministre, tu sais, nous, on
vous soumet une définition. On le sait très bien, que, de toute façon, ce n'est
à peu près jamais le texte qui est soumis qui est adopté. Les rares fois où ça
arrive qu'il y a une adhésion au principe qui vous est soumis, c'est
retravaillé par les équipes de légistes de votre côté, ce qui est bien correct.
Ça fait que je... Elle n'est peut-être pas parfaite, là, ce qu'on vous a
soumis. Le but, c'était d'en discuter.
M. Boulet : ...c'est une définition
qui comprend certaines exclusions, alors que la nôtre vise tout le monde. Et,
au lieu de s'attarder à nommer, attardons-nous à s'assurer de bien viser les
personnes qui sont sous-représentées.
Puis, bon, j'ai beaucoup
de respect pour la Commission des droits de la personne et des droits de la
jeunesse, mais leur analyse s'appuie sur le concept de discrimination. Ce n'est
pas ce que nous faisons dans cette loi-là. Nous, ce qui nous intéresse, c'est
d'assurer une meilleure intégration des personnes sous-représentées, et c'est
appuyé par des enquêtes populationnelles qui proviennent de l'Institut de la
statistique du Québec. Donc, ce n'est pas la même affaire. On ne veut pas,
d'abord, faire une analyse de qui est victime de discrimination directe ou
indirecte. Ce qui est important, c'est de
s'assurer d'une saine représentativité, que ce soient les femmes, les
communautés autochtones, les personnes issues de l'immigration, les
personnes en situation de handicap. Soyons, donc, pratiques. Je pense que c'est clair, c'est simple. Puis moi, je ne veux
pas de définition confuse. Puis il y a, effectivement, beaucoup d'avocats
et avocates qui ont travaillé à cette définition-là. Il y a eu des
consultations, il y a eu un consensus, et ça répond aux finalités recherchées, puis en... au même diapason que les outils,
d'abord, qui existent à la Commission
de la construction du Québec.
Mais que moi,
j'adhère à une définition comme celle-là, ce n'est pas de même nature. Là,
c'est de la discrimination en emploi.
Ce n'est pas ce qui intéresse. C'est plus une augmentation de la
représentativité. Ce n'est pas une lutte à la discrimination qu'on amorce, ou
qu'on entreprend, ou qu'on poursuit avec le PL n° 51.
Et, si la commission des droits nous prête des intentions...
• (12 heures) •
Moi, la seule intention... et mon équipe, et
notre équipe, tout ce qu'elle souhaite faire, c'est de relever le défi de la
main-d'oeuvre. Il manque de monde, puis il y a un capital humain qui est là,
disposé. Puis j'ai tellement répété les
exemples de personnes qui arrivent de différents pays. J'ai tellement répété
l'exemple de personnes en situation de... Il y en a partout, puis dans
des régions, les membres issus des communautés autochtones. Mais, bon, je me
répète, là, mais j'ai lu le rapport de la Commission des droits de la personne, puis ce n'est pas le même... la même grille
d'analyse.
La Présidente (Mme D'Amours) : ...
M. Leduc : Est-ce que le ministre
peut me dire quelle est la place des travailleurs étrangers temporaires dans
l'industrie de la construction en ce moment?
M. Boulet : Mon Dieu! bien, on a
vu... c'est l'Institut de la statistique du Québec ou Desjardins... c'est...
bien, en fait, 3 %, mais à peu près 1 % de travailleurs étrangers
temporaires... c'est 7 %, incluant les temporaires et les permanents. Mais
seulement les temporaires, il me semble qu'il y en avait moins. Mais, quand on
se compare à d'autres provinces, il y a une sous-représentativité qui est
marquante, puis je l'ai répété à toutes mes allocutions.
M. Leduc : Est-ce que vous souhaitez
davantage de travailleurs étrangers temporaires dans la construction?
M. Boulet : Les personnes qui sont
ici, les personnes qui sont à l'étranger, les personnes qui viennent de
l'étranger, il faut reconnaître leurs heures de formation, leur expérience.
Encore une fois, vous m'avez entendu souvent parler d'Anait, au CACI, à
Montréal, les difficultés d'intégration de l'Ukrainien qui a pratiqué un
métier, de la personne qui arrive de Tunisie, peu importe le pays, du Mexique,
de la Colombie. Il faut que ces personnes-là aient l'opportunité d'accéder à
notre secteur plus facilement et de façon compatible avec les besoins. Puis
c'est aussi une question d'accueil puis d'intégration. Oui. Est-ce que je le
souhaite? Oui.
M. Leduc : Oui, mais vous ne
répondez pas à ma question directement, là. Moi, je ne parle pas de
l'immigration générale, là. Moi, je parle de la... des travailleurs étrangers
temporaires qu'on fait venir avec des permis fermés. Est-ce que vous souhaitez
qu'il y en ait davantage dans la construction? Pas des gens qui sont déjà ici,
pas des demandeurs d'asile, pas l'immigration régulière. Ce n'est pas ça que je
parle.
M. Boulet : Des travailleurs
étrangers temporaires?
M. Leduc : Oui.
M. Boulet : Oui. Puis c'est
1 %. Les TET, on l'aurait. Selon une enquête canadienne, c'est 1 % au
Québec, 5 % dans le reste du Canada. Et est-ce que je le souhaite? Je le
souhaite en santé, en éducation, en service de garde à l'enfance, en
technologies de l'information, en génie et en construction, les six secteurs
névralgiques que ma collègue de... connaît bien, où les déficits de main-d'oeuvre
sont particulièrement aigus. La réponse, c'est oui.
M.
Leduc : Donc, vous visez combien de pourcentage, dans la
construction, des travailleurs étrangers temporaires?
M.
Boulet : Ah! mon Dieu, j'ai... on n'a pas d'objectif, on
n'a pas d'objectif pour ces... pour les groupes issus de la diversité
québécoise. Il faut s'assurer...
M. Leduc : Je ne parle pas des
groupes issus de la diversité québécoise. Je parle des travailleurs étrangers
temporaires.
M. Boulet : Ah! je n'ai pas
d'objectif. On n'a pas d'objectif.
M.
Leduc : Mais vous en voulez plus.
M. Boulet : Bien
sûr.
La Présidente (Mme
D'Amours) : ...s'il vous plaît.
M. Boulet : Bien, en fait, on veut plus des personnes dont la
formation et l'expérience sont reconnues, tout à fait.
La Présidente (Mme
D'Amours) : M. le ministre, je vous ramène à l'amendement.
M. Leduc : Bien,
ça a rapport...
La Présidente (Mme
D'Amours) : Je sais que ça peut être large, mais je vous ramène à
l'amendement, s'il vous plaît.
M. Leduc : Bien,
ça a rapport à l'amendement, Mme la Présidente... bien, non, directement, parce
qu'on évacuait de notre définition les
travailleurs étrangers temporaires. Je pense qu'on est un peu critiques de
cette approche-là de faire des travailleurs étrangers temporaires une
solution à la pénurie de main-d'oeuvre dans la construction.
M. Boulet :
Non, non, absolument pas. La solution... la solution...
M. Leduc :
OK. Mais vous en voulez plus, mais ce n'est pas une solution.
M. Boulet :
Oui. Mais je ne sais pas, là, si on fait un débat d'idées, là, ou si on parle
de l'amendement.
La Présidente (Mme D'Amours) : ...je
le répète, je vous ramène à l'amendement. Le député dit qu'il avait été dans
le fond de la terminologie qu'il déposait. Maintenant, je vous ramène à
l'amendement, s'il vous plaît.
M. Leduc :
...
M. Boulet :
Mais je peux répondre quand même, sommairement.
M. Leduc :
Oui.
M. Boulet :
Les solutions...
La Présidente (Mme
D'Amours) : Si vous répondez, M. le ministre, c'est à votre guise.
M. Boulet :
...sont à tous les niveaux. Il y a la polyvalence, il y a la mobilité, il y
a l'accès, il y a l'inclusion, il y a tous
les Québécois, Québécoises, il y a tous les groupes issus de la diversité
québécoise. Et on a besoin de formation, on a besoin d'intégration puis de
reconnaissance des heures effectuées. Ça fait qu'en gros, c'est ça, mais il n'y
a pas une solution, il y a plusieurs solutions, qui passent aussi par
l'intégration des nouvelles technologies, par les bureaux de modélisation, par
une meilleure planification des travaux. Tout y est. C'est vraiment une
diversité de solutions.
M. Leduc :
Et, dans le fond, est-ce que, d'après vous, les travailleurs étrangers
temporaires devraient avoir accès aux programmes d'égalité d'accès à l'emploi?
M. Boulet :
Je n'ai pas de réponse à ça. Ça ne regarde pas notre discussion. Là, c'est
une discussion qui concerne un employeur et son employé. Nous, c'est une
discussion sur une loi qui concerne l'ensemble de l'industrie de la
construction.
M. Leduc :
Bien, c'est parce que, dans votre définition, là, «personne immigrante»,
vous dites : un résident permanent ou ressortissant étranger.
M. Boulet :
Oui.
M. Leduc :
Un travailleur temporaire, c'est
un ressortissant étranger? Vous, vous l'intégrez dans votre définition,
un travailleur étranger temporaire?
M. Boulet :
Oui.
M. Leduc :
Ça fait que, là, ça lui donnerait accès à des mesures d'accès à l'égalité.
M. Boulet : Non,
ce n'est pas ce que je dis. Le programme d'accès à l'égalité, c'est une
relation entre un employeur et un employé. Ce n'est d'aucune pertinence.
Ce qui nous intéresse, c'est que la CCQ établisse des normes, comme je l'ai mentionné souvent, de reconnaissance des heures de
formation et des heures de travail. L'objectif, c'est de faciliter les
procédures de reconnaissance de la formation et de l'expérience des
travailleurs étrangers qui souhaitent intégrer l'industrie de la construction
afin de répondre à des besoins découlant de la pénurie de main-d'oeuvre. Donc,
on n'est pas, c'est ce que je vous mentionnais un peu plus tôt, là, on n'est
pas, puis je l'ai précisé hier, ce n'est pas un programme d'accès à l'égalité.
La CCQ n'est pas l'employeur des salariés de l'industrie de la construction,
c'est chacun des entrepreneurs. Donc, maintenant, ce n'est pas ce qui nous
concerne dans la loi sur les relations de travail, gestion de la main-d'oeuvre.
M. Leduc : Soyons très clairs,
M. le ministre, nous aussi, on souhaite qu'il y ait plus de diversité dans la
construction. On a même soumis une proposition, on en a parlé à l'étude des
crédits de la semaine dernière, pour faciliter l'accès au certificat de
sélection du Québec aux personnes qui viendraient prêter main-forte dans la
construction, qui sont déjà sur le territoire du Québec. Puis on attend
toujours une réponse de la part du gouvernement par rapport à cette
proposition-là. Moi, ce que je cherche à comprendre, c'est à quoi ça sert, au
regard de votre loi et de la cohérence du corpus législatif, d'intégrer dans
votre définition de «personne immigrante» les travailleurs étrangers
temporaires.
M. Boulet : Pardon?
M. Leduc : OK. Je répète ma
question. À quoi ça sert, pour cette loi-ci, pour l'ensemble du corpus
législatif, d'intégrer dans votre définition de «personne immigrante» un
travailleur étranger temporaire?
M. Boulet : Mon Dieu! OK... Je
vais redire ce qui est important : c'est d'assurer une meilleure
représentativité. C'est notre objectif de fond. Ce n'est pas de lutter contre
la discrimination et de penser en termes d'accès à l'égalité, c'est pour
accroître la représentativité. On n'est vraiment pas sur le même terrain. Et
c'est la raison pour laquelle la Commission des droits de la personne et des
droits de la jeunesse, sa grille d'analyse n'est pas compatible avec les
finalités de notre projet de loi. C'est simplement pour ça. Puis les
travailleurs étrangers temporaires, c'est un groupe de personnes qui pourraient
venir répondre à nos besoins.
M. Leduc : Et cadrer dans un
accès par rapport à la diversité? Je suis un peu surpris.
M. Boulet : Non. Non. En fait,
c'est simple, les groupes sont bien identifiés, c'est les personnes
immigrantes, les personnes en situation de handicap, les personnes issues des minorités
visibles et les personnes qui font partie des communautés autochtones. C'est
les groupes qui, conformément aux enquêtes populationnelles, sont
sous-représentés. Donc, on veut accroître le niveau de représentativité pour
répondre aux besoins des Québécois et des Québécoises. C'est tout. N'essayons
pas de compliquer ce qui est simple. Puis une loi, il faut qu'elle soit
comprise par les Québécois et les Québécoises, il faut qu'elle soit non
seulement lisible mais facile d'application, puis
cette définition-là l'est. Elle est englobante, on me dit libérale, elle est,
souhaitons-le aussi, solidaire, puis il n'y a personne qui est exclu.
• (12 h 10) •
M. Leduc : Ça va être tout, Mme la
Présidente.
La Présidente (Mme D'Amours) : Merci.
D'autres commentaires? Oui, Mme la députée de Mille-Îles.
Mme
Dufour : Oui. Merci, Mme la Présidente. J'aurais une
question pour le député d'Hochelaga-Maisonneuve. Tout simplement savoir, une personne, par exemple, qui arriverait de la
Belgique pour travailler dans le domaine de la construction,
entrerait-elle dans cette définition qu'il nous propose, puisqu'elle...
M. Boulet : ...
Mme Dufour : Parce qu'il parle
français?
M. Boulet : Moi, je ne le vois pas.
Bien, je ne le vois pas non plus, c'est pour ça que...
Mme
Dufour : Il n'est pas une minorité visible. Puis c'est pour
ça que je voudrais savoir, tu sais, si on n'exclut pas des gens que,
pourtant, on a drôlement de besoin dans l'industrie de la construction, donc?
M. Boulet : Bien, comme il
mentionnait, il les considérait inclus à l'intérieur de ces différentes
catégories, ce que je n'accepte pas, ceci
dit, avec respect, je ne suis pas d'accord. Puis je ne pense pas que la
définition ici... Mais c'est des débats académiques, c'est des débats de
concepts, puis l'angle d'analyse n'est pas le même que le nôtre.
Mme Dufour : Merci. Je vais juste
répéter que je posais une question au député d'Hochelaga-Maisonneuve, à savoir
si...
M. Boulet : Ah, mon Dieu! Excusez.
Désolé.
Mme
Dufour : Je comprends. Vous êtes passionné, M. le ministre. Je veux
juste savoir qu'est-ce qui arrive avec un travailleur qui arrive de la Belgique
ou de la France, avec une telle définition.
M. Leduc : Je
vais vous plaider les limites de mes connaissances, Mme la députée, sur le fait
que... Est-ce qu'une personne qui provient de la France ou de la Belgique, qui
est une personne, on va dire, d'origine occidentale, à la peau blanche...
est-ce qu'elle est victime de discrimination? Je ne le sais pas, si ça cadre
dans cette définition-là. C'est une bonne question. Est-ce que les Français qui
vivent au Québec sont victimes de discrimination? Je ne le sais pas. Il
faudrait répondre, d'abord, à cette question-là, et je ne connais pas assez le
dossier pour trancher la question.
La Présidente (Mme
D'Amours) : Merci. D'autres commentaires? Mme la députée de
Mille-Îles.
Mme Dufour : Je
vais juste mentionner que, si je ne me trompe, le but de cette définition,
c'est aussi d'alléger les heures qui seront nécessaires pour atteindre
certaines compétences. Et donc, si la personne qui arrive d'Europe, mais qui a
la peau blanche, etc., n'a pas cet allègement-là, bien, ça l'éloigne du marché
du travail, ça l'éloigne de pouvoir contribuer à l'industrie de la construction
du Québec, non? C'était ça, mon questionnement.
M. Leduc : Un
dernier commentaire, peut-être, Mme la Présidente. Dans le fond, ce qu'on a
fait, c'est qu'on a repris essentiellement la définition de la Loi d'accès à
l'égalité en emploi dans les organismes publics.
La Présidente (Mme
D'Amours) : Merci. D'autres commentaires?
M. Boulet : Et
ça démontre les limites de cette définition-là. Votre question était...
La Présidente (Mme
D'Amours) : Merci. Est-ce que l'amendement du député
d'Hochelaga-Maisonneuve est adopté ou rejeté?
Des voix :
...
La Présidente (Mme
D'Amours) : Rejeté. Nous revenons à l'article 1. Est-ce que j'ai
des commentaires? Oui, Mme la députée de Bourassa-Sauvé.
Mme Cadet : Oui.
Mme la Présidente, juste généralement, parce que la conversation qu'on vient
d'avoir, donc, fait ressortir deux petites
questions... D'abord, au niveau, donc, évidemment, donc... dans la définition
de «personne immigrante», parce qu'on avait, donc, le débat, donc, sur
le nombre, donc, de personnes à statut temporaire, donc, qui exercent, donc,
dans le secteur de la construction au Québec... on avait, donc, des données à
l'échelle canadienne qui ressortaient. Quel est la... Donc, à l'échelle
canadienne, est-ce que, donc... la définition, donc, de «personne immigrante», est-ce qu'elle est la même? Donc,
lorsqu'on va continuer, donc, de se comparer au niveau de l'inclusion
des ressortissants étrangers, donc, quelle est la terminologie qui est utilisée
pour se comparer?
M. Boulet : Je
ne suis pas en mesure de répondre à ça. Il faudrait faire une recherche
particulière, que vous pouvez faire aussi bien que nous. Là, en fait, vous
demandez quelle est la définition de «personne immigrante» dans le corpus
législatif des autres provinces canadiennes?
Mme Cadet : Non,
bien, pas tout à fait. C'est que, par exemple, donc, récemment, donc, on
avait... dans la foulée, donc, de la
présentation, donc, du projet de loi n° 51, on notait, donc,
toute l'importance, puis, encore une fois, donc, une importance partagée, de
nous assurer que les personnes qui sont à statut temporaire, donc, puissent
travailler, donc, ici, donc, au Québec, dans le secteur de la
construction. Il y avait, donc, des articles, donc, qui circulaient sur le fait que le Québec était, donc, dernier ou
avant-dernier de classe, je pense, en excluant les Provinces maritimes, dans cette
inclusion, donc, des ressortissants étrangers. Et là j'utilise ce terme-là,
mais je voulais, donc, voir quel a été... en
fait, donc, comment est-ce qu'on se compare en utilisant, donc, les définitions
qu'on ajoute aujourd'hui dans le projet de loi?
M. Boulet : Nous ne faisons que des enquêtes populationnelles,
mais je réalise que le résultat n'est pas le même, tu sais. Quand on compare la représentativité des
groupes qui font l'objet de notre attention, elle est plus basse ici, puis particulièrement
en Ontario et en Colombie-Britannique.
Mme Cadet : Oui,
tout à fait. Ça, je me souviens.
M. Boulet : Mais
il y a beaucoup de raisons aussi, tu sais. Puis je ne veux pas distinguer notre
industrie de la construction de celle qui existe ailleurs, mais la dynamique
n'est pas la même. La Commission de la construction du Québec, qui travaille de
manière totalement paritaire avec les associations patronales, les syndicats,
bénéficie d'un régime qui est très
particulier, qui comprend beaucoup de différences avec le régime général. Il y
a l'adhésion syndicale obligatoire, qui n'existe pas ailleurs, tu sais.
Il y a
beaucoup de particularités, mais ce n'est pas ces particularités-là qui font
qu'on a moins de représentativité. Et là je ne suis pas un spécialiste
non plus en matière d'accueil et d'intégration dans l'industrie de la
construction, mais ce que je peux dire que j'entends
souvent, c'est que c'est compliqué. Puis ce qu'on veut faire dans le projet de loi, c'est de faciliter l'accès, tout simplement,
parce qu'il n'y en a pas, de norme de reconnaissance. Ça fait que, tu sais, c'est
ça qu'on va mettre.
Mme Cadet : Oui, puis on va le voir
plus tard dans le projet de loi, au niveau des normes de reconnaissance,
certainement.
Des voix : ...
Mme Cadet : Oui, M. le ministre? Ah!
je pensais que vous aviez peut-être de l'information.
M. Boulet : Ah!
non, non, non. Bien, quand il y aura plus de représentativité, on va être en
mesure d'avoir un portrait qui est
plus juste de la réalité et faire des comparaisons avec d'autres provinces au
Canada... la représentation... la
représentativité est tellement faible que les données populationnelles, dans
notre secteur, sont plus fragmentaires, disons.
Mme Cadet : D'accord. OK, je
comprends. Ma deuxième petite question : Votre collègue à l'Immigration,
donc, avait demandé, donc, un avis à la Commission des partenaires du marché du
travail. Donc, je pense qu'il y a un avis à
rendre sous peu, là, sur l'impact des permis de travail fermés pour les
travailleurs étrangers temporaires. Donc, comment l'inclusion, donc, d'une définition, donc, qui les touche, donc,
dans le cadre, donc, du secteur de la construction... puis, encore une fois, c'est un objectif qui est
partagé, mais comment est-ce que ça va se conjuguer avec cet avis à venir?
M.
Boulet : Ça va simplement se conjuguer, comme vous dites,
puis les permis de travail, qu'ils soient fermés ou ouverts, ça relève d'Ottawa. Tu sais, nous, on va vivre avec les
assouplissements qui seront potentiellement consentis par Ottawa. Pour
l'instant, je ne peux pas en dire plus puis je n'ai pas vu l'avis...
Mme Cadet : Non, il n'a pas encore
été... il n'a pas encore été rendu.
M.
Boulet : ...de la Commission
des partenaires du marché du travail, mais on l'attendait la semaine dernière, puis
il n'y a personne qui m'en a parlé, ça fait qu'on ne l'a pas reçu.
Mme
Cadet : Moi non plus. Merci, M. le ministre. Peut-être sur
autre chose, donc, toujours, donc, à l'article 1, là, il y avait une... dans le mémoire de la Corporation
des entrepreneurs généraux du Québec, donc, il y avait une
recommandation relative, donc, à l'article 1, donc, au niveau, donc, de
leur reconnaissance. Je ne vous ai pas entendu là-dessus, M. le ministre.
M. Boulet : Sur la reconnaissance...
Mme
Cadet : De la Corporation des entrepreneurs généraux du
Québec. Donc, c'était une de leurs recommandations,
c'est leur première recommandation dans leur mémoire, au niveau de la
gouvernance et de représentation des entrepreneurs généraux. Je ne vous
ai pas entendu sur cette question.
M. Boulet : Ah mon Dieu! 1, ce n'est
pas l'article... Ah! OK, parce que...
Mme Cadet : Oui, c'est
l'article 1, c'est ça.
M. Boulet : Mais non, après analyse,
discussions, les associations patronales sont bien représentées, puis la...
Mais je ne veux pas... Je ne veux pas établir de hiérarchie, là, entre les
associations patronales, mais il y a un bon consensus,
il y a une belle vitalité qui s'exprime à la table du conseil d'administration
de la CCQ avec les associations patronales
actuelles. Mais ce n'est pas exclu, on verra comment ça évolue, mais, à ce
stade-ci, ce n'était pas opportun.
Mme Cadet : Merci.
La Présidente (Mme D'Amours) : D'autres
commentaires? Est-ce que l'article 1 est adopté?
Des voix : Adopté.
La Présidente (Mme D'Amours) : Adopté.
Nous passons maintenant au sujet... Oui?
Mme Cadet : Mme la Présidente, donc,
j'aimerais, donc, soumettre un amendement, donc, dans ce bloc-ci, s'il vous
plaît... article.
La Présidente (Mme D'Amours) : Dans
le bloc de définitions?
M. Boulet : Non. Le suivant.
Mme
Cadet : Toujours... Bien, j'aimerais suspendre, Mme la Présidente.
La Présidente (Mme
D'Amours) : Oui. Je suspends les travaux quelques minutes.
(Suspension de la séance à
12 h 19)
(Reprise à 12 h 48)
La Présidente (Mme
D'Amours) : Nous reprenons nos travaux. Et nous étions aux mesures
facilitant l'intégration et le maintien dans l'industrie de la construction,
selon le plan. Et, Mme la députée de Bourassa-Sauvé, vous avez un amendement à
nous déposer maintenant.
Mme Cadet : Oui. Merci beaucoup, Mme la Présidente. Et merci
pour tout le soutien à la procédure parlementaire nous permettant, donc, de
déposer cet amendement dans le bon bloc de discussion à l'occasion de l'étude
de ce projet de loi.
Donc, alors que nous
entamons, donc, le bloc Mesures facilitant l'intégration et le maintien dans
l'industrie de la construction, j'aimerais,
donc, déposer, donc, un amendement, qui va comme suit, donc,
article 28.1 : Insérer, après l'article 28, du projet de
loi le suivant :
28.1.
L'article 85.1 de cette loi est modifié par l'insertion, dans le
deuxième alinéa, après le mot «l'adaptation», de «la rétention,».
L'article modifié se
lirait comme suit :
«85.1.
La formation professionnelle [a pour but...] a pour objet d'assurer une main-d'oeuvre
compétente et polyvalente en tenant
compte notamment des besoins qualitatifs et quantitatifs des employeurs et des
salariés de l'industrie de la construction.
«Elle
a aussi pour objet de favoriser l'emploi de même que l'adaptation, la
rétention, le réemploi et la mobilité de la main-d'oeuvre.»
Donc, Mme la
Présidente, donc, alors que nous entamons, donc, ce bloc-ci, j'aimerais mettre
en exergue, donc, un élément, donc, qui nous
a été souligné par l'ensemble des acteurs de l'industrie de la construction qui
sont venus témoigner lors des commissions parlementaires, soit
l'importance de la rétention dans le secteur de la construction. Il y a peu de sujets qui font l'unanimité dans cette
industrie, que j'ai appris à connaître au cours des derniers mois, mais,
s'il y en a un, donc, c'est bien celui de l'importance de la rétention. Je
pense que notre... la législation, donc, qui gouverne les relations de travail,
la formation professionnelle et la gestion de la main-d'oeuvre dans l'industrie
de la construction devrait comporter, donc, ces différents principes.
• (12 h 50) •
Et
l'article... donc, l'article 85.1 de la loi, donc, met déjà, donc, de
l'avant les principes, donc, qui sous-tendent, donc, la formation
professionnelle et ce qu'elle devrait assurer dans l'industrie de la
construction, pour nous assurer, donc, une...
pour veiller à ce que la... à répondre... en fait, veiller à répondre, donc,
aux différents besoins de main-d'oeuvre. C'est la raison pour laquelle,
donc, dans le cadre de cet article-ci, donc, on... en consultant, donc, ma
loi R-20, donc, à de multiples
reprises, donc, j'ai constaté que... alors, donc, qu'on crée, donc, ce... alors
qu'on étudie, donc, différentes mesures dans ce bloc-ci, que le concept de
rétention devrait être élevé au même niveau que ceux, donc, de
l'adaptation, du réemploi et de la mobilité de la main-d'oeuvre puisqu'il
s'agit, donc, d'un obstacle reconnu, reconnu par les parties, comme je l'ai mentionné, mais également reconnu par le
ministre, qui a maintes et maintes fois répété l'importance de la rétention dans le secteur. Le ministre dit
souvent que le projet de loi, il est perfectible. Je pense que l'amendement
qui est déposé ici abonde dans le même sens que ce qui est favorisé ici par le
ministre.
Et,
je le dis souvent, la raison pour laquelle nous étudions aujourd'hui, comme
parlementaires, comme législateurs, la... le régime, donc, de... du
secteur de la construction, donc, la Loi sur les relations de travail, la
formation professionnelle et la gestion de la main-d'oeuvre dans l'industrie de
la construction, la raison pour laquelle le projet de loi n° 51 a été
déposé, c'est pour nous assurer, donc, de construire mieux, construire plus
vite, construire à moindre coût. Et ça...
Et, puisque l'enjeu de la main-d'oeuvre en est un qui est fondamental pour
répondre à ces besoins-ci, je pense que toutes les mesures, donc, qui
traitent de la main-d'oeuvre, donc, devraient, donc, nous assurer de nous
permettre, donc, de discuter, donc, dans le cadre qui vient favoriser la
rétention. Donc, je pense que c'est une modification simple qui répond aussi,
donc, à la préoccupation du ministre en termes de lisibilité de la loi. Je
dirais même qu'il s'agit, donc, d'un amendement libéral, puisque le ministre
les aime ainsi. Merci, Mme la Présidente.
La Présidente (Mme
D'Amours) : Merci. Commentaires, M. le ministre?
M. Boulet : Bien,
assez rapidement. Quand on réfère à la formation, effectivement, j'ai souvent
dit que la formation avait un effet bénéfique sur le taux de rétention, puis
l'absence de formation a un effet négatif sur le taux d'abandon. Donc, c'est
une... c'est un amendement que nous accepterons.
Mme Cadet : Merci.
La Présidente (Mme
D'Amours) : Merci.
M. Boulet : Quand on...
La
Présidente (Mme D'Amours) : D'autres commentaires? M. le député d'Hochelaga-Maisonneuve.
M. Leduc : Bien là, c'est-tu un bar ouvert? On peut-tu en
proposer d'autres? J'en ai quelques-uns en réserve, là. C'est une belle
journée.
M. Boulet : Soyons
solidaires.
La Présidente (Mme
D'Amours) : ...sur l'amendement de la députée de Bourassa-Sauvé? S'il
n'y a pas d'autre commentaire, je vais mettre aux voix l'amendement. Est-ce que
l'amendement de l'article 28.1 est adopté?
Des voix : Adopté.
La Présidente (Mme
D'Amours) : Adopté. Bon, maintenant, j'ai aussi reçu un amendement du
collègue d'Hochelaga-Maisonneuve. M. le député, si vous voulez bien nous en
faire la lecture, s'il vous plaît. On va le mettre à l'écran à l'instant.
M. Leduc : Merci,
Mme la Présidente. Donc, ça serait un ajout, ça serait un 61.1. Dans le fond,
on est en train d'ouvrir une nouvelle
section sur un règlement, puis nous, on vient rajouter un élément du
règlement... on vient rajouter une modification du règlement qui est en
train d'être ouvert, dans le fond. Ça va comme suit. Donc :
Insérer, après
l'article 61 du projet de loi, le suivant :
61.1.
L'article 2.1 du Règlement sur la délivrance des certificats de compétence
(chapitre R-20, r. 5) est modifié par la suppression des
mots : «, garantit à cette personne un emploi d'une durée d'au moins
150 heures échelonnées sur une période d'au plus 3 mois».
Je peux vous lire,
pour la compréhension générale, ce que donnerait le nouveau 2.1. Ça serait
comme ça que ça serait compris, donc, dans le règlement :
«La Commission
délivre sur demande un certificat de compétence-apprenti à une personne qui est
titulaire d'une reconnaissance de fin d'études professionnelles de niveau
secondaire accordée par le ministre de l'Éducation, [des] Loisirs et du Sport pour l'un des métiers de la construction ou
démontre qu'elle a acquis une formation équivalente, qui fournit une
attestation qu'elle a suivi avec succès un cours de sécurité exigé par le Code
de sécurité pour les travaux de construction
(chapitre S-2.1, r. 4), pour laquelle un employeur enregistré à la
Commission formule une demande de main-d'oeuvre et fournit à la
Commission une preuve de cette garantie.»
Donc, c'est vers la
fin, là, qu'on biffe les termes «garantit à cette personne un emploi d'une
durée d'au moins 150 heures échelonnées sur une période d'au plus 3 mois».
Explications, Mme la
Présidente. Dans le fond, un peu plus tard, nous allons traiter des amendements
du ministre qui vont un peu dans la même logique, à savoir que les 150 heures
qu'on exige, la garantie de 150 heures qu'on
exige seront supprimées, notamment pour les femmes puis une autre catégorie de
personnes, c'étaient les personnes issues de la diversité.
Nous,
ce qu'on dit : Bravo! Intéressant, piste intéressante. Pourquoi ne pas
faire la même chose avec les diplômés? Quand on sort de son DEP, maintenant de
son AEP, mais, la plupart des gens, ça va être un DEP, pourquoi on exige
d'avoir une garantie de 150 heures? Il y a déjà un problème de rétention
en construction, qui est un peu moins fort... c'est-à-dire, les défis sont moins gros pour les diplômés que pour les
non-diplômés, c'est un problème que le ministre connaît déjà, avec
lequel il est bien à l'aise... je veux dire, pas qu'il est content de ça, là,
mais qu'il connaît puis qu'il... sur lequel il veut travailler, je le sais.
Mais pourquoi, donc, ne pas aller faire la même chose pour les diplômés? Ils
viennent de sortir du DEP. Pourquoi ils ne pourraient pas avoir tout de suite
leur carte d'apprenti? Qu'est-ce qui nous exige
qu'ils aient une garantie de 150 heures? Parfois, ça peut arriver qu'un
employeur puisse lui garantir un certain nombre d'heures, 30, 40, 50,
mais ne soit pas capable de lui garantir 150 heures. C'est quand même beaucoup.
On disait hier, même, qu'il y avait de
nombreuses petites et moyennes entreprises en construction. Alors, pourquoi on
freinerait, dans le fond, l'élan d'un jeune ou une jeune diplômée en
exigeant le 150 heures, la garantie de 150 heures?
Ma compréhension,
puis on me corrigera si j'ai tort, c'est que c'est quelque chose qui est assez
consensuel entre employeur et partie
patronale, donc il n'y aurait pas de levée de boucliers, à ma connaissance,
d'un côté patronal ou syndical, avec
cette approche-là. C'est quelque chose qui a déjà été discuté, qui fait l'objet
d'un consensus. Donc, je soumets cette proposition au ministre.
La Présidente (Mme
D'Amours) : Merci. Commentaires, M. le ministre?
M. Boulet : Je comprends bien l'amendement. Je pense que c'est
un incitatif à la formation qui peut avoir un certain impact positif sur
le taux de diplomation, ultimement sur la rétention.
Moi, je demanderais
simplement une réflexion avec mon équipe pour m'assurer qu'il n'y ait pas
d'enjeu spécifique. Le seul que je voie,
c'est qu'évidemment c'est déjà le cas pour certains groupes issus de la
diversité, pour les femmes, et donc on met tout le monde sur le même
niveau. Donc, un des avantages qui permettaient d'accroître la représentativité
féminine n'y est plus, mais je comprends l'objectif. Donc, c'est de déterminer
si cet objectif-là transcende l'autre. Puis
je pense que, dans une perspective de globalité, c'est un projet d'amendement
qui, moi, m'apparaît intéressant.
M.
Leduc : ...Mme la Présidente, à ce qu'au... soit sur
l'heure du dîner, là, parce qu'on finit dans quelques minutes, ou que,
dès maintenant, on puisse le mettre sur table pour y revenir, mais peut-être
que, pour faire le parallèle avec la situation des femmes... j'ai peut-être mal
saisi, puis le ministre me précisera, mais j'avais compris que, pour la
question des femmes...
M. Boulet : Ils n'ont pas cette
obligation.
M. Leduc : ...c'étaient bassins ou
diplômées.
M. Boulet : Oui, oui. Mais ils n'ont
pas la même obligation pour une diplômée, quand c'est une femme, de soumettre
une garantie d'emploi de 150 heures.
M.
Leduc : Bien, donc, votre amendement qui viendrait plus
tard s'appliquerait quand même pour les femmes qui rentreraient par
bassins.
M. Boulet : Je ne comprends pas.
M.
Leduc : Bon, dans ce cas-là, c'est moi qui a mal compris.
On en reparlera peut-être plus tard. Dans ce cas-là, je peux mettre...
M. Boulet : Mais les gens qui
rentrent par bassins, ils n'ont pas cette même obligation.
M. Leduc : D'accord.
M. Boulet : Ma compréhension.
Des voix : ...
M. Leduc : Donc là, ce que vous me
dites, c'est que vous voulez vérifier si cet amendement-là se marie bien avec
ce que vous aviez déjà prévu dans votre approche.
M. Boulet : ...oui, s'il y a une
compatibilité, s'il y a une bonne harmonie.
M. Leduc : Parfait.
M. Boulet : C'est sûr qu'en termes
d'opportunités c'est intéressant. C'est juste qu'un avantage, par exemple, pour
accroître la représentativité des femmes, donc les femmes diplômées qui n'ont
pas à fournir une telle garantie... bien,
cet avantage-là n'en est plus un. C'est un des avantages qui visent à accroître
la représentativité féminine. Donc, un des avantages, qui est celle-là,
bien, on le met de côté avec votre projet d'amendement. C'est juste ça.
M. Leduc : Oui. Ou on dit qu'on
l'élargit à plus de personnes.
M. Boulet : Totalement, totalement.
M. Leduc : Il y a deux perspectives.
Je comprends.
M.
Boulet : Puis c'est pour ça que je dis : Votre
objectif global, ma question, c'est : Est-ce qu'il transcende l'autre?
Puis je vais répondre rapidement en début d'après-midi, là.
M. Leduc : Parfait.
M. Boulet : J'aimerais ça qu'on
commence à avoir des débats plus ciblés comme ça.
La
Présidente (Mme D'Amours) : ...c'est tout le temps que nous avions. Donc,
merci pour votre collaboration.
Compte tenu de l'heure, je suspends les travaux
jusqu'à 15 heures.
(Suspension de la séance à 13 heures)
(Reprise à 15 h 03)
La Présidente (Mme D'Amours) : Bonjour,
tout le monde. La Commission de l'économie et du travail reprend ses travaux.
Nous poursuivons l'étude détaillée du projet de
loi n° 51, Loi modernisant l'industrie de la construction.
Lors
de la suspension de nos travaux ce midi nous étions rendus à l'étude
détaillée... l'étude, pardon, de l'amendement
du député d'Hochelaga-Maisonneuve. M. le député, est-ce que vous désirez
prendre la parole maintenant?
M. Leduc : Bien,
pourquoi pas? Rebonjour, tout le monde. Quand on s'est quittés... Qu'est-ce qui
est drôle?
M. Boulet : Non,
il dit : Rebonjour, tout le monde. Rebonjour.
M. Leduc : Rebonjour. OK. Tant mieux si ça commence avec un
sourire, on aime ça. On a trois heures et demie ensemble, hein, on va le
prendre.
Je vais... Bien, dans
le fond, quand on s'est quittés, le ministre faisait référence au fait qu'il
allait réfléchir durant la pause dîner. Là, je sais qu'il était en conseil des
ministres, sauf erreur, ça fait que j'imagine que ses équipes ont eu le temps peut-être
plus de leur côté à... le temps d'évaluer, donc, la proposition ici. Je serais
prêt à entendre s'il a quelque chose à dire.
Puis, encore une fois, si jamais la réflexion n'a pas eu le temps de cheminer
jusqu'à terme, moi, je n'ai aucun problème à ce qu'on le dépose puis
qu'on y revienne plus tard.
La Présidente (Mme
D'Amours) : Merci. M. le ministre.
M. Boulet : En
fait, je vais vous donner ma réaction. Je pense que l'objectif est sain,
louable et légitime, mais il y a deux enjeux
juridiques. Quand on réfère à des lois, il faut évidemment travailler avec des
avocats, des avocates. Il y a un risque constitutionnel. Parce que vous
savez que les femmes n'étaient pas soumises à l'obtention de cette garantie
d'une durée d'au moins 150 heures pour la période de trois mois, et, de
retirer ce droit-là qui était acquis aux femmes, il y a un risque
d'interprétation que c'est discriminatoire à l'égard des femmes, puis les
avocats m'ont dit : C'est quand même un risque sérieux. Puis on met l'accent
spécifiquement là-dessus, alors que notre projet de loi, sa finalité, pour tous les articles d'accès, c'est de
permettre notamment aux femmes d'accroître leur niveau de représentativité.
Puis, le deuxième,
qui est peut-être un peu plus pratique, qui va répondre à vos préoccupations,
comme le Règlement sur la délivrance des certificats de compétence peut être
modifié par la Commission de la construction du Québec, il faut s'informer que
le cadre normatif, il est en révision, à la Commission de la construction du
Québec, et d'ici 2028, et c'est un des sujets qui va retenir l'attention de la Commission
de la construction du Québec. Et les partenaires patronaux et syndicaux auront
à s'exprimer puis à déterminer les impacts, mais ce sera fait après une consultation
et une opportunité pour tout le monde de donner son point de vue.
Ça fait que le
premier, c'est une barrière constitutionnelle puis le deuxième, c'est quand
même une porte un peu ouverte pour l'avenir.
La Présidente (Mme
D'Amours) : M. le député.
M. Leduc : Je n'ai vraiment pas compris la barrière
constitutionnelle. Pouvez-vous peut-être me le réexpliquer?
M. Boulet : Bien, c'est parce que les femmes bénéficient d'un
certain nombre, actuellement, d'avantages pour leur permettre d'accroître leur
représentativité dans l'industrie de la construction. Et ça, ça en est un des
avantages, de ne pas avoir à fournir
cette garantie de 150 heures pour permettre un accès facilité et accru des
femmes. Et donc de leur retirer ce droit-là qui est maintenant perçu et, en
réalité, étant un acquis, c'est là qu'il y a des risques constitutionnels.
Et les avocats... Oui?
Une voix : ...
M. Boulet : Bien
oui, là, on vient le retirer, puis ils perdent leur avantage.
M. Leduc :
Mais leur avantage...
M. Boulet :
Parce que, là, ils bénéficient d'un avantage, n'ayant pas à fournir la
garantie, et donc on donne le même avantage à tout le monde, donc ils perdent
un avantage. En fait, vous vous créez une ligne commune, il n'y a plus
d'avantage pour les femmes.
M. Leduc : Oui,
mais on ne retire rien. Ce n'est pas vrai qu'on retire quelque chose.
M. Boulet : Bien,
vous dites...
M. Leduc : On
élargit quelque chose, mais on ne retire rien pantoute, là, un instant, là.
M. Boulet : Bien,
je pense que vous me saisissez quand même.
M. Leduc : Oui,
mais je veux être certain, justement, qu'on dise la même chose.
M.
Boulet : Actuellement, les femmes bénéficient d'un avantage
ou d'une mesure préférentielle pour accroître leur représentativité,
elles n'ont pas à fournir la garantie de 150 heures quand elles sont
diplômées, alors que les autres ont cette obligation-là.
Donc, si on retire l'obligation à tout le monde, on met tout le monde au même
niveau et donc on se retrouve à éliminer l'avantage dont bénéficient les
femmes. C'est juste ça.
M. Leduc : ...avoir
un autre amendement pour faire exactement la même chose pour les gens de la
diversité. L'avantage que vous... que vous dites qui existe déjà pour les
femmes, plus tard, là, vous allez vouloir l'élargir pour les gens de la
diversité. Je me trompe?
M. Boulet : En
fait, pour les groupes qui sont aussi victimes...
M. Leduc :
Exact.
M.
Boulet : ...d'une
sous-représentativité, les groupes issus de la diversité, bien oui, ça, on
l'a... donne accès...
M. Leduc : Bien
là, est-ce que vous retirez quelque chose aux femmes en faisant ça?
M. Boulet : Non,
on donne accès...
M. Leduc :
OK, à plus de monde.
M. Boulet :
...parce que c'est des groupes sous-représentés, c'est...
M. Leduc : Donc, vous prenez quelque chose qui existe pour
les femmes puis vous l'offrez à d'autres personnes?
M. Boulet : Oui,
ça, c'est pour permettre un accès équilibré...
M. Leduc : Vous
ne retirez rien aux femmes?
M. Boulet : Non, c'est pour permettre un accès équilibré à
tous les groupes issus de la diversité. Puis évidemment ce n'est pas le
même impact en termes de volume, en termes de nombre.
M. Leduc : D'accord.
M. Boulet : Ça
fait que ce n'est pas... il n'y a pas de préjudice, là.
M. Leduc : Donc, dans le «dimmer», en bon français, là, il y
a quand même une coche, en quelque part, où vous dites : Quand on traverse
ce degré-là, on retire quelque chose, mais, si on ne traverse pas ce degré-là,
on ne retire rien. Je suis vraiment
surpris de votre explication, là. Que vous ne vouliez pas qu'on adopte ça,
c'est une chose, mais que, là, qu'on retire quelque chose des femmes, je
suis un peu subjugué, pour être honnête.
M. Boulet : Non.
Il y a une conséquence à adopter un amendement comme celui-là. Je vais essayer
de me réexpliquer, là, pour être le plus clair possible.
M. Leduc : Conséquence?
M. Boulet : Les
femmes bénéficient d'une mesure préférentielle pour accroître leur
représentativité, donc n'ont pas à fournir la garantie de 150 heures,
alors que les autres ont... Et c'est, comme, une mesure qui privilégie les femmes pour permettre une meilleure
représentativité. Et là, si on retire l'obligation d'avoir cette garantie de
150 heures aux autres, c'est retirer, implicitement et dans la
réalité, un droit qui était acquis aux femmes. Mais c'est...
• (15 h 10) •
M. Leduc : ...le
faire? Les femmes, c'est des gens diplômés aussi, potentiellement.
M. Boulet : Bien, mettez-vous dans les bottines, là, du Secrétariat à la condition féminine puis des groupes de femmes. Posez-leur la
question, vous allez avoir une réponse claire. Moi, je vous l'explique
simplement.
M. Leduc : L'avez-vous
posée, la question? Sur l'heure du dîner, vous leur avez posé la question?
M. Boulet : On
a des échanges, mais c'est les avocats, avocates qui s'expriment, qui sont dans
le Secrétariat à la législation, et le
risque constitutionnel est sérieux. Je veux juste que vous compreniez la
mécanique. Le reste, que vous soyez d'accord avec moi ou non, ça, c'est
une autre chose. Je vous dis simplement qu'il y a un risque, et on ne peut pas embarquer dans un risque comme ça dans un
projet de loi qui vise à accroître l'accès. Évidemment, ça, ce serait
potentiellement bénéfique pour accroître le taux de diplomation. Mais je veux
juste que vous conserviez à l'esprit que la Commission de la
construction du Québec, où siègent les syndicats, puis on voit des
représentants syndicaux et patronaux qui
sont ici au conseil d'administration de la Commission de la construction du
Québec... auront l'opportunité de modifier le
Règlement sur la délivrance des certificats de compétence. Et ils sont en
processus, actuellement, de révision du cadre normatif et ils vont porter une
attention...
M.
Leduc : ...retirer quelque chose aux femmes?
M. Boulet : Ils vont l'avoir fait après consultation, après
considération des observations, des opinions juridiques, et, s'il y a des
risques qui sont exprimés par les avocats, avocates et que la CCQ décide
d'assumer ce risque-là, moi, je respecterai la volonté de la CCQ, si
c'est le cas, d'amender le Règlement sur la délivrance des certificats de compétence. C'est tout ce que je vous dis, là. Ils
revisent le cadre normatif, et moi, je décide, en déférence aussi à la CCQ,
dans tout le respect que j'ai pour son processus décisionnel et son paritarisme.
M. Leduc : Mais,
s'ils le font, le résultat, c'est qu'ils vont avoir retiré quelque chose aux
femmes. C'est ce que vous me dites?
M. Boulet : Il
pourrait y avoir un risque, mais ils vont l'avoir fait en toute connaissance de
cause, après avoir analysé, consulté et bien appréhendé les impacts.
M. Leduc : Voici
ce que je vous propose, M. le ministre. Parce que je ne suis vraiment pas
convaincu par vos arguments, sauf votre
respect. Je vais déposer... je vais prendre l'initiative de, moi-même, déposer
l'amendement, qu'on ne passe pas au vote tout de suite puis qu'on passe,
demain matin, des coups de téléphone, on va appeler des gens puis on va en parler. Puis on peut même le traiter à la fin, parce
que... peut-être qu'on... peut-être demain, peut-être que ça va être plus la
semaine prochaine. Donnons-nous le temps de faire quelques appels. Je ne suis
pas sûr qu'il s'est passé bien, bien des appels sur l'heure du dîner.
J'en doute.
M. Boulet : ...de votre temps, mais moi, je pense que
l'amendement a été présenté. Est-ce que les règles prévoient que
l'amendement soit passé au vote, Mme la Présidente? Je ne sais pas comment
ça...
La Présidente (Mme D'Amours) : En
fait, c'est toujours sous la... le... voyons, je ne dirai pas le... la
commission qui décide, s'il y a un dépôt de... s'il y a un retrait de
l'amendement, s'il y a un temps... Mais, tant et aussi longtemps que la... le
projet de loi, il est en cours, on peut suspendre l'amendement, là.
M. Leduc : Est-ce
que, comme porteur de l'amendement, je peux décider seul de le mettre sur la
glace?
La Présidente (Mme D'Amours) : Ça
prend la... Ça prend l'assermentation de la commission... le consentement...
voyons, oui, le consentement de la commission.
M. Leduc : Bien
là, je veux comprendre, M. le ministre. Vous, vous dites : Je veux laisser
le temps à la CCQ de faire des discussions. Mais vous ne voudriez pas nous
laisser le temps de faire cette discussion-là?
M. Boulet : Là,
on est en étude détaillée sur un projet de loi qui a été déposé à l'Assemblée
nationale. On peut toujours discuter, mais,
ce que la Commission de la construction du Québec fait, avant d'amender des
règlements qui peuvent avoir des impacts, ils font des consultations des
partenaires, des associations tant patronales que syndicales, puis ils mesurent
les incidences, ce que nous ne pourrons pas faire ici. Quand même que vous
appelez quatre personnes ce soir qui vous
disent : Il n'y a pas de problème, puis que j'en appelle huit qui
disent : Il y a un risque, on revient à la même chose.
Les consultations des
avocats, avocates ont été faites, ce midi, et la lumière été allumée. Puis je
vous l'ai dit avant d'ajourner pour le
lunch, moi, j'étais, sur le fond, sur l'objectif visé, plutôt favorable, mais
il y a d'autres façons de l'atteindre, par l'accroissement de l'offre de
formation en alternance travail-études, par les formations accélérées, et autres. Mais, à ce stade-ci, laissons la CCQ
revoir son cadre normatif, notamment ce règlement-là, et on n'a pas besoin de
le faire par la loi. Puis, s'il n'y avait pas de risque constitutionnel, je
n'aurais pas réfléchi de la même manière. C'est pour ça que je trouve que votre amendement, il a du mérite, mais, à ce
stade-ci, c'est un peu plus complexe que ce que j'avais anticipé.
M. Leduc : Je ne comprends pas le risque constitutionnel. On
parle de la charte, ici. Quelqu'un pourrait plaider une perte de droits
avec la charte?
M. Boulet : Bon, là, vous savez c'est quoi, de la discrimination,
puis le risque constitutionnel, oui, ça découle des chartes, la Charte
des droits et libertés de la personne du Québec.
M. Leduc : Oui, mais qu'est-ce qu'elle plaiderait, cette
personne-là? Je n'avais pas à faire 150 heures, il y a une nouvelle loi, je n'ai toujours pas à faire
150 heures, je n'ai pas... ma situation n'a pas changé, c'est juste qu'il
y a plus de monde qui n'ont plus besoin de faire 150 heures.
M. Boulet :
Bien, là, je n'ai plus de commentaire, j'ai expliqué, je pense, à quelques
reprises puis je pense que vous avez compris la nature du risque et l'argument
des juristes.
M.
Leduc : Bien, en tout respect, M. le ministre, je me
rappelle d'un échange que j'ai trouvé un peu surprenant, il y a
plusieurs années, quand on avait le projet de loi sur le RQAP, vous ne vouliez
rien savoir d'aller jouer sur l'égalité entre les parents
adoptants puis les parents biologiques parce qu'il y avait soi-disant des risques
juridiques. Puis ça n'a pas été pris supergros au sérieux par pas mal tout le
monde.
Puis,
après une levée de boucliers, notamment, je me rappelle, avec mon ex-collègue
de Joliette, Véronique Hivon, je faisais partie de cette discussion-là, il y
avait eu une évidence qu'il n'y avait personne qui allait aller plaider
qu'il avait perdu des droits parce que le parent adoptif avait gagné des
droits, hein? On donnait plus de semaines... On accotait les semaines de congé aux parents adoptifs pour
l'équivalent des parents biologiques. Il n'y a pas un parent biologique
qui allait chialer, qui allait dire : Bien là, ce n'est pas juste, moi, je
devrais en avoir plus que le parent adoptif.
Là, on dit : Il
existe quelque chose pour les femmes. Vous allez vous-même élargir ça pour les
personnes en situation de discrimination, puis nous, on dit : Bien, on
pourrait le donner à tous les diplômés. Il n'y a personne qui perd de droit, là-dedans, voyons! Voyons! Bien là,
vous ne voulez pas l'adopter, l'amendement, j'ai bien compris ça, mais ce
n'est pas... En tout cas, je ne qualifierai pas... je vais m'arrêter là-dessus.
La Présidente (Mme D'Amours) : ...M.
le député. Est-ce qu'il y a d'autres commentaires pour... sur l'amendement
du collègue? Je vais le mettre aux voix. Est-ce que l'amendement est adopté ou
rejeté?
Des voix :
Adopté.
Des voix :
Rejeté.
La Présidente (Mme D'Amours) : Rejeté.
J'ai eu aussi, maintenant, un amendement déposé par l'opposition
officielle, un amendement sur l'article 60.1, qui est sur Greffier. On va
le mettre à l'écran, et je vais vous demander, Mme la députée, de bien vouloir
la lire aussitôt qu'elle est sur écran.
Mme Cadet : Merci,
Mme la Présidente. Donc, je vous lis l'amendement tel que prescrit. Donc,
article 60.1, article 126.0.1 de la Loi
sur les relations de travail, la formation professionnelle et la gestion de la
main-d'oeuvre dans l'industrie de la construction. Insérer, après
l'article 60 du projet de loi, le suivant :
60.1. L'article 126.0.1
de cette loi est modifié, dans le premier alinéa :
1° par
l'insertion, après les mots «le maintien» de «, la rétention»;
2° par le
remplacement des mots «des femmes» de «de femmes»;
3° par
l'insertion, après le mot de «femmes», de «et de personnes représentatives de
la diversité de la société québécoise».
L'article modifié se
lirait ainsi... se lirait comme suit :
«126.0.1. La
commission doit élaborer, après consultation de la Commission des droits de la
personne et des droits de la jeunesse, des mesures visant à favoriser l'accès, le
maintien, la rétention et l'augmentation du nombre de femmes et de
personnes représentatives de la diversité de la société québécoise sur le
marché du travail dans l'industrie de la construction.
«Elle doit
transmettre au ministre, à sa demande, tout rapport ou autre renseignement
concernant l'application du premier alinéa dans le délai et suivant la forme
qu'il détermine.»
Mme la Mme la
Présidente, bien, tout d'abord, sur la forme, vous aurez constaté, là, donc,
qu'à la lecture, donc, la version inscrite sur Greffier, donc, n'est pas
exactement, donc, celle que j'ai lue, parce que, la dénomination que nous
venons d'adopter à l'article sur les définitions, la nomenclature indique
«diversité de la société québécoise» et malheureusement, donc, que c'est une...
il y avait, donc, une petite coquille dans la version transmise sur Greffier ici. Là, vous comprendrez que l'objectif n'est
pas, donc, de changer la définition, ici, on a déjà fait ce débat-là. Est-ce
qu'il faut que je le relise? Comment...
La Présidente (Mme D'Amours) : Non.
Je vais demander une suspension de quelques minutes, s'il vous plaît.
(Suspension de la séance à
15 h 20)
(Reprise à 15 h 24)
La Présidente (Mme
D'Amours) : Nous reprenons nos travaux. Mme la députée, vous aviez
fait la lecture d'un amendement et vous
aviez rajouté des mots. Alors, nous avons fait la vérification avec le nouvel
amendement que vous nous avez déposé,
qui est exactement la lecture que vous avez faite. Alors, ce que nous devons
faire, c'est retirer le premier
amendement, à votre demande, et j'ai besoin du consentement de tous les
collègues pour le retrait du premier amendement que la députée a déposé.
Est-ce que j'ai le consentement? M. le ministre.
M. Boulet : Est-ce
qu'on peut demander une suspension de deux minutes? Je veux juste faire une
petite vérification.
La Présidente (Mme
D'Amours) : Bien, on peut retirer maintenant le premier dépôt
d'amendement que la députée a fait?
M. Boulet : Ah, mon Dieu!
Excusez-moi, je n'ai pas... Oui, bien sûr.
La Présidente (Mme
D'Amours) : Bien sûr. Et là nous revenons à l'amendement que nous
avons reçu, qu'elle a fait la lecture et que c'est les mot-à-mot de ce qu'elle
dit. Donc, je lui demande... je ne lui demanderai pas de relire. Mais vous
demandez maintenant du temps pour travailler sur l'amendement? Voilà.
M. Boulet : S'il vous plaît.
La Présidente (Mme D'Amours) : Je
vais suspendre les travaux quelques minutes.
(Suspension de la séance à 15 h 25)
(Reprise à 15 h 28)
La Présidente (Mme D'Amours) : Nous
reprenons nos travaux. M. le ministre, vous m'aviez demandé du temps.
Maintenant, la parole est à vous.
M. Boulet : Le temps a un avantage.
On a considéré et on serait d'accord avec la proposition d'amendement.
Mme
Cadet : Merci beaucoup, M. le ministre. Je n'ai pas eu à
expliquer l'amendement, je pense qu'il s'expliquait de par lui-même.
Vous le comprenez très bien.
M. Boulet : Bien oui, bien oui, res
ipsa loquitur, la chose parle par elle-même.
La Présidente (Mme D'Amours) : D'autres
commentaires sur l'amendement de la collègue? Est-ce que l'amendement est
adopté ou rejeté?
Des voix : Adopté.
La Présidente (Mme D'Amours) : Adopté.
Oui, M. le député d'Hochelaga-Maisonneuve.
M. Leduc : Vu qu'on a ouvert
126.0.1, tant qu'à y être, on aurait aussi un amendement à ce sujet-là... à
l'effet de cet article-là. On l'envoie au Greffier à l'instant.
Des voix : ...
La Présidente (Mme D'Amours) : Je
vais suspendre les travaux quelques minutes.
(Suspension de la séance à 15 h 29)
(Reprise à 15 h 33)
La
Présidente (Mme D'Amours) : Nous reprenons nos travaux. Et nous sommes
maintenant sur l'amendement du député d'Hochelaga-Maisonneuve. Si vous
voulez bien nous en faire la lecture, s'il vous plaît.
M.
Leduc : Merci, Mme la Présidente. Donc,
article 60.1 : Insérer, après l'article 60 du projet de lui, le
suivant :
60.2. L'article 126.0.1 de cette loi
est modifié par le remplacement, dans le premier alinéa, des mots «après
consultation de» par «en collaboration[...]».
Pourquoi on fait ça? Parce que c'est dans le
mémoire d'ATF, qui n'avait malheureusement pas pu être entendu ici en commission,
qui regorge de plein d'analyses et de suggestions très intéressantes. Ils ont
une longue section, là, à la page 11,
12 et suivantes, sur le dialogue difficile entre la CCQ et la CDPDJ, donc la
Commission de la construction du Québec, qui a l'obligation de produire
un plan d'action à l'égalité... plan d'accès à l'égalité, pardon, et la commission des droits de la personne, qui,
selon l'article 126.0.1, doit collaborer ou, en fait, doit jouer un rôle
dans ce plan-là.
Puis je vais vous lire juste un extrait de leur
mémoire à la page 12. Ça va comme suit : «Cependant, la CCQ a adopté une interprétation étroite de son
obligation à l'égard de la CDPDJ. Ainsi, cette interprétation a réduit la
consultation à une simple formalité, ignorant ainsi les recommandations
émises par la CDPDJ. Cette approche de la CCQ a créé des tensions entre les
deux instances, aboutissant, en 2015, à une dissociation formelle de la CDPDJ
du plan d'action à l'égalité des femmes, le
PAEF 2015-2024, et au dépôt d'une plainte au Tribunal des droits de la personne en 2021. Pour que le PAEF de la CCQ soit pleinement conforme aux exigences de la
CDPDJ, il est impératif que la CCQ revoie sa posture envers le processus
de consultation. La CCQ devra entamer une véritable collaboration avec la CDPDJ
en accordant une attention soutenue à ses
recommandations et en s'engageant à les intégrer dans le PAEF.» Je m'arrête
ici. Je me suis rappelé d'avoir posé une question au ministre, il y a
quelques années, en étude des crédits, que nous venons de terminer la semaine dernière, sur ce sujet-là, sur
le fait qu'il y avait eu une plainte au Tribunal des droits de la personne, en
2021, de la CDPDJ par rapport aux insuffisances du PAEF de la CCQ. Et là j'ai
la possibilité d'agir et j'écoute la recommandation d'ATF qui dit qu'il faut,
un peu, donner un petit tour de vis. Ça ne peut pas juste être une consultation, il faut que ça soit un peu plus
clair. Il faut qu'il y ait une indication beaucoup plus ciblée sur la nature de
la relation qu'on entend mettre en place à travers 126.0.1, ce pourquoi
je propose de remplacer «après consultation» par «en collaboration». Merci.
La Présidente (Mme
D'Amours) : Merci. Commentaires, M. le ministre?
M. Boulet : Oui,
bien sûr. Il y a un fossé qui existe actuellement entre la compréhension de la
commission des droits de la personne et la
réalité de la Commission de la construction du Québec. Puis je l'ai mentionné
ce matin, dans l'élaboration du programme d'accès à l'égalité pour les
femmes, la commission des droits de la personne considère la CCQ comme
l'employeur, mais la CCQ n'est pas là pour embaucher, puis gérer, puis
superviser, elle n'est pas un employeur des
employés de l'industrie de la construction qui sont syndiqués, qui sont sur le
terrain. Donc, c'est la raison pour laquelle on est tout à fait d'accord
que la CCQ obtienne l'avis de la commission des droits de la personne, mais certainement pas de travailler en
commun alors qu'il y a une incompréhension de la mission, du rôle et des
responsabilités de la Commission de la construction du Québec, et ça, c'est
fondamental, puis les citations provenant du mémoire le révèlent de façon
manifeste.
Donc, il ne faut pas
ajouter à ce fossé-là une collaboration qui n'est pas nécessaire. La CCQ a
l'autorité, dans le respect de sa mission, de manière totalement paritaire,
avec les acteurs patronaux et les syndicaux, de déterminer comment on va favoriser l'accès, le maintien,
l'augmentation du nombre de femmes et de groupes issus de la diversité. De demander à la commission de collaborer avec la
commission des droits de la personne, malheureusement, je comprends
votre intention, mais je ne peux y adhérer.
La Présidente (Mme
D'Amours) : M. le député.
M. Leduc : Bien,
donc, l'état des faits... Je reprends ma question différemment. La plainte au
tribunal, 2021, le plan d'action qui est
jugé insuffisant, ce n'est pas banal, là, la commission des droits de la personne
qui poursuit, en quelque sorte, la
CCQ pour une job qu'ils considèrent bâclée. C'est quoi qu'on fait, alors, si ce
n'est pas ce que je vous propose?
M. Boulet : Bien, la consultation m'apparaît légitime. Et
qu'on ait exprimé un accord avec l'amendement soumis par notre collègue, ça me va, mais là,
«collaboration»... Puis je ne pense pas, d'ailleurs, que c'est le rôle de la
commission des droits de la personne de co-élaborer des normes en matière
d'accès, de maintien puis d'augmentation. Je pense que... Que la CCQ consulte, soit, c'est légitime, mais
que la commission des droits de la personne collabore, c'est une autre affaire.
M. Leduc : Donc,
ça se peut qu'il y ait d'autres plaintes, dans le futur, au tribunal, puis on
verra?
M. Boulet : Pardon?
M. Leduc : Je dis : Ça se peut qu'il y ait d'autres
plaintes dans le futur, puis on verra? Je ne suis pas sûr de comprendre.
M. Boulet : Bien,
je pense que les parties doivent continuer d'échanger. La Commission de la
construction du Québec, c'est, d'ailleurs, une obligation qui est prévue à la
loi, doit élaborer, en consultation avec la commission des droits de la personne, ce qui se fait, mais sans imposer à la
Commission de la construction du Québec de respecter des règles auxquelles sont soumis les employeurs,
parce que ce n'est pas un employeur, la Commission de la construction du Québec, au sens de la loi sur l'accès à
l'égalité, évidemment, sauf pour ses employés, mais ce n'est pas ce dont on
parle.
M. Leduc : Bon, elle n'est pas l'employeur, évidemment, mais
elle est gardienne de la qualité de ces plans-là, puis ce pour quoi elle
a logé une plainte, parce qu'elle considérait que ce n'était pas un beau
résultat. S'il y avait eu une meilleure collaboration en amont, on s'éviterait
une judiciarisation de ce phénomène-là.
M. Boulet : Entendons-nous,
il y a des partenaires patronaux, il y a des partenaires syndicaux, ils sont
assis ensemble au conseil d'administration. Quand ils ont une obligation de
consulter, ils peuvent aller plus loin puis dire : Nous, on veut le faire
en collaboration puis on veut que la commission des droits de la personne
co-élabore. Moi, je vais respecter ça. Mais
ce n'est pas ce qui est prévu dans la loi. Puis, déjà, l'amendement est une
chose, mais je ne veux pas, en
imposant une collaboration, accroître un fossé ou une zone d'incompréhension
entre la CCQ puis la commission des droits de la personne. Puis,
évidemment, de mon point de vue à moi, parce que je respecte l'expertise et les
compétences à la commission des droits de la personne, mais ils ne peuvent pas
imposer des règles qui ne sont pas compatibles avec la mission puis les
responsabilités de la CCQ.
• (15 h 40) •
M. Leduc : M.
le ministre, vous savez que ce n'est pas juste des patrons puis des syndicats
qui siègent au CA de la CCQ. Il y a les indépendants, au nombre de quatre, si
je ne me trompe pas.
Une voix : ...
M. Leduc : Bon.
Ils font partie de l'équation eux aussi...
M. Boulet : Il y en a cinq.
M.
Leduc : Cinq maintenant. Est-ce qu'ils ont... Est-ce qu'il
y a toujours des votes unanimes à la CCQ? J'imagine que non.
M. Boulet : Là, on va parler de
gouvernance plus loin. Non, ce n'est pas toujours des votes unanimes, vous le savez. Vous connaissez bien la réalité. Vous
êtes en contact constant avec des partenaires. Mais je reviens là-dessus.
Laissons-donc les partenaires et les membres indépendants décider du niveau de
consultation et/ou collaboration qui sera demandé à la commission des droits de
la personne. Puis je ne veux pas entrer dans la gouvernance. Je pense que c'est
une gouvernance qui se veut la plus paritaire possible. Il y a effectivement
des membres indépendants qui sont libres de voter.
M. Leduc : Parce que... vous me
direz peut-être que j'extrapole, mais vous étiez presque en train de dire que
ce qui sort de la... d'un CA de la CCQ est nécessairement l'objet d'un
consensus patronal-syndical.
M. Boulet : Ah! Bien, je n'ai jamais
dit ça, non, non. Puis ils sont ici, il y a des représentants patronaux et
syndicaux, et que ceux qui pensent qu'il y a toujours unanimité se lèvent, et
il n'y a pas personne qui va le faire.
M. Leduc : Est-ce que vous savez ou
est-ce que vous avez des archives ou des gens de la CCQ qui peuvent nous
rappeler si le fameux PAEF 2015-2024 avait fait l'objet d'un vote unanime?
M. Boulet : Ah! Mon Dieu! Il
faudrait voir les procès-verbaux, mais vous pourriez obtenir l'information.
Moi, je ne sais pas si ce vote spécifique là, comment il s'est conclu.
M. Leduc : Bien, je vous le demande,
peut-être que quelqu'un de votre ministère pourrait le vérifier et me faire le
suivi. Même si on continue dans l'autre article, je serais curieux de le savoir
quand même.
M.
Boulet : ...il y a quand même des règles de
confidentialité, je voudrais respecter ça, là. Mais je pense qu'on est
dans le territoire de la gouvernance de la CCQ, là. On n'est plus dans
l'amendement.
M. Leduc : Revenons donc un peu plus
sur l'amendement. Est-ce que, face à la plainte de la... CDPDJ et ce qui est
visiblement identifié comme l'insuffisance de la prise en compte de son avis,
n'y a-t-il pas là la même recette dans le futur qui va produire les mêmes
effets, à savoir que, si on laisse la logique inchangée puis que, dans le
futur, la CCQ ne prenne pas suffisamment en compte les suggestions et les
analyses de la CDPDJ, il y aura de nouveau une plainte et de nouveau une
judiciarisation du processus?
M. Boulet : Bien, souhaitons-le pas.
Je pense que, quand il y avait eu ce litige-là, il y a eu un règlement entre
les parties. Moi, je favorise le dialogue entre les deux commissions et je
favorise un terrain d'entente. Puis ce n'est pas d'aller devant les tribunaux
qu'on va trouver le meilleur terrain d'entente. Puis, si les parties ont besoin
d'un tiers pour les accompagner, ce sera fait, là. Mais, tu sais, je pense
qu'il y a eu un règlement à cette... tu sais, suite à cette plainte, suite à ce
litige, qui ne s'est pas judiciarisé. Donc, j'encourage les deux commissions à
continuer le dialogue.
M.
Leduc : Je veux juste dire, Mme la Présidente, je suis un
peu jaloux parce que là, ça fait deux amendements libéraux qui passent, puis les miens, je n'en ai
aucun pour l'instant. La journée n'est pas finie, la journée n'est pas finie.
La Présidente (Mme D'Amours) : Courage!
M. Boulet : Si on compte tous les
amendements du premier projet de loi où on a travaillé ensemble, vous en avez
beaucoup plus. Il y a beaucoup de travail à faire.
La Présidente (Mme D'Amours) : Courage,
M. le député, courage, le projet de loi n'est pas terminé. Est-ce qu'il y a
d'autres interventions? Oui, Mme la députée de Bourassa-Sauvé.
Mme Cadet : Oui, merci, Mme la
Présidente. Donc, j'ai pris connaissance, donc, de l'amendement du collègue, puis également, donc, desdits mémoires,
donc, celui d'ATF et celui de la Commission des droits de la personne et des droits de la jeunesse, donc, quant aux
litiges auxquels il fait référence, et je l'entends, mais peut-être juste,
donc, amener peut-être une... quelques précisions.
D'abord, M. le ministre, donc, vous avez dit que
la commission... l'interprétation que la CCQ et l'employeur, peut-être qu'un
tiers a eu cette interprétation-ci. Mais quand on lit, donc, le mémoire de la
CDPDJ, donc, on nous indique clairement,
donc, qu'il y a compréhension que la CCQ n'occupe pas le rôle d'employeur pour
des travailleuses et travailleurs dans l'industrie, et que son programme
d'accès à l'égalité ne peut ainsi répondre aux paramètres classiques d'un programme
d'accès à l'égalité en emploi.
Donc,
du côté de la Commission des droits de la personne et des droits de la jeunesse
donc, il y a cette compréhension-ci.
M. Boulet : Totalement.
Mme Cadet : Donc,
pour ceux qui nous écoutent à la maison, donc, qui auraient peut-être capté cet
élément de votre part...
M. Boulet : ...totalement
raison.
Mme Cadet : ...donc, je souhaitais... je souhaitais le
préciser dans le cadre de la discussion sur l'amendement puis également le... Donc, quand on regarde, donc,
la Loi sur l'accès à l'égalité en l'emploi, donc, pour les organismes
publics auxquels, évidemment, donc, ne s'applique pas la CCQ, mais qui est une
source, donc, on constate que les termes
«consultation» reviennent à quelques... à quelques reprises. Donc, c'est mon
souci pour la cohérence législative dans son ensemble.
Donc, je pense que
ces éléments, donc, de précision ci, donc, nous aident à prendre position sur
la discussion, là, qui est faite quant au terme «collaboration», qui,
d'ailleurs, donc, n'est pas une demande qui se retrouve dans le mémoire de la
Commission des droits de la personne et des droits de la jeunesse.
La Présidente (Mme
D'Amours) : Merci. D'autres commentaires? Est-ce que l'amendement du
collègue est adopté ou rejeté?
Des voix : Rejeté.
La Présidente (Mme
D'Amours) : Rejeté. Nous passons maintenant à l'article 62. M. le
ministre, si vous voulez bien nous en faire la lecture, s'il vous plaît.
M. Boulet : Mon Dieu! Avec votre permission, je ferais un petit préambule en dehors
de... Je vous demanderais une suspension. Je vais faire une présentation
sommaire qui sera plus ou moins utile, dépendamment de votre niveau de
connaissance, qui nous permettra d'accélérer l'adoption des articles.
La Présidente (Mme
D'Amours) : Je suspends les travaux quelques minutes.
(Suspension de la séance à
15 h 47)
(Reprise à 16 h 08)
La Présidente (Mme
D'Amours) : Nous reprenons nos travaux. Nous sommes toujours dans la
mesure facilitant... le sujet Mesures facilitant l'intégration et le maintien
dans l'industrie de la construction, et nous sommes à l'article 62. M. le
ministre, si vous voulez bien nous en faire la lecture, s'il vous plaît.
M. Boulet : Merci, Mme la Présidente. L'article 2.5 du
Règlement sur la délivrance des certificats de compétence est
modifié :
1°
par le remplacement, dans ce qui précède le paragraphe 1°, de «ou en heures de
travail exécutées» par «, en heures de travail exécutées»;
2° par l'insertion,
dans ce qui précède le paragraphe 1° et après «Loi sur les relations du
travail, la formation professionnelle et la gestion de la main-d'oeuvre dans
l'industrie de la construction[...]», de «ou en heures de cours de formation
professionnelle complétées pour ce métier et reconnues par une autorité
compétente»;
3° par l'ajout, à la
fin, de l'alinéa suivant :
«Lorsque
cette personne est une femme ou une personne représentative de la diversité de
la société québécoise, les conditions prévues aux paragraphes 2° et 3°
du premier alinéa ne s'appliquent pas lors d'une première délivrance d'un
certificat pour un métier donné.»
Commentaire.
L'article 2.5 du Règlement sur la délivrance des certificats de compétence
énonce qu'un certificat de compétence est
délivré par la CCQ à une personne qui démontre qu'elle a acquis au moins
35 % des heures d'apprentissage d'un métier lorsque cette personne
a réussi le cours de sécurité exigé par la réglementation en santé et sécurité au travail, ce à quoi je référais,
l'ASP Construction; deux, satisfait aux conditions d'admission à un DEP se
rapportant au métier visé; et, enfin, fait
l'objet d'une demande de main-d'oeuvre de la part de son employeur comportant
une garantie de 150 heures de travail échelonnées sur trois mois.
L'article 62 du projet de loi propose deux
nouvelles mesures à cet égard : introduire un assouplissement en faveur
des femmes et des personnes représentatives de la diversité québécoise, qui
n'auraient plus à satisfaire aux deux premières conditions pour se voir
délivrer un premier certificat de compétence apprenti; et faire en sorte que le
35 % d'heures d'apprentissage puisse
également être acquis en heures de cours de formation professionnelle reconnue
par une autorité
compétente. Donc, le cumul d'heures de travail et de formation sera désormais
possible dans le calcul du 35 %. Merci, Mme la Présidente.
• (16 h 10) •
La Présidente (Mme D'Amours) : Merci.
Donc, est-ce que j'ai des commentaires? Oui, Mme la députée de Bourassa-Sauvé.
Mme Cadet : En fait, Mme la
Présidente, j'ai... j'aimerais pouvoir déposer un amendement ici. Il n'est pas
encore... Ce n'est pas encore sur Greffier, donc ça signifie que je vous
demanderais une suspension.
La Présidente (Mme D'Amours) : Oui.
Avant de suspendre les travaux, je veux juste vous informer que le ministre a
versé un document sur Greffier, dans la section Documents distribués, intitulé
Note explicative_Acces.
Donc, je suspends les travaux quelques minutes,
s'il vous plaît.
(Suspension de la séance à 16 h 11)
(Reprise à 16 h 40)
La Présidente (Mme D'Amours) : Nous
reprenons nos travaux. Nous étions maintenant au dépôt de l'amendement de la
députée de Bourassa-Sauvé. Mme la députée, si vous voulez bien nous en faire la
lecture, s'il vous plaît.
Mme Cadet : Merci beaucoup, Mme la
Présidente. Donc, j'espère, donc, que nous pourrons, donc, tous, donc, saisir,
donc, la teneur, donc, de cet amendement. Donc, un amendement à
l'article 62, article 2.5 du Règlement sur la délivrance des
certificats de compétence.
L'article 62
du projet de loi est modifié par l'insertion, après le paragraphe 3° du premier
alinéa, du paragraphe suivant :
«4° dans le
cas d'une personne domiciliée au Québec, elle démontre avoir exécuté, dans la
province limitrophe au Québec, le nombre d'heures requises en fonction de la
période d'apprentissage applicable du métier concerné.»
L'article modifié se lirait comme suit :
«La Commission délivre un certificat de compétence-apprenti pour un métier, sauf pour celui de grutier, à une personne
âgée d'au moins 16 ans qui démontre qu'elle a acquis au moins 35 %
des heures d'apprentissage du métier, en heures de travail exécutées comme
apprenti dans ce métier et déclarées conformément au Règlement sur le registre,
le rapport mensuel, les avis des employeurs et la désignation d'un représentant
(chapitre R-20, r. 11), en heures de travail exécutées et rémunérées dans
ce métier à l'extérieur du champ d'application
de la Loi sur les relations du travail, la formation professionnelle et la
gestion de la main-d'oeuvre dans
l'industrie de la construction (chapitre R-20), ou en heures de cours de
formation professionnelle complétées pour ce métier et reconnues par une
autorité compétente si cette personne satisfait aux conditions suivantes :
«1° elle fournit une attestation suivant
laquelle elle a suivi avec succès un cours de sécurité exigé par le Code de
sécurité pour les travaux de construction (chapitre S-2.1, r. 4);
«2° elle démontre qu'elle satisfait aux
conditions d'admission prévues à un régime pédagogique établi en vertu de la Loi sur l'instruction publique
(chapitre I-13.3), relativement au programme d'études conduisant à un
diplôme d'études professionnelles (DEP) se rapportant au métier visé par
cette demande;
«3° son
employeur, enregistré à la Commission, formule une demande de main-d'oeuvre,
garantit à cette personne un emploi
d'une durée d'au moins 150 heures échelonnées sur une période d'au plus 3 mois
et fournit à la Commission une preuve de cette garantie.
«4° dans le
cas d'une personne domiciliée au Québec, elle démontre avoir exécuté, dans
[une] province limitrophe au Québec, le nombre d'heures requises en
fonction de la période d'apprentissage applicable du métier concerné.»
Et donc avec les ajouts, donc, du
ministre : «Lorsque cette personne est une femme ou une personne représentative de la diversité de la société
québécoise, les conditions prévues aux paragraphes 2° et 3° du premier alinéa ne
s'appliquent pas lors d'une première délivrance d'un certificat pour un métier
donné.»
Tout ça, Mme la Présidente, pour, donc, en
venir, donc, à une... à des éléments, donc, d'information que nous avons, qui
ont retenu, donc, mon attention lors des consultations particulières et lors,
donc, de différents échanges, et également, donc, lors de la lecture, donc, des
différents mémoires sur la réalité qui existe, donc, pour les travailleurs
domiciliés au Québec, qui exercent, donc, leur métier dans une province qui est
limitrophe au Québec. On le sait, dans plusieurs régions, particulièrement
l'Outaouais, mais également l'Abitibi et la Montérégie, donc, il est possible et il survient, donc, que des travailleurs, donc,
sont domiciliés au Québec mais, donc, travaillent, donc, en Ontario. C'est
aussi le cas dans l'Est-du-Québec aussi, donc, Mme la Présidente, donc au Bas-Saint-Laurent
et en Gaspésie aussi, donc, on vit, donc,
cette réalité avec le Nouveau-Brunswick, mais je vous avouerais que c'est surtout, donc,
dans l'ouest, donc, du... dans l'ouest du Québec que cette réalité,
donc, se vit d'autant plus.
Je crois,
donc, qu'il est important, donc, alors qu'on énonce, donc, bien souvent, donc,
l'importance, donc, de construire plus vite, construire à moindre coût,
construire mieux, de régler, donc, quelques... quelques incohérences. Puis je
vous nomme celle-ci, et c'est d'ailleurs la raison pour laquelle, donc, c'est
bien important, donc, de préciser pour une personne domiciliée au Québec, parce
qu'évidemment il y a une entente sur la mobilité de la main-d'oeuvre
Ontario-Québec qui existe, donc, pour ne parler que de cette province
limitrophe là en particulier, donc, qui permet aux travailleurs, donc, domiciliés en Ontario et
aux entreprises ayant leur siège social en Ontario, d'accéder directement
à nos chantiers sans avoir à répondre aux
exigences restrictives actuelles imposées par la loi R-20. C'est une bonne
chose que cette entente-là, donc,
existe pour les travailleurs domiciliés en Ontario qui exercent en Ontario,
mais vous comprendrez que, donc,
certaines personnes qui, elles-mêmes, sont domiciliées au Québec, mais qu'elles
sont aussi, donc, limitrophes, donc, près, donc, d'une autre province
limitrophe, donc, vivent avec ce certain, donc... bien, cette incohérence,
donc, je vais... je vais répéter le terme.
Et on... puis on peut, donc, dénoter, donc, ce que prévoit, donc l'entente, sur
la mobilité de la main-d'oeuvre pour un travailleur, donc, qui a des
qualifications professionnelles et pour un travailleur qui n'en a pas. Dans tous les cas, donc, l'entente, donc, va
prévoir, donc, certains aménagements qui n'existent pas pour la personne qui
est, elle-même, domiciliée au Québec.
Donc,
puisque nous en sommes, donc, à ouvrir, donc, l'article 2.5 du Règlement
sur la délivrance des certificats de compétence et que les préalables,
là, donc de permettre à la commission, en fait, donc, de délivrer un certificat
de compétence-apprenti pour un métier, sauf pour celui de grutier, à une
personne âgée d'au moins 16 ans qui démontre qu'elle a acquis au moins
35 % des heures d'apprentissage du métier selon, donc, les prérequis
nommés ici, donc, à l'article 2.5,
bien, j'en profite, donc, ici, donc, à l'article 62 du projet de loi,
donc, d'ajouter, donc, cette possibilité, donc, de pouvoir le faire
également dans le cas d'une personne domiciliée au Québec, donc qui n'est,
donc, pas assujettie à l'entente sur la mobilité de la main-d'oeuvre
Ontario-Québec. D'également, donc, de se faire voir délivrer par la commission un certificat de compétence-apprenti
lorsque cette personne, domiciliée au Québec, qui a exécuté des heures dans
une province limitrophe, sauf pour celui du grutier, donc, a, lorsqu'elle est
âgée d'au moins 16 ans, démontré qu'elle
a acquis 35 %... au moins 35 % des heures d'apprentissage, démontré
également qu'elle... démontré, donc, également qu'elle a... qu'elle
fournit une attestation suivant laquelle elle a suivi avec succès un cours de
sécurité exigé par le Code de la sécurité
pour les travaux de construction. Et donc, à ce stade-ci... Et, lorsque c'est
le cas, donc, l'apprenti, donc, pourrait être classé dans la période
d'apprentissage applicable du métier concerné en fonction du nombre d'heures
qu'il a démontré avoir exécuté dans la province limitrophe au Québec. Merci,
Mme la Présidente.
La Présidente (Mme
D'Amours) : Merci. Commentaires, M. le ministre?
M. Boulet : Bien,
écoutez, il y a une incompréhension. C'est ce que nous faisons dans la loi,
dans le projet de loi. Nous allons même un peu plus loin. Le 35 % des
heures d'apprentissage, ce n'est pas seulement en Ontario, c'est à
l'international. Quelqu'un qui, en Tunisie, a complété 35 % des heures du
régime d'apprentissage de son métier, il peut avoir son certificat de compétence-apprenti.
Et on va même plus loin dans le projet de loi, on permet que les heures
puissent être des heures de formation ou des heures de travail. Donc, c'est ça
qui nous permet d'élargir l'accès. Ça fait qu'on répond à ce que vous nous
soumettez et on va plus loin.
Ça fait que je ne
sais pas si... Moi, je vous inviterais à peut-être relire ce qui est dans le
projet de loi, là, parce que c'est oui, puis
oui, puis on va encore plus loin. Puis ce qu'on a fait, c'est bénéfique
notamment pour les personnes de la région de l'Outaouais et de la région
de l'Abitibi-Témiscamingue. Puis ce n'est pas un reproche que je fais, hein,
parce que ce n'est pas toujours simple, les règles, là, mais on est, sur le
fond, tout à fait d'accord, et j'essaie d'exprimer rapidement mon état
d'esprit.
La Présidente (Mme
D'Amours) : Merci. Commentaires, Mme la députée de Bourassa-Sauvé?
Mme Cadet : Oui.
Merci, Mme la Présidente. Donc, j'entends, donc, le ministre. Donc, c'est une
excellente nouvelle. Évidemment, donc, il y a, donc, ce que l'on trouvait,
donc, au projet de loi au niveau, donc... bien au-delà, donc, des provinces limitrophes. Donc, la réalité spécifique, donc des
provinces limitrophes, n'est pas nécessairement, donc, indiquée. Mais ce
que j'entends de votre part, donc, c'est que l'article... et on va revenir,
donc, au projet de loi, c'est celui... c'est
le... à l'article 60, le 13... la modification à 13.4. C'est à celle-ci
que vous faites référence, M. le ministre?
M. Boulet : Bien,
c'est l'article 62, là. Puis, écoutez, même la CCQ... on le fait déjà,
puis là, ce qu'on a dans le projet de loi, on va même plus loin que ce que le
Parti libéral nous soumet, là. Ça fait que, oui, tout à fait, on dit... En fait, c'est ça que le 35 % visait en 2021,
de permettre que les heures d'apprentissage... Mettons, je vais donner l'exemple
charpentier-menuisier, mettons, tu as complété 2 100 heures
d'apprentissage sur 6 000, peu importe où tu l'as fait sur la planète, tu
as droit à ton certificat compétence-apprenti. Puis là, on vient dire : Ce
ne sera pas seulement que de l'apprentissage,
ça peut être une formation reconnue puis ça peut être des heures de travail. Et
donc c'est là que ça nous permet d'aller plus loin. Puis la formation,
je le répète, celle ontarienne, elle est... on le fait déjà.
Mme Cadet : ...
M. Boulet : Oh
oui! tout à fait.
Mme Cadet : Donc,
ici, à 62, donc, ça comprend, donc, cette réalité-là...
M. Boulet : Oui.
Mme Cadet : Parfait.
La
Présidente (Mme D'Amours) : Mme la députée des Mille-Îles.
• (16 h 50) •
Mme Dufour : Oui.
Juste pour être certaine que je comprends bien, il y a... J'ai été en tournée
en Outaouais, puis il y a des entrepreneurs là-bas qui me disaient qu'il y
avait environ 500 Québécois qui travaillaient en Ontario, mais qui ne pouvaient pas revenir travailler. Là,
à partir de l'adoption du projet de loi qu'on a ici, ils pourraient revenir
travailler au Québec...
M. Boulet : Totalement.
Mme Dufour : ...et
obtenir leur carte assez...
M. Boulet : Totalement.
Mme Dufour : ...aisément,
là.
M. Boulet : Totalement.
Mme Dufour : C'est
ce que je comprends?
M. Boulet : Des
fois, il y a une mauvaise compréhension ou une mauvaise perception. Mais la
réalité, c'est qu'il n'y a pas personne qui ne peut pas revenir ici, là, à
moins que quelqu'un soit allé travailler deux ans là-bas puis qu'il dit : Moi, j'ai le droit à un certificat
de compétence-apprenti. Il a quand même une reconnaissance, 35 %. C'était
une mesure qui ne faisait pas l'unanimité, mais qui a été bénéfique pour
intégrer des personnes qui...
Mme Dufour : Mais
là ce que je parle, c'est une situation actuelle, là. Actuellement, il y a
500 Québécois qui travaillent en Ontario et qui ne peuvent pas venir
travailler au Québec, là.
M. Boulet : Bien,
il faudrait les voir cas par cas, puis c'est déjà appliqué. Ce à quoi je
réfère, c'est déjà appliqué, puis c'est...
Mme Dufour : OK,
bien, moi, il y a... tu sais, il y a quelques mois à peine, on me disait, ce
n'était pas possible de revenir.
M. Boulet : Je
vous le dis, c'est une incompréhension, puis je ne jette pas la pierre à
personne. Mais les travailleurs, encore une fois, il faut que leur situation
soit évaluée par la CCQ.
Mme Dufour : Ça,
en tout cas, ça ne semble pas être aussi simple, la façon qu'eux me
l'expliquaient, là. Donc, il y a peut-être une... Si on veut attirer cette
main-d'oeuvre-là, il y a peut-être moyen de faire des campagnes d'information,
là.
M. Boulet : ...parce
que quelqu'un qui a fait le 35 % charpentier-menuisier, ou peu importe le
métier, il y a accès puis il peut revenir. Évidemment, il faut voir ce qu'il
fait en Ontario, parce que, des fois, il... Je ne sais pas, là.
Mme Dufour : Bien,
ça, c'était... c'était ma prochaine question. Compte tenu que les métiers sont
différents, là-bas, il y a moins de métiers, est-ce que... est-ce que c'est
considéré comme égalitaire ou la même chose, disons, entre un métier x qui
représente plusieurs chez nous...
M. Boulet : ...question
de reconnaissance, de compatibilité. Mais ça peut même être fait en rénovation
résidentielle, là, tu sais, parce qu'on dit bien dans la loi : c'est en
heures exécutées en dehors de la loi R-20. Tu sais, ça peut... Mais c'est
sûr qu'il y a une correspondance à faire. Mais, je vous dirais, c'est vraiment
du cas par cas, il faudrait évaluer chaque cas. Mais de dire : Dès que tu
t'en vas travailler en Ontario, tu ne peux pas revenir au Québec, moi, je vous
dis qu'une prétention collective comme ça, ce n'est pas fondé.
Mme Dufour : Mais
ce n'est pas lourd, ça, de dire qu'on doit le faire cas par cas? Il me semble,
ça ne donne pas le goût aux gens de revenir, si chaque cas va dépendre... Tu
sais, alors que d'avoir une règle simple et claire pour tout le monde...
M. Boulet : Ça
l'est, simple. Si tu as fait 35 %... C'est une mesure qui favorise
l'accès. Puis on va avoir l'article 63,
là, si je ne m'abuse, là, où on va parler des certificats
compétence-occupation. Mais à votre amendement la réponse, c'est : On le
fait déjà, puis notre projet de loi va plus loin parce qu'on peut être au-delà
dans l'apprentissage, ça peut être de la formation ou des heures de
travail.
La Présidente (Mme
D'Amours) : D'autres commentaires? Oui, Mme la députée de Bourassa-Sauvé.
Mme
Cadet : Oui. Merci, M. le ministre. Bien, tout comme ma collègue, là,
on entend ces commentaires-là, donc, du
milieu, et je comprends, là, de ce que vous dites, donc, que c'est une
incompréhension, donc je pense qu'il y a peut-être, donc, matière, donc,
à clarifier le tout ici... je vous avouerai, puis vous avez vu, donc, à quel
point, donc, c'est un peu... L'article, donc, 2.5, il est... il n'est pas
nécessairement, donc, rédigé simplement, là, je pense qu'on peut... on peut en convenir. Comment... Comment
est-ce qu'on peut s'assurer que les gens qui soient sur le terrain, donc,
aient cette interprétation-là, ce que vous dites? Puis, comme ma collègue
l'explique, donc, ce sont des commentaires qu'on
entend. Donc, des gens, donc, qui quittent, qui sont domiciliés au Québec, qui
ne peuvent pas revenir, vous dites que c'est une incompréhension. Ici...
M. Boulet : ...
Mais, en fait, comme je dis, c'est du cas par cas. Il y a peut-être, dans
certains dossiers, de l'incompréhension; dans certains dossiers, l'incapacité
est peut-être bien fondée, légitime, mais, dans tous les cas, la CCQ peut
accompagner la personne, peut lui expliquer. Donc, il n'y a pas personne qui
est laissé de côté. On a besoin de monde. On
a besoin... Et ces règles-là visent à permettre à des personnes d'y accéder, et
c'est un règlement. On avait fait huit allègements réglementaires. Encore une
fois, il y en a six ou sept qui avaient fait un consensus, je me
souviens, j'étais là, mais il y en a un ou deux qui ne faisaient pas
l'unanimité. Celui-là, non, mais ça a été bénéfique. Je vous dirais, en 2021, il y en a eu 146, puis depuis on est à 296,
puis près de 300, là, par année qui y accèdent par le 35 %, et j'anticipe
que ça puisse augmenter avec le PL n° 51, parce que ça peut
être des heures de travail notamment, ça fait que...
Mme Cadet : Oui,
c'est ça. C'est ce qu'on est en train de modifier ici puis c'est pour ça qu'on
tenait à... bon, en fait, donc, notre
amendement, puis nous assurer que ce soit compris, donc, pour les travailleurs
qui sont domiciliés au Québec, qui exercent dans une province
limitrophe, qu'il soit compris, donc, à cet article-ci, tel que modifié, là, puis l'objectif ici, puis encore une fois... puis
là, on va faire, donc, le débat sur 2.5 avant l'amendement, donc, une fois
qu'on... qu'on aura complété, donc, ce
débat-ci. Mais l'objectif n'était pas, donc, de limiter, là, ou de... en deçà,
là, de qu'est-ce qu'on est en train de modifier ici. Donc, ça, c'est
très clair.
Maintenant,
le... je vous avouerais, donc, qu'au niveau, donc, des parties prenantes, donc,
il n'y avait... il n'y avait pas, donc, de certitude que ce qui est
libellé, donc, ici, donc, à l'article, donc, 62, donc, qui modifie 2.5 du
règlement, que ça comprenait, donc, ces réalités-ci. Qu'est-ce qu'on peut
faire... Puis là je comprends que, là, la conversation qu'on a, donc, au Journal
des débats nous permet, donc, déjà, donc, d'assurer cette
interprétation-ci. Je comprends, donc, vous,
vous avez... vous ne pensez pas que c'est pertinent, donc, d'ajouter... Puis
là, on l'a mis, donc, au paragraphe 4, ici, là, mais on peut le
libeller... mais je n'ai pas, donc, de... je ne me sens pas l'obligation, donc,
de le libeller, donc, comme on l'a fait ici,
à l'amendement. Mais est-ce que... Donc, par exemple, donc, au
paragraphe 2.5, donc, d'indiquer tout
ce que vous nous dites, donc, y compris pour une personne qui exerce dans une
province limitrophe... Donc, pour vous, c'est déjà très clair ici.
M. Boulet : Très
clair.
Mme Cadet : OK.
Tant mieux.
M. Boulet :
Puis, ceci dit, avec respect, ce n'est même pas un texte qui requiert une
interprétation. «La commission délivre un certificat — là,
je vais y aller rapidement — [...]pour
un métier», évidemment c'est 16 ans... «qui [...] a acquis au moins
35 % des heures d'apprentissage [...] comme apprenti dans ce métier [...]
déclarées conformément...» Et, après ça, on dit : «à l'extérieur du champ
d'application de la Loi sur les relations du travail», puis là on ajoute : ou ça peut être en heures formation pour... de
la part d'une autorité compétente, et, après ça, ça peut être des heures de travail aussi. Le cumul des
heures de travail et de formation même sera possible, comme j'ai mentionné
dans mes commentaires dans le calcul du 35 %. Mais, si l'étude détaillée a
servi aussi à ça, tant mieux.
Mme Cadet : Oui, c'est ça. Parce que, là, donc, vous dites,
donc, le... c'est surtout, donc, c'est le «à l'extérieur du champ d'application»... «À l'extérieur du champ
d'application» de la R-20, là, c'est vraiment, donc, cet élément-ci, là, qui
fait en sorte que dans toutes les situations, donc, par la suite, après
l'adoption de... Bien, en fait, même avant l'adoption, parce qu'ici on modifie...
on ne le modifie pas, donc, cet aspect-là, mais c'est parce que l'article
indique que les heures, donc, seraient
exécutées à l'extérieur du champ d'application de la loi R-20, là. C'est
ce qui fait que... OK, donc, c'est cet élément-ci.
M. Boulet : Totalement.
Puis on rajoute, bien, que ça peut être un cumul d'heures de travail, avec des
heures de formation. Oui, pour moi, tout est très clair.
Mme Cadet : D'accord.
Merci.
La Présidente (Mme D'Amours) : Merci.
D'autres commentaires? Donc, je vais passer aux voix l'amendement de la
députée de Bourassa-Sauvé. Est-ce que l'amendement est adopté ou rejeté?
Des voix :
Adopté.
Des voix : Rejeté.
La
Présidente (Mme D'Amours) : Nous revenons à l'article 62. Est-ce qu'il y
a des commentaires? Est-ce que... Oui, M. le député d'Hochelaga-Maisonneuve.
M. Leduc : Bien, c'est parce que là,
le ministre fait une grimace quand je lève la main, je ne suis pas sûr de...
M. Boulet : ...
M. Leduc : Bien...
M. Boulet : ...
M. Leduc : C'était quoi d'abord?
M. Boulet : ...un peu.
M. Leduc : À ce que je lève la main
puis que je m'exprime?
M. Boulet : Je n'ai pas vu votre
main levée.
M. Leduc : OK, bien, je suis déçu de
vous décevoir, M. le ministre. Cependant, blague à part, dans beaucoup de
mémoires, des gens s'inquiétaient un peu de ce que vous proposez de faire à 62,
notamment quant à l'incitation... puis je
sais que ce n'est pas votre intention, mais l'incitation implicite ou l'effet
que ça pourrait avoir sur le décrochage scolaire, que, si on ouvre la porte à ce que des heures de cours...
bien, dans le fond qu'on puisse avoir son certificat de compétence avec
de l'expérience, que ça pousse des gens à juste lâcher le DEP puis aller tout
de suite sur le milieu du travail. Est-ce que c'est une crainte que vous
partagez?
• (17 heures) •
La Présidente (Mme D'Amours) : M. le
ministre.
M. Boulet : Non.
M. Leduc : Parce que?
M.
Boulet : En même temps, je ne veux pas démontrer de
l'insensibilité, vous savez l'importance que j'attribue à la réussite
éducative, la persévérance scolaire. Quand il y a des programmes de formation,
de requalification ou des programmes de
formation accélérée, souvent, c'est un enjeu, mais il faut s'assurer de bien
accompagner les personnes, que les choix soient bien faits. Et, ici,
bien, vous le savez, l'âge minimum, c'est 16 ans, et donc c'est l'âge où
on est obligé de fréquenter l'école, en
vertu de la loi québécoise sur l'instruction publique. Au-delà de 16 ans,
puis je ne le présume pas, moi, mais
la personne est plus raisonnablement en mesure de faire des choix de carrière
et des choix professionnels.
Ça fait que
ma crainte, même si je comprends ce que vous me dites... Puis, tu sais, les...
Ce qu'il faut mentionner, c'est que, puis je ne sais pas si je l'ai dit
un peu plus tôt, là, mais les heures complétées au diplôme d'études
professionnelles équivalent à 1,5 heure dans le régime d'apprentissage. Ça
fait que ça, c'est un incitatif à demeurer accroché
à l'école. Comprenez-vous? Si tu fais 20 heures de formation menant au
DEP, c'est l'équivalent de 30 heures dans le régime d'apprentissage, là, dans les blocs de
2 000 heures. Et ça, moi, on m'a dit que c'était un énorme incitatif.
Et, dans les allègements réglementaires, on a permis, en 2021, aux étudiants,
étudiantes dans le parcours menant à un diplôme d'études
professionnelles de travailler dans les chantiers l'été, congés, périodes de
relâche scolaire.
Et ça, là, collègue, ça donne un immense succès,
puis ça répond à des besoins. Ça permet à des étudiants de valider leur choix. Ça permet de faire une symbiose
entre les notions apprises à l'école, au centre de formation professionnelle et le travail pratique. Ça fait que
non, je pense qu'il faut tenir compte d'un ensemble de circonstances. Et
ma crainte est... Dans le fond, le risque est très, très diminué.
M. Leduc : Parce que, là, dans
certains métiers, vous avez créé des AEP, qui, au début, étaient supposés être une seule fois, là, après ça, on les a renouvelés,
on ne sait pas trop s'ils vont être renouvelés deux, puis trois, puis quatre,
puis cinq fois dans le futur. Avec, là, cette mesure-là où est-ce qu'on
dit : Vos heures de cours peuvent compter, ça commence à faire beaucoup de
choses qui, en plus du fait qu'on peut souvent rentrer directement par bassin,
rendent la formation professionnelle comme moins attractive, je pourrais dire,
moins nécessaire. Je comprends que veuille... qu'on veuille aller avec plus de
gens, plus vite, mais là, vous, vous n'adhérez pas aux craintes. J'aimerais
donc aller dans un chemin, peut-être pas de
futurologie, mais de précaution future, je dirais. Qu'est-ce qui pourrait
changer dans un an ou deux ans? Parce que, visiblement, votre
gouvernement est encore en place pour deux ans, je vous souhaite de rester dans
la chaise de ministre du Travail pour un autre deux ans. Qu'est-ce qui pourrait
faire en sorte que vous reveniez sur votre décision?
S'il y a des indicateurs qui apparaissent
l'année prochaine ou d'ici deux ans, puis que, woups! le taux de décrochage dans les DEP de la construction est
dans le plafond, là, ça explose, allez-vous modifier des choses, changer
des choses? Est-ce que ce genre de mesure là va pouvoir être revu si,
visiblement, ce que vous pensiez qui n'était pas une crainte nécessaire à
avoir, ce que vous venez d'exprimer, puis je l'ai bien entendu? Mais si,
finalement, ça ne se passe pas super bien, puis que, finalement, c'est un incitatif à décrocher,
comment vous allez faire? Quels mécanismes vous possédez pour pouvoir
réagir dans les une ou deux prochaines années, alors que ça va être encore
vous, on vous le souhaite, qui allez être au volant, comme le veut l'expression
consacrée?
M. Boulet :
La réponse simple : tout est ouvert à révision. Si jamais on réalisait
qu'une mesure, quelle qu'elle soit, là, puis
je veux me détacher de ce sujet-là de discussion... on réalisait qu'il y avait
des incidences négatives et que la balance des avantages et inconvénients
incitait les parties à revoir le règlement, à faire des amendements, moi,
je serais totalement ouvert, dans l'hypothèse que vous soulevez.
M. Leduc : ...là,
on se rappelle qu'on est en train de discuter d'un article qui modifie un
règlement et non une loi, donc, théoriquement, ce serait plus facile à modifier
d'ici deux ans qu'une loi.
M. Boulet : Tout
à fait.
M. Leduc : Ça
pourrait être déposé à un conseil des ministres, toujours en consultation. Ça
fait que vous êtes ouvert à ça?
M. Boulet : Oui.
M. Leduc : Parfait.
Merci, Mme la Présidente.
La Présidente (Mme
D'Amours) : Merci. D'autres commentaires sur l'article 62? Oui,
Mme la députée de Bourassa-Sauvé.
Mme Cadet : Oui.
Merci, Mme la Présidente. Donc, je reviens, donc, à l'article initial, ici.
Donc, le ministre, donc, dans la conversation, donc, précédente, donc... sur
l'amendement, donc, on a, donc, quand même, donc, assez expliqué, donc, l'ajout
«ou en heures de cours de formation professionnelle complétées pour ce métier
et reconnues par une autorité compétente».
Donc, je comprends, ici, c'est-ce que vous disiez, M. le ministre, que, dans le
fond, donc, ici, donc, lorsqu'une personne, donc, a réalisé, donc, au moins
35 % des heures d'apprentissage comptabilisées, donc, en termes, donc, d'heures de travail exécutées et
rémunérées ou comme heures de formation, donc, elle peut recevoir, donc, son certificat. Et là, donc, c'est toute la
conversation que nous avions, donc, sur le 150 heures. Donc, normalement,
donc, pour toute personne qui entre... donc, qui réalise, donc, ces heures-ci,
à 2.5, elle doit, donc, fournir cette attestation,
donc, du cours de sécurité exigé par le Code de sécurité pour les travaux de
construction. Elle doit démontrer qu'elle satisfait aux conditions
d'admission prévues à un régime pédagogique, et là, donc, ça aussi, il y a un
régime d'exception, donc, qu'on voit ailleurs, donc, dans le règlement. Son
employeur garantit à cette personne un emploi d'une
durée d'au moins 150 heures échelonnées sur une période d'au plus trois
mois. Donc, ça, c'est, donc, la garantie de 150 heures dont nous
avons discuté plus tôt, donc, elle est nommée ici.
Et là, donc, pour ce
qui est, donc, d'une femme ou d'une personne représentative de la diversité de
la société québécoise, donc, elle
n'aurait... la garantie de 150 heures serait levée. La démonstration
qu'elle satisfait aux conditions d'admission à un régime pédagogique,
donc, serait levée, donc, «ne s'appliquent pas lors d'une première délivrance
d'un certificat pour un métier donné», mais, par la suite, donc, il y aurait,
donc, ces mêmes... bien, en fait, ces mêmes exigences. Donc, en fait, l'article,
ici, 2.5, donc, il s'applique exclusivement lors d'une première délivrance, à
tous les coups?
M. Boulet : Oui.
Tout à fait.
Mme Cadet : OK,
OK. D'accord. OK, donc, ici... donc lorsqu'ils «ne s'appliquent pas lors d'une
première délivrance d'un certificat pour un métier donné».
M. Boulet : Tout
à fait.
Mme Cadet : Bien, en fait, qu'est-ce qui arrive dans des...
Parce qu'il n'y a pas, donc, de délivrance ultérieure, donc, j'essaie
juste de comprendre, ici, la formulation.
M. Boulet : Bien
oui, il y a un renouvellement.
Mme Cadet : OK,
donc, lors du renouvellement. OK, donc, lors du renouvellement, il faut
satisfaire, donc, aux conditions des
paragraphes 2° et 3°. Donc, c'est seulement pour la première... la
première délivrance du certificat que ces conditions sont exclues ici.
M. Boulet : Exact.
Mme Cadet :
Parfait. Merci.
La Présidente (Mme D'Amours) : Merci.
Est-ce que l'article 62 est adopté?
M.
Boulet : Adopté.
La Présidente (Mme
D'Amours) : Oh! Pardon. Oui? Je m'excuse.
M. Leduc : ...
La Présidente (Mme
D'Amours) : Ah bien, je vous regardais, mais vous...
M. Leduc : Excusez...
La Présidente (Mme
D'Amours) : C'est ça. Il faut me faire signe, s'il vous plaît.
M. Leduc : Parfait.
Merci.
La Présidente (Mme
D'Amours) : Donc, je vous cède la parole. Allez-y.
M. Leduc : C'est gentil. J'ai juste une question de
compréhension, M. le ministre. Le 35 % des heures, c'est les heures
prévues dans la formation du DEP?
M. Boulet : C'est
simplement 35 heures d'apprentissage.
M. Leduc : 35 %.
M. Boulet : C'est
de... Oui, exact.
M. Leduc : 35 %
des heures d'apprentissage du DEP, les heures de cours.
M. Boulet : Oui.
Si le métier requiert 6 000 heures d'apprentissage, il a fait
2 100 heures.
M. Leduc : Ce
n'est pas les heures de cours?
M. Boulet : Non,
apprentissage.
M. Leduc : Expliquez-moi
la différence entre les heures de cours et les heures d'apprentissage.
Des voix : ...
M. Boulet : Non,
non, mais je l'expliquais, tout à l'heure, là, quand tu as un certificat
compétence apprenti, tu commences à grimper dans un régime d'apprentissage,
puis il y a des blocs de 2 000 heures.
M. Leduc : Ça
fait que ce n'est pas des heures de cours du tout, là?
M. Boulet : Non,
c'est de l'apprentissage.
M. Leduc : OK.
C'est ça. C'est bon. Parce que la... c'est que j'avais l'impression qu'on
disait, puis c'est pour ça que je voulais vérifier... bien, ça, c'était déjà
dans la loi originale, que, finalement, un tiers du cours, c'est correct, puis
tu peux y aller. Ce n'est pas ça qu'on dit?
M. Boulet : ...en
fait, c'est un allègement réglementaire qu'on a fait en 2021...
M. Leduc : D'accord.
M. Boulet : ...qui
est en application puis qui donne des résultats.
M.
Leduc : Ça fait que le
cours, il est tel quel, mais on dit : Les blocs d'heures d'apprentissage
en dehors des heures de cours, ça, tu peux en avoir fait juste un tiers,
à peu près, puis tout de suite l'avoir.
M. Boulet : Exact.
M. Leduc : OK.
Merci.
La Présidente (Mme
D'Amours) : Merci. Oui, Mme la députée de Bourassa-Sauvé.
Mme Cadet : Oui. Merci. Merci, Mme
la Présidente. Je pense que le document que le ministre a déposé sur Greffier,
donc, on va l'imprimer, puis je pense que ça va nous aider, là, dans la
compréhension de base, donc. Donc, les heures d'apprentissage ne sont pas des heures
de cours, donc, qu'est-ce... en fait, c'est... de quoi sont composés les
blocs d'apprentissage?
• (17 h 10) •
M. Boulet : Excusez-moi?
Mme Cadet : De
quoi sont composés les blocs d'apprentissage? J'essaie de saisir, ce ne sont
pas les...
M. Boulet : C'est les compétences essentielles du métier. Il y
a les compétences de base puis les compétences essentielles. Puis là je
ne suis pas un expert en apprentissage, là, mais, pour devenir un tuyauteur,
pour devenir un charpentier-menuisier, c'est
des régimes d'apprentissage qui sont compatibles avec les tâches qui sont dans
les métiers, dans chacun des métiers... de travail, dans le chantier, en
fait, tu le fais... tu apprends à faire, en fait.
Mme Cadet : OK, donc, les... OK, c'est ça, donc, les heures,
donc, de travail dans le chantier, donc, sont considérées dans les blocs
d'apprentissage eux-mêmes. Donc, ce n'est pas nécessairement, donc, les heures
réalisées en DEP, donc, ça va être ça, donc, c'est...
M. Boulet : Totalement.
Mme Cadet : OK.
Merci. On en apprend plus.
La Présidente (Mme D'Amours) : Je
vous rappelle que le document que le ministre a déposé, c'est seulement
pour les députés, ce n'est pas public, d'accord?
Des voix : ...
La Présidente (Mme
D'Amours) : Pardon?
M. Leduc : Je
vais effacer mon tweet, d'abord.
La Présidente (Mme D'Amours) : Donc,
est-ce qu'il y a d'autres commentaires sur 62? Est-ce que l'article 62 est
adopté?
M. Boulet : Adopté.
La Présidente (Mme
D'Amours) : Adopté. M. le ministre, nous serions à l'article 63, s'il
vous plaît. Oui?
M. Leduc : ...à
déposer. On est en train de terminer la rédaction.
La Présidente (Mme
D'Amours) : Je suspends les travaux quelques minutes.
(Suspension de la séance à
17 h 11)
(Reprise à 17 h 18)
La Présidente (Mme
D'Amours) : Nous reprenons nos travaux et nous étions... Notre
collègue, là, d'Hochelaga-Maisonneuve faisait un dépôt d'un amendement. Alors,
M. le député, si vous voulez bien nous en faire la lecture, s'il vous plaît.
M. Leduc :
Merci, Mme la Présidente. Ça va
comme suit : article 62.1. Insérer, après l'article 62 du projet de
loi, le suivant :
62.1.
L'article 3 de ce règlement est modifié :
1°
par l'insertion, après les mots «d'un certificat de compétence-apprenti», des
mots «ou de compétence-compagnon»;
2° par l'ajout, à la
fin, de l'alinéa suivant :
«La
Commission, avant de délivrer un certificat de compétence-apprenti en vertu [du
présent...] du premier alinéa, doit examiner toute demande soumise en
vertu de l'article 2.1 pour le métier et la région visés par les demandes
de certificat.».
Je ne relirai pas,
là, l'article tel que modifié. Dans le fond, vous le savez, ce n'est pas une
grosse surprise pour le ministre, on n'est pas des excellents fans de toute
cette logique-là des ouvertures de bassin. On n'est pas en train de dire qu'il
faut les abolir ici, là, mais on considère que ça... il y a peut-être eu abus,
dans le passé, de cette logique-là... que c'était supposé être rare et
parcellaire, mais que c'est rendu presque systématique puis à large échelle et
qu'on n'a jamais compris pourquoi, donc, dans le critère qu'utilise le
règlement, si je ne me trompe pas, pour ouvrir un bassin, on ne compte que la
part des apprentis d'une région disponible à l'emploi et non les compagnons
également.
M.
Boulet : Bien, c'est parce qu'on a besoin d'apprentis et on
a besoin de respecter le ratio de deux compagnons par apprenti. Ça fait
que c'est sûr que ce dont on a besoin, quand on fait une ouverture de bassin,
c'est de personnes nouvelles, parce qu'il y
a une indisponibilité de main-d'oeuvre, qui vont débuter, qui vont commencer
leurs apprentissages. Et c'est ça qui fait, malheureusement, l'arrivée
de trop de personnes qui n'ont pas de formation adéquate, avec les retombées
négatives sur la santé et sécurité, les compétences et la qualité. Mais le
projet de loi n° 51 va nous... va contribuer,
par ses différents leviers, polyvalence, mobilité, accès, à réduire
l'utilisation des bassins, j'en suis convaincu.
• (17 h 20) •
Et ceci dit, avec respect, même la formation
accélérée va permettre aux personnes d'avoir un niveau de compétence de base
supérieur et va diminuer les opportunités d'ouverture de bassins. Donc, c'est
la raison pour laquelle il faut que ça ne considère que les apprentis.
M. Leduc : Moi, ce que je comprends,
c'est que les apprentis rentrent vraiment, quand il y a une ouverture de
bassin, par pelletées, alors qu'on n'en a pas nécessairement besoin, parce
qu'il y a des compagnons qui sont disponibles, qui ne travaillent pas
nécessairement puis qui ne sont même pas, peut-être, à temps plein non plus.
Puis l'autre partie de notre amendement concerne
plutôt les diplômés, où est-ce qu'on se dit qu'on devrait, avant d'ouvrir un bassin, se retourner vers les
diplômés. On a eu un échange tantôt sur la question du nombre d'heures,
mais, au-delà de ça, que ces gens-là devraient être approchés pour se faire
offrir un certificat, donc, de compétence apprenti avant de procéder à une
ouverture de bassin.
M. Boulet : Je suis totalement
d'accord. S'il y a eu des cas... Bon. Peut-être, le premier point, je ne suis
pas d'accord avec l'affirmation. Puis peut-être que ça arrive que des
compagnons ne travaillent pas assez, tu sais, il y a une question de volonté
puis de besoin de main-d'oeuvre, là, mais, normalement, les compagnons, il y a
un déficit de main-d'oeuvre aussi, là. On a ça pour tous les métiers de la
construction, ça fait que je ne suis pas confortable avec votre affirmation.
Puis, deuxièmement, ce que vous soulevez, je
suis d'accord, qu'il faut favoriser les diplômes d'études professionnelles et
il faut qu'il y ait une coordination dans le temps entre l'ouverture des
bassins puis l'arrivée de nouveaux diplômés. Ça fait que je vais un petit peu
plus loin que ce que vous dites. Il faut s'assurer, dans les régions où il y a
des cohortes sur le point de terminer leur parcours académique, qu'on n'ouvre
pas les bassins au détriment de ceux qui finissent dans les cohortes.
Ceci dit, le taux de placement de ceux qui
finissent dans les métiers de la construction est extrêmement élevé, ça fait
que ce n'est pas un risque que... Je ne dis pas que c'est impossible, mais ce
n'est pas la loi qui va... ou le règlement...
C'est la CCQ, avec son système d'ouverture des bassins, qui va éviter que ça
arrive, mais moi, je n'ai pas été informé de ça.
M. Leduc : ...qu'on ait de plus en
plus recours aux...
M.
Boulet : Puis les centres de formation professionnelle
informent la CCQ que, dans un mois, dans deux mois, ils vont avoir une cohorte
de finissants de 20 charpentiers-menuisiers ou de 18 électriciens. Et
c'est une obligation, d'ailleurs, des
centres de formation professionnelle, et la CCQ, bien sûr, en tient compte dans
l'ouverture des bassins. Ça fait que moi, je me fie à la communication
entre les CFP puis la CCQ pour éviter ce que vous soulevez.
M. Leduc : Il n'y a pas, selon vous,
une trop grosse référence aux bassins en ce moment?
M. Boulet : Ah, mon Dieu! oui, bien
oui, tout à fait, c'est la raison... Vous auriez été avec moi puis vous auriez
convenu que la formation accélérée, c'est mieux qu'une personne qui rentre par
les bassins. Une personne qui fait un cours
de 550 heures, qui acquiert des compétences pour être
charpentier-menuisier, c'est beaucoup mieux qu'une personne qui rentre par les bassins pour être
charpentier-menuisier dans un régime d'apprentissage. On est sur la même
longueur d'onde.
M.
Leduc : Oui, c'est mieux, mais ce n'est pas... c'est deux
choses parallèles. Il n'y aura pas nécessairement une influence de l'un
sur l'autre.
M.
Boulet : Totalement. Plus il va en arriver, des nouvelles
personnes, avec notre PL n° 51 puis la formation accélérée, moins l'exigence
d'ouverture... d'ouvrir un bassin pour répondre à des besoins de main-d'oeuvre
va être présente.
M. Leduc : Et donc rajouter une ou
deux petites contraintes avant l'ouverture d'un bassin, comme je vous le propose, ça ne peut pas faire partie d'un éventail
de solutions? Vous en avez nommé quelques-unes, mais ça pourrait être
une qui s'ajoute à ça.
M.
Boulet : Non, ça ne m'apparaît pas opportun, parce que,
comme j'ai mentionné, pour les apprentis compagnons, il faut maintenir
un ratio. Puis les compagnons, ils accompagnent aussi, là, ils aident les
apprentis à être formés. Ce ratio-là est essentiel.
Puis
l'ouverture des bassins, on fait le PL n° 51, notamment... c'est une conséquence, pas
nécessairement que j'avais ciblée au départ, mais je savais que ça allait
contribuer à diminuer l'utilisation de l'offre et la demande que sont les
bassins.
M. Leduc :
Quel article?
M. Boulet : Puis on fait aussi une
amélioration de l'offre de formation en alternance travail-études, on a
l'allègement réglementaire pour permettre aux étudiants de travailler sur les
chantiers pendant l'été, les vacances. On agit sur tous les fronts, collègue.
Je vous avoue, là, que, moi, c'est une
préoccupation. C'est une préoccupation parce qu'on partage une valeur commune, en fait, je pense, tout le monde ici,
c'est d'assurer la santé et sécurité puis l'intégrité physique puis psychique
de notre monde, puis ça passe par la formation puis l'acquisition de
compétences essentielles. Puis les bassins, ce n'est pas concordant avec ça.
M. Leduc : D'accord. Là, ce que je
veux comprendre, c'est quels sont les articles, plus précisément, de votre
projet de loi, alors, qui vont avoir un effet sur la référence moins grande au
bassin.
M. Boulet : Tous. Tous. Bien, 61,
qu'on vient de voir... en fait, 62, qu'on vient de voir, 63, qu'on vient de
voir. Puis je pourrai vous faire l'inventaire de tous les articles qui vont
contribuer à diminuer l'utilisation des bassins, mais juste la polyvalence va
contribuer à ça en économisant des heures de travail, en diminuant les
délais... va aussi permettre à des personnes
d'éviter des périodes de temps mortes. Et ça... tout va contribuer à la... puis
tout va contribuer à diminuer l'ouverture des bassins. Puis les attestations
d'études professionnelles, c'est un des moyens utilisés.
Et n'oubliez pas, collègue, on a accru la
capacité d'accueil des CFP en électricité puis en tuyauterie, puis ça donne des
résultats superintéressants. Puis ça donne aussi des résultats
superintéressants, pour l'intégration des personnes issues des groupes de la
diversité québécoise, moi, je l'ai constaté, et des filles, il y en a, et des
femmes, il y en a aussi, de plus en plus.
M. Leduc : Ce que je saisis un peu
moins bien, M. le ministre, c'est que, si l'ouverture du bassin est basée sur
un pourcentage d'apprentis d'une région disponibles à l'emploi, en quoi toutes
les mesures que vous m'avez mentionnées vont influencer ce pourcentage-là?
M. Boulet : Bien, parce que ça va
permettre l'arrivée de plus de monde. C'est aussi simple que ça. Plus il y a de
monde qui vont accéder au secteur de la construction, moins le taux
d'indisponibilité va être bas. Et, dès qu'il est au-delà de 5 %, pour les
hommes, il n'y en a pas, d'ouverture de bassin. Dès qu'il y a plus que
5 %, il n'y en a pas, d'ouverture de bassin. Ça fait que c'est même
avantageux qu'on se limite aux apprentis, tu sais. Si on avait le 5 % apprentis et compagnons, ce n'est pas... Mais je
vous le dis, là, juste cette mesure là, c'est un facteur contributif à baisser
l'utilisation des bassins.
La Présidente (Mme D'Amours) : Merci.
D'autres commentaires sur l'amendement 62.1? S'il n'y a pas de commentaire, je
vais mettre aux voix l'amendement. Est-ce que l'amendement est adopté ou
rejeté?
Des voix : ...
La Présidente (Mme D'Amours) : Rejeté.
Donc, nous passons à l'article 63. M. le ministre, si vous voulez bien
nous en faire la lecture, s'il vous plaît.
M. Boulet : Oui. Merci.
L'article 4 de ce règlement est modifié :
1° par l'insertion, dans le paragraphe 4°
du premier alinéa et après «foreur», de «, monteur de ligne»;
2° par l'ajout, à la fin du premier alinéa, du
paragraphe suivant :
«5° cette personne démontre qu'elle a effectué
au moins 750 heures de travail exécutées et rémunérées dans des tâches
correspondant à une occupation à l'extérieur du champ d'application de la
présente loi et son employeur, enregistré à la Commission, formule une demande
de main-d'oeuvre, tout en fournissant à la Commission, sauf lorsque cette
personne est une femme ou une personne représentative de la diversité de la
société québécoise, la preuve qu'il lui
garantit un emploi d'une durée d'au moins 150 heures échelonnées sur une
période d'au plus trois mois.»
Commentaire. Bon. L'article 4 du règlement
prévoit les principaux cas et conditions de délivrance d'un certificat de compétence occupation.
L'article 63 du projet de loi propose deux nouvelles mesures à l'égard
d'un travailleur dont l'employeur lui
garantit au moins 150 heures de travail échelonnées sur trois mois :
d'abord, permettre à la personne diplômée de la formation permettant
d'exercer l'occupation de monteur de ligne de se voir délivrer un certificat de
compétence occupation et, ensuite, permettre
à une personne qui a cumulé 750 heures de travail exécutées et rémunérées dans des tâches occupationnelles à l'extérieur du
champ d'application de la présente loi de se voir délivrer un certificat de
compétence occupation. C'est tout.
• (17 h 30) •
La
Présidente (Mme D'Amours) : Merci beaucoup. Commentaires sur l'article 63?
Mme la députée de Bourassa-Sauvé.
Mme
Cadet : Oui. Merci beaucoup, Mme la Présidente. Donc,
voilà. Donc, ici, donc, nous en sommes, donc, à l'article 4 du
règlement. Donc, ça me semble, donc, relativement clair, ici, donc, pour ça,
donc. En fait, qu'est-ce qui se passait, avec monteur de ligne, dans la réalité
actuelle?
M. Boulet : Bien,
les monteurs de ligne devaient respecter des règles de quantité, là, c'est...
en fait, l'ouverture des bassins, alors que, là, ce que nous prévoyons, dans le
projet de loi, c'est la possibilité, dès leur diplomation, d'intégrer. Et ça,
c'est notamment pour répondre aux besoins d'Hydro-Québec et tout ce qui découle
de la filière énergie. Puis là je ne peux pas aller plus loin, je ne connais
pas tous les projets, mais vous les avez dans le contexte de la transition
énergétique, et c'est vraiment une occupation qui est essentielle à la délivrance
des projets exécutés par Hydro-Québec.
Mme Cadet : Parfait, donc, je
comprends, donc, ça leur permettra, donc, d'accéder beaucoup plus vite à leur profession, donc, à l'occupation, donc, puisqu'ils
l'obtiendront, donc, dès la diplomation, alors que, là, donc, il y avait,
donc, certaines heures qui devaient être
cumulées avant de pouvoir accéder à l'occupation. En fait, non, ce n'étaient
pas des heures, c'étaient vraiment des bassins.
M.
Boulet : Oui, puis ils n'auront pas non plus, comme j'ai
mentionné, à avoir suivi préalablement le cours de connaissances générales de
l'industrie de la construction. Donc, c'est un accès rapide, simplifié pour les
monteurs de ligne.
Mme Cadet : Parfait. Merci.
La Présidente (Mme D'Amours) : Merci.
D'autres commentaires? Est-ce que l'article 63 est adopté?
Des voix : Adopté.
La
Présidente (Mme D'Amours) : Adopté. L'article 65. M. le ministre, si vous
voulez bien nous en faire la lecture, s'il vous plaît.
M. Boulet : Merci, Mme la
Présidente. L'article 8 de ce règlement est modifié par le remplacement,
dans le paragraphe 4°, de «de maladie, d'accident» par «d'une maladie, d'un
accident, d'un retrait préventif, d'un congé de maternité, de paternité ou
parental, à l'occasion de la naissance ou de l'adoption d'un enfant,».
Commentaire. L'article 8 du règlement sur
la délivrance des certificats de compétence traite de certains cas particuliers
où la CCQ renouvellera un certificat de compétence même lorsque le demandeur ne
satisfait pas à la condition générale de renouvellement prévue à
l'article 7, soit qu'un rapport mensuel démontre qu'il a travaillé dans
l'industrie au cours des 14 derniers mois.
Le paragraphe 4° prévoit les cas d'empêchement,
c'est-à-dire les personnes... la personne n'a pu exécuter les travaux requis
par son certificat de compétence à la suite d'une maladie, d'un accident ou
d'activités au sein d'une association patronale ou syndicale.
L'article 65 propose d'ajouter, bon, vous
le savez, là, ça m'apparaît assez manifeste : retrait préventif, congé de
maternité, paternité, parental, naissance ou encore adoption.
Et peut-être une note additionnelle, là. La
terminologie employée dans le projet de loi respecte celle utilisée dans les
conventions collectives dans l'industrie, et, dans les conventions collectives
de l'industrie de la construction, ils
reproduisent essentiellement la terminologie utilisée dans la Loi sur les normes du travail. Voilà, c'est aussi simple que ça.
La Présidente (Mme D'Amours) : Merci.
Député d'Hochelaga-Maisonneuve, la parole est à vous.
M.
Leduc : Merci. Une question pour le ministre. Pourquoi on
ne fait pas référence... là, on rajoute plein de termes, c'est très bien, là, mais pourquoi on ne fait pas
référence aux lésions ou maladies professionnelles? Ça a été souligné, là,
dans le mémoire, notamment, de la CSD, leur
recommandation 15. Ils ne comprenaient pas pourquoi... On rajoute plein de
choses, encore une fois, c'est très bien, mais pourquoi on ne parle pas de
lésions professionnelles?
M. Boulet : Bien, maladie ou
accident... Lésion professionnelle, c'est un accident ou une maladie, ça fait
que les deux sont compris là-dedans, là. Puis souvenez-vous de l'impact de 242
de la Loi sur les accidents de travail et maladies professionnelles, tu
reviens, puis il faut... quand tu reviens, suite à ton absence pour un accident
de travail, une maladie professionnelle, avec les mêmes droits que tu aurais
eus, n'eût été de ton absence, là. Mais, moi, ma compréhension, puis elle est
claire, là, les notions de maladie, d'accident comprennent travail et
professionnel.
M. Leduc : Incluant une lésion
professionnelle?
M. Boulet : Bien, la lésion
professionnelle, c'est défini dans la loi comme étant un accident ou une
maladie. Puis d'ailleurs la loi porte ce titre-là, la loi sur les accidents de
travail et les maladies professionnelles. Ça fait que, je vous le dis, c'est
inclus.
M. Leduc : Parce que, dans la loi,
justement, on parle de récidive, de rechute, d'aggravation. Puis ici on ne fait
pas nécessairement explicitement référence à la loi.
M. Boulet : Mais moi, je le fais.
Puis...
M.
Leduc : Oui, mais... Vous, c'est correct, mais il y a une limite à ce
que vous pouvez dire ici, puis ce que ça va résulter dans la réalité. Ça
changerait quoi, qu'on le rajoute, deux mots de plus...
M. Boulet : Bien,
tu sais, est-ce qu'il faudrait écrire «une maladie personnelle ou
professionnelle», «un accident personnel ou
professionnel»? Non, je n'ai jamais vu ça dans... spécifique, là, mais moi, je
vous le mentionne, pour moi, c'est accident ou maladie. Ça inclut ce qui
est de... ce qui est survenu par le fait ou à l'occasion du travail.
M. Leduc : Je
pense, ça ne coûterait pas cher de le rajouter. En plus, ça me ferait une
motion adoptée aujourd'hui. Ce n'est pas grave.
La Présidente (Mme D'Amours) : D'autres
commentaires sur l'article 65? Oui, Mme la députée de Mille-Îles.
Mme Dufour : Oui.
Juste une question de fonctionnement, là. Quand il y a plus qu'un de ces
éléments qui sont, tu sais, concomitants,
par exemple il y aurait un... une... un congé de maternité suivi d'une maladie
ou d'un accident, est-ce qu'il y a un délai maximum, entre guillemets,
que... qui est comme... tu sais, c'est...
M. Boulet : Non,
non. Il aurait fallu le prévoir jusqu'à un maximum de, et ce n'est pas dans la
loi.
Mme Dufour : OK.
Et donc c'est donc possible que ce soit concomitant, là, plusieurs... Puis je
vois aussi, là, que... tu sais, je note qu'il y a, par exemple, des activités
syndicales, ça fait qu'il pourrait y avoir une maladie suivie d'activités
syndicales, ou vice versa, ou...
M. Boulet : Oui,
tout à fait. Oui, puis le retrait préventif peut être suivi d'un congé de
maternité, d'un congé parental, mais, oui, tout à fait, un n'exclut pas
l'autre.
Mme Dufour : OK.
Parfait. Merci.
La Présidente (Mme
D'Amours) : Merci. Mme la députée de Bourassa-Sauvé.
Mme Cadet : Oui.
Merci, Mme la Présidente. Donc, je pense que, pour ce qui est, donc, des
modifications au paragraphe 4°, donc, ça me semble très clair avec les
explications que vous avez données à ma collègue. Au paragraphe 1°, donc,
on indique à l'article 8, donc :
«La Commission
renouvelle, sur demande, un certificat de compétence qui n'a pu être renouvelé
en vertu de l'article 7, lorsque son titulaire lui démontre que durant la
période visée :
«1° il a
continué d'exécuter dans l'industrie de la construction à l'extérieur du Québec
des travaux autorisés par son certificat de compétence;».
Bon, il y a
l'Association de la construction du Québec qui recommande, donc, qu'il ait
«continué d'exécuter dans l'industrie de la construction à l'extérieur du
Québec des travaux en lien avec son certificat de compétence». J'aimerais vous
entendre là-dessus, M. le ministre, parce qu'évidemment, donc, nous n'en sommes
pas encore avec...
M. Boulet : Je
suis d'accord. Puis c'est des travaux autorisés par son certificat de
compétence, donc c'est forcément en lien. Moi, pour moi, c'est de la pure
sémantique, là.
Mme Cadet : OK.
Pour vous, c'est de la sémantique, donc, ce n'est pas plus large en lien, donc,
que... Donc, je pense qu'ici la préoccupation était certainement... évidemment,
on s'en va plus loin dans les articles sur la polyvalence qui vont... donc, qui
permettent donc aux titulaires, donc, de métier, donc, d'exécuter des travaux
qui vont beaucoup plus larges de ce qui est... ce qui est précisément autorisé
par le certificat de compétence. Mais ce que vous dites ici, c'est que c'est
purement sémantique et que donc...
M. Boulet : Totalement.
Mme Cadet :
...il n'y a nul besoin, donc, de préciser. Donc, la polyvalence va pouvoir
s'appliquer ici aussi, là, malgré la nomenclature ici, à... au paragraphe 1°.
Parfait. Merci.
La Présidente (Mme
D'Amours) : Merci. Donc, est-ce que l'article 65 est adopté?
Des voix :
Adopté.
La Présidente (Mme
D'Amours) : Adopté. L'article 66. M. le ministre, s'il vous
plaît.
M. Boulet : Merci, Mme la Présidente. L'intitulé de la
section II.1 de ce règlement est modifié par l'insertion,
après «femmes», de «et des personnes représentatives de la diversité de la
société québécoise».
Commentaire. En fait,
c'est un corollaire de ce qu'on a discuté depuis l'article 1. Ça modifie
l'intitulé du règlement sur la délivrance des certificats de compétence. C'est
une modification de concordance simplement avec les autres articles. Merci.
La Présidente (Mme
D'Amours) : ... commentaires sur la concordance?
Mme Cadet : Oui,
sur la concordance, ici, Mme la Présidente. Bien, évidemment, donc, avec les
articles qui ont été adoptés précédemment, puis je le constate seulement
maintenant, je pense qu'il faudrait également, dans l'intitulé, ajouter «leur maintien, leur rétention et l'augmentation de
leur nombre sur le marché du travail dans l'industrie de la
construction», M. le ministre.
M. Boulet : Oui,
je suis d'accord avec ça. Ce sera fait.
• (17 h 40) •
Mme Cadet : Parfait.
Donc, peut-être que, donc, en parallèle, donc, on peut rédiger...
M. Boulet : On
peut le rédiger tout de suite, puis l'adopter, là. Est-ce que ça peut être
fait? On peut passer à l'article suivant.
Mme Cadet :
À ce moment-là. Exactement.
M. Boulet :
On va rédiger l'amendement, puis on adoptera après.
Mme Cadet : Parfait.
Merci beaucoup.
M. Boulet : Super.
La Présidente (Mme D'Amours) : Parfait.
Est-ce que j'ai le consentement pour qu'on suspende l'article 66?
Des voix : Consentement.
La Présidente (Mme D'Amours) : Consentement.
Parfait. Passons à l'article 67. M. le ministre, s'il vous plaît.
M. Boulet : Merci.
L'article 8.1 de ce règlement est modifié par le remplacement, partout où
ceci se trouve, de «une femme» et de «la salariée» par, respectivement, «une
femme ou une personne représentative de la diversité de la société québécoise»
et «la femme ou la personne représentative de la diversité de la société
québécoise».
Donc, c'est une
modification de 8.1 du règlement pour que les mesures applicables aux femmes
soient étendues aux personnes représentatives. En fait, c'est de concordance.
La Présidente (Mme
D'Amours) : Parfait. Commentaires sur la concordance de
l'article 67?
Mme Cadet : ...pour prendre juste le temps, là, Mme la
Présidente, de venir, un peu, voir s'il
y a des questions.
La Présidente (Mme
D'Amours) : Est-ce qu'il y en a qui ont des commentaires? S'il n'y a
pas de commentaire, je vais mettre aux voix l'article 67. Est-ce que
l'article 67 est adopté?
Des voix :
Adopté.
La Présidente (Mme
D'Amours) : Adopté. L'article 68. M. le ministre.
M. Boulet : Merci.
Les articles 8.2, 8.3 et 8.4 de ce règlement sont modifiés par le
remplacement de «une femme» par «une femme
ou une personne représentative de la diversité de la société québécoise»,
partout où cela se trouve
Commentaire. Bon,
c'est des modifications à 8.2, 8.3, 8.4 du règlement puis ça vise à étendre aux
personnes représentatives de la société québécoise les mesures actuellement
applicables aux femmes qui sont prévues... Ah! puis il y a un amendement, OK.
Des voix : ...
M. Boulet : Est-ce
que je peux lire mon amendement tout de suite, Mme la Présidente?
La Présidente (Mme
D'Amours) : Oui, M. le...
Des voix : ...
M. Boulet : Ah!
OK, il faut adopter 68 avant. Excusez-moi.
La Présidente (Mme D'Amours) : Parfait.
Donc, commentaires sur l'article 68? Est-ce qu'il y a des
commentaires sur l'article 68?
Mme
Cadet : Oui. Bien, oui... bien, je ne sais pas si ça va
être résolu dans l'amendement, mais je vais... je vais poser la question ici, à
l'article 8.4. Je... En fait, j'avais une question ici, au niveau, dans le
fond, donc, de l'ouverture, donc, des bassins, concernant, donc, les métiers de
l'électricité, là. Je pense que, M. le ministre, donc, ça faisait partie,
donc, des commentaires que nous avions reçus... ils... On en discute ici, à
8.4, là, parce que, bon, le... bien, en fait, les propositions, donc, qui ont
été soumises par certains groupes, donc, se posaient ici, là, mais je pense que
c'était une conversation beaucoup plus
large, qui rejoint un peu, là, celle que nous avons eue, donc, sur l'ouverture
des bassins, donc, pour certains métiers pour lesquels il y a un certain, donc,
niveau, donc, de dangerosité, là. On sait que, par exemple, donc, les...
que les articles, donc, concernant la polyvalence ne s'appliquent pas, donc,
aux métiers... aux métiers d'électricité, donc, de façon générale. Donc, je me
demandais pourquoi le... au niveau, donc, des bassins, il n'y avait pas cette
restriction-là. Vous comprenez ma question?
M. Boulet : En fait, les électriciens
sont exclus du principe de polyvalence pour des raisons de sécurité et de
spécialisation, puis les impacts potentiels, mais ils ne sont pas exclus de
l'ouverture des bassins. Ce n'est pas la même logique.
Mme Cadet : OK, oui. Pourquoi?
M.
Boulet : Ce n'est pas la
même logique parce qu'il y a un manque, il y a un déficit de main-d'oeuvre.
Puis la personne peut y accéder par l'ouverture des bassins, mais...
Une voix : ...
M.
Boulet : On me dit que c'est presque essentiellement des
femmes qui y accèdent par l'ouverture des bassins, mais elles peuvent y
accéder.
Mme Cadet : Oui, c'est ce que je
comprends. Oui, oui.
M.
Boulet : Les hommes, généralement, ont complété leur
parcours, et les femmes, plus nombreuses, là, en fait...
Mme Cadet : Oui. En vertu de 8.4 du
règlement, là, c'est depuis 2016.
M.
Boulet : Il y en a... Ça a baissé beaucoup
quand même, les bassins, en 2023 par rapport à 2022, mais il y en a eu,
90 femmes et six hommes, qui ont accédé à un certificat compétence
apprenti électricien en 2023.
Mme Cadet : Par l'ouverture des
bassins.
M.
Boulet : Oui. Puis c'est intéressant parce que... Ça me
ramène toujours à quand on a fait l'annonce des formations accélérées pour les cinq métiers. On a aussi annoncé...
je l'ai mentionné au collègue d'Hochelaga-Maisonneuve,
accru la capacité d'accueil en électricité. Puis il y a quelques CFP au Québec
où je suis allé, et ils débordent, leur nombre
d'étudiants a augmenté considérablement, puis je... vous m'avez entendu dire
que, une cohorte à Trois-Rivières, il y avait 11 filles et
11 gars. Et ça, ça va contribuer encore plus à la diminution de
l'utilisation des bassins. C'est sûr que c'est un métier qui est un peu plus...
qui est... qui requiert plus, mais ce n'est pas fermé à l'ouverture des
bassins.
Mme
Cadet : OK. Ça fait que... Donc, je... Bien, en fait,
c'est ça que j'essaie de saisir. Donc, pourquoi la logique de la dangerosité s'applique pour la... parce que
ça, c'est très clair puis ce n'est pas contesté du tout, puis pourquoi pour...
M. Boulet : Bien, c'est
deux choses.
Mme Cadet : Puis c'est une bonne
chose, là, qu'il y ait... justement, qu'il y ait...
M. Boulet : C'est deux choses
différentes.
Mme Cadet : C'est vraiment, donc,
deux choses différentes, donc, pour...
M. Boulet : C'est deux choses
différentes. Mais je pense que le métier d'électricité est un bel exemple qui démontre qu'on doit, tous ensemble, contribuer à
la diminution de l'utilisation des bassins, parce qu'il y a un petit peu
plus de risques, puis là je pense plus à la santé et sécurité des travailleurs.
Mme Cadet : C'est ça. Ça, je
regardais, donc, des chiffres en matière, donc, de santé et sécurité,
notamment, donc, ceux qui sont liés, donc, au métier d'électricité, puis c'est
ce qu'on constatait, un peu plus, donc, d'accidents de travail dans ces métiers-là, puis évidemment... donc, c'est pour ça
que je faisais, donc, le corollaire. Puis je le sais, là, ce n'est pas toujours évident, donc, de créer des
régimes d'exception parce que, bon, on a besoin... l'ouverture des bassins, ce
n'était absolument pas idéal, on l'a dit et répété. Donc, l'information est
vectrice de rétention, puis c'est vers cette voie-là,
donc, qu'il... qu'il faut aller. Bien sûr, donc, que je... je me posais, donc,
la question ici. Il y a un... on... il y a un régime, donc, d'exception, donc, qui est
intéressant. Puis évidemment, donc, on... il a été... les dispositions
concernant, donc, les femmes à 8.4,
je pense, donc, sont au règlement, donc, depuis... depuis 2016, donc
après, donc, la création, donc, du programme d'accès à l'égalité pour
les femmes dans le secteur de la construction, donc... Donc, cette volonté-là,
donc, de créer, donc, cette ouverture, donc, de bassins et de favoriser cette
insertion professionnelle, donc, c'est un objectif qu'on partage. Mais je me
posais la question, donc, au niveau de la santé et sécurité, particulièrement
pour les métiers d'électricité, puisqu'il y a déjà, donc, des exceptions qu'on
met, donc, à... dans le projet de loi au niveau de la polyvalence, s'il n'y avait pas, donc, une réflexion. Je me
demandais si vous vous étiez... Est-ce que, vous, c'est une réflexion
que vous vous êtes... que vous avez eue, donc, en... à...
M. Boulet : C'est
une saine intervention. Absolument.
Mme Cadet : OK.
OK, mais vous considérez que, dans... dans les faits, que c'est toujours, donc,
pertinent, donc, de conserver l'article,
donc, 8.4, donc, tel que rédigé, donc, en... avec, donc, des bassins de
30 %. Parce que vous l'avez dit, donc, c'est plus de femmes qui
entrent par les bassins dans le métier d'électricité que des hommes.
M. Boulet : ...noter
que c'est un des métiers où le déficit de main-d'oeuvre est le plus élevé parmi
les 25 métiers et où le nombre de personnes entrées par les bassins est un
des moins élevés, si j'ose m'avancer, parce que la formation professionnelle
donne de bons résultats puis le taux de diplomation est en augmentation.
Mme Cadet : Donc,
vous... Si ce sont des bonnes nouvelles, merci de nous partager ces données-là.
Donc, dans les faits, parce qu'il y a toujours, donc, évidemment, donc,
qu'est-ce que permet, donc, la législation, puis aussi, donc, la réalité terrain ici, puis... et évidemment, donc, on sait,
donc, qu'il existe, donc, ces besoins de main-d'oeuvre, donc, un peu
partout. Puis là, j'entends, donc, c'est une bonne chose, donc, le... c'est une
bonne chose, donc, que les classes... bien, en fait, que la formation
professionnelle, donc, soit la voie royale, donc soit la voie privilégiée, particulièrement, donc, pour les métiers
d'électricité ici, puis vous ne considérez pas, donc, qu'il y ait, donc,
nécessité, donc, de créer, donc,
cette distinction-là, tu sais. Puis qu'en est-il, donc, de la rétention des
femmes dans... pour les métiers d'électricité, par cette... par l'avenue
de l'article 8.4?
M. Boulet : Eh
mon Dieu! Je ne suis pas en mesure de répondre. Mais souvenez-vous du sondage
qui avait été effectué à la demande de la CCQ. Le taux d'abandon des femmes,
mais là on n'avait pas une... comment je dirais ça, une fragmentation par
métier des résultats, mais le taux d'abandon des femmes était un peu plus
élevé. En fait, 55 % après
cinq ans, dans les cinq premières années, et 31 %, 32 %
pour les hommes. Mais je ne l'ai pas par métier, ça fait que je ne suis pas en mesure de le dire. Mais
j'ai rencontré des électriciennes superheureuses dans leur environnement
de travail.
• (17 h 50) •
Mme Cadet :
...ou entrées...
M. Boulet :
Suite à l'obtention d'un diplôme d'études professionnelles. Mais je ne le
demande pas à chaque personne que je rencontre : As-tu un DEP ou tu es-tu
entrée par les bassins?
Mme Cadet :
C'est une bonne chose.
M. Boulet :
Je pourrais le faire.
Mme Cadet : Je ne suis pas sûre
que... Je ne vous encourage pas à le faire. Je ne suis pas certaine que ce serait
bien reçu.
M. Boulet :
Non. Non.
La Présidente (Mme
D'Amours) : Merci. Donc, est-ce qu'il y a d'autres commentaires sur
68? Est-ce que l'article 68 est adopté?
Des voix : Adopté.
La Présidente (Mme
D'Amours) : Adopté. M. le ministre, vous nous faisiez part qu'après 68
vous vouliez déposer un amendement?
M. Boulet :
Oui.
La Présidente (Mme
D'Amours) : 68.1?
M. Boulet :
Oui. Oui, tout à fait.
68.1. Ce règlement
est modifié par l'insertion, après l'article 8.4, du suivant :
«8.5. La Commission peut
délivrer, en vertu du paragraphe 4° du premier alinéa de l'article 4, un
certificat de compétence-occupation à une femme qui n'a jamais été titulaire
d'un certificat délivré en vertu du présent article, sans que l'employeur ne
formule une demande de main-d'oeuvre ou ne garantisse à cette personne un
emploi d'au moins 150 heures réparties sur une période d'au plus 3 mois.
«Le premier
certificat de compétence-occupation délivré à une femme en vertu du premier
alinéa échoit 2 ans après la date de sa délivrance. La Commission
renouvelle ce certificat lorsqu'elle constate, sur des rapports mensuels
d'employeurs enregistrés, que la salariée a effectué 150 heures de travail
pendant ces 2 années.
«Dans le cas où la salariée n'effectue pas 150
heures pendant cette période de 2 ans, la Commission lui délivre un nouveau
certificat si un employeur confirme par écrit à la Commission qu'il s'engage à
embaucher cette personne. Ce certificat de compétence-occupation échoit 2 ans
après la date de sa délivrance et il est renouvelé lorsque la Commission constate, sur des rapports mensuels d'employeurs
enregistrés, que la salariée a effectué 150 heures de travail pendant ces 2 années. À défaut par la
salariée d'atteindre 150 heures pendant cette période de 2 ans, la Commission peut à nouveau émettre un
certificat, selon les conditions énoncées [du] présent alinéa.»
Commentaire. Cet amendement introduit une
nouvelle mesure favorisant l'accès des femmes à l'industrie de la construction.
L'ajout d'un nouvel article 8.5 prévoit que les femmes diplômées de
programmes menant à des occupations spécialisées puissent se voir délivrer plus
facilement un certificat de compétence-occupation. Cette mesure d'accès
privilégié se veut similaire à celle prévue à l'article 8.1 du règlement
pour les femmes diplômées de programmes menant à un certificat de compétence
apprenti.
Je peux donner
un peu plus d'explications. Donc, la nouvelle mesure, parce que je vois un
petit peu d'étonnement, permettra aux
femmes diplômées par les... pour les occupations de préposée aux instruments
d'arpentage, boutefeu, foreuse, monteuse de
ligne ou de scaphandrière, de se voir délivrer, il y en a peu, là, mais il y en
a, par la CCQ un certificat de compétence-occupation sans qu'il soit
nécessaire pour elles d'obtenir au préalable une garantie d'emploi d'un
employeur.
De plus, ce
certificat de compétence-occupation sera délivré pour une durée de
deux ans plutôt que d'une durée d'un an, comme c'est le cas
pour les autres travailleurs.
Alors, je
pense que c'est assez clair, c'est une mesure d'accès pour favoriser
l'augmentation de la représentativité féminine. Merci.
La Présidente (Mme D'Amours) : Merci.
Mme la députée de Bourassa-Sauvé.
Mme Cadet : Oui, merci. Merci,
Mme la Présidente. Donc, je prends connaissance, donc, de l'amendement déposé
par la ministre. Ma première question, et avant d'arriver sur le fond :
Pourquoi l'amendement ne s'applique pas, donc, aux personnes représentatives de
la diversité de la société québécoise?
M. Boulet : Excusez-moi, je
n'ai pas compris.
Mme Cadet : Oui, pardon. Ma
question. Donc, avant d'entrer, donc, sur le fond, donc, j'absorbe, donc, l'amendement. Mais d'abord, donc, pourquoi la
proposition ici, à 8.5, ne s'applique pas aux personnes représentatives
de la diversité de la société québécoise? Puisqu'on vient de modifier 8.1, 8.2
et 8.3 pour que... pour étendre les propositions, là, qui... de 2013 et qui
s'étendaient... qui étaient... qui s'appliquaient aux femmes, donc, pour les étendre à «ou une personne représentative de la
diversité de la société québécoise», donc, pourquoi 8.5 ne fait pas ça?
M. Boulet : Essentiellement pour...
Bon, il y a eu des enjeux. Vous avez entendu un groupe notamment, peut-être
plus qu'un groupe, il y avait un inconfort des femmes, qui font partie d'un
programme d'accès à l'égalité pour les
femmes, de bénéficier exactement des mêmes mesures. Donc, on donne une mesure
comme celle-là, préférentielle, qui
s'applique, d'ailleurs, pour les certificats d'occupation plus spécialisés.
Tout ce qu'on vient faire, c'est l'étendre à des certificats de
compétence occupation pour des occupations moins spécialisées. Donc, comme j'ai
mentionné, là, dans la note additionnelle,
là, pour les occupations de certaines occupations, ils vont pouvoir avoir le
certificat compétence sans avoir la garantie d'emploi, là, de
150 heures pour les trois premiers mois. Mais c'est purement,
simplement une mesure d'accès préférentiel
pour les femmes, puis les femmes... les femmes, indépendamment de leur origine
aussi, là, si je peux m'exprimer comme ça, là.
La Présidente (Mme D'Amours) : ...députée
de Mille-Îles. Pardon.
Mme Dufour : Merci, Mme la
Présidente. Bien, j'ai exactement le même questionnement que la collègue de
Bourassa-Sauvé. Comment... Pourquoi on a choisi, par exemple, de ne pas,
disons, faciliter... Là, on a choisi une mesure
particulière pour les femmes, mais pas pour les autochtones, pas pour les
gens... tu sais, tous ceux qui rentrent dans la définition des personnes
issues de la diversité.
M. Boulet : ...celles aussi issues
de la diversité québécoise, mais c'est une mesure particulière pour accroître
la représentativité des femmes. Parce que ça, c'est... Comme vous le savez,
depuis 2015-2016, il y a un programme d'accès à l'égalité sur les femmes,
il y en a aussi pour les personnes issues des communautés autochtones, puis les
autres, ça va venir, mais ça, cette
mesure-là, elle était particulière pour les femmes, pour augmenter la représentativité,
comme je viens de répondre.
Mme
Dufour : Mais on a très bien dit qu'autant les femmes que les
personnes issues de la diversité sont sous-représentées dans le domaine de la
construction. Alors, pourquoi dire : Bien, on veut favoriser les femmes,
mais pas les hommes issus de la diversité, par exemple, qui ont aussi de la
difficulté, là?
M. Boulet : Mais
ça fait écho... ça fait écho à des représentations qui ont été faites pendant
les consultations particulières. Parce qu'il y a des groupes de femmes qui nous
ont soumis des mémoires, que ce soit en consultations particulières ou des mémoires qui n'ont pas été entendus en consultations
particulières, qui nous faisaient état de l'importance de maintenir, malgré l'insertion des groupes issus de la
diversité québécoise, des mesures préférentielles pour les femmes, puis
les femmes, je le répète, là, les femmes aussi de la diversité, qui font partie
des groupes de la diversité québécoise.
Mme Dufour : Oui,
oui, ça va de soi. Mais là on est quand même dans des pourcentages faméliques,
là, pour les gens issus de la diversité, là. Puis je parlais... Si on parle,
par exemple, des hommes autochtones, qui ne sont pas des femmes mais des
hommes, si on parle des hommes issus de l'immigration, on a dit : On est
dans les 2 % et moins. Les femmes, on
est à 3 %, 3,6 %. Donc, bref, dans les deux cas, il n'y a pas de
compétition, là. J'essaie de... j'essaie de saisir pourquoi on veut...
on aide un groupe mais pas l'autre.
M. Boulet : ...compétition.
Non, mais... Collègue, ça a été représenté, soumis et revendiqué. Puis on a
donné suite parce qu'il y avait déjà ces mesures-là dans la loi actuelle, et
donc on a décidé de maintenir des mesures... certaines mesures préférentielles
pour les femmes. Voilà, c'est tout.
Mme Dufour : Je
n'arrive toujours pas à saisir pourquoi on le fait. Parce que, là, ma
compréhension, c'est que ça, c'est une
nouvelle mesure pour le certificat de compétence-occupation. Les articles
précédents qu'on a traités, c'étaient les autres types, là, de certificats, là,
je ne veux juste pas me mélanger, mais les certificats de compétence compagnon
et certificats de compétence apprenti. Donc là, pourquoi on n'applique pas la
même chose que pour les deux autres types de certificats de compétence?
Des voix : ...
M. Boulet : Pardon?
Excusez-moi.
Mme Dufour : Ici,
on parle du certificat de compétence-occupation. Précédemment, on a vu des
articles qui traitaient des certificats de compétence-compagnon puis
certificats de compétence-apprenti, et merci pour votre petit document, c'est très utile pour faire la
distinction, mais, bref, on n'avait pas traité de ça, de certificats de
compétence-occupation. Donc là, on l'amène, mais seulement pour les femmes,
alors que, dans les deux autres cas, on a ajouté la notion de personne
représentative de la diversité.
M. Boulet : Je
comprends très, très bien votre point de vue. Il y a deux mesures. Il y en
a une autre qu'on va voir plus tard, là, dans le service de référencement, où
on va prioriser les femmes, dans un premier temps, après les personnes issues des groupes de la diversité
québécoise. Et ça, ça visait essentiellement à répondre à des revendications,
puis on pourrait en débattre pendant des heures, mais c'est ce que nous avons
décidé d'intégrer au projet de loi, pour assurer encore une fois une meilleure
représentativité féminine. Mais je comprends très bien ce que vous me dites.
• (18 heures) •
La Présidente (Mme
D'Amours) : D'autres commentaires? Mme la députée de Bourassa-Sauvé.
Mme Cadet : Oui. Merci, madame... Merci, Mme la Présidente.
Je... Et puis évidemment, donc, on a entendu beaucoup de groupes, il y a
énormément de mémoires. Donc, merci, donc, de... au ministre, donc, de nous
éclairer, donc, sur certains aspects.
Vous l'avez dit, donc, il y a un autre amendement qu'on va voir plus tard. Et
je me souviens, donc, distinctement, donc, de... de la question, donc,
de... du premier rang, de l'ordre de présentation de la liste des salariés au
niveau de la... donc, de la référence, donc, de main-d'oeuvre, mais le...
j'ai... je ne me souviens pas, donc, avoir
entendu, donc, des groupes, précisément, nous parler de cet élément-ci. Comme l'a
souligné ma collègue, il s'agit, donc, d'un... c'est un... d'un
amendement que vous présentez ici, qui est nouveau. Puis, pour l'ordre de
présentation, pour avoir ce... cette conversation-là, et ça, je le comprends,
c'est... ce sont effectivement, donc, des revendications qui ont été entendues
lors des consultations particulières. Je vous suis là-dessus, M. le ministre,
puis on fera le débat rendu, donc, à cet amendement-là... à cette
proposition-là, pardon. Mais ici, à 8.5, précisément, donc, au niveau, donc, de
la capacité, donc, pour une femme, donc, d'obtenir un premier certificat, donc,
de compétence occupation et de la preuve d'avoir effectué 150 heures,
donc, de travail, donc, pendant ces deux années, j'ai... je ne crois pas
avoir précisément entendu cette revendication-ci. J'entends qu'il faut, donc,
entendre, donc, les différents groupes et nous assurer de... de bien répondre à
des préoccupations qui ont été soulevées avec sérieux.
Ceci dit, pour ce qui
est, donc, de ce que l'on voit à l'écran ici, je ne sais pas si on vient
répondre à cette préoccupation, parce que je pense que, donc, les groupes de
femmes qui ont émis, donc, certaines réserves... puis, encore une fois, au
niveau, donc, de l'ordre, donc, de présentation, on pourra donc avoir la conversation
à ce moment... à ce moment-là. Je ne sais pas si on vient répondre à leurs
préoccupations ici. Est-ce qu'elles seront plus... L'objectif, ce n'est pas de
dire : Donc, OK, donc, on a... on crée, donc, des distinctions à n'importe
quel endroit, donc, du projet de loi.
M. Boulet : Est-ce
qu'on va prendre une pause de deux minutes? On aurait l'autre amendement,
qui est complété, puis je veux juste faire une petite réflexion
là-dessus.
La Présidente (Mme
D'Amours) : Je vais suspendre une courte durée.
(Suspension de la séance à
18 h 03)
(Reprise à 18 h 08)
La Présidente (Mme
D'Amours) : Nous reprenons nos travaux, et, après discussion avec tous
les collègues, ce que je comprends, M. le ministre, c'est que vous feriez un
retrait du... l'amendement 68.1.
M. Boulet : Oui,
tout à fait. Nous retirons l'amendement introduisant l'article 68.1.
La Présidente (Mme
D'Amours) : Donc, parfait. J'ai besoin de consentement de tout le
monde pour le retrait de l'article 68.1. Est-ce que j'ai consentement?
Merci. Consentement.
Maintenant, nous
avons reçu, M. le ministre, votre amendement sur l'article 66. J'ai besoin
du consentement pour réouvrir l'article 66 pour le travailler. Est-ce que
j'ai...
Des voix : Consentement.
La Présidente (Mme D'Amours) : Parfait.
Consentement. Donc, M. le ministre, si vous voulez bien nous lire
l'amendement.
Des voix : ...
La Présidente (Mme
D'Amours) : On vous en donne une copie avec plaisir.
M. Boulet : Donc,
remplacer l'article 66 du projet de loi par le suivant :
66. L'intitulé de la
section II.1 de ce règlement est modifié par le remplacement de «, leur
maintien et» par «et des personnes représentatives de la diversité de la
société québécoise, leur maintien et leur rétention ainsi que».
Tel que discuté.
Merci. C'est complet.
La Présidente (Mme
D'Amours) : Parfait. Est-ce que j'ai des commentaires, questions sur
l'amendement du ministre?
Mme Cadet : ...qui vient d'apparaître à l'écran seulement
maintenant... OK, «leur maintien et leur intention»... «leur maintien et
leur intention ainsi que...»
La Présidente (Mme
D'Amours) : Leur rétention, Mme la députée.
Mme Cadet : Leur rétention, oui, bien sûr, oui, pardon, je...
«leur maintien et leur rétention ainsi que l'augmentation de leur
nombre...» Je ne sais pas pourquoi c'est... là, c'est juste sur la forme, là.
Pourquoi pas... ce n'est pas une... «leur maintien — virgule — leur
rétention»?
• (18 h 10) •
Des voix :
...
M. Boulet : Ah! OK. Donc, c'est avec le reste, là, mais
c'était pour fins de compréhension, en fait, pour fins de démonstration
qu'ils ont rajouté «rétention», simplement.
Mme Cadet : «...leur maintien et leur rétention ainsi que
l'augmentation...» Donc, plutôt, donc, c'est un choix... c'est un choix
sémantique...
M. Boulet :
Exact, oui.
Mme Cadet :
...plutôt que d'écrire «leur maintien, leur rétention et l'augmentation de leur
nombre...» Donc, il y avait une préférence, donc ça a été discuté ici. OK.
M. Boulet : Oui,
tout à fait.
Mme Cadet : Parfait.
Je n'ai pas de problème, le... sur le fond, donc, le terme «rétentien» est...
Merci.
La Présidente (Mme D'Amours) : Merci.
D'autres commentaires? Donc, l'amendement du ministre sur l'article 66, est-il
adopté? Adopté.
Nous revenons à l'article 66 tel
qu'amendé. Est-ce qu'il y a des commentaires? S'il n'y a pas de commentaire,
je vais mettre aux voix l'article 66 tel qu'amendé. Est-il adopté? Adopté.
Maintenant, nous
serions rendus à l'article 73.
Des voix :
...
La
Présidente (Mme D'Amours) :
Le 68.1 avait été retiré. J'attends l'amendement, est-ce que... Puis étant...
Il est déposé?
M. Boulet : Oui.
Des voix :
...
La Présidente (Mme
D'Amours) : Je vais suspendre les travaux quelques minutes.
(Suspension de la séance à
18 h 12)
(Reprise à 18 h 14)
La Présidente (Mme D'Amours) : Nous
reprenons nos travaux. Et, M. le ministre, vous avez déposé un nouvel amendement,
article 68.1. Si vous voulez bien nous en faire la lecture, s'il vous
plaît.
M. Boulet : Oui,
merci, Mme la Présidente. Insérer, après l'article 68 du projet de loi, le
suivant :
68.1. Ce règlement
est modifié par l'insertion, après l'article 8.4, du suivant :
«8.5. La Commission
peut délivrer, en vertu du paragraphe 4° du premier alinéa de l'article 4,
un certificat de compétence-occupation à une femme ou à une personne
représentative de la diversité de la société québécoise qui n'a jamais été titulaire d'un certificat délivré
en vertu du présent article, sans que l'employeur ne formule une demande de
main-d'oeuvre ou ne garantisse à cette personne un emploi d'au moins
150 heures réparties sur une période d'au plus 3 mois.
«Le premier
certificat de compétence-occupation délivré en vertu du premier alinéa échoit
2 ans après la date de sa délivrance.
La Commission renouvelle ce certificat lorsqu'elle constate, sur des rapports
mensuels d'employeurs enregistrés, que la personne a effectué 150 heures
de travail pendant ces 2 années.
«Dans
le cas où la personne n'effectue pas 150 heures pendant cette période de
2 ans, la Commission lui délivre un nouveau certificat si un employeur
confirme par écrit à la Commission qu'il s'engage à embaucher cette personne. Ce certificat de compétence-occupation
échoit 2 ans après la date de sa délivrance et il est renouvelé lorsque
la Commission constate, sur des rapports mensuels d'employeurs enregistrés, que
la personne a effectué 150 heures de travail
pendant ces 2 années. À défaut par la personne d'atteindre 150 heures
pendant cette période de 2 ans, la Commission peut à nouveau
émettre un certificat, selon les conditions énoncées au présent alinéa.»
Les commentaires sont
déjà faits. Merci.
La Présidente (Mme
D'Amours) : Merci. M. le député d'Hochelaga-Maisonneuve.
M. Leduc : Entre
la première version et la deuxième version, où là on élargit, est-ce qu'il faut
considérer que les femmes ont perdu des droits?
M. Boulet : Non. Non, parce que ça n'existait pas. Là, on
inclut... OK. C'est une question ironique, je pense. Merci, collègue.
M. Leduc : Vous
n'avez pas entendu les rires derrière vous?
M. Boulet : Ça
m'est arrivé de vous en poser. Ça fait que tout est pardonné.
M. Leduc : OK. Bon. Blague à part, je veux quand même, d'une
manière plus... un peu plus sérieuse, Mme la Présidente, faire référence au
mémoire d'ATF, encore une fois. C'est bien ça, ATF. Sur la logique générale,
là... puis ça aurait pu être une question que j'aurais posée dans les
autres articles précédents, mais là je la pose maintenant.
Je veux juste citer
une partie de leur mémoire à la page 8 : «La nécessité de repenser les
mesures d'accès et d'intégration des femmes
dans l'industrie de la construction devient évidente, particulièrement avec le
dépôt du PL n° 51, qui propose d'élargir ce type d'initiative à
d'autres groupes dit de la diversité québécoise. Il est essentiel d'adresser le fait que faciliter l'entrée des femmes dans le
secteur, dans les statuts les plus précaires et sans leur offrir une formation
adéquate, peut compromettre leur sécurité d'emploi et leur accès à une
rémunération équitable. Cette pratique a pour effet d'aggraver la
précarité d'emploi des femmes et leur capacité de maintien dans la construction,
soulevant ainsi des préoccupations majeures
quant à la discrimination systémique que ce type de mesure engendrerait aussi
envers les autres groupes qui seraient visés. La mixité ne saurait se
résumer à une question de nombre d'entrées, mais doit également s'incarner dans
la valorisation des compétences et dans la parité des conditions de travail.»
Et ça me force à poser la
question : Qu'est-ce qu'on fait, au-delà de ça, pour encourager la
formation des femmes puis la rétention des
femmes? Parce que, là, on ouvre la facilité pour y arriver, pour entrer, mais,
pour la formation, par exemple, est-ce que ça, ça va aider à avoir des
femmes plus formées?
La Présidente (Mme D'Amours) : ...
M. Boulet : Oui, totalement. Bien,
il y a plusieurs mesures préférentielles. Il y a l'ouverture des bassins, le
30 % plutôt que le 5 %. Il y a le service de référencement
prioritaire pour les femmes. Il y a la formation en alternance travail-études
qui favorise l'arrivée des femmes. Il y a la capacité d'accueil accrue en
électricité. Il y a la promotion. J'ai participé à un gala récemment, Elles
sont faites pour la job, où il y avait une centaine de personnes qui
appliquaient. Puis c'était un gala qui se déroulait dans différentes régions du
Québec, des femmes qui pratiquent des métiers à prédominance masculine,
particulièrement dans l'industrie de la construction. Il y a évidemment le projet de loi, qui est devenu une loi, le projet
de loi n° 42 pour lutter contre le harcèlement et les violences à caractère
sexuel en milieu de travail. Il y a une panoplie de mesures. Il y a la
promotion, il y a l'accès à l'égalité, il y a les mesures, les programmes. Puis
il faut faire constamment de l'information puis de la sensibilisation.
Et je sens...
on a senti, dans les dernières années, là, qu'il y a une augmentation
significative, là. Dans certains métiers, on atteint 8 %, 10 %,
12 % de femmes, particulièrement en charpenterie-menuiserie puis en
électricité. Puis, comme j'ai mentionné aussi à de multiples reprises,
la Commission de la construction du Québec fait son bilan du premier PAEF, là,
le programme d'accès à l'égalité pour les femmes, et elle va sortir un nouveau
programme cet automne avec des nouvelles mesures. Et, dans le perfectionnement,
dans les activités de perfectionnement, il y a aussi une mesure qui prévoit qu'il y a 10 % minimum des places qui
sont réservées pour les femmes... Ça fait qu'il y en a beaucoup,
beaucoup, beaucoup. Puis c'est certainement une priorité puis un impératif pour
les Québécois.
M.
Leduc : Vous... Je suis convaincu que vous prenez ça très
au sérieux, M. le ministre. Vous faites différentes approches, différentes mesures pour qu'il y ait
plus de femmes, mais est-ce que, pour bien analyser votre projet de loi, vous
l'avez soumis à ce qu'on appelle une ADS+, une analyse différenciée selon les
sexes?
M. Boulet : J'ai répondu à plusieurs
reprises, non.
M. Leduc : Pourquoi ne pas l'avoir
fait?
M.
Boulet : Parce que les données sont en construction, les
programmes sont à évaluer, puis ça n'a pas été fait, puis il n'y a pas
d'obligation de le faire non plus.
M. Leduc : Ça, je le sais, qu'il n'y
a pas d'obligation, mais ça aurait pu être intéressant.
M.
Boulet : Je l'ai entendu et je réponds simplement, ça n'a
pas été fait. Je voulais vous dire aussi, les données de 2022... des
cibles en 2018, pour les peintres, 15 %, le réel, on est rendus à
24,75 %, ce qui est quand même significatif.
Les plâtrières, cible, 10 %, en 2022, 10,27 % des plâtrières sont des
femmes. Les calorifugeuses, 10 %, cible, 10,20 % en 2022.
Poseuses de revêtement souple, soudeuses en tuyauterie... bien, les poseuses de
revêtement souple, 5,65 %, les soudeuses en tuyauterie, 3,75 %, bon,
puis les charpentières-menuisières aussi, là, c'est rendu à 2,5 %. On est
dans la bonne direction.
• (18 h 20) •
M. Leduc : Mais l'ADS+, ça
n'arrivera jamais.
M.
Boulet : Je ne répondrai pas à cette question-là. Est-ce
que ça peut arriver un jour quand on aura suffisamment de données
empiriques? Je ne peux pas... mais il n'y en a pas eu pour ça.
M. Leduc : Parce que, pour vrai, si
ce n'est pas arrivé sur un projet de loi de la nature comme de celui qui est devant nous, je me demande qu'est-ce qui
pourrait bien arriver qu'un jour on décide de faire une ADS+. On dirait que
ce n'est jamais le bon moment. Peu importe
c'est quoi, le sujet, là, ce n'est jamais le bon moment de faire une ADS+.
Vous me dites oui, vous êtes d'accord?
M. Boulet : Je dis «entendu».
M. Leduc : Ah! OK. Merci, Mme la
Présidente.
La Présidente (Mme D'Amours) :
Merci. Mme la députée de Bourassa-Sauvé.
Mme Cadet : Merci, Mme la
Présidente. Merci beaucoup, M. le ministre, donc, pour la nouvelle proposition d'amendement, là, tel qu'amendé. J'apprécie, donc,
l'effort qui a été fait, donc, pour entendre nos représentations quant à
l'article 8.5 tel qu'initialement déposé.
Maintenant,
donc, sur le fond de ce qui est proposé, au niveau, donc, du 150 heures,
je regarde, donc, le délai, donc, de deux ans. Donc, au niveau, donc, du
renouvellement, donc, vous dites, donc, la commission va renouveler le certificat lorsqu'elle
constate que la personne a effectué, donc, 150 heures de travail, donc,
pendant ces deux années. Rapidement, donc, en lisant, donc, le Règlement
sur la délivrance des certificats de compétence, ainsi que les autres
propositions au projet de loi, ce n'est pas nécessairement, donc, un délai
qu'on voit. Puis évidemment, puisqu'il s'agit,
donc, d'un amendement, là, dans le cadre de l'étude détaillée, cette analyse-là
ne se retrouve pas, donc, à l'analyse d'impact
réglementaire. Donc, je voulais, donc, savoir, donc, comment est-ce que vous
êtes arrivés, donc, à ce délai-là.
M. Boulet : Ça existe déjà, ce
délai-là, pour les apprentis. C'est tout.
Mme Cadet : OK. Donc, c'est le délai
pour les apprentis.
M. Boulet : Tout à fait.
Mme Cadet : Donc, c'est celui-là que
vous reportez.
M. Boulet : Totalement.
Mme
Cadet : Merci. C'est pour ça qu'on fait, donc, l'étude
détaillée. Donc, on n'a pas nécessairement l'occasion, donc, de toujours
voir, donc, le miroir ici. Donc, c'est ce... Donc, c'est la source. Et donc
vous considérez que c'est le... c'est le délai idéal pour cette mesure?
M. Boulet : Oui.
La
Présidente (Mme D'Amours) : Merci. Est-ce que l'article... l'amendement pour
l'article 68.1 est adopté? Adopté. Maintenant, nous passons à
l'article 73. M. le ministre.
M. Boulet : Merci. L'article 20
de ce règlement est modifié :
1° par le
remplacement, dans le deuxième alinéa, de «chaque femme apprentie» par «chaque
apprenti qui est une femme ou une personne représentative de la
diversité de la société québécoise»;
2° par le
remplacement, dans le cinquième alinéa, de «femmes apprenties» par «apprentis
qui sont des femmes ou des personnes représentatives de la diversité de
la société québécoise».
Commentaire. Bon, ça étend aux personnes
représentatives de la diversité de la société québécoise la règle prévue au deuxième alinéa de l'article 20 du
règlement sur la formation professionnelle concernant le ratio d'apprentis
par compagnon requis sur un chantier de construction qui est actuellement
applicable aux femmes.
Cet article prévoit qu'un employeur peut
recourir à un apprenti supplémentaire à ce qui est prévu par le ratio lorsqu'il
embauche une femme apprentie. Il en sera de même lors de l'embauche d'une
personne représentative de la diversité de la société québécoise. Donc, comme
je vous disais un peu plus tôt, les ratios apprenti-compagnon sont prévus à
l'annexe b du règlement sur la formation et varient, là, d'un apprenti pour un
compagnon à un apprenti pour deux compagnons. Et là, bien, évidemment, la
définition de la personne représentative... Bon, c'est tout.
La Présidente (Mme D'Amours) : Oui,
Mme la députée de Bourassa-Sauvé.
Mme Cadet : Merci, Mme la
Présidente. J'aimerais suspendre à ce stade-ci, donc j'aurais un amendement à
l'article 73.
La Présidente (Mme D'Amours) : Est-ce
que c'est une courte suspension?
Mme Cadet : Une courte suspension,
l'amendement est...
La Présidente (Mme D'Amours) : Merci.
Je suspends les travaux quelques minutes.
(Suspension de la séance à 18 h 25)
(Reprise à 18 h 29)
La Présidente (Mme D'Amours) : Nous
reprenons nos travaux. J'ai reçu l'amendement de la députée de Bourassa-Sauvé,
mais, compte tenu de l'heure, je vais demander à la députée de faire sa lecture
de l'amendement à notre prochaine session de travail à la commission. Et je
vous remercie pour votre collaboration.
Compte tenu de l'heure, la commission ajourne
ses travaux sine die. Merci, tout le monde.
(Fin de la séance à 18 h 30)