(Quinze heures trente minutes)
La Présidente (Mme D'Amours) :
Bonjour,
chers collègues. Ayant constaté le quorum, je déclare la séance de la Commission
de l'économie et du travail ouverte.
La commission
est réunie afin de poursuivre l'étude détaillée du projet de loi n° 51, Loi
modernisant l'industrie de la construction.
Mme la secrétaire, y a-t-il des remplacements?
La
Secrétaire : Oui, Mme la Présidente. M. Tremblay (Dubuc) est remplacé par Mme Mallette (Huntingdon).
Étude détaillée (suite)
La
Présidente (Mme D'Amours) :
Merci. Lors de l'ajournement de nos travaux de jeudi dernier, selon notre plan
de travail, nous étions rendus au sujet 9 portant sur la polyvalence. M.
le ministre, veuillez, s'il vous plaît, faire la lecture de
l'article 64.
M. Boulet : Merci, Mme la
Présidente. Bonjour, tout le monde. Article 64. Article 7 du
Règlement sur la délivrance des certificats de compétence. À l'article 64
du projet de loi :
1° dans le deuxième alinéa :
a) par l'insertion, après
«2.5,»...
Une voix : ...
M. Boulet : Ah! j'ai lu...
La Présidente (Mme D'Amours) : ...il
faut lire l'article avant l'amendement, s'il vous plaît.
M. Boulet : Donc, je vais lire
l'article avant de lire l'amendement.
La Présidente (Mme D'Amours) : Oui,
s'il vous plaît.
M. Boulet : Merci, Mme la
Présidente. L'article 7 de ce règlement est modifié :
1° par la suppression, dans le deuxième alinéa,
de «2.5,»;
2° par l'insertion, après le deuxième alinéa, du
suivant :
«Le titulaire d'un certificat de
compétence-apprenti délivré en vertu de l'article 2.5 doit faire la preuve
requise aux alinéas précédents et démontrer
qu'il satisfait aux conditions d'admission prévues à un régime pédagogique
établi en vertu de la Loi sur l'instruction publique (chapitre I-13.3),
relativement au programme d'études conduisant à un diplôme d'études
professionnelles se rapportant au métier visé.»;
3° par le remplacement, dans le troisième
alinéa, de «du paragraphe 4» par «des paragraphes 4 et 5».
Commentaires :
Bon, l'article 7 traite du renouvellement des certificats de compétence.
64 propose deux mesures, faire en
sorte que la personne qui a obtenu un certificat de compétence apprenti, en
application de la mesure de reconnaissance de 35 % des heures
d'apprentissage sans avoir eu à satisfaire aux conditions d'admission au
diplôme d'études professionnelles, doive
satisfaire à cette condition au moment du renouvellement de son certificat. Par
la suite, faire en sorte que la personne qui a obtenu un certificat de
compétence-occupation, en application de la nouvelle mesure de reconnaissance de 750 heures de tâches occupationnelles
en dehors de l'industrie doive fournir, au moment du renouvellement de
son certificat, la preuve qu'elle a réussi le cours de connaissance générale de
l'industrie.
M. Boulet : Alors, je lirais
l'amendement.
La Présidente (Mme D'Amours) : ...
M. Boulet : Merci, Mme la
Présidente. Je reprends. Donc, à l'article 64 du projet de loi :
1° remplacer le paragraphe 1° par le suivant :
1° dans le deuxième alinéa :
a) par l'insertion, après «2.5,», de «2.6,»;
b) par l'ajout, à la fin, de la phrase suivante
: «Ces heures de formation peuvent également être suivies dans le cadre d'un
programme de formation hors du Québec pour le métier visé reconnu par la
Commission.»;
2° remplacer, dans le troisième alinéa
de l'article 7 du Règlement sur la délivrance des certificats de compétences,
proposé par le paragraphe 2°, «Le titulaire d'un certificat de
compétence-apprenti délivré en vertu de l'article 2.5 doit faire la preuve requise aux alinéas
précédents et» par «Lors du premier renouvellement, le titulaire d'un certificat
de compétence-apprenti délivré en vertu du deuxième alinéa de
l'article 2.5 doit également».
Donc, commentaires,
Mme la Présidente, bon, l'amendement propose principalement deux modifications
à l'article 7 du Règlement sur la
délivrance des certificats de compétence par rapport à ce qui était proposé
dans le projet de loi tel que déposé.
Un,
le deuxième alinéa prévoit que, dans certains cas, le renouvellement du
certificat de compétence-apprenti, la personne doit faire la preuve
qu'elle est inscrite à un programme de formation pertinent reconnu par la CCQ
et qu'elle a suivi au moins 30 heures.
L'amendement proposé préciserait que la CCQ peut reconnaître des heures de
formation dispensée hors du Québec.
Deux, une
clarification est apportée au troisième alinéa de cet article afin d'indiquer
qu'une femme ou une personne représentative
de la diversité québécoise à qui la CCQ a délivré un certificat de
compétence-apprenti, en vertu de la mesure prévue à l'article 2.5 — ça,
c'est la reconnaissance de 35 % des heures d'apprentissage sans garantie d'emploi et sans préalable scolaire — devra,
lors du premier renouvellement de son certificat, démontrer qu'elle possède
ses préalables scolaires.
Donc,
l'amendement propose en outre une modification après, c'est de pure
concordance, au deuxième alinéa de l'article 7, pour tenir compte
de l'introduction par amendement du nouvel article 2.6, vous vous
souvenez, le 4 000 heures, là, que
nous avions discuté la semaine dernière, pour avoir accès à un certificat
compétence-apprenti. Oui, c'est complet.
La Présidente (Mme D'Amours) : Merci.
Est-ce qu'il y a des commentaires sur l'amendement? Oui, M. le député
d'Hochelaga-Maisonneuve, s'il vous plaît.
M. Leduc : Merci,
Mme la Présidente. Rebonjour, tout le monde. Prêt pour une peut-être dernière
semaine de cette commission parlementaire. La semaine dernière, quand on a
adopté l'article 2.6, j'étais quand même assez content, et j'ai eu des
commentaires par la suite, puis je me suis dit que je vous poserais la question
à micro ouvert, M. le ministre, pour clarifier quelque chose.
Il
y a des gens qui m'ont écrit pour me dire qu'ils avaient la crainte qu'en ayant
ouvert cette permission, donc, d'aller
cumuler un certificat d'occupation, compétence-occupation et un certificat de
compétence-apprenti, des personnes en situation patronale pourraient
essayer d'en profiter pour payer une personne moins cher, donc avec un salaire
de compétence-apprenti pour une tâche qu'elle aurait faite de toute façon avec
son certificat de compétence-occupation.
Je
veux juste clarifier avec M. le ministre que ce n'était pas notre intention, en
tout cas certainement pas la mienne, mais je pense que ce n'était pas la
sienne non plus que nous ouvrions la porte à ce genre de situation.
M. Boulet : ...absolument pas, Mme la Présidente, on n'ouvre
pas cette porte-là. Puis je veux, encore une fois, remercier le collègue
d'Hochelaga-Maisonneuve pour avoir amorcé la discussion sur cet amendement.
Et
donc la personne qui détient un certificat compétence-occupation, qui amorce un
processus d'apprentissage, donc, avec
un certificat compétence-apprenti, va conserver la rémunération qui est
associée à son occupation. Évidemment, quand il va faire des tâches
reliées à son apprentissage, il y aura les adaptations nécessaires qui se
feront. Mais ce n'est pas une porte ouverte pour permettre à des entrepreneurs
de baisser la rémunération des détenteurs de certificat compétence-occupation.
M. Leduc : ...merci.
La Présidente (Mme D'Amours) : Ça
va? D'autres commentaires sur l'amendement du ministre? S'il n'y a pas
d'autre commentaire, est-ce que l'amendement est adopté? Adopté.
Maintenant, nous
passons à l'article 64 tel qu'amendé. Est-ce qu'il y a des commentaires?
Est-ce que... Oui, Mme la députée de Bourassa-Sauvé.
Mme Cadet : Oui.
Merci, Mme la Présidente. Donc, à nouveau, donc, rebonjour, donc, tout le
monde. Donc, j'ai bien saisi, donc, ici, donc, les modifications que nous... que
nous venons d'intégrer avec l'amendement déposé par le ministre, donc, qui
vient clarifier le fait que les heures de formation, donc, puissent être
suivies dans le cadre d'un programme de formation hors du Québec, qui
comprend... comprend l'Ontario et l'international. Donc, on vise vraiment ces
deux situations-là ici.
J'ai une question en
fait plus générale, donc, pour... pour le ministre, au niveau, donc, des
mécanismes, donc, de formation continue, ici, parce que, bon, c'est... c'est un
peu ce dont il est question. En fait, on parle donc de formation, donc ici, à
l'article 64. Il y a des commentaires qu'on a reçus, là, lors des
consultations particulières, donc, à cet effet, au niveau de l'introduction,
donc, de mécanismes, donc, de... de formation continue visant les différents
salariés de la construction. Je voulais vous entendre là-dessus alors qu'on
discute de l'article 64.
La Présidente (Mme
D'Amours) : M. le ministre.
M. Boulet : C'est parce qu'il y a
une distinction à faire, là, le 30 heures dont il est question ici, ce
n'est pas de la formation continue. En fait, la formation continue, elle est
assumée par un comité de formation professionnelle de
l'industrie de la construction, ce que les gens appellent communément le CFPIC,
qui organise des activités de perfectionnement en tenant compte des besoins des
partenaires, tels qu'exprimés en vertu de ses règles, donc ce n'est pas la même chose. Là, ici, c'est un
30 heures de formation annuelle qui est tout à fait distinct. Ce n'est pas
sous l'empire... ce n'est pas sous le parapluie du CFPIC.
Mme Cadet : ...le parapluie du
CFPIC, donc, du tout.
M. Boulet : Non.
• (15 h 40) •
Mme
Cadet : Puis, en fait, donc, c'est dans les différents
mémoires, donc, de la CMEQ, de la... CMMTQ, pardon, qui nous parlaient de l'introduction, donc, d'un
mécanisme, donc, de formation continue obligatoire visant les salariés
de la construction. Je comprends que c'est un mécanisme qui est distinct ici,
mais ce n'est pas quelque chose qui a été...
M. Boulet : Non.
Mme Cadet : ...qui a été exploré
ici, donc, dans le régime, donc, de l'article 64.
La Présidente (Mme D'Amours) : ...oui,
M. le député d'Hochelaga-Maisonneuve.
M. Leduc : Moi, je m'inquiète de la
formation, justement, puis je suis un peu sur les traces de ma collègue. Il y a un moment, dans le deuxième alinéa, qui
n'est pas nécessairement modifié par le... l'article du ministre, là, mais
qui dit qu'un... je vais vous le lire, là — na, na, na : «...il a
suivi, durant la période de validité du certificat expiré, au moins 30 heures de formation ou qu'il s'est
inscrit à un tel programme ou à un tel cours, mais qu'en raison d'un manque
de places disponibles, il n'a pu le suivre.» Ça arrive-tu souvent, ça?
M. Boulet : Ça peut se produire.
M. Leduc : Qu'est-ce qu'on fait pour
remédier à ça? Ça veut dire que, quand ça arrive, il n'y a pas un... il n'y a
plus d'injonction de faire les 30 heures.
M.
Boulet : Non, non, ça demeure un impératif. Mais, si vous
me demandez, est-ce que ça peut se produire, ça peut se produire. Mais est-ce
qu'il y a beaucoup de cas? Non. J'assume qu'il n'y a pas beaucoup de cas.
Souhaitons-le. Puis je rappellerai
que le 30 heures de formation auquel on fait référence, c'est un module de
DEP, là, mais c'est ceux qui ont intégré l'industrie de la construction
sans diplôme. Mais, à votre question, ça peut arriver.
M.
Leduc : Dans le mémoire de la FTQ-Construction, on dit, à
la page 20 : «De plus, chaque année, différentes exemptions sont émises par la CCQ à des personnes
qui ne détiennent aucune formation, soit 19 459 en 2021 et
19 871 — donc,
en légère augmentation — en
2022.» C'est beaucoup de gens, quand même.
M. Boulet : Je
ne suis pas en mesure de confirmer ou d'infirmer le nombre, là, mais c'est
essentiellement dû à la pénurie de professeurs, formateurs.
M. Leduc : C'est tiré du rapport
annuel de gestion CCQ, 2021 et 2022.
M. Boulet : Oui, bien oui. Bien oui,
tout à fait. Non, absolument. Non, mais je le... je vous crois.
M. Leduc : Parce que, M. le
ministre, c'était quand même, à mon avis, une absence du projet de loi,
c'est... Peut-être que ça ne se traite pas
dans le projet de loi, vous me direz, mais qu'est-ce qu'on fait pour solidifier
la formation, donner plus de tonus? Je veux dire, absence de
professeurs, d'accord, mais on a eu souvent des échanges, ici et en dehors de
la commission, sur l'importance de la santé et sécurité, l'importance de la
formation. Moi, de constater des chiffres
comme ça, ça m'inquiète pour la suite des choses. C'est quoi, le plan d'action
du ministère, de la CCQ à ce sujet-là?
M. Boulet : ...souvent, hein? Depuis
2021, notamment, il y a un allègement réglementaire qui permet aux étudiants de travailler pendant leurs études, et
ça, ça bonifie beaucoup l'expérience de l'étudiant. Ça crée une symbiose qui
est intéressante entre les apprentissages dans les centres de formation
professionnelle et le développement des compétences dans les chantiers de
construction. Et donc les étudiants, pendant leurs études, à chaque heure
accumulent l'équivalent de 1,5 heure dans leur régime d'apprentissage. Et
ça, ça connaît un succès phénoménal et ça fait en sorte que la capacité
d'accueil, dans les diplômes d'études professionnelles, dans les centres de
formation professionnelle, est accrue. Ça, c'est une mesure.
Puis il y a évidemment la commission... le
comité de formation professionnelle qui organise des activités de perfectionnement. Il y a tout le travail qui est
fait par la Commission de la construction du Québec — Mme Murray
est venue aux consultations
particulières — pour
déployer une offre accrue en alternance travail-études. Il y a déjà huit
programmes qui sont mis en application. Il y a un espace solutions où il y a
beaucoup de collaborateurs, de partenaires
qui se sont rencontrés, d'ailleurs hier, pour additionner des nouveaux
programmes en alternance travail-études. Il y a beaucoup d'activités, il y a beaucoup d'acteurs
qui sont impliqués, notamment avec le ministère de l'Éducation, avec les associations patronales, les associations
syndicales. Mais évidemment, ce à quoi vous faites référence, il y a un enjeu
de recrutement : la pénurie de main-d'oeuvre. Il y a de l'amélioration à
faire, j'imagine, là, mais ça se fait de différentes manières.
M. Leduc : Je regarde un tableau,
toujours dans le rapport annuel de gestion CCQ, 2022, tableau n° 10, taux de participation des personnes tenues de se
perfectionner selon le métier ou le titre d'occupation prioritaire, puis là ça
varie évidemment d'un métier ou d'une
occupation à l'autre, mais au total on est à 40 %. C'est impressionnant,
dans le mauvais sens du terme.
M. Boulet : Mais, mais, mais
souvenez-vous ce pour quoi, d'ailleurs, on a mis en place les attestations
d'études professionnelles. Il y a au-delà de 4 000 personnes qui
bénéficient actuellement d'un réseau qui leur permet, pendant 500, 600,
700 heures, d'acquérir des compétences qui sont fondamentales pour
l'exercice de cinq métiers. Et l'utilisation
des bassins de main-d'oeuvre, le système de gestion de l'offre et de la
demande, fait en sorte... Et c'est la grande pénurie de main-d'oeuvre
qui provoque tout ça.
Puis il faut... Le projet de loi va être un des
morceaux qui va nous permettre d'accroître le nombre de travailleurs qui
intègrent l'industrie de la construction. D'ailleurs, votre amendement va y
contribuer, à une meilleure polyvalence, puis les dispositions qu'on a
acceptées, qu'on a adoptées sur l'accès des groupes issus de la diversité
québécoise, pour l'amélioration de la représentativité féminine, la
polyvalence, la mobilité. Il y a plusieurs éléments du projet de loi qui vont permettre d'amener des nouvelles personnes. Et
les attestations d'études professionnelles, c'est bénéfique. Puis, souvenez-vous, il y a au-delà de
40 000 personnes au Québec qui voulaient y participer et qui se sont
inscrites.
M. Leduc : Ce serait quoi, la... Là,
on... je viens de dire, donc, 40 %, le total, là, des participations de
personnes tenues de se perfectionner selon le métier ou le titre d'occupation.
Vous dites «ça va s'améliorer», on aimerait
vous croire. C'est quoi, la cible que vous nous présenteriez aujourd'hui, pour
dire : Moi, mettons d'ici cinq ans, suite à l'application du projet
de loi, je souhaiterais que la cible soit rendue à?
M. Boulet : Bien, il y a des cibles,
par exemple, d'augmentation de la représentativité féminine. Les cibles en
matière de formation, bien, depuis l'allègement réglementaire en 2021, le
nombre d'étudiants s'est accru, qui participent à du travail de construction
sur les chantiers. Il n'y a pas de cible précise, mais je pense que tous les
partenaires impliqués travaillent ensemble de manière à accroître le... et à
rehausser les compétences puis les habiletés essentielles de ceux qui oeuvrent
dans le secteur de la construction.
M. Leduc : Sinon, on n'est même pas
à la moitié, là, des gens qui se forment puis qui sont tenus de le faire. On
peut-tu au moins viser la moitié, 60 %, la note de passage? C'est-tu
quelque chose d'envisageable d'ici cinq ans, ça, M. le ministre?
M. Boulet : C'est certainement un
message qu'on va partager avec Mme Murray puis son équipe à la Commission
de la construction du Québec. Il y a des efforts. Je le répète, la pénurie de
main-d'oeuvre est un... enjeu central. Mais les cibles, plus il y en aura qui
respecteront les obligations de formation, mieux ce sera pour la qualité des
travaux, le respect des compétences et les enjeux de santé et sécurité au
travail.
M. Leduc : Mais je ne réussirai pas
à vous soutirer un chiffre aujourd'hui, là?
M. Boulet : Bien, moi, je n'en ai
pas en tête, là. On n'en a pas.
M. Leduc : Voulez-vous y réfléchir puis
nous revenir avec un chiffre?
M. Boulet : Bien oui, bien sûr, bien
sûr.
M. Leduc : OK.
M. Boulet : En fait, l'objectif
devrait être optimal.
M. Leduc : Oui, on vise le
100 %, mais là je vous donne... c'est votre projet de loi, c'est votre
initiative, vous la mettez au jeu, vous la jugiez suffisante. Moi, je vous
dis : On arrive à combien, mettons, après cinq ans d'application de la
loi? J'aimerais ça que vous me reveniez si possible avec une cible.
M. Boulet : Tout à fait.
M. Leduc : Merci.
M. Boulet : Et, dans le rapport de
mise en application, éventuellement ces données-là vont apparaître.
M.
Leduc : Bien sûr.
M. Boulet :
Merci.
La Présidente (Mme
D'Amours) : ...d'autres commentaires sur 64 tel qu'amendé? Est-ce que
l'article 64, tel qu'amendé, est adopté? Adopté.
L'article 72,
s'il vous plaît.
M. Boulet : Merci, Mme la Présidente. Et il y a un amendement.
72 : Le Règlement sur la formation professionnelle de
la main-d'oeuvre de l'industrie de la construction (chapitre R-20, r. 8)
est modifié par l'insertion, après l'article 4, du suivant :
«4.0.1.
Malgré l'article 4, un compagnon peut exercer une tâche non comprise dans
la définition de l'annexe A qui
s'applique à son métier lorsque cette tâche s'inscrit dans le respect du
principe de polyvalence dans l'organisation du travail.
«Constitue de la
polyvalence le fait d'exercer des tâches qui satisfont à l'ensemble des
conditions suivantes :
«1° ces tâches sont
reliées à celles prévues à la définition du métier de ce compagnon;
«2°
elles s'inscrivent dans une même séquence de travail et permettent l'avancement
ainsi que la continuité des travaux, incluant ceux de préparation et de
finition;
«3° elles sont, à la
fois, de courte durée et effectuées lors d'une même journée de travail.
«Le
principe de polyvalence n'est pas applicable aux travaux de structure ou à
l'opération de grues de tout genre. Il
ne s'applique pas non plus aux tâches relevant des métiers d'électricien, de
tuyauteur, de mécanicien en protection-incendie, de frigoriste ou de
mécanicien d'ascenseurs.»
Alors, je lirais
l'amendement.
• (15 h 50) •
La Présidente (Mme
D'Amours) : Allez-y, M. le ministre.
M. Boulet : Merci,
Mme la Présidente. Donc, article 4.0.1 du Règlement sur la formation
professionnelle de la main-d'oeuvre de l'industrie de la construction.
À
l'article 4.0.1 du Règlement sur la formation professionnelle de la
main-d'oeuvre de l'industrie de la construction, proposé par l'article 72
du projet de loi :
1 ° supprimer, dans
le paragraphe 2° du deuxième alinéa, «ainsi que la continuité»;
2° remplacer le
paragraphe 3° du deuxième alinéa par le suivant :
«3° elles sont de
courte durée dans une journée de travail.»;
3° remplacer, dans le
troisième alinéa, la première phrase par la suivante : «Le principe de
polyvalence n'est pas applicable à l'opération de grues de tout genre ainsi
qu'aux travaux relatifs à la stabilité ou à la capacité portante d'une structure.»
Commentaires :
Cet amendement propose trois modifications au nouvel article 4.0.1 du
Règlement sur la formation professionnelle
de la main-d'oeuvre de l'industrie de la construction proposé par
l'article 72 du projet de loi.
Premièrement, il permet
de clarifier la condition prévue au paragraphe 2° du deuxième alinéa en
retirant la référence à la nécessaire continuité des travaux. En fait, ça a été
une coquille, là. L'intention puis le texte original, c'était «l'avancement».
Il n'y avait pas la «continuité», là, parce que c'était une condition qui était
redondante puis qui n'était pas respectueuse de ce qui avait été prévu dans le
projet de loi initial. Puis une tâche exercée par un compagnon doit s'inscrire
dans une même séquence de travail, donc, et permettre l'avancement des travaux
visés. «En autant que l'exercice d'une tâche
doit également être nécessaire à la continuité», ça aurait pu donner
l'impression qu'il s'agit d'une
condition distincte et supplémentaire qui s'ajouterait à celle énoncée, ce qui
n'était pas le souhait du législateur. Donc, l'amendement proposé permet
d'atténuer les risques potentiels d'une difficulté d'interprétation ou
d'application en supprimant, comme je viens de le mentionner, un élément qui
est redondant.
Deuxièmement,
l'amendement vient simplifier et préciser davantage le caractère prévu au
paragraphe 3° en indiquant que les tâches visées par le principe de
polyvalence sont celles qui sont de courte durée dans une journée de travail,
donc «courte durée dans une journée de travail», donc ça ne prend pas la partie
importante de la journée de travail. Et ça
aussi, c'est le reflet de l'intention originale que nous avions dans la
rédaction et c'est beaucoup plus simple de compréhension.
Troisièmement,
cet amendement introduit... Bon, vous vous souvenez qu'il y a des groupes, lors
des consultations particulières, qui disaient que la notion de travaux
de structure pouvait porter à interprétation, c'est... dont l'ACQ, là,
notamment. Donc, on est venus préciser la référence en la remplaçant par...
c'est des travaux relatifs à la stabilité ou à la capacité portante d'une
structure. Donc, le principe de polyvalence ne sera pas applicable à ce type de
travaux.
La Présidente (Mme
D'Amours) : ...M. le ministre?
M. Boulet : Oui,
c'est terminé, oui. Merci.
La Présidente (Mme
D'Amours) : Merci. M. le député d'Hochelaga-Maisonneuve.
M.
Leduc : On vous a fait acheminer un amendement, mais je
pense qu'on pourrait le faire en sous-amendement. Peut-être qu'on peut
suspendre juste pour vérifier qu'est-ce qui est le plus approprié dans les
circonstances.
La
Présidente (Mme D'Amours) : Je suspends les travaux quelques minutes,
s'il vous plaît.
(Suspension de la séance à
15 h 54)
(Reprise à 15 h 57)
La Présidente (Mme
D'Amours) : Nous reprenons nos travaux. Nous étions sur l'amendement
du ministre à l'article 72. M. le député d'Hochelaga-Maisonneuve, s'il
vous plaît.
M. Leduc : Merci, Mme la Présidente. Après consultation, on
va le déposer après qu'on ait traité l'amendement du ministre. Celui que
j'avais en tête, ça ne valait pas la peine de le sous-amender, ça aurait été
compliqué pour rien. Merci pour les suggestions de la table. C'est apprécié.
(Panne
de son)... sur l'amendement du ministre, dans le fond, ce que je comprends,
notamment, c'est qu'il change le mot
«structure»... «travaux de structure» pour «travaux relatifs à la stabilité»,
«capacité portante». Est-ce qu'on peut nous expliquer la différence
entre les deux choix de mots pour comprendre l'intention du législateur?
M. Boulet : C'est
ce que nous avions en tête quand on a utilisé «travaux de structure». Comme un
groupe... En fait, il y a deux groupes qui ont fait référence à ce concept-là
de travaux de structure qui pouvait faire l'objet d'interprétations. Et donc on
a été beaucoup plus spécifiques en utilisant une définition qui était
compatible avec l'intention qu'on avait,
c'est les «travaux relatifs à la stabilité de l'immeuble ou à la capacité
portante de la structure», parce
qu'en raison des enjeux de sécurité puis de complexité de ce que ça peut
générer... bien, c'est beaucoup plus pour assurer la sécurité des
travaux et la sécurité de la population.
M. Leduc : Donc,
votre nouveau terme est plus large que le précédent, plus englobant ou moins
englobant? Je ne suis pas sûr de comprendre.
M. Boulet : Bien,
plus spécifique, plus spécifique, ça peut être un mur porteur, charpente, ça
peut supporter un poids, ça permet la stabilité de la structure. C'est ça.
Essentiellement, c'est ça.
M. Leduc : Est-ce
qu'on pourrait nous fournir le... tel que modifié, là, ça donnerait quoi?
Parce, là, c'est un peu compliqué de se
référer à la fois à l'article et... et à l'amendement, là. Si c'était possible,
pendant qu'on discute, de nous... de nous montrer ce serait quoi, le
nouvel article tel qu'amendé. Parce que là...
M. Boulet : Vous
voulez dire l'article 72 tel qu'amendé?
M. Leduc : Oui.
M. Boulet : Vous
ne l'avez pas dans votre cahier?
Des voix :
...
M. Leduc : On pourrait nous le mettre sur Greffier peut-être
éventuellement, là, ça aiderait à la compréhension, parce que vous
modifiez plusieurs choses en même temps, là.
M. Boulet : Bien,
trois choses, là, oui.
Des
voix : ...
M. Boulet : On
le transmet dans la prochaine minute.
La Présidente (Mme
D'Amours) : ...le temps qu'on puisse...
M. Leduc : Parce que... oui, bien, c'est ça, par exemple,
vous... vous biffez «ainsi que la continuité des travaux», pourquoi
biffer «continuité»?
• (16 heures) •
M. Boulet : Parce que c'était redondant. Puis je vais être...
quand on a écrit... quand on a procédé à la rédaction, c'était «pour permettre
l'avancement des travaux». Puis il y avait des mots... puis ça a été rajouté de
façon... je ne sais pas comment... de façon non conforme par les
légistes, à la fin, à la révision finale. Parce que le mot «continuité»
apparaissait plus loin, puis ils l'ont intégré là, là.
Une voix : ...
M. Boulet : Bon, c'est parce que
quand on avait... Collègue, je vais être un peu plus spécifique, là, on avait
«incluant ceux de préparation et de finition», puis il y avait «incluant de
préparation, de continuité et de finition», puis là ils
se disaient «des travaux de continuité», ça fait qu'ils l'ont mis là, mais il
n'y en a pas, des travaux de «continuité», en fait, c'est «pour permettre
l'avancement des travaux». Alors, ça fait que c'était purement redondant. Ça a été mis là, je dirais, par erreur, là, puis
je le dis avec le respect, là, que j'ai et que vous avez aussi pour les légistes.
M.
Leduc : Tout à fait. Sinon, après ça, vous dites :
«Elle sont...» Vous coupez «à la fois» puis après, ce que je comprenais de...
c'était écrit : «Elles sont, à la fois, de courte durée et effectuées lors
d'une même journée de travail.» Donc,
il y avait deux conditions qui devaient être réunies en disant «à la fois». Là,
vous biffez «à la fois, elles sont de courte durée dans une même... dans
une journée de travail».
M. Boulet : ...il peut y en avoir le
lendemain, tu sais, puis là «effectuées dans la même journée de travail», comme
des groupes ont soulevé, ça pouvait porter à interprétation. Le travail
pourrait ne pas être complété en une fin de journée et se poursuivre le
lendemain. Et l'intention que nous avons, c'est véritablement qu'on ne
transforme pas un métier x en métier y. Que le métier x puisse
faire le métier... des tâches du métier y dans la mesure où c'est en relation, même séquence de travail, ça permet
l'avancement, mais de courte durée, dans une journée de travail, ça n'occupe
pas une majeure partie de la journée de travail du métier x, tout simplement.
M. Leduc : C'est combien d'heures...
combien d'heures, une courte durée?
M. Boulet : Bien, on n'a pas mis
d'heures. Je sais qu'il y en a qui le souhaitaient, mais je pense qu'il faut
laisser place au droit de gestion de l'entrepreneur. Puis il ne faut
certainement pas, encore une fois, transformer un métier x en métier y, sauf
pour de saines raisons de réduire les délais et de diminuer les coûts. Donc,
c'est dans la même séquence de travail, puis il ne faut certainement pas
souhaiter que ça occupe la majeure partie ou une partie prépondérante de la journée de travail du salarié. Donc, ce n'est
certainement pas en haut de trois heures ou quatre heures, là.
M. Leduc : OK. Parce qu'une journée
de travail c'est à peu près huit heures, j'imagine?
M. Boulet : Oui.
M. Leduc : Donc, quand vous dites
«majorité», ça ne pourrait pas être 4 h 30, cinq heures, et en
montant, là?
M. Boulet : Non.
M. Leduc : Peu importe le bloc, il
est fait où dans la journée?
M. Boulet : Non.
M. Leduc : Ou il est fait en
différentes séquences?
M. Boulet : C'est une... c'est une
balise, là, puis le guide, là... Bien, vous m'avez souvent entendu le
dire : Il faut respecter les compétences, il faut s'assurer de la santé et
sécurité puis il faut aussi permettre une bonne qualité des travaux. Donc,
c'est tout.
M.
Leduc : Donc là, vous, vous dites : Courte durée, ça
peut aller de trois... jusqu'à trois ou même quatre heures dans une
journée de travail?
M. Boulet : Ce n'est pas une partie
importante de la journée. Il n'y a pas de chiffre précis, mais...
M. Leduc : Bien là, vous m'avez dit,
il y a deux secondes, trois heures ou quatre heures, là.
M. Boulet : Bien, «jusqu'à», par
exemple.
M. Leduc : C'est ça, oui, oui. Ça
peut être moins, on s'entend.
M. Boulet : Bien oui.
M. Leduc : Mais ça ne peut pas...
définitivement pas être plus que ça?
M. Boulet : Bien non.
M.
Leduc : Et ce trois heures ou quatre heures là, là, vous
le disiez tantôt, pourrait commencer en fin de journée, une heure avant de fermer
le chantier. Puis vous dites : la séquence, elle, elle ne s'interrompt pas
à ce moment-là, elle pourrait se poursuivre le lendemain. C'est pour ça
que vous avez dit...
M. Boulet : Notamment, oui.
M. Leduc : Dans
une même journée.
M. Boulet : Oui.
M.
Leduc : Puis là est-ce qu'on pourrait dire : Je fais
un premier trois heures en fin de journée puis j'en refais un trois
heures le lendemain?
M. Boulet : Non.
M. Leduc : Puis pourquoi on ne
pourrait pas?
M.
Boulet : Non, parce que l'entièreté du travail doit être de
courte durée dans une journée. Ça fait que ce n'est pas de faire
indirectement ce que tu ne peux pas faire directement. Ça fait que la réponse,
c'est non.
M. Leduc : Ça fait qu'il faut le...
il faut que le total, peu importe s'il s'étale sur une journée ou deux, de
cette séquence-là ne dure pas plus que trois ou quatre heures.
M. Boulet : Exact.
M. Leduc : Ça fait que je pourrais
faire une heure le soir puis deux heures le lendemain matin?
M. Boulet : On pourrait parler de
beaucoup d'exemples, mais cet exemple-là, oui.
M. Leduc : Il peut-tu s'étirer sur
trois jours de travail?
M. Boulet : Bien là...
M. Leduc : Une heure le lundi, une
heure le mardi, une heure le mercredi?
M.
Boulet : Bien là, à la limite, là. Il faut voir la séquence
de travail, là, mais, tu sais... Puis là c'est hyperhypothétique, là,
puis je ne suis pas un expert, là, mais le couvreur qui change une feuille de
contreplaqué puis que ça lui prend, je ne sais pas, une heure,
1 h 30, puis qu'il y en a une autre à changer le lendemain puis le surlendemain, je ne le sais pas. Ou un
carreleur... ou un charpentier-menuisier qui travaille puis a besoin d'un
carreleur, ça pourrait, oui. Mais oui, cette polyvalence, ce concept-là de
polyvalence pourrait générer des travaux de cette nature-là.
M. Leduc : Donc, mais là, si on est
sur trois jours, on est toujours sur trois, quatre heures, maximum, étalées sur
trois jours?
M. Boulet : Totalement.
M. Leduc : On peut-tu l'étaler sur
quatre jours?
M. Boulet : Bien, je le répète, si
c'est un métier x qui doit faire des tâches d'un métier y, l'important, c'est
que ce soit de courte durée dans une journée de travail. Et ça, il faut faire
appel à la prudence, mais je ne sais pas, avez-vous
un cas spécifique, là? Est-ce que c'est un couvreur, est-ce que c'est un
carreleur ou un charpentier-menuisier? Je ne sais pas ce à quoi vous
pensez. Je ne veux pas...
M. Leduc : Bien là, ce n'est pas moi
qui écris le projet de loi, M. le ministre, c'est vous qui l'avez écrit. Ça
fait que, j'imagine, quand vous avez écrit ça, vous aviez, vous-même,
j'imagine...
M.
Boulet : Non, mais je vous ai donné... je vous ai donné la
réponse : Ça pourrait se reproduire le lendemain et le
surlendemain.
M.
Leduc : Donc, un employeur qui commencerait à vouloir
étaler ça sur plus que trois jours, du quatre jours, du cinq jours,
commencerait à étirer un peu l'élastique, là?
M. Boulet : Bien oui, bien oui, bien
oui.
M. Leduc : Il pourrait se faire
contester sa nouvelle pratique?
M. Boulet : Je
pense que la meilleure façon pour moi de l'exprimer, c'est que la polyvalence
ne doit pas permettre à un entrepreneur de faire en sorte qu'un salarié de la
construction fasse deux métiers en alternance. C'est pour ça qu'on réfère
à : il faut que ce soit lié à son travail, que ce soit dans une même
séquence de travail, puis pour faire avancer les travaux. Ça fait que ce que
vous dites... Il faut effectivement être extrêmement prudent puis que ça ne rouvre pas... Ce n'est pas un bar ouvert, là, je l'ai
répété souvent, ce n'est pas la porte ouverte à dire : Toi, tu as un certificat compétence compagnon, puis tu as
l'habit du métier x, puis là on va te mettre l'habit du métier y deux heures
par jour, en continu. Ce n'est pas permis,
ce n'est pas... Quand tu fais en sorte que toutes les conditions sont
respectées, il ne pourrait pas faire ça.
M. Leduc :
Est-ce que je pourrais être un employeur puis dire que je démarre une
nouvelle séquence de travail à tous les jours et donc que je recommence un
trois, quatre heures à tous les jours parce qu'à mon avis il y a une nouvelle séquence de travail à tous les jours?
Qui pourrait venir m'interdire d'analyser cet article-là de cette manière-là?
M. Boulet :
Je veux faire attention, là, au maximum, là. Tu sais, on dit «de courte
durée», là. C'est du cas par cas. C'est
difficile de généraliser, hein? C'est quand même des balises qui sont claires.
C'est dans une même séquence de travail. Il ne faut pas, encore une
fois, que ça permette à un entrepreneur de faire indirectement ce qu'il ne peut
pas faire directement. Je n'ai pas d'exemple
en tête. Ça peut arriver deux jours, parce que ce n'est pas fini la première
journée. Est-ce que ça peut arriver deux
jours d'affilée parce que c'est une nouvelle séquence de travail? Il faut voir.
C'est vraiment du cas par cas.
Puis
comme c'est des cas d'espèce, c'est difficile pour moi de dire : On veut
généraliser, puis c'est tant d'heures, tu
sais, c'est 30 minutes, c'est une heure, c'est deux heures, ce n'est
pas... Je ne veux pas généraliser puis dire : Ça va se répéter jour
après jour. Ce n'est vraiment pas l'intention qu'on a.
M. Leduc :
Ça, je le comprends, M. le ministre, que ce n'est pas votre intention. Puis
vous l'avez dit, en effet, à plusieurs reprises, que vous ne voulez pas un bar
ouvert, mais ce que j'ai devant moi, c'est un article puis un amendement qui a des concepts extrêmement larges
et très, très peu de limitations quant à son application. Quelqu'un, là,
qui considérerait que son employeur abuse, puis il veut lui faire faire cette
séquence-là à tous les jours, là, de trois, quatre heures, puis lui, il
dit : Moi, c'est ma courte durée, c'est ma séquence, on recommence à tous
les jours, c'est quoi, ses recours?
M. Boulet :
Pardon?
M. Leduc :
Alors, je répète : Un travailleur qui considérerait que son employeur
abuse, puis qui veut refaire une nouvelle séquence, puis faire son trois,
quatre heures de polyvalence à tous les jours, c'est quoi, ses recours?
M. Boulet :
À l'entrepreneur?
M. Leduc :
À l'employé. Au travailleur.
M. Boulet :
Bien, au salarié... Il peut faire une dénonciation à la CCQ...
M. Leduc :
OK.
• (16 h 10) •
M. Boulet :
...qui va venir faire enquête, qui peut demander à l'entrepreneur de
corriger, à défaut de quoi il peut y avoir un constat d'infraction. Puis il y a
des amendes que nous avons adoptées, qui ont été revalorisées.
Et c'est certain
qu'en matière de polyvalence, collègue, je le répète, les balises sont
relativement claires. Puis vous avez entendu des groupes qui voulaient plus de
polyvalence, qui voulaient laisser plus de place au droit de gestion des
employeurs, puis il y a d'autres groupes qui sont venus qui voulaient moins de
polyvalence.
C'est sûr que, s'il y
a un conflit, ça pourrait être interprété par le Tribunal administratif du
travail. Puis je ne suis pas... On se connaît, vous savez qu'il peut y avoir
puis qu'il va y avoir des problématiques d'interprétation ou d'application.
Puis je pense que le Tribunal administratif du travail va venir asseoir les
balises qui sont là, puis qui sont connues
et utilisées par le Tribunal administratif du travail dans d'autres contextes,
puis, je le répète, c'est compatible avec les besoins puis les soucis
exprimés par les groupes, qui veulent qu'il y ait moins de rigidité entre les
métiers. Puis je ne veux pas reprendre les
exemples qui ont été sur la place publique, parce que je ne veux pas banaliser
des métiers, mais la polyvalence, il y a un effet, vous le savez, on a
souvent référence à 10 % des heures, donc c'est certainement un grand
bénéfice pour cette industrie.
M. Leduc :
...10 % que vous faites référence, ça, c'est le fameux sondage, hein?
M. Boulet : C'est une étude qui a été
menée, il y a eu... bien, auprès de 308 entrepreneurs. Il y a eu
112 répondants. La majorité...
M. Leduc :
...sondage.
M. Boulet :
Oui. Non, non, mais... Oui.
M. Leduc :
Bien, c'est un sondage interne, mais c'est un sondage.
M. Boulet : Mais
il y a... Écoutez, il y a même le sondage de la Fédération canadienne de l'entreprise indépendante, que vous
connaissez bien.
Puis, bon, je reviens à AppEco là, là, parce
qu'ils ont indiqué que les gains de productivité les plus grands,
particulièrement sur les plus petits chantiers, c'est généralement par la
polyvalence que ça va se faire. Puis donc, parmi une série d'options, les
dispositions les plus susceptibles de contribuer à l'amélioration de la
productivité dans le secteur de la
construction, leur plus fort appui, c'est à l'augmentation de la polyvalence
entre les métiers, leur plus fort appui.
Puis, dans les 112, il y en a... Bien, la majorité sont dans des entreprises
qui embauchent moins de 50 personnes. Il y a des entrepreneurs
spécialisés, pour beaucoup, puis il y a des entrepreneurs généraux.
Et le sondage de la Fédération canadienne de
l'entreprise indépendante, ils ont compilé les données, quand même, ce n'est pas peu : 132 entrepreneurs en
construction qui indiquent que la polyvalence des métiers, c'est un gain.
88 % des entrepreneurs sondés ont indiqué qu'une modification, ce que nous
faisons, était une nécessité, bon. C'est quand même des données qui sont
intéressantes.
M. Leduc : Oui, mais c'est comme
quand la FCEI demande aux entrepreneurs s'ils pensent que la hausse du salaire
minimum est une bonne idée, c'est rarement des chiffres qui vous pousseraient à
aller faire une plus hausse... forte hausse
du salaire minimum. Ça fait que moi, je ne suis pas tellement surpris. Si on
consulte des employeurs de la construction qui vous disent...
Voulez-vous plus de flexibilité? Ils vont dire oui. Grosse nouvelle, là, ce
n'est pas...
M. Boulet : Non, non, mais, quand
même, on tient compte des...
M. Leduc : Ils ont droit à leur
opinion puis leur opinion est valide, mais là on ne me fera pas dire que c'est
la grosse nouvelle de l'année puis que c'est la science infuse, là, tu sais, je
veux dire, c'est un éditorial, puis c'est bien correct, puis on en fait tous. Je fais juste le mettre avec un petit
grain de sel par rapport à l'argument que vous nous livrez.
M. Boulet : Je comprends.
M. Leduc : Je veux venir sur
l'application de ce que vous êtes en train de faire, M. le ministre, parce que
je considère, avec égards, bien sûr, que vous êtes en train un peu de livrer à
l'industrie de la construction un cadeau empoisonné.
Je m'explique. Vous dites des choses, quand même, à mon avis, extrêmement
floues, là, «courte durée», «séquence de travail», «majorité de
journées». Il n'y a pas d'heure, il n'y a pas de chiffre, il n'y a pas de
limite. Ça va être difficile pour des employeurs de résister à la tentation de
faire une interprétation extrêmement large de tous ces concepts-là. Ça va être difficile pour la partie syndicale de ne pas
intervenir au maximum pour avoir une interprétation extrêmement
restrictive de cette fonction-là.
Puis là vous dites : Oui, oui, bien, les
tribunaux trancheront par la suite, mais j'ai l'impression qu'ils ont pas mal
autre chose à faire, M. le ministre, les tribunaux, que de commencer à aller
légiférer sur : Mon Dieu! quelle était l'intention
du législateur? Ils vont venir vérifier les procès-verbaux de nos échanges
aujourd'hui, c'était-tu trois heures, quatre heures étalées sur une
journée, deux journées, trois journées? Vous leur donnez du trouble, là, à tout
le monde de la construction.
M. Boulet : Là, puis je vais
m'exprimer une fois là-dessus, dans toutes les conventions collectives de
travail au Québec... dans la majorité, dans le secteur de la santé, des
services sociaux, dans le domaine privé, il y a des clauses de connexité, il y
a des descriptions de tâches avec des notes infrapaginales, où les personnes
peuvent faire des activités complémentaires
ou des activités connexes, dépendamment des conventions collectives. Oui, il y
a des griefs, il y a de la jurisprudence qui assoit bien ces principes-là.
Nous, on est allés de façon beaucoup plus
claire. On n'a pas dit : Il peut faire des tâches complémentaires, on
dit : Il peut faire des activités reliées à celles prévues dans la
définition de son métier. C'est dans la même séquence de travail. Ça permet
l'avancement des travaux. C'est de courte durée, dans une journée. Il me semble
qu'on a mis toutes les barrières pour assurer, encore une fois, le respect des
compétences des travailleurs, protéger leur santé, leur sécurité, puis
permettre une bonne qualité des travaux. Ultimement, réduire les délais
d'attente, parce que, vous le savez, il y a
des charpentiers-menuisiers qui, parce qu'ils ne peuvent pas faire un travail
de carrelage, puis que l'entrepreneur fait
affaire avec un sous-traitant puis qu'il obtient les services du carreleur la
semaine suivante, ça retarde les travaux.
Puis ne venez
pas me dire que c'est flou parce qu'on ne fait pas confiance aux entrepreneurs
de la construction. Il y a des articles, dans beaucoup de conventions, puis je
suis certain que vous en avez négocié à titre de conseiller, qui ont des
clauses beaucoup moins claires que ça en matière de connexité, de tâches
complémentaires. Puis, oui, il n'y a pas... Quand même que je dirais, là :
On va inventer un mot où il n'y aura jamais de problème d'interprétation ou
d'application, je ne le trouverai pas puis je ne l'inventerai pas, mais le
Tribunal administratif du travail est composé de
juges expérimentés en la matière, et moi, je fais confiance au système. Je fais
confiance aux entrepreneurs puis je fais confiance aux salariés. Puis les
entrepreneurs qui veulent étirer l'élastique, ils vont être rapidement
identifiés, puis ils vont recevoir des constats d'infraction, puis ils
vont faire l'objet de recours tel que la loi le prévoit. Ça fait que c'est mon
approche globale. Puis vous savez qu'on a 400 inspecteurs, à la CCQ, là,
qui voient au respect de ces règles-là, et
vous allez être à côté quand on va faire une campagne de sensibilisation,
d'information puis de formation.
Puis, vous le savez, le Tribunal administratif
du travail en a déjà, des conflits de compétences, là, est-ce que la tâche x
est dans le métier 1 ou dans le métier 2, ça fait qu'ils connaissent
les concepts auxquels nous faisons référence à l'article 72. Donc, je vais
limiter mes commentaires à ce que je viens de dire.
La Présidente (Mme
D'Amours) : Merci. M. le député.
M. Leduc : Moi, j'entends ce que
vous me dites, M. le ministre, mais, tu sais, on... Vous faites référence à mon
passé de syndicaliste. Quand j'avais une demande d'un groupe de salariés qui
voulaient qu'on fasse adopter telle ou telle
clause, ma première préoccupation, c'était : on va-tu être capables de
l'appliquer? Parce que c'est bien beau, d'avoir une belle, belle clause qui dit exactement ce qu'on veut dire,
mais, si on n'est pas capables de l'appliquer, elle ne nous sert à rien
puis elle pourrait même potentiellement nous nuire, si on n'est pas capables de
l'appliquer, parce que ça génère des attentes, et donc, nécessairement, des
déceptions.
Et là moi, j'ai l'immense crainte, avec ce qui
nous est soumis aujourd'hui, qu'on se dirige exactement là. Parce que, là,
évidemment, on ne négocie pas une clause d'une convention collective, M. le
ministre, vous le savez bien, on négocie la loi. Ça fait que, qu'il y ait des
bons employeurs, des moins bons employeurs, des bons salariés, des moins bons
salariés, ce n'est pas ça, le débat. Le débat, c'est : est-ce qu'on est en
train de mettre en place un système qui va fonctionner et qui va être facile à
appliquer?
Vous, vous misez sur le fait que le moins de
détails on met dans la loi, le mieux ça va être. Et moi, je vous dis
précisément l'inverse, que plus on a des concepts qui sont flous et faciles à
être interprétés d'un bord ou l'autre, plus on génère des problèmes. Qui vivra
verra, bien sûr, mais je nous souhaite beaucoup de vigilance à ce niveau-là.
M. le
ministre, j'ai une question d'application, toujours. Il y a quelque chose qui
s'appelle, en santé et sécurité, un droit de refus. Quand on considère
qu'une tâche qui nous est demandée nous met en danger, notre santé ou notre sécurité, on dit : Droit de refus, je ne la
fais pas. C'est un article fondamental du Code du travail. Comment cet
article-là va entrer en dialogue, ou en complémentarité, ou en contradiction
avec une éventuelle plainte, en vertu de votre nouveau système de polyvalence de courte durée, pour
quelqu'un qui dit : Aïe! un instant, là, moi, vous me demandez,
aujourd'hui, de faire un travail dans une séquence soi-disant de courte
durée, je ne considère pas que c'est soit de la courte durée soit une séquence, je refuse de la faire? Est-ce
qu'il y a là une superposition de ce recours-là à la CCQ, avec un recours
de droit de refus à la CNESST?
• (16 h 20) •
M. Boulet : Très brièvement, le
droit de refus, là, qui est prévu aux articles 12 et suivants de la Loi
sur les normes du travail s'applique, évidemment, mais il faut qu'on demande à
la CNESST d'intervenir avec un enquêteur, qui conclut qu'il y a un danger pour
la santé-sécurité du travailleur lui-même ou pour un collègue de travail, mais
ça s'applique de manière parallèle.
Et de penser que l'entrepreneur, en intégrant le
principe de polyvalence dans ses travaux, va mettre à risque la danger... la
santé-sécurité-intégrité physique du travailleur, c'est comme... Mais s'il y a
un entrepreneur qui fait ça au Québec, le droit de refus, vous le soulevez
bien, peut s'appliquer.
M. Leduc : Est-ce qu'on
conseillerait alors à un salarié dont un employeur veut lui faire faire une
tâche courte dans une séquence de... mais, pour lui, il ne se considère pas
formé puis il considère que de l'obliger à faire cette tâche-là, ça le met en
danger dans sa santé-sécurité, il est-tu mieux de faire une plainte en droit de
refus à la CNESST ou il est mieux de faire une plainte à la CCQ en
disant : Non, non, ça n'a pas rapport avec mes tâches, ça?
M.
Boulet : Dans l'hypothèse que vous soulevez, s'il croit que
sa santé et sécurité est à risque, s'il le croit — puis je pense que c'est même le libellé de
12 — s'il
le croit, oui, il peut demander l'intervention d'un enquêteur.
M. Leduc : Puis est-ce que pour un
même événement, il pourrait faire à la fois une plainte à la CCQ et une plainte
à la CNESST?
M. Boulet : Encore une fois, il faut
toujours faire attention. Faire des plaintes abusives, vous savez ce que ça peut engendrer. Ça ne le met pas... ça ne lui
donne pas l'immunité, là, à l'égard de mesures, mais, si c'est une croyance
qui est légitime, il peut le faire, absolument.
M. Leduc : Puis ça pourrait être
deux plaintes parallèles?
M.
Boulet : Moi, je ne contrôlerai pas l'exercice des droits
qu'un travailleur ou une travailleuse de la construction peut avoir.
M. Leduc : Exact. Donc, vous me
confirmez que cet article-là ne vise pas à remplacer d'une quelconque manière
le droit de refus déjà prévu au code?
M. Boulet : Bien non, dans le
respect des conditions qui sont prévues dans la loi sur les normes. Puis vous
le savez, c'est important, peut-être, de le
redire, parce qu'on n'a pas eu l'occasion de le dire, mais on exclut, quand même,
tu sais, les mécaniciens en
protection incendie, les électriciens, les tuyauteurs, les frigoristes, les
mécaniciens d'ascenseur, parce qu'il y avait un enjeu de sécurité plus
important puis il y avait des qualifications particulières. Donc, ça, ça a été
fait dans un souci de respecter la globalité puis l'intelligence des métiers
aussi, là.
M.
Leduc : ...notre amendement qu'on va déposer tantôt, c'est
pour rajouter les opérateurs d'équipements lourds à ces exceptions-là.
On en reparlera dans un second temps.
Je veux peut-être terminer
notre échange, M. le ministre, sur votre projet à long terme, parce que j'ai lu
beaucoup de gens qui disaient que ce sur quoi nous sommes en train de discuter,
à savoir la polyvalence, en tout cas, votre version de la polyvalence, qui
était tellement ouverte, tellement large et, à mon avis, toujours interprétée
de différentes manières... pouvant être interprétée de différentes manières,
qu'il y avait là une espèce de loup dans la bergerie, où on visait à moyen, long
terme, à carrément soit abolir les métiers ou les réduire à sa plus simple
expression, à quelques métiers à peine. Est-ce que c'est là où vous voulez
atterrir dans quelques années?
M. Boulet : ...
M. Leduc : Parce que, si vous aviez
décidé d'abolir certains métiers ou de fusionner de nombreux métiers, est-ce
que ça n'aurait pas eu le même résultat de ce que vous êtes en train de nous
proposer aujourd'hui?
M. Boulet : Absolument pas.
M. Leduc : Quelle aurait été la différence?
M. Boulet : L'intégralité des
métiers est protégée. C'était même une hypothèse qui m'avait déjà été soumise,
de fusionner des métiers, mais je vous l'ai déjà expliqué, ça aurait été en
termes de réajustement de la formation pour les nouveaux métiers issus de la
fusion des métiers antérieurs. Ça aurait pris des années, des années, des
années, puis ça n'aurait pas eu l'impact souhaité.
On a un PQI à 153 milliards, on a des
projets nombreux dans la filière énergie, dans le contexte de la transition,
dans la filière batterie, des entreprises, des écoles, des hôpitaux, de
l'habitation. Il y a des défis beaucoup trop pressants, actuellement, au
Québec. Il faut se donner tous les outils, et ce que nous faisons avec la
loi R-20 est quand même un outil qui va générer des gains intéressants.
M. Leduc : Parce que plusieurs ont
dit, puis moi, je suis assez d'accord avec cette analyse-là, que la polyvalence, tel que vous nous le soulevez ici, ne
sera pas une solution miracle. Moi, je n'ai pas l'impression qu'il y aura des
nouvelles maisons qui vont être construites à cause de cette clause-là. On ne
m'en a pas fait la démonstration, en tout cas. J'ai plutôt l'impression, à
l'égard... que ce qu'il faudrait faire, ce serait un meilleur ordonnancement des
travaux. Parce qu'on a beau dire : On construit tout, au Québec, on ne
pourra pas tout faire en même temps. Il y a des choix qui ne sont peut-être pas
faits, au niveau du gouvernement, en termes d'ordonnancement des travaux, et on
n'aborde pas la question de la surspécialisation des entreprises, qui ne sera
réglée par absolument aucun article du projet de loi. Qu'est-ce qu'on fait à ce
niveau-là?
M. Boulet : La loi R-20 nous
conférait un certain nombre de leviers. J'ai souvent dit que la polyvalence
allait devenir un incitatif à une meilleure planification des travaux par les
entrepreneurs sur une base quotidienne et hebdomadaire.
Ceci dit, je n'irai pas dans la cour de mes
collègues, mais il y a des travaux qui se font en infrastructures, en éducation,
en emploi, et, quand on met tous les morceaux du casse-tête ensemble, on se
donne une industrie de la construction qui est performante puis qui va mieux
répondre aux besoins des Québécois et Québécoises. C'est tout.
M. Leduc : Puis, en matière de
rétention, M. le ministre, de main-d'oeuvre, des gens qui s'engagent dans
l'industrie de la construction sur un chemin particulier pour faire un métier
ou une occupation puis que, là, avec cet article-là, pourraient se ramasser de
manière assez fréquente à faire toutes sortes de tâches qui n'étaient pas
nécessairement dans leur volonté de faire à l'origine, vous ne pensez pas que
ça va avoir un impact négatif ou, en tout cas, encore plus négatif, sur la
rétention de main-d'oeuvre, qui est un énorme problème en ce moment?
M. Boulet : Non. Non.
M. Leduc : Parce que...
M. Boulet : Je dis non.
M.
Leduc : Il n'y aura pas d'impact? Les gens qui rentrent
là-dedans puis qu'on leur demandera de faire d'autres affaires...
M.
Boulet : Non, mais vous me demandez : Est-ce qu'il ne
peut pas y avoir un impact négatif? Non. L'impact souhaité, il est
positif.
M.
Leduc : Donc, dans les
prochaines années, on va voir une augmentation de rétention dans les
statistiques?
M. Boulet : Non, une meilleure
capacité de construire, construire plus et mieux.
M.
Leduc : Donc, il n'y aura pas d'impact négatif, mais il
n'y aura pas d'impact positif non plus sur la rétention.
M.
Boulet : Sur la rétention?
M. Leduc : La
rétention de la main-d'oeuvre. Si on fait faire des tâches...
M. Boulet : Moi,
je pense que la possibilité de faire d'autres tâches va être bénéfique pour la
rétention. C'est la richesse d'un secteur d'activité que de pouvoir être
flexible, de pouvoir être polyvalent. Et je pense même, puis là je m'avance,
mais... que ça peut même avoir un impact positif sur la santé et sécurité,
parce qu'il y a des personnes qui font des mouvements répétitifs sur des
périodes de temps prolongées puis qui développent des lésions
musculosquelettiques, et ça, ça va permettre de diversifier, parfois, ton
travail et d'éviter que tu développes une tendinite, une bursite, ou une
ténosynovite, ou peu importe la lésion musculosquelettique à laquelle nous
référons. Donc, il y a ces effets positifs là que nous ne soupçonnons peut-être
pas encore assez.
M. Leduc : Ça
va être tout pour l'instant, Mme la Présidente. Je reviendrai avec mon
amendement tantôt sur l'opérateur d'équipements lourds.
La Présidente (Mme
D'Amours) : M. le député, vous avez remarqué que le texte que vous
aviez demandé est sur écran, donc... peut-être...
M. Leduc : ...
La Présidente (Mme
D'Amours) : Donc, Mme la députée de Bourassa-Sauvé, la parole est à
vous.
Mme Cadet : Merci
beaucoup. Merci beaucoup, Mme la Présidente. Donc, sur l'amendement du
ministre, donc, j'ai bien... donc, puis... et on voit, donc, le texte à l'écran
en ce moment, donc, j'ai bien saisi le libellé, donc, en matière, donc, de travaux relatifs à la stabilité
ou à la capacité portante d'une structure. Donc, effectivement, M. le ministre,
donc, vous avez nommiez... vous aviez nommé l'ACQ, notamment, donc, qui avait
soulevé les défis d'interprétation que pouvait soulever le libellé précédent,
donc, disant que le principe n'était pas applicable aux travaux de structure.
Il y avait aussi l'ACRGTQ, là, qui, en commission, était venue soulever cette
même problématique, ce même défi.
Vous avez, dans les
échanges précédents, donc, répondu à quelques-unes de mes questions, donc, au
niveau, donc, de la courte durée, donc, à préciser ainsi que le concept de
continuité. Peut-être juste sur la continuité, parce je vous avais beaucoup
entendu, M. le ministre, lorsque vous présentiez votre intention de déposer le
projet de loi... donc, de parler, donc, de travaux effectués dans la
continuité. Donc, ici, vous avez, donc, dans l'échange précédent, donc,
mentionné que ce n'était pas l'intention du législateur. Donc, peut-être me
préciser cet aspect-là, ce que j'ai... Dans vos apparitions publiques, là, sur
le sujet de la polyvalence, vous exprimiez ce principe de continuité.
M. Boulet : En
fait, comme je viens de l'expliquer, on disait : Les travaux... bon...
«elles s'inscrivent dans une même séquence de travail et permettent
l'avancement des travaux». Dans le texte original, on disait «incluant
préparation, continuité et finition». Les rédacteurs ont déplacé le mot
«continuité» puis ont dit «avancement ainsi que continuité», mais c'est
redondant de l'écrire de cette manière-là, donc, ce n'était pas ce qui était
souhaité. Et les travaux de continuité, ça n'existe pas, là, en fait, en
pratique, et c'est la raison pour laquelle on est revenus au texte original, en
fait, le texte que nous avions, que moi, j'avais approuvé. C'est celui-là que
vous trouvez.
• (16 h 30) •
Mme Cadet : OK.
D'accord. Donc, quand, dans l'espace public, donc, vous parliez, donc, de
continuité, donc, de travaux effectués dans
la continuité, donc, vous parliez, donc, du concept que l'on voit maintenant,
de même séquence de travail...
M. Boulet : Exact.
Mme Cadet : OK.
Donc, c'est ce principe-là que vous cherchez à exprimer.
M. Boulet : Même
séquence de travail pour faire avancer les travaux, c'est comme ça que je
l'exprime ou que j'ai toujours voulu l'exprimer.
Mme Cadet : Parfait.
Maintenant, au niveau de la finition, pourquoi vous avez choisi de ne pas
définir le terme «finition»? Puis il y a
certains groupes qui sont venus nous en parler, là, bien, nommément, donc,
l'APCHQ, donc, lors de son apparition
en commission parlementaire, donc, nous parlait de l'importance, donc, de
définir le terme «finition». Ils sont même... ils nous sont même arrivés
avec une proposition de libellé, en fait.
M. Boulet : Non,
on n'a pas considéré opportun de le faire. C'est suffisamment clair.
Mme Cadet : Pourquoi?
M. Boulet : Bien, quand un mot a un sens, vous le savez, qu'il
n'est pas susceptible d'interprétation. «Travaux de structure», ça pouvait faire l'objet d'une
interprétation, alors que la finition, c'est un terme qui est compris dans
l'industrie de la construction, qui ne requiert pas de précision
additionnelle. C'est pour ça qu'on ne l'a pas défini.
Mme Cadet : ...nous
le définir, maintenant, pour nous assurer qu'on ait tous la même compréhension.
M. Boulet : Oui. Bien oui, je vais
le... pas à côté de moi, mais je l'avais lu, là.
Des voix : ...
La Présidente (Mme D'Amours) :
...Mme la députée, le temps qu'on donne la réponse au ministre?
Mme Cadet : Bien, écoutez, ce...
Donc, dans l'échange précédent, on a répondu à quelques-unes de ces questions-là, donc, ce que signifiait «courte
durée», puis également j'ai aussi compris qu'il pouvait y avoir, donc, réaffectation le lendemain. Donc, il y a
eu des échanges relativement concis là-dessus. Donc, ça, j'avais saisi cet
élément-ci. C'est les questions que j'avais.
M. Boulet : ...dans 15 secondes.
Mme Cadet : 15 secondes.
La Présidente (Mme D'Amours) : Si on
n'a pas la réponse tout de suite, Mme la députée, est-ce qu'on peut aller à un
autre député si vous n'aviez pas d'autre question, puis le ministre pourra
revenir à ce moment-là?
Mme Cadet : ...de Mille-Îles.
La Présidente (Mme D'Amours) : Bien
là, il y a le député de Jean-Talon avant.
Mme Cadet : Ah! d'accord. Ah! OK, je
n'avais pas vu qu'il était là.
La Présidente (Mme D'Amours) : On a
un collègue qui a levé la main avant la députée des Mille-Îles. Ça fait que je vais... je vais laisser la parole au
député de Jean-Talon, puis on pourra vous revenir avec la réponse, Mme la députée.
Ça fait que, donc...
M. Paradis : Merci beaucoup. Bien,
en fait, Mme la Présidente, ça va peut-être donner du temps à un peu tout le monde
parce que je voulais vous demander une pause pour pouvoir m'adresser au
ministre quelques minutes.
La Présidente (Mme D'Amours) : Parfait.
Je vais suspendre les travaux quelques minutes.
(Suspension de la séance à 16 h 33)
(Reprise à 16 h 42
)
La
Présidente (Mme D'Amours) :
Nous reprenons nos travaux, et je
cède la parole au député de Jean-Talon.
M.
Paradis : Merci beaucoup. M. le ministre, vous ne serez pas
surpris de m'entendre parler de toute la question de la sécurité, de
s'assurer que les personnes qui font des travaux ont toujours la compétence
voulue, qu'ils disposent de la formation
adéquate lorsqu'il y a des travaux qui sont accomplis, et, bien qu'on puisse
saluer qu'il y ait donc une ouverture,
donc, à cette polyvalence que vous nous proposez, là, notamment à
l'article 4.0.1 du règlement, je me demandais, là... Je vois
poindre... Quand je regarde le paragraphe 1° du deuxième alinéa, quand on dit
que les tâches qu'on peut effectuer en vertu du principe de polyvalence sont
reliées à celles prévues à la définition du métier de ce compagnon, donc on veut s'assurer que la personne qui fait
les travaux, elle sait ce qu'elle fait. Est-ce qu'à cet effet-là vous auriez
une ouverture, M. le ministre, à ce qu'on précise ce paragraphe-là pour
le resserrer un peu et s'assurer que le compagnon dispose d'une formation
suffisante pour effectuer les tâches connexes à celles, donc, dont on parle?
La Présidente (Mme D'Amours) : ...nous
sommes sur l'amendement. Est-ce que... Ce que vous demandez, c'est sur
l'article 72, mais là, maintenant, la discussion est sur l'amendement, et
ce que vous avez mentionné, le deuxième paragraphe, ne coïncide pas avec ce
qu'on a comme... comme travaux en avant de nous.
M. Paradis : Bien,
pour moi, je le regardais dans sa totalité, mais on peut attendre, M. le
ministre, là, de régler l'amendement, là...
M. Boulet : Bien oui, ça me fera
plaisir.
M. Paradis : ...parce que, de fait,
sur l'amendement, là, je n'ai pas de...
La Présidente (Mme D'Amours) : Vous
n'avez pas de commentaire?
M.
Paradis : Je n'ai pas de remarque particulière, mais j'ai cette
question-là sur l'article, globalement, tel qu'amendé.
La Présidente (Mme
D'Amours) : Vous aurez l'occasion...
M. Paradis :
Très bien, j'y reviens.
La
Présidente (Mme D'Amours) :
Oui, vous aurez l'occasion de revenir... tel qu'amendé. Est-ce que j'ai des commentaires?
Oui, Mme la députée de Bourassa-Sauvé.
Mme Cadet : Oui,
bien, tout simplement, Mme la Présidente, je pense que les 15 secondes se
sont écoulées pour... pour la définition de «finition».
La Présidente (Mme
D'Amours) : Pour votre réponse.
M. Boulet : ...avec
l'Office québécois de la langue française, il y a le sens commun, mais ça
comprend la pose de revêtement, sol, mur, plafond, boiseries, jointement,
peinture, insonorisation, en fait tout ce qui est entrepris une fois les travaux structuraux terminés, donc,
puis ça réfère, bien sûr, à la finition toujours dans une même séquence de
travail, là, mais... tu sais, la peinture après le plâtrage, là, mais il y a
beaucoup... Je veux dire, c'est assez large.
Mme Cadet : Vous
référez donc à la définition du Grand dictionnaire terminologique de l'OQLF
sur les activités non structurelles de construction associées à l'apparence et
à l'esthétique du bâtiment ou de l'ouvrage, là, comme les exemples que vous
venez de nommer. C'est un peu...
M. Boulet : Évidemment,
l'usage, dans l'industrie de la construction, réfère à des travaux qui
s'inscrivent dans une même séquence de
travail, mais, sur l'identité de chacun des travaux de finition, oui, la
définition qui provient du sens commun de l'Office québécois de la
langue française peut être utilisée.
Mme Cadet : D'accord.
Merci, Mme la Présidente. Donc, sur l'amendement, donc, peut-être, ma
collègue... Ensuite, j'aurais d'autres commentaires sur l'article de façon
générale, évidemment.
La Présidente (Mme
D'Amours) : Parfait. Mme la députée de Mille-Îles.
Mme Dufour : Merci,
Mme la Présidente. Alors, je note, M. le ministre, avec cet amendement-là,
qu'on répond à une demande de la CPQ, là, le Conseil du patronat du Québec. Ils
mentionnaient dans leur mémoire, là, que l'enjeu avec les travaux de structure,
là... Ils souhaitaient, en fait, une définition, qu'une définition soit
intégrée au projet de loi, parce qu'ils
disaient... Bon, pour eux, les travaux de structure, il fallait limiter ça à un
niveau de dangerosité élevé pour les infrastructures, les travailleurs
ou à la population. Donc, vous avez plutôt choisi une autre approche. Donc,
vous n'avez pas intégré de définition. Ce que je comprends, ce que je constate,
c'est qu'on l'a limité à ce qui est la capacité portante d'une structure. Donc,
il n'y a aucun autre cas qui... de travaux qui pourraient toucher à la
structure, qui pourraient avoir un niveau de dangerosité. On est juste dans la
capacité portante.
M. Boulet : Tout
à fait, stabilité et capacité portante, tout à fait.
Mme Dufour : OK,
parfait. Bien, en fait, je vous remercie pour le groupe d'avoir fait cette
modification-là parce que je comprends que c'était... c'était un enjeu pour
eux. Par rapport à la polyvalence, vous avez mentionné, tout à l'heure, le
choix, là, dans le fond, de ne pas aller... de ne pas réduire les métiers. Vous
en avez parlé. Vous avez parlé, là, d'une question... je pense que c'était...
il y avait une question de rapidité, qu'on voulait aller plus vite, que ça aurait été un... peut-être des... un
échéancier plus long, mais ça reste que... puis vous avez mentionné la quantité
de défis qui nous attendent, de chantiers qui s'en viennent, mais ça ne va
pas... ça ne va pas s'arrêter dans le temps. Il va y en avoir. Tu sais, on a... on a vu... Hydro-Québec a fait des
annonces pour les... probablement les 20, 25 prochaines années. Il y aura d'autres... d'autres travaux. À
un moment donné, il faut la faire, cette modification-là. À quel moment
on peut penser que ça va... tu sais, de faire ce travail de simplification là
des métiers...
M. Boulet : ...des
métiers?
Mme Dufour : Oui,
le vrai travail, parce qu'on s'entend, c'est assez cosmétique, là, ici.
M. Boulet : Moi,
je ne suis pas d'accord. Ce n'est pas l'avis des 112 et des
118 entrepreneurs. Donc, il y a au-delà
de 200 entrepreneurs, mais ce n'est pas mon intention... Je l'ai mentionné
au collègue d'Hochelaga-Maisonneuve, laissons vivre, laissons intégrer
le principe de polyvalence dans l'industrie de la construction, laissons le
milieu s'adapter à ce principe-là. Est-ce
qu'un jour, et là ça devient très hypothétique, ça mènera vers une évidence de
regroupement de certains métiers? Je ne suis pas capable de répondre à ça.
Vous, c'est ce que vous souhaitez éventuellement, mais la polyvalence,
dans cette perspective-là, serait certainement une étape qui est nécessaire. Je
pense qu'on se... que vous me comprenez.
Mme Dufour : Merci.
Je veux juste préciser ce que je souhaite surtout, c'est qu'on...
M. Boulet : C'est... de polyvalence.
Mme
Dufour : ...c'est qu'on soit
plus efficaces, qu'on... qu'on soit capables de construire vraiment plus
rapidement. Puis là il y a beaucoup de perte de temps dans nos
chantiers, puis il y a... il y a un chiffre qui m'a marquée, puis je ne sais
pas si je l'ai mentionné ici, parce que je l'ai mentionné à différentes
instances, mais qu'aujourd'hui ça prenne deux
fois plus d'employés... d'employés de l'industrie pour construire une unité par
rapport à ce qu'il y avait... ce qu'on faisait il y a 20 ans, c'est
parce qu'on a beaucoup de perte de... dans la productivité, là.
M. Boulet : Oui, totalement. Je suis
d'accord.
Mme
Dufour : Donc, évidemment, quand je regarde, moi, la
quantité de logements qu'on doit construire, je me dis : On aurait
pu aller plus loin, c'est sûr.
M. Boulet : Et je vous entends
là-dessus.
La
Présidente (Mme D'Amours) : ...s'il vous plaît, collègues. Je vous ramène à
l'amendement, s'il vous plaît.
M. Boulet : Oui, OK.
Mme Dufour : Oui, merci. Merci, Mme
la Présidente.
M. Boulet : C'est un élément.
La
Présidente (Mme D'Amours) : D'autres commentaires sur l'amendement? S'il n'y a
pas d'autre commentaire, est-ce que l'amendement est adopté?
Des voix : Adopté.
• (16 h 50) •
La Présidente (Mme D'Amours) : Adopté.
Nous revenons maintenant à l'article 72 tel qu'amendé. Est-ce qu'il y a
des... Oui, monsieur...
M. Leduc : Comme annoncé, Mme la
Présidente, il y a un amendement qu'on vous a envoyé.
La Présidente (Mme D'Amours) : Donc,
moi, pour être transparente avec le député de Jean-Talon, c'est un amendement
qui est en... qui est à la suite du... de l'amendement du ministre. Ensuite, il
y a un amendement de la collègue. Et là on va avoir une grande discussion sur
72 tel qu'amendé selon vos participations au vote.
M. Leduc : Amendé ou pas, c'est ça?
La Présidente (Mme D'Amours) : C'est
ça, exactement.
M. Leduc : À suivre.
La Présidente (Mme D'Amours) : Mais
je voulais être transparente avec le député de Jean-Talon, là, pour la suite
des choses. Donc, M. le député d'Hochelaga-Maisonneuve, si vous voulez bien
nous faire la lecture de votre amendement, s'il vous plaît.
M.
Leduc : Merci, Mme la Présidente. Article 72 :
Insérer, dans le troisième alinéa de l'article 4.0.1 du Règlement
de la formation professionnelle de la main-d'oeuvre de l'industrie de la
construction (chapitre R-20, r.8), proposé par l'article 72 du projet
de loi, après les mots «frigoriste», les mots «, d'opérateur d'équipement
lourd, d'opérateur de pelles mécaniques, de mécanicien de machines lourdes».
Alors, sans grande surprise, Mme la Présidente,
on arrive ici avec un amendement qui était écrit dans le ciel, en quelque
sorte, là. Le ministre lit les journaux comme moi. Il a vu, ce matin, dans sa
revue de presse, un article, là, de M.
Alexandre Robillard, du Devoir, intitulé Les opérateurs de machinerie
lourde inquiets du projet de loi de Jean Boulet, du ministre
du Travail.
Je vous... je
vous confesse que j'avais déjà eu des discussions avec M. Marc Leclerc, là, de
l'Union des opérateurs de machinerie lourde, de la section
locale 791 — ils
aiment beaucoup les chiffres, les syndicats dans le milieu de la construction,
on s'y perd assez rapidement, parenthèse terminée — qui nous souligne à
grands traits à quel point il ne comprend pas pourquoi, dans les exceptions au
nouvel article du ministre, qui en nomme plusieurs, là... On dit ici, je vous
relis le dernier paragraphe, là : «Le principe de polyvalence n'est pas
applicable aux travaux de structure ou à l'opération de grues de tout genre. Il
ne s'applique pas non plus aux tâches relevant des métiers d'électricien, de
tuyauteur, de mécanicien en protection-incendie, de frigoriste ou de mécanicien
d'ascenseurs.»
Donc,
des métiers plus spécialisés dont une erreur ou un travail avec un petit coin
rond auraient des conséquences beaucoup plus importantes que d'autres
métiers... pas pour dire que ces gens-là veulent moins bien travailler. On n'est pas là du tout, là. On est
en train de dire que des erreurs, dans ces milieux-là, seraient particulièrement
dangereuses pour les travailleurs, travailleuses mais pour le reste aussi d'un
chantier et éventuellement aussi pour les gens qui vont travailler ou vivre
dans la bâtisse, la construction qui est en train d'être fabriquée devant nos
yeux.
Et M. Leclerc, avec
différents exemples, dit : Bien là, moi, je... mes gens chez nous, là,
sont aux commandes de pelles mécaniques. Je
vous cite un extrait de son avocat, là, du syndicat, de M. Danny Nicholson...
Me Danny Nicholson : «Ce que ça revient à faire, c'est autoriser
des gens, des travailleurs, travailleuses qui n'ont pas la formation requise, à
utiliser de la machinerie lourde. En soi, c'est un non-sens.» Eux autres, ils
disent : La polyvalence, c'est un débat, faisons le débat. Mais il
dit : Pour nous, les gens de la machinerie lourde, c'est dangereux. Le mot
«meurtrier» est même utilisé, pas, évidemment, pour accuser le ministre, là,
mais de dire : Cette façon-là de fonctionner et cette... les outils avec
lesquels on fonctionne, la machinerie lourde, ça peut être meurtrier, ça crée
des accidents graves quand ça arrive,
malheureusement. On a toujours la volonté de les réduire le plus possible à
zéro, ces accidents-là, mais ils arrivent. Et là, toujours
M. Leclerc, le directeur général de l'Union des opérateurs de machinerie
lourde, dit : «La machinerie lourde
est, malheureusement, année après année, la source de plusieurs accidents
graves et de décès au travail. On comprend qu'avec la machinerie lourde
les conséquences sont rapidement catastrophiques.»
Alors, je ne sais pas
si M. le ministre pourrait me dire si ça serait, en effet, une bonne idée
d'élargir un peu ces exceptions, toujours dans un objectif de santé et
sécurité, et d'y inclure, tel que le demandent M. Leclerc et ses gens du
local 791, la machinerie lourde. Merci.
La Présidente (Mme
D'Amours) : Merci. M. le ministre.
M. Boulet : Oui.
Je vais donner une explication que je considère complète. Un, j'ai beaucoup
d'estime pour les opérateurs de pelles et d'équipement lourd. Je suis
d'ailleurs allé sur un chantier et j'ai eu l'opportunité de conduire un
équipement lourd, mais j'avais un coach, j'avais un moniteur.
M. Leduc : Vous
aviez vos cartes de compétence, M. le ministre?
M. Boulet : Non,
non, il me le montrait, puis c'est quand même...
M. Leduc : OK.
C'était de courte durée aussi, oui, c'est ça, hein?
M. Boulet : Oui.
Un ministre, ça peut être polyvalent aussi, comme un député de l'opposition,
surtout un leader comme vous, collègue.
Mais,
ceci dit, le principe de polyvalence prévoit que c'est dans la même séquence.
Donc, un charpentier-menuisier n'ira pas conduire une pelle mécanique ou
un équipement lourd, et le DEP est le même. Puis il y a un inventaire
d'équipement qui est quand même assez important, et les opérateurs d'équipement
lourd peuvent opérer des pelles mécaniques. Et la CCQ anticipe éventuellement,
dans un certain nombre d'années, on me dit trois ans, de fusionner les deux
métiers, mais c'est deux métiers distincts, et actuellement il y a une rigidité
entre les deux métiers, et la polyvalence va être un atout parce que ça peut
s'inscrire dans la même séquence, c'est relié à son type de travail.
Puis
la santé et sécurité, c'est mon guide principal, puis c'est un objectif que
nous partageons tous les deux, puis je vous rappellerai qu'en 2023 il y
a 64,5 % des nouvelles émissions de certificats de compétence-apprenti
pour le métier d'opérateur d'équipement lourd l'ont été pour des personnes qui
y ont accédé par la voie des bassins, en fait, c'est 64,5 %, puis les
opérateurs de pelles mécaniques, 74 %. Et donc, je le rappelle, c'est deux
métiers distincts, puis il y a 69 % des
personnes qui ont commencé ce métier-là, qui ont eu le certificat
compétence-apprenti par la voie des bassins, donc sans formation. Je
pense que tu as besoin de formation en milieu de travail. C'est ce qui est
fait, mais ce n'est pas une polyvalence. Encore une fois, ce n'est pas une
crainte que je considère fondée.
Ceci dit, je le
répète, M. Leclerc, c'est un monsieur qui est hyperarticulé. J'ai
rencontré le 791 plus qu'une fois. Je crois bien que les membres de mon
cabinet, on est hypersensibles à la sécurité puis la polyvalence. Ce n'est
certainement pas pour permettre à des carreleurs, ou des peintres, ou des
charpentiers-menuisiers d'aller opérer des pelles ou des équipements lourds.
M. Leduc : Pourtant,
ça va le permettre.
M. Boulet : Non,
parce que ce n'est pas dans la même séquence de travail puis ce n'est pas un
travail qui est relié.
M. Leduc : On
se rappelle que le mot «séquence» n'est pas particulièrement bien défini, là.
On a eu un échange très court là-dessus.
M. Boulet :
Non, mais moi, je...
M. Leduc :
C'est quoi, une séquence? Bien, expliquez-moi.
M.
Boulet : Il y a plus de balises que dans la vaste
majorité... bien, dans la totalité des conventions collectives de travail que je connais. Et on dit au
départ : Il faut que ce soit relié à son travail. Tu sais, ses tâches sont
reliées à celles prévues à la définition du métier de ce compagnon. Quoi
de plus clair, collègue? Moi, pour moi, c'est clair.
M. Leduc : Là, vous me dites que, vu
que le métier est proche de celui de pelle mécanique puis qu'il y a une
discussion éventuelle...
M. Boulet : Bien, les deux, c'est
deux métiers distincts puis ils se promènent. Ils peuvent se promener d'un
équipement à l'autre.
M. Leduc : Puis qu'éventuellement il
y a peut-être une discussion pour les fusionner?
M. Boulet : Il y a les opérateurs de
pelles puis il y a les opérateurs d'équipement lourd.
M.
Leduc : Puis, éventuellement, il y a peut-être des
discussions pour les fusionner. C'est ça que vous me dites?
M. Boulet : Il y a des discussions,
effectivement. C'est entériné par le conseil d'administration, d'ailleurs, par
les syndicats et les patrons, et ça va être effectif dans trois ans.
M. Leduc : Bon, mais là ce qu'on est
en train de modifier, c'est un règlement, ce n'est pas la loi?
M. Boulet : Non, effectivement.
M. Leduc : Donc, c'est très
facilement modifiable, ça aussi. Quand ils feront la discussion de modifier les
types d'emplois dans un règlement, ils vont... pourront modifier celui-là en
même temps.
M. Boulet : Il n'y a rien qui
empêchera que ce soit analysé.
M. Leduc : Ce n'est pas un défi
insurmontable d'un point de vue de procédure.
M. Boulet : Non, pas du tout.
M. Leduc : Une autre piste qu'on pourrait
faire...
M. Boulet : C'est un excellent
point.
M.
Leduc : Une autre piste qu'on pourrait faire, c'est de
mettre aussi les opérateurs de pelles dans les exceptions.
M. Boulet : Ah mon Dieu! Moi, je ne
m'immiscerais pas là-dedans, là, mais, à ce stade-ci, le principe de
polyvalence, il est clairement balisé et il est clairement soumis à des
conditions qui, selon moi, sont claires et qui ne permettront pas que des
personnes mettent leur santé ou leur sécurité à risque en allant conduire soit
des équipements lourds, qui est un métier, soit des pelles mécaniques, qui est
un autre métier.
M.
Leduc : Vous dites : Je ne m'immisce pas là-dedans,
mais, un instant, vous faites précisément ça, là. Vous précisez les
types d'emplois qui ne seront pas assujettis à votre nouvelle...
M. Boulet : Non, mais vous me
dites : Est-ce qu'éventuellement la CCQ pourrait...
M. Leduc : Ah! pas éventuellement,
tout de suite. Moi, je vous dis, si vous... si votre argument pour me refuser
de rajouter les opérateurs de machinerie lourde, c'est que c'est proche des
pelles mécaniques, OK, on rajoute des pelles mécaniques.
M. Boulet : Non, non. Moi, je
dis : Le principe de polyvalence ne s'applique pas dans un contexte où on
nous dit que ça mettrait à risque des personnes qui exercent d'autres métiers,
non, parce que ce n'est pas... ça ne serait pas dans la même séquence de
travail. Puis, deux, je vous ai donné les pourcentages de personnes qui
accèdent par la voie des bassins, 69 %, quand même, dans ces deux
métiers-là.
M.
Leduc : J'essaie un autre chemin, alors. Expliquez-moi
comment vous êtes arrivés à cette liste-là, là, que vous dressez
vous-même, d'exceptions à votre propre lecture de la polyvalence. Vous...
M. Boulet : Consultation,
consultation, consultation puis collaboration de la Commission de la
construction du Québec pour assurer la
sécurité. Je le répète : compétence, santé, sécurité puis qualité des
travaux, voilà, c'est tout.
• (17 heures) •
M. Leduc : Mais là la CCQ, c'est
supposé être bipartite.
M. Boulet : On
obtient des avis...
M. Leduc : Ça veut dire qu'il y a
une... la partie syndicale n'est certainement pas d'accord avec ça. La CCQ ne
peut pas dire oui.
M.
Boulet : Non, mais on obtient des avis, des expertises. Ce
n'est pas l'opinion... Nous décidons du contenu du projet de loi.
M.
Leduc : Ça fait que, pour opération de grue, métier d'électricien, tuyauteur, mécanicien de
protection-incendie, frigoriste, mécanicien d'ascenseurs, vous
considérez avoir reçu des avis favorables pour dire : On les exclut de la
polyvalence parce que ça, c'est trop dangereux.
M. Boulet : Oui. En fait, pas
dangereux, mais il y a des enjeux de sécurité qui sont fondamentaux.
M. Leduc : Mais pas pour l'opération
d'équipement lourd?
M. Boulet : Non. Le principe de
polyvalence n'était pas problématique pour ces deux métiers-là.
M.
Leduc : Puis, dans les autres métiers, c'est quoi, les
éléments qui vous faisaient basculer pour dire : Oui, je le prends, lui, je le... lui, je le prends? J'imagine
qu'il y avait des avis des principaux intéressés, à savoir les travailleurs,
travailleuses, qui... qui vous ont dit : Nous, on pense qu'on ne devrait
pas faire partie de cette liste-là. C'était quoi, les autres avis qui faisaient
que vous vouliez...
M. Boulet : J'ai répondu à ça :
consultation par-dessus consultation, avis puis expertise.
M. Leduc : Est-ce qu'il y en a
d'autres, alors, comme le 791, qui ont plaidé d'être dans cette liste-là, puis
que vous avez refusé?
M. Boulet : Bien, moi, je les ai
rencontrés. Nos équipes les ont rencontrés. Oui, ils ont déposé un mémoire.
M. Leduc : Ce n'est pas ça, ma
question. Est-ce qu'il y a d'autres syndicats, d'autres métiers qui ont voulu
être intégrés dans ces exceptions-là, et que vous avez refusés comme vous vous
apprêtez à le faire pour le 791?
M. Boulet : Pas à ma connaissance à
moi, mais... non, pas moi, à ma connaissance.
M. Leduc : Donc, c'est le seul
métier qui plaide pour dire : Moi, mon travail, je le trouve dangereux,
puis ça n'a pas rapport, que d'autres personnes viennent jouer dans mes
machines lourdes. Vous leur dites : Votre avis n'est pas suffisant. Je
vous intègre quand même dans le concept de polyvalence. C'est les seuls.
M. Boulet : Il y a des métiers non
assujettis qui peuvent opérer, hein, c'est... comme les monteurs de ligne qui
peuvent intervenir quand c'est dans la même séquence, et ça respecte les
critères, mais... J'ai répondu.
M. Leduc : À partir de combien
d'éventuels accidents? On ne les souhaite pas, bien sûr, mais à partir de
combien d'éventuels accidents de machineries lourdes qui seraient opérées par
des gens qui ne seraient pas supposés d'opérer ça en théorie va-t-on considérer
un changement?
M. Boulet : Zéro, zéro. Il y en a
beaucoup qui rentrent par la voie des bassins. La meilleure façon de protéger les travailleurs, travailleuses, c'est
par l'obtention d'un diplôme d'études professionnelles, ou d'une attestation
d'études professionnelles, ou par la voie d'activités de formation continue ou
de formation initiale qui sont couvertes, d'ailleurs,
par le comité de formation professionnelle de l'industrie de la construction.
Puis il y a même de la formation en milieu de travail. Ça fait que c'est
ça, la clé, c'est ce qui se fait actuellement.
M. Leduc : Donc, vous me dites qu'il
y aura zéro...
M. Boulet : Mais à votre
question : Est-ce que la polyvalence peut faire en sorte qu'un
charpentier-menuisier se blesse, parce que le principe de polyvalence lui
permettrait d'opérer un équipement lourd? La réponse, c'est non. Ça ne peut pas
être dans la même...
M. Leduc : Mais soit ça, soit qu'il
se blesse, soit qu'il blesse quelqu'un d'autre...
M. Boulet : Mais la réponse, c'est non.
M.
Leduc : ...ou soit qu'il brise des tuyaux. Avec son
équipement là, il pourrait comme causer des dommages importants, des
fuites de...
M. Boulet : Non.
M. Leduc : Comment ça, non?
M. Boulet : Non, la réponse, c'est
non. Mais les... C'est bien balisé, là. Les conditions sont claires.
M. Leduc : Vous me garantissez qu'il
n'y a absolument aucun accident dans les prochaines années.
M. Boulet : Il n'y a aucune relation
entre la nature des fonctions des opérateurs d'équipement lourd ainsi que des
opérateurs de pelle mécanique et les autres métiers. Puis ça, c'est la première
balise. Puis, la deuxième balise, il faut que ce soit dans la même séquence
pour que ça permette l'avancement des travaux. Quand même que vous tenteriez
d'inventer une hypothèse qui peut générer un accident de travail, il n'y en a
pas. Moi, je ne suis pas capable de
l'inventer. Puis je le répète, la polyvalence, elle est équilibrée, elle est
modérée. Elle est respectueuse des trois objectifs que je répète
constamment.
M. Leduc : Je vous prends au mot,
alors, M. le ministre. Vous êtes en train de me garantir qu'il n'y aura aucun
accident de travail pour sa personne, pour une autre personne ou un accident de
bris de tuyau ou autre chose qui va être faite par une personne non qualifiée
qui va opérer une machinerie lourde à cause de votre article dans les
prochaines années?
M. Boulet : Je ne donne aucune
garantie. Vous savez comment les accidents peuvent être imprévisibles. Ce que
je vous dis, c'est que le principe de polyvalence, tel qu'il est délimité dans
la loi, n'est pas une condition qui met à risque un travailleur ou une travailleuse
de la construction et qui peut provoquer un accident de travail ou une maladie
professionnelle. Ça fait que je ne peux pas donner de garantie, mais la
polyvalence, le but de la polyvalence, c'est de sauver des coûts puis de
diminuer des délais, ce n'est certainement pas d'engendrer des accidents de
travail.
M. Leduc : Ce n'est pas votre
objectif, ce n'est pas ça, la question. Je suis convaincu que ce n'est pas
votre objectif. Néanmoins, vous me dites : Je n'ai pas de garantie. OK,
donc, ça se peut que ça se passe. Ce n'était pas ça que vous vouliez qui... ça
arrive, mais la nature humaine étant ce qu'elle est, ça pourrait arriver. Donc,
ma question est la suivante : À partir de combien d'accidents de ce
genre-là on va considérer, peut-être, qu'on a peut-être fait une erreur puis
qu'on va les réintégrer dans cette exception-là par un nouveau règlement? Il en
faudra cinq, 10, 15?
M. Boulet : Je répète tout
simplement que ce n'est pas... on va combattre ça en faisant de la formation,
de la sensibilisation puis des activités
d'information par l'intervention des inspecteurs puis des entrepreneurs. Moi,
je me fie à leur capacité d'exercer leur droit de direction et de ne pas
utiliser la polyvalence de façon incompatible. Ce serait illégal. Ils s'exposent à des constats
d'infraction, à des amendes et à risquer ultimement de perdre leur licence
d'entrepreneur.
M. Leduc : Je vais essayer une
dernière chose, M. le ministre. Est-ce que vous vous engagez, tant et aussi
longtemps que vous serez le ministre du Travail... Là, tantôt, à la période de
questions, le ministre de l'Éducation n'était plus sûr s'il allait le rester,
ministre de l'Éducation, on verra bien, mais vous, là, le député de
Trois-Rivières...
M. Boulet : C'est ce que vous
souhaiteriez quand même, qu'il le demeure.
M. Leduc : Moi, je vous aime
beaucoup, M. le ministre, je souhaite que vous resteriez jusqu'au bout du
mandat, bien sûr, mais, blague à part, est-ce que vous vous engagez, en tant
que ministre du Travail et tant que vous serez ministre du Travail, à
rencontrer immédiatement ou dans un délai respectable, bien sûr, le 791 dès
qu'il y aura, parce qu'on ne le souhaite pas, mais ça se peut que ça arrive,
dès qu'il y aura eu un accident d'une personne qui aura opéré une machinerie
lourde, qui n'était pas supposée de le faire en raison de sa non-qualification?
Est-ce que... Si ça arrive, parce qu'on ne le souhaite pas, vous, vous dites
que les risques sont très faibles que ça arrive, j'espère que vous avez raison, mais si ça arrive, est-ce que
vous vous engagez à rencontrer rapidement le 791 puis vous repencher sur
cet article-là?
M.
Boulet : Collègue, je ne peux pas m'engager en amont pour
de quoi qui m'apparaît totalement imprévisible. Ce que je peux dire cependant, c'est que les enquêteurs vont intervenir,
les procédures pénales seront respectées de manière rigoureuse. Et c'est
comme si vous me disiez, dans un autre secteur d'activité : Est-ce que
vous, ministre, vous allez intervenir parce qu'un entrepreneur a été négligent
dans, par exemple, ne pas s'assurer que les travailleurs portent leurs
équipements de protection individuelle ou ne pas s'assurer que l'environnement
de travail soit sécuritaire? Quand il y a
des cas comme ça, les enquêteurs interviennent. Mais on n'est pas du tout dans
le contexte de polyvalence. On est dans la Loi modernisant le régime de
santé et sécurité. Puis tout est orienté vers les programmes de prévention puis les plans d'action, que vous connaissez, puis
le coeur, c'est la prévention. Puis là, si vous vous posez la question :
Est-ce qu'un entrepreneur qui ne respecte pas ses devoirs de prévention, dont
le représentant en santé et sécurité n'a pas fait son travail, qui n'a
pas contribué à l'identification, le contrôle puis l'élimination des risques,
qui a fait en sorte que quelqu'un utilise, opère un équipement lourd puis qu'il
s'est blessé, avec des blessures corporelles graves... Je ne suis pas un
enquêteur, mais je vais m'assurer que la loi, les lois pertinentes soient respectées
de manière rigoureuse.
M. Leduc : Tout
ce que je vous demande, M. le ministre, c'est que... Vous me dites :
Faites-nous confiance, on a évalué les risques puis on pense que ce n'est pas
nécessaire de faire ça dans notre version de la loi. Moi, je vous dis : Si, malheureusement, la réalité nous
rattrape et nous démontre qu'on s'est trompés ici en suivant votre conseil, en n'intégrant
pas les opérateurs d'équipements lourds, tout ce que je vous demande, c'est
est-ce que vous allez pouvoir rencontrer les principaux concernés, les gens qui
vont vivre ces blessures-là pour dire : Est-ce qu'on peut réviser la
situation? Qu'est-ce qu'on fait pour la suite des choses?
M. Boulet : Bien, je ne peux pas
m'engager à rencontrer, mais on s'engage constamment, quand on est à l'origine
d'un projet de loi, à s'assurer que son application soit faite de manière
ordonnée, humaine et harmonieuse. Ça fait
que, si jamais il y a un événement qui survient puis qu'on me demande de me
rencontrer, on verra en fonction des circonstances. Mais je vous rappellerai,
puis peut-être que vous vous en souvenez, en 2021, parmi les
huit allègements réglementaires, il y en a un qui visait à
permettre à d'autres métiers de conduire un camion-flèche. Là, ils appelaient
ça les «boom trucks», là, tu sais, qui appartenaient... c'était une tâche qui
appartenait aux grutiers. Et il n'y a pas eu... et il n'y a pas eu de... il n'y a pas eu d'enjeux spécifiques. Puis
c'est beaucoup plus complexe, puis c'est peut-être plus sensible, mais ça n'a pas généré d'accidents de
travail, là. Ça fait que notre concept de polyvalence, il est hyperbalisé,
hyperconditionnel et... Mais, pour la rencontre, je ne peux pas m'engager, mais
vous me connaissez.
• (17 h 10) •
La Présidente (Mme D'Amours) :
...à
l'amendement, s'il vous plaît.
M. Leduc : Ça va être tout, Mme la
Présidente. Je vais demander un vote par appel nominal, s'il vous plaît.
La Présidente (Mme D'Amours) : Je
vais demander aux autres collègues s'ils ont des commentaires sur l'amendement
du collègue. S'il n'y a pas d'autre commentaire, nous allons mettre aux voix.
Mme la secrétaire, un vote par appel nominal, s'il vous plaît.
La Secrétaire : Pour, contre,
abstention. M. Leduc (Hochelaga-Maisonneuve)?
M. Leduc : Pour.
La Secrétaire : M. Boulet
(Trois-Rivières)?
M. Boulet : C'est l'amendement de...
La Présidente (Mme D'Amours) : Oui.
M. Boulet : Contre.
La Secrétaire : Mme Mallette
(Huntingdon)?
Mme Mallette : Contre.
La Secrétaire : Mme Boivin Roy
(Anjou—Louis-Riel)?
Mme Boivin Roy : Contre.
La Secrétaire : Mme Tremblay
(Hull)?
Mme Tremblay : Contre.
La Secrétaire : M. Dufour
(Abitibi-Est)?
M. Dufour : Contre.
La Secrétaire : M. Martel
(Nicolet-Bécancour)?
M. Martel : Contre.
La Secrétaire : Mme Cadet
(Bourassa-Sauvé)?
Mme Cadet : Contre.
La Secrétaire : Mme Dufour
(Mille-Îles)?
Mme Dufour : Contre.
La Secrétaire : Mme D'Amours
(Mirabel)?
La Présidente (Mme
D'Amours) : Abstention. Donc, l'amendement est rejeté. Nous revenons à
l'article 72 tel qu'amendé. Et
maintenant je prends l'amendement de la députée de Bourassa-Sauvé. S'il vous
plaît, si vous voulez bien nous en faire la lecture.
Mme Cadet : Oui, Mme la Présidente. Je pense que je vais
suspendre quelques instants pour qu'on puisse déposer l'amendement, s'il
vous plaît.
La Présidente (Mme
D'Amours) : Parfait, donc je suspends les travaux quelques minutes.
(Suspension de la séance à
17 h 12)
(Reprise à 17 h 21)
La Présidente (Mme
D'Amours) : Nous reprenons nos travaux. Et nous étions maintenant à
discuter, si Mme la députée de Bourassa... Sauvé, pardon, vous aviez un
amendement. Est-ce que vous voulez nous mentionner si vous déposez votre
amendement ou pas?
Mme Cadet : Merci,
Mme la Présidente. Non, je ne déposerai pas d'amendement, donc, à ce stade-ci.
Donc, on va poursuivre la conversation. Ça viendra plus tard. Merci.
La Présidente (Mme
D'Amours) : Merci. Donc, nous serions prêts à entendre des
interventions sur le 78 tel qu'amendé...
Une voix :
...
La Présidente (Mme
D'Amours) : 72, pardon, 72 tel qu'amendé. Est-ce qu'il y a des
commentaires? Député de Jean-Talon, on vous attend, cher collègue.
Une voix : ...
La Présidente (Mme D'Amours) : Si
on veut... si on veut suivre la séquence que l'on s'est donnée, la parole
est à vous, cher député de Jean-Talon.
M. Paradis : Merci beaucoup. Merci beaucoup.
Je n'avais pas noté, là, qu'on avait terminé la pause. Très bien.
M.
le ministre, donc, je reviens à la question que je vous posais tout à l'heure,
je pense que vous l'avez retenue, mais donc l'idée pour moi était de
voir votre niveau d'ouverture à ce que le principe de la compétence et de la
formation adéquate pour les tâches reliées à
celles prévues à la définition du métier du compagnon, comme mentionné
au paragraphe 1° du deuxième alinéa de l'article 4.0.1, ça soit un
petit peu plus clair, donc, cette nécessité que la personne qui fait les travaux sache ce qu'elle fait. C'est une question
de sécurité, c'est une question de compétence, c'est une question de
formation.
M. Boulet : Ah!
tout à fait. Puis, en fait, c'est au coeur de la mission du comité de formation
professionnelle de l'industrie de la
construction, où les partenaires sont présents, établissent des règles puis
font des activités de formation continue
qui répondent aux besoins des entreprises et des travailleurs, et c'est des
activités de perfectionnement qui se font aussi sur les chantiers de
construction, et tout ça est encadré par les règles de ce comité-là.
Puis,
si je veux avoir, peut-être, une... ou partager une vision de l'avenir de la
polyvalence, il va probablement se développer des habitudes de relation
puis de même séquence. Et, si besoin en est, les parties pourront certainement
faire des activités de perfectionnement pour s'assurer que, par exemple, tous
les charpentiers-menuisiers puissent faire telle tâche des carreleurs. Ça fait
que... Mais la formation est une préoccupation constante du CA de la CCQ, de la présidente-directrice générale et de ceux et
celles qui siègent au comité de formation professionnelle. Et on va s'assurer, bien
sûr... puis on l'a tellement balisée, la polyvalence, pour s'assurer que les
personnes puissent le faire sans danger pour leur santé et sécurité... Voilà.
M. Paradis : Et c'est ce que je remarque quand on voit ce deuxième
alinéa. Donc, il y a trois conditions : que les tâches soient
reliées, qu'elles s'inscrivent dans une même séquence, puis elles sont de
courte durée, là, dans la même
journée de travail. Ça laisse poindre cette volonté que vous mentionnez
clairement, que la personne soit compétente, soit formée pour faire ces
tâches-là. Pourquoi ne pas le mentionner de manière explicite dans cet alinéa?
M. Boulet : Bien,
comme je vous précisais, c'est des règles qui sont de la juridiction du comité
de formation professionnelle, des règles qui appartiennent aux parties, qui
sont les mieux aptes et habilitées à déterminer ce qu'est une activité compatible avec les besoins, que ce
soit de la formation plus initiale, de la formation plus continue ou de la formation
en entreprise. Merci.
M. Paradis : Très
bien. Maintenant, il me semble qu'au cours de toutes nos conversations sur ce
principe de polyvalence c'est surtout sur le secteur résidentiel que nous nous
sommes concentrés. Est-ce que vous auriez une ouverture
à ce qu'il y ait un déploiement progressif de ce concept de polyvalence,
notamment pour le limiter, du moins, dans un premier temps, au secteur
résidentiel plutôt que de l'appliquer immédiatement à l'ensemble des secteurs?
M. Boulet : Non. En fait, je vous
réponds un peu sèchement, mais, tu sais, dans les entrepreneurs, je pense que
la majorité était des entrepreneurs plus spécialisés. Il y a beaucoup
d'entrepreneurs généraux. Et le concept de polyvalence, il est bénéfique pour
tous les secteurs, mais toujours dans le respect des conditions qui sont
prévues à l'article 72.
Et c'est les mêmes conditions d'application. Ça
fait que, si le couvreur, puis je m'excuse de revenir à ça, trouve une feuille
de contreplaqué qui a besoin d'être réparée ou changée, ça peut être quand on
est à construire un immeuble à logements, ça peut être quand on travaille sur
un duplex... Puis, tu sais, quand AppEco conclut en disant que le 10 % des heures, ça pourrait
constituer l'équivalent de la construction de 25 écoles... Quand on fait
des écoles aussi, la polyvalence, elle est bénéfique. Quand on rénove
des hôpitaux, la polyvalence est bénéfique. Et ça, ça ne relève pas du secteur
résidentiel, ça fait que... Mais je comprends votre point, donc, mais...
M.
Paradis : Vous le voyez
s'appliquer comment, ce test-là, là, des trois conditions, dans le domaine
commercial, dans le domaine industriel, dans le domaine du génie civil?
M. Boulet : Comme je viens de le
mentionner, peu importe le secteur, il y a 25 métiers. Là, on pourrait
prendre des métiers, et, les 25 métiers en institutionnel, commercial,
industriel, on les a, ou peut-être pas la totalité, mais la polyvalence, dans le respect des conditions qui sont prévues à
l'article 112, va avoir un effet qui est bénéfique.
Des voix : ...
M. Paradis : OK. C'est bon pour
l'instant. Je vais revenir plus tard. Merci.
La
Présidente (Mme D'Amours) : Merci. D'autres commentaires sur 72 tel qu'amendé?
Oui, Mme la députée de Bourassa-Sauvé.
Mme Cadet : Merci, madame... Merci,
Mme la Présidente. J'ai deux questions. La première, c'est quand... quand je regarde, donc, l'article 72, en
fait, ça me fait réfléchir un peu sur les attestations d'études
professionnelles, les métiers qui avaient été choisis à ce moment-là,
dont l'article 72... Donc, la polyvalence ne s'implique... ne s'applique pas aux tâches relevant notamment du métier de
frigoriste, mais, contre l'avis de la CCQ, vous aviez choisi d'inclure le
métier de frigoriste dans les attestations d'études professionnelles. J'essaie
de saisir la cohérence entre les deux.
M. Boulet : Mon Dieu! Je vais
répéter ce que j'ai déjà mentionné. C'était compatible avec une formation accélérée et c'était surtout, et de loin,
supérieur au pourcentage de travailleurs qui y adhéraient par la voie des
bassins, donc sans aucune formation.
Donc, ce qu'on a fait en formation accélérée, ça pourrait s'appliquer à bien
d'autres métiers. Ça fait que je vais limiter ma réponse à ça.
Mme Cadet : Puis je disais... puis
je disais ça puis je... Mme la Présidente, donc, on est vraiment, donc, sur la... sur... là-dessus. Puis, je veux juste
vous... rassurer le ministre, M. le ministre, là, je suis dans la même place
que vous. Donc, vous avez eu, donc,
les débats, qu'on a tenus, donc, précédemment. Donc, je suis à la même place
ici. J'essayais juste donc de voir, donc, s'il y avait une... les... si
les mêmes principes avaient pu s'appliquer dans l'instauration de cet autre
programme.
M. Boulet : Pas de commentaire.
Mme Cadet : Sinon, M. le ministre,
j'ai une autre question. Donc, je reviens donc sur la question, donc, des
travaux de finition, particulièrement dans le secteur résidentiel. Donc, merci,
un peu plus tôt, donc, vous avez défini ce que signifie la finition. Dans le
mémoire de l'APCHQ, là, on pouvait le lire, donc, la recommandation d'appliquer
le principe de polyvalence générale pour les travaux, donc, de finition dans...
dans le cadre, donc, des travaux qui sont effectués dans le secteur
résidentiel. Puis notamment, dans ce que l'APCHQ nous disait, c'est que le...
bon, dans le secteur, donc, de la rénovation
résidentielle non assujettie, bien, c'est... c'est déjà le cas. Donc, il y a
une question, donc, d'aller chercher ces travailleurs-là. Donc,
j'aimerais vous entendre là-dessus.
• (17 h 30) •
M. Boulet : Je n'ai vraiment pas de
commentaire à faire.
Mme Cadet : Donc, vous avez tout
simplement décidé de ne pas aller là.
M. Boulet : Exact.
Mme Cadet : Merci.
La Présidente (Mme D'Amours) : Merci.
D'autres commentaires sur 72 tel qu'amendé? Est-ce que l'article 72... Oui,
M. le député.
M. Leduc : Par
nominal, s'il vous plaît.
La Présidente (Mme
D'Amours) : Parfait. Donc, par appel nominal, Mme la secrétaire, s'il
vous plaît.
La
Secrétaire : Pour, contre, abstention. M. Boulet (Trois-Rivières)?
M. Boulet :
Pour.
La
Secrétaire : Mme Mallette (Huntingdon)?
Mme
Mallette : Pour.
La
Secrétaire : Mme Boivin Roy (Anjou—Louis-Riel)?
Mme Boivin
Roy : Pour.
La
Secrétaire : Mme Tremblay (Hull)?
Mme Tremblay :
Pour.
La
Secrétaire : M. Martel (Nicolet-Bécancour)?
M.
Martel :
Pour.
La
Secrétaire : Mme Cadet (Bourassa-Sauvé)?
Mme Cadet :
Pour.
La
Secrétaire : Mme Dufour (Mille-Îles)?
Mme Dufour :
Pour.
La
Secrétaire : M. Leduc (Hochelaga-Maisonneuve)?
M. Leduc :
Contre.
La
Secrétaire : Mme D'Amours (Mirabel)?
La Présidente (Mme D'Amours) : Abstention.
Donc, l'article 72, tel qu'amendé, est adopté. M. le ministre, vous
aviez un amendement, 61.1, à déposer.
M. Boulet : Oui,
tout à fait, qui introduit un nouvel article, 61.1, article 11 du
Règlement sur la qualification professionnelle des entrepreneurs et des
constructeurs-propriétaires.
Insérer, après
l'article 61 du projet de loi, ce qui suit :
Règlement sur la
qualification professionnelle des entrepreneurs et des
constructeurs-propriétaires.
61.1.
L'article 11 du Règlement sur la qualification professionnelle des
entrepreneurs et des constructeurs-propriétaires est modifié par l'ajout, à la
fin, de l'alinéa suivant :
«Pour
l'application du présent règlement, sont assimilés à des travaux de
construction connexes, les travaux visés par le principe de polyvalence
dans l'organisation du travail, prévu à l'article 4.0.1 du Règlement sur
la formation professionnelle de la main-d'oeuvre de l'industrie de la
construction.»
Donc,
commentaires : En fait, ça vise simplement à assurer une cohérence entre
le principe de polyvalence proposé, qu'on vient d'adopter, et les travaux
connexes prévus dans les licences d'entrepreneurs émises par la Régie du
bâtiment du Québec.
Il y a une relation,
évidemment, avec la qualification des entrepreneurs qui apparaît dans leurs
licences, puis ça, c'est un règlement adopté
en vertu de la Loi sur le bâtiment, donc que les travaux de construction
connexes ne viennent pas limiter, là, c'est 10 % des licences qui
réfèrent à ce concept-là de travaux connexes, donc pour ne pas que ça le... les
limite dans la polyvalence relativement à l'organisation du travail. Donc, ça
va permettre au titulaire de licence délivrée par la RBQ qu'il puisse exécuter
avec ses travailleurs les travaux visés par le principe de polyvalence. Donc,
c'est simplement une cohérence. Merci. C'est tout.
La Présidente (Mme D'Amours) :
Merci.
Commentaires sur l'article 61.1? S'il n'y a pas de commentaire, je vais
mettre aux voix. Est-ce que l'article 61.1 est adopté?
Des voix : Adopté.
La
Présidente (Mme D'Amours) : Adopté. Donc, nous serions à Rétroactivité
salariale, selon le plan du travail?
Une voix : ...
La Présidente (Mme D'Amours) : Une
suspension, s'il vous plaît, de quelques minutes.
(Suspension de la séance à 17 h 33)
(Reprise à 17 h 46)
La
Présidente (Mme D'Amours) : Nous reprenons nos travaux. Nous sommes toujours
dans le sujet Polyvalence, selon le plan de travail, et, Mme la députée
de Bourassa-Sauvé, vous aviez un amendement à déposer.
Mme Cadet : Tout à fait, Mme la
Présidente. Merci. Effectivement, donc, j'ai un amendement, donc, dans...
toujours, donc, dans le bloc Polyvalence, qui introduit un nouvel article. Je
pense qu'on va le voir à l'écran dans quelques instants, afin que je puisse
commencer à le lire, pour le bénéfice de tous. Donc, le voici. Merci.
Donc,
article 28.2, article 85.6 de la Loi sur les relations de travail, la
formation professionnelle et la gestion de la main-d'oeuvre dans l'industrie de
la construction. Insérer, après l'article 28.1 du projet de loi tel
qu'amendé, le suivant :
28.2. L'article 85.6 de cette loi est
modifié par l'ajout, à la fin, de l'alinéa suivant :
«Lorsqu'un
règlement de la Commission le prévoit et dans la mesure qui y est prévue, un
employeur et un salarié doivent, pour exécuter eux-mêmes des travaux relatifs à
un métier, être titulaires d'un certificat de compétence-occupation
délivré par la Commission et avoir en leur possession ce certificat.»
Explications, Mme la Présidente. Vous m'avez
entendue lors des différentes interventions préliminaires, lors des remarques
préliminaires, également lors de l'adoption... l'adoption du principe du projet
de loi. Les remarques préliminaires, je parle autant lors du moment du...
lors... lors du début des consultations particulières, donc par le biais de ma collègue la députée de Jeanne-Mance—Viger,
mais également lors de celles prononcées lorsque nous avons commencé
l'étude détaillée de ce projet de loi. Ce que nous avons... Ce que... Ce que
nous avions noté dans notre aile
parlementaire, tu sais, dès... au fur et à mesure que nous... que nous... bon,
nous rencontrions, donc, différents groupes et que nous prenions
connaissance des différentes lacunes, des différents écarts, des éléments,
donc, à résorber dans l'industrie de la construction, ce qui nous a semblé
évident dès le départ, c'est qu'au niveau de... des détenteurs d'un certificat de compétence-occupation, que le projet
de loi, à certains égards, donc, semblait omettre le... en grande partie
le travail, donc, qui peut être fait, donc, par ces travailleurs.
Je le répète souvent, l'objectif du projet de
loi, c'est de nous assurer que l'on puisse construire plus vite, mieux et à moindre coût. Dans cette perspective,
quand on considère que ce sont plus de 32 000 travailleurs dans
l'industrie de la construction qui sont détenteurs d'un certificat de
compétence-occupation et qu'une bonne partie d'entre eux, donc, travaillent, donc, dans le secteur voirie et
génie civil, on comprend bien le... l'écart que ça peut représenter de mettre
ces travailleurs dans les différentes
mesures du projet de loi qui visent à construire plus vite, construire mieux,
construire à moindre coût et qui
permettent, donc, d'obtenir, donc, des gains d'efficacité afin, donc, notamment
de... donc, de permettre, donc, de résorber, donc, certaines crises dans
le secteur de la construction.
On a entendu, lors des consultations
particulières, particulièrement, donc, l'ACRGTQ nous dire que c'était 40 %
de leur main-d'oeuvre qui étaient détenteurs d'un certificat de compétence-occupation.
Puis, moi-même, quand je les ai questionnés, donc, à cet égard, bien, c'était
un élément de leur mémoire, bien évidemment, d'avoir, donc, des modifications,
donc, dans la... les éléments, donc, de polyvalence du projet de loi, de mettre
de l'avant, donc, que ces travailleurs-là, donc, devaient pouvoir bénéficier,
donc, de mesures de... les permettant d'être plus polyvalents. L'ACQ aussi a eu
l'occasion, donc, de le soumettre dans le cadre de son mémoire, en nous
parlant, donc, des écarts de productivité qui ne seraient pas... qui ne
seraient pas aussi optimaux, donc, si nous omettions les détenteurs d'un
certificat de compétence-occupation, donc, dans... dans les différentes, donc,
mesures, donc, privilégiant, donc, les gains d'efficacité dans le projet de
loi.
• (17 h 50) •
C'est la raison pour laquelle, donc, je dépose
cet amendement-ci, donc, à l'article, donc, 28.2, donc, qui permet... donc, introduit, donc, la possibilité,
pour un détenteur d'un certificat de compétence-occupation, d'exercer, donc, une activité partagée. Donc, on sait qu'en ce
moment... Donc, le principe de polyvalence, comme on vient de l'adopter à
l'article 72, bien évidemment que ce libellé... ce libellé-là ne serait
pas... n'est pas adapté, donc, à la réalité, donc, des détenteurs d'un certificat de compétence-occupation. C'est pourquoi
le principe, donc, de polyvalence ici est introduit, donc, à un autre
article, donc, pour eux, donc, principalement à leur bénéfice. Et on sait,
donc, que ces détenteurs de certificat là, donc, réalisent déjà, donc, des
tâches résiduaires. Donc, l'opportunité ici, donc, ce serait, donc, de faire en
sorte qu'ils puissent exercer des activités partagées dans les cas et selon les
conditions qui sont prévues par un règlement de la CCQ. Merci, Mme la
Présidente.
La Présidente (Mme D'Amours) : Merci.
Commentaires sur l'amendement de la collègue? Est-ce qu'il y a des commentaires
sur l'amendement de la collègue? Oui, Mme la députée de Mille-Îles.
Mme Dufour : Merci,
Mme la Présidente. Bien, je voudrais peut-être vous mentionner un... le mémoire
de l'ACRGTQ, qui est les constructeurs de routes, là, si je ne me trompe pas,
les grands travaux du Québec, et qui mentionnaient, dans leur mémoire, par
exemple, des... tu sais, puis on l'a mentionné, là, la polyvalence, tout à
l'heure, il y a eu des échanges là-dessus, ce n'est pas seulement pour le
milieu résidentiel qu'on en a besoin. Il y a beaucoup de grands chantiers qui
s'en viennent, et donc c'est partout qu'on doit être plus efficaces. Et là eux,
ils donnaient l'exemple des chantiers de construction de routes ou réseaux
d'égout et d'aqueduc, puis ça, c'est... c'est des chantiers que j'ai vus aller
lorsque j'étais au municipal, puis, je vous dis, c'était, des fois, désespérant
de voir les délais que ça prenait. Je me souviens, là, quand on ouvrait des...
tu sais, les rues, on en avait pour trois mois, et c'était désespérant, puis,
des longs bouts, on ne voyait pas rien qui se passait.
Puis, bref, eux, ils nous ont mentionné, dans
leur... dans leur mémoire... ils disaient, par exemple : «Il arrive que le
travail...» Je le lis, là, ici : «Il arrive que le travail nécessite
l'installation d'un coffrage rudimentaire pour la jonction des regards ou la
jonction des pièces du réseau d'égout et d'aqueduc. Il s'agit d'une activité
simple, de courte durée, qui s'inscrit dans la poursuite des travaux réalisés
par le manoeuvre spécialisé. Si on applique à la lettre le règlement r. 8, le
chantier doit être interrompu, le temps que le charpentier-menuisier se
présente au chantier, suivi du poseur d'acier d'armatures, entraînant, par le
fait même, des délais et des coûts additionnels.» Puis ça vous coûte cher, les
chantiers de ce type-là. Puis là ils disent : «Pourtant, il s'agit de
travaux relativement simples, ne nécessitant pas de connaissances techniques
particulières et pour lesquels l'utilisation des titres occupationnels déjà
présents sur le chantier permettrait une meilleure utilisation des ressources
humaines et un accroissement de la productivité.» Et ils disent... Puis ce
qu'ils rajoutent, ils disent : «Puis il est intéressant de noter que de
tels coffrages peuvent être réalisés par des titres occupationnels sur des
chantiers de lignes de transport et de distribution d'énergie électrique ainsi que
des postes d'énergie électrique.»
Alors,
pourquoi c'était possible là, pas dans le contexte des grands travaux, on peut
se poser la question. Il y a d'autres éléments, qu'on a trouvés à
travers les règlements, qu'on se pose des questions pourquoi c'est comme ça.
Mais, bref, on a une opportunité ici, je crois,
de faire en sorte que certains chantiers puissent se faire à un... Tu sais,
chaque économie va permettre, au bout du compte, de faire en sorte que les
chantiers vont coûter moins cher. Donc, je pense qu'on a un intérêt,
collectivement, là, à appuyer l'amendement de ma collègue.
La
Présidente (Mme D'Amours) : Merci. D'autres commentaires? Oui, Mme la députée
de Bourassa-Sauvé.
Mme Cadet : Oui. Bien, c'est...
donc, réitérer, donc, ce que... donc, à la suite... donc, ce que ma collègue, donc, vient de mentionner. Donc, ce qu'on
comprend, c'est que, déjà, dans ce que nous avions soulevé comme éléments à
améliorer, donc, dans le projet de loi, manifestement, donc, ça a été
corroboré, donc, par les différents groupes, donc, dont l'ACRGTQ. Puis, je le répète, c'est 40 % de leur
main-d'oeuvre, là, selon leurs propres chiffres qu'ils sont venus, donc,
témoigner ici, 40 % de leurs travailleurs, donc, sont des titulaires de
certificat de compétence-occupation. C'est non négligeable.
La Présidente (Mme D'Amours) : Merci.
D'autres commentaires? S'il n'y a pas d'autre commentaire... Oui, M. le député d'Hochelaga-Maisonneuve.
M. Leduc : Vous êtes... Vous êtes
rapide sur la gâchette, Mme la Présidente. C'est correct.
La Présidente (Mme D'Amours) : ...fois
que je demande...
M. Leduc : Oui, oui, mais je...
La
Présidente (Mme D'Amours) : ...puis je vous regarde, mais vous avez la tête
penchée, donc je... mon regard va de l'autre côté. Allez-y, cher
collègue.
M.
Leduc : Bien là, je ne sais pas trop à qui adresser ma
question, là, au ministre ou à ma collègue de l'opposition officielle,
mais est-ce que, dans votre lecture, votre amendement poursuit la logique du
ministre, de la polyvalence?
La Présidente (Mme D'Amours) : ...
Mme Cadet : ...oui, tout à fait.
Je... Bien, je pense qu'on a... j'ai eu l'occasion de m'exprimer, donc, sur le
principe de polyvalence à plusieurs reprises... puis de ce qu'en pensait ma
formation politique. Je réitère que, pour nous,
si on n'est pas là pour construire plus vite, construire mieux, construire à
moindre coût, il n'y en a... il n'y a pas de nécessité de débattre autour du
projet de loi n° 51. Donc, ça a toujours été, donc, notre perspective.
Puis, dans... J'ai l'impression que je me pratique pour quand on sera au
gouvernement, avec les questions que vous me posez.
M. Boulet : ...
Mme Cadet : Mais certainement.
M. Boulet : ...
M. Leduc : Il
y a de la compétition.
M. Boulet : ...là, c'est votre
compétition directe, là.
M. Leduc : C'est bien, la
compétition.
Mme Cadet : Oui. Mais...
Certainement.
M. Leduc : OK. J'ai posé la question
au ministre, à savoir : Ces clauses de polyvalence feraient construire
combien de maisons supplémentaires? Je n'ai jamais eu de chiffre. Est-ce que
vous, vous en avez un à nous fournir, Mme la députée?
Mme Cadet : Mme la future ministre,
c'est ça? Le... Bien, écoutez, je reprends mon chapeau d'opposition officielle.
Certainement que, nous, ce qu'on a vu... puis, encore une fois, dans les...
dans les remarques préliminaires, moi, j'ai
eu l'occasion de le dire, puis ma collègue aussi, donc, députée des Mille-Îles,
on a eu l'occasion, donc, de le dire aussi, donc, qu'il fallait, donc,
que le projet de loi, donc, soit plus costaud, donc, pour permettre, donc, de
construire plus d'habitations, on l'a souvent répété. Le... Particulièrement,
donc, dans le secteur résidentiel, les aménagements qu'on voit dans le projet de loi ne vont pas assez loin pour nous
permettre, donc, de construire plus... plus d'habitations. Puis ma collègue des Mille-Îles, donc, pourra
renchérir là-dessus, mais ce qu'on voit ici, au niveau des détenteurs, donc,
de certificat de compétence-occupation,
c'est qu'ils sont présents, donc, dans différents secteurs, particulièrement
dans celui du génie civil et des voiries, et il m'apparaît important de
leur permettre de pouvoir exercer des activités partagées, sachant que le projet de loi, essentiellement, donc, fait,
donc, une... selon nous, donc, une grande omission en ne... en ne
mettant pas de l'avant le principe de polyvalence, donc, dans le cadre des détenteurs
d'un certificat de compétence-occupation.
M. Leduc : Parfait. Je réitère ma
question d'un autre angle, alors. À défaut d'un nombre nominal de nouvelles maisons supplémentaires qui vont être
construites grâce à votre article, est-ce que vous avez comme une idée? On
parle de 1 % plus de maisons, 2 % plus de maisons? C'est quoi,
l'objectif avec votre article?
Des voix : ...
M. Boulet : Bien, écoutez, premier
commentaire, c'est un amendement qui introduit un nouvel article qui est intéressant, qui s'inscrit dans la même
philosophie que celui que vous aviez présenté, permettant au détenteur de
certificat compétence-occupation d'amorcer un processus
d'apprentissage... et, en répondant aux conditions prévues, puisse obtenir un certificat compétence-apprenti sans
renoncer à son certificat compétence-occupation. Je trouve ça intéressant. C'est sûr qu'il va falloir faire les amendements
corollaires, là, amender l'annexe E du Règlement sur la formation
professionnelle.
Mais, à votre question, plus spécifiquement,
c'est intéressant parce que la collègue de Mille-Îles a commencé à en parler,
l'ACRGTQ avait un mémoire éloquent. Moi, je réfère aussi à l'étude, sondage,
rapport de AppEco, et, dans la récupération estimée des heures de travail,
advenant une polyvalence accrue des métiers puis des occupations par secteurs,
c'est le génie civil et voirie où on réfère à une diminution... bien, une récupération
d'un peu plus que 12 % des heures.
M. Leduc : ...c'est 12.
M.
Boulet : Donc, c'est quand même fascinant. Puis, comme
notre collègue de Bourassa-Sauvé le mentionnait, il y a à peu près
32 000 personnes, beaucoup des manoeuvres, qui sont détenteurs de
certificat compétence-occupation, et c'est
de permettre que ces personnes-là contribuent au principe de polyvalence pour
le bénéfice de ces personnes-là mais
dans le contexte que c'est des activités partagées. Les activités partagées,
c'est défini dans l'annexe E du Règlement sur la formation
professionnelle et c'est selon des normes identifiées par la CCQ, comme ça a
été fait pour les camions-flèches, qui est
actuellement la seule activité partagée. Donc, c'est la possibilité, cet
amendement-là, de permettre aux détenteurs de certificat
compétence-occupation de faire des activités partagées, telles que définies par
la CCQ.
• (18 heures) •
M.
Leduc : J'ai obtenu un chiffre, Mme la Présidente. C'est
12 %, le chiffre magique. Donc, 12 % de plus de maisons,
l'année prochaine, grâce au projet de loi du ministre.
M. Boulet : Non, non, non, vous
n'avez pas compris. C'est le principe de polyvalence. Là, ici, l'amendement
réfère à des activités partagées, mais c'est quand même une indication, dans ce
secteur-là où il y a beaucoup de détenteurs de certificat
compétence-occupation, des bénéfices associés à la possibilité que ces
personnes-là puissent faire des activités partagées dans les métiers... dans
les 25 métiers qui sont prévus dans la loi.
M. Leduc : Ça fait plusieurs fois
que je pose la question à mes deux collègues ici, là, au gouvernement puis dans
l'opposition officielle : Combien de maisons de plus? Je l'ai demandé en
chiffre nominal, je l'ai demandé en pourcentage. Je n'ai jamais eu aucune
démonstration.
Passons à un autre aspect
de la question : sauver les coûts. Vous faites référence au fait que ça va
sauver les coûts. Comment vous pouvez me
garantir que ces coûts-là, sauvés, vont se refléter sur un coût réel du projet
et non sur ce qui serait le mouvement naturel de bien des projets
similaires : une augmentation de la marge de profit?
Mme Cadet : J'ai parlé d'écart de
productivité ici. Je n'ai pas parlé, donc, de sauver des coûts dans le cadre
particulier, donc, de ce... de cet amendement-ci, là. J'ai parlé, donc, des
principes, donc, plus généraux, donc, qui sous-tendent construire plus vite,
construire mieux, construire à moindre coût, donc, qui est le principe général,
donc, de... avec lequel, là, on aborde,
donc, l'étude détaillée de ce projet de loi ci. Je pense que, particulièrement
ici, on est le... c'est... c'est le sous-principe, donc, de construire
plus vite qui est mis de l'avant, beaucoup plus que celui, donc, de construire
à moindre coût.
Donc ici, je pense que c'est assez... ça me
semble assez clair que l'amendement qu'on dépose aujourd'hui... Vous savez, là,
nous, quand on a vu le projet de loi, lorsqu'il a été déposé, puis j'ai eu
l'occasion de le dire lors de l'adoption du principe en Chambre, on y a vu des
défauts. Parce qu'on se disait, encore une fois, donc, il faut qu'on puisse
s'assurer, donc, de réduire, donc, certains écarts de productivité pour que
notre... pour que notre secteur de la construction
puisse nous amener beaucoup plus loin. Plus on a d'aménagements qui vont dans
ces sens... dans ce sens-là, plus le... plus ce sur quoi, donc, nous
travaillons, donc, sera productif, sinon c'est contre-productif.
Puis, à mon sens, de nous assurer que les
détenteurs de certificats de compétence-occupation qui sont particulièrement
nombreux, j'ai dit, c'est 40 %, puis c'est les gens de l'ACRGTQ qui sont
venus ici nous le dire, qui sont particulièrement nombreux, donc, dans ce secteur-là,
si le projet de loi, donc, arrive puis nous... nous parle, donc, du principe de polyvalence, c'est comme s'il
ne s'appliquait pas à ce secteur du tout. Puis, pour nous, j'ai l'impression qu'on
passe à côté, si on adopte le projet de loi, puis qu'il y a un secteur au
complet qui ne serait pas en mesure, donc,
de bénéficier ou de mettre en pratique certains aménagements, qui, à notre
sens... Puis on l'a dit, le projet de loi, à notre sens, donc, il est... il est timide, avec égard, M. le ministre,
et c'est pour ça qu'on souhaite, donc, le rendre... le rendre, donc,
plus robuste.
Puis on a ici, donc, des gens qui sont, donc,
des travailleurs dans le secteur de la construction, puis dans... Puis plus
tôt, donc, on avait le même amendement, celui qu'on a discuté, donc, la semaine
dernière, donc, permettre, donc, l'accès,
donc, à ces détenteurs de certificats de compétence-occupation à des métiers
justement pour les rendre plus polyvalents, donc, pour leur assurer,
après, donc, la complétion, donc, de plusieurs heures, donc, de formation,
d'expérience dans le secteur, de pouvoir assurer, donc, leur rétention, qui est
un élément qui est hyperimportant pour moi.
Puis ça me semble profiter au principe de rétention également, donc, de
permettre, donc, à ces détenteurs de certificats de compétence-occupation de pouvoir exercer ces activités partagées là
et d'aller dans le sens, donc, de l'accession à un métier sans perdre,
donc, leur leur certificat de compétence-occupation. Ce à quoi vous souscrivez,
M. le député d'Hochelaga-Maisonneuve.
M.
Leduc : Moi, je constate que plus on discute, Mme la
députée, plus on rend le ministre content, parce que lui, il va pouvoir considérer qu'il est à mi-chemin
entre les deux perspectives et que son projet de loi est équilibré. Je le
connais assez pour le voir satisfait de cet échange.
Je terminerais peut-être là-dessus, chère
collègue de l'opposition officielle. Vous... Je vous soulignais, tantôt, sauver
des coûts, vous avez préféré reprendre l'expression «moindre coût». Puis même
si ce n'est pas l'objectif principal, même si c'est peut-être un objectif
secondaire ou un effet secondaire de votre... de votre objectif principal, je vous repose quand même la question parce
qu'elle me chicote, moi personnellement, quand même beaucoup. Si le but de
notre opération ou, en tout cas, l'effet de notre opération ici, je dis notre
au sens... comme nous sommes tous des législateurs, là, mais c'est qu'il
y aura moins de coûts aux projets, comment on va être capables de s'assurer,
toujours en ayant à l'esprit d'une part que l'État et ses agences sont maître
d'oeuvre de — c'était
quoi déjà? — 80 %
des chantiers, la balance, c'est beaucoup des résidentiels, comment on peut
s'assurer que ce moindre coût là va être au bénéfice
réel des donneurs d'ouvrage, à savoir le gouvernement et ses agences et ensuite
les particuliers qui construisent des maisons, plutôt... qui aura un
effet plutôt d'augmenter la marge de profit des entreprises? Comment on fait
pour s'assurer de ça?
Mme Cadet : Bien, M. le député d'Hochelaga-Maisonneuve,
ici, tu sais, encore une fois, si les postes dont il est question... donc, j'ai parlé, donc, du principe beaucoup plus
général, mais dans le cadre de l'amendement que je dépose aujourd'hui,
c'est pour nous assurer, donc, de construire... de construire plus vite et de
permettre, donc, cette polyvalence-là de la
part, donc, des détenteurs de ces certificats de compétence-occupation, qui
vont permettre... ou aux contribuables, donc, parce que le donneur
d'ouvrage, dans ce cas-ci, donc, c'est le gouvernement, d'en avoir plus pour
son argent ici, là. Il n'y a pas... Surtout dans ce contexte-ci, on n'est pas
dans un... on n'est pas du tout, donc, dans la perspective que vous amenez avec
votre question, là.
La Présidente (Mme D'Amours) :
Merci.
Députée de... Je vais laisser la parole à la députée de Mille-Îles, s'il vous
plaît.
Mme Dufour : Merci, Mme la
Présidente. Peut-être, j'aimerais... j'aimerais mentionner que le ministre a
mentionné 12 % d'heures qui pourraient être récupérées au niveau de la
voirie. Certes, la voirie ne construit pas de maisons,
mais pour construire des maisons, ça prend des infrastructures souterraines. Il
y a des milliers d'unités à travers la province qui sont bloquées
actuellement parce qu'il manque des infrastructures souterraines pour les
accueillir. Et, une des raisons pourquoi il manque ces
infrastructures-là, c'est parce que les municipalités, qui devraient prolonger
les réseaux, par exemple, elles ne sont pas capables de le faire parce
qu'actuellement elles ont des enjeux financiers. Si on peut récupérer 12 %
d'heures, peut-être que ce n'est pas une diminution directe, mais certainement
qu'à un moment donné ça va avoir une
influence sur le coût des soumissions qui seront faites aux municipalités,
donc... Puis là on a parlé d'État,
mais l'État, c'est aussi les municipalités. Donc, on ne peut pas donner un
chiffre exact, mais c'est clair que tout gain en productivité va faire
en sorte qu'on va pouvoir construire plus vite et construire tout court, parce
qu'il y a des infrastructures qui ne se construisent pas, et donc des logements
qui ne se construisent pas.
Donc,
personnellement, je tente de comprendre elle est où, la réticence, là, dans...
quand on a besoin d'avoir une accélération. Il me semble que tout le monde en
parle, là, tout le monde le dit, il faut accélérer. On cherche toutes les
manières de le faire. Ici, c'est une des façons et il n'y a pas de risque, on
n'ajoute pas de risques du tout, là, dans la qualité des travaux ou quoi que ce
soit, mais c'est majeur. 40 % des employés de voirie font partie de cette
catégorie-là, c'est majeur.
Et je le mentionnais,
quand j'étais au municipal, c'était désespérant de voir les chantiers de
voirie, à quel point c'était long. Pourquoi c'était long? Parce qu'ils
attendaient qu'arrive l'autre corps de métier. Et ça, je l'ai vu souvent. Ils
attendaient, ils attendaient, des fois des jours, des jours, des jours durant,
parce que toute une série, là, de... la
façon que les travaux sont ordonnancés. Mais, bref, je pense qu'on a tous
intérêt, collectivement, là, à aller de l'avant avec cet amendement.
Merci.
La Présidente (Mme D'Amours) : Merci.
D'autres commentaires? Oui, M. le député d'Hochelaga-Maisonneuve.
M. Leduc : Je remercie mes collègues de l'opposition
officielle pour cet échange peu commun entre oppositions sur un article. Ça arrive des fois. Je fais juste
souligner qu'on n'aura pas réglé le problème des entreprises surspécialisées.
Ça fait qu'on aura bien beau décloisonner toutes les compétences de tout le
monde, si on a encore un système avec des cinq, six, sept couches de
sous-traitance puis des entreprises surspécialisées, on n'aura pas avancé.
Ça fait que passons
au vote. Moi, je vais demander un vote par appel nominal, s'il vous plaît.
La Présidente (Mme D'Amours) : D'accord.
Mme la secrétaire, un vote par appel nominal sur l'amendement de la
députée d'Hochelaga... de Bourassa-Sauvé, s'il vous plaît.
La
Secrétaire : Pour, contre, abstention. Mme Cadet (Bourassa-Sauvé)?
Mme Cadet : Pour.
La
Secrétaire : Mme Dufour (Mille-Îles)?
Mme Dufour : Pour.
La Secrétaire :
M. Boulet (Trois-Rivières)?
M. Boulet : Pour.
La
Secrétaire : Mme Mallette (Huntingdon)?
Mme
Mallette : Pour.
La
Secrétaire : Mme Boivin Roy (Anjou—Louis-Riel)?
Mme Boivin
Roy : Pour.
La
Secrétaire : Mme Tremblay (Hull)?
Mme
Tremblay : Pour.
La
Secrétaire : M. Martel (Nicolet-Bécancour)?
M. Martel : Pour.
La
Secrétaire : M. Leduc (Hochelaga-Maisonneuve)?
M. Leduc : Contre.
La
Secrétaire : Mme D'Amours (Mirabel)?
La Présidente (Mme
D'Amours) : Abstention.
Donc, l'amendement est adopté. Maintenant...
Oui, Mme la députée de Mille-Îles.
Mme
Dufour : Merci. Oh! il y en a un autre. OK, excusez. J'attends. Je
suis désolée. Je pensais que c'était tout de suite.
La Présidente (Mme D'Amours) : Vous
attendez? Donc, M. le ministre, je crois que vous avez un amendement, toujours
dans le sujet polyvalence.
• (18 h 10) •
M. Boulet : Oui, en fait, c'est pour donner suite à l'article
qui vient d'être déposé par la collègue de Bourassa-Sauvé. Donc,
article 71.1, article 1 du Règlement sur la formation professionnelle
de la main-d'oeuvre de l'industrie de la construction.
Insérer, avant
l'article 72 du projet de loi, le suivant :
71.1.
L'article 1 du Règlement sur la formation professionnelle de la
main-d'oeuvre de l'industrie de la construction est modifié par
l'insertion, à la fin de la définition d'«activité partagée», de «ou selon le
cas, par un titulaire d'un certificat de compétence-occupation, lorsque cela
est prévu à l'annexe E et dans la mesure prévue par cette annexe».
Commentaires :
donc, l'amendement proposé est en concordance avec ce que nous venons de
discuter, puis la définition d'«activités partagées» va être adaptée pour tenir
compte de la possibilité... en fait, c'est une habilitation pour la CCQ, pour
prévoir les cas et les conditions pour qu'un détenteur de certificats
Compétence-occupation puisse effectuer des tâches comprises dans un métier.
Donc, c'est purement de la... un corollaire.
La Présidente (Mme
D'Amours) : Merci.
M. Boulet : Concordance.
La Présidente (Mme
D'Amours) : De la concordance. Merci. Commentaires? S'il n'y a... Oui,
M. le député d'Hochelaga-Maisonneuve.
M. Leduc :
Vote par appel nominal, s'il vous plaît.
La Présidente (Mme
D'Amours) : Parfait. Mme la secrétaire, vote par appel nominal, s'il
vous plaît.
La
Secrétaire : Pour, contre, abstention. M. Boulet (Trois-Rivières)?
M. Boulet : Pour.
La
Secrétaire : Mme Mallette (Huntingdon)?
Mme
Mallette : Pour.
La
Secrétaire : Mme Boivin Roy (Anjou—Louis-Riel)?
Mme Boivin
Roy : Pour.
La
Secrétaire : Mme Tremblay (Hull)?
Mme
Tremblay : Pour.
La Secrétaire :
M. Martel (Nicolet-Bécancour)?
M.
Martel :
Pour.
La
Secrétaire : Mme Cadet (Bourassa-Sauvé)?
Mme Cadet :
Pour.
La
Secrétaire : Mme Dufour (Mille-Îles)?
Mme Dufour :
Bien, pour... Pour.
La
Secrétaire : M. Leduc (Hochelaga-Maisonneuve)?
M. Leduc :
Contre.
La
Secrétaire : Mme D'Amours (Mirabel)?
La
Présidente (Mme D'Amours) : Abstention. Donc, l'amendement est adopté. Nous
avons un autre amendement, M. le ministre?
M. Boulet :
Oui, un autre de concordance. Merci, Mme la Présidente. 71.2
L'article 4 de ce règlement est modifié par l'ajout, à la fin, de l'alinéa
suivant :
«La personne qui
exerce une occupation est également autorisée à exercer une activité partagée
lorsque cela est prévu à l'annexe E [...] dans la mesure prévue par cette
annexe. Lorsqu'elle exécute une activité partagée, cette personne est réputée
exercer dans son titre occupationnel.»
Donc,
commentaires : bien, c'est... l'amendement proposé, c'est de concordance
avec la modification soumise par notre collègue de Bourassa-Sauvé. Donc, c'est
ajouté pour tenir compte de la possibilité pour la CCQ de prévoir, par
règlement, les cas et les conditions pour permettre à un détenteur de
certificats compétence-occupation d'effectuer des tâches comprises dans un
métier. Donc, pure concordance, Mme la Présidente.
La Présidente (Mme
D'Amours) : Merci. Commentaires?
Une voix : ...
La Présidente (Mme
D'Amours) : Vote par appel nominal. Mme la secrétaire, s'il vous
plaît.
La
Secrétaire : Pour, contre, abstention. M. Boulet (Trois-Rivières)?
M. Boulet :
Pour.
La
Secrétaire : Mme Mallette (Huntingdon)?
Mme Mallette :
Pour.
La
Secrétaire : Mme Boivin Roy (Anjou—Louis-Riel)?
Mme Boivin
Roy : Pour.
La
Secrétaire : Mme Tremblay (Hull)?
Mme Tremblay :
Pour.
La
Secrétaire : M. Martel (Nicolet-Bécancour)?
M. Martel :
Pour.
La
Secrétaire : Mme Cadet (Bourassa-Sauvé)?
Mme Cadet :
Pour.
La
Secrétaire : Mme Dufour (Mille-Îles)?
Mme Dufour :
Pour.
La
Secrétaire : M. Leduc (Hochelaga-Maisonneuve)?
M. Leduc :
Contre.
La
Secrétaire : Mme D'Amours (Mirabel)?
La Présidente (Mme D'Amours) : Abstention.
Donc, l'amendement est adopté. Nous avons un autre amendement,
M. le ministre, toujours dans le plan polyvalence.
M. Boulet :
Oui. Merci, Mme la Présidente. Article 5.8 du Règlement sur la
formation professionnelle de la main-d'oeuvre de l'industrie de la
construction.
Insérer, après
l'article 72 du projet de loi, le suivant :
72.1.
L'article 5.8 de ce règlement est modifié par l'ajout, à la fin, de
l'alinéa suivant :
«Lorsque cela est
prévu à l'annexe E et dans la mesure prévue par cette annexe, la personne
titulaire d'un certificat de
compétence-occupation valide qui a suivi et réussi la formation professionnelle
reconnue par la Commission pour cette activité partagée est admissible à
l'examen de qualification relatif à cette activité partagée.»
Commentaires :
bon, c'est à 5.8, c'est de la concordance, il va être ajouté encore une fois
pour préciser que le détenteur d'un certificat de compétence-occupation qui a
suivi la formation peut être admissible à l'examen de qualification requis pour
exercer ladite activité partagée. Concordance purement. Merci.
La Présidente (Mme D'Amours) : Merci.
Commentaires?
Une
voix : ...
La
Présidente (Mme D'Amours) :
Est-ce qu'on peut... j'ai une demande, là, du docteur... — du
docteur! — du
collègue d'Hochelaga-Maisonneuve pour un vote par appel nominal, est-ce
que vous acceptez qu'on prenne le même vote que la dernière qu'on vient... que
le dernier qu'on vient de faire? Tout le monde consent?
Des voix : Oui.
La Présidente (Mme
D'Amours) : Donc, l'amendement est adopté.
M. Boulet :
Adopté.
La Présidente (Mme
D'Amours) : M. le ministre.
M. Boulet : Il en reste un de
concordance. 61.2, article 1.1.1 du Règlement sur la délivrance des certificats
de compétence.
Insérer, après
l'article 61.1 du projet de loi tel qu'amendé, le suivant :
61.2.
L'article 1.1.1 du Règlement sur la délivrance des certificats de
compétence est modifié par la suppression de «-compagnon».
Donc, encore une fois,
ça vise à étendre aux détenteurs de certificats Compétence-occupation la
possibilité... Puis, bon, c'est purement concordance.
La Présidente (Mme
D'Amours) : Merci. Commentaires?
Mme Cadet :
...le libellé tel que modifié. Ah! OK, parce qu'on l'insère complètement.
OK, OK.
M. Boulet :
...tout à fait.
La Présidente (Mme
D'Amours) : Est-ce qu'il y a des commentaires sur l'amendement? S'il
n'y a pas de commentaire, l'amendement est-il adopté?
Des voix :
Adopté.
La Présidente (Mme D'Amours) : Adopté.
Maintenant, nous serions rendus à l'article... à l'amendement de la députée
de Mille-Îles, qui est toujours dans le plan de travail, là, dans le...
Une voix :
Polyvalence.
La Présidente (Mme
D'Amours) : Polyvalence. Alors, Mme la députée, si vous voulez bien
nous en faire la lecture, s'il vous plaît.
Mme Dufour : Merci. Je vais peut-être
attendre qu'il soit juste à l'écran, mais juste pour introduire, dans le fond,
c'est ça, on est toujours dans le bloc
polyvalence. Ici, on change un petit peu de registre, là, on est dans le
Règlement sur les travaux bénévoles.
Donc, je suppose,
c'est la même chose qui est à l'écran, ça fait que je vais lire sur ma feuille,
je lis mieux ici. Donc, je vais lire l'article 84.1 : Insérer
après... Puis je répète, ça, c'est le Règlement sur les travaux bénévoles de
construction. Donc, insérer après l'article 84 du projet de loi, ce qui
suit :
Règlement sur les
travaux bénévoles de construction.
84.1
L'article 4 du Règlement sur les travaux bénévoles de construction est
modifié par la suppression, dans le paragraphe 1° du premier alinéa, de
«-occupant».
Donc, dans le fond,
là, je vais... je vais lire l'article modifié. Il se lirait comme suit :
«4. Les travaux
d'entretien et de réparation visés à l'article 3 peuvent également être
exécutés bénévolement, sans certificat ou exemption, au bénéfice :
«1° d'une
personne physique, relativement à un duplex, à un triplex ou à un quadruplex
dont elle est propriétaire;
«2° du
syndicat d'une copropriété divise d'au plus 4 unités de logement, relativement
aux parties communes de la copropriété;
«3° d'un
organisme sans but lucratif non visé par le paragraphe 2 de
l'article 2, à des fins utiles à la mission de cet organisme;
«4° d'un centre
de services scolaire...»
Est-ce que je dois
lire tout le reste?
Une voix : ...
Mme Dufour : Non, ce n'est pas
nécessaire. OK. Bon, bref, c'est... c'est la continuation de cet article. Donc,
l'important, c'est la modification à, dans le fond, là, la personne physique,
le 1°.
C'est qu'en fait je vais
expliquer, là, tout simplement, c'est qu'actuellement la façon que ce
règlement-là est rédigé fait en sorte que,
quand on est propriétaire-occupant d'un duplex, par exemple, on peut le
modifier... on peut le rénover, pas le rénover, mais le... faire des
réparations nous-mêmes, on peut peinturer nous-mêmes, et tout ça, parce qu'on
est propriétaire-occupant d'un duplex. Mais, selon ce règlement-là, si on est
propriétaire, également, d'un duplex qui est juste à côté, ah! là par contre,
on ne peut pas lui toucher, on ne peut pas le peinturer, on ne peut pas faire
aucun travaux, tout devrait être fait... bien, c'est ça, donné à contrat. Et on
le sait, actuellement, de plus en plus, on
l'a vu dans les médias récemment, les propriétaires, les petits propriétaires
de bâtiments, d'immeubles à logements se sentent de plus en plus pris à
la gorge, ils arrivent difficilement. La réalité, c'est que fort probablement
qu'ils les font eux-mêmes déjà, ces
travaux-là, pour sauver des coûts. Mais ça ne respecte pas... ça ne respecte
pas la loi officiellement.
Donc, ici,
l'objectif, c'est de permettre, tout simplement, à des petits propriétaires de
pouvoir faire des réparations dans leurs
logements, les logements desquels ils sont propriétaires, même s'ils ne sont
pas occupants. J'ignore d'où vient, en fait, la genèse du pourquoi qu'il y a eu
cette limitation-là dans le passé, mais, au regard de ce qui se passe
aujourd'hui, de la situation actuelle, c'est difficilement
compréhensible. Pourquoi on empêcherait une personne physique, hein, je dis bien «physique», là, ce n'est pas une personne
morale ici, de prendre bien... de prendre soin de son bien elle-même.
Donc, voilà la nature, là, de cet amendement-là qui est proposé.
La Présidente (Mme D'Amours) : Merci.
Mme la députée de Bourassa-Sauvé.
• (18 h 20) •
Mme
Cadet : Merci, Mme la Présidente. Bien, comme l'a
mentionné ma collègue, donc, ici, donc, on se réfère... donc, on est toujours,
donc, dans le secteur, donc, de... dans le contexte, donc, de polyvalence,
donc, de nous assurer, donc, de rendre le fait, donc, d'effectuer, donc, des
travaux, donc, le plus flexible possible, donc, dans... considérant, donc,
les coûts que ça peut... que ça peut engendrer.
Le Règlement sur les travaux bénévoles de
construction vise deux catégories d'individus : d'abord, les travaux bénévoles qui sont effectués par des
travailleurs de construction, ça, on n'y touche pas du tout; puis les travaux
bénévoles autorisés à toute personne. Dans les travaux bénévoles autorisés à
toute personne, le type de travaux, donc, qui peuvent être faits, tu sais, on
parle vraiment, donc, de réparation et d'entretien, donc, de travaux qui sont
quand même extrêmement, donc, circonscrits.
Donc, on ne viendrait pas toucher aux types de travaux ici avec l'amendement
qui est déposé par ma collègue des Mille-Îles, mais vraiment nous assurer que,
dans le fond, donc, un certificat ou une
exemption ne soit pas requis pour l'exécution bénévole au bénéfice, donc, d'une
personne ou d'un organisme qui est visé, donc, à l'article. Donc, des travaux
qui concernent, donc, la peinture intérieure, extérieure; les surfaces
intérieures comme les revêtements de sols, de murs, de plafonds et leur
finition — dans
la mesure où ça a été défini par le ministre un petit peu plus tôt — incluant
les travaux similaires ou connexes; les travaux non structuraux en bois ou en
plastique, comme la menuiserie de finition, les travaux similaires ou connexes;
ceux qui concernent les portes et les fenêtres intérieures, les armoires et les
comptoirs; les travaux qui concernent le marbre, le granit, la céramique. Donc, tout ce qu'on trouve à l'article 3 du
règlement, donc, et qui fait consensus, on ne viendrait absolument pas toucher
à ça avec notre proposition d'amendement.
Ce qu'on viendrait faire, puis je pense que ma
collègue l'a bien expliqué avec son exemple, c'est qu'on dit : Dans le
cadre, donc, de travaux qui sont exécutés bénévolement, sans certificat ou
exemption, au bénéfice d'une personne physique. Puis ça, c'est bien important
parce que l'argument ici, là, la... pardon, l'amendement ici ne concerne, donc, que les travaux effectués au
bénéfice d'une personne physique. C'est dire, donc, dans le contexte actuel,
donc, lorsque cette personne est propriétaire, donc, d'un duplex, d'un triplex
ou d'un quadruplex, qu'on retrouve déjà aux règlements sur les travaux
bénévoles de construction que cette personne-là puisse avoir cette
flexibilité-là lorsqu'elle n'est plus occupante. Puis je dis «plus»,
évidemment, lorsqu'elle ne l'est pas ou ne l'est plus là. Je dis «plus» parce que, souvent, donc, ce qui va arriver
dans la vraie vie, ma collègue a donné un exemple, tu sais, un autre :
si la personne qui a été propriétaire, donc, d'un triplex, qui a vécu là... ou
un duplex ou un triplex, qui a vécu pendant, bon,
10 ans, pendant 15 ans, donc, qui déménage, donc, la personne, donc,
qui est locataire ici, donc qui... il est quand même... elle se sent
quand même, donc, tributaire, donc, de l'entretien de son bien, elle continue,
donc, de vouloir exercer, donc, son droit de propriété par l'entremise, donc,
du véhicule, donc, de la personne physique, donc ne souhaite pas s'incorporer
parce que ce n'est pas une... il n'y a pas, donc, de projet d'affaires, donc,
qui est... vraiment on a effectué là-dessus,
mais c'est un peu, donc, le fonds de retraite de cet individu-là, parfois même
un aîné qui est en cause.
Donc, on se
dit : Donc, dans ces situations-là, considérant, donc, ce qu'on a...
considérant, donc, les aménagements que
nous faisons dans le cadre, donc, du projet de loi n° 51 ainsi que les
principes qui sous-tendent... qui sous-tendent, donc, le projet de loi
qu'on a énuméré précédemment, il nous semble approprié que, pour ce qui
concerne, donc, la réparation et l'entretien,
donc, les travaux... les types de travaux mineurs que je viens de nommer, que
cette personne-là qui n'est plus
occupante de son domicile puisse avoir accès à ces travaux. Ça nous semble,
donc, circonscrit.
Et, comme ma collègue l'a mentionné, bien
souvent, c'est que ça se fait déjà. On ne voudrait pas... Un peu comme on l'a
explicité dans le concept de polyvalence un petit peu plus tôt à travers, donc,
des débats rigoureux, c'est se dire : La personne qui n'est pas... qui ne
souhaite pas, donc, aller, donc, en contravention, là, des différents
principes, là, qui sont, donc, dans la R-20, mais qui devrait, donc, pouvoir
bénéficier de cette flexibilité-là. Souvent, donc,
ça se fait déjà parce que la personne ne sait même pas qu'elle est en
contravention du Règlement sur les travaux bénévoles de construction.
Donc, on ne parle pas, donc, d'octroyer des contrats, donc, à un tiers puis de
nous assurer que les travaux, donc, de rénovation, donc, beaucoup plus
importants soient faits par autrui, mais vraiment que ces travaux de réparation et d'entretien puissent être
faits bénévolement au bénéfice de cette personne physique, considérant également les délais que ça... qu'un tel
règlement, donc, peut occasionner. Donc, ma collègue mentionnait, donc, certains exemples, puis elle a été dans le municipal puis
peut renchérir là-dessus. Souvent, si... souvent, les travaux sont tellement
mineurs que ça prend du temps, donc, de pouvoir trouver la personne qui va
pouvoir venir les effectuer à l'extérieur.
Donc, ça nous semble, donc, correspondre aux
impératifs. Considérant, donc, le contexte d'inflation dans lequel nous sommes, ça nous semble, donc,
correspondre aux impératifs aussi, donc, du projet de loi, donc, qui sont,
donc, dans la lignée des objectifs
qui ont été mentionnés par le ministre lui-même afin d'octroyer une flexibilité
supplémentaire au propriétaire, même lorsqu'il n'est pas occupant,
sachant que, s'il s'agissait, donc, d'un projet d'affaires plus substantiel, le
choix que n'importe quel fiscaliste, donc, lui donnerait, là, ce serait, donc,
une incorporation de toute manière. Et là ça ne s'appliquerait pas, mais pas du
tout, l'amendement qu'on vient de proposer, qui est somme toute mineur. Merci,
Mme la Présidente.
La Présidente (Mme D'Amours) : Merci.
Mme la députée de Mille-Îles.
Mme Dufour : Oui, merci, Mme la
Présidente. Effectivement, il y a des enjeux, des fois, de disponibilité aussi de main-d'oeuvre, et, lorsque ce sont des
petits travaux, par exemple, de réparation, bien, il y a... des entreprises,
en fait, souvent ne se déplacent même pas, des entrepreneurs qui... disons, qui
sont habitués à faire des travaux de plus grande ampleur, bien, ils ne se
déplacent pas pour des petites réparations. Alors, il faut laisser cette
flexibilité-là, à mon avis, aux propriétaires pour qu'ils puissent répondre aux
besoins de réparation, si... advenant qu'un locataire constate quelque chose de
brisé, bien, qu'il n'ait pas à vivre pendant des semaines avec ça, mais que le
propriétaire puisse revenir le réparer lui-même rapidement.
Et je
voudrais souligner que ce règlement-là sur les travaux bénévoles permet... puis
vous vous en rappellerez sans doute, là, qu'il y avait eu un cas dans
les médias où des parents avaient fait du travail bénévole dans une école, puis
là on leur avait... il y avait eu une plainte, une dénonciation. Bref, suite à
ça, ce règlement-là avait été modifié pour
permettre dans le fond que, justement, des parents puissent peinturer, par
exemple, une école. Moi, j'ai été parent d'une école alternative, où,
bien, c'était les parents qui faisaient ce genre d'entretien là, mais ça se
faisait, dans le fond... on ne le savait
pas, là, bien, que ça se faisait contre la loi, ça fait que ça a été corrigé il
y a quelques années à peine.
Maintenant, ce qu'on demande, c'est de corriger
cette même... en tout cas, cette même iniquité-là d'une certaine façon pour les petits propriétaires d'immeubles à logements qui
ne sont pas occupants. Et je... Et, tu sais, quand on compare une école
secondaire, par exemple, qui pourrait être peinturée par les parents, mais un
duplex ne pourrait pas l'être parce que le... par le propriétaire parce que le
propriétaire n'est pas occupant, il n'y a pas... il n'y a pas de risque, là, on
s'entend, là, c'est la même chose. Donc, il n'y a pas... il n'y a pas... en
tout cas, à mon avis, il n'y a pas de raison de refuser ça.
Mais je voudrais souligner, puis ça, ça ne fait
pas partie de notre... de l'amendement, ça ne fait pas partie de l'amendement,
mais je voudrais souligner qu'en lisant le deuxième point on a une autre
aberration, qu'on peut dire, ici, où on permet au syndicat d'une copropriété
divise d'au plus de quatre unités de logement seulement de prendre... de
s'occuper eux-mêmes de la partie commune de la copropriété. Tous ceux qui sont
copropriétaires de bâtiments de plus de quatre unités, donc du six, huit, 10,
ce qui se construit aujourd'hui — aujourd'hui, ça ne se construit plus des
condos de quatre unités, ça ne se fait plus — bien, ils peuvent eux-mêmes
réparer, modifier, rénover leur unité personnelle, mais ils ne peuvent pas
peinturer le corridor ensemble, selon la loi. Ça, c'est à mon avis une aberration,
une autre aberration qui aurait dû être corrigée. Mais là, mon combat,
aujourd'hui, c'est pour les petits propriétaires de bâtiments résidentiels
locatifs. Merci.
La Présidente (Mme D'Amours) : Merci.
Commentaires sur l'amendement? S'il n'y a pas de commentaire, je vais mettre
aux voix l'amendement de la députée de Mille-Îles. Est-ce que l'amendement...
M. Boulet : ...
La Présidente (Mme D'Amours) : Vous
avez un commentaire, M. le ministre?
M. Boulet : Bien, je comprends les
sensibilités que vous exprimez. En même temps, le travail au noir est un
phénomène à l'égard duquel on met énormément d'énergie, vous le savez, avec
ACCES Construction, le travail interministériel en collaboration avec la Régie
du bâtiment, la CNESST puis la Commission de la construction du Québec,
et ça pourrait avoir un impact qui n'est pas positif à cet égard-là. Puis
l'APCHQ a partagé avec nous sa position à l'égard de cet amendement-là, et donc, travail au noir, qualité, aussi,
des travaux. Puis quand un propriétaire est occupant dans le duplex, le triplex ou le quadruplex, il
peut quand même. Et le règlement sur les travaux bénévoles, il a été adopté
par votre gouvernement, en 2011, et le concept de bénévolat est bien balisé.
Non, ça fait que je vais arrêter mes commentaires. Merci, Mme la Présidente.
• (18 h 30) •
La Présidente (Mme D'Amours) : Oui,
Mme la députée de Mille-Îles.
Mme Dufour : Merci, Mme la
Présidente. Il m'est difficile de comprendre l'enjeu du travail au noir, parce qu'en fait, ce qu'on parle ici, c'est des travaux
bénévoles, et donc que le propriétaire puisse faire les travaux lui-même.
Si, actuellement, il fait affaire avec une
autre entreprise qui n'a pas ses cartes de compétence, bien, de toute façon, tu
sais, il ne respecte pas la loi déjà. Mais l'idée c'est qu'ici, si le
propriétaire veut faire les travaux lui-même, bien là, il ne respecte pas la loi. Donc là, on n'est plus dans
du travail au noir, on est vraiment dans du travail bénévole. Quelqu'un qui
veut entretenir son propre bien ne peut pas le faire, s'il suit la loi. On
s'entend que ce n'est pas ça qui se passe dans la réalité, là. La plupart des gens, je crois, vont
essayer de réduire les coûts ou bien ils vont faire affaire avec une entreprise
avec des cartes de compétence, mais là, ici,
on est dans le propriétaire privé qui veut... qui voudrait les faire pour
lui-même dans son bâtiment. On permet à un... On permet à des parents de
le faire dans une école secondaire, puis on... là, il n'y a pas d'enjeu de sécurité, mais pour le faire dans un duplex, il y
aurait un enjeu de sécurité. Mais s'il est occupant, là, il n'y a pas
d'enjeu de sécurité. Mais s'il n'est pas occupant, là il y aurait un enjeu de
sécurité. Ça ne tient pas la route, quant à moi, là.
La Présidente (Mme D'Amours) : D'autres
commentaires? Oui, Mme la députée de Bourassa-Sauvé.
Mme
Cadet : Merci, Mme la Présidente. J'entends la préoccupation du ministre, on la partage, cette
préoccupation-là. Puis c'est d'ailleurs la raison pour laquelle, tu
sais, qu'on s'est... on s'est posé la question, ma collègue et moi, sur la manière, donc, de circonscrire l'amendement
qu'on déposait, justement pour ne pas s'en aller là. C'est pour ça qu'on
a... on a fait le choix, donc, du Règlement sur les travaux bénévoles de
construction, pour nous permettre, donc, de
faire le débat ici, là, sur cette question-là. Pour nous, il n'était pas
question, donc, d'aller de l'avant, donc, avec, donc, le fait, donc, de
réquisitionner, donc, d'autres travailleurs, donc, pour faire, donc, ce
travail-là, donc, de façon rémunérée,
là, mais vraiment, donc, d'entrer, donc, dans un cadre extrêmement limité. Mais
j'entends la préoccupation du ministre ici.
Maintenant, tu sais, pourquoi j'aimerais vous
entendre, M. le ministre, puisque, voilà, donc, votre opinion, donc, elle est
faite, ici, c'est de voir... Parce que, là, tu sais, évidemment, donc, on
parle, donc, de la réparation dans le secteur résidentiel, ici. C'est très
clair. Donc, la réparation et l'entretien dans le secteur résidentiel, vous
exprimez donc cet enjeu-là, donc, des
travaux, donc, qui pourraient être faits, là, sans qu'on puisse bien les
capter. Mais comment est-ce qu'on attire donc les travailleurs dans le
secteur, donc, de la rénovation résidentielle? Quels aménagements, donc, qu'on
pourrait faire justement pour éviter, donc, la problématique, là, que vous
venez de soulever?
M. Boulet : Je n'ai pas d'autre
commentaire, Mme la Présidente.
Mme Cadet : OK.
La Présidente (Mme D'Amours) : ...M.
le député d'Hochelaga-Maisonneuve.
M. Leduc : ...dire que je souscris
avec l'analyse... à l'analyse du ministre, là. Moi aussi, je vais voter contre cet amendement-là. Je ne comprends pas tout à fait
pourquoi on veut permettre à des propriétaires, mettons, à la Zavriyev, qui
ont des centaines de portes, de vouloir faire des travaux bénévoles.
La Présidente (Mme D'Amours) : ...
M. Leduc : Bon. Peut-être que
Zavriyev n'était pas l'exemple approprié. Dans tous les cas, le travail au noir
étant tellement un fléau, là, au Québec,
puis les études sont assez claires à ce sujet-là, le milieu résidentiel, c'est
souvent plus qu'un tiers du travail au
noir dans la construction. Le ministre a fait référence à la qualité des
travaux, je rajouterais une couche sur la garantie des travaux. Ça fait
que, moi, je ne vois pas à quoi ça aide le milieu de la construction de permettre ça. Puis, au contraire, j'ai des... j'ai
des craintes assez fortes pour... pour écarter, en tout cas, dans mon cas,
voter contre, bref, cet amendement-là. Merci.
La Présidente (Mme D'Amours) : Mme
la députée de Mille-Îles.
Mme Dufour : Oui, merci, Mme la
Présidente. Je voudrais tout de suite corriger, là. On ne s'adresse pas ici... Ça ne concerne pas du tout les très grands
propriétaires comme le nom que vous avez mentionné. On est limités ici dans les
duplex, triplex, quadruplex d'abord, et on est dans les personnes physiques. Le
cas que vous mentionnez, c'est une personne morale.
Dans les personnes physiques, celles qui ont des
dépenses, et puis tout propriétaire de logements locatifs qui aurait des dépenses, quel est l'intérêt de le
faire au noir quand ce n'est pas déductible? Si le propriétaire d'un logement
locatif fait des travaux et qu'il paie pour les faire, il va prendre une
facture parce qu'il va pouvoir le déduire de ses impôts, ce qu'il ne pourra pas faire, s'il le fait au noir. Alors, ça ne
fait pas... En tout cas, à mon sens, ce n'est pas... ce n'est pas de la
façon que ça se passe la plupart du temps ici.
Là, ici, on parle de travail bénévole. Il n'y a
pas d'échange d'argent. On parle d'un propriétaire qui souhaite faire les
travaux lui-même. Et je parle, l'exemple, repeinturer le logement.
Actuellement, selon les lois, il ne pourrait pas
le faire pour son propre bien s'il n'y habite pas. C'est d'un ridicule
absolument dément. Donc, je m'excuse, mais, tu sais, si... Dans la réalité,
qu'est-ce que vous pensez qui se passe? Le propriétaire va le peinturer
lui-même, le logement, il va le faire. Donc... Donc, ça... En tout cas.
Et donc je pense que... En tout cas. On...
Puis, quand on parle de qualité, bien, je
répète, tous les travaux qui sont mentionnés ici peuvent être faits par des
parents dans une école, et là, il n'y a pas d'enjeu. Ça peut être fait aussi
par un organisme sans but lucratif, par exemple,
une coopérative d'habitation. Là, les propriétaires, les locataires ou en tout
cas ceux qui... plutôt les copropriétaires, ceux
qui habitent dans la... la copropriété, on appelle ça des membres, bien, ces
membres-là, eux, peuvent faire les travaux.
Et, peu importe que ce soit... la grandeur de l'édifice, ils peuvent, il n'y a
pas d'enjeu pour eux, mais il y en a pour le propriétaire. C'est...
C'est un non-sens.
Et l'enjeu qui, à mon sens, ici, est le plus
problématique, c'est qu'on a un parc locatif vieillissant. On a de plus en
plus, comme je disais, des propriétaires qui ont de la difficulté à arriver. Les
coûts ont beaucoup augmenté. Donc, aujourd'hui, de faire ces travaux-là
eux-mêmes, c'est... c'est rendu nécessaire, autrement, c'est pratiquement
impossible d'arriver financièrement. Et... Mais là, si on leur impose et on
leur dit : Non, vous allez nécessairement devoir dépenser pour faire ces
travaux-là, bien, malheureusement, ce qu'on risque de voir, c'est un parc
locatif qui va se dégrader. Puis il est déjà... il a déjà besoin d'amour, le
parc locatif.
Donc, ici, l'objectif, c'est... ce n'est pas de construire
plus, c'est plutôt de préserver ce qu'on a déjà. Et, quand on parle de la crise
du logement, la pire chose qui peut arriver, c'est de perdre des logements. Et
je me souviens, une de mes collègues a mentionné un cas d'un couple aîné, qu'on
leur a imposé certaines règles, et c'était tellement complexe qu'ils ont tout
simplement décidé, Mme la Présidente, de ne plus le louer. Alors donc, c'est...
Il faut éviter ça absolument. Et donc, l'objectif ici, c'est d'assouplir pour
les petits propriétaires. Mais on n'est pas dans des grands assouplissements, là. On leur propose simplement... On
propose simplement de leur permettre, aux propriétaires, de faire
eux-mêmes des travaux dans leurs logements. C'est tout.
La Présidente (Mme D'Amours) : ...la
députée de Bourassa-Sauvé.
Mme Cadet : Bien, je ne sais pas si
le ministre, vous aviez un commentaire à faire...
M.
Boulet : Je ne voudrais pas qu'on minimise, hein, non plus,
hein? Il y a des propriétaires de 20, de 30, de 40, de 100 duplex, des triplex, des quadruplex,
là. La porte est extrêmement grande ouverte. Et, je le répète, les conditions
de travail des personnes qui sont régies par la loi R-20, donc soumises à
des conventions collectives de travail, sont nettement supérieures. Donc, ça,
c'est une façon d'attirer, de retenir et d'assurer une meilleure qualité des
travaux. Puis, je le répète, l'APCHQ est en désaccord.
Et le dernier point que je partage, bien, en
fait, c'est... c'est la contribution à l'accroissement du travail au noir.
Puis, je le répète, c'est sûr que vous référez tout le temps au petit
propriétaire occupant, mais, s'il est propriétaire occupant de son triplex, de
son quadruplex, ce n'est pas problématique. Mais, bon, on va se répéter, là,
mais moi, je pense que ça se résume pas mal à ça.
Mme Cadet : ...Mme la Présidente.
La Présidente (Mme D'Amours) : Pour
quel motif?
Mme
Cadet : Pour discussion... Pour discussion hors micro,
madame... Mme la Présidente, avant de passer au vote.
La Présidente (Mme D'Amours) : Une
suspension pour quelques minutes, s'il vous plaît.
(Suspension de la séance à 18 h 39)
(Reprise à 18 h 44)
La
Présidente (Mme D'Amours) : Nous reprenons nos travaux. Nous sommes toujours
sur l'amendement de la députée de Mille-Îles. La parole est à vous... à
vous, Mme la députée.
Mme Dufour : Merci, Mme la
Présidente. Je voulais simplement rebondir, là, sur ce qui a été mentionné
précédemment. M. le ministre a mentionné : Il y a des propriétaires qui sont
propriétaires de dizaines de duplex ou triplex.
Bien, écoutez, s'ils souhaitent à temps plein rénover eux-mêmes leurs
immeubles, je ne vois pas il est où, l'enjeu. Mais, ceci dit... Puis là, rénover, je dis «rénover», mais on parle de
réparer, là. Je suis toujours... Je mélange toujours les deux termes. Mais on parle, par exemple, de
peinturer, etc. Mais, la réalité, c'est que ceux... ceux qui sont propriétaires
de dizaines de duplex ou triplex, ils vont
s'incorporer, parce que financièrement, ça ne tiendra pas la route, actuellement.
Tout... tout... Surtout avec la hausse du... de la hausse de la taxe sur le
gain en capital qu'on a eue récemment, bien, c'est... tout fiscaliste va... va
fortement recommander aux propriétaires de dizaines de... de duplex ou triplex
de s'incorporer parce qu'ainsi ils seront capables de faire des mouvements
fiscaux pour réduire cette taxe-là.
Un propriétaire physique, parce qu'on est
toujours, ici, une personne physique qui est propriétaire, elle n'aura pas ce
luxe-là. Donc, on parle ici de... de petits propriétaires qui ont généralement
très peu de logements, mais qui souhaitent, de temps en temps, intervenir dans
leurs logements eux-mêmes, et on ne leur permet pas. On s'entend que dans la
réalité, ça risque de se faire, de toute façon. Alors, quand on dit «travail au
noir», bien, je ne suis pas sûre qu'on
n'encourage pas, d'une certaine façon, une certaine forme de travail au noir,
qui est de faire les travaux soi-même en
dépit de la loi, alors que ce serait très, très, très... tu sais, ce serait
légitime de permettre à un propriétaire de pouvoir entretenir lui-même le bâtiment. Et on parle
encore une fois de travaux qui sont, somme toute, très limités, il n'y a rien
de... aucune plomberie, électricité, structure ou quoi que ce soit. Et ce sont
tous des travaux qu'on permet déjà à un OBNL de faire bénévolement, ou à une... comme une
coopérative d'habitation ou à des parents de faire dans une école.
Donc... Donc, voilà.
La Présidente (Mme D'Amours) : Merci.
Mme la députée de Bourassa-Sauvé. La parole est à vous.
Mme Cadet : Merci, Mme la
Présidente. Donc, on a entendu, donc, l'argumentaire du ministre. Donc, on voit, donc, où est-ce que, donc, vous souhaitez
aller, donc, avec notre amendement. On l'entend, on est en désaccord, mais on
le respecte.
Maintenant, l'un des enjeux qu'on a soulevés,
et, je pense, avec justesse, donc, c'était celui, donc, de la disponibilité des
travailleurs. Parce que, là, donc, en rejetant notre amendement, donc, ce
qu'on... donc, on ne vient pas, donc, régler, donc, la problématique qu'il est
difficile, donc, pour, donc, ces personnes physiques, donc, qui sont
propriétaires, donc, de logements, donc, de deux, trois, quatre unités, tout au
plus, de pouvoir accéder, donc, à ces travailleurs,
comme je l'ai mentionné, donc, pour des travaux mineurs, donc, de réparation et
d'entretien. Donc, cet enjeu de disponibilité là, il est quand même
sérieux. Puis, comme ma collègue l'a mentionné, donc, il ne nous permet pas, donc, de pouvoir, donc, entretenir avec justesse
différents... donc, différents, donc, logements, donc, qui existent, donc,
dans notre parc locatif parce que ce n'est pas nécessairement attrayant pour
certains travailleurs.
Donc, et c'est là qu'on revient un peu, donc, à
l'attractivité puis la rétention, tu sais, du secteur. Mais là, ici
particulièrement, donc, on est dans celui, donc, de la rénovation
résidentielle. Donc, j'aimerais, tu sais, à la lumière de tout ce que nous avons entendu, considérant, donc, le point de vue du
ministre sur l'amendement que nous avons déposé, l'entendre sur cette
attractivité-là. Donc, comment est-ce qu'on assure, sachant qu'on ne vient pas
régler cette problématique-là, comment est-ce qu'on assure la disponibilité des
travailleurs pour ces personnes physiques qui sont propriétaires de duplex,
triplex ou de quadruplex, qui ne seraient pas propriétaires occupants et pour
lesquels, donc, aujourd'hui, donc, on ne
permettrait pas, donc, à l'issue de ce vote, manifestement, d'avoir accès,
donc, à des travaux bénévoles de construction faits pour leur bénéfice?
M. Boulet : En fait, je vais être
assez sommaire, là : disponibilité, attractivité. Disponibilité, bien, il
y a plusieurs leviers qui sont utilisés dans notre projet de loi. Attractivité,
bien, ça prendrait une réflexion, un petit forum avec l'APCHQ pour s'assurer
qu'on fasse bien la promotion du régime de conditions de travail qui découle
des conventions collectives de travail. Puis c'est un secteur qui négocie bien
lors des renouvellements de conventions collectives, ça fait qu'il y aura
certainement un peu de promotion, de sensibilisation puis d'information. C'est
tout ce que je pourrais dire. Merci.
Mme Cadet : Merci, M. le ministre.
Merci, Mme la Présidente...
La Présidente (Mme D'Amours) : Merci.
D'autres commentaires? S'il n'y a pas d'autre commentaire, je vais mettre aux
voix l'amendement de la...
Une voix : ...
La
Présidente (Mme D'Amours) : Un vote par appel nominal a été demandé. Mme la
secrétaire, s'il vous plaît.
La Secrétaire : Pour, contre,
abstention. Mme Dufour (Mille-Îles)?
Mme Dufour : Pour.
La Secrétaire : Mme Cadet
(Bourassa-Sauvé)?
Mme Cadet : Pour.
La Secrétaire : M. Boulet
(Trois-Rivières)?
M. Boulet : Contre.
La Secrétaire : Mme Mallette
(Huntingdon)?
Mme Mallette : Contre.
La Secrétaire : Mme Boivin Roy
(Anjou—Louis-Riel)?
Mme Boivin Roy : Contre.
La Secrétaire : Mme Tremblay
(Hull)?
Mme Tremblay : Contre.
La
Secrétaire : M. Martel (Nicolet-Bécancour)?
M.
Martel :
Contre.
La
Secrétaire : M. Leduc (Hochelaga-Maisonneuve)?
M. Leduc :
Contre.
La
Secrétaire : Mme D'Amours (Mirabel)?
La Présidente (Mme
D'Amours) : Abstention. Donc, l'amendement est rejeté.
Maintenant, nous
serions rendus, selon le plan de travail, au bloc Rétroactivité salariale. Et
nous serions à l'article numéro 23. M. le ministre, si vous voulez bien
nous faire la lecture de votre amendement... de votre article, s'il vous plaît.
• (18 h 50) •
M. Boulet : Oui.
Merci. Puis il y aura un amendement par la suite. Donc, 23 :
L'article 48 de cette loi est modifié par le remplacement, dans le sixième
alinéa, de la dernière phrase par les suivantes : «À l'exception d'une
clause portant sur le versement d'un ajustement salarial rétroactif, aucune
clause ne peut avoir d'effet rétroactif à une date antérieure à celle de sa
signature. Les avantages sociaux ne peuvent faire l'objet d'un ajustement
rétroactif aux fins du présent article.»
Commentaires :
Donc, modifier l'article 48 afin de permettre la négociation
d'augmentations salariales rétroactives dans les conventions de
l'industrie de la construction.
Est-ce que je peux
lire l'amendement, Mme la Présidente?
La Présidente (Mme
D'Amours) : Je vais suspendre les travaux quelques minutes.
(Suspension de la séance à
18 h 51)
(Reprise à 18 h 55)
La Présidente (Mme D'Amours) : Nous
reprenons nos travaux, et, M. le ministre, je vous demanderais de faire
la lecture de votre amendement, s'il vous plaît.
M. Boulet : Merci,
Mme la Présidente. 23 : L'article 48 de cette loi est modifié par le
remplacement, dans le sixième alinéa, de la dernière phrase par les
suivantes : «À l'exception d'une clause portant sur le versement d'un
ajustement salarial rétroactif, aucune clause ne peut avoir d'effet rétroactif
à une date antérieure à celle de sa signature. Les avantages sociaux ne peuvent
faire l'objet d'un ajustement rétroactif aux fins du présent article.»
Donc,
l'article 23 vise à permettre la négo d'augmentations salariales
rétroactives.
Et
l'amendement : Article 48 de la Loi sur les relations de travail, la
formation professionnelle, la gestion de la main-d'oeuvre dans
l'industrie de la construction. Remplacer l'article 23 du projet de loi
par le suivant :
23. L'article 48
de cette loi est modifié par la suppression, dans le sixième alinéa, de la
dernière phrase.
Commentaires :
Cet amendement vient permettre à ce que la date d'entrée en vigueur d'une
convention puisse être rétroactive à une date antérieure à celle de sa
signature.
Donc, en fait,
l'amendement permettra aux parties, lors de la négo d'une convention collective
dans l'un ou l'autre des secteurs, de s'entendre sur des clauses ayant un effet
rétroactif, notamment en matière de rémunération. Donc, avec cette modification, pas nécessaire de prévoir expressément
que les parties peuvent négocier des ajustements salariaux, la
rémunération étant bien sûr une matière négociable prévue dans la loi. Alors,
c'est tout. C'est... C'est maintenant possible avec cet amendement.
La Présidente (Mme
D'Amours) : Merci. Merci. Commentaires sur l'amendement?
Mme Cadet : Mme
la Présidente, est-ce qu'on peut monter? Parce que, là, on voit juste
«remplacer», mais on ne voit pas la modification de l'article. Juste nous
assurer de bien saisir.
La Présidente (Mme
D'Amours) : Ce n'est pas sur...
Mme Cadet : Ah!
ce n'est pas... OK.
La Présidente (Mme D'Amours) : Non.
C'est vraiment ce que vous voyez à l'écran. C'est ce que nous avons sur
Greffier.
Mme Cadet : Ce qu'on voit, c'est uniquement... D'accord. Donc,
la phrase que vous... L'article 48 de cette loi est modifié par la
suppression, dans le sixième alinéa, de la dernière phrase. Donc, la phrase
qu'on enlève, c'est : «Les avantages sociaux ne peuvent faire l'objet d'un
ajustement rétroactif...»
M. Boulet : ...puis
là je vais attendre que le collègue... On a rajouté les avantages sociaux, là,
suite aux consultations particulières. Puis
c'est pour ça qu'on a fait l'amendement. Et c'est effectivement la dernière
phrase, vous le dites bien, là, collègue de Bourassa-Sauvé, là, mais la
dernière phrase, c'est : «Toutefois, cette date ne peut en aucun cas être
antérieure à la date de la signature de la convention collective.»
Mme Cadet : Non, ça, c'était déjà
enlevé. «Toutefois, cette date», c'était déjà ce qu'on enlevait dans le libellé
initial.
M. Boulet : Bien oui, c'était déjà
enlevé.
(Consultation)
M. Boulet : ...le texte nouveau
devant moi, là, mais c'est... mais ça comprend les avantages sociaux. C'est ce
qu'on a rajouté.
Mme Cadet : OK. Il y a le... Et donc
le... Ce qu'on... Là, ça, ça remplace l'article 48 tel que proposé. Donc,
le texte, «toutefois, cette date», ce que vous venez de mentionner, ça,
c'est... ça continue d'être... ça ne revient pas dans le libellé initial, donc
on ne modifie pas.
M. Boulet : Non. Non.
Mme Cadet : OK. Donc, ça, donc,
c'est l'article tel que proposé, donc en enlevant «Toutefois, cette date ne peut être en aucun cas antérieure à la date de
signature de la convention collective» et en enlevant aussi, donc, ce qu'on
avait ajouté dans la première mouture de l'amendement de l'article dans le PL
des avantages sociaux?
M. Boulet : Oui. Oui. Tout à fait.
Mme Cadet : OK. Merci.
La Présidente (Mme D'Amours) : ...Mme
la députée de Mille-Îles.
Mme Dufour : Oui, merci, Mme la
Présidente. J'aimerais ça qu'on m'explique exactement. Peut-être que le ministre peut m'éclairer, là, sur comment des
avantages sociaux, là... Comment ça va s'opérer... tu sais, la rétroactivité
dans les avantages sociaux? Parce que c'est assez varié, les avantages sociaux,
donc est-ce qu'on peut me donner quelques exemples? Puis, tu sais, on peut
parler d'une rétroactivité de combien de mois, exactement, que ça pourrait
couvrir? Puis c'est ça, juste... juste la mécanique, là, comment ça peut
marcher.
M. Boulet : ...les
avantages sociaux, les ajustements aux avantages sociaux, ça peut être les
bénéfices, les taux de couverture, les cotisations. Mais tout ça est... ce sont
des matières négociables et qui concernent les avantages sociaux.
Mme Dufour : Mais
admettons qu'on parle d'assurance, que les avantages sociaux, ce seraient les
assurances, comment ça peut être rétroactif?
M. Boulet : C'est comme dans toutes
les conventions collectives de travail. Si un bénéfice est accordé, il peut y avoir un effet qui rétroagit, une
cotisation, un taux de couverture, mais c'est des matières que les parties
conviennent entre elles.
Mme Dufour : Les systèmes de gestion
de la paie, entre guillemets, là, ils sont... sont capables de supporter ce genre de modifications là d'avantages? C'est
particulièrement les avantages sociaux, là, qui m'intriguent. Je comprends, un
ajustement salarial, ça se gère, mais...
M. Boulet : ...par secteur en tenant
compte d'un certain nombre d'éléments. Mais oui, tout à fait, les parties
pourront le négocier, comme... C'est comme ça, collègue, hein, de Mille-Îles,
dans tous les secteurs d'activité. Moi, je... à ma connaissance, je ne connais
pas d'autre secteur où il y a une prohibition de négocier de la rétroactivité.
Puis, tu sais, tu peux signer le 15 juin, puis la date, bien, c'est ça, ça
se négocie.
• (19 heures) •
Mme Dufour : OK. Juste... Juste pour
bien saisir, là. On dit que ça se fait comme ça actuellement. Mais là on parle de négociations dans l'industrie de la
construction. On n'est jamais dans du... Ici, c'est toujours du négocié, là.
C'est toujours une entente où les... dans le fond, les... mon Dieu!, j'essaie
de trouver le terme, le patronat, là, mais je ne sais pas si ce serait ça, le
bon terme... les associations patronales seraient toutes... seraient d'accord,
là. Il n'y a pas... Il n'y a aucune convention qui est imposée, là, dans ce
domaine-là, là?
M. Boulet : ...rien. C'est négocié
par secteur. Puis, comme j'ai déjà présenté, il y a des clauses sectorielles et
des clauses communes, mais oui, ce sera convenu entre les parties.
Mme
Dufour : OK. Et, dans les échanges qu'il y a eus, là, il y a eu des
groupes qui ont demandé cette modification-là, mais il y a d'autres groupes qui,
eux, ont fait exactement l'inverse. Ils ont demandé qu'on enlève la
rétroactivité entièrement.
M. Boulet : ...ont
demandé... beaucoup de groupes ont demandé qu'on enlève le Fonds de
rétroactivité salariale. Mais ça, ce n'est pas cet article-là.
Mme Dufour : OK.
Mais le fonds est quand même important.
M. Boulet : On
va y venir plus tard. Mais cet article-là n'a aucune incidence sur le fonds.
Mme Dufour : OK.
C'est le fonds qui était problématique. Vous dites que...
M. Boulet : Oui.
On va y venir à l'autre article, je pense bien, à l'autre... l'article suivant.
C'est l'autre après.
Mme Dufour : OK.
La Présidente (Mme
D'Amours) :
Mme la députée de Bourassa-Sauvé.
Mme Cadet : Merci,
Mme la Présidente. Bien, d'abord, donc, sur la question que ma collègue vient
de poser... En fait, le principe de négociation de la rétroactivité, donc, ne
faisait pas nécessairement consensus à l'issue des consultations particulières
non plus. Effectivement, donc, le fonds, donc, c'est à un autre article, mais
le débat de principe sur la rétroactivité, là, on pourra le faire, donc, une
fois, donc, l'amendement débattu.
Mais donc, là, donc,
je reviens, donc, justement, sur ce que l'on voit, donc, à l'écran, ce que vous
venez de nous soumettre, M. le ministre.
J'essaie de saisir, en fait, quel... quel problème on essaie de régler ici,
donc, en modifiant... en fait, en ôtant, donc, cette dernière phrase
dans le libellé du texte proposé.
M. Boulet : Simplement
permettre la négo de rétroactivité sur le salaire et les avantages sociaux. Ce
n'est pas plus compliqué que ça. Il y avait un article qui prohibait, et là cet
article-là ne... n'existera plus.
Mme Cadet : En
fait, pourquoi, dans la mouture initiale, dans le texte proposé à la base,
pourquoi vous avez tenu... vous avez cru
bon, donc, d'indiquer «à l'exception d'une clause portant sur le versement d'un
ajustement salarial rétroactif»?
M. Boulet : ...les
avantages sociaux étaient exclus.
Mme Cadet : C'est
ça.
M. Boulet : Alors
qu'avec l'amendement ils peuvent faire l'objet d'une rétro.
Mme Cadet : Ça,
je... Maintenant qu'on a été en mesure, donc, de débroussailler, donc, le texte
proposé, que je le saisis bien, c'est effectivement
la question que je vous pose, M. le ministre : En fait, pourquoi, dans
votre première mouture, vous aviez cru bon de ne pas permettre la
négociation de rétroactivité sur les avantages sociaux?
M. Boulet : Les consultations qu'on avait faites nous
permettaient d'aller dans cette direction-là. Et là on a écouté, aux
consultations particulières, puis on a fait l'amendement que vous connaissez.
C'est tout.
Mme Cadet : Qu'est-ce que vous avez... Quel élément en
particulier vous avez entendu dans les consultations puis vous vous êtes
dit : Il faut... On s'en va... Donc nous, comme gouvernement, on s'en va
dans la mauvaise direction en débattant, donc, le texte proposé à
l'article 48 sans y apporter un amendement?
M. Boulet : Je
ne m'exprimerai pas longuement là-dessus, mais c'est quand même un enjeu qui
est fondamental, la rétroactivité. On faisait un pas en avant et suite aux
consultations particulières on a complété le pas en avant qu'on faisait pour le
bénéfice des travailleurs et travailleuses. Et, vous le savez, dans la plupart
des lois, les avantages sociaux, dans la
mesure où il y a une incidence financière, ça fait partie du concept de
rémunération. Ça fait que c'est tout à fait cohérent de tenir compte de la même
possibilité de négocier une rétroactivité pour les avantages sociaux que
pour les salaires. Donc, ça se résume à ça, là, si je le dis simplement.
Mme Cadet : Je
vous... Je vous entends sur le motif ici. Moi, ce que j'essaie de saisir, c'est
qu'en fait ce que... les éléments que vous nous soumettez en ce moment, ce ne
sont pas des éléments nouveaux, donc vous émettez,
donc, des éléments de principe, dont... en fait, que vous connaissiez ou que
vous étiez, donc, censé connaître, comme on l'a dit... comme le dit
l'adage, lorsque vous avez proposé le texte initial dans le projet de loi. Donc
moi, j'essaie, donc, de voir... Vous disiez,
donc, qu'au départ vous avez voulu faire un pas en avant, mais il y a une
décision qui a été prise à ce
moment-là, vous avez choisi de trancher et d'indiquer dans le premier texte
proposé : «Les avantages sociaux ne peuvent faire l'objet d'un
ajustement rétroactif aux fins du présent article.» Donc...
M. Boulet : Je
n'ai pas d'autre commentaire. Je pense que j'ai répondu.
Mme Cadet : Bien, en fait, si je
pose la question, M. le ministre, avec égards, c'est que je n'ai pas
l'impression qu'on a répondu à ma question. J'essaie de comprendre votre
démarche. J'entends que vous dites... vous avez écouté, mais si vous avez proposé
ce texte-là à la base... Et j'étais là également lors des consultations
particulières, là, je vous... je vous avouerais que cet élément précis là ne
m'a pas nécessairement frappée. Puis ça ne veut pas dire qu'il n'a pas été
abordé, là, mais je n'ai pas l'impression que... que ça a été l'élément
déclencheur, donc, de votre démarche ici. Donc, j'essaie de saisir comment
est-ce qu'on parvient, donc, à amender... Comment est-ce que vous parvenez,
donc, à amender, donc, votre propre proposition ici, sans nous expliquer votre
processus interne, alors que vous me soumettez un argumentaire...
M. Boulet : ...en temps opportun.
Pour l'instant, je n'ai pas de commentaire.
Mme Cadet : D'accord. Merci.
M. Boulet : Tu vas le comprendre.
Mme Cadet : Merci.
La Présidente (Mme D'Amours) : Merci.
Je vais faire une courte suspension, s'il vous plaît.
(Suspension de la séance à 19 h 07)
(Reprise à 19 h 08)
La Présidente (Mme D'Amours) : Nous
reprenons nos travaux. Est-ce qu'il y a d'autres... d'autres commentaires sur
l'article... l'amendement, pardon, de l'article 23? Oui, M. le député
d'Hochelaga-Maisonneuve.
M. Leduc : Merci, Mme la Présidente.
Je veux saluer le ministre avec son amendement, je pense que c'est une bonne nouvelle. Il se rappelle certainement
très bien il y a quelques années, en 2021, que j'avais déposé un projet de loi
qui touchait deux aspects de la loi R-20, la loi anti-scabs qu'on a
débattue plus tôt la semaine dernière. Mais la question de la
possibilité d'avoir une rétroactivité, qui moi, à mon sens, m'apparaissait
comme une incohérence du... de la loi R-20 avec le reste des salariés...
Plus tôt aujourd'hui, j'ai fait un point de presse où je me désolais qu'on n'avait pas encore, dans le Code du travail... de la construction, la loi R-20, donc, mis à jour plusieurs
aspects. On a eu l'occasion d'en
discuter de certains, on aura l'occasion d'en discuter d'autres, mais celui-là
m'apparaissait aujourd'hui assez incontournable. Là, je suis content de
voir que vous améliorez même votre amendement en décidant d'inclure tous les
sujets et non juste la rétroactivité salariale. J'avais tout un gros
argumentaire de prêt pour la question des avantages sociaux, je n'en ai plus
besoin. Blague à part, M. le ministre...
M. Boulet : ...collègue.
M. Leduc : Blague à part, à part les
effets de toge, là, je veux juste vous dire que c'est une bonne nouvelle. Par contre, j'ai juste une question. Puis
peut-être pour mes collègues, aussi, de l'opposition officielle, moi, je veux
aussi saluer, dans les différents
échanges que j'ai eus en suivi des audiences... C'est vrai qu'aux audiences il
y avait beaucoup de groupes patronaux qui étaient inconfortables avec
l'idée même de rouvrir ce sujet-là de la rétro au-delà du fond qu'on va
débattre tantôt.
J'ai des... donc, des discussions de suivi avec
plusieurs groupes patronaux, et il y en a plusieurs qui m'ont dit qu'ils ont évolué sur ce sujet-là et qui, même si
eux n'avaient pas envie de faire de la rétro, on le comprend, ce sont des
groupes patronaux, il n'y avait comme pas beaucoup d'arguments pour dire :
On veut que ce soit interdit par la loi. Puis ils se disaient : Bien,
bien, si ça peut un peu aider à ce que ce projet de loi là avance puis
atterrisse dans un endroit qui est un peu
moins conflictuel, bien, levons l'interdiction, puis, en effet, allons à la
table, puis voyons qui veut en traiter, qui veut l'amener, puis voyons
comment ce sera appliqué ou pas.
Alors, moi, je veux saluer ces groupes-là. Avec
eux, j'ai des discussions particulières qui ouvraient la porte à cette avancée là de forme. Puis je dis «avancée»,
je dirais peut-être «mise à jour» ou, en tout cas, «rattrapage» par rapport
au reste du Code du travail.
Et c'est d'ailleurs là-dessus que je veux
atterrir, Mme la Présidente, c'est vraiment une question pointue de précision. C'est que, dans le... dans le fond, on
fait un effet miroir avec l'article 72 du Code du travail, puis il y a une
tournure de phrase que je ne retrouve pas dans la... l'écriture du
ministre, puis je veux juste être certain que ce n'est pas un oubli. Ce n'est rien de majeur, mais dans la
lecture de 72, l'article du code, 72, ça dit «à défaut». Je vais... «Ce
dépôt a un effet rétroactif à la date prévue dans la convention
collective pour son entrée en vigueur ou, à défaut, à la date de la signature de la convention collective.» On n'a pas
repris ce bout-là, «à défaut, à la signature de la convention collective».
Je voulais juste comprendre un peu pourquoi ça n'a pas été jugé nécessaire.
• (19 h 10) •
M.
Boulet : Je n'ai fait aucune réflexion à ce niveau-là. Puis c'est un
article du régime général du Code du travail, puis on a notre régime
particulier, mais l'impact est sensiblement le même. Exactement.
M. Leduc : OK.
Parce qu'on assume que, si des gens négocient de la rétro, ils vont en avoir
négocié bien comme il faut, puis qu'ils vont en avoir attaché tous les fils du
début à la fin, puis qu'il n'y aura pas de situation où, à défaut d'avoir oublié quelque chose... Ça va être
appliqué. Ça fait que je vais voter avec enthousiasme pour ce... pour cet article-là,
Mme la Présidente.
La Présidente (Mme
D'Amours) : Merci. Je vais céder la parole à Mme la députée de
Mille-Îles.
Mme Dufour : Merci,
Mme la Présidente. J'ai quelques questions. Dans le mémoire de la Fédération canadienne de l'entreprise indépendante, on mentionnait que les salariés travaillent
parfois pour plusieurs employeurs au cours d'une même période, ils
mentionnaient — mais
ils peuvent changer régulièrement au cours d'une même année — ils
mentionnaient que ça pourrait rendre complexe la gestion, tu sais, d'une
rétroactivité salariale. Est-ce que c'est quelque chose qui a été
analysé?
M. Boulet : Je n'ai pas de commentaire. J'ai lu le mémoire de
la Fédération canadienne de l'entreprise indépendante. Tout est matière
à négociation.
Mme Dufour : Donc, on comprend qu'il y a une complexité
potentielle pour des employés qui travailleraient pour différents
employeurs.
M. Boulet : Oui.
Mme Dufour : Ensuite,
ils mentionnent que l'analyse d'impact réglementaire n'évalue pas les
conséquences de cette mesure pour les entreprises. Ça, est-ce que ça a été fait
par la suite?
M. Boulet : Bien,
c'est difficile à évaluer, hein, c'est hyperhypothétique. On peut le faire dans
les années antérieures. En 2013-2017,
c'était dans l'analyse d'impact, ça aurait coûté... En 2017, ça aurait eu un
impact un mois entre l'expiration et
le renouvellement, 7,3 millions; 2021, un peu plus de deux mois entre
l'expiration et le renouvellement, 41 millions pour l'ensemble de
l'industrie. Et ça tient compte de tout, tout, tout, là.
Une voix :
...
M. Boulet :
Bien oui, exactement. Ça fait que ça dépend de la période écoulée, des taux de
salaires, de ce qui est convenu, le nombre de salariés, les entreprises, le
niveau d'activité puis les heures.
Mme Dufour : Est-ce
que c'est possible d'avoir ces chiffres-là, déposés au...
M. Boulet : Ils
sont dans l'analyse d'impact. Est-ce qu'ils sont...
Des voix : ...
M. Boulet : OK,
c'est beau.
Mme Dufour : Si
c'est possible de les déposer...
M. Boulet : On
va vérifier si c'est possible puis on vous les transmettra.
Mme Dufour : Merci. J'avais une dernière question par rapport à
ça. Toujours dans le mémoire, ils mentionnaient que ça risquait
d'allonger les conflits de travail dans un contexte où une grève représente un
coût sur l'économie. Bon, et là ça me soulève la question. Effectivement,
disons, quand il n'y a pas de rétroactivité, j'imagine, on a intérêt à conclure
plus tôt, d'un côté, mais, d'un autre côté, peut-être pas. Donc, est-ce que
vous avez une crainte ou est-ce que c'est quelque chose...
M. Boulet :
...mais je pense que ça va engendrer un meilleur équilibre du rapport de force.
Mme Dufour : Donc,
selon vous, ça ne va pas prolonger des conflits qui...
M. Boulet : Non.
Mme Dufour : Là,
vous avez mentionné, tout à l'heure, un mois, deux mois, là. Ça, c'est les
délais que ça a pris entre la conclusion de la convention, de l'entente, et le
moment où la convention a été échue?
M. Boulet : Exact.
Mme
Dufour : C'est beaucoup plus rapide que dans la fonction publique, où
on voit des conventions qui se renouvellent
des fois un an et demi après la fin. Donc, bon, je comprends que vous avez...
vous ne pensez pas que ça va prolonger.
M. Boulet : Non.
Mme Dufour : Merci.
La Présidente (Mme
D'Amours) : Mme la députée de Bourassa-Sauvé.
Mme Cadet : Oui.
Merci, Mme la Présidente. Toujours sur l'amendement du ministre, en fait,
j'aimerais savoir... Donc, maintenant, donc, sachant, donc, qu'il y a, donc,
plusieurs, donc, des avantages sociaux, donc, pouvez-vous
les nommer? Parce que je fais référence ici au mémoire, donc, de l'ACRGTQ, qui
se questionnait, donc, au niveau, donc, des frais de déplacement, des
primes. Donc, pouvez-vous, donc, décrire ici, donc, de quels... quels avantages
seraient couverts?
M. Boulet : Mon
Dieu! La libre négociation, point.
Mme Cadet : OK. Donc, les primes, les frais de déplacement et
autres indemnités prévues à la convention collective, donc, ça, ce
serait compris dans la définition...
M. Boulet : La
libre négociation, tout à fait.
Mme Cadet : Donc, ce serait compris dans la définition
d'«avantages sociaux», et là il y aurait libre négociation sur les
points que je viens de mentionner qui se retrouvaient, donc, comme
questionnements...
M. Boulet : Oui,
tout à fait.
Mme Cadet :
...et points de précision dans le mémoire de l'ACRGTQ. Donc, incidemment, si
les... donc, ces éléments que je viens, donc, de mentionner, là, qui avaient
fait l'objet de questionnements, donc, seraient compris. Merci. Merci pour la
précision.
La Présidente (Mme
D'Amours) : Merci. Est-ce que l'amendement de l'article 23 est
adopté?
Une voix :
...
La Présidente (Mme
D'Amours) : Appel nominal? Mme la secrétaire, s'il vous plaît.
La
Secrétaire : Pour, contre, abstention, M. Boulet (Trois-Rivières)?
M. Boulet :
Pour.
La Secrétaire :
Mme Mallette (Huntingdon)?
Mme
Mallette : Pour.
La Secrétaire :
Mme Boivin Roy (Anjou—Louis-Riel)?
Mme Boivin
Roy : Pour.
La Secrétaire :
Mme Tremblay (Hull)?
Mme
Tremblay : Pour.
La Secrétaire :
M. Martel (Nicolet-Bécancour)?
M.
Martel :
Pour.
La Secrétaire :
Mme Cadet (Bourassa-Sauvé)?
Mme Cadet : Contre.
La Secrétaire :
Mme Dufour (Mille-Îles)?
Mme Dufour : Contre.
La Secrétaire :
M. Leduc (Hochelaga-Maisonneuve)?
M. Leduc : Très pour.
La Secrétaire : Mme D'Amours
(Mirabel)?
La Présidente (Mme D'Amours) : Très
abstention. Donc, l'amendement est adopté. Et je vous remercie pour votre
collaboration.
Compte tenu de l'heure, la commission ajourne
ses travaux sine die. Merci.
(Fin de la séance à 19 h 16)