(Onze
heures trente-deux minutes)
La Présidente (Mme
D'Amours) : Bonjour, tout le monde. Ayant constaté le quorum, je
déclare la séance de la Commission de l'économie et du travail ouverte.
La
commission est réunie afin de poursuivre l'étude détaillée du projet de loi
n° 51, Loi modernisant l'industrie
de la construction.
Mme la secrétaire, y
a-t-il des remplacements?
La Secrétaire :
Oui, Mme la Présidente. M. Tremblay (Dubuc) est remplacé par Mme Mallette (Huntingdon).
Étude détaillée (suite)
La Présidente (Mme
D'Amours) : Merci. Lors de l'ajournement de nos travaux d'hier, selon
notre plan de travail, nous étions rendus au
sujet 10, portant sur la... rétroactivité, pardon, salariale. Plus
précisément, nous en étions à l'étude de l'article 23 tel
qu'amendé. Est-ce qu'il y a d'autres interventions sur cet article? Oui, Mme la
députée de Bourassa-Sauvé.
Mme Cadet : Merci. Merci, Mme la
Présidente. Donc, effectivement, donc, hier, donc, nous avions terminé le débat
sur l'amendement que le ministre avait déposé.
La Présidente (Mme
D'Amours) : C'est ce que je viens de dire, oui.
Mme Cadet :
Voilà. Donc, nous avions, donc, voté, donc, l'amendement. Maintenant, sur
la rétroactivité, donc, de façon plus générale, M. le ministre. Donc,
j'essaie... Évidemment, vous avez entendu les différents groupes, lors des
consultations particulières, donc, vous parler, donc, du principe de
rétroactivité. Puis, à plusieurs reprises, on posait la question à différentes,
donc, associations, on leur demandait : Quel est le problème qu'on tente
de régler, ici, avec la rétroactivité? Donc,
j'aimerais vous entendre plus largement, on n'a pas fait le débat sur
l'article 23 de façon plus générale.
M. Boulet :
Je l'ai bien expliqué. C'est un article, dans la loi R-20, qui
interdisait, interdisait de négocier une rétroactivité. Donc, c'est cet
article-là qui est mis de côté. C'est tout simplement ça.
Mme Cadet : Donc, si je vous
comprends bien, M. le ministre... donc, l'article l'interdisait. Donc, le
corollaire de ça, c'est que là, donc, on permet la négociation, donc, de
la rétroactivité, donc, dans les conventions collectives. Donc, puisque c'est
une négociation, donc, les deux parties devront s'entendre.
M. Boulet :
Bien oui. C'est comme ça dans tous les secteurs d'activité. Les parties ont
la liberté de négocier des clauses permettant qu'il y ait des effets
rétroactifs. Donc, ce n'est pas imposé, c'est convenu entre les parties, puis
ce sera considéré dans l'élaboration de leur stratégie de négociation, tout
simplement.
Mme Cadet :
Donc, je pense que cet élément-là, il est important de l'entendre, parce
que, dans les consultations particulières, vous vous êtes exprimé à ce
moment-là, M. le ministre, donc, on n'a pas nécessairement eu l'occasion de l'entendre. Maintenant, à quel
moment les parties pourront négocier la rétroactivité? Parce que, là, on enlève
l'interdiction.
M. Boulet :
On va le voir dans les dispositions transitoires et finales. On va le
discuter plus tard.
Mme Cadet :
Ah! OK. Donc, on va pouvoir, donc, discuter...
M. Boulet :
Oui, oui. Tout à fait.
Mme Cadet :
...donc, dans les dispositions transitoires...
M. Boulet :
Et finales.
Mme Cadet :
...du moment où est-ce que la rétroactivité peut se négocier.
M. Boulet : Oui. L'entrée en
vigueur, oui.
Mme Cadet : OK.
Donc, l'entrée en vigueur au niveau... Donc, moi, je parlais, pardon, M. le
ministre, je vous entends, là, je parle, donc, du processus... de processus de
négociation en tant que tel. Parce que, ce que j'entends de votre part, donc,
c'est, donc, le fait, donc, de vouloir compenser entre les différentes, donc,
conventions collectives, donc, le... la
progression salariale, donc, entre la fin de l'échéance d'une convention
collective et la suivante.
La question que je vous pose, c'est plutôt à
l'effet... Parce qu'évidemment, donc, dans les différents mémoires, donc, on pouvait voir, donc, des
commentaires à cet effet, de voir, donc, comment est-ce qu'on peut donner,
donc, de la prévisibilité aux différentes parties.
M. Boulet : ...qu'il y en a
amplement de la prévisibilité. Ce qui est prévu, c'est que ça puisse se
négocier, donc, convenu entre les parties, l'effet rétroactif. La nature de la
rétroactivité, les modalités seront convenues par les parties, et c'est aux
conventions qui vont expirer le 30 avril 2029.
Mme Cadet : D'accord.
M. Boulet : Ça fait que, tu
sais, c'est... S'il n'y a pas de prévisibilité là-dedans, je ne sais pas
comment on peut... on peut l'encadrer.
Mme Cadet : Merci. Et est-ce
que ce sera possible que les modalités qui permettent la compensation, donc, par exemple, des avantages sociaux, de
l'ajustement salarial, puissent être déterminées avant l'échéance des conventions
collectives?
M. Boulet : Je ne comprends
pas.
Mme Cadet : C'est que, dans le
fond, ma question, c'est de savoir, donc, par exemple, dans... Donc, à la fin,
donc, de l'échéance d'une convention collective, donc, habituellement, donc, la
négociation, donc, se fait, donc, par la suite. Évidemment, donc, l'effet de prévisibilité
dont je vous parle ici, c'est se dire, donc, les parties, par exemple,
pourraient se dire : OK, donc, il y a... il risque, donc, d'y avoir, donc,
un délai dans la négociation entre, donc, la fin de la... d'une convention et
la prochaine. Mais, pour pouvoir prévoir ce qui s'en vient, est-ce que les
parties pourront déterminer, donc, les modalités qui permettent la
compensation, donc, de le faire avant que... la fin, donc, de la dernière
convention collective? Je ne sais pas si vous saisissez ma question.
M. Boulet : Mon Dieu! Ils
peuvent, en tout temps, même faire des lettres d'entente, les déposer au
ministère du Travail. Elles font partie intégrante de la convention collective.
Mais là vous m'amenez... vous m'amenez un peu plus loin, mais il y a des
articles sur le fonds de rétroactivité salariale, pour les modalités, mais ça,
on pourra en discuter plus tard.
Mme Cadet : On pourra en
discuter après. OK.
M. Boulet : Mais, comme je vous
dis, si ça s'applique avant le 30 avril, mettons, 2025, c'est une lettre
d'entente qui modifie une convention, et, selon le... et ça peut être déposé au
ministère du Travail pour en faire partie intégrante. Si c'est convenu plus
tard que la date d'expiration... bien là, les parties prévoient la
rétroactivité. Mais là je ne peux pas en dire plus, là, c'est les articles qui
vont suivre.
Mme Cadet : Peut-être juste une
dernière question ici, parce qu'hier, donc, dans l'amendement qu'on a adopté,
donc, on retirait, donc, la phrase suivante : «Les avantages sociaux ne
peuvent faire l'objet d'un ajustement rétroactif aux fins du présent article.»
Tout ce qui concerne l'ordre, donc, de la... du calcul de la rétroactivité,
parce que c'est un autre... un autre
commentaire que l'on pouvait lire, donc, dans les différents mémoires à cet
égard, est-ce que... Donc... C'est ma compréhension, là, mais j'aimerais
donc voir si on a la même compréhension. Par exemple, donc, si, entre la fin,
donc, de l'échéance d'une convention collective, donc, et la suivante, donc, il
y a eu, donc, une grève ou qu'il y a eu un lock-out, le calcul, donc, ne... de
la rétroactivité ne comprendrait pas les périodes de grève ou de lock-out?
M. Boulet : Moi, je n'ai pas de
commentaire à faire, sauf m'incliner devant la volonté des parties.
Mme Cadet : OK. Donc, ce serait
à la volonté des parties, tout simplement.
M. Boulet : Bien oui, tout à
fait.
Mme Cadet : Merci.
La Présidente (Mme D'Amours) : Merci.
M. le député d'Hochelaga-Maisonneuve.
M. Leduc : Oui,
tu sais, puis précisons que, dans le Code
du travail, de manière générale, il
n'y a aucune modalité décrivant la
manière dont doit se passer nécessairement la discussion d'une rétroactivité.
Il peut y avoir 151 000 modèles tous
valables les uns par rapport aux autres, puis, là-dessus, je suis 100 %
d'accord avec le ministre, c'est les parties
qui négocient puis qui en conviennent de comment ils vont l'appliquer ou pas,
ce n'est pas...
Une rétro salariale, c'est quand même assez
commun dans une convention collective, là, puis c'est une raison assez simple.
C'est qu'autrement, s'il n'y a pas de rétro salariale, il n'y a pas d'incitatif
du côté de la partie patronale de se
dépêcher un peu à signer une entente, parce que, sinon, l'incitatif inverse,
c'est de... d'attendre le plus longtemps possible après la date
d'échéance de la convention collective pour être certain que toutes ces
journées-là perdues, entre parenthèses, avec
le même salaire que la convention précédente, bien, seront irrécupérables, puis
c'est de l'argent sauvé du côté du patron.
• (11 h 40) •
D'ailleurs, moi, c'était un des arguments qui
m'avaient convaincu de déposer le projet de loi à l'époque, c'était de dire que
le système actuel, qui interdisait toute forme de rétro, était un incitatif
assez clair à la grève, puis je m'explique. C'est qu'en ayant l'interdiction de
faire la rétro, les patrons avaient objectivement le... l'intérêt à attendre le
plus longtemps possible pour dépasser le plus de jours possible la date
d'échéance de la convention collective. Ce faisant, la partie syndicale avait
l'incitatif inverse de dire : Bien, chaque jour que je dépasse l'échéance de la date de la précédente convention collective,
j'ai intérêt à déclencher la grève pour que ça... pour que ça déboule le plus
vite possible puis qu'on ne soit pas dans ces espèces de limbes-là, et, à
chaque journée qui passe, je perds une rétro potentielle de nouveau salaire. Ça
fait que c'était une logique malsaine, à mon avis.
Ça fait qu'après ça, ça va-tu être simple, ça
va-tu être compliqué? Personne n'est en train de dire que ça va être facile. Ce
n'est jamais facile, une négo, de toute façon. Je peux vous en parler, j'en ai
négocié des deux bords maintenant, partie patronale maintenant que j'ai
l'expérience depuis que je suis député. Mais tout ça pour vous dire que c'est
une bonne nouvelle, parce qu'au final je pense que c'est surtout une forme de
respect pour les travailleurs, travailleuses de la construction pour dire :
Vous avez, en tout cas, là-dessus, les mêmes droits que l'ensemble du reste des
salariés du Québec, que ce soit sous code provincial ou fédéral. Maintenant,
l'entièreté des salariés du Québec auront
droit à une rétro. Ça ne veut pas dire qu'ils vont la négocier, ça ne veut pas
dire qu'ils vont la prioriser, tu sais, elle peut avoir plein de
modalités, mais au moins ils ont le droit d'aller la négocier.
La
Présidente (Mme D'Amours) : Merci. D'autres interventions? Est-ce que
l'article 23, tel qu'amendé, est adopté?
Des voix : Adopté.
La Présidente (Mme D'Amours) : Adopté.
L'article 24. M. le ministre, s'il vous plaît.
M. Boulet : Oui, qui comporte
un amendement. Donc, l'article 24 : L'article 61 de cette loi
est modifié par l'insertion, dans le troisième alinéa et après «diverses», de
«, les ajustements salariaux rétroactifs,».
Amendement. Article 24, article 61 de
la loi : retirer l'article 24 du projet de loi.
Commentaire. Bon, c'est un amendement de
concordance avec l'amendement proposé à 23, et, comme on en a discuté
abondamment, comme l'article 48 ne comportera plus de restrictions à
l'effet rétroactif d'une convention, plus nécessaire de prévoir expressément
que les parties peuvent négocier des ajustements salariaux rétroactifs. C'est
complet. Merci, Mme la Présidente.
La Présidente (Mme D'Amours) :
Merci. Commentaires sur l'amendement du ministre? Mme la députée de Bourassa-Sauvé.
Mme Cadet : Oui.
Merci, Mme la Présidente. En fait, j'essaie juste, donc, de saisir. Je
comprends... sur la forme, je
comprends exactement, donc, ce qu'on enlève ici, là, mais en lisant... Donc,
quand je lisais, donc... relisait l'article 61, hier soir, ce que
je comprends, c'est que cet élément-ci, il est tout simplement déplacé. Sur le
fond, qu'est-ce qu'on... qu'est-ce qu'on modifie?
La Présidente (Mme D'Amours) : On
est sur l'amendement?
Mme Cadet : Oui, sur
l'amendement, c'est ça. Donc, on enlève...
La Présidente (Mme D'Amours) : C'est
de retirer l'article 24 du projet de loi.
Mme Cadet : Oui, c'est ça.
La Présidente (Mme D'Amours) : Qu'est-ce
que vous...
Mme Cadet : Donc,
je comprends que le texte... dans le fond, que l'article 61 demeure
identique au texte actuel. Ça, je saisis ça, mais j'essaie de
comprendre, donc, le... Comment c'est un article de concordance?
M. Boulet : ...simplement le
retrait de «les ajustements salariaux rétroactifs», là, à 61, là... L'article
initial ajoutait «les ajustements salariaux rétroactifs», donc on l'a enlevé.
Mme Cadet : Et
là, dans le fond...
M. Boulet : Parce que...
Mme Cadet : Parce que là, ça,
c'est un corollaire, donc, de l'amendement précédent?
M. Boulet : Totalement. Ce
n'est plus nécessaire que ce soit là. C'est un simple corollaire.
Mme Cadet : Puis c'est
peut-être moi qui saisis mal, c'est que... ce que je comprends, c'est que, dans
le fond, donc, dans le texte... donc, dans
le texte initial, donc, dans l'article précédent, donc, on n'avait pas la
possibilité, donc, de pouvoir... on
ne permettait pas initialement que les parties puissent négocier la
rétroactivité sur les avantages sociaux. Depuis l'amendement adopté,
c'est permis.
Maintenant, ce qu'on vient dire ici, c'est que,
sur l'article 61, donc, on parle, donc, de ce que la convention collective... ce qu'elle doit contenir et ce
qu'elle peut contenir. Je comprends qu'à l'article 61, on indique que la
convention peut aussi contenir, donc,
des clauses, donc, qui concernent, donc, l'ancienneté, les mesures relatives à
la main-d'oeuvre. Et là on venait ajouter que les conventions
collectives pouvaient aussi contenir les ajustements salariaux rétroactifs.
Donc, je ne comprends pas pourquoi on l'enlève.
M. Boulet : En fait, très
simplement, on le retire parce qu'à 48 on dit qu'ils peuvent négocier tout. Ça
fait que ce n'est pas nécessaire de le
conserver là. C'est pour ça que je dis un corollaire, c'est ce qui découle de
ce que nous avons retiré à 48, tout simplement.
Mme Cadet : Donc, vous dites
que, dans le fond, c'est un... ça aurait été un dédoublement de le conserver?
M. Boulet : Oui, tout à fait.
Mme Cadet : Donc,
initialement... Là, je reviens un peu, donc, à... puis je comprends qu'on va...
M. Boulet : Si on retire la
prohibition de facto, en conséquence, les ajustements salariaux sont compris.
Donc, ce n'est pas nécessaire de le maintenir à 61. C'est pour ça que c'est un
corollaire.
Mme Cadet : OK. Bien là, est-ce
que vous êtes en train de dire qu'initialement, même... Non, ça ne fait aucun
sens. C'est sûr que ce n'est pas ça que vous êtes en train de me dire, là.
C'est... J'essaie de comprendre qu'est-ce que...
M. Boulet : C'est
parce que là, vous m'amenez aux articles qui suivent. C'est parce
qu'initialement, il y avait un fonds de rétroactivité salariale.
Mme Cadet : Ah! OK.
M. Boulet : Ça fait que c'est
pour ça que la dynamique est évolutive. C'est pour ça que je suis un peu sur le
frein, là...
Mme Cadet : OK. D'accord.
M. Boulet : ...quand je réponds
à vos questions, là, mais vous allez avoir une compréhension globale quand on
aura fini le bloc rétro.
Mme Cadet : Parfait. Bon, bien,
j'arrête mes questions. Merci beaucoup, M. le ministre.
M. Boulet : Merci.
Mme Cadet : Ça va m'aider à
comprendre, je pense, la suite. Merci.
M. Boulet : Oui.
La
Présidente (Mme D'Amours) : D'autres commentaires sur l'amendement? S'il n'y a
pas d'autre commentaire, est-ce que l'amendement est adopté?
Des voix : Adopté.
La Présidente (Mme D'Amours) : Adopté.
Nous revenons à l'article 24 tel qu'amendé. Commentaires?
Des voix : ...
La Présidente (Mme
D'Amours) : Il est amendé quand même, il faut l'adopter. Mais je
demande si vous avez des commentaires, parce que c'est mon travail. Sinon, si
je passais tout de suite au vote, vous me diriez : Voyons, elle ne nous donne pas le droit de parole. Donc, si vous n'avez
pas de commentaire, l'article 24, tel qu'amendé, est-il adopté?
Des voix : Adopté.
La Présidente (Mme D'Amours) : Merci.
M. le ministre. L'article 29, s'il vous plaît.
M. Boulet : ...Avec votre
permission, nous demanderions une petite suspension, Mme la Présidente.
La Présidente (Mme D'Amours) : ...courte,
M. le ministre.
M. Boulet : Absolument, la plus
courte possible, oui.
La Présidente (Mme D'Amours) : Je
suspends les travaux quelques minutes.
(Suspension de la séance à 11 h 47)
(Reprise à 11 h 49)
La Présidente (Mme D'Amours) : Nous
reprenons nos travaux. M. le ministre, la parole est à vous.
M. Boulet : Merci, Mme la
Présidente.
29. Cette loi est modifiée par l'insertion,
après l'article 93.8, de la section suivante :
«Section III
«Fonds de rétroactivité salariale
«93.9. Est institué le "Fonds de
rétroactivité salariale de l'industrie de la construction".
«Ce fonds est affecté exclusivement au versement
aux salariés des sommes constituant un ajustement salarial rétroactif, selon
les procédures de versement prévues par un règlement de la Commission
permettant de donner effet aux dispositions
d'une convention collective dans l'industrie de la construction. Il comporte
les quatre [grands] volets suivants :
«1° [...] secteur génie civil et voirie;
«2° [...] secteur industriel;
«3° le secteur institutionnel et commercial;
«4° le secteur résidentiel.
«93.10. Le Fonds de rétroactivité salariale de
l'industrie de la construction est constitué des cotisations qui sont perçues
auprès des employeurs aux fins du versement d'un ajustement salarial
rétroactif, des intérêts produits par les sommes d'argent le constituant et de
l'accroissement de son actif. Les règles relatives à la cotisation des
employeurs sont déterminées par règlement de la Commission.
«93.11. La Commission prend les moyens
nécessaires pour s'assurer que la somme des cotisations perçues auprès des
employeurs n'excède pas un montant raisonnablement nécessaire pour les fins
d'un éventuel ajustement salarial rétroactif.
«93.12. Le Fonds de rétroactivité salariale de
l'industrie de la construction est administré par la Commission qui en établit
par règlement les modalités de gestion et de fonctionnement.
«Les coûts d'administration du Fonds sont
défrayés sur les sommes qui le constituent.
«L'actif du Fonds ne fait pas partie des actifs
de la Commission et ne peut servir à assumer l'exécution de ses autres obligations. Celle-ci tient, à l'égard des
sommes constituant chaque volet du Fonds, une comptabilité distincte.»
• (11 h 50) •
Donc, le commentaire, très, très, très
brièvement. Donc, ça insère une nouvelle section portant sur le fonds de rétroactivité salariale administré par la CCQ, qui
établit par règlement les modalités de gestion et de fonctionnement. Puis
je n'ai pas d'autre commentaire.
La Présidente (Mme D'Amours) : ...M.
le député d'Hochelaga-Maisonneuve.
M. Leduc : Merci, Mme la
Présidente. Moi, quand j'ai pris connaissance du projet de loi du ministre,
j'ai regardé ça rapidement, bien sûr, la première lecture, puis j'ai rapidement
été voir s'il y avait du mouvement sur les deux éléments qui étaient... dans
mon projet de loi original dont je vous parlais hier, à savoir la loi antiscabs
et le droit de négocier de la rétro. Sur la loi antiscabs, on n'était pas rendu
là, visiblement, mais, sur la rétro, j'étais à la fois surpris et à la fois
déçu en même temps, là. C'était un drôle de sentiment qui m'animait, parce que,
j'étais, comme, content qu'il y ait du mouvement, mais, en même temps, je me
disais : Oh là là là! je pense que le ministre vient de patenter quelque
chose. Je le dis avec respect, mais qui va... qui... je ne suis pas sûr ça va
tenir. Je m'explique.
La...
le fonds de rétroactivité salariale qui est proposé par la ministre est
extrêmement complexe. Je pense qu'il part
d'une très bonne intention, je le souligne encore une fois, je pense que le
ministre cherchait sincèrement une voie de passage sur ce dossier-là. Alors
qu'au moment où on échangeait à ce moment-là, puis comme je l'expliquais
hier, la position... en tout cas, de certaines organisations patronales a
évolué et je m'en réjouis, il y avait une fin de non-recevoir du côté patronal
sur le fait de pouvoir ouvrir la possibilité de faire des rétros. Et, il y
avait, évidemment, une revendication, à mon avis, très légitime, de la partie
syndicale de dire : Bien, nous, on... comme l'ensemble des autres salariés, pouvoir négocier de la rétro. Là,
le ministre, il a, comme, dit : Bien là, je vais vous... je vais vous
arranger un fonds, vous allez devoir prévoir d'avance combien de temps
vous pensez que va durer la période entre la fin de la convention puis la signature
de la nouvelle, puis, en prévision de cette négo-là puis de nombre de jours que
vous allez perdre, vous allez pouvoir
cotiser d'avance pour vous faire un fonds qui sera administré par la CCQ. Oh là
là là! Ça donnait des maux de tête à à peu près tout le monde. Puis on
l'a vu dans les audiences, c'est rare qu'on a une unanimité sur un dossier.
Là-dessus, c'était assez unanime que les gens trouvaient, encore une fois, avec
respect, que c'était une fausse bonne idée. D'une part, parce que le milieu patronal
disait : Bien, nous, on est, à la limite, peut-être ouverts à pouvoir en négocier, mais on ne veut
pas... on ne veut pas que ce soit automatique puis qu'il y ait nécessairement de
la rétro partout. Et donc ce fonds-là, c'est ce que ça faisait. Et la partie
syndicale disait : Bien là, un instant, on est capables de négocier nos propres affaires, puis cette affaire-là, ça va
être compliqué à gérer puis il faut prévoir d'avance combien de temps on
pense faire de grève, ça...
Je pense que la
solution la plus simple que j'ai soulignée ici à plusieurs reprises, je l'ai
soulignée dans mon point de presse puis je pense que le ministre l'a bien
entendue, la solution la plus simple, c'est la libre négociation. C'est-à-dire, là, dans l'article précédent, à 23...
à 23, on a ouvert la possibilité de faire de la rétro salariale et avantages
sociaux, d'ailleurs. Je pense que c'est... ça suffit, dans le sens où c'est ça
qu'il faut faire. On ouvre la possibilité de le faire, comme l'ensemble des salariés du Québec. Les parties syndicales
et patronales s'assiéront, feront leurs priorités, feront leur arbitrage puis la négociera... la
négocieront s'ils veulent, puis la négocieront de la manière qu'ils veulent,
surtout.
Donc, encore une
fois, je salue le ministre pour son... sa tentative de trouver une voie de
passage. Je pense qu'il a fait la même lecture que moi, à savoir que ça... la
liste des partisans de cette solution-là était extrêmement courte. Et je pense
que le plus simple, je le lui soumets, dans le fond, ce serait de retirer ce...
cet article-là. Encore une fois, bravo pour
avoir essayé, c'était une piste valable à mettre au jeu. Elle n'a pas suscité
d'adhésion ni de la partie syndicale ni de la partie patronale. Encore
une fois, je le disais hier, la partie patronale, en discussion privée, certaines organisations m'ont dit qu'ils avaient
évolué sur le dossier de la possibilité de négocier de la rétro. J'assume que,
rendus à la table de négo, ce ne serait peut-être pas quelque chose qu'ils
voudront négocier, mais les arguments pour dire «non, on ne veut
pas qu'ils en négocient» sont un peu limités, à mon avis.
Donc,
encore une fois, je termine là-dessus, Mme la Présidente. Le plus simple, je
pense, ce serait de retirer 29 et de conserver, tel que nous venons de le
voter, 23, tel quel, la possibilité de négocier. Laissons confiance aux deux
parties de trouver des solutions.
La Présidente (Mme
D'Amours) : M. le ministre.
M. Boulet :
Oui, moi, j'ai un amendement que je viens de déposer. J'ai bien entendu les
représentations du collègue d'Hochelaga-Maisonneuve, que je respecte et avec
lesquelles j'exprime mon accord. Et, effectivement, lors des consultations
particulières, il y avait une quasi-unanimité. Évidemment, il y avait une
intention que j'avais déjà exprimée, puis je n'ai pas... je ne réitérai pas
cette intention-là. Donc, l'amendement est déposé. Moi, je serais prêt à le
lire si les... si c'est déjà fait. L'avez-vous reçu?
La Présidente (Mme
D'Amours) : ...On va le mettre à l'écran, à l'instant, M. le ministre.
Donc, aussitôt qu'il est à l'écran, vous pourriez en faire la lecture, s'il
vous plaît. Voilà. Donc, vous pourriez en faire la lecture, s'il vous plaît, M.
le ministre.
M. Boulet :
Merci, Mme la Présidente. Article 29, articles 93.9 à 93.12
proposés à la Loi... si vous me permettez, je ne la lirai pas au complet :
retirer l'article 29 du projet de loi.
Donc, on retire le
fonds. Les modalités déterminées par la Commission de la construction du Québec,
c'est... Donc, on revient à la libre négociation, les parties vont discuter des
modalités, et je n'ai pas d'autre commentaire.
La Présidente (Mme
D'Amours) : Merci. Mme la députée de Bourassa-Sauvé.
Mme Cadet : ...Mme la Présidente,
tout simplement, je pense que, comme le collègue d'Hochelaga-Maisonneuve l'a exprimé, il y a peu de sujets dans
le... depuis que nous en sommes donc à étudier le projet de loi R-20,
donc, qui... le projet de loi n° 51, donc, qui modifie la loi R-20,
peu de sujets font consensus, mais, quand c'est le cas, je pense qu'il faut le
mentionner et le célébrer. On l'a exprimé, donc, lors des consultations
particulières. On a entendu plusieurs groupes nous venir nous poser... nous
démontrer leur désaccord, donc, face à l'institution... à l'institution, pardon, donc, d'un fonds de rétroactivité. La
procédure semblait complexe, la procédure semblait coûteuse. Moi aussi,
donc, je comprends quelle était l'intention du ministre ici. L'intention était
vraisemblablement louable, mais, effectivement, comme vous avez... vous nous
avez tous entendus le dire, donc, lors de l'adoption du principe du projet de loi en Chambre, tant moi-même que le
collègue d'Hochelaga-Maisonneuve que le collègue aussi de Jean-Talon,
nous avons tous soulevé le fait que le fonds de rétroactivité ne faisait pas
consensus et que, donc, la solution la plus sage était, donc, de le retirer du
projet de loi. Donc, nous voterons en faveur de l'amendement du ministre.
La Présidente (Mme
D'Amours) : ...D'autres interventions? M. le député d'Hochelaga-Maisonneuve.
M. Leduc : Bien, je veux saluer
le ministre d'avoir déposé cet article-là. Je pense que c'était la bonne chose
à faire dans les circonstances. Merci.
La Présidente
(Mme D'Amours) : Parfait. S'il n'y a pas d'autre intervention, nous
allons procéder à la mise aux voix. Est-ce que l'amendement retirant
l'article 29 est adopté?
Des voix : Adopté.
La Présidente (Mme D'Amours) : Donc,
l'article est retiré.
M. Leduc : ...à 29.1
La Présidente (Mme D'Amours) : Est-ce
que nous l'avons sur Greffier?
M. Leduc : Il a été envoyé, je
ne sais pas s'il s'est rendu, mais...
La Présidente (Mme D'Amours) : Je
vais suspendre les travaux quelques minutes.
(Suspension de la séance à 11 h 59)
(Reprise à 12 heures)
La
Présidente (Mme D'Amours) : Nous reprenons nos travaux. M. le député d'Hochelaga-Maisonneuve, vous aviez mentionné que vous aviez un amendement.
M. Leduc : On peut... le temps
qu'on le regarde, on peut continuer le prochain, Mme la Présidente.
La Présidente (Mme D'Amours) : Parfait.
Donc, M. le ministre, nous serions à l'article 3, s'il vous plaît.
M. Boulet : Oui. De
consentement, je pourrais peut-être éviter de le lire au complet, là, c'est
l'article 4 de cette loi qui est modifié, là, par l'insertion, là, de
beaucoup de modalités sur le fonctionnement du fonds. Puis, avec le
consentement, je ne lirais que l'amendement qui retire complètement.
La Présidente (Mme D'Amours) : Est-ce
que j'ai le consentement? Est-ce que vous seriez d'accord avec ce que... Oui.
Allons-y, M. le ministre, s'il vous plaît.
M. Boulet : Oui. Merci.
Article 3. Donc, article 4 de la loi : supprimer le paragraphe 1°
de l'article 3 du projet de loi.
Commentaire. En fait, c'était... On retire, là,
ce qui... la disposition qui confie à la CCQ la fonction d'administrer le fonds
dédié au paiement des rétroactivités. Donc, c'est purement un amendement de
concordance.
La Présidente (Mme D'Amours) : Commentaires
sur l'amendement du ministre? Oui, Mme la députée de Bourassa-Sauvé.
Mme Cadet : Merci, Mme la
Présidente. J'avais juste une question ici pour le ministre, donc, de
l'entendre, donc, sur un élément, donc, qui est concomitant, puisque là on
enlève l'article... non, pardon, l'article 3 du projet de loi qui modifie, donc, l'article 4. Dans
l'article 4, donc, outre, donc, les éléments, donc, d'administration...
pardon... OK, donc, si je comprends bien, donc, ici, donc les éléments :
«En concertation avec les ministères et [...] organismes concernés, la
Commission doit, dans l'exercice de ses fonctions, participer à l'élaboration
[de] la mise en oeuvre des politiques», ça,
c'est un élément qui était ajouté ou c'était... Donc, complètement. Donc, il
n'existe pas en ce moment dans la loi, c'est bien ça?
Des voix : ...
Mme Cadet : C'est bien ça?
M. Boulet : ...
Mme Cadet : OK, d'accord.
Parfait.
La Présidente (Mme D'Amours) : ...
Mme Cadet : Si
c'est... Ah! je pense que le ministre avait...
La Présidente (Mme D'Amours) : Oui,
M. le député d'Hochelaga-Maisonneuve.
M. Leduc : ...bien comprendre,
parce que là...
M. Boulet : ...je devrais lire
l'article au complet. En fait, ça retire les... le 1°, mais, à partir du 2°, ça
demeurerait là, là. C'est, en fait, tout ce
qui concernait le Fonds de rétroactivité salariale. Je pense que votre collègue
l'a bien compris, là, puis vous l'avez bien compris. Parce que, non, non, il
faut... On n'enlève pas les autres paragraphes, là. En fait, notre article n'ajoutait que ce qui concernait l'administration
du fonds par la CCQ, et c'est... ce n'est que ça qui est enlevé. C'est
une bonne question.
Mme Cadet : Merci. Donc, c'est
beaucoup plus clair, c'est beaucoup plus clair ici. Puis évidemment je sais que
le... Ça m'amène donc à ma seconde question. Donc, je comprends bien qu'ici,
donc, on modifiait l'article 4 de la loi, donc, pour y intégrer, donc, des
éléments relatifs au fonds.
M. Boulet : Exact, exact.
Mme
Cadet : Cet article, maintenant, donc, il demeure, donc,
intact, donc, comme il était, donc, précédemment.
M. Boulet : Puis on retire seulement
l'alinéa qui concerne l'administration.
Mme Cadet : Parfait. Il y a l'AECQ
qui avait tout de même, donc, une question, donc, en ce qui a trait, donc, à...
c'est peut-être plus une question maintenant, donc, qui relève, donc, de la
gouvernance de la CCQ puisque ça ne relève plus du fonds, mais puisqu'on est en
train d'ouvrir, donc, l'article 4 de la loi, je ferais le débat ici. Je ne
sais pas si c'est conforme, Mme la Présidente.
La Présidente (Mme D'Amours) : Là,
on est sur l'amendement.
Mme Cadet : Ah! donc, il faudrait...
La Présidente (Mme D'Amours) : On
pourrait... Vous pourriez revenir sur l'amendement, tel... l'article tel
qu'amendé.
Mme Cadet : ...revenir... l'article
tel que... Parfait. Merci.
La Présidente (Mme D'Amours) : Oui,
ça pourrait être ça.
Mme Cadet : Merci.
La
Présidente (Mme D'Amours) : D'autres commentaires sur l'amendement? S'il n'y a
pas d'autre commentaire, est-ce que l'amendement est adopté?
Des voix : Adopté.
La
Présidente (Mme D'Amours) : Adopté. Donc, nous revenons à l'article 3 tel
qu'amendé. Mme la députée de Bourassa-Sauvé.
Mme
Cadet : Oui. Merci. Donc, ici, donc, à l'article 3,
donc, tel qu'amendé, donc, il y avait donc l'Association des entrepreneurs en
construction, donc, du Québec, qui, donc, avait émis, donc, des
recommandations. Est-ce que le fait, donc, que la commission, donc, dans
l'exercice de ses fonctions, puisse participer à l'élaboration et à la mise en
oeuvre, donc, de politiques, d'orientations stratégiques et de mesures
gouvernementales ainsi que des projets promus ou
financés par l'État, en ce moment, la loi, donc, indique que ce travail, donc,
il est fait par la commission en concertation avec les ministères et
organismes concernés.
On a... Donc, dans les articles suivants, là,
donc, on va commencer la conversation sur le Comité des relations de travail puis — je
veux dire, on ouvre l'article ici, mais c'est relativement, donc... le propos
est un peu relatif au bloc suivant, vous... excuserez,
Mme la Présidente — bon,
nous proposait que le travail soit aussi fait, donc, en concertation avec
le Comité sur la formation professionnelle dans l'industrie de la construction,
le Comité sur les avantages sociaux de l'industrie de la construction et le
Comité des relations de travail dans l'industrie de la construction, qui...
donc, qui fera l'objet d'une discussion plus tard. Donc, j'aimerais donc
entendre, donc, le ministre sur ces... cette concertation-là, cette demande de
concertation qui émane de l'AECQ.
M. Boulet : En fait, ça ne fait que
confirmer la mission centrale de la Commission de la construction du Québec, qui a une masse critique d'experts, de
personnes dévouées à l'effervescence et au développement de l'industrie de la construction. Et ce que nous précisons dans ces
paragraphes, c'est essentiellement la collaboration qui doit exister, qui doit
se raffermir avec les ministères et organismes, en fait, tout ce qui concerne
les projets québécois en matière de construction. Ce n'est que ça.
Mme Cadet : OK.
Donc, vous dites... dans le fond, le commentaire, donc, le commentaire de
l'AECQ, donc, au niveau de la concertation avec les différents comités de la
commission, donc, selon vous, donc, c'est quelque chose qui se fait déjà, donc,
c'est déjà l'esprit de cette proposition-là...
M. Boulet : Ça
confirme...
Mme Cadet :
...donc, s'inscrit déjà...
M. Boulet : ...ça
confirme, absolument.
Mme Cadet : OK.
Donc, dans les faits, quand bien même... puis on n'a pas nécessairement un
amendement ici, là, mais ce que j'entends de votre part, c'est que, dans les
faits, quand on dit que la commission doit, dans l'exercice de ses fonctions, être en concertation — bon — avec
les ministères et organismes, c'est beaucoup plus large, mais que,
certainement, que, si ça ne se fait pas, que ça doit déjà, donc, se... par
principe, se produire, là, cette concertation-là, avec les différents comités.
M. Boulet : Ça
définit bien les paramètres de la mission de la CCQ en matière d'orientations
stratégiques puis tout ce qui concerne les mesures gouvernementales, les
projets promus, financés par l'État, susceptibles d'impliquer l'industrie de la
construction. Ça fait que je pense que c'est... ça confirme, définit et précise
ce qu'est la mission de la CCQ. Ça n'avait jamais été fait, et ça l'est dans le
cadre du projet de loi n° 51. Puis évidemment vous voyez, dans les 1°, 2°, 3°, comment ça se décline, là, c'est très, très
précis, là. Ça fait que c'est la mise en oeuvre des mesures gouvernementales,
c'est la promotion du développement de la main-d'oeuvre, c'est l'amélioration
de l'offre de main-d'oeuvre et aussi la collaboration dans la réalisation des
engagements du gouvernement, dans le contexte d'ententes intergouvernementales.
En gros, c'est ça, là, c'est ça, les principaux piliers de la mission qui sont
vraiment bien établis dans cet article-là.
Mme Cadet : Merci.
M. Boulet : Merci,
Mme la Présidente.
La Présidente (Mme
D'Amours) : M. le député d'Hochelaga-Maisonneuve.
M. Leduc : Merci,
Mme la Présidente. Je vous amène à la page 12 du mémoire de la
FTQ-Construction, qui ont des mots forts,
là, sur l'article à l'étude en ce moment. Je vous lis, donc,
page 12 : «Cette modification fait en sorte d'affaiblir le paritarisme au sein de la CCQ. Le
gouvernement va trop loin. Nous souhaitons renforcer la gouvernance de
la CCQ afin qu'elle puisse répondre plus efficacement aux besoins de
l'industrie. Jusqu'alors il était clair que la CCQ avait reçu un mandat du
gouvernement du Québec relativement à la formation professionnelle et à la
gestion de la main-d'oeuvre et que les ministères et organismes concernés
devaient participer à la réalisation de son mandat. Par l'introduction de cet article, le projet de loi
n° 51 modifie le mandat de la CCQ, car elle devra collaborer à la mise en
oeuvre des politiques et programmes gouvernementaux. La CCQ n'est pas un
organisme à la solde du gouvernement, c'est un organisme au service des
entreprises et des salariés qui la financent.
«La FTQ-Construction
craint que les orientations du gouvernement se heurtent avec les besoins à long
terme de l'industrie et se retrouvent
limitées par des impératifs de courte vue et politiques, comme nous avons pu le
remarquer avec la création des attestations d'études professionnelles,
en contradiction avec les décisions prises par le CA de la CCQ.» On se rappelle
notamment de l'ajout des frigoristes, par exemple, qui était une résolution
unanime de la CCQ de ne pas inclure les frigoristes dans les AEP. Ça ne vous
inquiète pas un peu, M. le ministre? C'est des mots durs quand même ici.
M. Boulet : Non,
ça ne m'inquiète pas du tout. Je fais confiance aux personnes, d'abord et avant
tout, à l'intérieur des structures. Et ça ne modifie d'aucune façon le statut
de la Commission de la construction du Québec, et ça n'a pas d'impact sur les
instances qui travaillent de manière paritaire à la CCQ, pas du tout, au
contraire, c'est assurer collaboration, transparence, cohésion.
• (12 h 10) •
M. Leduc : Parce que là il y a comme une frontière, puis ce
que je déduis de l'intervention de la FTQ-Construction, c'est qu'il y a comme une frontière qui est en
train d'être traversée informellement ou de manière peut-être non assumée,
entre une instance de paritarisme qui est concertée par et pour l'industrie et
une agence d'État qui répond aux commandes du ministère du Travail.
M. Boulet : Non.
J'ai répondu. Et je comprends...
M. Leduc : Pour
vous, le pas, il n'est pas franchi avec ça, là?
M. Boulet : Ce n'est pas...
absolument pas.
M. Leduc : Quand on dit qu'il doit
élaborer la mise en oeuvre des mesures gouvernementales, c'est quand même une
commande qu'on donne, non?
M. Boulet : Non. Elle doit
collaborer à l'élaboration, donc, ce n'est pas la... En fait, c'est de la
collaboration, je pense, c'est le mot-clé.
M. Leduc : Mais est-ce qu'elle
pourrait choisir de ne pas collaborer?
M. Boulet : À cet égard, elle doit collaborer.
Le terme est... l'impératif est là.
M.
Leduc : Parce que, s'il y avait, mettons, une levée de
boucliers totale au CA de la CCQ pour dire : On n'en veut pas, des
AEP, vous auriez pu dire : Non, non, vous allez collaborer, puis c'est
tout.
M. Boulet : Il n'y avait pas de
texte comme ça. Puis le règlement était amendé pour que l'AEP puisse permettre
des certificats compétence apprenti, et il y en a un cinquième qui a été ajouté
par le gouvernement, mais ça n'a pas
d'impact sur ça, tu sais, c'est simplement un mandat clair de collaboration.
Ça, comme je l'ai dit tout à l'heure, ça confirme, définit et précise.
Ça fait que cette collaboration-là, elle est essentielle pour le bénéfice des
travailleurs, et des travailleuses, et des
partenaires qui siègent au CA, et dans les instances de la CCQ. Je le répète
une autre fois, ça ne change pas le
statut de la CCQ, puis ça n'a pas d'impact sur les instances, puis il n'y a pas
de volonté de mainmise d'aucune manière.
M. Leduc : C'est beau, Mme la
Présidente.
La Présidente (Mme D'Amours) : Merci.
D'autres commentaires? S'il n'y a pas d'autre commentaire, l'article 3,
tel qu'amendé, est-il adopté?
Des voix : Adopté.
La
Présidente (Mme D'Amours) : Adopté. Nous serions maintenant à... au plan de
travail, au bloc Commission de la construction du Québec...
M. Leduc : ...on avait suspendu
tantôt, le 29.1.
La Présidente (Mme D'Amours) : Oui,
vous aimeriez... vous aimeriez le déposer?
M. Leduc : À ce moment-ci, s'il vous
plaît.
La Présidente (Mme D'Amours) : Parfait.
Ça serait dans le bloc Rétroactivité salariale?
M. Leduc : Oui.
La Présidente
(Mme D'Amours) : Parfait. Donc, il est sur écran, M. le député, si
vous voulez bien nous en faire la lecture, s'il vous plaît.
M. Leduc : Merveilleux. Donc,
insérer, après l'article 29 du projet de loi, le suivant :
29.1. L'article 100 de cette loi est
modifié :
1° par l'insertion, après les mots «Aucun
employeur,», des mots «entrepreneur avec qui ce dernier a contracté — pardon — ou
donneur d'ouvrage,»;
2° par l'insertion, au premier alinéa, après les
mots «association d'employeurs,», des mots «un entrepreneur ou un donneur
d'ouvrage».
Ça donnerait ceci : Aucun employeur,
entrepreneur avec qui ce dernier a contracté ou donneur d'ouvrage, ni aucune personne agissant pour un employeur ou une
association d'employeurs, un entrepreneur ou un donneur d'ouvrage ne
doit chercher d'aucune manière à dominer, entraver ou financer la formation ou
les activités d'une association de salariés, ni à y participer.»
C'est une suggestion de l'INTER, à la
page 34 de leur mémoire, qui souligne qu'ils ont eu des problèmes par rapport au... à la confusion qu'il peut y avoir
sur un chantier, notamment, entre, justement, un employeur, un entrepreneur,
un donneur d'ouvrage, ce n'est pas nécessairement la même personne. Et ça,
c'est un peu l'article miroir, là, du Code du travail, où ne peut pas permettre
d'entraver l'activité d'un... d'une association syndicale. Et là le flou sur le
statut d'employeur leur a causé des problèmes, notamment, si j'ai bien compris,
sur le chantier du REM, sur le chantier d'IKEA, un chantier IKEA aussi, où le
donneur d'ouvrage est intervenu dans un congédiement ou qui a refusé l'accès à un chantier. Et là ce n'était pas clair, s'il
avait le droit de faire ça, pas faire ça, en fonction de son statut de donneur
d'ouvrage versus un employeur. Ce serait quelque chose qui serait... qui nous
permettrait de clarifier les mandats de tout un chacun sur un chantier.
Alors, nous, on a la
loi R-20 qui est ouverte, on ne pouvait pas se permettre de laisser passer
cette opportunité de faire cette correction-là. Merci.
La Présidente (Mme
D'Amours) : Merci. M. le ministre.
M. Boulet : En
fait, moi, je ne vois pas de problème. C'est le libellé que nous avons à
l'article 12 du Code du travail, qui est sensiblement... ou, à mon avis,
c'est le même libellé, là, de souvenir, à l'article 100 de la Loi sur les
relations de travail, la loi R-20, et on ne réfère à aucun employeur. Et
il y a peut-être eu des faits que je ne connais pas, qui n'ont pas été portés à
ma connaissance au chantier du REM, mais c'est très circonstanciel, c'est très
factuel. Puis je ne sais pas c'est quoi, la décision, s'il y a eu une décision
du Tribunal administratif du travail, mais on n'amendera pas un article de loi
pour élargir l'obligation ou le devoir de ne pas s'ingérer dans un syndicat en
tenant compte d'un fait.
Puis, encore une
fois, c'est hyperfactuel, là, mais, pour moi, aucun employeur, ça inclut un
employeur, ça inclut quelqu'un qui agit pour un employeur. C'est quand même
assez large. Puis, en vertu de l'article 12, je n'ai pas non plus connaissance de décision de jurisprudence
qui aurait mis en relief des trous ou des manques dans le libellé de l'article.
Ça fait que je ne sais pas... Donc, à ce stade-ci, moi, je ne suis pas
favorable avec cette proposition d'amendement.
M. Leduc : Mais
il y a juste comme un paradoxe, M. le ministre, dans votre logique, parce vous
me dites, à mon... vous dites, mettons, je
vous paraphrase, là : À mon sens, employeur, ça inclut entrepreneur et
donneur d'ouvrage, c'est bien ça?
M. Boulet : Mais
aucun employeur... Encore une fois, puis là je veux voir les faits, mais un
donneur d'ouvrage, si c'est un employeur, il ne peut pas chercher, d'aucune
manière, à dominer, entraver ou financer ou s'immiscer de quelque manière que
ce soit dans les activités syndicales. Encore une fois, ça dépend des faits, ça
prendrait des circonstances très précises.
Mais, selon moi, le libellé est suffisamment large pour empêcher une personne
de s'immiscer dans les activités syndicales, c'est simplement ce que je vous
dis, puis, si c'est ce que vous vouliez m'entendre dire, bien, je le dis.
M. Leduc : Je
vous lis un extrait, donc, du mémoire de l'INTER, qui donne des explications un
peu plus pointues, page 34 : «Cependant,
il s'avère de plus en plus fréquent qu'un employeur se voit contraint de poser
certaines actions contraires allant à l'encontre des dispositions de cet
article de loi à l'égard de représentants syndicaux ou délégués de chantiers, suivant des instructions reçues à cet effet de la
part de l'entrepreneur avec lequel ils ont contracté, sous-traitance, ou
encore de la part d'un donneur d'ouvrage. À titre d'exemple, l'employeur reçoit
une directive à l'effet de ne pas permettre
à un représentant syndical de se présenter en chantier pour notamment discuter
de questions relatives à la convention collective, à la santé, sécurité
ou à toute autre question d'intérêt au bénéfice des salariés que son
association représente.
«Ces
démarches, que peut effectuer un représentant syndical en chantier, sont,
d'ailleurs, spécifiquement énumérées au texte de la convention de chacune...
des quatre secteurs de l'industrie de la construction. Si l'employeur obtempère
à pareille directive ou demande d'un entrepreneur ou d'un donneur d'ouvrage,
notamment pour des considérations économiques telle la perte de son contrat
alors en vigueur ou dans l'optique d'obtention de futurs contrats, il devient alors... il devient alors
sujet au dépôt d'une plainte devant le TAT en vertu de l'article 105 de la
loi R-20.
«Bien qu'il ait posé
le geste illégal, il demeure que l'employeur a alors été contraint d'agir ainsi
sous la dictée d'une tierce partie qui ne
peut actuellement faire l'objet d'un recours prévu à l'article 105 de la
loi R-20. Le Conseil provincial International soumet qu'il
s'avérerait approprié que la partie à l'origine de la commission d'une action
illégale puisse être visée par ce recours.»
M. Boulet : ...moi,
je le crois. Est-ce que la plainte a été soumise, parce que là c'est accès?
Est-ce que le refus d'accès est une entrave
à l'exercice des activités syndicales? Moi, je vous dirais, a priori, je suis
assez d'accord avec ça. Est-ce que la
plainte a été soumise? Je pense qu'il y a un délai de 15 jours qui est
prévu à l'article 105 de la loi R-20, et le Tribunal administratif du travail a la
compétence et la juridiction pour déterminer s'il y a eu une ingérence et, si,
dans les circonstances soumises en preuve,
il y a eu violation de l'article 5... de l'article 100, bien, pour
imposer les remèdes que sa juridiction lui permet de faire.
M. Leduc : Vous
le dites vous-même, M. le ministre, puis on a une loi pour le démontrer, que ce
n'est pas tout à fait la même chose avec le code général qu'avec la
loi R-20, donc, pour la construction, donc, puis, des fois, il peut y avoir des adaptations nécessaires. Celle-là
me semble l'une intéressante, en ce sens que, tel que libellé, c'est parfois
compliqué de remonter jusqu'au coupable original, puis je le dis ad nauseam
dans cette commission à quel point pour moi c'est un enjeu d'avoir, des fois,
jusqu'à quatre, cinq, six couches de sous-traitance dans un chantier sur un projet. On en a donc une démonstration. Qui a, en
bon français, callé la shot dans un dossier de représentation syndicale,
d'accès au chantier ou toute autre forme
d'entrave? Ce n'est pas toujours évident, et le libellé tel quel, c'est
difficile de trouver qui est véritablement... imputable, pardon, et de
remonter à la source du problème qu'on a vécu. Donc, c'est pour ça que je vous
soumets cette piste d'action, M. le ministre.
M.
Boulet : Mais, évidemment, c'est une question de fardeau de preuve, de
démonstration avec des témoins. Mais, si c'est un entrepreneur avec qui
l'employeur a contracté ou a des liens, puis qui s'immisce, puis qui essaie de dominer ou de financer, c'est clairement en
violation de l'article 100. C'est pour ça que je ne suis pas sûr que je
saisis... Je comprends le libellé, mais c'est ajouter un libellé juste pour
écrire des mots additionnels, parce que, sur le fond, c'est interdit par
tant le Code du travail que la loi R-20. En tout cas, je limiterais mes
commentaires à ça, moi, Mme la Présidente.
• (12 h 20) •
La Présidente (Mme
D'Amours) : Merci.
M. Leduc : Je
vais demander une suspension, Mme la Présidente.
La Présidente (Mme
D'Amours) : Je suspends les travaux quelques minutes.
(Suspension de la séance à
12 h 21)
(Reprise à 12 h 26)
La Présidente (Mme
D'Amours) : Nous reprenons nos travaux, et je cède la parole au député
d'Hochelaga-Maisonneuve.
M. Leduc : Donc,
je reviens, M. le ministre, avec l'exemple, là, du chantier d'IKEA, on peut le
nommer, où, dans le fond, le donneur
d'ouvrage, c'était la maison mère, c'était lKEA, mais qui avait un
entrepreneur, un employeur, une
entreprise de construction, qui était l'employeur, donc, direct de... du
chantier. Et là on refusait l'accès au chantier à des représentants syndicaux,
et là on aurait pu, donc, activer l'article 100. Mais c'était comme un peu
étrange et dommage qu'on soit obligés
de cibler l'entrepreneur, alors que c'était clair, pour tout le monde là-bas,
que la personne qui avait décidé
d'interdire l'accès au chantier, ce n'était pas tellement l'entrepreneur,
c'était plutôt la maison mère, c'était plutôt
le donneur d'ouvrage. Et la façon dont est écrit l'article 100,
malheureusement, n'est pas adaptée à cette réalité-là, où, si on le sait puis
on veut démontrer que c'est le donneur d'ouvrage en haut qui cause le problème
d'accès, donc, et la libre expression de l'association des salariés, on
ne peut pas la cibler. On ne peut pas aller... on ne peut pas aller plaider ça,
ce serait considéré irrecevable au TAT.
Alors, on est comme
contraints, entre parenthèses, de taper sur l'entrepreneur de petite ou moyenne
taille, des fois, qui est un peu coincé,
parce qu'il sait bien que, s'il reçoit un ordre qui n'a pas d'allure,
c'est-à-dire, donc, de refuser l'accès à un chantier à un représentant
syndical, il n'a pas le choix de l'écouter, parce que, s'il veut un contrat, ou
s'il veut garder son contrat, ou s'il en veut un prochain avec ce donneur
d'ouvrage là, il a intérêt à jouer dans l'équipe du donneur d'ouvrage,
même si lui, personnellement, comme entrepreneur, il n'a pas nécessairement
envie de potentiellement violer
l'article 100. Alors, en ouvrant la possibilité de recours à
l'article 100, clairement, à un donneur d'ouvrage, par exemple, ça clarifie le chemin à prendre et ça permet
d'éviter potentiellement de taper sur un petit ou moyen employeur qui ne
fait qu'un peu exercer, à contrainte, la volonté du donneur d'ouvrage.
La Présidente (Mme
D'Amours) : Merci. M. le ministre.
M. Boulet : Bon.
Est-ce qu'on peut, avec respect, Mme la Présidente, demander une courte
suspension? Moi, j'aimerais vous soumettre une contre-proposition et j'ai
demandé à mon équipe d'écrire cette contre-proposition-là, que je vous
soumettrai avant de le... la déposer au bureau du greffier... de la greffière.
La Présidente (Mme
D'Amours) : Je suspends les travaux quelques minutes.
(Suspension de la séance à
12 h 29)
(Reprise à 12 h 35)
La Présidente (Mme
D'Amours) : Nous reprenons nos travaux. M. le ministre, la parole est
à vous.
M. Boulet : ...tout
à fait. Alors, c'est le bloc Gouvernance, Mme la Présidente.
La Présidente (Mme
D'Amours) : ...nous étions sur le 29.1...
M. Boulet : Ah!
OK. Excusez-moi. Je pensais... OK. On...
La Présidente (Mme
D'Amours) : ...selon vos discussions avec M. le député
d'Hochelaga-Maisonneuve.
M. Boulet : Or,
nous sommes à préparer un amendement à l'article 100, qui constitue une
contre-proposition à l'amendement soumis par le collègue
d'Hochelaga-Maisonneuve. Et, pendant ce temps-là, jusqu'à ce que ça puisse être
déposé au bureau de la greffière, on est disposés à poursuivre.
La Présidente (Mme
D'Amours) : D'accord. Est-ce que j'ai le consentement pour suspendre
29.1 du bloc que nous avions terminé? Donc, consentement? D'accord. Merci.
M. le ministre, nous serions au... selon le plan
de travail, au bloc Commission de la construction du Québec, fonctions,
pouvoirs, à l'article 4.
Mme
Cadet : ...j'ai un amendement dans ce bloc, celui, donc,
sur la gouvernance de la commission. Et je pense que je dois le déposer avant
l'article 4 pour être conforme. Il est déjà sur Greffier.
La
Présidente (Mme D'Amours) : Parfait. Nous pourrions le mettre sur écran, et
vous pourriez nous en faire la lecture, s'il vous plaît.
Mme
Cadet : Parfait. Il se trouve à l'écran. Merci beaucoup,
Mme la Présidente. Donc, à l'article 1.1, article 3.3.4 de la
Loi sur les relations de travail, la formation professionnelle et la gestion de
la main-d'oeuvre dans l'industrie de la construction. Insérer, après
l'article 1 du projet de loi, le suivant :
1.1. Cette loi est modifiée par l'insertion,
après l'article 3.3.3, du suivant :
«3.3.4. Le conseil d'administration doit
comprendre au moins un membre ayant compétence en formation professionnelle
dans le domaine de la construction.»
L'article
modifié, puisqu'il s'agit d'une insertion, donc, se lirait comme suit :
«Le...» «3.3.4. Le conseil d'administration doit comprendre au moins un
membre ayant compétence en formation professionnelle dans le domaine de la
construction.»
Mme la Présidente,
à l'issue, donc, des consultations particulières, j'ai entendu beaucoup de
groupes, donc, nous parler, donc,
de... donc, évidemment, donc, de l'importance, donc, de la formation. On
parlait un peu plus tôt, donc, des éléments qui font consensus dans le
secteur de construction, et la formation en est un.
À l'article 3.2 de la loi,
l'article 3.2 de la loi, donc, traite, donc, de la composition, donc, du
conseil d'administration de la CCQ et indique, à son deuxième alinéa,
paragraphe 4°, que, cinq membres indépendants, ils sont nommés en tenant compte
des profils de compétence et d'expérience approuvés par le conseil
d'administration. Différents éléments
relatifs à la gouvernance du conseil d'administration, et on les verra
justement, donc, dans le bloc que
nous venons d'entamer, donc, concernent donc justement, donc, les éléments de
gouvernance et certains articles, 3.3.1, 3.3.2 et 3.3.3, donc, qui
avaient été ajoutés, donc, en 2022 dans cette même perspective.
Sachant que,
parmi les membres indépendants... que certains profils de compétence et
d'expérience pourraient s'y trouver,
également, donc, en tenant compte du fait que les éléments relatifs à la
formation, donc, ont suscité, donc, beaucoup
d'engouement, beaucoup de débats lors des consultations particulières, donc,
parmi les membres indépendants, donc,
nous trouvions, donc, qu'il était justifié de nous assurer que, parmi, donc,
ces membres-là, donc... qu'une personne ayant une compétence en formation professionnelle puisse s'y trouver et
que cela, donc, ce principe, donc, soit inscrit à la R-20 en insérant
l'article 3.3.4 à cet égard. Merci, Mme la Présidente.
La Présidente (Mme D'Amours) : Merci.
Commentaires, M. le ministre?
M.
Boulet : Oui, très, très rapidement. En fait, on n'est pas
d'accord avec l'amendement. En fait, c'est la mission du CFPIC, là, le
comité de formation professionnelle, puis les décisions lient le CA pour tout
ce qui concerne la gestion du fonds de formation. Puis évidemment c'est un
comité qui peut rendre des avis au conseil d'administration. Puis il y a
12 membres, dont la présidente, nommée par... ou le président... par la
présidente-directrice générale, qui est Mme Audrey Murray, qui n'a pas droit de
vote, mais il y a 11 membres votants. Il y a 10 membres représentant
à parts égales les associations patronales
et syndicales puis il y a un représentant du ministère de l'Éducation du
Québec, qui a la connaissance en formation professionnelle. Et c'est
toutes des personnes qui ont développé une expertise, là. Ça fait que je le dis avec respect, là, mais il
faut respecter les instances actuelles, là, qui sont déjà bien structurées à
l'égard de la formation.
• (12 h 40) •
La Présidente (Mme D'Amours) : ...Mme
la députée.
Mme
Cadet : Oui, puis ensuite peut-être ma collègue des
Mille-Îles... Je vous... je vous entends, M. le ministre. Puis ici, donc, on
est vraiment, donc, dans une perspective, donc, d'ouverture. Donc, vous
comprenez, donc, bien, je l'ai exprimé, donc, dans ma... dans mon intervention,
donc, de départ, le fait que c'est l'élément de la formation, donc, qui est
énormément, donc, ressorti. Évidemment, vous avez parlé, donc, de la CFPIC,
puis on en a parlé, donc, à quelques reprises.
Effectivement, donc, là, c'est quelque chose, donc, qui se... qui se
retrouve... ces avis-là, donc, se retrouvent, donc, émis, donc, au CA de
la CCQ, mais, étant donné, donc, l'importance que revêt la formation
professionnelle, étant donné également, donc, les différents programmes qui
sont mis de l'avant, donc, les différentes formations accélérées, notamment,
donc, qui sont mises de l'avant, donc, pour permettre le... bon, pour répondre
à différents besoins de main-d'oeuvre dans
le secteur de la construction, la proposition d'amendement, donc, s'inscrivait,
donc, en toute connaissance de cause, donc, s'inscrivait sachant, donc,
que la CFPIC, donc, existait, donc, dans le périmètre de la Commission de la
construction du Québec. Je... Voilà, madame...
La Présidente (Mme D'Amours) : D'autres
interventions sur l'amendement de la collègue? S'il n'y a pas d'autre
intervention, je vais le mettre aux voix. Est-ce que l'amendement est adopté?
Des
voix : ...
La Présidente (Mme
D'Amours) : Rejeté. Nous revenons maintenant à l'article 4. M. le
ministre.
M. Boulet : Merci, Mme la Présidente : Cette loi est
modifiée par l'insertion, après l'article 15.0.1, des suivants :
«15.0.2. La
Commission doit établir un plan stratégique suivant la forme, la teneur et la
périodicité déterminées par le gouvernement.
«Ce plan doit
notamment indiquer :
«1° les objectifs et
les orientations stratégiques de la Commission;
«2° les résultats
visés au terme de la période couverte par le plan;
«3° les indicateurs
de performance utilisés pour mesurer l'atteinte des résultats;
«4° tout autre
élément déterminé par le ministre.
«15.0.3. Le plan
stratégique de la Commission est soumis à l'approbation du gouvernement puis
déposé par le ministre à l'Assemblée nationale.»
Commentaire. En fait,
bon, ça propose l'introduction de deux nouvelles dispositions concernant
l'obligation pour la CCQ d'établir un plan stratégique. Puis, en outre des
éléments que le plan doit contenir, l'article octroie au gouvernement le
pouvoir de déterminer la forme, la teneur, la périodicité. Et, quant au nouvel
article, 15.0.3 prévoit quant à lui que le plan stratégique doit être soumis à
l'approbation préalable du gouvernement et, par la suite, déposé à l'Assemblée
nationale par le ministre du Travail. Donc, c'est des dispositions qui viennent
compléter et bonifier les dispositions déjà prévues aux articles 3.12.1,
3.12.2 et 15.0.1 de la loi R-20. Voilà, c'est tout. Merci.
La Présidente (Mme
D'Amours) : Merci. Merci. Mme la députée de Bourassa-Sauvé.
Mme Cadet : Merci,
Mme la Présidente. Donc, ici, vous dites, donc, qu'on vient, donc, bonifier,
donc, les différentes propositions. Donc, je... Celle-ci, je pense que j'y
faisais référence, donc, c'est celle, donc, qui émane, donc, de 2022, je pense,
donc, que je faisais mention, donc, à ma proposition, donc, d'amendement, donc,
à l'article précédent. Donc, j'ai... Bien, en fait, je veux simplement, donc,
comprendre, donc, la genèse ici. Donc, on vient bonifier, donc, ce qui... ce qui avait fait, donc, l'objet, donc, de
modifications, donc, à l'époque, lors de la loi... du dépôt de la Loi
sur la gouvernance des sociétés d'État?
M. Boulet : En
fait, la genèse, c'est l'origine. La genèse, c'est... Vous pouvez lire les
articles 11.12 et 11.13 de la Loi sur Hydro-Québec, c'est un libellé qui
est tout à fait similaire, et vous pouvez lire aussi l'article 18 de la Loi sur l'Autorité des marchés financiers. C'est
des libellés identiques, évidemment avec des objectifs, des indicateurs,
donc, pour que ce soit bien structuré et qu'on ait un plan stratégique qui nous
donne une perspective d'ensemble de l'industrie de la construction. Donc, la
genèse, c'est ça, c'est ces deux dispositions-là, Hydro-Québec et Autorité des
marchés financiers.
Mme Cadet : OK, donc, c'est une disposition, donc,
relativement, donc, de concordance, donc, à ce qui se fait déjà dans le
cas de l'Autorité des marchés financiers et d'Hydro-Québec ici.
M. Boulet : Exact.
Absolument.
Mme Cadet : Merci.
La Présidente (Mme
D'Amours) : ...M. le député d'Hochelaga-Maisonneuve.
M. Leduc : On
a déposé un amendement, Mme la Présidente.
Des voix : ...
M. Leduc : À
l'article 4, je ne sais pas si vous l'avez.
La Présidente (Mme
D'Amours) : Non, nous ne l'avons...
M. Leduc : Ah!
pourtant, il a été envoyé il y a quelques... Ah non! il vient de partir.
La Présidente (Mme
D'Amours) : Nous l'avons, oui.
M. Leduc : OK,
c'est bon, vous l'avez.
La Présidente (Mme D'Amours) : Nous
l'avons, oui. On va le mettre à l'écran et on va pouvoir commencer la lecture.
M. Leduc : Merveilleux.
À l'article 4 du projet de loi :
1° remplacer, à l'article 15.0.2, les mots
«le gouvernement» par «règlement»;
2° supprimer, à
l'article 15.0.2, le paragraphe 4°;
3° supprimer, à l'article 15.0.3, les mots
«soumis à l'approbation du gouvernement puis».
Moi, je n'ai rien contre l'idée d'avoir un plan stratégique
à la CCQ, c'est même plutôt une bonne idée, c'est même plutôt surprenant qu'il
n'y en ait jamais eu avant, nécessairement, je ne sais pas s'il y en a déjà eu,
mais, en tout cas, bref, c'est bien de le mettre dans la loi.
Et je poursuis, dans le fond, la discussion que
j'ai amorcée il y a quelques instants avec le ministre, sur est-ce que la CCQ,
c'est une société d'État ou c'est un organisme indépendant géré de manière
paritaire. Et là c'est un peu intéressant, parce qu'il vient juste de me dire :
Oui, oui, mais on a repris la définition d'Hydro-Québec puis de l'AMF. Bien,
c'est deux agences de l'État, ça, l'Hydro-Québec puis l'AMF. Ça fait que, si on
reprend textuellement les définitions de deux agences de l'État, puis que je
vous dis qu'on a la crainte de transformer la CCQ en agence de l'État, puis
vous me dites : Non, ce n'est pas ça qui arrive, bien là, ce n'est pas
raccord, comme on dit, là.
M. Boulet : Je pense qu'on s'entend
tous sur bien écrire les tenants et aboutissants d'un plan stratégique, et ça
n'a pas d'impact sur les instances. C'est simplement de dire et de confirmer
qu'on collabore dans l'élaboration d'orientations, on collabore dans
l'élaboration, la définition des objectifs. On veut faire en sorte que les
ministères, les organismes impliqués puissent bénéficier. C'est un
aller-retour, là, de l'expertise, et des connaissances, et des personnes à la
Commission de la construction du Québec, et qu'il y ait un échange qui soit
sain. Et donc c'est des textes qui nous ont inspirés, c'est des textes dont les
libellés sont tout à fait compatibles avec les besoins que le Québec a.
M. Leduc : Pourquoi, pour vous,
c'est essentiel, par exemple dans l'introduction de l'article, de préciser que
le plan stratégique, la forme, la teneur, la périodicité, doit être déterminé
par le gouvernement?
M. Boulet : ...il faut... s'il y en
a un, plan stratégique, à tous les huit ans, vous ne serez pas content. Il faut
que ce soit quand même déterminé.
Puis la CCQ, pour répondre à votre question,
c'est un organisme indépendant puis, on le sait, en raison des particularités
de ce secteur-là puis de sa structure, qui répond aux besoins de ce secteur-là
aussi. Son financement est indépendant de l'État, son CA est composé à majorité
de représentants des parties patronales et syndicales. Ils sont ultimement
nommés par le gouvernement du Québec. Voilà, en gros, c'est ça, tu sais, c'est
s'assurer d'une saine symbiose, d'une saine collaboration, avec un plan
stratégique dont les tenants et aboutissants sont clairement définis dans la
loi.
M. Leduc : Mais ils ne sont pas
capables de s'autoadministrer, ces gens-là, pour déterminer la durée, la
périodicité et la teneur de leur plan stratégique?
M. Boulet : De s'autoadministrer? En
fait...
M. Leduc : Bien oui. Vous
dites : C'est des gens dans le milieu patronal, syndical puis des
indépendants, c'est des gens compétents. Vous dites qu'on les nomme au
gouvernement suite à la recommandation des associations représentatives. Bien,
faisons-leur un peu confiance.
M. Boulet : Oui. Bien, on leur fait
confiance. On dit simplement, dans ce qu'on a adopté précédemment : On
collabore, on s'assure qu'on fait un plan stratégique puis on est ensemble.
C'est du travail ensemble que ça dit, tout simplement.
M. Leduc : Oui, mais vous dites
après, là, «ce plan doit notamment indiquer», là il y a un, deux, trois trucs,
puis, après ça, «tout autre élément déterminé par le ministre».
M. Boulet : Bien oui.
M.
Leduc : C'est comme si vous preniez le crayon vous-même,
quasiment, puis vous alliez écrire des affaires du plan stratégique.
M. Boulet : Non, je ne suis pas
d'accord. Je n'ai pas de commentaire à faire là-dessus. Ça, c'est présumer
d'une mauvaise foi, là. Je pense qu'on est là pour le bénéfice des Québécois et
des Québécoises, s'assurer que leurs besoins, dans les missions essentielles de
l'État, soient respectés, qu'on pense aux écoles, aux hôpitaux, aux routes, aux
infrastructures.
Je répéterais, là, encore une fois, l'État n'est
pas là pour... On est là pour s'assurer que l'industrie de la construction soit
bonne, ce qu'elle est, que l'industrie de la construction soit respectueuse de
tous ses partenaires. Et le régime particulier, il est issu d'une loi du
gouvernement. Donc, il n'y a pas de volonté de... Non. C'est établir c'est quoi, un plan stratégique, qu'est-ce que ça doit
contenir. Puis ça s'inspire, quand on m'a posé la question sur la genèse,
de libellés qui existent par ailleurs. Puis on aurait pu l'écrire différemment,
mais on était convaincus que c'était un libellé qui était compatible avec ce que
la CCQ fait. C'est tout.
• (12 h 50) •
M. Leduc : Il
y a quand même plusieurs mémoires, M. le ministre, qui s'inquiètent de ce
virage-là, où là on a l'impression que c'est beaucoup des choses qui sont
décidées au ministère. Pouvez-vous me dire, M. le ministre, c'est quoi, le
pourcentage de financement de la CCQ qui provient du gouvernement?
M. Boulet : Oui. À peu près, je
dirais, en 2023, c'est ACCES Construction, ce qui est consenti par le
gouvernement pour lutter contre le travail au noir et l'évasion fiscale. Puis
là il y a un comité interministériel puis la RBQ, avec ses inspecteurs, la
CNESST, excusez-moi d'utiliser des acronymes, mais la CCQ travaille ensemble
avec Revenu Québec puis la... Ah! attendez-moi.
Une voix : ...
M. Boulet : ...CCQ,
6 022 900 $. CNESST... Mais tout le monde travaille ensemble
dans ce comité-là. Puis le ministère du Travail assure la coordination des
travaux du comité. Ça fait qu'essentiellement c'est la seule... à mon avis, la
seule subvention que nous consentons.
M. Leduc : Et là ça donne combien de
pourcent sur la...
M. Boulet : Le reste, c'est...
Pardon?
M. Leduc : Ça donne... Bien, je vais
vous le donner, le chiffre, je l'ai, là, c'est alentour de 2 %.
M. Boulet : Oui, mais là...
M. Leduc : 2 % qui vient du
gouvernement dans la gestion de la CCQ. Le reste, c'est soit une grosse partie
de cotisations des travailleurs ou une grosse partie de cotisations des
employeurs.
M. Boulet : Oui.
M. Leduc : Ça fait que, là, le
gouvernement qui vient dire : Oui, oui, je détermine que vous allez
trancher et mettre dans votre plan stratégique tel ou tel élément, on...
M. Boulet : Et ce qu'il n'y avait
pas, là, dans le plan stratégique, là, objectifs, indicateurs et cibles de
qualité en adéquation avec l'analyse du
contexte externe et interne, puis là, bien, évidemment, pour bien saisir, bien
appréhender tout ce contexte-là, ça prend les ministères, les
organismes, d'où l'importance d'avoir un plan stratégique. Mais ce n'étaient
pas tous les objectifs qui étaient dotés d'un indicateur, ce n'étaient pas tous
les indicateurs qui comportaient une cible.
Il y avait un minimum de 75 % d'indicateurs de résultat qui doit y
apparaître, un minimum de 70 % des indicateurs qui doivent comporter une cible pour chacune des
années visées dans le plan stratégique, 85 % d'indicateurs et de cibles de
qualité, un nombre total d'indicateurs, des cibles ambitieuses au regard des
défis, des opportunités identifiées par Québec, par le gouvernement.
Puis la CCQ, ceci dit avec respect, ce n'est pas
un électron libre. Il est... une loi sur les relations de travail, vous
participez à l'adoption d'une loi qui modifie cette loi-là. Ça fait que le
gouvernement est celui qui exerce le pouvoir législatif, puis vous le savez,
puis...
Donc, c'est... ça fait partie des raisons qui
nous incitent à requérir un plan stratégique avec des tenants et aboutissants
qui sont clairs. Ce n'est pas de s'immiscer, encore une fois, c'est de
s'attendre à une gestion qui est optimale.
Hydro-Québec, l'Autorité des marchés financiers, aussi autonomes, aussi
indépendantes que soient ces institutions, ont dans leur loi... qui n'est pas adoptée par ces institutions-là, qui
est adoptée par vous puis par nous tous au Parlement, ils ont des plans
stratégiques. C'est le même libellé. Ça fait que...
M.
Leduc : Mais, justement, c'est ça qui m'inquiète, c'est
qu'on prend le même libellé de deux agences de l'État pour quelque chose
qui n'est pas une agence de l'État, qui est supposé être un instrument de
concertation...
M. Boulet : Je ne sais pas c'est quoi,
une agence... OK. Moi, je n'ai plus d'autre commentaire.
M.
Leduc : Bon, on va terminer là-dessus, mais c'est supposé
être une instance de concertation entre le patronat, et le syndicat, et,
bien sûr, l'aide des indépendants, mais qui doit se concenter entre eux. Après
ça, que le ministre communique des attentes, des cibles, moi, je trouve ça tout
à fait normal et légitime.
M. Boulet : Il n'y aura pas...
M. Leduc : C'est juste que ce
libellé-là, qui dit qu'il est déterminé par le gouvernement, le plan est soumis
à l'approbation du gouvernement, et des éléments peuvent être déterminés par le
ministre, personnellement, je trouve que ça va trop loin.
M. Boulet : Je ne suis pas d'accord.
M.
Leduc : Je vais demander un vote par appel nominal, Mme la Présidente.
La Présidente (Mme D'Amours) : ...d'autres
commentaires sur l'amendement du collègue? Mme la secrétaire, vote par
appel nominal, s'il vous plaît.
La
Secrétaire : Pour, contre, abstention. M. Leduc (Hochelaga-Maisonneuve)?
M. Leduc : Pour.
La
Secrétaire : M. Boulet (Trois-Rivières)?
M. Boulet : Contre.
La
Secrétaire : Mme Boivin Roy (Anjou—Louis-Riel)?
Mme Boivin
Roy : Contre.
La
Secrétaire : Mme Tremblay (Hull)?
Mme
Tremblay : Contre.
La
Secrétaire : M. Dufour (Abitibi-Est)?
M. Dufour : Contre.
La
Secrétaire : Mme Mallette (Huntingdon)?
Mme
Mallette : Contre.
La
Secrétaire : Mme Cadet (Bourassa-Sauvé)?
Mme Cadet : Contre.
La
Secrétaire : Mme Dufour (Mille-Îles)?
Mme Dufour : Contre.
La
Secrétaire : Mme D'Amours (Mirabel)?
La Présidente (Mme
D'Amours) : Abstention. Donc, l'amendement est rejeté. Nous revenons à
l'article 4. Est-ce qu'il y a des
commentaires sur l'article 4? S'il n'y a pas de commentaire, je vais le
mettre aux voix. Est-ce que l'article 4 est adopté? Adopté.
Maintenant,
l'article 2. M. le ministre, s'il...
Des voix : ...
M. Boulet : ...à
revenir à l'amendement à la contre-proposition à 29.1. Est-ce que c'est déposé?
Oui, hein? C'est déposé.
La Présidente (Mme
D'Amours) : J'ai besoin de consentement pour revenir à
l'amendement 29.1, du bloc Rétroactivité salariale. Consentement? Parfait.
M. le ministre.
M. Boulet : Oui.
Je ne l'ai pas devant moi, là, mais...
La Présidente (Mme
D'Amours) : ...l'amendement à l'amendement?
M. Boulet : Oui.
Merci, Mme la Présidente. Article 29.1.
Des voix :
...
M. Boulet :
Ah! excusez-moi.
La Présidente (Mme
D'Amours) : ...quelques minutes, s'il vous plaît.
(Suspension de la séance à
12 h 56)
(Reprise
à 12 h 57)
La Présidente (Mme
D'Amours) : Nous reprenons nos travaux, et ce que j'en comprends,
c'est qu'il y a eu une discussion entre collègues et que le député
d'Hochelaga-Maisonneuve retirerait son article 29.1... l'amendement de
l'article 29.1. Est-ce que j'ai le consentement du retrait? Consentement.
Maintenant, M. le
ministre, vous auriez l'amendement 29.1, un nouvel amendement. Donc,
est-ce que vous pourriez nous en faire la lecture, s'il vous plaît?
M. Boulet : Merci. Oui. L'article 29.1, article 100
de la loi. Insérer, après l'article 29 du projet de loi, le suivant :
28.1.
L'article 100 de cette loi est modifié, dans le premier alinéa :
1° par l'insertion,
après «Aucun employeur», de «ou donneur d'ouvrage»;
2° par le
remplacement de «ou une association d'employeurs» par «, une association
d'employeurs ou un donneur d'ouvrage».
Donc,
pour confirmer, en tenant compte de la particularité de l'environnement dans
l'industrie de la construction, qu'un donneur d'ouvrage ne peut non plus
faire de l'ingérence, ne peut entraver ni la formation ni les activités d'un syndicat. Donc, je donne suite à l'amendement, et je le dis avec
respect, du collègue d'Hochelaga-Maisonneuve. C'est une proposition.
La Présidente (Mme
D'Amours) : Merci. M. le député d'Hochelaga-Maisonneuve.
M. Leduc : Merci
pour l'ouverture, M. le ministre. Je prends votre main tendue. Je veux
peut-être clarifier. Dans le fond, moi, j'introduisais deux acteurs,
entrepreneur qui a contracté puis donneur d'ouvrage, vous retenez donneur
d'ouvrage. Mais, je veux bien comprendre, parce que vous considérez
qu'entrepreneur qui a contracté, c'est inclus dans employeur?
M. Boulet : Absolument. «Aucun employeur», l'entrepreneur en
étant un selon la définition. Puis, même à 54, le sous-entrepreneur est
visé, là. Ça fait que c'est tout.
M. Leduc : C'est
ça. Et là on rajoute «donneur d'ouvrage» aux deux endroits.
M. Boulet :
C'est tout. Oui.
M. Leduc :
Ça fait mon bonheur, ça, Mme la Présidente.
La Présidente (Mme
D'Amours) : Merci. Est-ce que j'ai des commentaires sur cet
amendement? Est-ce que cet amendement est adopté? Adopté.
Compte tenu de l'heure, je vous remercie pour
votre collaboration et je suspends les travaux jusqu'à 15 heures. Merci.
(Suspension de la séance à
12 h 59)
(Reprise à 15 h 02)
La Présidente (Mme
D'Amours) : Bonjour, tout le monde. La Commission de l'économie et du
travail reprend ses travaux.
Nous poursuivons
l'étude détaillée du projet de loi n° 51, Loi modernisant l'industrie de
la construction.
Lors de la suspension
de nos travaux, ce midi, nous étions rendus à l'étude de l'article 2. M. le
ministre, veuillez nous en faire la lecture, s'il vous plaît.
M. Boulet : Merci,
Mme la Présidente : Cette loi est modifiée par l'insertion, après l'article
3.9, du suivant :
«3.9.0.1. Le
sous-ministre du Travail, ou la personne qu'il délègue à cette fin, participe
aux séances du conseil, mais n'a pas droit de vote.»
Commentaire. Bon, ça
prévoit que le sous-ministre du Travail, comme ça a déjà été le cas, a une
tradition prévue où une personne qu'il désigne pour le remplacer participe aux
séances du conseil. Bien qu'ayant un droit de parole, la personne ne bénéficie
pas d'un droit de vote. Puis l'ajout d'un tel participant provenant du
ministère vise à faciliter le développement
d'une meilleure compréhension par le ministère des enjeux, des priorités qui
sont abordées au conseil d'administration. Donc, c'est tout. Merci.
La Présidente (Mme D'Amours) : Merci.
Nous avons reçu un amendement du collègue d'Hochelaga-Maisonneuve. M.
le député, si vous voulez bien nous en faire la lecture, s'il vous plaît.
M. Leduc : Bien
sûr, Mme la Présidente. Ça va comme suit :
Article
2. À l'article 2 du projet de loi, remplacer les mots «, ou la personne qu'il
délègue à cette fin, participe aux séances
du conseil,» par... «...mais n'a», pardon, par «et le sous-ministre de
l'Éducation, ou les personnes qu'il délègue à cette fin, participent aux
séances du conseil, mais n'ont».
Alors, dans le fond, c'est
un rephrasage pour rajouter, essentiellement, une autre personne à cet article.
Donc, l'article 2 du ministre rajoute une
présence du sous-ministre du Travail, et nous, on dit : C'est très bien,
mais il devrait aussi y avoir le ou la sous-ministre à l'Éducation.
Pourquoi? Parce qu'on parle énormément de
formation, au CA de la CCQ, et beaucoup de ces aspects de formation là relèvent
de l'éducation... ou, en tout cas, certainement d'une manière partagée par le
ministère du Travail et de l'Éducation, on parle, bien sûr, des DEP et des AEP,
et ça nous semblait tout à fait logique de rajouter cette présence-là pour être certains qu'on soit bien arrimés avec le
ministère de l'Éducation, et c'est ce qui était recommandé par beaucoup d'organismes dans leurs mémoires. Je
ne pense pas que ça a été soulevé nécessairement dans les audiences, vous savez, il y a eu tellement de choses dans
beaucoup de mémoires, mais voilà, je pense que le rajout du sous-ministre...
de la ou le sous-ministre de l'Éducation serait un ajout pertinent. Merci.
La Présidente (Mme D'Amours) : Merci.
M. le ministre.
M. Boulet : Bien, pour les raisons
que j'ai soulevées ce matin, on n'est pas d'accord avec l'amendement, parce
qu'il y a un comité de formation professionnelle et il y a un membre du
ministère de l'Éducation. Et c'est paritaire, comme j'ai expliqué, il y a 10
personnes, c'est divisé également entre les parties patronales et syndicales,
et il y a une personne du ministère de l'Éducation, qui joue véritablement son rôle
dans le comité dont la mission est de s'occuper de la formation.
La Présidente (Mme D'Amours) : M. le
député.
M. Leduc : Oui, bien, c'est bien,
sauf que, visiblement, il y a beaucoup d'acteurs qui pensent que ça pourrait être pertinent, avoir le sous-ministre directement
au CA et pas, justement, dans un comité, parce que, là, ils sont déjà dans
le comité, si j'ai bien compris. J'imagine
qu'il y a peut-être du monde du ministère du Travail aussi, dans certains
comités, mais on juge pertinent de
rajouter ça au CA, alors je me sentais dans l'obligation de faire cette
suggestion-là à travers cet amendement, Mme la Présidente.
La Présidente (Mme D'Amours) : Merci.
D'autres commentaires? Mme la députée de Bourassa-Sauvé.
Mme
Cadet : Oui. Bien, tout simplement, ce que je constate, et
peut-être que le collègue d'Hochelaga-Maisonneuve pourra confirmer,
là... que sa proposition d'amendement est un peu analogue à celle que j'ai
formulée ce matin, c'est bien ça? Je pense qu'il l'analyse... et qu'à cette
fin, donc, en fait, donc, les éléments relatifs à la formation professionnelle
et la priorisation, donc, de ces enjeux-là, donc, au sein de la composition du
conseil d'administration me semblent tout à fait pertinents. Merci, Mme la
Présidente.
La Présidente (Mme D'Amours) : Merci.
D'autres commentaires? S'il n'y a pas d'autre commentaire, je vais mettre aux
voix l'amendement. Est-ce que l'amendement est adopté? Est-ce que...
M. Boulet : Adopté.
La Présidente (Mme D'Amours) : Adopté?
L'amendement est adopté, M. le ministre?
Des voix : ...
La Présidente (Mme D'Amours) :
Suivez, M. le ministre, parce que...
M. Boulet : ...parlait, désolé.
La Présidente (Mme D'Amours) : Donc,
l'amendement est rejeté?
Des voix : ...
La
Présidente (Mme D'Amours) :
Nous revenons à l'article 2. Est-ce qu'il y a des commentaires à
l'article 2? Oui, Mme la députée de Bourassa-Sauvé.
Mme Cadet : Merci, Mme la
Présidente. Puis évidemment... avoir la conversation, donc, sur l'amendement du collègue, puis on a eu la conversation un peu
cet avant-midi aussi sur le mien, mais j'essaie de voir... dans le fond, c'est...
avec l'article 2, donc, la présence du sous-ministre du Travail, évidemment,
comme membre non-votant, ça, je comprends ça, donc, comme... un peu, donc,
comme un observateur. Est-ce que ça permettrait d'éviter des écueils comme ce
qu'on a vu, là? Vous avez parlé, c'est... dans les deux cas, donc, vous avez
mentionné, donc, la présence du CFPIC, mais
on sait... Quand je vous ai posé la question en séance des crédits, M. le
ministre, vous disiez : Bien, le comité de formation professionnelle dans
l'industrie de la construction, il n'avait pas tout à fait été consulté. Je comprends
qu'il avait été informé, là, donc, des formations accélérées, mais le
processus qui est prévu ici, l'interprétation que vous en faisiez, donc,
faisait en sorte que vous n'aviez pas besoin, donc, de suivre le processus,
faisait en sorte que le comité sur la formation
professionnelle doit donner à la commission, donc, des avis sur toute question
relative à la formation professionnelle. Est-ce qu'avec la présence du
sous-ministre du Travail ou de la personne qu'il délègue à cette fin au conseil
du... aux séances du conseil d'administration, est-ce que ça permettrait
d'éviter ces situations-là?
La Présidente (Mme D'Amours) : M. le
ministre.
M. Boulet : Bien, je ne
comprends pas trop le sens de la question, mais, dans la mesure où les avis du
CFPIC sont acheminés aux membres du conseil d'administration, la personne du
ministère de l'Éducation qui est au CFPIC participe
à la confection des avis, qui sont partagés, et le ministère du Travail, avec
la présence d'une personne, peut saisir, peut mieux comprendre les enjeux puis
les priorités en matière de formation, là. Est-ce que c'est ça, votre question?
Mme Cadet : Pas tout à fait, M.
le ministre, mais je pense que... mais, merci, donc, de préciser le processus, ici. Ce à quoi je fais référence, c'est le fait
que le CFPIC... que, dans ce cas-ci, donc, dans la confection des attestations
d'études professionnelles, n'avait pas été... n'avait pas rendu d'avis. C'est
ce que vous m'aviez confirmé lors de l'étude des crédits, récemment. Donc,
sachant, donc, que le... donc, il n'y avait pas eu, donc, d'avis du CFPIC...
M. Boulet : Sur quoi?
Mme Cadet : ...puis,
ici, vous faites en sorte que le sous-ministre du Travail, donc, il est présent
sur les séances du conseil d'administration comme observateur, est-ce
que ça va permettre, donc, cette... une meilleure fluidité avec le conseil
d'administration?
M. Boulet : Tout à fait.
Mme Cadet : Merci.
La Présidente (Mme D'Amours) : Merci.
D'autres commentaires? Est-ce que l'article 2 est adopté?
Des voix : Adopté.
• (15 h 10) •
La Présidente (Mme D'Amours) : Adopté.
L'article 5. M. le ministre, s'il vous plaît.
M. Boulet : Merci, Mme la
Présidente. Cette loi est modifiée par l'insertion, après
l'article 18.14.11, de la section suivante :
«Section III.2
«Comité des relations du travail dans
l'industrie de la construction
«18.14.12. Le
ministre procède à la formation du Comité des relations du travail dans
l'industrie de la construction.
«18.14.13. Le Comité a pour fonctions :
«1° d'étudier
toute question ayant trait aux relations du travail dans l'industrie de la
construction et aux conditions de travail des salariés, à l'exception de
celles relevant du conseil d'administration de la Commission, du Comité sur la
formation professionnelle dans l'industrie de la construction ou du Comité sur
les avantages sociaux de l'industrie de la construction;
«2° d'échanger sur toute situation problématique
vécue dans le cadre des relations du travail dans l'industrie de la construction ou sur toute mésentente portant
sur l'un des sujets prévus à une convention collective, dans l'optique de prévenir ou de régler tout différend pouvant
mener à un grief et, le cas échéant, d'informer la Commission de toute interprétation
convenue concernant une clause d'une convention collective;
«3° de donner son avis au ministre sur toute
question soumise par ce dernier;
«Le Comité peut en outre, de sa propre
initiative, se saisir de toute question en lien avec son mandat.
«18.14.14. Le
Comité est composé de 10 membres, dont cinq [représentant] la partie patronale
et cinq [représentant] la partie syndicale.
«Pour désigner les cinq membres qui représentent
la partie patronale, chacune des associations sectorielles d'employeurs
responsable d'un secteur désigne un membre par secteur, et l'association
d'employeurs en désigne un.
«Chacune des
associations représentatives désigne un membre parmi les cinq membres qui
représentent la partie syndicale. Si
les cinq postes auxquels ont droit les associations représentatives ne se
trouvent pas ainsi comblés, ceux-ci sont
comblés à tour de rôle par les associations, selon l'ordre de leur degré de
représentativité, jusqu'à ce que tous les postes aient été comblés.
«Un substitut est désigné pour remplacer chaque
membre du Comité. Le substitut n'assiste aux séances qu'en l'absence du membre
qu'il remplace.
«Les membres et les substituts demeurent en
fonction jusqu'à ce qu'ils aient été remplacés.
«18.14.15. Le Comité désigne, pour chaque
séance, un président parmi les membres présents. Le président a le droit de
vote, mais n'a pas de voix prépondérante.
«Les procès-verbaux des séances sont dressés par
une personne qui est également désignée par le Comité.
«18.14.[5]. Le quorum du Comité est de six
membres, soit au minimum trois membres de la partie patronale et trois membres
de la partie syndicale.
«18.14.17. Pour valoir,
une décision ou un avis doit être approuvé à la majorité.
«18.14.18. Le Comité peut adopter des règles
pour sa régie interne.»
La Présidente (Mme D'Amours) : Merci...
M. Boulet : Commentaires, si
vous me permettez.
La Présidente (Mme D'Amours) : Bien
sûr.
M. Boulet : Donc, c'est l'ajout
d'une nouvelle section pour la création, la mise en place d'un comité de relations de travail, 10 membres... ça me va,
et cette nouvelle section énonce également les fonctions du comité et ses
règles de fonctionnement. Merci, Mme la Présidente.
La
Présidente (Mme D'Amours) : Merci. Nous avons reçu un amendement de la
collègue de Bourassa-Sauvé, madame... et qui était sur Greffier. Mme la
députée, si vous voulez bien nous en faire la lecture, s'il vous plaît.
Mme
Cadet : Merci beaucoup, Mme la Présidente. Donc, à
l'article 5, article 18.14.14, donc, de la Loi sur les relations du travail, la formation professionnelle
et la gestion de la main-d'oeuvre dans l'industrie de la construction :
L'article 18.14.14 — je
pense qu'il y a une petite coquille à l'écran, Mme la Présidente — tel
que proposé par l'article 5 du projet de loi est modifié :
1° par le remplacement, dans le premier alinéa,
de «10» par «11»;
2° par l'insertion, à la fin du premier alinéa,
de la phrase suivante : «Il y a un onzième membre indépendant qui agit à
titre de président»;
3° par l'insertion, à la fin, de l'alinéa
suivant :
«Le président est désigné par le
président-directeur général parmi son personnel».
L'article modifié se lirait ainsi :
«18.14.14. Le comité est composé de
11 membres, dont cinq représentent la partie patronale et cinq la partie
syndicale. Il y a un onzième membre indépendant qui agit à titre de président.
«Pour désigner les cinq membres qui représentent
la partie patronale, chacune des associations sectorielles d'employeurs
responsable d'un secteur désigne un membre par secteur, et l'association
d'employeurs en désigne un.
«Chacune des associations représentatives
désigne un membre parmi les cinq membres qui représentent la partie syndicale. Si les cinq postes auxquels ont
droit les associations représentatives ne se trouvent pas ainsi comblés,
ceux-ci sont comblés à tour de rôle par les associations, selon l'ordre de leur
degré de représentativité, jusqu'à ce que tous les postes aient été comblés.
«Un substitut est désigné pour remplacer chaque
membre du comité. Le substitut n'assiste aux séances qu'en l'absence du membre
qu'il remplace.
«Les membres et les substituts demeurent en
fonction jusqu'à ce qu'ils aient été remplacés.
«Le président
est désigné par [le directeur général...] le président-directeur général — pardon — parmi
son personnel.»
Donc, Mme la Présidente, donc, au-delà, donc,
des éléments de forme, donc, je reprends, donc, un peu, donc, le propos, le fond, donc, du propos, ici, donc, la
modification que je suggère, donc, à la création du Comité des relations de
travail dans l'industrie de la construction.
Donc, ici, donc, le ministre, donc, vient créer, donc, un comité supplémentaire
parmi, donc, ceux qui existent, donc, au sein de la commission.
Lorsqu'on regarde le Comité sur les avantages
sociaux de l'industrie de la construction, on réalise, donc, aux articles 18.14.1 et suivants, que, bon, le...
donc, le ministre procède à la formation, donc, de ce comité-ci. On y voit les
fonctions et on voit que le Comité sur les avantages sociaux de l'industrie de
la construction est composé de 11 membres
et que ce comité est présidé par le président-directeur général ou par une
personne qu'il désigne parmi le personnel de la commission.
Ce qui m'apparaît d'être un défi, là, dans la
composition du comité, actuellement, dont je ne remets pas en question le fond,
est le fait que, dans les propositions qui sont mises de l'avant, donc, par le
ministre, donc, on aurait, donc, un comité
composé de 10 membres et dont... et dont le président serait désigné pour
chaque séance parmi les membres présents. Le président, donc, a aussi,
donc, le droit de vote, sans voix prépondérante, mais quand même, tout de même,
donc, le droit de vote dans la manière dont le comité, il est composé,
actuellement, selon le projet de loi.
J'ai de la difficulté à saisir comment cette
composition-ci, donc, permettrait, donc, des échanges, surtout considérant le fait que le président a le droit de
vote dans les circonstances, sachant qu'on a déjà, donc, des compositions,
donc, alternatives. Je vous ai nommé, donc, celle, donc, du Comité sur les
avantages sociaux de l'industrie de la construction, donc, qui est composé de
11 membres, donc, avec, donc, un président indépendant, donc, qui serait,
donc, le PDG de la commission ou un membre qu'il... que celui-ci désigne parmi
son personnel, sachant aussi que le CFPIC, dont on a parlé également, qui se
retrouve, donc, à la section III, donc, de la loi R-20, donc, aux
articles 18.1 et suivants, indique
aussi que le président est désigné par le président-directeur général parmi son
personnel, avec, donc, une composition, donc, relativement différente,
là, mais tout de même, donc, avec un souci pour la préservation de
l'indépendance de la présidence.
Je
trouvais... je trouvais donc qu'il était, donc, impératif, donc, de soumettre
cet amendement-là, pardon, donc, à
l'attention du ministre afin que l'on puisse, donc, nous assurer, donc de ne...
en fait, d'éliminer, donc, certains écueils quant
au fonctionnement de ce comité. Encore une fois, au niveau du texte proposé et
des fonctions du comité, je pense qu'il y a un relatif consensus, donc, au sein
de l'industrie, donc, pour nous permettre de créer, donc, une telle instance
supplémentaire, d'étudier, donc, les questions, donc, qui sont mises de
l'avant, donc, aux articles... principalement, donc, à l'article 18.14.13
du... donc, qui serait, donc, le futur article 18.14.13 de la loi.
Et là aussi, donc, il est important de
conserver, donc, l'aspect, donc, du paritarisme aussi, donc, au sein du comité,
avec, donc, cinq membres, donc, qui représenteraient la partie patronale. Et on
ne viendrait pas modifier, ici, Mme la
Présidente, donc, la manière, donc, dont ces membres-là seraient nommés. On ne
viendrait pas non plus modifier la manière dont les associations
représentatives désigneraient, donc, le membre, donc, qui viendrait composer le
Comité des relations de travail dans l'industrie de la construction.
• (15 h 20) •
Ceci dit, vous pouvez imaginer, Mme la
Présidente, donc, des situations où, sachant, donc, que le président, donc, séance tenante, donc, serait, donc, nommé,
donc, parmi les membres, donc, on pourrait imaginer, donc, une certaine
alternance et donc un défi dans la manière,
donc, de pouvoir procéder, donc, à l'étude, donc, des différentes questions
qui sont relatives aux relations de travail, sans qu'on ait, donc, une espèce,
donc, d'arbitre ou de médiateur, donc, qui vienne encadrer la manière, donc,
dont les travaux sont articulés.
Je le précise une fois de plus, Mme la
Présidente, lorsqu'on regarde, donc, les deux autres comités que je viens de
nommer, ce rôle, il existe. D'autant plus, on aurait même pu, donc, proposer,
donc, un membre, donc tout à fait, donc,
indépendant qui aurait été nommé par le ministre lui-même. On vient... j'ose
croire, Mme la Présidente, donc, on vient, donc, simplifier, donc, la vie au
ministre, donc, avec la proposition que nous mettons de l'avant ici, afin de
nous assurer, donc, d'avoir un certain effet miroir sur ce qui existe déjà
comme procédé parmi les autres comités de la Commission de la construction du
Québec et que l'on vienne jouer... que l'on vienne avoir, donc, une certaine...
un rôle, donc, qui serait analogue à ce qui existe déjà au sein des autres
comités de la CCQ.
Puisqu'on a jugé bon que c'était pertinent,
donc, pour ces deux autres comités, il semble que, pour celui que nous venons
de créer ici, qui est, encore une fois, tout à fait pertinent quant au fond,
quant au fond des choses et des fonctions qui composent le comité, que l'on
puisse avoir, donc, ce même type de façon de procéder, ce même type de mode de
gouvernance. Merci, Mme la Présidente.
La Présidente (Mme D'Amours) : Merci.
Avant de continuer, je veux simplement dire que la collègue a dit qu'il y avait une coquille, «18.14.134», si vous
remarquez, là, à l'écran. Donc, il s'agit... Ici, on va faire une correction
de forme.
Et, avant de donner la parole au ministre, je
voudrais seulement rappeler aux invités qui sont dans la salle qu'il est interdit de prendre des photos. Il n'y a
pas juste une personne, plusieurs personnes qui auraient pris des photos, qu'on
nous dit. Donc, je fais juste vous faire un rappel que les photos sont
interdites, que vous ne pouvez pas, en ce moment-ci, les partager sur les
médias sociaux. Maintenant, M. le ministre, la parole est à vous.
M. Boulet : Je serai bref.
C'est un comité qu'on veut dédier aux relations de travail, donc ça appartient
aux parties patronales et syndicales, ça concerne les relations de travail,
donc, les patrons et les syndicats. Donc, c'est un forum privilégié pour
permettre aux parties de se concentrer sur les problématiques qui les
concernent. Alors, c'est le seul commentaire que j'avais à faire. Et les
parties le souhaitaient, d'ailleurs, d'avoir ce type de forum là, privilégié.
La Présidente (Mme D'Amours) : Merci.
Mme la députée de Bourassa-Sauvé.
Mme Cadet : Oui. Merci, Mme la
Présidente... je souhaite aussi qu'on ait ce type de forum privilégié là. Je
pense que je l'ai mentionné dans mon intervention, Mme la Présidente, puis je
le souligne de nouveau, je pense que les fonctions du comité sont pertinentes.
Le fait, donc, de mettre de l'avant, donc, cette proposition-ci est tout à fait
pertinent, et je pense qu'on doit aller de l'avant avec cette proposition-là,
donc, du ministre, donc, de créer un comité des relations de travail dans
l'industrie de la construction.
Donc, je veux que ce soit clair, Mme la
Présidente, je ne m'inscris pas en faux quant à la nécessité, donc, d'avoir, donc, un tel forum. Je l'entends bien
puis je l'ai entendu aussi lors des consultations particulières, l'ensemble,
donc, des parties prenantes qui sont venues,
donc, s'exprimer ici, en consultations particulières, nous en ont mentionné
la nécessité.
On l'a répété
à quelques reprises, il y a peu de consensus, je pense que ça, c'est un
autre... un autre contre-exemple, donc, de cette règle que nous avons
énoncée plus tôt. Il y a un consensus, ici, donc, sur la possibilité de créer
un comité des relations de travail dans
l'industrie de la construction. Donc, là-dessus, je pense que mon propos, il
est clair.
Donc, ce que j'avance au ministre, c'est la
question, donc, de la gouvernance. Je comprends qu'on est... on est en train,
donc, d'étudier, donc, le bloc, donc, gouvernance, donc, pouvoirs et fonctions,
donc, de la Commission de la construction du Québec. Donc, je pense que c'est
pertinent, donc, de soulever la composition du comité ici. Vous mentionnez le
fait que ce... étant donné, donc, ce qui est étudié, étant donné les fonctions
du comité, que, pour vous, donc, c'est un
motif suffisant, donc, pour ne pas regarder, donc, la question, donc, d'avoir,
donc, un tiers indépendant non-votant, et ça, c'est... je pense que
c'est pertinent, donc, de le mentionner, non-votant, puis, s'il faut peaufiner,
donc, l'amendement, parce que je comprends
qu'à 18.14.15, donc, bien évidemment, on parle, donc, du président qui a le droit
de vote, donc, on pourrait faire des ajustements de concordance à cet effet,
Mme la Présidente, le cas échéant.
Mais le Comité sur les avantages sociaux de
l'industrie de la construction regarde quand même... puis je peux lire, là, à
18.14.2 : «Le Comité sur les avantages sociaux de l'industrie de la
construction a pour fonction de définir le contenu des
régimes complémentaires d'avantages sociaux.» Je pense qu'on est quand même
dans un sujet qui relève, là aussi, donc, des... donc, sans parler, donc, des
relations de travail, donc, directement, d'un élément où ce principe de paritarisme et ce qu'évoque, donc,
le ministre est tout à fait aussi concomitant, donc, à cet autre comité.
Donc,
j'essaie... J'aimerais entendre le ministre, donc, sur son motif de refus,
parce que je ne suis pas satisfaite, donc, de la réponse qui nous a été donnée.
M. Boulet : ...
Mme Cadet : Avec égards, avec
beaucoup d'égards.
M. Boulet : Je n'ai pas de
commentaire, Mme la Présidente, avec égards.
Mme
Cadet : Bien, écoutez, Mme la Présidente, je ne sais pas
si le... peut-être que le ministre a... je comprends que le ministre,
donc, souhaite avancer, mais, s'il n'y a pas de motif de refus ici...
M. Boulet : On souhaite tous
avancer, je pense.
Mme Cadet : On souhaite tous
collaborer, M. le ministre, c'est certain, mais, ici, je dépose quand même un
amendement avec sérieux. Ce n'est pas une...
M. Boulet : J'ai répondu.
Mme Cadet : ...ce n'est pas quelque
chose de farfelu. C'est une demande qui a aussi été formulée par différents
groupes qui sont venus ici en consultations particulières, qui ont inclus des
recommandations analogues à ce que je présente ici dans leurs mémoires. Je vous
le présente même, donc, de façon simplifiée, donc, en regardant ce qui se fait
déjà au sein de la commission, pour des motifs de faisabilité puis des motifs
de coûts. Je peux vous lire, en fait, la recommandation.
M. Boulet : ...
Mme Cadet : Bien, je pense que
j'ai... c'est mon privilège, M. le ministre. Donc, la recommandation de l'ACQ
relative à l'article, donc, 18.14...
M. Boulet : Elle m'offre la
possibilité, collègues... J'ai répondu.
Mme Cadet : ...au point 12 :
«De bonifier, donc, ces dispositions en assurant la présence d'une disposition
similaire à l'article 12.10 de la Loi sur le ministère du Travail ayant pour
objet d'édicter les fonctions du président du comité des relations de travail
et de donner le pouvoir au ministre du Travail de nommer la personne occupant
cette fonction.»
Donc, vous
voyez, donc, ici, avec l'amendement que je vous présente, je vous simplifie la
tâche, M. le ministre. J'aimerais juste, au moins, donc, une réponse. Je
comprends que vous ne voulez pas élaborer, mais, plutôt que de réserver
vos propos, j'aimerais vous entendre sur cette proposition-ci.
La Présidente (Mme D'Amours) : D'autres
commentaires?
M. Boulet : Comment je pourrais
expliquer ça? Sur le comité des avantages sociaux, c'est opportun parce que...
comme, par exemple, il y a une vocation d'administrer les avantages sociaux.
C'est important que la CCQ soit représentée. Pour le comité de formation
professionnelle, c'est important aussi parce que c'est un sujet qui implique la
compétence et l'expertise de personnes variées. Ici, on réfère vraiment au
domaine, je le répète, là, qui appartient aux parties. Là, on parle des
conditions de travail des salariés, on parle des sujets qui sont prévus à une
convention collective. C'est les parties qui négocient les conventions
collectives dans l'optique de prévenir ou de régler tout différend. La valeur
ajoutée à ce comité-là, c'est vraiment les parties patronales et syndicales.
Et c'est ça qui est bénéfique, c'est ça qui m'apparaît
être le souhait de la vaste majorité des parties, et ça ne semblait pas être le
souhait que... Je pense que cette personne indépendante là, vous demandiez
qu'elle soit nommée par la PDG de la CCQ, mais je le répète, ce qui est au
centre de leurs discussions, c'est vraiment ce qui est dans les conventions
collectives, les conditions de travail puis les relations de travail. Puis moi,
je pense que c'est le forum idéal, ce qu'on
appelle communément le CRT, là, le comité de relations de travail. Il fonctionne
bien quand il est purement et exclusivement paritaire. Moi, c'est
l'approche que je privilégie et je pense que ça va donner des résultats.
Mme
Cadet : ...M. le ministre. Déjà là, je suis un peu plus
satisfaite parce que, là, j'ai un élément de réponse, j'ai un contexte.
M.
Boulet : Vous avez beaucoup d'influence quand c'est...
quand votre... quand vous le présentez. Bien, c'est ça, je comprends
bien que vous souhaitez une réponse. Puis moi, je veux vraiment que ce soit une
nouvelle instance qui
génère des bénéfices, toujours dans une perspective de prévenir puis
d'embarquer dans un processus de résolution de litiges.
Puis, quand on parle
de fonctionnement, puis d'efficacité, puis de performance, ça passe d'abord et
avant tout par une saine compréhension des enjeux de relations de travail. Puis
que ce comité-là soit dévolu entièrement à ça, ça va... Moi, je suis convaincu
qu'on va même être des précurseurs dans le domaine des relations de travail, en
pouvant se parler de cette manière-là, puis je ne vois pas la valeur ajoutée
d'une personne indépendante. Ceci dit, je comprends votre point de vue, que je
respecte, et... mais voilà.
• (15 h 30) •
Mme Cadet : Puis je comprends, donc, ce que vous dites, tu
sais. M. le ministre, je pense que la préoccupation, ici, tu sais, on le... Tu
sais, à 218.14.15, on dit : «Le Comité désigne, pour chaque séance, un
président parmi les membres», un président, donc, avec, bon, le droit de
vote, mais pas de voix prépondérante. Donc, une séance, donc, on va avoir, donc, quelqu'un d'une partie, une
autre séance, on va y avoir quelqu'un, donc, d'une autre partie. Puis, selon
vous, donc, cette... Donc, vous avez longuement réfléchi à cette façon, donc,
de fonctionner, là?
M. Boulet : ...
Mme Cadet : Vous
avez consulté beaucoup?
M. Boulet : Bien
oui.
Mme Cadet : Puis,
sur cette façon de fonctionner là, on a dit : Nous, on pense que ça va
donner des résultats, qu'il n'y aura pas
de... il n'y aura pas de gel des conversations, que ce sera... ça va permettre
que ce soit fluide puis qu'on arrive au... Parce que, je pense, tu sais,
vous l'avez mentionné, tu sais, il y a consensus sur le fait d'avoir un comité
des relations de travail. Tout le monde veut que ça fonctionne. Moi, je veux
que ça fonctionne.
M. Boulet : Bien,
moi, la même affaire. Puis je suis convaincu qu'on n'aura pas à nommer un conciliateur
du ministère du Travail pour aider les parties, ou un animateur externe, je
pense que les parties sont à un niveau de maturité qui est suffisant pour leur
permettre de dialoguer, d'avancer. Puis, des fois, ça va avancer plus vite,
d'autres fois ça n'avancera pas beaucoup, mais c'est ça, les relations de
travail.
Mme Cadet : Puis,
pour les fois où est-ce que ça n'avancera pas beaucoup, qu'est-ce qui va se
passer?
M. Boulet : Bien,
les parties vont continuer de dialoguer, vont peut-être décider ensemble de
faire venir un mentor externe, de faire un
atelier de formation, de demander à un expert en négociation raisonnée ou en
organisation d'ateliers de relations de travail. Même, on a des
spécialistes, au ministère du Travail, là, à la limite, qui peuvent venir faire de la formation. Il y a plein d'outils
externes pour aider un comité de relations de travail, mais, je le répète,
le niveau de compétence des personnes en relations de travail est élevé, dans
l'industrie de la construction, leur expertise est reconnue. Et, si besoin en
est, s'ils ont besoin de recourir à une ressource externe, ce ne sera pas un membre indépendant qui a telle et telle qualité,
telle et telle habilité, telle et telle formation, tel et tel cours de
négociation, ils pourront demander à un consultant de venir les appuyer,
puis, si c'est une personne provenant du ministère du Travail, ce sera tant
mieux, mais, si besoin en est, ils en feront la demande.
Mme Cadet :
Donc, pour... Vous, donc, vous ne pensez pas qu'on a besoin de structurer ces
échanges-là de façon permanente, mais que c'est possible, donc... mais cette
possibilité-là que vous énoncez, donc, elle existe, donc, de faire venir un tiers indépendant qui... dont
l'agenda serait de favoriser la communication et la résolution des mésententes entre
les partenaires.
M. Boulet : Je
n'exclurai jamais la possibilité qu'eux décident, parce que ça leur appartient,
de recourir à un consultant ou un expert externe, pas un membre indépendant,
mais une personne qui peut servir d'étincelle si jamais on est dans une impasse
ou si jamais on sent le besoin de recourir à des services spécialisés. Tout à
fait. Moi, je fais totalement confiance aux parties.
Mme Cadet : À
l'article 18.14.13, à l'alinéa 3... ou au paragraphe 3°, plutôt,
alinéa un, paragraphe 3°, donc, «le
Comité a aussi pour fonctions [...] de donner son avis au ministre sur toute
question soumise par ce dernier». Donc, vous, vous allez avoir la possibilité
de pouvoir soumettre des questions au comité. Comment est-ce que...
M. Boulet : Eh,
mon Dieu!
Mme Cadet : C'est
ce que vous avez parlé, donc, tu sais, du rôle, là, du fait que ce qui est
étudié, donc, par le comité, donc, les situations vécues... problématiques
vécues dans le cadre des relations de travail, toute question ayant trait, donc, aux relations de travail dans
l'industrie de la construction, que ça appartient aux parties. Mais si vous,
vous soumettez des questions au comité pour qu'il puisse vous rendre un avis,
on n'est plus dans ce qui appartient exclusivement aux parties ici, non?
M.
Boulet : Mais non, mais c'est un avis. Le ministre peut
demander un avis à ce comité-là sur un sujet prévu dans une convention
collective. C'est un avis, c'est tout.
Mme
Cadet : Puis je vous entends sur le fait que, bon... que,
pour vous, donc, un avis, donc, c'est... c'est tout, mais même...
M. Boulet : C'est sain, oui.
Mme
Cadet : Mais tout de même, c'est quand même, donc, un
sujet qui n'appartient pas, donc, exclusivement aux parties, ici. C'est
pour ça que... puis j'essaie de... puis, évidemment, je veux... je veux nous
assurer qu'on... qu'on est passé... c'est ça, le processus, donc, d'étude
détaillée ici, là, qu'on comprenne bien, donc, pourquoi est-ce qu'on ajoute un
amendement.
M. Boulet : Bien, c'est deux choses
distinctes, là. Un membre indépendant, c'est une chose. Là, c'est un... un paragraphe
qui fait référence à la possibilité, pour le ministre du Travail...
Mme Cadet : Oui.
M. Boulet : ...de demander un avis
au comité.
Mme Cadet : C'est ça
M.
Boulet : C'est tout. Je... puis je... ce n'est pas du tout de
même nature que d'avoir un membre indépendant, là.
Mme Cadet : Bien, dans ce cas-ci, tu
as... Donc, s'il fallait que vous demandiez, donc, un avis, donc, à ce futur
comité-là, ils peuvent réorganiser les travaux... Bon, les... il va falloir organiser,
donc, les travaux, donc, d'une certaine manière, pour pouvoir vous rendre cet
avis-là. Donc, comment est-ce que... est-ce que vous pensez que ça pourrait
être facilité par la présence d'un tiers?
M. Boulet : Non. Pas... non, je ne
vois pas la valeur ajoutée d'un tiers, d'un membre indépendant. Quand un
ministre demande un avis, il veut avoir un avis de personnes qui maîtrisent
bien la matière sur laquelle porte l'avis.
Mme Cadet : Mais par exemple, là, si
on fait le parallèle avec... avec l'emploi, puis là, je sais qu'ici, on... une
composition, donc, relativement, donc, différente, mais par exemple, la Commission
des partenaires du marché du travail, il y a des avis qui peuvent être demandés
à cette instance-là, hein?
M. Boulet : Bien oui, bien oui, au
Comité consultatif du travail et de la main-d'oeuvre.
Mme Cadet : C'est ça.
M. Boulet : Bien, oui, à tous les
comités, un ministre peut demander des avis.
Mme Cadet : Mais là, il n'y a pas
quelqu'un qui organise les travaux lorsque vous demandez des avis dans ces
cas-là?
M.
Boulet : Ah, bien, ici, ils prévoient... on prévoit la
possibilité qu'ils déterminent leur façon de fonctionner. C'est les
parties qui vont décider de comment ils vont s'organiser pour donner l'avis.
Puis le ministre, dans la mesure où je suis ministre du Travail, ça va être une
demande d'avoir un avis spécifique, puis le mandat va être clairement
déterminé, puis ils détermineront comment ils donnent l'avis. Tu sais, moi,
je... on ne s'immisce pas dans leurs façons de faire. C'est un comité de
relations de travail.
Mme Cadet : Vous avec dit :
Dans la mesure où vous êtes ministre du Travail, est-ce que vous annoncez
quelque chose comme votre collègue à l'Éducation, hier?
M. Boulet : Non, non, non, pas du
tout.
La Présidente (Mme D'Amours) : Revenons
à l'amendement, s'il vous plaît.
Mme Cadet : Merci.
M. Boulet : Oui.
Mme Cadet : Merci, Mme la
Présidente. Bien, écoutez, j'entends... j'entends l'avis du ministre là-dessus.
Évidemment, je suis là pour soulever, donc, différentes
préoccupations. J'espère que... donc, je pense qu'on l'a dit, donc, on l'espère tous, que le comité, donc, va
pouvoir fonctionner pour soulever, donc, les enjeux qui sont... qui relèveront,
donc, de sa juridiction en vertu de l'article 18.14.13 de la loi, donc,
une fois adopté. J'espère qu'il n'y en aura pas, d'enjeu. S'il y en a, des
enjeux, si, par exemple, donc, il y en a, quels seraient... Parce que, là, on
est en train, donc, de modifier la loi, si vous réalisez, là, après la création
du comité des relations de travail, tant que vous êtes ministre du Travail, comme vous venez de le dire, qu'au
final, on a de la difficulté, donc, à faire fonctionner le comité, puis, encore
une fois, si ça fonctionne, tant mieux, tant mieux si ça fonctionne puis qu'il
n'y aurait rien à faire, on est... on va tous être heureux de ça. Mais, s'il y
en a, des enjeux, donc, quels seraient, donc, les...
M.
Boulet : ...puis je vais vous référer à la maturité puis
l'expertise des membres, collègue. Je ne peux pas dire plus que ça, là.
Avez-vous un exemple concret?
Mme Cadet : Bien, écoutez, je pense
au fait, donc, le... donc, les questions, donc, qui doivent être étudiées,
donc, en ayant trait, donc, aux relations de travail dans l'industrie, c'est
si... donc, il y a... on n'arrive pas, donc, à obtenir un certain consensus au
sein du comité. Si, par exemple, là, vous, vous demandez un avis, donc vous
demandez un avis, puis vous n'êtes pas en mesure d'obtenir un consensus à ce
moment-là, parce que, bon, là, vous avez...
tantôt, donc, ce que vous avez dit, c'est que les... le comité, donc, pourra se
référer, donc, à des experts externes de
façon ponctuelle, c'est ça, je l'ai bien entendu. Dans le fond, ce serait ça
votre voie... votre voie privilégiée, s'il arrive... si on n'arrive pas
à un consensus, c'est ça?
M. Boulet : Là, je n'ai pas
d'exemple d'enjeu, mais... Bon, l'hypothèse : je demande un avis, il n'y a
pas de consensus, ils vont exprimer le fait qu'ils n'ont pas de consensus. Tu
sais, comme n'importe quel comité, comme n'importe quel enquêteur qui fait un
rapport, s'il y a trois personnes, s'il y a huit personnes, ils vont
dire : Notre orientation, c'est ça. Mais moi, je ne vois pas d'enjeu.
Ceci dit, je le répète, il y a un écosystème
d'aide, de consultation puis d'accompagnement, notamment dans mon ministère,
mais ils choisiront comment ils veulent s'aider et être aidés pour trouver une
façon de résoudre l'impasse, en fait.
Mme Cadet : Merci.
M. Boulet : Merci.
Mme Cadet : Merci, Mme la
Présidente.
La Présidente (Mme D'Amours) : Merci.
D'autres commentaires sur l'amendement? Oui, M. le député d'Hochelaga-Maisonneuve.
M. Leduc : Oui. Peut-être
rapidement, Mme la Présidente. J'en ai vu beaucoup, des CRT, là, dans
différents milieux, mais personnellement je n'ai jamais vu un CRT qui était...
où il y avait une présence d'une autre personne or que la partie patronale et
syndicale, c'est un peu la nature même, donc, d'un CRT.
• (15 h 40) •
Là, avec une
personne indépendante, je ne comprends pas trop son rôle. Puis, en plus... En
fait, si je comprends l'intention de ma collègue, je pense, c'est de se baser
beaucoup sur l'aspect décisionnel de cette affaire-là. C'est,
d'ailleurs, une chose que moi, je m'apprête à critiquer dans la principale, ça
fait que je suis assez d'accord que c'est mieux
de ne pas avoir d'indépendant là-dedans. En plus, parce que ça n'a pas vraiment
d'allure que ça soit une instance décisionnelle, mais nous aurons débat
dans quelques instants, j'imagine.
La Présidente (Mme D'Amours) : Merci.
Est-ce que l'amendement est adopté ou rejeté?
Des voix : Rejeté.
La Présidente (Mme D'Amours) : Rejeté.
Nous revenons à l'article 5. Est-ce que j'ai des commentaires? Mme la
députée de Mille-Îles.
Mme Dufour : Merci, Mme la
Présidente. Alors, je vais revenir sur la question d'avis qui est proposée, là,
dans l'article principal, là, qu'on étudie.
Donc, il y a... il y a quand même... ça a été soulevé dans un des mémoires, du
moins, où on mentionne que cet article là, en particulier, là, le fait de
donner son avis au ministre sur toute question soumise par ce dernier pour le comité des relations de travail, bien, ça
pourrait, disons, atteindre, peut-être, l'indépendance du conseil. Et on
dit : «Ça — puis
là, je lis ce qui est écrit, là — ça offre, par surcroît, un point d'entrée
au ministre en ce qui concerne des enjeux
et... des questions et enjeux de relations de travail conventionnées qui
doivent rester dans le cadre de la
CCQ, qui est la première responsable d'une application adéquate des conventions
collectives des secteurs de la construction.»
Donc, peut-être, j'aimerais vous entendre sur
votre perception. Pourquoi vous avez tenu à inclure le fait de demander un avis
à un comité qui, somme toute, n'existait pas, là, que là, on crée? Et que
répondez-vous, là, au groupe,
là, c'est... notamment, là, c'est la Centrale
des syndicats démocratiques, à leur
crainte que ça pourrait amener? C'est ça.
M. Boulet : ...est responsable de la
loi, responsable de son application, responsable de son respect par le biais d'un régime particulier. Puis, un avis, ça
n'oblige à rien. Tu sais, je regarde la définition d'un avis, c'est... on
demande : Qu'est-ce que vous
pensez? Simplement. Quelle est l'opinion sur un sujet x, y ou z? Ce n'est que
ça. C'est la possibilité qu'un ministre a de demander des avis, tout
simplement.
Mme
Dufour : Mais, tout à l'heure, vous avez mentionné qu'à
l'origine, pour créer... L'objectif, c'est qu'il y avait une demande d'avoir un lieu pour la partie
patronale et syndicale, alors pourquoi le ministre veut venir s'immiscer dans
ce lieu-là? Qui, vous l'avez dit, il ne
devait même pas avoir un président indépendant. Alors, pourquoi le ministre,
lui, viendrait s'immiscer là-dedans?
M. Boulet : La loi relève du
ministre. La santé des relations de travail dans
l'industrie de la construction relève des
parties. Quant à l'application de la convention collective, il y a des sujets
sur lesquels le ministre peut vouloir obtenir
l'avis du comité de relations de travail, pour les aider, peut-être, à
cheminer, pour avoir leur opinion, comment ils s'expriment sur un sujet.
Mme
Dufour : Mais là je vous avoue que ça m'inquiète quand vous
dites : Pour les aider à cheminer. Donc, là...
M. Boulet : Bien, je dis peut-être,
c'est hypothétique, là, mais c'est...
Mme Dufour : Donc, pour avoir une
influence.
M. Boulet : C'est une opinion.
Mme Dufour : Donc, pour avoir une
influence.
M. Boulet : Ce n'est pas la façon
dont un ministre fonctionne.
Mme
Dufour : Mais quand on... quand vous dites pour les aider à
cheminer, c'est qu'à ce moment-là c'est pour orienter le débat, là.
M. Boulet : Non, pas du tout.
Mme Dufour : Bien, la façon que ça a
été prononcé, c'est ce que ça peut laisser sous-entendre.
M. Boulet : Non, mais...
Mme Dufour : Mais, je... mais...
M. Boulet : Mais je comprends ce que
vous...
Mme Dufour : ...voyez-vous, leur
inquiétude, elle vient d'où?
M.
Boulet : Oui, mais ce n'est pas pour influencer, c'est pour
avoir un avis. Un avis, c'est une opinion, c'est... On vous demande ce que vous
pensez de tel sujet. Puis c'est une loi qui relève de ce ministre-là, mais je
ne peux pas dire autre chose, là, mais la volonté ou l'appréhension que
le ministre veuille se servir d'un avis pour influencer, moi, je ne l'ai jamais
vécue, puis je ne l'ai jamais vécue ailleurs. Puis j'ai demandé des avis au
Comité consultatif du travail et de la main-d'oeuvre, qui est paritaire, pour
avoir des opinions sur la loi encadrant le travail des enfants, sur la loi sur
le harcèlement, sur... Ça peut aider à cheminer, à faire avancer des dossiers.
Moi, je pense que c'est du respect qu'on
démontre que d'avoir l'avis d'un comité de relations de travail. Puis je suis
d'accord avec le collègue d'Hochelaga-Maisonneuve, c'est comme ça que ça marche
partout. Et qu'un comité de relations de travail se fasse demander un avis sur
un sujet, pas pour les influencer, peut-être pour les aider, mais certainement
pour avoir une opinion, c'est bénéfique pour tout le monde. Je pense que c'est
un éclairage d'un comité formé par les parties patronales et syndicales dans un
milieu où on connaît le régime de relations de travail qui est particulier.
C'est juste ça.
Mme Dufour : Oui, mais, tu sais...
vous savez, les lois, elles vont... ce n'est pas seulement le ministre qui est
aujourd'hui en poste qui va les appliquer, hein, c'est tous les futurs
ministres du Travail qui... Et donc, s'il y avait un intérêt à avoir une
influence politique, est-ce que cet avis pourrait servir à ça?
M. Boulet : Non. Non. Ce n'est pas
une opinion qui va servir à un ministre pour influencer. L'avis peut même
guider le ministre, peut même avoir une influence sur le ministre, et non
l'inverse.
Mme
Dufour : Oui, j'aimerais mieux que ça soit le cas, effectivement.
M. Boulet : C'est
toujours comme ça qu'on...
Mme Dufour : Mais, tout à l'heure, je vous avoue que les mots,
la façon que vous me l'avez dit, que ça pourrait les aider à... eux, à
cheminer, les faire cheminer, c'est...
M. Boulet : Ils
peuvent donner un avis où ils expriment un besoin quelconque, tu sais, puis...
On ne le sait pas, un avis, c'est une
opinion. Mais vous m'avez vu fonctionner, comme ministre du Travail, les avis,
je les demande pour alimenter notre réflexion, pour nous aider à
cheminer.
Mme Dufour : Mais,
comme je l'ai dit, les lois perdurent au-delà des ministres. Donc, ce n'est pas
envers le travail que vous avez réalisé, c'est pour tous les futurs ministres
du Travail que je pose la question.
M. Boulet : Je
ne pense pas que, si mon collègue d'Hochelaga-Maisonneuve devient ministre du
Travail, il va se servir de son pouvoir de demander une opinion à un comité de
relations de travail pour les influencer. Bon.
Une voix : Il
n'est pas sûr.
M. Boulet : Je
pense que c'est prêter...
M. Leduc : Vous
me prêtez des intentions.
M. Boulet : Je
pense que c'est prêter des intentions, collègue.
Mme Dufour : Je
pense qu'il va... il modifierait le mandat du comité, de ce que je comprends.
M. Boulet : Non,
mais c'est prêter des intentions.
Mme Dufour : Mais
ce n'est pas mon objectif de vous prêter des intentions, c'est d'essayer...
M. Boulet : Mais
à quelque ministre que ce soit.
Mme Dufour : Mais,
à quelque part, c'est notre travail de prévoir tous les cas de figure, M. le
ministre.
M. Boulet : Ah,
bien, vous les aurez prévus.
Mme Dufour : Oui, mais, en tout cas, j'ai mes doutes et je
partage cette inquiétude qui est exprimée par le syndicat.
M. Boulet : Vous
partagez vos doutes, oui.
Mme Dufour : Bien,
qui est exprimé dans un mémoire.
M. Boulet : Ah!
mais non, mais je comprends, mais je ne les partage pas.
La Présidente (Mme
D'Amours) : D'autres... Oui, Mme la députée de Bourassa-Sauvé, et
ensuite ce sera M. le député. Oui, allez-y.
Mme Cadet : Merci, Mme la Présidente. Tu sais, vous disiez,
donc, que c'est comme, bon, vous avez expliqué un peu, donc, comment est-ce que
ça se passe, de façon générale, dans un CRT. Lorsqu'il y a un grief
d'interprétation, avant que ça s'en aille en arbitrage, est-ce que ça passe,
habituellement, par un CRT?
M. Boulet : Non. Ça dépend de la procédure qui est prévue dans
la convention collective, mais le CRT n'existe pas, on le crée, on le
fonde.
Mme Cadet : Non,
mais de façon... parce que, tantôt, vous avez dit, donc, de façon générale...
M. Boulet : Mais
là ce n'est pas le sujet de notre discussion, là,
mais je vais être bon avec vous, je vais vous dire, généralement, dans les
conventions collectives de travail, ça va au... tu sais, il y a des étapes, là,
à partir du moment où le grief est soumis, et il y a une étape qui prévoit une
discussion, au comité de relations de travail, pour essayer de régler le grief
ou de trouver une solution.
Mme Cadet : OK. Donc là, dans ce cas-ci, est-ce que, donc,
tout grief d'interprétation va passer par ce CRT-là?
M. Boulet : Non.
Non.
Mme Cadet : Pourquoi?
Pourquoi c'est...
M. Boulet : C'est vraiment un forum
pour les parties pour discuter de relations de travail, et dans les sujets,
bien, pour prévenir, pour régler. Mais ça pourrait arriver si les parties
décident de se l'approprier, et, si les parties, au moment de la négociation du
renouvellement des conventions collectives, décident, par l'expérience, que ce
serait sain qu'un sujet puisse passer par le canal du comité de relations de
travail, il n'y a rien qui empêche ça. Mais, pour l'instant, non, les
conventions collectives ne peuvent pas le prévoir, il n'existe pas.
Mme Cadet : Mais pourquoi «pour
l'instant»? Parce que vous me perdez ici, un peu, M. le ministre, parce que, bon, sous un autre aspect, donc, vous nous
dites, donc là, on suit... en fait, particulièrement, donc sur... sur l'aspect,
donc, de la personne indépendante, vous nous dites : Bien, ce n'est pas
comme ça que ça se passe dans les autres CRT, donc là, il ne faudrait pas le mettre. Mais là, ici, donc, normalement,
donc, un grief d'interprétation, ça va passer par le CRT, c'est comme ça que ça se passe ailleurs, mais là,
il ne faut pas suivre qu'est-ce qu'on ferait... ce qu'on fait habituellement.
M. Boulet : OK. Je vais reprendre
parce que probablement que je ne me suis pas exprimé clairement. Il faut que ce
soit prévu dans la convention collective de travail. Et, comme le comité est
inexistant, comme il est créé par la loi, il
n'y a aucune convention du secteur de la construction qui prévoit que le grief
doit passer par le canal du CRT, qui est inexistant.
• (15 h 50) •
Mme Cadet : D'accord. OK. Merci.
Donc là, je comprends. Donc, ce que vous dites, c'est que, dans le fond, donc, là, on va le voir, donc... dans les
dispositions transitoires, on verra, donc, qu'est-ce qui pourrait être adopté,
mais puisque le comité de relations de travail va être mis sur place, il
va être mis sur pied, ce sera possible, pour les conventions collectives dans
le secteur de la construction, dorénavant, donc, de pouvoir... de prévoir que
les griefs d'interprétation passent par le CRT, parce qu'ailleurs, ça... c'est
à travers la convention collective qu'on prévoit que ça passe par le CRT, ce
n'est pas directement inscrit, là, de façon réglementaire, c'est ce qui est
fait ailleurs.
M. Boulet : Oui.
Mme Cadet : Merci.
La Présidente (Mme D'Amours) : Merci.
M. le député d'Hochelaga-Maisonneuve, s'il vous plaît.
M. Leduc : Merci, Mme la Présidente.
Moi, ma première réaction quand j'ai vu ça, c'était : OK. Bonne nouvelle,
on crée un CRT. Je ne savais pas qu'il n'y en avait pas. Puis, après ça, j'ai
regardé dans les... toujours lire les petits
caractères en bas, hein, il faut toujours faire ça. Et là, j'ai... Bien,
première chose qui m'a fait sursauter, c'est que, bien qu'il s'appelle comité de relations de travail, il aura le
mandat «d'étudier toute question ayant trait aux relations [de] travail
[...] et aux conditions de travail des salariés». C'est étrange, ça. Pourquoi
on jase des conditions de travail dans un
CRT? Des conditions de travail, d'habitude, ça se jase dans un comité de
négociation de conventions collectives. Pourquoi ce mélange des genres?
M. Boulet : Je n'ai pas compris la
question.
M.
Leduc : Donc, vous créez un CRT, le R de CRT, c'est
relations de travail, sauf que là, dans son premier alinéa, vous
dites : Le CRT jase de relations de travail mais aussi de conditions de
travail. Pourquoi?
M. Boulet : Bien, parce que les
conditions de travail, c'est l'essence, c'est la quintessence d'une convention collective de travail. À l'article 1d du Code du travail, quand on définit la convention collective, c'est «une entente [...]
relative aux conditions de travail conclue entre une ou plusieurs associations
accréditées et un ou plusieurs employeurs ou associations d'employeurs».
En fait, tout
ce qui est dans la convention collective de travail, qui est la loi des
parties, comporte des conditions de travail, que ce soit... Donc, tout ce qui
est dans la convention peut faire l'objet de discussions. C'est ça, le forum
paritaire, le comité paritaire de relations de travail, c'est son mandat.
M.
Leduc : Mais est-ce que vous avez comme l'objectif de
créer un genre de comité de négo semi-permanent?
M. Boulet : Non, je n'ai aucun...
Non.
M.
Leduc : Parce que jaser de conditions de travail, ça
revient à dire que oui, on jase de la prochaine convention un peu, non?
M. Boulet : Non. Non, mais ça
pourrait, par exemple, parce qu'on dit «prévenir [...] tout différend». Bien,
c'est sûr que s'il y a un enjeu, ça pourrait, par exemple, permettre de
discuter d'un sujet relatif à une condition de travail où on voit poindre une impasse potentielle lors de la
négociation du renouvellement des conventions collectives de travail.
Bon, comme tout CRT, collègue d'Hochelaga-Maisonneuve.
M. Leduc : Oui,
mais en même temps, son nom, le nom qu'on a usuellement donné à ce genre de
comité là, c'était CRT, puis ce n'était pas pour rien, c'est parce qu'on y
parle essentiellement de relations de travail.
M. Boulet : Bien oui. Non, non, mais
les CRT... non, non, sérieusement, là, les CRT parlent de conditions de travail. Voyons! Tout ce qui est dans la
convention est une condition de travail, c'est... Je n'ai jamais vu un CRT qui
ne discutait pas de conditions de travail.
M. Leduc : Donc vous, ce n'est pas
votre objectif de le transformer en comité de négo permanent?
M. Boulet : Je n'ai même jamais
pensé à ça.
M. Leduc : OK. L'autre affaire qui
m'a fait sourciller, dans votre article, c'est à 18.14.17, quand vous
dites : «Pour valoir une décision, un avis doit être approuvé à la
majorité», une décision de quoi?
M.
Boulet : C'est un libellé qui prévoit que, quand on décide
ou on donne un avis, on décide à la majorité, là.
M. Leduc : Oui, ça, je comprends.
Mais on décide de quoi?
M.
Boulet : Bien, s'ils prennent une décision quant à une
orientation, une décision quant à une façon de faire. Mais un CRT peut décider,
là, de régler, de prévenir ou de proposer une solution et il décide à la
majorité.
M. Leduc : Bien, c'est parce que
moi, admettons, les CRT que j'ai connus, il y avait un côté... on ne tenait pas
des procès-verbaux officiels. Tu sais, il y avait des notes, on s'échangeait
les notes. Chacun avait ses notes des deux parties, on essayait des... un peu
comme une négo, aussi, de toute façon. On essayait de s'entendre sur ce qu'on
avait discuté. Mais des décisions officielles notées au procès-verbal, moi, je
n'ai pas connu ça bien, bien. Puis, quand il y avait une entente, mettons, pour
régler un grief ou pour adopter une lettre d'entente qui s'ajoutait à la
convention collective, mais là, ce qui la
rendait officielle, cette décision-là, c'était une signature de soit la lettre
d'entente ou soit...
M. Boulet : Mais oui, mais...
M. Leduc : Mais ça, ce n'est pas un
vote.
M. Boulet : ...tu sais, c'est fait à
la majorité. Et qu'il n'y ait pas de procès...
M. Leduc : À la majorité? Mais c'est
parce qu'il n'y a pas de majorité, c'est deux parties, c'est deux parties
prenantes.
M. Boulet : La grande lacune des
CRT, au Québec, puis, je présume, à l'extérieur, c'est de ne pas avoir de
procès-verbaux, de ne pas avoir de suivi. Et la réussite d'un CRT, c'est dans
sa capacité d'assurer un suivi à ces discussions. Et, quand il y a des
décisions, bien, c'est une simple règle de majorité. Et moi, je le répète, moi,
les CRT que j'ai connus, beaucoup n'avaient pas de procès-verbaux. Mais, à
chaque fois, moi, je répétais : Si vous voulez avoir une mémoire organisationnelle de vos délibérations, faites des
procès-verbaux. Tu sais, souvent, ça aide énormément. Ça bâtit un
historique et ça permet de ne pas dialoguer pendant des heures.
M. Leduc : Oui. Mais là on ne fera
pas un échange sur la pertinence ou pas d'avoir des procès-verbaux dans tous les
CRT du Québec. Ce que je veux dire, moi, là-dedans, c'est que, quand il y a une
entente, quand ça compte, entre grosses parenthèses, là, ce qui est en train
d'être discuté puis dénoué comme impasse, ça produit un résultat qui a force
légale au sens du code, à savoir, une lettre d'entente ou le règlement d'un
grief. Là, c'est comme si on s'attend à ce que... Quel genre d'autre décision
pourrait avoir la pertinence d'être votée à travers une résolution d'un CRT en
construction?
M. Boulet : Bon. Les...
Une voix : ...
M. Boulet : Ne serait-ce que les
règles de régie interne, leurs modalités de fonctionnement, quand ils prennent
des décisions de cette nature-là, ils le font à la majorité. Moi, je ne vois
pas d'enjeu là, là, sérieusement.
M. Leduc : L'enjeu que j'y vois, M.
le ministre, puis je joue franc jeu avec vous, c'est que... vous le savez,
qu'il y a une... il y a une cause devant les tribunaux, puis on aura peut-être
l'occasion d'en parler tantôt, mais sur l'interdiction de pouvoir faire des griefs
sur plusieurs matières, qui est prévue à la loi R-20. Comme je
l'expliquais plus tôt, moi, je trouve que
c'est une anomalie de ce régime-là, un peu comme l'absence de loi antiscabs.
Maintenant, je ne peux plus dire comme une absence de droits de faire la
rétro, maintenant c'est réglé. Alors, ça, c'est bien. Mais le fait de ne pas
pouvoir faire des griefs sur l'ensemble du contenu des conditions de travail
d'une convention collective, à mon sens, c'est une erreur
historique que nous devrions corriger, ici. Cela étant dit, donc, vous êtes,
vous le gouvernement du Québec, devant la justice par rapport à ça, tu sais,
les gens vont plaider que ça ne respecte pas... ça doit être la charte
canadienne, la charte québécoise, j'imagine, et le droit d'association qui en
découle.
Est-ce que la façon
dont vous libellez votre comité de relation de travail, où est-ce que vous
élargissez la... les... son champ d'application, pas juste aux relations, mais
aux conditions de travail, au fait qu'ils peuvent prendre des décisions, est-ce
que c'est votre manière de pouvoir aller plaider à la Cour, de dire : Oui,
oui, oui, c'est bien correct de maintenir ces interdictions-là pour x, y sujet
de grief, parce qu'ils vont pouvoir atterrir dans ce comité-là, qui pourrait être
qualifié comme une espèce de... d'arbitre de griefs à rabais?
M. Boulet :
Non.
M. Leduc :
Ce n'est pas ça, votre intention.
M. Boulet :
Bien non, pas du tout. Et ça n'aurait aucun impact.
M. Leduc : Est-ce
que je peux déduire, de votre commentaire, que nous pourrons élargir la portée
des griefs plus tard dans le projet de loi?
M. Boulet : On
aura la discussion à l'article pertinent ou au moment pertinent, mais on
expliquera quelle est la façon particulière d'intervenir, notamment sur les
salaires. Puis je n'irai pas plus loin pour l'instant. Il y a une procédure de
plainte qui est particulière dans le secteur, et on pourra en parler au moment
opportun.
La Présidente (Mme
D'Amours) : D'autres commentaires? Oui, Mme la députée de
Bourassa-Sauvé.
Mme Cadet : Oui,
merci, Mme la Présidente. Donc, j'ai une question, surtout pour les deux
premiers paragraphes, là, des fonctions du comité. Quand je les lis... Est-ce
que le comité, ici, donc, a compétence exclusive, là, sur ces différentes
questions? Je m'explique, ici, de ce que je comprends, puis vous me corrigerez,
M. le ministre, évidemment, je n'ai pas nécessairement, donc, la même
expertise, plusieurs de ces éléments-là, souvent, donc, sont discutés au CA de
la CCQ, non? C'est la question.
M. Boulet : Et
la question, est-ce qu'il y a compétence exclusive?
Mme Cadet : Oui.
M. Boulet : La
réponse, c'est non.
Mme Cadet : Donc,
c'est le... donc, c'est l'objectif visé, ici.
M. Boulet : Bien
oui. Puis on dit même à l'exception des questions qui relèvent du CA ou du
comité des avantages sociaux ou du comité de formation professionnelle. Et la
relation de travail... Ce n'est pas parce qu'on forme un comité qu'il a le monopole
ou qu'il a l'exclusivité.
Mme Cadet : OK.
Bien, c'est ça. Bien, «à l'exception», ça, c'était très clair, évidemment,
donc... si on... à l'exception, donc, on parle ici, donc, des autres questions
d'intérêt, donc, ça, évidemment, donc, c'est très clair. Mais quand on indique,
donc, «toute question ayant trait aux relations de travail dans l'industrie de
la construction et aux conditions de travail des salariés», donc, ce sont des
sujets, donc, qui pourront être évalués, donc, à différents paliers. Donc,
en...
• (16 heures) •
La Présidente (Mme
D'Amours) : Oui, M. le député d'Hochelaga-Maisonneuve.
M. Leduc : ...dans
le mode de nomination des membres du comité, parce que, là, encore une fois,
j'insiste que, si on leur demande de prendre
des décisions qui pourraient concerner des conditions de travail, c'est tout un
panier de crabes qu'on ouvre. Et la
présence et les votes qui pourraient être extrêmement serrés vont être
particulièrement chauds. Donc, j'ai peut-être lu trop rapidement,
mais qui nomme, exactement? Là, j'ai compris qu'il faut... en
consultation avec les associations patronales, les associations syndicales,
mais il faut-tu une résolution du Conseil des ministres pour les donner?
M. Boulet : Non,
non, non, c'est eux qui nomment, on n'a pas d'affaire là-dedans.
M. Leduc : Mettons,
la partie syndicale, là. Il y a cinq syndicats, dans la construction. Un siège
par syndicat?
M. Boulet : Chacun des syndicats qui nomme. On l'a écrit à
18.14.14. «Chacune des associations représentatives désigne un
membre...»
M. Leduc : Ça, c'est nonobstant leur
taux de représentativité?
M. Boulet : Absolument.
M. Leduc : OK.
M. Boulet : Donc, c'est dans le
respect du pluralisme syndical.
M. Leduc : Puis ils nomment ça
comment? Ils vous envoient une lettre, à vous, au ministère du Travail?
M.
Boulet : Bien oui, tout à fait. Ils désignent un membre. À
partir du moment où il sera constitué, ce comité-là, on verra, dans les
dispositions, quand ça rentre en vigueur, ils vont désigner une personne.
M.
Leduc : Là, ils vous envoient une lettre, au
ministère : Bonjour, je suis le syndicat x, voici mon représentant,
y. Puis qui convoque la première réunion, mettons?
M. Boulet : Bien, moi, je dis,
bon... La CCQ va recueillir les désignations des cinq associations
représentatives et des associations patronales, et le comité va pouvoir
convenir de sa première rencontre. Puis ils vont décider de leurs règles de
fonctionnement. On envoie un avis de convocation, la fréquence des réunions,
les modalités de discussion. Mais c'est vraiment, quand on parle de
compétences, sur leurs règles de fonctionnement puis de régie interne. D'ailleurs, c'est ce qu'on dit ici, «peut adopter
des règles pour sa régie interne». Ils vont le faire à partir du moment
où ils auront une première réunion.
M.
Leduc : Puis là, s'il y a des sujets chauds qui vont
devoir être tranchés par un vote, puis que c'est paritaire 5-5, la présence ou
l'absence d'une partie peut peser lourd, là. Mais ça, ça sera à la partie de
s'assurer d'être présent.
M.
Boulet : Bien oui, mais c'est... Oui. Il y a un substitut
qui peut être envoyé, là, c'est même prévu aussi, là.
M. Leduc : Peu importe... OK, je
comprends.
M. Boulet : Bien oui. OK.
La Présidente (Mme D'Amours) : Mme
la députée de Bourassa-Sauvé.
Mme Cadet : Oui. Merci, Mme la
Présidente. Juste, d'abord, sur le point de mon collègue
d'Hochelaga-Maisonneuve, au niveau de la désignation... parce que, là, vous
l'avez nommé, donc, de façon générale, mais c'est à la CCQ? Est-ce que, dans le
fond, ce que... Parce que je comprends, donc, que le comité, donc, vous l'avez
dit, donc, est... bon, est un peu... donc,
vous ne souhaitez pas, donc, d'avoir, donc, de tiers, donc, issus du personnel
de la CCQ ici, donc, qui soit désigné par le PDG. Donc, la
désignation... le mode de désignation, donc, se fait, donc, vers le ministre ou
vers la CCQ?
M.
Boulet : Non, mais c'est la CCQ qui articule le
fonctionnement de ses instances, c'est une nouvelle instance. Donc, les
associations syndicales ou patronales vont désigner une personne ainsi que son
substitut à la CCQ, et la première rencontre aura lieu.
Mme
Cadet : OK. Puis juste encore, donc, sur les points que
j'ai entendus, juste pour être certaine, parce que, là, j'ai bien entendu, donc,
que le pluralisme syndical, donc, évidemment, donc, ici, il est... c'est le
principe, donc, qui sous-tend la représentation au sein du comité, nonobstant,
donc, le poids. Mais ici, donc, les cinq postes auxquels ont droit les
associations représentatives, s'ils ne se retrouvent pas ainsi comblés, ils
sont comblés à tour de rôle par les associations selon l'ordre de leur degré de
représentativité. Dans quel contexte ils pourraient ne pas être... ne pas être
comblés ici? J'essaie de saisir cet amendement... cette partie-là de la
proposition.
M.
Boulet : Donc, ce que vous dites, c'est : Si une
association ne désigne pas? Mais elles vont toutes désigner, là.
Mme
Cadet : Bien, en fait, je veux qu'on puisse... C'est ça,
bien, en fait, je veux saisir... Est-ce que c'est... est-ce que c'est
ça, si le... C'est dans le contexte où si une association ne désigne pas?
M.
Boulet : Si une association décide de ne pas être là, de
s'absenter, on dit que ce serait comblé à tour de rôle par les
associations, selon l'ordre de leur représentativité, leur degré de
représentativité.
Mme Cadet : Donc, là... OK. Donc,
ça, c'est si...
M. Boulet : C'est ça.
Mme
Cadet : ...vous avez un peu répondu en posant la question
de précision, là, c'est si une association ne désigne pas, c'est dans ce
contexte-là que ce paragraphe-là, il s'applique, là. OK, d'accord. Merci.
Puis
il y avait un des mémoires qui posait, donc, la question, donc, de la présence
du membre substitut comme membre observateur. Donc, ici, donc, le substitut est
désigné pour remplacer chaque membre du comité, il n'assiste aux séances qu'en
l'absence du membre qu'il remplace. Pourquoi le substitut... Pourquoi, dans la
décision qui a été prise, vous vous êtes
dit : On ne souhaite pas... on ne pense pas qu'il serait judicieux que
cette personne-là puisse être présente?
M. Boulet : Pour s'assurer d'une présence. Donc, si la
personne désignée ne peut pas, il y aura un substitut qui aura été
désigné.
Mme Cadet : Ça,
je comprends très bien qu'il faut un membre substitut, je ne le conteste pas.
C'est que, dans le fond, l'un des mémoires, donc, mentionnait que le substitut
pourrait être observateur et aurait le droit d'être observateur, donc, même quand il ne remplace pas le membre. Est-ce
que... Est-ce que la formulation actuelle l'empêche ou il pourrait aussi être
bien présent? Parce que vous dites : «Le substitut n'assiste aux séances
qu'en l'absence du membre qu'il remplace.»
M. Boulet : Donc,
ce n'est pas prévu qu'il y assiste.
Mme Cadet : OK.
Et pourquoi?
M. Boulet : Je
pense que le texte est clair. Bien, parce que c'est 5-5.
Mme Cadet : OK,
tout simplement, même...
M. Boulet : Tout
simplement.
Mme Cadet : Tout
simplement des deux côtés, parce que le membre substitut, donc, il peut... il
pourrait très bien, donc, être là comme
observateur, mais vous dites... vous dites non. Ça, c'était en complément des
questions de mon collègue ici.
Donc, pour revenir à
ce que je demandais précédemment pour la compétence exclusive, donc, ça,
j'avais bien entendu, donc ce n'est pas une compétence exclusive. Est-ce que
les questions... Est-ce qu'il est prévu, donc, que les questions ayant trait
aux relations de travail dans l'industrie de la construction et conditions de
travail des salariés, donc le paragraphe 1° de 18.14.3, alinéa un, que ces
questions-là soient soumises au comité avant qu'elles soient étudiées au
conseil d'administration de la CCQ?
M. Boulet : Si
ce doit être discuté...
Mme Cadet : Au
préalable au sein du comité des relations de travail.
M. Boulet : Non.
Mme Cadet : OK.
Et pourquoi?
M. Boulet : Qu'un
sujet de relations de travail soit préalablement et obligatoirement discuté au
comité avant le CA? Bien, parce que le CA, c'est l'autorité... c'est l'autorité
souveraine, là, c'est l'autorité qui décide, là. Ça fait que, s'ils doivent discuter d'un sujet de
relations de travail, il n'y a pas d'obligation de passer par le canal du CRT
avant, là.
Mme Cadet : Et,
dans ce cas-là, quel sera le... Mettons qu'elles ont décidé de... il y ait des
discussions de façon concomitante ou qu'il y ait une discussion au conseil
d'administration avant qu'il y ait une discussion sur les relations de travail
au comité, donc, ça, ça va être quoi, donc, le poids de ce qui va émaner comme
décisions ou avis du comité?
M. Boulet : ...simplement
la confiance aux membres du CA, là. Ils vont exercer leur jugement. Ils ont des
fonctions avec des compétences puis des habiletés, puis, s'ils jugent opportun
de requérir l'avis du comité... Puis, en passant,
ce comité-là, on me confirme que ce ne serait pas une instance de la CCQ, ça...
Pour conserver une certaine distance, les membres désignés... les
désignations seraient envoyées au ministre. Ça fait que...
Mme Cadet : ...OK.
Bon, bien, je suis contente d'avoir posé la question, parce que, là, on confirme...
M. Boulet : Tout
à fait.
Mme Cadet : Parfait.
Donc, ici, donc, ce n'est pas une instance. Merci.
Puis, peut-être un
dernier... Un des mémoires, donc, mentionnait de permettre aux membres du CRT
d'être accompagnés d'un expert non-votant, selon les sujets discutés. Vous
pensez quoi de cet élément-ci?
M.
Boulet : Mon Dieu, moi, je ne serais pas opposé à ça.
L'important, c'est de donner un préavis raisonnable. Ils verront dans
leurs règles de régie interne. Mais c'est un peu ce que je disais au collègue
de... non, c'est à vous que je disais ça... le désir ou le souci
d'accompagnement externe pour un sujet plus spécialisé, moi, je pense que, dans
la mesure où les membres sont d'accord, c'est bénéfique.
Mme Cadet : Merci.
La Présidente (Mme D'Amours) : Merci.
M. le député de Hochelaga-Maisonneuve.
M. Leduc : Merci, Mme la Présidente.
Je reviens sur le troisième paragraphe. Quand vous dites «de donner son avis au
ministre sur toute question soumise par ce dernier», est-ce que ça inclut les
conditions de travail, ça?
M. Boulet : Je n'ai pas d'idée particulière.
Est-ce que... Le ministre, sa principale responsabilité, c'est de voir à
penser, notamment, notamment, des lois. Bon, en étant responsable de la loi sur
les relations de travail puis de d'autres lois en matière de travail, ça
pourrait être d'obtenir un avis d'un comité comme celui-là sur un sujet qui
permet de faire évoluer la loi, par exemple. Je n'ai pas d'autres idées
particulières, je n'ai pas d'intentions, comme j'ai exprimé tout à l'heure, de
demander un avis, et je n'ai pas d'idée d'avis pour l'instant. Mais je le fais
avec d'autres instances, on l'a fait avec la
Commission des partenaires du marché du travail, le comité consultatif. Ici,
c'est un comité paritaire de relations de travail à qui on peut demander un
avis ou une opinion sur un sujet. Je n'ai pas de...
• (16 h 10) •
M. Leduc : Je vous donne un exemple.
Tantôt, on va discuter... bien, je ne sais pas si ça va être aujourd'hui ou
demain, on verra, mais, tantôt, on va discuter d'à mon avis la très mauvaise
idée de baisser les seuils pour la mobilité de main-d'oeuvre. Ça va être
probablement adopté. Est-ce qu'avec votre nouvel article ici, là, vous pourriez
éventuellement dire à ce comité-là : J'aimerais votre avis sur l'idée de
baisser davantage les seuils pour la mobilité?
M. Boulet : Non. Ce qu'on a fait...
M. Leduc : Mais «non», vous ne
voudriez pas faire ça ou «non», vous ne pourriez pas faire ça?
M. Boulet : Bien non.
M. Leduc : Ce n'est pas la même
question que je vous pose, là.
M. Boulet : Non. En fait, quand on
pense à une loi, il faut faire une liste des partenaires intéressés. Bon, je ne
sais pas quelle loi, là, mais, si on revient au travail des enfants, on a
commencé avec le Réseau québécois pour la réussite éducative, on a compilé des
données, on a fait la liste des partenaires intéressés par le décrochage
scolaire ainsi que par l'augmentation importante des accidents de travail.
Donc, pour le décrochage scolaire, on a travaillé avec le ministère de
l'Éducation, puis les partenaires du ministère, les centres de services
scolaires, les syndicats, puis, pour les accidents de travail, on a travaillé
beaucoup avec la CNESST, les partenaires patronaux puis syndicaux qui sont au
CA de la CNESST, on a travaillé avec le Comité consultatif du travail et de la
main-d'oeuvre.
Mais un ministre ne demandera pas un avis à un
comité pour faire une loi. Il veut obtenir son avis sur une question, sur un
sujet de relations de travail ou de conditions de travail. Mais moi, là, je
vous avoue, là, que ce n'est pas de quoi qui me préoccupe, ça, mais vraiment
pas.
M. Leduc : Mais vous pourriez faire
ça?
M.
Boulet : Bien oui. Bien, un ministre peut le faire. Il me
semble qu'un ministre peut demander une opinion à un comité.
M. Leduc : Sur une condition de
travail librement négociée?
M. Boulet : Sur une question soumise
par lui.
M.
Leduc : Connaissez-vous bien des secteurs économiques où
le ministre peut commencer à demander des avis sur des conditions de
travail négociées?
M. Boulet : À des comités? Bien oui.
Bien, en tout cas...
M. Leduc : Sur des conditions de
travail librement négociées, sur le contenu de conventions collectives?
M. Boulet : Non,
non, non. Un ministre... Ici, dans notre cas, là, parce que je ne me
prononcerai pas pour... sur mes collègues ministres, mais un ministre du
Travail ne demandera pas une opinion... Je ne sais pas à quoi vous pensez. J'ai de la misère à répondre, parce que je
ne suis pas sûr ce sur quoi vous pensez que je peux donner une opinion... demander
un avis. Vous pensez, sur les salaires? Vous pensez, sur les congés? Vous
pensez, sur les mécanismes de détermination des congés?
Non, c'est... La loi des parties, c'est les conventions, et je ne demanderai
pas une opinion sur de quoi qui est dans la convention collective, là, mais
ça... il n'y a rien qui... Je ne sais pas à quoi vous pensez.
M. Leduc : Donc,
mais on pourrait peut-être préciser.
M. Boulet : Mais
donnez-moi un exemple d'avis...
M. Leduc : Bien,
je viens de vous en donner un.
M. Boulet : ...où
vous pensez que ça serait incorrect de demander une opinion.
M. Leduc : Bien,
tantôt, là, on va discuter d'une affaire qui va venir modifier le contenu d'une
convention collective. Moi, je n'ai pas vu ça souvent, ni avec vous ni dans
l'histoire du ministère du Travail.
M. Boulet : Oui.
M. Leduc : Oui.
Mais vous modifiez le contenu d'une convention collective.
M. Boulet : Fait
par une loi.
M. Leduc : C'est
quand même très particulier. Je n'ai pas vu ça souvent.
M. Boulet : Oui.
M. Leduc : Alors, moi, je ne prends pas pour acquis que vous
ne pourriez pas, vous ou un de vos successeurs, faire exactement la même chose
et venir vous insérer dans une négociation entre deux parties en disant :
Tiens, tiens, je vous demande votre avis sur un nouveau... une nouvelle baisse du
seuil pour faire de la mobilité, qu'est-ce que vous en pensez? Et là, de facto,
provoquer un rapport de force complètement débalancé en défaveur de la
partie syndicale.
M. Boulet : Non.
M. Leduc : Je
comprends que, là, vous me dites non, mais vous allez le faire dans quelques
instants dans le... la loi à laquelle nous sommes en train d'étudier.
M. Boulet : On
aura ce débat-là puis on vous expliquera les préoccupations qui nous ont
menés...
M. Leduc : Oui,
oui, oui, sur le fond, on en débattra, mais, sur la forme, vous êtes obligés de
me reconnaître que vous allez modifier le contenu de conventions collectives à
travers une loi. Qu'est-ce qui me rassure, moi, quand vous donnez le pouvoir de
demander des avis à comité de relations de travail, que vous n'allez pas le
faire sur des conditions de travail? Est-ce
qu'on peut le préciser, alors donner son avis au ministre de toutes les
questions soumises par ce dernier excluant les conditions de travail? Ça nous
rassurerait peut-être un peu. Peut-être suspendre un instant?
M. Boulet : On
va suspendre deux minutes. Je vais vérifier.
M. Leduc : OK.
Merci.
La Présidente (Mme
D'Amours) : Je suspends les travaux quelques minutes.
(Suspension de la séance à 16 h 15
)
(Reprise à 16 h 22)
La Présidente (Mme
D'Amours) : Nous reprenons nos travaux, et la parole est au ministre.
M. le ministre, s'il vous plaît.
M. Boulet :
Merci, Mme la Présidente. Donc,
nous vous soumettons un amendement à l'article 5,
article 18.14.13 de la loi :
À l'article 18.14.13 de la Loi sur les
relations du travail, la formation professionnelle et la gestion de la
main-d'oeuvre dans l'industrie de la
construction, proposée par l'article 5 du projet de loi, supprimer le
paragraphe 3° du premier alinéa. Merci.
La Présidente (Mme
D'Amours) : Commentaires? Oui, M. le député d'Hochelaga-Maisonneuve.
M. Leduc : Bien,
je remercie le ministre de son écoute sur ce dossier-là. Puis j'aurais eu
d'autres sections que j'aurais biffées, mais on va se contenter de
celle-ci pour aujourd'hui. Merci.
La Présidente (Mme D'Amours) : Merci.
Mme la députée de Bourassa-Sauvé.
Mme Cadet : Oui, Mme la
Présidente. Oui, tout simplement pour dire... effectivement, donc, vous avez entendu ma collègue des Mille-Îles, donc, et
moi-même, donc, également, donc, je suis dans quelques questionnements,
donc, relatifs à l'avis. Donc, on souscrit également, donc, à l'amendement
proposé par le ministre.
La Présidente (Mme D'Amours) : Merci.
Est-ce qu'il y a d'autres commentaires? Oui, Mme la députée de Mille-Îles.
Mme Dufour : Oui. Merci. Je vais
remercier le ministre pour son ouverture, et ça va rassurer les groupes quant à
l'indépendance du comité. Merci.
La Présidente (Mme D'Amours) : Merci.
Est-ce que l'amendement est adopté?
Des voix : Adopté.
La Présidente (Mme D'Amours) : Adopté.
Nous revenons à l'article 5 tel qu'amendé.
Mme Cadet : ...dernières questions,
Mme la Présidente, parce que plus on... plus on étudie l'article, donc plus des
questions sont soulevées. Donc, juste pour nous assurer, les membres et
substituts demeurent en fonction jusqu'à ce qu'ils aient été remplacés, donc
pas de durée de mandat. Donc, pourquoi est-ce qu'on a fait ce choix-là?
M. Boulet : Ce sera à la décision
des parties.
Mme Cadet : OK, dans leurs règles de
régie interne.
M. Boulet : Ils auront des règles de
régie interne puis ils détermineront la durée des mandats.
Mme Cadet : OK. Donc, les règles de
régie interne vont pouvoir les délimiter. Les autres comités précisent
qu'au-delà, donc, des règles de régie interne, parce qu'il y a d'autres comités
aussi, donc, indiquent que les... qu'ils peuvent adopter des règles en ce sens,
mais précisent la non-rémunération des membres et substituts. J'imagine que
c'est le cas ici aussi, là, même s'il n'est pas... s'il n'est pas précisé.
Pourquoi est-ce qu'on a décidé de ne pas le préciser?
C'est parce qu'il y a beaucoup d'articles qui semblent être un peu miroir à ce
qu'on voit dans les autres comités. Vous voyez que j'y fais souvent
référence, que je vois le libellé.
M. Boulet : Pas d'intention
particulière.
Mme Cadet : Pas d'intention
particulière. Mais, sur le fond, c'est l'intention du législateur ici que l'on
reproduise le fait que «les membres et les substituts ne sont pas rémunérés
sauf dans les cas, aux conditions et dans la mesure que peut déterminer le
gouvernement», mais auraient «droit au remboursement des dépenses faites dans
l'exercice de leurs fonctions aux conditions et dans la mesure que peut
déterminer le gouvernement». C'est exact?
M. Boulet : Oui.
Mme Cadet : Parfait. Et juste...
Donc, en terminant, je reviendrais sur la désignation, Mme la Présidente, là,
parce qu'on a posé la question à quelques reprises, le ministre a précisé que
la désignation se faisait par le ministre parce que ce n'était pas une
instance, donc, de la commission.
En ce qui a trait au comité sur la formation
professionnelle, à 18.6, on indique que «les noms des membres et de leurs substituts doivent être transmis au
ministre dans les trente jours de la délivrance du certificat visé à
l'article 34». On ne reproduit pas ça ici. Pour ce qui est du mode
de désignation, en fait, c'est l'étude détaillée qui nous a permis de saisir le
mode, mais, encore une fois, donc, on a pris le soin de le préciser ailleurs.
Est-ce qu'il y a une intention particulière? Non, il n'y en a pas. Mais est-ce
que... Dans le fond, c'est la régie interne qui préciserait, qui pourrait le
préciser, ce qu'on voit ici, à 18.6 pour la...
M. Boulet : Tout à fait. Tout à
fait.
Mme Cadet : OK, donc... ou il
pourrait y avoir, donc, une... Là, il n'y a plus d'avis du gouvernement, du
ministre là-dessus, c'est certain, mais une recommandation, donc, en ce sens
pour que ce soit fait promptement, là, puis
l'article 34, ici, là, ceux qui nous... qui se joignent à nous, à la
maison, là, c'est celui sur le... donc, le... qui précise le concept du
degré de représentativité fait par la commission, là. Donc, c'est ce qu'on...
ça pourrait être le cas, mais ce n'est pas nécessairement le cas, c'est ce que
j'entends? Merci.
La
Présidente (Mme D'Amours) : Merci. S'il n'y a pas d'autre commentaire,
je vais mettre aux voix l'article 5 tel qu'amendé. Est-ce qu'il est
adopté?
Des voix : Adopté.
La Présidente (Mme
D'Amours) : Adopté. L'article 7, M. le ministre, s'il vous plaît.
M. Boulet : Oui,
merci. L'article 21 de cette loi est modifié:
1° par l'ajout, à la
fin du deuxième alinéa, de la phrase suivante: «Une décision rendue par le
Tribunal lie les parties ainsi que les associations de salariés parties au
conflit, aux fins de l'assignation de travaux de même nature sur le chantier
visé ou sur tout autre chantier.»;
2° par l'ajout, à la
fin, de l'alinéa suivant:
«Dans toute affaire
découlant de l'application du présent article, la personne qui dépose un acte
introductif auprès du Tribunal administratif du travail doit en aviser la
Commission en lui transmettant une copie de cet acte. Tant que cet avis n'a pas
été valablement transmis à la Commission, il ne peut être statué sur aucune
demande.».
Commentaire. Donc, ça
prévoit l'intégration à 21 d'une règle, actuellement prévue, d'ailleurs, à
l'article 24, soit celle concernant le caractère liant pour l'ensemble des
parties au conflit d'une décision rendue par le Tribunal administratif du travail en matière de conflits et
de compétences relatifs à l'exercice d'un métier ou d'une occupation.
Compte tenu de
l'article 8 du projet de loi qui propose l'abrogation de 24, cette règle
figurera, de façon beaucoup plus logique maintenant, au deuxième alinéa de
l'article 21, qui porte sur la compétence du TAT en matière de conflit de
compétence.
L'article 7
prévoit également qu'une partie qui dépose un acte introductif d'instance au
TAT avise la CCQ lorsque le litige porte sur l'assujettissement d'activités à
la loi ou au règlement sur un conflit de compétence ou sur l'interprétation de ce qui est compris dans l'un
ou l'autre des quatre secteurs d'activité de l'industrie de la construction. Donc,
c'est tout. Merci.
La Présidente (Mme D'Amours) : Merci.
Commentaires sur l'article 7? Oui, Mme la députée de Bourassa-Sauvé.
Mme Cadet : Oui,
merci, Mme la Présidente. Pourquoi l'obligation d'aviser la CCQ ici?
M. Boulet : Bien,
c'est l'article 24 qui n'existe plus, donc on l'a intégré ici, à
l'article 21. Ce n'est pas plus compliqué que ça.
Mme Cadet : OK.
Donc, c'était déjà dans l'article 24, cette fonction-là aussi.
M. Boulet : Exact,
c'était déjà là.
Mme Cadet : OK,
parce que, quand on lit les commentaires, on comprend que la première portion
en faisait partie, mais vous dites : Il prévoit également qu'une partie
qui dépose un acte, mais, dans le fond, c'était déjà le cas.
M. Boulet : C'était
déjà le cas.
Mme Cadet : OK.Ah! je comprends...
La Présidente (Mme
D'Amours) : D'autres commentaires?
Mme Cadet : Ils
sont en train de vérifier la... Est-ce que...
La Présidente (Mme D'Amours) : Il
n'y a pas de commentaire? Il n'y a pas de commentaire, Mme la députée?
Mme Cadet : Mais
c'est ça ou ce n'est pas... Parce que j'ai cru...
M. Boulet : C'est
dans l'article 24.
Mme Cadet : OK.
C'était bel et bien dans l'article 24.
M. Boulet : Oui,
tout à fait.
Mme Cadet : Donc,
ça a été confirmé en faisant les vérifications.
M. Boulet :
Oui.
La Présidente (Mme
D'Amours) : D'autres commentaires? Est-ce que l'article 7 est
adopté?
Des voix : Adopté.
La
Présidente (Mme D'Amours) : Merci. L'article 8, M. le ministre.
M. Boulet : Merci,
Mme la Présidente. L'article 24 de cette loi est abrogé.
Donc, commentaire.
L'article 8 du projet de loi propose d'abroger l'article 24. Bon, la
notion d'efficience, en fait, qui était
prévue, là, pour les conflits de compétence, c'était une règle
d'interprétation, puis là c'est remplacé par ce que nous avons déjà
adopté. Donc, on introduit le principe de polyvalence.
Donc,
essentiellement, c'est ça, là, l'effet combiné de 7 et 8 sera de déplacer, à
l'article 21, la règle concernant le... mais ça, on en a déjà
parlé. Donc, c'est tout, c'est simplement ça.
• (16 h 30) •
La Présidente (Mme
D'Amours) : Merci. Commentaires sur 8? Oui, Mme la députée de
Bourassa-Sauvé.
Mme Cadet : Oui, bien, merci, Mme la Présidente. C'est parce
que, là, on regardait rapidement. Donc, on vient de me dire que c'était... que l'élément à l'article 21 se
retrouvait à l'article 24. Mais là, quand on lit, donc, on réalise bien
que ce qui était dans le commentaire est juste. Donc, ce qu'on retrouvait au
texte actuel de l'article 24, c'est la décision, lier les parties, les associations de salariés
partie au conflit aux fins de l'assignation future de travaux de même nature
sur le chantier, mais pas l'aspect, donc, de...
M. Boulet : Non,
mais je l'avais lu dans mes commentaires, l'autre aspect. De transmettre à la
CCQ, là?
Mme Cadet : Oui,
c'est ça.
M. Boulet : Ça,
ce n'était pas là.
Mme Cadet : Bien,
c'est ça. C'était ça, ma question.
M. Boulet : Ah!
mais je l'avais lu dans mes commentaires, je pensais que vous l'aviez compris.
Mme Cadet : Donc,
ma question, à ce moment-là, c'était, donc, pourquoi est-ce qu'on vient prévoir
cet élément-ci? Parce que, là, c'est... on n'est pas dans la concordance. Je
comprends que la première partie, tantôt, on était
dans la concordance avec 24, j'avais bien saisi ça. Mais la question de tantôt,
c'était de voir pourquoi est-ce qu'on introduit ça.
M. Boulet : Bien,
pour informer si jamais la CCQ veut intervenir ou... C'est tout, tout
simplement, c'est une question d'information.
Mme Cadet : Mais,
en ce moment... Je comprends qu'en ce moment, ce qui était à l'article 24
qu'on vient abroger... on vient abroger pour cet élément-ci, mais surtout pour
l'aspect de l'efficience, là. Ça, c'est compris pour...
M. Boulet : Oui.
En fait, quand il y avait des conflits de compétence... Quand on a les 25
métiers, les tâches sont définies métier par
métier, puis il arrivait que le TAT ait à décider si la tâche x appartenait à
tel métier ou à tel autre, et l'efficience était utilisée comme une
règle d'interprétation. Mais comme maintenant on a intégré un principe de
polyvalence, il fallait se départir de ce concept-là d'interprétation et de
l'article 24.
Mme Cadet : D'accord. Merci. Donc là, je saisis mieux pourquoi
est-ce qu'on introduit cet élément additionnel à 21. Donc, c'est en
lien, donc, avec la règle d'interprétation liée au concept d'efficience.
M. Boulet : Totalement.
Ça n'a plus d'utilité.
Mme Cadet : OK. Donc, ça, c'est clair. Maintenant, je veux
juste bien saisir ce que... regardez, Mme la Présidente, un instant. À
l'article 18 du projet de loi, un peu plus tôt, on l'avait... on avait
modifié la R-20... Ah non! Donc, ici, on
était vraiment, donc, dans les négociations de bonne foi, là, un peu plus tôt,
quand on avait... quand on avait introduit l'article sur...
M. Boulet : Exact.
Tout à fait, tout à fait.
Mme Cadet : ...sur le TAT. Donc, on n'est pas du tout... on
est dans... on n'est vraiment pas à la même place ici. Mais, dans ce
cas-ci...
La Présidente (Mme
D'Amours) : ...
Mme Cadet : ...pardon,
je réfléchissais.
La Présidente (Mme
D'Amours) : Oui. Vous avez un commentaire?
Mme Cadet : Oui. À moins que
quelqu'un d'autre...
La
Présidente (Mme D'Amours) : Non, ils n'en ont pas.
Mme Cadet : OK.
Donc, je voulais continuer, terminer ma phrase, Mme la Présidente.
La Présidente (Mme
D'Amours) : Commencez-la, oui.
Mme Cadet : Oui,
oui. Bien, j'avais dit, dans ce cas-ci, points de suspension, et puis vous avez
demandé d'autres commentaires. Donc, dans ce cas-ci, virgule, donc, on disait,
donc, à l'article qu'on a ajouté un peu plus tôt dans le projet de loi, qu'on a adopté, donc : «Le Tribunal peut
rendre toute décision qui lui paraît juste et raisonnable, compte tenu
de toutes les circonstances de l'affaire.» Donc, ici, donc, au niveau, donc, de
la... bien, en fait, donc, du critère, donc, de raisonnabilité ici, est-ce
qu'il s'applique à l'article...
M. Boulet : ...à
quoi vous référez.
Mme Cadet : Moi,
j'étais, donc, à l'article...
M. Boulet : En
fait, l'article 24, là...
Mme Cadet : Oui,
je sais.
M. Boulet : C'est
rien que l'abrogation d'un...
Une voix : ...
M. Boulet : Exact.
Mme Cadet : Bien,
on parle ici, à l'article 8, donc, d'abroger l'article 24, qui parle
de la décision du Tribunal administratif du travail. Donc, c'est pour ça que je
pose la question, donc, sur le... la manière dont ce pouvoir, donc, va pouvoir s'exercer, considérant qu'on abroge
l'article 24. Donc, je suis toujours à l'article 8, M. le député.
M. Boulet : Non, non, mais c'est un tout autre sujet. Là, vous
parlez des compétences du Tribunal
administratif du travail quand il a à
rendre une décision. Là, ici, c'est simplement un article où on dit : on
abroge l'article 24. Le concept d'efficience, qui était une règle
d'interprétation, n'a plus d'utilité, parce qu'on a intégré le principe de
polyvalence avec les trois conditions. Ça fait que c'est simplement ce que nous
faisons.
Mme Cadet : OK. Donc, le... donc, c'est vraiment... donc,
c'est lié, donc, à l'ajout du concept de polyvalence...
M. Boulet :
Absolument.
Mme Cadet :
...donc c'est pour ça qu'on a... qu'on retire le concept d'efficience ici.
M. Boulet : Tout
à fait. Exact.
La Présidente (Mme
D'Amours) : D'autres commentaires? Est-ce que l'article 8 est
adopté?
Des voix : Adopté.
La Présidente (Mme
D'Amours) : Adopté. L'article 85, M. le ministre.
M. Boulet : Merci,
Mme la Présidente.
85. L'article 60 des
Règles de preuve et de procédure du Tribunal administratif du travail est
modifié par l'insertion, dans le premier alinéa et après «notifiée», de «à la
Commission de la construction du Québec,».
Commentaire. Donc, ça
propose une modification. C'est simplement de la concordance avec ce qui est
prévu à 7, lequel prévoit l'obligation d'aviser la CCQ de tout acte introductif
d'instance devant le Tribunal administratif du travail quand ça porte sur
l'assujettissement à la loi, sur un conflit de compétence ou une occupation de
ce qui est compris dans l'un ou l'autre des quatre secteurs d'activité de
l'industrie. Donc, c'est ce que nous avons adopté. C'est simplement une
concordance informée.
La Présidente (Mme
D'Amours) : Parfait, merci. Commentaires sur l'article 85? Est-ce
qu'il est adopté?
Des voix :
Adopté.
La Présidente (Mme
D'Amours) : Adopté. L'article 26, M. le ministre.
M. Boulet : Merci.
L'article 62 de cette loi est modifié :
1° par la suppression, dans le deuxième
alinéa, de «et après autorisation de la Commission»;
2° par
l'insertion, dans le troisième alinéa et après «arbitrage», de «à compter de sa
réception par la Commission de la manière prévue par celle-ci, et ce».
Commentaire. Donc, on élimine l'obligation
d'obtenir l'autorisation préalable de la CCQ avant de recourir à l'arbitrage en
cas de mésentente sur l'interprétation d'une clause. Ça propose également que
la prescription de toute action civile pouvant se fonder sur la clause soumise
à l'arbitrage soit suspendue à partir du moment où la CCQ est notifiée d'un recours par la partie demanderesse,
et ce, jusqu'à... la sentence arbitrale soit rendue. Donc, c'est tout, tout
simplement.
La
Présidente (Mme D'Amours) : Merci. Mme la députée de Bourassa-Sauvé, vous mentionniez qu'il y avait un amendement.
Mme Cadet : ...ce n'est pas cet
article-ci, Mme la Présidente.
La Présidente (Mme D'Amours) : Parfait.
Donc, M. le député d'Hochelaga-Maisonneuve m'avait demandé la parole. Donc, la
parole est à vous, M. le député.
M. Leduc : Bien, en fait, j'ai
déposé au Greffier une proposition d'amendement, Mme la Présidente.
La Présidente (Mme D'Amours) : Est-ce
que nous l'avons reçue?
Je suspends les travaux quelques minutes.
(Suspension de la séance à 16 h 37)
(Reprise à 17 h 03)
La
Présidente (Mme D'Amours) : Nous reprenons nos travaux. Et nous étions au
dépôt de l'amendement du député d'Hochelaga-Maisonneuve. M. le député,
si vous voulez bien nous en faire la lecture, s'il vous plaît.
M. Leduc : Oui,
oui, oui. Article 26. À l'article 26 du projet de loi, ajouter, à la fin, les
paragraphes suivants :
3° par
le remplacement du premier alinéa... des mots «portant sur un sujet visé au
deuxième alinéa de l'article 61 ou sur l'ancienneté, la mobilité de la
main-d'oeuvre, les mouvements de main-d'oeuvre, le tableau d'affichage ou le
harcèlement psychologique, selon les articles 81.18 à 81.20 de la Loi sur les
normes du travail (chapitre N-1.1),» par «doit
être soumis à l'arbitrage [en la matière...] en la manière prévue dans la
convention collective si elle y pourvoit et si les parties y donnent
suite; sinon il»;
4° par l'insertion, après le premier alinéa, de
l'alinéa suivant :
«Lorsqu'un
grief porte sur le harcèlement psychologique, selon les articles 81.18 à 81.20
de la Loi sur les normes du travail (chapitre N-1.1), l'entrepreneur est
considéré comme un co-employeur.»
5° par la suppression, au deuxième alinéa, des
mots «portant sur un autre sujet prévu à l'article 61».
Alors, gros
morceau, Mme la Présidente, dans mon ambition, en tout cas, de mettre à jour le
régime du travail en construction, qui, à mon avis, est en retard de
plusieurs décennies sur le Code du travail. À plusieurs reprises, on a eu des échanges ici, à savoir qu'il fallait
ramener le plus possible les conditions de régime de travail de la construction
comparables à celui qui prévaut pour
l'ensemble des salariés du Québec. On vient de le faire pour la rétro, tant
mieux. On essaie de le faire sur d'autres sujets. Ça n'a pas été
possible sur la loi antiscab.
Cependant, celui-là, il est bigrement important,
et c'est celui des griefs. Vous savez, Mme la Présidente, la base d'un régime
de convention collective, d'un régime de travail, c'est l'entente, donc le
document que l'on signe, les deux parties,
la convention collective, et, après ça, ce qui est tout aussi important, c'est
son application, et, pour pouvoir appliquer une convention collective,
nécessairement, il y a des visions différentes qui peuvent évoluer au cours du
mandat de la convention, la durée d'application de la convention collective,
et, pour pouvoir régler les différends, il doit y avoir une procédure pour
trancher, et cette procédure-là, il peut y avoir des comités de relations de
travail, des CRT, comme on l'a évoqué
tantôt, qui peuvent essayer de dénouer quelques affaires, puis, tant mieux, ça
marche, d'ailleurs, la plupart
du temps.
Et, si ça ne fonctionne pas, il y a le grief, et
le grief peut être traité, encore une fois, en CRT ou ailleurs, bref, mais, en
bout du compte, s'il n'y a pas d'entente, le grief, il va jusqu'en arbitrage,
et un arbitre, ça a comme un peu force de loi. C'est comme un petit tribunal.
Il entend les deux parties et, au mieux de sa connaissance et de la
jurisprudence, il tranche et donne raison à l'une des deux parties. Or, cette
procédure d'arbitrage de griefs, qui est bien balisée, qui est bien connue en
droit du travail, n'est, bizarrement, pas totale, pas complète dans le milieu
de la construction. Il y a une liste, toujours à l'article 62, de choses
que l'on peut grieffer, en bon français, et d'autres choses qu'on ne peut pas
grieffer. Ça n'existe pas dans le reste du Code du travail, des éléments qu'on
ne peut pas grieffer, qui ne sont pas l'objet potentiel d'un grief.
La page 44 du mémoire de la
FTQ-Construction nous fait une belle liste exhaustive. Alors, je vous en lis un
extrait : «Contrairement au Code du travail, donc, par exemple, la
loi R-20 limite strictement le recours à l'arbitrage de
grief usuel aux sujets permis par l'article 62 de cette loi.» Et là ils
nous en nomment quelques-uns : «Sécurité syndicale, précompte des
cotisations syndicales, délégués syndicaux, procédure de règlement de griefs,
mesures disciplinaires, ancienneté, mobilité
de la main-d'oeuvre, mouvement de la main-d'oeuvre, tableau d'affichage,
harcèlement psychologique.» Ça, c'est des éléments sur lesquels on peut
faire un grief, tant mieux.
Là, on poursuit, par
contre : «Ainsi, l'arbitrage de grief usuel n'est pas possible pour une
panoplie d'autres sujets d'importance, notamment pour les sujets
suivants : la discrimination, les règles relatives au salaire, salaire impayé, mode de paiement, retenues, etc., les
indemnités, indemnité de présence, indemnité d'intempérie, etc., les congés,
la durée du travail, les horaires du travail, les heures supplémentaires, les
primes, chef d'équipe, déplacement de l'horaire de travail, hauteur, travaux
avec un masque à ventilation assistée, etc., les frais de déplacement, les
règles relatives aux outils et aux vêtements de travail, les règles relatives
au bien-être et à l'hygiène, les congés spéciaux, les congés de maternité, de
paternité, de parental, les cotisations aux avantages sociaux, les contestations
d'un acte abusif, déraisonnable ou de mauvaise foi par un employeur, qui peut
donner lieu usuellement, sous le Code du travail, à un grief, et, finalement,
une violation du droit à des conditions de travail justes et raisonnables,
protégé par l'article 46 de la Charte des droits et libertés de la
personne, par exemple, lors de l'installation de caméras de surveillance par
l'employeur.»
Tout ça, ce n'est pas
matière à grief. Pourquoi exactement? On a eu quelques échanges, ici, pendant
les audiences, où, sans grande surprise, l'état naturel des forces s'exprimait.
Bien, le milieu patronal était inquiet de l'ouverture potentielle, qui était
réclamée, bien sûr, par la partie syndicale, à l'idée de faire des griefs sur
le reste des sujets, comme 100 % des...
du reste des salariés du Québec, sur leur convention collective, bien sûr,
quand ils en ont une, mais c'est
étrange, ça, Mme la Présidente. Pourquoi on voudrait interdire le grief sur la
discrimination, des primes, des heures
supplémentaires si ce n'était pas l'idée que peut-être que notre application,
je parle d'un point de vue patronal, de la convention collective n'est
peut-être pas idéale, n'est peut-être pas consensuelle?
Moi, Mme la
Présidente, j'ai parti des syndicats dans ma vie. Dans mes emplois étudiants,
plus jeune, j'ai été un agent de syndicalisation, comme je l'ai évoqué plus
tôt. Quand on construit un syndicat puis qu'on veut se doter d'une convention
collective, le nerf de la guerre, c'est la possibilité de faire un grief.
Autrement, si la partie... si la partie patronale, par malheur, apprend que
vous n'êtes pas en mesure de faire un grief et de l'amener en arbitrage, c'est
quoi, son intérêt à l'appliquer, la convention collective? C'est une discussion
récurrente que j'ai avec le ministre sur plusieurs aspects où est-ce que c'est
intéressant d'avoir des lois, c'est intéressant d'avoir des codes, des politiques, etc., mais, si on ne se soucie pas de
leur application, elles ne valent pas beaucoup plus que l'encre et le papier
sur lequel elles ont été imprimées, et d'avoir une aussi vaste liste de sujets
qui n'est pas matière à grief, et donc pas matière à arbitrage, c'est un
appauvrissement réel de la fonction syndicale et du droit de représentation des
syndicats et des salariés de la construction.
Je l'ai évoqué
tantôt, c'est devant les tribunaux en ce moment, et je pense qu'ils ont raison
de faire ça. Moi je trouve que cette liste-là, là, à mon avis personnel, est un
non-respect de la charte et du droit d'association, et mon avis est
complètement justifié, donc, toujours au sens de la charte. On laissera les
tribunaux trancher, mais moi, j'aimerais ça qu'on évite à ce qu'on ait à
trancher ça aux tribunaux parce que je pense que c'est légitime d'avoir fait ça
historiquement, et là on a une occasion parfaite de corriger la situation. Je
tends la main au ministre pour que nous trouvions un règlement à ce problème.
Merci.
• (17 h 10) •
La Présidente (Mme
D'Amours) : Merci. Commentaires, M. le ministre?
M. Boulet : Merci,
Mme la Présidente. Je vais être prudent, évidemment, dans mes propos parce
qu'il y a des procédures qui sont en cours. Je vérifie à quelle étape on est
rendus, mais en fait j'identifierais trois obstacles majeurs. Le premier, il est technique, le deuxième, il est pratique,
puis le troisième, il est désavantageux pour les salariés.
Donc, le premier, qui
est technique, vous savez qu'un grief, c'est une mésentente sur
l'interprétation ou l'application de la
convention collective. La convention est négociée par les parties, et les
parties, c'est les associations d'employeurs et les syndicats. Donc,
est-ce qu'on peut faire un grief à l'encontre d'un entrepreneur qui est membre de l'APCHQ? Non, parce qu'il n'est pas partie à la
convention collective. C'est l'APCHQ qui négocie pour ses membres du
secteur résidentiel. Donc, au plan technique, ça ne m'apparaît pas envisageable
de le faire de cette manière-là.
Deuxièmement, mon
obstacle un peu plus pratique, les travailleurs peuvent se déplacer d'un petit,
d'un moyen, d'un gros entrepreneur de façon fréquente, et est-ce que le grief
va être soumis contre l'entrepreneur A, l'entrepreneur B, l'entrepreneur C?
Pour l'arbitre, ça va être extrêmement difficile à appliquer.
Le troisième
obstacle, qui m'apparaît aussi important, c'est que l'arbitre n'a pas les
pouvoirs que la CCQ peut avoir quand... Par exemple, c'est les salaires,
particulièrement, il y a un mécanisme de plainte, et les enquêteurs ont les pouvoirs
des commissaires d'enquête, puis ils peuvent aller chez un entrepreneur, puis
ils vont vérifier les livres, et 86 %
des dossiers de plainte se terminent sans judiciarisation. Donc, le mécanisme
de plainte, il est plus rapide un peu, puis je ne veux pas trop comparer
les délais d'arbitrage avec les délais de traitement des plaintes par la CCQ, mais il y a une procédure de plainte qui est à
l'avantage des salariés qui reçoivent, par exemple, le salaire qui est prévu à
la convention collective, et il y a, me dit-on, à l'heure actuelle, cinq ou six
cas d'individus où c'est judiciarisé, puis ils bénéficient de l'accompagnement
de la Commission de la construction du Québec, qui, comme la CNESST, dans des
cas, peut agir pour et au nom des salariés.
Donc, il n'y a pas
d'enjeu. C'est fin, parce que le salarié, il bénéficie de l'expertise des
enquêteurs qui vont chez l'employeur, l'entrepreneur, peu importe qui il est,
va bénéficier de l'ouverture des livres, de la vérification des masses
salariales, et va procéder pour s'assurer que le paiement du salaire soit fait,
puis, bon, 86 % des cas, ça donne d'excellents résultats.
Donc, le régime
particulier de relations de travail qu'on a dans l'industrie de la
construction... Parce qu'au plan purement théorique je suis d'accord avec mon
collègue d'Hochelaga-Maisonneuve, je lui ai déjà mentionné, et il a raison sur le fond, mais il faut aller
au-delà de l'aspect académique et se demander : Est-ce que c'est
envisageable, est-ce que c'est pratique? Évidemment, puis je ne veux pas dire
que ce n'est pas en harmonie avec les objectifs du projet de loi, ce
serait de créer de quoi qui est problématique au plan technique, qui serait
impraticable et qui serait non bénéfique pour les salariés qui sont visés
ultimement, là, par ce qu'on appellerait un grief de nature individuelle.
Donc, je vais me limiter à ça par respect pour
les procédures judiciaires, et c'est en attente de la décision de la Cour
supérieure, là. Je ne sais pas où ils sont rendus, là, mais il y aura
éventuellement une décision de la Cour supérieure, puis tout le monde plaidera
son point.
La Présidente (Mme D'Amours) : M. le
député.
M. Leduc : Parlons-en, des
mécanismes de plainte, là, qui est l'espèce d'alternative, que j'appellerais à rabais, offerte par le ministre et la CCQ à cette
injustice de ne pas pouvoir faire des griefs sur l'ensemble des salariés...
sur l'ensemble des sujets comme l'ensemble des salariés du Québec, page 45
du mémoire de la FTQ-Construction, allons-y :
«Il est vrai que les travailleurs, travailleuses de la construction peuvent,
dans certains cas, déposer des plaintes auprès de la CCQ, qui a pour
mission, en vertu de la loi R-20, de veiller à l'application des
conventions collectives conclues en
application de cette loi. Toutefois, la CCQ n'agit que pour des réclamations
qui sont monnayables. Il n'y a pas de mécanisme de plainte pour des
éléments non monnayables qui sont couverts par la convention collective. Le
processus de plainte et de réclamation comporte des délais de plusieurs mois,
et les travailleurs, travailleuses sont dans
l'attente. Les résultats de ce processus ne semblent pas changer les mauvaises
habitudes des employeurs. D'année en année, les montants réclamés par la CCQ
auprès des employeurs pour le non-respect des conventions collectives sont sensiblement les mêmes. Le processus souffre
énormément d'une opacité maintenue par la CCQ. Les associations représentatives
de salariés ne sont pas impliquées dans le processus de traitement des plaintes
monétaires par la CCQ, ce qui fait en
sorte que son rôle de représentation de la main-d'oeuvre est limité. C'est la
CCQ qui agit unilatéralement, sans implication des associations
représentatives. Elles sont donc également privées d'informations essentielles
pour assurer leur rôle dans la négociation et l'application des conventions
collectives. Par ailleurs, lorsqu'un employeur conteste la plainte acceptée par
la CCQ, celle-ci doit intenter un recours devant les tribunaux de droit civil plutôt
qu'auprès d'un arbitre de grief. En plus
d'ajouter des litiges devant les tribunaux civils, qui sont grandement surchargés,
ce mécanisme n'est pas approprié au droit du travail.»
M. Boulet : Il y en a cinq, puis les
travailleurs concernés, ou travailleuses, sont accompagnés. La CCQ fait le
travail pour et au nom des personnes concernées, et le délai de traitement
moyen, dans 70 % des cas, pour paiement des salaires et des avantages
sociaux, cinq mois. Je vous mets au défi d'obtenir un traitement équivalent par
une procédure d'arbitrage. Réclamation civile réglée, non judiciarisée,
collègue, délai de traitement moyen, huit mois.
Donc, on est loin des délais qui sont devenus
beaucoup plus importants auprès de certains arbitres qui sont dans la liste du Comité consultatif du travail et de la main-d'oeuvre. Donc, ce n'est pas... Et je reviens
constamment... Au plan technique, les entrepreneurs ne sont pas parties à la
convention. Au plan pratique, il y a beaucoup trop de mobilité d'un employeur à
l'autre. Et, au plan des bénéfices pour les salariés, la procédure de
traitement des plaintes donne des avantages considérables, et ça fait partie du
régime particulier de relations de travail de l'industrie de la construction.
Merci.
M.
Leduc : Vous êtes en train de me dire que, pour tous les
autres sujets qui sont grieffables, on ne parle jamais des employeurs.
M. Boulet : Que les employeurs
peuvent...
M.
Leduc : Là, vous me dites : On ne peut pas... ça ne
marche pas parce que c'est les associations, griefs, employeurs, donc,
on...
M.
Boulet : Non, non, mais, collègue, quand tu fais un grief à
un salarié, c'est contre un employeur qui est partie à la convention
collective, et l'employeur, c'est l'APCHQ, si on prend l'exemple du
résidentiel. Pour moi, c'est un
élément technique extrêmement sérieux. Si vous êtes dans l'entreprise A, puis
qu'il y a le syndicat B, le syndicat va faire un grief au nom du travailleur, pris individuellement, contre
l'entreprise A qui est partie signataire à la convention. Donc, il y a
un volet technique.
Puis le volet pratique... Comme je vous ai dit,
les salariés, là, quand ils finissent un chantier, ils peuvent se déplacer d'un chantier à l'autre. C'est bon qu'on
prenne l'exemple du résidentiel parce qu'il y a plus de déplacements
d'un chantier à l'autre. Puis, je le répète, il faut s'intéresser aux résultats
pratiques, puis les résultats pratiques, ils sont
au rendez-vous avec le traitement des plaintes de la CCQ. C'est une des missions
centrales de la CCQ, de s'assurer que les salaires, les avantages sociaux
soient respectés. Puis les plaintes donnent des résultats, puis l'enquêteur,
collègue, il va sur place puis il dit : Heille! Mon ami, là, puis... je
peux-tu voir ta liste de paie, je peux-tu voir ta liste de salariés, est-ce que monsieur a travaillé ici pendant 24 heures,
est-ce que tu peux me donner le salaire que tu lui as versé? Puis il
fait une enquête, puis ça donne d'excellents résultats, ce qu'un arbitre ne
ferait jamais.
Je pense que
ce que vous proposerez... vous proposez, collègue, engendrerait une
judiciarisation extrêmement importante du procédure, puis le traitement
des plaintes, il ne fait pas ça, puis, je vous le dis, il y aurait des griefs contre une multitude d'entrepreneurs, avec des impacts
parfois préjudiciables et pour les entrepreneurs et pour les salariés qui
n'obtiendraient pas de résultat. Ils veulent être payés convenablement, ce que
la convention collective de travail prévoit, puis ce n'est pas sain qu'un
entrepreneur soit visé de cette manière-là.
• (17 h 20) •
M. Leduc : ...de judiciarisation,
regardons une missive qui vous a été acheminée par le Conseil provincial du Québec
des métiers de la construction, l'Inter, par un cabinet d'avocats, Dumais
avocats, il n'y a pas très longtemps, en mars dernier, qui fait la recension,
je ne sais pas si elle est exhaustive, mais, en tout cas, il y en a beaucoup,
de différents griefs, sur les matières
grieffables, qui ont été traités, puis là ils vont regarder, là, ils font
l'analyse, depuis 2018 jusqu'à aujourd'hui, puis il y a comme plusieurs
pages, 11 pages, conclusion... Alors, regardez ce qu'ils disent ici, là, ça,
vous l'avez reçu, ainsi que le bureau du premier ministre : «Pour la
période du 1er janvier 2018 au 28 mars 2024, soit pour les 63 derniers mois,
nous avons procédé à l'ouverture de 63 dossiers pour le compte de l'une ou
l'autre des sept sections locales ci-dessus mentionnées à l'Inter. Les 63
dossiers ont trait à un nombre total de 83 griefs. Dans ces 83 griefs, 63 ont fait l'objet d'un règlement hors tribunal, soit
dans une proportion de 82 % de ceux-ci, sept autres ont fait l'objet d'un
désistement, 9 %, deux autres ont nécessité la tenue d'une audience devant
un tribunal d'arbitrage pour l'obtention d'une sentence arbitrale, qui
représente 3 % de l'ensemble des griefs en cause. Finalement, 16 %
des griefs ci-dessus mentionnés demeurent actuellement actifs. Nous espérons la
présente conforme,» etc., etc.
C'est signé par Dumais avocats. Là, quand, M. le
ministre, vous me dites : Judiciarisation, 3 % des griefs ont fait
l'objet d'une séance et d'une audience devant un arbitre, vous maintenez votre
affirmation?
M. Boulet : Absolument.
M. Leduc : 3 %, c'est la...
c'est l'embourbement du système.
M. Boulet : ... les matières
sujettes à interprétation qui ont fait l'objet d'un grief sur les matières
prévues à la loi R-20.
M. Leduc : Et sur tous les sujets
qu'on...
M. Boulet : Mais je l'ai lu, le
document de Me Dumais, que je connais, d'ailleurs, pour qui j'ai beaucoup de
respect, c'est un avocat puis un conseiller syndical reconnu, puis que ce soit
souhaitable, oui, mais ça n'empêche pas les
trois arguments que je viens de vous mentionner. Ce n'est pas l'APCHQ qui va
payer le salaire, c'est l'entrepreneur, et le grief doit être soumis
contre l'entrepreneur au plan pratique.
M. Leduc : Oui, mais pourquoi on ne
ferait pas ça?
M. Boulet : Est-ce que
l'entrepreneur... Est-ce que... Bien, je le sais, que c'est ce que vous
demandez. Moi, je vous dis qu'au plan pratique ce n'est pas envisageable, puis,
au plan des résultats, je le répète, 86 %, les plaintes donnent d'excellents résultats. Pourquoi modifier,
pour des raisons théoriques et académiques, la façon actuelle de faire, qui
ne donne que des bons résultats pour les salariés? C'est aux salariés qu'il
faut penser, collègue.
M.
Leduc : ...justement, je pense très bien à eux, puis ceux
qui les représentent, M. le ministre, ils vous réclament de rajouter ça.
M. Boulet : Est-ce vous avez beaucoup
de témoignages de salariés...
M. Leduc : Ils vous réclament ça, M.
le ministre, de faire ça.
M.
Boulet : Oui, mais est-ce vous avez des témoignages de
salariés qui disent : Moi, j'ai fait une plainte, puis on ne m'a
jamais payé? Il y a... Moi, je n'en ai jamais entendu.
M. Leduc : ...opaque, montants
réclamés non respectés, plusieurs mois...
M. Boulet : ...c'est sûr que ce
n'est pas du jour au lendemain. Il faut faire enquête, mais le délai de
traitement moyen, c'est cinq mois, puis, au-delà de ça, quand c'est non...
quand ça va devant le tribunal civil puis que
la CCQ doit mettre une pression additionnelle, c'est réglé, délai de traitement
moyen, c'est huit mois, mais, tu sais, c'est changer, pour des raisons purement
théoriques et académiques... mais, le reste, je comprends ce que vous me dites.
M. Leduc : ...parce que je comprends
que vous, vous arrivez dans un siège de ministre, puis il y a des choses qui
étaient déjà là, mais là ce que je vous pose comme question aujourd'hui, M. le
ministre, c'est : Vous êtes prêt à maintenir un régime d'exception, un
régime à rabais, de travail, pour les gens de la construction, qui n'auront pas
le droit de faire des griefs sur l'ensemble
des contenus de leur convention collective? C'est ça que vous êtes prêt à
maintenir et à renouveler aujourd'hui. C'était là avant vous, c'est une
chose, vous en héritez. Si j'avais été élu ministre du Travail en 2018,
j'aurais été pogné avec ça aussi, mais là vous, vous... Là, ce n'est pas ça que
vous êtes devant, aujourd'hui, comme choix,
là. Vous êtes prêt à mettre votre signature : Je, Jean Boulet, ministre du
Travail, approuve ce régime?
M.
Boulet : Oui, pour des raisons de résultat. Évidemment,
l'objet central de ce projet de loi là, c'est d'amener des nouvelles
personnes dans une industrie qui en a besoin puis d'améliorer son efficacité ou
sa productivité, mais, quand j'apprivoise les façons de faire, je réalise qu'il
y a des matières grieffables et je réalise qu'il y a des griefs
d'interprétation spécifiquement pour les salaires et les avantages sociaux. Il
y a une procédure de plainte qui donne d'excellents
résultats, puis, oui, c'est un régime d'exception, oui, c'est un régime
particulier, mais la loi R-20 est un régime particulier. Le régime
général, c'est le Code du travail du Québec. C'est un régime...
D'ailleurs,
vous le savez, il y a une adhésion syndicale obligatoire. 100 % de nos
travailleurs de la construction sont
syndiqués, évidemment, soumis à la compétence des... bien, sous la juridiction
de la Commission de la construction du Québec. Il y a des avantages, puis moi,
j'ai fini par réaliser que la procédure de plainte pouvait être un avantage
pour les salariés, et c'est la raison pour laquelle, je vais répondre à votre
question, oui, j'ai demandé les chiffres, oui, j'ai demandé qu'on s'assure
d'une équité dans la procédure, puis je veux m'assurer qu'il n'y ait pas de
ponction, puis je veux que les salariés soient payés.
Je suis le premier et je serai toujours à côté
de vous pour que les conventions collectives de travail soient respectées,
puis, sur toutes les matières, que ce soit le harcèlement, les congés, les
vacances, et les salaires, puis les avantages sociaux, on a évidemment le même
objectif. C'est la procédure pour atteindre l'objectif qui n'est pas la même,
puis la procédure que vous soumettez, je la comprends, au plan théorique, elle se
défend, mais on n'est pas dans un régime général.
M. Leduc : Bien oui, je comprends
bien qu'on n'est pas dans un régime général, M. le ministre. Ça ne veut pas dire néanmoins que les salariés de la
construction méritent d'avoir un régime à rabais. Moi, je veux bien qu'il y ait
des adaptations, on en a fait plusieurs, mais un régime à rabais, moi, je
n'accepte pas ça, je suis désolé.
M. Boulet : Il y a des associations
représentatives qui ne l'ont pas demandé spécifiquement. Tu sais... moi, s'il y
a des salariés qui étaient venus puis qui m'avaient... Moi, en tout cas, ça ne
m'est pas arrivé, puis c'est sûr que vous allez me dire... ils ne viennent pas
me parler, là, mais les témoignages de travailleurs qui m'ont dit : Je
n'ai jamais eu mon salaire, il est prévu que je gagne x dollars de l'heure,
l'entrepreneur n'a pas payé, j'ai fait une plainte, ça n'a pas donné de
résultat, et je sais... il n'y a pas de procureur puis il n'y a pas de
conseillers syndicaux qui m'ont dit ça. La procédure de plainte, elle est même
à... oui, mais qui sont réglées par... mais la procédure de plainte, elle
bénéficie même d'un processus d'enquête qui est à l'avantage des travailleurs,
travailleuses.
La Présidente (Mme D'Amours) : D'autres
commentaires? Oui.
M. Leduc : Oui,
bien sûr. Les cinq mois auxquels le ministre faisait référence tantôt, là, moi,
ma compréhension, c'est que cinq mois, c'est le délai pour accepter la
plainte ou non, ce n'est pas le délai moyen pour avoir le règlement de la
plainte?
M. Boulet : C'est les chiffres
que j'ai, la situation résolue à la suite d'un accompagnement de la CCQ et/ou
de l'autocorrection de l'employeur, parce que, des fois, ça peut prendre deux
semaines, parce qu'on informe l'entrepreneur, puis il dit : Je m'excuse,
je suis désolé. Il ne faut pas négliger ces cas-là, là. Les employeurs qui ne
respectent pas, ce n'est pas tous parce qu'ils sont de mauvaise foi, c'est
souvent parce qu'ils ont besoin d'être informés,
ils ont besoin d'être sensibilisés au contenu de la convention collective. Ce
n'est pas tout le monde qui a notre formation, collègue
d'Hochelaga-Maisonneuve.
Donc,
le délai de traitement moyen est de cinq mois. Puis, je le répète, ce n'est pas
toutes les associations syndicales qui ont demandé qu'il n'y ait plus de
procédures de plainte, puis que ça ne donne pas les résultats anticipés. Et, en 2022, on me donne le chiffre que
les sommes réclamées par la CCQ au nom des travailleurs, travailleuses
s'élèvent à 18,6 millions, ce qui n'est pas peu, ce qui n'est pas peu,
puis c'est, donc, que ça donne d'excellents résultats. Puis je ne sais pas si
vous avez le chiffre équivalent avec les arbitres. Ça se règle, là, mais c'est
sur des matières grieffables, mais moi, je
suis fier de ce dossier-là, puis c'est la raison pour laquelle, oui, je suis
ministre du Travail, mais ce qui compte pour moi, c'est que ça marche,
puis que les travailleurs, travailleuses reçoivent le salaire prévu dans la
convention.
M. Leduc : ...aussi
avec les griefs, comme je vous l'ai démontré tantôt avec le calcul exhaustif
fait par le cabinet du ME.
• (17 h 30) •
M. Boulet : Ça marche, la
procédure actuelle.
M. Leduc : La procédure de
grief aussi, la procédure normale de grief aussi.
M. Boulet : Moi, je suis
fondamentalement convaincu que le travailleur qui s'est promené, là, auprès de
deux, quatre, six, huit entrepreneurs, ça va être un fouillis, il ne sera
jamais capable de se faire rembourser. Soyons pratiques,
là, ce qu'on veut, c'est qu'il reçoive son salaire. L'enquêteur de la CCQ, là,
il a les pouvoirs, il a la capacité, il a l'expertise, il va aller voir
les entrepreneurs, et il va se faire payer, le salarié, mais c'est ça, la
pratique.
M. Leduc : Le conseiller
syndical aussi peut faire ça. C'est lui qui reçoit...
M. Boulet : L'arbitre,
il ne fait pas ça. L'arbitre, il ne fait pas ça.
M. Leduc : Bien non, mais ce
n'est pas son rôle.
M. Boulet : Bien non, ce n'est
pas ça que je dis, c'est...
M. Leduc : Bien non, mais c'est
le conseiller syndical qui fait cette job, M. le ministre.
La Présidente (Mme D'Amours) : S'il
vous plaît!
M. Boulet : Non, non, mais le
conseiller syndical n'ira pas ouvrir les livres d'un entrepreneur, quand même.
M. Leduc : Mais, pour préparer
son grief, oui.
M. Boulet : Il va envoyer un
subpoena, une assignation à comparaître, on appelle ça duces tecum, avec une
demande d'apporter tel et tel document, mais là il va attendre d'être convoqué
devant l'arbitre. Il n'aura pas ça... Quand
même qu'il envoie un subpoena ou une assignation à comparaître duces tecum, il
ne l'aura pas avant l'audience, mais, bon, voilà, c'est mes
commentaires.
M. Leduc : Sur le dossier du
salaire, là, visiblement, on n'est pas d'accord, mais l'autre aspect qui est
souligné ici, là, je le réitère, toujours le mémoire de la FTQ,
page 45 : «Il n'y a pas de mécanisme de plainte pour des éléments non monnayables qui sont couverts par la
convention collective.» Alors, on regarde la liste, là, discrimination, contestation
d'un acte abusif, règles relatives au bien-être, de l'hygiène, règles relatives
aux outils, vêtements de travail, ce n'est
pas des affaires monnayables. Néanmoins, il ne peut pas faire de grief puis il
ne peut pas faire de plainte à la CCQ. Qu'est-ce qu'ils font? À quoi ça
sert de négocier des clauses si tu ne peux rien faire pour l'appliquer après?
M. Boulet : Il peut demander
certainement à la CCQ d'intervenir s'il y a...
M. Leduc : Non, pas... si ce
n'est pas monnayable, ils ne le font pas.
M. Boulet : Il y a des griefs,
puis là je ne relirai pas tous les articles, là, mais l'article 62 prévoit
les matières qui sont grieffables, et il y a
une énumération assez claire, puis il y a une possibilité aussi d'avoir recours
à l'arbitrage pour toute difficulté que pose l'interprétation d'une
clause portant sur un autre sujet prévu à 61, et il y a quand même une
description des sujets, là, puis vous les connaissez, là, les...
M. Leduc : OK. Je propose un
compromis au ministre. Est-ce qu'on peut regarder cette liste-là, puis les
éléments qui sont non monnayables, on peut-tu, eux, au moins, les libérer puis
les mettre sujets à grief? On peut peut-être interrompre... on peut peut-être...
M. Boulet : À grief contre qui?
Mais je reviendrais à la même... Je comprends la main tendue, mais je m'expose à la même réalité sur le terrain. Ça
va-tu être contre l'APCHQ? On peut peut-être demander à un représentant
de l'APCHQ de...
M. Leduc : Bonne idée.
M. Boulet : On va faire des
griefs contre l'APCHQ, puis lui, il va aller rencontrer les quatre, six ou huit
entrepreneurs. C'est le même obstacle au plan technique puis au plan pratique.
Tu es bien mieux d'avoir un canal qui te permet d'avoir ce que tu veux et que
la convention collective soit respectée.
M.
Leduc : À moins que mes
collègues veuillent continuer, je vais prendre une suspension, Mme la
Présidente.
La Présidente (Mme D'Amours) : Je
suspends les travaux quelques minutes.
(Suspension de la séance à 17 h 33)
(Reprise à 17 h 41)
La Présidente
(Mme D'Amours) : Nous reprenons nos travaux. M. le député d'Hochelaga-Maisonneuve, la parole est à vous.
M. Leduc : Merci,
Mme la Présidente. Je fais référence au mémoire de la SQC, Syndicat québécois
de la construction, à la page 24. Ils expliquent une situation assez,
j'oserais dire, rigolote, si ça ne donnait pas envie de pleurer. C'est que, là,
ils disent, eux autres, des fois, ça leur arrive que des gens ne sont pas payés
ou mal payés puis qu'en
plus ils ne reçoivent pas leurs bulletins de paie. Mais là pour pouvoir aller
faire une plainte interne à la CCQ, là, que je n'apprécie pas
particulièrement, vous l'avez compris, la CCQ leur dit : Oui, on peut bien
faire de quoi sur votre salaire, mais vous n'avez pas votre bulletin de paie.
Mais là on ne peut même pas faire un grief pour obtenir le bulletin de paie
pour pouvoir faire une plainte à l'interne. Ça fait qu'il y a comme une espèce
de vide, c'est l'oeuf ou la poule. Vu qu'on ne peut pas faire un grief pour le
bulletin de paie, on est comme pogné. Ça fait que, là, c'est une situation qui
est décrite à la page 24, qui est quand même assez étonnante. Alors, le
fait de ne pas avoir accès à ces griefs-là cause des situations rocambolesques
comme celle-ci.
Mais revenons...
J'essaie de trouver un compromis, Mme la Présidente, vous l'avez compris. J'ai
compris que je n'aurai pas gain de cause avec le ministre aujourd'hui sur
l'étendue ou l'augmentation des objets faisant l'objet d'un... pouvant faire l'objet d'un grief. Mais il y a vraiment
des éléments particuliers, dans la liste que je vous ai faite tantôt, de trucs sur lesquels on n'a pas le
droit de faire des griefs, mais qui ne sont pas des éléments monnayables.
J'en ai trois en tête ici, je suis toujours avec la liste de la FTQ, là, la
page 44, j'ai la discrimination, j'ai les règles relatives aux outils et
vêtements de travail puis les règles relatives au bien-être et à l'hygiène.
Prenons, par exemple,
les règles relatives aux outils et aux vêtements de travail. Vous considérez
que, selon votre convention collective, des fois c'est écrit d'ailleurs noir
sur blanc, vous devriez avoir accès à un masque de protection. Bon, un masque
de protection, ce n'est pas monnayable comme avantages sociaux ou comme
conditions de salaire, ça fait que la CCQ va refuser de faire une plainte
interne ou une gestion interne de ça parce que ce n'est pas monnayable. Mais vu
que c'est dans les éléments pas grieffables, vous avez une convention
collective, vous avez un élément qui vous dit que vous avez accès à des outils
de travail, notamment un masque, puis là vous ne pouvez pas faire de plainte interne, vous ne pouvez pas faire de grief.
Qu'est-ce qui se passe? Quelle est la proposition du ministre?
M. Boulet : Je
vais répondre tout de suite. D'abord, il faut... il faut... Les bulletins de
paie, c'est une matière qui est grieffable, d'ailleurs, qui requérait
l'autorisation de la Commission de la construction du Québec et que nous
retirons dans l'article que nous étudions actuellement. Ça fait que ça, c'est
une avancée quand même intéressante.
Pour
les équipements de protection individuelle, vous le savez, collègue, qu'il y a
des interventions possibles, rapides d'enquêteurs de la CNESST. Si un
employeur ne fournit pas gratuitement, d'ailleurs, des équipements de
protection individuelle, il peut être en contravention de l'article 51,
paragraphe 11°, de la loi santé et sécurité du travail. Ça fait qu'il y a des
moyens de faire intervenir. En matière de santé et sécurité, on a tous les
mécanismes de participation et de prévention qui permettent aux travailleurs et
travailleuses de faire intervenir des experts et s'assurer que le masque est
identifié, là, dans le programme de prévention ou dans le plan d'action.
Puis, vous le savez,
on a fait une vaste réforme au coeur de laquelle se trouvait le mot
«prévention», puis la meilleure façon de faire de la prévention, c'est
d'identifier pour mieux contrôler et éliminer les risques, et ça passe par des équipements de protection individuelle.
Puis un entrepreneur qui ne fournit pas les EPI, ce que vous dites, il est en
contravention des lois, pas que de la convention collective, il est en
contravention des lois.
Donc, il ne se
retrouve pas sans issue. Il n'y a pas rien qui est sans issue. Il faut trouver
la bonne avenue, mais l'avenue la plus efficace est celle qui donne de
meilleurs résultats. Ce n'est pas d'aller devant un arbitre de grief pour
dire : Il ne m'a pas fourni un masque. Non, ça va lui prendre...
M. Leduc : ...
M. Boulet : Bien,
c'est ce à quoi vous référez, là, pour son bien-être ou son hygiène.
M. Leduc : Bien
oui, mais ce n'est comme pas à vous de décider ça, M. le ministre, ça, c'est la
stratégie du salarié puis du syndicat.
M. Boulet : Non,
je dis : La meilleure façon d'avoir un résultat, c'est de faire intervenir
la CNESST.
M. Leduc : Bien,
je vous dirais : Merci de votre conseil, mais on va toujours bien laisser
les représentants des salariés décider c'est quoi, la meilleure façon d'obtenir
les résultats pour leurs salariés.
M. Boulet : Ils
le savent.
M. Leduc : Bien,
visiblement, ils n'ont pas la même interprétation que vous. J'ai vérifié
pendant la pause, là, puis c'est les cinq syndicats qui demandent de changer
ça, M. le ministre.
M. Boulet : Pour
les équipements de protection individuelle?
M. Leduc : J'ai
aussi vérifié pendant la pause, là, puis, si vous voulez des noms de gens,
individuellement, qui aimeraient ça pouvoir déposer des griefs sur des... on
peut vous en fournir aussi.
M. Boulet : Sur
des équipements de protection individuelle?
M. Leduc : Peu
importe, là, les sujets, là.
M.
Boulet : Envoyez-nous la liste, puis on va s'assurer que
ces personnes-là soient accompagnées. Vous voyez, c'est pratique.
M.
Leduc : Vous voulez aller négocier des conventions
collectives puis appliquer des conventions collectives avec votre
cabinet?
M. Boulet : Non, non, non, je
dis : Je suis d'accord avec vous que ce n'est pas acceptable que la
personne n'ait pas de masque si elle est dans un environnement qui n'est pas
sain, sécuritaire, en raison de l'absence d'un équipement de protection individuelle
comme celui-là. Ça fait qu'il faut régler ça beaucoup plus rapidement.
M. Leduc : Vous le savez aussi bien
que moi, M. le ministre, vous en avez négocié, des conventions collectives, ça arrive fréquemment que l'on met
des éléments qui sont déjà dans des lois d'ordre public à l'intérieur d'une
convention collective pour avoir le pouvoir de grief, pour avoir une
application de la convention collective et des lois du Québec de manière
concrète et directe dans son milieu de travail.
Ça fait que
vous, vous me dites, vous me direz si j'exagère vos propos... mais vous me
dites : Ça ne sert à rien d'avoir une clause sur les masques, dans votre
convention collective, la loi santé et sécurité est à côté puis elle est là
pour vous aider.
M. Boulet : Ce n'est pas ce que j'ai
dit.
M. Leduc : Ce n'est pas ce que vous
dites?
M. Boulet : Je ne dis pas que ça ne
sert à rien. Au contraire, c'est bénéfique que les conventions identifient
nommément les équipements pour assurer la santé, sécurité, intégrité physique
et psychique, là, comme vous savez maintenant. Donc, c'est bénéfique. Qu'un
entrepreneur ne le fournisse pas, il faut que ce soit dénoncé, il faut que le syndicat prenne le dossier. D'ailleurs, les
syndicats ont le monopole de représentation des salariés. Ce n'est pas moi qui vais les représenter, puis je ne représenterai
pas les associations d'employeurs. Mais les syndicats, comme accompagnateurs,
comme détenteurs du droit du salarié, dans la mesure où il le dit et il le consent,
ils vont faire intervenir un enquêteur rapidement, puis l'entrepreneur, il va
respecter.
M. Leduc : Prenons une autre idée de
compromis, alors, M. le ministre.Pourquoi on ne dirait pas que la CCQ a
le mandat de gérer les plaintes et les genres de pseudogriefs parallèles sur
l'ensemble des objets non touchés par l'article 62, donc pas juste les
enjeux monnayables?
M. Boulet : Non.
M. Leduc : Parce que...
M. Boulet : Parce qu'il y a une voie
beaucoup plus simple, celle que les syndicats peuvent emprunter pour obtenir le
respect, c'est-à-dire d'aller voir les entrepreneurs. Vous me disiez qu'on
n'avait pas besoin des enquêteurs de la CCQ pour les salaires. Donc, les
syndicats peuvent se déplacer d'un entrepreneur à l'autre et s'assurer que le
sujet auquel vous pensez soit appliqué de manière respectueuse avec le contenu
de la convention collective de travail. Et l'entrepreneur, le cas échéant, s'il
ne s'y soumet pas, si le signataire de la convention collective pertinente, c'est
l'APCHQ, il faudrait que ça vienne aussi sur le bureau de M. Rodrigue qui va
s'assurer que ses membres...
M. Leduc : Mais non, mais non, mais
non.
M. Boulet : Non, non, mais c'est
simple...
M. Leduc : Bien non, un grief... Là,
M. le ministre...
M. Boulet : Non, mais c'est le
résultat que je...
M. Leduc : Bien non, un grief
d'application de convention collective...
M. Boulet : Non, mais vous me parlez
des matières théoriques.
La Présidente (Mme D'Amours) : ...
M. Leduc : Bien oui, mais c'est
parce que vous le savez, comment ça marche, M. le ministre, un grief d'application, là, ce n'est pas la même chose
qu'un grief d'interprétation. Le grief d'interprétation, en effet, probablement
que l'APCHQ et les autres associations patronales, pour savoir est-ce
que la convention s'applique dans tel ou tel chantier ou autre, ils vont être
impliqués, ça je le comprends. Mais un grief d'application, ça ne concernera
jamais l'APCHQ, ça va toujours concerner l'employeur, l'entrepreneur.
Ça fait que, là, ça, c'est
réglé. Parlons des vraies choses. Si j'arrive, moi, sur un chantier puis que
j'étais supposé d'avoir des outils fournis par l'employeur, puis ils ne sont
pas là, puis pourtant c'est conventionné, là, j'appelle-tu
encore la CSST? J'appelle... J'appelle qui? Parce que, là, je ne peux pas
appeler mon syndicat, parce que ce n'est pas grieffable, je ne peux pas
appeler la CCQ parce que ce n'est pas monnayable.
• (17 h 50) •
M. Boulet : Oui, mais... Non, mais,
ce que j'ai mentionné, c'est une approche de faire intervenir la CNESST si un entrepreneur ne fournit pas les outils.
Est-ce qu'il y en a? Peut-être, probablement qu'il y en a qui ne fournissent
pas les outils. Mais, si le salarié n'est pas capable de travailler, il ne sera
pas en mesure de le faire, puis les outils...
M. Leduc : Puis ça va être quoi, son
recours?
M.
Boulet : Bien, qu'il fasse venir la CNESST. Il ne peut pas
travailler sans outils, il peut... il risque de se blesser, il risque de ne pas
bien exécuter, il risque de se couper, il risque de se blesser. Et donc il y a
quand même une avenue qui peut être
empruntée. Puis je le répète, faire un grief d'application sur cette matière-là
donnerait des résultats inférieurs, puis
ce serait de demander aux syndicats de faire des griefs à plusieurs
entrepreneurs, dépendamment de la nature de ce à quoi vous pensez.
Mais...
M. Leduc : Non, mais attendez, c'est
parce que...
M. Boulet : ...le système actuel qui
est...
M.
Leduc : Mais, si je change de chantier trois fois puis que
les trois employeurs ne me fournissent pas d'outils, pourquoi je ne
ferais pas trois griefs aux trois employeurs? C'est quoi, le problème?
M.
Boulet : Bien, un, ils ne sont pas signataires. Deux,
comment vous allez le pratiquer? Puis trois, c'est beaucoup mieux d'intervenir par ton syndicat ou de faire
intervenir la CNESST. Moi, c'est ma réponse, madame. Là, je vais finir
par me répéter, hein. Je n'ai plus de commentaire.
M.
Leduc : Mais la liste... la liste des... la liste des
griefs que je vous ai envoyée tantôt, de Dumais avocats, là, ce n'était pas
contre l'APCHQ ou je ne sais pas trop quelle autre association patronale,
c'étaient, comme, des vrais employeurs. C'est ça, la... C'est ça...
C'est comme ça que ça marche. Vous mélangez les griefs d'interprétation puis
les griefs d'application, M. le ministre.
Puis là l'autre affaire, là... Là, moi, je suis
quand même sidéré, là, parce que là on a certains sujets sur lesquels on peut
faire appel à son syndicat pour déposer un grief. Après ça, on a certains
sujets sur lesquels, non, ça, ce n'est pas
possible, il faut faire appel à la CCQ parce que c'est monnayable. Puis là on
vient de comprendre qu'il y a d'autres sujets sur lesquels on ne peut
pas faire appel à nos syndicats, on ne peut pas faire appel à son CCQ. Bien, vous ferez appel à la CNESST. Ça fait que, là, on
a trois recours avec trois organisations sur trois matières différentes
de droit du travail. C'est hallucinant, là. Ce n'est pas sérieux. Ce n'est pas
ça, le système que vous voulez... que vous voulez
approuver, M. le ministre, ce n'est pas le système sur lequel vous voulez faire
votre legs de ministre du Travail. Parce que, je le répète, que c'était là en
fonction quand vous êtes arrivé, c'est une chose; que vous le mainteniez
volontairement par le vote qu'on va tenir tantôt, ça en est une autre.
M. Boulet : Écoutez, j'aurai tout
dit, là. Ce qui nous importe, c'est le respect des droits des travailleurs. Que
ce soit la Loi sur les normes, la Loi sur les accidents de travail, la Loi
santé et sécurité du travail, la Loi sur les relations de travail, il y a
toujours un canal qui permet de répondre aux revendications des travailleurs et
travailleuses. Et les délais de griefs, là, au total, en 2022-2023, avant
d'avoir une décision, 974 jours. Or, je vous assure que l'obtention des équipements de protection individuelle, ou
les outils, ou le respect des dispositions en matière de santé et sécurité
ou... aussi la Commission des droits
de la personne et des droits de la jeunesse, mais le respect des droits des travailleurs doit être assuré,
et il y a toujours une façon de le faire.
M.
Leduc : Peut-être un dernier commentaire, Mme la Présidente.
Le ministre me parle des griefs, des délais, puis tout ça, là. D'accord,
d'accord, mais il le sait très bien, puis moi, je le sais parce que j'ai été
syndicaliste, puis je le sais encore plus maintenant que je suis
employeur, comme leader parlementaire puis comme député d'Hochelaga-Maisonneuve. J'ai des employés, je suis un patron
maintenant. Ça m'a empêché de dormir une couple de nuits, au début...
M. Boulet : Mais là ça vous va bien?
M. Leduc : ...après ça, je me suis
habitué. La notion du grief, ce n'est pas tant sa conclusion à la fin devant un arbitre. Je vous l'ai dit tantôt, c'est
3 %, qui est un pourcentage ridicule, de griefs qui se ramassent devant un
arbitre. C'est la perspective de s'en faire coller un comme employeur, un
grief, qui est le moteur du règlement. C'est la perspective de se faire
dire par le syndicat : Bien là, si ça ne bouge pas, tiens, je t'envoie un
grief. Ce n'est pas agréable, comme employeur, on n'a pas envie de recevoir un
grief. Puis, parce qu'on n'a pas envie de recevoir un grief, on se comporte
différemment, on essaie de lever son jeu puis de dire : Oui, je vais
peut-être modifier x, y pratiques de travail ici, pratiques de ressources
humaines, pour m'éviter de me faire coller un autre grief par le syndicat. C'est la perspective du dépôt même d'un grief qui
fait bouger le droit du travail puis qui fait bouger la relation de travail.
M. Boulet : Je suis en partie
d'accord. Mais le dépôt d'une plainte a le même effet puis donne des meilleurs
bénéfices. Puis ça, je pense que ça doit être l'objectif que nous avons en
commun, que les salaires ou que les autres matières prévues dans les
conventions collectives soient respectés par les employeurs. Et ce n'est pas le
grief qui, en soi, impose un règlement. Le délai moyen de reddition d'une
décision est beaucoup plus élevé que la procédure de plainte. Puis je le
répète, le travailleur a des outils, c'est-à-dire des enquêteurs qui ont des
pouvoirs pour obtenir ce dont il recherche. Mais je sais qu'il y a des matières
autres, mais on les prendrait une après l'autre. Puis il y a toujours des
corridors qui permettent d'atteindre leurs objectifs et que la convention soit
respectée. Ça fait que je sais qu'on ne se convaincra pas, là, mais... Merci,
Mme la Présidente.
M. Leduc : Bien, c'est regrettable,
Mme la Présidente. Puis je souhaite, je souhaite que ce soit réglé en cour, à
défaut de l'avoir réglé ici, malheureusement.
La
Présidente (Mme D'Amours) : Merci. D'autres commentaires? S'il n'y a pas
d'autre commentaire, est-ce que l'amendement de l'article 26...
M. Leduc : Un dernier truc, Mme la
Présidente, connexe. Dans mon amendement, il y avait aussi une référence qu'à
la limite on pourra ne garder que cette partie-là, si le ministre est d'accord,
à l'aspect d'être tenu responsable comme co-employeur dans le dossier de
harcèlement psychologique. Et je le... rafraîchis la mémoire du ministre sur le
projet de loi que nous avons traité précédemment, le 42...
La
Présidente (Mme D'Amours) : M. le député, vous avez pris tout votre temps pour
l'amendement, 20 minutes, donc
vous n'avez plus de temps pour parler de cet amendement. Est-ce qu'il y a des
commentaires pour l'amendement? S'il n'y a pas de commentaire, je vais
la mettre aux voix. Est-ce que l'amendement, elle est...
M. Leduc : Vote par appel nominal...
La Présidente (Mme D'Amours) : ...adoptée
ou rejetée?
M. Leduc : ...s'il vous plaît, Mme
la Présidente.
La
Présidente (Mme D'Amours) : Désolée, vous ne pouvez demander le vote par appel
nominal, vous n'avez plus de temps. Est-ce que l'amendement est adopté
ou rejeté?
Des voix : Adopté.
Des voix : Rejeté.
La
Présidente (Mme D'Amours) : Rejeté. Nous revenons à l'article 26. Est-ce
qu'il y a des commentaires? Oui, M. le député d'Hochelaga-Maisonneuve.
M. Leduc : Comme je l'expliquais, au
projet de loi n° 42, on a évoqué la question des co-employeurs dans des
dossiers de harcèlement psychologique. C'était, d'ailleurs, la recommandation n° 66 des expertes qui disaient qu'en matière de... Bien,
je vais vous le lire, là : «Recommandation 66 : Le comité
recommande que l'article 62 de la loi R-20
soit modifié afin qu'en matière de harcèlement psychologique l'entrepreneur
puisse être reconnu comme co-employeur.
Ce faisant, l'employeur et l'entrepreneur pourraient être tenus conjointement
et solidairement responsables des obligations prévues à l'article...»
Malheureusement, là, j'ai épuisé mon temps dans l'amendement qu'on vient de
battre, mais, sur cet aspect-là, on n'a pas eu le temps d'échanger, le ministre
et moi, et, s'il était ouvert à la question, on pourrait, bien sûr, déposer un
amendement précis sur cet aspect-là, comme le souhaitaient les expertes à
l'origine de son projet de loi.
M. Boulet : Ça a fait l'objet d'une
analyse dans le contexte de l'étude détaillée du projet de loi n° 42 sur
le harcèlement puis les violences à caractère sexuel, donc ce n'est pas dans le
sujet, ma compréhension de l'article 26.
La Présidente (Mme D'Amours) : ...
M. Leduc : Bien, au moment du 42,
vous nous avez dit : On verra dans le prochain projet de loi. Parce qu'on
a discuté de ça, là, dans le 42, puis vous m'avez dit : On verra dans la
réforme de la construction...
M. Boulet : Oui, mais là on est...
M. Leduc : On y est. Et ça fait
référence à l'article 62 de la loi R-20, que nous sommes en train de
discuter.
M.
Boulet : Oui, mais...
M. Leduc : Vous
pouvez être pour ou contre, mais vous ne pouvez pas me dire que ce n'est pas...
que ce n'est pas recevable, là.
M. Boulet : Contre.
M. Leduc : Bon.
La Présidente (Mme
D'Amours) : D'autres commentaires sur l'article 26? Est-ce que l'article 26
est...
Des voix :
Adopté.
La Présidente (Mme
D'Amours) : Oui, Mme la députée.
Mme Cadet : ...tout
simplement, donc, plus largement, Mme la Présidente. Dans le fond, c'est que,
dans la lecture, donc, des commentaires, donc, au tout début, donc, le ministre
avait eu peu l'occasion, donc, d'exposer son argumentaire ici, donc, le
retrait, donc, des... «et après [l']autorisation de la Commission». Donc,
j'aimerais l'entendre là-dessus.
Puis aussi, je
comprends, en fait, dans les commentaires que l'on voit ici, dans le cahier du
député, on élimine l'obligation... de l'autorisation avant de recourir à
l'arbitrage en cas de mésentente sur l'interprétation d'une clause. Donc, ça, ça réfère à une conversation que
nous avions eue plus tôt, là, sur le CRT, là, que ça, ça peut se retrouver à la
convention collective et donc, maintenant, faire partie des discussions du CRT
si les parties en conviennent?
• (18 heures) •
M. Boulet : ...là,
je vais le redire, parce que je l'ai déjà expliqué. On retire l'autorisation
préalable de la CCQ. Ça, c'était un irritant
majeur identifié, notamment, par les associations syndicales, quand il y a un
grief d'interprétation ou de mésentente. Après ça, on s'assure que la
prescription d'un recours au civil soit suspendue quand il y a un grief
d'interprétation sur la chose. Et vous le savez, là, puis il y a une décision
qui a été rendue dans Électricité Tri-Tech, qui dit que la sentence arbitrale a
autorité de chose jugée et que les poursuites... le tribunal civil est donc lié
par cette décision-là. Donc, c'est la raison pour laquelle le délai est
suspendu. C'est aussi simple que ça, l'article 26.
Mme Cadet : D'accord.
Donc, ça découle, donc... C'était ma prochaine question, donc, avant, comment
ça se produisait. Mais, dans le fond, le fait, donc, de dire «à compter de sa
réception par la Commission de la manière prévue par celle-ci», donc, découle,
là, de cette décision.
M. Boulet : Ça
interrompt le délai, tout à fait.
Mme Cadet : Ça
découle de cette décision à laquelle vous faites référence.
M. Boulet : Oui,
oui... Oui.
Mme Cadet :
Merci.
M. Boulet :
Merci.
La Présidente (Mme
D'Amours) : Merci. Est-ce que l'article 26 est adopté?
Des voix :
Adopté.
La Présidente (Mme
D'Amours) : Adopté. Bon, lors de la séance du 30 avril, nous
avions convenu de suspendre l'étude de l'article 56 et de l'étudier dans
ce bloc-ci, après l'article 26. Est-ce que... Je dois vous demander s'il y
a consentement pour reprendre l'étude de l'article 56.
Des voix : Consentement.
La Présidente (Mme D'Amours) : Consentement.
Donc, M. le ministre, je vous demanderais de faire la lecture de
l'article 56, s'il vous plaît.
M. Boulet : Oui,
merci. L'article 120 de cette loi est modifié :
1° par
le remplacement, dans le paragraphe a, de «239 $ et d'au plus
1 157 $» par «500 $ et d'au plus 2 500 $»;
2° par
le remplacement, dans le paragraphe b, de «887 $ et d'au plus
3 822 $» par «1 500 $ et d'au plus 7 500 $»;
3° par la
suppression des paragraphes c et d.
Donc, c'est la
revalorisation minimale, maximale des amendes, en concordance — en
fait, je me suis répété à de multiples occasions — avec l'article 58
du projet de loi. 58 supprime c et d concernant les récidives, pour des raisons
de concordance. Donc, je pense que je me suis répété trop souvent. Merci, Mme
la Présidente.
La Présidente (Mme
D'Amours) : Merci. Est-ce qu'il y a des commentaires sur 56? Mme la
députée de Bourassa-Sauvé.
Mme Cadet : Oui. Peut-être juste
pour me rafraîchir la mémoire. En fait, pourquoi on avait suspendu...
M. Leduc : ...les sujets de grief,
ce qu'on vient...
Mme Cadet : Ah! c'est parce que
c'était lié à l'article 62. OK. OK.
M. Boulet : Au cas ou, au cas où.
M. Leduc : J'avais de l'espoir à ce
moment-là.
La Présidente (Mme D'Amours) : Donc,
l'article 56 est-il adopté?
Des voix : Adopté.
La Présidente (Mme D'Amours) : Adopté.
L'article 60, M. le ministre, s'il vous plaît.
M. Boulet : Merci, Mme la
Présidente. L'article 123.1 de cette loi est modifié :
1° dans le premier alinéa :
a) par le remplacement, dans le paragraphe 2°,
de «les activités» par «les tâches et les activités»;
b) par l'insertion, après le paragraphe
13.2°, des paragraphes suivants :
«13.3° établir les modalités...»
En fait, c'est une concordance. Puis j'ai un
amendement, là. Je pense que, si vous me permettez de ne pas le lire, je ne
lirais que l'amendement. Ça serait correct?
Des voix : ...
La Présidente (Mme D'Amours) : ...Mme
la députée.
Mme Cadet : En premier. Ah! selon la
procédure. OK.
La Présidente (Mme D'Amours) : Bien
oui, parce qu'il était déjà sur Greffier et vous étiez...
Mme Cadet : Ah! il était sur
Greffier avant le nôtre?
M. Boulet : Il était déjà déposé,
oui.
Mme Cadet : OK.
La Présidente (Mme D'Amours) : Oui,
c'est ça, exactement.
Mme Cadet : On l'a déposé il y a
longtemps aussi, M. le ministre.
La Présidente (Mme D'Amours) : Et,
même, il y a une prérogative que c'est le ministre qui doit déposer son
amendement.
Mme Cadet : Ah! c'est toujours...
OK, il a toujours prérogative?
La Présidente (Mme D'Amours) : Oui,
oui, oui.
Mme Cadet : D'accord.
La Présidente (Mme D'Amours) : Donc,
M. le ministre, si vous voulez bien nous lire l'amendement, s'il vous plaît.
M. Boulet : ...article 60,
article 123.1 de la loi :
Remplacer l'article 60 du projet de loi par
le suivant :
60. L'article 123.1 de cette loi est
modifié :
1° dans le premier alinéa :
a) par le remplacement du paragraphe 2° par
le suivant :
«2° déterminer les tâches et les activités
comprises dans un métier, de même que les cas et les conditions dans lesquels un détenteur de certificat de
compétence-occupation peut exercer une activité comprise dans un métier;»;
b) par l'insertion, après
le paragraphe 13.2°, du suivant :
«13.3° déterminer des normes et une procédure de
reconnaissance de la formation et des diplômes délivrés hors du Québec afin de
travailler dans l'industrie de la construction;»;
2° par le remplacement, dans le cinquième alinéa,
de «, des autochtones, des personnes qui font partie d'une minorité visible en
raison de leur race ou de la couleur de leur peau et des immigrants en vue de
favoriser leur accès, leur maintien et» par «et des personnes représentatives
de la diversité de la société québécoise en vue de favoriser leur accès, leur
maintien et leur rétention ainsi que».
Commentaire. L'amendement, donc, vise à modifier
123.1, qui énumère les matières sur lesquelles la CCQ peut prendre des
règlements. Donc, il y a trois modifications.
La première, c'est en concordance avec la
modification proposée à 85.6, donc elle va être habilitée, la CCQ, à déterminer
les cas et les conditions dans lesquels les détenteurs d'un certificat de
compétence-occupation pourront exercer une activité comprise dans le... la
description d'un métier. Dans les descriptions de métiers, il y a des tâches,
et la CCQ pourra déterminer des activités pour permettre aux détenteurs de
certificat de compétence-occupation de pouvoir les exercer.
Deuxièmement, en concordance avec le retrait de
l'article 29 du projet de loi, la référence au fonds de rétroactivité
salariale serait retirée.
Troisièmement,
remplacer l'expression «intégrer l'industrie de la construction» par
«travailler dans l'industrie de la construction» afin de permettre à la
CCQ de déterminer des normes et des procédures de reconnaissance de formation, non seulement en vue de l'intégration
de... dans l'industrie, mais également à l'occasion du renouvellement
des certificats de compétence. Donc, c'est tout, c'est complet.
La Présidente (Mme D'Amours) : Merci.
Je suspends les travaux quelques minutes.
(Suspension de la séance à 18 h 06)
(Reprise à 18 h 10)
La Présidente (Mme D'Amours) : Nous
reprenons nos travaux. M. le ministre, il y avait une... un quiproquo sur, bon, la version que nous avions et
celle que vous avez lue, alors je vous demanderais de lire l'amendement
sur l'article 60, mais je vous épargne de lire les commentaires. Ça fait
que, donc, s'il vous plaît, si vous voulez bien reprendre la lecture de votre
amendement.
M. Boulet : Oui. Merci.
Article 60, article 123.1 de la loi :
Remplacer l'article 60 du projet de loi par
le suivant :
60. L'article 123.1 de cette loi est
modifié :
1° dans le premier alinéa :
a) par le remplacement du paragraphe 2° par
le suivant :
«2°
déterminer les tâches et les activités comprises dans un métier, de même que
les cas et les conditions dans lesquels un détenteur de certificat de
compétence-occupation peut exercer une activité comprise dans un métier;»;
b) par l'insertion, après le
paragraphe 13.2°, du suivant :
«13.3° déterminer des normes et une procédure de
reconnaissance de la formation et des diplômes délivrés hors du Québec afin de
travailler dans l'industrie de la construction;»;
2° par le remplacement, dans le cinquième
alinéa, de «, des autochtones, des personnes qui font partie d'une minorité
visible en raison de leur race ou de la couleur de leur peau et des immigrants
en vue de favoriser leur accès, leur
maintien et» par «et des personnes représentatives de la diversité de la
société québécoise en vue de favoriser leur accès, leur maintien et leur
rétention ainsi que».
C'est tout. Merci.
La Présidente (Mme D'Amours) : ...commentaires
sur l'amendement du ministre? Oui, Mme la députée de Bourassa-Sauvé.
Mme
Cadet : Oui. Bien, de... Bien, tout simplement dire que je
suis en... donc, en faveur, donc, des différentes modifications
apportées par le ministre par son amendement.
Bien, d'abord, au niveau de la modification
quant à «déterminer les tâches et les activités comprises dans un métier, de même que les cas et [...] conditions
dans lesquels un détenteur de certificat de compétence-occupation peut exercer une activité comprise dans un métier»,
c'est tout à fait complémentaire, donc, à l'amendement, donc, que j'ai déposé
hier, si je ne m'abuse.
Et, par la suite, bien, j'aimerais remercier le
ministre pour l'inclusion, donc, du terme «leur rétention ainsi que» quant à... donc, un... donc, un alinéa,
donc... donc l'alinéa 13... le cinquième alinéa, voilà, donc, dans le
cinquième alinéa, du qualificatif «leur rétention», donc, tout à fait
analogue aussi, donc, à ce que j'ai déposé par le passé.
D'ailleurs, j'en profite, Mme la Présidente...
En fait, mon amendement que j'avais, donc, dans cet article-ci visait à faire exactement la même chose, donc à
ajouter «leur rétention», donc, à cet article-là. Donc, il y aura retrait,
donc, de mon amendement dans ce cas-ci, puisque l'amendement du ministre
inclut ma recommandation. Merci.
M.
Boulet : ...significatif, effectivement.
Mme Cadet : Merci
beaucoup.
La Présidente (Mme
D'Amours) : Est-ce qu'il y a d'autres commentaires sur l'amendement de
l'article 60? Est-ce que l'amendement est adopté?
Des voix : Adopté.
La Présidente (Mme D'Amours) : Adopté.
Nous revenons à l'article 60 tel qu'amendé. Il y a des commentaires?
S'il n'y a pas de commentaire, est-ce que l'article 60, tel qu'amendé, est
adopté?
Des voix :
Adopté.
La
Présidente (Mme D'Amours) :
Nous passons maintenant au plan de travail, au bloc Mobilité de la main-d'oeuvre,
et nous serions à l'article 25. M. le ministre, s'il vous plaît.
Des voix :
...
M. Boulet : Merci,
Mme la Présidente.
25.
L'article 61.2 de cette loi est modifié par l'insertion, après le
paragraphe 4.1°, du paragraphe suivant :
«4.2° limiter la
mobilité d'un salarié pouvant être affecté partout au Québec en vertu d'un
règlement de la Commission pris en application du paragraphe 13° du
premier alinéa de l'article 123.1 ou restreindre la liberté d'un employeur
d'embaucher un tel salarié;».
Commentaire. Donc,
l'article introduit un nouveau paragraphe à 61.2, qui ferait en sorte qu'une
clause d'une convention ne puisse pas limiter la mobilité d'un travailleur
préférentiel ou restreindre la liberté d'un employeur d'embaucher de tels
travailleurs préférentiels aux termes du Règlement sur l'embauche et la
mobilité des salariés dans l'industrie de la construction.
Je ne sais pas si
vous souhaitez que je revienne un peu sur des explications générales que
j'avais déjà données, là, sur la notion de... En fait, il y a 12 régions
de placement au Québec, et la mobilité est déterminée en vertu d'un règlement
sur l'embauche et la mobilité. Puis il y a la notion de travailleur
préférentiel. Le travailleur préférentiel, c'est celui qui peut suivre son
employeur. Actuellement, pour le faire, pour être mobile... Encore une fois, la
mobilité, je vais le répéter souvent, ce n'est pas une obligation, c'est un
droit. Il n'y a pas personne qui est contraint de bouger d'une région à
l'autre, mais c'est une faculté. Pour un homme détenteur d'un certificat
compétence-compagnon, actuellement il doit avoir complété 1 500 heures
pour être un travailleur préférentiel, donc pour pouvoir suivre son employeur.
Pour une femme, c'est 500. Dans le projet de loi, on ne fait que baisser le
seuil de 1 500 à 750 pour les hommes et de 500 à 400 pour les femmes et on
intègre, évidemment, les groupes issus de la diversité québécoise dans le seuil
de 400. Donc, tu peux suivre, après 400 heures, ton employeur.
Pour, maintenant, une
pleine mobilité, je pense qu'on va le voir plus tard, mais je le dis tout de
suite, là, pour pouvoir suivre un autre employeur que le tien, là on a mis un
seuil à 15 000 heures travaillées pour les détenteurs de certificat compétence-compagnon. Évidemment, on a
maintenu la règle qui prévoit une priorité d'embauche régionale.
Suite
à ça... Bon, évidemment, le but, là, c'était de conférer une possibilité, parce
qu'il y a des projets industriels qui
ont été retardés, qui ont été suspendus faute de travailleurs. Il y a beaucoup
de régions où on a besoin de travailleurs additionnels. Puis j'ai
regardé les statistiques de la CCQ. Tu sais, ceux qui prétendaient que Montréal
allait... les travailleurs, travailleuses de Montréal allaient aller dans les
régions, ce n'est pas le cas. C'est des travailleurs, travailleuses de région qui vont à Montréal, parce qu'ils font 96 %
de leurs heures à Montréal. Ça, c'est superimportant de le mentionner.
Ce n'est pas pour déplacer, on respecte la priorité, mais c'est pour répondre à
des besoins, des besoins dans toutes les
missions fondamentales de l'État. Et il y a des entrepreneurs de région, que ce
soit l'Outaouais, l'Abitibi-Témiscamingue, la Mauricie, qui ne peuvent
pas souvent se déplacer avec leurs salariés d'expérience, parce que, bon, les
salariés d'expérience, ils ne peuvent pas les suivre. Donc, je pense qu'on
confère un levier additionnel qui est costaud pour permettre de mieux répondre
à nos besoins dans l'industrie de la construction.
Puis peut-être mon
dernier commentaire, c'est de dire que cette mobilité-là, elle est permise. Il
n'y en a pas, d'obstacle à la mobilité dans d'autres secteurs. Tu as droit de
domicilier. Il y a des règles de droit privé qui sont reconnues par nos
chartes. Tu as droit de loger à un endroit, d'habiter à un endroit sans être
limité dans ta capacité d'aller travailler ailleurs. Évidemment, il y a des
recours judiciaires, ça fait que c'est sûr que je n'embarquerai pas,
évidemment, parce que c'est sub judice, là, c'est sous des procédures
judiciaires, ça fait que...
Mais,
essentiellement, c'est ça, on veut simplifier. Non, mais, collègue, en génie
civil, voirie, là, il y a 13 métiers où il y a une pleine mobilité. En
institutionnel, commercial et industriel, il y a des règles de mobilité, des
obstacles puis il y a des quotas, jusqu'à
20 % de tes salariés. Les conventions collectives, il y a différentes
clauses qui constituent des obstacles à la mobilité, des fois qui en
permettent plus. On a voulu avoir une règle simple, qui s'appliquait de la même
manière à tout le monde, pour des motifs complètement légitimes, c'est-à-dire
de répondre aux besoins du monde du Québec, qui ont besoin qu'on bâtisse mieux,
mais partout au Québec, et la mobilité est un levier qui nous apparaît
extrêmement important.
Et donc on dit : Quand c'est pour le même
employeur, c'est 750 heures ou 400 heures, tu peux suivre ton employeur — ce
n'est quand même pas si spectaculaire que ça — puis tu peux suivre un autre
employeur quand tu as accumulé 15 000 heures. Donc,
c'est quand même un certain nombre d'années, tu as acquis de l'expérience, tu
es souvent une personne fidèle, loyale et extrêmement bénéfique pour les
entrepreneurs. Et moi, j'en ai rencontré, des électriciens, des électriciennes,
des gens de métier sur des chantiers qui m'ont dit : Moi, n'eût été des
obstacles à la mobilité, je serais allé dans telle région. On le fait pour le bénéfice
de tout le monde sans forcer personne. Si tu veux continuer de travailler sur
un chantier à Sherbrooke, on ne forcera pas la personne à aller à Baie-Comeau,
mais elle pourrait le faire, et les entrepreneurs pourraient bénéficier des
services de leurs personnes qui ont de l'expérience.
• (18 h 20) •
750 heures, ce n'est
pas tant, et, pour un autre employeur, 15 000 heures, ce n'est pas un bar
ouvert. J'ai dit : Pour la polyvalence, ce n'est pas un bar ouvert. Les
employeurs me demandent la pleine mobilité sans obstacle, comme dans tous les
autres secteurs de notre économie de marché, même si je sais que ça ne plaît
pas à tout le monde, et il y a des associations syndicales qui disent non mais
pour des raisons de protection des salariés qui vivent dans des régions. Mais
on va s'assurer...
Il y a des déficits
de main-d'oeuvre — de
toute façon, partout, il manque de tous les métiers partout — et ça
va être de même pendant des années. Les prévisions, les projections de la CCQ,
les projections du PQI, à 153 milliards, puis les projections d'Hydro-Québec,
c'est la filière énergie, c'est full de besoins, puis on manque de monde, puis
on manque d'efficacité, puis je n'ai pas tous les leviers dans la R-20. Tu
sais, il y a d'autres affaires que mes collègues... sur lesquelles ils
travaillent, mais, les leviers que nous avons, on va les utiliser, puis
j'anticipe qu'il y en a qui m'en demandent plus puis il y en a qui m'en
demandent moins.
Alors, j'ai dit au
départ que c'est un projet de loi qui était modéré, équilibré et perfectible,
puis on l'a amélioré à bien des égards, puis moi, je suis prêt à vous entendre.
Sur la mobilité, il y a quatre articles. Merci.
La Présidente (Mme
D'Amours) : Mme la députée de Bourassa-Sauvé.
Mme Cadet : Merci,
Mme la Présidente. J'écoutais le ministre, j'ai l'impression d'avoir entendu la
question que j'ai posée aujourd'hui en... au
salon bleu sur les besoins de travailleurs, notamment dans le secteur de
l'habitation, dans la filière batterie, pour paver nos routes, puis, notamment
sur Hydro-Québec, hein, c'est un peu la question que je posais, je
disais, là : Il nous en faut, donc, des travailleurs. Donc, les besoins
sont grandissants, puis l'Opération main-d'oeuvrene... donc, ne comblera pas,
donc, les besoins exprimés par Hydro-Québec.
Dans ce contexte-là,
puis vous l'avez nommé, dans un contexte où cette pénurie de main-d'oeuvre,
dont je parle souvent également au salon bleu et à tous les instants, est une
pénurie de main-d'oeuvre qui est structurelle, qui est le résultat, donc, de nos défis démographiques ici, au Québec, quand
vous dites «règle simple», pourquoi ici, à 61.2, le libellé, donc, qui
est ajouté ici n'est pas : «Une clause de convention collective ne peut
limiter la mobilité d'un salarié», point? Donc, on enlèverait, donc, le reste.
Donc, règle... règle toute simple. C'est vous qui avez...
M. Boulet :
Je viens de dire...
Mme Cadet : C'est
vous qui avez utilisé le terme.
M. Boulet : J'avais
anticipé qu'il y en a qui en demanderaient plus.
Mme Cadet : Bien
oui. Bien, je vous... Vous nous avez invités, donc, à vous poser ces questions.
Vous venez de... Vous venez de le faire.
Donc, la porte était grande ouverte. Donc, je veux... je veux vous entendre,
parce que vous avez dit, donc :
On a souhaité ici mettre une règle simple. Puis je... Puis je sais très bien où
vous logez, M. le ministre, puis vous venez aussi, donc, de...
d'exprimer le fait que, bon, vous avez souhaité le... indiquer... mettre, donc,
le curseur, donc, à... donc, à un certain
endroit, donc, qui vous convient. Donc, ça, je l'entends. Mais, dans la
perspective où l'argumentaire que vous faites est essentiellement, donc,
celui que je répète en Chambre à de nombreuses reprises, celui que j'ai fait
aujourd'hui même, notamment quant aux besoins d'Hydro-Québec, vous venez
d'indiquer qu'il fallait mettre une règle simple, il me semble que le libellé
que j'évoque ici, là... ce n'est pas un amendement, là, ce n'est pas un
amendement, mais le libellé que j'évoque ici, il me semble que ça répond à ce
que vous dites ici, donc, «règle simple».
M. Boulet : Oui.
Évidemment, ça me permet de faire le commentaire que, dans la filière énergie,
on a adopté une disposition qui permet aux monteurs de lignes sur diplomation
d'accéder à l'industrie de la construction sans respecter des règles de
quantité ou sans passer par les bassins.
Ici, ce que vous me
dites : Pourquoi limiter encore la mobilité? Bon, les travailleurs
préférentiels, on diminue quand même substantiellement les seuils, puis ça
s'applique aux certificats compétence-compagnon et les certificats
compétence-occupation. Je pense que ça permet une mobilité accrue qui est
intéressante. Puis 750 heures, bien, ça permet
à un entrepreneur d'avoir déjà développé un niveau de confiance quant à la
qualité et la quantité de la prestation de travail de son salarié. Puis,
dans le cas des femmes et des groupes issus de la diversité, c'est 400 heures.
C'est peu, mais ça prenait un seuil à
quelque part. Le 15 000 heures, bien, c'est une mobilité quand même
passablement accrue puis c'est une règle qui est facile d'application,
qui est facile à comprendre, qui est la même pour tout le monde, et c'est
l'avenue que j'ai décidé d'emprunter pour des raisons d'équilibre et de
modération. Mais là vous me demandez d'être un peu moins modéré, et je vous ai
entendue.
La Présidente (Mme D'Amours) : ...
Mme Cadet : Merci,
Mme la Présidente. J'écoute les ministres... le ministre, puis je souris, parce
que ce que j'entends, c'est qu'essentiellement, pour vous, et étant donné l'argumentaire
que vous faites, c'est une position de compromis, donc... puis c'est... c'est
correct, mais, moi, la question que je vous pose, c'est que, sur le fond, là,
s'il n'y avait pas eu... si vous n'aviez pas senti cette nécessité-là... Parce
que, quand vous dites qu'il y a des besoins dans l'ensemble des régions du
Québec, quand vous dites que c'est important, donc, de... d'effectuer, donc,
ces différentes avancées là, que la pénurie de main-d'oeuvre, elle est
structurelle puis que l'impact sur... Puis, évidemment, c'est sûr qu'on se...
on se soucie tous, là, donc, de l'impact sur les travailleurs, c'est certain,
mais, étant donné ces pénuries de main-d'oeuvre et les chiffres de la CCQ, qui
nous parle, donc, des taux de travail, notamment, donc, par exemple, on va
penser à la grande région de Montréal, là... normalement, on va parler, donc,
des grands centres, mais la région de Montréal, donc, c'est 92 % ou
96 %, là, je n'ai pas les chiffres devant moi, des travailleurs qui sont,
donc, dans leurs régions. Ce que j'entends, c'est que, sur le fond, vous ne
voyez pas... vous ne voyez pas, donc, de nécessité d'aller là. Puis, je
comprends, vous avez voulu... vous avez posé votre curseur à cet endroit-là,
vous l'avez exprimé, mais ce qui sous-tend votre argumentaire, c'est que le
fait... c'est qu'aujourd'hui, en 2024... puis, à un autre moment dans
l'histoire, évidemment, on en a eu besoin, je pense qu'il n'y a personne qui
nie ça, à une autre époque de notre histoire. Si ces clauses se retrouvent là
puis qu'elles se sont retrouvées ici pendant si longtemps, c'est parce que le
besoin, il a existé, c'est indéniable. Aujourd'hui... j'y allais de mémoire
tantôt, mais c'est effectivement, donc, 96 %, donc, des salariés locaux
qui travaillent dans la région de Montréal. Donc, ça... je précise cette
donnée-là.
Si on se retrouvait dans 10 ans, par
exemple, tu sais, est-ce que vous auriez la même... est-ce que vous auriez la
même position circonstancielle?
M. Boulet : ...si je me projette
dans l'avenir, dans 10 ans, est-ce que... En fait, ce n'est pas un
compromis, c'est plus une position d'équilibre.
Mme Cadet : OK. Allez-y.
M. Boulet : J'aime mieux le mot
«équilibre». Donc, si je me projette dans 15 ans, c'est difficile, hein,
c'est une question tellement hypothétique. Notre souhait profond à nous tous,
j'espère, c'est qu'il y ait plus de monde puis qu'on construise plus et mieux. Puis les leviers que nous confère cette
loi-là, il faut les exploiter de la meilleure manière possible.
Ceci dit, je suis quand même d'avis que le 750
heures, c'est raisonnable, au-delà d'être équilibré. Puis le 15 000 heures
pour passer d'un employeur à l'autre partout au Québec, au-delà d'être
équilibré, c'est raisonnable. Et, si je me projette dans 10 ans, comme vous me
demandez de le faire, j'aurais de la misère à répondre, mais on va le voir.
C'est une réponse un peu simpliste, mais j'anticipe que ça génère des résultats
intéressants pour... pas toutes les régions, là, je veux dire, ce n'est pas
toutes les régions qui vont avoir tous les... des grands projets industriels,
que ce soit la filière batterie ou la filière énergie, mais j'anticipe que ça
va aider des régions à se développer, ça va aider des régions à devenir plus
attractives. Et, dans 10 ans, on va, je le souhaite, le constater, que des
régions qui ont plus de peine à se
développer vont pouvoir le faire mieux, grâce à beaucoup de choses, mais notamment
la mobilité. Notamment, le petit
corridor que la mobilité jouera, je pense que ce sera un facteur contributif au
développement social et économique de ces régions-là.
Mme Cadet : Merci. Merci, Mme la
Présidente.
La
Présidente (Mme D'Amours) : Merci. Est-ce qu'il y a d'autres commentaires?
Oui, M. le député. Il reste quelques secondes.
Une voix : ...
La
Présidente (Mme D'Amours) : Ça va... Oui, c'est ça. Donc, je vais suspendre,
je vais arrêter nos travaux, je vais ajourner.
Une voix : ...
La Présidente (Mme D'Amours) : Parfait.
Je vous remercie pour votre collaboration.
Compte tenu de l'heure, j'ajourne la commission,
ses travaux sine die.
(Fin de la séance à 18 h 30)