(Onze heures trente minutes)
La Présidente (Mme D'Amours) : Bonjour,
tout le monde. Ayant constaté le quorum, je déclare la séance de la Commission
de l'économie et du travail ouverte.
La commission
est réunie afin de poursuivre l'étude détaillée du projet de loi n° 51, Loi modernisant l'industrie de la construction.
Mme la secrétaire, y a-t-il des remplacements?
La
Secrétaire : Oui, Mme la Présidente. M. Tremblay (Dubuc) est remplacé par Mme Mallette (Huntingdon).
Étude
détaillée (suite)
La Présidente (Mme D'Amours) : Merci.
Lors de l'ajournement de nos travaux d'hier, selon notre plan de travail, nous... nous étions, pardon, rendus au
sujet 12, portant sur la modalité de la main-d'oeuvre. Plus précisément,
nous étions à l'étude de
l'article 25, et je crois que nous étions rendus à l'intervention du
député d'Hochelaga-Maisonneuve.
M. Leduc : Oui. Merci, Mme la
Présidente. Moi, ce que j'allais poser comme question hier au ministre, c'est
s'il pouvait juste très rapidement nous expliquer, parce que, là, on a comme
trois, quatre clauses dans ce bloc-là... quatre
articles, qu'est-ce qui change quoi, là. Là, je pense, le 25, c'est
l'interdiction de négocier des nouvelles clauses... S'il peut juste nous
résumer le bloc, dans le fond, qu'on ouvre aujourd'hui.
M. Boulet : En fait, puis pour le
bénéfice de tout le monde, un petit peu réitérer ce que j'ai mentionné hier. Donc, il y a 12 régions de placement, au
Québec, dans l'industrie de la construction, et la mobilité est très
asymétrique. Il y a une pleine mobilité pour 13 métiers dans le génie
civil et la voirie, qui n'a jamais comporté d'enjeu négatif. Dans l'industriel, commercial et institutionnel,
il y a une mobilité, mais qui, parfois, est assujettie à des quotas de
20 %. Bon, il y a plusieurs distinctions, là, dépendamment des
conventions collectives par secteur.
La mobilité, elle est bénéfique pour répondre au
déficit de main-d'oeuvre dans les régions, dans tous les métiers de la construction et pour répondre à des
besoins de développement de construction. J'ai référé à toutes les missions
essentielles de l'État : la santé, c'est les hôpitaux, les écoles, les
projets industriels découlant de la filière batterie et de la filière énergie,
évidemment, des besoins exprimés abondamment par Hydro-Québec. Et le but du
projet de loi, c'est de s'assurer qu'il y ait une règle claire, précise,
applicable à tout le monde, et ça se décline en deux points. Puis, en fait, ils ne sont pas tous dans le premier
article, il y a quatre articles, mais les travailleurs préférentiels, ça, c'est
ce qui permet à un travailleur de suivre son employeur dans une autre
région.
Actuellement, un travailleur préférentiel qui
est un homme peut suivre son employeur, donc peut être mobile s'il a complété 1 500 heures dans 24 des
26 mois précédents. En ce qui concerne les femmes, c'est 500 heures.
Puis la mobilité, évidemment, ce n'est pas une obligation, ce n'est pas un
impératif, c'est un... c'est un droit, c'est une faculté, comme dans
tous les secteurs d'activité économique au Québec.
Ce que le projet de loi propose, c'est que, pour
les hommes, le 1 500 heures soit abaissé à 750 heures et que,
pour les femmes... que le seuil soit abaissé à 400 heures, donc, de 500 à
400, et que les groupes issus de la diversité québécoise, sans les répéter,
bénéficient du seuil de 400 heures pour, évidemment, les objectifs qu'on a
déjà discutés. Et donc les femmes et les groupes issus de la diversité
québécoise, après 400 heures, dans le même délai, pourraient suivre leur employeur, toujours dans un contexte
où la priorité d'embauche régionale, elle est maintenue, contrairement à
ce qu'on peut avancer dans certains milieux.
Maintenant, le dernier point, c'est ce qu'on
appelle la mobilité pour un autre employeur. S'il y a des projets industriels
dans une autre région, et c'est pour un autre employeur, là ça requiert d'avoir
complété 15 000 heures. Donc, ça
permet à une personne un peu plus expérimentée d'aller travailler dans une
région pour répondre à des projets. Et ça, ça a été vécu, puis, je l'ai
mentionné hier, j'ai rencontré électriciens puis gens de métier qui me
disaient : Moi, n'eût été des obstacles à la mobilité, je serais allé
aider à construire telle entreprise dans telle région. Il y a des gens de
régions qui m'ont dit en Abitibi-Témiscamingue et dans d'autres régions :
Moi-même, comme entrepreneur, si je pouvais amener mes travailleurs, je
pourrais aller faire des travaux dans une autre région. Et donc, à
15 000 heures, tu peux te déplacer, tu peux être mobile, toujours de
manière facultative, peu importe l'identité de l'employeur.
Les chiffres que nous avions... Parce que je
sais que le collègue de Jean-Talon nous avait parlé de données, parce qu'il y
avait des appréhensions que les gens de Montréal viennent en région. Et la
réalité démontre que c'est l'inverse. Les gens de Montréal complètent à peu
près 96 % de leurs heures de travail dans la région de Montréal. Et il
manque de monde, on est en déficit pendant des années. Les projections de la
CCQ, les besoins exprimés par Hydro-Québec et le PQI à 153 milliards
pour... d'ici 2034, les besoins sont immenses. Les déficits sont importants, et
donc ça requiert l'utilisation de plusieurs leviers qui sont dans la
loi R-20, et la mobilité est un de ces leviers-là. Et, si vous avez besoin... Les données que j'ai
là-dessus, c'est par région puis les pourcentages d'heures qui sont complétées.
Donc, la mobilité est un atout. La mobilité
n'est pas un impératif, mais la mobilité permet d'exercer des droits individuels
et permet de répondre à des besoins collectifs.
Donc, j'ai
répété une deuxième fois ce que j'ai exprimé hier, c'est sommaire, mais c'est
complet, Mme la Présidente.
La Présidente (Mme D'Amours) : Merci.
M. le député d'Hochelaga-Maisonneuve.
M. Leduc : Je remercie le ministre,
ça m'aide à placer les différentes clauses, les différents articles qu'on aura
à débattre. Donc, ce que je comprends, c'est que la... celle qui est à l'étude
en ce moment, donc l'article 25, vise à rajouter une limitation à la
négociation de conventions collectives. Puis là je regarde l'article original,
là, le 61.2, il y a un, deux, trois, quatre,
cinq, six, sept, huit, neuf restrictions, hein, qui donnent une espèce de
périmètre de qu'est-ce qu'on ne peut pas négocier dans le cadre d'une
convention collective de la construction. Il y a plusieurs choses qui sont
assez logiques, là, les... J'en... j'en ai quelques-unes : accorder une
préférence à une association représentative, porter atteinte à un droit d'un
salarié sur la base d'une discrimination par rapport à son allégeance
syndicale, porter sur une agence de placement, limiter le libre choix de
l'employeur de requérir les services d'un salarié, etc. C'est toutes des choses
qui sont comme un peu dans l'écosystème, je dirais, de relations de travail.
Mais là où je suis en complet désaccord avec
l'approche du ministre sur cet article-là, c'est qu'il vient prendre ce qui
m'apparaît, moi, être une condition de travail, des choses qui ont été
librement négociées dans les conventions collectives... dans certaines
conventions collectives, comme il l'expliquait lui-même, à savoir des limitations à la mobilité de main-d'oeuvre pour
toutes sortes de raisons. Puis M. le ministre et moi, on ne sera peut-être pas
d'accord sur les motifs qui ont poussé, historiquement, les représentants des
travailleurs à négocier ces clauses-là dans les conventions collectives, mais
ça a été négocié, ça a été négocié librement.
Et là M. le ministre prend quelque chose qui est
une condition de travail, qui détonne avec le reste des limitations qui sont déjà présentes à 61.2, puis il vient dire :
Voilà, ce genre de conditions de travail là, vous ne pourrez plus les
négocier dans les prochaines conventions collectives. Moi, je trouve que ça
détonne beaucoup avec le reste de son approche, en général, en négociation, en
général, dans le droit du travail, où est-ce qu'il fait confiance aux gens pour
négocier des choses. Il détonne de ça, il déroge de cette approche-là puis il
dit : Non, non, ça, la mobilité, c'est terminé, vous ne pouvez plus en
discuter dans vos conventions collectives. Est-ce que le ministre constate
qu'il est un peu en contradiction avec lui-même par rapport à d'autres sujets?
La Présidente (Mme D'Amours) : M. le
ministre.
M. Boulet : Je pense que l'intérêt
du Québec le requiert. Les motifs sont parfaitement légitimes. Il y a une
pénurie de main-d'oeuvre dans tous les métiers. On a besoin de construire, les
Québécois et les Québécoises ont des attentes.
Et c'est un levier qui va nous permettre de faire plus. Maintenant, quant à
l'approche, on pourrait en discuter. Mais je reviens aux consultations
particulières. Il y avait une unanimité du côté des associations d'employeurs,
une unanimité, en fait, pour que j'aille
plus loin en matière de mobilité, qu'il n'y ait aucun obstacle. Quant à mon
intervention, mon historique ou peu importe, même si ce n'est pas
pertinent à notre discussion, tout ce qui est dans la Loi sur les normes du
travail, c'est des conditions de travail.
• (11 h 40) •
Tout ce qui
est dans la loi santé et sécurité, il y en a plein, de conditions de travail.
En équité salariale, il y en a plein, de conditions de travail qui rehaussent les contenus des conventions
collectives de travail pour des raisons totalement légitimes. Ça fait
qu'on n'en est pas à notre première puis vous n'êtes pas non plus à votre
première, de dire : On va se servir de
la loi pour préciser, répondre à des impératifs sociaux, collectifs et
s'assurer aussi que ce soit clair, qu'il y ait une règle qui s'applique partout, parce que là de décoder tout ce qui
peut se faire, tous les obstacles dans les différentes conventions collectives... Je pense que, là, notre
règle nous permet d'y voir clair et de s'assurer que la mobilité soit bénéfique
pour tout le monde.
M.
Leduc : Dans un article précédent, le ministre a utilisé
lui-même un argument qu'il a servi à mes collègues de l'opposition officielle pour retirer
l'interdiction de négocier de la rétro. J'étais content qu'il le fasse, retirer
l'interdiction, et j'étais content qu'il utilise l'argument de la libre
négociation. Or, force est de constater qu'on est 100 % à reculons avec cet argument-là dans la clause actuelle où il
y a des contenus de conventions collectives qui sont librement négociés, pas
systématiques non plus, et que le ministre vient dire : «No, no, no!»
C'est terminé, ça ne pourra plus se faire, ce type de conditions de travail est
interdit à la négociation. Alors, on ouvre les valves avec l'argument de la
libre négo sur la rétroactivité salariale,
mais on ferme les valves sur la mobilité, puis là la libre négociation n'est
plus évoquée comme argument. C'est comme... il y a une contradiction qui
m'apparaît évidente.
M. Boulet : J'ai tout dit, Mme la
Présidente.
M.
Leduc : L'autre chose qui m'inquiète, Mme la Présidente,
au-delà de ce qui m'apparaît être l'apparente contradiction des
arguments du ministre, que je regrette, c'est la... la... je vais choisir bien
mes mots, le côté légal de sa clause. Puis la... On a eu un échange, la semaine
dernière, sur une proposition que je soumettais, qu'il jugeait
anticonstitutionnelle. On a... on s'est un peu colletaillés là-dessus. Le
ministre n'est pas sans savoir qu'il y a un arrêt important dans la Cour
suprême, qui s'appelle Health Services, qui était un dossier en Colombie-Britannique,
si je me rappelle
bien, où la Cour suprême avait considéré qu'il n'y avait pas eu libre
négociation dans le cadre... je pense que c'était le secteur de la santé
qui était en négociation avec la province de la Colombie-Britannique. Et ce
jugement-là, il le connaît, le ministre, a
fait office de jurisprudence très forte pour ouvrir, justement, les valves de
la libre négociation, là. Est-ce que le ministre est en train de me dire
qu'à son avis et à l'avis de ses juristes de son ministère l'article 25
qu'il nous soumet aujourd'hui est conforme à Health Services et à la jurisprudence
en droit du travail actuel?
M.
Boulet : Je vais être assez bref. Il y a un risque de
contestation. Nos chances de succès sont importantes en raison de la
légitimité des motifs que j'ai présentés devant vous. Et, oui, ça a été fait en
consultation avec les juristes du ministère de la Justice.
M. Leduc : Les motifs étant?
M. Boulet : Ce que j'ai expliqué
tout à l'heure, les besoins de la société, la justification économique, sociale
et humaine, puis ça fait référence à la diversité des besoins et à l'impératif
d'accroître notre capacité de répondre à ces besoins-là.
M. Leduc : C'est intéressant, mais
tout ce que vous venez de me dire, c'est... c'est absolument contextuel. Ça
pourrait changer dans un an, deux ans, s'il y a une crise économique, puis là,
tout à coup, on se retrouve en situation de chômage plutôt qu'en situation de
pénurie de main-d'oeuvre. Cet argument-là pourrait difficilement être réutilisé dans une nouvelle conjoncture
devant la Cour suprême. D'ailleurs, on ne sait pas trop dans combien de temps
on va s'y rendre, en Cour suprême, sur ce dossier-là.
M. Boulet : Ce qui est normalement
anticipé, c'est que, pour la prochaine décennie, ce sera cette façon de faire. En même temps, je le répète, la mobilité,
il faut arrêter de penser que c'est une obligation. C'est une faculté, c'est
une possibilité. Et, si, dans 15 ans, il n'y en a plus, de déficit de main-d'oeuvre,
il y aura moins de mobilité, puis ce n'est
pas ce qui est nécessairement souhaité. C'est un outil qu'on met dans le coffre
des parties, pas que les entrepreneurs, les individus qui sont des
salariés de ce secteur-là. C'est tout.
M. Leduc : Si
j'ai bien compris, donc, M. le ministre, vous avez dit : Nous avons de
fortes chances de gagner si cette clause-là est contestée devant les
tribunaux. C'est les mots que vous avez utilisés tantôt.
M. Boulet : On a certainement...
puis l'exprimer plus correctement, ce serait de dire : On a des chances
raisonnables, si jamais. Mais c'est sûr que, quand on fait des projets de loi
comme ça, collègue, vous le savez très bien, on analyse les risques. Puis je
connais peu de projets de loi qui deviennent des lois qui sont bénéficiaires
d'une immunité à l'égard des risques de
poursuite. Il y en a, puis vous en connaissez plusieurs qui font l'objet de
contestations judiciaires. Mais, quand on adopte des lois, on s'assure
d'avoir un argumentaire qui est raisonnable et on pense que nos chances sont
raisonnables d'avoir gain de cause dans l'hypothèse d'une contestation
judiciaire, oui.
M. Leduc : Alors, pour parler en bon
français, vous ne vous sentez pas «full patch» là-dessus, là?
M. Boulet : Bien, écoutez,
actuellement... Je vais faire attention, hein, parce que vous le savez qu'il y
a des... il y a des procédures judiciaires, et le Procureur général... qui
concernent notamment la mobilité, qui concernent la mobilité, et le Procureur général
du Québec défend le règlement. Ça fait que je vais continuer de persister à
croire que nos chances sont raisonnables à ce stade-ci. Puis vous le savez ce
qu'est le droit. Je me souviens d'un juge de la Cour d'appel, qui avait été mon
maître de stage après mes études en droit à Montréal, qui me disait : En
droit, tu peux perdre une cause gagnée
d'avance et tu peux gagner une cause perdue d'avance. Tout est possible. C'est
pour ça que je qualifie nos chances de raisonnables. On a fait l'examen,
l'analyse, et c'est dans la même perspective que le Procureur général du Québec
a préparé son argumentaire à la Cour supérieure.
M. Leduc : Quand on négocie une
convention collective, vous le savez très bien, M. le ministre, vous placez
plusieurs éléments sur la table, puis là vous faites un choix de priorités.
Moi, je vais vraiment mettre de l'effort sur ça,
ça et ça. L'autre partie en face de vous fait la même chose, puis là vous
essayez de trouver l'entonnoir pour arriver, donc, à une entente. C'est ce qui est beau du milieu syndical et du
milieu patronal, on est condamnés à s'entendre, les deux parties, puis à
trouver une signature puis une entente de convention collective.
Moi, ce qui m'inquiète là-dedans, M. le
ministre... Puis la question est la suivante, ma question est la suivante. La partie syndicale, pour obtenir des
clauses sur les mobilités dans leurs conventions collectives respectives,
ont dû faire des choix, ont dû faire des compromis, ont dû faire des
sacrifices, des échanges. En abolissant ça, là, les clauses, comme vous le faites avec l'article 25, quelle
contrepartie offrez-vous au milieu syndical puis aux travailleurs, travailleuses,
qu'ils avaient laissées de côté pour pouvoir obtenir ces clauses-là qui vont
maintenant disparaître?
M. Boulet : ...une bonne question,
mais ce n'est pas applicable aux conventions collectives de travail en vigueur
actuellement. C'est pour la prochaine, et donc ça pourra faire partie des
objectifs de négociation tant des associations
patronales que des syndicats. Et c'est la même dynamique de raisonnement pour
la rétroactivité salariale, la
rétroactivité sur les salaires. Et je veux juste... puis là je sais que le
collègue de Jean-Talon nous écoute attentivement... j'ai
mentionné qu'en génie civil, voirie, il y avait pleine mobilité puis ça a
été... Les heures travaillées dans le génie civil et la voirie avant et
après le changement aux conventions collectives permettant cette pleine
mobilité là, en 2001, la moyenne des heures
travaillées à l'extérieur de leur région, entre 1995 et 2000, 11 %,
moyenne, de 2001 à 2012, 12 %, moyenne, de 2013 à 2022, 13 %.
Je reviens constamment sur le fait que ce n'est
pas un bar ouvert non plus, la mobilité. Je l'ai constamment répété pour la
polyvalence, ce n'est pas un bar ouvert. C'est une possibilité de mieux
répondre à des besoins dans des régions et de permettre à ces régions-là
aussi... Parce que j'ai référé aux entrepreneurs. C'est aussi les travailleurs,
travailleuses, et c'est aussi les régions qui ont des stratégies de
développement qui, parfois, ont besoin de ressources additionnelles pour bâtir
et construire dans tous les secteurs d'activité humaine.
M. Leduc : M. le ministre, est-ce
que, dans vos rencontres avec les groupes patronaux, ils vous ont exprimé la
volonté de rajouter d'autres limitations à d'autres conditions de travail?
M. Boulet : À quoi vous référez
et... ou à quoi vous pensez?
M. Leduc : Donc là, dans l'article
25, on limite une condition de travail, on dit : On ne peut plus négocier ces clauses-là dans le futur. Est-ce que des
groupes patronaux que vous avez rencontrés dans le cadre de vos préparations pour ce projet de loi là vous ont fait des
demandes additionnelles de rajouter d'autres types de limitations de conditions
de travail dans l'article... 61.2?
M. Boulet : Non.
M. Leduc : C'est la seule?
M. Boulet : Je ne vois pas... je ne
vois pas autre chose.
M. Leduc : Bon. Toujours...
M. Boulet : Puis ne négligez pas
qu'hier j'ai tenu un discours de : c'est les résultats qui comptent. Il
faut être pragmatiques. Pour l'interdiction de négocier une rétroactivité, ça
m'a... j'ai partagé votre objectif. Il faut laisser place à la libre
négociation, et il faut faire confiance à la volonté des parties quand c'est
pour répondre à des intérêts supérieurs.
• (11 h 50) •
Et ici on a adopté une approche qui n'est pas la
même pour répondre aux besoins des Québécois puis des Québécoises. J'ai
rencontré des personnes à Baie-Comeau, puis à Val-d'Or, puis un peu partout,
puis ils le disent : On est en pénurie
de main-d'oeuvre, on en a besoin, de... À Montréal, parce que vous vivez à
Montréal, j'en ai rencontré sur des
chantiers, en plein centre-ville de Montréal, des personnes qui sont en déficit
de main-d'oeuvre, des entrepreneurs, des travailleurs, travailleuses qui
m'ont témoigné... S'ils veulent, pourquoi pas? C'est un droit individuel. Ce
n'est pas parce que tu es domicilié à Saint-Hyacinthe que tu ne peux pas aller à Québec. Ce n'est pas parce que tu es domicilié
à Shawinigan que tu ne peux pas aller à Rouyn-Noranda. C'est une possibilité, tu sais. Il ne faut pas complexifier ce
qui est simple.
M.
Leduc : À ma compréhension, il y a, quoi, un peu plus de
la moitié des salariés qui possèdent, en ce moment, le statut de
travailleur préférentiel?
M. Boulet : Oui, c'est 50 %, je
pense. C'est peut-être un peu plus que ça.
M. Leduc : Ce n'est pas comme s'il
n'y avait, comme, personne qui ne pouvait faire ça déjà, là.
M. Boulet : Bien, ça dépend des
hommes puis des femmes, là. Il y avait une différence, là.
M.
Leduc : Exact. Mais je veux juste qu'on s'entende, là, ce
n'est pas comme si la situation actuelle ne permettait à personne de
faire ça, là.
M.
Boulet : C'est plus, il me semble, 73 % des femmes,
76 % des hommes, là, mais c'est les deux chiffres que j'ai en
mémoire.
M.
Leduc : Voilà. Ça fait que ce n'est pas le... ce n'est pas
la situation complexe qu'il faut réformer à tout prix là.
M.
Boulet : C'est, après les modifications, 67 % des
hommes, et 72 % des femmes, et 76 % des personnes issues des
communautés autochtones.
M. Leduc : Juste... Mme la
Présidente, je vais vouloir demander un vote par appel nominal tantôt. Si vous
pourriez m'avertir quand il me restera peut-être 30 secondes, pour que je
ne puisse perdre ce droit.
Peut-être
une dernière séquence avec le ministre. Sur la question de la prolongation,
vous avez dit tantôt, M. le ministre : Oui, mais là je ne les
abolis pas, j'interdis juste d'en négocier les prochaines. Vous savez très bien
que la négo recommence de manière imminente dans le milieu de la construction,
donc, de facto, vous pouvez bien ne pas les abolir le jour un de la
ratification du projet de loi, vous les abolissez le jour, je ne sais pas trop,
15, 20, 60, peu importe, vous interdisez sa prolongation. Et, dans la négo, vous
savez comment ça marche. Quand vous arrivez à un renouvellement de convention
collective, vous prenez la convention actuelle et vous la mettez sur la table,
vous dites : Voici ce que j'aimerais
améliorer. La partie patronale dit : Voici ce que j'aimerais retirer. Donc
là, vous comptez comme un but direct
dans le côté syndical en disant : Voici, partie patronale, cette
clause-là, cadeau, elle disparaît, vous n'avez même pas à la négocier, vous n'avez même pas à vous asseoir puis
à essayer de trouver une entente pour la faire disparaître, c'est fait,
c'est gratis, c'est réglé. Il y a... il y a une injustice, là.
M. Boulet : Ce n'est pas ma
compréhension. Je pense que j'ai tout dit.
M.
Leduc : Dernière question, Mme la Présidente, comme je
l'ai posée dans plusieurs autres articles que nous avons débattus : Ici, est-ce que le ministre
peut m'expliquer, avec un chiffre pointu, combien de maisons supplémentaires
seront construites l'année prochaine en raison de son article 25?
M. Boulet : Non. C'est une question
purement hypothétique. On va accroître et on ne peut pas isoler un levier. Je
pense que c'est l'ensemble des leviers, et notamment les projets de loi qui ont
été soumis par mes collègues aux Infrastructures et aux Transports ce matin.
Mais c'est un ensemble de leviers qui vont nous permettre de mieux construire. Mais ce n'est pas une mathématique,
dire : La mobilité va engendrer la... la polyvalence — j'ai
pu répondre grâce à la Fédération canadienne de l'entreprise
indépendante — que
vous estimez bien.
M. Leduc : 12 %? Le sondage de
12 %?
M. Boulet : Grâce à l'autre, de
l'AppEco, fait par des économistes. C'est un 10 %, donc, en termes
d'heures sauvées et d'impact sur la possibilité de construire 25 nouvelles
écoles. Mais la mobilité, il n'y a pas de... il n'y a pas un économiste qui va
me dire : Avec la mobilité, on... Mais on va pouvoir construire plus vite,
ça, c'est certain, les associations d'entrepreneurs sont toutes venues le
mentionner. Pour moi, c'est clair.
M.
Leduc : Moi, ce que je constate, Mme la Présidente, c'est
qu'on met à risque une poursuite du
gouvernement par rapport à la jurisprudence de Health Services, dans laquelle
le ministre pense que ça devrait passer, ça devrait être correct, mais il n'est
pas capable de nous garantir qu'on va être béton par rapport à ça. Moi, je suis
plutôt convaincu de l'inverse, ce n'est pas pour rien que je le
soulevais. On abolit de facto des droits de travailleurs librement négociés. Ça va à sens complet inverse
de l'attitude du ministre, de manière générale, sur les autres dossiers,
notamment celui que nous venons de discuter sur la rétroactivité salariale.
Alors, je trouve ça regrettable, je trouve que c'est un recul inacceptable pour
les travailleurs et travailleuses. Merci.
La Présidente (Mme D'Amours) : Merci.
Nous revenons maintenant à la députée... Non, vous n'aviez pas rien à rajouter?
Commentaires, Mme la députée de Mille-Îles?
Mme Dufour : Bien, merci, Mme la
Présidente. Écoutez, je ne pense pas qu'on puisse effectivement, quantifier le
nombre de nouvelles propriétés ou logements qui seront construits avec cette
mesure. Mais ce qui est clair, c'est que
c'est un enjeu majeur actuellement, la mobilité. Je ne sais pas combien
d'entrepreneurs en construction que
j'ai rencontrés qui m'en ont parlé. On le voit dans certaines régions, puis je
l'ai déjà dit dans... notamment dans la... dans votre région, M. le
ministre, où il y a énormément de projets qui s'en viennent, à Bécancour,
notamment, et il manque déjà de travailleurs. Donc, il y a des gens qui
auraient tout à fait intérêt à regarder de ce côté-là. Et on ne peut pas quand
même penser... forcer les gens à déménager toute leur famille, se déraciner
simplement pour avoir du travail à l'extérieur de leur région. C'est un
non-sens.
Donc, je pense que c'est... On arrive, en 2024,
là, avec cette mesure-là. C'est essentiel d'avoir plus de flexibilité, de... Tu
sais, les chantiers, actuellement, c'est un enjeu, ça ne va pas assez vite. Il
y a d'autres mesures, évidemment, que je
pense que... je trouve qu'on ne va pas assez loin, mais c'est un pas, celui-ci,
je dois le dire. Donc, moi, je salue
cet amendement-là... pas cet amendement-là, mais cet article-là, bien, c'est...
qui amène un amendement à la loi actuelle, donc je pense qu'on en a
besoin. Puis voilà. Merci, Mme la Présidente.
La Présidente (Mme D'Amours) : Merci.
Maintenant, je cède la parole au député de Jean-Talon.
M. Paradis : Merci beaucoup. M. le
ministre, vous m'avez vous-même annoncé en grande pompe, alors vous savez sur quoi
vont porter mes questions. Elles vont porter sur les données et les études dont
vous disposez pour justifier la solution qui est adoptée, notamment, à cet
article 25.
Le projet de loi annonce que l'objectif, c'est
d'augmenter l'efficacité, la productivité, qu'on veut plus de construction,
plus de qualité, que ce soit moins cher, que ça aille plus vite, n'est-ce pas?
Moi, j'aimerais vous parler notamment, là,
dans ma lignée de questions, de l'intérêt économique des régions du Québec,
l'intérêt des Québécoises, des Québécois qui veulent, oui, qu'on
construise plus vite, plus efficacement, moins cher, mais qui ont besoin d'infrastructures de qualité au meilleur coût. J'aimerais
donc... Parce que vous avez dit vous-même tout à l'heure, je vous cite : «Ce sont les résultats qui
comptent», et là on annonce des intentions. Mais moi, j'aimerais savoir
comment... comment on a calculé qu'on arriverait à des résultats
d'efficacité puis de productivité avec cette solution-là, donc en restreignant
la capacité, en restreignant la capacité, dans une convention collective, de...
d'intervenir sur la question de la mobilité.
Avant de vous arriver sur des questions très
précises, j'aimerais quand même rappeler l'historique. Ces règles-là, ce n'est
pas comme une limitation, que les Québécois sont arrivés puis ils ont
dit : On veut se limiter, on veut limiter la mobilité parce que ça nous
tente de limiter la mobilité. C'est des règles qui encadrent la mobilité de la
main-d'oeuvre pour assurer que des salariés des régions aient accès aux
chantiers près de chez eux. C'était ça, l'objectif. Et moi, je veux m'assurer
que les solutions qu'on va prendre vont être les bonnes.
Alors, moi, j'aimerais savoir, dans un premier
temps, quelles données vous avez sur le nombre de travailleurs qui seraient
affectés au lendemain... Disons que le projet de loi est adopté
tel quel. Combien de travailleurs auraient la liberté de la mobilité par
région? Est-ce que vous avez ces chiffres-là? Est-ce que vous pouvez nous dire
combien à Montréal, combien à Québec, combien au Saguenay, combien en Gaspésie,
combien en Côte-Nord?
M. Boulet : Bien, j'ai répondu pour
les travailleurs préférentiels, le pourcentage. On n'a pas de chiffres par
région. Puis ce que vous mentionnez, collègue, est juste dans un contexte de
chômage. Dans un contexte de pénurie de main-d'oeuvre, de diversité des
besoins, de l'impératif d'accroître notre capacité de bâtir, ce n'est pas la
même équation. C'est pour ça que la mobilité, elle s'impose. Et je vous
référerai à tous les mémoires qui ont été présentés, particulièrement par les
associations d'employeurs. Je vous référerai aussi au sondage de la Fédération
canadienne de l'entreprise indépendante, à des commentaires d'AppEco. Et j'ai
un tableau sur... en fait, un tableau qui présente deux données différentes.
La part totale des travaux d'une région
effectués par les salariés domiciliés dans cette région-là, bon, par exemple,
il y a eu 8 302 000 heures de travail dans la région de l'Estrie
en 2022, 7 100 000 ont été effectuées par des salariés de l'Estrie,
soit 85,5 %. Puis on manque de monde, on manque... on est en déficit.
C'est pour ça que ce n'est pas la même équation, là, c'est... Il ne faut pas
penser comme en 2010, il ne faut pas penser comme en 2012, il ne faut pas
limiter la mobilité.
• (12 heures) •
Puis la part du total des heures des salariés
domiciliés dans une région, effectuées dans cette région-là... je reviens à
l'Estrie... les salariés de l'Estrie ont effectué
8 512 000 heures en 2022, et 7 100 000 heures de
ces heures ont été effectuées en Estrie, donc 83,4 %. Les travailleurs du Grand
Montréal... je ne serai pas trop long, hein, collègue,
parce que... si vous voulez que je vous les remette, je vous les remettrai...
les travailleurs du Grand Montréal, ils travaillent presque
exclusivement dans leur région, 96,5 % de leurs heures sont effectuées
dans leur région de domicile. Donc, c'est
faux de prétendre qu'ils vont voler des emplois en région. En période de
chômage, encore une fois, ce n'est pas la même équation. Il y a
amplement de travail dans le Grand Montréal.
Puis les salariés des régions ressources ou
éloignées des grands centres, collègue, ils ne suffisent pas à la demande. Puis
vous vous promenez dans les régions, partout on me rapporte la même équation,
puis confirmée par les associations
d'employeurs. Les salariés de la Baie-James
ont effectué 204 000 heures
en 2022, dont 201 000 heures dans leur région... Oui?
M. Paradis : M. le ministre, je...
M.
Boulet : Non, mais j'achève, collègue, il me reste deux,
trois points. L'offre ne suffit pas à la demande. Il y a eu
1 213 000 heures qu'ils ont effectuées dans cette région-là. Ça
fait que tous les travailleurs ont été occupés, et donc ça a pris un apport de
salariés provenant d'autres régions pour combler l'écart entre le 204 000
et le 1,2 million. La Côte-Nord, situation similaire. Donc, pour la
majorité des salariés, les heures travaillées hors de la région de domicile le
sont principalement, par ailleurs, dans les régions militrophes... limitrophes,
excusez-moi. Mais tout est concordant : on est en pénurie de
main-d'oeuvre.
M. Paradis : Est-ce que vous avez un
tableau qui indique combien de travailleurs seraient affectés le lendemain de
l'adoption de la loi par région? Parce que, là, on parle de quelque chose qui est
historique au Québec, qui est une
disposition qui a été importante pour maintenir une paix industrielle, et il y
a des gens qui ont exprimé des inquiétudes.
Et la première chose à savoir, c'est de quoi on
parle, de combien de travailleurs on parle : combien de travailleurs à
Québec, combien de travailleurs à Montréal, combien de travailleurs en Estrie,
combien de travailleurs au Saguenay,
combien... etc. Parce que ça, ce serait utile pour toutes les discussions qu'on
va avoir dans les prochaines heures. De qui on parle? Et combien de
personnes seraient affectées au lendemain de l'adoption de la loi?
Puis, ensuite, j'ai d'autres questions, parce
que vous avez parlé que les... Oui, la situation est différente, on va y
revenir. Mais là...
M. Boulet : C'est parce que je...
M. Paradis : ...pour l'instant,
j'aimerais savoir quelles sont les données dont on dispose pour proposer cette
solution-là.
M.
Boulet : Bon, j'ai répondu tout à l'heure. Pour le statut de salarié
préférentiel, il y aurait 67 % qui... des détenteurs de certificat
compétence-compagnon, hommes, 72 % des femmes, 76 %, des autochtones.
Et, pour le 15 000 heures,
49 %, des hommes, 18 %, des femmes, 30 % des autochtones. Voilà. Et les détenteurs de certificat compétence-compagnon pour les hommes,
131 299, les femmes, 1 891, et les autochtones, 395. C'est les
données que la CCQ peut me fournir.
M. Paradis :
Bon, mais ma question est distincte. Puis, vous savez, on a eu cet
échange-là dans un autre projet de loi qu'on a travaillé ensemble récemment, où
j'ai salué le fait que les solutions qui étaient proposées... le projet de loi n° 42,
là, sur la lutte au harcèlement, à la violence en milieu de travail, les
solutions qui étaient proposées reposaient sur des données et une
analyse du fait que, si on fait ceci, ça va causer cela. C'est ça.
Mais je ne vous fais
pas de surprise, là, il n'y a pas de... Je ne vais pas te sortir de lapin... je
ne vais pas vous sortir un lapin de... de
mon chapeau. Je veux savoir dans quelle mesure le ministère, quand il propose
ces solutions-là, c'est des solutions qui sont recherchées. Alors,
est-ce qu'on a au moins un portrait de combien de travailleurs... Là, vous
m'avez parlé... autochtones, etc., mais est-ce qu'il y a un tableau par région,
combien de travailleurs auraient, donc, une mobilité plus grande au lendemain
de l'adoption de la loi par région?
M. Boulet :
Non. C'est un choix personnel, c'est un choix purement individuel. C'est
l'exercice d'un droit de se déplacer pour travailler le... (interruption)... le
droit de décider d'être mobile pour travailler.
Puis la meilleure
statistique, elle est empirique. La meilleure donnée, elle est empirique. Dans
le secteur de la génie civile... du génie
civil et de la voirie, pour les années que j'ai expliquées, pleine mobilité
pour 13 métiers, 11 %, 12 %
puis 13 %, donc une moyenne, en 20 ans, de 12 %. C'est peu. Ça
aurait pu être 13 %, ça aurait pu être 11 %, mais je n'ai pas
de données sur des hypothèses. Je sais que ça va répondre à des besoins, c'est
clair.
M. Paradis :
Bien oui, mais là, M. le ministre...
M. Boulet :
Tout le monde le mentionne.
M. Paradis :
...ces hypothèses-là, elles sont extrêmement importantes pour comprendre, pour
savoir si la solution que vous proposez, elle est la bonne. Je ne pense pas
qu'on peut se contenter de dire aujourd'hui : Ah! bien, on ne le sait pas,
ça va dépendre d'une décision personnelle. Vous devez bien avoir réfléchi au
nombre de personnes qui allaient être affectées, qui allaient exercer ce
choix-là pour dire : Bien, voilà! Parce que vous savez où est-ce que je
m'amène, où est-ce que je vais avec ça, c'est : Est-ce que ça va...
Parce qu'on a des
données, par exemple que le nombre d'heures, par exemple, là, le nombre d'heures
par travailleur 2022 au Bas-Saint-Laurent, c'est 963 heures par année, à
Québec, 1 121 heures. Donc, il y a des grandes disparités régionales.
Et l'idée, c'est de savoir, encore une fois, parce qu'il y en... Je le sais que
vous dites «non, ça n'arrivera pas», mais la question, ce n'est pas ce que le
ministre pense ou ce que le député de Jean-Talon pense, c'est : Qu'est-ce que les données nous indiquent sur l'effet que ça
pourrait avoir? Est-ce que ça pourrait avoir pour effet, ce projet de
loi là, de désavantager des travailleurs des régions? C'est ça, la question
qu'il faut qu'on se pose. Puis je veux savoir quelles sont les analyses dont le
ministère dispose avant d'avoir proposé cette solution-là.
M. Boulet :
Bien, je vois d'où vient votre argumentaire, là. Il y a eu une enquête qui
a été faite par un économiste du Journal
de Montréal, je crois, avec la collaboration ou à la demande de
l'interprovincial, sur la moyenne des heures travaillées par région. Le
problème, c'est que la moyenne d'heures de 1 062 en 2022, elle se décline
différemment selon les statuts. Et on a tenu compte de ceux qui travaillent en
bas de 500 heures. Donc, une personne qui travaille sur un chantier, une
personne qui décide de travailler de manière saisonnière, on a pris la
globalité des personnes. Et la moyenne d'heures travaillées des salariés qui
ont effectué au moins 500 heures en 2022, c'est de 1 404 heures.
Donc, la moyenne monte considérablement quand tu tiens compte de ceux qui veulent
travailler à l'année. Les besoins sont là, on manque de travailleurs. Donc, ils
font beaucoup plus que le 1 062 heures. Et c'est les données que je possède. Et je ne dirai jamais...
Bien, j'ai dit les chiffres, là, les pourcentages. Vous avez le nombre de compagnons
puis vous savez le pourcentage de ceux qui bénéficieraient du seuil pour être
un travailleur préférentiel puis du seuil pour le 15 000 heures.
Donc, sur ce potentiel-là, est-ce qu'il y en a 10 %, 12 %, 15 %
qui vont décider d'être mobiles? Je n'ai pas de boule de cristal, mais ce que
nous devons faire comme législateurs, c'est donner les outils pour répondre à
des besoins humains et sociaux des Québécois et Québécoises. Donc, c'est tout.
M. Paradis : Donc,
est-ce que... Puis je... je comprends bien ce que vous me dites, mais est-ce
que... est-ce que, donc, la réponse c'est
non à la question : Est-ce que votre ministère, qui a étudié cette
question-là longuement, a fait des
hypothèses qui démontrent que la solution proposée va avoir un effet, donc que
d'empêcher, dans une convention collective, de restreindre la
mobilité...
Puis, là encore,
c'est des gros mots, mais l'idée, c'est de faire en sorte que les travailleurs
des régions puissent avoir accès aux chantiers dans leur région puis ne pas
voir, notamment, débarquer des... des travailleurs qui viennent des endroits où
il n'y a pas le même problème qui s'applique. Est-ce qu'il y a des analyses qui
démontrent que ça, ça va vraiment avoir un effet sur l'efficacité? Je comprends
que la... la réponse, c'est non, vous dites : C'est des hypothèses, on n'a
pas de boule de cristal.
M. Boulet : Non,
ce n'est pas des... On sait le nombre de ceux qui vont pouvoir bénéficier de la
mobilité, on ne sait pas, ceux qui vont pouvoir en bénéficier, ceux qui vont
l'exercer. On n'est pas dans les bottines de chaque personne.
Et les chiffres que
je vous ai donnés, le 57 %, 73 % et 76 %, c'est même dans le
mémoire déposé au Conseil des ministres, qui est public, dans l'analyse
d'impact, et vous avez lu tous les mémoires des associations patronales.
Puis l'autre crainte,
là, tu sais, il y en a qui sont venus témoigner, les patrons, dire : C'est
faux, parce que, quand tu amènes un travailleur d'une autre région, il y a des
frais à assumer, là, des frais de déplacement, des frais de logement, qui représentent à peu près 26 % du
salaire. Ça fait que les employeurs, là, puis je ne veux pas faire que les
défendre, mais, quand il amène un salarié, bien, ils s'assurent que ça va être
bénéfique pour l'avancement du chantier de construction dans la région où ledit
salarié va décider d'aller, c'est tout.
• (12 h 10) •
M. Paradis : Bon,
on réfère souvent au... à un certain nombre de personnes qui sont venues
témoigner, notamment du côté des
entrepreneurs, des employeurs, puis... puis je comprends très bien ce que
plusieurs ont exprimé comme... comme besoin de plus de flexibilité sur
la mobilité, mais j'aimerais savoir, on a beaucoup parlé d'un sondage, beaucoup
ont appuyé leurs dires là-dessus, sur la base d'un sondage, un sondage réalisé
auprès d'un type de personne seulement.
Outre ce sondage et outre les mémoires déposés par les associations du côté
patronal, est-ce que, M. le ministre, vous pouvez nous nommer d'autres
intervenants, d'autres mémoires qui ont clairement appuyé les dispositions que
vous proposez sur la question de la mobilité, des indépendants, là?
M. Boulet : Je
n'ai plus d'autres commentaire à faire. Tous ceux qui ont déposé des mémoires
l'ont fait, puis moi, je n'ai pas d'autre commentaire à faire, là. Je pense,
j'ai tout expliqué. Je n'ai plus rien à dire.
M. Paradis : Mais ça, est-ce que vous pouvez... Est-ce qu'il y
a d'autres... Est-ce qu'il y a des... des organisations indépendantes,
qui ne sont ni du côté syndical ni du côté patronal, qui ont appuyé clairement
les mesures que vous proposez sur la mobilité?
M. Boulet : Je ne suis pas capable de faire cet inventaire-là.
Mais, certainement, je n'ai pas... je n'ai rien à ajouter.
M. Paradis : Est-ce
que vous avez, outre le sondage et outre ce que vous me dites des mémoires
qu'on a reçus... Est-ce qu'il y a une étude
indépendante, dont vous disposez, qui démontre que les solutions que vous
proposez vont avoir les effets que vous prétendez qu'ils auront? Parce que ce
que j'entends, c'est : On n'a pas de boule de cristal, ce sont des
hypothèses, on ne le sait pas. Mais là on est en train de proposer une
modification à des dispositions qui existent
depuis longtemps, qui ont assuré une paix industrielle, et donc moi, je n'ai
pas vu tant d'analyses indépendantes qui démontrent que le coeur du
problème, c'est ça, puis il n'est pas ailleurs.
Puis
là je vais vous amener... je vais vous amener à un endroit intéressant, si vous
me permettez, M. le ministre. Moi, j'ai été frappé par le témoignage et
par le mémoire de la Commission de la construction du Québec. Ça, en
voulez-vous, là, des gens qui arrivent ici puis qui n'ont pas d'intérêt ni d'un
côté ni de l'autre? Et ce qu'ils ont mentionné, là, ce qu'ils ont mentionné à
leur mémoire, c'est que les éléments qu'ils viennent de mentionner, leur analyse avec des tableaux, obligent à envisager la
pénurie de main-d'oeuvre sous un angle davantage qualitatif, alors que
les compétences apparaissent comme un facteur de rétention sur les chantiers de
construction, mais également comme un
facteur de productivité globale de l'industrie. Et ça, plusieurs l'ont
mentionné, le coeur de l'affaire, c'est la formation, la compétence de
la main-d'oeuvre.
Et est-ce que ça
n'aurait pas été possible de commencer à agir là plutôt que de commencer à agir
sur une solution dont, moi, ce que
j'entends, il n'y a pas tant d'analyses, il n'y a pas tant de données qui
démontrent que c'est ça la solution ou que ça fait partie... Parce que
vous l'avez dit, c'est une gamme d'outils, mais est-ce qu'on n'aurait pas pu
commencer ailleurs plutôt que commencer là?
M. Boulet :
Bon, données indépendantes. Je réfère à une donnée empirique, c'est encore
mieux qu'une donnée indépendante, parce que, là, on a un échantillon vaste de
travailleurs du secteur du génie civil et de la voirie qui ont bénéficié de la
mobilité. Et ce n'est pas sur un an, ce n'est pas sur deux ans, c'est depuis
1995 jusqu'à 2022. C'est-tu une donnée assez claire, c'est-tu une donnée assez
objective, assez connectée sur le terrain? C'est ça qui me préoccupe. 11 %, 12 % et 13 %,
c'est 12 %, en moyenne, sur un peu plus de 20 ans, qui ont exercé
leurs droits d'aller ailleurs.
Maintenant, sur la
formation, bon, évidemment, je vais reprendre, parce que, là, on en a parlé
abondamment, collègues de Bourassa-Sauvé, Mille-Îles, Hochelaga-Maisonneuve, on
a échangé fréquemment sur la formation, sur ce qui se fait, sur l'intervention
du comité de formation professionnelle de l'industrie de la construction, qui
est paritaire avec des gens du ministère de l'Éducation.
Vous savez, collègue,
en formation accélérée, en alternance travail-études, en formation par la voie
du diplôme d'études professionnelles, les allègements réglementaires, je ne
reviendrai pas sur tous les détails qui permettent aux étudiants de se former.
On est tous dans cette orientation-là. Ce n'est pas un levier qui appartient à
la loi, c'est un levier qui appartient aux
parties. Il y en a, de la formation. C'est le secteur, au Québec, qui met le
plus l'accent sur la formation, le rehaussement des compétences.
Pourquoi? Pour le recrutement, la rétention, la qualité du travail et la santé,
sécurité. À tous égards, on est là.
Ça fait que je veux
juste... pas reprendre ce discours-là, là, mais la formation, c'est un enjeu
central. Puis Audrey Murray, qui est la présidente-directrice générale, elle
est... elle a les mains dans la pâte de la formation à tous les jours, ça fait
que...
M.
Paradis : La commission... la commission de la construction,
j'y reviens, après son analyse, avec la conclusion que je viens de vous
citer, nomme quatre grandes pistes de solution, elle dit : La compétence
au sommet des priorités, ensuite, un engagement en faveur de la diversité et de
l'inclusion, on va y revenir plus tard dans un autre article, la lutte au travail non déclaré et la conformité, puis la
concertation comme un moyen de trouver des solutions. Alors, mes
questions reviennent toujours à la même chose, parce que vous, vous allez
ailleurs, vous allez sur la question de la mobilité. Moi, ma question demeure
la même, puis je n'ai pas beaucoup de réponses, c'est... j'aurais aimé ça
savoir, quand vous avez rédigé ça, là, l'article, la modification de
l'article 25 puis les autres articles, vous vous êtes basé sur quelles
études puis quels outils qui vous démontraient qu'il y avait une concertation
puis que les acteurs du milieu disaient : C'est ça, les solutions. Parce
qu'il y en a d'autres qui font consensus. C'est ça dont je vous... c'est ça
dont je veux... dont je veux parler avec vous. Les gens disent : La
formation, on n'est pas allés au bout, la lutte au travail au noir, on n'est
pas allés au bout, puis il y aurait beaucoup de choses à faire avant de toucher
à une disposition qui ne fait vraiment pas consensus actuellement.
Puis moi, je ne vois pas tant... Vous nous dites
«pas de boule de cristal», c'est ça? Mais je cherche à avoir l'étude, les
données qui disent : La solution, c'est ça. En touchant cette clause-là,
là, l'article 25, on va avoir plus de constructions, plus de chantiers, ça
va aller plus vite, ça a coûté... ça va coûter moins cher, les travaux vont
être de meilleure qualité. Je ne l'ai pas vu
nulle part, puis je vous repose la question, puis je ne sens pas que j'ai la
réponse à ça.
M. Boulet : OK. Bon, vous touchez à
plusieurs sujets. La concertation. Ils ont créé, tous les partenaires, ce
qu'ils appellent l'espace solution, pour accroître l'offre de formation en
alternance travail-études. Il y a actuellement huit programmes qui sont en
application, et la volonté du... de tous les partenaires, c'est d'accroître, de
déployer une plus grande offre de formation en alternance travail-études avec
tous les bénéfices que ça engendre, puis on sait à quel point c'est bénéfique
pour le recrutement, la rétention. Donc, tout se fait en concertation pour la
formation.
Pour la lutte
au travail au noir puis l'évasion fiscale, j'ai aussi donné des réponses à ce
sujet-là. Vous connaissez ACCES Construction, il y a eu un rendement en
2022-2023, une récupération de 296,4 millions, et il y a six...
Bon, en fait, il y a un peu plus que 10 millions qui ont été consentis,
cette année, à la CNESST, qui travaille en concertation avec la Régie du bâtiment, et la Commission de la construction du Québec, et d'autres ministères, dont Revenu
Québec. Et il y a, bon, des
milliers, bon, il y a des milliers d'interventions, il y a des journées de
formation, et tout ça se fait en concertation avec tous les partenaires.
Maintenant, pour la mobilité, moi, j'ai donné
toutes les réponses que je suis en mesure de vous donner.
M.
Paradis : Puis, je pense, M.
le ministre, qu'on connaît votre désir, justement, de générer le plus de
mobilisation possible autour des
projets de loi que vous proposez puis de cette... de cette réforme-là. Est-ce
que, sur cette question-là de la mobilité...
En tout cas, moi, je vous invite, s'il y a des
données, là, je vous voyais, il y avait... vous sembliez avoir des tableaux ou des données, s'il y en a d'autres...
Je comprends, vous dites qu'il y en a qui sont disponibles, mais, moi, le
tableau des travailleurs affectés puis des
prévisions, si vous en avez, des hypothèses... même si ce sont des hypothèses,
il n'y a personne qui va vous en tenir rigueur si ça ne se réalise pas
exactement, mais de savoir que vous avez réfléchi à l'impact que ça va avoir, moi, je suis preneur de
données qui vont nous réconforter comme législateurs qui devons chercher à
faire la meilleure chose possible.
Maintenant, sur la concertation, je ne sais pas
si vous allez convenir avec moi, mais... il y a des voies de passage qui ont
été trouvées sur d'autres dispositions du projet, celles-là, vous les... vous
avez entendu comme moi les audiences particulières, c'est loin de faire
l'unanimité. Est-ce qu'il y a une voie de passage qu'on peut trouver? Est-ce qu'il y a de l'ouverture, par exemple, à
baliser ce qu'il y a comme disposition pour s'assurer que ça réponde de manière
un peu plus chirurgicale aux besoins, par exemple, en établissant des seuils
d'applicabilité en fonction des niveaux de pénurie de main-d'oeuvre ou non par
région, donc en fonction du taux de chômage réel ou non par région, qui, vous
savez, est suivie? Ça, il y a des données qui existent. Et est-ce qu'on ne
pourrait pas commencer par dire :
Appliquons-la en fonction du besoin et pas de manière complète, comme c'est...
ou unique, comme vous le proposez dans le projet de loi?
• (12 h 20) •
M. Boulet : Il n'y a pas de volonté
que ce soit asymétrique. Les données sont dans le mémoire du Conseil des
ministres, je les ai partagées avec vous. Vous avez accès à ce mémoire-là, qui
est public depuis quand même un certain temps.
Et ce qui est important de redire, c'est que la
formule qui est proposée, elle est simple et elle a un impact sur le nombre de personnes qui vont bénéficier de la
mobilité par... en suivant leur employeur. Et c'est un droit individuel, là,
vous le savez, le droit à la vie privée et le nombre de travailleurs qui vont
bénéficier d'une pleine mobilité. Je n'ai pas d'autre chose à rajouter. Merci.
M. Paradis : Je terminerais
là-dessus, là, parce qu'on est en train de le revoir... (panne de son)... parce
que je suis allé les voir, mais je ne me souviens pas que les données dont vous
parlez, c'étaient les prévisions, donc ce que vous prévoyez que sera l'effet du
projet de loi. Puis, je comprends, vous nous avez dit aujourd'hui que vous
n'aviez pas ces hypothèses-là. Mais
généralement, quand tu légifères, quand on légifère, on veut voir, on veut le
dire : On a réfléchi puis on pense que c'est ça, l'effet. Puis là
on dit : Il va falloir que ça ait de l'effet sur la productivité, sur
l'efficience dans les chantiers. Puis, je vous le dis, M. le ministre, je
suis... je ne suis pas convaincu par ce que j'ai vu comme analyse là-dessus. Je
comprends qu'il y a une analyse de la situation actuellement, puis ce qu'on
voudrait, c'est que ce soit ça, mais ce n'est pas juste
des intentions, il faut dire : Voici... voici ce qu'on veut appliquer
comme solution parce qu'on a des analyses indépendantes qui démontrent ça. Je
vous vois hocher de la tête, je comprends que vous trouvez que vous en avez
assez. Moi, je... (panne de son)... comme législateurs, en avoir plus parce que
c'est une disposition importante.
M. Boulet : Je respecte votre point
de vue. Merci.
La
Présidente (Mme D'Amours) : D'autres interventions sur l'article 25? S'il
n'y a pas d'autre intervention, je vais la mettre aux voix. Est-ce que
l'article 25 est adopté?
Des voix : ...
La Présidente (Mme D'Amours) : Ah
oui, pardon. C'est vrai, M. le député d'Hochelaga-Maisonneuve m'avait demandé
un vote par appel nominal. Donc, Mme la secrétaire, s'il vous plaît.
La Secrétaire : Pour, contre,
abstention. M. Boulet (Trois-Rivières)?
M. Boulet : Pour.
La Secrétaire : Mme Tremblay
(Hull)?
Mme Tremblay : Pour.
La Secrétaire : M. Dufour
(Abitibi-Est)?
M. Dufour : Pour.
La Secrétaire : Mme Mallette
(Huntingdon)?
Mme Mallette : Pour.
La Secrétaire : M. Martel
(Nicolet-Bécancour)?
M. Martel : Pour.
La Secrétaire : Mme Cadet
(Bourassa-Sauvé)?
Mme Cadet : Pour.
La Secrétaire : Mme Dufour
(Mille-Îles)?
Mme Dufour : Pour.
La Secrétaire : M. Leduc
(Hochelaga-Maisonneuve)?
M. Leduc : Contre.
La Secrétaire : Mme D'Amours
(Mirabel)?
La
Présidente (Mme D'Amours) : Abstention. Nous sommes maintenant rendus à... Oh!
oui, pardon. L'article est adopté, l'article 25 est adopté.
Maintenant, nous sommes rendus à l'article 69. M. le ministre.
Mme Cadet : ...à l'article 69.
La Présidente (Mme D'Amours) : On va
attendre que M. le ministre ait lit sa...
M. Boulet : ...et après
l'amendement.
La Présidente (Mme D'Amours) : Oui,
exactement.
M. Boulet : OK. Parfait.
La
Présidente (Mme D'Amours) : Donc, M. le ministre, si vous voulez bien nous
faire la lecture de l'article 69, s'il vous plaît.
M. Boulet : Oui,
merci. L'article 38 du Règlement sur l'embauche et la mobilité des
salariés dans l'industrie de la construction, chapitre R-20, r. 6.1, est
modifié par le remplacement du premier alinéa par le suivant :
«Un employeur peut affecter, partout au Québec,
une femme ou une personne représentative de la diversité de la société
québécoise qui est titulaire d'un certificat de compétence-compagnon, de
compétence-occupation ou de compétence-apprenti,
si celle-ci a travaillé 400 heures ou plus pour cet employeur, dans
l'industrie de la construction, au Québec ou ailleurs au Canada, au
cours des 24 premiers des 26 mois précédant la délivrance ou le renouvellement
de son certificat de compétence. Un employeur peut affecter, partout au Québec,
tout autre salarié titulaire d'un tel certificat, si cet autre salarié a
travaillé 750 heures ou plus, pour cet employeur, dans l'industrie de la
construction au Québec ou ailleurs au Canada, au cours de la même période.»
Commentaire. Bon, c'est les seuils — je
pense qu'on en a abondamment discuté — pour être un salarié
préférentiel, donc une mobilité avec ton employeur. C'est complet, Mme la
Présidente.
La Présidente (Mme D'Amours) : Merci.
Maintenant, Mme la députée de Bourassa-Sauvé, si vous voulez bien nous faire la
lecture de votre amendement.
Mme Cadet : Merci beaucoup, Mme la
Présidente. Donc, article 69, article 38 du Règlement sur l'embauche
et la mobilité des salariés dans l'industrie de la construction
(chapitre R-20, r. 6.1).
L'article 38 du Règlement sur l'embauche et
la mobilité des salariés dans l'industrie de la construction, proposé par
l'article 69 du projet de loi, est modifié :
1° par l'insertion, avant le premier alinéa, du
suivant : «Un employeur qui emploie moins de 25 salariés peut
affecter, partout au Québec, tout salarié»;
2° par l'insertion dans le deuxième alinéa,
après le mot «Un employeur», des mots «qui emploie 25 salariés et plus»
partout où il se trouve.
L'article modifié se lirait comme suit :
«38. Un employeur qui emploie moins de
25 salariés peut affecter, partout au Québec, tout salarié.
«Un employeur qui emploie 25 salariés ou
plus peut affecter, partout au Québec, une femme ou une personne représentative
de la diversité de la société québécoise qui est titulaire d'un certificat de
compétence-compagnon, de compétence-occupation ou de compétence-apprenti, si
celle-ci a travaillé 400 heures ou plus pour cet employeur, dans
l'industrie de la construction, au Québec ou ailleurs au Canada, au cours des
24 premiers des 26 mois précédant la délivrance ou le renouvellement
de son certificat de compétence. Un employeur qui emploie 25 salariés ou plus
peut affecter, partout au Québec, tout autre
salarié titulaire d'un tel certificat, si cet autre salarié a travaillé
750 heures ou plus, pour cet employeur, dans l'industrie de la
construction au Québec ou ailleurs au Canada, au cours de la même période.
«Le nom de l'employeur
apparaît à ce certificat de compétence-compagnon, certificat de
compétence-occupation ou certificat de compétence-apprenti, selon le
cas.»
Donc, Mme la Présidente, donc, explications ici.
J'ai... Donc, nous venons donc de conclure, donc, les délibérations, donc, sur l'article 25, que nous avions entamées
hier. Lorsque j'ai questionné le ministre, et même, donc, en écoutant,
donc, le ministre, donc, nous proposer son argumentaire, donc nous faire, donc,
l'argumentaire relatif à la mobilité des salariés dans l'industrie de la
construction, ce que j'ai constaté, c'est qu'en fait le ministre faisait mon
argumentaire, que le ministre, donc, nous a parlé, donc, de la pénurie de
main-d'oeuvre structurelle qui subsiste au Québec de façon prolongée. Il nous a
parlé, donc, du contexte actuel, donc, de... Bon, sans nécessairement, donc, le
nommer directement, mais ce qu'on a pu saisir, donc, de son argumentaire, c'est
qu'il a... il a fait état du... donc, du vieillissement de la population et de
la réalité sociodémographique du Québec, particulièrement, donc, celle qui perdure, donc, dans différentes régions du Québec,
et que toutes les différentes tendances, notamment celle présentée par l'Institut
de la statistique du Québec, faisaient état, donc, d'un continuum allant dans
cette direction-ci.
Comme je l'ai
mentionné hier, lors des conversations, lors des discussions sur
l'article 25, Mme la Présidente, les dispositions, donc, relatives
à... en fait, aux restrictions, donc, quant à la mobilité de la main-d'oeuvre,
donc, elles ont... elles ont une source,
elles ont une source, donc, qui avait... qui était compatible avec les
circonstances économiques québécoises dans les différentes régions à une
autre époque, mais ça fait un moment que cette époque-là, elle est révolue. Ce n'est pas un contexte qui est
particulièrement nouveau. Il n'y a pas ici empressement de... de statuer, donc,
quant à la question de la mobilité, en fait, Mme la Présidente. Donc, ça
fait un moment, donc, que le Québec, donc, vit
cette pénurie de main-d'oeuvre, pénurie de main-d'oeuvre, d'ailleurs, que le
gouvernement actuel a nié pendant un bon moment avant de... avant de s'y
atteler. Et nous en... et nous faisons donc ces constats-ci.
Ce que j'ai entendu de la part du ministre hier
et ce que j'ai entendu également, donc, lors de ces discussions avec, donc, mes collègues, donc, d'Hochelaga-Maisonneuve et de Jean-Talon, c'est ce désir, donc, d'arriver à une situation
d'équilibre. Donc, j'ai parlé de compromis, il n'a pas voulu... le terme...
employer le terme «compromis», il a parlé d'équilibre ici. Je l'ai entendu, en
ce qui a trait, donc, au libellé, là, donc, de l'article 25, que nous
venons d'adopter. C'est donc dans ce
contexte-ci que je vous propose un autre équilibre. Donc, j'entends cette...
cette préoccupation-là, donc, que le ministre a maintes et maintes fois
exprimée. Donc, voici, donc j'essaie, donc, de trouver une espèce de... de voie
de passage.
Vous avez entendu, donc, mon argumentaire sur le
fait qu'on aurait pu verser dans la simplicité, parce que c'est également, donc, un élément qui a été
mentionné par le ministre, donc nous assurer, donc, d'avoir des dispositions,
donc, les plus simples possibles. C'est également la voie que notre formation
politique aurait privilégiée. Considérant, donc, les différents besoins
et sachant, donc, qu'il y a, donc, besoin, donc, de faire un pas vers l'avant,
le projet de loi actuel, et
vous avez entendu, donc, le vote que nous venons d'enregistrer, il
fait donc ce... ce premier pas, donc, en matière, donc, de mobilité.
Ma collègue des Mille-Îles
en a fait mention aussi. Mais nous considérons que les besoins, notamment ceux en matière d'habitation — ma
collègue des Mille-Îles est notre porte-parole en matière d'habitation — notamment,
donc, ceux en matière, donc, d'infrastructures publiques qui sont
nécessaires au Québec, notamment les besoins qui ont été énoncés par Hydro-Québec, qui demandent que
le Québec, donc, puisse... puisse donc former et requalifier 35 000 travailleurs par année dans
l'industrie de la construction, tout simplement pour pourvoir leurs propres
besoins, ça nous amène à vouloir mettre de l'avant, donc, d'autres
dispositions qui vont vers cette voie de passage.
• (12 h 30) •
Encore
une fois, notre... notre proposition privilégiée aurait été celle qui a été
mentionnée, donc, à l'article 25, mais ici on se dit : Comment est-ce
qu'on arrive à mettre de l'avant, donc, un... une voie qui puisse aller
chercher, donc, l'assentiment, donc,
des différentes formations politiques ici? Donc, j'ai parlé... oui, j'ai...
Donc, c'est dans cette perspective-ci que le libellé que vous voyez ici,
à l'écran, Mme la Présidente, donc, nous présente, donc, un scénario de pleine
mobilité pour les petites et moyennes entreprises.
Et ici, donc, nous
sommes arrivés, donc, à un consensus, donc, autour, donc, du nombre de
25 salariés de la construction, sachant que les dispositions, notamment,
donc, celles qui sont dans la législation, encadrées, donc, par... donc sous la
juridiction, donc, du ministre du Travail... Donc, ces types, donc, de
dispositions ci, donc, avec un certain nombre de salariés, donc, ne sont pas
absentes, là, donc, du contexte législatif auquel, donc, le ministre, il est habitué. On n'arrive pas avec quelque chose, donc,
de complètement extérieur au contexte dans lequel, donc, le ministre est
habitué de travailler. Notamment, on a discuté, il y a quelques jours, du
Règlement sur les travaux bénévoles de construction,
qui, comme on pouvait le voir... donc, il y avait, donc, dans ce cadre-ci
aussi, là, donc, certaines... certaines dispositions, donc, réglementaires,
donc, qui mettaient donc un certain seuil, notamment un certain seuil de
salariés quant aux petites entreprises.
Lors
des consultations particulières, ce qu'on a entendu, et particulièrement, donc,
dans le secteur de l'habitation, ce
sont donc des entrepreneurs, donc, qui nous ont dit : Bien, on a des
entreprises, dans les différentes régions, qui veulent pouvoir grandir.
Et ce sont même, donc, mes collègues qui ont questionné, donc, les associations
d'employeurs, donc, qui étaient, donc,
venues témoigner, qui leur ont posé cette question-là, à savoir : Donc,
vos membres, donc, qui sont des petites entreprises, qu'est-ce qu'ils vous
demandent? Ils nous disent... Bien, eux aussi, donc, ils veulent pouvoir
avoir accès, donc, à une certaine... à une
certaine... à une mobilité, donc, plus accrue. Et j'entends donc l'argumentaire
de mes collègues, je me dis, ici, donc, avec cette voie de passage, cet
équilibre, ce compromis, nous arriverions donc à aller un peu plus loin tout en nous assurant que l'impact sur les
travailleurs... ou l'impact présumé sur les travailleurs soit... bien,
soit... en fait, ne fasse pas partie, donc, de l'équation ici, Mme la
Présidente.
Le... Ce que le...
cette proposition d'amendement, donc, viendra aussi faire, c'est aussi agir sur
la question des régions limitrophes. Et je veux surtout entendre le ministre
sur la question des régions limitrophes lorsque nous commencerons le débat.
Donc, à savoir... Le ministre, donc, il l'a mentionné, donc, il y a plusieurs,
donc, régions qui, souvent, ne sont pas les régions administratives, hein, du
Québec, et le projet de loi, dans sa mouture actuelle et dans ce qu'il propose, donc, en matière, donc, de
mobilité, ne vient absolument pas élimer le problème ou endiguer, donc, l'enjeu,
qui fait consensus ici, du fait que, bon, avec les régions limitrophes, donc,
parfois, donc on se retrouve avec certaines
aberrations où un... où un non-salarié, donc, pourrait, parce qu'il est dans la
même région CCQ, être affecté, donc,
à un chantier qui est beaucoup plus loin de son domicile que celui d'une région
limitrophe qui est... en fait, juste, juste à côté, ça nous... sachant
que la grande majorité des entreprises et, encore une fois, particulièrement
dans le secteur de l'habitation, dans le
secteur résidentiel, sont donc des petites entreprises, en leur permettant
aussi une certaine croissance.
Et je cite donc le
ministre un peu plus tôt, là, dans l'échange avec les collègues, donc, il
mentionnait que plusieurs régions avaient donc des stratégies de développement
pour... pour bâtir, en fait, avaient besoin, donc, des leviers pour créer ces stratégies de développement pour bâtir dans tous
les secteurs d'activité. Je pense que l'amendement qui est déposé ici est dans l'esprit du projet de
loi qui est déposé par le ministre et j'espère de l'entendre, y voir, donc, un
élément, donc, qui nous permettrait donc de répondre aux différents enjeux
qu'il a lui-même soulevés. Merci, Mme la Présidente.
La Présidente (Mme
D'Amours) : Merci. M. le ministre, commentaires?
M. Boulet : Merci,
Mme la Présidente. Mais en fait, cet amendement-là est une quête de compromis
entre la pleine mobilité et la mobilité,
quand même, avec certaines restrictions, parce que, là, vous demandez la pleine
mobilité dès qu'une entreprise a moins de 25 salariés, et 96 % des
entreprises en construction ont moins de 25 salariés. Donc, c'est demander
la pleine mobilité pour 96 %. Il y en a 80 %, des entreprises, qui
ont moins de cinq salariés. Et, deuxièmement, ça serait inapplicable,
là, parce que le 25, là, ça change de jour en jour, ça change de semaine en
semaine.
Ça
fait que je respecte beaucoup votre volonté d'avoir une pleine mobilité, mais
là je partagerais une partie des arguments du collègue
d'Hochelaga-Maisonneuve et du collègue de Jean-Talon pour les raisons déjà
exprimées. Je pense que notre position en est une d'équilibre, pas un
consensus, mais une d'équilibre, et, pour cette raison-là, nous voterons contre
votre... malheureusement, contre votre proposition d'amendement.
La Présidente (Mme
D'Amours) : Oui, Mme la députée de Bourassa-Sauvé.
Mme
Cadet : Mme la Présidente, j'aimerais aussi entendre le... J'entends
le ministre, là, sur ce que... sur ce qu'il vient de nous dire, puis la raison
pour laquelle, donc, j'ai mentionné le fait, donc, que l'environnement, donc,
législatif, donc, du ministère du Travail, donc, est habitué, donc, de
fonctionner avec différents seuils... Et, dans le cadre, donc, du secteur, donc, de la construction également qu'on le
voit, donc, il y a une certaine applicabilité. Ma... ma préférence
aurait été celle de la simplicité, donc, la plus totale, ça, je l'entends.
Mais, puisque le ministre complexifie lui-même, donc, l'environnement ici, je
me dis que, si on voulait, donc, se retrousser les manches, que ce ne serait, donc, pas tout à fait, donc, impossible, donc, de
mettre de l'avant, donc, cette position, donc, de compromis ici. Donc, ça,
c'est le premier élément.
Le second, le
ministre, donc, il l'a mentionné, donc qu'effectivement, donc, qu'une grande partie,
donc, des entreprises de la construction sont des très petites entreprises, des
petites entreprises. Et je veux l'entendre sur la question des régions limitrophes particulièrement, parce que, souvent,
ce sont celles-ci qui sont particulièrement pénalisées par cet enjeu-là
qui fait consensus.
J'entends donc mes
collègues. Je ne partage pas nécessairement, donc, ce point de vue là étant
donné les données que je vous ai présentées,
des données qui semblent être persistantes, donc à très long terme, quant à
l'environnement économique du Québec et aux besoins de développement économique
régional, donc de l'ensemble, donc, de nos
régions. Ceci dit, donc, les toutes petites entreprises, bien souvent, sont
celles qui sont les plus pénalisées par
cet enjeu-là et elles ne font pas l'objet des préoccupations qui ont été
soulevées, donc, par mes collègues quant à... quant aux défis de... donc, relatifs, donc, à un salarié, donc, qui
vivrait donc dans une région, donc, un peu plus éloignée, d'avoir accès,
donc, à différents chantiers. Donc, je comprends donc la préoccupation
principale, donc, de protection, donc, de ces salariés-là. Mais, étant donné,
donc, le contexte et le fait que cette proposition-ci n'aurait pas d'impact négatif, donc, sur ces travailleurs, je ne peux
partager, donc, le contre-argumentaire qui vient d'être soulevé par le
ministre.
Je reviens donc à la
question des régions limitrophes. Le projet de loi, qu'est-ce qu'il...
qu'est-ce qu'il fait par rapport à cet enjeu-là? Et comment...
M. Boulet : ...le même raisonnement, là, j'ajouterais que,
même si des régions limitrophes, la pleine mobilité, c'est ce que vous
proposez, pleine mobilité pour 96 % des entreprises, et c'est
inapplicable, parce que le nombre de travailleurs varie d'une journée,
d'une semaine à l'autre. Donc, je n'ai pas d'autre commentaire à ajouter.
La Présidente (Mme
D'Amours) : Mme la députée.
Mme Cadet : Mme
la Présidente, donc, ici, donc, j'ai la carte, donc, des régions de la
Commission de la construction du Québec. Quelqu'un de Drummondville ne peut pas
aller travailler à Saint-Hyacinthe. Dans le cadre... Souvent, là, donc... Je comprends ce que vous dites, M. le ministre, là,
quant aux... quant à l'identité des salariés qui est variable, mais la réalité, puis c'est ce qu'on
voit dans les données de la CCQ, c'est que la taille, donc, de ces
entreprises-là n'est pas aussi variable que l'identité des salariés ici.
Encore
une fois, sur cet enjeu-là... Puis, mettons, là, on débat de sur cet
amendement-ci, là, mais, disons, là, je vous... je ne le partage pas, mais j'entends votre argumentaire, est-ce
qu'il y aurait moyen de remoduler, donc, l'amendement qui est présenté ici, donc, de trouver, donc, une
autre voie de passage par rapport à cette problématique-là qui subsiste
malgré l'adoption du projet de loi?
• (12 h 40) •
M. Boulet : Ceci
dit avec respect, non.
Mme Cadet : Il
n'y aurait pas de moyen, donc, de trouver une autre... Vous avez entendu les
associations...
M. Boulet : ...de
passage entre la pleine mobilité puis notre position d'équilibre, c'est non. Un
équilibre entre ceux qui veulent la pleine mobilité et ceux qui ne veulent pas,
je pense qu'on a un bon équilibre, puis les seuils ont démontré qu'un bon pourcentage des travailleurs... puis c'est encore
plus bénéfique pour les femmes, à 400 heures. Donc, ça donne
d'excellents résultats.
Ça fait que de faire
une pleine mobilité, même quand c'est des régions limitrophes, on a le même
résultat impraticable, c'est-à-dire que le nombre varie trop. Et vous demandez
la pleine mobilité pour 96 %, puis je redis tout le temps que la priorité d'embauche régionale demeure, là. Ça fait qu'on
est en pénurie, on a des besoins, mais la pleine mobilité n'est pas... J'ai compris les associations d'employeurs qui ne
voudraient aucun obstacle, mais il faut y aller de manière respectueuse.
Alors, c'est tout.
La Présidente (Mme
D'Amours) : Merci.
Mme Cadet : Écoutez,
bien...
La Présidente (Mme
D'Amours) : Oui. Vous avez terminé, Mme la députée de Bourassa-Sauvé?
Mme Cadet : Ah!
bien, ma collègue va y aller, puis je vais conclure.
La Présidente (Mme
D'Amours) : Parfait. Mme la députée de Mille-Îles.
Mme Dufour : Merci,
Mme la Présidente. Alors, on l'a mentionné, il y a des grands chantiers qui
s'en viennent au Québec, encore une fois, notamment dans la région de
Bécancour, beaucoup de construction qui devra se faire dans cet endroit-là. On l'a mentionné tout à l'heure, il y a un
besoin énorme de travailleurs, mais il va aussi y avoir un besoin d'entrepreneurs. Et là, si on regarde
les cartes des régions, bien, des entrepreneurs qui ne sont pas très loin, là,
pas très loin de cette région-là, ne pourraient pas participer à cet effort collectif
pour soutenir la filière batterie, mais aussi tous les logements qui devront
être construits pour les travailleurs de cette filière-là. Et puis là les
enjeux... Hydro-Québec aura les mêmes enjeux, éventuellement.
Donc, il m'est difficile, là, de saisir la... On
a ici une opportunité de se donner de la flexibilité, puis je l'ai dit tout à
l'heure, moi, je considère que ça n'allait pas assez loin de ce niveau-là,
parce qu'on le voit, là, la façon que les régions sont découpées, on perd
d'énormes opportunités, des entrepreneurs de la région, autant, tu sais, par
exemple, dans Lanaudière, ne pourraient pas prêter main-forte, et ils ne sont
vraiment pas loin. Et même chose pour ceux qui sont, par exemple, à l'ouest de
la Capitale-Nationale. C'est un non-sens. Ça fait que, là, on va se limiter.
Puis est-ce qu'il y aura des stratagèmes qui
devront se créer juste pour pouvoir opérer des entreprises dans la région? Il
faut se poser la question. Ça fait
que, finalement, tu sais, si on doit le contourner d'une certaine façon, c'est
peut-être que la loi doit être modifiée.
M. Boulet : ...accrue, mais pas une
mobilité sans limite. Puis un entrepreneur, il peut y aller, l'entrepreneur peut y aller, c'est... la mobilité, elle concerne
plus spécifiquement les salariés. Ça fait que je pense que c'est une mobilité qui
est raisonnée, qui est raisonnable et qui est, encore une fois, en équilibre.
Merci, Mme la Présidente.
La Présidente (Mme D'Amours) : Merci.
Mme la députée de Bourassa-Sauvé.
Mme
Cadet : Oui, Mme la Présidente. Écoutez, en conclusion, ce
que j'entends du ministre, c'est qu'il partage le diagnostic quant à l'enjeu, qu'il partage même, donc, le constat, là,
donc, que nous faisons, donc, quant aux régions limitrophes, là. Ce que
j'entends, ici, là, c'est qu'il constate le fait que le projet de loi, donc,
aujourd'hui, malgré certains... certains pas en avant que nous avons donc
nous-mêmes, donc, salués, donc, ma collègue et moi, qu'il ne souhaite
pas faire ce pas en avant, puis je l'entends. Donc, j'entends à sa
préoccupation d'équilibre, c'est ce que nous avons voulu amener ici. Puis même au-delà,
donc, de la proposition précise, donc, on a voulu, donc, l'entendre sur ce que...
sur, donc, ce qui est partagé, donc, par l'ensemble, donc, de l'industrie,
donc, sur ces constats-là, donc, sur les... les défis, donc, que pose cette carte régionale là pour plusieurs, donc, petites
entreprises, on le sait, donc, nos... ces entreprises-là, donc, qui
emploient, donc, moins de 25 salariés dans... dans ce cas-ci, donc, ont
vraiment besoin de grandir.
Mais donc, le ministre, aujourd'hui, fait le
choix, malgré le fait qu'il entend le diagnostic, qu'il le partage, malgré le
fait qu'il tire les mêmes conclusions que nous quant aux défis du secteur de la
construction, quant aux défis économiques du secteur de la construction, ne
souhaite pas, donc, régler différents enjeux qu'on aurait pu régler dans le
cadre de l'étude de ce projet de loi ci. Merci, Mme la Présidente.
La
Présidente (Mme D'Amours) : Merci. M. le député d'Hochelaga-Maisonneuve? Ça va?
D'autres commentaires? Est-ce que l'amendement de la collègue de
Bourassa-Sauvé est adopté ou rejeté?
Des voix : ...
La Présidente (Mme D'Amours) :
Rejeté. Nous revenons à l'article 69. Est-ce qu'il y a des commentaires?
Oui, M. le député d'Hochelaga-Maisonneuve.
M. Leduc : Merci, Mme la Présidente.
Est-ce que le ministre peut d'abord nous expliquer pourquoi 750? Parce que, là,
on parle de... on parle de 1 500? Pourquoi 750? C'est juste on coupe ça en
deux, puis c'est tout?
(Consultation)
La Présidente (Mme D'Amours) : M. le
ministre.
M. Boulet : Un instant.
Des voix : ...
M. Boulet : En fait, 750, c'est
couper la poire en deux, puis en tenant compte du pourcentage de nouveaux
travailleurs de... qui ont des certificats compétence-compagnon qui vont y
avoir accès. Donc, c'est l'augmentation modérée
du nombre des personnes qui vont pouvoir devenir des travailleurs
préférentiels. Donc, c'est la logique qu'on a utilisée.
M. Leduc : Je ne la comprends pas,
le nouveau...
M.
Boulet : Bien, avant, c'était 1 500, puis on a coupé
la poire en deux, à 750, en faisant l'analyse du nombre de personnes qui allait
bénéficier de la baisse du seuil d'admissibilité pour devenir un travailleur
préférentiel.
M.
Leduc : Quoi... c'est quoi, le lien entre ce nombre de personnes là et
le fait que vous avez décidé de le couper en deux?
M. Boulet : Pour
accroître la mobilité, pour qu'un plus grand nombre de salariés puissent en
bénéficier de façon compatible avec la volonté individuelle de chacun, chacune.
C'est tout.
M. Leduc : C'est
parce qu'il me semble que, peu importe la grosseur de la coupure de la poire,
le nombre de personnes qui rentrent dans le marché, ça ne change pas
grand-chose.
M. Boulet : Oui,
mais, à un moment donné, il faut mettre le curseur à quelque part. Ça aurait pu
être moins, ça aurait pu... Mais 750 heures, après consultation, après
échange et après examen de l'impact que ça pouvait avoir sur le nombre, c'était
un chiffre qui apparaissait tout à fait correct.
M. Leduc : C'est
quoi, la moyenne d'heures travaillées, mettons?
M. Boulet : Pardon?
M. Leduc : La
moyenne d'heures travaillées par année.
M. Boulet : Vous
voulez dire dans le secteur de la construction?
M. Leduc : Oui.
M. Boulet : Bien,
c'était à 1 400... 1 404, en 2022.
M. Leduc : ...combien?
M. Boulet : 1 404,
puis la moyenne d'heures travaillées des salariés qui ont effectué au moins
500 heures, c'est 1 404 puis c'est 1 490 pour les compagnons,
1 268 pour les apprentis puis 1 340 pour les...
M. Leduc : Vous
dites : Si on a fait au moins 500, mais si on prend tout le monde.
M. Boulet : Si
on prend tout le monde, c'est 1 062.
M. Leduc : C'est
1 000. Quand vous dites qu'on va couper la poire en deux, viser la
moyenne, ça n'aurait pas été plus approprié?
M. Boulet : Pardon?
M. Leduc : Quand
vous dites : J'ai coupé la poire, là, 1 500 à 750, vous descendez
quand même pas mal en bas de la moyenne, là.
M. Boulet : Pour
la mobilité, c'est le nombre d'heures complétées dans les 24 des
26 derniers mois. Est-ce que c'est en bas de la moyenne? Oui,
effectivement. Et vous savez que, pour les femmes et les groupes issus de la diversité, c'est encore plus bas, puis ça, ça a
généré des résultats. Dans le programme d'accès à l'égalité pour les femmes,
la mesure du 500 heures a eu pour effet d'améliorer la représentativité
féminine.
M. Leduc : Pourquoi,
là, vous n'avez pas coupé la poire en deux, c'était 500 avant, vous la baissez
à 400?
M. Boulet : Oui,
là aussi il fallait mettre, à un moment donné, la barre à quelque part pour
s'assurer d'une augmentation dans le pourcentage à peu près...
M. Leduc : Mais
je vous demande...
M. Boulet :
...le pourcentage, quant au
nombre, c'est à peu près équivalent pour les hommes et les femmes. Pour les
hommes, avec le 750 heures, 67 %, pour les femmes, 72 %, puis,
pour les autochtones, 65 %. Donc, c'est tout à fait proportionnel.
M. Leduc : Je
ne comprends rien. Proportionnel à quoi?
M. Boulet : ...le nombre d'hommes qui vont devenir des
préférentiels à 750 heures, les compagnons, c'est 67 % des
compagnons, les femmes, c'est 72 %.
M. Leduc : OK,
c'était ça, votre guide.
M. Boulet : Oui, tout à fait.
M.
Leduc : Vous vouliez rajouter le même nombre de femmes et d'hommes.
• (12 h 50) •
M. Boulet : Rajouter
un pourcentage de personnes qui sont admissibles aux travailleurs
préférentiels. Donc, on a ici, pour les préférentiels, les compagnons, les
apprentis puis les occupations, puis je vous ai donné le nombre pour chacun
tout à l'heure.
M. Leduc : OK. Puis comme les hommes étaient plus haut que
les femmes, c'est logique qu'ils baissent plus pour...
M. Boulet : Pourcentage
à peu près équivalent.
M. Leduc : ...essayer
de viser le même nombre de pourcentage de personnes qu'on veut rajouter.
M. Boulet : C'est
tout. Vous comprenez bien.
M. Leduc : OK.,
c'est un peu plus clair. Parfait.
Le CIAFT, qui nous a
écrit un mémoire qu'on a abordé abondamment dans les derniers jours, les
dernières semaines, avait mentionné qu'il s'inquiétait de ça. À la page 8,
il disait : «Le projet de loi n° 51 introduit
des dispositions sur la flexibilité des travailleurs et travailleuses entre les
régions. Nous craignons que cette nouvelle façon
d'opérer induise des pressions supplémentaires sur la main-d'oeuvre en créant
une industrie où il est impossible d'être parent et d'y travailler.»
C'est des mots forts,
quand même, «impossible d'être parent et d'y travailler». Je vous pose toujours
la question : Est-ce que vous trouvez que c'est une crainte légitime?
M. Boulet : Non.
M. Leduc : Pourquoi?
M. Boulet : Parce
que, bon, j'ai mentionné, la plupart... la grande majorité des heures sont
faites dans la région où les personnes sont domiciliées, puis on fait venir des
travailleurs de d'autres régions. Mais, comme il y a des obstacles, on n'est pas capable de respecter les délais puis les
coûts de construction. Et c'est un droit, ce n'est pas une obligation,
c'est une faculté, ce n'est pas un impératif. Donc, je respecte le CIAFT,
évidemment, mais, là-dessus... ça peut être une appréhension qui est exprimée,
mais, moi, elle ne m'apparaît pas totalement légitime.
M. Leduc : Parce
que c'est une préoccupation croissante. Puis, vous le savez, M. le ministre, on
a travaillé ensemble sur une réforme du RQAP, que les jeunes pères, en
particulier, veulent prendre plus de place dans la vie de leurs jeunes enfants
et que cette préoccupation-là — moi, je le vois, en tout cas, de plus en
plus dans le milieu des... dans les milieux de travail — devient
centrale dans les négociations. Les gens veulent moins de précarité, ils
veulent moins être obligés de faire des heures supplémentaires, des soirs de
fin de semaine, etc., parce qu'ils veulent passer du temps avec leurs enfants. Puis on aura beau leur mettre toutes les
primes possibles de la terre, ça ne les intéresse pas plus, ils veulent passer du temps en famille. Et
ça, je me réjouis de ça, faisant partie un peu de cette génération-là. Je suis
content de voir que la présence paternelle
est valorisée d'un point de vue, bien sûr, des jeunes pères aussi, mais, de
plus en plus, je le pense, d'un point de vue de l'État.
Mais de là commencer
à dire qu'on va comme couper de moitié les heures pour la mobilité et que, si
une personne veut vraiment travailler et
faire ses heures avec son employeur, avec lequel il est habitué de travailler,
elle risque d'être susceptible de se
faire obliger, entre parenthèses, d'aller changer de région de manière assez
fréquente, je ne suis pas sûr qu'avec
cette nouvelle façon de voir l'importance de la... de la paternité dans la vie
des travailleurs, les jeunes pères, je ne suis pas sûr que c'est une
mesure qui va favoriser la rétention. Parce que, si quelqu'un qui est un jeune travailleur en construction, qui commence, ça fait
quelques années, là il se qualifie, puis là son boss, il dit : Ah!
parfait, tu es qualifié pour les 750 heures, c'est parti, on s'en
va faire, des chantiers sur la Côte-Nord, à Montréal, dans les Laurentides, en
Estrie, je ne suis pas sûr, moi, que le jeune travailleur, ça va lui tenter de
rester dans l'industrie de la construction si c'est ça, le nouvel environnement
de travail.
M. Boulet : Non,
puis c'est intéressant que vous référiez au RQAP. On a fait une réforme de la
Loi sur l'assurance parentale et on a même ajouté à la loi des incitatifs pour
permettre aux pères de s'investir plus dans la sphère familiale le huit
semaines additionnelles, souvenez-vous, et le... Je voyais les dernières
données du Conseil de gestion de l'assurance parentale, et c'est au Québec, au
Canada, où les pères prennent le plus de semaines, au-delà du cinq semaines de
paternité, ils prennent des semaines de congé parental, puis je suis
extrêmement fier de ça. Puis, avec la
priorité d'embauche régionale puis avec le travail multiple dans tous les
secteurs, ils auront l'opportunité, les jeunes parents qui ont des
jeunes enfants, puis ça peut être des moins jeunes parents, de demeurer. Puis
c'est quand même un nombre d'heures au cours
des 24 mois qui précèdent, là, c'est quand même une possibilité qu'on
donne à la vaste... à la majeure partie. Puis, avec les incitatifs qu'il
y a dans la Loi sur l'assurance parentale, c'est un... aussi un incitatif à
rester à travailler chez vous.
M. Leduc : ...puis
c'est... on a fait des belles choses avec le RQAP, je ne suis pas ici pour vous
dire l'inverse, mais le RQAP, ça concerne
une très courte période, là, c'est un an, et des poussières, là, avec la
nouvelle réforme. Moi, je vous parle, là, un père,
là, rendu avec un enfant de deux, trois, quatre, cinq, six ans, puis en
montant, à la limite, avec des ados aussi,
ça va-tu lui tenter, lui, de se faire barouetter à tous les coins du Québec
parce que, tout à coup, il se qualifie puis que son... son entrepreneur,
il dit : Moi, je vais aller faire les chantiers un peu partout? Ça se peut
que... Je ne suis pas sûr que vous réalisez
le danger de pousser des jeunes pères vers le changement de métier parce qu'ils
seront... ils n'auront pas envie de vivre ce barouettage-là à travers la
province.
M. Boulet : Oui,
mais, rappelons-nous, je mentionnais tout à l'heure à... dans l'état actuel des
choses, il y a 57 % des salariés qui sont préférentiels. On augmente le
pourcentage de façon modérée. Ce que me suggérait la collègue de Bourassa-Sauvé, c'est de le monter à 100 %, à toutes
fins pratiques, ou à presque 100 %. Je pense qu'on a un équilibre entre les deux. On est à 73 %...
72 % et 76 %, là, hommes et femmes, on est entre les deux. Ça fait
que convenez avec moi que c'est un équilibre qui est raisonnable.
M. Leduc : On est toujours à gauche ou à droite de quelqu'un
d'autre. Je comprends qu'aujourd'hui vous trouvez ça bien confortable
d'être au centre de nous deux, c'est très bien.
Blague à part, moi,
je regarde les statistiques, j'ai ici en main le tableau de la CCQ, si je ne me
trompe pas, d'avril 2023, sur le nombre d'heures travaillées par région, par
des salariés dans... domiciliés de la région, hein, on se comprend, puis c'est...
c'est criant, là. Moi, je vous dis que, depuis le début, je m'inquiète de cet
article-là à cause du fait qu'il y a le
corridor Montréal-Québec qui travaille beaucoup, parce que l'essentiel des
contrats est dans le corridor Montréal-Québec, puis l'essentiel de la
main-d'oeuvre est dans le corridor Montréal-Québec. Puis, sans grande surprise,
là, on regarde les gens de Québec : 95,3 % travaillent dans leur
région. Et les heures travaillées, donc, par les
gens de Québec sont à 95 % dans leur région. Puis c'est le même chiffre
pour Montréal, pour le Grand Montréal. Donc, les gens de Montréal
réussissent à travailler à Montréal, les gens de Québec réussissent à
travailler à Québec.
C'est quand on sort
un peu de ça, des autres régions, que ça commence à baisser, là. On regarde le
Saguenay, woups! ça baisse à 90 %, Bas-Saint-Laurent—Gaspésie,
90 %, Estrie, ça baisse à 85 %, Outaouais, 86 %, Abitibi,
82 %, Baie-James, on est à
16 %, mais c'est un cas particulier. Mais la Côte-Nord, on est à
44 %. Les gens de la Côte-Nord ne réussissent pas à faire leurs
heures sur la Côte-Nord.
M. Boulet : Il
faut lire dans les deux sens, là, il faut lire au bout puis il faut lire...
Ici, la Côte-Nord, ils ont fait 89 % des heures, 89,9 % dans leur
région. C'est parce que vous... vous n'êtes pas dans la bonne colonne. C'est la
colonne au bout, la part effectuée dans la
région de domicile. C'est élevé, élevé, élevé partout, partout, puis on manque
de main-d'oeuvre. Ça fait que je trouve ça intéressant que vous référiez à ce
tableau-là, il est extrêmement explicite sur la capacité, les besoins font en sorte que les travailleurs font leurs
heures... la part effectuée dans leur région de domicile. Ça fait que ça
nous rejoint. On est en équilibre tous les deux.
M. Leduc : Puis
est-ce que vous ne considérez pas... Vous avez raison, j'ai mal interprété le
tableau, c'est votre interprétation qui est
la bonne. Vous ne considérez pas que ces chiffres-là, puis force est de
constater qu'ils sont quand même plus bas pour des régions éloignées,
sans grande surprise...
M. Boulet : Bien, il y a plus de chantiers dans les grands
centres urbains, là, ça fait qu'ils ont besoin de plus...
M. Leduc : Bien,
c'est ça, mais vous ne considérez pas que ces chiffres-là, que vous estimez
être pas si mal, sont le fruit et le résultat d'un système qui était en place à
travers le règlement, à travers les conventions collectives, qu'il y avait une préférence pour l'embauche
régionale réelle avec des instruments pour l'appliquer, des instruments que
vous affaiblissez par le... la baisse de 1 500 à 750.
M. Boulet : ...mais, si je prends la Côte-Nord, 90 % des
heures effectuées là, dans le 10 %, il y a probablement un nombre de
travailleurs préférentiels qui ont décidé d'aller travailler ailleurs. Ça fait
que c'est le libre... la libre volonté de chacun, chacune. Moi, je
trouve que ce tableau-là, il est éloquent, puis merci d'y faire référence.
M. Leduc : Les
statistiques que vous voyez là, vous pensez qu'elles vont évoluer de quelle
manière?
M. Boulet : De
façon à peu près identique. Si je regarde génie civil et voirie, où il y a
plein de mobilité, dans les strates de cinq ans, c'est resté la même affaire.
Ça fait que ça va rester un peu la même chose, mais ça va donner un peu plus de
droits individuels à des travailleurs qui vont devenir préférentiels.
La Présidente (Mme
D'Amours) : Je vous remercie pour votre collaboration.
Compte tenu de
l'heure, je suspends les travaux jusqu'à 14 heures. Merci, tout le monde.
(Suspension de la séance à
13 heures)
(Reprise à 14 h 04)
La Présidente (Mme D'Amours) : Nous
reprenons nos travaux. Et la Commission de l'économie et du travail poursuit
l'étude détaillée du projet de loi n° 51, Loi modernisant l'industrie de
la construction.
Lors de la suspension de
nos travaux, ce midi, nous étions rendus à l'étude de l'article n° 69.
Est-ce que...
M. le député d'Hochelaga-Maisonneuve,
la parole était à vous. Est-ce que vous désirez toujours... Oui. Alors, la parole est à vous, allez-y.
M. Leduc : Merci, Mme la Présidente.
Je reviens au tableau sur lequel nous nous étions penchés avant la période de dîner. J'espère d'ailleurs que le
ministre a mangé, peut-être, une salade protéinée. Dans le PL n° 59, c'était toujours une bonne nouvelle, quand le ministre avait
mangé une salade, pour les amendements des oppositions, pour l'après-midi. On
verra bien si c'est le cas aujourd'hui.
Je reviens donc sur le tableau. Il y a quand
même des chiffres impressionnants, là, sur les chantiers, en fait, sur... on
devine, sur les chantiers, bien, sur le nombre d'heures. Parce que, dans le
fond, en le relisant comme il faut, je pense
que le ministre et moi avions raison, en quelque sorte, là. Là où le ministre
avait raison, c'est de dire : En effet, les gens de la Côte-Nord...
lorsqu'ils travaillent, les gens de la Côte-Nord le font majoritairement sur la
Côte-Nord, à 90 %. Cela dit, toute la job qui est faite en Côte-Nord, ils
ne sont que 44 % de la job faite en construction.
Là, ça, ça veut dire que la job en construction
sur la Côte-Nord est faite majoritairement par des gens qui ne sont pas de la
Côte-Nord.
M. Boulet : ...c'est parce qu'il
manque de monde.
M. Leduc : Bien, c'est ça.
M. Boulet : C'est la meilleure
démonstration.
M. Leduc : Je voulais juste qu'on
revienne là-dessus. On avait tous les deux raison.
M. Boulet : Oui, c'est intéressant.
M.
Leduc : Moi, je vais me pencher, peut-être, donc, sur
d'autres chiffres de ce tableau-là, dans la colonne que vous, vous avez
faite... évoquée, donc, la part effectuée dans la région de domicile, notamment
le Bas-Saint-Laurent—Gaspésie. Donc,
les gens de Bas-Saint-Laurent—Gaspésie
travaillent à seulement 76 % — 77 %,
si on arrondit — en
Gaspésie. Je prends une autre catégorie, Mauricie—Bois-Francs, 74 %. C'est quand
même deux régions importantes où les gens ne travaillent pas beaucoup, en tout
cas, moins que les autres régions, chez eux.
Moi, ça m'inquiète, parce qu'avec la baisse du
nombre d'heures requis pour avoir la mobilité complète, j'ai la crainte très
sérieuse que ces chiffres-là vont tendre à ne pas s'améliorer dans le futur.
M. Boulet : Absolument pas. Moi, ce
n'est pas une appréhension que je partage. Je pense que ce tableau-là est
éloquent des pénuries de main-d'oeuvre dans les régions, des besoins qui...
Puis je trouve que c'est intéressant pour la Côte-Nord. La Côte-Nord, la part
effectuée dans la région du domicile, c'est 90 %, puis il n'y a que
44 %... la part des salariés domiciliés, 44 %. Donc, ça veut dire
que, sans la mobilité, il n'y aurait pas eu d'impact. Ça fait qu'il y a probablement
des travailleurs à statut préférentiel d'un peu partout qui sont allés
travailler sur la Côte-Nord. C'est quand même assez éloquent.
Et, en Mauricie puis Bas-Saint-Laurent, je vous
entends, mais il y a peut-être des régions où il y a plus de travailleurs qui veulent bénéficier de la mobilité
parce qu'il y a peut-être plus de régions où il y a des besoins particuliers,
ça fait que... Mais je ne peux pas décortiquer la volonté de chaque personne,
là, mais je pense que ce tableau-là est une bonne représentation de la
nécessité de la mobilité.
Puis j'ai eu... j'ai eu, d'ailleurs... j'ai eu
tout à l'heure le tableau, le même tableau pour 2023, qui vient de sortir, et
c'est la même chose. Et, pour le Bas-Saint-Laurent—Gaspésie, 76,2 % et 88 %
pour la colonne horizontale. Puis Mauricie—Bois-Francs, 75,4 % puis, pour la colonne horizontale, 86,3 %. Puis c'est
les deux pires puis c'est quand même assez révélateur de la nécessité
d'avoir une mobilité additionnelle, ça fait que voilà.
La Présidente (Mme D'Amours) : Merci.
M. le député.
M.
Leduc : Oui. Moi, ce qui m'inquiète, encore une fois, Mme
la Présidente, c'est qu'on a tout un échafaudage construit à travers le projet
de loi n° 51 qui est basé sur une conjoncture :
conjoncture de pénurie de main-d'oeuvre, conjoncture de surchauffe
immobilière, économique. Mais, par définition, les conjonctures économiques sont
vouées à changer, à évoluer, puis, des fois,
dans un court laps de temps. Et là je ne vois pas, dans le discours du
ministre, ou dans les amendements qu'il nous soumet, ou dans les
articles dans son projet de loi, de flexibilité pour la suite des choses si le
contexte économique change.
Parce que, là, dans le fond, ce qu'il nous
dit : Moi, selon le contexte, j'agis et je fais x, y, z. D'accord, mais
est-ce qu'il est en train de nous dire que le prochain ou la prochaine ministre
du Travail, dans deux, trois, quatre, cinq ans, va être obligée de réviser la
loi si jamais c'est un contexte économique pas mal moins intéressant qui est à l'ordre du jour pour ramener des indicateurs et
ramener des éléments de protection pour des emplois dans des régions qui
pourraient être durement touchées par un taux de chômage plus fort?
M. Boulet : J'ai déjà répondu à
ce commentaire.
La
Présidente (Mme D'Amours) : M. le député.
M. Leduc :
Parce que des gens ont proposé des mécanismes, je fais référence, entre
autres... je pense à la CSD dans leur
mémoire, pour essayer de dire : Bon, le ministre veut aller là, on n'aime
pas ça, mais, tant qu'à y aller, il peut-tu mettre dans la loi des critères
économiques objectifs qui pourraient faire en sorte de ramener, je dirais,
l'aiguille à un niveau précédent, au niveau
précédent ou, en tout cas, avec un jeu avec lequel il pourrait être utilisé...
un jeu avec lequel le ministre pourrait fonctionner pour ajuster la
réalité? Parce qu'encore une fois, une conjoncture économique, ça peut évaluer
très... évoluer très rapidement, et je ne vois rien dans son projet de loi ni
dans celle-là qu'il pourrait dire :
Oui, peut-être que, dans cinq ans, si le taux de chômage au Québec explose puis
est rendu à 15 %... 10 %, 15 %, mon affaire de mobilité à
750 heures, ça ne marche plus bien, bien, tu sais.
• (14 h 10) •
M. Boulet :
Là, vous allez m'excuser, je vais répondre une autre fois. C'est un
règlement sur l'embauche et la mobilité des salariés. Donc, ça peut être
modifié par la CCQ. Ce n'est pas projeté, ce n'est pas prévu pour les 10 prochaines années, mais admettons, le
scénario que vous soumettez se produise dans x années, le règlement pourra
être adapté. C'est tout. Merci.
La Présidente (Mme
D'Amours) : M. le député.
M. Leduc :
C'est beau.
La Présidente (Mme D'Amours) : D'autres
interventions sur l'article 69? S'il n'y a pas d'autre... Oui, M. le
député de Jean-Talon.
M. Paradis :
Merci. M. le ministre, cet article-là, c'est un de ceux qui a fait
l'unanimité sur son objectif. Et cette intention-là, elle est évidemment...
Tout le monde est d'accord avec l'intention. J'aimerais savoir, par contre,
comment... comment vous voyez s'articuler cette disposition-là dans la réalité
une fois adopté le projet de loi. Je sais qu'on
a défini, à l'article 1, qui est une personne représentative de la
diversité de la société québécoise, parce que, là, ici, c'est à ces
personnes-là que va s'appliquer l'article 38, tel que modifié, du
règlement d'embauche et de la mobilité. Ça
se passe comment, ça, la détermination, là, de qui va être dans ce régime-là
par rapport à ceux qui vont être dans le régime global à partir du
moment où la loi, donc, s'applique?
M. Boulet :
Le 750 heures, tu es un homme, le 400 heures, une femme, groupes
issus de la diversité, donc les minorités
visibles, les personnes immigrantes puis les personnes en situation de
handicap. Il y a un registre mensuel, il y a un registre qui est
complété par les employeurs qui sont transmis à la CCQ, donc une compilation
des heures de travail effectuées. Et c'est
de cette manière-là que le travailleur ou la travailleuse peut justifier de son
statut préférentiel et suivre son employeur.
M. Paradis :
Et ça, c'est sur la question du nombre d'heures. Mais comment on détermine
qu'une personne fait partie, donc, d'une minorité visible ou ethnique?
M. Boulet :
Il faut qu'elle se déclare et... La personne déclare qu'elle fait partie
d'un groupe issu de la diversité telle que
définie, puis dans toutes les mesures que nous avons adoptées depuis le début
du projet de loi... Et c'est de cette manière-là que ça fonctionne.
M. Paradis :
Donc, le principe de base, c'est l'autodéclaration. C'est la personne qui
déclare faire partie d'une minorité.
M. Boulet :
Oui. Tout à fait.
M. Paradis :
OK. Dans un... Bien, au moins dans un des mémoires qu'on a... qu'on a
reçus, qui est celui d'Action travail des femmes, il y avait des inquiétudes
sur le fait que ce régime bien intentionné pourrait ouvrir la porte à
l'application de ce qu'on appelle maintenant, ce qu'on désigne, là, comme les
critères, là, d'équité, diversité et inclusion, EDI, sur lesquels, d'ailleurs,
votre gouvernement s'est prononcé en disant qu'il fallait faire attention de ne pas recréer des régimes distincts sur la base
de la couleur de la peau ou sur la base d'autres critères. Qu'est-ce que...
M. Boulet :
Totalement d'accord avec vous. Alors, les discussions qu'on a eues ici, en
étude détaillée, on n'est pas allé jusque là, mais ce n'est pas la volonté du
gouvernement, puis ce n'est pas notre intention.
M. Paradis :
Et donc, quand vous voyez...
M. Boulet : Alors, les groupes sont
bien identifiés, on a eu ces discussions-là, on a débattu et l'article a été
adopté. Puis les personnes... les personnes vont déclarer qu'elles font partie
des minorités visibles, ou des communautés autochtones, ou des personnes
provenant de l'Ukraine, de la Colombie, ou du Maroc, ou peu importe, là.
M. Paradis :
Donc, vraiment, la base, là, du fonctionnement de ce régime-là, ça va être
l'autodéclaration. Donc, il va y avoir un
formulaire où on va... on va adapter puis on va dire : Bien, une fois que
vous déclarez que vous faites partie d'un groupe visé, vous en faites
partie, puis ça se termine là?
M. Boulet : Oui. Merci, madame.
M. Paradis : OK. Très bien.
La Présidente (Mme D'Amours) : Merci.
D'autres interventions sur 69? Est-ce que l'article 69...
Une voix : ...
La Présidente (Mme D'Amours) : Une
demande par vote, appel nominal. Mme la secrétaire, s'il vous plaît.
La Secrétaire : Pour, contre,
abstention. M. Boulet (Trois-Rivières)?
M. Boulet : Pour.
La Secrétaire : Mme Tremblay
(Hull)?
Mme Tremblay : Pour.
La Secrétaire : Mme Mallette
(Huntingdon)?
Mme Mallette : Pour.
La Secrétaire : Monsieur...
Excusez-moi. M. Martel (Nicolet-Bécancour)?
M. Martel : Pour.
La Secrétaire : Mme Cadet
(Bourassa-Sauvé)?
Mme Cadet : Pour.
La Secrétaire : Mme Dufour
(Mille-Îles)?
Mme Dufour : Pour.
La Secrétaire : M. Leduc
(Hochelaga-Maisonneuve)?
M. Leduc : Contre.
La Secrétaire : Mme D'Amours
(Mirabel)?
La Présidente (Mme D'Amours) : Abstention.
Donc,
l'article 69 est adopté. L'article 70. M. le ministre, si vous voulez
bien nous en faire la lecture, s'il vous plaît.
M. Boulet : Merci,
Mme la Présidente. Ce règlement est modifié par l'insertion, après
l'article 38, du suivant :
«38.1. Le salarié titulaire d'un certificat de
compétence-compagnon ayant 15 000 heures ou plus déclarées au rapport
mensuel peut être affecté partout au Québec, peu importe l'employeur. Une
mention à cet effet apparait à son certificat de compétence-compagnon.»
Commentaire.
Bon, c'est... en fait, on a eu la discussion, donc ça permet une mobilité à un
détenteur de certificat compétence-compagnon qui est expérimenté, qui a déclaré
15 000 heures dans l'industrie de la construction. Voilà,
c'est tout. Très simplement. En fait, on l'a débattu amplement.
La
Présidente (Mme D'Amours) :
Merci. Nous avons reçu un amendement de la députée de Bourassa-Sauvé, nous allons le mettre... qui
était sur Greffier, nous allons le mettre à l'écran, et je vais demander à la
députée de Bourassa-Sauvé de nous en faire la lecture, s'il vous plaît.
Mme Cadet : Merci beaucoup, Mme la
Présidente. Je le vois effectivement à l'écran pour le bénéfice de l'ensemble des parlementaires. Donc,
article 70, article 38.1 du Règlement sur l'embauche et la mobilité
des salariés dans l'industrie de la construction. À l'article 38.1
du Règlement sur l'embauche et la mobilité de la main-d'oeuvre dans l'industrie
de la construction, proposé par l'article 70 du projet de loi :
1°
insérer, après «d'un certificat de compétence-compagnon», «ou titulaire d'un
certificat de compétence-occupation»;
2° remplacer «à son
certificat de compétence-compagnon» par «au certificat de compétence du
salarié».
Mme la Présidente, donc, vous m'avez entendue à
quelques reprises dans le cadre de l'étude détaillée de ce projet de loi de vous parler... vous m'avez
entendue, donc, vous parler du fait que les titulaires de certificat de
compétence-occupation, bien souvent, se retrouvaient omis, donc, du régime de
flexibilité, là, qui est créé par le projet
de loi n° 51. Je pense que ce que je propose aujourd'hui, ce que j'ai
énuméré, donc, également lors des remarques préliminaires ainsi que lors
de l'adoption du principe du projet de loi au salon bleu, donc, je l'ai dit,
donc, va dans le même sens que ce que propose le ministre, mais permet donc à
ces titulaires de certificat compétence-occupation... Et je l'ai mentionné, dans le secteur génie civil, voirie, donc, les
salariés, donc, des entreprises membres de l'ACRGTQ, dans ces cas-ci, on parle de 40 % de la
main-d'oeuvre qui est touchée. Ce sont plus de 32 000 salariés de la
construction sur les 200 000 qui sont des titulaires de certificat
compétence-occupation. Et, dans le cadre de ce projet de loi, nous avons déjà
permis à ces titulaires de certificat de compétence d'avoir accès à des métiers
sans perdre leur carte de compétence, ce qui
était important pour nous et important pour l'ensemble des parlementaires,
donc, cet amendement, donc, a été voté par l'ensemble des membres à
l'unanimité.
Nous avons aussi permis à ces titulaires de
certificat de compétence-occupation d'être plus polyvalents en leur permettant, donc, de pouvoir réaliser des
activités partagées, ce qui est, encore une fois, donc, une avancée, donc,
qui va donc, selon nous, donc, selon notre
formation politique, donc, permettre de réaliser les différents objectifs, donc,
économiques, donc, de ce projet de loi.
Aujourd'hui, donc, je complète ce triumvirat d'amendements, de dépôt d'amendements relatifs aux détenteurs de
certificat de compétence-occupation, en nous assurant donc que ceux-ci puissent
être plus mobiles.
Vous avez vu que, dans le cadre du débat sur
l'article 69, je suis arrivée, donc, avec une proposition d'amendement qui était une voie de passage, donc,
pour nous permettre d'aller plus loin. Donc, nous avons débattu de celui-ci,
cet amendement a été rejeté. J'invite le ministre, donc, à considérer, en
cohérence avec les autres propositions relatives aux détenteurs de
certificat de compétence-occupation, à examiner cette voie de passage
supplémentaire pour permettre, donc, une plus grande mobilité de la main-d'oeuvre
dans le secteur de la construction et que la proposition ici, que l'on voit,
donc, à l'article 70, donc, du projet de loi, qui est à l'effet que le
salarié titulaire d'un certificat de compétence-compagnon ayant
15 000 heures ou plus déclarées au rapport mensuel puisse être
affecté partout au Québec, bien, que cette
même possibilité, et le ministre l'a mentionné souvent, donc, ce n'est pas une
obligation, c'est une faculté, donc,
que cette faculté puisse également s'étendre aux détenteurs de certificat de
compétence-occupation afin, donc,
d'endiguer, donc, les défis de main-d'oeuvre que l'on vit et de permettre à
l'ensemble des secteurs de pleinement bénéficier de ce qu'ils ont
demandé, donc, en matière de mobilité de la main-d'oeuvre. Merci, Mme la
Présidente.
La Présidente (Mme D'Amours) : Merci.
Commentaires, M. le ministre?
• (14 h 20) •
M. Boulet : Oui, bien sûr. C'est un
amendement intéressant puis qui est en harmonie avec celui présenté par le
collègue d'Hochelaga-Maisonneuve pour la polyvalence pour les détenteurs de
certificat compétence-occupation.
Moi, je trouve, c'est un amendement qui est
intéressant, qui complète, en fait, puis qui assure une certaine équité entre
les compagnons puis les détenteurs d'occupation. Il y a
102 191 compagnons, il y a 32 189 occupations. Et j'ai fait calculer ce que votre mesure
représenterait, de leur permettre la mobilité après 15 000 heures,
28 % des hommes titulaires d'un certificat compétence-occupation et
4 % des femmes titulaires d'un certificat compétence-occupation, mais il y
a beaucoup moins de femmes, là, ça fait que c'est ce qui explique l'écart de
pourcentage, et nous sommes favorables à cet amendement.
La Présidente (Mme D'Amours) : Merci.
M. le député d'Hochelaga-Maisonneuve.
M. Leduc : Moi, si le ministre veut
intégrer ça, je veux clairement instiguer mon désaccord puis je refuse d'être
associé à ça dans ce sens que ce que j'avais proposé, c'était pour une personne
qui veut changer de métier, ce n'était pas du tout dans l'objectif d'élargir...
la polyvalence, pardon. Alors, moi, je vais voter contre et je ne veux pas que
je sois associé à ça.
Moi, je pense que, déjà, ça va trop loin dans le
projet de loi. Je comprends la volonté de ma collègue de l'opposition officielle, elle fait ce qu'elle
veut. Le ministre est susceptible de l'accepter ou pas, mais moi, je ne mets
pas mon nom là-dessus du tout, du tout.
La
Présidente (Mme D'Amours) : Merci. D'autres commentaires sur l'amendement de
la collègue? S'il n'y a pas d'autre commentaire, nous allons...
Une voix : ...
La Présidente (Mme D'Amours) : Par
appel nominal. Mme la secrétaire, s'il vous plaît.
La Secrétaire : Pour, contre,
abstention. Mme Cadet (Bourassa-Sauvé)?
Mme Cadet : Pour.
La Secrétaire : Mme Dufour
(Mille-Îles)?
Mme
Dufour : Pour.
La Secrétaire :
M. Boulet (Trois-Rivières)?
M. Boulet : Pour.
La
Secrétaire : Mme Tremblay (Hull)?
Mme
Tremblay : Pour.
La
Secrétaire : M. Dufour (Abitibi-Est)?
M. Dufour : Pour.
La
Secrétaire : Mme Mallette (Huntingdon)?
Mme
Mallette : Pour.
La
Secrétaire : M. Martel (Nicolet-Bécancour)?
M. Martel : Pour.
La
Secrétaire : M. Leduc (Hochelaga-Maisonneuve)?
M. Leduc : Contre.
La
Secrétaire : Mme D'Amours (Mirabel)?
La Présidente (Mme
D'Amours) : Abstention. Donc, l'amendement est adopté. Maintenant,
nous revenons à l'article 70 tel qu'amendé. Est-ce qu'il y a des
commentaires? S'il n'y a pas de commentaire, l'article 70, tel qu'amendé,
est-il adopté?
Des voix : ...
La Présidente (Mme D'Amours) : Un
vote par appel nominal est demandé. Mme la secrétaire, s'il vous plaît.
La
Secrétaire : Pour, contre, abstention. M. Boulet
(Trois-Rivières)?
M. Boulet : Pour.
La
Secrétaire : Mme Tremblay (Hull)?
Mme Tremblay :
Pour.
La
Secrétaire : M. Dufour (Abitibi-Est)?
M. Dufour : Pour.
La
Secrétaire : Mme Mallette (Huntingdon)?
Mme
Mallette : Pour.
La
Secrétaire : M. Martel (Nicolet-Bécancour)?
M. Martel : Pour.
La
Secrétaire : Mme Cadet (Bourassa-Sauvé)?
Mme Cadet : Pour.
La
Secrétaire : Mme Dufour (Mille-Îles)?
Mme Dufour : Pour.
La Secrétaire : M. Leduc
(Hochelaga-Maisonneuve)?
M.
Leduc : Contre.
La
Secrétaire : Mme D'Amours (Mirabel)?
La Présidente (Mme
D'Amours) : Abstention. Donc, l'article 70, tel qu'amendé, est
adopté.
Maintenant, nous
sommes rendus à l'article 71, M. le ministre, si vous voulez bien nous en
faire la lecture, s'il vous plaît.
M. Boulet : ...simplement :
L'article 44 de ce règlement est abrogé.
Commentaire. Bien, en
fait, on abroge l'article 44 parce que ça fait double emploi avec celle
énonçant, là, les critères d'ordonnancement que doit respecter la CCQ. Là,
souvenez-vous des articles 9 et 10 du règlement sur le service de référence de main-d'oeuvre et de
l'industrie de la construction, dont c'est une duplication, c'est un double
emploi qui est abrogé. Merci.
La Présidente (Mme
D'Amours) : Merci. Commentaires sur l'article 71? S'il n'y a pas
de commentaire, l'article 71 est-il adopté?
Des voix : Adopté.
Mme D'Amours :
Adopté. L'article...
Une voix : ...
La Présidente (Mme
D'Amours) : Oui. Ah! excusez, oui, c'est vrai. Bon, nous changeons de
catégorie dans le plan de travail. Nous serions rendus au Comité scientifique
des maladies professionnelles.
M. Boulet : Oui.
Merci, Mme la Présidente. C'est en dehors, c'est un papillon, en fait. Puis
ceux qui ont participé à la modernisation du
régime de santé et sécurité, l'article 60.2, c'est 348.4 de la Loi sur les
accidents de travail et maladies professionnelles : Insérer, après
l'article 60.1 du projet de loi tel qu'amendé, ce qui suit :
Loi sur les accidents
du travail et les maladies professionnelles
60.2.
L'article 348.4 de la Loi sur les accidents du travail et les maladies
professionnelles est modifié par le remplacement du paragraphe 2° du premier
alinéa par le paragraphe suivant :
«2°
un médecin membre du Collège des médecins du Québec ayant une implication dans le
milieu de la recherche ou de l'enseignement universitaire ainsi qu'une
spécialité qui sont pertinentes au mandat du Comité;».
Donc, c'est un
amendement qui modifie seulement une condition prévue pour être nommé membre du
Comité scientifique sur les maladies professionnelles. En fait, on retire la
référence à une spécialité puis on... que la personne doit être professeur
agrégé puis on élargit l'exigence d'implication universitaire.
En fait, c'est
simplement pour nous permettre de mieux recruter un membre additionnel du
Comité scientifique sur les maladies professionnelles. C'est le comité
scientifique qui a été créé, souvenez-vous, collègues, pour mettre à jour la liste des maladies professionnelles présumées. Il
manque un membre, puis les conditions étaient trop restrictives, ça fait que
les emplois supérieurs ont de la misère à recruter avec les conditions que nous
avions adoptées, qui sont trop restrictives. Donc là, ça permet
d'élargir les critères et d'additionner une personne au Comité scientifique des
maladies professionnelles. Donc, c'est simplement cette incidence pratique là.
La Présidente (Mme
D'Amours) : Merci. M. le député d'Hochelaga-Maisonneuve.
M. Leduc : Si
je comprends bien, M. le ministre, dans le fond, le PL n° 59,
il n'était pas parfait?
M. Boulet : Presque.
C'est le seul, presque.
M. Leduc : Presque.
M. Boulet : Mais, si vous voulez me faire réagir à ça, toutes
les lois sont perfectibles, puis vous le savez très bien.
M. Leduc : Je
suis quasiment...
M. Boulet : Mais
ça, c'est le seul.
M. Leduc : Avoir
su, j'aurais préparé d'autres amendements sur la LATMP aussi, vu qu'on ouvre la
loi.
M. Boulet : Non,
ça aurait été hors sujet. Non, non, mais...
M. Leduc : Ah
bon! Le vôtre, il n'est pas hors sujet, mais le mien l'aurait été.
M. Boulet : C'est un papillon, bon,
voilà.
M. Leduc : C'est
un papillon.
M. Boulet : Oui.
M. Leduc : Pas de problème.
M. Boulet : Merci.
La Présidente (Mme D'Amours) : D'autres
commentaires, M. le député?
M. Leduc : Bien, j'en aurais
beaucoup, oui, mais, pour aujourd'hui, on va se contenter de ça.
La Présidente (Mme D'Amours) : Merci.
Mme la députée de Bourassa-Sauvé, la parole est à vous.
Mme Cadet : Merci. Merci, Mme la
Présidente. Bien, puisque le ministre, donc, il ouvre le projet de loi, donc,
avec son consentement, donc, j'aimerais pouvoir, donc, élargir, donc, la
conversation, donc, également, donc, sur
d'autres éléments, donc, qui ne s'y retrouvent pas avant, évidemment, donc, de
passer aux dispositions, donc, transitoires et finales. M. le ministre, il y a
un élément, dans le cadre du PL n° 51, qu'on n'a pas eu
l'occasion d'aborder dans le cadre de l'étude détaillée. Il concerne,
donc, certains travaux...
M. Boulet : ...qu'on le mette...
qu'on l'adopte, parce que c'est autre chose, là. On revient au PL n° 51, puis là c'est la LATMP. Avec votre consentement,
moi, je ferais le vote sur l'adoption.
Mme Cadet : Je pense...
La
Présidente (Mme D'Amours) : Vous avez... Bon, pour le bien... que tout le
monde nous suive, là, il y avait eu une entente que c'était sur cet
article-là, parce que madame ne peut pas... Mme la députée ne peut pas parler
s'il n'y a pas un article qui est ouvert. Ça fait que, donc...
M. Boulet : Ah! OK, donc, ça n'a pas
rapport avec l'article qu'on adoptera.
La Présidente (Mme D'Amours) : ...ça
n'a pas rapport avec l'article...
M. Boulet : OK. Parfait. Alors, je
vous écoute.
La Présidente (Mme D'Amours) : ...mais
l'entente était que c'était à ce moment-ci qu'elle pouvait vous aborder sur un
autre sujet, et que vous avez consenti.
M. Boulet : Je m'incline.
La Présidente (Mme D'Amours) :
Alors, d'accord. Mme la députée, allez-y.
Mme
Cadet : Merci beaucoup, Mme la Présidente. Je... pardon,
j'ai été déstabilisée. Je retiens que le ministre, il s'incline, et là
je me dis, donc : Sur quoi d'autre il aurait pu s'incliner, dans le cadre
du projet de loi, de s'incliner devant moi? Donc, ça fait toujours plaisir.
Donc, je reviens à, plus sérieusement... plus
sérieusement, donc, Mme la Présidente, donc, sur, donc, des types de travaux
qui ne se retrouvent pas, donc, assujettis à la loi R-20, mais qui sont
quand même, donc, réalisés par des salariés de la construction.
Dans le cadre des consultations particulières,
on a eu l'occasion d'entendre un représentant de l'Association des employeurs
en mécanique industrielle du Québec qui, eux-mêmes, donc, ont exprimé, donc, le
fait que des dispositions prévues au projet de loi n° 51
constituaient, à leur sens, donc, des avancées, mais se disaient que leurs membres, donc, ne pourraient pas, donc, être
bénéficiaires, donc, de ce qu'elle statue comme étant, donc, des avancées,
donc, dans le cadre du projet de loi, donc,
des changements réglementaires, donc, qui sont amenés par le projet de loi n° 51. Ce qui nous avait été
amené, dans le cadre, donc, des consultations particulières, était le fait que,
donc, à la base, donc, le
législateur, donc, il prévoit que les salariés de la construction à l'emploi
d'un entrepreneur de construction qui exécutent des travaux sur de la
machinerie de production demeurent, en théorie, couverts par le régime de la
loi R-20, mais différents... bon, les
différentes, donc, interprétations, donc, par la suite, ont redéfini un peu,
donc, la portée, donc, du cadre actuel, donc, dans le cadre du règlement
d'application de la loi R-20, donc, le règlement 1, faisant en sorte
que la définition, donc, d'employeur
professionnel a délimité, donc, ces salariés-là, ces types de travaux-là à
l'extérieur du champ de la loi R-20.
• (14 h 30) •
À de
nombreuses reprises dans le cadre de cette étude détaillée, on a mentionné à
quel point il était important, donc, pour tout ce qui relevait, donc, des
travaux de construction, étant donné, donc, la multiplicité des employeurs, le
cadre distinct dans lequel, donc, s'effectuent les travaux dans le secteur de
la construction, que tout ce qui relevait, donc, du Code
du travail, de façon générale, donc, ne pouvait pas avoir application dans le
secteur de la construction. C'est pour ça, donc, c'est la base même, donc, du
régime, de la loi R-20.
Ceci
dit, dans le cadre, donc, de ces différents travaux là, ce n'est pas la
loi R-20 qui s'applique, mais bien... mais bien le Code du travail,
avec les différents... les défis que cela peut... que peut comporter, étant
donné, comme j'ai mentionné, donc, que le fait que l'existence même de la
loi R-20 découle de l'incompatibilité entre les besoins de l'industrie de
la construction et l'autre cadre juridique et réglementaire, donc, qui est le
cadre régulier...
L'Association des
employeurs, donc, en mécanique industrielle nous on dit que, dans leur cas à
eux, donc, leurs membres employaient donc exclusivement, donc, des salariés de
la construction détenteurs de certificat de compétence
d'occupation émis par la CCQ, et donc, à toutes fins pratiques, à toutes fins
pratiques, donc, se soumettaient donc aux exigences, souvent, donc, émanant de
la R-20, même quand ils n'y sont pas obligés. Mais je l'ai mentionné, donc, les régimes, les défis, donc, occasionnés
par le fait, donc, qu'ils n'y sont pas, donc, assujettis, ils comportent
quelques difficultés.
Je me souviens que,
quand l'association, donc, est venue témoigner en consultations particulières,
leurs propos étaient clairs, leurs propos semblaient intéressants et pertinents.
J'ai... On a aussi saisi que, dans plusieurs des mémoires qui avaient été
déposés par les membres, donc, de l'industrie qui sont venus témoigner en
consultations particulières... ce qu'on sentait, ma perception, à moi, c'est
qu'il se dégageait, donc, un relatif consensus à cet égard.
J'aimerais inviter le
ministre à examiner cette question-là. Donc, on fait la discussion ici, donc,
vous voyez, donc... J'aimerais donc voir, donc, quelle est, donc, l'ouverture,
donc, du ministre à intégrer, donc, cet élément-ci dans la loi R-20, dans
le projet de loi n° 51 ou, à tout le moins, donc, à
examiner cette question pour l'avenir.
La Présidente (Mme
D'Amours) : Merci. M. le ministre.
M. Boulet : Oui,
assez rapidement. Effectivement, en consultations particulières, on a reçu
l'Association des employeurs en mécanique industrielle. Ceci dit, ils
représentent 30 % des employeurs en machinerie de production. Et on va
faire une analyse, on va mesurer les impacts, on va consulter les partenaires
et on verra à rediscuter de cet enjeu-là, qui m'apparaît quand même important.
Il faut voir où sont
les préoccupations puis les sensibilités de tous les partenaires qui sont
impliqués dans la machinerie de production. Mais je réponds oui à l'invitation
d'examiner. Merci.
Mme Cadet : Merci
beaucoup, M. le ministre.
La Présidente (Mme
D'Amours) : Nous revenons, toujours à 62.2, sur l'amendement du
ministre. Est-ce qu'il y a encore des interventions? S'il n'y a pas
d'intervention, est-ce que l'amendement qui introduit un nouvel article est
adopté?
Des voix : Adopté.
La Présidente (Mme
D'Amours) : Adopté. Nous passons maintenant, selon le plan de travail,
à la... au bloc Dispositions transitoires et finales. M. le ministre, vous avez
un amendement pour l'article 86.
M.
Boulet : Oui, est-ce que...
Oui. En fait, je vais lire l'amendement tout de suite parce que l'amendement
concerne le retrait, là, de ce qui concerne le Fonds de rétroactivité
salariale. Donc, je lis l'amendement.
Cet amendement vise à
retirer la disposition transitoire portant sur l'exercice du pouvoir
réglementaire de la Commission de la
construction du Québec en lien avec
le Fonds de rétroactivité salariale en concordance avec le retrait de
l'article 29 du projet de loi, déjà adopté. Merci.
La Présidente (Mme
D'Amours) : ...l'article 86 serait retiré selon votre amendement.
M. Boulet : Oui.
La Présidente (Mme
D'Amours) : Commentaires? S'il n'y a pas de commentaire, est-ce que
l'amendement est adopté?
Des voix :
Adopté.
La Présidente (Mme
D'Amours) : Je dois dire une phrase. Donc...
Une voix :
...
La Présidente (Mme D'Amours) : L'article 86
est donc retiré. Pardon. Merci, Mme la secrétaire. Nous serions
maintenant à l'article 87. M. le ministre, s'il vous plaît.
M. Boulet : Est-ce
qu'on peut suspendre deux minutes, Mme la Présidente? On va déposer un
amendement.
La Présidente (Mme
D'Amours) : ...nous suspendons nos travaux quelques minutes.
(Suspension de la séance à 14 h 36)
(Reprise à 14 h 44
)
La
Présidente (Mme D'Amours) : Nous reprenons nos travaux et nous étions rendus
maintenant à l'article 87. M. le ministre.
M.
Boulet : ...Mme la Présidente : Cesse d'avoir effet, à
compter du 1er mai 2025, toute clause d'une convention collective
au sens de la Loi sur les relations du travail, la formation professionnelle et
la gestion de la main-d'oeuvre dans
l'industrie de la construction qui limite la mobilité pouvant être affectés
partout au Québec en vertu d'un règlement pris en application du
paragraphe 13° du premier alinéa de l'article 123.1 de cette loi ou qui
restreint la liberté des employeurs d'embaucher de tels salariés.
Tant qu'un salarié déjà affecté par un employeur
sur un chantier de construction en date du 30 avril 2025 demeure affecté à
ce chantier, auprès de cet employeur, il
ne peut être mis fin à son emploi du seul fait qu'une clause visée au premier
alinéa cesse d'avoir effet.
Commentaire. En fait, c'est le corollaire de ce
que nous avons discuté et adopté. Donc, à l'expiration des conventions, on
réfère à l'incompatibilité des clauses avec les dispositions réglementaires que
nous venons d'adopter en matière de mobilité. Puis ça prévoit évidemment la
protection du lien d'emploi d'un salarié qui a été affecté sur un chantier qui cesse d'avoir effet, là, à compter
du 1er mai, là. Donc, la protection de son emploi est maintenue tant qu'il
demeure affecté sur le chantier par le même employeur. Donc, c'est tout. C'est
complet. C'est un corollaire... en fait, c'est une transition, plutôt.
La
Présidente (Mme D'Amours) : ...commentaires sur l'article 87? S'il n'y a
pas de commentaire... Vous avez un commentaire?
M. Leduc : S'il vous plaît, madame.
S'il vous plaît. Ce n'était pas clair.
La Présidente (Mme D'Amours) : Oui,
allez-y. Allez-y, M. le député d'Hochelaga-Maisonneuve.
M. Leduc : Je m'affirme, merci.
Bien, je ne peux passer sous silence, Mme la Présidente, encore une fois,
l'incohérence du ministre par rapport à cet article-là versus ce qu'il a dit
plus tôt. On a parlé tantôt du moment où il allait
interdire à l'avenir de négocier des clauses de conditions de travail, à savoir
la mobilité de la main-d'oeuvre, et là il vient annuler, il vient
canceller, en bon... en bon woke que je suis, il vient... il vient canceller
les clauses actuelles de la... de la convention collective... des conventions
collectives qui en avaient, alors que c'est supposé être la libre négociation,
qui est un principe fort. On a parlé de «health services» tantôt.
Alors, encore une fois, je repose une question
très simple au ministre. C'était une chose que ça existe avant, c'en est une
autre que lui prenne la décision, prenne le crayon, mette son nom de praticien
du droit, son nom de ministre, son nom d'intellectuel, j'oserais dire, sur ce
concept-là, de dire : La libre négociation, dans ce cas-ci, je la bafoue, je la refuse et j'annule des clauses de
conventions collectives. C'est vraiment ça qu'il veut laisser comme legs?
La Présidente (Mme D'Amours) : M. le
ministre.
M. Boulet : Pas de commentaire.
La Présidente (Mme D'Amours) : D'autres
interventions? S'il n'y a pas d'autre intervention, est-ce que...
M. Leduc : Vote par appel nominal,
s'il vous plaît, Mme la Présidente.
La
Présidente (Mme D'Amours) : Oui. Un vote par appel nominal a été demandé. Mme
la secrétaire, s'il vous plaît.
La Secrétaire : Pour, contre,
abstention. M. Boulet (Trois-Rivières)?
M. Boulet : Pour.
La Secrétaire : Mme Tremblay
(Hull)?
Mme Tremblay : Pour.
La Secrétaire : M. Dufour
(Abitibi-Est)?
M. Dufour : Pour.
La
Secrétaire : Mme Mallette (Huntingdon)?
Mme
Mallette : Pour.
La Secrétaire :
M. Martel (Nicolet-Bécancour)?
M.
Martel :
Pour
La Secrétaire :
Mme Cadet (Bourassa-Sauvé)?
Mme Cadet :
Pour.
La Secrétaire :
Mme Dufour (Mille-Îles)?
Mme Dufour :
Pour.
La Secrétaire :
M. Leduc (Hochelaga-Maisonneuve)?
M. Leduc : Contre.
La
Secrétaire : Mme D'Amours (Mirabel)?
La Présidente (Mme
D'Amours) : Abstention. Donc, l'article 87 est adopté.
Maintenant, M. le ministre, nous avons reçu un amendement qui introduit un
nouvel article, qui serait 87.1, qu'on va mettre à l'écran maintenant. M. le
ministre, si vous voulez bien nous en faire la lecture, s'il vous plaît.
M. Boulet : Oui :
87.1. Jusqu'au 31 août 2025 — là où ça rentre en vigueur :
1° l'article 42
de la loi doit se lire en y ajoutant, à la fin, l'alinéa suivant :
«Toute demande
relative à l'application du présent article doit être déposée au Tribunal
administratif du travail dans les 30 jours de la connaissance des faits
allégués. En outre des pouvoirs que lui attribue la Loi instituant le Tribunal administratif du travail, le Tribunal
peut rendre toute décision qui lui paraît juste et raisonnable, compte tenu de
toutes les circonstances de l'affaire.» Il manque le d, là;
2°
l'article 112 de la loi, tel que modifié par l'article 33 de la
présente loi, doit se lire en remplaçant «42.3» par «42»;
3° l'article 8
de la Loi instituant le Tribunal administratif du travail doit se lire en
remplaçant «du premier alinéa de l'article 42.3» par «de
l'article 42».
Alors, tout
simplement, c'est que ça confirme que, plutôt que d'attendre au 31 août
2025 pour l'entrée en vigueur de l'obligation de négocier de bonne foi... que
ça entre en vigueur tout de suite et que la disposition pénale, à défaut de
négocier de bonne foi, est aussi l'entrée en vigueur, que ça entre en vigueur
tout de suite. C'est tout. C'est simplement ça. Ça a été discuté avec les
collègues aussi. Merci.
La Présidente (Mme
D'Amours) : Merci. Donc, vous aurez compris qu'il manque la lettre d
et qu'il y aura une correction de forme. Maintenant, est-ce que j'ai des
commentaires sur l'amendement apporté du ministre? Oui, M. le député
d'Hochelaga-Maisonneuve, la parole est à vous.
M. Leduc : Juste
bien comprendre, dans le fond, ce qu'il s'agit, là. On a introduit des nouveaux
concepts plus tôt dans le projet de loi, la négo de bonne foi, notamment, et
là, plutôt que de le mettre plus tard, c'est-à-dire, donc, de sauter la négo actuelle qui a démarré un peu, on dit :
Non, non, on peut le mettre tout de suite dans la négo qui va avoir lieu
dans les prochains mois.
• (14 h 50) •
M. Boulet : ...tu
sais, souvenez-vous, tout le régime de négociation que nous avons adopté, ça
rentre en vigueur le 1er septembre
2025, et la bonne foi et surtout le recours au Tribunal administratif du travail, à défaut. Vous vous souvenez, on avait voté à l'unanimité pour
ça. Bien, il va entrer en vigueur tout de suite pour que ça s'applique à la
négo qui s'en vient pour renouveler les conventions collectives de travail qui
expirent le 30 avril 2025 plutôt que d'attendre à l'autre négociation par
la suite. C'est tout.
M. Leduc : Est-ce
qu'il y a des choses qu'on a votées qui ne s'appliqueront pas pour la négo
actuelle?
M. Boulet : Non.
Le reste, le nouveau calendrier, le séquencement, ça va s'appliquer à l'autre
négo après, pas à celle-là parce qu'on était déjà dedans.
M. Leduc : Ça fait que tous les trucs de calendrier, de date,
on saute un exercice, mais tout le reste, c'est pour la négo qui
commence là.
M. Boulet : ...avions adopté. Oui,
exact.
La Présidente (Mme
D'Amours) : ...commentaires? S'il n'y a pas d'autre commentaire,
l'amendement qui introduit un nouvel article est-il adopté? Donc, le nouvel
article est... est donc adopté.
L'article 88. M. le ministre, s'il vous
plaît.
M. Boulet : Donc, l'article 88,
qui tient compte de tous les amendements, est-ce qu'il faut que lise... Donc,
je vais lire 88, puis après ça l'article 88, puis à date, en tenant compte
de tous les amendements faits depuis le premier article. Donc :
Les
dispositions de la présente loi entrent en vigueur le (indiquer la date de la
sanction de la présente loi), à l'exception :
1° de celles des articles 30 et 31, des
paragraphes 1° et 2° de l'article 62, du paragraphe 2° de
l'article 63, sauf celles qui prévoient
que la garantie d'emploi d'une durée d'au moins 150 heures n'est pas
requise pour une femme ou une personne représentative de la diversité de
la société québécoise, des articles 69, 70 et 81, du paragraphe 1° de
l'article 82 et de l'article 84, qui entrent en vigueur le
30 novembre 2024;
2° de celles du paragraphe 1° de
l'article 3 et de l'article 29, qui entrent en vigueur le
27 avril 2025;
3° de celles de l'article 25, qui entrent
en vigueur le 1er mai 2025;
4° de celles des articles 9 à 24, qui
entrent en vigueur le 1er septembre 2025;
5° de celles du paragraphe 3° de
l'article 62, du paragraphe 2° de l'article 63, en ce qu'elles
prévoient que la garantie d'emploi d'une
durée d'au moins 150 heures n'est pas requise pour une femme ou une
personne représentative de la
diversité de la société québécoise, des articles 64, 66 à 68, 71 et 73, du
paragraphe 2° de l'article 82 et de l'article 83, qui entrent
en vigueur à la date ou aux dates déterminées par le gouvernement.
Commentaire. En fait... je vais lire les
commentaires. En fait, les dispositions qui concernent diverses mesures pour l'accès plus facile,
l'assouplissement des règles de mobilité, les permis de service de référence,
tout ça entre en vigueur le 30 novembre 2024; l'interdiction de
convenir pour la mobilité, le 1er mai 2025; le réaménagement des diverses étapes, en fait, c'est la mobilité d'un
travailleur préférentiel, le 1er mai 2025; le réaménagement des étapes de
négo, comme on vient de discuter, le 1er septembre 2025; puis le nouveau
système informatique, date déterminée par décret.
Et j'aurais
un amendement qui tient compte de tous les amendements, en fait, c'est pour
actualiser les dispositions d'entrée en vigueur en fonction des
amendements que... qui ont été soumis et des dispositions qui ont été
introduites dans la loi et les règlements.
Donc, à l'article 88 du projet de loi :
1 ° remplacer le paragraphe 2° par le suivant :
«2° de celles de l'article 60.1, qui
entrent en vigueur le 1er janvier 2025;»;
2° remplacer le paragraphe 4° par le suivant :
«4° de celles des articles 9 à 24 et de
l'article 61, qui entrent en vigueur le 1er septembre 2025;»;
3° remplacer le paragraphe 5° par le suivant :
«5° de celles
du paragraphe 3° de l'article 62, de l'article 62.1, du paragraphe 2°
de l'article 63, en ce qu'elles prévoient que la garantie d'emploi d'une
durée d'au moins 150 heures n'est pas requise pour une femme ou une
personne représentative de la diversité de la
société québécoise, de l'article 64, à l'exception du sous-paragraphe b)
du paragraphe 1°, des articles 66 à 68.1, de l'article 73, du
paragraphe 2° de l'article 82 et de l'article 83, qui entrent en
vigueur à la date ou aux dates déterminées par le gouvernement.»
Commentaire. Bon, c'est les modifications à 88,
comme je viens de le mentionner, pour actualiser en fonction des nouvelles
dispositions qui ont été adoptées dans la loi et les règlements. C'est tout,
simplement. Merci.
La Présidente (Mme D'Amours) : Parfait.
Commentaires sur l'amendement du ministre? M. le député de
Hochelaga-Maisonneuve.
M.
Leduc : Là, je comprends qu'il y avait... Dans votre plan
initial du Fonds de rétroactivité salariale, le but, ce n'était pas
qu'il soit en vigueur tout de suite. Vous le mettiez en vigueur pour la
négo 2029.
M. Boulet : Tout à fait.
M. Leduc : Là, ça, ça a été retiré.
M. Boulet : Donc, est-ce que vous...
Oui, tout à fait, ça a été retiré...
M. Leduc : On s'en rappelle.
M. Boulet : Oui. Non, mais ça a été
retiré de 88, oui...
M. Leduc : Le Fonds de rétroactivité
salariale. D'accord. Là où je veux atterrir, c'est ce qu'on a discuté sur le
nouveau 23, à savoir que, maintenant, il n'y a plus l'interdiction de
faire de la rétro. Donc, vous, votre lecture, c'est que pour négocier...
Des voix : ...
M. Boulet : ...le même bloc. Le même
bloc, c'est le... c'est le 1er...
Des voix : ...
M. Boulet :
1er septembre 2025. Même date, exactement la même date.
M. Leduc : Mais donc ça pourrait
être fait pour la négo actuelle?
M.
Boulet : Non, pour l'autre négo après. Tout ce que nous
avions pour le fonds de rétroactivité, c'était pour l'autre négo, tout
le régime de négociation, la même chose.
M. Leduc : OK, mais là on se
comprend mal, là. Moi, ce que je veux... Le Fonds de rétroactivité salariale,
c'est beau, c'est terminé, c'est... c'est réglé. Le fait de pouvoir renégocier
de la rétro?
M.
Boulet : Non. L'abrogation... bien, c'est adopté, là,
l'abrogation de l'interdiction de négocier une rétroactivité salariale,
ça rentre en vigueur le 1er septembre 2025. Ça a toujours été
présenté de cette manière-là.
M. Leduc : Puis là le
1er septembre... là, c'est moi qui est confus, là, le
1er septembre 2025, c'est après...
M. Boulet : C'est l'année prochaine,
oui. Exact.
M. Leduc : Puis pourquoi ça ne peut
pas être à la négo actuelle?
M.
Boulet : Bien, parce que le processus est entamé. Le
calendrier des négos est amorcé, la campagne de maraudage...
M. Leduc : Là, on vient juste de
rajouter la négo de bonne foi là-dedans.
M. Boulet : Oui, mais ça, on
souhaitait que, pour la prochaine négo, la bonne foi puisse s'appliquer.
M. Leduc : Mais pas la rétro?
M. Boulet : L'interdiction, non,
quand même.
M. Leduc : Bien, expliquez-moi la
logique de ça, M. le ministre.
M. Boulet : ...pour la bonne foi, ça
avait été simplement oublié. C'est pour ça qu'on le rajoute. Mais la
rétroactivité salariale, ça a toujours été présenté, depuis le début, comme
s'appliquant, l'annulation de l'interdiction, à
partir du prochain calendrier de négociation, donc à partir de ce qui suit la
date d'expiration des conventions collectives actuelles, là. C'est la
prochaine négo.
M. Leduc : Mais ça, c'est parce que
vous introduisiez votre nouvel... fonds à vous.
M. Boulet : Bien oui, c'est le
nouveau régime de négo.
M. Leduc : Bien oui, parce que je
comprends que votre nouveau fonds, il était complexe, il demandait de la
réflexion, de la concertation, il demandait d'accumuler un certain capital pour
pouvoir éventuellement l'appliquer. Votre nouveau fonds, il était... c'était
impossible qu'il entre en vigueur pour la négo actuelle. Là-dessus, je pense qu'il n'y a pas un long débat à avoir. Moi, ce que
je ne comprends pas, c'est pourquoi vous appliquez la même logique pour
la possibilité de pouvoir négocier de la rétro dans la négo actuelle.
M. Boulet : Oui, mais ce qu'on avait
fait, là... Souvenez vous, c'étaient les employeurs qui ne pouvaient pas être
sanctionnés par une pénalité, et c'est ça qu'on est venus dire, que ça, ça
entre en vigueur au moment de la sanction.
Mais ça... c'est vraiment deux choses distinctes. La rétroactivité salariale,
c'était toujours dans un contexte du début du prochain processus de
négociation, donc après la date d'expiration.
M. Leduc : Oui, mais ils se sont-tu
échangé les cahiers de propositions à ce moment-ci? Ils sont dans... Le
maraudage n'est même pas commencé, si j'ai bien compris.
M. Boulet : Le quoi?
M. Leduc : Au moment où on se
parle...
M. Boulet : Le maraudage est
commencé, il achève.
M. Leduc : Oui, mais est-ce qu'ils
se sont échangé les cahiers de demandes, parties patronale, syndicale?
M.
Boulet : Non, non, non, mais le processus est entamé.
M. Leduc : Bien
non, ce n'est pas ça, ma question. Est-ce qu'ils se sont échangé les cahiers de
demandes patronales et syndicales?
M. Boulet : Tout
ce qui concerne le régime de négociation, c'est en vigueur à partir du
1er septembre.
M. Leduc : Vous ne répondez pas à ma question. Est-ce qu'ils
se sont échangé les cahiers de demandes patronales et syndicales?
M. Boulet : Pas
à ce stade-ci.
M. Leduc : Bien, comment vous faites pour deviner si ça
pourrait faire partie ou pas d'une demande patronale ou syndicale, la
rétro?
M. Boulet : Collègue,
collègue, je l'ai toujours présenté puis compris de cette manière-là. Puis
c'est certain que négocier une rétroactivité
sur les salaires puis les avantages sociaux, ça prend une préparation. Bon,
c'était présenté comme ça, c'était présenté pour ne pas bousculer les
parties non plus.
M. Leduc : Bien,
pour votre régime à vous.
M. Boulet : Oui,
mais pour le régime de négociation.
M. Leduc : Non,
non, non.
M. Boulet : Écoutez,
je n'ai pas... je n'ai pas d'autre commentaire. C'est le 1er septembre.
M. Leduc : Bien,
voyons donc, M. le ministre. Vous aviez un régime complexe, puis je comprends
que vous l'aviez préparé comme ça, puis on en a parlé abondamment, de votre
régime complexe. Il demandait du temps, de la concertation, accumuler du
capital. C'était sûr que ça ne pouvait pas être en vigueur pour la négo
actuelle, on s'entend là-dessus. Mais là on est en train de dire : On
peut-tu avoir le droit de négocier de la rétro ou pas? On s'est entendus sur
oui, bonne nouvelle. Pourquoi diable on ne pourrait pas commencer ça tout de
suite? On n'a même pas échangé les cahiers
de revendications. À la limite, si ça avait été ça, j'aurais compris
l'argument, vous m'auriez dit : Oui, bien là les négos ont
commencé. Les négos n'ont pas commencé, c'est le maraudage. Les négos ont zéro
commencé au moment où on se parle.
M. Boulet : Juste
le fait... juste le fait que vous référiez à la négo, c'est donc dans le régime
de négociation en blocs qui rentre en vigueur le 1er septembre 2025.
Merci, Mme la Présidente.
• (15 heures) •
M. Leduc : Je vais... je vais le dire très franchement, M. le
ministre, je suis très déçu. Je ne pensais pas que cette avancée-là serait
reportée dans cinq ans à peu près, 2029. Il n'y a absolument aucune explication
logique qui justifie ça.
On l'a dit, la libre
négo, là, vous leur donnez droit de faire la libre négo, mais vous dites :
Oui, mais pas de suite. Pourquoi? Je
comprends que les patrons ne sont peut-être pas contents. C'est-tu comme
l'espèce de pilule dorée pour essayer
de les faire avaler le fait que, maintenant, ils peuvent faire de la rétro?
Vous ne la ferez pas tout de suite, on vous... je vous sauve une couple
d'années.
M. Boulet : Il
y a quand même un impact pratique, là. On a négocié tous les deux de savoir
qu'à la prochaine négo il y aura possibilité de négocier. À la prochaine négo,
au renouvellement des conventions, il y aura possibilité de négocier une
rétroactivité salariale, les parties peuvent se préparer puis négocier en
conséquence. Puis moi, je l'ai toujours compris de cette manière-là, le
calendrier qu'on vous avait présenté au début en tenant compte. Puis, tu sais,
il ne faut pas oublier qu'il y a des chantiers de construction qui durent
pendant des années, puis il y a des coûts potentiels à planifier puis à
prévoir. C'est facile de le dire entre nous, mais de l'appliquer, c'en est une
autre. Ça fait qu'appliquer une rétroactivité dans des chantiers de longue
durée, là, il y a des incidences importantes à maîtriser de la part des
employeurs, mais voilà.
M. Leduc : ...même
pas, on fait juste ouvrir la possibilité pour des gens autres que nous deux de
le négocier. Si on n'avait parlé d'application, c'est parce qu'on aurait gardé
votre système à vous, M. le ministre. Là, il y aurait eu des défis
d'application auxquels on aurait eu à... on aurait eu à avoir des discussions,
mais ce n'est pas ça qu'on a fini par garder. Ça fait que les défis
d'application, ce n'est pas... ils décideront s'ils peuvent l'appliquer ou pas.
Moi, j'ai une
question très simple, M. le ministre. Est-ce que, oui ou non, à votre
connaissance, les parties ont envoyé leur avis de négocier au moment où on se
parle?
M. Boulet : Non.
M. Leduc : Donc,
les avis n'ont pas été envoyés, ça veut dire que, si les avis de négos n'ont
pas été envoyés, la négo n'a pas commencé.
M. Boulet : Sauf que la préparation
puis la planification d'une négo, vous le savez, là, c'est une adhésion
syndicale obligatoire, c'est des négos par secteurs d'activité qui impliquent
près de 200 000 travailleurs. C'est de la... En fait, quand ils signent, là, puis quand ils terminent, ils commencent
à planifier la suivante. Elle est planifiée, elle est préparée depuis
longtemps, puis vous le savez, quand même. Mais, bon, je pense, je ne peux pas
rajouter rien.
M. Leduc : Donc, d'un côté, vous
décrétez la disparition de clauses de conventions collectives actuelles, de la... de certaines conventions collectives, vous
décidez qu'elles ne peuvent plus être négociées, des conditions de travail dans
le futur vous exposant à des poursuites, notamment en fonction de «health
services», puis, de l'autre, vous dites : Oui, bien là la nouvelle
affaire de rétro, ce ne sera pas tout de suite.
M. Boulet : C'est dans notre PL...
été présenté comme ça, dans le projet de loi n° 51, dans les consultations
particulières, tout le monde l'a compris de cette manière-là, que le nouveau
calendrier du processus de négociation, incluant la rétro... l'abrogation de
l'interdiction de la rétroactivité. Ça a toujours été compris par... comme ça
par tous les groupes qui sont venus en
consultations particulières. Puis, je le répète, je suis certain que tous les
syndicats et toutes les associations d'employeurs préparent la négo qui
s'en vient au début de l'automne depuis un an, un an et demi, deux ans. Donc,
moi, pour moi, ça clôt ce que je peux dire.
M. Leduc : Si j'avais à vous donner
raison, c'est que ça aurait été logique dans ce cas où vous auriez dit, par
exemple : La mobilité, on va l'abolir la prochaine fois, on va la laisser
passer celle-ci aussi. Ce n'est pas juste pour les gens qui préparent leurs négos. Là, cette année, on leur impose de
changer leur ordonnancement de priorités parce qu'on flushe la mobilité.
Ça fait que, d'un bord, vous dites : Non, non, non, la mobilité, là, chop,
chop, il faut couper ça cette année, même
avant que la négo commence, mais, l'autre bord, vous dites : Oui, là, la
rétro, ça, ce n'est pas possible d'appliquer ça tout de suite, il faut
de la prévisibilité. Ça fait que pas de prévisibilité dans le tapis pour la
mobilité, parce que, là, on décrète qu'on flushe des articles de la convention
collective, à ma connaissance, une première sous votre mandat de ministre de... du Travail, puis, de l'autre côté, on
dit : Non, la rétro, ça, c'est un peu compliqué. On... on attend
2029, prochain rendez-vous.
M. Boulet : Merci. Je n'ai pas
d'autre commentaire.
M. Leduc : Je ne peux pas m'empêcher
M. le ministre, de trouver que ça termine cette étude détaillée sur une très
mauvaise note. Je vais déposer un amendement pour le faire, mais, franchement
je trouve que ça ne sert pas à grand-chose, procédons avec un vote par appel
nominal, bien sûr.
La Présidente (Mme D'Amours) : Quand
ce sera le temps venu, M. le député d'Hochelaga-Maisonneuve. Maintenant, je
cède la parole au député de Jean-Talon sur l'amendement, s'il vous plaît.
M. Paradis : Bon, j'avoue que les
commentaires de mon collègue d'Hochelaga-Maisonneuve m'interpellent parce qu'on vient d'accélérer l'entrée en vigueur
d'un certain nombre de dispositions, et je comprenais qu'il y avait un objectif
de cohérence là-dedans. Et donc, avant de me... en fait, je ne sais... je ne
sais même pas si je vais me prononcer, mais j'aimerais savoir, de la part du
ministre : Est-ce que vous avez, là, devant vous, un calendrier? Parce que, là, on vient de changer plusieurs dates, là,
puis, quand on regarde l'article 88, là, il y a quand même
cinq paragraphes, là, avec des dates d'entrée en vigueur différenciées.
Là, est-ce que vous avez... Compte tenu des modifications que vous proposez,
est-ce que vous avez le calendrier, compte tenu des négociations, là, compte
tenu des questions de mon collègue d'Hochelaga-Maisonneuve? Est-ce qu'on serait
capable d'avoir le calendrier tel que vous l'avez imaginé, compte tenu des
dates de négos puis compte tenu des dates d'entrée en vigueur, pour qu'on
s'assure qu'il y a vraiment une cohérence? Parce que c'est vrai qu'il pourrait
y avoir une incohérence, M. le ministre, s'il
y a une partie de l'obligation qui commence, mais que la contrepartie, elle ne
commence pas au même moment. Je pense qu'on pourrait vouloir s'assurer
qu'il y a vraiment une cohérence. C'est ce que j'avais compris, moi, des
modifications que vous proposez.
M. Boulet : Bien, il y en a une,
cohérence, là. Le projet de loi n° 51, tel qu'il a
été déposé à l'Assemblée nationale, avait le même calendrier. Tout ce qui a été
fait par les avocats et les légistes, c'est d'actualiser en fonction des amendements qui ont été votés depuis le début
de l'étude détaillée. C'est le simple correctif qui a été fait par souci
de cohésion puis par souci de respect des amendements qui ont été adoptés.
C'est tout.
M.
Paradis : Mais là est-ce que vous... est-ce que
vous l'avez devant vous, là, le calendrier avec ce qui est entendu des
négociations, puis voici ce qui va se passer sur le terrain, voici ce qui se
passe, à quel moment ça se passe dans la réalité, tel que prévu, puis voici
maintenant ce qu'on fait entrer en vigueur à quel moment?
M. Boulet : Bien, écoutez, je peux vous le lire, là, je l'ai
lu tout à l'heure, là, mais, oui, je l'ai, là, mais... Bon, les
dispositions concernant, bon, l'accès, tout ce qui concerne l'accès plus facile
au marché du travail dans l'industrie de la construction, les assouplissements aux
règles de mobilité interrégionale, celles qui permettront à des organisations
de pouvoir obtenir un permis de services de référence de main-d'oeuvre, ça
entre en vigueur le 30 novembre 2024. Les dispositions concernant l'interdiction de convenir dans les conventions
collectives des clauses qui limitent la mobilité d'un travailleur préférentiel
ou qui restreignent la liberté d'un employeur d'embaucher ses travailleurs
préférentiels, ça va entrer en
vigueur le 1er mai 2025. Toutes les dispositions, parce qu'il y en a
beaucoup, qui concernent le réaménagement des diverses étapes du régime
de négociation, et on a eu, comme vous le savez, une vingtaine d'articles, ça,
ça entre en vigueur le 1er septembre
2025. Tout ça était dans le PL original. Puis les dispositions qui nécessitent
la mise en place d'un nouveau système informatique, ça, ça va entrer en
vigueur à la date ou aux dates déterminées par décret du gouvernement.
M. Paradis : Ça,
c'est les entrées en vigueur, mais est-ce que vous avez, genre, une ligne en
dessous qui indique, dans la réalité de ce
qui est attendu des prochaines étapes des négociations dans le secteur de la
construction : Voici, ça, ça arrive... l'entrée en vigueur de ces
dispositions-là arrive là, là, dans la vraie vie, il se passe ça, puis
ensuite... pour qu'on voie qu'il y a une cohérence? Parce que, là, je... on
a... on a quand même amené des...
M. Boulet : Bien
oui, je l'ai tout... je l'ai toute. C'est parce qu'on... c'est un processus
qu'on a fait. Je peux aller vous le montrer, là.
M. Paradis : Mais
ça, c'est avec les modifications qu'on vient d'adopter aujourd'hui, là?
M. Boulet : Oui,
j'ai... Bien oui. Au début de l'étude détaillée, j'ai présenté le tableau
actuel puis le tableau après adoption, avec toutes les dates.
M. Paradis : Avec
les dispositions qu'on...
M. Boulet : C'est
tout sur Greffier, là. Jean-Sébastien... Vous pouvez l'avoir, là. C'est très,
très clair.
La Présidente (Mme
D'Amours) : Il est... M. le ministre, il est, pour le bénéfice du
collègue, dans «Documents distribués».
M. Paradis : Oui,
c'est bon.
La Présidente (Mme
D'Amours) : Vous l'avez vu? Parfait.
M. Boulet : C'est
une bonne question. Tu vas voir, c'est très clair.
M. Paradis : OK,
puis... Mais vous nous confirmez aujourd'hui que vous... il y a une cohérence
entre les obligations et les droits que vous conférez à un côté puis de l'autre
côté?
M. Boulet : Je
confirme.
M. Paradis : Très
bien.
La Présidente (Mme
D'Amours) : D'autres commentaires sur l'amendement? Oui, Mme la
députée de Bourassa-Sauvé.
Mme Cadet : En
fait, j'aimerais juste suspendre quelques instants, Mme la Présidente.
La Présidente (Mme
D'Amours) : Je suspends les travaux quelques minutes.
(Suspension de la séance à
15 h 09)
(Reprise à 15 h 20)
La Présidente (Mme
D'Amours) : Nous reprenons nos travaux maintenant. M. le ministre,
vous vous êtes fait prendre par quelques
secondes pendant que nous étions... qu'on avait suspendu nos travaux quelques
minutes. Il y a eu un accord pour
retirer l'amendement du ministre. Et j'ai besoin de votre consentement. Est-ce
qu'il y a consentement? Consentement. Et, M. le ministre, vous vouliez
redéposer l'amendement, un nouvel amendement à l'article 88.
M. Boulet : En fait, c'est exactement la même libellé, mais, à
la suggestion de la collègue de Bourassa-Sauvé, on a enlevé la référence à
l'article 61 pour s'assurer, en ce qui concerne la discussion qu'on a eue
sur la négociation de bonne foi, que ça entre bien en vigueur le jour de la
sanction. C'est tout. Merci.
La
Présidente (Mme D'Amours) : Est-ce qu'il y a d'autres commentaires sur
l'amendement? Oui, le député de Jean-Talon, s'il vous plaît.
M. Paradis : Bien,
justement, pour bien comprendre cet amendement et la logique entre
l'article 88 et le processus de
négociation, je repose ma question, mais je soupçonne un peu la réponse parce
qu'on a eu des échanges. Mais, M. le
ministre, vous m'avez référé à un tableau, qu'on a bien révisé, qui commence en
mai 2027. Or, l'article 88, il y a des éléments d'articles qui commencent à entrer en vigueur à la
sanction puis, ensuite, à des dates qui précèdent 2027. Est-ce qu'il y a un tableau à jour qui fait
l'arrimage entre les dispositions d'entrée en vigueur qu'on a là, à
l'article 88, et le processus de négociation, compte tenu des amendements
qui sont proposés aujourd'hui? Est-ce que ça existe, ce tableau-là?
M. Boulet : Est-ce
qu'il y a... On a refait un tableau en...
Une voix : ...
M. Boulet : Il
n'y a pas eu d'amendements qui ont eu... Il n'y a eu aucun amendement qui a
impacté la chronologie du tableau synaptique, donc il est celui que vous avez.
M. Paradis : Très
bien, mais ça ne fait pas l'arrimage entre l'entrée en vigueur des
dispositions, là, le 30 novembre 2024, le 1er mai 2025, le
1er septembre 2025, etc., parce que le tableau, il commence en 2027.
M. Boulet : Oui, oui, mais il y a des... il y a des
dispositions qui entrent en vigueur. Mais le tableau, il est respectueux des
dates d'entrée en vigueur, là. Il y a une... Il y a une cohésion puis... oui.
Les légistes et les rédacteurs ont tout confirmé. Je vous confirme,
cohésion, oui.
M. Paradis : Très
bien.
M. Boulet : Merci.
La Présidente (Mme
D'Amours) : Merci. Est-ce qu'il y a encore des commentaires sur
l'amendement de l'article 88? S'il n'y a pas de commentaire, Mme la
secrétaire, vote par appel nominal, s'il vous plaît.
La
Secrétaire : Pour, contre, abstention. M. Boulet (Trois-Rivières)?
M. Boulet : Pour.
La
Secrétaire : Mme Tremblay (Hull)?
Mme
Tremblay : Pour.
La
Secrétaire : M. Dufour (Abitibi-Est)?
M. Dufour : Pour.
La
Secrétaire : Mme Mallette (Huntingdon)?
Mme
Mallette : Pour.
La
Secrétaire : M. Martel (Nicolet-Bécancour)?
M. Martel : Pour.
La
Secrétaire : Mme Cadet (Bourassa-Sauvé)?
Mme Cadet : Pour.
La Secrétaire :
Mme Dufour (Mille-Îles)?
Mme Dufour : Pour.
La
Secrétaire : M. Leduc (Hochelaga-Maisonneuve)?
M. Leduc : Contre.
La Secrétaire :
Mme D'Amours (Mirabel)?
La Présidente (Mme D'Amours) : ...nous
revenons à 88 tel qu'amendé. Est-ce qu'il y a des commentaires? S'il n'y a pas
de commentaire, est-ce que...
Une voix : ...
La Présidente (Mme D'Amours) : Oui,
merci. Vote par appel nominal. Mme la secrétaire, s'il vous plaît.
La Secrétaire : Pour, contre,
abstention. M. Boulet (Trois-Rivières)?
M. Boulet : Pour.
La Secrétaire : Mme Tremblay
(Hull)?
Mme Tremblay : Pour.
La Secrétaire : M. Dufour
(Abitibi-Est) ?
M. Dufour : Pour.
La Secrétaire : Mme Mallette
(Huntingdon)?
Mme Mallette : Pour.
La Secrétaire : M. Martel
(Nicolet-Bécancour)?
M. Martel : Pour.
La Secrétaire : Mme Cadet
(Bourassa-Sauvé)?
Mme Cadet : Pour.
La Secrétaire : Mme Dufour
(Mille-Îles)?
Mme Dufour : Pour.
La Secrétaire : M. Leduc
(Hochelaga-Maisonneuve)?
M. Leduc : Contre.
La Secrétaire : Mme D'Amours
(Mirabel)?
La Présidente (Mme D'Amours) : Abstention.
Donc, l'article est adopté.
Le titre du projet de loi est-il adopté?
Des voix : Adopté.
La Présidente (Mme D'Amours) : Je
propose que la commission recommande la... la renumérotation, pardon, du projet
de loi amendé. Je propose que la commission adopte une motion d'ajustement des
références. Cette motion est-elle adoptée?
Des voix : Adopté.
Remarques finales
La Présidente (Mme D'Amours) : Nous
en sommes maintenant rendus à l'étape des remarques finales. Je cède la parole
au porte-parole du deuxième groupe d'opposition et député d'Hochelaga-Maisonneuve.
La parole est à vous, M. le député.
M. Alexandre Leduc
M. Leduc : ...Mme la Présidente.
Quand même un projet de loi important, sur lequel on a consacré presque
deux semaines complètes d'étude détaillée. Il y a eu de nombreux sujets
sur lesquels on a débattu, là, en profondeur. On vient de
traiter, aujourd'hui, de la mobilité de la main-d'oeuvre, sur laquelle je
trouve que le ministre a donné un tour de vis peut-être trop dur, et je
m'inquiète, là.
Dans une période des questions, il y a plusieurs
semaines, j'ai fait référence à ma crainte de revoir apparaître des «Rambo»
Gauthier au Québec. J'espère que ce n'est pas ça qui va arriver, bien sûr, mais
je pense que la porte qui est ouverte par le ministre aujourd'hui nous amène
dans un univers des possibles dans lequel ce possible-là existe.
Sur la polyvalence, déçu aussi qu'on n'ait pas
réussi à faire bouger le ministre. C'est un peu ce que je disais... Je faisais
un point de presse ce matin, Mme la Présidente, puis le ministre nous avait
annoncé que son projet de loi était perfectible, il était perfectible, mais
force est de constater qu'il n'y a pas grand-chose qui a bougé, là, les
fondamentaux sont restés les mêmes, et, finalement, je ne sais pas trop
qu'est-ce qui était prévu d'être perfectible. On
a ajouté un truc ou deux à gauche et à droite, mais rien dans les fondamentaux
du projet de loi. La polyvalence, c'est à peu près la même chose qui est
arrivée.
Très déçu sur l'évolution, voire la
non-évolution du régime du travail. Je pensais qu'on allait être capables
d'améliorer le régime du travail de la construction, le faire arriver au
XXIe siècle, le faire arriver à un régime qui possédait les mêmes droits
que ceux qui sont prévus dans le Code du travail. Ça n'a pas été possible.
Sur les griefs, toujours une étrange procédure
maison. Hier, avec le ministre, on s'est égarés, là. Il y avait les griefs, il
y avait la CCQ sur d'autres sujets, il y avait même la CNESST sur d'autres
sujets. On était perdus. Ça aurait pu être
tellement si simple de dire : Bien oui, évidemment, un grief, ça se fait
sur tous les... tous les trucs présents dans la convention collective, et d'autres matières aussi, potentiellement.
Je ne m'explique toujours pas pourquoi ça a été refusé.
Même chose pour la loi antiscab. Bientôt, le
gouvernement fédéral adoptera une loi pour appliquer la loi antiscab aux travailleurs sous code fédéral, qui
sont à peu près, de mémoire, alentour de 15 % sur le territoire du Québec.
Bien, les seuls travailleurs qui ne seront pas couverts par une loi antiscab au
Québec dans quelques mois seront les travaux de la construction. Ce n'est
pas... ce n'est pas un bilan reluisant, à mon avis.
On a réussi à arracher, de peine et de misère,
la rétroactivité salariale, qui... en plus, là, ça fait un peu une queue de
poisson, malheureusement, Mme la Présidente, parce que c'est... on apprend que
ça ne sera pas pour la négo actuelle, ça
sera pour la prochaine, en 2029. Mais, coudon, on leur souhaitera bonne
chance, en 2029, pour la rétro.
Sinon,
dans les autres déceptions, Mme la Présidente, il y avait aussi les femmes. On
avait ouvert la porte, en début d'étude détaillée, sur le fait qu'il pourrait y
avoir des quotas de femmes sur les chantiers. C'était une revendication forte
des groupes de femmes. Le ministre a ouvert la porte, j'imagine, l'a donc
refermée par la suite. Ça n'a pas été... ça n'a pas abouti, malheureusement.
Et finalement, bon, peut-être sur une note un
peu plus positive, on a réussi à aller préciser que le nouveau comité de relations de travail ne fera pas de la
CCQ une agence de l'État inféodée au ministère, en partie parce que, là, on
a retiré l'histoire des avis du ministre sur un quelconque sujet. Là-dessus, au
moins, on a sauvé peut-être un peu les meubles, et le CRT et la CCQ ne seront
pas transformés en une extension de l'État ou une agence de l'État comme les... Hydro-Québec, par exemple, qui
était l'exemple utilisé par le ministre pour expliquer cet article-là, et
d'autres.
Donc, je reste, Mme la Présidente, sur une
impression qu'on n'a pas... fait absolument aucune démonstration que ce projet de loi là va construire plus de
maisons, plus de barrages ou plus de quelconques autres chantiers, écoles,
hôpitaux, etc. À chaque fois qu'on avait un article, je demandais :
Combien de maisons de plus ça va construire? On était incapable de le dire.
Tout ce qu'on me disait, c'était le fameux sondage AppEco, le 10 %,
12 %, sondage basé sur une centaine
d'employeurs qui ont répondu, sur leur pif, j'imagine, leur expérience, qui
vaut quelque chose d'un point de vue qualitatif, certainement, d'un point de
vue quantitatif, c'est certainement contestable. Ça a été constaté, d'ailleurs,
par beaucoup de représentants syndicaux dans l'espace public.
Alors, sur une base d'un sondage de
100 employeurs, avec un soi-disant 10 % à 12 % de productivité
gagnée, sur un concept flou comme la polyvalence, voilà, on a ce projet de loi
là qui modernise, oui, mais modernise pas mal plus pour un bord que pour
l'autre, l'industrie de la construction. Le maraudage est en cours, la négo va
donc suivre par la suite. Je souhaite bonne
chance aux travailleurs et travailleuses dans l'obtention de meilleures
conditions de travail. Québec solidaire sera toujours là pour les
soutenir. Merci.
• (15 h 30) •
La Présidente (Mme D'Amours) : Merci.
Je cède maintenant la parole à la porte-parole de l'opposition officielle et
députée de Bourassa-Sauvé.
Mme Madwa-Nika
Cadet
Mme Cadet : Merci beaucoup, Mme
la Présidente. D'abord, le positif. Bien, en fait, je pense que je commencerai
avec des remerciements. Donc, remerciements, donc, évidemment, donc, à
l'ensemble des parlementaires, aux groupes, aux groupes qui sont venus, donc,
lors des différentes consultations particulières, donc, nous alimenter, nous,
comme législateurs. Je l'ai mentionné lors des remarques préliminaires, je l'ai
mentionné lors de l'adoption de principe, le milieu de la construction est un
milieu que je ne connaissais pas, donc, il y a un an à peine, Mme la Présidente, mais je pense que, dans
le cadre de ce projet de loi, donc, j'ai appris, donc, grâce à tous ceux qui
ont... qui ont fait, qui ont tout fait pour que nous, comme des législateurs,
donc, nous puissions bien faire notre travail et le faire avec rigueur et
diligence, à nous alimenter. Donc, d'abord, un grand merci à eux. Un merci tout
spécial aussi, donc, aux différents recherchistes, également à ma stagiaire
Bonenfant, Mme Lucie Arbour, qui aura eu l'occasion, donc, de m'épauler
dans le cadre de l'étude détaillée de ce projet de loi.
Ensuite, à l'opposition officielle, bien, je
dirais, donc, particulièrement, donc, je suis contente que le ministre ait
entendu mon argumentaire par rapport à la rétention. Je l'ai dit souvent, lors
des différentes remarques que j'ai eu l'occasion de
prononcer, la rétention... la rétention est... la formation est vectrice de
rétention. La rétention est donc le gros
enjeu dans le secteur de la construction. C'est ce que j'aurai eu l'occasion
d'assimiler au cours de la dernière année, et le fait qu'à différents égards, donc, dans le projet de loi... que ces
propositions d'amendement étaient retenues, je pense que c'est un...
c'est un pas en avant qui est important.
Je
ne peux pas passer sous silence également le fait d'avoir un programme d'accès
à l'égalité pour les personnes, donc, représentatives de la diversité de la
société québécoise, que nous avons entendues, Mme la Présidente, donc,
faire un débat, donc, sur la nomenclature. Évidemment, j'aurais préféré que la
nomenclature utilisée dans le cadre du projet de loi n° 51 soit la plus
juste possible. Je réitère que je ne pense pas qu'il s'agissait du lieu pour
inclure une définition de personnes immigrantes, mais, tout de même, donc, le
fait que mon amendement à l'effet qu'un
programme d'accès à l'égalité, donc, puisse être étendu aux personnes
représentatives de la diversité de la société québécoise, je pense que
c'est un pas en avant intéressant.
Ensuite, bien,
évidemment, tout ce qui concerne les occupations, encore une fois, lors des
différentes prises de parole et dans le cadre, donc, de la prise de
connaissance des différents enjeux du secteur de la construction, ce qui m'est
apparu évident, ce qui nous est apparu évident au Parti libéral du Québec,
c'est qu'il y avait une grande omission dans le projet de loi en ce qui avait
trait, donc, à ces professionnels. Et le fait que des titulaires de certificats
de compétence-occupation puissent maintenant, donc, cumuler la possibilité
d'être, donc, de tels détenteurs, mais également d'avoir accès à un métier sans
perdre leur carte d'occupation, je pense que c'est un grand pas pour ces
travailleurs-là, le fait qu'ils puissent également être plus polyvalents en
pouvant réaliser des activités partagées, mais aussi qu'ils aient accès, donc,
à une pleine mobilité lorsqu'ils ont atteint, donc, 15 000 heures, je
pense que ce sont des éléments qui pourront donc nous aider.
Mme la Présidente, à
plusieurs reprises, j'ai mentionné la raison pour laquelle nous sommes
ici : construire plus, construire mieux, construire à moindre coût. Le
projet de loi, à plusieurs égards... et ma collègue et moi, on a tout fait pour
tenter, donc, de le bonifier. Et j'ai mentionné, donc, les éléments, donc, qui
sont donc des avancées, mais, encore une fois, donc, on aurait pu en faire
plus. J'ai proposé, donc, un amendement relatif à la mobilité, donc, des
salariés, donc... donc, dans des entreprises de moins de 25 employés...
Alors, il aurait pu s'agir d'un compromis. Je sais que le ministre, donc, aime
les compromis, donc il aime les positions d'équilibre. Ça aurait été, donc,
dans ce sens-là. Mais malheureusement cette proposition d'amendement a été
rejetée.
Je reviens également
au comité des relations de travail, au CRT, où il aurait été intéressant
également de pouvoir avoir une personne tierce, donc un tiers neutre et
indépendant qui puisse présider ces travaux. Tout de même, je... pour le bien
des différentes régions du Québec, pour le bien, donc, de notre économie, afin
de nous assurer que l'on puisse répondre à
différents besoins, notamment en matière d'habitation. Ma collègue de Mille-Îles
a souvent l'occasion de réitérer que nous vivons une crise de
l'habitation, crise de l'habitation que le gouvernement a nié depuis trop
longtemps. Je mentionne souvent le fait que nous vivons une crise de
main-d'oeuvre, crise que le gouvernement a nié pendant trop longtemps. C'est ce
qui nous amène à un projet de loi qui aurait pu être plus costaud, qui aurait pu être à l'image de ce que...
ce à quoi on nous avait préparés pendant près... pendant près d'un an, mais, tout de même, donc, ici, vous comprendrez
que nous voterons, lors de l'adoption... lors de la prise en considération,
en faveur du projet de loi. Merci, Mme la Présidente.
La Présidente (Mme D'Amours) : Merci,
Mme la députée. Maintenant, je cède la parole au député de Jean-Talon.
M. Pascal Paradis
M. Paradis : Merci beaucoup, Mme la Présidente. Moi aussi,
j'aimerais commencer par faire des remerciements d'abord au ministre, à
l'équipe gouvernementale et à l'équipe du ministère. Je pense que c'est
toujours important de rappeler à quel point
c'est du travail, de préparer des projets de loi comme ceux-là, et on connaît
aussi le désir du ministre d'arriver avec des projets bien préparés. C'est
toujours aussi agréable, aussi, de travailler avec le ministre, qui s'y connaît
dans son domaine. Alors donc, ça, il faut saluer ça.
Mes collègues des
trois oppositions, merci beaucoup pour vos commentaires constructifs. Je veux
saluer de manière particulière mon collègue
Jean-Sébastien Barr, sans qui ce ne serait pas possible pour moi d'être ici
aujourd'hui. Il participe activement à notre préparation. Les
participants aux consultations particulières... Là aussi, je voudrais renchérir
sur ce que ma collègue de Bourassa-Sauvé disait. La quantité de mémoires qui
ont été déposés et la qualité des témoignages qu'on a eus ici, c'est
extraordinaire, et, je pense pouvoir parler pour toutes et tous, on a tous
appris quelque chose ici en lisant tous les mémoires puis, je peux vous dire,
on les a lus, et c'était extrêmement intéressant. Alors, merci beaucoup de
votre participation à notre démocratie.
C'est un projet de
loi qui, sans contredit... où il y a des avancées. Il y a une modernisation de
notre régime applicable au secteur de la construction, et on le salue, mais, en
réalité, donc, le coeur de l'affaire, ce sont les fameux principes de
polyvalence et de mobilité, et c'est vrai qu'avec tout ce qu'on a entendu en
consultations particulières, dans les...
autant dans les témoignages que ce qu'on a lu dans les différents mémoires
qu'on a eus... c'est vrai qu'il y en a pour
qui, bien, ça n'allait pas du tout assez loin, ce projet de loi là, qu'il
fallait aller beaucoup plus loin. Il y en a d'autres qui disaient :
C'est beaucoup trop.
Et, je pense, je veux
reconnaître que le fait... que le ministre a beaucoup insisté sur le fait qu'il
voulait mettre le curseur dans une position
qui était équilibrée, mais le ministre, aussi, nous avait indiqué qu'il serait
ouvert à parfaire un certain nombre de dispositions, et c'est vrai que,
sur les deux grands principes, bien, en réalité, on n'a pas beaucoup bougé
malgré le fait qu'on a entendu tant de personnes en consultations
particulières, malgré le fait qu'on a eu toutes ces discussions-là, et je vais
me concentrer sur le principe de la mobilité. On a eu des échanges,
aujourd'hui, avec le ministre
et on a vu le ministre s'appuyer, dans ce projet de loi là puis sur d'autres,
sur, vraiment, des données, sur des études, des analyses qui montraient
clairement pourquoi les choix x ou y avaient été effectués, et, dans le cas de
la mobilité, bien, pour résumer notre échange de tout à l'heure, le
ministre, je pense, est d'avis qu'il y a suffisamment de données.
Moi, j'avoue que je
suis resté sur ma faim, parce que c'est vraiment une disposition extrêmement
importante. C'est celle qui a fait l'objet
des plus importants débats, je pense, de toutes les personnes qui sont venues
ici s'adresser à nous, et je me
demande à quel point c'est une décision politique de choisir cette décision-là
plutôt que vraiment d'appuyer sur des analyses techniques,
scientifiques, basées sur des données, de dire : Voici pourquoi on a la
conviction que d'adopter cette mesure-là va produire des effets, parce que les
effets qui sont recherchés par le ministre, par le projet de loi, tout le monde
les veut au Québec, plus de productivité, plus d'efficience, plus de maisons
plus vite, moins chères, mais c'est difficile de trouver les bonnes solutions,
et, sur celle-là, je pense qu'on aurait espéré un petit peu plus... bien, en
fait, j'ose dire beaucoup plus de bases scientifiques qui nous démontrent la
pertinence de la solution qui a été adoptée.
Et j'ai comme l'impression qu'on arrive avec une solution qui est un peu
mur-à-mur. On dit : Bien, voici, on ouvre maintenant à la mobilité,
alors qu'on aurait pu, du moins, dans un premier temps, adopter des solutions
ciblées qui nous permettent aussi d'évaluer au fur et à mesure la pertinence de
la solution puis peut-être de la faire évoluer dans le temps.
J'ai une invitation
au ministre, parce qu'il a dit à quel point ça lui tenait à coeur, puis je
pense que, ça aussi, il y a eu une certaine unanimité dans les commentaires. Ce
projet de loi, puis ici je ne le formule pas sous forme de critique mais sous
forme de suggestion, aurait pu aller plus loin aussi en matière de formation.
Tellement de personnes nous ont dit que c'est le coeur de l'affaire, la
formation. Je pense qu'il n'y avait pas tant de choses que ça à se mettre sous
la dent sous ce thème-là en particulier parce que tout le monde a dit :
C'est une question d'attractivité, de maintien de la main-d'oeuvre, de qualité
des travaux, de sécurité, et tout ça, ça passe par la formation, puis c'est ça
qui va vraiment améliorer la productivité au Québec.
• (15 h 40) •
La lutte au travail
au noir, bien, il le sait, je l'ai mentionné à quelques reprises, peut-être que
c'est... peut-être que c'est la prochaine étape, M. le ministre, mais je pense
que là aussi il y a beaucoup de choses à faire, et ça aussi, ça va avoir une
influence considérable sur la productivité au Québec.
Et je pense que la
question de la concertation demeure importante. Donc, avec la réforme qui est
adoptée, dans quelle mesure on a... on a, oui, épousé cette partie du modèle
québécois qui, j'ose le dire, fonctionne? C'est quelque chose qu'on nous
reconnaît aussi ailleurs dans le monde, cette capacité de nous parler. Peu
importent les secteurs d'où on est, peu importe, géographiquement, où on vit,
on a une capacité de chercher des solutions de concertation, et ici, bien, je
l'ai indiqué au ministre, je pense que, sur certains points, on aurait pu viser
encore plus ça. Alors, il va falloir porter une attention particulière, dans
l'avenir, au moment de la mise en oeuvre, M. le ministre, à cette... à cette
qualité qu'on a, à cette... à cette particularité qu'on a au Québec, et donc de
la chérir, de la maintenir.
Alors, je... voilà,
merci, Mme la Présidente.
La Présidente (Mme D'Amours) : Merci,
M. le député. Je cède maintenant la parole au député d'Abitibi-Est.
M. Pierre Dufour
M. Dufour : ...encore une fois, félicitations pour le travail
que vous avez fait. Vous avez travaillé ce dossier-là de main de maître
comme présidente.
Premièrement,
permettez-moi de féliciter le ministre et son équipe d'avoir eu l'audace de
s'attaquer à ce projet de loi là. Je pense que ce n'est pas toujours évident
quand on va dans ce courant-là, quand on a des projets de loi de ce type-là,
mais, de voir la qualité des mémoires qu'on a reçus, les consultations qu'on a
eues, des différents partis, les débats
civilisés des oppositions, ça a été quand même très, très intéressant de
pouvoir voir un peu comment on voit le futur avec ce projet de loi là.
D'un côté,
Abitibi-Témiscamingue, pour nous... En tant que député d'Abitibi-Est puis aussi
adjoint parlementaire au niveau du développement économique au niveau du
ministère d'Économie et d'Innovation, je pense que c'est important de voir
qu'on va pouvoir possiblement bénéficier de ça en Abitibi-Témiscamingue. On le
sait, régulièrement, on a des travaux qui ne se font pas chez nous, que ce soit
dans tous les champs d'action de construction... Donc, j'ose espérer que ce
projet de loi là aura justement ce bel impact là. J'ai entendu le ministre,
quand même, mentionner la région de l'Abitibi-Témiscamingue quelques fois dans
les discussions, et nous, pour nous, je crois que c'est un actif qui va être
très intéressant, justement, cette mobilité-là.
Et, pour terminer,
peut-être une petite observation. J'ose espérer que le ministère aussi... comme
on fait des fois des très beaux projets de loi, bien, qu'on ait la chance de
faire une analyse d'impact de ce projet de loi là au fil du temps. Je pense que
ça pourrait être quelque chose qui serait très structurant pour voir,
justement, l'amélioration que ce projet de loi là aura apportée. Donc, merci.
La Présidente (Mme
D'Amours) : Merci. Merci beaucoup, M. le député. Est-ce qu'il y a
d'autres interventions? Sinon, nous serions prêts à entendre finalement notre
ministre. La parole est à vous.
M. Jean Boulet
M. Boulet : Merci à vous, Mme la Présidente.
Si l'étude s'est faite de façon rigoureuse et ordonnée, c'est grâce à vous,
grâce à Nathalie puis grâce à toute l'équipe.
Puis
je veux saluer les députés gouvernementaux, particulièrement la députée de
Huntingdon, la députée de Hull, Abitibi-Est et Nicolet-Bécancour. C'est des
personnes avec qui j'ai eu des entretiens réguliers. Il y en a qui étaient
d'ailleurs très persistants dans la protection des personnes qui vivent dans
leur région. Je veux remercier beaucoup ma sous-ministre, Isabelle, et mon
directeur de cabinet, Jean-Philippe, puis l'équipe de mon cabinet, l'équipe du
ministère puis l'équipe du ministère de la Justice. Il y a beaucoup de
personnes qui contribuent à faire d'un projet de loi ce qu'il devient, ce n'est
pas que le ministre, c'est la collaboration qui est derrière l'élaboration du
projet. Puis je veux souligner aussi le travail, l'implication des partenaires
en consultations particulières. Il y a eu beaucoup de préparation pour les
mémoires. On les a entendus.
Puis
je veux souligner aussi, bon, Jean-Sébastien, Alexandrine et Thomas, puis mes
collègues de Bourassa-Sauvé, Mille-Îles, Hochelaga-Maisonneuve,
Jean-Talon... Bourassa-Sauvé pour sa rigueur, sa discipline, pour la profondeur
de ses questionnements. Bravo! C'est une députée puis une parlementaire qui est
remarquable, qui est destinée à un bel avenir dans les commissions
parlementaires que, je souhaite, nous allons continuer à faire dans les
prochaines années. Merci.
Le député
d'Hochelaga-Maisonneuve, il n'est pas toujours content, mais ce qui est le plus
important... Il y a un grand professeur, Fisher, qui m'avait déjà dit aux
États-Unis : Il faut maintenir une bonne relation; derrière les intérêts,
il y a les personnes. Puis moi, j'ai toujours fait beaucoup d'efforts pour
dissocier les idées des personnes et je fais de la politique de cette
manière-là. Puis le collègue d'Hochelaga-Maisonneuve m'a appris à être meilleur
puis il m'a appris aussi à mettre en application des principes, notamment, en
matière de négociation raisonnée.
Puis, le collègue de
Jean-Talon, le plus grand compliment que je vous ferais, c'est que vous me
faites tellement penser à l'ancien député de Jonquière, Sylvain Gaudreault,
qui... avec qui j'ai eu l'opportunité de travailler en commission parlementaire, digne, délicat, respectueux, articulé et
avec une ambition de comprendre, puis vous êtes exactement comme ça,
puis, moi, c'est ce que j'aime de la politique, travailler en étude détaillée
puis en commission parlementaire.
Puis je sais qu'il y
a des associations patronales qui ne seront pas contentes, qui auraient voulu
plus. Il y a des syndicats, probablement tous les syndicats, qui ne seront pas
contents, mais moi, je demeure convaincu que ce qu'on fait, c'est pour les
Québécois, les Québécoises, pour avoir plus de monde puis pour mieux
travailler, pour mieux bâtir au Québec. Puis, je le dis pour le bénéfice de
tout le monde, dans la mise en oeuvre, on le soulignait tout à l'heure, dans
l'application, il faut que ce soit fait de manière raisonnée puis harmonieuse,
puis n'hésitons pas à lever les drapeaux.
Le collègue
d'Hochelaga-Maisonneuve, ça lui est arrivé de me dire : La CNESST, il faut
que... Tu sais, il y a eu des dossiers qui ont été médiatisés. On est capables
d'avoir un impact. On est capables de s'assurer que la mise en application soit
faite de façon humaine et respectueuse des droits des travailleurs puis des
travailleuses. Puis c'est un projet de loi,
oui, qu'on a voulu équilibré, puis, oui, on aurait pu aller plus loin en
mobilité puis moins loin... puis on aurait pu aller beaucoup plus loin
en polyvalence, on aurait pu fusionner des métiers, mais je vous rappellerai,
collègue d'Hochelaga-Maisonneuve, que c'est
grâce à vous qu'on a permis aux détenteurs de certificats compétence-occupation
de faire l'apprentissage d'un métier, et c'est extrêmement bien reçu de la part
de ces travailleurs, travailleuses. Il y en a 32 000 au Québec.
C'est grâce à vous
qu'il n'y aura pas de fonds de rétroactivité salariale. Vous m'en avez parlé
dès le dépôt du projet de loi en me référant à c'est quoi, cette patente-là.
Alors, cette patente-là n'est plus là, puis c'est grâce à vous. C'est grâce à
vous qu'en matière d'ingérence patronale dans les activités syndicales on fasse
référence au donneur d'ouvrage. C'est quand même une avancée qui n'est pas
banale, qui n'est pas secondaire. C'est les trois principales. À d'autres égards, non, mais il y a eu, quand
même, du côté du perfectionnement de ce projet de loi, des amendements
qui sont intéressants.
La collègue de
Bourassa-Sauvé a été à l'origine d'un amendement pour permettre aux détenteurs
de certificats compétence-occupation de faire des activités partagées, donc une
polyvalence améliorée. Elle est aussi à l'origine de la mobilité de ces mêmes
détenteurs de certificats compétence-occupation pour qu'ils puissent donc
bénéficier de la mobilité après 15 000 heures de travail.
Pour la polyvalence,
on a fait des corrections suite aux consultations particulières, une définition
beaucoup plus précise des travaux de structure, une définition beaucoup plus
claire de ce qui réfère à la même journée de travail. On a évité la redondance
entre l'avancement puis la continuité. On a soumis quand même... Je ne sais pas
comment on pourrait... combien il y a eu
d'amendements. Il y a eu quand même un nombre intéressant d'amendements.
Puis, si on fait avancer la société, c'est grâce à l'engagement d'êtres humains
comme vous autres.
Puis je suis fier de
dire qu'en matière de polyvalence on y va de façon modérée. On va voir, avec le
temps, comment cette nouvelle culture là s'intègre dans les organisations de
travail pour qu'on puisse en faire plus, pour éviter qu'un entrepreneur attende
un carreleur, pour permettre à un charpentier-menuisier de faire une activité
complémentaire, pour éviter que les travaux soient suspendus pendant
deux heures, deux jours ou deux semaines, pour diminuer les coûts,
et, multipliez ces exemples-là dans des grands chantiers industriels ou
institutionnels, il va inévitablement y avoir un impact.
• (15 h 50) •
Puis je sais qu'il y
a des collègues qui n'aiment pas que je réfère à la Fédération canadienne de
l'entreprise indépendante, mais 88 % des entrepreneurs sondés, puis
c'est 135... que la meilleure façon d'améliorer la productivité, c'est par la
voie de la polyvalence. AppEco, c'est fait par des professionnels, puis c'est
112 entrepreneurs, et c'est 10 % d'heures sauvées. Est-ce
qu'on va l'atteindre? Il n'y a rien de mathématique, mais moi, je pense quand
même que la polyvalence va être un incitatif à mieux planifier puis à mieux
faire les choses dans le respect des travailleurs et de leur santé et sécurité,
même approche pour la mobilité.
Puis je vais finir en
disant que, pour l'accès, je suis particulièrement fier. Il y en a beaucoup qui
disaient : Vous vous intéressez à la polyvalence puis à la mobilité, mais
l'accès, là, accru pour les femmes puis les groupes issus de la diversité, ça a
énormément de valeur pour moi, puis il y a des mesures préférentielles qui
s'imposent, puis je ne veux pas entrer dans les débats sur l'«affirmative
action» ou la discrimination positive, mais ça va générer des retombées. Ça l'a fait pour les femmes. On a
triplé le nombre de femmes, et c'est encore en ascension, et, à la CCQ, on travaille
pour un deuxième plan d'accès à... pour l'égalité des femmes.
Et, pour la
formation, je vous rassure, collègues... puis je le sais que c'est au coeur de
préoccupations de beaucoup de monde.
Audrey Murray, qui est la PDG de la CCQ, elle a la même préoccupation. Vous
l'avez entendue en consultations
particulières. Elle est aussi à l'origine de la concertation entre le ministère
de l'Éducation et les partenaires de l'industrie de la construction.
Elle a...
On a mis en
place Espace Solutions, il y a eu une rencontre lundi, huit programmes déjà en
action en alternance travail-études. Cette industrie-là, elle est
intéressante. Elle est pleine d'emplois bien rémunérés. Il faut que les jeunes ni en emploi, ni aux études, ni en formation
considèrent qu'il y a de l'avenir dans ce secteur-là. Les étudiants, étudiantes
qui travaillent dans les chantiers, depuis 2021, en formation... Il faut
continuer à accroître l'offre de formation. Il faut rehausser les compétences
de tout le monde. Il faut diminuer l'utilisation des bassins. Il faut accroître
le taux de diplomation. Il faut trouver tous
les mécanismes qui vont nous permettre de diminuer le nombre d'accidents de
travail, le nombre de décès, dans le respect des compétences des
travailleurs, mais jamais en ne négligeant la qualité des travaux de
construction.
Ça fait que donnons-nous la mission de tous être
à l'affût de la mise en oeuvre de cette... de ce projet de loi qui va devenir
une loi. Puis je sais qu'il y en a qui vont voter pour. Merci. Il y en a qui
vont voter contre, puis je respecte ça,
mais, dans la mise en application... Vous avez déjà voté contre certaines de
nos lois et vous avez toujours été hypervigilants. Donc, donnons-nous
comme mission d'être vigilants, d'aller de l'avant puis de penser d'abord et avant tout à ceux et celles pour qui on fait une
loi comme ça, c'est des Québécois, Québécoises qui veulent de l'accès,
qui veulent de l'habitation, qui veulent des hôpitaux, des écoles, qui veulent
des projets industriels partout au Québec, et je pense que cette loi-là va être
un des éléments qui va contribuer à mieux répondre à ces besoins-là.
Alors, merci beaucoup et merci à ceux ou celles
que j'ai pu oublier. Merci.
La Présidente (Mme D'Amours) : Merci,
M. le ministre. À mon tour de faire des remerciements. Je vais commencer par
l'équipe ministérielle, l'équipe du ministère et du cabinet. Merci à ma
secrétaire adorée, Nathalie, qui est un bras
gauche, un bras droit pour le bon fonctionnement de la commission, ainsi que
les gens qui l'accompagnent.
Merci aux pages. Tout à l'heure, je voyais notre
page courir à nous servir notre café parce que nous étions à notre dernier article... notre dernier article,
puis j'avais... ça me tentait de lui dire : Prends ton temps, on a
probablement beaucoup de discussions à avoir sur cet article-là et...
Merci. Merci beaucoup pour le travail de tous les pages qui ont travaillé en
commission.
Puis mes derniers remerciements vont aller... Je
vais faire attention, là, mais mes derniers remerciements vont aller aux membres de ma commission. Ça fait
que vous, et ceux qui étaient là, vous êtes des députés exemplaires pour
une commission. C'est facile pour moi. Vous êtes... Je veux souligner votre
approche collaborative. Le ministre l'a dit, parfois,
c'est... on vote pour, parfois, on vote contre, mais vous êtes toujours égals à
vous-mêmes. Vous avez un respect exemplaire pour les règlements, et,
pour moi, c'est facile de les appliquer. Alors, merci infiniment de votre travail.
Je suis choyée d'être la présidente de cette commission et de vous avoir comme
membres de cette commission.
Donc, les
remerciements étant faits, merci pour votre collaboration, et la commission,
ayant accompli son mandat, ajourne ses travaux sine die. Merci.
(Fin de la séance à 15 h 56)