(Onze heures trente et une minutes)
Le Président (M. Simard) :
Bienvenue.
Je constate que nous avons quorum, conséquemment nous pouvons entreprendre nos travaux.
La Commission des finances publiques est
aujourd'hui réunie afin d'entreprendre l'étude détaillée du projet de loi
n° 53, Loi édictant la Loi sur la protection contre les représailles liées
à la divulgation d'actes répréhensibles et modifiant d'autres dispositions
législatives.
Mme la Secrétaire, bonjour.
La Secrétaire : Bonjour.
Le Président (M. Simard) : Y a-t-il
des remplacements ce matin?
La
Secrétaire : Oui, M. le Président. Mme Abou-Khalil (Fabre) est remplacée par Mme Bogemans (Iberville);
M. Beauchemin (Marguerite-Bourgeoys), par M. Morin
(Acadie); Mme Rizqy (Saint-Laurent), par M. Fortin
(Pontiac); et M. Bouazzi (Maurice-Richard), par M. Marissal
(Rosemont).
Le Président (M. Simard) : Alors,
bienvenue à nos nouveaux collègues, et sans tarder, je cède la parole...
Une voix : ...
Le Président (M. Simard) : Ah!
écoutez, nous avions une entente afin de suspendre nos travaux afin de permettre à nos collègues de pouvoir s'exprimer au
bleu. Alors, nous ne commençons pas nos remarques préliminaires, chers
collègues, ce sera pour plus tard.
Une voix : Désolé.
Le Président (M. Simard) : On garde
le plaisir pour plus tard. Nous suspendons.
Des voix : ...
Le Président (M. Simard) : On
commence par une suspension.
(Suspension de la séance à 11 h 32
)
(Reprise à 12 heures)
Le
Président (M. Simard) :
Alors, chers collègues, tout le monde est de retour, nous avons à nouveau quorum
et nous pouvons poursuivre nos travaux.
Remarques préliminaires
Et nous en
étions rendus au tout début des remarques préliminaires, et je cède la parole à
Mme la présidente du Conseil du trésor.
Mme Sonia LeBel
Mme
LeBel : Oui. Bien, merci, M. le Président. Je suis très
contente aujourd'hui qu'on passe à l'étude article par article de ce
projet de loi là, qui est fort important.
Mais, avant de commencer à vous parler du projet
de loi en lui-même, je vais commencer par remercier mes collègues de
l'opposition, mon collègue de Pontiac, mon collègue de Rosemont, qui est
présent aujourd'hui pour cette étude
détaillée, mes collègues aussi de la banquette parlementaire gouvernementale,
qui vont m'assister dans cette étude
d'un projet de loi que je considère fort important. C'est-à-dire, de venir,
après plus de, je dirais, maintenant... 2017... sept ans d'existence,
venir améliorer, porter des améliorations fort importantes... Qu'est-ce que
j'ai dit? Sept ans? J'ai dit 17 ans? Sept ans? 2017... En tout cas, c'est
ça, six ans. Vous voyez, c'est pour ça que je suis au Trésor, c'est parce que je sais compter! Alors, loi... améliorer la Loi
facilitant la divulgation des actes répréhensibles à l'égard des organismes
publics.
Je tiens à préciser qu'on va demeurer dans le...
dans le giron des organismes publics, parce qu'on travaille sur cette loi-là,
qui, après trois ans d'existence, en 2020, on a dû déposer un rapport de mise
en oeuvre de cette loi-là. Le Protecteur du citoyen a également fait des
recommandations. Et on... aujourd'hui, par le dépôt du projet de loi et l'étude du projet de loi qu'on a... qu'on a
déposée, qui est la Loi édictant la
Loi sur la protection contre les représailles liées à la divulgation
d'actes répréhensibles et modifiant d'autres dispositions législatives, ce
qu'on veut faire, c'est de venir améliorer la confiance des gens qui pourraient
avoir des actes répréhensibles à divulguer envers le processus qui est là pour les protéger contre les
représailles. Donc, c'est de favoriser une culture d'intégrité, M. le
Président, et de favoriser un environnement
propice à la divulgation. Parce qu'au final, ce qui est visé par ça, c'est que
nos organismes publics s'améliorent. Donc, il faut être capables de
permettre aux gens qui sont témoins d'actes répréhensibles d'avoir la latitude
ou de se sentir dans un environnement qui leur permet de divulguer sans
craindre les représailles en retour. Et c'est ce qu'on tente de faire par le
projet de loi qui est déposé et qu'on... dont on commence l'étude article par
article.
Donc, je vous dirais qu'au-delà des détails du
projet de loi, ce qui sous-tend nos actions et ce qui sous-tend les
améliorations qu'on a faites, c'est... qu'on tente de faire, parce qu'on verra
les discussions qu'on a, c'est... c'est vraiment d'améliorer la confiance
envers le processus. Et le premier geste, le plus significatif et qui a été
recommandé, c'est d'avoir un guichet unique et de sortir l'acte de divulgation
comme il était dans la loi d'origine. Et on
a fait, dans la loi d'origine, une première... un premier effort qu'on doit
saluer aujourd'hui. Mais, six ans plus tard, on doit prendre acte du
fait que le fait de divulguer à l'intérieur même de nos organismes publics,
bien que je n'aie pas d'exemple concret où il y a eu des actes répréhensibles
suite à ça, à tout le moins, était... suscitait des craintes.
Donc, je vais terminer comme ça. Je vais
terminer en vous présentant les gens qui m'accompagnent, parce que ça va être important. Donc, j'ai avec moi
Alexandre Hubert, qui est le secrétaire associé aux ressources humaines
gouvernementales, j'ai Philippe Matteau, qui est directeur général des
relations de travail et de la gouvernance en éthique,
Philippe Bettez Quessy, qui est coordonnateur gouvernemental à l'éthique,
Me Yannick Gagnon... Vachon, pardon, qui est avocat, Gabriel Roy,
également avocat, et Emilie Vallée, qui est ma conseillère politique, seront
peut-être amenés à nous aider dans des... dans des discussions qui seront
certainement beaucoup plus techniques, parce que c'est un projet de loi, bien
que ses principes soient très simples, qui demande quand même des explications
parfois beaucoup plus techniques. M. le Président, on sera disponible pour
répondre aux questions.
Le Président (M. Simard) : Merci à
vous, Mme la ministre. M. le député de l'Acadie.
M. André Albert Morin
M. Morin : Merci. Merci, M. le
Président. Alors, à titre de député de l'Acadie, porte-parole de l'opposition
officielle, ça me fait plaisir de prendre... de prendre la parole. Cet
après-midi, mon collègue, député de Pontiac, sera avec vous. C'est une belle
région, le Pontiac, mais là, ce matin, c'est l'Acadie.
Ceci étant,
je suis très heureux de prendre la parole parce que c'est un projet de loi qui
est important. Et Mme la ministre le
soulignait. Je vous dirais, il y a trois éléments clés, trois éléments
charnières, que... qui, moi, me... font en sorte que je trouve que c'est
effectivement fondamental : la confiance, l'intégrité et la protection. Et
la confiance, c'est fondamental. D'abord, la
confiance que les employés ont, quand ils sont employés dans la fonction
publique du Québec, de pouvoir travailler dans un milieu de travail qui
est sain et de pouvoir, également, faire en sorte qu'ils puissent divulguer
certains actes répréhensibles. Parce qu'au fond, c'est tout le monde qui gagne,
l'appareil gouvernemental dans son ensemble gagne, puis, par la suite, bien,
c'est les citoyens puis les citoyennes du Québec qui gagnent, parce
qu'effectivement, la confiance peut, à ce moment-là, être un élément important
à toutes les... toutes les différentes étapes des différents processus.
L'intégrité, bien, c'est fondamental, hein? On
est... On veut, on souhaite, on travaille à avoir une fonction publique, évidemment, qui est intègre. Les
fonctionnaires travaillent tous les jours au service des Québécois et des
Québécoises puis ils le font avec beaucoup de sérieux, de
professionnalisme, de détachement pour servir l'appareil public, mais, encore là, en bout de piste, pour
être capables de servir les citoyens puis les citoyennes, puis, ça, je pense
qu'il faut... il faut le reconnaître.
Puis,
finalement, la protection. Parce que j'imagine que, quand quelqu'un voit des
éléments factuels, il se dise : Oh! ça, c'est peut-être un acte qui n'est
pas complètement conforme à la loi, je voudrais le divulguer, bien, j'imagine
que ce n'est pas évident. Et donc, tout
dépendant, en plus, du milieu de travail dans lequel il se trouve... Évidemment,
dans une unité de travail, il y a 250, 300 employés, ce n'est pas trop
compliqué, mais, dans une... en fait, quant à la protection pour le fonctionnaire, mais dans une unité de travail où il y
en a quatre, cinq ou six, là, ça peut devenir facilement plus
problématique.
Donc, trois éléments, moi, que je retiens puis,
en fait, qui vont... qui vont animer le travail que je vais faire quand on va travailler et étudier ce projet de loi
là, c'est aussi, et je tiens à le souligner, une réponse du gouvernement
au rapport concernant l'application de la Loi sur les contrats des organismes publics, un rapport important que j'ai... que j'ai regardé et qui émettait des recommandations,
notamment pour la Loi facilitant la divulgation d'actes répréhensibles à l'égard des organismes publics. Un des éléments
qui a été retenu par le gouvernement et qui émane de la recommandation, entre autres, c'était de
confier au Protecteur du citoyen un mandat exclusif pour recevoir les divulgations du personnel. Ça, je pense que c'est
important. Ce n'est pas exclusif, exclusif, on aura le temps d'en reparler, mais, dans la grande
majorité des cas, parce que le Protecteur du citoyen, bon, existe depuis
longtemps, c'est un travail qui est excessivement rigoureux. Et donc, ça, je
pense que ça va permettre de redonner cette confiance à des personnes
qui voudront... qui voudront divulguer des actes répréhensibles.
Cependant, et je me
souviens d'avoir posé des questions au Protecteur du citoyen quand il est venu,
il faudra s'assurer qu'il aura les budgets, les employés, les ressources
nécessaires pour être capable de mettre en application... conformément aux
objectifs visés par le gouvernement, pour s'assurer que tout fonctionne bien.
La beauté de la chose, c'est que c'est la
ministre responsable du Conseil du
trésor qui s'en occupe. Non, mais
c'est parce que des fois on étudie des projets de loi puis on dit :
Il faut s'assurer que les ressources vont venir avec. Puis là, bien, des fois,
on a des ministres qui répondent : Oui, bien là, il va falloir que je
parle à la présidente du Conseil du trésor. Ici, on est privilégiés, on l'a
devant nous. Alors, je suis certain que mon message de ce matin, je la vois,
elle l'écoute avec attention. Je le dis parce qu'on aura beau travailler le
plus adéquatement possible, avec le plus de rigueur, à mettre en place des
dispositions législatives, M. le Président, au niveau des principes, c'est
fondamental, mais, par la suite, au niveau
de la mise en oeuvre, et c'est malheureusement à ce niveau-là, parfois, que là,
ça devient plus difficile, au niveau de la mise en oeuvre, si le
Protecteur du citoyen n'a pas les ressources nécessaires, bien, clairement, il
ne sera pas capable de remplir son mandat, qui, par ailleurs, est un mandat
important et ambitieux. Alors, ça, je pense que c'est important, puis je
tenais, dans mes remarques préliminaires, à le... à le soulever.
• (12 h 10) •
Autre élément, et ça,
les syndicats nous en ont parlé : Quel sera véritablement leur rôle?
Est-ce qu'ils pourront accompagner
quelqu'un, représenter quelqu'un? Enfin, bref, il y a des questions qui
subsistent à ce niveau-là. Et ça, on aura aussi la chance... la chance d'en
reparler. Mais il est clair que ce projet de loi répond à un besoin pour...
pour le bien de la fonction publique et des fonctionnaires qui y travaillent.
Et donc, ça va me faire plaisir, en tant que porte-parole
de l'opposition officielle, d'y collaborer et de travailler pour essayer de le
bonifier le plus possible. Je vous remercie.
Le Président (M. Simard) : Merci
à vous, cher collègue de l'Acadie, et je cède la parole au député de Rosemont.
M. Vincent Marissal
M. Marissal :
Merci. Merci, M. le Président.
Bien, permettez d'abord que je vous salue. On a beaucoup travaillé
ensemble à la précédente législature, quand je portais un autre chapeau que
celui que je porte, enfin, le chapeau principal que je porte depuis quelques
années, c'est-à-dire la santé. On... Je reviens donc à mes anciennes amours, je
parle des sujets, pas des individus, quoique je vous aime beaucoup et content
de retrouver la présidente du Conseil du
trésor, qui... qui affiche une... une stabilité à son poste depuis quand même
un bon moment. Puis ça, c'est... peut-être... peut-être qu'elle, elle souhaiterait du changement, mais on dit souvent
qu'il y a trop de roulement dans les ministères, puis c'est bien que les gens s'installent. Puis, aparté aussi, Mme la ministre,
je vous... je vous remercie d'avoir présenté votre monde parce que
souvent, on ne le fait pas. Puis ces gens-là existent, puis ils ont un nom,
puis ils travaillent fort, puis sans eux, d'ailleurs, pour être passé à travers
le projet de loi n° 15, là, on n'y serait pas
arrivés, jamais, sans les gens de l'ombre, là, puis c'est une marotte de ma
part depuis que je suis député, je me dis : On ne les connaît pas, ils
n'ont pas un «tape» avec leur petit nom ici, enfin, bref, c'est un beau geste de
votre part de les présenter. Je pense qu'ils apprécient. Moi, j'apprécie en
tout cas.
Sur le fond, quand je
dis que je reviens à mes anciennes amours, en fait, je suis un frappeur de
relève parce que c'est ma collègue de Sherbrooke
qui devait être ici. Mais si vous avez suivi un peu l'actualité récemment, il y
a eu quelques petits changements dans notre organisation interne. Alors,
la députée de Sherbrooke est occupée à autre chose,
mais elle m'a bien... elle m'a bien passé le bâton pour faire le relais, de même
que notre recherchiste, Guillaume, qui connaît bien le dossier. On
connaît bien le dossier parce que ça fait, moi, presque six ans que je suis
député, puis je pense que c'est un des premiers dossiers que j'ai abordés ici
quand j'ai été élu en octobre 2018. Probablement par déformation
professionnelle, comme ancien journaliste, ayant vécu, comme vous, mais pas
dans le même rôle, notamment la commission Charbonneau, ayant vécu toutes
sortes de soubresauts qui avaient vraiment ébranlé la scène politique au Québec,
moi, j'avais une grande sensibilité au fait de protéger les gens qui ont le
courage de dénoncer. C'est une question
d'intégrité des fonds publics. C'est une question d'intégrité des individus,
parce qu'il y a certains milieux où ça peut même jouer assez dur puis
qu'il faut protéger les gens, là, presque physiquement. Mais c'est une question
déontologique, aussi, puis de professionnalisme dans les organisations, que des
gens qui voient des choses et qui ne se sentent pas à l'aise de les dénoncer, c'est
un bris, c'est un bris de confiance qu'on leur impose. C'est un bris
déontologique aussi parce que ces gens-là voudraient... voudraient dénoncer
puis je pense que c'est important. ll y a souvent cette espèce d'image, là,
de... de l'enveloppe brune avec le mégascoop qui arrive sur le bureau d'un
journaliste ou d'une journaliste, là. En tout cas, j'étais peut-être un très
mauvais journaliste, là, mais j'ai pratiqué pendant 25 ans, puis je n'ai
pas eu beaucoup d'enveloppes brunes avec des mégascoops dedans, là. Il y en a
plus dans les séries de Réjean Tremblay que dans la vraie vie, et peut-être
parce que les gens ne se sentent pas toujours à l'aise. Je vous rappelle quand
même, pour fin d'anecdote, que le Watergate, ça a commencé dans le troisième
sous-sol d'un parking souterrain à Washington, puis ça a pris 40 ans avant
qu'on connaisse la réelle source de cette affaire-là parce qu'il risquait d'y
avoir tellement de représailles. Les machines se referment souvent sur elles-mêmes, c'est un réflexe, et elles étouffent
la dissidence et les dénonciations. Alors, tant mieux si on est capables
d'ouvrir un peu ça.
J'avais déposé, moi-même, un projet de loi pour
moderniser notre loi sur la protection des lanceurs d'alerte en 2019. Donc, je ne suis pas complètement à côté
de mes pompes, ici, là, je connais quand même assez bien le dossier.
Puis je veux dire à la
ministre que je vais collaborer du mieux que je peux, puis on va collaborer,
parce que même si le projet de loi ne va pas
exactement où je l'aurais amené, ce n'est pas moi qui est au pouvoir, puis ça,
il faut accepter ça, puis il faut accepter qu'on va travailler pour
essayer de l'améliorer.
Je pense, par exemple, à... au fait que ça ne
touche que le secteur public. On en discutera, je ne ferai pas le... je ne
ferai pas l'argument aujourd'hui, là, mais j'aimerais qu'on ait une bonne
discussion là-dessus, parce que je pense,
notamment, à des secteurs dits privés qui sont pas mal proches du public,
notamment parce qu'ils ont des fonds, notamment parce qu'ils sont OBNL,
mais qui fonctionnent avec le gouvernement, avec des fonds publics, puis des
fois on est pas mal proches de quelque chose qui ressemble à des services
publics. Et, parfois, c'est carrément privé, mais les gens devraient aussi se
sentir à l'aise de dénoncer.
Nous aurions souhaité la création d'un
commissaire à l'intégrité, ce n'est pas le choix que le gouvernement a fait, je respecte ça. Alors, allons-y avec Protecteur du citoyen, dans la mesure où ça va pouvoir fonctionner
comme ça.
Moi, je le dis et je le redis, puis je m'arrête
là-dessus, je pense que chaque geste qu'on va pouvoir faire ici pour améliorer
la protection des gens qui ont le courage de dénoncer... on a le devoir de
fonctionner dans ce sens-là, c'est l'engagement que je prends aujourd'hui. Le
projet de loi est technique, il n'est pas terriblement long, là. Probablement
que dis ça par traumatisme du projet de loi n° 15 qu'on vient
d'étudier. Tout sera dorénavant mesuré à cet aulne. Alors, c'est un petit
projet de loi, mais ça peut faire de grandes avancées. Alors, comptez sur moi.
Merci.
Le
Président (M. Simard) : Alors, merci à vous, cher collègue de Rosemont. Et
nous en sommes maintenant à l'étape des motions préliminaires. Y a-t-il
des motions? Sans quoi, nous allons procéder à l'étude détaillée du projet de loi. Et avant de procéder, j'aurais besoin de
votre consentement afin que nous puissions procéder par étude de blocs
de sujets tels que déposés sur Greffier. Il y a consentement?
Des voix : Consentement.
Étude détaillée
Le
Président (M. Simard) : Consentement. Donc, Mme la ministre, nous
commençons par l'étude de l'article 11.
Mme LeBel : Oui. Bien, je vais
peut-être juste me permettre de dire que c'est le bloc 1 pour situer les
gens. On a trois blocs de sujets. Le
bloc 1 va concerner la modification à la Loi facilitant la divulgation
d'actes répréhensibles à l'égard des organismes publics, donc la loi
actuelle comme telle. Et le bloc 2 viendra parler du volet Protection. Et
comme vous l'avez mentionné d'entrée de jeu, il va venir édicter une nouvelle
loi qui va être la Loi sur la protection contre
les représailles liées à la divulgation d'actes répréhensibles. Donc, pour nous
situer, on sera... on aura l'air un peu éparpillés dans les sujets, mais
c'est important de comprendre. Et il y aura un dernier bloc sur l'éthique et
l'intégrité et le Protecteur du citoyen
lui-même, là, donc, qui viendra couvrir, donc, l'ensemble de l'oeuvre. Et les
deux lois devront exister, par la suite, ensemble pour bien comprendre
le régime de protection.
Donc, article 11.
«Section IV
«Recours
«Rôle du Protecteur du citoyen
Article 11 : «Si les parties refusent
d'entreprendre la médiation ou si aucun règlement n'intervient au terme de cette dernière, le Protecteur du citoyen peut
représenter le plaignant pour l'exercice de tout recours approprié devant
un tribunal, y compris un recours devant le Tribunal administratif du
travail...» Oui?
Le Président (M. Simard) : On va
suspendre momentanément, s'il vous plaît.
(Suspension de la séance à 12 h 18)
(Reprise à 12 h 20)
Le Président (M. Simard) : Alors,
chers collègues, nous poursuivons la lecture de l'article 11.
Mme LeBel : Oui, celui que je devais
lire abrégé, mais... quand même reprendre encore, M. le Président. Donc, l'article 11 du bloc 1 — parce
qu'il y aura un autre article 11 plus tard qui, comme je le disais, va
travailler sur la Loi facilitant la divulgation d'actes répréhensibles à
l'égard des organismes publics — se lit comme suit :
Article 11 : «L'article 1 de la
Loi facilitant la divulgation [d'articles] répréhensibles à l'égard des
organismes publics (chapitre D-11.1) est modifié :
1° par la suppression de «et d'établir un régime
général de protection contre les représailles»;
2° par l'ajout, à la fin, de l'alinéa
suivant :
«De plus,
elle vise à prévenir la commission d'actes répréhensibles [...] l'exercice ou
la menace de représailles relatives à une divulgation.»
Donc... commentaires, pardon : Cet article
propose une modification de concordance à la Loi facilitant la divulgation d'actes répréhensibles à l'égard des
organismes publics afin de tenir compte du remplacement de la protection contre les représailles prévues par cette loi par la
nouvelle protection prévue par la Loi sur la protection contre les représailles
liées à la divulgation d'actes répréhensibles proposée par le projet de loi.
Cet article propose également l'ajout d'un
effet... d'un objectif de prévention à la Loi facilitant la divulgation d'actes
répréhensibles à l'égard des organismes publics.
Le Président (M. Simard) : Merci.
Des commentaires?
M. Morin : Oui. Merci, M. le
Président. L'objectif de prévention à la loi, comment ça va s'articuler? Est-ce
qu'il va y avoir, éventuellement, des politiques?
Est-ce qu'il va y avoir un régime réglementaire? Comment... comment ça
va prendre forme et vie, éventuellement?
Mme LeBel : Oui, bien, dans
l'article... comme vous allez pouvoir le voir plus loin, dans l'article 15
du projet de loi, le Protecteur du citoyen aura un devoir de sensibilisation,
donc pourra décider de la meilleure façon de sensibiliser.
De plus, la
personne qui aura la plus haute autorité administrative au sein de l'organisme
public devra également faire de la sensibilisation, de la prévention. Vous
savez, les gens qui, présentement, sont chargés de recevoir la divulgation, qui
vont perdre ce... j'allais dire... pas ce statut, mais cette responsabilité qui
va être transférée par l'adoption du projet de loi, éventuellement, le
cas échéant, au Protecteur du citoyen, se verront octroyer ce rôle de
prévention et de sensibilisation.
Donc, ça va se faire à plusieurs niveaux, mais
il y aura, au niveau... le Protecteur du citoyen qui aura ce devoir-là, et la
plus haute autorité administrative au sein de l'organisme public aura aussi ce
devoir-là.
M. Morin : Et la plus haute autorité
dans un ministère va suivre, à ce moment-là, des directives ou des politiques
du Conseil du trésor ou les directives et les procédures du Protecteur du
citoyen? En fait, comment vous allez... Parce que c'est normal qu'il y ait
un... que les deux aient ce devoir-là, mais comment ça va s'articuler pour que
vous soyez efficace?
Mme LeBel : Bien, la mise en oeuvre
se fera naturellement, à travers, probablement, bon... mes termes ne sont pas
toujours les plus appropriés, des politiques, des directives, mais, en tout
cas, le Conseil du trésor aura un devoir,
également, d'accompagner et de mettre en place des balises pour cette
sensibilisation-là, mais ce sera certainement en collaboration avec le
Protecteur du citoyen, qui, j'en suis certaine, dans l'émission de ses rapports
et ses différents constats, fera probablement des recommandations en ce
sens-là, compte tenu de son devoir de sensibilisation. Donc, j'imagine que ça sera articulé aussi suite à
certaines recommandations du Protecteur du citoyen au rapport, mais ce sera le
Conseil du trésor qui aura, effectivement, la responsabilité de s'assurer de
cette coordination-là, à haut niveau.
M. Morin : Merci.
Mme LeBel : Maintenant, comment que
ça se déclinera, on pourra le voir, là, mais...
M. Morin : D'accord. Merci.
Le Président (M. Simard) : D'autres
remarques? M. le député de Rosemont.
M. Marissal : Oui, merci, M. le
Président. Avant que je l'échappe, là, puis que je l'oublie, je vais avoir un
amendement, là, qui est déjà rendu au secrétariat, à moins que je ne m'abuse.
Donc...
Le Président (M. Simard) : Tout
juste, tout juste reçu.
M. Marissal : Tout juste reçu. Très
bien.
Le Président (M. Simard) : Oui.
M. Marissal : Bien, très bien.
Le Président (M. Simard) : Donc, il
est accessible, on va le mettre sur l'écran. Laissez-nous un petit instant.
La Secrétaire : ...
Le
Président (M. Simard) : Oui. Bien, ça va nous prendre un peu plus de
temps, m'indique notre secrétariat.
M. Marissal : Oui. Mais de toute
façon, M. le Président, avant de... avec votre permission, là, avant de traiter
précisément de mon amendement, là, qui sera débattu, là, dûment, une question
plus générale pour la ministre, à savoir
pourquoi... pourquoi avoir restreint à l'égard des organismes publics? Pourquoi
ce choix-là dans la philosophie de la loi? Pourquoi avoir fait ce
choix-là?
Mme LeBel : OK,
donc vous êtes dans le principe, plus haut, de privé, public, etc., là?
M. Marissal : Oui. Pourquoi avoir
précisément indiqué l'article 1 de la loi facilitant les divulgations
d'actes répréhensibles à l'égard d'organismes publics, ce qui exclut
nécessairement le privé, là? Donc, ce n'est seulement que dans la sphère du...
de la sphère publique des choses de l'État, là, de ce que je comprends.
Question très, très, très ouverte, là : Pourquoi vous avez fait le
choix-là?
Mme LeBel : Bien, présentement, on
ne fait pas ce choix-là, c'est la loi actuelle. La loi actuelle, c'est la loi
qui a été adoptée en 2017, c'est la loi facilitant la divulgation d'actes
répréhensibles à l'égard d'organismes publics. Donc, le choix qui est fait,
c'est d'améliorer la loi actuelle. Effectivement, il y a eu des commentaires,
une réflexion qui se poursuit pour savoir comment on pourrait agir au sein
d'une... d'un bassin beaucoup plus large, à savoir le privé. Bon, on pourrait
discuter comment on le... on le définit, là, mais disons que je vais y aller
beaucoup plus large, mais le choix qui a été fait, actuellement, c'est de travailler
sur le rapport de mise en oeuvre de la loi qui a été adoptée en 2017,
d'améliorer le régime à l'égard des organismes publics. Et c'est vraiment sur
ce secteur-là qu'on a décidé de travailler, ce qui n'exclut pas une réflexion
pour avoir peut-être, éventuellement, d'autres actions. Mais ce qu'il fallait
faire, là, c'était d'améliorer la confiance dans le régime actuel suite au
rapport de mise en oeuvre et aux commentaires du Protecteur du citoyen sur la
loi actuelle. Donc, le premier bloc est, naturellement, les améliorations à la
loi actuelle, puis comme on disait, le deuxième bloc est aussi sur les
principes, c'est-à-dire le champ d'opération de la loi actuelle, c'est clair
pour nous, donc on ne change pas le champ d'opération de la loi.
M. Marissal : Je comprends.
Mme LeBel : À ce stade-ci, dans
ce... dans cet exercice-là, qu'on fait.
M.
Marissal : OK. Je comprends. Donc, pour des fins
d'efficacité, je vais déposer l'amendement maintenant, pour en débattre
sur le fond, là.
Le
Président (M. Simard) : Très bien. Alors, il est sur Greffier, et on aura
besoin de deux petites corrections de forme, notamment sur le numéro du
projet de loi, on parle bien du projet de loi n° 53, et nous allons
ajouter le numéro de l'article correspondant à l'amendement. Alors, nous vous
écoutons, cher collègue.
M.
Marissal : OK, d'accord. Alors, effectivement, le projet de
loi n° 53, là, vous aurez compris que c'est une coquille, là.
Le Président (M. Simard) : C'est
déjà corrigé.
M.
Marissal : Merci. J'apprécie. Alors, l'amendement se lit
ainsi : Insérer, après le paragraphe 1° de l'article 11 du
projet de loi, le suivant :
1.1° par la suppression des mots à «l'égard des
organismes publics».
Donc, pour faire simple, là, on biffe, dans le
premier alinéa, «à l'égard des organismes publics».
Le
Président (M. Simard) : Alors, la parole est à vous quant à la
présentation et l'explication de cet amendement.
M. Marissal : OK. Bien, souvent,
dans les projets de loi, par législation, quand on enlève des mots, on veut
dire plus. C'est une des subtilités de la chose. Et en ajoutant des mots,
parfois, on va restreindre, on va s'engager dans un entonnoir. L'entonnoir est
assez large parce qu'on parle de public ici, là, mais moi, je le voudrais
encore plus large, à savoir pourquoi... et j'ai entendu la réponse de la
ministre sur le fond, la philosophie, là, mais pourquoi ne touche-t-on pas plus largement pour protéger tous les lanceurs
d'alerte et toutes les lanceuses d'alerte qui pourraient, dans certains
cas, surtout être assez proches de la sphère publique?
J'ai quelques exemples qui me viennent en tête,
là. Les agences de placement de personnel, dont certaines, en plus, ont apparemment des pratiques douteuses,
en tout cas, c'est certainement devant les tribunaux puis l'Autorité des marchés publics, font
affaire avec l'État. Elles sont purement privées, privées, privées, mais elles
fonctionnent uniquement avec des subventions... ou en tout cas, à 90 %,
avec des subventions de fonds publics. Les OBNL, on l'oublie trop souvent, ce
sont, pour la plupart, des entreprises privées qui feraient, par exemple, dans
la fourniture de soins pour un ministère, pour un gouvernement, pour un organisme.
Ils sont exclus aussi. Pourtant, on parle encore, ici, de fonds publics.
Des sous-traitants... Imaginons, par exemple, un
sous-traitant du MTQ qui a pour mandat, par exemple, de surveiller la sécurité
des ponceaux ou d'autres choses sur notre réseau, qui sont purement privés,
privés, mais qui non seulement fonctionnent avec l'argent du public, mais qui
doivent, par mandat, protéger le public. Alors, là, ces gens-là sont exclus.
Alors, si d'aventure une des ces entreprises sous-traitantes tournait les coins
ronds un peu, hein — ce
n'est pas parfaitement fictif, hein, fictif, mon exemple, ça s'est déjà vu,
là — bien,
l'employé qui n'est pas à l'aise, ou qui
sent même son code de déontologie bafoué par ça, ne serait pas protégé par la
loi qui est devant nous. Je pense qu'on se prive d'une d'une avenue ici.
• (12 h 30) •
Puis
il y a les privés, privés, là. Imaginons, par exemple, une entreprise qui fait
dans le domaine de l'environnement, qui n'a pas de contrat avec le
gouvernement, mais qui a des pratiques douteuses, mettant en danger les terres
agricoles, l'eau potable ou peu importe, et qu'encore une fois, les gens qui
voudraient dénoncer, parce qu'ils sont à l'intérieur de ces entreprises, voient
de telles situations, ne pourraient donc être protégés par la loi.
Je pense... Et je comprends la réflexion de la
ministre que c'est une réponse au rapport, puis qui... Mais là, on y va
vraiment par étapes. Je me permets de dire qu'on a quand même attendu quatre ou
cinq ans, hein? Ça fait quatre ou cinq ans qu'on nous promet la réforme de la
loi sur la protection des lanceurs d'alerte. Je comprends qu'il y a eu plein de
raisons, là, dont la COVID, puis je comprends que la machine législative
fonctionne selon le rythme qu'on a ici, mais on a déjà quand même attendu pas
mal. Je pense qu'on est capables, ici, de marcher puis mâcher de la gomme en
même temps, puis d'aller à l'étape suivante, d'autant que la réflexion est
probablement bien avancée, ce n'est pas... c'est une réflexion qui n'est pas si
complexe que ça.
Donc, voilà, c'est essentiellement le plaidoyer
que je ferais pour cet amendement.
Le Président (M. Simard) : Merci à
vous, cher collègue. Alors, des remarques sur cet amendement?
Mme LeBel : Oui.
M. Simard : Mme la ministre.
Mme LeBel : Oui, bien, absolument,
M. le Président. Écoutez, bien que je sois extrêmement sensible à la réflexion
de mon collègue sur la possibilité d'ouvrir un autre champ d'application en
matière de protection des lanceurs d'alerte — je vais le dire à haut
niveau, de cette façon-là — d'ouvrir
un champ complètement différent, où on viendrait chercher des gens du secteur
dit privé, peut-être, par certaines définitions, bon, d'argent public, à
l'intérieur de ça, je pense que c'est une réflexion qui est tout à fait
louable, mais ce n'est pas l'objet du projet de loi aujourd'hui. Je me
permettrais même de dire qu'on ne peut pas biffer les mots «à l'égard des
organismes publics» dans la loi actuelle, et toute la structure de la loi
facilitant la divulgation d'actes répréhensibles à l'égard des organismes
publics est bâtie sur ce concept-là. Donc, il faudrait changer la structure
complète de la loi et modifier la loi, la LFDAROP, là, la loi sur les... de
façon complète, dont l'article 1, qui parle de... Donc, le champ
d'application de la loi n'est pas dans son titre, et le champ d'application de
la loi est dans la structure complète de la loi. Et c'est pour ça que, d'entrée
de jeu, j'ai dit : On parle du... On va travailler sur le champ
d'application de la loi actuelle.
Il y a, par contre, dans le champ d'application
de la loi actuelle, une possibilité d'aller chercher, à titre d'exemple, le
Protecteur du citoyen, un OBNL qui aurait... qui serait largement financé par
des fonds publics. Ça fait déjà partie du champ d'application actuel. Des gens
du secteur privé qui ont... dans leurs interactions avec le secteur public,
constatent des choses, pourraient divulguer à l'égard de choses publiques.
C'est sûr que ça ne va pas chercher l'entièreté de ce que vous prétendez, mais
je pense qu'il faut... il va falloir le faire dans un bloc qui va vraiment
s'adresser à ce genre-là, parce qu'on ouvre un champ d'application complètement
différent, avec une structure de loi, une structure de divulgation qui pourrait
être différente, qui vient chercher toutes sortes de gens, dans toutes sortes
de secteurs. Donc, bien que le principe, là, soit simple, la mise en oeuvre est
complexe.
Donc, ce que nous avons choisi de faire, c'est
d'aller améliorer immédiatement le champ d'application de la loi actuelle, qui
se doit d'être amélioré, c'est-à-dire la divulgation à l'égard des organismes
publics. Donc, ça, on ne modifie pas ça. Et c'est sûr qu'en tout respect, je
comprends ce qu'il y a derrière ça, mais de biffer, dans le titre de la loi...
il faudrait aller changer l'entièreté de la loi et la structure, et ce n'est
pas là qu'on en est, à commencer par l'article 1 de la loi, qui, bon... et
là, on n'en est pas là. Mais je comprends tout à fait, mais je réitère qu'on ne
travaille pas sur ce champ d'application là, donc ce n'est pas l'objet de la
loi actuelle. Mais la réflexion et les commentaires de mon collègue ne sont
pas... sont pertinents pour... pour alimenter cette réflexion-là, et j'en suis,
mais ce n'est pas dans le cadre de ce projet de loi là qu'on va le faire.
Le Président (M. Simard) :
Alors,
collègue de Rosemont.
M. Marissal : Oui. Dans un... dans
un ancien projet de loi et à la législation... la législature précédente,
j'avais déjà proposé à la ministre de biffer complètement tout un chapitre d'un
de ses projets de loi. Je comprends qu'elle est peut-être craintive quand je
prends la parole, mais on n'en est pas là. Je ne suis pas certain que c'est
aussi lourd que ce que la ministre dit, mais, de toute façon, je prends note.
Puis c'est dit de façon publique, qu'il y a une réflexion pour la suite, il y a
une réflexion éventuellement pour élargir le concept de protection, parce que
c'est de ça dont on parle. Je cherchais à
nous éviter une autre commission Charbonneau s'il fallait encore qu'il y ait de
la collusion dans un secteur puis qu'on ne soit pas capable de protéger
les lanceurs d'alerte autrement que par une commission d'enquête avec des
moyens quasi judiciaires ou judiciaires. Ça, je dis ça... je dis ça en boutade.
Je vais m'arrêter là parce que je pense que j'ai
fait mon point. Je comprends le point de la ministre aussi et je m'accroche à
l'espoir qu'il y a une réflexion en cours.
Le
Président (M. Simard) : D'autres remarques sur cet amendement? Sans quoi,
nous allons procéder à la mise aux voix. L'amendement déposé par le
député de Rosemont est-il adopté?
Des voix : ...
Le Président (M.
Simard) : Rejeté.
Une voix : ...
Le
Président (M. Simard) : Vous voulez un vote par appel nominal? Bien sûr,
c'est votre droit. Mme la secrétaire, veuillez procéder, s'il vous
plaît. Oui.
La Secrétaire : Pour, contre,
abstention. M. Marissal (Rosemont)?
M. Marissal : Pour.
La Secrétaire : Mme LeBel
(Champlain)?
Mme LeBel : Contre.
La Secrétaire : M. Allaire
(Maskinongé)?
M. Allaire : Contre.
La Secrétaire : M. Montigny
(René-Lévesque)?
M. Montigny : Contre.
La Secrétaire : M. Bélanger
(Orford)?
M. Bélanger : Contre.
La Secrétaire : Mme Bogemans
(Iberville)?
Mme Bogemans : Contre.
La Secrétaire : M. Morin
(Acadie)?
M. Morin : Contre.
La Secrétaire : M. Simard
(Montmorency)?
Le Président (M. Simard) : Abstention.
Cet amendement est donc rejeté. Nous poursuivons avec l'étude du projet... de l'article 11, qui n'est pas
terminé. Auriez-vous d'autres choses à ajouter, Mme la ministre? Y aurait-il
d'autres remarques? Sans quoi, nous allons procéder au vote sur
l'article 11. Cet article est-il adopté?
Des voix : Adopté.
Le Président (M. Simard) : Adopté.
Nous poursuivons avec l'étude de l'article 12. Mme la ministre.
Mme LeBel : Merci, M. le Président.
Article 12, toujours dans la loi... la modification de la loi actuelle.
L'article 3.1 de cette loi, édicté par l'article 1000 du chapitre...
1000, du chapitre 34 des lois de 2023, est modifié :
1° par le remplacement de la dernière phrase du
premier alinéa par la suivante : «De même, le responsable de la gestion de l'éthique et de l'intégrité de ces
établissements est le responsable désigné en vertu de l'article 18 au sein
de Santé Québec.»;
2° par la suppression du deuxième alinéa.
Commentaires : Cet article propose une
modification de concordance à l'article 3.1 de la Loi facilitant la
divulgation d'actes répréhensibles à l'égard des organismes publics afin de
tenir compte du remplacement du rôle du responsable... de responsable des
suivis de divulgations par celui de responsable de la gestion de l'éthique et
de l'intégrité et de la suppression de la
procédure pour faciliter la divulgation d'actes répréhensibles au sein des
organismes publics ayant un responsable du suivi de divulgation.
Donc, c'est
de la concordance pour ramener tout vers le Protecteur du citoyen. Et je
viens de prendre la pleine mesure du
commentaire de mon collègue sur la longueur du projet de loi, en disant
«l'article 1000». Je n'ai pas dit ça.
Le
Président (M. Simard) : Des remarques sur cet article? M. le député de
Rosemont? L'article 12 est-il adopté?
Des voix : Adopté.
Le Président (M. Simard) : Adopté.
Nous passons à l'étude de l'article 13. Mme la ministre.
Mme LeBel : Merci,
M. le Président. Donc, article 13 : L'article 4 de cette loi est
modifié par l'ajout, à la fin, de l'alinéa suivant :
«Un [article]
répréhensible peut être commis ou sur le point d'être commis notamment par un
membre du personnel, un actionnaire ou un administrateur d'un organisme public
dans l'exercice de ses fonctions ou par toute autre personne, toute société de
personnes, tout regroupement ou toute autre entité dans le cadre d'un processus
d'adjudication ou d'attribution d'un contrat d'un organisme public ou dans le
cas de l'exécution d'un tel contrat, incluant l'octroi d'une aide financière.»
Commentaires...
Le Président (M.
Simard) : Oui.
Mme LeBel : Merci.
Dans le fond, cet article permet de reformuler, à l'article 4 de la Loi
facilitant la duplication d'actes
répréhensibles à l'égard des organismes publics, les précisions relatives à la
commission d'un acte répréhensible, qui sont actuellement prévues au
premier alinéa de l'article 6 de cette loi, et ce, afin d'en simplifier la
compréhension.
Donc, on transfère
exactement la même notion dans la nouvelle loi, mais on reformule dans un
langage simplifié, disons-le.
Le Président (M.
Simard) : Y aurait-il des remarques? Cher collègue de l'Acadie.
M. Morin :
Oui, M. le Président. Dans la modification, il est écrit : «Un acte
répréhensible peut être commis ou sur le
point d'être commis par un membre du personnel, un actionnaire ou un administrateur
d'un organisme public». Avez-vous des exemples? Qu'est-ce que vous avez
en tête par un actionnaire?
Mme LeBel : Bien,
entre autres, ça a été ajouté pour... par concordance, là, avec ce qui est
prévu par l'article 101.21 de la Loi
sur les services de garde éducatifs à l'enfance, qui est une disposition
équivalente, là, qui vise un titulaire de permis de service de garde. Et
ça, c'est dû suite au fait qu'on va ramener famille...
Une voix : ...
Mme LeBel : Pas
nécessairement. OK. Bon, scoop, mais, bref, intention.
M. Morin :
Intention.
Mme LeBel :
Mais non, c'est déjà là. Mais c'est pour s'assurer qu'on vise aussi les
services... les services de garde éducatifs à l'enfance, parce que la notion
d'actionnaire est prévue dans cette loi-là.
• (12 h 40) •
M. Morin : Est
prévue dans cette loi-là.
Mme LeBel : Oui,
l'administrateur.
M. Morin : Oui, bien, administrateur, ça, je peux comprendre
parce qu'il y a... il y a évidemment des administrateurs.
Mme LeBel : Oui. Et c'est vraiment de la concordance avec la
Loi sur les services de garde éducatifs à l'enfance.
M. Morin : OK, parce que je peux très bien comprendre qu'il y
a des sociétés d'État où il y a des administrateurs, évidemment, membres
du personnel, c'est sûr, mais j'essayais de voir comment un actionnaire peut...
pourrait être responsable ou pourrait poser un geste qui pourrait par ailleurs
être un acte répréhensible qui devrait être divulgué.
Mme LeBel : Bien...
Bien, dans le fond, c'est les propriétaires des centres de petite enfance qui
sont aussi actionnaires. Donc, c'est pour s'assurer de ne pas les échapper par
le fait d'une simple définition. Donc, on vient les intégrer. Un actionnaire au
sens classique, tel qu'on le conçoit potentiellement, je serais d'accord avec
vous, mais dans le cadre de l'organisation
des centres de la petite enfance, ça faisait en sorte qu'on s'assurait de ne
pas les échapper, le cas échéant. Ce
n'est pas qu'on pense qu'ils en commettent, là, le tout sous enregistrement,
mais il faut que le champ d'application soit très clair, qu'il est...
M. Morin : C'est
ça. Parce qu'évidemment il est actionnaire dans le sens classique du terme,
bien là, j'étais en train de rejoindre mon collègue le député de Rosemont...
Mme LeBel : Oui,
oui.
M. Morin : ...me
demandait tout à l'heure, là...
Mme LeBel : C'est pour ça, au
sens... C'est vraiment au sens de la loi.
M. Morin : ...mais
là on ne parle pas, on ne parle pas des mêmes... des mêmes types
d'actionnaires.
Mme LeBel : Non, non, non.
M.
Morin : Donc, les centres de la petite enfance vont... ou,
en fait, les gens qui y travaillent ou qui les gèrent vont être soumis à
la loi, et donc c'est dans ce contexte-là.
Mme LeBel : Oui, ils le sont, ils le
sont déjà.
M. Morin : Ils le sont déjà.
Mme LeBel : La définition... Ils
sont soumis à la loi, la loi d'origine, là, la loi sur... dont j'oublie
toujours le titre, là, mais à l'égard des
organismes publics, la loi édictant la protection contre les représailles liées
à la divulgation... en tout cas, bref, vous savez de quelle je parle.
Ils le sont déjà, mais, dans le cadre du transfert de cette notion-là, qui est
à l'article 6 d'origine, on s'est assuré de venir préciser, là... La
structure a peut-être évolué dans les centres de la petite enfance aussi.Ils
l'ont exactement dans leur loi, mais on le reprend dans la loi, compte tenu qu'on
ramène tout vers le Protecteur du citoyen. C'est un peu la modification qu'on a
faite dans la loi pour Santé Québec également. C'est dans la même... le même
ordre d'esprit, là. C'est d'aller chercher, dans les lois actuelles, ces
notions-là pour les rapatrier dans la loi qu'on va travailler plus précisément
dans le bloc 2.
M. Morin : Parfait. Je vous
remercie.
Le Président (M. Simard) : D'autres
commentaires sur l'article 13? Sans quoi cet article est-il adopté?
Des voix : Adopté.
Le Président (M. Simard) : Adopté.
Nous passons à l'étude de l'article 14. Mme la ministre.
Mme LeBel : Article 14 :
L'article 5 de cette loi est modifié par le remplacement, dans le premier
alinéa, de «qui sont effectuées à des fins
personnelles et non d'intérêt public, par exemple dont» par «dont l'objet n'est
pas d'intérêt public, par exemple celles dont».
Ce que ça fait, là, cet article propose de
supprimer la notion de divulgation effectuée à des fins personnelles et non
d'intérêt public par celle de divulgation dont l'objet n'est pas d'intérêt
public, afin que le critère de l'intérêt public se rattache non pas aux fins
pour lesquelles une personne effectue une divulgation, mais plutôt à l'objet
même de la divulgation.
Donc, dans le fond, là, c'est de venir faire en
sorte que le rattachement du critère d'intérêt public aux fins pour lesquelles
une personne effectue une divulgation était jugé problématique par le
Protecteur du citoyen. C'est pour venir
clarifier que c'est vraiment... Il avait recommandé, là, je vous dirais, là,
dans son bilan du 5 décembre 2019 sur la mise en oeuvre, que
l'intérêt public soit rattaché à l'objet de la divulgation plutôt qu'aux
intentions de la personne. Donc, on n'a pas
à venir mettre en cause l'intention de la personne. C'est l'objet même de la
divulgation. C'est une précision qui a été demandée par le Protecteur du
citoyen.
Dans le fond,
moi, je pense que c'est de la clarification de l'objet... qui était l'objet
d'origine, mais qui semblait porter à confusion. Donc, on vient
clarifier.
M. Morin : Et avez-vous...
Le Président (M. Simard) : Je vous
en prie, cher collègue.
M.
Morin : ...avez-vous des exemples? Est-ce que le
Protecteur du citoyen a donné des exemples de la confusion que ça a
apporté?
Mme LeBel : Oui, ce qu'il est venu
nous dire comme exemple, c'est que, dans certains cas, les mises en cause, les
gens ciblés par la divulgation disaient que la personne l'avait fait à des fins
personnelles, puis que, si elle l'avait fait à des fins
personnelles, ce n'était donc pas recevable aux fins de la loi parce que la
personne devait le faire dans un intérêt public. Donc, maintenant, c'est que
l'intérêt de la personne ne sera plus mis en cause. Que ce soit d'intérêt
public ou des fins personnelles, on ne mettra pas en cause l'intérêt de la
personne qui divulgue, mais plutôt l'objet de la divulgation. Donc, si l'objet
est dans un intérêt public... Donc, il y avait quelque chose, là, qui était... probablement que certains avocats et
juristes avaient... avaient ciblé, là, mais on remettait en cause l'intérêt de
la personne qui divulgue, alors qu'il faut y aller de façon plus
objective, plutôt qu'une façon subjective, dans le fond... d'apprécier
l'objet... l'intérêt public.
M. Morin : Je vous remercie.
Le Président (M. Simard) : D'autres
remarques sur 14? Oui, M. le député de Rosemont.
M. Marissal : Qu'est-ce
que vous voulez dire, Mme la ministre, par l'intérêt de la personne?
Mme LeBel : Je vais vous donner un
exemple pratique, si vous me donnez deux secondes, parce que je peux vous
l'expliquer en théorie, mais...
M. Marissal : Bien sûr.
Le Président (M. Simard) : Alors, on
va suspendre momentanément.
(Suspension de la séance à 12 h 45)
(Reprise à 12 h 46)
La Présidente (Mme Bogemans) :
Merci
de votre patience. Nous allons maintenant reprendre en passant la parole à Mme
la ministre.
Mme LeBel : Merci, Mme la
Présidente. L'enjeu, quand on parle de l'intérêt du divulgateur, de la façon
dont c'était rédigé, c'est que, si on est capables de démontrer que la personne
qui divulgue le fait, d'abord et avant tout, dans son intérêt personnel, même
s'il y a un intérêt public à le faire, on pouvait mettre... on pouvait prétendre
que ça n'entrait pas dans le cadre de la loi, la protection, etc., donc, alors
que c'est l'objet même objectivement de la divulgation. Je vais vous donner un
exemple. En matière d'environnement, quelqu'un est propriétaire d'un terrain sur lequel il y a un déversement, et il le fait...
l'intérêt public est très loin de sa pensée, il le dénonce parce qu'il y a un
intérêt personnel. On peut dire qu'objectivement c'est quand même dans
l'intérêt public, mais il... les mises en cause étaient portées à dire :
Oui, mais il ne le fait pas dans l'intérêt public, c'est parce c'est sur son
terrain. Il ne devrait pas bénéficier de la protection.
Donc, pour éloigner une espèce de — je
vais reprendre, je m'excuse, souvent, les termes de mon ancienne vie, mon vis-à-vis de l'Acadie va... — une
espèce de défense, mettons, je l'ai mis dehors, cette personne-là qui divulgue,
puis que je lui... Puis là je ne veux pas dire... ce n'est pas une
représailles, parce qu'elle n'entre pas dans la catégorie de la loi, bien,
parce qu'elle l'a fait pour des fins personnelles, même si objectivement...
Donc, ça devient... il faut juger de l'intérêt
public de façon objective et non pas eu égard à la raison pour laquelle la
personne a divulgué. Je ne sais pas si je suis claire, là.
M.
Marissal : Oui, oui. Bien, ce que je comprends, c'est qu'il est fort possible
que le dénonciateur ait un intérêt...
Mme LeBel : Il peut y avoir un
intérêt.
M. Marissal : ...mais qui a quand
même quelque chose à dénoncer...
Mme LeBel : Oui, exact.
M. Marissal : ...l'objet de la
dénonciation.
Mme LeBel : Et, dans l'intérêt
public, il devrait bénéficier...
M.
Marissal : Ça me fait penser à quelqu'un qui... qui le ferait
pour des fins d'avancement dans son entreprise, qui dénoncerait, mais je présume, puis là je ne la connais pas par
coeur, la loi, je présume qu'il y a une... des provisions pour contrer
les dénonciations frivoles, là, ça, normalement, il y a toujours ça, là.
Mme
LeBel : Bien, absolument, absolument. Parce que, je veux
dire, on veut quand même... Bien que l'idée soit d'assainir nos
organismes publics et d'avoir un milieu où il n'y a pas d'actes répréhensibles
idéalement, je veux dire, on peut... on ne peut pas non plus... Et c'est pour
ça que le régime, on va en parler, là, la confidentialité, le sérieux de
l'enquête, qu'on ne peut pas tout dire, n'importe quoi, n'importe quand, parce
qu'il y a quand même un stigma envers un
organisme public ou une personne visée. Donc, il faut le faire de façon
prudente et de façon coordonnée. Mais oui, il y a une mesure sur les
actes frivoles dans la loi actuelle, effectivement.
La Présidente (Mme Bogemans) : Parfait.
Maintenant, la parole va au député de l'Acadie.
M. Morin : Merci, Mme la Présidente.
En fait, merci pour vos explications, Mme la ministre. Mais, quand je lis le
texte, ça dit que l'objet porte uniquement sur une condition de travail de la
personne qui effectue la divulgation, mais que ça ne s'appliquerait pas «aux
divulgations dont l'objet est de mettre en cause le bien-fondé des politiques,
objectifs de programme du gouvernement ou d'organismes publics». C'est exact?
Mme LeBel : Bien, ça, c'est la loi
actuelle.
M.
Morin : Oui, ça, c'est la loi actuelle.
Mme LeBel : C'est
la loi actuelle.
M. Morin :
C'est ça. Exact.
• (12 h 50) •
Mme
LeBel : Donc, ce qu'on est
venu faire, c'est qu'on est venu préciser, dans la loi actuelle, la confusion
que le Protecteur du citoyen avait soulevée. Mais on ne vient pas
modifier plus avant la structure de la loi actuelle.
M. Morin : Donc, dans la loi actuelle, quelqu'un ne pourrait
pas divulguer si, par exemple, un organisme met en place une politique
ou un programme qui irait contre l'intérêt public, il ne pourrait pas
divulguer.
Mme LeBel : Non, parce qu'à ce moment-là on est dans l'ordre
plus général d'une... d'un choix gouvernemental qui est dénoncé, entre autres, par l'opposition qui a ce travail-là de
venir faire un contrepoids aux politiques gouvernementales par les citoyens qui pourraient décider de ne
plus réélire le gouvernement. On se comprend, là, donc, ça doit se faire par...
Ça devient des politiques publiques. Et, quand on parle de conditions de
travail comme telles, bien, à ce moment-là, on tombe dans les conditions de
travail, les syndicats, etc.
Donc, on doit
vraiment cibler les actes répréhensibles et non pas des politiques publiques
avec lesquelles on n'est pas d'accord et qu'on pourrait juger, d'un côté ou de
l'autre, être dans l'intérêt public d'un côté et non pas être dans l'intérêt
public de l'autre.
M. Morin : D'accord.
Merci.
La Présidente (Mme
Bogemans) : Parfait. Est-ce que ça fait le tour pour
l'article 14? Parfait. Est-ce que l'article 14 est adopté?
Des voix : Adopté.
La Présidente (Mme
Bogemans) : Parfait. Passons maintenant à l'article 21.
Mme LeBel : Oui. Merci, Mme la Présidente. Effectivement,
compte tenu qu'on procède par blocs, le prochain article est l'article 21.
Donnez-moi le temps de... C'est bon.
Article 21 :
L'article 12 de cette loi est modifié par le remplacement, dans le
paragraphe 2° du deuxième alinéa, de
«la divulgation est effectuée à des fins personnelles et non d'intérêt public»
par «l'objet de la divulgation n'est pas d'intérêt public».
Cet article propose
de supprimer la notion de divulgation qui est effectuée à des fins personnelles
et non d'intérêt public par celle de divulgation dont l'objet n'est pas
d'intérêt public.
Je vous dirais, là,
que c'est le même commentaire et c'est la même notion qui sous-tend la
modification à cet article-là. On pourrait reprendre la discussion, là, mais
c'est exactement la même... la même chose.
La Présidente (Mme
Bogemans) : M. le député de l'Acadie.
M. Morin : Merci, Mme la Présidente. Donc, brièvement, c'est
comme un élément de concordance, compte tenu...
Mme LeBel : Oui,
c'est un ajustement qui était nécessaire dans plusieurs...
M. Morin : ...compte
tenu de ce qu'on vient d'adopter. D'accord. Je vous remercie.
Mme LeBel : Oui,
c'est le même ajustement.
La Présidente (Mme
Bogemans) : Est-ce qu'il y a d'autres interventions sur
l'article 21? Non. Est-ce que l'article est adopté?
Des voix :
Adopté.
La Présidente (Mme
Bogemans) : Parfait. L'article 21 est adopté. Nous revenons à
l'article 15.
Mme LeBel : Oui,
c'est pour ça qu'on a fait 21, c'est parce que c'était similaire à l'article
précédent. Donc, l'article 15, petit retour en arrière, ça nous garde
alertes.
Alors,
article 15 : Cette loi est modifiée par l'insertion, après
l'article 5, du suivant :
«5.1. Le Protecteur
du citoyen doit sensibiliser le public à la possibilité de divulguer un acte
répréhensible conformément à la présente loi, notamment en l'informant qu'il
est possible de faire une divulgation concernant un tel acte avant qu'il ne
soit commis.»
Donc,
5.1 vient de la Loi facilitant la divulgation d'actes répréhensibles à l'égard
des organismes publics, proposé par l'article 15 du projet de loi, prévoit
que le Protecteur du citoyen est le responsable de sensibiliser à la
possibilité de divulguer un acte répréhensible conformément à la loi.
Mais on revient, là,
à la discussion qu'on a eue. C'est la suite de ce qu'on a fait dans
l'article 11, si je ne m'abuse, où on vient donner, compte tenu que le
Protecteur du citoyen devient le guichet unique, aussi on vient lui donner également une responsabilité de
sensibilisation. Et ça va être au Protecteur du citoyen de déterminer les moyens
appropriés pour le faire adéquatement, tel qu'on en a discuté tantôt
précédemment. Je serais portée à verser mes commentaires.
La Présidente (Mme Bogemans) : Parfait.
Est-ce qu'il y a des commentaires sur l'article 15? Oui, M. le député
de Rosemont.
M. Marissal :
Oui, merci. Pourquoi on indique
précisément concernant un tel acte avant qu'il ne soit commis? Parce que «avant», c'est une nouveauté, donc on
veut que le Protecteur du citoyen s'assure de sensibiliser aussi là-dessus?
Mme LeBel : Bien, c'est parce qu'on reprend... c'est parce
qu'on envoie la responsabilité au Protecteur du citoyen, mais on reprend le... ce qui était prévu dans la
loi actuelle. C'est le même type de libellé, là, donc, commis ou sur le point
d'être commis, donc, qui est similaire.
M. Marissal :
OK, mais est-ce qu'il y a un
autre article qui dit que le Protecteur du citoyen doit sensibiliser le
public à la possibilité de divulguer un acte répréhensible conformément à la
présente loi, notamment en l'informant qu'il
est possible de faire une divulgation concernant un tel acte, point? Je ne
comprends pas pourquoi on précise «avant qu'il ne soit commis».
Mme LeBel : Bien...
mais c'est ça, j'allais dire, c'est parce qu'il est en prévention aussi. Donc,
il peut le faire après que l'acte est
commis, mais il peut le... il doit le faire en prévention, donc, il doit le faire.
L'article 1 dit «commis ou sur le point d'être commis» également.
Donc, l'idée, c'est de camper la notion de prévention, mais on ne veut pas non plus l'empêcher de faire de la sensibilisation
une fois que l'acte est commis. Donc, il peut se servir d'un acte déjà commis pour sensibiliser, mais il n'est pas obligé
d'attendre que des actes soient commis, parce qu'on parle de prévention.
Donc, il faut que ça soit très clair, là, que ça soit dans les deux cas, là.
M. Marissal :
OK. Mais, les deux cas, le premier n'est pas explicitement indiqué dans la
loi. C'est que ça donne... ça donne l'impression que le Protecteur du citoyen
va sensibiliser le public. Ça, c'est très bien, puis il faut qu'il le... qu'il
le fasse, là, qu'il fasse connaître la loi, les moyens et la protection dont
jouissent les divulgateurs. Mais la façon
dont c'est écrit, puis peut-être que je ne le comprends pas correctement, là,
c'est que c'est dans les cas où... avant
qu'il ne soit commis. Mais la sensibilisation que doit faire le protecteur,
c'est, dans tous les cas, avant, pendant, après, là.
Mme LeBel : Donc,
l'idée, là, je vais peut-être... je vais peut-être le dire autrement,
c'est-à-dire que moi, là, je suis... je suis
fonctionnaire, OK, et j'ai connaissance du fait qu'un acte répréhensible est
sur le point d'être commis. Je veux que ça soit très clair que je n'ai
pas... je ne suis pas obligée d'attendre que ça soit commis. Je peux... je peux
divulguer une tentative, je vais le dire comme ça, là, ou une intention de commettre.
Peut-être qu'on n'aura pas la même
intervention, que le Protecteur du citoyen n'aura pas la même... le même
constat, on n'aura... tu sais, bon. Mais je ne suis pas obligée
d'attendre. Je suis... je suis témoin de conversations, je suis témoin d'actions
qui me laissent penser qu'un acte répréhensible soit commis, bien, je ne veux
pas lire la loi comme étant la divulgation d'actes répréhensibles comme étant : Je dois attendre que l'acte
répréhensible soit effectif avant de discuter. Donc, il faut que ça soit
très clair. Et le Protecteur du citoyen devra sensibiliser les gens sur :
N'attendez pas nécessairement qu'il soit commis pour m'en parler.
Une voix : ...
Mme LeBel : C'est
ça. Et on veut... on veut que ça soit clair dans l'esprit de prévention, là. Je
veux juste qu'on soit... Mais est-ce que c'est plus clair dans la façon de le
dire?
M. Marissal :
Oui, bien, effectivement, on
me... on me glisse à l'oreille, là, puis je remercie Guillaume, il y a un
«notamment», là. Donc, le «notamment»...
Mme LeBel : Ah!
bien oui, effectivement. C'est un exemple, oui.
M. Marissal :
...j'avais peut-être vu... lu rapidement, mais on s'entend, là, que, sans
m'enfarger dans les fleurs du tapis, là, le Protecteur du citoyen fait la
sensibilisation pour les cas avant, pendant, après. Ça, c'est clair.
Mme LeBel : Oui.
M.
Marissal : OK.
Mme LeBel : Et le «notamment» vient
mettre l'accent sur ça, conformément, d'ailleurs, à la présente loi, mais le «notamment» vient mettre l'accent sur
cette possibilité-là pour écarter tout doute sur le fait qu'avant... Tu sais,
pendant puis après, c'est plus clair, là, mais sur que... écarter tout doute
que sur le «avant» aussi...
M. Marissal : OK. C'est bon. C'est
clair. Oui, merci.
La Présidente (Mme Bogemans) : La
parole est maintenant au député de l'Acadie.
M. Morin : Merci, Mme la Présidente.
Donc, je comprends, avec l'amendement, qu'un fonctionnaire, par exemple, qui
travaillerait dans un appel d'offres pour que le gouvernement puisse
éventuellement donner un contrat à quelqu'un et qui verrait, dans le cadre de
son travail, des actes ou des positions qui pourraient faire en sorte qu'un
acte répréhensible pourrait être commis, il ne l'est pas encore. Donc, je
comprends qu'avec cette disposition-là il pourrait immédiatement faire une
dénonciation au Protecteur du citoyen.
Mme LeBel : C'est déjà le cas. C'est
déjà le cas. Ça ne change pas le fait que c'est déjà le cas. C'est simplement
pour s'assurer que, dans la sensibilisation, on mette de l'avant le fait que
c'est le cas, qu'on peut agir en amont quand on parle de divulgation d'actes
répréhensibles et qu'on n'est pas obligé d'attendre que la commission soit
consommée.
M. Morin : Sauf qu'avec les
informations supplémentaires que vous nous donnez, je comprends qu'ici la
modification va venir mettre l'accent sur le devoir du protecteur de
sensibiliser plutôt que la possibilité de divulguer l'acte répréhensible, si
c'est déjà dans la loi.
Mme LeBel : Bien, c'est parce que le
Protecteur du citoyen, présentement, n'a pas le devoir de sensibiliser.
M. Morin : C'est ça.
Mme LeBel : Donc, ce qu'on vient
mettre, c'est qu'on vient établir, dans la loi, le devoir du Protecteur du citoyen de sensibiliser maintenant qu'il devient
responsable de la réception des actes répréhensibles de façon officielle
et de tout le processus qui s'ensuit. Mais,
en le faisant, on réitère d'entrée... avec un «notamment», en mettant l'accent sur
le fait que, dans sa sensibilisation, il doit aussi mettre l'accent sur le fait
que ça peut être avant, mais possibilité qui existe déjà dans la loi, parce
qu'on dit à l'article 1 de la loi actuelle : «La présente loi a pour
objet de faciliter la divulgation dans l'intérêt public d'actes répréhensibles
commis ou sur le point d'être commis...»
Donc, c'est déjà là, mais c'est juste que, comme
on vient de donner au Protecteur du citoyen un devoir de sensibiliser, on le rédige de façon à mettre
l'accent également sur ce fait-là. C'est clair pour tout le monde que, quand
l'acte est commis, on peut le faire. Je
pense que ça, c'est... c'est la certitude. On voulait juste être sûrs que
l'accent était mis sur le fait qu'on peut le faire en amont.
M. Morin : Et je comprends que,
compte tenu de ce que vous nous avez dit précédemment, le Protecteur du citoyen aura maintenant cette responsabilité-là,
mais les plus hauts dirigeants des ministères ou organismes également.
Donc, ce devoir de sensibilisation n'incombe pas uniquement au Protecteur du
citoyen, mais aux deux.
Mme LeBel : Bien, leur devoir va
demeurer de faire de la prévention sur les actes répréhensibles, par le fait
même, de sensibiliser, également, mais leur devoir en est un de prévention.
Naturellement, ce qu'on demande à nos dirigeants d'organismes publics, c'est de
s'assurer qu'il n'y en a pas, d'actes répréhensibles...
M. Morin : Parfait.
Mme LeBel : ...et de favoriser... et
aussi d'informer les gens. Ce sera... ce sera dévolu aux gens qui étaient
responsables.
Une voix : ...
Mme
LeBel : Oui. Les responsables... Aujourd'hui, dans la
fonction publique, ceux qui reçoivent seront maintenant responsables de
sensibiliser.
M. Morin : Merci.
La Présidente (Mme Bogemans) : Parfait.
Je vous remercie de votre collaboration.
Compte tenu de l'heure, la commission suspend ses
travaux jusqu'à 15 heures.
(Suspension de la séance à 13 heures)
(Reprise à 15 h 06)
Le Président (M. Simard) : Très
bien. Alors, chers collègues, heureux de vous retrouver. Nous avons quorum,
nous pouvons donc poursuivre nos travaux.
Et, au moment de suspendre, nous en étions
rendus à l'étude de l'article 16. Le sujet... Pardon, 15. Le sujet
semblait avoir été largement débattu. Y aurait-il néanmoins d'autres
commentaires? Très bien. Alors, nous allons procéder à la mise aux voix. L'article 15
est-il adopté?
Des voix : Adopté.
Le Président (M. Simard) : Adopté.
Et nous passons maintenant à l'article 16. Mme la ministre.
Mme LeBel : Donc, toujours au
bloc I. L'article 16 : L'article 6 de cette loi est modifié
:
1° par la suppression des deuxième et troisième
phrases du premier alinéa;
2° par la suppression du troisième alinéa;
3° par l'ajout, à la fin, des alinéas
suivants :
«Lorsqu'une
personne souhaite faire une divulgation mettant en cause le Protecteur du
citoyen, elle doit s'adresser au commissaire à l'éthique et à la
déontologie, nommé en vertu du Code d'éthique et de déontologie des membres de
l'Assemblée nationale pour effectuer sa divulgation.
«Une divulgation peut s'effectuer sous le
couvert de l'anonymat ou non.»
Commentaires : Cet article propose
plusieurs modifications à l'article 6 de la Loi facilitant la divulgation
d'actes répréhensibles à l'égard des organismes publics : premièrement, le
retrait des exemples de ce qui comprend la
notion d'acte répréhensible en concordance avec l'ajout fait à l'article 4
de cette loi par l'article 14 du projet de loi; deuxièmement, le retrait de la possibilité de
faire une divulgation au responsable du suivi des divulgations en concordance
avec la suppression de ce rôle proposé par le projet de loi; troisièmement,
l'ajout de la possibilité de faire une divulgation mettant en cause le Protecteur
du citoyen au Commissaire à l'éthique et à la déontologie, en concordance avec l'assignation de ce rôle de traiter de telle
divulgation au commissaire proposée par le projet de loi; et quatrièmement, le déplacement de la règle selon laquelle une
divulgation peut s'effectuer sous couvert de l'anonymat ou non à la fin de l'article
afin de clarifier qu'elle s'applique à toutes les divulgations faites en vertu
de cet article.
J'aurais également un amendement à proposer
immédiatement, si vous permettez.
Le
Président (M. Simard) : Très bien. Alors, nous allons devoir momentanément
suspendre afin de bien nous préparer du côté du secrétariat.
(Suspension de la séance à 15 h 08)
(Reprise à 15 h 10)
Le Président (M. Simard) : ...
(panne de son) ...sous nos yeux. Mme la ministre, à vous la parole.
Mme
LeBel : Merci. Article 16 : L'article 6...
Concernant l'article 6 de la loi facilitant la divulgation d'articles
répréhensibles à l'égard des organismes
publics, donc : Remplacer, dans le paragraphe 2° de l'article 16 du
projet de loi, «du troisième alinéa» par «des deuxième et troisième
alinéas».
Commentaires et explication : Cet
amendement a pour objet de supprimer la référence faite au troisième alinéa de l'article 6 de la Loi facilitant la
divulgation d'actes répréhensibles à l'égard des organismes publics à la possibilité
de s'adresser au ministre de la Famille pour faire une divulgation,
conformément à la Loi sur les services de garde éducatifs à l'enfance, en
concordance avec le retrait de cette possibilité proposée par amendement au
projet de loi.
Dans le projet de loi d'origine, on se proposait
de garder le régime de l'actuelle loi, c'est-à-dire qu'on s'adresse au ministre
de la Famille. Il y avait une... une raison quand même, je dirais, valable à ce
faire, c'est-à-dire qu'on parle de divulgation qui se passe dans le réseau de
la petite enfance, et non pas à l'intérieur du ministère de la Famille. Si
c'est à l'extérieur du ministère de la Famille, naturellement, c'est au Protecteur
du citoyen. Mais on... Ce qui se passait dans le réseau de la famille, on se
proposait de le garder au ministère de la Famille. Il n'y avait pas eu d'enjeu
particulier, mais face aux commentaires qui ont été faits en consultations et
après avoir parlé au Protecteur du citoyen
et au ministère de la Famille, il est décidé de même ramener ce qui se passe
dans les... dans les réseaux, je vais le dire comme ça, auprès du
Protecteur du citoyen. Et c'est l'objet de l'alinéa à l'article 16 pour
être capable de faire en sorte que le régime de la famille soit également au
guichet unique du Protecteur du citoyen.
M. Fortin : ...M. le Président, mais on a adopté, il y a quelques
semaines, peut-être quelques mois, un projet de loi de la ministre de la
Famille à propos des protections pour... des protections, notamment, sur les enquêtes
de sécurité qui doivent être faites pour les
gens qui travaillent dans le réseau de la petite enfance. À ce moment-là, il y
avait une possibilité, j'imagine, de
divulguer peut-être, justement, le fait que, pour un service de garde à
domicile, un conjoint puisse avoir
un... un antécédent judiciaire, des trucs comme ça. Est-ce que le mécanisme
proposé ici pour faire... pour faire une divulgation est un peu le même
que celui dans le projet de loi de votre collègue?
Mme
LeBel : Bien, ce qu'on m'a dit, là, puis j'avoue que... de ne pas être
au fait particulièrement du projet de loi,
vous allez m'en excuser, là, mais il faut la... il faut faire la distinction
entre une plainte ou un signalement de ce qui se passerait dans le
réseau de la petite enfance et un acte répréhensible au sens de la loi. Donc,
quand il va s'agir d'un acte répréhensible au sens de la loi, on dirige vers
le... le Protecteur du citoyen pour qu'il y ait toute la question de la protection contre les représailles, mais
quand on parle de signalement ou de plainte qui concerne... en vertu de la loi...
de leur loi, si on veut, bien, ça va demeurer au ministère de la Famille.
Donc, la seule chose
qu'on vient déplacer, c'est vraiment quand on parle d'actes répréhensibles.
Parce qu'au moment où on se parle, le projet de loi, avant... avant
l'amendement que je propose, ne proposait pas d'amener les divulgations d'actes
répréhensibles auprès du Protecteur du citoyen, mais proposait de les laisser
auprès du ministère de la Famille en ce qui concerne le réseau, et non pas le
ministère lui-même. On se comprend, là.
M.
Fortin : OK. Sur le fond de la chose, M.
le Président, là, nous, on n'a pas... pas réellement d'enjeu avec la
proposition que fait la ministre ici. À moins que je me trompe? Non. D'accord.
Mais il faut juste s'assurer que les gens qui travaillent dans le réseau de la
petite enfance soient informés de ce changement-là puis de la simplicité de la chose. Parce que souvent, les gens qui travaillent
dans le réseau de la petite enfance, je pense notamment aux services de
garde à domicile, là, ce sont des gens qui travaillent un peu dans un vase
clos, hein? Ils reçoivent les enfants à la maison, les parents viennent les
chercher. Ils n'ont pas un contact régulier comme, par exemple, un
fonctionnaire du ministère de la Sécurité publique pourrait en avoir avec
l'appareil gouvernemental. Alors, il faut juste s'assurer de trouver un
mécanisme pour que ces gens-là comprennent là où ils doivent se tourner.
Mme LeBel :
Oui. Bien, juste pour peut-être préciser, ça répond à une demande qui a été
faite, je ne me souviens plus par quel groupe, lors des consultations, de
ramener également ce régime-là pour aussi simplifier le message. Et on verra dans le cadre de la promotion, et l'information, et
la prévention que le Protecteur du Citoyen devra faire, et de la transition également, parce qu'il y aura une transition
au sein des organismes publics à proprement parler, compte tenu qu'on se propose de faire le guichet
unique maintenant, du Protecteur du citoyen, d'expliquer où doivent
aller les divulgations.
Mais, de toute façon,
les gens seront également dirigés vers les bons endroits, là, dans... dans
l'intervalle, et... et bénéficieront tout de même de la protection, advenant
qu'ils se trompent de guichet, je vais le dire comme ça, là. La loi prévoit
qu'une divulgation... Ce n'est pas parce que tu ne vas pas au Protecteur du
citoyen par erreur, à titre d'exemple, que tu n'as pas... tu n'as pas la
protection, là. Donc, mais oui, vous avez tout à fait raison, une promotion de la nouvelle loi et du nouveau processus, tant
pour le ministère... pour le réseau de la famille, non pas le ministère, que
pour les ministères et organismes qui étaient déjà visés, devra se faire, là.
M.
Fortin : Très bien.
Le Président (M.
Simard) : D'autres remarques? M. le député de Rosemont.
M. Marissal :
Oui, merci, M. le Président. Est-ce que, dans ce cas-là, les plaintes
seront transférées? Ou on leur dira
simplement : Vous devez plutôt aller à telle porte, vous n'êtes pas à la
bonne porte, allez plutôt à l'autre porte ou si le Protecteur du
citoyen, dans le cas où ça ne le touche pas, là, sera tenu de transférer le
dossier?
Mme LeBel : Je
veux juste être sûre de comprendre.
M. Marissal :
Parce que vous avez dit : On
informera les gens qui ne sont pas nécessairement au bon endroit. Est-ce que c'est un... Est-ce que c'est dans la...
dans la responsabilité du protecteur, à ce moment-là, de s'assurer que la
plainte soit acheminée au bon endroit?
Mme LeBel : Bien,
c'est parce que, comme le processus actuel, tant pour le réseau de la famille
que pour les organismes publics, est de se plaindre, entre guillemets, ou de
divulguer auprès d'une personne à l'interne, c'est sûr qu'on va devoir faire la promotion de la nouvelle façon de faire, et
d'expliquer aux gens du réseau de la famille qu'ils n'iront plus vers le
ministère de la Famille, et aux gens du réseau d'organismes publics qu'ils
devront aller vers le Protecteur du citoyen. Donc, ces gens-là seront dirigés,
advenant qu'ils continuent à utiliser momentanément... Mais, vous savez, des plaintes... des divulgations, il
n'y en a pas 92 par jour, là. Mais... Et, à l'inverse, le Protecteur du
citoyen, qui, comme... maintenant reçoit une plainte qui ne serait pas
un acte répréhensible, à titre d'exemple, ou plutôt lors... de l'ordre de la plainte ou du signalement, bien,
redirigera la personne vers le ministère de la Famille, qui va continuer
de s'en occuper, là. Quand on n'est pas dans... Mais c'est ça. Et ça vaut pour
tous les sujets. De toute façon, tous les commissaires ou les protecteurs
redirigent les gens vers les bonnes portes, en général. Ils ne font pas juste
leur dire : Ce n'est pas moi.
M. Marissal :
Oui. Puis je comprends, il commence à y en avoir un certain nombre aussi,
là. Mon collègue me parle du protecteur de l'élève. C'est vrai que c'est un
truc assez nouveau en...
Mme LeBel : Oui.
C'est ça. Mais ils ont chacun l'obligation de rediriger les gens vers le bon
endroit, là.
M. Marissal : En
sport, on est en train d'en créer un autre sur l'intégrité, ça fait qu'à un
moment donné il va y avoir comme un... Bien, c'est une bonne chose, là, cela
dit, là. Je pense que ce n'est pas... ce n'est pas fortuit, d'avoir ça, là,
mais ça commence à faire un réseau de...
Ma deuxième
question : Est-ce qu'il y avait seulement dans le cas de la Famille où on
les avait exclus puis qu'on... que, là, on veut les rattacher?
Mme LeBel : Oui, oui, oui.
M. Marissal : Oui? Par exemple, à la
Santé, oui?
Mme LeBel : Dans la loi actuelle...
Une voix : ...
Mme LeBel : Oui. Bien, les
municipalités, qu'on ne touche pas, parce qu'elles s'en vont vers la
commission. Mais, dans la loi actuelle, il y avait juste la Famille, si vous
voulez. Et la raison, au départ, c'est que le ministère de la Famille lui-même
était... était... Comme je vous dis, là, s'il y a un acte répréhensible commis
au sein du ministère, il s'en allait au Protecteur du citoyen, là. Donc...
mais...
M. Marissal : C'est dans le réseau.
Mme
LeBel : Oui, exactement. Mais on n'y voyait... personne
n'y voyait d'enjeu, au départ, de laisser la chose actuelle, parce qu'on vient dénoncer ce qui se
passe dans les réseaux. Donc, c'est un peu la... Puis c'est la responsabilité
du ministère de la Famille, là. Mais on ne voit pas d'enjeu non plus à l'amener
vers le Protecteur du citoyen suite aux commentaires
qui ont été faits en consultations. Mais, oui, c'était le seul morceau, si vous
voulez, qui demeurait intact.
M. Marissal : OK. Très bien. Merci.
Le Président (M. Simard) : Alors,
cet amendement est-il adopté?
Des voix : Adopté.
Le Président (M. Simard) : Adopté.
Nous revenons à l'article 16 tel qu'amendé. Y aurait-il d'autres
commentaires à cet effet?
M. Fortin : ...peut-être un ou deux, M. le Président.
Le Président (M. Simard) : Bien sûr.
M.
Fortin : Bon. Là, vous venez rajouter le paragraphe sur si
c'est une cause qui... ou si c'est une divulgation qui met en cause le
Protecteur du citoyen, bien, ça prend un autre mécanisme. Le mécanisme, ce
serait le commissaire à l'éthique. Ça, je comprends que c'était... Rappelez-moi, là,
c'est à la demande du Protecteur du citoyen, ça, que ce soit le commissaire à
l'éthique? Parce que vous avez choisi une avenue plus qu'une autre, là.
Mme LeBel : ...il faisait partie...
il faisait partie de la discussion, là.
M. Fortin : OK.
Mme
LeBel : Oui, oui, oui. Mais on voulait... on ne voulait
pas créer un nouveau protecteur du protecteur, là... des protecteurs,
là, mais...
M. Fortin : En fait, ce ne serait pas un protecteur du protecteur, ce
serait...
Mme LeBel : Non, non. On se comprend,
là, mais un surveillant des protecteurs. Oui. Mais tout le monde... tout le monde a fait partie de la discussion,
toutes les personnes concernées, dont le Protecteur du citoyen... et le
commissaire à l'éthique. Puis on trouvait que c'était peut-être la
meilleure porte d'entrée pour ne pas créer une autre entité, là.
M. Fortin : OK. Pas d'enjeu là-dessus de notre côté.
Sur la notion de quelqu'un qui fait une
divulgation puis de son... En fait, l'accompagnement de la personne qui fait
une divulgation, là, vous avez entendu les commentaires en consultations de
gens qui nous ont dit : Bien, ce n'est pas clair est-ce que ces gens-là
peuvent être accompagnés, par exemple, par leur syndicat, par les associations de cadres. Je pense qu'en regardant le projet de
loi, ça semble être la place où, peut-être, amener le sujet, là. Si vous en avez
un autre, on est ouverts, mais nous, on a vu l'article 16. Alors,
peut-être juste bien comprendre votre... d'abord votre vision, puis après, on
verra si on est à la bonne place ou pas, là, par rapport à ça.
Mme
LeBel : Dans la structure, moi, je pense que c'est... c'est quand on
va faire le bloc II sur la loi sur la protection contre les représailles
qu'il va être... qu'on va pouvoir en discuter. Et je vous dirais qu'on a des
choses à vous proposer qui tiennent compte des commentaires.
• (15 h 20) •
M.
Fortin : Ok. Dans... Quand vous dites le
bloc II, c'est l'article 1, là, du projet de loi, là. C'est ça?
Mme LeBel : Oui,
c'est ça, qui vient instituer la Loi sur la protection contre les représailles
liées à la divulgation d'actes répréhensibles, qui va fonctionner en tandem, si
on veut, avec la loi actuelle. Et je pense que, dans le cadre de cette étude-là, du bloc II, on va pouvoir parler
de ce que vous venez de mentionner. Et on aura, d'ailleurs, moi, des
propositions à vous faire pour peut-être tenter de répondre à certains des
commentaires qui ont été faits en consultations.
M.
Fortin : J'ai déjà hâte, M. le Président.
Mme LeBel : C'est
que je voulais... je voulais juste créer l'anticipation.
Le Président (M.
Simard) : D'autres remarques sur 16 amendé? Conséquemment, cet
article est-il adopté?
M.
Fortin : ...
Le Président (M.
Simard) : Oh! oui.
M.
Fortin : ...une petite affaire vite.
Le Président (M.
Simard) : Je vous en prie. Il n'était pas encore adopté. C'est encore
le temps.
M. Fortin : ...bien,
en fait, peut-être qu'on peut nous dire, là, pourquoi on vient enlever la...
l'espèce de... ce n'est pas une
définition claire, là, mais de c'est quoi, l'acte répréhensible. Tu sais, on
avait, dans l'article 6, précédemment, là, une définition.
J'imagine, vous remettez ça ailleurs, mais...
Mme LeBel : ...ça
va être déplacé à un autre... à l'article 4, de ce que je comprends. Oui.
M.
Fortin : L'article 4 qu'on va voir
dans le dernier bloc?
Mme LeBel : Oui.
Ça a déjà été fait dans l'article... par l'article 14 ce matin.
M.
Fortin : OK. Ça m'apprendra à manquer une
séance. C'est bon.
Mme LeBel : Non.
Bien, je ne voulais pas souligner votre absence en faisant ce commentaire-là,
là, mais...
M.
Fortin : Non, non, c'est correct.
Mme LeBel : Non,
non. Mais c'est ça.
M.
Fortin : Il n'y a pas de stress.
Mme LeBel : Mais
c'est juste déplacé.
M.
Fortin : Très bien.
Le Président (M.
Simard) : Alors, 16 amendé est-il adopté?
Des voix :
Adopté.
Le Président (M.
Simard) : Adopté. Nous en sommes à l'étude de l'article 17.
Mme LeBel : Oui,
article 17, donc toujours dans le même bloc : L'article 7 de
cette loi est modifié par la suppression, dans le premier alinéa, de «et
bénéficier de la protection contre les représailles prévue au
chapitre VII».
Commentaires :
Cet article propose une modification de concordance à la Loi facilitant la
divulgation d'actes répréhensibles à l'égard des organismes publics afin de
tenir compte du remplacement de la protection contre les représailles prévue
par cette loi... par cette loi par celle prévue par la Loi sur la protection
contre les représailles liées à la divulgation d'actes répréhensibles proposée
par le présent projet de loi.
Donc,
je dirais que c'est de la concordance à l'avance, là, compte tenu de... qu'on
le fait par blocs. Mais, compte tenu qu'il y a des déplacements qui vont
être faits et que les choses vont être remplacées par la nouvelle loi, bien,
c'est un article de concordance.
M. Fortin : Pouvez-vous
juste nous dire c'est... Là, vous le faites à l'avance, là, mais ça va être où
dans... Juste pour ne pas qu'on l'oublie.
Mme LeBel : C'est
le sous-paragraphe a du paragraphe 1° de la loi... de l'article 1 de la
loi sur la protection.
Une voix :
...
Mme LeBel :
C'est ça. On va... on va édicter une loi... Bien, à la fin du processus, si
tout le monde le veut bien, on va avoir
édicté une loi sur la protection contre les représailles, et c'est dans le
cadre de l'article 1, qui comprend plusieurs articles au bloc, là,
qui va... qu'on va le faire.
M.
Fortin : OK. C'est bon.
Le Président (M.
Simard) : Alors, l'article... Oui, M. le député de Rosemont.
M. Marissal :
Oui. Bien là, je comprends que vous reprenez l'article 7 presque
texto, à part la phrase... la dernière phrase. «Et bénéficier», là, ça, vous
l'enlevez par amendement. Mais ça ne vous aurait pas tentée d'enlever toute la section «toutefois», là? L'alinéa «toutefois,
cette personne», moi, ça me semble alourdir le processus. Je n'en ferai
pas d'amendement, là, mais, tu sais, on veut faciliter la fluidité, on veut
faire un guichet unique vers le protecteur, mais là, il me semble qu'avec ça...
Là, les juristes vont
me... vont me corriger, là. Pour moi, ça ne me rentre pas dans la tête qu'un
alinéa, c'est un paragraphe, puis qu'un paragraphe, c'est un alinéa, là. Ça,
«toutefois», c'est un... un alinéa. En plus, j'ai de la misère à le dire, ça va bien! C'est ça, hein, c'est bel et bien... On me
dit oui. Bon. Merci. Merci. Je vais passer mon Barreau un jour.
Non, mais blague à
part, Mme la ministre, c'est quoi, la justification de garder ça?
Mme LeBel : Bien
là, laissez-moi 30 secondes, là, parce que...
M. Marissal :
Bien sûr.
Mme LeBel :
Donc, dans le cadre de... dans le cadre de la loi sur la protection, là, on
va... Là, je le sais, c'est... c'est parce
qu'on travaille avec plusieurs notions puis plusieurs lois. On va venir alléger
ce paragraphe-là, mais on pourra... on ne l'enlèvera pas au complet, là. Mais
on va... on va faire en sorte que, même si... un peu suite aux commentaires
qui ont été faits, que, même si on ne passe pas nécessairement par la police,
on va avoir la protection quand même, là. Donc, il va y avoir un certain
allègement.
M. Marissal :
OK. Mais on y reviendra plus tard.
Mme LeBel : Oui,
mais on va le voir plus tard. On y revient plus tard.
M. Marissal :
On y revient plus tard. OK, d'accord, on fera ça à ce moment-là. Merci.
Mme LeBel : Oui. Là, je suis en train de tous donner mes
scoops à l'avance, moi qui voulais garder un certain suspens.
Le Président (M.
Simard) : Alors, d'autres remarques sur 17? M. le député de... de
Pontiac. Pardon.
M. Fortin : ...la
notion de l'environnement, là. Là, moi, je peux comprendre, quand une personne
a des motifs raisonnables de croire qu'il y a un acte répréhensible qui
est sur le point d'être commis, qui peut mettre la santé et la sécurité d'une personne en jeu, on se tourne vers
le corps de police d'abord, puis après ça, si ça n'entrave pas l'enquête policière
ou peu importe, là on peut se tourner vers le mécanisme proposé par la loi,
ici. Mais pourquoi, dans le cadre d'un risque grave pour l'environnement, il
faudrait se tourner vers la police?
Mme LeBel : Mais
ce que... Bien, ce n'est pas ça, vraiment. Ce que... Bien, oui, mais ça... mais
ça dépend. Ça dépend du type... Ça dépend du type de notion par rapport à
l'environnement. Mais ça, ici, ce que ça fait, à l'article 7, comme vous le savez, c'est que ça... je vais le dire
d'une façon qui est différente, ça permet de... de faire une divulgation
publique, et de ne pas passer par le mécanisme, et de tout de même bénéficier
de la protection contre les représailles. Mais il y a une notion d'urgence
d'associée à ça et, dans le fond, ça donne un peu plus large, là.
M.
Fortin : Mais je suis d'accord avec vous.
Je suis d'accord avec vous sur le fond de l'article... de l'article 7 puis la nécessité de cet
article-là. Cependant, ici... Moi, je peux comprendre parfaitement, là. Il y a
un risque pour la sécurité et la santé d'un individu, alors on se tourne
vers le corps de police avant de faire une dénonciation ou avant de faire une divulgation,
mais... ou encore au Commissaire à la lutte contre la corruption.
Mme LeBel :
Oui.
M. Fortin : Mais, dans le cas de, je ne
sais pas, moi... il va y avoir un déversement de matières dangereuses pour
l'environnement, pourquoi il faut se tourner vers le corps de police ou le
commissaire à la lutte à la corruption avant de faire la divulgation? Est-ce que...
Est-ce que la... je ne sais pas, le ministère de l'Environnement ou est-ce
que... Est-ce que le corps de police, c'est le bon véhicule? C'est juste ça.
J'imagine, vous avez regardé le projet de loi dans son entièreté avant de
proposer des changements, alors...
Mme LeBel : Oui,
absolument. Mais, à l'époque, quand on a mis la loi, en 2017, un des actes
répréhensibles à l'article 4, c'était
le fait d'avoir... «par [...] acte ou [...] omission, de porter gravement
atteinte ou de risquer de porter gravement atteinte à la santé ou [...]
la sécurité d'une personne ou à l'environnement». Ce qu'on permet ici, c'est quand il y a une notion d'urgence sur ce point-là.
Donc, on a repris... J'imagine, à l'époque de l'article 7, il faudrait
revoir les débats et... à l'Assemblée, on a repris l'entièreté de cet
alinéa-là en lui attribuant une notion d'urgence. Et j'ose imaginer que
probablement que dans ces cas-là, il y a probablement un potentiel d'actes
criminels ou d'actes graves, et qu'on
voulait... d'actes qui pourraient être enquêtés par la police, on va le dire
comme ça, et on voulait s'assurer qu'avant d'en faire une divulgation médiatique, pour être capable de protéger la
preuve ou de protéger l'enquête, on informe le corps de police en
premier.
Mais, en toute
transparence, il faudrait revoir la raison pour laquelle, à l'époque... parce
qu'on ne vient pas modifier la loi première,
là. À l'époque, on avait décidé que la notion d'environnement et d'urgence face
à l'environnement permettait de se
présenter vers les médias. Mais j'imagine qu'on avait probablement en tête les
situations de déversements toxiques ou des choses comme ça, qui ont un
risque grave, une... une notion d'urgence et potentiellement, je le dis,
potentiellement une notion de criminalité, là.
M.
Fortin : Mais je suis d'accord avec vous.
Mais la question... la question de la... ne porte pas sur est-ce que la
personne qui veut divulguer quelque chose qui pourrait être nocif à
l'environnement doit pouvoir se tourner vers,
par exemple, un média, mais c'est plutôt de se dire : On lui donne aussi
l'obligation, avant de se tourner vers les médias, d'en informer le corps de police pour potentiellement stopper
cet enjeu-là. C'est ça, l'idée, là. Le «toutefois», il vient dire
essentiellement : Avant de le dire publiquement, là, arrangez-vous pour
que ça ne se fasse pas, tu sais, allez voir le corps de police, qui peut
l'arrêter. Dans le cas, par exemple, d'une notion comme celle-là, est-ce que le
corps policier, c'est la... c'est le bon véhicule pour stopper quelque chose
qui n'est pas un crime contre la personne, par exemple, mais... ou qui n'aurait
pas un impact sur la personne, mais qui aurait un impact sur l'environnement?
Mme LeBel : Mais,
dans le fond...
M.
Fortin : Je me demande juste si le corps
de police, c'est le bon véhicule. Mais là on n'est pas en train de questionner
l'enjeu est-ce qu'on doit pouvoir avoir un mécanisme pour divulguer
publiquement quelque chose qui pourrait être nocif à l'environnement.
Mme LeBel : Je
comprends.
M.
Fortin : Ça, c'est... Je pense qu'on va
être d'accord là-dessus.
Mme LeBel : Je
comprends. Non, je comprends. Ici, à l'article 7, c'étaient deux
conditions cumulatives, hein, c'était un «et», c'est-à-dire, tu dois... tu
dois, «personne», avoir une notion d'urgence sur ces critères-là et, avant de te tourner vers une divulgation publique,
tu dois informer les corps de police. Dans des amendements à venir, on va
retirer... Et ça faisait en sorte que, si tu ne faisais pas les deux, tu
n'avais pas la protection. Dans un amendement à venir, potentiel,
peut-être, on va... on va faire en sorte que la protection va s'appliquer même
si on ne se tourne pas vers le corps de
police. Mais on va quand même laisser la notion qu'il ne serait peut-être pas
une mauvaise idée d'aviser la police
au passage. Mais l'idée, c'est que la protection va quand même être
attribuée... être accordée à la personne qui ne le ferait pas ou qui ne
le ferait pas dans l'ordre établi. Je ne sais pas si ça répond un peu à votre
question?
M.
Fortin : Ça va, M. le Président.
Mme LeBel : Mais
on va y... on va y arriver dans le cadre de la protection.
• (15 h 30) •
M.
Fortin : Voyez-vous, quand on dévoile des
scoops, ça nous permet d'avancer. Oui?
Mme LeBel : Oui. Mais vous allez avoir probablement les... le
bénéfice des amendements, qui sont tout chauds, à l'avance, là.
M.
Fortin : Ils sont tout chauds?
Mme LeBel : C'est
parce que, là, on progresse plus vite que l'imprimerie.
M.
Fortin : Excellent.
Le Président (M. Simard) : Alors,
d'autres remarques sur l'article 17? Sans quoi, cet article est-il adopté?
Des
voix : Adopté.
Le Président (M.
Simard) : Adopté. Et nous en sommes à l'étude de l'article 18,
pour lequel il y aura un amendement, je crois.
Mme LeBel : Potentiellement.
Le Président (M.
Simard) : Potentiellement?
Mme LeBel : Je
me garde une petite... du suspens, très court.
Article 18 :
L'article 10 de cette loi est modifié, dans le premier alinéa :
1° par le
remplacement, dans ce qui précède le paragraphe 1°, de «et le traitement
diligent» par «ainsi que le traitement privé et diligent»;
2° par le
remplacement du paragraphe 6° par le suivant :
«6°
indiquer les droits et les recours prévus par la Loi sur la protection contre
les représailles liées à la divulgation d'actes répréhensibles (indiquer ici l'année et le numéro de chapitre de
la présente loi ainsi que le numéro de l'article de cette loi qui édicte
la Loi sur la protection contre les représailles liées à la divulgation d'actes
répréhensibles) et les délais pour les exercer.»
Cet article propose
deux modifications à l'article 10 de la Loi facilitant la divulgation
d'actes répréhensibles à l'égard des organismes publics : premièrement,
une précision que le traitement des divulgations au Protecteur du citoyen est
fait privément. Cette décision vise à maintenir l'application de
l'article 24 de la Loi sur le Protecteur du citoyen, auquel renvoie l'article 29 de la Loi facilitant la
divulgation d'actes répréhensibles à l'égard des organismes publics,
étant donné la suppression de ce renvoi proposée par l'article 36 du
projet de loi; deuxièmement, une modification de concordance afin de tenir
compte du remplacement de la protection contre les représailles prévue par
cette loi et du recours en pratique
interdite prévu au paragraphe 11° de la loi... de l'article 122 de la Loi sur les normes du travail par la protection prévue par la Loi sur la
protection contre les représailles liées à la divulgation d'actes
répréhensibles proposée par le projet de loi.
Et j'aurai un
amendement. Le titre de la loi ne m'aide vraiment pas dans ma lecture.
Article 18,
article 10 de la Loi facilitant la divulgation d'actes répréhensibles à
l'égard des organismes publics. Remplacer l'article 18 du projet de
loi par le suivant :
L'article 10
de cette loi est modifié par le remplacement du paragraphe 6° du premier alinéa
par le paragraphe suivant :
«6°
indiquer les droits et les recours prévus par la Loi sur la protection contre
les représailles liées à la divulgation d'actes répréhensibles (indiquer
ici l'année et le numéro de chapitre de la présente loi ainsi que le numéro de
l'article de cette loi qui édicte la Loi sur
la protection contre les représailles liées à la divulgation d'actes
répréhensibles) et les délais pour les exercer.»
Cet amendement a pour
objet de supprimer le paragraphe 1° de l'article 18 du projet de loi afin
de retirer la précision que le traitement des
divulgations par le Protecteur du citoyen est fait privément par concordance
avec la réintroduction de la
référence de ce caractère privé à l'article 26.2 de la Loi facilitant la
divulgation d'actes répréhensibles à l'égard des organismes publics
proposée par un... un amendement au projet de loi.
Le Président (M.
Simard) : Des questions?
M. Fortin : ...l'écran
les commentaires, M. le Président? Est-ce qu'on peut descendre, si vous les
avez? Ou, sinon...
Le Président (M.
Simard) : Techniquement...
M.
Fortin : Je les ai entendus mais je veux
juste m'assurer d'avoir bien compris.
Le Président (M.
Simard) : Attendez, je demande. Oui. Voilà.
M.
Fortin : Ah! Oui. OK. OK.
Le Président (M.
Simard) : Merci. C'est parfait. Oui, on l'a, oui.
M. Fortin : Bien, allez-y, vous semblez
avoir de l'information, puis après je reviendrai, là.
Mme LeBel : Oui, bien, cet article-là, c'est juste une
question de... La notion qui est introduite par l'article qui semble
avoir été retiré, là, va demeurer puis va être réintroduite dans un autre
article plus tard. C'est juste, je dirais, une réingénierie de la structure du
projet de loi, là, mais la notion qui est véhiculée par ça va demeurer puis va
être réintroduite autrement.
Et
c'était suite à des commentaires du Protecteur
du citoyen qui trouvait que la façon
d'origine de le faire n'était peut-être
pas assez... assez évidente ou assez claire pour lui. Donc, c'est juste une...
je dirais une restructuration, mais la notion va demeurer. Mais là cet
article-là est de la concordance par rapport à ce qui va être fait plus tard.
Mais je veux juste vous rassurer que la notion, là, de faire ça privément va
demeurer, là.
M. Fortin : OK, puis
là, encore là, on...
Mme LeBel : On
répond à une préoccupation du procureur du citoyen par rapport... du
protecteur... — du
procureur du citoyen... — du
Protecteur du citoyen par rapport à la façon dont c'était rédigé au départ,
pour une meilleure compréhension, je
vais le dire comme ça. Là, ça a l'air d'être une moins... une moins bonne
compréhension pour nous, mais, au final, la lecture de ce... de ce
principe-là devrait être plus claire dans... dans la loi.
M.
Fortin : OK, puis on verra
l'article 26.2, là, quand on se rendra.
Mme LeBel : Oui,
c'est une concordance à l'envers finalement, là, parce qu'on...
M. Fortin : Mais,
avant de l'enlever, je veux juste m'assurer que ce qu'on va réintroduire plus
tard ne vient pas d'aucune façon diminuer le fait que la divulgation,
elle est faite privément, et ce, en tout temps.
Mme LeBel : ...ce
serait l'article 26.2 de la... du bloc 2, c'est ça?
Une voix : ...
Mme LeBel : C'est
26.2 de cette loi-ci.
M. Fortin : OK,
mais vous ne l'avez pas... C'est un amendement que vous allez déposer plus
tard, ça, là? Donc, il est... il est encore...
Mme LeBel : C'est
un autre amendement à 26, oui.
M.
Fortin : Il est encore... il est encore
avec la fournée des autres...
Mme LeBel : Exact.
Exact.
M. Fortin : OK,
on le verra tantôt, mais vous nous rassurez, avant d'enlever la disposition
qu'on a ici, qu'il y a...
Mme LeBel : On
pourrait... je pourrais proposer, nonobstant l'ordre de blocs, de suspendre, de
faire 26, 26.2 et revenir peut-être à celui-là, si tout le monde le permet.
Sinon...
M.
Fortin : Moi, ça me va.
Mme LeBel : Je
propose et on dispose.
Le Président (M. Simard) : Si
je comprends bien votre demande, c'est non seulement de suspendre l'étude de l'amendement,
mais de suspendre l'étude de l'article tel quel.
Mme LeBel : Oui,
oui.
M.
Fortin : Oui, ça marche.
Le Président (M. Simard) : Très
bien. Alors, nous allons suspendre à la fois l'étude de l'amendement et ensuite
de l'article, et nous passons donc à l'étude de l'article 19.
Mme LeBel : Bien,
ce serait... la proposition, ce serait de passer immédiatement à 26.
Le Président (M.
Simard) : À 26.
Mme LeBel : Si
vous le permettez, pour traiter du même sujet.
Le Président (M. Simard) : Très
bien. Il y a consentement pour se faire? Consentement. Alors, Mme la ministre,
nous vous écoutons.
Des voix : ...
Mme LeBel :
Ah! C'est notre... OK, OK, c'est ça, bien, parfait.
Le
Président (M. Simard) :
...on va suspendre momentanément, parce que je pense qu'il y a des petites
choses à vérifier à ce stade-ci.
(Suspension de la séance à 15 h 37)
(Reprise à 15 h 42)
Le
Président (M. Simard) : Bien. Alors, nous pouvons poursuivre nos travaux.
Et, compte tenu des discussions hors
ondes, j'aimerais simplement officialiser votre consentement afin que la
ministre puisse tout de suite nous présenter un amendement introduisant
l'article 35.2. Il y a consentement. Mme la ministre.
Mme LeBel : Et, pour ceux qui auront
le bonheur de nous relire dans quelques années, l'article 35.2, avant la lecture, va introduire le 26.2, auquel les
commentaires faisaient référence à l'article 18 et l'amendement de
l'article 18 pour la notion de
«privément» et répondre potentiellement à vos préoccupations pour nous
permettre de continuer avec 18.
Donc, l'article 35.2, article 26.2 de
la loi facilitant la divulgation d'articles... d'actes répréhensibles à
l'acte... à l'égard des organismes publics.
Insérer, après l'article 35.1, qui existera
un jour, du projet de loi tel qu'amendé, le suivant :
35.2. Cette loi est modifiée par l'insertion,
après l'intitulé du chapitre V... VI, pardon, de l'article suivant :
«26.2. Le Protecteur du citoyen exerce privément
les fonctions qui lui sont attribuées par la présente loi.»
Cet
amendement a pour objet de préciser le caractère privé des fonctions qu'exerce
le Protecteur du citoyen dans le cadre de la Loi facilitant la
divulgation d'actes répréhensibles à l'égard des organismes publics.
Donc, au départ, il faut comprendre que, dans la
Loi sur le Protecteur du citoyen, il y a déjà la notion du fait que le Protecteur du citoyen exerce ses fonctions
de façon privément, donc, et comme... compte tenu qu'on met en place la
loi sur la protection contre les actes... les représailles, pardon, les actes
répréhensibles, on vient introduire... et que c'est
le Protecteur du citoyen qui... qui en devient responsable, on vient
introduire, au sein de cette loi, la même notion que pour les fins de la
loi et de la... du traitement des actes... des divulgations, je le dis dans mes
mots, là, on vient introduire la même notion, que c'est exercé privément.
Quelle est la différence, me direz-vous, entre
ce qu'on faisait maintenant et ce que le protecteur nous a demandé? C'est
qu'avant on parlait que le traitement des plaintes est privé et diligent,
quand... Bon, ça pouvait être la même chose,
mais le Protecteur du citoyen préférait qu'on dise qu'il exerce ses fonctions
privément... non, «exerce privément les fonctions qui lui sont»... dans
le cadre de la loi pour le traitement des plaintes et il considérait que la protection était beaucoup... que la notion de
l'exercice privé de ses fonctions était beaucoup plus claire dans ce cas-là.
M. Fortin : Et donc cette phrase-là, elle a... cette tournure de
phrase, là, elle a l'approbation du Protecteur du citoyen, selon vous?
Mme LeBel : Oui. Oui, et c'est à sa
demande.
M. Fortin : OK, parce que...
Mme LeBel : Donc, on vient refaire
la même chose finalement, mais on a refait la structure, le chemin pour s'y
rendre, je le vais dire comme ça.
M.
Fortin : Parce que «les fonctions qui lui sont attribuées
par la présente loi», c'est le traitement des divulgations.
Mme LeBel : Oui, oui, oui.
M. Fortin : D'accord. Très bien.
Le Président (M. Simard) : M. le
député de Rosemont.
M. Marissal : Oui. Bien, je
comprends que c'est... et je n'ai pas... Je comprends que le Protecteur du
citoyen souhaitait ça, puis je n'ai pas... je n'ai pas fait les auditions
particulières, là, à l'étape précédente, là, je le dis. Alors, je n'ai pas
suivi tous les détails, mais «privément» ou «privé» puis «diligent» ou «de
façon diligente» ne sont pas des synonymes.
Mme LeBel : ...c'était plutôt la
notion de «le traitement privé». Donc, c'était vraiment ça qui était...
M. Marissal : Mais diligent saute,
le mot «diligent».
Mme
LeBel : ...bien, le «diligent» était était déjà dans la
loi actuelle et va rester dans la loi actuelle, cette notion-là est déjà
couverte.
M. Marissal : OK.
Mme
LeBel : Puis c'était vraiment la notion de privé,
traitement privé versus exerce privément ses fonctions, eu égard à la
présente loi.
Le Président (M. Simard) : D'autres
commentaires?
M.
Fortin : ...dans l'amendement initial de
l'article 18 que vous aviez proposé, là... bien, l'amendement, l'article 18 que vous aviez proposé,
c'était de remplacer «traitement diligent» par «traitement privé et diligent».
Là, je comprends qu'on revient à juste traitement diligent. OK.
Mme LeBel : ...parce que 26.2 vient
parler de la fonction de privé, donc, parce que le texte original de l'article 10 dit : «La divulgation d'un
acte répréhensible au Protecteur du citoyen et le traitement diligent...» On le
barrait pour venir ajouter la notion de traitement privé, puis on
réécrivait «diligent», naturellement, pour ne pas le perdre en chemin. Mais comme on enlève ce qu'on a... on
enlève l'amendement, et qu'on... donc on repart, on retombe à l'article d'origine, 10, qui parle du traitement diligent,
donc le traitement diligent demeure couvert, et la notion de privé se fait
par 26.2.
M. Fortin : Avez-vous suivi tout ça, M. le Président?
Le Président (M. Simard) : Presque.
J'essaie.
M. Fortin : C'est pour ça... c'est pour ça que vous allez vous abstenir
sur le vote, hein, c'est ça?
Mme LeBel : On pourra relire les
transcriptions.
Le
Président (M. Simard) : Alors, y a-t-il d'autres remarques sur cet
amendement introduisant l'article 35.2? Sinon... Oui, M. le député
de Rosemont.
M.
Marissal : Non, non, mais c'est... sinon pour dire que c'est
la technique de la courtepointe, là, on se promène d'un article à
l'autre, puis... Je comprends, on a déjà fait ça.
Mme LeBel : ...
M.
Marissal : Oui, oui. Ce n'est pas toujours réussi, là, mais
on souhaite qu'on va réussir cette fois-ci. C'est bon.
Mme LeBel : ...
M. Marissal : À la fin, là... Il y
en a 1 600, à la
fin, d'ailleurs, Mme la ministre.
Le
Président (M. Simard) : Alors, très bien, on va revenir à nos moutons.
Est-ce que cet amendement est adopté? Adopté. Et il y avait...
Mme LeBel : ...à mes savants
collègues de revenir à l'article 18...
Le Président (M. Simard) : Tout à
fait.
Mme
LeBel : ...qui venait de parler de 26.2, dans les
commentaires pour qu'on puisse reprendre le fil des blocs tels que
proposés.
Le Président
(M. Simard) : Voilà. Alors, nous en étions rendus à l'étude de
l'amendement sur l'article 18. Je vais simplement vérifier. On va
laisser quelques secondes au secrétariat pour pouvoir revenir à 18. Mme la
ministre, à vous la parole.
Mme LeBel : Donc, dans le fond...
l'amendement de l'article 18 se... se proposait de remplacer
l'article 18 d'origine par celui qu'on
a déjà discuté, qui venait faire référence, donc, à l'article 26.2, qu'on
vient de traiter par 35.2. Donc, je... si ça répond aux commentaires de mon
collègue de Pontiac, je pense qu'on pourrait... je pourrais proposer le vote
sur l'amendement.
Le Président (M. Simard) : Il y
avait d'autres commentaires, je crois, peut-être.
Mme LeBel : Oui, sur l'amendement,
oui.
M. Fortin : ...article 18 après.
Mme LeBel : Oui, sur l'amendement,
sur l'amendement.
Le
Président (M. Simard) : Oui. Donc, sur l'amendement qui est sous nos yeux
en ce moment, y a-t-il d'autres remarques, M. le député de Rosemont?
M. Marissal : ...merci, ça va.
Le Président (M. Simard) : Alors,
cet amendement est-il adopté? Adopté. Et nous revenons à 18 maintenant
tel qu'amendé. M. le député de Pontiac.
M.
Fortin : Oui, je regarde l'article 18
de la loi, là, qui fait référence à l'article 10, qui vient un peu, tu
sais, établir une espèce de... ce qui doit être inclus dans la procédure du
Protecteur du citoyen par rapport au traitement... au traitement des divulgations. Et, tu sais, à l'article... ou l'alinéa,
encore... ça fait tellement de projets de loi, puis je ne suis encore
pas capable de comprendre qu'est-ce qui est un article puis un alinéa, là,
mais, au quatrième point, là : «Prévoir,
[...],toutes les mesures nécessaires pour que l'identité de la personne qui
divulgue les renseignements ou qui collabore à une vérification [...]
demeure confidentielle», moi, j'ai compris qu'il y a beaucoup de groupes qui
sont venus vous dire que ce n'est pas toujours simple, là, ce n'est pas
toujours facile pour... notamment quand on est dans des petits groupes de travail, des... soit des petites organisations ou
des petits... des milieux qui comportent très peu de gens. Ce n'est pas
toujours facile à... de protéger cette identité-là ou que la divulgation
demeure confidentielle. Qu'est-ce que... Avez-vous quelque chose à proposer
pour palier à ce point-là suite aux... suite aux interventions des
différents... différents groupes?
• (15 h 50) •
Mme LeBel : Bien,
effectivement, on vient renforcer le régime du Protecteur du citoyen en... Bon,
la première chose, on vient peut-être rassurer les gens des petites
organisations en leur disant qu'ils n'ont plus à aller... ils n'ont plus besoin
d'aller dans... au sein de leur propre organisation, ce qui rendait encore les
choses encore plus délicates. Et la crainte, honnêtement, qui a été exposée
était plus de divulguer au sein de l'organisation — plus c'est petit, plus
c'est délicat — que
de divulguer au Protecteur du citoyen. Mais il y avait déjà la possibilité de
le faire au Protecteur du citoyen, mais je dirais que c'était peut-être moins
bien connu comme possibilité. Là, on vient la rendre comme... on vient rendre
ça un guichet unique.
Maintenant, on vient
aussi, dans la suite du projet de loi, à l'article 20, entre autres,
renforcer la... le pouvoir du Protecteur du citoyen par des ordonnances
possibles de confidentialité et des... et des peines s'il y a... s'il y a bris
de cette ordonnance de confidentialité. Donc, on vient donner plus d'outils au
Protecteur du citoyen... Et c'est pour ça que c'est très important que ces...
que ces gens-là soient dans... soient le plus confidentiels possible et qu'on
permet aussi la divulgation anonyme, là, s'il y a quoi que ce soit.
Mais on sait qu'il
faut... que ça peut être plus complexe quand on divulgue quelque chose qui se
passe dans une petite communauté, je vais le dire comme ça, mais on vient à
tout le moins sortir ça de la divulgation à l'interne. Donc, on vient le plus possible donner la... Et c'est pour ça,
malheureusement, parce qu'on sait que ça peut... ces choses-là ne sont jamais étanches, comme on le souhaiterait
qu'elles le soient, qu'on renforce aussi la protection contre les représailles
et les possibilités du TAT d'ordonner toutes sortes de réparations si ça
arrive.
M.
Fortin : Puis la ministre a raison, là, on
travaille dans un monde qui est... qui est imparfait. Dans un organisme comme
ça, de petite taille, effectivement, là, c'est difficile de garder sous la
courtepointe, disons, les divulgations qui ont été faites, par qui, quand,
comment, etc., mais... Et peut-être qu'elle a raison, M. le Président, que la
seule... ou dans le... l'éventail de solutions qui s'offrent à nous, il n'y a
pas beaucoup de choses autres que ce que la ministre vient de nommer, bien
malheureusement, du moins elles ne sont pas évidentes à première vue.
Mme LeBel : Bien,
dans un monde idéal, on n'aurait pas besoin d'avoir de protection contre les
représailles, mais voilà.
M.
Fortin : Oui. On est loin de là.
Mme LeBel : Et
voilà.
Le Président (M.
Simard) : M. le député de Rosemont.
M. Marissal :
Ça va.
Le Président (M.
Simard) : Y a-t-il d'autres commentaires sur l'article 18 tel
qu'amendé? Sans quoi, nous allons procéder à sa mise aux voix. Cet article
amendé est-il adopté? Adopté. Article...
Mme LeBel : 20...
Le Président (M.
Simard) : ...20. Voilà.
Mme LeBel : ...s'il
vous plaît, M. le Président.
Le Président (M.
Simard) : Avec plaisir.
Mme LeBel : Donc, toujours dans le bloc I tel que proposé,
l'article 20 : Cette loi est modifiée par l'insertion, après
l'article 11, des suivants :
«11.1. Pour
la conduite d'une enquête en vertu de la présente loi, le Protecteur du
citoyen, les vice-protecteurs de même que les fonctionnaires et les employés du
Protecteur du citoyen et les personnes qu'il désigne par écrit à cette fin sont investis des pouvoirs et de l'immunité des
commissaires nommés en vertu de la Loi sur les commissions d'enquête (chapitre
C‐ 37), sauf du
pouvoir d'imposer l'emprisonnement.
«Les dispositions des
articles 282, 283 et 285 du Code de procédure civile s'appliquent, avec
les adaptations nécessaires.
«11.2. Le Protecteur
du citoyen peut interdire à une personne de communiquer à quiconque, si ce
n'est à son avocat, toute information liée à une enquête.»
Donc,
c'est un peu l'ordonnance de confidentialité dont je vous parlais, donc donner
au Protecteur du citoyen le pouvoir d'imposer une telle ordonnance.
L'article — donc,
commentaires — 11.1
de la Loi facilitant la divulgation d'actes répréhensibles, proposé par l'article 20 du projet de loi, est une
disposition équivalente à celle de l'article 25 de la Loi sur le
Protecteur du citoyen applicable à la Loi facilitant la divulgation
d'actes répréhensibles, donc, à l'égard des organismes publics, c'est
sous-entendu, en vertu d'un renvoi qui est fait à l'article 29 de cette
loi.
Ce nouvel
article 11.1 est proposé dans le cadre du remplacement du renvoi aux
dispositions de la Loi sur le Protecteur du citoyen fait à cet article 29
par l'incorporation de ces dispositions dans la Loi facilitant la divulgation
d'actes répréhensibles à l'égard des organismes publics, proposé par le projet
de loi.
Donc,
l'article 11.2, quant à lui, de la même loi, celle qui facilite la
divulgation des actes répréhensibles, la loi actuelle, proposé à
l'article 20 du projet de loi, octroie donc au Protecteur du citoyen un
pouvoir d'interdiction de communication dans le cadre d'une enquête.
M. Fortin : ...le
11.2, donc là, ça veut dire que le... Et ça, c'est une nouvelle disposition,
là, si je comprends bien.
Mme LeBel : Oui.
M.
Fortin : Le Protecteur du citoyen pourrait
interdire, on vient dire «à une personne», là, dans le... dans le projet de
loi. Est-ce qu'il pourrait interdire à un média de communiquer toute
information liée avec une enquête?
Mme LeBel : Je ne vois pas de cas de figure, là. L'idée, c'est
par rapport à son enquête, je veux dire, honnêtement...
M.
Fortin : Bien, si...
Mme LeBel : À
une... à quiconque, on pourrait lire le «quiconque» largement, le «quiconque»
n'étant pas le média, mais peut-être un journaliste particulier. Mais je ne
vois pas de cas de figure où le Protecteur du citoyen serait amené à faire ça.
Parce qu'une fois que le journaliste a divulgué dans les journaux... mais
peut-être qu'il pourrait lui demander de ne pas faire plus de détails pour ne
pas nuire à son enquête, mais ce n'est pas... ce n'est pas du tout ce qui est
visé par...
M.
Fortin : Non, mais des fois ce n'est pas
ce qui est visé qu'on finit par inclure, là.
Mme LeBel :
Oui, mais...
M.
Fortin : Je relis l'article, là : «Le Protecteur du
citoyen peut interdire à une personne — une personne n'étant pas une
personne morale, donc pas le média, j'imagine, mais plutôt le journaliste, là — de
communiquer à quiconque, [...], toute information liée à une enquête.»
Mme LeBel : ...le
Protecteur du citoyen, le cas échéant, devra... devra justifier que c'est pour
la protection de son enquête. Et la notion
est de vraiment... de pouvoir protéger son enquête. Donc, je pense qu'on ne
peut pas interdire au Protecteur du citoyen de se gouverner pour protéger son
enquête, mais ce ne serait pas un média en particulier, ça pourrait être
un journaliste, mais il faudrait vraiment qu'il le... qu'il le justifie. On
s'entend que je ne préconise pas, mais un
journaliste pourrait dire : Bien, en quoi ça protège votre enquête de
m'interdire... Des faits qui sont déjà publiés, à titre d'exemple, on...
M. Fortin : Est-ce
que les... est-ce que les corps policiers ont des protections comme celles-là,
un pouvoir comme ceux-là? Est-ce
que... Par exemple, tantôt, on faisait référence aux corps policiers ou encore
à... le commissaire à la lutte à la corruption, est-ce qu'eux ont des
pouvoirs comme ça?
Mme LeBel : ...l'Autorité
des marchés financiers l'a dans
ses... dans ses pouvoirs, un pouvoir corollaire. Un corps de police
comme tel, je n'en vois pas, peut toujours se présenter devant un tribunal pour
ordonner des... mais dans... du même type, l'Autorité des marchés financiers,
l'AMF a ce genre... l'AMP a-tu ça?
Une voix : ...
Mme LeBel : Bien,
l'AMF l'aurait.
M.
Fortin : Bien, OK, l'AMF l'a, mais un corps de police qui,
lui, procède à une enquête ne peut pas interdire à une personne de
communiquer toute information liée à cette enquête-là, mais le Protecteur du
citoyen, pour un cas de divulgation, peut le faire. Et je
me pose la question, je ne sais pas si c'est une bonne chose ou pas, là, je
pense que d'avoir une certaine protection, effectivement, c'est... c'est bien,
mais interdire à une personne, c'est large, là, comme disposition.
Mme
LeBel : ...la grande différence que moi, j'y vois, et
on... j'allais dire «on jase», mais oui, c'est ça qu'on fait.
M. Fortin :
Bien oui.
Mme LeBel : La grande différence,
c'est que, dans le cadre du corps de police, la notion est la protection de son enquête comme telle. Dans le cas des
divulgations d'actes répréhensibles, il y a toute la notion aussi de conséquences
et de représailles qui pourrait être liée à ça. Et, à partir du moment...
M. Fortin : Bien, lors d'une enquête policière aussi, là.
Mme
LeBel : Oui, bien oui, mais ici il y a une notion de...
qui est beaucoup... je dirais, beaucoup plus sournoise au niveau des
représailles, je... On se comprend, là. Il y a toujours une notion dans les...
dans les enquêtes criminelles où on
pourrait, connaissant un témoin ou la confidentialité, intimider le témoin,
mais c'est couvert par le Code
criminel, l'intimidation, c'est couvert par le Code
criminel, composer avec un acte... acte criminel et essayer de tenter de
dissuader un témoin de témoigner. Donc, ces notions-là sont couvertes.
Ici, je pense que... je pense qu'il est
important de donner des pouvoirs au Protecteur du citoyen. Ça ne vise pas, on s'entend, à prime abord, les... un
journaliste, parce qu'on ne peut pas... c'est à quiconque, une personne et non
pas une entité. Et là, ici, c'est qu'à partir du moment où le fait même
de l'existence d'une enquête peut... peut nous... peut donner à... ce ne serait
pas toujours... ce n'est pas toujours le congédiement, là, la mesure. Le
congédiement est la mesure la plus évidente, on s'entend?
M. Fortin : Oui, mais il peut y avoir... Oui, effectivement, il peut y
avoir toutes sortes de...
Mme LeBel : Mais il y a toutes
sortes... l'atmosphère qui change au bureau, l'ostracisation, pas de promotion,
de l'isolement, moins de dossiers intéressants tout à coup. C'est plus... c'est
plus intangible, je le dirais comme ça, donc. Et ça faisait partie des
demandes, des discussions avec le Protecteur du citoyen, d'être capable de lui
donner une notion de renforcer la notion essentielle de la confidentialité. Et
c'est au coeur aussi de la divulgation, cette confidentialité.
La protection... L'informateur de police existe
aussi au niveau policier. Donc, il y a des choses par rapport à ça. Les
journalistes sont déjà... sont déjà... sont déjà obligés de protéger certaines
choses. On peut aller avec les... tu sais. Donc, il existe d'autres mécaniques
dans... peut-être pas parfaites, on pourrait les remettre en cause, qui
existent dans... dans les autres systèmes, entre autres la... les enquêtes de
police, mais ici pas du tout, là.
• (16 heures) •
M. Fortin : OK. Je m'arrête là, M. le Président, je... Peut-être que...
peut-être que mon collègue, avec sa longue expérience médiatique, a peut-être
une perspective différente, mais moi... moi, ça, je ne m'aventure pas plus loin
dans ça, mais j'ai peur qu'on aille un peu trop loin, mais, enfin, j'accepte
les explications de la ministre.
Le Président (M. Simard) : Alors,
cher collègue de Rosemont, en vos qualités d'ancien journaliste, avez-vous un
commentaire à formuler?
M. Marissal : Depuis le temps que
j'essaie de me décoller de ça.
M. Fortin : ...
M.
Marissal : C'est comme Pacino dans Le Parrain. À
chaque fois que j'essaie d'en sortir, on me ramène dedans. Merci au
député de Pontiac. Non, non, mais ça va être utile. Parce qu'une personne,
c'est une personne physique, on s'entend, là?
Mme LeBel : Quiconque... Oui, à une
personne, oui.
M. Marissal : Mais un journal,
mettons, là, ou une organisation médiatique, c'est une personne morale, ça?
Mme
LeBel : Oui, mais... OK. Le cas de figure ici, là, c'est
que c'est la divulgation après que l'ordonnance ait eu lieu, on se comprend, là. Quel est le cas de
figure où on interdirait, avant qu'il ait publié, à un journaliste de ne pas
publier?
M. Marissal : Quel est le cas de
figure où on interdirait à un journaliste...
Mme LeBel : Il faudrait que le
journaliste aille voir le Protecteur du citoyen et lui dise : Je le sais
que tu fais une enquête et j'ai l'intention de publier...
Une voix : ...
Mme LeBel : ...donne-moi tes
commentaires. Et là le Protecteur du citoyen pourrait dire : Oh là, là! Ça
met mon enquête... et là je t'ordonne, journaliste, de ne pas le faire. Bien
là, en tout cas, on extrapole, mais, je veux dire, de facto, le journaliste qui
reçoit cette... et là je n'encourage pas nullement le fait de le faire, mais le
journaliste qui reçoit cette information-là et qui la traite n'est pas sous
couvert de l'ordonnance. Donc, il n'y a pas... il n'y a pas de conséquence pour
le journaliste.
M. Marissal : Non. Non, parce que,
tu sais...
Mme LeBel : Il faudrait que le
Protecteur vise particulièrement un journaliste de ne pas le faire. Et, pour
faire ça, il faudrait que le Protecteur, avant même la publication, soit au courant
que le journaliste... Et j'imagine qu'il y aurait une conversation entre le
Protecteur puis le journaliste avant d'arriver là, mais... et qu'il faudrait
que le Protecteur pense réellement, mais... mais je cherche un cas de figure,
là.
M. Marissal : Bien non. Normalement,
il n'y a pas de conversation, il n'y a pas... il n'y a pas de... Normalement,
il n'y a aucun canal de communication entre ce que j'appelle les chiens de
garde de l'État et le...
Mme
LeBel : Oui. Donc, pourquoi le Protecteur du citoyen
interdirait à un journaliste de faire quoi que ce soit?
M. Marissal : Dans ce cas-là, c'est
nul et non avenu, ça n'arrivera pas.
Mme LeBel : C'est ça. Il n'y a pas
de cas de figure.
M.
Marissal : Mais alors je pose la question à l'envers :
Pourquoi est-ce que le Protecteur dirait à quelqu'un : Je t'ordonne
de ne pas parler... de ne parler de ça à personne?
Mme LeBel : Bien, à titre d'exemple,
je suis... je suis témoin d'une divulgation et j'ai demandé conseil à mon
collègue de travail, puis là qui me dit : Bien, tu devrais peut-être aller
voir le Protecteur du citoyen, genre. Et là je vais voir le Protecteur du
citoyen, puis mon... mais je lui dis... le Protecteur me demande : L'as-tu
dit à quelqu'un d'autre? Bien, à mon collègue de travail. Bien, peut-être que
le Protecteur pourrait ordonner au collègue de ne pas en parler. C'est ce genre
de...
M. Marissal : Oui, ou à sa conjointe
ou à son conjoint ou...
Mme LeBel : ...ou à sa conjointe.
Oui, c'est ça. Mais on parle vraiment de gens...
Une voix : ...
Mme LeBel : Oui, c'est plus des gens
qui participent à l'enquête, ou le Protecteur enquête et va voir quelqu'un et
commence à interroger, il pourrait dire : Je t'ordonne de ne pas parler de
notre rencontre à qui que ce soit ou du sujet de notre rencontre.
M. Marissal : Je... oui, je
comprends. Puis je comprends que ce serait dans l'intérêt du divulgateur
aussi...
Mme LeBel : Bien, il faut que ce
soit dans... il faut vraiment que ce soit lié à son enquête et il faut que ce
soit vraiment dans l'intérêt de protéger l'enquête et ultimement de protéger le
divulgateur, là.
M. Marissal : Oui, mais moi, j'ai
été journaliste assez longtemps, justement, là, je vais y revenir, là...
Mme LeBel : ...et le mis en cause,
effectivement.
M. Marissal : ...pour savoir que
bien du monde, quand ils ont une information, ils ne sont pas capables de se
tenir la langue, puis ils sont bien trop contents de donner une information à
un journaliste puis...
Mme LeBel : Bien, si c'était le cas,
on n'aurait pas de conséquence à briser une ordonnance. On revient à la
philosophie de base.
M. Marissal : Sauf que le... sauf
que le divulgateur qui a parlé à un journaliste, malgré qu'il se soit fait
dire : Je ne veux pas que tu en parles, il perd... il perd sa
protection...
Mme LeBel : Non.
M.
Marissal : Donc, il n'y a pas de conséquence. On lui a
dit : Tu ne fais pas ça, je ne veux pas que tu fasses ça...
Des
voix : ...
Mme LeBel : S'il
est sous ordonnance... Bon, OK, tout ça, là, est pour protéger le divulgateur
et le mis en cause, on se comprend. Le divulgateur, s'il décide de divulguer
aux journalistes, dans le cadre de l'article 7, on va se comprendre, en
respectant l'article 7, il bénéficie de la protection contre les
représailles malgré tout.
Exemple, je divulgue
à un journaliste, j'ai peut-être donné un petit tantinet trop de détails, et,
dans la lecture de l'article, mon boss me reconnaît et sait que c'est moi, et
commencent des représailles subtiles, disons-le comme ça, je bénéficie de la
protection.
C'est certain que,
comme on doit aussi protéger le mis en cause... et c'est normal, parce qu'on
veut s'assurer qu'une divulgation est valable avant que la réputation de
l'organisme public ou de la personne à l'intérieur de l'organisme public soit
entachée, peut-être que, si le Protecteur du citoyen, pour une raison
quelconque... et qu'il pense qu'il est de bon aloi d'ordonner au divulgateur,
une fois qu'il est venu le voir, de ne pas le faire, le divulgateur bénéficie
de la protection contre les représailles mais s'expose à une amende pour avoir
brisé l'ordonnance.
M. Marissal :
OK. Il s'expose à une amende...
Mme LeBel : En
bris d'ordonnance.
M. Marissal :
Puis, si d'aventure il fait capoter l'enquête, ce qui est généralement le
cas avec la police, parce que c'est pour ça que, des fois, la police dit aux
journalistes : Je peux-tu te demander, s'il te plaît... Il n'y a pas
d'ordonnance, il n'y a pas... il n'y a pas de pouvoir, il y a une entente. Puis
ça se fait tous les jours, là...
Mme LeBel : Il
y a une discussion, oui, c'est ça.
M. Marissal :
...que les... la police va dire à un journaliste : Je peux-tu te
demander, s'il te plaît, de garder ça pour toi? Parce que, pour le moment...
puis tous les échanges, hein, c'est du «give-and-take», là, puis... parce que,
sinon, tu fais capoter mon enquête. Bien, à moins d'être kamikaze comme journaliste
puis ne plus jamais vouloir avoir de scoop, tu gardes ça. Mais, dans le cas où
quelqu'un ferait capoter l'enquête du protecteur, il a une amende?
Mme LeBel : S'il
était sous le coup d'une ordonnance de non... de confidentialité. Bien là,
après ça, y a-tu une entrave? Y a-tu quelque
chose... Ça existe, tout ça, ces notions d'entrave à des... à des gens chargés
de faire des... mais là on entre dans d'autres notions qui sont déjà
couvertes par d'autres choses... par d'autres lois.
Mais ici, là, c'est
vraiment... il faut vraiment que le Protecteur du citoyen ait fait un geste
affirmatif d'émettre une ordonnance, il
faut... il faut se comprendre, là. S'il ne fait pas de geste affirmatif
d'émettre une ordonnance, ça... et à ça est rattaché des pénalités, des
peines. Ça, ça n'existe pas s'il n'y a pas le geste d'une ordonnance. Et,
comme... Et il faut le séparer de la protection contre les représailles, quand
on parle du divulgateur.
Maintenant, si on
parle des gens associés à l'enquête, qui ne sont pas divulgateurs mais qui
sont... ont été rencontrés comme témoins potentiels ou... Bien, il va faire une
enquête, hein? Il ne le fera peut-être pas dans tous les cas de figure, le Protecteur du citoyen, mais
peut-être que, dans des petites organisations, ça va... il va... il va trouver
que c'est plus judicieux de le faire. Bon. Mais c'est le Protecteur du
citoyen qui est maître de son enquête et maître de la protection de son
enquête. Et, s'il décide d'émettre une ordonnance de confidentialité pour
interdire à une personne de communiquer à
quiconque, à partir de ce moment-là, si la personne, à titre d'exemple, qui
n'est pas le divulgateur, communique aux médias, c'est la personne qui a
communiqué aux médias qui s'expose à l'amende, parce que le média n'a pas...
n'a pas la telle ordonnance, là.
M. Marissal :
...le divulgateur, il lui sera clairement indiqué qu'il n'a pas le droit ou
on s'attend de lui qu'il ne communique pas, à défaut de quoi il aurait une
amende, c'est bien ça?
Mme LeBel : Bien,
c'est parce que le divulgateur, s'il veut bénéficier de la protection puis il
veut s'aider dans sa protection, il va en parler au moins de monde possible,
là. Je veux dire, on se parle franchement.
M. Marissal :
Oui... Bien, c'est...
Mme
LeBel : Mais il n'aura pas
d'amende s'il n'y a pas d'ordonnance. D'entrée de jeu, il n'y a pas d'ordonnance
de confidentialité, on va juste expliquer
aux gens, surtout au divulgateur, que le... au moins de monde possible tu le
dis, le plus protégé tu es, on se comprend, là.
M. Marissal :
Oui, mais, des fois, les enquêtes, c'est long. Des fois, les gens perdent
confiance.
Mme LeBel : Mais
ça, c'est une autre notion, ça.
M. Marissal :
Ils ne sont pas capables de tenir leur langue. Donc, de toute façon, je
comprends le principe, mais l'amende, elle est de combien? Elle sera détaillée
plus loin, j'imagine, dans...
Mme LeBel : Oui. Mais ça prend une
ordonnance, on se comprend, là.
M. Marissal :
OK.
Mme LeBel : Et je ne pense pas...
Alors, j'ose espérer... puis on pourra le voir, là, mais j'ose espérer que le
Protecteur du citoyen va s'amuser à faire des ordonnances systématiques.
M. Marissal : D'où le «peut» plutôt
que...
Mme LeBel : Que le «doit». Et il
doit le juger en fonction de la protection de son enquête, là.
Une voix : ...
Mme LeBel : ...quelqu'un peut
contester une telle ordonnance, là, en disant : Le Protecteur du citoyen
n'était pas... n'est pas justifié dans le cas, je veux dire, de me faire... de
me mettre sous le coup d'une telle ordonnance, là.
M. Marissal : Puis ce pouvoir-là,
qui est quand même assez lourd, là, il prend ça où, le protecteur?
Mme LeBel : ...j'essaie de...
M. Marissal : Le... Non, non, c'est
correct, on...
Mme LeBel : ...de lire une
information en même temps pour...
M. Marissal : C'est correct. Le
protecteur, là, il prend ça où, cette... ce pouvoir-là, qui est quand même
assez lourd? Il prend ça...
Mme LeBel : Dans
l'article 11.2.
M. Marissal : C'est cet article-là
qui lui donne, OK.
Mme LeBel : Oui. Puis, les peines
que... dont je vous parle, on va les introduire dans d'autres articles.
M. Marissal : OK. J'ai juste une
autre question bien technique.
Le Président (M. Simard) :
Je
vous en prie.
M. Marissal : Avez-vous quelque
chose à ajouter, Mme la ministre?
Mme LeBel : Non.
M. Marissal : OK. Je pensais que
vous aviez...
Mme LeBel : Non, non.
M. Marissal : J'ai peut-être...
cligné les yeux trop longtemps tantôt. Pourquoi on a sauté l'article 19?
Mme LeBel : Parce qu'on va le revoir
dans un autre bloc.
• (16 h 10) •
Le Président (M. Simard) : C'est
parce que nous fonctionnons par sujets, et chaque sujet comporte un certain
nombre d'articles. Et puis on va voir l'article 19 tout de suite après,
finalement, selon la chronologie que le ministre avait... avait présentée.
M. Marissal : Je m'en... Je m'en
remettais à votre sens de la discipline exemplaire, mais c'est parce qu'on
n'avait pas ce détail-là ici, de ce côté-ci. Ça fait que...
Le Président (M. Simard) : Désolé.
Désolé.
M. Marissal : Je ne veux surtout pas
qu'on oublie un article.
Le Président (M. Simard) : Et...
Mais, toute... de toute manière, cher collègue, pour notre gouverne à tous,
cette feuille de bingo se retrouve sur le Greffier.
M. Marissal : C'est bon.
Mme LeBel : ...
M.
Marissal : Ça nous arrive tous.
Mme LeBel : ...
Le Président (M.
Simard) : Y aurait-il d'autres remarques sur l'article 20?
M.
Fortin : ...
Le Président (M.
Simard) : Oui?
M.
Fortin : ...encore, là. Parce que c'est un
pouvoir qui est octroyé à l'AMF, si j'ai bien compris, là, est-ce qu'avant de
l'introduire ici vous avez vérifié avec l'AMF si c'est quelque chose qui est
utilisé, si c'est quelque chose qui est contesté quand c'est utilisé? Est-ce
qu'on sait un peu l'étendue que pourrait avoir cet article-là dans le cas
présent, ici?
Mme LeBel : Je
vais... Vous allez me permettre deux secondes pour vérifier parce que...
M.
Fortin : Oui, oui, je... bien sûr.
(Consultation)
Mme LeBel : Il
y a eu quelques cas où ça a été utilisé, quelques cas où ça a été contesté, ce
n'est pas abondant. Et les cas où ça a été contesté, ça a été en général jugé
valide, mais avec toujours le... la... le bémol de dire : Tant que ce n'est pas disproportionné dans l'usage et que ça
ne limite pas indûment la liberté d'expression. Donc, il y a un contrôle
judiciaire qui peut se faire sur une telle ordonnance. Parce que, oui, on
est... on est conscients qu'au départ ça brime une liberté d'expression, mais
quelqu'un qui se voit ordonner de ne pas divulguer pourrait aller contester
et...
M.
Fortin : Parce que ça peut être la
personne qui est... qui est mise en cause aussi, là, qui est ordonnée de ne pas
aller en parler publiquement ou d'en parler.
Mme LeBel : Oui,
tout à fait, tout à fait, pour ne peut-être pas viser le divulgateur, à titre
d'exemple.
M.
Fortin : Exact.
Mme LeBel : Oui,
oui. Ça peut viser quiconque, mais...
M.
Fortin : Et donc, si je comprends bien
votre conclusion, là, il y a des... il y a des cas de l'AMF pour lesquels il y
a eu une ordonnance, il y a des cas où ça a été jugé... ça a été contesté et ça
a été jugé valide, il y a donc des cas où ça a été jugé invalide aussi. Non? Ça
a toujours...
Mme LeBel : ...pas
le dire, honnêtement.
M.
Fortin : OK.
Mme LeBel :
Mais, dans les cas où il y a eu décision, la notion de proportionnalité et de
ne pas nuire indûment à la liberté d'expression a été introduite dans la notion
de révision de la... de l'opportunité de l'ordonnance. Donc, il y a un contrôle qui existe et il y a des balises qui existent
pour venir juger de la pertinence d'une telle ordonnance. Il y a une
jurisprudence à cet effet-là.
M. Fortin : OK. OK. Donc, il n'y a pas... Dans le fond, ce
qu'on veut s'assurer, là, c'est... puis, connaissant l'AMF, je ne pense pas que ça serait le cas, comme pour
le Protecteur du citoyen, mais il n'y a pas eu d'abus d'utilisation d'une clause
comme celle-là.
Mme LeBel : Ce
n'est pas... Ce n'est pas le... Ce n'est pas ce qu'on en a comme...
M. Fortin : Comme écho.
Mme LeBel : ...comme
écho, non.
M.
Fortin : D'accord.
Le Président (M.
Simard) : D'autres remarques? Conséquemment, l'article 20 est-il
adopté?
Des voix : Adopté.
Le Président (M.
Simard) : Adopté.
Mme LeBel : On revient à 19.
Le Président (M. Simard) : On
revient à 19, au grand plaisir du député de Rosemont, qui aura le droit de
poser la première question. Mme la ministre.
Mme LeBel : Article 19 :
L'article 11 de cette loi est modifié, dans le deuxième alinéa :
1° par la suppression de «visée à
l'article 25 de la Loi sur le Protecteur du citoyen»;
2° par la suppression de la dernière phrase.
Cet article propose une modification de
concordance à l'article 11 de la Loi facilitant la divulgation d'actes
répréhensibles à l'égard des organismes publics afin de tenir compte de
l'insertion, dans cette loi, d'une disposition équivalente à celle de
l'article 25 de la loi sur la protection du citoyen, soit
l'article 11.1 proposé à... par l'article 20. Les renvois à
l'article 25 de la Loi sur le Protecteur... le Protecteur du citoyen
prévus à l'article 11 de la loi facilitant la divulgation d'actes
répréhensibles n'ont donc plus lieu d'être.
Donc, c'est la concordance avec 20, qu'on vient
de faire, finalement.
Le Président (M. Simard) : M. le
député de Rosemont.
Mme LeBel : Première question.
M. Marissal : Il n'y a pas beaucoup
de questions à poser sur un article de concordance, d'habitude. Je vais... Je
vais la garder en réserve...
Le Président (M. Simard) : D'autres
remarques? Sans quoi, l'article 19 est-il adopté?
Des voix : Adopté.
Le Président (M. Simard) : Adopté.
Et nous passons à l'étude de l'article 22.
Mme LeBel : 21 étant... déjà été
fait...
Une voix : ...
Mme
LeBel : Oui. Oui. Donc, article 22 : Cette loi
est modifiée par l'insertion, après l'article 13, des suivants :
«13.1.
Lorsque le Protecteur du citoyen estime que la divulgation peut, en raison de
sa nature et de sa gravité, être traitée de manière plus appropriée par
l'organisme public concerné, il peut confier le traitement de cette divulgation
à la personne ayant la plus haute autorité
administrative au sein de cet organisme avec l'accord de cette dernière, sauf si
cela aurait pour effet de permettre d'identifier la personne ayant fait la
divulgation.
«Le Protecteur du citoyen en informe la personne
ayant fait la divulgation, si son identité est connue.
«13.2. La
personne ayant la plus haute autorité administrative au sein de l'organisme
public à qui le Protecteur du citoyen
a confié le traitement d'une divulgation doit, sur demande de ce dernier, l'informer
de l'état du traitement de la divulgation. Elle doit aussi l'informer
lorsqu'elle met fin à son traitement.
«Le Protecteur du citoyen peut, en tout temps et
s'il l'estime utile, reprendre le traitement de la divulgation.»
Donc, l'article 13.1 de la Loi facilitant
la divulgation d'actes répréhensibles à l'égard des organismes publics proposé
par l'article 22 octroie au Protecteur du citoyen le pouvoir de confier le
traitement d'une divulgation à la personne ayant la plus haute autorité administrative,
mais à certaines conditions. Donc, la protection de l'identité du divulgateur demeure au coeur de cette notion, et
le choix et la décision appartient pleinement en Protecteur du citoyen.
Il faut le comprendre.
L'article 13.2 de la Loi facilitant la divulgation
d'actes répréhensibles à l'égard des organismes publics proposé par l'article 22 assigne à la personne ayant la plus haute
autorité administrative au sein de l'organisme public un devoir
d'informer le Protecteur du citoyen relativement au traitement qui lui a été
confié et donne la possibilité au protecteur de reprendre la balle, soit le
traitement de sa divulgation, s'il le juge à propos.
Donc, ça... ce que ça fait, c'est que ça
formalise une pratique, là, à laquelle le Protecteur du citoyen a déjà recours
occasionnellement lorsque la situation le permet. Ça vise à ce que les
ressources du Protecteur du citoyen ne soient
pas impliquées dans le traitement des divulgations qui, des fois, demandent
peut-être des ressources plus... plus... je dirais, plus spécifiques
puis qui pourraient être traitées plus efficacement par l'organisation. Mais le
Protecteur du citoyen est d'accord avec ça,
est en accord, parce que la notion de... si le fait de faire ça révèle
l'identité de la personne, c'est terminé, là, on ne va pas dans ce
sens-là. Et la notion de protéger l'identité de la personne est primordiale. Et
le Protecteur du citoyen ne se décharge pas
du traitement de la plainte, parce qu'il va... il doit faire... en vertu de
13.2, va faire un suivi auprès de la
plus haute autorité et peut même reprendre s'il considère que ce n'est pas fait
correctement. Donc, il continue à faire une vigie sur ce traitement-là.
Mais il faut comprendre que c'est le Protecteur du citoyen qui va décider ça,
ce n'est pas l'organisme public qui est au fait d'une enquête qui va
dire : Donne-moi... Donne-moi l'enquête.
Le
Président (M. Simard) : Cher collègue.
M.
Fortin : Oui. Là, je vais... Prenons un
pas de recul, là. Mettons-nous dans les... Oui, il fait chaud, hein? Mettons-nous dans les souliers d'un divulgateur,
là. Moi, je travaille pour un organisme public, je fais une divulgation
par rapport à mon organisme ou une des personnes qui travaillent à mon
organisme, mais je le fais auprès du Protecteur du citoyen. C'est... Déjà là, c'est rassurant, ça ne va pas dans
l'organisme, c'est traité par quelqu'un d'indépendant, de neutre, qui n'a pas
de parti pris, qui n'a pas de... qui ne peut pas imposer une conséquence sur ma
vie professionnelle. Sauf que, là, on vient donner au Protecteur du
citoyen le pouvoir de juste renvoyer ça à l'organisme en question. Et je
comprends, puis on y arrivera, vous l'expliquez, là, que ça se fait déjà sans
avoir la disposition légale pour le faire. Mais
est-ce que cette disposition-là ou cet article-là ne viendrait pas un peu miner
la confiance du divulgateur, à savoir le protecteur, là... moi, je ne
voulais pas aller à mon employeur, je ne voulais pas aller à mon organisme,
j'étais content que ce soit au Protecteur du citoyen, puis là le Protecteur du
citoyen, il renvoie ça... sans même m'en parler, il renvoie ça à l'organisme.
Mme LeBel : Le Protecteur du citoyen, là, doit informer la
personne de son intention de le faire. Donc, j'imagine...
M.
Fortin : Puis si la personne dit :
«No way», je ne veux pas ça?
Mme LeBel : Bien...
Bien là, j'imagine que le Protecteur du citoyen va... va se gouverner en
conséquence. Il est le Protecteur du
citoyen, donc sa fonction est de protéger ce citoyen-là. Mais ce qu'il est
important de comprendre et de...
bien, pas de comprendre, mais ce qu'il est important de voir, c'est que... Bon,
il y a eu, pendant les consultations, des gens qui sont même venus nous
dire qu'ailleurs dans le monde on permet la divulgation à l'organisme, il y a
des gens qui n'ont pas de problème à
divulguer à leur organisme, mais ce qui est important, c'est que l'identité
soit protégée et qu'il n'y ait pas de représailles. Donc, il y a des
gens qui n'ont... Et ce que le Protecteur du citoyen doit faire ici va quand
même servir de... en bon français, de «buffer» entre le divulgateur et
l'organisme. Si jamais il décide de se servir de 13.1, il demeure un rempart de
protection, parce qu'il doit d'abord s'assurer que ni par l'identité ni par les
détails de la divulgation... Parce qu'on
peut... on peut connaître l'identité de quelqu'un soit par son nom, soit par
les détails de la divulgation. Donc,
il doit s'assurer qu'en aucun cas la confidentialité ou la... voyons,
l'identité de la personne est compromise.
Donc, si le
Protecteur du citoyen considère que de renvoyer à la plus haute autorité de
l'organisme... Parce qu'on parle vraiment de la plus haute autorité de l'organisme.
Donc, ça peut se passer... on prend un exemple, ça peut se passer dans le ministère de l'Agriculture, quelque part. La plus
haute autorité, c'est le sous-ministre. Donc, ça peut se passer au fait... où même le sous-ministre
n'est pas capable d'identifier c'est qui, mais on considère que le
sous-ministre est plus approprié pour, à tout le moins, faire l'enquête
ou assister le Protecteur du citoyen. Mais le Protecteur du citoyen va s'assurer que ni l'identité première,
c'est-à-dire le nom, et ni les faits ne vont permettre d'identifier la
personne.
• (16 h 20) •
Et je pense qu'à ce
stade-ci il faut faire confiance au Protecteur du citoyen à l'effet que, s'il
décide de le faire, c'est parce qu'il juge
que ces conditions-là sont remplies, qu'il le fera en informant la personne,
donc j'imagine que, si le divulgateur dit : Non, non, non, ne fais
pas... je veux dire, on... bon, on va se comprendre, et, en vertu de 13.2, conserve une vigie sur le traitement, ne se
décharge pas de la responsabilité totalement, parce qu'il pourrait même
reprendre le traitement. Donc, il faut donner cette possibilité-là au
Protecteur du citoyen, mais il demeure dans l'obligation de... de protéger la
confidentialité et peut-être qu'il... émettra-t-il une ordonnance aussi, à ce
moment-là, en même temps, qui sait, en disant : Bien, j'ai besoin de ton
aide pour traiter ça et... mais tu ne peux pas en parler ou tu peux en parler à telle, telle, telle personne seulement, là. Le
protecteur pourra aussi émettre des ordonnances, j'imagine, en parallèle ou en
corollaire de ça. Et la... Et la protection contre les représailles, qu'on ne
souhaite jamais, va toujours s'appliquer pour le... pour le divulgateur.
M.
Fortin : Mais... Je comprends les
explications de la ministre, M. le Président, mais je... ce qui... et merci pour ça, mais ce qui nous... ce qui nous inquiète
ici, là, c'est... c'est comment le divulgateur va voir ça. Parce que la chose la
plus importante qu'on peut faire, là, c'est... dans tout le projet de loi,
c'est de garder la confiance de la personne qui peut vouloir divulguer une
information qui a besoin d'être entendue par le Protecteur du citoyen.
Est-ce qu'il ne
serait pas plus approprié de dire qu'on peut confier le traitement de cette
divulgation à la personne ayant la plus
haute autorité administrative au sein de cet organisme avec l'accord de cette
dernière, donc, si, par exemple, dans le cas que vous avez souligné, le
sous-ministre à l'Agriculture est d'accord, on peut lui référer... lui confier
le traitement de la divulgation, mais aussi avec l'accord du divulgateur, si
cette personne est connue?
Mme LeBel : ...je vais reprendre un cas de figure autrement.
Puis j'ai peut-être un... Ce qui est important pour le divulgateur,
quand il divulgue, c'est que l'acte répréhensible cesse et qu'il y ait...
M.
Fortin : ...il veut que l'acte
répréhensible cesse, absolument...
Mme LeBel : ...ou
qu'il y ait des conséquences, là.
M. Fortin : ...mais il veut aussi s'assurer que lui a toutes, toutes,
toutes les protections nécessaires, et c'est pour ça qu'il est content d'aller
au Protecteur du citoyen plutôt que de se tourner lui-même vers le
sous-ministre.
Mme
LeBel : Mais je vais reprendre mon... L'objectif de
divulguer, au départ, c'est qu'il y ait un suivi et une action sur l'acte répréhensible, on se comprend.
Le divulgateur ne veut pas en subir les conséquences, on le comprend,
d'où la protection et la notion de confidentialité de qui il est. Donc, on ne
doit pas faire en sorte qu'il soit identifié ou identifiable. C'est pour ça
qu'il est dit ici qu'il ne peut pas le faire, le Protecteur du citoyen, s'il y
a un risque quelconque que la personne soit identifiée.
Je prends un cas de figure avec vous. Il y a un
acte répréhensible qui a été... qui a été divulgué au Protecteur du citoyen, quelque chose qui est... qui ne fait
pas de sens et qu'il faut... qu'il faut traiter. Si c'est avéré exact en plus,
là, il faut... il faut vraiment s'assurer que ça cesse. Le Protecteur du
citoyen se dit : Moi, là, je n'ai pas la capacité d'enquêter ça si je ne
demande pas à la plus haute autorité de l'organisme en question de soit traiter
un bout de la plainte ou de m'assister. Il en parle au divulgateur, et le
divulgateur... et l'assure de toutes les protections, lui dit : Ta
confidentialité, elle est maintenue, tu es protégé,
et, même si — ça
n'a pas rapport avec ça — il
y a des représailles et qu'on prétend... ta
protection, elle est... elle s'applique. Le divulgateur dit : Non, je vous
interdis de le faire, dans la conversation. Et le Protecteur du citoyen
se dit : Bien là, je n'ai pas la capacité d'enquêter. Est-ce qu'on se
retrouve avec un acte répréhensible qui ne sera pas enquêté?
M. Fortin : ...mais inversement, là vous donnez le pouvoir, je reviens
à votre exemple, au sous-ministre de l'Agriculture de dire : Non, je
n'enquêterai pas. Alors, on n'est pas plus avancés, là.
Mme LeBel : Bien là, il va y avoir
d'autres... d'autres...
Une voix : ...
Mme
LeBel : Bien là, le protecteur va la reprendre, l'enquête,
puis il va sûrement faire... faire un commentaire par rapport au fait
que ça devient peut-être un autre type d'acte. Mais, tu sais, je veux dire, ce
qui est important pour le... Vous avez raison, la notion de confiance, puis
c'est pour ça qu'il doit en discuter avec lui avant. Mais ce qui est important,
c'est qu'il doit l'assurer que son identité va être tenue secrète, parce que
c'est ça qui est au coeur de la confiance du divulgateur. Et ce qui troublait
le divulgateur... je vais le dire comme ça, là, le divulgateur moyen dans le projet de loi d'origine, qui a été adopté en
2017, c'est que, lui, de divulguer à l'intérieur de son organisation, lui-même,
là, lui-même d'aller voir
quelqu'un... c'est que quelqu'un à l'intérieur de l'organisation connaît son
identité à partir du moment où il le
fait lui-même à l'intérieur de l'organisation. Là, le Protecteur du citoyen lui
sert de rempart, c'est-à-dire que le
Protecteur du citoyen va se tourner vers l'organisme en question, dans un...
dans des cas de figure extrêmement restreints,
pour dire : Moi, j'ai tel acte qui m'a été rapporté, mais il doit
protéger, là, la divulgation. Donc, il y a quand même un rempart pour le
divulgateur.
M. Fortin : ...le Protecteur du citoyen, avec tout le respect qu'on lui
doit puis avec tous les pouvoirs qu'il a, il ne comprend pas, disons, la
politique interne de certains organismes, là, il ne peut pas comprendre le
quotidien des relations humaines internes à l'intérieur d'une organisation ou
d'une autre.
Alors, dans le cas, par exemple, on y a fait
référence à quelques reprises, d'une petite organisation, là, s'il se tourne vers... C'est possible qu'en disant :
Moi, j'ai eu vent de ça, et voici certains des éléments qu'on m'a rapportés...
qu'il se trouve dans une position... qu'il se trouve, en fait, à être en
train de divulguer certains détails qui pourraient peut-être mener à
l'identification de la personne qui a divulgué l'acte répréhensible. Alors...
Mme LeBel : Bien, je serais portée à
vous dire, a contrario : Dans une petite organisation, je ne vois pas
pourquoi le Protecteur du citoyen n'aurait pas les moyens de faire l'enquête
lui-même. C'est plutôt, probablement, dans des organisations plus grandes et plus
complexes où là la... le Protecteur du citoyen se trouve limité dans sa
capacité d'enquêter. Et plus l'organisation est grande et complexe, plus le
divulgateur se trouve protégé, si on veut, parce qu'il est noyé dans une grande
organisation, là, au niveau factuel.
Mais c'est important, là, le Protecteur du
citoyen doit discuter avec le divulgateur et doit... et doit s'assurer que,
s'il le fait, il ne met pas, ni par l'identification ni par des faits... parce
qu'on peut identifier quelqu'un par l'information,
on s'entend, là, combien de personnes... Parce que, si le divulgateur dit au
Protecteur du citoyen : Il y a juste trois personnes dans mon
organisation qui savent ça, bien, j'imagine que le protecteur va dire :
Bien, à ce moment-là, je ne peux pas faire en sorte que ton identité ne sera
pas connue, je ne le ferai pas, là. Donc, il va y avoir une évaluation de la...
de la possibilité ou non que le fait... le fait de faire... de mettre...
d'appliquer l'article 13.1 va... va rendre l'identité connue, là. Et je
serais portée à vous dire que plus l'organisation est petite, plus ça va... ça
n'arrivera pas, 13.1, là, parce que, justement, il y a quatre personnes, là,
puis il y en a deux de visées, puis il y en a une qui n'est pas au bureau, on
se comprend, là? Mais c'est pour ça qu'il doit le faire en informant le
divulgateur, et la nature même de la divulgation va lui permettre d'apprécier
si la confidentialité quant à l'identité du divulgateur va être maintenue ou
non, là. C'est ça qui est important.
M. Fortin : Je considère un amendement à ce stade-ci, M. le Président,
mais je suis encore au stade considération. Alors, si les collègues autour de
la table ont d'autres commentaires, ça va me permettre de considérer plus
longuement.
Le Président (M. Simard) : M. le
député de Rosemont.
M. Marissal : Oui.
Oui, oui, bien, je ne suis pas... bien, je ne veux pas parler pour le collègue
de Pontiac, mais je ne suis pas à l'aise avec cette affaire-là parce
que... en fait, qu'il soit à l'aise ou non, ça n'a aucune importance, là, mais c'est parce qu'il me semble que ça... les
Anglais disent : «It defies the purpose», là, ça va à l'encontre de ce que
l'on cherche à faire, tu sais.
Les organisations,
petites ou grandes, ont souvent le réflexe, une fois que les projecteurs se
braquent ou qu'elles se sentent menacées, de se protéger. C'est... C'est un des
principaux problèmes qu'il y a dans la divulgation puis qui retient les lanceurs d'alerte, c'est que
les entreprises ont tendance... pas les entreprises, mais les sociétés d'État
ou les organisations, c'est un réflexe normal, vont se refermer, vont se...
vont se protéger. Puis un des gros problèmes avec la loi actuelle, là,
qu'on est en train de changer, là, c'est qu'il fallait aller dénoncer quelque
chose qui se passe dans ton organisation au
patron, au pluriel ou au singulier, de ton organisation. Ce n'est pas
superconfortable, là, pour quelqu'un qui se dit : Qui qui est au
courant ici? Y a-tu des ramifications? Il y a peut-être un climat de suspicion.
Puis je comprends
qu'il n'irait pas faire ça, le Protecteur du citoyen, dans une petite
organisation où il serait trop facile... mais prenons la mégaorganisation, là, Hydro-Québec,
là. Hydro-Québec n'a pas intérêt trop, trop... puis je ne leur prête pas d'intentions,
là, mais les sociétés d'État, les organisations ont tendance à se protéger. La
haute direction, là, le plus haut
responsable d'Hydro-Québec, là, dans ce cas-ci, là, n'a pas intérêt à mettre au
jour des affaires croches qui se passent dans son organisation. Moi, je suis
super mal à l'aise à ce qu'on leur donne, à ce moment-là, le mandat de
faire enquête, d'autant que, si on le donne au Protecteur du citoyen,
donnons-le au Protecteur du citoyen.
• (16 h 30) •
Puis, en plus, il y a
quelque chose de pervers là-dedans, c'est que, si le Protecteur du citoyen n'a
pas assez de moyens — puis
ça, ça arrive, puis on ne veut pas que ça arrive, Mme la ministre, mais ça
arrive tout le temps, hein, la VG n'a pas assez de moyens, le Protecteur du
citoyen n'a pas assez de moyens — qu'est-ce qui dit que, des fois, il ne va
pas en redonner, en disant : Bon, bien, celle-là me semble un peu moins
grave? D'autant que le libellé, là, du premier alinéa, «Lorsque le Protecteur
du citoyen estime que la divulgation», il n'y a pas de justification écrite, il
va juste dire à la personne divulgatrice : Bien, finalement, ce n'est pas
moi qui va le faire, c'est tes boss. Hein, moi, je serais... moi, je serais
vraiment... je serais terrorisé si on me disait ça, alors qu'on m'a dit :
Va chez le Protecteur du citoyen, il va te protéger puis il va te donner une
protection.
Et
la question qui se pose à ça, c'est : Qui est responsable, jusqu'à la fin
du processus, de protéger cette personne?
Mme LeBel : Le
protecteur.
M. Marissal :
Oui, mais il l'a délégué, il l'a sous-contracté, son pouvoir. Alors... Et
je vous mentionne qu'à l'article 7, le vrai article 7, là, le premier
article 7, là : «Lorsque le Protecteur du citoyen refuse de traiter
une plainte, il notifie au plaignant sa
décision et les motifs sur lesquels celle-ci est fondée.» Là, on fait la... on
ferait la même chose, ou même moins, en disant : Bien, finalement,
je pense que ton affaire, ça peut se régler à l'interne, donc je vais demander
à ton... à ta... je vais demander à la hiérarchie de ton organisation...
Enfin,
bref, je pense que j'ai assez bien... ou peut-être pas, là, mais j'ai dit que
je suis mal à l'aise avec ça. Il me semble que ça va à l'encontre de ce
qu'on essaie de faire.
Mme LeBel : Je comprends parfaitement ce que vous voulez dire,
et, à sa face même, ça peut sembler être le cas.
Quand vous...
Quand... Bon. Les experts qui sont venus nous voir, du monde entier, nous ont
dit qu'il y avait toujours les possibilités de divulguer à l'interne, ça existe
dans le monde entier. Nous, on décide de faire un guichet unique. On s'est même
fait dire qu'on devrait garder la possibilité de divulguer à l'interne.
La chose, par contre,
qui est exacte dans ce que vous dites, c'est qu'à partir du moment où le
Protecteur du citoyen divulguait à
l'interne, il avait deux craintes : je dirais, la première crainte,
c'est-à-dire que son identité soit connue; et la deuxième crainte, c'est
que l'interne étouffe, je vais le dire comme ça. Il est déjà sorti à l'externe,
l'acte répréhensible a déjà été signalé au Protecteur du citoyen. Le Protecteur
du citoyen, lui, doit... doit continuer à protéger l'identité. Donc, ça, cette
notion-là, il est... elle est... elle est exacte, elle est encore présente, la
protection. Et c'est sûr que, si je ne vais
pas voir directement mon patron, je vais voir le Protecteur du citoyen... Et,
même, c'est un peu ce que les syndicats nous disaient quand ils sont
venus voir : Il y a des gens qui viennent divulguer à nous pour ne pas avoir à le faire directement, donnez-nous
l'occasion de le faire pour eux. Donc, le Protecteur du citoyen devient,
je dirais, cette... au niveau de l'identité, devient le rempart. Donc, il le
demeure, le rempart, parce qu'avant de procéder à 13.1 il doit s'assurer qu'il
est le rempart, donc que l'identité ne sera pas connue.
Donc, on en vient à
l'acte répréhensible lui-même. Le Protecteur du citoyen, là, il le sait, qu'il
y a un acte répréhensible. Il le trouve suffisamment sérieux, parce qu'il a
décidé que ça méritait une enquête, mais, pour des raisons de nature et de gravité, pense que c'est plus... le traitement
est plus approprié à l'interne, décide de se tourner vers l'interne.
Donc, c'est... l'évaluation est faite par le Protecteur du citoyen. Et j'ose
espérer que, si sa... la divulgation concerne le plus haut dirigeant de
l'organisme, il ne le fera pas, mais on va comprendre qu'à partir du moment où
le Protecteur du citoyen est au courant et peut reprendre par 13.2 les
rênes, si l'organisme public décide de l'étouffer, là, le Protecteur du
citoyen va dire : Heille! tu as fait quoi, là? Je t'ai donné le
traitement, c'est quoi, ton constat? C'est quoi qui se passe? Bien, le Protecteur
du citoyen peut le reprendre, peut faire un rapport puis peut dénoncer, là,
l'acte répréhensible et décider de le faire en disant : Bien, de par même
le comportement même de... le plus haut dirigeant, il devient lui aussi un
autre type d'acte répréhensible et peut être dévoilé par le Protecteur du
citoyen. Il continue à avoir une vigie là-dessus, là, le Protecteur du citoyen.
Donc, il n'abandonne pas le ballon puis il ne dit
pas : Regarde, organise-toi avec ça puis parle-moi en plus. Il faut
qu'il... il faut que la plus haute autorité à qui on l'a confié informe du
traitement de la divulgation, explique les démarches. Je reprends l'autre... l'autre argument
de l'organisation qui se referme sur elle-même. C'est vrai également quand c'est le protecteur lui-même qui va enquêter
puis qui va se mettre à interroger des gens, là, parce qu'il va... Il va enquêter où, vous pensez? Au sein de
l'organisation. Donc, il va... il peut... Le réflexe de se refermer — malheureusement,
c'est un réflexe tout à fait humain — pourrait
exister, que ce soit le protecteur qui le fasse ou non. Donc, ce n'est pas
le fait de divulguer au plus haut dirigeant de l'organisme et... Et le Protecteur
du citoyen doit le faire dans des cas de figure extrêmement restreints, mais...
Et ce n'est
pas une question d'effectifs, là. On parle de... on parle de notions, de
particularités où le traitement est plus approprié par l'organisme
concerné, pas : Je ne suis pas capable parce que je n'ai pas assez
d'effectifs. C'est plutôt : Je pense que, de par la nature...
Une voix : ...
Mme LeBel : Oui, de par la
nature ou de par la... de par... pas la complexité, mais de par la structure,
c'est plus approprié de le faire par l'organisme privé. Ce n'est pas
marqué : Si je n'ai pas les... je n'ai pas les moyens de le faire, là.
C'est bien marqué : Si le protecteur estime que c'est plus approprié par
l'organisme public concerné.
Et ça se fait déjà de façon informelle, mais là
on vient l'encadrer en... Moi, je dirais qu'on vient en plus donner au Protecteur
du citoyen l'obligation de s'assurer
de la protection du divulgateur et de s'assurer de... de l'informer
avant de le faire, donc, d'en discuter avec lui.
Peut-être qu'on peut préciser la notion
d'information au divulgateur et de discussion, on peut réfléchir à quelque
chose, mais moi, je ne suis pas convaincue qu'on doit continuer à donner au Protecteur
du citoyen cette possibilité-là, puis c'est lui qui va le juger, là. Puis il
est au courant de l'acte répréhensible, là, il est déjà connu, là, il n'est pas
étouffé par l'organisation. Le...
M. Marissal : Il est au courant
de l'allégation d'un acte répréhensible. Donc, il faut faire la démonstration,
voir la preuve qu'il y a eu acte répréhensible.
Mme LeBel : Mais moi, j'ose
espérer que le Protecteur du citoyen, s'il le confie à l'organisation, qu'il...
Puis il doit faire le suivi, là.
M. Marissal : Mais
qui va faire la preuve qu'il y a eu acte répréhensible une fois que le Protecteur du citoyen a passé la puck à
l'organisation? C'est l'organisation?
Mme LeBel : Bien, l'autorité
devra faire rapport au Protecteur du citoyen de la façon dont elle s'est
comportée, à qui elle a parlé.
M. Marissal : Puis,
si l'organisation dit après trois mois : Non, finalement, ce n'est pas
fondé, il n'y a rien là, circulez, il n'y a rien à voir?
Mme LeBel : C'est au Protecteur
du citoyen de s'assurer que c'est... que c'est le cas, là. Je veux dire, le Protecteur
du citoyen a... demeure sous la responsabilité ultime de traiter tout ça. Il
peut même le reprendre, le traitement, s'il considère que ce n'est pas... si la
réponse est suspecte ou non satisfaisante.
M. Marissal : Moi, je pense que
ce serait plus simple qu'il le fasse dès le début au complet puis qu'il garde
ça. Comme ça, il n'aura pas à reprendre puis il n'y aura pas de doute, puis je
pense qu'on assure la sécurité.
Des voix : ...
Le Président (M. Simard) :
Tout
à fait. Alors, nous allons suspendre.
Mme LeBel : ...
Le Président (M. Simard) : Très
bien. Oui. Nous suspendons.
(Suspension de la séance à 16 h 38
)
(Reprise à 16 h 48)
Le Président (M. Simard) : Bien.
Alors, nous sommes de retour. Je crois comprendre qu'un large consensus s'est
manifesté durant la pause, à savoir celui de suspendre l'article 22 et
de...
Mme LeBel : À l'unanimité, M.
le Président.
Le Président (M. Simard) : L'unanimité.
Mme LeBel :
Pour la suspension.
M. Fortin : ...avec une proposition.
Le Président
(M. Simard) : Ça va encore plus loin que je le croyais.
Mme LeBel :
Qui pourrait répondre à vos... à vos préoccupations.
M. Fortin : Exact. Et voilà.
Le Président
(M. Simard) : Alors, très bien. Donc, nous suspendons
l'article 22, avec le consentement de tous, et nous poursuivons avec
l'étude de l'article 23. Mme la ministre.
Mme LeBel :
Merci, M. le Président. 23. L'article 14 de cette loi est
modifié :
1° par l'insertion,
après le premier alinéa, du suivant :
«De même, si le
Protecteur du citoyen estime que des renseignements portés à sa connaissance
peuvent faire l'objet d'un signalement en application de l'article 19 de
la Loi sur le protecteur national de l'élève, il les transmet dans les plus
brefs délais au protecteur régional de l'élève compétent.»;
2° dans le deuxième
alinéa :
a) par l'insertion,
après «portés à sa connaissance», de «le mettent en cause ou»;
b) par l'insertion,
après «plus brefs délais», de «au commissaire à l'éthique et à la
déontologie,»;
3° par l'ajout, à la
fin du troisième alinéa, de la phrase suivante : «Toutefois, si la
divulgation le met en cause, il doit mettre fin à l'examen ou au traitement de
celle-ci.»
Donc, les
modifications à l'article 14 de la Loi facilitant la divulgation d'actes
répréhensibles à l'égard des organismes publics proposées par l'article 23
du projet de loi ont deux objets.
Le premier objet est
de permettre au Protecteur du citoyen de transmettre des renseignements
appropriés portés à sa connaissance pouvant faire l'objet d'un signalement au
protecteur régional de l'élève compétent, donc de diriger le signalement vers
la bonne personne.
Et le deuxième est de
tenir compte de la possibilité que des renseignements portés à la connaissance
du Protecteur du citoyen le mettent en cause. Étant donné que les divulgations
qui le mettent en cause sont traitées par le commissaire à
l'éthique, il est proposé que dans un tel cas, le Protecteur du citoyen
transmette de tels renseignements au commissaire à l'éthique
et qu'il ne puisse alors procéder à... au traitement. On le comprend, là, il
doit donc rediriger et cesser.
• (16 h 50) •
M. Fortin : Bon. La... la dernière partie, là, sur tout ce qui
traite... tout ce qui met en cause potentiellement le Protecteur du... du
citoyen, ça, on peut comprendre. On a déjà parlé de ça, il y a quelques
articles, là, puis c'est effectivement bien
normal que, si la divulgation le met en cause puis qu'elle a été transmise au commissaire à l'éthique,
que le Protecteur du citoyen dise : Moi, j'ai fini de mon bord. Ça, ça va.
De l'autre côté, si
le Protecteur du citoyen estime que la divulgation qu'il a reçue aurait pu
s'adresser... aurait pu... la personne aurait pu se tourner vers le protecteur
de l'élève, est-ce qu'à ce moment-là, une fois qu'il fait... qu'il transmet au
protecteur régional de l'élève les renseignements, est-ce que lui également met
fin à son enquête à ce moment-là? Est-ce que le Protecteur du citoyen met fin
aussi à son enquête?
Mme LeBel :
...il peut faire... il peut mettre fin ou continuer. Mais je pense que
c'est écrit, hein, dans l'article. Mais il
doit... il doit en convenir avec le protecteur de l'élève, à titre d'exemple,
là, pour ne pas que les deux se...
M. Fortin : C'est écrit, ça?
Mme LeBel : Oui : «Le Protecteur
du citoyen met fin à l'examen ou au traitement de la divulgation ou le poursuit
selon les modalités convenues avec
l'organisme à qui il a transmis les renseignements.» Toutefois... Bon,
naturellement, si elle le met en cause, c'est là qu'il cesse.
Une voix :
...
Mme LeBel :
Oui. Donc, dans le seul cas où il cesse complètement, c'est s'il le met en
cause. Dans l'autre... dans les autres cas, il doit s'entendre avec l'organisme
à qui il a transmis, là, pour être sûr qu'ils ne se marchent pas les pieds les uns sur les autres, là, on va le
dire comme ça. Dans le fond, c'est une obligation de se coordonner. Je vais la
résumer comme ça.
M. Fortin : Pas d'enjeu. Beaucoup plus consensuel que le dernier
article, là, M. le Président, je pense.
Le Président
(M. Simard) : Collègue de Rosemont.
M. Marissal : Oui, oui.
J'essayais juste de voir le texte proposé, une fois... Donc, 14 de la loi
actuelle est modifié par 23 de... de ce
projet. C'est bien ça? Oui, c'est ça. Donc, le texte proposé... Pourquoi on
fait exclusivement référence au Protecteur
national de l'élève? Il y aurait certainement d'autres cas, non, où ça pourrait
arriver, qui est...
Mme LeBel : Oui, mais c'est
parce que les autres cas sont déjà, si je... compris dans la loi, mais le Protecteur
national de l'élève est nouveau, si je ne me... est nouveau, donc on vient...
on vient l'introduire dans cette...
M. Marissal : Donc, les autres
sont des...
Mme LeBel : Oui. Il y a le
commissaire à... voyons, le Commissaire à la lutte contre la corruption est là,
protecteur... le BIG, l'AMP, l'Autorité des marchés publics... C'est parce que
le Protecteur national de l'élève est... n'était pas là au moment de l'édiction
de la Loi sur le Protecteur du citoyen, donc...
M. Marissal : OK, je comprends.
Mme LeBel : C'est une
concordance avec ce qui a été fait, je vais le dire comme ça, là, un
ajustement. Mais ce groupe de gens là, à qui il transmet des renseignements, il
peut considérer de continuer l'enquête, mais il doit se coordonner à ceux à qui
ils transmettent. Le seul cas de figure où il doit cesser, bien, c'est le cas
qui le concerne et quand ils transmettent au Commissaire à l'éthique et à la
déontologie.
M. Marissal : C'est bon. Je
comprends.
Mme LeBel : En résumé.
M. Marissal : Oui.
Le Président (M. Simard) : Très
bien. D'autres remarques? Sans quoi, l'article 23 est-il adopté?
Des voix : Adopté.
Le Président (M. Simard) : Adopté.
Et nous poursuivons par l'étude de l'article 24.
Mme LeBel : 24. L'article 16
de cette loi est modifié par la suppression de la dernière phrase.
Donc, commentaires : Cet article propose de
supprimer la possibilité pour le Protecteur du citoyen d'aviser le gouvernement
lorsqu'il considère qu'aucune mesure satisfaisante n'a été prise dans un délai
raisonnable par un organisme public après
avoir fait des recommandations au terme d'une vérification ou d'une enquête. Il
propose également de supprimer la possibilité d'exposer un tel cas dans
un rapport spécial ou dans son rapport annuel à l'Assemblée nationale, étant
donné que cette possibilité est déplacée, elle est déplacée, et reformulée par
l'article 16.2 de la loi facilitant la divulgation à l'égard des
organismes publics par l'article 25 du projet de loi.
Donc, on supprime à un endroit, mais on va
récupérer ailleurs, là. Je vous rassure, oui, on va récupérer à
l'article 25 du présent... bien, le prochain, finalement, c'est ça, le
suivant?
Des voix : ...
Mme LeBel : Oui.
M. Fortin : ...le 16... Je le cherche, là, au 25.
Mme LeBel : L'article 25
va introduire 16.1, 16.2.
M. Fortin : Oui.
Mme LeBel : Et dans le 16.2?
Une voix : ...
Mme LeBel : Dans le 16.2. Dans
le fond, ce qu'on enlève, là : «S'il le juge à propos, il peut par la
suite en aviser par écrit le gouvernement et exposer le cas dans un rapport
spécial ou son rapport annuel.» Dans 16.2, on dit : «Expose dans un
rapport les informations qu'il estime appropriées concernant», et là, donc, on
revient avec la notion de rapport.
M. Fortin : Et au point 1 du 16.2 : «Toute situation où,
après avoir avisé le ministre responsable [...], il considère qu'aucune mesure
satisfaisante n'a été prise dans un délai raisonnable...»
Mme LeBel : Voilà. Donc, ces
notions-là sont transposées dans le 16.2.
M. Fortin : OK. Avant de voir le 25, vous m'aviez fait peur, mais là
vous... vous me ramenez sur Terre. C'est bien.
Le
Président (M. Simard) : D'autres remarques sur 24? Est-ce que cet article
est adopté? Adopté. Nous passons à l'étude de l'article 25, un peu
plus long celui-là.
Mme LeBel : Oui.
Donc, on vient d'y faire référence, mais voici l'article 25 : Cette
loi est modifiée par l'insertion, après l'article 16, des
suivants :
«16.1. Le
Protecteur du citoyen peut, en vue de remédier aux conséquences d'actes
répréhensibles, d'éviter leur répétition ou de parer la commission de tels
actes, appeler l'attention d'un dirigeant d'organisme ou du gouvernement sur les réformes... sur les réformes législatives,
réglementaires ou administratives qu'il juge conformes à l'intérêt général.
«16.2. Le
vice-protecteur à l'intégrité publique...» Vous le verrez, là, c'est comme le
commissaire qu'on introduit qui va... qui va gérer cette branche-là. Je
m'égare, mais...
«16.2. Le
vice-protecteur à l'intégrité publique, nommé en application de
l'article 4 de la Loi sur le Protecteur du citoyen, expose dans un
rapport les informations qu'il estime appropriées concernant :
«1° toute situation où, après avoir avisé le
ministre responsable de l'organisme public concerné, il considère qu'aucune
mesure satisfaisante n'a été prise dans un délai raisonnable par cet organisme
public;
«2° toute situation où il conclut qu'un acte
répréhensible a été commis;
«3° toute situation où il conclut qu'aucun acte
répréhensible n'a été commis, s'il le juge d'intérêt public.
«Les informations visées au premier alinéa
s'entendent, par exemple :
«1° du nom de l'organisme public concerné;
«2° d'une indication de la période durant
laquelle l'acte répréhensible a été commis;
«3° des recommandations ayant été faites à
l'organisme public concerné;
«4° de la description des suites données à ces
recommandations;
«5° de toute information susceptible de
contribuer à prévenir la commission d'actes répréhensibles.
«Le Protecteur du citoyen inclut le rapport dans
son rapport d'activités visé à l'article 28 de la Loi sur le protecteur du
citoyen ou, s'il l'estime approprié, le transmet à l'Assemblée nationale à
titre de rapport spécial. Le président de
l'Assemblée nationale dépose ce rapport spécial devant l'Assemblée dans les
trois jours de sa réception, ou, si elle ne siège pas, dans les trois
jours de la reprise [des] travaux.»
Donc, 16.1 proposé par 25 du projet de loi est
une disposition équivalente à celle de 27.3 de la Loi sur le Protecteur du
citoyen applicable à la Loi facilitant la divulgation d'actes répréhensibles en
vertu d'un renvoi qui est fait à l'article 29 de cette loi. Ce nouvel
article 16.1 est proposé dans le cadre du remplacement du renvoi aux
dispositions de la Loi sur le Protecteur du citoyen fait à cet article 29
par l'incorporation de ces dispositions dans la Loi facilitant la divulgation des actes répréhensibles à l'égard des
organismes publics proposées par le présent projet de loi.
Donc, l'article 16.2 de la Loi facilitant
la divulgation d'actes répréhensibles à l'égard des organismes publics proposé par l'article 25 du projet de loi
prévoit des informations qui devront être exposées dans un rapport et
transmises à l'Assemblée nationale par le Protecteur du citoyen. Il
prévoit également des exemples, des informations qui pourront être exposés dans
un rapport. Enfin, il prévoit la manière dont les rapports seront transmis et
déposés devant l'Assemblée nationale.
Ça répond... Je vous dirais que ça répond à une
recommandation faite par le Protecteur du citoyen dans son bilan, là, sur la mise en oeuvre de la Loi
facilitant la divulgation d'actes répréhensibles qu'il a publiée en 2019...
puis il l'a réitéré... réitéré dans son mémoire déposé, là, à la Commission des
finances, là, en 2023, dans le cadre des consultations particulières qui ont
été faits avant le dépôt du projet de loi... il disait que... il recommandait
au législateur de préciser ses attentes, puis d'établir des orientations, puis
de définir les critères de ce qu'il considère être une information
d'intérêt public dans la... dont la
diffusion est justifiée. Ça répond à une demande du Protecteur du citoyen, en bon... plus simplement résumé, là.
C'était beaucoup plus large avant.
M. Fortin : Le... le rapport d'activités visé à l'article 28 de la
Loi sur le Protecteur du citoyen, là, y a-tu une périodicité à ça? Je veux
juste m'assurer, parce que là, le rapport qu'on inclut dans le rapport...
Mme LeBel : ...C'est annuel.
M. Fortin : Oui. OK, donc, le rapport qu'on inclut dans le rapport d'activités y
serait, à moins que le Protecteur
du citoyen...
Mme LeBel : ...spécial.
M. Fortin :
...décide que c'est un rapport spécial. Ça, ce rapport spécial là, c'est...
c'est à part, là. S'il choisit de faire ça, c'est déposé trois jours après le
dépôt du rapport à l'Assemblée.
Mme LeBel : Au moment où lui
choisit.
M. Fortin : Mais sinon ça... c'est inclus dans le rapport annuel.
• (17 heures) •
Mme LeBel :
Oui.
M. Fortin : OK. Là, vous venez dire : «Les informations visées au premier alinéa».
Ça, c'est celles qui... qui sont rapportées dans le rapport, rapportées
dans le rapport, là, mais les informations suivantes : le nom de
l'organisme, l'indication de la période
durant l'acte... laquelle... durant laquelle l'acte répréhensible a été commis,
les recommandations, des descriptions de ce qui a été fait, des suites
données, mais on ne vient pas dire... on ne vient pas nulle part avoir une description des actes répréhensibles, à moins
que je me trompe, là, puis fort probablement je me trompe, parce que ça
semble incontournable. Mais moi, ici, je vois : Le rapport doit inclure le
nom de l'organisme, la période, les recommandations qui sont faites...
Mme LeBel : Par
exemple, «s'entendent, par exemple», donc qui pourraient... il pourrait...
M.
Fortin : Oui, mais il doit y avoir... il
me semble qu'il doit y avoir une description de...
Mme LeBel :
Mais attends un petit peu...
M. Fortin : ...c'est un peu incontournable.
Mme LeBel :
Oui, mais toute... Bon, expose dans un rapport «toute situation», «toute
situation où il conclut qu'un acte répréhensible a été commis». Donc, c'est à
2°, là, qu'il va le faire, là.
M. Fortin : Vous êtes où, là?
Mme LeBel :
16.2.2°, avant les informations au premier. Il inclut dans son rapport
«toute situation où il conclut qu'un acte répréhensible a été commis». Donc,
dans l'exposition de la situation, il va exposer... il va exposer le factuel,
donc... mais quand... quand ça a été commis, là, et, quand ça n'a pas été
commis... C'est parce qu'on a fait deux
situations. Quand c'est commis, il l'expose. Quand ce n'est pas commis...
C'est-à-dire, au... au terme de la divulgation et de l'enquête, on se
rend compte que ça n'avait pas de sens, ce n'est pas une divulgation à... qui
s'est avérée, là. Bien, il peut le faire, mais s'il le juge d'intérêt public de
le faire.
M. Fortin : Ah! mais moi, je... je ne lis pas l'article comme vous, là,
puis c'est peut-être moi qui le... qui lis mal,
vous êtes avocate, je ne le suis pas, mais le... le 16.2, il vient dire
essentiellement que «le vice-protecteur à l'intégrité publique expose
dans un rapport les informations qu'il estime appropriées concernant»,
situation un, deux, trois.
Mme LeBel :
Oui.
M. Fortin : Puis, après ça, on vient dire ce qui doit être nommé dans
cette... dans ce rapport-là, mais jamais on ne vient dire que la description de
l'événement doit être nommée.
Mme LeBel :
Oui, mais c'est parce que...
M. Fortin : Ça, c'est le déclencheur. L'événement, c'est le
déclencheur, mais...
Mme LeBel : Oui, mais la raison pour
laquelle... Je vais vous... Il faut... Il considère... «expose dans un
rapport», «qu'il estime appropriées», concernant la situation qui est
avérée. Et là-dedans, il y a toujours la... l'obligation de protéger le divulgateur. Donc, on ne peut pas lui
donner l'obligation de décrire la situation au complet. Il va le faire. Quand
c'est avéré, il doit le faire, il doit le faire, mais il faut qu'il voie
quel... qu'est-ce qu'il va mettre dans son rapport pour toujours continuer à
protéger le divulgateur. C'est un des exemples, là, à titre d'exemple. Mais la
façon dont c'est écrit, moi, je le vois bien
qu'il va exposer toute situation où il conclut qu'il est avéré, et, quand ce
n'est pas avéré, c'est s'il l'estime dans l'intérêt public de le faire. Donc,
il n'a pas... puis c'est clair qu'il n'a pas l'obligation de le faire dans
le cas où ce n'est pas avéré...
M. Fortin : Non, puis ça, c'est correct. Ça, ça va.
Mme LeBel : C'est bon. Et, dans
l'autre cas, il a l'obligation de le faire. Et les... on aurait pu dire
«notamment» au lieu de «par exemple»,
mais les informations qu'il devra mettre par exemple, notamment, c'est le nom
de l'organisme concerné, l'indication
de la période durant laquelle l'acte répréhensible a été commis, là. Je veux
dire, il va parler de la période puis
de l'acte répréhensible qui a été commis, donc il va parler de l'acte
répréhensible et des recommandations.
Donc,
il... Dans la... dans le premier alinéa, il va faire une description de la
situation, mais on lui demande d'être encore plus précis :
l'organisme, la période, des recommandations. Donc, on lui donne ce qu'on
aimerait avoir aussi, en plus de tout ça, pas juste de décrire : Bien, il
était une fois un organisme public, à une époque non précisée avec un organisme non... non précisé. Donc, on lui donne
le... dans les exemples, ce qu'on veut retrouver comme information, mais
naturellement, la façon dont l'article est libellé, ça comprend la situation.
M. Fortin : OK, moi, je ne le lis pas comme ça, mais ce n'est pas grave, parce que
ce que vous êtes en train de dire, là, aujourd'hui, fait foi de votre
intention.
Mme LeBel : ...vient
donner l'intention au législateur. Voilà.
M. Fortin : Donc,
ce que vous voulez, là, c'est qu'il y ait le nom, l'indication de la période,
les recommandations, mais qu'il y ait aussi une description, puis là
c'est à... c'est au Protecteur du citoyen ou au...
Mme LeBel : ...vice,
oui.
M.
Fortin : ...vice-protecteur à l'intégrité
de décider du niveau de détail qu'il soumet dans son rapport.
Mme LeBel : Les
informations, par rapport à cette situation-là, qu'il estime appropriées.
M.
Fortin : Ça va, M. le Président.
Le Président (M.
Simard) : D'autres remarques sur l'article 25? M. le député de
Rosemont.
M. Marissal :
Oui. Merci. «Le Protecteur du citoyen peut, en vue de remédier aux
conséquences d'actes répréhensibles,
d'éviter leur répétition ou de parer...» pardon, «de parer la commission de
tels actes, appeler l'attention d'un dirigeant d'organisme ou du
gouvernement sur les réformes législatives, réglementaires ou administratives
qu'il juge conformes à l'intérêt général.»
Ça, est-ce que c'est fait par leur rapport qui est à 16.2 ou il y a une autre
façon de le faire? Par exemple, de façon...
Mme LeBel : Ce n'est pas précisé, on veut... on... Il y a...
Selon ma lecture et ma compréhension de l'article 16.1, il n'aura pas besoin de passer ni par un rapport
annuel ni par un rapport spécial. Il pourra le faire sous la forme qu'il le juge approprié, et ce ne sera pas nécessairement
annuel, là, mais ça pourrait être... ça pourrait être dans son rapport annuel,
ça pourrait être dans l'occasion de son rapport spécial, mais on...
Une voix : ...
Mme LeBel : Ou
il peut s'adresser, là, par lettre à un dirigeant, à titre d'exemple, mais on
ne voulait pas l'enchâsser nécessairement dans le... dans le rapport et
l'obliger de faire un rapport spécial ou le faire par le rapport annuel. Mais j'imagine que, dans beaucoup de cas
de figure, ça pourrait passer soit par le rapport annuel, soit par le cas d'un
rapport spécial s'il le juge approprié. Mais il n'est pas, dans ce cas de
figure là, obligé de passer par le biais... Il a beaucoup plus d'agilité dans
ce cas-là pour que... pour appeler l'attention du dirigeant.
M. Marissal :
Et est-ce que cette étape-là est
publique, d'une façon ou d'une autre, si, d'aventure, le Protecteur du
citoyen envoie un mémo...
Mme LeBel : Ça
va être au choix du Protecteur du citoyen dans ce cas-là. Ça peut se justifier
que, dans certains cas de figure, le
Protecteur du citoyen pense qu'il doit le faire, dans un premier temps, je vais
le dire comme ça, d'une façon,
mais... d'une façon plus... plus discrète, je ne vois pas d'autre façon de le
dire, mais ça va être le Protecteur du citoyen à juger de ses
interventions, là.
M. Marissal :
Puis il peut aller plus loin avec un rapport...
Mme LeBel : Ah!
il peut le faire, oui.
M. Marissal :
...dans le rapport, un fascicule
dans le rapport qui, nécessairement, renverrait la balle dans l'arène
politique, parce que, là, le rapport est public puis il est déposé, puis là,
tout le monde a accès, je comprends tout ça. Et
on lui demande, à ce moment-là, de faire la description des suites données à
ces recommandations. Et s'il n'y a pas de suite, on comprend... on
comprend donc que...
Mme LeBel : Qu'il
devra le dire.
M. Marissal :
...de facto, que c'est ça qui va être écrit.
Mme LeBel : Bien,
oui, parce que si... s'il doit faire la description des suites, puis qu'il n'y
a pas de suite, il va dire : Je ne peux pas décrire les suites, il n'y en
a pas eu.
Une voix :
...
Mme LeBel : Mais il n'y a pas de
lien entre les deux, là, il n'y a pas de lien entre 16.1 puis 16.2. Par contre,
à 16.2, je dirais que, dans 3, les
recommandations qu'il peut faire dans le rapport pourraient être des
recommandations de l'ordre de 16.1. Et là, à ce moment-là,
elles deviennent publiques, et là, il y a des suites à lui... à lui donner. Là,
donc, il y a plus d'agilité pour le Protecteur du Citoyen, mais dans la section
Rapport spécial et annuel, tout ça est public et peut inclure les notions de
16.1, mais 16.1 lui donne plus d'agilité.
M. Marissal :
D'accord. Puis, donc, à 16.2, donc, s'il conclut que, cas de figure, il y a
eu, effectivement, un... il y a eu un acte
répréhensible, c'est le terme que je cherchais, il ne s'est rien passé ou il ne
s'est pas passé assez de choses à son
goût, il décide de faire un rapport, un fascicule dans son rapport, il le
dépose, il est déposé à l'Assemblée nationale, il devient public. C'est
la fin de l'histoire?
Mme LeBel : À
ce moment-là, c'est ça, oui, effectivement. Il n'a pas de pouvoir d'aller
modifier lui-même... Et là, ça devient le
travail... ça devient public. Et c'est ça, d'ailleurs, le Protecteur du
citoyen, le commissaire à l'éthique, c'est
ça qui est le... qui est la... le contrepoids, c'est la publicité de tout ça.
Et là, bien là, ça devient... le ministre qui va être probablement
interrogé en Chambre, en période de questions, j'imagine.
M. Marissal :
Oui, mais ça, ça dure 24 heures.
Mme LeBel : Bien,
pas tout le temps, là, pas tout le temps.
M. Marissal :
Dans le... dans le grand cycle des nouvelles, là, c'est rare que ça dure
plus longtemps, là. Puis, bon, parfois on souhaite que ça dure juste
24 heures, mais parfois, ça dure plus que 24 heures. Et des rapports
disant : Le gouvernement n'a pas fait
ce qu'on lui a demandé, la VG en pond deux par année, le protecteur aussi. On y
revient régulièrement. Bon, et je comprends qu'à la fin, bien, il s'agit
d'avoir un prix politique à payer pour ça. Là, on est dans l'autre arène, celle de la politique. Mais qu'arrive-t-il du
divulgateur ou des lanceurs d'alerte qui, eux, ont été mal servis dans
cette affaire-là? Parce qu'à la fin, il ne s'est rien passé pour régler la
situation.
Mme LeBel : Bien,
idéalement, il est protégé jusqu'au bout. Il a fait son travail de divulguer,
de lancer l'alerte. Mais, je veux dire, je ne sais pas ce que vous proposez. Je
veux dire, il n'y a pas de moyen de forcer le gouvernement à agir dans... à
part le fait de rendre tout ça public et de... au vu et au su de tout le monde,
là.
• (17 h 10) •
M. Marissal :
Je comprends que c'est le pire des scénarios que je suis en train de
décrire.
Mme LeBel : Bien,
oui.
M. Marissal :
Mais cette personne se trouve encore dans l'organisation qu'il a dénoncée,
il...
Mme LeBel : Oui,
mais là, idéalement, idéalement, là, si tout a fonctionné correctement, son
identité aurait été gardée confidentielle jusqu'au bout. C'est ça, l'objectif.
Mais, encore une fois, on le sait qu'on ne vit pas dans un monde idéal, d'où la
protection contre les représailles. Et idéalement, si ça... si, par
inadvertance ou par un... quelconque, son
identité s'avère connue et qu'il n'y a aucunes représailles, bien là, à un
moment donné, on ne peut pas... Et, s'il y a une représaille, il y a une
mécanique de protection. Je veux dire...
M. Marissal :
Oui. Puis je comprends que je n'ai pas de solution, là. Je... J'allais au
bout de la logique de cette affaire-là.
Mme LeBel : Non,
c'est ça. Je pense qu'on va au bout des actions qu'on peut faire dans de tels
cas de figure.
M. Marissal :
Tu sais, idéalement, tout le monde serait honnête, fin puis poli, mais...
Mme LeBel : Oui,
et j'aurais eu zéro travail toute ma vie.
M. Marissal :
Puis il n'y aurait pas de loi pour...
Des voix : ...
M. Marissal :
C'est bon. Ça va.
Le
Président (M. Simard) :
Alors, d'autres interventions sur
l'article 25? Oui.
M.
Fortin : Je veux juste revenir, M. le
Président, si vous le permettez, sur la notion de... la notion du rapport
final, là, qui est ou n'est pas public. Et moi, j'avais compris, à la lecture
de l'article proposé, qu'un rapport qui est inclus dans le rapport d'activité
annuel, ça, c'est public, que le rapport spécial est public. Mais là, la
ministre a fait référence à une lettre. Moi,
je ne vois pas cette... Corrigez-moi si j'ai tort, là, je ne vois pas cette
possibilité-là, là. Tu sais, un... le Protecteur du citoyen qui dit : J'ai
fait des recommandations au ministre X... à la présidente du Conseil du trésor, tiens, la présidente du
Conseil du trésor n'a pas fait le suivi nécessaire, je lui écris une lettre. Je
ne la vois pas, cette possibilité-là. Moi, je croyais qu'il devait l'inclure
dans son rapport.
Mme LeBel : Ça...
J'essaie de voir, là, parce que ça fait référence à l'article 29 de la Loi
sur...
Une voix : ...
Mme LeBel : OK. Bon, ce n'est pas
ça. Le Protecteur du citoyen, là, il a des échanges avec nous, avec le Conseil du trésor, il voit des choses, il entend
des choses et souvent, il nous fait, dans ces échanges, des recommandations.
Elles sont moins formelles et officielles que dans le cas d'un rapport. Mais
disons, là, qu'il y a eu des échanges avec moi
ou avec quelqu'un du gouvernement dans le cadre de ses fonctions et qu'il
s'avère que ça ne fonctionne pas, il peut le refaire dans son rapport
annuel, puis de le faire de façon plus formelle, puis de le divulguer, là. Ça
va être lui... Mais je pense qu'il faut donner au Protecteur du citoyen la
possibilité, s'il le juge à propos... Disons qu'il y a des... J'essaie de
trouver un cas de figure, puis c'est difficile de le faire, qui ne tombe pas
dans le cas où on...
Des voix :
Mme LeBel : Peut-être...
peut-être une... c'est ça que j'allais... moi, c'est un peu l'idée que j'avais.
J'attire l'attention d'un dirigeant d'organisme sur une mécanique de loi
qui fonctionne moins bien, qui pourrait donner ouverture à un acte répréhensible. Il n'y en a pas, ça ne mérite
pas l'objet d'un rapport, mais je vais signaler que, dans le cadre de mes...
des mes enquêtes ou de mon travail, j'ai vu que peut-être, dans ce coin-là, il
y avait une faiblesse dans une loi ou dans un règlement, qu'on pourrait
renforcer. Ça ne mérite pas un rapport public puis un opprobre au gouvernement,
je le vais dire comme ça, au dirigeant d'organisme. Mais, si c'est le cas et
qu'on est dans des cas de figure où... Le protecteur
du citoyen, là, je veux dire, il va faire un rapport public puis il va faire...
il va se servir du... de... du point 3° pour faire une
recommandation formelle. Mais on ne peut pas ne pas permettre ce genre
d'échange là, parce que ce n'est pas tous
les cas de figure où le Protecteur du citoyen va dire : Bien voyons, c'est
un cas où tout le monde doit savoir que j'ai dit au gouvernement que
dans son règlement x, y, z, je pensais qu'il devrait le «tweaker», là, un petit
peu, là, tu sais, ou sa directive devrait être précisée. Mais je pense qu'il
faut lui donner l'occasion d'avoir ces échanges-là. Il demeure indépendant dans
sa décision de le faire d'une façon ou d'une autre, mais à partir du moment... Et là, on parle du Protecteur du
citoyen, là, parce que n'oublions pas que, quand on parle d'acte répréhensible
au sens précis, on tombe sur le vice-protecteur qui va être... qui est mis en
place, et lui doit faire des rapports, là. Lui, il n'a pas ce loisir-là, le vice-protecteur qui est dans les enquêtes,
là. Lui, il n'a pas le loisir de faire des recommandations en vertu de
16.1, c'est le protecteur en haut qui, peut-être, au fil du temps, de
l'exercice, de plein de choses, va dire : Bien là, là-dedans, peut-être
que tu devrais... Mais j'ai l'impression que, quand il le juge à propos, il ne
se privera pas de faire un rapport public, parce qu'il y a encore possibilité
de le faire. Mais je ne pense pas qu'on doit le priver d'avoir ces échanges-là,
au bénéfice de tout le monde, d'ailleurs.
M. Fortin : OK, le... puis c'est peut-être juste moi, là, mais, dans le
texte proposé que vous avez soumis dans le cahier, là, il y a encore la partie
qu'on a enlevée à l'article précédent, là. Je ne sais pas si vous avez le même
que moi, là. À l'article précédent, on a enlevé le «s'il le juge à propos, il
peut par la suite en aviser par écrit le gouvernement». Nous, dans le texte
proposé qu'on nous a soumis suite à l'article 25, il y a le 16, le 16.1
puis le 16.2. Puis, dans le 16, il y a encore le texte.
Mme LeBel : Oui...
Des voix : ...
M. Fortin : OK. Mais vous allez l'enlever, là, c'est juste une...
Mme LeBel : ... biffé par l'article
précédent.
M. Fortin : Oui, c'est ça. OK, mais il est déjà parti.
Mme
LeBel : Oui, oui, on l'a biffé dans l'article précédent.
Oui, oui, c'est pour ça que j'étais comme : Voyons...
M. Fortin : C'est bon. OK
Mme
LeBel : Mais là, dans la... c'est sûr que dans l'exemple
que vous avez là, il est là, parce qu'il n'était pas adapté... il n'était pas
adopté au moment où on a fait le cahier.
M. Fortin : C'est bon.
Le Président (M. Simard) : D'autres
remarques sur 25? Sans quoi, cet article est-il adopté?
Des voix : Adopté.
Le Président (M. Simard) : Adopté.
Nous passons à l'étude de l'article 26.
Mme
LeBel : Oui, 26.
Le Président (M.
Simard) : Pour lequel il y aura un amendement.
Une voix : ...
Mme LeBel : Peut-être.
Il faut que je me garde une certaine autonomie, M. le Président.
L'article 17 de cette loi est modifié :
1° dans le premier
alinéa :
a) par le
remplacement de ce qui précède le paragraphe 1°
par «Le vice-protecteur à l'intégrité publique prépare une fois par année un
rapport dans lequel il indique :»;
b) par le
remplacement, dans le paragraphe 5°, de «visées à» par «visées au premier
alinéa de»;
c) par le
remplacement des paragraphes 7° et 8° par les suivants :
«7° le nombre de
divulgations dont le traitement a été confié à la plus haute autorité
administrative d'un organisme public...»
Des voix : ...
Mme LeBel :
Oui, bien, je vais continuer, excusez-moi : «[...]13.1;
«8 le nombre de
divulgations visées au paragraphe 7 dont le Protecteur du citoyen a
repris le traitement;»;
d) par le
remplacement, dans le paragraphe 9°, de «et deuxième» par «, deuxième et
troisième»;
2° par l'ajout, à la
fin, de l'alinéa suivant :
«Le Protecteur du
citoyen inclut le rapport dans son rapport d'activités.»
Donc,
ça propose plusieurs modifications à l'article 17 de la Loi facilitant la
divulgation d'actes répréhensibles.
Bon, premièrement,
c'est une précision que c'est le vice-protecteur à l'intégrité publique qui
sera chargé de préparer le rapport contenant les informations prévues à
l'article. On l'a mentionné tantôt.
Deuxièmement,
une modification de concordance au paragraphe 1 de cet article 17
afin de tenir compte de l'ajout d'un alinéa à l'article 4 de la Loi
facilitant la divulgation d'actes répréhensibles, qui était proposé par
l'article 13 du projet de loi.
Troisièmement, le
remplacement des paragraphes 7 et 8 de cet article 17 afin de tenir
compte, d'une part, du remplacement de la protection contre les représailles
prévue par cette loi par celle prévue par la Loi sur la protection contre les représailles liées à la divulgation
d'actes répréhensibles, proposée par le projet de loi et, d'autre part, de
l'ajout de la possibilité, pour le Protecteur du citoyen, de confier le
traitement d'une divulgation à la personne ayant la plus haute autorité administrative au sein de
l'organisme public concerné, ainsi que celle de reprendre ce traitement proposé
par l'article 22 du projet de loi.
Quatrièmement, une
modification de concordance au paragraphe 9 de cet article 17
afin de tenir compte de l'ajout d'un alinéa
à l'article 14 de la loi facilitant la divulgation d'actes répréhensibles
à l'égard des organismes publics, proposé par l'article 23 du
projet de loi.
Et cinquièmement, une
précision que le rapport prévu par cet article 17 devrait être inclus dans
le rapport d'activité du Protecteur du citoyen, le rapport... donc, le rapport
annuel. J'ai un amendement à proposer.
M.
Fortin : ...
Mme LeBel : Oui.
M.
Fortin : Peut-être... et je le soumets, M.
le Président, peut-être, étant donné qu'on a suspendu l'article précédent, on
est peut-être mieux de suspendre l'article 26, là. Sauvons la voix de la
ministre sur son amendement, suspendons l'article 26, puis revenons-y
quand on aura statué sur, justement, le processus de divulgation dont le
traitement a été octroyé à la plus haute autorité de l'organisme.
Mme LeBel : Est-ce
que je peux vous proposer de lire mon amendement et de le déposer et de le
suspendre après, pour reprendre à ce niveau-là, rendue là?
M.
Fortin : Bien sûr.
Mme LeBel : C'est-tu...
C'est-tu bien? Ça vous convient à tout le monde?
M.
Fortin : Pas d'enjeu.
Mme LeBel :
Comme ça, on reprendra l'étude de
l'amendement puis on verra s'il y en aura un autre concernant le...
Donc,
article 26, amendement.
À l'article 26
du projet de loi :
1° remplacer, dans le
paragraphe 7° du premier alinéa de l'article 17 de la Loi facilitant la
divulgation d'actes répréhensibles à l'égard
des organismes publics, proposé par le sous-paragraphe c du paragraphe 1°, «la
plus haute autorité administrative» par «la personne ayant la plus haute
autorité administrative au sein»;
2° remplacer le paragraphe
2° par le suivant :
2° par le remplacement du deuxième alinéa par
les suivants :
«Les renseignements visés aux paragraphes 1°,
2°, 4°, 5° et 9° doivent être répartis par organisme public concerné, sauf pour
les organismes publics visés au paragraphe 9° ou 9.1° de l'article 2 ou
ceux pour qui, notamment en raison de leur
taille, une telle indication ne permettrait pas de préserver la confidentialité
de l'identité d'une personne ayant
divulgué des renseignements ou collaboré à une vérification ou à une enquête
menée en raison d'une divulgation. Le Protecteur du citoyen doit
également faire rapport sur le respect des délais de traitement des
divulgations.
«Le Protecteur du citoyen inclut le rapport dans
son rapport d'activités.»
Donc, on va
arrêter là puis on pourra, quand on aura réglé le cas de l'article précédent,
revenir à celui-là, si tout le monde le permet.
• (17 h 20) •
Le
Président (M. Simard) : Très bien. Alors, il y a consentement afin à la
fois de suspendre l'étude de l'amendement et l'étude de l'article. Il y
a consentement?
Des voix : Consentement.
Le Président (M. Simard) : Très
bien. L'article 26 et l'amendement qu'il sous-tend sont suspendus, et nous
passons à l'étude de l'article 27.
Mme LeBel : Oui. 27. Oui, merci, M.
le Président. Désolée.
Cette loi est modifiée par l'insertion, après
l'article 17, du suivant :
«17.0.1. Le Protecteur du citoyen, lorsqu'il
juge d'intérêt public de le faire, peut commenter publiquement un rapport transmis à l'Assemblée nationale à titre
de rapport spécial ou une vérification ou une enquête faite en vertu de la
présente loi.
«Il peut
également commenter publiquement une vérification ou une enquête en cours
lorsqu'il juge que l'intérêt public l'exige.»
Donc, ce que ça fait, cet article 17.0.1...
c'est une disposition équivalente à celle de l'article 27.4 de la Loi sur
le Protecteur du citoyen, qui est applicable, donc, déjà à la loi facilitant la
divulgation d'actes répréhensibles à... à l'égard des organismes publics en
vertu d'un renvoi qui est fait à l'article 29 de cette loi. Ce nouvel...
donc, qui est proposé dans le cadre du
remplacement du renvoi... C'est ça. Ce nouvel article est proposé, excusez-moi,
là, j'ai perdu le fil de ce que j'étais en train de lire. Je reprends.
Ce nouvel article est proposé dans le cadre du remplacement du renvoi aux
dispositions de la Loi sur le Protecteur du citoyen fait à cet... à
l'article 29 par l'incorporation, avec les adaptations nécessaires, de ces dispositions dans la Loi facilitant la
divulgation d'actes répréhensibles. Donc, au lieu de faire un renvoi à
la loi sur le protecteur, on l'inclut dans la loi. J'aurais dû le résumer comme
ça au départ.
Le Président (M. Simard) : Des
remarques à cet effet?
Mme LeBel : Ça reprend, en
substance, l'article 29, finalement.
M.
Fortin : Donc, le Protecteur du citoyen peut parler de tout
ce qu'il y a dans son rapport, son rapport spécial, puis ça, ça inclut, j'imagine, le... quand on dit
«le Protecteur du citoyen», là, ça inclut le vice-protecteur à l'intégrité
publique.
Mme LeBel : C'est le protecteur
lui-même.
M. Fortin : C'est sous l'égide du protecteur, là, mais ça...
Mme
LeBel : Mais j'imagine que le protecteur lui-même pourrait
autoriser le vice-protecteur à parler, là, mais...
Une voix : ...
Mme LeBel : Oui, c'est ça. Ça
dépend. Mais c'est le...
M.
Fortin : Mais le Protecteur du citoyen, dans ce cas-ci,
est-ce que c'est l'organisme ou c'est la personne, le Protecteur du
citoyen, là? Moi, je le lisais comme l'organisme, là.
Mme LeBel : Bien, avec le...
M. Fortin : Donc, si c'est l'organisme, ça inclut le vice-protecteur.
Mme LeBel : Le commentaire public,
c'est le Protecteur du citoyen lui-même qui doit le faire, là. Ce n'est pas
quelque chose qui se délègue, puis, je veux dire, il doit juger... il est quand
même en charge de tout ça, là. Et là, on parle de commenter et pas de... on ne
parle pas du rapport, on parle de commenter un rapport ou même de commenter
publiquement une situation qui n'a pas... même pas fait l'objet d'un rapport.
Je pense qu'on doit garder ça au niveau du Protecteur du citoyen lui-même.
Le Président (M.
Simard) : M. le député de Rosemont.
M. Marissal :
Oui. Le Protecteur, dans ce cas-ci, est-ce que ça inclut aussi le vice...
Mme LeBel : Non.
M. Marissal :
Non. C'est vraiment...
Mme LeBel : C'est
le... Là, on ne parle pas... et on ne parle pas de la production du rapport. Le
vice... le vice-protecteur va faire son rapport, et ce rapport-là va être
public, et il y a une obligation qu'il soit inclus dans le rapport annuel du vice... du Protecteur du
citoyen. Donc, il n'y a pas de problème au niveau de son enquête lui-même.
Mais là, on parle de sortir du rapport et de
se mettre à commenter publiquement. C'est le Protecteur du citoyen lui-même qui garde, ultimement, cette... ce pouvoir-là.
D'ailleurs, dans sa loi, c'est le Protecteur du citoyen lui-même qui a le pouvoir
de faire des commentaires publics et non
pas... Il y a déjà un autre, je pense, mais c'est lui, là, et non pas les...
les gens dans son organisation, là.
M. Marissal :
Bien, il y a deux choses, là.
17.0.1, là, le... le premier alinéa, c'est... on lui donne, autrement dit,
avec un rapport spécial, ou une vérification, ou une enquête, le même pouvoir
qu'il a pour son rapport annuel, qu'il commente largement, je pense même qu'il
en fait plus qu'un par année, là, maintenant, en tout cas, la VG en fait plus qu'un par année, là. Ça, ça existe déjà, il peut
aller le commenter, son rapport. Là, on lui donne ce pouvoir-là pour les rapports
spéciaux, pour les enquêtes ou les vérifications, c'est ce que je comprends?
Mme LeBel : Oui,
c'est déjà dans... Avant, là, on le faisait par renvoi à sa loi. Exactement la
même chose. Là, ce qu'on fait, c'est qu'au lieu de le faire par renvoi à sa
loi, on reprend la même notion puis on la ramène dans la loi actuelle. Et dans le... les deux rapports, là,
c'est... les deux rapports sont déposés par le Protecteur du citoyen, que ce
soit un rapport spécial ou le rapport
annuel. Sauf que le rapport, le Protecteur du citoyen a l'obligation, dans son
rapport annuel, d'inclure le rapport qui a été préparé par le
vice-protecteur. Donc, c'est comme ça qu'il va devenir public, mais ça demeure, ultimement, le rapport du
Protecteur du citoyen, dont une section aura été préparée par le
vice-protecteur, ultimement. Et la personne qui a le droit de commenter
ou qui a le loisir de le faire publiquement, c'est le protecteur lui-même. Ça
existe déjà, là, on ne réinvente pas, tout ce qu'on fait, c'est au lieu de le
faire par renvoi, on introduit la notion dans la loi, là. On aurait pu
dire : Je renvoie à la loi sur le protecteur pour la présente partie, mais
bon.
Une voix : ...
Mme LeBel : C'est
autoportant.
M. Marissal :
Et par ailleurs, là, dans le deuxième alinéa, «il peut également commenter
publiquement une vérification ou une enquête en cours», ça... ça, c'est
inusité, ça.
Mme LeBel : Mais
ça existe déjà dans sa loi, mais on lui donne le loisir de le faire ici aussi.
Mais là, il faut qu'il le juge, il faut
qu'il juge que l'intérêt public l'exige. Il demeure toujours le gardien de...
de sa propre enquête, là, à un moment donné, là.
M. Marissal :
OK. «Lorsqu'il juge que l'intérêt
public l'exige», j'aurais tendance... puis après ça, je vais vous demander une très brève suspension, M. le
Président, j'ai besoin de conférer avec mon collègue, mais moi, j'aurais
tendance à ajouter «et que cela ne contrevienne pas à la protection du
divulgateur.»
Mme LeBel : Bien, à ce moment-là, l'intérêt public ne
l'exigerait pas, parce que c'est dans l'intérêt public de protéger le
divulgateur également.
M. Marissal :
Oh, non, c'est deux choses.
Mme LeBel : Bien...
Oui, c'est, par ailleurs, ailleurs dans la loi qu'il a l'obligation de
protéger. Il a, dans la loi, l'obligation de
protéger l'identité, donc, à ce moment-là, on ne le répète pas dans chacun des
articles, ça demeure... son obligation première, en vertu de la loi sur
la protection, c'est de protéger l'identité. Il a même le pouvoir, maintenant,
quand ce sera adopté, de mettre des ordonnances de confidentialité pour
protéger. Donc, ça, ça demeure. Et il peut... Même, dans ses rapports annuels,
il a l'obligation, dans les faits qu'il choisit de divulguer, de s'assurer que
ça ne vient pas identifier. Donc, c'est tout le temps, c'est dans... c'est...
comment je dirais ça, donc c'est en filigrane, en arrière de la loi. Ça fait
qu'à un moment donné, ça devient redondant de dire à chaque fois, dans chaque
article : Il doit protéger, là.
M. Marissal :
Je comprends, oui, mais c'est parce que si un des articles est pris en
considération et devient... et que l'autre... Je vais reformuler. S'il y a une
préséance sur un article et que le protecteur juge qu'il est d'intérêt public de faire une sortie publique ou de parler
d'un rapport en cours ou d'une enquête en cours, au risque de balancer
son informateur, mais que c'est un risque à prendre, la police fait ça souvent,
bien...
Mme
LeBel : Je ne commenterai pas là-dessus, là.
M. Marissal :
...c'est ceinture et bretelles,
là, je me dis, tu sais, son rôle, il est là. Si vous me dites qu'il est blindé
ailleurs, moi, je veux... moi, je veux bien, là.
Mme LeBel : Oui. Il a l'obligation de protéger le divulgateur,
l'identité du... du divulgateur, la confidentialité du divulguateur, ça, c'est
son obligation, OK? Je ne commenterai pas sur la police, mais la police, son
obligation, c'est de le trouver, le criminel, puis de l'amener devant la
cour. OK? Mais lui, là, il a l'obligation de protéger l'identité du
divulgateur, ça, là, c'est son obligation, donc il faut qu'il le prenne en
considération.
M. Marissal :
OK. Pour le moment, ça va. Vous me donnez trois minutes, monsieur?
Le Président (M.
Simard) : Tout à fait. Nous allons suspendre momentanément.
(Suspension de la séance à
17 h 29)
(Reprise à 17 h 39)
Le Président (M. Simard) :
Alors, chers collègues, nous poursuivons nos délibérations. Et nous en
sommes toujours à l'étude de l'article 27. Y aurait-il d'autres
commentaires à cet égard? Sans quoi, l'article 27 est-il adopté?
Des voix : Adopté.
Le Président (M. Simard) :
Adopté. Et nous poursuivons par l'étude de l'article 28.
Mme LeBel : Oui.
Article 28. L'article 17.1 de cette loi est modifié par l'ajout, à la
fin, de l'alinéa suivant :
«La
Commission municipale du Québec expose les informations visées au premier
alinéa de l'article 16.2 qu'elle estime appropriées dans un rapport
qu'elle publie par tout moyen qu'elle juge approprié.»
Cet
article propose donc de rendre applicable à la Commission municipale du
Québec le devoir d'exposer les informations
visées au premier alinéa de l'article 16.2, qu'elle estime appropriées,
dans un rapport qu'elle publie par tout moyen qu'elle juge approprié.
Actuellement,
la Commission municipale du Québec rend publics ses rapports d'enquête sur son
site Web. Et là, on lui donne des...
dans le fond, on élargit ses moyens de le faire plutôt que de la limiter à son
site Web. C'est ça, hein?
• (17 h 40) •
Des voix : ...
Mme LeBel : Bien,
on codifie ce qu'elle peut faire.
Le Président (M.
Simard) : Des remarques sur 28?
M.
Fortin : ...une demande de la Commission
municipale, ça?
Mme LeBel : Oui,
la même demande que le Protecteur du citoyen de clarifier qu'elle peut le
faire.
M.
Fortin : OK. Puis les...
Mme LeBel : Ma
compréhension, c'est qu'elle le fait présentement sans avoir nécessairement
d'article qui l'autorise. Je ne veux pas dire... je ne veux pas dire qu'elle le
fait illégalement, là, mais qui l'autorise clairement, disons-le comme ça, à le
faire, alors que ça tombe sous le sens qu'elle puisse le faire. Donc, elle nous
a demandé de préciser qu'elle pouvait le faire.
Une voix : ...
Mme LeBel : Oui, avec les mêmes modalités que 16.2,
c'est-à-dire des précisions sur ce qui est dedans, le même...
M. Fortin : OK.
Les mêmes informations, là, que le Protecteur du citoyen, lui, doit publier à
travers le rapport du vice-protecteur.
Mme LeBel : Oui. On arrime les deux... les deux types de
rapports qui pourraient être publiés dans ce genre de situation là.
M.
Fortin : Tiguidou!
Le Président (M. Simard) : D'autres
remarques sur 28? Cet article est-il adopté?
Des
voix : Adopté.
Le Président (M.
Simard) : Adopté. Nous poursuivons par l'article 29.
Mme LeBel : L'article 29.
L'article 17.2 de cette loi est modifié par la suppression, dans le
paragraphe 1° du premier alinéa, de «ou
sur le respect des lois dont l'application relève du ministre responsable des
Affaires municipales».
Cet
article propose de permettre à la Commission municipale du Québec de traiter
les divulgations qui concernent les organismes publics visés au
paragraphe 9.1° de la Loi facilitant la divulgation d'actes répréhensibles
à l'égard des organismes publics dont... et
dont l'objet ne porte pas sur le respect des lois dont l'application relève du
ministre responsable des Affaires municipales.
Donc, l'objectif,
c'est que la Commission municipale traite toutes les divulgations à l'égard
d'un organisme municipal, indépendamment du
type de loi qui est... qui est en cause, et ça, en raison de son expertise dans
le traitement des... des divulgations dans le milieu municipal.
C'est une
recommandation du Protecteur du citoyen, là, qui allait dans ce sens-là, dans
son mémoire qui a été présenté à la commission
en 2023, à titre d'exemple, là. Dans le fond, pour lui, ça simplifie le partage
des compétences entre la commission municipale et lui. Donc, ce n'est
pas le type de loi, c'est plutôt le domaine qui va faire que c'est la
Commission municipale qui va... qui va s'en occuper. C'est à peu près ça.
Une voix : ...
Mme LeBel : Oui,
oui. Donc, dès que c'est un organisme municipal, commission municipale. On me
susurre à l'oreille.
M.
Fortin : ...pas besoin de poser de
questions, vous en rajoutez, c'est... hein?
Mme LeBel : Je
lis.
M.
Fortin : Très bien.
Le Président (M.
Simard) : D'autres remarques, cher collègue de Rosemont?
Conséquemment, l'article 29 est-il adopté?
Des voix : Adopté.
Le Président (M. Simard) : Adopté.
On passe à l'article 30. Et, pendant que je l'ai à l'esprit, vous nous
faites signe, si vous souhaitez, un jour ou l'autre, revenir à l'étude
de l'article 26, quand vous le voudrez.
Mme LeBel : Plus
l'autre qu'un jour.
Le Président (M.
Simard) : Plus l'autre qu'un jour. OK.
Mme LeBel : Article 30.
Cette loi est modifiée par l'insertion, après l'article 17.2, du chapitre
suivant :
«Chapitre III.2
«Suivi des
divulgations par le commissaire à l'éthique et à la déontologie
«17.3. Les
divulgations mettant en cause le Protecteur du citoyen sont traitées par le
commissaire à l'éthique et à la déontologie
dans le respect des règles prévues aux articles 10 à 12, 13 à 15 et 17,
avec les adaptations nécessaires.
«Le
commissaire à l'éthique et à la déontologie expose les informations visées au
premier alinéa de l'article 16.2 qu'il estime appropriées dans
son rapport d'activités visé à l'article 79 du Code d'éthique et de
déontologie des membres de l'Assemblée nationale.»
Dans le fond, ce
qu'on fait, c'est qu'on reprend le même régime, mais quand ça concerne le
Protecteur du citoyen, bien, on donne au
Commissaire à l'éthique et à la déontologie le même processus, là, et les
mêmes, je dirais... on réplique, on
réplique ce qui se passe, là, les mêmes pouvoirs, mêmes processus, mêmes
obligations, là. On importe le régime sous l'égide de la Commissaire à
l'éthique quand ça concerne le Protecteur du citoyen.
M.
Fortin : Très bien.
Le Président (M.
Simard) : Député de Rosemont.
M. Marissal :
...
Mme LeBel : Bien,
avant... avant, le Protecteur du citoyen... Il s'était donné une procédure à
l'interne, un peu comme les organismes publics. Donc, c'est un peu la même
chose. Dans le cas du Protecteur du citoyen, on divulguait à l'interne, il
s'était donné un type de procédure que les organismes publics s'étaient donné
en fonction de la loi d'origine, en 2017.
Mais là, comme il devient le guichet unique, parce qu'on veut retirer de
l'interne, bien, il faut retirer de son propre interne aussi, là.
M. Marissal : C'est
bon.
Le Président (M. Simard) : L'article 30
est-il adopté?
Des voix : Adopté.
Le Président (M. Simard) : Adopté.
Nous passons à l'étude de l'article 31.
Mme
LeBel : Article 31. L'intitulé du chapitre IV de
cette loi est remplacé par le suivant : «Obligations de certains
organismes publics».
Je n'ai pas beaucoup de commentaires à faire.
Le Président (M. Simard) : Très
bien. Chers collègues, des remarques? L'article 31 est-il adopté?
Des voix : Adopté.
Le Président (M. Simard) : Adopté.
Article 32.
Mme LeBel : 32. Les articles 18
à 20 de cette loi sont remplacés par les suivants :
«18. La
personne ayant la plus haute autorité administrative au sein d'un organisme
public doit veiller à y mettre en place des mesures visant à prévenir la
commission d'actes répréhensibles et l'exercice ou la menace de représailles
relatives à une divulgation. Elle doit
désigner à cette fin, au sein de l'organisme, un responsable de la gestion de
l'éthique et de l'intégrité.
«Cette obligation ne s'applique pas à la
personne ayant la plus haute autorité administrative au sein d'un organisme visé
au paragraphe 9° ou 9.1° de l'article 2.
«19. Le responsable de la gestion de l'éthique
et de l'intégrité a pour fonctions :
«1° de coordonner et de mettre en oeuvre les
mesures visant à prévenir la commission d'actes répréhensibles et l'exercice ou
la menace de représailles;
«2° de
renseigner les membres du personnel de l'organisme public sur la possibilité
d'effectuer une divulgation et la protection contre les représailles prévue par
la Loi sur la protection contre les représailles liées à la divulgation
d'actes répréhensibles (indiquer ici l'année et le numéro de chapitre de la
présente loi, ainsi que le numéro de l'article de cette loi qui édicte la Loi
sur la protection contre les représailles liées à la divulgation d'actes
répréhensibles);
«3° d'agir comme agent de liaison en cas de
vérification ou d'enquête pour l'application de la présente loi et de la Loi
sur la protection contre les représailles liées à la divulgation d'actes
répréhensibles.»
Dans le fond, ce qu'on fait ici, c'est qu'on...
Le rôle du responsable actuel, on se propose de le modifier en personne qui va
devoir donner de l'information et faire de la prévention. Ils ont rompu
l'obligation de traiter, mais on veut quand
même que les dirigeants des... la plus haute autorité administrative demeurent
avec une obligation de faire de la prévention, de donner de
l'information et de de véhiculer une culture d'intégrité au sein de
l'organisme. Et c'est ça que ça vient dire.
M.
Fortin : Je regarde les... le texte actuel versus ce qui
est proposé, là, puis la plupart... la plupart des obligations qui étaient aux articles 18, 19, 20 semblent
être reprises, même un peu précisées, peut-être, dans les articles 18, 19,
mais on demandait au Protecteur du citoyen de faire une espèce de document
de référence pour qu'il y ait une procédure claire à l'article 20. Ça, on
ne le reprend pas, pourquoi?
Mme LeBel : Bien, il n'y a plus
besoin d'une procédure claire parce qu'ils ne font plus le traitement de
plaintes maintenant. Donc, c'est ça, hein?
Une voix : ...
Mme
LeBel : Oui, mais là on devient... Là, on n'est plus... on
n'est plus dans une dans une procédure de recevoir et de traiter des
plaintes, on est dans une procédure de prévention et de favoriser une culture
d'intégrité. Il y aura des directives du Conseil du trésor...
Une voix : Exact
Mme LeBel : ...du Conseil du trésor,
encore... encore des directives.
M. Fortin : Pour chaque ministère et organisme?
Mme LeBel : Bien, pour les
organismes et pour voir comment on va être... on va mettre en place cette information-là, cette prévention-là, mais là on
n'est plus dans le traitement des plaintes, là. Donc, au départ, c'était dans
la procédure de traitement des plaintes que
le Protecteur du citoyen avait... mais là, il récupère ce traitement-là, donc,
ce n'est plus nécessaire. Là, on est
plus dans l'information et la prévention, et là, bien, ça sera la directive du
Conseil du trésor.
M. Fortin : OK, mais la procédure à laquelle on faisait référence, quand on disait
«un document de référence», c'était celle de dire à l'interne du
ministère ou d'organismes.
Mme LeBel : ...de divulgation, oui, oui, la procédure de
divulgation, oui, qui n'existera plus au sein de l'organisation.
Le Président (M.
Simard) : D'autres remarques sur l'article 32? M. le député de
Rosemont.
M. Marissal :
«19. Le responsable de la gestion de l'éthique et de l'intégrité a pour
fonctions :
«2°
de renseigner les membres du personnel de l'organisme public sur la possibilité
d'effectuer une divulgation et la protection contre les représailles — ainsi
de suite.» Est-ce qu'on parle ici de l'obligation de... ou la fonction de renseigner de façon ponctuelle ou si on parle
d'un... d'une formation, par exemple, obligatoire au sein de l'organisme?
Ce que je veux dire, là, c'est qu'il ne faudrait pas qu'on se retrouve avec
cette personne qui a pour fonction de renseigner,
seulement quand quelqu'un vient le voir, en disant : Heille! Pourrais-tu
me dire comment ça marche d'un coup que je demande pour un ami, là, d'un
coup que je voudrais faire une plainte? Vous avez l'air d'avoir une réponse.
Mme LeBel : ...parce
que, si le divulgateur fait ça, je veux dire, alors qu'il devrait parler au
Protecteur du citoyen... Mais on est dans le cadre de la loi, là, on ne viendra
pas dire, dans la loi : Tu dois faire une formation obligatoire, tu dois
en faire deux par année, tu dois... Dans le cadre des directives qui ont été
émises par le Conseil du trésor, on va... on va diriger les gens sur la façon
de renseigner les membres du personnel et de mettre en... de mettre en action ces obligations-là, mais on est dans...
et qui peuvent être modulées, qui peuvent être modifiées, on peut avoir d'autres...
d'autres façons de faire qui vont... Donc, on ne fera pas ça dans le cadre
d'une loi. Mais ce qu'on vient enchâsser dans le cadre de la loi, c'est qu'il a
la responsabilité de renseigner les membres.
• (17 h 50) •
M. Marissal :
Il y a quelqu'un qui doit avoir cette fonction-là.
Mme LeBel : Oui,
et probablement aussi, tu sais, je veux dire, aussi, ces gens-là vont aussi
être renseignés. Bon, advenant que quelqu'un
dans une organisation fait confiance à cette personne-là, OK, parce que le
divulgateur, s'il a confiance, il va
la voir puis il dit : Heille! J'ai quelque chose à divulguer. Bien, il a
quand même aussi l'obligation de le diriger, de faire... Bon. Mais, à ce
moment-là, c'est parce que le divulgateur va avoir eu... va avoir confiance en
cette personne-là.
M. Marissal :
Oui. L'obligation de le protéger puis de... qu'il n'y ait pas de
représailles. OK.
Mme LeBel : Oui,
oui. Mais la protection va s'appliquer, peu importe à qui. Je pense qu'il faut
comprendre qu'il va falloir... il va falloir
le renseigner, il va falloir éduquer, coordonner, mettre en oeuvre, expliquer
aux gens que c'est maintenant le Protecteur du citoyen, mais on ne
pourra pas priver de la protection les gens qui ne se dirigeront pas vers le
Protecteur du citoyen à dessein ou par erreur, disons-le comme ça. Et peut-être
que quelqu'un va... Dans une organisation, il y a encore des gens à qui on fait
confiance, des fois, hein, ça arrive... ça arrive, il va vouloir en parler à quelqu'un
puis dire : C'est quoi ton avis? Je devrais-tu le dire? Je devrais... Bon,
on se comprend, là, bien... et qui va aller voir le Protecteur du citoyen dans
un deuxième temps, mais il ne sera pas privé de sa protection parce qu'il l'a
divulgué à quelqu'un en premier, là.
Puis
ça pourrait être la personne qui est en charge, «le responsable de la gestion
de l'éthique et de l'intégrité a pour fonctions», habituellement, on va
mettre quelqu'un de confiance ou qui a quand même une certaine crédibilité, on le souhaite, au sein de l'organisation. Ça
pourrait être spontanément la personne qui va aller le voir, dire :
Regarde, je sais que c'est le
protecteur, là, mais peux-tu m'expliquer un peu plus comment ça fonctionne? Il
y a ça aussi, là, qui est... Mais les
directives du Conseil du trésor vont venir préciser les moyens pour remplir ces
obligations-là.
M. Marissal :
Puis ça, ce sera plus par règlement...
Mme LeBel : Par
directive.
M. Marissal :
...par directive, par directive,
au même titre que tous les... toutes les politiques contre le harcèlement,
la divulgation de ci, de ça.
Mme LeBel : Oui, oui, qui précisent les obligations, mais la
mise en oeuvre est faite par directive habituellement.
M. Marissal :
C'est bien. Merci.
Le Président (M. Simard) : Alors,
s'il n'y a pas d'autre commentaire, nous allons procéder à la mise aux voix...
Une voix :
...
Le Président (M.
Simard) : Oui, très bien. On va suspendre momentanément.
(Suspension de la séance à 17 h 52)
(Reprise à 17 h 54)
Le Président (M. Simard) : Bien,
nous poursuivons. Alors, s'il n'y a pas d'autre commentaire sur 32, nous allons
procéder à la mise aux voix. Cet article est-il adopté?
Des voix : Adopté.
Le
Président (M. Simard) : Adopté. Nous poursuivons, Mme la ministre, avec
l'article 33, pour lequel il y aura un amendement.
Mme LeBel : Peut-être,
potentiellement. Oui, oui, il faut quand même que je me garde un suspense, tu
sais. L'article 21... 33. L'article 21 de cette loi est
modifié :
1° dans le premier alinéa :
a) par le remplacement de «du suivi des
divulgations» par «de la gestion de l'éthique et de l'intégrité»;
b) par le remplacement de «la personne qui
effectue la divulgation» par «toute personne qui s'adresse à lui afin de se
renseigner concernant la possibilité d'effectuer une divulgation ou la
protection contre les représailles»;
2° par le
remplacement, dans le deuxième alinéa, de «du suivi des divulgations» par «de
la gestion de l'éthique et de l'intégrité».
Donc, c'est des modifications de concordance qui
découlent de la modification du rôle des gens qui faisaient au préalable le
suivi des divulgations.
J'ai, coup de théâtre, un amendement, donc...
Le Président (M. Simard) : ...prêt.
Il est déjà...
Mme LeBel : ...coup de théâtre.
Le Président (M. Simard) : ...devant
nous, à l'écran.
Mme
LeBel : Donc, article 33, l'amendement. Remplacer le
paragraphe 2° de l'article 33 du projet de loi par le paragraphe
suivant :
2° par la suppression du deuxième alinéa.
Une voix : ...
Mme LeBel : Oui.
Le
Président (M. Simard) : Très bien. Alors, commençons par étudier cet
amendement. Y aurait-il des interrogations?
M. Fortin : Oui. Bien, peut-être juste nous dire pourquoi.
Mme LeBel : Bien, c'est ça, oui, je
vais... je suis en train d'essayer de le comprendre, j'avoue.
M. Fortin : On est deux.
Mme LeBel : Oui. C'est très
technique, là. Cet amendement a pour objet d'abroger les restrictions au droit
d'accès et de rectification... Je suis-tu à la bonne place, là?
Des voix : ...
Mme LeBel : ...communiqué. Ces
restrictions sont cependant maintenues, mais il est proposé qu'elles soient désormais prévues à l'article 29.1. Ça fait
qu'on va les déplacer par l'article 36. Donc, ça, ça va être maintenu,
mais ça va être déplacé. Oui, la réponse simple, c'est qu'on va le
revoir ailleurs dans l'article 36 du projet de loi, bientôt.
M. Fortin : J'ai confiance.
Le Président (M. Simard) : Oh!
Alors, l'amendement proposé sollicite-t-il d'autres interventions? Sans quoi
nous allons procéder à sa mise aux voix. Cet amendement apporté à
l'article 33 est-il adopté?
Des voix : Adopté.
Le
Président (M. Simard) : Adopté. Et nous poursuivons notre réflexion sur 33
tel qu'amendé. D'autres remarques? L'article 33, tel qu'amendé,
est-il adopté?
Des voix : Adopté.
Le Président (M. Simard) : Adopté.
Poursuivons par l'étude de l'article 34.
Mme LeBel : Oh! 34, 34, je me suis
rendue à 35. Il me manque... J'ai perdu 34.
Une voix : ...
Mme LeBel : Ah! il est là... 34. Les
articles 22 à 25 de cette loi sont abrogés.
Un article qui devrait plaire à mon collègue
d'en face, qui aime abroger par blocs.
Donc, commentaires : Cet article propose de
supprimer les articles 22 à 25 de la Loi facilitant la divulgation d'actes répréhensibles à... à l'égard des
organismes publics, affectueusement connue sous le nom de la LFDAROP, par concordance
avec la suppression du rôle de responsable du suivi des divulgations, proposé
par le projet de loi.
Donc, ça
s'appliquait dans le cadre du traitement des divulgations. Ils n'ont plus à traiter
les divulgations, donc ils n'ont plus à avoir ce pouvoir-là. On
l'enlève.
M.
Fortin : Je regarde les articles 22 à 25, là, puis je
me pose la question, parce que cette personne-là, la responsable de
la... la ou le responsable de la gestion de l'éthique, de l'intégrité a quand
même un rôle, on l'a vu dans les articles précédents, de liaison, disons, puis
c'est quand même une personne que c'est très possible qu'un divulgateur se tourne vers elle initialement. Je sais qu'il y a
cette personne-là dans mon organisation, alors je vais me tourner vers elle.
Si cette discussion-là qui a lieu mène, par
exemple, à des renseignements portés à la connaissance du responsable qui pourraient faire l'objet d'une
dénonciation à la loi concernant la lutte à la corruption, est-ce qu'il n'y a quand
même pas cette obligation-là, tu sais? Elle a maintenant, la responsable de
la... comment vous avez appelé ça, là, de la gestion de l'éthique et de
l'intégrité, veux veux pas, même si ce n'est pas elle qui est responsable de
faire le suivi de la divulgation, elle a quand même en sa possession de
l'information qui lui permet, selon sa connaissance, de penser qu'il y a
quelque chose qui pourrait être traité par la loi concernant la lutte à la
corruption. Alors, est-ce qu'il n'y a pas une obligation quand même?
Mme LeBel : Rien n'empêche de le
faire. L'enjeu que j'y vois, c'est qu'en principe elle devrait dire à la
personne... lui conseiller de se... de se tourner vers le Protecteur du
citoyen. Et même cette personne-là pourrait divulguer en lieu et place de la
personne auprès du Protecteur du citoyen. Je pense qu'il faut laisser au
protecteur du citoyen, par la suite, juger de... j'allais dire «dispatch», du
«dispatch» de l'information. Mais rien ne l'empêche de le faire, mais de lui
donner une obligation de le faire, est-ce que ça compromet l'enquête du
Protecteur du citoyen, qui, lui, va s'organiser avec l'organisme concerné? À un
moment donné, on vient...
• (18 heures) •
M. Fortin : Mais il n'est pas encore déclenché. Il n'y a pas encore
d'enquête à ce moment-là...
Mme LeBel : Oui, mais rappelons-nous
que le Protecteur du citoyen a l'obligation de... d'informer le Commissaire à
la lutte contre la corruption, dans les articles précédents, s'il y a des
informations qui sont pertinentes pour lui
et, après ça, peut décider de poursuivre et de se coordonner avec le
commissaire à la lutte. Là, si on commence à donner cette obligation-là
à une autre personne, qu'est-ce qu'elle donne comme information, c'est le
Protecteur du citoyen, là, qui doit contrôler tout ça. Mais rien n'empêche la
personne de le faire; c'est de lui donner l'obligation de le faire. Et là on
vient-tu, en parallèle du Protecteur du citoyen, informer le commissaire à la
lutte à la corruption? Cette personne aura... n'aura pas d'entente avec le
Commissaire à la lutte.
Donc, il faut comprendre que, dans la vraie vie,
là, quand on est au fait de choses de ce genre-là, on devrait dénoncer, rien n'empêche de le faire. Mais je
pense que ce qu'on doit dire à cette personne-là, c'est de donner l'information
au Protecteur du citoyen, soit en demandant au divulgateur d'origine, je vais
le dire là...
M. Fortin : De le faire lui-même.
Mme LeBel : ...de le faire lui-même,
ou en le faisant en lieu et place. Parce qu'il pourrait arriver que c'est une
personne de confiance, tellement de confiance que le divulgateur d'origine lui
dit : Peux-tu le faire à ma place? Et c'est possible. Et le divulgateur
d'origine aura la protection, et la personne qui divulgue à... en lieu et place
aussi aura la protection de la loi.
M.
Fortin : OK, mais, si le divulgateur fait ça, est-ce que la
personne responsable a l'obligation, à ce moment-là? Si le divulgateur a
la conversation avec le responsable, et le responsable se fait dire :
Peux-tu le faire à ma place? Sais-tu quoi, j'y repense, là, moi, je ne suis pas
confortable de me tourner vers le Protecteur du citoyen, M., Mme la responsable
de l'éthique, pouvez-vous le faire à ma place? Est-ce qu'il y a une obligation
de le faire à ce moment-là?
Mme LeBel : Non,
on ne peut pas lui donner l'obligation de le faire, parce que... parce qu'il
n'y a pas de rôle officiel, puis ça
viendrait peut-être porter confusion. Les gens... Mais le Protecteur du
citoyen, je veux dire, à un moment donné, la personne qui a divulgué va
se renseigner puis il va se rendre compte qu'il ne s'est rien passé. Mais c'est
parce que le problème, c'est que, si on
refait un régime parallèle, il va y avoir de la confusion. Puis là on ne veut
pas que les gens se retournent vers eux en
disant, nécessairement : Divulgue à ma place, là. Ce qu'on vient
instaurer dans la loi, c'est le fait que,
même si je divulgue en lieu et place, peu importe qui divulgue en lieu et
place, le divulgateur, je vais l'appeler le divulgateur d'origine, là, a
la protection, et tous ceux qui divulguent aussi à sa place pourraient l'avoir.
Mais c'est parce que là, si on vient lui redonner un rôle semi-officiel, avec
des semi-obligations, on vient de remettre peut-être un régime de confusion à
l'intérieur. Donc, il faut...
Une voix : ...
Mme LeBel : Non, c'est ça. Ça fait
qu'il ne faut pas lui donner de rôle officiel en ce sens-là. Mais, dans les
directives qu'on va lui donner, il va probablement... une des directives va
être de transmettre l'information au Protecteur du citoyen ou de guider la
personne, peut-être même de l'accompagner, si c'est le désir de la personne,
puis dépendamment c'est qui, cette personne-là, on s'entend, là.
M. Fortin : Ça va pour l'instant, M. le Président.
Le Président (M. Simard) : Très
bien. D'autres remarques sur cet article? Sans quoi, est-il adopté?
Des voix : Adopté.
Le Président (M. Simard) : L'article 34
est donc adopté. Et nous poursuivons par l'étude de l'article 35, pour
lequel il y aura, il y aura, il y aura...
Mme LeBel : Peut-être quelque chose.
Le Président (M. Simard) : ...peut-être
un amendement.
Mme LeBel : Oui, un amendement.
Le Président (M. Simard) : À vous la
parole.
Mme
LeBel : C'est-tu 35? Oui. Bien, je vais commencer par 35.
L'article 35 : L'article 26 de cette loi est modifié :
1° par le remplacement, dans le premier alinéa,
de «IV» par «III.1»;
2° par la suppression du deuxième alinéa.
Cet article
propose des modifications à l'article 26 de la Loi facilitant, bon, la
divulgation d'actes répréhensibles à l'égard des organismes publics, en
concordance avec la suppression du rôle du responsable du suivi des
divulgations et avec le remplacement de la protection contre les représailles
prévues par cette loi... par celles prévues par la Loi sur la protection contre
les représailles liées à la divulgation d'actes répréhensibles, proposées par
le projet de loi.
Et j'ai, pour l'article 35, un amendement,
si vous le permettez. Article 35. Amendement. Remplacer le
paragraphe 1° de l'article 35 du projet de loi par le paragraphe
suivant :
1° par le remplacement, dans le premier alinéa,
de «IV de la présente loi ou aux dispositions du chapitre VII.2 de la Loi
sur les services de garde éducatifs à l'enfance» par «III.1 de la présente
loi».
Cet amendement a pour objet de supprimer une référence
aux dispositions du chapitre VII.2 de la Loi sur les services de garde éducatifs à l'enfance, lesquels
visent la divulgation d'actes répréhensibles au ministère de la Famille,
en concordance...
Donc, dès qu'on... à partir du moment où,
précédemment, on a ramené la divulgation au Protecteur du citoyen, bien là, ces
références-là, il faut... il faut les enlever, là.
M.
Fortin : ...de divulgation au ministère de la Famille,
comme tel, selon l'article qu'on a étudié un peu plus tôt.
Mme LeBel : Non, voilà. Voilà. Ça
fait que, ça, c'était valable au moment où on maintenait la divulgation des
actes répréhensibles dans les réseaux faits au ministère de la Famille, ce
qu'on ne fait plus, selon les articles précédents.
M. Fortin : Ça va pour l'amendement.
Mme LeBel : Donc, ça, c'est l'objet
de l'amendement.
Le Président (M. Simard) :
Toujours
sur l'amendement, M. le député de Rosemont.
M. Marissal : Rien pour moi.
Le
Président (M. Simard) : M. le député de l'Acadie, ça vous va?
M. Morin : Oui,
ça me va. Bonjour, M. le Président.
Le Président (M.
Simard) : Bonsoir.
M. Morin :
Oui, bonsoir, oui, rendu à cette heure-ci.
Le Président (M.
Simard) : Rebienvenue parmi nous.
M. Morin : Merci.
Le Président (M.
Simard) : Alors, conséquemment, cet amendement est-il adopté?
Des voix : Adopté.
Le Président (M. Simard) : Adopté.
Et nous poursuivons sur 35 amendé. Y aurait-il d'autres commentaires? Sans
quoi cet article amendé est-il...
M.
Fortin : ...
Le Président (M.
Simard) : Oui. Je vous en prie.
M.
Fortin : OK, là, on enlève le deuxième
paragraphe, là, ou le deuxième alinéa, pardon.
Mme LeBel : Avec
l'amendement, l'article 26, on vient biffer, là, la fin, là, qui disait
«de la présente loi aux dispositions du
chapitre V» pour dire «III.1 de la présente loi». Puis, après ça, par l'article
d'origine, 35, on vient biffer le deuxième paragraphe de 26. Bien, c'est
tout.
M.
Fortin : OK, mais c'est parce que le
deuxième paragraphe de... le deuxième alinéa de 26, là, il venait dire qu'une personne visée au premier alinéa,
c'est-à-dire une personne qui effectue ou souhaite effectuer une divulgation,
peut également bénéficier du service de consultation juridique quand elle se
croit victime de représailles, alors... parce qu'elle a fait une divulgation.
Alors, pourquoi est-ce qu'elle ne pourrait pas y avoir accès? Pourquoi vous
voulez dire qu'elle ne peut plus y avoir accès?
Mme LeBel : Ça
va être déplacé dans le bloc loi sur la protection, et on va le remplacer non
seulement par de la... pas juste de la consultation, même de la représentation.
On va aller un pas plus loin.
M.
Fortin : Pouvez-vous nous dire c'est à
quel article, rapidement, je veux juste...
Mme LeBel : Dans
le bloc 2, article 14 de la nouvelle loi. Donc, dans le bloc deux,
c'est... par l'article 1, on fait la nouvelle loi, et c'est
l'article 14 de la nouvelle loi où on va venir ramener cette notion-là,
mais on va même y ajouter une notion de... voyons, de représentation, oui, et
pas juste de consultation.
M.
Fortin : J'apprécie votre... j'apprécie le
dialogue, mais je suis un adepte du bon vieux «trust but verify»...
Mme LeBel : Hein?
M.
Fortin : ...américain, alors...
Des voix : ...
Mme LeBel : ...11.
M.
Fortin : 11. OK.
Des voix : ...
M.
Fortin : «Le Protecteur du citoyen peut
représenter le plaignant», c'est ça? C'est ça que vous dites?
Mme LeBel : Ça
lui donne un pouvoir de représentation, au Protecteur du citoyen. Ça a été une
demande, là, de faite. On ne veut pas juste
nécessairement être accompagné, on peut être représenté, donc il pourrait être
représenté devant le tribunal pour
ses recours en représailles, alors qu'avant, là, le régime ne le permettait
pas. Donc, maintenant, le Protecteur
du citoyen pourrait même aller devant le TAT représenter pour venir contester
les représailles, là. Et même, bien, lui fournir, naturellement, un
avocat en conséquence, là, ce n'est pas le protecteur lui-même.
M.
Fortin : Oui, mais il y a une différence
entre le service de consultation... de consultation juridique qui était à
l'article 26, puis là le service de représentation.
Mme LeBel : Mais c'est le Protecteur
du citoyen qui va faire...
M. Fortin : On va plus loin, mais il peut avoir accès juste à la
consultation aussi, là.
Mme LeBel : Oh! oui. Oui. Bien oui.
M. Fortin : Il n'est pas obligé de le... d'aller jusqu'au bout du
processus.
Mme
LeBel : Non, non, mais ça tombe sous l'égide du Protecteur
du citoyen. On le sort de l'organisme, donc...
M. Fortin : Je ne sais pas si c'est clair, comme ça, je... Peut-être
mes collègues pourront me dire si je suis le seul
à le lire comme ça, là, mais l'article 11, il vient dire : Si les
parties refusent d'entendre... d'entreprendre la médiation ou si aucun
règlement n'intervient au terme de cette dernière... C'est une situation bien
précise, tandis que, l'article 26, c'était pas mal plus large que
ça, là.
Mme LeBel : Je vais juste le relire,
là.
Des voix : ...
Mme
LeBel : ...se croit victime de représailles, on lui
donnait, dans la loi, une consultation. On ne lui donnait pas de la
représentation. Là, maintenant, si elle se croit victime de représailles, le
Protecteur du citoyen pourra la représenter, mais avec ça vient une...
Une consultation est moindre et incluse dans la représentation, là, non?
Une voix : ...
Mme LeBel : Bien oui, il va recevoir
une consultation, il va recevoir la... puis... et là, le Protecteur du citoyen
peut même jusque... aller jusqu'à le représenter devant le TAT si, suite à la
consultation, on se rend compte qu'il a des
droits à faire valoir devant le tribunal administratif, là. Mais là, la façon
dont l'article 26 se lisait : Bien, je te conseille, mais,
après ça, débrouille-toi.
M. Fortin : Mais... Puis cette partie-là de l'article 26 va
rester : «Le Protecteur du citoyen met un service de consultation
juridique à la disposition...»
Mme LeBel : Oui. Oui, oui, le
premier...
M. Fortin : Donc, ça... ça, ça reste, là, on s'entend, là.
Mme
LeBel : Oui, ça, c'est... Ça, ça reste, là. C'est vraiment
dans le cas où elle se croit victime de représailles. Donc, on va plus loin, on l'accompagne jusqu'au
bout du processus plutôt que juste lui fournir de la consultation en amont.
• (18 h 10) •
M. Fortin : Oui, mais ça se peut qu'elle ait besoin de la
consultation...
Mme LeBel : Bien, elle va l'avoir.
M. Fortin : ...sans se rendre à «refuse d'entreprendre la médiation».
Non, ça ne se peut pas?
Mme LeBel : Bien, c'est la
consultation qui va le décider, là. Je veux dire...
M.
Fortin : Donc, elle a encore... elle a encore à sa
disposition la consultation juridique si elle se croit victime de
représailles...
Mme
LeBel : Oui, oui, puis la... Oui, puis, si la consultation
fait en sorte que ça fait que tu refuses puis... on va aller jusqu'au
bout, là. Mais, dans la... dans la représentation, la consultation est... Je
veux dire, j'ai rarement représenté quelqu'un sans consulter avec, là, sans le
conseiller ou le... ou être consultée, là.
M. Fortin : Je veux juste m'assurer que la personne, elle est
accompagnée tout au long du processus.
Mme LeBel : Oui, c'est l'objectif.
M.
Fortin : C'est ça. Il n'y a pas de... Il n'y a pas de
faille, là, il n'y a pas d'exception où elle n'est pas... elle n'a pas
accès à un service de consultation ou encore de représentation.
Une
voix : ...
Mme LeBel : C'est...
C'est ça, l'objectif. Et ce qu'on me dit et ce qui est exact, c'est que ça va
être beaucoup plus clair quand on va faire la loi sur la protection, parce que
tous les articles vont dans ce sens-là, de l'accompagner de A à Z, donc du début de la divulgation,
consultation, est-ce qu'on doit faire de la médiation ou non, c'est-tu approprié
ou ce ne l'est pas. Donc, la... quant à moi, la consultation n'emporte pas la
représentation, mais la représentation emporte
la consultation, ou le conseil, je dirais ça, parce que la consultation...
parce que le but de la consultation, c'est d'avoir un conseil, là,
donc...
Le Président (M.
Simard) : M. le député de Rosemont.
M. Marissal :
Bien, c'est peut-être de la sémantique, là, mais est-ce que la
représentation inclut l'accompagnement?
Mme LeBel : Bien
oui.
M. Marissal :
Parce qu'on comprend que représenter, c'est à la fin, là, quand on a conclu
que... Bon, peut-être que ça va de soi.
Mme LeBel : Bien,
c'est parce que la notion de représentation, elle est très spécifique aux
tribunaux, là. Mais, dans la loi sur la protection, le protecteur se doit
d'accompagner la personne. Mais disons qu'on a un cas de figure qui est idéal
et qu'il n'y en a pas, de représailles, donc elle va l'accompagner dans le
processus, mais il n'aura pas à lui fournir de la représentation par la suite,
là. Mais, dans tout ça, il y aura du conseil, donc de la consultation.
M. Marissal :
Mais je comprends les
interrogations de mon collègue de Pontiac, là, parce qu'une consultation juridique,
c'est évidemment préalable...
Mme LeBel : À
une représentation.
M. Marissal :
...au fait d'être représenté.
Mme LeBel : Bien
oui.
M. Marissal :
Vous, vous dites : Ça va de soi.
Mme LeBel : Oui, ça va de soi. Je veux dire, le Barreau,
là, si un avocat représente sans conseiller et... et conférer et
consulter... que son client puisse le consulter, on a un problème, là.
M. Marissal :
Et par ailleurs la dernière phrase reste : «Le Protecteur du citoyen
détermine, dans chaque cas, la manière dont est rendu le service de
consultation juridique ainsi que sa durée»?
Mme LeBel : Oui,
oui, ce n'est pas... cet article 26 là n'est pas... n'est pas modifié
autrement que par la suppression du deuxième
alinéa, là, et l'adaptation qu'on a faite au premier alinéa pour inclure le
régime de divulgation en matière familiale au Protecteur du citoyen.
M. Marissal :
Je pense que ça va.
Le Président (M.
Simard) : Très bien. M. le député de l'Acadie.
M. Morin : Oui.
Merci, M. le Président. Juste pour revenir à ce que disait mon collègue le
député de Pontiac, pour s'assurer qu'il y
aura effectivement un accompagnement, une représentation et un service de
conseil tout au long, le dernier alinéa : «Le Protecteur du citoyen
détermine, dans chaque cas, la manière dont est rendu le service de
consultation juridique ainsi que sa durée», donc, en pratique, est-ce que le
Protecteur du citoyen pourrait dire : Écoutez,
c'est assez, là, vous n'en aurez plus, de services juridiques, ça vient
d'arrêter là? Parce que... Pourquoi on veut qu'il détermine sa durée?
Mme LeBel : Bien,
c'est parce qu'à un moment donné, il ne peut pas avoir l'obligation de fournir
des services de consultation ad vitam aeternam s'il considère que, dans le
cadre de l'enquête, ce n'est plus nécessaire, là. Et mettons qu'il n'y a pas de
représailles, qu'il n'a pas besoin d'aller devant les tribunaux, on... je pense
qu'il faut que le Protecteur du citoyen, qui a l'obligation d'accompagner et de
juger, je sois capable... ce qui n'empêche pas quelqu'un de se prendre un
avocat à part... à part entière ou de consulter ailleurs. Ça, ce n'est jamais
interdit, mais, dans le cadre de
l'accompagnement du Protecteur du
citoyen, à un moment donné, il faut que le Protecteur du citoyen soit à même de juger qu'il faut
que ça s'arrête là, là.
M.
Morin : Et le service juridique ou de consultation juridique que le
Protecteur du citoyen met au service de la personne, c'est... l'avocat, son
mandat, c'est l'avocat du Protecteur du citoyen ou c'est l'avocat de la
personne qui l'accompagne?
Mme LeBel : Dans
la pratique, ce qu'ils font, parce que ça se fait déjà, là, parce que
l'article 26 existe...
M. Morin : Oui,
oui, tout à fait.
Mme LeBel : ...il
rembourse les frais juridiques de la personne qui a l'avocat de son choix, là.
M. Morin : OK,
mais quand...
Mme LeBel : Mais
il pourrait dire, à un certain moment donné, pratico-pratique : Bien là,
j'arrête de payer. La personne peut
continuer d'avoir les services juridiques, mais pourrait dire : J'arrête
de payer parce que je détermine que c'est... que la durée a assez duré,
là.
Une voix : ...
Mme LeBel : Oui.
Je vais le répéter. Il y a une politique publique et des balises, pour être sûr
que c'est bien enregistré.
M. Morin : D'accord,
donc, ils ont... donc ils ont des... ils ont des critères.
Mme LeBel : Oui,
oui, il y a des balises. Il y a des balises.
M. Morin : OK,
mais je reviens à ma question, dans ce service de consultation là, l'avocat, il
est l'avocat du Protecteur du citoyen ou l'avocat de la personne qu'il accompagne?
Mme LeBel : L'avocat
de la personne qu'il accompagne, mais le protecteur du citoyen rembourse les
frais juridiques. C'est pour ça que je vous
dis que, par la suite, si... Le protecteur, dans le fond, quand il détermine la
manière dont... et la durée, bon, ce
n'est pas : Tu n'as plus le droit de parler à ton... à l'avocat, c'est
plutôt : Je ne... je ne rembourse plus. Pratico-pratique, c'est
comme ça que ça se détermine. Ce qui n'en... ce qui ne fait pas en... et donc
le secret professionnel n'appartient pas au Protecteur, appartient, bon...
c'est vers ça que vous alliez?
M. Morin : C'est...
c'est là que je m'en venais.
Mme LeBel : Oui,
j'ai comme... je vous ai comme venu venir.
M. Morin : Vous
avez vu ça, hein?
Mme LeBel : Ça appartient à la personne, le protecteur
rembourse, mais là le protecteur peut dire : À un moment donné, ça
suffit, je ne paie plus. Ce qui n'empêche pas la personne de dire : Bien,
je continue, moi, pour x, y raison.
M. Morin : Je comprends. Et donc, selon... selon votre
exemple puis la mécanique, quelqu'un pourrait retenir les services d'un avocat
en pratique privée, mais c'est le protecteur du citoyen qui va payer évidemment
les honoraires.
Mme LeBel : Oui,
oui.
M. Morin : D'accord.
D'où les barèmes, j'imagine, qui sont... qui sont prédéterminés.
Mme LeBel : Oui, et, dans la politique, j'imagine qu'il y a
quand même des honoraires, des taux d'honoraires ou des choses comme ça,
parce qu'à un moment donné... bien, il faudrait je revérifie, mais, tu sais, on
s'entend qu'on veut que la personne ait la meilleure représentation possible,
mais il y a probablement un...
M. Morin : Un
frein quelconque.
Mme LeBel : En
tout cas, je serais portée à penser que... hein?
M. Morin : Bien,
en tout cas, comme présidente du Conseil du trésor...
Mme LeBel : En
tout cas, je l'espère.
M. Morin : ...je
suis certain que vous y avez pensé.
Mme
LeBel : Mais, comme c'est dans une politique, j'aurai l'occasion
d'aller la revérifier.
M. Morin : D'accord.
Parfait.
Mme LeBel : Dans
mon examen des dépenses.
M. Morin : Bien
sûr. Merci.
Le
Président (M. Simard) :
Est-ce qu'il y aurait d'autres remarques sur l'article 35, tel qu'amendé?
Sans quoi, nous allons procéder à la mise aux voix. Est-ce que cet
article est adopté?
Des voix :
Adopté.
Le Président (M.
Simard) : Adopté. Et nous passons à l'étude de l'article 36.
Des voix : ...
Le Président (M.
Simard) : Oh! Pardon. 35.1, un amendement, un amendement. Bien oui.
Mme LeBel : Oui.
Ah! je l'ai, que je vais donc insérer entre 35 et 35.2, que nous avons faits
tantôt.
Le Président (M.
Simard) : Bien voilà! Bien voilà!
Mme LeBel : Juste pour fins... pour que les gens à la maison
nous suivent. Donc, article 35.1, oui : Insérer, après
l'article 35 du projet de loi, le suivant :
35.1. Cette loi est
modifiée par l'insertion, après l'article 26, du suivant :
«26.1. Le commissaire
à l'éthique et à la déontologie met un service de consultation juridique à la
disposition de toute personne qui effectue ou souhaite effectuer une
divulgation mettant en cause le Protecteur du citoyen ou qui collabore à une
vérification ou à une enquête menée en raison d'une telle divulgation
conformément aux dispositions [de l'article] III.2 de la présente loi.
«Les
dispositions des deuxième et troisième alinéas de l'article 26
s'appliquent, avec les adaptations nécessaires.»
Donc, encore une
fois, comme le Commissaire à l'éthique et à la déontologie devient le
protecteur du citoyen dans le sens de la
divulgation d'actes répréhensibles quand ça concerne le Protecteur du citoyen,
bien, je dirais qu'on... mutatis mutandis, hein, on adapte les... on
intègre dans sa loi les pouvoirs et/ou obligations.
Le Président (M.
Simard) : Des commentaires? M. le député de Rosemont... Oui.
Pourrions-nous baisser un peu le...
M. Marissal :
Merci.
Le Président (M.
Simard) : Faire suivre le curseur. Très bien. Ça vous va, cher
collègue?
Mme LeBel : Moi,
ça va.
M.
Fortin : ...peut-être une question, là,
quand on vient dire qu'on met au service... on met à la disposition du divulgateur ou de la personne qui souhaite
devenir divulgateur un service juridique, ou qui collabore à une vérification
ou une enquête : Est-ce que ça veut dire qu'on doit mettre un service de
consultation juridique à la disposition de la personne qui est mise en cause?
Mme LeBel :
Ils ne sont pas exclus, mais il faudrait qu'ils collaborent à l'enquête, là.
M.
Fortin : Oui, mais ils collaborent... Je
suis mis en cause, je collabore à l'enquête, vous mettez à ma...
Mme LeBel : Oui. Puis ce n'est pas exclu, parce qu'on ne peut
pas présumer qu'il est... qu'il est... bon, le terme n'est pas exact, là, mais
coupable de l'acte. Donc, on peut... oui, on pourrait mettre un service de
consultation pour qu'il...
M.
Fortin : Bien, il n'y a pas de «on peut»,
c'est «on doit».
Mme LeBel : On
doit, bien oui, mais c'est ça. Mais ça... il n'est pas exclu. Il est inclus, si
on veut, dans cette notion-là, il n'est pas exclu.
M.
Fortin : Tant et aussi longtemps qu'il
collabore.
Mme LeBel : Oui.
• (18 h 20) •
M.
Fortin : Et là cette disposition-là, pour
une consultation juridique, est-ce qu'elle peut se rendre... La consultation, c'est une chose, là, mais, si on se
rend devant les tribunaux, éventuellement, est-ce que la personne mise
en cause a toujours à sa disposition...
Mme
LeBel : Non, la seule personne qui a accès à la
représentation, c'est la victime des représailles, c'est celle qui est
victime des représailles.
M. Fortin : C'est ça.
Mme LeBel : Donc, s'il y a des
gens... bien, peut-être pas le mis en cause, naturellement, là, mais, s'il y a
des gens dans la collaboration qui sont également victimes de représailles, ils
vont avoir... parce qu'ils deviennent victimes de représailles. Donc, c'est
simplement pour les... dans le cas des représailles, devant le TAT.
M.
Fortin : Mais la personne mise en cause, tant dans cette
situation-ci, là, que c'est le commissaire à l'éthique, ou dans l'autre cas où c'est le Protecteur du
citoyen, là, qui met à sa disposition la consultation juridique, ce n'est que pour
la consultation...
Mme LeBel : Oui.
M. Fortin :
...et non pour la représentation.
Mme LeBel : Non. Non.
M.
Fortin : Donc, la représentation, qu'on va voir à
l'article 11 tantôt, ça, ça ne s'applique qu'au divulgateur,
qu'au...
Mme LeBel : C'est dans le cas de
représailles.
M. Fortin : Oui, c'est ça.
Mme LeBel : Lié à une divulgation,
oui.
M. Fortin : OK. Ça va. Ça valait la peine de le mettre au clair, je
crois.
Le Président (M. Simard) : Alors, M.
le député de Rosemont.
M. Marissal : Bien, c'est
copié-collé de l'article précédent, mais si quelqu'un doit dénoncer quelque
chose qui se passe chez le Protecteur du
citoyen, je comprends ça, le terme, là, qui revient, là, textuellement, «met un
service de consultation juridique à la disposition», on s'entend que
c'est le même type de service, que ça, c'est normé, que c'est... Autrement dit,
il ne faudrait pas que la personne se retrouve avec un service moindre ou moins
de moyens donnés à sa...
Mme LeBel : Non.
M. Marissal : Ça, c'est standard.
Mme
LeBel : Oui, ça serait... oui, ça serait... on dirait...
pas approprié que les employés du Protecteur du citoyen qui font de la
protection eux-mêmes soient moins bien protégés, là.
M. Fortin : ...
Mme LeBel : Ou mieux. Mais ce n'est
pas... ce n'est ni moins ni plus, je vais le dire comme ça.
M.
Marissal : Oui. Bien, d'où ma question, parce que, souvent,
il y a des termes qui reviennent dans les projets de loi, on ne réécrit
pas.
Mme LeBel : L'objectif, c'est de
ramener le même type de procédure de ce côté-là, mais, naturellement, la
représentation est pour la victime de représailles.
M. Marissal : C'est bon.
Le
Président (M. Simard) : Alors, d'autres remarques sur cet amendement
introduisant l'article 35.1? Est-il adopté?
Des voix : Adopté.
Le Président (M.
Simard) : Adopté. Et nous poursuivons par l'étude de
l'article 36, qui va comporter...
Mme LeBel : Un amendement.
Le Président (M. Simard) : Qui va
comporter un amendement.
Mme LeBel : Les articles 27 à
29 de cette loi sont remplacés par les suivants :
«27. Le Protecteur du citoyen, les
vice-protecteurs, les fonctionnaires et les employés du Protecteur du citoyen
de même que les responsables de la gestion de l'éthique et de l'intégrité ne
peuvent être poursuivis en justice en raison d'actes accomplis ou omis de bonne
foi dans l'exercice de leurs fonctions.
«28. Sauf [...] une question de compétence,
aucun pourvoi en contrôle judiciaire prévu au Code de procédure civile ne peut
être exercé ni aucune injonction accordée contre le Protecteur du citoyen, les
vice-protecteurs, les fonctionnaires [...]
les employés du Protecteur du citoyen ou les responsables de la gestion de
l'éthique et de l'intégrité dans l'exercice de leurs fonctions.
«29. Un juge de la Cour d'appel peut, sur
demande, annuler sommairement une décision, une ordonnance ou une injonction
rendue — pardon — ou
prononcée à l'encontre de l'article 27 et de l'article 28.
«29.1. Malgré
toute loi au contraire, nul ne peut être contraint de faire une déposition
portant sur un renseignement qu'il a
obtenu dans l'exercice de la fonction de Protecteur de citoyen, de
vice-protecteur, de fonctionnaire ou d'employé du Protecteur du citoyen
ou de responsable de la gestion de l'éthique [...] de l'intégrité ni de
produire un document contenant un tel renseignement.
«Malgré l'article 9 de la Loi sur l'accès
aux documents des organismes publics et sur la protection des renseignements
personnels, nul n'a droit d'accès à un tel document.»
Donc, ce que ça fait, là, c'est que ça propose
de remplacer les dispositions en matière de pouvoir et d'immunité de la loi qui
facilite la divulgation d'actes répréhensibles à l'égard d'organismes publics,
afin de tenir compte, d'une part, du remplacement du rôle du responsable par
celui de responsable de la gestion à l'éthique et l'intégrité et du
remplacement du renvoi aux dispositions à la loi du Protecteur du citoyen qui
était fait à l'article 29 de la Loi facilitant la divulgation d'actes
répréhensibles à l'égard des organismes publics par l'incorporation de ces
dispositions. Donc, au lieu d'y aller par renvoi, on les intègre. Je devrais
toujours résumer comme ça.
Le Président (M. Simard) : Alors...
Mme LeBel : Et il y a un amendement.
Le Président (M. Simard) : Oui.
Mme LeBel : Oui, tel qu'annoncé.
Alors, 36, amendement :
Remplacer le deuxième alinéa de
l'article 29.1 de la Loi facilitant la divulgation d'actes répréhensibles
à l'égard des organismes publics, proposé par l'article 36 du projet de
loi, par l'alinéa suivant :
«Malgré les articles 9, 83 et 89 de la Loi
sur l'accès aux documents des organismes publics et sur la protection des
renseignements personnels, nul n'a droit d'accès ou de rectification à l'égard
d'un tel renseignement.»
Commentaires : Cet amendement a pour objet
de prévoir une restriction en matière d'accès et de rectification aux
renseignements personnels obtenus par le Protecteur du citoyen, par un
responsable de la gestion de l'éthique, de l'intégrité ou par le commissaire à
l'éthique ou la déontologie ou par la Commission municipale du Québec dans le cadre de la loi... toujours dans le cadre de la
Loi facilitant la divulgation d'actes répréhensibles à l'égard des organismes
publics. Dans le cas du Commissaire à l'éthique et à la déontologie et de la
Commission municipale du Québec, bien, cette
restriction s'applique conformément à un renvoi à l'article 30 de cette
loi, proposé par l'article 37 du projet de loi.
Le
Président (M. Simard) : Très bien. Alors, nous débattons d'abord de
l'amendement. Y aurait-il des questions? M. le député d'Acadie.
M.
Morin : Écoutez, dans l'amendement, si on peut le baisser,
en fait, il y a... OK, alors, il n'y a pas de droit de rectification?
Mme LeBel : Non.
M. Morin : Et pourquoi?
Mme LeBel : Pause. J'avoue que
c'était spontanément.
Le Président (M. Simard) : Alors,
souhaitez-vous suspendre, Mme la ministre?
Mme LeBel : C'est de la concordance,
essentiellement.
Le Président (M. Simard) : De la
concordance. Bon, très bien.
Mme LeBel : Ça
s'applique déjà dans sa loi. Au lieu de faire un renvoi, on l'applique, mais on
n'a pas modifié ce qui était déjà dans la
Loi sur le Protecteur du citoyen. Donc, j'imagine que c'est pour éviter un
dialogue sur les faits, là. Je veux
dire, c'est protéger ces renseignements-là, c'est obtenu dans le cadre d'une
enquête, là, du Protecteur du citoyen.
M. Morin : D'accord. Merci.
Le
Président (M. Simard) : Merci à vous. D'autres remarques sur cet
amendement? M. le député de Rosemont? M. le député de Pontiac? Cet
amendement est-il adopté? Adopté.
Et nous revenons à l'étude de l'article 36,
tel qu'amendé. Y aurait-il d'autres commentaires? M. le député de Rosemont.
M. Marissal : Là, j'essaie de faire
la comparaison vite, là, entre le texte actuel puis le texte proposé. «Ne
peuvent être poursuivis en justice...» Là, je suis dans le premier alinéa de
27, là : «Ne peuvent être...» De ce qui est proposé à 36 : «Ne peuvent être poursuivis en justice en raison
d'actes accomplis ou omis...» «Omis» n'était pas là avant.
Mme
LeBel : Vous parlez de 27, là, là, du 27, la dernière
phrase de 27? Dans le cadre des articles d'immunité, là, je vais vous...
c'est une nouvelle rédaction qui est privilégiée par le comité de législation,
là.
M. Marissal : C'est ça. C'est ça que
je pensais, oui.
Mme LeBel : Donc, disons que c'est
probablement de la clarification qui s'est faite au fil du temps, là, et
habituellement, dans les articles des nouvelles lois où il y a de telles
immunités, la rédaction devrait être similaire à celle que vous voyez là.
M. Marissal : Ou probablement que
dans l'évolution du droit puis de la législation, on est arrivé à se dire qu'il
fallait ajuster ce mot-là pour couvrir...
Mme LeBel : Oui, pour s'assurer de l'immunité
qu'a... une immunité qui est adéquate, là.
M. Marissal : Et donc ça devient la
formulation...
Mme LeBel : Oui.
M. Marissal : ...répétitive, là,
d'un projet de loi à l'autre?
Mme LeBel : Jusqu'à ce qu'on la
fasse évoluer.
M. Marissal : C'est bien. C'est plus
une question de curiosité.
Le Président (M. Simard) : Très
bien. D'autres commentaires? Sans quoi, 36 amendé est-il accepté?
Des voix : Adopté.
Le
Président (M. Simard) : Adopté. Passons à l'étude de l'article 37,
pour lequel il y aura... pour lequel il y aura...
Une voix : ...
Le Président (M. Simard) : ...un
amendement.
Mme LeBel : Article 37 :
Le chapitre VII de cette loi est modifié par le remplacement de ce qui
précède l'article 32.1 par les articles suivants :
«30. Les
articles 27 à 29.1, 32 et 33.1 s'appliquent au commissaire à l'éthique et
à la déontologie et à la Commission municipale
du Québec, avec les adaptations nécessaires, à l'égard des enquêtes qu'ils
mènent et des autres actes qu'ils accomplissent en vertu de la présente
loi.
«31. Le Conseil du trésor peut, par
directive :
«1° établir
des modalités relatives à la désignation des responsables de la gestion de
l'éthique et de l'intégrité;
«2° préciser
les fonctions des responsables de la gestion de l'éthique et de l'intégrité
ainsi que les conditions et modalités de leur exercice.
«Une telle directive lie les organismes publics
concernés.
«32. Aucune action civile ne peut être intentée
en raison ou en conséquence de la publication d'un rapport du Protecteur du
citoyen produit en vertu de la présente loi, ou de la publication, faite de
bonne foi, d'un extrait ou d'un résumé d'un tel rapport.»
Je pourrais déposer immédiatement l'amendement,
puis on pourrait peut-être cesser.
Le Président (M.
Simard) : Oui.
Mme
LeBel : Article 37,
amendement : Remplacer, dans l'article 30 de la Loi
facilitant la divulgation d'actes répréhensibles à l'égard des
organismes publics, proposé par l'article 37 du projet de loi, «27» par
«26.2».
Donc, ça a
pour objet de maintenir applicable au Commissaire à l'éthique et à la
déontologie, à la Commission municipale, la CMQ, le caractère privé des
fonctions qu'ils exercent dans le cadre de la loi facilitant la divulgation d'actes répréhensibles. Donc, c'est de
l'ajustement et de la concordance en fonction de ce qu'on fait au fil du projet
de loi, dans les améliorations qu'on y apporte, là. Je pourrais résumer
mon commentaire comme ça.
Le Président (M. Simard) : Alors,
très bien. Cet amendement est déposé, il se retrouve sur Greffier.
Chers collègues, merci pour votre précieuse
collaboration.
Compte tenu de l'heure, j'ajourne nos travaux
sine die. Au plaisir de vous retrouver.
(Fin de la séance à 18 h 30)