Journal des débats de la Commission des finances publiques
Version préliminaire
43e législature, 1re session
(29 novembre 2022 au 10 septembre 2025)
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Le
mardi 24 septembre 2024
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Vol. 47 N° 55
Étude détaillée du projet de loi n° 62, Loi visant principalement à diversifier les stratégies d’acquisition des organismes publics et à leur offrir davantage d’agilité dans la réalisation de leurs projets d’infrastructure
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Intervenants par tranches d'heure
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Simard, Jean-François
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Julien, Jonatan
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Rotiroti, Filomena
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Beauchemin, Frédéric
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Julien, Jonatan
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Beauchemin, Frédéric
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Simard, Jean-François
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Rotiroti, Filomena
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Beauchemin, Frédéric
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Simard, Jean-François
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Julien, Jonatan
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Rotiroti, Filomena
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Simard, Jean-François
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Rotiroti, Filomena
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Julien, Jonatan
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Thouin, Louis-Charles
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Bélanger, Gilles
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Tardif, Marie-Louise
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Haytayan, Céline
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Mallette, Carole
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Julien, Jonatan
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Simard, Jean-François
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Rotiroti, Filomena
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Thouin, Louis-Charles
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Bélanger, Gilles
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Tardif, Marie-Louise
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Haytayan, Céline
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Mallette, Carole
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Rotiroti, Filomena
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Simard, Jean-François
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Julien, Jonatan
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Julien, Jonatan
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Rotiroti, Filomena
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Simard, Jean-François
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Simard, Jean-François
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Julien, Jonatan
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Rotiroti, Filomena
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Julien, Jonatan
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Rotiroti, Filomena
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Simard, Jean-François
15 h (version révisée)
(Quinze heures vingt-deux minutes)
Le Président (M. Simard) : Je
constate que nous avons quorum. Bienvenue à toutes et à tous. Nous sommes en
mesure d'entreprendre nos travaux.
Comme vous le savez, notre commission est
aujourd'hui réunie afin de poursuivre l'étude détaillée du projet de loi 62,
Loi visant principalement à diversifier les stratégies d'acquisition des
organismes publics et à leur offrir davantage d'agilité dans la réalisation de
leurs projets d'infrastructure.
M. le secrétaire, bonjour. Soyez le
bienvenu à nouveau parmi nous. Y a-t-il des remplacements?
Le Secrétaire : Oui, M. le
Président. Mme Abou-Khalil (Fabre) est remplacée par Mme Tardif
(Laviolette—Saint-Maurice); M. Poulin (Beauce-Sud) est remplacé par Mme Haytayan
(Laval-des-Rapides); Mme Cadet (Bourassa-Sauvé) est remplacée par MmeRotiroti (Jeanne-Mance—Viger); et M. Bouazzi
(Maurice-Richard) est remplacé par M. Grandmont (Taschereau).
Le Président (M. Simard) : Alors,
bienvenue à nos nouveaux collègues.
Au moment de suspendre nos travaux, la
semaine dernière, nous venions de faire l'adoption du... de l'article 5 et
nous en étions rendus à la lecture de l'article 6. M. le ministre.
M. Julien : Bien, bonjour,
tout le monde. Grand plaisir d'être ici avec vous aujourd'hui. Donc, l'article 6 :
«6. L'article 20 de cette loi est
modifié par l'ajout à la fin du paragraphe suivant :
«4° lorsque l'approche collaborative
retenue comprend un partage des risques, des économies générées ou des gains
réalisés et des pertes subies, une mention indiquant que les conditions et les
modalités de ces partages seront convenues entre les parties et précisées dans
le contrat de partenariat.»
Donc, l'article 6 du projet de loi
propose de modifier l'article 20 de la loi sur les contrats d'organismes
publics<i> afin d'exiger l'ajout d'une mention particulière dans les
documents d'appel d'offres lorsque l'approche collaborative retenue dans le
cadre d'un contrat de partenariat comprend un partage consensuel des risques,
des économies et des gains... ou des gains et des pertes.
Donc, rapidement, on avait discuté, lors d'un
article précédent, de ces notions-là.
Ce qu'on voulait faire avec l'article 6,
c'est que, dans l'appel d'offres, il est précisé si l'entente va résulter dans
un partage de risques. Et dans le contrat suivant l'appel d'offres, ces
éléments-là vont être inscrits de manière détaillée dans le contrat.
Donc, à la fois l'appel d'offres, au
préalable, on signifie aux éventuels partenaires qu'il y aura des notions de
partage de risques, de profits, de gains ou de pertes, et que ceux-ci,
naturellement suite à la négociation dans une perspective de partenariat, vont
être définis et inscrits à l'intérieur du contrat conclu avec... avec les partenaires.
Le Président (M. Simard) : Chère
collègue.
Mme Rotiroti : Merci, M. le
Président, et rebonjour à tous ceux qui accompagnent le ministre, ainsi que les
députés du côté gouvernemental, et mon collègue de Marguerite-Bourgeoys qui m'accompagne
aujourd'hui.
Alors, effectivement, M. le ministre, vous
amenez... vous parlez de l'approche collaborative.
Vous dites dans le... puis je lis le
commentaire, vous dites à l'article 20 de la Loi sur les contrats des
organismes publics, c'est la LCOP :
«Afin d'exiger l'ajout d'une mention
particulière dans les documents d'appels d'offres lorsque l'approche <collaborative...
Mme Rotiroti :
...l'ajout
d'une mention particulière dans les documents d'appels d'offres lorsque
l'approche >collaborative est... retenue dans le cadre d'un contrat de
partenariat comprend un partage consensuel des risques, des économies et des
gains et des pertes.»
Est-ce que ça pourrait arriver qu'entre
les deux partis il n'y a pas d'entente par rapport à... Parce que vous dites :
Les modalités, c'est à ce moment-là qu'on va les connaître, vrai, au moment
qu'on va rentrer dans cette approche collaborative.
M. Julien : À l'intérieur du
contrat, ils vont être précisés.
Mme Rotiroti : Parfait. Alors,
dans le contrat, est-ce que ça se pourrait, une fois qu'on est rendus là, que
dans... une des deux parties ne consente pas ces modalités-là, ou il trouve que
les modalités, je ne sais pas... il voudrait les changer ou il voudrait en
discuter? Est-ce que c'est ouvert à la discussion ou c'est ça ou rien?
M. Julien : ...c'est-à-dire
qu'à partir du moment où est-ce qu'on va l'inscrire dans l'appel d'offres, là,
tous les joueurs savent, dépendant de la nature qu'on va mettre dans appel
d'offres, partage de risques, partage, en fin de compte, de gains, pertes.
Puis il n'est pas obligé d'y avoir tous
ces éléments-là à l'intérieur de l'appel d'offres, mais si l'intention est de
faire un contrat de partenariat avec partage des risques, il va être nommé à
l'intérieur de l'appel d'offres. Donc, les joueurs qui vont vouloir
participer...
Mme Rotiroti : Il faut qu'ils
adhèrent.
M. Julien : Bien, il faut
qu'ils adhèrent. Mais après ça, le partage de risques, c'est une entente entre
les deux parties où chacun trouve son bénéfice, parce que, je le réitère, là,
ça ne se fait pas à somme nulle, ça, ça se fait avec des gains à la fois pour...
pour le partenaire et pour le gouvernement. Et c'est à l'intérieur du contrat
que ces limitations-là vont être mises. Et c'est cohérent avec
l'article 1, là, qu'on a voté la semaine dernière.
Mme Rotiroti : Oui, oui, tout
à fait. Mais ma question est : Le partage de risques n'est pas dans
l'appel d'offres en tant que tel, c'est au moment où est-ce qu'on vient... dans
l'approche collaborative, où est-ce que les gens vont en discuter, hein, c'est
là que vous allez établir les modalités?
M. Julien : Dans l'appel
d'offres, il va être inscrit qu'on s'en va sur une entente de partenariat avec
partage de risques. Alors, l'article 6 dit : Il va être inscrit à
l'appel d'offres, clairement nommé, et il va être précisé à l'intérieur du
contrat.
Mme Rotiroti : Oui, mais
allez-y, je vais céder la parole à mon collègue.
M. Beauchemin : Donc...
Une voix : ...
M. Beauchemin : Merci. J'ai
passé des moments durant le week-end à penser à vous, M. le ministre.
M. Julien : Grand bien vous
fasse.
Une voix : ...
M. Beauchemin : Non, mais
c'est correct...
M. Julien : Non, restez, je voudrais
avoir des témoins.
M. Beauchemin : Il n'est pas
dans ma palette. Où est-ce que je voulais en venir, c'est que là on vient juste
de parler, là, du processus pour se rendre justement à arriver à une approche
collaborative.
Vous en avez fait mention, rendus là, on
va donc lister toutes les étapes, les risques potentiels à partager, et, s'il y
a un bénéfice, voici comment qu'on va être... on va se les partager.
Donc, quand on en arrive à faire cette
liste-là de tous les risques, moi, je me dis : Bon, OK, je vais être donc
dans un contrat de partenariat de gré à gré, là, avec le gouvernement. On fait
la liste de tout, on fait la liste de tous les risques potentiels. Puis, si
jamais ça ne marche pas, c'est 50-50 avec le gouvernement. Je suis un
fournisseur, je parle, OK, donc c'est 50-50 dans ces risques-là.
Je vais être capable de quantifier le pire
scénario, mais disons que, je ne sais pas, on va faire un contrat qui coûte
100 millions, tous les risques potentiels, s'il ne fait pas beau, là, OK,
puis que j'en mange la moitié de ça, ça va me coûter un 20 millions
additionnel. Ça fait que, dans le fond, dans mon prix, là, je vais dire, bien,
moi, je vais vous dire, c'est 120 millions de dollars, comme ça, mon
risque, là, si jamais ça se réalise, je vais être couvert. Puis, si jamais ce
n'est pas le cas, bien, ça va être, comme on dit en anglais, du gravy, parce
qu'on va avoir donc déjà été payé pour ça.
Ça fait que là j'arrive à vous expliquer
le réflexe de base d'un fournisseur de services qui tombe dans cette... dans
cette séquence-là d'événements. Les risques que vous décrivez, étant donné
qu'ils vont être clairement établis, il va être capable de pouvoir mettre un
prix en fonction de tous ces risques-là.
On en arrive à la même place qu'avant.
J'essaie de comprendre c'est quoi, la valeur ajoutée du processus.
• (15 h 30) •
M. Julien : Bien,
certainement. Écoutez, bien, puisque vous prenez un exemple qui est intuitif
mais qui n'est pas réaliste, mais qui, au sens figuré, est intéressant, on va
le prendre, celui-là.
Alors, dans un mode traditionnel, admettons
que les jours de pluie amènent des coûts supplémentaires, admettons qu'on... Les
jours de pluie, j'aime l'exemple.
Alors, il dit : Écoute... Alors là,
eux autres, ils regardent ça. Ils ouvrent puis ils disent : Il faut qu'il
soumissionne sans discuter, là, il faut qu'il soumissionne sur un plus bas
prix.
Puis là il regarde puis il dit : Sais-tu,
la météo, là, moi, je pense bien que... je regarde les cinq dernières années,
puis il y a eu 32 jours de pluie pendant cette période-là, puis un jour de
pluie, ça me coûte 15 000 $, moi, démobiliser mes équipes, ça fait
que je fais une règle de trois, puis ça me coûte 450 000 $ plus... ça
me coûte, en fin de compte, 480 000 $...
15 h 30 (version révisée)
M. Julien : ...démobiliser mes
équipes, ça fait que je fais une règle de trois, puis ça me coûte 450 000 $
plus... ça me coûte, en fin de compte, 480 000 $. Il pogne sa
soumission, il calcule son prix, plus 480 000 $.
Quand on fait une entente de partenariat,
sur cet exemple-là de risques... parce qu'il y a des risques, en fin de compte,
qui sont plus à la charge d'un, mais on va prendre les jours de pluie. Il s'assoit
avec nous autres, puis il dit : Écoute, moi, un jour de pluie, ça me coûte
15 000 $. Si tu étais allé, en fin de compte, en appel de soumissions,
j'aurais pris la pire année, 32 jours de pluie, puis je te l'aurais mis
dans ton prix pour 480 000 $. Mais on convient, tous les deux, qu'un
jour de pluie va démobiliser mon équipe, c'est 15 000 $ que ça me
coûte. Donc, qu'est-ce qu'on va faire? C'est qu'on va travailler avec ce
delta-là, on va partager le risque puis, s'il y a un jour de pluie, bien, tu
sais, tu vas me rajouter 15 000$.
M. Beauchemin : Mais je suis
content, je trouve que c'est un super bon exemple.
M. Julien : Alors, s'il se
passe cinq jours de pluie, là, ça va me coûter 75 000 $, tandis qu'a
priori, lui, il additionne des risques, puis il les met au «worst case», il me
dit : Ça va me coûter 480 000 $. Donc, il y a des risques comme
ça qui vont être partagés. Il y a des risques que, s'il ne réussit pas à
mobiliser son équipe, M. le Président, s'il ne réussit pas à mobiliser son
équipe, puis il y a des retards, là on va dire : Écoute, ça, c'est de ta
faute. Ça, ça va être toi qui vas assumer ces frais-là. Des risques de
variation de prix, bien, ça va être... bien, on va payer le juste prix. Alors,
au net, là, c'est qu'on va payer de la réalité plutôt que de payer le pire
scénario des éventualités dans un appel d'offres au plus bas soumissionnaire,
actuellement.
M. Beauchemin : C'est un
super bel exemple, puis, honnêtement...
M. Julien : Puis à la fin...
un petit élément, M. le Président, pour terminer. Mon collègue a dit «de gré à
gré», mais ce n'est pas... on ne fait pas de gré à gré. C'est un appel d'offres
public basé sur l'expertise, l'expérience, les compétences, avec des ateliers,
des vérificateurs externes qui regardent ça, un comité de sélection. C'est zéro
gré à gré, ce n'est juste pas sur le plus bas soumissionnaire.
Le Président (M. Simard) : Très
bien. M. le député de Marguerite-Bourgeoys.
M. Beauchemin : Oui, mais on
s'entend qu'il reste juste une personne dans votre processus qui va être
capable de vous offrir une offre là-dessus. Mais le point que...
M. Julien : C'est-à-dire que
l'appel d'offres pour sélectionner ce consortium-là, c'est un appel d'offres
public, et soudainement on fait juste embarquer plus tôt avec eux pour fixer la
suite, tandis qu'avant c'était le plus bas soumissionnaire. C'est un appel d'offres
public, aucun gré à gré.
M. Beauchemin : D'accord,
mais on est dans...
Le Président (M. Simard) : Très
bien. On va y aller un à la suite de l'autre, sans parler l'un par-dessus l'autre.
M. le député de Marguerite-Bourgeoys.
M. Beauchemin : Oui. On est
quand même rendu... merci, M. le Président, on est quand même rendu à une
situation où est-ce qu'il y a seulement un fournisseur de services dans la
situation actuelle. Sur votre exemple de la pluie, M. le ministre, vous parlez
que ça coûterait 15 000 $, 32 jours, 482 000 $. J'apprécie
beaucoup les calculs mentals rapides comme ça, félicitations! Moi, ce que je
voulais juste me poser, comme question, c'est, supposons que le contrat en
arrière, là, OK... Là, on parle de ce que ça coûterait s'il pleut, mais le
contrat était de 10 millions, disons, puis là, OK, vous dites, c'est 75 000 $,
grosso modo, là, que ce serait peut-être réaliste que ça pourrait lui coûter, en
termes de pluie, bien, peut-être que c'est 10 075 000 $ qu'il va
donner comme offre de base, puis, à partir de ce moment-là, on va y aller, de l'avant,
puis on va vouloir partager, avec les risques, le différentiel de risque que
vous faites avec le ministre.
Donc, moi, je me mets à la place du
soumissionnaire, bien, le soumissionnaire, ici, il a juste à aiguiser son
crayon puis à se dire : Bon, bien, OK, le pire des scénarios, ça reste que
c'est ça, si, supposons qu'il pleut 32 jours, bien là, le gouvernement va
me dire qu'il va partager ça 50-50 avec moi, disons. OK, ça fait que c'est 240 000 $
que je vais inclure dans mon prix, comme ça. Si jamais le pire se réalise,
bien, je leur ai déjà «pricé» dans mon offre de services. Ça fait qu'en bout de
piste on en arrive à la même place, c'est juste que là c'est tout un processus
autre. Ça fait que j'essaie de vraiment voir, par rapport à votre exemple de la
pluie, quelle est la valeur ajoutée.
M. Julien : M. le Président,
écoutez, on part de loin dans les discussions que j'ai avec mon collègue, parce
que c'est de nouvelle nature, les contrats de partenariat. Puis je le conçois,
parce qu'on est... c'est un paradigme qu'on n'est pas habitué dans... avec le
public, mais que tous les organismes publics qui l'ont adopté l'ont fait à bon
escient. C'est un processus à livre ouvert. Il n'y a pas : Oui, mais moi,
je vais faire un prix, puis lui, il va penser que, bien non, c'est : J'ai
sélectionné mon partenaire avec qui j'ai le goût de travailler sur un projet,
sur la base de son expertise, la qualité... la qualité de son équipe de
gestion, qui est primordiale, ses compétences, ses connaissances dans un
domaine particulier. Et là on a dit : C'est avec vous qu'on va continuer
le processus. On s'assoit ensemble, à livre ouvert : Bien, écoute, nous
autres, on pense qu'on va avoir besoin de x nombres de ressources, la
rémunération de ces ressources-là, c'est tel prix, tel tarif, tel tarif, tel
tarif.
Un jour de pluie, nous autres, on dit que
c'est 15 000$, mais on va voir, là, qu'effectivement, quand il y a un jour
de pluie qui se produit, là, on va démontrer que ça nous a coûté 15 000 $.
Il n'y a pas de préalablement entendu, c'est... on dit : Ça, là, c'est un
calcul à livre ouvert, c'est un vrai partenariat... qu'on n'est pas habitués.
Parce que j'entends mon collègue qui dit : Oui, mais lui, il va te <mettre
un prix...
M. Julien :
...un calcul
à livre ouvert, c'est un vrai partenariat... qu'on n'est pas habitués. Parce
que j'entends mon collègue qui dit : Oui, mais lui, il va te >mettre
un prix. Non, non, il ne met pas de prix, c'est un contrat qui avance livre
ouvert, dépenses réelles. Alors, ça ne peut pas être plus, mais on n'est pas
habitués, c'est comme... c'est comme s'il y avait une méfiance de l'autre. Mais
non, une fois qu'il est sélectionné, là, le livre, il est ouvert. Le dollar qui
sort, il sort pour vrai, il va sur une paie, il paie de la brique, il paie du
mortier, puis, livre ouvert, on est capable d'y toucher. Je le sais qu'on n'est
pas habitués à ça, mais je vous le dis, ça se fait.
Le Président (M. Simard) : M.
le député de Marguerite-Bourgeoys.
M. Beauchemin : On va rester dans
le tout respect de la chose. Juste pour votre information, M. le ministre, j'ai
quand même 32 ans de carrière dans le financement d'entreprises, donc, de
quoi vous parlez actuellement, là, j'en ai vu une puis une autre. Une des
choses...
M. Julien : ...
M. Beauchemin : ...une des
choses qui va arriver, c'est, quand ils vont vous arriver avec un prix, eux
autres, dans leur tête, ils vont être tout à fait transparents, ils vont vous
dire : Moi, j'ai besoin d'une marge de 20 % pour être en affaires.
Puis là, bien, vous : OK, correct, je vais dire oui à la marge de
20 %, puis là on va partager tous les risques. Ça fait qu'ils vont vous
dire c'est quoi, la marge qu'ils ont de besoin, le profit qu'il faut qu'ils
fassent, leur rendement sur leur capital. Ils vont vous dire : Le minimum
que j'ai besoin de faire, pour être en affaires avec le gouvernement, pour moi,
prendre ce risque-là, c'est de faire un rendement de... on va dire 15 %,
par exemple. La réalité, c'est que vous ne le savez, pas, vous, M. le ministre,
c'est quoi, le vrai rendement de capital qui est exigé par l'entrepreneur pour
rencontrer ses exigences financières. Vous ne savez pas c'est quoi, le risque que
lui a à couvrir de son bord quand il fait face à ses actionnaires, quand il
fait face à ses banquiers. Vous ne le savez pas, vous n'êtes pas au courant du
modèle d'affaires à l'interne, puis c'est normal parce que ce n'est pas de
l'information qu'ils vont partager avec vous, M. le ministre.
Donc, je répète ma question, ils peuvent
bien vous dire : Moi, ma marge, c'est 15 % dans votre face à vous,
puis ça va être clair puis bien transparent puis regardez, tout le monde, je
l'ai, le 15 %. Ils m'ont dit qu'ils font du 15 %, puis ils font du
15 %, puis ils prennent ce risque-là en plus, 240 000 $ s'il
pleut 32 jours. OK, mais la réalité, là, c'est que ce n'est pas à 15 %
qu'ils ont besoin d'avoir pour rentrer leurs obligations à eux, c'est peut-être
du 12 %, c'est peut-être du 10 %. Vous ne le savez pas, M. le
ministre, c'est ça la réalité. Vous n'êtes pas au courant de comment la sauce
se fait à l'intérieur de ce fournisseur de services là. C'est ça, la réalité.
Vous avez transparence, sur tout à partir du moment où est-ce que le
fournisseur de services s'engage pour vous dire : Voici ce que je ferais,
voici ce que ça va me coûter, tatati tatata, c'est beau. Puis ça, c'est ma
marge à partir de laquelle je veux faire le contrat avec le gouvernement, point
à la ligne.
Le Président (M. Simard) :
Merci. M. le ministre.
M. Julien : Alors, M. le
Président, je ne suis pas du tout d'accord avec mon collègue malgré toute ton
expérience du domaine financier. Alors, la marge, c'est une chose, tous les
coûts d'un projet vont être à livre ouvert, puis on va même connaître la marge
qu'il souhaite obtenir...
M. Beauchemin : Mais oui,
exactement.
Le Président (M. Simard) : ...
M. Julien : ...M. le
Président, puis être en mesure de l'apprécier à cette valeur-là. Mais à toutes
les fois, il dit 32 jours, pas de jour, non, non. On vient regarder à
livre ouvert puis, s'il pleut, comment ça a coûté puis qui est-ce qui assume ce
risque-là. Alors, je nous rapporte, là, à l'article 1 qu'on a voté la
semaine dernière, qui nous disait : Partage de risques, cette
discussion-là, je vous dis, il y a une incompréhension, mais je respecte ça.
Mais, à livre ouvert, avec un taux de rendement attendu, on a voté
l'article 1 qui mettait ces affaires-là. Là, ici, l'article 6,
qu'est-ce qu'il vise, là, parce qu'on peut bien continuer, mais c'est l'article 1
qui a mis ça, ça vise à dire : Heille, ça, là, ça va être bien écrit dans
le contrat, puis ça va être spécifié dans l'appel d'offres.
Alors, pour moi, je pense qu'on a fait, à
l'article 1, le tour de cette question-là. Je vois qu'il y a une incompréhension,
peut être mutuelle sur le concept, mais que c'est avéré, le partenariat à livre
ouvert, qui est une grande distinction. Pour le reste, bien, je me réfère à
l'article 6.
M. Beauchemin : D'entrée de
jeu, M. le Président, j'ai quand même dit au ministre que j'ai pensé à lui ce
week-end, OK, et donc j'ai pensé à l'article 1, effectivement. Puis quand
on parle de l'article 6 ici, qui y fait référence indirectement, je pense
que c'est permis de pouvoir avoir ce questionnement-là. Et vous venez juste de
le mentionner, M. le ministre, le fournisseur de services vous arrive avec la
marge qu'il décide d'avoir. Il vous dit : Moi ça me prend du 12 %,
13 %, 15 %, 20 %, il vous le dit. Puis c'est très transparent,
il vous dit qu'ils veulent avoir. Mais vous ne le savez pas, vous, en arrière,
comment que leur rendement de capital est important. Vous ne le savez pas, qu'est-ce
que le banquier exige. Vous ne savez pas toutes les conditions de crédit. Vous,
vous prenez ça, puis, à partir de ce moment-là, à partir de ce moment-là, à
partir de ce montant-là de marge exigée, de rendement, comme vous l'avez dit,
exigé, à partir de ce moment-là, on partage les risques, puis c'est un
partenariat, puis c'est ben le fun, puis c'est bien beau, mais c'est...
Force est de constater, M. le ministre,
que, dans le 12 % ou 15 % de rendement, il va s'être donné deux, trois
points pour couvrir justement un genre de 240 000 $, s'il y a 32 jours
de pluie, parce que ça va lui coûter, ça, si jamais, dans le partenariat, il
s'engage avec vous à faire ça.
Donc, le point que j'essaie de dire,
c'est, ici, là, n'importe qui qui va faire une transaction avec le
gouvernement, qui est le moindrement intelligent, va comprendre <comment
que ça...
• (15 h 40) •
M. Beauchemin : ...donc, le
point que j'essaie de dire, c'est, ici, là, n'importe qui qui va faire une
transaction avec le gouvernement, qui est le moindrement intelligent, va
comprendre >comment que ça, cette game-là, se joue. Vous n'avez pas
l'information pour prendre la bonne décision jusqu'au bout du processus, parce
que vous ne savez pas c'est quoi, le rendement, le coût de capital d'emprunt. Vous
ne savez pas c'est quoi, le rendement minimum que les actionnaires demandent
pour chacun de ces soumissionnaires-là. Vous n'avez pas l'information, M. le
ministre, puis ce n'est pas de votre faute, là. Il y a 262 000 PME au
Québec, chacune de ces PME là ont des contrats bancaires qui diffèrent l'un de
l'autre, ça fait que vous n'êtes pas... ce n'est pas normal de le savoir.
Ce que j'essaie juste de dire, c'est que
votre approche ne règle pas le problème. Votre approche va faire en sorte que
vous avez de la transparence à partir d'un certain moment donné. Mais là on
s'est entendu que ces fournisseurs de services là, ils vont faire du 15 %,
ou du 12 %, ou du 20 %, puis ça, c'est leur modèle d'affaires, puis
on ne peut pas le contester, c'est ça. Ça fait que, dans leur modèle
d'affaires, ils vont avoir inclus, eux autres, le potentiel de pire scénario
qui peut arriver dans un partage de risques, c'est sûr et certain. Les
actionnaires vont leur demander d'agir de même.
M. Julien : Je ne suis pas
d'accord avec mon collègue. Encore là, c'est un taux de rendement. Il y a plein
de firmes actuellement, comme Altus, qui font des taux de rendement sur
immobilisation sur infrastructure. On connaît les taux de rendement d'un marché,
à un moment instantané, par rapport justement au taux d'intérêt prévu.
Alors ça, tu sais, on négocie le taux de
rendement de l'entrepreneur ou du consortium sur des bases connues avec des
firmes externes qui ont des rapports trimestriels qui sont très bien montés,
puis que mon collègue connaît très bien, puis, après ça, le reste, c'est à
livre ouvert. Je ne peux pas être plus clair que ça. Il n'y a pas, là, il n'y a
pas : Oui, mais peut-être que, lui, il cache... Non, non, c'est à livre
ouvert, c'est... c'est une vraie pratique mutuelle. On n'est pas habitués à ça.
Je comprends que mon collègue, il semble plus dire : Non, il y a quelqu'un
qui veut tirer profit de, bien non, c'est... c'est à livre ouvert, avec un taux
de rendement espéré, avec des bases de comparaison sur un marché concurrentiel.
M. Beauchemin : M. le
Président, quand on est rendu à avoir à utiliser le processus que le ministre
est en train de discuter en ce moment, de discuter avec nous, on est rendu
qu'on est en mode collaboratif. On est donc rendu un à un, là, on est le
gouvernement avec un fournisseur de services, là. Puis, vous le savez bien, là,
il y a peut-être trois, quatre autres comparables potentiels, puis les autres
vont vous dire c'est quoi, leur taux de rendement, puis... Mais la réalité,
c'est que, rendu là, si vous décidez d'aller en affaires avec eux, bien, vous
faites affaire avec quelqu'un qui va vous dire : Bien, moi, ma marge,
c'est ça. Puis, si vous ne l'acceptez pas, bien ça, c'est correct, ça, c'est
votre choix. Mais, si vous l'acceptez, bien, vous acceptez que cette seule
personne-là a décidé de vous donner un rendement qui est important pour que ses
actionnaires soient contents, qui a donné son rendement pour couvrir les
potentielles pertes, qui a donné le rendement pour couvrir ce que les banquiers
exigent pour le prêt bancaire.
Ça fait qu'étant donné que, rendu au
processus qu'on vient de discuter là, on n'est plus en offre multiple, on est
un, à partir de ce moment-là, si vous acceptez de faire affaire avec ce
fournisseur de services là, vous faites affaire avec le ou la business qui a
décidé que, pour elle, cette business-là, le rendement, c'est ça, puis «that's
it». Il n'y a aucune marge de manœuvre, rendu là. C'est ça, le point que
j'essaie de faire. Puis, si vous avez une sortie à ce point-là puis que vous
êtes capable, là, de... la seule business qui est capable de faire quelque
chose dans le Grand Nord du Québec, puis c'est juste eux autres avec qui on
peut faire affaire, puis, si tout est fantastique... Mais, en bout de piste,
là, c'est la seule business qui vous a répondu, parce que là vous avez fait les
appels pour aller les chercher, puis finalement on en a eu un, puis ce n'est
plus un appel multiple, c'est juste une personne, puis là, maintenant, on ne va
dealer qu'avec cette business-là, bien, cette business-là, rendu à ce
moment-là, elle va vous dire : Sais-tu que, moi, c'est du 17 % que
j'ai de besoin d'avoir. Maintenant, ça, c'est ma marge, «going forward», on
fait... on va s'entendre sur le reste, 50-50 puis le risque.
M. Julien : Je ne suis pas
d'accord avec mon collègue, malheureusement, je le réitère, hein, je ne suis
pas... Sa compréhension n'est pas celle, en fin de compte, d'un partage de
risques dans un partenariat en infrastructures, c'est-à-dire que ce n'est pas
un à un, c'est un consortium avec des concepteurs, avec architectes,
ingénieurs, entrepreneurs, avec le gouvernement, on s'assoit pour faire le
meilleur projet. Ce que me dit mon collègue, c'est : Le taux de rendement
espéré des entreprises en consortium, dans le mode traditionnel, ne change pas
dans le mode de partenariat. Donc, on va convenir, on est sur base de
comparables, c'est à livre ouvert. Ce qu'on fait en mode traditionnel, c'est
qu'ils nous facturent en plus tous les risques de manière maximale, tandis que
là on vient faire un partage de risques.
Je pense avoir donné l'exemple avec la
pluie... c'est un exemple que mon collègue semblait dire : OK. Bien,
mettons que je prends ça, c'est un exemple que je donne, mais c'est ce qui se
réalise réellement, et non pas des éventualités qu'on maximise en réseau
catastrophe, c'est juste bon, c'est à livre ouvert. On connaît le rendement, on
connaît les rendements du marché habituel, on voit des comparables sur base
d'étalonnage <à grand volume...
M. Julien :
...on
connaît le rendement, on connaît les rendements du marché habituel, on voit des
comparables sur base d'étalonnage >à grand volume. Donc, je ne suis pas
du tout d'accord avec mon collègue, mais, pour moi... je peux continuer de
l'écouter.
Le Président (M. Simard) : M.
le député de Marguerite-Bourgeoys.
M. Beauchemin : Oui, juste pour
peut-être donner un petit peu d'expérience, là, OK. J'ai quand même vu, à
plusieurs reprises des tables de 40 personnes qui négocient sur quelle va
être la proposition, pour voir comment ça va fonctionner, puis là, bien, ils le
savent, ils vont être rendus les seuls à soumissionner pour le gouvernement,
puis ils vont l'expliquer au gouvernement : Voici ce qu'il en est. Nous,
là, on va aller faire tel projet dans le Grand Nord. Puis, oui, c'est... tu
sais, c'est du cas par cas, là, ici, là. C'est dans le Grand Nord, ça fait que
là il faut trimbaler tout notre monde là-bas, puis il faut amener toutes nos
ressources là-bas. puis... Ce n'est pas comme un projet à Laval, là, où est-ce
qu'on peut prendre l'autoroute facilement pour s'y rendre. Ça fait que, dans
tout ça, ils vont dire : Bien, moi, mon rendement, à Laval, c'est du 12,
mais, dans le Grand Nord, c'est du 17, et j'ai de besoin d'avoir 17 % de
rendement pour justifier toutes mes dépenses pour me rendre là, puis voici
toutes mes dépenses, puis ils vont toutes vous les donner.
Mais, M. le ministre, la réalité, là,
c'est que, rendu là, vous êtes obligé de prendre le prix qu'ils vont vous
donner. Vous êtes obligé de prendre la marge qu'ils vont vous imposer dans le
contrat, à moins que vous avez l'option de dire : Bien, tu sais, quoi, on
ne le fera pas, ce projet-là, à moins que vous disiez : On n'y va pas.
Le Président (M. Simard) : M.
le ministre.
M. Julien : Encore là, mon
collègue, il vous le dit, là, en tout respect, parce que je sais que c'est
quelqu'un qui connaît bien le milieu financier, mais les projets
d'infrastructure, il y a des petits... il y a des petits gaps par rapport à la
compréhension. Sur la Côte-Nord, là, qu'est-ce qui va... qu'est-ce qui
arriverait, le cas échéant, puis c'est bien plus le coût de la marchandise, le
coût du transport. On est à livre ouvert, on va voir les vrais coûts, là,
mais... Alors, ce n'est pas... ce n'est pas le modèle traditionnel où on se
regarde en chien de fusil puis on essaie a priori, non, c'est à livre ouvert. Alors,
je vous le dis, là : Construire sur la Côte-Nord, ça coûte plus cher,
amener mes matériaux, ça coûte plus cher, amener de la main-d'œuvre, ça coûte
plus cher, plus cher, plus cher. On est à livre ouvert, puis il y a un
rendement qui est négocié. C'est comme s'il me disait : Vu que c'est la
Côte-Nord, je vais faire du 17 %. Bien non, ce n'est pas comme ça que ça
fonctionne, à livre ouvert, tu sais. Le coût du projet est plus dispendieux,
puis on s'entend, puis est capable de le valider. Ton 2x4, il t'a coûté tant,
je l'ai dans tes achats, je l'ai vu, ce n'est pas des prétentions, on est à
livre ouvert, puis on paie la vraie affaire, puis la même affaire dans les
marchés.
Puis là, quand on décide de classer un
consortium à l'étape préliminaire, compétence, expertise, meilleure équipe de gestion
de projets, on travaille avec eux puis, à la fin, là, on n'est pas obligé de se
marier. Si ça ne marche pas, là, pas pires amis. Alors là, ce que mon collègue
dit... il fait miroiter plein de risques qui sont juste bien plus risqués en
mode traditionnel qu'en mode de partenariat.
Le Président (M. Simard) : Merci.
Mme la députée de Jeanne-Mance—Viger.
Mme Rotiroti : Oui, merci, merci
beaucoup, M. le Président. Alors, je sais que, peut-être, des fois, c'est
frustrant, M. le ministre, mais il faut quand même... c'est une nouvelle
approche, puis il faut vraiment qu'on soit très clair et transparent pour que
les gens savent exactement en quoi qu'on va s'embarquer. Alors, je sais,
peut-être, des fois on pose peut-être la même question deux fois ou trois fois
de manière différente, mais, je pense, c'est... la raison pourquoi qu'on fait
ça, c'est qu'on est législateurs, et je pense que cette loi-ci doit être
extrêmement claire pour qu'il n'y ait pas aucune ambiguïté et surtout pas que
ça soit interprété pour... que quelqu'un prend ça, puis l'interpréter à sa
façon. Alors, là-dessus, je pense qu'on est entièrement d'accord.
Vous avez dit... Moi, qu'est-ce qui me
frappe, dans qu'est-ce que vous dites, dans l'explication à mon collègue, c'est
que vous dites : On est dans le mode collaborateur, ça veut dire que c'est
deux personnes qui négocient, d'habitude, c'est le gouvernement et le consortium
que vous avez décidé, selon l'appel d'offres. Très bien, là-dessus, on
s'entend. Les négociations se font et les modalités... Vous dites qu'il y a des
vérificateurs externes qui vérifient pour s'assurer que les modalités, par
rapport à les gains, tout ça, qui sont mises en place sont vérifiées et sont
valables. OK. Dans l'éventualité, est-ce que ça pourrait arriver qu'une fois
que vous passez tout le processus... parce que vous venez de le dire, à la
toute fin de votre intervention, vous dites : Ça ne marcherait pas. Si ça
ne marche pas... On n'est pas mariés, si ça ne marche pas, ça ne marche pas.
Mais là ça veut dire que vous tournez... vous retournez à la table de dessin?
C'est quoi, les étapes, mettons, dans l'éventualité où est-ce que ça ne marcherait
pas?
Puis vous, votre objectif, dans le projet
de loi, c'est de réduire les délais des projets. C'est pour ça qu'on introduit
ce mode de collaboration là. C'est justement ça, l'objectif de ce projet loi.
Alors, en faisant qu'est-ce que vous dites, si ça ne marche pas, vous retournez
à la case de départ, vous recommencez à zéro. En quoi ça réduit les délais?
• (15 h 50) •
M. Julien : En quoi ça
réduirait les délais? Premièrement, là, quand on regarde une courbe... une
courbe de délais dans des projets majeurs... Parce que, souvent, on dit : Heille,
écoute, ça a pris 10 ans à faire ce projet-là. Souvent, les délais ne sont
pas tant dans la réalisation. On observe souvent un 36... 36 mois, là,
c'est le délai de réalisation. C'est les phases préliminaires de fixation des
besoins qui sont longs puis, après ça, de trouver le bon concept pour aller de
l'avant. On l'a vu, on a fait des analyses avec la SQI, <sur des cas...
M. Julien :
...réalisation.
C'est les phases préliminaires de fixation des besoins qui sont longs puis,
après ça, de trouver le bon concept pour aller de l'avant. On l'a vu, on a fait
des analyses avec la SQI, >sur des cas... des cas traceurs, là, puis on
voyait que, sur huit ans, il y avait souvent six ans, mais, sur 10 ans, il
y avait huit ans que ce n'était pas...
Ce n'est pas la réalisation qui était
longue. Une fois qu'on a pris la décision d'aller de l'avant, ça va assez bien.
Un mois de partenariat, c'est la phase de planification, là, on met plus
d'enjeux dessus, mais elle est plus courte en réalité, parce on travaille
ensemble à trouver le meilleur concept et on gagne du temps en réalisation...
en planification, ce qui fait qu'on gagne du temps en réalisation. Puis, au
net, là, c'est gagnant, pour nous, c'est clair. Puis on l'a observé, nos
prétentions se sont matérialisées à hauteur de 26,4 % par rapport aux
écoles secondaires auxquelles on utilisait ça. C'est vrai que ça se peut qu'on
n'arrive pas à s'entendre, comme c'est vrai qu'il peut avoir des appels
d'offres au plus bas soumissionnaire qui sont infructueux.
D'un autre côté, on a nommé, dans l'appel
d'offres, qu'il va avoir un partage de risques, et c'est vrai que c'est
complexe. Mon collègue mentionne des complexités, c'est vrai que c'est
complexe, mais ce n'est pas compliqué. J'exprime ça comme ça. Tu as des frais
puis tu es capable de mesurer à livre ouvert, là, combien m'a coûté ma
main-d'œuvre, comment m'a coûté mon matériel, comment ça a pris de temps. Ça,
là, quand on est à livre ouvert, c'est assez facile. Les éléments qui restent,
après ça, à négocier, bien, c'est quoi, ta marge? Est-ce que ta marge est dans
le marché? C'est quoi, en fin de compte, si les risques se matérialisent, puis
jusqu'à combien tu es prêt à laisser ta marge sur un risque qui va se matérialiser?
Parce que la personne, elle dit : Écoute — je dis n'importe quoi — je
fais 9 % sur un projet de 100 millions, je fais 9 millions, puis
je suis prêt à laisser 50% de mon bénéfice sur différents risques, je me rends
jusqu'à 4,5. Là, soudainement, le partenaire avec qui on est, ça se peut qu'il
laisse 4,5 millions de bénéfice, de profit à livre ouvert. Il va
travailler... on va travailler ensemble, parce que lui, il veut le
matérialiser, son profit. Alors, pour y arriver, il faut qu'il soit efficient
avec nous dans le processus.
C'est juste une nouvelle approche où,
quand on est autour de la table, là, les quatre concepteurs, architectes,
ingénieurs, entrepreneurs, gouvernement, on a les objectifs communs puis on a à
cœur la réussite. On a fait des projets comme ceux-là. Moi, je l'ai vécu dans
une autre vie, qui s'apparentait à ça, par exemple, l'amphithéâtre de Québec, ça
a bien été, puis c'était autour de la table, tout le monde était pas mal, pas
mal du même objectif. Donc, c'est ça que ça vit ici. Mais c'est vrai que, dans
certains cas de figure, ça pourrait ne pas fonctionner. Mais la sélection, la
sélection, chère collègue, se fait sur base de compétences, d'expérience.
Alors, c'est une bonne sélection.
Le Président (M. Simard) : Merci,
M. le ministre. Chère collègue.
Mme Rotiroti : Oui, je sais
que mon collègue de Marguerite-Bourgeoys veut continuer son intervention, mais
avant... Parce que j'ai quand même posé une question très importante et très
spécifique au ministre, il peut mentionner les écoles qu'ils ont fait dans les
projets pilotes du Conseil du trésor qui... on le retrouve dans le mémoire,
d'ailleurs, qui s'est engagé de déposer... de démontrer que celui qui a fait...
qui a pris la voie traditionnelle et celui qui a pris la voie collaborative,
qu'il y avait effectivement des gains puis que le délai était... on avait sauvé
de l'argent, puis qu'il y avait... le délai était moins court. Ça, je m'attends
que le ministre, parce qu'il s'est engagé de le déposer ici, à la commission...
Ceci dit, j'ai demandé une question très
spécifique au ministre, je n'ai pas eu de réponse, malheureusement. Ça se pourrait
que, dans une négociation de collaboration, que les parties, à la fin, ne
s'entendent pas. Alors, dans l'éventualité... et je comprends tout qu'est-ce que
le ministre vient d'énumérer, d'expliquer, le partage de risques, puis là on va
négocier, puis on va essayer d'arriver à une entente. Mais, dans l'éventualité,
parce que vous ouvrez la porte, vous l'avez dit vous-même, il y a la
possibilité que ça ne fonctionne pas. Si ça ne fonctionne pas, je veux savoir
c'est quoi, les étapes, M. le ministre. Est-ce que vous retournez à la case de
départ? Est-ce que vous... vous refaites l'appel d'offres, vous allez dans un
mode traditionnel pour revenir à un mode de collaboration, ou est-ce que vous
prenez... vous choisissez, vous choisissez le deuxième... un autre un autre
contractant? Et, si oui, comment vous le choisissez?
M. Julien : Alors, c'est au
niveau de l'appel d'offres — je vais essayer d'être court, parce que
ça a de l'air que je parle trop longtemps — c'est au niveau de
l'appel d'offres, en réalité, qu'on va venir identifier potentiellement trois
consortiums. Alors, il pourrait en avoir trois consortiums et, le cas échéant,
qu'avec le premier qui est sélectionné, qui a le meilleur, le meilleur pointage
sur les éléments qualitatifs qu'on a nommés. Mais, si ça ne fonctionne pas, on
pourrait avoir prévu, à l'appel d'offres, qu'on passe au deuxième consortium.
Mme Rotiroti : Et vous passez
au deuxième, c'est vous autres, vous décidez : Bien là, lui, on le flushe
pour des raisons que vous appartient, et là on s'en va... Bien, d'ailleurs, ce
serait quoi, les exemples, pour dire : Bien, lui, ça ne marche plus, parce
qu'il <est trop gourmand...
Mme Rotiroti :
...que
vous appartient, et là on s'en va... Bien,
d'ailleurs, ce serait quoi,
les exemples pour dire : Bien, lui, ça ne marche plus, parce qu'il >est
trop gourmand? Est-ce que, parce que dans les partages de risques, ça ne marche
pas? Parce que c'est en fin de compte, c'est le gouvernement qui va avoir plus
de risques que l'entrepreneur? Ça serait quoi, l'élément déclencheur pour dire :
OK, là, ça finit. On a négocié. Ça ne marche plus, «goodbye Charlie», moi, je
vais avec le deuxième.
M. Julien : Alors, tu
sais, ce qui est bien dans les contrats de partenariat, c'est consensuel. Donc,
ces gens-là, ça investit... Habituellement, ça fonctionne, alors... Mais c'est
vrai qu'il y aurait des cas qui ne fonctionneraient pas. Alors, les gens
s'investissent puis ils disent : Il faut que ce soit consensuel. Il faut
que, les deux, on ait le bonheur de signer cette entente-là. Alors, s'il n'y a
pas de bonheur des deux, ça met un terme puis on s'en va au suivant.
Mme Rotiroti : Oui. Moi,
je vous dirais, c'est plus que notre bonheur que l'entrepreneur veut, c'est
aussi de faire de l'argent, que ça soit rentable, on s'entend?
M. Julien : Alors, son
rendement va être prévu à l'intérieur de l'entente à livre ouvert puis on va
être gagnant des deux côtés. Je vous le dis, actuellement, au plus bas
soumissionnaire, on paie tous les risques de son rendement.
Mme Rotiroti : OK.
Alors, je répète ma question : Si ça ne fonctionne pas, là vous allez au
deuxième entrepreneur, et là vous négociez de la même façon, évidemment, avec
les mêmes modalités. Vous ne changez rien.
M. Julien : Bien, il
faut faire attention. Je réitère, là, encore là, c'est un changement de
paradigme, hein? Si on veut faire une infrastructure, par exemple, qui passe
par-dessus une rivière, on dit : Voici le volume qu'on a besoin pour que
ça passe par-dessus la rivière. Le besoin est nommé, tel volume, telle
capacité, etc., etc. Mais l'objectif de travailler avec des concepteurs,
architectes, ingénieurs, puis avec l'entrepreneur le plus tôt possible,
c'est... Je n'ai pas dessiné un pont. J'ai décrit un besoin, puis on trouve,
en fin de compte, quelle est la solution optimale. Donc, il n'y a pas vraiment
de motif qu'on ne s'entende pas. Mais peut-être que quelqu'un va dire : Je
n'ai pas le goût de faire ça. Mais je ne comprends pas qu'est-ce qu'il
ferait... qu'est-ce qu'il ferait dans le processus initialement. Mais
l'objectif, c'est, en partenariat, arriver à un projet d'infrastructure
ensemble quand on a nommé, nous autres, le besoin. Le besoin, il est clair,
hein, mais, après ça, la solution, ça appartient au consortium.
Mme Rotiroti : OK. Je
vais revenir, M. le Président. Je vais laisser la parole à mon collègue de Marguerite-Bourgeoys.
Le Président (M. Simard) : Avec
plaisir. Merci. Cher collègue.
M. Beauchemin : En
préambule, M. le ministre, quand vous disiez tantôt, votre exemple, il y avait
9 millions de marge, puis là, soudainement, ça ne marche pas bien puis,
finalement, le projet, bien, il va générer une marge de 4,5 millions. Je
peux juste vous dire qu'un président d'entreprise qui, rendu à une situation où
est-ce qu'il va générer la moitié de ce qu'il avait promis pour ses
actionnaires, il n'aura plus de job, rendu la semaine d'après. Ça fait qu'il
faut comprendre que, quand il va avoir eu à dire que, finalement, à
4,5 millions de dollars, comme l'exemple que vous avez donné, c'est
satisfaisant, il va dire : Ah! ça m'a fait vraiment mal, là, OK, mais ça
va être satisfaisant pareil pour l'entreprise. La preuve, c'est que, s'il est
encore en poste six mois plus tard, vous allez comprendre que, finalement,
c'était ça qui était le rendement minimum qui était demandé pour faire en sorte
qu'il puisse être heureux.
Mais je reviens sur le concept du
rendement. Donc, aller faire un projet dans le Grand Nord, comme on parlait
tantôt, là, puis que vous êtes capable de dire : OK, moi, je veux voir les
coûts de transport, je veux voir les coûts de matériaux, je veux voir les coûts
de ci, je veux voir les coûts de ça. Là, vous, ce que vous me dites, là, c'est
qu'il fasse un projet dans le Nord ou qu'il fasse un projet à Laval, le
rendement qu'il va vouloir exiger pour faire... Le consortium, là, le rendement
qu'il va vouloir exiger pour faire affaire avec nous devrait être le même,
identique, il ne devrait pas avoir de différence. La seule variabilité est
celle de prendre des risques additionnels, que d'aller dans le Nord pour faire
le projet, tout ça va avoir été listé, puis ça va être 50-50, les risques, ou
peu importe la façon que vous voulez les distribuer. Mais leur rendement de
base, là, vous me dites, là, un consortium qui décide de faire un pont sur
l'autoroute 15 à Laval ou qui décide de faire un pont similaire, mais dans
le Nord, le rendement que ce consortium-là devrait avoir est le même. C'est ça
que vous me dites?
• (16 heures) •
M. Julien : M. le
Président, je suis obligé de dire que, potentiellement, oui, un projet dérisqué,
risque égale le rendement. Ici, c'est un projet dérisqué à livre ouvert. Donc,
le rendement devrait... exigé devrait être le même. Alors, clairement, pour
moi, c'est oui.
M. Beauchemin : OK.
Donc, M. le ministre, vous êtes d'accord avec moi que n'importe qui devait être
capable de pouvoir faire les analyses, parce que, comme vous le savez, là, que
ce soit <i>WSP, <i>SNC-Lavalin ou n'importe quel autre consortium,
à la fin de la réalisation des processus, établissent, de façon publique, le
rendement obtenu pour des actionnaires et/ou les investisseurs. Alors, on peut
y aller façon historique puis de regarder, voir quel a été le... quel a été les
rendements. Donc, ce que vous me dites, c'est que, dans votre nouveau
partenariat, on va être capables de dire : Bien, basé sur ces
expériences-là de passées avec ce consortium-là qui a généré... nous autres, ça
devrait être du 12 %. Ça fait qu'on va être capable de le vérifier, là. On
va être capable d'avoir cette information-là très précisément....
16 h (version révisée)
M. Beauchemin : ...12 %,
nous autres, ça devrait être du 12 %. Ça fait qu'on va être capable de le
vérifier, là. On va être capable d'avoir cette information-là, très
précisément.
Le Président (M. Simard) : Allez-y,
M. le ministre. Il va s'ouvrir automatiquement.
M. Julien : Ah! merci. Ah! OK.
Alors, ça va être prévu à l'entente contractuelle. Donc, c'est prévu à l'entente
contractuelle.
M. Beauchemin : OK. Puis, si
on revient ici l'an prochain, on est en période des questions au salon bleu ou
salon rouge puis on a des exemples de cas où est-ce que ce n'est pas le cas,
bien, à ce moment-là, qu'est-ce qu'on fera, M. le ministre? Qu'est-ce que... Quelle
va être la marche à suivre si ce n'est pas le cas?
M. Julien : Je ne comprends
pas la question, M. le Président.
M. Beauchemin : Si... Supposons
qu'on a des projets avec un consortium qui a déjà été utilisé de par le passé
par le gouvernement, où est-ce que le taux établi avait été, donc, annoncé
publiquement, et là la promesse était de faire un rendement similaire sur le
prochain projet, mais que ce n'est pas ça, finalement, le rendement, qu'est-ce
qui va se passer rendu là?
M. Julien : Bien, c'est-à-dire
que l'entente contractuelle va prévoir un rendement. Alors, c'est une entente
entre le gouvernement et un consortium. Tantôt, tu sais, on a donné <i>WSP
ou... ça, c'est des firmes d'ingénierie, là, c'est... alors, c'est... le
consortium est bâti d'ingénieurs, architectes et entrepreneurs, donc c'est une
triade, là. Et le taux de rendement est inscrit à l'intérieur du contrat, puis
naturellement, les contrats sont protégés par rapport à l'information, comme
ceux d'aujourd'hui, là.
Le Président (M. Simard) : Mme
la députée de Jeanne-Mance—Viger.
Mme Rotiroti : Oui. Merci
beaucoup. Alors, je veux juste revenir à mon point que je faisais tout à l'heure,
avant que mon député... le député de Marguerite-Bourgeoys pose ses questions.
On était... Moi, j'étais plus sur l'approche... on est dans une approche
collaborative. Très bien. Après la soumission, il y a eu trois soumissionnaires.
Premier soumissionnaire, on s'en va dans une approche collaborative, ça ne
fonctionne pas, et là le ministre dit : Bien, on va choisir le deuxième
fournisseur. Très bien, on recommence à la case de départ avec eux. Bien, je ne
dirais pas à la case de départ parce qu'on ne retourne pas à la soumission.
Dans l'éventualité où est-ce que c'est un
gros projet, il y a... c'est... tu sais, il y a quand même des monopoles, il y
a... ce n'est pas tout le monde qui est capable de faire ces gros projets là,
hein, on est limité dans les fournisseurs et les compagnies qu'on a. Alors,
dans l'appel d'offres, il y a juste un soumissionnaire qui a... qui répond à
tous les critères de l'appel d'offres. Alors, avec ce fournisseur-là, on s'en
va négocier, et là on se rend compte que, bien, à la fin des négociations, bien,
ça ne fonctionne pas, ça ne marche plus, mais là il n'y a plus un deuxième
fournisseur en attente, là, parce qu'il y en avait juste un dès le départ.
Alors, dans ce cas-ci, est-ce que vous retournez à l'appel d'offres? Est-ce que
vous... Comment ça va fonctionner?
M. Julien : Alors, encore là,
c'est un changement de paradigme. Je vais prendre un peu de temps, M. le
Président, il ne faut pas m'en vouloir.
Mme Rotiroti : Oui, j'aime ça
quand vous parlez, parce que ça clarifie bien des choses, M. le ministre.
M. Julien : Parce que moi, je
me dis qu'après ça va aller bien plus vite sur d'autres aspects qu'on va
arriver plus tard, tu sais.
Mme Rotiroti : Oui. Bien, c'est
ça.
M. Julien : Quand on est en
appel d'offres, en partenariat, en mode collaboratif, je réitère, c'est un
besoin, souvent, qu'on nomme. Il faut que le besoin soit clair. Par exemple, on
fait un centre hospitalier, j'ai besoin de x cent lits avec tel, tel soin,
etc. Je ne suis pas dans une solution prédessinée où est-ce que je dis :
Voici le pont, voici le centre hospitalier que je veux. C'est : J'énonce
des besoins, puis je le lance au marché pour avoir des consortiums.
Puis, ce qui peut arriver dans certains
processus d'appel d'offres avec le plus bas soumissionnaire, je n'ai pas de
soumissionnaire, parce que, là, on dit : Écoute, le projet que tu veux, je
ne suis pas capable de le réaliser. Tandis que, là, c'est un besoin que je veux
réaliser avec un consortium. Donc : Heille! on a le goût de travailler
ensemble pour bâtir, admettons, une école secondaire avec telle superficie,
pour 1 200 étudiants, puis tel, tel lieu, voici les besoins. Mais ils
ne sont pas contraints dans la solution, ils sont... ils sont contraints
seulement à répondre au besoin. C'est ça qui est le plus favorable pour avoir
des gens qui ont le goût de faire un projet.
Souvent, la difficulté, c'est... le
concept est tellement arrêté que la firme regarde ça puis elle dit :
Écoute, moi, je ne suis... Un, je ne suis pas capable de faire ça, ce n'est pas
ça que j'aurais voulu faire pour faire l'école en question. Alors, quand on dit...
Admettons qu'on... qu'il ne fonctionne pas avec trois consortiums ou deux
consortiums, le besoin, il est encore là, là. J'ai encore besoin d'une école
dans les Laurentides ou bien d'un pont, d'un viaduc à tel endroit, ça fait que
je vais être obligé de retourner au marché. Puis là quelqu'un dit : Oui,
bien, peut-être, quand tu es allé au marché, ce n'était pas assez clair. Bien
non, ça ne peut pas être plus clair que ça, j'ai énoncé un besoin. Donc, ça
devrait être ça qui est le plus efficace pour avoir des joueurs.
Encore là, c'est démontré qu'on augmente
la concurrence, en mode collaboratif, sur des projets complexes. Faire cinq kilomètres
d'asphalte, pas besoin d'aller là. Pour les projets <complexes...
M. Julien :
...d'asphalte,
pas besoin d'aller là. Pour les projets >complexes, c'est... les gens...
nos vis-à-vis disent : Heille! Nous autres, on a de l'expertise, on a des
bonnes idées, puis on veut les partager avec vous autres, puis on va trouver la
solution optimale. Ça va être gagnant-gagnant. Alors, c'est l'approche qui
favorise le plus de concurrence, mais ça se peut que, dans certains projets,
malgré ça, ça soit difficile.
Mme Rotiroti : Je comprends
qu'est-ce que vous dites, M. le ministre, mais moi, j'ai le goût de vous poser
la question, quand vous dites : Nous, on va énoncer des besoins. Hein,
c'est ça, la beauté de la chose. C'est que là, en énonçant les besoins, là, les
entrepreneurs qui pensent qu'ils sont capables de contribuer, puis si c'est par
leur expertise, leurs connaissances, etc., vont venir, vont... vont être plus
portés à venir subventionner ou de soumissionner sur le projet. Ça, là-dessus,
je pense, on est d'accord. Vous, vous ne craignez pas que, dans certains
projets, hein, où est-ce que l'expertise est limitée... parce qu'il y a... ce
n'est pas toutes les entreprises qui ont les mêmes expertises, on s'entend.
Alors, dans l'éventualité où est-ce que le projet requiert une expertise spécifique
que très peu d'entreprises au Québec ont, que vous avez... vous allez avoir les
mains liées parce que vous n'avez pas le choix d'aller avec cette
entreprise-là.
M. Julien : Au contraire, M.
le Président. Puis je faisais ça dans certaines présentations sur le projet de
loi, là, auprès des entreprises — si vous permettez, je me lève — puis
là je disais : On a une chaise, on a une chaise à bâtir. Si je dis au
marché : Vous devez me faire cette chaise-là, là, c'est vrai qu'il y a
certains qui vont dire : Tu sais, moi, là, Jonatan... monsieur... monsieur...
M. le ministre, je ne travaille pas avec le cuir, ça fait que je ne
soumissionne pas. C'est-tu... OK, ton «footing» est en métal, je n'en fais pas,
bon. Alors, je réduis la concurrence en étant trop spécifique sur la solution,
tandis que mon besoin, c'est : Dans la salle Pauline-Marois, on aimerait
ça être assis confortablement, puis il faudrait que la chaise soit... qu'on
soit capable de l'ajuster à la hauteur puis il faudrait qu'elle fasse telle,
telle chose. Ça, c'est le besoin.
Alors, aussitôt que je vais plus loin en
précisant le concept sur lequel je veux que les gens soumissionnent plus que
sur le besoin que je veux qu'ils répondent, une chaise qui roule, qui monte,
qui descend, qui est confortable, plus je restreins ma concurrence. Parce qu'il
y a des gens qui disent : Heille! Ça, je ne suis pas capable de faire ça,
mais sais-tu que la chaise, on aurait pu la faire en tissu, mais un tissu qui
se lave, puis ça aurait coûté moins cher, puis ça aurait été... Alors, c'est ça
l'objectif d'un mode de partenariat, c'est : on n'encarcane pas les
entreprises dans un concept, on veut faire affaire avec eux autres pour
répondre à un besoin. Puis là, soudainement, ça ouvre les possibilités à bien
plus d'entreprises qui ne sont pas nécessairement spécialisées dans des détails
comme le cuir, ici, pour la chaise, mais qui disent : Moi, je peux te
faire... je peux répondre à ton besoin de manière optimisée. C'est démontré
que, par rapport au mode traditionnel, je vais augmenter ma concurrence.
Mme Rotiroti : OK. Bien,
alors, je vais prendre la balle au bond de qu'est-ce que le ministre vient de
dire. Ça veut dire que, dans... l'appel d'offres initial peut être modifié,
dans le sens que lui... Le ministre dit : Il y a un... On lance le projet
en appel d'offres. Dans l'appel d'offres, il y a des critères, des... des
modalités, etc. Quand on arrive à l'approche collaborative, bien, tout, tout
est modifiable, c'est-à-dire que... Bien, là, écoutez, vous prenez l'exemple de
la chaise, qui est un peu simpliste, M. le ministre, là, mais moi, je vous parle
des... quand même des gros projets où est-ce qu'on sait très bien qu'il y a...
on est limité dans le nombre d'entreprises qui sont capables de faire ces gros
projets là, quand vous... Parce que l'expertise, vous en avez de besoin, hein?
C'est l'objectif. Alors, dans l'éventualité où est-ce que cette expertise est
limitée, parce qu'il y a... il y a un nombre limité d'entreprises qui
requièrent cette expertise-là, qu'est-ce que vous allez faire? Vous ne craignez
pas que vous alliez avoir les mains liées? Vous ne craignez pas que les prix
vont être gonflés? Vous ne craignez pas qu'à la bout de ligne, après toutes ces
négociations-là, vous êtes pogné où est-ce que le contractant vous dit :
Bien, savez-vous quoi, M. le ministre, ça ne fait plus mon affaire, ça ne fait
plus mon affaire, alors retournez à la table de dessin, parce que moi, je ne
veux plus faire le projet?
• (16 h 10) •
Alors, moi, ma question est très simple, dans
l'éventualité où est-ce que vous dites : Bien, tout est modifiable. Moi,
si l'expert en face de moi me dit : Bien, la chaise, au lieu de l'avoir en
cuir, bien, je peux vous la faire en tissu, puis ça va te coûter moins cher,
elle va être aussi <confortable...
Mme Rotiroti :
...puis
ça va te coûter moins cher, elle va être aussi >confortable, puis
savez-vous quoi, ça va faire la job, bon, parfait, mais... Alors, toutes... vous
êtes... vous venez de modifier. Vous, vous dites : C'est juste mon besoin.
Ça fait que votre besoin, c'est la chaise. Peu importe la façon que la chaise
est faite, ça ne vous concerne pas, c'est ça, vous dites? Alors, comment vous
allez vous assurer que la qualité est au rendez-vous, à ce moment-là? Parce que
c'est quand même un concept qu'on a introduit dans la loi, dans les articles
précédents, on a parlé de qualité. Alors, c'est où, le compromis? Qu'est-ce que
vous faites?
M. Julien : C'est vrai que
l'exemple de la chaise est simpliste, mais c'est pour faire... pour qu'on soit
en mesure de comprendre.
Mme Rotiroti : Non, non, mais
c'est... ça explique très bien.
M. Julien : Prenons... prenons
un projet plus complexe qui nécessiterait... Donc, un pont qui veut, en fin de
compte, traverser une rivière assez large, qui doit durer, admettons, 100 ans,
en démontrant, en fin de compte, une durée de vie, là, minimale de
100 ans, qui doit permettre la circulation de 100 000 véhicules,
qui doit avoir telle portée...
Mme Rotiroti : Telle hauteur.
M. Julien : Tout... Tout ça,
tout ça est défini. Mais je n'ai pas dessiné, en fin de compte, que c'était un
pont qui devrait avoir cette architecture-là au préalable, puis ces
fioritures-là, puis des contraintes a priori sur un marché. Parce que les
architectes vont partir... faire partie du consortium. Donc là, ils disent :
OK, on a un défi, on a... on a une rivière à traverser, une capacité, des
enjeux de portance, des enjeux d'ingénierie, des prises au sol. Donc, il y a
des caractéristiques avec le besoin, là, qui sont très, très précis, une durée
de vie, une qualité, mais je ne suis pas allé jusqu'à définir la solution, qui,
elle, pourrait amener plein de contraintes, parce que même un fournisseur
dirait : Tu sais, j'aurais répondu à tout ça, mais tu obliges que ça soit
fait, par exemple, en or massif, puis là il dit : Ah! bien non... Alors,
tu exiges, en fin de compte, des éléments de matériaux que moi, je ne travaille
pas avec ça, mais j'ai un... moi, j'ai des matériaux qui sont... qui ont la
même résistance, la même capacité, mais tu m'avais contraint a priori. Le
consortium ingénieurs, architectes et entrepreneurs vont s'asseoir ensemble
puis ils vont dire : Nous, là, des ponts par-dessus des rivières comme ça,
on en a fait beaucoup, on a beaucoup d'expertise, puis on est champions. Puis
après ça la solution va être déployée. Mais les critères vont être assez précis,
parce que l'exemple du cuir puis du tissu, vous avez parfaitement raison, c'est...
les critères de qualité, là, vont être optimales, mais je dirais :
Pourquoi j'utiliserais un parement d'aluminium ou bien plutôt un parement de
bois? Encore là, ça... là, ça... là, c'est discutable, là. Si c'est la même
durée, pourquoi un plutôt que l'autre? On veut laisser de la place à
l'innovation, à l'initiative du consortium pour optimiser la solution, mais pas
au détriment de la qualité du besoin.
Mme Rotiroti : Merci, M. le
ministre. Alors, je comprends que votre objectif, c'est d'optimiser le projet
et de s'assurer... j'ose espérer qu'on s'assure que le projet aille plus vite
et que ça coûte moins cher aux contribuables. C'est ça l'objectif. Qu'on ait le
meilleur prix, on va dire comme ça.
M. Julien : C'est-à-dire, il
y a plusieurs éléments : on partage le risque, on n'additionne pas des
risques puis on profite de l'expertise et l'expérience des gens pour trouver la
solution optimale parce qu'à la fois eux et nous, on a intérêt à ce que le
projet rentre le plus bas possible.
Mme Rotiroti : OK. Alors,
dans l'approche collaborative, M. le Président, on a le fournisseur qui est
assis en face du gouvernement, on... Je comprends dans qu'est-ce que le
ministre dit, c'est qu'on va partager nos expertises, ça fait qu'on va prendre
en considération que le fournisseur, lui, il est plus à l'aise à travailler
avec un certain matériel, il est plus à l'aise de faire d'une façon. Et là, les
ingénieurs du gouvernement, j'imagine qu'ils vont rentrer dans le débat de dire :
OK, mais si on fait ça, voici le risque, si on fait ci. J'imagine, c'est ça, le
type de conversation qui peut avoir lieu dans ce type de négociation là.
M. Julien : Bien,
c'est-à-dire que les critères vont être quand même assez bien élaborés à
l'intérieur, à la fois de l'appel d'offres, pour dire : Je ne suis pas sur
la solution, mais, si j'exige des matériaux qui durent 100 ans, il faut
que ça dure 100 ans. Mais peut-être que je ne suis pas obligé d'avoir un
pont à haubans, peut-être que je pourrais avoir une autre nature de pont, là,
tu sais, alors...
Mme Rotiroti : Mais c'est
parce que je trouve qu'on tourne en rond, M. le ministre, avec tout respect,
là.
M. Julien : Bien, moi aussi.
Vous avez raison.
Mme Rotiroti : Oui, je trouve
qu'on tourne en rond, ça fait que je ne sais pas comment qu'on va clarifier
pour qu'on se comprenne, là.
M. Julien : OK.
Mme Rotiroti : OK. Alors,
moi, vous me parlez de balises, vous parlez de... Les balises, vous ne... on ne
peut pas les modifier parce que c'est dans l'appel d'offres initial, mais
autour de la table, on va s'entendre sur... vous allez prendre en considération
l'expertise que j'ai pour faire le projet que vous voulez. Vous ne mettez pas
en péril la qualité du projet, ça, ça a été très clair. Voyez-vous, ça, ça a
été très clair. Mais c'est quoi, pour vous, les <éléments...
Mme Rotiroti :
...ça
a été très clair. Mais c'est quoi, pour vous, les >éléments, les
éléments fondamentaux, je dirais, excusez l'anglicisme, le «deal-breaker», là,
quand vous allez négocier, qui fait en sorte, là, que vous allez vous dire :
OK, là, c'est «no deal», comme on dit, pas d'entente?
M. Julien : Ce n'est pas dans
l'objet de l'article. Et je dis juste : Ça se peut qu'on ne s'entende pas,
parce qu'il faut que les deux mettent leur signature en bas. Je n'envisage pas
ça. Je pense qu'habituellement, dans un... dans un processus de... où les gens
s'investissent dans des projets complexes et majeurs comme ceux-là, ils savent
que c'est un partage de profits, les taux de rendement sont connus. Mais, à la
fin, là, il n'y aura personne qui aura un «gun» sur la tempe, comme on dit,
pour signer, là. Mais habituellement, rendu là, au processus, là... je n'ai pas...
même pas d'exemple, en fin de compte, que ceux qui ont utilisé les ententes par
partenariat après la qualification se sont retirés avant la signature.
Mme Rotiroti : On n'en a pas?
M. Julien : Tu sais, ce n'est
pas... ce n'est pas dans la nature du processus, mais je ne peux pas forcer
quelqu'un à signer.
Mme Rotiroti : Absolument.
Bien, écoute, on avance, M. le ministre. Effectivement, vous ne pouvez pas
forcer, puis vous ne pouvez pas les forcer à signer. Mais l'objectif de cette
collaboration que vous allez... vous faites, c'est de réussir à signer à la
fin, puis de réussir à signer puis avoir un bon deal, comme on dit en bon
québécois.
M. Julien : Oui.
Mme Rotiroti : OK. Alors, au
moment que vous dites : Je ne peux pas forcer quelqu'un à signer, il y a
toujours la possibilité que le fournisseur devant toi... devant vous,
c'est-à-dire, vous dit : Bien, désolé, mais là vous êtes trop gourmand. Alors,
ça ne marche plus. Moi, je me retire, je ne signerai pas l'entente parce que,
là, je n'ai plus le goût de faire le contrat. Là, il y avait deux questions.
Un : Qu'est-ce que vous faites dans ce cas-là? Vous me dites : S'il
n'y a pas un tel... si on est allé en appel d'offres puis il y a plusieurs
fournisseurs, je m'en vais au deuxième fournisseur. Ça, je l'ai compris très
bien. Dans l'éventualité où est-ce que vous faites l'appel d'offres puis il y a
un fournisseur qui est qualifié, qui soumissionne, vous n'avez pas un deuxième,
vous ne pouvez pas aller au deuxième, il n'y en a pas, il n'existe pas, alors
vous retournez à l'appel d'offres.
M. Julien : Mais, encore là,
M. le Président, c'est des questions purement hypothétiques, parce que les
consortiums, dans des projets complexes, là, c'est firmes d'architectes, firmes
d'ingénierie, entrepreneurs, habituellement d'envergures, basées sur leurs
compétences et leurs expertises. On va souhaiter... on... Ça démontre qu'il y a
plus de concurrence quand on va vers là, ça fait qu'on va... ça va multiplier
les joueurs qui vont être intéressés à faire le projet. Mais là, tu sais, le
cas de figure où est-ce que j'en ai juste un dans un processus, puis là on ne
s'entend pas, bien oui, il faudrait retourner au marché, mais... mais c'est... c'est...
ça va être beaucoup moins fréquent qu'un appel d'offres traditionnel. J'essaie
juste de dire : Nous autres, on essaie d'améliorer le processus d'appel
d'offres traditionnel. On a un partage de risques, on a plus d'expertise. Ça
l'augmente la concurrence puis ça diminue les coûts puis ça diminue les délais.
Mais, si quelqu'un me dit : Est-ce que c'est possible qu'un jour ça
arrive? Bien oui, ça pourrait arriver qu'on ne s'entende pas.
Mme
Rotiroti
: Exactement,
M. le ministre. Moi, là, j'essaie juste de voir comment on va se protéger tous
là-dedans. C'est ça, l'objectif. Ce n'est pas vous mettre en porte-à-faux, là,
ce n'est pas ça que je cherche. Moi, je veux juste être sûre. Vous arrivez avec
un nouveau concept qui n'a pas été vraiment testé, parce que, quand on regarde
les exemples qu'on a faits, là, moi, je l'ai vu juste dans le mémoire du Conseil
du trésor, là, il y a quelques projets qui ont été faits en mode collaboratif
pendant la COVID, alors... puis, je réitère, vous avez... engagé de déposer ces
documents-là. Vous dites : Bien, l'objectif, c'est de ne pas arriver à
retourner à l'appel d'offres. Très bien. Mais vous dites vous-même que ça
pourrait arriver. OK, parfait. Alors là, on est en train de légiférer ce
nouveau concept là. Comment on se protège? Comment le ministre va se protéger,
de s'assurer qu'il arrive à son objectif? Son objectif, là, il est noble. On
est d'accord avec son objectif.
• (16 h 20) •
L'objectif de ce projet de loi là, c'est
d'être capable de faire des projets, des gros projets, des petits projets, de
les faire plus vite, à moindre coût puis accélérer les projets. C'est ça, votre
objectif, puis on est entièrement d'accord avec vous, M. le ministre. Mais le
cas de figure que vous semblez dire : Ça pourrait exister, mais que ça
n'arrivera pas. Moi, le fait que ça pourrait exister, il faut quand même voir
comment on pallie à ça. Parce que ça, ça laisse... ça laisse l'interprétation
dans la loi que : Bien, écoutez, moi, là, je vais négocier jusqu'au bout.
À la fin, là, il y a une petite affaire qui ne fait pas mon affaire? Bien,
savez-vous quoi, là, ça tombe à l'eau. Bien, OK. Dans le cas de figure que vous
semblez dire : Bien, ça pourrait, mais ce n'est pas l'objectif, ça
n'existe pas, mais ça pourrait, pour moi, ce «pourrait»-là fait en sorte qu'on
doit avoir une solution si ça arrive. Alors, vous n'avez pas de solution dans
ce <cas-ci...
Mme Rotiroti :
...Alors,
vous n'avez pas de solution dans ce >cas-ci.
M. Julien : Alors, M. le Président,
je sais que ce n'est pas... ce n'est pas l'article, mais c'est important.
Mme Rotiroti : Oui, c'est
très important.
M. Julien : Ce n'est pas l'article...
ce n'est pas l'article 6, mais c'est important. Ça arrive bien plus souvent
en mode traditionnel qu'en mode collaboratif. Quand vous dites : Ça ne se
fait pas en Ontario, c'est plus de 100 projets qui sont faits en mode
collaboratif, RPI, même des projets RPI, mode collaboratif le plus... le plus
supérieur, «on budget». Ça n'a pas le choix d'être sur le budget parce que
l'entente le prévoit déjà, avec un partage des risques, ça augmente la
concurrence.
Donc, ma collègue dit : Oui, mais il
reste un risque, qu'est-ce que vous allez faire? Bien, au pire des cas, on va
devoir retourner au marché, mais on va retourner au marché pas mal moins
souvent qu'en mode traditionnel, c'est clair pour nous. Donc, je ne peux pas
dire que le risque n'existe pas, mais il est clairement diminué par rapport au
mode traditionnel pour les projets complexes, où, trop souvent, on n'a pas de
soumissionnaire, parce que trop de contraintes a priori du dépôt de l'appel
d'offres.
Mme Rotiroti : Je ne sais
plus comment poser la question, M. le Président, sincèrement. Je comprends
qu'est-ce que le ministre dit, mais en même temps, le risque est toujours là.
On veut se comparer à l'Ontario, mais l'Ontario, là, ils ont fait des projets
pilotes avant de modifier la loi.
M. Julien : Nous aussi.
Mme Rotiroti : C'est la même
chose en Australie. En Australie, avec la recherche et innovation, des
projets... ils ont fait des tests. Nous, très peu. Alors, je ne dis pas que
l'approche collaborative ne fonctionnera pas, au contraire. Je dis juste :
Pourquoi que le ministre... C'est lui-même qui amène le cas de figure, c'est
lui-même qui a dit : Ça se peut que ça ne marcherait pas. Moi, je veux
juste m'assurer que le ministre... on se protège, dans tout ça. C'est tout.
Alors, très bien, j'ai très bien compris le concept, quand le ministre m'a expliqué
que l'appel d'offres traditionnel, il y a trois soumissionnaires, on s'en
va en approche collaborative, à la fin, on ne peut pas forcer la personne de
signer, il ne signe pas, le ministre a l'option d'aller au deuxième. Ça, je
ne... Voyez-vous, je n'embarque même pas là-dedans, je suis d'accord avec vous.
Moi, je dis, dans le... dans le cas de
figure où est-ce que vous allez en soumission, M. le ministre, le projet est
gros, il y a une expertise précise que vous cherchez, quasiment un monopole, on
va le... on va se dire les vraies affaires, OK, dans ce projet-là, et qu'à la
fin du compte ça ne fonctionne pas, c'est quoi, votre recours? Parce qu'il n'y
a pas un deuxième fournisseur pour faire votre projet, comprenez-vous? Et nous,
on veut que ce projet-là se fasse.
M. Julien : Alors, je réitère
que, par rapport au mode traditionnel, on va augmenter la concurrence. Il y a
certains projets d'infrastructure majeurs qui sont allés en mode traditionnel,
dernièrement, pour faire des réseaux structurants sans soumissionnaire, où le
marché nous dit : Nous, si ça avait été en mode RPI, en mode collaboratif,
on aurait soumissionné, puis il y aurait eu probablement cinq soumissionnaires.
Donc, ça se peut, dans certains projets, que ça ne fonctionne pas, mais on
augmente de manière considérable le fait que ça fonctionne. Et, actuellement,
ça arrive qu'il y ait des appels d'offres qui sont infructueux. Qu'est-ce qu'on
fait? On est obligé de retourner au marché ou bien on dit : Bien, on ne
réalisera pas le besoin. Alors, je ne peux pas me parer à ces éventualités-là,
mais ça diminue considérablement ces éventualités-là.
Mme Rotiroti : M. le
ministre, vous dites : Dans un appel d'offres traditionnel, on va
augmenter la concurrence. C'est ça que vous venez de dire?
M. Julien : Le contraire.
Mme Rotiroti : Le contraire.
M. Julien : Le contraire, oui.
Mme
Rotiroti
: OK,
j'ai mal compris, d'abord. Excusez-moi.
M. Julien : Parce qu'en mode
traditionnel, il y a des réseaux structurants qui sont allés sur le marché sans
soumissionnaires, et les joueurs qu'on rencontre nous disaient : Nous, si
ça avait été un mode collaboratif, ces projets-là, là, non seulement on aurait
soumissionné, quatre de nos concurrents auraient soumissionné.
Mme Rotiroti : OK. Ça fait
qu'à ce moment-là, si je prends qu'est-ce que vous venez de dire, là, de soi,
vous éliminez l'appel d'offres traditionnel. Bien, vous venez de dire que
l'approche collaborative augmente la concurrence. C'est ça que vous venez de
dire?
M. Julien : M. le Président,
pour des projets complexes, de nature... en fin de compte, non répétitifs, j'ai
toujours mentionné : Bon mode pour bon projet. Faire cinq kilomètres
d'asphalte, la concurrence est féroce, il y a plein de joueurs qui sont
capables de faire 10 centimètres de hauteur d'asphalte sur cinq kilomètres,
je laisse jouer le plus bas soumissionnaire. Dans des projets hypercomplexes,
plein...
Mme Rotiroti : Comme le pont.
M. Julien : ...plein de
contraintes, on gagne à y aller sur consortium, parce qu'ils disent : On
va pouvoir contribuer, nous, à la solution pour répondre à votre besoin qui est
précis. Soudainement, il y a de <l'intérêt...
M. Julien :
...qui est
précis. Soudainement, il y a de >l'intérêt. C'est prouvé partout où
est-ce qu'ils l'utilisent, puis c'est prouvé chez nous, avec les projets
pilotes qu'on a.
Mme Rotiroti : Est-ce que je
peux demander une brève suspension, M. le Président?
Le Président (M. Simard) : On
va suspendre temporairement.
(Suspension de la séance à 16 h 26)
16 h 30 (version révisée)
(Reprise à 16 h 34)
Le Président (M. Simard) : Alors,
chers collègues, au moment de suspendre nos travaux, notre collègue de Jeanne-Mance—Viger
nous annonçait son intention de déposer un amendement qu'elle a préparé, qui se
retrouve sous nos yeux en ce moment à l'écran. Alors, chère collègue,
auriez-vous l'amabilité de nous le lire et de nous le présenter?
1171 Mme Rotiroti : Alors,
merci, M. le Président. Alors, je vais vous le lire. L'article 6 :
Modifier le paragraphe 4° proposé à l'article 6 du projet de loi par
l'insertion après «de ces partages,» de «ainsi que les objectifs obligatoires
de performance qualitative à atteindre».
L'article modifié se lira ainsi :
Les documents d'appel d'offres doivent
prévoir, entre autres :
les critères et les modalités suivant
lesquels l'organisme public procédera à l'évaluation des concurrents et de leur
proposition;
des dispositions permettant à l'organisme
public de s'assurer en tout temps du respect des règles qui lui sont
applicables, notamment en matière d'accès aux documents des organismes publics
et de protection des renseignements personnels, et de satisfaire aux exigences
de reddition de comptes;
des règles portant sur les situations de
conflit d'intérêts, et
lorsque l'approche... et c'est là qu'on
vient d'ajouter, lorsque l'approche collaborative retenue comprend un partage
des risques, des économies générées ou des gains réalisés et des pertes subies,
une mention indiquant que les conditions et les modalités de ces partages,
ainsi que les objectifs obligatoires de performance qualitative à atteindre
seront convenus entre les parties et précisés dans le contrat de partenariat.»
Alors, M. le Président, si vous permettez,
je vais brièvement l'expliquer. Nous, on ajoute : <«ainsi que les
objectifs obligatoires...
Mme Rotiroti :
...si
vous permettez, je vais brièvement l'expliquer. Nous, on ajoute : >«ainsi
que les objectifs obligatoires de performance qualitatifs à atteindre». Ça,
c'était une recommandation de plusieurs groupes quand ils sont venus en
commission parlementaire, entre autres l'Association des architectes en
pratique privée du Québec, on avait l'industrie du béton, on avait... on avait
l'AMP, l'Association des firmes de génie-conseil Québec, Fédération des chambres
de commerce du Québec, l'association des achats que j'ai déjà dit et l'Ordre
des ingénieurs du Québec.
Alors, dans le fond, ici, qu'est-ce qu'on
fait, c'est qu'on vient introduire un concept qu'on a déjà introduit dans les
articles précédents, c'est-à-dire de parler de qualité. Alors, oui, on veut
parler du coût, on veut parler de réduire le délai, réduire le coût, de
s'assurer que le projet se fait et que les Québécois en ont pour leur argent,
mais tout ça, on doit s'assurer que la qualité est là parce qu'on veut la
durabilité de nos infrastructures aussi. On veut s'assurer que nos
infrastructures vont être durables dans le temps et bien faites. Et je pense
que c'est exactement qu'est-ce que le ministre cherche avec son projet de loi.
Et dans la LCOP aussi, on fait référence dans la loi de tout l'aspect qualité.
Alors, c'est pour ça qu'on a dit... on a
convenu que ça serait le moment opportun de voir si on pouvait introduire...
revenir sur la performance qualitative qui était dit de s'assurer que la qualité
est là, d'autant plus que ça va être une négociation féroce, là, entre deux
parties, qu'on s'assure qu'on ne perde pas de vue que la qualité est aussi
importante que le reste des exigences que le ministre va amener lors de ces
négociations-là.
Le Président (M. Simard) :
Merci à vous. M. le ministre.
M. Julien : Oui, merci.
Merci, M. le Président. Écoutez, j'ai les mêmes... on a le même objectif, ma
collègue et moi, c'est-à-dire que c'est certain que la qualité, pour nous
autres, c'est primordial puis le mode de réalisation, là, n'entraîne pas de
possibilité de réduction de la qualité ou de durée, puis c'est vrai que
certains joueurs, comme des architectes, sont venus dire : N'oubliez
jamais la qualité, mais le projet de loi ne met pas aucunement en doute la
qualité, bien au contraire. Et malheureusement, ce n'est pas le lieu ni
l'endroit pour inscrire ces éléments-là.
L'appel d'offres, pour appeler les
consortiums à venir sur mode de partenariat, va avoir toutes les exigences de
qualité par rapport... c'est à l'intérieur de la définition des besoins, la
durée, la qualité. Donc, c'est la... ça, c'est le même volet qu'un appel
d'offres traditionnel. Donc, les consortiums qui veulent soumissionner vont
être obligés de respecter, je dirais, le volet qualité-exigence qui va être
inscrite à l'intérieur de l'appel d'offres. Alors, ce n'est pas ici le lieu, ce
n'est pas à l'intérieur du contrat et de l'entente subséquente. Ça fait partie
des besoins. Puis, je l'ai dit, les besoins, ça appartient au gouvernement. Ils
sont précisés dans l'appel d'offres. Et ça, on ne peut pas déroger à ça. Ça
fait que c'est, là, que ça va être, là.
Le Président (M. Simard) :
Merci. Chère collègue.
• (16 h 40) •
Mme Rotiroti : Je suis
contente d'entendre le ministre, puis je n'ai aucun doute, je le crois. Je
crois sa parole quand il dit que la qualité va de soi. Mais vous comprenez que,
comme législateur, s'il n'est pas inscrit, ça peut porter l'interprétation. On
écrit que le prix, c'est important, on écrit... mais pourquoi qu'on n'ajoute
pas la qualité? On sous-entend que tout le monde est de bonne foi autour de la
table. Et vous savez quoi? Ils ne couperont pas les coins ronds et qu'à la fin
de la journée on va avoir le meilleur projet sur la table. Puis je suis
convaincu que c'est exactement qu'est-ce que le ministre veut, c'est de
s'assurer qu'à la fin du compte, on a le meilleur projet, on a un projet qui
est viable puis qu'on a un projet qui a coûté... qui est allé plus vite, puis
il a coûté moins cher aux contribuables. Mais je l'entends, il dit : C'est
primordial, la qualité. Là-dessus, on s'entend, M. le ministre, on est
d'accord, c'est primordial. Si la qualité n'est pas là, le reste, là... Ça veut
dire que votre pont, là, si la qualité du pont n'est pas là, elle ne durera
pas... la durée de vie du pont, là, ce n'est pas qu'est-ce qu'on voudrait.
Alors, pourquoi qu'il y a... Puis, tu
sais, nonobstant de parler, là, je n'ai pas à refaire la genèse de tous les
groupes qui sont venus en commission parlementaire et qui ont spécifiquement
parlé de la qualité, que c'était important. Alors... Et je... Il y avait une
ouverture du ministre, parce qu'on l'a inscrit dans les articles précédents, il
vient de dire que c'est un critère primordial, que c'est sous-entendu, M. le
Président, c'est sous-entendu, ça va de soi, que la qualité doit être au
rendez-vous. Parfait, si ça va de soi, bien, il n'y a rien de plus clair de
l'inscrire dans la loi pour s'assurer que tous les partenaires autour de la
table sont conscients que ça, là, c'est non négociable, <que la qualité
de l'infrastructure...
Mme Rotiroti :
...partenaires
autour de la table sont conscients que ça, là, c'est non négociable, >que
la qualité de l'infrastructure n'est pas négociable. Parce que, le jour que le
ministre, il n'est plus là... Le ministre a une certaine expertise dans ce
genre de négociation là, je le concède, mais le ministre, il le sait, un jour
il ne sera plus là, là, il va y en avoir un autre.
Le Président (M. Simard) : Merci
à vous. M. le ministre.
M. Julien : Non, mais je
réitère que ce n'est pas le bon endroit, là. Mais, M. le Président, avant de
quitter pour les vacances estivales, on avait quand même accepté un amendement
à l'article 1 qui... Justement, là, c'était exactement la discussion qu'on
avait eue à l'époque, on dit, bien... Puis on convient même que cet ajout-là,
c'est un... c'est un «statement», c'est un...
Une voix : ...
M. Julien : ...c'est un
principe qu'on est prêts à nommer, mais qui n'amenait pas vraiment de
différence, là, par rapport à... La qualité est toujours exigée, là, dans le
processus d'appel d'offres, mais on avait fait rajouter à la fin de
l'article 1 «en respectant la qualité exigée», là, suite à des
discussions, naturellement, avec mes collègues, puis on a dit : Bien oui!
Pour nous, c'est sans l'ombre d'un doute, là.
Alors, c'est dans l'article 1, «en
respectant la qualité exigée». Tu sais, il n'y a pas de compromis sur la
qualité, au contraire. Ce processus-là, ce n'est pas ça qu'il vise, là,
aucunement. Ça fait qu'on l'a inscrit à l'article 1 de bon cœur, mais ce
n'est pas vrai qu'on va l'inscrire à tous les articles, là. Le 1, c'est le
fondement, il est fondamental. On l'a dit, on le redit, pour nous autres, c'est
clair. Je peux relire l'article 1 10 fois, mais on l'a dit. C'est là
qu'on a pris acte clairement qu'on ne doit pas compromettre aucunement la
qualité.
Le Président (M. Simard) : Merci.
Chère collègue.
Mme Rotiroti : Bien, je
comprends qu'est-ce que le ministre dit, puis c'est vrai, on a fait le débat
sur l'article 1. Il vient de dire : Bien, j'ai donné un petit bonbon
à...
M. Julien : Je n'ai pas dit
ça.
Mme Rotiroti : ...à la
députée pour lui faire plaisir. Ça fait qu'on a rajouté le mot «qualité» dans
l'article 1, et ça va de soi que, sur tout le reste c'est non négociable,
la qualité est non négociable.
Par contre, on... il y a certains concepts
qu'on... ça ne nous dérange pas de répéter dans la loi, hein? On revient avec
toujours les mêmes concepts, partage de risques... Mais la qualité, on l'a
mentionnée dans l'article 1, ça va de soi, puis... Bien, je pourrais dire
aussi pour d'autres concepts : Ça va de soi, c'est compris, on a mis les
balises. Puis ça donne quoi de les répéter? On le sait.
Alors, moi, je dis juste : Là, on est
dans un mode collaboratif. Le ministre dit : On va créer la concurrence.
C'est sûr qu'on va créer la concurrence, M. le Président, parce que chaque
fournisseur va arriver à la table puis il va négocier. Puis, quand ça ne fait
pas son affaire, bien, savez-vous quoi, qu'est-ce que le fournisseur va faire?
Bien, il va dire : Bye-bye! Ça ne m'intéresse plus, je m'en vais. Alors,
on continue à négocier avec ceux qui vont rester autour de la table, mais on
négocie sur des thèmes précis, sur des modalités précises. Alors, moi, je veux
juste m'assurer que, dans ces modalités précises là... que la qualité est non
négociable. Là, le ministre me dit : Bien oui, c'est... ça va de soi, on
le dit dans l'article 1, mais à nulle part dans l'approche collaborative on
ne vient inscrire que la qualité est de soi.
Puis je vais vous dire une autre affaire,
M. le Président, que je trouve assez ironique. Si on dit que ça va de soi que
la qualité est comprise, alors comment ça se fait, comment ça se fait qu'on a l'Association
des architectes en pratique privée du Québec, on a l'institut du béton, on a
l'AMP, l'AMP, les amis — c'est les... ce n'est quand même pas...
hein, c'est les entités qui vont venir vérifier les contrats — on a
l'Association des firmes de génie<i>, on a la Fédération de la chambre...
des chambres de commerce, on a l'Association des architectes en pratique privée
du Québec puis on a les ordres des ingénieurs... Ça, c'est tous des gens, là,
qui, à un moment donné, vont être autour de la table avec des expertises
précises, qui vont venir. Mais jamais... Si eux, ils pensaient que la qualité,
comme le ministre dit, ça va de soi, bien, pourquoi qu'ils prennent le temps de
le mentionner dans leurs mémoires et de s'assurer... Ils vous demandent, M. le
ministre, de l'inclure dans votre projet de loi. C'est une demande qu'ils vous
font. Alors, si ça va de soi, je ne vois pas pourquoi ces gens-là arriveraient
en commission parlementaire puis auraient ce souci-là, hein, que peut-être la
qualité peut être compromise dans un projet.
En tout cas, moi, je le vois de cette
façon-là. Si le ministre peut me clarifier davantage, bien, je suis prête à
l'écouter.
Le Président (M. Simard) : Merci.
M. le ministre.
M. Julien : M. le Président,
je réitère que c'est à l'intérieur de l'article 1, suite à des discussions
de même nature, où on a dit que la qualité, c'était primordial puis que ça ne
devait <pas être mis en doute...
M. Julien :
...de
même nature, où on a dit que la qualité, c'était primordial puis que ça ne
devait >pas être mis en doute. Donc, pour moi, là, je n'accepterai pas
l'amendement qui est suggéré. L'article 1, c'est un article important du
projet de loi, et il est nommé à l'intérieur de l'article 1.
Le Président (M. Simard) : Merci,
mes chers collègues. D'autres remarques?
Mme Rotiroti : Bien là,
je comprends que le ministre dit non à l'amendement. Alors, écoutez, je
pourrais en suggérer un autre si vous me donnez quelques minutes.
Le Président (M. Simard) : Bien,
d'abord, il faudrait que nous procédions à la mise aux voix de cet amendement.
Mme
Rotiroti
:
Parfait, oui.
Le Président (M. Simard) : Alors,
s'il n'y a pas d'autre commentaire, nous allons procéder à la mise aux voix sur
l'amendement déposé par notre collègue. Cet amendement est-il adopté?
Une voix : Par vote nominal,
M. le Président.
Le Président (M. Simard) : Vote
par appel nominal. M. le secrétaire, veuillez procéder, je vous prie.
Le Secrétaire : Pour, contre,
abstention. MmeRotiroti
(Jeanne-Mance―Viger)?
Mme Rotiroti : Pour.
Le Secrétaire : M. Julien
(Charlesbourg)?
M. Julien : Contre.
Le Secrétaire : M. Thouin
(Rousseau)?
M. Thouin : Contre.
Le Secrétaire : M. Bélanger
(Orford)?
M. Bélanger : Contre.
Le Secrétaire : Mme Tardif
(Laviolette—Saint-Maurice)?
Mme Tardif : Contre.
Le Secrétaire : Mme Haytayan
(Laval-des-Rapides)?
Mme Haytayan : Contre.
Le Secrétaire : Mme Mallette
(Huntingdon)?
Mme Mallette : Contre.
Le Secrétaire : Et M. Simard
(Montmorency)?
Le Président (M. Simard) : Abstention.
Cet amendement est donc rejeté. Et nous allons poursuivre. Chère collègue, vous
nous annonciez...
Mme Rotiroti : ...
Le Président (M. Simard) : Oui.
Alors, nous allons suspendre momentanément.
(Suspension de la séance à 16 h 47)
(Reprise à 16 h 55)
Le Président (M. Simard) : Nous
sommes de retour. Nous avons quorum. Au moment de suspendre, notre collègue de Jeanne-Mance—Viger
nous indiquait son intention de déposer un amendement qui se retrouve sous nos
yeux, à l'écran. Alors, chère collègue, auriez-vous l'amabilité de nous en
faire part?
Mme Rotiroti : Alors, je dois
le relire, c'est ça, M. le Président?
Le Président (M. Simard) : Oui.
Mme Rotiroti : Excellent.
Alors : Modifier l'article 4 proposé... l'alinéa 4° proposé par
l'article 6 du projet de loi par l'insertion après «de ces partages» de
«ainsi que les plans et systèmes de gestion de qualité,».
L'article modifié se lira ainsi :
«Les documents d'appel d'offres doivent prévoir, entre autres :
les critères et les modalités suivant
lesquels l'organisme public procédera à l'évaluation des concurrents et de
leurs propositions;
les dispositions permettant à l'organisme
public de s'assurer en tout temps du respect des règles qui lui sont applicables,
notamment en matière d'accès aux documents des organismes publics et de
protection des renseignements personnels, et de satisfaire aux exigences de
reddition de comptes;
des règles portant sur les situations de
conflits d'intérêts; et
lorsque l'approche collaborative retenue
comprend un partage des risques, des économies générées ou des gains réalisés
et des pertes subies, une mention indiquant que les conditions des économies
générées ou des gains réalisés et des pertes subies, une mention indiquant que <les
conditions et les modalités...
Mme Rotiroti :
...des
économies générées ou des gains réalisés et des pertes subies, une mention
indiquant que >les conditions et les modalités de ce partage, ainsi que
les plans et systèmes de gestion de qualité, seront convenues entre les parties
et précisées dans le contrat de partenariat.
Le Président (M. Simard) : Merci,
chère collègue.
Mme Rotiroti : Alors, ici, M.
le Président, ça va être ma deuxième tentative, d'inscrire la notion de qualité.
Mais je voulais juste vous rappeler qu'ici, là, on est dans les documents, on
parle des documents de l'appel d'offres. Alors, dans le fond, c'est qu'on veut
s'assurer qu'à la base, à la base, le gouvernement, en mettant la notion de
qualité, c'est dans les plans. Alors, les gens qui vont vouloir...
Le Président (M. Simard) : Soumissionner.
Mme Rotiroti : ...soumissionner — merci,
M. le Président — vont le savoir parce que ça va se trouver dans le
document de l'appel d'offres. Alors, ça, c'est bien important. C'est comme un
critère parmi d'autres. Alors, on vient d'inscrire ce... la notion de qualité
là, en disant : C'est non négociable. Une fois qu'on le met là, bien, l'entreprise,
hein, qui va soumissionner va le faire en connaissance de cause. Elle va savoir
qu'ils doivent s'entendre sur la qualité, le standard de qualité que le
ministre veut pour ce projet-là, et ça devient une clause contractuelle entre
les deux parties.
Alors, c'est pour ça que... puis je
réitère, là, on est vraiment dans le document d'appel d'offres, on est vraiment
au tout début du processus. Alors, sincèrement, je ne vois pas pourquoi que le
ministre est réticent de l'inscrire à ce moment-ci car lui-même dit que, écoute,
la qualité est non négociable. Bien, si c'est non négociable, ça ne devrait pas
porter un problème.
Le Président (M. Simard) : Très
bien.
Mme Rotiroti : Ça ne devrait
pas causer un problème.
Le Président (M. Simard) : Merci
à vous, chère collègue. M. le ministre.
M. Julien : Oui, merci, M. le
Président...
Le Président (M. Simard) : Oui,
oui, rassurez-vous.
M. Julien : Oui, on m'entend
super bien, super bien.
J'entends ma collègue qui dit : Je réessaie
d'inscrire la qualité, là, puis je redis que ce n'est pas l'endroit. On a eu la
même discussion tout à l'heure. Donc, je comprends que les mots ne sont pas les
mêmes, mais comme l'a clairement mentionné au début de son intervention ma
collègue : Donc, je réessaie d'introduire la notion de qualité, elle est
introduite à l'intérieur de l'article 1. Pour nous, c'est clair et net, ce
n'est pas le lieu ici pour le réintroduire. Alors, on a fait ces discussions-là
en juin dernier puis on a accepté, à l'intérieur de... puis ce n'est pas un
bonbon, on a accepté à intérieur de l'article 1 de préciser que c'était...
la qualité, c'était non négociable. Alors, je comprends qu'on a changé des
mots, mais c'est le même objectif, puis c'est la même réponse, qu'on n'acceptera
pas l'amendement.
Mme Rotiroti : Bien, M. le
Président, je me permettrais de dire que ne suis pas d'accord avec le ministre.
Là, ici, là, c'est très clair, là, c'est les documents d'appel d'offres. C'est
au tout début, M. le ministre, c'est dans vos modalités que vous mettez pour
dire : Voici qu'est-ce qui est non négociable dans l'appel d'offres.
Alors, l'entreprise ou la firme... l'entreprise qui va décider de soumissionner
pour ce contrat-là va savoir, d'entrée de jeu, là, la notion de qualité est
non... comme toutes les autres modalités que le ministre va énumérer dans son
appel d'offres, là, dans les documents d'appel d'offres, là, bien, la notion de
qualité va se retrouver là-dedans.
Alors, je ne vois pas pourquoi... Puis je
réitère, là, on est dans les documents d'appel d'offres, là. Je ne vois pas
pourquoi le ministre est réticent, d'autant plus que je pense que... Et je suis
d'accord avec le ministre, il l'a dit à plusieurs reprises : La notion de
qualité est non négociable. La qualité doit être là, ça va de soi. Mais, je
réitère, on est des législateurs. S'il n'est pas inscrit dans la loi, ça laisse
place à interprétation.
• (17 heures) •
Le Président (M. Simard) : Très
bien. M. le ministre.
M. Julien : Je ne suis pas d'accord
avec ma collègue, c'est inscrit à l'intérieur de l'article 1, et de tenter
de l'introduire à l'intérieur de l'article 6, c'est comme s'il y avait un
doute puis qu'on voulait s'assurer que c'est... Mais non, c'est inscrit dans l'article 1,
qui est le fondement de l'entente de partenariat. Donc, il n'y a plus de doute
et il n'y a pas de répétition à avoir, c'est en respectant la qualité exigée. Ça
veut dire que l'entente de partenariat, là, doit, de toute façon, à l'intérieur
de l'article 1, respecter la qualité exigée. Ça, ce n'est pas mis au
ballottage à l'intérieur des discussions...
17 h (version révisée)
M. Julien : ...exiger. Ça, ce
n'est pas mis au ballottage à l'intérieur des discussions.
Le Président (M. Simard) : Chère
collègue.
Mme Rotiroti : Oui. Écoutez,
je ne comprends pas... Je comprends que le ministre, bon, la... c'est fermé,
il... Je pense que c'est assez clair que, pour lui, ce n'est pas le moment où
est-ce qu'on doit inscrire ce mot-là, c'est déjà inscrit sur l'article 1.
Ça veut dire, ça va de soi, c'est répété dans tout le reste. Moi, je vous dis...
Dans ce cas-ci, à l'article 6, on parle des documents d'appel d'offres. C'est
au tout début du processus, M. le Président, c'est au tout début du processus,
c'est toute... L'entreprise qui va... qui va subventionner dans... pour avoir
le contrat va savoir que c'est un critère parmi d'autres, ça va être inscrit
noir sur blanc, et, par la suite, quand on s'en va en approche collaborative,
ça devient une clause contractuelle entre les deux parties. C'est-à-dire que
les deux... surtout le fournisseur, là, que la qualité ne doit pas être
compromise pour aucune raison. Alors, c'est juste ça que je dis.
Le Président (M. Simard) : Très
bien.
Mme
Rotiroti
: Le
stade... D'ailleurs, le Stade olympique, là, parce que je l'ai ici, là, c'est...
Écoute, je vais vous lire, là, textuellement, qu'est-ce qui est écrit dans le
contrat : «L'entrepreneur est responsable de toutes les activités d'assurance
et de contrôle de la qualité nécessaires dans le cadre de la gestion de ces
processus et de ceux des parties liées à l'entrepreneur et des sous-traitants
pendant la durée du contrat.» Écoute, c'est le toit du Stade olympique de
Montréal, ça, c'est dans le contrat. Et là on étend ça à... les sous-traitants
en plus, que les sous-traitants sont responsables de s'assurer que la qualité
est au rendez-vous.
Alors, moi, je dis... on est au début... j'en
profite parce qu'on est vraiment au début du processus ici... je réitère, on
parle... les documents d'appel d'offres, c'est où est-ce que le ministre va
inscrire ses critères, modalités, que l'entrepreneur va étudier en connaissance
de cause quand il va soumissionner, et le ministre me dit : Ce n'est pas
nécessaire parce que c'est inscrit dans le... l'article 1. Moi, je dis :
Trop fort ne casse pas, M. le ministre. Alors, j'aimerais comprendre c'est
quoi, votre réticence de l'ajouter à ce moment-ci?
M. Julien : ...M. le
Président, il n'y a aucune... il n'y a aucune intention de l'inscrire à ce
moment-ci, ces articles-là. L'inscription, à l'intérieur de l'article 1,
est inscrite, est claire, et c'est un engagement qui est pris de manière
formelle. Ici, c'est comme de venir dire que ce serait négociable, la qualité.
Bien, non, ce n'est pas négociable, c'est... alors ça n'a pas... ça n'a pas
lieu d'être là. C'est justement inscrit à l'intérieur de l'article 1, en
respectant, là, la qualité exigée. Alors, c'est... c'est on ne peut plus clair
pour nous autres.
Le Président (M. Simard) : Je
vous en prie, chère collègue.
Mme Rotiroti : Bien, écoutez,
je... Le ministre dit : C'est clair pour nous. Très bien. Bien, c'est
clair pour vous, M. le ministre, parce que, pour vous, la qualité... puis vous
dites que c'est important, et tout ça. Moi, je veux que ce soit clair pour tout
le monde, incluant ceux qui vont subventionner... soumissionner, excusez, pour
le contrat. Alors, je ne sais pas c'est quoi l'enjeu qui fait en sorte que le
ministre est réticent. Moi, je sais qu'il y a... Quand on a eu les groupes en
commission, le ministre a déjà affirmé qu'il n'y avait pas de valeur ajoutée.
Et là vous me dites : Bien, je l'ai ajouté, je vous ai fait une faveur, je
l'ai ajouté dans l'article 1. Mais vous ne me faites pas une faveur à moi,
M. le ministre. Moi, je vous dis, là, la qualité, pour nous, c'est important. Alors,
si vous dites, pour vous, que c'est autant important, c'est même non négociable
pour vous, M. le ministre, bon, bien, très bien. Alors, trop fort ne casse pas.
Là, je réitère, vous êtes dans le document
d'appel d'offres, c'est où est-ce que vous-même vous allez établir : Voici
les modalités, voici les exigences, pour que l'entrepreneur qui va
soumissionner va le faire en connaissance de cause. Alors, tu sais, je <prends...
Mme Rotiroti :
...pour
que l'entrepreneur qui va soumissionner va le faire en connaissance de cause.
Alors, tu sais, je >prends votre parole, M. le ministre, puis je sais
que, pour vous, la qualité est importante. Je le... je vous le concède, je suis
entièrement... je vous fais entièrement confiance, tiens, je vais dire ça comme
ça. Mais le jour que vous n'êtes plus là, ce n'est pas écrit à nulle part. Ce
n'est pas un critère qui doit être mis dans votre document d'appel d'offres,
d'entrée de jeu, au tout début de votre processus. Il n'est pas là. C'est là,
là, on le traite là, là. Puis vous dites : Bien, ce n'est pas... ce n'est
pas important, ça va de soi. Bien, moi, je vous le dis, le législateur doit
être clair dans qu'est-ce qu'on fait. Alors, comme je vous dis, trop fort ne
casse pas, là.
Moi, je pense que c'est... c'est là qu'on
doit s'assurer que ceux qui vont soumissionner savent que la qualité est non
négociable. Alors, qu'ils donnent des prix en conséquence, qu'ils font le
projet en conséquence pour qu'on s'assure que le projet est viable pour
longtemps. C'est tout.
Le Président (M. Simard) : Merci,
chère collègue. M. le ministre.
M. Julien : C'est inscrit à
l'article 1. Ce n'est pas le bon endroit. C'est vrai, en fin de compte, ce que
dit ma collègue, c'est... La qualité est inscrite à l'article 1, c'est précis,
c'est exigé, et c'est là qu'il est inscrit au bon endroit.
Le Président (M. Simard) : Très
bien. D'autres commentaires? Sans quoi, nous allons procéder à la mise aux
voix. Alors, est-ce que l'amendement déposé par notre collègue est adopté? Un
vote par appel nominal. M. le secrétaire, veuillez procéder, je vous prie.
Le Secrétaire : Pour, contre,
abstention. MmeRotiroti
(Jeanne-Mance—Viger)?
Mme
Rotiroti
:
Pour.
Le Secrétaire
: M. Julien
(Charlesbourg)?
M. Julien : Contre.
Le Secrétaire : M. Thouin
(Rousseau)?
M. Thouin : Contre.
Le Secrétaire
: M. Bélanger
(Orford)?
M. Bélanger : Contre.
Le Secrétaire
: Mme Tardif
(Laviolette—Saint-Maurice)?
Mme Tardif : Contre.
Le Secrétaire
: Mme Haytayan
(Laval-des-Rapides)?
Mme Haytayan : Contre.
Le Secrétaire
: Mme Mallette
(Huntingdon)?
Mme Mallette : Contre.
Le Secrétaire
: Et M. Simard
(Montmorency)?
Le Président (M. Simard) : Abstention.
Cet amendement est donc rejeté. Et nous revenons à l'étude de l'article 6. Y
aurait-il d'autres commentaires à cet effet?
Mme Rotiroti : Je veux juste
que le ministre me précise... Pendant qu'on discutait l'article 6 puis
l'approche collaborative, il dit : L'objectif, c'est de s'assurer qu'il y
a une concurrence. Il est... il est même sûr qu'il y aurait une concurrence
pour venir négocier à la table, avec le partage de risques et toutes les
modalités définies par le ministre. J'ai envie de dire au ministre : C'est
sûr qu'il va y avoir de la concurrence, M. le ministre, parce que les gens sont
capables de venir autour de la table puis négocier les termes qui... là, je
vais être très «politically correct», comme on dit en anglais, hein... qui
leur... bien, je dirais, avantageux pour eux, si on peut dire ça comme ça, là.
Puis on a déjà établi, dans les
discussions ultérieures, que le fait qu'on amène ce concept-là que... pourquoi
qu'on irait dans la voie traditionnelle, parce qu'ici là, ça ouvre la porte... je
suis capable de m'asseoir en face... face à face avec l'organisme public puis
négocier mes termes. Alors, c'est sûr que ça va augmenter la concurrence. Mais
moi, je veux savoir comment que le ministre va se protéger dans ça pour
s'assurer que ce n'est pas l'exigence, nécessairement, de l'entreprise. Parce
que je sais qu'il y a le partage de risques mais qu'en bout de ligne là, que le
ministre obtient qu'est-ce qu'il veut de l'entreprise qui est autour de la
table. C'est quoi, votre protection là-dedans, M. le ministre?
• (17 h 10) •
Le Président (M. Simard) : M.
le ministre.
M. Julien : Toutes les
modalités sont prévues à l'appel d'offres, et celles-ci sont non modifiables.
Donc, il n'y a pas d'enjeu.
Mme Rotiroti : Là, il dit que
toutes les modalités... les modalités sont déjà prévues, mais ce n'est pas la
discussion qu'on a eue sur l'article 6 là. Les modalités peuvent être, en cours
de route, modifiées. Là, il dit : Tout est pris... tout est pris... tout
est bien établi au début. Mais non, l'approche collaborative, c'est justement
ça, c'est de dire qu'on prend les expertises des gens qui sont autour de la
table puis on modifie au fur et à mesure qu'on va pour avoir le meilleur
projet. Non?
M. Julien : Toutes les
modalités sont inscrites à l'appel d'offres initial, les besoins, les éléments,
en réalité, qui doivent être respectés, et on travaille sur la solution <optimisée...
M. Julien :
...besoins,
les éléments, en réalité, qui doivent être respectés, et on travaille sur la
solution >optimisée. Donc, ça se fait ailleurs, ça démontre des gains
d'efficience, réduction de temps, réduction de coûts. Maintenant, si mes
collègues pensent que l'approche de partenariat ne fait pas le job, je ne suis
pas d'accord avec eux autres.
Le Président (M. Simard) : Chère
collègue.
Mme Rotiroti : Bien, je ne
suis pas... je ne dirais pas ça, je ne dirais pas que les... qu'on pense de ce
côté-ci, que l'approche collaborative n'est pas une voie qui est intéressante.
Ce n'est pas ça qu'on dit du tout. On dit même qu'on est d'accord avec le
principe. Nous, qu'est-ce qu'on dit, c'est qu'on veut s'assurer que la
concurrence qu'on va créer avec cette approche-là est une concurrence réelle
dans le sens que ce n'est pas pour gonfler les prix, ce n'est pas où les gens
vont s'entendre de dire : Bien, écoute, je charge tant. Tu sais, on veut
s'assurer qu'on reste loin de l'interprétation que tout est sur la table, que
tout est possible.
Je ne veux pas dire le mot, là, parce que
c'est... mais je veux m'assurer que toutes les parties dans cette approche-là
sont protégées, dans le fond, que nous, on s'assure que l'organisme public, qui
est le gouvernement, va en avoir pour son argent en ayant le meilleur projet,
avec des délais réduits, et que le projet, en fin de compte, va être le
meilleur projet qu'on peut avoir pour l'infrastructure qu'on veut... qu'on veut
créer. C'est quand même des fonds publics, hein, qu'on engage dans ces... dans
ces projets-là, alors on veut arrêter le gaspillage, mettons.
Le Président (M. Simard) : Alors,
M. le ministre.
M. Julien : Alors, tous les
experts qui ont... qui sont venus en commission parlementaire nous ont dit que
l'approche collaborative avait des bénéfices. Même l'Autorité des marchés
publics a dit que ça augmentait la concurrence. Ça augmente la concurrence, ça
réduit les délais, ça réduit les coûts. Naturellement, si on met en doute, en
fin de compte, l'approche collaborative, bien là, je ne sais pas... je ne sais
pas quoi dire de plus.
Le Président (M. Simard) : Merci.
Chère collègue.
Mme Rotiroti : Oui. Juste... laissez-moi
juste vérifier quelque chose, M. le Président...
Le Président (M. Simard) : Bien
sûr, bien sûr. Je vous en prie.
(Consultation)
Mme Rotiroti : ...je
demanderais vraiment une courte suspension, parce que là, on parle, puis... Deux
minutes.
Le Président (M. Simard) : Bien,
en fait, à moins que ce soit pour préparer un amendement. Mais vous pouvez
prendre le temps qu'il faut, mais ce sera sur votre temps parce que, sinon, on
déroge.
(Consultation)
Mme Rotiroti : C'est bon, M.
le Président. Alors, écoutez, je pense que le ministre a dit tout qu'est-ce
qu'il avait à dire puis je ne pense pas qu'à force de le forcer de dire... Il
ne parlera pas plus, il s'est fait dire de ne pas trop parler, de toute façon.
Alors, je pense qu'on a fait le tour de la question. Ça fait qu'on pourrait
passer au vote, M. le Président.
Le Président (M. Simard) : Sur
l'article 6, y a-t-il d'autres commentaires? Sans quoi, nous procédons à la
mise aux <voix...
Le Président (M. Simard) :
...6, y a-t-il d'autres commentaires? Sans quoi, nous
procédons à la mise aux >voix. L'article 6 est-il adopté?
Des voix : Adopté.
Le Président (M. Simard) : Adopté.
Nous poursuivons. Nous en sommes maintenant rendus...
M. Julien : ...
Le Président (M. Simard) : Très
bien.
On va suspendre momentanément.
(Suspension de la séance à 17 h 16)
(Reprise à 17 h 21)
Le Président (M. Simard) : Nous
sommes rendus à l'étude de l'article 7. M. le ministre, auriez-vous l'amabilité
de nous en faire lecture? Après quoi, après quoi, je crois comprendre que vous
aurez un amendement à vous soumettre.
M. Julien : Certainement.
Merci, M. le Président. Donc, l'article 7 :
7. L'article 21 de cette loi est modifié :
1° par l'insertion, dans le
paragraphe 1° et après «des discussions avec», de «, selon le cas, le ou»;
2° par le remplacement, dans le
paragraphe 2°, de «au terme du processus de sélection, négocier avec le
concurrent retenu» par «au cours du processus de sélection de même qu'au terme
de ce processus, négocier avec, selon le cas, le ou les concurrents retenus».
Donc, le commentaire, c'est que l'article
21 de la Loi sur les contrats des organismes publics confère aux organismes
publics une certaine marge de manœuvre dans le déroulement du processus de mise
en concurrence.
Les modifications proposées par l'article
7 du projet de loi découlent du recours et des approches collaboratives qui
caractérisent les contrats de partenariat. Ces approches peuvent faire en sorte
qu'un seul concurrent puisse être retenu après la première étape du processus
de sélection ou que les négociations puissent survenir, pendant le processus de
sélection, avec plusieurs concurrents.
Et on aurait un amendement à apporter.
Le Président (M. Simard) : Oui,
dont vous pourriez peut-être nous faire lecture. Cet amendement est sur
Greffier et il apparaît maintenant sous nos yeux, à l'écran.
M. Julien : Alors, l'amendement :
Ajouter, à la fin de l'article 7 du projet
de loi, le paragraphe suivant :
3° par l'ajout, à la fin, de l'alinéa
suivant :
«Dans le cadre des discussions visées au
paragraphe 1° du premier alinéa, un concurrent peut impliquer une entreprise
avec laquelle il prévoit conclure ou a conclu un contrat qui sera rattaché au
contrat de partenariat visé par le processus d'adjudication s'il juge que l'exercice
et les connaissances de cette entreprise favoriseraient l'atteinte des
objectifs du projet.»
Donc, on vient rajouter, là... vise à
permettre la participation active de certains sous-traitants dans les
discussions permettant de préciser le projet.
Le Président (M. Simard) : D'autres
commentaires sur cet amendement, M. le ministre?
(Consultation)
Le
Président (M. Simard) : Très bien.
Alors, on va suspendre momentanément.
(Suspension de la séance à 17 h 24)
(Reprise à 17 h 25)
Le Président (M. Simard) : Alors,
M. le ministre, désolé.
Mme Rotiroti : ...recherchez
dans votre...
M. Julien : Amendement?
Mme Rotiroti : ...amendement,
oui?
M. Julien : Bien, prévoir...
«il prévoit conclure ou a conclu», c'est pour permettre, justement, d'apporter
les notions qui ont été discutées, de mémoire, en consultations particulières,
par rapport aux sous-traitants. Donc, on veut pouvoir les introduire dans
les... dans les discussions. Donc, c'est ça que ça vise, l'amendement, ici, à
«il prévoit de conclure»... demandé, également, là, au mois de juin, le député
de...
Mme Rotiroti : Nelligan. OK.
Puis vous ajoutez une... l'alinéa 3°, qui dit : «Dans le cadre des
discussions visées au paragraphe 1° du premier alinéa, un concurrent peut
impliquer une entreprise avec laquelle il prévoit conclure ou a conclu un
contrat qui sera rattaché au contrat de partenariat visé par le processus
d'adjudication s'il juge — «s'il juge»... «s'il juge», ça veut <dire...
Mme Rotiroti :
...au
contrat de partenariat visé par le processus d'adjudication s'il juge
— «s'il
juge»... «s'il juge», ça veut >dire, l'entreprise, si l'entreprise juge — que
l'expertise et les connaissances de cette entreprise favorisaient l'atteinte des
objectifs du projet.» Expliquez-moi qu'est-ce que vous voulez dire, M. le
ministre.
M. Julien : Parfait. Donc, il
y a un consortium, architectes, ingénieurs, entrepreneurs, puis, soudainement,
à l'intérieur d'un projet, il y a un sous-traitant spécialisé en béton X, Y, Z,
qui a tout intérêt, en fin de compte, à participer aux discussions, parce que,
premièrement, c'est un fournisseur important, soit pour des enjeux techniques
ou pour des enjeux de volume. Alors, on dit : Écoute... Puis il n'a pas
encore conclu son contrat, alors, prévoit ou a conclu. Alors, on a mis
«prévoit», parce que, des fois, il n'a pas encore... avec le sous-traitant. On
l'amène à la table des discussions avec l'organisme public, la triade
entrepreneurs, ingénieurs, architectes, plus le sous-traitant, qui pourrait
être un... Tu sais, à un moment donné, on avait de la difficulté à traiter
c'est quoi, le sous-traitant qui... Alors, si le consortium regarde ça puis
s'il le juge à propos, amenez-le, parce qu'il est important.
Mme Rotiroti : ...c'est
l'entrepreneur. C'est le consortium qui décide s'il amène le sous-traitant,
selon l'expertise qu'il peut obtenir à la table de négociation. C'est ça, j'ai
bien compris qu'est-ce que vous dites?
M. Julien : C'est dans les
bilatéraux, oui.
Mme Rotiroti : Oui, mais dans
les ateliers bilatéraux, j'ai toujours pensé que c'était entre deux parties.
Là, ce serait le sous-traitant qui se joindrait à ces négociations-là?
M. Julien : Comme on a mentionné,
les bilatéraux, en fin de compte, ce serait l'administration publique avec le
consortium, le consortium étant une triade. Il pourrait venir, en plus, avec
son fournisseur, son sous-traitant important, convenu.
Mme Rotiroti : C'est ça, ça
fait que... C'est ça, ça veut dire que, dans cet échange-là, le consortium peut
amener un sous-traitant qui a une certaine expertise...
M. Julien : Clairement.
Mme Rotiroti : ...qui peut
être une valeur ajoutée dans les négociations, pour dire : Bien, viens,
puis... au moment qu'on négocie avec le gouvernement. C'est ça?
M. Julien : Yes.
Mme Rotiroti : Yes? J'ai bien
compris, OK. Alors, dans aucun cas, M. le ministre, ce serait l'organisme
public qui déciderait du sous-traitant? Ça, ça relève entièrement et uniquement
de... le consortium?
M. Julien : Bien oui. C'est-à-dire
que, pour nous, ça va assez de soi. Mais, encore là, je réitère, là, des
discussions bilatérales, ça se fait pour trouver l'optimisation dans les objectifs
communs. Donc, habituellement, les gens conviennent qu'un sous-traitant est
important à ces discussions-là.
Mme Rotiroti : ...d'accord
avec vous pour l'optimisation, M. le ministre. Mais vous n'avez pas rendu... vous
n'avez pas répondu à la question, vous êtes très habile. Alors, moi, je vais
vous répéter : Est-ce que, dans aucun cas où est-ce qu'il y a la
possibilité que le ministère... l'organisme public amène ou choisit un
sous-traitant sous le prétexte, toujours, comme le consortium... sous le
prétexte de l'expertise que ce sous-traitant-là a, et qui pourrait manquer un
petit peu à l'entrepreneur, là, et vous jugez que cette personne-là, c'est une
valeur ajoutée, et doit être autour de la table dans les négociations bilatérales...
est-ce que l'organisme public pourrait le faire?
M. Julien : Donc, l'entente
contractuelle entre le consortium et ses sous-traitants lui appartient. On ne
peut pas l'imposer.
Mme Rotiroti : Ça, je... ça,
je comprends ça, entièrement d'accord avec vous, M. le ministre. La question,
ce n'est pas ça. Je comprends que l'entrepreneur, lui, a le choix, et c'est lui
qui décide selon le contrat. Si, dans ses sous-traitants, il y a une experte
dans, comme vous dites, l'exemple du béton, alors l'entrepreneur, lui, peut
décider, à sa guise, qu'au moment qu'on va parler du... le type de béton qu'on
va utiliser pour faire l'infrastructure, que cette personne-là, ce
sous-contractant-là devrait être autour de la table parce que, savez-vous quoi,
il va être capable de mieux expliquer son produit et... que l'entrepreneur en
question, alors ce serait une valeur ajoutée à la... à la négociation.
• (17 h 30) •
Ma question, c'est : Dans le cas où
l'organisme public sait ou a connaissance d'un sous-traitant qui a cette
expertise-là, puis je vais donner le même exemple, d'expertise dans le béton,
qu'il juge qu'au moment où il va expliquer le projet, que cette personne-là
c'est une valeur ajoutée pour venir à la table et expliquer le produit, etc., est-ce
que l'organisme public a ce pouvoir-là d'amener le sous-traitant à la table,
dans les négociations...
17 h 30 (version révisée)
Mme Rotiroti : ...et expliquer
le produit, etc., est-ce que l'organisme public a ce pouvoir-là, d'amener le
sous-traitant à la table dans les négociations bilatérales... bilatéraux?
Le Président (M. Simard) : Merci.
M. le ministre.
M. Julien : Bien, c'est à
cause que l'entente contractuelle, là, du consortium avec ses sous-traitants,
ça lui appartient. Alors, ce n'est pas l'organisme public qui peut amener un
sous-traitant d'un consortium à la table. Pour nous autres, c'est très clair. Donc,
c'est pour ça qu'on l'inscrit de telle façon.
Des voix : ...
Mme Rotiroti : Juste... C'est
peut-être un... Juste pour ma gouverne, M. le ministre, vous parlez de...
vous faites référence... On parle de sous-traitants quand on jase, puis, dans l'article,
vous dites : «pendant le processus de sélection avec plusieurs
concurrents». Alors, j'imagine que, dans le... dans la loi, dans les lois,
quand on parle de sous-traitants, on... la notion... le terme, au lieu de dire «sous-traitants»,
le terme légal, ça serait «concurrents» à ce moment-là? Non.
M. Julien : Non. Ici, dans l'article,
et je me ferai corriger si je me...
Mme Rotiroti : Non, mais je
veux juste être sûre qu'on parle de la même chose.
M. Julien : ...mais le concurrent,
ici, c'est un des consortiums. Il pourrait y avoir plusieurs consortiums.
Mme Rotiroti : OK. Parfait.
M. Julien : Tandis que l'entreprise
avec laquelle... ça, c'est... ça, c'est le sous-traitant. Donc, le
concurrent...
Par exemple, je peux avoir des discussions
bilatérales avec trois consortiums, architectes, ingénieurs, entrepreneurs,
trois triades, et eux, le consortium, la triade dit : Je vais t'amener en
plus mon gars de béton parce qu'il y a... parce que, dans ce projet-là, il y a
de la valeur ajoutée. Puis nous autres, on peut... Nous autres, notre relation,
organisme public, est avec le consortium, mais on ne peut pas aller...
Mme
Rotiroti : Le concurrent, à ce moment-là?
M. Julien : C'est ça, avec le
concurrent qui est le consortium.
Mme Rotiroti : OK. Oui, parce
que nous, on utilise nos termes, là, mais, dans la loi, ce n'est pas tout à
fait les mêmes termes. Ça fait que je voulais m'assurer qu'on se comprend, que
les concurrents dans... juste pour... on pense que c'est les consortiums, on
parle des consortiums.
M. Julien : C'est ceux qui
participent à l'appel d'offres.
Mme Rotiroti : Parfait.
Le Président (M. Simard) : ...
Mme Rotiroti : OK. Alors,
laissez-moi juste quelques secondes, M. le Président, s'il vous plaît.
Le Président (M. Simard) : ...nécessaire.
(Consultation)
Mme Rotiroti : ...je pense
que l'amendement est clair, M. le Président. On pourrait passer au vote.
Le Président (M. Simard) : Très
bien. (Interruption) Pardon. D'autres commentaires sur cet amendement?
Sans quoi, ce dernier est-il adopté?
Des voix : Adopté.
Le Président (M. Simard) : Adopté.
Donc, nous revenons à l'étude de l'article 7, maintenant, tel qu'amendé. Y
aurait-il d'autres remarques? Mme la députée de Jeanne-Mance—Viger.
Mme Rotiroti : Oui. Juste... Laissez-moi
me relire dans qu'est-ce que j'ai écrit, M. le Président.
Concernant l'article 7, M. le
Président, lors des consultations, il y a plusieurs groupes qui ont manifesté
une certaine inquiétude par rapport à... toute la notion, c'est... on vient de
dire, dans cet article-là, c'est qu'après la première étape de processus de
sélection il y aurait... il y a la possibilité de n'avoir qu'un seul concurrent
et que ça... là, on arriverait dans le stade de négociation des éléments du
contrat au cours du processus plutôt qu'à terme du processus. Ça veut-tu dire
qu'avec le concurrent, ce serait pendant qu'on pourrait négocier les éléments
du contrat <et...
Mme Rotiroti :
...qu'avec
le concurrent, ce serait pendant qu'on pourrait négocier les éléments du
contrat >et pas à la fin, aux termes du contrat?
Alors, je veux juste savoir avec le
ministre quels sont les types de dispositions que vous attendez de négocier au
cours du processus de sélection. Est-ce qu'on peut... Est-ce que vous pouvez
nous donner une idée?
Le Président (M. Simard) : Merci.
M. le ministre.
M. Julien : Par rapport au...
Bien, c'est-à-dire qu'on...
Mme Rotiroti : Oui, pendant
le processus.
M. Julien : C'est-à-dire qu'on
va venir qualifier des firmes, ou des consortiums, ou des concurrents, là,
appelons-les concurrents, qui sont des consortiums, habituellement, dans un
mode de partenariat, et on veut pouvoir tenir avant l'adjudication des
discussions bilatérales pour discuter du projet, pour discuter des enjeux consortiums,
organismes publics. Puis on le fait avec... S'il y a trois consortiums
qualifiés, on le fait en cours avant l'adjudication. Donc, c'est la
modification qu'on apporte, justement pour regarder la suite des choses, la
nature du projet et les gains potentiels qu'on peut obtenir. Puis on veut avoir
ces discussions-là en bilatéral avec les consortiums pour s'assurer du meilleur
choix à l'adjudication à terme avec un... un consortium.
Mme Rotiroti : Non, mais ce
n'est pas à terme. C'est-à-dire qu'avant, c'était... on gardait ça à la fin du
processus. Là, vous allez changer...
Des voix : ...
Mme Rotiroti : Là, vous êtes
en négociation continuelle pendant tout le processus, tandis qu'avant, c'était
à la fin. Là, tout le long, vous pouvez changer. Vous pouvez... bien, négocier,
c'est ça, hein? Je t'en donne, tu m'en donnes, hein? «Give and take», alors
tout le long du processus.
Alors, moi, je veux juste savoir quel
genre, quel type de dispositions vous allez soumettre à cette négociation-là.
Qu'est-ce qui va changer en cours de route? Qu'est-ce qui pourrait changer?
Donnez-moi un exemple juste pour que je comprenne la logique.
Le Président (M. Simard) : Merci.
M. le ministre.
M. Julien : On va prendre une
petite suspension deux minutes.
Le Président (M. Simard) : Alors,
nous suspendons quelques instants.
(Suspension de la séance à 17 h 39)
(Reprise à 17 h 42)
Le Président (M. Simard) : Bien.
M. le ministre, à vous la parole concernant l'article 7 tel qu'amendé.
M. Julien : Merci. D'abord,
pour les précisions de ma collègue, parce que ce n'est pas exactement sur
l'article 7, le processus, l'étape 1 ou 0, certains l'appelleraient, c'est :
On va venir qualifier des consortiums. Mettons qu'on a trois consortiums qui
sont qualifiés — base d'expertises, capacité, équipe de gestion — la
première discussion bilatérale qui aura lieu entre le consortium et l'organisme
public vise à identifier les paramètres qu'on qualifierait de financiers,
c'est-à-dire, par exemple, les frais généraux qui seraient chargés, le cas
échéant, pendant le processus, les marges... les marges bénéficiaires. Donc, on
discute avec les trois concurrents retenus, et, à terme de ces discussions-là,
ils vont déposer une proposition qui est fixe par rapport à ces enjeux-là, de
partage de frais généraux et de... et de marge bénéficiaire. À la lumière de
ça, on dit : Le meilleur joueur des trois, c'est celui-là, mais il est
contraint par cette proposition-là. Elle, elle devient immuable. Puis là on va avoir,
après ça, des discussions en bilatéral avec le consortium retenu pour faire le
concept du projet et le réaliser.
Donc, l'étape en cours, c'est par rapport
aux paramètres financiers des frais généraux, par rapport aux marges
bénéficiaires pour les fixer dans le temps avec les consortiums qui ont été
préalablement qualifiés, c'est-à-dire qu'on sait qu'ils sont bons selon nos
critères. Donc, c'est comme trois étapes : On qualifie, on fixe le
financier, on développe le concept de manière détaillée avec le retenu.
Le Président (M. Simard) : Merci.
Chère collègue.
Mme Rotiroti : OK. Alors,
trois concepts dans... Pour lui, dans le fond, c'est les dispositions qui ne
changeront pas, c'est-à-dire, on qualifie, on fixe le prix puis on développe le
concept.
M. Julien : C'est : On
fixe les marges bénéficiaires...
Mme
Rotiroti
:
Les marges bénéficiaires.
M. Julien : ...puis, genre,
les taux de frais généraux. C'est les taux applicables. On n'est pas en train
de fixer le prix parce qu'on n'a pas encore développé le concept ensemble
pour...
Mme Rotiroti : Ça fait que
c'est dur à évaluer le prix si tu n'as pas le projet.
M. Julien : C'est ça. Mais on
a fixé des marges puis les frais généraux.
Mme Rotiroti : Très bien.
Excellent. Alors, il y a eu <i>l'Association de... construction du Québec
qui, lors de les consultations publiques, ont parlé carrément de retirer
l'article 7 en disant que ça pouvait perturber l'équilibre et la compétition.
Alors, eux, ils demandent... ils demandaient le retrait complet de l'article 7.
Moi, qu'est-ce qui m'inquiète puis
qu'est-ce que je veux bien saisir dans l'article 7, c'est que les trois
concepts que le ministre vient de nous parler, ça se faisait au terme du
processus. Là, c'est en cours de négociations, en cours de processus qu'on
négocie, dans le fond, ces... les concepts que le ministre vient de réénumérer,
qui fait en sorte qu'on peut faire quasiment du sur-mesure.
M. Julien : Non.
Mme Rotiroti : Non? Pourquoi?
M. Julien : C'est-à-dire que
le consortium avec qui l'administration publique veut travailler, c'est pour
développer le meilleur concept, la meilleure solution au <moindre...
M. Julien :
...veut
travailler, c'est pour développer le meilleur concept, la meilleure solution au
>moindre coût, mais on doit passer par une étape intérimaire où on dit :
Est-ce que c'est le meilleur joueur qui... consortium avec qui je peux
travailler? On qualifie des gens sur ils sont bons ou pas bons. Puis, après ça,
est-ce qu'ils sont prêts à avoir des mesures financières, marges bénéficiaires,
FGF qui sont agressives? L'étape 2. Mais on sait qu'ils sont bons, donc c'est
seulement les bons qui nous le procurent. Et là on travaille ensemble — toujours
le besoin, lui, il est immuable — à trouver le meilleur concept.
Donc, c'est des étapes qui sont obligées. Si quelqu'un a une meilleure... une
meilleure idée pour faire des partenariats, dites-moi-la, mais il faut... il
faut vraiment scinder ces trois étapes-là, qui nous amènent à un bon concept de
partenariat, qui sont successives et nécessaires.
Le Président (M. Simard) : Chère
collègue.
Mme Rotiroti : Alors, dans
ces négociations-là, M. le ministre... Parce qu'on est toujours dans des
ateliers bilatéraux, là. On est toujours en train de négocier avec les
consortiums. Évidemment, on vient d'introduire le concept de... le
sous-traitant qui a une expertise qui peut être autour de la table aussi, qui
est une valeur ajoutée, dans le fond, dans les négociations, ça, c'est très
bien. Comment qu'on peut... Est-ce que, dans les ententes bilatéraux, il y a
une tierce partie ou c'est vraiment le consortium avec l'organisme public? Et
je m'explique. Quand on parle de tierce partie, c'est de s'assurer que tout
qu'est-ce que le ministre est convaincu, est sûr, que les modalités vont être
les mêmes, qu'il n'y a pas de... qu'on assure l'égalité de chances, dans le
fond, dans tout ça, l'égalité des chances, là, est-ce qu'il y a une tierce
partie ou c'est vraiment l'organisme public avec le consortium autour de la
table? Qui s'assure, là, que les conditions, les modalités, que tout est
respecté?
M. Julien : Donc, c'est le
vérificateur de processus qu'on a ajouté dans l'article 1, là, de manière nommée
la semaine dernière.
Mme Rotiroti : ...le
vérificateur de processus est nommé par le ministre?
M. Julien : C'est un contrat
de service qui est fait par l'organisme public.
Mme Rotiroti : OK. Ça fait
que le contrat de service... Dans le fond, ça veut dire que cette personne-là
n'est pas toujours la même.
M. Julien : Bien, dans...
Mme Rotiroti : Elle peut
changer?
M. Julien : ...dans un
projet, ça va être la même, mais ça ne sera pas la même...
Mme Rotiroti : Oui, tout le
long... tout le long du processus...
M. Julien : ...ça ne sera pas
la même pour tous les projets gouvernementaux.
Mme Rotiroti : C'est ça. Et
comment vous faites pour sélectionner cette personne-là? C'est quoi, les
critères d'avoir cette tierce partie? C'est quoi, ses compétences? Est-ce que
ça peut être un sous-ministre? Est-ce que ça peut être un sous-ministre
adjoint? Est-ce que c'est un fonctionnaire qui a une certaine expertise?
M. Julien : Ce sont des
firmes habituellement indépendantes avec... genre, une firme comptable...
Mme Rotiroti : Une firme
indépendante, vous dites?
M. Julien : Oui, qui est
sélectionnée.
Mme Rotiroti : OK. Puis
sélectionnée comment? Vous allez en appel d'offres?
M. Julien : Alors, celle-là,
c'est un appel d'offres public.
Mme Rotiroti : Un appel
d'offres public?
M. Julien : Oui, mais pas par
partenariat... tourne en rond.
Mme Rotiroti : Non, c'est ça.
Puis l'appel d'offres... l'appel d'offres pour sélectionner la personne,
évidemment, va dépendre de la... qu'est-ce que vous recherchez en tant que... pas
«qualités», je n'aime pas ça, le mot, là, mais...
• (17 h 50) •
M. Julien : Bien, souvent...
souvent, dans une autre vie, quand j'étais dans une firme comptable, ce qu'on
cherche, c'est quelqu'un d'indépendant qui s'assure que le processus est fait
de bonne et due forme, sans avantages indus entre les consortiums. Donc, ce
n'est pas... ça ne nécessite pas nécessairement une connaissance fine du
projet, mais bien plus une connaissance... une démonstration que le processus
se fait selon ce qui est convenu, et en indépendance, et s'assurer que celui-là
ait l'intégrité et l'équité dans le processus.
Mme Rotiroti : L'intégrité
puis... et l'équité du processus. Alors, c'est sa responsabilité de s'assurer
que c'est respecté. Et c'est quoi, son niveau d'imputabilité à ce moment-là? Il
n'en a pas. Lui, une fois qu'ils s'assurent que l'intégrité du projet est
respectée, le processus est <respecté...
Mme Rotiroti :
...une
fois qu'ils s'assurent que l'intégrité du projet est respectée, le processus
est >respecté, qu'il y a certaine équité, lui, il n'est pas imputable de
rien.
M. Julien : Bien, sa
responsabilité professionnelle, c'est de s'assurer, en fin de compte, que le
processus est mené tel que convenu.
Mme Rotiroti : Alors, une
fois que le processus est déclenché puis on part, lui, il a fait qu'est-ce qu'il
avait à faire, ça fait que c'est fini pour lui?
M. Julien : Quand le
processus est terminé.
Mme Rotiroti : Quand le
processus est terminé.
M. Julien : Oui.
Mme Rotiroti : Et dans
l'éventualité où est-ce qu'il y aurait une contestation, mettons que... dans le
processus, est-ce que ça... un, est-ce que ça peut arriver qu'il y aurait une
contestation? Puis, dans l'éventualité où est-ce qu'il y a une contestation
parce qu'il y a une des parties qui dit : Bien, moi, je n'ai pas été
traité équitablement, est-ce que c'est là que la tierce partie... est-ce qu'il
y a une responsabilité de trancher ou est-ce que ça revient à l'organisme
public?
M. Julien : Bien, le
vérificateur de processus, il est là pour s'assurer que le processus suive son
cours, là. Donc, lui, il est là pour dire : Bien, c'est comme ça que ça
doit être fait puis ça a été bien fait. Là, on essaie juste de voir, tu sais,
c'est quoi, l'intérêt d'avoir des écarts. Lui, il s'assure qu'il n'y a pas
d'écart par rapport au processus, comme on le fait dans n'importe quelle
discussion avec plusieurs joueurs. Le vérificateur, il dit : OK, tout le
monde a eu la même information...
Mme Rotiroti : On essaie
d'avoir un consensus.
M. Julien : C'est ça. Puis
tout le monde a eu la même information, surtout. Tu sais, je parle avec trois
personnes pas en même temps, est-ce que c'est équitable? Puis lui, il est
indépendant, recruté et engagé pour faire ça, puis il s'assure de ça. Donc, pour
moi, c'est un bon chien de garde.
Mme Rotiroti : Oui. Bien,
vous enlevez les mots de ma bouche. Un chien de garde, tout à fait. Mais on ne
peut pas exclure le fait que, pendant que lui, il essaie de trouver cette
équité-là, et tout ça, qu'il y a quelqu'un autour de la table qui dit :
Bien, moi... Il conteste, dans le fond, il conteste cette équité, là.
Alors, est-ce que la tierce partie a le
pouvoir de trancher? Est-ce que la tierce partie, s'il y a une contestation
d'un intervenant autour de la table, d'un concurrent autour de la table, de
dire : Bien, moi, je pense que je... Ce n'est pas équitable. Je comprends
que, lui, son rôle, c'est ça...
M. Julien : Oui, c'est ça.
Mme
Rotiroti
:
...mais il peut être contesté, là. Il n'a pas la vérité infuse. On s'entend, lui,
il fait le meilleur qu'il peut dans les circonstances.
M. Julien : Non, non. Alors,
le vérificateur fait un rapport au terme du processus, quelqu'un qui ferait une
plainte, l'Autorité des marchés publics peut consulter le rapport...
Mme
Rotiroti
:
Va enquêter.
M. Julien : ...rencontrer le
vérificateur. Donc, c'est le même processus, là, qui est fait avec un
vérificateur externe, puis l'AMP va être en mesure de prendre acte de la
plainte.
Mme Rotiroti : OK. Mais
son... Ça fait que le vérificateur sera imputable à l'AMP, parce que l'AMP a le
pouvoir d'enquêter sur l'ensemble de l'oeuvre.
M. Julien : Alors, le terme
exact, ce n'est pas imputable, c'est-à-dire que le vérificateur...
Mme Rotiroti : Il doit
répondre.
M. Julien : ...il est
contractuel, mais l'Autorité des marchés publics peut prendre connaissance,
questionner le vérificateur s'il y a une plainte. Donc, c'est-à-dire qu'il doit
répondre à l'Autorité des marchés publics, le cas échéant.
Mme Rotiroti : Je veux juste
être bien sûre de qu'est-ce qu'on dit parce que c'est important, quand même. On
parle du vérificateur puis on parle de ses obligations qui sont bien définies.
J'imagine que c'est dans le contrat qu'on va signer, où est-ce que ses
obligations sont déterminées, sont dans son contrat, parce qu'on ne le retrouve
à nulle part dans le projet de loi. Alors, je veux juste être sûre que... Et ça
serait tout à fait normal, si c'est le cas, M. le Président, que tout qu'est-ce
le ministre dit, l'obligation du vérificateur de trouver ce consensus-là, de
s'assurer de liquidités, liquidités entre les parties, l'intégrité, et tout ça,
ça, c'est tout défini dans le contrat pour choisir ce VG-là?
M. Julien : Bien, M. le
Président, ça ne touche pas l'article 7. On a déjà des vérificateurs de
processus dans les ententes contractuelles. Donc, l'article 7, là,
c'est... donc, on vient mentionner qu'est-ce qu'on veut, s'assurer que les
sous-traitants soient inclus, on a intégré, dans l'article 1, le
vérificateur de <processus...
M. Julien :
...s'assurer
que les sous-traitants soient inclus, on a intégré, dans l'article 1, le
vérificateur de >processus, qui est un concept qui est déjà utilisé.
Mais, si je reviens sur l'article 7, pour
moi, avec l'amendement qui est apporté pour prévoir, conclure et conclure, ça
ouvre la porte, naturellement, aux préoccupations de certains qui disaient :
Les sous-traitants devraient faire partie, là, des discussions, potentiellement.
C'est ce qu'on vient faire à l'article 7.
Mme Rotiroti : ...et, oui, je
suis d'accord avec vous, M. le ministre. C'est... Puis l'enjeu avec l'article 7,
c'est que, là, on vient de changer... Parce qu'on dit : C'est en cours de
processus qu'on peut changer des... qu'on peut changer les modalités et pas à
la... au terme du processus. Mais... Puis je comprends que le VG, là, il n'est
pas inclus dans l'article 7. On mentionne le VG parce que vous... J'ai posé la
question du tierce partie. Vous dites : C'est un VG, on va en appel
d'offres, etc. Parfait.
Une fois qu'on est là, on va rester là
pour bien comprendre le concept. Parce que plus tard, peut-être, on va... on va
faire référence. Le VG en appel d'offres, c'est beau, c'est... Vous dites qu'il
doit répondre dans une... ou, si jamais il y a une contestation, lui, il doit
répondre à l'AMP, qui a tous les pouvoirs d'enquête. Très bien. Ça, je
l'accorde, c'est dans la loi. Je demande simplement : Quand vous allez en
appel d'offres, est-ce que les obligations du vérificateur sont définies au
moment du contrat, au moment que vous allez en appel d'offres? C'est juste ça
que je veux savoir, parce qu'on ne le retrouve à nulle part dans le projet de
loi.
M. Julien : Bien,
c'est-à-dire qu'on fait déjà appel à des vérificateurs de processus, ce n'est
pas le VG, mais qui a peut-être le même objectif, spécifiquement, sur un
processus. Puis, dans le contrat qu'on fait, avec le mandat qu'on donne, c'est
de s'assurer que le processus est respecté. Ça ne peut pas être autrement. Et
le vérificateur de processus, qui est souvent une firme comptable ou des
individus d'une firme comptable, bien, ils doivent s'assurer que le processus
est respecté. Puis, tu sais, on en fait déjà. Tout ce qu'on vient dire dans la
loi, c'est qu'il va y avoir un vérificateur de processus, là, qui est exigé.
Mme Rotiroti : Très bien.
(Consultation)
Mme Rotiroti : Au niveau
de... Je peux?
Le Président (M. Simard) : Je
vous en prie, chère collègue.
Mme Rotiroti : Je voulais
juste m'assurer par rapport à la transparence, parce que j'ai une petite
inquiétude au niveau de... de l'accès à l'information. Je m'explique. Il y a
deux contrats contractuels. On a le Stade olympique, le toit du Stade olympique,
et le pont de l'île d'Orléans. On a fait une demande d'accès à l'information, et
ces deux projets, là, qui ont suivi le processus, là, qu'on vient d'instaurer
ici, c'est du partenariat collaboratif. J'ai eu accès au contrat à moitié
caviardé pour le toit, mais, pour le pont, on m'a refusé l'accès parce que ça
pourrait mettre en péril les négociations.
Alors, je ne sais pas si le ministre voit
où est-ce que je m'en vais avec ça, là. Est-ce qu'avec le niveau... ce nouveau
type de contrat, toujours en parlant du partenaire collaboratif, on vient
soustraire de l'accès à l'information toutes les négociations faites «one on
one» sur le... par le contractant et l'organisme public?
• (18 heures) •
Le Président (M. Simard) : M. le
ministre.
M. Julien : Bien, on
change... on ne change rien, là, par rapport à la situation actuelle, là. Donc,
ce qui est public est public, ce qui n'est pas public n'est pas public. Ça fait
qu'il faudrait que je...
Tu sais, nous autres, là, on vient... on
vient apporter un nouveau mode avec des ententes contractuelles. J'entends ce
que vous me dites, mais...
18 h (version révisée)
M. Julien : ...nouveau mode
avec des ententes contractuelles. J'entends ce que vous me dites, mais ça n'a
rien à voir avec l'article 7 puis avec les modifications qu'on propose.
Mme Rotiroti : Bien, je ne
suis pas d'accord avec vous, M. le ministre, parce que, dans l'article 7,
là, on est en train de négocier tout le long du processus. Ça veut dire que,
tout au long d'un processus, il n'y a aucune information qui peut sortir parce
que ça peut mettre en péril la négociation? Alors, à ce moment-là, si moi... si
je voudrais faire une demande d'accès à l'information, de savoir où ce qu'on
est rendu dans le... dans le projet, ça va être un refus, sur le prétexte que, bien,
on est en négociation, ça fait que je ne peux pas dévoiler l'information.
M. Julien : Donc, c'est des
discussions bilatérales d'une entente non conclue avec un vérificateur de
processus qui s'assure que ces discussions-là sont conformes. Ce serait quoi, l'information
qu'on divulguerait?
Mme Rotiroti : Non, mais c'est
parce que, là, les modalités peuvent être modifiées en cours de route en tout
temps. Ça fait que ça veut dire qu'où ce qu'on est parti à la case de départ
puis où ce qu'on va être rendu à la fin des négos peut être totalement
différent.
Avant, là, tous les... tous les appels d'offres
publics, là, on avait accès, c'est-à-dire qu'on pouvait avoir des détails. La
preuve, c'est que j'en... je l'ai pour le Stade olympique. Alors, dans ce
processus-là, mon inquiétude, c'est que, quand on s'en va dans cette approche-là,
bien, il n'y a pas de... ça va être opaque, on ne peut pas donner aucune
information. Ça fait qu'il y a... Le questionnement de transparence, ça
impose... ça s'impose.
M. Julien : Bien, c'est à
cause que... je ne suis pas d'accord, là. On le mentionne, que les fondamentaux
ne seront pas modifiés. On a mentionné que les bilatéraux qu'on aurait avec les
consortiums, c'était sur les frais généraux, sur les marges bénéficiaires pour
qu'ils déposent une proposition à cet égard-là. Donc, il n'y a pas de
modification, là, à l'intérieur du besoin et du contenu de l'entente, là, c'est...
Puis là, éventuellement, il y aura un consortium retenu, puis une démarche,
après ça, pour monter un concept, puis éventuellement, bien, un coût de concept
puis une réalisation. Alors, je ne suis pas capable de rejoindre ma collègue,
là, par rapport... Les fondamentaux ne sont pas modifiés, l'appel d'offres les
précise, puis c'est disponible, ça.
Mme Rotiroti : Je... Oui, l'appel
d'offres est précis, j'en conviens, mais là, ici, dans l'article 7, vous
introduisez le fait qu'en cours de route vous pouvez changer certaines choses.
M. Julien : Oui. C'est-à-dire
qu'en cours de route on a mentionné qu'il pouvait y avoir des discussions sur
les frais... les taux de frais généraux, sur les marges bénéficiaires, c'est ça
qu'on a dit tantôt, en cours de route.
Mme Rotiroti : C'est tout?
M. Julien : C'est sur les
éléments financiers pour voir, en fin de compte, comment qu'on va... qu'on va
se gouverner ensemble. Alors, ça, c'est... ça, c'est le premier.
Mme Rotiroti : C'est ça, c'est
la qualité... fixe marges de frais généraux et la... ah! et après ça, on
développe le concept.
Des voix : ...
Le Président (M. Simard) : On
va suspendre momentanément.
(Suspension de la séance à 18 h 05)
(Reprise à 18 h 06)
Le Président (M. Simard) : Souhaitez-vous
poursuivre dans... dans la réponse?
M. Julien : ...là, je n'avais
pas d'autre réponse à donner.
Le Président (M. Simard) : Très
bien. Alors, chère collègue.
Mme Rotiroti : M. le... M. le
Président, je veux juste... dans le fond, là, je veux juste éviter qu'on s'en
va vers un processus qui va être opaque. Dans le sens que je peux comprendre
qu'il y a certaines informations, là, qu'on ne peut pas donner, il y a le
secret professionnel, ça, je ne vais pas là. Je me dis, quand on avait, à la
fin du processus, puis... à la fin, puis, à la fin, quand tu faisais une
demande de... voyons...
Une voix : ...
Mme Rotiroti : ...d'accès à
l'information, merci, il y avait certains éléments, évidemment ça revenait à
moitié caviardé parce qu'il y a certaines informations qu'on ne peut pas donner,
mais c'était... c'était logique. C'était à la fin du processus, il y avait une
demande. Si on voulait savoir qu'est-ce qui s'est passé avec un certain projet,
on pouvait. Le fait que là c'est... on peut, en cours de route... On est
toujours en train de négocier tout le long du processus. Alors, c'est sûr que, tout
le long du processus, on ne peut pas faire une demande d'accès à l'information
parce que, cette information-là, vous pouvez... vous ne pouvez pas le divulguer
parce que ça pourrait mettre en... même en péril le contrat.
Alors, est-ce que... J'essaie juste, dans
le fond, là, je réfléchis à voix haute avec le ministre, qu'on s'assure qu'on
ne crée pas une façon de faire où ce que ça devient tellement opaque qu'à la
fin on n'aura aucune information sur le prétexte de... parce qu'on vient
d'introduire ce concept-là : à fur et à mesure. Bien là, à fur et à
mesure, c'est normal, vous ne pouvez pas, M. le ministre, divulguer
l'information, parce que ça pourrait mettre en péril le projet en bout de
compte. Ça fait que vous, vous ne craignez pas que ça peut être... que ça peut
être... ça peut être perçu de cette manière-là? C'est juste ça que je veux
qu'on clarifie.
Le Président (M. Simard) : Très
bien. M. le ministre.
M. Julien : Bon. Alors...
Mme Rotiroti : ...dans cette
approche-là, là.
Des voix : ...
M. Julien : ...la <i>loi
sur l'accès de l'information s'applique, là, comme avant, là, il n'y a rien de
changé. Bien, je vais compléter ma réponse. On s'en va en appel d'offres, c'est
public, c'est publié, tout le monde savent à quoi s'attendre, Jos public comme
les consortiums intéressés, c'est là. Là, on commence à faire des bilatéraux. Je
ne peux toujours bien pas donner de l'accès à de l'information sur de
l'information qui n'est pas écrite, là. Donc, c'est...
Alors là, je ne vois pas, là. Vous
souhaiteriez qu'on filme ça puis qu'on mette ça public? Bien non, ça n'arrivera
pas. Mais, un jour, il y a quelqu'un qui va déposer une entente, une soumission
par rapport à... Puis là, bien, encore là, c'est... c'est sujet à la loi de
l'accès à l'information et ses limites, tu sais, parce qu'il faut que le tiers
dise : Oui, oui, moi, j'ai le goût que ça soit connu.
Donc, tu sais, ce n'est pas... ce n'est
pas plus obscur ou opaque que les contrats actuels. Puis les lois sont là pour être
respectées. Puis ça donne la même information. Puis, naturellement, il y a des
limites à la loi de l'accès sur l'information. Alors, pour moi, il n'y a rien
de changé, puis il y a... il n'y a pas plus d'opacité, là, par le changement de
mode.
• (18 h 10) •
Mme Rotiroti : Bien, écoutez,
M. le ministre, je serais... je serais portée à vous donner raison,
sincèrement, là...
M. Julien : Vous êtes fine.
Mme Rotiroti : ...oui, mais
ça n'explique pas pourquoi que... à moins que vous avez l'explication, puis
très bien si vous l'avez, ça n'explique pas pourquoi qu'on a deux projets, un
public, là, qui... en appel d'offres, le toit du stade, et le pont de l'île
d'Orléans. J'ai... J'ai de quoi sur le stade, j'ai fait une demande d'accès à
l'information pour les deux projets, mais celui de l'île d'Orléans, de 2,8 milliards
de dollars, j'ai... j'ai zéro, je n'ai aucun accès, c'est un refus total,
tandis qu'avec le <stade...
Mme Rotiroti :
...de
dollars, j'ai... j'ai zéro, je n'ai aucun accès, c'est un refus total, tandis
qu'avec le >stade, bien, on a quand même... oui, il y a des sections,
elles sont caviardées, mais on a quand même eu de l'information.
Alors, moi, je veux... je vais répéter ma
question. Moi, la façon que j'interprète l'article, c'est de dire que, parce
qu'on est en négociation continue, bien, à ce moment-là, c'est le prétexte de
dire : Bien, écoutez... puis je le comprends très bien, là, qu'est-ce que
vous dites : Bien, je ne peux pas... je ne peux pas vous dévoiler, en
cours de route, la façon qu'on négocie, vous mettre en péril... on va mettre en
péril le projet. Très bien, ça, je vous le concède, je suis entièrement
d'accord avec vous. Vous dites : C'est à la fin, au terme du projet, où ce
qu'on peut dévoiler, avec la demande d'accès à l'information, selon la demande
qu'on fait, les détails, etc., dépendamment le questionnement qu'on... qu'on
fait.
Moi, je vous dis, la façon que... il y
a... il y a une certaine interprétation, le fait qu'on négocie en cours de
route, tout le long du processus, qui est différent de qu'est-ce qui existait
avant, parce qu'avant ce concept-là n'était pas sur la table, c'était au terme
du processus. Ça veut dire que les négociations se faisaient, à la fin du
processus, bien, la demande d'accès arrivait, puis on est capable de dévoiler
parce que c'est public, c'est rendu public. Là, ce n'est plus le cas. Alors,
tout le long du processus, on est opaque, pour des raisons que vous dites,
parce que vous dites : Je ne peux pas dévoiler l'information parce qu'on
se ramasse dans une situation où ce qu'on peut mettre le projet en péril. Moi,
je vous dis, M. le ministre, on doit se protéger là-dedans. Ça veut dire que
moi... Ça veut dire qu'il n'y a aucun contrat, à ce moment-là... on n'aura
accès à aucun contrat. Vous semblez dire : Ce n'est pas le cas.
M. Julien : Oui.
Mme Rotiroti : OK. Je suis
prête à vous entendre.
M. Julien : Merci. Donc,
quand le contrat est conclu... parce que vous avez parlé tantôt du stade puis
du... puis d'un autre projet, mais il faut que le contrat soit conclu pour
avoir une demande d'accès à l'information. Alors, tu sais... Bon.
Dans le processus qui est devant nous, là,
première étape, c'est : on lance un appel d'offres, l'information est
disponible à tout le monde. Les gens se qualifient. On prend des gens qui sont
qualifiés puis on commence à faire du bilatéral avec eux, avec un vérificateur
de processus pour convenir frais généraux, par exemple, puis marges
bénéficiaires. Puis éventuellement il y a quelqu'un qui dépose... il va déposer
un document, là, eux autres, ils vont dire : Voici ce que, moi, là... mon
avis d'intention ou bien ma proposition... Ma proposition que je vais faire par
rapport à ce projet-là, la voici. Ça, ça rentre dans la loi sur l'accès à
l'information puis avec... avec ses limitations. Là, on va cheminer avec le
meilleur... la meilleure proposition, puis on va travailler à un concept, puis
ça va éventuellement tourner à un contrat, mais lui aussi va avoir la loi sur
l'accès à l'information. C'est juste qu'il y a différentes étapes dans le
processus où la loi de l'accès à l'information est... peut être utilisée, mais
elle ne peut pas être utilisée, la loi d'accès à l'information, s'il n'y a pas
de document. Je veux dire, vous allez me demander de mettre des micros dans la
salle? Tu sais, alors, c'est juste ça. Mais il y a différentes étapes, là. Mais,
à terme, il y a le contrat, mais il y a aussi les propositions, puis il y a
l'appel d'offres qui est public.
Mme Rotiroti : Parfait.
J'essaie de trouver le document que je serais supposée d'avoir et là que je ne
le trouve plus. Donnez-moi deux secondes. Puis je vais vous lire exactement
qu'est-ce que je veux dire, M. le ministre, vous allez comprendre, par rapport
à le point... le pont de l'île d'Orléans. Donnez-moi deux secondes.
Des
voix : ...
Mme Rotiroti : Excusez. Je ne
veux pas retarder la commission...
Le Président (M. Simard) : ...prenez
tout votre temps, chère collègue.
Mme Rotiroti : ...mais je le
cherche. Je l'avais à portée de la main puis là je ne le vois plus. C'est...
C'est juste pour faire exprès, là, tu sais.
Le Président (M. Simard) : C'est
souvent dans ce cas-là, on cherche, on ne trouve pas, puis on arrête de
trouver... on arrête de chercher puis on le trouve.
Mme
Rotiroti
: Oui,
c'est ça.
Le Président (M. Simard) :
Prenez votre temps, chère collègue.
Mme Rotiroti : Ah! bien,
je... Écoutez, je viens de le trouver.
Le Président (M. Simard) : Bon.
Bravo!
Mme Rotiroti : Bon. Donnez-moi
deux secondes.
Des
voix : ...
Mme Rotiroti : Dans la
demande...
Le
Président (M. Simard) : Allez-y, je vous en prie, chère <collègue...
Mme Rotiroti :
...Dans la demande...
Le Président (M. Simard) :
Allez-y, je vous en prie, chère >collègue.
Mme Rotiroti : Bien, je vais
laisser le ministre...
Le Président (M. Simard) : Non,
non, tout est beau, tout est beau. Allez-y, madame.
Des voix : ...
Mme Rotiroti : Je peux aller,
M. le ministre, oui?
Le Président (M. Simard) : ...chère
collègue.
Mme
Rotiroti
:
Je peux aller?
Le Président (M. Simard) : Bien
sûr.
Mme
Rotiroti
:
OK.
M. Julien : ...
Mme Rotiroti : Non, je
pensais que... Non, c'est ça. Ça fait que juste pour reprendre où ce qu'on a
laissé, on parlait de la transparence, hein, c'est... puis... parce qu'on
introduit ce concept de collaboration là, on est en négociation au courant...
tout le long au courant du processus, tandis qu'avant c'était... au terme du
processus, les modalités étaient là, tu faisais la demande d'accès, on pouvait
avoir l'information. Sur le prétexte qu'on est continuellement en négociation...
ne permet pas d'avoir certaines informations, que je comprends très bien, parce
que c'est des informations, des renseignements financiers qui pourraient, tu
sais, entraver les négociations ou même mettre en péril le projet. Ça, je vous
l'accorde, et c'est parfait, je le comprends.
Dans le cas de le contrat de l'île
d'Orléans, on dit... la réponse qu'on a reçue, c'est : Bien, écoutez, on
ne peut pas vous donner, en vertu de l'article 27 dans la loi sur l'accès
à l'information... on ne peut pas vous divulguer des informations sur le
prétexte que c'est des négociations en cours, mais le projet a été annoncé.
Alors, moi, je... quand le projet est annoncé, c'est parce qu'on est à terme, le
processus est arrivé à terme, on a... on a tout négocié, on arrive avec un prix,
parce qu'on a quand même un prix pour le pont, et on ne peut pas... on ne peut
pas avoir l'information.
Ça fait que moi, je veux juste m'assurer
avec le ministre, parce qu'on est toujours... puis je comprends, là, on est en
négociation continuellement pendant tout le processus, je viens... je viens de
vous le dire, là, je comprends ça, on ne peut pas divulguer certains aspects de
ça pour ne pas mettre en péril le projet, mais ça ne peut pas être une excuse à
la fin, quand le projet est à terme, de ne pas avoir l'information, en disant :
Bien, ça, c'est un projet qu'on a négocié en partenariat. Ça ne peut pas être
une condition, parce que, nous, de qu'est-ce que je comprends, le ministre
voudrait utiliser cette approche-là de plus en plus, pour des raisons qu'on
vient de dire : réduire les coûts, être plus efficace, la qualité, etc.
Très bien. Ça fait que, si on s'en va vers ça puis on veut l'utiliser
davantage, ce processus-là... mais ça ne peut pas être une excuse, à la fin, de
dire : Bien, parce qu'on a négocié tout le long, bien là, ce contrat-là,
vous ne pouvez pas avoir l'information. Comprenez-vous?
Alors, je veux juste m'assurer que le cas
de l'île, c'est un cas particulier et que, dans le processus qu'on vient
adopter ici... que d'aucunement, aucunement ça devient un prétexte qu'on ne
peut pas avoir l'information, parce que, là, c'est une question de
transparence. Alors, je veux juste être sûre que ce n'est pas le cas, M. le
ministre.
• (18 h 20) •
M. Julien : Aucunement. À la
fin, ça finit par un contrat. La loi de l'accès à l'information s'applique,
contrat par partenariat ou contrat par appel d'offres, plus bas soumissionnaire,
d'autant plus qu'il y a des étapes intérimaires avec des vérificateurs de
processus.
Puis après ça,
bien, le cas du pont de l'île, c'est... c'est un cas spécifique, là, le <contrat...
M. Julien :
...ça,
bien, le cas du pont de l'île, c'est... c'est un cas spécifique, là, le >contrat
a été donné au mois d'avril, je ne sais pas quand est-ce vous avez fait votre
demande, puis ça s'applique à la loi de l'accès à l'information, là, alors... Puis
là ce n'est pas... ce n'est pas... il n'y a pas une décision, là, c'est... on
applique la loi de l'accès à l'information, puis ces éléments-là font partie et
respectent la loi de l'accès à l'information. Donc, il n'y a pas d'enjeu
supplémentaire avec l'entente contractuelle qui serait tenue par un partenariat
ou l'entente contractuelle qui arriverait d'un plus bas soumissionnaire dans un
mode traditionnel.
Mme Rotiroti : Ça fait que ça
veut dire que ça ne peut pas devenir une excuse. C'est ça que vous dites, là. Dans
aucun cas ça ne peut devenir un prétexte pour ne pas dévoiler, même à terme, à
la fin, que... parce que ça a été négocié... Écoute... Vous comprenez qu'est-ce
que je veux dire? Parce que c'est une approche que vous voulez appliquer... je
ne dis pas «at large», là, mais dans... dans plusieurs contrats. Alors, le fait
que ça a été négocié à la pièce, je ne veux pas que ça soit un prétexte, à la
fin, qu'on n'a pas accès à l'information, de dire : Bien, écoute, ça a été
négocié à la pièce, je ne peux pas mettre en péril, ça fait que, faites
attention, je ne peux pas donner cette information-là, je... Ça fait que ça
devient de plus en plus opaque.
M. Julien : Ça n'a rien à
voir par rapport à l'entente contractuelle puis au respect de la loi à l'accès
à l'information.
Mme Rotiroti : Dans aucun
cas, M. le ministre, que le... un contractant peut être sélectionné à huis
clos? Il n'y a aucun cas où l'organisme public pourrait sélectionner un
contractant à huis clos? Tout le processus est transparent?
M. Julien : Bien, moi, c'est la
notion du huis clos que je ne comprends pas, là, mais... mais, si on reprend le
processus, c'est un appel d'offres public avec l'ensemble des éléments et les
caractéristiques qui y sont prévues au jour 1. Les consortiums doivent se
faire qualifier, en pleine transparence, avec des comités de sélection
indépendants. Après ça, on fait des bilatéraux. Il y a une proposition qui est
déposée par les consortiums, celui qui est accepté continue le concept, puis il
y a un contrat qui est signé à la fin pour la réalisation. Donc, j'essaie de
comprendre la notion que vous avez nommée...
Mme Rotiroti : Choisir le
contractant à huis clos.
M. Julien : Ce n'est pas à huis
clos, mais...
Mme Rotiroti : Bien,
c'est-à-dire pas d'appel d'offres.
M. Julien : Bien non, bien
non.
Mme Rotiroti : Dans aucun cas
ça ne pourrait arriver?
M. Julien : Bien non.
Mme Rotiroti : OK. Je veux
juste être sûre. Je pose la question.
M. Julien : Bien... Le
partenariat, bien non, aucunement.
Des voix : ...
Mme Rotiroti : Alors, juste
pour... avant qu'on procède, juste pour clarifier les questions que je vous ai
posées par rapport à l'île d'Orléans, ça a été annoncé publiquement dans les
journaux, vous étiez là, à côté... à côté pour l'annonce. Alors, pourquoi, à ce
moment-là, qu'il y a un refus catégorique du... le MTQ pour nous transmettre le
contrat du pont quand le pont, ça a été annoncé? Moi, je considère que tout le
processus de négociation, et tout ça, c'est... c'est venu à terme, c'est fait,
puis on n'est pas capables d'obtenir l'information, tandis qu'avec le toit du
stade on a eu quand même... partiellement, mais on a quand même eu une certaine
information. Avec le pont, c'est un refus catégorique.
Le Président (M. Simard) : M.
le ministre.
M. Julien : ...spécifique,
mais est appliqué... tous les contrats sont appliqués de la même façon.
Peut-être vous avez fait votre demande, je présume, avant la conclusion du
contrat.
Mme Rotiroti : Oui. Bien,
écoutez, je vais... j'ai pensé à la même question que vous, ça fait que je vais
juste vérifier la date de l'annonce, M. le ministre, puis la date qu'on a fait
la demande d'accès.
Des voix : ...
Mme
Rotiroti
: ...pour
répondre à votre question, l'annonce pour le <pont...
Mme Rotiroti :
...pour
répondre à votre question, l'annonce pour le >pont a été faite le
16 avril. Ça a été le... bon, on parle même de... le contrat, la
conception, qui qui a eu... quel groupe a été confié... qui a été... qui a eu...
reçu le contrat. Nous, la demande d'accès est le 31 mai. C'est un mois et
quelques jours après l'annonce.
M. Julien : Pour moi, en
fin de compte, le traitement des demandes d'accès sont faites de manière
indépendante. Je ne peux pas préciser, là, votre demande, comment, qu'est-ce
qui est arrivé, là, tu sais...
Mme Rotiroti : Je ne
demande pas de préciser. C'est un exemple que je vous donne.
M. Julien : C'est-à-dire
que les contrats sont... sont sujets de la loi sur l'accès à l'information,
tous les contrats. Il n'y a pas de modification. L'article qu'on parle
maintenant n'amène pas de modification là-dessus, et les pratiques qu'on amène
dans le projet de loi pour avoir les contrats de partenariat maintiennent...
maintiennent tout ce qui est accès à l'information sans la détériorer d'aucune
façon.
Mme Rotiroti : Je ne
remets pas en doute qu'est-ce que vous dites, M. le ministre, au contraire.
Moi, j'essaie juste de comprendre et de m'assurer que cet outil-là qu'on a,
hein, parce que c'est un outil parlementaire qu'on a, l'accès à l'information,
reste intègre. C'est-à-dire, je ne veux pas, je ne veux pas... puis je veux
cette assurance-là, M. le ministre. Vous, vous semblez dire : Bien,
voyons, ça va de soi. Quand le contrat est terminé, bien là, c'est public, puis
la demande d'accès, ça se fait, puis on remet les documents. Moi, je vous
dis...
M. Julien : Contrat...
Contrat conclu, aucune modification, aucun élément apporté dans aucun article
ne vient faire en sorte de mettre en doute ce que vous nommez.
Mme Rotiroti : OK.
Le Président (M. Simard) : Alors,
bien sûr...
Mme
Rotiroti
:
Ça fait que le fait...
Le Président (M. Simard) : Vous
m'excuserez, bien sûr...
Mme Rotiroti : Oui, je
vais conclure...
Le Président (M. Simard) : Oui.
D'accord. D'accord.
Mme Rotiroti : ...je
vais conclure là-dessus, M. le Président, si tu... vous permettez, là.
Le Président (M. Simard) : Très
bien. Avec plaisir.
Mme Rotiroti : Parce que
c'est... c'est quand même très important, qu'est-ce qu'on dit là. Puis il n'y a
pas une autre occasion de porter cet élément-là. C'est ici qu'on doit la porter.
Alors, moi, je veux juste m'assurer, avant qu'on procède, que, parce qu'on est
en négociation continue, ça ne peut pas devenir un prétexte de dire, même à la
fin du contrat, qu'on ne peut pas obtenir l'information parce que c'est un
contrat qu'on a fait en... voyons, en approche collaborative. C'est juste ça.
Alors, si vous êtes capable de me dire, dans aucun cas où ce qu'on s'en va dans
une approche collaborative, des ateliers bilatéraux, dans ces cas-là, dans
aucun cas ça ne peut compromettre, à la fin, où ce qu'on finalise puis on signe
le contrat, que ça ne devient pas une excuse pour ne pas avoir l'information
quand on fait une demande à l'accès à l'information, si vous êtes capable de me
confirmer ça, je vous prends votre... mais je veux être certaine de ça, M. le
ministre, parce que, comme je vous dis, là, après ça, ça va aller très vite,
puis on ne pourra pas revenir en arrière. Alors, je veux juste être sûre que ce
n'est pas... puis ça... on n'utilise pas ça comme prétexte à la fin.
M. Julien : M. le
Président, je confirme que ça n'a aucun enjeu spécifique là-dessus. Alors, je
ne sais pas comment le dire de manière plus formelle, mais, si elle voulait me
l'entendre dire, je le dis très sereinement.
Le Président (M. Simard) : Très
bien. D'autres remarques?
• (18 h 30) •
Mme Rotiroti : ...parce
que c'est le cas du pont de l'île d'Orléans, et on n'est pas capables d'obtenir
d'information via une demande d'accès à l'information. Alors, vous comprenez
pourquoi je questionne le ministre. Et je dis encore, je sais que le ministre,
là, est de bonne foi, et je veux le croire dans qu'est-ce qu'il dit, sincèrement,
je veux, mais, sincèrement, là, je ne suis pas très rassurée. Je... J'ai
toujours cette inquiétude-là, M. le ministre.
Alors, écoutez, on peut avancer, mais
l'inquiétude demeure, parce qu'on a un... on a la preuve, on a un cas
spécifique qui est dans les mêmes circonstances puis qu'on n'est pas capables
de l'obtenir. Alors, un, on est capables, l'autre, on n'est pas. Alors, je veux
juste être sûre que ça ne devienne pas un prétexte pour être... Tu sais, je
vais répéter, là. À force de répéter, ça va peut-être... on va peut-être
avoir...
M. Julien : ...
Mme Rotiroti : La même
réponse? Bon, parfait. Alors...
Le Président (M. Simard) :
Bien. D'autres remarques sur cet article tel qu'amendé? Sans quoi nous allons
procéder à sa mise aux voix...
18 h 30 (version révisée)
Le Président (M. Simard) : ...sur
cet article tel qu'amendé? Sans quoi nous allons procéder à sa mise aux voix. L'article 7,
tel qu'amendé, est-il adopté?
Des voix : Adopté.
Le Président (M. Simard) : Adopté.
Il est adopté.
Nous passons conséquemment à l'étude de l'article 8.
M. le ministre, pourriez-vous nous en faire lecture, je vous prie?
M. Julien : Oui, puis on
a un amendement aussi. Je vais commencer par la lecture, plus l'amendement
après. Parfait. Donc, article 8 :
8. Cette loi est modifiée par l'insertion,
après l'article 21, du suivant :
«21.0.0.1. Un contrat de partenariat doit
prévoir une procédure de règlement des différends qui découlent du contrat.»
Est-ce que je peux aller avec la
proposition de l'amendement... Excusez-moi. Commentaire. Considérant la
complexité qu'un contrat de partenariat peut comporter, l'article 21.0.0.1
que l'article 8 du projet de loi propose d'ajouter dans la Loi sur les
contrats des organismes publics demande que tout contrat de partenariat
renferme une procédure de règlement de différends. Et...
Le Président (M. Simard) : ...poursuivre
immédiatement avec l'amendement.
M. Julien : Avec l'amendement.
Le Président (M. Simard) : Très
bien.
M. Julien : Alors, l'amendement
concernant l'article 21.0.0.1 du contrat des organismes publics : Insérer,
à la fin de l'article 21.0.0.1 de la Loi sur les contrats des organismes
publics que l'article 8 du projet de loi propose, «ainsi qu'une obligation pour
l'adjudicataire de transmettre à l'organisme public tout renseignement et tout
document que celui-ci demande en lien avec le contrat».
Alors, commentaire. La modification
proposée vise à s'assurer que l'organisme public puisse obtenir de l'adjudicataire
tout renseignement et tout document lié au contrat. Naturellement, c'est le
fameux article 8, M. le Président, là, par rapport au Vérificateur
général<i>. C'est-à-dire que, pour nous, c'est clair qu'on ne modifiera
pas la loi du Vérificateur général<i>. Le Vérificateur général<i>
est là pour vérifier les organismes publics. Naturellement, on souhaite qu'il
puisse avoir toute l'information pertinente à faire son travail. Alors, s'il
voulait obtenir des éléments de l'entente contractuelle entre l'organisme
public et le... et le... le partenaire du secteur privé, on passe par la
permission de l'organisme public d'obtenir tout document pour la demande du
contrat.
Donc, le Vérificateur général<i> va
pouvoir intervenir avec l'organisme public et, par l'organisme public, obtenir
toutes les informations pertinentes pour la conclusion du contrat, puisque le
pouvoir d'enquête, c'est l'AMP, mais on veut que le vérificateur puisse faire
son travail de manière efficace, en ayant toute l'information pertinente à son
travail.
Le Président (M. Simard) : Alors,
sur l'amendement, y aurait-il des interventions?
Mme Rotiroti : ...M. le
Président, l'article 8, on en a parlé d'entrée de jeu, au tout début, hein, c'était
mon collègue de Nelligan qui, lors des... des consultations... Parce que c'est
quand même une demande de la VG, c'était une préoccupation, je vous dirais, de
la VG d'être capable de... de faire les vérifications qui s'imposaient. Et de
là est venue la... la demande de mon collègue de Nelligan, en disant :
Bien, M. le ministre, allez-y, allez voir, si qu'est-ce que vous... Parce qu'il
a même déposé, je... je réitère, mon collègue de Nelligan a même posé un
amendement dans ce sens-là, qui... Puis, si vous le permettez, je vais le lire,
là, c'est très bref, c'est trois lignes, là, qui disent essentiellement :
Un contrat de partenariat... au 21, cette loi est modifiée par l'insertion,
après l'article 21, du suivant :
«21.0.0.1. Un contrat de partenariat doit
prévoir une procédure du règlement des différends qui découlent du contrat
ainsi qu'une obligation pour l'adjudicataire de transmettre à l'organisme
public tout renseignement et tout document que celui-ci demande en lien avec le
contrat avant, pendant ou après l'exécution du contrat.»
Alors, la différence de la proposition
suggérée par le ministre, l'amendement du ministre et celui que mon collègue de
Nelligan avait déposé à l'époque, c'est... lui, la vérification se faisait
avant, pendant et après l'exécution du contrat. Cet amendement-là a été rejeté,
alors je... Ça, c'est l'amendement que mon... le... mon collègue de Nelligan
avait déposé, qu'il <voulait...
Mme Rotiroti :
...été
rejeté, alors je... Ça, c'est l'amendement que mon... le... mon collègue de
Nelligan
avait déposé, qu'il >voulait déposer à l'article 8 en lien avec la
demande que vous avez fait par rapport à la Vérificatrice générale<i>.
La nuance entre qu'est-ce que le... mon
collègue de Nelligan demandait et qu'est-ce que vous dites, M. le ministre,
c'est que c'est toujours en lien avec le contrat, mais à la fin du contrat. Mon
collègue de Nelligan, lui, il voulait s'assurer que la vérificatrice avait
le... je dirais, la juridiction, le pouvoir de vérifier tout le long du
processus, c'est-à-dire avant, pendant et après l'exécution du contrat, et
demander de l'information, si nécessaire, sur la nature de... du contrat.
M. Julien : ...Non. Bien
non. C'est impossible. Puis je prends les paroles du VG, là, qui est venu ici.
Le VGQ demande une modification pour faire en sorte, pour faire en sorte que le
contractant, donc le contractant, c'est quelqu'un qui a un contrat, soit tenu
de fournir sur demande — le contractant, sur demande — au Vérificateur
général<i> tout document ou renseignement que ce dernier jugera nécessaire
en lien avec le contrat de partenariat. Tu sais, le VG dit : Le
contractant, ça fait qu'il y a un contrat... En lien avec le contrat, je veux
avoir tous les documents. Puis il finit en disant... On ne recommande pas, nous
autres, de modifier la loi du Vérificateur général<i>, là. Le
vérificateur exprime son besoin et laisse le législateur décider du moyen.
Donc, il dit : Je veux pouvoir obtenir les documents du contractant, ça
veut dire qu'il y a un contrat, relatifs... tous les documents qui sont relatifs
au contrat.
Donc, le VG, lui, il exprime ça. Les
autres peuvent exprimer d'autres choses. Mais moi, je réponds aux
préoccupations du Vérificateur général<i>, et c'est le moyen qu'on
utilise qui cadre parfaitement avec la demande du VG.
Mme Rotiroti : J'ai...
j'ai devant moi, M. le ministre, la... le... le mémoire déposé par la VG où
est-ce qu'elle rentre en... en détail par rapport à certaines préoccupations.
Je vais juste vous lire un extrait : «J'ai des grandes préoccupations
quant à notre capacité à obtenir des contractants... obtenir des contractants...
toutes les informations, les renseignements nécessaires pour informer
adéquatement les parlementaires sur la réalisation de ces projets
d'infrastructure. Mes préoccupations sont d'autant plus importantes que
plusieurs projets d'infrastructure en vigueur... pourraient voir le jour grâce
à des contrats de partenariat au cours des prochaines années.»
Puis là je... je ne lirai pas le mémoire
au complet. Et là elle s'en va à dire... Elle donne un exemple, ça fait qu'elle
dit : «Il y a trois entreprises ambulanciers... n'avaient pas accédé à nos
documents d'information, et le motif évoqué... et une de ces entreprises...
était que les sommes qu'elle avait reçues du gouvernement n'étaient pas des subventions,
mais plutôt des achats de services.» D'autres points de vue... Là, elle parle sur
l'utilisation des fonds publics, la nécessité de s'assurer qu'il y a un
contrôle parlementaire pour l'intérêt public.
Alors, je reviens à la demande. Puis moi, encore
là, on était de bonne foi. D'entrée de jeu, j'ai... j'ai mis les cartes sur la
table. Je suis revenue sur la demande de mon collègue de Nelligan en disant :
Il vous a demandé d'aller faire votre devoir, de vous assurer que l'amendement
que vous allez amener à l'article 8... et c'était conditionnel, M. le
Président, parce que j'ai pris la parole du ministre en disant : On ne
retardera pas le projet de loi. On va... on va débuter, puis rendus là, on aura
la... la conversation. On est rendus là, M. le Président.
Alors, moi, je... je demande si, moi, je
fais des vérifications auprès de la Vérificatrice générale<i>, avec
l'amendement que le ministre amène à l'article 8... qu'elle va être
satisfaite, puis ça répond à les exigences demandées de la vérificatrice lors
de les consultations publiques.
• (18 h 40) •
M. Julien : M. le
Président, je reprends. Le VGQ, le Vérificateur général du Québec, demande une
modification, alors, c'est ses mots, pour faire en sorte que le contractant,
c'est-à-dire qu'il y a un contrat qui est conclu, là, c'est le contractant,
soit tenu de fournir sur demande au Vérificateur général<i> tout document
ou renseignement que ce dernier jugera nécessaire en lien avec le contrat, alors
c'est les documents nécessaires en lien avec le contrat du contractant, et ce,
tout au long <de...
M. Julien :
...les documents nécessaires en lien avec le contrat du contractant, et ce,
tout au long >de l'exécution du contrat. Après le contrat par son
exécution. Ça, c'est les paroles du Vérificateur général<i>. Il dit :
Ainsi, le mémoire du VGQ ne recommande pas de modifier la loi sur le Vérificateur
général<i>. Le vérificateur exprime son besoin et laisse le législateur
décider du moyen. Donc, le VG nous dit : Moi, je veux pouvoir mettre la
main sur tous les documents du contractant... il dit. Alors, il y a un contrat
relatif aux contrats.
Nous, on dit : On est d'accord avec
ça, on va faire en sorte que l'organisme public est en droit d'exiger du
contractant externe tous les documents en lien avec le contrat, sans exception.
Donc, le vérificateur qui vérifie l'organisme public lui, dit : Je veux
avoir tous les documents du contractant relatifs au contrat. Lui, il a le droit
de l'exiger. On obtient ce qu'on veut obtenir. C'est comme ça qu'une
vérification du Vérificateur général<i> se fait.
Maintenant, si vous me dites qu'est-ce que
ça ne couvre pas, l'article 8 modifié par rapport aux besoins du VG, je
suis prêt à vous entendre, mais ça couvre parfaitement ses besoins. Elle n'est
pas sur le moyen, elle est sur le résultat d'être en mesure d'avoir tous les
documents d'un tiers par rapport à un contrat. Et on donne le pouvoir à
l'organisme public qui, lui, est assujetti au Vérificateur général<i>.
Mme Rotiroti : OK. Alors,
si je prends le... le raisonnement du ministre, qu'est-ce qu'il vient de nous
dire, c'est que c'est l'organisme public qui va s'assurer d'obtenir toutes les
informations que la VG va demander par rapport... C'est la responsabilité de
l'organisme public d'aller chercher l'information au contractant et tous...
tous les intervenants. Et ça revient à l'organisme public à remettre
l'information demandée par la VG. Je... je comprends bien? C'est ça que vous
voulez dire, M. le ministre?
M. Julien : Donc...
donc, l'amendement vient dire : «...ainsi qu'une obligation pour
l'adjudicataire — c'est le tiers — de transmettre à
l'organisme public tout renseignement et tout document que celui-ci demande en
lien avec le contrat.» Donc, dans la vie, le VG débarque dans l'organisme
public, il dit : Heille! je veux voir les documents. L'organisme public,
il dit : Écoute, je ne les ai pas, demande-les. Il a le droit de les
demander puis il est obligé, l'adjudicataire, de les fournir. Ça fait que c'est
comme ça que ça va marcher.
Mme Rotiroti : ...je pense
qu'on dit la même chose, mais je veux juste qu'on s'assure qu'on dit la même
chose.
M. Julien : C'est...
c'est ça.
Mme
Rotiroti
: C'est-à-dire
que c'est... L'obligation repose sur l'organisme public d'aller chercher
l'information que la VG demande d'obtenir.
M. Julien : C'est comme
ça, parce que le... Oui.
Mme Rotiroti :
C'est-à-dire que l'organisme public a la responsabilité d'aller vers le
contracteur ou celui qui a fait le projet, de dire : J'ai besoin de tel,
tel, tel document, parce que je dois... Bien, vous n'êtes pas dans l'obligation...
Bien, je pense que oui, vous êtes dans l'obligation de le dire...
M. Julien : Pas mal, oui.
Mme
Rotiroti
: ...que
c'est une demande de VG, parce qu'elle veut faire des vérifications.
M. Julien : Oui.
Mme Rotiroti : C'est...
Ça fait que le fardeau repose sur l'organisme public de remettre les... la
documentation à la VG.
M. Julien : C'est-à-dire
que... c'est-à-dire que... Encore là, on ne nomme pas la VG, la loi stipule que
l'organisme public peut obtenir de l'externe, du contractant...
Mme Rotiroti : À
n'importe quel moment.
M. Julien : ...tout
document. Alors, c'est par lui qu'on... qu'on passe l'obligation de fournir les
documents que le VG va venir, puisque le VG, lui, il vérifie des organismes
publics puis il dit : Heille! elle est où ta démonstration? Le VG ne sort
pas... il n'a pas de pouvoir d'enquête d'aller à l'extérieur. Mais en faisant
ça, il obtient toute l'information nécessaire par le biais de l'organisme
public.
Mme Rotiroti : Puis ça,
c'est toujours à la fin du contrat, pas pendant ou en cours. C'est toujours à
la fin.
M. Julien : Bien, c'est-à-dire
que le VG nommait clairement, si vous permettez, M. le Président... disait :
Pour faire en sorte que le contractant — ça fait qu'il faut qu'il y
ait un contrat — soit tenu de fournir sur demande au VG tout document
ou renseignement que ce dernier jugera nécessaire en lien avec le contrat.
Alors, c'est le VG qui dit : Je veux que le contractant fournisse
l'information en lien avec le contrat. Ça fait qu'il est assez clair... mais il
faut qu'il y ait eu un contrat avant.
Mme Rotiroti : C'est ça.
Il faut qu'il y ait eu un contrat.
M. Julien : C'est ça.
Des voix : ...
Mme
Rotiroti
:
Dans l'explication du ministre, on... on l'entend <expliquer...
Des voix :
...
Mme Rotiroti :
Dans
l'explication du ministre, on... on l'entend >expliquer le fait que
l'organisme public a le fardeau de soumettre toute la documentation demandée
par la VG. On peut... on peut dire que la transparence, à ce moment-là, est...
doit être au rendez-vous, parce que l'organisme public est dans l'obligation de
soumettre les renseignements que la VG demande.
Par contre, le fait qu'on introduise ce
nouveau concept là de contrat collaboratif soulève quand même une inquiétude
auprès de la VG, parce qu'elle prend le temps de le dire... C'est un de ses
premiers éléments, d'entrée de jeu, dans son... son mémoire. Elle dit :
«L'actuel projet de loi présente un risque de limitation de contrôle
parlementaire à l'égard des contrats de partenariat.» Alors, il y a une
perception, puis je... je pense qu'on en a parlé en long et en large dans
l'article... dans les articles précédents, où j'ai mentionné que, pour aucune
raison, les contrats de partenariat devient un levier pour... une excuse, je
dirais, plus, un prétexte de ne pas avoir les renseignements, en disant :
Bien, ça mettrait en péril le projet ou les négociations, etc.
Ici, on a la VG qui exprime une inquiétude
au même égard en disant, puis elle le dit clairement, que le projet de loi,
parce qu'on introduit le concept de partenariat, il y a un risque de limitation
de contrôle parlementaire. Pour moi, «limitation de contrôle parlementaire»,
c'est, comme on en a parlé tout à l'heure, la demande d'accès à l'information.
Ça veut dire qu'il y a un contrat qui est donné et que... Ça fait sous-entendre
qu'on ne peut pas avoir l'information sur un contrat en question, basé sur le fait
que ça a été négocié par contrat de partenariat. C'était un contrat de
partenariat.
Alors je veux juste... Je ne suis pas
encore rassurée, là-dessus, M. le ministre. Puis je... Vous êtes très
convaincant dans vos explications, vous dites : Ça ne peut pas arriver,
puisqu'à terme du contrat la documentation qui est demandée doit être soumis,
et, en plus, c'est votre responsabilité de vous assurer d'aller voir le
contractant, obtenir l'information et le donner à la VG pour s'assurer que tout
qu'est-ce que la VG demande, vous lui remettez. Ça n'en demeure pas moins que
l'inquiétude est... est là, et elle a été exprimée clairement. La VG l'a fait
et d'autres groupes l'ont fait aussi.
Alors, comment on vient ici rassurer tout
le monde que ce n'est pas le cas, et qu'on ne compromet, dans aucune manière,
cette transparence-là, et que vous nous garantissez que la VG a là le pouvoir
de... de vérification, tel que demandé dans son mémoire?
• (18 h 50) •
Ça fait que je veux juste qu'on soit très
clairs, parce que, je vous dis, monsieur... M. le ministre, d'entrée de jeu,
là, si... on va passer du temps sur l'article 8 si vous n'êtes pas capable de
me rassurer sur cet aspect-là. C'est un aspect qu'on a amené d'entrée de jeu.
Je répète, M. le Président, on était de bonne foi, j'ai... j'ai accepté de
procéder avec le projet de loi en disant : Quand on arrive ici... qu'on
aurait toutes les garanties et toutes les assurances qu'on répondait à ces
demandes-là... la demande de la VG. Je ne suis pas encore <rassurée...
Mme Rotiroti :
...et
toutes les assurances qu'on répondait à ces demandes-là... la demande de la VG.
Je ne suis pas encore >rassurée, M. le Président.
Le Président (M. Simard) : Merci
à vous, chère collègue. M. le ministre.
M. Julien : Parfait.
Bien... Mais écoutez, M. le Président, je ne sais pas comment faire plus que
ça, mais je vais retenter quand même, parce que j'ai... j'ai les... les mêmes
préoccupations que... que la VG, l'organisme, le VG, puis, tu sais...
Mme Rotiroti : ...de Jeanne-Mance—Viger
aussi?
M. Julien : Je pense que
oui. Tu sais, selon nous... La VG disait : «Selon nous, le projet de loi
présente un risque de limitation du contrôle parlementaire à l'égard des
contrats de partenariat, puis on souhaiterait s'assurer que le Vérificateur
général<i> puisse exercer pleinement sa mission, qui est de favoriser,
par la vérification, le contrôle parlementaire sur les fonds et autres biens
publics.» Et bon...
Alors, l'enjeu du VG est nommé, puis
tantôt vous avez dit : D'autres l'ont dit, là. Personne d'autre n'a dit
ça, là, spécifiquement par rapport à ça. Mais, dans son rôle, le VG dit :
Écoute, j'ai des préoccupations, puis l'amendement vise à couvrir ces
préoccupations. C'est de dire : La loi dit que l'organisme public peut
obtenir tout ce qu'elle veut comme information auprès du tiers lié au contrat.
Ça fait que, tu sais, ce n'est pas, genre, peut-être si... Non, non.
Légalement, là, le contractant, ou bien le... le consortium, ou bien celui qui
est avec l'organisme public, là, dans la loi, là, il doit fournir toute
l'information nécessaire à l'organisme public lié au contrat, et le VG a tous
les pouvoirs de vérifier l'organisme public. Donc, pour moi, c'est... Là, là,
on l'a introduit, cette modification-là, pour rassurer le VG, là.
Alors là, j'essaie juste de voir quelle
information, suite à l'entente contractuelle, ne serait pas incluse dans «tout
renseignement ou tout document que celui-ci demande en lien avec le contrat».
C'est... «tout renseignement ou tout document». Là, là, je ne sais pas comment
je peux être plus fort que ça, légalement, pour dire : Heille! tu as signé
avec nous autres, quand on va te demander... La loi dit que l'organisme public
peut exiger ça de toi. Le VG vient en arrière.
Donc, je ne passe pas par le VG directement,
ce serait... ça n'aurait pas de sens, mais je le fais par l'organisme public,
puis le VG dit : Allo! je voudrais que tu lui demandes, puis l'organisme
public va lui dire : Oui, oui, je vais demander.
Mme Rotiroti : ...comprends
ça, puis on... on l'a dit.
M. Julien : Alors, j'essaie
juste de voir qu'est-ce que ça ne couvre pas, «tout renseignement, tout
document». Si vous avez une autre proposition de... «et toute autre chose», je
ne le sais pas, mais, tu sais, on est sur les renseignements puis sur les
documents, là. Je veux dire, je ne peux pas être plus fort que ça, légalement.
M. Julien : ...
Mme Rotiroti : Encore
quelques minutes, M. le ministre.
Juste pour ma gouverne, monsieur... M. le
ministre, en tout temps, l'organisme public peut obtenir les... la documentation
relative au contrat par... peut faire la demande au contractant ou au
consortium. En tout temps, l'organisme public a le pouvoir de demander cette
information-là, ou est-ce que c'est juste au moment que la vérificatrice le
demande?
M. Julien : Bien, il
pourrait le demander, mais il ne pourrait pas l'exiger, ce n'est pas prévu au
contrat. Ici, qu'est-ce que ça dit, là, c'est : «...ainsi, l'obligation
pour l'adjudicataire...» L'adjudicataire, là, c'est le tiers, là. Tu es obligé,
là, tu sais, tu as... tu peux... Alors, je n'ai pas besoin de venir inclure
qu'est-ce qui devrait être, «tout renseignement et tout document relatif au
contrat», là. La loi, là, te dit que tu es obligé de les fournir. Ça fait que
je n'ai pas prédéterminé à l'intérieur du contrat qu'est-ce qu'il devait
fournir, tu sais...
Mme Rotiroti : Non, non,
absolument. Ce n'est pas ça que je dis non plus, M. le ministre, ce n'est
pas...
M. Julien : Alors, tu
sais... Alors, légalement, là, c'est... tu sais, c'est comme... Tu pourrais
prétendre, là, que tu n'es pas... tu n'es pas obligé, là, mais, si c'est un
renseignement puis c'est un document relatif au contrat, là, tu es obligé.
Mme Rotiroti : Tu es
obligé de le soumettre.
M. Julien : C'est ça.
Mme Rotiroti : Ce n'est
pas tout à fait ce que je lis, là.
Des voix : ...
M. Julien : On avait une <discussion...
Des voix :
...
M. Julien :
On
avait une >discussion.
Le Président (M. Simard) : C'est
sur votre temps, M. le ministre, là, en ce moment.
Mme
Rotiroti
:
...trop clair, M. le ministre.
M. Julien : Ah oui? Je
vous attends.
Le Président (M. Simard) : Non,
non, on était vraiment sur votre temps de réponse.
M. Julien : Ah! j'avais
fini, moi.
Le Président (M. Simard) : Bon.
Alors, madame.
M. Julien : ...
Le Président (M. Simard) :
Désolé. Mais ce n'est pas ce que j'avais compris.
Mme Rotiroti : Oui. Le
ministre a-tu fini sa réponse? Parce que c'est important, la question, quand
même.
Le Président (M. Simard) : Il
semblerait que oui.
Mme Rotiroti : Oui? OK.
Le Président (M. Simard) : Alors,
la parole vous appartient.
Mme Rotiroti : Alors,
vous dites que, dans la loi, l'obligation est là, de remettre tout document que
ceci demande en lien avec le contrat. Je comprends que la VG, une fois qu'elle
vous le demande, vous pouvez aller le chercher. Moi... moi, la question, c'est
la suivante : En tout temps, que la VG la demande ou pas, en tout temps,
si l'organisme public a besoin d'avoir la documentation par rapport à le
contractant... pourra l'obtenir en tout temps... La loi lui permet d'avoir
accès en tout temps. Oui ou non?
M. Julien : Bien oui,
c'est ça que la loi prévoit. La loi dit ça. Puis, en passant, si le VG en a besoin,
bien, la loi dit ça.
Mme Rotiroti : Tant
mieux, il va l'avoir.
M. Julien : C'est ça.
Mme
Rotiroti
:
La VG avait aussi, au niveau de... Toujours dans le souci de la transparence,
là, puis la reddition de comptes qu'on pourrait faire, elle avait mentionné
certaines terminologies qu'on... qu'on tient dans le projet de loi, elle
parlait... quand on parle de tenir compte de l'ensemble des coûts directs et
indirects relatifs aux projets. Ça fait que je pense qu'il y avait une
inquiétude de dire, bon, les... est-ce que l'ensemble de... Les frais directs,
bon, c'est... c'est écrit dans le contrat, les frais afférents, les frais
indirects, tout ce genre d'information là, si la VG la demande, va être fourni.
M. Julien : C'est-à-dire
que, si c'est une entente contractuelle avec des frais, avec tous ces
éléments-là qui sont nommés, c'est certain qu'elle va obtenir l'information.
Puis ça ne peut pas être autrement qu'à l'intérieur d'une entente
contractuelle, parce que c'est ça qui gouverne le paiement des frais directs et
indirects.
Mme Rotiroti : Une autre
préoccupation que la VG avait, et je... je la cite, parce que c'est dans son...
son mémoire, puis elle y faisait aussi référence dans... dans son allocution,
pendant sa présentation... elle disait que ce serait «important d'assurer un
suivi régulier et suffisant de la performance des contractants et des risques
assumés par le gouvernement tout le long de la réalisation des contrats.»
Encore là, on revient à le fait que le concept et la notion d'un contrat
collaboratif, où est-ce qu'on est en continuelle discussion et négociation tout
le long... Et là elle a dit : «Des risques assumés par le gouvernement
tout le long de la réalisation». Elle, elle demande qu'il y ait un suivi
continu aussi.
Alors, est-ce que vous partagez cette
préoccupation-là, M. le ministre, et, si oui, est-ce que, dans le... le projet
de loi, on vient de s'assurer qu'effectivement il y a un suivi régulier par
rapport à la performance des contractants et les risques aussi, assumés par le
gouvernement tout le long, tout le long, pas à la fin de le projet, tout le
long de la réalisation des contrats?
• (19 heures) •
Le Président (M. Simard) : ...
M. Julien : Bien,
écoutez, moi... Ça ne fait pas de distinction entre un contrat au plus bas
soumissionnaire, un contrat en mode collaboratif. Une fois qu'on a... qu'on a signé
le contrat, le chemin pour y arriver est différent puis on a des gains, mais quand
on fait la réalisation en mode traditionnel d'un contrat, de tout temps le
gouvernement, l'organisme...
19 h (version révisée)
M. Julien : ...bien, quand on
fait la réalisation en mode traditionnel d'un contrat, de tout temps, le
gouvernement, l'organisme public fait le suivi du respect des engagements
contractuels. Tu sais, je veux dire, c'est le propre même d'un contrat de
réalisation. Ça fait que je pense que qu'est-ce que le VG nous disait, c'est :
Comme dans tous les contrats, demeurons vigilants. Mais je ne vois pas... je ne
vois pas de distinction entre les deux.
Mme Rotiroti : Alors, si vous
ne voyez pas de distinction entre les deux, M. le ministre, pourquoi que c'est
une préoccupation qui est quand même partagée par plusieurs groupes, en disant :
Avec ce nouveau concept là qu'on amène, puis c'est un contrat partagé puis il y
a négociation tout court... Ce n'est pas la première fois qu'on a cette
conversation-là. J'ai l'impression que je suis redondante puis je répète, je me
répète souvent, puis je répète souvent la même chose, mais il y a une
inquiétude du fait qu'on est en train de construire un avion en plein vol. C'est
à peu près ça, parce que, tout le long, là, on négocie, on négocie, on négocie.
Ça fait qu'il y a une inquiétude, de même la vérificatrice, qu'il n'y a pas
suffisamment de vérification ou de suivi par rapport à la performance des
contrats.
Alors, je veux juste m'assurer... Tu sais,
je comprends qu'on veut aller vite puis, je vous rassure, M. le ministre, là,
il y a quelques articles après celui-là, mais, après ça, c'est la concordance,
puis, tu sais, ça va aller assez vite.
M. Julien : Mais honnêtement,
je ne veux pas aller vite, alors, tu sais, mais je veux qu'on touche à du
concret.
Mme Rotiroti : Absolument, puis
on est dans le concret, là.
M. Julien : Alors. À terme du
processus, là, il y a un contrat qui est signé. Alors, c'est le chemin pour
arriver à la signature du contrat qui est différencié, là. Mais quand le
contrat est signé, il précise les risques de chacun, il précise en fin de
compte les hauteurs de chacun, puis, après ça, la réalisation se fait. Donc, je
fais un pont en mode traditionnel, en réalisation, que je le fais en disant :
Bien, en mode de cohabitation, partenariat...
Mme
Rotiroti
:
...
M. Julien : Bien, pour moi, c'est
la même célérité dans le suivi de la réalisation. Le chemin pour y arriver nous
amène à des vraies collaborations, mais le contrat, là, à un moment donné, il
est signé, puis lui, là, il fait foi de notre engagement. Pour arriver là, là,
ça prend plus de sueur parce qu'il faut convenir des éléments qu'on se partage,
mais c'est au bénéfice des deux. Mais une fois le contrat est signé, le VG me
dirait : En mode traditionnel, pour bien faire le suivi, je dirais oui.
Puis en mode collaboratif, pour bien faire le suivi, je dirais oui. C'est... il
faut bien s'assurer que les gens font ce qu'ils ont dit qu'ils allaient faire.
Le Président (M. Simard) : Désirez-vous
poursuivre, chère collègue, ou vous souhaitiez que nous suspendions très
rapidement? Ça vous va? On peut poursuivre à ce stade-ci? D'accord.
Mme Rotiroti : Bien, je ne
veux pas... Oui, ça serait gentil parce que j'ai deux appels qui rentrent
urgents, là, mais je ne voudrais pas que ça soit perçu comme quoi que je veux
acheter du temps, là. Ce n'est pas le cas du tout, du tout.
Le Président (M. Simard) : Non,
non, non. D'ailleurs, j'ai eu un clin d'œil de mes collègues. On va suspendre
momentanément.
(Suspension de la séance à 19 h 04)
(Reprise à 19 h 09)
Le Président (M. Simard) :
Alors, collègues, nous pouvons poursuivre, et je vous rappelle que nous sommes
toujours sur l'article 8, en fait sur l'amendement qu'avait déposé le
ministre concernant l'article 8.
Mme Rotiroti : Merci. M. le
Président, je pense que le ministre a démontré sa bonne volonté. Il explique
que la vérificatrice va être rassurée dans les moyens qu'elle va avoir pour
vérifier... pour faire les vérifications que le projet de loi... l'amendement
n'a aucunement limité le contrôle parlementaire, parce que c'était ça, sa
grande inquiétude. Alors, le temps... En tout cas, le temps... on verra avec le
temps si c'est... si, effectivement, on répond à ces exigences par rapport à la
VG. Ça fait que moi, je serais prête à aller... à passer au vote sur
l'amendement, M. le Président.
• (19 h 10) •
Le Président (M. Simard) :
Très bien. D'autres remarques sur l'amendement? Sans quoi nous allons procéder
à la mise aux voix. Est-ce que l'amendement déposé par le ministre est adopté?
Des voix : ...
Le Président (M. Simard) : Adopté.
Et nous revenons donc à l'étude de l'article 8 maintenant, tel qu'amendé.
Y aurait-il d'autres remarques à cet égard? Mme la députée de Jeanne-Mance—Viger.
Mme Rotiroti : Oui. Merci, M.
le Président. Alors, dans l'article 8, M. le Président, on dit... c'est
une phrase, dans le fond, là, <on dit : «Un contrat de partenariat...
Mme Rotiroti :
...dans
l'article 8, M. le Président, on dit... c'est une phrase, dans le fond, là,
>on dit : «Un contrat de partenariat doit prévoir un processus de
règlement des différends... différends qui découlent du contrat.» Je voudrais
savoir quels types de différends que l'approche collaborative pourrait apporter.
Excusez, on est un peu fatigués, ça fait que... qui est différent, dans le
fond, dans les différends qu'on trouve dans les approches traditionnelles.
Est-ce que ce sont les mêmes ou il y a une différence entre les deux?
M. Julien : Tu sais, qu'est-ce
qu'on veut introduire ici, c'est que les contrats de partenariat ne sont pas
assujettis aux règlements qui prévoient justement d'avoir ce verbatim-là. Donc,
c'est pour ça qu'on l'introduit là, parce que ça va prendre, à l'intérieur des
contrats de partenariat, une procédure de règlement des différends parce qu'ils
ne sont pas assujettis au règlement sur... le projet de règlement qui amène ça.
Donc, on veut s'assurer que le contrat le précise... à l'intérieur du contrat,
on le met à l'intérieur de la loi.
Mme Rotiroti : OK. Mais ma
question, c'était... Vous parlez des différends qui découlent du contrat,
contrat de partenariat. Il y a des différends aussi qui découlent d'une
approche traditionnelle. Est-ce que les deux différends... Dans chaque cas,
est-ce que c'est les mêmes ou ils sont différents? Si oui, c'est quoi, la
différence entre les deux?
M. Julien : C'est la même
chose.
Mme Rotiroti : C'est les
mêmes.
M. Julien : Oui.
Mme Rotiroti : Est-ce que
c'est... parce que, là, on est toujours dans l'approche collaborative. Est-ce
que ces différends-là, c'est de même pour... quand on parle du gré à gré? Parce
qu'il y a un processus de règlement différent pour le gré à gré. Alors là, on
vient de dire...
M. Julien : Bien, s'il y a
une clause de règlement, de processus de règlement dans le contrat de gré à
gré, ça va être la même affaire.
Mme Rotiroti : C'est toutes
les mêmes, peu importe le contrat? C'est ça que vous dites, là? Moi, je ne suis
pas sûre de ça.
M. Julien : Oui, parce que
c'est le même que la réglementation, puis lui, il est assujetti de gré à gré.
Alors, le contrat de partenariat, c'est parce qu'il n'est pas assujetti à la
réglementation, donc on vient l'introduire. Mais gré à gré ou appel d'offres,
là, parce qu'il y a des contrats... eux autres, ils sont assujettis. Ça fait
qu'on vient juste s'assurer d'un miroir. Même exigence, en fin de compte, que les
contrats traditionnels.
Mme Rotiroti : Si je vous dis :
«un contrat de partenariat doit prévoir un processus de règlement des
différends qui découlent d'un contrat», n'est-ce pas, c'est quoi, la procédure
du règlement des différends? Ce serait quoi, l'explication sur.... Je
comprends, c'est le miroir, là, l'effet miroir, mais expliquez-moi un petit
peu.
M. Julien : Si vous
permettez...
Mme Rotiroti : Oui, M. Hudon.
Le Président (M. Simard) : Très
rapidement, cher collègue, parce que...
M. Hudon (Alain) : Oui,
merci, M. le Président. Alors, Alain Hudon, légiste au ministère de la Justice.
Quand on parle de procédure de règlement des différends, on vise notamment la
médiation à l'arbitrage, donc les mécanismes qui vont être mis en place pour
régler les problèmes qui pourraient survenir dans le cadre de l'exécution du
contrat.
Des voix : ...
Le Président (M. Simard) : Alors,
chers collègues, malheureusement, compte tenu de l'heure, nous devons ajourner
nos travaux. Mais, ceci étant dit, à nouveau merci pour votre précieuse
collaboration. Belle fin de soirée à tous.
(Fin de la séance à 19 h 15)