Journal des débats de la Commission des finances publiques
Version préliminaire
43e législature, 2e session
(début : 30 septembre 2025)
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Le
mardi 9 décembre 2025
-
Vol. 48 N° 16
Étude détaillée du projet de loi n° 7, Loi visant à réduire la bureaucratie, à accroître l’efficacité de l’État et à renforcer l’imputabilité des hauts fonctionnaires
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9 h 30 (version non révisée)
(Dix heures trois minutes)
Le Président (M. Laframboise) : À
l'ordre, s'il vous plaît! Ayant constaté le quorum, je déclare la séance de la
commission des finances publiques ouverte, je demande à toutes les personnes
dans la salle de bien vouloir éteindre la sonnerie de leurs appareils
électroniques. La commission est réunie afin de poursuivre l'étude détaillée du
projet de loi n°7, Loi favorisant le commerce des produits et la mobilité de la
main-d'œuvre en provenance des autres provinces et des territoires du Canada. Mme
la secrétaire, y a-t-il des remplacements?
La Secrétaire : Oui, M. le
Président. Mme Mallette (Huntingdon) est remplacée par Mme Lachance
(Bellechasse); Mme Setlakwe (Mont-Royal—Outremont) est remplacée par
Mme Maccarone (Westmount—Saint-Louis); et Mme Zaga Mendez (Verdun)
est remplacée par M. Fontecilla (Laurier-Dorion).
Le Président (M. Laframboise) : Merci,
Mme la secrétaire. Lors de l'ajournement de nos travaux, vendredi dernier, nous
en étions à l'étude d'une motion préliminaire du député de Laurier-Dorion, qui
est affichée à l'écran, qui avait d'ailleurs débuté son intervention. M. le
député, la parole est à vous pour 28 min 55 sec.
M. Fontecilla : Merci, M. le
Président. Donc, nous voilà au début des travaux du projet de loi 7, et je vais
présenter une...
10 h (version non révisée)
M. Fontecilla : ...motion
préliminaire et pour le bénéfice de tout le monde, je vais procéder à la lecture,
donc : «Conformément à l'article 244 du règlement de l'Assemblée
nationale, la commission des finances publiques, avant d'entreprendre l'étude
détaillée du projet de loi 7, Loi visant à réduire la bureaucratie, à accroître
l'efficacité de l'État et à renforcer l'imputabilité des hauts fonctionnaires
tiennent des consultations particulières et qu'à cette fin, elle entende les
groupes suivants : la Commission d'évaluation de l'enseignement collégial
et la Commission de la fonction publique». Donc, vous le savez, M. le Président,
c'est un projet de loi très volumineux et qualifié même des projets de loi
mammouth. Il touche toutes sortes d'institutions, d'organismes, de compétences
de l'État, dont celles qui concernent l'évaluation de l'enseignement collégial
et la mission de la Commission de la fonction publique. On a reçu énormément de...
de mémoires et donc, ça témoigne de l'intérêt d'un grand nombre de personnes et
entités de... de ces projets de loi et des travaux qui vont... qui vont suivre.
Ça aurait été... ça aurait mérité, M. le Président, une... une attention plus
particulière, et ça aurait mérité, en tout cas, à tout le moins, que certaines
entités qui sont visées par cette... cette loi, en tout cas, des entités qui
sont carrément promises à la disparition, qu'au moins, on les entende, on
entende leurs opinions et non pas... seulement entendre ce que d'autres ont à
dire sur la disparition de ces organismes, ce qui est tout à fait valide, mais une
notion fondamentale nous dit que, bien, on va entendre la version des gens qui sont
principalement les premiers... les premiers concernés. Donc, encore une fois,
la Commission d'évaluation de l'enseignement collégial et la commission de la
fonction publique.
Cela nous ramène à un problème, un
problème de fond, M. le Président, que... afin de légiférer, de bien légiférer,
il est important d'entendre les informations de première main des... des gens qui
sont... qui sont concernés, ou seulement de façon générale, des gens qui ont
une opinion sur le sujet. Mais malheureusement, la commission n'a entendu qu'une
fraction des mémoires, des rédacteurs et rédactrices de mémoires qui ont été
présentés à la commission, là, donc les parlementaires en charge de l'étude de
ce projet de loi, et la... en premier lieu, la ministre elle-même, nous aurions
eu intérêt à entendre leurs visions des choses, ne serait-ce que pour raffiner
la compréhension de... la compréhension de ce qu'est... de ce... qu'est-ce qui
est la réalité en tant que telle, et qu'est-ce qui est... quelles sont les
façons d'amender cette... la... l'organisation de ces entités là afin de...
comme dit le projet de loi, peut-être réduire la bureaucratie et accroître l'efficacité
et de l'État. Si nous n'entendons pas les acteurs eux mêmes parler de ces
sujets là, mais qui pourraient nous renseigner mieux que les personnes qui
travaillent à l'intérieur de... ces organismes là.
Donc, M. le Président, il est très, très important
d'entendre ces personnes et malheureusement, encore une fois, nous ne les avons
pas entendues, là. Et par exemple, pour... concernant l'évaluation de l'enseignement
collégial, nous avons entendu deux entités : tout d'abord la Fédération
étudiante collégiale du Québec, la FECQ, qui est venue et.... qui est venue s'opposer
à cette... à cette opération-là, ainsi que le, et là je... j'oublie le nom
exact, mais l'Association des collèges privés, qui est venue également exposer
leur point de vue sur... sur cette commission, et eux, ils pensaient que c'était
une... une opération qui était justifiée, qui était pertinente, c'est-à-dire l'abolition
de l'évaluation de l'enseignement collégial. Soit, c'est parfaitement légitime
qu'ils pensent et qu'ils avancent des arguments pour soutenir leurs opinions,
mais aurions... nous aurions un portrait beaucoup plus complet, si nous avions entendu...
M. Fontecilla : ...les acteurs
et actrices elles-mêmes, c'est-à-dire les gens qui travaillent à l'évaluation
de l'enseignement collégial, une institution qui existe depuis des décennies,
qui a été... qui a été mis en place suite au rapport Parent dans les années 60
et qui vise justement à... comment dire... à donner de la valeur aux diplômes
décernés par nos... les cégeps un peu partout à travers le Québec et dans tous
ces programmes. Ce n'est quand même pas rien, quand même, M. le... M. le
Président, la valeur d'un diplôme qui est reconnue amplement à travers le
Québec, sans doute à travers le Canada, et pourquoi pas dans d'autres... dans
d'autres pays. C'est important, cette évaluation-là, parce que ça permet à des
jeunes de montrer son diplôme et donner... fournir la preuve que leurs
compétences... sont... ont été évaluées selon une grille objective et qu'ils
sont en mesure de faire un certain type de travail, là. Je vous rappelle, M. le
Président, que nos... les cégeps sont établis partout à travers le Québec et
ils constituent en quelque sorte un acteur essentiel dans les différentes
régions du Québec. Ils font partie de l'épine dorsale des structures
socioéconomiques de nos régions, ainsi que de nos... de nos grands centres. Ils
fournissent une... Ils forment une main-d'œuvre très qualifiée qui pourra
ensuite servir dans les différents... dans les différents secteurs économiques
du Québec. Donc, c'est important, excessivement important que cette
compétence... que le diplôme soit reconnu formellement.
• (10 h 10) •
Je ne suis pas en train de dire, M. le
Président, que de facto, la commission d'évaluation de l'enseignement collégial
doit être maintenue, mais j'aimerais bien connaître tous les tenants et
aboutissants de cette... de cette opération-là. Est-ce qu'on n'aurait pas pu
faire mieux? Est-ce qu'on n'aurait pas pu améliorer le fonctionnement de la
Commission d'évaluation de l'enseignement collégial? Pourquoi ne pas en
profiter justement pour donner encore plus de valeur aux différents diplômes
décernés par les programmes donnés dans le système collégial? Et donc, il y a
toute une série de questions. Et encore une fois, on sait et on se rabat sur
une appellation et des fonds, là, et vous allez m'entendre revenir souvent
là-dessus, M. le Président, là. C'est la question de la prédominance de
l'analyse comptable ici, là, dans ce type d'opération-là avec moins d'égards,
on va le... on va le dire comme ça, avec les missions... les missions assumées
par ces entités-là. Donc, au lieu de juger les entités et organismes par la...
par la valeur intrinsèque de ces entités-là, ou de la valeur de la mission et
de leur pertinence en 2025, on va plutôt l'évaluer sur... sous le plan
comptable. Évidemment, la comptabilité est importante dans la vie, hein? On ne
dira pas le contraire, mais ce n'est pas la seule... le seul barème d'analyses
et d'évaluations, et ce n'est pas encore... encore moins les principales
barèmes d'analyse. C'est un... c'est un élément, c'est un facteur qu'on doit
considérer dans l'analyse de... dans l'analyse et l'évaluation du
fonctionnement et de la pertinence d'une entité. Mais, il est loin d'être
prouvé qu'une analyse comptable doit présider et toute... et toute opération de
l'ordre que le projet de loi nº7 entend mener de l'avant, là. Donc, c'est une
opération, c'est une démarche éminemment... comment dire... qui comporte des
grands risques et c'est-à-dire de faire prévaloir l'analyse comptable, les
chiffres, avant les qualitatifs et l'utilité que ces institutions-là peuvent
fournir, non seulement à l'État du Québec parce que... la finalité, c'est le
citoyen et les citoyennes du Québec. Dans ce cas-ci, la valeur d'un diplôme
octroyé à un étudiant, à une étudiante qui va lui permettre de travailler,
peut-être, en tout cas on l'espère, toute sa vie, et qui va lui permettre de...
en tout cas cas fournir... et ce n'est pas seulement dans l'intérêt de la
personne elle-même, mais c'est aussi dans l'intérêt de la société québécoise,
là. Donc, il est primordial d'entendre la Commission d'évaluation de...
M. Fontecilla : ...l'enseignement
collégial. Il y a une autre institution qu'on n'a pas entendue et M. le
Président, c'est... c'est les mémoires... c'est la Commission de la fonction
publique qui nous ont envoyé un mémoire expliquant leur mission et vous le
savez pour beaucoup de gens, la mission et les travaux de la Commission de la
fonction publique sont relativement obscurs, mais ça aurait été le temps de
mieux expliquer les tenants et aboutissants du fonctionnement de cette
commission-là, qui fonctionne quand même depuis... depuis quand même très...
très longtemps. Et je prendrais la peine quand même, M. le Président, de nommer
quelques aspects touchés par la commission de... de la fonction publique, là.
Il faut... il faut savoir tout d'abord, là, que la commission présente est un
organisme, évidemment, qui affiche une neutralité et qui est indépendant, qui a
une double mission, en quelque sorte de surveillance et de tribunal
administratif.
À titre de surveillance, j'entends les
recours provenant des fonctionnaires non syndiqués, d'anciens fonctionnaires
non syndiqués et bénéficiant d'un droit de retour dans la fonction publique,
des administrateurs et administratrices d'État et les membres et les dirigeants
d'organismes de la fonction publique et les procureurs et les procureures aux
poursuites criminelles... criminelles et pénales. Et donc cette commission-là
statue à savoir si elle considère que ces conditions de travail sont ou ne sont
pas respectées et qui fait l'objet d'une mesure administrative ou disciplinaire
et... ou si la personne croit être victime de harcèlement psychologique au
travail. Donc ce n'est quand même pas des, comment dire, des manants et des
responsabilités anodines, c'est quand même important, là.
À titre d'organisme de surveillance, la
commission est chargée de vérifier le caractère impartial et équitable des
décisions prises en matière de gestion de ressources humaines qui concernent
les fonctionnaires et elle veille au respect de la loi de la fonction publique
et du cadre normatif applicable au recrutement et à la promotion des fonctionnaires.
C'est des fonctions importantes. Je vais ne vous nommer qu'une... qu'un aspect
de cette... de cette fonction de surveillance, comme vous le savez, M. le
Président, je suis aussi... je suis aussi porte-parole en matière des luttes au
racisme et à la discrimination au sein de ma formation politique, de mon
caucus, là. Et ce serait important que, par exemple, la... cette commission-là
nous dise et nous informe sur l'état d'avancement de la présence des
communautés racisées au sein de la fonction publique du Québec. On sait que
c'est un problème historique. Il y a un retard et un écart important, là, par
rapport à la présence de ces communautés-là dans la société et c'est... la
présence de ces communautés-là dans la fonction publique, ça fait longtemps
qu'on nous promet de travailler de façon... de façon très... très forte sur
l'intégration plus grande des personnes issues des différentes communautés
ethniques en général, en particulier les communautés racisées à la fonction
publique, mais on voit que le résultat stagne et on aimerait bien que cet
organisme-là, la Commission de la fonction publique, nous dise, bien, ce que
nous... qu'elle nous fasse des études de l'état de la situation, du pourquoi du
retard, quelles sont les pistes et les avenues qui pourraient être explorées
pour améliorer cette situation-là?
Ne serait-ce que cet aspect-là, M. le
Président, et on se demande qui va le faire aujourd'hui? La ministre va nous...
sans doute nous répondre que l'ensemble de ces missions-là vont être assumées
par un ensemble... par un ministère, un ensemble plus... plus vaste. Mais la
preuve reste a être faite, donc nous allons... nous devrions, en tout cas c'est
mon souhait, nous assurer que ces missions-là sont reprises intégralement dans
le texte de loi et lui-même par une prochaine... par une prochaine entité qui
va prendre cette... ces mandats-là. Quoi qu'il en soit, la commission aurait pu
entendre la Commission de la fonction publique, puisqu'encore une fois, elle
est directement concernée et nous aurions pu poser les questions pertinentes
qui se... qui s'impose et connaître plus particulièrement les... leur travail,
les subtilités, ce qui est plus facilement transférable et surtout mettre en
valeur l'ensemble...
M. Fontecilla : ...les... la somme
d'expertises cumulées par cette instance-là à travers les années et
l'expertise, il doit y en avoir à travers cette année-là. Mais quelle va être
l'expertise qui va être conservée dans cette opération de... d'élimination de
la Commission des fonctions publiques? Vous savez quand même, M. le Président,
qu'une bonne partie de la valeur d'une entité, d'une organisation, c'est non
seulement les gens qui y travaillent, évidemment, mais non seulement la mission
qu'elle se donne, mais aussi, et beaucoup, la... le niveau d'expertise
accumulée par cette organisation-là au cours de ses années d'existence. Cette
expertise-là pour un État tel que l'État du Québec, là, il est important de la
conserver, et non pas seulement dans des boîtes d'archives, là, qui vont aller...
dans un couloir de... d'une salle... d'une salle d'une bibliothèque, là. Non.
C'est... l'expertise se traduit par des personnes qui y travaillent, par le
transfert des mémoires institutionnels d'un employé à un autre à travers... à
travers les années. Et j'aimerais bien connaître, là, comment cette expertise
va être... va être conservée, non seulement conservée, mais mise en valeur dans
un domaine qui est quand même important, celui du... les domaines touchés par
la Commission de... de la Commission, la Commission de la fonction publique.
Donc, ce sont toutes des aspects qui auraient mérité une attention beaucoup
plus... plus attentive de la part du législateur. Et il est, dans ce sens,
primordial d'entendre ces entités-là nous expliquer quelle est leur mission et
quelles seront les conséquences de l'abolition de leur... l'abolition de leur
vie utile, en quelque sorte. Donc, pour toutes ces raisons, M. le Président, je
demande à ce qu'il y ait des consultations particulières et qu'on entende au
moins la Commission d'évaluation de l'enseignement collégial et la Commission
de la fonction publique. Merci.
• (10 h 20) •
Le Président (M. Laframboise) : Merci
beaucoup, M. le député de Laurier-Dorion. Donc, la procédure... le porte-parole
de l'opposition officielle a 30 min, habituellement, la ministre répond en
dernier. Elle peut aussi utiliser son 30 min, une seule... un seul droit de
parole, donc, si vous n'utilisez pas votre 30 min, vous ne pouvez pas revenir.
Et les collègues... autres députés, vous avez 10 min pour faire votre... votre
allocution si vous le demandez, vous faites juste le lever votre main, vous me
le demandez. Donc, M. le député de Marguerite-Bourgeoys.
M. Beauchemin : Juste pour
être clair, M. le Président, moi, j'ai 30 min...
Le Président (M. Laframboise) :
Oui.
M. Beauchemin : ...parce que
je parle au nom du chef, c'est ça?
Le Président (M. Laframboise) : C'est
ça.
M. Beauchemin : Puis ma
collègue, elle, elle a 10 min?
Le Président (M. Laframboise) : C'est
ça, à moins que vous décidiez de... de la faire parler, c'est vous, là... de
lui donner le 30 min, là. C'est vous qui décidez de toute façon.
M. Beauchemin : On a un total
de 40 min?
Le Président (M. Laframboise) : C'est
ça.. bien, non. Vous avez 30 min pour le premier qui intervient, puis 10 min
pour l'autre personne...
M. Beauchemin : Parfait,
c'est bon, excellent. Merci, M. le Président, pour ces clarifications
procédurales, elles sont importantes, dois je dire. Parce que pour ceux nous
écoutent à la télévision, il y a quand même beaucoup de règles, ici, à
l'Assemblée nationale, qu'on doit essayer de mettre de la lumière là-dessus
pour être efficace. Notre collègue de Laurier-Dorion, puis ce serait
intéressant si la motion, là, pourrait être à l'écran, s'il vous plaît. La
motion de notre collègue de Laurier-Dorion est intéressante parce que, dans le
fond, ce qu'elle démontre, c'est qu'encore une fois, les gens concernés par ce projet
de loi no°7, là, un projet de loi, dois-je le rappeler, qui a plus de 400
articles, touche 80 quelques lois et représentent, en papier, là, deux grosses
piles que j'ai juste ici à côté de mon microphone, a été fait à la tradition de
la CAQ, c'est-à-dire un peu brouillonne, pas mal brouillon, énormément
brouillon et à la vite, malheureusement, M. le Président, et sans écouter les
parties prenantes, sans écouter les gens qui vont être affectés et sans,
évidemment, clarifier au grand jour pour tous les gens qui nous écoutent,
quelles sont leurs... leurs fonctions, quels sont leurs attributs, quelles sont
leur valeur ajoutée dans l'équation, là, du gouvernement pour les citoyens en
général, etc. C'est quand même un peu surprenant qu'en démocratie, on ne veuille
pas entendre, justement, ces gens-là. On a ici une situation...
M. Beauchemin : ...où il y a
eu 150... Je ne me souviens même pas c'est quoi le dernier chiffre... 153,
maintenant, on est rendu à 153 ce matin...
Une voix : 155.
M. Beauchemin : ...155? Merci,
il y a surenchère... du nombre de mémoires qui ont été déposés pour pouvoir
contribuer, là, au projet de loi 7. Hier, on a eu le briefing technique qui est
réduit là, ici, là, en quelques pages, qui malheureusement ne nous éclairissait
sur les tenants aboutissants et les intentions, en fait, là, du gouvernement
avec ce projet de loi-là. C'est tout de même inquiétant de voir qu'on a aussi
voté pour le principe, la semaine dernière. Évidemment, le gouvernement a sa
majorité, donc ils peuvent vraiment tout le temps voter en faveur de leur
propre proposition. Puis nous, bien, on peut voter contre, mais
malheureusement, on est extrêmement évidemment, là, vous comprendrez,
minoritaires dans ce processus législatif-là. Donc, on fait face à cette
situation-là où est-ce qu'on arrive Gros-Jean comme devant, avec un énorme
projet de loi, puis là, on a une illustration avec deux exemples que notre
collègue de Laurier-Dorion le propose qu'on écoute deux entités qui n'ont...
qui n'ont pas été entendues par le gouvernement, que nous, on n'a pas entendu
non plus.
La Commission d'évaluation de
l'enseignement collégial, ce n'est quand même pas rien, là. C'est eux qui
aident justement à ce que nos étudiants puissent avoir les meilleurs standards
possibles pour qu'on puisse être capables de compétitionner. En bout de piste,
là, quand on... quand on envoie les gens à l'école, là, c'est qu'ils viennent
diplômés, qu'ils puissent par la suite être des joueurs actifs dans la société
civile, qu'ils puissent être capable de compétitionner à travers le monde.
Bien, c'est important qu'on ait des indices de référence dans l'enseignement
pour qu'on puisse comprendre dans l'enseignement comment qu'on se compare par
rapport à d'autres juridictions alentour de nous, pour que la qualité de nos
étudiants soit, elle aussi, rehaussée. Si on est en train de continuellement...
dans une direction qui fait en sorte que nos étudiants ne sont pas au niveau
collégial compétitif, à long terme, là, on est en train de se faire mal, M. le
Président, là. On se fait mal économiquement, mais on se fait mal en tant que
société parce qu'en bout de piste, si on n'est pas capable d'avoir une économie
qui va être compétitive, qui va être productive, l'État va manquer de revenus.
On va perdre des parts de marché, on va perdre... notre attrait de
compétitivité.
Donc, une des ressources les plus
importantes de l'économie du Québec, c'est les Québécois et Québécoises qui y
travaillent à tous les jours, puis c'est important que ces gens-là aillent les
meilleurs outils pour aller de l'avant. Mais le rôle de la Commission, elle est
justement de s'assurer, là, qu'on puisse être capable de compétitionner à
l'échelle mondiale avec mes étudiants qui seront de qualité. Donc, pour moi,
c'est triste de voir qu'on ne peut pas les entendre, la commission en tant que
telle, d'évaluation de l'enseignement collégial. Donc, c'est une très bonne
motion de la part de notre collègue de Laurier-Dorion. Puis, évidemment, ne pas
les écouter, M. le Président, ne pas écouter la commission d'évaluation de
l'enseignement collégial, c'est de se priver d'un... je ne dirais pas un
maillon... de plusieurs maillons dans la chaîne d'éducation qui fait en sorte
qu'en bout de piste, on puisse avoir un ensemble éducatif compétitif, optimal,
le plus productif possible de qualité internationale. Ne pas les écouter, c'est
qu'on se prive de cette information-là. Eux autres, clairement ils vont avoir
leur point de vue à eux, clairement ils vont vouloir protéger la commission,
c'est sûr et certain. Mais ce n'est pas tout du mauvais monde. Là-dedans, il y
en a qui travaillent, là, depuis des années à s'assurer justement des standards
d'éducation pour nos jeunes. Ils ont le cœur à l'ouvrage, c'est du monde qui
veulent justement s'assurer qu'il y a des jeunes puissent gagner, puis ils le
font comme ils le veulent. Ils le font de la façon la plus optimale selon leurs
moyens, mais ne pas avoir leur participation, bien, ce n'est pas avoir une
vision complète. Revenons à la base. Là, on est en train de peinturer
extrêmement large, là. On peinture, là, au-dessus.
M. Beauchemin : ...80 quelques
lois en les modifiant. On a 400 quelques articles de loi, puis on y va avec une
vision partielle. Là, on prend cet exemple-là, M. le Président, mais il y en a
d'autres exemples. C'est la raison pour laquelle on a voté contre le principe.
Il y a plein d'exemples de ce projet de loi là où est-ce qu'on n'a pas voulu
entendre les parties prenantes, les forces vives de la société qui sont
impliquées, justement, dans la façon de faire.
On est tous, tous, tous et chacun pour
l'amélioration de la productivité. On est tous évidemment pour l'efficacité de
l'État. On ne veut pas que la machine gaspille notre argent. C'est sûr et
certain, M. le Président, on boit tous ce même Kool-Aid-là, OK? Il n'y a aucune
différence entre le parti au pouvoir, puis les oppositions là-dessus, parce que
c'est important, les ressources, là, qui font en sorte que ça fonctionne, ça
vient des fonds payés par les Québécois en taxes et impôts. Alors, on se doit
d'être efficace, on se doit d'être optimal. On doit être fiduciaire de l'argent
des Québécois.
• (10 h 30) •
Mais quand on a un projet de loi comme ça
en place, là, on peut-tu réfléchir deux secondes? Parce que la réalité, c'est
que ce projet de loi là, si ce n'est pas bien organisé, on va foncer dans le
mur. La seule question à se poser, là, c'est à quelle vitesse? C'est-tu à
100 km/h ou à 300 km/h? Parce que si ça avait été bien attaché cette
histoire-là, on aurait été capables d'avoir une meilleure vision, on aurait été
capables d'avoir des études d'impact, on aurait été capables de quantifier, de
prévoir à l'avance, d'y aller, là, pas juste la première analyse simple là, on
va fusionner ces deux entités-là, là, mais qu'est ce que ça va donner dans la
semaine qui va suivre, dans le mois qui va suivre, dans l'année et à long
terme? Avec les réflexes étatiques qu'on connaît tous au Québec, là, quelle va
être les conséquences de l'État sur cette nouvelle fusion-là? Est-ce qu'on est
en train de créer quelque chose qui, en bout de piste, va être la même patente,
en bout de piste?
Donc, c'est important, M. le Président,
d'entendre les gens de la commission d'évaluation dans le segment collégial,
parce que ces gens-là ont contribué au système éducatif qu'on a et continuaient
à éduquer et à contribuer à faire en sorte que nos enfants puissent avoir les
meilleurs diplômes possibles.
Je pense que... la raison primordiale pour
la grande majorité d'entre nous, on est ici là, c'est pour, justement,
s'assurer qu'on envoie le bateau dans la bonne direction pour les générations
futures. Moi, je le fais pour mes enfants, c'est des grands maintenant, mais je
le fais pour les enfants de tous les Québécois. On se doit de laisser en place
une machine qui va mieux fonctionner de façon plus optimale pour les prochaines
générations. On est tous pour la tarte aux pommes, M. le Président, là. On veut
tous que ça fonctionne, mais on doit être responsable en agissant comme ça pour
s'assurer qu'on avance dans la bonne direction, puis même si ça fait sourire
les collègues de l'opposition, on doit réfléchir avant de poser des actes.
Parce que si on est pressé, parce que ça ne va pas bien dans les sondages, puis
que là ça fait sept ans, là, qu'on n'a rien fait à bien gérer l'état, puis que
là, soudainement, on sent la soupe chaude, puis on garroche une affaire comme
ça dans le bicycle de la société québécoise, bien c'est probablement certain,
M. le Président, que les roues vont être cassées. Ça fait qu'on peut tu
s'entendre que c'est important de, justement, être attentionné à tous ces
détails-là?
La commission d'enseignement de
l'évaluation collégiale, c'est un mécanisme qui fait en sorte que nos jeunes
ont un standard éducatif qui peut se comparer aux autres sociétés. D'aller
diluer ça dans une... dans une patente encore plus grosse qui ne va que penser,
évidemment, à survivre dans la machine étatique. On va diluer la commission
d'évaluation d'enseignement collégial, on va perdre une expertise, on n'aura
plus la même voix. Ces gens-là ne pourront plus se prononcer de façon aussi
claire, nette et précise sur les enjeux qui sont propres à nos jeunes. C'est
important ça, M. le Président. Ce n'est pas des visions qui sont similaires,
c'est des visions qui sont opposées. Donc c'est certain que quelque part, là,
OK, il y en a une partie, là, significative de la Commission d'évaluation
d'enseignement collégial qui va disparaître. On a beau promettre, là, on va
écrire ça, puis on va dire ça va être comme ça, patati patata, là, mais
regardons comment ça fonctionne, là, puis on le sait tous là qu'est ce qui va
arriver, là. Ça va...
10 h 30 (version non révisée)
M. Beauchemin : ...absorbé,
digéré, tassé, mis de côté, aura moins de voix, pourra moins s'exprimer. Moi, ce
n'est pas ça que je veux pour nos enfants, M. le Président. Je pense que c'est
important qu'on puisse considérer tous les avancées que notre système éducatif
du Québec a pu avoir grâce justement à la commission d'évaluation de l'enseignement
collégial. C'est un vecteur extrêmement important pour tous les Québécois et
Québécoises. Puis à long terme, c'est ce qui va faire en sorte que notre
économie pourra être compétitive. Ça fait partie d'un ensemble, là, ce n'est
pas juste cette histoire-là, ça fait partie d'un ensemble d'instruments qui
nous permet d'être compétitifs, M. le Président. Mais c'est un instrument
essentiel pour permettre la croissance des connaissances, pour permettre qu'on
puisse développer l'économie de l'avenir, parce que l'économie de l'avenir, M.
le Président, c'est une économie du savoir, de la propriété intellectuelle. C'est
ça, l'économie... M. le Président. Ça, ça vient avec des enfants qui vont
passer à travers un processus éducatif qui va être le plus performant possible,
qui va être le plus compétitif possible, qui va avoir les meilleurs outils, les
meilleurs instruments. Puis là, ce qu'on est en train de faire, c'est qu'on est
en train d'enlever un de ces leviers-là parce qu'on veut faire une économie de
bouts de chandelle. On n'a aucunement démontré la pertinence de le faire monétairement.
Encore une fois, revenons à ce que la
chaire de productivité du HEC nous a démontré il y a.… il y a deux semaines. On
est en train de fusionner ensemble des coûts variables, on n'aura aucune
économie d'échelle, mais on va perdre de l'expertise. Ça va à l'encontre de la
logique même, M. le Président. Moi, je pense que c'est capital qu'on puisse
leur permettre de venir s'exprimer, qu'ils prennent le temps de venir nous
voir, de nous dire ce qu'ils en pensent, puis on pourra les questionner. Puis
si on trouve à certains endroits qu'ils ont peut-être exagéré dans le temps où
ça n'a pas été optimal la façon qu'ils l'ont fait puis voici ce qu'on propose
pour améliorer la chose, versus leur dire : On vous tasse de là, M. le
Président, là. On va juste vraiment s'assurer, là, que nous autres, là, va entrer
exactement dans la façon qu'on pense. Ce n'est pas de même, ça fonctionne, M.
le Président. Pour nos jeunes, ce n'est pas de même ça fonctionne dans n'importe
quelle économie qui veut vraiment s'assurer qu'on puisse être compétitif, qu'on
puisse avoir les moyens de nos ambitions.
Moi, je considère que toute la façon de
faire du projet de loi 7 est vraiment un peu brouillonne. On en arrive là, à
nous garrocher ça, fin de mandat caquiste, ça ne va pas bien dans les sondages,
on fait cette opération-là de marketing, on dit à tous : On est rendu le
gouvernement, là, de la rectitude économique, puis on va faire un projet de loi,
là, où est-ce qu'on va fusionner un paquet de trucs. On va diluer un paquet d'autres
fonctions de l'état, on va... on va couper 5000 postes. On devait en couper
5000 dès le début, on en a ajouté 12, on en coupe 5, on est rendus à plus sept
malgré tout, là. Puis là, on était en train de nous dire que ça, ça va être la
même chose qui va sauver l'État québécois. Comment se fait-il que ça a pris la
décote de Standard & Poor's pour que le gouvernement se réveille enfin pour
dire : Oui, peut-être qu'on a exagéré sur la façon qu'on gère l'État. En
tout cas, clairement, les déficits sont rendus alarmants pour les agences des
crédits. Là, soudainement, on a décidé de mettre en place un programme, là, qui
allait nous... qui allait nous rationaliser les dépenses de l'État. Tu sais, dois-je
le rappeler, M. le Président, que ce programme-là était en place quand le
gouvernement libéral était au pouvoir, que la première chose que la CAQ a faite
en arrivant au pouvoir, c'est qu'ils ont tiré la plug là-dessus? C'était un
mécanisme de surveillance annuel qui était en place, qui permettait justement l'optimisation
des ressources de l'État. Puis là, bien, ils ont décidé à la CAQ, au
gouvernement, d'arriver jour un puis de dépenser sans limites à un point tel qu'on
s'est rendu à la décote, puis que là, après ça, on s'est réveillé à un an avant
la fin des mandats du... deuxième mandat caquiste pour dire : Faudrait
peut-être qu'on fasse de quoi, là, d'intelligent, là, parce que là... Mais ça
fait 7 ans qu'on n'a pas été capable de le faire, ça fait qu'on va essayer, on
va faire quelque chose. Mais pensez-vous vraiment que les Québécois croient
dans sa capacité, dans la capacité de l'État, de la CAQ, du gouvernement
actuel, de pouvoir vraiment livrer la marchandise, après 7 années d'exemples,
année après année, ou est-ce que ça a mal été?
M. Beauchemin : ...moi, j'ai
entendu plusieurs choses à propos de la coupe de 5000 postes qui déjà, il y en
avait 2000, là, qui avaient été enlevés, ça fait qu'on est rendus à 3000
postes, M. le Président, puis on a une opération, on veut réduire le nombre
d'heures que les fonctionnaires vont faire. On veut réduire de 3 heures, de 35
à 32 heures par semaine. Sur 3000. Si on fait le calcul rapide, M. le
Président, là, c'est à peu près l'équivalent de 60 % de la main-d'œuvre de
l'État qui doit prendre une perte de 10 % de sa paye pour que ça
fonctionne de cette façon-là. Ça, c'est sans compter, là, qu'il y a...
naturelle. Est-ce que ça, ça va fonctionner, M. le Président? Absolument pas.
Il y a entre 1500 à 2000 employés de l'État qui prennent leur retraite par
année. Juste à faire un gel d'embauche, là, la ministre arriverait à son
objectif. Pas besoin de rajouter toute cette espèce d'opération marketing pour
dire que nous autres, on va vraiment s'impliquer, puis que là, ce qu'on va
faire, c'est qu'on va couper dans... dans la machine. Bien... je comprends que
c'est important de s'assurer qu'on n'a pas... le gras. Mais là, en... en
agissant comme la CAQ le propose, M. le Président, qu'est ce qu'on fait? On est
en train d'enlever, là, toute la couche des jeunes qui rentrent dans l'État,
hein, toute la relève, là, on est en train... parce que c'est last in, first
out, c'est de même que ça marche, OK, ça fait qu'on est en train d'enlever,
là, toute la couche en bas de la relève pour que la façon de faire qui a été,
comme, encouragée et stimulée et continuelle dans l'appareil gouvernemental,
continue à agir. On devrait garder les jeunes. On devrait, justement, ramener
du sang neuf pour s'assurer qu'on ait des meilleures façons de faire. Mais ce
n'est pas ça qu'on fait, à la CAQ. Ça fait que... c'est un autre exemple, ça,
M. le Président.
• (10 h 40) •
Si on revient à la Commission de la
fonction publique. Ça, c'est un organisme, M. le Président, là, qui analyse les
décisions du gouvernement, des décisions des ministères, des employés de l'État.
C'est un chien de garde, M. le Président. Puis contrairement à ce qu'on a
entendu de la part du gouvernement, là, ce n'est pas un lobby, là, c'est un
chien de garde. Leur objectif, c'est de s'assurer qu'il n'y a pas d'abus dans
la machine. Puis là, soudainement, au mois de mai passé, 2025, la Commission de
la fonction publique, toi, dépose un rapport. Pas trop le fun à recevoir de la
part du Conseil du trésor. Puis là, quelques mois après, regarde donc, ça, on
veut éliminer la Commission de la fonction publique. Je veux dire... c'est
assez gros, on le voit, là, c'est quoi l'intention, ici. Puis c'est malheureux,
là, puis ce n'est pas du tout personnel à la présidente actuelle du Conseil du
trésor. Mais que le gouvernement réagisse comme ça? Encore une fois, on est en
train d'enlever un contre-pouvoir que le Québec a. Pourquoi? Parce que ça a
jappé trop fort au mois de mai dernier, M. le Président. L'entité, là, relève
de l'Assemblée nationale. C'est ça qu'ils veulent, eux autres, ils veulent que
ça ne relève pas du Conseil du trésor. La Commission de la fonction publique
comprend la situation structurelle dans laquelle elle est, elle comprend
qu'actuellement, elle relève du Conseil du trésor. Ça fait que là, maintenant,
comment va... comment peuvent-ils se sentir, de critiquer la main qui le
nourrit, la nourrit? M. le Président, la Commission de la fonction publique le
voit très bien. C'est quoi la solution pour les rendre encore plus
indépendants, pour qu'ils puissent continuer à faire rôle, dois-je le répéter,
essentiel à l'État québécois d'être le chien de garde de tous les Québécois
pour s'assurer, là, que ça ne niaise pas, là, dans les ministères? C'est ça,
leur rôle. Je le simplifie, là, mais c'est ça, leur rôle. Eux autres, ils
comprennent qu'ils devraient se rapporter à l'Assemblée nationale du Québec,
comme le Vérificateur général du Québec le fait. Ça, ça serait la structure.
Comment se fait-il qu'on n'a pas pris le temps, dans ce projet de loi là, pour
dire : Bon, OK, la Commission de la fonction publique, là, elle va se
rapporter à l'Assemblée nationale, de cette façon là, on puisse continuer à
avoir le chien de garde qui fait sa job, un contre-pouvoir. Non, non, non, non,
non. Pas...
M. Beauchemin : ...qu'ils
veulent. On ne veut même pas les entendre. Ça fait que mon collègue de Laurier-Dorion
a encore raison ici, de dire qu'on devrait entendre la commission de la
fonction publique. Pourquoi? Comment se fait-il qu'ils n'ont pas eu le droit
parole? Pourquoi qu'on n'a pas été capable d'avoir ces gens-là devant nous pour
nous parler? Moi je pense que c'est une fâcheuse tendance que le gouvernement
a, puis ce n'est pas la première fois, puis les gens commencent à en parler de
plus en plus souvent que la CAQ élimine les contre-pouvoirs pour pouvoir en
arriver à exécuter un plan de match qui si à la base ils n'étaient pas pire au
moins le plan de match, il y aurait moins de critiques à ce sujet-là, mais ça
fait sept ans qu'ils nous prouvent le contraire. Ça fait sept ans qu'ils nous
prouvent que c'est brouillon. Ça fait sept ans qu'ils sont obligés de... ils
rajoutent des structures : Santé Québec, le ministère du Transport
maintenant une entité, l'agence santé par-dessus. Tu sais, c'est...
Une voix : ...
M. Beauchemin : Oui, exact. Ça
fait... ça fait sept ans que la... que la masse salariale, que les dépenses du
Québec ont augmentée de 60 % depuis 2018, 60 %, là. Pensez-y deux
secondes. L'appareil gouvernemental coûte 60 % plus cher depuis 2018 sous
le gouvernement de la CAQ. On aime beaucoup se comparer, à la CAQ, avec
l'Ontario, bien allons faire un tour en Ontario. Regarde donc ça, toi, pour la
même période, ça l'a augmenté de 36 % en Ontario. Ça fait que ça a
augmenté de 36 % en Ontario, on est dans le même climat, on a la même structure
fédérale, on fait face aux mêmes conditions mondiales, on a tous le même voisin
américain, puis en Ontario, les dépenses augmentent de 36 %, au Québec, ça
a augmenté de 60 %. C'est ça que le monde devrait vraiment, là, parler,
là. Comment se fait-il que ce gouvernement-là a tellement mal géré que, là, ça
a explosé? Puis là maintenant, on est en train de dire : Ouf, on va
couper, là, les coins ronds un petit peu, là, parce que ça ne va pas bien, là,
Standard & Poor's nous a décotés, puis ça serait important, là, qu'on
puisse au moins donner l'image comme quoi qu'on est à nos affaires, ça fait
qu'on va faire le projet de loi 7, parce que ça là, on va économiser
beaucoup, on va économiser 35 millions de dollars, M. le Président.
35 millions de dollars sur un budget québécois annuel de
163 milliards, on économise 35 millions. Ça fait 0,2 % des
dépenses de l'État. C'est un arrondissement. C'est une note en bas de la
page... en bas de la dernière page du livre, M. le Président. C'est non significatif.
Ça fait que ça vous confirme quoi quand
vous regardez ça, M. le Président? Bien ça vous confirme une chose, c'est que
tout ça, c'est encore un show, une promotion marketing pour essayer de sauver
les meubles, pour faire en sorte que ce gouvernement-là puisse au minimum
donner aux médias des lignes de com qui vont faire en sorte que peut-être les
gens vont dire : Ah bien finalement, la CAQ est a son affaire. Mais je
pense que les gens ont une mémoire, M. le Président, là. Quand ça fait sept
ans, là, que c'est brouillon après brouillon, que SAAQclic, que ça Northvolt,
que ça augmente de 60 % les dépenses de l'État, là, les gens vont s'en
rappeler de ça, M. le Président, là. Tu as beau vouloir faire la plus belle
opération marketing, ces gens vont s'en rappeler. Puis là, une fois que tu
regardes l'opération marketing, puis que tu grattes, puis tu te rends compte de
l'épaisseur de cette histoire-là, puis la réalité en dessous du capot de cette
histoire-là.
Puis les belles paroles, mais sans avoir
vraiment, là, OK, fait d'étude d'impact, puis de ne pas donner la parole à la
Commission d'évaluation de l'enseignement collégial, de ne pas donner la parole
à la Commission de la fonction publique. Puis là, le sarcasme va embarquer, là,
la même commission de la fonction publique qui, au mois de mai dernier, a
déposé un rapport accablant contre le Conseil du trésor. Puis que là,
soudainement, on ne veut plus les entendre. Vous comprendrez, M. le Président,
là, que les Québécois et Québécoises regardent ça, puis ils se disent : Un
instant, là, ici, on fait face à quoi? On fait face à un gouvernement qui est
en fin de régime, ils essaient par tous les moyens du bord à prendre...
M. Beauchemin : ...1 h à
Radio-Canada, là, 1 h à TVA, 1 h avec des influenceurs, 1 h, ici, là, à essayer
de parler à tout le monde, puis de dire exactement les mêmes lignes de comm,
mais de ne pas rendre publiques, un, les intentions du Conseil des ministres,
puis ça, je vais revenir là-dessus cet après-midi ou plus tard ce matin, mais
de ne pas écouter des parties prenantes de la société civile comme la
Commission de la fonction publique, bien, vous comprendrez, c'est une très
mauvaise façon de faire. Puis, les Québécois et Québécoises, là, ce qu'ils
veulent, c'est un gouvernement qui fait ce que doit, qui est responsable, qui
s'assure, justement, qu'il a fait les meilleurs exercices possibles pour que
tous et chacun puissent avoir le moins d'argent dépensé pour nourrir la
machine, puis s'assurer que le gouvernement, ici, fait ce que doit pour livrer
les services de l'État. Malgré le fait que les dépenses ont augmenté de
60 %, là, malgré ce fait-là, qui est très important, n'importe qui qui est
à la maison puis qui nous écoute aujourd'hui, demandez-leur : croyez vous
vraiment que vous avez des meilleurs services? Croyez-vous que ça va mieux en
santé? Croyez-vous que ça va mieux en éducation? En fait, croyez vous le
gouvernement? Puis la réponse à ça, M. le Président, là, c'est que les gens,
quand ils regardent ça, ils disent «non». Honnêtement, là, c'est un
gouvernement qui est en fin de régime, qui essaie de se réinventer, puis tant
mieux si ça fonctionne pour la CAQ, là. Mais illustrez-nous que vous comprenez
l'ampleur du problème. Démontrez-la avec une vraie étude d'impact. Faites
l'exercice nécessaire, pas un autre exercice de communication marketing. Parce
que, en bout de piste, M. le Président, ça se traduit en une chose et une chose
simple : c'est de la mauvaise gouvernance, c'est de ne pas penser plus
loin que le bout du nez, parce que des conséquences désastreuses vont se vivre
dans le prochain gouvernement, qui ne sera pas la CAQ, M. le Président. Puis de
ne pas vouloir entendre la Commission d'évaluation de l'enseignement collégial
ou la Commission de la fonction publique, comme le suggère le député de
Laurier-Dorion, de les écouter, ça serait la moindre des choses, on ne perdrait
pas de temps dans le cas présent, M. le Président. Donc, voilà, je vais
m'arrêter là-dessus pour vous dire que je vais supporter mon collègue de
Laurier-Dorion dans sa motion préliminaire. Merci, M. le Président.
• (10 h 50) •
Le Président (M. Laframboise) :
Merci, M. le député de Marguerite-Bourgeoys. Des collègues qui veulent
intervenir? Mme la députée de Westmount-Saint-Louis.
Mme Maccarone : Merci
beaucoup, M. le Président. Chers collègues, je pense que je vais prendre la
balle au bond... faire une remarque de mon collègue Marguerite-Bourgeoys, quand
il a dit : C'est le moindre de choses. Bien, il me semble que c'est ça...
nous sommes en train de passer beaucoup de temps à en débattre, d'un motion
préliminaire, on aurait pu utiliser ce temps pour entendre la Commission
d'évaluation de l'enseignement collégial et la Commission de la fonction
publique, et il me semble que ce serait non seulement la moindre de choses que
nous aurions pu faire comme parlementaires membres de cette commission, mais
aussi pour le bénéfice de ce projet de loi, pour le bénéfice du Gouvernement et
pour le bénéfice du temps, pour s'assurer qu'on utilise notre temps d'une façon
qui est efficace. Moi, ces deux témoignages me manquent sincèrement, puis c'est
pour ça que je partage le sentiment de mon collègue d'être en faveur du motion
préliminaire de mon collègue de Laurier-Dorion, parce que c'est des témoignages
qui sont essentiels en ce qui concerne les orientations de ce projet de loi.
On... même que je dirais que c'était irresponsable de ne pas entendre ces deux
groupes, étant donné qu'ils sont particulièrement visés et concernés par le
projet de loi n°7 qui parle de leur abolition. Ça fait que ça va être très
important d'entendre leur avis, oui, parce qu'ils ont quand même une existence,
ils ont quand même beaucoup de respect, ils ont, oui, déposé des mémoires. On a
quand même reçu 155 mémoires et seulement 24 groupes qui sont venus témoigner,
bien, c'est comme prendre la démocratie en otage. Ce n'est pas comme ça que
nous devons se comporter ici, surtout pour un projet de loi mammouth, pas loin
de 400 articles, qui va modifier 81 lois. La Commission d'évaluation de l'enseignement
collégial, quand même une instance importante parce que c'est un.. c'est quand
même, c'est une expertise interne cruciale qui fonctionne pour le...
Mme Maccarone : ...fonctionnement
du réseau collégial. Puis c'est là parce qu'eux leur rôle, c'est d'éviter les
risques majeurs et irréversibles dans notre réseau de cégep, notre réseau de
cégep qui est quand même unique puis très respecté à travers non seulement le
Canada, mais il y a aussi autres pays qui nous regardent puis disent : Ah
oui, c'est très intéressant, parce que notre taux de réussite fonctionne.
Abolir la commission d'évaluation de l'enseignement collégial, c'est sûr, c'est
une perte... indépendance et de neutralité. Il me semble que ça aurait été très
bénéfique de comprendre vraiment leur rôle, d'entendre leur témoignage pour
être en mesure de voir s'il y a quelque chose, même pour la ministre, de bien
comprendre comment nous pouvons pallier si le gouvernement décide de
continuer... tête en bas, de foncer pour dire : Nous, nous allons
poursuivre avec l'abolition. D'au moins comprendre la réalité sur le terrain,
parce que l'autre chose qu'on sait, c'est qu'il y a eu zéro consultation. Les
groupes ont su, lors du dépôt de ce projet de loi qu'il était pour être aboli.
Ce n'est pas comme ça qu'on devrait travailler. Un gouvernement sain et
responsable fait des consultations. Un gouvernement sain et responsable fait
aussi un analyse d'impact.
On n'a aucune idée comment l'abolition de
la commission d'évaluation de l'enseignement collégial va avoir un impact sur
nos étudiants, sur le réseau. Est-ce que nous sommes en train de... de perdre
une expertise nationale indépendante qui assure la qualité au sein du réseau?
Il me semble que oui. Et la moindre de choses aurait été, au moins pour les
membres de la commission, d'entendre ce groupe un 10 minutes de témoignage,
avec un 35 minutes d'échanges avec eux, pour bien comprendre le pourquoi et
aussi pour leur entendre, pour voir si peut-être ils ont des recommandations.
Parce que c'est ça le témoignage pour les gens qui passent en commission
parlementaire, le but c'est de leur entendre leur voix et d'aussi prendre en
considération, ça se peut qu'ils ont des amendements, ça se peut qu'ils ont des
suggestions, ou ça se peut qu'ils vont dire : Non, non, honnêtement, c'est
vraiment pas une bonne idée, parce que... Moi, je ne crois pas honnêtement, M.
le Président, que le ministère de l'Enseignement supérieur pourra prendre cette
responsabilité et aussi s'assurer une indépendance en termes d'évaluation de
comment ça fonctionne au sein du réseau collégial. Je ne crois pas, ça ne fait
pas partie de leurs rôles. Leurs rôles, c'est différent, sont parallèles et ne
croisent pas, et pour cette raison, on garde la neutralité. Mais si on va faire
un jumelage, bien, c'est clair, on va avoir toujours des inquiétudes, puis les
gens vont se questionner. Ça fait que si on continue de cette manière, on va
avoir plein de questions par rapport à l'indépendance des évaluations parce que
c'est l'instance où ils font toutes ces évaluations.
C'est la même chose pour la Commission de
la fonction publique. Mon collègue de Marguerite-Bourgeoys l'a bien dit. On se
questionne quand même le séquence des événements. Le mois de mai de cette
année, la Commission de la fonction publique a quand même déposé un rapport
accablant en ce qui concerne le gouvernement, puis oups, maintenant, il se
retrouve à l'intérieur du projet de loi 7 puis on les abolit. Un plus un, des
fois ça fait deux, mais c'est sûr, on est en train d'abolir un instance
indépendant, mon collègue l'appelle le chien de garde, moi, je... le
contrepoids. Chaque gouvernement, peu importe c'est qui qui est au pouvoir, a
besoin d'un contrepoids. C'est important, c'est important. C'est comme ça qu'on
peut assurer un sain gouvernance de l'État. Il faut avoir un débat, il faut
entendre toutes les parties prenantes. Ce n'est pas à bâillonner tout le monde
que nous allons pouvoir poursuivre de cette manière. Ça va être important de
les entendre.
La Commission de fonction publique est
quand même une institution, encore une fois neutre, indépendante. Et je
questionne aussi les orientations du gouvernement en ce qui concerne le
transfert de leurs responsabilités au Tribunal d'administration de travail.
Comment est-ce que cette instance peut garder une neutralité? Comment qu'ils
vont garder la cohérence quand le TAQ pourrait mener une enquête contre un
fonctionnaire et formuler une recommandation disciplinaire, tandis que ce même
fonctionnaire pourrait ensuite exercer un recours aux dates pour contester la
mesure? Bizarre, non? Il me semble que, juste pour cette raison, ça aurait été
très logique d'entendre la Commission de la fonction publique ici. Ça aurait
été très intéressant d'entendre leur point de vue, aussi de comprendre leurs
rôles, parce que oui, ils produit des rapports, oui, ils tient le
gouvernement... ils tient le gouvernement pour qu'ils gardent leurs
responsabilités, puis qu'ils demandent une excellence de l'État, oui, c'est
sûr, puis ça va être très... très difficile peu importe c'est qui qui est au
gouvernement peut-être d'atteindre ce niveau d'excellence, mais c'est aussi un
instance qui...
Mme Maccarone : ...travaille
avec les lanceurs d'alerte. Là, les lanceurs d'alerte, ils vont aller où? À des
instances du gouvernement? Parce que, si je comprends bien, on va avoir aussi
autres responsabilités qui vont être transférées au Conseil trésor. Comment
est-ce que ça, ça va fonctionner pour les personnes qui souhaitent dénoncer
parce qu'ils ont quelque chose à dire? Mais là, on est en train de dénoncer
auprès de nos employeurs, auprès des gens que nous jugeons ont besoin de faire
un changement de façon de faire parce qu'on dit que, bien, ce n'est pas correct
ce qu'ils font. Mais là, je vais aller où pour faire ça? C'est pour ça que la
Commission de la fonction publique existe aussi. C'est la voix de nos
fonctionnaires, mais c'est aussi le contrepoids. Ça me désole qu'on parle
toujours de la centralisation de pouvoir.
Si on avait un... une épargne à avoir, on
va sauver de l'argent, j'aurais dit : OK, je comprends. Mais c'est
tellement peu d'argent que nous allons sauver. C'est... honnêtement, c'est des
cennes que nous allons sauver. Mon collègue l'a dit, c'est 0,2 % du budget
du gouvernement. Tous les... tous les fusions confondus.
• (11 heures) •
Mais on a deux instances ici qui sont
fondamentales et très important d'entendre ici, en commission parlementaire. Ça
manque pour moi, comme parlementaire, comme élue ici autour de la table de bien
comprendre leur point de vue, parce qu'il n'y a rien qui remplace une
présentation, il n'y a rien qui remplace le un sur un. Un mémoire, c'est
parfait, je vous remercie tous les personnes qui nous ont envoyés des mémoires,
et je ne sais pas pour vous collègues, mais moi, je reçois énormément de
courriels dernièrement en ce qui concerne le projet de loi sept, puis les gens
qui sont très inquiets. Mais, au-delà de ça, il n'y a rien qui remplace un
échange parce que je ne peux pas poser des questions à un mémoire, puis je ne
peux pas poser des questions à un texte que je reçois, mais avec une personne
qui vient témoigner, oui, c'est là où nous avons la possibilité d'avoir des
échanges pour bien comprendre.
Puis ça aurait été utile non seulement
pour l'opposition officielle, mais aussi pour la partie gouvernementale,
d'entendre les experts concernés. Pas les doléances... parce que moi, ce que je
dis aussi, M. le Président, ce n'est pas des gens qui sont comme : Au
secours, mais là, mon poste sera aboli. Ce n'est pas ça, c'est des gens qui
sont investis dans une expertise qui existent, puis ils ont des craintes que
cette expertise va disparaître. Il y a des craintes qu'une façon de faire qui
est quand même neutre, indépendant et cohérent sera mis fin parce que le
gouvernement ne sont pas là pour écouter. Tout ça pour dire M. le Président, il
me semble que ce serait important pour nous d'écouter ces groupes. Et j'appuie
la motion préliminaire de mon collègue.
Le Président (M. Laframboise) : Merci,
Mme la députée de Westmount—Saint-Louis. Est-ce que j'ai d'autres collègues qui
veulent intervenir? Ça va? Aucune intervention? Est-ce qu'il y a une
intervention, gouvernement? Ça va? Donc... prêt à voter? Donc, s'il n'y a pas
d'autres interventions, nous allons procéder à la mise aux voix. Est-ce que la
motion proposée par la députée de Laurier-Dorion est adoptée? Et là, on a un
vote par appel nominal, Mme la secrétaire, veuillez procéder à l'appel nominal.
La Secrétaire : Alors, M. Fontecilla
(Laurier-Dorion)?
M. Fontecilla : Pour.
La Secrétaire
: Mme Lachance
(Bellechasse)?
Mme Lachance : Contre.
La Secrétaire
:Mme Bourassa (Charlevoix—Côte-de-Beaupré)?
Mme Bourassa : Contre.
La Secrétaire
: M. Lemay
(Masson)?
M. Lemay : Contre.
La Secrétaire
: M. Tremblay
(Dubuc)?
M. Tremblay : Contre.
La Secrétaire
: M. Beauchemin
(Marguerite-Bourgeoys)?
M. Beauchemin : Pour.
La Secrétaire
: Mme Maccarone
(Westmount—Saint-Louis)?
Mme Maccarone : Pour.
La Secrétaire
: M. Laframboise
(Blainville)?
Le Président (M. Laframboise) :
Abstention.
La motion est rejetée. Est-ce qu'il y a
d'autres motions préliminaires qui sont déposées? Non. Oui? Excusez-moi. Vous
avez une motion préliminaire, M. le député de Marguerite-Bourgeoys, vous pouvez
la lire.
M. Beauchemin : Donc, on y va
avec...
Le Président (M. Laframboise) :
Attendez, compte tenu qu'on ne l'a pas, on va suspendre quelques instants parce
qu'on a on ne l'a pas reçu, donc il faut être capable de l'inscrire, d'être
capable de la projeter à l'écran. On va suspendre quelques instants. Merci.
11 h (version non révisée)
(Reprise à 11 h 07)
Le Président (M. Laframboise) :
Oui, donc la motion étant à l'écran, motion déposée par le député de
Marguerite-Bourgeoys, la parole est à vous, M. le député.
17953 19307 M. Beauchemin : Merci
beaucoup, M. le Président. Donc, nous, ce qu'on souhaite ici, c'est qu'on
puisse...
Une voix : ...
M. Beauchemin : Ah, il faut
que je la lise, d'accord. Excusez, merci. Donc : «Conformément à l'article...»
Je lis toute ça, là?
Une voix : Oui.
M. Beauchemin : OK. «Conformément
à l'article 244 du règlement de l'Assemblée nationale, je fais motion afin que
la commission des finances publiques, dans le cadre de l'étude du projet de loi
n°7, Loi visant à réduire la bureaucratie, à accroître l'efficacité de l'État
et à renforcer l'imputabilité des hauts fonctionnaires, demande à la ministre
responsable de l'administration gouvernementale et de l'efficacité de l'État et
présidente du Conseil du trésor de déposer d'ici la prochaine séance des
documents explicatifs permettant d'apporter un éclairage, un éclairage
supplémentaire à la Commission dans l'exécution de son mandat. Qu'à cette fin,
le Conseil du trésor transmette à la Commission les documents suivants :
la partie publique du mémoire au Conseil des ministres concernant le présent
projet de loi, l'analyse d'impacts réglementaires et l'analyse différenciée
selon les sexes...
M. Beauchemin : Donc, M. le
Président, quand on... quand on dépose cette motion-là, c'est parce qu'on
essaie d'aider, ici. Ce qu'on veut, là... je comprends que la ministre peut
trouver ça drôle, mais on essaie vraiment d'aider, là, parce qu'on veut quand
même rajouter de la crédibilité, là, ici, pour que le projet de loi puisse être
mieux compris par le gouvernement, en fait, par les instances qui répondent au
gouvernement, par le public dans son ensemble. La partie publique, là, du
mémoire du Conseil des ministres concernant le présent projet de loi, là, il
n'est pas sur le site Web nulle part. Ça fait que c'est quoi les intentions du gouvernement?
La façon que ça fonctionne, là, on a une façon de procéder, là, au gouvernement
du Québec, puis la façon de procéder, M. le Président, c'est que chaque geste
qui est posé par un ministre doit être approuvé par le Conseil des ministres,
puis il y a une façon de faire. La façon de faire, c'est... là, on va y aller
par règlement, voici, vous avez le droit de parole, vous avez le droit d'aller
sur la place publique puis de vous présenter avec ce sur quoi nous, Conseil du
ministre, on a tous été d'accord sur le sujet, là. Comment ça se fait que ce
n'est pas encore sur le site, l'approbation du Conseil des ministres? Comment
ça se fait qu'on n'a pas ça? Parce que dans ça, M. le Président, là, on devrait
avoir la raison d'être de l'intervention, là. La raison d'être du projet de
loi. On devrait nous expliquer, là, qu'est-ce qu'il en est de ce que l'objectif
ultime du gouvernement est? Qu'est ce qu'il y en est, là, de la vraie économie
qu'on souhaite, puis pourquoi qu'on le fait? Ça, normalement là, c'est un
document qui est public. La partie publique du mémoire au Conseil des
ministres, là, concernant le projet de loi, là, ça devrait être déposé, puis on
devrait tous y avoir accès. Parce que cette partie là, M. le Président, là, ça
nous démontre quoi? C'est les intentions du gouvernement. Donc, c'est quoi la
raison pour laquelle on veut faire ce projet de loi, là? Ça, c'est essentiel de
savoir pourquoi. On parle de transparence. Encore une fois, là, revenons à la
base ici, on parle de la bonne gouvernance, bien il y a des règles qui sont en
place, comment ça fonctionne, l'État québécois, là. C'est une des meilleures
pratiques qu'on a, là, de s'assurer justement là qu'on suit la façon de faire
pour que tous puissent y avoir accès, pour que la démocratie soit aux faits et
gestes de ce gouvernement-là. On aurait dû, mais on ne l'a pas.
• (11 h 10) •
On devrait avoir un petit peu d'idée à
savoir, comme, qu'est ce que ça va avoir comme conséquences pour les partis,
les gens qui sont affectés? Qu'est-ce que ça va coûter? Combien ces gens-là
vont être indemnisés? On devrait avoir une idée de combien ça coûte, M. le
Président. Puis si la chicane explose, là, dans la façon de faire lorsque ce
projet de loi là va être appliqué, s'il l'est un jour, M. le Président, là, il
y a-tu déjà un mécanisme en place qui a été prévu pour arbitrager des chicanes,
des griefs qui peuvent avoir lieu? C'est important, ça, M. le Président, là.
C'est quoi le processus qu'on a mis en place, là, pour analyser le tout? C'est
quoi le processus, là, qu'on a mis en place pour comprendre comment ces
décisions-là ont été faites? Il n'y a rien de ça dans le projet de loi qui a
été mis, il n'y a rien de ça qu'on peut voir, parce que ce n'est pas déposé
encore, parce qu'on ne le voit pas sur le site du gouvernement, que la partie
publique du mémoire du Conseil des ministres, là, qui concerne le projet de
loi 7, là, ça n'a pas encore été affiché. Ça fait qu'évidemment, on a le
droit de se poser des questions. Puis c'est de même que ça devrait fonctionner,
là. Ça fait que là, on parle d'un projet de loi qui élimine des
contre-pouvoirs, puis à sa face même, n'est même pas transparent envers le
public. Ça fait qu'on a des sérieuses questions là-dessus, M. le Président.
Pourquoi est-ce que le Conseil du trésor ne rend pas publique cette partie-là
du rapport? On a...
M. Beauchemin : ...tous droit
à cette information-là. Moi, je croyais qu'il y avait comme une date butoir
puis tout ça, puis là, je me suis fait expliquer, là, que ce n'est pas le cas,
mais que tout bon gouvernement respecte ça. Puis là on a un exemple ici où
est-ce que ce n'est pas le cas. Évidemment, on peut se questionner de la chose.
On a besoin de transparence pour juger des intentions, parce que c'est ça le
but ultime ici, M. le Président, là, on veut comprendre les intentions du
gouvernement. Ça fait que pour juger des bonnes intentions du gouvernement, on
a de besoin d'avoir de la transparence. On peut... on peut peut-être commencer
avec juste la transparence financière. Je sais, tantôt j'ai dit que 35
millions, là, c'est un arrondissement, là. C'est quand même de l'argent, mais
35 millions, comment en sont-ils arrivés à ces chiffres-là? Parce qu'à date,
là, j'ai un petit peu compris le modus operandi de la CAQ, là, on nous garroche
un chiffre, puis là, quand on arrive, là, pour comme le justifier en arrière,
il y a plein d'hypothèses. Puis quand on regarde ça, là, a posteriori, là, un
an après, parce que j'ai quand même critiqué trois budgets à date, là, puis
trois mises à jour économiques, là, regarde donc ça, toi, un an après, ce n'est
plus tout à fait les mêmes chiffres, ça change. Puis l'écart type, là, si on
parle à des statisticiens qui nous écoute, là, on est à plus de deux écarts
types de la moyenne, M. le Président. On est loin, pas à moitié de la réalité.
Ça fait quand on commence avec quelque chose puis qu'on nous dit : On va
économiser 35 millions de dollars, si toutes choses étant égales par
ailleurs, là, ça peut-être un coût d'une centaine de millions de dollars, ce
projet de loi, à la fin de tout ça, dans un an quand l'application de tout ça
va avoir été essayé. C'est ça, la réalité, M. le Président. Ça fait qu'il n'y a
aucune précision, aucune démonstration que les chiffres sont précis, que les
chiffres sont les vrais qui sont bien calculés. Il n'y a rien de soutenu pour
nous justifier ces chiffres-là.
Ça fait que c'est important qu'on entende
la partie publique du mémoire du Conseil des ministres concernant le projet de
loi 7, comprendre c'est quoi les intentions, parce que si on va dans le détail,
la transparence financière, là, elle n'est pas au rendez-vous depuis sept ans,
M. le Président, là. Combien que les gens vont être payés maintenant dans les
nouvelles entités, ceux qui vont avoir soudainement, là... il y en avait 50, là
ils ont 100 employés, là? Vont-ils avoir le droit d'avoir un ou une personne
qui va les aider? Vont-ils avoir le droit d'engager quelqu'un de plus
finalement, pour compenser? Parce qu'écoute, j'en avais 50, j'en ai 100
maintenant. Je vas-tu avoir le droit d'engager quelqu'un pour m'aider parce que
du jour au lendemain, là, on vient de doubler ma charge de travail? Parce que
si on savait minimalement ça, M. le Président, on pourrait dire : Bien,
là, voyons, c'est assez évident, là. On nous disait qu'on économisait un
salaire, mais force est de constater que non, ce n'est pas vrai, là. Puis
l'objectif, là, est-ce qu'on peut quantifier? Dois-je rappeler que depuis 2018,
avec le gouvernement de la CAQ, juste en paperasse, là, OK, nos PME payent 2.4
milliards de plus par année en paperasse à cause de plein de réglementations
que ce gouvernement-là a mis en place. Puis là, on nous garroche ça, là. Sans
nous quantifier, qu'est-ce que ça va coûter, là? Comment ça se fait que le
FCEI, un organisme à but non lucratif avec un petit nombre d'individus, sont
capable d'arriver avec une donnée, une statistique que personne n'obstine, tout
le monde est d'accord avec ça, mais que le gouvernement qui arrive avec son
projet mammouth, là, avec toute la machine du gouvernement, ne sont pas
capables d'en arriver à dire : Voici combien ça va coûter, voici c'est
quoi qu'on va économiser, voici c'est quoi qui va se passer. C'est quand même
assez surprenant, hein? Ça fait qu'honnêtement, M. le Président, c'est plus
qu'important, là, d'avoir la partie publique du Conseil des ministres. C'est
plus qu'important parce que si le gouvernement, puis c'est ça que je disais
d'entrée de jeu à la ministre tantôt, là, si le gouvernement veut que ça soit
crédible envers les gens, les gens doivent avoir les vraies intentions du
gouvernement. Quels sont-ils... Quelles sont-elles, les vraies intentions?
Jusqu'où, là, le gouvernement est en train de tirer l'élastique. Puis
pourquoi...
M. Beauchemin : ...combien ça
coûte? Parce qu'objectivement, quand une agence de crédit décote un
gouvernement pour mauvaise gestion des finances publiques, on a le droit de
douter des chiffres que ce gouvernement-là va nous donner par la suite, là.
C'est légitime. Donc, on peut douter du 35 millions de dollars d'économie.
J'aimerais ça avoir plus de data, de données, de structure, d'argumentaire pour
nous démontrer comme quoi que c'est vraiment bien fait, ça, M. le Président.
Quand on parle de faire une analyse d'impacts réglementaires, on parle de ça.
On veut comprendre, comme, le sérieux du processus, mais là, on ne sait même
pas les intentions du gouvernement. On ne sait même pas si le gouvernement veut
que certains rapports soient déposés pour voir comment efficace, finalement, le
projet de loi 7 va avoir été, on veut... on ne demande aucunement de... de
données, on n'a pas cette information-là pour mesurer. Puis ça, c'est aussi un
des commentaires qui avait été émis par la chaire de productivité du HEC.
Comment peut-on vraiment penser améliorer l'État quand on ne mesure pas, puis
qu'on n'a pas de données sur comment l'État performe actuellement, à part qu'il
ne performe pas bien puis que les agences de crédit décotent, là, on n'a pas de
mesures, on n'a pas d'indices de référence, on n'a pas de données.
• (11 h 20) •
Moi, je veux savoir si le Conseil des
ministres a eu cette conversation-là, que le Conseil des ministres a dit :
sais-tu quoi? C'est important, là, qu'on aille quand même là, pour la... pour
la vitalité de l'économie québécoise, pour la suite des choses, pour les
prochaines générations, on a besoin de savoir si ce qui se passe actuellement
va être mesuré, quantifiable, exécuté de façon responsable. Puis est-ce qu'on a
mis des objectifs? Comment qu'on mesure le succès, M. le Président? Peut-on...
va-t-on se féliciter, là, juste après avoir été capable de faire approuver ce
projet de loi là, là? Puis après ça, là, on oublie ça, on passe à autre chose.
Ce n'est pas ça que... ce n'est pas ça, bien gérer, là. Ça, c'est comme ne pas
bien gérer, en fait. Ce qu'on a de besoin de savoir, c'est : comment qu'on
va mesurer le succès? Comment va-t-on être capables de dire : ça a été
productif de faire ceci, cela. On a établi des objectifs. Voici, là, l'indice
de référence qu'on doit atteindre, OK. On ne fait pas ça.
Moi, je veux savoir si le Conseil des
ministres a eu cette conversation-là. Je veux comprendre que le gouvernement
qui gère le Québec depuis 7 ans, qui va avoir ajouté 100 milliards, à la fin du
deuxième terme, à la dette des Québécois en huit ans. Je veux voir que ce
Conseil des ministres là a été capable d'avoir, minimalement, cette
conversation-là. Mais on... on paye tous des impôts, M. le Président, là. On
paye tous des impôts, puis c'est important de pouvoir payer ses impôts parce
qu'on en a besoin au Québec. Bien, pour moi, ce qui est plus important, M. le
Président, c'est de m'assurer que le gouvernement est responsable et fiduciaire
de l'argent des Québécois. Donc, je veux entendre, je veux voir, je veux lire,
je veux le voir, la partie publique du mémoire du Conseil des ministres. Dans
ce document-là, on aura une partie de l'information. Puis, tu sais, je ne
m'attends pas à ce que soudainement, là, on ait réinventé la roue, là. Je
m'attends à ce que ce soit, comme, un peu dans la suite des choses. Bien, pour
moi, ce qui est important, M. le Président, je... minimalement qu'on soit
capable d'apprendre de nos erreurs. Minimalement voir que le gouvernement s'est
dit : OK, correct là-dessus, là, on a fait gaffe, là, on a fait gaffe
là-dessus, OK, correct, maintenant, on est en train de faire un gros projet
mammouth, là. On va mettre en place ce que doit pour qu'on puisse aller de
l'avant de façon intelligente. Ça nous prend des indices de référence, ça nous
donne des objectifs. Donc, on comprend comment ça fonctionne. Là, on élimine un
chien de garde, on en parlait tout à l'heure. Quel va être le nouveau chien de
garde? Là, le chien de garde, il est avalé par le Conseil du trésor, M. le
Président. OK? Est-ce qu'on pense tous que c'est une bonne idée, ça? Dans le
mémoire du Conseil des ministres, ça devrait être discuté, ça, M. le
Président...
M. Beauchemin : ...à la base,
il n'y a pas personne ici qui gérerait son entreprise de cette façon. Il n'y a
pas personne, là, qui gérerait sa business avec cette façon de faire, là. Parce
qu'il n'y a aucun banquier qui vous prêterait de l'argent pour gérer une
business de façon aussi croche. Il n'y aurait aucun banquier qui prêterait un
plan... à un plan d'affaires aussi mal ficelé. Ça fait qu'un moment donné, si
tu n'as pas de levier, si tu n'as pas de banque, si tu n'as pas de cash qui
vient d'une institution, si tu n'as pas la capacité de pouvoir avoir des prêts,
bien tu ne peux pas développer ta business. Ainsi soit-il, M. le Président,
parce que t'es peut-être pas entrain de gérer... procéder à une bonne opération
pour faire créer de la valeur, peut-être que ton projet il n'est juste pas bon,
là, M. le Président. C'est très probable, là, OK, que dans le fond, le banquier,
il dise : Tu sais tu quoi, ce n'est pas très bon, cette business-là, on ne
devrait peut-être même pas investir dedans, elle ne devrait pas exister. Bien,
voyons donc, M. le Président, c'est de même qu'on gère l'État, ça ne se peut
juste pas.
Moi, je suis relativement nouveau, là, mon
collègue d'Arthabaska est encore plus nouveau que moi, là, il a quelques mois
derrière la cravate, moi, ça fait trois ans que je suis ici. Je regarde comment
ça se gère à date, là, puis je suis extrêmement déçu. J'aurais cru qu'un
gouvernement de comptables aurait été capable de minimalement mettre en place
des balises, des indices de référence pour qu'on s'assure, minimalement, qu'on
atteint ces objectifs-là, qu'on se compare. Je le vois bien, là, que le réflexe
du gouvernement, c'est de tout le temps se comparer aux pires élèves dans la
classe. Hein, on oublie souvent l'OCDE quand on se compare à la CAQ, on oublie
souvent les États-Unis quand on se compare en termes de performance économique
à la CAQ. Mais, M. le Président, si on veut vraiment laisser un héritage de
saine gestion des finances publiques, de saine gestion des dépenses, de saine
gestion d'État, on se doit d'avoir en place des indices de référence, on se
doit d'avoir en place des objectifs clairs, on se doit de faire la vérification
si on les a atteints. Moi, ce que je vois à date, c'est un gouvernement qui met
en place des patentes, puis qu'une fois que les patentes sont en place, on
passe à la prochaine patente. Ça fait qu'on ne fait pas de suivi. Puis là, on
est en train d'enlever des chiens de garde, M. le Président.
Ça fait que moi, je veux voir la partie
publique du mémoire du Conseil des ministres concernant le projet de
loi 7, parce que je veux voir c'est quoi, les vraies intentions du
gouvernement. Là, je parle de l'analyse d'impact réglementaire. Encore une
fois, si elle avait été faite, on en entendrait parler, hein? Si elle avait été
faite, on l'aurait vu. Ce n'est pas ça, M. le Président. On n'en entend même
pas parler, ils ne l'ont pas fait, M. le Président. Puis c'est drôle parce
qu'il y a quand même d'autres, des collègues de la présidente du Conseil du
trésor qui ont pris le temps d'en faire pour certains de leurs projets de loi,
projet de loi qui était très, très, très spécifique, là, dans un secteur de
l'économie où un secteur d'activité du gouvernement, puis un projet de loi de
près de 400 articles qui touchent 82 lois, on n'en fait pas, d'étude
d'impact. Une étude d'impact, là, pour le projet de loi, là, visant
l'amélioration de certaines lois du travail de votre collègue du ministre du
Travail, là, qui a été déposé en septembre 2025, avant l'adoptation...
l'adoption du projet de loi, 43 pages. On définissait le problème. On a
regardé la proposition du projet de loi. On a fait des analyses des options non
réglementaires, hein, on y a un petit peu... un petit peu à l'extérieur,
l'évaluation des impacts. On y décrit les secteurs qui ont été touchés. Là,
ici, on parle de l'emploi, ça fait qu'on va y aller vers les entreprises, coût
pour les entreprises. J'avoue que c'est peut-être plus facile, hein, faire un
projet, puis une analyse d'impact que pour quelque chose qui est simplement
relié à l'emploi, là, puis qu'on parle juste à nos entreprises. J'avoue que
c'est peut-être plus facile. Je peux comprendre, le gouvernement de... je suis
très sarcastique quand je fais ça, M. le président, je peux comprendre, là, le
gouvernement, là, c'est tellement gros ce projet de loi là. Par quel bout je
vais prendre l'analyse d'impact? Par où vais-je commencer? C'est ça la réalité,
là. On commence par le...
M. Beauchemin : ...un
éléphant, ça se mange une bouchée à la fois. Puis si on n'est pas capable de
faire, minimalement, une étude de 43 pages comme le collègue a fait au travail,
puis qui a, évidemment, un énorme point, mais c'est très, très spécifique, là,
par rapport à des entreprises, là. Comment voulez-vous que le monde comprenne
puis soit d'accord avec l'approche du gouvernement? L'analyse d'impacts
réglementaires, là, ça peut avoir des économies pour les entreprises, des
systèmes de coûts, des économies pour la fonction publique, des hypothèses
utilisées, l'appréciation pour les emplois, l'appréciation pour les finances
publiques. Que pensent les agences de crédit? Quelle va être la compétitivité
de l'État? Est-ce qu'on est capable de la mesurer en gain de productivité?
A-t-on parlé, hein, de ça avec les gens impliqués, que ce soit ici, au Québec,
ou à l'extérieur du Québec? Est-ce qu'on a des personnes qui ont été attitrées
pour, vraiment, voir si ces objectifs-là vont être atteints? Est-ce qu'on a
vraiment réfléchi, là, à l'extérieur des sentiers battus? Je trouve ça spécial,
M. le Président. Je comprends que le ministre du Travail a annoncé beaucoup,
là, en avance que son projet de loi allait arriver un jour. Je comprends qu'il
a pris le temps, là, de se préparer pour en arriver à faire une analyse
d'impacts. Je comprends, aussi, qu'on est en dernière session parlementaire
puis que là, le gouvernement se réveille puis qu'on est malheureusement au plus
bas dans les sondages. Pourquoi? Parce que ça fait sept ans qu'on gère tout
croche, puis que là, finalement, bien, c'est le temps de faire une opération
marketing où est ce qu'on va se dire :On va dire, minimalement, aux
Québécois, là, qu'on est en charge de la machine puis qu'on va vraiment
travailler pour l'efficacité de la chose.
• (11 h 30) •
Ça fait que comprends que la présidente du
Conseil du trésor, elle s'est fait imposer ça, dernière minute, là, après le
caucus processionnel : Ah! OK, voici ce qu'on doit faire, on doit
absolument faire ça parce que ça, ça va nous faire revenir, puis les Québécois
vont vouloir voter pour la CAQ parce que nous autres, on est en charge
maintenant, là, on a toute cochonné les finances publiques, on a dépensé 60 %
de plus dans les six dernières années, sept dernières années, mais là, c'est
correct. On va être responsable, là. Si... mais... c'est parce que c'est
gigantesque comme projet, là. Ça aurait dû être fait jour un. Après l'élection
de 2018, le gouvernement aurait dû continuer ce que le Parti libéral du Québec
faisait, c'est-à-dire : évaluation annuelle des programmes, s'assurer que
ça fonctionne, puis si ça ne fonctionne pas, on corrige. Si ce n'est pas
corrigeable, on cancel, on passe à autre chose. On est fiduciaire de
l'argent des Québécois, M. le Président. Ça aurait été la moindre des choses.
Comment qu'on en est arrivés, nous autres, à avoir cette approche-là? Je ne
sais pas, c'est tu parce qu'on avait peut-être pas autant de comptables, mais
des gens qui comprenaient comment ça se gère vraiment, une business?
C'est tu parce qu'on avait des gens qui avaient, comme, vraiment travaillé, là,
dans le milieu privé, là, puis qui avaient vraiment comme, eu des projets,
hein, qu'ils ont été capables de réussir, puis qu'eux aussi, donc, de par le
passé, ont fait des analyses d'impacts avant d'engager des centaines de
millions de dollars, puis de capital d'actionnaires privés et/ou d'emprunter à
une banque. Ils ont peut-être fait ça, les anciens membres du caucus libéral,
de 2014 à 2018. Pourquoi que la CAQ est arrivée en 2018 puis a toute scrappé ce
réflexe-là? là. Puis que là, on se réveille sept ans plus tard. Puis que là,
là, rendus dans la dernière année, les sondages sont trop bas, puis là, on se
réveille : Tiens, toi, c'est ça que ça nous prend. On devrait faire le
projet de loi 7. Puis qu'ils n'ont fait aucune analyse d'impacts.
Malheureusement, M. le Président, vous
comprendrez que les gens vont regarder ça, puis ils vont être sarcastiques, là,
par rapport à ça. Parce que c'est fait brouillon, c'est fait sur un coin de
table puis c'est arrivé comme ça, là, c'est une opération marketing, puis on ne
nous dit même pas les... la partie publique du mémoire du Conseil du ministre,
on ne la rend même pas publique sur le site du gouvernement, puis on ne fait
pas aucune analyse d'impacts réglementaires. Pourtant, c'est la bonne
gouvernance de le faire. M. le Président. Bien, moi, je suis un peu, pas mal,
énormément déçu de l'approche gouvernementale, puis tout à l'heure, on va
rentrer dans le détail, puis on va y aller...
11 h 30 (version non révisée)
M. Beauchemin : ...étape par
étape, là, pour le démontrer. Mais quand on n'est même pas capable de
comprendre que le concept même de l'économie d'échelle, c'est lorsqu'on essaie
de fusionner des actifs fixes, des frais fixes, puis qu'on dit on utilise le
même terme en faisant des fusionnements de frais variables, on ne fait qu'illustrer
devant tous et chacun qu'on ne comprend pas les principes de base de la gestion,
M. le Président, puis ça, c'est inquiétant. C'est inquiétant pour les gens du
monde des affaires qui nous regardent, les économistes, les chaires de
fiscalité, les chaires... les instituts économiques du Québec, il y en a
plusieurs. Ces gens-là, regardent ça puis ils se disent : Oui, OK, le
cosmétique, il est beau, là, ça a l'air d'être des super belles intentions,
mais je ne fais pas confiance en dessous. On ne comprend pas même la réalité au
gouvernement, ça fait que pour qu'on puisse dialoguer avec les parties
prenantes de la société civile sur les intentions de ce projet de loi-là, on
aurait dû normalement, M. le Président, publier la partie publique du mémoire
au Conseil des ministres pour qu'on puisse connaître les intentions de tous et
chacun de ces ministres-là face à ce projet de loi mammouth, là. On aurait dû
faire une analyse d'impact en amont, là, on aurait dû établir des indices de
référence, on aurait dû établir des objectifs, on aurait dû quantifier le tout,
on aurait dû être capable de voir vraiment, là, OK, le résultat financier de
tout ça. Puis je pense qu'à sa face même, si vraiment c'est 35 millions de
dollars, là, que le gouvernement pense qu'il va être capable d'économiser, là,
plus ou moins deux écarts types, là, on aurait dû comme se poser la question :
OK, il me semble qu'on va se faire questionner là-dessus, là, parce que ça, ce
n'est pas crédible, là. Ce n'est pas solide, là, ça, M. le Président, là. Puis je
ne vous reviendrai pas, là, sur les deux cercles totalement indépendants qui n'ont
pas de zone commune, là. Je ne parlerai pas d'analyse géométrique, là. Moi, je
parle d'analyse d'impacts réglementaires, la base, M. le Président. Puis on ne
l'a pas fait à la CAQ.
Donc, c'est pour ces raisons que,
conformément à ce que l'Assemblée nationale nous permet de faire, je présente
cette motion-là pour que, justement, dans l'esprit de faire en sorte d'aider ma
collègue présidente du Conseil du trésor à rendre la chose plus crédible et
plus digeste par tous les gens qui nous écoutent, OK, moi je veux qu'on nous
présente de façon claire, nette et précise la partie publique du mémoire du
Conseil des ministres concernant le présent projet de loi. Puis je veux
vraiment voir une analyse d'impact en bonne et due forme, là. Minimalement, là,
elle devrait avoir un multiple de pages de ce que le collègue au ministère du
Travail a fait, qui, lui, c'était pour un segment très précis de l'économie.
Ici, on ratisse tout partout, ça fait que si ce n'est pas 43 pages, M. le
Président, là, je vais être plus que déçu parce que selon moi, ça devrait être
minimum 120 pages. Voilà, merci, M. le Président.
Le Président (M. Laframboise) : Merci
beaucoup, M. le député de Marguerite-Bourgeoys. D'autres... Des interventions?...
Des interventions? Oui, Mme la députée de Westmount—Saint-Louis.
Mme Maccarone : Oui. Je veux
prendre le temps du chef, s'il vous plaît, M. le Président. Juste pour le
mentionner.
Le Président (M. Laframboise) : Non,
c'est 10 minutes.
Mme Maccarone : 10 minutes?
Le Président (M. Laframboise) :
C'est ça, parce que Monsieur était celui qui a déposé...
Des voix : ...
Mme Maccarone : Lui, il est
l'auteur... moi je... Oui, c'est ça...
Le Président (M. Laframboise) :
Oui, oui. Vous avez le droit.
Mme Maccarone : ...Moi, j'ai
30 minutes, M. le Président.
Le Président (M. Laframboise) : Parfait,
merci, Madame. C'est bon, allez-y. Vous avez le droit, 30 minutes.
Mme Maccarone : Désolé, Mme
la ministre. Merci. Je sais que Mme la ministre est de bonne foi. Tu sais... je
sais qu'elle nous écoute avec une grande attention, parce que nos arguments
sont solides, intéressants, concrets. Alors, je suis contente qu'elle est là
avec nous, en cette Commission, pour nous entendre, parce que nous, en tout
cas, moi, ce que j'espère, c'est que la ministre va voir que les interventions
que nous portons ici en Commission, c'est pour la faire mobiliser de son côté,
pour écouter, pour peut-être changer un peu la façon de faire au sein du
gouvernement. Parce que, oui, c'est un projet de loi énorme, c'est un projet de
loi mammouth, c'est un projet de loi qui va avoir un impact majeur sur le
terrain. Et il me semble que ce serait important que le gouvernement prend en
considération les recommandations en ce qui concerne les...
Mme Maccarone : ...intervention
que nous faisons actuellement au début de l'étude détaillée de ce projet de
loi. Ce qui est proposé ici par mon collègue pour entendre la partie publique
du mémoire du Conseil des ministres concernant le projet de loi, l'analyse
d'impact réglementaire et aussi l'analyse différenciée selon les sexes. J'étais
vraiment contente qu'on a pu jaser de ça, puis très désolée, évidemment, qu'on
peut constater qu'il n'y a aucun ADS qui a été fait en ce qui concerne le
projet de loi n° 7. Mais c'est d'une grande déception, M. le Président,
parce que ça fait partie quand même des engagements que nous avons tous ici,
chaque élu a adopté à l'unanimité les initiatives publiques égalitaires pour
toutes et tous. Puis ça, c'est quelque chose qui était adopté en 2022, qui est
en vigueur jusqu'à 2027, c'est un cadre de référence pour les projets pilotes
ou tous les projets de loi pour analyse... analyser et différencier selon les
sexes dans une perspective intersectionnelle. Et pourquoi que c'est important,
ça? C'est parce qu'on peut voir comment les projets de loi ont quand même un
impact différent sur des femmes, alors on a pris l'engagement de faire cette
étude compréhensive avant le dépôt d'un projet de loi, que ça fait partie d'un
mémoire déposé auprès du conseil du ministre et quelque chose qui fait partie
aussi d'une analyse d'impact réglementaire, c'est des éléments clés. Ça me
désole qu'on ne l'a pas ici parce que c'est un projet de loi qui va
probablement avoir un impact sur les femmes.
• (11 h 40) •
Je veux juste quand même, pour les gens
qui nous écoutent, pour qu'ils comprennent c'est quoi les objectifs et
fonctions d'un ADS. Oui, c'est pour identifier les impacts différents, parce
qu'un ADS permet à décerner de manière préventive les effets distincts d'une
mesure sur les hommes et les femmes, par exemple j'ai eu la chance de siéger
pour le débat du projet de loi n° 111 qui a été la loi visant à
l'amélioration de certaines lois du travail, santé et sécurité, c'était ça ce
projet de loi et malheureusement aussi pour ce projet de loi, il n'y a pas eu
une analyse différenciée selon les sexes, et c'était problématique parce qu'on
avait très bien vu que, comme par exemple pour le FIQ ou pour le réseau de
santé, ou bien pour le réseau de l'éducation, c'est primordialement des femmes
qui oeuvrent dans ces domaines. Dans... la question du FIQ, c'est 80 % de
leurs membres sont des femmes. Malheureusement, il n'y a pas eu une ADS, puis
on voit tout de suite l'impact sur les femmes, parce que pour le projet de loi
n° 111, qui est maintenant adopté, en vigueur, on parle de... les mesures
de santé et sécurité pour protéger les employés qui oeuvrent dans ces
domaines-là. Ça fait que le réseau privé sera protégé, mais le réseau public
non, même si on a l'obligation comme l'employeur, ici à l'État, de faire la
démonstration que nous sommes les leaders. On ne l'a pas fait. Mais en plus de
ça, il y a un impact néfaste sur les femmes parce que les femmes seront moins
protégées dans le réseau scolaire, seront moins protégées dans le réseau de
santé. C'est pour ça qu'on a besoin d'avoir une ADS pour identifier les impacts
différents. Ça peut aussi nous aider à adapter les interventions. Ça nous aide
à comprendre les besoins spécifiques. C'est... c'est là pour nous aider à
concevoir des solutions plus appropriées pour assurer l'égalité entre les
genres. Un exemple, c'est comment que nous pouvons adapter les programmes de
santé pour mieux cibler les besoins pour les femmes. Ça fait qu'on a, exemple, le
projet de loi 2 qui fait fureur partout parce que tout le monde sont
contre le projet de loi 2, sauf le gouvernement, mais on voit l'impact sur
les femmes, comme par exemple avoir accès à des radios... les radiographies
pour le cancer aux seins. On a fait un débat de ça en chambre la semaine
passée, M. le Président. C'est important d'avoir un ADS, si c'est juste pour
avoir ces fines pointes. Mais on a des experts qui peuvent nous aider à faire
ça. Le Conseil du statut de la femme sont là, le conseil, ils sont là pour nous
aider à avoir cette compréhension et aussi pour outiller le gouvernement de
s'adapter. Outiller le gouvernement quand on parle aussi des mesures que nous
pouvons mettre en place, comme les bracelets antirapprochement ou peut être le
fait que le gouvernement a décidé de ne plus poursuivre avec les agents de
probation qui vont faire des suivis avec des victimes où leur agresseur porte
un bracelet antirapprochement. Tout le monde le dit, il va y avoir un impact.
C'est clair pour un gouvernement qui parle de la loi et l'ordre, bien là on
va... on va la mettre de côté...
Mme Maccarone : ...M. le
Président, mais un ADS, ça nous aide à identifier exactement ces besoins-là,
parce qu'il y a un impact sur les femmes. Ce projet de loi, c'est clair, va
avoir un impact. Ça fait que c'est un grave erreur du gouvernement qu'on n'a
pas d'ADS. Ça nous aide aussi à évaluer, à ajuster, mais il y a aussi l'autre
élément qui est très important, puis très intéressant, c'est d'intégrer aussi
l'intersectionnalité. Parce que quand on parle des femmes, on peut parle des
femmes en situation de handicap, on peut parle des femmes avec un orientation
sexuelle qui n'est pas hétérosexuelle, on peut parler des complexes réalités
vécues par les femmes racisées, mais on n'en parle pas ici.
Malgré qu'on a la Commission de fonction
publique qui est là pour protéger leurs membres et aussi pour faire des
analyses en ce qui concerne le gouvernement et les mesures qu'ils mettent en
place, travaillent avec les lanceurs d'alerte, puis ça se peut qu'ils vont
travailler avec des lanceurs d'alerte qui vont dire qu'il y a de la
discrimination envers les femmes, mais on n'a pas fait cette analyse. C'est un
oubli vraiment important parce que ça nous aide à collecter les données, à
analyser les données, de mettre en plan une conception d'un plan d'action, la
mise en œuvre et le suivi évaluation parce que ça, c'est l'autre chose que nous
devons faire, puis malheureusement, on n'a pas d'ADS, ça fait qu'on ne peut pas
le faire.
Ça fait que moi, je ne comprends pas, puis
j'essaie de convaincre le gouvernement que nous avons besoin de ceci parce
qu'encore une fois nous l'avons adopté, tous les élus confondus, à l'unanimité
qu'on prend cet engagement envers tout le cadre législatif que nous sommes en
train de débattre ici, à l'Assemblée nationale. Mais je peux dire que je ne
suis pas vraiment surprise, par contre, parce que c'était aussi un projet de
loi où le gouvernement n'ont fait aucune consultation, ça fait qu'on n'a pas
d'ADS, on ne sait même pas s'il y a un analyse d'impact réglementaire, on sait
qu'il y a un mémoire qui a été déposé auprès du Conseil du ministre... des
ministres. On le sait, mais c'est de l'information, soit qui n'est pas publique
ou qui n'existe pas ou bien on a dit : Bon, bien l'ADS, là, c'est
peut-être trop de travail, c'est... on ne veut pas s'investir, on s'en fout de
l'impact de nos projets de loi, alors on ne va pas poursuivre, malgré qu'on a
adopté ce processus de règlement, malgré qu'on le fait d'une façon unanime,
bien c'est juste de la poudre aux yeux, dans le fond, c'est ça. C'est ça,
c'était juste des beaux mots, mais on ne va jamais le mettre en vigueur. Alors
c'est quand même une déception, mais, encore une fois, pas surprise, pas de
consultation, mais ça fait questionner beaucoup le processus lors du dépôt des
projets loi du gouvernement, beaucoup.
Parce que mon collègue de
Marguerite-Bourgeoys l'a dit, manque de transparence, c'est inquiétant. Le
manque de transparence, ça fait créer toute sorte de présomption des autres
personnes. Hein, pourquoi qu'ils n'ont pas fait ça? Est-ce que ça veut dire
c'est parce qu'il va y avoir un impact négatif, puis ils ne veulent pas
partager? Est-ce que c'est parce qu'on a des craintes? Est-ce que c'est parce
que nous avons des préoccupations? Mais on n'a aucune idée parce qu'on n'a pas
accès à une analyse d'impact réglementaire. Ça se peut qu'ils l'ont fait, on
n'a aucune idée. On espère que ce serait le cas, mais le fait qu'on n'a pas une
copie, le fait que le gouvernement ne l'a pas mis public, le fait que le
gouvernement n'a pas mis public la partie publique du mémoire déposé au Conseil
des ministres, bien c'est la démonstration qu'il n'y a pas de transparence.
Puis ça... ça donne l'impression, comme,
nous avons quelque chose à cacher. On ne peut pas penser autrement, sinon
déposer le, voter en faveur de ce motion préliminaire. Comme ça, nous pourrions
prendre en considération tous les membres de cette commission et le public.
Parce que l'autre chose, là, il faut dire tout ce qu'on fait ici, filmer,
documenter, pour une très bonne raison, on a des auditions pour une très bonne
raison, c'est parce que chaque fois qu'on a un projet de loi qui est déposé,
qui est débattu en commission parlementaire, ça appartient à la population, ça
appartient à la société civile. Puis ils ont un droit de savoir qu'est ce que
nous faisions. Nous sommes, encore une fois, je le répète souvent, des
porte-parole pour bien porter la parole de nos citoyens et citoyennes, il faut
bien savoir qu'est-ce qu'ils en pensent, mais eux, ils ne peuvent même pas
formuler une bonne opinion parce qu'ils n'ont pas accès à toutes les données, à
tous les documents, parce que le gouvernement soit ne les rend pas publiques ou
bien, encore plus inquiétant, on ne l'a pas fait. Si c'est qu'on n'a pas fait
une analyse d'impact réglementaire, c'est grave, M. le Président, c'est la
démonstration d'un manque de rigueur, un manque de rigueur important parce
qu'on n'a aucune idée sont quoi les coûts, est-ce qu'il y a des coûts associés
avec le projet de loi 7? Je comprends, le but, c'est de sauver de
l'argent. Je comprends que même le titre Loi visant à...
Mme Maccarone : ...réduire la
bureaucratie, à accroître l'efficacité de l'État et de renforcer l'imputabilité
des hauts fonctionnaires». Mais on n'a pas fait une étude pour voir si ça va
fonctionner. On n'a pas fait une étude pour voir si est-ce qu'on va avoir des
coûts associés avec toutes ces fusions? On l'a bien dit, moi, je ne connais
aucun fusion où on a mis deux entités ensemble qui n'a pas pour engendré des
coûts, même si c'est juste pour changer les enseignes, même si c'est juste pour
changer l'identité numérique. Il y a des choses qui vont engendrer des coûts,
ça fait que ce n'est jamais à coût nul. Est-ce qu'on a fait cette analyse?
Est-ce que ça, c'était calculé dans le 36... le 35 millions de dollars que
le gouvernement estime qu'ils vont pouvoir sauver avec le projet de loi 7? Bien
là, on ne le sait pas, parce qu'on ne sait pas, aussi, comment qu'ils ont fait
le calcul pour avoir le 35 millions. Comment qu'ils l'ont fait? Peut-être que
ça aurait dû faire partie d'une analyse d'impact, comme ça on aurait pu savoir,
là : ah, bien là, c'est en fusionnant ici, c'est en coupant, c'est en
abolir telle instance que nous pensions qu'on peut sauver de l'argent. OK, ça
aurait fait un débat intéressant, on aurait pu discuter ici et le public aurait
pu dire : on est en accord ou on est en désaccord, mais là, on ne peut pas
le faire parce qu'on n'a pas accès à ces documents. On ne sait pas si c'est
positif, parce que... il me semble que le gouvernement ne déposerait pas un
projet de loi s'il ne pensait pas avoir, quand même, un minimum d'un effet
positif. Mais on n'a aucune idée c'est quoi. Parce qu'on sait... nous, on sait
qu'il va y avoir des effets négatifs, pas besoin d'avoir une analyse
réglementaire pour ça, mais un analyse d'impact réglementaire pour nous donner
toutes les orientations du gouvernement, le pourquoi, voir c'était quoi, le
débat, voir... voir comment ils ont vidé la question, bien, c'est rassurant.
C'est rassurant de savoir que les personnes qui sont au pouvoir ont pris tous
les étapes, ont suivi un processus rigoureux avant de déposer un projet de loi
pour s'assurer qu'on protège la population. Mais avec le projet de loi 7, M. le
Président, je suis désolée, j'ai vraiment l'impression qu'on fait tout le
contraire. Une très bonne exemple : on va fusionner Transplant Québec avec
Héma Québec. Il n'y a personne, à part le gouvernement puis Héma-Québec, qui
sont en accord avec ça. Est-ce que ça, ça fait partie d'une analyse d'impact
réglementaire? Il me semble que ce serait un élément crucial qui fait partie du
mémoire déposé au Conseil des ministres, dont nous n'avons pas accès à la
partie publique. Ça, c'est un élément qui a un impact majeur sur le public, des
personnes vulnérables qui vont être encore plus vulnérabilisées à cause de
cette fusion. Mais on n'a aucune idée si le gouvernement a pris ça en
considération. Tout ça pour sauver 70 postes. 70 postes, puis qu'apparemment,
on ne va même pas sauver parce que : ah! On va les transférer. Ça fait que
ce n'est pas une épargne. C'est quelque chose, aussi, à coût nul. On va tout
débalancer la façon qu'on travaille où tout le monde a dit : si on fait ça,
il va y avoir des décès. C'est clair, on va avoir des Québécois ou Québécoises
qui vont perdre leur vie par un manque d'efficacité, par un manque d'expertise.
L'heure est grave, M. le Président, mais on n'a aucune idée si le gouvernement
a fait cette analyse. On ne sait pas. On ne sait pas s'il pensait que c'était
pour fonctionner, puis si c'était pour fonctionner, bien, explique-nous.
• (11 h 50) •
Hier, il y avait quand même... un briefing
technique, mais dans le briefing technique, c'était juste les
informations de : ah, mais voici ce qu'on fait. Pas le pourquoi, pas le
comment, pas les informations de pourquoi que nous faisions ça, c'est juste la
mise en œuvre du projet de loi. Même là, on n'a pas eu l'information précieux
pour nous faire comprendre les orientations du gouvernement. Moi, je suis très
inquiet sur l'impact de Transplant Québec si on fait la fusion avec
Héma-Québec. Et je répète, M. le Président, les employés, là ils n'ont pas peur
de perdre leur emploi. C'est des employés qui disent que la mission ne
correspond pas avec leur spécialisation, avec leur expertise et leur expérience
comme professionnels... de la santé, il y a des craintes, il y a des
inquiétudes. Écoute, c'est clair c'est des personnes qui vont pouvoir trouver
des emplois ailleurs. Ce n'est pas ça la préoccupation. Mais comment
allons-nous sauver de l'argent à l'État? Comment allons-nous être plus
efficaces? Est-ce qu'on est en train de dire qu'on a des hauts fonctionnaires,
à l'intérieur de ces deux instances, qui sont problématiques? Pourquoi qu'on
fait ça? Qui a eu cette idée de faire cette fusion? Aucune idée, parce qu'on
n'a pas accès aux documents. Qui a eu cette idée de faire ceci? Surtout qu'on a
creusé cette question, M. le Président, en commission parlementaire, quand on a
fait l'étude d'un mandat d'initiative et on avait un constat simple, clair,
tout le monde qui parlait d'une même voix...
Mme Maccarone : ...Transplant
Québec est la place où nous devons garder tous les transferts d'organes, les
greffes, les tissus. Ça devrait être eux, personne d'autre. Un consensus de
tout le monde. Il y a des rapports qui ont été déposés, il y a des collègues
qui siègent dans cette commission qui ont été là pendant qu'on a fait le débat
en commission parlementaire pour ce mandat d'initiative. Mais le gouvernement a
décidé que, bien, on ne va pas écouter tous les travaux qui ont déjà été
entamés, ça ne fait même pas un an, il me semble, puis nous avons fait ce
débat. Puis je remercie, entre autres, le collègue du pont... de Pontiac qui a
fait un travail colossal qui prend à cœur ce dossier, qui a déposé un projet de
loi que le gouvernement peut très bien appeler pour s'assurer qu'on protège le
don d'organes. Mais le gouvernement a jugé apparemment que c'était une bonne chose
de faire cette fusion, mais on n'a aucune idée si ça va fonctionner parce qu'on
n'a aucune idée, on n'a pas accès des documents. Mais je suis très curieuse de
savoir si au moins on a eu une analyse d'impact par rapport à ça. Est-ce qu'ils
ont fait l'étude de comment que nous allons sauver des vies, protéger des vies
ou est-ce qu'on sait d'emblée parce qu'on a comme... Dr D'Aragon qui nous a dit
en commission parlementaire : C'est clair, il va avoir des gens qui vont
décéder. Est-ce que ça, ça fait partie d'une analyse d'impact? Est-ce que...
Puis si c'est le cas, M. le Président, c'est encore plus grave parce qu'on
sait, on sait qu'il va avoir un impact négatif, mais on poursuit quand même.
Inquiétant.
Même chose pour l'effet que le
gouvernement pense que nous pouvons faire le fusion de INSPQ puis INESSS. Deux
instances avec des missions carrément différents. On n'a même pas parlé avec
eux avant le dépôt de ce projet de loi. Ça fait qu'on ne sait même pas s'il y
avait des économies à voir d'une autre manière où nous pouvons aussi protéger
les missions des deux instances, travailler avec eux et non contre eux. Mais
est-ce que ça c'était étudié avant le dépôt de ce projet de loi? Est-ce que ça,
ça fait partie du mémoire qui était déposé au Conseil des ministres? Qu'est-ce
qui pense le ministre de la Santé? Qu'est-ce qu'elle pense, la ministre... la
ministre de Services sociaux? Parce qu'il va avoir un impact sur leur
ministère. On n'a aucune idée parce qu'on n'a pas accès à ces documents, puis
le gouvernement pourra le faire.
Pour le Conseil des ministres, le mémoire,
il pourra le faire, même qu'ils auront une responsabilité de faire, non
seulement pour la société civile, mais pour les élus, parce que nous avons un
rôle tellement important. C'est un pouvoir monumental quand on pense à ce que
nous faisons ici en commission parlementaire, d'adopter des lois qui vont avoir
un impact sur la population, quand nous savons d'avance, suite à tout ce que
nous avons entendu en audition, suite à tous les mémoires qui ont été envoyés
aux membres de la Commission, que je n'ai pas tout lu encore parce que 155, M.
le président, c'est énorme. Tout le monde nous dit que ce n'est pas une bonne
idée, on a un pouvoir extraordinaire, mais je ne suis pas outillé parce que je
n'ai pas toutes les données. Je ne sais même pas pourquoi le gouvernement
poursuit de cette manière, parce que je n'ai pas accès à ces documents. Puis
j'ose croire qu'ils l'ont fait parce que ça fait partie de leur responsabilité.
On ne peut pas déposer un projet de loi sans avoir un mémoire déposé au Conseil
des ministres, ça fait qu'on sait que ça existe. Ça fait que c'est le
gouvernement qui dit : Non, on ne va pas partager ça avec le public. Non,
on ne va pas partager ça avec les élus ici dans cette commission. C'est un
manque de respect, c'est un manque de respect, surtout qu'on sait que ça
existe. Moi, je trouve que ça manque dans notre possibilité de travailler de
bonne foi et de bien comprendre les orientations du gouvernement. Les débats,
là, vont être coriaces. Pourquoi? Parce qu'on n'a pas les informations. Ça fait
que moi je me base uniquement sur ce que j'entends des personnes qui ont
témoigné en audition, tous les courriels que je reçois des gens qui sont en
train de nous alimenter. Je reçois des textos depuis que je parle sans arrêt.
Pourquoi? Parce que les gens ont une grande inquiétude, mais eux aussi ne sont
pas au courant, M. le Président, de pourquoi. Ce serait bien, peut-être au
moins de dire : Mais voici le pourquoi que nous avons pensé qu'on fait ça.
Et oui, nous sommes au courant qu'il va avoir un impact a. Oui, nous sommes au
courant que ça se peut qu'on va avoir une perte d'expertise, mais on a jugé
pertinent parce qu'on sait dans cinq ans, on va avoir la possibilité de faire
XYZ, je ne sais pas, je suis en train d'inventer des choses parce que je n'ai
pas toutes les informations pour être en mesure de répondre à cette question ou
bien de défendre quelques éléments de ce projet de loi.
Moi, j'ai des citoyens, de Westmount—Saint-Louis
qui m'appellent, M. le Président, au quotidien par rapport le projet de loi 7,
encore plus que la Constitution dernièrement, parce qu'il y a des grandes
inquiétudes, parce qu'il y a aussi le projet de loi 2 qui circule, puis
souhaitent savoir pourquoi qu'on fait ça. Comment ça se fait que je ne savais
pas que ce projet de loi était pour avoir un impact tellement néfaste sur ma
vie, sur la vie de...
Mme Maccarone : ...de mes
proches, comment ça se fait que je n'étais pas au courant? Parce qu'il manque de
l'information pour le public à faire leur propre analyse. Ça fait qu'il y a un
inquiétude qui perturbe... perturbe, non, pas perturbe.
Une voix : ...
Mme Maccarone : Perdure,
merci beaucoup. Qui perdure au sein de la population, en tout cas pour moi, je
ne sais pas si vous, les collègues, vous recevez aussi des messages de vos
concitoyens qui partagent quand même des préoccupations. Puis je sais que le
temps file, M. le Président, ça fait que je vous annonce déjà que je n'ai pas
terminé mon intervention, j'ai l'intention de continuer et lors du retour, j'ai
l'intention de partager la voix de ces citoyens ici, pour que le gouvernement
peut entendre les préoccupations parce qu'encore une fois, on n'a toujours pas
accès aux documents qui peut alimenter le débat d'une façon simple.
Le Président (M. Laframboise) : Merci.
Il vous restera, Mme la députée de Westmount—Saint-Louis, 8 minutes,
14 secondes. Compte tenu de l'heure, la commission suspend ses travaux
jusqu'après les affaires courantes. Merci.
(Suspension de la séance à 12 heures)
15 h (version non révisée)
(Reprise à 15 h 24)
Le Président (M. Laframboise) :
La Commission des finances publiques reprend ses travaux. Nous poursuivons l'étude
détaillée du projet de loi numéro 7, Loi visant à réduire la bureaucratie,
à accroître l'efficacité de l'État et à renforcer l'imputabilité des hauts
fonctionnaires. Lors de la suspension de nos travaux ce matin, nous en étions à
l'étude d'une motion préliminaire proposée par le député de
Marguerite-Bourgeoys. J'invite la députée de Westmount Saint-Louis à poursuivre
son intervention. Il lui resterait 8 minutes, 14 secondes...
Mme Maccarone : ...vous allez
me donner juste un instant, M. le Président, je ne savais pas qu'on était pour
reprendre aussi rapidement. Je veux juste mettre...
Une voix : ...
Mme Maccarone : Parce que vous
ne voulez pas m'entendre continuer?
Une voix : ...
Mme Maccarone : Mes arguments
extraordinaires.
Une voix : ...
Mme Maccarone : Mais, M. le
Président... Bien, c'est sûr, les collègues, ils peuvent aussi prendre la...
ils ont 10 minutes, il me semble, par la suite, s'ils souhaitent aussi
contribuer...
Le Président (M. Laframboise) :
Mais c'est parce que...
Une voix : ...
Le Président (M. Laframboise) : Si
je vous interromps pendant que vous avez la parole, je ne peux pas vous la
redonner.
Mme Maccarone : Bien, il n'y
a pas de trouble, M. le Président, je suis généreuse avec mon temps.
Le Président (M. Laframboise) :
Ah oui.
Mme Maccarone : Oui, en effet.
Mais là, on parlait vraiment de, comme j'ai dit, je sais que je l'ai déjà dit,
je vais répéter, c'est un manque de rigueur, puis aussi c'est un manque de
transparence de la part du gouvernement en ce qui concerne les documents qui
n'ont pas été fournis de la part du gouvernement, que ça soit le mémoire qui a
été déposé auprès du Conseil des ministres ou bien l'étude d'impact
réglementaire, ou bien une analyse différenciée selon les sexes. C'est tous les
éléments pour assurer un projet de loi qui est bien ficelé, c'est tous des
éléments pour s'assurer que c'est un projet de loi dont nous avons vidé la
question, au moins de la part du gouvernement, chose qu'on sait ou qu'on ne
sait pas, a été le cas.
C'est très, très, très pertinent, cette
motion préliminaire, M. le Président, parce que je vais dire que, là, je suis
dans ma huitième année comme élu ici, à l'Assemblée nationale. Je pense que
c'est la deuxième fois en huit ans que je n'ai pas eus un mémoire public que je
pouvais lire pour mieux comprendre les orientations du gouvernement. Alors,
encore une fois, la question se pose : qu'est-ce que nous sommes en train
de cacher du public? Pourquoi qu'on ne veut pas dévoiler? Pourquoi qu'on ne
veut pas que le public sache qu'est-ce qui se passe à l'intérieur des discussions
au Conseil des ministres par rapport au projet de loi 7?
Il me semble, je dois supposer, c'est des
présomptions, que c'est parce qu'ils savent d'avance que l'impact va être
majeur sur le réseau, ils savent d'avance qu'on a des vies qui sont à risque,
encore une fois, je répète le fusion entre Héma-Québec et Transplant Québec, il
n'y a personne qui est favorable à cette fusion parce que nous savons tous
qu'ils vont... il y a des vies qui sont à risque, on l'a entendu à maintes
reprises et ils n'ont pas été consultés avant. Ça se peut que ça fait partie du
mémoire qui a été déposé auprès du Conseil des ministres, mais nous, on n'a
aucune idée. Mais le public aussi il mérite à avoir ce transparence, puis avoir
une copie, puis de bien comprendre les orientations.
Mais, plus grave que ça, M. le Président,
je dois dire, là, que l'affaire qu'on n'a pas d'impact réglementaire, une
analyse, c'est aberrant. C'est un manque de respect envers tous les Québécois
et Québécoises, c'est un grave erreur. Si ça existe, sincèrement, il faut
absolument le déposer ici, en commission, pour que les élus en prennent
connaissance. On n'est pas en train de faire un petit changement, ce n'est pas
un petit projet de loi, c'est un projet de loi qui va amender ou même abolir
81 lois qui existent déjà. C'est deux gros tomes, c'est presque
400 articles, c'est un mammouth pièce de législation.
Je comprends encore une fois les
orientations du gouvernement, personne ne peut être contre ça, tout le monde
souhaite que le gouvernement soit plus efficace, tout le monde souhaite que le
gouvernement, finalement, travaille sur la réduction de leur déficit. Tout le
monde souhaite ça. C'est logique, c'est important, c'est trop tard. Il avait
sept ans pour faire tout ce travail. Là, nous sommes rendus avec un fait
accompli, quelque chose que personne n'a été consulté, les groupes, tellement
un manque de respect envers les groupes, ils ne savaient même pas, ils ont su
lors du dépôt du projet de loi. Ce n'est pas comme ça que nous devons faire des
législations.
Puis, à la limite, un analyse d'impact
aidera les groupes à comprendre les attentes. Ça leur donnerait quelque chose à
étudier pour poursuivre leur démarche parce que, moi, ce que j'ai entendu, puis
j'ose croire que tout le monde a entendu la même chose en commission
parlementaire lors des auditions, c'est que les groupes souhaitent aider. Ils
souhaitent mettre leur main à la pâte pour aider le gouvernement à accomplir
leur but. Mais tu ne peux pas leur surprendre à la dernière minute sans
explication, sans dire : Oui, oui, oui, on sait comment ça fonctionne, on
sait qu'on va épargner 35 millions de dollars, mais je ne peux pas
vous dire comment, puis je ne sais pas exactement comment que je vais le faire
parce que, dans le fond, je n'ai pas fait une analyse d'impact. Et si je l'ai
fait, bien je ne veux pas vous partager cette information-là, parce que ça se
peut que j'aie de l'information que je ne veux pas partager avec vous.
C'est..., c'est caché, c'est confidentiel. Pas avec un type de réforme comme
ça. Ce n'est pas petit, on n'est pas en train de changer le nom du titre d'un
comté...
Mme Maccarone : ...ce n'est
pas ça que nous sommes en train de faire. Nous sommes en train de faire une
harmonisation des instances de santé, santé publique dont on va avoir beaucoup,
beaucoup de personnes qui sont préoccupées parce qu'ils ne partagent même pas
la même mission. Il y en a un qui parle de la protection des... des Québécois,
dans le sens où on a une mission pour la prévention, puis on a une mission pour
les actions actuellement. Transplant Québec sont efficaces, c'est... ils sont
là 24 h sur 24, 7 h sur 7, mais ils n'ont même pas une place lors du conseil
d'administration pour le nouvel... les nouveaux fonctions d'Héma Québec et personne
n'est favorable à ça. Et je le répète encore une fois, il y a eu quand même une
commission parlementaire où on avait plein d'élus qui ont siégé et on a un
rapport qui a été déposé, qui disait que le seul organisme qui devrait être
responsable des dons d'organes, c'est Transplant Québec. Et même que la
recommandation, c'est qu'ils devront être responsables du don de tissus aussi.
Puis, ça, plusieurs personnes sont en accord avec ça. Est-ce que ça, ça fait
partie d'un rapport d'impact? Il me semble que ça devrait en faire partie.
Question de dire : on sait avant qu'on a écrit cette législation. Oui, on
le sait, on est sensibles à cet effet et pour cette raison, on l'a analysé et
on prévoit que nous allons vivre avec. Parce que, ça a l'air, ils sont prêts à
accepter ça. Des vies qui vont peut-être se perdre. Des décès. C'est ça qu'on a
entendu de Dr D'Aragon, c'est ça qu'on a entendu de Transplant Québec, c'est ça
qu'on a entendu de plusieurs experts, c'est ça que moi, j'ai lu dans plusieurs
lettres que nous avons reçues, qui ont été déposées auprès des membres de cette
commission. C'est ça que j'ai lu par rapport à tous les commentaires que j'ai
lus, et il me semble que les 100 mémoires qui me restent, que je n'ai toujours
pas lus, ils vont avoir des commentaires directement en lien avec ça. C'est
majeur. Ce n'est pas petit, ce que le gouvernement est en train de faire, et je
veux bien aider. Je veux bien faire mon rôle de parlementaire et poser des
bonnes questions. Mais même moi je ne suis pas alimentée, outillée pour faire
mon travail comme il faut parce que je n'ai aucune idée il s'en vient d'où, le
gouvernement. Comment ça se fait qu'ils ont fait ce choix-là? Basé sur quoi?
Est-ce que ça leur a pris sept ans pour faire toute cette planification, pour nous
amener ce projet de loi? Un projet de loi qui va avoir un impact, que...
donc...nous ne pouvons pas revenir dans le temps. Ça va être majeur. Et les
impacts, les éléments, les personnes qui vont être affectées. On ne peut pas
retourner dans le passé. Ça va être fait. Peu importe qui va être au
gouvernement en 2026, M. le Président, ça va être un beau mélange à défaire
parce qu'on sait qu'il y a quelque chose qui ne fonctionne pas, parce que si ça
fonctionnait, on aurait eu tous ces documents-là. C'est ça, la réalité. Si on
était fiers de cette pièce de législation, on aurait eu tous ces documents,
mais ce n'est pas le cas. C'est pour ça qu'on dépose ce motion préliminaire,
parce que c'est essentiel pour qu'on fasse notre travail avec la responsabilité,
pour creuser, pour vider la question puis pour s'assurer que, ici, tous les
Québécois qui nous écoutent savent qu'est-ce qu'on fait, qu'on est pour ou
qu'on est contre, au moins, eux aussi, ils vont être outillés. C'est ça la
démocratie. Moi, j'ai l'impression qu'on n'est pas en train de vivre dans une
société démocratique quand je ne peux pas avoir accès à des documents qui ont
outillé le gouvernement avec leurs orientations pour comprendre pourquoi on est
ici, pour débattre du projet de loi 7. C'est essentiel, M. le Président. C'est
essentiel parce qu'on parle de fusionner l'INSPQ puis l'INESSS, puis c'est
essentiel parce que les personnes en situation de handicap, eux aussi, sont
affectées. Je sais qu'il ne me reste plus de temps, mais merci. Prochaine motion,
M. le Président.
• (15 h 30) •
Le Président (M. Laframboise) : Merci,
Mme la députée de Westmount-Saint-Louis. Est-ce que j'ai d'autres collègues?
Oui, M. le député de Laurier-Dorion, pour un maximum de... vous avez 30 min,
hein, c'est ça? Oui.
M. Fontecilla : 30 min?
Le Président (M. Laframboise) :
Oui, 30 min, oui.
M. Fontecilla : Merci, M. le
Président.
Des voix : ...
Mme Maccarone : Il est le
porte-parole...
Le Président (M.
Laframboise) : Il parle au nom de son chef.
Des voix : ...
Le Président (M. Laframboise) :
Oui.
M. Fontecilla : Je le
dis au... au nom du chef.
Le Président (M. Laframboise) :
Oui, oui, c'est ça.
M. Fontecilla : Je réitère.
Le Président (M. Laframboise) :
De la chef, là.
M. Fontecilla : De la... de la
chef. Vous avez raison, merci de vous corriger, M.
Le Président (M. Laframboise) :
Vous avez les deux!
M. Fontecilla : Merci.
Des voix : ...
Le Président (M. Laframboise) :
Vas-y.
M. Fontecilla : Donc, voilà,
on est en train de se pencher sur la motion préliminaire et nos collègues de
l'opposition officielle concernant la demande que le Conseil du trésor
transmette, et je résume grosso modo, transmette à la Commission les
documents...
15 h 30 (version non révisée)
M. Fontecilla : ...en suivant,
donc, la partie publique du mémoire au Conseil des ministres concernant le
présent projet de loi, ensuite, l'analyse d'impact réglementaire et ensuite l'analyse
différenciée selon le sexe. Donc, c'est trois... comment dire... trois
documents de base et fondamentaux pour l'étude de n'importe quel projet de loi.
Parce que sinon, M. le Président, bien, c'est comme si on travaillait un peu à
la... à la va-vite, pour dire le moins... et pour dire... encore de façon
encore plus négative, on travaille dans... à l'aveugle. Donc, il y a ici... concernant
la non-publication aux membres de la Commission du mémoire du Conseil des
ministres concernant le... le présent projet de loi, là, il y a là, évidemment,
un manque de transparence évident. C'est des documents qui sont généralement
publiés et qui servent à justifier l'action gouvernementale, la présentation d'un
projet de loi. Donc, la question est à savoir non pas tellement de demander ces
documents-là, mais puisqu'ils ne sont pas fournis, la question qu'on se pose, c'est
pourquoi ces documents-là n'est-il pas... n'est-il pas fourni... comme le
soulevait ma collègue de Westmount—Saint-Louis. Est-ce qu'il y a des choses qui...
des choses qui ne sont pas bonnes à dire en public, là? Est-ce qu'il y a des
intentions non avouées? Est-ce qu'il y a des conséquences qu'on préfère éviter
dont on ne veut pas en discuter? Bref, on peut faire toutes sortes de... on
peut... d'idées sur la raison de l'absence de ces documents-là, un document qui
est habituellement distribué et rendu public même dans les... dans les moments
les plus... pour les projets de loi les plus critiques, les plus polémiques,
les plus... qui contiennent... comment dire... un potentiel de conflits
politiques assez important. Le gouvernement, même le gouvernement de la
Coalition avenir Québec, n'hésite pas à publier ces documents-là. Donc, la
partie publique du mémoire au Conseil des ministres concernant les projets de
loi XYZ, là.
Donc, il y a là, encore une fois, un
manque de transparence, là. Et je réitère, oui, comme l'ont dit mes collègues
de l'opposition officielle, c'est... non seulement, mais à la lumière, l'opacité,
c'est un drôle de jeu de mots, mais à la lumière de l'opacité de ce gouvernement
par rapport à ce projet de loi-là aussi mammouth, mais aussi ça nous empêche de
faire notre travail correctement, parce qu'il y a là des arguments, on y
retrouve des motivations, c'est-à-dire de la finalité, le pourquoi... le
pourquoi dans un document écrit, au-delà des paroles de la ministre et d'un
beau titre très ronflant encore une fois, bien, on retrouve véritablement l'intention
du gouvernement, de son Conseil des ministres sur ce projet de loi. Donc, c'est
d'une part très intrigant, là. J'ai... J'ai entendu ma collègue de Westmount—Saint-Louis
parler de manque de respect. On n'en est pas loin, on n'en est pas loin parce que
cette absence de ce document-là empêche encore une fois les députés des
oppositions de bien faire leur travail, et aussi empêche l'ensemble des
citoyens et citoyennes du Québec que si jamais ils voulaient se faire une idée
sur ce projet de loi-là, ils pourraient avoir accès à ces documents-là. Donc,
premier «Quoique» important dans le déroulement de l'étude détaillée de ce projet
de loi-là.
Ensuite, on retrouve l'absence d'analyse d'impact
réglementaire, une autre étape, là, qui est habituellement utilisée par les
gouvernements, par le gouvernement du Québec, là, pour avancer dans... dans un
projet de loi, là. Donc, il faut... on va rappeler que l'évaluation d'impact
réglementaire est une évaluation systématique des effets anticipés économiques,
sociaux et environnementaux d'un projet de loi ou de règlements avant sa mise
en œuvre. C'est un outil d'aide aux décisions et pour s'assurer, somme toute, là,
que les bénéfices d'un projet... d'une loi...
M. Fontecilla : ... ou d'un
règlement et dépasse les inconvénients, parce qu'il y a toujours des
inconvénients, on ne va pas se le cacher. Et le travail du législateur est, en
quelque sorte, de soupeser les pours et les contres, les avantages et les
inconvénients et voir qu'est-ce qui est plus bénéfique dans un, dans un
contexte donné. Cet exercice là, c'est-à-dire l'analyse d'impact réglementaire,
ça nous permet aussi d'identifier des solutions alternatives qui sont plus
appropriées à la situation qu'on veut... à laquelle on veut s'adresser. Et...
encore une fois, en les publiant, on est... on fait preuve de transparence et
accessibilité... accessibilité au public, là, et à l'ensemble des entités
existantes dans la société québécoise, là.
• (15 h 40) •
Donc ça sert... l'analyse d'impact
réglementaire, ça sert à éclairer la décision, donc ça consiste à fournir
aux... décideurs des informations objectives sur la pertinence d'une nouvelle
réglementation. Ça sert beaucoup, beaucoup à mesurer les impacts, ça mesure les
coûts, les... les coûts des avantages et les effets sur des entreprises, par
exemple, sur les citoyens et sur l'environnement, et des mesures qui vont être...
qui sont mises de l'avant, là. On sait que le gouvernement propose, dans le
PL7, une... un changement dans l'utilisation des surplus du Fonds des
changements... de l'électrification et des changements climatiques, là. Donc,
cela, ça a un impact direct sur la lutte aux changements climatiques dont on
s'est donné des objectifs au Québec, là. C'est une... c'est un objectif
sociétal et on a l'impression qu'aujourd'hui, le gouvernement, entre autres par
l'absence d'analyse d'impact réglementaire, veut dire que : oui, on
conserve nos objectifs, mais finalement, là, par ses actions, on fait tout pour
éviter d'atteindre ces objectifs-là. Donc encore une fois, un geste qui vient
jeter de l'opacité sur l'action gouvernementale. Et ça nous fait,
malheureusement, ça nous fait douter de la sincérité de l'action
gouvernementale, là. Et... un document de... un outil de... et une analyse
d'impact réglementaire, ça sert aussi à optimiser l'intervention. Et donc, on
fait un coût, on fait un comparatif des différentes options qui sont devant
nous, y compris l'inaction, parce que l'inaction peut avoir un coût et on va
voir, j'aimerais bien... on va questionner la ministre sur les coûts de... de
l'inaction qui, des fois, il y a plusieurs intervenants qui l'ont dit lors des
auditions, si quelque chose n'est pas brisé, pourquoi tenter de le réparer ou
de le ...? Donc... on... peut-être que l'inaction, il vaut mieux, il vaut mieux
privilégier l'inaction à des actions qui... à la va-vite, là, qui peuvent
produire des effets non... non-désirés. Donc, un outil d'analyse d'impact
réglementaire, ça nous permet... d'optimiser l'évaluation des... des objectifs
et des mesures qu'on veut mettre de l'avant. Et évidemment, c'est un document,
aussi, qui nous permet d'identifier les fardeaux, donc les fardeaux, les
impacts négatifs d'un projet de loi, d'une mesure législative, là, se
conforment aussi à une politique d'allègement réglementaire. La ministre nous
dit qu'elle veut rendre l'État plus agile, dégager des synergies, bon, on l'a
assez entendue, là, et le gouvernement nous revient souvent, les différents
gouvernements, là, avec des politiques d'allègement réglementaire. Mais,
est-ce... serait-ce possible, M., M. le ministre, qu'en ce faisant, en
procédant de la façon dont est en train de procéder, on est en train d'alourdir
le fardeau réglementaire? C'est une question qu'il faudra poser, de façon,
réitérer dans l'analyse détaillée des différentes mesures que le gouvernement
entend mettre de l'avant. Mais qu'on s'entende bien, M. le Président, hein, des
fois, ce n'est pas parce que vous avez coupé un poste administratif que vous
avez allégé le fardeau réglementaire. Il peut y avoir des paradoxes comme ça,
il faut, il faut essayer de se laisser distraire par des chiffres comme quoi on
va éliminer des doublons en termes de personnel, mais ça va peut-être alourdir
la tâche pour les gens qui restent, ça va rendre le processus encore plus
laborieux et, par conséquent, plus...
M. Fontecilla : ...plus lent.
Donc on aurait aimé ça revoir... avoir cette analyse d'impact réglementaire
pour justement nous aider à mieux comprendre ce dont il est question dans ce
projet de loi qui tirent un peu dans toutes les directions et une analyse
d'impact réglementaire nous aurait grandement aidé dans cette tâche-là.
D'autre part, et M. le Président, la
motion préliminaire du parti et de l'opposition officielle parlent de l'absence
d'analyse différenciée selon les sexes. Très bien. On ne l'a pas non plus, et
cela... cela m'apparaît particulièrement évocateur un peu du fait que le
gouvernement dit qu'il fait une chose, mais en réalité fait autre chose. On le
sait, monsieur, au Québec, là... au Québec, M. le Président, là, la question de
l'égalité entre les femmes et les hommes est quelque chose de très important
et... mais au-delà du beau principe de l'égalité entre les hommes et... les
femmes et les hommes, là, on doit se donner des outils pour... pour les
atteindre. On a fait des pas de géants à travers les années, mais il nous en
manque beaucoup à faire.
Entre autres, je pourrais vous nommer, par
exemple, la question de l'égalité... l'équité salariale qui a été une avancée
certaine et qu'il faut revoir de façon continuelle, qu'il faut évaluer de façon
continuelle. Mais un autre outil que le gouvernement s'est donné pour évaluer
son action en termes d'égalité entre les sexes et les... l'analyse différenciée
entre... entre les sexes, là, et, dans ce sens-là, on pourrait... plusieurs
mesures qui sont mises de l'avant, M... M. le Président, là, pourraient être
tout utilisé et seraient propices à une analyse différenciée selon les sexes,
là, en particulier, en particulier sur un sujet aussi crucial et critique, là,
qu'est la question de l'assurance parentale. Parce que si... si l'on sait qu'il
y a un domaine où il subsiste des inégalités persistantes et importantes, c'est
dans la question de ce qu'on appelle, dans le jargon spécialisé là,
l'investissement parental. Mais l'investissement parental, c'est différencié
selon le sexe, je pense que je ne vais pas susciter un scandale, ici, autour de
la table en disant que l'investissement parental des femmes est généralement
plus important que celui des hommes. Enfin, je pense que je... hein, je suis en
terrain sûr sur ce domaine-là, et même la ministre est bien d'accord avec moi,
là, et que cette tendance-là, bon, grosso modo, n'a pas tendance à se
réabsorber de façon... de façon substantielle à travers... à travers le temps,
bien qu'il y a eu des avancées et une des avancées effectuées au Québec, là, ça
a été justement grâce à la... à l'assurance parentale qui a permis de donner
des congés parentaux aux hommes, là, qui, en théorie, et c'est là que... c'est
là que la question devient... devient importante, là, en théorie, devrait
utiliser ce temps-là pour s'investir auprès... auprès de la progéniture, de
leur progéniture et développer ce qu'on appelle l'attachement... l'attachement
parental qui va continuer à travers toute la... toute la vie, là, je pense
qu'on a entendu amplement des intervenants nous le dire.
C'est-à-dire l'assurance parentale est un
outil, non seulement un levier d'égalité entre les femmes et les hommes et par
rapport, en particulier, à offrir... d'élever les enfants, mais c'est aussi un
outil de transformations des rôles sexuels que... auquel on est habitué
depuis... depuis trop... trop longtemps. Qu'en est-il de cette évaluation-là?
On a entendu des intervenants très, très éclairés nous dire qu'ils risquent...
la fusion proposée du comité de gestion de l'assurance parentale à l'intérieur
des structures de retraite Québec va faire en sorte, entre autres, de faire
perdre une des... une des composantes essentielles de... du comité... de la
mission du comité de gestion de l'assurance parentale qui est par exemple, la
notion de développement de l'assurance parentale, justement afin d'accentuer
l'effet levier de l'assurance parentale sur l'attachement... l'attachement...
l'investissement des pères auprès des enfants. Cette mission-là, c'est... ça va
être... ça va être évacué, ça va être... ça va se perdre, ça va être dilué à
l'intérieur vers Retraite Québec qui... qu'on pourrait comparer... dont
l'opération ne pourrait comparer à quelque chose...
M. Fontecilla : ...quelque
sorte à l'éléphant qui avale la petite fourmi, là, parce qu'il y a une différence
de taille entre les deux entités, là, mais qui est... qui est abysmale. Donc,
j'ai bien peur, M. le Président, que la notion de recherches de développement
des assurances parentales du Québec soit perdue dans les structures assez
bureaucratiques, c'est normal, il n'y a pas de critique là-dessus, là, de
Retraite Québec. Mais est-ce qu'il y a une analyse qui pourrait nous, ne
serait-ce que... ne serait-ce qu'évoquer cette possibilité-là? Aucune, aucune
analyse différenciée selon le sexe, on manque là, je pense qu'on manque le
bateau. Les parlementaires n'ont pas accès, encore une fois, à des informations
qui pourraient être éminemment utiles, là.
• (15 h 50) •
D'autre part, on a entendu que l'analyse
différenciée selon le sexe, ce qu'on appelle dans le jargon l'ADS+, ça a été
demandé par plusieurs organismes communautaires qui, heureusement, portent
cette notion-là de façon consistante à travers... à travers le temps, là. Il y
a eu la Table des regroupements provinciaux d'organismes communautaires et
bénévoles et le Réseau des Tables régionales de groupes de femmes du Québec qui
ont, dans leurs mémoires, dénoncé qui est l'analyse différenciée selon le sexe
dans une perspective intersectionnelle, l'ADS+, n'est manifestement pas été
menée pour ce projet de loi. Et ils nous ont rappelé quelque chose d'important,
Monsieur... M. le Président, ces deux organismes ont, dans leurs mémoires,
rappelé aux gouvernements qu'il a récemment réitéré son engagement à effectuer
une telle analyse, donc l'analyse différenciée selon le sexe, en inscrivant
dans sa stratégie gouvernementale pour l'égalité entre les femmes et les hommes
2022-2027.
Donc, c'est bien que le gouvernement
réitère cette notion-là dans une stratégie gouvernementale qui devrait, d'après
moi, être transversale, donc, couvrir l'action de tous... de tous les
ministères et influencer les actions de toutes les entités gouvernementales.
Mais dès qu'il s'agit de toucher un sujet qui touche directement le rôle des
femmes auprès des enfants et par conséquent celui des hommes, là, mais voilà,
cette notion-là disparaît. Il y a là une contradiction flagrante, M. le
Président, là, et c'est véritablement... comment dire... très désolant, c'est
très désolant que la ministre n'ait pas décidé d'inclure aucune analyse différenciée
selon le... selon le sexe dans ce projet de loi-là parce qu'évidemment, encore
une fois, il y a une contradiction. On dit qu'on va faire quelque chose, mais à
la première occasion, on ne le... on ne le fait pas. Donc, je fais, mais je
pourrais faire référence à d'autres dossiers, mais dans ce sens-là, on se
demande que vaut la parole du gouvernement. Dans une stratégie, on dit quelque
chose, mais dès qu'il s'agit de l'appliquer, bon, bien, cette obligation-là,
elle n'existe plus.
Donc... Et on pourrait ainsi faire la...
faire la liste de l'analyse différenciée selon le sexe dans chaque dossier
abordé par ce projet de loi. Évidemment, il y a des projets et il y a des
actions qui visent et qui sont plus susceptibles d'être concernés de la pertinence
pour une analyse différenciée selon le sexe, apparaît davantage d'autres
dossiers où ça apparaît moins, mais ce n'est pas... ce n'est pas important, là.
Il faut se poser au préalable toujours la question : Est-ce que... dans
ces dossiers-là, on pourrait faire une analyse différenciée selon le sexe dans
une perspective intersectionnelle? S'il n'y a pas lieu de déposer cette
analyse-là, il n'y a pas lieu. Ce n'est pas plus grave que ça. Mais s'il y a
lieu, ça va nous aider énormément comme outil de décision pour avancer dans
l'étude du projet de loi parce qu'encore une fois, M. le Président, là, ici, on
a des... des législateurs qui ont la mission de produire des lois qui vont
s'appliquer pour l'ensemble de la population. Donc, notre responsabilité est...
est très importante parce que nous définissons les lois. Et dans ce sens-là,
nous devons avoir tous les éclairages possibles pour bien prendre des décisions
au-delà... au-delà de la lutte partisane, on le sait, la...
M. Fontecilla : ...la chose
politique est caractérisée par la lutte partisane, mais nous avons aussi le
sens du... nous devons avoir aussi le sens des responsabilités, l'éthique d'un
législateur afin de produire les meilleurs résultats possibles. Et on a trois
trois types d'analyse ici, le mémoire au Conseil des ministres, l'analyse
d'impact réglementaire et l'analyse différenciée selon le sexe qui pourraient
grandement nous aider à faire le travail, nous les députés d'opposition, mais
aussi la... pour les députés et de la partie gouvernementale, en particulier
pour la présidente du Conseil du trésor. Elle devrait s'appuyer sur ces... sur
ces outils-là pour... faire ses propositions et les défendre. Je suis sûr
qu'avec toutes ces analyses-là, son projet de loi va être... serait encore plus
solide, en tout cas beaucoup plus de ce qu'il est maintenant, parce qu'il ait
d'une fragilité étonnante et on pourrait dépasser l'impression que l'ensemble
des propositions qui sont contenues dans ce projet de loi ne sont... ne sont
guidées que par un souci, le souci comptable, des principes comptables. Il n'y
a rien d'autre qui importe. L'égalité... l'égalité des sexes, bien ça importe
peu, c'est la comptabilité qui l'emporte et l'impact réglementaire, ça importe
peu, c'est le principe de la comptabilité qui l'emporte et etc., etc. Encore
une fois, je suis loin... je ne suis pas en train de dire que le principe de
comptabilité n'est pas... n'est pas important, que le principe de bonne gestion
de nos... des ressources gouvernementales n'est pas importante, mais ce n'est
pas la seule chose qui importe et je vous rappelle, M. le Président, qu'il y a
des choses comme, par exemple, une pandémie qui n'a que faire des principes de
comptabilités, là, donc on ne peut pas analyser les moyens qu'on met de l'avant
pour se défendre d'une pandémie seulement à l'aune des principes de
comptabilités, on doit utiliser d'autres types de critères.
Donc, M. le Président, pour toutes ces
raisons, moi, je pense que... et j'appelle les députés et l'ensemble des
députés de cette commission à voter pour la motion préliminaire de nos
collègues de l'opposition officielle et qu'on puisse avoir l'analyse d'impact
réglementaire, l'analyse différenciée selon les sexes et la partie publique du
mémoire au Conseil des ministres concernant le présent projet de loi. Merci.
Le Président (M. Laframboise) : Merci
beaucoup, M. le député de Laurier-Dorion. Est-ce qu'il y a d'autres collègues
qui ont des interventions? M. le député de Saint-Jérôme, pour un maximum de
10 minutes.
M. Chassin :Merci, M. le Président. Alors, vous comprendrez que,
n'étant pas membre de la commission, je n'ai que mon éloquence et mes arguments
convaincants pour que mes collègues se rangent et se rallient, mais il y a une
volonté réelle du Gouvernement et de la ministre de transformer ce qu'on voit
comme étant effectivement une bureaucratie qui avec le temps, puis, à la
limite, c'est vraiment un peu presque naturel comme processus de sédimentation,
là, mais avec le temps devient de plus en plus importante. Et de réfléchir à
l'efficacité de l'état dans son ensemble, de penser comment est-ce qu'on va
revoir certains organismes, voir si leur mission est toujours pertinente,
quelle est la part de leur mission qui est toujours pertinente? Est-ce qu'on
peut les regrouper? Est-ce qu'on peut mutualiser des services, faire des
économies? Je pense que c'est tout naturel, c'est très sain. Mais dans quelle
transformation est-on engagée? Alors, si on a vraiment une volonté, par
exemple, d'avoir un omnibus régulièrement, un peu à l'image, par exemple, de
l'allègement réglementaire et administratif, on a vu d'ailleurs le ministre
déposé le projet de loi 11, donc, il y a à chaque fois, là, des... Puis,
en fait, c'est le troisième ministre, hein, qui dépose un omnibus d'allègement,
donc il y a une certaine tradition qui se prend. Et puis, si on veut partir une
tradition, bien, je pense qu'on veut partir cette tradition-là du bon pied. Et
ce pourquoi j'appuie cette motion préliminaire de l'opposition officielle,
évidemment, je vais peut-être commencé par la fin, M. le Président, l'analyse
différenciée selon les sexes, ce n'est pas quelque chose avec quoi je suis...
je suis habitué, ce n'est pas quelque chose avec quoi j'ai mes repères, mais
néanmoins, alors évidemment, si le collègue de Laurier-Dorion pense que ça
pourrait être intéressant, pourquoi pas? Moi, je veux bien. Ce qu'on nous dit,
c'est que ce n'est peut-être pas produit pour ce projet de loi là, à ce
moment-là c'est peut-être un peu difficile, là, de les transmettre, mais à tout
le moins, il y a deux éléments qui vont avoir été produits assurément. Parce
qu'il y a des conséquences sur les entreprises dans ce projet de loi là, donc
il y a une analyse d'impact réglementaire sur l'impact...
M. Chassin :...aux entreprises et il y a certainement un mémoire et non
seulement on veut le partir du bon pied comme habitudes à se donner au
gouvernement, mais à mon avis, on veut surtout éclairer la décision parce que,
et je fais confiance à la ministre responsable de l'administration
gouvernementale, présidente du Conseil du trésor, mais il y a
12 ministères, organismes touchés, si je ne m'abuse, là, dans la
présentation, le briefing technique qu'on a eu hier, s'il y en a 12, bien, on
n'est pas des spécialistes des 12 assurément. Entre le MAPAQ ou la santé, bien
il y a un écart. Alors, quelles sont les réflexions, quels sont les points de
comparaison? Dans le processus où on se dit : Bien tien, il y a un
regroupement possible à faire ici, où il y a une mutualisation de certains
services à faire là, il y a un cadre d'analyse, il y a à la limite même, je
dirais, une technique là, vraiment un processus qui est suivit. Puis, moi, je
pense que ça, ça peut être pertinent de mieux le comprendre. Comment c'est
appliqué à différents niveaux et dans différents ministères, pour moi, ça,
c'est certainement une partie de ce qu'on va retrouver dans le mémoire au
Conseil des ministres.
• (16 heures) •
Qui plus est, puis là, ce n'est pas que tu
sois si vieux, M. le Président, mais je suis sûr que ce n'est pas à vous que je
vais apprendre quoique ce soit, il y a déjà des exercices qui ont été faits
dans le passé. On ne peut pas perdre non plus notre histoire. Si notre devise
c'est Je me souviens, est-ce qu'on se souvient qu'en 2011, Monique Gagnon
Tremblay a parlé de regrouper et... en fait d'abolir ou de fusionner à
l'époque 28 fonds et organismes gouvernementaux? Donc là, on est... une
annonce, là, le 30 mars 2011... 2010, pardon, mais il y a un omnibus qui a
été préparé par la suite, puis donc qui a été déposé, moi, je m'en rappelle,
mais savez-vous pourquoi? En toute honnêteté, parce qu'on abolissait à ce
moment-là, le gouvernement libéral abolissait le Conseil permanent de la
jeunesse sur lequel j'avais siégé. Alors je n'y étais plus parce que j'étais
moins jeune aussi, rendu-là, mais, néanmoins, on s'est dit : Ah, bien
tiens, il se passe quelque chose, qu'est ce qu'on y voit? Puis... en quelque
sorte, mais, moi, je pense que c'était aussi la façon de prendre conscience
tout le monde qu'on avait peut-être un réflexe, là, de défendre un organisme
qu'on connaissait, de défendre un programme avec lequel on était... ou auquel
on était particulièrement attaché. Ça touchait un domaine dans lequel on était
effectivement impliqué, mais quand on voit qu'il y en a énormément, puis qu'il
y a des choix qui sont faits, puis qu'on demande à différents secteurs de faire
un effort et que donc oui, la jeunesse va perdre son Conseil permanent de la
jeunesse, mais oui, tel autre organisme et tel autre organisme vont
disparaître, telle autre va être fusionnée. Si je ne m'abuse, c'est à ce
moment-là qu'on a regroupé la Commission des normes du travail, la Commission
de l'équité salariale et la commission de la santé-sécurité au travail qui est
devenue évidemment, là on rajoute des lettres, mais c'est la CNESST.
Et, sans présumer de rien, il y aura
peut-être un exercice similaire à celui qu'on va faire dans une quinzaine
d'années où les gens n'auront peut-être pas la mémoire de ce qui se sera fait
aujourd'hui. Il faudra donc que quelqu'un aille fouiner dans les archives, bon,
évidemment, ce n'est pas si loin que ça, M. le Président, je m'en rappelais,
donc déjà, en partant, on sait à peu près vers où on s'en va, mais est-ce que
cet aspect historique-là, on en a appris quelque chose? Puis là je reviens un
peu à mes remarques préliminaires, mais dans quelle mesure a-t-on appris? Dans
quelle mesure allons-nous changer la dynamique? Est-ce que c'est juste un
exercice régulier? Est-ce qu'on se donne un cadre d'analyse? Est-ce que le
mémoire au Conseil des ministres va plus loin que de simplement proposer tel
regroupement avec tel et tel et tel organisme parce qu'ils ont des noms
similaires? Parce qu'il y a le mot santé dedans? Bien la santé services
sociaux, santé publique, c'est similaire, en plus c'est des instituts les deux.
Peut-être que ça se regroupe, peut-être que non. À l'Institut national de santé
publique, il y a des bonnes... des très bonnes fonctions. Il y a aussi un
certain militantisme, hein? Moi, des fois, ça me tombe un peu sur les nerfs, je
vous le dis comme je le pense bien. Bien, peut-être qu'il y a une façon aussi
de dire : Bien, il y a des fonctions intéressantes qui sont remplies par
INSPQ, c'est...
16 h (version non révisée)
M. Chassin :...pas exactement les mêmes que l'INESSS, mais d'avoir
quelque chose de commun, bien ça permet peut-être aussi de se concentrer sur
les missions qui sont essentielles. Moi, je suis ouvert à ça, mais c'est quoi
le cadre d'analyse? Est-ce que... au Conseil des ministres, on présente une
série de mesures pour que ça paraisse bien ou est-ce qu'on présente plutôt la
série de mesures qui est le résultat d'une vraie réflexion, avec des critères,
avec un cadre d'analyse, puis à la limite avec, je pense, comment dire, un
certain enseignement de notre histoire, puis de ce que d'autres gouvernements
ont fait avant. Alors évidemment, éventuellement, il y aura peut-être quelqu'un
qui va dire, oui, entre le protecteur du citoyen, le protecteur de l'élève, le
protecteur en intégrité sport, le proteur... le protecteur... en fait le
commissaire Santé Bien-être, le commissaire aux droits des enfants, le commissaire
de la Commission des droits des enfants... des droits des personnes et des droits
des enfants, on va peut-être regarder tout ça, qu'est ce qu'il est possible de
faire parce que chacun effectivement aura non seulement... puis là c'est peut-être
le défaut, hein, de dire on a le protecteur de l'élève, bien, on pense que c'est
une personne, mais ce n'est pas une personne dans son bureau, il y a toute une
équipe, c'est une institution. Et évidemment, que ce soit un commissaire au
bien-être des enfants ou que ce soit un protecteur de l'élève, bien il y a
quand même des similitudes, là, les enfants sont d'ailleurs obligés d'aller à l'école,
hein, donc on a probablement à peu près la même cible. Est-ce qu'on va avoir
besoin à chaque fois de, par exemple, quelqu'un qui va s'assurer de respecter
la politique gouvernementale en matière de développement durable, en matière de
stratégie de dépenses, d'allègement réglementaire et que sais-je? Peut-être,
peut-être pas. Peut-être qu'on pourrait justement le mettre en commun et en
même temps, bien, on en a parlé et je pense que c'est le député, surtout, de Marguerite-Bourgeoys
qui expliquait que la mutualisation, ce n'est pas un concept si simple, parce
qu'on ne peut pas penser faire des économies sur des frais variables, il faut
que ce soit des coûts fixes. Puis Robert Gagné nous a aussi dit, parfois, on
pense regrouper, on pense faire des économies, mais il y a un coût, un coût qu'on
ne voit pas, qui est l'information. On perd de l'information, pourquoi? Parce
que quand il y a plusieurs organismes qui le fait en même temps, bien on perd quelque
chose, ça fait que je pense que ce serait intéressant de l'avoir.
Le Président (M. Laframboise) : Merci
beaucoup. Merci, M. le député de Saint-Jérôme, est-ce que d'autres collègues veulent
intervenir sur la motion préliminaire déposée par le député de Marguerite-Bourgeoys?
S'il n'y a pas d'autres interventions de collègues...
Une voix : ...
Le Président (M. Laframboise) :
Un vote par appel nominal, mais je vais la lire avant. Est-ce que... est ce que
la motion déposée par le député de... la motion préliminaire déposée par le
député de Marguerite-Bourgeoys est adopté? Un vote par appel nominal est
demandé, donc monsieur... Mme la secrétaire.
La Secrétaire : Pour, contre,
abstention, M. Beauchemin (Marguerite-Bourgeoys)?
M. Beauchemin : Pour.
La Secrétaire : Mme Maccarone
(Westmount—Saint-Louis)?
Mme Maccarone :
Pour.
La Secrétaire
:
Mme Duranceau (Bertrand)?
Mme Duranceau : Contre.
La Secrétaire
: Mme Lachance
(Bellechasse)?
Mme Lachance : Contre.
La Secrétaire
:Mme Bourassa (Charlevoix—Côte-de-Beaupré)?
Mme Bourassa : Contre.
La Secrétaire
: M. Lemay
(Masson)?
M. Lemay : Contre.
La Secrétaire
: M. Tremblay
(Dubuc)?
M. Tremblay :
Contre.
La Secrétaire
: M. Fontecilla
(Laurier-Dorion)?
M. Fontecilla : Pour.
La Secrétaire
: M. Laframboise
(Blainville)?
Le Président (M. Laframboise) :
Abstention.
La motion est donc rejetée. Est-ce qu'il y
a d'autres motions préliminaires que des collègues veulent déposer? Suspension.
(Suspension de la séance à 16 h 08)
(Reprise à 16 h 20)
Le Président (M. Laframboise) : La
Commission des finances publiques reprend ses travaux. Donc, nous étions toujours
aux motions préliminaires et nous avons une nouvelle motion préliminaire. M. le
député de... Marguerite-Bourgeoys. Excusez-moi.
M. Beauchemin : C'est
correct. On est 125, M. le Président, là. Ça peut arriver. Conformément à
l'article 244 du règlement de l'Assemblée nationale, je fais motion afin que la
Commission des finances publiques, dans le cadre de l'étude détaillée du projet
de loi nº7, Loi visant à réduire la bureaucratie, à accroître l'efficacité de
l'État et à renforcer l'imputabilité des hauts fonctionnaires, entendre dès que
possible le Collège des médecins.
Alors... Vous savez, M. le Président, le
Collège des médecins, là, c'est le protecteur de la population face aux
décisions des médecins. C'est le chien de garde de la santé des Québécois.
C'est un autre mécanisme que des législateurs avant nous ont mis en place pour
avoir justement un espèce de garde-fou pour protéger les Québécois face à des
problèmes qui peut arriver, que ce soit en santé publique, que ce soit dans la
livraison des soins. C'est important que le Collège des médecins puisse faire
son rôle. Moi, ce que je souhaite, c'est comme je viens de... mentionner, là,
qu'il puisse être écouté dès que possible dans le contexte actuel, parce qu'ils
ont quand même une certaine connaissance du monde médical aussi, un
contre-pouvoir, si on peut dire, d'une certaine façon, là, par rapport à
l'action gouvernementale. Puis ces gens-là, bien, quand ils parlent, bien,
c'est important... Ces gens-là, quand ils parlent, c'est important de les
écouter parce qu'ils sont crédibles. C'est eux qui représentent les avancées,
là, dans la médecine, dans l'éducation, dans la façon de faire de l'ensemble du
corps médical. Ils ont une vision, peut-on dire holistique, de la santé. Eux,
ils passent, là, de la prévention, des saines habitudes de vie, de comment on
doit faire pour prendre soin, là, d'un nouveau-né, jusqu'à prendre soin, là,
des personnes âgées en fin de vie, en prévention, mais aussi au niveau du
curatif. Donc, c'est des gens qui voient toutes les facettes, comprennent
toutes les facettes, étudient toutes les facettes, transmet cette
connaissance-là de toutes les facettes à tous les médecins du Québec. Donc,
c'est important pour ces gens-là d'être entendus, là, par les législateurs, c'est
important qu'ils viennent s'adresser à nous pour qu'on puisse avoir une idée de
leur position par rapport au projet de loi mammouth, là, qui est le projet de
loi nº7. On va s'entendre que leur point de vue à eux, là, c'est certain qu'il
doit avoir des enjeux, c'est certain de leur point de vue à eux, ils ne sont
peut-être pas d'accord avec le projet de loi nº7. Ça fait qu'étant donné que
pour l'ensemble des Québécois qui regardent...
M. Beauchemin : ...à 60 000
pieds. Cette décision-là que les collèges des médecins n'ont pas encore été
entendus. C'est normal que les Québécois se posent des questions, un instant.
Comment se fait-il que le Collège des médecins n'a pas été demandé de
s'exprimer sur la chose? Encore une fois, on y va avec l'esprit d'aider le
gouvernement, ici, à s'assurer de l'acceptabilité sociale de leur projet de loi
n° 7. Notre rôle, à l'opposition, là, c'est d'essayer d'améliorer la
situation de tous les Québécois, de faire en sorte qu'on puisse prendre en
considération toutes les parties prenantes de la société civile. Le Collège des
médecins en fait partie, ça fait que c'est normal que les Québécois, quand ils
voient le fait que le gouvernement ne les a pas entendus, soient un peu
dubitatifs face à ce projet de loi là, n° 7, c'est un peu normal. Parce
que le Collège des médecins, ils ont une connaissance des besoins réels sur
tout ce qui se passe dans le réseau de la santé. Ils savent aussi comment les
médecins peuvent mieux effectuer leur travail. Ils savent ce qui est nécessaire
pour que les médecins puissent mieux effectuer leur travail. Donc, c'est
important, là, de les entendre parce qu'ici, on est en train de faire des
fusions sur... Il y a cinq grands sujets, là, qui touchent la santé, dans le
projet de loi n° 7, puis le Collège des médecins a une vue, une opinion,
de l'expérience, une expertise sur chacune de ces facettes-là, du projet de loi
n° 7, qui touchent la santé. Que ce soit la fusion de l'INESSS et de
l'INSPQ. Que ce soit la mutualisation des services administratifs du
Commissaire au bien être, que ce soit la mutualisation de la gouvernance
d'Urgence Santé, l'attribution de Transplant Québec vers Héma-Québec, puis les
autres allègements, là, pour Héma-Québec. Ça fait que tous ces points-là, c'est
des points que le Collège des médecins a été capable de donner un argumentaire
rationnel expliquant leur perspective sur ces sujets-là. On se doit de les
écouter, on se doit de les entendre.
C'est comme prendre une décision sans
avoir toutes les données. J'ai donné l'exemple, tout à l'heure, qu'on ne peut
pas avoir un modèle d'affaires qui serait respectable dans le monde des
affaires, dans le privé, si on faisait une décision comme ça, je réitère que
dans le cas présent, c'est comme si on n'écoutait pas, on est... on vend des
produits, là, puis on n'écoute pas nos clients. Ah, nous autres, on est capable
de savoir ça va être quoi que les clients vont vouloir. Mais qu'est-ce que vous
pensez qu'il va arriver, M. le Président, les clients n'achèterons plus, là.
Bien, c'est exactement la même affaire, ici. De ne pas écouter le Collège des
médecins, c'est de se barrer d'information qui va être pertinente, qui va être
à propos pour faire en sorte que, justement, on puisse améliorer la potentielle
fusion proposée, les potentielles fusions de l'INESSS et puis de l'INSPQ,
Transplant Québec vers Héma-Québec, la gouvernance de Santé Québec. C'est
important, là, d'avoir l'opinion du Collège des médecins. Ça fait que prendre,
encore une fois, une décision, mettre de l'avant un projet de loi comme
celui-ci, mammouth, plus de 400 articles, 80 quelques lois modifiées sans avoir
conseillé le Collège des médecins, sans avoir écouté les conseils, plutôt, du
Collège des Médecins. Ça m'apparaît une erreur, M. le Président, une grave erreur.
Moi, je ne suis pas un spécialiste en médecine, là, aucunement. Mais j'aurais
voulu les entendre parce qu'ils vont avoir, et ils ont souligné, plusieurs
éléments problématiques, ça fait que c'est important pour moi de comprendre
leur point de vue, leur perspective. Si on ne les entend pas, si on ne les
écoute pas, on ne l'aura jamais, là. Ça fait que c'est important, qu'on soit...
qu'on soit gestionnaire d'une petite entreprise ou qu'on soit présidente du
Conseil du trésor, qu'on soit premier ministre du Québec, on doit prendre des
décisions en toute connaissance de cause. On doit prendre des décisions avec...
M. Beauchemin : ...le feedback
de tout ce monde-là, là. Puis si on ne le fait pas, on manque à notre devoir de
responsabilité envers les Québécois. Les Québécois, c'est ça qu'ils veulent.
Ils veulent que le gouvernement prenne des bonnes décisions pour eux à long
terme. Ils ne veulent pas qu'on prenne des décisions électoralistes, là, pour
faire en sorte qu'on puisse avoir une opération marketing qui va nous permettre
de pouvoir avoir des clips dans les médias. Les gens vont les voir, les clips,
ils vont dire : Ah, oui, OK, peut-être. Mais quand ils vont gratter, là,
ils vont bien se rendre compte qu'il n'y a rien de substantiel, que : Oups,
on a oublié d'écouter le Collège des médecins avant de faire la fusion entre
l'INESSS puis l'INSPQ, oups, on n'a pas écouté le Collège des médecins avant de
faire la mutualisation des services administratifs du Commissaire du bien être,
on ne les a pas écoutés pour la mutualisation de la gouvernance de Santé
Québec, on n'a pas pensé leur parler à propos de Transplant Québec puis
d'Héma-Québec. Il me semble que c'est comme... s'aventurer dans un champ qu'on
n'a aucune espèce d'idée où sont les mines. Puis on dit : Allez-y, là,
c'est par là-bas, traversez. C'est sûr que ça va sauter, M. le Président, parce
qu'on n'a pas demandé l'expertise du Collège des médecins, d'être présent ici.
Ça fait que moi, je veux qu'on les écoute. Je veux qu'on les entende. Parce
qu'ils ont, comme je le disais tantôt, ils ont soulevé plusieurs éléments
problématiques. Quand ils parlent spécifiquement de l'INESSS puis de l'INSPQ,
la mission, là, de l'INESSS, c'est une mission qui est curative. L'homologation
des médicaments, des technologies médicales. L'INSPQ, c'est prévention,
identification des risques santé publique. On a été très chanceux de les avoir
aussi en forme et aussi bons qu'ils étaient durant la pandémie, la gestion de
la vaccination. C'est des rôles qui sont complémentaires, mais ce n'est pas...
puis je donnais l'exemple, là, pour... pour les gens qui nous écoutent, là,
de... En géométrie, les deux cercles, là, OK, c'est deux cercles qui sont
indépendants, qui ne se touchent pas et s'ils se touchent, ils n'ont pas d'intersection.
Il n'y a pas une zone commune où on peut dire : C'est exactement le même
genre d'employés, c'est exactement la même méthode et deux cercles, là, OK, qui
ne se touchent pas... puis là, on dit : On va fusionner ça ensemble. Il
n'y aura aucune économie, M. le Président, il n'y en aura pas. Il n'y en aura
pas parce qu'à la base, ici, on parle de fusionner des frais variables, je
m'excuse de ramener ça à l'économie 101, là, on parle de fusionner des frais
variables et non des frais fixes. Ça fait que c'est sûr qu'il n'y aura pas
d'économie d'échelle. Un.
• (16 h 30) •
Deuxièmement, encore pire, les frais
variables sont totalement indépendants l'un de l'autre, ils font des choses
complètement différentes. À moins que ce que le gouvernement est en train de
nous dire, là, c'est qu'on va scraper une partie de la santé publique. On en
voudra moins, de santé publique, là. Est-ce que ça, ce serait peut-être plus
transparent de dire ça aux Québécois, là? Que l'objectif, ici, là, c'est couper
la moitié de Santé publique, puis on va faire des économies de même? Ha ha!
Mais là, ça, c'est différent, là. Ce n'est pas une fusion, là, ça, c'est une
opération, là, on vient d'enlever des jambes, là, à quelque chose qui
fonctionnait très bien, à quelque chose qui si ça n'avait pas été là durant le
COVID, on se serait tiré une balle dans les pieds, là. Puis, j'ai donné l'autre
exemple, l'analogie, puis je... je me suis fait parler par des gens qui ont
entendu ce que j'ai dit la semaine passée puis ils ont trouvé ça bon, bien...
c'est la réalité. C'est... c'est complémentaire, hein, comme... comme regarder
des équipes de sport professionnel. C'est le fun c'est deux genres de sports,
ça peut être complémentaires, mais on ne pourrait jamais fusionner le Canadien
de Montréal avec les Alouettes parce que ni l'un ni l'autre, ensemble, feraient
une bonne équipe de hockey et/ou une bonne équipe de football. Bien, c'est à
peu près ça, l'exemple qu'on peut dire de l'INESSS... fusionner l'INESSS avec
l'INSPQ. C'est deux entités qui font des choses totalement différentes. Oui,
ils sont dans la santé, oui, les Canadiens de Montréal puis les Alouettes sont
dans le sport, mais c'est deux trucs totalement différents qui ne peuvent pas
vraiment être fusionnés ensemble. Imaginez, là, M. le Président, si l'objectif
ultime, vraiment, là, du gouvernement, c'est juste de couper dans la santé
publique, d'enlever, là, une grande partie, là, de ce que la santé publique...