Journal des débats de la Commission des finances publiques
Version préliminaire
43e législature, 2e session
(début : 30 septembre 2025)
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Le
mercredi 18 février 2026
-
Vol. 48 N° 26
Étude détaillée du projet de loi n° 7, Loi visant à réduire la bureaucratie, à accroître l’efficacité de l’État et à renforcer l’imputabilité des hauts fonctionnaires
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16 h 30 (version non révisée)
(Reprise à 16 h 59)
Le Président (M. Laframboise) : Rebonjour,
donc nous allons recommencer nos travaux. Juste avant le début, j'aurais besoin
d'un consentement pour permettre au député de Pontiac de remplacer la députée
de Bourassa-Sauvé. Consentement? Consentement? Mme la ministre, consentement?
Mme Duranceau : ...
Le Président (M. Laframboise) :
Non? C'est vous qui décidez.
Mme Duranceau : ...
Le Président (M. Laframboise) : Donc,
consentement.
Donc, nous étions à l'amendement. Donc,
est-ce qu'il y a un consentement pour la présentation de l'amendement, puisqu'il
abroge plusieurs articles? Est-ce qu'il y a consentement?
Des voix
: Consentement.
Le Président (M. Laframboise) :
Consentement, M. le député?
Une voix : ...
Le Président (M. Laframboise) :
Consentement? Ça va. Donc, nous avons consentement pour le dépôt de l'amendement.
Donc, vous pouvez en faire la lecture, Mme la ministre.
• (17 heures) •
Mme Duranceau : Alors, l'amendement
vise à remplacer le chapitre quatre du titre un du projet de loi comprenant les
articles 74 à 97 par le chapitre suivant :
Chapitre IV
Héma-Québec
Loi sur Héma-Québec et sur le comité de
biovigilance
L'article... Article 74. L'article 3
de la Loi sur Héma-Québec et sur le Comité de biovigilance est modifié par le
remplacement, dans le quatrième alinéa, de «connexe aux attributions décrites
aux alinéas précédents que lui confie le gouvernement» par «que lui confie le
ministre de la Santé et des Services sociaux».
Alors, commentaires : L'amendement
vise à remplacer les dispositions du projet de loi concernant l'attribution à Héma-Québec
des fonctions de coordination des dons d'organes par une modification à la loi
constitutive d'Héma-Québec afin d'élargir le type de mandat qui peut lui être
confié, de prévoir qu'un tel mandat peut être confié par le ministre de la
Santé et des Services sociaux plutôt que par le gouvernement. Alors, voilà.
Donc, si je peux offrir le commentaire,
bien, écoutez, les conversations ont été claires et assez houleuses, je dirais,
sur le sujet, là, de regrouper les deux entités juridiques Héma-Québec,
Transplant Québec. L'objectif de ça, c'était vraiment l'optimisation au niveau
administratif, puis aussi de voir à optimiser peut-être les façons de faire des
deux organisations pour augmenter ultimement le don d'organes au Québec. Là, bon,
en commission, évidemment, les positions étaient très, très opposées, puis on a
dit parfait, puis, le but, ce n'était vraiment pas de mettre du sable dans l'engrenage,
surtout pas de mettre à risque la vie de qui que ce soit, ça fait que j'ai
rencontré les PDG des deux organisations, les présidents de conseil, puis on a
dit : Bien, pouvez-vous vous asseoir ensemble puis essayer de trouver des
solutions pour aller chercher ces synergies-là sur le plan opérationnel. Puis
je vous dirais que Héma-Québec a été très, très proactif, a proposé plein d'avenues,
puis Transplant Québec, plutôt réticent dans tout ça, donc, résulte finalement,
là, de ces...
17 h (version non révisée)
Mme Duranceau : ...de ces
discussions-là entre les deux organisations que, tu sais, il n'y a aucun
appétit, aucune ouverture de la part de Transplant Québec à collaborer, là,
dans cet exercice-là. Donc là, honnêtement, l'objectif étant de ne pas faire
fuir les gens qui sont chez Transplant Québec, de calmer tout le monde puis de
dire : Bien, regarde, on remettre ça à plus tard. Il y aura des
discussions qui devraient se poursuivre avec le ministère de la Santé, tu sais,
peut-être dans une discussion plus large sur... sur le don d'organes de manière
générale, parce qu'il y avait déjà eu des discussions à ce sujet-là. Alors, l'objectif,
c'est de dire : Bon, vous reprendrez ces discussions-là dans une
perspective plus positive et en mode solution que ce qu'on a connu, là, dans
les dernières semaines. Par contre, il y a des propositions qui ont été faites,
là, puis qui viennent. Celles-ci venaient du rapport de Transplant... De
Transplant? De Transplant Québec. Donc, il y avait des synergies qui avaient
été identifiées tout de même, tu sais, ils ont fait le travail, des synergies
qui avaient été identifiées notamment au niveau des campagnes de
sensibilisation, pour faire en sorte de rejoindre davantage la population puis
de sensibiliser les gens au don d'organes. Donc...
Bien, c'est ça, l'idée de cet
amendement-là, c'est de dire : Regarde, on ne touche à rien. Par contre, c'était
une solution qui était envisagée puis qui était bénéfique pour la population d'utiliser
potentiellement le réseau d'Héma-Québec pour... pour faire de la... bien, de la
promotion ou de la sensibilisation au don d'organes. Donc, au lieu d'avoir une
seule organisation qui le fait, on a une organisation qu'on sait qui est sur le
terrain, qui couvre beaucoup de territoires, de régions, bien, on pourrait lui
confier le mandat d'ajouter ça aux choses dont elle parle quand elle rencontre
les gens sur le terrain. Alors, je pense qu'on... c'est... ce n'est plus
perturbateur d'aucune façon au niveau clinique, ce qui était notre préoccupation
puis... Par contre, au niveau vraiment promotion du don d'organes, ça donne...
ça donne une option, là, en assouplissant.
Puis l'autre, l'autre volet aussi,
efficacité de l'État, bien, on permet, tu sais, un peu plus de souplesse, si on
voulait confier quelque mandat que ce soit à Héma-Québec. Puis là on discutait
tantôt d'opportunités ou... Je ne sais pas, moi, s'il y a un enjeu de santé
publique puis qu'on dise : OK. Bien, on a une société d'État, Héma-Québec,
qui est capable répondre sur le terrain par rapport à un nouvel enjeu de santé,
de santé publique de manière très, très ciblée, bien, on a la possibilité, la
ministre a la possibilité de confier ce mandat-là sporadique ou bien spécifique
à Héma-Québec, chose qui n'aurait... qui ne serait pas permise avec le libellé
précédent. Ça fait qu'en toute transparence c'est ça, le... c'est ça, l'objectif.
Le Président (M. Laframboise) : Questions,
commentaires? M. le député de Marguerite-Bourgeoys.
M. Beauchemin : Oui. Merci
beaucoup, M. le Président. Ça adonne qu'on est durant la période, là, des Jeux
olympiques. Ça fait que, donc, on voit ici un salto arrière sur glace avec une
lame pas aiguisée, mais quand même intéressant de voir le recul du gouvernement
sur ce qui était quelque chose que nous, on avait donc, évidemment, mis de l'avant
de façon très... très... très sérieuse.
Au niveau des procédures, je veux juste
peut-être clarifier quelque chose avec vous, M. le Président. Donc, on va
utiliser une terminologie juste un peu loufoque. Moi, je suis le «bad cop», ça,
c'est «bon cop», puis là on a... on a un deuxième policier qui est avec nous
ici. Étant donné qu'on a 23 articles de loi qu'on proroge...
Mme Duranceau : ...on abroge.
M. Beauchemin : ...qu'on
proroge. On abroge, proroge.
Le Président (M. Laframboise) : C'est
24, 24 articles.
M. Beauchemin : 24 articles.
OK. 97 moins 74, ça donnait 23, mais, en tout cas, c'est correct, 24. Donc, ça
veut dire qu'on avait chacun, ici, 24 fois 20 minutes pour parler.
Donc, moi, ça me donnerait 7 heures, 60... 7 heures, 60 %, donc
7 h 40 min à peu près, 7 h 40 min à mon collègue
puis 7 heures...
Une voix : ...
M. Beauchemin : Mais non,
mais je veux juste dire où est-ce qu'on pourrait aller, là, dans le sens que c'est
important de comprendre, parce qu'il y a quelque chose de vraiment sournois
dans ce qui a été présenté, puis ça va à l'encontre même de ce que la demande
initiale était, c'est-à-dire de tout simplement enlever ces articles-là parce
que... Puis je veux vous l'expliquer, là. Vous, vous le voyez de cette
façon-là, sauf que nous, on a reçu un document, que j'aimerais déposer, mais,
pour fin de la commission, je vais le lire, puis je peux déposer. Comment, c'est
quoi, la procédure? Je le lis, je le dépose après ou OK. Correct. On va vous le
transmettre, puis je vais le lire. Ça fait que tu peux-tu le transmettre, s'il
vous plaît...
Des voix : ...
M. Beauchemin : Alors,
c'est une lettre que vous avez adressée à Mme Martine Bouchard à 15 h 40
cet après-midi :
«Madame la Présidente-directrice générale,
l'an dernier, le bilan 2024 en don d'organes de votre organisation a
publié, l'on soulignait que les dons d'organes a progressé avec
644 greffes réalisées grâce à 206 donneurs. Malgré ces progrès,
856 Québécois sont toujours en attente d'un organe. Il était également
mentionné qu'une amélioration de la performance de ce système exige des actions
concrètes pour augmenter considérablement le nombre d'organes transplantés et
sauver davantage de vies.
C'est dans cette perspective que le
gouvernement a intégré dans le projet de loi n° 7,
Loi visant à réduire la bureaucratie, à accroître l'efficacité de l'État et à
renforcer l'imputabilité des hauts fonctionnaires, des dispositions visant
explicitement à augmenter le nombre d'organes transplantés au Québec. Cet
objectif prioritaire a guidé l'ensemble de nos consultations et éclairé nos
échanges avec les partenaires concernés.
Plusieurs... plusieurs pistes
d'optimisation ont été étudiées, notamment celles de mutualiser les efforts
avec Héma-Québec, reconnu pour son efficacité et sa capacité de rejoindre un
grand nombre de Québécoises et Québécois sur l'ensemble du territoire dans le
contexte du don de sang et de tissus. Cette approche semblait être une réponse
adéquate à l'enjeu de fragmentation du système et des disparités régionales en
matière de référencement qui était mentionné dans votre bilan 2024.
Or, je constate qu'un terrain d'entente
entre votre organisation et celle d'Héma-Québec — donc celle de Transplant
Québec et Héma-Québec — n'a pu être identifié à ce stade-ci. Cette
situation me préoccupe, car notre responsabilité collective est de veiller à ce
que chaque mesure susceptible d'augmenter le don d'organes soit pleinement
évaluée et mise en œuvre lorsque cela s'avère possible. Il est essentiel que
toutes les parties prenantes puissent contribuer à une réflexion commune autour
des solutions envisageables, ce qui... ce qui n'a malheureusement pas été le
cas.
Dans ce contexte, nous avons déposé les
amendements nécessaires pour maintenir la coordination du don et de la
transplantation d'organes au sein de votre organisation, tout en permettant à
la ministre de la Santé d'attribuer certains mandats à Héma-Québec, notamment
en matière de promotion de don d'organes à l'échelle nationale... Cette
approche vise à renforcer le système de manière cohérente et complémentaire,
dans l'intérêt des patients qui attendent une transplantation.
• (17 h 10) •
Je vous réitère la volonté du gouvernement
de travailler avec Transplant Québec pour atteindre ces objectifs communs. Je
vous invite donc à reprendre, dans les meilleurs délais, un dialogue
constructif avec les équipes ministérielles du ministère de la Santé et des
Services sociaux afin d'assurer que les prochaines étapes des travaux se
déroulent dans un esprit de collaboration renouvelé.
Je vous prie de recevoir, Madame, mes
salutations distinguées. La présidente du Conseil du trésor.»
Alors, vous
comprendrez, M. le Président, que, quand on voit une lettre comme ça, à
20 minutes avant le début de la reprise des travaux, qu'on voit qu'on veut
éliminer, là, ces 24... 97 moins 74, c'est 23, mais en tout cas... 24
articles...
Mme Duranceau : Il faut
que tu comptes la fin ou le début.
M. Beauchemin : ...Il
faut qu'on compte le premier puis le dernier, c'est ça. Excusez, c'est un
réflexe, là... Puis qu'ils ont...
Le Président
(M. Laframboise) : ...un remplacement qui a 20 minutes, puis
23 articles dans la minute, c'est pour ça que ça vous fait 24.
M. Beauchemin : ...Je
comprends. D'accord. Merci. Merci beaucoup pour l'explication. Parce que quand
on dit ici, là, qu'on peut... puis si on peut peut-être redescendre un petit
peu plus bas, là, pour que tous puissent le voir en même temps que moi, là, la
partie qui était en vert tout à l'heure... Héma-Québec exécute tout autre
mandat que lui confie le ministre de la Santé et des Services sociaux, bien,
vous comprendrez que, là, ce que ça veut dire, c'est qu'on essaie de faire
indirectement ce qu'on voulait faire directement, mais qu'on a décidé qu'on ne
voulait pas faire. Ça fait qu'en termes de transparence, ici, on devient encore
plus nébuleux. Puis, de mon point de vue, je trouve ça malheureux qu'on aille
dans cette direction-là, parce que ça veut dire que, pour la suite des
choses...
M. Beauchemin : ...le
ministre, ou la ministre, ou la personne qui aura ce ministère-là pourra, par
décret, faire bien des choses, bien plus que du marketing pour Transplant Québec
à l'intérieur de Héma-Québec.
Donc, moi, je vais tout de suite mettre
sur table mes cartes, là, je vais dire à la ministre : Si vous voulez
qu'on avance comme il le faut dans ce projet de loi là, ou vous enlevez ce
paragraphe-là... en fait, vous enlevez cet amendement-là, on enlève 74 à 97
puis on continue comme si de rien n'était, là, puis on avance sur la suite des
choses. Parce qu'avec cette phrase-là, on fait indirectement ce que 74 à 97
pouvait permettre. Puis là, en plus, en plus, M. le Président, là, là, là, on
va avoir une entité gouvernementale qui va pouvoir être mandatée de devenir le
doublon d'un OBL indépendant. Ça fait qu'en termes d'efficacité de l'État, on
est en train de la rendre encore plus lourde. On fait l'inverse du titre, le beau
titre du projet de loi, là, on fait l'inverse du titre.
Ça fait que moi, je trouve ça vraiment
inquiétant de voir qu'en ayant juste simplement ajouté ça, puis je ne sais pas
si je suis le seul, mais j'ai comme... à date, là, moi, ça n'a pas dérougi depuis
tantôt, là, on le voit, là, tout le monde a sonné l'alarme en même temps. Le
«good cop» est descendu pour qu'on puisse vraiment avoir un calme qui va régner
du côté de l'opposition officielle, mais moi, ça brûle de partout, là. Parce
qu'en ce moment, ce que je vois, c'est qu'on a vraiment essayé de faire une
copie conforme de 74 à 97, avec l'équivalent d'une dizaine de mots qui donnent
toute la liberté d'agissement au ministre ou à la ministre de la Santé de faire
exactement ce que nous, on ne voulait pas qu'il arrive, puis pour plusieurs
raisons, là.
On en a parlé, puis la ministre nous en a
parlé tout à l'heure, toutes les spécificités de Transplant Québec sont
spécifiques à Transplant Québec. On est en train de comparer des pommes puis
des oranges. Puis je l'ai dit souvent à l'exemple, mais je vais le répéter
encore une fois parce que je pense que l'image est bonne, Transplant Québec
puis Héma-Québec sont indirectement tous reliés dans le monde de la santé aux
yeux des Québécois. Ça, c'est comme, à Montréal, on a une équipe de hockey puis
on a une équipe de football. On peut-tu merger les Alouettes avec les
Canadiens? Non. Bien, on ne peut pas merger Héma-Québec avec Transplant Québec,
ça ne marchera pas. Ça fait qu'étant donné qu'on ne veut pas le faire parce
qu'on ne veut pas qu'on perde la puck sur un terrain de football ou le ballon
sur la patinoire, je pense que c'est important de comprendre ici qu'en faisant
l'ajout de «qui lui confie le ministre de la Santé et des Services sociaux», on
vient ici, M. le Président, vraiment, littéralement, là, mélanger ces deux
entités-là, là. On donne toute la liberté du monde au ministre ou à la ministre
de pouvoir faire ce que nous et tous les gens de la société civile semblent
être contre, de faire la fusion de Héma et de Transplant Québec.
Donc, je pense qu'il y a une solution qui
est simple, on enlève cet article-là puis on passe au prochain comme si ça
n'avait jamais existé et où on va définitivement passer plusieurs heures à en
discuter ensemble. Puis ce n'est pas mon intention de faire ça, c'est juste
que, là, nous, depuis quelques semaines, on a mis ça clair comme l'eau de
roche, 74 à 97, ça ne marche pas. Durant des semaines qu'il y a eu une...
pas une relâche, là, mais un besoin au niveau gouvernemental de se faire une
tête sur ce projet de loi là, il y a eu des petites communications indirectes
qui s'est fait, là, par les équipes, là, des mouvements de plaques tectoniques
qu'on a entendus : Ça va être enlevé, ça va être enlevé, ça semble être beau,
ça va être enlevé, ça va être enlevé. Puis là, bien, à 10 minutes du début
de la commission aujourd'hui, on reçoit à la lettre. Là, après ça, on voit l'amendement
comme ça. Vous comprendrez, M. le Président, que, de mon point de vue à moi, je
trouve ça vraiment triste qu'on devienne encore plus embrouillés dans ce qui
semble être une évidence pour le Québec au grand complet, que faire ça n'est
pas la bonne chose pour le Québec. Puis là, maintenant, quand on regarde puis
on le lit, là, au pied de la lettre, on regarde ça, on se dit même...
M. Beauchemin : ...que ça, ça
va même à l'encontre du titre du projet de loi. Parce que, là, on est en train
de mettre la table pour créer un doublon, hein? Héma-Québec pourra... recevoir
du ministre de la Santé le mandat de tout faire comme ce que Transplant Québec
fait. Là, on commence avec un petit doigt dans l'engrenage, là. Ils sont bons
dans le marketing, là, de... à Transplant... à Héma-Québec, là, on veut qu'
Héma-Québec prenne le marketing de Transplant Québec. On va commencer avec ça,
puis, woup!, tranquillement, pas vite, on va voir comment ça, ça va
fonctionner. Puis là, après ça, bien, on pousse le bras. On va pousser tout. Ça
fait qu'on fait exactement, et de façon encore plus obscure, M. le Président, ce
que 74 à 97 semblaient vouloir démontrer, ce sur quoi nous, au Parti libéral du
Québec, on était totalement contre.
Il me reste combien de temps dans mon
20 minutes?
Le Président (M. Laframboise) : Là,
ce que je vais faire, c'est que je vais vous donner un premier 20 minutes
pour échanger, pour ne pas que ce soit toujours la même personne qui parle
pendant 4 h. On s'entend, là. Ça fait que je vais...
M. Beauchemin : C'est gentil.
Le Président (M. Laframboise) : ...je
vais changer. Puis, après 20 minutes, bien, je passerai la parole aux...
aux collègues de...
M. Beauchemin : OK. Ça fait
que, là, j'ai fait le premier 20 minutes?
Le Président (M. Laframboise) : Je
n'ai pas... combien de temps, là. Juste un instant. J'étais justement en train
de calculer ça, là, pour être... Donc, vous pouvez continuer, puis on va vous
le dire.
M. Beauchemin : D'accord.
Donc, l'objectif ici, c'est d'être transparent puis de s'assurer justement
qu'on donne l'heure juste aux Québécois. Parce que... Puis honnêtement, moi,
là, rendre le gouvernement plus efficace, absolument. On a juste vu, depuis...
bien, ça fait seulement trois ans, quasiment quatre ans que je suis ici, là,
mais depuis le début que je suis ici, je n'ai juste vu des additions de
réglementations, des associations entre organismes pour rendre la machine
encore plus grosse. Puis force est de constater qu'ici, encore une fois, ce
qu'on voit, c'est que la machine veut se nourrir d'une entité qui est
totalement indépendante. Héma-Québec, ça appartient au ministère. Puis l'OBL
qu'est Transplant est totalement indépendant. Ça fait que c'est... force est de
constater que c'est comme un réflexe institutionnel qui est alimenté par le
gouvernement de vouloir faire en sorte que la machine grossit.
Ça fait que je suis... je suis... j'ai
beaucoup de tristesse à voir ça. J'ai même vu, quand on parlait d'allègement
réglementaire, c'est un sujet parallèle, M. le Président, mais le FCEI qui a
sorti, il y a deux ans, qu'on avait, au Québec, augmenté le fardeau
administratif de nos PME de 2.4 milliards. Puis là, à chaque année, on
nous sort un projet de loi sur l'allègement réglementaire puis on se pète les
bretelles : Ça va réduire le coût pour nos PME de 20 millions.
20 millions fois cinq, ça fait 100 millions. 100 millions sur
2.4 milliards. On ne bouge même pas l'aiguille, M. le Président. Je
suis... Je suis désolé, je trouve ça... je trouve ça plate parce qu'on en
arrive à des situations où est-ce qu'on voit ça. On augmente le fardeau.
• (17 h 20) •
Ici, on essaie de dire qu'on veut réduire
la bureaucratie. On est en train de mettre la table pour l'augmenter. Ils sont
en train de dire qu'on veut accroître l'efficacité de l'État. On est en train
de créer un doublon. J'ai beaucoup, beaucoup de misère avec ce que je vois ici,
M. le Président, puis ça me désole beaucoup. Ça fait que je veux... je veux
réitérer à la.... à la Mme, la ministre, qu'elle doit comprendre qu'ici, nous,
on a une ligne puis on ne la traversera pas.
Puis honnêtement la solution est très,
très simple. On a juste à enlever ce qu'on voit devant nous, là, puis on vient
de régler le problème, puis on passe à autre chose. Mais, sinon, bien, je pense
qu'il va falloir qu'on pose plusieurs questions. Puis, étant donné qu'on sait
qu'on a une pas mal belle enveloppe de temps devant nous, on va pouvoir tout de
même poser toutes ces questions-là en détail pour s'assurer qu'on puisse
vraiment en arriver à avoir la réponse qu'on veut. Puis, je vous le dis,
c'est... c'est le seul et unique objectif qu'on va avoir. Puis je pense qu'on
est vraiment en position de pouvoir le faire.
Donc, je vais... je vais m'arrêter ici
pour le moment. Je vais laisser un petit peu de temps sur la table, juste pour
être sûr qu'on voit que j'ai quand même des bonnes intentions, là.
Le Président (M. Laframboise) : Parfait.
Donc, ça va. Vous aviez... Il vous restait quatre minutes. Parce que, là, on
passe à des articles, là. Là, on parlait de 74, parce qu'après ça, on va parler
de 75, 76, 77, 78. Parce que c'est là, votre 20 minutes à chacun. Mme la
ministre, vous avez, vous aussi... vous, vous avez le droit de 20 minutes
aussi, si vous voulez, par article.
Mme Duranceau : Mais là, il
faudrait m'assurer, là, que tout le monde comprend bien, là. L'intention, tu
sais, si on avait voulu continuer, on aurait continué, là. L'Intention, ce
n'est pas d'absorber Transplant Québec dans Héma-Québec, un. Ça fait qu'on va
être bien transparents. Puis absolument pas l'intention non plus d'avoir un
doublon. Parce que j'ai beau avoir un OBNL et une société...
Mme Duranceau : ...OBNL, qui
est Transplant Québec, puis société d'État qui est Héma-Québec sont financés
par le gouvernement. Les deux, hein? Donc, je n'ai pas l'intention de renvoyer
la même somme d'argent chez Héma-Québec pour faire une job qui est déjà faite
ailleurs. Alors, n'ayez crainte sur ça, là, il n'y aura pas de doublon.
Ce qui est écrit là, puis je ne suis pas
en train de dire qu'on ne peut pas modifier comment c'est écrit, pour rassurer
tout le monde sur l'intention qui est celle de permettre la sensibilisation
puis la promotion du don d'organes, parce que l'objectif, c'est qu'on en
entende davantage parler au Québec, puis on a vu qu'en Europe, les entités où
c'était regroupé, bien, il y avait quand même une belle réussite dans leur...
un bon succès, puis qu'on en parlait... on en parlait plus. Donc, si on veut
modifier le texte, on peut, pour répondre à vos préoccupations, mais je vous
dis qu'en termes d'efficacité il y a quand même un... tu sais, il faut voir qu'Héma-Québec,
là, son rôle a évolué dans le temps. Au début, c'était juste le sang, les
tissus, sang de cordon, lait maternel et cellules... des cellules souches.
Alors, la vie continue, là, il y a... il y
a... il y a de l'évolution qui se fait. Puis d'avoir une entité comme
Héma-Québec qui a une certaine agilité, je ne pense pas que ce soit négatif. Je
pense que c'est dans la logique de l'efficacité de l'État. Maintenant, moi, là,
je n'ai pas l'intention de faire une guerre avec ça, là. Ce que je veux, c'est
qu'Héma-Québec puisse faire la sensibilisation puis la promotion du don
d'organes en plus de Transplant Québec qui fera peut-être ça, ou qui va
finalement accepter de parler à Héma-Québec puis qu'ils travaillent ensemble.
Si vous voulez qu'on l'écrive différemment
pour rassurer tout le monde, je n'ai aucun enjeu, mais on pense qu'il y avait
une avenue qui était... d'ailleurs, qui découle de leurs... de leurs
discussions ensemble. C'était une avenue qui était viable sur cet élément-là.
Et je pense que c'est au bénéfice des Québécois d'avoir une entité forte qui
est partout sur le terrain puis qui peut jouer ce rôle-là additionnellement.
Le Président (M. Laframboise) :
M. le député de Laurier-Dorion.
M. Fontecilla : Merci, M. le
Président. Donc, voilà, coup de théâtre. Après beaucoup de discussions, le
gouvernement, Mme la ministre décident de retirer tous les articles 74 à
97 qui concernent la fusion entre Transplant Québec et Héma Québec, là, et elle
nous présente un amendement qui est... qui est vague à souhait et qui peut
laisser de la place à beaucoup, beaucoup, beaucoup d'interprétations. Écoutez,
M. le Président, on... on nous dit ici qu'après avoir tenté de... fait beaucoup
de discussions pour amener les acteurs en présence à s'entendre sur une
éventuelle fusion, que cela n'a pas réussi et que le gouvernement, bon, renonce
à cette intention-là et que la... le gouvernement a trouvé un... comment dire,
un créneau dans lequel il pourrait y avoir un gain d'efficacité. Et c'est la
question de la promotion.
Évidemment, le transplant d'organes, en
particulier, nécessite de... beaucoup, beaucoup de promotion, parce que c'est
un sujet... c'est un sujet, je pense que des collègues ici peuvent en
témoigner, là, un sujet qui suscite quand même beaucoup de... beaucoup de
questionnements dans l'ensemble de la population. Beaucoup de résistance aussi.
Et la question de la promotion de l'information, etc., est essentielle à ce
titre... à ce titre-là.
Sauf qu'en nous soumettant un amendement
qui est somme toute assez... assez large, ça laisse évidemment la... Ça ouvre
la porte à la... à la possibilité d'effectuer carrément une fusion, une fusion
par... par des moyens détournés. Parce qu'on change l'amendement, ce qu'il nous
dit, c'est «qu'Héma-Québec exécute tout autre mandat... l'ancienne version, là,
tout autre mandat connexe aux attributions décrites aux alinéas précédents que
lui confie le gouvernement». On le change par : «Tout autre mandat que lui
confie le ministre de la Santé et des Services sociaux.» Donc, ce... C'est très
large. Moi, j'invite le gouvernement à... peut-être à... à préciser davantage
ce que pourrait être un nouveau mandat. Si c'est la question de la promotion,
bien, disons-le, écrivons-le explicitement dans l'amendement. Parce que, somme
toute, le gouvernement de... a deux... a 2 choix, soit laisser les acteurs,
donc... de renoncer à procéder à cette fusion-là et laisser les acteurs, bien,
travailler de façon à les enfermer dans une chambre, si vous voulez, pour
trouver une façon de s'entendre sur un sujet...
M. Fontecilla : ...précis qui
est la promotion. La ministre nous dit que ça a déjà été... ça a déjà été
exprimé. J'aimerais bien savoir, là, si ça a été exprimé dans le rapport qu'il
y a eu sur cette question-là ou dans le... ou dans d'autres... ou dans les
conversations qu'elle a eues dans les... avec les deux entités, Héma-Québec et
Transplant Québec. D'où ça vient, cette possibilité-là de, comment dire, mutualiser,
en quelque sorte, la promotion du transplant d'organes? Ce serait intéressant
de le savoir.
Donc, le gouvernement a la possibilité
d'inciter fortement et d'animer et d'amener les acteurs en présence à procéder
à la mutualisation de la promotion, en ne s'appuyant pas sur un texte
législatif. Ou encore, une autre possibilité, ce que, sous la forme
d'amendements, bien, qu'il précise très précisément que... très exactement que
la... tout autre mandat qui peut être confié à Héma-Québec concerne la promotion
du don... du don d'organes. J'ai entendu la ministre exprimer de l'ouverture
sur la possibilité d'échanger. Moi, je l'invite à choisir une des deux voies,
soit retirer et insister, insister auprès des deux organisations pour qu'elles
s'entendent sur la question de la promotion. Oui, on pourrait songer à une
promotion et à ce qu'Héma-Québec fasse davantage de promotion du don d'organes
pour les éléments qu'il a nommé. Il a une présence, une implantation beaucoup
plus étendue sur le territoire du Québec, une certaine expertise en termes de
promotion, etc., une crédibilité des éléments qui ont été nommés par la
ministre, ou plutôt est ouverte à la présentation d'amender son amendement pour
préciser qu'il s'agit exclusivement de la promotion.
Parce que sinon, qu'est-ce qu'il nous
reste? Que lui confie la ministre de la... Héma-Québec, pourrait accomplir tout
autre mandat que lui confie la ministre de la Santé et des Services sociaux.
Dès qu'on a... dès qu'on a lu cette formulation-là, plusieurs, dont moi, se
sont dit : Bien, voilà, la ministre pourrait, malgré ce qu'elle dit, peut-être
pas elle, mais peut-être un autre ministre qui a... dans le futur, on pourrait
confier à Héma-Québec le rôle du transplant d'organe, parce que c'est tout
autre mandat que lui confie le ministre de la Santé et des Services sociaux.
Pourquoi pas le transplant d'organes? Donc, on fait... comme disait le
collègue, on fait indirectement ce qu'on n'a pas réussi... la ministre n'a pas
réussi à faire directement.
• (17 h 30) •
Donc, pour éloigner toute cette... Et moi,
je prends la parole de la ministre, je comprends ses intentions, mais, quand
même, ça suscite un certain niveau d'inconfort pour éloigner toute possibilité
de malentendu, mais qu'elle précise davantage son amendement pour que cela...
pour que tout autre mandat, ça devienne le mandat de la promotion qui pourrait
être mutualisée.
Là, vous allez me dire : Mais, M. le
Président, là, est-ce qu'on a besoin d'un texte législatif pour obliger deux
organisations à travailler ensemble sur la promotion? Moi, j'en doute. Il me
semble que ça pourrait se faire autrement. Ça peut se faire par la discussion,
justement, entre ces deux organisations-là. Et je pense que Mme la ministre est
assez dissuasive, elle a des bons arguments à mettre de l'avant pour amener les
deux acteurs en présence à cet objectif... à cet objectif-là. Donc, à la
limite, on n'a pas besoin d'un amendement législatif pour obliger deux
organisations à mutualiser la promotion, là. Il me semble que ça pourrait se faire
par l'organisation. Ce serait beaucoup plus simple si elle choisit de ne pas le
retirer et y aller quand même avec un amendement. Mais moi, je lui suggère
d'être ouverte à la présentation d'un... et d'ailleurs, on l'a déjà préparé, à
la présentation d'un sous... parce qu'on est dans un amendement, dans un
sous-amendement précisant qu'il s'agit... qu'il s'agit de la promotion du
transplant d'organes au Québec. Voilà.
Le Président (M. Laframboise) :
Parfait, Mme la ministre, en réaction.
Mme Duranceau : Oui. Bien,
écoutez, réaction, je pense que, tu sais, on revient à la logique, là,
qu'Héma-Québec rejoint 145 000 personnes sur le territoire, là, puis,
tu sais, par toutes ses activités, ça fait que c'est un bassin de gens qui sont
déjà prédisposés favorablement à, je pense, entendre parler de dons. Ils font
un don de sang, ça fait qu'ils peuvent être disposés à entendre parler de dons
d'organes. Alors, c'est dans cette perspective-là qu'on pense qu'il peut y
avoir... et d'ailleurs, dans la...
17 h 30 (version non révisée)
Mme Duranceau : ...les
recommandations découlant de leurs discussions, c'était une belle avenue. Donc
là, comme... si ça avait été si facile, je veux dire, ils collaboraient puis
ils le feraient. Donc là, considérant que le niveau de collaboration de
Transplant Québec était plutôt mitigé, là, bien, la ministre... si les choses
ne s'exécutent pas d'elle-même sur le terrain, la ministre peut décider de
confier le mandat... puis on libellera, là, de manière plus restrictive, là, je
n'ai aucun enjeu, pourra décider de confier le mandat à Héma-Québec de faire de
la promotion et de la sensibilisation relativement au don d'organes. Puis là, ce
n'est pas protéger un versus protéger l'autre, c'est s'assurer que les
Québécois entendent parler de don d'organes, qu'ils soient davantage
sensibilisés à ça, puis qu'ultimement on augmente la possibilité de don d'organes
au Québec. Ça fait que, moi, c'est ça, mon objectif. Maintenant, je comprends votre
préoccupation, là, qui, d'un point de vue juridique, effectivement, peut
paraître large, alors que ce n'est pas l'intention. Donc, ciblons davantage, mais
comme je vous dis, si une organisation qui ne veut pas collaborer, un moment
donné, nous, on pense que c'est important que les Québécois en entendent
davantage parler, et la ministre pourra décider de confier un mandat à Héma-Québec
dans ce sens-là.
Le Président (M. Laframboise) : M.
le député de Pontiac.
M. Fortin :Merci, M. le Président. Merci d'abord aux collègues d'accepter
ma présence ici aujourd'hui, c'est apprécié. Moi, j'ai... au cours des
dernières années, là, j'ai passé beaucoup de temps sur le dossier des dons d'organes,
notamment avec la collègue de Bellechasse, entre autres, qui a pris part à l'ensemble
des auditions, mais du... des travaux de la Commission de la santé et des
services sociaux sur la question du don d'organes. Vous le savez, M. le
Président, là, il y a plusieurs députés qui se sont penchés pendant plusieurs
mois sur cette question-là, qui ont... qui ont entendu à peu près tous les
experts qu'on a au Québec et ailleurs en matière de don d'organes, pour qu'on
trouve une façon d'améliorer notre bilan au Québec, hein? Et ça, c'était, je l'entends,
ça faisait partie des préoccupations citées par la présidente du Conseil du
trésor il y a quelques instants, dans son introduction, que j'apprécie presque
dans son ensemble, sauf peut-être pour le bout où elle fait le constat où
Transplant Québec n'est pas collaboratif aux travaux du gouvernement en ce
moment.
L'objectif visé, là, si je le comprends
bien... Parce que la présidente du Conseil du trésor nous a dit par le passé
que l'objectif visé ici, ce n'était pas de sauver de l'argent, ce n'est pas ça.
L'objectif visé, si je le comprends bien, c'est d'améliorer le processus de don
d'organes au Québec pour de faire en sorte que les gens sur la liste d'attente,
essentiellement, aient plus de chances d'obtenir un don d'organes. Elle
commence sa lettre à Transplant Québec, comme ça d'ailleurs. Elle leur dit :
Il y a eu des avancées, ça va mieux que ça allait, j'aimerais que ça aille
encore mieux, alors je vous propose... propose, c'est gentil, peut-être impose
certaines affaires. M. le Président, quand on a fait la... quand on a fait la
commission sur le don d'organes, on a regardé et j'apprécie le travail de tous
les collègues, notamment la députée de Bellechasse, mais tous les autres
collègues qui étaient présents, il y avait le député de Rosemont, il y avait le
député des Îles-de-la-Madeleine, il y avait la députée de Bonaventure, il y
avait plusieurs personnes au gouvernement, et ça a été fait dans un esprit de
collaboration pour vraiment essayer de trouver les meilleures façons d'aller de
l'avant et d'améliorer le don d'organes au Québec. Cette commission-là, elle a
fait un travail sérieux, exhaustif, qui s'est échelonné sur des mois et des
mois et des mois, dans le meilleur intérêt des, quoi, 800 quelques personnes
qui sont sur la liste d'attente ou qui l'étaient à cette époque-là. Et les
travaux de la commission de l'époque, les constats de la commission de l'époque
sont encore bons aujourd'hui, M. le Président. Il n'y a rien qui a changé.
Moi, je... La présidente du Conseil du
trésor, tantôt, là, disait, à micro fermé, mais c'est correct : Posez-moi
des questions. J'aimerais ça savoir dans quelle optique elle pense que la
proposition qui est devant nous, là, celle de permettre à Héma-Québec de faire
la promotion du don d'organes, c'est une proposition qui est porteuse en
matière d'amélioration du don d'organes au Québec. Ça n'a pas fait l'objet d'une
recommandation de la Commission de la santé et des services sociaux...
M. Fortin :
...ça n'a pas fait l'objet d'une recommandation de... unanime des quatre
formations représentées ici, à l'Assemblée nationale. Alors, j'aimerais ça
comprendre. Elle sort ce lapin-là de quel chapeau? Mme la ministre.
Mme Duranceau : Alors, bien,
je tiens à répéter que, quand on a proposé ce regroupement-là, on a entendu
autant Transplant Québec qu'Héma-Québec, moi, j'ai été très sensible,
honnêtement, pas tant... En tout cas, je vais... J'ai été sensible aux propos
des médecins que j'ai entendus puis qui m'ont parlé, qui m'ont dit à quel point
la chaîne, au niveau opérationnel, la chaîne d'exécution, là, elle était bien
rodée sur le plan de l'acte, là, clinique, de faire les prélèvements, de
s'assurer d'orchestrer ça avec les familles, de faire la bonne façon puis
ensuite de procéder sur le plan médical. Puis ça, pour moi, c'est important de
le préserver. Puis là ce que j'entendais, c'est que, finalement, chez
Transplant Québec, là, il y avait beaucoup d'inquiétudes, puis aucunement
l'objectif d'affecter les opérations, là, si je peux appeler ça comme ça.
Mais, tout de même, sur le plan, sur le
plan administratif, puis j'inclus, disons-le, l'aspect promotion puis
sensibilisation, le côté plus administratif de la chose, bien, là-dessus, il y
avait des améliorations possibles, et ça a d'ailleurs été noté. Parce qu'on a
demandé après à Transplant Québec puis Héma-Québec de s'asseoir ensemble puis
d'essayer de trouver des voies de passage qui convenaient aux deux. Et là ce
que vous dites que je sors de mon chapeau, là, bien, c'est dans les
propositions que Transplant Québec nous a faites elle-même sur : Bien,
s'il y avait des voies de passage, si jamais on acceptait de travailler de plus
près avec Héma-Québec, bien, on pourrait considérer faire de la sensibilisation
ensemble. Puis Héma-Québec était bien d'accord avec ça, puis, par ailleurs, ils
nous disent : On rejoint 145 000 personnes sur le territoire,
alors pourquoi pas?
• (17 h 40) •
Mais là, comme l'ensemble de l'oeuvre
reste lettre morte pour les raisons énoncées, bien, on pense que cet élément-là
des... des recommandations... Je veux dire, Transplant Québec peut continuer
d'en faire, de la sensibilisation, bien, Héma-Québec pourrait en faire aussi.
Puis on aura deux entités qui parlent de don d'organes, puis ça, je pense que
ce n'est pas du grand dédoublement puis, au contraire, peut-être que ça va
démontrer qu'on a eu une entité qui a tellement plus de... d'étendue...
Une voix : ...
Mme Duranceau : ...oui, de
«reach», d'étendue, que ça sera bénéfique. Alors, ça n'enlève rien à l'autre,
mais, clairement, c'était une recommandation qu'ils faisaient où c'était un des
éléments pertinents de regrouper leurs forces. Alors, pourquoi pas le mettre en
application? Puis là, si, demain matin, ils nous disent à tout le monde :
Heille! Ne touchez pas à ça, là, même si vous pouvez nous confier le mandat,
bien, on s'est entendu, on s'est entendu, on va le faire sans que vous nous le
demandiez, bien, tant mieux. Mais là, pour le moment, je n'ai pas vu cette
collaboration-là de manière assez naturelle. Donc c'est pour ça qu'on vient
l'inscrire ici. Je pense que, premièrement, c'est bon qu'on ait la discussion,
que ça éveille tout le monde, puis que, tu sais, si Héma-Québec peut
contribuer, on ne devrait pas être contre ça, là, je pense. Ceci dit, le texte,
modifions-le pour qu'il convienne à tout le monde, pour refléter ce que je dis,
là. Ça, je n'ai aucun enjeu.
Le Président (M. Laframboise) :
M. le député de Pontiac.
M. Fortin :
Merci, merci, M. le Président. La ministre, la présidente du Conseil du trésor
nous dit : Bien, voyons si, suite à nos discussions, ça convient à tout le
monde, là, moi, je vous confie bien humblement qu'on n'a pas besoin d'attendre
à demain matin. Moi, ce que j'entends, c'est que ça ne convient pas à tout le monde
en ce moment. Heille! vous savez, là, les gens écoutent nos travaux, ils savent
ce qu'on est en train de se dire. Et je suis convaincu que, tant les gens
d'Héma-Québec, que les gens de Transplant Québec, que beaucoup de partenaires
du réseau de la santé, en ce moment, écoutent les travaux de la commission.
Et, en fait, je vais prendre un pas de
recul, M. le Président, juste... juste pour la bonne, la bonne tenue de nos
travaux. Moi, j'encouragerais, avec tout le respect et le plus gentiment du
monde, j'encouragerais la ministre de cesser de dire que Transplant Québec n'a
pas collaboré, OK. Transplant Québec s'est retrouvé devant une situation où
la... le gouvernement du Québec...
M. Fortin :...la présidente du Conseil du trésor a, par projet de loi,
de façon complètement inattendue, décidé de confier une bonne partie de son
mandat à Héma-Québec. Ils se sont retrouvés devant cette situation-là. Alors,
vous ne pouvez pas, M. le Président, demander à un organisme qui considère
essentiellement, là, qu'il va être aboli de ne pas être échaudé. C'est sûr.
C'est sûr. Mettez-vous dans leur peau deux secondes, là. Eux autres, ils ont
entendu une volonté exprimée de la part de toutes les formations politiques de
travailler aux meilleures solutions pour améliorer le don d'organes. Ils ont
collaboré à ces travaux-là longtemps, ils ont eu des discussions avec la
ministre déléguée à la Santé, qui est aujourd'hui ministre de la Santé... avec
la ministre déléguée à la Santé, pour travailler sur un projet de loi, un peu
comme la Loi sur Héma-Québec, mais pour Transplant Québec, pour le don
d'organes, ce qu'il n'y a pas au Québec, M. le Président, en ce moment, il n'y
en a pas, de loi spécifique au don d'organes qui met tous les paramètres de la
gouvernance d'un organisme comme Transplant Québec. Il a travaillé avec le
gouvernement pour les aider dans l'élaboration d'un projet de loi comme ça et
il a entendu la recommandation première de tous les députés, de toutes les
formations politiques de dire : Ça nous prend une loi-cadre sur le don
d'organes. Et je le sais, là, la députée de Bellechasse, elle était d'accord
avec ça, elle a mis son nom au bas de ce rapport-là, comme tous les autres
députés de toutes les autres formations politiques. Alors là, ils se retrouvent
devant une situation où la présidente du Conseil du trésor, et je le dis en
tout respect, là, ce n'est pas une critique, absolument pas, on n'est pas tous
des experts dans tout, OK, mais qui, à ma connaissance, n'a pas passé le même
nombre d'heures sur le dossier du don d'organes que les députés de la
commission, n'a pas une expertise particulière à ce sujet-là, et c'est correct,
ce n'est pas une reproche... un reproche, M. le Président. Mais elle est
arrivée avec un projet de loi qui faisait complètement fi des recommandations
de ses collègues, mettait de côté complètement ce qui avait été convenu par
tous les parlementaires comme les meilleures façons de procéder pour améliorer
le don d'organes et là, elle est arrivée avec un projet de loi qui, selon ses
dires, même aujourd'hui, elle vient de nous le dire, c'est un projet de loi qui
ne répondait pas aux besoins des professionnels, des médecins qui oeuvrent dans
le domaine du don d'organes. Et on a déjà eu, elle et moi, là, un échange en
Chambre où elle a tenté de défendre la mesure qu'elle proposait. Et là, après
ça, les experts se sont prononcés les uns après les autres sur la place
publique pour dire que ça ne tient pas la route. Alors, vous me permettrez de
douter, étant donné le chemin qu'on a fait dans les derniers mois, les échanges
qu'on a eus avec la présidente du Conseil du trésor, qui soutenaient que ce
qu'elle proposait avant l'amendement, là, aujourd'hui, là, était bon pour le
patient, était bon pour le don d'organes au Québec. Vous me permettrez de douter
aujourd'hui que le gouvernement a fait toutes les recherches nécessaires pour
s'assurer que cette... disons, cette... ce rôle ou cette façon de travailler où
deux groupes font la promotion du même enjeu est particulièrement efficace.
Dans les dernières minutes, j'ai entendu... et c'est... c'est ça qui me
préoccupe en ce moment, là, c'est l'efficacité. Est-ce que c'est une mesure
efficace ou pas? La ministre nous a dit que dans d'autres pays, ça a été
efficace. Moi, je suis ouvert à entendre ses arguments. Est-ce qu'elle peut
nous en dire davantage sur l'efficacité, le gain gagné dans les autres pays
qu'elle a nommés?
Mme Duranceau : M. le
Président, là, je ne vais pas commenter sur les autres pays plus que ça, là, je
peux vous dire que dans le rapport de la commission, là, sur laquelle vous
aviez siégé, ça disait que ça prenait une entité pour s'occuper du don
d'organes, mais ça ne disait pas que ça devait être Transplant Québec, là, ça
fait qu'on peut remettre ça...
M. Fortin :Ça disait que Transplant Québec était un organisme qui
avait toutes les compétences nécessaires pour s'occuper de ce mandat-là. Ça ne
disait pas Héma-Québec a toutes les compétences nécessaires pour s'occuper de
ça...
M. Fortin :
...et la commission a entendu les deux groupes.
Mme Duranceau : Toujours
est-il qu'on ne touche pas à ça. Donc, ce n'est même plus un débat. Chacun
reste dans sa mission. Puis on dit : rassoyez-vous avec le ministère de la
Santé, parce que c'est une mesure du ministère de la Santé, puis regardez ça
ensemble pour le bénéfice de tout le monde puis d'arriver à la meilleure
solution. Par contre, dans l'intérim, puis on a un texte à vous proposer qui
devrait vous rassurer, je l'espère, dans l'intérim, pourquoi se priver des...
de la capacité d'Héma-Québec de rejoindre 145 000 personnes, puis de leur
donner un petit dépliant pour les sensibiliser au don d'organes? Pourquoi vous
voulez empêcher ça?
M. Fortin :
M. le Président, je... Mon collègue avait raison, là. Jusqu'à maintenant, ça me
faisait plaisir de jouer au bon cop, là. Mais là j'aimerais ça avoir des
réponses de la part de la ministre, parce qu'elle a commencé son argumentaire
en disant : Bien là, ça peut juste être bon d'avoir deux groupes qui font
ça. Ça a marché dans d'autres pays. J'aimerais ça qu'elle nous dise où ça a
marché, comment ça a marché et les résultats de cette collaboration-là. Ça
faisait partie de son argument. Ce n'est pas moi qui l'ai amené, cet
argument-là, c'est la présidente du Conseil du trésor.
Le Président (M. Laframboise) :
Mais la réponse lui appartient. Mme la ministre.
M. Fortin :
Mais, bien sûr, bien sûr, bien sûr, toujours.
Mme Duranceau : ...la réponse
m'appartient, là. Il faudrait que je retourne à mes... à mes notes sur le
sujet, là. Mais, clairement, il y a des pays où tout ça est regroupé dans une
entité, puis ils ont des résultats qui sont pertinents.
M. Fortin :
Ah! mais là vous me parlez d'une entité.
Mme Duranceau : Bien, peu
importe, on ne fait pas ça. Vous ne voulez pas qu'on fasse ça, Transplant
Québec ne veut pas qu'on fasse ça. Héma-Québec était ouvert puis avait un bon
plan de match. Mais là ce n'est pas...
M. Fortin :
Mais vous dites, vous, c'est les médecins qui vous ont convaincue, alors...
Mme Duranceau : Moi, les
médecins m'ont dit : Assure-toi qu'il n'y a pas de perturbation sur la
chaîne opérationnelle, ça, ça me préoccupait, que ça touche le monde, ça me
préoccupait. Que quelqu'un veuille garder sa job dans un bureau, ça, c'est
louable, mais ce n'est pas ça qui était ma principale préoccupation. Alors là,
de toute façon, on peut en débattre pendant huit heures, on n'y touche pas,
hein, on n'y touche pas. Puis on dit : Si Héma-Québec, on lui demande de faire
de la promotion, de la sensibilisation au don d'organes, parce qu'ils
rejoignent 145 000 personnes qui sont équipées pour ça, bien,
profitons-en. Alors, moi, c'est la seule chose que je dis. Je ne suis pas en
train de dire qu'il faut regrouper... Puis je pense qu'il y avait des
synergies, je le pense encore, mais là on a décidé de ne pas aller là. Alors,
c'est un débat qui est inutile. La discussion aura lieu sur un comité de
travail avec le ministère de la Santé, avec les bons experts, parce qu'effectivement
ce n'est pas moi l'experte en matière de don d'organes.
• (17 h 50) •
Par contre, je pense que faire la
promotion de ça avec les bons outils, quand tu rejoins
145 000 personnes assises sur une chaise à donner du sang, tu es
capable de parler du don d'organes. Ça, ça me semble logique, ça n'affecte pas
les opérations de transplantation, ça ne touche à rien de médical. Puis on a
une opportunité de sensibiliser des gens sur ce sujet-là. Alors, moi, c'est la
seule chose que je dis, puis je veux vous proposer un texte de loi qui va être
plus restrictif puis qui va refléter cette intention-là, aucunement l'intention
de faire un débat additionnel sur ce sujet-là.
M. Fortin :
M. le Président, là, je suis ouvert à entendre le texte de loi, tant celui du
gouvernement, que celui que le collègue de Laurier-Dorion a mentionné il y a
quelques instants, par rapport à un sous-amendement potentiel à cet article-là.
Mais ce que je veux m'assurer, c'est qu'on fait la meilleure affaire pour les
800... 800 quelques patients avec... qui sont sur la liste d'attente
aujourd'hui puis tous ceux qui vont être sur la liste d'attente éventuellement.
L'enjeu, et je comprends que la ministre nous dit : Je ne veux pas revenir
sur le débat. Il y a des médecins qui m'ont convaincue qu'il y avait peut-être
des écueils potentiels sur la chaîne, qu'on ne veut pas toucher à ça. Mais
c'est bien, c'est bien que, maintenant, elle ait cette position-là, elle ne
l'avait pas par le passé. Elle semblait déterminée à aller de l'avant.
D'accord. J'apprécie ce qu'elle... ce qu'on qualifie de recul, ce qu'elle
qualifie d'écoute, c'est positif, d'une façon ou d'un autre, c'est positif.
Mais, quand elle dit que les campagnes de
sensibilisation communes, là, ça peut être positif aussi, je lui demanderais de
prendre le temps de regarder ce qui s'est passé en Angleterre parce que ça n'a
pas été positif en Angleterre. Et je lui demanderais... ou je demanderais à
quiconque au gouvernement de peut-être prendre le temps de retourner écouter les
délibérations de la Commission de la santé et des services sociaux. Vous savez,
une des choses qu'on a entendues souvent, M. le Président...
M. Fortin :
...c'est que les campagnes grand public, ce n'est pas la meilleure façon de
faire. Alors là, ce que la ministre nous propose, là, c'est exactement le
contraire de ce que les plus grands experts au Canada nous ont dit. Et là je
m'en excuse, M. le Président, j'oublie son nom, mais le médecin de la
Nouvelle-Écosse qui est venu nous parler... Et la Nouvelle-Écosse est pas mal
de précurseur, hein, j'aimerais ça qu'on soit précurseur, comme la
Nouvelle-Écosse, en matière de dons d'organes, mais c'est pas mal la
juridiction qui est avant-gardiste en ce moment au Canada. Ce qu'il est venu
nous expliquer, c'est... il nous a dit : Vous pouvez bien passer des pubs
dans le Super Bowl, là, vous pouvez bien avoir des campagnes grand public, ce
n'est pas ça qui marche, ce n'est pas là où vous avez une efficacité. Alors,
les 145 000 personnes dans le réseau d'Héma-Québec, ce sont déjà des
personnes qui sont sensibilisées à la cause, probablement du sang... du don de
sang, bien évidemment, mais probablement du don d'organes aussi. Ce n'est pas à
eux autres qu'il faut parler. C'est de l'argent gaspillé.
C'est ça qu'on nous a dit, M. le
Président, on nous a dit que des campagnes comme celles-là, ça ne fonctionnait
pas, qu'il fallait avoir des campagnes ciblées, campagnes ciblées dans
certaines communautés culturelles, par exemple, qui pourraient avoir, pour une
raison ou une autre, des réservations face au don d'organes, qui pourraient
avoir des inquiétudes, qui... pour qui le don d'organes pourrait chambouler
certaines habitudes, certains rituels, qui pourraient avoir des préoccupations
par rapport à ça. Ce qu'on nous a dit, c'est que vous êtes pas mal mieux à
faire des campagnes où, par exemple, là, et je les cite, là, «par exemple, vous
allez parler à un leader religieux pour que lui puisse parler à sa communauté,
plutôt que de faire des campagnes grand public». C'est ça qu'on nous a dit, M.
le Président, c'est qu'on est mieux d'avoir des campagnes ciblées, d'avoir des
actions ciblées. Le don d'organes puis le don de sang, ce n'est pas la même
affaire, ça n'a pas la même répercussion chez certaines personnes, ça n'engendre
pas les mêmes réactions dans certaines communautés.
Alors, moi, je veux bien que la présidente
du Conseil du trésor nous dise aujourd'hui : Heille! il y a
145 000 personnes dans le réseau d'Héma-Québec qu'on pourrait
rejoindre. Oui, puis il y a bien du monde qui entendent les pubs de
Loto-Québec. Alors, est-ce que Loto-Québec devrait être l'organisme qui
s'occupe de ça? Bien non. Parce que, justement, M. le Président, les pubs grand
public, ça ne fonctionne pas. C'est de l'argent garroché par les fenêtres.
C'est ça qu'on nous a dit. Alors là, M. le Président, moi, j'aimerais ça savoir
qui a dit à la... soit la présidente du Conseil du trésor, qui a dit au
gouvernement quelque chose de complètement différent que ce que les meilleurs
experts au Canada, en matière de dons d'organes, nous ont dit.
Mme Duranceau : Ça va me faire
plaisir de répondre à ça, parce que, comme je vous ai dit, quand Héma-Québec
puis Transplant Québec se sont assis ensemble puis ont fait des propositions,
bien Transplant Québec nous a envoyé l'information suivante. Alors, ce que vous
dites : Si ça ne marche pas, je ne comprends pas pourquoi c'est ça qu'ils
m'ont envoyé. Alors, ils me disent : «Synergie identifiée. Les campagnes
de sensibilisation. Les deux organisations rejoignent la population québécoise
autour de questions liées aux dons, mais auprès de publics parfois différents
et avec des approches distinctes. Une meilleure coordination permettrait
d'assurer une information cohérente, adaptée aux réalités culturelles et
linguistiques. Une plus grande synergie permettrait également de renforcer la
compréhension des distinctions entre don d'organes, de tissus et de produits
biologiques. L'augmentation de la portée et de la fréquence des campagnes, sans
confusion des messages, représente un gain tangible pour la population.»
Moi là, je suis comptable, OK, je lis ça,
ça me semble être très favorable, puis je me fie à ce que les gens m'ont
envoyé. Alors, je n'ai pas inventé ça toute seule chez nous, il y a un gain
pour la population qui est identifié. Alors, en attendant que tout le monde se
rassoie ensemble, qu'il y ait un comité avec le ministère de la Santé puis
qu'on décide de comment on veut traiter le don d'organes de manière plus
globale au Québec, il y a une opportunité, là, d'en parler de manière plus
fréquente puis de sensibiliser davantage la population. C'est juste ça que je
veux, moi. Donc, là, je me fie à ce que Transplant Québec m'a écrit pour vous
proposer l'amendement qui est là, qu'on va modifier. Si vous êtes d'accord, là,
on peut... on peut suspendre, on peut vous montrer...
Mme Duranceau : ...le texte,
on regardera celui de... du député de Laurier-Dorion, mais il y a une
opportunité, là, pour la population de... d'en entendre parler davantage. C'est
ça, l'objectif.
M. Fortin :
Moi, je veux juste comprendre la part de la... de la ministre, là, est-ce que
ce qu'elle vient de dire ici mène à une augmentation du budget d'Héma-Québec?
Est-ce que ça mène à une diminution de budget de Transplant Québec? Parce que,
là, si on donne le mandat à Héma-Québec, là, de faire de la publicité ou de la
sensibilisation ou, appelons ça comme on veut, là, autour de la question du don
d'organes, est-ce qu'on leur offre des moyens supplémentaires pour y arriver?
Mme Duranceau : Bien, écoutez,
premièrement, il faut qu'il y ait un mandat de confié. S'il y a un mandat de
confié, après ça, il y aura des coûts qui seront évalués. Puis, si on pense
que... si le ministère de la Santé pense que c'est une bonne idée, puis il faut
aller de l'avant, bien, ce sera pris en considération. Là, je ne suis pas en
train d'enlever de l'argent du côté de Transplant Québec. Puis, honnêtement,
les économies qui... sur le plan financier qui auraient pu être faites, là, on
ne les verra pas, là, parce qu'on ne touche pas à ça, finalement.
M. Fortin :
Vous avez dit qu'il n'y en avait pas, d'économie sur le plan financier.
Mme Duranceau : Bien, il y
a... Il aurait pu y en avoir potentiellement parce que Transplant Québec, on se
souviendra, voulait des systèmes informatiques plus performants, Héma-Québec
avait ça, aurait pu... aurait pu prêter main-forte à cet égard-là. Alors, il
aurait pu y avoir des synergies sur le plan administratif ou au niveau
informatique. Alors, malheureusement, c'est remis à plus tard ce... cette
discussion-là. Mais c'était... ça, ce n'était pas l'objectif principal. Il y en
aurait eu, je pense, par la bande. L'objectif principal, c'était d'améliorer la
chaîne puis l'opportunité, le nombre de dons d'organes. Et là, faute de toucher
à ça, sur l'aspect plus opérationnel de la chose, on dit : Assurons-nous,
là, que... s'il y a une opportunité pour Héma-Québec de contribuer positivement
au don d'organes, bien, qu'ils sont capables de le faire. Puis... puis, s'il y
a des dépenses additionnelles qui doivent être encourues relativement à ça,
bien, ce sera à la ministre de la Santé de prévoir ça considérant le mandat
qu'elle confiera ou pas.
Le Président (M. Laframboise) :
Juste avant de poursuivre, juste pour dire, au point de vue un petit peu de
logistique, là, vous ne pouvez pas sous-amender votre propre amendement. Donc,
théoriquement, vous pouvez remplacer votre amendement. Ça prend le consentement.
L'idéal, ce serait que vous acceptiez un amendement proposé, peut-être par le
député de Laurier-Dorion, que vous pourriez travailler ensemble. Puis là, à ce
moment-là, vous pourriez amender votre... sous-amender votre amendement, puis
on pourrait... Mais, pour faire ça, il faudrait suspendre, comme vous l'avez
suggéré. Mais est-ce que... Ça va? Vous êtes d'accord avec la suspension?
Parfait. Suspension.
(Suspension de la séance à 18 heures)
18 h (version non révisée)
(Reprise à 18 h 25)
Le Président (M. Laframboise) : Donc,
nous allons réouvrir nos travaux. Là, j'ai juste... Avant de poursuivre, j'ai
bien reçu le document transmis par le député et j'en autorise le dépôt. Ça, c'était
la lettre qui avait été déposée, là. Je voulais juste l'autoriser. Puis là,
évidemment, je vous remercie de votre collaboration. Compte tenu de l'heure, la
commission ajourne ses travaux sine die.
(Fin de la séance à 18 h 26)