Journal des débats de la Commission des finances publiques
Version préliminaire
43e législature, 2e session
(30 septembre 2025 au 8 avril 2026)
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Le
jeudi 26 mars 2026
-
Vol. 48 N° 36
Poursuite du débat sur le discours du budget
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15 h (version non révisée)
(Quinze heures seize minutes
)
Le Président (M. Laframboise) : À
l'ordre, s'il vous plaît! Ayant constaté le quorum, je déclare la séance de la Commission
des finances publiques ouvertes. Je demande à toutes les personnes dans la
salle de bien vouloir éteindre la sonnerie de leurs appareils électroniques.
La commission est réunie afin d'entreprendre
la poursuite du débat sur le discours du budget, conformément à l'article 275
du règlement de l'Assemblée nationale.
M. le secrétaire, y a-t-il des
remplacements?
Le Secrétaire : Oui, M. le
Président. Mme Setlakwe (Mont-Royal—Outremont) est remplacée par Mme McGraw
(Notre-Dame-de-Grâce).
Le Président (M. Laframboise) : Merci,
M. le secrétaire. Avant d'entreprendre nos travaux, je vous informe de la façon
dont se déroulera ce mandat. D'abord, pour ce début d'une durée d'au plus 10 heures...
pour ce débat d'une durée d'au plus 10 heures, la répartition des temps de
parole sera approximativement la suivante entre les groupes parlementaires :
5 heures pour le gouvernement, 3 h 45 min pour l'opposition
officielle, 1 h 15 min pour le deuxième groupe d'opposition.
Nous débuterons par les remarques préliminaires du ministre, puis du
porte-parole de l'opposition officielle, et évidemment de la porte-parole du
deuxième groupe, mais elle n'est pas présente aujourd'hui, donc il n'y en aura
pas. Chaque intervenant disposera d'un maximum de 20 minutes pour ses
remarques, pris à même l'enveloppe globale de temps de leur groupe
parlementaire. Une fois les remarques préliminaires terminées, nous passerons
aux échanges qui se dérouleront par blocs d'environ 20 minutes, et aujourd'hui
ce sera des blocs de 16 min 30 s, incluant les questions et les
réponses du ministre, en alternance entre les députés du groupe parlementaire
formant le gouvernement et les députés d'opposition.
Mais, conformément à nos usages, nous
débuterons par une intervention du porte-parole de l'opposition officielle.
Nous débutons avec les remarques préliminaires. M. le ministre des Finances,
vous disposez de 20 minutes.
M. Girard (Groulx) : Merci
beaucoup, M. le Président. Et, juste pour que la procédure soit claire, si...
si je m'avisais d'utiliser seulement 18 minutes, le deux minutes est perdu
dans le cyberespace?
Le Président (M. Laframboise) : ...rajouté
à la fin. Mais, si jamais... si jamais...
M. Girard (Groulx) : Il y a
consentement?
Le Président (M. Laframboise) : Il
y a... Bien, à la fin, si le gouvernement n'utilise pas...
Le Président (M. Laframboise) : ...certaines
minutes, parce qu'il y en a qui a été économisé, il n'y a pas de problème.
M. Girard (Groulx) : Bon,
alors, on compte... on ne compte pas de la même façon, mais mon temps ne va pas
à l'opposition.
Le Président (M. Laframboise) :
Non... Et voilà, ça...
M. Girard (Groulx) : Voilà.
Le Président (M. Laframboise) :
Là, vous avez raison.
M. Girard (Groulx) : Voilà, on
commence. Le... C'est parti, là? Le temps tourne?
Le Président (M. Laframboise) :
Oui, allez-y. Oui, allez-y.
M. Girard (Groulx) : OK. Bon,
on a déjà 30 secondes de faites sur 10 heures. «Let's go!»
Alors, je pensais vous faire le... un peu
une allocution sur le... similaire à celle que j'ai faite au huis clos, parce
qu'elle était particulièrement bonne, M. le Président. Alors, je vais la... je
vais la recycler.
Alors, le budget 2026-2027 du Québec est
responsable, sobre et ciblé. Et c'est certain, M. le Président, que le Québec
évolue dans un contexte économique et politique marqué par une incertitude
persistante depuis la pandémie. D'ailleurs, vous vous souvenez qu'à la sortie
de la pandémie on avait déjà des enjeux au niveau des chaînes
d'approvisionnement, mais s'est ajoutée l'invasion de l'Ukraine par la Russie,
qui a amené l'inflation au Québec jusqu'à 8 % en 2022.
Et je le dis, M. le Président, parce
qu'aujourd'hui, lorsqu'on parle du prix d'épicerie qui est trop élevé, du
logement qui est trop élevé, du transport qui est trop élevé, des vêtements qui
sont trop élevés, tout ça est relié au fait que, bien que l'inflation soit
passée de 8 % à approximativement 3 % au Québec en 2025, bien, le
niveau des prix, lui, il n'a pas baissé, là. Le panier d'épicerie a augmenté de
8 %, puis ensuite il a augmenté de 2 % à 3 % les années qui ont
suivi. Et donc c'est normal que les citoyens disent que le coût de la vie a
augmenté. C'est vrai. La question, puisqu'on n'est pas capables de faire
baisser les prix, c'est : Sommes-nous capables d'augmenter le revenu?
Parce que les prix ne baisseront pas au Canada. Donc, la solution passe par
plus de revenus, plus de croissance.
• (15 h 20) •
J'ajoute, au niveau des incertitudes
persistantes, bien, c'est certain que les guerres, ce n'est pas générateur de
gains économiques. Alors là, on a un conflit au Moyen-Orient depuis le 6 mars
et on voit que le prix du baril de pétrole a pris 50 %. Puis, évidemment,
c'est un choc d'offre, où, essentiellement, il y a plus d'inflation puis il y a
moins de croissance, puis c'est mauvais pour tout le monde. Ensuite... Et c'est
encore plus mauvais pour ceux qui importent de l'énergie et un peu moins
mauvais pour ceux qui en exportent. Mais c'est certain que, si on voyait des
prix comme 150 $ le baril, plus tard cette année, bien, on va avoir une
récession mondiale, ça finit là. Alors, il n'y a rien de positif là-dedans.
Ensuite, c'est certain qu'avec l'arrivée
de la nouvelle administration américaine, on a vu des tensions commerciales,
une montée du protectionnisme, et c'est d'autant plus sournois, M. le
Président, que ce sont nos amis, hein? Les Américains, c'est nos partenaires.
On a combattu avec eux en Afghanistan, en Corée, la Deuxième Guerre mondiale,
la Première Guerre mondiale, et là, soudainement, bien, on est la cible de
leurs menaces. Et ça, bien, c'est... au Québec, ça se manifeste par le
50 % sur l'aluminium, 46 % sur le bois d'oeuvre. Mais, bien sûr, tout
le climat n'est pas propice à l'investissement, puisque la confiance, c'est un
intangible et qu'il n'y a pas personne qui est pleinement confiant qu'il va
avoir accès au marché américain avec cette administration-là, ou à tout le
moins jusqu'à tant que la révision de l'accord de l'ACEUM soit complétée.
Finalement, on a, bien sûr, l'intelligence
artificielle qui transforme l'économie, la concurrence mondiale. Alors, tout ça
fait qu'il y a un climat d'incertitude qui pèse sur la confiance,
l'investissement, le commerce mondial. Et, si on avait une façon de résumer ça,
c'est de dire que l'économie mondiale traverse actuellement une période de
transformations profondes.
Par contre, le Québec bénéficie d'une
situation favorable et a des avantages compétitifs pour faire face à cette nouvelle...
conjoncture. Nos... Une autre façon de dire ça, c'est que nos fondements
économiques sont solides. Alors, le Québec a mieux performé que le reste du
Canada depuis 2018. Et puis là, ce matin, on a eu le PIB. J'imagine qu'on va
mettre tout ça à jour, là, les PIB par habitant, les revenus réels disponibles
pour 2025, parce qu'on a eu la donnée aujourd'hui, puis, évidemment, le budget
était avec les données du 6 mars. Mais le PIB par habitant, l'écart avec
l'Ontario, qui était à 16 %, est maintenant de 10,2 % au 31 décembre 2024.
C'est la meilleure performance du Québec depuis 1981. Revenu réel disponible
est en hausse de 9 % versus 5 %. Je peux vous dire tout de suite, M.
le Président, qu'il fait trop chaud dans cette salle, il va falloir ouvrir les
portes...
M. Girard (Groulx) : ...pour
avoir été dans l'autre salle qui est identique hier avec vous. Le secteur de
l'habitation, en hausse de 25 %, les mises en chantier, 2024, 23 % en
2025. On a un marché de l'habitation qui est extrêmement dynamique au Québec.
D'ailleurs, Montréal est un des seuls grands marchés au Canada où les prix sont
encore en hausse, hein? Les prix sont en baisse de plus de 10 % dans plus
de 40 % des grandes métropoles du Canada présentement. Bon, tout ça pour
dire qu'on a un PIB réel de 0,7 % en 2025, on prévoit 1,1 % en 2026,
1,4 % en 2027. Et, lorsqu'on regarde l'ensemble des effets de
l'incertitude créée par les tensions commerciales, on estime que le Québec a
déjà perdu 1,5 % du potentiel de son économie, et, bien sûr, si les
États-Unis se retiraient de l'ACEUM, ce serait encore plus compliqué.
Alors, je l'ai mentionné, que le plus gros
risque qui pèse de manière structurelle sur l'économie québécoise, c'est la
révision de l'Accord Canada—États-Unis—Mexique, mais, à très court terme, c'est
certain que le conflit en Iran est l'incertitude qui est la plus immédiate,
avec 20 % du pétrole mondial qui transite par le détroit d'Ormuz. Et
malheureusement, ce qu'on a vu dans le conflit, c'est que les infrastructures
de production sont attaquées. Alors, même lorsque le détroit va réouvrir, M. le
Président, ce n'est pas garanti, que la production va reprendre rapidement le
même niveau, parce que, là, des deux côtés, on bombarde les infrastructures de
production.
Bon, les mesures, parce qu'un budget,
c'est des mesures, 9,6 milliards de mesures sur cinq ans. Historiquement, les
budgets du Québec, depuis que nous sommes au pouvoir, sont de l'ordre de 15
milliards sur cinq ans, donc on est approximativement aux deux tiers, d'où le
sobre est ciblé. On a aussi rehaussé les infrastructures de 5 milliards de
dollars. Et le 9,6, il se décompose comme ci, 1,7 milliard sur cinq ans, pour
accélérer la transformation économique du Québec. Alors, là-dedans, il y a
des... il y a l'appui à l'investissement des entreprises, notamment le
programme Essor pour les PME, 283 millions pour la compétitivité et
l'innovation, 216 millions pour les régions, les PME, 365 millions pour les
entreprises forestières, 429 millions pour appuyer l'essor du secteur culturel.
Et on se donne une capacité d'intervention supplémentaire de 2 milliards, 1
milliard au niveau des sièges sociaux, 1 milliard au niveau des minéraux
critiques et stratégiques. Ça, ce sont des sommes qui ne sont pas déboursées,
mais qui seront disponibles une fois que les lois auront été amendées.
4,3 milliards pour soutenir les grandes
missions de l'État. Quelles sont les missions de l'État? Santé, éducation,
enseignement supérieur, sécurité publique et justice. Alors, on donne 2,2
milliards pour l'accès à la première ligne, les médicaments, les chirurgies.
640 millions pour la réussite éducative des écoles, besoins d'espace, personnel
en éducation. 392 millions pour soutenir la formation en enseignement
supérieur, notamment tout ce qui est les allocations au fonctionnement des
facultés de science et génie, mathématiques, etc. 1,1 milliard pour renforcer
la sécurité, l'accès aux services de justice. En toute franchise, le ministère
de la Sécurité publique avait des enjeux de ce qu'on appelle de base
budgétaire, c'est-à-dire qu'il n'avait pas suffisamment de financement pour
assumer pleinement sa mission, et donc son financement à la mission est
rehaussé.
3,6 milliards pour appuyer les Québécois,
les communautés, avec des gestes ciblés. 846 millions pour convertir 5 000
places en services de garde et plafonner la taxe scolaire à 3 %. Les
fameux gestes ciblés : 264 millions pour agir en itinérance et santé
mentale, 260 millions pour la lutte à la violence conjugale et sexuelle, 740
millions pour soutenir l'accès au logement, 257 millions pour les banques
alimentaires du Québec et les groupes communautaires.
Je sais que vous êtes un amateur de mes
pages favorites, M. le Président. J'adore la page D.8, qui montre que ce
gouvernement, au niveau des services de garde, aura créé près de 46 000
nouvelles places et convertit 16 000 places. Et, 46 000 plus 16 000,
dans votre tête, vous faites 62 000, mais, avec l'arrondissement, nous
aurons créé 61 000 places...
M. Girard (Groulx) : ...places
de garde subventionnées. Ça, il y en a, là, qui ne sont pas encore complétées.
Je vais mettre ça sur 10 ans, je vais être sobre, ça fait
6 000 par année. Il ne s'est jamais créé plus que
2 000 places par année de services de garde, les 15 années qui
nous ont précédées. Donc, à 6 000 places de services de garde par
année, c'est exceptionnel. D.33, ça, c'est la page favorite du premier
ministre. Elle montre que les gestes au niveau de la taxe scolaire, le
2 000 $ pour les aînés, la baisse d'impôt, les allocations famille, le
plafonnement des tarifs de stationnement, bien, c'est une réduction du fardeau
fiscal de près de 7 milliards par année en 2026-2027, 961 $ par
contribuable. Un contribuable, c'est un... c'est une personne qui remplit son
rapport d'impôt, M. le Président. Alors, la page D.33, là, c'est certainement
une page qui mérite d'être soulignée, parce que le gouvernement a fait un
effort au niveau de la réduction du fardeau fiscal, puis on le voit de
plusieurs façons, M. le Président, on le voit aussi dans la fameuse page, là,
qui est la page favorite du ministre, qui n'intéresse personne, la page A.27,
où on voit l'évolution des revenus puis des dépenses en fonction du PIB. Et on
voit que, les revenus, en fonction du PIB, en 2018-2019, c'était 26 %,
puis aujourd'hui, c'est 25 %. Alors, tous ces gestes-là ont diminué le
poids des revenus du gouvernement dans le PIB de 1 %, de 26 % à
25 %. Et on voit que les dépenses qui étaient à 24,4 % qui ont
explosées à 29 % dans la pandémie, bien, aujourd'hui, sont à 25,6 %
et 25,6 % de dépenses versus 25 % de revenus, c'est le déficit, et il
faudra atteindre 24,4 % d'ici 2029-2030 pour arriver à l'équilibre
budgétaire.
Bon. Au niveau des finances publiques, là,
c'est là que ce budget a très bien fait. Ça a été souligné, d'ailleurs, par
DBRS et Moody's, dans les 48 heures qui ont suivi le budget. Les
rencontres formelles avec les agences auront lieu généralement, là, c'est
avril, mai, juin. Chaque agence publiera son communiqué, mais c'est certain
qu'il y avait des bonnes nouvelles dans ce budget.
• (15 h 30) •
Alors, je commence avec une vieille bonne
nouvelle, c'est-à-dire, je vous rappelle qu'aux comptes publics, le déficit de
2024-2025... Ça, c'est le fameux déficit de 11 milliards, là, qui a suivi
la conclusion des négociations avec le secteur public. Bien, lui, il a été
révisé à 7,6 milliards, et une baisse de 3,4 milliards. Ça, c'est
après Fonds des générations, 5,2 milliards au sens comptable, comptable,
revenus moins dépenses, comme les autres provinces, les... le gouvernement
canadien. Et ça, ça correspond donc à 0,8 % du PIB en 2024-2025.
2025-2026, qui était le fameux déficit de 13,6 milliards, lui, est révisé
à 9,9 milliards, M. le Président. Et c'est certain que ce chiffre-là va
bouger encore, hein, parce que les comptes publics vont être publiés au mois de
juin. Mais, 9,9 milliards, c'est une amélioration de 3,7 milliards
après Fonds des générations, si on y va avant Fonds des générations, c'est
7,7 milliards dans une économie de 650 milliards, M. le Président.
Vous avez calculé ça comme ça, vous dites c'est 1,2 % du PIB, et vous
dites : Mon Dieu, mon Dieu, j'ai vu la page A.26 et, 1,2 % du PIB,
c'est pas mal bon, là. Bien oui, c'est quand même bon, parce que l'Île-du-Prince-Édouard
est à 3,2 %, Nouveau-Brunswick est à 2,8 %, Terre-Neuve est à
2,2 %, la Colombie-Britannique est à 2,2 %, la Nouvelle-Écosse est à
1,8 %, Manitoba 1,7 %. Alors, la moyenne canadienne est à 1,7 %,
le gouvernement canadien est à 2,4 %. Alors, 1,2 %, c'est... c'est...
Est-ce qu'on a eu l'Ontario? Est-ce que c'est sorti, le déficit de l'Ontario?
Pas encore. Quand l'Ontario dépose son budget, à 4 heures... Bien, il
n'est pas 4 heures, voilà pourquoi on ne l'a pas, mais l'Ontario devrait
être un peu en bas de 1 %, d'après moi, 0,9 %, mais on verra.
2026-2027, l'année courante, alors, on
prévoit un... on avait prévu un déficit de 9,5 milliards au précédent
budget, puis là on révise à 8,6 %, une baisse de 900 millions après Fonds
des générations. Mais là-dedans, M. le Président, c'est sûr qu'il y a
2 milliards de... de provisions, là. Et si je prends... Alors, j'enlève le
Fonds des générations, le 8,6 devient 6,3, qui est 0,9 % du PIB. Mais, mon
professeur à l'UQAM, Pierre Fortin, m'a écrit. Il m'a dit : Si tu enlèves
la provision, 6,3, c'est 4,3, ça fait 0,6 % du PIB. C'est un très petit
PIB pour une guerre en Iran, un conflit commercial et les difficultés
auxquelles on fait face...
15 h 30 (version non révisée)
M. Girard (Groulx) : ...alors,
la provision de 2 milliards n'a pas été utilisée dans les deux dernières
années. En fait, elle a été de 1,5 milliard il y a deux ans et de 2
milliards l'année passée. Alors, il est possible que ce déficit soit plus petit.
Il est possible évidemment qu'il soit plus élevé si les États-Unis se retirent
de l'Accord Canada–États-Unis–Mexique, et c'est pour ça qu'on a des scénarios
alternatifs.
Maintenant, la dette, là, puis là on est
dans la deuxième dérivée de mes pages favorites, pages G-9, G-10. M. le
Président, ça montre que le déficit au 31 mars 2019... là, pourquoi on
parle du 31 mars 2019? Bien, c'est parce que mon prédécesseur a quitté en
octobre 2018. Alors, l'année 2018-2019, c'est six mois de mon prédécesseur
et six mois de moi. Et souvent on entend l'opposition dire qu'ils nous ont
laissé un surplus de 7 milliards. Évidemment, ils font... 7 milliards,
c'est avant Fonds des générations. Ils nous ont laissé un surplus de 5 milliards
et une note aux états financiers qui disait que la dette était... que le
Vérificateur général disait que la dette était sous-estimée de 12 milliards,
situation que nous avons corrigée. Néanmoins, il y avait un surplus de 5 milliards.
Mais, au 31 mars 2019, par rapport à aujourd'hui, 31 mars 2026, bien,
la dette est en baisse de 4,1 %. Je répète, la dette est en baisse de
4 % depuis que nous sommes arrivés au pouvoir par rapport au PIB.
Et là, vous... vous sautez de joie, vous
dites : Mon Dieu! quelle bonne nouvelle! Je vais aller à la page G-10.
Et puis vous voulez comprendre comment on fait pour arriver à 4 %. Bien, on
va à la page G-10 puis on voit que les déficits ont augmenté la dette en
fonction du PIB de 3 %. On voit que l'effort exceptionnel du gouvernement
au niveau des infrastructures... parce qu'on est passés de 100 milliards à
167 milliards, c'est une hausse de 7 % de la dette. Donc, c'est deux
fois plus de hausses reliées aux infrastructures que les déficits. Et puis on
voit que le PIB nominal, lui, a retranché 13,6 %. Et donc, quand vous
sommez, 3,4 plus 7,1 moins 13,6 plus un ajustement comptable, vous arrivez au
fait, qui est assez impressionnant, qu'à travers une pandémie, un conflit
commercial, l'invasion de l'Ukraine par la Russie, bien, on a 4 % moins de
dette qu'on avait au 31 mars 2019. Et d'ailleurs, on a aussi 1,6 %
moins de dette qu'au budget 2025-2026, parce que les... la situation s'est
grandement améliorée.
Alors, on a un plan de retour à l'équilibre
budgétaire qui va nous amener en 2029-2030. Ce plan-là, il est crédible, M. le
Président, dans... dans le sens qu'il y a des mesures aux revenus, il y a des
mesures aux dépenses, il y a des provisions pour éventualités. On poursuit les
versements au Fonds des générations, on respecte la Loi sur l'équilibre budgétaire.
Et, bien sûr... puis là je vais y aller de toute la sagesse de ma mère, ma mère
me disait : Bien, le monde, il trouve toujours quelque chose à chialer.
Bien oui, c'est sûr. Alors, c'est sûr qu'il y a un... oui, un écart à résorber
de 2 milliards en 2029-2030. Alors, je vais expliquer un peu qu'est-ce qu'il
en est, de cet écart à résorber. C'est que, lorsqu'on a déposé le plan de
retour à l'équilibre budgétaire au budget de mars 2025, bien, il y avait quoi, M.
le Président? Il y avait un nouveau président américain, qui avait été
assermenté en janvier puis qu'en février voulait torpiller l'économie
canadienne. Puis, nous, il fallait qu'on dépose un plan de retour à l'équilibre
budgétaire en mars avec une cible, c'est-à-dire après Fonds des générations,
qui est la plus conservatrice en Amérique du Nord. Alors, on a un élément non
identifié de 2 milliards qui est inférieur au versement des Fonds de
générations. Ce n'est rien, M. le Président.
Tantôt, je vous ai dit qu'on avait perdu
1,5 % de l'économie québécoise. On aura perdu, au 31 décembre 2026,
en raison de la guerre commerciale, et donc, s'il y avait une résolution du
conflit, ce 2 milliards là va disparaître, M. le Président, aisément. Bon,
mais oui, il existe une portion non expliquée de 2 milliards en 2029-2030
dans le plan de retour à l'équilibre budgétaire. Ce qui m'amène à répéter que
la plus grande incertitude qui pose... qui pèse sur l'économie québécoise est
la révision de l'ACEUM au mois de juillet. Et donc on se tourne vers le gouvernement
fédéral puis on leur dit : Pouvez-vous faire moins de conférences de
presse puis plus de négociations? Parce qu'on a besoin d'enlever ces tarifs-là
sur l'industrie de l'aluminium et le bois d'oeuvre et de... d'enlever cette
incertitude qui amène les entreprises à ou investir aux États-Unis ou attendre
pour investir au Canada.
Le Président (M. Laframboise) :
...est terminé.
M. Girard (Groulx) : Je n'ai
pas... je n'ai pas... même pas 10 secondes pour faire une conclusion
optimiste?
Le Président (M. Laframboise) :
Bien, 10 secondes, si... je vous le donne, allez-y. Puis je vais l'enlever
sur votre temps.
M. Girard (Groulx) : OK. Alors,
en terminant, malgré l'incertitude et les tensions géopolitiques et
économiques, j'aimerais souligner que nous avons des économies exceptionnelles
et que le Québec a un potentiel énorme. Merci.
Le Président (M. Laframboise) :
Merci...
Le Président (M. Laframboise) : ...donc,
M. le... Merci, M. le ministre. Donc, maintenant, nous allons passer au député
de Marguerite-Bourgeoys pour ses remarques préliminaires pour une durée
maximale de 20 minutes.
M. Beauchemin : Merci. Merci
beaucoup, M. le Président. Effectivement, M. le ministre, votre mère a raison.
Je peux vous dire que, pour plusieurs personnes, lorsqu'on regarde la
situation, beaucoup se posent des questions. Comment se fait-il qu'on a été
capables... Lorsqu'on aura retrouvé l'équilibre budgétaire, on aura tout de
même ajouté plus de 100 milliards de dollars à la dette. Et donc, pour
plusieurs, c'est énormément d'argent, mais il faut mettre ça en proportion
aussi, parce que c'est quand même significatif, là, le total va frôler les 265,
approximativement, milliards de dollars quand on va être rendus là.
Ça leur a pris donc huit ans et peut-être
un peu plus, pour la CAQ, parce qu'évidemment il va falloir qu'on travaille,
les années qui vont suivre le gouvernement de la CAQ, pour retourner à
l'équilibre, donc, disons, un total de 10 ans, mais les effets sont ceux de la
CAQ, donc, deux mandats pour faire en sorte qu'on se rende à ce total de 265
milliards de dollars. Je donne des chiffres ronds pour que tout le monde
puisse nous suivre facilement.
Juste pour mettre en perspective, en 2018,
lorsqu'on a quitté, OK, on peut... on peut argumenter sur quel était le
chiffre, mais, grosso modo, il y en avait 106 milliards de moins, de cette
dette-là, et aussi il faut savoir que ça a pris 60 ans, passer de zéro à 165
milliards de dollars, qu'il y avait, de dette, à ce moment-là. Qu'est-ce
qu'on a eu pour... contre ça? Bien, évidemment, on a eu les infrastructures
qu'on connaît. On a eu les écoles, les hôpitaux. On a eu tout un système, qui
s'appelle le modèle québécois, qui a été mis en place. Et évidemment on avait
aussi mis en place le Fonds des générations.
• (15 h 40) •
Lorsque vous demandez aux Québécois
qu'est-ce qu'ils en pensent, aujourd'hui, de l'état de nos écoles, de nos
hôpitaux, des infrastructures du Québec dans son ensemble pendant qu'on a pris
seulement huit ans additionnels, là, pour ajouter 100 milliards à la dette, on
va tous vous répondre, madame... M. le Président, qu'évidemment on n'est pas
dans une situation enviable par rapport à ce que c'était il y a huit ans.
Donc, lorsqu'on regarde tout ça, on se
pose la question : Est-ce qu'on en a eu vraiment pour notre argent? La
réponse, malheureusement, c'est que c'est non, mais, vous savez, il y a
plusieurs choses qui font en sorte qu'on en arrive à ce genre de constat là.
Moi, je me fie souvent à ce que les gens, qui peuvent être neutres, qui n'ont
pas des implications politiques, là, peuvent donner comme opinion. Je pense que
le Vérificateur général, ça, c'en est un, c'est quelqu'un qui est supposé être
le chien de garde, là, des finances publiques au Québec puis qui nous dit ce
qu'il en est. Il y a aussi les agences de crédit qui ont eu à s'exprimer.
Lorsqu'on a été, donc, malheureusement,
décotés, l'an passé, par Standard & Poor's, ça a été un choc. Ça a été un
choc tellement traumatisant qu'à partir de ce moment-là le gouvernement actuel,
le gouvernement de la Coalition avenir Québec, a décidé de finalement mettre en
place un programme pour s'assurer, là, qu'on dépensait de façon respectueuse
l'argent des Québécois, ce qui n'avait pas été fait pendant sept ans, ce qui
n'avait pas été fait pendant sept ans. On a eu à attendre la décote de Standard
& Poor's pour en arriver à, donc, mettre en place une certaine
responsabilité de prendre le rôle de fiduciaire de l'argent des Québécois au
sérieux, puis, à partir de ce moment-là, le gouvernement de la CAQ a décidé,
semble-t-il, de vouloir mettre en place les bonnes pratiques comptables, des
bonnes pratiques de gestion pour s'assurer que la gouvernance associée à nos
finances publiques soit bel et bien les meilleures, malheureusement, trop peu,
évidemment, et trop tard. Il y a eu, l'an passé, juste pour qu'on soit clairs,
là, deux provinces qui ont été décotées au Canada, la Colombie-Britannique et
le Québec. Alors, juste pour qu'on soit clairs là-dessus, c'est clair que, bon,
le message qui est envoyé, c'est qu'il y avait un enjeu.
On a une chose qui n'est évidemment pas
mentionnée de la part du ministre des Finances aujourd'hui, plusieurs enjeux
avec le budget qui est... qui est le sujet, là, auquel on discute, là,
aujourd'hui, là, il y a un enjeu fondamental avec le budget actuel, c'est que
les leçons des dernières années, pour le gouvernement de la Coalition avenir
Québec, à savoir que les Québécois ne veulent pas que, justement, le gouvernement
prenne de l'argent des Québécois pour les dépenses... les dépenser de façon
inappropriée en dépenses électoralistes, de toute évidence, ça n'a pas rentré
dans la tête du gouvernement de la Coalition avenir Québec parce que,
justement...
M. Beauchemin :
...il y a un petit cadeau de 250
millions de dollars par année, pour les cinq prochaines années, qui s'en
va au prochain capitaine, au prochain chef de la Coalition avenir Québec. Donc,
on ne cache pas, on le dit, on est très transparent avec ça, mais on dirait que
ça ne sort pas aussi... ça ne percole pas autant. Juste répéter, là, dans le
budget, là, il y a 1,3 milliard d'argent des Québécois qui s'en va pour aider
la Coalition avenir Québec à gagner les prochaines élections. Ça, Mme la... M.
le Président, c'est quand même assez spectaculaire que, dans le préélectoral,
le gouvernement actuel a décidé d'agir de la sorte. Je pense que c'est du
jamais-vu. On peut quand même se poser la question : Comment se fait-il,
si le budget était aussi bon, qu'il fallait rajouter 1,3 milliard de
dollars de l'argent des Québécois en bonbon électoraliste pour s'assurer que la
survie de ce gouvernement-là puisse se faire, malheureusement?
On a un enjeu démographique au Québec.
Aucune mesure pour essayer de soutenir cette situation, qui est extrêmement
préoccupante pour l'ensemble des Québécois, pour l'économie québécoise dans son
ensemble. Baisse des mises en chantier. Lorsqu'on est dans une crise du
logement, le gouvernement fait une baisse des mises en chantier. Baisse des
investissements, M. le Président.
Une des choses qu'il est important de se
rendre compte, c'est que 97,5 % de toutes les entreprises privées au
Québec sont des PME. Elles représentent 80 % de la main-d'œuvre privée.
C'est à l'intérieur de ces 278 000 PME, dans les 17 régions économiques du
Québec, que le prochain Couche-Tard, que le prochain Bombardier va faire
surface. Mais, pour qu'elles puissent tous et chacune réussir et avancer, on
doit mettre en place les conditions gagnantes pour que ça puisse fonctionner.
On doit donc arrêter de faire ce que le gouvernement de la CAQ fait, d'essayer
de choisir les gagnants, puis plutôt mettre en place des conditions gagnantes
pour que chacune de ces entreprises-là puisse se sentir apte à investir dans son
modèle d'affaires. Investir pour quoi? Pour améliorer leur productivité, pour
améliorer leurs chances d'avoir des meilleures parts de marché. Le rôle du
gouvernement, ce n'est pas de choisir les gagnants. Le rôle du gouvernement,
c'est de créer des conditions gagnantes pour que tous puissent avoir une chance
de gagner. Mais, dans le monde de la PME, malheureusement, le gouvernement n'a
pas agi, et elles se sentent toutes abandonnées. Et donc, quand on voit une
baisse de 5,7 % en investissement de machinerie et matériaux, M. le
Président, on comprend que ce que ça veut dire : les entrepreneurs ne
veulent pas ou investissent moins dans leur modèle d'affaires parce que le
climat d'affaires n'est pas approprié, parce qu'ils ne se sentent pas écoutés,
parce qu'ils sont étouffés par la bureaucratie, parce qu'ils se sentent
étouffés par le système de la CAQ. On a un enjeu majeur, M. le Président, quand
on agit contre le cœur même de notre économie, puis c'est malheureusement ça
qui semble être le modus operandi du gouvernement actuel.
Une des choses qui, de toute évidence...
Moi, ça fait simplement quatre ans, là, que j'ai le privilège de pouvoir
représenter les gens de ma circonscription puis de pouvoir participer dans...
dans le débat parlementaire. Depuis quatre ans, cependant, une chose que j'ai
remarquée, c'est que, de façon récurrente, année après année, le gouvernement
sous-estime les dépenses. Année après année, le gouvernement fait une
prédiction moyenne, depuis quatre ans, d'une augmentation de 2,6 % du budget
des dépenses. Donc, le gouvernement s'attend à ce que ça augmente de
2,6 %, mais, année après année, lorsqu'on fait la fin, on... on calcule où
est-ce qu'on en arrive, là, à la fin, le chiffre est plus élevé que 5 %.
Donc, entre ce que le gouvernement dit qu'il va dépenser puis ce que le
gouvernement a fait, en termes d'augmentation, c'est du quitte au double. Donc,
on a un gros enjeu avec cette façon de gérer là, parce que ce que ça veut dire,
ça, M. le Président, c'est qu'on est incapable de bien gérer l'État québécois.
Puis, honnêtement, ce n'est pas juste moi qui le dis, là, ça a été mentionné
par plusieurs participants. Puis les gens, là, dans la société civile, qui
prennent le temps de regarder comment la gestion de l'État se fait sont
inquiets de ce jeu qui se fait, année après année, de sous-estimer les
dépenses. Évidemment, vous comprendrez, lorsqu'on sous-estime les dépenses pour
l'avenir, bien, ça fait en sorte qu'on peut plus facilement atteindre un
certain retour à l'équilibre budgétaire. Mais, en plus du fait qu'on fait ça,
le gouvernement de la...
M. Beauchemin : ...le
gouvernement de la CAQ a décidé de ne pas identifier toutes les mesures pour
retourner à l'équilibre budgétaire. Nonobstant le fait que la majorité des
mesures identifiées sont après la prochaine élection, donc qui ne sera
probablement pas gagné par le gouvernement de la Coalition avenir Québec, on
s'entend, M. le Président, qu'en termes de courage politique, c'est un petit
peu léger, hein? C'est un petit peu difficile de dire que le gouvernement avait
vraiment à coeur les intérêts de tous les Québécois lorsqu'il a agi de la façon
comme il le fait.
Là, juste pour mettre les choses en
perspective, on a entendu le ministre des Finances tantôt nous expliquer que,
bon, à partir, je crois, de novembre 2018 jusque... à partir de mars 2019 à
mars 2026, il y a eu une réduction du ratio de la dette nette par rapport au
PIB. Il y a eu un mouvement, je peux vous... je peux vous le confirmer. Il y a
eu aussi une modification de l'approche comptable de comment qu'on calcule,
évidemment, le passif, donc, du gouvernement du Québec. Donc, si on exclut cet
aspect-là, on exclut donc 25 % de la raison pour laquelle il y a eu un
mouvement dans le recul du ratio dette nette-PIB. Je veux juste remettre les
choses en perspective. On parlerait d'approximativement 2,5 %. Et donc,
juste pour mettre les choses en perspective, sur une période de huit ans, le
gouvernement de la Coalition avenir Québec, en relatif, a fait reculer l'endettement,
dit-il, de 2,5 %. Juste pour mettre les choses en perspective, le
gouvernement libéral a fait reculer les choses... l'endettement du Québec de
10 % en quatre ans. Donc, juste pour qu'on mette les choses en
perspective, là, l'avenir, hein, des prochaines générations, là, l'avenir des
prochaines générations, il était au coeur même de la façon de gérer du
gouvernement du Parti libéral du Québec. Clairement, ce n'est pas la façon de
faire qu'on a de la part du gouvernement actuel.
• (15 h 50) •
Il y a eu, évidemment, beaucoup d'argent
de gaspillé. Puis je ne veux pas parler des Kings de Los Angeles, je ne veux
pas parler évidemment, là, de Northvolt, je ne veux pas parler des chèques
électoralistes, mais c'est plus de 9 milliards de dollars qui a été
gaspillé, de façon ponctuelle, à travers, là, les huit années du gouvernement
de la CAQ. Et, quand on regarde ça, les gens sont un peu déçus, disons, peut-on
dire, et c'est pour ça que les gens perdent confiance dans le gouvernement
actuel, et c'est pour ça que les gens sont fâchés, parce que ce que le
gouvernement est en train de nous dire, c'est : Nous, là, OK, c'était la
faute de tous les autres acteurs de la société civile, c'était toute la faute
de tout le monde, sauf de nous. Puis là, ce qu'on a fait, peut-être des bons
coups, OK, mais ça, c'est simplement notre faute. Il n'y avait aucun événement
macroéconomique qui pourrait justifier, par exemple, les bons coups du
gouvernement. Non, non, c'est toujours l'inverse.
Alors, on peut se poser la question. Un gouvernement
qui laisse les finances publiques dans l'état actuel, avec des... un demi-plan
de retour à l'équilibre budgétaire puis en arrive même... bien, en même temps,
à dire, M. le Président, que ça va être au prochain gouvernement à prendre des
décisions sérieuses pour la suite des choses, que les prochains gouvernements
devront être responsables, pendant que tous les problèmes ont été identifiés
puis que le gouvernement avait les deux mains sur le volant pendant les huit
dernières années puis là laisse la situation... je voudrais prendre
l'expression du premier ministre, la maison en ordre, bien, force est de
constater que la maison brûle, M. le Président. Non seulement la maison brûle,
mais... je prends juste Stéphanie Grammond, de La Presse, qui dit qu'il va
falloir qu'on revienne, selon ce que... le ministre des Finances, a une
croissance de 1,9 %. M. le Président, 1,9 %, là, ça va être
extrêmement rigoureux pour pouvoir avoir ce genre de gestion là, là, de la part
du prochain gouvernement. Malheureusement, un gouvernement de l'avenir...
Coalition avenir Québec n'a aucunement démontré ça.
Puis, l'an passé, on a eu un moment, le
ministre des Finances et moi, durant ce même débat-là ici, pour parler de la
croissance économique et que... Évidemment, moi, j'étais sceptique par rapport
aux chiffres de croissance économique que le ministre des Finances nous
donnait. Il nous disait, là, que, pour l'année en cours, là, la croissance en
cours allait être de 1,1 % puis... mais il faut savoir aussi que l'ensemble
de la... si on peut l'appeler ainsi, l'ensemble des économistes qui travaillent
dans des grandes institutions financières du pays, eux avaient en moyenne
0,8 % de croissance. Le ministre des Finances, lui, était à 1,1 %. Ce
petit différentiel là, ça n'a pas l'air de beaucoup, là, mais c'est énormément
de milliards de plus, M. le Président, là. Puis là...
M. Beauchemin : ...quand on
regarde ça puis on se dit : Bon, OK, il y avait une différence. J'en parle
au ministre. «Non, non, non, ça, c'est l'effet caquiste. Nous, la CAQ, là, on
est tellement des bons gestionnaires que c'est sûr que la croissance économique
du Québec va être supérieure à ce que les institutions financières disent.
C'est pour ça qu'on rajoute 0,3 % de plus à l'estimé de...» Bien, écoutez,
M. le Président, ça adonne donc bizarrement, c'est sorti ce matin, les
économistes, là, des institutions financières avaient raison, la croissance
économique au pays a été de 0,7 %. Alors, lorsqu'on dit que le
gouvernement de la Coalition avenir Québec portait des lunettes roses,
sous-estime les dépenses, surestime la croissance économique, et ce, de façon
récurrente, année après année, bien, force est de constater, M. le Président,
qu'on en arrive à une situation où est-ce que les gens perdent confiance.
Puis non seulement c'est difficile pour
ceux qui nous observent de loin mais... puis qui décident, donc, d'exiger plus
de rendement sur les emprunts du gouvernement du Québec, chose qu'on a observée
année après année depuis les quatre dernières années, ça nous coûte maintenant
beaucoup plus cher, emprunter de l'argent au Québec, que ça coûtait, à cause de
la mauvaise gestion du gouvernement de la CAQ. Je sais qu'il y a un nombre
de... une détérioration qui a été faite à cause, évidemment, de la menace
référendaire, mais il va falloir qu'on réalise, M. le Président, que la
situation actuelle, il n'y a rien que le gouvernement nous a laissé que le
gouvernement peut dire : On est fiers d'avoir fait ça. Parce que les
prochaines générations auront des décisions difficiles à prendre.
Puis je vous le dis tout de suite, là, M.
le Président, c'est triste de voir ça, mais le gouvernement a mis un... a mis
la carte de crédit remplie, on va les remettre remplies. Puis pour les
prochaines générations, la capacité de pouvoir, justement, prendre des
décisions, avoir la liberté de choix... lorsque la démographie va être
stagnante, M. le Président. Et le mix de la démographie va aussi changer. On va
avoir de plus en plus de personnes âgées et de moins en moins de jeunes. Donc,
c'est extrêmement important de faire les efforts maintenant. Puis lorsqu'on
regarde, encore une fois, le déficit que le gouvernement nous laisse, puis la
dette qui aura été augmentée, on va se rendre compte d'une seule et unique
chose, M. le Président, on va être rendus dans une situation où est-ce qu'il va
y avoir des choix extrêmement difficiles, puis ça va être ça, l'héritage du
gouvernement de la CAQ. Il passera à l'histoire comme le gouvernement qui aura
vraiment, là, hypothéqué l'avenir des jeunes. Merci, M. le Président.
Le Président (M. Laframboise) :
Merci beaucoup. Donc, nous allons passer à la période d'échange, et,
évidemment, comme la procédure le veut, nous débuterons avec les interventions
de l'opposition officielle pour une période de 16 min 30 s.
Donc, c'est un échange entre l'opposition officielle et le gouvernement, vous
posez des questions.
M. Beauchemin : ...secondes, parce
que là, j'ai fait exprès pour prendre moins que mon 20 minutes.
Le Président (M. Laframboise) : Oui,
c'est 18 min 50 s, mais ça, c'est ajouté à la fin, là. Vous,
vous voulez l'ajouter aujourd'hui?
Une voix : ...
Le Président (M. Laframboise) :
OK, de l'ajouter aujourd'hui. Vous voulez l'ajouter aujourd'hui? OK, parfait.
Pas de problème.
M. Beauchemin : À ma collègue
ici. Donc, elle a un total de?
Le Président (M. Laframboise) :
OK, OK, excusez-moi. Allez-y, allez-y, madame, allez-y. Il vous reste
2 min 18 s.
Mme McGraw : 2 min 18 s?
Des voix : ...
Le Président (M. Laframboise) : Ils
veulent partager...
M. Beauchemin : Donc, elle
a... elle a...
Le Président (M. Laframboise) :
Deux minutes... il restait 2 min 18 s sur le 20 minutes.
M. Beauchemin : Elle a 19 minutes,
grosso modo, selon mes calculs.
Le Président (M. Laframboise) : OK,
OK... Non, non, OK, c'est correct. OK, c'est bon, c'est bon. Mais c'est... OK,
excusez-moi.
M. Beauchemin : Là on en prend
de ce temps-là?
Le Président (M. Laframboise) :
Ça, c'était les remarques préliminaires, mais elle a 19 minutes pour faire
des interventions, c'est ça.
M. Beauchemin : Excellent.
Le Président (M. Laframboise) :
Allez-y, madame.
M. Girard (Groulx) : ...
Le Président (M. Laframboise) :
...il n'y a pas... non, il n'y a pas de problème, c'est leur droit. Allez-y,
Mme la députée de Notre-Dame-de-Grâce.
Mme McGraw : Merci, M. le
Président. Alors, très contente de faire équipe avec mon collègue de Marguerite-Bourgeoys.
Donc, le ministre a commencé, dans ses remarques préliminaires, de parler du
contexte macroéconomique et géopolitique, beaucoup d'incertitude, des chocs
externes, etc. Donc, on reconnaît le problème, entre autres, les défis... mais
il y a quand même un écart entre le diagnostic et la réponse budgétaire, alors
mes questions vont aller dans ce sens-là. Le budget consacre plus de
1,7 milliard de dollars sur cinq ans à la transformation
économique. Dans cette somme, où se trouve précisément la stratégie commerciale
du Québec face au contexte de protectionnisme et d'incertitude géopolitique?...
Le Président (M. Laframboise) : ...M.
le ministre.
M. Girard (Groulx) :
Excusez-moi, je vais demander une précision, là.
Mme McGraw : Donc là, je
prends la parole en matière de relations internationales, mais surtout de
commerce international. Alors, le ministre et le budget reconnaît les tensions
géopolitiques, les défis macroéconomiques, les chocs externes. Alors, la
question, c'est précisément quelles sont les sommes, quelles sont les
initiatives au sein... au sein du budget. On parle d'un 1,7 milliard sur cinq
ans à la transformation économique, mais, dans cette somme, où se trouve
précisément la stratégie... la vision et la stratégie commerciale du Québec
face au contexte que le... que le ministre a très bien identifié?
M. Girard (Groulx) : D'accord,
merci, et, excusez-moi, je n'avais pas... Il faut toujours se rappeler qu'un
budget, c'est une photo, hein, parce que c'est évidemment le budget 26-27,
mais, dans notre cas, il y a eu sept années avant, puis, évidemment, les sommes
additionnelles de 1,7 milliard sur cinq ans, par exemple, ne représentent pas
l'ensemble des sommes qui sont disponibles, par exemple, chez Hydro-Québec pour
faire du développement économique, Investissement Québec, le ministère de
l'Économie, etc. Ce sont des sommes additionnelles, et puis, dans certains cas,
j'ai qualifié les sommes, par exemple, en sécurité publique, de base
budgétaire. C'est-à-dire que, dans ce cas-là, on n'ajoute pas, mais c'est bien
pour réaliser les missions existantes.
Bon, alors, ce que vous voyez, par contre,
c'est que dans... si on va à la page B.3, là, ou B.4, le tableau, on voit que,
pour ce qui est de soutenir l'adaptation des entreprises au nouveau contexte
économique, c'est 693 millions, et, si vous voulez avoir la répartition du 693
millions, bien là ça, c'est la page B.7, 410 millions pour les projets
d'investissement. Et puis on pourrait dire, grosso modo, que c'est 300 millions
en grande entreprise et 100 millions pour le programme ESSOR. Le programme
ESSOR, c'est notre principal programme de transformation économique des PME,
là. C'est un programme normé du ministère de l'Économie et administré par
Investissement Québec, et c'est vraiment le canal par lequel on a de la
croissance au niveau des PME, et c'est intéressant, parce qu'on sait qu'il y a
deux partis politiques, et pas le vôtre, là, qui prônent l'abolition du FDE,
bien, essentiellement, ce serait l'abolition du programme le plus populaire
pour la croissance des PME.
Et puis il y a un autre 283 millions qui
vise l'innovation, qui est ici une part importante, et, pour compléter la
Stratégie québécoise de recherche et d'innovation, donner une année supplémentaire
pour permettre au nouveau gouvernement qui arrivera de faire une nouvelle
stratégie québécoise de recherche et innovation, donc on finance une année de
plus.
• (16 heures) •
Mme McGraw : Donc, selon les
réponses du ministre puis aussi une... en matière de commerce international, on
voit que les sommes dédiées au ministère des Relations internationales et
Francophonie... on mise plus sur le ministère de l'Économie, Innovation, etc.,
mais on ne voit pas l'importance des relations internationales justement pour
développer les relations, travailler le terrain, les délégations québécoises à
l'étranger. On ne voit pas ça que... de façon attachée, de façon intégrée.
M. Girard (Groulx) : Oui,
mais ce n'est pas présenté comme ça. C'est certain que le ministère des
Relations internationales vient compléter... Il y a un volet diplomatique,
politique traditionnel, puis... évidemment un volet développement économique
avec, par exemple, des conseillers d'Investissement Québec dans les missions,
et effectivement le volet international, là, si on regarde ce ministère-là, il
est quand même... Attendez un instant, là, je vais vous le trouver.
Mme McGraw : Mais, juste
là-dessus, pendant que vous le cherchez, M. le ministre...
M. Girard (Groulx) : Il est
de 154 millions, là, son budget. Ça fait que c'est très petit dans le 170
milliards de dépenses du gouvernement du Québec.
Mme McGraw : Il y a aussi un
30 millions sur cinq ans qui a été identifié en... le budget de 25-26, pour le
réseau des représentations à l'étranger. Dans le budget qui... de l'année
passée, qui prévoyait le 30 milliards... le 30 millions, pardon, sur cinq ans
pour soutenir les représentations, qu'est-ce que ce...
16 h (version non révisée)
Mme McGraw : ...budget vient
ajouter concrètement à la diplomatie économique, dans le concret.
M. Girard (Groulx) : En termes
de budget, il n'y a pas de mesures spécifiques pour le budget, mais c'est
certain que la stratégie se poursuit. C'est-à-dire que la stratégie elle est
fonction du besoin de diversification des exportations. Et puis on sait qu'on
a, par exemple, un accord de libre-échange avec l'Europe, mais que les... le
Canada et le Québec n'ont pas pris avantage de ces ces accords de
libre-échange. Et puis là il y a beaucoup de gens au Canada, là, qui pensent
que c'est amorcé puis c'est parti parce que les exportations vers les
États-Unis sont en baisse puis les exportations vers les autres pays sont en
hausse. Mais il faut se garder une petite réserve par rapport à ça, parce que
c'est beaucoup les exportations d'or, qui sont en hausse, et c'est beaucoup en
valeur nominale parce que le prix de l'or a été très élevé. Et je pense que les
croissances d'exportation qu'on a vues hors États-Unis sont surestimées pour
l'ensemble du Canada.
Mme McGraw : Donc, on
comprend que la situation s'empire, géopolitique et macro-économique. Mais les
sommes depuis 2025‑2026, ce n'est pas représenté dans ce budget-là. Moi je ne
les vois pas. Est-ce qu'on pourrait les... les identifier de façon claire?
M. Girard (Groulx) : Non, mais
vous avez raison que les... la meilleure façon de réagir au contexte
économique, c'est via le soutien aux entreprises, là. Ce n'est pas en ajoutant
des employés dans la délégation du Québec en Corée, là. Ça, ça génère pas
d'investissements d'exportation. On a des programmes de soutien à
l'exportation, des programmes de soutien à l'innovation, des crédits d'impôt
pour les projets. Il faut que l'initiative vienne du secteur privé, là.
Mme McGraw : Et j'ai des
questions, justement, au soutien aux exportateurs. Mais, avant d'aller là, je
vais juste revenir sur la question de la diplomatie économique, parce qu'il y a
quand même un rôle pour la diplomatie économique...
M. Girard (Groulx) : Oui, bien
sûr.
Mme McGraw : ...d'aller
travailler ces marchés au niveau de... pour que, lorsque nos PME exportateurs
sont bien outillés, ils vont pouvoir prendre davantage. Mais il faut développer
ces marchés-là. Donc, il y a la question de l'offre et de demande. Donc,
question de demande, demande pas pour nos exportations, c'est cet enjeu-là que
je vais travailler, avant de voir le côté de comment est-ce qu'on va appuyer
nos PME.
Donc, revenons sur la question de la
diplomatie économique. Est-ce qu'il y a des nouvelles priorités? Est-ce que,
dans le budget, on donne aux délégations pour obtenir plus de retombées
économiques? Est-ce qu'on a ajouté, par exemple, un indicateur de performance
ou un objectif mesurable à la diplomatie économique?
M. Girard (Groulx) : Non, la
réponse est non. Et, si vous voulez une stratégie complète du ministère des
Relations internationales et de la Francophonie, je pense, c'est plus une
question pour les crédits du ministère comme tel, là. Mais, à la réponse, est-ce
que, dans le budget, il y a des sommes supplémentaires pour ouvrir des
délégations ou mettre plus de fonctionnaires à l'étranger? Non.
Mme McGraw : Non. Mais c'est
sûr que j'ai beaucoup de questions pour votre collègue...
M. Girard (Groulx) : Parfait.
Mme McGraw : ...qui est
présentement à l'étranger. Mais là on parle du budget de façon globale et aussi
l'intégration. Je veux dire, il faut avoir une stratégie, une vision globale,
au niveau du budget, puis ensuite on va aller dans les détails. Donc... Oui.
M. Girard (Groulx) : Bien, en
tout respect, c'est les entreprises, là, qui génèrent l'activité, là, ce n'est pas
les fonctionnaires au ministère des Relations internationales, là.
Mme McGraw : Bien... Oui,
mais, écoutez, je vais revenir, là, là, sur les entreprises, mais juste, si je
comprends bien...
M. Girard (Groulx) : Mais vous
avez une vision plus idyllique que moi de l'impact de la fonction publique en
relations internationales. Mais allez-y.
Mme McGraw : Donc, si je comprends
bien, il n'y a pas de renforcement budgétaire clairement identifié de la
diplomatie économique? Juste pour...
M. Girard (Groulx) : Non.
Mme McGraw : Parfait.
M. Girard (Groulx) : Non,
parce que ce qu'on a, c'est que le Québec a déjà le service de la délégation le
plus important, après le gouvernement canadien, dans... au niveau des
provinces. Et donc on a suffisamment de ressources, elles doivent être
déployées différemment en fonction de l'évolution du contexte.
Mme McGraw : Exact, c'est ça,
on comprend. Puis c'est toute une fierté pour le Québec, Mais, si on n'a pas de
mesure, si on n'a pas d'indice, si on n'a pas d'indicateur de performance, avec
tous ces investissements-là, on ne peut pas mesurer l'impact sans avoir des
objectifs clairs.
M. Girard (Groulx) : Bien, OK.
Bien, je peux vous en donner un, indicateur de performance, mais je vais vous
le tempérer, quand même, là. L'indicateur de performance, il est à la...
M. Girard (Groulx) : ...j'y
arrive, E-28, qui montre que les exportations totales en 2025 sont en baisse de
3,6 %, mais ça, c'est parce que les exportations vers les États-Unis sont
en baisse de 6,5 %, tandis que les exportations vers les autres
destinations sont en hausse de 3 %. Alors, on pourrait dire : C'est
vraiment bon en hausse de 3 %, mais je vous ai mis un bémol, en toute
franchise, qu'une part importante de ça, c'est la hausse du prix de l'or. Le
Québec est un producteur de prix de l'or. Le prix de l'or s'est envolé en 2025.
Et, au-delà des statistiques, il faut regarder la composition des exportations.
Et clairement le prix de l'or a joué tant pour le Québec que le Canada.
Mme McGraw : Donc, revenons
donc aux marchés. Puis là on... Je vais... conclure avec les questions sur les
exportateurs, qu'est-ce qu'on a mis en place pour les conditions gagnantes,
effectivement, pour nos PME qui sont exportateurs. Vous avez parlé... le
ministre a parlé de la dépendance aux marchés américains. On comprend, c'est...
presque 74 % de nos exportations à l'international sont destinées aux
États-Unis. Ça fait qu'on change de direction. Et j'aimerais savoir :
Est-ce qu'on a fixé un objectif chiffré de... diversification pour diminuer
notre dépendance des exportations vers les États-Unis? Est-ce qu'on a un
objectif clair?
M. Girard (Groulx) : Alors,
c'était 74 %, en 2023, 73 % en 2024 et 70 % en 2025. Encore une
fois, la page E-8. Non, on n'a pas chiffré parce que dans... dans un monde
idéal, on voudrait que les deux augmentent, hein, on voudrait que les
exportations aux États-Unis continuent de croître, les exportations en dehors
des États-Unis continuent de croître. Et puis c'est certain que
géographiquement, on va rester intégré avec les États-Unis.
• (16 h 10) •
Mme McGraw : Bien, c'est...
Oui, la question, c'était un objectif clair, chiffré pour la diversification.
M. Girard (Groulx) : Bien, je
pense que l'objectif, c'est d'augmenter les exportations à l'extérieur des
États-Unis, mais au niveau du pourcentage, je n'ai pas de pourcentage à vous
donner.
Mme McGraw : Donc, on n'a pas
d'objectif de diversification sur un enjeu hyperimportant pour le Québec. On
n'a aucun objectif. Juste pour clarifier.
M. Girard (Groulx) : Bien, je
vous répète qu'on a un objectif d'augmenter les exportations à l'extérieur des
États-Unis.
Mme McGraw : Mais pas
chiffré. On n'a pas d'objectif chiffré.
M. Girard (Groulx) : ...on n'a
pas l'objectif parce qu'on n'a pas chiffré l'objectif.
Mme McGraw : OK, c'est...
C'est très clair, on n'a pas d'objectif chiffré sur un enjeu majeur.
M. Girard (Groulx) : Si vous
voulez résumer ça comme ça, ça me convient.
Mme McGraw : Oui. Alors donc,
une autre question. Donc, si... si... donc, si la réponse est non, donc,
pourquoi on ne reconnaît pas le risque sans prévoir de cible mesurable? On
reconnaît le risque. Le ministre a très bien décrit l'enjeu et la... le défi,
mais il y a comme un... On reconnaît le diagnostic, sans avoir de chiffre, sans
avoir de réponse budgétaire claire. Et comment est-ce qu'on va savoir si on
atteint nos objectifs si on n'a pas d'objectif? Je comprends qu'on veut aller
dans une direction, mais ce n'est pas chiffré.
M. Girard (Groulx) : ...je
vous écoute, là, puis je croirais entendre Mélanie Joly, là. On dirait que vous
voulez une politique industrielle avec des chiffres puis des objectifs, puis...
C'est l'entreprise privée qui exporte, Mme la députée. Alors, nous, ce qu'on
dit, c'est : On a un accord de libre-échange avec l'Europe, on a des
entreprises, et puis là on les soutient vers l'exportation, mais on n'a pas
de... Ce n'est pas le gouvernement qui fait les exportations, c'est les
entreprises. Alors, on a des secteurs stratégiques importants, je peux vous les
nommer. Et puis tous ces secteurs-là doivent faire mieux. Alors, je... je vous
donne la liste, là... Excusez-moi, je n'ai pas la bonne liste, par contre.
Mme McGraw : Je pense que mon
point... je comprends, et là on va aller sur les exportateurs.
M. Girard (Groulx) : Allez-y,
allez-y.
Mme McGraw : C'est qu'il y a
la question de l'offre et de la demande. Il y a les conditions gagnantes
macroéconomiques, et ensuite c'est ce qu'on fait avec nos exportateurs. Donc,
moi, la question, c'est une question de diplomatie économique, de mettre en
place les conditions gagnantes avec des objectifs clairs. Là, je comprends
qu'il n'y a pas d'objectifs chiffrés sur un enjeu majeur qui a été identifié
comme majeur. On va aller sur les exportateurs.
M. Girard (Groulx) : Je
comprends que vous avez une vision de type politique industrielle, là où le
gouvernement décide combien il va y avoir d'exportation en 2027, dans tel pays,
mais je vous dis que c'est... honnêtement, ce n'est pas comme ça que ça marche.
Mme McGraw : Bien, ça marche
comme ça dans d'autres juridictions.
M. Girard (Groulx) : Ça
marche... C'est les entreprises qui amènent le dynamisme, et non, le
gouvernement.
Mme McGraw : ...parfait,
allons sur les entreprises.
M. Girard (Groulx) : D'accord.
Mme McGraw : Donc, le budget
annonce plus de 540... pardon, 580 millions sur cinq ans pour les PME.
Quel pourcentage de cette somme soutient spécifiquement les entreprises
exportatrices...
Mme McGraw : ...quel
pourcentage?
M. Girard (Groulx) : De quelle
somme?
Mme McGraw : Du 580 millions
sur cinq ans pour les PME. Puis on comprend, mon collègue l'a très bien décrit,
qu'il y a une surtaxe de nos PME de 50 % plus que le reste dans le reste
du Canada. Donc, on parle de conditions gagnantes, ce n'est pas... idéalement,
des conditions gagnantes. Bien, au sein de toutes ces PME, quel pourcentage est
dédié pour accompagner, soutenir les entreprises qui exportent à l'extérieur du
Québec, donc dans le reste du Canada et dans le monde?
M. Girard (Groulx) : D'accord.
Alors, si vous allez à la page B.4, dans... Avant d'aller au 581 millions
pour les PME, allons au soutien à l'adaptation des entreprises au nouveau
contexte économique. Alors, là-dedans, il y a 410 millions pour les projets
d'investissement, qui, essentiellement, proviennent du FDE, et à peu près le
tiers de cette somme est pour les PME, via le programme Essor. Le programme
ESSOR vise, évidemment, le développement des PME, toute l'entièreté du
développement. La croissance n'est pour relier à l'exportation, mais c'est
certainement lié.
Ensuite, au niveau des PME, bien, c'est
séparé en agriculture et tourisme, le tourisme est évidemment une industrie qui
exporte en faisant venir des visiteurs étrangers ici, là, c'est... dans la
définition des comptes économiques, et puis il y a une grosse partie de cette
somme qui est pour le secteur des forêts, qui est évidemment pour répondre à la
difficulté de cette industrie, puis les difficultés de cette industrie-là sont
reliées aux tarifs. Alors, ce n'est pas tant qu'on les aide à exporter comme on
les soutient face à la très grande difficulté d'avoir... de faire face à des
tarifs de 46 %, mais on peut dire que ça soutient l'exportation. On réduit
les droits de coupe, notamment.
Le Président (M. Laframboise) : 45
secondes. 45...
Mme McGraw : 45 secondes?
Le Président (M. Laframboise) : 45
secondes, oui.
Mme McGraw : Peut-être une
dernière question, si on me le permet, M. le Président, M. le ministre. Le
ministre, il a parlé de moins de points de presse du fédéral et plus de
négociations. Où est notre négociateur en chef au Québec pour bien se préparer
pour ces négociations-là?
M. Girard (Groulx) : Bien,
dans les faits, les négociations n'ont pas réellement commencé, OK?
Mme McGraw : Mais nous,
notre...
M. Girard (Groulx) : On a la
nouvelle... Mme... C'est-tu, Janice Charette?
Mme McGraw : Oui, Janice
Charette, qui a été nommée par le fédéral. Oui, notre... l'homologue québécois.
M. Girard (Groulx) : Oui, qui
a été nommée. Mais l'équipe de négociation n'est pas formée encore. Alors,
j'imagine que...
Mme McGraw : Bien, on peut la
nommer, la personne. On peut la nommer, cette personne-là, pour s'intégrer...
M. Girard (Groulx) : Oui, on
peut nommer cette personne-là, mais cette personne-là n'est pas nommée. Les
négociations commencent en juillet 2026.
Le Président (M. Laframboise) : Donc,
merci beaucoup, Mme. Donc, on poursuit avec Mme la députée... évidemment, Mme
la députée de Notre-Dame-de-Grâce, puis on poursuit avec le député de Masson
pour 13 minutes 45 secondes. M. le député.
M. Lemay : Merci, M. le
Président. Écoutez, vous avez fait un très bon préambule, M. le ministre, là, je
ne reprendrai pas tous vos chiffres, parce que vous les maîtrisez parfaitement,
d'ailleurs ils sont... ils sont annotés, vous nous avez mentionné vos pages
préférées dans le budget. Puis je remarque, avec notre collègue députée de Notre-Dame-de-Grâce,
là, vous avez abordé beaucoup d'enjeux, la section B, que je reviendrai aussi,
moi, dans mes questions peut-être un peu plus spécifiques sur d'autres points
que vous n'avez pas eu la chance d'aborder avec la députée de
Notre-Dame-de-Grâce. Mais sachez que ça adonne comme ça, que les premiers
blocs, aujourd'hui, porteront sur la section B du budget, mais bon, ce n'est
pas... c'est un pur hasard, M. le Président.
Alors, vous savez, M. le ministre l'a bien
mentionné, puis c'est écrit aussi, d'ailleurs, sur la page couverture du
budget, là, que c'est un budget responsable, centré sur les priorités des
Québécois. Et j'en suis convaincu, M. le ministre et M. le Président, que c'est
le cas, parce que la croissance des dépenses des portefeuilles s'élève à 3,3 %,
en excluant l'effet des éléments sans récurrence, là, en 2025-2026. Puis on
parle ici, là, de croissance des dépenses de 4,1 % en santé et services
sociaux, 3 % en éducation, 4,7 % en enseignement supérieur. Puis ça,
c'est malgré le fait que le Québec, bien, on se distingue, parce que nous
autres, on a un cadre légal puis on a une discipline budgétaire, puis,
contrairement à plusieurs autres provinces, on s'est dotés d'une loi qui oblige
le gouvernement à planifier un retour à l'équilibre budgétaire lorsqu'il y a un
déficit qui survient. M. le ministre l'a mentionné tout à l'heure, que c'est
vers un horizon de 2029-2030. Et c'est d'autant plus notable, que... et strict
parce qu'on inclut aussi, là-dedans, le versement au Fonds des générations, qui
représente une contrainte additionnelle à cet équilibre budgétaire. Donc...
Alors que d'autres provinces n'ont tout à fait pas encore fixé d'échéancier
clair, bien, nous, notre planification, elle démontre une volonté de concilier
la responsabilité financière puis le soutien à l'économie. Ça fait que ce
que...
M. Lemay : ...j'aimerais
mentionner, avant d'aller avec mes questions plus spécifiques, M. le Président,
c'est que... j'aimerais ça qu'on souligne aussi qu'au Québec on a réussi à
mieux maîtriser notre endettement au cours des dernières années, parce que, si
on regarde le poids de la dette en proportion de notre PIB, bien, ça a été revu
à la baisse puis ça demeure sur une trajectoire descendante à long terme, ce
qui renforce la solidité de nos finances publiques. M. le ministre, là, tantôt,
là, j'ai remarqué, dans ses échanges avec la députée de Notre-Dame-de-Grâce, il
a... il a démontré la page spécifique du budget qui nous montre que, dans le
fond, c'est une baisse globale, là, de 4,1 points de pourcentage par rapport à
2019.
Bref, dans un contexte économique global
qui est difficile et incertain, c'est sûr que nous, on peut considérer qu'on
aborde les prochaines... la prochaine... la prochaine année financière sur des
bases solides. On l'a vu hier, justement, M. le Président, on avait une autre
étude qu'on faisait ici, à la Commission des finances publiques, sur le projet
de loi n° 5 puis on a justement sorti la définition du Petit... du Petit Robert
sur c'est quoi que c'est, une économie résiliente. Alors, moi, je suis persuadé
qu'on a... à cause qu'on a une économie résiliente, des finances publiques sous
contrôle puis une trajectoire claire vers l'équilibre budgétaire, bien, ça va
nous permettre de faire face aux défis actuels, mais aussi de se positionner
avantageusement pour les années à venir.
• (16 h 20) •
Et là on arrive dans le coin de la page
B.9 à B.29, là, que j'aimerais aborder avec M. le ministre. On va parler
d'adaptation des entreprises, de compétitivité et d'innovation, ce que je
disais qui était un peu similaire avec la députée de Notre-Dame-de-Grâce, mais,
bon, on peut lire que, dans le budget, on a une préoccupation du gouvernement,
bien, c'est de renforcer notre attractivité économique en misant sur un
environnement d'affaires plus compétitif, qui est fondé sur un cadre
réglementaire stable, une fiscalité concurrentielle, des infrastructures de
qualité puis une main-d'oeuvre de... une main-d'œuvre qui est qualifiée. Puis
là on constate que, depuis 2018, les actions qu'on a mises en place, bien, ils
ont permis d'améliorer concrètement la performance économique du Québec. Notre
écart de richesse avec l'Ontario, je ne sais pas si vous avez déjà entendu
parler de ça, il me semble que c'est un sujet qu'on aborde à quelques
occasions, M. le Président, bien, il est passé de 15,9 % en 2018 à
10,2 % en 2024. Puis, si on se compare avec le reste du Canada, c'était
20,2 %, puis on est rendus à 13,6 %. Ça fait que c'est des écarts qui sont
quand même historiquement faibles, puis ça, il faut le souligner, M. le
Président.
Ça fait qu'à cet égard, dans le budget
2026-2027, on prévoit 693,1 millions sur cinq ans pour soutenir l'adaptation
des entreprises, dont 410,1 millions pour favoriser les projets
d'investissement et 283 millions pour améliorer la compétitivité par
l'innovation. Puis là, moi, j'ai ma question pour le ministre. J'aimerais
savoir si on pourrait avoir des exemples concrets de mesures qui ont permis de
rendre le Québec plus attractif pour les entreprises et les investisseurs,
notamment en matière d'investissement, d'innovation et de compétitivité. Ça,
c'est ma question large.
Peut-être, si on peut avoir plus ciblé
là-dedans, parce que, par rapport aux éléments de réponse qui ont été fournis
avec la collègue précédemment, on n'a pas abordé optonique-photonique. Moi,
j'ai été très... particulièrement ravi dans... lors de votre lecture sur le
discours du budget, que vous avez mentionné optonique-photonique. Puis,
justement, aux pages B.25-B.28, là, vous en parlez, de photonique, d'optonique,
puis vous mentionnez que vous voulez créer une UMR, là, avec les universités
pour faire une recherche, là, c'est l'équivalent de 3 millions qui est dédié
pour ça. Puis peut-être, si vous avez des... je ne sais pas si vous avez ça
avec vous, mais peut-être si on avait la nature ou si on pouvait savoir s'il y
avait une... quel genre de collaboration qu'on pourrait avoir entre les PME
puis l'UMR que vous créez pour atteindre votre objectif, qui est de rendre
l'optonique-photonique plus abordable, plus accessible, plus adaptée aux
besoins industriels. Ça, c'est ma question plus spécifique, mais vous pouvez
rester aussi dans le général. Bref, M. le ministre, j'aimerais vous entendre
sur ces enjeux.
M. Girard (Groulx) : Merci.
Et, si mon collègue le permet, j'aimerais profiter du temps de ma réponse à
votre question pour amener deux précisions sur l'intervention de mon collègue
de Marguerite-Bourgeoys, qui disait que, dans la baisse de 4 % de la dette
nette par rapport au PIB, un quart était... un ajustement comptable. Je pense
que vous faisiez référence, là, à la... le mouvement de la dette nette, au
passif net de 0,8 %, qui est effectivement un ajustement comptable. Mais
là où vous vous trompez : cet ajustement-là est en date du 1er avril 2026,
et donc il ne s'applique pas à la comparaison entre le 31 mars 2026 et le 31
mars 2019. Donc, il faudra...
M. Girard (Groulx) : ...trouver
un autre argument pour dénigrer la baisse de 4 % de dette nette par
rapport au PIB, parce que, l'argument que vous avez utilisé, de dire que ce
n'était pas 4 % mais 3 %, ça ne tient pas debout parce que
l'ajustement se fait le 1ᵉʳ avril. Ensuite, vous avez référé à
100 milliards d'augmentation de dette, mais vous avez oublié de dire aux
gens qui nous écoutent que vous parlez de la dette brute. L'ajustement de la
dette nette, lui, est de l'ordre de... Attendez un instant. Il est de
l'ordre... révision de la dette nette, révision de la dette brute, la dette
nette entre 2026 et 2027... Alors, il est donc de l'ordre de 75 milliards.
Et les deux tiers de ça sont reliés aux infrastructures, et un tiers est lié au
déficit. Et finalement, ah! ma favorite, et là je l'avais vu, l'éditorial de
Stéphanie Grammond, qui disait que le Québec serait incapable de réaliser
2 % de croissance de dépenses dans les cinq prochaines années. Mais
évidemment, on ne peut pas rectifier tout ce qui s'écrit par tout le monde.
Mais j'ai souri quand j'ai vu ça, parce qu'évidemment, Mme Grammont a
oublié de dire qu'à 2 % de croissance de dépenses, on est bien supérieur à
l'Ontario et le gouvernement fédéral, là. 2 %, ce sont... c'est... Si on
veut critiquer les taux de croissance de dépenses, il faudra regarder le
gouvernement fédéral et le gouvernement de l'Ontario avant d'écrire un
éditorial sur le Québec, là.
Mais évidemment, cette perspective-là
n'est pas disponible pour tout le monde. Et je l'ai dit, et je vais en corriger
un autre, mon ami Gérald Fillion, qui a dit : Bien là, le ministre a dit
que, s'il prévoit 2 %, il va faire 3 %, alors, est-ce que c'est
2 % ou 3 %? Puis là il a mis trois points d'interrogation dans son
article, mais je vais y répondre ici immédiatement. Bien, lorsque c'est votre
huitième budget, vous connaissez un peu la musique puis la recette, et vous
savez qu'à chaque budget, la société civile, les groupes communautaires, les
entreprises, les ministères, les... les syndicats, même le Conseil
du patronat, Manufacturiers et Exportateurs Québec, la... la FCEI, ces
gens-là veulent tous plus de dépenses. Donc, si vous prévoyez 2 %, il va y
avoir une pression qui fait que vous allez peut-être réaliser 3 %. Mais
une chose est sûre, si vous prévoyez 3 %, il y a beaucoup plus de chances
que vous allez réaliser 4 % que 2 %, là, d'où la justesse,
l'expérience qui parle de vous dire : Pour ne pas faire plus que 3 %,
prévoyons 2 %. Alors ça, c'était la réponse à mon deuxième journaliste
favori.
Et là, je m'en vais à la réponse à vos
questions. Et bref, au niveau des investissements, là, on a rajouté deux
véhicules, 1 milliard aussi de pouvoirs législatifs, d'emprunts pour
protéger les sièges sociaux, puis 1 milliard pour les minéraux critiques
et stratégiques, total 2 milliards et demi. Pourquoi c'est important les
minéraux critiques et stratégiques? Parce qu'au Québec, on n'a jamais
transformé nos minerais. Et c'est important, parce que Nemaska Lithium, c'est
un projet extrêmement important pour le Québec, hein. Parce que la mine est
dans le Nord, le spodumène, le lithium, on l'amène dans le Sud et on veut le
transformer en hydroxyde de lithium à Bécancour. Et ces projets-là de
transformation, dans le Sud, du minerai, qui a été extrait sur la Côte-Nord, on
n'en a pas au Québec. Et donc c'est pour ça que, lorsqu'on prend mine,
exploration primaire, infrastructures, transformation, ça fait des projets en
plusieurs milliards de dollars, et d'où la nécessité d'augmenter le Fonds pour
les minéraux critiques et stratégiques. Et là, je le dis en grande politesse
pour le Parti libéral du Québec, qui ont la sagesse de ne pas avoir répété ce
que le Parti conservateur et le Parti québécois disent, qui ne tient pas
debout. C'est-à-dire qu'ils vont abolir le FDE, c'est beau, on fait des clips,
on tourne, je vais abolir le FDE, toi, vas-tu abolir le FDE, bien, vous allez
abolir le programme Essor, qui est le programme le plus populaire pour les PME
du Québec. Ça, c'est la première chose.
La deuxième chose, c'est que si vous avez
l'intention de jouer dans les ligues majeures puis de faire des projets où on
transforme le minerai et non où on agit en... je vais prendre un terme que le
chef du Parti québécois aime, en colonisés, où vous extrayez les ressources
naturelles puis vous shipper ça à l'étranger pour les transformer, bien, c'est
certain que vous n'aurez pas besoin du FDE, là. Alors, c'est de l'amateurisme
complet, M. le Président. On peut resserrer les critères du FDE, on...
M. Girard (Groulx) : ...s'assurer
d'avoir une plus grande rigueur dans le choix des investissements.
Certainement, il y a... on a des améliorations à faire dans la gestion du FDE,
mais l'abolir, c'est complètement farfelu et on peut essayer d'abolir le
programme ESSOR trois minutes, M. le Président, puis il va y avoir à peu près
500 entreprises qui vont écrire à mon bureau pour demander de ramener le
FDE. Alors, bonne chance aux deux partis qui prônent ça. Alors, ça, bien, ce
serait le début de ma réponse, M. le député. Avez-vous d'autres questions?
M. Lemay : Écoutez, il reste
très peu de temps.
Le Président (M. Laframboise) : 54 secondes.
M. Lemay : Peut-être juste si
vous avez un mot à dire sur le... la... l'innovation en termes d'optonique
photonique, parce que vous l'avez mentionné dans votre discours sur le budget,
puis c'est venu me marquer. Donc, je ne sais pas si vous avez quelque chose à
rajouter, parce que la création d'une UMR en unité mixte de recherche en
photonique optique quantique, bien, moi, je trouve ça très intéressant. Et je
ne sais pas si vous voulez nous en mentionner davantage, vous prévoyez quand
même 3 millions, là, pour cette initiative.
M. Girard (Groulx) : Bien, en
fait, je voudrais vous demander de retenir votre souffle jusqu'à lundi. Ça va
être annoncé avec le ministre de l'Économie à Montréal, parce qu'il y a
l'Institut de recherche mathématique aussi, là-dedans, l'Institut de
photonique, et je m'en voudrais, là, d'aller plus loin que ce qui est écrit
dans le budget, mais...
M. Lemay : Alors, M. le
ministre, sur ces belles paroles, à ce moment-là, on reviendra la semaine
prochaine, puis on en rediscutera assurément.
Le Président (M. Laframboise) :
Je vous remercie pour votre collaboration. Compte tenu de l'heure, la
commission ajourne ses travaux au mardi 31 mars, 9 h 45.
(Fin de la séance à 16 h 30)