Journal des débats de la Commission des finances publiques
Version préliminaire
43e législature, 2e session
(30 septembre 2025 au 8 avril 2026)
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Le
mercredi 1 avril 2026
-
Vol. 48 N° 38
Poursuite du débat sur le discours du budget
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11 h 30 (version non révisée)
(Onze heures quarante-deux minutes)
Le Président (M. Laframboise) : À
l'ordre, s'il vous plaît! Ayant constaté le quorum, je déclare la séance de la Commission
des finances publiques ouverte. Je demande à toutes les personnes dans la salle
de bien vouloir éteindre la sonnerie de leurs appareils électroniques.
La commission est réunie afin de
poursuivre le débat sur le discours du budget, conformément à l'article 275 du
règlement de l'Assemblée nationale.
Mme la secrétaire, y a-t-il des
remplacements?
La Secrétaire : Oui, M. le
Président. Mme Abou-Khalil (Fabre) est remplacée par Mme Lachance
(Bellechasse) et Mme Setlakwe (Mont-Royal—Outremont), par Mme McGraw
(Notre-Dame-de-Grâce).
Le Président (M. Laframboise) : Merci,
Mme la secrétaire. Ce matin, nous reprenons les échanges avec un premier bloc
du groupe parlementaire formant l'opposition officielle. La parole est au
député de Marguerite-Bourgeoys pour 20 minutes huit secondes. M. le député.
M. Beauchemin : Merci, M. le
Président. Oui, c'est ça, Marguerite-Bourgeoys. Je pense qu'en Chambre, aujourd'hui,
on m'a rebaptisé dans une autre circonscription, ça peut arriver. Merci.
Donc, M. le ministre, je veux vous amener
sur le terrain, là, des revenus, là, de nos sociétés d'État. Page F.50, dans
votre... dans votre livre. Donc, juste pour vous mettre en contexte, là.
M. Girard (Groulx) :
...excusez-moi?
M. Beauchemin : F.50.
M. Girard (Groulx) : Oui,
merci.
M. Beauchemin : La petite
version, là, du F-150.
M. Girard (Groulx) : Il y
avait un punch?
M. Beauchemin : Il y avait un
punch.
M. Girard (Groulx) :
OK. C'est... C'est de... C'est
de l'humour de banquier. C'est parti.
Le Président (M. Laframboise) :
...
M. Girard (Groulx) : Crois-moi,
ça m'arrive souvent.
M. Beauchemin : Donc, je veux
vous amener sur ce que je perçois depuis un bon bout de temps, là, depuis les
quatre dernières années que je suis ici, l'exercice qu'on va... qu'on semble
faire au niveau de la prévision des revenus des sociétés d'État, et puis c'est
quelque chose qu'on a aussi été capables, là, de voir dans... par les années
précédentes aussi, dans le premier mandat caquiste, peut-être pas à la même
hauteur, mais, quand même, cette fois-ci, c'est... c'est important de le
notifier.
Alors, pour les cinq grandes sociétés d'État...
il y en a quelques-unes, là, qui sont autres, là, et qui sont un petit chiffre
de 12 millions sur un total de 6, 5 milliards de dollars, là, mais, pour
les plus grandes, les cinq grandes sociétés d'État, c'est-à-dire Hydro-Québec,
Loto-Québec, la Société des alcools, Investissement Québec et la Société
québécoise du cannabis, la fin du compte, là, pour cette année, pour le budget
que vous avez déposé, c'était 5 347 000 000 $. Il y a deux
ans, on avait prévu 6 300 000 000... 6 257 000 000,
là, on va dire 6,3 milliards. L'an passé, on avait révisé ça à 5,3 milliards.
Mais le point que je veux dire, c'est que, si on recule d'un an puis on regarde
où on était arrivés pour les cinq grandes sociétés d'État, à la fin du compte,
on a fait 5,4 milliards puis, deux ans préalablement, on avait encore une fois
prévu 6,7 milliards. Et puis, si on y va avec il y a deux ans, à la fin du
compte, on est arrivés avec un rendement de 5 197 000 000, mais
on avait prévu, deux ans au préalable, 5 millions.... 5 933 000 000 $.
Donc, où est-ce que je vais en venir avec
ça, c'est que... et puis je le comprends, là, toujours sujet à ce qui peut se
passer dans l'économie, puis je vous entends là-dessus, là, mais, à chaque
exercice où est-ce qu'on essaie d'avoir une perspective de l'avenir au niveau
du rendement de nos sociétés d'État, on est avec des chiffres qui sont toujours
un peu plus gros, en moyenne, là, d'à peu près 20 %, dans les exemples que
je viens de donner, proche de 17 % dans ce que je viens de vous donner,
plus gros tout le temps que ce qui se...
M. Beauchemin : ...Donc,
évidemment, quand on... on regarde le tout, là, puis on est en train de
regarder le cadre financier, puis on se dit : On... on inclut ce genre de...
de projection là, bien, on aide évidemment à, de façon future, améliorer le
retour à l'équilibre budgétaire parce qu'on a, pour l'État, donc, plus de
revenus prévus. Sauf qu'au compte, quand on arrive à le regarder, là, au final,
mais c'est 1,2 milliard plus petit qu'anticipé, 1,2 milliard plus
petit qu'anticipé. Ici, on parle de quasiment 900 millions plus petit
qu'anticipé. Ça devient quand même tout le temps, là... ça fait que j'essaie de
comprendre pourquoi.
M. Girard (Groulx) : Merci
pour la question. Alors, si on prend les sociétés d'État une par une, elles
ont... elles ont toutes des défis, mais prenons la Société québécoise du
cannabis, légère croissance des revenus... Merci beaucoup. Légère croissance
des revenus, merci, associés à... le fait que nous introduisons le vapotage,
OK? Il n'y a pas de nouvelles substances, c'est le vapotage des mêmes... du
cannabis qui est autorisé pour fumer, mais lorsque la... la loi a été créée, le
vapotage était interdit et là la société évolue, etc. Donc, dans... Un peu de
croissance.
Au niveau d'Investissement Québec, une
certaine stabilité, mais c'est certain qu'on aimerait voir une meilleure
performance, alors d'où les exigences supplémentaires dans le budget.
Société des alcools. Stabilité du dividende
dans un marché où les... la consommation baisse d'approximativement 2 %
par année, là, vraiment. Donc, la... la Société des alcools doit faire des
mesures d'efficience pour maintenir son dividende parce qu'il y a vraiment une
chute de la demande. Puis ça, c'est mondial, ce n'est pas particulier au... au
Québec. Puis, c'est tant mieux, les nouvelles générations consomment moins que
les... les générations plus vieilles.
Loto-Québec. Extrêmement dynamique. Bon,
on construit un hôtel sur l'île Notre-Dame avec le... le casino. On construit
un centre des congrès dans la région de l'Outaouais. On a eu un... un nouveau
salon de jeux à Rimouski. Il y en aura un à Chicoutimi. Bon, Loto-Québec, ça va
bien. Un point, on prévoit 1.65 en 2027-2028, éventuellement 2 milliards
chez Loto-Québec.
Hydro-Québec. 2023, sécheresse. Et encore
aujourd'hui, on subit les contre-coups de la sécheresse en 2023. Et lorsque
c'est arrivé en 2023, les modèles... Puis, c'est fait avec Ouranos et puis
des... des prévisionnistes indépendants. Mais la... la sécheresse était prévue
ne pas durer plus de deux ans, puisqu'on était vraiment dans un... Tous les
modèles qu'on a disent qu'il y aura plus de précipitations dans le nord du
Québec avec les changements climatiques. Mais, même si, en moyenne, il y aura
plus de précipitations, il reste qu'en 2023 il y a eu une sécheresse puis des
feux de forêt. Or, on prévoyait qu'après 2024-2025 cette situation serait
résorbée. Et ce n'est pas le cas. Encore aujourd'hui, en 2026, on a moins d'eau
dans les réservoirs pour une quatrième année consécutive reliée à la
sécheresse, c'est-à-dire qu'on n'a pas eu de précipitations. On a eu des
précipitations moyennes dans les trois dernières années qui n'ont pas permis de
remplir les réservoirs pour la sécheresse de 2023. Alors, il est vrai que
continuellement, depuis 2023, on révise à la baisse les prévisions
d'Hydro-Québec parce qu'on continue de repousser le retour de l'hydraulicité
normale, hydraulicité normale.
• (11 h 50) •
M. Beauchemin : OK. Mais ça
fait depuis 2023 qu'on... qu'on a cette...
M. Girard (Groulx) : Définitivement.
Et... et là il faut... il faut savoir que notre contrat avec le Massachusetts
est entré en vigueur puis que celui de New York entre en vigueur. Et donc on a
des contrats d'exportation qui arrivent au moment où on a une faible
hydraulicité. Et donc on a une pression. Ça veut dire que, pour rencontrer la
demande, on fait des importations en période de pointe, et donc ça a des
impacts sur le... la...
M. Girard (Groulx) : ...la
prévision de revenus. Alors, outre souhaiter de la pluie dans le nord du Québec
puis un retour à la normale, il va falloir être patient.
M. Beauchemin : Ces
contrats-là, est-ce que ça représente approximativement
500 millions de dollars de plus de revenus pour Hydro-Québec?
M. Girard (Groulx) : Oui,
mais c'est... Chaque contrat représente approximativement, puis je pense qu'on
est dans le bon ordre de grandeur, 500 millions par année. Mais il faut...
il ne faut jamais confondre revenus et profits.
M. Beauchemin : Dans le
cas-ci, quand on regarde ce qui se passe en 2026-2027, là, par rapport à
2025-2026, on augmente les profits, donc, de... de la société, de
500 millions de dollars. Ça, c'est majoritairement expliqué par plus de
pluie?
M. Girard (Groulx) : Oui,
bien, c'est ce qu'on... c'est ce qu'on dit à la page F.49, là. On dit que
les contrats d'Hydro-Québec amènent des revenus supplémentaires, ils amènent
des revenus supplémentaires si on a l'eau pour honorer ces contrats-là. Dans le
cas actuel, on doit faire une gestion serrée de nos bassins hydrographiques qui
fait qu'il est arrivé, par exemple, en... Puis là, je ne suis pas un expert en
hydraulicité, mais c'est clair qu'il est arrivé en période de pointe, qu'on a
dû importer de l'énergie, et ça, ça diminue les profits.
M. Beauchemin : Quand on
regarde ça sur un horizon, là, de quatre ans. Bon là, vous l'avez expliqué, le
cas, là, d'Hydro-Québec, là. Quand on recule, on a aussi ces variabilités-là,
elles sont moins intenses dans le premier mandat de la CAQ. Et, dans le
deuxième mandat, c'est clairement donc l'hydraulicité pour Hydro-Québec qui est
le facteur majeur, déterminant pour le rendement.
M. Girard (Groulx) : Oui.
Et puis... puis quand... Puis c'est des gros chiffres, là. Quand les gens
disent que les changements climatiques ont des impacts économiques, là, c'est
vrai, là. On a perdu, grosso modo, depuis 2023, près de 1 milliard de
dollars par année. J'arrondis, là. 1 milliard de dollars par année dans le
dividende d'Hydro-Québec. Regardez la prévision au 2025-2026, là :
2 milliards. Le... le... le dividende à long terme d'Hydro-Québec, dans
une situation stable, c'est 3 milliards. Regardez, là, la prévision en
2027-2028 : 3 milliards. Le réaliser en 2025-2026 :
2 milliards. Alors donc, grosso modo, la faible hydraulicité nous a coûté
1 milliard par année depuis 2023. Ça, c'est un enjeu dans la gestion des
finances publiques. On a eu des débats sur les négociations, les infras, tout
ça, mais la sécheresse de 2023 nous coûte 1 milliard de dividendes par
année chez Hydro-Québec, tant que la...
M. Beauchemin : Puis là
vous...
M. Girard (Groulx) :
...tant que la situation ne sera pas résorbée. Puis là, ce qu'on prévoit, c'est
qu'elle va être résorbée en 2027-2028. Mais on est clairement dans une
situation à trois écarts-types où on n'avait pas prévu que la sécheresse
durerait aussi longtemps.
M. Beauchemin : OK. Puis
là j'imagine les modèles sur lesquels vous vous basez pour dire ça va revenir
en 2027-2028, c'est une version modifiée des mêmes modèles qu'il y a deux ans?
M. Girard (Groulx) : Bien,
écoutez, c'est... Il y a tout un débat là-dessus, puis évidemment, il y a plus
d'un modèle et plus d'un modélisateur, mais ça fait consensus au niveau des...
des gens qui font ces prévisions-là, qui sont des physiciens, des
météorologues. Puis j'ai mentionné Ouranos, qui est une firme québécoise, mais
évidemment il y a des firmes américaines, puis, etc. Puis c'est certain
qu'Hydro-Québec prend la situation d'hydraulicité avec grand sérieux, donc
vérifie constamment leur modélisation. Mais le consensus est que le
réchauffement climatique amène plus de précipitations, de variabilité dans
le... le nord du Québec. Par contre, il y a plus d'événements extrêmes. Puis là
la sécheresse de 2023 et les feux de forêt, c'est un événement extrême.
Maintenant. On a tous remarqué qu'au Canada, là, des feux de forêt, il y en a
beaucoup, beaucoup. Et donc ça veut dire qu'il y en a des sécheresses de plus
en plus, il y a de la variabilité. Mais les modèles nous disent qu'à long
terme, ce n'est pas un enjeu. Mais ça n'empêche pas que, depuis 2023, c'est
près de 1 milliard par année qu'on a perdu en raison de ça.
M. Beauchemin : Je veux
vous amener sur un sujet, là, qu'on a... qu'on a même discuté l'an passé dans
le même format, même commission à propos de la valorisation de nos sociétés...
M. Beauchemin : ...quand on
s'était quitté il y a un an, puis j'ai regardé mes notes ce matin, quand on
s'était quitté il y a un an, on allait... on allait justement faire l'effort
pour pouvoir, lors de la rencontre d'aujourd'hui, avoir une valorisation du
capital qui est sous-jacent, que ce soit dans Loto-Québec, Hydro-Québec, la
Société des alcools, Investissement Québec puis la Société québécoise du
cannabis. En d'autres mots, l'objectif ici étant de déterminer c'est quoi, le
capital, puis donc on prend le 5,3 milliards, puis on divise dessus, puis
ça donne un rendement moyen, là, pour l'ensemble de nos sociétés d'État, parce
qu'on a pas été capable de l'identifier l'an passé. Je sais que c'est un
exercice qui est difficile, de maintenir une valorisation du capital
d'Hydro-Québec, mais je vous ai donné un an, ça fait que je me demandais si ça
vous avez été...
M. Girard (Groulx) : Je n'ai
pas d'étude à jour là-dessus. Comme vous le savez, il ne se passe pas un
trimestre sans qu'un courtier vienne me voir pour me dire qu'on devrait vendre
une société des alcools ou Loto-Québec. Puis il y a même des opérateurs
illégaux au Québec qui prétendent qu'ils pourraient bien faire leur
responsabilité sociale en remplaçant Loto-Québec. Vous noterez le scepticisme
dans mon ton, là. Et Hydro-Québec, je n'ai rien à jour, je peux vous dire...
une indication, la valeur d'Hydro-Québec est bien meilleure si l'entente de
Churchchill Falls est renouvelée, c'est 15 % de nos approvisionnements. Et
donc l'entente avec Terre-Neuve et Labrador va être extrêmement importante pour
la sécurité énergétique du Québec, et elle est dans l'intérêt de Terre-Neuve,
parce qu'évidemment les paiements sont grandement bonifiés jusqu'en 2041, puis
ensuite on est partenaire dans le développement de Gull Island, et puis
Hydro-Québec prend les risques de construction.
Bref, une entente gagnant-gagnant, mais
c'est certain que là on est en attente de la décision des citoyens de
Terre-Neuve, parce qu'il y aura un rapport indépendant, puis référendum, puis,
etc. Mais, bref, c'est 15 % de notre approvisionnement énergétique.
M. Beauchemin : Merci pour se
rappeler cet aspect-là de la chose. Mais ma question est vraiment sur la
valorisation de l'entreprise.
M. Girard (Groulx) : Oui, j'ai
j'ai des vieilles études quelque part, là, je peux.... je peux actualiser ça,
mais j'hésite à envoyer ces chiffres-là dans l'espace public.
M. Beauchemin : OK. Parce
qu'il y a quand même ici cinq sociétés d'État qui génèrent 5,3 milliards
cette année, là, de dividendes, sauf qu'on n'a pas de base de référence pour dire
si c'est bon ou si ce n'est pas bon. La bonne base de référence, ce serait de
pouvoir comparer le rendement de ces sociétés d'État là, avec d'autres sociétés
d'État à travers le monde, qui, eux, publient leurs valorisations. Et donc, à
partir de ce moment-là, on pourrait dire: On a ici une bonne référence. On
pourrait donc peut-être penser ici qu'il y a place amélioration et/ou se
féliciter parce qu'on surperforme par exemple, mais... Puis force est de
constater que 5,3 milliards de dollars, ça peut paraître comme
beaucoup d'argent, mais quand on regarde les actifs sur lesquels on parle en ce
moment, c'est... c'est des actifs qui dépassent des centaines, deux centaines
de milliards de dollars en termes de potentielle valorisation. Ça fait que je
n'ai pas le chiffre exact, mais, déjà, à la base, quand on regarde ça, on se
rend compte que le rendement n'est pas très élevé.
Ça fait que c'est pour ça que je veux vous
amener sur... si c'était possible d'avoir une mise à jour, ça n'a pas besoin
d'être spécifique à chacune, ça va devenir une question secondaire, mais, pour
l'ensemble, pour savoir... Parce que, dans le fond, quand on regarde ces
sociétés d'État là, c'est... c'est notre REER collectif à nous au Québec,
c'est... Ça nous appartient à nous tous les Québécois. Puis quand on regarde ça
puis on se dit : Ah! On fait 5,3 milliards de revenus cette année, on
n'est pas capables de dire si c'est un bon placement. Puis je n'aime pas ça,
moi. Quand j'investis dans Montréal, je veux savoir quel genre de rendement je
vais avoir sur les stocks dans lesquels je mets mon argent. Bien, tu sais, si
j'y vais puis je dis : Ça vaut peut-être 200 milliards, tout ça, puis
c'est peut être probablement beaucoup plus, mais disons qu'on y va avec
200 milliards, bien, ça fait 2,5 % de rendement. Je ne suis pas
certain que, dans votre REER personnel, M. le ministre, vous mettrez un stock
qui vous donne 2,5 % de rendement.
• (12 heures) •
Ça fait que je me pose la question :
Collectivement, pourquoi qu'on accepterait ça? Il faudrait que ça soit
justifié, il faudrait qu'on nous l'explique. Il faudrait qu'on fasse une
analyse comparative pour dire : Voici ce rendement, il y a un rendement
sociétal qu'il faut ajouter, ça vaut combien? Après ça, on fait des
comparables, histoire de...
12 h (version non révisée)
M. Beauchemin : ...totalement
transparent avec le détenteur du réel collectif, c'est-à-dire les Québécois.
M. Girard (Groulx) : Bien, c'est-à-dire
que, si on prend Loto-Québec, SAQ, Société québécoise du cannabis, j'ai... j'ai
de l'intérêt pour acheter ça et puis je vais mettre le prix haut, puis la
personne qui va payer mon prix, bien, elle va vouloir augmenter les ventes pour
justifier qu'elle a payé cher, et donc on va se ramasser avec des entités qui
font la promotion de la consommation du cannabis, de la consommation d'alcool
puis du jeu. Alors, on ne veut pas ça. Alors, ça, c'est... on a une
responsabilité sociale, on n'est pas intéressés à sous-contracter notre
responsabilité sociale à des entreprises privées.
Quant à Hydro-Québec, bien, c'est sûr que,
si on voulait vendre 25 % d'Hydro-Québec, producteur d'énergie
renouvelable, bien, il y aurait de l'intérêt, là. C'est... c'est... c'est
indéniable, c'est un joyau. Il y a des gens qui voudraient mettre la main
là-dessus. La capitalisation d'Hydro-Québec, il faudrait... il faudrait qu'on
mette le bilan d'Hydro-Québec sous analyse ici. Puis je suis convaincu que vous
et moi, on arriverait au 10 milliards près, là, mais ce que je
suggérerais, c'est là que je m'en allais, très bon point, si vous voulez, on va
informer Hydro-Québec que vous voulez aborder cette question-là aux crédits. On
pourra leur poser la question si eux ont des évaluations internes de la valeur
de leur actif net, parce qu'évidemment il y a de l'endettement là-dedans, là.
Le Président (M. Laframboise) : Parfait.
Donc, ça met fin au bloc. Donc, nous poursuivons avec le représentant du
gouvernement, M. le député de Joliette, pour six minutes 22 secondes. Et
là je vais être strict sur le temps, là, parce que le temps du gouvernement, il
est... Donc, six minutes 22 secondes. M. le député de Joliette.
M. St-Louis : Merci beaucoup,
M. le Président. M. le ministre, j'aimerais vous ramener dans la section C du
budget 2026-2027, où on réaffirme clairement la priorité du gouvernement
du Québec quant à l'amélioration de l'accès aux soins de santé, aux services
sociaux pour l'ensemble de la population, mais plus dans un contexte de
vieillissement de la population. Nous, à Joliette, on le vit un peu différemment,
là, la démographie de circonscription, on est 10 ans en avance sur le
reste du Québec. La municipalité de Saint-Charles-Borromée est la municipalité
où il y a le plus de... toute proportion gardée, bien entendu, le plus de gens
de 80 ans et plus et la ville de Joliette est la ville au Québec où il y a
le plus de gens de 65 ans et plus. Donc, ça, ce sont deux municipalités
qui rassemblent ou à peu près de... le noyau urbain, là, de la circonscription.
Donc, on voit les... la pression du vieillissement de la population sur... sur
les services en place. On voit dans la section C, là, que les mesures
présentées visent à améliorer l'accessibilité aux soins, à réduire les délais d'attente,
à mieux soutenir les personnes les plus vulnérables. Dans ce contexte-là, dans
un contexte de vieillissement de la population, j'ai plusieurs collègues et
plusieurs personnes que je connais, là, dont la proche aidante est, pour eux,
un cheval de bataille. Je vois des sommes dans le budget 2026-2027.
Quelles sont ces sommes? Est-ce que vous pouvez nous en parler un peu plus en
détail?
M. Girard (Groulx) : Juste,
parce que je voudrais bien répondre à votre question, là, vous voulez connaître
les sommes pour exactement quelles fonctions?
M. St-Louis : Bien, on parle
de proche aidance, entre autres.
M. Girard (Groulx) : OK. Très
bien. OK. Alors, si je vais au niveau de la section... attendez, un instant...
C.15, merci. Alors, la section 1.2 du budget, C.15, Soutenir les personnes
proches aidantes et les aînés en résidences privées pour aînés, on a complété
le financement du Plan d'action gouvernemental pour les personnes proches
aidantes 2026-2031, ça, c'est 34 millions. Puis il y a prolonger le
programme d'aide aux résidences privées pour aînés et autres entités privées
apparentées, et là il y a des tirets. La raison qu'il y a des tirets, c'est
pour des raisons de compétitivité, parce qu'on a un enjeu avec... au niveau de
l'assurance, des... je cherche le terme français, là, pour DNO... dirigeants et
associés. On a des enjeux au niveau des responsabilités civiles des
propriétaires dirigeant des résidences privées pour aînés et on aide avec le
coût de ces assurances-là pour les résidents...
M. Girard (Groulx) : ...résidences
privées pour aînés. Mais, vous comprenez, pour des raisons de compétitivité,
c'est-à-dire qu'on ne veut pas divulguer les sommes pour ne pas que les
compagnies d'assurances viennent rafler l'ensemble des sommes, essentiellement.
M. St-Louis : Merci. Ma
seconde question est un peu plus large, mais toujours pour la section C du
budget. L'accès à la première ligne est un combat, comme vous le savez, que
nous menons depuis des années au gouvernement. On voit des résultats avec un
peu plus de 7 millions de Québécois qui ont maintenant accès à un service de
première ligne. Je vois aussi des montants supplémentaires encore cette année.
Est-ce que vous pouvez nous en parler un peu plus largement?
M. Girard (Groulx) : OK.
Alors, juste pour... c'est toujours bon d'avoir le terme français, là, c'est
évidemment l'assurance responsabilité des administrateurs et dirigeants. Mais,
même lorsque je vais sur le site pour trouver l'assurance responsabilité des
administrateurs et dirigeants, entre parenthèses, c'est marqué «DNO», alors
d'où... l'appellation anglaise semble être généralisée.
Alors, merci pour la question sur l'accès
aux soins de santé. Alors, nous, évidemment, c'est... c'est des sommes qui vont
majoritairement à Santé Québec, et on parle de 2,2 milliards sur cinq ans et...
Bien, je pense qu'il faut souligner, là, que la... notre excellente ministre de
la Santé a déposé sa politique d'accès à la première ligne vendredi dernier. Et
loin de moi l'idée de me substituer à son expertise, là, mais j'ai compris que
l'accès se ferait dans trois canaux, c'est-à-dire le canal numérique avec le
portail Votre Santé, le canal téléphonique, le Guichet d'accès première ligne
qui... des fois, les gens sont en détresse chez eux, puis simplement un appel
aide, et le troisième accès serait les CLSC pour que... bref, qu'on ait un
canal physique, numérique et téléphonique plus traditionnel pour l'accès à la
première ligne. Puis évidemment il y a des déclinaisons dans tout ça, puis ça
va se faire sur plusieurs années, mais cette politique-là d'accès à la première
ligne mérite d'être soulignée pour sa cohérence. Et je remercie Santé Québec,
là, qui est impliquée dans l'exécution de tout ça.
M. St-Louis : M. le
Président...
Le Président (M. Laframboise) : ...
M. St-Louis : Bien, écoutez,
ça... je n'aurai pas le temps d'avoir la réponse à ma troisième question,
donc...
Le Président (M. Laframboise) : C'est
bon. Parfait. Merci. Ça fait que le temps sera ajouté à madame tantôt, là,
donc... qu'il reste.Donc, on passe maintenant au deuxième groupe
d'opposition. Le temps imparti qu'il vous reste, c'est
19 min 14 s. Donc, ça, on ne le dépassera pas, là. Je veux
que... J'arrêterai, là. Donc, allez-y.
Mme Zaga Mendez : Inquiétez-vous
pas,M. le Président.
M. Girard (Groulx) : ...son
temps, je veux juste répondre à une question d'hier sur le temps du
gouvernement. C'est 61 % des employés au salaire minimum qui sont des
étudiants. D'accord. On peut y aller.
Le Président (M. Laframboise) :
Bon, parfait.
• (12 h 10) •
Mme Zaga Mendez : Merci pour
la réponse. On y reviendra si on a le temps.
Ma première intervention ou question pour
le... pour le ministre des Finances : Avez-vous lu l'article sur
l'équilibre budgétaire dans Le Devoir aujourd'hui qui nous rapporte
les... l'avis de Mme Braham, qui était dans l'Institut du Québec. Puis je veux
quand même citer quelques passages, là, si le ministre n'a pas eu la chance de
le lire, là. Cette économiste nous dit qu'on est devant des choix très difficiles
pour revenir à l'équilibre budgétaire, que, si on suit le plan qu'on a étudié
puis on a questionné beaucoup hier, qui est à un taux de croissance de
1,5 %... elle qualifie ça de très faible, puis c'est même plus faible que
l'inflation, dont ça équivaut à des coupes en termes réels. C'est même plus
faible que lors des périodes qu'on a caractérisées autrefois de périodes
d'austérité. C'est maintenant le tour de l'Institut du Québec, là, après les
autres études que j'ai nommées hier. Ce matin, il y en a une autre qui
s'ajoute. On nous dit que la période de redressement budgétaire sous le
gouvernement Couillard, entre 2014 et 2018, dont tous nos services publics s'en
souvient très bien, durant ces années, les dépenses ont crû en moyenne de
3,2 % par année, seule... seule une année a connu un rythme... et seule
une année a connu un rythme inférieur à l'inflation, qui est différent de
qu'est-ce que le ministre nous propose, et, même dans cette période, a pourtant
été nettement moins exigeant en termes de contrôle de dépenses que le plan
actuel de retour à l'équilibre.
Est-ce que le ministre a pris connaissance
de cette étude? Et quel est son avis? Est-ce que c'est encore... on brasse
encore du papier ou est-ce qu'on est en train, pour la troisième fois, de dire
qu'on s'en va vers l'austérité si on... on fait mot par mot ou dollar par
dollar ce que le ministre propose?...
M. Girard (Groulx) : ...mais je
vous remercie pour la question. Et c'est certain que l'auteur de l'étude de Mme
Emna Braham, c'est une bonne économiste, mais malheureusement c'est une bonne
économiste qui a fait une mauvaise étude, là, parce qu'essentiellement son
étude, c'est : Si on ne fait rien sur les revenus puis si on ne fait rien
sur les dépenses, bien, la chaîne débarque. Alors, ce n'est pas une prévision,
c'est une simulation. Et puis, quand j'ai vu ça ce matin, je n'étais pas
impressionné du tout.
Alors, il y a un plan de retour à
l'équilibre budgétaire à la page F.39 du budget, qui explique que les
dépenses sont présentement 25,6 % de l'économie puis qu'avant la pandémie,
c'était 24,4, puis qu'on doit retourner à 24,3, puis que les revenus, c'est 25,
puis ça doit descendre à 24,7. Quant au plan pour les... On a fait des gestes
aux revenus crédibles, ça, c'est la page F-40 qui montre que la croissance
des dépenses fiscales était de 7 %, puis que là on la contrôle, elle va
être de 2 %. Ça, c'est l'examen des dépenses fiscales. Puis il y a un
examen des dépenses budgétaires qui est décrit à la page F.41. Alors,
quand vous prenez des gestes aux revenus, des gestes aux dépenses et que vous
avez un plan de retour à l'équilibre budgétaire, bien, vous faites votre
travail, puis le plan est crédible. Alors, j'étais très déçu quand j'ai lu
l'étude ce matin.
Mme Zaga Mendez : Cette
étude-là s'ajoute à la mauvaise étude de Desjardins. Est-ce que ceci s'ajoute
aussi au mauvais avis des...
M. Girard (Groulx) : En fait,
ce que Desjardins... Desjardins...
Mme Zaga Mendez : ...parce que
là vous qualifiez ça de, quand même, mauvaise étude. Puis peut-être ce qu'il
faudrait regarder un peu, ce n'est peut-être pas entré, un plan à l'équilibre budgétaire.
M. Girard (Groulx) : Oui, mais
je suis ouvert, je suis ouvert à faire ça. Mais ce que j'ai dit de Desjardins,
c'est parce que Desjardins disent : Vous ne faites rien au niveau des
revenus. Moi, je vous dis : Regardez la page F.40, puis on a tempéré
la croissance... Moi, ça ne me dérange pas que les gens disent qu'on ne fait
rien, mais si je n'avais rien fait, je ne recevrais pas une lettre à chaque
jour à mon bureau pour se plaindre que j'ai coupé le crédit d'impôt de
30 % des affaires électroniques, 30 % des effets spéciaux puis
30 % des jeux vidéo, là.
Mme Zaga Mendez : ...mais je
vous parle quand même des économistes expérimentés en finances publiques du
Québec. Je n'ai pas vu un que vous donne, à date, la note de passage en termes
de...
M. Girard (Groulx) : Bien, je
vais vous en nommer deux.
Mme Zaga Mendez : ...vous
allez... mais, en termes des choix à faire, c'est soit augmenter les revenus ou
l'austérité.
M. Girard (Groulx) : Non, non,
mais je vais vous en nommer deux, je vais vous en nommer deux. Tiens, DBRS : «We believe the province maintain... flexibility
to respond to ongoing political and economic incertainties. Ça, c'est sorti
après le budget.» Moody's : The fiscal plan continues to incorporate
sizable contingency in each year to account for ongoing economy incertainty.»
Ça fait que là,
moi, je fais mon travail. On a fait un excellent budget avec des améliorations 2024‑2025,
2025‑2026, 2026‑2027, c'est souligné par l'ensemble des marchés financiers. Là,
on publie une étude puis on dit : Si on ne fait rien au niveau des revenus
et si on ne fait rien au niveau des dépenses, bien, les déficits vont être très
élevés. Je n'ai pas été impressionné par cette étude-là du tout.
Mme Zaga Mendez : Bon, je vais
passer à un autre thème, mais un commentaire là-dessus, c'est que, là, rendu
là, M. le ministre, là, ça va être... on va en parler largement en campagne
électorale, puis je pense qu'il faut... puis je pense qu'il faut se méfier, là,
de n'importe qui qui va nous dire qu'il ne faut pas regarder le revenu, parce
que tout le monde commence à le dire, là, c'est soit l'austérité ou regarder la
colonne de revenue.
M. Girard (Groulx) : Mais si
l'Institut du Québec veut se présenter en campagne électorale puis privilégier
les hausses d'impôts ça, c'est leur choix, là. Puis, si... ça, nous, il n'est
pas question qu'on augmente les impôts.
Mme Zaga Mendez : Je n'ai
pas... J'ai eu grandement le temps de parler des façons d'aller chercher
d'autres revenus, mais je voulais quand même porter ça à votre attention parce
que je trouvais que ça faisait une bonne suite à la discussion qu'on a eue
hier.
M. Girard (Groulx) : Une
excellente suite. Merci de l'avoir amenée ici.
Mme Zaga Mendez : Je
continuerai, on va avoir...
M. Girard (Groulx) : Ça m'a
permis de clarifier ce que je pense de cette étude.
Mme Zaga Mendez : ...on va
avoir encore du temps en crédits pour regarder comment l'austérité va se
dessiner devant nous. Ma prochaine question, c'était vraiment des questions de
précision, mais comme je vous avais dit, on a quand même pris le temps de bien
lire le budget page A-31. Vous annoncez quand même dépendre puis compter
sur des transferts fédéraux pour contribuer au plan sur le... pour le PQI, par
l'entremise des fonds pour bâtir des collectivités fortes ou des fonds pour le
transport en commun du Canada.
M. Girard (Groulx) : Oui.
Mme Zaga Mendez : On en a
parlé récemment, de ces fonds-là.
M. Girard (Groulx) : Oui.
Mme Zaga Mendez : Où
sont-elles, ces négociations? Puis, moi, ma question plus précise...
M. Girard (Groulx) : D'accord.
Ce n'est pas compliqué.
Mme Zaga Mendez : ...c'est
quel est le... Je vais poser ma question plus de chiffres...
M. Girard (Groulx) : Allez-y.
Mme Zaga Mendez : ...parce que
là, la politique, mais le chiffre, quel est le pourcentage du PQI qui dépend de
ces fonds-là?
M. Girard (Groulx) : Zéro.
Mme Zaga Mendez : Mais la...
Mme Zaga Mendez : ...vous
dites quand même qu'on s'attend, là...
M. Girard (Groulx) : Mais
c'est de l'argent additionnel. Le fédéral a... nous doit, je vais... je vais
simplifier là, 1 milliard par année pour les 10 prochaines années, dont
600 millions est lié au fonds de transports en commun, puis
400 millions est lié aux fonds sur les infrastructures. Mais ça, c'est de
l'argent additionnel, là. Quand le fédéral va nous donner ça, on va injecter
ça.
Mme Zaga Mendez : Puis c'est
que... donc, vous ne l'avez pas pris en compte, là, l'argent, là, au niveau du
transport pour le PQI, parce que c'est quand même...
M. Girard (Groulx) : Non.
Mme Zaga Mendez : Du tout.
Donc, vous...
M. Girard (Groulx) : Non,
pour transport, pas du tout, puis, pour infrastructures, on a pris la portion
santé. Le Plan québécois d'infrastructures, c'est les investissements du
gouvernement du Québec, là, incluant les transferts aux municipalités. Alors,
le 10 milliards du fédéral amènera 10 milliards supplémentaires de
financements, mais c'est certain que, lorsque le fédéral nous aide pour
10 milliards, bien là, ça nous libère, nous, pour faire d'autres choses.
Mais, pour vous donner l'état de la négociation, ce n'est pas compliqué, c'est
comme d'habitude, le fédéral veut nous imposer des conditions dans les champs
de compétence du Québec, puis il n'en est pas question, puis je l'ai dit à
François Philippe Champagne, il n'y en est pas question, puis il m'a envoyé une
lettre, puis j'ai pris sa lettre, puis je l'ai jetée dans la poubelle.
Mme Zaga Mendez : C'est quand
que vous avez fait ça? C'est quand, cette lettre-là?
M. Girard (Groulx) : Bien, je
lui parle fréquemment, il essaie de nous mettre des conditions, puis il n'est
pas question qu'on accepte des conditions dans les champs de compétence du Québec.
L'argent qui nous appartient, c'est 10 milliards sur 10 ans, puis on
va l'obtenir sans condition.
Mme Zaga Mendez : 10
milliards sur 10 ans pour le transport, ça, là, on parle... ou je parlais
aussi du fonds...
M. Girard (Groulx) : C'est...
Je répète... je répète, c'est 6 milliards... puis là je fais des chiffres
ronds parce qu'il y a des décimales, mais c'est 6 milliards, c'est... en
fait, c'est 5,5, mais allons-y pour six sur 10 ans, donc 600 millions par
année du fédéral dans le transport en commun et trois... exactement
375 millions, mais je vais dire 400 au niveau des infrastructures.
Mme Zaga Mendez : Quand vous
avez dit tout à l'heure quand vous allez recevoir cet argent-là, vous... vous
allez l'additionner, puis on le souhaite, hein, on est... on va continuer à
faire la pression, mais c'est votre responsabilité, à ce stade-ci, de conclure
ce deal, comme on dit.
M. Girard (Groulx) : Bien,
l'argent... l'argent, il va aller... on a des besoins, là, en transport puis en
transport en commun puis on a des besoins d'infrastructures. L'argent va aller
directement là où sont les priorités du Québec. Les priorités du Québec sont
énoncées dans le Plan québécois d'infrastructures.
Mme Zaga Mendez : Puis
vous... vous avez dit que vous allez libérer par la suite. Donc, ça ajoute et
que vous libérer?
M. Girard (Groulx) : Non,
mais... ce que... moi... Supposons, là...
Mme Zaga Mendez : Juste pour
bien comprendre ce que vous avez dit.
M. Girard (Groulx) : Bien,
libéré, c'est-à-dire que si... L'argent... Le fédéral va nous... Nous, on a un
plan de 167 milliards sur 10 ans. OK. Puis là, le fédéral va nous
donner 10 milliards, alors ça va nous permettre de réaliser
177 milliards de travaux avec ces sommes-là.
Mme Zaga Mendez : Ça
répondait à ma question.
M. Girard (Groulx) : Quand je
dis libérer, c'est-à-dire que si, ultimement, on arrive puis qu'on fait
190 milliards sur 10 ans, parce que le temps... c'est comme ça que
les montants évoluent, bien, il y aura... on aura eu moins à faire parce que le
fédéral nous a aidés. Mais vous... vous aurez remarqué la comparaison des
montants, là. Ce n'est rien 10 milliards sur 10 ans, le fédéral, là?
Rien de rien.
Mme Zaga Mendez : C'est un
milliard par année, oui.
M. Girard (Groulx) : Je ne me
vanterais, là, pas de ça, là.
Mme Zaga Mendez : Mais en ce
moment, c'est ça, on ne réalise pas... puis les... tous nos projets de
transport en commun attendent que ces contrats soient...
M. Girard (Groulx) : Oui,
mais il n'est pas question qu'on accepte des conditions dans les champs de
compétence du Québec.
Mme Zaga Mendez : J'entends.
Je vais continuer parce que je n'ai pas beaucoup de temps puis je veux aborder
deux questions de plus, là.
M. Girard (Groulx) : ...c'est
vraiment une bonne question. Continuez.
Mme Zaga Mendez : Je
continue. J'ai... Je ne sais pas si vous avez peut-être eu la chance d'en parler,
là, mais si vous pouviez juste résumé parce qu'une des choses qui nous
inquiète, puis je pense qu'elle inquiète tout le monde, là, c'est la
négociation de l'accord Canada, États-Unis, Mexique dans les prochains...
jours, semaines?
M. Girard (Groulx) : Juillet
2026.
Mme Zaga Mendez : Juillet?
Semaines, merci. Mais, bon, les négociations sont toujours faites un peu en
avance, là, on peut avoir l'acte...
M. Girard (Groulx) : On se le
souhaite, mais on dirait que les Américains ont d'autres priorités à court
terme.
Mme Zaga Mendez : Ça on l'a
vu. La crainte, c'est que les États-Unis décident, sur un coup de tête, parce
qu'on connaît très bien la nature de ce président, de ne plus faire partie de
cette alliance-là. Avez-vous évalué ce scénario? Parce qu'il est quand même...
Vous en faites... Vous en parlez, là.
• (12 h 20) •
M. Girard (Groulx) : Oui,
mais ce n'est vraiment pas un bon scénario, ni pour le Canada, ni pour les
États-Unis, ni pour le Mexique. Ça créerait une récession mondiale, mais on
peut dire que c'est une variante du... dans la section H, il y a des scénarios
alternatifs, on a une récession, et puis là, le scénario de récession, il est
basé sur une détérioration de la situation tarifaire et puis, évidemment, un
retrait complet, sans équivoque, où on perd l'accès...
Mme Zaga Mendez : À tous nos
marchés, puis que... Oui.
M. Girard (Groulx) : Ce
serait... ce serait même d'une amplitude plus forte que ce qui est là.
Mme Zaga Mendez : En 94, là,
la première ronde de négociations de l'ALENA, il y avait quand même eu des
drapeaux rouges puis dire : C'est quoi, la suite, si jamais un des
partis... s'il arrête de faire partie...
Mme Zaga Mendez : ...le
libre-échange n'est pas... n'est pas pour toujours. Puis, j'aimerais savoir
aussi, autre que ce scénario-là, est-ce qu'on... est-ce qu'on travaille au sein
de votre ministère, au sein du gouvernement, avoir des... des scénarios
alternatifs en termes de planification autant économique que commerciale? Parce
que ce n'est pas... C'est plus... c'est plus comme une hypothèse que j'aurais
pu faire en 1997 ou 1998, c'est beaucoup plus proche des nous qu'on pense.
M. Girard (Groulx) : Bien,
l'économie est beaucoup plus intégrée qu'en 1997-1998 donc les... les dommages
seraient beaucoup plus importants, tant pour... En fait, si les États-Unis
se... se retirent de l'accord Canada, États-Unis, Mexique, on va être en
récession nord-américaine. Alors, on va être... Le Québec va être dans le
trouble mais le Texas aussi.
Et... et les scénarios, mais nos... nos...
nos leviers... Probablement qu'on fera plus d'infrastructures publiques, là,
qu'on va vouloir multiplier les travaux. Et donc j'invite le fédéral à faire
plus que 10 milliards.
Mme Zaga Mendez : ...vous
allez pouvoir réviser les études, là, qui vous disent que, pour être capable de
faire ce type des infrastructures...
M. Girard (Groulx) : Non,
mais on a déjà intégré un scénario de récession puis on arrive à 3 milliards
de déficit dans le scénario de récession. Puis, si vous voulez dire que l'écart
à résorber devrait être ajouté à ça, ça fait 5 milliards. Et, dans l'étude
qui est sortie ce matin, on parle de 19 milliards. Alors, c'est pour ça que
j'ai utilisé l'expression que la chaîne débarque.
Mme Zaga Mendez : Je vais
continuer. Combien de temps qu'il me reste, M. le Président, juste pour...
Le Président (M. Laframboise) :
5 min 49 s.
Mme Zaga Mendez : Ah, parfait.
Donc, dernier thème qu'on aime bien ici aborder à chaque année, c'est les
efforts de conformité fiscale, de lutte à l'évitement, page... Vous voyez où
est-ce que je m'en vais, là, page B.18, renseignements additionnels, nous
indique que le rendement par dollar investi en lutte à l'évitement est rendu à
6,04 $. Vous saviez que j'allais poser cette question-là. Je la... On la
pose quand même souvent. Ça nous intéresse de voir combien... tu sais, le
rendement, là. Donc, on s'entend, là, chaque dollar qu'on investit, combien on a
été capables d'aller chercher en évitement. Bien sûr qu'on veut optimiser
l'évitement, c'est d'atteindre ce qu'on appelle un rendement marginal de
1 $ pour un. Mais, avant ça, quel est... avez-vous un calcul de rendement
marginal de dernier dollar investi dans la lutte à l'évitement?
M. Girard (Groulx) : Bien,
d'abord, M. le Président, je voudrais souligner la qualité de cette question,
là. Merci. Non, non, mais merci beaucoup...
Mme Zaga Mendez : Moi, j'aime
ça, le taux marginal pour l'optimisation.
M. Girard (Groulx) : ...merci
beaucoup de vous... de vous plonger dans les renseignements additionnels. Peu
de personnes font ça. Puis, je souligne la qualité de cette question.
Alors, à la page 19, on dit que
chaque dollar investi rapporte 6 $. Ça, c'est intéressant. Mais on a un
autre tableau qui est super intéressant, là, sur l'économie souterraine, que
j'espère que vous avez vu. Il est où mon fameux tableau, là, avec le... Il
est... Quelle page? Je voudrais vous montrer un autre tableau. Puisque vous
avez des bonnes questions, je vais vous donner les bonnes réponses. Est-ce que
mes collègues pourraient me dire où est le tableau?
Mme Zaga Mendez : ...section
B, ce que j'ai vu, B.18, dans les renseignements additionnels. Est-ce qu'il y
en a un de plus?
M. Girard (Groulx) : B.6.
Mme Zaga Mendez : B.6.
M. Girard (Groulx) : B.6. OK.
Alors là, vous voyez, qu'est-ce qu'on pourrait aller chercher qu'on... qu'on
n'arrive pas à capturer? C'est 3,5 milliards par année. Et vous voyez que,
malheureusement, la... la construction résidentielle demeure une source de
l'économie... des pertes.
Mme Zaga Mendez : .D'évitement
encore. Ça, c'est bon. C'est le temps qui nous manque aller chercher. Donc,
moi, je vais revenir sur les efforts que nous on fait pour aller chercher
là-dessus, d'où ma question de rendement marginal. Mais vous comprenez bien,
nous, on aime ça à l'économie, là. Donc, des... les derniers dollars qu'on a
investis, qu'est-ce qu'ils nous rapportent? Juste pour voir si on est en niveau
d'optimisation, parce qu'un niveau d'optimisation, ça veut dire que...
M. Girard (Groulx) : mais
vous avez raison qu'on parle d'un rendement moyen de 6 $. Alors, est-ce
que le... le dollar marginal... Est-ce que M. Grandisson vous aimeriez
vous prononcer sur le dollar marginal? Je pense qu'il essaie de me dire non.
Mme Zaga Mendez : Il ne veut
pas, ou on n'a pas l'information?
M. Girard (Groulx) : ça fait
qu'on va... on va chercher ça puis on va vous donner un chiffre, là, mais le
rendement moyen est de six pour un. Le rendement marginal, je ne pourrais pas
vous le dire.
Mme Zaga Mendez : Parce que,
pour nous, il faut... il faut comme continuer dans une logique jusqu'à tant que
c'est rentable, là... mais, tu sais, on ne va pas le faire à perte, là, c'est
sûr parce que... on est perte.
M. Girard (Groulx) : ...généreux.
On est... on est ouvert à...
M. Girard (Groulx) : ...
Mme Zaga Mendez : Mais c'est
quand même impressionnant, là, c'est 5 milliards, là. Tu sais, on peut faire
des choses avec ça. On en a besoin, là.
M. Girard (Groulx) : Oui,
mais... puis je dois souligner que la collaboration avec l'Agence de revenu du
Canada est excellente, que, dans les dernières années, on a fait des progrès
dans le partage d'informations avec l'Agence de revenu du Canada, puis c'est
pour ça qu'on est... on a des bons résultats. On ne veut pas trop s'en vanter
parce que, d'une part, on ne veut pas divulguer nos techniques d'investigation,
puis, d'autre part, bien... bien, c'est ça.
Mme Zaga Mendez : Pour finir,
juste bien comprendre si on a un engagement de déposer les informations qui
sont disponibles en termes de... Parce que, là, on a le rendement...
M. Girard (Groulx) : Bien, il
y a... il n'y a pas d'information disponible, mais... mais je vais vous... je
vais personnellement vous donner la valeur marginale, puisque seule la valeur
moyenne... Ah! elle s'en vient, elle s'en vient.
Mme Zaga Mendez : Voilà. Si
nous les avonsdans le temps qu'il me reste. Il me reste peut-être une
minute, ça fait que...
Une voix : ...
M. Girard (Groulx) : ...pas
le siège qui est là, là, puis donner vos explications à tout le monde.
Mme Zaga Mendez : Allez-y,
monsieur, j'ai hâte de vous entendre.
Le Président (M. Laframboise) : ...votre
nom et votre titre. Est-ce qu'il y a le consentement? J'ai le consentement?
Oui.
M. Girard (Groulx) : J'ai erronément
dit qu'il n'avait pas la réponse.
Le Président (M. Laframboise) :
Oui, allez-y.
M. Grandisson (Marc) : Bon.
Marc Grandisson, je suis sous-ministre adjoint au ministère des Finances.
Le ministre avait raison, je n'ai pas la
réponse pour le marginal, mais je voulais juste noter qu'en fait on pourrait
presque... dire que les 6 $, c'est le marginal, parce que ça, c'est le
rendement des groupes accès construction, accès tabac, tout ça. Donc, il y a
une enveloppe au ministère des Finances qui finance des actions plus pointues
dans différents partenaires, dont... dont la SQ, la CCQ, etc., pour lutter
contre l'évasion fiscale dans différents secteurs d'activité. Donc, ça, c'est
des actions plus ciblées. Mais, à côté de ça, on a Revenu Québec qui fait des
opérations de récupération fiscale et que, là, c'est toute la fonction. Donc, à
ce moment-là, c'est 4 milliards de dollars qui est récupéré chaque année
en matière d'évitement puis d'évasion fiscale puis de vérification. Donc, nos
actions ciblées, c'est ça qui rapporte 6 $ par dollar investi. Donc...
Mme Zaga Mendez : ...par
action... par action, mais pas en...
M. Grandisson (Marc) : Non,
c'est ça, non...
Mme Zaga Mendez : ...un type
de modélisation. Je comprends. Mais, dans ce cas-là, si on prend la valeur...
Le Président (M. Laframboise) :
...ça met fin à ce bloc.
Mme Zaga Mendez : ...couloir
là-dessus.
Le Président (M. Laframboise) : Donc,
le prochain serait le gouvernement. Mme la députée de Charlevoix—Côte-de-Beaupré
pour six minutes 22 secondes.
Mme Bourassa : Merci
beaucoup. M. le ministre, bonjour.
M. Girard (Groulx) : ...renseignements
additionnels aussi?
Mme Bourassa : Ça ne sera pas
là-dessus, mais j'ai effectivement des questions. Et là, puisque c'est le
dernier bloc de la partie gouvernementale, je vous ai réservé une petite
question spéciale pour la fin. Mais, d'abord, j'aimerais... je sais que vous en
avez parlé hier avec des collègues, mais j'aimerais revenir sur ma mesure
préférée de ce budget, qui est celle des conversions des 5 000 places en
garderie. Donc, on permet aux familles d'éviter de payer 60 $, 70 $ par
jour, et ce n'est pas des montants exagérés, c'est littéralement ce que je
payais il y a quelques semaines à peine. Donc, on passe de salaires... de
montants de 70 $ par jour à 9,65 $ par jour. Et les gens à la maison
le savent, à quel point c'est difficile, c'était aussi difficile de trouver une
place en garderie.
Dans Charlevoix, comme pratiquement partout,
c'était un peu une course aux obstacles. On appelle, on attend, on s'inscrit
sur des listes, on espère un appel. C'est stressant. Il y a quand même des
risques, des risques que des gens ne retournent pas au travail, que des
employeurs perdent des employés. Mais, dans Charlevoix, il y a peu de gens qui
savent qu'on est en train d'inverser la tendance. En fait, avec... on parle de
60 000, au total, de places subventionnées qui auront été créées depuis
2018. Dans Charlevoix, la MRC de Charlevoix-Est : 99 % des demandes
sont répondues, ce qui veut dire qu'on est pratiquement à 100 % des
parents qui cherchent une place qui ont obtenu une place. C'est une belle
avancée. On est un modèle à travers le Québec, mais c'est en raison des
annonces qui ont été faites comme ça, notamment pour la conversion, il y a
différents modèles. Il y a eu, bien sûr, des CPE qui ont aussi ouvert pour
faire des places. Il y a des places en milieu communautaire.
Bref, moi, je l'ai vue, la différence dans
ma circonscription. Je sais que les collègues également le voient et que ça
commence d'ailleurs à être de plus en plus visible. Et j'en parle parce que
c'est un geste qui est concret, parce que ça permet aux familles de participer
plus activement à l'économie, parce que la femme, dans beaucoup de cas, c'est
elle qui reste à la maison, donc, quand elle a une place à la garderie, elle
peut contribuer à l'économie du Québec. On sait d'ailleurs, bien, selon les
statistiques que je dispose, le taux d'activité des femmes au Québec est l'un
des meilleurs au Canada. Donc, c'est pour cette raison que je voulais en
parler.
Mais ma question spéciale pour vous :
Quelle est votre mesure préférée du budget, celle dont on n'a peut-être pas
assez parlé?
• (12 h 30) •
M. Girard (Groulx) : Bien,
j'aurais tendance à dire que, celle que vous aimez, je l'aime beaucoup aussi,
parce que ce n'est pas la mienne, c'est celle qui a été suggérée par les
députés, et elle a permis de clore un chapitre...
12 h 30 (version non révisée)
M. Girard (Groulx) : ...parce
que, quand même, en 2021, on a signé une entente avec le gouvernement fédéral, 6 milliards
sur six ans, sans condition. Puis, on a lancé un grand chantier. Et puis le
premier ministre, il est vraiment ambitieux puis il met des objectifs qui
peuvent être parfois perçus comme... difficiles à atteindre. Et, au niveau des
places de garde, puis je l'ai plus hier, mais je vais le répéter, lorsqu'il
avait dit qu'il allait créer 37 000 places j'étais sceptique. Ça a
beau être mon patron, là, puis j'avais beau avoir mis la main sur le 6 milliards
avec Mme Freeland, 37 000 places de garderies, les 15 années
qui nous ont précédés, il ne s'est pas créé 2 000 places par année en
moyenne, c'est un peu moins. Alors, vous comprenez que 36 000 places
en quatre ans, j'étais... j'étais sceptique de notre propre prévision. Et puis
quels sont les résultats? Bien, il... il se sera fait 46 000 places lors
de la conclusion des investissements qui ont été mis, alors c'est 34 réalisés,
12 en chantier, puis les conversions, c'est 10 réalisés, puis six à venir,
dont cinq dans ce budget, donc 16, donc 46 plus 16 = 61 parce qu'il y a de l'arrondissement.
Mais, M. le Président, j'avais douté de... de l'effort que notre premier
ministre nous demandait. Et là je dois lui lever mon chapeau et lui donner
raison. Il n'y a pas eu toujours raison, mais il a eu raison là-dessus,
certainement.
Alors, ma mesure favorite, je pense que ma
mesure favorite, c'est le déficit qui est révisé de 13,6 milliards à 9
point... ce n'est pas une mesure, c'est un fait, à 9,9 milliards en 2025-2026,
parce que ce 9,9 milliards, il y a versement aux fonds générations puis on...
c'est vraiment un déficit comptable de 7,7 milliards. Et puis finalement c'est
que, dans une... une guerre commerciale avec les États-Unis, on aura un déficit
de 1,2 % du PIB, qui est un des plus petits au Canada. Alors, pour avoir
quand même reçu quelques critiques au budget 2025-2026, quelques-unes, de... de
finir avec un des plus petits déficits au Canada, ça me fait... Je suis content
de ça. Et c'est parce que l'économie du Québec a mieux fait dans des
circonstances extrêmement difficiles.
Mme Bourassa : Et là il reste
un 30 secondes, je crois. Ça va être quoi les... le plus gros défi économique
des prochaines années?
M. Girard (Groulx) : Ah bien,
je pense qu'à très court terme la révision de l'accord, garder l'accès au
marché nord-américain, c'est extrêmement important, mais... mais je pense qu'au
niveau de... des défis, bien, la productivité, l'innovation, l'investissement,
parce qu'on sait qu'on a quand même une démographie qui est défavorable au
Québec et donc on devrait avoir des gains de productivité, d'innovation, d'investissement.
Et j'ajouterais peut-être, M. le Président, qu'on a... Ça prend de l'énergie
aussi, là, pour réaliser tous les projets, toutes nos ambitions. Il faut que
notre partenaire Hydro-Québec, mais peut-être d'autres partenaires aussi, nous
aident à... à avoir l'énergie nécessaire pour la croissance économique du
Québec.
Le Président (M. Laframboise) : Merci
beaucoup. Merci, Mme la députée de... de Charlevoix—Côte-de-Beaupré. Je passe
la parole maintenant, pour le dernier bloc, au député de Marguerite-Bourgeoys.
Donc, vous avez 20 min 25 s.
M. Beauchemin : Je vois que
la circonscription de Marguerite-Bourgeoys est un peu... un peu partout aujourd'hui.
Bon. Alors, merci, M. le Président. Combien de temps j'ai exactement?
Le Président (M. Laframboise) :
19 min 51 s.
M. Beauchemin : Parfait.
Alors, M. le ministre, avant de quitter, tantôt, dans notre dernier bloc, là, vous
parliez, là, de... des enjeux de sociétés, de Loto-Québec, la Société des
alcools, Investissement Québec, puis qu'il y a... il y a ait un rendement, mais
ce n'est pas grave, on veut juste vraiment s'assurer, là, qu'on fait ce que
doit.
M. Girard (Groulx) : ...on
est très exigeant au niveau de la gouvernance de ces sociétés d'État là, là. C'est...
Il y a... il y a... Je rencontre trimestriellement les dirigeants puis les
présidents de CA deux fois par année et...
M. Girard (Groulx) : ...s'il
n'y a pas d'efficience, on les remplace, là.
M. Beauchemin : D'accord.
Bien, ça, j'essaie de comprendre parce que, dans le fond, là, comment qu'on
fait pour mesurer le succès, là? Comment qu'on fait pour mesurer qu'on a
atteint un objectif? Il faut quand même mettre une base puis se dire à partir
de celle-ci, on va faire une évaluation, on donne des objectifs. Ça fait que
quand on a Loto-Québec, la Société des alcools puis Investissement Québec,
qu'on... qu'on ne semble pas avoir été capable d'évaluer le rendement de
société qu'on voudrait avoir pour chacune d'elle puis qu'on regarde le
rendement que ceux-ci ont généré en fonction de, disons, le marché...
Loto-Québec, c'est un peu plus compliqué parce qu'ils ont de la compétition
solide dans le casino en ligne un peu partout à travers le monde, mais surtout
provenant de l'Ontario. Mais la Société des alcools, puis Investissement
Québec, il y a des comparables. Ça fait qu'on a un rendement de société qu'on
veut avoir sur ces sociétés d'État là, il faudrait savoir c'est combien, parce
qu'on...
M. Girard (Groulx) : Je
regarde ça un peu différemment que vous.
M. Beauchemin : Bien, on
ajoute ça, c'est... on ajoute ça sur le rendement qu'il nous génère
actuellement. On se dit : Ça vaudrait la peine d'ajouter un autre 200,
300 points de base, 400 points de base, peu importe, parce que, pour
nous, c'est ce qu'on pense que ce que ça vaut, il y a des coûts à la santé
publique, il y a des coûts à ci, à ça, ça nous coûte ça, on veut vraiment avoir
les meilleures gouvernances possibles, puis là, après ça, on aura un rendement.
À partir de là, on pourra comparer avec ce qui est alentour de nous, mais on ne
fait pas cet exercice-là.
M. Girard (Groulx) : Mais on
fait un exercice... Vous, vous avez une approche financier, comme vous diriez
si Loto-Québec a une capitalisation de 20 milliards, bien, c'est... est-ce
que c'est bon, 1,5 milliard sur 20 milliards... Moi, je regarde ça
différemment.
Je vais vous expliquer ma vision. Moi, je
regarde le plan stratégique de l'organisation. C'est des organisations qui ont
des objectifs stratégiques de contribuer, c'est... ce sont des sociétés à
vocation commerciale, contribuer des dividendes au gouvernement du Québec qui
payent des hôpitaux puis des écoles. Là, on a des objectifs de croissance de
revenus puis de dépenses, parce qu'on évolue dans un environnement, un cadre
réglementaire, alors, mettons que la Société des alcools me dit : moi, la
demande décroît de 2 % par année et puis on... ça, c'est le contexte, la
demande descend, donc il y a une pression sur les revenus et là, ma réponse,
moi, c'est qu'est-ce que vous faites au niveau des coûts pour améliorer
l'efficacité opérationnelle? Parce que ce qu'on demande, c'est que pour toutes
ces sociétés d'État là, avec de nombreuses contraintes, les revenus croissent
plus vite que les dépenses, OK? Alors, c'est... c'est ça qui nous indique, on a
le plan stratégique, on a la mission, on a les contraintes, la responsabilité
sociale, etc., mais si je ne vois pas que les revenus croissent plus vite que
les dépenses, je demande une revue du plan stratégique, je demande des
explications. Est-ce qu'on a regardé des alternatives aux revenus? Est-ce qu'on
a regardé des alternatives aux coûts? Et là, bref, moi, ce que je cherche,
c'est que les revenus croissent plus vite que les dépenses dans le plan
stratégique et, si ce n'est pas le cas, bien là, je me mets de la pression sur
la société d'État pour améliorer son efficacité opérationnelle.
M. Beauchemin : Bien, je vous
comprends, puis ça donne toute la place pour qu'on puisse justement ne pas
avoir le vrai débat, à savoir c'est quoi la vraie valorisation de l'entreprise.
Parce qu'en bout de piste, on n'est pas capable de savoir quel est le rendement
de l'actif, on n'est pas capable de se donner une idée... bien, je comprends
qu'on veut que les revenus augmentent plus vite que les dépenses, puis ça,
c'est... c'est correct. Mais, après ça, ça vaut combien, justement, d'avoir
Loto-Québec? Ça vaut combien d'avoir la Société des alcools pour la société
québécoise? On peut l'évaluer, ça.
• (12 h 40) •
M. Girard (Groulx) : Oui,
mais il faut faire attention, parce que je ne veux pas envoyer le signal à
Loto-Québec que je veux que... Je veux que Loto-Québec prenne sa place
vis-à-vis le marché noir, alors je veux qu'il augmente sa part dans le marché
du jeu en ligne, par exemple, mais je ne veux pas qu'il augmente le jeu en
ligne. Je ne veux pas qu'il fasse la promotion du jeu en ligne. Même chose, on
ne fait pas la promotion de la consommation du cannabis.
M. Beauchemin : Mais ce n'est
pas là, le débat, M. le ministre. Ce n'est pas là où est-ce que je veux aller,
parce que, dans le fond, je comprends très bien c'est quoi, ces objectifs de...
M. Beauchemin : ...sociétés-là
et là, maintenant, étant donné qu'on s'en va dans cette... dans ce vase-là, ça
vaut combien? Ça vaut combien, ça? C'est un adjectif qui est noble. Je n'ai
aucun enjeu avec l'objectif, mais on le price à quoi?
M. Girard (Groulx) : Bien,
regardez, la SAQ, ça fait 1,4 milliard par année, les dividendes. Puis là,
vous, vous voulez capitaliser ça puis vous aimeriez que je vous dise que ça
vaut 14 milliards, par exemple. C'est ça?
M. Beauchemin : Bien,
j'aimerais ça qu'on sache c'est quoi, la valorisation, effectivement, pour
pouvoir évaluer, parce qu'à partir de ce moment-là, le débat peut commencer.
M. Beauchemin : Bien, quel
débat? Le débat, si on veut la vendre?
M. Beauchemin : À savoir si
on a le rendement justifiable pour le capital des Québécois, à savoir si, dans
le REER collectif des Québécois, actuellement, on a un actif qui performe ce
que doit, puis j'ajoute le rendement de société. On veut avoir un rendement
société là-dessus, tant mieux, ajoutons-le, on pourra absolument tout justifier
aux Québécois. Mais c'est parce que, là, actuellement, on n'a pas d'indice de
référence. Actuellement, on parle en absolu sans avoir des comparables.
M. Girard (Groulx) : Bien, je
vais vous poser une question. Mettons... mettons qu'on dit 1,4 milliard
pour on le capitalise... à quel taux vous voulez capitaliser ça, là?.
M. Beauchemin : C'est une
société qui a un monopole, donc...
M. Girard (Groulx) : 6 %?
M. Beauchemin : Oui, disons.
M. Girard (Groulx) : 1,4
divisé par 0,06.
M. Beauchemin : 22.
M. Girard (Groulx) :
23 milliards. OK. Bon, là, mettons, je dis ça vaut 23 milliards la SAQ,
là, quelqu'un arrive : 25 milliards bid. Vous voulez, je le vende?
M. Beauchemin : Non, mais ce
n'est pas... Ce n'est pas là. Moi, c'est le 6 %. Est-ce que...
M. Girard (Groulx) : Non,
mais Couche-Tard arrive demain matin, là, on prend le contrôle de la SAQ,
25 milliards bid.
M. Beauchemin : Ce n'est
pas... Ce n'est pas ça la conversation. La conversation c'est est-ce qu'on est
content de 6 %?
M. Girard (Groulx) : Bien,
c'est-à-dire qu'on n'est pas content que le dividende soit 1,4 milliard,
on aimerait mieux qu'il soit à 2 milliards, mais je ne veux pas que la SAQ
fasse la promotion de la consommation de l'alcool.
M. Beauchemin : En tout cas,
je pense qu'on tourne alentour, mais vous comprenez où est-ce que je veux en
arriver ici, c'est qu'il y a il y a un élément important dans l'équation pour
savoir si on a ce que doit comme rendement de l'ensemble de nos portefeuilles
de sociétés d'État. Puis ça, c'est la détermination de comment qu'on veut
mettre un prix, combien de points de base vaut le rendement de société, on
n'est pas capable de le déterminer. Tant et aussi longtemps qu'on n'aura pas
cette conversation-là, on ne pourra pas bien juger de la vraie performance des
actifs. Parce que moi, en bout de piste, là, ce que je veux, c'est d'être
capable d'évaluer la bonne performance de nos actifs à nous. Ça nous
appartient.
M. Girard (Groulx) : Mais,
j'évalue la bonne performance parce que...
M. Beauchemin : Vous le
faites d'une façon qui est très... très correcte à votre... à défaut de parler
financièrement, mais, je veux dire, en bout de piste, on n'a pas un rendement
extraordinaire avec les actifs actuellement, 1,5 % de rendement sur je ne
sais pas combien de centaines de milliards de dollars. Moi, ce que je veux
comprendre, c'est dans votre tête à vous, on ajoute-tu 400 points de base
de rendement de société? Donc, le rendement du portefeuille, il serait
5,5 %, est-ce que là, maintenant, on peut le comparer avec ce qui se passe
en Ontario? La réponse est non. Parce qu'on ne l'a pas.
M. Girard (Groulx) : Bien.
C'est-à-dire que si je regarde ce qui se passe en Ontario, ils ont permis les
opérateurs de jeux en ligne illégaux de devenir sous un parapluie légaux...
M. Beauchemin : ...de toute
façon, M. le Président, il me reste juste 10 minutes, je vais... on peut
passer... On ne s'entend pas puis on s'entend qu'on ne s'entendra pas
là-dessus, mais...
M. Girard (Groulx) : On
s'entend que la SAQ n'est pas à vendre tant que le gouvernement de la CAQ est
au pouvoir.
M. Beauchemin : Depuis
l'arrivée de la CAQ au pouvoir en 2018, il y a eu
12 000 fonctionnaires additionnels, là, qui ont été ajoutés à la
machine gouvernementale. De ceux-là, plus de 35 % sont des directeurs, des
gestionnaires de personnel, ceux qui livrent le service, ça, ça a augmenté de
22 %. Donc, ici, là, on parle d'économie d'échelle, OK? On a ajouté plus
de patrons que de ceux qui livrent le service. Est-ce que... Premièrement,
est-ce que vous trouvez ça normal que dans une situation où est-ce qu'on ajoute
plus de cadres, parce que c'est ça le terme, là, qui est utilisé dans votre
rapport, comparativement à ceux qui livrent le service?
M. Girard (Groulx) : Je ne
sais pas si j'ai le droit de répondre comme ça, M. le Président, puis vous me
le direz si ma réponse n'est pas adéquate, c'est vraiment une question pour les
crédits de la présidente du Conseil du trésor, qui est responsable de la
stratégie de gestion de dépenses dont les ressources humaines est une part
importante. Puis je m'en voudrais de vous dire des banalités, puis prendre
votre temps alors qu'on a une experte qui est responsable de...
M. Girard (Groulx) : ...puis je
sais que vous allez passer du temps avec elle.
M. Beauchemin : On va passer
du temps avec elle. Donc, peut-être une autre question que vous pourriez
peut-être répondre, est-ce que vous êtes au courant de l'attrition naturelle de
l'État québécois, le montant d'employés par année qui part à la retraite?
M. Girard (Groulx) : Les
départs à la retraite, non.
M. Beauchemin : Non plus, OK. D'accord.
M. Girard (Groulx) : Je ne
suis pas au courant, mais je suis toujours surpris lorsque des gens partent et
qui sont si jeunes. C'est difficile à comprendre, pour moi...
M. Beauchemin : Bien, en fait,
c'est drôle...
M. Girard (Groulx) : ...c'est tellement
agréable, travailler.
M. Beauchemin : ...c'est drôle
que vous me dites ça, parce que c'est exactement là où est-ce que je voulais
aller. On n'a peut-être pas les réponses, OK, mais c'est exactement là où
est-ce que je voulais aller. Parce que ce qui est arrivé de par les annonces
récentes de votre gouvernement, c'est qu'on veut... on veut réduire la taille
de l'État. Puis là, bien, ce qu'on fait, c'est qu'on va... On a remercié les
derniers arrivés, «the last in, first out», là, c'est exactement ça qu'on a
fait.
M. Girard (Groulx) : Bien, c'est-à-dire
il y a un statut de permanence, là, au gouvernement du Québec...
M. Beauchemin : Totalement, je
comprends la fonction publique.
M. Girard (Groulx) : ...mais
si vous voulez avoir un débat sur les régimes de retraite puis le fait que les
gens puissent prendre leur retraite, jeunes, on peut en discuter aussi.
M. Beauchemin : Je comprends,
mais ce n'est pas là où est-ce que je veux aller aller...
M. Girard (Groulx) : D'accord.
M. Beauchemin : ...je fais
juste pointer le fait qu'en agissant de la sorte, ce qu'on empêche de faire,
c'est de renouveler, hein, de garder du sang neuf dans notre fonction publique.
Alors...
M. Girard (Groulx) : Oui, mais
c'est là que les gestionnaires doivent faire preuve de jugement, là. C'est
certain que, lorsque vous avez des demandes d'efficience, l'idée, ce n'est pas
de prendre les derniers rentrés puis de couper leur poste.
M. Beauchemin : Totalement, totalement,
sauf que l'objectif de la ministre, c'est de pouvoir exécuter son plan de
match, de couper de 5 000 postes à l'endroit où est-ce qu'elle peut
seulement le faire, c'est-à-dire dans «last in, first out», les derniers
arrivés.
M. Girard (Groulx) : Mais
c'est-à-dire il y a de l'attrition naturelle aussi...
M. Beauchemin : L'attrition
naturelle, mais l'attrition naturelle...
M. Girard (Groulx) : Non,
mais...
M. Beauchemin : ...c'est
justement, le point, c'est qu'étant donné qu'on vient de parler... Bien, je
vais vous le dire, là, le chiffre, c'est entre 1 700 à 2 200 par
année...
M. Girard
(Groulx) : OK. Donc…
M. Beauchemin :
...dépendamment de...
M. Girard (Groulx) : ...si on
ne remplace pas 50 % de ces gens-là, bien, ça fait 1 000 postes.
M. Beauchemin : Exact. On peut
aussi faire le gel d'embauche comme ça semble être le cas et, de cette
façon-là, on va arriver, en deux ans et demi, approximativement, aux
5 000 postes.
M. Girard (Groulx) : OK.
M. Beauchemin : Donc là, ce
que je veux dire, c'est que là on va avoir eu la cohorte plus âgée qui va
arriver à la retraite puis on va leur souhaiter une bonne retraite...
M. Girard (Groulx) : Elle
n'est pas si âgée que ça, en passant.
M. Beauchemin : ...on va leur
souhaiter une bonne retraite quand ils vont vouloir l'exécuter. Mais le point,
c'est que nos jeunes qui sont là pour arriver avec les meilleurs outils, les
meilleures pratiques, les dernières technologies, ceux qui peuvent nous
permettre d'améliorer la productivité de l'État, bien là, ce qu'on a fait au
gouvernement, c'est qu'on les a mis à la porte. Ça fait que c'est un peu ça,
l'enjeu. J'essaie juste de comprendre...
M. Girard (Groulx) : Il y a...
Écoutez, dans une organisation, ça prend des jeunes puis ça prend de
l'expérience, là...
M. Beauchemin : Absolument.
M. Girard (Groulx) : ...les
gens qui quittent ont de grandes expériences, compétences aussi. Les jeunes
arrivent, vous avez raison, là, avec des connaissances de nouveaux outils
technologiques. Ça fait que ça prend... ça prend un heureux mélange des deux.
Je n'ai pas de biais antijeune pro, tout ça. Les gestionnaires qui ont des
objectifs d'optimisation, là, supposons que votre taux de croissance de
dépenses que vous avez prévu, c'est 4 %, mais que le Trésor vous demande
de faire 3 %, ça fait que vous devez trouver 1 % d'efficience, puis
50 % de vos dépenses, c'est des salaires, bien, c'est certain que vous
allez regarder pour couper des postes, là.
M. Beauchemin : C'est certain,
mais on peut faire l'attrition aussi vers... Donc, il y a plusieurs façons...
M. Girard (Groulx) : Ça fait
qu'il y aura une part départ volontaire à la retraite puis une part de non-renouvellement
d'employés temporaires.
• (12 h 50) •
M. Beauchemin : Dans le
dernier bout qui me reste, M. le ministre, j'aimerais vous parler de l'étude de
la chaire de M. Luc Godbout, qui a sorti sur la... soutenabilité budgétaire à
moyen, à long et à très long terme du Québec, édition 2026. Je suis au courant
que votre équipe est prête à en discuter. Donc, je suis heureux qu'on puisse,
là, évidemment en parler dans le contexte où est-ce qu'on a vu une augmentation
des dépenses, depuis 2018-2019, qui frôle le 60 %, quand même, au Québec,
là, on a une démographie avec une population active qui est très chancelante.
C'est un très, très gros défi. On en a parlé brièvement hier. On a une
productivité, je vous ai questionné ce matin là-dessus, puis on en a discuté
hier ici, qui stagne. En fait, on a eu un recul observé dans les quatre
dernières années. On regarde l'évolution du solde budgétaire.
Le scénario de base qui approche, tenant
compte des effets cumulatifs des écarts budgétaires de 2023 à 2026, on remarque
qu'il y a une différence qui s'installe. Et puis, évidemment, l'évolution de la
dette nette, là c'est... le problème est évidemment, là, après 2037-2038. Puis
ça, c'est là que le bât blesse...
M. Beauchemin : ...puis la
réaction de la Banque Nationale là-dessus, disent : Bon, mais,
présentement, la population actuelle lègue aux générations futures la deuxième
pire dette nette de la fédération et un déficit de maintien d'actif colossal.
Bon, on le connaît tous, notre... notre ami de la Banque Nationale, mais je
dois dire qu'on est quand même d'accord avec...
M. Girard (Groulx) : Ce n'est
pas Stéphane Marion, hein, c'est Matthieu Arseneau qui a écrit ça.
M. Beauchemin : C'est ça,
c'est ça, je connais, puis on peut s'entendre sur...
M. Girard (Groulx) : Oui,
mais...
M. Beauchemin : Vous ne le
connaissez pas, d'accord, moi, je le connais et puis...
M. Girard (Groulx) : Non, mais
je le connais, mais ce n'est pas mon ami.
M. Beauchemin : D'accord.
Alors, même si ce n'est pas votre ami, il dit quand même une vérité qui est
assez intéressante, qui a été repris par Luc Godbout, à partir de 2037-2038, on
a quelque chose qui est un legs désastreux pour les prochaines générations.
M. Girard (Groulx) : Ce n'est
pas ça qui est écrit, là, mais continuez avec votre politique.
M. Beauchemin : Mais c'est
désastreux...
M. Girard (Groulx) : C'est
écrit... Godbout dit qu'on est stable jusqu'à 2037-2038. Puis d'ailleurs nos
cibles de dette, c'est pour 2037‑2038.
M. Beauchemin : Exact, mais
que, par la suite, si on regarde...
M. Girard (Groulx) : Bien, par
la suite, lorsqu'on aura atteint nos objectifs, il faudra s'en donner... il
faudra s'en donner des nouveaux.
M. Beauchemin : ...je peux
vous le montrer, le graphique bleu, c'est l'augmentation du ratio, par la
suite, c'est un problème. C'est là, l'enjeu, c'est là où est-ce que je veux
vous amener.
M. Girard (Groulx) : D'accord.
M. Beauchemin : Quand vous
faites vos réflexions puis vous élaborez votre budget, est-ce que vous avez
tenu compte de, vraiment, une approche très, très long terme ou vous regardez
vraiment pour les quatre prochaines années?
M. Girard (Groulx) : Bien sûr.
M. Beauchemin : Parce qu'on
parle ici de 2038 et plus, on est ailleurs en termes de fardeau.
M. Girard (Groulx) : Bien, les
cibles de dette du Québec sont 2032 et 2037. Donc, j'étais très heureux de voir
que l'étude de la chaire en fiscalité confirmait que nos cibles de 2037-2038
sont cohérentes avec une stabilité à long terme de la dette du Québec puis de
la... la soutenabilité budgétaire — je cherchais le terme. Ensuite,
lorsqu'on va avoir atteint ces objectifs-là de cible de dette en 2037‑2038,
mais il faudra s'en donner des nouveaux. Et là il y aura un débat de société
et, moi, bien, je ne serai plus là. Mais atteindre les objectifs qu'on s'est
donnés, 2037‑2038, sont ambitieux. Et puis ils sont ambitieux et cohérents avec
la soutenabilité budgétaire, c'est ce que la chaire dit.
M. Beauchemin : Bien, pourquoi
d'abord, Luc Godbout émet... Selon lui, il a des doutes sérieux par rapport aux
écarts à résorber d'ici 2038, puis il considère ça un risque important de
soutenabilité budgétaire. Il dit totalement le contraire de ce que vous venez
de dire, là.
M. Girard (Groulx) : Mais les
écarts à résorber, là, je ne les aime pas plus que vous, là. C'est juste que
nous, on a déposé un plan de retour à l'équilibre budgétaire dans une guerre
tarifaire. Je rappelle la séquence : janvier, assermentation du nouveau
président; février, menace de taxer tous les biens et services provenant du
Canada; mars, budget du Québec, dépôt d'un plan de retour à l'équilibre
budgétaire avec des mesures aux revenus, des mesures aux dépenses étayées à la
page F.40, F.41. Et puisqu'on a la cible d'équilibre budgétaire la plus
conservatrice au Canada après le Fonds des générations, il manquait
2 milliards et demi, aujourd'hui, c'est 1,75 milliard. On n'aime pas les
écarts à résorber plus que vous.
M. Beauchemin : Je comprends,
mais Luc Godbout le mentionne, et Vérificateur général l'a aussi mentionné à
propos des écarts à résorber et surtout, évidemment, des mesures à identifier à
court terme qui fait qu'il l'a qualifié de demi-plan de retour à l'équilibre
budgétaire.
M. Girard (Groulx) : Ce n'est
pas ça qu'il a dit.
M. Beauchemin : Je veux quand
même comprendre ici. Vous, vous en considérez... Est-ce que vous considérez que
Luc Godbout n'est pas approprié de dire qu'est-ce qu'il a dit?
M. Girard (Groulx) : Non. Je
suis d'accord avec ses conclusions, que le plan est crédible, solide, puis
qu'il a soutenabilité budgétaire jusqu'en 2037‑2038. Et, lorsqu'on aura atteint
nos cibles de dette en 2027‑2028, je suis parfaitement d'accord qu'il faudra
s'en donner des nouvelles.
M. Beauchemin : Est-ce que
vous l'avez vu, l'explosion de la courbe par la suite?
M. Girard (Groulx) : Oui.
M. Beauchemin : Donc, il faut
avoir cette conversation... bien avant 2038, là.
M. Girard (Groulx) : Bien oui,
avant... avant de... Bien, un peu comme les cibles qu'on s'était données en
2006, on les a... on a eu des aléas économiques depuis 2006, puis on a dû
réviser les cibles. Mais je pense que, dans l'ensemble, lorsqu'on regarde le
plan de retour à l'équilibre budgétaire, il y a des mesures aux revenus, il y a
des mesures aux dépenses. Il est crédible. Il a des provisions pour
éventualités. Et il y a un objectif d'équilibre budgétaire après le Fonds des
générations, puis là on a des écarts à résorber qui sont inférieurs aux
montants de Fonds de générations. Puis là je rappelle que, dans le rapport
électoral au mois d'août, on va noter les écarts à résorber puis les...
M. Girard (Groulx) : ...pour
éventualités, hein? Alors, si on a 1,75 milliard d'écart à résorber puis 1,5
milliard de provisions pour éventualités, ça, ça va être netté, ça veut dire
qu'on va être corrects, on va être à l'équilibre budgétaire en 2029-2030 dans
le rapport préélectoral.
M. Beauchemin : Puis il n'y
aura plus de réserve à ce moment-là.
M. Girard (Groulx) : Non, mais
c'était comme ça dans les deux rapports préélectorals précédents, là, on nette
les provisions pour éventualités et les écarts à résorber. Je vous rappelle
qu'en 2018 il y avait un écart à résorber dans le rapport préélectoral, et,
évidemment, on a fini avec un surplus de 5 milliards, puis il y avait un écart
à résorber de 1,7 milliard. En passant, c'est le... la même taille d'écart à
résorber qu'on a aujourd'hui mais huit ans plus tard. Et puis, évidemment,
mon... mon prédécesseur s'était royalement trompé parce que son écart à
résorber s'est terminé par un surplus de 5 milliards.
Le Président (M. Laframboise) : Je
vous remercie pour votre collaboration. Ayant complété son mandat, la
commission suspend ses travaux jusqu'à 15 heures, où elle poursuivra un autre
mandat. Avant de conclure, je vous informe que le temps inutilisé par le groupe
parlementaire formant le gouvernement est réputé écoulé. Ça va?
M. Girard (Groulx) : ...excellente
commission.
Le Président (M. Laframboise) :
Merci...
(Fin de la séance à 12
h
57)