(Onze
heures trente minutes)
Le Président (M. Bachand) : À l'ordre, s'il vous plaît! Bon matin. Ayant constaté le quorum, je
déclare la séance de la Commission des institutions ouverte.
La commission est
réunie afin de procéder à l'étude du volet Accès à l'information des crédits
budgétaires du portefeuille Conseil exécutif pour l'exercice financier 2023‑2024.
Une enveloppe de 1 h 15 min a été allouée pour l'étude de ces
crédits.
Avant de débuter, Mme
la secrétaire, y a-t-il des remplacements?
La
Secrétaire : Oui, M. le Président. M. Asselin
(Vanier-Les Rivières) est remplacé par Mme Lachance (Bellechasse); Mme Boivin Roy (Anjou—Louis-Riel), par M. Bernard
(Rouyn-Noranda—Témiscamingue); Mme Bourassa
(Charlevoix—Côte-de-Beaupré),
par M. Gagnon (Jonquière); Mme Schmaltz (Vimont), par Mme Abou-Khalil
(Fabre); Mme Maccarone (Westmount—Saint-Louis), par Mme Setlakwe (Mont-Royal—Outremont).
Accès à l'information
Le
Président (M. Bachand) : Merci beaucoup.
Comme vous savez, nous allons procéder à une discussion d'ordre général par
blocs d'échange incluant les questions et les réponses. La mise aux voix de ces
crédits sera effectuée à la fin du temps qui leur est alloué, soit vers
12 h 45.
Discussion générale
Alors, il me fait
plaisir de céder la parole, maintenant, à la députée de Mont-Royal—Outremont. Mme la députée, s'il vous plaît.
Mme Setlakwe :
Merci, M. le Président. Donc,
j'aimerais commencer par vous saluer, saluer la secrétaire, saluer mes collègues du gouvernement, M. le ministre,
salutations, ainsi qu'à toute votre équipe, mon collègue de Jean-Lesage,
deuxième groupe d'opposition, ça me fait
plaisir, merci. Et bonjour à toute l'équipe de la régie, de la transcription.
Donc, vous comprendrez, M. le Président, que... Et je suis accompagnée, je
m'excuse, de ma collègue et recherchiste, Mme Gagné, qui fait un excellent
travail. Je la remercie.
C'est tout ce que
j'ai à dire en introduction, ce n'était que des salutations. Vous comprendrez
que je vais conserver mon temps pour les questions adressées au ministre.
J'aimerais débuter
sous le thème de l'actualisation de la loi d'accès à l'information, à commencer
par un bref rappel des faits et de certains principes.
L'accès à
l'information constitue un élément fondamental de la démocratie et de la bonne
gouvernance. On va s'entendre là-dessus. Rappelons que c'est en 1982 que le
gouvernement québécois a adopté la loi sur l'accès à l'information, qui
garantit aux citoyens le droit d'accéder aux documents gouvernementaux.
Cependant, des enjeux persistent, tels que
la longueur des délais de réponse, alors que les délais, c'est le nerf de la
guerre; le coût des demandes d'accès
à l'information, même quand on reçoit une réponse par courriel, on charge des
frais de photocopies; la longueur des délais de réponse, ça, je l'ai
dit; le coût et la complexité des procédures et la possibilité que certaines
informations soient classées confidentielles pour des raisons de sécurité
nationale ou de protection des données personnelles.
Rappelons aussi que
l'an dernier, l'Assemblée a adopté à l'unanimité une motion, le 5 mai,
l'an dernier, au sujet de l'accès à l'information. Il y avait plusieurs
«attendu». Et, à la fin, on a même dit que, «considérant ce qui précède, l'Assemblée affirme l'importance de
procéder à une réforme de la loi afin que la divulgation devienne la
norme». Si, lors de son adoption, en 1982,
la loi québécoise faisait office de précurseur, il nous faut constater que nous
avons été rattrapés et même dépassés
par plusieurs juridictions au Canada. Le Centre for Law and Democracy a fait
l'analyse des lois d'accès à l'information des provinces, des
territoires et du gouvernement fédéral. Malheureusement, le Québec se trouve en
11e position sur 13.
Rappelons aussi une
lettre ouverte qui est parue en juin 2022, signée par une... 15 ou
17 signataires, dont des représentants
de la Fédération professionnelle des journalistes du Québec, FPJQ, où ces
derniers réclament «un changement de
culture au sein de l'État, basé sur la transparence et une diffusion élargie
des documents accessibles au public plutôt que la culture actuelle du
moindre effort», fin de la citation. En plus des enjeux que j'ai mentionnés
précédemment, différents intervenants, que ce soient des citoyens, des
journalistes ou autres, nous ont fait part d'une série de restrictions et
d'embûches qu'ils rencontrent fréquemment dans le cadre de demandes d'accès,
traduisant un manque de transparence du
gouvernement, étroitesse du champ d'application de la loi, absence de reddition
de comptes entourant les refus, utilisation trop fréquente du délai
supplémentaire, irrégularités dans les réponses, même quand les demandes
d'accès sont identiques, partie de pêche inutile, va-et-vient qui se
multiplient, créant délais et frustrations.
La présidente de la CAI, qui est avec nous ce
matin, Me Diane Poitras demande aussi une réforme de la loi. «Il est plus
que temps de revoir en profondeur son volet Accès aux documents, qui n'a subi
aucune réforme majeure depuis son adoption. Il ne répond
plus aux attentes des citoyens en matière de transparence et de reddition de comptes des organismes publics ni aux standards
internationaux en la matière, [disait-elle]. Bref, il existe un consensus grandissant sur la nécessité de revoir en
profondeur notre cadre législatif en matière d'accès à l'information.
Rappelons aussi le rapport déposé, suite à une étude menée par la CAI auprès
d'une trentaine d'organismes, rapport dont les faits saillants étaient
rapportés dans La Presse en octobre 2022.» J'achève. Rappelons
aussi notre échange au salon bleu, M. le
ministre, en décembre 2022. Vous m'aviez répondu notamment que, bon, vous étiez
à prendre connaissance des dossiers,
que vous alliez voir, bon, à faire une analyse, de voir s'il y avait des choses
qu'on pouvait faire, des choses qu'on pouvait améliorer pour améliorer,
donc, l'accès.
Donc, M. le ministre, j'arrive à mes questions.
Je présume que, depuis le mois de décembre, vous avez eu la chance d'analyser
les dossiers et les recommandations émises et voir s'il y a quelque chose à
faire, comme vous m'avez dit. Quels sont vos constats, là, depuis les six mois
que vous êtes en poste, au niveau de la loi sur l'accès. Et, des images comme
celles-ci, là, de caviardage excessif, ça vous fait réagir comment?
Le Président (M.
Bachand) : Merci beaucoup. M. le ministre,
s'il vous plaît.
M.
Roberge : Merci, M. le Président. Merci à ma collègue. Je
vais prendre juste quelques secondes très brèves pour saluer les collègues de la partie ministérielle, du
gouvernement, les collègues des oppositions. Mme Poitras, merci beaucoup d'être présente avec nous aujourd'hui. Je
suis certain que vous allez pouvoir nous éclairer avec vos réponses aussi. Puis je salue, évidemment, les membres des
cabinets puis du ministère qui vont nous aider à donner les réponses les
plus justes possible.
Ma collègue a
quand même brossé un tableau qui est assez complet. Elle a souligné plusieurs
chantiers, peut-être, à entreprendre, nommé des choses qui sont à
corriger dans l'accès à l'information au Québec. On n'est pas démunis. On a une loi, on a une institution, on a une
présidente qui est ici d'ailleurs pour répondre aux questions. Déjà, on voit
bien qu'on est dans une démarche de transparence. Et c'est vrai qu'il y avait
beaucoup à faire, et je tiens à rassurer ma collègue puis le public qui nous
écoute, on est en marche, c'est très important de le mentionner.
D'ailleurs,
le 22 septembre 2021, il y a de ça, quand même, moins de deux ans, on a
sanctionné... en fait, on l'a adoptée
le 21 septembre, on l'a sanctionnée le 22 septembre 2021, une loi
importante. On l'appelle souvent la loi n° 25, mais,
bon, c'est le projet de loi n° 64, Loi modernisant les dispositions
législatives en matière de protection des renseignements personnels. C'est une loi qui est très importante, et
nous sommes encore, à ce jour, en train d'implanter cette loi. Il y a, en ce moment, des règlements
qui sont à l'étude, des règlements de mise en oeuvre. Il y a des pans de
la loi qui vont s'appliquer dès septembre 2023, dans quelques mois, puis il y a
d'autres éléments de la loi aussi qui vont s'appliquer
en septembre 2024. Donc, sanctionnée en 2021, il y a des choses qui se sont
appliquées dès l'automne dernier en
2022, ça continue 2023, ça continue 2024, il y a des règlements à l'étude. D'autres
règlements de mise en oeuvre vont être
étudiés, déposés, évidemment, pendant la période de 45 jours, pour être
bonifiés aussi dans une démarche de transparence.
Donc, on est en train, je vous dirais, une
bouchée à la fois ou un pas à la fois, là, je vous dirais, d'améliorer notre
processus d'accès à l'information. On n'est pas encore arrivés à destination,
on n'a même pas fini d'implanter la dernière
loi qu'on a adoptée. Puis je veux rassurer ma collègue, je pense qu'on partage
exactement la même vision, les Québécois, autant les individus, que les
institutions québécoises, que les services de recherche dans les universités, que les journalistes, doivent avoir accès à un
maximum d'information, à un maximum de données pour avoir confiance dans le gouvernement, mais aussi pour être
capables d'exercer leur rôle. Dans une démocratie qui est saine,
l'information doit pouvoir circuler avec un maximum de fluidité. C'est sûr,
parfois, il y a des données sensibles qu'on ne peut pas partager, c'est normal,
mais je vous dirais que la vision de base, c'est de transmettre l'information.
Le Président (M.
Bachand) : Merci. Mme la députée, s'il
vous plaît.
Mme
Setlakwe : Merci pour ces informations. Oui, oui, je suis
bien consciente, là, de l'adoption de la loi n° 25
et de sa mise en oeuvre de façon progressive, mais moi, je parlais vraiment de
la loi sur l'accès à l'information, alors que 25, ça concerne la protection des
renseignements personnels. Je comprends que le corpus législatif est interrelié,
mais, au niveau de l'accès à l'information, je vous ai montré des images de
caviardage excessif. D'ailleurs, votre prédécesseur
avait... s'était autodéclaré Sharpie en chef. Vous, vous vous en allez dans
quelle direction, là? J'imagine que ça doit vous choquer de voir que la
loi actuelle fait en sorte, dans son interprétation, qu'il y a des documents
qui soient fournis avec un tel caviardage.
Donc,
j'aimerais savoir vraiment, de un, quels gestes avez-vous posés, depuis les six
derniers mois, pour améliorer le régime actuel d'accès.
Le Président (M.
Bachand) : Merci. M. le ministre.
• (11 h 40) •
M.
Roberge : Merci beaucoup. Juste un complément, là. Ma
collègue me parle de la loi sur l'accès à l'information puis elle me dit : La loi n° 25 touche
d'autres domaines, sur la protection... plus la protection des renseignements
personnels. Mais il faut savoir que la loi n° 25
modifie la composition de la Commission d'accès à l'information et révise les
fonctions et pouvoirs de cette dernière. Donc, quand je vous parle de la
loi n° 25, là, je ne vous parle pas d'un sujet
connexe, ce n'est pas... on est sur le sujet.
Écoutez, je n'en ai
pas de crayon Sharpie, là, ni moi, ni aucun ministre, là. Ce ne sont pas les
ministres qui décident de ce qui doit être rendu public ou pas, là, je pense
que vous le savez très, très bien, ce n'est pas les cabinets non plus, là, c'est l'administration, qui se
gouverne en fonction des règles et des règlements. Le caviardage, ce n'est
pas une décision politique. D'ailleurs, la
loi sur l'accès prévoit, depuis septembre 2022, donc, c'est tout récent,
l'autonomie de la personne responsable de l'accès aux documents et de la
protection des renseignements personnels. Donc, c'est tout nouveau qu'on a ce
facteur de protection supplémentaire.
Je ne sais pas si Mme
Poitras, depuis le début, avait des choses à ajouter, parce que, si vous voulez
compléter mes réponses, vous n'avez qu'à lever la main, puis à tout moment, je
suis... je partage le temps.
Le
Président (M. Bachand) : Juste avant, la
députée de Mont-Royal—Outremont, parce que... Vous pouvez continuer avec le ministre, si...
M. Roberge : Je
ne sais pas... je veux juste signifier que, si jamais vous voulez ajouter
quelque chose...
Mme Setlakwe :
Bien, moi, je serais heureuse
d'entendre Me Poitras, éventuellement. Mais là, peut-être, pour
l'instant, dans les questions générales, on peut peut-être s'en tenir à un
échange entre vous et moi, juste pour le moment, s'il vous plaît.
Est-ce
que c'est à mon tour? Donc... Mais je vous entends, là, que la loi n° 25,
évidemment, elle touche à des sujets pertinents au niveau de l'accès, et
c'est les responsabilités de la CAI qui sont touchées. Mais spécifiquement, sur
la loi de 1982, qui est vieille de 40 ans, est-ce qu'il est temps de...
selon vous, de la modifier? Est-ce qu'une réforme de cette loi est dans les
cartons du gouvernement, de votre gouvernement?
Le
Président (M. Bachand) : M. le ministre.
M. Roberge : Je
pense qu'il va falloir modifier cette loi-là. Il y avait eu une motion unanime
adoptée à l'Assemblée nationale. Je ne renie pas cette motion-là. Il faut faire
les choses dans l'ordre. Comme je vous dis, on est, en ce moment, en train d'implanter une loi sur trois ans qui
modifie notre cadre législatif. Il y a des règlements qui seront déposés dans plusieurs mois, qui ne sont
même pas encore rédigés. Lors de la rédaction, on consulte les experts
et les partenaires et les parties prenantes. Donc, je pense qu'il faut faire
les choses une à la fois. Cependant, je le réitère, à terme, là, la loi sur l'accès à l'information devra être révisée puis
devra être améliorée, devra être modernisée. Vous avez en moi un allié.
Je ne peux pas aller plus loin que ça à ce moment-ci. Donc, d'aucune manière,
je réfute ça ou je vais dans la direction opposée. Je pense qu'il va falloir le
faire, mais je pense qu'il faut faire les choses dans l'ordre pour que ça se
passe bien.
Je
dois dire qu'il y a déjà beaucoup de documents qui sont accessibles au public
en ce moment. Quand je dis qu'il faut
améliorer les choses, je veux juste donner l'heure juste aux gens. Je pense
notamment à tous les renseignements qui sont visés par le Règlement sur la diffusion de l'information, sur la
protection des renseignements personnels, la décision et les documents
transmis dans le cadre d'une demande d'accès et la diffusion des parties
accessibles des mémoires soumis au Conseil
des ministres. Donc, il y a même des sections entières des mémoires soumis au
Conseil des ministres, qui sont accessibles. Il y a des jeux de données,
qui sont disponibles sur le site du gouvernement, Données Québec. On a même...
qui s'appelle Données Québec, puis il y a plus... 1 350 jeux de données,
là, puis, quand on dit un jeu, là, je ne parle pas de Monopoly, là, je vous
parle de banques de données qui sont accessibles ici.
Il faut... Je suis
engagé à aller encore plus loin, je veux simplement faire les choses
correctement.
Le
Président (M. Bachand) : Merci beaucoup.
Mme la députée.
Mme Setlakwe :
Mais justement, parlons-en, là,
du processus. Rappelons-nous qu'en 2018 le projet de loi n° 179
avait été déposé par le dernier gouvernement libéral. Est-ce que vous en avez
pris connaissance et est-ce que vous seriez disposé à vous en inspirer? Et ça
pourrait accélérer la mise en oeuvre d'une réforme.
Le
Président (M. Bachand) : M. le ministre.
M. Roberge : J'étais là, à ce moment-là, puis je dois dire, par
contre, que c'est la manière, je vous dirais, qu'en... Vous savez que j'ai un passé d'enseignant, là,
puis, en pédagogie, il y a des exemples, il y a des contre-exemples. Ça,
c'est un contre-exemple. C'est : Voici
ce que je ne veux pas faire, déposer, à quelques semaines d'une élection
générale, un projet de loi qui n'a absolument aucune chance d'être appelé, puis
le faire par un processus d'outrage au Parlement, parce que c'est ce qu'avaient
fait les libéraux à l'époque. Ils ont déposé un projet de loi sachant qu'il ne
serait pas adopté, puis ils l'ont coulé dans les médias avant, sanctionné par
l'Assemblée nationale pour un outrage au Parlement. Je vous assure que je ne ferai
pas ça.
Le
Président (M. Bachand) : Mme la députée.
Mme Setlakwe :
Il y a tout de même des éléments
de cette réforme qui sont toujours d'actualité aujourd'hui. Le projet de
loi n° 179 proposait un accès accru aux documents issus d'une base de
données électronique. C'est assez pertinent. Pour l'expliquer simplement, si un
ministère dispose de la capacité de générer un document contenant l'information
recherchée à partir de différents supports technologiques, il doit le faire
plutôt que de simplement répondre qu'il n'y
a pas de document à ce sujet. Donc, essentiellement, en ne fournissant pas
l'information, l'information pourrait être générée. Vous en pensez quoi?
Le
Président (M. Bachand) : M. le ministre.
M.
Roberge : Je vous ai parlé du... sur la manière, on comprend
qu'on n'était pas d'accord. Sur le contenu du projet de loi déposé, en
2018, par le gouvernement libéral, là, donc, juste avant l'arrivée au pouvoir
de ma formation politique, bien, il y avait des réflexions qui étaient
intéressantes malgré tout. Puis on ne fera pas table rase. Au moment d'écrire
une loi qui arrivera à réviser la loi sur l'accès à l'information, j'ai dit
qu'on va finir par s'y rendre, bien, on tiendra compte des réflexions
préalables, on consultera tous les acteurs qui sont concernés. Puis, s'il y a
des éléments qui sont dans ce projet de loi là, qui peuvent être utilisés,
bien, on les utilisera. On ne fera pas un projet de loi qui fait le tour de
problématiques simplement, parce que ça avait été écrit par un autre
gouvernement, là, écoutez. Puis c'est le genre de chose aussi qu'on fait en
collégialité, là. Quand on touche à nos institutions, je peux vous dire que je
vous tendrai la main à ce moment-là.
Le Président (M.
Bachand) : Merci beaucoup. M. le député de
Jean-Lesage, pour 7 min 41 s, s'il vous plaît.
M.
Zanetti : Merci, M. le Président. Est-ce que le ministre
peut s'engager... parce que le ministre a dit : Ah! la loi devrait être révisée à terme. Mais «à terme», c'est
dans un an, dans 100 ans? C'est très indéterminé, comme tout le
monde comprendra ici, très insatisfaisant.
Un dépôt de projet de loi avant la fin du mandat... ce n'est pas exactement
comme ça que je vais formuler ma
question, parce que ça s'est déjà fait, hein, avant la fin du mandat, une
couple de semaines avant, finalement, il meurt au feuilleton, comme le
précédent gouvernement avait fait. Ce n'est pas intéressant non plus.
Alors, ma
formulation, là, sera la suivante : Est-ce que le ministre peut s'engager
à ce que... puis je comprends que,
là, il va dire : Ah! je ne peux pas m'engager à ce qu'un projet de loi
soit adopté avant la fin de la législature, parce que je ne peux pas
présumer de l'adoption d'un projet de loi. D'accord. Je vais proposer une
formulation qui sera claire, et à laquelle
le ministre ne pourra pas se défiler. Le ministre peut-il s'engager à déposer
un projet de loi réformant, de fond en comble, la loi de l'accès à
l'information à l'intérieur de la présente législature, dans des délais qui
rendraient possibles son étude et une éventuelle adoption?
Le Président (M.
Bachand) : M. le ministre.
M. Roberge : C'est mon souhait, M.
le Président, d'aller dans cette direction-là. Comme je vous dis, on est
engagés à améliorer l'accès à l'information. On a tous la même vision. Puis il
ne faut pas que des interlocuteurs, des partenaires,
des universitaires, des journalistes... je nomme souvent ces deux groupes-là,
mais ça peut être toute personne intéressée
par la chose publique, il ne faut pas que ces gens-là pensent, à tort, que le
gouvernement voudrait cacher les informations
qui doivent être rendues publiques. Puis je fais attention, «informations qui
doivent être rendues publiques», parce
qu'il y a quand même des choses qu'on appelle sensibles, notamment, des
informations personnelles qui pourraient porter préjudice à des
personnes, qu'on ne peut pas rendre publiques, OK, puis on va s'entendre
là-dessus.
Mais, de manière générale, il faut opter pour la
transparence. Notre cadre législatif a été conçu de cette manière-là. À certains égards, il date, donc il
devra être modernisé à terme. Donc, écoutez, je veux... je souhaite aller
dans cette direction-là.
Le Président (M.
Bachand) : M. le député, s'il vous plaît.
• (11 h 50) •
M.
Zanetti : Bien, merci. Alors, je vais le prendre comme un
engagement. Je trouve cette réponse satisfaisante. Et, par ailleurs, lorsque vous allez aller de
l'avant, bien, je recommande déjà, à l'avance, qu'évidemment, comme vous
l'avez dit, il faudrait qu'il y ait une
consultation en amont, avant le premier jet, là, pour voir vraiment qu'est-ce
qui est nécessité, qu'est-ce qui
est... quels besoins sont nécessaires parmi l'ensemble des acteurs politiques
et de la société civile qui utilisent
la loi de l'accès à l'information. On parle, évidemment, des journalistes, des
organisations écologistes, des organisations
de la société civile, des syndicats, des partis politiques. On fait souvent des
demandes d'accès à l'information. On a tous des points de vue et on
rencontre des difficultés, des fois, similaires, des fois, différentes. Alors,
je vous invite à ça, puis évidemment que ce serait très bien de travailler
là-dessus de façon non partisane.
Maintenant,
je vais vous parler de la loi québécoise sur l'environnement. La Loi sur la
qualité de l'environnement est en vigueur depuis le
23 mars 2018, et son article 118.5 stipule que le ministre de
l'Environnement doit tenir un registre public contenant une panoplie de
renseignements sur des projets et des activités industrielles. Par exemple, le
registre doit contenir la description et la source des contaminants provoqués
par un projet, le type de rejets dans l'environnement
ou, encore, les conditions qu'un promoteur doit respecter, les interdictions et
les normes particulières applicables à la réalisation de l'activité.
Cinq ans après l'entrée en vigueur de la loi, le
registre n'existe toujours pas. Est-ce que vous allez intervenir pour faire en
sorte que ce registre arrive?
Le Président (M.
Bachand) : M. le ministre.
M. Roberge : Oui. Là, je veux vous
dire que je ne suis pas au fait de toutes les lois du gouvernement du Québec, pardon.
Vous ne parlez pas d'une loi, là, qui relève de mon ministère, mais d'une loi
d'un autre ministère, qui touche une
divulgation d'informations. Je pourrai en parler avec mon collègue pour voir où
il en est dans l'application de cette
loi-là, pardon, ou dans l'édiction des règlements qui en
découlent, parfois, il y a des habilitations réglementaires. Donc, je pourrai voir
avec mon collègue où est-ce qu'il en est, parce qu'il ne faut pas travailler en
silo, hein? Si on peut... Ce n'est pas ma responsabilité, mais je peux
en discuter. Si on parle, dans cette loi-là, de divulgation d'informations, je
pourrai voir ce qu'il en est.
Le Président (M.
Bachand) : Merci. M. le député.
M. Zanetti : Parfait, merci. Parce
que l'expérience, faire des demandes d'accès à l'information sur des sujets
environnementaux, c'est difficile. On en fait, il y a souvent des délais, ça
arrive, puis la présentation des informations demandées rendent l'analyse
extrêmement difficile. Il y a là une barrière importante. Puis souvent,
mettons, moi, je fais cette demande-là, puis on en a fait d'autres, puis on est
habitués de regarder des documents difficiles, mais je pense au citoyen moyen
qui n'a pas l'expertise puis que son métier n'est pas de faire des demandes
d'accès puis d'analyser ce genre de document là, bien, ça lui rend complètement
inaccessible l'information, tu sais. Le citoyen moyen, il est écarté de son
droit démocratique d'être informé de ce qui se passe par rapport à
l'environnement.
Donc, je
trouverais ça vraiment important et j'apprécierais effectivement s'il pouvait y
avoir une communication entre votre
cabinet par rapport à ça et aussi le cabinet du ministère de l'Environnement
pour qu'on puisse faire quelque chose.
C'est une demande forte aussi de la société civile, tous les gens qui se
préoccupent sur les enjeux environnementaux puis qu'est-ce qui se passe,
alors ce serait très apprécié. Là, je vois qu'il me reste une minute puis j'ai
un gros sujet à aborder. Mais je sais que
j'ai un sept minutes tantôt. Alors, je ne sais pas si je peux comme arrêter là
puis avoir huit tantôt? On pourrait-tu faire ça?
Le Président (M.
Bachand) : Aucun souci, aucun souci.
M. Zanetti : Ah! merci. Alors, je
ferai ça.
Le Président (M.
Bachand) : Parfait. Donc, merci beaucoup.
Mme la députée de Mont-Royal—Outremont, s'il vous plaît.
Mme Setlakwe : Oui, merci, M. le
Président. J'aimerais poursuivre avec l'étude de certains éléments du projet de loi n° 179. Je vous ai entendu,
peut-être que sur la forme, ce n'était pas idéal, moi, je n'étais pas ici au
moment... mais, au moins, on avait l'intention, l'intention était là et la
volonté politique d'améliorer le régime, puis 179, vous l'avez dit, vous ne
partiriez pas de zéro.
Un autre
élément, dans ce projet de loi là, on proposait l'ajout d'une disposition sur
la primauté de l'intérêt public qui permettrait de rendre accessible un
document lorsqu'il est... lorsqu'il serait jugé que, dans des circonstances exceptionnelles, l'intérêt public lié à sa
divulgation surpasserait manifestement l'intérêt protégé par certaines
restrictions au droit d'accès. Ce type de disposition existe dans d'autres
provinces, plusieurs provinces canadiennes. Vous pensez quoi de cette idée-là,
M. le ministre?
Le Président (M.
Bachand) : M. le ministre, s'il vous
plaît.
M.
Roberge : Bien, écoutez, M. le Président, d'abord,
j'apprécie votre flexibilité, là, de permettre au collègue de
transmettre son temps pour que... pour ne pas qu'on fasse des réponses en
quelques secondes, là. Ça, je pense que ça rend les discussions... qui sont
plus fluides.
C'est
difficile pour moi, là, honnêtement, de, article par article, me prononcer sur
un projet de loi déposé il y a, quoi, maintenant, cinq ans, pour dire si
ces articles-là pourraient se retrouver éventuellement dans un projet de loi
qui serait déposé. Écoutez, je comprends... on peut faire le débat sur les
concepts, là, pour voir s'il est pertinent d'aller dans telle ou telle direction, mais vous comprenez qu'on ne peut pas
engager le gouvernement sur des articles à déposer d'un projet de loi
qui n'est pas encore rédigé pour modifier la loi.
Je pense qu'il faut travailler dans le réel, à
ce moment-ci, puis voir quelles sont les problématiques à régler en ce moment.
Que disent les gens, en ce moment, qui disent qu'ils éprouvent de la difficulté
à accéder à certaines données... puis, après ça, bien, on trouvera des
solutions. Moi, je suis quelqu'un d'action, j'aime bien identifier des
problèmes, trouver des solutions très concrètes puis régler les problèmes.
Le Président (M.
Bachand) : Mme la députée.
Mme
Setlakwe : Écoutez, je ne suis vraiment pas ici pour faire
une étude article par article. D'ailleurs, moi, je suis avocate, là, je ne serais pas arrivée avec...
mais il y a une différence entre parler d'un article spécifique... Et là,
moi, j'ai illustré un principe qui était mis de l'avant dans le projet de loi,
puis là je n'ai pas eu de réaction de votre part, le principe de faire primer
l'intérêt public. Parce que, là, en fait, ce qu'on a, c'est un régime désuet qui
donne lieu à une interprétation beaucoup trop large, dans le fond, là, des
restrictions, et ça fait en sorte que l'information n'est pas fournie en temps
opportun.
Je vais m'essayer avec un autre principe. Le
projet de loi proposait un accès accru, puis ça va intéresser mon collègue ici, à ma gauche, accru à l'information
de nature environnementale, particulièrement par la communication ou la diffusion proactive, sans qu'une demande d'accès
soit formulée, de certains renseignements lorsque ceux-ci permettent de connaître ou de confirmer l'existence d'un
risque immédiat pour la vie et la santé ou la sécurité d'une personne,
ou encore d'une atteinte sérieuse ou irréparable à la
qualité de l'environnement. Donc, ça, c'est un principe qui était mis de l'avant. Je ne sais pas c'était à quel article
du projet de loi, mais j'aimerais savoir ce que vous en pensez, de cette
idée-là.
Le Président (M.
Bachand) : M. le ministre, oui.
M.
Roberge : ...distincts, sur l'intérêt public, je veux juste dire
que la loi actuelle est intéressante, mais elle n'est pas parfaite, là, je comprends, là, mais l'intérêt
public, quand même, transcende la loi actuelle, d'accord. C'est
important de le mentionner. La diffusion
proactive de données, là, je pense que c'est la solution à beaucoup de
problèmes et c'est quelque chose qui pourrait, je vous dirais,
satisfaire beaucoup de personnes, parce qu'on peut rendre plus fluides les
réponses à l'accès à l'information, aux demandes d'accès à l'information, puis
je pense qu'il faut s'engager dans cette
voie-là. Mais idéalement, les informations sont disponibles de manière ouverte,
sont accessibles, puis on est allés dans
cette direction-là. Je ne dis pas qu'on est arrivés à destination, mais on
marche définitivement dans cette direction-là.
Dans le
précédent mandat, j'avais la responsabilité de l'Éducation. Puis on a commencé
à colliger des données, on appelle ça
l'intelligence numérique. Mon collègue, maintenant, qui prend le relais à
l'Éducation, s'est engagé, plus de...
plusieurs manières de diffuser de l'information, mais à... proactive. À la
Santé, vous le voyez, on est les champions canadiens de divulgation d'informations avec des tableaux de bord, des
indicateurs, diffusion proactive. On a vraiment pris ce virage-là dans
le cadre de la pandémie, puis là il n'y a pas de retour en arrière. On va
toujours plus loin vers la divulgation d'informations pour ne pas que les gens
aient à se battre ou à se confronter, je vous dirais, à une machine qui leur
semble... pour qui ce serait difficile d'obtenir les infos.
Donc, divulguons le maximum d'informations
possible, puis, je pense, ça va régler bien des problèmes.
Le Président (M.
Bachand) : Merci. Mme la députée.
Mme Setlakwe : On s'entend sur ce
principe-là. Une autre proposition du projet de loi, c'était de... une
réduction importante des délais d'inaccessibilité de plusieurs documents,
faisant passer de 25 à 15 ans le délai pour les documents et les décisions
du Conseil exécutif. Il faut savoir que, 15 ans, c'est la moyenne
canadienne. Est-ce que vous avez une opinion sur la question?
Le Président (M.
Bachand) : M. le ministre.
M. Roberge : Je veux juste
comprendre, là. Vous êtes précisément sur les débats au Conseil des ministres,
est-ce que c'est bien ça?
Mme Setlakwe : ...à quel moment,
est-ce que, dans le fond, certains documents sont libérés, là. Est-ce qu'on
devrait faire passer ça de 25 à 15 ans? Oui, je donnais, entre autres, les
documents, les décisions du Conseil exécutif.
M.
Roberge : OK. Je vais vous dire, je ne me suis pas penché
sur cette question-là. Il faudrait regarder, justement, ce qui se fait
dans d'autres législatures puis voir si d'aventure ça pourrait faire partie
d'une éventuelle modification. Je n'ai pas personnellement réfléchi à ça puis
je n'ai pas eu non plus d'avis d'expert à cet égard-là.
Mme Setlakwe : J'espère qu'on aura
l'occasion d'échanger... Quand vous serez prêt à déposer le projet de loi, moi,
je vais être prête à collaborer pour s'assurer de le bonifier puis que Québec
remonte dans les... dans la cote. Le projet de loi venait restreindre l'interprétation
de plusieurs restrictions, parce qu'au fil des ans, je l'ai mentionné, elles se
sont passablement éloignées de l'intention originale et leur portée s'est
élargie. Est-ce que, selon vous, les restrictions au droit d'accès,
actuellement, sont trop larges?
• (12 heures) •
M.
Roberge : Bien, comme je vous l'ai dit tout à l'heure, je
pense que la divulgation proactive d'informations, c'est beaucoup la
solution. Dans le budget du gouvernement du Québec qu'on a déposé, ça tombe
bien, on est dans l'étude des crédits, on
peut référer au budget, hein, quand même, c'est rare qu'on y fait... C'est
quand même particulier, on est dans
l'étude des crédits, on parle de tout sauf de chiffres. Mais, à la page de
budget B.23, on parle d'un nouveau processus d'accès aux données
pour les chercheurs.
Donc, il me
semble qu'on serait en plein sur le thème si on se réfère à la page B.23
du budget. Et puis je vais vous en lire une petite section parce qu'on
est directement sur la cible. Ça dit : Il y a quelques années... je
lis le budget, là. «Il y a quelques années, les chercheurs désirant
accéder à des données provenant de différents domaines d'activité de l'État
devaient présenter une demande distincte à chaque organisme public détenteur de
données, en plus de demander l'autorisation à la Commission d'accès à
l'information, ce qui occasionnait de longs délais.» Donc, c'est de ça que ma collègue parle, de
longs délais. «Le nouveau processus permet aux chercheurs de présenter une
seule demande d'accès aux données de l'Institut de la statistique du
Québec sans devoir obtenir l'autorisation de la Commission d'accès à
l'information et des organismes publics détenteurs des données, ce qui permet
de réduire les délais de plusieurs semaines.»
Donc, ici, on est dans une modification
extrêmement importante qui vise à réduire... et on le fait, là. Ce n'est
pas : Est-ce qu'on devrait peut-être faire ça dans deux ans, là? «Pour
cela, les données détenues par les organismes publics
doivent avoir préalablement été — pardon — désignées
par le gouvernement. Elles peuvent être appariées selon les besoins des
chercheurs.» Et là les données désignées proviennent des ministères et des
organismes suivants : ministère de la Santé et des Services sociaux, ministère de l'Éducation,
ministère de l'Enseignement supérieur, Régie de l'assurance maladie du Québec. Les chercheurs peuvent consulter les
données dépersonnalisées dans des locaux sécurisés appelés Centre
d'accès aux données de recherche de l'Institut de la statistique du Québec.» On
en a cinq, au Québec, maintenant, qui sont actuellement en fonction.
Donc, c'est maintenant... c'est une avancée du
gouvernement actuel, c'est dans le budget. On est à l'étude des crédits, donc parlons-en. Le premier de ces
centres donnés en milieu hospitalier permettait d'apparier les données
cliniques avec les données administratives. Ça va être ouvert au Centre
hospitalier universitaire de Sainte-Justine au printemps 2023, donc, maintenant... L'ISQ, l'Institut de la statistique du Québec, permet aussi aux chercheurs de consulter
les données au moyen de l'accès à distance sécurisé. Donc, il me semble qu'on
est directement sur la cible ici.
Le Président (M.
Bachand) : Merci beaucoup. Mme la députée.
Mme
Setlakwe : Merci. J'apprécie ce que vous êtes en train de
mettre de l'avant, puis, en fait, ça ressemble aussi à ce qu'on a adopté
avec le p.l. n° 3, partage des renseignements de santé, là, entre les
intervenants, les chercheurs, tout ça. Mais ici on parle vraiment de... par
exemple, des journalistes, des citoyens qui font des demandes d'accès à certains documents précis, puis ça entraîne... ils
n'ont pas les informations qu'ils demandent, ça entraîne un va-et-vient,
et il y a du temps qui est perdu. Puis, comme j'ai dit au début, le temps,
c'est le nerf de la guerre.
Là, je vous
amène dans un article qui est paru, l'an dernier, donc ça fait un an, au mois
de mai, à Radio-Canada. Thomas Gerbet, Daniel Boily et Davide Gentile
relataient que trois fonctionnaires responsables de l'accès aux
documents des organismes publics avaient
brisé le silence et avaient témoigné, à Radio-Canada, des tentatives de
l'administration québécoise pour restreindre autant que possible l'information
transmise aux journalistes et à la population. Bon, là, on citait... évidemment, c'est des noms fictifs, là, trois... trois
employés en question. Il y en a un qui est allé assez loin, que de dire, je le cite : «Le rôle de responsable
de l'accès prend une tournure de plus en plus politique, alors qu'il devrait,
en principe, exercer son rôle de manière
indépendante.» C'est quoi, votre réaction face à ces révélations-là, M. le
ministre?
Le Président (M.
Bachand) : M. le ministre, s'il vous
plaît.
M. Roberge : Bien, écoutez, il peut
toujours y avoir des gens qui ne respectent pas leurs fonctions, là. Je ne peux pas juger, là, d'une personne qui,
anonymement, s'exprime auprès d'un journaliste, mais la vision du
gouvernement, c'est que ce n'est pas une action qui est politique et que les
fonctionnaires, les administrateurs qui appartiennent à chacun des ministères,
doivent agir dans l'intérêt public et avec le plus de diligence possible.
Juste pour corriger, parce qu'il y en a qui nous
suivent, qui m'ont rappelé à l'ordre, ce n'est pas la page B.23, mais c'est la page B.33 du budget que j'ai
citée tout à l'heure. Bien, on rigole, mais je sais qu'il y en a qui vont aller
fouiller, qui vont aller regarder, puis, si ce n'est pas la bonne page, bien,
ils vont dire que ce n'était pas la bonne chose, donc je le précise. Voilà.
Le Président (M.
Bachand) : Mme la députée.
Mme Setlakwe : ...soyons précis.
Dans le... Vous dites qu'on ne réfère pas souvent aux crédits. Moi, je vous ramène au cahier qui nous a été remis, le
secrétariat de la réforme des institutions démocratiques, Accès à
l'information, à la laïcité, page 15.
Suite à une question, là, c'est la question G6, ou la réponse, en tout cas, G6,
liste ventilée des contrats octroyés par un ministère, en indiquant,
bon, les détails, tout ça... On a regardé la réponse et on voit qu'il y a un contrat qui a été octroyé à KPMG pour analyser des
données sur le traitement des demandes d'accès dans les ministères et
les organismes publics. Le montant, là, du contrat, c'est 20 000 $.
Est-ce que... Bien, est-ce qu'on... il peut y
avoir un dépôt de ce document? Est-ce qu'on peut y avoir accès? Mais surtout,
ce matin, est-ce que vous pouvez nous dire quelles sont les conclusions de
cette analyse?
Le Président (M.
Bachand) : Merci. M. le ministre.
M. Roberge : Je n'ai pas
l'information, à ce stade-ci, sur ça. J'ai retrouvé la page, là, dont vous me
parlez. On essaie de vous répondre avec le plus de justesse possible.
Effectivement, on parle de ça. Après ça, on dit : Les dépenses seront
fournies... Ici, est-ce que j'ai quelque chose ici? KPMG, la direction de
l'accès à l'information et la protection des
renseignements personnels a mené, du 17 mai au 17 juin 2022, un
sondage interne avec la collaboration de la Direction des communications
du ministère du Conseil exécutif. Ah! voilà, donc c'était... on était ici.
C'est ça. Ces
fonds-là ont servi à faire un sondage interne. L'objectif, c'était de
recueillir, auprès des personnes responsables
de l'accès au sein des 122 organismes publics assujettis au Règlement sur
la diffusion de l'information et la protection
des renseignements personnels, des informations sur le traitement des demandes
d'accès et la diffusion proactive.
Donc, c'est ça, on a consulté et on a sondé les
personnes dans chacun des ministères et des organismes, dans un souci
d'amélioration des services gouvernementaux, notamment sur la diffusion
proactive. Et puis nous sommes, en ce moment, à analyser les données issues de
ce sondage. Voilà.
Le Président (M.
Bachand) : ...Mme la députée.
Mme Setlakwe : ... est-ce qu'en
temps et lieu on peut... on va pouvoir avoir accès aux conclusions?
M. Roberge : Oui,
on me dit que... Absolument, il n'y aura pas de... il n'y aura pas d'enjeu là.
Mme Setlakwe : Merci.
M. Roberge : Ça fait plaisir.
Mme Setlakwe : Il faut parler... il
faut parler de...
Le Président (M.
Bachand) : ...bien, juste pour dire, est-ce que... l'engagement
de le partager aussi avec la commission, s'il vous plaît, lorsque vous aurez
l'information? Merci beaucoup.
M. Roberge : Oui, oui, absolument.
On pourra le partager en toute transparence avec la commission.
Le Président (M.
Bachand) : Merci. Merci beaucoup. Mme la
députée.
Mme Setlakwe : Il faut parler de la
CAI, là. Moi, je vois le temps qui file, là. Je ne veux pas vous réitérer les
fonctions importantes de la CAI, son mandat. On dirait qu'au fil des projets de
loi, là, les responsabilités de la CAI ne
font qu'augmenter. Vous l'avez mentionné, l'adoption de la loi n° 25 a
amené plusieurs changements à la CAI. Il y a une mise en oeuvre
progressive. Il faut qu'on parle des ressources qui sont allouées à la
Commission d'accès à l'information. Et, à la fin, je vais vous demander :
Est-ce que vous croyez qu'elles sont suffisantes?
Je vous amène à la page 109 du cahier Étude
de crédits, là, le document préparé par la CAI. Ils ont fait, en mars 2021, une
demande de financement additionnel. Ils voulaient des effectifs supplémentaires,
un montant de 12,4 millions additionnels. Cette demande, elle a été
actualisée après l'adoption de la loi n° 25. Aussi, dans le plan
budgétaire 2022‑2023, celui-ci octroie 1,5 million supplémentaire en 2022‑2023;
ensuite, 2,7 millions, l'année suivante; 400 000 $ l'année
d'après, pour un total de 4,6 millions, soit 50 % des sommes requises
uniquement pour la mise en oeuvre de la loi
n° 25. Ce n'est pas beaucoup, alors qu'on sait que le projet de loi a
été... 3 a été sanctionné, et la CAI
se retrouve avec un pouvoir de surveillance de cette loi-là, et que ça
représente, les montants que j'ai mentionnés précédemment, 37 % de
sa demande initiale qui inclut l'ensemble de ses besoins...
Le
Président (M. Bachand) :
...le temps du bloc d'échange est
terminé. Bien, je ne sais pas si le ministre avait une réponse rapide.
M. Roberge : Bien, je vais revenir
tout à l'heure. Je vais... On va répondre, c'est très, très important, mais là,
si je réponds, je réponds sur le temps de qui, là...
Le Président (M.
Bachand) : Non, non, c'est correct. On va
ajuster les temps. Allez-y.
M.
Roberge : Bien oui, je reconnais qu'il faut ajouter des
ressources à la Commission d'accès à l'information, et il y a des budgets à cet effet-là. Là, on parle de
19,5 millions sur cinq ans, mais je reviendrai pour le détail, et
l'explication, et la ventilation...
Le Président (M.
Bachand) : Merci. M. le député de Jean-Lesage,
pour 9 min 14 s, s'il vous plaît.
• (12 h 10) •
M. Zanetti : Oui, merci. Alors, je
veux revenir sur la question de l'accès à l'information sur les données
environnementales au Québec, parce que, justement, en cette période à la fois
de changements climatiques, mais en cette
période où on réalise à quel point l'information est importante pour des
raisons de santé publique, hein... On a eu, particulièrement à Québec, mais aussi à Rouyn-Noranda—Témiscamingue puis dans d'autres régions du Québec, des enjeux pour savoir qu'est-ce qu'il y avait dans
l'air exactement, savoir quels genres de polluants étaient dans l'air
que respirent les gens puis quelles conséquences ça avait sur la santé
publique.
Le temps qu'on a eu à avoir des données à
Québec, pour qu'il y ait des études, finalement, par la Santé publique qui
permettent de faire ça, ça a été très long. La faute n'était pas seulement pour
des raisons d'informations tenues secrètes, des fois, c'est juste parce que les
données n'étaient pas mesurées, n'étaient pas prises, n'existaient pas. Il y a eu toutes sortes de complications, des
enjeux municipaux, des enjeux du gouvernement québécois, des enjeux du
gouvernement canadien aussi, et c'est ça.
Puis on dirait que... je pense qu'on est à une
époque où, justement, cette ignorance-là, par rapport à ce qui se passe puis à
la réalité des choses, nuit à notre capacité à agir, puis à protéger la santé
du monde, puis aussi à protéger l'environnement.
Alors, je voudrais savoir ce que vous pensez du principe général selon lequel
on devrait lever toutes les restrictions d'accès à l'information pour
des données à caractère environnemental au Québec.
Le Président (M.
Bachand) : M. le ministre, s'il vous
plaît.
M. Roberge : Oui, bien, c'est une
question qui est très intéressante, là. On est beaucoup plus sensibilisés, intéressés
par les informations environnementales qu'on ne l'était. J'ai presque
50 ans, 48 ans, et on se posait peu ces questions-là, là. Moi,
j'habitais à ville LaSalle, sur le bord du fleuve, quand j'étais jeune, là. On
regardait la couleur de
l'eau du fleuve et puis on se demandait : Est-ce que je me baignerais?
Est-ce que je ne me baignerais pas? J'ai vu, au fil des années, une amélioration, mais j'aurais aimé qu'il y ait de la
science derrière ça. J'aurais aimé savoir le taux de particules, etc.,
etc., etc., pour être réellement rassuré, pour ne pas que ce soit juste la
clarté, là, au coin de la rue chez nous. Donc, je pense que c'est le genre de
chose qui doit être fait.
Il faut diffuser un maximum d'informations. Les
gens sont sensibles à ça. Ils ont soif de cette information-là, donc, et je
pense qu'on va plus, même, dans cette direction-là que précédemment, là. Je
veux dire, quand je dis : Les Québécois sont intéressés à cette
question-là, ça inclut les collègues des oppositions, mais aussi les collègues
du gouvernement. Ça inclut les ministres, ça
inclut les cabinets, les administrateurs, les sous-ministres. Je veux dire, on
fait partie du vrai monde, hein? On a les
mêmes préoccupations que tout le monde puis on n'est absolument pas
insensibles à ça. Bien, la diffusion de renseignements de nature
environnementale est importante. Ça relève, par contre, de la Loi sur la
qualité de l'environnement. Vous pourrez en glisser un mot à mon collègue,
Le Président (M.
Bachand) : M. le député de Jean-Lesage.
M.
Zanetti : Oui, c'est ça, effectivement, c'est un pan qui
relève de la LQE, puis, je me dis, c'est quelque chose qui pourrait se faire, peut-être, potentiellement,
même plus rapidement que la refonte de la loi à l'accès à l'information.
Ça fait que je vous en glisse un mot aussi pour qu'il y ait, disons, de... par
rapport à cet enjeu-là, global, peut-être une collaboration interministérielle,
comme ça doit arriver souvent.
Je veux vous amener sur une autre question. En
ce moment, les décisions du Conseil exécutif sont gardées secrètes pendant
25 ans. Est-ce que le ministre serait ouvert à réduire ce temps-là?
Le Président (M.
Bachand) : M. le ministre, s'il vous
plaît.
M. Roberge : Juste pour clarifier,
ce n'est pas les décisions, parce que les décisions, vous les avez, hein? Ça devient des lois, des règlements, c'est les
délibérations, les discussions, etc. Votre collègue m'a posé à peu près la
même question il y a quelques minutes. Je
vais y songer. Sincèrement, je n'ai pas... je n'ai pas eu de réflexion à cet
égard-là. Je n'ai pas non plus
regardé ce qui se faisait dans d'autres provinces et États canadiens ou dans
d'autres États comparables pour voir quels sont les avantages, les inconvénients
de garder le délai, de le changer. C'est sans doute une question qu'il faudra
se poser nous-mêmes puis qu'il faudra poser aux experts au moment de la
révision de la loi.
M. Zanetti : Parfait. Et j'ai une
autre question, c'est par rapport au droit à l'information. Je me demande si vous seriez ouverts à ce que... parce
qu'évidemment... Puis je suis très content de savoir que vous avez le souhait
de déposer, dans la présente législature, une réforme de la loi de
l'accès à l'information, dans des temps qui permettront son étude et son
adoption, mais je me dis, en même temps, il faut aussi, des fois, ce genre de
choses là, les verrouiller un petit peu plus fort que dans une loi.
Les lois, c'est bien, mais on pourrait penser à
inclure, dans la charte québécoise des droits et libertés, un droit à
l'information, qui donnerait une valeur plus constitutionnelle à cette
chose-là, à cette valeur-là qu'on veut protéger, puis qui empêcherait, disons, d'éventuels gouvernements de revenir jouer
dans la loi pour remettre des restrictions qu'on aurait, à notre époque,
enlevées. Donc, je voudrais voir si vous auriez aussi une ouverture à envisager
ça, intégrer à la charte québécoise des
droits et libertés quelque chose comme un droit à l'information resserré,
raffermi, quelque chose.
Le Président (M.
Bachand) : M. le ministre.
M.
Roberge : Question intéressante. On est dans... on est dans
les grands concepts, c'est-à-dire, hein, comment on fait pour, au
gouvernement et dans les institutions gouvernementales, là, je ne parle pas
juste du Conseil des ministres, faire preuve de transparence. Je l'ai mentionné
tout à l'heure, la page B.33 du budget, qui montre qu'on est déjà
en action par divulgation proactive d'information... Puis on en fait plus cette
année que l'année passée, puis on va en faire plus l'an prochain que cette
année. On avance dans cette direction-là. Donc, ça, c'est clair.
Le moyen législatif, quelle loi il faudrait
modifier, faudrait-il toucher la charte, là, on est vraiment dans... vraiment dans les moyens, dans le comment.
Écoutez, on pourra s'en parler, mais là je vous dirais que je pense qu'on
devrait aujourd'hui s'en tenir à un principe. Est-ce qu'on veut que les Québécois
aient accès à davantage d'informations? Est-ce qu'on veut que l'État soit
davantage transparent lorsqu'il est... de demandes d'accès? Moi, je vous dirais
que j'aimerais qu'il y ait moins de demandes
d'accès, pas parce que les informations sont cachées, parce que les
informations sont divulguées de manière proactive. Donc, là-dessus, je pense
qu'on peut bien s'entendre, et puis avançons dans cette direction.
Le Président (M.
Bachand) : Merci. M. le député.
M. Zanetti : Oui. J'aurais peut-être
une question à adresser à la présidente de la Commission de l'accès à l'information, si elle le souhaite, par rapport à
la question du financement de la commission. Est-ce que, présentement,
elle estime que la commission a un financement suffisant pour répondre à la
demande? Volet un de la question.
Puis, deuxième volet, si, par exemple, on
adoptait une loi, une nouvelle loi plus exigeante, est-ce qu'il faudrait que ça s'accompagne aussi d'une
augmentation du financement de la commission pour qu'elle puisse
accomplir le mandat que cette loi-là lui donne?
Le Président (M. Bachand) : Merci.
Est-ce qu'il y a consentement? Consentement. Donc, je vous invite
d'abord à vous présenter, s'il vous plaît.
Mme Poitras (Diane) : Bonjour. Diane Poitras, présidente de la Commission d'accès
à l'information.
Merci pour votre question. Évidemment, selon les
estimations qu'on a faites, ça a été mentionné par votre collègue, pour l'année
qui vient de se terminer, c'était 25 % des besoins qu'on avait exprimés.
Puis, pour les années suivantes, le... on prend acte du budget qui nous a été
accordé, et c'est 50 % seulement de ce qu'on avait estimé.
On a le recul de la première année de mise en
oeuvre de certaines dispositions, juste quelques dispositions, pour une période
seulement de six mois. La hausse du volume de demandes qu'on a à traiter pour
la direction... pour la section de la surveillance a augmenté de 89 %, ce
qui est au-delà des prévisions sur lesquelles on s'était basés pour faire notre
demande de financement. Donc, c'est sûr qu'on a une inquiétude pour l'avenir.
Et, quand on parle des chiffres qui nous ont été
accordés, ça peut avoir l'air impressionnant, des millions, puis effectivement, là, on parle de millions de
dollars. Ce n'est pas rien, mais il faut, je pense, mettre ça en relation
avec tous les nouveaux mandats qui nous ont été octroyés et l'ensemble de la
réforme. Et c'était clair qu'on voulait que la commission assume tout un paquet
de nouvelles responsabilités, mais on voulait aussi qu'elle puisse sévir quand
il faut, avec des pouvoirs importants, qu'on
ne prend pas à la légère, mais aussi qu'on puisse accompagner les
entreprises pour assurer... parce qu'idéalement, ce qu'on veut, c'est assurer
la conformité des... à la loi et que la protection des renseignements
personnels soit davantage... et que les renseignements soient davantage
protégés.
Deuxième partie de votre question...
Le
Président (M. Bachand) :
Merci. Malheureusement, le bloc
est déjà terminé, ça va extrêmement rapidement.
Mme Poitras (Diane) : OK. Désolée.
Le Président (M.
Bachand) : Donc, Mme la députée de Mont-Royal—Outremont, pour
13 min 40 s, s'il vous plaît.
Mme
Setlakwe : Merci, M. le Président. Bien, moi, je serais
tentée de dire «poursuivons», parce qu'on s'était laissés, tout à
l'heure, avec... Moi, j'exposais des chiffres puis je mettais de l'avant que
vous aviez fait des demandes puis que ça semblait insuffisant. Puis là vous
êtes en train de répondre, donc... Allez-y.
Le Président (M.
Bachand) : Mme Poitras, allez-y.
Mme Poitras (Diane) : Pour la deuxième... le deuxième volet, c'est très court.
Non, si on est... si on parle d'une réforme
en accès à l'information, où on modifie, par exemple, les restrictions pour les
améliorer, si on fait plus de diffusion proactive, si on précise ou on
met certaines choses en place pour nous assurer que les organismes respectent
davantage les délais, au contraire, ça se peut qu'on réduise le fardeau et les
demandes de révision qui sont faites à la commission.
Le Président (M.
Bachand) : Merci. Mme la députée.
• (12 h 20) •
Mme Setlakwe : Merci. Moi aussi,
c'est ce que j'ai compris, parce que, là, il y a un flou ou il y a des insatisfactions. Il y a plus de plaintes, il y a
plus de surveillance, plus d'enquêtes. Donc, raison de plus, M. le
ministre, pour aller de l'avant puis faire cette... aller de l'avant avec la
réforme tant attendue. Ça va rendre service à la CAI dans son mandat puis ça va
rendre service à la population, évidemment, et aux journalistes.
Poursuivons dans le cahier d'étude des crédits,
page 611, on dit que les... il y a des constats intéressants ici qui
doivent être soulignés. On dit que les estimations de volumétrie réalisées par
la commission au soutien de sa demande de
financement additionnel étaient très conservatrices. Dans plusieurs cas, le
nombre de nouvelles demandes reçues,
depuis l'entrée en vigueur des quelques nouvelles dispositions, en septembre
2022, ont dépassé les hypothèses de la commission. Pour la section de
surveillance, le nombre de demandes subies... reçues a subi une hausse de
89 % par rapport à l'année dernière, alors que seules quelques nouvelles
obligations sont en vigueur.
Puis là, après ça, on nous donne les estimations
et les résultats de l'année 2022‑2023 pour les déclarations d'incidents de confidentialité, les plaintes
reçues et les déclarations de biométrie. C'est important de mettre de
l'avant... le nombre de déclarations
d'incident de confidentialité reçues par la commission a augmenté de plus de
614 %, dépassant le nombre de 247 dossiers estimés en 2023. Le
nombre de déclarations est donc susceptible de doubler l'an prochain puisqu'il
couvrira l'ensemble de l'année. En matière de plaintes... bon, là, vous êtes
capables de lire comme moi, là, 322 nouvelles
plaintes, 122 de plus. Il s'agit d'une hausse de 92 % par rapport à
l'année... à l'an dernier. M. le ministre, là, moi, j'aimerais entendre
votre réaction vis-à-vis ces chiffres-là.
Le Président (M.
Bachand) : M. le ministre.
M. Roberge : Oui. Bien, on voit définitivement une croissance,
là. Les chiffres sont là, puis madame... Me Poitras, pardon, l'a
mentionné, il faut prendre la mesure quand même de ce qui a été fait au
gouvernement, il y a eu tout un changement de paradigme. D'ailleurs, je peux
référer ma collègue à un article de La Presse du 28 avril 2023, ça
fait quelques jours à peine, le titre : La
Commission d'accès à l'information passe à la vitesse supérieure. Un
extrait, là : «Il fallait donner à la
commission à l'accès à l'information du Québec, responsable de l'application de
la nouvelle loi n° 25, les moyens de ses ambitions. Le législateur
n'y est pas allé de main morte pour éviter toute lettre morte.» Donc, nous
sommes en action, nous avons bougé.
Il
y a eu un rehaussement de 19,5 millions sur cinq ans, quand même, 19,5
millions sur cinq ans qui a été accordé à la Commission d'accès à
l'information pour lui donner le levier financier nécessaire pour assumer
pleinement les nouvelles responsabilités octroyées suite à l'adoption des
projets de loi 64, 53, 79, 82, 95. Donc, tu sais, il ne faut pas penser,
là, qu'on est assis les deux pieds sur le pouf puis qu'on n'améliore pas
l'accès à l'information.
Là, je vous ai
mentionné cinq lois votées, dans la précédente législature, par ce
gouvernement-ci, qui visent davantage de
transparence. Puis je vous dis qu'on a rajouté 19,5 millions sur cinq ans.
Pour prendre la mesure de l'ajout de
19,5 millions, là, ce que ça représente, il faut voir d'où part le
financement de la Commission accès à l'information. Si on a un budget de
200 millions puis on rajoute 19 millions, on peut dire : Bien,
c'est sympathique, mais on parle de 6 millions. Quand on parle de
6 millions de budget puis qu'on rajoute 19,5 millions sur cinq ans...
sur cinq ans, je le précise, c'est quand même considérable, considérable.
Les...
Le
Président (M. Bachand) :
...
M. Roberge : Bien,
je vais revenir, c'est correct.
Le
Président (M. Bachand) : Merci. Mme la
députée, s'il vous plaît.
Mme
Setlakwe : Merci. Donc, oui, oui, on entend que vous estimez que le
19,5, c'est beaucoup, puis vous le mettez en relation avec un budget de
6 millions, mais j'entends tout de même, de la part de la présidente, que
ce n'est pas suffisant étant donné les
nouvelles responsabilités, puis il y en a d'autres qui s'en viennent. Là, on
n'a pas trop parlé, là, du manque d'effectifs. Est-ce que les effectifs
sont suffisants pour remplir votre mandat? Mme la...
Le
Président (M. Bachand) : Me Poitras? La
question est à Me Poitras?
Mme
Setlakwe : Oui, madame... Me Poitras.
Le
Président (M. Bachand) : Oui. Me Poitras,
s'il vous plaît.
Mme Poitras (Diane) : J'inclus là-dedans, là, effectivement, les effectifs. L'essentiel des
nouvelles... des nouveaux budgets qui nous sont alloués vont à des
nouvelles ressources. Il y a possiblement, pour la prochaine année, un enjeu,
effectivement, au niveau des ETC, là, si c'est à ça que vous référez.
Le
Président (M. Bachand) : Mme la députée.
Mme
Setlakwe : Les besoins supplémentaires estimés sont bien à
79 personnes?
Mme
Poitras (Diane) : Oui.
Le
Président (M. Bachand) : Allez-y, Mme la
députée.
Mme Setlakwe :
Sur une équipe de...
Mme
Poitras (Diane) : ...nous étions à peu
près 80. C'est presque de doubler.
Mme
Setlakwe : Simple au double?
Mme Poitras (Diane) : On était 80. On avait déjà... L'année dernière, on avait déjà commencé
les embauches. Aujourd'hui, on est 93 environ.
Mme
Setlakwe : M. le ministre, j'entends qu'il manque beaucoup de monde à
la CAI. Page 97 : «Au cours de l'exercice 2022-2023, la
commission a reçu 320 plaintes et ouvert deux enquêtes à son initiative. Il
s'agit d'une hausse de 92 % par rapport
au dernier exercice où le nombre de plaintes était de 168.» Comment on explique
tout ça?
Le
Président (M. Bachand) : Merci beaucoup.
M. le ministre, s'il vous plaît.
M. Roberge : Je
voudrais juste compléter, parce que, tout à l'heure, je n'ai pas...
Mme
Setlakwe : Oui, vous avez raison.
M. Roberge :
Me Poitras a apporté des éléments pertinents, là. Je ne remets pas ça en
question, mais je veux juste compléter quand même. On a ajouté 23... on parle
de millions de dollars, mais, en réalité, il faut parler aussi de personnes qui font le
travail, 23 personnes équivalent à temps plein, là, les fameux ETC. Cette
année, on en ajoute 12 autres avec les fonds des budgets
précédents. Juste dire qu'au gouvernement on ne dit pas : C'est terminé,
il n'y en aura pas d'autres, rehaussements,
d'aucune manière, c'est fermé. On n'a pas une attitude de fermeture du tout, du
tout, simplement qu'il y avait comme une grosse bouchée à absorber.
Ce n'est pas évident
aussi de faire de la dotation de postes en ce moment, hein? Il y a des
ministères et organismes qui affichent des postes et que, des fois, c'est
difficile à embaucher. Vous savez, des fois, même si on envoyait 50 ETC de plus, seraient-ils comblés en quelques mois ou même
en une année? Ce n'est pas aussi simple que ça, aussi, de faire de la
dotation de postes en période de pénurie de main-d'oeuvre.
Le
Président (M. Bachand) : Merci. Mme la
députée.
Mme
Setlakwe : En effet, mais on entend quand même un peu deux discours en
parallèle, là, tu sais, que vous en faites, c'est difficile, mais là on entend
aussi qu'il manque vraiment beaucoup de monde dans l'équipe pour remplir le
mandat.
M. Roberge : ...si
vous permettez, M. le Président...
Le
Président (M. Bachand) : Allez-y, M. le ministre.
M.
Roberge : Brièvement, si ma
collègue a... Quand on est dans les premières années, aussi, de modifications législatives, c'est normal qu'il y
ait un boom, qu'il y ait un accroissement important. Il faudra voir
aussi si, dans le temps, cette
augmentation-là dure. Et encore une fois, je le répète, si on constate, en
réalité, qu'il faut aller plus loin, on se reposera la question. Puis
d'aucune manière, là, je ne dirai que, dans les budgets à venir, il n'y aura
rien de plus pour la Commission d'accès à l'information. C'est une mission
importante, puis on le reconnaît pleinement.
Mme
Setlakwe : Bien, juste pour revenir à ma question initiale sur le
nombre d'enquêtes puis de plaintes, Me
Poitras, donc, est-ce que c'est... qu'est-ce qui explique ça, là? C'est peut-être
dû, justement, à ce qu'on disait, à une réforme tant nécessaire de la loi d'accès. Ces plaintes-là traitent...
est-ce qu'elles traitent souvent du même sujet? Qu'est-ce qui explique
cette augmentation de 92 %?
Le
Président (M. Bachand) : Merci. Me
Poitras, s'il vous plaît.
Mme Poitras (Diane) : En fait, il y a une portion de ces 320 qui concerne... qui sont toutes
des plaintes contre... pour la même situation, la même entreprise, 97,
mais il reste que c'est quand même une... même sans ce... toutes ces plaintes
pour une même situation, il reste que c'est quand même une augmentation par
rapport à ce qu'on avait l'année dernière.
Je
ne suis pas en mesure de vous dire, outre ça... L'hypothèse qu'on fait, c'est
qu'on a beaucoup parlé de protection des
renseignements personnels. C'est un sujet qui est de plus en plus connu. Les
gens sont de plus en plus sensibilisés.
On voit qu'on a de plus en plus de
plaintes par rapport à des situations de la vie quotidienne qu'on n'avait
peut-être pas avant.
Le
Président (M. Bachand) : Merci. M. le
ministre, peut-être, en complément, rapidement.
M. Roberge : Oui.
Donc, ce que je comprends, c'est que, s'il y a deux tiers de la hausse des
plaintes qui sont liés à une seule entreprise, si on règle le cas précisément
d'une entreprise, je dirais que ça vient mettre les choses en perspective,
aussi, là.
Le Président
(M. Bachand) : Mme la députée, s'il vous
plaît.
Mme
Setlakwe : Merci. Page 99, les organismes publics faisant l'objet
de demande d'enquête dont le délai de
traitement est plus long que 24 mois. Au 31 mars 2023, donc tout
récemment, il y a 20 organismes publics qui font l'objet d'une
demande d'enquête que le délai de traitement est plus long que 24 mois. Ce
chiffre-là de 20 se compare à huit l'an
dernier, donc c'est une augmentation de 12. Pourquoi est-ce qu'il y a eu une
telle augmentation, si significative? Puis l'enquête révèle quoi?
Le
Président (M. Bachand) : M. le ministre.
M. Roberge : C'est
quelque chose qui n'est pas acceptable, d'accord? On va le dire très
clairement. Nous, on se commet à améliorer les choses. On ne veut pas avoir des
délais qui augmentent puis avoir plus d'organismes qui ont des délais plus
longs. Puis c'est pour ça qu'on est en action, c'est pour ça qu'on a adopté
plusieurs lois, c'est pour ça qu'en ce
moment on édicte des règlements puis c'est pour ça qu'on va vers la divulgation
proactive dont je vous parlais tout à l'heure, tu sais.
Je
veux dire, le budget, à la page B.33, le montre très, très clairement, là,
on se commet à aller vers la divulgation proactive d'informations pour
ne plus que ça arrive. Parce que, comme ministre, là, laissez-moi vous dire que
ce n'est pas quelque chose qui me plaît.
Puis on va s'engager dans la direction, communiquer avec les gens qui
s'occupent de ça pour ramener les délais puis diminuer ceux qui sont sur cette
liste.
Le Président (M. Bachand) : Merci.
Mme la députée.
Mme Setlakwe :
Merci. Un autre constat
intéressant, à la page 119, la liste des divulgations proactives
concernant un incident de sécurité impliquant des renseignements personnels. La
commission a reçu énormément d'avis. On parle d'une augmentation de
221,5 %, un certain nombre dans le secteur privé, d'autres dans le secteur
public.
Auparavant, les
déclarations d'incident étaient volontaires. Là, tout ça est décliné sous
différents types. Je remarque, à la page 120, qu'il y en a un quart, donc,
quand on parle de la cause des incidents, un quart parle de cyberattaque ou
concerne des cyberattaques. C'est énorme, 24 %, donc près d'un quart.
Est-ce
qu'on peut... est-ce qu'on peut faire mieux, M. le ministre? Puis il me semble
qu'on... Est-ce qu'on peut présumer
que ces constats-là ne vont pas s'en aller en diminuant, ça pourrait être
encore pire? On parle de cyberattaques. Moi, ça m'inquiète.
• (12 h 30) •
Le
Président (M. Bachand) : Merci. M. le
ministre.
M. Roberge : Bien,
je veux juste dire qu'avant la divulgation de cette information-là était
facultative. Maintenant, ces problèmes-là doivent être signalés, doivent être
rendus publics. Donc, il faudra voir, on n'a pas un historique, là, depuis l'arrivée des nouvelles règles, pour voir si
vraiment c'est qu'il y a une augmentation de ces incidents-là ou c'est
simplement parce que c'est la première fois, maintenant, que la divulgation est
obligatoire, donc ça nous fait croire à une aggravation d'une problématique,
alors que, pour la première fois, on la documente correctement.
Le
Président (M. Bachand) : ...une
quarantaine de secondes.
Mme
Setlakwe : Oui, merci. Il me reste combien de temps?
Le
Président (M. Bachand) : ...
Mme
Setlakwe : Ah! OK. Je voulais qu'on parle, évidemment, de biométrie.
Ça, c'est un sujet qui inquiète beaucoup les Québécois, l'utilisation de la
biométrie. C'est tellement sensible, et j'aimerais vous entendre là-dessus, là. Il y a eu des enquêtes. Il faut maintenant
démontrer... Il faut que les entreprises démontrent que c'est une
nécessité. Aux pages 121, 122, on avait la liste des divulgations des
banques, des caractéristiques ou de mesures biométriques. Il y a une augmentation significative. Moi, je
vois, dans la liste, CHU Sainte-Justine, des CISSS. J'aimerais savoir
pourquoi on retrouve ces institutions publiques là. J'aimerais vous entendre
là-dessus.
Le Président (M. Bachand) : Malheureusement, le bloc est terminé. Je suis désolé. Mme la députée de
Laval-des-Rapides, s'il vous plaît.
Des voix : ...
Le
Président (M. Bachand) : OK. Fabre,
excusez-moi, désolé. J'étais mêlé dans mes papiers, désolé.
Mme Abou-Khalil : Alors, c'est à moi... Ce
n'est pas loin. Merci, M. le Président. Je salue tous mes collègues du
gouvernement, confondus, ainsi que l'équipe du ministre.
M.
le ministre, la protection des renseignements personnels consiste à assurer que
les informations personnelles des individus sont stockées, utilisées et
communiquées d'une manière sûre et sécurisée car les fuites de données peuvent causer de graves préjudices aux individus
et aux organismes concernés. Et malheureusement, comme on le sait tous, malgré les mesures de la sécurité mises en
place, les fuites de données ne cessent pas de se reproduire. Il s'agit
d'un fléau qui touche de plus en plus de personnes chaque année. Alors, pour
des raisons très cruciales, c'est crucial que le gouvernement mette des mesures
en place pour protéger nos données, notamment en mettant en place la politique
pour la sécurité, comment sécuriser les données, des données robustes, en
utilisant des technologies de cryptage et en formant leur personnel à la
sécurité des données, et ce, en mode continu.
Alors,
ici, au Canada, plus spécifiquement chez nous, au Québec, on n'a pas été
épargnés de ces fuites-là. Comme vous
le savez probablement, les fuites de données ont touché Desjardins, U-Haul,
Equifax et plusieurs autres entreprises de différents secteurs. À
l'instar de l'Europe, le Québec s'est doté d'une loi pour la protection des
renseignements personnels, nos renseignements personnels. Alors, d'après vous,
quel effet cette loi a eu pour nos citoyens?
Le
Président (M. Bachand) : M. le ministre.
M. Roberge : Merci. Bien, je remercie ma collègue de nommer un
problème, là. Il y a eu des fuites de données dernièrement, il ne faut pas se mettre la tête dans le sable, et elle a
donné des exemples qui ont inquiété les Québécois, qui ont ébranlé la
confiance de certains Québécois. Parce que, pour ouvrir des comptes, pour faire
affaire avec des institutions, on n'a pas le
choix, évidemment, de s'identifier. C'est une mesure qui nous protège, pour ne
pas que quelqu'un d'autre s'identifie à notre place puis accède à nos
choses, mais en s'identifiant, on donne de l'information. Donc, c'est un petit peu un cercle vicieux, puis il
fallait donc moderniser notre manière de travailler. Le gouvernement
fédéral avançait dans cette direction-là, mais peut-être pas à la vitesse qu'on
souhaitait. C'est pour ça que le gouvernement a agi de manière proactive, en
s'inspirant des meilleures pratiques européennes.
Donc, je vous disais tout
à l'heure, quand on avance dans un sujet qui est aussi complexe, on ne peut pas
simplement y aller, là, avec notre réflexion
personnelle. Il faut consulter les entreprises d'ici, qui vont être touchées,
les grands joueurs, puis il faut aussi faire
le tour de ce qui se passe sur la planète, parce que d'autres, parfois, avant
nous se sont positionnés. Puis c'est
ce qui nous a amenés à déposer, à étudier, à amender, lors de l'étude, là,
article par article...
On travaille
en collégialité, hein? Puis s'il y a des gens qui nous écoutent, là, le travail
du gouvernement, ce n'est pas la
période de questions, hein? C'est le travail qu'on fait ici, en commission, en
collégialité, pour essayer de donner les réponses précises à ceux qui nous écoutent. Puis en commission
parlementaire d'un projet de loi, l'étude article par article, il y a des
débats, comme ça, qui sont constructifs. On accepte des propositions
d'amendements puis on le bonifie. Ça a été
le cas de cette loi-là comme des autres, ça nous a donné ce qu'on a appelé, des
fois, le projet de loi n° 25, mais, à la fin, ça a été la loi n° 64, Loi modernisant
les dispositions législatives en matière de protection des
renseignements personnels.
Tout à
l'heure, j'expliquais qu'on est en train d'implanter cette loi-là, et beaucoup
d'entreprises, d'ailleurs, sont touchées. Certains sont très contents
parce qu'on les aide, on leur donne des balises qui vont les protéger. Aucune entreprise ne veut mettre à risque les données de
ses clients balises qui vont les protéger. Aucune entreprise ne veut
mettre à risque les données de ses clients
puis, après ça, faire face à l'opinion publique, hein? On appelle ça le fameux
risque réputationnel. Il n'y a aucune grande
institution qui veut être coincée puis faire la une des journaux en voyant son
nom accolé à côté de fuites de données.
Donc, la loi leur montre la voie à suivre, leur donne des obligations et des
responsabilités qui peuvent être perçues comme des contraintes, mais moi, je
pense que c'est des opportunités pour eux de protéger leur risque
réputationnel, de protéger leurs clients, les gens qui leur font confiance.
Et cette
loi-là d'ailleurs aussi confie un rôle spécifique à la Commission d'accès à l'information. La commission a maintenant la
responsabilité, le rôle, d'accompagner les entreprises, puis ça, c'est
important comme transformation. La
Commission d'accès à l'information n'est pas la police de l'accès à
l'information, comme l'Office québécois de la langue française n'est pas la police de la langue française. Oui, ils
ont un rôle de surveillance, évidemment, mais ils ont aussi un rôle d'accompagnement, parce que les gens, là, la plupart
du temps, sont de bonne foi. Ils veulent bien faire les choses, veulent connaître les règles, les obligations, la
loi, ils veulent aussi qu'on les aide à s'acquitter de leurs
responsabilités.
Donc, on est
dans cette transformation-là. Je fais le parallèle avec l'Office québécois de la langue française, même chose
avec la Commission de l'accès à l'information, pour aider les entreprises à se
moderniser. Cette loi-là modernise, donc, l'encadrement applicable à la protection des
renseignements personnels dans diverses lois. C'est une loi qui modifie d'autres lois aussi, dont la loi sur l'accès aux
documents des organismes publics, et la loi à la protection des renseignements
personnels, puis la Loi sur la protection des renseignements personnels dans le
secteur privé. Donc, ces deux éléments-là...
Je pourrais continuer encore, mais je veux voir
si vous avez une question complémentaire ou alors je peux...
Mme Abou-Khalil : Non, ça va. Merci.
M. Roberge : Je vais poursuivre à ce
moment-là?
Mme Abou-Khalil : Oui.
• (12 h 40) •
M. Roberge : Très bien. Parce que la
loi introduit, à ces deux lois-là... la nouvelle loi introduit aux deux lois dont je vous ai parlé, des règles qui concernent
le traitement des incidents affectant la confidentialité des
renseignements personnels, autant par les
organismes publics que les entreprises. La loi oblige aussi ces organismes-là,
les entreprises, à publier les règles
qui encadrent la gouvernance à l'égard des règlements... à l'égard des
renseignements personnels ou des informations
qui sont relatives aux politiques, aux pratiques qui encadrent la gouvernance.
Et ça, c'est quelque chose qui vient
rassurer les gens aussi. C'est important de le mentionner, il y a... vous
savez, des fois, on dit... justice, apparence de justice, bien, il faut qu'il y ait protection des renseignements
personnels puis apparence de protection des renseignements personnels,
démonstration que les gestes sont faits.
La loi
introduit aussi l'exigence qu'une évaluation des facteurs relatifs à la vie
privée soit réalisée en certaines circonstances,
notamment à l'égard de tout projet d'acquisition, de développement et de
refonte de systèmes d'information ou
de prestations électroniques de services qui impliquent la collecte,
l'utilisation, la communication, la conservation ou même la destruction
des renseignements personnels. Donc, l'exigence d'une évaluation des facteurs,
ce que ça veut dire, c'est qu'il ne faut pas
jouer à l'apprenti sorcier. La loi précise maintenant qu'avant de poser le
geste de créer une banque ou de fusionner une banque de données, il faut
d'abord évaluer les facteurs de risque. Et ça, c'est très, très
important, parce qu'avant... bien, je ne vous dis pas que les entreprises
jouaient aux apprentis sorciers, mais ce que je veux dire, c'est qu'elles n'étaient pas obligées. On pouvait, supposons,
aller dans une direction puis peut-être se rendre compte, oups, il y a
eu une fuite, oups, il y a eu une brèche, corrigeons la brèche. Ça, ça a amené
des problèmes. Et là je vois que ma collègue a peut-être une question de
relance.
Mme Abou-Khalil : Bien, juste une
clarification. Quand on parle ou qu'on demande la divulgation, quand il y a une
brèche... pardon, l'imputabilité, elle est où, là-dedans... est imputable s'il
ne renonce pas en disant que j'ai une brèche, la loi, est-ce que... encadre ça aussi?
M. Roberge : Oui. Une entreprise ou
un organisme doit divulguer. Il y a une obligation ici, là, de divulguer. On ne
peut pas cacher l'information, on pourrait s'exposer à des sanctions.
La loi précise aussi
des exigences qui sont relatives au consentement qui est requis préalablement à
la collecte ou à l'utilisation d'une
information ou d'une donnée personnelle. Donc, on doit d'abord demander au
citoyen, au consommateur,
au membre, s'il est d'accord à transmettre cette information-là plutôt qu'après,
donc c'est une information importante. La loi prévoit qu'un organisme
public ou une entreprise qui demande par écrit un consentement doit le faire
distinctement de toute autre information. Donc, on appelle à un consentement
qui est libre et éclairé. Donc, il ne faut pas que ce soit, là, dans un
amalgame de demandes, il faut qu'il y ait une demande distincte. J'ai besoin de
cette information-là. Maintenant, est-ce que vous acceptez que je conserve
cette donnée-là? Est-ce que vous acceptez que, que, que... Il faut que ce soit très, très clair. La loi exige
l'obtention aussi du consentement du titulaire de l'autorité parentale
ou du tuteur, quand on... quand ça concerne quelqu'un de moins de 14 ans.
On n'avait pas cette balise-là préalable.
Ce qu'il y a
d'intéressant aussi, c'est qu'on redonne le pouvoir aux Québécois sur sa
donnée. En réalité, la donnée... Notre identité nous appartient à nous, elle
n'appartient pas à l'entreprise qui possède ma photo, ma date de naissance,
etc. Donc, c'est le citoyen qui est propriétaire de sa donnée. Ça, c'est
important, ça, c'est un changement important. Donc, je peux la prêter, je peux
la donner, mais je peux aussi la retirer en tant que citoyen. Donc, ça, je vous
dirais, ça responsabilise.
Le
Président (M. Bachand) : En terminant,
s'il vous plaît.
M. Roberge : Donc,
je vais terminer puisque le président m'invite à terminer. En un mot, je veux
remercier les collègues pour le grand, grand sérieux puis la manière dont on a
travaillé. J'ai travaillé... je n'ai senti d'aucune manière un piège, une
attaque. J'ai senti juste une volonté d'avoir des informations qui soient
précises puis de mieux protéger les Québécois. Je remercie chacune des
personnes qui ont participé à cette commission. Merci beaucoup.
Adoption des crédits
Le Président (M. Bachand) : Merci beaucoup. Donc, le temps alloué à l'étude du volet Accès à
l'information des crédits budgétaires du
portefeuille Conseil exécutif étant presque écoulé, nous allons maintenant
procéder à la mise aux voix des crédits.
Est-ce que le
programme I, intitulé Cabinet du lieutenant-gouverneur... est-il adopté?
Des voix :
Adopté.
Des voix :
Sur division.
Le
Président (M. Bachand) : Sur division.
Le programme V,
intitulé Institutions démocratiques, accès à l'information et laïcité, est-il
adopté?
Des voix :
Adopté.
Des voix :
Sur division.
Le
Président (M. Bachand) : Sur division.
Le programme VI,
intitulé Internet haute vitesse et projets spéciaux de connectivité, est-il
adopté?
Des voix :
Adopté.
Des voix :
Sur division.
Le
Président (M. Bachand) : Sur division.
Adoption de l'ensemble des crédits
Finalement, l'ensemble des crédits budgétaires du
portefeuille Conseil exécutif pour l'exercice financier 2023-2024,
est-il adopté?
Des voix :
Adopté.
Des voix :
Sur division.
Le
Président (M. Bachand) : Sur division.
Documents déposés
En terminant, je dépose
les réponses aux demandes de renseignements de l'opposition.
Et, compte tenu de
l'heure, la commission suspend ses travaux jusqu'à 15 heures où elle va
entreprendre l'étude des crédits budgétaires du portefeuille Sécurité publique.
Merci.
(Fin de la séance à 12 h 44)