Journal des débats de la Commission des institutions
Version préliminaire
43e législature, 1re session
(29 novembre 2022 au 10 septembre 2025)
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Le
mercredi 17 avril 2024
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Vol. 47 N° 61
Étude des crédits budgétaires du ministère du Conseil exécutif, volet Conseil exécutif
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Intervenants par tranches d'heure
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Bachand, André
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Tanguay, Marc
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Legault, François
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Legault, François
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Tanguay, Marc
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Bachand, André
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Nadeau-Dubois, Gabriel
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Tanguay, Marc
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Legault, François
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Bachand, André
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Bourassa, Kariane
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Asselin, Mario
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Legault, François
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Tanguay, Marc
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Bachand, André
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Nadeau-Dubois, Gabriel
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Legault, François
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Tanguay, Marc
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Bachand, André
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St-Pierre Plamondon, Paul
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Tanguay, Marc
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Legault, François
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Bachand, André
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Nadeau-Dubois, Gabriel
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Legault, François
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Tanguay, Marc
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Bachand, André
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Poulin, Samuel
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Lemieux, Louis
14 h 30 (version révisée)
(Quinze heures)
Le Président (M.
Bachand) :Alors, bonjour, tout le monde.
À l'ordre, s'il vous plaît! Ayant constaté le quorum, je déclare la séance de
la Commission des institutions ouverte.
La commission est réunie afin de procéder
à l'étude du volet Conseil exécutif des crédits budgétaires du portefeuille
Conseil exécutif pour l'exercice financier 2024‑2025. Une enveloppe de trois
heures a été allouée pour l'étude de ces crédits.
Avant de débuter, M. le secrétaire, y
a-t-il des remplacements?
Le Secrétaire : Oui, M. le
Président. Mme Schmaltz (Vimont) est remplacée par M. Poulin
(Beauce-Sud); M. Morin (Acadie) est remplacé par M. Tanguay
(LaFontaine); et M. Zanetti (Jean-Lesage) est remplacé par M. Nadeau-Dubois
(Gouin).
Le Président (M.
Bachand) :Merci beaucoup. Cela dit, je
dépose les réponses aux demandes de renseignements de l'opposition du volet
Relations avec les Québécois d'expression anglaise.
Cela dit, il me fait plaisir de vous
présenter le premier bloc, avec l'opposition officielle pour 18 min 13 s.
M. le député... chef de l'opposition officielle, s'il vous plaît.
M. Tanguay : Merci beaucoup, M.
le Président. D'abord, vous saluer. Heureux de vous retrouver. On a toujours
bien travaillé ensemble, dans différents projets de loi, puis je le dis
sincèrement. Merci beaucoup. Bravo pour ce que vous faites! Je trouve, vous
faites un très bon travail comme président de nos commissions parlementaires.
La table, celles et ceux qui vous accompagnent. M. le premier ministre, bonjour.
Bon après-midi. Celles et ceux qui vous accompagnent, collègues de la banquette
ministérielle et mon collègue de la deuxième opposition. Voilà.
M. le premier ministre, vous nous avez
toujours dit : Vous nous jugerez sur les résultats, et nous... force est
de constater que la majorité des résultats sont plutôt négatifs que positifs.
Alors, question : Allez-vous être candidat lors des prochaines élections
générales?
Le Président (M.
Bachand) :M. le premier ministre, s'il
vous plaît.
M. Legault : Ça commence. Oui.
Bonjour...
M. Tanguay : Ça commence
tranquillement.
M. Legault : Bonjour, M. le
Président. Merci d'être là. Ça commence fort. À mon tour, bien, je veux saluer
le chef de l'opposition officielle, le chef du deuxième groupe d'opposition, la
secrétaire générale, donc la patronne de tous les fonctionnaires, mon directeur
de cabinet puis toutes les personnes qui sont avec nous, évidemment mes
collègues de... du caucus de la CAQ.
Bien, écoutez, on... la question du chef
de l'opposition, c'est : Est-ce qu'on a réussi, là? Est-ce qu'on... Comment
qu'il disait ça? Est-ce que... On nous jugera sur les résultats. Bon.
Évidemment, on pourrait les prendre un par un, les différents secteurs, mais
disons que le secteur où je suis le plus fier, c'est l'économie. On a réussi à
réduire notre écart de richesse par rapport au reste du Canada, ce qui n'avait
pas été fait pendant les 15 années libérales. On a réussi à augmenter le
salaire moyen de plus que le reste du Canada. On a commencé à développer une
filière batterie qui est très, très prometteuse. Donc, bon, est-ce qu'il va
rester du travail à faire pour un troisième mandat? Oui. Et, oui, je serai
candidat.
M. Tanguay : Considérez-vous
que vous méritez un troisième mandat?
M. Legault : Bon. Ça va me
donner la chance de continuer dans mes autres priorités. J'ai parlé de l'économie.
On pourrait parler de l'environnement aussi. Quand on regarde du côté de l'environnement
puis qu'on se compare avec les 59 autres États et provinces en Amérique du Nord,
le Québec est l'État où il y a le moins de GES par habitant puis qui a aussi...
puis on a mis en place...
15 h (version révisée)
M. Legault : ...le Québec est
l'État où il y a le moins de GES par habitant, puis qu'il a aussi... Puis on a
mis en place un plan pour une économie verte, on a le plan qui est le plus
ambitieux en Amérique du Nord. Donc, en environnement aussi je pense qu'on peut
dire que les résultats sont là. En matière d'identité, bien, on a adopté loi n° 21, loi n° 96, donc on a posé
des gestes pour défendre notre langue, défendre notre culture. Et, bien, je
pourrais continuer sur les autres sujets.
M. Tanguay : Ma question est
toute simple : Considérez-vous que vous méritez un troisième mandat?
M. Legault : Oui, oui, sans
être arrogant. Puis, je dirais, pas juste moi, là, toute l'équipe de la CAQ, on
a un groupe, là, de députés qui se consultent. C'est ce soir, notre caucus.
Donc, on s'aide entre nous, on travaille ensemble. C'est sûr que, dans le
premier mandat, on a vécu, comme partout ailleurs dans le monde, une pandémie.
On a mis en place des mesures sévères qui, selon les spécialistes, nous ont
fait sauver entre 10 000 et 20 000 décès. Et, bien, on est
encore en rattrapage, mais quand on se compare, on se console.
M. Tanguay : Alors, votre
niveau de consolation vous fait vous mettre quelle note sur 10?
M. Legault : Bien, écoutez,
là, on est-tu à Génies en herbe?, ou je ne sais pas, là. Mais ce n'est
pas à moi de me donner une note, là, c'est aux Québécois de me donner une note.
Ils m'en ont donné une en 2018, une en 2022, puis la prochaine, ça va être en
2026.
M. Tanguay : Donc, vous n'êtes
pas capable de vous dire... de dire si vous avez une note de passage, ne
serait-ce?
M. Legault : Bien, écoutez,
comme je vous dis, je pense que, dans le contexte où on a eu une pandémie, avec
modestie, je dirais que je ne pense pas que le chef de l'opposition officielle
aurait fait mieux.
M. Tanguay : Depuis un an et
demi, vous vous donnez la note de passage, depuis la dernière élection
générale?
M. Legault : Écoutez, je le
répète, ce n'est pas à moi à me donner une note, c'est aux Québécois, là. Je ne
peux pas à la fois être celui qui juge et celui qui est jugé.
M. Tanguay : Northvolt, si c'était
à refaire, qu'est-ce que vous feriez de différent?
M. Legault : Écoutez, d'abord,
c'est une grande fierté, Northvolt, puis je pense qu'il faut regarder ça dans
son ensemble. Il n'y a pas seulement Northvolt, mais il y a aussi GM, il y a
aussi Ford. Regardons ce qu'on a fait, d'abord, à Bécancour. Je me rappelle,
quand j'étais dans l'opposition, d'avoir visité le parc industriel de Bécancour,
il était vide. Actuellement, il est plein. C'est le parc industriel le plus
grand au Canada, pourtant. Donc, on a GM, on a Ford, on a Northvolt. On parle d'investissement
de 16 milliards de dollars puis on parle de retombées, à termes, de 9 milliards
par année.
M. Tanguay : M. le Président,
ma question est simple : Northvolt, il y a-tu de quoi... Ça se peut que la
réponse soit «rien». Northvolt, dans le dossier, il y a-tu de quoi de
différent, si pouviez refaire... que vous feriez différemment? Northvolt. Ça se
peut que ce ne soit rien.
M. Legault : Bon, écoutez, je
pense qu'on a réussi à convaincre le gouvernement fédéral de mettre beaucoup d'argent
qui serait allé autrement en Ontario. Je pense aussi qu'on a les normes
environnementales les plus élevées. Donc, évidemment, il n'y a jamais rien de
parfait dans la vie...
M. Tanguay : Puis qu'est-ce
que vous referiez?
M. Legault : ...il n'y a
jamais rien de parfait. Mais, dans le contexte de compétition internationale où
la Suède bâtit des usines de batteries, l'Allemagne bâtit des usines de
batteries, l'Ontario construit des usines de batteries, bien, je trouve qu'on a
pris notre place. Ça n'a pas été toujours le cas dans l'histoire du Québec. On
se souvient que les manufacturiers automobiles s'étaient surtout installés en
Ontario. Donc là, on a réussi à avoir les GM, les Ford, les Northvolt au
Québec. Donc, de façon générale, je suis satisfait.
M. Tanguay : Et vous n'êtes
pas capable d'identifier une seule chose que vous feriez différemment, c'est ce
que j'entends, pour Northvolt, c'est ça?
M. Legault : Bien, écoutez,
on peut toujours s'améliorer.
M. Tanguay
: Comme
quoi?
M. Legault : On peut toujours
s'améliorer. Évidemment, ça a été une négociation. Donc, moi, je continue à
penser que le montant d'aide qu'on a donné à Northvolt est très inférieur aux
retombées attendues sur le projet de Northvolt. Maintenant, bon, est-ce qu'on
aurait pu négocier plus bas? Je pense que non, non, je ne pense pas, là, parce
que je pense qu'on l'aurait perdu à un autre État en Amérique du Nord.
M. Tanguay : Est-il sûr à
100 %, pour vous, qu'indépendamment de l'administration américaine, qui
pourrait changer, puis de la compétition nouvelle qui viendrait des États-Unis,
que, Northvolt, on ne risque pas de le perdre? <Êtes-vous 100 %
sûr...
M. Tanguay :
... qui
viendrait des États-Unis, que, Northvolt, on ne risque pas de le perdre? >Êtes-vous
100 % sûr de ça?
M. Legault : Bon, d'abord, il
y a un programme aux États-Unis qui s'appelle IRA, qui est très généreux pour
les entreprises. On a, avec le gouvernement fédéral, copié ce programme-là.
Mais ce programme-là prévoit que les sommes qui vont être données autant par le
gouvernement fédéral que le gouvernement du Québec vont être données
graduellement sur plusieurs années selon le nombre de batteries qui seront
produites. Donc, moi, je trouve que le risque est minime. Et c'est prévu dans
le contrat que, si le programme disparaît aux États-Unis, on fait la même
chose, et le fédéral et Québec.
M. Tanguay : Et vous n'avez
pas de garantie que, d'ici une couple d'années, on perdrait, le cas échéant,
Northvolt. C'est une possibilité qu'on le perde.
M. Legault : Bien, je vous
propose d'aller à McMasterville puis Saint-Basile-le-Grand, là, c'est
plusieurs, plusieurs terrains de football. La construction est commencée,
l'entreprise a investi 7 milliards. Je ne pense pas, là, qu'ils vont
commencer à déménager les usines. Puis en plus, bien, une des raisons pourquoi
ils ont choisi le Québec : à cause des ressources naturelles, entre autres
le lithium. Donc, je pense que Northvolt, GM et Ford sont ici pour rester. Puis
je vous invite à aller visiter les trois chantiers, vous allez voir que ça n'a
pas l'air des gens qui veulent déménager.
• (15 h 10) •
M. Tanguay : Bon, ça n'a pas
l'air. Allez-vous faire un remaniement ministériel cette année?
M. Legault : Il n'y a rien de
prévu.
M. Tanguay : OK.
Considérez-vous que tous vos ministres sont à la bonne place?
M. Legault : Bien, moi, je
suis très satisfait de l'équipe que j'ai au Conseil des ministres. J'en ai
connu d'autres, dans un autre parti, puis j'ai regardé, j'ai toujours suivi la
politique, et je me considère chanceux d'avoir les personnes... d'avoir réussi
à convaincre ces personnes-là, compétentes, de venir en politique. Donc, je
suis satisfait de mon Conseil des ministres.
M. Tanguay : Êtes-vous
également satisfait de chacun de vos ministres?
M. Legault : Bien oui, je
viens de dire que j'étais satisfait de l'ensemble, donc ça inclut chacun.
M. Tanguay : Pour notre Capitale-Nationale,
auriez-vous aimé ça avoir livré un grand projet? Puis là parlez-moi pas de la
place Samuel-De Champlain... la promenade Samuel-De Champlain ou de
pistes cyclables, là, un grand projet — ou des écoles — pour
la Capitale-Nationale. Vous n'auriez pas aimé ça livrer un grand projet?
M. Legault : Bon, d'abord, la
Capitale-Nationale a un des taux de chômage les plus bas au Canada. Donc, ça
veut dire, quand même, que les affaires vont bien. J'espère que vous avez
visité la promenade Samuel-De Champlain, c'est merveilleux d'avoir une
plage comme ça. On a la Caisse de dépôt qui dans deux mois va nous livrer une
étude sur un éventuel troisième lien entre Québec et Lévis et sur un transport
structurant. On a investi plus de 2,2 milliards pour des projets, entre
autres, en santé, l'agrandissement de l'Hôpital de La Malbaie, nouveau complexe
Enfant-Jésus. On a fait une annonce extraordinaire avec Davie, Davie qui, dans
le temps des libéraux, ne fonctionnait pas. On a ouvert six écoles, quatre
maisons des aînés. On vient d'annoncer aussi le pont d'Orléans, qui aurait dû
être fait depuis plusieurs, plusieurs années. Donc, je pense qu'il y a des
investissements qui sont importants qui ont été faits. Puis évidemment, selon
le rapport de la Caisse de dépôt, dans deux mois, bien, il pourrait y en avoir
d'autres, projets très importants.
M. Tanguay : OK. Mais là vous
êtes dans votre sixième année. Ma question est : N'avez-vous pas le début
du commencement d'un regret, dans votre sixième année, de ne pas avoir amorcé
un seul grand projet? Je parle d'un grand projet, là, je ne parle pas d'hôpital
puis d'école. Puis ne venez pas me dire : Ah! bien, ça, c'est des grands
projets. Ça, c'est partout au Québec, la nécessité des services essentiels.
Mais, pour notre Capitale-Nationale, vous n'avez même pas le début du commencement
d'un regret de dire : Oui, ce n'était pas prévu de même, en 2018, que,
dans notre sixième année, on n'aurait initié aucun grand projet?
M. Legault : Bien, écoutez,
on a chacun notre définition de «projet important». Moi, quand je dis qu'on a investi
2,2 milliards juste en santé, à Québec, dans la capitale nationale, déjà,
juste là, on pourrait arrêter là. Maintenant, on vient d'annoncer le pont de
l'Île-d'Orléans, qui va être 2,7 milliards. Il y a éventuellement d'autres
projets, peut-être, qui vont venir, suite à l'étude qui va être livrée en juin
par la Caisse de dépôt.
Je le répète, en économie, parce que c'est
ce qui est le plus important pour les gens de la Capitale-Nationale :
d'avoir des bons emplois, et, bien, écoutez, taux de chômage très, très bas, un
des plus bas dans tout le Canada. Donc, je pense que les gens qui vivent dans
la Capitale-Nationale sont quand même heureux des résultats.
M. Tanguay : OK. Ça n'arrête
pas de <bien aller. Et là...
M. Legault : ...même heureux
des résultats.
M. Tanguay :
OK. Ça
n'arrête pas de >bien aller. Et là, M. le Président, juste pour vous
préciser, puis pour le premier ministre, j'y vais de façon macro, et après ça,
dans les cinq autres blocs, on aura l'occasion d'aller dans chacun de ces
dossiers-là dans le détail. Je vais continuer.
Le premier ministre a des qualités. Quel
est son principal défaut? Est-ce qu'il est capable de faire une introspection
puis de nous dire ça?
M. Legault : Je pense...
J'entends les gens dire...
M. Tanguay : Qu'est-ce qu'ils
disent, justement?
M. Legault : Je ne suis pas
patient.
M. Tanguay : Non?
M. Legault : Je ne suis pas
patient, je suis... Hein, même la secrétaire générale aussi est d'accord. Je
suis quelqu'un qui veut des résultats à court terme, qui est têtu. À chaque
lundi, on se rencontre, et puis je reviens avec mes cinq priorités :
l'éducation, la santé, l'économie, l'environnement, l'identité. Donc, je
travaille sur ces cinq-là. Puis on a, de rattaché à chacune de nos cinq
priorités, des gestes concrets sur lesquels on travaille. Et je voudrais que ça
aille plus vite, mais, bon, c'est un gros paquebot. Donc, je pense que ça va
plus vite qu'il y a cinq ans et demi, mais il y a encore du travail à faire.
M. Tanguay
: Vous êtes
impatient, c'est votre principal défaut, vous dites, puis vous voulez... vous
êtes axé sur les résultats. Mais, depuis cinq ans et demi, vous devez être
l'homme le plus malheureux de la terre!
M. Legault : Bien, écoutez,
pendant 15 ans, le Parti libéral au gouvernement a maintenu l'écart de
richesse à 20 % avec le reste du Canada. Nous, on a réussi à le réduire à
16 %. C'est plus de 15 milliards, ça, par année de retombées
additionnelles. Donc, je pense qu'on peut quand même dire que c'est des
excellents résultats.
On a fait le choix d'augmenter de façon
importante les salaires des enseignants, donc, on a été... Puis ça, c'est
important aussi, dans toute l'histoire du Québec, ce n'était jamais arrivé
qu'un gouvernement donne des augmentations de salaire plus grandes à certains
employés. On donnait les mêmes augmentations à tout le monde. Bien, moi, je
pense que, si on croit vraiment que l'éducation, c'est la priorité, bien, il
fallait faire ce qu'on a fait dans les deux dernières négociations,
c'est-à-dire augmenter de façon plus importante les salaires des enseignants.
On a rajouté aussi... On est en train
d'ajouter des aides à la classe, on a ajouté aussi, dans le premier mandat,
plus de 2 000 orthophonistes, orthopédagogues. Donc, on a augmenté,
ce n'est quand même pas rien, M. le Président, depuis cinq ans et demi, le
budget de l'éducation de 50 %. Puis divisez ça comme vous voulez, là, sur
cinq ans, 50 % d'augmentation du budget de l'éducation, moi, je suis
vraiment fier de ça.
M. Tanguay : Dans la
catégorie... Parce que vous avez dit que la santé, c'était une de vos
priorités, je pense même que c'est la première que vous mentionnez. Dans la
catégorie Qui a raison, le ministre de la Santé, en février 2023, disait :
«On est chanceux — parlant de la santé — si ça prend trois
ans. L'agence de santé, ça va prendre des années.» Lui, il dit ça, le ministre
de la Santé. Puis, le 12 mars dernier, le ministre des Finances dit : «Je
m'attends à des améliorations dès le printemps.» Alors, en santé, qui a raison,
le ministre de la Santé ou les Finances?
M. Legault : Bien, je pense
qu'en santé, puis la secrétaire générale a été sous-ministre à la Santé, donc
c'est un dossier qu'elle connaît bien, il y a des résultats à court terme puis
des résultats à moyen terme. Parlons des résultats à court terme. Quand on est
arrivés, en 2018, le Parti libéral nous avait laissé un bilan où il y avait 6 400 000 Québécois
qui avaient accès à un médecin de famille ou à un GMF. Aujourd'hui, il y a 7 millions
de Québécois qui ont accès à un médecin de famille ou un GMF. Donc, on a
augmenté de 600 000. En plus, on vient d'annoncer qu'à l'avenir les IPS,
donc les infirmières praticiennes, vont pouvoir agir dans un GMF sans
supervision par un médecin. Donc, on pense que ça va donner des résultats.
Maintenant, bien, on ne peut pas ignorer
qu'il y a eu une pandémie, qu'il y a du rattrapage à faire dans les chirurgies.
Ça nous a permis de sauver entre 10 000 et 20 000 vies pendant
la pandémie. Mais actuellement il y a encore du rattrapage à faire, comme à peu
près partout dans les autres provinces puis les autres États.
M. Tanguay : Parfait. Pour le
premier ministre, y a-t-il une différence entre une prise en charge par un
médecin de famille qui vous suit versus un guichet de rendez-vous, dont on a vu
la valeur hier avec mon collègue de Pontiac, où on n'est pas capable, dans bien
des cas, d'avoir des rendez-vous? Pour lui, là, fondamentalement, c'est-tu du
un pour un, une prise en charge par un médecin de famille et une liste de
rendez-vous, si vous êtes chanceux, cliquez, vous allez peut-être en avoir un?
Pour lui, est-ce que c'est la même chose?
Le Président (M.
Bachand) :Une minute, M. le premier
ministre.
M. Legault : Moi, je pense
que ce qui est le plus important, c'est une prise en charge. OK? Puis, quand je
dis «une prise en charge», quand on est arrivés, les libéraux prenaient en
charge seulement 6,4 millions de Québécois. Aujourd'hui, il y en a 7 millions,
de Québécois qui sont pris en charge. Maintenant, pour <ceux qui n'ont
pas de...
M. Legault :
...
7 millions, de Québécois qui sont pris en charge. Maintenant, pour >ceux
qui n'ont pas de médecins, donc dans le 2 millions qui restent, il y a un
guichet, il y a 1 million de rendez-vous qui ont été pris via ce
guichet-là. Et puis oui, il y a des ajustements à faire, oui, il y a des délais
à réduire dans le guichet. Mais notre objectif, c'est qu'éventuellement on augmente
le 7 millions de Québécois pris en charge, ce qui a été fait en partie
depuis qu'on a commencé, ce qui a été fait bien plus que quand il y avait les
libéraux au pouvoir.
Le Président (M.
Bachand) :15secondes.
M. Tanguay : ...la santé,
mais il est clair que le bilan libéral, en 2018, était meilleur pour la prise
en charge que le bilan de la Coalition avenir Québec. Et ce n'est pas vrai
qu'une prise en charge peut être remplacée par un registre de rendez-vous qui
ne marche pas. On reviendra.
Le Président (M.
Bachand) :Merci beaucoup. M. le chef de
la deuxième opposition, pour 12 min 8 s, s'il vous plaît.
M. Nadeau-Dubois : Merci, M.
le Président. Salutations, bien sûr, au premier ministre, au chef de
l'opposition officielle, à leurs équipes respectives et aux députés du
gouvernement qui sont présents avec nous aujourd'hui.
M. le premier ministre, à chaque fois
qu'on discute, vous et moi, de logement, puis ça nous arrive de temps en temps,
vous me répondez en parlant d'immigration, plus particulièrement d'immigration
temporaire. Donc, c'est de ce sujet-là que j'aimerais parler avec vous
aujourd'hui.
Les dernières statistiques font état de
560 000 immigrants sur le territoire du Québec. À Québec solidaire,
on est d'accord que c'est trop. Ce qui est intéressant, c'est que les deux
tiers de ces gens-là sont des travailleurs étrangers temporaires ou des
étudiants internationaux. Et la question que je me pose, c'est : Comment
on en est arrivé là? Regardons, depuis que vous êtes au pouvoir, les décisions
qui ont été prises par le gouvernement du Québec.
• (15 h 20) •
J'ai ici avec moi, aujourd'hui, le Plan
d'immigration du Québec 2020, vous le reconnaîtrez sûrement. À la page 5
de ce plan, on peut lire la phrase suivante, donc, dans les orientations du
gouvernement du Québec en matière d'immigration : «Appuyer les employeurs
de toutes les régions du Québec dans leur démarche de recrutement des
travailleurs étrangers temporaires afin d'en augmenter le nombre.» Donc, est-ce
que le premier ministre reconnaît qu'en 2020 son gouvernement avait comme
orientation l'augmentation du nombre d'immigrants temporaires au Québec?
M. Legault : Oui, bien, M. le
Président, je pense qu'il faut être prudent, là, mais je vais y aller un peu de
mémoire. Bon, il y a sept ou huit ans, on avait à peu près 100 0000 immigrants
temporaires ou ce qu'eux autres... ce que les spécialistes appellent des
non-permanents. On est rendus à 560 000. Regardons les catégories une par
une. D'abord, les demandeurs d'asile. On était à 20 000, on est rendus à
178 000 demandeurs d'asile. Bon, c'est la moitié des demandeurs
d'asile du Canada. On a posé pour l'instant, avec le gouvernement fédéral, deux
gestes pour réduire les demandeurs d'asile : un, on a fermé le chemin
Roxham; deux, on a convaincu le gouvernement fédéral de remettre en place un
visa pour les Mexicains. Mais ce ne sera pas suffisant, il va falloir aller
beaucoup plus loin. Ensuite, il y a à peu près 110 000 étudiants. Ensuite,
il y a des travailleurs temporaires. La majorité des travailleurs temporaires
sont choisis par Ottawa. Ce qu'on veut, ce qu'on veut, c'est d'être capables de
réduire ce nombre.
Le Président (M.
Bachand) :M. le député.
M. Nadeau-Dubois : Je comprends,
mais, aujourd'hui, c'est un exercice de reddition de comptes, puis je vous pose
des questions sur les gestes que vous avez posés comme premier ministre. En
2020, dans votre plan d'immigration, on peut lire : «Augmenter le nombre
de travailleurs étrangers temporaires.» Donc, est-ce que vous reconnaissez
qu'en 2020 votre gouvernement avait comme orientation d'augmenter le nombre
d'immigrants temporaires au Québec? Question simple.
M. Legault : Oui, bien,
écoutez, là, les travailleurs temporaires qui sont contrôlés par le
gouvernement du Québec, c'est un programme qui s'appelle PTET. OK? En 2021, il
y en avait 29 000; en 2022, il y en avait 41 000; en 2023, il y en
avait 65 000. Ces travailleurs-là sont importants, sont choisis par le
gouvernement du Québec. Le problème qu'on a, c'est que les travailleurs
temporaires qui sont choisis par le gouvernement fédéral, dans un programme qui
s'appelle PMI, bien, on est passé de 131 000 à 233 000. Donc, on a
une situation où le fédéral a beaucoup trop augmenté le nombre de travailleurs
temporaires. Et donc ce qu'on demande au gouvernement fédéral, c'est de
dire : Bien, est-ce que tout le PMI ne pourrait pas être contrôlé par le
gouvernement du Québec?
Le Président (M.
Bachand) :Merci. M. le chef de
l'opposition.
M. Nadeau-Dubois : Aux
dernières nouvelles, ce n'est pas Justin Trudeau que j'ai devant moi. Moi, je
souhaite qu'on discute des politiques du gouvernement du Québec. Vous le savez,
je suis d'accord avec vous, <pour que le Québec...
M. Nadeau-Dubois :
...politiques
du gouvernement du Québec. Vous le savez, je suis d'accord avec vous, >pour
que le Québec ait tous les pouvoirs en immigration. Mais ce n'est pas ça, le
sujet de notre échange aujourd'hui.
Dans votre plan, en 2020, le gouvernement
du Québec souhaite augmenter le nombre de travailleurs étrangers temporaires.
Dans le même... dans ce même plan, en 2021, à la page 6, on peut lire à
nouveau la même phrase : «Augmenter le nombre de travailleurs étrangers
temporaires.» Dans votre plan d'immigration, en 2022, à nouveau à la
page 6, je l'ai avec moi aujourd'hui, on peut lire la même phrase : «Augmenter
le nombre de travailleurs étrangers temporaires.» Dans votre plan 2023, à
la page 7, cette fois-ci, on peut lire : «Appuyer les employeurs de
toutes les régions du Québec dans leurs démarches de recrutement de
travailleurs étrangers temporaire afin d'en augmenter le nombre.»
Donc, 2020, 2021, 2022, 2023, quatre plans
du gouvernement du Québec où l'orientation est claire, on veut augmenter le
nombre de travailleurs étrangers temporaires au Québec. Ça, c'est dans les
programmes que vous contrôlez. En 2024, nouveau document, et cette fois-ci, à
la page 6, cette phrase disparaît. Ma question pour le premier ministre,
puis j'aimerais ça qu'il y réponde, qu'il ne parle pas de Justin Trudeau :
Pourquoi, pendant quatre ans, votre gouvernement avait comme orientation
d'augmenter les travailleurs étrangers temporaires au Québec, et que, tout d'un
coup, pouf! en 2024, cette orientation-là disparaît?
M. Legault : Bien, M. le
Président, effectivement, avec les besoins du marché du travail, on avait
besoin d'une augmentation. C'est pour ça que les travailleurs temporaires
choisis par le gouvernement du Québec sont passés de 29 000 à 65 000.
Si on s'était arrêté là, il n'y en aurait pas, de problème. Mais il faut
ajouter aux 65 000, 178 000 demandeurs d'asile,
233 000 travailleurs temporaires choisis par le gouvernement fédéral
et d'autres catégories. On en a 560 000. Donc, le problème, ce n'est pas
la catégorie qui est choisie par Québec, c'est ce qui est choisi par Ottawa.
M. Nadeau-Dubois : ...si je
comprends bien le premier ministre, il y a eu quatre ministres de l'Immigration,
entre 2019... entre 2020 et 2023, qui ont tous appliqué une orientation
d'augmenter l'immigration temporaire au Québec. Et ça, le premier ministre juge
que c'était une bonne orientation, c'était une bonne idée?
M. Legault : Bien,
d'augmenter le nombre de travailleurs temporaires de 29 000 à 65 000,
c'était une bonne orientation. Que le gouvernement fédéral nous amène à
560 000, bien là, ce n'est plus une augmentation, c'est une explosion. Et
c'est une explosion qu'on n'est pas capable d'assumer en santé, en éducation,
en logement.
M. Nadeau-Dubois : Je
comprends que le...
M. Legault : Puis toute la
question du français à Montréal, la question se pose. Contrairement à ce que
dit Québec solidaire, qu'il n'y en a pas, de problème...
M. Nadeau-Dubois : Je viens
de dire...
M. Legault : ...bien,
560 000, il y en a un, problème.
M. Nadeau-Dubois : M. le
premier ministre...
M. Legault : Ça ne vient pas
du Québec, ça vient d'Ottawa.
M. Nadeau-Dubois : M. le
premier ministre, l'immigration, c'est un sujet sérieux, puis il faut avoir des
débats de faits. Puis la deuxième phrase que j'ai prononcée, c'était il y a
quoi, M. le Président, il y a six minutes? C'était qu'on reconnaît que
560 000, c'est trop. Ça fait que je vais vous inviter à bien informer la
population québécoise sur les positions de ma formation politique et cesser de
dire que je dis que ce n'est pas un problème. On est entre nous, après tout. Je
viens de dire que nous reconnaissons, et nous l'avons fait depuis 2021, que
l'explosion de l'immigration temporaire au Québec, ce n'est pas souhaitable.
Cette précision étant faite, j'ai sous les
yeux trois communiqués de presse, 6 août 2021, 6 décembre 2021, 1ᵉʳ avril
2022, trois annonces du ministre de l'Immigration, à l'époque, qui se réjouit
d'avoir assoupli le programme québécois, donc le PTET, d'immigration pour les
travailleurs étrangers temporaires, en disant : C'est une bonne chose, il
faut augmenter les travailleurs étrangers temporaires. Trois communiqués de
presse.
Là, j'essaie de comprendre, M. le premier
ministre. Vous faites des conférences de presse où vous dites que l'immigration
temporaire, c'est un cataclysme pour le Québec. Vous dites que c'est la cause
numéro un de la crise du logement, que c'est en train de casser le Québec en
deux, si je prends un petit raccourci. Mais ce qu'on constate, c'est que,
depuis que vous êtes premier ministre, vous avez appliqué toute une série de
réformes, je viens d'en faire la démonstration, pour faire exploser
l'immigration temporaire au Québec.
Donc là, j'essaie de comprendre. Vous nous
dites que c'est un problème épouvantable et vous n'avez cessé, vous venez de le
reconnaître, preuves à l'appui... vous n'avez cessé de contribuer à
l'augmentation de l'immigration temporaire au Québec. Si c'était si un
cataclysme que ça, pourquoi vous avez continué à augmenter, dans vos <programmes
d'étudiants...
M. Nadeau-Dubois :
...cataclysme
que ça, pourquoi vous avez continué à augmenter, dans vos >programmes
d'étudiants... de travailleurs étrangers temporaires et d'étudiants étrangers...
pourquoi vous avez cessé d'augmenter les chiffres, si c'est si un cataclysme
que ça? Je ne comprends pas.
M. Legault : Bon, je vais
réessayer. Puis je suis certain, là, le chef du deuxième groupe d'opposition est
un homme intelligent, je suis certain qu'il va finir par comprendre. Dans le
programme qui est géré par le gouvernement du Québec, depuis deux ans, on est
passé de 29 000 travailleurs temporaires à 65 000. Par contre,
quand on ajoute tous ceux qui sont admis par le fédéral, incluant les
demandeurs d'asile, on est passé, au total, de 300 000 à 560 000. Ça
veut dire qu'il y en a 60 000 qui ont été choisis par le Québec, mais il y
en a 500 000 que ça vient d'Ottawa. Donc, je ne comprends pas que le...
je ne comprends pas que le chef de Québec solidaire ne comprenne pas que le
problème vienne d'Ottawa. Je sais que c'est quelque chose qui ne l'intéresse
pas, là, les champs de compétence, il dit : Ah! ce n'est pas important,
pour Québec solidaire, les champs de compétence. Mais le PTET, le programme
pour les travailleurs temporaires choisis par le gouvernement du Québec, est
passé depuis deux ans de 29 000 à 65 000. Donc, on est très loin du
560 000, où je dis : C'est une explosion qui n'a pas de bon sens.
Québec solidaire n'ose pas l'affirmer, ils ne veulent pas dire que ça crée la
majorité du problème de logement...
• (15 h 30) •
M. Nadeau-Dubois : Je viens
de le dire, je viens de le dire, je viens...
Le Président (M.
Bachand) :Merci beaucoup, M. le premier
ministre. Merci. 1 min 20 s, M. le...
M. Nadeau-Dubois : Oui.
Répéter des inexactitudes à répétition n'en font pas des faits exacts. Vous
avez fait augmenter, dans vos programmes, le nombre des immigrants temporaires
au Québec de 121 %. 121 %, c'est votre bilan. Et après vous nous
dites que c'est un cataclysme social. Et ça, c'est juste le passé, M. le
premier ministre. L'année dernière, votre gouvernement a dépensé
7,3 millions de dollars, en 2023, pour faire activement du
recrutement à l'étranger d'immigrants temporaires, l'année dernière. Est-ce que
c'était de l'argent bien dépensé, dans la perspective qui est la vôtre,
c'est-à-dire qu'on est inondés d'immigrants temporaires au Québec, 7,3 millions,
en 2023, c'est dans vos cahiers de crédits, pour recruter davantage
d'immigrants temporaires au Québec?
Le Président (M.
Bachand) :35 secondes.
M. Legault : Oui. M. le
Président, j'essaie, là, puis je pense que les gens qui nous écoutent, là,
s'ils sont de bonne foi, vont comprendre. Le gouvernement du Québec est passé
de 29 000 à 65 000. Ça a été entre autres des infirmières, des
enseignants, des gens qu'on avait besoin. Mais, au total, on est passé de
300 000 à 560 000. Est-ce que le chef de Québec solidaire peut
comprendre la différence entre 65 000 choisis par le Québec puis
560 000 au total? Je suis certain que, s'il se force un peu, là, il va
réussir à comprendre qu'il y a une différence.
Le Président (M.
Bachand) :Merci beaucoup. M. le chef de
l'opposition officielle, pour 18 min 13 s, s'il vous plaît.
M. Tanguay : Merci beaucoup,
M. le Président. Je vais en poser une facile, là, au premier ministre. Ça ne se
peut pas qu'il n'ait pas la réponse. Il l'a, c'est sûr, depuis plusieurs
années. Quel est le coût moyen du loyer pour un appartement quatre et demie à
Montréal?
M. Legault : Écoutez, je sais
que ça avait été une question qui avait été posée par la cocheffe de Québec
solidaire, puis là, bien, le Parti libéral dit : Aïe! on a scoré avec ça,
ou la cocheffe avait scoré, donc je vais essayer de rescorer moi-même. Je vais
sortir les chiffres, on va demander aux gens de vous donner ça puis on va vous
revenir avec le chiffre exact.
M. Tanguay : OK. Mais
fâchez-vous pas, là, M. le premier ministre.
M. Legault : Je ne suis pas
fâché...
M. Tanguay : OK. Parce c'est
une question qui se pose.
M. Legault : Mais je vois des
rapprochements entre le Parti libéral puis Québec solidaire, de plus en plus.
M. Tanguay : Oh, là, là! Si
vous en voyez de tels, ça explique bien des affaires. La question, justement,
vous avait été posée, puis vous ne le savez toujours pas aujourd'hui, là. On va
vous le donner, je suis certain qu'on va vous donner la bonne information, mais
vous, comme premier ministre, vous êtes incapable aujourd'hui de le dire.
M. Legault : Est-ce que vous
êtes capable? Bien oui, vous avez fait des recherches, probablement.
M. Tanguay : Oui.
M. Legault : Donc, vous le
saviez... vous le savez maintenant.
M. Tanguay : Oui. Bien, c'est
parce que c'est important. Mais...
M. Legault : C'est combien?
M. Tanguay : Mais vous, vous
ne le savez pas. C'est ça, la réponse.
M. Legault : Est-ce que vous,
vous le savez, c'est combien?
M. Tanguay : Oui. Mais vous,
vous ne le savez pas.
M. Legault : C'est combien?
C'est pour une famille de combien de personnes?
M. Tanguay : Un quatre et
demie, deux chambres.
M. Legault : Oui. Bien, à
l'époque, avec la cocheffe de Québec solidaire, je parlais d'un appartement
partagé par deux étudiants.
M. Tanguay : À 500 $?
M. Legault : Là, il a...
Québec solidaire s'est amusé à dire : Ah! il parlait d'un quatre et demi
pour une famille. Parlez à la cocheffe, là, qui est de Sainte-Marie—Saint-Jacques,
elle va vous avouer en privé qu'on parlait d'étudiants qui partageaient un logement.
Donc, c'était... je m'excuse, je veux rester parlementaire, mais, disons, de la
politique comme on n'aime pas.
M. Tanguay : OK.
Considérez-vous que je fais de la politique comme vous n'aimez pas, en vous
posant la question aujourd'hui?
M. Legault : Des fois.
M. Tanguay : Ah oui?
M. Legault : Oui.
M. Tanguay : Mais
choquez-vous pas. Vous êtes premier ministre du Québec. Il y a une crise en
habitation. Là, je sais que vous regardez à votre gauche, vous avez hâte qu'il
vous disent la réponse. Ils n'ont pas le chiffre. Il rit! Alors, M. le premier
ministre, vous ne savez pas, un quatre et demie à Montréal, c'est combien...
15 h 30 (version révisée)
M. Tanguay : ...dise la
réponse, il n'a pas le chiffre, il rit. Alors, M. le premier ministre,
vous ne savez pas, un quatre et demi à Montréal, c'est combien? Là, votre
sous-ministre vous le donne. Vous ne le saviez pas. Wow! On vous a informé de
combien?
Une voix : ...
M. Legault : ...chiffre,
là, mais je pense que c'est plus haut que ça. Donc, on va continuer de
fouiller.
M. Tanguay : Quel est le
chiffre qu'on vous a donné?
M. Legault : Écoutez, là,
je sais que vous essayez de faire une Manon Massé de vous-même, là, mais ça ne
marchera pas.
M. Tanguay : Non, non.
M. Legault : Ah! Il ne
faut pas le dire.
M. Tanguay
: Non,
non.
M. Legault : Oui.
M. Tanguay : Mais...
Mais, M. le premier ministre, honnêtement, puis j'ai commencé ça de même en
disant : On va baisser le ton un peu par rapport à l'échange précédent, j'ai
dit, je vais vous en donner une facile, puis là, je suis complètement surpris
que vous et toute votre équipe vous n'êtes pas capables de dire combien ça
coûte, à Montréal, un quatre et demi. C'est deux chambres.
M. Legault : On va vous
revenir.
M. Tanguay : Donc, vous
n'avez pas l'information.
M. Legault : ...pas l'information
exacte, puis je ne veux pas prendre la chance de me tromper, même de 100 $
par mois, parce que vous allez en profiter.
M. Tanguay : Je pense
que je n'aurai même pas besoin d'en...
M. Legault : J'ai assez
d'expérience en politique pour savoir, là, ce que vous essayez de jouer
actuellement.
M. Tanguay : Oui, mais
je pense que je n'ai même pas besoin d'essayer d'en profiter. Je pense que le
coup vient de porter en lui-même, je n'aurai pas besoin de rien ajouter. Le
point est fait. Ce matin, je vous ai demandé pour les travailleurs filière
batterie : Bécancour, on en attend probablement jusqu'à 3 000 travailleurs.
Bécancour, la grande... La région métropolitaine de Trois‑Rivières, le taux d'inoccupation
est de 0,4 %. On dit normalement qu'un taux d'inoccupation à 3 %, c'est
ça qui est viable, il est à 0,4 %. Bécancour, il va y avoir 3 000 travailleurs
nouveaux, Northvolt, ça va être 4 000 travailleurs nouveaux dans les
prochaines années, on parle d'ici deux, trois ans, alors qu'on sait que dans la
région où sera Northvolt, le taux d'inoccupation dans la même période va passer
de 1,5 % à 0,9 %.
Ma question : Il va les loger où, les
travailleurs, et qu'est-ce qu'il fait pour qu'il y ait des logements
disponibles?
M. Legault : Oui. Bien, M.
le Président, quand le Parti libéral était au pouvoir, il y avait un taux de
chômage très élevé, et on se retrouvait dans une situation où les salaires... le
salaire moyen augmentait moins vite que dans le reste du Canada. Actuellement,
depuis qu'on est au pouvoir, le salaire moyen au Québec a augmenté de
24 %, alors qu'il a augmenté de 19 % dans le reste du Canada. On est
actuellement dans une situation de plein emploi. On a... Dans la région de
Bécancour, Shawinigan, Trois-Rivières, on est en train de mettre en place des
formations parce qu'il y a beaucoup de Québécois qui préfèrent avoir un salaire
plus élevé, donc ils sont prêts à se former pour aller avoir accès à un emploi
qui est mieux payé. C'est une bonne nouvelle.
Maintenant, pour ce qui est du logement,
on est en train d'investir. On a investi 6,3 milliards. Ce n'est pas
simple parce que, là aussi, il manque de travailleurs de la construction. Donc,
on a mis en place des formations accélérées en construction. Et bon, les
usines, que ça soit GM, Ford ou Northvolt, ça va prendre quelques années avant
que ça soit complètement opérationnel. Ça va nous donner le temps de construire
les logements puis de former les employés. Mais c'est une excellente nouvelle.
On crée des emplois de l'avenir, des emplois à valeur ajoutée, des emplois
mieux payés. C'est ça qu'il faut faire pour réduire notre écart de richesse.
M. Tanguay : Mais
Northvolt, là, c'est dans trois ans. Puis, en matière de développer la
nécessité d'avoir des habitations, c'est demain matin. Northvolt, c'est 4 000 employés
dans trois ans. Ma question : Sur l'argent qui est mis là-dedans, là,
quelle est sa cible? SCHL nous dit que, pour répondre aux besoins, c'est 150 000 nouvelles
unités de logement par année jusqu'en 2030. Quelle est sa cible de création de
nouvelles unités de logement cette année puis les années à venir?
M. Legault : Bien, je
sais que les députés libéraux posent des questions à peu près à chaque jour à
la ministre de l'Habitation qui est excellente, qui connaît bien l'immobilier,
qui est en train de regarder tout ce qui est disponible. On est allé chercher
de la flexibilité pour que les permis se donnent plus vite dans les
municipalités, pour qu'on puisse faire l'acquisition des terrains plus
rapidement. On est en train de former des travailleurs de la construction.
Donc, on agit actuellement, c'est un ensemble de mesures, mais on vit le
problème de dire : Il y a eu une augmentation du nombre de travailleurs
puis de demandeurs d'asile de 268 000 depuis deux ans, donc c'est certain
que c'est venu débalancer la demande et l'offre.
M. Tanguay : ...que
Northvolt, ce n'est pas ça qu'ils veulent entendre, là. Northvolt, c'est 4 000 travailleurs,
là. Ils vont vous dire : On veut de l'habitation pour nos travailleurs
parce qu'on va avoir de la difficulté à les recruter. Alors, c'est bien beau de
gagner un bon salaire, j'en suis, mais où vont-ils et vont-elles loger? Et,
c'est 150 000, je reviens à ma question, il va me trouver <fatiguant...
M. Tanguay :
...ils
et vont-elles loger? Et, c'est 150 000, je reviens à ma question, il va me
trouver >fatiguant là-dessus, c'est... Ça nous en prend 150 000 par
année. L'an passé, il s'en est sorti de terre 39 000 unités de
logement. Quel est son objectif pour les prochaines années, année après année?
Sinon, il ne répondra pas à la demande, puis la crise va s'accentuer parce que
vous voyez que c'est un retard qui s'accumule, là, on est rendus
9 millions de Québécois.
M. Legault : Oui. Bien,
écoutez, là, on voit, là, la démonstration de la différence entre un
gouvernement libéral où il manquait d'emplois puis un gouvernement de la CAQ où
il manque d'employés. Ça fatigue le Parti libéral, mais ce que ça veut dire,
c'est que ça veut dire que ça met de la pression à la hausse pour augmenter les
salaires. C'est pour ça que les salaires au Québec ont augmenté de 24 %
alors qu'ils ont augmenté de seulement 19 % dans le reste du Canada. C'est
sûr que les entreprises voudraient en avoir plus, incluant Karl Blackburn, mais
de notre côté, les travailleurs sont contents, ils gagnent plus d'argent, ils
ont un meilleur salaire.
M. Tanguay : ...un
travailleur il peut s'abriter avec son chèque de paie?
M. Legault : Que?
M. Tanguay : Qu'un
travailleur peut s'abriter des intempéries avec son chèque de paie? Il n'y en a
pas de logements. Vous devez en bâtir ou en favoriser la construction de
150 000 par année. C'était 39 000, il y a une baisse. Puis il y a
même, au Canada, triste record, on est la pire province du taux de propriété,
c'est sous votre gouverne. Je ne suis pas en train de dire que c'est votre
faute, M. le premier ministre. Vous avez nié la crise du logement puis la crise
de la pénurie de main-d'œuvre longtemps, mais ceci dit, aujourd'hui, c'est le
premier jour du reste de notre vie, il faut en faire 150 000 par année.
C'était 39 000 l'an passé. Quelle est votre cible puis par quel moyen vous
allez nous permettre de loger les travailleurs et la population en général?
C'est une crise, là.
• (15 h 40) •
M. Legault : Bien, je
note qu'à chaque fois qu'on parle de l'immigration temporaire, le Parti libéral
n'ose pas dire : Il faudrait réduire. Tantôt, j'ai entendu le chef de Québec
solidaire dire : Il faudrait réduire le nombre de 560 000. Le Parti
libéral n'ose pas mentionner ça.
Mais moi, je voudrais qu'il m'explique,
là, comment on peut augmenter en deux ans le nombre de travailleurs temporaires
de 268 000, OK, donc prenons 268 000 divisés par quatre, disons,
par logement, comment peut-on penser en deux ans construire des logements pour
268 000 personnes? Comment il... Qu'est-ce qu'il nous propose, là?
Parce qu'on a une série de mesures, ce que nous propose le Parti libéral, c'est
d'enlever la TVQ, mais encore?
M. Tanguay : M. le
Président, si le premier ministre, il est à court d'idée, il ne sait plus quoi
faire, puis qu'il regarde le problème grossir, il y a une solution à ça, qu'il
laisse sa place à quelqu'un d'autre. Parce que là, honnêtement, là, je
n'entends pas un premier ministre qui est en contrôle puis qui nous dit :
Oui, il y a un enjeu avec les demandeurs d'asile, puis le Parti libéral l'a
déjà dit très clairement.
Mais maintenant, les travailleurs
étrangers temporaires, Véronique de... Proulx de la... Manufacturiers et Exportateurs
du Québec va venir lui dire : On en a 15 000, nous autres, qui
travaillent avec nous autres puis on en a de besoin. Alors, je ne le sais pas,
lui, quel travailleur étranger temporaire il va vouloir retourner chez lui ou
chez elle.
Question, tiens, au premier ministre, il
veut parler d'immigration : M. le premier ministre, quels travailleurs
étrangers temporaires vous voulez voir quitter le Québec?
M. Legault : Bon,
d'abord, il y a 178 000 demandeurs d'asile, là, donc on ne parle pas
vraiment de travailleurs, mais il y a aussi beaucoup de travailleurs, on est
rendus à peu près à 250 000. Bien, on garde ceux qu'on est capables de
loger, pour commencer, ceux qu'on est capables de soigner, OK. Mais je le sais,
le Parti libéral dit : Nous autres, on les garde tous, là.
M. Tanguay
: Non,
on ne va pas là, là.
M. Legault : Il en
rentrerait 1 million, le Parti libéral : On les garde tous, le
million. Donc, on agit sur les deux côtés, on agit sur l'offre, on agit sur la
demande. Du côté de l'offre, bien, on a mis 3,9 milliards dans le logement
abordable, on a mis 900 millions dans des programmes d'aide au logement,
300 millions dans le crédit solidarité pour aider à payer le logement,
400 millions en amélioration des habitations, ce qu'on appelle RénoRégion,
on a mis 300 millions pour rénover des HLM, on a mis 400 millions,
entre autres dans le nord du Québec. Et, M. le Président, on continue
d'investir. Le dernier... Au dernier budget, on a annoncé 1,8 milliard,
c'est une subvention moyenne de 225 000 $ par porte. Donc, le Parti
libéral ne peut pas dire : Le déficit est trop gros, mais
225 000 $ par porte, ce n'est pas assez. Je pense qu'on fait tous les
efforts possibles, mais il y a un déséquilibre entre la demande puis l'offre,
puis il faut être capables <d'augmenter...
M. Legault :
...il
y a un déséquilibre entre la demande puis l'offre, puis il faut être capables
>d'augmenter l'offre puis réduire la demande. Mais ni le Parti libéral
ni Québec solidaire ne croient vraiment qu'on doit réduire de façon importante.
Là, je vois Québec solidaire qui s'arrache les cheveux, là, mais à combien
veut-il réduire? Est-il sérieux?
Le Président (M.
Bachand) :Merci beaucoup, M. le premier
ministre. M. le chef de l'opposition officielle, s'il vous plaît.
M. Tanguay : OK. Là, je
parle des travailleurs, travailleuses de Bécancour, 3 000. Je parle des
travailleurs, travailleuses de Northvolt, je parle de toutes nos entreprises
partout au Québec, taux d'inoccupation record, puis le premier ministre dit :
On agit. Il nomme les loyers abordables, logements abordables, aide au
logement, crédit solidarité, HLM puis le Nord-du-Québec. C'est ça, votre
message à celles et ceux qui vont venir travailler chez Northvolt?
M. Legault : Oui. Bon,
d'abord, j'ai nommé effectivement certaines mesures pour du logement abordable
pour les gens qui ont des revenus plus bas. Maintenant, pour les gens qui ont
des revenus plus élevés, c'est une question d'offre et de demande. Si le prix
des maisons augmente, c'est parce qu'il y a des gens qui acceptent de payer ce
prix-là parce qu'il manque de maisons, il manque de logements. Donc, qu'est-ce
qu'on doit faire? Les aider en leur donnant de l'argent dans leur portefeuille.
Est-ce que le Parti libéral est d'accord pour... Est-ce qu'il était d'accord
pour baisser les impôts? Était-il d'accord pour donner 2 000 $ aux aînés?
Était-il d'accord pour baisser la taxe scolaire? Était-il d'accord pour qu'on
enlève la taxe famille qui avait été mis sur les garderies par le Parti
libéral?
M. Tanguay : ...le chat
vient de sortir du sac. Alors, il est d'accord avec moi que tous les programmes
qu'il a nommés ne s'adressent pas aux travailleurs, notamment Northvolt, toutes
celles et ceux... Et là, il a dit maintenant : Le prix des maisons a
augmenté, les salaires ont augmenté. Et le premier ministre, sa réponse
économique, tenez-vous bien, M. le Président, c'est de dire : On va
booster la demande plutôt que de booster l'offre. Il faut qu'il y ait du
logement qui sorte de terre. Oui, logements abordables, crédit solidarité, HLM
dans le Nord-du-Québec, mais il faut que les logements, tous les types
d'habitation sortent de terre. Le premier ministre dit : On va mettre de
l'argent plus dans les poches de celles et ceux qui se compétitionnent pour
avoir une maison, alors qu'ils sont six, sept, huit à s'arracher pour l'avoir.
Il n'a pas compris un aspect fondamental d'économie, il doit booster l'offre,
augmenter le nombre de logements.
Ce que la SCHL lui dit, c'est que ça en
prenait 150 000 l'an passé, il y en a 39 000 qui sont sortis de
terre. C'est un manque à gagner. Et là, dans les prochaines années, jusqu'en
2030, à tous les ans, ça nous en prend 150 000, pas uniquement de
l'abordable, là, beaucoup dans les... Puis je constate qu'il n'y a absolument
rien pour favoriser ça.
M. Legault : Oui, M. le
Président. Bien là, je vois encore un grand rapprochement avec Québec
solidaire, entre le Parti libéral puis Québec solidaire. Ce que le chef du
Parti libéral est en train de nous dire, là, c'est que le gouvernement devrait
construire des maisons pour les plus riches. OK. Donc, on ne devrait plus
laisser ça au privé, là, c'est le gouvernement qui devrait construire des
maisons pour les plus riches. Nous, ce qu'on pense, c'est que c'est mieux de
leur donner de l'argent, aux individus, dans leur portefeuille, pour être
capables de payer le prix de ces maisons-là. Mais bon, je ne sais pas si le
Parti libéral veut nationaliser la construction des maisons haut de gamme, là,
où va-t-il s'arrêter?
M. Tanguay : Alors, M.
le Président, je pense que tous celles et ceux qui écoutent le débat, là,
viennent de voir par quelle dérision le premier ministre prend le problème, par
quel manque total de solutions tangibles, puis on en a fait, des propositions,
mais il n'y a rien qui... Puis les propositions, ça marche ailleurs, la crise
est moins pire ailleurs. En Ontario, entre autres, lorsqu'ils ont éliminé une
partie de la taxe provinciale sur les... de construction, les intrants de
construction, ça, c'est un élément qu'on avait mis dans notre bouquet de
mesures. Alors, le premier ministre, on le voit là‑dessus, là, M. le Président,
là, il ne sait absolument pas quoi dire. Puis ce qui est préoccupant, c'est que
la crise va en s'accélérant, la crise va en s'accélérant. A-t-il eu une
conversation avec Northvolt pour savoir où est-ce qu'ils vont loger, les 4 000
travailleurs? Ils vont faire quoi? A-t-il eu une conversation avec Northvolt?
M. Legault : Bon, M. le
Président, il y a deux approches ici qui s'affrontent. Parlons d'une maison
pour la classe moyenne, là, pas des logements abordables, une maison pour la
classe moyenne. Nous, on pense que la meilleure façon, c'est de mettre de
l'argent dans le portefeuille des Québécois. Donc, non seulement on a réussi
avec des entreprises qui ont des meilleurs salaires, augmenter plus vite le
salaire des Québécois, mais en plus, on a réduit leurs impôts, donc ils ont
plus d'argent dans leur poche pour être <capables...
M. Legault :
...mais
en plus, on a réduit leurs impôts, donc ils ont plus d'argent dans leur poche
pour être >capables éventuellement de se payer une maison.
Donc, M. le Président, j'essaie juste de
comprendre ce que suggère le Parti libéral, là. Ce qu'il nous dit, c'est que le
gouvernement ne devrait pas seulement construire des logements abordables, il devrait
aussi construire des maisons pour la classe moyenne, pour les plus riches,
d'aller interférer dans le marché de l'offre et la demande. C'est vraiment, là,
différent de ce qu'on a vu. J'aimerais demander à quelqu'un comme Carlos Leitão
ou quelqu'un comme Raymond Bachand, ils doivent être découragés d'entendre le
chef actuel de l'opposition officielle.
Le Président (M. Bachand) :Oui, M. le... Oui.
M. Tanguay : Alors, M.
le Président, en quelques secondes, on peut voir que le premier ministre, si
lui, sa seule conception, c'est que ça serait le gouvernement qui bâtirait les
maisons unifamiliales, puis si ce n'est pas le gouvernement qui les bâtit, il
n'a absolument rien à proposer, on vient d'avoir une autre preuve additionnelle
du néant quant à une politique répondant réellement à la crise en habitation
par le gouvernement caquiste.
Le Président (M. Bachand) :Merci beaucoup. Je me tourne maintenant vers le
gouvernement pour une période de 9 min 59 s. Mme la députée de Charlevoix—Côte-de-Beaupré.
Mme Bourassa : Merci
beaucoup. C'est maintenant à mon tour de saluer les collègues, M. le premier
ministre, collègues du côté parlementaire et de l'opposition.
• (15 h 50) •
Je le dis chaque fois que j'ai la chance
de le dire, je viens d'un petit village, je représente aujourd'hui plusieurs
petites municipalités. J'ai 27 municipalités, mais ma plus petite, il y a
180 habitants, des MRC dévitalisées, dont une, Charlevoix-Est, qui est
l'une des plus dévitalisées, et pourtant, la branche économique de cette MRC
est dynamique, innovante, il y a des entrepreneurs créatifs, dévoués, qui sont
fiers de leur région et qui veulent mettre l'économie de l'avant. C'est parfois
difficile.
Alors, ma question pour le premier
ministre est très simple : Qu'est-ce qu'on fait pour aider le
développement économique des régions qui sont dévitalisées, les plus... les MRC
notamment les plus dévitalisées? Je pense au programme DÉPART, dont j'ai souvent
entendu parler, mais pouvez-vous nous en parler?
M. Legault : Oui. Bien,
je veux remercier la députée de Charlevoix. Quelle belle région, j'ose le dire,
peut-être la plus belle au Québec.
Bien, première chose, quand on est
arrivés, les CLD, je pense que c'est une créature du Parti québécois, dans le
temps, je pense que c'était Guy Chevrette qui avait mis ça en place, bien, le
Parti libéral avait décidé de couper dans les budgets des CLD. Les CLD, en
gros, il y en a une... un CLD... il y avait un CLD par MRC, puis, bien, il y
avait des fonds additionnels dans les MRC qui étaient dévitalisées.
Bon. On est arrivés, les budgets coupés.
Bon. Ce qu'on a fait, c'est qu'on a augmenté les budgets, on a changé de nom,
maintenant ça s'appelle Accès entreprise Québec. Donc, on veut s'assurer que
les gens comprennent que quand une entreprise, une petite entreprise a besoin
d'aide, ils vont voir Accès entreprise Québec.
Et ça a été le modèle qui est recherché
partout au Canada, entre autres, ce qui s'est passé pendant la pandémie.
Pendant la pandémie, quand on regarde les chiffres à la fin de la pandémie, le
Québec a été le premier à sortir de la pandémie, économiquement, à cause
d'Accès entreprise Québec. Les gens qui travaillent là habitent dans la MRC,
connaissent leur entreprise et donc ont réussi à aider les entreprises.
Maintenant, il y a un programme, la
députée de Charlevoix en parlait, qui s'appelle DÉPART. Donc, on a mis
75 millions entre autres pour les MRC, les 25 MRC qui sont
dévitalisées.
L'autre chose qu'on a faite, et puis ça,
j'en suis très fier, c'est Internet haute vitesse. Parce que... Écoutez,
combien de gouvernements et du Parti libéral et du Parti québécois ont promis
de rendre accessible Internet haute vitesse à tous les Québécois? Ce n'est
jamais arrivé avant un gouvernement de la CAQ. Donc, on dit merci au député d'Orford
qui a travaillé ça presque porte par porte. Et donc, aujourd'hui, on peut dire
que tout le monde est desservi par Internet haute vitesse, puis là, bien, on
est rendus à la deuxième étape, c'est le cellulaire. Parce que, qu'on parle,
point de vue d'un individu ou d'une petite entreprise, c'est incontournable
d'avoir cet accès.
L'autre chose qu'on a faite et puis qu'on
est en train de faire, c'est tout le transport régional par avion, là, les
régions qui sont plus éloignées, on a commencé. Puis là, on a le député de René-Lévesque
qui est là-dessus et avec qui je travaille, et on va pouvoir élargir.
L'autre chose qu'on a faite aussi, on
avait promis, en 2018, de transférer 5 000 postes du gouvernement du
Québec vers les régions. On avait dit, on va faire ça sur 10 ans. On est
rendus en 2024, on a déjà 4 800 de faits, donc ça veut dire qu'on va dépasser
le 5 000. Puis <l'objectif...
M. Legault :
...déjà
4 800 de faits, donc ça veut dire qu'on va dépasser le 5 000. Puis
>l'objectif, bien, c'est ça, c'est de dire : Il nous manque
d'employés. Donc si, dans une MRC dévitalisée, il y a des gens qui cherchent un
emploi, bien, aujourd'hui, avec le télétravail, ils peuvent participer. Donc, 4 800,
et puis, honnêtement, si on est capables d'en transférer encore plus, on va en
transférer encore plus, parce qu'il y a des postes au gouvernement du Québec qu'on
n'arrive pas à combler, donc les MRC dévitalisées vont pouvoir participer.
Bon, je pourrais parler longuement, aussi,
de tous les chantiers économiques, que ce soient l'aluminium vert, l'acier
vert. Bon, ce qui s'en vient aussi pour les régions, c'est toute la question
des barrages dans le Nord-du-Québec et sur la Côte-Nord, donc des beaux projets
qui s'en viennent. L'éolien. L'éolien, bien, écoutez, à partir du moment où...
Quand on est arrivés, il y avait des surplus d'électricité, là, on est rendus
qu'il y a une centaine de projets d'entreprises. On a réussi à exporter, à très
bon prix, l'électricité à New York. Donc, on se retrouve dans une situation,
actuellement, où on peut construire, de façon rentable, et de l'éolien et des
barrages.
Donc, je pense qu'on va voir, on va
continuer de voir le boom économique s'accélérer dans les prochaines années,
puis ça, bien, c'est ma plus grande fierté. Puis ça va inclure toutes les
régions, parce qu'on a besoin de main-d'œuvre, donc toutes les régions où il y
a de la main-d'œuvre, quand les entreprises viennent nous voir, bien, ils nous
disent : OK, dans quelles régions il y a de la main-d'œuvre? Puis ils vont
installer leurs usines là. Donc, il y a plein de beaux projets qui s'en
viennent.
Le Président (M.
Bachand) :Oui, autres intervenants?
M. Asselin : M. le PM...
Le Président (M.
Bachand) :Oui, M. le député de Vanier-Les Rivières.
M. Asselin : Oui, s'il
vous plaît. Donc, quand vous parlez des zones d'innovation, votre enthousiasme
est séduisant, puis vos yeux s'illuminent. Alors, avant de vous laisser la
parole, je voudrais quand même nommer que deux promoteurs inusités ont parlé de
ça. Un certain M. Philippe Couillard a parlé qu'il fallait que le Québec
devienne autre chose qu'un acheteur de batteries. Il y a aussi Grégoire
Baillargeon, le grand patron de la BMO, qui a dit : C'est une occasion qui
va durer des générations. Et même, lors du récent voyage de Gabriel Attal au
Québec, qui a rappelé l'importance de la vallée de... de la transition
énergétique pour la France, il a dit : C'est une occasion de le regarder
avec un oeil neuf et, surtout, responsable, le développement économique entre
le Québec et la France. Alors, parlez-nous un peu des zones d'innovation, de
cette zone-là de la filière batterie, puis des retombées visées, exactement.
M. Legault : J'ai
combien de temps, M. le Président?
Le Président (M.
Bachand) :3 min 20 s, M.
le premier ministre.
M. Legault : 3 min 20 s.
Bien, effectivement, je suis excité quand on parle des zones d'innovation. J'ai
écrit un livre qui s'appelle Le Projet Saint-Laurent, inspiré de ce qui
se passe dans la Silicon Valley. Dans la Silicon Valley, il y a des grandes
universités prestigieuses qui sont très proches des entreprises, et qui
innovent, puis qui commercialisent leurs innovations. Un des problèmes qu'on a
au Québec, puis j'ai vécu ça même quand j'étais ministre de l'Éducation et de
l'Enseignement supérieur, c'est que, malheureusement, on est parmi les
meilleurs quand on regarde l'innovation dans nos universités, en pourcentage du
PIB, mais quand on regarde les brevets, la commercialisation, on est plutôt
dans les derniers de classe.
Donc, le but des zones d'innovation, c'est
de mettre ensemble des universités et des entreprises, entre autres, avec des
lieux communs, pour qu'ils s'échangent des idées. Et c'est comme ça que ça
fonctionne aussi... Je me rappelle d'avoir visité, en Suède, à Stockholm, une
zone d'innovation, et il y avait des chercheurs de l'université de Stockholm
qui étaient dans les bureaux d'Electrolux pour être capables de trouver des
nouveaux produits. Puis j'ai demandé à la Suède : Oui, mais là vous n'avez
pas de la résistance de la part des professeurs-chercheurs? Ils m'ont dit :
Ça, c'est arrivé il y a 20 ans, là. Tout le monde a compris, maintenant,
que c'est bon pour la Suède d'avoir des chercheurs qui aident à commercialiser
des États. J'ai visité aussi... Ils appellent ça des clusters, en Bavière, c'est
la même approche à Boston aussi, avec, entre autres, le MIT, puis Harvard, la même
chose.
Donc, ce qu'on essaie de faire, c'est de
créer un certain nombre de zones d'innovation. Pour l'instant, on en a trois.
Il y en a deux qui sont dans la région de l'Estrie, un qui est dans le
quantique, puis, bien, j'étais content d'en discuter la semaine passée, avec le
premier ministre de la France, parce qu'il y a beaucoup de chercheurs, aussi,
de la France qui ont accepté de déménager, même un ancien prix Nobel, là — c'était
la première fois de ma vie que je lunchais avec un prix Nobel — et
donc, ça se développe. L'autre zone d'innovation, bien, c'est celle qu'on
parlait tantôt de la filière batterie. Écoutez, on s'est <assurés...
M. Legault :
...zone
d'innovation, bien, c'est celle qu'on parlait tantôt de la filière batterie.
Écoutez, on s'est >assurés, là, parce qu'il y avait toutes sortes
d'enjeux, Bécancour, Trois-Rivières, Shawinigan, de dire : On en a pour
tout le monde. Et avec des entreprises comme GM, Ford et accompagnées par des
entreprises de la Corée du Sud qui ont beaucoup d'expertise pour développer les
batteries, bien, on est en train... on a rempli le parc industriel de Bécancour
qui est juste sur le bord de l'eau, donc ça aide pour l'expédition des
marchandises, la réception des marchandises. Et on est en train, entre autres,
avec l'Université du Québec à Trois-Rivières, d'amener des chercheurs, de
s'assurer aussi que la formation soit donnée aux employés éventuellement, puis
qu'on s'autostimule entre les différentes entreprises. Donc, c'est ça,
l'idée...
Le Président (M.
Bachand) :En terminant.
M. Legault : ...des
zones d'innovation. Je sais que...
Une voix : ...
Le Président (M.
Bachand) :En terminant.
M. Legault : Oui. Puis
il y en a... Actuellement, je pense qu'il y a 32 demandes, mais on ne fera
pas 32 zones. On est en train de choisir les meilleures, donc on va en
ouvrir d'autres dans les prochaines années.
Le Président (M.
Bachand) :Merci beaucoup, M. le chef de
l'opposition officielle, s'il vous plaît.
M. Tanguay : Oui, M. le
Président. Le premier ministre vient de faire l'éloge en... pour les cinq dernières
minutes, des zones d'innovation puis il nous répète qu'à la Capitale-Nationale,
c'est une... c'est une priorité pour lui. Pourquoi il n'y a pas de zone
d'innovation, dans sa sixième année, dans la Capitale-Nationale?
• (16 heures) •
M. Legault : Oui. Bien,
ce n'est pas impossible qu'il y en ait une. Il y a... Il y a une demande qui
est faite. Étant donné qu'on a 32 demandes, ce qu'on priorise
actuellement, c'est quand il y a des investisseurs privés qui sont prêts à
investir quelques centaines de millions. Donc, de dire, le gouvernement du
Québec va contribuer en fournissant des chercheurs, mais le privé va contribuer
en faisant des investissements importants puis en amenant des employés. Donc,
dans les 32 demandes qu'on a, il y en a pour Québec, il y en a pour la
Rive-Sud de Québec aussi. Maintenant, moi, j'ai... j'ai confiance qu'on va,
avec l'Université Laval, qui est excellente dans plusieurs secteurs de la
recherche puis de l'innovation, qu'on va réussir éventuellement à en avoir une
belle zone d'innovation à Québec.
11789 M. Tanguay : Bon.
Encore une fois, M. le Président, puis je le dis en tout respect pour le
premier ministre, quand il me répond ça, j'entends La Bolduc, quand il disait :
Ça va venir... Elle chantait, La Bolduc : Ça va venir, ça va venir,
découragez-vous pas. Il y a six mois, le ministre de l'Économie a dit, je le
cite : «Il n'y a pas de zone d'innovation à Québec dans les cartons.»
Alors, qui a raison?
M. Legault : Bien, j'ai
dit, là, on ne fera pas de 32 zones d'innovation...
M. Tanguay : Au Québec?
M. Legault : ...au
Québec. OK?
M. Tanguay : À Québec?
M. Legault : Dans les
prochains mois, il y a effectivement, dans les cartons, des annonces qui s'en
viennent. Il y a... Puis là, je fais attention avec ce que je dis, mais, entre
autres, autour du chantier naval de la Davie, puis là, il y a beaucoup de gens
de Québec qui travaillent à la Davie, on est en train de développer quelque
chose qui commence à ressembler à une zone d'innovation. Donc, c'est des
exemples. Mais bon, je comprends que toutes les régions voudraient avoir une
zone d'innovation, on va y aller graduellement.
M. Tanguay : Oui, de
graduellement, puis ça ne bouge pas pantoute. J'aimerais ça, parce qu'on est le
Parti libéral du Québec, de parler de l'équilibre budgétaire, de la saine
gestion des finances publiques. Le déficit record de 11 milliards de
dollars, c'est le résultat de son administration. Il m'a affirmé, le
10 avril dernier, que le 2 avril, le ministre des Finances était allé
à New York pour, je le cite : Rencontrer les agences de notation.
Finalement, il a fallu se raviser puis dire : Finalement, ce n'est pas ça.
Malgré le fait que le premier ministre l'avait affirmé en cette Chambre, il n'a
pas été visiter les agences de notation quand il est allé à New York le
2 avril. Ma question au premier ministre : Quand le ministre des
Finances va-t-il aller rencontrer les agences de notation et est-ce que lui, le
premier ministre, sera présent?
M. Legault : Oui. M. le Président.
D'abord, au cours des dernières semaines, on a émis des obligations du Québec
pour plus de 10 milliards. C'est un record. Le taux d'intérêt est de deux
points, là, disons 4,25 au lieu de 4,23. Donc, ça a bien été pour l'instant.
Donc, le ministre des Finances est allé dans les dernières semaines rencontrer
les fonds de pension qui investissent dans les obligations du Québec. En mai,
donc le mois prochain, il va rencontrer les agences de notation. Maintenant, ce
qui est important de dire, et puis il faut le répéter, c'est que le déficit, cette
année, c'est de 1,5 % du PIB, puis dans deux ans, pas dans 10 ans,
pas dans cinq ans, dans deux ans, donc avant l'élection, on a déjà un plan pour
le réduire à 0,3 % du PIB. Donc, il y a, entre autres, des crédits d'impôt
aux entreprises...
16 h (version révisée)
M. Legault : ...a déjà un
plan pour le réduire à 0,3 % du PIB. Donc, il y a, entre autres, des
crédits d'impôt aux entreprises qui sont abolis. Puis notre intention, c'est de
ramener ça à zéro de façon graduelle. Mais le choix qu'on a fait, c'est à la
fois de baisser les impôts et d'investir dans les conditions de travail en
santé puis en éducation plutôt que de faire des coupures comme l'a fait le
dernier gouvernement libéral.
M. Tanguay : M. le
Président, Moody's et DBRS ont dit, et je les cite : «Les perspectives
financières se sont clairement détériorées.» Le premier ministre l'a dit, ça a
augmenté le taux d'intérêt que l'on doit, comme société, payer pour vendre... une
obligation. Pour le premier ministre, pour lui, tout ça, c'est raisonnable. Et
je repose ma question : Quand est-il prévu... Quand le ministre des
Finances va-t-il rencontrer les agences? Et est-ce que le premier ministre va
être là?
M. Legault : Bien, je
viens de le dire, le mois prochain, au mois de mai. Mais je veux quand même
rappeler que l'ex-ministre des Finances, Carlos Leitão, a dit que ça a été une
erreur de faire autant de coupures en santé et en éducation, que si c'était à
refaire il n'aurait pas fait ça. Donc, je ne sais pas ce que le chef de l'opposition
officielle en pense, là, mais effectivement, si on fait des coupures de
dépenses, on peut atteindre l'équilibre budgétaire plus vite, là, mais ce n'est
pas le choix qu'on a fait.
M. Tanguay : M. le
Président, en 2012, le premier ministre, alors qu'il était député, ici, de la
troisième opposition, disait, pour un déficit du PQ de 1,6 milliard, et je
le cite : «Je me permets... Je me mets à la place des agences. Ils doivent
avoir hâte d'avoir une visite de la première ministre, puis, pas pour aller faire
du shopping, pour vraiment discuter des finances du Québec.» Ça, c'était en
2012, 1,6 milliard. En 2024, 11 milliards. Je ne sens pas l'urgence
du premier ministre. Et lui, le premier ministre, va-t-il aller voir les
agences? Parce que les agences ont déjà commencé à lancer le premier domino
quand elles ont dit : «Les perspectives financières se sont clairement
détériorées.» Puis le premier ministre vient de nous confirmer qu'on paie plus
cher pour les emprunts. Qu'en est-il de sa position de 2012 et aujourd'hui face
à 11 milliards de dollars?
M. Legault : Bien, M. le
Président, la situation de 2012 n'a rien à voir avec la situation d'aujourd'hui.
Les finances publiques du Québec sont en bien meilleur état aujourd'hui qu'en
2012.
Pour ce qui est d'aller visiter les
agences de notation, bien, on y va quand c'est nécessaire d'y aller. Puis je me
rappelle qu'il y a eu autant des gouvernements puis des premiers ministres du
PQ puis du Parti libéral qui y sont allés. Mais actuellement, là, moi, j'ai
totalement confiance en notre ministre des Finances, il va faire un très bon
travail. Et déjà, bien, les émissions d'obligations démontrent que le Québec
est vu comme un bon risque pour les investisseurs.
M. Tanguay : Est-ce que
le ministre des Finances va se présenter devant les agences de notation avec un
plan complet de retour à l'équilibre budgétaire?
M. Legault : Bon, je le
répète, là, parce que ça fait plusieurs fois je le dis, mais je pense que ça ne
rentre pas : cette année, le déficit est de 1,5 % du PIB. Dans le
plan qui est prévu ici, dans le budget qui a été déposé par le ministre des
Finances, on prévoit que, dans deux ans, donc en 2026, le déficit va être
réduit à 0,3 %. Donc, si on fait un petit calcul, là, on a 1,5 % de déficit.
Dans deux ans, on va être rendus à 0,3 %. Donc, il y a déjà un bout de
chemin de fait. Maintenant, dans l'année qui vient, on va identifier des
mesures pour se rendre à zéro.
M. Tanguay : Le premier
ministre aime beaucoup ça, se comparer à l'Ontario. Je vais citer Francis
Vailles de La Presse le 16 mars dernier lorsqu'il dit : «2024
restera dans l'histoire comme l'année où le Québec est redevenu plus endetté
que son voisin. Et, selon les prévisions, ça ne changera pas de sitôt.» Est-ce
qu'il est fier de ce bilan-là?
M. Legault : Bien, il y
a deux choses, M. le Président. Il faut faire la distinction entre l'économie,
donc le PIB par habitant, la richesse puis la dette par habitant, OK? Ce qui
est important au Québec, depuis longtemps, c'est que notre richesse est moins
grande que l'Ontario. On a, pour toutes sortes de raisons, une économie qui
performe, depuis plusieurs, plusieurs années, moins bien que l'Ontario, moins
bien que le reste du Canada. Ma priorité, c'est de retrouver une richesse par
habitant qui se rapproche de l'Ontario, qui se rapproche du Canada. Donc, c'est
ça, ma priorité.
Pour ce qui est de la dette, ça, c'est une
autre chose. Et, la dette, on prévoit qu'elle va continuer de diminuer. C'est
vrai que l'Ontario, dans la dernière année, a prévu une baisse de la dette qui
fait que l'année passée on était meilleurs. Là, on est rendus un petit peu <moins...
M. Legault :
...une
baisse de la dette qui fait que l'année passée on était meilleurs. Là, on est
rendus un petit peu >moins bons, mais ce qui est important, c'est que la
dette du Québec, bien, continue d'être à un niveau qui est gérable. Mais grosse
nouvelle, on a réussi à réduire notre écart de richesse, et avec l'Ontario, et
avec le reste du Canada. Ça, ça va nous donner les moyens, soit d'investir dans
les services, soit de baisser les impôts, soit de réduire la dette. Donc,
chaque gouvernement va faire ses choix. Le choix du Parti libéral, ça a été de
faire des coupures dans les services. Ce n'est pas le choix qu'on a fait.
M. Tanguay : Le premier
ministre, il a déposé son sixième budget puis il a dit que c'est dans... ça
fait son sixième budget qu'il travaille pour augmenter la croissance
économique, donc le PIB, entre autres. Or, c'est sous sa gouverne, dans ce
sixième budget-là, qu'on a moins fait en lien avec notre croissance économique
et le ratio dette/PIB. Alors, c'est son bulletin qui est négatif, bien, sur son
critère même de dire : Je veux augmenter la richesse collective, le PIB.
Mais, quand on regarde la dette/PIB, le Québec, c'est sous ce sixième budget-là,
2024, qu'on fait moins bien que l'Ontario, alors que, dans les années
précédentes, c'était le contraire. C'est son résultat net. Le ratio dette/PIB,
Québec est 39 %; Ontario, 38 %.
• (16 h 10) •
M. Legault : Il y a deux
notions. Le revenu par habitant, OK, ça, c'est le PIB par habitant. Donc, quand
on regarde depuis 2018 puis qu'on se compare avec l'Ontario, bien, on a réduit
notre écart. Maintenant, la dette puis les coûts de la dette sont dans le PIB,
mais la dette par habitant, bien oui, il y a eu une amélioration en Ontario.
Mais ce qui m'intéresse le plus, c'est le PIB par habitant. C'est ce qui est le
plus important pour les gens.
Puis l'autre chose qui est importante,
c'est le salaire moyen. Le salaire moyen, depuis cinq ans, a augmenté de
24 % au Québec puis 19 % dans le reste du Canada. Ça, là, ça amène de
l'argent de plus dans les poches des Québécois, puis, ça, c'est le revenu brut.
Ajoutons à ça les baisses d'impôts.
Donc, si on regarde le revenu disponible,
bien, il y a eu au Québec, en moyenne, une augmentation plus grande que
l'inflation.
M. Tanguay : Et toute
cette belle argent-là va, entre autres, sur l'incapacité des nouvelles
générations d'acquérir une habitation, puis que, dans Montréal, c'est 112 000 $,
120 000 $ minimum de revenus annuels que vous devez avoir pour ne
serait-ce que pouvoir prétendre vous inscrire dans le marché pour acquérir une
maison. Mais ce n'est pas le cas.
Le premier ministre a dit, puis on
continue à le talonner là-dessus : On veut le plan de rééquilibrage vers
un déficit zéro. Il nous dit : On a une partie du plan. Mais, à tous les
jours, il prend des décisions. À toutes les semaines, il prend des décisions
qui fait en sorte que l'on coupe à gauche, coupe à droite, et ainsi de suite.
Là, le ministre des Finances, puis je veux
entendre le ministre là-dessus, a dit le 18 mars : On va plafonner
toutes les dépenses à 3 % de hausse. 3 %, c'est quoi? C'est 4 %
en santé, 3 %, éducation, puis 2 % pour tout le reste. Je veux
l'entendre, 2 % pour tout le reste. C'est-tu ça le message qu'il envoie
aux Transports et aux agriculteurs : 2 %, arrangez-vous avec ça?
M. Legault : Oui. Bien,
M. le Président, j'ai de la misère à suivre, là. Est-ce qu'il est trop gros ou
pas assez gros, le déficit? Est-ce qu'on a trop de dépenses ou pas assez de
dépenses? Ce qu'on sait, par contre... Puis j'invite le chef de l'opposition
officielle à ressortir le document de Dominique Anglade lors de la dernière
campagne électorale. Il va se rendre compte que le cadre financier du côté des
dépenses était plus élevé... par le Parti libéral, même s'il y avait plein
d'erreurs dans le cadre financier. Il reste qu'au total il y avait une
augmentation des dépenses qui était plus grande.
Donc, j'ai de la misère à suivre, là.
Est-ce qu'il trouve qu'il y a trop de dépenses, pas assez de dépenses, trop de
déficits, pas assez de déficits? Peut-être qu'il peut éclaircir sa question.
M. Tanguay : Mais je
veux comprendre sa question. Pourquoi il me pose cette question-là? Parce qu'il
est en train de nous dire qu'il va faire des coupures?
M. Legault : Pas du
tout. Bien, regardez, là... Je n'ai pas mes lunettes, là, mais je pourrais
peut-être mettre mes lunettes, parce que j'ai le cadre... le cadre financier
des libéraux, puis on voit...
M. Tanguay : Non, non. Ça,
M. le Président, là, c'est complètement, là...
M. Legault : Ah! ça ne
compte pas?
M. Tanguay : Je vous
pose des questions. Pensez-vous que le monde qui nous écoute, là, ils ne s'en
foutent pas de ce qui... hein, de ça? Ce qu'on vous demande, c'est aujourd'hui...
les coupures. Alors, est-ce qu'il est en train de contredire son ministre des
Finances quand il a dit qu'il allait, je le cite, «plafonner à 3 % des
hausses»? Ça veut dire 4 % en santé, 3 % en éducation et 2 %
pour tout le reste. Est-ce que son ministre des Finances... Est-ce qu'il
corrobore ce qu'a affirmé son ministre des Finances qui annonce des coupures?
M. Legault : Bien, M. le
Président, ce qui est certain, là, c'est que contrairement au gouvernement
libéral il n'y aura pas de coupures dans les services. Il n'y aura pas de <coupures...
M. Legault :
...contrairement
au gouvernement libéral, il n'y aura pas de coupures dans les services. Il n'y
aura pas de >coupures dans les services. Donc, on pense être capables de
respecter le nouveau cadre financier. On pense que c'est possible de continuer
à donner des services d'une façon plus efficace, mais ne pas couper dans les
services comme a fait le Parti libéral, tout en respectant les baisses d'impôt
qu'on a faites et l'amélioration très importante des conditions de travail des
infirmières et des enseignants.
M. Tanguay : Est-ce que,
pour le premier ministre, pour un ministère donné, un plafonnement de 2 %
des dépenses annuelles... est-ce que, pour lui, ce n'est pas des coupures?
M. Legault : Bien, il
n'y aura pas de coupures de services. Maintenant, le 2 %...
M. Tanguay
:
2 %, oui?
M. Legault : ...il y a
des ministères qui ont plus, il y a des ministères qui ont moins. Prenez la
Santé, par exemple. Bien on sait qu'avec les impacts du vieillissement, pour
garder les mêmes services, ça coûte plus cher. Donc, il y a d'autres ministères
où c'est possible de respecter à peu près l'inflation. Donc, on pense qu'au
total on... le budget est même conservateur, avec un petit c...
M. Tanguay : ...
M. Legault : Oui,
peut-être, peut-être, mais...
Une voix : ...
M. Legault : J'y ai pensé
en le disant.
M. Tanguay : En le
disant. Oui, c'est ça.
M. Legault : Mais je
pense que les prévisions de dépenses sont réalistes et vont être respectées
sans coupures de services.
M. Tanguay : Question
toute simple, qu'il m'écoute bien, le premier ministre : Ce qui est devant
nous, en santé, est-ce vrai que c'est des hausses plafonnées de dépenses de
4 % en santé? Est-ce que c'est vrai?
M. Legault : Bien, ce
n'est pas tout à fait les chiffres que j'ai, là, mais on peut peut-être les
sortir puis y revenir un peu plus tard, là, mais ça dépend... Il parle de
quelle année, là, pour commencer?
M. Tanguay : En santé,
cette année puis les années à venir, elles plafonnaient à 4 %.
M. Legault : ...il faut
comparer des pommes avec des pommes.
M. Tanguay : Oui, puis
des bananes puis des oranges.
M. Legault : Exact. Mais,
dans les années précédentes, il y avait des montants pour la pandémie qui ne
sont plus là actuellement. Donc, s'il lit bien tous les documents, il va voir
que... C'est quoi, la croissance?
Une voix : ...
M. Legault : 5,3 %.
M. Tanguay : ...pour
l'avenir, est-ce que c'est limiter la santé à 4 %? Il est en train de nous
dire que ça ne sera pas plafonné. Les fonds, les dépenses additionnelles en
santé, ça ne sera pas plafonné à 4 %? Non?
M. Legault : On pense
que les prévisions qui sont ici pour chacune des cinq prochaines années sont
réalistes puis impliquent que contrairement au Parti libéral il n'y aura pas de
coupures dans les services à la population.
M. Tanguay : OK. Mais ma
question est toute simple, il ne peut pas ne pas le savoir. En santé, c'est sa
priorité. Peut-il me dire que, pour les années à venir, dans son plan de retour
à l'équilibre budgétaire, là... c'est-tu vrai que c'est plafonné à 4 %, la
santé? C'est une question toute simple. Si c'est sa priorité, il faut qu'il le
sache, là.
M. Legault : Bien, on
vient de dire que c'était 5,3 %, là.
M. Tanguay : Pour
l'année prochaine, 5,3 %, puis l'année d'après. Donc, il n'y a pas
question de plafonner à 4 %, là.
M. Legault : Bien,
écoutez, ce que je vous dis...
M. Tanguay
: Non?
Oui, non?
M. Legault : ...c'est que
les prévisions tiennent compte qu'il n'y aura pas de coupures de services, donc
il va y avoir des gains d'efficacité dans certains cas, mais il n'y aura pas de
coupures de services, contrairement au Parti libéral.
M. Tanguay : Bon. Alors,
4 %, hausse des dépenses pour cette année et les années à venir, ce n'est
pas ça du tout. D'accord.
En éducation, peut-il me dire si le
plafond n'est pas de 3 %? Même question. Education, 3 %. Peut-il me
confirmer que ça va être ça?
Le Président (M.
Bachand) : ...ministre.
M. Legault : Oui, bien,
écoutez, l'augmentation du budget de l'éducation, c'est 7,6 %.
M. Tanguay : ...prochain?
3 %?
M. Legault : On peut-tu
commencer par regarder cette année?
M. Tanguay : Parce que
c'est le ministre des Finances qui l'a affirmé, lui, le 18 mars dernier,
4 %, 3 %.
Le Président (M.
Bachand) :S'il vous plaît, s'il vous
plaît. M. le premier ministre, rapidement.
M. Legault : Oui. Bien,
écoutez, les prévisions qui sont dans les documents du ministère des Finances sont
les bonnes prévisions, puis il n'y aura pas de coupures de services.
Le Président (M.
Bachand) :Merci beaucoup. M. le chef de
la deuxième opposition, s'il vous plaît, pour 12 min 8 s.
M. Nadeau-Dubois : Merci,
M. le Président. Plus tôt, cet après-midi, le premier ministre a énuméré ses
cinq priorités. Tout le monde a remarqué que le logement n'en faisait pas
partie. Ça explique peut-être le bilan de son gouvernement en la matière. C'est
de ça dont je veux lui parler pour le prochain bloc.
La semaine dernière, le premier ministre a
répété en Chambre que les salaires au Québec, depuis qu'il était premier
ministre, avaient augmenté de 24 %. Il était fier de ce bilan-là. Cette
semaine, on a appris que le prix médian des maisons unifamiliales au Québec a
augmenté, entre 2019 et 2024, de 68 %. Autrement dit, depuis qu'il est
premier ministre, le prix des maisons augmente, grosso modo, trois fois plus vite
que les salaires des Québécois, des Québécoises.
Le 19 juin dernier, le premier
ministre a <fait...
M. Nadeau-Dubois :
...trois
fois plus vite que les salaires des Québécois, des Québécoises.
Le 19 juin dernier, le premier
ministre a >fait une déclaration célèbre à l'effet que c'était normal
que le prix des maisons augmente, parce que le salaire moyen augmente au
Québec. Je le cite : «Je ne souhaite pas que le Québec reste pauvre pour
qu'on garde un prix des maisons plus bas qu'à Toronto ou Vancouver». Est-ce que
le premier ministre est toujours d'accord avec ça aujourd'hui?
M. Legault : Oui, M. le
Président. Bon. Il y a actuellement un débalancement entre la demande et
l'offre. Donc, il y a eu une explosion de la demande de logements puis la
construction de logements n'a pas suivi. Qu'est-ce qui arrive dans une
situation comme ça? Les prix explosent. Donc, on se retrouve dans une situation
où il faut faire du rattrapage. Qu'est-ce qu'on a fait? Bien, on a adopté
d'abord le projet de loi 31.
Qu'est-ce qu'il y a dans le projet de loi 31?
Bon, d'abord, on compte les loyers... les hausses de loyer abusives en
encadrant la clause F, on contre les évictions en changeant le fardeau de la
preuve, au lieu d'être le locataire, c'est maintenant le propriétaire, puis on
accélère la construction de logements en donnant plus de moyens aux
municipalités. Donc, on pose les gestes qui sont nécessaires pour qu'on
augmente l'offre plus rapidement, mais on n'y arrivera pas si on ne diminue pas
la demande.
• (16 h 20) •
Le Président (M.
Bachand) : M. le député.
M. Nadeau-Dubois : Ma
question ne portait pas sur ça. Le 19 juin, il a dit : «Je ne veux
pas que le Québec reste pauvre pour qu'on garde un prix des maisons plus bas
qu'à Toronto ou Vancouver.» Est-ce qu'il est toujours d'accord avec ça? Il
est-tu d'accord avec lui-même?
M. Legault : Bien, je
sais où veut aller Québec solidaire, là, il veut faire une Manon Massé de
lui-même puis essayer d'avoir une grosse déclaration. Ce qu'on sait
actuellement, c'est que le prix des maisons, il est encore beaucoup plus élevé
à Toronto qu'à Montréal. Bon. Ce qu'il faut, c'est être capables de donner plus
d'argent dans le portefeuille, donc des meilleurs salaires, des baisses d'impôts — là,
je sais que Québec solidaire est complètement contre ça, les baisses d'impôts — être
capables de remettre de l'argent dans le portefeuille des Québécois. Parce
qu'effectivement le prix des maisons, à cause du débalancement offre et
demande, est un problème. Si, demain matin, on réduisait la demande, on
réduisait de façon importante...
Puis là j'aimerais entendre Québec
solidaire, parce que tantôt il a dit : Je suis prêt à réduire la demande
de 560 000, mais il ne nous a pas dit s'il voulait réduire de façon
importante. Mais c'est certain que, si demain matin on réduisait de façon
importante la demande, bien, ça aurait un impact direct sur le prix...
M. Nadeau-Dubois : OK.
Parfait. OK, bien...
Le Président (M.
Bachand) :Merci. M. le député de Gouin.
M. Legault : ...des
logements.
M. Nadeau-Dubois : ...on
va régler cette question-là une fois pour toutes, M. le premier ministre. Si
vous voulez réduire de manière importante le nombre d'immigrants temporaires au
Québec, ça, c'est votre proposition, pourquoi qu'en 2023 avez-vous dépensé
7,3 millions de dollars pour 10 missions de recrutement à
l'étranger? Vos ministres ont fait le tour du monde. Pourquoi? Pour recruter
davantage d'immigrants temporaires. Pourquoi avez-vous dépensé des millions de
dollars pour en recruter davantage si, selon vous, ça représente une menace
pour le Québec et qu'il faut de toute urgence les diminuer?
Moi, ce que je lis ici, là, ce que je lis
ici, c'est des dépenses de millions de dollars pour recruter plus d'immigrants
temporaires. Donc, quand vous dites que la crise du logement est causée par ces
gens-là, mais que, pendant ce temps-là, vous dépensez des millions de dollars
pour aller en chercher plus, ce que ça me dit, là, c'est que vous n'avez pas
réellement l'intention ni de régler la crise du logement ni qu'on ait un
système d'immigration qui fonctionne. Vous voulez faire de la politique, puis c'est
ce que vous faites, puis c'est correct, c'est votre droit.
Le Président (M.
Bachand) :M. le premier ministre.
M. Legault : Bien, je pense
que, s'il y a quelqu'un ici qui fait de la politique, c'est le chef de Québec
solidaire. Parce que je répète ce que j'ai dit encore une fois, on a 560 000 immigrants
temporaires actuellement au Québec, là-dessus, il y en a 65 000 que
c'est un programme où on est allés recruter, entre autres, des infirmières, des
enseignants, donc des personnes qui viennent combler des postes, entre autres,
dans le réseau public. Le problème, ce n'est pas avec le 65 000, c'est
avec le 495 000 qui reste. Comment le chef de Québec solidaire ne peut pas
faire la différence entre 65 000, entre autres, pour des infirmières puis
des enseignants, puis 495 000, qui est une bombe qui est gérée par Ottawa?
Le Président (M.
Bachand) :M. le député de Gouin, oui.
M. Nadeau-Dubois :
Parlons-en, de la construction de logements, puisque c'est le sujet de ce bloc.
Il y a <deux...
M. Nadeau-Dubois :
...Parlons-en,
de la construction de logements, puisque c'est le sujet de ce bloc. Il y a >deux
ans, le gouvernement de la CAQ annonçait un nouveau programme pour construire
plus de logements. Je cite la ministre de l'Habitation à l'époque : «C'est
une révolution dans le monde de l'habitation.» Une révolution, mesdames et messieurs.
Deux ans plus tard, est-ce que le premier
ministre peut nous dire, en date d'aujourd'hui, combien de logements ont été
livrés par le Programme d'habitation abordable du Québec?
Le Président (M.
Bachand) :M. le premier ministre.
M. Legault : Oui. Bien,
je sais que le chef de Québec solidaire est en train de recycler des vieilles
questions. J'ai déjà répondu quelques fois à cette question-là, mais je vais y
répondre encore. Donc, il y a 6 970 unités qui ont été construites,
il y en a 3 654 qui sont en réalisation, 5 087 qui sont en
élaboration, donc pour un grand total de 15 711 qui avaient été promis par
le Parti libéral, mais qui n'avait rien de fait. Maintenant, on ajoute à ça
11 700 logements, donc 3 500 qui vont être sous la
responsabilité du fonds de la FTQ et de Desjardins, 2 700 dans le
programme PHAQ, 450 dans le programme ICRL, puis 8 000 qui ont été ajoutés
dans la mise à jour économique. Je le disais tantôt, c'est 225 000 $
par porte.
Le Président (M.
Bachand) :Merci...
M. Legault : Puis
actuellement la ministre de l'Habitation est en train de faire des annonces à
peu près à toutes les semaines, si ce n'est pas à tous les jours...
Le Président (M.
Bachand) :...Merci. M. le député de Gouin,
s'il vous plaît.
M. Legault : ... pour
ajouter ces logements.
Le Président (M.
Bachand) :M. le député de Gouin, M. le
député de Gouin.
M. Nadeau-Dubois : Oui.
Le premier ministre a fait, en bon Québécois, un gros motton, avec tous les
programmes. Moi, je lui ai posé une question spécifique sur un programme
spécifique. Il a décidé de s'aborder le programme historique de logement social
au Québec, qui s'appelait AccèsLogis. Il l'a remplacé par un nouveau qui
s'appelle le PHAQ, en nous promettant, je cite sa ministre, que ce serait «une
révolution». C'était il y a deux ans. En deux ans, combien de logements ce
programme-là, le PHAQ, a-t-il livré de logements? Des logements construits au
moment où on se parle, combien?
M. Legault : Bien,
écoutez, il y en a 5 000 qui sont en chantier, en développement. Et
actuellement, on me dit...
Une voix : ...
M. Legault : 5 000.
M. Nadeau-Dubois : Combien
de logements construits?
M. Legault : Bien, on
vient de lancer le programme, là.
M. Nadeau-Dubois : Bien,
vous l'avez lancé il y a deux ans.
M. Legault : Oui. Puis
combien...
M. Nadeau-Dubois : Deux
ans plus tard, combien de logements ont été livrés, donc construits par ce
programme?
M. Legault : Bien, ce
que j'ai devant moi, là, c'est qu'il y en a 5 000 qui sont en chantier, en
développement.
M. Nadeau-Dubois : J'invite
le premier ministre à consulter le tableau de bord de la SHQ, qui est en ligne
pour tous les Québécois, toutes les Québécoises. Moi, je suis allé voir ce
matin. Ce que j'ai lu, ce matin, et, si je me trompe, le premier ministre
devrait nous corriger, c'est que, deux ans après le lancement de son programme
qualifié de révolutionnaire par sa ministre, ce programme n'a livré aucun
logement pour les Québécois. Est-ce que le premier ministre peut confirmer
cette information-là?
Le Président (M.
Bachand) :M. le premier ministre.
M. Legault : Bien, M. le
Président, je pense que tout le monde qui nous écoute va comprendre que ça
prend un certain nombre d'années, effectivement, avant d'avoir terminé la
réalisation d'un nouveau programme. Donc, c'est en réalisation actuellement. Il
y a 5 000 logements qui sont en développement. Maintenant, est-ce
qu'ils vont être construits totalement d'ici six mois, un an? Il faut quand
même... Je ne pense pas que Québec solidaire irait plus vite, là.
M. Nadeau-Dubois : Selon
les données de la SHQ qui sont publiques, c'est 324 logements qui sont en
réalisation, 324 en deux ans, 324 en réalisation, zéro construit en logements
dans son nouveau programme que sa ministre qualifiait de révolutionnaire.
Mais ce n'est pas tout, Mme la Présidente,
parce qu'avant les coupures libérales dans AccèsLogis, la planification des
logements dans AccèsLogis, ça prenait 10 mois entre 2005 et 2008, avant
les mauvaises coupures libérales. Dans son nouveau programme, le délai de
planification est de 19 mois. Est-ce que le premier ministre reconnaît
qu'il a remplacé un programme qui, avant d'être magané par les libéraux,
planifiait des logements en 10 mois par un programme qui maintenant prend
19 mois à planifier la réalisation de logements? Est-ce que le premier ministre
reconnaît que son nouveau programme, là, il fonctionne moins bien que le
programme précédent, au milieu de la pire crise du logement en 40 ans?
Le Président (M.
Bachand) :M. le premier ministre.
M. Legault : Oui. Bien,
on a fait les deux, M. le Président. C'est qu'il y avait un rattrapage à faire
sur 15 700 projets dans AccèsLogis. On les a faits puis on ajoute
11 700, avec, entre autres, 2 700 dans le <PHAQ...
M. Legault :
...projets
dans AccèsLogis. On les a faits puis on ajoute 11 700, avec, entre autres,
2 700 dans le >PHAQ. Et on est convaincus que ça va aller plus vite
que ça allait avec les gouvernements précédents, que ce soit le Parti libéral
ou le Parti québécois.
M. Nadeau-Dubois : C'est
inexact. AccèsLogis, avant les coupures libérales, planifiait des logements en
10 mois. Aujourd'hui, c'est 19 mois. Au moment où on se parle, les
gens qui nous écoutent peuvent aller sur Internet, son nouveau programme
révolutionnaire a livré zéro logement pour les Québécois, Québécoises, et il y
en a 324 en réalisation, 324. Est-ce que le premier ministre est fier d'avoir
lancé la construction de 324 logements en deux ans avec son nouveau
programme?
Le Président (M. Bachand) :
30 secondes. 30 secondes, M. le premier ministre.
M. Legault : C'est
inexact ce qui est dit actuellement par Québec solidaire, parce qu'il y avait
15 711 logements AccèsLogis qui n'ont jamais été commencés par les
libéraux, donc il y avait un rattrapage à faire, ce qu'on a fait, puis, en
plus, on a lancé un nouveau programme, le PHAQ. Donc, je pense qu'il s'est
construit depuis cinq ans beaucoup plus de logements qu'on a vu pendant les 15 années
libérales.
Le Président (M.
Bachand) :Merci. M. le chef de
l'opposition officielle, pour 18 min 13 s, s'il vous plaît.
• (16 h 30) •
M. Tanguay
: Merci
beaucoup, M. le Président. Je vais revenir parce que, là, c'est réellement
trop, trop, trop important, puis c'est au cœur même, c'est le socle du budget
et du plan de retour à l'équilibre budgétaire.
Le premier ministre sait-il... peut-il
nous affirmer que, pour ce qui est de son cadre financier, cette année et les
années à venir, il y aura en santé un plafonnement de 4 % des dépenses, de
l'augmentation des dépenses en santé? Peut-il le confirmer?
Des voix : ...
M. Legault : Oui. Oui,
effectivement, 4 %.
M. Tanguay : ...tantôt,
ils n'avaient pas la réponse, là, ils l'ont.
M. Legault : Pas pour
l'année qui vient, là, mais pour les autres années après, oui.
M. Tanguay : Cadre
financier, 4 %.
M. Legault : Oui, oui.
M. Tanguay : Peut-il
confirmer qu'en éducation ce sera 3 %?
Des voix : ...
M. Legault : C'est en
moyenne 5 %, oui.
M. Tanguay : OK. Donc,
vous dites, en éducation, 5 %. Pour tout le reste, vos priorités, santé,
éducation, peut-il confirmer que son cadre financier plafonne à 2 % pour
tout le reste, la hausse des dépenses?
M. Legault : Bien, la
Famille, c'est 4,9 %, les Transports, c'est 7,2 %, bon.
Effectivement, il doit y avoir, dans les autres portefeuilles, des
augmentations qui sont moins grandes, mais, encore une fois, gouverner, c'est
de faire des choix, puis, nous, on a fait le choix de l'éducation puis de la
santé.
M. Tanguay : Donc, je
repose ma question. Et exclus santé et éducation, est-ce que, dans son cadre
financier pour les années à venir, les dépenses pour tout le reste est plafonné
à la hausse de 2 %?
M. Legault : Bien,
écoutez, d'abord, ce n'est pas les mêmes croissances prévues dans chaque
ministère. Il y a des ministères que c'est plus, des ministères que c'est
moins, mais, en moyenne, c'est 2 %.
M. Tanguay : Bon. Alors,
pourquoi lui il arrive à 5 %, quand, le 18 mars dernier, son ministre
des Finances a dit qu'en éducation le cadre financier ce n'était pas plafonné à
5 %, les hausses, mais c'était 3 %? Comment explique-t-il la
contradiction?
M. Legault : Bien là, il
faut être capables de voir si on parle du consolidé, avec les centres de
services scolaires. Maintenant, je voudrais qu'il me précise de quelles années
il parle. Est-ce qu'il inclut l'année 2024-2025 ou il parle juste des
années suivantes, là? La question est très floue, là.
M. Tanguay : ...non, la
question n'est pas floue.
M. Legault : Mais tous
les chiffres sont là.
M. Tanguay : Mais vous
devez le savoir.
M. Legault : Bien oui.
M. Tanguay
: J'allais
utiliser un mot plus qu'antiparlementaire. Vous devez le savoir. Santé, c'est
votre priorité, éducation aussi. Vous en avez deux. Vous n'en avez pas 12. Vous
devez le savoir. Quand votre ministre des Finances dit, le 18 mars :
«Le gouvernement devra ainsi plafonner le rythme de croissance de ses dépenses
à un rythme de 3 % pour enrayer le déficit budgétaire.» Et là on cite le
ministre des Finances. 3 %, c'est quoi? C'est 4 % en santé, 3 %
en éducation puis 2 % pour tout le reste.
Le Président (M.
Bachand) :M. le premier ministre.
M. Legault : Oui. Bien,
M. le Président, depuis qu'on est là, on a augmenté de 50 % les dépenses
en éducation. Donc, si le passé est garant de l'avenir, je pense qu'on peut se
rassurer qu'on ne fera pas des coupures comme le Parti libéral...
16 h 30 (version révisée)
M. Legault : ...je pense qu'on
peut se rassurer, on ne fera pas des coupures comme le Parti libéral.
M. Tanguay : Donc, le
ministre des Finances, le 18 mars dernier, avait tort de dire qu'en
éducation, ça allait être plafonné à 3 %.
M. Legault : Oui, 3 %
pour les autres?
M. Tanguay : Pour l'éducation.
M. Legault : Pour l'éducation,
pas pour l'année qui vient, en tout cas. L'année qui vient, c'est 7,6 %.
M. Tanguay : Le cadre
financier, incluant l'année qui vient, pour les prochaines années, le cadre
financier.
M. Legault : Bien, écoutez,
là, je vais...
M. Tanguay : Il a eu tort de
dire ça, il s'est trompé?
M. Legault : Non, pas du
tout. On va les sortir puis on va vous donner ça, là, mais cette année, c'est
7,6 %. Mme Savoie, avez-vous ça?
M. Tanguay : Ça, M. le
Président, puis ce que je vais dire, là... puis merci de faire respecter la
règle de la proportionnalité, mais là je vais... je vais parler un petit peu
pour donner le temps au premier ministre de trouver la donnée. Mais moi, je
suis abasourdi de voir que le premier ministre ne l'a pas sur le bout de ses
doigts. Santé, c'est sa priorité. Éducation, c'est sa priorité. Puis tout le
reste, on l'a établi à 2 %. Quand, le 18 mars dernier, une semaine
exactement après le budget du 12, le ministre dit «c'est 4 % en
santé, 3 % en éducation puis 2 % pour tout le reste», que le premier
ministre vient de contredire son ministre des Finances en disant «nous — puis
il fait de la politique — on ne fera pas comme les libéraux, on ne
fera pas des coupures», mais quand son ministre dit «ce n'est pas 3 %»
puis que lui, il dit «c'est 5 %», parlez-vous.
Le Président (M.
Bachand) :M. le premier ministre, s'il
vous plaît.
M. Legault : Bien, M. le
Président, si on regarde l'année 2024-2025, il y a une croissance. Si on
regarde l'année 2025, 2026, 2027, 2028, 2029, c'est d'autres croissances.
Donc, ça dépend de quelles années le chef de l'opposition parle.
M. Tanguay : Bien, M. le
Président, je lui demande d'expliquer l'affirmation de son ministre des
Finances quand il dit : Le niveau des dépenses des prochaines années, taux
de croissance en éducation, ce n'est pas 5 %, c'est 3 %. Qui a
raison?
Des voix : ...
Le Président (M.
Bachand) :M. le premier ministre.
M. Legault : OK. On ne va pas
revenir sur cette question-là pour avoir les chiffres exacts.
M. Tanguay : Bon. Là, M. le
Président, je veux bien, là, pour donner une chance au premier ministre de
trouver une réponse, mais ça, il devrait le savoir sur le bout de ses doigts,
surtout que ça vient de la voix même de son ministre des Finances une semaine
après le budget. Donc, 3 % en éducation, lui, est-ce qu'il trouve que ce n'est
pas des coupures? Est-ce qu'il considère que ce n'est pas des coupures,
3 % en éducation?
M. Legault : Bien, M. le
Président, je répète que, depuis 2018, le budget de l'éducation a augmenté de
50 %. Donc, c'est beaucoup plus que ce qu'on appelle les coûts de système.
Maintenant, on peut penser que les coûts de système en éducation sont autour de
3 %, oui.
M. Tanguay : Donc, ce sera,
uniquement en éducation, 3 %. Donc, il se ravise...
M. Legault : Bien, on a
augmenté de 50 % depuis 2018. Donc, je pense que de dire on couvre les
coûts de système, c'est pas mal mieux que les coupures qui ont été faites par
le gouvernement libéral, hein?
M. Tanguay : Donc, vous
annoncez aujourd'hui qu'à l'éducation, les hausses seront uniquement pour
couvrir les coûts de système. C'est ce que vous annoncez aujourd'hui.
M. Legault : Pardon?
M. Tanguay : En éducation,
vous affirmez donc et vous annoncez que les hausses ne seront que l'équivalent
de l'augmentation du coût de système. C'est ce que vous annoncez.
M. Legault : Bien, M. le
Président, encore une fois, on a augmenté de 50 % depuis 2018.
M. Tanguay : Mais le premier
ministre comprend que ce n'est pas ma question.
M. Legault : Là, on dit pour
les prochaines années, à part 2024-2025, là, à partir de 2026...
M. Tanguay : Incluant
2024-2025 et pour l'avenir, le cadre financier.
M. Legault : 2024-2025, c'est
plus de 5 %, 5,6 %.
M. Tanguay : C'est vous dire
que ça va couper dans l'avenir si...
M. Legault : On va couvrir
les coûts de système.
M. Tanguay : Et donc vous
vous engagez uniquement à couvrir les coûts de système, sans aucune autre
dépense additionnelle en éducation. Puis, pour vous, ça, ce n'est pas des
coupures.
M. Legault : Bien, il peut y
avoir aussi des gains d'efficacité qui font qu'on peut réaménager des dépenses
pour améliorer les services.
M. Tanguay : À quel gain d'efficacité
pense-t-il?
M. Legault : Bien, écoutez,
si on est capables d'être plus efficaces au ministère de l'Éducation, on est
capables de réallouer des sommes.
M. Tanguay : Puis comment ça
peut se faire, ça? En coupant des postes?
M. Legault : ...
M. Tanguay
: Comment ça
peut se faire, ça?
M. Legault : Bien, écoutez,
actuellement, les centres de services, on est en train de... On est passés des
commissions scolaires, sur lesquelles on n'avait pas de contrôle, à des centres
de services où maintenant on a un certain contrôle, sur les directeurs généraux
des centres de services. Quand on compare les différents centres de services,
on voit qu'il y en a qui dépensent plus, il y en a qui dépensent moins dans
chacun des postes de dépenses. Donc, on essaie de faire de l'optimisation pour
être capable de faire des gains d'efficacité qui vont pouvoir être ajoutés aux
services.
M. Tanguay : Depuis qu'ils
ont créé les centres de services scolaires, combien d'argent a été économisé
par le Québec?
M. Legault : Je n'ai pas ce
chiffre-là.
M. Tanguay : Vous ne l'avez
pas?
M. Legault : Non.
M. Tanguay : Là, M. le
Président, je pose des questions, je pense, macro au premier ministre du
Québec. Je n'ai pas les réponses.
Le Président (M.
Bachand) : Oui, M. le chef de l'opposition officielle, oui,
est-ce que vous avez une <question...
Le Président (M.
Bachand) :
...oui, M. le chef de l'opposition
officielle, oui, est-ce que vous avez une >question?
M. Tanguay : J'attends juste
la réponse à mes questions, M. le Président. Je peux bien ajouter les
questions, mais je n'ai pas de réponse. Puis je vous dirais même, en tout
respect, que j'ai des contradictions. On m'a dit 5 % tantôt, là on m'a dit
3 % en éducation, pas des farces, là, c'est la top deux priorité du
premier ministre, l'éducation.
M. Legault : ...G-51, OK,
G-51, augmentation du budget de la santé, 2024-2025, 4,2 %; 2025-2026,
3,2 %; éducation, 2024-2025, 9,3 %; et, pour le cumulatif, 5 %;
enseignement supérieur, 3,5 % d'augmentation. Donc, évidemment, les années
suivantes, on les ajuste à chaque année, mais, pour l'instant, ce qu'on dit, c'est
qu'on couvre les coûts de système.
M. Tanguay : Et, pour lui,
ça, ce n'est pas des coupures, juste couvrir les coûts de système, ce n'est pas
des coupures.
M. Legault : Bien, couvrir des
coûts de système, ce n'est pas des coupures, ça veut dire qu'on... Coûts de
système, par définition, c'est de dire combien ça prend pour maintenir les
mêmes services.
M. Tanguay : ...en santé, la
facture ne va pas augmenter.
• (16 h 40) •
M. Legault : Bien, on prévoit
4 %, un peu plus que 4 % en santé. On pense que c'est autour des
coûts de système.
M. Tanguay : Plus que 4 %?
Parce que le ministre des Finances, il est allé dire que ça allait être
maximisé à 4 %.
M. Legault : 4,2 %.
M. Tanguay : Donc, puis 2... donc,
le vrai chiffre, c'est quoi? Parce que le ministre des Finances, puis je
termine là-dessus, a dit : 4 % en santé, 3 % en éducation, 2 %
pour tout le reste. Est-ce que ça, ce sont les vrais chiffres?
M. Legault : Bien, si on
regarde les années après 2024-2025, oui.
M. Tanguay : Puis 2 % pour
tout le reste, agriculture, transport, cybersécurité, les missions importantes,
la culture, 2 % pour vous, c'est suffisant?
M. Legault : Bien, c'est à
peu près le niveau qui est prévu d'inflation. Donc, ça couvre ce qu'on appelle
les coûts de système. C'est pas mal plus que ce que faisait le Parti libéral
quand il était au gouvernement.
M. Tanguay : Et en
agriculture face à la crise?
M. Legault : Bien, je pense
qu'en agriculture, on n'a pas à être gênés de ce qu'on a fait l'année dernière
puis on va continuer. Mais, quand on regarde l'aide qu'on donne en agriculture,
c'est pas mal plus élevé au Québec que dans les autres provinces. Donc, on va
continuer d'aider nos agriculteurs. Puis notre ministre de l'Agriculture suit,
de jour en jour, ceux qui ont des problèmes puis vient les aider.
M. Tanguay : Vous voulez dire
qu'il suit, de jour en jour, les manifestations qui se... qui se multiplient
partout sur le territoire du Québec. Comment vous expliquez ça, que les
agriculteurs sont descendus dans la rue par des manifestations sans précédent
dans toutes les régions du Québec?
M. Legault : Bien, d'abord,
il ne faut pas comparer ce qui s'est passé en France avec ce qui se passe chez
nous.
M. Tanguay : Je ne parle pas
de la France. Il... il n'est plus là, M. Attal, là.
M. Legault : Maintenant, là où
j'ai de la misère à suivre le chef de l'opposition officielle, c'est qu'il nous
dit : Vous avez un déficit qui est beaucoup trop gros, mais vous avez des
dépenses qui ne sont pas assez élevées. J'essaie juste de comprendre, là, puis
je suis vraiment mêlé avec ce que dit le chef du Parti libéral. Est-ce qu'il y
a trop de dépenses ou pas assez de dépenses? Est-ce qu'il y a trop de déficits
ou pas assez de déficits? Il faudrait qu'il soit, au minimum, un peu cohérent.
M. Tanguay : Parfait. La
cohérence que je demande au premier ministre... Parce que c'est lui qui est au
pouvoir, c'est son sixième budget, il a déposé un budget déficitaire
historique, 11 milliards de dollars, puis il a dit : Inquiétez-vous
pas, on va arriver avec un équilibre budgétaire, mais on ne vous montre pas le
plan. Et, en même temps, il dit : On ne fera pas de coupures comme les
autres gouvernements, mais, en même temps, il dit : On limite la santé à
4 %, l'éducation à 3 % puis tout le reste à 2 %, mais il n'y
aura pas de coupures.
Alors, je veux savoir il est où, son plan.
Et, quand il dit «il n'y aura pas de coupures», force est de constater qu'il
a déjà commencé. Si déjà il plafonne à 4 %, 3 % et 2 %, il a
déjà commencé. Alors, je lui demande de la transparence. Pourquoi ne l'offre-t-il
pas?
M. Legault : ...M. le
Président, là, j'ai été ministre de la Santé, puis je pense qu'on est capables
d'y arriver, si on veut garder les mêmes services, à 4 %. J'ai déjà été
ministre de l'Éducation, puis je pense qu'à 3 %, on peut y arriver, compte
tenu du fait aussi qu'on a augmenté de 50 % le budget de l'éducation
depuis cinq ans. Puis, dans les autres ministères, d'arriver en moyenne à
2 %, ça veut dire qu'il peut en avoir qui sont à 10 puis d'autres qui sont
gelés, mais au total, d'arriver à 2 %, je serais curieux de voir le cadre
financier du Parti libéral, mais ça doit ressembler à ça.
M. Tanguay : M. le Président,
j'aimerais maintenant, parce que le temps file, parler d'économie. Le premier
ministre a dit, a affirmé en avril 2021, je le cite : «À chaque fois que
je rentre un immigrant qui gagne moins de 56 000 $, j'empire mon
problème.» Fin de la citation. Le premier ministre regrette-t-il cette
citation-là ou est-ce qu'il l'affirmerait encore aujourd'hui?
M. Legault : Bien, il faut
toujours être prudent comment ça peut être perçu. Mais c'est certain que ce
qu'on souhaite, c'est d'augmenter le salaire moyen au Québec. Donc, on souhaite
être <capables...
M. Legault :
...que
ce qu'on souhaite, c'est d'augmenter le salaire moyen au Québec. Donc, on
souhaite être >capables d'avoir des salaires plus élevés qui vont
permettre de payer des impôts plus élevés, donc de mieux financer nos
programmes sociaux. Donc, quand on est rendus avec 560 000 immigrants
temporaires, dont 178 000 demandeurs d'asile, ça pose problème.
M. Tanguay : ...parle des
travailleurs étrangers temporaires. «Quand j'en entre un... À chaque fois que
j'en rentre un, immigrant qui gagne moins de 56 000 $, j'empire mon
problème.» Est-ce qu'il regrette cette citation-là ou il l'affirme encore
aujourd'hui?
M. Legault : Bien, écoutez,
si l'objectif... puis c'est notre objectif, d'augmenter le salaire moyen, de
réduire notre écart de salaire puis notre écart de richesse avec le reste du
Canada, ça veut dire qu'il faut privilégier, puis je pense que tous les pays
font ça, l'immigration de personnes qualifiées qui vont gagner des bons
salaires.
M. Tanguay : Donc, il le
réaffirme aujourd'hui, il ne renie pas son affirmation.
M. Legault : Bien, écoutez,
ce que je dis, là, c'est que, comme tous les pays dans le monde, ce qu'on
souhaite, autant que possible, c'est d'accueillir des immigrants bien formés
qui vont gagner des bons salaires. Par contre, on n'a pas à être gênés, si on
regarde les réfugiés, si on regarde les demandeurs d'asile, le Québec fait sa
part. Je regarde le nombre d'Ukrainiens qu'on a acceptés. Je pense que, quand
on compare l'immigration au Québec, toutes proportions gardées, on accueille
beaucoup plus d'immigrants qu'aux États-Unis ou qu'en France. Donc, je pense
qu'il faut qu'il y ait un mix. Mais effectivement, si on parle des
travailleurs, bien, moi, je veux des travailleurs qui vont être capables de
gagner des bons salaires chez Northvolt. Je veux être capable d'avoir des
infirmières, être capable d'avoir des enseignants. C'est ça qui est notre
objectif.
M. Tanguay : Y a-t-il trop de
travailleurs étrangers temporaires, celles et ceux qui se sont réveillés à
matin puis qui sont au travail encore à cette heure-là, là, 4 h 45,
là? Y a-t-il trop de travailleurs étrangers temporaires présentement au Québec?
M. Legault : Bien, c'est
difficile de répondre à la question, parce qu'on a demandé au gouvernement
fédéral d'avoir plus d'informations sur les 233 000 travailleurs. On
n'a pas cette information-là, c'est quand même spécial. On n'a pas
l'information sur les 233 000 travailleurs temporaires choisis par le
gouvernement fédéral. Donc, on aimerait savoir qu'est-ce qu'ils font dans la
vie, puis combien ils gagnent, puis ils sont dans quelles régions. Est-ce
que... Parce qu'on sait qu'entre autres, si on parle du français, bien, c'est
plus un défi à Montréal que dans les régions.
Maintenant, là où il y a un problème
majeur, c'est avec les 178 000 demandeurs d'asile, 178 000.
Avant, on en avait à peu près 20 000. Là, on est rendus à 178 000.
J'espère que le chef de l'opposition officielle est d'accord avec moi pour dire :
C'est beaucoup, beaucoup trop.
M. Tanguay : Oui, tout à
fait, tout à fait, c'est beaucoup trop. Et ça, je le répète, ça fait
20 fois, 30 fois que je le dis. Je parle des travailleurs étrangers
temporaires. Aujourd'hui, sur le principe, est-ce qu'il serait prêt à dire à
certains travailleurs étrangers temporaires : Quittez le Québec parce que
c'est trop, alors qu'il... puis il me suit, là, il remplit un emploi, ils font
un travail puis ils participent à la société québécoise? Est-ce que, sur le
principe des travailleurs étrangers temporaires, il voudrait en voir quitter, ou
ça se peut, puis j'aimerais ça, ça se peut qu'il évolue, qu'il dise : Non,
bien, écoutez, moi, j'aimerais ça tous les garder, parce que force est de
constater qu'ils travaillent puis qu'ils sont... qu'ils contribuent.
M. Legault : Bien, la
première chose j'aurais le goût de répondre, c'est : Il faudrait quand
même être capable de leur offrir un logement. Mais, quand on est rendus à
233 000 travailleurs temporaires, ça crée un problème. En ajoutant
les 178 000 demandeurs d'asile, ça crée un problème en santé, en
éducation, logement puis pour l'avenir du français à Montréal.
Le Président (M.
Bachand) :30 secondes.
M. Tanguay : Pour vous, et
c'est là, M. le Président, le fait de dire que les travailleurs étrangers
temporaires, qui se lèvent à matin, le cadran sonne, puis ils sont au travail
encore, là, ils vont peut-être finir de travailler, pour certains, à 5 heures,
puis d'autres vont avoir des horaires atypiques, puis ils sont dans tous les
systèmes, santé, public, privé... Le fait de dire qu'eux, ces travailleurs
étrangers temporaires là, sont en trop grand nombre et sont la cause, entre
autres, de la crise du logement, M. le Président, je pense que c'est être, en
tout respect, déconnecté du fait qu'ils sont là pour participer à l'essor
économique. Et c'est nos gens économiques...
Le Président (M.
Bachand) :Merci.
M. Tanguay : ...qui nous le
disent.
Le Président (M.
Bachand) :Merci, le chef de l'opposition
officielle. Alors, je cède la parole au chef du Parti québécois pour
11 min 50 s M. le chef du Parti québécois, s'il vous plaît.
M. St-Pierre Plamondon : Merci
beaucoup. Bonjour, M. le premier ministre. J'ai une bonne nouvelle pour vous,
je n'ai que 12 minutes, et donc peu de temps. Ça veut dire pas assez de
temps pour vous poser des questions sur le prix du yogourt grec à la vanille,
format 650 grammes, à l'épicerie. On n'a pas le temps pour ça. Vous me
permettrez donc d'aller à l'essentiel. Et, vu que je n'ai que 12 <minutes...
M. St-Pierre Plamondon :
...pour
ça. Vous me permettrez donc d'aller à l'essentiel. Et, vu que je n'ai que
12 >minutes, je vous demande simplement de répondre de manière
assez succincte pour qu'on puisse faire le tour de certaines questions qui
intéressent les gens. Essentiellement, le but de l'exercice, c'est qu'on
comprenne votre pensée et vos politiques publiques pour la suite des choses.
Je vais commencer par des questions
faciles. La première, vous avez affirmé, il y a moins de deux ans, que le
Québec risquait la louisianisation. Est-ce que vous êtes toujours d'accord avec
votre affirmation d'il y a deux ans qu'il y a un risque de louisianisation au
Québec?
M. Legault : Bien, il y a une
baisse du français. Si on ne fait rien à long terme, il y a un risque certain.
Puis je pense que le Parti québécois puis la CAQ, on est d'accord là-dessus,
contrairement à Québec solidaire puis le Parti libéral.
M. St-Pierre Plamondon : Oui.
Vous avez affirmé, un peu dans cette foulée-là, sur la louisianisation, que
rapatrier les pouvoirs en immigration, c'était une question de survie de la
nation québécoise. Est-ce que vous pensez toujours cela?
M. Legault : Bien, il faut
sélectionner. Mais, je reviens au déclin du français, le chef du Parti
québécois a dit, et je le cite : «On attache peut-être trop d'importance
aux projections statistiques et démographiques qui prédire...
M. St-Pierre Plamondon : ...un
instant. M. le Président...
• (16 h 50) •
M. Legault : ...qui prédisent
un avenir sombre du français, comme si son déclin était inexorable.» Donc, le
chef du Parti québécois lui dit... le dit lui-même, il faut y travailler, il
faut comprendre que c'est fragile puis c'est vulnérable.
M. St-Pierre Plamondon : M.
le Président, on n'est pas au... on n'est pas au salon bleu dans la période de
questions ici. Si je pose une question, j'ai l'attente que la réponse va porter
sur ma question. La question, elle est limpide. Est-ce qu'il pense toujours,
comme il a déclaré il y a deux ans, que le rapatriement des pleins pouvoirs en
immigration est une question de survie de la nation québécoise? Il faut que le
premier ministre participe à l'exercice de bonne foi en répondant à cette
question-là, s'il vous plaît. Oui ou non, est-ce que vous pensez toujours cela?
Le Président (M.
Bachand) :Mais ce n'est pas à la
présidence d'apprécier la qualité des questions et des réponses. M. le premier
ministre.
M. Legault : ...bien,
l'important, c'est d'être capable de sélectionner les immigrants. Parce que, si
les immigrants temporaires sont présélectionnés, préapprouvés par le Québec, ça
veut dire qu'on contrôle le nombre, on contrôle la connaissance du français.
M. St-Pierre Plamondon : ...est-ce
que, oui ou non, vous pensez toujours ce que vous avez affirmé, à savoir que le
rapatriement des pleins pouvoirs en immigration est une question de survie de
la nation? Je demande une réponse oui ou non à une question hyperclaire.
M. Legault : Bien, pour la
majorité des immigrants, le Québec doit préapprouver les immigrants.
M. St-Pierre Plamondon : Ce
n'est pas ma question.
M. Legault : Maintenant, pour
ce qui est des réfugiés, pour ce qui est des réfugiés, des demandeurs d'asile,
ça prend une entente avec Ottawa...
M. St-Pierre Plamondon : Je
vais passer à une autre question, parce je constate le refus de répondre à
cette question-là. On le sait, que vous avez fait la demande à Justin Trudeau
d'obtenir les pleins pouvoirs, en fait, le lendemain d'une question que je vous
posais là dessus. Et je le mentionne parce que les équipes du fédéral ont
révélé qu'en fait ce n'était pas à l'ordre du jour. Donc, je vais vous poser
une question très, très précise et simple. Avez-vous verbalement, lors de la
rencontre avec Justin Trudeau, demandé les pleins pouvoirs en immigration, oui
ou non?
M. Legault : Oui.
M. St-Pierre Plamondon : Quelle
a été la réponse de Justin Trudeau lorsque vous lui avez demandé cela?
M. Legault : Bien, je ne
commencerai pas à... Je pense qu'il faudrait poser la question à Justin
Trudeau, là. Je ne commencerai pas à dévoiler ce qui a été dit par Justin
Trudeau.
M. St-Pierre Plamondon : Je
constate que je ne peux pas non plus obtenir de réponse là-dessus, donc je
passerai à la prochaine question, la plus importante. Advenant que le peuple
québécois en vienne à la conclusion, au cours des prochaines années, que la
troisième voie que vous incarnez, que le mandat fort que vous avez obtenu ne
permet pas de freiner les empiétements sur nos champs de compétence, ne permet
pas de freiner l'immigration temporaire, ne permet pas de freiner l'érosion du
français, ne permet pas d'empêcher la diminution du poids politique dans le
Canada, seriez-vous prêts à envisager à vous repositionner en faveur du oui,
constatant que vos efforts et toutes les options... les options à l'intérieur
du Canada n'auront pas fonctionné? Seriez-vous prêts à considérer ça?
M. Legault : Oui. Bien, je
sais que le chef du Parti québécois est relativement nouveau en politique, là,
il était orphelin... orphelin politique. Après, il a été contre la
souveraineté, maintenant pour la souveraineté. Mais c'est une question qui est
hautement hypothétique, puis il devrait savoir qu'en politique on ne répond pas
aux questions hypothétiques. Ce que je lui dirais, c'est qu'on ne souhaite pas
avoir un référendum, on ne le souhaite pas, les Québécois. Puis d'ailleurs,
lui-même le disait, je le citais ce matin, que même les souverainistes ne
souhaitent pas un référendum...
M. St-Pierre Plamondon : Je
comprends cela.
M. Legault : ...parce qu'ils
ne voudraient pas se dire... non une troisième fois.
M. St-Pierre Plamondon : Je
vais essayer de poser la question différemment. Moi, je respecte les efforts
que vous faites au nom du Québec dans un système où on a seulement le cinquième
des sièges à Ottawa et pour... et dans le cadre duquel, la plupart du temps, on
n'est pas considérés en fonction de notre volonté. Vous avez fait un certain
nombre d'efforts. Advenant que la population constate que ça ne fonctionne pas,
est-ce que je comprends que vous ne fermez pas la porte à vous <joindre...
M. St-Pierre Plamondon :
...que
ça ne fonctionne pas, est-ce que je comprends que vous ne fermez pas la porte à
vous >joindre au camp du oui?
M. Legault : Bien, M. le
Président, le chef du Parti québécois n'est même pas capable de reconnaître
que, si Ottawa faisait préapprouver les immigrants temporaires... que ce serait
un gain important pour le Québec. Donc, le chef du Parti québécois, il ne veut
pas que ça marche avec Ottawa. Moi, je n'ai pas baissé les bras. Je n'ai pas
baissé les bras et je suis encore confiant qu'on va continuer à faire des gains
avec Ottawa.
M. St-Pierre Plamondon : Je
veux bien, puis je reconnais, là, si on obtient certains de ces éléments-là, ce
serait positif. Mais vous avez dit, puis je partage votre opinion, que les
pleins pouvoirs en immigration sont une question de viabilité à moyen et long
terme. Donc, je fais le suivi sur votre propre démarche. Je ne sais pas comment
poser la question, mais c'est parce que, si on ne les obtient pas, il va
falloir aller au bout du raisonnement.
Puis je vais vous le dire en clair, ce que
j'en pense, là, c'est que vous avez mis beaucoup d'efforts, et les réponses du
fédéral sont trop souvent ultraclaires, même méprisantes envers votre démarche,
puis je refuse de croire qu'advenant un troisième référendum, vous allez faire
campagne dans le camp du non. Je ne vous crois pas. Donc, convainquez-moi de
l'inverse, convainquez-moi du contraire.
M. Legault : OK. Bien,
d'abord, depuis cinq ans et demi, on est allés chercher près de
20 milliards sans condition dans les programmes qui avaient été annoncés
dans nos champs de compétence. Donc, on a fait des gains. On a fait des gains
aussi sur la nomination des juges.
Maintenant, depuis deux, trois ans, il y a
une explosion du nombre d'immigrants temporaires. Donc, on demande à
M. Trudeau : Est-ce qu'on pourrait participer à la sélection?
M. Trudeau dit : Je suis ouvert à regarder ça. Donc, moi, je n'ai pas
baissé les bras. Je n'attends pas le grand soir comme le chef du Parti
québécois.
M. St-Pierre Plamondon : Bien
non, mais votre grand soir à vous, c'est de rapatrier tous les pouvoirs en
immigration. Est-ce que je suis en train de comprendre que, lors de la
prochaine rencontre, vous ne le demanderez pas? Parce vous l'avez demandé la
dernière fois. Là, vous avez dit : J'ai besoin de temps, puis on va
continuer à négocier. Est-ce que je comprends que vous ne demanderez plus les
pleins pouvoirs en immigration, que vous avez qualifiés d'essentiels à la
survie de la nation québécoise?
M. Legault : Ce que je dis,
c'est que j'y travaille. Je n'ai pas baissé les bras...
M. St-Pierre Plamondon : Bon,
bien, OK, mais...
M. Legault : ...contrairement
au chef du Parti québécois.
M. St-Pierre Plamondon : Parfait.
Ne baissez pas les bras.
M. Legault :
OK, c'est ça.
M. St-Pierre Plamondon : S'il
vous dit non encore une fois, je... je ne vous crois pas que vous allez
faire... Je comprends qu'on vous a dépeint comme capitaine Canada à travers
certaines de vos réponses, mais je ne vous crois pas que vous allez faire
campagne pour le camp du non. Convainquez-moi du contraire, si vous êtes
fédéraliste à ce point, mais je ne vous crois pas, respectueusement soumis, là.
M. Legault : ...respectueusement,
j'ai plein de citations ici, 2014-2016, du chef du Parti québécois qui ne
croyait pas à la souveraineté du Québec. Donc, lui-même, il n'y a pas si
longtemps, là, 2016, c'est il y a huit ans, il ne croyait pas à la
souveraineté. Il disait : La souveraineté, ce n'est pas un remède magique
pour régler nos problèmes.
M. St-Pierre Plamondon :
Est-ce que...
M. Legault : Donc, le choix
que j'ai fait, le choix que j'ai fait, c'est d'aller négocier de bonne foi avec
le fédéral pour avoir plus de pouvoirs, entre autres les pouvoirs en
immigration, mais aussi des pouvoirs dans d'autres secteurs, comme la culture
puis tout ce qui touche à notre identité. C'est le choix que j'ai fait puis ce
n'est pas le choix récent qu'a fait le chef du Parti québécois.
M. St-Pierre Plamondon : M.
le premier ministre, mon premier vote, je l'ai fait à 18 ans puis je l'ai
fait pour le oui. Puis, le lendemain du résultat, j'en pleurais. Ça fait que
je... les procès d'intention sur qui a changé d'idée dans sa carrière, je ne
pense pas que ce soit à votre avantage. Et je vous demande simplement de répondre
à ma question : Allez-vous à nouveau demander les pleins pouvoirs en
immigration à Justin Trudeau ou est-ce que vous avez laissé tomber? Et, s'il
vous dit non, ouvrez-vous la porte à considérer l'option du oui ou allez-vous
demeurer toute votre carrière capitaine Canada, quitte à faire campagne dans le
camp du non lors d'un troisième référendum? Ma question, elle est claire, je
demande simplement d'autre chose que des citations de 2014.
M. Legault : Oui. Bien,
écoutez, le chef du Parti québécois vient de dire : Je n'ai pas de leçon à
recevoir. Bien, je vais lui en donner une, leçon, parce que voici ce qu'il a
dit : À tort... ouvrez les guillemets : «À tort, le PQ a fait croire
pendant des années aux Québécois que la souveraineté du Québec était la
solution à tous nos déboires, qu'il s'agisse du déficit, des ratés en
éducation, de l'explosion des coûts en santé, des performances économiques. Il
n'y avait qu'à blâmer Ottawa et présenter l'indépendance comme un remède
infaillible.» C'est lui qui disait ça. Donc, quelle crédibilité a-t-il
aujourd'hui de venir dire : Je ne vous crois pas.
M. St-Pierre Plamondon : Je
pense, respectueusement soumis, je considère en ce moment qu'on est en train de
dénaturer l'exercice. Donc, je vais...
M. Legault : ...
M. St-Pierre Plamondon : Bien,
c'est-à-dire, ça ne... ça ne répond...
Le Président (M.
Bachand) :Si on est prêt à poser des
questions, on est prêt à prendre les réponses. Alors, allez-y, M. le chef du
Parti québécois.
M. St-Pierre Plamondon : Il
faut que les réponses soient liées à la question, respectueusement soumis.
Le Président (M.
Bachand) :Allez-y.
M. St-Pierre Plamondon : Ce
n'est pas le cas. Dans quel cas, je vais tirer des conclusions le mieux que je
peux, parce que je n'ai que 12 minutes. Je conclus que le premier ministre
n'est pas en mesure de me dire s'il va demander à nouveau les pouvoirs en
immigration <formellement...
M. St-Pierre Plamondon :
...n'est
pas en mesure de me dire s'il va demander à nouveau les pouvoirs en immigration
>formellement. Je ne suis pas capable non plus de dire s'il va tirer des
conclusions dans l'hypothèse d'un refus à nouveau par Justin Trudeau de ce
qu'il considère est une question de survie de la nation. Maintenant, je
comprends qu'il ne ferme pas la porte à se repositionner en faveur du oui au
terme de sa démarche, que je respecte à certains égards.
Et je m'arrêterai là-dessus, parce que
l'exercice consiste, du côté du premier ministre, à lire des citations
aléatoires de... Donc, je suis désolé, mais je considère que les réponses ne
sont pas en lien avec mes questions et ne me permettent pas de donner l'heure
juste à la population sur ces questions-là en ce qui a trait à l'intention du
premier ministre sur des questions fondamentales qu'il considère essentielles à
la survie de la nation. Ça conclura mon intervention.
Le Président (M.
Bachand) :Merci. N'oubliez pas que
l'article 35 s'applique. M. le premier ministre, je ne sais pas si vous
avez une intervention, dernière intervention.
M. Legault : Non, mais,
écoutez, je sais que ça choque le chef du Parti québécois, mais il a déjà dit
qu'il avait un malaise avec le nationalisme, que le déclin du français n'existait
pas, que la loi 101 au cégep n'était pas une bonne idée, etc., etc. Donc,
écoutez, quelle crédibilité a-t-il aujourd'hui?
Le Président (M.
Bachand) :Merci. Alors, M. le chef de
l'opposition officielle pour 18 min 13 secondes, s'il vous plaît.
• (17 heures) •
M. Tanguay : Oui. Alors, on
va quitter les grands soirs pour parler des petits matins. M. le Président,
j'aimerais parler... parce qu'on a parlé, parce qu'on est le Parti libéral du
Québec, de finances publiques avec le premier ministre. J'aimerais ça... parce
que je le sais qu'il est d'accord, puis qu'il me détrompe si j'ai tort, là,
directeur parlementaire du budget, il est toujours d'accord avec ça. Quand
allons-nous le faire? Mon collègue de Nelligan, leader de l'opposition
officielle, a déposé un projet de loi pour que l'on ait une institution
directeur parlementaire du budget pour nous aider à mieux prévoir sur le long
terme, faire toutes sortes d'analyses. Puis il le sait, que ce n'est pas le
même... la même institution que la Vérificatrice générale. Alors, quand va-t-il
appeler le projet de loi de mon collègue de Nelligan?
M. Legault : Bien, M. le
Président, déjà il y a des négociations, entre autres, entre leaders sur une
série de propositions, incluant la création d'un directeur parlementaire du
budget. Maintenant, on a toujours été ouverts à la création de ce poste-là puis
on est toujours ouverts. Puis moi, je... j'incite le chef de l'opposition
officielle à demander à son leader d'aller plus vite dans les négociations avec
notre leader.
Maintenant, est-ce que c'est la priorité
des priorités? Ce qu'on sait, c'est qu'actuellement la Vérificatrice générale a
du personnel, qu'à chaque élection elle analyse les prévisions économiques et
financières du gouvernement. Et donc, en plus, je pense que les chiffres qui
sont ici, qui sont validés par les fonctionnaires du ministère des Finances,
sont fiables. Donc, oui, on est ouverts, mais j'incite le chef de l'opposition
officielle à demander à son leader d'accélérer les discussions, parce que c'est
une des propositions.
M. Tanguay : Oui, mais ça,
là-dessus, M. le Président, indépendamment de cela, le chef... le premier ministre
du Québec, à l'époque, en 2012, le proposait, indépendamment de toute réforme
parlementaire. Puis, en tout respect, je lui dirais qu'on mélange des pommes et
des oranges, là. Le fait, par exemple, d'inclure ça comme une condition, là, de
négociation... On en a de besoin d'un, présentement, directeur parlementaire du
budget. Puis on m'indique, là, que son leader... il n'y a aucune discussion par
rapport à une réforme parlementaire, qui est tout à fait autre chose.
Maintenant, sachant que ça n'avance pas puis que c'est tout à fait autre chose,
la procédure parlementaire, va-t-il rapidement faire avancer ce dossier-là dans
l'intérêt du Québec?
M. Legault : Oui. Bien,
écoutez, M. le Président, vous le savez très bien, là, il y a une réforme
complète qui est proposée. Ce que mon leader m'a dit, c'est qu'il n'y a pas de
collaboration de la part du leader du Parti libéral. Maintenant, il y a déjà la
Vérificatrice générale qui vérifie les états financiers du gouvernement. Avant
l'élection, elle vérifie en plus les prévisions économiques. Veut-on créer un
autre groupe de personnes qui s'appellerait Directeur parlementaire du budget?
On est ouverts, mais j'invite le chef de l'opposition officielle à demander à
son leader de collaborer mieux avec notre leader.
M. Tanguay : Bien, je ne veux
pas passer tout le bloc là-dessus, M. le Président, mais, pour avoir été
moi-même leader avant d'être chef de l'opposition officielle, je ne lui poserai
pas la question s'il sait ne serait-ce qu'est-ce qu'il y a là-dedans, dans sa
réforme parlementaire. Parce qu'honnêtement, là, c'est des pommes et des
oranges qu'on mélange complètement. Puis il le sait très bien, il le disait
même, lui, déjà en 2012, que le rôle du VG puis le rôle du directeur
parlementaire du budget est complémentaire, n'est pas du tout en compétition,
et on en a de besoin.
Mon point, c'est que, pour tous les
projets, on parle de Northvolt, on parle de nos finances, avoir quelqu'un, des
personnes, des femmes et des hommes, qui réfléchissent à l'avenir en disant :
Oui, on va faire des prévisions... Puis, exemple, ça pourrait les aider, le
directeur parlementaire du budget...
17 h (version révisée)
M. Tanguay : ...faire des
prévisions, puis, exemple, ça pourrait les aider, les directeurs parlementaires
du budget, pour dire, bien, comment arriver à l'équilibre budgétaire. Ça serait
l'institution. Je l'invite, l'invite fortement à appeler le projet de loi de
mon collègue de Nelligan puis de ne pas mélanger la réforme également, la
réforme parlementaire. C'est des pommes et des oranges.
M. Legault : Bien, M. le
Président, d'abord, j'ai confiance aux fonctionnaires du ministère des Finances,
qui sont très compétents. J'ai confiance à la Vérificatrice générale, qui
vérifie les états financiers et les prévisions juste avant une campagne
électorale. On est ouverts à ajouter un directeur parlementaire du budget.
M. Tanguay : Mais il ne le
fera pas.
M. Legault : Pardon?
M. Tanguay : Mais vous ne le
ferez pas, vous ne le ferez pas.
M. Legault : Bien, on est
ouverts. Discutons.
M. Tanguay : Parfait.
Productivité, c'est important, pénurie de main-d'œuvre, la productivité de nos
entreprises. Quand on regarde le budget et les résultats quant aux gains de
productivité, on peut voir que, sur les cinq années, 2020 à 2024, la somme des
gains de pourcentage de productivité est de 0,1 %. 0,1 %, je
pourrais, sans être trop réducteur, dire que c'est zéro. Comment va-t-il faire
pour améliorer la productivité de nos entreprises? Ça devrait être un projet
prioritaire pour le premier ministre. Qu'est-ce qu'il entend faire?
M. Legault : Bien, j'ai le droit
à un tableau comme ça. Essentiellement, quand on parle de productivité, on
parle de variation du PIB par habitant. Quand on regarde, depuis cinq ans, dans
le reste du Canada, il y a eu une baisse du PIB par habitant, et, au Québec, il
y a eu une augmentation du PIB par habitant. Donc, oui, il y a eu la pandémie,
où les gains de productivité n'ont peut-être pas été aussi élevés qu'on le
pensait, mais, quand on se compare avec le reste du Canada, on voit que le
Québec a beaucoup mieux fait que le reste du Canada en matière de productivité.
M. Tanguay : La façon de
calculer la productivité, c'est le PIB réel par emploi. Puis, durant la
pandémie, 2020, 2021, ça a augmenté, alors le contraire de ce que le premier
ministre vient d'affirmer. Alors, encore une fois, le PIB réel par emploi est à
zéro dans ces cinq années caquistes. Bon. Je peux bien lui faire le reproche, puis
il peut même ressortir le tableau, mais je l'invite à aller consulter ses
documents budgétaires, c'est ce qu'ils nous enseignent. Alors, que va-t-il
faire pour améliorer la productivité, à savoir le PIB réel par emploi? Puis, en
cinq ans, il est à 0,1 %. Ça ne marche pas, là.
M. Legault : Bien, M. le
Président, là, on a vraiment un différend, là. Moi, je pense que ce qui est
important, c'est de regarder le PIB par habitant. On le sait, au Québec, bon,
ça a été longuement discuté, le nombre d'heures travaillées est moins élevé qu'en
Ontario puis dans le reste du Canada. Par contre, la participation des femmes
au marché du travail est parmi les plus élevées au monde. Veut-on augmenter le
nombre d'heures travaillées au Québec? Ce qu'on souhaite, c'est vraiment que le
PIB par habitant augmente plus vite que celui de nos voisins, puis c'est ce qu'on
a réussi à faire depuis cinq ans.
M. Tanguay : Bien, je l'invite
à aller voir la page D.6 de son budget. D.6, ce n'est pas ça qu'on voit du
tout, du tout, du tout, puis j'aimerais ça qu'il explique le résultat. Quand on
cumule 2020 et 2024, inclusivement, on arrive à 0,1 %.
Puis, la productivité, on n'est pas là, M.
le Président. Dans un contexte de pénurie de main-d'oeuvre, il faut produire
plus avec moins d'employés, donc il faut s'assurer qu'il y ait des
investissements. Pourquoi ne me parle-t-il pas de l'automatisation, de la robotisation,
l'innovation? Pourquoi il ne me parle pas de ça? Pourquoi il n'a pas de plan
pour améliorer la productivité?
M. Legault : Bien, M. le
Président, allons-y, à D.6. Ce qu'on voit, c'est que la productivité en 2020 a
augmenté de 0,7 %, en 2021, 2,3 %. Donc, il faut regarder le
cumulatif, puis, au cumulatif... là, on n'a malheureusement pas les chiffres
ici du reste du Canada puis de l'Ontario, au cumulatif, depuis cinq ans, ça a
augmenté plus vite au Québec qu'en Ontario et dans le reste du Canada. Ça, c'est
la réalité, c'est factuel.
M. Tanguay : Bien, alors,
continuons. D.6. Je vais... Je vais faire l'exercice, là, mais il peut... il
pourra le refaire ce soir, là : 0,7 % plus 2,3 %, moins 0,5 %,
moins 2,1 %, moins 0,3 %, sur cinq ans, ça donne 0,1 %, zéro.
Alors, ça, ce tableau-là, D.6, là, ça devrait être son obsession. Que fait-il
maintenant pour s'assurer que nos entreprises vont être plus productives? Qu'il
me parle, et je l'invite à le faire, de la robotisation, de l'automatisation,
de l'innovation. Qu'est-ce qu'il y a sur la table? Qu'est-ce qu'il y a
maintenant qui marche, qui va nous rendre <meilleurs...
M. Tanguay :
...qui
marche, qui va nous rendre >meilleurs?
M. Legault : Bien, quand je
regarde les interventions d'Investissement Québec depuis notre arrivée puis
qu'on compare avec les interventions qui étaient faites avec le gouvernement
libéral, on a doublé, doublé les interventions d'Investissement Québec pour
aider les entreprises à augmenter leur productivité.
Encore une fois, le chef de l'opposition
officielle... peut-être qu'il ne fait pas exprès mais oublie qu'on a eu une
pandémie, où il y a eu un ralentissement économique, qu'il y a eu aussi, si on
regarde les années... les mois plus récents, une augmentation importante des
taux d'intérêt qui a... qui a ralenti l'économie. L'important, c'est de se
comparer. Puis, quand on se compare, on voit qu'on fait mieux que l'Ontario
puis on fait mieux que le reste du Canada. Puis ça, ce n'est jamais arrivé
pendant que les libéraux étaient au pouvoir.
M. Tanguay : Alors... M. le
Président, alors, j'ai... j'ai voulu donner l'occasion au premier ministre de
nous parler de productivité. Nos entrepreneurs, nos femmes et nos hommes, là,
qui signent des chèques de paie, qui sont à la tête d'entreprises, là, ils
auraient aimé ça vous entendre parler de productivité. On est à 0,1 % sur
cinq ans. Je vous donne une dernière chance, après ça je vais changer de sujet :
Productivité, c'est quoi, le plan de match? Quel est le plan de match?
M. Legault : Bien, le...
M. Tanguay
: Parce que
ça ne marche pas.
• (17 h 10) •
M. Legault : Bien, le plan de
match, c'est tout ce que j'ai dit tantôt à propos des zones d'innovation, c'est
ce qu'on est en train de faire avec Hydro-Québec, c'est de créer des emplois
mieux payés, c'est de s'assurer que les entreprises investissent dans des
équipements, dans des robots, soient capables, parce qu'on manque d'employés...
d'être capables, avec le même nombre d'employés, de produire davantage. Donc,
c'est ce qu'on a réussi à faire depuis cinq ans.
M. Tanguay : Est-il d'accord
avec moi que d'avoir des emplois plus payants, ça n'a aucun lien avec la
productivité?
M. Legault : Bien, si les
emplois sont plus payants, c'est parce que l'entreprise est capable de payer
plus parce qu'elle est plus productive. Il y a un lien direct, contrairement à
ce que vient dire le chef de l'opposition officielle. Les emplois mieux payés,
c'est des emplois où il y a plus de contenu, où il y a plus de valeur ajoutée.
Pourquoi? Parce que ces entreprises-là ont investi. Donc, au lieu d'avoir des
lignes de montage où il n'y a pas de robot, on est capables de se servir de la
tête des employés... d'être capables de mieux les payer parce qu'on utilise des
machines. Donc, il y a un lien... Là, j'avoue, là, que je comprends qu'il a
peut-être besoin d'un cours d'économie, là, mais, honnêtement, là, si on a des
meilleurs salaires, ça veut dire qu'il y a plus de productivité. Puis c'est ce
qu'on souhaite dans les entreprises du Québec.
M. Tanguay : Là, le premier
ministre met la charrue avant les bœufs. Il est en train de me dire qu'un
entrepreneur va rentrer dans l'usine puis il dit : Je vous augmente tous
de 10 %, puis, de ce fait, il va augmenter la productivité, c'est ça qu'il
dit? C'est ça que vous avez dit.
M. Legault : Oui. Bien,
écoutez, moi, j'ai été entrepreneur, là. Si l'entrepreneur ou l'entreprise paie
des meilleurs salaires, c'est parce qu'il est capable de faire un profit. Puis,
s'il est capable de faire un profit, c'est parce qu'il y a plus de
productivité. Parce qu'il faut être compétitif, là, il y a d'autres
entreprises, d'autres compétiteurs. Donc, un entrepreneur n'ira pas augmenter
le salaire de 10 % s'il n'est pas capable d'augmenter sa productivité.
M. Tanguay : ...qui ne sont
pas capables. Alors, parfait, on laissera les gens économiques juger ce que
vient de dire le premier ministre. Une politique de hausse de productivité, un
des facteurs, c'est augmenter les salaires, puis vous allez, comme par magie,
augmenter la productivité. C'est ça qu'il vient de dire, là. Parce que c'était
ça, mon affirmation, puis qu'il a dit que j'avais tout faux. Voir qu'une PME...
il rentre sur l'usine puis il vous dit : Je vous augmente tous de
10 %, ça y est, j'ai réglé mon problème de productivité.
Alors, j'aurai posé la question au premier
ministre sur la productivité. Je n'ai rien entendu parler de façon tangible.
Force est de constater qu'on vient de l'expliquer, pourquoi le 0 %, c'est
le résultat aujourd'hui.
Dans sa réponse, il a parlé d'énergie. On
va en parler, d'énergie. Hydro-Québec a déposé ce qui n'est pas un plan. On a
reçu ici, à l'Assemblée nationale, M. Sabia. Il n'a pas déposé un plan, une
feuille de route, il a déposé combien qu'on est dans le trouble. D'ici 2035, il
faut aller chercher 60 térawattheures, entre 8 000 et
9 000 mégawatts de puissance additionnelle d'ici 2035. Il n'y a pas
de feuille de route pour s'y rendre.
Les investissements requis, c'est
100 milliards de dollars. Commençons par ça. Qui va payer ce
100 milliards là? L'argent va venir d'où?
M. Legault : Bon. D'abord, je
vais compléter, parce qu'il a commencé en parlant encore de productivité, qu'on
a investi 2 600 000 000 $ dans 839 projets
d'automatisation, de numérisation ou de robotisation. Donc, quand il dit qu'on
ne fait rien en productivité, c'est complètement faux.
Maintenant, je suis content qu'il amène le
sujet d'Hydro-Québec, parce que... Je pense, j'étais avec mon directeur de <cabinet...
M. Legault :
...le
sujet d'Hydro-Québec, parce que... Je pense, j'étais avec mon directeur de >cabinet.
Une des premières personnes que j'ai rencontrées en 2018, quand je suis arrivé,
c'est le président d'Hydro-Québec, qui était, à l'époque, Éric Martel. Et
qu'est-ce que m'a dit Éric Martel? Bien, il m'a dit : Les libéraux nous
ont laissé des surplus d'électricité pour au moins les 20 prochaines années, on
est obligés de jeter de l'eau parce qu'on a trop d'électricité. Qu'est-ce qu'on
a fait? On a pris notre petite valise, on est allés à New York puis on a signé
un contrat de 30 milliards pour exporter de l'électricité. Qu'est-ce qu'on a
fait? Le ministre de l'Économie a trouvé une centaine d'entreprises qui sont
prêtes à acheter de l'électricité à un prix qui est payant. Donc, on se
retrouve dans une situation, M. le Président, où, avec les libéraux, on avait
trop d'électricité, puis, aujourd'hui, bien, on manque d'électricité. Donc,
qu'est-ce que ça veut dire? Ça veut dire qu'on va pouvoir recommencer, enfin, à
construire des barrages, à faire du développement éolien, à créer des emplois
payants chez Hydro-Québec.
Bon, ça prend un certain temps pour
repartir la machine, parce que, pendant les années libérales, il ne s'était
passé à peu près rien. Donc, on repart la machine, puis ça va venir en deux étapes.
Première étape, construction, augmentation de la capacité chez Hydro-Québec.
Deuxième étape, bien, les GM, les Northvolt et compagnie vont prendre cette
électricité-là, vont la rendre rentable, vont exporter des batteries pour les
véhicules électriques un peu partout dans le monde puis vont, surtout, créer
des emplois payants, des emplois de l'avenir. Donc, c'est ce qu'on a fait, on a
complètement changé la situation. Pas assez de projets avec les libéraux, trop
de projets avec la CAQ. Donc, on choisit les meilleurs.
M. Tanguay : Le premier
ministre, puis je suis content qu'il le souligne, on... il y avait des surplus
d'électricité quand il est arrivé au pouvoir. Même chose pour les finances
publiques, il y avait un surplus de 7 milliards de dollars. Là, il dit :
On a pris... et je le cite : «On a pris notre petite valise, on est allés
à New York puis on a signé un contrat», contrat sur 25 ans. Peut-il me
confirmer qu'année après année ce contrat-là va rapporter, donc, le revenu, 1,3 milliard
de dollars, bon an, mal an? Est-ce qu'il les connaît, les chiffres?
M. Legault : Oui. Bon,
d'abord, il a l'air d'être content, le chef de l'opposition officielle, de dire :
On avait des surplus d'électricité, on jetait de l'électricité parce qu'on ne
savait pas quoi faire avec l'électricité. Il a l'air fier de ça.
Maintenant, contrat avec New York.
D'abord, c'est un contrat qui est dans les deux sens. Donc, selon les périodes
de pointe, qui ne sont pas les mêmes au Québec qu'à New York, on va pouvoir
exporter ou importer de l'électricité, puis, quand on va l'exporter, oui, ça va
être rentable pour le Québec. Puis ça va nous être utile aussi dans l'autre
sens. Quand il y a de l'électricité en surplus à New York, ils vont pouvoir
nous l'envoyer. Donc, c'est un bon contrat.
M. Tanguay : ...les revenus...
quels sont les revenus anticipés sur 25 ans? Moi, j'ai le chiffre, qu'il me
détrompe si j'ai tort, de 1,3 milliard de dollars canadiens, bon an, mal
an, par année, pour les 25 prochaines années. C'est-tu ça, le chiffre? Parce
qu'il ne peut pas dire que c'est un bon contrat s'il ne connaît pas le chiffre.
M. Legault : Oui. Bien,
effectivement, la première année, quand le... la ligne va être construite,
c'est à peu près 1,3 milliard. Par la suite, c'est indexé à chaque année.
Donc, faites le calcul, 1,3 milliard indexé pendant 25 ans, c'est
extraordinaire. Puis je me souviens de Philippe Couillard, on a le droit de le
nommer comme ça, qui disait : C'est fini, les barrages, c'est fini, oubliez
ça, on n'a plus besoin puis on a trop... Heille! 1,3 milliard de revenus
par année, indexé pendant 25 ans. C'est ça que la CAQ amène aux Québécois.
Le Président (M.
Bachand) : 20 secondes.
M. Tanguay : 20 secondes?
Le Président (M.
Bachand) :20 secondes, M. le chef...
M. Tanguay : On va revenir,
pour les dernières secondes, dans le prochain bloc, M. le Président, très
clairement, parce qu'on est partis de surplus à : il n'y en a plus, puis
il nous a embarqués dans ce contrat-là, puis je questionne la profitabilité du
contrat. Puis, les chiffres, on les a, on va revenir là-dessus. Puis là on est
pris à dire non à nos propres entreprises, il n'y en a plus, d'énergie, puis il
est tout fier de ça. Il n'y en a plus. On va revenir.
Le Président (M.
Bachand) :Merci beaucoup. M. le chef de
l'opposition... deuxième opposition, pour 12 min 8 s, pardon.
M. Nadeau-Dubois : Merci, M.
le Président. Rebonjour, M. le premier ministre. Je vous promets que je ne m'en
vais pas si je n'aime pas vos réponses, même si ça se peut que je ne les aime
pas.
On va parler des conservateurs. Vous avez
appris une mauvaise nouvelle, je ne veux pas parler de ça, un de vos députés
qui a quitté pour le Parti conservateur. Votre ministre des Finances,
aujourd'hui, qui a eu de la difficulté à exclure la possibilité de se... de
faire de la politique <fédérale...
M. Nadeau-Dubois :
...qui
a eu de la difficulté à exclure la possibilité de se... de faire de la
politique >fédérale et de se joindre, un jour, au Parti conservateur du
Canada, qu'il avait déjà représenté par le passé. Et ça m'a rappelé les
élections fédérales de 2021, élections lors desquelles vous aviez décidé d'intervenir
personnellement en disant souhaiter l'élection d'un gouvernement conservateur.
Est-ce que vous comptez à nouveau intervenir dans les élections fédérales? Il y
en a une qui s'en vient.
M. Legault : Bon. D'abord, M.
le Président, je suis content de confirmer que, parmi les députés de la CAQ, il
y a des anciens du Parti libéral du Canada, il y a des anciens candidats,
incluant notre whip qui vient de nous quitter, qui avaient déjà été candidats
du Parti conservateur, puis on a, entre autres, notre président de caucus puis
d'autres qui ont déjà été députés du Bloc québécois. Donc, on a des gens qui
viennent de différents horizons, qui ont une chose en commun : ils veulent
que le Québec avance, pas attendre le grand soir, là, que le Québec avance en
économie, en éducation, en santé, etc.
Maintenant, il y a une opportunité assez
spéciale, là, parce qu'il va y avoir une élection fédérale. On veut avoir plus
de pouvoir en immigration et on va... il est beaucoup trop tôt pour dire est-ce
que je vais suggérer d'appuyer ou de ne pas appuyer quelqu'un, il est beaucoup
trop tôt.
• (17 h 20) •
M. Nadeau-Dubois : À
l'époque, votre intervention était motivée par votre crainte de mesures
centralisatrices à Ottawa. Dans les dernières semaines, on a vu des ingérences
historiques du fédéral dans les compétences du Québec. Donc, je comprends que
vous ne fermez pas la porte à prendre position lors des prochaines élections
fédérales.
Le Président (M.
Bachand) :M. le premier ministre.
M. Legault : Oui. M. le
Président, je vais toujours défendre les intérêts du Québec d'abord. Puis
rappelons-nous la dernière élection fédérale, le chef du Parti conservateur du
Canada était prêt à transférer des pouvoirs en immigration au gouvernement du
Québec. Donc, ça avait été important parce que M. Trudeau refusait de proposer
la même chose.
Maintenant, je le répète, quand on parle
des programmes annoncés par M. Trudeau qui sont de l'ingérence dans nos
compétences, jamais on n'a accepté, jamais on n'acceptera, donc on va réclamer
notre dû, donc 22 % des montants, sans condition.
M. Nadeau-Dubois : Ah! mais
je vous parle de la prochaine élection fédérale. Puis vous avez le droit d'être
clair, ce n'est pas interdit. Je comprends que vous n'excluez pas de prendre
position lors de la prochaine élection fédérale, par exemple, pour défendre les
compétences du Québec.
M. Legault : Je n'exclus pas
ça.
M. Nadeau-Dubois : Si vous
preniez position, puisque vous ne l'excluez pas, j'imagine que vous ne
prendriez pas position pour le parti politique, le Parti libéral du Canada, qui
vient de procéder à une série d'ingérence quasiment sans précédent dans les
compétences du Québec. Quels sont les partis, donc, que vous pourriez
recommander aux Québécois, Québécoises, puisque vous n'excluez pas de faire une
telle recommandation?
Le Président (M.
Bachand) :M. le premier ministre.
M. Legault : Oui. Bien,
écoutez, ce n'est pas noir ou blanc. On le sait, dans un programme électoral,
on parle d'environnement, on parle d'identité, des pouvoirs, de
décentralisation, d'ingérence ou de non-ingérence dans les champs de
compétences des provinces. Donc, il y aura une analyse qui sera faite de tous
les programmes, de tous les partis, puis, bon, on décidera à ce moment-là quel
est... s'il y en a un, qui défend le mieux les intérêts des Québécois.
M. Nadeau-Dubois : Est-ce que
c'est une possibilité... puisque vous n'excluez pas de faire un appui, est-ce
que c'est une possibilité que vous appuyiez le Parti libéral du Canada?
M. Legault : Bien, écoutez,
là, il est trop tôt pour répondre à cette question-là.
M. Nadeau-Dubois : Donc, vous
n'excluez pas d'appuyer le Parti libéral du Canada?
M. Legault : Je n'exclus pas
d'appuyer le Parti libéral, le Parti conservateur, le Bloc québécois. Je
n'exclus rien.
M. Nadeau-Dubois : OK. Le
11 octobre 2022, vous aviez déclaré que vous n'entendiez pas intervenir
dans la prochaine élection fédérale, donc le 11 septembre 2022. Là, on est
en avril 2024. Qu'est-ce qui a changé depuis pour que votre position évolue?
M. Legault : Bien, comme je
vous dis, ça se peut qu'on n'intervienne pas, que je n'intervienne pas, ça se
peut que j'intervienne. On va voir les programmes des différents partis.
M. Nadeau-Dubois : En
septembre 2022, vous aviez spécifiquement exclu, là, d'appuyer M. Poilievre. Là,
aujourd'hui, vous ne l'excluez plus. Qu'est-ce qui a changé <depuis...
M. Nadeau-Dubois :
...M.
Poilievre. Là, aujourd'hui, vous ne l'excluez plus. Qu'est-ce qui a changé >depuis?
M. Legault : Bien, c'est la
question, la façon qu'elle est posée. Ça commence à faire assez longtemps que
vous êtes en politique. Si vous... le journaliste vous demande : Est-ce
que vous excluez d'appuyer M. Poilievre?, Allez-vous appuyer M. Poilievre?,
Allez-vous appuyer M. Trudeau?, c'est : Écoutez, là, il est trop tôt, il
est trop tôt.
M. Nadeau-Dubois : Bien, je
peux vous dire que, dans mon cas, il n'est pas trop tôt. Moi, je suis assez à
l'aise, d'emblée, d'exclure un appui à M. Poilievre. Ça, là-dessus, moi, je
suis à l'aise. Dès maintenant, je l'exclus. Pour ce qui est de vous, comme
premier ministre du Québec, c'était quand même... ça avait été remarqué, cet
appui en 2021, à un gouvernement conservateur minoritaire. Vous étiez revenu
sur cet appui-là en septembre 2022 en disant : Ce n'est plus dans mes
intentions. Vous aviez dit, par exemple, ne pas assez connaître M. Poilievre
pour l'appuyer. Là, aujourd'hui, votre position a changé, vous nous dites :
Je ne l'exclus plus.
Donc, ma question : Qu'est-ce qui
vous a fait changer d'idée entre septembre 2022 puis aujourd'hui? Ça fait assez
longtemps, vous aussi, que vous faites de la politique pour savoir que ces mots-là
ont un sens.
M. Legault : Bien, écoutez, le...
là, le chef de Québec solidaire vient de nous dire : C'est sûr que je
n'appuierai pas M. Poilievre. J'aimerais ça qu'il me dise : Est-ce
qu'il exclut d'appuyer M. Singh? Parce qu'il y a beaucoup de gens au... à
Québec solidaire qui appuient le NPD. Même si, officiellement, Québec solidaire
est souverainiste, souverainiste non nationaliste, il n'exclut pas d'appuyer M.
Singh, qui est encore plus intervenant dans les compétences des provinces que
M. Trudeau. Donc, je le sais, que le chef de Québec solidaire nous a dit
souvent : Moi, les compétences, j'haïs ça, ça ne m'intéresse pas, les
compétences. Moi, ça m'intéresse.
M. Nadeau-Dubois : Des trois
chefs des formations politiques ici présentes, il y en a un seul qui n'a jamais
changé de position sur l'indépendance du Québec, et c'est celui qui parle en ce
moment. Le chef du Parti libéral a déjà été un indépendantiste. Le chef du
Parti québécois, vous l'avez cité plus tôt, a déjà changé sa position. Vous-même,
vous ne vous en cachez pas, vous avez changé de position. Le seul ici qui n'a
jamais changé de position sur la question fondamentale du statut politique du
Québec, c'est moi. Je ne dis pas ça pour me vanter, c'est un fait. Donc, pour
ce qui est de la cohérence, je me... je me porte bien. Et, par ailleurs, je
vous confirme, je n'ai jamais pris de position publique aux élections
fédérales. Ce ne sera pas le cas non plus la prochaine fois.
Ceci étant dit, j'aimerais maintenant qu'on
parle d'environnement, parce que ça, vous avez prétendu que ça fait partie de
vos priorités. Le 15 août 2023, le ministre de l'Économie — j'allais
l'appeler par son nom — a fait une déclaration qui m'a surpris. Il
avait déclaré : «Je suis un de ceux qui croient que les voitures
électriques... il faut... toutes électriques, mais il faut en avoir la moitié
moins», donc deux fois moins de véhicules sur les routes du Québec. Est-ce que
le premier ministre est d'accord avec cette affirmation de son ministre de
l'Économie, qu'il faudrait grosso modo couper en deux le parc automobile au
Québec?
M. Legault : Bon. D'abord, je
veux revenir sur les premières remarques du chef de Québec solidaire pour lui
dire qu'aujourd'hui... Puis je l'invite à aller lire le livre qui s'appelle Les
Bleus, d'Étienne-Alexandre Beauregard, où il explique qu'il y a deux partis
multiculturalistes, donc le Parti libéral et Québec solidaire, puis deux partis
nationalistes, le Parti québécois et la CAQ, donc deux partis qui défendent le
français, qui défendent la laïcité. D'ailleurs, ça a dû choquer les oreilles du
chef de Québec solidaire, ce que nous a dit le premier ministre de la France la
semaine dernière.
Maintenant, je reviens aux voitures
électriques. Évidemment, l'objectif, c'est de réduire les GES. Bon. Une des
façons, c'est avec plus de voitures électriques. Une autre des façons, c'est
plus de transport collectif. Il y a aussi toute la décarbonation des
entreprises. Donc, ce qu'on fait avec le PEV, c'est d'optimiser nos investissements.
On a un plan de 9 milliards...
M. Nadeau-Dubois : ...il me
reste deux minutes?
M. Legault : ...puis on
essaie de dire : Bien, avec le 9 milliards...
M. Nadeau-Dubois : Je veux
juste...
M. Legault : ...il faut faire
le plus de chemin possible pour réduire les GES.
Le Président (M.
Bachand) :Merci beaucoup. M. le député de
Gouin, 2 min 40 s.
M. Nadeau-Dubois : C'est
très... C'est très intéressant. Ma question était : Est-ce que le premier
ministre est d'accord qu'il faut couper en deux le parc automobile au Québec?
M. Legault : Bien, il
faudrait voir sur combien d'années puis... donc il faudrait savoir sur combien
d'années. Mais il va falloir réduire le nombre de voitures électriques. Puis,
bonne nouvelle, on va fabriquer au Québec des batteries pour les véhicules
électriques, même, même si Québec solidaire est contre l'investissement de Northvolt.
M. Nadeau-Dubois : Donc, le
premier ministre... quand son ministre de l'Économie dit : Il faut avoir
la moitié moins de véhicules au Québec, le premier ministre, il est à l'aise
avec cette affirmation-là?
M. Legault : Bien, ça dépend
sur combien d'années.
M. Nadeau-Dubois : OK. Mais,
mettons, à long terme, il est d'accord?
M. Legault : À très long
terme, oui.
M. Nadeau-Dubois : À très long
terme, il est d'accord. Il va falloir quand même que les <gens...
M. Legault :
...très
long terme, oui.
M. Nadeau-Dubois :
À
très long terme, il est d'accord. Il va falloir quand même que les >gens
se déplacent sur le territoire. S'il y a moitié moins de véhicules, ça va
prendre, donc, énormément de transport collectif pour déplacer tout ce
monde-là. Est-ce que le premier ministre peut me citer un projet de transport
collectif que son gouvernement a initié et livré depuis qu'il est au pouvoir?
M. Legault : Bien, écoutez,
dans toute l'histoire des grands projets au Québec, malheureusement c'est
souvent un parti ou un premier ministre qui lance un projet puis un autre qui
vient inaugurer le projet. Bon. Moi, j'espère devenir l'exception avec un
troisième mandat, mais c'est certain que de lancer un projet puis de le
finaliser, c'est long. Mais prenons la ligne bleue, à Québec, le prolongement
de la ligne bleue, il n'y avait rien qui s'était fait par les libéraux. Nous,
c'est en construction.
M. Nadeau-Dubois : Non, mais
moi, si le premier ministre m'explique que ce n'est pas possible d'annoncer
puis de livrer un projet de transport collectif en un ou deux mandats, je suis
capable de l'entendre, mais je veux juste qu'on soit clairs pour les gens qui
nous écoutent. Donc, il reconnaît qu'il n'en a pas initié et livré jusqu'à
maintenant depuis qu'il est premier ministre?
M. Legault : Oui.
• (17 h 30) •
M. Nadeau-Dubois : Merci,
parce qu'on a eu beaucoup de difficulté à avoir cette réponse-là de la part de
la ministre des Transports, qui nous a parlé de la ligne bleue, du SRB Pie-IX,
du REM, tous des projets qui avaient été lancés sous le gouvernement précédent.
Maintenant, la cause est entendue. On pourra arrêter de s'obstiner, élégamment
toujours, avec la ministre des Transports. Merci.
Le Président (M.
Bachand) :Merci beaucoup. M. le chef de
l'opposition officielle, pour 18 min 45 s, s'il vous plaît.
M. Tanguay : 18 min 45 s.
Merci beaucoup, M. le Président. On va revenir en énergie. Comment ça va, les
discussions avec Terre-Neuve-Labrador pour Churchill Falls?
M. Legault : Bien, c'est... c'est
très confidentiel, mais les discussions se poursuivent.
M. Tanguay : Entre nous, là.
M. Legault : Je vous dirais d'abord :
Quel est l'objectif? Plusieurs objectifs. Le contrat se termine en 2041, donc,
si on veut signer des contrats à long terme avec des entreprises, il faut
savoir ce qui se passe après 2041. Deuxièmement, c'est possible de rehausser la
puissance de Churchill Falls, donc... pourrait intéresser à participer puis
avoir une partie de cette puissance additionnelle. Troisième projet, Gull
Island, donc un nouveau barrage, donc, où on pourrait participer à la
construction puis éventuellement être un client. Donc, les discussions se
poursuivent, mais c'est évidemment très confidentiel.
M. Tanguay : Je comprends ça,
puis je suis content d'entendre le premier ministre qui voit un potentiel
d'augmenter la capacité électrique. 2041, par contre, quand on parle de
développer cette puissance-là, ça va venir quand même assez vite, parce qu'on
parle de plus de 10 ans pour un barrage, donc s'il y a des aménagements à y
avoir. Quel est son objectif d'arriver avec des résultats? Parce que le temps
file aussi, là. Quel est son calendrier?
M. Legault : Bien, écoutez,
ça dépend de l'entente. Si on est capables d'avoir une bonne entente dans les
prochains mois, les prochaines années, tant mieux, mais on regarde aussi des
plans B, entre autres sur la Côte-Nord, dans le Nord-du-Québec, pour des
nouveaux barrages ou des rehaussements de barrages, et on regarde aussi pour
ajouter beaucoup d'éolien.
Maintenant, il va y avoir aussi des
nouvelles technologies, dans les prochaines années, qui vont s'ajouter. Donc,
on ne peut pas mettre tous nos œufs dans le panier de Terre-Neuve puis être
obligés d'accepter ce qui nous est proposé par Terre-Neuve.
M. Tanguay : Le premier ministre
a dit : Dans quelques mois ou dans quelques années. Il n'exclut pas le
scénario où il pourrait y avoir une entente dans quelques mois? Ça pourrait
être possible?
M. Legault : Bien, on ne peut
pas exclure ça, là, mais, bon, je n'irais pas jusqu'à dire que c'est probable,
mais ce n'est pas impossible.
M. Tanguay : Ce n'est pas
impossible. OK. C'est important, c'est important ce qu'il dit, puis ça a un
impact, évidemment, économique et énergétique. Est-ce que le fédéral est
impliqué dans les discussions?
M. Legault : Non. Non.
M. Tanguay : Aucunement?
M. Legault : Il y a des
discussions entre Andrew Furey, le premier ministre de Terre-Neuve, et moi, puis
entre Hydro-Québec et l'équivalent à Terre-Neuve, mais le fédéral n'est pas
impliqué.
M. Tanguay : Parfait.
Dernière question là-dessus : Est-ce qu'il trouve que ça avance bien?
Est-ce qu'il est... Est-ce qu'il est confiant?
M. Legault : Bien, les prix
qui sont demandés par Terre-Neuve sont élevés, donc on voudrait qu'ils soient
plus bas.
M. Tanguay : Ils sont
gourmands.
M. Legault : Bien, si j'étais
à leur place, je ferais la même chose.
M. Tanguay : Ah oui? Ah! là,
c'est moins bon, par exemple. Oui, parce que, je pense, c'est le premier
ministre de Terre-Neuve qui a dit : «Show us the money», je pense.
M. Legault : Oui. Je pense
que... Je ne pense pas qu'il répéterait ça demain matin, Andrew, parce qu'on a
fait une proposition, on est rendus dans les contre-propositions. Donc, je ne
pense pas qu'il dirait demain matin...
17 h 30 (version révisée)
M. Legault : ...dans les
contre-propositions. Donc, je ne pense pas qu'il dirait demain matin, là :
«Show us the money.» C'est plus : Bien, on voudrait avoir des prix plus
élevés.
M. Tanguay : C'est bon, c'est
bon, c'est bon. Je reviens à New York... Puis si le premier ministre a d'autres
chiffres, qu'il me les... qu'il nous les donne parce qu'on essaie de les avoir,
puis je dois dire que ce n'est pas... ce n'est pas limpide.
Contrat de New York 2025-2050 sur 25 ans,
ça va, bon an mal an, rapporter un revenu, je ne parle pas d'un profit ou d'un
dividende là, ce n'est pas du un pour un, un revenu de 1,3 milliard
canadien annuel...
Une voix : ...
M. Tanguay
: Indexé. Et
ça va engager de notre énergie, 10,4 TWh. Bon, 2025-2050, 10,4 TWh pour
répondre à ça, 1,3 milliard indexé par année, pas de dividendes, pas de
profits, de revenus. Hydro-Québec nous dit : Arrêtez tout! Ne dit pas
«arrêtez tout», mais dit : Attention, attention, attention! 60 TWh, d'ici
2035, on a besoin de ça, là, puis ça va coûter 100 milliards. J'aimerais
ça qu'il me rassure en m'expliquant la rationnelle économique quand on regarde
le besoin créé versus coût-bénéfice que ça va nous rapporter, New York.
M. Legault : Bien, d'abord, là,
ce qu'il est important de dire, c'est qu'Hydro-Québec est très content d'avoir
et l'entente avec le Massachusetts, donc Boston et compagnie, et l'entente avec
New York, avec des lignes qui sont dans les deux sens. Parce que, dans les
prochaines années, pour la transition énergétique, la clé, ça va être les
lignes de transmission. Et le fait qu'on ait entre le Québec puis New York, là,
qui n'est quand même pas rien, une ligne qui va dans les deux sens, ça va nous
permettre de mieux gérer les pointes. Ça va être ça, là, l'enjeu, gérer les
pointes. Bon. Puis l'avantage qu'on a avec l'hydroélectricité, c'est que le
bassin d'eau agit un peu comme une batterie. Bon. À New York, oui, il y a de l'éolien,
mais c'est intermittent, donc il y a certains moments où ça peut être
avantageux, surtout le nouveau coût de l'éolien est beaucoup plus bas, donc on
est dans une situation qui est parfaite, avec des revenus garantis aussi, ce n'est
quand pas rien, là, d'avoir 1,3 milliard qui rentre bon an mal an, indexé.
Donc, moi, je pense qu'Hydro-Québec puis moi, on est contents.
M. Tanguay : Est-ce que le
ministre peut nous dire, ou peut-être qu'il n'est pas capable, là, parce que...
Mais quand même, 2025, c'est l'an prochain, là, ça va commencer l'an prochain,
de nous dire indexé, là, selon sa prévision, on peut trouver un taux pour l'indexation,
là, ça va nous rapporter combien ça en tout, sur ces 25 années-là, en
milliard de dollars canadiens?
M. Legault : Oui, bien là, il
faut... il faut être prudent, là, parce que si vous voulez savoir combien de
cent par kilowattheure on charge, et puis c'est quoi le... c'est quoi le prix
pour chaque année à Boston, c'est quoi le prix à chaque année à New York? Là,
je pense que tout le monde va comprendre que c'est très confidentiel.
M. Tanguay : Oui, mais, je
veux dire, vous...
Une voix : ...
M. Tanguay : C'est... Oui.
Puis je n'ai pas de problème à ce que ce soit rentable quand on vend quelque
chose qui a une valeur énorme. Je n'ai pas de problème à ce que le contrat
comme tel, uniquement, soit rentable. Mais quand je regarde dans toute la
patente dans laquelle Hydro-Québec veut nous embarquer, puis c'est normal, puis
c'est correct, c'est 60 TWh qui nous manquent.
Alors, tantôt, il me faisait grief qu'il y
avait des surplus d'énergie, mais là il n'y en a plus d'énergie, il faut aller
chercher 60 TWh, c'est 100 milliards. Alors, je comprends que le
contrat en soi, en tant que tel, il y a un preneur pour l'énergie puis qu'il va
être profitable, mais quand on regarde ce qu'il va falloir investir pour y
répondre, ma question est de savoir, donnez-moi du jus, là, pour voir qu'il est
profitable, parce que moi j'ai un grand questionnement. S'il nous rapporte
quelque chose comme 36 milliards de dollars canadiens ou 40 milliards de
dollars canadiens sur 25 ans, quand il va falloir investir 100 milliards
pour combler la carence, il comprend ce que je dis. Moi, je ne suis pas... je
ne suis pas rassuré, là, je pose les questions.
M. Legault : OK. Bon, d'abord,
je pense, c'est important de bien répondre à cette question-là. D'abord,
rassurons les individus, le résidentiel, là, il y a un bloc patrimonial et il
ne manquera jamais d'électricité pour les individus, pour les résidences au
Québec.
Maintenant, on a un contrat avec New York,
on a un contrat à Boston pour exporter. On est en train de signer des contrats
avec des entreprises comme GM, Ford, Northvolt, là, on parle avec des grandes
entreprises, Hélio, Tinto, ArcelorMittal, pour dire : On va leur <vendre...
M. Legault :
...
là,
on parle avec des grandes entreprises, Hélio, Tinto, ArcelorMittal,
pour
dire : On va leur >vendre de l'électricité à profit. OK? Mais là,
non seulement Hydro-Québec va faire de l'argent, mais en plus, ces
entreprises-là sont en train de créer des emplois payants qui vont entrer des
revenus additionnels au ministère des Finances du Québec. Donc, on gagne deux
fois : on gagne avec ce que fait Hydro-Québec, le développement qui
n'existait pas avec le Parti libéral, puis on gagne en développant des
entreprises de l'économie verte qui vont être payantes pour le ministère des
Finances du Québec. Donc, on gagne deux fois. On relance la production chez Hydro-Québec.
Puis moi, quand on me dit : Ça va
prendre 100, 150 milliards, d'abord, Hydro-Québec a une capacité d'emprunt
extraordinaire, c'est un actif, c'est un joyau qu'on a au Québec. Donc,
félicitons-nous d'avoir Hydro-Québec puis d'avoir la possibilité, la
possibilité d'avoir assez de clients, soit à l'extérieur du Québec, soit dans
les entreprises qui viennent s'installer au Québec, pour qu'on puisse justifier
plus de construction, donc un boom économique dans les prochaines années.
• (17 h 40) •
M. Tanguay : Bien, pour que
le boom reste boom, et pas ... là... Moi, je n'ai pas de problème, des clients,
il va y en avoir. Pour de l'énergie propre, là, des clients, il va y en avoir,
à l'interne puis à l'externe. Il n'y a aucun... aucun enjeu là-dessus.
Par contre, qu'est-ce qu'on fait avec
notre énergie? Deux choses. On peut-tu prioriser nos entreprises à nous qui
auront un retour sur l'investissement, d'un; et de deux, à combien on signe des
deals à l'étranger et est-ce que c'est profitable? Avec la donne relativement
récente, qu'il y a trois ans, on avait encore des surplus, mais dans les
derniers mois, dernières années, je veux dire, on n'en a plus. La réalité a
changé complètement. Alors, des clients pour des clients, il n'y aura jamais un
problème. Mais on peut-tu prioriser nos entreprises dans les projets que l'on
accepte? Et réellement, les ententes à l'extérieur, est-ce qu'elles vont être
rentables? C'est le questionnement que j'ai.
M. Legault : Bon. D'abord, je
n'ai pas pu m'empêcher de sourire quand j'ai entendu le chef de l'opposition
officielle dire : Des clients, il n'y a pas de problème, on va en avoir.
Bien, quand on est arrivés en 2018, on les cherchait, les clients. Je pense
qu'il n'y en avait pas deux, OK? Et ce que nous a laissé... le bilan que nous a
laissé le gouvernement libéral, c'est qu'il n'y en avait pas, de clients ni à
l'extérieur, comme des places comme New York, ni des entreprises. Donc, on a
changé la situation, on a signé avec New York. Puis on a réussi, c'est surtout
le ministre de l'Économie, à attirer des dizaines et des dizaines
d'entreprises.
Maintenant, lesquelles on va choisir, bon,
bien, on choisit en fonction des retombées. Si une entreprise, demain matin,
nous dit : Moi, je vais créer 1 000 emplois à 75 000 $
ou à 100 000 $ par année, donc à un salaire moyen plus élevé que le
salaire moyen du Québec, bien là, on peut facilement calculer quelles sont les
retombées pour le Québec. Et là, bien, évidemment, on va signer avec les
entreprises où il y a le plus de retombées. Mais, une chose qui est sûre, c'est
qu'on n'ira jamais signer un contrat si, avec 1 $, on ne fait pas au moins
1,25 $, 1,50 $. Donc, c'est comme ça que le calcul se fait.
Puis, écoutez, là, moi, je suis très fier
de ça, de dire il y a tellement d'entreprises qui veulent investir au Québec
qu'on a le choix. C'était le contraire avec le gouvernement libéral, il n'y
avait pas personne, c'était le désert total.
M. Tanguay : Bon. Alors,
après cette affirmation équilibrée, «le désert total»... Il me fait rire, des
fois, le premier ministre. Là, j'allais être méchant, mais je ne le serai pas.
Ça va bien, on a une belle journée.
Le 11 avril dernier, le ministre de
l'Énergie a dit : «Maintenant, le coût additionnel de l'électricité qui
va... qui va payer pour? Maintenant, le coût de l'électricité, qui va payer
pour?» Je cite toujours le ministre de l'Énergie : «Est-ce que ça va être
le commercial, l'industriel ou le ministre des Finances? Il y aura moins de
dividendes d'Hydro-Québec.» Qui va payer? Parce que ça va requérir, oui, des
emprunts, mais il va falloir rembourser les emprunts puis il va falloir faire
des investissements. Peut-il affirmer que le particulier sera toujours, si
d'aventure il était encore là pendant plusieurs années, sera toujours plafonné
à 3 %? Peut-il l'affirmer? Je vais commencer par les particuliers.
M. Legault : OK. Donc, les...
Oui, les particuliers sont plafonnés à 3 %.
Mais je veux revenir quand même sur
l'affirmation, parce que c'est très important, là. Prenons l'industriel, OK? Je
l'expliquais tantôt, si une entreprise industrielle vient nous dire : Je
vais créer 1 000 emplois à 100 000 $ par année, il y a de
l'argent qui va <rentrer...
M. Legault :
...Je
vais créer 1 000 emplois à 100 000 $ par année, il y a de
l'argent qui va >rentrer au ministère des Finances. Si pour faire ça,
Hydro-Québec doit baisser ses revenus d'un montant inférieur aux entrées, on
est gagnant. Donc, quand le ministre de l'Économie dit : Il y a trois
choix, ou l'industriel va accepter de payer plus cher, ou c'est le ministère
des Finances qui va accepter, parce qu'il y a des entrées fiscales
additionnelles, d'en redonner une partie en acceptant qu'Hydro-Québec ait un
moins gros profit. Donc, c'est ça, la dynamique qu'on regarde actuellement.
M. Tanguay : Et oui, je suis
tout à fait d'accord, je le vois, le lien, les vases communicants, mais il ne
peut pas dire que c'est du un pour un et que j'aurai toujours l'ambition que
mes salaires élevés vont combler le manque à gagner des dividendes. Moi, je ne
vois pas d'un pour un. Est-ce que c'est sa prétention, non?
M. Legault : Je suis d'accord
avec vous, là, ce n'est pas du un pour un, c'est idéalement du 1,25 pour un ou
1,50 pour un. Il faut qu'au total on soit gagnant. Donc quand on additionne le
profit d'Hydro-Québec et les retombées, il faut qu'on soit gagnant à chaque
fois.
M. Tanguay : Donc,
particulier, sous sa gouverne, ce sera 3 %, toujours, ad vitam aeternam,
entre guillemets. Est-ce qu'il va donc modifier la loi, je pense que c'est la
loi n° 34 qui avait été adoptée, qui faisait en sorte
que la Régie de l'énergie après cinq ans — je crois que cinq ans, ça
va venir bientôt — pouvait revisiter ce plafond-là, pouvait revisiter
ce qui était l'inflation? Est-ce qu'il doit déposer un projet de loi? Est-ce
qu'il va en faire un?
M. Legault : J'ai... j'ai une
entente, là. Je n'ai aucune inquiétude, là, de la part du président d'Hydro-Québec,
les tarifs vont être plafonnés à 3 % maximum.
M. Tanguay : La Régie de
l'énergie qui nécessiterait une modification législative parce qu'il y a un
mécanisme qui va embarquer, là.
M. Legault : Oui.
M. Tanguay : Va-t-il déposer
un projet de loi?
M. Legault : Bien, on l'a
fait cette année, là. Même si la Régie de l'énergie aurait permis d'avoir des
augmentations de plus que 3 %, on les a limitées à 3 %.
M. Legault : Mais là, la Régie
de l'énergie va revisiter les cinq dernières années pour peut-être l'augmenter
d'au-delà 3 %. Je présume que, comme il le fait, le «plaster», si vous me
permettez l'expression, le diachylon, il va le refaire aussi pour l'an
prochain, puis ça va être 3 %, le plafond?
M. Legault : Bien, oui. Mais
ce qui est arrivé, il faut le dire, là, autant avec les gouvernements du Parti
québécois que des gouvernements du Parti libéral...
M. Tanguay : Ça allait donc
mal.
M. Legault : ...plusieurs
années, les augmentations d'Hydro-Québec, suggérées puis acceptées de la Régie
de l'énergie, étaient plus élevées que l'inflation. Donc, les consommateurs
québécois, avec les Libéraux, puis le Parti québécois, c'est arrivé souvent
qu'ils ont payé une augmentation de tarifs d'Hydro-Québec plus élevée que
l'inflation, alors que, nous, ce qu'on dit, c'est le minimum... le moindre de
3 % ou l'inflation.
M. Tanguay : Donc, qui risque
de payer à ce moment-là, les entreprises ou les industriels, la facture?
M. Legault : Bien, les
entreprises puis les industriels, c'est la même chose, là?
M. Tanguay : Mais pas au
niveau des tarifs. On parle d'Hydro-Québec, là.
M. Legault : Mais de quoi
vous parlez, là, les entreprises industrielles?
M. Tanguay : Les tarifs. Les
tarifs des entreprises vont augmenter.
M. Legault : Bien, les
entreprises industrielles, ça se peut que ça augmente, sauf s'il y a des
retombées. Mais les entreprises industrielles, c'est la même chose, là.
M. Tanguay : Oui. OK. Il y a
entreprises industrielles qui ont le tarif L. Ce n'est pas, tout le monde qui a
le tarif L.
M. Legault : Oui. Mais il y a
des ententes qui ont été signées par les gouvernements précédents. Il y en a
qui vont venir à échéance, mais on va s'assurer, dans chaque contrat, que ce
soit payant.
M. Tanguay : Donc... Puis en
passant, c'était le même vocable qu'utilisait votre ministre de l'Énergie, là.
Alors, il parlait des particuliers, commercials et industriels. Donc, tarif L,
on ne touche pas à ça parce qu'il y a des ententes.
M. Legault : Bien, mais c'est
ça, peut-être que... Juste pour qu'on se comprenne, là, il y a trois groupes.
M. Tanguay : Oui.
M. Legault : Les individus,
les entreprises industrielles, puis le commercial, centre d'achats, les
magasins, tout ça. Donc, il y a trois groupes. Ce qu'on dit, c'est que les
individus, c'est le moindre de 3 % ou l'inflation. Maintenant, qu'est-ce
qu'on fait avec l'industriel, qu'est ce qu'on fait avec le commercial?
M. Tanguay : Le premier
ministre a dit «des barrages», c'est-tu... ce n'est pas une erreur, il risque
d'y avoir de nouveaux barrages, plus d'un barrage.
M. Legault : Oui.
M. Tanguay : Il pense à
combien de barrages?
M. Legault : Bien, écoutez,
là, hein, on ne va pas faire peur au monde, là.
M. Tanguay : Non, non. C'est
les faire rêver.
M. Legault : Puis je ne vous
dirai pas non plus c'est exactement sur quelle rivière, puis où. Mais je l'ai
déjà dit à plusieurs reprises, on regarde pour avoir des barrages et/ou des
rehaussements de barrages, ce qui est aussi intéressant d'ailleurs.
M. Tanguay : Mais les
nouveaux, les nouveaux barrages, il va y en avoir plus d'un. C'est ce que vous
prévoyez, les nouveaux nouveaux, là?
M. Legault : Bien, il y a des
projets actuellement, il y a des discussions qui ont lieu avec, entre autres,
certaines communautés autochtones. Donc, on ne fera pas ça sans leur accord,
sans une acceptabilité sociale.
M. Tanguay : Une dernière
petite question, la prochaine rencontre avec Justin Trudeau, son rendez-vous
doit être cédulé, là, d'ici le 30 juin, là. Il peut-tu la faire dans notre
capitale nationale? Ça va être la huitième <rencontre...
M. Tanguay :
...30 juin,
là. Il peut-tu la faire dans notre capitale nationale? Ça va être la huitième
>rencontre... Est-ce qu'il s'engage à cela?
M. Legault : Bien oui. Bien,
je ne sais pas si lui s'engage, mais moi, je m'engage...
M. Tanguay : Si c'était au
Québec...
M. Legault : ...ça fait que
ça va être correct, là. Si, moi, je veux le recevoir à Québec, je pense qu'il
va venir à Québec. Même s'il habite à Montréal, il va venir à Québec.
M. Tanguay : Ça fait que si
ça se passe au Québec, vous vous engagez à ce que ça se passe dans notre
capitale nationale?
M. Legault : Oui, absolument.
J'ai déjà promis avant. Donc, n'inscrivez pas ça dans la colonne des gains du
Parti libéral, là, j'ai déjà promis ça depuis longtemps là.
M. Tanguay : Parce parce,
vous avez raison, il n'y a plus de place. Merci beaucoup, M. le Président.
Le Président (M.
Bachand) :Merci beaucoup, M. le député de
LaFontaine, chef de l'opposition officielle. Alors, je me tourne maintenant
vers le gouvernement pour 10 min 1 s. M. le député de Beauce-Sud,
s'il vous plaît.
M. Poulin : Merci beaucoup,
M. le Président. À mon tour de saluer les collègues, évidemment, du
gouvernement, saluer le premier ministre, saluer les oppositions pour cet
exercice fort important, il y a le député de Saint-Jean également qui va se
joindre à moi, dans les prochaines minutes, pour échanger avec vous, M. le
premier ministre.
Vous savez, moi, je suis député d'une
région agricole. C'est extrêmement important, l'agriculture chez nous,
l'acériculture. Comme député, évidemment, je suis très près de mes
agriculteurs, des gens, des femmes, des hommes, des familles qui vivent de l'agriculture
au Québec. On n'est pas sans savoir également que, ces jours-ci, l'UPA parcourt
le Québec. Je serai d'ailleurs, en Beauce, avec eux, ce vendredi, pour, à
nouveau, échanger, discuter. On est conscients aussi de la réalité des enjeux
internationaux que vive le monde agricole, de la réalité financière, des
changements climatiques, des éléments qui sont loin d'être faciles pour nos
agriculteurs au Québec. Et on se doit de le faire avec calme, on doit le
regarder, ce dossier-là, avec sérieux et avec sérénité.
• (17 h 50) •
Cependant, au cours des dernières heures,
on a vu le Parti libéral du Québec lancer une campagne pour avoir des dons de
formations politiques sur l'agriculture au Québec. Je vous la lis, M. le
premier ministre : «Face à la crise en agriculture, entre parenthèses, nom
et prénom du premier ministre doit passer de la parole aux actes et agir pour
soutenir nos producteurs et productrices. Donnez, dès maintenant, pour nous
aider à défendre les intérêts de nos agriculteurs québécois contre l'inaction
de la CAQ.» Et on voit une photo du porte-parole en matière d'agriculture, des
pêcheries, d'alimentation du Parti libéral.
Et il y a un lien Je donne, qui nous amène
au site du Directeur général des élections, M. le Président. C'est assez surprenant,
c'est assez, j'ose le dire, épouvantable de voir qu'avec ce que vivent les
milieux agricoles actuellement, qu'on tente d'amasser des dons pour une
formation politique. M. le premier ministre, vous en pensez quoi?
Le Président (M.
Bachand) :M. le premier ministre.
M. Legault : Oui, bien,
écoutez...
M. Poulin : ...que les
collègues puissent en prendre connaissance. C'est public ou allez sur le
plq.org, vous allez tout voir, mais je peux vous le déposer, M. le Président.
Le Président (M.
Bachand) :OK. Juste l'envoyer à la
commission, s'il vous plaît, au secrétariat. Merci.
Des voix : ...
Le Président (M.
Bachand) :S'il vous plaît! S'il vous
plaît...
M. Legault : Bien, écoutez,
moi, je trouve complètement aberrant que le Parti libéral utilise la crise en
agriculture pour collecter de l'argent pour le Parti libéral du Québec. Ça n'a
pas de bon sens. On dirait qu'ils n'ont pas appris leur leçon de ce qui s'est
passé. Donc, on a effectivement le député de Pontiac qui dit : «Donnez dès
maintenant pour aider à défendre les intérêts de nos agriculteurs.» Puis là, il
y a un lien, M. le Président, il y a un lien Je donne, puis là, ça s'en va
direct pour donner de l'argent au Parti libéral. C'est quand même incroyable.
Jamais je n'oserais dire : On va utiliser la crise en agriculture pour
collecter de l'argent, collecter de l'argent pour le Parti libéral du Québec.
C'est une insulte, à mon avis, aux agriculteurs. Et je n'en reviens pas que le
député de Pontiac, qui a quand même de l'expérience, accepte de mettre sa photo
avec...
Le Président (M.
Bachand) :Juste faire attention...
M. Legault : ...venez nous
aider à faire le combat pour l'agriculture et donnez de l'argent au Parti
libéral. C'est gênant pour le Parti libéral du Québec, c'est gênant.
M. Poulin : Merci, M. le
premier ministre. Ce sera intéressant certainement d'entendre ce qu'a à dire le
Parti libéral du Québec, le député de Pontiac. Je vois qu'il a convoqué les
médias demain avec les agriculteurs. Il pourra aussi leur expliquer ce que son
parti politique fait. C'était tout pour moi, M. le Président. Nous, on sera...
on continuera d'être présents aux côtés des agriculteurs sans demander de
formation... sans demander de dons à notre formation politique, évidemment.
Merci.
Le Président (M.
Bachand) :Merci beaucoup, M. le député de
Beauce-Sud. D'autres intervenants du côté gouvernemental? M. le député de Saint-Jean,
s'il vous <plaît...
Le Président (M.
Bachand) :
...du côté
gouvernemental?
M. le député de
Saint-Jean, s'il vous >plaît.
M. Lemieux : Merci.
Des voix : ...
Le Président (M.
Bachand) :S'il vous plaît, s'il vous
plaît! M. le député de Saint-Jean, vous avez la parole.
Des voix : ...
Le Président (M. Bachand) :S'il vous plaît, M. le député de Beauce-Sud. M. le député
de Saint-Jean, vous avez la parole.
M. Lemieux : Mais il a raison
d'être choqué, par exemple, ça crie en face.
Le Président (M.
Bachand) :S'il vous plaît!
M. Lemieux : M. le Président,
il nous reste combien de temps?
Le Président (M.
Bachand) :5 min 42 s.
M. Lemieux : Merci beaucoup.
Et ce sera la fin de cette étude des crédits du bureau du premier ministre.
Vous savez, M. le premier ministre, le problème à être le dernier à poser la
question, après 3 heures, presque 3 heures et trois chefs de parti et
trois députés du gouvernement, vous avez pas mal fait le tour, là, hein? Par
contre, ce que j'aime de l'idée... Puis je ne vous parlerai pas de français,
parce que je me suis payé la traite à matin en déclarations de députés, je ne
vous dérangerai pas avec le français cet après-midi, mais ce que ce que je me
dis, c'est qu'on peut résumer tout ça peut être en mots simples, puis en
faisant une espèce de résumé de toute l'histoire. Vous savez qu'au discours sur
le budget, je me suis aventuré à faire mon allocution sans utiliser un seul
chiffre et j'ai presque réussi, mais... Et c'est pour ça que je vous amène,
oui, sur les questions économiques, mais en les prenant un peu comme les
citoyens nous prennent. Je réponds souvent à mes concitoyens qui me parlent la
crise de la main-d'œuvre, de celle du logement, de l'inflation, pour ne pas
dire surtout l'inflation, là, et je leur réponds : Il faut regarder ça
plus largement chez nos voisins canadiens, par exemple, nos voisins américains.
Puis à divers égards, ailleurs aussi.
Au risque de paraître simpliste, puis il
ne faut jamais essayer de paraître simpliste quand on parle de finances
publiques, mais je vais y aller d'un vieux dicton — puis vous m'avez
presque volé le punch tout à l'heure, quand vous avez commencé au tout début — un
vieux dicton que vous me voyez venir : Quand on se regarde, on se désole,
mais quand on se compare, on se console. Parce qu'un dicton, ça dit bien ce que
ça veut dire, puis quand on regarde l'état de l'économie puis l'état des
finances publiques du Québec, après un mois de budget, on se dit : Bien,
coudon, si nos salaires ont augmenté, si pendant tout ce temps-là, depuis même
avant la pandémie, le pouvoir d'achat moyen au Québec s'est maintenu au-dessus
de l'inflation, si les statistiques qu'on voit mois après mois, chômage,
inflation sont encore jouables et gérables, comme le dit le ministre des
Finances, bien, à quelque part, on peut se dire : Bien, c'est parce que le
monde sont inquiets. Il y en a peut-être même qui sont anxieux.
Vous, M. le premier ministre, quand vous
rencontrez vos concitoyens puis que vous sentez leur inquiétude, leur anxiété, peut-être
que c'est juste le sentiment ou l'impression que ça ne va pas bien, comment
vous leur présenter la situation, vous, de votre point de vue?
M. Legault : Bien, merci au
député de Saint-Jean. D'abord, chaque cas est différent. Il faut faire
attention quand on prend des moyennes. On peut dire : Les salaires depuis
cinq ans ont augmenté de 24 % au Québec, puis l'inflation moyenne,
incluant le logement puis la nourriture, a été de 19 %. C'est une moyenne.
Il y a plein d'exceptions. Il y a plein de gens qui souffrent actuellement de
l'augmentation du coût de la vie, qui ont de la misère à arriver, qui ne sont
pas capables de se trouver un logement à un prix raisonnable, qui ont de la misère
à aller acheter toute la nourriture qu'ils ont besoin, et qu'est ce qu'on doit
faire pour les aider? Bien, il faut mettre de l'argent dans le portefeuille.
Puis ça, bien, on a devant nous autres, là, des oppositions qui ont la misère
avec ça. Nous, on a commencé tôt à parler de ça, là, de dire : On va
baisser les impôts, on va augmenter l'aide sociale, on va...
Les aînés, pensez aux aînés de 70 ans
et plus, là, qui, des fois, ont une pension pas indexée. Imaginez-vous comment
ils sont mal pris. Eux autres, ils ne l'ont pas eu l'augmentation de salaire de
24 %, mais ils ont eu le 19 % d'inflation en moyenne. Donc, ces
personnes-là, il faut les aider. C'est beaucoup d'argent, là. Le
2 000 $ qu'on envoie aux 70 ans et plus, là, parlez au ministre
des Finances, là, ça n'a pas été facile à passer parce que, heille, c'est
beaucoup, beaucoup, beaucoup d'argent.
Donc, je pense qu'il faut continuer à
mettre de l'argent dans le portefeuille, il faut continuer à en faire une
priorité, le portefeuille. Puis ce n'est pas en opposition avec le fait de bien
financer nos services. Puis d'ailleurs, qu'est-ce qu'on a fait surtout comme
investissement en santé puis en éducation, c'est pour augmenter... améliorer
les conditions de travail, donc augmenter le salaire des enseignants,
augmenter... Donc, au moins, ces personnes-là, on le voit, là, le minimum qui a
été donné, c'est 17,4 % pour les prochaines années d'augmentation, plus
des primes, entre autres les <infirmières...
M. Legault :
...donné,
c'est 17,4 % pour les prochaines années d'augmentation, plus des primes,
entre autres les >infirmières, primes de nuit, primes de fin de semaine,
primes à temps plein, bon, etc. Ça donne plus de 25 %, en moyenne,
d'augmentation.
Mais, dans le secteur privé, il faut que
les gens se trouvent des meilleurs emplois. Quelqu'un qui gagne 20 $, ce
n'est pas la même chose que quelqu'un qui gagne 30 $ ou 40 $ de
l'heure. Puis là, bien, c'est là qu'il faut des formations courtes. Puis là il
y a une opportunité extraordinaire avec la construction. Imaginez-vous, on a
beaucoup d'hôpitaux puis d'écoles à construire, on a du rattrapage à faire
puis...
Le Président (M.
Bachand) :En terminant, M. le premier
ministre, en terminant.
M. Legault : En conclusion,
Hydro-Québec a plein de projets. Donc il y a une opportunité, en six mois, de
se former en construction, gagner un excellent salaire et d'être capable de
faire bien vivre sa famille. Donc, c'est ce qu'il faut essayer d'expliquer.
Le Président (M.
Bachand) :Merci beaucoup, M. le premier
ministre. Alors, le temps alloué à l'étude du volet Conseil exécutif des
crédits budgétaires du portefeuille Conseil exécutif étant presque écoulé, nous
allons maintenant procéder à la mise aux voix des crédits.
Est-ce que le programme 2, intitulé
Services de soutien auprès du premier ministre et du Conseil exécutif est
adopté?
Des voix : Adopté.
Des voix : Sur division.
Le Président (M.
Bachand) :Adopté sur division. Je dépose
également les réponses aux demandes de renseignements de l'opposition.
Et, compte tenu de l'heure, la commission
ajourne ses travaux au jeudi 18 avril, à 11 h 30. Merci, belle
soirée.
(Fin de la séance à 18 heures)