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Version préliminaire

43e législature, 3e session
(début : 5 mai 2026)

Cette version du Journal des débats est une version préliminaire : elle peut donc contenir des erreurs. La version définitive du Journal, en texte continu avec table des matières, est publiée dans un délai moyen de 2 ans suivant la date de la séance.

Pour en savoir plus sur le Journal des débats et ses différentes versions

Le mercredi 3 juin 2026 - Vol. 49 N° 10

Étude détaillée du projet de loi n° 1, Loi constitutionnelle de 2025 sur le Québec


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Intervenants par tranches d'heure

  • 19 h 39

    • Morin, André Albert
    • Jolin-Barrette, Simon

 

Journal des débats

11 h (version non révisée)

La transcription de cette séance sera disponible dans un délai de 15 à 30 jours ouvrables. La vidéo/audio de cette séance est en ligne dans un délai maximum d'une heure après la fin de celle-ci dans la section «Document(s) associé(s) à la séance» de cette page Web.


 
 

19 h 39 (version révisée)

M. Morin :… le mémoire du Barreau du Québec… puis, j'aimerais qu'on puisse en parler. Peut-être que vous partagez leur… leur énoncé.

Peut-être… peut-être pas. Euh, on parle de… du fait que ces deux notions, euh, « nation québécoise », bon… puis… puis on va le voir plus tard, là, la nation québécoise est titulaire de droits, mais « le peuple québécois » qui forme la nation québécoise bénéficie aussi de droits.

Et là, le Barreau nous dit : Le projet de loi crée ainsi une fiction juridique extrêmement complexe qui brouille les cartes en matière de droits et libertés fondamentaux, notamment en ce qui a trait à leur prévalence sur tout autre droit ordinaire.

Êtes-vous d'accord avec cette affirmation-là ?

M. Jolin-Barrette : Non.

M. Morin : OK. Pourquoi ?

M. Jolin-Barrette : Je ne suis pas en accord avec l'interprétation que le Barreau fait.

M. Morin : OK…

M. Jolin-Barrette : Je pense que c'est très clair qu'on indique, parce que, dans le corpus législatif, on utilise, parfois, les termes « peuple », parfois, les termes « nation ».

Il y a des choix linguistiques qui ont été utilisés au fil des années. Donc, en fonction des époques, en fonction des tendances, on aborde davantage la question de « nation », je vous dirais, les 20 dernières années, alors qu'il y a une certaine époque, dans les années 70 et suivantes, on a… on a… on avait davantage l'approche, notamment dans les instruments internationaux, du terme « peuple ».

Donc, on… on réconcilie tout ça en lien avec le corpus législatif que nous avons. Donc, d'établir que, dans le cadre de la Constitution, lorsqu'on parle de « peuple », on parle des Québécoises et des Québécois, donc des personnes qui sont assujetties aux lois de l'Assemblée nationale, et… euh… de… de… que… que ces personnes-là font partie de la nation, qui est un ensemble plus grand, qui n'est pas rattaché uniquement aux individus.

M. Morin : Et quand le Barreau dit : Le projet de loi semble catégoriser les droits collectifs selon qu'ils sont détenus par la nation québécoise ou par le peuple québécois, êtes-vous en accord avec cette affirmation-là ?

M. Jolin-Barrette : Mais en fait, à titre d'exemple, là, aux articles 14, 15… 12, 13, 14, 15, notamment, euh, les dispositions font partie déjà du corpus législatif dans le cadre de la loi 99, et on parle de la question du peuple québécois lorsque le peuple québécois est consulté à son avenir.

Euh, la nation québécoise est formée du peuple québécois, entre autres. Puis, ce qui est important aussi, puis, rappelez vous, au… au début, là, de la lecture de l'article 3, on a eu cet échange-là, où je disais, exemple : Notamment dans la Loi électorale, les Québécoises et les Québécois sont ceux qui sont visés par la Loi électorale.

Donc, quand je dis : Ils sont assujettis aux lois de l'Assemblée nationale, exemple, pour exercer sa qualité d'électeur, il faut faire partie du peuple québécois.

Puis, là, il y a des… dans le cadre de la Loi électorale, il y a des dispositions spécifiques rattachées à la notion d'électeur, notamment d'avoir 18 ans.

Alors, on… on a ce facteur de rattachement là, notamment. Et, par la suite, la question de la nation, oui, elle est formée du peuple québécois, entre autres, mais c'est plus large aussi.

Ce n'est pas uniquement que la nation, c'est également ce qui symbolise l'intention de… de territoire, de culture, d'identité.

M. Morin : Donc, là, c'est le peuple québécois qui est plus large, où c'est la nation ?

M. Jolin-Barrette : Le peuple québécois, on prend l'ensemble des individus qui sont assujettis aux lois québécoises…

M. Morin : Oui…

M. Jolin-Barrette :… hum… qui sont sur le territoire québécois et qui y résident de façon habituelle, tandis que la nation québécoise inclut le peuple québécois et aussi les facteurs de rattachement, notamment, composant la nation.

Puis, on voit les composantes de la nation québécoise : Donc, langue, culture, identité et valeurs. Donc, c'est un ensemble qui est plus large uniquement que le peuple.

Et, là, je vous ai amené la nuance, tout à l'heure, que, notamment, pour les nations autochtones, certaines veulent être dans le grand ensemble, d'autres non. Puis, ça, ce n'est pas à nous à déterminer cela.

M. Morin : Le… le Barreau émet l'hypothèse suivante, c'est que c'est… ce n'est pas toujours évident de se retrouver dans les deux concepts, et donc ça risque de générer des dissensions sociales et des débats juridiques.

Ça pourrait compromettre la stabilité et la prévisibilité juridique…


 
 

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