Journal des débats de la Commission des institutions
Version préliminaire
43e législature, 3e session
(5 mai 2026 au 27 août 2026)
Cette version du Journal des débats est une version préliminaire : elle peut donc contenir des erreurs. La version définitive du Journal, en texte continu avec table des matières, est publiée dans un délai moyen de 2 ans suivant la date de la séance.
Pour en savoir plus sur le Journal des débats et ses différentes versions
Le
vendredi 5 juin 2026
-
Vol. 49 N° 12
Étude détaillée du projet de loi n° 3, Loi visant à assurer la représentation effective des électeurs
Aller directement au contenu du Journal des débats
11 h 30 (version non révisée)
(Onze heures cinquante-neuf minutes)
Le Président (M. Bachand) : Bonjour tout le monde! À l'ordre, s'il vous plaît. Ayant
constaté le quorum., je déclare la séance de la commission des institutions
ouverte.
La commission est réunie afin d'entreprendre
l'étude détaillée du projet de loi n° 3, Loi visant à
assurer la représentation effective des électeurs.
Avant de débuter, Mme la secrétaire, y
a-t-il des remplacements?
La Secrétaire : Oui, M. le
Président. Mme Grondin (Argenteuil) est remplacée par Mme Tremblay (Hull);
Mme Garceau (Robert-Baldwin), par M. Tanguay (Lafontaine), Mme Maccarone
(Westmount–Saint-Louis) par M. Ciccone (Marquette), Mme Massé (Sainte-Marie–Saint-Jacques),
par M. Leduc (Hochelaga-Maisonneuve); et Mme Laflamme (Chicoutimi),
par M. Paradis (Jean-Talon).
Le Président (M. Bachand) : Merci. Avant de débuter les remarques préliminaires, je
dépose le mémoire transmis par M. Louis-Philippe Noël relativement au
projet de loi n° 3. Donc, remarques préliminaires, M.
le ministre, s'il vous plaît.
M. Roberge : Merci, M. le
Président, mais, comme on a eu l'occasion de parler à plusieurs reprises à ce
sujet-là, je vais passer outre mes remarques préliminaires.
Le Président (M. Bachand) : Merci beaucoup. Donc, je céderai maintenant la parole au
représentant de l'opposition officielle. M. le député de Marquette, s'il vous
plaît.
M. Ciccone : Merci beaucoup, M. le Président, bonjour, M. le ministre,
bonjour à toute votre équipe, à tous les collègues de la partie gouvernementale
et les collègues de l'opposition. C'est un projet de loi qui a été travaillé en
grande collaboration. C'est très rare qu'on voit ça à l'Assemblée nationale.
Là, on en a deux là, dans une semaine, puis je fais référence au projet de loi
sur les boissons énergisantes également. Dans tout ça, c'est important de
mentionner qu'il n'y a pas de perdants-là. Il n'y a pas de perdants dans la
révision de la carte électorale. C'est un projet de loi qui s'engage à réviser
les critères de manière indépendante. Puis, en attendant cette révision-là qui
va se faire, là, ni la Gaspésie ni l'est de Montréal ne vont perdre la
représentativité ici à l'Assemblée nationale. Puis vous connaissez tous mon
amour, depuis le temps que je suis ici, là, pour le travail transpartisan.
Alors, moi, je suis dans mon élément, aujourd'hui. J'espère que ça va … ça va
se dérouler de façon cordiale et très rondement.
Et, en terminant, je veux juste amener
aussi, M. le Président, un élément qu'on ne parle pas assez souvent, là, mais c'est
l'aspect humain, l'aspect humain d'être un député. Je reviens, justement, de la
Gaspésie-là, j'étais là quatre jours, et j'en ai fait de la route là, j'en ai
fait de la route, mais je ne représentais pas personne, moi, ce n'étaient pas
mes citoyens, ce n'étaient pas mes citoyens. Puis, on enlève un comté là-bas, écoutez,
là, il y a un aspect sécurité dans ça aussi. À qui veut bien l'entendre, là,
ils pourraient aller voir les témoignages de l'ancien député de Bonaventure, M. Sylvain
Roy, à combien de reprises qu'il a manqué de laisser sa vie en jeu, justement,
parce que ça voyage jour et nuit. Alors, l'aspect humain, moi, je pense qu'il
faut l'aborder, il faut le considérer sur, justement, le travail qu'on a à
faire.
Alors, merci beaucoup, M. le Président.
Le Président (M. Bachand) : Merci beaucoup, M. le député de Marquette. M. le député d'Hochelaga-Maisonneuve,
s'il vous plaît.
M. Leduc : Moi aussi,
là, beaucoup de choses ont été dites en long et en large là-dessus, je n'ai pas
particulièrement de remarques à faire. Merci beaucoup.
Le Président (M. Bachand) : Merci beaucoup. M. le député de Jean-Talon, s'il vous
plaît.
M. Paradis : Merci M.
le Président. J'ai eu l'occasion de m'exprimer…
12 h (version non révisée)
M. Paradis : ...encore
hier sur le principe, relativement à ce projet de loi transpartisan, dans l'intérêt
des Québécoises et des Québécois. Alors, procédons. Merci.
Le Président (M.
Bachand) :Merci beaucoup. Alors, je
comprends que M. le député de Saint-Jérôme prend la parole, s'il vous plaît.
M. Chassin :Oui. Merci, M. le Président. Évidemment, parce que vous
comprendrez que je participe à la CI, je pense, pour la première fois, là, mais
donc sur un projet de loi où je suis tout à fait conscient d'être minoritaire,
hein, on se comprend, puis que c'est tout à fait logique, dans une assemblée
constituante, une assemblée délibérante comme la nôtre, qu'à un moment donné,
bien, il y ait des votes, puis c'est tout à fait correct que ce soit la
majorité qui l'emporte.
Ceci étant, M. le Président, moi, je tiens
ici à rappeler que ce n'est pas un projet de loi ordinaire, puis je pense qu'on
l'a entendu, d'ailleurs, dans l'adoption de principe hier, tout le monde
convient qu'il s'agit d'un des fondements de notre système démocratique et que,
bien, c'est aussi un peu et en partie en réaction à une décision des cours. Parce
qu'effectivement le gouvernement a été, là, jusqu'en Cour suprême<i> pour
contester l'inconstitutionnalité de la loi, en fait, du projet de loi n° 59,
là, j'imagine qu'il a un titre autre. Mais alors, évidemment, je peux
comprendre qu'on y revienne en se disant, cette fois-ci, c'est un meilleur
projet de loi. Mais, pour moi, c'est le concept même d'un projet de loi qui touche
à la carte électorale qui m'apparaît risqué. Je pense qu'il y a des questions
qui se posent, puis évidemment, bon, il y a une question qui m'apparaissait
évidente, M. le Président, qui est : Comment ça se fait qu'on... on a ce
projet de loi là à la fin de la session sans même entendre, puis je pense qu'on...
ça aurait été raisonnable, là, mais sans même entendre ceux qui ont été chargés
de faire une carte électorale, soit la commission de révision... de
représentation électorale. Parce qu'il me semble que c'est quand même leur
travail qu'on... bien, soit qu'on utilise, soit qu'on met à la poubelle, selon
qu'on le voit comme étant utilisé dans la carte actuelle du projet de loi no 3,
mais néanmoins je pense que ça pose des questions, puis surtout sur leur
indépendance.
Et après ça, bien, la moindre des choses,
il me semble, là, M. le Président, ce serait d'entendre le Directeur général
des élections<i>. On a une loi qui précise qu'à six mois d'une élection,
minimum, on doit avoir une carte électorale, puis, à moins que je calcule mal,
peut-être, mais comme économiste, en général, je ne suis pas pire, il me semble
qu'on est à moins de trois mois du déclenchement des élections, ce qui pose
problème. Je trouve que c'est un peu invraisemblable qu'on se mette les mains
dans... dans ce sujet-là à ce moment-ci. Et pour moi, ça, bien, c'est
certainement un sujet de préoccupation. Peut-être, puis là je suis très ouvert
à me faire convaincre, là, mais peut-être qu'il y a des bonnes raisons de
croire que c'est tout à fait possible que le Directeur général des
élections<i> nous a peut-être envoyé une lettre, ou au ministre, puis on
saura bientôt. Mais, jusqu'à date, il me semble que c'est la moindre des choses
que de les entendre. Puis vous comprendrez, M. le Président, que, quand on
parle d'un travail transpartisan, bien, c'est plusieurs partis, mais moi, je n'en
ai pas, de parti. Je n'ai pas été particulièrement inclus. Ça fait que,
évidemment, là, à date, on m'a... on m'a demandé comment... comment je voyais
ça, oui. On a réfléchi très longuement, puis je salue d'ailleurs la volonté du
ministre de s'asseoir avec moi, mais, à la limite, c'est ça. Après ça, on a... on
se retrouve devant quelque chose qui est un peu comme un fait accompli quand
même. Ça fait que moi, pour moi, ce serait essentiel, comme parlementaire,
comme législateur que je puisse entendre les... les commentaires et les
réflexions, au moins, de ces deux groupes-là.
Alors, évidemment, vous comprendrez que,
dans mes remarques préliminaires, j'annonce un peu mes couleurs, M. le
Président, pour la suite des choses, mais pour l'instant ce serait surtout ça,
mes remarques préliminaires. Merci.
Le Président (M.
Bachand) :Merci beaucoup. Est-ce qu'il y
a d'autres députés, commentaires, déclarations? S'il n'y a pas d'autre députés,
nous sommes maintenant aux motions préliminaires. Y a-t-il des motions
préliminaires? M. le député de Saint-Jérôme, s'il vous plaît, oui.
M. Chassin :Vous vous en doutez. Ça fait que, là, je regarde d'un oeil
la secrétaire de la commission, je ne sais pas si je dois le faire de façon
écrite, mais je ferais motion que nous entendions la Commission de la
représentation électorale<i> comme première motion préliminaire.
Le Président (M.
Bachand) :Normalement, la manière qu'on
fonctionne, ça prend un document écrit...
Le Président (M.
Bachand) :…qu'on envoie au secrétariat de
la commission.
M. Chassin :
Sans problème.
Le Président (M.
Bachand) : Et puis on regarde après la validité, la
recevabilité, et après ça on peut procéder.
M. Chassin :Je peux vous le faire sans problème. Est-ce que je… je vous
le fais selon un certain modèle ou je vous le fais sur une feuille, que je vous
le transmets tout de suite?
Le Président (M.
Bachand) :C'est une motion. Mais, l'idée,
ça aurait été bien de l'avoir en amont. Mais je comprends que vous êtes... De
toute façon, vous aviez annoncé votre intention de…
M. Chassin :
Oui.
M.
Bachand
:
…déposer une motion. Alors donc, écoutez, ça prend une motion écrite, et puis
je vais vous donner très peu de temps pour l'envoyer à la secrétaire de la
commission.
M. Chassin :Parfait. Je vais vous demander une petite suspension. Je
vais faire ça, puis ça va être fait.
Le Président (M.
Bachand) :Mais ce que je vous avise,
c'est que ça va être très court, M. le député de Saint-Jérôme.
M. Chassin :
Je suis en train de le faire.
Le Président (M.
Bachand) : Alors, je vais suspendre quelques instants. Merci.
(Suspension de la séance à 12 h 8)
(Reprise à 12 h 14)
Le Président (M.
Bachand) :Alors, s'il vous plaît, la
commission reprend ses travaux.
Donc, M. le député de Saint-Jérôme, on a
reçu votre motion préliminaire. D'abord, je vous demanderais d'en faire la
lecture. Et, je vous rappelle, vous avez 30 minutes d'intervention.
M. Chassin :Oui. Merci, M. le Président. Donc, la motion préliminaire,
dans sa forme correcte, se lit ainsi. Conformément à l'article 244 du règlement
de l'Assemblée nationale, je fais motion afin que la commission entende les
membres de la Commission de la représentation... de la représentation
électorale.
Le Président (M.
Bachand) : Donc,interventions? Allez-y, M. le député.
M. Chassin :Vous comprendrez que je… je suis intéressé aussi à avoir la
perspective du ministre en particulier, mais même des collègues, parce que,
tous… tous les partis étant dans un esprit transpartisan, là, en faveur de…
d'aller rapidement dans l'adoption de ce projet de loi là, je suis quand même
curieux de voir s'ils ont un intérêt, eux aussi, à entendre ceux qui ont
travaillé, qui ont abouti, en fait, en fin de processus et qui ont fait une
carte…
Le Président (M.
Bachand) :...rappeler, M. le député de
Saint-Jérôme, vous avez une seule intervention, puis il n'y a pas le droit de
réplique. Donc, si vous voulez entendre les autres, après ça vous ne pourrez
plus prendre la parole.
M. Chassin :Donc, il n'y a pas de débat sur la motion?
Le Président (M.
Bachand) : Il n'y a pas de débat.
M. Chassin :Je présent la motion, et ensuite les gens peuvent répondre
s'ils le veulent. D'accord. Bien, je vais faire tout de suite mes arguments en
faveur.
Et, bien entendu, je pense qu'on a
nous-mêmes tous vu, parce qu'on… on suit pas mal les nouvelles, et vous-même, M.
le Président, j'en suis convaincu, qu'ls se sont prononcés à travers une lettre
ouverte. Puis je pense que c'est un titre évocateur aussi, comme lettre
ouverte, là, parce que nous sommes, nous, comme députés, tributaires d'une
carte électorale qui détermine le processus par lequel on est choisis et le
processus par lequel, donc, on est investis de ce rôle de législateurs, de
contrôleurs de l'action gouvernementale, voire de membres du gouvernement. Et
ça, pour moi, c'est absolument essentiel.
• (12 h 20) •
Évidemment, on se comprend, M. le
Président, que je pense que là-dessus on s'entend tous, ce fondement-là de la
démocratie est important. Est-ce que la Commission de la représentation
électorale, à qui on a confié ce mandat-là… Et ce n'est pas toujours facile,
hein, je pense qu'en fait on a toujours ce même type de réflexion à peu près à
toutes les révisions de carte électorale, parce qu'on voit les frontières se
déplacer, on voit certains comtés disparaître, il y en a d'autres qui
apparaissent, c'est toujours difficile. Et en plus, puis, là-dessus, on va en
convenir ici, la Commission de représentation électorale fait son travail en
fonction de critères qui sont établis, puis peut-être qu'eux qu'eux-mêmes ont
une réflexion là-dessus, mais ils ont...
M. Chassin :
...une certaine latitude pour faire une espèce d'équilibre entre différents critères
que l'on fixe dans la Loi électorale. Alors, évidemment, moi, je pense que,
quand on est devant une carte à 127 comme celle proposée par le projet de loi
n° 3, là, une carte à 127 comtés où on prend deux cartes électorales pour les
combiner, bien, c'est sûr que, là, tout à coup, on se retrouve à faire des
choix que la Commission de représentation électorale n'a pas faits. Puis c'est
là où je pense que le titre de leur propre opinion, là, qui est paru, si je ne
m'abuse, lundi dans la presse était révélateur, soit de dire aux joueurs :
Si vous êtes, vous, en train d'arbitrer la partie, bien, ça pose un problème.
Évidemment, je pense qu'il y a un
héritage, aussi, qui devient de plus en plus important avec le temps. Et, comme
ça fait maintenant, si je ne m'abuse, une cinquantaine d'années, là, depuis les
années 70, qu'il y a constamment des élections selon des cartes électorales
déterminées par une commission de représentation ou son équivalent, donc
l'indépendance nécessaire par rapport aux élus eux-mêmes, bien, ça devient
effectivement particulièrement préoccupant non pas pour dire que la carte, elle
est bonne ou elle est mauvaise, mais parce qu'il y a un précédent qui est
ouvert et, à mon avis, qui est manifeste dans l'article 1, mais on y viendra.
M. le Président, là, je ne veux pas m'avancer, mais il y a un précédent qui est
préoccupant, puis le précédent, c'est de dire : Nous allons prendre à
notre charge de déterminer sur quelle base la prochaine législature sera
choisie.
Là-dessus, je pense que, bien que les
partis, et j'en suis convaincu, je veux vraiment être clair avec tous mes
collègues, que tous les partis ont fait abstraction de leurs intérêts
partisans, qu'ils aient vraiment réfléchi en fonction de comment pourrait-on
faire pour avoir le moins d'impact possible, compte tenu des objectifs qui sont
poursuivis, de maintenir deux circonscriptions... Je leur accorde, ils ont fait
un bel effort. Ceci étant dit, c'est quand même une... un changement, une
modification de la carte électorale par rapport à celle qui a été publiée à la
Gazette officielle le 14 janvier dernier, puis qui devrait, en fait, entrer en
vigueur somme toute, là, dans un mois et neuf jours, maintenant.
Donc, je pense que c'est très particulier
comme moment, je pense que c'est très particulier comme méthode, mais je pense
que c'est surtout, puis c'est là-dessus que je suis convaincu que la Commission
de représentation électorale aurait à dire, parce que c'est ce qu'ils disaient
aussi dans leur lettre ouverte, sur le précédent qui est causé par cette...
cette tentative-là. Ça fait que je vous le dis un peu comme ça, M. le
Président, mais je pense que c'est incontournable.
Puis après ça ils pourront nous dire eux,
certainement, si le député de Marquette a raison, si c'est une proposition qui
ne fait aucun perdant. J'en doute, M. le Président. Il y a généralement des
perdants. Il y a des choix qui sont faits, donc, évidemment, il y a des
gagnants, il y a des perdants. Moi, je suis convaincu qu'on souhaite, comme
législateurs, avoir cette information-là avant d'adopter un projet de loi
fixant une carte électorale. C'est tout.
Le Président (M.
Bachand) :Merci. Est-ce qu'il y aura
d'autres interventions sur la motion préliminaire? M. le ministre, s'il vous
plaît.
M. Roberge : M. le Président,
je vais voter contre la motion du collègue de Saint-Jérôme. Le Directeur
général des élections s'est fait entendre à maintes reprises, de diverses
manières. Je vais quand même citer une de ses entrevues, nombreuses entrevues
qu'il a accordées, notamment le jour du dépôt du projet de loi. Donc, une fois
qu'il y avait le projet de loi, il a dit, je vais le citer : «Avec le
projet de loi déposé, ils ont fait un amalgame de deux cartes électorales, deux
cartes pour lesquelles on a quand même des connaissances. L'intégrité des
élections n'est pas en cause. C'est sûr qu'on ne parlera pas de "gerrymandering"
ici.» Donc, quelques extraits de ses déclarations. Il a fait plusieurs
interventions. Donc, ce n'est pas nécessaire de le convoquer ici en commission.
Voilà.
Le Président (M.
Bachand) :Merci. M. le député de
Marquette, ça va? Est-ce qu'il y a d'autres interventions sur la motion? Non? Il
n'y a pas de droit de réplique...
M. Chassin :…règlement pour le dépôt de la lettre... de l'article.
Le Président (M.
Bachand) :On est sur une motion
préliminaire. On reviendra plus loin, lors de l'étude détaillée. Est-ce qu'il y
a d'autres interventions du côté des partis politiques? M. le député de
Jean-Talon, pardon. Merci.
M. Paradis : J'ajoute à ce
que le ministre indiquait que le Directeur général des élections s'est adressé à
nous. C'est public, d'ailleurs, parce qu'il nous a adressé une lettre nous
indiquant tout… tout ce qu'il y avait à dire. Ça a été aussi indiqué sur la
place publique. Nous avons considéré tout ce que le DGEQ a communiqué, nous en
avons tenu compte.
Le Président (M.
Bachand) :Autres interventions? S'il n'y
a pas d'autre intervention, nous allons procéder à la mise aux voix. Est-ce que
la motion préliminaire du député de Saint-Jérôme est adoptée?
Des voix : ...
Le Président (M. Bachand) :Rejetée. Merci. S'il n'y a pas d'autre motion préliminaire…
M. Chassin :...il va y en avoir une autre.
Le Président (M.
Bachand) :Mais je vous le dis, M. le
député de Saint-Jérôme, on n'ira pas à la queue leu leu comme ça, là.
M. Chassin :Bien, en fait, c'est la deuxième, là, c'est la deuxième de
deux.
Le Président (M.
Bachand) :Oui, mais ce que je veux vous
dire, là, dans le but que la commission avance, les motions préliminaires, sauf
exception, sont préparées d'avance.
M. Chassin :
Oui. Et...
Le Président (M.
Bachand) :Donc, je ne suspendrai pas pour
toujours vous donner du temps pour faire des motions préliminaires au fur et à
mesure.
M. Chassin :Je comprends. Alors, je l'envoie de ce pas.
Le Président (M.
Bachand) :S'il vous plaît.
M. Chassin :Puis… Puis évidemment c'est surtout pour la lettre du DGE,
là, que je voulais intervenir, parce que j'imagine qu'il y a une lettre qui a été
adressée peut-être pas aux membres de la commission…
Le Président (M.
Bachand) :Faites-moi parvenir sur la
motion préliminaire, s'il vous plaît. Merci.
M. Chassin :Ça, c'est… c'est la partie qui m'intéresserait.
Le Président (M.
Bachand) :Alors, je vais suspendre, mais,
encore une fois, M. le député de Saint-Jérôme, je suis très ouvert, mais à un
moment donné je ne ferai pas des suspensions à la queue leu leu. Alors, je
suspends quelques instants. Merci.
(Suspension de la séance à 12 h 24)
(Reprise à 12 h 26)
Le Président (M.
Bachand) :À l'ordre, s'il vous plaît! La
commission reprend ses travaux. Donc, on va mettre la motion du député de
Saint-Jérôme sur les écrans. Donc, je vous inviterais à lire, là, votre motion,
M. le député de Saint-Jérôme, s'il vous plaît.
M. Chassin :Oui, merci, M. le Président. Donc, un peu… un peu la même
chose que l'autre, là, mais je vais reprendre ici, d'abord. Donc, conformément
à l'article 244 du règlement de l'Assemblée nationale, je fais motion afin que
la commission entende le Directeur général des élections du Québec. Dans… Évidemment,
là, on se comprend, c'est… il siège aussi à la Commission de représentation… de
la représentation électorale, qu'il préside, en fait. Par contre, je n'ai pas,
moi, vu la lettre, là, dont il a été fait mention. Donc, j'imagine que…
M. Chassin :...c'est une lettre qui a été sans doute communiquée
avec... aux partis à une date très antérieure à aujourd'hui, probablement pas
ce mois-ci, là. Le ministre a mentionné aussi que le Directeur général des
élections<i> disait : Bien, effectivement, les comtés, ce sont des
comtés pour lesquels on a de l'information, l'intégrité du processus électoral
n'est... n'est pas remise en question, essentiellement parce que, bien
évidemment, il avait été jusqu'à dire qu'il ne pouvait peut-être pas garantir
l'intégrité du processus électoral, le cas échéant, s'il y avait une
modification substantielle. Puis, étant donné qu'on cherche de la part de tous
les partis, puis ça, je le salue, de faire le moins de modifications possible,
bien, tant mieux, parce que ça permettait au Directeur général des
élections<i> d'affirmer que l'intégrité des élections allait pouvoir être
garantie, à ce moment-là. Mais là, évidemment, rappelons-nous, tant pour
l'article cité par la ministre que pour la lettre citée par le collègue de Jean-Talon,
à moins que vous me corrigiez, M. le Président, j'ai demandé le dépôt, mais on
n'a pas le dépôt, donc je ne connais pas les dates de ces affirmations, qui ont
probablement été faites il y a quelques semaines déjà. Et, quand je dis quelques
semaines, bien, ça importe, parce que c'est une question de quelques semaines,
quand on parle de moins de trois mois entre aujourd'hui et le déclenchement des
élections.
Évidemment, vous comprendrez que, moi, ça
me préoccupe, mais je suis convaincu que ça préoccupe tout le monde. Est-ce que
c'est possible d'organiser les élections sans aucun problème? Possiblement.
Moi, ce que je vois, c'est qu'il y a déjà des enjeux, à l'heure actuelle. Puis
vous le savez sans doute mieux que moi, je l'ai dit tout à l'heure, moi je n'ai
pas de parti. Moi, j'ai, comme... Comme indépendant, je n'ai que moi, dans le
fond, à convaincre ou pas de me représenter. Puis, comme je ne me représente
pas, bien, c'est pas mal réglé. Ceci étant, vous avez très certainement dans...
pour les collègues, des gens qui réfléchissent à : Est-ce qu'on doit
organiser ou non une investiture distincte dans Gaspé, dans Bonaventure? Ça
devient problématique parce qu'effectivement les gens ne savent pas exactement,
bien, on ne peut pas faire imprimer les pancartes, on ne peut pas faire un
certain nombre de travail, parce que le nom de certaines circonscriptions n'est
pas encore fixe. Pour moi, ça, ça... ça montre qu'il y a déjà un enjeu.
Est-ce que le Directeur général des
élections<i>, lui, disposera de suffisamment de temps entre maintenant et,
de mémoire, le 29 août, je crois, qui est comme l'espèce de date butoir,
là, la plus tard, le... la date la plus tardive de déclenchement des élections
pour que les élections aient lieu le 5 octobre? Bien, sachant
qu'aujourd'hui on est le 5 juin, donc très précisément à quelques semaines
du déclenchement des élections, on se retrouve dans une situation où je ne suis
pas convaincu que le Directeur général des élections<i> nous répéterait
exactement les mots qu'il a utilisés dans l'article qui a été cité par la
ministre ou encore pour la lettre envoyée à... notamment citée par le député de
Jean-Talon.
• (12 h 30) •
Ça fait que... Est-ce qu'on peut avoir une
réflexion sur la... l'opportunité de... de faire cet exercice-là maintenant
puis de voir avec le Directeur général des élections<i> est-ce que ça met
en danger l'intégrité du processus? Moi, je pense que c'est assez essentiel, M.
le Président.
Puis rappelons-nous qu'il y a quand même
quelque chose d'un peu particulier. Il y a eu les crédits de l'Assemblée
nationale, puis je n'avais pas vraiment de questions, mais je vais quand même...
une mention qui, pour moi, est importante, mais c'est un lieu chargé de
symboles qui nous permet à nous, parlementaires, de comprendre puis de
s'investir du rôle qui est le nôtre, qui n'est pas... tu sais, qui ne vient pas
avec un manuel, en fait, qui... qui est assez particulier, qu'on définit un peu
chacun à notre manière, mais à coup sûr tout le personnel de l'Assemblée puis la
présidence ont cette espèce de souci...
12 h 30 (version non révisée)
M. Chassin :…institutionnelle de conserver ici une façon, une culture,
je dirais, démocratique, une façon d'incarner le rôle de représentants de la
population. Puis l'institution qu'est le Directeur général des élections, au-delà
de la personne qui l'occupe, bien, elle a aussi une fonction, elle a aussi une
mission, elle a une certaine indépendance, parce qu'on peut penser qu'effectivement
il est important, comme arbitre du processus électoral, que le Directeur
général des élections ait cette indépendance. Il relève quand même de l'Assemblée
nationale, puisqu'à la fin, on le nomme, nous, aux deux tiers, et c'est à nous
qu'il fait rapport, mais néanmoins, dans un cas où moi, je n'ai pas
nécessairement la possibilité de l'interpeler rapidement sur une question
précise comme la garantie de l'intégrité du processus électoral, puis peut-être
qu'il y a des gens des médias qui nous écoutent qui se disent : Tiens, on
va aller lui demander, voir s'il répète exactement les mêmes paroles que dans l'article
cité par le ministre, mais, à coup sûr, comme parlementaires, je me dis c'est
la moindre des choses que d'assurer cette intégrité d'un processus qui, somme
toute, détermine une légitimité de l'élu.
Puis, pour moi, bien, partant du
gouvernement, des décisions sur le vivre-ensemble qu'on prend ici, il y a
quelque chose qui est probablement de nature presque culturelle là, mais la
confiance en nos institutions, au Québec, je pense qu'elle est grande. Je pense
qu'elle est peut-être plus grande que, par exemple, chez nos voisins du Sud.
Puis je pense qu'on ne veut pas la... la mettre en jeu. Je pense qu'on ne veut
pas la risquer.
Est-ce que la meilleure façon de le
préserver, de la préserver, cette confiance, c'est d'agir avec précaution, d'être
certains qu'on a la bonne information? N'ayant pas participé aux travaux là qui
ont eu cours jusqu'au projet de loi 3 qui a été présenté, bien, c'est sûr que
moi, j'ai un doute, M. le Président, puis je pense qu'on voudrait, comme
parlementaires, lever ce doute.
Alors, est-ce que ça peut être intéressant
pour le ministre? Bien, je pense que le ministre il nous l'a dit d'emblée, que,
pour lui, il considère que c'est exactement les paroles qui ont été citées dans
un article de je ne sais quand. Évidemment, là, ça se peut, mais peut-être pas.
Moi, je ne le sais pas. Puis, comme parlementaire, bien, je ne sais pas pour
mes collègues, mais peut-être le savent-ils, eux; pas moi.
Ça fait qu'évidemment la motion
préliminaire, elle vise à poser ces questions, qui sont absolument essentielles.
Surtout à un moment comme celui-ci, il me semble qu'il y a... s'il y a vraiment
une volonté transpartisane, il y a certainement une volonté aussi d'information
qui doit nous habiter là. Alors, peut-être, me trompais-je M. le Président mais
c'est ma deuxième motion préliminaire que je soumets aux membres de cette
commission.
Le Président (M.
Bachand) :Interventions? M. le député de
Marquette, s'il vous plaît, oui.
M. Ciccone :Oui, merci, M. le Président. J'aviserais... En tout
respect, j'aviserais le député de Saint-Jérôme de faire sa revue de presse le
matin là. Tout ce qui a été dit par le ministre et par le député de Jean-Talon,
c'est public. Merci, M. le Président.
Le Président (M.
Bachand) :Il n'y a pas de… il n'y a pas
de droit de réplique, mais juste rappeler que, lorsqu'on cite un document et qu'il
y a une demande d'un député, normalement un document est déposé, sauf si ça va
contre l'intérêt public. Je dis tout simplement ça.
Donc, s'il n'y a pas d'autre intervention,
nous allons procéder à la mise aux voix. Est-ce que la motion est adoptée?
Des voix : ...
Le Président (M.
Bachand) : Rejetée. Merci beaucoup. Est-ce que d'autres
interventions... motions préliminaires? S'il n'y a pas d'autre intervention,
nous allons débuter l'article... l'étude article par article. Donc, je prends
en considération l'article 1 du projet de loi. M. le ministre, s'il vous plaît.
M. Roberge : Merci, M. le
Président. Je fais une proposition aux collègues membres de la commission à l'effet
de simplement passer au vote sur les articles. Il n'est pas nécessaire de lire
les articles si le consentement est présent pour procéder de cette manière-là.
Ça fait suffisamment longtemps que le projet de loi a été déposé, tout le monde
l'a eu en main.
Le Président (M.
Bachand) : Consentement?
Des voix : Consentement.
Le Président (M.
Bachand) :Consentement. Donc, il y a
consentement. Donc, on va y aller étape par étape. Sans lire les articles. C'est
votre demande, effectivement. Donc, on va...
Une voix : ...
Le Président (M.
Bachand) :Oui, mais il faut d'abord lire
l'article 1. Non, mais pas le... mais nommer l'article 1.
M. Roberge : Juste
préciser, M. le Président. Donc, on est à l'article 1. Donc, s'il y a des
interventions...
Le Président (M.
Bachand) : Parfait. Je comprends très bien.
M. Roberge : Je n'en ai pas.
Sinon, on pourra passer au vote. Moi, personnellement, je n'ai pas d'intervention
à faire.
Le Président (M.
Bachand) :Parfait. Ça va? Alors, il y a
consentement pour procéder. Donc, est-ce que l'article 1 est adopté?
Des voix : Adopté.
Le Président (M.
Bachand) : Adopté. Merci.
M. Chassin :
...
Le Président (M.
Bachand) : Pardon?
M.
Chassin
:
Moi,j'ai une intervention sur l'article 1.
Le Président (M.
Bachand) :Oui, mais là elle vient d'être
adoptée, là.
M. Chassin :Pardon?
Le Président (M.
Bachand) :Elle vient d'être adoptée, là.
M. Chassin :Bien, je ne sais pas, moi, j'ai... j'ai levé ma main pour
dire que j'avais eu une intervention. C'est...
Le Président (M.
Bachand) : Mais...
M.
Chassin
:
C'est vous qui dirigez les travaux, M. le Président, je ne voudrais surtout pas
manquer mon call, mais l'article 1 est assez fondamental que... Je n'ai
peut-être pas le vote pour dire que je voudrais qu'il soit lu, mais...
Le Président (M.
Bachand) :Mais, vu que le vote est quant
même fait et adopté, ce que je vous invite, c'est, lors des prochains articles,
vous pouvez... vous pourrez reprendre un argumentaire, si vous voulez, qui
touchera aussi l'article 1. Ça va? Mais je vais faire plus attention
aussi.
M. Chassin : ...pour
de vrai, je pense que...
Le Président (M.
Bachand) : Moi, la décision est prise, on va continuer. Alors,
M. le ministre, s'il vous plaît. Article 2.
M. Roberge : Je n'ai pas
de commentaire à formuler à ce stade.
Le Président (M.
Bachand) :OK. Merci. M. le député de Saint-Jérôme.
M. Chassin :Bon, alors... Puis j'espère, M. le Président, là, puis on
se comprend, là, que, malgré le fait que je ne sois pas membre officiellement,
puis que, donc, les membres sont appelés à voter, et que je n'ai pas, moi, de
droit de vote, le but, c'est quand même que les parlementaires puissent
participer aux travaux.
Donc, je vois aussi, de toute façon, que
le projet de loi fait, dans l'article 2, référence à l'article 1, ça
fait qu'à la limite on peut très bien les traiter ensemble, parce que... Et
pour moi c'est là où le problème commence, parce que... puis peut-être que c'est
une question de formulation, on me rassurera peut-être, mais, quand on parle à
l'article 1 d'«une liste des circonscriptions électorales mise à jour
conformément à ce qui suit», puis là, bien, il y a, dans le fond, deux
paragraphes puis un autre alinéa, qui «doit être», donc c'est une obligation,
hein, qu'on fait, «doit être publiée par la Commission de la représentation», puis
les deux critères, en fait, c'est la préservation, on va dire, là, de
certains... de certains comtés en fonction d'une carte électorale précédente,
puis, les circonscriptions, donc, 12 qui sont conservées puis 115 qui sont
issues de celle qui a été publiée à la Gazette officielle le
14 janvier. Donc, évidemment, on se retrouve un peu à avoir un... un mixte
des deux. Puis non seulement ça, mais on dit que la publication doit être faite
à la Gazette officielle dans les 10 jours suivant la sanction de la
présente loi. Bien, personnellement, puis je ne sais pas s'il y a eu cette
réflexion-là, mais, comme on n'a pas entendu les membres de la
représentation... de la Commission de la représentation électorale, est-ce qu'on
leur donne l'équivalent d'un ordre, quand on leur donne une obligation de
publier une carte mise à jour en fonction de critères aussi précis?
Puis là je ne suis pas juriste, j'imagine
qu'il y a peut-être des gens qui vont pouvoir m'expliquer comment c'est perçu,
comment c'est conçu, mais c'est sûr que, quand on donne une obligation, M. le
Président, à moins que je me trompe, on... on ne leur laisse pas vraiment de
marge de manœuvre, là, ils n'ont plus l'indépendance de faire leurs propres
décisions. Et donc la Commission de représentation électorale, qui a été
indépendante, ne le serait plus, en fonction de l'article 1, tel que moi,
je le lis. À moins qu'on me contredise.
Le Président (M.
Bachand) :Est-ce qu'il y a d'autres
interventions à l'article 2? S'il n'y a pas d'autre intervention, est-ce
que l'article...
Une voix : ...
Le Président (M.
Bachand) : Oui, mais j'ai demandé, justement, s'il y avait des
interventions. Puis je ne vois pas d'intervention. Est-ce que vous avez une
autre intervention?
Une voix : ...
Le Président (M.
Bachand) :Bon, allez-y.
• (12 h 40) •
M. Chassin :Parce que ça, c'est la première... pour moi, c'est... c'est
même la... la problématique la plus importante. Si on se dit qu'il y a une obligation,
puis que la commission de représentation n'est donc pas libre de ce choix-là,
est-ce que, par exemple, le gouvernement est prêt à nommer des membres d'une
commission de la représentation électorale? Parce que, ça, j'imagine que ce n'est
pas... ce n'est pas si simple. Donc, si des membres actuels disent : Ah,
bien non, moi je...
M. Chassin : ...préfère ne pas demeurer en poste pour ne pas entériner cette
perte d'indépendance de la Commission de la représentation électorale. Puis,
là, comprenez-moi bien, M. le Président, moi, je ne... je ne fais qu'évoquer
des hypothèses. Mais, ça veut dire quoi?
Ça veut dire que le gouvernement prend à sa charge de publier dans les 10 jours
à la Gazette officielle, la carte électorale, ou il demande au Directeur
général des élections de le faire en son nom propre, ou il se précipite pour
nommer d'autres gens en remplacement?
Qu'est-ce qui arrive dans un tel cas, qui, à mon avis, n'est pas… qui est hypothétique,
mais qui n'est pas si tiré par les cheveux et qui est même, à la limite,
plausible?
Le Président (M.
Bachand) : Merci. Autres interventions? M. le ministre, s'il vous plaît.
M. Roberge : Brièvement, M. le
Président, je veux dire que la Commission de la représentation électorale, la
CRE, ayant eu connaissance, il y a déjà un certain temps, du projet de loi, ont
déjà fait un travail de délimitation de carte pour être capable de mettre en
œuvre la loi, advenant, évidemment, son adoption et sa sanction. Donc, le
travail est fait déjà. Ils ont pris…
Le Président (M.
Bachand) : M. le député de Saint-Jérôme
M. Chassin :
Oui, bien, en fait, là, je ne suis pas tout à fait certain. Autrement dit,
ils ont pris l'initiative de faire un certain travail pour pouvoir l'appliquer.
Mais est-ce que ça signifie qu'ils accepteraient de renoncer à leur
indépendance et de publier cette carte telle qu'elle est prescrite dans la loi
et qui leur fait obligation de publication à la Gazette officielle? Moi, c'est cette partie-là
qui me… qui me chicote drôlement. Non, ce n'est pas… Parce que, pour moi, il y
a, il y a non seulement... c'est peut-être, c'est peut-être un petit peu
pointu, mais il y a comme une obligation qui enlève l'indépendance puis il y a
une réaction par rapport au retrait de l'indépendance. Clairement, on n'est pas
dans une situation facile pour les membres de la Commission de la
représentation électorale. Ils sont trois. Il y en a un qui est le Directeur
général des élections. Mais, quand même, est-ce que... Puis c'est un petit peu
ça, en fait, dont on parlait tout à l'heure, mais c'est qu'il y a une culture d'une
institution qui a réussi à tenir des élections bon an, mal an, malgré toutes
sortes d'interventions, mais qui a quand même réussi à en tenir sur une base de
carte électorale déterminée non pas par les élus, mais par la Commission de
représentation électorale ou son équivalent. Puis là je l'ai... je l'ai déjà
dit sur l'adoption du principe, mais je trouve que ça vaut la peine de le
répéter, là, en 1980, en 1985, en 1988, en 1992, en 2001, en 2011, en 2017, en
2026, on a mené à bien tout le processus de révision de la carte, avec
indépendance. Je me dis, il me semble qu'il y a comme le poids du passé qui me
semblerait important ou en tout cas à prendre en compte, si j'étais moi-même à
leur place, là, je me mets dans leurs souliers. Quelle sera leur réaction? Parce qu'on nous fait une
obligation, on nous fait une obligation de publier, mais ça veut dire quand
même qu'il y a une décision pour la Commission de la représentation électorale
de publier dans les 10 jours, même si c'est une obligation. Est-ce que je
reste membre de la commission?
Moi, je me pose la question.
Puis c'est aussi une façon de voir que
peut être que le projet de loi est incomplet, peut être qu'il y a des cas à
prévoir, à tout le moins dans un cas où ce n'est pas la commission qui publie? Est-ce qu'on demande au Directeur
général des élections de faire ce travail-là seul, donc sans commission, sans
commissaires pour l'assister?
C'est peut-être possible pour lui, puisqu'il a garanti l'intégrité du processus,
mais à quel moment? Donc,
est-ce que ça l'est encore à trois mois… à moins de trois mois du déclenchement
des élections? C'est là
où on voit que, woups, ça a des implications.
Ça fait que la distinction entre l'obligation
qui est faite, qui retire l'indépendance, puis la possibilité ou pas là, mais,
tu sais, les commissaires, j'imagine, qui... qui peuvent entériner en signant
la Gazette officielle, oui, c'est bien notre publication, c'est toute
une… tu sais, pour moi, c'est un panier de crabes, M. le Président, et surtout
si ça veut dire que c'est…
M. Chassin :…non pas la commission qui finit par publier à la Gazette
officielle, mais soit le Directeur général des élections... Puis, à toutes
fins pratiques, ça signifie aussi que lui non plus n'est plus aussi indépendant
de quatre des cinq partis représentés. Il me semble que c'est difficile de
croire que le Directeur général des élections le ferait sans trop se poser de
questions pendant les 10 jours suivants l'adoption. Je verrais mal comment ça
pourrait… comment ça pourrait être si simple.
Puis, évidemment, dans un cas, pour moi,
en fait, qui m'apparaît catastrophique là, je ne sais pas pour mes collègues,
mais, dans le cas où on refuse ce «doit publier», parce qu'on en fait une
obligation, qu'est-ce qui se passe? Tu sais, je veux dire, il n'y a pas un
régime de sanction pénale dans le projet de loi 3, là, pour contrevenir à l'article 1.
Bien, ça veut-tu dire que le gouvernement le prend à sa charge?
Moi, là-dessus, j'avoue que je ne suis pas
particulièrement ferré, là, je sais que le ministre est entouré de gens qui ont
certainement de bien meilleures réponses que ce que moi, je peux imaginer, mais
néanmoins je trouve que ça pose cette question-là de... Non seulement il y a
une légitimité qui est perdue, il y a une obligation, mais il y a une réaction
qu'il faut anticiper minimalement. Je ne vois pas d'intention d'intervenir pour
y répondre, mais il me semble que c'est… Comme je disais, ce n'est peut-être
pas inéluctable, mais c'est certainement plausible.
Le Président (M.
Bachand) : Interventions?
M. Chassin :
Non?
Le Président (M.
Bachand) : Alors, M. le député de Saint-Jérôme.
M. Chassin :
Toujours pas?
M.
Bachand
: M.
le ministre? Non?
M. Roberge : Toujours pas.
Le Président (M.
Bachand) : Toujours pas.
M. Chassin :
Puis, dans le choix des comtés, là, il y a… donc toujours à l'article 1,
M. le Président, là mais en lien avec l'article 2 néanmoins, pour vous
rassurer, dans le choix des comtés, c'est que la publication de la Commission
de la représentation qu'elle doit faire dans les 10 jours, elle est
conforme à ce qui suit. Donc, là, il y a les deux paragraphes. Le premier
paragraphe, c'est l'avis de l'établissement de la liste de circonscriptions
électorales publiée à la partie 2 de la Gazette officielle du 14 janvier
en ce qu'il prévoit le nom et la délimitation des circonscriptions autres que,
puis là il y a des noms des... je crois, des 12, là, où à peu près, en tout cas
ça ressemble, dans les deux paragraphes, là, mais donc Anjou-LaFontaine,
Camille-Laurin, Gaspé-Bonaventure, Hochelaga-Maisonneuve, Laurier-Dorion,
Matane-Matapédia, Pointe-aux-Prairies, Rimouski, Sainte-Marie-Saint-Jacques et
Viau, puis ça, c'est... dans le fond, on se comprend, là, c'est les... c'est
les circonscriptions autres que celles-là parues... qui sont délimitées dans la
carte parue le 14 janvier, puis en remplacement, dans le fond, de... par
exemple, de Anjou-LaFontaine, bien, il y aurait Anjou-Riel et LaFontaine en
deux... en deux circonscriptions séparées, et ça, c'est ce qui est prévu, la
provision du paragraphe numéro deux. Ça fait que, là, c'est la liste des
circonscriptions électorales publiées à la partie 2 de la Gazette
officielle du 2 juillet 2025. Alors, on se comprend que, là, c'est la
partie, nom et délimitation des circonscriptions, mais qui est les noms et
circonscriptions qui précèdent, en quelque sorte, la carte de janvier dernier.
Ça fait qu'autrement dit ça... ça maintient effectivement les délimitations. Ça
change quand même les noms, là, à moins que je me trompe, parce qu'on voit
Matane-Matapédia-Mitis. Je ne sais pas s'il y en a d'autres qui ont changé,
mais... mais Camille-Laurin c'est déjà le cas. Mais donc on se retrouve, dans
le fond, à voir seulement les anciennes délimitations avec des nouveaux noms pour
ces 12 là, 115 qui sont de la nouvelle carte.
• (12 h 50) •
Puis, moi, ce que je vois aussi, c'est qu'on
essaie de ne pas faire de perdants comme... comme on l'a dit plus tôt, mais,
dans une perspective où le total augmente le nombre de députés, bien, c'est
deux comtés de plus qui ont été…
M. Chassin :
...ajoutés pour préserver ceux qui étaient appelés à disparaître, plutôt que de
déterminer, par exemple, là où il y a davantage d'écart en termes de
représentation avec la moyenne. Bien, s'il y a davantage d'écart avec la
moyenne en Outaouais puis en Montérégie, alors qu'on maintient dans l'est de
Montréal puis en Gaspésie, est-ce que c'est une problématique qui est sérieuse,
comme le soulève la commission de représentation électorale? Moi, je... je me
dis, bien, effectivement, c'est non seulement l'augmentation, mais c'est aussi
le choix d'où l'augmentation se fait. Et tout ça, c'est toujours dans l'article 1.
Alors, évidemment, on se comprend qu'il y
a, en tout cas, pour moi, une problématique claire, parce que ce choix-là, il a
beau être transpartisan, il est partisan. Puis je pense qu'il y a... pour le
souligner comme ça, il y a des... des transpartisans qui valent plus que d'autres,
peut-être, M. le Président, mais il y a une ancienne députée du Parti québécois
qui me mentionnait qu'à son avis, elle avait rarement vu une... une procédure
transpartisane être aussi partisane, puis c'est l'ancienne députée de Joliette,
Véronique Hivon.
Moi, je trouve qu'elle a raison, ça me...
ça me pose problème, puis ça, c'est un exemple où ça s'incarne très
précisément. Parce qu'il y a ce choix-là qui est fait, puis... Puis, pour moi,
bien, ce choix-là, il est peut-être très transpartisan. Mais ce n'est pas parce
que c'est transpartis qu'il n'y a pas un certain parti pris, en quelque sorte,
là, puis donc un côté partisan.
C'est sûr qu'on se comprend, on est en
politique, je peux très bien concevoir qu'il est important de... comme...
comme signal, comme message, de montrer cette sensibilité qu'on peut avoir par
rapport à, dans ce cas-ci, par exemple, là, les... des récriminations d'intérêts
particuliers. Puis c'est un peu logique, là, je pense qu'en Gaspésie, moi, j'ai
rencontré les élus locaux qui m'ont fait valoir certains points très précis.
Bien, c'est des points qui se défendent, là, M. le Président.
Puis évidemment, après ça, bien, c'est une
question de, non seulement de limites, parce que ça, c'est la délimitation des
circonscriptions électorales, c'est aussi une question à la limite de moyens,
de capacité de voyagement, de peut-être, d'antenne en termes de bureau de
comté, d'avoir des antennes à certains endroits, peut-être davantage de
personnel. Là, il y a toutes sortes de considérations qui peuvent être amenées
aussi en dehors de la loi pour faire un certain rééquilibrage.
C'est sûr que je ne vous cacherai pas, M.
le Président, qu'à mon avis, il y a un... peut-être un... un biais, là,
cognitif, là, mais, pour moi, en tout cas, j'essaie de le penser comme ça.
Mais, quand on regarde l'article 1 et l'article 2 aussi, il y a quand
même là-dessus quelque chose de... de similaire, mais c'est... c'est de prendre
ce qui existe et ce qui existait et d'en faire la combinaison. Alors que, dans
le fond, toute la réflexion, c'est aussi de dire, mais est-ce que vraiment
on... on se retrouve à voir...
Parce que ce n'est pas comme s'il y avait
des territoires qui tombaient entre deux chaises, ils sont partis de nouvelles
circonscriptions. Ils vont être représentés quand même par un ou une députée
après le 5 octobre. Mais est-ce que c'est autant pour la région, alors que
dans le fond, toutes les représentations, puis notamment celles qui m'ont été
faites par les élus locaux, c'est de montrer la diversité, même à l'intérieur d'une
circonscription. À Montréal, c'est en particulier le cas, là, je pense qu'il y
a des gens qui... qui nous ont expliqué, lors du débat de... sur l'adoption de
principe, qu'entre Rivières les Prairies et Pointe-aux-Trembles, il y avait
des... des différences non nulles. Donc là, on... Woups! Pardon. Je vois un
doigt se lever.
Le Président (M.
Bachand) : C'est ça, je voulais vous indiquer que le ministre
voulait intervenir. M. le ministre.
M. Roberge : Oui. Juste
dire que la commission est et restera indépendante du gouvernement mais doit se
gouverner...
M. Roberge : …en fonction des
lois et devra continuer de se gouverner en fonction des lois. Il y a quand même
une différence très importante.
M. le Président, je fais une demande aux
membres de la commission de prolonger les travaux.
Le Président (M.
Bachand) :Est-ce que vous avez un temps,
pour éclaircir les gens?
M. Roberge : Disons une
trentaine de minutes.
Des voix : Consentement.
M. Roberge : Merci.
Le Président (M.
Bachand) : Malheureusement… Je donne mon consentement aussi
comme membre de la commission. Malheureusement, je ne pourrai pas. Alors donc,
je vais suspendre quelques instants pour que le président de séance vienne
prendre ma place. Ça va?
Alors, suspendu quelques instants. Merci.
(Suspension de la séance à 12 h 58)
13 h (version non révisée)
(Reprise à 13 h 07)
Le Président (M. Gagnon) : Alors,
nous sommes de retour dans la salle Kirkland. Il restait 2 minutes 20 au député
de Saint-Jérôme. La parole est à vous, M. le député.
M. Chassin :Il me restait combien de temps? Excusez-moi, je...
Le Président (M. Gagnon) : 2
minutes 20.
M. Chassin :2 minutes 20. Ce qui... ce qui, donc, dans le fond, là,
le temps, puis ce que je vous souligne, M. le Président, là, mais, ce qui est
le temps qu'il reste à l'article 2, si je ne m'abuse, parce qu'il semble
qu'on a adopté l'article 1. Évidemment, moi, dans l'article 2... Puis là, tu
sais, j'ai entendu, M. le Président, j'ai entendu le ministre nous dire que la
commission, allait... la commission de représentation électorale allait rester
indépendante. Puis là je présume, en toute transparence, qu'il veut dire après
avoir respecté l'ordre qui lui est fait à l'article 1 du projet de loi. Là,
l'idée étant que, dans l'article 2, on mentionne que, bien, la liste des
circonscriptions qui a été publiée en vertu de l'article 1 prend effet ou
prend vigueur lorsque la 43 ᵉ législature prend fin, après le 14
juillet 2026, donc, autrement dit, remplace exactement la carte électorale qui
a été déjà publiée le 14 janvier dernier. Moi, je me demande, M. le Président,
est-ce qu'on ne devrait pas leur laisser davantage de temps, puisque ce n'est
pas la même carte, est-ce que... puis là peut-être pas six mois, mais est-ce
que c'est, je ne sais pas moi, le 14 août? Parce que ça soulève cette
question-là, en quelque sorte, là, en termes de publication puis de préparation.
Peut-être que c'est déjà fait, là, on peut peut-être me rassurer. Non?
Je continue, alors, M. le Président, parce
que dans ce cas-là, je ne sais pas si je dois ou pas faire cet amendement-là,
mais j'aurais tendance à faire l'amendement, de dire : On va peut-être repousser
d'un mois, plutôt que le 14 juillet, la fête des Français, la Révolution,
la lutte contre la monarchie.
Le Président (M. Gagnon) : Est-ce
qu'il y a d'autres interventions? M. le ministre, vous voulez intervenir?
La parole est à vous.
M. Roberge : Oui, M. le
Président. Je veux préciser que la date du 14 juillet a été la date
proposée lors de discussions avec le DGE alors qu'on élaborait le projet de
loi. Donc, c'est à sa demande que cette date est inscrite dans le projet de
loi.
Le Président (M. Gagnon) :
...cinq secondes pour le député de Saint-Jérôme.
M. Chassin :Je ferais un amendement.
Le Président (M. Gagnon) : Vous
allez nous transmettre l'amendement à la commission?
Des voix : ...
Le Président (M. Gagnon) : Je
vais suspendre quelques instants.
(Suspension de la séance à 13 h 10)
(Reprise à 13 h 11)
Le Président (M. Gagnon) : Je
vais aller à la trois. Puis j'attends votre amendement. On est en ondes.
Article 3. Est-ce qu'il y a des interventions en lien avec l'article 3?
Une voix : …
Le Président (M. Gagnon) :
Pardon?
M. Roberge : Juste pour... question
de clarification, M. le Président...
Le Président (M. Gagnon) : On
va suspendre...
M. Roberge : ...puisque nous
avons suspendu l'article 2, le temps que le collègue rédige l'amendement...
Le Président (M. Gagnon) : Qu'on
reçoit l'amendement.
M. Roberge : ...là on va à 3.
Je n'ai pas d'intervention à 3. Merci.
Le Président (M. Gagnon) : Est-ce
qu'il... Parfait. Est-ce
qu'il y a consentement?
Il y a consentement?
Des voix : Consentement
Le Président (M. Gagnon) : Consentement
pour la suspension de l'article 2 en attendant l'amendement. Alors, l'article 3
est-ce qu'il y a des interventions en lien avec l'article 3? M. le député de Saint-Jérôme,
la parole est à vous.
M. Chassin :
Oui. Bien, je vais avoir une intervention, M. le Président. Alors là,
évidemment, j'imagine que mon amendement va finir par se rendre, quand j'aurai
la possibilité de le terminer. Puis, M. le Président, c'est vraiment une
question de procédure, mais je comprends, dans la stratégie qui est déployée,
là, en ce moment, que je suis peut-être mieux de devenir membre de la
commission. Par contre, de mémoire, il faut que j'envoie une lettre, pour ce
faire, à la commission et à la présidence, qui la dépose en séance aux affaires
courantes, si je ne m'abuse. Puis là on peut peut-être m'éclairer sur la
procédure.
Le Président (M. Gagnon) : Une
commission… C'est une lettre à la Commission de l'Assemblée nationale.
M. Chassin :Oui, bien, enfin, à la présidence de l'Assemblée ou à la
commission, je ne saurais trop. Mais on se comprend.
Ça fait que, là, c'est un peu une question,
comme, de règlement ou de procédure, là, mais je voudrais explorer cette voie
potentielle. Si c'est possible de le faire là., bien, à tout le moins, j'aurai
la possibilité de voter.
Le Président (M. Gagnon) : …M. le
député de Saint-Jérôme, ça ne peut pas être en séance tenante. Présentement, je
me dois de rester focus sur l'article 3.
M. Chassin :
C'est ça. Donc, il
faudra que je fasse mes démarches par ailleurs.
Le Président (M. Gagnon) : Exact.
M. Chassin :
D'accord.
Le Président (M. Gagnon) : Il y a
des interventions, si je nous ramène à l'article 3?
M. Chassin :Bon, alors, sur l'article 3, je reviens au cahier de
député… Oui. Donc, l'article 3, puis là, bien, c'est intéressant en
particulier, M. le Président, pour ce qu'on disait tout à l'heure. Les articles
1 et 2 ont le même effet que si le nom de ces circonscriptions avait été
attribué à… et la délimitation établie par la Commission de la représentation,
conformément au chapitre I du titre II de la Loi électorale. Là, on s'entend,
c'est vraiment pour faire comme si… Moi, c'est ça qui m'apparaît peut-être plus
clair ou, en tout cas, plus évident, l'article 3. Quand on avait une
préoccupation sur l'indépendance de la Commission de la représentation
électorale, bien, on voit là que ce qu'on veut demander à la Commission de la
représentation électorale, c'est de faire quelque chose, donc de répondre à une
obligation, et que l'effet de cette réponse à une obligation soit, dans le
fond, l'équivalent, donc, le même effet que si ça avait été la procédure
ordinaire, donc, conformément au chapitre I du titre II de la Loi électorale-là.
Là, on peut aller voir aussi, mais l'article... l'article 1, qui résulte…
M. Chassin : …puis,
là c'est dans les commentaires, là, je m'excuse, dans le cahier de député. Donc,
pour ceux qui nous écoutent, c'est que l'article 3, dans le commentaire,
on… on parle bien du fait que l'article prévoit que, bien que la délimitation
des circonscriptions prévue à l'article 1 ne résulte pas du processus
prévu par la Loi électorale, donc on fait une loi, puis, pour s'exempter un peu
de l'application de la Loi électorale telle qu'elle est libellée actuellement…
«Elle produit néanmoins les mêmes effets juridiques que si elles avaient été
établies comme telles. Il confère ainsi à cette délimitation un statut
équivalent à celle de la carte adoptée suivant la procédure ordinaire de la
Commission de la représentation électorale.»
Ça fait que, donc, non seulement on fait
l'obligation à la commission, mais on prend une mesure, moi, je l'interprète
comme ça, mais, à l'article 3, on prend une mesure de nature juridique,
une protection, en quelque sorte, juridique, probablement pour se prémunir
contre de potentiels recours devant les cours. Disons que c'était ça, bien,
personnellement, j'y vois une problématique. Puis, plus encore, est-ce que… je
suis sûr que les collègues, dans… dans leur réflexion entre eux, ont… ont
réfléchi à ça, mais est-ce qu'on a un avis juridique, puisqu'on a été jusqu'en
Cour suprême, puis… puis,
sur le projet de loi précédent, dans le fond, là, puis qu'on nous dit que celui-là
est meilleur, bien, est-ce que c'est parce que l'article 3 permet,
justement, avec un avis juridique, de dire voici comment on peut se prémunir
contre d'éventuelles poursuites?
Peut être qu'il n'y a pas d'avis
juridiques non plus, parce que, quand même, la décision, elle est récente. Si
je ne m'abuse, c'était à la fin avril, là, pour la Cour suprême. Ça fait que, à
ce moment-là, on se retrouve peut-être devant une façon de se prémunir puis de
dire : Bien, voici comment on évitera que la nouvelle carte électorale
soit contestée devant les Cours de justice, sachant que le précédent recours
n'invitait pas nécessairement les parlementaires à adopter une autre loi, là,
au contraire.
Ça fait que, dans l'esprit du ministre
puis, à la limite, l'esprit des différents représentants des… des partis qui
appuient le projet de loi 3, comment voit-on l'article 3? Comme une garantie? Comme la
recommandation d'un… d'un avis juridique?
Comme la possibilité, peut-être, de dire : Bien,
sachant que la Commission de la représentation, elle, n'est pas libre de
publier ou pas, parce qu'on lui donne cette obligation-là, bien, il est
important de… de spécifier que l'effet sera le même.
Donc, tu sais, vraiment, moi, je vois
peut-être davantage dans l'article 3 que dans l'article 1 l'espèce de
dichotomie entre les présentations transpartisanes intéressantes pour dire :
Bien, voici, là, on est dans le respect du travail de la commission, on n'a
pas, nous, pris, par exemple, là, un… un crayon-feutre ou un Sharpie pour
redélimiter des circonscriptions, non, mais néanmoins on reconnaît à
l'article 3, implicitement, que cette nouvelle carte qu'on propose, elle
n'est pas issue du processus qui est défini déjà, ne résulte pas, pour citer au
mot, là, ne résulte pas du processus qui est prévu par la Loi électorale.
• (13 h 20) •
Ça fait que, si on s'exempte du processus
prévu, qu'on lui donne par un article, puis là vraiment de façon, j'aurais
tendance à dire, arbitraire, là, M. le Président, à défaut peut être d'un
meilleur mot, là, mais de… de façon ex cathedra le même effet que si les
circonscriptions, leurs noms, leurs délimitations, avaient été établis par la
commission, là, c'est vraiment comme pour dire, bien, on prend la Loi
électorale, puis on se dit, bien, on applique quelque chose qui n'est pas dans
la loi, mais on lui donne la même force que si ça avait été en respect de la
Loi électorale actuelle, donc, chapitre E-3.3. Moi, ça, c'est peut-être…
M. Chassin :...dans l'ensemble du projet de loi, l'article qui
s'éloigne le plus d'une procédure régulière, je dirais. C'est vraiment... c'est
vraiment là où j'ai l'impression qu'on voit apparaître le risque du précédent.
Puis... Puis ce n'est pas un précédent qui est... qui est anodin, là. D'avoir
une loi... Puis à la limite, je veux dire, ce n'est même pas comme si on
modifiait de façon permanente la loi électorale. On le garde, ce processus, on
dit, nous, on va faire un autre processus, ça n'est pas le même, on va lui
donner la valeur comme si on avait respecté le processus, qui demeure pour la
suite, en théorie.
Puis, je le disais un peu plus tôt, M. le
Président, mais, bon sang, il y a comme une espèce de... de confiance non
seulement des électeurs envers les institutions, mais à la limite, de gens qui
seraient nommés comme commissaires à la représentation électorale, qui se
diraient... Je comprends qu'il y a une belle et longue tradition
d'indépendance, mais là, tout à coup, elle a été un peu brisée, là. Est-ce
qu'on me nomme de façon tout à fait agréable à un poste, alors que quand
viendra le temps de faire notre travail, le résultat du travail pourra être
soumis à un même processus qui va finalement remplacer ce qu'on aura fait comme
travail, si ça ne plaît pas aux partis en place à l'Assemblée nationale pour
toutes sortes de raisons, bonnes et mauvaises, on s'entend.
Puis en fait, à la limite, c'est un peu
toujours ça, là, c'est qu'il y a toujours des bonnes raisons d'aller dans une
exception. Puis une première exception, bien c'est quand même toujours une
pente glissante, M. le Président, qui fait que, bien là, woups! On rouvre la
loi, on se dit : Bon, on ne changera pas vraiment la loi, on va la laisser
comme ça pour l'avenir, mais ce coup-ci on a des bonnes raisons d'intervenir.
On a toujours des bonnes raisons
d'intervenir, M. le Président. Moi, c'est un petit peu ça qui me... qui
m'inquiète dans cette espèce de glissement potentiel que le projet de loi no 3
représente, puis que y a dans l'article 3... qui est particulièrement
évident.
À la limite, je vous dirais, M. le
Président, qu'on peut réfléchir ensemble sur le fait qu'on nomme un comité,
puis qu'on réfléchisse effectivement aux critères qui devront être ajoutés à la
loi. Là, au moins, il y a une espèce de, bien, je dirais, transparence, de
clarté de... d'aspect direct, là, entre l'intention du législateur, où on va
créer un comité pour réfléchir à comment modifier la loi électorale, alors que,
pour le reste, c'est comme si on faisait un... un petit... un petit «loophole»
temporel, puis qu'on se donnait le droit de faire comme si on avait respecté la
loi en se... en fait, en disant, vraiment, on ne suivra pas ce processus, mais
on va lui donner la même valeur.
Moi, je ne suis pas certain qu'on peut,
dans une... un projet de loi, donner la même valeur, puis en... le considérer
comme une protection juridique. Je ne pense pas qu'on puisse lui donner la même
valeur puis que par exemple, un préfet de la MRC Rivière-du-Nord, qui a initié
un... un premier recours contre le projet de loi n° 59 va se déclarer, ah
bien oui, satisfait, parce que, là, on dit, dans un article du projet de loi no 3,
qu'on lui donne la même valeur et que donc c'est aussi respectueux des
critères, dans le fond, qui sont nécessaires.
Moi, mon problème, c'est que ça n'a pas
l'air de convaincre les... les commissaires actuels, comme ils le mentionnent,
puis... puis, c'est un peu toujours ça, mais que l'histoire se répète. Ils nous
disent malgré l'avertissement récent, puis c'est quand même un avertissement,
là, de la Cour suprême du Canada, les élus proposent de remplacer la carte
établie à la suite d'un processus indépendant, exempt de considérations
électoralistes, par une carte répondant à des motifs politiques.
Ça ne veut pas dire des motifs indignes,
M. le Président, au contraire. Moi, je pense que la politique, c'est des
décisions sur notre vivre-ensemble, c'est important. Maintenant, est-ce qu'on
est assurés que ces motifs politiques, même bien intentionnés, même
transpartisans, n'ouvrent pas la brèche qu'on ne voudra pas ouvrir ou n'ouvrent
pas la brèche...
M. Chassin :
...qu'on ne pourra pas refermer. C'est cette pente glissante du précédent qui,
à mon avis, est particulièrement apparente.
Alors, évidemment, vous comprendrez, M. le
Président, que je ne m'attends pas nécessairement à avoir des réponses, compte
tenu de la situation, mais je serais très curieux de savoir si effectivement,
on a, au gouvernement, demandé un avis juridique avec les fonds publics, qui, à
mon avis, à ce moment-ci, devrait être rendu public, parce que c'est quand même
intéressant d'avoir cette information-là si jamais elle a été produite.
Peut-être que ce n'est pas le cas, hein, on s'entend. Comme je le disais, c'est
assez récent, quand même, la décision du... du tribunal, bien, enfin, de la
Cour d'appel, qui est particulièrement lumineux, là, comme jugement. Ça fait un
peu plus de temps. Mais, quand même, moi, je pense qu'on est dans une situation
de devoir analyser tout ça, depuis décembre. Bon, il y a du temps.
Après ça, la Cour suprême, c'est peut-être
plus récent. En même temps, ça s'appuie beaucoup sur la Cour d'appel. C'est sûr
que, quand on regarde, par exemple, le... les dossiers soumis au Conseil des
ministres, hein, on a généralement des mémoires, puis on voit la partie publique
des mémoires sur les différents projets de loi, ceux qui touchent à des... à
des aspects, par exemple, qui ont un impact sur les entreprises. Bien, il y a
une analyse d'impact réglementaire.
Dans le cas du projet de loi n° 3, moi, c'est la première fois que je le vois. Je...
C'est peut-être usuel, je n'ai aucune idée, mais ce n'est pas un mémoire, ce
n'est pas la partie publique d'un mémoire, ce n'est pas non plus une analyse
d'impact réglementaire, c'est un document d'information. En fait, c'est un
«two-pager», pour le dire comme ça, qui reprend, en gros, les intentions du
projet de loi, pas nécessairement ses effets réels, mais les intentions. Moi,
je trouve ça particulier parce que ça n'apporte pas particulièrement
d'informations. J'imagine que ça a été probablement, quand même, pas ce
«two-pager» là, qui a servi à la décision du Conseil des ministres. Je
l'espère. On le saura dans 25 ans, M. le Président.
Mais je regarde, là, autour, tous les
autres dossiers qui sont sur la même page, des documents d'information, je n'en
ai jamais vu dans les dossiers soumis au Conseil des ministres. Ça comporte peu
d'informations, en fait. Est-ce qu'un Conseil des ministres se réunit sur cette
base-là? Est-ce que c'est parce qu'on ne voulait pas nécessairement tout de
suite dévoiler la partie publique du mémoire à ce que... Parce que justement,
dans le mémoire, on parle, par exemple, d'un avis juridique. Moi, je serais
curieux de savoir s'il y en a un, mais je serais surtout curieux d'avoir les
résultats parce que je ne suis pas certain qu'on est blindés avec l'article...
l'article 3.
Non seulement ça, mais que se passe-t-il
si on conteste, M. le Président? Combien de temps ça va prendre? Est-ce qu'on
se retrouve à devoir défendre encore et encore devant les cours de justice une
carte électorale, même si elle a déjà été utilisée, par exemple, pour les
élections? Parce que c'est problématique si les résultats des élections est sur
la base d'une carte électorale qui est encore en contestation. Donc, ça
devient... En tout cas, ça devient préoccupant. Il me semble qu'on doit prendre
une décision la plus éclairée possible ici, en commission.
Je soumets aux membres de la commission,
dont je ne suis pas membre, que ça serait important d'avoir cette réponse-là.
Puis après, bien, c'est évidemment à eux de décider si, dans ce cas-ci, on est
justifié pour préserver deux comtés que tout oppose, par ailleurs. Mais je
comprends que l'idée c'est de... d'éviter toute déception de la part des gens
qui voudraient préserver leur comté, qu'il soit petit et urbain ou immense et
régional et à la limite rural, avec surtout des villages et des immenses
distances à parcourir pour un député, comme le faisait remarquer le collègue de
Marquette. Bien, c'est un vrai enjeu. Je ne pense pas qu'on est dans une
situation idéale, ici. Je peux comprendre la volonté, mais jusqu'où... à quel
coût, en fait? Puis là, je suis économiste, là, ça fait que... On est dans un
cas où le coût...
• (13 h 30) •
Le Président (M. Gagnon) : M.
le député...
13 h 30 (version non révisée)
Le Président (M. Gagnon) : ...il
vous restera trois minutes pour le droit de parole pour la prochaine séance. Avant
d'ajourner, êtes-vous prêts à mettre l'article trois aux voix ?
M. Chassin :...du temps sur l'article 3, vous dites? Trois minutes, c'est
ça?
Le Président (M. Gagnon) : Oui.
M. Chassin :Je ne sais pas, peut-être que les membres ont décidé de
prolonger le…
Le Président (M. Gagnon) : Moi,
j'avais 13 h 30, alors c'est pour ça que je propose…
M. Chassin :
Moi, je reprendrai quand on reprendra, à la limite, là.
Le Président (M. Gagnon) : Qu'est-ce
que j'entends, M. le ministre, l'opposition officielle? On ajourne?
Alors, avant d'ajourner, est-ce que vous
êtes prêt à mettre l'article 3 voix? On ne prend pas parce qu'il va rester… Parfait.
On va revenir.
Pour le bon déroulement de nos travaux, je
vous demanderais peut-être, particulièrement au député de Saint-Jérôme, de
faire parvenir vos amendements à la commission à l'avance pour les prochaines
séances.
Et je vous remercie de votre
collaboration. Compte tenu de l'heure, la commission ajourne ses travaux au
lundi 8 juin 2026, à 14 heures.
(Fin de la séance à 13 h 31)