(Dix heures une minute)
Le Président (M. Provençal)
: Alors, bon matin à tous. Je déclare
la séance de la Commission des relations avec les citoyens ouverte.
La commission
est réunie afin de procéder à l'interpellation de la députée de La Pinière à la
ministre responsable des Aînés et des Proches aidants sur le sujet
suivant : Le laisser-aller de longue durée : symbole de l'échec
caquiste envers les aînés.
M. le secrétaire, y a-t-il des remplacements?
Le Secrétaire : Oui,
M. le Président. Mme Blais
(Abitibi-Ouest) est remplacée par Mme Gendron (Châteauguay); M. Gagnon (Jonquière), par Mme Guillemette
(Roberval); Mme Lecours (Les Plaines), par M. Provençal
(Beauce-Nord); M. Tanguay (LaFontaine), par Mme Caron
(La Pinière); M. Fontecilla (Laurier-Dorion), par Mme Labrie
(Sherbrooke); et M. Bérubé
(Matane-Matapédia), par Mme Laflamme (Chicoutimi).
Le Président (M. Provençal)
: Merci beaucoup.
Conformément à l'entente prévue pour la
43e législature, le deuxième groupe d'opposition interviendra lors de la deuxième série d'interventions et la députée
de Chicoutimi interviendra lors de la quatrième série
d'interventions.
Alors, nous allons débuter avec les déclarations
d'ouverture. Je vais céder la parole à Mme la députée de La Pinière pour
10 minutes. À vous la parole, madame.
Exposé du sujet
Mme Linda Caron
Mme Caron : Merci beaucoup, M.
le Président. D'abord, je veux remercier tous les élus qui sont présents ainsi que le personnel politique, le personnel de
la table, évidemment, le personnel technique qui nous permet de faire nos
travaux aujourd'hui.
Alors, j'ai choisi le thème du laisser-aller de
longue durée pour mettre en lumière des enjeux qui sont connus depuis au moins
quatre ans et ceux sur lesquels la ou les ministres ont été interpelés durant
cette 43e législature, mais qui ont peu ou pas avancé. Et trois ou quatre
ans dans un mandat de quatre ans, c'est de la longue durée.
Alors, j'entre tout de suite dans le vif du
sujet, M. le Président. D'abord, le laisser-aller concernant les ressources
intermédiaires. Elles hébergent plus de 20 000 personnes vulnérables, dont
60 % environ sont des aînés, et 40 % sont des personnes qui souffrent
d'une déficience intellectuelle, déficience physique, de troubles de santé
mentale ou de toxicomanie. Elles sont régies par une entente-cadre qui a été
signée en 2020 pour cinq ans. Il y a un volet
immobilier, il y a un volet pour les opérations. Elles ont lancé un cri du coeur,
les ressources intermédiaires, en 2024 et en 2025 en raison des hausses
de coûts postpandémie. Le gouvernement a été affecté, les familles ont été
affectées par la hausse des coûts après la pandémie. C'est la même chose pour
les ressources intermédiaires : les salaires ont augmenté, les coûts de
nourriture, les coûts de fournitures, les taux hypothécaires, pour certains,
ont augmenté.
Elles ont lancé un cri du coeur aussi en
constatant l'absence de réponses aux appels d'offres pour construire de nouvelles places en ressources intermédiaires,
donc, pour le développement de ressources intermédiaires. À l'époque, le
ministre des Services sociaux s'était dit ouvert à regarder le volet immobilier
avant la fin de l'entente, mais la CAQ, qui
avait le gros bout du bâton puisque l'entente n'était pas terminée, a vite
fermé la porte à rouvrir l'entente avant son échéance. Alors, que les
ressources intermédiaires se débrouillent ou bien qu'elles ferment. La CAQ a
laissé les choses aller et la situation s'est détériorée. Dans 11 jours,
M. le Président, le 31 mars, ça va faire un an que cette entente est terminée, et les négociations
piétinent. Ça n'avance pas à pas de tortue, ça glisse à peine comme un
escargot. Il y a très, très peu d'avancement dans ces négociations,
d'une part, peut-être parce que le comité de négociation du Trésor qui est à la
table ne sait pas comment ça fonctionne, des ressources intermédiaires, puis il
ne tient pas compte des discussions, non plus, qui ont eu lieu entre l'ARIHQ et
les cabinets et ministres.
Au lieu de laisser aller les choses, est-ce que
la ministre pourrait intervenir auprès de la présidente du Conseil du trésor
pour s'assurer que le comité patronal, qui est habitué à négocier avec des
employés de la fonction publique, mais qui a maintenant devant lui le groupe...
le réseau des ressources intermédiaires, eh bien, qu'il soit appuyé pour que
ces négociations avancent? Parce que les risques sont là, M. le Président,
risques de faillite et de fermetures de RI existantes, alors que
5 500 personnes attendent une place partout au Québec. Et puis
rappelons que les RI, le coût d'hébergement en RI, c'est la moitié de ce que ça
en coûte en maison des aînés et en CHSLD, alors ce n'est pas un réseau qu'il
faut laisser péricliter et qu'il faut laisser tomber.
On me dira sûrement que, le 13 mars
dernier, il y a eu une très belle annonce pour le développement d'une RI en
santé mentale à Sept-Îles, un projet de 4 millions qui sera financé à
hauteur de 1,15 million par l'enveloppe d'opportunité
de la Société du Plan Nord. Autrement dit, il manquait cet argent pour
développer de nouvelles places à Sept-Îles. Alors, cette façon de faire...
bravo pour Sept-Îles, je suis contente pour eux, mais cette façon de faire, ça
démontre soit que les paramètres actuels... les paramètres financiers actuels,
ils ne fonctionnent pas pour construire des RI et que le gouvernement le sait
parce qu'il fonctionne via la Société du Plan Nord pour ce projet-là. Alors,
c'est une preuve que la CAQ le sait très bien, mais qu'elle a décidé de laisser
aller les choses.
Dans le même ordre d'idées, je vous ramène à
février 2023, M. le Président, je m'inquiétais à ce moment-là, imaginez-vous,
de la fermeture de 122 RPA en 2021‑2022, alors j'ai déposé une demande de
mandat d'initiative à la Commission des relations avec les citoyens pour qu'il
y ait une commission parlementaire qui soit convoquée pour se pencher sur les enjeux de fermetures et de
conversions de RPA et que la commission entende les groupes concernés.
L'idée, c'était d'aller chercher des solutions structurantes, pas juste de
mettre de l'argent, puis je reconnais très bien que le gouvernement en a mis,
de l'argent pour aider divers points pour les RPA, mais des mesures
structurantes pour qu'elles puissent fonctionner d'elles-mêmes et survivre.
Malheureusement, ma demande avait été rejetée par toutes les députées de la CAQ
présentes, Laviolette, Vimont et Abitibi-Ouest ont toutes voté contre. Alors,
il n'y en a pas eu, de travail en commission
parlementaire, puis il n'y en a pas eu non plus, de mesures structurantes pour
assurer la pérennité des RPA. Il y a eu des sommes injectées, comme je
le disais tout à l'heure, il y a eu une allocation personnalisée, qui n'a pas très bien marché, mais aujourd'hui ce sont
740 RPA qui ont fermé au Québec depuis huit ans, et ce sont des
drames humains, parce que souvent, dans certaines régions, les RPA sont de
petites résidences. Alors, les résidents doivent être déracinés de leur milieu,
où ils et elles ont vécu toute leur vie ou ont un réseau, alors, ces
personnes-là doivent être déracinées pour aller plus loin, dans des centres un
peu plus grands, où il y a d'autres RPA ou d'autres endroits pour les loger,
quoique les personnes qui perdent leur place en RPA ne sont pas toutes... ne retrouvent pas toutes une place, même si les CISSS
les aident à en trouver. Ici même, à Québec, il y a des personnes qui se sont retrouvées... des personnes à mobilité
réduite, en perte d'autonomie qui se sont retrouvées dans des chambres.
On m'a dit : Madame, une personne en perte d'autonomie qui se retrouve en
chambre parce qu'elle a perdu sa place en
RPA, c'est triste et c'est misérable. Alors, je n'exagère pas, M. le Président,
quand je parle de laisser-aller de longue durée dans cet enjeu qui est
tellement important pour un grand nombre d'aînés. Il faudrait vraiment... Je
pense que la commission parlementaire et les intervenants auraient pu vraiment
faire un travail qui aurait amené des solutions structurantes.
Un autre point aussi, dans l'étude de crédits
l'an passé, j'interrogeais la ministre sur le déploiement d'une mesure du plan Fierté de vieillir pour répondre
aux besoins d'avoir plus de gériatres répondants, et la ministre m'avait répondu
qu'il fallait avoir des ponts plus efficaces pour avoir accès aux gériatres,
qu'il fallait développer un modèle de gériatres répondants, et je suis tout à
fait d'accord avec elle. La coroner Mylène Servant avait d'ailleurs pointé les
gériatres répondants comme piste de solution pour mieux intervenir auprès de personnes
souffrant de démence et de troubles
cognitifs. Un projet pilote devait tester la formule dans les quatre réseaux de
soins universitaires du Québec pour permettre un accès simplifié à la
gériatrie, tout en prolongeant le maintien à domicile. Maintenant, ce projet
était financé par l'IPAM, l'Institut de la pertinence des actes médicaux, et
cet institut a été aboli dans la loi n° 1.
Alors, ma question, j'aimerais que la ministre
nous indique qui va financer ce projet de gériatres répondants, parce que c'est
peut-être quelque part, et je ne le sais pas. Alors, c'était une enveloppe d'un
peu moins de 5 millions de dollars pour ces projets pilotes de gériatres
répondants. Et j'aimerais bien savoir si ça va pouvoir se poursuivre, non
seulement que les fonds soient là, mais qui va pouvoir s'en occuper, puisque
l'IPAM a été aboli avec la loi n° 2, alors que c'était jugé essentiel.
D'ailleurs, le projet pilote de gériatres répondants devait permettre à un
médecin de famille, à une infirmière ou à une équipe de CLSC de contacter
rapidement un médecin gériatre ou une infirmière spécialisée en gériatrie en
cas de cas complexe. Alors, ces gériatres répondants, bien, auraient pu aider
la première ligne puis donner des conseils dans la prise en charge plutôt que
d'attendre de voir le patient en clinique de gériatrie à l'hôpital plus tard.
D'ailleurs, ce projet-là devait ultimement aider les personnes âgées à demeurer
plus longtemps à domicile. Et c'est justement l'objectif de la Politique
nationale de soutien à domicile, qui a finalement vu le jour en janvier
dernier, que de garder les gens à domicile le plus longtemps, de leur offrir
des conditions. Il faut pouvoir leur offrir
les conditions pour atteindre cet objectif-là, et le fait d'avoir des gériatres
répondants pourrait vraiment aider à cela.
Alors,
j'aimerais savoir si le financement et la coordination de ce projet pilote vont
être au rendez-vous ou si, tout simplement, ils sont... c'est un projet qui est
mort et enterré et qui ne pourra pas contribuer au maintien à domicile des
personnes aînées.
Alors, M. le Président, cela fait le tour de ma
déclaration d'ouverture, et, comme vous avez vu, j'en ai profité pour pouvoir
aborder plusieurs sujets d'entrée de jeu. Merci.
• (10 h 10) •
Le Président (M. Provençal)
: Vous avez mis la table, effectivement.
Alors, la prochaine intervention, c'est Mme la
ministre responsable des Aînés et des Proches aidants. Je vous cède la parole,
madame.
Réponse de la ministre
Mme Sonia Bélanger
Mme Bélanger : Oui, merci
beaucoup, M. le Président. Bien, avant toute chose, je tiens à remercier la députée de La Pinière de nous avoir
convoqués ici pour cette interpellation concernant la population aînée du
Québec. Alors, vous le savez, j'ai maintenant plusieurs responsabilités
depuis l'automne dernier : ministre responsable des Services
sociaux, ministre de la Santé, mais je veux quand même mentionner que j'ai
gardé mon titre de ministre responsable des
Aînés et des Proches aidants et que les aînés et les proches aidants occupent
une part importante dans mon coeur, mais dans mes actions aussi, comme
ministre.
J'ai pu mener, au cours des dernières années, de
grandes réformes, de grands projets qui ont marqué le bilan de notre
gouvernement pour nos aînés. Mes collègues et moi aurons l'occasion,
d'ailleurs, dans cette séance, de revenir sur plusieurs avancées, mais je peux
vous dire que nous sommes fiers du travail qui a été accompli. Merci à mes collègues d'être avec moi aujourd'hui, ça me
touche beaucoup. Alors que les gouvernements précédents, dont ceux formés
par le Parti libéral, n'ont pas fait énormément de choses pour se préparer au
vieillissement de la population, que l'on voyait venir, d'ailleurs, depuis des
décennies, nous, on a agi rapidement et concrètement.
J'aimerais commencer avec l'hébergement. Ma
collègue en a parlé, c'est un réel défi, l'hébergement, dans le contexte du
vieillissement de la population, et c'est la CAQ qui a créé les maisons des
aînés, et on a été le premier gouvernement à avoir le courage de transformer le
modèle désuet des CHSLD. Après avoir été témoins de 15 années de négligence libérale... On n'avait pas construit
de places durant ces 15 années là, on a laissé notre réseau de CHSLD se
détériorer, alors il fallait que notre gouvernement agisse. On a donc investi
2,9 milliards de dollars pour construire des
maisons des aînés, qui sont aujourd'hui... nous permettent d'héberger
3 300 personnes additionnelles dans nos maisons des aînés et
alternatives. On va continuer avec une deuxième phase, une deuxième phase
améliorée : reconstruire nos CHSLD abandonnés par les libéraux et les
transformer en milieux de vie plus humains.
En parallèle de toutes ces nouvelles places, on
est le premier gouvernement en 20 ans à avoir relancé le conventionnement
des CHSLD privés. Vous savez, les CHSLD privés qui sont conventionnés
aujourd'hui, on en a un bon nombre qui sont
passés de la dimension privée au conventionnement, avec les mêmes règles du
public. C'est, au moment où on se
parle, plus de 4 000 places additionnelles qui sont disponibles pour
la population aux mêmes conditions que les CHSLD publics. Il ne faut pas
oublier ça dans l'équation.
On a adopté la toute première politique
d'hébergement, très important. On a donné un véritable coup de barre pour
rehausser la qualité des soins. On a nommé des gestionnaires par établissement,
on a amélioré la qualité de vie des
résidents en termes de repas, d'espaces de vie, de programmes buccodentaires,
de prévention des infections. Vieillir en CHSLD, ce n'est pas un choix, mais ça
devient quelquefois nécessaire quand les gens ont des problèmes de santé et
qu'ils ont besoin de services 24 heures sur 24, sept jours sur sept.
Alors, nous avons agi et nous allons continuer.
Concernant les RPA, la CAQ est intervenue pour
soutenir les RPA. Ma collègue l'a mentionné tantôt, je sais qu'elle soutient ce
réseau et qu'elle rencontre aussi les personnes, bien, c'est plus de
1,1 milliard qu'on a investi pour soutenir les RPA, pour mettre un frein à
l'hécatombe des fermetures, et on va continuer.
Concernant les ressources intermédiaires, le
modèle des RI-RTF est un rouage essentiel dans l'offre d'hébergement, et on
souhaite continuer de développer le modèle RI-RTF. Si vous me demandez si je
suis contente parce que... en lien avec les négociations, bien, vous savez, je
n'interfère pas dans les négociations, mais je ne suis pas contente du temps
que ça prend. Je ne suis pas contente du temps que ça prend. J'ai eu l'occasion
de rencontrer les associations. Alors, je souhaite qu'on puisse trouver
rapidement une solution aux RI-RTF, j'ai repris ce dossier-là à mon arrivée au
niveau des Services sociaux, parce que vous savez que le dossier des RI-RTF
était, donc, sous la responsabilité de mon collègue prédécesseur, le député
de...
Une voix : ...
Mme Bélanger : De?
Des voix : ...
Mme Bélanger : Oui, c'est ça.
Alors donc, je continue avec les RI, mais je veux que ça se règle rapidement.
Un mot sur le soutien à domicile. Vous le savez,
on parle beaucoup d'hébergement, mais les aînés veulent rester à la maison le
plus longtemps possible. On a annoncé notre Politique nationale de soutien à
domicile. Ça faisait plus d'un an et demi qu'on y travaillait, alors on est
très contents. C'est une politique qui nous permet d'aller de l'avant puis de vraiment avoir des mesures
structurantes dans le cadre du vieillissement de la population. On travaille
avec des entreprises d'économie sociale, notamment, pour le soutien à domicile,
qui est une avancée extrêmement importante avec le réseau des EESAD. On a aussi
mis en place une allocation d'aide à domicile. Cette allocation pourra être
utilisée par les proches aidants pour eux-mêmes ou pour engager leurs propres
employés. Alors, c'est des avancées extrêmement importantes.
On souhaite
que les CLSC redeviennent la porte d'entrée pour les programmes aînés,
notamment. On a augmenté le nombre d'heures en soutien à domicile, on a rejoint
de plus en plus de personnes. On a investi 1,4 milliard de dollars
en maintien à domicile. Ça, c'est quand on
est arrivé, on était 1,4, maintenant, on est à 2,6. M. le Président, on a
augmenté le budget du soutien à domicile de 86 %, on a doublé nos
investissements. Alors, est-ce qu'il faut continuer d'améliorer le soutien à
domicile? Bien sûr. Et c'est pour ça qu'on s'est donné une politique, il y a un
plan d'action, Santé Québec est
présent. Alors, on souhaite que ça devienne encore... un élément encore plus
important dans notre système de santé.
Alors donc, je viens de vous parler du volet de
l'hébergement, de vous parler du soutien à domicile. Cette politique, elle est
extrêmement importante. On avait annoncé le virage en soutien à domicile, je
peux vous dire que le virage est vraiment bien enclenché, on le voit quand on
regarde les courbes, j'aurai l'occasion peut-être d'y revenir un peu plus tard,
mais, au global, depuis 2018, on a plus que doublé le budget, on voit beaucoup
plus de personnes puis, M. le Président, on
a diminué nos listes d'attente en soutien à domicile. Alors, quand je me promène
dans différentes régions
du Québec, mais en particulier dans ma circonscription, les gens me
disent : Mme Bélanger, on a des anges gardiens qui viennent à
la maison, on a de l'aide à domicile, on l'apprécie, on nous voit rapidement à
la sortie de l'hôpital. J'entends ces éléments-là aussi. Bien sûr qu'il peut
arriver des événements qui sont moins performants, mais on va continuer, donc, d'améliorer nos services de
soutien à domicile, mais, en général, on n'est plus à la même place qu'on était
en 2018, loin de là.
Alors, le
portefeuille des aînés... bien, vous le savez, hein, on ne peut pas rester à
domicile si on n'a pas des ressources financières nécessaires pour se payer un
loyer, pour se payer de la nourriture, pour se payer des services de base, alors la CAQ a agi pour protéger le
pouvoir d'achat des aînés face à la hausse du coût de la vie. On l'avait promis,
on l'a livré. Le crédit d'impôt pour le soutien aux aînés, grâce auquel on
remet 2 000 $ par année dans les poches des aînés de 70 ans et plus
à faibles revenus, ce n'est pas rien, et on a conservé cette mesure-là.
On a bonifié aussi
plusieurs autres crédits d'impôt : le crédit d'impôt pour le maintien à
domicile, qui permet aux aînés de recevoir
jusqu'à 7 800 $ de remboursement, selon leurs revenus, qui s'ajoutent
aux 2 000 $ dont je viens de parler tantôt; le crédit d'impôt
pour les proches aidants, qu'on a plus que doublé; et, finalement, on a bonifié
le programme PEFSAD pour l'allocation
personnalisée, alors, pour que les personnes puissent acheter leurs services de
la part des entreprises d'économie
sociale pour des services, notamment, de travaux domestiques et de soutien à la
personne.
Au niveau de l'alzheimer,
j'aurai l'occasion d'y revenir, ma collègue en a parlé, la maladie d'Alzheimer
et les autres troubles neurocognitifs, c'est un phénomène qui est en
augmentation. On a fait des investissements de 8 millions de dollars, on
s'est dotés d'une politique, la première politique nationale en lien avec
l'alzheimer, une des rares politiques concernant l'alzheimer au niveau des
différentes nations. Alors, les autres provinces nous appellent pour recevoir
notre politique, c'est important. On a déployé l'alerte SILVER, M. le
Président, pour soutenir nos aînés qui ont des déficits cognitifs. On a un plan
d'action sur l'alzheimer, on déploie des ressources au sein des GMF pour aider
les personnes à accompagner les gens.
Au niveau de la
proche aidance, on continue de travailler. On a notre première loi, elle est
toujours en vigueur, notre plan d'action, on a développé des places de répit.
M. le Président, je suis très fière du travail qui a été fait pour les aînés au Québec. On n'est pas du
tout à la même place qu'on était en 2018. J'ai repris le relais en 2022 et je
suis confiante qu'on va bientôt voir les services puis les résultats un peu
partout au Québec. Merci, M. le
Président.
Argumentation
Le Président
(M. Provençal)
: Merci
beaucoup, Mme la ministre.
Première période
d'interventions, on débute avec Mme la députée de La Pinière.
• (10 h 20) •
Mme Caron :
Merci, M. le Président. Alors, je n'ai pas entendu de réponse au sujet des
gériatres répondants. Est-ce que le projet pilote est tombé à l'eau ou est-ce
qu'il est... est-ce que le financement est ailleurs qu'à l'IPAM puisque l'IPAM
a été aboli? Peut-être que ça viendra dans un autre bloc.
Alors,
j'ai parlé du soutien à domicile. C'était, vous vous souviendrez peut-être, M.
le Président, au lendemain de l'élection, la priorité de la ministre en
novembre 2022, elle avait accordé une grande entrevue à La Presse ou au Devoir,
je ne me souviens plus quel quotidien, mais en disant que c'était sa grande
priorité en novembre 2022. La politique est arrivée tardivement, en fin de
mandat, en janvier 2026, et on attend toujours le plan d'action. Il y a des
annonces qui m'ont laissée perplexe autour de la Politique nationale de soutien
à domicile, et j'apprécierais que la ministre éclaire ma lanterne là-dessus.
Premièrement, en mai 2024, la ministre avait annoncé, lors d'un colloque qui
s'était tenu juste tout près d'ici, au Château Laurier, elle avait annoncé des
projets pilotes pour faire des CLSC, et je cite, «le point d'accès principal
aux soins et aux services pour les personnes aînées et pour leurs personnes
proche aidantes, que ce soit pour obtenir de l'information sur les ressources
communautaires, avoir une évaluation pour le soutien à domicile ou être dirigé
au bon endroit avec la bonne équipe. Cela contribuera également à mieux repérer
les personnes en perte d'autonomie afin d'agir en prévention.» Fin de la
citation.
Durant
l'interpellation qu'on a fait l'année dernière, le 14 février, la ministre
avait confirmé que les projets pilotes pour faire des CLSC le point d'accès
étaient en cours et que ce serait déployé partout au Québec au plus tard à
l'automne 2025. Alors, vous avez peut-être constaté, comme moi, que ça n'a pas
été fait. Et ce qui m'a laissée perplexe, c'est que, la semaine avant le développement
de la politique de soutien à domicile, la ministre avait déclaré que ces
projets pilotes avaient été concluants, mais que le déploiement était reporté.
Mais là je ne comprenais plus rien, M. le
Président. Si les projets ont été concluants, pourquoi ne pas les avoir
déployés? Je comprends qu'il peut y avoir eu du retard, que ça a peut-être... que ça n'a pas pu être déployé avant
l'automne 2025 comme prévu, mais pourquoi... maintenant que la politique
est en place pour coordonner les orientations, pourquoi ce n'est pas mis en
place? Il faudrait qu'on m'explique ça. J'aimerais bien une... des
éclaircissements de la ministre.
Deuxièmement, l'autre
point qui m'a laissée un petit peu perplexe et sur lequel j'aurais besoin
d'information, c'est qu'en dévoilant la politique, la ministre a fait une
sortie remarquée qui a fait les manchettes et qui a créé des attentes. Elle a dit ceci en point de
presse : «Les proches aidants, dans certaines situations et après
évaluation, pourront être reconnus comme prestataires de services à
l'allocation autonomie à domicile, anciennement le chèque emploi-service, au
même titre que d'autres travailleurs.» Alors, si vous êtes une personne proche
aidante, qu'est-ce que vous avez compris? Que vous pourriez avoir un salaire comme
proches aidants, mais non. D'abord, la ministre a changé le nom du chèque
emploi-service pour allocation autonomie à domicile, et vous allez pouvoir le
recevoir sous certaines conditions si vous faites une prestation de services
déterminés.
Alors, on ne va pas
vous verser un salaire parce que vous êtes proche aidant, on va vous payer
21 $ de l'heure si vous donnez une prestation de services déterminés.
Donc, en plus de votre rôle de proche aidant, vous allez devenir
prestataire de services. Pas de répit, du travail en plus, c'est ce qui
inquiète les organismes du terrain, et le fait que ça a créé des attentes, ça
inquiète les organismes également. Et le plus ironique dans tout ça, M. le
Président, c'est qu'en 1990 le cadre de référence du chèque emploi-service
disait déjà que les personnes proches aidantes pouvaient toucher le chèque
emploi-service, qui vient d'être changé de nom. Les organismes qui ont vu le
cadre de référence de l'allocation autonomie à domicile ont trouvé qu'il était
truffé d'erreurs et d'incohérences. Est-ce que quelqu'un travaille à le
corriger? Et le plus grave, c'est que le proche aidant qui reçoit une
rémunération... qui recevra une rémunération risque de perdre son crédit
d'impôt pour proche aidant, un crédit qui est déjà très restrictif. Alors, il y a des groupes en proche aidance qui
ont participé à des séminaires de Revenu Québec et qui se sont fait dire
que, si la personne proche aidante reçoit
une rémunération, son crédit d'impôt va être coupé, mais, si elle a une
allocation, on cumulera. Alors, je comprends que ça s'appelle une
allocation, mais c'est au ministère, selon Revenu Québec, de clarifier le flou.
Où est-ce que c'est écrit?
Le Président
(M. Provençal)
: Merci beaucoup.
Mme la ministre, je
vous cède la parole, maintenant, pour votre réplique.
Mme Bélanger :
Alors, madame... M. le Président, excusez-moi, je vais commencer par le volet
du gériatre répondant, là, parce qu'il y
avait... je comprends qu'il y avait comme deux principaux volets, là, à votre...
à ce premier bloc. Les gériatres
répondants, ils sont en place, actuellement. Il y a beaucoup de gériatres
répondants qui ont des ententes de service avec les établissements, avec
des GMF en particulier, OK, et ça, c'est très, très important. Alors, dans la
politique sur l'azheimer, que nous avons annoncée en 2025, il y a un plan
d'action, là, qui découle de ça, il y a des investissements qui ont été faits.
Cette politique vise trois éléments, essentiellement : d'abord, la
prévention, ensuite un meilleur dépistage,
un meilleur diagnostic, et c'est là que rentre en jeu le rôle des répondants...
des gériatres répondants, parce que, quand les personnes ont des
déficits cognitifs, qu'ils vont voir leur médecin de famille, les médecins de
famille sont outillés, ils ont de la formation, alors, ils ont des équipes, là.
Dans plusieurs GMF, on peut avoir, selon la taille du GMF, une infirmière, par
exemple, dédiée complètement aux personnes ayant des troubles neurocognitifs.
Alors, on commence, donc, l'accompagnement dès ces premiers instants là, mais à
un moment donné, les médecins de famille ont besoin d'avoir un accès
spécialisé, et c'est là qu'entrent en jeu les gériatres répondants.
On a fait plusieurs
interventions, vous savez, les gériatres, comme médecins spécialistes au
Québec, ne sont pas en nombres extrêmement importants, et plusieurs
représentations ont été faites auprès des facultés de médecine, les quatre
facultés de médecine qu'on a au Québec dans les différentes universités, pour
s'assurer qu'on considère deux choses : dans le curriculum académique de
la formation générale des médecins et des autres professionnels de la santé, il
y ait davantage de temps accordé, dans le curriculum académique de base pour
les étudiants, que tout le monde soit conscientisé au vieillissement, repérer
les signes, etc., de déficit cognitif, mais on veut aussi que les universités
forment un plus grand nombre de médecins gériatres. Alors, ça, ça fait partie
de l'agenda, il faut les former, il faut qu'ils arrivent sur le terrain, etc.
Ça va prendre quand même un certain temps, c'est des formations qui sont
longues. Mais la politique alzheimer n'a pas laissé tomber du tout le rôle des
gériatres répondants, au contraire, on accentue, avec les gériatres existants,
une plus grande collaboration.
Concernant la
Politique nationale de soutien à domicile, je vous l'ai dit tantôt, on est le
gouvernement qui a le plus investi en soutien à domicile, on a... on est le
gouvernement qui a le plus de résultats en soutien à domicile. Je vous montre
ici l'évolution du budget. Donc, depuis 2018, on le voit... je n'ai pas
l'année 2025‑2026 ici, parce que l'année 2025‑2026 se termine au
31 mars, mais on va voir que cette courbe continue vraiment d'augmenter.
Le soutien à domicile, c'est important, ça s'est traduit par plus de services
de soutien à domicile. Alors, M. le Président, je veux vous montrer ce petit tableau aussi, des chèques emploi-service.
Avant même la Politique nationale de soutien à domicile, voilà comment
le chèque emploi-service, qui est aussi une modalité de soutien à domicile,
était utilisé.
Alors, on a des
gestes concrets qui ont été portés, la Politique nationale de soutien à
domicile a demandé une mobilisation sans précédent, deux grands rendez-vous,
l'étude de centaines de mémoires, le travail avec différents experts, avec les
organismes sur le territoire, on a fait des avancées importantes. Il y a trois
volets à la politique de soutien à domicile,
alors donc, oui, le volet d'ouvrir les CLSC, de renforcer le rôle des équipes
de soutien à domicile; le deuxième volet, les entreprises d'économie
sociale qui peuvent faire une différence dans les soins à la personne, c'est une avancée importante avec un
investissement majeur pour les EESAD; et finalement, le troisième volet de la
Politique nationale de soutien à domicile, c'est la transformation du
chèque emploi-service. Bien oui, le chèque emploi-service existait, mais le
chèque emploi-service, quand on regarde les différentes associations, quand on
écoute, notamment, les parents des enfants handicapés, quand on écoute les
proches aidants, ils nous disaient : Le chèque emploi-service,
premièrement, n'est assez rémunéré, on a de la misère à trouver des employés,
c'est trop compliqué, alors donc, plusieurs
ne voulaient même pas l'utiliser. Alors, on a transformé... puis premièrement,
le nom «chèque emploi-service», ce n'est pas un bon terme, on a
transformé ça, vraiment, en «allocation d'aide à domicile». Alors, je suis très
fière du travail qui est fait, c'est en train de se mettre en place, donc, ça
fait quelques semaines, M. le Président.
• (10 h 30) •
Le Président
(M. Provençal)
: Merci.
Merci beaucoup, Mme la ministre.
On va poursuivre avec
Mme la députée de Roberval.
Mme Guillemette : Merci, M. le
Président. Mme la ministre, je suis très heureuse d'être ici aujourd'hui, ce matin, pour défendre notre bilan au niveau des
aînés. Je remercie la collègue de La Pinière de nous permettre, ce matin, de mettre en lumière tout ce qui a été fait durant
les sept dernières années, bientôt huit, sous notre gouverne. Salutations
également à la députée de Sherbrooke.
Donc,
moi, je vais vous entretenir du plan d'action sur la fierté de vieillir 2024‑2029.
Vous savez, le vieillissement de la population québécoise, c'est un enjeu qui
nous concerne tous. C'est un défi majeur auquel on se doit de répondre. C'est
précisément l'objectif du plan d'action gouvernemental La fierté de vieillir.
C'est un plan, il faut le dire, interministériel. Avec ce plan, on envoie un
message clair que vieillir, ça ne doit jamais être synonyme d'isolement ou de perte d'autonomie. Au contraire,
vieillir doit être une source de fierté pour les personnes elles-mêmes,
mais pour l'ensemble de notre société également. Pour y arriver, nous nous
sommes dotés d'un plan ambitieux, structuré et concret qui mobilise plus de 35
ministères et organismes autour d'une même vision, soit mieux soutenir les
personnes aînées et mieux préparer le Québec à la réalité démographique des
prochaines décennies.
Ce plan reconnaît
quelque chose d'essentiel, soit que les personnes aînées contribuent énormément
à notre société. Donc, elles sont présentes pour les familles dans nos
communautés, elles sont une source de bénévolat, chez nous, exceptionnelle, sur
le marché du travail, dans la transition de nos savoirs et de nos valeurs
également. C'est pourquoi l'une des priorités du plan d'action, c'est de
favoriser la participation citoyenne, sociale des personnes aînées.
Concrètement, ça signifie d'agir pour lutter contre l'âgisme, faciliter l'accès
à l'information, aux services, soutenir la participation citoyenne et permettre
à celles et ceux qui le souhaitent de contribuer, de continuer à s'impliquer
dans la société. Donc, ça valorise nos aînés, pour avoir une société plus forte
et plus solidaire. Bien sûr, pour participer pleinement à la société, on
suppose aussi d'être en santé et de recevoir les bons services au bon moment,
et c'est ce qu'on fait dans les derniers... dans les sept dernières années.
Donc, on le sait, la
grande majorité des aînés souhaitent demeurer chez eux le plus longtemps
possible. Donc, une autre orientation majeure du plan, ça consiste à permettre
aux aînés de vieillir en santé dans leur communauté, dans leur milieu de vie.
C'est pourquoi le gouvernement investit massivement, comme l'a dit la ministre
tout à l'heure, dans le soutien à domicile afin d'offrir davantage de soins et
de services directement dans les milieux de
vie. Ça signifie plus d'heures de services, un meilleur accompagnement et un
soutien accru pour les personnes proches aidantes, qui jouent un rôle
absolument essentiel. Parce que soutenir les aînés, c'est aussi soutenir ceux
qui en prennent soin au quotidien, et, M. le Président, j'aurai l'occasion,
dans ma prochaine allocution, de vous parler des proches aidants et de ce qu'on
a fait pour eux.
Donc, vieillir dans
sa communauté, ce n'est pas seulement une question de services, c'est aussi une
question d'environnement et de milieu de vie adapté. C'est pourquoi le plan
prévoit également des actions importantes pour améliorer les conditions de vie
des personnes aînées. Ça passe notamment par le développement de logements
abordables adaptés pour les aînés, par l'amélioration de la sécurité dans les
milieux de vie et par l'adaptation de nos infrastructures dans nos communautés.
Toutes les régions du
Québec, on veut des communautés plus inclusives, plus accessibles, plus
accueillantes pour nos personnes âgées,
parce que vieillir avec dignité, c'est aussi pouvoir continuer à contribuer à
vivre pleinement dans notre communauté. Évidemment, un plan d'une telle
ampleur, ça ne peut pas réussir sans la mobilisation de plusieurs partenaires, c'est pourquoi on travaille en partenariat avec
les municipalités, les organismes communautaires, les réseaux de la
santé, mais également tout le milieu qui gravite autour des aînés, donc surtout
les personnes aînées elles-mêmes, qu'on implique dans ces milieux.
Donc, le
vieillissement de la population, ce n'est pas seulement un défi à relever,
c'est aussi une occasion de bâtir ensemble
une société plus humaine, plus inclusive, plus solidaire. Avec le plan Fierté
de vieillir, le Québec fait le choix d'agir, d'investir, mais surtout le choix
de reconnaître toute la valeur des personnes aînées dans notre société.
Merci, M. le Président.
Le Président
(M. Provençal)
: Merci
beaucoup, Mme la députée.
Alors, on va
poursuivre, pour la deuxième série d'interventions, avec la députée du deuxième
groupe d'opposition, Mme la députée de Sherbrooke.
Mme Labrie :
Merci, M. le Président, contente d'être ici aujourd'hui. C'est quasiment
devenu un rendez-vous annuel d'aborder le
vieillissement de la population à la fin de l'hiver, ici, à l'Assemblée
nationale. En février 2024, on en
faisait une, interpellation, sur la préparation du gouvernement pour faire face
au vieillissement; en février 2025, une
autre sur l'avenir des soins à domicile. Ça fait plusieurs fois, là, qu'on
prend deux heures ensemble pour parler de ça, du même enjeu, puis
j'ai l'impression qu'on est encore exactement à la même place, malheureusement.
Le rapport de la Commissaire
à la santé et au bien-être qui a été déposé en janvier 2024 était assez clair,
il disait textuellement qu'on était dans une impasse, que le défi du
vieillissement serait impossible à relever si rien ne changeait — c'est
les mots de la commissaire — et
qu'avec le modèle actuel d'hébergement de longue durée, on aurait besoin d'une
augmentation du budget de 117 % entre 2023 et 2040 pour atteindre
16,5 milliards par année. Déjà, on peut
tous s'imaginer, ici, que ça relèverait du miracle d'avoir ces sommes-là
disponibles, ce n'est pas possible. Mais, même si on augmentait les
revenus de l'État puis qu'on était capables d'amener le budget à ce niveau-là,
ce serait quand même impossible d'offrir les
services, parce que le rapport disait aussi qu'au niveau de la main-d'oeuvre,
ça prendrait 6 600 personnes à temps plein de plus pour offrir les
services en soins infirmiers et en aide domestique, 6 600 personnes de
plus que les 10 600 personnes qui faisaient déjà ça à temps plein en 2023.
Et ça, c'était juste pour entretenir le statu quo, c'est-à-dire pour répondre à
10 % des besoins, 10 %, comme on le fait en ce moment, aux dernières
nouvelles.
Donc,
tout ça dans le contexte où le ratio de dépendance est en augmentation, hein,
Gérald Fillion le rappelait, il y a quelques semaines, dans une chronique,
parce qu'au même moment où on a une augmentation de la proportion de
personnes qui ont besoin des services de l'État, on a aussi une diminution de
la proportion de personnes qui sont en âge de travailler. C'est un gros défi à
relever.
Donc, on avait déjà des
raisons d'être inquiets depuis plusieurs années, mais avec le dépôt du rapport
du Vérificateur général en novembre 2025, c'est encore plus inquiétant. Les
médias ont surtout parlé du chapitre sur la gestion des cartes de crédit. Mais
moi, je veux vous parler du chapitre 5, celui sur les enjeux de la
soutenabilité des finances publiques. C'est un chapitre qui, à mon avis, aurait
dû alerter tous les Québécois, à commencer par le Conseil des ministres et la
ministre qui est devant nous aujourd'hui. Il y avait plusieurs constats de
problèmes majeurs dans ce chapitre-là, mais je veux parler plus
précisément du constat n° 4, je vous le lis : «Les coûts de
reconduction relatifs au financement des activités du réseau de la santé et des
services sociaux ne considèrent pas l'ensemble des sommes nécessaires au maintien du niveau des services à la population.»
Ça, ça veut dire que, quand le gouvernement estime ce que ça coûte pour
maintenir le statu quo de ce qu'on fait actuellement en santé et en services
sociaux, il se trompe, il sous-estime les coûts, puis c'est le Vérificateur
général qui le dit.
Il insiste sur deux problèmes. D'abord, l'estimation
des coûts ne considère pas l'ensemble des coûts associés à l'augmentation et au
vieillissement de la population, et l'indice des prix à la consommation est
utilisé comme unique hypothèse de croissance des dépenses, alors que ce n'est
pas du tout un indice qui est représentatif de l'inflation en santé, encore
moins pour des choses comme les médicaments ou les fournitures médicales, et ça
ne prend pas non plus en compte l'augmentation du volume de médicaments ou de
services rendus. Ça, c'est très, très grave parce que le budget en santé et
services sociaux, c'est 40 % du budget de l'État. Si on le sous-estime,
c'est la valeur de l'ensemble du budget de l'État, là, qui est compromise. Puis
ce que le Vérificateur général nous dit, là, à la page 266, c'est que,
jusqu'en 2024, l'estimation des coûts de reconduction des services à la
population ne prenait pas en compte la croissance de la clientèle. C'est quand
même assez hallucinant quand on y pense, parce que ça a été dit tout à l'heure,
ça fait quand même assez longtemps qu'on le sait qu'à un moment donné il va y
avoir une génération extrêmement importante en nombre qui va commencer à
vieillir en même temps. Ça ne prend pas un doctorat en démographie ou en
administration publique pour identifier qu'à un moment donné il va y avoir une
croissance de la clientèle pour les services en santé. Mais jusqu'en 2024,
pouvez-vous croire qu'il n'y a personne au gouvernement qui a pensé à tenir
compte d'une croissance de la clientèle en services sociaux et en santé pour
faire le budget?
Donc là, les politiciens qui nous disent qu'ils
gèrent en bon père de famille, ils ont fait le budget pendant des années jusqu'en 2024 en oubliant de tenir compte
que la composition de la famille avait changé. Peut-être parce que les
pères de famille ne sont pas habitués à la charge mentale, là, ils ne se
rendent pas compte que la composition de la famille change. Ça prendrait
peut-être quelqu'un qui gère comme une mère de famille pour se rendre compte
quand la composition de la famille change,
mais, en tout cas, ça fait juste depuis 2024 que le gouvernement tient compte
de la croissance de la demande, mais ils n'ont quand même pas augmenté le
budget parce que c'était une période de restriction budgétaire. Ça, ce
n'est pas une position idéologique, là, c'est le Vérificateur général qui l'a
écrit, c'est à la page 266 du rapport.
Donc, la vérité, c'est qu'en ce moment il n'y a
même pas d'analyse sur la capacité de l'État à maintenir à long terme le niveau de services actuel. Moi,
j'aimerais juste savoir, est-ce que la ministre prend l'engagement de respecter
les recommandations du Vérificateur général, d'assurer la soutenabilité des
services en santé et services sociaux?
• (10 h 40) •
Le Président (M. Provençal)
: Merci beaucoup. Mme la ministre, je
vous cède la parole.
Mme Bélanger : Alors, bien, écoutez, M. le Président, bien, moi,
je suis ministre de la Santé, ministre des Aînés, ministre des Services sociaux. Je m'occupe de ma
mère de 86 ans, je la salue, d'ailleurs, elle écoute absolument toutes
les périodes de questions, puis je sais qu'elle est branchée. Bonjour, maman!
Je m'occupe de ma mère, parce que, même quand on est politicien, oui, on sait
c'est quoi, avoir une famille puis on a les mêmes enjeux que toutes les familles
du Québec, hein? Alors, une famille, c'est une famille.
Alors, ceci étant dit, sur le budget, bien,
écoutez, c'est... parce que, là, il y a un scénario d'apocalypse, là, hein, que
la députée nous présente, là : on vieillit, on s'en va dans le mur, il n'y
a plus personne qui va travailler au Québec,
ça va être épouvantable. Bien, je m'excuse, là, on a, au contraire, une
occasion de changer les paradigmes de la société avec le vieillissement
de la population, et on a mis en place, dans le budget... le budget du
gouvernement, vous l'avez vu, là, on a... le
budget a été présenté cette semaine, mais je veux quand même revenir, je ne
sais pas si vous le savez, là, c'est
quoi, la proportion, M. le Président, du budget qu'on alloue pour le soutien à
domicile et l'hébergement, bien, ça,
là, ça représente 2,8 milliards de dollars juste pour le soutien à
domicile puis, pour l'hébergement, 6,3 milliards. Alors, si on regarde ça rapidement, là, on est à
9 180 000 000 $ sur un budget d'établissement de l'ordre de
55 millions. Alors, on peut en mettre encore plus, là, on va en
mettre encore plus pour l'hébergement, pour le soutien à domicile. Là, je ne
vous parle pas des services sociaux puis je ne vous parle pas des hôpitaux, là.
Mais la proportion... on est le premier
gouvernement à avoir renversé la proportion budgétaire accordée au soutien à
domicile et à l'hébergement, parce que, M. le Président, avant 2018, on était
dans un modèle très, très hospitalocentriste. J'ai fait ma carrière dans le
réseau de la santé, et je le sais, je recevais le financement qui était, dans
le fond, adopté par les différents gouvernements précédents. Alors, on a fait
ce virage-là, puis ce n'est pas rien. Moi,
je veux le dire à la population, 9 milliards de l'enveloppe du système de
santé qui va au vieillissement. Ça fait que, quand j'entends ce
matin : On n'a pas prévenu, on n'a pas fait ci, je me garde vraiment... je
suis très, très sceptique par rapport à ça, malgré tous les rapports qui
peuvent être produits.
On a doublé nos
investissements en soutien à domicile. Je vous l'ai montré tantôt, le budget en
soutien à domicile a plus que doublé. On voit près de
400 000 personnes, et c'est plus que ça, plus de
400 000 personnes, on aura les
résultats, là, d'ici 10 jours pour l'année qui termine le 31 mars,
400 000 personnes par nos équipes CLSC, plus de
100 000 personnes par les entreprises d'économie sociale à domicile,
près de 30 000 personnes qui reçoivent le chèque
emploi-service. Puis on continue d'augmenter ça, là, c'est ça qu'on est en
train de faire. Puis on a investi dans l'hébergement pour se donner des places
d'hébergement, les maisons des aînés, 3 500 places. Mais n'oublions pas qu'on est le premier gouvernement à avoir eu
le courage d'aller voir les CHSLD privés puis de dire : Ça ne tient pas
la route, ça coûte trop cher pour les gens, des gens qui devaient payer
9 000 $ par mois pour avoir des soins de longue durée dans le privé,
qui n'étaient même plus capables de se payer ça. Alors, qu'est-ce qu'on a fait?
On a conventionné des CHSLD. Et, au moment où on se parle, juste dans le cadre
des deux, trois dernières années, c'est 4 000 places
de CHSLD privées qui sont rendues, entre guillemets, publiques, gérées par le
privé, mais au même coût et aux mêmes conditions que si la personne
était au CHSLD public. C'est ça, M. le Président, de se donner plus de place. Alors, oui, on a construit, mais on
travaille aussi avec le privé pour que ça devienne des places publiques au même
coût, avec les mêmes conditions. Ce sont des employés syndiqués qui sont
là-dedans, en plus.
Alors, écoutez, on va
continuer à trouver des voies de passage. Alors, les RPA, c'est la même chose.
On a soutenu les RPA, on leur a donné des allocations pour aider à payer le
salaire de leurs employés, on a maintenant une allocation personnalisée, puis
c'est vrai que ça a été compliqué à mettre en place, c'est en train de se
déployer, là, vraiment de façon importante. Il y a plus de
140 000 personnes qui vivent en RPA, puis on veut que les RPA fassent
une différence, pas seulement dans le loyer et le loisir, mais qu'ils puissent
aussi agir comme un véritable logement, le
milieu de vie de la personne puis garder les gens quand ils arrivent en perte
d'autonomie. Donc, on amène aussi nos RPA à vouloir donner... à ce
qu'ils puissent donner plus de services.
Alors, le
vieillissement de la population, là, attention. Et les gens... on a mis en
place plein de crédits, je pourrais y
revenir, pour que les gens qui veulent puissent retourner sur le marché du
travail, c'est une bonne nouvelle, alors, qu'ils soient moins pénalisés
au niveau de leurs impôts. Bien, écoutez, M. le Président, je pense qu'on agit
sur différents plans. C'est extrêmement complexe, mais on est à la bonne place.
Le Président
(M. Provençal)
: Merci.
Merci beaucoup.
Alors, je vais
maintenant céder la parole à la députée de Châteauguay.
Mme Gendron :
Merci, M. le Président. Bonjour à tous mes collègues. Merci, Mme la
ministre. Et je tiens à souligner la présence d'Alice, ma stagiaire à Bonenfant,
je suis bien heureuse qu'elle m'accompagne aujourd'hui.
Donc, pour faire un
peu du pouce sur ce que disait Mme la ministre, puis pour répondre aussi, tu
sais, nos aînés contribuent à la pérennité de notre culture, mais aussi de
toute notre société. La valorisation de ces gens-là, et la reconnaissance, est
essentielle. Les aînés, bien, on le sait, ils ont bâti notre Québec
d'aujourd'hui puis ils ont érigé les fondements sur lesquels notre société
repose. C'est pourquoi on porte une attention particulière aux différents
enjeux qu'ils peuvent vivre aujourd'hui.
Notamment, j'aimerais
parler du défi important que constituent les listes d'attente, justement, en
CHSLD et l'obtention de places, justement, au sein de ces lieux de résidence.
Je veux noter et souligner l'amélioration qu'il y a eu à ce niveau-là. En
effet, la liste d'attente des places en CHSLD diminue de manière claire et
évidente, donc, les chiffres en témoignent. Je vais vous donner quelques
chiffres. À comparer à pareille date l'année dernière, c'est 700 places de
moins en attente pour une place de CHSLD ou en maison des aînés. Il y a trois
ans, en date du 28 janvier, M. le Président, c'étaient
4 148 personnes qui étaient en attente, tandis qu'en date du
7 février de cette année, là, du mois passé, c'est 3 144. C'est
encore trop, là, on le sait, mais par contre c'est 1 000 personnes de
moins, puis on continue à y travailler jour après jour.
Le temps d'attente
moyen pour un CHSLD a diminué de plus de 20 %. Ce n'est pas rien. Pour la
même période, ces chiffres, ils nous indiquent qu'une diminution de la liste
d'attente est vraiment en cours. On sait que ces améliorations, ils ne sont pas
suffisants. C'est un travail, c'est un écosystème qui veut continuer à
travailler, mais, par exemple, il faut s'assurer que nos aînés, bien, on va
continuer à travailler pour eux, puis, jusqu'à la fin de notre mandat, on ne
laissera pas tomber puis on va continuer à travailler fort pour, justement, nos
aînés.
Mais je pense
également qu'on peut se réjouir des progrès qui ont été faits. Tu sais, il ne
faut pas les passer sous silence, les mettre en dessous du tapis. Il faut les
mettre en lumière aussi, ces progrès-là, puis ils ne sont pas étrangers non
plus à tous les efforts qui ont été mis pour améliorer cette situation-là. Puis
en effet on travaille, justement, pour
alléger les listes d'attente depuis plusieurs années, depuis qu'on est là.
Après tout, la pression actuelle ne date pas d'hier, si je peux me
permettre. Le vieillissement de la population, comme le nommait ma collègue, a
été sous estimé par les gouvernements
précédents. Et le parc d'hébergement procède... en fait, a mené à une situation
dont on a hérité, nous, ici.
On s'est donné une
mission claire dès le début, c'est d'agir et de changer cette tendance-là. On a
fait un choix responsable d'avoir une vision et de passer à l'action pour
renverser, justement, cette tendance. Concrètement, à notre arrivée, on a lancé un rattrapage majeur de 2,9 milliards
de dollars sur cinq ans pour transformer l'hébergement de longue durée
et d'augmenter l'offre de places et de qualité aussi pour nos aînés. D'autre
part, avec la maison des aînés, non seulement on a cherché à offrir des places
dans des milieux d'hébergement pour nos aînés, mais aussi on a souhaité créer des milieux de vie humains et
sensibles aux réalités vécues par nos aînés. Sûrement que vous avez visité,
tous et toutes, une maison des aînés déjà; c'est un réel milieu de vie qu'on y
trouve, et puis ça change la vie de tous ceux qui y sont, mais également de tous
ceux qui y travaillent.
On s'est appliqué à
trouver un modèle dans lequel ils peuvent se sentir comme chez eux, avec un
soutien supplémentaire pour répondre à leurs besoins spécifiques, autant les
personnes aînées que les personnes avec des besoins particuliers. C'est
3 300 nouvelles places qui ont été offertes à nos aînés, puis ils
vivent avec une grande dignité dans ces milieux-là qu'on leur a offert. On a
cherché à leur offrir une qualité de vie qui réponde à leurs besoins uniques,
et en plus on diminue la liste d'attente.
La maison des aînés, si je
peux me permettre, dans les quelques secondes qu'il me reste, à Châteauguay est
un exemple extraordinaire dont je vais régulièrement voir les aînés qui sont
là-bas. Puis je viens de sortir, justement, une dame qui fêtait son
100e anniversaire, il y avait des gens de toutes les maisonnées qui
étaient là, c'était une vraie fête. Les gens se mélangeaient, il y avait de la
famille, c'était un moment extraordinaire qu'ils ont vécu, puis autant par la
qualité des lieux que par la qualité aussi des soins qu'ils retrouvent.
Donc, tout ça contribue... bien, a contribué, en
fait, un peu partout au Québec, à diminuer, justement, la liste d'attente des
aînés et à faire des aînés fiers de vieillir, fiers de vieillir dans des
endroits de qualité, à la hauteur de tout ce qu'ils nous ont légué, comme
aînés.
Finalement,
dans les quelques secondes qu'il reste... Bon, bien, je vous remercie, M. le
Président, pour le temps.
• (10 h 50) •
Le Président (M. Provençal)
: Merci beaucoup, Mme la députée.
Je vais céder, maintenant, la parole à Mme la
députée de La Pinière.
Mme Caron : Merci, M. le
Président. Alors, en fait, je vais revenir sur certaines questions, donc, pour
les... Merci pour la réponse au sujet des gériatres répondants en lien avec la
politique pour les personnes qui souffrent d'alzheimer
et d'autres troubles neurocognitifs. Bon, on le sait, évidemment, qu'il y en a
déjà, des gériatres répondants, puisque les projets pilotes existent
depuis un certain temps. Alors, étant donné que, comme la ministre l'a dit, il
n'y a pas suffisamment de gériatres au Québec et qu'il faudrait en former plus,
mais qu'évidemment ça prend du temps avant de former ces personnes, est-ce
que... la question que je posais au sujet des projets qui devaient... de
gériatres répondants, je pense qu'ils sont
d'autant plus pertinents qu'il y a moins... il n'y a pas suffisamment de
gériatres. Donc, est-ce que... les
sommes qui étaient confiées par l'IPAM pour ces projets-là, est-ce que c'est
reconduit ou est-ce est-ce qu'on y a mis fin?
Deuxième question, au sujet des CLSC,
pourquoi... le fait de rendre les CLSC portes d'accès pour tous les services
pour les aînés, pourquoi ça a été reporté, puisque les... la ministre avait
annoncé que les projets pilotes avaient été concluants?
Et aussi, pour le chèque emploi-service, qui a
été rebaptisé «allocation autonomie à domicile», puisque ça a été... ça porte
maintenant le nom d'allocation, est-ce que les personnes qui s'en servent
demeurent employeurs comme c'était le cas dans le chèque emploi-service, ou
est-ce qu'on a enlevé ce fardeau-là aux proches aidants ou aux personnes
elles-mêmes? Parce que rappelons-nous que le chèque emploi-service, à l'époque,
avait été créé pour les personnes en situation de handicap qui étaient adultes,
tout à fait lucides et qui voulaient choisir qui allait leur offrir des
services et que le programme a été élargi et d'autres personnes s'en sont
servi, mais des personnes proches aidantes ou des personnes qui sont
elles-mêmes les employeurs parce qu'utilisateurs du chèque emploi-service, et
puis qu'elles sont malades ou vulnérables, c'est un fardeau pour ces
personnes-là. Alors, est-ce que ça a été changé, cet aspect-là, dans
l'allocation autonomie à domicile?
Et j'aimerais savoir, la question que je posais
à la fin du dernier bloc, est-ce que le ministère de la Santé s'est assis avec
Revenu Québec pour clarifier qu'il s'agit d'une allocation qui ne viendra pas
toucher le crédit d'impôt aux personnes proches aidantes? Parce qu'il faut
savoir que la définition de «personnes proches aidantes» qu'utilise Revenu
Québec est beaucoup plus restrictive que la définition de «personnes proches
aidantes» dans la politique. Alors, ce que
vous et moi, M. le Président, reconnaissons comme une personne proche aidante
n'est pas nécessairement considérée personne proche aidante par Revenu Québec,
et les critères... oui, c'est vrai qu'il y a beaucoup d'argent qui est
mis pour ce crédit-là, ce crédit d'impôt pour personnes proches aidantes, mais
peu de personnes peuvent s'en servir. Une personne de 70 ans et plus qui
est proche aidante de son conjoint avec qui elle habite, elle n'y a pas droit.
Une personne qui s'occupe d'un parent, mais qui ne cohabite pas avec son
parent, n'y a pas droit. Et puis il faut que la personne s'occupe de sa
personne aidée pendant au moins 183 jours dans l'année pour avoir le
crédit d'impôt. Alors, c'est très restrictif. Il ne faudrait pas que
l'allocation autonomie à domicile, qui se veut aidante, vienne faire perdre ce
crédit d'impôt là, ça, c'est vraiment une inquiétude. Alors, j'aimerais que, si
ça n'a pas été fait, que ce n'est pas clarifié, qu'il n'y a pas quelque part où
c'est écrit pour les citoyens, noir sur blanc, que ça n'affecte pas le crédit pour personnes proches aidantes, la démarche soit
faite et soit communiquée, qu'il y ait un engagement à cet égard-là.
Si je reviens, pour les quelques secondes qu'il
reste dans le bloc, aux gériatres répondants, on a parlé des personnes en perte
neurocognitive, et tout ça, puis j'aimerais parler aussi d'un cas qui avait
été... d'une dame de 68 ans, en fait,
qui était tombée au sol parce que la sangle du lève-personne était mal fixée,
sa tête a frappé le sommier, en tout cas, bon, elle était... elle avait
une vertèbre de... avait une fracture aiguë à une vertèbre, puis elle n'a pas
été suivie pour ça, un gériatre répondant aurait peut-être pu aider.
Le Président (M. Provençal)
: Merci. Mme la ministre.
• (11 heures) •
Mme Bélanger : Oui. M. le
Président, je veux revenir sur le volet du gériatre répondant. J'en ai parlé
tantôt, puis effectivement c'est une catégorie de médecins spécialistes qui est
importante puis qui peut faire une différence. Mais, vous savez, ce qui est important aussi, c'est de bien outiller nos
médecins de famille, parce qu'il ne faut pas penser que toutes les
personnes qui vieillissent, au Québec, ont nécessairement besoin d'un gériatre.
Quand on arrive à une spécialité, vous le savez, c'est parce qu'on a différentes
problématiques qui sont difficilement... qui demandent une intervention
beaucoup plus spécialisée.
Alors, les
gériatres répondants, il y en a. On fait des interventions avec les universités
pour continuer d'améliorer le curriculum académique, mais aussi
s'assurer, éventuellement, que les universités considèrent, dans leur
répartition des différentes formations, qu'il y ait une
proportion de plus en plus élevée pour les gériatres. Mais c'est un travail
qu'on doit faire, donc, avec les universités, qui est déjà enclenché.
L'association des gériatres, d'ailleurs, travaille aussi à pousser cette idée-là, dans le contexte du vieillissement de la
population, d'avoir un ratio de gériatres un peu plus élevé, mais en
même temps ce qui est le plus important, c'est qu'on puisse renforcer nos
équipes GMF.
Dans la politique alzheimer, c'est
8 millions de dollars qui a été annoncé il y a plus d'un an. Cet argent-là
est en déploiement au moment où on se parle. Donc, cette politique visait aussi
à renforcer les équipes GMF avec le plan alzheimer. Donc, qu'est-ce qu'on a
fait avec le 8 millions de dollars? Cela permettait d'ajouter des
infirmières pivots spécifiquement pour les personnes âgées qui viennent en GMF,
parce que c'est une approche qui est différente, c'est un contexte qui est différent, ajouter des pharmaciens, des travailleurs
sociaux et des psychologues. Le 8 millions de dollars servait à ça
et à renforcer notamment la mission et le mandat de sociétés Alzheimer, OK, qui
font un travail partout au Québec, il y a
des sociétés Alzheimer dans toutes les régions du Québec. Notamment, là, c'est
pour le volet proches aidants, parce qu'on le sait, quelqu'un qui a un
diagnostic de trouble neurocognitif, ça peut être très difficile pour les
proches aussi, pour la personne elle-même. On va parler des personnes qui ont
eux autres même le diagnostic, mais pour les proches aussi. Alors, sociétés
Alzheimer qui a augmenté le répit, les courts séjours. Alors donc, c'était ça, l'objectif, puis, naturellement, continuer de miser,
via d'autres fonds sur la recherche, OK, et donc... sur les nouvelles molécules,
les médicaments, etc., mais ça, ce n'est pas dans le 8 millions, c'est
plus dans les budgets de recherche au niveau des centres de recherche.
Alors, on est à la bonne place, mais il faut
renforcer nos équipes médicales. Puis il y a des très belles initiatives qui se
passent un peu partout au Québec. Alors donc, j'invite mes collègues... on
pourra leur donner aussi l'information, il y
a des GMF qui ont vraiment développé une spécialité particulière par rapport à
ça. C'est un modèle qu'on veut continuer dans la politique, mais c'est
en cours, actuellement. Le plan alzheimer, il est en déploiement.
Concernant le chèque emploi-service, dans la
Politique nationale de soutien à domicile, vous le savez, on a transformé le
chèque emploi-service, qui était loin d'être optimal. Il devait être révisé
complètement. C'est ce qu'on a fait, puis on
a changé l'appellation, on l'a appelée allocation d'aide à domicile. C'est une
modalité, c'est un programme de plus à la disposition des personnes qui
reçoivent du soutien à domicile, soit eux-mêmes ou leurs proches aidants, qui
s'occupent souvent de ces personnes-là.
Alors, tantôt, j'ai eu l'occasion de mentionner
qu'il y avait le crédit d'impôt pour le soutien aux aînés, ça, c'est pour tous
les aînés du Québec, 2 000 $ par année pour les aînés à faibles
revenus ou selon leurs revenus, il y a une gradation, mais 2 000 $
pour les 70 ans et plus. Crédit d'impôt pour le maintien à domicile, crédit d'impôt
pour les proches aidants, qu'on a doublé, il ne faut pas oublier qu'on a doublé
le crédit d'impôt pour les proches aidants. Votre question,
c'est : Est-ce qu'un proche aidant pourrait être rémunéré via l'allocation
d'aide à domicile et, en plus, avoir le
crédit d'impôt pour proche aidant? Alors là, il faut vraiment que ce soit
évalué en fonction du revenu, de la situation de la personne. Puis je
vais vous dire, ce n'est pas tous les proches aidants qui vont vouloir avoir ce
crédit d'impôt, il y en a qui veulent continuer à travailler, ils ont leur...
bon, leur vie personnelle, professionnelle, mais
ils vont pouvoir utiliser, avoir ce crédit d'impôt dans certains cas, s'ils
demeurent avec la personne, ils vont pouvoir soit utiliser l'allocation
d'aide à domicile. Alors, c'est quand même... Il faut que les proches aidants
qui utilisent ce nouveau programme, qu'on appelle maintenant allocation d'aide
à domicile... il faut qu'ils se qualifient comme s'ils étaient un travailleur.
C'est ça, l'objectif.
Je veux aussi
quand même mentionner qu'on a monté le taux horaire, ce qui n'avait pas été
fait depuis très, très longtemps.
Donc, dans cette allocation, on a révisé les processus, on a révisé les façons
de faire puis on a augmenté le taux horaire pour les personnes qui
sont...
Le Président (M. Provençal)
: Merci beaucoup, Mme la ministre.
Mme la députée de Roberval, prenez la suite.
Mme Guillemette : Certainement.
Merci, M. le Président. Permettez-moi de prendre quelques secondes pour saluer notre
collègue de Chicoutimi. Bienvenue. Ce sera un plaisir de débattre avec vous sur
les proches aidants, Mme la députée.
Donc, on ne peut pas parler de la situation des
aînés au Québec sans parler du travail des proches aidants, puis je vais faire
du pouce un peu sur ce que la ministre vient de dire. C'est indispensable pour
la sécurité puis pour la santé des aînés
vulnérables et non vulnérables aussi. C'est souvent un sacrifice énorme, puis
je dirais même un sacrifice qui est fait en majeure partie par les
femmes. Ils mettent de côté une partie de leur vie pour prendre soin d'un
parent, d'un conjoint, d'un ami. Leur apport est absolument essentiel. Donc,
c'est pour cette raison que notre gouvernement a adopté la toute première loi
visant à reconnaître et à soutenir les personnes proches aidantes. C'est une
première au Québec et même en Amérique du Nord, je dirais. La reconnaissance
offre par la loi... offerte par cette loi permet de valoriser ce rôle souvent invisible, de renforcir la dignité de ces
personnes et de leur donner une place importante, et je dirais même à ce point
qu'il y a même des gens qui sont proches aidants et qu'ils ne se reconnaissent
pas comme proches aidants. Donc, c'est une manière aussi, là, de les
sensibiliser.
Donc, on a ensuite lancé, en 2021, la première
politique nationale pour les proches aidants, et finalement on a déployé le plan d'action gouvernemental 2021‑2026
en proche aidance. C'est un investissement de 311 millions que notre gouvernement
a fait pour soutenir et accompagner les proches aidants au travers de tout le
Québec. Concrètement, ça veut dire plus de
services de répit dans toutes les régions du Québec, du soutien aux organismes
comme Baluchon — c'est
du répit à long terme — aux
sociétés d'Alzheimer régionales, la mise en place de centres de jour
spécialisés également. C'est près d'un tiers du plan d'action qui est
dédié au répit, soit 95 millions.
Les
services de répit, ça constitue l'un des besoins les plus importants pour les
personnes proches aidantes et les personnes aînées. D'ailleurs, le besoin de
bonifier les services a été revendiqué par plusieurs. Puisqu'on reconnaît l'importance, on a aussi décidé de bonifier les
services de répit pour les personnes avec un DI-TSA, parce que, on sait,
les besoins étaient majeurs pour nos personnes, aussi, proches aidantes dans
ces niveaux-là.
On
soutient de nombreux organismes, dont le Monastère des Ursulines, qui offrent
des séjours de ressourcement aux personnes proches aidantes ou encore le
service de Baluchon que nous avons également rehaussé. On soutient également
les maisons Gilles-Carle, qui jouent un rôle essentiel et très important pour
eux. Avec le plan d'action, on est venus
soutenir le développement des maisons Gilles-Carle, puis en 2024 on est venus
les consolider en bonifiant leur financement, qui est passé de
53 000 $ à 79 000 $ par place. En combinant les sommes du
plan d'action 2021‑2026 et les autres
initiatives mises en place par notre gouvernement, c'est plus de
532,5 millions qui auront été investis pour soutenir les proches
aidants.
On veut qu'ils
sachent qu'ils ne sont pas seuls. On reconnaît leur contribution et on met les
ressources et les efforts nécessaires pour
les appuyer dans toutes les régions du Québec. La précarité financière est
également un enjeu auquel on s'est attaqué. On a bonifié significativement le
crédit d'impôt pour les personnes proches aidantes. Donc, il était un peu... très peu utilisé, puis le nombre,
il est... admissible maintenant a passé à 62 %, le montant maximal qui a
doublé, passant de 1 250 $ à 2 750 $. Donc,
plusieurs acteurs attendaient avec impatience la modification, également, du chèque emploi-service dont la ministre vous a
entretenu il y a quelques instants. C'est un grand pas en avant pour reconnaître
le travail inestimable des proches aidants.
On travaille
activement sur le prochain plan d'action 2026‑2031. Les consultations sont
terminées. La planification est également en cours. Ce nouveau plan d'action
permettra de renforcer davantage le soutien aux proches aidants en concertant
nos efforts sur les services directs et en appuyant, bien sûr, le plan d'action
2021‑2026. Vous savez, M. le Président,
jamais un gouvernement n'en aura fait autant pour les proches aidants que la
CAQ. Merci.
• (11 h 10) •
Le Président (M. Provençal)
: Merci beaucoup. Je vais
maintenant céder la parole, et c'est avec plaisir que je vous la donne,
Mme la députée de Chicoutimi, pour votre prise de parole à cette
interpellation.
Mme Laflamme :
Merci. Merci, M. le Président. Permettez-moi de remercier d'abord ma collègue
de La Pinière, mais également la ministre et les autres députés qui sont
sur place aujourd'hui pour qu'on puisse parler du dossier très important de nos
aînés au Québec. Tout comme la députée de Roberval, je viens aussi du Saguenay—Lac-Saint-Jean,
hein, l'une des régions les plus vieillissantes au Québec, alors c'est d'autant
plus important pour moi de vous parler de ce dossier-là.
Cette semaine, le
gouvernement a déposé un budget, un budget qui présente plutôt le
vieillissement de la population comme un frein à la croissance économique du
Québec et non pas comme un appel à faire autrement. Et je ne suis pas la seule
à porter cette voix-là, puisque l'Alliance québécoise des milieux de vie pour
aînés dénonce également qu'il s'agit plutôt
d'un rendez-vous manqué qui va accentuer la crise bien installée dans le
continuum de soins, d'hébergement, d'habitation au Québec.
Effectivement, le nombre d'aînés ayant besoin de soutien à l'autonomie passera de 289 000 en 2025 à 400 000 en
2035. C'est 111 000 personnes supplémentaires en 10 ans. Le budget
présenté cette semaine ne contient aucune planification, pas de plan
d'action, aucun investissement non plus pour absorber cette hausse pourtant
annoncée.
Le Regroupement
interprofessionnel des intervenantes retraitées des services de santé est
inquiet également à la suite du dépôt du budget parce qu'on n'y retrouve aucune
bonification du crédit d'impôt pour maintien à domicile, aucune stratégie
renforcée pour prévenir la perte d'autonomie, aucune action structurante pour
améliorer l'accès au logement adapté, aucune
amélioration ciblée pour les CHSLD malgré les besoins criants en personnel,
mais également en qualité de vie.
L'AREQ déplore l'absence aussi de nouvelles mesures significatives en matière
de soutien à domicile malgré les orientations récemment annoncées par le
gouvernement. On n'y retrouve donc aucun investissement structurant pour soutenir la mise en oeuvre de la politique Mieux chez soi.
Pourtant, cette politique-là, elle est centrale au virage annoncé vers
le maintien à domicile.
Au
Parti québécois, on cherche à considérer les aînés sous un autre angle, pas
seulement comme des personnes qui ont besoin de soins de santé. Mon
collègue des Îles-de-la-Madeleine, qui m'accompagne, d'ailleurs, aujourd'hui, a
d'ailleurs déposé un projet de loi, la Loi sur le maintien de l'autonomie des
personnes aînées, en décembre 2024. Le
projet de loi a pour objet de garantir et de promouvoir le maintien de
l'autonomie des personnes aînées en favorisant des conditions de vie dignes et
adaptées à leurs besoins. Le projet de loi promulgue une stratégie nationale
qui a pour but le soutien du maintien
à domicile, la garantie des droits des personnes aînées, la promotion de la
santé et le bien-être des personnes
aînées, la participation citoyenne et l'inclusion sociale de celles-ci de même
que leur sécurité financière.
On sait ce qu'on doit
faire pour aider nos aînés, mais malheureusement, bien, on ne le fait pas. La
grande majorité d'entre elles veulent rester à la maison le plus longtemps
possible, tant qu'elles sont capables. Selon le rapport de projection de soutien à l'autonomie du Québec jusqu'en 2040
du HEC Montréal, seuls 10 % à 12 % des besoins sont couverts
par les services financés par le secteur public, nous l'avons dit d'entrée de
jeu. La Commissaire à la santé et au bien-être, Joanne Castonguay, évaluait en
2023 que le système de santé répond à seulement 10,7 % des besoins de
soutien à domicile. Il faut investir différemment, moins investir dans la
brique des maisons des aînés, plus investir dans les soins à domicile.
À ce stade-ci,
j'aimerais ça mettre au jeu quelques chiffres. Le gouvernement actuel a créé
3 480 places en maison des aînés au
coût de 2,8 milliards de dollars. Quels sont les besoins estimés?
42 500 places d'ici 2040, à défaut de prendre un virage, le virage
tant attendu de soins à domicile. Combien d'argent faudrait-il investir?
34 milliards de dollars pour y arriver avec la stratégie actuelle. Au
Québec, on n'a pas cet argent-là.
Vivre
les dernières années de sa vie en CHSLD ou à la maison des aînés, ce n'est pas
souhaitable. Ce qu'on veut, c'est maintenir les gens à domicile. On ne peut pas
continuer cette tendance-là, on n'y arrivera pas :
3 056 personnes sont en attente d'une place en CHSLD et en
maison des aînés, 5 500 personnes sont en attente d'une place en ressource
intermédiaire, 1 325 personnes sont en attente de soutien à domicile
aujourd'hui au Québec.
En ce qui concerne les investissements de soins
à domicile, en 2023, La Presse nous disait que qu'est-ce qui prend le plus de place au quotidien de nos
travailleurs et travailleuses : la bureaucratie. Effectivement, il y a
70 % du temps qui serait passé à la paperasse, aux déplacements. Il
faut inverser cette tendance-là. Il faut permettre de passer 70 % à donner
des soins et 30 % à remplir des obligations administratives. Si on met
l'argent dans les soins à domicile, ce n'est
pas pour que les professionnels remplissent des papiers, c'est pour qu'ils
prennent soin de nos Québécois et de nos Québécoises.
En conclusion, il faudrait mieux investir
l'argent des Québécois et des Québécoises qui ont travaillé toute leur vie pour
qu'ils puissent en profiter quand ils en ont besoin. Merci.
Le Président (M. Provençal)
: Merci beaucoup, Mme la députée.
Mme la ministre, je pense que vous êtes
impatiente de reprendre la parole.
Mme Bélanger : Oui.
Bien oui, oui, tout à fait. Bien, merci pour votre première intervention en
séance d'interpellation.
Bon, je veux quand même rappeler certains
éléments importants. Le vieillissement de la population, bien sûr, ses différentes dimensions, c'est un écosystème.
Il faut agir à différents niveaux. Bien sûr, agir sur le soutien à domicile,
c'est le choix numéro un des personnes, alors c'est important, en autant que
les conditions soient là, bien sûr. Alors, notre gouvernement est le
gouvernement qui a le plus investi en soutien à domicile. Alors, on est passés,
en 2018, de 1,4 milliard de dollars en soutien à domicile à
2,6 milliards au moment où on se parle. On a une augmentation de notre budget de soutien à domicile, depuis que
notre gouvernement est là, de 86 %. Alors, c'est important de le
mentionner.
Et, vous le voyez dans cette courbe-là, j'ai eu
l'occasion de le montrer tantôt mais je pense que vous n'étiez peut-être pas
encore présente, mais on voit depuis 2018 l'augmentation du financement. Puis
là je n'ai pas l'année en cours qui termine au 31 mars, la courbe
continue. C'est un investissement majeur. On n'a pas mis l'emphase dans le
budget cette année parce que les budgets sont là et ils continuent d'augmenter
parce que c'est des budgets qui sont toujours
présentés sur cinq ans. Donc, l'année passée, si vous lisez le budget, c'était
le budget soutien à domicile. Cette année, on met l'emphase sur d'autres
choses, mais il y a du budget soutien à domicile pour continuer cette
croissance-là.
En passant, c'est 400 000 personnes qui
sont desservies en soutien à domicile, et ça, c'est par le public, c'est par
les CLSC. Mais il y a... Et, au moment où on se parle, les entreprises
d'économie sociale en soutien à domicile, on a investi considérablement pour
qu'ils puissent faire une différence dans le soutien à domicile. Ils font des
menus travaux domestiques, ils font du soutien à la personne, et c'est un
pilier majeur de la Politique nationale de soutien à domicile, parce que, vous
avez raison, les CLSC ne pourront pas tout faire en lien avec le vieillissement
de la population, donc ils doivent se concentrer sur les services
professionnels. Les entreprises d'économie sociale, il y en a plus d'une
centaine au Québec. Il y en a dans toutes les régions. Ils sont formés, il y a
une association, et ils sont là pour faire, donc, le soutien à la
personne : soins d'hygiène, alimentation, répit, gardiennage. C'est ça,
l'avenir, aussi, ce n'est pas juste de regarder la liste d'attente en CLSC.
Alors donc, je veux quand même vous mentionner
qu'on est là. On a donc annoncé la Politique nationale de soutien à domicile.
Là, vous dites : Il n'y a rien dans le budget. Bien, c'est parce que, je
m'excuse, là, mais on a fait l'annonce de la Politique nationale de soutien à
domicile il y a quelques semaines, et j'ai annoncé 107 millions. On ne le
reprend pas dans le budget, le nouveau budget, il est déjà, là. On l'a fait il
y a quelques semaines, ça fait qu'on ne reprend pas ça dans le nouveau budget,
il est fait, c'est 100 millions. Alors, je veux quand même le dire.
Plusieurs organismes étaient présents, ont salué cette politique-là. Alors,
c'est important.
Concernant les maisons des aînés, bien, oui,
effectivement, on a créé les maisons des aînés. Et, plus les maisons des aînés
ont un petit nombre, plus elles coûtent cher la porte, c'est normal, parce
qu'on perd en masse critique. Mais la
moyenne des maisons des aînés, par porte, parce qu'on aime beaucoup parler du
coût par porte, c'est 800 000 $.
Mais ce n'est pas juste la construction, tout le monde oublie ça, c'est aussi
les systèmes d'information — les
maisons des aînés sont toutes informatisées bord en bord — c'est
tous les équipements médicaux, c'est vraiment tout le volet des aspects... les cuisines centralisées, les débarcadères. Ça
fait que ce n'est pas le coût d'une chambre. On prend un langage immobilier,
puis on transpose ça aux maisons des aînés, heille, puis on dit : Mon
Dieu! C'est 800 000 $ la porte. Quand est-ce qu'on fait ça
quand on construit un hôpital? Jamais on ne va dire le coût d'une chambre. Ça
fait qu'on est encore dans des discours
hospitalocentriste, je m'excuse. Puis j'espère que les oppositions, vous allez
pouvoir aussi avoir ce discours-là.
On construit des mégahôpitaux au Québec, quand est-ce qu'on dit : Heille!
C'est deux... bien, je ne sais pas, moi, 1,9 million la porte? Non,
on ne dit jamais ça. Pourquoi on fait ça avec les maisons des aînés?
Honnêtement, moi, je trouve ça épouvantable. Les aînés, qui ont construit le
Québec, là, ils ont le droit d'avoir une chambre toute seule, ils ont le droit
d'avoir une salle de bain toute seule puis d'avoir une douche puis ils ont le
droit d'avoir une grande fenêtre. Honnêtement, c'est... Oui, ils ont le droit
d'avoir ça. Les gens qui sont là, si vous êtes allés visiter les maisons des
aînés, ils sont heureux. Les proches aidants sont heureux. Les employés sont
contents. On a changé le modèle d'organisation du travail. On s'est dotés d'une
politique d'hébergement au Québec. On est en train de rehausser tous nos CHSLD
publics, il y a de l'argent pour les rénover, vous n'avez pas été voir dans le
budget pour le maintien d'actif. Alors, on est à la bonne place au niveau de
l'hébergement, au niveau du soutien à domicile, c'est très important. Puis je
pourrais revenir avec tous les crédits d'impôt qu'on met en place pour aider
les aînés qui vivent à domicile et les proches aidants.
Le
Président (M. Provençal)
:
Merci beaucoup. C'est maintenant
au tour de Mme la députée de Châteauguay.
• (11 h 20)
Mme Gendron : Oui, merci. Merci
beaucoup. Je vais faire aussi du pouce un peu sur ce qu'on a parlé un peu plus
tôt, sur la Politique nationale de soutien à domicile. On est vraiment fiers de
la nouvelle Politique de soutien à domicile qu'on a lancée tout justement en
janvier dernier. La société québécoise et le réseau de la santé ont beaucoup
changé depuis 20 ans, énormément, et les besoins ont augmenté en raison du
vieillissement de la population, comme je
disais un peu plus tôt, puis ça rend nécessaire, justement, des changements
dans notre façon de faire. Avec cette nouvelle politique nationale là, notre objectif, il est clair, on veut permettre
aux, justement, personnes vivant avec une incapacité à rester à domicile
le plus longtemps possible, tout en préservant, bien sûr, leur bien-être et
leur dignité. Autrement dit, on souhaite que
ce plan permette à ceux qui le souhaitent, à ceux qui le souhaitent seulement,
de demeurer auprès de leur entourage
le plus longtemps possible, que leur autonomie soit respectée, mais aussi que
leur santé et leur sécurité soient mises de l'avant. Bref, on cherche à
leur assurer une meilleure qualité de vie le plus possible en fonction de leur
choix.
La politique, elle, repose sur trois principes
majeurs qui ont guidé, justement, cette politique-là : le premier, c'est
le partenariat et la prévention, le deuxième, c'est l'accès, et le troisième,
c'est l'innovation.
D'abord, en lien avec le partenariat, on cherche
à agir avec les partenaires du terrain pour prévenir la perte d'autonomie. On
souhaite des initiatives, comme la gériatrie sociale, qui permettent de garder
les aînés en forme et d'identifier les
premiers signes, justement, de perte d'autonomie pour agir en amont.
Deuxièmement, en matière d'accès, on
optimise la trajectoire clinique de prestations de services pour assurer un
accès efficace aux bénéficiaires. Et finalement, point de vue
innovation, bien, on continue à changer nos façons de faire pour rendre,
justement, le soutien à domicile efficace, tout en intégrant, justement, des
nouvelles technologies pour ajouter à l'arsenal des équipes cliniques.
Je veux le rementionner, Mme la ministre l'a
souligné, avec la politique, on a aussi lancé plusieurs mesures structurantes
puis qui représentent des investissements de 107,2 millions de dollars — ce n'est
pas rien, là, c'est énorme — pour,
justement, le bien-être de nos aînés à la maison. La politique repose sur la
mobilisation de tous les partenaires de l'écosystème, justement, du soutien à
domicile. Quand je parle de l'écosystème, bien, on parle de nombreux organismes communautaires qui agissent
dans le domaine, dont, entre autres, les centres d'action bénévole, les popotes
roulantes de ce monde. On parle des entreprises privées en économie sociale de
soutien à domicile aussi et du milieu de l'innovation. On parle aussi
des partenaires en hébergement, les RPA, les RI aussi, pour ne nommer que
quelques-uns. Au total, c'est près d'une centaine de partenaires de tous les
horizons qui ont été consultés dans l'élaboration
de cette politique-là. Par contre, tu sais, la Politique de soutien à domicile,
c'est un document d'orientation qui n'a pas comme portée de nommer tous
les partenaires ou encore de nommer toutes les initiatives de financement. Par contre, elle présente des axes pour les
prochaines années et même voire les prochaines décennies pour notre Québec.
Entre autres, une petite parenthèse, pour les
comités d'action bénévole, je ne peux passer sous silence le travail extraordinaire que fait le CAB dans ma
circonscription de Châteauguay. C'est des gens qui contribuent, jour après
jour, justement, à garder les aînés chez
soi, mais à garder les aînés en sécurité, justement, et pour leur bien-être.
Donc, un grand merci encore de votre apport par chez nous.
J'aimerais aussi particulièrement renforcer... nous
aimerions particulièrement renforcer le partenariat avec les entreprises
d'économie sociale. Entre autres, on a bonifié le programme d'exonération
financière pour les services d'aide à
domicile, on compte aussi permettre la réalisation de soins et de répit via ce
programme-là. Et puis finalement aussi
on a trois projets vitrines, entre autres au Lac-Saint-Jean, à Beloeil et à
Rimouski, en lien avec les EESAD, qui sont bien
établies là-bas.
Je fais une petite parenthèse aussi en lien avec
le rôle des CLSC, qui ont été malheureusement négligés trop longtemps. Donc, nous, ce qu'on veut, c'est leur
redonner leurs notes de noblesse et leur vocation propre d'origine. On
aspire justement que les CLSC deviennent la porte d'entrée principale pour le
soutien à domicile, de centraliser, justement, toutes les ressources, puis
notre objectif, c'est que ce soit simplifié pour nos aînés et puis qu'ils
soient servis à un seul endroit.
Donc, pour terminer, M. le Président, moi, je
suis extrêmement fière de cette politique qu'on a lancée, et je sais qu'elle
était très attendue et elle a été applaudie, justement, par nos partenaires.
Donc, merci.
Le Président (M. Provençal)
: Merci. Mme la députée de
La Pinière, c'est maintenant à vous.
Mme Caron : Merci, M. le
Président. Là, je viens de sursauter un petit peu, vous m'avez peut-être vue, parce que la collègue de Châteauguay parle des
CLSC, encore, dans le même discours, qui deviendront la porte d'entrée,
mais je n'ai pas encore eu de réponse, c'est la... là, c'est la troisième fois
que je pose la question à la ministre : Pourquoi ce projet-là, qui semble
avoir... le projet pilote pour en faire des des portes d'entrée uniques,
pourquoi c'est... le déploiement est reporté si le projet pilote a été concluant?
Et j'en profite aussi pour revenir sur les RI,
parce que la ministre a dit qu'elle n'était pas satisfaite du rythme où les
négociations allaient. Est-ce qu'elle s'engage à... je comprends qu'elle ne
peut pas aller s'immiscer à la table de
négociation, mais est-ce qu'elle s'engage à faire ce qu'il faut pour accélérer
les négociations pour que ça aboutisse? Parce que la situation est
vraiment critique pour certaines ressources intermédiaires.
On a beaucoup parlé, dans les diverses
interventions, autant de la ministre que de la députée de Châteauguay, des
EESAD, des entreprises d'économie sociale, et j'aime le discours. Je sais que,
la Politique nationale de soutien à domicile
et aussi le dernier budget, la CAQ semble vouloir privilégier les entreprises
d'économie sociale, et c'est bien. Le problème, M. le Président, c'est
que Santé Québec et les CISSS n'ont pas reçu le mémo. Auparavant, les activités
des EESAD étaient
financées en ententes de gré à gré avec les CISSS, et là on passe vers un
modèle d'achat de services qui oblige d'aller en appel d'offres. Alors,
quand il y a ces appels d'offres, bien, n'importe qui peut soumissionner, et
les appels d'offres n'ont pas été bâtis de manière à ce que les critères de...
qui sont habituels, auxquels les gens... les 100 000 personnes servies par
des entreprises d'économie sociale sont habituées. Alors là, il y a les CISSS
de Montérégie-Est, Gaspésie, Saguenay, Lanaudière, Laval, Montérégie-Centre qui
sont tous allés en appel d'offres pour le soutien à domicile et non seulement
pour le soutien à domicile qui est offert par des EESAD, mais aussi pour le
répit qui est offert par des entreprises... par des organismes communautaires
qui sont qualifiés, qui sont habitués à faire le répit auprès des personnes
proches aidantes, par exemple. Alors, au lieu de continuer à faire du gré à
gré, ils se sont tous lancés dans des appels d'offres. Certains ont reculé,
d'autres ont extensionné les contrats jusqu'au début de 2027, mais le message
qu'ils ont reçu, c'est : Après 2027, on y va avec les appels d'offres.
Alors, toutes les belles choses qu'on
prévoit pour les entreprises d'économie sociale, bien, ça risque de tomber à
l'eau si ça continue, cette histoire d'appel d'offres pour le soutien à
domicile dans les CISSS.
Alors, je comprends le message de la ministre,
le message de la députée de Châteauguay, on veut miser sur les entreprises d'économie sociale, mais, de
grâce, parlez à Santé Québec et parlez aux CISSS, parce que les organismes
communautaires et les EESAD ont aussi tenté d'aller clarifier la situation,
mais c'est comme un peu la maison de fous, là, ils se font lancer un peu
partout. Par exemple, pour les services de répit aux proches aidants d'aînés,
les CISSS vont aller en appel d'offres,
comme je disais, en 2027, même s'ils ont été extensionnés jusqu'au 31 mars
2027, et ce qu'on me dit, c'est que, du côté du cabinet de la ministre,
on a suggéré aux regroupements d'organismes communautaires d'aller parler aux
directions des CISSS, puis les directions des CISSS, elles, ont dit que c'est
plutôt à Santé Québec que ces gens-là doivent aller parler, et Santé Québec,
eux autres, leur disent que c'est du côté du ministère de la Santé et des
Services sociaux, et le ministère leur dit : Bien, les CISSS sont
autonomes. Alors, tout le monde tourne en rond dans cette histoire-là. Je suis
sûre que ce n'est pas l'objectif de la ministre, mais il faut que quelqu'un
aille clarifier ces choses-là, parce que sinon toutes les belles choses qu'on
veut faire avec les entreprises d'économie sociale, bien, ça ne se fera pas,
parce que les entreprises d'économie sociale vont se déstructurer en n'ayant
plus de contrats avec les CISSS, et puis les personnes qui travaillent dans ces
entreprises d'économie sociale et aussi dans les organismes communautaires
souvent sont des femmes, dans les entreprises d'économie sociale, souvent sont
des femmes qui sont au Québec depuis peu mais qu'on forme et qui sont... qui
peuvent faire le travail dans les
entreprises d'économie sociale, et on va mettre ces personnes-là à mal aussi si
les appels... si on fonctionne par appels d'offres ouverts à tout le monde.
Alors, j'aimerais vraiment que la ministre puisse réagir sur ça, M. le
Président.
Le Président
(M. Provençal)
: Merci beaucoup, Mme la députée. Alors, Mme la
ministre, je vous recède la parole.
• (11 h 30) •
Mme Bélanger : Oui, M. le
Président. Bien, d'abord, commençons avec la politique, là, de soutien à
domicile, sur les projets pilotes, là. Effectivement, ma collègue a posé la
question tantôt, là, et j'y reviens, là. Tu sais, sur les projets pilotes, il y
en avait plus d'une dizaine en cours, c'étaient des projets qui étaient très,
très diversifiés, donc, vraiment pour s'assurer qu'on puisse, pendant qu'on
était en train d'écrire la Politique nationale de soutien à domicile... puis je
l'avais mentionné, je pense que vous étiez présente aussi, là, lors de ces
événements, dire : Bien, pendant qu'on écrit la politique, il y a des
initiatives sur le terrain, puis on va les aider, on va les financer puis on va
continuer à faire en sorte qu'ils
développent des bonnes pratiques. Ces projets-là ne sont pas arrêtés, là. Ils
ont été mis en place, ils sont en cours, actuellement. Et puis donc il y
a plein d'initiatives super intéressantes qui sont passées à travers ces
politiques-là, par exemple la paramédecine communautaire avec les paramédics du
côté de la Montérégie, je sais que c'est
dans votre région, mais il y avait des projets très diversifiés. Alors, les
projets, actuellement, ils ont fait, donc, leurs constats, ils sont en
train d'écrire leurs rapports d'état de situation, et on va se servir de ce
catalogue de projets pour faire en sorte que tous les établissements puissent
aller de l'avant avec les différentes initiatives. Ça fait que ce n'est pas des initiatives qu'on voulait
«top-down», qui arrivaient du ministère, à l'époque — là,
maintenant, on est avec Santé Québec — mais on voulait que ce soient
des initiatives locales. Ça fait que c'est riche, là, ce qui a été fait en
termes de contenu, puis ça fait vraiment une très, très grande différence dans
toutes les... dans 10 régions du Québec,
mais mon objectif, c'est que ça se déploie dans toutes les régions qui
n'avaient pas de projet vitrine. Ça fait que, ça, je veux quand même
juste y revenir, ils sont en cours, ils sont encore financés puis ils ont même
transformé leurs pratiques. C'était vraiment... Ces projets vitrines étaient
plus intégrés. Vous savez, quand on avait parlé du virage du soutien à domicile
au tout début de mon mandat puis avec les travaux sur la politique nationale,
c'est là que ces projets-là se sont mis en place.
Concernant les entreprises d'économie sociale en
soutien à domicile, on a fait deux choses. On a augmenté le salaire des
employés qui travaillent dans ces entreprises d'économie sociale, et puis je
pense que c'était tout à fait justifié. Je
me permets de... ce n'est pas moi qui négocie les salaires, mais je me permets
quand même de le dire. C'est vrai que
c'est une majorité de femmes, et puis ils font un travail extraordinaire. Il y
a des approches, ils ont des bonnes approches. Beaucoup sont issues de
l'immigration aussi, j'en profite pour l'ajouter. Alors donc, c'est important,
on a donc bonifié le salaire, mais en plus on a fait une autre affaire, on a
augmenté la subvention pour les usagers pour faire
en sorte que, quand ils achètent des services des entreprises d'économie
sociale, bien, en fonction de leurs revenus, ils peuvent payer, par
exemple, je vais donner un exemple, 7 $ de l'heure, 8 $ de l'heure,
alors que c'est beaucoup plus que ça que l'entreprise charge en termes de coût
horaire. Ça fait qu'on a agi à deux niveaux.
Sur la... Vous savez, il y a une loi sur
l'octroi des contrats. Alors, on... actuellement, il faut vraiment être très prudents par rapport à ça parce qu'il y a des
appels d'offres qui sont faits, bien sûr, et, dans les appels d'offres, il y a
des critères qui sont attribués. Je ne veux pas rentrer à l'intérieur de
ça, là, ce n'est pas moi qui ai attribué ces critères-là. Bien
sûr, comme ministre, je m'assure que Santé Québec, qui octroie les contrats,
fasse le travail dans le respect de la loi. Mais, oui, effectivement, ça pose
un certain enjeu parce que les organismes EESAD sont subventionnés et parce
que... puis on subventionne une partie de leurs salaires, et il faut que ça
soit tenu en compte lors des appels d'offres. Alors, c'est ces éléments-là qui
sont en train d'être regardés.
Alors, c'est un équilibre. Il y a des
entreprises privées au Québec, il y a des entreprises d'économie sociale,
certains ont des missions de soutien à domicile et de répit. Maintenant, la
loi, c'est la loi, mais il faut s'assurer d'une certaine cohérence dans tout
ça. Alors, je n'interfère pas dans l'octroi des contrats, pas du tout, mais je
suis en contact avec l'association... regroupement des EESAD du Québec, et nous
suivons la situation de près, parce que c'est un fleuron qui a été développé,
nos EESAD, au Québec, il faut être fiers de ça, et puis c'est une belle façon
de travailler dans l'économie sociale. Alors, dans le contexte du
vieillissement de la population, là, c'est une réponse au vieillissement de la
population, mais je suis la situation de près, puis on va tout faire dans le
respect de la loi pour que les choses soient bien mises en place du côté de
Santé Québec.
Alors donc, politique SAD, les projets vont de
l'avant, puis j'aurai l'occasion d'annoncer la politique nationale bientôt, sur la première ligne, et c'est
là qu'on va revenir avec porte d'entrée pour l'ensemble des programmes, le
programme soutien à domicile, santé mentale, services sociaux, etc. C'est pour
ça qu'on a attendu avant de... parce que le soutien à domicile, c'est une
chose, c'est un des...
Le Président (M. Provençal)
: Merci. Merci beaucoup, Mme la ministre. Mme la députée de
Roberval.
Mme Guillemette : Merci, M. le
Président. J'ai toujours cinq minutes?
Le Président (M. Provençal)
: Oui.
Mme Guillemette : Excellent. Je
suis vraiment très fière d'entendre tout ce que j'entends aujourd'hui. Je suis très heureuse d'être ici, parce que, vous
savez, être député, ça va vite, on travaille plusieurs dossiers, on est impliqué
dans, oui, les aînés, mais plein, plein
d'autres choses. Puis aujourd'hui ça me permet de voir tout le travail qu'on a
accompli durant les dernières années, puis ça me fait chaud au coeur
d'entendre ça. Vous savez, je pense qu'il faudrait faire de l'aveuglement
volontaire pour, ce matin, ne pas se rendre compte de tout ce qui a été fait
durant les dernières années. Nos aînés, vous savez, ils ont bâti le Québec puis ils méritent
des milieux de vie dignes, sécuritaires et adaptés à leurs besoins.
Nous, au Saguenay—Lac-Saint-Jean, on a eu la chance d'avoir trois maisons des aînés. Dans le premier
mandat, on a fait l'annonce, la construction, la livraison et
l'ouverture de trois maisons des aînés. C'est 360 places qui ont été
ajoutées pour nos aînés au Saguenay—Lac-Saint-Jean. Et j'entends les collègues qui
disent : Il faut garder nos aînés dans
nos milieux de vie, mais les maisons des aînés, c'est des milieux de vie. Mais,
à un moment donné, les familles, les proches aidants viennent, M. le
Président, qu'ils ne sont plus en mesure d'aider et de garder avec eux leurs
aînés. Donc, c'est des beaux milieux de vie. Comme ma collègue de Châteauguay,
j'ai pu aller en visiter, j'ai été là pour les inaugurations. C'est émouvant de voir les patients, les familles. Et ce
qu'on nous dit, au niveau des employés, là, c'est vraiment merveilleux.
On est le premier gouvernement à avoir fait
évoluer le modèle des CHSLD, un modèle qui était dépassé. Tout le monde au
Québec était d'accord, il fallait revoir le modèle d'hébergement des aînés.
Personne ne voulait retourner dans les CHSLD vétustes, à l'abandon par les
derniers gouvernements. Nous avons promis de changer le modèle, on a livré la marchandise. C'est aujourd'hui 43 maisons des
aînés qui ont été construites, pour un total de 3 300 places supplémentaires
dans des milieux de vie humains où il fait bon vivre pour les résidents, mais
pour les familles aussi. On peut laisser nos
aînés en toute bonne conscience, puis je pense qu'on est heureux qu'ils soient
dans nos maisons des aînés
Mais on ne
s'est pas arrêtés là, M. le Président, on a également lancé la version... la
conversion de 21 CHSLD très vétustes, là, en maisons des aînés. Avec
cette phase, c'est 2 700 places qui ont... sur les modèles des maisons des
aînés qui ont été créées. On a augmenté le
nombre de places aussi. On transforme nos CHSLD en des milieux qui sont dignes
de nos aînés. Personne ne veut être placé en hébergement, mais, lorsque c'est
nécessaire, il faut que l'expérience de l'utilisateur et de leur famille
soit le plus agréable et le plus humain possible. Ça passe par des meilleurs
repas, par la possibilité de rendre l'espace de vie des résidents à leur image.
Ces changements, on les fait en impliquant les proches et les préposés, car c'est eux qui sont les plus proches de nos
aînés. Les maisons des aînés, ce sont des milieux, comme je le disais,
d'hébergement, mais aussi des milieux de vie, des milieux invitants,
accueillants, des milieux dans lesquels les aînés peuvent et veulent vieillir
dans la dignité.
Il faut se
rappeler, lorsqu'on parle du coût par porte, on parle d'un établissement de
soins, pas d'un bloc-appartements. Ce
sont des milieux de vie spécialisés. On y trouve du personnel soignant de
qualité, des infirmières, des
préposés, des médecins. On partage tous le même objectif, et je suis sûre que
mes collègues des oppositions également, c'est d'optimiser la suite et
de bien prendre soin de nos aînés.
Les CHSLD et les MDA sont inspectés aux deux ans
dans le cadre de visites-surprises. Les visites annoncées complaisantes, c'est
terminé. Donc, on a agi, on a été en action, on continue. Puis aujourd'hui, là,
je souhaitais mettre l'accent sur un message d'espoir, parler de progrès forts
et tangibles, de dignité et de responsabilité collective. On peut être fiers du
chemin qui a été parcouru durant les sept dernières années. C'est plus d'accès,
plus de soutien, un partenariat sincère avec
les organismes et les partenaires du milieu dans un cadre législatif solide. On
dit que notre société sera jugée à la manière dont elle accompagne les
personnes vulnérables. On doit continuer sur le même plan...
Le
Président (M. Provençal)
: Merci.
Merci, Mme la députée.
Alors, notre sixième
invention, elle va être très courte. Mme la députée de La Pinière.
• (11 h 40) •
Mme Caron :
Merci, M. le Président. Alors, merci pour la réponse au sujet des CLSC. Je
vais répéter la question : Est-ce qu'il
y a un engagement de la ministre à accélérer, à faire accélérer les
négociations pour les ressources intermédiaires?
Et
je vais vous amener sur un autre sujet, rapidement. La CAQ a mis fin au
Programme d'adaptation de domicile, le
PAD. Et ma question, c'est : En quoi cette abolition de programme est
cohérente avec le virage vers le soutien à domicile? Parce que le PAD,
ça permet à une personne d'adapter son logement, une personne qui a un
handicap, une personne, même, qui a eu un
accident et qui reste handicapée. Mais, comme le programme... comme la CAQ a
mis fin au programme, bien, les personnes non seulement doivent vivre
dans un milieu qui n'est pas adapté ou alors être hébergées en CHSLD ou maison des aînés, mais, si elles restent
quand même à domicile, bien, elles se voient refuser des heures du
chèque emploi-service parce que son domicile, justement, n'est pas adapté et
sécuritaire aux yeux de la CNESST pour
laisser entrer des travailleurs. Alors, la personne est prise dans un domicile
qui n'est pas adapté, puis elle ne peut pas avoir de services non plus, et puis il faut qu'elle aille... qu'elle
soit hébergée, et on connaît la durée des listes d'attente.
Conclusions
Le Président
(M. Provençal)
: Alors,
merci beaucoup. Votre conclusion maintenant, Mme la ministre.
Mme Sonia Bélanger
Mme Bélanger : Oui. Alors, M. le
Président, bien, je remercie, encore une fois, le député de La Pinière d'avoir
demandé la tenue de cette interpellation. Les échanges que nous avons eus
aujourd'hui étaient importants. Ils nous permettent de revenir sur un sujet
fondamental pour l'avenir du Québec : le bien-être, la dignité et la
qualité de vie de nos aînés.
Le
vieillissement de la population, bien, ce n'est pas une surprise, depuis des
années et des décennies, on en parle. Et les changements démographiques,
ils arrivent, on est en pleine transformation de notre démographie. Faisons
attention pour ne pas tomber dans la démagogie quand on parle de vieillissement
de la population puis faire porter le fardeau économique à nos aînés.
Un gouvernement
responsable doit faire deux choses : regarder la situation en face et agir
concrètement. C'est exactement ça qu'on a fait. Depuis plusieurs années, nous
avons fait des aînés une priorité non pas seulement dans les discours, mais dans les actions, dans les investissements et
dans les grandes réformes que nous avons menées. Aujourd'hui, lors de...
au cours de cette interpellation, je veux rappeler un élément essentiel :
les mesures que nous avons mises en place
forment un tout cohérent, elles visent toutes les mêmes objectifs, soit
permettre aux Québécoises et aux Québécois de vieillir dans la dignité
avec les services de qualité et avec le soutien dont ils ont besoin.
D'abord,
l'hébergement, on en a parlé longuement au cours des dernières minutes, mais
pendant trop longtemps le Québec a été prisonnier d'un modèle de CHSLD
qui ne répondait plus aux attentes des aînés ni de leurs familles. Les
installations étaient vieillissantes, ne correspondaient plus à ce que la
population était en droit d'attendre. Nous avons décidé de tourner la page sur
ce modèle et de bâtir quelque chose de nouveau. C'est ainsi qu'est né le
concept des maisons des aînés, des milieux plus humains, plus chaleureux, plus
proches de ce que l'on pourrait appeler un véritable chez-soi, des lieux où les
personnes âgées peuvent vivre dans la dignité, dans des espaces adaptés, avec
une approche centrée sur la qualité de vie. Aujourd'hui, des milliers d'aînés
vivent déjà dans ces installations et plusieurs autres projets sont en cours à
travers le Québec, une version 2.0 améliorée. Ces mesures ont un impact
concret : les listes d'attente diminuent, mes collègues en ont parlé
tantôt, les délais pour obtenir une place se réduisent. Bien sûr, il reste du
travail à faire, mais la tendance est claire, nous avançons dans la bonne
direction.
Ensuite,
je veux revenir brièvement sur le soutien à domicile. La grande majorité des
aînés souhaitent demeurer dans leur maison le plus longtemps possible,
et c'est un souhait qui est profondément humain. C'est aussi une orientation
logique pour un système de santé moderne. Nous avons renversé la tendance du
financement pour une première fois, c'est notre gouvernement qui l'a fait, en
accordant plus de financement en soutien à domicile. C'est un véritable virage
à domicile qui est en train d'être entrepris. Puis ça ne se fait pas en dedans
de quelques semaines, ça se fait au fur et à mesure. On a maintenant une
politique nationale, on a un plan d'action et on va continuer de suivre
cette... la progression de toutes ces actions.
On
a fait des investissements majeurs. En quelques années, les budgets consacrés à
ces services ont augmenté de façon importante. On a doublé le financement du
soutien à domicile. Concrètement, ça signifie davantage d'heures de
soins, davantage de soutien pour les personnes en perte d'autonomie et
davantage de services offerts directement dans la communauté. Aujourd'hui, plus
de 400 000 personnes, des Québécois, Québécoises, reçoivent chaque
année des services de soutien à domicile.
Au-delà des
investissements, nous avons aussi voulu nous donner une direction claire pour
l'avenir. C'est pourquoi nous avons lancé
cette Politique nationale de soutien à domicile, mais aussi le grand programme
Fierté de vieillir.
Alors, si je reviens
sur la politique nationale à domicile, ça faisait plus de 20 ans,
20 ans, que la Politique nationale de
soutien à domicile n'avait pas été révisée. Elle met l'accent sur la
prévention, sur l'accès aux services et sur l'innovation. Elle repose
également sur une collaboration étroite avec nos partenaires et sur un rôle
renforcé pour les services de première ligne. Notre objectif est simple :
permettre à davantage d'aînés de rester chez eux, dans leur communauté, aussi
longtemps que possible.
Je veux revenir sur les
résidences pour aînés. Ces résidences pour aînés ont fait l'objet de plusieurs
articles médiatiques depuis les huit dernières années. Elles jouent un rôle
important dans l'offre de services. Plusieurs ont été fragilisées avant même
l'arrivée de la pandémie. Et, avec la pandémie, plusieurs ont décidé de ne plus
continuer d'offrir des services pour toutes
sortes de raisons. Alors, notre gouvernement a donc décidé d'intervenir pour
soutenir ce secteur. On a investi, comme aucun gouvernement ne l'a fait,
dans les RPA. Puis pourtant les RPA au Québec, là, ça poussait comme des
champignons depuis les 20, 25 dernières années. Personne n'a vu ça. On
voyait les grandes tours d'aînés pousser un peu partout, et puis personne ne
regardait, dans les gouvernements précédents, qu'est-ce qui allait se passer avec les gens qui acceptaient
d'aller vivre là puis qui étaient très heureux d'y entrer parce qu'ils avaient
74 ans, 75 ans. Personne n'a
regardé ça. Bien, nous, M. le Président, on l'a fait, on a regardé le modèle
RPA puis on veut continuer de travailler à simplifier les règles
administratives pour les RPA, trouver un meilleur équilibre aussi avec la sécurité des résidents, la viabilité de ces
établissements. Ce ne sont pas des institutions publiques, alors il faut aussi
avoir cette marge de manoeuvre, parce qu'au
final l'objectif est clair, on veut avoir un réseau diversifié de milieux de
vie pour répondre aux besoins variés des aînés.
On a parlé d'hébergement, mais parlons aussi du
logement. On a construit du logement abordable pour les aînés, notamment avec Mission Unitaînés, 17 fois 100 logements
abordables pour les aînés. Bien, il faut en parler, de ça. Ce n'est pas
de l'hébergement, mais ça fait une très grande différence pour les aînés, avoir
un logement qui est abordable en fonction de leurs revenus puis avoir un lieu
de socialisation.
Les dernières années ont été marquées par une
hausse importante du coût de la vie, et nous savons que cette réalité touche en particulier les personnes âgées
à revenus plus modestes. On a mis en place plusieurs mesures destinées aux
aînés à faibles revenus ou à revenus modestes. Ces mesures permettent de donner
plus d'argent à des milliers de personnes âgées afin de les aider à faire face
aux dépenses de leur quotidien.
On a également bonifié différents crédits
d'impôt : maintien à domicile, soutien aux proches aidants. Ces mesures
offrent un appui financier concret pour les familles qui accompagnent un proche
en perte d'autonomie.
On a agi aussi parce que les aînés, c'est une
force vive du Québec aussi, et les aînés veulent continuer de faire une
différence. Les aînés s'investissent dans nos centres d'action bénévole. Ils
sont une force vive. Ils veulent retourner,
plusieurs, sur le marché du travail. Donc, on a agi aussi pour favoriser le
retour au travail pour ceux qui le désirent afin qu'ils ne soient pas
pénalisés dans leurs fonds de retraite, notamment, et au niveau de leur grille
d'imposition.
Parce que,
vous savez, M. le Président, derrière chaque personne âgée qui a besoin d'aide,
il y a aussi des personnes proches
aidantes qui donnent énormément de leur temps, de leur énergie, de leur coeur,
nous sommes le gouvernement qui a mis en place le grand plan d'action
sur la proche aidance, puis on veut continuer d'investir à ce niveau-là. Le Québec a fait des pas très importants pour
reconnaître leur rôle et leur contribution. Nous avons adopté une loi
spécifique sur les proches aidants, mis en place une politique
nationale, déployé un plan d'action complet pour soutenir les proches aidants,
qui jouent un rôle essentiel dans notre société. Ces gestes témoignent d'une
volonté claire : reconnaître officiellement la proche aidance et offrir
des outils concrets pour accompagner un parent, un conjoint, un ami, quelqu'un
en perte d'autonomie. Toutes ces actions démontrent une chose, nous avons
choisi d'agir : agir pour moderniser nos milieux d'hébergement, agir pour
développer les services à domicile, agir pour soutenir les RPA, agir pour appuyer
financièrement les aînés au Québec et agir pour reconnaître et soutenir les
proches aidants.
Évidemment, personne ne prétend que tout est
parfait. Aucun gouvernement n'est parfait. Les besoins sont immenses, les défis
sont nombreux. Les attentes de la population sont élevées, et à juste titre.
Mais aujourd'hui nous pouvons affirmer avec conviction que le Québec s'est
engagé sur une voie claire pour répondre au vieillissement de la population.
Une voie où le vieillissement de la population n'est pas vu comme un problème,
mais comme une réalité à laquelle nous
devons nous préparer avec sérieux, humanité et détermination, avec des discours
qui ne sont pas des discours d'apocalypse. Faisons attention. Nos aînés
ont bâti le Québec d'aujourd'hui. Ils ont contribué à notre prospérité, à notre culture et à nos institutions.
La moindre des choses est de leur offrir en retour des conditions de vie qui
reflètent la reconnaissance et le respect qu'ils méritent. C'est dans cet
esprit que nous continuerons notre travail. Merci, M. le Président.
• (11 h 50) •
Le Président (M. Provençal)
: Merci, Mme la ministre.
Mme la députée de La Pinière, la conclusion de
cette interpellation vous appartient.
Mme Linda Caron
Mme Caron : C'est bien 10
minutes, M. le Président?
Le Président (M. Provençal)
: Pardon?
Mme Caron : C'est bien pour 10
minutes?
Le Président (M. Provençal)
: Oui.
Mme Caron : Merci beaucoup, M.
le Président. Alors, encore une fois, merci à toutes les personnes qui ont
participé à cette interpellation. J'y vais en rafale sur divers sujets dont on
a parlé, M. le Président.
Alors, premièrement, pour ce qui est des
ressources intermédiaires, là, c'est clair que le gouvernement et la ministre savent très bien que le financement
actuel est insuffisant, tant pour l'exploitation des ressources intermédiaires existantes que pour le développement de nouvelles places.
Mais, au lieu de rehausser le financement pour tout le réseau dans un
cadre clair et connu de toutes les parties, bien, la CAQ a laissé aller les
choses pendant la dernière année et n'a pas répondu au cri d'alarme, au cri du
coeur des RI ces deux dernières années. Alors, les négociations ne sont pas
terminées. Je comprends que la ministre ne peut pas s'immiscer dans les
négociations, mais j'ai demandé deux fois, et
elle n'a pas pris d'engagement à s'assurer que le tout se déroule rapidement
pour s'assurer que les RI puissent survivre. Et le problème, bien, il ne
va pas se régler tout seul, alors il faut accélérer les choses.
Deuxièmement,
en ce qui concerne les RPA, bien, le refus d'inviter les partenaires en
commission parlementaire en 2023 pour trouver des solutions
structurantes, ça parle de lui-même, et puis les résultats catastrophiques sont
là : 740 RPA fermées depuis 2018 sous le règne de la CAQ. Et il faut
savoir que les aînés en RPA... il y a différentes catégories de RPA, et, dans les catégories où il y a des soins, du
soutien à domicile qui sont donnés, parfois c'est très long... quand
l'état d'une personne se détériore, c'est très long avant que le CISSS accepte
de venir faire l'évaluation, une nouvelle évaluation de la personne. Et, quand
elle est en dépassement de services, la RPA continue de lui donner les
services, mais n'est pas payée pour. Alors, ça explique que les coûts
augmentent dans les RPA. C'est une des raisons,
pas la seule. Et là c'est un peu tout le monde, j'ai l'impression, qui paie
pour ces hausses de coûts, parce que les loyers augmentent pour que tout
arrive. Alors, la rentabilité n'est plus au rendez-vous pour un grand nombre et
surtout les petites. Les petites RPA de
moins de 100 places ne sont plus viables économiquement au Québec. Puis,
bien, le problème, évidemment, c'est
surtout que les personnes à faibles et moyens revenus ne peuvent plus... qui
pensaient pouvoir toujours rester dans leur RPA, bien, ils ne peuvent
plus faire face aux hausses de loyer et aux hausses de coûts pour les services.
Puis ces personnes-là, bien, elles ne savent plus où aller, et ça, ça
m'inquiète beaucoup. Je ne veux pas être alarmiste, mais on le voit, qu'il y a
beaucoup d'aînés qui sont en itinérance, là, et, pour eux, c'est la première
fois de leur vie qu'ils sont en itinérance. Ça ne peut pas continuer comme ça.
Alors, je n'aurais pas pensé, en 2023, qu'on parlerait d'itinérance des aînés
en 2026, mais il me semble que, si on avait étudié cette question-là avec les
parties prenantes, on aurait peut-être évité des cas comme cela.
Maintenant,
pour ce qui est du rôle de porte d'entrée des CLSC, alors, merci pour la
réponse, j'ai cru comprendre que ça
va se déployer quand il va y avoir une politique de première ligne. Alors, j'espère...
j'imagine que oui, j'espère que cette
politique de première ligne va être arrimée à la politique de soutien à
domicile aussi. Et j'aurais aimé... peut-être que j'ai oublié de poser
la question, j'aurais aimé savoir quand le plan d'action va être connu pour la
politique de soutien à domicile, parce que je ne l'ai pas vu sortir, en tout
cas, si c'est fait.
Pour ce qui est du...
j'allais dire du chèque emploi-service, plutôt de l'allocation autonomie à
domicile, pour utiliser son nouveau nom, ce que je comprends des réponses de la
ministre, c'est que les gens auront le choix, les personnes proches aidantes auront le choix : ou bien elles pourront
s'en servir pour être rémunérées pour une prestation de services ou bien
elles ne le feront pas puis elles pourront conserver, si elles y ont droit, le
crédit d'impôt pour personnes proche aidante, mais elles n'auront pas droit aux
deux, puisque la ministre a dit que ces personnes devront se qualifier comme
travailleurs pour avoir droit à l'allocation autonomie à domicile. Alors, si je
prends un exemple, M. le Président, d'une
personne proche aidante qui aurait 10 heures d'allocation autonomie à
domicile à 21 $ de l'heure, ça lui ferait un revenu de
10 920 $, et puis le crédit d'impôt ne lui... elle le perdrait.
Alors, il faut juste que les gens soient au courant de cela, parce que ça n'est
pas sorti durant l'annonce, puis c'est important que les gens soient bien au
courant pour prendre une décision éclairée, comme en toute chose dans la vie.
J'ai abordé, tout à
l'heure, M. le Président, le Programme d'adaptation de domicile, qui a des
conséquences déplorables pour les personnes qui ont besoin de faire adapter
leur domicile, et surtout que ces personnes veulent rester à domicile, seraient
plus heureuses à domicile si les lieux étaient adaptés, mais qu'elles sont
parfois obligées... on en a vu un cas que ma
collègue la députée de Mille-Îles a amené en période de questions, hier ou
avant-hier, parfois, bien, on est
obligé... la personne est obligée d'être hébergée. Mais un 15 000 $,
25 000 $, 30 000 $ ou même 50 000 $, qui
est le... qui était le plafond pour le PAD, qui est payé une fois pour adapter
le domicile de la personne, c'est quand même beaucoup moins cher que le coût
d'héberger une personne en maison des aînés ou en CHSLD, le coût, qui est un
coût annuel qui dépasse les 100 000 $. Alors, il y aurait peut-être
un travail à faire ici pour être en cohérence. Je ne crois pas que le PAD
relève de la ministre de la Santé, je crois qu'il relève de la ministre de l'Habitation,
mais ce serait important qu'il y ait un lien qui se fasse ici, parce que c'est
vraiment une perte importante.
Maintenant, je
comprends qu'il faut absolument respecter la loi en ce qui concerne les appels
d'offres, les contrats, mais c'est qu'on... là, on est en train de changer de
registre. Les entreprises d'économie sociale puis les organismes communautaires en santé et services sociaux qui offraient du
répit étaient... avaient le droit d'avoir des contrats de gré à gré avec
les CISSS, et là, avec la venue de Santé Québec, c'est ça qui est en train de
changer, et là les CISSS vont en appel
d'offres. Mais il y a des solutions à cela, et les organismes communautaires
qui ont interpelé la ministre et son cabinet et qui ont... qui lui ont
écrit, ont proposé des solutions. Alors, j'aimerais bien que la ministre puisse
voir ces solutions-là, en discuter avec les CISSS ou avec Santé Québec, mais
arrêtez d'envoyer les gens tourner en rond à ne
pas savoir à qui s'adresser et à se faire renvoyer la balle un peu partout,
parce que ça n'aide pas personne, ça n'aide pas personne.
Et puis on veut que
les entreprises d'économie sociale en soutien à domicile continuent de
travailler. Elles desservent 100 000 personnes, actuellement. Idéalement,
elles doubleraient... évidemment, pas demain matin, mais elles doubleraient le nombre de personnes qu'elles
pourraient servir. Puis les organismes communautaires, ce sont... autant
les EESAD que les organismes communautaires, sont implantés, sont enracinés
dans le territoire, elles connaissent les
gens. Il y a un lien qui est fait, un lien presque organique, avec les
personnes proches aidantes, par exemple, qui vont pour le répit, et ce serait tellement dommage que
ce soit détruit par les appels d'offres, ce serait une perte incommensurable
pour le Québec, alors qu'on a un beau modèle pour ces
activités-là. On ne veut pas la déstructuration des EESAD ni la disparition des
organismes communautaires.
• (12 heures) •
Il me reste peu de temps. On a... Je n'avais pas
beaucoup parlé des CHSLD ni des maisons des aînés, et je sais que c'est un
sujet sensible pour la ministre, et je peux le comprendre. Et, quand on parle
de combien ça coûte la porte, c'est vrai qu'on le dit pour les maisons des
aînés ou qu'on le dit pour... dans le domaine immobilier, on ne le dit pas dans
les hôpitaux, mais c'est parce que, dans les hôpitaux, il y a un roulement de
personnes quotidien, ou aux quelques jours, ou à la semaine; rares sont les
personnes qui sont hospitalisées aussi longtemps, mais c'est parce que les
maisons des aînés, ce sont des milieux de vie. Et, quant à moi, les coûts
faramineux des maisons des aînés, c'est... ce que je reproche, ce n'est pas la
nouvelle formule, ce n'est pas les maisons elles-mêmes et puis la façon de
traiter les gens dans les milieux de vie, c'est qu'avec des espaces, peut-être,
pour les espaces communs qui auraient été moins vastes, des cuisines moins
vastes, et il y a des équipements... je ne suis pas certaine que les
équipements qui sont là sont utilisés, bien, on aurait pu créer des places dans
les mêmes maisons, si on veut, mais pour un plus grand nombre de personnes, et
la liste d'attente, qui est à 3 056 personnes, avec une attente moyenne de
sept mois et demi pour entrer, bien, ce serait mieux.
Le Président (M. Provençal)
: Merci beaucoup, Mme la ministre. Compte
tenu de l'heure, je lève la séance, et la commission, ayant accompli son
mandat, ajourne ses travaux sine die.
Merci à tous de votre collaboration et surtout
de votre participation.
(Fin de la séance à 12 h 01)