Journal des débats de la Commission des relations avec les citoyens
Version préliminaire
43e législature, 2e session
(30 septembre 2025 au 8 avril 2026)
Cette version du Journal des débats est une version préliminaire : elle peut donc contenir des erreurs. La version définitive du Journal, en texte continu avec table des matières, est publiée dans un délai moyen de 2 ans suivant la date de la séance.
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Le
mardi 24 mars 2026
-
Vol. 48 N° 30
Étude détaillée du projet de loi n° 12, Loi instituant la prestation de services de garde éducatifs à l’enfance par les personnes reconnues à titre de responsables d’un service de garde éducatif en communauté
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15 h 30 (version non révisée)
(Quinze heures quarante-quatre minutes)
La Présidente (Mme Lecours, Les
Plaines) : À l'ordre, s'il vous plaît. Ayant constaté le quorum, je
déclare la séance de la Commission des relations avec les citoyens ouverte. La
Commission est réunie afin de poursuivre l'étude détaillée du projet de loi n° 12, Loi instituant la prestation de services de garde
éducatifs à l'enfance par les personnes reconnues à titre de responsables d'un
service de garde éducatif en communauté. Mme la Secrétaire, y a-t-il des remplacements?
La Secrétaire : Oui, Mme la
Présidente. Mme Blais (Abitibi-Ouest) est remplacée par M. Provençal
(Beauce-Nord); M. Morin (Acadie) par
Mme Garceau (Robert-Baldwin) et
M. Fontecilla (Laurier-Dorion) par M. Leduc (Hochelaga-Maisonneuve).
La Présidente (Mme Lecours, Les
Plaines) : Merci beaucoup. Alors, lors de l'ajournement de nos
travaux, jeudi dernier, nous avions adopté l'article 30 du projet de loi.
Nous en... nous en serions donc rendus à l'article 31. Je crois que, Mme
la ministre, vous avez des amendements pour proposer l'ajout de 30.1, mais vous
avez également une demande additionnelle à formuler. Je vous laisse le micro.
Mme Champagne Jourdain : Oui.
J'aimerais vous demander si c'est possible de... d'aller directement à l'article 38.0.1?
La Présidente (Mme Lecours, Les
Plaines) : 38.0.1, qui est l'introduction de plusieurs articles, qui
est autoportant, comme on dit, là. Alors, est-ce qu'il y a consentement pour
aller à l'article 38.0.1?...
La Présidente (Mme Lecours, Les
Plaines) : ...Merci. Alors, on va étudier cet article-là. Je veux
juste vous rappeler, pour le bien-être de tout le monde, que nous allons
l'étudier, mais nous allons l'adopter à la toute fin. Donc, il y a 11... 11
articles qui sont introduits. Tout le monde va avoir le droit à toutes les
questions pour les 11 articles, mais on va l'adopter à la fin, une seule
adoption, parce que c'est en soi un article. Oui. Alors, j'ai consentement pour
le dépôt? Oui. Consentement. Merci beaucoup. Alors, nous commençons la lecture.
Mme Champagne Jourdain : Articles 38.0.8.
Édiction de la Loi sur le recouvrement international et interprovincial des
aliments destinés aux enfants et à d'autres membres de la famille. Insérer,
après l'article 38 du projet de loi, ce qui suit :
Édiction de la Loi sur le recouvrement
international et interprovincial des aliments destinés aux enfants et à
d'autres membres de la famille. 38.0.1. La Loi sur le recouvrement
international et interprovincial des aliments destinés aux enfants et à
d'autres membres de la famille, dont le texte figure au présent chapitre, est
édictée. Loi sur le recouvrement international et interprovincial des aliments
destinés aux enfants et à d'autres membres de la famille. Chapitre I.
Objet et champ d'application :
1° la présente loi a principalement pour
objet de rendre applicable, en leur donnant force de loi, les dispositions de
la Convention sur le recouvrement international des aliments destinés aux
enfants et à d'autres membres de la famille conclue à La Haye le
23 novembre 2007, dont le texte est reproduit en annexe. La présente loi
s'applique également aux demandes de recouvrement d'aliments qui proviennent
des provinces et territoires canadiens, qu'ils aient ou non mis en œuvre la convention.
Un règlement du gouvernement peut étendre ou restreindre le champ d'application
prescrit par la convention dans les limites prévues par celle-ci;
2° les dispositions de la présente loi et
de ses règlements ont préséance sur toutes dispositions inconciliables de la
convention. Chapitre II. Dispositions générales;
3° le gouvernement désigne le ministre ou
l'organisme public qui occupe le rôle d'autorité centrale du Québec pour
l'application de la convention. Le gouvernement peut confier à une autre
ministre ou à un autre organisme public certaines des fonctions de l'autorité
centrale. L'autorité centrale exerce toute autre fonction liée à l'application
de la présente loi que le gouvernement lui confie;
4° une demande faite en vertu de la
présente loi, qui est destinée à être introduite au Québec, doit être transmise
à l'autorité centrale ou directement au greffe du tribunal compétent. La
demande transmise à l'autorité centrale est présentée au moyen du formulaire
prescrit par celle-ci et est accompagnée de tout renseignement ou document
déterminé par règlement du gouvernement. La demande transmise directement au
greffe du tribunal compétent se fait... se fait selon les règles prévues dans
le Code de procédure civile (chapitre C-25.01);
5° une demande faite en vertu de la
présente loi est destinée à être introduite dans un autre État que le Québec
peut être transmise à l'autorité centrale, dans la forme et selon les modalités
prévues par la loi de cet autre État;
6° un règlement du gouvernement peut
prévoir toutes autres dispositions utiles à l'application de la présente loi.
Ce règlement peut déroger à l'application de certaines dispositions du livre
10e du Code civil ou du Code de procédure civile (chapitre C-25.01)
Chapitre III. Dispositions
modificatives. Loi sur l'exécution réciproque d'ordonnance alimentaire. La Loi
sur l'exécution réciproque d'ordonnance alimentaire (chapitre E-19) est
abrogée. Loi concernant l'obtention et l'exécution réciproque des décisions en
matière d'aliment. 8. La loi concernant l'obtention et l'exécution réciproque
des décisions en matière d'aliment 2005, chapitre XII est abrogée.
Chapitre IV. Dispositions transitoires et finales. 9. Les clauses
pendantes découlant de l'application de la Loi sur l'exécution réciproque
d'ordonnances alimentaires abrogée par l'article 7 de la présente loi...
• (15 h 50) •
La Présidente (Mme Lecours, Les
Plaines) : Article 8.
Mme Champagne Jourdain :
Pardon, l'article 8.
Des voix : ...
La Présidente (Mme Lecours, Les
Plaines) : C'est 7 ou c'est 8? Moi, j'ai 8. Est-ce que c'est 7 ou 8?
Une voix : ...
Des voix : ...
La Présidente (Mme Lecours, Les
Plaines) : Ce n'est pas... Sur l'amendement, c'est huit, qui est
écrit.
Une voix : Bien, on va le
corriger.
La Présidente (Mme Lecours, Les
Plaines) : Donc, c'est sept?
Mme Champagne Jourdain : C'est
ce que j'ai. Oui.
Mme Garceau : ...
La Présidente (Mme Lecours, Les
Plaines) : Oui.
Une voix : Oui, exact. C'est
la première.
Mme Garceau : ...
La Présidente (Mme Lecours, Les
Plaines) : Oui.
Des voix : ...
La Présidente (Mme Lecours, Les
Plaines) : ...OK. Donc, on va...
Des voix : ...
La Présidente (Mme Lecours, Les
Plaines) : ...Il faut renvoyer immédiatement. On va juste prendre la
nouvelle version, si ça vous va. On ne fera pas un amendement sur... Mais ça
nous prend la nouvelle version, s'il vous plaît. Allez-y. Vous pouvez
poursuivre la lecture.
Mme Champagne Jourdain : «9.
Les causes pendantes découlant de l'application de la Loi sur l'exécution
réciproque d'ordonnances alimentaires, abrogée par l'article 7 de la
présente loi, sont continuées suivant les dispositions de la présente loi, avec
les adaptations nécessaires, à l'exception de celles portant sur la
confirmation de jugements extra-provinciaux pour lesquels la Loi sur
l'exécution réciproque d'ordonnances alimentaires demeure applicable.
«10. Jusqu'à l'entrée en vigueur du
premier règlement pris en application du deuxième alinéa de l'article 4 de
la présente loi, les dispositions du Projet pilote modifiant certaines règles
du Code de procédure civile ou en édictant de
nouvelles afin de faciliter les actions ou
demandes interprovinciales ou internationales d'ordonnances alimentaires en
vertu de la Loi sur le divorce (chapitre C-25.01, r. 6.1.1) continuent
d'avoir effet. Les causes pendantes à l'entrée en vigueur de ce règlement sont
continuées suivant les dispositions de la présente loi, avec les adaptations
nécessaires.
«11. Le gouvernement désigne le ministre
responsable de l'application de la présente loi.»
Mme la Présidente, je demande votre... le
consentement pour ne pas lire la Convention dans son entièreté, là. Ce serait
long.
La Présidente (Mme Lecours, Les
Plaines) : Par contre... Est-ce qu'il y a consentement?
Des voix : Consentement.
La Présidente (Mme Lecours, Les
Plaines) : Consentement. Par contre, vous allez nous en expliquer les
grandes lignes, ça, c'est important. Ça fait que je vous laisse la parole.
Mme Champagne Jourdain : Parfait.
Alors, le but de déposer ces amendements-là au projet de loi n° 12,
c'est principalement, là, d'édicter la Loi sur le recouvrement international et
interprovincial des aliments destinés aux enfants et aux autres membres de la
famille afin de mettre en œuvre, au Québec, la Convention sur le recouvrement
international des aliments, qui est destinée aux enfants puis aux autres
membres de la famille, conclue à La Haye, comme je le disais tout à l'heure, le
23 novembre 2007, alors la Convention de 2007. Les amendements qu'on
propose visent à simplifier, dans le fond, la procédure de recouvrement
transfrontière des pensions alimentaires. Les familles québécoises vont pouvoir
ainsi recevoir des montants d'aliments qui leur sont dus à l'étranger plus
facilement et à coût presque nul, alors qu'avant ça, bien, ils devaient avoir
recours, là, à justement des avocats puis une procédure qui était plus longue,
plus coûteuse. Donc, le but, c'est de faire cela pour les familles puis
s'assurer, là, qu'avec l'édiction de la loi, on puisse adhérer à la Convention.
La Présidente (Mme Lecours, Les
Plaines) : Parfait. Est-ce qu'il y a des questions et des commentaires
sur la... la Convention? Après ça, on va commencer à l'étude de... l'étude, là,
article par article. Là, vous allez avoir, par contre, la nouvelle version.
Puis ça, je veux... je veux juste... Est-ce que...
Une voix : ...
La Présidente (Mme Lecours, Les
Plaines) : OK, mais ça me le prend dans...
Des voix : ...
La Présidente (Mme Lecours, Les
Plaines) : C'est déjà rendu? OK, parfait. Donc là, on va prendre le
cahier. Vous l'avez tous, le cahier, c'est... c'est la bonne version.
Des voix : ...
La Présidente (Mme Lecours, Les
Plaines) : Est-ce que vous l'avez?
Des voix : ...
La Présidente (Mme Lecours, Les
Plaines) : Parfait. Ça fait que là, on va y aller article par article.
Ça fait que je vais quand même vous... Je voulais que ce soit lu au complet,
OK, parce qu'il fallait qu'on puisse l'avoir en tête. Là, on va le faire
article par article. Je vais laisser les... les élus poser leurs questions,
puis avoir leurs commentaires sur article par article. Ça fait qu'on va
recommencer. Est-ce que vous avez une question tout de suite?
Mme Garceau : ...Mme la
Présidente. Juste pour comprendre un peu, parce que là, je ne sais pas...
est-ce qu'on est en train... Je pensais qu'on était pour... Votre question
était : Est-ce qu'on révise les articles de la Convention?
La Présidente (Mme Lecours, Les
Plaines) : Non, pas de la Convention.
Mme Garceau : OK.
La Présidente (Mme Lecours, Les
Plaines) : Non, non. C'est ça.
Mme Garceau : OK. C'est
pour ça...
La Présidente (Mme Lecours, Les
Plaines) : Je voulais juste voir si, sur l'explication, c'est correct,
ça vous va.
Mme Garceau : Oui, oui,
oui. Oui.
La Présidente (Mme Lecours, Les
Plaines) : OK. Je pense que vous connaissez ça. Là, on revient à...
La Présidente (Mme Lecours, Les
Plaines) : ...d'accord? Puis on y va article par article.
Une voix : Parfait.
La Présidente (Mme Lecours, Les
Plaines) : Ça fait que, là, article 1... Bien, on va éviter les
intitulés, je pense que les intitulés, ça, on reviendra à la toute fin, mais on
va y aller avec l'article 1, comme tel. Je vais juste vous demander de refaire
la lecture. Puis, après ça, je prends les interventions.
Mme Champagne Jourdain : ...1.
La Présidente (Mme Lecours, Les
Plaines) : Oui.
Mme Champagne Jourdain : Parfait.
«La présente loi a principalement pour objet de rendre applicables, en leur
donnant force de loi, les dispositions de la Convention sur le recouvrement
international des aliments destinés aux enfants et à d'autres membres de la
famille, conclue à La Haye le 23 novembre 2007, dont le texte est reproduit en
annexe.
La présente loi s'applique également aux
demandes de recouvrement d'aliments qui proviennent des provinces et
territoires canadiens, qu'ils aient ou non mis en œuvre la convention.
Un règlement du gouvernement peut étendre
ou restreindre le champ d'application prescrit par la convention dans les
limites prévues par celle-ci.» Alors, au niveau des commentaires, bien,
cet article accorde force de loi aux dispositions de la Convention sur le
recouvrement international des aliments destinés aux enfants puis à d'autres
membres de la famille. Il prévoit aussi, également, que la loi s'applique
également aux demandes de recouvrement d'aliments qui proviennent des provinces
et des territoires canadiens, qu'ils aient ou non mis en œuvre la convention.
La Présidente (Mme Lecours, Les
Plaines) : Je vais vous faire répéter chacun des articles, je pense
que c'est important parce que, la première fois, on l'a lu au complet puis
qu'il y avait des petites différences avec la version finale, là. Alors là, je
vais prendre les questions et... les questions, commentaires sur l'article 1. Est-ce
qu'il y a des questions, commentaires?
Mme Garceau : ...
La Présidente (Mme Lecours, Les
Plaines) : Allez-y.
Mme Garceau : Donc, merci
beaucoup, Mme la Présidente. Donc, je vais, premièrement, commencer avec une
question quand même assez importante : Comment se fait-il que nous sommes
en train d'intégrer une convention internationale, importante, je dois
l'admettre, importante, en ce qui a trait à, surtout, on va dire, l'exécution
des décisions, de jugements portant sur les aliments, que ce soit pension
alimentaire pour enfants ou pour conjoint ou ex-conjoints ou autres membres de
la famille... et recouvrement, parce que ça aussi, c'est important, mais dans
le cadre... On est en train de mettre un projet de loi avec une convention de
65 articles dans un projet de loi ou via un amendement, je dois dire, via un
projet de loi qui n'a aucun lien avec l'objet de la convention. On est dans un
projet de loi, n° 12, qui est lié au réseau de services de garde éducatifs
puis là on est en train d'intégrer, via un amendement, une convention très
importante dans le cadre de cette loi. Je tente de comprendre la logique parce
qu'essentiellement ce genre de convention devrait être intégrée, devrait être
présentée dans un projet de loi complètement distinct.
La Présidente (Mme Lecours, Les
Plaines) : Mme la ministre.
Mme Champagne Jourdain : Merci.
Bien, d'abord et avant tout, je pense que c'est important de préciser que, si
on est en train, là, de faire ces travaux-là puis d'apporter cet amendement
important là, on le fait pour les familles.
Je comprends votre question. Je vais vous
donner un peu de contexte. Le Québec avait mis, en partie, je peux me permettre
de dire en partie, la convention à... Le Québec avait choisi d'intégrer la
convention en partie, mais elle l'a fait par le but d'un... par le biais d'un
projet pilote, si je peux me permettre, c'est effectivement ça, un projet
pilote. Et ce projet pilote là se terminait à la fin du mois de février. Ça a
été un succès jusqu'à maintenant, alors c'est pour ça qu'on décide d'intégrer
la convention. Et ce n'était pas possible d'avoir un prolongement, je crois,
là, du projet pilote...
Des voix : ...
• (16 heures) •
Mme Champagne Jourdain : Il y
a un prolongement qui avait été demandé, de pouvoir faire en sorte qu'on étende
le projet pilote encore un peu plus longtemps, mais ce n'était pas possible. La
décision a été rendue, ça a été discuté avec la Cour supérieure et... qui
devait consentir, dans le fond, à la prolongation du projet pilote, puis la
Cour a estimé qu'il fallait finalement passer par la loi, donc, il fallait
faire des modifications législatives pour pouvoir continuer d'appliquer...
16 h (version non révisée)
Mme Champagne Jourdain : ...la
convention est là dans son ensemble, alors, c'est pour ça qu'on le fait là. Si on
ne le passe pas dans ce projet de loi là, bien, c'est les familles qui vont
être éventuellement, dans le fond, je dirais, qui vont subir les conséquences
et qui vont de revenir à des procédures beaucoup plus longues, beaucoup plus
coûteuses pour recouvrir les aliments lorsque le conjoint, la conjointe, par
exemple, sont en Europe ou dans un des états, aux États-Unis, ou dans une des
provinces, par exemple, au Canada.
Mme Garceau : OK.
La Présidente (Mme Lecours, Les
Plaines) : Mme la députée.
Mme Garceau : Merci.
Commençons au début. C'est la Cour supérieure qui a pris la décision de ne pas
étendre le projet pilote, c'est ça?
Mme Champagne Jourdain : Est-que
vous me permettez de passer la parole à Mme Labrecque
La Présidente (Mme Lecours, Les
Plaines) : Consentement?
Mme Garceau : Oui.
Consentement.
La Présidente (Mme Lecours, Les
Plaines) : Me Labrecque, j'imagine?
Mme Champagne Jourdain : Me
Labrecque.
La Présidente (Mme Lecours, Les
Plaines) : Mais je vais quand même vous demander de vous présenter
pour toute la séance. Allez-y.
Mme Labrecque
(Élise) :
Bonjour, Élise Labrecque, sous-ministre associée au
ministère de la Justice. Donc, présentement, la... comme la ministre l'a
décrit, il y a un projet pilote qui est fait juste pour les dossiers au Canada
depuis la Loi sur le divorce. Donc, c'est une partie de la convention seulement,
là, c'est... c'est comment on se gouverne avec les autres provinces au Canada.
Donc, ce projet pilote là, en vertu du
Code de procédure civile, devait obtenir l'accord de la Cour supérieure. On a
eu l'accord de la Cour supérieure pour deux ans, et la Cour nous a dit au terme
de ça, il faudrait, si c'est un succès, procéder par un projet de loi et non
pas reconduire le projet de loi. Donc, ils étaient d'accord, mais pour une
certaine... une certaine durée. Donc, on a été très transparents avec eux, on
leur a fait un bilan, et, après deux ans, même si on n'avait pas de véhicule
législatif, ils ont maintenu la... leur position à l'effet qu'ils souhaitaient
qu'on... qu'on y aille par la loi, parce qu'ils trouvaient que c'était
concluant puis parce qu'ils estimaient que ce n'était pas nécessairement par le
biais d'une prolongation du projet de loi que c'était le meilleur. Ça fait qu'à
défaut d'avoir l'accord de la Cour pour prolonger le projet de loi, il fallait
qu'on ait un véhicule législatif pour pouvoir prolonger, pour pouvoir, en fait,
continuer d'offrir le service aux familles, sinon il y aurait eu une rupture de
service, là.
Mme Garceau : Mais... mais...
OK, mais là, le service, actuellement... Parce que, là, je comprends, vous
parlez des dispositions 18, 19, Loi sur le divorce?
Mme Labrecque (Élise) : Exact.
Mme Garceau : Et il y a aussi,
quand même, nous, on a des ententes de réciprocité avec certains états aux
États-Unis, il y a toutes les provinces et tout ça. Donc, je... je tente de
comprendre actuellement, est-ce qu'il y a une date butoir?
Mme Labrecque (Élise) : Bien
oui...
Mme Garceau : Pour intégrer
les dispositions de la convention?
Mme Labrecque (Élise) :
Non,
il n'y a pas de date butoir pour intégrer les dispositions de la convention, par
contre, le projet pilote, lui, prenait fin le 28 février. Donc on est déjà en
rupture. Théoriquement, on ne peut plus traiter les dossiers, donc il fallait
agir rapidement puisqu'on n'a pas prolongé le projet pilote. Par ailleurs, pour...
Oui, vous avez raison qu'il y a des ententes de réciprocité avec les autres... avec
d'autres états. En fait, les ententes que le Québec a présentement sont
seulement avec des états américains, et seulement certains d'entre eux, qui
acceptent qu'on fonctionne selon notre ancienne loi, qui est, en fait, trop
vieille, vétuste par rapport à la convention 2007.
Et là, récemment, la Floride a décidé qu'elle
débarquait donc, de notre entente parce que notre loi était trop vieille. Donc,
il n'y a pas de date butoir pour la portion en dehors des provinces
canadiennes, mais on constate que notre loi, elle est trop vieille, donc il n'y
a plus de partenaires qui souhaitent embarquer avec nous à faire de la
réciprocité, parce que notre loi, elle fonctionne dans un mécanisme à deux
étapes, et la convention, elle, prévoit seulement une étape, soit par formulaire.
Donc, on voit une conjonction, c'est la raison pour laquelle on n'intervient
pas seulement pour prolonger le projet pilote, mais pour prendre l'ensemble de
la convention. C'est qu'il n'y a plus de partenaires à l'international qui veut
avoir des ententes de réciprocité avec le Québec, parce que notre système, il
est trop vieux. Donc, comme une conjonction, si c'est assez clair pour vous.
Mme Garceau : Donc, là, le
gouvernement est au courant depuis quand? Que vous deviez... vous deviez intégrer,
là, des dispositions d'une convention dans un... dans un texte de loi afin de
pouvoir étendre le projet pilote? Vous êtes au courant...
Mme Labrecque (Élise) : ...du
projet pilote, on a fait le point avec la Cour, puis c'est là que ça s'est matérialisé,
là, qu'ils souhaitaient qu'on y aille par un projet de loi. Donc, c'est très
récent, là, c'est pour ça qu'on embarque dans un véhicule avec la bonne
collaboration du ministère de la Famille.
Mme Garceau : Bien, vous
étiez quand même au courant, avant le 27 février, que vous deviez agir et
déposer. C'est...
Mme Labrecque (Élise) : C'est
parce qu'on a dû... de toute façon, vous connaissez les étapes nécessaires à
rédiger un projet de loi puis à le faire autoriser par le Conseil des ministres,
donc, on le sait depuis un certain temps, mais il fallait trouver un véhicule
et puis... puis être capable d'avoir toute la... bien, tout le projet de loi et
tout le travail qu'il y a...
Mme Labrecque (Élise) : ...avec.
Mme Garceau : Mais si c'est
si important, parce que ça l'est, important, en termes d'assurer l'exécution
des décisions qui portent sur les obligations alimentaires, que ce soit entre
nos provinces, territoires ou à l'extérieur, comment ça se fait que le
gouvernement n'a pas agi avant? Et de présenter un projet de loi en bonne et
due forme avec toutes les dispositions législatives dans le cadre d'un projet
de loi, comme on a fait avec la Convention de La Haye concernant l'enlèvement
international et interprovincial? D'habitude, c'est cette façon-là, c'est une,
vraiment, une façon responsable, si je peux dire, de légiférer.
La Présidente (Mme Lecours, Les
Plaines) : Allez-y.
Mme Labrecque (Élise) : Bien,
on a été diligents dans la façon d'évaluer le projet pilote, parce qu'avant de
mettre en œuvre une mécanique aussi complexe qui fonctionne, par exemple,
son... le cœur, là, de cette mécanique-là, c'est par formulaire, c'est très
différent de ce qui se passe normalement devant les tribunaux civils en matière
familiale. Donc, on se devait de tester cette façon de faire là. Donc, ça a
toujours été prévu qu'on teste par le projet pilote. Maintenant, le fait qu'on
ne puisse pas le prolonger et qu'on doive, donc, trouver une solution
législative, ça, c'est récent. Donc, on a agi, là, en toute diligence, là, pour
ce qui est de tester ces formules-là. C'est quand même une adaptation du droit
de la famille, là, de fonctionner comme ça.
Mme Garceau : OK. Parlez-moi
un peu du projet pilote. Comment ça a fonctionné?
Mme Champagne Jourdain : Je
laisserai la parole à Me Labrecque pour parler du projet pilote, avec
consentement.
La Présidente (Mme Lecours, Les
Plaines) : Me Labrecque.
Mme Labrecque (Élise) : Bien,
le projet pilote est un succès. On a travaillé très fort avec la Cour
supérieure pour élaborer les... lesdits formulaires, parce qu'en fait, puisque
les parties n'ont plus à faire des procédures normales en droit de la famille,
il fallait que ces formulaires-là soient autoportants. Ils n'ont plus besoin
non plus d'aller voir un avocat pour pouvoir remplir ça, ils peuvent le faire,
là, s'ils le souhaitent. Mais... et donc, on... aussi faire des guides pour
expliquer ces procédures... ces formulaires-là. Donc, ça s'est très bien passé,
on a tout élaboré ça, il y a une très bonne réaction des gens.
Il faut savoir que cette convention-là,
peut-être que ça aiderait à comprendre, là, la convention, elle... c'est une
des deux avenues que les parents ont, c'est-à-dire qu'ils peuvent aller devant
la Cour supérieure eux-mêmes, représentés par un avocat, ou faire... faire
affaire avec l'autorité centrale pour faciliter les procédures. Donc, c'était
vraiment quelque chose qui est là pour leur faciliter la vie, ça fait qu'il
fallait s'assurer que ça soit clair. Ça fait que c'est ça, le résultat du
projet pilote, c'est-à-dire qu'on a testé la façon de faire par formulaire et
c'est très concluant.
Mme Garceau : OK. Donc, en
termes de... je voulais juste voir, parce qu'en ce moment, qui sont les
signataires de la convention? Parce que, à l'article un, quand même, vous avez
une disposition qui fait en sorte que... «la présente loi s'applique également
aux demandes de recouvrement d'aliments qui proviennent des provinces et
territoires canadiens, qu'ils aient ou non mis en œuvre la convention». Mais
d'habitude, ça ne fonctionne pas comme ça, il faut qu'on soit signataire de la
convention afin qu'elle soit applicable. Donc... Il y a combien de signataires
à la convention?
La Présidente (Mme Lecours, Les
Plaines) : Me Labrecque.
Mme Champagne Jourdain : Merci.
Il y a 56 États qui sont signataires de la convention. Ça inclut les
États-Unis et les pays de l'Union européenne et le Canada, là.
• (16 h 10) •
Mme Garceau : Oui, mais...
Mais là, comme le Canada, d'habitude, comme là on le fait, l'exercice, chaque
province territoire doit entériner. Donc, le Canada a ratifié, mais ça ne veut
pas dire que toutes les provinces et tout ça, comme je vois ici, le Manitoba et
l'Ontario, ça a été fait le 1ᵉʳ février 2024, Colombie-Britannique à
partir du 1ᵉʳ mars 2024. Donc, il y a juste trois provinces qui sont
signataires ou qui ont entériné.
Donc, deux questions, comment se fait-il
que nous autres, on est deux ans plus tard, et ça veut dire qu'on n'est pas
plus avancés s'il n'y a pas plus de provinces qui ont entériné cette
convention. Donc, il n'y a aucune urgence en ce moment pour l'entériner...
La Présidente (Mme Lecours, Les
Plaines) : ...Labrecque.
Mme Labrecque (Élise) : En
fait, pour les provinces, ce sera le même processus que pour l'international,
mais c'est en vertu de la Loi sur le divorce. Donc, ils n'ont pas besoin
d'avoir signé ou pas la convention, on l'applique en vertu de la Loi sur le
divorce. Donc, on va les appliquer. Ça va être pour l'ensemble du Canada à
partir du moment où les autres provinces veulent embarquer. C'est... C'est le
cas, là, toutes les provinces collaborent, là. Ça fait que vous comprenez que
la convention, pour nous, elle a... elle a un effet à l'international, mais au
fédéral, pour le fédéral, c'est la même mécanique. On reprend la même
mécanique, mais on l'applique pour les provinces à l'intérieur de la loi... de
l'application de la Loi sur le divorce. Donc, ils n'ont pas besoin d'avoir
adhéré, finalement, à la convention pour que ça s'applique à eux puisqu'on est
dans un autre régime juridique complètement.
Mme Garceau : Oui. Mais là,
il y a... il y a... il y a deux choses. Il y a les... il y a les décisions en
termes d'aliments qui sont octroyées en vertu de la Loi sur le divorce et il y
a d'autres décisions concernant des aliments, et ça, c'est en vertu du Code
civil et du Code de procédure civile du Québec. Donc, est-ce que vous êtes en
train de me dire que ça va être l'autorité centrale au fédéral qui va gérer? Il
me semble que ça ne fonctionne pas comme ça, là. C'est pour ça que le Québec
doit l'entériner pour que ce soit exécutoire ici. C'est pour ça qu'il y a eu
trois provinces qui l'ont entériné. Donc, on va devoir attendre les autres.
Mme Labrecque (Élise) : Non.
La Loi sur le divorce donne compétence pour qu'on fasse ce genre de
mécanisme... de réciprocité des aliments, mais ce n'est pas l'autorité centrale
fédérale qui gère ça. C'est chacune des autorités de chacune des provinces.
Donc, c'est juste que le régime juridique, il... sa source provient de la Loi
sur le divorce plutôt que de la convention, mais c'est... on va faire affaire
avec chacune des provinces.
Mme Garceau : Sauf que la Loi
sur le divorce n'affecte pas les décisions... ça n'a rien à voir avec des
décisions qui sont rendues comme les décisions de la Cour supérieure suite à
ça. Je vais vous donner des conjoints de fait. Des conjoints de fait n'ont rien
à voir avec la Loi sur le divorce, mais il va y avoir des décisions portant sur
les aliments concernant les enfants.
Mme Labrecque (Élise) : ...donne
compétence, qu'ils aient ou pas signé. C'est ce qui est dit dans le deuxième
alinéa, là. À partir du moment où on est capable d'avoir une réciprocité, on
va... on se permet de le faire, même si...
Des voix : ...
Mme Labrecque (Élise) : Est-ce
que notre légiste peut répondre?
La Présidente (Mme Lecours, Les
Plaines) : On aurait la réponse du légiste. Est-ce qu'il y a
consentement pour que la légiste puisse se répondre? Consentement. Je vais vous
demander de vous présenter, s'il vous plaît.
Mme Provencher (Sara-Eve) : Sara-Eve
Provencher, avocate au ministère de la Justice.
Donc, en fait, c'est ça, c'est que pour
les... pour les provinces qui n'auront pas mis... qui n'auront pas mis en œuvre
la Convention, on va quand même leur appliquer les lois du Québec quand elles
vont faire des demandes au Québec. C'est pour ça qu'on a rajouté «qu'ils aient
ou non mis en œuvre la convention». Donc, ça va au-delà de juste mettre en
œuvre la convention. On va aussi leur appliquer ce processus-là, parce que
nous, on n'aura plus d'autre loi qui va... qui va s'appliquer dans ce
contexte-là, donc on va leur appliquer ces règles-là.
La Présidente (Mme Lecours, Les
Plaines) : Mme la...
Mme Garceau : OK. Je tente de
comprendre comment, en termes de... comme on parle, pratico-pratique, là,
comment ça... le tout... le tout va fonctionner. Parce que ma compréhension,
c'est que chaque province, d'habitude, quand il y a une convention
internationale... chaque province, territoire doit l'entériner dans son corpus
législatif afin que ce soit applicable, afin qu'on puisse... que ce soit
exécutoire. Là, vous semblez me dire que non, pas pour cette convention. C'est
un autre modus operandi. Puis c'est lié à la Loi sur le divorce. J'ai de la
difficulté, là, à comprendre.
La Présidente (Mme Lecours, Les
Plaines) : Me Labecque? Me Labrecque. Allez-y.
Mme Labrecque (Élise) : Peut-être
qu'on peut revenir à la base, là, pour comprendre ça. C'est que chaque province
au Canada a une loi sur l'exécution réciproque des pensions alimentaires à la
base, OK. Donc, la nôtre, elle est vétuste...
Mme Labrecque (Élise) : ...donc
on la remplace. C'est ce qu'on fait là présentement, on met en œuvre la
convention, mais aussi, on remplace notre loi sur l'exécution réciproque. Donc,
on avait un fondement juridique pour faire des échanges avec chacune des
provinces, on n'avait pas besoin de la convention. Sauf que notre loi, elle est
trop vieille, elle ne nous permet plus de faire l'exécution réciproque avec les
autres provinces. La loi sur le divorce est embarquée il y a quelques années,
en disant : Vous pouvez le faire aussi pour les époux, donc tout ce qui
découle du régime de juridiction fédérale. Ça fait qu'on a pris le projet
pilote pour faire ça.
Donc là, ce qui arrive, c'est que ces
provinces-là, elles ont des lois d'exécution réciproque, et c'est en vertu de
ces lois-là qu'elles vont faire l'exécution réciproque avec nous. Donc, ici, on
vient juste clarifier que, oui, on applique la convention. La convention, c'est
pour... c'est pour clarifier qu'on va être capables de faire, tu sais, des...
cette réciprocité-là avec des États étrangers, mais avec le Canada, on
dit : Qu'ils aient ou pas adopté la convention, et elles ont des lois
d'exécution réciproque, et ça nous suffit. Donc, ça va être le même mécanisme
pour tout le monde, pour ne pas qu'il y ait deux ou trois mécanismes. C'est le
même formulaire, c'est la même chose qu'on va appliquer peu importe la
situation, que ce soit à des conjoints de fait dans une province, que ce soient
des époux dans une province, ou que ce soient des enfants ou des époux à
l'étranger. Donc, on s'assure que ça va être le même processus pour tout le
monde.
Mme Garceau : Parce que là,
on est en train d'adopter le système du fédéral, dans un certain sens, qu'ils
ont mis en place.
Mme Labrecque (Élise) : Qui
est fondé sur la convention de 2007, donc le... par formulaire, effectivement.
C'est comme si on essayait d'harmoniser tout ça. On faisait de la réciprocité
avec des États américains, d'une certaine... on en faisait avec des provinces,
puis ça nous limitait. Donc, là, on prend un processus qui, lui, est plus
facile, plus simple et fondé sur la convention, et c'est celui-là qu'on va
appliquer dans tous les cas de figure. Ça fait que c'est... c'est ça qu'on fait
dans ce projet de loi là.
Mme Garceau : OK. Donc, juste
pour comprendre, comment se fait-il que trois provinces, il y a deux ans, ont
entériné la convention? Pourquoi, nous, on est rendus au mois de mars 2026
puis on est en train de faire cet exercice-là?
Mme Champagne Jourdain : Bien,
peut-être donner un peu de contexte, parce que c'est vrai qu'on peut se poser
des questions aussi sur la date de la convention, mais aussi sur le fait qu'il
y ait trois provinces qui aient adhéré. Il y a des étapes d'analyse qui avaient
dû être effectuées, qui ont dû être effectuées. Ces étapes impliquaient que le
gouvernement fédéral puis toutes les provinces et territoires... En fait, ces
étapes-là impliquent que le gouvernement fédéral et toutes les provinces et
territoires du Canada y participent, là, ou sont tenues... Alors, en vertu de
la convention, c'est le Canada qui est l'État contractant. Puis la mise en
œuvre de la convention au Canada, elle s'est faite par étapes. Alors, d'abord,
la convention a été signée le 23 mai 2017, ensuite, la loi de mise en
œuvre du gouvernement fédéral a été sanctionnée le 1er mars 2021 et
ratifiée le 27 octobre 2023. Alors, l'entrée en vigueur était le
1er février 2024 pour le Canada et les autres provinces qui étaient
prêtes à mettre en œuvre la convention.
Peut-être pour revenir un peu à ce qui
s'est passé au Québec, à titre de premiers pas, bien, le Québec, lui, a édicté
le règlement sur le projet pilote, qui modifie certaines règles du Code de
procédure civile, ou en en édictant de nouvelles afin de faciliter les actions
ou les demandes interprovinciales ou internationales d'ordonnance alimentaire,
en vertu de la Loi sur le divorce, le 29 février 2024, pour une durée
de deux ans. Alors, c'est ça qui a fait en sorte, là, qu'on avait un projet
pilote, là, qui a permis d'expérimenter la procédure par formulaire, là, à la
cour. Certaines provinces aussi ont démarré la rédaction plus tôt que nous au
Québec. On voulait, nous, nous assurer, par un projet pilote, que le processus
fonctionnerait puis répondrait aux besoins des familles.
• (16 h 20) •
Mme Garceau : Je trouve un
peu curieux, je dois vous dire, l'hésitation du Québec, du gouvernement suite
au fait que le Canada a ratifié... Là, on parle de 2024, les trois provinces.
Pourquoi est-ce que le Québec ne l'a pas fait à ce moment-là, compte tenu qu'on
est en train de faciliter la procédure pour aider les familles et, on va se le
dire, aider, souvent...
Mme Garceau : ...les mères
pour aller chercher les pensions alimentaires, surtout pour les enfants. Donc,
pourquoi est-ce qu'on ne l'a pas fait tout de suite? Pourquoi un projet pilote
quand l'objet même c'est de faciliter via l'exécution, le recouvrement via un
formulaire?
Mme Champagne Jourdain : Mais
je pense que ces changements-là... En fait, ça impliquait de grands
changements, des changements importants au code de procédure, alors on voulait
s'assurer que ce soit, je dirais, concluant. Puis, ça... ça nous permette... On
voulait s'assurer, là, de... que ce soit un succès puis que ce soit concluant,
certainement. Alors, c'est pour ça qu'on a fait un projet pilote, pour
s'assurer d'abord et avant tout, avant de procéder à ces changements au code de
procédure, là, qui sont importants, que ça fonctionnait puis ça répondait aussi
aux besoins des... des gens concernés par, justement, le projet pilote et la
convention.
Mme Garceau : OK. Donc, où
sont ces... Quelles modifications au code de procédure... au code de procédure
civile? Parce que là, ça veut dire qu'il y a eu des modifications au Code de
procédure civile pour permettre le dépôt de formulaires.
Mme Champagne Jourdain : Si
vous me permettez, je vais laisser la réponse à Me Labrecque
La Présidente (Mme Lecours, Les
Plaines) : Me Labrecque.
Mme Labrecque (Élise) : Oui.
Non, il n'y a pas de modification au code, c'est que le projet pilote déroge au
code. Donc, le projet pilote, il dit : Bien, oui, voici les règles du Code
de procédure civile et les règles du Code civil. Mais ici, on déroge à ça pour
pouvoir faire des procédures par formulaire. Donc, il n'y a pas la demande
introductive d'instance comme on la connaît, puis tout ça. Donc, c'était ça
qu'il fallait s'assurer, que ça fonctionnait bien. On ne voulait pas non plus
multiplier les litiges devant les tribunaux s'il y avait des... des questions
sur les façons de faire. Donc, l'idée, c'était d'y aller par un projet pilote
pour voir si ça fonctionne bien. Puis après ça, bien, on prend ce projet de loi
là qui nous permet de déroger au code de procédure.
Mme Garceau : Donc, c'est qui
qui s'occupe des demandes? Est-ce qu'il y a une autorité centrale? C'est qui
qui s'occupe depuis les deux dernières années des demandes via formulaire?
Mme Champagne Jourdain : Je
vais laisser la parole à Me Labrecque.
Mme Labrecque (Élise) : Présentement,
c'est au ministère de la Justice qu'on traite ces demandes-là. Donc, c'est...
Puis, on... on s'assure donc que les dossiers sont en ordre avant de les
transmettre au greffe du tribunal.
Mme Garceau : OK. Donc, je
reviens à ma... une de mes premières questions en ce qui a trait la décision de
la Cour supérieure qui mettait fin au projet pilote, elle date de quand, cette
décision-là?
Mme Labrecque (Élise) : Mais
les discussions, on les a eues à la fin de l'automne. Et donc on a su, au début
de l'hiver, là, qu'il fallait procéder par un projet de loi. Donc, on a fait
très rapidement, là, pour être capables de... d'avoir ce projet de loi-là...
ces... ces amendements-là aujourd'hui.
Mme Garceau : Oui, mais... Et
c'est pour ça que je reviens à comment se fait-il qu'il y a eu plusieurs
projets de loi qui ont été déposés depuis notre retour à l'Assemblée nationale
cet automne. Si vous saviez, ça fonctionne, on veut accélérer, assurer, aider
les familles, et tout ça, comment se fait-il que ça n'a pas été une priorité du
gouvernement de le faire cet automne puis comment ça se fait qu'on se retrouve
aujourd'hui via un amendement en ce qui a trait une convention très importante
dans un projet de loi qui n'a aucun rapport avec la convention sur le
recouvrement des pensions alimentaires?
La Présidente (Mme Lecours, Les
Plaines) : Mme la ministre ou Me Labrecque?
Mme Champagne Jourdain : Est-ce
qu'on peut suspendre un peu? Je vais juste...
La Présidente (Mme Lecours, Les
Plaines) : On va suspendre quelques instants.
Mme Champagne Jourdain :
Merci.
(Suspension de la séance à 16 h 24)
(Reprise à 16 h 29)
La Présidente (Mme Lecours, Les
Plaines) : À l'ordre, s'il vous plaît! La commission reprend ses
travaux. Mme la ministre, nous attendons la réponse.
Mme Champagne Jourdain :
Merci, Mme la Présidente. Alors, pour répondre à votre question... Vous nous
demandiez pourquoi ça semble avoir pris du temps, là, de votre compréhension.
Alors, je vais essayer d'apporter un peu de clarté à ça.
Le projet pilote a été évalué à l'automne
dernier. Suite à l'évaluation du projet pilote, il y a eu des discussions avec
la Cour supérieure par rapport aux résultats du projet pilote, et la Cour
supérieure a pris... a pris... suite à ces discussions-là, a eu les réflexions
qu'elle a eues à avoir et, le 9 janvier, elle a rendu décision, et ça a été un
refus, là, de poursuivre le projet pilote. On nous a dit qu'il fallait
légiférer pour être capable de poursuivre... de poursuivre ou de mettre en
application la convention dorénavant. Alors, il y a eu... là, le 9 février, il
y a eu décision...
• (16 h 30) •
Des voix : ...
Mme Champagne Jourdain : ...le
9 janvier, pardon, il y a eu décision. Ensuite de ça, bien, il y a eu la
rédaction du projet de loi qui s'est faite très rapidement. Et, au début...
environ début février ou mi-février, j'ai eu les discussions, là, avec le
ministre de la Justice pour être capable...
16 h 30 (version non révisée)
Mme Champagne Jourdain : ...introduire
ces amendements-là dans le projet de loi n° 12 et faire en sorte qu'il n'y ait
pas de rupture de service trop longue pour les familles et qu'on puisse... qu'elles
puissent... qu'on puisse adhérer à la convention et faire en sorte que ce soit
plus simple pour eux.
Donc, dans l'ensemble, au contraire, ça
aura été très rapide. Il n'y a pas eu de laxisme de notre côté. On aura fait
les choses très rapidement pour s'assurer, là, qu'il n'y ait pas de rupture ou
le moins longtemps possible, parce qu'on le disait, actuellement, on est comme
en rupture de service, là, mais on est au mois de mars, donc qu'il y ait le
moins d'impact possible sur les gens qui sont concernés par la convention puis
l'adhésion du Québec à la convention.
La Présidente (Mme Lecours, Les
Plaines) : Mme la députée.
Mme Garceau : Merci, Mme la
Présidente. Mais, Mme la ministre, ce n'est pas... votre ministère porte sur
les... le réseau des services de garde éducatifs et non pas en ce qui a trait
la perception, le recouvrement de pensions alimentaires. Avec égard, là, c'est...
ce n'est pas vous qui êtes allée demander au ministre de la Justice : Est-ce
que je peux intégrer la convention de... internationale sur le recouvrement des
pensions alimentaires dans le cadre de mon projet de loi PL 12 qui porte sur
les réseaux de services de garde? Ce n'est pas comme ça que ça a fonctionné, je
présume.
Mme Champagne Jourdain : Bien,
effectivement, je ne lui ai pas demandé d'introduire son projet de loi puisque c'est...
c'est de... c'est de compétence du ministère de la Justice, mais le ministère
de la Justice avait besoin d'un véhicule pour pouvoir procéder, si vous me
permettez, pour pouvoir introduire les amendements qui permettent, dans le
fond, d'adhérer à la convention et ainsi pouvoir... pouvoir être capable, là, de
continuer à simplifier la procédure de recouvrement, là, pour les aliments.
Alors, le projet de loi n° 12 était en voie d'être...
Des voix : ...
Mme Champagne Jourdain :
...oui, d'être présenté, d'être présenté, puis c'était le véhicule, là, qui se
portait bien, là, pour pouvoir introduire ça. Et naturellement, bien, moi, je
comprends que, par ces amendements-là, on vient faciliter la vie des gens qui
sont touchés, que ce soient les enfants, que ce soient les époux, que ce soient
les ex-époux, bien, on vient... on vient leur faciliter la vie, là. Le projet
de loi l'a démontré, c'était concluant. Alors, pour le bien des familles puis
pour le bien des gens qui sont touchés par ce projet de loi là, bien, moi, j'ai
accepté de le faire, mais ce n'est pas l'inverse, évidemment.
Mme Garceau : OK. Mais...
Mais... Mais, de toute façon... Parce que, là, je vois, à l'article 10, qu'on
mentionne : «jusqu'à l'entrée en vigueur du premier règlement pris en
application du deuxième alinéa de l'article 4 de la présente loi». Donc, il va
falloir qu'il y ait des règlements ou un règlement qui va être rédigé pour
mettre en vigueur également les dispositions. Donc, est-ce que le règlement... est-ce
que tout ça est rédigé?
Mme Champagne Jourdain : ...vous
me permettez de laisser la parole à Me Labrecque?
La Présidente (Mme Lecours, Les
Plaines) : Me Labrecque.
Mme Labrecque (Élise) : On
travaille fort. Donc, cet article-là, jusqu'à là, il prévoit que c'est le
projet pilote qu'on maintient en vie, donc par une fiction juridique, là, pour
s'assurer qu'il n'y ait pas de bris de service.
Mme Garceau : Mais c'est...
c'est pour ça, si le projet de loi... le projet de loi, il est comme... c'est l'amendement,
comment se fait-il qu'on ne l'a pas mis dans un document distinct pour dire :
Voici, on va intégrer la convention, voici la loi sur le recouvrement
international, comme on a fait dans d'autres... avec d'autres conventions
internationales? Parce que de prendre cette convention puis de l'intégrer dans
un amendement, dans une loi qui n'a aucun rapport, on... Les avocats, pensez
aux avocats qui pratiquent, là, en droit de la famille puis les avocats qui
vont faire ce genre de choses là, il n'y a pas personne qui s'en va regarder
dans une loi sur les services de garde. Ce n'est pas... Ce n'est pas comme ça
qu'on fait les choses, honnêtement, là, on ne va pas légiférer comme ça au
Québec, on ne fait pas comme sur un coin de table, là, de légiférer puis d'intégrer
des dispositions. Puis on n'a pas regardé non plus l'ampleur des dispositions
de cette convention-là, parce que...
Mme Garceau : ...ça aussi, ça
pourrait faire l'objet de plusieurs discussions. Puis moi, je vais avoir
plusieurs questions à poser là-dessus, parce que, là, on est en train d'intégrer
complètement 65 articles dans un... dans un amendement dans un autre projet de
loi. Et, vraiment, ce genre de projet de loi, avec des dispositions très
importantes en ce qui a trait à l'exécution de décisions judiciaires rendues au
Québec, ou rendues ailleurs, parce qu'évidemment il va y avoir cette
réciprocité, c'est fondamental, c'est important que ce soit bien précisé dans
un projet de loi complètement distinct. Et n'il y avait aucune raison pour
laquelle le gouvernement ou le ministre de la Justice ne l'a pas fait. Avec
tous les autres projets de loi qui sont... qui ont été déposés depuis la fin du
mois de septembre, début octobre, on le savait, là, ça faisait au-delà d'un an
et demi, presque deux ans, là, que vous aviez un projet pilote. Je ne sais pas
si ça prenait vraiment une évaluation pour déterminer : Oh! savez-vous, il
va falloir intégrer tout ça parce qu'on voit que c'est favorable aux familles
du Québec.
Mme Champagne Jourdain : Bien,
peut être pour répondre à votre... à votre questionnement concernant les
avocats qui pourraient ne pas penser à aller vérifier dans le... dans le projet
de loi n° 12, bien, c'est un projet pilote qu'ils connaissent déjà bien,
on va prépublier le règlement pour obtenir aussi leurs commentaires. Alors, ils
vont être informés de ça, nécessairement, et on va avoir pris le temps
d'informer la communauté juridique qui ne serait pas au courant de ce projet
pilote là, qui se déroule quand même depuis deux ans. Probablement que
plusieurs juristes aussi ont eu à utiliser ce projet ou à prendre part à ce
projet de loi là pour répondre aux besoins de leurs... de leurs clients.
Puis, je rappelle, là, c'est un projet de
loi, ce sont des amendements, on édicte... on édicte une nouvelle loi. Ce sont
des amendements qu'on... qu'on intègre, là, pour soutenir les familles, là,
s'assurer qu'ils aient accès à des sommes qui leur sont dues plus facilement, à
coût presque nul. Alors là, on est en rupture de service. Il y a eu une demande
qui a été faite pour prolonger le projet pilote. Ça n'a pas été accepté par la
Cour suprême...
Une voix : ...
Mme Champagne Jourdain :
...supérieure, pardon, par la Cour supérieure, je suis désolée pour le lapsus.
Et, bien, on a trouvé une solution pour pouvoir s'assurer de pérenniser le tout
et faire en sorte qu'il y ait le moins d'impact possible sur les familles puis
qu'il y ait une rupture de service qui soit la moins longue possible.
Mme Garceau : Bien, il n'y
aura pas de rupture de service puisque vous allez... vous avez besoin d'un
règlement. Donc, est-ce qu'on ne pourrait pas faire le tout en même temps de
déposer le règlement et aussi le projet de loi? Et là je présume que... Et là
on me dit... On m'a montré, là, des notes concernant un briefing technique qui
a eu lieu. Et là je comprends que ce n'est même pas le ministère de la Justice
qui va être comme l'autorité centrale, ça va être le ministère du Revenu. On
n'a pas fini, parce qu'avec la perception... Puis j'ai eu personnellement
plusieurs dossiers, sur 30 ans d'expérience avec le ministère du Revenu,
concernant la perception de pension alimentaire. Ça fait que, là, ça va être le
ministère du Revenu qui va être aussi l'autorité centrale pour le recouvrement.
On va attendre très longtemps, malheureusement, pour le recouvrement des
pensions alimentaires. Ça ne va pas aider les familles.
Des voix : ...
La Présidente (Mme Lecours, Les
Plaines) : Me Labrecque.
Mme Labrecque (Élise) :
Simplement sur votre question sur la rupture de service, il y en a
véritablement un, si on ne peut pas prolonger le projet pilote, donc on est...
Présentement, il y a des dossiers qu'on ne peut plus traiter en attendant qu'il
y ait une solution législative qui soit trouvée. Donc, ces dossiers-là, ces
familles-là, on ne peut pas continuer à traiter leurs dossiers.
• (16 h 40) •
Mme Garceau : On pourrait...
on pourrait adopter l'article 10. «Jusqu'à l'entrée en vigueur du premier
règlement pris en application du deuxième alinéa de l'article 4 de la présente
loi, les dispositions du projet pilote modifiant certaines règles du Code de
procédure civile ou en édictant de nouvelles afin de faciliter les actions ou
demandes interprovinciales ou internationales d'ordonnance alimentaire en vertu
de la Loi sur le divorce (le chapitre C-25.01)...
Mme Garceau : ...alors, 6.11
«continue d'avoir effet». Donc pourquoi est-ce qu'on ne fait pas, via un
amendement, adopté l'article 10 qui vous permet de rédiger un projet de
loi en bonne et due forme? Et aussi peut-être, parce qu'on n'a pas eu, on ne
connaît pas l'évaluation, est-ce que des choses qui ont fonctionné...
fonctionné, des choses qui n'ont pas fonctionné? Mais aussi les juristes, parce
qu'il y ait des commentaires des juristes, ça fait deux ans qui sont là-dedans,
probablement qu'ils pourraient nous éclairer sur certains enjeux pour bonifier
un projet de loi, pour l'améliorer. On y va à vitesse très rapide sur un projet
de loi qui est exceptionnellement important en ce qui a trait à ces
65 articles de la Convention internationale. Puis là, vous avez la...
l'ouverture est là, dans l'article 10.
Mme Champagne Jourdain : Permettez
que maître Labrecque réponde.
La Présidente (Mme Lecours, Les Plaines) :
Allez-y, Me Labrecque.
Mme Labrecque (Élise) : Oui,
l'article 10, ici, il reste... il permet seulement de faire vivre le
projet pilote plus longtemps. Mais, comme on vous a dit, la Floride, par
exemple, ne veut plus traiter... avait une entente avec nous, l'a résilié parce
que notre régime ne fonctionne pas, donc notre régime est vétuste. On a des
ententes avec des États américains, ça ne fonctionne plus pour certains d'entre
eux. Certains nous ont avertis, d'autres ont carrément dit : Bien on ne veut
plus le traiter.
Donc, oui, on pourrait faire vivre le
projet pilote, mais ça ne réglerait pas le problème du Québec, qui a une loi
vétuste en matière d'exécution réciproque des pensions alimentaires et c'est
l'occasion ici, là, de la mettre à jour.
Mme Garceau : OK. Donc, la
loi vétuste dont vous parlez, là, c'est la Loi sur l'exécution réciproque
d'ordonnance alimentaire? C'est celle-là où on a les ententes, là, avec tous
les provinces et territoires, puis après ça on a, par décret, je comprends, des
ententes avec la Californie, la Floride, le Massachusetts, New Jersey,
Pennsylvanie, Maine, Vermont, New Hampshire, Oregon.
M. Cliche-Rivard : C'est
effectivement la Loi sur l'exécution réciproque d'ordonnances alimentaires qui
serait abrogée.
Mme Garceau : Oui, mais là,
moi, j'essaie de voir avec vous que l'idée, ça serait de prolonger parce que
vous avez l'article 10 qui aurait comme effet, si adopté, de prolonger le
projet pilote. Il y a quand même des ententes de réciprocité qui vont continuer
pour vous donner le temps, là, de déposer un projet de loi en bonne et due
forme avec le règlement.
La Présidente (Mme Lecours, Les
Plaines) : Me Labrecque.
Mme Labrecque (Élise) : Bien,
tout d'abord, juste pour préciser, dans les discussions qu'on a eues avec la
Cour supérieure, eux, ils nous disaient : le projet pilote, c'est bien,
mais la raison pour laquelle ils ne veulent pas le prolonger, c'est que ça fait
partie d'un cadre plus vaste puis ils estiment qu'il faut qu'on légifère de
manière plus large pour inclure l'exécution réciproque au complet, là, donc la
convention au complet. Donc, c'est eux qui, même, qui nous ont incités à mettre
en œuvre la Convention, ils disaient : C'est... c'est bien, là, le petit projet
pilote, mais là, vous êtes rendu à légiférer. Donc, c'est un peu leur
condition, en disant, bien, on arrête ici le projet pilote, parce qu'il faut
légiférer, donc c'est... Donc, il y a ça.
La deuxième chose, c'est qu'on a, comme je
vous le disais, des ententes avec neuf États, effectivement, mais
tranquillement, c'est de moins en moins d'États, alors qu'on cherche à aider de
plus en plus de familles. En mettant en œuvre cette convention-là, on serait
capable d'aller avec l'Union européenne, avec l'ensemble des États des...
américains, parce que notre procédure actuelle, dans l'article sept, on
abrogerait la Loi sur l'exécution réciproque d'ordonnance alimentaire. Cette
loi-là, elle ne convient pas parce qu'elle est trop complexe, elle est en deux
étapes, elle ne convient pas à cause qu'il n'y a pas de formulaire. Donc, il
n'y a plus personne qui veut transiger avec nous. Donc ici, on devient... on
est... on fait face à la fin d'un projet pilote et au fait que notre loi, elle
est vétuste. Donc c'est pour ça qu'on doit légiférer.
Mme Garceau : ...vous étiez
au courant que vous deviez légiférer quand même depuis un certain temps? Donc,
moi, la difficulté que j'ai actuellement, c'est... et je ne comprends pas
pourquoi on ne prend pas la voie de l'adoption de l'article 10, parce que,
de toute façon, il va falloir qu'un règlement soit mis en vigueur, soit rédigé
puis qu'il soit mis en vigueur pour mettre tout ça en vigueur également. Puis
là je ne sais même pas en ce qui a trait à l'autorité...
Mme Garceau : ...centrale
puis si c'est... Parce que ce n'est même pas désigné, en ce moment, là, dans
votre document. Donc, si la décision a déjà été prise, que ça va être Revenu
Québec, est-ce que Revenu Québec a les capacités, a les capacités de... de recevoir
et de gérer les demandes afin de pouvoir... Parce qu'il y a quand même des
délais, là, qui sont inscrits dans cette convention-là. Puis je ne sais pas
s'ils vont pouvoir respecter les délais. C'est préoccupant.
Mme Champagne Jourdain : Mme
la Présidente, là, on a des discussions qui concernent plusieurs articles à la
fois, en même temps. Alors, peut être que, si on pouvait procéder... Tu sais,
avoir une discussion sur l'article 1, ensuite l'article 2... Tu sais,
on pourrait répondre éventuellement.
La Présidente (Mme Lecours, Les
Plaines) : J'en conviens, j'en conviens. Je veux juste que vous
puissiez répondre à la question. Il reste quelques secondes à peine sur le
premier article. On va passer au deuxième par la suite, mais j'aimerais vous
puissiez lui répondre, s'il vous plaît.
Mme Champagne Jourdain : OK.
Parfait... La question portait sur...
Mme Labrecque (Élise) : L'autorité
centrale.
Mme Champagne Jourdain : L'autorité
centrale.
Mme Labrecque (Élise) :
...je vais y aller...
Mme Champagne Jourdain :
Je vais laisser...
La Présidente (Mme Lecours, Les
Plaines) : Ministère des Finances.
Mme Labrecque (Élise) :
Oui. Donc, cette question-là est traitée à l'article 4. L'autorité
centrale, effectivement, là, pour l'instant, ce qui est prévu, ce serait que ce
soit à Revenu Québec. La raison pour laquelle c'était le ministère de la
Justice avant, c'est qu'il y avait deux étapes. Ces deux étapes-là impliquaient
plus de procédures au niveau judiciaire, ce qui était normal. Mais avec les
formulaires, on n'a plus besoin de ça. Donc, c'est... ça n'a plus besoin d'être
au ministère de la Justice, puisque l'expertise est à Revenu Québec pour ce qui
est de la perception des pensions alimentaires. Ça devient comme normal que ce
soit eux qui deviennent l'autorité centrale. Maintenant, le ministère de la
Justice est complètement en collaboration avec Revenu Québec sur ces
questions-là. Et puis, on leur offre le soutien, là, dans n'importe quel
domaine, naturellement, en ce qui a trait au droit de la famille.
Mme Garceau : ...donc,
comment se fait-il que Revenu Québec ne faisait pas partie du projet pilote
afin de voir l'efficacité, est-ce que ça va fonctionner? Là on est avec une
autre entité, le ministère de la Justice. On ne sait même pas comment ça va
fonctionner avec Revenu Québec. L'évaluation qui a été faite n'est pas en vertu
de Revenu Québec, c'est le ministère de la Justice.
Mme Champagne Jourdain : Il
faisait partie du projet pilote, mais il n'était pas désigné comme autorité
centrale. Mais ils ont pris part au projet pilote. Peut-être sur les détails de
leur participation, si vous voulez ajouter?
Mme Labrecque (Élise) :
C'est bon?
La Présidente (Mme Lecours, Les
Plaines) : Allez-y.
Mme Labrecque (Élise) : Donc...
Bien, ils sont... ils font déjà le volet de la perception des aliments. Donc,
ils faisaient forcément partie du projet pilote. Puis là, la partie qui va leur
revenir, c'est la partie qu'on a évaluée. Donc, ils jugeaient qu'on était mieux
à même nous d'évaluer le projet pilote. Ils ont suivi ça tout du long. On a
travaillé ça avec eux, on a élaboré les formulaires avec eux, puis ils sont
prêts à prendre le relais à partir de là.
Mme Garceau : ...
La Présidente (Mme Lecours, Les
Plaines) : Mme la députée de Robert-Baldwin, on est toujours à... au
1. Est-ce qu'on peut passer au 2? Parce que vous avez, quand même, des
questions tout à fait pertinentes sur d'autres articles, mais est-ce qu'on peut
continuer la lecture?
Mme Garceau : Bien, on
peut continuer. C'est juste parce qu'évidemment, l'article 1, c'est
l'article qu'on introduit la loi et le fait qu'on veut intégrer cette
Convention dans... via cet amendement, là, l'article 38.0.1. Donc, c'est
pour ça que je pose des questions en ce qui a trait à... En ce moment, comment
se fait-il qu'on procède via cette voie de... d'amendements pour intégrer ou
d'entériner une convention internationale? Ça ne me semble pas être le meilleur
véhicule législatif.
Mme Champagne Jourdain : Mme
la Présidente, j'ai déjà répondu à ça, là, pour donner le contexte. Là, on est
actuellement en rupture, on a bien expliqué. À partir du 9 janvier, on a
eu la décision de la Cour supérieure et on s'est activés rapidement, là, pour
la rédaction du PL. On est... s'est assurés qu'il n'y ait pas de délais puis
qu'on puisse arriver et trouver un véhicule qui est celui du PL n° 12
pour pouvoir aller de l'avant. Alors, je pense qu'on a donné le contexte, là,
qui explique pourquoi aujourd'hui on est là puis qu'on présente ces
amendements-là.
• (16 h 50) •
La Présidente (Mme Lecours, Les
Plaines) : Est-ce qu'on peut passer à l'article 2, Mme la
députée?
Mme Garceau : Bien,
j'étais pour demander il y a combien, actuellement... il y a combien de... de
dossiers avec... Parce que c'est Revenu Québec qui est en train de gérer tout
ça, donc il y a combien de dossiers lorsque...
Mme Garceau : ...vous parlez
de rupture. On parle de combien de dossiers? Parce que je présume qu'il y a
déjà des décisions qui ont été exécutées, ça fait que ça ne va pas toucher ces
décisions-là. Ou est-ce que ça touche... J'essaie d'évaluer tout... le concept
de la rupture.
Mme Champagne Jourdain : Là,
est-ce que vous voulez savoir combien de projets sont mis sur pause parce qu'on
est actuellement en rupture? OK. Alors, actuellement, il y a 10 dossiers qui
sont ouverts. Il y en a quatre qui sont au tribunal, cinq qui sont en attente
de documents et un qui a été transmis à l'extérieur. Alors, ce sont ces
dossiers-là qui sont sur pause, je le dirais ainsi.
Mme Garceau : Il y a juste...
C'était un petit peu trop vite pour moi. 10 dossiers ouverts.
Mme Champagne Jourdain : Oui,
10 dossiers ouverts. Quatre qui sont au tribunal, cinq qui sont en attente de
documents, et un qui a été transmis à l'extérieur, donc à un autre État, là, il
est rendu dans un autre État pour...
Mme Garceau : Mais... mais
c'est pour ça que je dis que... Là, on parle... en tout cas, 20 dossiers...
C'est 10 au complet?
Mme Champagne Jourdain : Actuellement,
là, oui.
Mme Garceau : OK, je
m'excuse. OK, donc 10 au complet, mais les dossiers sont ouverts, ça fait que
ce n'est pas comme s'il va y avoir rupture, comme ça, avec ces 10 dossiers
là, si la loi n'est pas adoptée.
Mme Champagne Jourdain : Il
n'y a plus de traitement actuellement dans ces dossiers-là. On se repose.
Mme Garceau : OK, mais ces
dossiers-là, c'est lié avec... Est-ce que c'est des décisions du Québec? Est-ce
que c'est des décisions de l'extérieur?
Mme Champagne Jourdain :
...c'est la situation qui nous amène à légiférer. On a... La Cour supérieure a
déterminé qu'on ne pouvait plus faire progresser... qu'on ne pouvait plus
avancer ou traiter ces dossiers-là s'il n'y avait pas, si on ne légiférait pas.
On ne pouvait plus le faire dans le cadre d'un projet pilote à partir de la fin
du projet pilote, qui était le 28 février dernier.
Mme Garceau : Sauf qu'avec
l'adoption de l'article 10, ça fait en sorte que ces 10 dossiers vont
pouvoir continuer parce qu'il n'y a pas de règlement.
Mme Champagne Jourdain : Ce
n'est trop simple comme ça. Si vous me permettez, je passerais la parole à Me
Labrecque.
La Présidente (Mme Lecours, Les
Plaines) : Me Labrecque.
Mme Labrecque (Élise) :
Bonjour. Donc, pour... au-delà de faire revivre le projet pilote, il faut
vraiment avoir un cadre complet si on veut être capable d'exécuter d'autres
types de demandes qui proviennent d'autres... d'autres pays, parce qu'il y a de
moins en moins de gens qui veulent envoyer des demandes au Québec, comme on l'a
expliqué.
Mme Garceau : C'est ça. De
toute façon, ça vous prend un règlement, puis le règlement n'est pas prêt.
Donc, je ne comprends pas pourquoi on ne dépose pas un projet de loi puis qui
va avoir un règlement qui va faire en sorte que tout ça peut être fait en amont
et probablement très vite, parce qu'il est déjà rédigé.
Mme Champagne Jourdain : Me
Labrecque.
La Présidente (Mme Lecours, Les
Plaines) : Me Labrecque.
Mme Labrecque (Élise) : Donc,
il va falloir prendre un règlement, en effet. En attendant ce règlement-là,
c'est le projet pilote qui va faire figure de règle jusqu'à tant qu'on adopte
ce règlement-là. Donc, le projet pilote va faire figure de droit transitoire.
Mme Garceau : Mais c'est pour
ça... Donc, vous avez... Je comprends que la Cour supérieure a dit : Vous
devez légiférer, là, mais la Cour supérieure, ce n'est pas comme dans d'autres
dossiers où il y a une date butoir, que vous devez légiférer d'ici telle date.
Ça, vous ne l'avez pas. Donc, vous êtes un peu maître de décider quand est-ce
que vous allez déposer un projet de loi et le règlement pour vraiment mettre en
vigueur toute cette convention-là, je dirais, en bonne et due forme.
La Présidente (Mme Lecours, Les
Plaines) : Me Labrecque.
Mme Labrecque (Élise) : ...en
partie, tout à l'heure. Mais c'est sûr que la Cour supérieure ne nous dit pas
quand légiférer, ce n'est pas... ça ne ça lui appartient pas. La Cour
supérieure, par contre, en vertu de l'article 28 de la... du Code de
procédure civile, doit donner son accord pour prolonger le projet pilote, et
elle ne l'a pas donné, si bien qu'on est en...
Mme Labrecque (Élise) : ...de
service, c'est pour ça qu'on légifère. Donc, ce n'est pas la Cour qui nous
dit : Légiférez. Elle ne nous donne pas de date butoir comme dans un
jugement. C'est juste qu'en vertu de l'article 28 du Code de procédure
civile, ça prend son accord, on ne l'a pas. Et elle nous dit :
Légiférez... parce que moi, je ne vous donnerai pas l'accord. Donc,
l'habilitation du projet pilote, c'est l'article 28 du Code de procédure
civile.
Mme Garceau : Juste... Si
vous pouvez donner un instant, Mme la Présidente, je veux juste prendre
connaissance de l'article 28.
La Présidente (Mme Lecours, Les
Plaines) : Est-ce que vous voulez qu'on suspende?
Mme Garceau : Oui, s'il vous
plaît.
La Présidente (Mme Lecours, Les
Plaines) : On va suspendre quelques instants.
(Suspension de la séance à 16 h 56)
17 h (version non révisée)
(Reprise à 17 h 05)
La Présidente (Mme Lecours, Les
Plaines) : À l'ordre, s'il vous plaît! On reprend nos travaux. Mme la
députée de Robert-Baldwin, je pense que vous voulez faire une petite
conclusion.
Mme Garceau : Oui, merci, Mme
la Présidente. Juste pour un petit peu clore... clore le sujet, là, en ce qui a
trait à l'application de l'article 10, et c'est quand même un article
important, et je tente de comprendre pourquoi nous n'adoptons pas cet article-là,
parce que ça va faire en sorte qu'il n'y aura pas de rupture en ce qui a trait
aux 10 dossiers que vous avez actuellement, et qu'on procède, par la suite,
en bonne et due forme, avec le règlement. Et il y a aussi tout l'aspect qu'il n'y
a aucun groupe qui ont été consultés en ce qui a trait à l'amendement qui porte
sur une convention internationale en ce qui a trait à l'exécution et des
jugements et aussi le recouvrement des aliments...
Mme Garceau : ...et j'ose
croire que, dans les deux dernières années, avec le projet pilote, on pourrait
avoir évidemment des commentaires et... de différents groupes pour bonifier un
projet de loi.
La Présidente (Mme Lecours, Les
Plaines) : Ça, c'est l'article 10...
Mme Garceau : ...qui porte
sur cet enjeu important.
La Présidente (Mme Lecours, Les
Plaines) : ...je vais vous laisser répondre, après ça, on va
continuer. Ça vous va?
Mme Garceau : Oui, oui.
Mme Champagne Jourdain : Mme
la Présidente, je pense que Me Labrecque a été très claire sur le fait
que, pour pouvoir continuer, ça prend un cadre plus vaste et il faut inclure la
convention au complet. Alors, elle l'a expliqué à quelques reprises. Si on le
réexplique, la réponse ne changerait pas. Et peut-être, au niveau des
consultations, les partenaires du projet pilote ont été consultés, mais il n'y
a pas, en tant que tel, de groupes, d'associations qui représentent les parents
bénéficiaires d'une pension alimentaire, par exemple. Ce sont les gens qui sont
dans des procédures juridiques, là, qui sont concernés, là, tu sais.
La Présidente (Mme Lecours, Les
Plaines) : D'accord. Est-ce qu'on passe à l'article 2?
Mme Garceau : Bien là, juste
en réponse, en termes de la ministre, ça prend un cadre plus vaste, mais,
actuellement, c'est un... c/'est une façon, si je peux dire, intermédiaire pour
prolonger le projet pilote afin de pouvoir mettre en vigueur un projet de loi
qui comprend un cadre plus vaste. C'est... c'est là mon argument. J'ai beaucoup
de difficultés à comprendre pourquoi il n'y a pas d'adoption de
l'article 10. Je comprends, là, tout l'argumentaire concernant : On
veut un véhicule plus vaste, et tout ça, mais c'est pour ça qu'il faut faire un
projet de loi en bonne et due forme.
La Présidente (Mme Lecours, Les Plaines) :
Maître Labrecque...
Mme Labrecque (Élise) : Oui.
La Présidente (Mme Lecours, Les
Plaines) : Allez-y.
Mme Labrecque (Élise) : OK,
donc, on a besoin d'un cadre plus vaste, parce que la loi, elle est vétuste.
L'article 10, il n'est pas autoportant, ça nous prend une habilitation
réglementaire pour pouvoir faire le règlement pour faire la suite. Donc, on a
besoin de l'ensemble des dispositions, là, pour pour pouvoir avancer puis
permettre aux familles de... de bénéficier de cette procédure-là, qui, on le
rappellera, facilite par rapport à ce qu'ils doivent faire déjà, c'est-à-dire
qu'actuellement, ils peuvent aller chercher une pension ailleurs, mais, pour
ça, ils doivent ils doivent avoir des frais d'avocats, ils doivent faire
affaire à l'international pour ça. Donc, ici, on permet à des familles de le
faire à faible coût, même à pas de coût. Donc, c'est ce qu'on fait ici en
allant plus vaste que le projet pilote.
Mme Champagne Jourdain :
Voilà.
Mme Garceau : En tout cas,
tout ce que je peux vous dire c'est, je crois qu'il y a des associations, les
avocates en droit... les avocats, les avocates en droit de la famille. Il y a
différents... Il y a le Barreau, il y a différentes associations, c'est sûr et
certain qui auraient eu leur mot à dire en ce qui a trait... Parce que, là
aussi, compte tenu, puis on va y arriver, compte tenu que ça va être le
ministère du Revenu qui va être l'autorité centrale, je sais déjà qu'il y a
plusieurs... enjeux avec la perception de pension alimentaire en ce qui a trait
au ministère du Revenu.
• (17 h 10) •
Donc, c'est pour ça que je trouve que
c'est regrettable de procéder de cette façon-là, parce qu'on n'a pas, si je
peux dire, l'éclaircissement de différentes associations et des gens qui ont eu
l'expérience en ce qui a trait non seulement à ce projet pilote, mais des
avocats et des avocates qui sont en train de... Surtout avec la loi facilitant
la perception de pension alimentaire, les avocats, les avocates sont limités
dans la façon qu'ils peuvent faire des saisies après jugement ou avant
jugement, et tout ça, compte tenu de la loi, donc, et compte tenu des délais
liés à la perception via le ministère du Revenu. Donc, je pense que ça aurait
été quand même souhaitable d'avoir ces commentaires-là des gens afin exactement
de pouvoir le bonifier, un projet de loi, dans l'objectif de faciliter non
seulement...
Mme Garceau : ...c'est
vraiment de faciliter leur recouvrement. Parce que des fois, là, surtout
lorsque, on va se le dire, la plupart du temps, c'est des pères qui sont à
l'extérieur de la province ou du pays. Et souvent c'est très difficile
d'exécuter un jugement parce que les revenus ne sont pas déclarés, je vais vous
donner un exemple comme ça. Et donc ça prend un... beaucoup, beaucoup de temps
pour le ministère du Revenu pour faire la perception de ces aliments-là. Donc,
on n'est pas en train de faciliter... Votre objectif, qui est de faciliter,
dans le recouvrement des pensions alimentaires pour enfants et conjoints et
ex-conjoints, peut-être que oui, via le formulaire, on est en train de
l'accélérer, mais ça va peut-être... ça va peut être frapper un mur au
ministère du Revenu. Puis on ne sera pas plus avancé. Donc.
La Présidente (Mme Lecours, Les
Plaines) : Mme la ministre.
Mme Champagne Jourdain : Merci,
Mme la Présidente. Peut-être pour répondre encore une fois sur... à l'argument,
là, des avocats, de la consultation, que ça aurait été intéressant d'avoir le
point de vue des juristes ou des avocats. Bien, on peut conclure que bon nombre
d'entre eux... d'entre eux connaissent l'existence du projet pilote, mais il y
aura une prépublication dans les règles de l'art, et on aura certainement des
commentaires de ceux qui en ont à faire sur ce qui deviendrait une loi, là,
officiellement, là. Alors, on va s'assurer que, évidemment, ils soient au
courant de cette prépublication-là. Je pense qu'ils sont... sont bien au
courant de la procédure, puis on aura une opportunité d'avoir des commentaires
là.
Je rappelle par exemple qu'encore une
fois, pourquoi on fait ça, c'est pour s'assurer que des sommes qui sont dues à
l'étranger soient recouru beaucoup plus facilement et à coût presque nul pour
les familles. Alors, je comprends, là, qu'on faisait référence à un niveau de difficulté
d'aller percevoir des pensions alimentaires à l'étranger parce que les revenus
ne sont pas déclarés, mais on vient, nous, faciliter, dans le fond, la
procédure, en adhérant à la convention de Haye pour que les familles,
justement, en plus de tout ça, n'aient pas à avoir à débourser des sommes
importantes pour payer des avocats et que ce soit extrêmement complexe, long et
ardu pour ces familles-là d'avoir accès à des sommes qui leur sont dues dans
les États qui sont concernés par la Convention de La Haye.
Peut-être au niveau technique, je
laisserais la parole à Me Labrecque sur le niveau de difficulté, là, de
perception en fonction du fait que les revenus ne sont pas... ne sont pas
déclarés, là, faire une petite... une intervention.
La Présidente (Mme Lecours, Les
Plaines) : Me Labrecque.
Mme Labrecque (Élise) : Merci.
Mme la Présidente, il faut juste d'abord recadrer le... ici, on ne parle pas de
la perception des pensions alimentaires de revenus, là, ici, que fait Revenu
Québec dans les dossiers locaux, là, on s'entend. On est dans pension à
l'étranger. Ce qui va se passer avec le mécanisme de la convention, c'est que
ça va être l'état, là-bas, par exemple, du débiteur, qui va percevoir. Donc, ça
va être beaucoup plus facile, en fait. Ça a aussi pour objet de faciliter
là-bas la perception. Donc, on établit tout le... toute la mécanique et ça
permet que ce soit beaucoup plus simple, parce que, présentement, Revenu Québec
a des problèmes avec, justement, la perception à l'étranger, mais parce qu'il
n'y a pas d'entente de réciprocité, parce qu'on n'a pas adhéré à la convention.
Donc, en adhérant, ça va permettre à l'État, là-bas, de prendre le relais et
d'avoir les sous pour les personnes qui sont ici, là, les créanciers.
La Présidente (Mme Lecours, Les
Plaines) : Merci.
Mme Garceau : Donc, Mme la
Présidente, l'article 1 va entrer en vigueur quand?
La Présidente (Mme Lecours, Les
Plaines) : Maître Provencher.
Mme Provencher (Sara-Eve) : L'article 1
entrerait en vigueur à l'entrée en vigueur du règlement.
La Présidente (Mme Lecours, Les
Plaines) : Pardon, je m'excuse, pouvez-vous répéter, moi, je n'ai pas
compris.
Mme Provencher (Sara-Eve) : Oui.
L'article 1 va entrer en vigueur à l'entrée en vigueur du règlement.
La Présidente (Mme Lecours, Les
Plaines) : OK.
Mme Garceau : ...Mme la
Présidente, nous ne sommes pas plus avancés parce qu'il faut attendre le
règlement... Donc, c'était ça, mon argumentaire, c'était de, bien, qu'on dépose
le règlement, qu'il soit rédigé, le règlement. On a... Parce que ça va prendre
combien de temps pour le règlement? Donc, entre temps, un projet de loi peut
être déposé en bonne et due forme en ce qui a trait à la convention...
La Présidente (Mme Lecours, Les
Plaines) : ...Mme la ministre.
Mme Champagne Jourdain :
Effectivement, il faut adopter le projet de loi pour être capable de rédiger le
règlement. Je pense que ma collègue est très au courant de ça, je ne vais... je
ne vais rien lui apprendre en disant ça, alors c'est la procédure. Puis, comme
on le disait, quand on a eu la discussion sur l'article 10, bien, pour
être capable de continuer à procéder puis de... que les familles québécoises ou
les gens qui sont touchés par les amendements qu'on propose aujourd'hui et
l'adhésion à la Convention de La Haye, bien, il faut qu'on aille avec un cadre
beaucoup plus vaste, puis il faut inclure la convention au complet puis la
manière de le faire, bien, c'est en légiférant, puis c'est ce qu'on tente de
faire aujourd'hui pour être... s'assurer que les familles soient... continues
de bénéficier d'une procédure simplifiée à coût pratiquement nul pour pouvoir
avoir accès à des sommes qui leur sont dues par des conjoints, des époux ou des
ex-époux dans d'autres... ou des parents dans d'autres... dans d'autres états.
Mme Garceau : Merci et puis
je veux confirmer, ce n'est pas qu'on est contre la convention de La Haye puis
qu'elle soit entérinée et tout, c'est le véhicule que vous êtes en train
d'utiliser pour le mettre en vigueur, que, de toute façon, va être... il va y
avoir un délai en raison du fait qu'on doit attendre le règlement. Donc, on
n'est pas plus avancé, et ça va prendre du temps pour le règlement, mais vous
êtes aussi bien de déposer le projet de loi en bonne et due forme afin que le
tout soit fait en même temps.
La Présidente (Mme Lecours, Les
Plaines) : Maître... pas Provencher, Labrecque.
Mme Labrecque (Élise) : Oui,
oui. Mais le processus d'adoption d'un règlement, d'abord, il faut... ça prend
une disposition habilitante, donc il faut d'abord adopter le projet de loi,
ensuite on va pouvoir faire adopter le règlement. On va aller promptement, on a
déjà une idée de ce qu'on va mettre parce qu'on a un projet pilote, mais donc
c'est une séquence qui est projet de loi... projet de loi, ensuite on maintient
en vie, pour la période où on... on fait adopter le règlement, le projet
pilote, là il y a le règlement qui entre en vigueur, et on est complet à partir
de là. Donc, c'est la séquence la plus rapide, c'est pour ça qu'on l'a fait
comme ça.
Mme Garceau : Mais qu'est-ce
que vous avez besoin afin de... en ce qui a trait au règlement, est-ce que vous
avez besoin d'adopter toutes ces dispositions-là avant qu'un règlement soit
rédigé? Qu'est-ce que vous avez besoin en ce qui a trait au règlement? En
termes de fond.
La Présidente (Mme Lecours, Les
Plaines) : Me Provencher.
Mme Provencher (Sara-Eve) : En
fait, le règlement va venir préciser, là, certains choix que le gouvernement va
pouvoir faire, par exemple quant au champ d'application qui va s'appliquer
réellement au Québec, parce que la convention prévoit un champ d'application de
base, mais, dans le règlement, on va pouvoir venir préciser le champ d'application
élargi. D'autres choix, comme la procédure par formulaire, il faut venir le
prévoit par règlement, venir bien... bien expliquer les étapes dans le
règlement et d'autres... d'autres dispositions comme ça, comme il faut déroger
aussi au code de... au Code civil et au Code de procédure civile.
Donc, en gros, c'est vraiment pour
opérationnaliser la convention, c'est... c'est... le contenu... le contenu, les
règles juridiques qui sont dans la Convention elle-même.
• (17 h 20) •
Mme Garceau : Oui, mais, si
vous avez besoin, parce que, là, je comprends en termes du règlement, c'est le
règlement... parce que, dans votre projet de loi, là, vous référez à différents
règlements pour peut-être adopter certains... certaines dispositions, d'en
mettre de côté ou de faire des modifications. Donc, c'est pour ça que vous
avez... vous n'avez pas besoin... vous pourriez faire le règlement, le
règlement, parce que vous savez déjà qu'est-ce que vous voulez écarter ou
conserver ou vous allez nommer le ministère du Revenu en tant qu'autorité
centrale et tout ça. Vous savez déjà qu'est-ce que vous voulez mettre dans le
règlement. Donc comment se fait-il qu'on ne fait pas tout ça en amont? Parce
qu'on n'est pas en train de gagner du temps ici, là, parce que, le règlement,
ça va prendre du temps. Donc, nous, actuellement, là, on n'est pas en train
de... si je peux dire, d'expédier toutes ces questions, là, des
10 dossiers ou peut-être d'autres demandes, parce qu'il va y avoir un
délai...
Mme Garceau : ...il va y avoir
un délai qui découle, de toute façon, des... de toutes les dispositions que
nous avons dans... dans ce projet de loi, parce que ça va être par voie de
règlement. Donc, toutes ces précisions-là, vous êtes déjà au courant de
qu'est-ce que vous voulez ajouter ou enlever en ce qui a trait à la convention,
donc on est tout aussi bien de le faire tout en même temps.
Mme Champagne Jourdain : ...oui,
effectivement, on est... on est au courant en partie de... de ce qui pourrait
faire partie des règlements, mais comme c'est le cas dans... souvent, dans le
cadre de projets pilotes, bien, il faut analyser puisque, dans un projet
pilote, bien, on a travaillé sur quelques cas. Combien de cas on a...
Une voix : ...
Mme Champagne Jourdain : Une
trentaine de cas à peu près, là, qui ont... qui ont été intégrés ou qui ont été
travaillés à travers le projet pilote. Et il y a une analyse qui doit être
faite un peu plus élargie pour pouvoir réglementer. Alors, il faut que cette
analyse-là puisse se faire aussi pour être sûr de couvrir le plus large spectre
ou le spectre le plus large des cas qui pourraient se présenter, là, dans le
cadre de ce contexte-là, qui est la Convention de La Haye.
Mme Garceau : ...suspendre,
Mme la Présidente?
La Présidente (Mme Lecours, Les
Plaines) : Bien sûr. On va suspendre quelques instants.
Mme Garceau : Merci. Merci.
(Suspension de la séance à 17 h 22)
17 h 30 (version non révisée)
(Reprise à 18 heures)
La Présidente (Mme Lecours, Les
Plaines) : À l'ordre, s'il vous plaît! La commission reprend ses
travaux. Donc, nous avons suspendu quelques longues instants... quelques longs
instants pour plus d'explications hors micro. Mais je pense que c'est important,
il y a encore des questions. La parole était à Mme la députée de Robert-Baldwin.
On était à l'article 1. Est-ce qu'on passe à l'article 2 puis, après ça, on
continue? Il y a quand même beaucoup de questions pour les articles qui
suivent. C'est ça?
Mme Garceau : ...pour
certaines explications. Donc, nous... nous pouvons passer à l'article 2.
La Présidente (Mme Lecours, Les
Plaines) : Parfait. Mme la ministre, je vais vous demander à nouveau
de le lire.
Mme Champagne Jourdain : «2. Les
dispositions de la présente loi ou de ses règlements ont préséance sur toute
disposition inconciliable de la convention.»
Alors, cet article prévoit que des
dispositions de la loi ou de ses règlements ont préséance sur toute disposition
qui serait inconciliable...
18 h (version non révisée)
La Présidente (Mme Lecours, Les
Plaines) : ...parfait. Je vais juste vous mentionner que, ce que vous
venez de lire, ce n'est pas ce qu'il y avait dans l'amendement. Dans
l'amendement, il y a un «et», et là vous avez lu «ou», «les dispositions de la
présente loi ou de ses règlements». Alors, je veux juste que ça soit clair pour
tout le monde, ce qu'il y avait dans le... dans le document qui avait été
déposé en amendement et ce que vous venez de lire est différent. Alors, est-ce qu'il
a des...
Une voix : ...
La Présidente (Mme Lecours, Les
Plaines) : Pardon?
Une voix : ...
La Présidente (Mme Lecours, Les
Plaines) : Oui, c'est correct, c'est la version que vous venez de lire
qui est la bonne, c'est «ou», c'est «ou, ou».
Des voix : ...
La Présidente (Mme Lecours, Les
Plaines) : Ça, c'est parce que, ce qui est projeté, c'est l'amendement
qui a été déposé et sur lequel on travaillait. Je comprends que vous nous avez
envoyé un nouvel amendement. On va projeter le bon, mais il faut que les mots
soient... Moi, c'est pour ça que je vous le dis. OK?
Une voix : ...
La Présidente (Mme Lecours, Les
Plaines) : C'est parce que, ce que vous nous avez envoyé, on ne l'a
pas dans le... c'est le cahier. Je vais suspendre quelques instants, s'il vous
plaît.
(Suspension de la séance à 18 h 02)
(Reprise à 18 h 03)
La Présidente (Mme Lecours, Les
Plaines) : À l'ordre, s'il vous plaît! Donc, la commission reprend ses
travaux. Nous avons statué que le document que nous voyons devant nous, donc il
est déposé dans Greffier. Et le bon, je vais quand même vous demander, Mme la
ministre, de le relire comme il faut, l'article 2.
Mme Champagne Jourdain : Les
dispositions... 2. Les dispositions de la présente loi et de ses
règlements ont préséance sur toute disposition inconciliable de la convention.
Alors...
La Présidente (Mme Lecours, Les
Plaines) : Parfait. Alors, est-ce que j'ai des questions, des
commentaires sur le 2? Oui, M. le député... là, je suis en train... d'Hochelaga-Maisonneuve.
Allez-y.
M. Leduc : Merci. Bien,
simple curiosité, qu'est-ce qui pourrait être un exemple de dispositions dites
inconciliables?
Des voix : ...
Mme Champagne Jourdain : Me Labrecque
aurait un exemple.
La Présidente (Mme Lecours, Les
Plaines) : Me Labrecque, allez-y.
Mme Labrecque (Élise) : Par
exemple, comme on en a discuté hors micro, on pourrait... la convention prévoit
que c'est des aliments pour les enfants jusqu'à 21 ans, mais nous, on
pourrait y déroger puis aller plus loin, par exemple, en disant : Bien,
nous, les enfants, ils étudient plus longtemps, donc on voudrait prévoir des
pensions jusqu'à 25 ans. Donc, on pourrait aller un petit peu plus large.
Le mécanisme de la convention internationale prévoit qu'on est capable de
déroger pour certaines choses. Donc, on pourrait le faire en disant : Bien,
nous, on veut aller plus large.
La Présidente (Mme Lecours, Les Plaines) :
Est-ce qu'il y a d'autres questions ou interventions sur le 2? Oui, Mme la
députée.
Mme Garceau : Oui. Moi, j'aimerais,
sur ce point, en termes de la convention... Parce que moi, à la lecture de la
convention puis l'article 2 concernant «la présente convention s'applique aux
obligations alimentaires découlant d'une relation parent-enfant à l'égard d'une
personne âgée de moins de 21 ans», pour les enfants plus âgés, c'est où
dans la convention qu'on peut... qu'on pourrait modifier cet article-là, qu'on
pourrait l'élargir pour inclure des enfants plus âgés?
La Présidente (Mme Lecours, Les
Plaines) : Me Labrecque.
Mme Labrecque (Élise) : Oui,
on peut étendre l'application de la convention à l'article 2.2, alinéa 3,
paragraphe 3°, en fait, de la convention...
Mme Labrecque (Élise) :
...puis on pourrait le faire de plusieurs façons, donc, par exemple, l'âge en
était un. On pourrait inclure les conjoints unis civilement, ce qui n'existe
pas de manière standard. Donc, on pourrait faire ça, par exemple. Au Québec, on
pourrait... Au Québec, on a des aliments qui sont réciproques, c'est-à-dire...
Est-ce que vous voulez trouver la convention... l'article avant?
La Présidente (Mme Lecours, Les
Plaines) : Vous l'avez dans votre cahier, page...
Mme Garceau : ...2. Ah! bien
là, on est dans l'article 2...
La Présidente (Mme Lecours, Les
Plaines) : Article 2 de la convention, page 14 de votre
cahier.
Mme Labrecque (Élise) : Oui, l'article 2
de la convention au niveau... troisième paragraphe : «Tout État
contractant peut, conformément à l'article 63, déclarer qu'il étendra
l'application de tout ou partie de la convention à d'autres obligations
alimentaires découlant des relations de famille, de filiation, de mariage ou
d'alliance, incluant notamment les obligations envers les personnes
vulnérables.» Donc, je peux continuer, là, «une telle déclaration de créer
d'obligation entre deux États contractants que dans la mesure où leur
déclaration recouvre les mêmes obligations alimentaires et les mêmes parties de
la convention».
Mme Garceau : OK, donc, pour
vous, si on a une décision qui fait en sorte qu'un enfant ou le parent va
continuer à recevoir la pension alimentaire, parce que l'enfant a 22 ans
puis fréquente l'université, quelle partie de l'article 3 de la
convention... vous laisse l'opportunité ou vous permet d'élargir?
Mme Labrecque (Élise) : On dit
«étendra l'application de tout ou partie à d'autres obligations alimentaires
découlant des relations de famille». Donc, on peut aller aussi pour les enfants
majeurs de... entre 21 et 25 ans par exemple. Je vous donne un autre
exemple. Au Québec, on doit des aliments du parent vers l'enfant, mais c'est
vrai pour l'inverse aussi. Donc, admettons que nos parents sont vieillissants,
ça se pourrait qu'on puisse... qu'on doive donner des aliments aux parents. Ça
pourrait être étendu comme ça. Donc, on pourrait... C'est comme si on se disait
qu'on... ça bénéficiait plus largement à d'autres personnes. Donc, c'est ça que
ça permet, la convention. La convention, elle dit spécifiquement quand on peut
dépasser ou pas.
La Présidente (Mme Lecours, Les
Plaines) : Est-ce que ça va?
Mme Garceau : Oui, oui. Je
pense... je pensais que mon collègue était pour continuer. Donc, moi, je vais
continuer. Je vais juste revenir à l'article 2 du projet de loi et je
reviens à un des...à un de mes points au tout début. Et là je fais peut-être un
petit peu le mariage entre le troisième alinéa de l'article 1 et
maintenant l'article 2 parce qu'on parle de règlement. Et il appert que,
d'après le projet de loi déposé, il y a beaucoup de détails en ce qui a trait
au contenu, si je peux dire, le substantif, là, le substantiel, les détails qui
vont être déterminés par voie de règlement. Et surtout... là je reviens à mon
point initial en ce qui a trait à toute la question de : Oui, on veut, on
veut faciliter l'exécution des ordonnances, et tout, mais là on est en train de
déposer un projet de loi à l'intérieur d'un autre projet de loi qui n'a aucun
objet avec l'amendement en question.
Puis l'article 2 parle maintenant des
dispositions de la présente loi, et ces règlements ont préséance sur toute
disposition irréconciliable... ou inconciliable, je m'excuse, de la convention.
Mais là on n'a aucune idée de qu'est-ce que vous allez mettre dans les
règlements. Mais là on nous demande d'adopter l'article 2, ne sachant pas
qu'est-ce qu'on va prévoir dans les règlements, puis ça peut être très large.
C'est pour ça qu'on ne sera pas plus avancés.
(Consultation)
La Présidente (Mme Lecours, Les
Plaines) : Mme la ministre.
• (18 h 10) •
Mme Champagne Jourdain :
Merci, Mme la... Mme la Présidente...
Mme Champagne Jourdain : ...pour
répondre à la question, bien, peut-être rappeler, là, la... une réponse qu'on a
donnée aussi tout à l'heure, là, c'est qu'il y a eu un projet pilote,
effectivement, qui a été réalisé, qui s'est terminé le 28 février dernier,
projet pilote qui a porté fruit puis qui nous permet d'aller de l'avant, là,
avec l'actuel amendement 30.0.1. Je l'expliquais tout à l'heure, là, il y
a une analyse qui doit être faite suite au projet pilote pour être capable de
réglementer puis de s'assurer d'élargir le plus possible, là, afin de couvrir,
là, tous les... tous les scénarios ou les contextes qui pourraient... qui
pourraient... qui pourraient avoir lieu ou qui pourraient se produire dans le
cas des familles qui ont besoin d'aller faire de la perception d'aliments.
Alors, il y a cette analyse-là qui doit être faite pour réglementer. Et,
l'objectif, bien, c'est de se coller à ce qu'il y a actuellement au Québec, là,
en termes de... on disait, en termes de... de ce que là actuellement la loi...
l'obligation... L'objectif, c'est de se coller actuellement à ce qu'il y a...
ce qui existe déjà au Québec en termes d'obligations, là, pour les pensions
alimentaires, je vais le dire comme ça.
La Présidente (Mme Lecours, Les
Plaines) : Merci.
Mme Garceau : OK. Ma
compréhension, Mme la ministre, lors d'une réponse à une autre question, je
croyais que la raison pour laquelle on a déposé l'amendement à ce stade-ci...
parce que la décision avait été rendue par le tribunal au mois de janvier,
c'est parce que, là, il y a eu un délai pour analyser le projet pilote. Donc,
l'analyse a été faite, elle a été complétée. On n'a pas besoin d'une autre
analyse afin de déterminer les règlements. Moi, c'est ça, à date, ma
compréhension, l'analyse a été faite.
Mme Champagne Jourdain : Ce
qui a été analysé cet automne, c'est le projet-pilote avec les autres États,
les autres provinces, en fait, là, parce que le projet pilote portait
là-dessus. Maintenant, il faut analyser pour être capable d'étendre aux autres
États, par exemple aux pays de l'Union européenne ou aux différents États des
États-Unis. Je peux peut-être laisser Me Labrecque aller plus en technique si
vous avez besoin, là.
La Présidente (Mme Lecours, Les
Plaines) : Me Labrecque.
Mme Labrecque (Élise) : Donc,
on... on a analysé le projet pilote. Ça fonctionnait bien au Canada, mais la
Convention nous permet de faire des réserves. Donc, on a vraiment... on avait
la base avec le projet pilote, maintenant il faut se poser les questions si
on... on en veut plus, si on veut faire des réserves par rapport à la
Convention. C'est ce qu'on est en train d'analyser présentement.
La Présidente (Mme Lecours, Les
Plaines) : Merci.
Mme Garceau : OK. Donc
là, si je comprends bien, à date, sur les 30 dossiers, qui ont passé, là,
à travers le projet pilote, est-ce que vous êtes en train de dire que ça a été
des dossiers uniquement liés à d'autres provinces? Donc, on n'a eu aucune
expérience en ce qui a trait à l'extérieur du Canada avec un État des
États-Unis ou en Europe?
Mme Champagne Jourdain : C'est
ça.
Mme Garceau : OK. Donc,
encore une fois, on n'a... on n'a... on n'a pas assez de faits concrets,
actuellement, même pour rédiger les règlements, en ce qui a trait à comment ça
va s'appliquer entre le Québec et je vais dire, à l'extérieur, les pays
étrangers, comment la mécanique va se faire entre le ministère du Revenu Québec
et les autres autorités centrales, parce qu'on n'a pas eu l'expérience du tout.
On sait...
Mme Champagne Jourdain : ...Ça
va être la même mécanique qui va s'appliquer au niveau de... de l'autorité,
l'autorité centrale, là, d'un État à l'autre. Alors, qu'on soit dans un État,
dans une province canadienne ou dans un État à l'étranger, la mécanique demeure
la même...
Mme Garceau : ...la mécanique,
c'est l'autorité centrale. Donc, au Canada, est-ce que toutes les provinces et
territoires, c'est le ministère du Revenu qui est l'autorité centrale, ou
est-ce que c'est le ministère de la Justice, ou un autre ministère?
Mme Champagne Jourdain : Je
laisserais répondre Me Labrecque.
La Présidente (Mme Lecours, Les
Plaines) : Me Labrecque.
Mme Labrecque (Élise) : Selon
la loi actuelle, donc, c'est le ministère de la Justice qui est l'autorité
centrale. On collabore avec Revenu Québec. Dans la nouvelle... Dans la nouvelle
mouture, la loi, on prévoit de désigner ce que... c'est le gouvernement qui va
le désigner. Pour l'instant, c'est Revenu Québec qui est envisagé. Revenu
Québec, il faut savoir qu'actuellement ils font presque 90 %, si pas
95 %, du travail. C'est nous qui validons que tout est correct. On n'a
plus besoin de faire cette étape-là au ministère de la Justice. C'est pour ça
qu'on leur remet l'autorité centrale à ce moment-là.
Mme Champagne Jourdain : Puis,
pour les autres provinces, bien, c'est aux États de déterminer qui qui devient
leur... leur autorité centrale.
Mme Garceau : Dans les autres
provinces, est-ce que c'était le ministère du Revenu dans le projet pilote qui
faisait affaire avec des ministères du Revenu? Admettons, en Ontario, c'est
qui? C'est le ministère du Revenu ou le ministère de la Justice?
Mme Champagne Jourdain : ...question-là.
La Présidente (Mme Lecours, Les
Plaines) : Oui. Par contre, vous arrivez, alors je vais vous demander
de vous présenter. Consentement pour que maître Levasseur puisse répondre aux
questions? Consentement pour que maître... Oui. Consentement. Vous vous
présentez.
Mme Levasseur (Katie) : Bonjour.
Katie Levasseur, directrice au ministère de la Justice.
Une voix : ...
Mme Levasseur (Katie) : Oui!
Une voix : ...
Mme Levasseur (Katie) : Bonjour!
On s'est connues dans un...
Mme Garceau : Ah! c'était
dossier d'enlèvement d'enfant.
Mme Levasseur (Katie) : Donc,
dans les autres provinces, par exemple, en Ontario, c'est le Bureau des
ordonnances alimentaires qui... des ordonnances familiales qui s'occupe de la
perception. Donc effectivement, nous, c'est avec le... avec l'unité responsable
et de l'exécution réciproque et de la perception avec qui les... on traite ou
on transmet les dossiers.
Mme Champagne Jourdain : ...aussi
de qui est... est déclaré autorité centrale, là.
La Présidente (Mme Lecours, Les
Plaines) : Parfait. Mme la députée.
Mme Garceau : ...mais là je
comprends que le gouvernement du Québec va désigner le ministère du Revenu. Oui
ou non?
Mme Champagne Jourdain : Oui.
C'est ce qui est prévu.
Mme Garceau : C'est ça qui
est prévu. OK. Parce que ça, ça pourrait être au moins précisé dans le projet
de loi, parce qu'actuellement ce n'est pas précisé dans le projet de loi. Mais
là quel autre, par voie de règlement, pourrait avoir préséance sur des
dispositions qui seraient inconciliables avec la convention?
Mme Champagne Jourdain : ...répéter
le début de votre question?
Mme Garceau : C'est quel
autre, parce que, là, le... Là, je regarde le... l'article deux, et vous
mentionnez «les dispositions de la présente loi et ses règlements», parce que,
là, les règlements, on ne les a pas, vont avoir préséance sur toute disposition
inconciliable de la Convention. Donc, quel autre règlement est-ce que vous
comptez rédiger?
Mme Champagne Jourdain : Je
laisserais la parole à Maître Labrecque.
La Présidente (Mme Lecours, Les
Plaines) : Maître Labrecque.
Mme Labrecque (Élise) : Bien,
ici, c'est une façon de rédiger, là. On écrit «et de ses règlements» parce que
c'est celui qui... bien, l'habilitation réglementaire. On pourrait faire deux
règlements avec une habilitation, là, ça dépend comment on procède. On pourrait
commencer par un puis en faire un autre, là. C'est... Donc, c'est une façon de
rédiger qui inclut la réglementation. Mais, à ce moment-ci, on.... on envisage
faire un règlement. Il y a une loi. Il faut savoir que c'est un principe de
droit international, qu'on intègre ce qu'on veut des outils internationaux. Au
Québec, on est dans un État dualiste, ça fait qu'on amène ce qu'on veut. Donc,
c'est pour ça qu'on se garde la marge de manœuvre que ce soit notre droit qui
ait préséance. C'est... C'est ça, l'objectif de l'article, ici. C'est que notre
droit ait préséance. Comme ça, si nous, notre corpus évolue, bien, on s'assure
que c'est ce que nous, on a décidé, et que ce n'est pas la convention, là, qui
va décider à notre place.
• (18 h 20) •
Mme Garceau : Donc, compte
tenu... Parce que de la façon que c'est rédigé... Puis là je regarde, je suis
encore sur l'article deux, parce qu'on parle des dispositions de la présente
loi. Est-ce qu'il y a des dispositions...
Mme Garceau : ...à la
convention, parce qu'il y a quand même 65 articles que vous allez
décider : Non, on ne va pas intégrer dans notre corpus législatif. Donc,
il va y avoir un règlement qui va faire en sorte qu'on va écarter complètement
certains articles, certains aspects de la convention?
Mme Labrecque (Élise) :
Oui. Pour l'instant, la convention prévoit des variations où on peut décider
d'aller à un endroit ou à un autre. C'est comme ça qu'on va exercer cet
article-là. Ça nous permet de dire... par exemple, d'aller plus loin que le
21 ans, comme on disait tout à l'heure. Mais.... Donc, par exemple, la
procédure en aide juridique, on pourrait prévoir la nôtre, plutôt que la leur.
Mme Garceau : Bien,
j'allais là, je dois vous dire.
Mme Labrecque (Élise) : Super!
Vous lisez dans mes pensées.
Mme Garceau : Parce que,
bien, il y a aussi la question des délais. Ça, je vais peut-être y revenir,
mais il y avait l'article 15, l'assistance juridique gratuite pour les
demandes d'aliments destinés aux enfants. Donc, comment, ça, on va l'intégrer?
Ça va faire en sorte que... surtout les mères qui vont être principalement les
demanderesses pour le recouvrement, l'exécution, le recouvrement des aliments
pour elles-mêmes ou pour leurs... bien, là, c'est pour leurs enfants... Donc,
il va avoir... Comment ça va fonctionner en termes de l'assistance juridique?
Est-ce qu'on va l'intégrer, cet aspect-là?
Mme Champagne Jourdain : Je
laisserais répondre Me Levasseur.
La Présidente (Mme Lecours, Les
Plaines) : Me Levasseur. Allez-y, Me Levasseur.
Mme Levasseur (Katie) : Ce
qui est prévu sur la Convention, il y a deux options, soit de passer par ce
qu'on appelle l'aide juridique, donc fournir les services d'un avocat, ou on
peut prévoir une procédure qui fait en sorte que les parties n'ont pas besoin
d'avoir recours aux services d'un avocat. Donc, ça, c'est la procédure par
formulaire. Donc, c'est ce qui est... ce qui est envisagé pour le Québec. C'est
d'ailleurs ce qu'on a testé avec le projet pilote, que les gens pouvaient
fonctionner... compléter leur formulaire et pouvoir fonctionner à la cour sans
avoir recours à l'assistance d'un avocat. Donc, c'est la procédure pour
faciliter les... faciliter les demandes puis les démarches des citoyens.
Mme Garceau : OK.
Dans... C'est intéressant, parce que je sais qu'avec la Convention de La Haye,
en termes de l'enlèvement international, on exige souvent aux avocats de
déposer des procédures. Donc, il y a des... il y a des coûts associés.
L'autorité centrale est impliquée, mais il y a toujours des coûts juridiques,
là, associés. Donc, de votre réponse, je comprends qu'on va... si on utilise
l'autorité centrale, ça va être via un formulaire, un formulaire, donc il n'y
aura pas de frais juridiques associés à tout ce processus-là via le formulaire.
C'est ça? OK. Et donc, si, je vais dire, la partie demanderesse souhaite plutôt
aller via le processus judiciaire parce qu'une demande peut... va pouvoir être
faite devant un tribunal, donc est-ce que l'assistance juridique gratuite va
être donnée ou pas?
Mme Labrecque (Élise) :
...
La Présidente (Mme Lecours, Les
Plaines) : Oui, allez-y.
Mme Labrecque (Élise) : C'est
un ou l'autre. La partie peut décider d'engager ses avocats, puis y aller
d'elle-même ou faire affaire avec l'autorité centrale à l'aide des formulaires.
Donc, c'est vraiment un chemin qui est plus la procédure traditionnelle avec
les procédures comme on les connaît à la Cour supérieure, ou le formulaire par
l'autorité centrale. Donc, nous, on est là finalement... les conventions, ces
conventions-là, comme l'enlèvement d'enfants, on est là pour faciliter la vie
des gens parce qu'on sait que le droit international privé, c'est... c'est
lourd des fois. Donc, cette convention-là, elle permet de faire ça.
Mme Garceau : OK. Et là,
le formulaire que vous avez utilisé depuis les deux dernières années, ça va
être le même formulaire, ou est-ce qu'il va avoir des modifications? Parce
qu'il n'est pas... il n'est pas annexé, le formulaire au projet de loi.
La Présidente (Mme Lecours, Les
Plaines) : Oui, allez-y.
Mme Labrecque (Élise) : Non,
parce que le règlement va prescrire qu'est-ce qu'il va contenir. Donc là, on va
prendre ce règlement-là, mais ça va être sensiblement le même. Peut-être qu'il
va y avoir des adaptations pour l'international versus le Canada, là, on va
voir si on fait ça. Mais la base, là, le... le cœur de tout ça, ce sera la même
chose. Puis on a des... comme je vous disais, des guides explicatifs qui aident
les gens aussi à remplir. Donc, on s'est assurés, avec la Cour supérieure, que tout
ça...
Mme Labrecque (Élise) :
...c'était facile pour le citoyen.
Mme Garceau : Mais avec vos
explications, surtout en ce qui a trait au fait qu'on n'a pas eu l'expérience
ministère de la Justice, Revenu Québec, là, avec des pays étrangers, concernant
toute la question du recouvrement de pension alimentaire via le projet pilote,
ça va quand même prendre un certain... Est-ce que vous avez déterminé en
fonction du délai, de l'analyse qui doit être faite afin de pouvoir adopter des
règlements en fonction de l'étranger?
Des voix : ...
Mme Champagne Jourdain : Le
règlement devrait être élaboré puis adopté à l'intérieur de six mois. On disait
trois à six mois, là, donc un maximum de six mois.
Mme Garceau : Donc, à part du
formulaire, de qu'est-ce qu'on va mettre dans le formulaire, parce qu'il
pourrait y avoir des distinctions entre provinces à l'intérieur du Canada et
pays étrangers, les États-Unis également, je présume, est-ce qu'il y a d'autres
règlements envisagés en fonction de ce... de cette convention?
Mme Champagne Jourdain : Non.
Mme Garceau : Donc... bien,
il y a des règlements, il y a un règlement concernant le formulaire, qu'est-ce
qu'on va mettre dans le formulaire, mais je présume qu'il va y avoir d'autres
règlements qui découlent de certains... je présume qu'il va y avoir des détails
ou des choses qu'on ne va pas intégrer dans le... qu'on va vouloir... qu'on ne
voudra pas intégrer dans le projet de loi, qu'on va vouloir écarter de la
convention. Parce que, là, en ce moment, on intègre tout. Ça fait que, je
présume, ça va être via voie réglementaire qu'on va dire : Ah! l'article x
de la convention est écarté. Je présume que ça va être par voie réglementaire,
parce que c'est la façon que le projet de loi est rédigé, c'est... les
65 articles, là, qu'on adopte, ça fait partie de notre droit, puis là ça
va être par voie réglementaire qu'on va ajouter, qu'on va prolonger, qu'on va
écarter. On va pouvoir faire beaucoup de choses, là, par voie réglementaire.
La Présidente (Mme Lecours, Les
Plaines) : Mme la ministre.
Mme Champagne Jourdain :
Effectivement. Puis le règlement... on prévoit un règlement qui, lui, devrait
prévoir plusieurs éléments. Et là on faisait référence tout à l'heure, entre
autres, là, au règlement... on faisait référence au formulaire. Bien, le
règlement devrait prévoir les adaptations nécessaires afin de permettre une
procédure par formulaire, mais on parle d'un règlement qui prévoit plusieurs
choses, plusieurs éléments.
Mme Labrecque (Élise) : Comme...
je peux répondre?
La Présidente (Mme Lecours, Les
Plaines) : Oui, allez-y, Me Labrecque.
Mme Labrecque (Élise) : Donc,
le règlement, on en prévoit qu'un qui va vraiment essayer de couvrir
l'ensemble... qui va couvrir l'ensemble du processus. Donc, comment on... c'est
quoi, les adaptations nécessaires au Code civil, au Code de procédure civile
pour que la procédure par formulaire fonctionne. Donc, tout ça va être dans ce
règlement-là et ça va nous établir notamment les paramètres du formulaire, mais
tout le reste, par exemple, à quels articles du Code de procédure civile on
doit déroger pour que ça, ça marche. Donc, normalement on dépose une demande à
la cour. Là, on ne le fait pas, c'est le formulaire. Donc, c'est ça qu'on va
prévoir dans ce règlement-là. Donc, toute la séquence pour que le dossier du
début à la fin soit adapté, donc il faut adapter des règles. C'est ça qu'il va
y avoir dans ce règlement-là.
• (18 h 30) •
Mme Garceau : Et là est-ce
qu'il va y avoir des règlements également en termes de si une partie décide
d'utiliser la voie judiciaire?
Mme Labrecque (Élise) : Non,
le...
Mme Garceau : Est-ce qu'il va
y avoir un processus qui va être différent, qui va être lié en fonction de la
convention de la... pour faciliter... même si une partie décide de procéder via
une demande devant un tribunal, est-ce qu'il va y avoir une procédure
accélérée? Est-ce qu'on va prévoir quelque chose pour faciliter? Parce que,
sinon, on tombe dans des motions, des applications régulières qui peuvent
prendre un certain temps...
18 h 30 (version non révisée)
Mme Champagne Jourdain : ...Me
Labrecque.
Mme Labrecque (Élise) : On a
vraiment deux choix : ou on prend le processus... accéléré de la
convention par formulaire ou sinon c'est les règles normales du code de
procédure qui s'appliquent. Ça fait que le règlement, il va prévoir les
adaptations nécessaires pour la procédure accélérée par formulaire. Puis, si la
partie, elle veut procéder normalement, elle va aller selon les règles du code
de procédure.
Mme Garceau : Donc, la
procédure accélérée veut dire quoi, en termes de délai, comme du début à la
fin? Parce que j'ai vu qu'il y a des délais qui sont prévus à l'intérieur de la
convention. Ils sont... Ils sont... Ils ne sont pas si courts que ça, là. Je
vois l'article 12. Donc, est-ce qu'on va se conformer à l'article 12
ou est-ce qu'on va peut-être faire en sorte que les délais soient plus courts
ou plus longs, même? Est-ce qu'on va déroger, si je peux dire, au délai, là? Je
vois à l'article 12.
La Présidente (Mme Lecours, Les
Plaines) : Me Labrecque.
Mme Labrecque (Élise) : À
partir du moment où le formulaire est rempli correctement par la partie, donc
nous, on doit s'assurer qu'elle est... qu'elle est remplie, là, que la partie
est remplie correctement, le formulaire. Une fois que ça, c'est rempli, c'est
plus rapide puisqu'on est directement au greffe. Puis là ça... on n'a pas
besoin des représentations, du temps pour mettre en état le dossier. Vous
connaissez la procédure normale en matière familiale, là, c'est quand même plus
long. Donc, c'est ce que ça sauve, là, le formulaire.
Mme Garceau : Mais là, en
termes de votre expérience au Québec, parce que, là, on a juste fait affaire
avec les provinces, ça prend combien de temps en termes de délais, actuellement,
pour faire valoir des droits d'une créancière? En termes de dépôt du formulaire
et le recouvrement, ça prend combien de temps? La moyenne?
Mme Champagne Jourdain : ...dossiers.
Peut-être pour nous donner quelques... exemples, je peux... je peux passer la
parole à Me Levasseur.
La Présidente (Mme Lecours, Les
Plaines) : Me Levasseur.
Mme Levasseur (Katie) : Lorsque
le dossier, comme Me Labrecque disait... lorsque le dossier est complet, est
rendu à la cour, en fait, les délais, c'est... il est mis au rôle par le
tribunal. Et, quand le dossier complet, il peut procéder immédiatement, là,
avec le dossier. Donc, c'est... il y a des étapes que... en moins, là, qu'on...
que... En fait, comme c'est... ils se sont entendus sur... bien, par le
formulaire, le demandeur, lui, est présent que par formulaire, donc ça peut
procéder beaucoup plus rapidement quand tout le monde... les formulaires sont
complets. La défense a été répondue par formulaire aussi, donc il procède. C'est
mis au rôle puis c'est procédé à la cour. Donc, les délais, c'est le délai de
mise au rôle, là, au dossier de la cour, là.
Mme Garceau : OK. Mais là, en
termes de délais, si je peux dire, de communication... Parce que, là, ma
compréhension du processus, maintenant, on veut accélérer, on ne veut pas que,
je vais le dire ainsi... que la créancière va assumer des frais. C'est ça, l'objectif,
qu'on n'assume pas de frais afin de pouvoir aller exécuter une décision
judiciaire à l'étranger. Donc, une fois qu'on complète le formulaire, c'est
quoi, le processus? Mettons, j'ai mon monsieur qui est en, on va dire... en
Allemagne, à titre d'exemple. Donc, on complète le formulaire ici parce qu'on
a... on complète le formulaire, donc, mais mon... mon débiteur est à l'extérieur,
donc comment est-ce que ça fonctionne? Comment est-ce que ça va fonctionner?
La Présidente (Mme Lecours, Les
Plaines) : Allez-y.
Mme Champagne Jourdain : Je
pense que, si Maître Levasseur prenait le temps d'expliquer la procédure avant
puis ce que c'est maintenant, là, en vertu du projet pilote, mais ce que ce
sera aussi, ça permettrait de répondre ou donner un portrait, là, plus clair,
là, de répondre probablement à quelques questions, là, qui sont en lien avec
ça.
La Présidente (Mme Lecours, Les
Plaines) : On attend vos explications. Allez-y.
Mme Levasseur (Katie) : Présentement,
la procédure est ce qu'on appelle en deux étapes. Donc, le demandeur doit s'adresser
au tribunal de son état. On va prendre un exemple. Un demandeur au Québec doit
s'adresser à la Cour supérieure pour obtenir un jugement provisoire qui est à
confirmer. Donc, le tribunal de la Cour supérieure va rendre un jugement, va
entendre la partie demanderesse, va rendre un jugement, et ce jugement-là va
être transmis à l'autorité compétente dans l'autre province. Et...
Mme Levasseur (Katie) : ...là
le tribunal va entendre la partie défenderesse qui est dans l'autre province.
Et là il a trois options, il peut soit rejeter complètement le jugement qui est
provisoire, qui a été... qui a été établi, par exemple, au Québec, il peut le
modifier ou il peut rendre un nouveau jugement. Donc, lui, dans le fond, il
rend son jugement à partir de la preuve qui est au jugement provisoire, et la
preuve qu'il a entendue de la partie défenderesse qui est dans son État.
Maintenant, la procédure par formulaire, en vertu de la convention, la partie
demanderesse, au lieu de s'adresser à son tribunal, elle va compléter un
formulaire. Et ce formulaire-là, on va prendre dans le sens vers le Québec,
supposons, un créancier alimentaire veut obtenir une pension au Québec, va
compléter le formulaire, va... Le formulaire va être transmis à l'autorité...
par les autorités centrales à l'Autorité centrale du Québec. On va s'assurer
que c'est complet. Quand c'est complet, c'est ce formulaire-là qui va servir de
demande judiciaire. Donc, ça ne sera pas une demande comme on retrouve
actuellement au Code de procédure civile, donc, c'est pour ça qu'on dit que
c'est allégé. C'est le formulaire qui va servir de demande et il sert également
de preuve avec les documents qui vont accompagner le formulaire, là, par
exemple, les preuves de revenus qui devraient être jointes, là, avec le
formulaire pour établir la preuve. Ensuite, la partie défenderesse, au Québec,
elle va produire également par formulaire sa défense. Donc, ce ne sera pas une
défense comme au Code de procédure, mais également on a prévu un formulaire
que... le formulaire de défense. Donc, les deux parties procèdent par
formulaire.
Mme Garceau : OK. Je veux
revenir à... Il y a un jugement rendu au Québec, la créancière est au Québec,
les enfants sont au Québec. Monsieur quitte, est rendu aux États-Unis,
admettons. Et là on a des problèmes d'exécution parce que là il est parti. Donc
là, madame, elle a un jugement. Donc là, madame va signer un formulaire, je
présume, le jugement va être annexé. Mais là Québec fait quoi avec le
formulaire et le jugement afin qu'il soit exécuté aux États-Unis via
maintenant, la convention?
Mme Levasseur (Katie) : Ce
qu'il va faire, Revenu Québec, présentement, le formulaire, c'est qu'on prend
le formulaire complété avec le jugement. Il est transmis à l'autorité désignée
dans l'autre province ou dans un des neuf États américains. Et eux, à ce
moment-là, procèdent à l'enregistrement du jugement chez eux, dans leur greffe
et, après ça, voit à percevoir le jugement. Donc, c'est dans l'État requis, où
qu'ils vont percevoir la pension alimentaire à partir du jugement qui a été
rendu au Québec.
Mme Garceau : C'est ça. Puis
après ça?
Mme Levasseur (Katie) : Eux
vont percevoir l'argent, vont le transmettre à l'autorité... bien, sous la
convention à l'Autorité centrale et qui, elle, va l'acheminer au créancier
alimentaire.
Mme Garceau : OK, donc...
Parce que là j'ai compris : Est-ce qu'il va y avoir des modifications à ce
processus-là ou...
Mme Levasseur (Katie) : Non,
ça, c'est ce qui est prévu.
Mme Garceau : C'est ça qui
est prévu. OK. Et donc ça, est-ce que ça va être prévu... les détails vont être
décrits dans un règlement en termes du processus?
Mme Levasseur (Katie) : En
fait, c'est déjà prévu à la convention et, s'il y a des détails à avoir, c'est
nous... pour indiquer que ça va être déposé au greffe de la Cour supérieure ou
au tribunal compétent, là, il faut préciser, nous, en fait, l'atterrissage chez
nous, dans nos registres judiciaires, il faut prévoir où on va le déposer.
• (18 h 40) •
Mme Garceau : Donc, en termes
de... pour revenir, en termes de règlement, est-ce qu'on va prévoir... Parce
qu'il y a tout cet aspect aussi de délai entre le dépôt d'un formulaire et le
recouvrement des aliments ou de la dette, est-ce qu'on va prévoir des délais...
Parce que je vois ici qu'il y a des délais dans la convention, est-ce qu'on va
prévoir des délais qui seront différents que ceux prévus...
Mme Levasseur (Katie) : ...Oui.
En fait, c'est... l'objectif est de... de respecter les délais qui sont prévus à
la Convention.
Mme Garceau : OK. Est-ce
que... par voie de formulaire, est-ce qu'un défendeur va avoir la possibilité
de contester la transmission qui dit : Il y a des choses dans le
formulaire qui sont inexactes? Est-ce qu'il va y avoir une possibilité de
contester les informations qui sont transmises, admettons, par le Québec à... à
l'autorité centrale étrangère?
Mme Levasseur (Katie) : Oui,
dans la défense. Et, lorsque c'est une reconnaissance de... une reconnaissance
de jugement également, là, c'est prévu à la Convention.
Mme Garceau : OK, mais
là je parle par voie de formulaire.
Mme Levasseur (Katie) : ...oui,
par formulaire. Effectivement, lorsqu'il est à la cour, en défense, il produit
également un formulaire, mais il a eu accès à la demande du créancier. Donc, il
va pouvoir répondre. Dans son formulaire de réponse de défense, il va pouvoir
venir répondre aux éléments s'il considère qu'il y a des éléments qui sont...
ou...
Mme Garceau : Qui sont
inexacts ou fautifs, ou... Et donc, même par voie de formulaire, ça se peut
qu'une créancière va devoir embaucher les services d'un avocat, si c'est
contesté.
Mme Levasseur (Katie) : Non.
Mme Garceau : Non?
Mme Levasseur (Katie) :
Parce que ça se fait... la preuve se fait par formulaire. Donc, le tribunal va
partir de la preuve qui est indiquée au formulaire avec les... les documents,
là, qui vont avoir été joints en soutien.
Mme Garceau : OK. Donc,
comment... Est-ce que la contestation par le débiteur est faite par voie de
formulaire?
Mme Levasseur (Katie) : Oui,
comme c'est au tribunal. En fait, c'est sa défense. Au lieu de la produire par
une défense selon le code de procédure actuel, donc, sa défense va être par
formulaire. Donc, lui, également, va compléter son formulaire, il va mettre les
éléments de défense qu'il a à faire valoir par rapport à la demande qui a été
soumise par le créancier. Et c'est au... au vu, si je peux dire, de ces
éléments-là de... de défense que le tribunal va statuer. La partie pourrait
décider, par ailleurs, de s'adresser au tribunal.
Mme Garceau : Donc,
c'est ça. C'est parce que, dans un certain sens, même si on veut accélérer
la... on pourrait accélérer le processus via la voie de formulaire, mais ça se
peut aussi que... Il y a l'aspect de contestation qui est possible. Et donc,
une créancière pourrait se retrouver, dans un certain sens, devant un tribunal,
à l'étranger.
Mme Levasseur (Katie) :
Non, c'est le... le demandeur, c'est celui... Dans la majorité des cas, le
demandeur va être le créancier alimentaire, là, plutôt... il y a moins de... de
cas où c'est le débiteur, là, qui ferait la demande, par exemple, d'enregistrer
le jugement de pension alimentaire, là. Ça l'arrive, là, que certains débiteurs
alimentaires, que ce soit eux qui viennent demander à ce que ce soit déposé,
mais habituellement, c'est le créancier alimentaire. Donc, c'est vraiment...
c'est le créancier qui va faire la demande, donc c'est le débiteur qui va être
en défense, là, par rapport aux éléments demandés. Donc, le créancier ne se
retrouve pas... C'est lui qui est demandeur, là, ce n'est pas lui qui...
Mme Garceau : Oui,
mais... mais si... s'il n'est pas d'accord avec les faits ou qu'est-ce qu'il va
y avoir dans la... dans le formulaire, à un moment donné, ça va se retrouver
devant un tribunal. Donc, la preuve de la créancière va se faire via un
formulaire.
Mme Levasseur (Katie) : ...Effectivement,
mais le tribunal pourrait demander à entendre le créancier. Ça pourrait se
faire par visioconférence, là, maintenant, les technologies nous le permettent.
Donc, ça, c'est un élément qu'on... qu'on permet au... à la Cour d'utiliser,
là. Donc, c'est une option que le tribunal pourrait entendre. Le... le
demandeur...
Mme Levasseur (Katie) :
...dans le but d'éviter des frais pour les demandeurs. La convention prévoit
qu'on ne peut pas exiger la présence physique du demandeur. Donc, ça, ça
prévient que, par exemple, une créancière alimentaire au Québec, qui ferait une
demande à l'extérieur, se verrait obligée de se déplacer à l'étranger pour
répondre... présenter sa demande.
Mme Garceau : Mais là, en
fonction d'une contestation, est-ce que... qui représente la... c'est
l'autorité centrale qui va représenter la créancière devant un tribunal?
Comment ça fonctionne? Ce n'est pas un avocat.
Mme Labrecque (Élise) : Bien,
en fait, oui, c'est son dossier, donc il n'y a pas de représentation, le
tribunal va avoir le formulaire de demande, le formulaire de défense, puis, à
ce moment-là, il détermine s'il a besoin d'entendre une des deux parties ou
s'il y a quelque chose qui ne fonctionne pas, mais sinon... puis là, je ne sais
pas dans le projet pilote, mais, à ma connaissance, j'aurais eu besoin d'avoir
recours à des gens à distance.
Mme Garceau : Non, c'est
juste que j'essaie de comprendre. C'est merveilleux quand tout va bien, là,
mais on sait, surtout, il y en a des dossiers où ça va... ça va dans un autre
sens. Et donc si on regarde particulièrement les dossiers contestés... parce
que c'est là où, malheureusement, les créancières vont engendrer beaucoup de
frais pour l'exécution d'un jugement, donc c'est pour ça que je voulais voir
avec vous, parce qu'au début on avait dit : Bon, bien, quand c'est par
voie de formulaire, il n'y a pas d'avocat ou il n'y aura pas d'assistance
juridique de façon gratuite, mais là je me dis, en cas de contestation, oui,
c'était via un formulaire, mais le défendeur a contesté, il me semble qu'à un
moment donné, la créancière va avoir besoin d'un avocat, puis qu'on devrait le
prévoir que... la gratuité.
La Présidente (Mme Lecours, Les
Plaines) : Me Labrecque.
Mme Labrecque (Élise) : Je
répète qu'il y a deux voies, hein? Donc, à tout moment, à tout moment, le... la
créancière, elle pourrait décider de fonctionner autrement, c'est-à-dire
d'aller devant le tribunal dans une procédure normale. Donc, si ça ne
fonctionne pas par formulaire, c'est une processus... c'est un processus pour
aider les parties, mais si ça ne fonctionne pas, il reste la voie normale du
tribunal, donc c'est possible de revenir dans la voie normale. Donc, si la
créancière se sent lésée ou s'il y a un problème, bien, elle peut revenir dans
la voie traditionnelle.
Mme Garceau : Oui, mais là,
c'est là où le bât blesse parce que si on choisit la voie de formulaire... et
un des grands problèmes que nous avons au Québec, c'est qu'il y a beaucoup de
mères qui n'ont pas les ressources financières pour embaucher les services d'un
avocat. Et c'est pour cette raison que la convention va être importante, et
nécessaire, et utile pour ces femmes et ces mères parce qu'elles vont pouvoir
utiliser la voix du formulaire afin d'éviter que... afin d'éviter d'engendrer
des frais d'avocats, le système judiciaire et tout ce qui découle d'un système
judiciaire et se fier à l'autorité centrale vraiment pour la représenter, pour
s'assurer qu'elle puisse recevoir la pension alimentaire en vertu d'un
jugement.
• (18 h 50) •
Mme Champagne Jourdain : Bien,
peut-être que je peux me permettre de dire que la convention, comme on l'a
expliqué, c'est un outil de plus pour faire en sorte que la récupération des
aliments... je m'excuse, là, j'ai oublié le terme, le...
Des voix : ...
Mme Champagne Jourdain :
...oui, quand on va chercher la pension alimentaire, bien, qu'on puisse... à
l'étranger pour les États qui font partie de la convention, on puisse le faire
à coût presque nul puis de manière simplifiée, je vais le dire comme ça. Mais
ça demeure un outil qui ne garantit pas non plus que l'autre partie, si je peux
me permettre, participe ou... je veux dire que, tu sais, ça ne garantit pas que
l'autre partie puisse collaborer. En fait, ça ne garantit pas la collaboration
de l'autre partie, ou de l'autre parent, ou de l'autre conjoint, ou de... mais
ça demeure un outil qui permet d'aller percevoir les pensions alimentaires...
Mme Champagne Jourdain : ...à
faible coût puis de manière simplifiée pour les familles du Québec, là, quand
on va y adhérer.
Mme Garceau : Oui, Mme la
ministre, dans un certain sens, oui, ça va... ça va le faire, sauf que la
raison d'être d'une convention et l'utilité de l'avoir, parce qu'on a commencé
cette session, vous avez mentionné que ça ne fonctionne plus, puis il n'y a...
Les États ne veulent pas, tu sais, faire affaire avec nous, c'est désuet, et
tout ça. Donc là, on veut adopter la convention parce que ça va faciliter le
processus et tout. Merveilleux. Mais on sait, il va avoir des contestations,
parce que, quand un débiteur veut faire... veut faire... ne veut pas respecter
ses obligations, il y a des façons de le faire. Et donc la contestation, c'est
toujours, sachant qu'avec une contestation, bien là, on fait en sorte qu'on
veut toujours que les frais d'avocat de leur mère augmentent afin qu'à un
moment donné, bien, la mère va dire : C'est trop pour moi, je vais
retirer. Et c'est ça qu'on veut éviter à tout prix.
Et donc moi, lorsqu'on parle que,
peut-être, via un règlement, on va faire en sorte que, si c'est par voie
réglementaire... par voie de formulaire, on ne va pas prévoir l'assistance
juridique gratuite. Ça, ça me préoccupe, parce qu'il va y en avoir, des
dossiers, qui vont être contestés. Et là la créancière a choisi le formulaire
afin d'éviter le processus judiciaire qui est très coûteux. Donc, on ne veut
pas non plus que ça se retrouve via le système de formulaires.
La Présidente (Mme Lecours, Les
Plaines) : Me Levasseur.
Mme Levasseur (Katie) : En
fait, la procédure par formulaire fait en sorte que la partie... le créancier
produit par formulaire, donc, n'a pas besoin de l'assistance d'un avocat. Si,
rendue à la cour, la cour avait besoin d'éclairage par rapport au dossier,
étant donné qu'elle n'a pas la partie demanderesse devant elle, il y a un ami
de la cour qui va être prévu, donc un avocat qui va pouvoir aller éclairer la
cour au sujet... Donc, ça l'évite à la partie créancière qui fait la demande de
devoir engager des frais d'avocat et de devoir aller se défendre devant la
cour, là, parce qu'on procède sur dossier.
Mme Garceau : Donc, s'il y a
une contestation par le défendeur via l'option de formulaire, c'est l'Autorité
centrale qui va faire les représentations nécessaires ou qui va embaucher les
services d'un procureur pour faire les représentations nécessaires parce que ça
va être devant un tribunal. Finalement, c'est un juge qui va prendre une
décision en fonction des formulaires, mais, je présume, en fonction des
représentations des représentants des deux parties.
Mme Levasseur (Katie) : Non,
c'est ça, c'est que le tribunal va effectivement procéder sur... avec les
formulaires sur dossier, si on peut dire, donc, va regarder les formulaires,
les arguments de tout le monde, puis va rendre un jugement à partir de ça.
Donc, tu sais, oui, la partie ici, au Québec, pourrait décider de se présenter
devant le tribunal, mais la preuve se fait... la preuve du demandeur se fait
par formulaire. Et c'est où je vous sais qu'il avait... qu'il avait l'option de
l'ami de la cour, c'est si le tribunal a des questionnements, l'ami de la cour
pourra éclairer le tribunal face à la demande.
Mme Garceau : Ça, ça va être
qui?
La Présidente (Mme Lecours, Les
Plaines) : Allez-y, Me Labrecque.
Mme Labrecque (Élise) : Bien,
vous allez voir dans les autres articles, on peut déléguer certaines fonctions
à certains ministères. Donc là, on pense que ça va être Revenu Québec qui va
être l'autorité, mais, bien entendu, le ministère de la Justice qui va
s'occuper de la portion ami de la cour pour désigner un procureur qui va aller
éclairer le tribunal s'il y a des questions.
Mme Garceau : Donc, on
pourrait prévoir, dans le projet de loi ou dans un règlement... Parce que ça,
ça va être très important de prévoir que...
Mme Garceau : ...c'est le
ministère de la Justice qui va s'occuper, et non pas... Parce que là, il y a
une autre entité qui va arriver, là. On a Revenu Québec qui va s'occuper, en
termes de... peut-être les choses qui sont moins contestées. Et, le processus,
bien, à un moment donné, s'il y a une contestation... Là c'est le ministère qui
va... le ministère de la Justice qui va être avisé, là, est ce qu'il va
avoir... Puis je ne sais pas, là, hein, c'est-tu l'autorité centrale du
ministère de la Justice? Est-ce qu'il va y avoir comme un autre genre de
département qui va... qui va... au ministère de la Justice, qui va gérer ces
dossiers-là avec Revenu Québec? Comment ça va se passer?
Mme Labrecque (Élise) : En
pratique, donc, quand l'autorité centrale, qui est... qui serait Revenu Québec,
constate... reçoit la demande de la cour d'avoir un ami de la cour, elle va se
tourner vers le Procureur général, et c'est le Procureur général qui va
désigner un... un ami de la cour. Un peu... c'est un peu l'inverse de ce qui se
passe actuellement. Actuellement, c'est le ministère de la Justice qui est
l'autorité centrale, mais beaucoup de choses de... sont faites par Revenu
Québec. Là ça va être... Donc, il y a une bonne collaboration, mais ils en
prennent une grande partie. Là ça va être eux, l'autorité centrale. Mais, quand
il y a des choses qu'on doit faire, on va le faire. Donc, c'est vraiment comme
ça que ça va fonctionner.
Mme Garceau : OK...
La Présidente (Mme Lecours, Les
Plaines) : Est-ce qu'il y a d'autres questions sur l'article 2?
Mme Garceau : ...Mme la
Présidente, juste un instant, s'il vous plaît?
La Présidente (Mme Lecours, Les
Plaines) : On va suspendre quelques instants.
(Suspension de la séance à 18 h 57)
19 h (version non révisée)
(Reprise à 19 h 08)
La Présidente (Mme Lecours, Les
Plaines) : À l'ordre, s'il vous plaît! La commission reprend ses
travaux. Donc, Mme la députée de Robert-Baldwin, je pense que vous avez un
sous-amendement.
Mme Garceau : Oui, Mme la Présidente.
Le sous-amendement se lit comme suit. Alors...
La Présidente (Mme Lecours, Les
Plaines) : ...à l'article 38.0.1, article deux.
Mme Garceau : Oui. Modifier l'article
deux de la loi, proposé par l'article 38.0.1 du projet de loi, par l'ajout,
à la fin, de «Le gouvernement publie, dans le rapport annuel du ministère de la
Justice, la liste des dispositions auxquelles il a dérogé.»
La Présidente (Mme Lecours, Les
Plaines) : Parfait. Y a-t-il des questions, commentaires sur le
sous-amendement? Mme la ministre.
Mme Champagne Jourdain : Bien,
ce n'est pas possible, là, de donner suite à ce sous-amendement-là. Puis je
laisserais Me Labrecque expliquer pourquoi.
La Présidente (Mme Lecours, Les
Plaines) : Me Labrecque.
Mme Labrecque (Élise) : Oui.
Ici, on... à l'article deux, c'est un article interprétatif. Donc, au cas où,
par exemple, un tribunal aurait à regarder la convention puis regarder le droit
du Québec, on vient le... préciser... ici que c'est le droit québécois qui a
préséance. Donc, on ne peut pas savoir exactement.
Par contre, là où vous voulez aller, puis
peut-être qu'il y a une solution, là, à... qu'on pourrait regarder, c'est... c'est
que le ministère va, à La Haye, indiquer c'est quoi, ses réserves par rapport à
la Convention, puis quand il en donne plus. Donc, ça, ça va être déjà connu.
Donc, ça, on pourrait le publier, par exemple, sur le site du ministère de la
Justice. Donc, quand... quand ce n'est pas exactement ce qui est prévu à la
convention, on doit le dire, ça, que ça... Donc, c'est ça qu'on va... Mais l'article
comme il est là, «les dispositions de la présente loi et de ces règlements ont
préséance sur toute disposition inconciliable», ce n'est pas ça qu'il fait, là.
Il ne nous parle pas des réserves, il ne nous parle pas des déclarations qu'on
va faire en vertu de La Haye. C'est vraiment un article interprétatif pour le
tribunal.
La Présidente (Mme Lecours, Les
Plaines) : Écoutez, chers collègues, l'heure file très rapidement.
Alors, compte tenu de cette heure avancée, la commission...
Une voix : ...
La Présidente (Mme Lecours, Les
Plaines) : Pardon? Il est... Ah! il est et... Bien oui, il est... Ah!
c'est 10! Pardon. J'avais et quart. Non. Allez-y, allez-y. C'est moi qui ne
voyais pas bien. Allez-y.
• (19 h 10) •
Mme Garceau : Oui. Moi, la
raison d'être, Mme la ministre, du sous-amendement, et suite à nos
discussions... Parce que la voie réglementaire, semble-t-il, va être très...
hautement pertinente en ce qui a trait soit aux ajouts ou qu'est-ce qu'on...
nos... les dérogations, et surtout les... les dérogations aux dispositions de
la Convention. Et donc c'est pour ça, à titre d'exemple, l'assistance juridique
gratuite que nous avons à l'article 12...
Mme Garceau : ...de la
Convention, ne fait pas de distinction entre procédure par voie formulaire ou
juridique. C'est de l'assistance juridique gratuite pour les demandes
d'aliments destinés aux enfants. Donc, il n'y a pas de distinction à faire, si
c'est nécessaire qu'une... qu'il y ait une assistance juridique dans ce
dossier. Ça va être gratuit. Donc, je comprends que, le gouvernement, il va y
avoir une dérogation à cette disposition législative. Et donc, moi, ce que je
demande, que ce soit... lorsqu'il va y avoir des règlements, qui soient
publiés, surtout les règlements qui vont faire en sorte qu'on va déroger aux
dispositions de la Convention.
Mme Champagne Jourdain :
Me Labrecque.
La Présidente (Mme Lecours, Les
Plaines) : Oui, Me Labrecque.
Mme Labrecque (Élise) : ...l'exemple
que vous donnez, ce n'est pas un exemple où on déroge, parce que la Convention
elle-même prévoit qu'on n'est pas obligés de donner une telle assistance
juridique si on offre la possibilité pour la partie de... de faire ses
représentations gratuitement. C'est l'article 14, Accès effectif aux
procédures, le paragraphe 3° : «L'État... l'État requis n'est pas tenu de
fournir une telle assistance juridique gratuite ici et dans la mesure où les
procédures de cet État permettent au demandeur d'agir sans avoir besoin d'une
telle assistance, et que l'autorité centrale fournit gratuitement les services
nécessaires.» Ce qu'on fera. Donc, ça, ça décrit notre procédure qui est alternative
à aller à la cour directement.
Mme Garceau : Bien, en
termes de l'article... OK, l'article... En tout cas, pour l'article 14,
l'alinéa 3, et je suis en train de... de lire l'article, mais là, même...
C'est parce que vous aviez mentionné que, si jamais il y a une assistance
juridique qui est nécessaire, ça va être via l'autorité centrale, le ministère
de la Justice. Et donc, ça va être gratuit. Mais, moi, je voulais juste
m'assurer que ce soit prévu, cet aspect-là.
La Présidente (Mme Lecours, Les
Plaines) : Mme la ministre. Ou Me Labrecque.
Mme Labrecque (Élise) : Au
règlement, on va prévoir qu'on peut avoir accès au... donc, on va... par la
procédure des formulaires et que, si le tribunal a besoin d'un éclairage, il
pourrait avoir accès aux... aux services d'un... d'un avocat désigné par le
Procureur général.
Mme Garceau : Mais c'est
pour ça, donc, je voulais juste m'assurer... Parce qu'en tout cas, moi, je
regardais plutôt l'article 15, je comprends qu'il y a l'article 14.3,
mais c'est sûr que la transparence, c'est très important en termes de... que ce
soient les créancières ou les débiteurs, s'il y a une dérogation de quelque
nature que ce soit, que ce soit publié pour que les gens sachent qu'il y a
cette dérogation. Je pense que c'est important.
Mme Labrecque (Élise) : Oui...
Oui, bien... Donc, on aurait, si vous voulez qu'on en discute... on aurait des
propositions pour que votre préoccupation soit... soit prise en compte, là.
Mme Garceau : Oui. Mais,
de façon générale... Parce que, moi, je ne le sais pas, là... Vous allez
déroger à... à quelle... quelle autre disposition de la Convention? Moi, je ne
le sais pas. Donc, tout ce que je dis, c'est que, s'il va y avoir une
dérogation de quelque nature que ce soit... qu'elle soit publiée.
La Présidente (Mme Lecours, Les
Plaines) : Alors là, c'est vrai, mes chers collègues, l'heure
consacrée... tout le temps consacré pour ce soir, à l'étude, est terminé.
Alors, compte tenu de l'heure, la commission ajourne ses travaux au
vendredi 27 mars 2026, à 10 heures, où elle entreprendra
une autre... un autre mandat. Merci.
(Fin de la séance à 19 h 15)