Journal des débats de la Commission des relations avec les citoyens
Version préliminaire
43e législature, 2e session
(30 septembre 2025 au 8 avril 2026)
Cette version du Journal des débats est une version préliminaire : elle peut donc contenir des erreurs. La version définitive du Journal, en texte continu avec table des matières, est publiée dans un délai moyen de 2 ans suivant la date de la séance.
Pour en savoir plus sur le Journal des débats et ses différentes versions
Le
mardi 31 mars 2026
-
Vol. 48 N° 34
Étude détaillée du projet de loi n° 12, Loi instituant la prestation de services de garde éducatifs à l’enfance par les personnes reconnues à titre de responsables d’un service de garde éducatif en communauté
Aller directement au contenu du Journal des débats
9 h 30 (version non révisée)
(Neuf heures cinquante-cinq minutes)
La Présidente (Mme Lecours, Les
Plaines) : À l'ordre, s'il vous plaît. Ayant constaté le quorum, je
déclare...
La Présidente (Mme Lecours, Les
Plaines) : ...la séance de la... la séance, c'est ça, de la Commission
des relations avec les citoyens ouverte.
La commission est réunie afin de
poursuivre l'étude détaillée du projet de loi n° 12, Loi instituant la
prestation de services de garde éducatifs à l'enfance par les personnes
reconnues à titre de responsables d'un service de garde éducatif en communauté.
Mme la secrétaire, y a-t-il des
remplacements?
La Secrétaire : Oui, Mme la
Présidente. Mme Blais (Abitibi-Ouest) est remplacée par M. Provençal
(Beauce-Nord); Mme Lecours (Lotbinière-Frontenac), par M. Asselin
(Vanier-Les Rivières); M. Morin (Acadie), par Mme Cadet
(Bourassa-Sauvé); M. Tanguay (LaFontaine), par Mme Maccarone
(Westmount—Saint-Louis); et M. Fontecilla (Laurier-Dorion), par M. Leduc
(Hochelaga-Maisonneuve).
La Présidente (Mme Lecours, Les
Plaines) : Bien, alors, bienvenue à tout... toutes les nouvelles...
bien, «les nouvelles personnes»... les nouvelles personnes pour cette
commission. Alors, lors de l'ajournement de nos travaux, jeudi dernier, nous en
étions à l'article 37, qui n'avait pas été encore lu. Alors, Mme la ministre,
je vais vous inviter à en faire la lecture.
Mme Champagne Jourdain : Merci.
Règlement d'application de la Loi visant à aider les personnes victimes
d'infractions criminelles et à favoriser leur rétablissement.
37. L'article 212 du Règlement
d'application de la Loi visant à aider les personnes victimes d'infractions
criminelles et à favoriser leur rétablissement (chapitre P-9.2.1, r. 1) est
modifié :
1° par le remplacement, dans le paragraphe
1°, de «dans un centre de la petite enfance, une garderie ou chez une personne
responsable d'un service de garde éducatif en milieu familial reconnue» par
«fournis par un centre de la petite enfance, une garderie ou une personne
reconnue à titre de responsable d'un service de garde éducatif en milieu
familial ou en communauté»;
2° par le remplacement, dans le paragraphe
2°, de «dans une garderie ou chez une personne responsable d'un service de
garde éducatif en milieu familial reconnue» par «fournis par une garderie ou
une personne reconnue à titre de responsable d'un service de garde éducatif en
milieu familial ou en communauté».
Alors, au niveau des commentaires :
L'article 212 du Règlement d'application de la Loi visant à aider les personnes
victimes d'infractions criminelles et à favoriser leur rétablissement énonce la
nature des frais de garde d'enfant qui sont remboursables aux personnes
victimes et les montants qui y sont associés.
L'article 37 du projet de loi y apporte
des modifications de concordance en lien avec le nouveau mode de prestation de
services de garde éducatifs introduit par le projet de loi. Voilà.
La Présidente (Mme Lecours, Les
Plaines) : Merci beaucoup, Mme la ministre. Alors, y a-t-il des
questions ou des interventions sur l'article 37? Mme la députée de Westmount—Saint-Louis.
Mme Maccarone : Moi et tous
mes amis, on a plein de questions. Juste... tout à fait à l'aise avec... avec
l'article en question, mais juste pour saisir un peu la mise en scène de
l'application de cet article, est-ce que nous avons des statistiques qui nous
indiquent combien de places sont en vigueur en lien avec le règlement, combien
de personnes, des victimes entre autres, qui sont des bénéficiaires de ceci, et
ciblées par région? Est-ce que ça, c'est des statistiques qui existent?
Mme Champagne Jourdain : On
va vérifier. Je vérifie.
(Consultation)
Mme Champagne Jourdain : Non,
on n'a pas ces données-là, là, non. C'est vraiment pour... C'est vraiment...
C'est vraiment des données que Justice aurait, en fait, là, tu sais, si elles
les ont, là, si elles les tiennent. On est dans de la concordance ici, là, donc
on n'a pas ça.
Mme Maccarone : Pourquoi la
Justice aurait ces chiffres-là et non Famille? Parce que, là, on parle des
places en services de garde éducatifs à l'enfance, en garderie, ça fait que
c'est eux qui vont réserver les places, entre autres, qui vont faire...
Mme Champagne Jourdain : ...je
ne peux pas vous dire s'ils les ont, mais on n'a pas ces données-là, non.
Une voix : ...
Mme Champagne Jourdain :
Voulez-vous... Voulez-vous que... qu'on... une explication plus technique, là,
peut-être, là.
Mme Maccarone : Avec plaisir.
La Présidente (Mme Lecours, Les
Plaines) : Alors...
Mme Maccarone : Ça fait
longtemps depuis qu'on est... on s'est jasé.
La Présidente (Mme Lecours, Les
Plaines) : Consentement? Consentement. Je vais vous demander de vous
présenter pour cette séance.
• (10 heures) •
M. Boily (Mathieu) : Oui.
Mathieu Boily, avocat au ministère de la Justice, à la direction qui dessert le
ministère de la Famille.
Simplement une mise en contexte, là, de
cette... c'est une modification réglementaire qu'on apporte par le projet de
loi, c'est le règlement d'application de la Loi sur l'IVAC, là, qui vise à
aider les personnes victimes d'infractions criminelles. Dans ce règlement-là,
une personne qui est victime d'une...
10 h (version non révisée)
M. Boily (Mathieu) : ...va
être admissible au remboursement de ses frais de service de garde dans
certaines situations. Exemple, elle participe à une... à une activité de
réhabilitation psychothérapique, elle assume seule la garde de son enfant. Son
conjoint est dans l'incapacité. Donc, tout... tout ce qui est lié avec la
perpétration de... de l'infraction criminelle. Et l'article 212 ici dit :
Bien, les frais de garde d'enfant sont remboursables dans la mesure où il s'agit
d'une dépense supplémentaire en raison de l'infraction criminelle. Et là on
vient établir la liste des... des frais qui donnent droit à ça. Et donc on
détermine la liste des prestataires de services de garde. Donc, pour l'enfant
qui reçoit des services de garde subventionnés, c'est des services fournis par
un CPE, une garderie ou... et c'est là que s'inscrit la concordance dans notre
projet de loi, ou une responsable d'un service de garde éducatif en milieu
familial ou en communauté.
Mme Maccarone : ...ça veut
dire qu'ils font application à... bien, ils font l'application dans le fond
pour le fonds. Après, qu'il reçoit des factures ou des prestations par la
suite, des dépenses qu'ils ont dans le réseau... Parce que ma question
supplémentaire, comme je dis, je trouve que c'est bien, j'essaie juste de
comprendre la mécanique, la mise en œuvre de ceci. Est-ce que ça fonctionne?
Combien de personnes bénéficient de ceci? Parce qu'il ne fait pas partie de la
liste de priorisation, mettons, des enfants sur... dans le guichet unique. Ça fait
que c'était de comprendre la mise en œuvre. Ça fait que comment ça fonctionne?
Ça fait que je suis victime, je fais application. Est-ce que c'est par le biais
du CPE ou est-ce que c'est parce que je fais application auprès du fonds?
M. Boily (Mathieu) : Non, ça
va être au niveau de l'IVAC que ça va être remboursé. Dans le fond, les frais
de garde d'enfant s'inscrivent au même titre que d'autres types de frais, là,
il y a les frais de transport, les frais de déplacement, les frais de séjour, dus
à la préparation de l'infraction criminelle. Donc, c'est vraiment dans... dans
cette perspective-là.
Mme Maccarone : Mais ils...
ils ne sont pas priorisés, ils ne font pas partie de la liste de priorisation
des places qui sont réservées. Mettons, les places pour les familles en
situation ou... de vulnérabilité. On a le 5 %, mettons.
Des voix : ...
Mme Champagne Jourdain : ...protocoles,
là, vous êtes au courant de ça. Ça pourrait... Ces places protocole là pourraient
être recouvertes, dépendamment de la situation, là, de la famille en question,
là, ou des parents.
Mme Maccarone : Ça fait que
ça, ça veut dire l'IVAC est en lien avec le CLSC ou le CIUSSS, qui vont faire
la recommandation pour les places protocoles ou la DPJ.
Des voix : ...
Mme Maccarone : Parce que la
recommandation pour les places protocoles, ils viennent du DPJ ou...
Mme Champagne Jourdain : Bien,
les places protocoles sont... les enfants qui ont... qui accèdent à des places
protocoles, je vais le dire comme ça, sont référés par le réseau de la santé,
puis ce ne sont pas nécessairement... tu sais, ce n'est pas nécessairement des
personnes ou des enfants référés par... Je ne veux pas dire «référés par l'IVAC»,
mais comment je pourrais le dire pour...
Une voix : ...
Mme Champagne Jourdain : Oui, ce
n'est pas nécessairement les familles ou les parents qui ont subi une
infraction criminelle qui vont être référés. Tout ça a été question d'analyse,
puis...
Mme Maccarone : ...des places
protocoles.
Mme Champagne Jourdain : Bien,
ils peuvent en faire partie, ça dépend du cas, de la situation ou... voilà.
Mme Maccarone : Vraiment
individuel. OK. Ça fait que, dans le fond, ceux qui sont remboursés par le
biais de l'IVAC, il faut... il faut qu'ils ont aussi un dossier auprès de DPJ
ou du CLSC pour avoir les références, il faut qu'ils soient dans les deux
places.
Mme Champagne Jourdain : Les
dossiers... les cas et les dossiers sont analysés pour voir s'ils peuvent être
référés puis remboursés éventuellement. OK.
Mme Maccarone : OK. Merci.
La Présidente (Mme Maccarone) :
Alors, il n'y a pas... s'il n'y a pas d'autre intervention à l'article 37,
est-il adopté? Adopté. Alors, on passe maintenant à l'article 38. Mme la
ministre, je vais vous inviter à en faire la lecture.
Des voix : ...
Mme Champagne Jourdain : Donc,
on disait, 32...
La Présidente (Mme Lecours, Les
Plaines) : Non, 38.
Mme Champagne Jourdain : 38, pardon.
Des voix : ...
Mme Champagne Jourdain : Merci
beaucoup. 38 : À moins que le... le contexte ne s'y oppose, dans toute loi
ou tout règlement, incluant le titre et dans tout autre document n'étant pas
visé au deuxième alinéa de l'article 42 :
1 : L'expression « bureau
coordonnateur de la garde éducative en milieu familial » est remplacée par
l'expression « Bureau coordonnateur de la garde éducative en milieu
familial et en communauté »...
Mme Champagne Jourdain :
2° l'expression «responsable d'un service de garde éducatif en milieu familial» est remplacée par l'expression «responsable d'un service de garde éducatif»;
3° les expressions «dont le service de garde éducatif en milieu familial est établi» et «dont le service de garde est établi» sont remplacées par l'expression «qui fournissent des services de garde éducatifs»;
4° l'expression «home educational childcare providers association» est remplacée par l'expression «association of persons responsible for an
educational childcare service», partout où cela se trouve dans le texte anglais.».
Les remplacements visés au premier alinéa s'appliquent également à la forme plurielle de l'expression qui y est remplacée, en faisant les adaptations nécessaires. Toutefois, ils ne s'appliquent pas :
«1° aux articles de loi ou de règlement modifiés par la présente loi, que la modification porte sur le texte français ou anglais de la loi, sauf pour les articles modifiés par le paragraphe 2° de l'article 29, pour lesquels les remplacements s'appliquent;
2° aux règlements édictés en vertu de la Loi sur les services de garde éducatifs à l'enfance (chapitre S-4.1.1) et de la Loi sur la représentation de certaines personnes responsables d'un service de garde éducatif en milieu familial et sur le régime de négociation d'une entente collective les concernant (chapitre R-24.0.1).»
Au niveau des commentaires,
l'article 38 du projet de loi consiste en une disposition... modificative de
type omnibus afin d'assurer la concordance des dispositions de toute loi, de
tout règlement ou tout autre document qui n'aurait pas, par ailleurs, été
modifié par l'une des dispositions modificatives particulières du projet de
loi. Les modifications de concordance proposées sont toutes reliées au nouveau
mode de prestation de services de garde éducatifs par des RSGE en communauté.
Mme Lecours (Les Plaines) : Merci
beaucoup, Mme ministre. Alors, y a-t-il des questions, des commentaires sur cet
article? Alors, s'il n'y a pas de question ni de commentaire, est-ce que
l'article 38 est adopté?
Des voix : Adopté.
La Présidente (Mme Lecours, Les
Plaines) : Adopté. On passe donc à l'introduction d'un nouvel article.
On va ouvrir l'amendement, qui serait l'article 38.1, que vous avez déjà
dans... dans Greffier, mais on va l'afficher. Le voici. Mme la ministre, je
vais vous demander d'en faire la lecture.
Des voix : ...
La Présidente (Mme Lecours, Les
Plaines) : 38.1.
Mme Champagne Jourdain :
Article 38.1. Insérer, avant l'article 39 du projet de loi, le
suivant :
«38.1. Le ministre peut, s'il l'estime
approprié pour assurer la mise
en œuvre ordonnée de la présente loi, prolonger la
durée du Projet pilote de
responsables d'un service de garde éducatif en
communauté et en entreprise,
autorisé en vertu de l'article 122 de la Loi
sur les services de garde éducatifs à
l'enfance (chapitre S-4.1.1) et entré en vigueur
le 1er avril 2022, d'une période additionnelle d'au plus 18 mois s'ajoutant à
la durée initiale de celui-ci et à sa prolongation, prévues au premier alinéa
de l'article 124 de cette loi.
L'entrée en vigueur de l'article 56 de la Loi
sur les services de garde
éducatifs à l'enfance, édicté par
l'article 13 de la présente loi, entraîne sans autre formalité la fin du
projet pilote, dans la mesure où il n'a pas pris fin autrement auparavant.»
• (10 h 10) •
Les articles 39 à 41 établissent la
séquence... Au niveau des commentaires, pardon, les articles 39 à 41
établissent la séquence transitoire permettant de statuer sur la conformité
avec le nouveau cadre juridique de la reconnaissance des RSGE, accordé en vertu
du projet pilote. Il est proposé de restructurer, par amendements, ces
dispositions afin d'obtenir une séquence plus linéaire, des délais plus
circonscrits, une entrée en vigueur seulement lorsque sera terminée la séquence
transitoire. Les modifications proposées par le présent amendement visent à
regrouper, à l'article 38.1, les dispositions sur la prolongation et la
fin du projet pilote. Le premier alinéa proposé reprend presque intégralement
l'article 41 du projet de loi, alors que le deuxième alinéa...
Mme Champagne Jourdain : ...est
une copie du deuxième alinéa de l'article 39. Dans le contexte, ce nouvel
article, d'une part, prévoit le pouvoir de la ministre de prolonger d'un
maximum de 18 mois la durée du projet pilote et, d'autre part, établit que
l'entrée en vigueur des nouvelles dispositions sur la reconnaissance des RSGE
en communauté entraînera... entraînera la fin du projet pilote, voilà.
La Présidente (Mme Lecours, Les
Plaines) : Merci. Des questions, commentaires sur le 18.1? Mme la
députée de Westmount—Saint-Louis.
Mme Maccarone : Merci
beaucoup. Encore une fois, j'aurais des questions par rapport à la mise en
œuvre de cet prolongement, puis je suis contente de le voir parce que, lors des
auditions, on a beaucoup entendu des groupes qui disaient que, le délai, il
n'était pas assez long, ça fait que le 18 mois, je pense que c'est...
c'est bienvenu. Mais pourquoi un maximum? Parce que, si je comprends, c'est
ceux qui sont en milieu résidentiel qui vont falloir... qui font le transfert
puis, si jamais ils font face à des difficultés pour faire le transfert, puis
là on est rendu 19, 20 mois, puis ce n'est pas à cause d'un manque de
volonté de leur part, on a moins de souplesse. Ça fait que je voulais savoir,
ça vient d'où le 18 mois?
Mme Champagne Jourdain : Le
18 mois a été estimé en fonction que ce serait un laps de temps suffisant
pour permettre à tout le monde de faire la transition, en fait, là.
Mme Maccarone : Oui, mais, ma
question, c'est déterminé par qui? Ça vient d'où le 18 mois? Est-ce que
c'est parce que c'est le réseau qui vous demande le 18 mois? Est-ce que
c'est basé sur cette évaluation? Est-ce que c'était le CQSEPE qui ont fait
cette recommandation? Ça vient d'où?
Mme Champagne Jourdain : Parfait.
Ça ne sera pas bien long, je vais...
(Consultation)
Mme Champagne Jourdain : Merci.
La durée de 18 mois a été déterminée par le groupe de travail en fait et
puis je pense que c'est important de rappeler que le projet pilote a déjà une
durée, qui est prévue par la loi, de trois ans, on ne peut pas le prolonger de
plus de deux ans puis on estime, par le groupe de travail, que 18 mois
sera un échéancier ou un laps de temps suffisant pour permettre, là, de... à
tous de faire la transition, en fait.
Mme Maccarone : ...vous
entend pour le trois ans, c'est juste parce que c'est pour ça qu'on dépose...
que le gouvernement a décidé de déposer le projet de loi, c'est parce que là
c'était temps de pérenniser, le trois ans étant terminé. C'est pour ça que je
questionnais le 18 mois, c'est juste pour s'assurer que c'est assez de
temps, parce qu'on a beaucoup... on était ensemble, on a beaucoup entendu les
groupes qui ont dit : Ce serait difficile, je souhaite continuer, mais ça
se peut que je fais face à des difficultés. Et j'ai été... je suis quand même
surprise de voir qu'on utilise une terminologie comme «maximale», au lieu de
dire que... «à l'intérieur de 18 mois», parce que ça enlève tout le
souplesse pour vous de poursuivre s'il y a une demande particulière. Au lieu de
dire : Mais là je dois utiliser mon pouvoir ministériel, parce qu'il y est
quelqu'un qui n'a pas pu poursuivre à l'intérieur le 18 mois, encore une
fois, pas faute de leur part, de poursuivre avec les directives et de vouloir
faire le transfert du milieu résidentiel à milieu communautaire. C'est... c'est
parce que là on est rendu avec un terme fixe et on sait, dans le réseau, des
fois, ce qu'ils souhaitent, c'est de la flexibilité puis un peu de souplesse.
Mme Champagne Jourdain : Peut-être
pour me faire rassurante, là, je comprends le point que vous apportez, puis je
comprends aussi, là, les inquiétudes qui ont été soulevées...
Mme Champagne Jourdain :
...18 mois, lui, commence à la fin du projet pilote. Donc, il commencerait, là,
au 1er avril 2027. Ça fait que, tu sais, on... le projet pilote va s'étendre à
sa fin, ce à quoi on ajoute un 18 mois supplémentaire puis...
Mme Maccarone : ...vous
dites : Après le 1er janvier.
Mme Champagne Jourdain : Après
le 1er avril. 1er avril 2027, c'est là que le projet pilote se termine. Et là
on part le compteur, je vais le dire comme ça, pour le 18 mois, donc ça devrait
être amplement suffisant pour pouvoir accompagner tout le monde dans la
transition, là.
Mme Maccarone : Puis, est-ce
qu'il y a un accompagnement du ministère pour ceux qui vont faire ce transfert?
Est-ce qu'il y a quand même une mise en œuvre de... la mise en marche pour
ceci? Je comprends qu'on va avoir des projets qui sont... qui ne sont pas tous
identiques parce que, là, on parle des projets pilotes, mais est-ce qu'il y a
des règles à suivre pour s'assurer que le ministère garde un œil par rapport à
la transition? Parce qu'on parle quand même des places. On ne veut pas perdre
les places puis on veut assurer que les parents sont couverts à l'intérieur de
tout ce processus. Alors, est-ce qu'il va y avoir une mise en marche, un
processus en... à suivre, un accompagnement des étapes?
Des voix : ...
Mme Champagne Jourdain : Dans...
Les RSGE qui participent au projet pilote, là, sont déjà, pour la plupart,
conformes. Il faut comprendre ça. Les bureaux coordonnateurs, puis on a eu la
chance de l'expliquer de fond en large, je le souhaite, vont les accompagner
dans cette transition-là et vont s'assurer qu'ils puissent faire la transition
dans le temps requis ou de pouvoir les soutenir dans les changements, là, ou
dans les... les obstacles qu'ils pourraient, dans le fond, rencontrer dans leur
transition, là, pour se conformer, quand c'est le cas, je dis bien, là, parce
que, la plupart du temps, ce sont des des RSGE qui sont déjà conformes.
Mme Maccarone : ...qu'ils
doivent déménager. Parce que, quand on déménage, bien là la conformité n'est
plus là. Il faut retrouver la conformité. Il faut être évalué encore une fois,
soumettre les plans.
Ça fait que c'est un peu ça que je
souhaitais savoir, surtout quand on sait qu'on va avoir un autre amendement qui
s'en vient à l'article 43, où on parle d'avoir le besoin d'avoir une autre
extension. Ça fait que, ça, ça veut dire que ceux qui ne sont pas couverts par
le projet pilote, bien, eux, ils vont avoir le temps d'attendre encore plus
longtemps pour la mise en marche de leur propre projet.
Mme Champagne Jourdain : Bien,
il y a une période d'ajustement après le projet pilote puis il y a un... il y a
un accompagnement aussi qui est offert par le bureau coordonnateur. Autrement
dit, elles ne sont pas laissées à elles-mêmes, là. Elles ont... Elles ont un
encadrement d'accompagnement du bureau coordonnateur pour s'assurer, entre
autres, par exemple, là, qu'elles trouvent un local qui... qui est conforme
avant de signer un bail ou ce genre de choses là.
Mme Maccarone : OK. Ça va
pour moi, Mme la Présidente.
La Présidente (Mme Lecours, Les
Plaines) : Ça va? Oui, Mme la députée de... attendez, je ne m'en
souviens juste plus, D'Arcy-McGee.
Mme Prass : Merci, Mme la
Présidente.
La Présidente (Mme Lecours, Les
Plaines) : C'est lundi. Bien, mardi.
Mme Prass : Je voudrais
savoir : Ça concerne combien de projets pilotes? Il y en a combien d'entre
eux qui vont... qui vont devoir avoir besoin du 18 mois parce que leur projet
ne sera pas complété?
Une voix : Pardon?
Mme Prass : Je voudrais savoir
combien de projets pilotes ça concerne, combien d'entre eux vont devoir
avoir... bien, pas «devoir», mais que leur projet ne sera pas terminé d'ici le
1er avril 2027, donc auraient besoin du 18 mois additionnel?
Mme Champagne Jourdain : Des
données au 31 août au niveau des projets pilotes, là, pour les RSGE qui sont
non-conformes, dans la forme actuelle, le projet de loi aurait pour effet, là,
de rendre non conforme des projets suivants. C'est pour ça qu'on a cette
discussion-là ce matin. Il y a 33 projets en activité qui sont situés dans une
résidence habitée et qui sont offerts par deux RSGE qui travaillent en
collaboration. Alors, ces projets-là représentent 14 % de l'ensemble des
236 projets en activité du projet pilote, et elles offrent, ce 14 % là,
236 projets, 294 places. Alors, il y a 33 RSGE qui devraient modifier leur
statut afin de se conformer aux nouvelles dispositions, notamment en devenant
des RSGE en communauté dans un local... ou RSGE en milieu familial, dans une
autre résidence, si tel est le choix, leur choix.
• (10 h 20) •
Mme Prass : Et comme ma
collègue l'a évoqué, par exemple, les...
Mme Prass : ...les RSGE qui
font partie du projet pilote, qui auraient besoin d'accompagnement, parce
qu'ils vont déménager dans un lieu communautaire, combien de temps à... Est-ce
que c'est le bureau coordonnateur qui va les contacter pour leur dire :
On... on vous offre de l'accompagnement, votre projet pilote prend à sa fin?
Est-ce que c'est la personne... le responsable de la garderie qui doit... qui
doit contacter le bureau coordonnateur? Comment est-ce que ce travail va se
faire justement pour s'assurer qu'on rentre dans le 18 mois?
Mme Champagne Jourdain : ...on
vient le déterminer dans les... dans les 39 à 41, tout ce qui est transitoire,
là, on va avoir la chance d'en... d'en discuter aussi quand on sera rendus là,
peut-être de manière générale...
Mme Prass : ...est-ce que ça
va être les bureaux coordonnateurs qui vont, eux, contacter les responsables
des bureaux... responsables des services de garde, ou est-ce que c'est les
responsables de services de garde qui doivent contacter le bureau
coordonnateur? Parce qu'on veut juste s'assurer qu'ils aient les bonnes
informations aussi. Par exemple, si le 18 mois vient à sa fin... tu sais,
le bureau coordonnateur pourrait dire : Écoute, il vous reste quatre mois,
six mois avant la fin. Avez-vous besoin qu'on vous aide? On vous offre de
l'accompagnement.
Des voix : ...
Mme Champagne Jourdain : Donc,
à partir du 1ᵉʳ avril, les bureaux coordonnateurs ont six mois pour évaluer la
conformité. Là, on parlait de 33 RSG », là, au total dans le projet
pilote, donc il a six mois pour évaluer la conformité et ensuite de ça
rendre... rendre leur analyse, là, aux RSGE concernés. Et ensuite les RSGE
auraient deux mois pour se conformer.
Mme Prass : ...est-ce que
c'est à partir du 1ᵉʳ avril 2027 ou de l'entrée en vigueur?
Mme Champagne Jourdain : C'est
à partir du 1ᵉʳ avril...
Une voix : ...
Mme Champagne Jourdain : ...du
règlement, pardon.
Mme Prass : Édiction du
règlement qui pourrait être...
Mme Champagne Jourdain : C'est
ça, qui peut arriver... qui peut arriver avant le 1ᵉʳ avril.
Mme Prass : ...ou aprés, parce
qu'on se donne 18 mois de plus, donc, potentiellement.
Mme Champagne Jourdain : Oui,
si on prolonge le projet pilote, c'est... c'est après, mais donc, à partir de
l'édiction, bien, c'est là que le compteur, six mois, si vous voulez, pour
l'évaluation de la conformité des RSGE qui... ces 33 RSGE là, précisément,
débute.
Mme Prass : OK. Donc, le
bureau coordonnateur a quand même une responsabilité également pour s'assurer
que ça rentre dans les 18 mois... bien, pour faire de l'accompagnement.
Parce que vous avez mentionné, tu sais, s'il y a des obstacles pour la
transition, le bureau coordonnateur va être là pour offrir de l'accompagnement.
Ça fait qu'on veut juste s'assurer qu'eux, ils comprennent bien, tu sais,
18 mois après le 1er avril ou quand ce sera édicté, parce qu'on ne veut
pas que, tu sais, pour des questions plus logistiques... que ça ne se fasse pas
à temps et qu'il y ait un retard à la réalisation de ces RSGE.
Mme Champagne Jourdain :
Nécessairement, nous, on... que le... que le ministère va s'assurer que tout
soit très clair pour les bureaux coordonnateurs puis que la communication
puisse se faire.
Mme Prass : Pardon?
Mme Champagne Jourdain : Le...
de... nécessairement que le ministère va s'assurer que ce soit très clair, là,
pour les bureaux coordonnateurs et que la communication soit à son tour très
claire, là, des bureaux coordonnateurs aux RSGE. Donc, c'est sûr que le
ministère va faire en sorte que ce soit clair pour que les bureaux
coordonnateurs transmettent les bonnes directives... les bonnes informations,
disons-le comme ça.
Mme Prass : C'est ça, parce
qu'on ne veut pas qu'une RSGE soit pénalisée, parce qu'ils n'ont pas été bien
informés, par exemple, par le bureau coordonnateur ou trop tard, justement,
pour...
Mme Champagne Jourdain : Tout
à fait. On veut que la bonne information leur... leur leur soit rendue. Tout à
fait. On va en reparler aussi à l'article 40, 41.
Mme Prass : Oui, on va y
revenir. Merci, Mme la Présidente.
La Présidente (Mme Lecours, Les
Plaines) : Alors, s'il n'y a pas d'autre intervention à l'amendement
introduisant l'article 38.1, est-il adopté? Adopté. Merci beaucoup. On
passe donc à l'article 39. On va lire l'article, puis après ça,
l'amendement. D'accord?
Mme Champagne Jourdain :
Parfait...
Mme Champagne Jourdain : ...une
reconnaissance accordée par un bureau coordonnateur de la garde éducative en
milieu familial dans le cadre du projet pilote de responsables d'un service de
garde éducatif en communauté et en entreprise autorisée par le ministre de la
Famille en vertu de l'article 122 de la Loi sur les services de garde
éducatifs à l'enfance (chapitre S-4.1.1) demeure régie par les
dispositions du projet pilote tant que celui-ci est en vigueur, sans égard à la
décision rendue par le bureau coordonnateur en vertu de l'article 40 de la
présente loi.
L'entrée en vigueur de l'article 56
de la Loi sur les services de garde éducatifs à l'enfance, édicté par
l'article 13 de la présente loi, entraîne sans autre formalité la fin du
projet pilote dans la mesure où il n'a pas pris fin autrement auparavant.
Néanmoins, tant qu'un bureau coordonnateur ne s'est pas prononcé sur la
conformité d'un projet en vertu de l'article 40 de la présente loi, et
sans excéder le délai prévu au premier alinéa de celui-ci, la personne reconnue
demeure régie par les directives applicables au projet pilote.
Au niveau des commentaires : Les
articles 39 à 41 sont des dispositions de droit transitoires qui prévoient
le processus permettant à une RSGE autorisée à exercer dans le cadre du projet
pilote des responsables d'un service de garde éducatif en communauté et en
entreprise. L'article 39 du projet de loi prévoit qu'une RSGE qui a été
reconnue par un bureau coordonnateur dans le cadre du projet pilote demeure régie
par les dispositions du projet pilote tant que celui-ci est en vigueur. Il
précise que l'entrée en vigueur des dispositions du projet de loi qui... qui
institue le nouveau mode de garde met fin sans autre formalité au projet
pilote. Il prévoit par ailleurs que la continuité d'application des directives
du projet pilote à une RSGE qui a été reconnue dans le cadre de ce dernier tant
qu'une décision finale n'a pas été prise par un bureau coordonnateur quant à la
conformité de sa reconnaissance avec les nouvelles règles.
La Présidente (Mme Lecours, Les
Plaines) : ...beaucoup, Mme la ministre. On va maintenant passer à
l'amendement. Alors, le voici à l'écran. Je vais vous demander d'en faire la
lecture.
Mme Champagne Jourdain : Article 39.
Dans l'article 39 du projet de loi :
1 insérer, dans le premier alinéa et après
«article 40», «ou de l'article 41»;
2 supprimer les deuxième et troisième
alinéas.
Au niveau des commentaires : Comme
pour l'amendement précédent à l'article 38.1, cet amendement s'inscrit
dans la restructuration des dispositions établissant la séquence transitoire
permettant de statuer sur la conformité avec le nouveau cadre juridique de la
reconnaissance des RSGE accordée en vertu du projet pilote. La modification
faite au premier alinéa est requise puisqu'un amendement à venir fera en sorte
que les décisions du bureau coordonnateur pourront être prises en vertu de
l'article 40 ou de l'article 41. La suppression du deuxième alinéa
est nécessaire car son contenu a été pris... repris à l'article 38.1.
Aussi, le troisième alinéa n'est plus requis, car il est prévu que la séquence
transitoire permettant de statuer sur la conformité de la reconnaissance des
RSGE soit terminée avant que les nouvelles dispositions entrent en vigueur. Et,
en définitive, l'article 39, tel qu'amendé, prévoit que les
reconnaissances accordées dans le cadre du projet pilote demeurent régies par
celui-ci tant qu'il est en vigueur.
La Présidente (Mme Lecours, Les
Plaines) : Merci beaucoup, Mme la ministre. Je prends les
interventions sur l'amendement à l'article 39. Oui, Mme la députée de
D'Arcy-McGee.
Mme Prass : Merci, Mme la
Présidente. Je veux juste bien comprendre, parce que, là, on dit que «le projet
pilote demeure régi par les dispositions du projet pilote tant que celui-ci est
en vigueur, sans égard à la décision rendue par le bureau coordonnateur en
vertu de l'article 40 ou l'article 41 de la présente loi.» Pourquoi
est-ce que la décision du bureau coordonnateur, par exemple, à l'article 41,
qui serait de prolonger pour une période additionnelle de plus de
18 mois... pourquoi est-ce qu'on dit «sans égard à la décision rendue par
le bureau coordonnateur»? Parce que, OK, je comprends, là, on est en période de
projet pilote, mais on comprend aussi que le bureau coordonnateur ait un rôle à
jouer dans tout ce qui est la transition. Donc, pourquoi est-ce que la décision
rendue par le bureau coordonnateur ne serait pas tenue compte à l'intérieur de
la... de la réalité du projet pilote?
• (10 h 30) •
Mme Champagne Jourdain : ...que...
pouvez-vous la reformuler, votre question? Je veux juste être sûre de bien la
comprendre.
Mme Prass : Oui...
10 h 30 (version non révisée)
Mme Prass :
...donc on dit que le projet pilote, tant
qu'il est en vigueur, ne sera pas... demeure régi par les dispositions du
projet pilote sans égard à la décision rendue par le bureau coordonnateur en
vertu de l'article 40 ou l'article 41, mais le bureau coordonnateur est supposé
être là pour accompagner, justement, pour la transition. Donc, pourquoi est-ce
que les décisions ou la décision du bureau coordonnateur n'est pas prise en
compte dans la réalité du projet pilote, qui permettrait justement, une
transition plus plus douce, disons?
Mme Champagne Jourdain : ...Me
Boily... réponse.
La Présidente (Mme Lecours, Les
Plaines) : ...Me Boily, vous pouvez prendre le micro.
M. Boily (Mathieu) : Oui.
Alors, bon, les dispositions transitoires, la ministre l'a indiqué, sont
restructurées par amendements, grandement restructurées par amendements. Il
faut voir... Je vais essayer de dresser un portrait d'ensemble de la situation
transitoire.
L'article 38.1, qu'on vient d'adopter, permet
de prolonger le projet pilote. Le projet pilote, c'est un... c'est un ouvrage
du ministère... de la ministre de la Famille. Elle édicte un projet pilote qui
s'applique à l'ensemble des responsables d'un service de garde éducatif. L'article
39 actuel dit que, tel que l'amendement nous le propose... établit que les
reconnaissances accordées dans le cadre du projet pilote vont demeurer régies
par le projet pilote tant qu'il est en vigueur.
Le projet pilote, il est prévu prend fin
quand la loi et les règlements vont eux-mêmes entrer en vigueur. Donc, tant que
la loi et les règlements ne sont pas en vigueur, si on a reconnu une RSGE dans
le cadre du projet pilote, même si le BC estime qu'elle ne se conforme pas à la
future loi, il va pouvoir continuer le projet pilote tant qu'il... tant qu'il
existe. On va voir les articles suivants, là, mais le cœur du processus
transitoire, c'est l'article 40, qui prévoit un processus décisionnel pour que
le BC statue sur la conformité de la reconnaissance des RSGE. Il va devoir...
Il a un délai de trois mois à partir de l'édiction du règlement pour statuer, est-ce
que c'est conforme aux nouvelles règles ou est-ce que ça ne l'est pas? Si ça ne
l'est pas, il donne un délai de deux mois pour apporter des modifications, et
ensuite il a un mois pour rendre sa décision. Tout ça se fait avant que la loi
entre en vigueur, et c'est pour ça qu'il y a un délai de six mois qui est prévu
à partir de l'édition du règlement à l'article d'entrée en vigueur... Le... en
tout cas, le seul cas qui pourrait être tranché après l'entrée en vigueur, c'est
le cas d'une RSGE qui est suspendue, par exemple, pour un congé de maternité, on
ne lui impose pas des mesures pendant son congé, mais, pour le reste, on vise à
faire toute cette transition-là avant que le nouveau régime soit effectif, mais
à partir du moment où le nouveau régime va être connu, c'est-à-dire que la loi
va être adoptée, le règlement va être édicté sans être en vigueur.
Mme Prass : ...dit, il y a
une période de trois mois initiale avec une possibilité d'un deux mois
additionnels, justement, une fois que la loi est en vigueur, pour s'assurer qu'on
s'adapte à la conformité.
M. Boily (Mathieu) : Ça se
fait avant l'entrée en vigueur de la loi, mais, oui, c'est un trois mois avec
un deux mois puis un mois suivant, là. C'est l'article 40 qui va régir ça.
Mme Prass : Donc, dans ce cas-là,
les projets pilotes... pourraient être informées avant l'entrée en vigueur de
la loi s'ils sont considérées conformes ou non.
M. Boily (Mathieu) : Oui,
oui, ils le seraient, effectivement, sauf le cas... il n'y en a sûrement pas
beaucoup, mais...
Mme Prass : Congé de
maternité.
M. Boily (Mathieu) : ...une
ou deux qui sont peut-être suspendus actuellement, pour x raison, mais toutes
les autres vont le savoir avant, c'est juste que tant que le projet pilote est
en vigueur, bien, ce n'est pas la décision qui les empêche de poursuivre leur
travail. Ils vont pouvoir le faire jusqu'à la toute fin du projet pilote.
Mme Prass : Puis est-ce qu'il
y a une période minimale qu'on va les prévenir à l'avance, par exemple, soit
leur donner le temps pour se conformer, si jamais il y a des enjeux, ou de
savoir, par exemple, qu'ils seront...
La Présidente (Mme Lecours, Les
Plaines) : Chers collègues, je vais juste devoir vous arrêter, on va
suspendre quelques instants.
(Suspension de la séance à 10 h 34)
(Reprise à 10 h 47)
La Présidente (Mme Lecours, Les
Plaines) : À l'ordre, s'il vous plaît! Au moment de suspendre, nous en
étions à la période... à la période de questions... aux questions et aux
commentaires sur l'amendement à l'article 39. Et, Mme la députée de D'Arcy-McGee,
vous aviez la parole.
Mme Prass : Oui, je vous
avoue... on a terminé les discussions. Mais, OK, donc, la question du projet
pilote qui continue et la décision du bureau coordonnateur. Je suis curieuse,
quels seraient des éléments qui feraient en sorte qu'un bureau coordonnateur
estimerait qu'un projet pilote n'est pas conforme?
Mme Champagne Jourdain :
...qui ne serait pas retenu du projet pilote. Entre autres, on a eu la chance
d'en parler long en large. Pour ce qui est des résidences privées, on a...on a
eu le temps d'aller dans les détails, puis des deux RSGE qui opéraient dans une
résidence familiale, en fait. Donc, c'est tout ce qui n'est pas retenu du
projet pilote qui serait... qui ferait en sorte que des RSGE qui ne sont pas
conformes, selon le projet de loi n° 12,
devraient s'ajuster.
Mme Prass : OK. Et on
comprend, encore une fois, que, dépendamment de la situation, le bureau
coordonnateur va informer quand même le RSGE à l'avance pour qu'il puisse
savoir si, justement, il va devoir entamer des étapes, par exemple, pour la
période de transition.
Mme Champagne Jourdain : Mais
comme je vous l'expliquais tout à l'heure, il y aura... On disait tout à
l'heure qu'après...
(Consultation)
Mme Champagne Jourdain : ...à
partir de l'édiction, il y avait un six mois où les bureaux coordonnateurs
faisaient des... bien, faisaient le suivi de la conformité, là, des
responsables des services de garde en milieu communautaire pour évaluer, là,
celles qui étaient conformes et celles qui ne l'étaient pas, pour pouvoir leur
signaler aussi leur conformité ou non. Puis il y avait un deux mois, par la
suite de ça, six mois, c'est pour faire l'évaluation, rendre l'évaluation aux
RSGE, puis, ensuite de ça, il y a un deux mois qui est prévu pour se conformer,
là.
Mme Prass : Donc, pour la
période de transition, en fait, c'est cinq mois, vous avez mentionné trois mois
et ensuite un deux mois. Parce que, je comprends, le 18 mois, c'est pour
permettre au projet pilote de se terminer, mais, pour la période de transition
en tant que telle, quelle est la période de temps? Parce que là j'entends,
bien, six mois ici, un 18 mois là, un deux mois, un trois. Je veux savoir, une
fois qu'une RSGE...
• (10 h 50) •
Mme Champagne Jourdain : ...le
projet pilote, là, pour pouvoir étendre le projet pilote. Ensuite, on l'a
expliqué tout à l'heure, là, à partir du 1er avril ou à l'édiction... en
fait, si l'édiction est le 1er avril, ça sera le 1er avril, si c'est
avant, si c'est après. Mais, à partir de l'édiction, les bureaux coordonnateurs
ont six mois pour évaluer la conformité des participantes, je vais le dire
comme ça, au projet pilote, qui veulent continuer, donc, six mois pour faire
l'évaluation. On parle de 33, là, qui seraient concernés par les modifications
du projet de loi n° 12, sur l'ensemble des
participantes. Ils auraient six mois, les bureaux coordonnateurs, pour faire
l'évaluation, leur rendre les conclusions de cette évaluation-là qui inclut les
changements à faire, puis après... après qu'elles aient reçu...
Mme Champagne Jourdain : ...dans
le fond, leur analyse, là, elles ont... leur analyse de conformité, elles ont
deux mois pour s'ajuster.
Mme Prass : OK. Donc, la
période de transition est de deux mois suite à la confirmation de...
Mme Champagne Jourdain : À
l'analyse de conformité, là, une fois le résultat de l'analyse de conformité,
là, reçu.
Mme Prass : OK. Et deux mois
et... Est-ce que vous... Est-ce que, par exemple, les bureaux coordonnateurs
jugent que deux mois... Est-ce que ça pourrait aller au-delà de deux mois s'il
y a des obstacles, s'il y a des...
Des voix : ...
Mme Champagne Jourdain : Je
le reprends. Je l'avais expliqué d'une autre manière la semaine passée, et
c'est cette manière-là, je m'excuse de... qui est... qui est la bonne. Dans le
six mois, en fait, le bureau coordonnateur a trois mois pour analyser la
conformité, statuer. On parle de 33, là, on parle de 33. Puis c'est
l'explication que j'ai donnée la semaine... la semaine dernière. Il y a deux
mois qui sont donnés pour permettre aux RSGE concernées par ces changements-là
de se conformer, de faire les ajustements nécessaires, et il y a un mois
supplémentaire, là, de plus, pour les bureaux coordonnateurs, pour qu'une deuxième
analyse soit faite et confirme que les responsables de services de garde en
communauté qui avaient des changements à faire sont maintenant conformes.
Mme Prass : Et, si, après
cette deuxième analyse, il y a des éléments qui ne sont toujours pas conformes,
est-ce que le bureau coordonnateur va les informer? Ils pourront retourner de
nouveau pour remédier ces enjeux?
Des voix : ...
Mme Champagne Jourdain : ...pourraient
reproposer un projet... un nouveau projet à la suite de ça qui est conforme,
qui répond, là, aux critères. À la suite de ça puis dans... si besoin il y a,
elles pourraient aussi présenter une demande au tribunal administratif pour
révision, révision, c'est bien ça, révision ou... si elles ne sont pas d'accord
avec la décision, là, qui aurait été donnée.
Mme Prass : Et, si le bureau
coordonnateur leur informe : Bien, OK, voici les changements que vous
devez faire suite à la deuxième analyse, quelle est la période de temps qu'ils
auront pour, justement, amener ces ajustements? Parce que, là, on parle de
deux... trois mois d'analyse, la première fois, par le bureau coordonnateur,
deux mois pour faire les changements, ensuite un autre mois pour la
réévaluation. Combien de temps par la suite?
Mme Champagne Jourdain : Après
la deuxième analyse, la décision est rendue. Donc, c'est là qu'elles ont le
choix de redéposer un projet qui répond aux critères, là, en fait, ou de
déposer, là, c'est ça, une demande au tribunal administratif si elles ne sont
pas d'accord avec la décision de l'analyse.
Mme Prass : Est-ce que c'est
déposer tout un nouveau projet? Ou, là, avec les recommandations du bureau
coordonnateur, on refait le travail sur le même projet? Ou est-ce qu'on
commence un nouveau projet, on commence tout le processus?
Mme Champagne Jourdain : Bien,
elle peut...elle pourrait repartir du même projet puis faire les
ajustements qui auraient été soulevés dans la deuxième analyse, peut-être.
Mme Prass : Et là ça
prendrait... ça serait toujours... Est-ce que ça serait évalué dans le cas d'un
nouveau projet ou... Parce que ce que j'essaie de comprendre : c'est quoi,
le... les délais de temps? Donc, trois mois faire l'analyse, deux mois les...
faire ses devoirs, les ajustements, ensuite un mois pour la nouvelle analyse.
Alors, disons qu'après la deuxième analyse on dit : OK, là, il faut que
vous faisiez ça, ça, ça pour être conforme... Parce que vous avez dit que, là,
ils doivent déposer un nouveau projet. Donc, est-ce que... Donc, on recommence
du début le processus ou est-ce que c'est une extension du processus.
Mme Champagne Jourdain : Non,
on redépose une nouvelle demande.
Mme Prass : OK. Puis là c'est
le trois mois et le deux mois, etc.
Mme Champagne Jourdain : Oui,
c'est ça, mais il y a des éléments qui vont être pareils, là, la personne qui
dépose le projet... peut-être que le local va avoir changé, peut-être que non,
peut-être qu'il va y avoir eu des améliorations au local, mais on redépose un
nouveau projet, là. C'est ce qui est fait.
Mme Prass : Et...
Mme Champagne Jourdain : Puis,
tu sais, on va... on va couvrir les détails de tout ça aussi à l'article 40,
là, peut-être l'amener pour précision.
Mme Prass : OK. On va voir...
l'amendement que vous allez... on y reviendra.
La Présidente (Mme Lecours, Les
Plaines) : Donc, est-ce qu'il y a d'autres interventions sur
l'amendement à l'article 39? S'il n'y a pas d'autre intervention, est-il
adopté?
Des voix
: Adopté.
La Présidente (Mme Lecours, Les
Plaines) : Adopté. On revient à l'article 39 tel qu'amendé. Est-il
adopté?
Des voix
: Adopté.
La Présidente (Mme Lecours, Les
Plaines) : Adopté. On passe justement à l'article 40. On va lire...
bien, vous allez lire, Mme la ministre, l'article et, par la suite,
l'amendement.
Mme Champagne Jourdain : 40.
Un bureau coordonnateur qui a reconnu une personne responsable d'un service de
garde éducatif selon les directives... les directives applicables au projet
pilote visé à l'article 39 doit statuer sur la conformité de la reconnaissance
de cette personne avec la section III du chapitre III...
Mme Champagne Jourdain : ...de
la Loi sur les services de garde éducatifs à l'enfance (chapitre S-4.1.1)
et ses règlements, au plus tard trois mois après l'édition du premier règlement
pris en vertu du paragraphe 21° du premier alinéa de l'article 106 de
cette loi, tel que modifié par le paragraphe 7° de l'article 27 de la
présente loi. Si le bureau coordonnateur statue que la reconnaissance est
conforme, celle-ci est réputée avoir été délivrée en vertu de l'article 56
de la Loi sur les services de garde éducatifs à l'enfance, édicté par
l'article 13 de la présente loi, aux mêmes conditions prévues pour une
telle reconnaissance, à compter de la date d'entrée en vigueur de cet
article 56 ou de celle de la décision de conformité du bureau
coordonnateur selon la plus tardive des deux dates. Si le bureau coordonnateur
statue que la reconnaissance n'est pas conforme, il doit... dans le même... il
doit, dans le même délai, indiquer à la personne responsable les correctifs
requis pour que celle-ci soit conforme et attribuer un délai de trois mois pour
apporter des correctifs... les correctifs demandés. Il peut statuer de nouveau
sur sa conformité de sa propre initiative ou à la demande de la personne
responsable.
Commentaires : Au niveau des
commentaires à... l'article 40 prévoit le processus par lequel un bureau
coordonnateur statue la conformité d'une reconnaissance accordée à une RSGE
dans le cadre du projet pilote des responsables d'un service de garde éducatif
en communauté et en entreprise, avec les nouvelles règles applicables aux RSGE
en communauté. Si le bureau coordonnateur juge la reconnaissance conforme,
celle-ci sera réputée avoir été délivrée en vertu des nouvelles dispositions.
Si le bureau coordonnateur juge la reconnaissance non conforme. Le bureau
coordonnateur requerra de la RSGE d'apporter les correctifs requis s'il en est.
La Présidente (Mme Lecours, Les
Plaines) : Là, on va voir à l'écran l'amendement à l'article 40,
qui est long. Prenez une petite gorgée d'eau, puis on poursuit la lecture.
Mme Champagne Jourdain : Article 40 :
Remplacer l'article 40 du projet de loi par le suivant :
40. Sous réserve de l'article 41, un
bureau coordonnateur qui a reconnu une personne responsable d'un service de
garde éducatif selon les directives applicables aux projets visés dans
l'article 39... projet pilote, pardon, visés à l'article 39, doit
statuer sur la conformité de la reconnaissance de cette personne avec la
section III du chapitre III de la Loi sur les services de garde
éducatifs à l'enfance (chapitre S-4.1.1) et ses règlements. Au plus tard
trois mois après l'édition du premier règlement pris en vertu du paragraphe 21°
du premier alinéa de l'article 106 de cette loi, tel que modifié par le
paragraphe 7° de l'article 27 de la présente loi, il doit statuer que la
reconnaissance est conforme ou àviser la personne qu'il estime qu'il ne l'est
pas. Si le bureau coordonnateur statue que la reconnaissance est conforme,
celle-ci est réputée avoir été délivrée en vertu de l'article 56 de la Loi
sur les services de garde éducatifs à l'enfance, édicté par l'article 13
de la présente loi, à compter de la date de l'entrée en vigueur de cet... de
cet article 56, Si le bureau coordonnateur estime que la reconnaissance
n'est pas conforme, il doit aviser par écrit cette... la personne responsable
et lui indiquer les motifs justifiant cet avis. S'il y a... s'il y a lieu... le
bureau coordonnateur peut également lui indiquer les correctifs requis pour que
cette reconnaissance soit conforme. Le bureau coordonnateur accorde à cette
personne un délai de deux mois pour présenter ses observations, produire tout
document qu'elle estime utile et apporter les correctifs demandés s'il en est.
Le bureau coordonnateur doit ensuite statuer sur la conformité de cette
reconnaissance au plus tard dans un délai d'un mois suivant l'expiration du
délai mentionné au quatrième alinéa. S'il le statut que la reconnaissance est
conforme, le troisième alinéa ne s'applique pas. S'il statut qu'elle n'est pas
conforme...
Des voix : ...
La Présidente (Mme Lecours, Les
Plaines) : S'applique, pas s'applique pas.
• (11 heures) •
Mme Champagne Jourdain : S'applique.
Pardon, s'applique. S'il statut qu'elle n'est pas conforme, elle est révoquée
avec effet suspensif jusqu'à la fin du projet pilote. L'article 39 de la
présente loi et avec les adaptations nécessaires les articles 104 et 105
de la Loi sur les services de garde éducatifs...
11 h (version non révisée)
Mme Champagne Jourdain : ... à
l'enfance s'appliquent.
«Si, en tout temps au cours du processus
prévu par le présent article, le bureau coordonnateur estime que la personne
visée se conforme ou pourrait apporter certains correctifs pour se conformer
aux règles relatives à la reconnaissance des personnes responsables d'un
service de garde éducatif en milieu familial, il peut l'en informer et lui
proposer de formuler une demande de reconnaissance à ce titre. Celle-ci est
alors traitée conformément aux dispositions de la Loi sur les services de garde
éducatifs à l'enfance applicables à ce type de personnes responsables et une
reconnaissance ainsi accordée à cette personne annule toute reconnaissance lui
ayant été accordée dans le cadre du projet pilote.»
Alors, au niveau des commentaires, comme
pour les amendements précédents aux articles 38.1 et 39, cet amendement s'inscrit
dans la restructuration des dispositions établissant la séquence transitoire
permettant de statuer sur la conformité, avec le nouveau cadre juridique, de la
reconnaissance d'une RSGE accordée en vertu du projet pilote. D'abord, l'article
serait désormais introduit par les mots «sous réserve de l'article 41», car un
amendement à l'article 41 proposera une règle transitoire particulière dans le
cas de personnes responsables dont la reconnaissance est suspendue.
Aussi, il propose certains ajustements au
processus amenant un BC à statuer sur la conformité de la reconnaissance d'une RSGE,
particulièrement quant aux délais. Ainsi, dans tous les cas, le BC aura... aura
trois mois pour prendre une décision initiale, et, dans le cas où le BC a rendu
une décision de non-conformité, la RSGE aura deux mois pour apporter des
correctifs, et il est précisé qu'elle pourra à ce moment, présenter ces
observations, produire tout document qu'elle estime utile. Par la suite, le
bureau coordonnateur va disposer d'un délai d'un mois pour rendre une décision
finale quant à la conformité ou non de la reconnaissance. Ces délais seront les
mêmes dans tous les cas de figure. Les reconnaissances seront réputées avoir
été délivrées au premier jour où le nouveau mode de prestation des services de
garde sera en vigueur.
D'autre part, l'amendement ajoute un
alinéa précisant que le Tribunal administratif du Québec est compétent, en cas
de litige, sur la décision de conformité du bureau coordonnateur en rendant
applicables les articles 104 et 105 de la Loi sur les services de garde
éducatifs à l'enfance, attribuant à ce tribunal la compétence en cas de refus de
reconnaissance d'une RSGE par un bureau coordonnateur.
Enfin, le dernier alinéa de l'article, tel
qu'amendé, prévoit expressément la possibilité qu'une RSGE reconnue dans le
cadre du projet pilote puisse devenir une RSGE en milieu familial.
Mme Lecours (Les Plaines) : Merci
beaucoup, Mme la ministre. Alors, je vais prendre les interventions sur l'amendement
à l'article 40. Y a-t-il des interventions? Alors, s'il n'y a pas d'intervention,
est-ce que l'article 40... l'amendement à l'article 40 est adopté?
Des voix : Adopté.
La Présidente (Mme Lecours, Les
Plaines) : Adopté. Conséquemment, l'article 40, tel qu'amendé, est-il
adopté?
Des voix : Adopté.
La Présidente (Mme Lecours, Les
Plaines) : Adopté. On passe donc à 41, Mme la ministre, et l'amendement
qui va suivre, on va le lire après.
Mme Champagne Jourdain : «41.
Le ministre peut, s'il l'estime approprié pour assurer la mise en oeuvre
ordonnée de la présente loi, prolonger la durée du Projet pilote de responsables
d'un service de garde éducatif en communauté et en entreprise, entré en vigueur
le 1er avril 2022, d'une période additionnelle d'au plus 18 mois
s'ajoutant à la durée initiale de celui-ci et à sa prolongation, prévues au
premier alinéa de l'article 124 de la Loi sur les services de garde éducatifs à
l'enfance (chapitre S-4.1.1).»
Alors, au niveau du commentaire, l'article
41 du projet de loi permet à la ministre de la Famille, si elle l'estime
approprié, de prolonger la durée du projet pilote des responsables de services
de garde éducatifs en communauté et en entreprise pour une période
additionnelle d'au plus 18 mois. Et...
Mme Lecours (Les Plaines) : ...l'amendement,
mais vous pouvez en commencer la lecture. Allez-y.
Mme Champagne Jourdain : Article
41 :
Remplacer l'article 41 du projet de loi
par le suivant :
«41. Dans le cas où la reconnaissance d'une
personne responsable d'un service de garde éducatif accordée dans le cadre...
Mme Champagne Jourdain : ...pilote
visé par l'article 39 est... Ça va-tu? Voulez-vous je recommence du début?
On va le reprendre. Reprise : 41... Il manque des mots dans la...
Une voix : ...
Mme Champagne Jourdain : Oui,
c'est ça, exactement.
La Présidente (Mme Lecours, Les Plaines) :
Dans le cadre d'un projet pilote.
Mme Champagne Jourdain : Ici,
là, il manque des mots.
La Présidente (Mme Lecours, Les
Plaines) : Est-ce que ça vous va si on fait juste une correction de
forme? Il manque le mot «d'un» projet pilote.
Une voix : ...
La Présidente (Mme Lecours, Les
Plaines) : Oui, c'est ça. On va suspendre deux petites secondes.
(Suspension de la séance à 11 h 06)
(Reprise à 11 h 07)
La Présidente (Mme Lecours, Les
Plaines) : Alors, à l'ordre, s'il vous plaît! On reprend nos travaux.
Je vais vous demander de reprendre la
lecture de l'amendement en rajoutant le mot... le petit mot qui manque. Et avec
votre consentement, ça va être une correction de forme seulement. Consentement?
Des voix
: Consentement.
La Présidente (Mme Lecours, Les
Plaines) : Parfait. Allez-y, Mme la ministre.
Mme Champagne Jourdain : Article 41 :
Remplacer l'article 41 du projet de loi par le suivant :
41. Dans le cas où la reconnaissance d'une
personne responsable d'un service de garde éducatif accordée dans le cadre du
projet pilote visé à l'article 39 est suspendue au jour de l'édiction du
règlement mentionnée au deuxième alinéa de l'article 40, le bureau
coordonnateur doit, après la reprise des activités de la personne responsable,
statuer sur la conformité de sa reconnaissance avec la section trois du
chapitre trois de la Loi sur les services de garde éducatifs à l'enfance
(chapitre S4.1.1) et ses règlements.
Au plus tard trois mois après la reprise
des activités de la personne responsable suspendue, il doit statuer que la
reconnaissance est conforme ou aviser la personne qu'il estime qu'elle ne l'est
pas. Si le bureau coordonnateur statue que la reconnaissance est conforme,
celle-ci est réputée avoir été délivrée en vertu de l'article 56 de la Loi
sur les services de garde éducatifs à l'enfance, édicté par l'article 13
de la présente loi, à compter de la date d'entrée en vigueur de cet
article 56 ou de celle de la décision de conformité du bureau
coordonnateur, selon la plus tardive des deux dates. Si le bureau coordonnateur
estime que la reconnaissance n'est pas conforme, il doit en aviser par écrit la
personne responsable et lui indiquer les motifs justifiant cet avis. S'il y a
lieu, le bureau coordonnateur peut également lui indiquer les correctifs requis
pour que cette reconnaissance soit conforme. Le bureau coordonnateur accorde à
cette personne un délai de deux mois pour présenter ses observations, produire
tout de tout document qu'elle estime utile et apporter les correctifs demandés
s'il en est. Le bureau coordonnateur doit ensuite statuer sur la conformité de
cette reconnaissance au plus tard dans un délai d'un mois, suivant l'expiration
du délai mentionnée au quatrième alinéa.
Il communique sa décision motivée par
écrit à la personne visée. S'il statue que la reconnaissance est conforme, le
troisième alinéa s'applique. S'il statue qu'elle n'est pas conforme et que le
projet pilote n'a pas pris fin, elle est révoquée avec un effet suspensif
jusqu'à la fin du projet pilote et l'article 39 de la présente loi
s'applique. Si le projet pilote a pris fin, la reconnaissance est révoquée avec
l'effet immédiat. Les articles 104 et 105 de la Loi sur les services de
garde éducatifs à l'enfance s'appliquent, avec les adaptations nécessaires à
une décision prise en vertu du présent alinéa.
• (11 h 10) •
Si en tout temps, au cours du processus
prévu par le présent article, le bureau coordonnateur estime que la personne
visée se conforme ou pourrait apporter certains correctifs pour se conformer
aux règles relatives à la reconnaissance des personnes responsables d'un
service de garde éducatif en milieu familial, il peut l'en informer, lui
proposer de formuler une demande de reconnaissance à ce titre. Celle-ci est
alors traitée conformément aux dispositions de la Loi sur les services de garde
éducatifs à l'enfance, applicable à ce type de personne responsable...
Mme Champagne Jourdain : ...et
une reconnaissance ainsi accordée à cette personne annule toute reconnaissance
lui ayant été accordée dans le cadre du projet pilote.
Dans le cas où la reconnaissance d'une
personne responsable d'un service de garde éducatif accordée par un bureau
coordonnateur selon les directives applicables au projet pilote visées à
l'article 39 est suspendue après le jour de l'édiction du règlement...
mentionné au deuxième alinéa de l'article 40 et avant que ne soit terminé
le processus prévu par ce même article visant à statuer sur la conformité d'une
reconnaissance, ce processus est alors suspendu jusqu'à la date de la reprise
des activités de la personne responsable. Il est alors régi par le présent
article avec les adaptations nécessaires.
Dans le cas où le projet pilote a pris fin
après... Dans le cas où le projet pilote a pris fin avant la reprise, après
suspension des activités d'une personne reconnue visée au présent article, les
directives applicables au projet pilote tel qu'elles... tel qu'elles se
lisaient à la date où elle a pris fin continuent de s'appliquer à cette
personne jusqu'à ce que le bureau coordonnateur ait statué sur la conformité de
sa reconnaissance en vertu du troisième, du cinquième ou du sixième alinéa.
Alors, au niveau des commentaires :
Comme pour les amendements précédents aux articles 38.1, 39 et 40, cet
amendement s'inscrit dans la restructuration des dispositions établissant la
séquence transitoire permettant de statuer sur la conformité avec le nouveau
cadre juridique de la reconnaissance des RSGE accordée en vertu du projet
pilote.
L'article 41 portait sur le pouvoir
de la ministre de prolonger la durée du projet pilote. Ce pouvoir est désormais
prévu par l'article 38.1 qui a été proposé par amendement, de sorte que ce
pouvoir n'est pas retenu ici. Par ailleurs, le nouvel article proposé en
remplacement de l'article actuel introduit une règle transitoire particulière
pour la personne responsable dont la reconnaissance est suspendue. Cette règle
s'inspire de celle de l'article 40, tel qu'amendé, mais les délais sont ajustés
pour ne pas imposer à une RSGE dont la reconnaissance est suspendue des
démarches administratives au cours de sa suspension.
Il faut aussi par ailleurs noter que le
mot «suspension» ici n'est pas nécessairement péjoratif. La «suspension de la
reconnaissance» est l'expression retenue par la loi qui englobe notamment les
suspensions au motif de retrait préventif, de congé de maternité ou parental,
ou encore de participation aux négociations ou activités associatives...
associatives prévues par la Loi sur la représentation.
La Présidente (Mme Lecours, Les
Plaines) : ...beaucoup, Mme la ministre. Alors, questions,
commentaires sur l'amendement à l'article 41? Mme la députée de
D'Arcy-McGee.
Mme Prass : Merci, Mme la
Présidente. Je sais que ce seraient des situations assez rares, mais au premier
alinéa de l'article, quand on parle d'«une personne responsable d'un service de
garde éducatif accordée dans le cadre du projet pilote visé à l'article 39
est suspendue au jour de l'édiction du règlement», avez-vous une idée de
combien de cas ça représenterait?
La Présidente (Mme Lecours, Les
Plaines) : ...
Mme Prass : Combien de cas.
(Consultation)
Mme Champagne Jourdain : ...on
peut revenir avec l'information. Ça va prendre quelques instants pour le...
La Présidente (Mme Lecours, Les
Plaines) : ...on revient avec l'information, on poursuit? Alors...
Mme Prass : Mais je poserai
mes autres questions parce que ça va dans le même sens. Par exemple, quelles
sont les situations qui pourraient mener à la suspension? Et ensuite, bien,
dépendamment de la réponse des situations, est-ce qu'il est possible qu'à part
ceux que vous avez identifiés, il y en a d'autres qui puissent entrer dans
cette catégorie, mettant en lumière les situations qui feraient en sorte qu'il
y aurait...
Mme Prass : ...suspension en
premier lieu.
Mme Champagne Jourdain : ...écoutez,
on a... comme je le disais, on l'a expliqué, entre autres, je pense que c'est
quand on faisait l'article 13, probablement, les... les... les raisons
pour lesquelles, là, pourrait... il pourrait y avoir une non-reconnaissance,
là, en vertu des changements qui auront été faits à travers le... le présent
projet pilote... le présent projet... projet de loi, je vais le dire comme ça,
et qui aurait pour effet, là, de devoir... devoir faire en sorte que certaines
RSGE aient à procéder à des changements pour pouvoir rester conformes. On
parlait, entre autres, du cas où deux RSGE étaient en milieu familial, bien, ce
n'est plus permis avec le projet de loi actuel. Donc, elles devraient soit
prendre la décision que l'une devienne assistante et se restreindre à neuf
enfants, comme le permet la loi, ou devoir aller en... en local, dans un local,
en communauté. Alors, c'est ce genre de... de... c'est ce genre de... de
critère là qui ferait en sorte qu'elle ne serait pas... ne serait plus
conforme.
Mme Prass : Et la période de
suspension pourrait durer jusqu'à combien de temps avant que le bureau coordonnateur
leur revienne avec les ajustements à apporter?
Des voix : ...
Mme Champagne Jourdain : Ça
dépend toujours de la situation, là. Par exemple, un retrait préventif, un
congé maternité, on... ça pourrait s'étendre plus longtemps, ça dépend, c'est
du cas par cas, je dirais, là.
Des voix : ...
Mme Champagne Jourdain : Je
laisserais peut-être Me Boily le... vous apporter des précisions.
La Présidente (Mme Lecours, Les
Plaines) : Bien sûr. Alors, Me Boily, on vous laisse la parole.
M. Boily (Mathieu) : Oui. En
fait, la réponse se retrouve dans le règlement sur les services de garde
éducatifs à l'enfance aux articles 77.1 et suivants qui régissent la... la
suspension. L'article 79 énonce que la responsable qui veut interrompre
ses activités peut demander par écrit au bureau coordonnateur de suspendre sa
reconnaissance. Donc, il n'y a pas de conditions, ça peut être pour une
sabbatique ou... ou quoi que ce... un congé de ressourcement ou quoi que ce
soit d'autre. Par contre, il y a... il y a, dans certains cas, par exemple, en
cas de retrait préventif... c'est-à-dire qu'à l'article 79.1, on plafonne
à 24 mois la durée de la suspension, sauf en cas de retrait préventif ou
de maladie, ou en vue de permettre à la personne responsable de participer à la
négociation collective des... des RSGE. Il y a aussi d'autres cas de
suspension, donc, à 77.1, c'est-à-dire quand il y a signalement retenu pour
évaluation par le directeur de la protection de la jeunesse, il y a suspension
de la RSGE. Lorsqu'une enquête menée par le ministère en raison de faits qui
pourraient compromettre gravement la santé et sécurité, il y a suspension, là,
également.
Mais, de façon générale, la suspension, je
pense, ça date de 2022, a été libéralisé. Avant, les cas étaient très, très
limités. Puis maintenant on permet de suspendre aussi pour... pour prendre une
sabbatique, pour essayer un cheminement de carrière différent, ou autre.
Mme Prass : OK. Et si
jamais... tu sais, je vous donne un exemple, parce que vous parlez d'un délai
maximal de 24 mois, disons, il y a une... une responsable qui quitte parce
qu'elle est enceinte, elle va avoir son... son congé de maternité puis ensuite
elle tombe enceinte. Je suis juste curieuse. Est-ce que le... Est-ce qu'on peut
aller au-delà du 24 mois? Là, j'ai compris que pour des raisons de
maladie, etc., mais est-ce que ça pourrait être aussi considéré, tu sais, comme
vous avez dit, des raisons familiales, personnelles, ou sabbatiques, quoi ce
soit? Est-ce que ça peut aller au-delà du 24, ou est-ce que ça requiert, par
exemple, une dérogation de la part du ministère?
M. Boily (Mathieu) : ...peut
aller au-delà de... au-delà de 24 mois. Maladie. C'est les deux cas.
Mme Prass : ... puis ça
pourrait tomber dans cette catégorie-là.
M. Boily (Mathieu) : Oui. Effectivement.
Mme Prass : OK. C'est beau.
Merci.
La Présidente (Mme Lecours, Les
Plaines) : Merci. Alors, y a-t-il d'autres... Oui, allez-y, Mme la
ministre.
• (11 h 20) •
Mme Champagne Jourdain : ...que
vous aviez posé, là, sur, dans le fond, le nombre de suspensions, là,
peut-être, là. Les responsables de service de garde n'ont pas à donner le
motif, là, au bureau coordonnateur, là, pour la suspension... pour suspendre
leur reconnaissance, en fait. Mais on sait que c'est souvent pour des motifs de
maternité, par exemple, de maladie, ou, par exemple, qu'elles quittent plus
vont vers un autre emploi. On n'a pas la donnée pour le projet pilote. Ceci étant
dit, peut-être pour vous donner une... une idée de grandeur, sur les... les
quelque 12 000 RSG au 28 février 2026, c'est...
Mme Champagne Jourdain : ...1321
qui sont suspendues.
La Présidente (Mme Lecours, Les
Plaines) : Merci, Mme la ministre. Alors, est-ce qu'il y a d'autres
interventions sur l'amendement à l'article 41? S'il n'y a pas d'autre
intervention, est-ce que l'amendement à l'article 41 est adopté?
Des voix
: Adopté.
La Présidente (Mme Lecours, Les
Plaines) : Adopté. Conséquemment, l'article 41, tel qu'amendé, est-il
adopté?
Des voix
: Adopté.
La Présidente (Mme Lecours, Les
Plaines) : Adopté. On passe donc à l'article 42.
Mme Champagne Jourdain : «42.
Une reconnaissance accordée par le Tribunal administratif du travail à une
association de personnes responsables d'un service de garde éducatif en milieu
familial en vertu de l'article 18 de la Loi sur la représentation de certaines
personnes responsables d'un service de garde éducatif en milieu familial et sur
le régime de négociation d'une entente collective les concernant (chapitre
R-24.0.1) est réputée viser les personnes responsables d'un service de garde
éducatif en communauté pour le territoire visé par la reconnaissance à compter
de la date de l'entrée en vigueur de l'article 56 de la Loi sur les services de
garde éducatifs à l'enfance, (chapitre S-4.1.1) édicté par l'article 13 de la
présente loi.
«Jusqu'à ce qu'une entente collective au
sens de la Loi sur la représentation de certaines personnes responsables d'un
service de garde éducatif en milieu familial et sur le régime de négociation
d'une entente collective les concernant soit modifiée ou renouvelée et à moins
que le contexte ne s'y oppose, toute disposition d'une telle entente visant une
personne responsable d'un service de garde éducatif en milieu familial
s'applique également, avec les adaptations nécessaires s'inscrivant en
conformité avec la présente loi, à une personne responsable d'un service de
garde éducatif en communauté.»
Alors, au niveau des commentaires,
l'article 42 du projet de loi prévoit qu'une association déjà reconnue par le
Tribunal administratif du travail pour représenter les RSGE en milieu familial
dans un territoire donné représentera également de plein droit toute nouvelle
RSGE en communauté reconnue par le bureau coordonnateur de ce territoire après
l'entrée en vigueur du projet de loi.
De même, toute entente collective conclue
par une telle association qui s'applique aux RSGE en milieu familial d'un
territoire donné s'appliquera également de plein droit aux RSGE en communauté
qui seront reconnues au moment de l'entrée en vigueur du projet de loi ou après
celle-ci, jusqu'à ce que l'entente collective soit modifiée ou renouvelée. Les
parties doivent interpréter leur entente en appliquant les dispositions en
conformité avec les nouvelles dispositions de la Loi sur les services de garde
éducatifs à l'enfance relative aux RSGE en communauté.
La Présidente (Mme Lecours, Les
Plaines) : Merci beaucoup, Mme la ministre. Y a-t-il des interventions
sur l'article 42? Mme la députée de Bourassa-Sauvé.
Mme Cadet : Merci. Bonjour,
Mme la Présidente. Bonjour, Mme la ministre. Juste ici, à l'article 42, parce
que, là, on parle, donc, de dispositions en matière de droit du travail, ici,
donc, je comprends, donc, qu'il y a quand même, donc... dans le commentaire,
c'est quand même assez clair qu'il y a deux... il y a deux paragraphes, ici,
donc, bien, en fait, deux alinéas, donc, à l'article 42, mais deux paragraphes
aux commentaires. Donc, d'une part, on parle, donc, du devoir, donc, de
représentation, donc, qui inclura donc les RSGE en communauté. Donc, ça, ça me
semble assez clair.
On se dit : Toute entente collective,
donc, s'appliquerait, donc, de plein droit. Donc, ici, donc, ça veut dire
qu'une personne responsable d'un service de garde en milieu familial qui
décide, donc, d'aller... de faire le saut, là, en communauté, là, qui avait
déjà, donc, sa disposition, son... que sa... qui occupait déjà, qui jouait
déjà, donc, ce rôle-là en milieu familial qui décide de faire le saut en
communauté, d'offrir plus de services, donc, ne sera pas pénalisée sur le plan
de ses acquis en matière de droit du travail si elle fait ce saut-là. C'est ça,
l'objet de la disposition?
Mme Champagne Jourdain : Oui.
Non, elle ne sera pas pénalisée... entente collective en vigueur va s'appliquer
pour tout le monde, c'est ça.
Mme Cadet : OK. Ça fait que,
donc, avec les mêmes... avec les mêmes droits, les mêmes privilèges, donc,
l'entente collective qui est en vigueur va s'appliquer. Et là vous dites, donc,
jusqu'à ce qu'une entente collective, bon, au sens de la loi sur la
représentation... soit modifiée ou renouvelée, à moins que le contexte ne s'y
oppose... Donc, la disposition actuelle va s'adapter avec les adaptations
nécessaires, mais là je comprends, donc, vous dites qu'il y a quand même, donc,
une... il y a quand même une ouverture. On ouvre la porte, quand même, avec ces
dispositions-là, donc, pour la suite, donc, disons. Donc, il pourrait y avoir,
donc, une disparité dans...
Mme Cadet : ...la...
la... la représentation, donc, qui est donnée, donc, aux personnes responsables
de services de garde en milieu... en communauté par la suite, hein?
Mme Champagne Jourdain : ...juste
reformuler votre question, oui?
Mme Cadet : Oui, je vais
reprendre ma question ici. C'est que, dans le fond, ici, donc, vous dites
l'entente actuelle s'applique, bien évidemment, donc, il y aura... Donc, les
parties, donc, pourront s'entendre, donc, pour toute entente contractuelle,
donc, pour la suite. Donc, s'il y a renouvellement de l'entente collective,
donc, ils devront s'entendre avec les modalités nécessaires, mais... il y a...
Est-ce que... Dans le fond, si vous vous dites : Bien là, en ce moment,
donc, les dispositions s'appliquent, mais là, pour la suite, il pourrait y
avoir disparité dans les... les dispositions qui concernent les personnes
responsables de services de garde en milieu familial et celles qui sont
responsables d'un milieu de services de garde en communauté.
Mme Champagne Jourdain : Bien,
effectivement, là, c'est un peu prévoir le futur. Ça, je ne peux pas. Mais
l'entente collective, là, elle est en vigueur jusqu'au 31 mars 2028.
Alors, les mêmes dispositions s'appliquent, là, aux deux RSGE, je dirais, là,
jusqu'au... jusqu'au 31 mars 2028. S'il y a des changements qui auraient
lieu à ce moment-là, bien, il pourrait y avoir des disparités, dépendamment de
ce qui aura été négocié, là, dans la prochaine entente collective.
Mme Cadet : Mais celle
actuelle, elle est en vigueur jusqu'au 31 mars 2028, vous dites?
Mme Champagne Jourdain : Oui.
Mme Cadet : OK.
La Présidente (Mme Lecours, Les
Plaines) : ...d'autres interventions sur l'article 42? S'il n'y a
pas d'autre intervention, est-il adopté?
Des voix
: Adopté.
La Présidente (Mme Lecours, Les
Plaines) : Adopté. Merci. On passe à l'article 43. Mme la
ministre.
Mme Champagne Jourdain : Merci...
on va le garder à la toute fin, alors il faudrait aller à 30.1, je crois? 30.2.
La Présidente (Mme Lecours, Les
Plaines) : Consentement pour maintenant passer aux
amendements 30.1 et 30.2?
Des voix
: Consentement.
La Présidente (Mme Lecours, Les
Plaines) : Consentement. Parfait. Donc, on va suspendre le 43 pour
passer à 30.1... Ce sont des amendements pour introduire des nouveaux articles.
Mme Champagne Jourdain :
...
La Présidente (Mme Lecours, Les
Plaines) : Pardon, Mme la ministre?
Mme Champagne Jourdain : Est-ce
que ce serait possible de débuter par 30.2, puisque 30.1 c'est le droit acquis,
ça fait que...
Mme Cadet : ...Mme la
Présidente.
La Présidente (Mme Lecours, Les
Plaines) : Oh! on aime ça quand on a du consentement comme ça. On
passe donc à 30.2, c'est un amendement introduisant un nouvel article. Je vais
vous demander, Mme la ministre, dès que vous êtes prête, à en faire la lecture.
Pour celles et ceux qui veulent le lire à l'écran, vous le voyez.
Mme Champagne Jourdain : Parfait.
La Présidente (Mme Lecours, Les
Plaines) : Peut-être juste le remonter une petite affaire. Encore.
Parfait, c'est bon.
Mme Champagne Jourdain : Article 30.2.
Annexe II de la Loi sur la laïcité de l'État. Insérer, après
l'article 30.1 du projet de loi tel qu'amendé, l'article suivant :
30.2. L'annexe II de cette loi est
modifiée, par l'ajout à des fins... des... à la fin, pardon, à la fin des
paragraphes suivants :
10.1. Une personne responsable d'un
service de garde éducatif en communauté dont les services de garde sont
subventionnés, de même qu'une personne qui assiste cette dernière visée par la
Loi sur les services de garde éducatifs à l'enfance (chapitre S-4.1.1);
10.2. Une personne qui fournit des
services de garde... des services dans un emplacement ou une personne
responsable d'un service de garde éducatif en communauté visée par cette même
loi fournit des services de garde lorsqu'elle se trouve dans cet emplacement
pendant la prestation des services de garde;
10.3. Une personne lorsqu'elle fournit des
services de garde aux enfants dans un emplacement ou une personne responsable
d'un service de garde éducatif en communauté visée par cette même loi fournit
des services de garde.
Alors, au niveau des commentaires.
L'annexe II de la Loi sur la laïcité de l'État énumère les personnes
visées par l'interdiction de porter un signe religieux dans l'exercice de leurs
fonctions. La modification proposée par cet amendement vise à inclure dans
cette annexe les RSGE en communauté, de même que les personnes appelées à
fournir des services dans les emplacements où les RSGE en communauté
fournissent des services de garde éducatifs. L'objet de cet amendement est
d'assurer la cohérence avec les mesures proposées par le projet de loi n° 9 sur le renforcement de la laïcité au Québec.
• (11 h 30) •
La Présidente (Mme Lecours, Les
Plaines) : Merci beaucoup. Alors, je vais prendre les interventions
sur...
11 h 30 (version non révisée)
La Présidente (Mme Lecours, Les
Plaines) : ...l'amendement 30.2. Mme la députée de
Bourassa-Sauvé.
Mme Cadet : Merci, Mme la
Présidente. D'abord, ici, Mme la ministre, donc, évidemment, je vais souligner
ma propre absence, donc, n'ayant pas siégé un peu plus tôt ce projet-ci. Donc,
je veux juste bien saisir, puis je pense que c'est... puis même à des fins de
clarté, là, parce que, quand même, donc, les... la rédaction est un peu lourde.
Puis ce n'est pas... ce n'est pas un reproche, là, c'est juste pour qu'on en
saisisse bien l'essence. Peut-être bien, donc, nous expliquer, donc, qui
seraient les personnes visées par 30.2 ici. Donc, 10.1, ça me semble assez
clair, mais 10.2, ce qu'on... 10.2 puis 10.3, là, juste bien saisir ce que ça
signifie concrètement.
Mme Champagne Jourdain : Parfait.
«Une personne qui fournit des services de garde dans un placement ou une
personne responsable d'un service de garde éducatif en communauté visée dans ce
même... dans cette même loi fournit des services de garde, lorsqu'elle se
trouve dans cet emplacement pendant la prestation des services de garde». Je
comprends votre... je comprends votre... votre questionnement puis votre
besoin, là, de clarté. Alors, ici, on serait dans le... dans le...
Des voix : ...
Mme Champagne Jourdain : ...fait
bien sûr référence à des gens qui fournissent des services de garde, ça, c'est
clair, là, là-dessus, on s'entend. Puis, au niveau de la prestation, là, de
services dans un emplacement, c'est là où peut-être vous avez des questions, on
parle de services, par exemple, d'entretien, ce genre de services là, là, qui
sont autres que ceux des services de garde, là.
Mme Cadet : ...de services de
garde. Donc, on dit vraiment une personne qui fournit des services.
Mme Champagne Jourdain : Dans
un emplacement.
Mme Cadet : Donc, c'est toute
personne qui entre dans un RSGE en communauté. Là, je ne sais pas si cette...
Là, je viens d'inventer cette abréviation-là, je n'étais pas sur le projet-là,
mais je... on... quand je dis ça, est-ce que c'est...
Mme Champagne Jourdain : Oui,
c'est ça.
Mme Cadet : ...conforme?
Des voix : ...
Mme Champagne Jourdain : ...pour
fournir des services dans un emplacement ou une personne responsable d'un
service de garde en communauté est visée, là.
Mme Cadet : Donc, c'est ça.
Donc, ici, par exemple, on... je dirais un plombier... bien, je ne sais pas s'il
y a une cuisinière, là, je n'ai pas... c'est possible, ou un service de
traiteur qui vient.
Mme Champagne Jourdain : Oui.
Mme Cadet : OK.
Mme Champagne Jourdain : Oui.
Bien... Puis c'est bien précisé, là, pendant la prestation des services de
garde. Donc, s'il y avait de l'entretien qui était fait en dehors de la
prestation des services de garde, ça ne s'appliquerait pas, là, à ce niveau-là.
Mme Cadet : OK. Donc, c'est...
c'est ce à quoi fait référence... fait référence 10.2, mais...
Mme Champagne Jourdain : Peut-être
pour...
Mme Cadet : Merci d'abord
pour cette clarté-ci, parce qu'effectivement, quand on connaît peu la
nomenclature du projet de loi... je veux dire, pour quelqu'un qui... qui
voudrait, donc, regarder l'annexe II puis qui lit ça, je pense que cette
clarté-là, elle est nécessaire. Et ensuite, 10.3.
Mme Champagne Jourdain : Peut-être
vous dire aussi que ce sont des calques, là, des paragraphes 16 et 17
ajoutés à l'annexe, là, par le PL n° 9, là, à ce niveau-là.
Mme Cadet : Et ensuite, peut-être,
juste 10.3, Mme la ministre.
Mme Champagne Jourdain : Vous
voulez une précision aussi?
Mme Cadet : Juste... Oui, c'est
ça, juste une précision sur 10.3, là, parce qu'ici on ne parle pas non plus,
donc, de service de garde... Ah! non, non, on parle de services aux enfants.
Mme Champagne Jourdain : ...par
exemple, je vais... je vais donner un exemple, un orthophoniste, là.
Mme Cadet : ...10.2, donc, c'est
vraiment des services qui ne sont pas des services aux enfants, donc... et
10.3, ce sont vraiment les services aux enfants. Donc, c'est cette
distinction-là.
Mme Champagne Jourdain : Oui,
les services directement fournis aux enfants. Puis, à 10.2, on est dans les
services dans l'environnement.
Mme Cadet : Donc, par
exemple, donc, une remplaçante, donc, elle, elle entrerait à quel paragraphe?
Parce que, là, on parle... Donc, vous dites, donc, une orthophoniste, donc d'autres
types de services. Donc, la remplaçante, donc celle qui fournit des services de
garde... ou l'assistante, là?
Mme Champagne Jourdain : ...qui
est à 10 point... une personne qui l'assiste est à 10.1.
Mme Cadet : OK, l'assistante
est à 10.1. OK. Et la remplaçante alors?
Des voix : ...
Mme Champagne Jourdain :
...des services aux enfants, donc ce serait 10.3.
Mme Cadet : OK. Donc, déjà,
donc, merci... au moins, ça cadre la... ça cadre la discussion, là, parce que
je trouve que c'est toujours important qu'on puisse savoir de quoi on parle,
là, lorsque l'on commence l'analyse ou l'étude détaillée d'une disposition,
d'un projet de loi ou d'un amendement à un... à un projet de loi. Donc, ça,
ici, c'est... c'est sur la forme.
Puis peut-être juste une autre question de
forme, là, avant d'y aller sur le fond, j'aurais une petite question
légistique... ici, je me suis déjà demandé ce que... je sais qu'au projet de
loi neuf est venu ajouter, donc, des notions à... aux articles 15, là.
Donc, c'est à ce moment-là qu'on parle, donc, des CPE, et tout. Pourquoi est-ce
que la... la numérotation est à 10.1, 10.2, 10.3 et pas 15.1, 15.2, 15.3?
Mme Champagne Jourdain :
Comme... comme le projet de loi neuf n'est pas encore adopté, on inscrit ça
dans la loi actuelle, mais il y aurait des changements, là, suite à l'adoption
de la loi.
Mme Cadet : Il y aurait
possible une numérotation automatique, c'est comme ça que ça fonctionne?
Mme Champagne Jourdain : Oui,
oui. Voulez-vous y aller, Me Boily? Je peux laisser Me Boily répondre, si vous
voulez.
Mme Cadet : Oui, il y a
consentement.
La Présidente (Mme Lecours, Les
Plaines) : ...Me Boily, allez-y.
M. Boily (Mathieu) : Oui,
juste sur la renumérotation, on sait qu'à la fin d'une étude détaillée, il y a
une motion de renumérotation qui est prise. Par contre, je ne crois pas, dans
ce cas-ci, qu'elle viserait nos paragraphes 10.1, 10,2, 10,3, parce que,
comme on modifie la loi sur la laïcité actuelle, le dernier paragraphe de
l'annexe deux, c'est 10. Donc, on s'inscrit à 10,1, 10,2, 10,3. Et le projet de
loi neuf, par contre, ajoute une série de... une série de paragraphes, là, 16,
17 jusqu'à 19, là. Donc, on... on ne défait pas le... on ne peut pas s'inscrire
à 20, parce que, quand on ouvre la loi aujourd'hui, il n'y a pas de paragraphe 19.
Donc, c'est vraiment l'enjeu qui est à ce niveau-là.
Mme Cadet : Je comprends.
Merci. Merci. Donc, ça, c'étaient les questions que j'avais sur... sur la
forme. Maintenant, ici, sur... sur le fond, puis, tu sais, je l'ai mentionné, donc,
moi, j'ai... je n'ai pas eu le loisir de siéger sur ce projet de loi ci, mais
j'imagine, Mme la ministre, c'est l'objectif de déposer la Loi instituant la
prestation de services de garde éducatifs à l'enfance par les personnes
reconnues à titre de responsable d'un service de garde éducatif en communauté,
bien, l'objectif, c'est d'offrir un peu plus de places aux familles. Je
voudrais vous entendre là-dessus.
Mme Champagne Jourdain : Entre
autres, oui. De répondre aussi à des besoins qui sont particuliers dans des
milieux particuliers aussi. Je pense aux régions éloignées, aux régions plus
rurales aussi, où parfois la demande ne justifie pas la construction d'une plus
grande installation. De permettre aussi à des employeurs d'être des partenaires
puis de créer aussi des places pour leurs employés, entre autres, puis, oui, de
créer plus de places. Au final, la majorité des places qui sont créées, on le
disait, on a eu la chance d'en... d'en discuter, sont à 98 %
subventionnées à travers le projet pilote. Il demeure un choix de de... C'est
au choix de la RSGE d'offrir des places subventionnées ou non. Alors, toutes
ces raisons-là, là, nous permettent effectivement, là, de vouloir proposer ce
nouveau mode de garde là.
• (11 h 40) •
Mme Cadet : Merci, Mme la
ministre. Donc, je vous entends, donc, sur le principe ici, l'objectif, en
fait, du projet de loi, donc, qui est d'offrir, tu sais, plus de places aux
familles, puis on... on s'entend que, tu sais, c'est une grande priorité de la
grande majorité des familles québécoises. Mais j'aimerais peut-être vous
entendre sur les... justement, ce que les familles québécoises considèrent
comme priorité en matière de prestation de service de garde. Parce qu'on le
voit, donc, dans le... un très récent sondage Léger, les parents, il est noté
que, donc, que les parents priorisent nettement les dimensions directement
liées au bien-être de l'enfant et son évolution en... dans un milieu éducatif
sain. Et, essentiellement, ils nous disent : Bien, nous on veut plus de
places. Donc, nous, on trouve ça très important d'avoir plus de places. On
trouve que c'est tellement nécessaire qu'à notre... à notre avis, bien, les...
les questions, donc, de port de signes religieux...
Mme Cadet :
...visibles,
à visage découvert, là, bien évidemment, mais pour, tu sais, ça revient pas
mal, donc, d'abord, au dernier rang des priorités, on parle de... de 8 %,
là, en termes de priorité, ici, qui est noté de la part des parents, donc, dans
ce sondage Léger là, puis on nous dit : Bien, 62 % des parents jugent
acceptable que des éducateurs, des éducatrices portent des signes religieux
visibles à visage découvert dans les services de garde éducatifs à l'enfance,
et 68 % disent se sentir à l'aise à ce qu'un membre du personnel éducateur
portant un signe religieux visible, à visage découvert, s'occupe de leurs
enfants dans un service de garde éducatif à l'enfance. Donc, qu'est ce que vous
pensez de ces dispositions-là?
Mme Champagne Jourdain : Bien,
écoutez, je pense que les efforts qui ont été faits au courant des dernières
années, depuis le grand chantier sur les familles, par notre gouvernement, ont
permis la création de nombreuses places, notamment bientôt
34 000 nouvelles places subventionnées qui ont été créées. Il y a
actuellement environ 11 500 places qui sont en réalisation, donc qui vont être
offertes aux familles dans les prochaines semaines, dans les prochains mois,
dans la prochaine année. Alors, ça, ça vient s'ajouter en surplus, et on a
aussi converti, jusqu'à maintenant, 11 000 places, des places non
subventionnées en places subventionnées. On a annoncé la conversion de
5000 autres places au dernier budget. Alors, on a... on aura créé plus de
45 000 nouvelles places subventionnées pour répondre aux besoins des familles.
Oui, on a une liste, avant que vous, peut-être, vous me référer à la liste
d'attente qui est de 30 000 enfants, on aura une meilleure lecture, meilleure
connaissance, plus précise de cette liste d'attente là, aussi, au fur et à
mesure que vont s'épurer les dossiers de Ma place 0-5, qui ont été
transférés vers le nouveau portail d'inscription au service de garde. On va
avoir une liste très à jour de la liste d'attente actuelle, alors, on a... Puis
je prends la liste d'attente, si on part du chiffre 30 000, on a
11 500 nouvelles places qui vont être livrées dans les prochaines
semaines, prochains mois, prochain... prochaines années, des projets qui sont
en train de se réaliser. Alors, on a fait en sorte de pouvoir répondre aux
besoins des familles. On continue en ce sens là. Aussi, depuis 2021, on a près
de 15 000 nouvelles éducatrices qui se sont ajoutées au réseau,
alors, ce sont des embauches nettes. Alors, on travaille sur tous les fronts
pour répondre, là, aux besoins des familles qui s'inquiètent, comme vous me
disiez, là, de ne pas avoir leur place, là.
Mme Cadet : Je vous entends,
Mme la ministre, bien, d'abord, juste un certain point, parce que vous avez
parlé, d'une part, donc, de... des conversions de places. On se rappellera que des
conversions de places, ce ne sont pas des nouvelles places, mais aussi, dans
tous les cas, je veux dire, si on est assis ici, autour de la table, à parler,
donc, de ce projet de loi ci, puis à voir, donc, d'autres... d'autres
mécanismes, parce que les besoins sont grands, puis les besoins sont là,
donc... et ils sont... et ils sont en augmentation. Donc, je comprends, donc,
qu'avec le projet de loi 12, ici, OK, on essaie de faire preuve de...
d'une certaine forme, donc, de créativité pour répondre à ce besoin-là.
Et je reviens, donc, à la demande des
familles, qui disent : Bien, nous, on veut des places, on veut s'assurer
de maximiser notre capacité à pouvoir offrir ce service-là, qui est un service
qui est fondamental. Tu sais, au Québec, on est chanceux, je veux dire, c'est
notre... c'est le modèle dont on s'est doté. Donc, mettons... faisons tout ce
qui est nécessaire, tu sais, pour ne pas mettre des bâtons dans les roues
des... de ceux qui sont prêts, donc, à offrir cette prestation de places. Et les
familles, à travers ce sondage qui a été commandé par l'Association des
garderies privées du Québec, là, je vous nommais les chiffres de tantôt, bien,
ils nous disent : Bien, nous, on a... nous, on a sondé, à travers Léger,
qui est bien évidemment, donc, une firme réputée. Puis c'est ce qu'on nous dit.
Tu sais, je pense aussi à un autre sondage, donc, qui a défrayé les manchettes
il n'y a pas si longtemps aussi, celui de Ma place au travail, qui nous
disent : Bien, 65 % des parents sondés sont en désaccord, ou plutôt
en désaccord avec l'interdiction de port de signes religieux du personnel. Mais
plutôt, donc, ils sont en accord avec, donc, l'obligation, donc, ..., donc,
d'être à visage découvert. Donc, quand vous regardez ces chiffres-là puis qu'on
voit, donc, quelles sont les priorités des familles, puis il nous disent :
Nous, on souhaite obtenir des services, on veut qu'on fasse preuve de
créativité, on veut être en mesure de s'organiser pour pouvoir offrir plus de
services aux familles qui nous entourent. Mais on ne veut certainement pas des
bâtons dans les roues pour que ça puisse, pour que les services puissent
atterrir. Qu'est-ce que vous répondez au 65% des familles...
Mme Cadet : ...sont sondés par
Ma Place au travail aux... % de parents qui ont essentiellement, donc, émis des
points de vue similaires dans le sondage de l'Association des garderies privées
du Québec?
Mme Champagne Jourdain : Bien,
je pense que je vous ai démontré, là, l'immense travail qui a été fait par
notre gouvernement, les pas de géant qui ont été faits par notre gouvernement.
Vous savez, moi, j'ai eu la chance de l'expliquer ici plus tôt, de l'exprimer,
j'ai eu mes enfants en 2006, en 2008, j'ai attendu des places subventionnées,
je les ai tellement attendues que je ne les ai jamais eues. Donc, j'ai été
prise dans un milieu, parce qu'à ce moment-là on donnait des permis pour des
garderies privées, puis qu'il ne se développait pas de places. Notre
gouvernement a pris ça à bras-le-corps, puis on a livré. Puis on va continuer
de le faire dans les prochains mois, dans les prochaines semaines, pour
qu'enfin il y ait des places. Et il y en a, il y en a des milliers, des
dizaines de milliers de plus. Vous savez, ce qu'on fait aujourd'hui, à travers
les articles 30.2 et 30.1, c'est de la concordance avec le projet de loi
neuf. Alors, ce ne serait pas équitable si les principes de laïcité
s'appliquaient dans une installation de garderie... dans une installation
subventionnée, une garderie subventionnée, mais pas dans un projet pilote en
communauté. Alors, ce qu'on vient faire aujourd'hui, là, c'est de la
concordance en ce sens-là. Merci.
Mme Cadet : Justement, Mme la
ministre, vous parlez de concordance, mais quand on regarde les différentes
dispositions du projet de loi neuf, il y a quand même des dispositions qui
s'appliquent, d'une part, aux CPE et aux garderies... aux garderies privées
subventionnées, et d'autres dispositions qui s'appliquent aux personnes
reconnues à titre de responsables de services de garde éducatifs en milieu
familial subventionnés. Donc, on a quand même, donc, deux régimes distincts.
Donc, à mon sens, si on parle de concordance avec ce qui se retrouve dans la
Loi sur la laïcité de l'État, d'une part, et également, donc, dans le projet de
loi neuf, donc le projet de loi sur le renforcement de la laïcité au Québec,
donc, en tout cas... dans tous les cas portant cet intitulé-là, on pourrait
débattre de sa véritable portée. À mon sens, si on veut vraiment parler de
concordance, on devrait y aller avec les dispositions qui concernent, bien,
justement, donc, la prestation de services de garde éducatifs en milieu
familial subventionnés. C'est... C'est... Il me semble, dont, c'est à partir de
ce cadre-là. Si on prend l'exemple d'un arbre, là, puis qu'on se dit, bien, il
y a différentes branches, bien, on a la branche CPE, on a la branche garderies
privées subventionnées, puis ensuite, bien, on a la branche, bien, services de
garde éducatifs en milieu familial. Puis, à partir de ça, on sort de là puis on
se dit : OK, bien, on ajoute la sous-branche en communauté à partir du
principe d'une personne responsable d'un service de garde éducatif en milieu
familial. Donc, si on parle de concordance, à mon sens, on devrait y aller avec
ces dispositions-là.
Mme Champagne Jourdain : Bien,
on a eu la chance de l'expliquer. Puis vous le dites, là, vous n'aviez pas eu
la chance d'assister à tout ce... à tout... à tout le travail sur le PL Douze.
On a eu la chance d'exprimer aussi puis d'expliquer le fait que le mode de
service de... le mode des services de garde en communauté se veut aussi un peu
un hybride ou à mi-chemin entre le mode de garde en... en milieu familial et
celui en installation, en plus grande installation. Là, on n'est plus dans
un... dans une résidence familiale, mais on veut garder certaines... certaines
valeurs, comme les petits groupes, ces choses-là. Mais on est sortis de la
résidence familiale. On est dans un lieu en communauté, alors c'est ce qui...
c'est ce qui explique un peu cette différence-là, si vous me permettez.
Mme Cadet : Qui seront les
prestataires de services en communauté? C'est-à-dire, puis j'emploie, je veux
dire, un temps de verbe au futur simple, là, mais qui... C'est parce que je...
Mais, en fait, je sais très bien qu'il y a déjà... Donc, ça a été testé, donc,
dans certaines communautés. Donc, en ce moment, donc, qui sont ou qui seront
alors, donc, les prestataires de services de garde éducatifs en communauté?
Mme Champagne Jourdain : ...en
communauté.
• (11 h 50) •
Mme Cadet : Donc, peut-être
si je précise ici ma question, je veux dire, si on y va, donc, très
concrètement, si je vous entends bien, donc, en ce moment, donc, par exemple,
on a des personnes qui sont des responsables de services de garde en milieu
familial qui se disent : Bien, moi, donc, j'ai pris cette décision-là, de
pouvoir offrir, donc, des services, bon, oui, je l'ai fait, donc, dans ma
résidence privée, mais, si je veux être en mesure, donc, d'accueillir plus
d'enfants ou de le faire, donc, dans un endroit où est-ce que, bon... qui est
peut-être plus près, donc, des besoins des parents, je suis donc ce même
individu-là, qui, là, donc, offre ces services en communauté. Puis là je dis ça
puis... mais... Et je reviens, donc, sur l'article, je pense que c'était le 41
ou le 42, là, qu'on vient de voir, on s'est dit : OK, la convention
collective actuelle qui touche les personnes responsables de services de garde
en milieu familial, bien, on l'étend...
Mme Cadet : ...qui s'applique
de facto aux personnes responsables de services de garde en communauté. Donc,
on vient de faire cette adéquation-là en matière de relations de travail. Donc,
j'essaie de comprendre, donc, comment est-ce qu'on ne fait pas... comment
est-ce qu'on ne poursuit pas, donc, dans cette lancée-là, alors que l'article
qu'on vient d'adopter, donc, vient précisément d'énoncer qu'il y a un parallèle
très fort au niveau du statut des personnes qui sont responsables de services
de garde. On vient de dire : Bien, leur convention collective, elle est...
celle qui... celle dont l'échéance, donc, sera au 31 mars 2028, je pense
que c'était la date que vous avez nommée, j'y vais de mémoire, bien, puisque
qu'elles sont... puisque les personnes responsables de services de garde en
communauté sont assimilables à des personnes responsables de services de garde
en milieu familial, bien, elles sont sous la houlette de la même convention
collective. Celle qui est en vigueur, en ce moment, continue de s'appliquer et
elle... et jusqu'à la prochaine, donc, négociation, donc, les termes, les...
donc, les différents droits, les différents privilèges, donc, seront les mêmes.
Donc, j'essaie de comprendre, donc,
l'adéquation entre l'article 41 et 42 qu'on vient d'adopter à l'unanimité,
et la différenciation que vous faites ici au niveau de la conformité, parce que
je suis d'accord avec vous, l'objectif ici, c'est d'avoir de la concordance.
Mme Champagne Jourdain : Bien,
pour reprendre l'exemple que vous avez donné par rapport à l'entente
collective, j'ai été précise là-dessus, ça pourrait changer. Je veux dire, il
pourrait y avoir des distinctions qui seraient faites en fonction des RSGE en
milieu familial ou celles en communauté, à la négociation de la nouvelle
entente collective. Ça, le futur nous le dira. Maintenant, au niveau... au
niveau du choix qui a été fait, on s'est aussi collé sur la recommandation du
rapport Rousseau-Pelcha, qui recommandait que le milieu familial ne soit pas
inclus. Donc, dans... si je me permets, là... pas l'étendage, mais dans
l'élargissement de la laïcité, alors on a aussi respecté cette cette
recommandation-là. Puis faut comprendre qu'elles sont, comme je l'expliquais
tout à l'heure, à l'extérieur de leur domicile, donc, en communauté. Alors, voilà,
c'est une question aussi d'équité. Merci.
Mme Cadet : Mais, encore une
fois, je vous entends, Mme la ministre, bien, je pense que le rapport...
Rousseau-Pelchat, évidemment, donc, ne pouvait pas mentionner, donc, la
situation des personnes responsables en services de garde éducatifs, en
communauté, le concept n'existait pas ou, du moins, n'était pas dans notre
cadre législatif à ce moment-là. Donc, je vous entends, donc, sur ces
dispositions, donc, relatives, donc, au milieu familial. Mais, justement, je
reviens donc à la question de la concordance. Ce que j'entends, c'est que
les... les personnes qui sont, donc, responsables, donc, des services de garde
éducatifs là, donc, son statut, donc... ce sont des travailleuses autonomes.
Est-ce que votre intention, c'est de préserver le statut de travailleuse
autonome pour celles qui sont en communauté aussi?
Mme Champagne Jourdain : Oui.
Mme Cadet : Donc, à ce
moment-ci, donc, si l'objectif, c'est de... de préserver ce statut-là, donc,
sur la durée, j'ai de la difficulté à saisir comment est-ce que... Vous dites
que la concordance devrait se faire avec les obligations qui sont ajoutées aux
travailleuses, aux employés, aux salariés, là, plutôt, des CPE ou des... des
garderies privées subventionnées. Vous dites : OK, donc, ça, c'est
assimilable à ça et non pas aux obligations que l'on octroie aux travailleuses
autonomes qui... qui, elles, sont et demeureront des travailleuses autonomes à
titre de personnes responsables de services de garde éducatifs. Je comprends
que c'est le bureau coordonnateur qui gère les deux, hein, c'est... Ça, j'ai
saisi un petit peu... que ça, ça demeure.
Mme Champagne Jourdain : Comme
je l'ai expliqué tout à l'heure, les RSGE, en milieu familial, sont dans leur
résidence. Les RSGE, en milieu... en milieu communautaire ou en communauté — je
ne l'ai pas assez dit dans la présente étude — ne travaillent pas
dans leur domicile. Ils peuvent ouvrir un service de garde en communauté dans
des installations de la santé, par exemple dans un hôpitaux, dans un édifice
communautaire, ça peut être dans une entreprise. Alors, elles ne sont pas chez
elles. Comme je l'expliquais, c'est... on est à mi-chemin entre les
installations, oui, le milieu familial...
Mme Cadet : ...merci, Mme la
ministre. Vous comprenez que... ce que je comprends... qu'ici on est vraiment,
donc, dans un article de concordance, en effet, là. Puis je... puis je reviens,
donc, au principe... donc, à l'intention du législateur ou ce qui semble être,
ici, donc, l'intention du législateur.
Donc, vous nous dites, donc, les RSGE,
donc, en milieu familial, donc, sont des travailleuses autonomes, celles qui
sont en communauté, l'objectif, c'est qu'elles soient aussi des travailleuses
autonomes. On parle ici de la même personne, là, donc, c'est... donc le même
individu, donc, pourrait offrir, je comprends, pas en même temps, là, c'est ce
que je saisis, donc, du projet de loi, rapidement, du PL n° 12... et puis
vous me corrigerez si je me trompe, je comprends qu'elles ne peuvent pas
nécessairement le faire en même temps, mais une personne, donc, qui offre ce
service-là à domicile, donc, en milieu familial, qui se dit : Bien, moi,
je pense que c'est possible d'offrir ce service, donc, en communauté, donc, de
pouvoir, donc, décupler la capacité d'impact, mais toujours en préservant,
donc, son statut de travailleuse autonome, et ce qui vient avec, et toutes les
dispositions, donc, qui ont été adoptées et discutées dans le cadre de l'étude
de ce projet loi-ci pour préserver, donc, cette... l'assimilation des deux
concepts... mais dire, donc, que cet... ce même individu aurait des obligations
différenciées en matière de laïcité, donc, d'un endroit à l'autre.
Mme Champagne Jourdain : Oui,
parce que la ligne, elle a été tracée sur le fait qu'elles soient en milieu
familial, donc dans leurs domiciles, ou en communauté.
Mme Cadet : Bien, c'est ça,
vous dites : Elle a été tracée. Je veux dire, on est en train d'en
discuter en ce moment, donc la ligne est encore en train d'être définie.
Mme Champagne Jourdain : Par
rapport au PL n° 9, puisque, là, on l'a expliqué, là, on est en
concordance, là... cette ligne-là a été tracée dans le PL n° 9, puis on
est en concordance, ici, là.
Mme Cadet : ...la ligne, je
veux dire, j'essaie... c'est juste sur le projet de loi n° 9, Mme la
ministre, donc, évidemment, donc, le concept de prestation de services de garde
éducatifs à l'enfance par les personnes reconnues à titre de responsables d'un
service de garde éducatif en communauté n'a pas été traité dans le cadre du
projet de loi n° 9. Donc, ici, on est quand même... puis je vous entends,
donc, on est dans une situation hybride.
Puis je l'ai dit, je pense que c'est
une... On fait preuve d'une certaine forme de créativité pour offrir plus de
services. L'objectif, c'est d'aller rejoindre les familles puis d'offrir plus
de services, donc, aux familles, qui nous disent, dans le cadre autant du
sondage de l'Association des garderies privées du Québec que dans celui de Ma
place au travail : On a besoin, donc, de ces services de garde là, i nous
en manque, la conversion de places, ce n'est pas assez, on a besoin de
nouvelles places, donc, offrez-nous... on a besoin d'une soupape d'air pour que
ça puisse se réaliser, et ne mettez pas de contrainte face à cet enjeu-là puis
à cette priorité-là.
Moi, ce que j'entends des familles
québécoises puis ce qu'elles nous disent à travers ces deux sondages, ici,
c'est : S'il vous plaît, donc, les contraintes, donc, relatives à
l'interruption, donc, de port de signe religieux, tant que ça se fasse à visage
découvert, bien, à notre sens, ça ne répond pas, donc, à ce besoin-là. Puis on
se rappellera que, lors de l'étude du projet de loi n° 9, lors des
consultations, on avait quand même, donc, les représentantes, donc, à ce
moment-là... c'était quand même, donc, des CPE, c'était l'Association des CPE
du Québec et des... l'association, donc, représentant, donc, les travailleuses
dans ces CPE là, qui nous disaient : Bien, il nous faut un moratoire parce
qu'on ne connaît pas l'impact, bon. Ça, c'est un débat qu'on a fait dans le
cadre du projet de loi n° 9, on ne le refera pas ici, mais certainement on
ne saisit pas plus l'impact, donc, de cette disposition-ci.
Puis, encore une fois, donc, si on est à
parler de concordance, à mon sens, donc, la concordance, donc, elle doit se
faire en assimilant, donc, le rôle de travailleuse autonome des prestataires de
services de garde éducatifs à l'enfance par les personnes... en fait de
prestation de services éducatifs à l'enfance par les personnes reconnues à
titre de responsables des services de garde éducatifs en communauté, à celles
qui le font en milieu familial. Donc, ce sont les mêmes individus, puis vous
l'avez dit, donc, la même personne en même temps, mais la même personne
pourrait décider de sortir de son domicile pour pouvoir offrir ce service-là en
communauté. Vous avez nommé le fait que ça puisse se faire dans un
établissement, donc, de santé, là, par exemple, là, mais, à mon sens, donc,
dans les dispositions, tant de la Loi sur la laïcité que de la loi... que du
projet de loi n° 9, bien, il y a déjà, donc, des dispositions sur les
organismes et les obligations qui leur sont assujetties.
• (12 heures) •
Bien, dans tous les cas, donc, ces
travailleuses autonomes là, lorsqu'elles sont dans un espace privé,
lorsqu'elles sont dans un espace communautaire, donc, toutes sortes d'espaces
qui ne sont pas assujettis, donc, au projet de loi n° 9 ou à la loi n° 21,
il me semble qu'elles devraient avoir, donc, les mêmes types d'obligations que
celles qui le font en milieu...
12 h (version non révisée)
Mme Cadet : ...familiales. Puis,
je reviens à l'article 42, encore une fois, là, je l'ai de nouveau sous
mes yeux. On l'a dit, donc il y a une reconnaissance qui est accordée par le Tribunal
administratif du travail, une association de personnes responsables de services
de garde éducatifs en milieu familial. Et cette reconnaissance-là est réputée
viser les personnes responsables de services de garde éducatifs en communauté
pour le territoire visé en ce moment. Donc, je pense qu'ici tout le... le projet
de loi est construit pour qu'on puisse véritablement assimiler ces deux
concepts-ci. Puis, c'est la raison pour laquelle je dépose un amendement, Mme
la Présidente.
La Présidente (Mme Lecours, Les
Plaines) : Il vous reste deux minutes, c'est pour ça.
Mme Cadet : Ah! d'accord. OK.
Merci, Mme la Présidente. Donc, à ce... Je vais terminer à ce moment-ci, donc,
ma... ma... mon... mon... mon argumentaire ici, là, de vraiment vous dire, bien,
de ma compréhension, le projet de loi n° 12 est construit pour qu'on
puisse véritablement assimiler les deux concepts, pour qu'on puisse préserver le...
le rôle et le titre de travailleuse autonome des personnes responsables d'un
service de garde éducatif en communauté. Et, par souci de concordance. Mme la
Présidente, moi, je dépose un amendement. Il est déjà sur Greffier. Un sous-amendement,
un sous-amendement, pardon, Mme la Présidente.
La Présidente (Mme Lecours, Les
Plaines) : Parfait. On va suspendre quelques instants.
(Suspension de la séance à 12 h 02)
(Reprise à 12 h 10)
La Présidente (Mme Lecours, Les
Plaines) : À l'ordre, s'il vous plaît! La commission reprend ses
travaux.
Donc, juste avant de suspendre, nous en
étions au dépôt d'un sous-amendement par la députée de Bourassa-Sauvé, il nous
fallait le temps d'en faire la lecture et là nous l'avons devant nous. Mme la
députée, je vais vous demander de lire...
La Présidente (Mme Lecours, Les
Plaines) : ...le sous-amendement.
Mme Cadet : Merci beaucoup,
Mme la Présidente. Je procède à la lecture du sous-amendement à la Loi
instituant la prestation de services de garde éducatifs à l'enfance par les
personnes reconnues à titre de responsables d'un service de garde éducatif en communauté.
Article 30.2, donc notre article 30.2 :
Modifier l'amendement proposé à l'article
30.2 par le remplacement, dans le premier alinéa, de «annexe II» par «annexe
III».
Annexe III de la Loi sur la laïcité.
Donc :
«13.1° une personne responsable d'un
service de garde éducatif en communauté dont les services de garde sont
subventionnés, de même qu'une personne qui assiste cette dernière, visées par
la Loi sur les services de garde éducatifs à l'enfance;
«13.2° une personne qui fournit des
services dans un emplacement où une personne responsable d'un service de garde
éducatif en communauté visée par cette même loi fournit des services de garde,
lorsqu'elle se trouve dans cet emplacement pendant la prestation de services de
garde;
«13.3° une personne lorsqu'elle fournit
des services aux enfants dans un emplacement où une personne responsable d'un
service de garde éducatif en communauté visée par cette même loi fournit des
services de garde.»
Donc, un peu plus tôt, Mme la Présidente,
lors de la clarification de l'amendement présenté par la ministre, donc, nous
avons, donc, énoncé qui était les assujettis, donc, à ce moment-là, donc, à
l'annexe II. Donc, c'était la proposition de la ministre. Donc, ces éléments
étant été... ayant été clarifiés, donc, je conserve, donc, dans l'amendement
qui est présenté, donc, le libellé ici. Donc, on se dit : OK, on comprend,
donc voici les personnes qui seraient assujetties à des obligations en vertu de
la Loi sur la laïcité de l'État. Donc, jusqu'ici, nous, on est... on comprend
très bien, donc, cet élément-ci. Mais la distinction ici, c'est que l'on pense
que ces mêmes individus ne devraient pas être assujettis au régime de l'annexe
II, mais plutôt à celui de l'annexe III.
L'annexe II de la Loi sur la laïcité de
l'État touche, Mme la Présidente, la question, donc, du port de signes
religieux. Donc, lorsqu'on revient, donc, à cette loi-ci, qu'on... qu'on
regarde, donc, l'annexe II, on dit : Voici les personnes visées par
l'interdiction de porter un signe religieux dans l'exercice de leurs fonctions.
Or, l'annexe III concerne plutôt les personnes assimilées, donc un membre du
personnel d'un organisme, pour l'application des mesures relatives aux services
à visage découvert.
On l'a vu dans le cadre des deux sondages
que j'ai présentés, Mme la Présidente, les Québécois nous disent : Nous
sommes à l'aise, à 68 %, selon un sondage Léger commandé par l'Association
des garderies privées du Québec, à ce qu'un membre du personnel éducateur
portant un signe religieux visible à visage découvert s'occupe de leurs enfants
dans un service de garde éducatif à l'enfance. Nous, ce qui nous importe, c'est
de s'assurer d'avoir des services, c'est très important pour nous, voici notre
grande priorité. Puis, cet élément-ci, on s'entend, bien sûr, comme tous les
Québécois, comme l'ensemble des formations politiques représentées à
l'Assemblée nationale, nous sommes en faveur des principes de laïcité de
l'État, mais cette disposition-ci, cette obligation-ci, bien, elle arrive,
donc, au dernier rang des priorités, puis en grande majorité, puis on se
dit : Bien, c'est... ce n'est pas un problème, ce n'est pas un problème
pour la grande majorité des familles. Même chose pour le sondage de Ma place au
travail, qui nous indique, donc, sensiblement la même chose. Ils nous
disent : Nous, nous sommes en accord avec l'obligation d'être à visage
découvert, mais en désaccord avec l'interdiction du port de signe religieux du
personnel.
Donc, sur deux volets, Mme la Présidente,
d'abord, sur celui du respect des Québécois puis de l'opinion publique, je sais
que c'est un élément, c'est un argument qui est souvent... qui est souvent
porté à notre attention par la partie gouvernementale, qui nous dit :
Bien, regardez... voici ce qui fait consensus auprès des Québécois. Bien,
justement, bien, on a ici des sondages tout frais qui nous parlent du consensus
québécois en la matière. Donc, je pense que, ne serait-ce que sur ce point-ci,
bien, c'est important qu'on respecte ce consensus-là puis qu'on aille de l'avant
avec ce qui est une véritable priorité pour les familles québécoises.
Maintenant, au niveau de l'argument de la
concordance, parce qu'on a fait ce débat-là un peu plus tôt, puis la ministre
nous disait : Bien, c'est important de faire preuve de concordance, j'en
suis. En fait, je trouve... je suis d'accord avec la ministre quand elle nous
dit : Bien, soyons cohérents avec le projet de loi n° 9. Comme j'ai dit
tantôt, je pense que le... l'allégorie de l'arbre ici, la métaphore de l'arbre,
en disant : Bien, regardez, dans les services de garde éducatifs à
l'enfance, on a comme... on a un arbre puis on a plusieurs branches, on a, d'un
côté, les centres de la petite enfance et les garderies subventionnées visées
par la Loi sur les services de garde éducatifs à l'enfance, puis, bien, de
l'autre, bien, on a, donc, la question, donc, des RSGE, donc les responsables
de services de garde éducatifs. Dans le projet de loi n° 12, on est venus créer
cette sous-branche de la communauté. Puis, même en regardant, donc, très
rapidement, donc, tout ce qui a été élaboré dans le projet...
Mme Cadet : ...loi n° 12, bien, on voit qu'à tous les points, bien, il y a
assimilation du rôle des RSGE, qu'elles soient en milieu familial ou en
communauté. Je vois que, dans certains articles, donc, on est venus changer la Loi
sur les services de garde éducatifs à l'enfance en disant : Bien, OK, on
fait juste enlever «en milieu familial» pour dire, bien, «personne responsable
d'un service de garde éducatif», là, on s'entend, bien, c'est soit milieu
familial, c'est soit en communauté. Donc, elles ont ici, donc, les mêmes
obligations. On l'a dit, elles ont le même statut, le statut de travailleur
autonome, donc le même individu, donc, pourrait, pas en même temps, mais
pourrait, donc, donc, jouer, donc, ce rôle des RSGE, son milieu familial, et, à
un autre moment, donc, dans son... dans sa contribution à l'effort de guerre
pour s'assurer d'offrir plus de places aux familles dans notre réseau, bien, le
faire aussi en communauté.
On l'a vu, à l'égard des conventions
collectives, Mme la Présidente, c'est très, très, très clair, dans d'autres
articles, là, je vois que dans le projet loi 12, donc l'article 42,
là, celui auquel j'ai... j'ai assisté, ce n'est pas le seul, donc, qui parlait
donc de... de la question, donc, des conventions collectives, mais on le voit
ici. Donc, c'est la même chose. On est quand même venus dire... C'est tellement
la même chose que la reconnaissance qui est accordée par le TAT à une
association de personnes responsables de RSGE en milieu familial est réputée
viser les personnes responsables en services de garde éducatifs en communauté.
Ça, c'est quand même assez fort. Tu sais, sur le plan législatif, c'est quand
on parle qu'une disposition ou un droit, donc, est réputé, ici, là, donc, on se
dit, bien, c'est... c'est tellement assimilable qu'on a... On va faire les...
les ajustements nécessaires, mais ici, on... quand on parle, on parle d'à peu
près de la même chose puis on part du même principe.
Donc, à tous les égards, dans le projet
loi n° 12, bien, on vient dire : Bien, voilà,
donc, ce sont des RSGE, on leur accorde le même statut de RSGE, le bureau
coordonnateur, donc, aura, donc, des... des responsabilités, donc, face à l'un
et à l'autre, voici ce qui va se passer, voici ce qu'on a testé en communauté.
Et ça part vraiment donc de ce principe-là. Donc, à mon sens, donc, si on nous
parle de concordance, bien, allons-y jusqu'au bout et ne créons pas cette...
cette... cette disparité uniquement ou presque uniquement, tu sais, à l'égard,
donc, des obligations qui sont imposées en vertu de la Loi sur la laïcité de
l'État.
Je le rementionne, Mme la Présidente,
parce que c'est important : bien sûr que nous sommes en faveur, donc, des
principes de laïcité. Et d'ailleurs, donc, l'occasion d'être, d'oeuvrer sous
votre présidence, donc, lors de l'étude du projet de loi n° 9,
je pense que vous m'avez entendu très, très souvent énoncer ce principe qui est
fondamental. C'est un principe qui est fondamental, donc, à l'ensemble des
Québécois. Soyons, je pense, minutieux et rigoureux dans notre application et
regardons ce que les familles québécoises nous disent sur le principe, donc sur
le plan politique. Donc, ce... Mme la ministre nous disait... Bien, on a fait
le choix, elle a dit : Non, non, on est en train de le faire en ce moment.
Donc, ce n'est pas quelque chose qui a été décidé, établi depuis Mathusalem. On
est en train, donc, de le faire aujourd'hui, dans notre qualité de
législateurs, on est en train de le faire, ce choix-là. Donc, je pense que
d'écouter ce que les parents québécois nous disent, ce que les familles
québécoises nous disent dans le cadre, donc, des deux sondages d'opinion qui
ont été révélés dernièrement, bien, je pense que la ministre, à titre de ministre
de la Famille, a quand même une obligation, donc, de s'enquérir de... de ces
priorités-là qui ont été énoncées par les familles québécoises, et, aussi, peut
nous dire : Bien, si on fait cette adéquation-là, bien, allons-y, allons-y
jusqu'au bout, puis préservons, donc, ce... ce statut de travailleuse
autonome-là, donc, pour ces RSGE et assujettissons-les un régime. On n'est pas
en train de dire : Il faut les enlever complètement de la Loi sur la
laïcité de l'État. Évidemment, ça n'a pas de bon sens, Mme la Présidente. On se
dit, bien, il y a des suppositions qui font consensus pour les familles, c'est
très clair. On sait qu'elles ont été sondées là-dessus, donc on sait qu'on peut
aller de l'avant avec ça. On le sait que, justement, bien, la loi n° 21 et le projet de loi n° 9,
bien, nous parlent des RSGE puis nous disent : Voici les obligations qui
leur sont imputées. Donc, voici, donc, les obligations auxquelles elles sont
assujetties. Alors, faisons la même chose pour les RSGE en communauté et allons-y
avec les dispositions du visage découvert, et donc celles qui sont visées par
l'annexe III de la loi n° 21. Merci, Mme la
Présidente.
• (12 h 20) •
La Présidente (Mme Lecours, Les
Plaines) : Merci beaucoup. Mme la ministre.
Mme Champagne Jourdain :
Merci. Merci beaucoup. Bien, en fait, l'orientation qui a été...
Mme Champagne Jourdain : ...décidé
par le gouvernement, c'est d'assimiler les RSGE en communauté aux prestataires
de services en installation aux fins de... de l'interdiction de port... de
porter un signe religieux. Alors, c'est... c'est certain que votre amendement
va à l'encontre de ça, donc à l'encontre de l'orientation qui a décidé... qui a
été décidée par notre gouvernement, là. Merci.
La Présidente (Mme Lecours, Les
Plaines) : Merci. Mme la.. Est-ce que vous continuez? Est-ce que vous
avez une intervention? On va y aller avec l'intervention de... Ça vous va?
Mme Cadet : Oui. Bien,
sinon... Bien, vas-y, tu peux intervenir. Je vais continuer par la suite. Oui?
La Présidente (Mme Lecours, Les
Plaines) : Bien oui, c'est sûr. Allez-y.
M. Leduc : Bien, félicitation
pour le... C'est un sous-amendement, si j'ai bien compris?
La Présidente (Mme Lecours, Les
Plaines) : Un sous-amendement.
M. Leduc : Ça fait que je
trouve que c'est une... c'est une belle piste. C'est intéressant comme façon de
relancer le débat. J'aimerais entendre la ministre sur sa vision peut-être plus
personnelle de la chose. Pourquoi elle pense que c'est une bonne idée
d'interdire les signes religieux dans les RSGE en milieu communautaire?
Mme Champagne Jourdain : ...on
ne refera pas le débat ici, là, du projet de loi neuf. On fait de la
concordance, comme on l'a expliqué, ici. On a expliqué les orientations du
gouvernement, de notre gouvernement, qui étaient de faire en sorte qu'en
communauté les principes de laïcité s'appliquent. On est... Je le disais tout à
l'heure, je ne sais pas si vous étiez arrivé, que le mode de services de garde
en communauté est à mi-chemin entre celui du milieu familial puis celui en
installation, CPE, garderies subventionnées. Alors, l'orientation qui a été
prise, c'est de faire en sorte que les responsables de services de garde en
communauté soient visées par le PL neuf, mais pas celles en milieu familial,
puisqu'elles opèrent chez elles.
M. Leduc : Donc, milieu
familial, ça, il n'y a pas de problème, elle va pouvoir continuer à utiliser
un... à porter un signe religieux, éducatrices en installation, en CPE, en
garderies subventionnées aussi, si je ne me trompe pas, corrigez-moi, mais pas
les non-subventionnées.
Mme Champagne Jourdain : En
fait... En fait, oui, c'est ça. Exactement.
M. Leduc : Parfait.
Mme Champagne Jourdain : Je
me fais le dessin dans ma tête. Oui, c'est ça, exactement.
M. Leduc : C'est bon. Donc,
quel est le... quel est le problème? Parce que vous dites «concordance», mais
moi, je ne vois pas nécessairement une concordance. Vous venez juste d'admettre...
bien, pas d'«admettre», mais je ne sais pas, ce n'était pas un piège, là, mais
vous venez juste de dire qu'en effet un signe religieux porté dans une garderie
non subventionnée, ça ne pose pas de problème. Ça fait qu'il n'y a pas
nécessairement une concordance d'aller dire : Le même signe religieux dans
un même contexte, à savoir un service de garde éducatif à l'enfance,
subvention, problème, pas de subvention, pas de problème. Ça fait qu'après ça,
d'aller dire : Un RSGE en... en milieu communautaire, c'est nécessairement
une... une concordance, ça se discute. Ce n'est certainement pas un
automatisme. D'ailleurs, ce n'est tellement pas un automatisme que ce n'était
pas dans votre projet de loi original. Pourquoi, d'ailleurs, ce n'était pas
dans le projet de loi original? Vous avez déposé des amendements assez tard,
là, rendue à l'étude détaillée. Vous ne travaillez pas en silo, les différents
ministres, là, vous le saviez, que le pl neuf était à l'étude.
Mme Champagne Jourdain : ...que
vous le savez, là, les deux projets de loi naviguaient en parallèle. On ne
pouvait pas inclure ça sans... sans voir l'avancement du projet de loi neuf. Il
fallait attendre de voir l'avancement du projet de loi neuf pour être capables
de pouvoir faire la concordance ici, là.
M. Leduc : Mais ce que je
veux dire, c'est que, dès le mois de septembre, on a... je me rappelle de vous
avoir appelée.
(Consultation)
M. Leduc : Peut-être qu'on
peut suspendre, Mme la Présidente?
Mme Champagne Jourdain : ...une
minute, oui, mais pas longtemps.
La Présidente (Mme Lecours, Les
Plaines) : On va suspendre juste quelques instants.
(Suspension de la séance à 12 h 25)
(Reprise à 12 h 26)
La Présidente (Mme Lecours, Les
Plaines) : À l'ordre, s'il vous plaît! On reprend nos travaux. Mme la
ministre.
Mme Champagne Jourdain :
Merci. Alors, là, aujourd'hui, on est en concordance avec le PL9 sur le PL12,
en fait, pour ce qui est de la laïcité, en fait, si vous me permettez, de manière
générale. Alors, c'est technique, là, vous me posez la question : pourquoi
ils ne sont pas là? En fait, il faut que le mode de garde en communauté existe
pour que les... ce qui a été déterminé dans le projet de loi n° 9
puissent s'appliquer aux responsables en services de garde en communauté.
Alors, si nous avions adopté ou fait progresser ce projet de loi là plus
rapidement que le projet de loi n° 12, les amendements auraient été faits
dans l'autre projet de loi.
M. Leduc : OK. C'est bon, pas
de problème. On ne s'étendra pas infiniment sur la bonne... le bon chemin, là,
c'est devant nous.
Mme Champagne Jourdain : Je
réponds à votre question.
M. Leduc : Je l'apprécie,
merci, merci.
Mme Champagne Jourdain : Merci.
M. Leduc : Ça me permet de
mieux comprendre pourquoi c'est ici et non dans l'autre projet de loi, c'est en
effet... Parce que je me rappelle qu'on avait un appel en septembre, lors de
votre prise de pouvoir, là, de vos fonctions plutôt sur ce projet de loi là,
parce qu'on ne savait pas trop si c'était vous qui alliez le gérer ou c'était
plus votre collègue à la laïcité, finalement, c'est plus votre collègue, mais
là on se retrouve dans celui-là, on le gère, c'est parfait.
Revenons sur le fond de la question. Vous,
vous dites : Si une RSGE en milieu communautaire porte un signe religieux,
qu'est-ce qui se passe? Pourquoi... pourquoi vous trouvez ça important? Puis
pourquoi vous dites que c'est de la concordance? Avec qui exactement? Vous
concorder ça avec qui? Parce que vous venez juste de dire qu'une RSGE à la
maison, ça, c'est correct, on n'y a pas touché. Pourquoi ce n'est pas de la
concordance avec une RSGE à la maison?
Mme Champagne Jourdain : Écoutez,
tout ce débat-là a été fait dans le projet de loi n° 9.
M. Leduc : Mais non, on le
fait ici, parce que, là, vous traitez des RSGE en communautés, ça fait que le
débat des RSGE en communauté n'a pas été fait dans projet de loi n° 9.
Mme Champagne Jourdain : Puis
j'ai eu la chance de l'expliquer tout à l'heure, je le répète, une RSGE en
milieu familial opère de son domicile, de sa résidence familiale à elle, elle
est chez elle et quand on... quand on opère un service de garde en communauté,
on n'est plus dans une résidence familiale, résidence personnelle d'une RSGE.
Ça peut être aussi des dyades, on en a parlé, il y a plus d'une RSGE qui
travaille ensemble aussi. Alors, le critère qui a été déterminé pour tracer
cette ligne-là, on en a parlé tout à l'heure, ce n'est pas le statut de
travailleuse autonome, mais c'est bien le lieu où étaient dispensés les
services. Alors, résidence familiale, ça ne s'applique pas, en communauté, on
sort à l'extérieur du... de la résidence familiale, donc, là, ça s'applique.
M. Leduc : Donc, l'enjeu
c'est que ce soit un lieu public.
Mme Champagne Jourdain : Bien,
on est en communauté, on est sorti du... effectivement, de la résidence
familiale.
M. Leduc : Bien, si l'enjeu
c'est que ce soit un lieu public, pourquoi est-ce que les garderies privées non
subventionnées, qui sont un lieu public aussi, ne sont pas couvertes par la
loi? Vous... vous ne les traitez pas, ces... ce n'est pas appliquer, là,
l'interdiction du signe religieux.
Mme Champagne Jourdain : Mais
là, vous savez, le PL9... le PL12 touchait la laïcité de l'État et là on parle
de places qui sont subventionnées, donc des places qui sont dispensées par
l'État en majeure, majeure, majeure partie, on était à 9,65 $ par jour sur
un service qui en coûte environ 80 $, alors c'est aussi ça qui permet, là,
de déterminer, de faire la différence entre places subventionnées et places non
subventionnées.
M. Leduc : Mais c'est le
même... C'est le même signe religieux, c'est les mêmes enfants, c'est le même
travail, c'est juste qu'il a une subvention ou pas de subvention. Parce
qu'une... je veux dire, dans le réel, là, c'est une fiction, la limite, qu'il y
ait subvention ou pas, dans la relation dite de symbolique religieuse, qu'il y
ait une subvention ou pas, ce n'est pas très important, là.
Mme Champagne Jourdain : ...les
principes de laïcité dans les services de l'État, et là des services qui sont
subventionnés, donc des services de garde qui sont subventionnés, bien, ils
sont maintenant compris ou touchés par les principes de laïcité, là.
M. Leduc : Sauf, et incluant
pour le RSGE en communauté, s'ils sont non subventionnés, eux autres aussi ça
ne s'appliquera pas, donc.
Mme Champagne Jourdain :
Voilà.
La Présidente (Mme Lecours, Les
Plaines) : Mes chers collègues, compte tenu de l'heure, je suspends
les travaux.
(Suspension de la séance à 12 h 30)
15 h 30 (version non révisée)
(Reprise à 15 h 35)
La Présidente (Mme Lecours, Les
Plaines) : À l'ordre, s'il vous plaît, la Commission des relations
avec les citoyens reprend ses travaux. Nous poursuivons l'étude détaillée du
projet de loi n° 12, Loi... instituant, pardon, la
prestation de services de garde éducatifs à l'enfance par les personnes
reconnues à titre de responsables de services de garde éducatifs en communauté.
Au moment de suspendre les travaux, ce matin, nous en étions à l'étude d'un
sous-amendement de la députée de Bourassa-Sauvé à l'amendement qui introduit l'article 30.2
de la ministre. Alors, on poursuit les discussions. Mme la députée de
Bourassa-Sauvé.
Mme Cadet : Merci, Mme la
Présidente. Mme la Présidente, donc, j'ai quelques questions Mme la ministre,
qui nous parle de... de concordance. J'aimerais que, peut-être, qu'elle nous
fasse, donc, la distinction entre les RSGE...
Mme Cadet : ...de...
familial, puis en communauté sur certains aspects. Au niveau du statut de
travailleuse autonome, est-ce que c'est la même chose ou est-ce qu'il y a une
distinction?
Mme Champagne Jourdain :
C'est la même chose.
Mme Cadet : OK. Au niveau de
la supervision, du pouvoir de supervision ou du rôle de supervision des bureaux
coordonnateurs, est-ce que c'est la même chose ou est-ce que c'est différent?
Mme Champagne Jourdain : Au
niveau du rôle de supervision des bureaux coordonnateurs envers les RSGE, c'est
la même chose, de manière générale, à part ce qui s'applique de manière précise
à chacune des deux RSGE, selon leur distinction, là.
Mme Cadet : Mais, dans les
deux cas, il y a eu un rôle de supervision du bureau coordonnateur, ce qu'il
n'y a pas dans les autres types de services de garde.
Au niveau de l'application des conventions
collectives, est-ce que c'est la même chose ou est-ce qu'il y a une distinction
aussi?
Mme Champagne Jourdain :
Bien, comme on l'expliquait ce matin, l'entente collective qui s'appliquerait
serait celle qui est en vigueur pour les RSGE en milieu familial s'appliquerait
à celle en communauté. Celle-ci est effective jusqu'à...
Une voix : ...
Mme Champagne Jourdain : ...le
31 mars 2028. Voilà. Merci beaucoup. Et, bien, il pourrait y avoir des
changements à ce moment-là.
Mme Cadet : Au niveau du
ratio éducatrices-enfants, est-ce que c'est la même chose ou est-ce qu'il y a
une distinction ici?
Des voix : ...
Mme Champagne Jourdain :
C'est six enfants par éducatrice, mais les dyades sont rendues possibles. Donc,
deux éducatrices dans un même local pourraient offrir des services, donc avoir
12 enfants...
Mme Cadet : Et donc en
double, mais c'est le ratio.
Mme Champagne Jourdain : ...dans
un même local.
Mme Cadet : Au niveau des
obligations à l'égard de la santé et sécurité des enfants, c'est la même chose?
Mme Champagne Jourdain : Oui.
Mme Cadet : Alors, pouvez-vous
me dire c'est quoi, la distinction, donc, entre les deux? Puis là je ne veux
pas rentrer dans les détails du projet de loi, là, mais c'est surtout les
aspects que je vais nommer, tu sais, vous nous dites : Bien,
essentiellement, bien, les RSE, qu'elles soient en communauté ou en milieu
familial, c'est la seule distinction, donc c'est... c'est le lieu de garde, mais
c'est... si elles le même...
Mme Champagne Jourdain :
C'est l'emplacement.
Mme Cadet : C'est ça.
Mme Champagne Jourdain : C'est
l'emplacement où les services sont offerts.
Mme Cadet : Ça fait que
c'est...
Mme Champagne Jourdain : Donc,
quand c'est dans un milieu familial, c'est chez la personne. Donc, on considère
que ça ne s'applique pas, là. Il y a bien sûr le principe du visage découvert,
puis on comprend tous pourquoi aussi, là, quand les parents vont porter leur
enfant, évidemment qu'on veut savoir, là...
Mme Cadet : Bien sûr.
Mme Champagne Jourdain : ...on
veut savoir qui garde nos enfants, puis si c'est bien la personne qui est...
qui est en charge. Et, au niveau des responsables de services de garde en
communauté, bien, elle offre des services à l'extérieur, des fois en dyade avec
une autre responsable de services de garde, et c'est vraiment l'emplacement,
c'est là que la ligne a été tracée, en fait, pour pouvoir, là, déterminer
jusqu'où s'étendaient les principes de laïcité. Alors, ce qui est en... ce qui
est en résidence familiale n'est pas concerné. Ce qui est dès qu'on sort de la
maison puis qu'on est dans un emplacement en communauté, ça l'est.
Mme Cadet : Je posais ces
différentes questions là, vraiment passer à travers l'énumération, puis vous
confirmez encore une fois ma présomption puis la raison pour laquelle je dépose
l'amendement, toujours comme vous, donc en partageant, donc, ce principe de
cohérence, c'est face au rôle puis à la responsabilité, c'est des RSE. Moi, ce
que j'entends de votre part, c'est qu'une RSE, ça reste une RSE. C'est ce que
vous... tu sais, c'est ce que le projet de loi n° 12,
là, c'est essentiellement. Puis je n'étais pas là pendant le reste de l'étude
détaillée, mais ce que j'entends, c'est que, dans PL n° 12,
on est venus dire : Bien, une RSE, fondamentalement, dans le cadre
normatif de la Loi sur les services de garde éducatifs à l'enfance, bien, on
est venus à créer ce volet-là, donc cet emplacement-là, mais toujours en se
disant : Bien, le statut, les RSE est le même. Vous dites :
Fondamentalement, une RSE, ça reste une RSE, que ce sont milieu de familial ou
en milieu... ou en communauté. C'est bien ça?
Mme Champagne Jourdain : Bien,
dans l'ensemble, oui. Là où la distinction est faite par rapport au... à la Loi
sur la laïcité de l'État et là où on l'étend, c'est par rapport à
l'emplacement. Alors, voilà.
• (15 h 40) •
Mme Cadet : Oui. OK. Tu sais,
je vous dis tout ça parce qu'évidemment, donc, pendant... entre ce matin puis
maintenant, évidemment, donc, il y a des... des assujettis, des potentiels
assujettis, des gens qui nous écoutent, et qui en arrivent un peu à la même
conclusion que celle que j'ai formulée plus tôt, qui se disent : Bien,
dans notre esprit, bien, qu'une RSE s'exerce en communauté ou dans un milieu
familial, bien, ça... ça reste une RSE. Puis, ça, c'est la position de la
Fédération des intervenantes en petite enfance du Québec. J'insiste sur
l'intervenant...
Mme Cadet : ...d'abord,
c'est... c'est le titre, mais, on le sait, donc, c'est un milieu fortement
féminin, puis qui nous dit... bien, sa position, c'est que les RSE ne peuvent
être assimilés à des services éducatifs en installation, et ce, peu importe le
lieu où elles exercent. Qu'est-ce que vous répondez?
Mme Champagne Jourdain : Pouvez-vous
me répéter la fin, je m'excuse, de votre... Pardon.
Mme Cadet : Bien oui, bien
sûr. Elles nous disent que... les RSE, donc les responsables des services de
garde éducatifs ne peuvent être assimilés à des services éducatifs en
installation, et ce, peu importe le lieu où elles exercent. Donc, elles
arrivent un peu à la même conclusion que vous, vous venez de nous dire, c'est
qu'une RSE, oui ça reste une RSE. Dans le principe, dans toute l'architecture
du PL n° 12, bien, on s'est dit : Non, non, non,
on comprend très bien qu'il y a une distinction à tous les égards entre les
RSE, et entre les CPE, puis les autres services en installation, donc les garderies
privées subventionnées. Bien, on se dit, bien, tu sais, ça a été conçu, tu
sais, de façon distincte. Elles nous disent : Non, non, non, on ne peut
pas dire... Bien, pour tout le reste, ça ne peut pas être assimilé à des
services éducatifs en installation, mais là, au niveau, donc, des principes,
donc, liés au projet de loi n° 9, là, on vient faire
donc, cette... cette entaille-là à un principe qui est, je vais dire, consacré
dans ce qui a été étudié dans le cadre du projet de loi n° 12.
Mme Champagne Jourdain : Bien,
en fait, je reviendrais peut-être à... au fait que pourquoi les RSGE en milieu
familial sont exemptées... je le reprendrais peut-être de l'autre côté... de
l'interdiction du port de signes religieux. C'est parce qu'elles exercent dans
leur domicile à elles. Alors, encore une fois, c'est l'emplacement qui explique
la distinction.
Mme Cadet : Qu'est-ce que
vous répondez, encore une fois, à la FIPEQ, avec la Fédération des
intervenantes en petite enfance du Québec, qui nous disent : «considérant
que l'interdiction du port de signes religieux pour la RSE en communauté est
une attaque directe à son statut de travailleuse autonome»?
Mme Champagne Jourdain : Bien,
je vous dirais qu'on a étendu la loi... la loi sur la laïcité aux services qui
était subventionnés par l'État, entre autres, tu sais, et c'est ce qui... c'est
ce qui a guidé aussi cette... cette décision-là. Ce sont des services qui sont
subventionnés. Je l'expliquais tout à l'heure, là, on est à 9,65 $ pour
une place par jour, qui coûte environ 80 $, là, en moyenne, là, à offrir.
Alors, cet élargissement-là s'est fait aussi par rapport à des services qui
sont subventionnés par l'État. Et, comme je l'expliquais tout à l'heure aussi,
l'emplacement explique aussi la distinction qui a été faite.
Mme Cadet : La FIPEQ nous dit
aussi : «La justification d'ajouter cette nouvelle interdiction aux RSE en
communauté», et ce sont leurs termes, »est incohérente avec tous les arguments
soumis par la ministre depuis le... depuis le début de l'étude détaillée. Le
maintien du caractère de milieu familial est déterminant, puisqu'il constitue
l'élément distinctif de la RSE, peu importe où elle exerce. Il est donc
essentiel que les modifications législatives proposées par le projet de loi
demeurent alignées au modèle instauré par les milieux familiaux.» Qu'est-ce que
vous répondez à ça?
Mme Champagne Jourdain : Bien,
je vous dirais... D'abord, dans un premier temps, je veux peut-être revenir sur
quelque chose, là. On ne remet pas en question le statut de travailleuse
autonome. Puis je reviendrais avec la même réponse, là. On a tracé une ligne,
ce sont des services qui sont subventionnés par l'État, donc le principe de
laïcité, il a été élargi jusqu'à ces services-là. Et je vous dirais que c'est
ma réponse. J'ai... je ne suis pas d'accord avec la FIPEQ, j'ai eu la chance
aussi de leur exprimer et d'expliquer déjà... bien, j'ai eu la chance
d'expliquer, en fait, pourquoi. Voilà, c'est ce qui... c'est ce qui explique
notre décision.
Mme Cadet : De leur parler?Vous les avez consultées avant le dépôt de cet amendement?
Mme Champagne Jourdain : Non,
mais j'ai eu la chance d'expliquer pourquoi, déjà, je ne suis pas en accord
avec... avec ce que vous... ce que vous m'apportez, là, ce que vous semblez
avoir reçu, comme commentaire, depuis... depuis ce matin.
Mme Cadet : Depuis ce matin,
oui, effectivement. C'est sûr que... puis... ce matin, je n'aurais pas reçu ce
commentaire-là, je le lisais à sa face même, en me disant, bien, voyons, je
saisis le... J'entends ce que vous nous soumettez, mais...
Mme Cadet :
...respectueusement, toujours dans le principe de cohérence. Tu sais, même avec
une lecture sommaire du projet de loi 12, on comprend bien, donc,
l'essence qui est d'assimiler clairement les RSE en communauté ou les RSGE en
communauté à celles qui existent en milieu familial puis à... le... Et je
reviens donc au statut de travailleur autonome. On comprend bien que ce
statut-là est à la base même du lien contractuel entre les RSE puis... puis les
parents, puis... puis la RSE peut choisir les enfants qu'elle veut accueillir,
et le parent peut choisir les RSE à qui il souhaite confier ses enfants... je
vous dis, il y a vraiment une énorme distinction entre ce qu'on voit dans le...
dans les CPE puis les autres garderies privées en installation, puis ce qu'on
voit ici puis qu'on amène dans la communauté. Ce n'est pas pour rien que...
j'imagine que vous n'avez pas nommé... RSE en installation, où vous avez...
appelé ça, donc, RSGE en communauté, parce que c'est... Ça part de la base, ça
part des... des travailleuses autonomes elles-mêmes et dans...
Mme Champagne Jourdain :
...entreprises, des OBNL, en effet.
Mme Cadet : Donc, quand je
vous parle, donc, de ce lien contractuel là, puis vous dites... Je vous
entends, vous dites que vous n'avez pas nécessairement consulté la FIPEQ au
préalable, mais que vous avez énoncé le fait que, bon, vous êtes en... en
désaccord avec qu'est-ce qu'eux ils vous disent, puis avec ce que moi, je
vous... je vous soumets aussi. Je... j'ai... j'ai de la difficulté, donc, à
adhérer à ce que vous... vous nous présentez, à... Ne serait-ce parce que...
aussi, je me dis, bien, je pense qu'il y a un souci de cohérence, puis on
reviendra aux parents, là, mais il y a quand même, donc, ce souci-là de se
dire : Bien, si... tu sais, non seulement on se dit : OK, on est
cohérents avec les obligations en matière de laïcité, au niveau des... donc,
des autres RSE, bien, je pense que c'est... puis c'est... moi, c'est ce que je
perçois de ce que la FIPEQ nous communique cet après-midi, après avoir écouté
nos échanges de ce matin... disent : Oui, il y a ça, mais nous, pour nous,
c'est hyperimportant qu'il n'y ait pas de brèche au statut de travailleuse
autonome des... RSGE.
Mme Champagne Jourdain : J'ai
manqué le petit... le dernier petit bout, peut-être, avant votre conclusion.
Mme Cadet : Bien, écoutez,
pour eux, c'est superimportant qu'il n'y ait pas de brèche au statut de
travailleuse autonome des responsables de services de garde.
Mme Champagne Jourdain :
...pas le travail... le statut de travailleuse autonome qui... qu'on remet en
question, ce n'est pas ça qu'on remet en question, c'est vraiment l'emplacement
où sont fournis, où sont dispensés ces services-là. Alors, il y a une
possibilité quand... pour... pour les travailleuses autonomes qui voudraient ne
pas être soumises, par exemple, à la Loi sur la laïcité, ce serait de le faire
dans leur milieu familial, de le faire dans leur domicile. Ça demeure toujours
une possibilité. On n'est pas allés jusque-là, c'est... c'est quelque chose qui
leur est permis. Par contre, en communauté, en dehors de... du... domicile
familial, en dehors de la résidence familiale, eh bien, le principe de laïcité
se... s'applique, puisqu'on est sortis du domicile, on est en communauté. Il y
a des dyades aussi qui sont possibles. Alors, c'est vraiment ce qui a guidé
notre réflexion. Puis, encore une fois, je tiens à le dire, on ne remet pas en
question le statut de travailleuse autonome, là.
Mme Cadet : J'entends ce que
vous nous soumettez, encore une fois, Mme la ministre, mais c'est... je... je
le saisis, puis, comme vous dites, moi, je vous présentais cet argument-là, je
n'avais même pas vu ce que la FIPEQ, évidemment, allait éventuellement nous
communiquer, ce que... pour moi, je... je la voyais, donc, cette... cette...
cette potentielle brèche là.
Puis je reviens au sondage de ce matin
aussi, ce côté-là, donc, de ce souci de cohérence là, mais encore une fois, le
fait d'être en cohérence cette fois-ci, bien, avec ce que les parents nous
soumettent. Puis je vous parlais du sondage Léger, les... ceux qui étaient
admissibles à prendre part à l'étude Léger, bien, c'est des parents qui
devaient avoir au moins un enfant fréquentant un service de garde éducatif à
l'enfance, CPE, garderie privée subventionnée ou en milieu familial, ou en
attente de fréquenter un service de garde éducatif à l'enfance, incluant, donc,
pour les enfants à naître. Donc, on parle vraiment, donc, de... du groupe
cible, là, donc, des parents qui se disent : Moi, je... soit, j'utilise
ces services-là aujourd'hui ou je m'apprête à les utiliser, et ce sont
uniquement ces parents-là qui faisaient partie du groupe témoin ici, là, de
l'échantillonnage, de l'échantillon pour pouvoir répondre à ce sondage-là.
Donc, j'aimerais ça en terminant, Mme la ministre, que vous parliez à ces
parents-là... leur dites : Bien, écoutez., on... on met un pied sur l'accélérateur
puis un pied sur le frein pour pouvoir vous offrir plus de services. Qu'est-ce
que vous leur répondez?
• (15 h 50) •
Mme Champagne Jourdain : Bien,
Mme la Présidente, j'ai déjà répondu à ça, ce matin, mais je veux... je veux
vous rappeler l'immense...
Mme Champagne Jourdain : ...travail
qui a été fait par notre gouvernement, qui est... qui est sans... sans
précédent. C'est notre gouvernement qui a fait en sorte qu'on crée le plus de
place possible pour répondre aux besoins des parents. On a créé près de
34 000 nouvelles places. On en a 11 500 qui vont être livrées.
Pendant 23 mois., la liste d'attente a descendu comparativement à l'année
précédente. On a fait en sorte de répondre aux besoins des parents. On est là
pour justement livrer la marchandise, pour faire en sorte que des places soient
ouvertes. On l'a fait, on va continuer de le faire. Ce mode de service de garde
là s'inscrit aussi dans un besoin qu'il y a dans certains milieux que... d'un
besoin...
Mme Cadet : ...
Mme Champagne Jourdain : Oui,
d'un besoin qui... que certains employeurs ont exprimé, d'un besoin que
certaines communautés rurales ont exprimé aussi d'avoir un mode de service de
garde qui leur permet de répondre à des besoins quand les volumes sont... ne
sont pas là pour justifier la réalisation d'un projet de plus grande ampleur,
là, au niveau d'une installation de services de garde. Alors, c'est une offre
supplémentaire qui vient s'ajouter à tout le travail, à tout ce qu'on a déjà
livré. Et, pour le reste, j'ai répondu ce matin, Mme la Présidente.
La Présidente (Mme Lecours, Les
Plaines) : Merci.
Mme Cadet : Il reste combien
de temps, Mme la Présidente?
La Présidente (Mme Lecours, Les
Plaines) : Il doit rester au moins quatre minutes. Trois minutes, à
peu près, là.
Mme Cadet : Ah, OK. Alors,
dans... Donc, Mme la ministre, donc, vous nous dites, donc, pour vous, donc, ce
n'est pas une atteinte directe au statut de travailleuse autonome, même si donc
les... donc, ceux qui représentent, donc, les intervenantes petite enfance au
Québec, là, donc ceux qui connaissent la réalité disent : Attendez, ici,
donc il y a... il y a un certain glissement. Puis, tantôt, là, je vous
énumérais, donc, toutes les similarités, puis je vous demandais : Tu sais,
hormis dans placement, est-ce qu'il y a d'autres distinctions? Donc, on disait,
donc, statut de travail autonome, de voir rôle de supervision plutôt des
bureaux coordonnateurs, ratio éducatrice/enfant identique, assujettissement à
la convention collective. En fait, la convention collective est réputée
s'appliquer au RSGE en communauté. Donc, la convention qui s'applique déjà,
donc, en milieu familial est réputée s'appliquer à celle en communauté parce
qu'essentiellement c'est la même chose, elle joue le même rôle, même
obligations en matière de santé et sécurité. On sait, là, dans le milieu des
services de garde à l'enfance, donc, on... il y a ces distinctions-là. Puis, je
reviens, statut de travailleuse autonome, parce que ça, c'est pas mal, donc,
la... les normes, donc, distinction qui n'est pas administrative, là, qui est
vraiment... qui... qui est à la base du lien contractuel entre le parent et la
personne responsable de ces services de garde là, puis vous nous dites : OK.
Tout, tout, tout est pareil. Mais là, woups, on fait cette ouverture-là en
matière de laïcité. Ce serait quoi, les autres ouvertures potentielles, en
fait, à une distinction, alors, Mme la ministre?
Mme Champagne Jourdain : Les
autres ouvertures?
Mme Cadet : Les autres
distinctions potentielles, parce que là, il y a... il y a une brèche qui est
faite. Vous dites : Bien, à ce moment-là, il pourrait y en avoir d'autres.
Est-ce qu'il pourrait y en avoir d'autres distinctions entre les deux, alors?
Mme Champagne Jourdain : Bien,
je vous l'ai dit, là, je... Bien, en fait, on a... je n'identifie pas jusqu'à
ce moment-ci d'autres distinctions par rapport... Là, vous faites référence à
la Loi sur la laïcité, là. Alors, je vous dirais que non.
Je peux peut-être vous donner une
exemple... un exemple concret, là, de... de ce qui traduit notre choix. Une
municipalité pourrait ouvrir... bien, pourrait prêter, en fait, des locaux à un
projet en communauté. Puis, les... On veut certainement que les RSGE qui vont
travailler dans ce projet-là aient les mêmes obligations que celles qui
travaillent dans une garderie subventionnée qui se situera au... au coin de la
même rue, là. Vous savez, là, on n'est plus dans un domicile familial. Alors,
c'est un principe aussi d'équité avec ce qui est... ce qui est... ce qui serait
désormais... ce qui sera désormais appliqué aussi pour les personnes qui
travaillent en installation. Je l'ai expliqué aussi. Le mode de... de... de
service de garde en communauté se veut aussi un hybride. On n'est pas dans le
milieu familial, on est dans... en communauté, dans un local, à l'extérieur,
mais on veut aussi préserver certains... certaines... certains caractères du
milieu familial aussi, dont les petits groupes, dont ce genre de choses là.
Voilà. Merci.
La Présidente (Mme Lecours, Les
Plaines) : Avant de vous laisser continuer, le temps n'est calculé que
sur le 20 minutes que vous avez, c'est seulement que sur votre temps de
parole. La réponse de la ministre n'influence pas.
Mme Cadet : ...Merci
beaucoup, Mme la Présidente.
La Présidente (Mme Lecours, Les
Plaines) : Allez-y. Vous pouvez poursuivre
Mme Cadet : Je l'ignorais.
J'ai donc donc une dernière question, madame la... la...
Mme Cadet : ...Mme la
ministre, je vous entends sur ce que vous nous dites. Respectueusement, je suis
en désaccord. Les groupes qui nous écoutent puis qui auront à vivre avec le
projet de loi sont en désaccord. Alors, de votre côté, est-ce que vous pensez
qu'il y a un risque qu'il y ait moins de nouvelles places disponibles en raison
de cette interdiction-là?
Mme Champagne Jourdain : Bien,
je vous dirais que non. On a développé un projet pilote. C'est une possibilité.
Là, on offre une possibilité aux responsables de services de garde en milieu
familial ou celles qui veulent devenir responsables de garde en milieu
communautaire de développer un projet. Alors, c'est une nouvelle offre de
services de garde. Le but est de répondre aux besoins de certains milieux,
répondre aux besoins des RSGE aussi qui... certaines voulaient sortir de chez
elles, entre autres, ou voulaient travailler, partager des responsabilités. On
voulait répondre aux plus petits milieux, notamment aux régions, aux besoins
des régions. Alors, tu sais, on vient offrir une nouvelle offre de services de
garde. Puis c'est toujours possible, je le répète, de... les services de garde
en milieu familial demeurent aussi.
Peut-être que je reviendrais sur tout à
l'heure, là, à apporter des précisions à la question que vous m'avez posée sur
les distinctions qui pourraient y avoir lieu par règlement. Puis on l'a vu dans
le reste de l'étude détaillée, dans les séances qui ont précédé, il pourrait y
avoir des distinctions qui soient faites en milieu... entre le milieu familial
et le milieu communautaire par règlement. Par exemple, l'aménagement du local,
l'accès sécurisé, ce genre de choses là, il pourrait y avoir des distinctions
entre les deux... entre les deux RSGE ou services de garde, là.
Mme Cadet : Merci. Donc, ce
ne sont pas toutes les éducatrices qui pourront offrir le RSGE en communauté.
Mme Champagne Jourdain : Bien,
c'est... on a... on a eu la chance de l'expliquer aussi dans le projet de loi,
ce sont deux reconnaissances qui sont différentes. Alors, soit on est
responsable en milieu familial ou soit on est responsable en communauté.
Mme Cadet : Donc, la personne
responsable en milieu familial, ce ne sont pas toutes les personnes
responsables en milieu familial qui pourront faire ce choix-là d'aller en
communauté.
Mme Champagne Jourdain : Bien,
elles pourraient le faire si elles décident d'appliquer la Loi sur la laïcité.
La Présidente (Mme Lecours, Les
Plaines) : Merci beaucoup. C'est ce qui termine votre 20 minutes.
Je vais reconnaître cette fois-ci le député d'Hochelaga-Maisonneuve.
M. Leduc : Merci, Mme la
Présidente. Je vous avoue que j'ai des fois un petit peu de la misère à suivre
le raisonnement du gouvernement sur ces articles-là. Tantôt, la ministre... Mme
la ministre, vous avez dit : On décide de ne pas appliquer l'interdiction
des signes religieux pour les RSE à domicile parce que c'est chez elle...
Mme Champagne Jourdain : ...résidence
privée?
M. Leduc : C'est leur
résidence personnelle. Cela étant dit, dans le projet de loi n° 9, si j'ai
le bon numéro, vous interdisez les signes religieux pour l'enseignement à la
maison.
Mme Champagne Jourdain : Là,
ici, on est dans le PL 12, là.
M. Leduc : C'est 94. On me
corrige sur le numéro. Merci pour le... pour le bon numéro. Cela étant dit,
qu'on soit dans ce PL là ou dans un autre, vous parliez de cohérence tantôt, si
l'argument, c'est de dire : À la maison, pas touche, c'est chez vous...
Mais votre gouvernement, il y a à peine quelques semaines, dans le 94, vous
avez dit : L'enseignement à la maison, pas de signe religieux.
Mme Champagne Jourdain : Moi,
je fais... Aujourd'hui, on fait de la concordance du PL n° 9 dans le PL
n° 12. Voilà.
M. Leduc : Vous avez aussi
dit : On ne touche pas... Quand ce n'est pas subventionné, autant dans les
garderies privées non subventionnées que, si j'ai bien compris, puis vous me
corrigerez si j'ai mal compris, les RSG en milieu communautaire non
subventionnés, je sais qu'il n'y en a pas beaucoup, on a eu un long échange
là-dessus, mais... d'ailleurs, clarifions ça tout de suite, les RSGE non
subventionnés ne seront pas couverts par ça? Bon. Vous... Et là vous avez dit,
donc : C'est la fait qu'ils soient subventionnés ou pas, qui est comme une
espèce de deuxième critère. Il y a critère de la maison ou lieu public auquel
on superpose un deuxième critère, subventionné ou pas subventionné. Mais... Il
y a des écoles confessionnelles au Québec, on les subventionne.
• (16 heures) •
Mme Champagne Jourdain : ...que
je confirme si on subventionne les écoles...
M. Leduc : Non. Bien, on le
sait, que vous les subventionnez, mais on... Qu'est-ce qu'on fait avec ça? Il y
a une... il y a une contradiction, non?
Mme Champagne Jourdain : Bien,
moi, je vous dis qu'au niveau des services de garde...
16 h (version non révisée)
Mme Champagne Jourdain : ...en
milieu familial et les RSGE en communauté, puisque là on est en train d'établir
un nouveau mode de garde, on a déterminé que s'appliquait la Loi sur la
laïcité. Et on l'a fait aussi... On s'est inspirés du rapport Pelchat-Rousseau
aussi pour préserver le... je dirais, le mode de garde en milieu familial.
Alors, ce que je vous dis, c'est qu'il y a une question de services
subventionnés puis il y a une question aussi d'emplacement, comme j'ai eu la
chance de l'expliquer. Merci.
M. Leduc : ...que c'est la
subvention qui est le deuxième critère et que, si la personne refuse d'être
dans un système subventionné, autant, là, parlons des RSGE ici, là, c'est ça
qui nous intéresse aujourd'hui, est-ce qu'il y a le même système de crédit d'impôt
pour une place en RSGE communautaire non subventionné que pour une place d'une
garderie en établissement privé non subventionné? C'est le même système ou
similaire, j'imagine?
(Consultation)
Mme Champagne Jourdain : ...a
droit au crédit d'impôt. Oui.
M. Leduc : ...
Mme Champagne Jourdain : Oui.
M. Leduc : ...une place en
RSGE ou une place en garderie, en établissement, c'est le même crédit d'impôt?
Mme Champagne Jourdain : Oui.
M. Leduc : On s'entend
là-dessus. Parfait. Merci de la clarification. On s'entend aussi, j'imagine, c'est
assez technique comme question, mais qu'un crédit d'impôt, c'est une dépense
fiscale collective. Mais est-ce qu'une dépense fiscale d'un crédit d'impôt, ce
n'est pas philosophiquement une virgule à côté d'une subvention directe? C'est
de l'argent... C'est de l'argent public aussi.
Mme Champagne Jourdain : ...pas...
ce n'est pas du financement, là. On retourne un crédit d'impôt aux parents, là.
M. Leduc : C'est une dépense
fiscale. Une dépense fiscale dit argent public. On refuse de percevoir de l'argent.
Les économistes, les fiscalistes s'entendent tous sur ce terme-là, «dépense
fiscale». C'est de l'argent public aussi.
Mme Champagne Jourdain : Ce n'est
pas du financement direct à un service qu'on fait. Il y a un retour, il y a
un... il y a un crédit d'impôt qui est donné aux parents, là.
M. Leduc : ...si ma mémoire
est bonne, moi, j'en ai bénéficié un petit peu avant d'avoir une place en CPE.
On...
Mme Champagne Jourdain : Voudriez-vous
qu'on aille jusqu'à retirer le crédit d'impôt aux parents? C'est-tu ça que je
dois comprendre?
M. Leduc : Vous n'êtes pas
dans la bonne lignée de la vision de Québec solidaire, Mme la ministre.
Mme Champagne Jourdain : Bien,
je n'irais pas là, là. Mais j'essaie de vous suivre.
M. Leduc : Bien, je suis
content de vous l'entendre dire. Moi, ce que j'essaie de vous dire, c'est qu'il
y a une contradiction ici. Puis je ne comprends pas pourquoi on se tient
absolument à intégrer les RSGE en communauté sous la Loi de la laïcité de l'État.
Puis je trouve ça particulièrement bizarre parce que moi, j'étais là, en 2019,
lorsqu'on a voté ici, là, la loi, la loi 21, le projet de loi n° 21,
et toute la philosophie du gouvernement, dont vous êtes une héritière en
quelque sorte, là, dans le deuxième mandat, était de dire : Le signe
religieux est par définition du prosélytisme. C'est un peu ça, finalement, l'essence
de ce débat-là : le signe religieux égale prosélytisme. Puis, si on est
dans un État où on veut la laïcité, une certaine vision de la laïcité en tout
cas, il faut qu'il n'y ait aucune forme d'apparence de prosélytisme d'un
serviteur de l'État. Là, il y a eu des débats : est-ce que ça comprend...
la personne qui nous donne notre permis de conduire à la SAQ, est-ce que ça
inclut une professeure, est-ce que ça inclut une... On a des longs débats à ce
sujet-là. Mais est-ce qu'à ce niveau-là, donc, une RSGE en milieu communautaire
est une représentante de l'État du Québec?
Mme Champagne Jourdain : Bien,
c'est un... c'est un service qui est subventionné, alors c'est ce qui a... c'est
ce qui a dicté notre décision. Puis la distinction du service subventionné
versus non subventionné, bien, elle a été déjà expliquée, faite, décidée dans
le projet de loi neuf. Ici, on est dans la concordance.
M. Leduc : ...donc, en RSGE
en communauté qui porterait un signe religieux, elle porterait atteinte à l'image
de neutralité religieuse de l'État du Québec?
Mme Champagne Jourdain : On
est dans la concordance ici du PL 9, Mme la Présidente.
M. Leduc : Bien, concordance
ou pas, Mme la ministre, c'est votre projet de loi ici, là. Vous avez bien compris,
avec les échanges précédents avec moi puis me collègue de l'opposition
officielle, que ça... on n'a pas la même vision de la concordance.
Cela étant dit, moi, j'essaie de bien
comprendre. On craint donc que le port d'un signe religieux d'une RSGE en
situation communautaire brime cette question-là, de... de l'apparence de
neutralité de l'État du Québec. C'est ça qui vous anime dans cet amendement-là?
Mme Champagne Jourdain : Bien,
je vous dirais, comme on l'a expliqué tout à l'heure...
Mme Champagne Jourdain :
...les responsables en services de garde en milieu familial sont chez elles,
dans leur... dans leur domicile. Alors, on a... on n'intervient pas là, on
respecte ça. Puis c'était aussi une recommandation, si ma mémoire est bonne, du
rapport, et on est là. Par contre, quand on sort d'un milieu... d'un milieu
familial, d'une résidence, on est en communauté, on est dans l'espace commun,
je le dirais comme ça. Et j'ai eu la chance de l'expliquer tout à l'heure
aussi, avec la référence... l'exemple que j'ai donné par rapport à une
municipalité qui offrirait un local, Il y a un service de garde en communauté
qui ouvre, bien, on veut que ce soit les mêmes règles pour les travailleuses ou
les éducatrices qui sont en CPE, l'autre côté de la rue, que celles qui sont en
communauté.
M. Leduc : J'essaie de bien
comprendre, Mme la Présidente, parce qu'il y a comme deux critères, il y a le
critère, c'est-tu dans sa résidence privée ou pas. Puis ça, si c'est chez elle,
en principe, on est plutôt frileux d'aller l'interdire, même si on l'a fait
dans un autre. PL pour l'enseignement à la maison. Mais, bon, gardons l'ornière
du PL n° 12 sur lequel nous travaillons. On appelait
ça de l'ornière du subventionné, pas subventionné, mais les deux on comme des
exceptions. C'est comme, on dirait, par — je vais utiliser un terme
religieux, on approche de Pâques, là — c'est comme par
transsubstantiation que lorsque les deux se superposent, que là... on a la
formule magique pour savoir qui qui est touché ou pas. Parce que, pris
isolément, chacun des deux critères a des exceptions, des rationalités
différentes, mais c'est quand ils se fondent, c'est comme le Saint-Esprit,
quand ils deviennent ensemble une seule et même chose, là, tout à coup, on a la
bonne lecture de la situation. C'est quand même un peu étonnant, Mme la
Présidente, cette façon-là de voir les choses. Je ne la trouve pas
particulièrement cohérente. J'ai même la crainte qu'elle génère...
Tu sais, on a un long débat, Mme la
ministre et moi, sur le pourcentage de présences subventionnées versus non
subventionnées qui, pour l'instant, est plutôt faible. Est-ce qu'il n'y a pas
un danger en disant clairement, puis c'est clair ici, là, que, si on est une
RSGE en communauté non subventionnée, on n'a pas besoin d'être...On peut porter
son signe religieux, dans le fond, on n'est pas couvert par cette... ce
chapitre de la Loi de la laïcité de l'État. N'est-ce pas une invitation
implicite aux personnes éducatrices RSE de dire : Si vous voulez garder votre
signe religieux, bien, sortez du système subventionné, dans le fond. Ce n'est
pas ça un effet pervers qui pourrait apparaître avec cette mesure-là?
Mme Champagne Jourdain : C'est
sûr que ça peut arriver que ce soit le choix de certaines RSGE de dire :
Bien, écoutez, moi, je ne veux pas appliquer les services de laïcité, puis
c'est ça... pas les services, la Loi sur la laïcité dans mes services, c'est
une possibilité, ça peut arriver. Mais, jusqu'à maintenant, encore une fois, je
m'accroche au... puis parce que les résultats sont tangibles, c'est 98 %,
jusqu'à maintenant, qu'on a eu de services qui sont subventionnés dans le
projet pilote.
M. Leduc : Je ne me rappelle
pas si ma collègue vous l'a demandé plus tôt, mais avez-vous les chiffres du
nombre de personnes, en ce moment, RSGE en communauté, du projet pilote, qui
portent un signe religieux?
Mme Champagne Jourdain : On ne
fait pas... On ne fait pas... On ne relève pas... On ne tient pas un registre
des gens qui portent des signes religieux, là.
M. Leduc : Un estimé, il n'y
en a pas 150 000, il y en avait quoi, de mémoire, quelques centaines, les
bureaux coordonnateurs les connaissent, je ne peux pas croire.
Mme Champagne Jourdain : Ce
n'est pas une question que vont poser les bureaux coordonnateurs aux...
M. Leduc : Mettons qu'on est
en train de faire une loi sur quelque chose, d'une part, on ne sait même pas si
ça existe, puis si ça existe, on n'a absolument aucune idée de combien il y en
a. Y en a-tu 10, 15, 50 %, 60 %? On n'en a absolument aucune idée.
Mme Champagne Jourdain : Je
pense... on vous l'a dit, puis avez eu ces échanges-là aussi dans le PL n° 9. Alors, ici, je le répète, Mme la Présidente, on est
en concordance avec le PL n° 9.
M. Leduc : Bien, je vous
confirme qu'il n'y a pas eu d'échange, au PL n° 9 sur
les RSE en milieu communautaire, ça, c'est sûr que non.
• (16 h 10) •
Mme Champagne Jourdain : Vous
avez demandé les chiffres dans le réseau en général. Vous avez eu des
échanges...
M. Leduc : Moi, moi, je vous
posais les chiffres aujourd'hui pour les RSE en milieu communautaire.
Mme Champagne Jourdain : Non,
mais on ne les a pas pour le projet pilote.
M. Leduc : On ne les a pas. Ça
fait qu'il pourrait y avoir, mettons, 20 % de ces femmes-là qui portent un
signe religieux, qui pourraient être, demain matin, obligées de l'enlever.
Mme Champagne Jourdain : Comme
il pourrait y en avoir 1 % comme il pourrait ne pas y en avoir.
M. Leduc : Bien, c'est ça.
Mais là on fait une loi avec absolument aucune idée du portrait de la
situation. Comment peut-on plaider sérieusement, être certain des conséquences
ou de l'absence de conséquences de ces lois-là...
Mme Champagne Jourdain :
...J'aimerais peut-être vous parler du... Parce que je comprends votre
inquiétude, là, puis c'est sûr que, tu sais, on veut pouvoir conserver les
participantes au projet pilote. Alors, il y a le principe de droits acquis
aussi pour celles qui participaient, là, au projet pilote, là. Ça fait que là,
je veux juste vous trouvez le... On va... on va en discuter dans
l'article 30.1. Là, on est à 30.2 actuellement, donc on va y venir à 30.1,
mais on pourra échanger là-dessus, il y a le principe de droits acquis, de
clause grand-père, si vous me permettez, là, pour celles qui ont participé au
projet pilote.
M. Leduc : Donc, ça va être à
suivre. On verra à l'usage...
Mme Champagne Jourdain : Dans
pas très... à suivre à 30.1.
M. Leduc : Non, non, je
comprends, puis j'aurais des questions à vous poser rendu là, mais, au moment
où on se parle, on n'a aucune idée, il n'y a même pas... mais, je veux dire, à
défaut d'avoir une statistique pointue, là, chirurgicale en amont du projet de
loi puis de ces articles-là, il n'y a pas eu un courriel envoyé au bureau
coordonnateur pour nous dire : Salut, les amis, on prépare le PL, on
risque d'avoir des questions des oppositions, des questions un peu fatigantes,
on est désolé, sur ces aspects-là, pourriez-vous nous donner un portrait
minimal d'à peu près combien de personnes, vous pensez, porte un signe
religieux susceptible d'être affecté par l'article 30.1 ou 30.2? Ça n'a
pas été demandé, ça.
Mme Champagne Jourdain : Bien,
écoutez, notre intention, elle se base sur les recommandations du rapport
Pelchat-Rousseau sur la laïcité de l'État. Je ne sais pas si vous insinuez
qu'on... on fait ça, on sort ça n'importe comment d'un chapeau, ce n'est pas le
cas. On s'est basé sur des recommandations, là, du rapport Pelchat-Rousseau.
Voilà.
M. Leduc : Ah! je ne pense
certainement pas que vous improvisez ça, Mme la ministre. Loin de moi cette
idée-là. Je me demande juste qu'en amont de ces articles-là en particulier,
j'imagine que vous vous doutiez peut-être qu'on allait vous poser ces genres de
questions là, mais je constate qu'il n'y a pas eu de questionnement de base
posé au réseau, à défaut d'avoir un portrait statistique, là, chirurgical, de
dire : Pouvez-vous nous donner... tu sais, un tour de roue? Ça
ressemble... ça ressemble-tu à des chiffres marginaux? C'est-tu plus qu'on...
Ça n'a pas été nécessairement fait cette vérification-là préalable.
Mme Champagne Jourdain : J'ai
déjà répondu, Mme la Présidente.
M. Leduc : Bon. J'ai d'autres
questions, Mme la Présidente, mais qui vont plutôt concerner la fameuse clause
de droits acquis, puis là je comprends qu'elle est plus à 30.1, alors que là on
fait 30.2, c'est bien ça? L'amendement du 30.2.
La Présidente (Mme Lecours, Les
Plaines) : On va terminer avec l'amendement. Est-ce que... Le
sous-amendement. Est-ce qu'il y a d'autres interventions sur le
sous-amendement? S'il n'y a pas d'autre intervention, je... mais vous n'aviez
plus de temps, alors j'imagine que vous voulez qu'on passe au vote le
sous-amendement. On va passer au vote.
Une voix : ...
La Présidente (Mme Lecours, Les
Plaines) : Par appel nominal.
La Secrétaire : Pour, contre,
abstention, Mme Cadet (Bourassa-Sauvé)?
Mme Cadet : Pour.
La Secrétaire
: Mme Champagne
Jourdain (Duplessis)?
Mme Champagne Jourdain :
Contre.
La Secrétaire
: Mme Picard
(Soulanges)?
Mme Picard : Contre.
La Secrétaire
: M. Gagnon
(Jonquière)?
M. Gagnon : Contre.
La Secrétaire
: Mme Schmaltz
(Vimont)?
Mme Schmaltz : Contre.
La Secrétaire
: Mme Boivin
Roy (Anjou—Louis-Riel)?
Mme Boivin Roy : Contre.
La Secrétaire
: M. Leduc
(Hochelaga-Maisonneuve)?
M. Leduc : Pour.
La Secrétaire
: Mme Lecours
(Les Plaines)?
La Présidente (Mme Lecours, Les
Plaines) : Abstention.
Le sous-amendement est donc rejeté. On
devient... on revient donc à l'amendement 30.02. Est-ce qu'il y a d'autres
interventions? 45 secondes, c'est ça?
Une voix : ...
La Présidente (Mme Lecours, Les
Plaines) : 25 secondes.
Mme Cadet : 25 secondes.
Mme la ministre, vous avez fait référence à plusieurs reprises au rapport
Pelchat-Rousseau, à quelle recommandation, vous faisiez référence?
Mme Champagne Jourdain : Ça ne
sera pas long, on va vous sortir ça. On va aller la chercher directement.
La Présidente (Mme Lecours, Les
Plaines) : Est-ce que vous voulez qu'on suspende ou...
Mme Champagne Jourdain : On
peut suspendre, si vous voulez, je ne sais... je ne sais pas combien de temps
ça va prendre, mais ça peut prendre 10 secondes comme ça peut en prendre
une minute...
La Présidente (Mme Lecours, Les
Plaines) : Est-ce que vous voulez qu'on suspende?
Une voix : Oui.
La Présidente (Mme Lecours, Les
Plaines) : On va suspendre quelques instants.
(Suspension de la séance à 16 h 17)
(Reprise à 16 h 19)
Mme Lecours (Les Plaines) :
À l'ordre, s'il vous plaît. La commission reprend ses travaux. Mme la
ministre.
Mme Champagne Jourdain : Alors,
je faisais référence à la recommandation 28 : Étendre l'application
de l'article 2 de la Loi sur la laïcité de l'État aux centres de la petite
enfance et garderies subventionnées, et celle de son article 6 aux
éducatrices, éducateurs, directrices, directeurs oeuvrant dans les centres et
garderies tout en prévoyant un droit acquis. Évidemment, la commission ne
pouvait pas se prononcer sur un mode de garde qui n'existait pas. Alors, nous,
on l'a étendue aux services de garde en communauté, puisque comme je l'ai
expliqué plusieurs fois, bien, on n'est plus dans un milieu familial, dans une
résidence familiale, mais on est dans un local en communauté. Merci.
• (16 h 20) •
Mme Cadet : Je comprends donc
qu'il n'y a aucune recommandation du rapport Pelchat-Rousseau qui exclut
explicitement les milieux de garde en milieu familial parce qu'ils sont à
domicile. C'est ce que vous nous avez évoqué un peu plus tôt, Mme la ministre?
Mme Champagne Jourdain : Ce
n'est pas ce que j'ai dit.
Une voix : ...
Mme Champagne Jourdain : C'est
ça, ce n'est pas ce que j'ai dit. Voilà.
Mme Cadet : J'avais... j'ai
bien entendu plus tôt... parce que ça se passe à la maison, le rapport
Pelchat-Rousseau...
Mme Cadet : ...exclu.
Des voix : ...
Mme Champagne Jourdain :
...que je le réécoute, mais, si j'ai dit ça comme ça, ce n'était pas comme ça
que je voulais l'exprimer, là, il faudrait que je le... je le... je revois
l'extrait peut-être, là.
Mme Cadet : ...que c'était
inexact. Ce sera tout, Mme la Présidente, je pense que mon temps est écoulé.
Merci.
La Présidente (Mme Lecours, Les
Plaines) : Est-ce que d'autres interventions sur l'amendement
introduisant l'article 3.2? S'il n'y a pas... 30. Je dis «3», il manquait
le zéro. 30.2. S'il n'y a pas d'autre intervention, est-ce que l'amendement
introduisant l'article 30.2 est adopté?
Une voix : ...
La Présidente (Mme Lecours, Les
Plaines) : Un... un vote par appel nominal.
La Secrétaire
: Pour,
contre abstention. Mme Champagne Jourdain (Duplessis)?
Mme Champagne Jourdain : Pour.
La Secrétaire
:
Mme Picard (Soulanges)?
Mme Picard : Pour.
La Secrétaire
:
M. Gagnon (Jonquière)?
M. Gagnon : Pour.
La Secrétaire
: Mme Schmaltz
(Vimont)?
Mme Schmaltz : Pour.
La Secrétaire
:
Mme Boivin Roy (Anjou—Louis-Riel)?
Mme Boivin Roy : Pour.
La Secrétaire
:
Mme Cadet (Bourassa-Sauvé)?
Mme Cadet : Contre.
La Secrétaire
:
M. Leduc (Hochelaga-Maisonneuve)?
M. Leduc : Contre.
La Secrétaire
:
Mme Lecours (Les Plaines)?
La Présidente (Mme Lecours, Les
Plaines) : Abstention. L'amendement est donc adopté. On passe donc à
l'amendement introduisant l'article 30.0.1. Mme la ministre, je vais vous
demander d'en faire la lecture.
Mme Champagne Jourdain :
Article 30.1...
La Présidente (Mme Lecours, Les
Plaines) : ...oui, effectivement.
Mme Champagne Jourdain :
Article 30.1. Article 31 de la Loi sur la laïcité de l'État :
Insérer, après l'article 30 du projet de loi, ce qui suit :
Loi sur la laïcité de l'État. 30.1.
L'article 31 de la Loi sur la laïcité de l'État, Chapitre L-0.3, est
modifié par l'ajout, à la fin, des paragraphes suivants :
«5.1 à une personne visée au
paragraphe 10.1 de l'annexe deux qui le... qui... à l'annexe deux, pardon,
qui le... et indiquer la date ici de la présentation de l'amendement insérant
l'article 30.2 de la présente loi, était reconnue par un bureau
coordonnateur de la garde éducative en milieu familial dans le cadre du projet
pilote des responsables d'un service de garde éducatif en communauté et les
entreprises autorisées par le ministre de la Famille en vertu de
l'article 122 de la Loi sur les services de garde éducatifs à l'enfance,
chapitre s-4.1.1, et ce, tant qu'elles demeurent régies par les
dispositions de ce projet pilote ou que sa reconnaissance en vertu de cette loi
est maintenue par le bureau coordonnateur;
«5.2 à une personne visée au
paragraphe 10.2 ou 10.3 de l'annexe deux, qui fournit des services
conformément à un contrat autre qu'un contrat de travail en cours le (et
indiquer ici la date de la sanction de la présente loi), sauf si ce contrat est
renouvelé après cette date.»
Alors, cette disposition prévoit un droit
acquis au port de signes religieux pour les RSGE qui exercent, dans le cadre du
projet pilote de responsable d'un service de garde éducatif en communauté et en
entreprise du ministère de la Famille, tant que la reconnaissance de ces RSGE
est maintenue, elle prévoit également un tel droit acquis pour les personnes
qui fournissent un service, notamment aux enfants, dans le cadre... dans les
emplacements où les RSGE en communauté fournissent des services de garde
éducatifs. L'objet de cet amendement est d'assurer la cohérence avec les
mesures proposées par le projet de loi de neuf, Loi sur le renforcement de la
laïcité au Québec.
La Présidente (Mme Lecours, Les
Plaines) : Merci beaucoup. Y a-t-il des interventions? M. le député
d'Hochelaga-Maisonneuve.
M. Leduc : Merci, Mme la
Présidente. Je trouve l'article un peu trop restrictif, Mme la ministre.
J'avais vu, évidemment, dans le projet de loi n° 21, la clause de droits
acquis à l'époque, mais elle s'est révélée être très problématique, en ce sens
qu'elle était extrêmement restrictive. Elle est attachée vraiment à une
personne, sur un poste, elle est vissée sur ce poste-là. Alors, si d'aventure
la personne change de poste ou change de région, mais garde la même fonction,
elle perd son droit acquis. Ça fait qu'une enseignante, par exemple, de
Montréal, qui déménage sur la Rive-Sud, qui change d'emploi là-bas, qui reste
enseignante, mais sur la Rive-Sud, boom, perd son droit acquis. Une enseignante
d'une... d'une école, même, je pense, c'est... c'est vissé à l'établissement,
change d'école, au sein même de la même commission scolaire, boum, perd son
droit acquis. Ça fait qu'il y ait quelque chose de très restrictif dans la
manière dont ça a été appliqué dans la Loi sur la laïcité de l'État, la loi...
le PL 21.
J'aurais souhaité que vous ayez une
approche plus large, parce que vous me corrigerez si j'ai mal compris votre
article, par exemple, si je suis une RSGE, puis que, pour x, y raison...
M. Leduc : ...le service RSGE
ferme, je suis... je suis une RSGE qui porte un signe religieux, je bénéficie
de votre droit acquis, pour x, y raison, mon service ferme, mais je me mets à
travailler, par exemple, comme éducatrice au CPE du coin, même bureau
coordonnateur, par exemple. En principe, je perds mon droit acquis, selon la
façon dont c'est écrit, votre article. Est-ce que je me trompe?
Des voix : ...
Mme Champagne Jourdain : C'est
ça, le droit acquis est... concerne, dans le fond, un poste précis puis un
employeur précis.
M. Leduc : Pourquoi c'est
comme ça? Le but, ce n'est pas de retenir la main-d'œuvre dans la fonction
qu'elle occupe. C'est très restrictif, de garder ça sur un poste précis. Le
but, ce ne serait pas plutôt de la garder dans le réseau? En plus, tantôt vous
avez utilisé le critère de la subvention, vous avez dit : C'est la
subvention qui donne droit à l'application, mais là, si la personne était
subventionnée en RSGE communautaire, qu'elle s'en va RSGE pendant qu'elle s'en
va éducatrice dans une installation qui est subventionnée, pourquoi elle ne
pourrait pas continuer à porter son signe religieux? Elle était déjà dans une
forme de droit acquis, subventionnée, même bureau coordonnateur,
potentiellement, puis là, pouf!, tout à coup, elle perd son droit acquis parce
qu'elle transite vers un CPE. C'est un peu bizarre. Le but, ce serait de la
garder.
Mme Champagne Jourdain : On
est dans les mêmes critères pour les éducatrices en CPE puis en garderies
subventionnées. Alors, le droit acquis est attaché au poste... au poste en
question, voilà.
M. Leduc : Bien, c'est
dommage, parce que, si la personne change de poste, change de région, le but,
ce serait de la garder dans le réseau, mais vous, vous lui dites :
Dommage, vous avez changé de fonction, maintenant c'est soit vous enlevez votre
signe religieux soit bien ciao, bye, changez d'industrie.
Mme Champagne Jourdain : Je
comprends vos commentaires, mais on est dans de la concordance, je le répète,
avec le PL n° 9, puis ce sont les mêmes critères pour les éducatrices en
CPE puis en garderies subventionnées.
M. Leduc : Bien, justement,
ces critères-là, on l'a vu dans l'application, dans le réseau scolaire,
notamment, puis ça fonctionne mal. Il n'y aurait pas eu lieu de le corriger?
C'est vous, la ministre, là, vous pourriez demander une correction, vous
pourriez dire : Moi, je pense que c'est mieux de garder toutes les forces
vives du réseau le plus longtemps possible, puis que le droit acquis qui
s'acquiert à un moment x, bien, il reste pour tout le reste de sa carrière, peu
importe si elle change de fonction, qu'elle soit éducatrice dans une
installation ou une RSGE en milieu communautaire puis que le problème, c'est le
prosélytisme apparent ou du moins allégué, bien, c'est quoi, l'affaire? Le
prosélytisme est-tu plus intense, tout à coup, parce que j'ai changé de poste?
C'est bizarre, comme raisonnement. Le but, c'est de la garder, cette personne-là,
le plus de temps possible, qu'elle donne... continue à donner des services.
Mme Champagne Jourdain : Je
comprends, c'est le choix qui a été fait, ce sont des critères qui ont été
appliqués pour les éducatrices aussi en CPE, en garderies subventionnées, comme
dans le milieu de l'éducation, vous y avez fait référence, alors le choix que
nous avons fait, c'est que le droit acquis soit attaché au poste.
M. Leduc : Si la RSGE perd sa
partner de dyade, et que son RGE ferme en milieu communautaire, puis qu'elle
décide de partir ou de se joindre à une autre dyade dans la même région, dans
la même ville, potentiellement, est-ce que le fait que... vu que son entreprise
de travailleuse autonome a fermé mais qu'elle se joint à celle d'une autre, est-ce
qu'elle conserve son droit acquis?
Des voix : ...
Mme Champagne Jourdain : Pouvez-vous
répéter la... juste pour être sûre qu'on vous donne la bonne réponse, là.
M. Leduc : Oui, oui. Je suis
RSGE en milieu communautaire, je bénéficie de la clause de droits acquis qu'on
est en train de discuter, mon service que j'offrais ferme, pour x, y raisons,
puis je décide de me revirer de bord puis de me joindre en dyade à une région,
un milieu communautaire voisin. Est-ce que je perds ma clause de droits acquis?
Des voix : ...
Mme Champagne Jourdain : ...
La Présidente (Mme Lecours, Les
Plaines) : On va suspendre quelques instants.
(Suspension de la séance à 16 h 30)
16 h 30 (version non révisée)
(Reprise à 16 h 40)
La Présidente (Mme Lecours, Les
Plaines) : À l'ordre, s'il vous plaît! Nous reprenons nos travaux.
Donc, au moment de suspendre, Mme la ministre, vous avez fait quelques
vérifications pour répondre à la question, et je pense que vous avez les
éléments de réponse.
Mme Champagne Jourdain : Oui.
Bon. Pour apporter, là, la réponse à la question qui a été posée, le bureau
coordonnateur donne la reconnaissance aux RSGE ici, en communauté, là, mais ce
serait le cas aussi en milieu familial, mais on parle en communauté. Et tant
que cette reconnaissance est valable ou est en vigueur, le droit acquis suit,
dans le fond, la reconnaissance, là.
Mme Cadet : ...à la question
du collègue. Ce que... Il y a peut-être des gens qui nous écoutent puis se
disent : Bien là, c'est... c'est plutôt technique, là... Je pense que des
exemples très concrets, très réels, ça peut donner un certain cadre d'interprétation
au monde. Donc, la question précise, c'est une personne qui...
Mme Cadet : ...parce que
je pense que la question était hyper intéressante, donc une dyade, donc...
donc, deux personnes qui se mettent ensemble, donc on double le ratio, c'est
intéressant, il y a plus de places. Donc, si une personne, donc, pour toutes
sortes de raisons, donc, doit quitter, et là elle se... s'adjoint, donc, à
quelqu'un d'autre, la réponse, c'est que la clause de droits acquis s'applique
à elle, oui ou non?
Mme Champagne Jourdain : Bien,
tant qu'elle conserve sa reconnaissance, oui.
Mme Cadet : Si, par exemple,
dans notre cas de figure, on l'a dit, donc, c'est beaucoup... vous avez parlé,
par exemple, des lieux où ce que ça pourrait être, où ce qu'il pourrait y
avoir, donc, des milieux de garde en communauté, des centres communautaires qui
appartiennent aux municipalités, vous avez donné cet exemple-là, je pense.
Donc, si, par exemple, donc, la municipalité loue un local à une RSE en communauté
dans un centre communautaire, et là — on connaît la vétusté de nos
infrastructures — dit : Bien là, il faut qu'on ferme pour
rénover. Et donc à ce moment-là, donc, la personne va se trouver un autre
emplacement. Je comprends de 56.1, du PL n° 12, que
la reconnaissance est accordée conformément à l'article 56, que cette
reconnaissance-là ne vaut que pour l'emplacement qui est indiqué ou décrit. Ça
fait que, là, qu'est-ce qui se passe avec la clause de droits acquis, dans cet
exemple-là?
Mme Champagne Jourdain : Le
droit acquis est vraiment relié à la reconnaissance. Alors, si vous... une RSGE
voulait ou devait changer d'emplacement parce que ça se peut que ce ne soit pas
sa volonté à elle, c'est une possibilité, effectivement.
Mme Cadet : ...pas sa
volonté à elle, effectivement, oui.
Mme Champagne Jourdain : Et
bien, bien, il y aurait un changement qui est fait d'emplacement, puis de cette
manière-là, tu sais, si l'emplacement est conforme — le bureau
coordonnateur valide ça — la reconnaissance... le droit acquis
serait... serait maintenu sur la reconnaissance.
Mme Cadet : OK. Donc,
dans cet exemple-ci, le droit acquis, donc, serait maintenu. Il y aurait un...
56.1 qui dit «la reconnaissance est liée à l'emplacement», donc, il y aurait un
changement d'emplacement dans la reconnaissance?
Mme Champagne Jourdain : Oui.
Mme Cadet : OK. Un peu
plus tôt, on a dit... je vais vous donner des exemples de 10.1, 10.2, 10.3, là,
ce qu'on disait, donc, le... la rédaction était... était plutôt lourde pour
quelqu'un qui s'y... qui se n'y connaît pas. Là on a dit, la remplaçante, elle,
elle... elle est assujettie à 10.3. Là... savoir, dans le fond, tu sais, la...
pour la remplaçante, tu sais, comment s'articule la clause de droits acquis?
Parce que, là, 10.3, on dit... Donc, 10.3, donc, serait... une personne qui est
assujettie à 10.3, donc, relève de 5.2, ici, disons que la personne est visée
aux paragraphes 10.2°, 10.3° de l'annexe II «qui fournit des services conformément
au contrat autre qu'un contrat de travail en cours le jour de la sanction de la
présente loi», ici, donc... donc, sa clause, donc, de... de droits acquis...
Donc là, 5.2 nous dit ce qui se passe pour une personne qui fournit des
services autres qu'un contrat de travail, mais qu'est-ce qui se passe pour
quelqu'un qui fournit des services conformément à un contrat de travail?
Mme Champagne Jourdain : Bien
là... Là, on parle toujours, là... Je ne suis pas sûre de comprendre votre
question.
Mme Cadet : ...acquis.
Mme Champagne Jourdain :
Oui.
Mme Cadet : Parce que,
là, on a dit tantôt, donc... Bon, l'assistante, c'est 6.1. Ça, c'est clair.
Mais que la remplaçante... Tantôt on disait... Bien, ça, ce serait 10.3, parce
qu'on disait, bon, elle, elle fournit des services aux enfants dans
l'emplacement, donc elle serait assujettie à 10.3. Donc, elle a quelle...
quelle clause de droits acquis s'appliquerait à cette personne-là? Parce qu'on
n'a pas la même... 5.1 et 5.2 n'ont pas la même portée.
Mme Champagne Jourdain : Elle
a un contrat... elle a un contrat de service ou un contrat de travail dans
l'exemple que vous nous donnez?
Mme Cadet : Bien, c'est
ça... La remplaçante, bien, tu sais, on va donner cet exemple-là, là.
Maintenant, on est plus dans la... dans les... les spécificités, donc, des
dispositions de 5.2. Mais, la question de fond, là, ce que je veux savoir,
c'est que la remplaçante, qu'est-ce qui se passe avec son... sa... sa clause de
droits acquis...
Mme Champagne Jourdain : Qu'elle
ait... qu'elle ait un contrat de travail ou un contrat de service?
Mme Cadet : Bien...
bien, c'est ça. Oui, oui.
Mme Champagne Jourdain :
OK...
Des voix : ...
La Présidente (Mme Lecours, Les
Plaines) : On va suspendre quelques instants.
(Suspension de la séance à 16 h 46)
(Reprise à 16 h 55)
La Présidente (Mme Lecours, Les
Plaines) : À l'ordre, s'il vous plaît. La commission reprend ses
travaux. Alors, Mme la ministre, je pense que vous aviez des informations à
vérifier.
Mme Champagne Jourdain : Oui,
merci. Alors, on parlait des personnes, des... des remplaçantes, voilà, je suis
revenue. Alors, on parlait des remplaçantes, et ce matin, je disais que, bien,
une personne, lorsqu'elle fournit des services aux enfants, les remplaçantes
étaient... étaient considérées, à ce niveau-là, là, comme des personnes qui
fournissaient des services aux enfants. Et la question était, à savoir,
qu'advient-il de son droit acquis. Que ce soit... qu'elle ait un contrat de
service ou qu'elle ait un contrat de travail, alors la remplaçante qui
aurait... qui serait remplaçante par contrat de service, par exemple, et le
contrat de service prend fin, eh bien, là, avec la fin du...
Mme Champagne Jourdain : ...du
contrat se termine le droit acquis, et, au niveau du contrat de travail, bien,
le contrat pouvant être renouvelé... Alors, si la personne demeure dans le même
emploi, dans les mêmes fonctions, eh bien, le droit acquis pourrait se
poursuivre pour le contrat de travail. C'est ça, on est dans le contrat de
travail.
La Présidente (Mme Lecours, Les
Plaines) : Merci beaucoup. Mme la députée de D'Arcy-McGee.
Mme Prass : Oui, deux
précisions. Donc, premièrement, disons que l'assistante, à un moment donné,
veut, elle, devenir responsable du service de garde puis qu'elle reçoit cette
reconnaissance, est-ce que son droit acquis est toujours reconnu?
Une voix : ...
Mme Prass : Oui, la
remplaçante.
Mme Champagne Jourdain : La
remplaçante?
Mme Prass : Excusez-moi. La
remplaçante, oui.
Mme Champagne Jourdain : Alors,
non, la réponse est non, parce que c'est une nouvelle reconnaissance.
Mme Prass : Et... Parce que, dans...
aussi, dans l'amendement que vous avez présenté au 5.2°, vous parlez... vous
parlez : «Conformément à un contrat autre qu'un contrat de services... de
travail.» Et, selon ce que vous avez répondu auparavant, pouvez-vous juste
cadrer ça avec ce qui est écrit dans votre amendement?
Mme Champagne Jourdain : Pouvez-vous
me répéter ça pour que je sois... Je ne suis pas sûre de comprendre ce que vous
me posez comme question.
Mme Prass : Donc, le 5.2,
dans l'amendement que vous avez proposé, on parle d'«un contrat autre qu'un
contrat de travail en cours» et vous avez... vous avez parlé d'un contrat de
service. Donc, est-ce que le contrat de travail est toujours admissible selon
ce que vous proposez?
Mme Champagne Jourdain : Un
contrat de travail en cours?
Des voix : ...
Mme Champagne Jourdain : C'est
ça. Quand on parle d'un... à 5.2, là, là où vous faites référence, quand on
parle d'un contrat autre qu'un contrat de travail, bien, le contrat de service,
lui, rentre dans les contrats autres que celui du contrat de travail.
Mme Prass : Oui, mais quand
on parle du contrat de travail? C'est ça, parce que, là, on parle d'autres,
mais avec le cas où ça serait un contrat de travail.
Des voix : ...
La Présidente (Mme Lecours, Les
Plaines) : Est-ce que vous voulez que je suspende?
Mme Champagne Jourdain : ...je
vais... je vais redemander, je veux être sûre de comprendre, là.
La Présidente (Mme Lecours, Les
Plaines) : On veut comprendre la question. Allez-y... plus clairement.
Mme Prass : C'est parce
que... Oui. Donc, le 5.2° précise... on parle spécifiquement de contrat autre
qu'un contrat de travail en cours. Je voudrais savoir quelle est la situation,
donc, avec un contrat de travail. On veut juste s'assurer que votre intention,
là, soit claire dans le texte. Parce qu'on parle de contrat autre qu'un contrat
de travail, mais ma question, c'est : Quelle est la situation, comment
est-ce qu'on procède justement avec un contrat de travail?
Mme Champagne Jourdain : Je
l'ai expliqué tout à l'heure. Avec un contrat de travail, le droit acquis peut
être préservé s'il y a un renouvellement dans les mêmes fonctions.
Mme Prass : Mais ce n'est pas
la façon dont c'est... c'est rédigé. Parce qu'on parle du service conformément
à un autre contrat... un contrat autre qu'un contrat de travail en cours, mais
ce n'est pas clair, que, donc, dans la situation d'un contrat de travail, il y
a la reconnaissance, mais... que ça ne peut pas être accordé si le poste est...
si la personne change de poste ou... de rôle, plutôt.
• (17 heures) •
Des voix : ...
17 h (version non révisée)
Des voix : ...
La Présidente (Mme Lecours, Les
Plaines) : Je pense que... On va suspendre quelques instants. Merci.
(Suspension de la séance à 17 h 01)
(Reprise à 17 h 14)
La Présidente (Mme Lecours, Les
Plaines) : À l'ordre, s'il vous plaît! La commission reprend ses
travaux. Donc, pendant notre suspension, il y a eu des discussions relativement
à 30.2, mais je voudrais qu'on termine 30.1, dans un premier temps.
Est-ce qu'il y a encore des interventions
sur l'amendement introduisant 30.1?
S'il n'y a pas d'autre intervention,
est-ce que 30.1...
Une voix : ...
La Présidente (Mme Lecours, Les
Plaines) : Attendez. Oui.
Mme Champagne Jourdain :
...suspendre.
La Présidente (Mme Lecours, Les
Plaines) : Bon, on va suspendre quelques instants.
(Suspension de la séance à 17 h 15)
(Reprise à 17 h 45)
La Présidente (Mme Lecours, Les
Plaines) : À l'ordre, s'il vous plait. La commission reprend ses
travaux. Donc, pendant cette longue suspension, il y a eu du travail d'effectué
qui requiert de retirer l'amendement introduisant l'article 30.1, mais j'ai
besoin de votre consentement.
Des voix : Consentement.
La Présidente (Mme Lecours, Les
Plaines) : Consentement. Parfait, on retire de l'article 30.1 et on en
dépose un nouveau, pas l'article, le... l'amendement introduisant l'article
30.1, nouveau qui est devant nous. Madame la ministre, je vais vous demander
d'en faire la lecture.
Mme Champagne Jourdain :
L'article 30.1. L'article 31 de la Loi sur la laïcité de l'État...
Mme Champagne Jourdain : ...insérer,
après l'article 30 du projet de loi, ce qui suit :
«Loi sur la laïcité de l'État.
«30.1. L'article 31 de la Loi sur la
laïcité de l'État (chapitre L-0.3) est modifié par l'ajout, à la fin, des
paragraphes suivants :
«5.1. à une personne visée au paragraphe
10.1 de l'annexe deux qui, le (indiquer ici la date de présentation de
l'amendement insérant l'article 30.2 de la présente loi) était reconnue par un
bureau coordonnateur de la garde éducative en milieu familial dans le cadre du
projet pilote, le responsable d'un service de garde éducatif en communauté et
en entreprise autorisé par le ministre de la Famille en vertu de l'article 122
de la Loi sur les services de garde éducatifs à l'enfance (chapitre S-4.1.1),
et ce, tant qu'elle demeure régie par les dispositions de ce projet pilote ou
que sa reconnaissance en vertu de cette loi est maintenue par le Bureau
coordonnateur;
«5.2. à une personne qui assistait ou
remplaçait une personne responsable d'un service de garde éducatif visé ou...
qui remplaçait, oui, pardon, je m'excuse, qui remplaçait une personne
responsable d'un service de garde éducatif visé au paragraphe 5.1 le (et indiquer
ici la date de la présentation de l'amendement insérant l'article 30.2 de la
présente loi), tant qu'elle demeure à l'emploi de cette personne;
«5.3. à une personne visée au paragraphe
10.2 ou 10.3 de l'annexe II qui fournit des services conformément à un contrat
autre qu'un contrat de travail en cours le (indiquer ici la date de la sanction
de la présente loi, sauf si ce contrat est renouvelé après cette date).»
La Présidente (Mme Lecours, Les
Plaines) : Merci. Donc, pour les explications, on y va avec
Me Boily. Me Boily, le micro est à vous.
M. Boily (Mathieu) : Oui.
Alors, la nouveauté de cette version de l'amendement à l'article 30.1, elle se
retrouve au paragraphe 5.2. C'est concernant la personne qui assistait ou
remplaçait une RSGE reconnue dans le cadre du projet pilote à la date de
présentation de l'amendement, tant qu'elle demeure à son emploi. Les deux seuls
types de personnes qui peuvent être à l'emploi via un contrat de travail d'une
RSGE... d'une RSGE, c'est son assistante ou sa remplaçante. Donc, en apportant
l'amendement ici, on vise à consacrer leurs droits acquis de façon peut-être
plus précise que ce qui était dans la version précédente, et ça va se lire en
relation aussi avec une autre version de l'amendement à l'article 30.2, là, où
on va viser précisément la remplaçante et l'assistante, alors qu'on visite que
l'assistante.
La Présidente (Mme Lecours, Les
Plaines) : Donc, ça répond aux questions qu'on avait sur le contrat en
cours. Vous avez certainement d'autres informations, ou de questions, ou
commentaires. Alors, Mme la députée de D'Arcy-McGee.
Mme Prass : Oui. Donc, dans
les articles 56.1 et 56.3 qui ont été adoptés, on parle du fait que la
reconnaissance est liée à l'emplacement et que si l'emplacement change, donc là
il faut une nouvelle reconnaissance. Mais est-ce que c'est le cas pour une
personne qui a un droit acquis? Dans le sens que, moi, j'offre des services
dans le local A, et là je déménage dans un autre immeuble pour... quelle que
soit la raison. Disons que mon premier emplacement, bien, là, va faire des
rénovations ou quoi que ce soit, l'espace de la municipalité, donc je déménage
d'emplacement. Est-ce que mon droit acquis est reconnu dans ce nouvel
emplacement? Parce que, selon, comme j'ai dit, 56.1 et 56.3, la reconnaissance
est liée à l'emplacement. Mais là, ce qu'on dit, c'est que le droit acquis dans
le RSGE n'est pas lié à l'emplacement.
• (17 h 50) •
Des voix : ...
Mme Champagne Jourdain : Oui,
effectivement. Alors, tout à l'heure, je vous ai expliqué que le droit acquis
suivrait la reconnaissance qui est émise par le bureau coordonnateur. Puis là
je comprends votre question par rapport à l'article 56 qui parle de
l'emplacement. On viendrait le confirmer par règlement, que le droit qui
suivrait, dans le fond, la reconnaissance...
Mme Champagne Jourdain : ...émis
par le bureau coordonnateur, alors ça permettrait, dans certaines situations où
les RSGE en communauté se voient dans l'obligation, malgré elles, de devoir
changer d'emplacement, de pouvoir conserver cette... cette... que le droit
acquis suive, les suive, dans le fond.
Mme Prass : Parfait. Donc je
comprends, le règlement va préciser que ce droit acquis suit la reconnaissance,
même si l'emplacement est différent avec le temps, parfait. Autre question, on
parle des remplaçants qui... qui auraient un droit acquis sous la RSGE dans
laquelle ils travaillent. Un RSGE peut avoir plus d'un remplaçant, tu sais, au
cours d'une année, par exemple. Donc, est-ce que c'est chaque remplaçante qui a
un droit acquis dans ce RSGE-là plutôt que juste énumérer un certain nom, on
veut juste s'assurer que... c'est ça, que toute personne qui a à remplir ces
tâches-là soit reconnue.
Une voix : ...
Mme Prass : Oui, c'est ça.
Mme Champagne Jourdain : Tant
qu'elle est à l'emploi aujourd'hui.
Mme Prass : OK.
Mme Champagne Jourdain : Oui.
Mme Prass : Et même chose, une
remplaçante qui a un droit acquis peut œuvrer dans plusieurs RSGE au cours
d'une année et retenir son droit.
Des voix : ...
Mme Prass : Si la RSGE a cette
reconnaissance-là. Parce qu'on comprend que la reconnaissance pour les
assistantes... pour les remplaçantes, plutôt, ça vient du RSGE et de cette reconnaissance,
pas de l'individu. Donc, si un RSGE... excuse-moi, si une remplaçante, au cours
de l'année, moi, je fais du remplacement dans deux, trois différents RSGE qui
eux, ont la reconnaissance. Donc... tout est... Je peux quand même, en tant que
remplaçante, œuvrer dans ce RSGE-là avec le droit acquis qui lui est accordé,
et même le faire dans plusieurs.
Des voix : ...
Mme Champagne Jourdain : C'est
possible, elle pourrait avoir plus qu'un droit acquis, si c'est ça, votre
question.
Mme Prass : C'est ça, est-ce
qu'elle peut oeuvrer...
Mme Champagne Jourdain : Puis
si elle en perdait un à une place, puis elle en a deux autres, par exemple,
parce qu'elle travaille à trois, bien, là, elle conserverait ces deux autres
droits acquis.
Mme Prass : Exactement, c'est
ça. Ça fait que si elle travaille dans plus d'un milieu, la reconnaissance qui
est acquise va lui être appliquée.
Mme Champagne Jourdain : Oui.
Mme Prass : Et dans le même
sens...
Mme Champagne Jourdain : Dans
chacun des milieux.
Mme Prass : Parfait, et dans
le même sens, il peut y avoir plus d'une remplaçante au cours de l'année et
chacun d'entre elles va avoir cette reconnaissance si la RSGE...
Mme Champagne Jourdain : Si
elles sont à l'emploi...
Mme Prass : Exactement.
Mme Champagne Jourdain : ...aujourd'hui
même, oui.
Mme Prass : Oui. OK.
Mme Champagne Jourdain :
Voilà.
Mme Prass : Merci, Mme la
Présidente.
La Présidente (Mme Lecours, Les
Plaines) : Bon. Alors, s'il n'y a pas d'autre intervention à... au
nouvel amendement introduisant l'article 30.1, est ce qu'il est adopté?
Des voix : Adopté.
La Présidente (Mme Lecours, Les
Plaines) : Adopté. Parfait. Donc, conséquemment, j'ai besoin de votre
consentement pour revenir à l'amendement que nous avions adopté, introduisant
30.2. Donc, consentement pour y revenir?
Des voix : Consentement.
La Présidente (Mme Lecours, Les
Plaines) : Consentement. Maintenant, pour le retirer et en déposer un
nouveau, puisqu'il avait été adopté, et pour répondre, justement, à
l'amendement qu'on vient d'adopter, on a besoin de faire des ajustements sur
celui-ci. Alors, consentement pour le retirer?
Des voix : Consentement.
La Présidente (Mme Lecours, Les
Plaines) : Retiré. Parfait. Retiré. Donc, on a un nouveau... un nouvel
amendement, 30.2, puis je vais vous demander de lire, Mme la ministre.
Mme Champagne Jourdain : Merci.
Article 30.2 (Annexe Il de la Loi sur la laïcité de l'État)
Insérer, après l'article 30.1 du
projet de loi tel qu'amendé, l'article suivant :
«30.2. L'annexe Il de cette loi est
modifiée par l'ajout, à la fin, des paragraphes suivants:
«10.1 ° une personne responsable d'un
service de garde éducatif en communauté dont les services de garde sont
subventionnés, de même qu'une personne qui assiste ou remplace cette dernière,
visées par la Loi sur les services de garde éducatifs à l'enfance
(chapitre S-4.1.1);
«10.2° une personne qui fournit des
services dans un emplacement où une personne responsable d'un service de garde
éducatif en communauté visée par cette même loi fournit des services de garde,
lorsqu'elle se trouve dans cet emplacement pendant la prestation des services
de garde;
«10.3° une personne lorsqu'elle fournit
des services aux enfants dans un
emplacement où une personne responsable d'un
service de garde éducatif en
communauté visée par cette même loi fournit des
services de garde.».»
Mme Lecours (Les Plaines) : Donc,
pour les informations, vous y allez, ou...
Mme Champagne Jourdain : Bien,
en fait, conséquemment aux changements qui ont été faits à 30.2, on est venu à
spécifier, à 10.1 : Une personne qui assiste et qui remplace cette
dernière, pour être sûrs d'inclure la personne qui remplace dans... dans
l'article 30.2, que ce soit clair, en fait.
La Présidente (Mme Lecours, Les
Plaines) : Parfait. Des questions, des commentaires? Non? Pas de
question, pas de commentaire? OK, alors est-ce que le nouvel amendement
introduisant 30.2...
La Présidente (Mme Lecours, Les
Plaines) : ...est adopté?
Une voix : ...
La Présidente (Mme Lecours, Les
Plaines) : Un vote par appel nominal.
La Secrétaire : Pour, contre,
abstention. Mme Champagne Jourdain (Duplessis)?
Mme Champagne Jourdain : Pour.
La Secrétaire
: Mme Picard
(Soulanges)?
Mme Picard : Pour.
La Secrétaire
: M. Gagnon
(Jonquière)?
M. Gagnon : Pour.
La Secrétaire
: Mme Boivin
Roy (Anjou—Louis-Riel)?
Mme Boivin Roy : Pour.
La Secrétaire
: Mme Prass
(D'Arcy-McGee)?
Mme Prass : Contre.
La Secrétaire
: Mme Lecours
(Les Plaines)?
La Présidente (Mme Lecours, Les
Plaines) : Abstention. L'amendement introduisant l'article 30.2 est
donc adopté. Alors, nous en sommes rendus à l'article 43, le dernier article,
qui a également un amendement, mais on va commencer par l'article. Mme la
ministre.
Mme Champagne Jourdain : «43.
Les dispositions de la présente loi entrent en vigueur à la date ou aux dates
déterminées par le gouvernement, à l'exception de celles des articles 39 à 41,
qui entrent en vigueur le (indiquer la date de la sanction de la présente
loi).»
Donc, au niveau des commentaires, cet
article porte sur l'entrée en vigueur des dispositions du projet de loi.
Celles-ci vont rentrer en vigueur à toute date fixée par décret du
gouvernement, sauf certaines dispositions transitoires qui peuvent entrer en
vigueur dès sanction de la loi pour pouvoir commencer à produire des effets.
La Présidente (Mme Lecours, Les
Plaines) : Maintenant, je vais vous demander de faire la lecture de
l'amendement, que nous allons ouvrir. Voilà.
Mme Champagne Jourdain : Article
43 :
Remplacer l'article 43 du projet de loi
par le suivant :
«43. Les dispositions de la présente loi
entrent en vigueur à la date ou aux dates déterminées par le gouvernement, qui
ne peuvent survenir avant l'expiration d'un délai de six mois suivant
l'édiction du premier règlement pris en vertu du paragraphe 21° du premier
alinéa de l'article 106 de la Loi sur les services de garde éducatifs à
l'enfance (chapitre S-4.1.1), tel que modifié par le paragraphe 7° de l'article
27 de la présente loi, à l'exception :
«1° des dispositions de l'article
38.0.1, sauf en ce qu'elles édictent l'article 10 de la Loi sur le recouvrement
international et interprovincial des aliments destinés aux enfants et à
d'autres membres de la famille, qui entrent en vigueur à la date d'entrée en
vigueur du premier règlement pris en application du deuxième alinéa de
l'article 4 de cette loi;
«2° des dispositions de l'article
38.0.1, en ce qu'elles édictent l'article 10 de la Loi sur le recouvrement
international et interprovincial des aliments destinés aux enfants et à
d'autres membres de la famille, des articles 38.1 à 41 et du premier alinéa de
l'article 42, qui entrent en vigueur le (indiquer ici la date de sanction de la
présente loi).»
Alors, au niveau des commentaires, bien,
ces amendements-là portent sur l'article d'entrée en vigueur de la loi. Il
prévoit que la majorité des dispositions du projet de loi n° 12
concernent l'instauration d'un nouveau mode de service de garde éducatif en
communauté, et ne pourront pas entrer en vigueur avant l'expiration d'un délai
de six mois suivant l'édiction des modifications réglementaires établissant les
normes encadrant les RSGE en communauté. Ce délai de six mois permettra aux
bureaux coordonnateurs de mener le processus leur permettant de statuer sur la
conformité, avec le nouveau cadre juridique, de la reconnaissance d'une RSGE
accordée en vertu du projet pilote.
Par ailleurs, cet... par ailleurs,
l'article d'entrée en vigueur est ajusté pour que l'ensemble des dispositions
transitoires qui traitent de ce processus entrent en vigueur dès la sanction.
Aussi, le premier alinéa de l'article 42 est ajouté dans l'énumération, mais il
ne produira ses effets que lorsque l'article 56 de la Loi sur les services de
garde éducatifs à l'enfance sera en vigueur, conformément à ce que prévoit son
texte.
L'amendement prévoit enfin que les
dispositions édictant la Loi sur le recouvrement international et
interprovincial des aliments destinés aux enfants et à d'autres membres de la
famille, à l'exception de l'article 10, entreront en vigueur simultanément au
premier règlement pris en application de cette loi. Quant à l'article 10, cette
disposition transitoire doit entrer en vigueur dès la sanction, car elle
maintient l'application des dispositions du projet pilote modifiant certaines règles
du Code de procédure civile ou en édictant de nouvelles afin de faciliter les
actions ou demandes interprovinciales ou internationales d'ordonnance
alimentaire, en vertu de la Loi sur le divorce, jusqu'à l'entrée en vigueur de
la nouvelle réglementation.
• (18 heures) •
La Présidente (Mme Lecours, Les
Plaines) : Merci beaucoup, Mme la ministre. Questions, commentaires?
Mme la députée de D'Arcy-McGee.
Mme Prass : Merci, Mme la
Présidente. Plus tôt aujourd'hui, nous avons adopté l'article 38.1, justement,
qui venait donner un 18 mois...
18 h (version non révisée)
Mme Prass : ...jusqu'à 18 mois
potentiels pour la conclusion des projets pilotes. Est-ce que... Là, dans le
premier alinéa, on parle de «ne peuvent survenir avant l'expiration d'un délai
de six mois suivants l'édiction du premier règlement pris en vertu du
paragraphe 21». Donc, deux questions. Premièrement, est-ce... quand est-ce...
quand est-ce que vous prévoyez que ce premier règlement sera produit? Et est-ce
que le 18 mois qu'on donne pour la... pour que les projets pilotes soient
complétés auraient un effet sur cet élément-là?
Mme Champagne Jourdain : Alors,
c'est deux choses distinctes. On prévoit que le règlement pourrait être édicté
avant la fin du projet pilote, et ce serait souhaitable, là, je veux dire, le
plus tôt sera le mieux. Et le 18 mois, bien, on le prévoit pour si jamais
on avait besoin, si on avait besoin d'étendre le projet pilote, parce que les
délais s'étiraient au niveau de l'édiction du règlement. Mais le but, c'est...
c'est de le faire le plus... le plus vite possible, là, dans les meilleurs
délais, en fait.
Mme Prass : Mais... mais pour
que... est-ce que le règlement ne devait pas être produit suite à la fin des
projets pilotes? Parce que... bien, deux questions. Premièrement, est-ce que...
bien, c'est ça, est-ce que l'un va avoir un effet sur l'autre? Parce que le 18 mois...
Bien, c'est ça, excuse-moi, je vais recommencer ma question.
Est-ce qu'on n'attend pas que les projets
pilotes soient conclus avant de vraiment pouvoir rédiger le premier règlement?
Parce que le premier règlement, ça va être les modifications réglementaires
établissant les normes encadrant les RSGE en communautés, mais est-ce qu'on ne
veut justement pas attendre que les projets pilotes soient terminés pour bien
déterminer les éléments qui devront faire partie du règlement? Parce que le
règlement va être produit selon les résultats, selon l'expérience des projets
pilotes.
Mme Champagne Jourdain : Ce
ne serait pas nécessaire d'attendre la fin du projet pilote pour édicter le
règlement, puisqu'on est en train de légiférer à ce moment-ci. Donc, le projet
pilote prend fin à l'édiction du règlement.
Mme Prass : Mais c'est
justement parce qu'on veut s'assurer que le règlement ne soit... il n'y ait pas
de... il n'y ait pas de délai, parce qu'on va donner le 18 mois,
justement, potentiellement, qui nous amène en fin 2028, parce que c'est à
partir du 1ᵉʳ septembre... excusez-moi, 1ᵉʳ avril 2027 que le 18 mois
sera ajouté par la suite. Donc, si, justement, on veut s'assurer que le
règlement, que tout le monde ne soit pas pénalisé, d'attendre la fin des
projets pilotes pour que le règlement soit, justement, disponible pour ceux qui
veulent se... ceux qui seront en installation communautaire, par exemple.
Donc, je pense qu'on dit la même chose, on
veut s'assurer justement qu'on n'ait pas attendu 18 mois, là. Parce que,
comme ça a été introduit aujourd'hui, on veut juste s'assurer qu'il y ait...
Mme Champagne Jourdain : Bien,
le 18 mois pourrait ne pas être utilisé, là.
Mme Prass : C'est ça, ça
dépend des cas.
Mme Champagne Jourdain : Oui,
c'est ça.
Mme Prass : OK, ça peut pour
certains... donc, on se comprend que les discussions du premier règlement, donc...
Mme Champagne Jourdain : Ça ne
dépend... ça ne dépend pas des cas, là. Le 18 mois, on pourrait ne pas
avoir à l'utiliser, si on arrivait à édicter le règlement dans les meilleurs
délais, là, dans le fond.
Mme Prass : Puis est-ce que,
comme je l'ai dit, avez-vous une fenêtre que vous prévoyez au plus tard, par
exemple, quand le premier règlement pourrait être édicté?
Mme Champagne Jourdain : Je
voulais laisser la parole pour que ce soit bien clair.
La Présidente (Mme Lecours, Les
Plaines) : Bien entendu. J'ai besoin du consentement... consentement
pour que M. Renaud puisse prendre la parole?
Des voix
: Consentement.
La Présidente (Mme Lecours, Les
Plaines) : M. Renaud, je vais quand même vous demander, vu que c'est
la première fois de la journée que vous vous présentiez.
M. Renaud (Carl) : Oui. Carl
Renaud, sous-ministre adjoint au ministère de la Famille. En fait, le 18 mois
et la période de six mois, là, qui existe pour permettre au RSGE en communauté
de se conformer, c'est deux affaires distinctes, en fait.
Le 18 mois a pour objectif de, si on
en avait besoin, si c'était requis, de prolonger le projet pilote, donc l'ensemble
des projets...
M. Renaud (Carl) : ...pilotes,
pour une période maximale de 18 mois. Alors, peut-être qu'on n'en aura pas
besoin. Et, si le règlement est édicté comme c'est souhaité avant la fin du
projet pilote, le 31 mars 2027, bien, à ce moment-là, le règlement sera
édicté et les BC auront un maximum de six mois pour statuer sur la conformité
des projets qui voudront continuer après le projet pilote. Et après ces trois
mois-là, dans le fond, quand le... le BC aura rendu sa décision sur la
conformité ou la non-conformité, bien, dans un cas de non-conformité, la RSGE
en communauté aura une période de deux mois pour se conformer.
Mme Prass : Mais, la
question, c'est vraiment sur la raison, le raisonnement derrière les
discussions du premier règlement aujourd'hui. Parce que, potentiellement,
encore une fois, on parle du 18 mois qui pourrait aller jusqu'à
fin 2028, mais est-ce qu'on... est-ce que, justement, ce qui est proposé
dans l'amendement, c'est justement parce qu'on ne sait pas, parce qu'on a
étendu jusqu'à 18 mois la possibilité pour que les projets pilotes se
complètent?
Une voix : ...
Mme Prass : Bien, c'est
ça, parce que, justement, je vous ai demandé plus tôt si vous aviez une idée
quand le règlement serait produit. Vous n'avez pas répondu. Donc, justement,
est-ce que le 18 mois, l'extension du 18 mois couvre la possibilité
que le premier règlement ne soit pas déposé au moment où les projets pilotes
prennent leur fin, en 2028?
Mme Champagne Jourdain : ...je...
je me rappelle vous avoir déjà répondu là-dessus. Il est prévu qu'il soit
déposé pour prépublication au printemps, donc plus ou moins six mois. Donc, à
l'automne, le règlement pourrait être édicté.
Mme Prass : OK.
Mme Champagne Jourdain :
C'est ce qui est prévu, là.
Mme Prass : Donc...
C'est ça, mais... Puis là on rajoute 18 mois quand même parce que, disons, il y
a la possibilité où, tu sais, je comprends, c'est votre intention de le déposer
au printemps, etc., mais si jamais, excusez-moi, il n'est pas prêt à temps,
est-ce que le 18 mois, justement, on l'ajoute pour s'assurer que, si
jamais le premier règlement n'est pas... n'a pas été déposé à ce moment-là, que
les règles du projet pilote puissent continuer parce que le règlement n'a pas
été mis en place?
Mme Champagne Jourdain :
C'est le but. C'est le principe de se laisser, là, une marge de manœuvre si,
pour une raison ou une autre, dépendamment des commentaires ou bon, les
discussions ne pourraient pas être possibles à l'automne prochain.
Mme Prass : OK, parce
que, si vous dites que ça va être prêt dans les prochains mois, pourquoi est-ce
qu'on se donne 18 mois additionnels si le premier règlement a été prêt
dans des délais raisonnables avant le 18 mois? Donc, ça s'appliquerait.
Donc, je comprends que c'est votre intention, mais, encore une fois, des choses
peuvent arriver entre temps, puis on se pose la question : Est-ce que,
justement, le 18 mois a été introduit pour couvrir la possibilité que le
règlement ne soit pas en vigueur d'ici fin... fin 2028?
Mme Champagne Jourdain : ...c'est
un... Pardon. Le 18 mois, c'est un maximum, puis c'est par précaution, par
prévoyance, une police d'assurance, si vous voulez, pour être certains de
pouvoir faire en sorte que les RSGE en communauté puissent continuer de...
d'opérer, d'offrir des services jusqu'à l'édiction du règlement.
Mme Prass : Bien, on se
comprend que, 18 mois, c'est quand même assez longtemps pour qu'il y ait
des imprévus entre temps. Et, comme j'ai dit, je comprends que votre intention,
c'est de le faire au printemps. Puis je comprends, c'est un petit peu une
police d'assurance, mais on se comprend que ça... ça reflète une... une
possibilité que d'ici 18 mois ce ne soit pas fait et c'est la raison pour
laquelle on étend ce 18 mois pour les projets pilotes qui sont en vigueur.
• (18 h 10) •
Mme Champagne Jourdain :
Je ne suis pas sûre de comprendre.
Mme Prass : Donc, le
18 mois est là parce que vous avez dit : On ne sait pas, il peut y
avoir des imprévus, etc. Donc, hypothèse...
Mme Champagne Jourdain :
Oui, il peut avoir un buffer.
Mme Prass : ...il y a la
possibilité que le règlement ne rentre pas en vigueur d'ici la fin 2028,
quand le 18 mois, à partir du 1ᵉʳ avril 2027, serait mis en place...
Des voix : ...
Mme Champagne Jourdain : On ne
veut pas de bris de service, là, alors ça n'arrivera pas, tu sais, parce que...
bon, si on dépassait le 18 mois puis on n'arrivait pas à l'édiction, c'est sûr
que, là, ça remet... ça remet le nouveau mode de service de garde qu'on...
qu'on met en place en question. Alors, ce n'est pas le but. Voilà.
Mme Prass : Donc, on se
comprend que, d'ici la fin de la période, que les projets pilotes peuvent
continuer, donc fin 2028. L'intention est que, vous avez dit, vous avez déjà un
travail qui se fait pour le règlement. Donc, l'intention, évidemment, c'est que
ça soit publié le plus tôt possible.
Mais là, vous, vous êtes très, très
prudente en vous donnant, à partir... 18 mois à partir du 1er avril 2027, mais
votre intention est bien comme vous l'avez mentionné, parce qu'on ne veut pas
qu'il y ait de période entre-temps, disons. Donc...
Mme Champagne Jourdain : Pas
de bris de service.
Mme Prass : C'est ça, pas de
bris de service. Excusez-moi.
Mme Champagne Jourdain : On
veut éviter qu'il y ait... C'est ça.
Mme Prass : Donc, votre
intention est bien que le premier règlement, même avec le 18 mois, sera rendu
bien avant ça, justement pour que tous les autres puissent commencer à
fonctionner avec le règlement qui va être déposé.
Mme Champagne Jourdain : Le
but, c'est prépublication au printemps puis c'est édiction du règlement à
l'automne.
Mme Prass : À l'automne.
D'accord. Merci.
La Présidente (Mme Lecours, Les
Plaines) : Parfait. Alors, s'il n'y a pas d'autre intervention à
l'amendement introduisant l'article 43, est-ce qu'il est adopté?
Des voix : Adopté.
Une voix : ...
La Présidente (Mme Lecours, Les
Plaines) : Pardon? Ah oui, qui... Pardon. Alors, c'est adopté. Merci
beaucoup.
Nous en sommes donc à la fin de l'étude...
Une voix : ...
La Présidente (Mme Lecours, Les
Plaines) : Oui, c'est vrai. Je m'excuse. Est-ce que l'article 43, tel
qu'amendé, est adopté?
Des voix : Adopté.
La Présidente (Mme Lecours, Les
Plaines) : Adopté. Merci.
Là, c'est vrai, nous en sommes à la fin de
l'étude détaillée. Alors, est-ce que le titre du projet de loi est adopté?
Des voix : Adopté.
La Présidente (Mme Lecours, Les
Plaines) : Adopté. Je propose également que la commission recommande
la... la re-nu-mé-ro-ta-tion du projet de loi amendé. Adopté.
Je propose que la commission adopte une
motion d'ajustement des références. Est-ce que cette motion est adoptée?
Des voix : Adopté.
La Présidente (Mme Lecours, Les
Plaines) : Adoptée. Alors, voilà.
Nous en sommes rendus déjà aux remarques
finales. Je vais laisser le micro, dans un premier temps, à la députée de D'Arcy-McGee,
qui représente l'opposition officielle.
Mme Prass : Merci, Mme la
Présidente. Donc, je voudrais remercier la ministre, le personnel du cabinet,
les différents membres de la commission, également les... les pages, la
présidente de la commission.
Je pense que c'est un projet de loi
qu'on... qu'on reconnaît tous l'importance, qui est autant de choix possible
pour les familles du Québec de trouver leur place dans... et leur réalité dans
le contexte des réseaux des services de garde. Également, toute la notion
d'avoir cette présence-là, de garderie dans des milieux communautaires, je
pense que ça va répondre à beaucoup de besoins, surtout en région où des... la
disponibilité des services n'est pas toujours au rendez-vous, surtout quand on
est des régions éloignées et qu'on n'a pas assez de jeunes ou tout-petits pour
former un CPE. Donc, je pense que c'est quand même une solution intéressante
qui va encore une fois donner plus de choix aux parents.
J'amènerai un point, le... la... excusez
moi, j'essaie de retrouver le mot, la Convention internationale sur les
pensions alimentaires qui a été présentée. Je pense que... et la ministre, je
pense, le reconnaît, certains points, aussi, si ça aurait pu faire partie du
projet de loi initial, donc qui aurait pu faire partie des consultations et
aurait pu être... on aurait pu avoir des échanges des différents groupes sur
l'impact et l'opinion à propos de ce qui a été proposé. Je pense qu'on aurait
pu se sauver un bon 10 heures quand ma collègue de Robert-Baldwin, justement, a
dû... intervenir, parce que, quand même, une convention internationale qui se
retrouve à l'intérieur d'un projet de loi sur une nouvelle option de service de
garde, ce n'était peut-être pas nécessairement le bon endroit où le placer. Je
comprends pourquoi ça a été fait, et je suis contente que ma collègue ait pu
intervenir, et l'ouverture de la ministre à l'adoption d'amendements, mais,
dans le futur, je pense que...
Des voix : ...
Mme Prass : ...je pense que,
dans le futur, ça serait mieux de bien penser à la... à la rédaction des
projets de loi en amont...
Mme Prass : ...justement
pour s'assurer que tous les éléments...
Des voix : ...
Mme Prass : Excusez-moi,
je prends la parole. Si ça ne vous dérange pas... Dans le futur, qu'on
puisse... tous ces éléments-là puissent faire partie des consultations et des
mémoires qui vont être déposés.
Comme j'ai dit, à la fin de la journée, on
est contents qu'il y ait plus d'options pour les parents. À la fin de la
journée, c'est ce qu'on veut, surtout pour répondre à certaines réalités en
région. Évidemment, on... originalement aussi, les articles sur la laïcité
n'ont pas été appliqués. Je comprends que le projet de loi n° 9
est venu avant le projet de loi n° 12. C'est sûr que,
moi, ma formation politique, on voit les inconvénients dans tout ça, dans le
sens qu'on ne veut pas réduire le nombre de personnes qui peuvent travailler
dans le réseau des services de garde, et on veut que ça accroît plutôt que de
limiter le nombre de personnes. Donc, on... on n'était pas en accord avec ces
amendements-là qui ont été déposés. Mais, comme j'ai dit, à la fin de la
journée, nous, ce qu'on veut s'assurer, c'est que les parents aient le plus
d'options possibles, et c'est ce qu'amène ce projet de loi.
Aussi, contents d'entendre que, pour la
majorité, les projets pilotes ont quand même eu du succès, vont permettre
justement de voir ce qui fonctionne, ce qui ne fonctionne pas pour s'assurer
que la mise des places des RSGE en milieu communautaire, ça va être basé sur du
travail qui a déjà été fait pour s'assurer que c'est les meilleures conditions
pour nos tout-petits. Et, comme j'ai dit, à la fin de la journée, nous, on veut
juste s'assurer qu'il y ait le plus d'options pour les dizaines de milliers de
parents et d'enfants qui sont sur les listes d'attente. Et donc on... on est
contents d'avoir travaillé avec la ministre, d'avoir entendu le succès des
projets pilotes, justement, qui ont été réalisés et de travailler ensemble pour
offrir, comme j'ai dit, une autre solution aux parents.
Donc, je pense que nous sommes tous
d'accord que le plus d'options qu'on donne aux parents, la meilleure offre de
services qu'on leur donne. Donc, on est tous d'accord pour cela. Donc, je
remercie tout le monde, je remercie la ministre. Merci.
La Présidente (Mme Lecours, Les
Plaines) : Merci beaucoup, Mme la députée. Alors, on termine avec Mme
la ministre pour vos remarques finales.
Mme Champagne Jourdain : Merci
beaucoup. Merci. Alors, on arrive maintenant au terme de l'étude détaillée, là,
du projet de loi n° 12. Alors, évidemment que je veux
commencer par remercier sincèrement tous les gens qui ont permis que cette
commission-là soit possible. Tous les collègues des oppositions, les collègues
ici, le personnel, les pages, les équipes du ministère aussi. Alors, je vous
remercie tous d'avoir participé, puis sincèrement de... Je vous remercie pour
la qualité des échanges qu'on a eus.
Alors, je pense qu'on a eu le temps, on a
pris le temps, en fait, qu'il fallait article par article pour améliorer, quand
il était nécessaire, là, notre pièce législative. C'est un travail rigoureux
auquel vous étiez tous bien préparés, vous vous êtes relayés aussi, ça a été
une gymnastique. Alors, je pense que ça montre l'importance qu'on accorde,
comme parlementaires, aux services de garde éducatifs à l'enfance et aux
familles du Québec.
Le projet de loi n° 12, bien, ça
visait, je l'ai dit au début, à créer un nouveau mode de garde éducatif, soit
celui en communauté. Puis je pense que grâce à l'égard des discussions qu'on a
eues, en fait, puis aux propositions qu'on a mis de l'avant, aux ajustements
qu'on a faits, bien, on a... on a bonifié le projet de loi de façon concrète.
Alors, on l'a fait aussi pour mieux soutenir les personnes souhaitant être
reconnues comme RSGE en communauté. Et à cet... et, en ce sens-là, j'ai
proposé, à la suite de nos échanges, un amendement à l'article 56.3.1.
C'est un amendement qui mentionne que les modèles facultatifs de clauses à
prévoir dans le cadre d'un bail soient disponibles de façon adaptée en
communauté. Alors, c'est important.
• (18 h 20) •
Aussi, je veux revenir sur le fait que, du
cœur, du cœur même du projet de loi, il demeure le même, mais, si vous m'en
permettez l'expression, il est encore plus solide, encore plus fort que jamais.
Le... les services de garde en communauté, le service de garde en communauté,
en fait, c'est un modèle qui est éprouvé, qui est issu d'un projet pilote qui a
débuté en 2022, qui répond aussi à des besoins réels particulièrement, et ça,
ça me touche sincèrement, particulièrement en région. Alors, en lui donnant une
base législative permanente, bien, on vient proposer un geste clair, celui de
reconnaître un modèle qui fonctionne et de lui donner les moyens de se déployer
de manière durable. Vous le savez mieux que quiconque maintenant, là, on ne le
répétera jamais assez, chaque place qu'on crée — puis vous en avez
parlé, chers collègues — en région a un impact réel. C'est une
famille qui peut rester dans une municipalité, un parent qui peut travailler,
une entreprise qui peut recruter. Alors, c'est primordial. Les services de
garde en communauté sont particulièrement importants, comme je le disais tout à
l'heure, pour les régions, et c'est aussi une solution qui est souple, qui est
ancrée...
Mme Champagne Jourdain : ...dans
le milieu, puis qui peut être déployé aussi rapidement là où les besoins sont
pressants.
Un petit mot sur, juste avant de conclure,
sur la grande différence qu'on a faite aussi dans la vie des mamans, des papas
qui doivent aller chercher des pensions alimentaires dans un autre pays à
laquelle leurs enfants ont droit. Alors, on vient de faciliter le chemin pour
ces familles-là. C'était un parcours du combattant difficile, long, mais aussi
coûteux, alors je pense qu'on peut être collectivement fiers de ça.
Alors, voilà, je vous remercie, tout le
monde, tous les... Je l'ai dit tout à l'heure, je remercie tout le monde et je
suis fier du travail qu'on a accompli. Je suis fier de savoir que ça aura
assurément, tout ce travail-là, des retombées concrètes pour les enfants, les
familles, les éducatrices, les... les régions. Alors, je vous remercie.
Tshinashkumitnau, merci.
La Présidente (Mme Lecours, Les
Plaines) : Merci beaucoup, Mme la ministre. Donc, juste avant
d'ajourner, je vais juste me permettre de vous remercier à mon tour pour ces
échanges fructueux. Je vais rappeler que c'était le premier projet de loi
déposé, première étude détaillée de la ministre, alors votre baptême est fait.
Et, sur ce, je vous dis à nouveau, et évidemment à toute l'équipe aussi, merci
pour tout le travail effectué au cours des dernières... des deux dernières
semaines.
Donc, la commission ajourne ses travaux
jusqu'au mercredi 1ᵉʳ avril, à 8 h 30, où elle se réunira en
séance de travail.
Bonne fin de soirée à tous et à toutes.
(Fin de la séance à 18 h 22)