(Onze heures quinze minutes)
La Présidente (Mme Lecours, Les
Plaines) : À l'ordre, s'il vous plaît! Ayant constaté le quorum, je
déclare la séance de la Commission des relations avec les citoyens ouverte.
La commission est réunie ce matin afin de
procéder à l'étude du volet Protection des consommateurs des crédits budgétaires du portefeuille Justice pour
l'exercice financier 2026‑2027. Une enveloppe totale de
1 h 15 min a été allouée pour l'étude de ces crédits.
Mme la secrétaire, y a-t-il des remplacements?
La Secrétaire : Oui, Mme la
Présidente. Mme Blais (Abitibi-Ouest) est remplacée par Mme Guillemette
(Roberval); M. Tanguay (LaFontaine), par Mme Caron (La Pinière);
M. Fontecilla (Laurier-Dorion), par M. Bouazzi (Maurice-Richard); et
M. Bérubé (Matane-Matapédia), par M. Paradis (Jean-Talon).
Protection des
consommateurs
Discussion générale
La Présidente (Mme Lecours, Les
Plaines) : Alors, bienvenue à la commission. Nous allons procéder à
une discussion d'ordre général... général, pardon, incluant les questions et
les réponses, et par la suite la mise aux voix de ces crédits sera effectuée à
la fin du temps qui est alloué, soit autour de 12 h 30.
Et, pour le bénéfice de chacun, je vais vous donner
la répartition des blocs : donc, nous allons débuter avec l'opposition
officielle, qui aura un premier bloc de 18 min 15 s, nous allons
poursuivre, cette fois-ci, avec le député indépendant pour
12 min 10 s, nous allons revenir au deuxième groupe d'opposition
pour 12 min 10 s, on revient à l'opposition officielle pour
18 min 15 s, et on termine... termine, pardon, avec le
gouvernement pour 12 min 10 s.
Alors, Mme la députée de La Pinière, la parole
est à vous.
Mme Caron : Merci, Mme la
Présidente. Alors, bonjour, tout le monde. Ça me fait plaisir d'être ici pour
participer à l'étude des crédits en protection du consommateur.
Alors, ma première question. Dans le budget de
dépenses, au programme 5, donc les autres organismes relevant du ministre, ça
regroupe la Commission des services juridiques, aussi la Commission des droits
de la personne puis l'Office de la protection du consommateur. Alors, dans la
somme indiquée, est-ce qu'on peut me donner la part de l'Office de protection
des consommateurs pour cette année, s'il vous plaît?
M. Jolin-Barrette : Donc, merci, Mme la Présidente. Salutations à
vous. Salutations à la députée de La Pinière.
Alors, dans le budget consacré... Je tiens à
saluer également les membres de l'Office de la protection du consommateur qui
sont avec nous : M. le président, Mme la vice-présidente ainsi que le
personnel de l'office qui nous accompagne, qui travaille très fort pour les
crédits budgétaires.
Donc, le budget de l'Office de la protection du
consommateur est de 16,1 millions de dollars, donc, 8,2 millions
provenant des crédits. Ça, c'est les sommes qui sont octroyées par l'État
québécois, donc, qui sont dans le cadre du budget du ministre des Finances,
qu'on décide que les taxes et impôts servent à financer l'Office de la
protection du consommateur.
Et l'autre partie du 16,1 millions de
dollars qui est consacrée dans le cadre du budget annuel de l'Office de la
protection du consommateur, c'est 7,9 millions de dollars qui est en
revenus provenant de l'émission de droits et de permis. Donc, on parle de
revenus autonomes. Donc, l'office, par ses activités de surveillance dans
certains domaines d'activité... exemple, supposons, pour être un
concessionnaire automobile, pour opérer un gym, bien là, à ce moment-là, vous
devez avoir un permis, et donc l'office tire des revenus de ces revenus
autonomes là qui contribuent au financement du budget de l'Office de la
protection du consommateur pour un montant total de 16,1 millions de
dollars. Donc, c'est réparti environ à 50-50 entre les deux, là. C'est un peu
plus d'argent du fonds consolidé puis un petit peu moins de revenus autonomes.
Mme Caron : Puis l'an dernier,
c'était... au lieu d'être 8,1 millions, c'était 8,7 millions pour le
budget de dépenses, puis les revenus étaient prévus, cette année, comme vous
avez dit, de 7,9 millions pour les émissions de permis, et tout ça. L'an
passé, c'était 8,3 millions. Alors, il y a... on prévoit à la baisse...
Qu'est-ce qui explique cette baisse-là, autant pour les crédits que pour les
revenus prévus?
• (11 h 20) •
M. Jolin-Barrette : Bien, il y
a eu... Vous le savez, il y a des efforts, avec l'efficacité de l'État, qui
sont faits par tous les ministères, tous les organismes. Notamment, dans le
cadre du portefeuille Justice, il y a des cibles qui ont
été attribuées par le Conseil du trésor au ministère de la Justice, et, dans le
fond, tous les organismes liés au ministère de la Justice, notamment l'Office
de la protection du consommateur, ont fait leur effort, également, en termes
d'optimisation, et donc ça nous amène un écart, sur les crédits votés, de
542 200 $, donc, en lien avec les mesures d'économie.
Mme Caron : Et est-ce que...
M. Jolin-Barrette : Puis il ne
faut pas oublier aussi... il y a un volet important pourquoi ça a diminué cette
année, c'est parce que le Conseil du trésor a décidé... puis on va le voir
aussi sur les crédits, cet après-midi, en matière de justice, le portefeuille
en termes des loyers, donc le budget octroyé aux loyers, maintenant il va être
centralisé à la SQI, donc c'est sorti des portefeuilles ministériels. Donc,
exemple, pour l'Office de la protection du consommateur, c'est presque
1 million, c'est 960 500 $, qui était dans le cadre du budget de
l'office auparavant, puis maintenant l'enveloppe est centralisée à la Société
québécoise des infrastructures, ce qui, par une mécanique comptable, fait en
sorte que le budget, supposons, de l'office diminue quelque peu, mais, dans le
fond, ce n'est pas de l'argent qui est comme... qui n'était pas dans
l'opérationnel, mais qui était dans loger, ça fait que ça apparaissait dans les
crédits de l'office, mais maintenant c'est sorti parce que c'est pris en charge
par la SQI.
Mme Caron : Donc, les sommes
sont là, mais elles sont déplacées, finalement.
M. Jolin-Barrette : Bien, dans
le fond, le loyer continue d'être payé à la SQI, mais c'est dans le budget de
la SQI, maintenant. Puis, tu sais, ça, il faut le dire aussi, comme, exemple,
nous... je donne un parallèle avec le ministère de la Justice, on s'entend que
les palais de justice... le ministère de la Justice... à part le 1200 sur de
l'Église, qui est le siège du ministère de la Justice, toutes les activités du
ministère de la Justice sont dans les palais de justice, à part certains
procureurs aux poursuites criminelles et pénales qui sont dans des édifices qui
sont loués par l'État, mais, dans un palais de justice, le ministère de la
Justice n'est pas propriétaire du palais de justice, c'est la Société
québécoise des infrastructures, puis, annuellement, on paie un loyer, on se
paie entre l'État, si je peux dire, aussi, ça fait que, dans le fond, le Trésor
a décidé d'envoyer les enveloppes financières à la Société québécoise des
infrastructures.
Mme Caron : Dans les 540
quelques mille de baisse, est-ce que c'est surtout... parce que vous avez lié
ça à l'optimisation, est-ce que c'est surtout des salaires qui ont été enlevés,
des postes qui ont été coupés ou pas comblés?
M. Jolin-Barrette : Bien, en
fait, effectivement, il y a un effort en termes de rémunération, on est sur un
nombre d'heures rémunérées. Ça fait que, parfois, ça peut être des postes qui
sont en vacance, supposons, qui n'ont pas été comblés ou parfois des frais de
fonctionnement aussi, déplacements, frais de dépenses qui ont été amortis
aussi. Donc, c'est au-delà des deux. La majorité des frais de l'Office de la
protection du consommateur, c'est de la rémunération. Ça fait qu'en termes
d'équivalent...
Une voix : ...
M. Jolin-Barrette : OK, puis on
est rendus à combien de personnes, à l'office?
Une voix : ...
M. Jolin-Barrette : 124? Donc,
actuellement, à l'office, on a 124 personnes qui travaillent pour
l'office.
Mme Caron : ...
M. Jolin-Barrette : 124.
Mme Caron : 124 personnes qui
travaillent à l'office. Donc, ça veut dire que c'est à peu près un
540 000 $, peut-être, d'optimisation qui comprend des postes qui ont
peut-être été vacants pour un certain temps, puis le 965 000 $ de... qui
est des loyers qui vont à la SQI, ça fait que ce n'est pas un gros, gros effort
d'optimisation puisque le plus gros est quand même encore une dépense qui est à
la SQI.
M. Jolin-Barrette : Bien, il
faut comprendre que l'Office de la protection du consommateur, c'est une toute
petite organisation qui en fait beaucoup, qui en fait énormément. Quand vous
regardez le nombre de réformes qu'on a faites, supposons, depuis cinq ans,
cinq, six ans, en termes de projets de loi, il n'y a pas énormément de juristes
à l'office, puis la majorité des gens qui sont à l'office, pardon, sont en
matière d'enquête, d'inspection. Je pense, on parle... environ
69 personnes qui sont au service clientèle, inspection, répondent aux questions,
orienter et surveillance. Ça fait que vous comprenez que... Puis il n'y a pas
beaucoup de gras à l'Office de la protection du consommateur. C'est des gens
qui sont dédiés et qui sont là pour l'application de la loi, mais aussi pour
moderniser la Loi sur la protection du consommateur, comme on l'a fait avec la
garantie de durabilité, garantie de bon fonctionnement, l'obsolescence
programmée, les pourboires, récemment, aussi, on est en train de faire les
billets de spectacle. Donc, ça nous permet, justement,
d'utiliser toute l'expertise à l'office, mais effectivement ce n'est pas un
gros portefeuille.
Mme Caron : Alors, vous avez
parlé des 124 personnes puis vous... Il y a aussi, pour le traitement des
plaintes... il y a 31 inspecteurs en conformité qui se consacrent,
notamment, au traitement des plaintes. Vous avez une équipe de trois personnes
pour la gestion opérationnelle, soutien technique, développement des activités
de médiation, avec Parle consommation, et puis huit membres du personnel de la Direction
des permis et de l'indemnisation pour les demandes de renseignements. Alors,
sur les 124 employés de l'office, est-ce que c'est seulement les 31 qui
sont à la question 6 dans le cahier des crédits qui font du traitement de
plaintes?
M. Jolin-Barrette : OK,
alors, bien, non. Là, je vous parlais de 69 employés de l'office qui
s'occupent, dans le fond, de
surveillance, inspection. Je peux vous les détailler comme suit, là : dans
le fond, il y a 13 enquêteurs, huit employés à la Direction des
permis et de l'indemnisation, donc, lorsqu'on contrôle la loi avant, supposons,
qu'il y ait une infraction, vous avez 15 juristes dont les tâches ne sont
pas dédiées exclusivement à la surveillance, mais qui en font partie aussi en
support-conseil, en avis, deux professionnels à la Direction des services à la
clientèle et à la surveillance administrative et 31 inspecteurs en
conformité législative et réglementaire. Donc, la majorité des gens de l'office
travaillent en termes d'activités de surveillance, vérification, inspection,
puis ça comprend... juste pour cette partie-là, c'est 57 % de son
financement total en masse salariale pour répondre aux activités de l'office.
Mme Caron : Puis, justement,
vous y avez fait allusion avec les nouvelles... les nouveaux projets de loi qui
ont été adoptés, qui donnent quand même plus de travail, j'imagine, au
personnel. Est-ce que l'office est en mesure de s'acquitter de tous ses
mandats, de tous... y compris les nouveaux mandats, le projet de loi n° 10, qui a été... dont l'étude détaillée a pris fin jeudi
dernier? Est-ce que l'office est capable de répondre à la demande du
législateur?
M. Jolin-Barrette : Oui, bien,
la réponse à cette question-là, c'est oui. Prenons des cas d'exemples. Souvent,
l'office, pour plusieurs problématiques, recevait déjà des appels ou devait
déjà faire des vérifications. Exemple, les billets de spectacle, c'est un bon
exemple, on a fini l'étude détaillée, il y avait déjà, dans la loi, depuis 2010
ou 2011, il me semble, certaines obligations qui étaient dans la loi par
rapport aux billets de spectacle, là on est venus les renforcer. Alors, il y
avait déjà des équipes qui traitaient ça, ça fait que, là, ils ont l'autre bout
de chemin. Ils ont davantage d'outils pour agir aussi.
Donc, dans les mesures, le nombre d'appels qui
sont reçus, le nombre de plaintes, même chose pour, supposons, les prix à l'épicerie, la Politique d'exactitude des prix,
qu'on a bonifiée, qu'on a mise en place, bien, il y a des éléments qui
existaient déjà, mais on vient donner des outils supplémentaires, ça fait que
c'est le prolongement du travail qui est effectué. Si vous me dites :
Est-ce que, si on rajoutait 100 personnes à l'office, on pourrait agir
encore plus?, la réponse, c'est oui, mais on est dans un contexte budgétaire,
puis l'office... Aussi, ce qui est important, c'est qu'on a ajouté... Je pense,
c'est dans le projet de loi n° 29 ou 72, vous me corrigerez, sur les
sanctions administratives pécuniaires...
Une voix : ...
M. Jolin-Barrette : 29? Bon,
dans le cadre du projet de loi n° 29, maintenant l'office va pouvoir
utiliser les... le produit des sanctions administratives pécuniaires pour
financer des initiatives ou financer de l'inspection, entre autres, puis ça,
c'est des revenus supplémentaires qui sont générés pour l'Office de la
protection du consommateur. Puis ce pouvoir-là, pour l'office, c'est une bonne
chose parce que, on l'expliquait la dernière fois, la semaine dernière, en
étude détaillée du projet de loi n° 10, ce qu'on vise
à faire en sorte, c'est que le comportement change chez les entreprises
lorsqu'ils sont non conformes à la loi. Ça fait que l'office prend l'appel,
sensibilise, dans un premier temps, le commerçant, le détaillant ou le
fabricant pour dire : Écoutez, vous êtes en non-conformité, attention,
premier appel, tout ça, ensuite il y a un suivi qui est fait. S'il n'y a pas...
Si on ne se conforme pas à la loi, bien là, la sanction administrative
pécuniaire, elle arrive, à ce moment-là, pour dire : Bien, c'est des
sommes que le contrevenant doit payer. On n'est pas encore en matière de
poursuites pénales, mais on peut y aller. Donc, c'est un premier avertissement
financier pour dire : Écoutez, corrigez, puis sinon on passe à
l'infraction pénale aussi, mais généralement, avec l'accompagnement puis les
conseils de l'office, on réussit à changer les comportements.
Mme Caron : Alors, merci.
Maintenant, sur les 69... Je reviens aux ressources humaines. Sur les 69 que
vous avez détaillés tantôt, il y a quand même... à la question 5 du cahier, il
y avait un total de 124 effectifs. Alors, est-ce que c'est parce que, dans
les 69, vous ne comptez pas ceux qui sont dans les bureaux régionaux?
• (11 h 30) •
M. Jolin-Barrette : Bien, dans le
fond, vous avez... il y a 124 personnes qui travaillent à l'office. Vous
avez les 69 personnes qui sont consacrées à la surveillance, entre autres.
Ensuite, vous avez le personnel administratif, vous avez les communications,
vous avez le personnel de bureau. Donc, le reste de...
Mme Caron : ...pour la partie
enquête, et tout ça.
M. Jolin-Barrette : La
surveillance.
Mme Caron :
Alors, donc, les 69 peuvent répondre aux plaintes, et tout ça, comme vous avez
expliqué les démarches qu'ils font, mais ils ne peuvent pas, par exemple,
j'imagine, faire une surveillance continue de... bien, continue... faire une
surveillance de certains sites. Si je pense... je me reporte encore au projet
de loi n° 10 sur les sites de revente de billets,
est-ce que les ressources humaines en place vont suffire pour non seulement
traiter des plaintes qui arrivent des consommateurs, mais aussi s'assurer qu'une
fois que la réglementation sera en place, sur, par exemple, un bouton pour se
désabonner d'un produit ou d'un service dans les contrats à exécution
successive ou pour porter plainte pour... c'est-à-dire pour s'assurer que les
sites de revente ventilent tous les coûts des billets, est-ce qu'ils vont être
capables de faire ça aussi ou ça va fonctionner juste sur plaintes qui seront
traitées?
M. Jolin-Barrette :
Mme la Présidente, ça fonctionne sur les deux volets. Bien entendu, il y a
les plaintes, puis, lorsque, supposons, il y a une multitude de plaintes, c'est
sûr que ça attire encore plus davantage l'office sur un secteur d'activité.
Mais ces gens-là, aussi, font des initiatives, puis, dans le fond, c'est un...
la direction de l'office oriente aussi le type... Ils peuvent prendre
annuellement des champs d'action pour dire : Cette année, on s'attaque
davantage à tel domaine de pratique, tel domaine de pratique, tel domaine de
pratique. Prenez... il y a quelques années, là, on avait eu la question des
prêts... bien, des prêts à haut niveau de taux d'intérêt, donc,
particulièrement dans la région de Granby, puis l'office avait réagi là-dessus,
notamment. Donc, en fonction du secteur d'activité, l'office fixe ses priorités
annuelles, si je peux dire.
Mme Caron : Donc,
l'office priorise les dossiers sur lesquels elle va mettre le plus de
ressources en fonction de, peut-être, une nouvelle réglementation puis en
fonction de cas qui sont médiatisés parce qu'ils se produisent à plusieurs...
qu'ils sont assez fréquents dans la population?
M. Jolin-Barrette :
Je vous dirais, ça dépend des secteurs d'activité. Vous savez, en matière
de protection du consommateur, il faut toujours être vigilants. Puis parfois il
y a des pratiques illégales qui sont en émergence, pour lesquelles il faut
donner un coup, exemple les billets de spectacle, on le voit présentement,
l'usurpation d'image, qu'on va étudier un peu plus tard, de personnalités
publiques. Puis pas plus tard qu'en fin de semaine, on le voyait, là, dans des
médias, il y a des gens encore qui s'étaient fait prendre leur image pour
frauder des gens, puis on leur garantissait : Si vous investissez 15 000 $,
puis ça ne marche pas, on vous rembourse 25 000 $. C'est effrayant, ça. Il y a du monde qui tombe dans le panneau,
c'est pour ça qu'on fait le projet de loi. Il y a d'autres secteurs où est-ce
qu'on agit systématiquement. Supposons, la publicité pour enfants, l'office
agit systématiquement, puis c'est un secteur qui est prioritaire.
Ça fait que, dans le
fond, on traite toutes les plaintes, mais, annuellement, on met davantage
d'énergie en fonction, aussi, de la multiplicité du nombre de plaintes, entre
autres, puis des secteurs qui sont prioritaires. Puis des fois on donne un
coup, comme, exemple, sur les prêts usuraires, il y a quelques années, puis on
avait amené des modifications législatives aussi à ça pour donner des outils à
l'office, parce que parfois, des fois, on se rend compte que l'office a besoin
de davantage de pouvoirs pour bien cerner le phénomène. Puis on fait face à des
gens qui s'adaptent aussi, ça fait qu'il
faut toujours rester vigilants pour adapter le corpus législatif pour donner
des outils à l'office.
Mme Caron : ...prend combien de
plaintes pour que l'office détermine que c'est... ça va être une de ses
priorités?
M. Jolin-Barrette :
Oui, on peut intervenir à partir du moment où n'il y a qu'une plainte.
Donc, ça dépend des circonstances, mais c'est sûr que l'office monitore le tout
pour, justement, éviter les comportements délictuels, d'où l'approche en trois
étapes : une première... quand il y a une plainte, une première étape,
bien, on fait de la sensibilisation, on appelle pour corriger le comportement,
pour amener la correction du comportement délictuel; après, sanction
administrative pécuniaire; et par la suite l'infraction pénale. Puis ça donne
des outils, les sanctions administratives pécuniaires... qui est nouveau, qu'on
a ajouté. Bien, c'est un bâton qui donne un effet.
Mme Caron :
...Mme la Présidente, je pense qu'il me reste...
La Présidente
(Mme Lecours, Les Plaines) : 28 secondes.
Mme Caron :
Est-ce que je peux les prendre sur le bloc suivant, s'il vous plaît?
La Présidente
(Mme Lecours, Les Plaines) : Oui, il n'y a pas de problème.
Mme Caron :
Merci.
La Présidente
(Mme Lecours, Les Plaines) : Alors, on va poursuivre avec le
député de Jean-Talon pour une période de 12 min 10 s.
M. Paradis :
Bonjour, M. le ministre, à vous et à tous les membres de votre équipe. M.
le président, bonjour.
M. le ministre,
depuis que j'ai été élu député de Jean-Talon, on a eu cet exercice... je pense,
c'est la troisième fois ou la quatrième fois qu'on est ensemble, et à chaque
fois je vous amène sur le même sujet. Ça va... ce sera le cas aujourd'hui, je
vais vous parler d'écrans et je vais vous parler de protection des jeunes
consommateurs sur les réseaux sociaux et avec les appareils électroniques, qui
sont une réalité, aujourd'hui.
Le 28 janvier 2024,
c'est Paul St-Pierre Plamondon, le chef de notre groupe parlementaire, qui
est... il a fait une sortie sur l'impact des écrans chez les jeunes, et depuis
c'est quelque chose qui est prioritaire pour nous. J'ai moi-même fait une
sortie le 11 décembre dernier, en 2025, donc, pour rappeler qu'il y a
d'autres recommandations, M. le ministre, de la commission spéciale sur les
écrans chez les jeunes, qui a eu lieu, qui est une initiative transpartisane.
Donc, une des premières mesures, c'était de limiter l'utilisation du téléphone
dans les écoles, très bien, mais il y a d'autres recommandations, notamment en
matière de protection des jeunes consommateurs.
La demande que j'ai faite en décembre 2025,
c'est que le Québec continue d'innover en étant à l'avant-plan, notamment sur
l'interdiction des médias sociaux chez les jeunes. Aujourd'hui, en Australie,
on a interdit l'accès aux médias sociaux aux jeunes de moins de 16 ans; en
Indonésie, moins de 16 ans; en Turquie, moins de 15 ans; au Brésil,
obligation de lier son compte à un tuteur légal; Portugal, consentement des
parents obligatoire; des lois ont été votées en France, en Autriche, en Grèce,
en Malaisie et vont bientôt être appliquées.
Qu'en est-il de la position de votre
gouvernement sur ceci? Je conviens qu'il ne reste pas beaucoup de temps à la
session parlementaire, mais est-ce qu'il y a quelque chose dans les tuyaux?
Est-ce que l'office travaille sur quelque chose pour la protection des mineurs
québécois face aux réseaux sociaux, dont les impacts sont maintenant très
documentés? Donc, c'est sur la santé mentale de nos jeunes, la santé physique
de nos jeunes. Est-ce que vous admettez ces impacts? Et est-ce qu'il y a quelque
chose qui est en cours d'analyse?
M. Jolin-Barrette : Merci, Mme
la Présidente. Alors, la question du député de Jean-Talon, elle est pertinente,
puis sa suggestion aussi, relativement aux écrans. Il y a plusieurs États dans
le monde qui ont établi une majorité numérique. Puis on voit les effets
délétères que peuvent avoir les réseaux sociaux, effectivement, chez les
jeunes. C'est des discussions que nous avons, entre autres, relativement à la
majorité numérique. Et, vous le savez, à l'office, on a fait — et au
ministère de la Justice — plusieurs
actions pour contrer l'effet, supposons, du partage d'images intimes sans
consentement, notamment. Là, on va avoir l'usurpation d'image aussi, mais c'est
quelque chose qu'il doit regarder.
Puis notre gouvernement était heureux de mettre
sur pied la commission spéciale sur les écrans, notamment dans les écoles. Puis
il ne faut pas oublier aussi que le ministre de l'Éducation, qui est désormais
ministre de l'Économie aujourd'hui, a interdit les cellulaires dans les écoles,
alors, c'est déjà un élément qui est important. Puis je peux vous dire, j'ai
visité des écoles secondaires au cours des dernières années, notamment avec
l'entrée en vigueur de ça, puis ça ne faisait pas nécessairement l'affaire des
jeunes, mais, lorsque j'ai visité l'école secondaire Ozias-Leduc, dans ma
circonscription, j'ai demandé à la directrice : Et puis, comment ça va?,
bien, elle a dit : Ça va très bien, mais on a un problème, maintenant il
faut enseigner les jeux de société, les jeux de cartes parce qu'ils ne
connaissent qu'un seul jeu. Alors, c'est un beau problème qu'on a résolu en
interdisant les écrans dans les écoles secondaires. Mais je suis d'accord avec
vous, la proposition est en réflexion.
M. Paradis : Bon, bien, je vous
demanderai un petit peu plus de précisions, parce que vous me dites qu'il y a
une réflexion, actuellement, à l'office et peut-être au sein du gouvernement,
mais, comme on l'a dit en 2024, comme on l'a réitéré en 2025, dans notre
formation politique, nous, on pense que c'est urgent d'agir, comme on pensait à
l'époque que c'était urgent de mettre sur pied la commission, qui, au départ, a
été refusée par votre gouvernement. Finalement, devant la pression de notre
formation politique et du public, elle a eu lieu.
Et c'est vrai, cette mesure-là sur les
téléphones cellulaires, elle a de l'impact, très bien, mais maintenant je vous
parle de l'avenir, parce que, là, vous avez une demande d'action collective, au
Québec, déposée en avril 2026 contre Amazon pour... qui manigance sur les
réseaux sociaux pour fixer les prix, ça vise notamment nos jeunes. Vous avez
une demande d'action collective qui a été déposée contre TikTok en novembre
2025 pour la publicité qui cible les enfants sur TikTok, vous avez une demande
d'action collective qui a été déposée contre Facebook, Twitter, TikTok et
d'autres entreprises en juillet 2024 pour les pratiques addictives et nocives
qui visent spécifiquement nos jeunes.
Alors, ma question c'est : Qu'est-ce que le
gouvernement fait pour soutenir les parents qui sont pris pour eux-mêmes faire
valoir leurs droits et pour protéger leurs enfants? Je comprends que c'est
bien, la voie judiciaire, mais, pendant ce temps-là... je vous signale que,
quand on regarde les cahiers de crédits, on voit que, dans la dernière année,
aucun avis concernant la publicité destinée aux enfants n'a été transmis par
l'OPC, et il y a une seule poursuite qui a été signifiée, en 2025‑2026, face à
un commerçant, puis c'est dans le domaine alimentaire. Donc, c'est la question
des réseaux sociaux et de ces grandes entreprises qui ont des pratiques
addictives et nocives face à nos enfants. Qu'est-ce que le gouvernement fait?
Et est-ce qu'il saisit l'urgence?
• (11 h 40) •
M. Jolin-Barrette : Bien, tout
à fait, puis c'est pour ça que l'office monitore également la publicité sur les
réseaux sociaux. La référence à laquelle vous faites, c'est parce qu'il n'y a
pas eu de plainte à l'office en lien avec les réseaux sociaux relativement à la
publicité qui a été faite, mais...
Une voix : ...
M. Jolin-Barrette : Pour les
enfants de moins de 13 ans. Alors, c'est sûr que, comme collectivité, il faut
se poser la question : Est-ce qu'on veut, oui ou non, insérer une majorité
numérique sur les réseaux sociaux? Alors, la réponse viendra de la part du
gouvernement, c'est une discussion qui est collective, mais ça, ça fait part de
l'ensemble de l'exposition aux écrans un peu partout. Dans le système de
l'éducation, on a interdit les cellulaires, mais, encore
aujourd'hui, dans nos écoles on utilise beaucoup les écrans dans
l'enseignement. Est-ce qu'on ne devrait pas avoir cette réflexion-là,
collective, à savoir est-ce qu'on retourne à des techniques plus
traditionnelles qui vont permettre d'éviter aux jeunes d'être exposés autant
aux écrans, parce qu'on l'est tous de plus en plus, puis ça fait partie,
désormais, de la vie, mais on se rend compte que ça a des impacts sociétaux
extrêmement importants. Puis c'est pour ça que c'était une bonne chose
d'interdire les téléphones cellulaires à l'école, même s'il y avait de la
réticence.
Puis on a entendu toutes sortes d'arguments à
l'effet de... même de la part de certains parents : Comment je vais
rejoindre mon enfant à l'école? Bien, comme dans le temps, tu appelles au
secrétariat, puis ils vont le trouver dans la classe, l'enfant. Alors, oui à la
modernité, mais je suis d'accord avec vous qu'il faut être conscients que ça a
des effets. Alors, le gouvernement va faire connaître sa position,
éventuellement, sur ce dossier-là relativement à la majorité numérique par
rapport aux réseaux sociaux.
M. Paradis : Sauf que vous nous
dites : Le débat est à faire, mais il a été fait, on a eu la commission
spéciale sur les écrans. La recommandation de ce rapport transpartisan, c'est qu'il
y ait une majorité numérique qui soit fixée. Nous, on a pris position, au Parti
québécois, on a dit : C'est là qu'il faut aller, et la plupart des
démocraties occidentales s'en vont vers là. Aujourd'hui, on a changé
d'argumentaire. Il y a des gens, vous les avez entendus pendant la commission
spéciale sur les écrans, ce sont des spécialistes, qui disaient : Il faut
comparer ça à la cigarette, les effets que ça a, les effets nocifs que ça a sur
les enfants. Aujourd'hui, on est rendus plus loin que ça. Depuis la commission
spéciale sur les écrans, on est rendus plus loin, on dit que c'est pire que la
cigarette parce que ça change même la façon dont les neurones sont... se
connectent chez nos enfants parce qu'il y a des pratiques, dans les appareils,
dans les réseaux sociaux, dans les logiciels, qui visent à induire un certain
nombre de comportements. La situation est urgente et grave. C'est quoi, la
réponse de votre gouvernement, compte tenu du fait que c'est recommandé qu'il y
ait une majorité numérique? Oui ou non?
M. Jolin-Barrette : Effectivement,
la question, elle est importante, et le gouvernement continue d'y travailler.
Et, vous savez, on a été, notamment, des pionniers en matière d'interdiction du
cellulaire, puis je pense que le gouvernement du Québec a démontré, au cours
des années, son leadership, notamment relativement à tout ce qui concerne
l'enjeu des écrans. Mais d'ailleurs je rappellerais que, pour ce qui est de
l'installation des tableaux blancs dans toutes les écoles du Québec, c'est le
Parti libéral du Québec qui les a installés. On se souvient des circonstances,
aussi.
M. Paradis : Bon,
c'est vrai, M. le ministre, mais je vous ferai quand même renoter que vous avez
vous-mêmes acheté des écrans et vous avez eu un investissement de
plusieurs millions de dollars pour acheter des écrans pas plus tard que l'année
passée, en 2025, donc il faudrait être cohérent avec les positions.
Mais je reviens, là. Je vois, dans les cahiers
de crédits, qu'il y a un montant de 45 300 $ qui a été investi pour
une campagne de notoriété ciblant spécifiquement la tranche d'âge de
18-24 ans, face aux sommes faramineuses qui sont investies par les géants
du Web, qui visent spécifiquement nos enfants sur les médias sociaux. Alors, je
vous repose la question. La commission spéciale sur les écrans et nous, au
Parti québécois, on dit que ça prend une action énergique pour moderniser les
dispositions de la loi sur la protection des consommateurs mais aussi donner
des dents à l'Office de la protection du consommateur, sur la publicité
destinée aux enfants, pour l'encadrer, l'interdire sur les médias sociaux, la
vente, l'aliénation des renseignements personnels, le profilage de nos jeunes,
la publicité ciblée vers les mineurs, toute la pratique des lots aléatoires et
les microtransactions dans des jeux vidéo sur lesquels jouent des jeunes, des
mineurs, là, du premier âge. Qu'est-ce que votre gouvernement fait là-dessus?
Parce que ce n'est pas dans deux ans, dans trois ans, dans quatre ans qu'il
faut agir, c'est maintenant. Et nous, au Parti québécois, on propose une action
énergique. Qu'est-ce que votre gouvernement a dans les tuyaux là-dessus?
M. Jolin-Barrette : Alors, vous
faisiez référence à une campagne de publicité, entre autres, de notoriété, pour
rejoindre, notamment, les 18-24 ans, pour lesquels on avait énormément de
difficulté à rejoindre, notamment pour la protection de leurs droits. Je pense
que c'est important aussi de diffuser la mission de l'office dans cette tranche
d'âge là.
Pour ce qui est, notamment, de la majorité
numérique, je vous le dis, c'est une question qui est étudiée. Il y a un volet,
aussi, de santé publique en lien avec ça et un volet éducationnel aussi pour
les parents, qui est fort important aussi, sur l'aspect... la facilité,
généralement, maintenant, et on le voit dans tous les domaines de la société,
que ce soit au travail, à l'école, dans une université, dans les loisirs aussi
de... que l'écran soit disponible. Alors, c'est un choix collectif que nous avons à faire, un choix aussi où est-ce
qu'on va devoir embarquer les parents aussi là-dedans, parce qu'on a
bien beau l'interdire, supposons, l'accès, mais il ne faut pas que... il faut
expliquer pourquoi cette interdiction-là aussi, puis, dans chaque famille,
aussi, il va falloir que ça s'applique, aussi...
La Présidente (Mme Lecours, Les
Plaines) : En terminant.
M. Jolin-Barrette : ...si on
veut être en mesure de le faire.
M. Paradis : Elle est expliquée
ici, M. le ministre, la raison pourquoi, et tous les experts s'entendent, ça
prend une majorité numérique pour protéger nos mineurs.
La Présidente
(Mme Lecours, Les Plaines) : Merci beaucoup, M. le député.
On poursuit avec le député
de Maurice-Richard pour une période de 12 min 10 s. Le temps est
à vous.
M. Bouazzi :
Merci beaucoup, Mme la Présidente. Très heureux d'être avec vous aux crédits
aujourd'hui, un des moments les plus importants, je pense, qui se passe à l'Assemblée
nationale en matière de démocratie.
Peut-être, M. le
ministre, d'abord commencer par parler du projet de loi n° 72, qui a été adopté
en 2024, qui introduisait des dispositions qui permettent de responsabiliser
davantage les institutions financières en matière de fraude, en exigeant
qu'elles indemnisent leurs clients victimes de certaines transactions
frauduleuses dans leurs comptes bancaires. Si on prend les chiffres du Centre
antifraude du Canada, il y a eu 112 000 signalements de fraudes,
représentant des pertes totales de 704 millions de dollars, au
Canada. C'est un chiffre qui ne fait qu'augmenter. Est-ce que ça vous inquiète,
M. le ministre?
M. Jolin-Barrette :
Tout à fait, c'est pour ça que j'ai mis l'assise dans le cadre de la Loi sur la
protection du consommateur, notamment la fraude grand-parent, hein? Puis vous
vous... peut-être que c'était votre collègue qui était... le député de Saint-Henri—Sainte-Anne
qui était en commission parlementaire avec nous à l'époque, on a eu un fort lobby
des institutions financières pour ne pas insérer ça dans la loi du...
protection du consommateur, et, malgré le lobby, on a dit : Non, non,
c'est une fraude qui est courante et que ça touche des milliers de personnes
qui se font avoir.
Alors, présentement,
on est en train de travailler sur le règlement, parce que, dans le fond, le
pouvoir habilitant est dans la loi, et là on veut édicter le règlement,
éventuellement. Donc, on a tenu des consultations au cours de la dernière
année, notamment des institutions financières, notamment des différents
groupes, aussi, de victimes, parce qu'il y a
tellement de gens qui se font prendre là-dedans. Puis, vous savez, la mesure
qu'on a là-dedans, c'est une mesure de protection du consommateur, ça
n'empêche pas que cette fraude-là, ça constitue une infraction criminelle si
les gestes remplissent la nature d'infraction criminelle. Alors, le comparatif
avec ça... Peut-être, vous voulez faire une relance, puis je continuerai.
• (11 h 50) •
M. Bouazzi :
Oui. Bien, je comprends, donc, le lobby des banques était contre,
effectivement, parce qu'ils... les
conséquences, c'est d'indemniser les personnes qui se font frauder. La loi,
elle est passée en 2024, on est en 2026, on attend toujours le
règlement. Les consultations sur le règlement ont été menées par l'OPC en juin
2025, il y a pratiquement un an. Comment
vous qualifiez votre efficacité à répondre à un problème que vous jugez
important, M. le ministre?
M. Jolin-Barrette :
Assez une grande efficacité, avec le nombre de projets de loi qu'on a adoptés à
l'Office de la protection du consommateur. On en a deux, présentement, sur le
poêle, comme on dit... ou sur le feu — sur le feu, qu'on dit, oui,
pas sur le poêle — sur
le feu, sur le feu. Alors, écoutez, l'office a une petite équipe qui travaille extrêmement fort. Puis, lorsqu'on développe des
règlements, tout ça, on veut s'assurer que ça fonctionne, et qu'il y ait
une adhésion, et que l'office puisse aussi s'assurer de la conformité
réglementaire par rapport aux ajustements.
Vous le savez, en
matière de cartes de crédit, on a ce comparatif-là. Là, le Québec va devenir un
leader à ce niveau-là, au niveau de la fraude et notamment pour le
remboursement des sommes, aussi, lorsqu'une personne se fait frauder. Puis n'oubliez
jamais aussi que... et ce que... et c'est ce que j'essaie de faire le plus
possible, c'est de défendre notre champ de juridiction en matière de protection
du consommateur dans nos champs de compétence. La ligne, elle est mince par
rapport à la législation fédérale aussi, alors on ne veut surtout pas que notre
règlement se retrouve à être contesté parce qu'il aurait été ultra vires. Donc,
il y a un chemin, on s'assure de trouver le chemin et d'être blindés aussi pour
la conformité.
M. Bouazzi :
Juste pour être clair, là, donc, le projet de loi, il est passé à deux ans, les
consultations pour le règlement, elles se sont passées il y a déjà un an. On
parle, au niveau du Canada, de plus de 100 000 personnes qui se sont
fait frauder pour des fraudes de 700 millions, qui auraient, évidemment,
bénéficié de ce règlement-là, et vous, pour
vous, pour ces personnes-là, par exemple, qui se sont fait frauder, vous pensez
les regarder et leur dire : Ne vous inquiétez pas, j'ai été
efficace pendant deux ans en continu? La situation actuelle, là, elle sert les
fraudeurs et les banques. Je pense, M. le ministre, qu'on est capables d'être
plus efficaces que deux ans pour appliquer un projet de loi qui, justement,
plutôt que servir les fraudeurs et les banques, sert les Québécoises et
Québécois. Quand est-ce que vous pensez sortir ce règlement?
M. Jolin-Barrette :
Bien, je vous dirais d'être un petit peu patient encore, mais l'office y
travaille. Et il ne faut pas oublier que, parallèlement à ça, on a le projet de
loi n° 24 également, on a terminé les consultations
la semaine dernière, on va l'étudier également. Il s'agit de fraude, et donc on
donne des outils supplémentaires à l'Autorité des marchés financiers, à l'Office
de la protection du consommateur dans notre cadre... dans notre sphère de
juridiction. Mais il ne faut jamais oublier qu'il s'agit d'une infraction
criminelle, de ne pas hésiter à dénoncer à la police. Et l'office est là pour
ajouter des mesures administratives, civiles, justement, pour contrer ça, mais
vous comprenez que l'office, ce n'est pas la police, donc c'est des outils
supplémentaires pour le consommateur, mais le coeur de l'affaire, c'est en
matière criminelle.
M. Bouazzi : On entend. Mais, à
moins que vous pensiez que le projet de loi ne sert pas à grand-chose, M. le ministre, en tout respect, deux ans, c'est long.
Et, pour le projet de loi n° 24, si on est repartis pour un autre deux ans...
Et puis deux ans sans règlement, là... je n'ai pas
entendu une seule date pour le mettre en place. Je comprends les effets
d'annonce et de communication sur des nouveaux projets de loi, mais, si on ne
les met pas en marche, ça reste des effets de communication et ça ne change pas
grand-chose à la vie des gens.
M. Jolin-Barrette :
Mme la Présidente...
M. Bouazzi :
Je vais me permettre d'aller sur un autre sujet, M. le ministre, et je vais
aller sur le panier de l'épicerie. J'ai ici un graphique sur les marges de
profit des épiceries, depuis 2019, qui ont pratiquement doublé depuis la
pandémie. On voit là une zone en gris, d'ailleurs, où ça a vraiment explosé,
qui est le moment où on était confinés, on était un peu obligés d'aller à
l'épicerie et pas ailleurs. Quand on sait à quel point l'inflation a frappé,
quand on sait que le panier d'épicerie a augmenté de 30 % depuis la
pandémie, ces compagnies-là n'ont pas juste augmenté parce qu'il y a eu de
l'inflation, elles ont tout simplement doublé, c'est-à-dire augmenté de
100 % leurs marges. Est-ce que vous trouvez ça moral, M. le ministre?
M. Jolin-Barrette :
Juste pour revenir sur la question précédente, lorsqu'on a adopté des lois,
notamment le projet de loi n° 29 et le projet de loi n° 72, il y a des règlements qui ont découlé de ça,
notamment la question de la... le règlement sur la durabilité et la réparabilité...
M. Bouazzi :
Ça, ça a été le projet de loi n° 74, dont je vous
parlais, et c'est de celui-là dont je vous parlais. Ça fait que, si vous voulez
bien, on va rester... j'ai très peu de temps, on va rester sur les questions de
marges de profit.
M. Jolin-Barrette :
Bien, écoutez...
M. Bouazzi :
Les marges de profit ont doublé, des épiceries, au Québec, c'est-à-dire
qu'elles ont augmenté de 100 %, elles ont doublé. Est-ce que vous pensez
que, dans un moment où il y a une inflation et les gens n'arrivent tout
simplement plus à acheter des choses de qualité pour eux et leurs enfants,
c'est moral?
M. Jolin-Barrette :
Et j'y arrive, Mme la Présidente, je vais compléter ma réponse. Donc, dans
les lois qu'on a adoptées, 29, 72, notamment, règlement sur la réparabilité,
garantie de bon fonctionnement, règlement sur... loi anticitron, indication des
prix, Mme la Présidente, on agit. On adopte le projet de loi puis ensuite on
agit. Puis vous vous souviendrez à quel point il y a des commerçants qui
étaient contre la garantie de durabilité et de réparabilité...
M. Bouazzi :
...c'est hors sujet, en tout respect.
M. Jolin-Barrette :
...qui ont pris le micro pour dire : Laissez tomber. Même chose sur la
garantie de bon fonctionnement, elle va rentrer en vigueur parce que les
consommateurs ont droit d'en avoir pour leur argent.
Bon, sur la question
du député de Maurice-Richard, maintenant, relativement aux prix à l'épicerie,
c'est difficile pour de nombreux Québécois, les aliments ont énormément
augmenté, et c'est pour ça, entre autres, que, dans le cadre du projet de loi n° 72, on avait mis les prix à l'épicerie affichés
davantage, pour ne pas que les consommateurs se fassent flouer. Combien de
personnes âgées, notamment, avaient de la difficulté à voir, à comprendre, et
même M. et Mme Tout-le-monde, aussi, pour comprendre : Quel est le
véritable prix quand j'achète un produit? Alors, on a regardé également la
question de la réduflation également, madame...
M. Bouazzi :
...
La Présidente
(Mme Lecours, Les Plaines) : M. le député, je vais laisser le
ministre terminer sa réponse, là, vous allez avoir le micro après, soyez-en
assuré.
M. Jolin-Barrette :
Bien, Mme la Présidente, j'explique tout ce qu'on a fait. La Politique
d'exactitude des prix, qui n'avait pas été revue depuis 20 ans, quand le
prix n'est pas affiché aux bons produits, on a augmenté les montants. Et ça, je
pense, le prix par gramme, que ce soit la même unité de mesure, aussi, que,
quand vous en achetez deux ou trois, est-ce que c'est le prix à l'unité
également, c'est des outils qu'on donne aux consommateurs pour faire un choix
adéquat. Est-ce que le panier d'épicerie est cher? La réponse, c'est oui, et on
remet de l'argent dans le portefeuille des Québécois pour lutter contre cette
inflation-là.
M. Bouazzi :
...M. le ministre, vous avez pris à peu près tout mon temps. La question
était claire. On a un oligopole, au Québec, Metro a fait 1 milliard cette
année, Loblaws a fait 2,6 milliards, l'empire Sobeys-IGA a fait
700 millions de profit, ils ont doublé leurs marges, et je comprends que
vous trouvez ça tout à fait moral. Nous, on ne trouve pas ça moral. Est-ce que
vous êtes...
M. Jolin-Barrette :
...on prête des intentions. Article 35, c'est des propos blessants. Je
n'ai jamais affirmé ça. Le député de Maurice-Richard essaie de m'imputer des
motifs. Ce sont des propos blessants, Mme la Présidente.
La Présidente
(Mme Lecours, Les Plaines) : Bon, parfait, parfait, c'est beau...
M. Jolin-Barrette : Écoutez,
s'il y a quelqu'un qui défend les consommateurs, Mme la Présidente...
La Présidente (Mme Lecours, Les
Plaines) : Merci. Merci...
M. Jolin-Barrette : ...qui leur
donne des outils à l'épicerie pour acheter les produits en fonction...
La Présidente (Mme Lecours, Les
Plaines) : Merci, M. le ministre. Merci, M. le ministre...
M. Jolin-Barrette : ...
La Présidente (Mme Lecours, Les
Plaines) : C'est beau, M. le ministre, merci. J'ai parlé...
Des voix : ...
La Présidente (Mme Lecours, Les
Plaines) : S'il vous plaît! Vous allez vous adresser à la présidence.
J'ai dit, au début, que c'était un dialogue, maintenant on va revenir à la
présidence. Donc, vous vous adressez à moi pour vos questions, puis par la
suite le ministre va répondre à moi.
M. Bouazzi : C'est
très bien. Je sens M. le ministre très sensible. Pour l'instant, les grosses...
les trois grosses compagnies, les oligopoles ont doublé leurs revenus,
et vous n'avez absolument rien fait pour vous opposer...
La Présidente (Mme Lecours, Les Plaines) :
...
M. Bouazzi : ...et
le ministre n'a absolument rien fait pour pouvoir contenir quelque chose
d'immoral, c'est-à-dire doubler,
doubler les marges, alors qu'il y a une inflation qui frappe les Québécoises et
Québécois. Quand est-ce que vous pensez qu'il faudrait mettre une équipe
économique en collaboration avec l'OPC pour, justement, garantir qu'il n'y a
pas d'abus de la part de ces oligopoles qui nous vendent de la nourriture au
Québec?
M. Jolin-Barrette : Mme la
Présidente, le panier d'épicerie, c'est un besoin de base pour l'ensemble des
Québécois. Il n'y a personne au Québec qui ne réalise pas à quel point c'est
difficile pour plusieurs familles, Mme la Présidente. Et notamment il y a des
phénomènes d'épicerie à rabais, également, qui voient le jour un peu partout au
Québec, et elles sont populaires. Pourquoi? Parce que les gens ont de la
difficulté à arriver. C'est pour ça que notre gouvernement, Mme la Présidente,
s'assure de remettre de l'argent dans le portefeuille des familles en les
soutenant, Mme la Présidente, notamment, avec les allocations famille, les
lunettes, en s'assurant que les personnes aînées reçoivent également un chèque de 2 000 $ par année, récurrent, avec
les crédits d'impôt également, Mme la Présidente, pour soutenir,
justement, les familles qui en ont le plus besoin.
Prenez, Mme la Présidente, la réforme de l'aide
sociale qui a été faite par la députée de Pointe-aux-Trembles, Mme la
présidente, la plus importante réforme de l'aide sociale. Pourquoi? Pour soutenir
adéquatement lorsqu'on a des contraintes à l'emploi, Mme la Présidente, parce
qu'on le sait, que la vie coûte cher, et le gouvernement du Québec est là pour
soutenir les familles. L'Office de la protection du consommateur est là,
justement, pour s'assurer que les règles soient claires et qu'on ne tente pas
de truquer les gens lorsque vient le temps de faire...
La Présidente (Mme Lecours, Les
Plaines) : En terminant.
M. Jolin-Barrette : ...un achat
à l'épicerie.
M. Bouazzi : ...Mme la
Présidente, ce que je comprends, c'est qu'ils ont doublé leurs profits, et le
ministre n'a absolument rien à répondre à ça. Ils pourraient même le tripler ou
le quadrupler, il pourrait répondre aussi longtemps...
La Présidente (Mme Lecours, Les
Plaines) : Merci beaucoup, M. le député.
M. Bouazzi : ...et laisser ces
compagnies se gaver de notre argent.
• (12 heures) •
La Présidente (Mme Lecours, Les
Plaines) : Merci, M. le député, c'est ce qui met fin à votre bloc.
On poursuit avec la députée de La Pinière pour
une période de 18 min 43 s, en ajustant le temps que vous aviez
au bloc précédent.
Mme Caron : Merci, Mme la
Présidente. Alors, je vais y aller... Tout à l'heure, le Parti québécois a
tenté de prendre le crédit pour la Commission spéciale sur les impacts des
écrans et des réseaux sociaux sur la santé et le développement des jeunes, une
commission transpartisane qui a fait un travail qui a été salué par tous, alors
je rétablis un petit peu les faits là-dessus, Mme la Présidente.
Mais la question que j'ai,
puisqu'on est en crédits Protection des consommateurs, la
recommandation 52 du... de cette commission, c'était que l'Office de la
protection du consommateur mette à jour le guide d'application des articles 248
et 249 de la Loi sur la protection du consommateur portant sur la publicité
destinée aux enfants de moins de 13 ans afin d'actualiser les bonnes
pratiques dans le contexte numérique, comme le marketing d'influence et la
publicité numérique. Alors, est-ce que l'office a donné suite à la
recommandation 52 de la Commission spéciale sur les impacts des écrans?
La Présidente (Mme Lecours, Les
Plaines) : ...
M. Jolin-Barrette : Alors, oui,
Mme la Présidente, l'office y travaille, et on pourra voir un dénouement,
prochainement, relativement à ça, suite aux recommandations. Et sommes-nous
surpris qu'un représentant du Parti québécois ait tenté de s'attribuer tous les
mérites des avancées gouvernementales et/ou de l'ensemble des formations politiques
à l'Assemblée nationale, Mme la Présidente? Est-ce que ce serait la première
fois que le Parti québécois aurait fait ça, de s'attribuer les mérites d'une
initiative transpartisane, Mme la Présidente? On peut faire le parallèle, Mme
la Présidente, avec ce que le Parti québécois essaie de faire avec le rapport Rebâtir
la confiance, alors que c'est notre gouvernement qui a mis en place les
tribunaux spécialisés, Mme la Présidente, l'aide financière d'urgence, la ligne
Rebâtir la confiance, plus de 100 000 consultations, Mme la
Présidente. Voyez-vous, il y a différentes façons de faire de la politique, ce n'est pas la nôtre, puis je comprends que
ce n'est pas la façon de faire de la députée de La Pinière également.
Mme Caron : Alors, je vais
continuer avec les questions, Mme la Présidente. Justement, il a été question
d'épicerie. La question que j'ai, c'est plutôt par rapport à la tarification
dynamique. Bon, on le voit... la tarification dynamique, où les prix s'ajustent
en fonction de certaines données, on le voit dans l'achat de billets d'avion
depuis quelques années. Ça a été utilisé pour les reventes de billets et ça
semble être utilisé ou il y a une émergence de volonté d'utilisation à
l'épicerie, alors que les familles ont de la difficulté à arriver. Les mères de
famille ne savent plus où donner de la tête pour pouvoir payer le loyer,
nourrir les enfants.
Alors là, s'il y a une tarification dynamique,
en fonction de certaines données personnelles et de données de consommation,
qui est utilisée... qui est obtenue, parfois, soit par carte de crédit soit par
les cartes de fidélisation, ça devient très inquiétant, parce que la dernière
chose sur laquelle on devrait jouer pour les prix, c'est vraiment la
nourriture. C'est un besoin de base de toutes les familles du Québec. Alors,
est-ce que... parce que je ne l'ai pas vu dans un projet de loi jusqu'ici,
est-ce qu'on peut penser qu'il y a quelque chose qui va arriver avant la fin de
la session parlementaire et de la législature, finalement?
M. Jolin-Barrette : Alors, Mme
la Présidente, il y a la tarification dynamique et, je vous dirais, de façon
conjointe ou concomitante, il y a la tarification personnalisée aussi. Alors,
ça, c'est deux phénomènes qui sont importants, parce que la tarification dynamique,
si on l'illustre, supposons, sur les billets de spectacle, supposons, il y a
une... il y a un spectacle qui vient en vente, là, supposons, les Spice Girls
viennent au Centre Bell, Mme la Présidente, puis là ils libèrent des billets,
Mme la Présidente, et là, bien, il y a une forte demande, donc les prix montent
pour tout le monde, ça, c'est la tarification dynamique.
Et la tarification personnalisée, auquel réfère
la députée de La Pinière... puis ça aussi, c'est très préoccupant, parce qu'ils
utilisent vos informations pour, justement, en fonction de vos habitudes de
consommation, monter le prix parce que vous
regardez davantage, supposons, les brocolis, vous êtes une adepte des brocolis,
Mme la Présidente, puis là les brocolis vont monter plus cher parce que
c'est en fonction de ce qui est acheté, en fonction de votre panier d'épicerie,
avec les programmes de fidélité.
Alors, oui, actuellement, il y a une réflexion,
à l'office, c'est un des chantiers sur lesquels on veut s'attaquer. Il y a des
États qui commencent à le faire aussi, puis moi, je pense qu'on devrait être
des précurseurs à ce volet-là, parce que, dans le fond, on utilise votre propre
information pour vous flouer, pour vous suggérer des produits que vous allez
acheter avec un prix supérieur. Alors, oui, c'est dans les cartons, mais on
n'est pas rendus à le mettre dans un projet de loi parce que ça demande... et,
quand on le met dans un projet de loi, c'est toujours la façon dont on va
l'opérationnaliser puis l'opérer pour l'office. Alors, on est en train de
réfléchir à ce niveau-là.
Mme Caron : D'accord. Merci.
M. Jolin-Barrette : Donc, je
donne un exemple sur les billets de spectacle. Ça aurait pu être une
composante, mais on n'était pas suffisamment prêts pour pouvoir le réaliser.
Mme Caron : Bon, bien,
justement, parce que ça nous a été... ça a été proposé, je pense que c'était
Option Consommateurs qui en parlait durant les consultations et qui souhaitait
qu'on aille un petit peu plus loin, tout comme dans le projet de loi
n° 24, il y a un des mémoires qui nous proposait d'aller plus loin dans
les... dans le système organisé d'arnaques, et tout ça, alors, puis vous faites
bien de... parce qu'effectivement c'est tarification dynamique et tarification
personnalisée, là, et c'est... et le Manitoba a déjà légiféré en cette matière.
Alors, ce serait bien qu'on puisse le faire au Québec aussi.
L'autre point sur lequel j'avais des questions
pour M. le ministre... tout à l'heure, il a dit que... en parlant de... en répondant
à une question sur l'efficacité de l'office ou du gouvernement, il a parlé
de... une fois que les projets de loi sont adoptés, il
faut développer aussi de la réglementation, et ça, il faut y mettre le temps,
ça prend du temps, il faut s'assurer qu'il y a une adhésion du milieu. Alors,
ça m'amène au projet de loi n° 29, où il est question de, évidemment,
l'obsolescence programmée, le règlement de garantie de réparabilité, qui est
entré en vigueur le 5 octobre 2025, et là la garantie de bon
fonctionnement qui va entrer en vigueur le 5 octobre 2026. Alors, ça,
je pense que le ministre sait autant que moi, sinon encore mieux, qu'il n'y a
pas une adhésion du milieu pour cela. Je pense que tout le monde s'entend sur
l'objectif du projet de loi de protéger contre les biens qui sont trop
éphémères, mais ce qui semble... Certains éléments qui m'ont interpelée dans le
discours, si vous voulez, des gens du terrain, bien, c'est que, d'une part, ce
n'est pas possible de le mettre en application pour... à partir du 5 octobre
prochain puisque les biens qui seront en vente ont été commandés avant l'entrée
en vigueur du projet de loi, des règlements, et tout ça, donc ce n'est pas
adapté à la façon de fonctionner du marché.
Et une autre problématique, c'est pour le nombre
de techniciens qui peuvent réparer, par exemple, des électroménagers, qui...
qu'on en forme 20 par année, il y en aurait... on en aurait besoin de 35.
Alors, comment on va faire pour... comment les commerçants vont faire pour
répondre à cela? Parce que, comme je disais, l'objectif est noble, puis on veut
l'atteindre, mais, si les commerçants sont incapables de mettre ça en oeuvre
puis... En tout cas, jusqu'à présent, ils n'adhèrent pas au règlement tel qu'il
est fait. Qu'est-ce que le ministre va faire pour qu'il y ait une adhésion et
que ça fonctionne bien pour atteindre l'objectif et pour protéger les
consommateurs, mais de ne pas perdre les détaillants non plus, là?
M. Jolin-Barrette : Oui. Mme la
Présidente, c'est une très bonne question de la part de la députée de La Pinière.
On est vraiment dans la gestion du changement. Avant, on achetait, on
consommait, on jetait, hein, puis le modèle économique était là-dessus. Là, pas
mal tout le monde s'entend pour dire, quand j'achète quelque chose à plusieurs
centaines, voire à plusieurs milliers de dollars, bien, le bien devrait durer.
Donc, ça, c'est la garantie de bon fonctionnement, qui va s'appliquer à partir
du 5 octobre suivant.
Puis à toutes les réformes, Mme la Présidente,
que j'ai faites en matière de protection du consommateur, là, c'est toujours la
même chose, c'est : la terre va arrêter de tourner. Je comprends que ça
demande un effort de la part des commerçants, des fabricants, des
manufacturiers, mais, si on veut améliorer notre modèle économique, notamment
au bénéfice des consommateurs puis en termes de... environnemental, je pense
que c'est important de modifier nos pratiques comme on le fait, puis il n'y a
personne qui est pris par surprise, là.
Exemple, la garantie de bon fonctionnement, ça
fait deux ans qu'on va avoir adopté le projet de loi. Il y a eu deux ans
d'accompagnement de l'office avec un site Web. On répond à toutes les
questions, on accompagne aussi. Donc, on va aller de l'avant avec ça. Puis,
exemple, la garantie de bon fonctionnement, les biens qui sont visés, là :
cuisinière, réfrigérateur, congélateur, climatiseur, thermopompe, durée de la
garantie de bon fonctionnement, garantie minimale, six ans — qui
est-ce, ici, Mme la Présidente, qui pense qu'un réfrigérateur, ça ne devrait
pas durer six ans minimum?; laveuse, sécheuse, lave-vaisselle, cinq ans;
téléviseur, quatre ans; ordinateur portable ou de bureau, console de jeux
vidéo, téléphone cellulaire, tablette électronique, trois ans. Les garanties
ont été établies après consultation de l'industrie, mais aussi en fonction de
la jurisprudence qui a été déterminée.
Essentiellement, là, les gens, avant, là, ils
auraient obtenu remboursement ou remplacement, mais ils auraient dû faire la
croix et la bannière d'aller devant le tribunal, embourber les tribunaux, puis,
dans le fond, il y a certaines compagnies qui se disent : On n'en veut
pas, de garantie de bon fonctionnement, parce qu'on veut encore forcer le
consommateur à nous poursuivre, puis à étirer, puis décourager les gens. La
réponse, c'est offrir un produit de qualité, puis ça, ce n'est pas la garantie
légale, là, parce que la garantie légale est plus haute que ça. Un
réfrigérateur, là, nous, on a mis six ans, mais c'est la garantie légale qui
continue de s'appliquer, normalement c'est 10 ou 11 ans.
Alors, c'est très raisonnable. C'est une avancée
pour les consommateurs. C'est une avancée aussi sur la façon de consommer. Et,
même chose pour la réparabilité et la durabilité, on a mis des mécanismes en
place. C'est un changement progressif. On a mis des assouplissements pour les
commerçants, comme ça a été demandé, mais on s'en va dans cette direction-là,
puis il faut s'en aller dans la bonne direction. Donc, l'office accompagne tout
le monde pour moderniser les choses, mais, aux lobbys qui disent toujours que
la terre va arrêter de tourner, on avance.
• (12 h 10) •
Mme Caron : Sans dire que la
terre va arrêter de tourner, il y a une analyse d'impact qui avait été réalisée
par l'Office de protection du consommateur qui évaluait que ça coûterait...
l'impact serait de 20 000 $. Sur quoi c'était basé? Parce que
20 000 $, c'est à peu près 100 $ d'impact pour chacun, pour 200
détaillants. Alors, sur quoi ça a été basé pour évaluer seulement
20 000 $ d'impact?
M. Jolin-Barrette : Bien,
écoutez, c'est Raymond Chabot qui a fait l'étude. Raymond Chabot, c'est, je
crois, un cabinet avec une bonne renommée puis des professionnels.
Et d'ailleurs, sur la garantie de bon
fonctionnement, la garantie légale s'applique déjà, puis, comme je l'exposais
dans mon intervention précédente, la garantie légale, elle est plus importante
que la garantie de bon fonctionnement en termes de coûts, puis la différence
qui existe, c'est que la garantie de bon fonctionnement, si vous êtes à l'intérieur,
supposons, de... votre réfrigérateur brise à l'intérieur de six ans, la
compagnie doit vous le remplacer ou vous rembourser, parce qu'on dit : À
l'intérieur de six ans, il n'y a pas de question à se poser, vous achetez un
réfrigérateur, il fonctionne minimum six ans. Normalement, le réfrigérateur
devrait fonctionner plus longtemps que ça, 10 ou 11 ans, en fonction de la
jurisprudence.
Alors, il n'y a pas de coût supplémentaire. Ils
devaient déjà le rembourser en vertu de la garantie légale ou donner une
indemnisation à la personne qui ne peut plus utiliser le bien pour... de la
façon dont il était destiné. Alors, ce qu'on veut faire
en sorte aussi, c'est améliorer la qualité des produits, parce qu'acheter et
jeter, ce n'est pas un modèle économique qui est durable, aussi.
Mme Caron : Et qu'est-ce que
vous dites aux... Parce que l'impact qui est calculé par l'industrie, c'est
qu'il y aura l'augmentation des... du coût du bien vendu pour compenser le fait
que le commerçant ou le fabricant devra reprendre l'appareil, tu sais, le...
s'il ne peut pas le réparer, le remplacer, y compris les frais de livraison, et
tout ça. Alors, je crois que c'est comme 200 $, 300 $ de plus par
appareil qu'ils estiment comme coût, parce qu'à un moment donné le coût à la
hausse de l'impact, disons, du règlement va faire en sorte que le... il va y
avoir ces coûts-là qui vont être refilés aux consommateurs, ce qu'on ne veut
pas.
Alors,
comment... Qu'est-ce que vous répondez à ça? Parce qu'on n'est pas... ce n'est
pas mieux si le... Tu sais, si avant on payait un appareil un
prix x et qu'on décidait, en toute connaissance de cause, de prendre une
garantie prolongée, admettons, bien là, on disait : OK, je vais payer ça,
je vais payer tant pour la garantie prolongée, mais pas tout le monde voulait
la prendre. Moi, la première, je n'étais pas forte sur les garanties
prolongées. Alors, on paie le prix x du bien, mais, si le fait... avec les
nouvelles obligations, si le prix augmente de 200 $, 300 $ parce
qu'on se dit : Bien, c'est comme un peu si on mettait une garantie
prolongée à l'intérieur du prix du produit, bien, finalement, le consommateur
va payer plus, puis, s'il faut... si c'est plus facile de le remplacer parce
qu'on manque de réparateurs, de techniciens en électroménagers, on n'atteindra
pas non plus l'objectif environnemental de garder nos produits plus longtemps,
puis de jeter moins, puis de faire attention de protéger le portefeuille du
consommateur.
M. Jolin-Barrette : Alors, Mme
la Présidente, je vous dirais, pourquoi prendre une garantie prolongée quand
c'est déjà couvert par la garantie légale, tu sais? Puis les gens, souvent, ils
se font avoir, ils achètent une garantie qu'ils n'ont pas besoin parce que la
garantie légale fait en sorte que le bien doit fonctionner pour un certain
nombre de temps, ce pour quoi on l'a acheté. Puis souvent il y a un flou qui
est amené, là, bon, bien, on vous donne un an de garantie de manufacturier,
mais, si vous voulez plus longtemps, on vous donne une garantie conventionnelle,
donc une garantie prolongée, mais souvent elle est à l'intérieur de la garantie
légale. Ça fait qu'en termes de transparence, d'achat économique, de
portefeuille des familles, la garantie de bon fonctionnement, elle est
pertinente pour dire : c'est un minimum, minimum, là.
Là, sur la question de : Est-ce que ça va
augmenter les coûts au niveau de l'achat? Je ne le souhaite pas, et surtout on
est dans un libre marché. Donc, à chaque fois qu'il y a une nouvelle norme, il
y a les industries qui disent : Ah! on va refiler ça aux consommateurs,
tout ça, attention, le marché, il est compétitif, et tout le monde joue sur la
même patinoire. Et il y a des études, également, qui ont démontré qu'une
garantie de bon fonctionnement, ça fait en sorte que le consommateur économise
aussi en bout de terme aussi parce que le bien, il est construit d'une
meilleure façon, puis aussi on vise à ce que... bien, c'est sûr que le
fabricant ne voudra pas nécessairement être pogné tout le temps avec des
frigidaires, au bout de quatre ans et demi, à réparer, là, hein? Ça fait qu'il
y a un incitatif fort.
Donc, lorsqu'on veut changer les comportements,
bien entendu, le législateur a un rôle important à jouer. Donc, on prend
action, puis il faut être capables de dire aux lobbys : Non, hein, c'est
là qu'on s'en va. Puis de ne pas céder à la pression des lobbys, ça, je pense
que c'est fort important, puis en politique, c'est ça qu'il faut faire, dire
non aux lobbys puis prendre la décision qui est dans l'intérêt collectif, au
bénéfice des Québécois puis pas au bénéfice de certaines industries puis de
certains capitaux.
Mme Caron : Merci. Maintenant,
j'aimerais savoir... Au sujet de la garantie de réparabilité, donc celle qui
est entrée en vigueur le 5 octobre 2025, ça, c'est la garantie qui permettait
au commerçant ou au fabricant de se retirer de la garantie, n'est-ce pas?
M. Jolin-Barrette : Bien, il y
a une possibilité de s'exclure. Donc, exemple, supposons, vous allez dans ma
quincaillerie... de dire : Bien, écoutez, je n'offre pas les produits...
je n'offre pas la garantie de réparabilité, donc ça doit clairement être
affiché. Puis ça, ce n'est pas nouveau, hein, c'est une garantie qui existait
depuis 30 ans dans la Loi sur la protection du consommateur. Puis ce qui est
important aussi, c'est que ça laisse une certaine flexibilité aussi au
commerçant pour dire : Bien, écoutez, les produits en haut, supposons, de
50 $, de 75 $, de 100 $, j'offre la garantie de réparabilité,
mais, pour des biens, supposons, de 5 $ et moins, 10 $ et moins, je
n'offre pas la garantie. Donc, c'est une garantie qui permet, justement, aux
gens...
La Présidente (Mme Lecours, Les
Plaines) : En terminant.
M. Jolin-Barrette : ...au
commerçant de la moduler en fonction de la clientèle puis du marché.
La Présidente (Mme Lecours, Les
Plaines) : Merci beaucoup. Alors, c'est ce qui termine le bloc de
l'opposition officielle.
Je me tourne
maintenant, en terminant, du côté du gouvernement avec une période de
11 min 17 s. Je reconnais la députée de Vimont. Allez-y.
• (12 h 20) •
Mme Schmaltz : Oui, merci.
Merci, Mme la Présidente. En fait, moi, je rentre dans une période... J'adore,
moi, l'étude des crédits, parce que, justement, ça nous permet de comprendre ce
que le gouvernement fait puis, justement, où va l'argent, où l'argent est
distribué, d'autant plus qu'avec toutes les questions qu'on entend aujourd'hui on arrive vraiment à constater tout ce qui a été
fait en point de vue protection du consommateur. Donc, avec les explications
qu'on reçoit aujourd'hui, c'est intéressant parce qu'on arrive à saisir
l'importance d'un tel volet dans la protection des consommateurs, et puis je
pense qu'on doit continuer toujours à aller de l'avant, puis on a eu des
bonnes, bonnes explications aujourd'hui concernant notamment les garanties,
bon, légales, prolongées, bref, réparabilité. Je pense que c'est important, là,
de bien les comprendre.
Tantôt, on a... bien, un petit peu plus au
début, je pense, des interventions, on a parlé beaucoup de l'accompagnement des
entreprises, les interventions, aussi, auprès des entreprises fautives.
Notamment, aussi, bon, le processus de plainte, là, on a parlé des trois
étapes, comment ça fonctionne, les pouvoirs d'intervention après la plainte. On
se rend compte qu'il y a énormément de personnes, aussi, qui travaillent à
l'office. Tantôt, M. le ministre a parlé,
bon, du nombre d'enquêteurs, des juristes, des inspecteurs, l'administration.
Ça fait que c'est vraiment tout un... c'est tout un milieu important,
plus que, des fois, on peut le penser.
Alors, en fait, moi, ma question, je voudrais
revenir... En fait, je veux revenir un petit peu avec les interventions auprès
des entreprises, et puis en fait, moi, ce que je voudrais savoir, ce sont les
plateformes qui contreviennent aux règles de l'office, ces plateformes qui sont
basées à l'étranger. C'est des enjeux auxquels on doit... le gouvernement doit
composer. Je voudrais savoir est-ce qu'il y a moyen d'intervenir auprès de ces
entreprises étrangères qui font affaire au Québec, et puis est-ce que l'office
a déjà eu à intervenir auprès d'une entreprise étrangère, et est-ce que ça a
porté fruit.
M. Jolin-Barrette : Donc, Mme
la Présidente, si vous me permettez, je laisserais peut-être le président de l'Office
de la protection du consommateur répondre.
La Présidente (Mme Lecours, Les
Plaines) : Oui, ça prend le consentement. Consentement.
Je vais vous demander, monsieur, de vous
présenter pour le bénéfice des gens qui nous écoutent.
M. Amabili-Rivet (Raphaël) : Oui,
bonjour. Mon nom est Raphaël Amabili-Rivet, je suis président à l'Office de la
protection du consommateur.
Merci pour la question. Bien, effectivement, les
plateformes... les entreprises étrangères présentent un certain défi dans
l'application de la loi, mais le législateur a été assez clair, au moment de la
discussion de la Loi sur la protection du consommateur, à l'effet que c'était
une loi d'ordre public qui s'appliquait à l'égard de tous les consommateurs du
Québec. Avec la mondialisation du marché, avec les achats qui sont faits en
ligne, il n'y a plus de frontières physiques. On se tourne maintenant vers
le... Il n'y a plus de frontières, en fait, donc, tout est virtuel, et ça met
de l'avant notre besoin d'intervenir au-delà des frontières habituelles du
Québec. On a fait des campagnes de sensibilisation à l'égard des achats en
ligne. On a un volet important sur la sensibilisation qui est mis de l'avant,
mais ultimement, au final, quand on doit intervenir à la suite de toutes les
mesures de gradation à l'application de nos lignes
directrices en matière de surveillance, donc, comment on fait? La réponse
simple à votre question, c'est : On est en mesure d'intervenir à
l'extérieur des frontières du Québec. On l'a déjà fait et on est sans doute
appelés à le faire davantage avec la réalité d'aujourd'hui.
Mme Schmaltz : Quand vous dites
vous l'avez déjà fait, j'imagine qu'il y a des ententes aussi, il doit y avoir
des ententes hors frontières pour arriver, justement, à intervenir.
M. Amabili-Rivet (Raphaël) : Bien,
on est dans un contexte pénal. Les entreprises doivent se comporter en bons
citoyens corporatifs au Québec dans la mesure où elles font affaire au Québec.
Quelques exemples, un qui était plus frappant, justement, une entreprise, en
Allemagne, qui était EliteSingles, pour laquelle on avait eu à intervenir. Il y
en a eu d'autres au Luxembourg, au Royaume-Uni, en Allemagne encore et au
Royaume-Uni, donc, en 2024, 2023, 2019, 2015. Donc, ce n'est pas quelque chose
avec lequel notre action est étrangère, là, quand il y a des interventions
au-delà des frontières du Québec.
Mme Schmaltz : Attendez, là,
vous me dites EliteSingles. C'est quoi?
M. Amabili-Rivet (Raphaël) : C'est
une entreprise de rencontres, donc une entreprise qui est axée vers...
Mme Schmaltz : Oui, oui, les
rencontres en ligne, là, les rencontres...
M. Amabili-Rivet (Raphaël) : Les
rencontres en ligne, effectivement.
Mme Schmaltz : OK, d'accord,
ah! OK, vous êtes intervenus à l'étranger avec... ah!
M. Amabili-Rivet (Raphaël) : On
est intervenus à l'étranger. En fait, c'était en lien avec le contrat de
service à exécution successive pour cette agence de rencontre là.
Mme Schmaltz : Décidemment,
hein, c'est hors frontières, les rencontres.
M. Amabili-Rivet (Raphaël) : C'est
hors frontières.
M. Jolin-Barrette :
Mme la Présidente, on ne sait pas si quelqu'un à l'office s'est créé un
profil, par contre.
M. Amabili-Rivet (Raphaël) : Ça,
c'est confidentiel.
Mme Schmaltz : Ah! c'est
confidentiel. C'est correct, ça prend ça.
Justement,
sensibilisation, les campagnes de sensibilisation, vous mentionnez que vous en
faites, vous en avez mises en ligne, ce qui a permis, justement,
certaines interventions, de ce ce que j'ai compris. C'est quoi, exactement?
C'est quel genre de campagne de sensibilisation? Qu'est-ce qu'on voit?
Qu'est-ce qui fait référence... Est-ce que
vous parlez d'un cas qui est concret? Après ça, vous les diffusez de quelle
façon? C'est M., Mme Tout-le-monde, quand ils sont sur les réseaux
sociaux, c'est à la télé, radio...
M. Amabili-Rivet (Raphaël) : Bien,
il y a des volets qui sont différents vers... en fonction du type de clientèle
vers laquelle on se vire. On a parlé... M. le ministre a parlé de la
clientèle commerçante vers laquelle on est de plus en plus présents pour bien
les informer de leurs obligations pour qu'ils soient en mesure de bien
appliquer la loi, mais c'est sûr qu'il y a un grand volet au niveau de
l'application ou de la communication grand public. L'information et
l'éducation, ce n'est pas quelque chose qui est accessoire à notre mission, ça
en fait explicitement partie, c'est prévu dans notre loi. Et je considère qu'un
consommateur qui est mieux informé, c'est un consommateur qui est mieux
protégé.
Donc, notamment pour la clientèle qui est en
situation de vulnérabilité, les jeunes, les personnes aînées, les personnes
nouvellement arrivées, c'est souvent elles qui peuvent subir le plus lourdement
les effets des pratiques interdites ou des pratiques trompeuses. Donc, dans les
exemples concrets, j'ai fait référence, il y a quelques minutes... les achats
en ligne, c'est quelque chose qui est omniprésent, et c'est au début de 2026
qu'on a mis une campagne qui s'appelait Acheter en ligne sans mordre à
l'hameçon. On invitait, donc, les personnes à faire des vérifications
simples dans le cadre d'une transaction en ligne. C'est plus de
109 000 personnes, donc, qui ont consulté notre page-conseil, et ça
démontre, je pense, bien l'intérêt d'outiller les consommateurs.
Un autre fléau, qui est le commerce itinérant,
on le voit bien dans l'actualité, c'est un enjeu. On a un devoir de bien
informer, de dire aux consommateurs de se méfier... quand se méfier, en fait,
quand il y a un commerçant itinérant qui se présente à votre porte. Et donc on
a fait des partenariats avec des municipalités, des services de police, des
radios communautaires, des organismes qui oeuvrent auprès des aînés pour,
justement, remettre de l'avant le fait de cet avertissement, donc, de faire
attention. La notoriété chez les jeunes, M. le ministre en a parlé aussi
rapidement. Donc, on devait atteindre les jeunes, et la meilleure façon de le
faire, c'était ce que les jeunes utilisent le plus, donc par moyen de diffusion
en ligne. Ça nous a permis de rejoindre plus de 2 millions de personnes et de mesurer aussi un taux de notoriété chez les
jeunes qui était faible, qui n'était pas idéal et qui, maintenant, est à
76 %.
Et, dans le secteur automobile aussi, c'est un
autre enjeu. Le secteur automobile représente le secteur dans lequel on a le plus de plaintes à chaque année. On
est à peu près à 25 % de plaintes. Donc, c'est près de 34 000 personnes qui
ont pu faire appel à notre campagne, donc qui ont été intéressées par notre
campagne et qui ont pu aussi utiliser l'outil qu'on a développé, qui est sur
notre site Web, qui est un calculateur de paiements. On est très fiers de cet
outil-là, et ça permet vraiment aux consommateurs de bien comprendre c'est
quoi, l'engagement financier qui est associé à l'achat automobile.
Donc, oui, on surveille, oui, on enquête, oui,
on sanctionne, mais en amont, la communication, donc, les campagnes, c'est
quelque chose auquel on croit, et c'est dans notre mission de prévenir,
d'outiller et de collaborer avec les partenariats pour s'assurer de bien
protéger la clientèle qui est plus vulnérable.
Mme Schmaltz : Quand vous
parlez du secteur automobile, 25 % de plaintes que vous avez enregistrées,
ce sont des plaintes qui sont liées à quoi, exactement?
M. Amabili-Rivet (Raphaël) : C'est
souvent dans l'affichage de prix.
Mme Schmaltz : Dans l'affichage
de prix?
M. Amabili-Rivet (Raphaël) :
L'affichage de prix.
Mme Schmaltz : Ah! d'accord.
M. Amabili-Rivet (Raphaël) : Donc,
le prix tout inclus, qui est un principe-phare de notre loi, et donc, quand on
achète un véhicule automobile, on doit s'assurer que le prix qui est annoncé,
le prix qui apparaît dans l'étiquette de vitre, bien, c'est effectivement le
bon prix qu'on paie à la fin. Donc, quand il y a des frais qui sont ajoutés,
qui n'ont pas été annoncés, c'est une contravention à la loi. Donc, il y a
d'autres conseils, là, qu'on a mis de l'avant, mais ça, c'en est un qui revient
souvent, là, dans les plaintes.
Mme Schmaltz : Tantôt, vous
parliez... la clientèle vulnérable, la clientèle des aînés. J'imagine que ça
doit être quand même des... bien, en fait, des gens difficiles à rejoindre
parce qu'ils n'ont peut-être pas toujours accès facilement aux réseaux sociaux.
De quelle façon vous allez être... de quelle façon, disons, vous allez les
rejoindre différemment? Est-ce que vous passez par un autre moyen de
communication?
M. Amabili-Rivet
(Raphaël) : Bien, c'est... on prend des moyens qui sont adaptés. Donc,
on parlait de radio, un peu plus tôt, c'est sûr qu'on est forts sur les médias
sociaux, mais, dans la dernière année, il y avait notre porte-parole, Charles
Tanguay, qui était très présent à Salut, bonjour!, je pense que c'est un
quotidien qui permet de rejoindre une tranche de la population qui est
peut-être moins axée sur les réseaux sociaux.
Mme Schmaltz : Est-ce que j'ai
le temps?
La Présidente (Mme Lecours, Les
Plaines) : 30 secondes.
Mme Schmaltz : Ah non, non, je n'aurai pas le temps de poser la
dernière question. Bon, bien non, bien, voilà, bien, merci beaucoup.
Merci de nous avoir éclairés, parce que... c'était très intéressant, puis bravo
aussi... Je ne sais pas si j'ai le droit de faire ça, moi... Bon, bravo aussi
pour tout le travail, là, qui a été fait durant la dernière année. Puis je
pense qu'on devrait regarder un peu plus souvent les études de crédits, ça
permettrait, là, de démystifier où va l'argent, hein? De cette façon-là, on se
rend compte que l'argent...
La Présidente (Mme Lecours, Les
Plaines) : En terminant.
Mme Schmaltz : Oui, voilà, en
terminant, c'était ça. J'ai terminé.
• (12 h 30) •
La Présidente (Mme Lecours, Les
Plaines) : Alors, merci beaucoup, c'est tout le temps alloué pour
l'étude du volet Protection des consommateurs des crédits budgétaires du
portefeuille Justice.
Adoption des crédits
Donc, étant donné que le temps est presque
écoulé, est-ce que le programme 5, intitulé Autres organismes relevant du
ministre, est adopté?
Des voix : Adopté.
Des voix : Sur division.
La Présidente (Mme Lecours, Les
Plaines) : Adopté sur division.
Documents déposés
Et, toujours en terminant, je dépose les
réponses aux demandes de renseignements de l'opposition.
Et, compte tenu de l'heure, la commission
suspend ses travaux jusqu'à 15 h 30, où elle entreprendra l'étude du
volet Lutte à l'homophobie et à la transphobie des crédits budgétaires du
portefeuille Santé et Services sociaux. Merci beaucoup à tous et à toutes. Bon
dîner.
(Fin de la séance à 12 h 31)