Journal des débats de la Commission de la santé et des services sociaux
Version préliminaire
43e législature, 3e session
(5 mai 2026 au 27 août 2026)
Cette version du Journal des débats est une version préliminaire : elle peut donc contenir des erreurs. La version définitive du Journal, en texte continu avec table des matières, est publiée dans un délai moyen de 2 ans suivant la date de la séance.
Pour en savoir plus sur le Journal des débats et ses différentes versions
Le
mercredi 10 juin 2026
-
Vol. 49 N° 11
Étude détaillée du projet de loi n° 23, Loi visant principalement à mieux accompagner les personnes dont l’état mental pourrait représenter un risque pour leur propre sécurité ou celle d’autrui
Aller directement au contenu du Journal des débats
Intervenants par tranches d'heure
-
-
Fontecilla, Andrés
-
Bélanger, Sonia
-
Provençal, Luc
-
Arseneau, Joël
15 h 30 (version non révisée)
(Quinze heures trente-quatre minutes)
Le Président (M. Provençal)
:À l'ordre, s'il vous plaît. Ayant
constaté le quorum, je déclare la séance de la Commission de la santé et des
services sociaux ouverte. La Commission est réunie afin de poursuivre l'étude détaillée
du projet de loi n° 23, Loi visant principalement à mieux accompagner les
personnes dont l'état mental pourrait représenter un risque pour leur propre
sécurité ou celle d'autrui. Mme la secrétaire, y a-t-il des remplacements?
La Secrétaire : Oui, M. le
Président. Donc, Mme Bogemans (Iberville) est remplacée par Mme Guillemette
(Roberval); Monsieur... Mme Schmaltz (Vimont), par M.Schneeberger (Drummond―Bois-Francs); et M. Cliche-Rivard
(Saint-Henri—Sainte-Anne), par M. Fontecilla (Laurier-Dorion).
Le Président (M. Provençal)
:Merci beaucoup, Mme la secrétaire. Lors
de l'ajournement de nos travaux, hier, nous avions terminé l'étude de l'article
13.4, amendé, là, la Loi de la protection des personnes présentant une
altération de leur état mental introduit par l'article 10 du projet de loi.
Nous en sommes donc à l'article 13.5, Mme la ministre. Pouvez-vous en faire la
lecture, s'il vous plaît?
Mme Bélanger : Oui. Alors, M.
le Président… alors, seuls les renseignements personnels qui sont nécessaires à
la concertation entre les intervenants désignés et à la coordination de leurs
actions peuvent faire l'objet d'une communication entre eux dans le cadre d'un
processus d'action concertée. Commentaire : Cette disposition spécifie que
seuls les renseignements personnels nécessaires à la concertation et à la
coordination des actions des intervenants désignés peuvent être communiqués
entre eux dans le cadre d'un processus d'action concertée. Cette règle s'applique,
malgré le consentement de la personne, à la communication de renseignements
personnels.
Le Président (M. Provençal)
:Merci, Mme la ministre. Y a-t-il des
interventions? Oui, Mme la députée de D'Arcy-McGee.
Mme Prass : Pour les renseignements
qui vont dans… dont le comité aura besoin, est-ce que ça va être à la demande
individuelle ou ça va être un consensus pour la demande de renseignements, est-ce
que tout le monde va devoir se mettre d'accord? Ou est-ce que c'est un
intervenant qui peut dire : moi, on a besoin de tel, tel pour aller de l'avant.
Mme Bélanger : L'esprit de
ça, c'est de dire que tous les renseignements qui peuvent être donnés, dans le
cadre d'une discussion, donc c'est seulement les renseignements personnels qui
sont nécessaires à la concertation qui peuvent être donnés. Donc, c'est une
question de responsabilité individuelle des intervenants et des professionnels
qui sont assis autour de cette table de concertation.
Mme Prass : Donc, eux
décideront quelles informations dont ils ont besoin.
Mme Bélanger : Exact. Oui, ça
fait partie de… du jugement clinique, du code de déontologie, du champ de
pratique de chacun des professionnels.
Mme Prass : Mais ça va se
faire en collaboration. Donc, on va dire, on a besoin de tel ou tel ou une
personne peut lever la main et dire, on a besoin de tel également.
Mme Bélanger : Bien, ils
peuvent le faire effectivement. Dire, bien moi j'ai besoin de savoir, par
exemple, monsieur se comporte comment dans son logement. Par exemple, je dis ça
là, est-ce que ça… est-ce qu'il y a de l'aide? Est-ce que bon…. Alors, ce genre
de choses là.
Mme Prass : OK.
Le Président (M. Provençal)
:Ça va, Mme la députée?
Mme Prass : Oui, merci.
Le Président (M. Provençal)
:Oui, M. le député de Laurier-Dorion.
M. Fontecilla : Dans votre
commentaire, Mme la ministre, vous dites, cette règle s'applique, malgré le
consentement de la personne à la communication de renseignements personnels. La
question que je me pose… est-ce que c'est déjà dans le texte législatif que
vous proposez? Est-ce que c'est sous-entendu, selon vous, que cette règle s'applique
malgré le consentement, c'est-à-dire qu'il y ait consentement ou pas, la règle
s'applique. Est-ce que c'est sous-entendu dans votre…?
Mme Bélanger : En fait, dans
les articles précédents, on a vraiment dit que… un plan d'action concertée, c'est
vraiment avec le consentement. Ça ne peut pas se faire sans consentement. OK,
vous savez… donc, c'est implicite dans le cadre, naturellement, de cet article,
oui.
Le Président (M. Provençal)
:Autres interventions, M. le député?
Ça va. S'il n'y a pas d'autre intervention, est-ce que l'article 13.5 est
adopté?
Une voix : …
Le Président (M. Provençal)
:Étudié. Discuté, je devrais dire. Ça
commence bien hein? Je me fais déjà taper sur les doigts. 13.6 Mme la ministre.
Mme Bélanger : Alors 13.6. L'intervenant
désigné qui entend procéder au déclenchement d'un processus d'action concertée
doit s'assurer du caractère libre et éclairé de tout consentement visé au
paragraphe deux du premier alinéa de l'article 13.4. À cette fin, il doit
notamment vérifier que le consentement ne résulte pas de pressions extérieures
et s'assurer que la personne a reçu des renseignements…
Mme Bélanger : ...suivants :
«1o Le type d'intervenants
désignés qui pourraient être appelés à collaborer avec lui dans le cadre du
processus;
«2° les motifs permettant de croire que ce
processus pourrait, dans les circonstances, être bénéfique pour protéger sa
santé ou sa sécurité ou la sécurité d'autrui, incluant les faits à leur
soutien;
«3° la nature des démarches pouvant être
réalisées par les intervenants désignés dans le cadre de ce processus;
«4° le fait que seuls les renseignements
personnels qui sont nécessaires à la concertation entre les intervenants
désignés et à la coordination de leurs actions peuvent faire l'objet d'une
communication entre eux;
«5° l'aide et les services du domaine de
la santé et des services sociaux dont elle pourrait bénéficier afin de protéger
sa santé ou sa sécurité ou la sécurité d'autrui ou dont pourraient bénéficier
ses proches;
«6° le fait que des mesures contraignantes
pourraient néanmoins être prises à son égard, au cours du processus ou à la fin
de celui-ci, afin de protéger sa santé ou sa sécurité ou la sécurité d'autrui.»
Alors, commentaire, le présent article
prescrit que l'intervenant désigné qui souhaite déclencher un processus
d'action concertée doit s'assurer que le consentement de la personne visée par
le processus soit libre et éclairé, qu'il s'agisse du consentement concernant
le déclenchement du processus ou de celui lié à la communication de
renseignements personnels. L'article liste les informations qui doivent avoir
été transmises à la personne pour s'assurer... pour assurer son consentement
libre et éclairé. L'intervenant qui déclenche le processus doit prendre les
mesures nécessaires pour s'assurer que ces informations ont été reçues par la
personne. C'est terminé pour moi, excusez.
Le Président (M. Provençal)
:Oui...C'est parce que je...
j'attendais que...
Mme Bélanger : Oui. Oui.
D'accord. Excusez.
Le Président (M. Provençal)
: Non, non. Simplement. Interventions? Oui, Mme la députée
de D'Arcy-McGee.
Mme Prass : Merci, M. le
Président. On commence par dire que l'intervenant désigné qui entend procéder
au déclenchement d'un processus d'action concertée doit s'assurer du caractère
libre et éclairé de tout consentement visé. On se comprend qu'il y a des
personnes qui pourraient... dont le P-38 pourrait être appliqué, qui ont soit
une déficience intellectuelle, un trouble du spectre de l'autisme, des
personnes aînées qui ont des enjeux cognitifs. Ce n'est pas toujours facile de
s'assurer, justement, qu'ils comprennent les décisions et les informations.
Comment allez-vous vous assurer que c'est le cas?
• (15 h 40) •
Mme Bélanger : Oui. En
fait, c'est une bonne question puis je sais que vous êtes sensible à ça puis
vous en avez parlé, là, à quelques reprises, en lien avec les personnes ayant
une déficience intellectuelle, un trouble du spectre de l'autisme, un... un
déficit cognitif, par exemple, en lien avec un trouble neurocognitif.
J'aimerais peut-être que Dr Dufour puisse en...en parler.
Là, on est vraiment dans les personnes
dont l'état mental... Alors que pour moi, déficience intellectuelle, trouble du
spectre de l'autisme, on n'est pas dans le trouble mental, on est dans
d'autres... dans un... dans un autre problème de santé. Mais votre question
elle est très pertinente et je ne sais pas si le docteur pourrait...
Le Président (M. Provençal)
:Alors, consentement pour permettre au
docteur Dr Dufour...
Mme Bélanger : Oui.
Le Président (M. Provençal)
: Dr Dufour, vous vous nommez, votre fonction, et vous
répondez à la question, s'il vous plaît.
M. Dufour (Mathieu) : Oui.
Donc, Mathieu Dufour, psychiatre légiste. En fait, tu sais, tout le processus
d'action concertée, on reparle aussi du concept de l'altération de l'état
mental et souvent, on fait référence beaucoup plus à un trouble psychiatrique
comme on l'entend, là, puis je pense qu'on en a parlé avant, là, les troubles
mentaux graves, là, que ça soit une schizophrénie avec les troubles
psychotiques, un trouble bipolaire, donc... donc, quand il y a vraiment un
changement de l'état mental de notre niveau de base.
Ce qui est un peu contraire, par exemple,
quand on a un trouble neurocognitif ou on a une déficience intellectuelle, un
trouble de spectre de l'autisme, comme Mme la ministre dit. Disons, dans
certaines circonstances, ça ne se définit pas comme une altération de l'état
mental, parce que l'état mental demeure le même, c'est quelque chose de
chronique. Donc... donc, ces dispositions-là, sont beaucoup plus reliées pour
nos grands troubles psychotiques primaires qui ont, justement, il y a un... il
y a une situation de crise, puis il faut interagir à ce moment-là.
Mme Prass : Mais je fais
justement référence à quelqu'un qui pourrait avoir une DI-TSA et des enjeux de
santé mentale, ce n'est pas l'un ou l'autre. Donc, je comprends, on parle de
l'altération de l'état mental, mais quand la personne ne l'est plus, des fois,
c'est difficile de distinguer si une personne avec des... des enjeux
neurocognitifs ou cognitifs comprend bien ce qu'on lui propose, ce qu'on leur
dit. Donc, ma question, compte tenu du langage qui est... qui est utilisé,
qu'on veut s'assurer du caractère libre et éclairé de tout consentement, des
fois, ça prend un travail davantage pour s'assurer que certaines personnes...
et qu'on puisse s'assurer, justement, de ce consentement. Donc, ma question...
Mme Prass : …et une personne
qui a des enjeux neurocognitifs, cognitifs et des enjeux de santé mentale.
Comment est-ce qu'on va s'assurer que leur consentement est libre et éclairé?
Parce qu'il y a d'autres enjeux.
Le Président (M. Provençal)
: Dr Dufour, s'il vous plaît.
M. Dufour (Mathieu) : Oui,
oui. Bien, si je peux répondre brièvement. En fait, comme clinicien, il faut
s'assurer que la personne est avant tout apte à consentir au traitement. Donc,
tout ce que vous faites référence, s'il y a des des déficits cognitifs,
peut-être cette personne-là n'est pas apte à consentir au traitement. Il y a
déjà, par exemple, un consentement substitué qui est déjà dans le portrait.
Donc, tout d'abord, il faut s'assurer que la personne est apte à consentir au
traitement, et là, on lui donne toutes les informations possibles qui sont
toutes dans cet article-là, pour voir justement que le consentement soit
éclairé. Mais avant tout, il faut faire l'aptitude. Parce que, si la personne
est inapte là, il faut justement aller chercher un consentement substitué. Et
là c'est toutes les autres ramifications légales.
Mme Prass : Puis j'imagine,
on s'entend, les gens qui vont être autour de la table pour l'action concertée,
c'est des gens du milieu, de toute façon. Fait que s'il y a des étapes
additionnelles à prendre avec la personne pour s'assurer, encore une fois, que
leur… qu'ils comprennent un caractère libre et éclairé de leur consentement. On
va s'ajuster à la réalité de chacun, compte tenu que les personnes autour de la
table vont être là justement pour répondre à leur réalité.
Mme Bélanger : Exactement.
Vous l'avez bien traduit. Puis, en fait, c'est pour ça que l'objectif, c'est en
fonction de la personne, de ses… de ses besoins, de ses caractéristiques et
mettre les meilleurs intervenants qui peuvent aider à améliorer la situation.
Mme Prass : Au deuxième… le
deuxième élément, par les motifs permettant de croire que ce processus
pourrait, dans les circonstances, être bénéfique pour protéger sa santé, sa
sécurité ou la sécurité d'autrui, est-ce que cela pourrait inclure, par
exemple, le logement pour une personne dont le P-38 a été appliqué, mais qui
est sans abri justement pour leur sécurité et pour… protéger leur santé s'ils
veulent être logé, les retourner dans la rue, ça ne va pas aider leurs
circonstances. Donc, est-ce que dans le travail du plan de... plan concerté…
plan d'action plutôt, est-ce qu'il y a la possibilité que des éléments comme le
logement puissent être proposés à la… puissent être offerts à la personne?
Mme Bélanger : Tout à fait.
Alors, je vais laisser la sous-ministre adjointe.
Le Président (M. Provençal)
:Mme la sous-ministre. Consentement?
Oui.
Des voix : Consentement.
Le Président (M. Provençal)
: Merci. Allez-y, Madame.
Mme Landry
(Geneviève) :Oui. Merci, M. le Président.
Geneviève Landry, sous-ministre adjointe au ministère de la Santé et des
Services sociaux. Donc, effectivement, dans les motifs ou dans l'évaluation que
font les intervenants qui travaillent autour d'un processus d'action concertée.
C'est certain que le logement, la stabilité résidentielle va être quelque chose
qui va être regardé parce que ça va faire partie de la… du rétablissement des
interventions à mettre en place, de la concertation. Puis là, après ça, on
rentre dans nos mesures en itinérance ou hébergement temporaire, aide au loyer.
Dans le fond, toutes ces mesures-là qu'on peut mettre en place, mais c'est
généralement dans l'analyse puisque ça va faire partie des conditions pour se
rétablir.
Mme Prass : Et, comme la
ministre, je pense, vous l'avez dit hier, la personne va avoir un mot à dire
dans le plan qui va être déterminé. Donc, disons, est-ce qu'eux, ils peuvent
demander des éléments qui ne leur sont pas offerts? Alors, par exemple, le
logement ou... j'essaye de penser à d'autres éléments à l'extérieur du réseau
de la santé qui pourrait les aider. Mais est-ce que... donc ma question est
est-ce que la personne peut dire vous n'avez pas pensé à ça? Et moi, je pense
que ça, ça me permettrait d'aller mieux. Par exemple, est-ce qu'eux, ils
peuvent faire une demande qui n'est pas fait organiquement de… du groupe qui va
être responsable du plan concerté?
Mme Bélanger : Oui, puis en
fait, regardez au cinquième point de 13.6, on dit l'aide et les services du
domaine de la santé et des services sociaux. Fait que c'est beaucoup plus large
là. Donc, ça pourrait être d'un aide qui vient des organismes communautaires,
ça pourrait être de travailler avec un refuge, avec les équipes spécialisées en
termes de ressources, en itinérance, par exemple. Alors… et ainsi de suite.
Mme Prass : La personne peut
faire une demande même si…
Mme Bélanger : La personne
peut faire une demande ou on peut... Souvent, il y a des gens qui ne
connaissent pas les ressources non plus, là. Donc, c'est… l'objectif, c'est de
tout mettre ça ensemble.
Mme Prass : Et quand on parle
des mesures contraignantes, est-ce que c'est tous les établissements en santé
qui ont cette capacité-là?
Mme Bélanger : En fait, je
vais laisser notre sous-ministre y répondre. Ça fait référence d'informer
clairement la personne qu'on engage un processus d'action concertée, mais, s'il
y avait décompensation de son état, etc., on pourrait reprendre des mesures
contraignantes. Alors donc, je vais la laisser expliquer pourquoi on a mis ça.
Le Président (M. Provençal)
:Mme la sous-ministre, s'il vous
plaît.
Mme Landry
(Geneviève) :Oui, en fait, on a mis ça
pour faire preuve de…
Mme Landry
(Geneviève) :… Totale transparence envers la personne qui fait
l'objet du processus pour lui dire :… nous démarrons un processus d'action
concertée, les intervenants vont travailler ensemble pour vous soutenir et vous
offrir les soins et les services requis. Mais, si jamais la situation se
dégradait avec nos critères de 7, 8, donc la compromission, le danger, à ce
moment-là, bien, on déclencherait quand même le P-38 comme on l'appelait. Donc,
c'est juste pour ne pas laisser croire à la personne que ça ne peut pas
arriver. Mais ce n'est pas le pacte qui entraîne une mesure contraignante,
c'est vraiment de façon de transmettre l'information transparente à l'usager.
Mme Prass : Et si des mesures
contraignantes sont appliquées, j'imagine que, par la suite, la personne va
être… va en être informée ou est-ce qu'il faudrait qu'il fasse la demande ?
Mme Landry
(Geneviève) : Bien, en fait, là, on revient. Oui.
Mme Bélanger : c'est le processus
qui reprend.
Mme Landry
(Geneviève) :Oui
Mme Bélanger :
En fait, excuse-moi, c'est le processus complet qui recommence.
Mme Prass : OK.
Mme Bélanger : Dès qu'on doit
remettre quelqu'un en garde… en établissement, c'est le processus, là, qui…
mais, écoutez, ça a été inscrit, là, en souci de dire à la personne, là, tu vas
bien, tu sais, on va essayer de te stabiliser, on s'en va vers d'autres choses.
Mais si jamais il y avait une rechute ou quoi que ce soit, ce n'est pas impossible
que… mais là, c'est les mêmes conditions qui…
Mme Prass : Redéclenchent le
processus.
Mme Bélanger : Oui
Mme Prass : Merci, M. le
Président.
Le Président (M. Provençal)
: Ça va ?
Mme Prass : Oui
Le Président (M. Provençal)
: oui, M. le député de Laurier-Dorion.
M. Fontecilla : Oui. Pour
faire suite au commentaire de la collègue de D'Arcy-McGee, pourquoi utiliser
une mesure contraignante ?
Je ne sais pas si ça apparaît ailleurs dans le texte. Pourquoi avoir utilisé ça
et non pas une référence directe à l'article 6 ici ?
• (15 h 50) •
Mme Bélanger : Oui, est-ce
que… c'est une bonne question. Est ce que… Maître Lavoie, voulez-vous la
prendre, s'il vous plaît ?
Le Président (M. Provençal)
:Pour Maître Lavoie ? Consentement ?Alors, Maître Lavoie,
s'il vous plaît.
Mme Lavoie (Térésa) :
Voulez-vous que je me rapproche un peu ?
Le Président (M. Provençal)
: Oui, oui, s'il vous plaît.
Mme Lavoie (Térésa) : Parfait.
Alors, Téresa Lavoie, avocate à la Direction des affaires juridiques du
ministère de la Santé et des Services sociaux. On a fait référence à mesure
contraignante. Là, je pourrais revérifier pour être bien certaine, mais on l'a
utilisé dans le préambule justement en mettant en incise ce à quoi on voulait
faire référence, entre autres. Puis, il y a aussi, comme, une mesure
contraignante qui existe en droit sur le pouvoir des policiers d'emmener contre
leur gré une personne en vertu de la common law. Je ne veux pas entrer dans le
détail, mais la common law, ce n'est pas une matière codifiée, mais c'est une
mesure contraignante aussi, là. Donc, on n'est pas venu viser les articles,
c'était les articles 8, parce qu'il y a aussi le pouvoir de la common law
des policiers. Donc, on parle de mesures contraignantes au sens large, mais ça
inclut la mesure contraignante qui est prévue à l'article 7 et celle
prévue à l'article 8 de la loi qu'on étudie en ce moment.
M. Fontecilla : Très bien.Je reviens à l'alinéa 3, la nature des démarches pouvant être
réalisées par les intervenants… l'information. Est-ce que les démarches se
cantonnent à l'information sur des démarches cliniques ou, ça inclut aussi
d'autres types de démarches comme, du domaine des services sociaux ? Par exemple, je reviens au
cas qui a été soulevé… une personne en situation d'itinérance qui… dont la
situation, l'absence d'un toit a une influence directe sur son état altéré.
Est-ce que les démarches, ça inclut ça ou ça se cantonne seulement au niveau
clinique ?
Mme Landry
(Geneviève) :Merci, M. le Président... en
fait, ça ne se cantonne, surtout pas juste au niveau clinique, intervention
psychosociale spécifique ou autre. Ça, c'est un groupe d'intervenants, dans nos
intervenants du communautaire, qui se regroupent autour de la personne pour
voir l'ensemble de l'environnement, donc, et tous les intervenants et les
établissements de santé sont reliés à des organismes, par exemple, en
itinérance. Il y a même des intervenants dédiés à accompagner des gens qui
retournent en logement. Donc, ça comprend un ensemble d'interventions qui va
répondre aux besoins de la personne. Donc, que ce soit en itinérance, que ce
soit psychosocial, que ce soit une banque alimentaire, les liaisons vont se
faire sur le plan intersectoriel. Justement, vous avez vu le PAC, hein ? C'est des partenaires de
différents secteurs pour répondre aux besoins en présence.
M. Fontecilla :… Au
numéro 5, là, vous parlez des domaines de la santé et des services
sociaux. Est-ce que…, n'y a pas de redondance ici, là ? On parle de deux choses différentes ? C'est ça que je veux
m'assurer, là.
Mme Bélanger : Tout à fait.
Les services sociaux, là, c'est au sens large du terme. Ça fait que les
services sociaux, c'est, par exemple, des services qui viennent des CISSS et
des CIUSSS travailleurs sociaux, et tout ça, mais c'est aussi des intervenants
qui peuvent se retrouver dans un centre d'accompagnement des organismes
communautaires qui seraient spécialisés dans l'accompagnement des personnes,
par exemple. Alors, services sociaux au sens très, très large.
M. Fontecilla : Les
démarches aussi, ça inclut les services sociaux au sens très large. On parlera…
tantôt, on a parlé des banques alimentaires, par exemple, il me semble que… on
parle des deux domaines qui sont les mêmes…
M. Fontecilla : ...je
veux juste voir la différence.
Mme Bélanger : Peut-être,
Mme peut préciser.
Mme Landry
(Geneviève) :Dans le 3o, vous
avez raison, là, il y a une similitude, en fait, là, on est dans un même
processus pour aider une personne, donc il y a... il y a des similitudes. La
nature des démarches pouvant être réalisées par des intervenants désignés dans
le cadre du processus. Donc, j'ai des intervenants policiers, j'ai des
intervenants de la santé, on a vu, là, les différents partenaires hier, membres
qui sont... qui font partie de l'entente. Donc, un policier pourrait avoir tel
type de démarche qu'il va faire de son côté, il pourrait y avoir le Curateur
public, si la personne est représentée, qui va faire tel type de démarche.
Donc, on est plus sur les intervenants et leur champ de pratique ou d'action.
Donc, ici, je suis un peu plus sur cet élément-là.
Quand je m'en vais au 5o, là,
je m'en vais vraiment toucher l'ensemble des services de santé et des services
sociaux dont elle aurait besoin dans les établissements, dans le communautaire.
Donc, il y a un niveau, intervenants désignés de différentes organisations puis
il y a un niveau où on va faire une référence spécifiquement à la santé et aux
services sociaux, parce qu'on est dans une loi en santé et services sociaux
avec des personnes qui ont des besoins en santé et services sociaux.
M. Fontecilla : Si je
dis que les démarches soulevées au numéro 3o concernent plus
particulièrement les membres, les participants au processus d'action concertée,
est-ce que je suis dans le vrai? C'est-à-dire... Parce que vous avez parlé du
Curateur public, des policiers, etc., là. Ça... ça se limite à ces... aux
participants du PAC?
Mme Landry
(Geneviève) : ...
M. Fontecilla : OK.
Mme Landry
(Geneviève) :Et les participants sont
désignés et il y a la possibilité d'en désigner davantage au besoin.
Le Président (M. Provençal)
:...sur l'article... sur
l'article 13.6? S'il n'y en a pas d'autres, je considère que ça a été
discuté. 13.7, Mme la ministre.
Mme Bélanger : ...«
Malgré le paragraphe 2° du premier alinéa de l'article 13.4, un
intervenant désigné peut, sans le consentement d'une personne, lorsqu'elle se
trouve dans une situation où sa santé ou sa sécurité ou la sécurité d'autrui
est compromise et dans la mesure où les autres conditions prévues à cet article
sont réunies, procéder au déclenchement d'un processus d'action concerté à son
égard dans les cas suivants : »
Alors, là, on rentre dans une autre étape,
là, vous comprenez.
«1° les faits constatés par l'intervenant
désigné ou portés à sa connaissance lui permettent raisonnablement de croire,
d'une part, que la personne a une capacité limitée à juger des répercussions
sur sa santé ou sur sa sécurité ou sur la sécurité d'autrui découlant de la
situation dans laquelle elle se trouve et, d'autre part, qu'il existe un risque
raisonnablement prévisible de détérioration de son état mental ou d'aggravation
de cette situation;
«2° les faits constatés par l'intervenant
désigné ou portés à sa connaissance lui permettent raisonnablement de croire,
d'une part, que la personne est réticente à solliciter des services pouvant lui
venir en aide, notamment en raison d'une méfiance à l'égard de tels services,
et, d'autre part, que les bénéfices escomptés pour cette personne suivant le
déclenchement du processus sont nettement supérieurs au risque raisonnablement
prévisible de détérioration de son état mental ou d'aggravation de la situation
dans laquelle elle se trouve en l'absence d'un tel déclenchement.
«Un processus visé au premier alinéa peut,
sans le consentement de la personne, donner lieu à la communication de
renseignements personnels la concernant entre les intervenants désignés qui y
collaborent. Les dispositions de l'article 13.5 s'appliquent.
«Un intervenant désigné ne peut être
poursuivi en justice pour un acte accompli de bonne foi en application du
présent article.
Commentaire : L'article 13.7
prévoit deux situations dans lesquelles il n'est pas nécessaire d'obtenir le
consentement d'une personne afin de déclencher un processus d'action concerté à
son égard. Il s'agit ici de situations pouvant mener à une détérioration de l'état
mental de la personne ou à une aggravation de la situation où sa santé ou sa
sécurité ou la sécurité d'autrui est compromise, et où la personne a une
capacité limitée à comprendre les risques d'une telle situation ou entretient
une méfiance à l'égard des services pouvant lui venir en aide. Pour pouvoir
déclencher un processus en vertu du présent article, outre le consentement de
la personne, les conditions prévues au premier alinéa de l'article 13.4
doivent être respectées. Ensuite, l'intervenant qui souhaite déclencher le
processus doit avoir constaté ou eu connaissance de certains faits qui lui
permettent raisonnablement de tirer les conclusions visées au paragraphe 1° ou
2° du premier alinéa.
Le deuxième alinéa...
Mme Bélanger : …qu'un
processus déclenché en vertu du présent article peut donner lieu à la
communication entre les intervenants désignés participant au processus de
renseignements personnels concernant la personne, et ce, sans le consentement
de cette dernière. Finalement, le dernier alinéa prévoit qu'un intervenant
désigné ne peut être poursuivi en justice pour un acte accompli de bonne foi
dans le cadre de l'application du présent article. J'ai un amendement, M. le
Président.
Le Président (M. Provençal)
:Oui, vous avez un amendement,
effectivement.
Mme Bélanger : Alors donc,
article 10, «Insérer, après le deuxième alinéa de l'article 13.7 de la Loi sur
la protection des personnes présentant une altération de leur état mental
proposé par l'article 10 du projet de loi, l'alinéa suivant : « La levée
du secret professionnel autorisé par le présent article ne s'applique pas au
secret professionnel liant l'avocat ou le notaire à son client. ».
Commentaires : L'amendement a pour
but de préciser que la communication de renseignements autorisés en vertu de
l'article 13.7 de la Loi sur la protection des personnes présentant une
altération de leur état mental, proposé par le projet de loi, peut viser les
renseignements protégés par le secret professionnel. Toutefois, il ne permet
pas de lever le secret professionnel liant l'avocat ou le notaire à son client.
Le Président (M. Provençal)
:Y a-t-il des interventions sur cet
amendement? Oui, Mme la députée de D'Arcy-McGee.
Mme Prass : Merci, M. le
Président. Excusez-moi. Au premier alinéa, quand on parle d'une personne qui a
une capacité limitée à juger. Est-ce qu'on parle de la personne dans… désolée.
Le Président (M. Provençal)
:J'aimerais qu'on traite l'amendement…
l'amendement.
Mme Prass : Je suis désolé.
Le Président (M. Provençal)
:Non, c'est juste parce qu'on va… on
va faire ça dans l'ordre. Est-ce qu'il y a des interventions sur l'amendement?
Oui, monsieur…
• (16 heures) •
M. Fontecilla : Je voudrais
souligner la pertinence de cet article-là, qui vient donner des garanties des
droits de la personne, de renforcer la garantie des droits de cette
personne-là.
Le Président (M. Provençal)
:S'il n'y a pas d'autres
interventions, est-ce que l'amendement est adopté? Adopté. L'amendement est
adopté?
Des voix : …
Le Président (M. Provençal)
:L'amendement de l'article 7... 13.7,
est-il adopté? Il est adopté. Mais globalement, tantôt, ça va être juste
discuté.
Des voix : OK.
Le Président (M. Provençal)
:Je ne suis pas en train de piéger
personne, là. On revient maintenant à l'article 7, sur lequel il y a eu un
amendement adopté. Alors, la première intervention a été demandée par Mme la
députée de D'Arcy-McGee.
Mme Prass : …à ma question.
Au premier alinéa, on parle d'une personne qui a une capacité limitée à juger
des répercussions. Est-ce qu'on parle, là, d'une personne… est-ce qu'on parle,
là, spécifiquement d'une personne qui a une altération de leur santé mentale,
ou encore une fois, est-ce qu'on peut parler d'une personne qui a des enjeux,
un TSA, DI-TSA, problèmes cognitifs? Ou est-ce qu'on parle vraiment de l'état
de la personne, leurs capacités limitées en matière de santé mentale?
Mme Bélanger : Ma
compréhension, c'est qu'on parle ici de la capacité de la personne en lien avec
son état mental. Mais si vous permettez, Dr. Dufour pourrait y répondre, puis
peut-être mettre l'emphase sur 1 versus 2. 1, l'alinéa 1 versus l'alinéa 2, là.
Le Président (M. Provençal)
:Dr Dufour, s'il vous plaît.
M. Dufour (Mathieu) : Oui,
donc, juste compléter ce que Mme la ministre dit, c'est exactement ça. Surtout
pour l'alinéa 1, hein? Quand on parle d'une personne qui a une capacité limitée
à juger des répercussions, je pense que c'est les termes juridiques que nous,
on utilise plus en clinique pour l'anosognosie. Je pense que vous avez entendu
pendant la commission parlementaire, où quelqu'un, par exemple, qui a un
trouble psychotique primaire comme une schizophrénie, ne sait pas qu'il est
malade, donc ne peut pas juger des répercussions de ne pas prendre de
médicaments, de ne pas aller chercher des soins. Et c'est avec le lien, à la
fin de l'alinéa 1, qui dit qu'il existe un risque raisonnablement prévisible de
détérioration de l'état mental. Donc, ça, c'est un peu le langage qu'il y a
dans l'article 7 qui nous dit qu'il ne peut pas savoir que, s'il ne va pas
chercher son traitement, qu'il va continuer à être psychotique et à être de
plus en plus psychotique sans traitement antipsychotique. Donc, l'alinéa 1 est
vraiment pour une situation clinique, pas de DI-TSA, mais vraiment plus pour un
trouble psychotique primaire ou un trouble affectif bipolaire, par exemple.
Donc, c'est vraiment pour des gens qui ont des troubles mentaux graves que cet
alinéa-là est fait.
Mme Prass : Et
antérieurement, la ministre nous a mentionné que la personne peut se retirer de
l'action concertée, parce que, là, on dit que ça peut être déclenché quand la
personne est inapte. Mais, encore une fois, une fois qu'ils deviennent aptes,
s'ils décident qu'ils veulent mettre fin au processus, ils peuvent le faire.
Mme Bélanger : …expliquer, si
vous permettez…
16 h (version non révisée)
M. Dufour (Mathieu) : ...oui,
c'est ma compréhension aussi.
Mme Prass : Également, dans
le deuxième alinéa, on a été... On a reçu des commentaires à propos de l'utilisation
du mot «référence»... excusez-moi, «méfiance», notamment... que la personne est
réticente à solliciter des services pouvant lui venir en aide, notamment en
raison d'une méfiance à l'égard de tels services. C'était l'utilisation du mot «méfiance»
parce qu'ils trouvaient que ça donne un ton... Peut-être la personne ne connaît
pas la réalité des traitements qu'il va recevoir, ne comprend pas... Il y avait
un certain malaise avec l'utilisation du mot «méfiance», comme si on accordait
à la personne déjà un préjugé envers les services qu'il pourrait recevoir. Donc,
pourquoi l'utilisation du mot «méfiance»?
Des voix : ...
Mme Bélanger : Docteur Dufour,
s'il vous plaît.
M. Dufour (Mathieu) : Je vous
avoue peut-être... Je ne sais pas si maître Lavoie ou madame Landry pourrait
aider pour ça, parce que c'est peut-être plus le critère un peu... le langage
juridique.
Le Président (M. Provençal)
: C'est juridique, alors, Maître Lavoie, s'il vous plaît.
Oui.
Mme Lavoie (Térésa) : En fait...
Oui, en fait, c'est écrit dans ces termes-là, mais l'idée qui est derrière, c'est
un concept qui est reconnu dans le monde clinique, là. Puis là, peut-être qu'on
pourra avoir une confirmation du côté du ministère et de docteur Dufour, mais c'est
l'idée du non-recours aux services. Une personne qui exprime un non-recours aux
services, ça se libelle comme ça, là, en termes cliniques, là, pour des fins
législatives. On l'a écrit autrement, mais c'est l'intention du législateur, des
personnes qui hésitent à avoir recours à un... des services de santé ou des
services sociaux parce que, en raison de leur réalité historique, culturelle et
autre, ils ont une... pas une résistance, mais une méfiance à aller chercher
les... Ce n'est pas une méfiance mal fondée, c'est vraiment une hésitation. On
a essayé plusieurs terminologies, mais on a opté pour celle-là qui reflétait
quand même le mieux possible l'idée clinique derrière cela.
Mme Prass : Puis, donc, «méfiance»
est utilisé ailleurs, dans d'autres...
Mme Lavoie (Térésa) : Bien, en
fait, pour vulgariser l'idée du... de la notion de non-recours au service, on
parle de personnes qui expriment une certaine méfiance envers un système de
santé, par exemple.
Mme Prass : «Réticent», ça
l'a quand même pas mal la même portée sans l'aspect négatif, disons, parce que
c'est normal d'avoir une réticence, mais «méfiance», ce qu'on s'est fait dire,
c'est que la connotation de ce mot-là fait en sorte que ça devient, comment
dire... Tu sais, c'est l'un contre l'autre. C'est... J'essaie de trouver le
terme.
Mme Lavoie (Térésa) : Mais c'est
peut-être perçu comme ça par la personne, tu sais, mais... c'est senti comme ça,
c'est perçu comme ça, mais ce n'est pas... ce n'est pas exactement ça, dans le
fond. Fait que je pense que la résistance, c'est une autre chose que la
méfiance, mais que pour les personnes qui expriment un non-recours aux
services, ça se reflète, ça se traduit par une méfiance envers le système, sans
avoir l'aspect péjoratif de ça. C'est juste dans une question de... le lien de
confiance entre le système et tout qui n'est pas bien établi.
Mme Prass : Oui, mais c'est
juste la connotation négative, comme j'ai dit, «réticence», c'est quelque chose
dont on a tordu. Mais vous me confirmez que... et peut-être le docteur peut le
faire... également, mais c'est un terme qui est utilisé de façon assez générale
dans ce contexte.
M. Dufour (Mathieu) : ...oui,
c'est un terme qu'on utilise généralement, surtout dans notre examen mental qui
n'est pas nécessairement péjoratif, là, qui est très objectif, là. La personne
se présente avec de la méfiance, donc, se doute des intentions de l'autre, ne
veut pas nécessairement trop participer, soit au processus d'entrevue ou autre.
Donc, c'est un terme qui est assez neutre, qu'on utilise quand même assez
régulièrement en clinique aussi.
Mme Prass : OK. Et on parle
également qu'un intervenant désigné ne peut être poursuivi en justice pour un
acte accompli de bonne foi, en application du présent article. Mais quels sont
les recours pour les personnes pour lesquelles on va appliquer le P-33, qui
estiment qu'ils ont été victimes de maltraitance, de négligence ou d'abus? Et
je veux juste vous rappeler que, dans la Loi sur la maltraitance pour les
aînés, ça s'applique aussi aux adultes en situation de vulnérabilité. Donc, qu'est-ce
qui arrive aux personnes dans ce contexte... dans le contexte du P-38?
Mme Bélanger : Oui, bien,
peut-être allez-y, Mme la sous-ministre adjointe ou Madame Lavoie. Oui.
Une voix : ...en fait... Tu y
vas ou je vais...
Une voix : ...je ne vais pas
y aller...
Une voix : ...OK, vas-y.
Le Président (M. Provençal)
: Bon, bien, Maître Lavoie.
Une voix : Excusez-moi.
Mme Lavoie (Térésa) : Excusez-moi,
je... On dirait que je veux parler. Mais, en fait, si on était dans un contexte
de maltraitance, ça serait nécessairement une faute lourde, ça serait de la
négligence. On ne serait pas dans un acte...
Mme Lavoie (Térésa) : …accompli
de bonne foi.
Donc, la… pas l'indemnité, mais la… je
cherche le mot juridique.
La protection qui… qui est permise par la
loi ici, pour un acte accompli de bonne foi, ne s'appliquerait pas, là, parce
qu'on serait dans une faute lourde ou une négligence grave s'il y avait acte de
maltraitance.
Mme Prass :… qu'est-ce que…
qu'est-ce que la personne aurait… comme recours si elle le juge… ?
Mme Lavoie (Térésa) : Recours
judiciaire contre les intervenants qui ont mal agi à son égard.
Mme Prass : Puis, j'imagine « de bonne foi » c'est dans le sens qu'eux,
bien, où ils essaient d'accomplir la tâche, et…
Mme Lavoie (Térésa) : Oui.
Mme Prass :… ils utilisent les
moyens et les ressources dont ils ont pour… pour arriver à ces fins ?
Mme Lavoie (Térésa) : Exactement.
Mme Prass : OK. Merci.
Le Président (M. Provençal)
:… interventions ?
Oui, le Député de Laurier-Dorion.
M. Fontecilla : Donc, ici, on…
on touche un cas limite, là, véritablement, là.
Et, donc, les… on pourrait déclencher un
PAC… sans le consentement d'une… d'une personne et le… le Protecteur du citoyen
s'est… s'y est penché… longuement en… en affirmant que ça vise une… ça vise
une… une clientèle… trop large.
Il souligne pour que… pour… dans son
opinion, c'est subjectif, là.
C'est moins défini… les personnes qui sont
passibles de cette… cette mesure-là sont moins définies que dans… que dans le
cas de l'article 8, les… pour le transport ou la garde temporaire.
Et… il y a… il y a un gros risque, c'est…
pour le Protecteur du citoyen, là, de pénaliser des personnes dont la méfiance envers
les institutions est historiquement fondée.
On a entendu le Dr Dufour nous… nous
parler que c'est un terme habituellement utilisé, là.
Mais, est-ce que la réticence est… est
suffisante, d'un point juridique, pour forcer un PAC dans un processus d'action
concertée, dans ce cas-ci, la ?
Et… et pourquoi pas s'appuyer sur un
critère encore plus… plus… plus objectif, là, qu'il faut, par exemple, un refus ?
Mme Bélanger : Oui. En
fait, je laisserai la sous-ministre adjointe répondre, s'il vous plaît.
Le Président (M. Provençal)
: …la sous-ministre.
• (16 h 10) •
Mme Landry
(Geneviève) : Merci pour votre question, Monsieur le Président.
Elle est très importante parce qu'elle
permet de clarifier l'intention.
Le PAC, le socle du… du PAC est d'abord
avec consentement.
On en a parlé longuement hier à 13.4.
Donc, c'était vraiment important de
positionner cette pierre angulaire. Par contre, dans les deux cas dont…
qu'on décrit ici, on se donne cette latitude-là, mais il faut savoir que le PAC
ne fait pas des interventions forcées ou des soins forcés ou quoi que ce soit.
Il n'impose rien à la personne, il crée un
filet de sécurité et de services et permet le partage d'informations.
Donc, c'est le plus loin où ils vont.
Donc, le… les deux situations qu'on a
prévues sans consentement étaient liées à l'univers clinique dans lequel ce
projet de loi s'inscrit.
Et, par la suite, il faut se rappeler que
c'est toujours en premier lieu, avec consentement, si possible, deux figures d'exception.
Le but n'est pas d'imposer des soins ou
quoi que ce soit à la personne, mais de créer le filet de sécurité autour
d'elle et de partager certains renseignements.
Donc, je le ramènerais vraiment dans son
essence et non dans quoi que ce soit qui est forcé, qui force la personne dans
ce contexte-là.
M. Fontecilla : Le Protecteur
du citoyen soulève… soulève la possibilité d'un risque de banalisation du PAC
sans consentement qui risque de produire l'effet… l'effet… l'effet contraire,
et qui se résume dans une phrase assez claire, là.
Ce… ce type de… de PA, ce serait protéger
sans engager et intervenir sans responsabiliser, parce que la personne n'a pas
donné son accord.
Et… la… la… par exemple, la question de la
capacité est limitée et, à juger des répercussions et… ou… la réticence à
solliciter des services, bien, c'est jugé… c'est… on considère que le
Protecteur du citoyen ne… ne juge… pour lui, ça… ça… cela ne justifie pas de
passer… de passer par le fait d'un dialogue préalable.
Là, j'aimerais savoir, est-ce que pour… il
y a… il y a une tentative dans l'esprit de 13.7, là, ou dans un autre
paragraphe, là, ou un autre article, une tentative de, quand même, ouvrir un…
un… un dialogue, là, afin de… de… de convaincre la personne de consentir à un…
à un PAC ?
Parce que, là, on impose dans cet
article-là, est-ce qu'il y aurait… il ne faudrait pas peut être ajouter le
critère qu'il faudrait, au préalable, tenter d'obtenir un consentement ?
Mme Landry
(Geneviève) :En fait, bien, c'est exactement
ce que dit 13.7.
M. Fontecilla : C'est ça, là,
c'est exact. OK.
Mme Landry
(Geneviève) : Donc, votre commentaire est vraiment déjà
présent, là, précédemment.
Dans le… l'article 13.4, pardon, j'ai
dit 13.7, on précise cette notion d'obtenir un consentement.
M. Fontecilla : À quel
endroit ?
Mme Landry
(Geneviève) : La…
Mme Landry
(Geneviève) :...13.4 qu'on a étudié hier.
M. Fontecilla : Ah, 13.4,
OK...
Mme Landry
(Geneviève) : Pardon.
M. Fontecilla : ...je
comprends. Est-ce que, Mme la ministre, vous ne croyez pas, en utilisant les
critères de la réticence, là... Le Protecteur du citoyen nous donne des
exemples, par exemple, des travailleuses du sexe qui ont un rapport très
problématique avec les institutions ou des personnes appartenant aux Premières
Nations, aux Inuits. Un rapport historique, des problématiques avec les
institutions de la société et des personnes en situation d'itinérance qui se
trouvent en situation de marginalité, etc., là. Est-ce que, pour vous, cette
réticence-là ne pourrait... L'utilisation du mot «réticence» ne pourrait... ne
pourrait-il pas ouvrir la porte à pénaliser la... la «dérangerosité»?
Mme Bélanger : Mais, je ne le
comprends pas dans ce sens-là, l'article. Moi, je le...
Le Président (M. Provençal)
:...ne se retrouve pas, par exemple...
Mme Bélanger : ...non, c'est
méfiance, on parle de méfiance...
Le Président (M. Provençal)
:...libellé. C'est le terme
«méfiance»...
Mme Bélanger : ...méfiance.
Puis, tu sais...
Le Président (M. Provençal)
:...je m'excuse de vous le mentionner,
là.
Mme Bélanger : ...vous faites
bien, mais garder peut-être pour essayer de comprendre, puis n'hésitez pas, là.
Mais, tu sais, une personne en situation d'itinérance qui a vécu un séjour à
l'urgence, un séjour hospitalier et que là, on lui offre de dire : écoute,
on pourrait faire un plan d'action concerté selon l'article 13,4, parce que,
là, il y a tous les critères, puis... Puis, que la personne ne veut pas... Si
elle a tout... si elle est apte à prendre ses décisions puis qu'elle ne veut
pas, ça s'arrête là. Si, par contre, l'intervenant remarque l'alinéa 1, parce
que si la personne ne veut pas, ça s'arrête là, là. Moi, c'est vraiment comme
ça que je le comprends. Il y a une question, puis, tu sais, c'est pour ça que
c'est important, les articles précédents.
Mais, par contre, dans certaines
situations, si la personne... Puis là, on voit, là, capacités limitées,
répercussions, il y a un risque pour sa sécurité. Bien, avant de revenir en
P-38, c'est beaucoup... peut-être probablement plus préventif de faire une
concertation entre intervenants. Mais, tu sais... la situation idéale, c'est le
consentement. Une personne... puis méfiance, je comprends le mot, là, mais
c'est un bon exemple, des personnes en situation d'itinérance, des fois, qui
ont vécu des mauvaises expériences, qui ne font pas confiance, qui ont peur, tu
sais, que des gens prennent des décisions sur eux.
Des fois, c'est... Tu sais, je ne veux pas
jouer avec les mots, là, mais c'est l'absence de confiance ou les mauvaises
expériences qui amènent à craindre pour toutes sortes de raisons, là, qui leur
sont propres. Mais moi, je vois vraiment cet article-là comme un article de
dernier recours si on a besoin de se mobiliser pour une personne. Parce qu'on
veut éviter, là, qu'elle retombe dans des dangers pour elle-même, sécurité,
tout ça. Mais je pense que c'est la bonne chose à faire.
M. Fontecilla : Je me dois de
présenter un autre cas de figure, là, et peut-être d'un cas clinique, là, une
personne qui cesse de prendre sa médication et qui commence à entendre des
voix... des voix, mais ne manifeste pas une dangerosité... de danger, un danger
particulier pour soi ou pour autrui, là. Est-ce qu'il pourrait être
susceptible... et qui a... manifeste une réticence, pour rajouter à la
complexité, là. Quel est le parcours, la logique qui suit dans le PAC, dans ce
cas-ci?
Mme Bélanger : C'est sûr que
dans... Quand... pour appliquer un article comme ça, c'est qu'on est dans des
situations complexes, hein? C'est clair. Je vais laisser peut-être docteur
Dufour répondre.
M. Dufour (Mathieu) : Oui. En
fait, le PAC, c'est exactement, je pense, pour ce genre de situation là où
qu'on n'est peut-être pas rendu à utiliser l'article 7 ou 8, hein, de la LPP,
on n'est pas rendu encore à faire un transport forcé puis faire la garde
temporaire, mais on a des inquiétudes et on doit rassembler tous les acteurs.
Si les polices sont impliquées, il n'y a peut-être pas de judiciarisation, puis
là, ça commence à aller moins bien. C'est ça qui est le «fun» avec le PAC,
parce qu'on n'a pas ça présentement ou que tous les acteurs, on peut s'asseoir
ensemble puis dire : OK, qu'est-ce qui est en train de se passer? Comment
on peut prévenir qu'on se rende jusqu'à une garde?
Fait que c'est ça, le PAC nous aide, comme
cliniciens, à faire une gradation de pas tout de suite, juste attendre qu'on se
rende au danger ou à la situation de danger, puis utiliser l'article 7 et 8. On
a quelque chose en amont qu'on peut faire. C'est sûr qu'on va demander le
consentement, comme dans tous les soins. Ce n'est pas un soin, le PAC, mais
dans toutes les décisions qui ont rapport avec les soins des patients, on leur
demande leur consentement, puis on essaie le plus possible, mais au moins on a
un PAC sans consentement pour les situations exceptionnelles qu'on est
quasiment au bord de faire...
M. Dufour (Mathieu) : ...7
et 8, bien, on veut quand même s'asseoir tout le monde ensemble pour voir
qu'est-ce qu'on peut faire pour prévenir pour se rendre à une garde.
M. Fontecilla : Donc,
c'est une mesure préventive de dernière minute, si je peux m'exprimer ainsi.
M. Dufour (Mathieu) :
Oui.
M. Fontecilla : Avant
d'aller à la garde...
M. Dufour (Mathieu) : Ça
fait partie de la gradation...
M. Fontecilla : De la
gradation.
M. Dufour (Mathieu) :
...des outils qu'on peut avoir pour justement éviter des mesures plus
coercitives.
M. Fontecilla : Écoutez,
M. le Président, je serais... je serais tenté d'utiliser ma prérogative de
présenter un amendement concernant plus précisément... la modification de... de
méfiance par refus. Mais je sais que le temps presse, là, je m'attends à la
réponse de la... de la ministre. Je manifeste mon, comment dire, mon désaccord
avec certains éléments qui ont été... explications qui ont été manifestées ici,
ça fait que moi, je m'arrête là.
Le Président (M. Provençal)
:Bien, là, est-ce que vous déposez un
amendement?
M. Fontecilla : Non.
Le Président (M. Provençal)
: Pardon?
M. Fontecilla : Non.
Le Président (M. Provençal)
: OK. Est-ce qu'il y a d'autres interventions? S'il n'y a
pas d'autres interventions, je considère que l'article... 13.7 avec
l'amendement a été discuté.
Mme Bélanger : ...excusez.
Le Président (M. Provençal)
:J'ai dit... Je viens de dire qu'il
n'y a plus d'interventions, donc, l'article 13.7, incluant l'amendement, a
été discuté, ce qui nous permet... d'aller à l'article 13.8, Mme la
ministre.
Mme Bélanger : ...M. le
Président, désolée. Donc, 13.8 : «L'intervenant désigné qui a
procédé au déclenchement d'un processus d'action concerté doit, lorsque ce
processus prend fin, informer tout autre intervenant désigné y ayant collaboré
de la nature des mesures privilégiées en vue, d'une part, de remédier à la
situation dans laquelle se trouvait la personne visée par le processus et où sa
santé ou sa sécurité ou la sécurité d'autrui était compromise et, d'autre part,
de prévenir la récurrence de cette situation. Il l'informe également de toute
mesure évoquée dans le cadre de ce processus et susceptible de faire l'objet
d'un suivi plus spécifique, suivant les volontés de la personne visée par le
processus, en vue de répondre de façon plus adaptée à ses besoins, comme
l'élaboration d'un plan de crise ou l'énonciation de directives psychiatriques
anticipées conformément au chapitre II.3.»
Commentaire : La présente disposition
prescrit l'obligation, pour l'intervenant désigné ayant déclenché le processus
d'action concerté, d'informer, lorsque celui-ci prend fin, tout autre
intervenant ayant collaboré au processus, des mesures privilégiées pour
remédier à la situation de la personne ayant mené au déclenchement du processus
et prévenir une récurrence de cette situation. L'intervenant informe également
tout autre intervenant des mesures évoquées dans le cadre du processus et qui
pourrait fait l'objet d'un suivi spécifique selon les volontés de la personne
visée par le processus.
• (16 h 20) •
Le Président (M. Provençal)
:Ça va? Interventions? Oui, Mme la
députée de D'Arcy-McGee.
Mme Prass : Merci, M. le
Président. La façon dont c'est écrit, on dirait que... ou l'interprétation pourrait
être que c'est l'intervenant désigné qui a procédé au déclenchement du
processus qui va décider quand elle prend fin. Parce que, si c'est la personne
qui déclenche qui doit ensuite informer les autres personnes de la fin du
processus, donc, ce n'est pas une décision qui se prend de façon collective,
que ça prend fin. C'est... c'est pris par la personne qui a déclenché.
Mme Bélanger : Je vais
laisser... Il y a... il y a peut-être des nuances à ça, je vais laisser la
sous-ministre.
Le Président (M. Provençal)
: Mme la sous-ministre, s'il vous plaît.
Mme Landry
(Geneviève) :En fait, ça ne veut pas dire
que la personne qui met fin n'aura pas informé l'ensemble des intervenants qui
ne sont pas d'accord. Donc, ce n'est pas une permission d'agir unilatéralement.
C'est plutôt de dire, il faut boucler la boucle. Une fois que c'est fait,
informer les gens des actions qui ont été posées, si jamais eux, à la suite de
ça, en dehors du processus d'action concerté, ont une intervention à poursuivre,
et d'autres personnes qui pourraient être tenues de prendre la balle. Ça fait
qu'on renforce l'idée de coordination ici, mais ce n'est pas du tout de dire,
la personne qui a commencé le termine comme elle le veut, sans... sans les
autres intervenants.
Mme Bélanger : Oui. Je
me permets quand même d'ajouter quelque chose. Dr Dufour pourra ajouter,
mais... Tu sais, ça s'appelle un plan d'action concerté, ça fait que
d'habitude, c'est concerté. Ça fait que, quand toutes les mesures sont
réalisées permettant à la personne, là, de pouvoir se... se rétablir, et quand
la situation est remédié, à un moment donné, on ferme le plan d'action
concerté.
Puis là, dans le fond, ce qu'on identifie,
c'est la responsabilité de le fermer et d'informer tout le monde en bonne et
due forme. C'est comme si on fermait le dossier, là, pour avoir une idée, mais
c'est l'intervenant désigné qui a enclenché le processus qui a cette
responsabilité-là.
Mme Prass : ...se
comprend que ça serait une décision qui se prendrait justement en concertation
pour dire, là, on a atteint nos cibles, nos buts...
Mme Bélanger : Oui...
Mme Prass : ...tous d'accord.
Parce que si une personne lève la main puis dit : moi, j'ai certains
doutes, puis je pense qu'il y a encore du travail à faire, ça va être pris en
considération.
Mme Bélanger : L'idée de
l'interdisciplinarité puis de... Alors, de mettre de la responsabilité
individuelle comme professionnelle, mais collective, parce qu'à partir du
moment où tu t'assois dans un plan d'action concerté, tous les partenaires
autour de la table partagent des objectifs, là. Alors, donc...
Mme Prass : Et j'imagine, je
ne sais pas si on l'a traité auparavant, mais, quand le plan va être rédigé,
évidemment, il va avoir des cibles, disons, pour avoir... pour que... pour
qu'on sache quand l'action prendra fin, pour dire : OK, bien, la personne
est logée, ils sont aptes, ça fait longtemps, ils sont médicamentés, quoi que
ce soit. Donc là, à ce moment-là, ça va être écrit, puis une fois qu'on rejoint
ces cibles-là, on met fin au processus.
Mme Bélanger : On met fin au
processus, puis il peut avoir, dans la finale, s'assurer que la personne
continue de recevoir des services par des équipes régulières, par exemple, ou
quoi que ce soit. Alors...
Mme Prass : Pas
nécessairement la fin, mais c'est la fin de cette action-là...
Mme Bélanger : ...c'est ça, du
plan d'action...
Mme Prass : ...mais que les
services pourront poursuivre si nécessaire.
Mme Bélanger : ...exact.
Mme Prass : On parle aussi
d'un suivi que... Il l'informe également que toute mesure évoquée dans le cadre
de ce processus est susceptible de faire l'objet d'un suivi plus spécifique.
Est-ce que le suivi plus spécifique, c'est ce à quoi vous faites référence que,
même à la fin, il peut y avoir des services qui vont être offerts? Parfait. Et
on parle de répondre de façon plus adaptée à ses besoins. Encore une fois, je
vais évoquer la situation de l'itinérance, par exemple. Alors, une personne qui
a besoin d'être logée, qui a besoin, par exemple, des ressources en matière de
toxicomanie, quoi que ce soit. Fait qu'on va s'assurer, encore une fois, selon
la réalité de chaque individu, que tout le monde autour de la table va leur
offrir les services dont ils auront besoin, pas seulement pour en matière de
santé mentale, mais pour qu'ils soient plus organisés et soient en sécurité,
disons.
Mme Bélanger : Exactement.
C'est vraiment ça, l'esprit de cet article.
Mme Prass : D'accord. Merci,
M. le Président.
Le Président (M. Provençal)
:Interventions? Oui, M. le député de
Laurier-Dorion.
M. Fontecilla : M. le
Président. Donc, c'est celle... l'intervenant désigné qui peut... qui a
déclenché le PAC, qui peut déterminer la fin?
Mme Bélanger : Oui,
exactement, mais pas déterminer la fin. Elle... La détermination de la fin
devrait se faire en équipe. C'est un travail d'équipe, tout ça, là. Je veux
dire, il y a un intervenant désigné, puis, donc, ils font faire un plan
d'action, là, si je peux m'exprimer ainsi, lorsque la personne est en voie...
lorsque la situation est en train de se remédier, mais l'intervenant désigné,
il y a quand même une responsabilité de dire : bien, je pense qu'on a
atteint les objectifs, voici. Et il doit, à ce moment-là, informer les autres
qu'on prend fin, puis informer les intervenants.
M. Fontecilla : Très bien.
On... C'est sûr, on est ici dans un monde ou, comment dire... Dans une
situation idéale où tout le monde s'entend. Tous les intervenants qui ont été,
comment dire, qui font partie du PAC. Mais, il peut arriver qu'il y a des
dissensions, on s'entend, on continue, on continue pas. Il y en a qui ne sont
pas d'accord, mais la... la décision revient au... à l'intervenant désigné qui
a déclenché l'enquête. Mais ça, ça pourrait faire en sorte q'un autre
intervenant, automatiquement après... la seconde immédiatement après déclenche
un autre processus.
Mme Bélanger : ...il faut
éviter de faire ça, là, parce qu'il reste qu'il y a quand même... Tu sais, les
gens ont une responsabilité professionnelle, là, puis il y a... Il y a quand
même...
Une voix : ...
Mme Bélanger : ...oui, c'est
ça, ils ont quand même, tu sais... C'est ça, la responsabilité professionnelle
est importante. Mais vous soulevez un bon point. Peut-être que je laisserais la
sous-ministre adjointe...
Le Président (M. Provençal)
:La sous-ministre, s'il vous plaît.
Mme Landry
(Geneviève) :Oui, merci, M. le Président.
Merci pour la question. En fait, les intervenants ne sont pas... généralement
sont très, très professionnels et, justement, se comportent dans l'intérêt, là,
du patient. Cependant, il y a des coordinateurs cliniques. Ces gens-là ont des
personnes...
Mme Bélanger : Oui, on
entend, on entend. OK, excusez.
M. Fontecilla : Si vous
pouviez reprendre, s'il vous plaît, j'étais...
Mme Landry
(Geneviève) :Avec plaisir. Donc, les
intervenants, évidemment, comme je le disais, là, sont très professionnels, ont
intérêt... à cœur le bénéfice des usagers puis de donner les bons soins et
services. Cependant, s'il arrivait une situation, justement, de mésentente ou
de litige quelconque, tous les intervenants ont des coordonnateurs cliniques ou
un patron à qui se référer pour résoudre les situations problématiques puis
s'assurer de prendre les moyens pour que le processus se mène à bon port. Donc,
c'est... il y a... il y a des filets pour ça.
Le Président (M. Provençal)
: Oui, Mme la députée de D'Arcy-McGee.
Mme Prass : Merci, M. le
Président. Comme vous le voyez... Comme j'ai dit en commençant, je trouve la
façon...
Mme Prass : ...écrit, ce n'est
pas clair que, comme vous l'avez dit, que le processus va prendre fin suite à
une décision des acteurs autour de la table. Donc, je ne sais pas si vous serez
ouverte à amender cet article pour ajouter quelque part « suite à une décision prise par
les acteurs », parce que,
vraiment, la façon dont c'est écrit, puis le collègue a eu la même… le même
réflexe que moi, quand on lit, on peut très bien… on peut interpréter que Ah
bah, c'est l'intervenant désigné qui a déclenché le processus et là, qui va
décider quand elle prend fin. Donc, et je comprends, l'intention du
gouvernement n'est pas celle-ci, c'est vraiment que la décision qui se prenne
avec les partenaires autour de la table. Mais, je pense qu'il y aurait
peut-être lieu de le préciser dans cet article. On peut continuer et revenir plus
tard, mais je demande à la ministre si elle aurait une certaine ouverture,
juste pour clarifier, parce que, comme je l'ai dit, à ma lecture et celui du
collègue, notre interprétation, et, si c'est un petit peu… Je pense que ça
serait bien de préciser que la décision pour… à la fin du processus, va être
prise en concertation plutôt par la personne qui a déclenché.
Mme Bélanger : OK, oui,
peut-être, là, madame…
Mme Landry
(Geneviève) :Deux précisions. Donc, en
fait, je réitère ici, c'est un devoir d'informer, ce n'est pas un devoir de
décider, de fermer ou quoi que ce soit, là, lorsqu'on lit l'article. Mais ce
que je vous propose, si, sous réserve, là, de l'accord de Mme la ministre, en
fait, plus loin, on va… on a l'entente cadre qui prévoit les éléments suivants.
Donc, ici, dans l'entente cadre, on convient les principes, les modalités, les
limites, les rôles. Donc, il y a ici, là, matière à préciser l'ensemble de ces
éléments -à, dans l'entente cadre signée entre les dirigeants d'organismes et
la ministre, là. Donc, c'est… je voulais vous le rappeler, là, justement, qu'il
y a un lieu où on précise davantage, là, comment ça va se passer entre les
intervenants.
Mme Prass : Mais juste une
question, parce que, là, vous parlez de l'entente cadre, mais là on parle du
plan d'action concerté. Est ce que l'un va dicter l'autre ?
Mme Landry
(Geneviève) : exact. L'Entente cadre, c'est l'engagement à
haut niveau, puis, ensuite, ça va découler sur le terrain avec formation,
protocole d'entente et tout ce qu'il faudra pour bien clarifier les rôles.
Mme Prass : OK, ça fait
qu'on y reviendra au 13.9. OK.
Le Président (M. Provençal)
: Ça va ?
Mme Prass : Oui. Merci.
Le Président (M. Provençal)
: Avant de passer à la lecture du
prochain chapitre et de l'article 13.9, j'aimerais votre consentement pour
permettre à la députée de Westmount–Saint-Louis de pouvoir remplacer le député
de Nelligan. Consentement ?
Des voix : Consentement
Le Président (M. Provençal)
: Merci beaucoup. Alors, on va… on arrive au
chapitre 2.2, Entente cadre nationale concernant la protection des
personnes présentant une altération de leur état mental. Et on débute avec le
13.9. Mme la ministre.
• (16 h 30) •
Mme Bélanger : Alors, M. le
Président. Alors,
Le ministre conclut une entente cadre nationale
concernant la protection des personnes présentant une altération de leur état
mental avec le ministre de la Justice, le ministre de la Sécurité publique, la
Commission des droits de la personne et des droits de la jeunesse, le curateur
public, le directeur des poursuites criminelles et pénales, Santé Québec, la
Régie régionale de la santé et des services sociaux du Nunavik, le Conseil cri
de la santé et des services sociaux de la Baie James et toute personne ou tout
organisme qu'il juge utile.
Cette entente cadre nationale doit notamment
prévoir les éléments suivants :
1° les principes directeurs qui doivent
guider les actions posées à l'égard des personnes présentant une altération de
leur état mental ;
2° les modalités et les limites relatives
au rôle et à la collaboration des intervenants, désignés applicables dans le
cadre de mécanismes de consultation et de concertation visés au deuxième alinéa
de l'article 13.1 ;
3° la constitution de comités pour établir
une gouvernance nationale et régionale en matière de protection des personnes
présentant une altération
de leur état mental ;
4° l'obligation des parties de voir à
l'élaboration et à l'actualisation d'outils de soutien à l'intervention à
l'égard de telles personnes, en y incluant des éléments se rapprochant… se
rapportant, excusez-moi, à l'aide dont pourraient bénéficier leurs proches
lorsqu'un tel outil s'y prête.
Commentaires : L'article 13.9 prescrit
que le ministre doit conclure une entente cadre nationale concernant la
protection des personnes présentant une altération de leur état mental. Il
liste les parties à cette entente, ainsi que les éléments qui doivent
minimalement y être prévus, tels que les principes directeurs devant guider les
actions posées à l'égard de personnes prés…
16 h 30 (version non révisée)
Mme Bélanger : … présentant une
altération de leur état mental et la constitution de comités pour établir une
gouvernance en ce qui concerne la protection de ces personnes.
Le Président (M. Provençal)
: … un amendement Mme la ministre.
Mme Bélanger : Oui, j'ai un
amendement. Alors. Donc, supprimé dans le premier alinéa de l'article 13.9 de
la Loi sur la protection des personnes présentant une altération de leur état
mental proposé par l'article 10 du projet de loi. Le Directeur des poursuites
criminelles et pénales. Commentaire : L'amendement a pour but de retirer
la participation du Directeur des poursuites criminelles et pénales en tant que
partie à l'entente cadre nationale concernant la protection des personnes
présentant une altération de leur état mental, qui sera conclu en vertu de la
loi. Après analyse et réflexion, celui-ci en a fait la demande.
Le Président (M. Provençal)
:… fait un amendement similaire.
Mme Bélanger : Exactement.
Le Président (M. Provençal)
:Dans les articles auparavant.
Mme Bélanger : Exactement.
Le Président (M. Provençal)
:Alors, interventions sur cet
amendement?
Une voix : …
Le Président (M. Provençal)
:On en avait accepté un auparavant
avec le même libellé. Alors, s'il n'y a pas d'autres interventions, est-ce que
l'amendement à l'article 13.9 est adopté? Adopté. Merci.
Une voix : La... de la
responsabilité des membres. Il y a de cela, il y a, il y a 10 ans, une
problématique.
Le Président (M. Provençal)
:Il y a-t-il une problématique?
Mme Bélanger : Il n'y a pas
de problématique.Tout est beau.
Le Président (M. Provençal)
:OK. Alors bon, on revient pour discussion
sur l'article 13.9 amendé. Mme la députée de D'Arcy-McGee.
Mme Prass : Merci, M. le
Président. Lors des consultations, dans leur mémoire, l'Association des
médecins en psychiatrie a demandé de faire partie de ce nommé qui serait autour
de la table pour l'entente cadre nationale également la même demande de CAP
santé mentale pour avoir une représentation des proches qui serait autour de la
table. Je sais que vous avez, on évoque Santé Québec et Santé Québec peut avoir
plusieurs représentants dans des professionnels en matière de santé mentale,
mais est-ce qu'il y aurait une ouverture de la part du ministre, pas seulement
pour avoir une représentation des proches, mais un représentant des organismes
communautaires qui vont être partenaires dans les PACS, qui vont être produits?
Et, comme je l'ai dit, la demande de l'Association des médecins en psychiatrie
du Québec.
Mme Prass : … à suivre.
Mme Bélanger : En fait. Donc,
vous savez qu'on a, comme ministre, j'ai aussi la possibilité de nommer des
personnes. Alors, votre proposition, c'est de s'assurer que, au niveau de l'entente
cadre nationale, il y a une représentation d'un organisme.
Mme Prass : Exact. Bien,
écoute, je.
Mme Bélanger : Parce que là, vous
voyez, après, c'est…, faut faire le choix de cet organisme-là.
Mme Prass : Oui, mais.
Mme Bélanger : Niveau
national.
Mme Prass : À tout de moins,
je pense. On parle. Premièrement, comme je l'ai dit, il y a la question de la
représentation des proches. Il y a la question d'une représentation des
organismes communautaires qui, comme je l'ai dit, vont être des partenaires de
premier plan pour les PACS. Et je vous pose la question pour l'Association des
médecins de psychiatrie, parce qu'ils ont fait la demande.
Mme Bélanger : Oui, oui, l'Association,
c'est un syndicat. Fait que c'est sûr, qu'on ne soit pas là, pas qu'on ne les
aime pas, mais ce n'est pas la place pour être sur une entente cadre. Il faut
juste regarder le niveau, là, c'est vraiment des instances, là, vous voyez un
peu, là, on parle du ministre de la Sécurité publique, la Commission des droits
de la personne, le Curateur public. Moi, ce que je…, ce que je serais peut-être
ouverte, ce serait à regarder peut-être un représentant des usagers ou des
proches aidants.
Mme Prass : Oui.
Mme Bélanger : Je libérerai
comme ça. Puis un représentant. Parce que là, l'idée c'est vraiment un art.
Mme Prass : Oui.
Mme Bélanger : C'est quand
même, un comité, là, qui permet vraiment juste de baliser les grandes lignes.
On est à un niveau très, très stratégique, et peut-être qu'on pourrait le
baliser comme ça. On pourrait donc y revenir. On va le prendre en note.
Mme Prass : Oui. Non, je
pense que c'est ça, ce n'est pas de faire une liste exhaustive, mais de s'assurer
que certaines réalités soient représentées autour de la table, y compris ceux
des proches.
Mme Bélanger : Parfait. On va
prendre ça en note.
Mme Prass : Hum. Également,
on parle donc la constitution des comités pour établir une gouvernance
nationale et régionale. On se comprend. Ça va être. Il va y avoir une présence
dans toutes les régions du Québec au troisième alinéa. Vous parlez de la
constitution de comité pour établir une gouvernance nationale et régionale. Est-ce
que ça va être le cas dans toutes les régions du Québec?
Mme Bélanger : C'est dans le
cas de toutes les régions du Québec, parce que, vous l'avez vu dans un article
précédent…
Mme Bélanger : ...on a parlé
d'une gouvernance nationale puis que le reflet-miroir dans toutes les régions
du Québec, et c'est la même chose ici. C'est sur l'ensemble des régions.
Mme Prass : Et, dans le
quatrième alinéa, on parle de l'aide dont pourraient bénéficier leurs proches.
Est-ce que c'est de l'aide pour les aider, accompagner leurs proches qu'il y a
eu une altération de leur état mental? Ou est-ce que c'est de l'aide pour le
proche qui, peut-être, lui, justement, a des enjeux de... en matière de santé
mentale, en raison de la situation dans laquelle il se retrouve avec l'autre
personne?
Mme Bélanger : ...c'est ce
que je comprends, sur le quatrième alinéa, là. Vous pouvez peut-être vérifier,
mais ma compréhension, c'est que c'est les deux, l'intervention à l'égard de
telles personnes, en y incluant des éléments se rapportant à l'aide dont
pourraient bénéficier leurs proches lorsqu'un tel outil s'y prête. Je comprends
que c'est les deux.
Mme Prass : Est-ce qu'ils
pourraient faire la demande eux-mêmes dire : écoutez, moi, justement, dans
le cadre de ma réalité, moi, j'ai besoin de parler à quelqu'un ou quoi que ce
soit?
Mme Bélanger : ...fasse au
niveau local, par exemple.
Mme Prass : Mais ça se ferait
dans le cadre du PAC?
Mme Bélanger : Ça se ferait
au niveau local...
Mme Prass : C'est ça.
Mme Bélanger : ...bien, c'est
parce que là, on est dans l'entente-cadre nationale qui vient donner les
balises...
Mme Prass : ...bien, c'est ça
qui donne les balises.
Mme Bélanger : ...mais ce que
vous dites... Oui, ça, ça donne les grandes balises. Mais, après ça, un proche
qui veut faire une demande ou un usager, inversement, va le faire au niveau
local. C'est pour ça. L'objectif, là, c'est vraiment de mettre en place les
principes directeurs, énoncer les grands... les comités, donc, au niveau
régional et ainsi de suite. Mais après ça, un proche qui veut faire une demande
particulière, ce n'est pas au comité régional qui va le faire. Il va le faire
dans son instance locale.
Mme Prass : Mais, dans ce
cas-là, si ça fait partie du plan d'action concerté, parce que, comme vous le
dites, là, vous venez baliser les PAC. Donc, si une personne... Moi, par
exemple, je fais l'objet d'un PAC parce que j'ai un P-38 qui est impliqué, mais
mon conjoint veut aller voir le PAC puis dire : écoutez, pour que je
puisse accompagner la personne, moi, j'ai besoin de certains services. Donc, ce
serait dans le contexte du PAC. Les services seraient offerts de façon locale,
mais la demande pourrait se faire au niveau du PAC parce que sinon la personne
fait la demande locale, ils vont se retrouver comme tout le monde d'autre, pas
nécessairement avoir accès quand ils en ont besoin.
• (16 h 40) •
Mme Bélanger : Oui, bien, en
fait, dans le cadre d'un PAC, il y a un début puis une fin. On identifie les
besoins de la personne, les services, comment on se concerte. Mais, supposons
qu'il y a une demande pour que les proches aient des services. Mais, je veux
dire, après le PAC se ferme, et si, mettons, cette personne-là veut continuer
de discuter des services par la suite, elle va le faire directement avec son
instance locale, là.
Mme Prass : Une fois qu'elle
prend fin...
Mme Bélanger : Tout à fait.
Mme Prass : ...mais dans le
contexte du PAC...
Mme Bélanger : Oui, oui, tout
à fait.
Mme Prass : ...le proche peut
demander...
Mme Bélanger : Bien, oui.
Mme Prass : ...des services
également. OK. Merci, M. le Président.
Le Président (M. Provençal)
:Oui. M. le député des
Îles-de-la-Madeleine.
M. Arseneau : Oui, j'aimerais
ça qu'on me définisse le palier régional par rapport au palier local, dans une
situation, peut-être, très particulière qui est la mienne, là, où il y a des
services aux Îles-de-la-Madeleine qui sont gérés à partir de Gaspé, même si on
a un CISSS local aux Îles-de-la-Madeleine. Dans ce cas-là, est-ce qu'on parle
d'une instance régionale Îles-de-la-Madeleine ou Gaspésie–Îles-de-la-Madeleine?
Îles-de-la-Madeleine deviendrait une instance locale dans cette... dans cette
perspective-là, là. Je... C'est parce qu'on a longuement parlé des régions
sociosanitaires lorsqu'il était question de la réforme, là, de Dubé. Ici, le
régional, c'est la région sociosanitaire?
Le Président (M. Provençal)
: ...la sous-ministre.
Mme Landry
(Geneviève) :Donc, en fait, bien, vous
donnez un cas de figure quand même important, là, en parlant le volet Gaspé
versus les Îles, mais c'est vraiment dans le CISSS, aux Îles, avec des
intervenants... Tu sais, on a dit régional, mais on pourrait dire local, là,
dans ce cas-là. Donc, ça ne sera pas des intervenants de Gaspé qui vont se
mobiliser autour d'une personne aux Îles. Ça va des intervenants du CISSS des
Îles avec les partenaires intersectoriels qui peuvent être présents sur votre
territoire. Puis, le niveau national, bien, là, c'est les grands principes,
l'entente, la ministre de la Santé, le ministre de la Sécurité intérieure.
Donc, on est vraiment à deux niveaux. Puis le local, ce n'est pas dans une
autre région que ça se passe pour quelqu'un qui a besoin, par exemple, aux
Îles. Donc, je sais que votre cas de figure, il est différent des autres
territoires, si c'est CIUSSS, là, mais c'est vraiment à proximité de la
personne aux Îles, dans le cas que vous nommez.
M. Arseneau : ...Tout à fait.
Puis, dans le cas de la région de la Gaspésie, par exemple, on a la région de
la Gaspésie, mais on a aussi chacun des RLS. Les RLS sont le niveau local
auquel on fait référence, là, dans la discussion.
Mme Landry
(Geneviève) : Oui.
M. Arseneau : C'est tout à...
C'est ça.
Mme Bélanger : Oui. Puis le
niveau régional, c'est sûr qu'il y a une particularité au niveau des Îles parce
que la région sociosanitaire plus élargie, mais vous avez quand même votre
CISSS...
M. Arseneau : ...c'est ça.
Mme Bélanger :
...particularité, là. Vous avez quand même le CISSS qui est à un niveau... Je
ne veux pas le qualifier...
Mme Bélanger : …mais oui,
d'une certaine façon.
M. Arseneau : , Mais c'est
ça. Mais c'est qu'il y a un… c'est ça, c'est que le… aussi…
Mme Bélanger : Il y a
certains services régionals qui…
M. Arseneau : Certains
services qui dépendent de Gaspé, exactement. C'est pour ça que je voulais juste
clarifier la question de la santé mentale, que c'était bien chez nous,
localement4 que ça… localement sur le plan régional des Îles-de-la-Madeleine.
Merci.
Le Président (M. Provençal)
:Ça va? Oui, Mme la députée de
Westmount—Saint-Louis.
Mme Maccarone : …Président.
Un plaisir d'être parmi vous tous et toutes aujourd'hui. Mme la ministre, dans
le dernier paragraphe, le numéro 4, on dit l'obligation des parties de voir à
l'élaboration et à l'actualisation d'outils de soutien à l'intervention. Je
comprends qu'il y a un budget de 104 millions de dollars sur… sur quatre
ans. Combien de ce budget va être alloué pour cet enjeu ou ces obligations?
Mme Bélanger : On a… je vais
laisser Mme notre sous-ministre chercher la réponse. On a vraiment des réparti
le budget à différents niveaux, mais il y a un budget qui est spécifique, là,
pour les différentes…
Mme Landry
(Geneviève) :Oui. Donc, en fait,
évidemment, je n'ai pas le budget spécifique pour les outils, là, mais c'est le
budget pour les processus d'action concerté et la mise en place de tout ça.
Donc, j'ai 27, 28, 1,5 million, puis ensuite, sur trois ans, là, c'est un
sous-total de 4,5 millions. Donc, un, il y a quand même l'information qui
doit circuler, les intervenants formés et les outils.
Mme Maccarone : Puis, s'ils
ont besoin de plus, qu'est-ce qui arrive? Parce qu'on ne sait pas si ça va
fonctionner… on est à la veille de la mettre à l'œuvre.
Mme Bélanger : En fait, c'est
le budget qui a été prévu dans le cadre de ce projet de loi sur une période de
quatre ans? Trois ans?
Mme Landry
(Geneviève) :Cinq ans, mais je l'ai
décliné sur trois ans.
Mme Bélanger : Tu l'as
décliné sur… OK, donc c'est un budget sur cinq ans. Et puis, bien sûr, bien,
comme on fait à chaque exercice budgétaire, on réévalue nos budgets, nos
programmes, et alors, advenant le fait qu'on ait besoin de plus, bien, c'est la
démarche budgétaire habituelle à chaque année, là, à ce moment-là.
Mme Maccarone : OK. Merci.
Le Président (M. Provençal)
: < Ça va? Autres interventions? S'il n'y a pas d'autres
interventions… Mme la députée de D'Arcy-McGee?
Mme Prass : Oui. Non, juste
pour dire, on a transféré, suite aux discussions qu'on a eues plus tôt sur la
représentation des usagers, on transfère un amendement. On dépose un
amendement, plutôt.
Le Président (M. Provençal)
:Ça va. Qui va être à 13.9?
Mme Prass : Exact.
Le Président (M. Provençal)
: OK.
Des voix : …
Mme Bélanger : OK.
Le Président (M. Provençal)
:Ça va?
Mme Bélanger : Ça va.
Le Président (M. Provençal)
: Est-ce que vous l'avez transféré? Merci. On va le traiter…
j'attends. Ça me permet de garder la discipline. Donc l'amendement est sur
Greffier. On va le projeter à l'écran.
Alors, Mme la députée de D'Arcy-McGee, je
vais vous inviter à nous faire lecture de votre amendement.
Mme Prass : Oui, « Ajouter,
dans le premier alinéa de l'article 13.9 tel qu'amendé… qu'amendé de la Loi sur
la protection des personnes présentant une altération de leur état mental,
proposé par l'article 10 du projet de loi, après les mots « le curateur public,
» des mots « un représentant des comités des usagers, ». Voulez-vous que je
lise l'article?
Le Président (M. Provençal)
:On va le projeter. On va aller voir
où est votre… on voit très bien où est votre modification…
Mme Prass : Parfait.
Le Président (M. Provençal)
: …ou bonification, dépendamment…
Mme Prass : Je dirais
bonification.
Le Président (M. Provençal)
:…de la perception qu'on peut avoir.
Mme la ministre?
Mme Bélanger : Bien, merci.
Je pense que c'est bien. Peut-être un petit bémol, là. Représentant des comités
des usagers. Ça serait mieux d'écrire un représentant des usagers, parce que le
comité des usagers, vous savez, ils sont au niveau de la LGSSSS, ils sont au
sein de chacun des établissements de Santé Québec. Tandis qu'un usager, ça
pourrait être beaucoup plus large que ça. Il n'est pas obligé de venir du
comité des usagers d'un CISSS ou d'un CIUSSS. Ça nous donne la possibilité de
prendre un usager qui serait, par exemple, dans un groupe de représentants plus
au niveau national. Un usager. Parce que comité des usagers, on va être obligé
de piger dans la… dans les comités des… ça nous amène, là, vraiment… puis ce
n'est pas sûr qu'au comité des usagers, il y a des…
Mme Bélanger : ...il y a
des gens qui sont... qui représentent les gens de la santé mentale, non plus.
Ça fait que, je trouve, ça nous laisse plus de latitude.
Mme Prass : ...Oui.
Le Président (M. Provençal)
: Vous êtes à l'aise?
Mme Prass : Oui, on est à
l'aise. On va retirer l'amendement, on va le redéposer avec la suggestion de la
ministre.
Le Président (M. Provençal)
:Alors, consentement pour retirer cet
amendement-là? Consentement., merci. Et on va nous faire parvenir un... un
nouvel amendement où on aura effectué le correctif.
Des voix : ...
(Suspension de la séance à 16 h 49)
(Reprise à 16 h 56)
Le Président (M. Provençal)
: Alors, on reprend nos travaux et je vais inviter de ce pas
la députée de D'Arcy-McGee à nous faire la lecture de son amendement.
Mme Prass : ...M. le
Président. Donc, ajouter, dans le premier alinéa de l'article 13.9 tel
qu'amendé de la Loi sur la protection des personnes présentant une altération
de leur état mental, proposé par l'article 10 du projet de loi, après les mots
«le curateur public,» des mots «un représentant des usagers,». Donc, tel que je
l'ai mentionné plus tôt, c'est pour s'assurer qu'il y a... il y a une
représentation soit des proches, soit des usagers qui vont faire partie,
justement, des discussions qui vont avoir lieu pour l'entente-cadre qui ensuite
va dicter ce qui se passera dans les PAC.
Le Président (M. Provençal)
: Merci beaucoup.
Mme Prass : Merci.
Le Président (M. Provençal)
: Autres interventions? M. le député de Laurier-Dorion.
M. Fontecilla : Puisqu'on est
à l'entente-cadre nationale, je comprends la volonté de la ministre de faire
appel éventuellement à un large éventail, là, mais on a en ce moment une
instance qui s'appelle le comité national des usagers, qui... des représentants
d'un peu tous les secteurs, et j'aurais tendance à préférer que si on utilise
dans l'entente-cadre nationale... Peut-être pas dans l'entente... dans le PAC
local, mais dans l'entente-cadre nationale, j'aurais tendance à préférer
d'utiliser l'équipe nationale... le comité national des usagers.
Mme Bélanger : Oui, bien, en
fait, c'est parce que le comité dont vous parlez, c'est un comité qui relève de
Santé Québec, puis ici, on n'est pas dans... dans les établissements, on est à
un autre niveau. Alors, je pense qu'on se donne beaucoup plus de latitude
d'avoir un porte-parole qui ne serait pas sur un comité des usagers, mais qui a
beaucoup... On en a vu, on en a rencontré des gens qui ont beaucoup
d'expérience, qui sont des gens qui travaillent même comme pairs-aidants ou qui
sont des usagers, puis on... Alors... Puis...
Je ne veux pas nommer certaines personnes
qu'on a rencontrées, mais ces gens-là ne sont pas nécessairement au comité
national. Moi, je séparerais Santé Québec de ce niveau-là, on est ailleurs, là.
On est vraiment ministre de la Justice, le ministère de la Sécurité publique,
Commission des droits de la personne. Fait que donnons-nous la possibilité.
Puis, ce n'est pas dit, qu'au comité national des usagers, que le représentant
en santé mentale... parce qu'il peut y avoir des représentants jeunesse,
représentants, etc., etc.Ce n'est pas dit que cette personne-là a
nécessairement aussi, comment je dirais... la compétence pour siéger à un
comité de ce niveau-là. Fait que, tu sais... Alors, moi, je me dis :
donnons-nous... D'habitude, la façon que ça fonctionne, parce qu'on a d'autres
comités, là... Les gens envoient leur curriculum vitae. Puis là, avec le
ministère, il y a un tri, puis on...
Mme Bélanger : ...c'est
la meilleure personne puis au bout de la ligne, c'est le ministre qui décide.
Mais là, si on se met tout de suite représentant du comité des usagers, je ne
suis pas certaine que c'est la bonne chose. Ça représente les établissements,
ça ne représente pas tout. Les organismes ne font pas partie des
établissements. Ça fait que moi, je séparerais ça.
Le Président (M. Provençal)
: ...député?
M. Fontecilla : Oui...
J'entends votre argument, là, parfait, on peut être en accord, en désaccord...
Je m'en vais... j'extrapole un peu plus loin, là, s'il y a un représentant des usagers
large, au niveau national, ne faudrait-il pas avoir une sorte de miroir au...
au PAC, aussi? Locaux? Donc, avoir un représentant, et là, du comité des
usagers, etc., etc., là, ça reste à voir, là. Mais je pose la question.
Mme Bélanger : Je vais,
je vais laisser... Parce que, là, on est dans l'entente-cadre. Cette
entente-cadre là donne les grandes modalités. Bien sûr, après, ça prend le
relais de Santé Québec qui va redescendre ça dans ses établissements. Mais je
vais laisser la sous-ministre en parler.
Mme Landry
(Geneviève) :Merci, M. le Président.
Au... au niveau local, l'objectif, c'est de traiter, donner les soins,
s'assurer de s'arrimer pour donner les services à la personne. Donc, un
représentant des usagers serait comme un tiers qui viendrait avoir de
l'information sur une personne. Donc, c'est moins approprié au niveau local.
Cela dit, chaque... chaque installation du
réseau a un comité des usagers ou un comité des résidents, plus de 600 dans
l'ensemble du réseau, le comité national à Santé Québec. Donc, ces comités-là
sont en lien, forcément, avec les intervenants et les usagers, là, donc rien
n'empêchera de faire le pont avec les comités d'usagers.
Mais dans un processus clinique pour...
pour donner des services à une personne, ce serait plus ou moins, là, approprié
d'avoir un représentant d'un comité d'usagers. Cependant, ils peuvent avoir des
liens au quotidien comme ils le font dans différents dossiers, là, dans
l'établissement.
M. Fontecilla : Très
bien.
Le Président (M. Provençal)
: ...M. le député. Mme la députée de Westmount—Saint-Louis.
Mme Maccarone : Peut-être,
juste, ça va aider peut-être de mieux comprendre, comment est-ce que vous
faites le recrutement pour combler un tel poste ou position au sein de ce type
de comité? Parce que je comprends, là, qu'on... les préoccupations, mais
peut-être ça va aider de comprendre, c'est quoi le processus.
• (17 heures) •
Mme Landry
(Geneviève) :Notre comité national? Notre
entente nationale?
Mme Maccarone : Oui.
Mais, mettons, on veut combler le poste...
Mme Landry
(Geneviève) : Exact.
Mme Maccarone : ...d'un
représentant des usagers...
Mme Landry
(Geneviève) : Oui.
Mme Maccarone : ...C'est
quoi le processus?
Mme Landry
(Geneviève) :Donc, on envoie une
correspondance et ils rencontrent souvent de tous les groupes que l'on connaît,
avec qui on est habitué de... bien, pas nécessairement ceux avec qui on est
habitué de collaborer, on ouvre ça très large, là, pour s'assurer d'être
exhaustifs envers les groupes concernés. On envoie une lettre, on dit qu'on
recherche quelqu'un avec telle... telle expertise ou telle caractéristique. On
s'entend, on ne professionnalise pas nécessairement le volet usagers, mais
comme on parlait tout à l'heure, en santé mentale. Ensuite, les gens nous
déposent la candidature, c'est analysé au sein du ministère, on fait une
recommandation à la ministre et ensuite il y a un choix, là, qui se fait pour
intégrer la personne.
Mme Maccarone : Ça fait
que quand même des paramètres de sélection de ce que vous souhaitez avoir...
Mme Landry
(Geneviève) :Absolument.
Mme Maccarone : Je pense
que c'est...
Mme Landry
(Geneviève) : Dans la lettre d'envoi, oui, exact.
Mme Maccarone : C'est
bien compris. Merci.
Le Président (M. Provençal)
:Autres interventions? S'il n'y a pas
d'autres interventions, je considère que...
M. Fontecilla : ...qu'arrive-t-il
avec les communautés... communautés autochtones non conventionnées?
Mme Landry
(Geneviève) :Bien, en fait, elles sont
représentées, là, on le voit ici. On avait tout à l'heure... Il faut juste que
je retrouve les... la liste des gens. C'était à quel article...
Des voix : ...
Mme Landry
(Geneviève) : ...13.9, donc, vous voyez, on a la Régie
régionale de la santé et des services sociaux du Nunavik et le Conseil Cri de
la santé et des services sociaux de la Baie-James. Donc, les... les
établissements donnant des services sur le territoire cri... de la Baie-James et
naskapi, également, est représenté par le CISSS de la Côte-Nord et le Nunavik.
Donc, ils sont partie prenante, ils signent même l'entente, là, les dirigeants
de ces organisations-là autochtones signent l'entente-cadre nationale.
M. Fontecilla : Est-ce
que ça englobe les communautés non conventionnées?
Mme Landry
(Geneviève) :En fait, les relations plus
avec les communautés non conventionnées et notamment la CSSSPNQL, bon, se fait
au niveau national avec le ministère, mais ça se fait dans les corridors de
services locaux. Sur le terrain, je suis le CIUSSS de la Capitale-Nationale,
j'ai Wendake, je m'assure d'avoir des liens avec les représentants pour que les
trajectoires de services se fassent bien quand la personne a des services hors
de la communauté ou vers l'hôpital, ou encore quand il y a un processus
d'intervention concerté.
M. Fontecilla : OK. Donc
les non conventionnés seraient... seraient, comment dire, représentés dans
l'entente-cadre nationale par... par qui déjà, là?
Mme Landry
(Geneviève) :...ne signeraient pas
l'entente-cadre nationale, en fait.
M. Fontecilla : OK. Mais
qui...
Mme Landry
(Geneviève) : On aurait nos mécanismes de collaboration
habituels avec les non conventionnés, mais ça ne serait pas enchâssé dans
l'entente-cadre.
M. Fontecilla : Très
bien, mais qui reprend leur voix ou leurs préoccupations ou leur situation?
Qui... qui parle, qui pourrait... comment dire, reprendre leur voix...
Mme Landry
(Geneviève) :En fait, dans les relations
habituelles que le ministère a, notamment, nous, on travaille beaucoup avec la
CSSSPNQL...
17 h 23 (version révisée)
M. Fontecilla :… à traiter ce
sujet-là, à donner une décision, émettre une décision lucide.
Est-ce que la plupart… est-ce qu'il y a des
patients qui refusent des soins, là, ou des… ou des… ou des directives ?
Des voix :…
Mme Bélanger : S'il vous
plaît, on va juste revenir, là.
Là, on est dans une demande anticipée.
Donc, la personne a un diagnostic, elle a
un diagnostic et puis, bien, elle peut prévoir, dans le fond, la façon dont
elle pourrait être traitée le jour où elle perdrait son aptitude temporaire.
Les mots… le mot est très important :
aptitude temporaire.
Donc, quelqu'un qui a un diagnostic de
schizophrénie qui se détériore, puis, là, donc, devient… a une inaptitude.
Alors, donc, cette personne-là dit « Bien, moi, je… je… je sais qu'est-ce
qui va m'arriver le jour où je serai inapte et je souhaite qu'on m'amène à l'hôpital.
Je souhaite que les agents de la paix,
puis les techniciens ambulanciers, je souhaite que mes… je veux informer mes
proches, ce que je veux, et, si ça, ça m'arrive, je veux qu'ils m'amènent à l'hôpital.
Même si je ne veux pas, amenez-moi à l'hôpital.
C'est ça l'idée de la demande anticipée.
Et, là, il y a un formulaire à compléter.
Cette démarche-là, elle doit se faire avec
un intervenant.
La personne prend le temps de définir ce
qu'elle veut, ce qu'elle ne veut pas
Tu sais, il faut faire attention parce que
si on définit un paquet d'affaires qu'on ne veut pas, bien, ça ne donne rien de
faire une demande anticipée.
C'est ça, là. Alors, la personne n'est pas
obligée de faire une demande anticipée.
Il n'y a pas une personne qui est obligée
de faire une demande anticipée, mais, si elle veut faire une demande anticipée,
il y a comme un processus à respecter.
Parce que, sinon, ça va être… sinon, bien,
quand la personne se détériore, bien, là, on reprend le processus et puis on l'amène…
donc, à l'hôpital.
Là, c'est juste qu'on donne la
possibilité.
Puis, ça a été vraiment accueilli très
favorablement par beaucoup de groupes d'usagers, de dire « Bien, moi, je veux être
capable de définir ce que… si ça m'arrive, voici ce que je souhaite ».
Alors, c'est un peu ça, puis, là, de
laisser la définition qui était inscrite avant, et si elle consent ou non aux
soins, bien, ça laissait place à interprétation.
Ça fait que, dans le fond, on a dit « Indiquez les… les soins
auxquels elle consent ».
C'est plus, dans cet esprit-là, signifier
ses intentions.
Alors, je le dirais comme ça, là, pour
essayer de…
Le Président (M. Provençal)
:… une intervention ?
M. Arseneau : Oui, moi, je… je
voulais savoir, dans le cas d'une DPA où on a déjà consenti… à certains soins, qu'arrive-t-il
des évaluations qu'on doit faire ?
C'est-à-dire, est-ce que les soins, en
question, ils sont subséquents aux deux évaluations dont on parlait ou ils
peuvent commencer… on peut commencer les soins au jour 1 parce qu'on y avait
déjà consenti ?
Des voix :…
Mme Bélanger : Est-ce que,
peut-être, Madame la sous-ministre…
Des voix :…
Le Président (M. Provençal)
:Madame la sous-ministre
Mme Landry
(Geneviève) :Donc, la demande anticipée…
vise justement à obtenir le consentement au préalable.
Donc, on n'est plus dans le… on n'est plus
dans le transport forcé ou encore la… l'hospitalisation forcée.
Donc, la personne doit prévoir dans la
demande « J'accepte d'être
hospitalisée » et « J'accepte tels soins ou tels
soins ».
Donc, on n'est pas dans le… dans le volet « forcé », on est vraiment dans le volet « décidé par la personne » et « dans « l'autodétermination ».
Par contre, si, bien, on venait à avoir
besoin d'un médicament… qu'elle n'a pas consenti, ou quoi que ce soit, ou un
soin, bien là, il faut vraiment aller chercher l'autorisation judiciaire.
Mais, c'est justement évité le transport
de force et l'hospitalisation de force par le choix, lorsque l'aptitude, là,
permet de le faire par la personne.
M. Arseneau : D'accord.
Donc, même si la personne, par exemple,
résistait à son transport sur le champ, si elle a consenti…
Mme Landry
(Geneviève) : Oui…
M. Arseneau :… préalablement,
on considère que c'est un consentement ?
Mme Landry
(Geneviève) : Oui.
M. Arseneau : Donc, est-ce que,
sur le plan légal, elle est considérée en garde temporaire ? De toutes… non… elle est
considérée en garde à… d'accord…
Mme Landry
(Geneviève) : Parce qu'elle reçoit des soins pour lesquels elle
a consenti.
M. Arseneau :… consenti,
puisqu'elle l'a fait préalablement ?
Mme Landry
(Geneviève) : Oui. Ça fait que…
M. Arseneau : Et, donc, les
soins peuvent être donnés, du…
Mme Landry (Geneviève) :
Exact, tout à fait…
M. Arseneau :… dès l'arrivée, dès
l'hospitalisation…
Mme Landry (Geneviève) :
…tout à fait, on pourra la stabiliser le plus
rapidement possible.
M. Arseneau : D'accord. Donc,
elle n'est pas sous le régime de la garde temporaire, essentiellement ?
Mme Landry
(Geneviève) : Exactement.
M. Arseneau : Si elle a
consenti aux soins, c'est… ce sont ces soins-là…
Mme Landry
(Geneviève) :C'est ça.
M. Arseneau :… qu'on veut lui
administrer ?
Mme Landry
(Geneviève) : Oui.
M. Arseneau : D'accord.
Mme Bélanger : Puis, c'est
quand même une avancée, dans le sens que… on… on le sait, là, que, quand une
personne perd son inaptitude, bien, il y a tout le processus. Puis, on… vous avez
vu, quand on…
M. Arseneau : D'accord.
Mme Bélanger :… on a présenté,
là, tout le cheminement de ça. Tandis que, là, bien, il peut y avoir une
intervention.
M. Arseneau : D'accord. Et…