(Onze
heures dix-sept minutes)
Le Président (M.
Jacques) : À l'ordre, s'il vous plaît! Ayant constaté le quorum, je
déclare la séance de la Commission des transports et de l'environnement
ouverte.
La commission est
réunie afin de poursuivre l'étude détaillée du projet de loi n° 41,
Loi édictant la Loi sur la performance environnementale des bâtiments et
modifiant diverses dispositions en matière de transition énergétique.
M. le secrétaire,
est-ce qu'il y a des remplacements?
Le
Secrétaire : Oui, M. le Président. Mme Blouin (Bonaventure) est
remplacée par M. Bélanger (Orford); M. Montigny
(René-Lévesque), par M. Lemieux (Saint-Jean); M. Derraji
(Nelligan), par M. Kelley (Jacques-Cartier); et M. Grandmont
(Taschereau), par M. Bouazzi (Maurice-Richard).
Étude détaillée (suite)
Le Président (M.
Jacques) : Merci, M. le secrétaire. Lors de la suspension de nos
travaux hier, nous étions à l'étude de l'article 25 de la loi édictée à
l'article 1 du projet de loi. Est-ce qu'il y a d'autres interventions?
Donc, nous allons
suspendre quelques instants.
(Suspension de la séance à
11 h 18)
(Reprise à 11 h 38)
Le Président (M.
Jacques) : Nous reprenons nos travaux. Et, lors de la suspension hier,
nous en étions à l'article 25 de
l'article 1 de la loi édictée, et des discussions avaient lieu entre Mme
la députée de Mille-Îles et M. le ministre. Donc, nous reprenons à
cet...
Mme Dufour :
Laissez-moi le temps d'arriver, M. le Président.
Le Président (M.
Jacques) : ...à cet endroit où nous avons laissé hier, juste avant la
suspension.
Mme Dufour : Oui.
Laissez-moi le temps d'ouvrir mes documents. Pour les gens qui nous écoutent,
j'étais dans une autre commission parlementaire, donc...
Le Président (M.
Jacques) : Exactement.
Mme
Dufour : On était dans les
amendes. Le barème... Est-ce qu'on l'a reçu, le tableau avec le cadre, avec les
barèmes de gravité?
M. Charette :
Le lien a été envoyé au secrétariat.
Mme Dufour : Ça fait que ça serait dans les dépôts. OK. Bon,
bien, écoutez, je vais le consulter puis ça va aller. On peut
poursuivre.
Le Président (M.
Jacques) : Exactement. C'était dans «documents distribués» et non pas
dans «documents déposés».
M. Charette :
...le lien ouvert, c'est : Cadre général d'application des sanctions
administratives pécuniaires.
Des voix :
...
• (11 h 40) •
Mme Dufour :
...merci beaucoup. C'est très clair dans le document.
Le Président (M. Jacques) : Parfait.
Merci. Est-ce qu'il y a d'autres interventions sur l'article? M. le député de
Jacques-Cartier.
M.
Kelley : Oui, M. le Président. C'est encore une question un petit peu
technique. Parce que j'ai réfléchi un petit
peu sur les différentes amendes, et je sais que c'est pour un juge de
déterminer c'est quoi, la punition, exactement, pour quelqu'un qui fait une infraction aux articles 4, 6, 18 de ce
projet de loi, mais, dans le cas... qu'est-ce qui arrive pour
quelqu'un...
Parce qu'on va aller
par étapes avec les différents bâtiments. Et on arrive avec une situation où
quelqu'un reçoit une amende, mais ils ne sont pas capables de payer. Il y a...
C'est sûr que certaines gens ont les moyens. Ça va être pas grave. Mais je
pense plus que quelqu'un qui n'est vraiment pas capable de payer une amende à
10 000 $, ou quelque chose comme ça, c'est quoi, les options d'une
personne comme ça, qui n'ont vraiment pas les options de payer l'amende et ils
ne sont pas en mesure, nécessairement, de faire les travaux nécessaires sur un
bâtiment pour se rendre à un niveau qui est acceptable selon les lois... selon
la loi?
Le Président (M.
Jacques) : M. le ministre.
M. Charette :
Merci. Merci, M. le Président. Merci au collègue pour la question. Là,
bien, ça dépend. En... Dans les dernières sections, on était au niveau pénal.
Ce qu'on disait hier, c'est que c'était non pas le ministère qui déterminait le
montant, mais le juge. Donc, si on est devant la cour et qu'il y a une
situation particulière, la personne défenderesse a toujours la possibilité de
faire valoir un point de vue, et le juge, ultimement, là, déterminera la sanction par la suite. Mais il faut s'entendre que
ce n'est pas un choix que de se conformer à la réglementation. Donc,
s'il y a des travaux à effectuer, s'il y a quelque chose à faire, bien, il
faudra le faire. Il faudra le faire, si c'est ordonné par le juge ou si c'est
une obligation réglementaire, tout simplement.
Mais, pour ce qui est
de la détermination de la peine, dans la procédure, le défendeur ou la
défenderesse a toujours la possibilité de faire valoir sa réalité.
M. Kelley : Merci.
Le Président (M.
Jacques) : Mme la députée de Mille-Îles.
Mme Dufour : ...le micro, M. le Président. Ah! voilà. Une
question. Quand on regarde le cadre d'application, là, le SAP qu'on nous a fait
parvenir, on parle d'infractions de catégorie A ou B, où une peine
d'emprisonnement pourrait s'appliquer. On n'est pas, ici, là, dans ce
type de... On n'est pas dans ces catégories-là, là?
M. Charette :
Pour ce qui est du cadre
d'application, avec consentement, on pourrait se référer à notre juriste
pour expliquer les modalités. Effectivement, ce n'est pas toutes les
infractions qui mènent à la prison, là. Il y a des gradations. Mais, avec
consentement, on pourrait lui laisser faire une présentation, là, du cadre en
question.
Le Président (M. Jacques) : Est-ce
qu'il y a consentement pour permettre à Me Poissant d'intervenir? Donc,
veuillez vous nommer et nommer votre titre aussi.
Mme Poissant
(Noémi) : Merci. Donc, Noémi Poissant. Je suis avocate au ministère de
la Justice.
Les sanctions pénales
qu'on a ici, là, je vous dirais que c'est dans le plus bas, là, le niveau le
plus haut. Pour vous donner, peut-être, une
comparaison dans la Loi sur la
qualité de l'environnement, puisque
c'est... ou encore de... c'est établi
depuis quand même longtemps, là, on parle plus de contamination, là, à
l'environnement quand il y a vraiment des rejets de contaminants. Donc,
ici, tu sais, le 1 000 $ à 100 000 $, on est vraiment dans
le plus bas, là. Ça fait qu'on n'est pas dans la catégorie A, là. On est dans
du D, je pense, ou du...
Mme Dufour : ...c'est
ça. C'était ça, mon questionnement. C'était la catégorie D. D'accord.
Des voix : ...
Mme Dufour : Mais il y a aussi... dans l'article, là, 25 du
projet de loi, il y a aussi le 2°. On dit : «dans les autres cas, de
3 000 $ à 600 000 $.» Je le cherche dans le tableau.
Des voix : ...
Mme Poissant (Noémi) :
Je peux-tu... Je peux-tu répondre?
Le Président (M.
Jacques) : ...
Mme Poissant
(Noémi) : Oui. OK.
Mme Dufour : OK.
Oui, je viens de le trouver.
Mme Poissant (Noémi) : En fait, c'est ça, c'est
vraiment, là, personne physique à 1°. Puis, après ça, là, dans la même ligne du tableau, il devrait y avoir des
montants plus élevés. Puis là on tombe dans tout ce qui n'est pas personne
physique, ça fait que personne morale et autres entités, là.
Mme Dufour : Puis
est-ce que les administrateurs et dirigeants sont susceptibles d'avoir des
amendes de 2 000 $ à 200 000 $, comme c'est écrit dans ce
tableau, ou on se limite à personne physique et personne morale?
Mme Poissant (Noémi) : Il y a
peut-être une petite subtilité pour les administrateurs et les dirigeants.
Donc, si c'est possible, je ferai la vérification pour revenir avec une
réponse.
Mme Dufour : S'il vous plaît.
M.
Charette : Si les collègues veulent continuer en attendant,
le temps que la réponse nous parvienne, là, c'est libre à eux.
Mme Dufour : ...sur le 25, mais
j'attendrais cette réponse-là.
Le Président (M. Jacques) : Donc...
Mme Dufour : Mais je peux poser des
questions sur le 26.
Le Président (M. Jacques) : Non,
mais nous allons suspendre quelques instants pour permettre... À moins que vous
l'ayez, la... vous ayez la réponse. Parfait. Me Poissant, allez-y.
Mme Poissant (Noémi) : Donc, en
fait, pour les administrateurs et les dirigeants, là, je comprends que la
sanction, en fait, elle serait imposée, par exemple, à l'entreprise, mais,
après ça, quand on va dans la loi M-11.6, si on
va à l'article 66, bien, on peut aller faire la réclamation, par contre,
là, du montant aux administrateurs ou aux dirigeants parce qu'ils sont
tenus, solidairement, là, avec la personne morale du paiement de la somme qui
est réclamée.
Mme
Dufour : Je vais juste vous demander... Parce que je venais
de passer ma commande de tisane. Vous avez dit : Ils seraient tenus
solidairement. Donc, ça pourrait aller au 3 000 $ à
600 000 $?
Mme
Poissant (Noémi) : Oui, parce qu'en fait c'est l'entreprise, dans le
fond, qui recevrait ce... la réclamation de ce montant-là. Puis, après ça, par
le biais de M-11.6, les administrateurs et les dirigeants... la somme peut être
réclamée, là, de façon solidaire aux administrateurs, dirigeants et la personne
morale.
Mme Dufour : Quand même. Et est-ce
que c'est possible de... juste de... je sais que ça avait été répondu hier,
mais juste nous repréciser? Parce que le «range», je n'ai toujours pas
trouvé... l'échelle, voilà le mot, l'échelle entre
le minimum et le maximum est quand même fort impressionnant, là. Donc, le...
comment ils sont établis, là, ça peut prendre combien de récidives avant
de se rendre au maximum, tu sais, pour avoir juste une idée? Parce qu'on est quand même juste dans des cotes environnementales
puis dans des cotes de performance d'un bâtiment, là, puis l'affichage
d'un bâtiment, là. Donc, qu'est-ce qu'on pourrait s'attendre à voir pour
atteindre ces maximums-là? Est-ce que ça... Qu'est-ce que ça prendrait pour
qu'une entreprise se retrouve avec une sanction de 600 000 $?
Mme
Poissant (Noémi) : Peut-être juste pour compléter la réponse que j'ai
donnée avant, parce que, finalement, il y a une disposition plus...
encore plus explicite, là, sur l'administrateur ou le dirigeant, et c'est
l'article 47 de la loi M-11.6. Donc, quand il y a une infraction, là, à
cette loi-là ou les lois concernées, donc la Loi sur la performance environnementale des bâtiments, et que
l'infraction est commise par un administrateur ou un dirigeant, à ce moment-là,
là, le minimum et le maximum de
l'amende sont le double de ceux prévus pour une personne physique pour cette
infraction-là.
Puis ensuite, pour la question qui vient d'être
posée, à 46 de cette loi-là, l'article prévoit que les montants des amendes
prévues sont portés au double pour une première récidive et au triple pour une
récidive additionnelle. Donc, il y a une analyse, tu sais, qui va être faite
par le tribunal, mais il y a aussi une règle concernant la multiplication, en
fait, là, du montant quand c'est... il est question de récidive.
Mme Dufour : Donc, pour bien
comprendre, on dit le double pour une récidive ou le triple. C'est ça? C'est
bien ça? Mais ça veut dire qu'une autre récidive, on serait le double de... du
double, donc le quadruple, c'est à peu près ça, pour avoir une idée. Ça fait
que ça prend quand même plusieurs récidives avant de se retrouver à l'amende
maximale, là, de 100 000 $ ou 600 000 $.
Mme Poissant (Noémi) : Là, on est
plus dans la discrétion...
Mme Dufour : C'est la...
Mme Poissant (Noémi) : Je vous
dirais qu'on rentre comme dans la discrétion du juge, là.
Mme Dufour : C'est le juge qui va
déterminer, là.
Mme Poissant (Noémi) : Oui, c'est
ça.
Mme Dufour : OK.
Parfait.
Mme
Poissant (Noémi) : Donc, il y a certains paramètres qui sont établis,
mais, après ça, ça reste discrétionnaire, là.
M. Charette : Peut-être...
Mme Dufour : C'est ça. C'est juste
que c'est important, je trouvais, d'avoir une bonne idée de ça, parce qu'on parle qu'à chaque jour il pourrait y avoir
une infraction. Donc, tu sais, de ne pas afficher une cote... tu sais, il faut qu'à
chaque... Évidemment, j'ose espérer
qu'un juge ne va pas donner une sanction à chaque jour pour ça, mais c'est
juste d'avoir une idée comment ça se passe actuellement avec la Loi sur la qualité de l'environnement, là, quand c'est appliqué.
Le Président (M. Jacques) : M. le
ministre.
• (11 h 50) •
M. Charette : Peut-être une mise en
contexte. Lorsqu'on avait adopté, en 2022, ce projet de loi là, c'était à
travers le projet de loi n° 102, si je me souviens bien. C'était un
omnibus législatif qui couvrait notamment ces questions-là, et on est venu
augmenter les possibilités de peines. Les montants ont été revus à la hausse,
ça faisait un certain nombre d'années que ça n'avait pas été fait, mais ça ne
veut pas dire, et je le disais hier, ça ne veut pas dire qu'un juge va donner le montant maximum. Il a la
possibilité de le faire, mais ça ne veut pas dire que ce sera son choix.
Au moment de l'adoption de la loi, les montants
maximums n'avaient pas été donnés comme sanction. Là, je ne suis pas à jour sur
le dossier, donc je ne pourrais pas l'assurer, mais, à ce moment-là, il n'y
avait jamais eu de montant maximum qui avait été accordé. Il reste
maintenant... Ça ne veut pas dire non plus que la première infraction, elle est à 3 000 $. Ça,
c'est le minimum. Mais, selon la gravité de l'infraction, ça peut être
davantage. Donc, si la première infraction est à 5 000 $,
bien, le double, c'est 10 000 $. Donc, ça dépend. C'est le juge qui,
à travers la preuve qui a été faite, à travers la gravité de l'infraction, qui
a la possibilité de déterminer le montant.
Et les
catégories A, B, C, D, E, c'est les mêmes catégories pour l'ensemble des
infractions qui sont assujetties à travers le ministère de l'Environnement.
Donc, un D, en termes de gravité, pour ne pas afficher, par exemple, la
cote versus un D par rapport à une autre loi, ce n'est pas... ce n'est pas
la... c'est le même... pour chercher le mot juste que vous cherchiez, c'est la même échelle, mais la gravité n'est pas
forcément... Donc, c'est le juge qui va, en fonction du dossier précis
dans l'échelle qu'il a à sa disposition, déterminer la peine avec,
naturellement, la possibilité pour le défendeur ou la défenderesse de faire
valoir son point et d'atténuer une sanction qui serait susceptible d'être donnée,
là, à travers la défense que cette
personne-là va apporter. Mais c'est la marge de manoeuvre, je vais le dire
comme ça, c'est la marge de manoeuvre qu'a un juge ou la juge, là, pour
sanctionner l'infraction.
Mme
Dufour : Parfait. Merci. Et là on est au Tribunal
administratif, là, quand... ou on est au bureau de révision quand on
parle de ça?
M. Charette : Non, ce n'est pas
le... Non. En fait, le Tribunal administratif intervient dans le processus de
révision. Là, on est réellement au pénal, devant la cour, pour faire valoir...
Mme Dufour : OK. Donc, avec les
délais que connaissent les cours de justice, là.
M. Charette : Il y a un défi au
niveau des cours de justice, c'est certain.
Mme Dufour : Parfait. Donc, on peut s'attendre
que ça puisse prendre plusieurs années avant de se rendre aux sanctions.
M. Charette : Ah! bien, il y a des
cas de jurisprudence sur les délais, là. On en entend parler régulièrement à
travers les médias. Mais, oui, c'est effectivement un défi, là, de ne pas
engorger les tribunaux.
Mme Dufour : OK. Excellent. Merci.
Le Président (M. Jacques) : Est-ce
qu'il y a d'autres interventions sur l'article 25? M. le député de...
M. Bouazzi : Maurice-Richard.
Le Président (M. Jacques) : Maurice-Richard.
M.
Bouazzi : Merci beaucoup, M. le Président. J'ai deux
questions rapides et plutôt simples. Et vous m'excuserez s'il y avait peut-être
des choses qui ont été dites avant que je rejoigne la commission, étant donné
que je remplace ma collègue de Verdun. La première, c'est : Est-ce
que la déclaration qui doit être faite à l'article 4, 6 ou 18, bon... et à
quelle fréquence elle se fait? Donc, mon point. Parce que j'ai entendu ma
collègue de la première opposition dire qu'il peut y avoir des amendes
répétées. J'aurais voulu savoir exactement de quoi on parle exactement.
Des voix : ...
M.
Charette : Sinon, on peut vous revenir pour ce qui est de la durée.
Des voix :
...
Le Président (M.
Jacques) : Nous allons suspendre quelques instants.
(Suspension de la séance à
11 h 54)
(Reprise à 11 h 55)
Le Président (M. Jacques) : Nous
reprenons nos travaux. M. le ministre, je crois que vous avez une réponse.
M. Charette :
C'était une bonne question. Ça
permet de valider les informations qu'on peut avoir de notre côté. C'est une
intention réglementaire, mais l'intention gouvernementale, à ce moment-ci,
c'est un bâtiment qui n'a pas eu de travaux,
donc il n'y a pas eu de changement au niveau de sa performance. Ce serait une
déclaration à renouveler à chaque année. Donc, si jamais...
M. Bouazzi :
OK. Donc, c'est annuel.
M. Charette :
...si jamais on a une première évaluation qui est faite, le bâtiment est
stable, n'a pas connu de travaux qui sont susceptibles d'altérer ou d'améliorer
sa performance, c'est tout simplement réitérer annuellement que la cote, à
travers la déclaration, que la cote est restée inchangée.
M. Bouazzi : OK.
Et donc, une fois par an, le... Donc, il y a la première évaluation, qui prend
évidemment un peu plus de travail, puis, une fois par an, il y a un
renouvellement. Et ce qu'on dit, c'est que, si... que ce soit la première,
d'ailleurs, ou aux suivantes, si la déclaration n'est pas faite, il y a la
possibilité des amendes qu'il y a ici, à l'article 25. Et puis, une fois,
imaginons, je ne sais pas, moi, que la personne paie les 20 000 $
associés à l'amende, je prends n'importe
quel chiffre, ensuite, c'est rendez-vous à l'année prochaine ou il y a un délai
pour quand même faire la déclaration dans les prochains...
Le Président (M.
Jacques) : Je veux juste être certain de comprendre. Est-ce que
l'année débute au moment où il s'est conformé ou au moment où il devait le
faire?
M. Bouazzi : Bien, c'est-à-dire, imaginons que je sois
propriétaire, je suis censé le faire. On me demande de le faire, je ne le fais
pas. Là, je passe devant un juge, il y a une amende. Est-ce que, là, c'est
fait, et puis on se reparle l'année prochaine
ou alors... ou alors il est possible que, dans la même année, j'aie une
deuxième, une troisième, une quatrième amende parce que je refuse de
toujours faire la déclaration?
M. Charette :
Ça, on a abordé, effectivement, la question hier. Il peut y avoir plusieurs
amendes pour la même infraction si l'infraction n'est pas corrigée. Donc, s'il
y a une sanction qui est confirmée par le juge, le paiement de la sanction n'efface pas sa responsabilité. Donc, il doit
non seulement payer la sanction, mais également se conformer à son
obligation réglementaire.
M. Bouazzi :
OK. Merci beaucoup. C'est très éclairant. La deuxième question que j'ai, c'est
la question de l'amende par bâtiment ou par
entité juridique. Donc, on comprend qu'une personne morale, par exemple, une
compagnie à numéro peut être propriétaire d'un immeuble où il y a
40 unités qui seraient assujetties à la loi. S'il est propriétaire de
15 fois 40 unités, de ce que je comprends, et j'ai peut-être tort, de
l'article 25, c'est qu'il y a une amende à une entité qui n'est pas par
bâtiment.
M. Charette :
Bien, juste pour être bien
certain de comprendre, si, par exemple, on a un édifice avec plusieurs
appartements, c'est l'édifice qui est visé. Si on a, par exemple, deux
bâtiments voisins qui sont reliés, on abordait la question hier, par un
même compteur, ça demeure une cote à confirmer. Mais, si ce sont
40 bâtiments distincts, il doit y avoir
une déclaration sur les 40 bâtiments. Donc, un propriétaire de parc
immobilier n'a pas qu'une seule déclaration à faire...
M. Bouazzi : Il
en a 40 à faire.
M. Charette :
...il en a à faire pour l'ensemble des bâtiments assujettis.
M. Bouazzi : Et, ça, je comprends. Mais ce dont je ne suis pas
sûr, et c'est ma question, c'est de dire : OK, et puis, une fois qu'il
n'en a pas fait 40 alors qu'il est censé en faire 40, des déclarations, est-ce
qu'il a une amende ou 40 amendes?
M. Charette :
Il peut être sanctionnable sur le
nombre d'infractions. Donc, s'il a une obligation à l'égard de... on dit un
chiffre aléatoire, là, mais s'il a une obligation à l'égard de
40 bâtiments, il est assujetti à... il est admissible à 40...
M. Bouazzi :
40 amendes.
M.
Charette : ...40
pénalités. Quelqu'un... Hier, on faisait des blagues avec le stationnement sur
rue. Une personne qui aurait... ou
une compagnie qui a 40 voitures, si elles sont, dans tous les cas, en
infraction par rapport à leur stationnement, bien, ça peut être 40... ça
peut être 40 contraventions, tout simplement.
• (12 heures) •
M. Bouazzi : D'accord. Donc, je
comprends bien, comme il y 40... comme il y a 40 divulgations à faire ou, en tout cas, 40 formulaires à remplir, il y a
40 infractions, et puis chaque pénalité est par infraction, et donc il
pourrait... OK. C'est... C'est clair pour moi, M. le Président.
Le
Président (M. Jacques) : Merci, M. le député. Est-ce qu'il y a d'autres
interventions sur l'article 25? S'il n'y a pas d'autre
intervention, est-ce que l'article 25 de l'article 1 de la loi
édictée est adopté?
Des voix : Adopté.
Le Président (M. Jacques) : Adopté.
M. le ministre, l'article 26.
M. Charette : Merci, M. le
Président. Donc :
«26. Toute poursuite pénale pour une infraction
à une disposition d'un règlement pris en vertu de la présente loi et dont l'application relève d'une
municipalité peut être intentée par cette municipalité lorsque l'infraction est
commise sur son territoire. Le cas échéant, elle peut l'être devant la
cour municipale compétente.
«Les amendes perçues dans le cadre d'une telle
poursuite appartiennent à la municipalité.
«Les frais relatifs à toute poursuite intentée
devant une cour municipale appartiennent à la municipalité dont dépend cette
cour, sauf la partie des frais remis par le percepteur à un autre poursuivant
en vertu de l'article 345.2 du Code de procédure pénale [...] et les frais
remis au défendeur ou imposés à la municipalité poursuivante en vertu de l'article 223
de ce code.
«Toute infraction à une disposition d'un
règlement dont l'application relève d'une municipalité peut être portée par
cette dernière à la connaissance du ministre pour action appropriée.»
Et le commentaire : l'article 26,
comparable à l'article 115.47 de la Loi sur la qualité de l'environnement,
permet à une municipalité d'intenter elle-même la poursuite pénale en cas de
violation à un règlement dont elle est chargée
de l'application et si la violation est commise sur son territoire. En ce cas,
la poursuite sera intentée par... devant la cour municipale, et les
frais relatifs à cette poursuite appartiennent à la municipalité, sauf
certaines dispositions particulières du Code de procédure pénale.
Le
Président (M. Jacques) : Merci, M. le ministre. Est-ce qu'il y a des
interventions sur l'article 26? Mme la députée de Mille-Îles.
Mme
Dufour : Oui. J'ai une question sur le fonctionnement. En
fait, je ne suis pas 100 % certaine, alors j'aimerais le valider,
mais il me semble que ce ne sont pas toutes les municipalités qui ont établi
une cour municipale, et donc je voudrais
juste connaître, dans le cas où ce... il n'y en a pas, là, c'est quelle
instance, là, qui serait interpelée à ce moment-là.
M.
Charette : Pour les questions plus juridiques, avec votre
permission, là, on pourrait se référer à notre juriste.
Mme Dufour : Merci.
Le Président (M. Jacques) : Me
Poissant.
Mme
Poissant (Noémi) : Je n'aurais... Je n'ai pas la réponse maintenant,
mais je peux vérifier puis vous revenir avec...
Mme Dufour : Oui, tout à fait. Parce
que, là, on vient... on dit, dans le projet de loi, que, dans le fond, on
pourrait déléguer aux municipalités le fait d'appliquer la loi et les
règlements, mais, si... c'est ça, si poursuite pénale il doit y avoir, je
voudrais avoir l'assurance qu'on a couvert tous nos arrières dans le cas où
c'est une municipalité qui viendrait à avoir
à imposer des sanctions si elle n'a pas de cour municipale établie. Je veux
juste le valider parce que, quand je regarde la Loi sur les cours municipales,
on dit qu'une municipalité peut créer... ou même deux municipalités ou
deux MRC peuvent créer un règlement, là, pour créer... établir une cour
municipale, mais, comme je ne connais pas l'entièreté du Québec, il y a
peut-être des cas que ça n'a pas été fait, et je voudrais valider qu'est-ce qui
arrive dans ce cas-là.
M. Charette : C'est une excellente
question. On va pouvoir vous revenir avec la réponse.
Mme Dufour : Merci. Puis je vais
peut-être en profiter, pendant qu'on fait la recherche, pour poser une autre question. Le dernier paragraphe, on dit :
«Toute infraction à une disposition d'un règlement dont l'application relève
d'une municipalité peut être portée par cette dernière à la connaissance
du ministre pour action appropriée.» Pourquoi le «peut être portée»? Tu sais, ce n'est pas un «doit
être portée», donc je comprends... Est-ce que... Est-ce qu'une municipalité
aurait été dans l'interdit de le porter à la connaissance du ministre si on ne
l'avait pas écrit ici?
M. Charette :
C'est toujours le débat dans les
projets de loi, le «peut» versus le «doit». Dans le cas présent, si une municipalité peut... souhaite, c'est-à-dire,
avoir l'expertise du ministère, ou l'avis du ministère, ou l'accompagnement
du ministère, ou parce que l'infraction
semble particulière ou sensible, elle a la possibilité, là, de transmettre
l'information au ministère ou, sinon, de solliciter l'accompagnement du
ministère.
Mme Dufour : Mais mon questionnement, c'est : si on ne
l'avait pas écrit ici, il me semble qu'une municipalité aurait tout de
même pu aviser le ministère et faire... et porter à la connaissance du ministère
qu'il y a un enjeu, là.
M. Charette :
On est accueillants comme ça. On aurait répondu à la... à l'interrogation
de la municipalité, mais c'est une formule, là, qui... et on a, je devine,
sensiblement la même chose au niveau de la Loi sur la qualité de
l'environnement. Donc, ça ouvre la possibilité, mais ce n'est pas une
obligation, pour la municipalité, de passer par le ministère.
Mme Dufour : Non,
non, ça, je le comprends, mais mon... En fait, c'est ça, ce n'était pas mon...
J'avais bien compris que, si on avait voulu que ce soit une obligation, on
aurait écrit «droit»... «doit», et là ce n'est pas le cas, donc on écrit «peut». Mais c'est... c'était
plutôt... mon questionnement, c'est : Pourquoi qu'on vient indiquer ça? Il
y a beaucoup d'autres éléments qu'on
n'a pas indiqués dans la loi parce qu'on a dit : Bien, c'est déjà
implicite. Il me semble que ça, c'est
implicite, qu'une municipalité aurait pu porter à la connaissance du ministère,
mais peut-être que je me trompe.
M. Charette :
J'imagine, c'est pour une certaine cohérence dans le... dans nos
différentes lois, mais c'est exactement la même formulation, là, dans la LQE.
Donc, on est venu reproduire un canevas semblable.
Mme Dufour : D'accord.
Le Président (M.
Jacques) : Est-ce que nous avons la réponse, Me Poissant?
Mme Poissant
(Noémi) : Pas encore.
Le Président (M. Jacques) : C'est
en cours d'arrivée. Donc, est-ce qu'il y a d'autres interventions concernant
l'article 26? Est-ce que nous pouvons suspendre l'article 26 et
procéder à l'article 27? Est-ce qu'il y a consentement?
Des voix : Consentement.
Le Président (M.
Jacques) : Consentement. Article 27. M. le ministre.
M. Charette :
«...du chapitre VI de la Loi sur certaines mesures permettant
d'appliquer les lois en matière d'environnement
et de sécurité des barrages s'appliquent aux réclamations faites par le
ministre pour le recouvrement d'une somme qui lui est due en application
de la présente loi ou de l'un de ses règlements.»
La
Loi sur certaines mesures permettant d'appliquer les lois en matière
d'environnement et de sécurité des barrages a été sanctionnée en 2022 et
vise notamment à rassembler dans une seule et même loi l'ensemble des
instruments permettant au ministre de l'Environnement, de la Lutte contre les
changements climatiques, de la Faune et des Parcs d'appliquer certaines lois dont il a la charge de l'application. C'est
le cas notamment de ses pouvoirs de réclamation et de recouvrement des sommes qui lui sont dues.
L'article 27 indique, donc, que les dispositions relatives à la
réclamation et le... et au recouvrement prévues dans cette loi
s'appliquent dans le cadre de la Loi sur la performance environnementale des
bâtiments et de ses règlements d'application.
Bref,
ce que l'on vient dire, c'est que la loi adoptée en 2022 s'applique, est un
outil, là, pour le présent projet de loi.
Le Président (M. Jacques) : Merci,
M. le ministre. Est-ce qu'il y a des interventions sur l'article 27? Mme
la députée de Mille-Îles.
Mme Dufour : Oui. Ce que je comprends : c'est ce qu'on a
fait dans les autres chapitres précédents ou, en fait, les autres sections, où
on référait à d'autres chapitres, là, de la loi, donc, sur la sécurité des
barrages, là, je la raccourcis. Donc, il n'y a pas d'enjeu.
Le Président (M. Jacques) : Parfait. S'il n'y a pas d'autre intervention,
est-ce que l'article 27 de l'article 1 de la loi édictée est
adopté?
Des voix : Adopté.
Le Président (M.
Jacques) : Adopté. Article 28. M. le ministre.
M. Charette : Et,
entre chaque article, on s'informe. Est-ce que nous avons la réponse? Non.
Parfait. Donc, on y va avec 28 :
«Le gouvernement peut, par règlement, autoriser
le ministre à déléguer à toute personne ou à tout organisme, généralement ou
spécialement et selon les conditions et les modalités que ce règlement
détermine, l'application d'une disposition de ce règlement.
«La délégation effectuée en application d'un
règlement pris en vertu du premier alinéa entre en vigueur à la date de la
publication dans la Gazette officielle du Québec et d'un arrêté pris par
le ministre à cet effet ou à toute date ultérieure qui y est indiquée.»
Cette
disposition — c'est
le commentaire — cette
disposition octroie au gouvernement un pouvoir de délégation par le ministre de
l'application d'une disposition d'un règlement pris par le gouvernement.
L'application d'un règlement pris en
vertu de la loi édictée par le projet de loi pourrait, par conséquent, être
déléguée à une municipalité ou un organisme comme la Régie du bâtiment
du Québec.
Le Président (M. Jacques) : Merci,
M. le ministre. M. le député de Jacques-Cartier.
M. Charette : Et là, bien,
peut-être... (panne de son) ...je vais recevoir un coup de pied en dessous du
bureau par la suite, mais j'ai une tentative
de réponse pour la cour municipale, mais peut-être que j'erre, et vous allez me
le dire. Je devine qu'on ne déléguera pas à une municipalité qui n'a pas
de cour municipale cette responsabilité-là si elle n'est pas en mesure de la...
mais je... peut-être que j'erre. Donc, je prends... je devine, je réfléchis à
haute voix. Donc, on aura la réponse dans les prochains instants, mais, oui, le
collègue peut maintenant poser sa question.
• (12 h 10) •
Le Président (M. Jacques) : ...Jacques-Cartier.
M. Kelley : Merci, M. le
Président. Écoutez, M. le ministre, peut-être, c'est juste moi, mais je trouve
que l'article 28, c'est un peu
difficile à suivre. On... Le gouvernement peut, par règlement, déléguer à
quelqu'un certaines conditions des modalités de ce règlement déterminé
de l'application d'une disposition de ce règlement. Est-ce que vous êtes capable de donner nous comme un exemple
concret de cette délégation d'un règlement, d'un règlement, d'un règlement? C'est juste, je trouve, c'est lourd. Je
regarde ça. Si je mettre ça devant mes citoyens, ils vont dire : Je ne
comprends absolument rien de qu'est-ce qui est écrit ici. Alors, c'est juste
une question... une précision, la raison pourquoi vous avez mis cet article
dans le projet de loi. Ça sert à quoi? Pour quel cas exactement? Je ne sais pas
si vous comprenez le sens de ma question, mais...
M. Charette : Oui. Non. Tout à fait,
c'est très clair.
M. Kelley : ...difficile de suivre
tous les différents règlements dedans.
M. Charette : C'est très clair. Et,
juste avant, il faut être humble dans la vie, on m'informe que j'ai
possiblement erré, mais on aura la confirmation dans quelques instants, donc on
verra à ce moment-là. Mais, pour ce qui est
de la question elle-même, on y a, en partie, répondu au moment des
consultations. Lorsqu'on parlait du fameux code pour le bâtiment durable
du Québec versus le code de la construction, on disait souvent à ceux qui
étaient inquiets d'une multiplication d'instances qui allaient suivre le
respect, là, de ces deux codes-là... on disait : On va vraisemblablement
déléguer à la Régie du bâtiment l'application du code du bâtiment durable du
Québec. Donc, c'est un exemple de délégation possible. Et ça demeure
l'intention du gouvernement que de dire : C'est la Régie du bâtiment, là,
qui est la mieux placée pour assurer le suivi et le respect, là, du code du
bâtiment durable du Québec.
M. Kelley : OK. Merci.
Le Président (M. Jacques) : ...
Mme Dufour : Oui. Bien, en fait,
dans un autre projet de loi, on donnait aussi une délégation... en fait, une
autorisation au ministre de déléguer, mais on le faisait directement dans la
loi. Ici, on vient le faire par règlement. Donc, pourquoi on...
M. Charette : ...pouvoir qui
pourrait être délégué. Et c'est là où la réglementation va le préciser. Là, je
vous parlais du code du bâtiment durable du Québec, mais, à l'usage et au
développement des règlements, il y a peut-être d'autres... et ne serait-ce que
de donner le pouvoir aux municipalités. Donc, c'est deux exemples
différents : code du bâtiment durable et donner des pouvoirs aux
municipalités. Donc, c'est deux possibilités, là, qui s'avéreraient des options
avec l'adoption du présent article.
Mme
Dufour : Mais j'imagine qu'on a déjà une bonne idée de
qu'est-ce qui pourrait être délégué. On aurait pu venir le préciser dans
la loi, qu'est-ce qu'on compte déléguer, qu'est-ce que... Le gouvernement
doit... tu sais, peut autoriser le ministre à déléguer aurait pu être déjà
établi dans la loi ici. Tu sais, comme l'a dit mon collègue, là, le fait que tout est plus tard... mais là, là, on est
vraiment dans une couche, on est dans les poupées russes ici, là. C'est
difficile à suivre, difficile à comprendre aussi, là.
M. Charette : Non.
Bien, en fait...
Mme Dufour : Pour le commun des
mortels, là, c'est très difficile à suivre.
M.
Charette : ...ça ne l'est pas. Et nous avons l'échange depuis
la consultation, à partir du moment où on dit que, dans le cas... dans le cas du code du bâtiment
durable du Québec, il y a cette intention-là. Pour ce qui est de délégation
de pouvoir aux municipalités, c'est dit
ouvertement, mais comment ça sera délégué et à quelles fins? C'est là où on ne peut
pas le préciser dans la... dans le projet de loi. C'est avec le développement
des projets de règlement, là, qu'on pourra donner ces intentions et ces
détails-là.
Mme Dufour : Oui, mais ici on n'est
pas dans le comment, on est dans l'autorisation à déléguer. Je pense qu'on
aurait très bien pu venir le préciser et on se serait sauvé une poupée russe.
M. Charette : Et préciser quoi?
Mme Dufour : Préciser qu'est-ce que
le ministre viendrait déléguer.
M. Charette : Bien, c'est ce que...
Mme Dufour : Tu sais, parce que, là,
on nous dit que le règlement va venir établir qu'est-ce que le ministre pourra... et le comment, mais le comment aurait pu
s'établir plus tard, mais le quoi aurait pu être établi ici, là, parce que...
M. Charette : Bien, c'est là où il
faut se garder la marge de manoeuvre. On peut dire : On veut déléguer des
pouvoirs aux municipalités, c'est très générique, c'est très général, mais je
ne sais pas exactement, à ce moment-ci, quelle est l'étendue des pouvoirs que
l'on va déléguer aux municipalités. Il faut travailler cet élément-là avec les municipalités. Moi, je ne veux pas mettre quelque
chose qui, ultimement, nous mettrait en porte-à-faux avec nos partenaires
que sont les municipalités. Puis c'est la
même chose avec la Régie du bâtiment. On va vraisemblablement lui déléguer des
pouvoirs, mais il faut travailler avec la Régie du bâtiment pour voir comment
bâtir le règlement en conséquence.
Mme Dufour : ...je m'excuse. Merci,
M. le Président. Ici, on n'est pas dans... on n'est pas dans la précision de
quelle municipalité devrait faire quelle inspection, etc., là, on est juste
dans : le gouvernement autorise le ministre à déléguer à toute personne, tout organisme et sur tel, tel, tel
élément, ça aurait pu être précisé, là. C'est... On est vraiment dans l'extrême ici, là, au niveau des règlements,
là, de jusqu'où on va. Et je pense qu'à ce stade-ci on devrait déjà avoir une
idée de, généralement, qu'est-ce qu'on entend déléguer. Et, comme je dis, ça
peut, après ça, se préciser, tu sais. Et on dit «peut». Tu sais, «peut
déléguer» ne veut pas dire qu'il va déléguer automatiquement non plus, là.
M. Charette : Exact, mais, pour
avoir fait plusieurs projets de loi, lorsqu'on initie une énumération, c'est là
où on peut tomber dans le piège de ne pas...
de ne pas couvrir ce que l'on souhaite couvrir. Donc, moi, j'aime mieux ne pas
mettre... de ne pas initier d'énumération pour dire : On a cette
possibilité-là, on va très, très certainement y recourir. Puis, d'ailleurs, on
ne s'en fait pas de cachette, là, pour ce qui est des municipalités et pour ce
qui est de la Régie du bâtiment, mais je ne veux pas commencer une
énumération au risque d'échapper des éléments. C'est réellement la
réglementation. Et, avec les échanges... et on est en échange continuel, autant
avec la... l'UMQ et la FQM, eux nous disent, à chacune des fois : On veut
travailler ça avec vous. Donc, moi, je ne veux pas les engager dans une voie
sans avoir eu cet espace-là, là, de collaboration avec les municipalités. Et,
au niveau de la Régie du bâtiment, on s'est aussi
engagés... les discussions sont, d'ailleurs, déjà amorcées, là, mais à mettre
une... stable, mais, à tout le moins, établir une formule de travail
avec la Régie du bâtiment pour être bien certains que la réglementation qui
sera développée soit applicable et voir, avec la régie, quel est le type de
délégation, là, qui pourrait lui être faite.
Mme
Dufour : D'accord. Merci. Une autre question, ça concerne
les délais. On parle de la... que la délégation serait effectuée...
entrerait en vigueur, dans le fond, à la date de la publication dans la Gazette
ou un autre... une date ultérieure, si c'est une autre date ultérieure qui est
indiquée. Ça, c'est un élément que les municipalités nous ont dit. Il faut
donner du temps pour... c'est ça, pour pouvoir, par exemple, avoir des équipes,
mais il y a des municipalités qui ne sont
pas équipées, ni aujourd'hui et ne le seront pas demain, pour prendre en charge
cette responsabilité-là. Donc, il faut
que le ministère prévoie déjà un plan B, là. Il y a quand même plusieurs
municipalités qui vont dire... qui vont dire : Non, je ne peux pas prendre cette
responsabilité-là, je peine à... j'ai de la difficulté à respecter, déjà, mes
responsabilités dans... d'inspection
comme municipalité, donc... Et la plupart des municipalités, je veux être bien
franche avec vous, là, ils ne sont pas en préventif, ils sont en... ils
inspectent lorsqu'il y a une plainte. De faire le tour des bâtiments, de faire
le tour des rues et des... ça n'arrive pas, là, il n'y a personne qui a les
équipes pour ça, la main-d'oeuvre pour ça, c'est
beaucoup trop demandant. Donc, c'est ça, comment on va le prévoir si une
municipalité dit non? Puis il va y en avoir, il va y en avoir plusieurs
qui vont dire non.
M. Charette : La collègue a tout à
fait raison. C'est un pouvoir de délégation, ce n'est pas une obligation de délégation. Donc, la municipalité qui n'est pas en
mesure d'assumer cette responsabilité-là, ça ne lui sera tout simplement
pas proposé. Et, dans les faits, c'est des municipalités qui vont se porter
volontaires, des plus grandes municipalités qui ont, effectivement, davantage de moyens puis
d'expertise à leur disposition. Donc, le gouvernement ou le ministère de
l'Environnement ne dira pas à toutes les municipalités du Québec : Vous
êtes obligées d'appliquer le règlement ou la
loi elle-même. Donc, c'est les villes, là, qui vont être volontaires. Et,
souvent, on le devine, ce sont les municipalités qui vont avoir... ou qui vont souhaiter avoir une norme plus élevée
encore que celle du projet de loi. On va le voir dans les prochains
articles, là, les possibilités... les villes vont avoir cette possibilité-là.
Donc, celles qui veulent avoir des normes
plus élevées devront conséquemment avoir leurs inspecteurs, parce que c'est
leur réglementation qu'ils souhaiteront... qu'elles souhaiteront faire
appliquer. Donc, on peut penser que ces villes-là vont se porter volontaires
pour aussi avoir la possibilité de faire appliquer le code qui sera mis en
place.
• (12 h 20) •
Mme Dufour : Oui. Bien, c'est vrai
que des villes ont des normes plus strictes que... probablement, que ce qu'on
va viser ici, mais la réalité, c'est que... Vous savez, moi, j'étais à Laval.
16 inspecteurs... Quand je suis arrivée, il y en avait 13. À la fin, il y en
avait 16, 16 pour 450 000 habitants. On n'est pas, là... On n'est pas dans
l'inspection systématique de tous les bâtiments, là. Donc, c'est...
M. Charette : Je comprends.
Mme Dufour : Les villes agissent sur
plainte. C'est la réalité.
M. Charette : Mais une municipalité,
si, par exemple... pour bien connaître aussi la réalité municipale, c'est à la discrétion d'une ville d'ajouter des critères
supplémentaires. On le voit, là, certaines municipalités veulent assumer cette
responsabilité-là. Je devine qu'un conseil municipal ne mettra pas ou ne fera
pas entrer en vigueur une réglementation municipale qu'il n'est pas en
mesure de faire respecter. Donc, si une municipalité veut aller avec des
critères plus stricts que ceux qui seront
proposés à travers le projet de loi et sa réglementation, bien, j'imagine,
c'est parce qu'elles ont le sentiment d'avoir le moyen... les moyens de
faire appliquer leurs propres réglementations.
Le Président (M. Jacques) : ...d'autres
questions?
Mme Dufour : Oui. Bien, je vais vous
dire, les municipalités vont demander des sous pour ça, elles vont demander des
sous pour faire l'inspection. S'il y a une délégation, elles vont demander des
sous en contrepartie. Je comprends qu'il y a... qu'il y aurait la possibilité
d'avoir les amendes, mais à voir si ça va vraiment couvrir, là... Les frais administratifs, c'est vrai, c'est une
option, mais, pour vraiment couvrir le salaire des inspecteurs, là, c'est... ça
doit être quand même assez élevé.
Le Président (M. Jacques) : Est-ce
qu'il y a d'autres interventions concernant l'article 28?
M.
Charette : Est-ce que... Parce que je ne voudrais pas qu'on se
laisse ou... avec l'impression, là, que l'accompagnement auprès des
villes ne se fait pas, parce que, des dispositions comme ça, on en a sous
d'autres ministères mais également même au
ministère de l'Environnement, ce pouvoir-là de délégation. Mais, pour les
formules d'accompagnement, avec consentement, M. le sous-ministre
adjoint, là, pourrait donner des exemples en particulier.
Des voix : Consentement.
Le
Président (M. Jacques) : M. le... Consentement. M. le sous-ministre,
veuillez vous nommer et donner votre titre.
M. Gibeault (Jean-François) : M. le
Président, Jean-François Gibeault, sous-ministre adjoint responsable du Bureau
de la transition énergétique et climatique.
Bien, un exemple, c'est, par exemple, les audits
énergétiques. Actuellement, dans le cadre d'un programme comme Rénoclimat, c'est des organismes de services
qui font les audits. Donc, pour l'application de la cote, ça ne serait
pas nécessairement des villes mais des organismes de services comme ceux-là qui
seraient mandatés par le ministère.
Mme
Dufour : OK. Là, on n'est plus, effectivement, dans les
délégations des villes, mais là on n'est pas non plus dans l'application
des sanctions, là. Là, on parle des audits. Les audits, ce n'est pas...
M. Gibeault (Jean-François) : Non.
L'application terrain du règlement.
Mme Dufour : Oui, mais ce n'est pas
là qu'il y aurait des sanctions.
M. Gibeault (Jean-François) : Mais
on ne parle pas de déléguer ici la sanction...
Mme Dufour : Je comprends. Je
comprends.
M. Gibeault (Jean-François) : ...mais
l'application terrain...
Mme Dufour : L'application.
M.
Gibeault (Jean-François) : ...la vérification, par exemple.
Mme Dufour : OK.
Donc, ça... il pourrait y avoir des délégations à ces entreprises de services
là, donc du privé, qui...
M. Gibeault
(Jean-François) : Tout à fait.
Mme
Dufour : Et là ce serait
établi comment, à ce moment-là, si on parle des privés? C'est par appel
d'offres?
M. Gibeault
(Jean-François) : C'est des... par appel d'offres, tout à fait.
Mme Dufour : Par
appel d'offres.
M. Gibeault
(Jean-François) : C'est le cas pour Rénoclimat, c'est le cas pour
Novoclimat. Il y a un quart de million d'audits qui ont été faits sur la base
d'appels d'offres publics.
Mme Dufour : OK.
Intéressant. Merci.
Le Président (M.
Jacques) : Merci. S'il n'y a pas d'autre intervention sur
l'article 28, nous allons le mettre aux voix. Est-ce que l'article 28
de l'article 1 de la loi édictée est adopté?
Des voix :
Adopté.
Le Président (M. Jacques) : Adopté. Est-ce qu'il y a consentement pour
revenir à l'article 26? Consentement. Me Poissant.
Mme Poissant (Noémi) : Donc, concernant les
cours municipales, là, il y a... si jamais une municipalité est de... disons,
de plus petite taille, il peut aussi y avoir des municipalités qui se mettent
en commun pour avoir une cour municipale, là, donc, ça... tu sais, ça peut
passer par ces cours-là aussi.
Cette disposition-là,
je vous dirais, là, c'est presque un copier-coller de 115.47 de la Loi sur la
qualité de l'environnement. Puis, à ma
connaissance, tu sais, cette question-là ne s'est pas posée, puis on en
délègue, là, des règlements.
Donc, je ne sais pas,
je peux continuer, là, à vérifier, tu sais, s'il y a une règle vraiment
spécifique qui s'applique, mais, pour
l'instant, je vous dirais que ça relève plus, c'est ça, là, de l'organisation
des cours municipales. Les plus petites municipalités peuvent en avoir
une, néanmoins, là.
Le Président (M.
Jacques) : Mme la députée.
Mme Dufour : Merci.
C'est ce que je disais, elles peuvent en avoir. Elles peuvent se mettre
ensemble pour en avoir. Elles ne sont pas obligées d'en avoir. Alors, ma... mon
questionnement, c'est : Dans le cas... Puis, comme je dis, là, je
l'ignore, ça... il n'y a peut-être pas de cas comme ça, mais mon impression,
c'est que ce n'est pas partout à 100 %
qu'il y en a, mais peut-être que je me trompe. Et qu'est-ce qui arrive dans le
cas où, c'est ça, il n'y en aurait pas? Tu sais, est-ce qu'on va au Tribunal
administratif du Québec? C'est un peu ça, mon questionnement, là.
Mme Poissant
(Noémi) : Il y aurait possibilité aussi, là, pour une municipalité, de
signer une entente avec une MRC pour utiliser une autre cour. Donc, peut-être
que, si elle veut appliquer, elle pourrait passer par là. Mais, dans tous les cas, par contre, par rapport au
tribunal administratif, on est vraiment dans deux... Le Tribunal administratif du Québec
n'a pas de compétence pénale, donc ça irait plus vers... si ça va vers une
autre cour, ça irait plus vers la Cour
du Québec, où, là, vraiment, c'est...
on est vraiment dans... devant un tribunal de droit commun, là, et non plus
devant un tribunal administratif.
Mme Dufour : OK,
merci. C'était la réponse que je cherchais. Merci.
Le Président (M.
Jacques) : Merci beaucoup. S'il n'y a pas d'autre intervention sur
l'article 26, est-ce que l'article 26 de l'article 1 de la loi
édictée est adopté?
Des voix : Adopté.
Le Président (M.
Jacques) : Adopté. Maintenant, nous en sommes rendus à
l'article 29. M. le ministre.
M. Charette :
Parfait. Pour lequel nous avons
un amendement. Je vais lire la version originale dans un premier temps.
Le Président (M.
Jacques) : Suivie de l'amendement.
M. Charette : Exact.
Le Président (M. Jacques) : Puis
il faudrait nous faire parvenir l'amendement, parce que nous ne l'avons pas.
M. Charette :
Ah! ce n'est pas fait? Parfait. On peut suspendre quelques instants?
Le Président (M.
Jacques) : Nous allons suspendre quelques instants.
M.
Charette : En fait, ce que
je proposerais : on déposerait... (panne de son) ...en même temps, étant
donné, là, que les deux se complètent.
Le Président (M.
Jacques) : Parfait. Nous allons suspendre quelques instants.
(
Suspension de la séance à 12 h 27)
(Reprise à 12 h 39)
Le Président (M. Jacques) : Nous
reprenons nos travaux, et, lors de la suspension, M. le ministre était à...
s'apprêtait à lire l'article 29 ainsi qu'un amendement qui a été
maintenant déposé sur... à la commission.
M. Charette :
Effectivement, qui est disponible
pour tous. Donc, lecture de l'article original et de son commentaire
original :
«Un
règlement municipal qui porte sur le même objet qu'un règlement pris en
application des sections II ou III du chapitre II est inopérant, à moins
qu'il ne soit approuvé par le ministre, auquel cas ce dernier prévaut dans la
mesure que détermine le ministre.
«Le
premier alinéa ne s'applique que lorsque le règlement municipal porte sur un
bâtiment visé par un règlement pris en vertu de la présente loi.
«Le ministre peut
modifier ou révoquer une approbation délivrée en vertu du premier alinéa dans
le cas où le gouvernement adopte un nouveau
règlement relativement à une matière visée par un règlement municipal déjà
approuvé.
«Avis de
l'approbation visée au premier alinéa et publié sans délai à la Gazette
officielle du Québec.
«Le premier alinéa
s'applique malgré l'article 3 de la Loi sur les compétences municipales[...].»
• (12 h 40) •
Le commentaire :
L'article proposé prévoit que, lorsqu'un règlement municipal porte sur le même
objet qu'un règlement pris en vertu de
certaines sections de la loi édictée par le projet de loi le règlement
municipal est inopérant. La municipalité peut toutefois obtenir une
approbation du ministre afin de faire prévaloir son règlement sur le règlement
provincial. Cette règle est différente de la règle qui est prévue à l'article 3
de la Loi sur les compétences municipales.
Le deuxième alinéa
apporte une nuance à la portée de la notion du même objet en prévoyant que,
lorsqu'un règlement municipal porte sur un
bâtiment qui n'est pas visé par le règlement provincial, l'approbation n'est
pas requise.
Et
enfin l'article proposé prévoit également à quel moment le ministre peut
modifier ou révoquer une approbation donnée ainsi que l'obligation de
publier un avis de l'approbation à la Gazette officielle du Québec.
On se souvient, au
moment des consultations, c'était une formulation qui indisposait les
municipalités parce qu'elles craignaient
qu'on puisse freiner un petit peu leurs ambitions au niveau de la performance
des bâtiments à travers la propre...
leurs propres réglementations. On s'était engagé à trouver une formule qui
convienne davantage à l'esprit que l'on souhaitait y donner, et c'est la
raison pour laquelle je déposerai un amendement pour l'article 29.
Le Président (M.
Jacques) : Merci, M. le ministre. On va lire l'amendement.
M. Charette :
Parfait. Donc, ce serait de
remplacer l'article 29 de la Loi sur la performance environnementale des
bâtiments, proposé par l'article 1 du projet de loi, par le suivant :
«29. Aucune
disposition en matière de performance environnementale d'un bâtiment ne peut
être adoptée par une municipalité, sauf s'il s'agit d'une disposition plus
exigeante que celle prévue à un règlement pris en application des sections II
ou III du chapitre II ou s'il s'agit d'une disposition portant sur d'autres matières
que celles visées dans un tel règlement.
«Toute disposition
qui ne respecte pas le premier alinéa est réputée non écrite.
«Pour l'application
du premier alinéa, une disposition peut être considérée plus exigeante que si
elle prévoit la même méthode de calcul et
les mêmes modalités que celles prévues à un règlement pris en application des
sections II ou III du chapitre II.»
Commentaires.
L'amendement proposé prévoit que les dispositions d'un règlement municipal en
matière de performance environnementale d'un bâtiment doivent être plus
exigeantes que celles contenues à un règlement pris en application des sections
II ou III du chapitre II de la loi édictée. Les règlements pris en application
des sections II ou III du chapitre II de la loi édictée deviendraient, donc,
des normes minimales à l'échelle de la province.
Cet amendement
remplace l'article 29 initialement proposé, qui prévoyait qu'un règlement
municipal qui porte sur le même objet qu'un
règlement pris en application des sections II ou III du chapitre II est
inopérant, à moins qu'il ne soit approuvé par le ministre et offre,
donc, une plus grande latitude aux municipalités qui souhaitent réglementer en
matière de performance environnementale des bâtiments.
Donc,
un complément de commentaires, en quelque sorte : On se souvient la
discussion qu'on a eue avec l'UMQ et la FQM, on ne veut pas freiner l'ambition
des villes. Cependant, lorsqu'il est question d'énergie, les villes elles-mêmes
reconnaissaient, là, qu'il y avait une collaboration qui s'imposait avec
Hydro-Québec, avec le ministère de l'Environnement et le ministère de
l'Énergie. Donc, on vient dire : Vous pouvez être plus ambitieux.
Et,
à l'article 29, lorsqu'il sera... à l'article 30, par contre,
lorsqu'il sera question d'énergie, on viendra préciser quel est le parcours à suivre pour être, sinon
plus ambitieux, ou... procéder différemment que ce que propose le projet de
loi.
Le Président (M. Jacques) : Merci,
M. le ministre. Est-ce qu'il y a des interventions concernant l'amendement à
l'article 29? Mme la députée de Mille-Îles.
Mme Dufour : Merci, M. le Président. Donc, peut-être... j'ai
maintes questions, mais je vais peut-être commencer avec le deuxième alinéa, qui dit : «Toute
disposition qui ne respecte pas le premier alinéa est réputée non écrite.»
Qu'est-ce que ça signifie exactement?
M. Charette :
Si une municipalité devait
adopter ou penser à un règlement qui ne respectait pas cette condition-là, ce
règlement-là ne serait tout simplement pas applicable. Ce serait réputé comme
non existant, en quelque sorte.
Mme Dufour : Précédemment,
on parlait que c'était inopérant. Pourquoi on a changé les mots?
M. Charette :
C'est une formulation en droit,
là, qui est différente. On peut peut-être laisser la juriste répondre.
Le Président (M.
Jacques) : Me Poissant.
Mme Poissant (Noémi) : Oui. Donc, en fait, quand
on parle de réputée non écrite, là, comme c'était expliqué, c'est vraiment...
c'est comme si ça n'existait pas. Quand on parle d'inopérant, c'est que la
disposition existe, mais elle ne
produit pas d'effet. Dans la version précédente, on parlait d'inopérant, mais,
du moment où il y avait l'approbation du ministre, la disposition
prenait effet, en fait. Donc, c'est pour ça qu'on utilisait le terme
«inopérant» et non pas «réputé non écrit»,
parce que le ministre n'aurait pas pu approuver une disposition qui est réputée
ne pas exister. Donc, c'est pour ça qu'on a changé la terminologie ici.
Mme Dufour : OK,
mais là on dit que c'est une disposition qui ne respecte pas le premier alinéa,
alors que la distinction se fait dans le troisième alinéa, où on dit qu'elle
peut être considérée plus exigeante que si elle prévoit la méthode de calcul et les mêmes modalités que celles prévues. Ça,
c'est écrit après et c'est dans le troisième alinéa. Donc, j'essaie de
saisir pourquoi on n'a pas fait référence au troisième alinéa. Dans «toute
disposition qui ne respecte pas [...] est réputée non écrite», là, on fait
juste référence au premier alinéa.
M. Charette :
En fait... et, encore là, je me
risque, mais, si on regarde... Je parlerais plus de... oui, de paragraphe,
dans le troisième paragraphe, on dit :
«Pour l'application du premier alinéa...» Donc, on revient au premier
paragraphe, alors que la question sur
le caractère, là, réputé non écrit s'applique aussi au premier alinéa. Donc,
non, c'est une séquence qui se défend bien.
Mme Dufour : Bon.
En fait, pour ceux qui le lisent pour la première fois, là, c'est plus
difficile à suivre, mais je veux peut-être
juste comprendre, par rapport... tu sais, on parle des méthodes de calcul, mais
là ce n'est pas tout... on ne parle pas juste d'éléments qui touchent
des calculs. Puis qu'est-ce qui arrive dans le cas où, comme la ville de Montréal... a déjà un règlement qu'ils ont déjà
mis en place pour les bâtiments? Et prenons l'hypothèse que ça prenait un certain temps au ministère à appliquer puis que
d'autres villes entre-temps arrivaient avec quelque chose de semblable
que la ville de Montréal, mais avec une méthode un peu distincte, est-ce que le
ministère va se baser sur ce que les municipalités ont déjà commencé comme
travail ou vont arriver avec autre chose complètement? Parce que, là, ça va
devenir, en fait, complexe à comprendre, là, puis à...
M. Charette :
C'est une bonne question.
D'ailleurs, plus loin, là, dans le projet de loi, au niveau des dispositions pour
l'entrée en vigueur de... bien, en fait, l'entrée en vigueur des différentes
modalités, on viendra confirmer que les municipalités qui se sont dotées de
normes vont pouvoir les maintenir. Donc, c'est réellement pour les nouvelles,
un petit peu comme on parlait avec les gens de la FQM et de l'UMQ.
Pour les questions
énergétiques, hein, il faut distinguer, parce que les autres... les autres
questions, les municipalités auront la possibilité... L'exemple qui m'était
donné il y a quelques instants... Si, par exemple, une ville veut faire un
règlement sur les fenêtres à trois couches et que ce n'est pas dans notre
règlement à nous, elles vont pouvoir le faire, et, vu que ça n'a pas
d'incidence sur la demande énergétique, bien, on va laisser les villes agir en
ce sens-là. À l'inverse, un petit peu par
ironie, on dit : Si une ville adopte un règlement qui interdit
l'installation de fenêtres dans un bâtiment — c'est juste l'exemple
par le ridicule, là — ça
va avoir une incidence sur la demande énergétique, et là il y aurait un besoin
de solliciter, là, justement, l'autorisation du ministère. Donc, quand ce n'est
pas prévu par règlement, la ville peut aller plus loin, et, si c'était sur une
question énergétique, il doit y avoir effectivement une autorisation, là, de la
part du ministère. Ça, on va le voir dans l'article suivant, l'article 30.
Mme
Dufour : Oui. J'ai peut-être une question par rapport à ce
que vous venez juste de dire, M. le ministre, et concernant... Vous avez
dit qu'une municipalité qui aurait déjà un règlement, il continuerait à
s'appliquer par... et là je parle vraiment du règlement de la ville de
Montréal, là, sur les bâtiments, donc, même si la méthode de calcul de Montréal
est distincte de celle du ministère, ça va continuer à opérer. Mais je ne le
lis pas comme ça, moi, ce que je lis,
c'est : «Toute disposition qui ne respecte pas le premier alinéa est
réputée non écrite.» J'essaie de voir à quel moment on dit que toute... que c'est seulement pour des
règlements municipaux qui auraient été adoptés après l'entrée en vigueur
de la loi et je ne le vois pas, là. Peut-être que vous pourriez me guider, là.
• (12 h 50) •
M. Charette : Comme je mentionnais
tout à l'heure, ça va être plus loin dans le projet de loi, dans ce qu'on
appelle les dispositions transitoires, où on va avoir aussi un amendement qui
va préciser clairement que les villes qui ont
déjà... qui se sont déjà donné des normes vont pouvoir continuer à les
appliquer. Donc, on parle de Montréal, mais on a eu d'autres cas très médiatisés, que ce soit Prévost ou d'autres
municipalités. Donc, les villes qui ont déjà ce type de norme là ou de
plan là vont pouvoir continuer... de règlements-là, vont pouvoir continuer à
les appliquer.
Donc, ça,
c'est dans les dispositions transitoires, là, on sera aux alentours des
articles 35. Donc, on aura l'occasion, là, de le confirmer, là, par la
suite. Et ce n'est pas... En fait, là, on sait qu'on est dans la loi édictée.
Ça, c'est à la toute fin du projet de loi, là, au niveau des mesures,
là, qui vont confirmer les modalités d'entrée en vigueur.
Mme Dufour : D'accord.
Et qu'en est-il, là... Parce que je dois m'avancer un peu sur le prochain
amendement, qu'on parle qui pourrait avoir un impact sur la capacité des
distributeurs d'énergie à assurer de manière suffisante les besoins en énergie
des consommateurs, et là on dit, bon, que ce sera inopérant.
Je reviens, donc, au 29, une disposition qui
aurait comme nature, tu sais, environnementale d'interdire, par exemple, bon, le mazout, là. On comprend que ça a
été fait, niveau québécois, mais l'équivalent, je ne sais pas... Puis là on a
parlé de Prévost, mais Prévost, ça aura une incidence sur les distributeurs
d'énergie puis ce serait une disposition de... en matière de performance
environnementale qui est plus exigeante que celle qui risque d'être prévue.
M. Charette : ...qui concerne
l'énergie. Prenons le cas de... Une ville, en date de demain, voudrait faire un
petit peu ce que Montréal ou Prévost a fait.
Donc, Montréal, Prévost, on va le voir, c'est des plans qui sont déjà approuvés,
donc qui vont pouvoir s'appliquer sans problème, mais une ville qui voudrait
faire la même chose mais qui ne l'a pas encore présenté, qui ne l'a pas encore
adopté, ce règlement-là, là, va devoir avoir l'approbation du ministère pour
s'assurer... Ça, c'est le... en fait, pas le débat, parce que la FQM puis l'UMQ
disent la même chose que nous, elles souhaitent la réglementation à ce
niveau-là. C'est là où il va y avoir avis du ministère de l'Énergie, qu'il va y
avoir l'approbation du ministère de
l'Environnement après qu'avec la FQM et l'UMQ on ait déterminé, justement, les
modalités d'application.
Mme Dufour : OK, mais on a
déjà... on a déjà convenu que les distributeurs d'énergie, ça impliquait aussi
le chauffage au bois, par exemple, ou, bien, évidemment, le propane est une
autre option. Les villes qui souhaiteraient interdire
le chauffage au bois, parce que ça, ça commence, on voit... on en voit de plus
en plus, est-ce qu'elles seraient empêchées, dans cet élan, d'assainir
l'air chez elles?
M. Charette : Non. En fait,
pour le chauffage au bois, on a eu l'occasion d'en parler, il y a quelques
séances de ça, les villes qui interdisent, on le disait, oui, on peut les
considérer comme distributeurs d'énergie, mais ce n'est pas à des fins de... ce
n'est pas dans la même perspective. Et les villes qui réglementent,
actuellement, le font non pas pour une
question énergétique, mais pour une question de qualité de l'air. Et elles
auront... et elles ont déjà la possibilité de réglementer à ce sujet-là.
Il n'y a pas de... il n'y aura pas de restriction parce que ce n'est pas au
niveau de la performance environnementale,
là, du bâtiment que ces règlements-là sont perçus et adoptés. Si on regarde les
arguments qui ont été présentés par les villes de Québec et Montréal,
Québec, c'est beaucoup plus récent, mais Montréal a une réglementation semblable depuis un certain temps, c'est réellement au
niveau de la qualité de l'air, là, pour leur environnement immédiat.
Mme Dufour : Oui, bien,
effectivement, c'est moi qui ai mis ça en place à Laval, donc je le connais
bien, mais ça reste que tu as un distributeur d'énergie, selon ce qu'on a
discuté précédemment, dans les échanges sur le projet de loi, et l'article 30 en fait référence. Donc, je
comprends que, là, ce ne serait pas considéré, le chauffage au bois,
comme faisant partie de la performance environnementale du bâtiment, mais le
gaz naturel, l'emploi...
M. Charette : ..on parle... Si
vous voulez, on pourrait bénéficier de l'éclairage du collègue.
Le Président (M. Jacques) : M.
le sous-ministre.
M. Gibeault (Jean-François) : Bien,
en... Oui. Je n'ai pas besoin de m'identifier à nouveau?
Le Président (M. Jacques) : Non.
M. Gibeault (Jean-François) : Donc,
en théorie, oui, ça vise l'ensemble des distributeurs. Sauf qu'à
l'article 30 ce qu'on mentionne, c'est qu'il y a un avis. Si on parle, par
exemple, de foyer au bois, bien, on... il y a fort à
parier que le ministre de l'Économie va conclure qu'il n'y a pas d'enjeu
d'approvisionnement en bois, et donc il pourra y avoir une approbation du
ministre.
Mme Dufour : Je pense que... je
ne suis pas sûre que je me suis bien exprimée, là, mais le chauffage au bois, ça remplace le chauffage, électrique pour
plusieurs, pour ceux qui l'utilisent. Il y a un problème d'approvisionnement
en énergie électrique. Donc, si on interdit
le chauffage au bois, ça a une incidence sur l'électricité qui est consommée, d'une
maison, donc ça va dans le sens de l'article 29.
M. Gibeault (Jean-François) : Exact.
Si ça a une incidence sur...
Mme Dufour : Donc, est-ce que des
villes pourraient être... dans le fond, voir leur projet d'interdire le chauffage au bois bloqué? Et là je parle parce
que... parce que c'est une réalité, là, moi, je l'ai fait, je l'ai mis, à Laval,
le projet, la réglementation, puis on l'interdit pour le chauffage, sauf s'il y
a une panne d'électricité pendant plus de deux
heures, puis, après deux heures de panne électricité, là, le chauffage au bois
est autorisé, mais c'est le seul... c'est le seul cas que ce serait
permis.
Donc, ça va faire en sorte que ceux qui se
chauffaient au bois... Puis je vous dis, hein, même à Laval, il y en avait, là, que c'était ça, des vieux... des plus
vieilles maisons, mais qui n'étaient pas encore nécessairement connectées,
ou toutes sortes de raisons.
Bien, c'est
sûr que, quand on s'en va plus loin, il y a eu aussi, à un moment donné, un
déploiement de systèmes à haute efficacité, là, pour le chauffage au bois, puis
on voulait encourager... je pense qu'on voulait encourager nos
producteurs de bois, ça fait que, bref, ça s'est déployé beaucoup, donc. Moi,
je connais des gens qui se sont chauffés au bois. Et donc ces dispositions-là
iraient à l'encontre de ce qui est prévu dans l'article 29?
M. Gibeault (Jean-François) : Exact.
M. Charette : ...un élément de
réponse...
Mme Dufour : «Exact.» Je viens
d'entendre «exact». C'est bien ça que j'ai entendu, comme mot?
M. Gibeault (Jean-François) : Oui.
Mme Dufour : Oui. Parfait.
M. Charette : ...complément
d'information, puis on a eu cette discussion-là : en région plus rurale,
le foyer au bois n'a pas le même rôle qu'en région urbaine. La collègue disait,
à juste titre : Il y a sans doute de moins en moins... Il n'y en a plus à Laval, ou, du moins, à la fin de la période
de conformité, Montréal, maintenant, Québec, pour des raisons de qualité de l'air, mais, dans ces
villes-là, c'est marginal, le rôle, comme premier élément, là, qui remplace
l'électricité. Dans les grands centres, c'est marginal, mais, en région, c'est
différent.
Donc, les villes, en région, n'ont pas
l'intention de réglementer pour la qualité de l'air parce qu'elles sont dans des environnements qui sont beaucoup plus...
beaucoup moins densifiés. Et elles n'ont pas non plus l'intention, et même la
volonté, et même la pensée de l'interdire pour des éléments de chauffage, parce
que ces villes-là connaissent la réalité de leurs citoyens et
citoyennes. Donc, si, pour les grands centres, il y a un enjeu au niveau
énergétique, c'est marginal. Et on pourra préciser que la conversion de foyers
au bois, d'éléments chauffants secondaires au bénéfice de l'hydroélectricité,
bien, ce n'est certainement pas ça qui va faire une différence au niveau de la
sécurité énergétique, et il n'y aura pas
d'enjeu au niveau du ministère de l'Énergie, et il n'y en aura pas davantage,
là, du côté du ministère de l'Environnement.
Mme Dufour : Bien, c'est... En fait,
souvent, c'est le gaz naturel qui remplace le chauffage au bois, là.
M. Charette : Bien là, c'est autre
chose. Et c'est là... et c'est là où, lorsqu'il sera question, réellement, là, d'énergie hydroélectrique comme mode de chauffage
principal, ou gaz, comme mode de chauffage principal... c'est là qu'il peut y avoir une incidence sur la sécurité
énergétique. Et c'est là où on va voir, à l'article 30, pour ces
règlements-là, il faudra avoir un avis de la... du ministère de l'Énergie, qui
n'a pas encore changé de nom, légalement,
là, ça peut surprendre certains, l'appellation que l'on retrouve à
l'article 30, mais qui, ensuite, avec autorisation du ministère de
l'Environnement, pourrait procéder ou ne pas procéder, si l'impact est trop
important.
Mme Dufour : Le débat va continuer.
On approche 13 heures, je peux poser ma question, mais je pense que ça va
continuer, parce que, de la façon qu'on vient de parler de ça, le chauffage au
bois, il peut être interdit. Ce qu'on m'a
dit et ce que j'ai entendu... les villes peuvent l'interdire. Vous savez, le
ministre a dit : Les maires n'ont pas l'intention de le faire quand
ils sont en région, mais je ne pense pas que le ministre sache, connaisse les
intentions des 1 000... plus des
1 000 élus municipaux qu'il y a à travers le Québec, qui sont en
région, là. Donc, on ne peut pas prétendre que ça n'arrivera pas. Et
advenant le cas que ça arrivait puis que, là, dans le fond, les gens se
tournaient du chauffage au bois vers le gaz
naturel, bien là, à ce moment-là, on serait contraints... Ça fait qu'on va...
Il est rendu 13 heures, on va... on reviendra, au retour,
là-dessus.
Le Président (M.
Jacques) : Merci, Mme la députée.
Et, compte tenu de l'heure, nous suspendons nos
travaux jusqu'à 14 heures.
(Suspension de la séance à 13 heures)
(Reprise à 14 h 10)
Le Président (M. Jacques) : Nous
reprenons nos travaux. Et je comprends qu'il y a eu consentement pour que la
députée de Verdun remplace le député de Taschereau pour le reste de la séance.
Consentement?
Des voix : Consentement.
Le Président (M. Jacques) : Nous en
étions, avant la pause, à une discussion sur l'amendement à l'article 30 de la loi... la loi...
l'article 29, un amendement à l'article 29 de la loi édictée. Et il y
avait une question, là, de Mme la députée de Mille-Îles, qui était en
cours, et une discussion avec M. le ministre. Donc, la parole est à vous.
Mme Dufour : Oui. Bien, j'avais posé
une question, si je ne me trompe pas, juste avant qu'on quitte, là, je vais essayer de m'en rappeler, c'était quoi. Mais,
si je ne me trompe pas, là, j'étais dans la question que le... On a déjà convenu que le bois de chauffage, il faisait
partie... le chauffage au bois faisait partie des distributeurs d'énergie
considérés, que les municipalités...
Moi, j'ai entendu le ministre dire que les municipalités pourraient bien
l'interdire, que ça ne viendrait pas en contradiction avec
l'article 30, qu'on verra par la suite. Mais, en même temps, il nous
dit que le gaz naturel, lui, ce n'est pas la même chose. Mais, lorsque, dans
les municipalités où c'est le bois de chauffage qui est... qui sert, justement, de chauffage principal, si on
l'interdit, bien, ça va sûrement aller vers le gaz naturel, puisque probablement
qu'il y a un enjeu, justement,
d'approvisionnement électrique, là. Donc, je voulais l'entendre davantage à ce
sujet-là, là. Parce que je comprends
qu'on veut comme encadrer puis permettre, en fait... ou plutôt encadrer les
villes qui viendraient interdire le gaz naturel, mais on ne semble pas
vouloir aller à la même place pour le chauffage au bois. Et j'essaie de comprendre,
là, pourquoi.
M. Charette : Ce sont de très, très
bonnes questions et pertinentes, ce qui nous amène, nous, à réfléchir aussi aux
futurs règlements qui seront mis en place concernant le bois. D'ailleurs, je ne
me souviens plus si c'est hier ou avant-hier, des journalistes m'ont
questionné, compte tenu de l'exemple de la ville de Québec, me demandant si j'avais l'intention d'interdire des pratiques de
cette nature-là ou est-ce que... est-ce que les villes pouvaient procéder de la
sorte. Certains journalistes semblaient penser que c'était une
initiative du gouvernement du Québec. Je leur ai dit que c'était une initiative
propre à la ville de Québec, qui a suivi un petit peu l'exemple de Montréal.
Laval en est un autre aussi. Donc, c'est une
initiative proprement municipale qui n'est pas dictée par Québec et qui n'est
pas freinée par Québec. Donc, c'est réellement la ville ou les villes
qui ont la possibilité de régler... de réglementer sur la question.
Ceci dit, les endroits au Québec où on a le chauffage
au bois comme système de chauffage principal, c'est réellement en région. À
Montréal, on a quelques données, là, sur la part du bois, c'est marginal, c'est
réellement marginal. Donc, dans les villes
où c'est le chauffage principal, on peut penser à des maisons reculées, des
maisons qui ne seraient pas plus alimentées par le gaz naturel parce que
le gaz naturel ne se rend pas dans ces endroits isolés là.
Donc, un, la
collègue me demandait : Est-ce que j'ai parlé aux... Est-ce que j'ai la
certitude que les 1 000 quelques municipalités au Québec... Non.
Cependant, les maires et mairesses de ces municipalités-là connaissent la
réalité de leurs concitoyens et
concitoyennes. Ils savent fort bien qu'une maison qui est à l'écart, au bout
d'un chemin reculé, un, cette
maison-là, elle ne peut pas être alimentée au gaz naturel, il n'y a pas de
réseau qui se rend là, et, deux, le bois est un élément fondamental de la
chauffe du bâtiment. Donc, ce type de ville là n'a pas intérêt à interdire le
chauffage au bois. Mais, par contre,
en milieu urbain, la ville a la possibilité de l'avoir, et là il y a une
alternative qui serait l'hydroélectricité, ce qui n'est pas le cas en
région.
Le Président (M. Jacques) : ...sur
l'amendement à l'article 29?
Mme Dufour : Je
veux voir est-ce que... Je veux juste voir si les collègues ont des questions
sur cet article-là.
Le
Président (M. Jacques) : Est-ce qu'il y a d'autres interventions? Mme la
députée de Verdun? Mme la députée de Verdun.
Mme Zaga Mendez : Oui, concernant
l'amendement présenté pour l'article 29, j'ai quelques questions. D'ailleurs, je voulais juste saluer, en fait,
l'intention d'avoir des exigences minimales dans la façon qu'il est écrit dans
le premier alinéa. Ce que je veux voir...
(Interruption) ...désolée, c'est plus
l'application. Parce que, dans le troisième paragraphe, on parle que, pour
appliquer le premier alinéa, «une disposition peut être considérée plus
exigeante que si elle prévoit la même méthode de
calcul et les mêmes modalités». Parfait. Cependant, vous nous avez dit, plus
tôt pendant la commission, que ces méthodes de calcul et ces modalités-là vont être faites par règlement. Elles vont
arriver sûrement dans un an ou deux, là, si je suis. J'ai commencé à
faire un peu le même échéancier que vous nous avez donné, là, c'est-à-dire,
pour la cote, dans quelques mois, pour la norme,
peut-être dans un an et quelques, le troisième, sur le code du bâtiment plus
tard. Mais les méthodes de calcul et les
modalités vont être définies par règlement par la suite. Donc, de ce que j'ai
cru comprendre, c'est qu'il y a une
intention, dans les mesures transitoires, pour les règlements qui sont déjà en
vigueur, de ne pas intervenir. Mais
qu'est-ce qui arrive si une municipalité fait un règlement entre aujourd'hui et
la date de... que le règlement, il est conçu ou publié?
M. Charette :
C'est une autre bonne question. On y répondait ce matin. Dans les articles
à venir, on va être aux alentours de l'article 35, dans les mesures
transitoires, on va venir confirmer que les municipalités qui se sont déjà
dotées, là, d'un plan adopté, là, sur ces questions-là, elles vont pouvoir
continuer à opérer. On a beaucoup parlé de Montréal, on a beaucoup parlé de
Prévost. Et ça, ça va continuer à s'appliquer, même après. Mais les autres
municipalités devront suivre l'application, là, des articles que l'on
adopterait à travers le projet de loi n° 41. Donc, il n'y a pas... On ne revoit pas ce qui est déjà en
place, mais les autres devront se conformer au plancher. Elles ne peuvent
pas aller plus bas que le plancher.
Mme Zaga
Mendez : Je comprends.
M. Charette :
Et, si jamais elles veulent aller plus haut, elles peuvent le faire. Mais,
s'il est question des... s'il est question
d'énergie, on va le voir à l'article suivant, c'est là qu'il y a une procédure
particulière, là, qui va devoir s'appliquer. Mais ça ne concerne pas les
plans, là, qui sont déjà adoptés.
Mme Zaga
Mendez : Je comprends ça tout à fait. Mais, quand vous dites «même méthode
de calcul et [...] mêmes modalités», c'est plutôt dans l'esprit qu'on ne les
connaît pas, ces méthodes de calcul et ces modalités. À ce moment-là, on ne les connaît pas. Elles vont être
faites par règlement dans l'année qui s'en vient. C'est ça qui a été voté.
Les modalités, on l'a vu dans l'article 10, on nous donne quelques thèmes,
là, des facteurs, là, vous l'avez... on en a discuté amplement, là, en ce
moment, on ne les connaît pas.
Donc,
moi, je veux comprendre. Je suis une ville et, en ce moment même, pendant qu'on
discute le projet de loi, j'ai une réglementation à l'étude qui va être
adoptée. Et là vous nous dites que tout ce qui est adopté jusqu'à maintenant,
c'est correct. Mais qu'est-ce qui arrive si
on se trouve entre deux chaises, c'est-à-dire entre le fait que le règlement
n'est pas sorti, mais la loi est appliquée?
M. Charette :
Dans les mesures transitoires, là, c'est certain qu'on peut difficilement
déjà passer à l'article 35 ou ses sous-articles, mais on va préciser que,
dans le cas d'espèce qui est mentionné par la collègue, la municipalité va avoir 30 jours... en fait,
oui, 30 jours. La date après la date de sanction de la présente loi. Donc,
il y a des dispositions transitoires, là, qui vont s'appliquer.
Mme Zaga Mendez :
Donc, une municipalité va avoir 30 jours... après la sanction de la
loi, mais elle va avoir combien... Parce
qu'à un moment donné il faut avoir l'information pour être capable de laisser
les municipalités, là, leur... En tout cas, on n'a pas eu de débat au
complet sur la question de la préséance, là. Mais les municipalités sont à
l'attente de savoir ça va être quoi, la méthode de calcul, c'est quoi, les
modalités, si le règlement part, si on a 30 jours
pour suivre, mais on ne connaît pas encore la méthode de calcul parce que les
règlements ne sont pas encore sortis. C'est
là où est-ce que je vois un manque d'information pour que les municipalités
puissent s'adapter rapidement. Ça prend du temps, hein, faire ce type de réglementation. Peut-être, il y en a
certaines à l'étude. Mais c'est aussi que ça peut freiner pendant le... Pendant
que les règlements sont écrits, ça peut freiner certaines municipalités, là, à
ne pas aller vite de l'avant.
M. Charette :
...je pense qu'on peut rassurer aisément la collègue, c'est lorsqu'il y a
un règlement qui est existant. Si le
règlement n'existe pas, la municipalité peut aller de l'avant, à l'exception
des questions énergétiques qu'on va aborder à l'article 30. Donc, si ce
n'est pas visé par un règlement, la municipalité peut aller plus loin. Donc,
c'est pour ça qu'il n'y a pas de... il n'y a pas de frein, il n'y a pas
d'incertitude, tant que le règlement n'existe pas, sur un enjeu précis.
• (14 h 20) •
Tout à l'heure, on
donnait, un petit peu de façon ironique, là... je disais : Si, par
exemple, la norme pour les fenêtres, c'est
des fenêtres à deux couches, et qu'une ville veut imposer des fenêtres à trois
couches, pour nous, il n'y a pas... il n'y a pas d'enjeu, il n'y a pas de
problème, puis ça n'a pas d'incidence sur la demande en énergie. À l'inverse,
et de façon... de façon ridicule, volontairement, je disais : Si une ville
veut imposer un règlement où elle interdirait l'installation de fenêtres — on
s'entend, c'est ridicule — ça
aurait une incidence sur la demande énergétique, et là on parlerait de l'article 30 dans ce cas-là.
Mais, lorsqu'il n'y a pas de règlement, la ville peut aller à la vitesse
qu'elle souhaite et avec la réglementation qu'elle souhaite, là, sans
qu'il n'y ait de problème.
Mme Zaga Mendez : Je comprends. Je pense
qu'on va revenir sur l'article plus de façon générale sur le principe de la
préséance, un principe, je pense, qu'on ne partage pas, tout le monde, la même
opinion autour de la table.
M. Charette :
C'est bien correct.
Mme Zaga
Mendez : Mais vous avez répondu à ma question pour
l'article... pour le sous-amendement... l'amendement.
Le Président (M.
Jacques) : Merci. Est-ce qu'il y a d'autres interventions? Mme la
députée de Mille-Îles.
Mme Dufour : Oui, merci, M. le
Président. Bien, je confirme ce que la députée de Verdun mentionne, ça prend du temps, mettre en place ce genre de
réglementation là dans une municipalité. Je peux vous dire qu'on était en
train de regarder quelque chose de très novateur à Laval lorsque j'ai quitté la
politique municipale, et, bon, à ma connaissance,
ce n'est pas en vigueur. Ça ne veut pas dire que... Les travaux ont peut-être
arrêté, mais ils ont peut-être continué. Mais, si on regarde
l'expérience de ce qui s'est fait, par exemple, à Toronto, c'est des années de
travail, effectivement, avant de mettre ça en place. Donc, effectivement, je
partage l'opinion que ça pourrait freiner des municipalités, parce que, là, on
est vraiment en train de préciser, tu sais, on parle de la méthode de calcul,
les mêmes modalités. C'est très vaste, les
modalités que celles prévues à un règlement qu'on ne connaît pas encore. Donc,
je pourrais comprendre.
Puis, tu sais, je vais faire le parallèle avec
les pesticides. On travaillait sur un projet de règlement pour les pesticides à Laval à l'époque. Et puis un
précédent gouvernement avait annoncé : Bien, on va... on adopte une
nouvelle stratégie de gestion des pesticides. Et là il y avait comme des
étapes qui devaient se faire. Puis là on a dit : Bien, on va mettre sur
pause ce qu'on est en train de faire pour les pesticides. Et, finalement, ça ne
s'est jamais rendu, parce que changement de
gouvernement. Et, finalement, les pesticides en milieu urbain n'ont jamais
changé au niveau provincial. Ça fait qu'on aurait pu aller de l'avant,
mais on a perdu des années, à cette époque-là, à attendre, tu sais.
Ça fait que je pense que c'est ce qui pourrait
effectivement arriver, que des municipalités mettent sur pause toutes leurs
ambitions actuelles. Tu sais, il y en a sûrement plusieurs qui ont regardé
l'initiative de Montréal en se disant :
Bien, c'est une façon que je pourrais... qu'on pourrait atteindre nos objectifs
de réduction de gaz à effet de serre. Puis, après ça, quand ils
découvrent le projet de loi n° 41 : Oh! bon, OK, on va attendre, on
va attendre de voir où ça va aller. Puis, on sait, c'est ce qui est arrivé avec
les pesticides : le règlement n'est jamais venu, finalement, pour...
M. Charette : ...les pesticides,
encore là, le gouvernement du Québec n'a pas de... Il y a un plancher. Il y a
la ville de Montréal, il y a la ville de Québec récemment qui est allée de sa
propre réglementation. Donc, les villes ont la possibilité de procéder.
Mme Dufour : Ce n'est pas ce que je
dis, M. le ministre.
M. Charette : Non, je comprends,
mais c'est qu'il n'y a pas de frein. Et...
Mme Dufour : Mais là, ici, on
propose un frein. Ici, on dit : Si c'est exactement les mêmes méthodes de
calcul, les mêmes modalités que celles prévues, bien, ça va devenir inopérant.
Donc, il y a un frein, et c'est ce à quoi je fais référence.
M. Charette : Bien, c'est là où je
ne suis peut-être pas en accord. Parce que, dans les faits, les villes qui
veulent se doter d'une réglementation spécifique, généralement, vont vouloir
aller plus loin que le standard qui est évoqué,
pour une raison fort simple. Au niveau des pesticides, reprenons l'exemple des pesticides,
moi, je ne peux pas avoir une réglementation qui est différenciée d'une
région à l'autre. Moi, j'édicte des règles nationales et, pour les questions
de, par exemple, de pesticides, moi, je ne peux pas mettre le plancher à la
même hauteur qu'une ville peut le faire, sachant qu'il y a un milieu agricole
ou rural qui ne pourrait pas appliquer, là, cette réglementation.
Mme
Dufour : On peut parler des pesticides, mais on prend du
temps, là. Moi, ce que je vous dis, c'est qu'ici, là, le plancher, on ne le
connaît pas. On ne sait pas, le plancher, ça va être quoi, pour la performance
énergétique. On ne le sait pas parce
que c'est dans des règlements à venir. Donc, les villes, avant de travailler à
dire : Bien, on va aller au-delà du plancher, ils vont dire :
Bien, c'est quoi, le plancher? C'est quoi?
M. Charette : Mais, tant qu'il n'y a
pas de règle, il n'y a pas de plancher. C'est là où on ne ralentit pas la
municipalité dans son ambition. Et, à partir du moment où il n'y a pas de règlement,
la municipalité peut faire ce qu'elle souhaite. C'est le cas. C'est ce que l'on
dit.
Mme Dufour : Oui. Mais je vais me
répéter. Puis, quand je me répète, c'est du temps, là.
Le Président (M. Jacques) : Juste un
instant, là. Là, tout le monde parle en même temps, de un. De deux, les gens n'ont pas le temps de finir leur phrase,
puis ça coupe. Ça fait que, si vous voulez qu'on continue à discuter de cette
façon-là, et que je n'aie pas besoin d'intervenir pour vous donner le droit de
parole, bien, je vous demanderais de respecter tout le monde, la parole de
l'autre puis le temps de parole de l'autre. Merci. Vous pouvez continuer.
Mme Dufour : Là, c'est qui? Qui?
Le Président (M. Jacques) : Mme la
députée.
Mme Dufour : Merci.
Donc, je vais devoir me répéter, et c'est exactement ce que la collègue de
Verdun a dit : actuellement, les villes ne connaissent pas, ne
savent pas quelle va être la méthode, quel va être le plancher, mais ça prend des années de travail pour une municipalité avant
d'arriver avec un tel règlement. Moi, si je suis responsable d'une municipalité
aujourd'hui... Et c'est, je vous dis... c'est exactement ça qui s'est passé au
niveau des pesticides. Moi, j'ai dit aux
équipes : Arrêtez de travailler sur les pesticides, on va attendre de
savoir qu'est-ce que le gouvernement va faire, parce que toute l'énergie
que nous, on va mettre, il va falloir le recommencer après. Donc, on a
dit : On stoppe, on attend. Et c'est
exactement ça qui risque de se passer ici. Il n'y a pas une ville qui va
dépenser de l'énergie à établir une méthode de calcul et des modalités
en sachant que le gouvernement s'en vient avec quelque chose. Ils vont
attendre.
M. Charette :
On n'est pas obligés d'être toujours d'accord, et c'est très, très correct.
Mais il y a plein d'exemples qui
contredisent ce que la collègue dise... Montréal a bougé, Prévost a bougé, donc
il n'y a rien qui freine et qui a freiné les municipalités dans leur
volonté d'agir.
Et, à l'inverse, il
faudrait dire qu'on n'a pas l'intention de faire quoi que ce soit pour
permettre aux villes de penser à leurs plans. Donc, on... Bien honnêtement, un
règlement ou un aspect qui est couvert par règlement, si c'est plus haut que le
règlement, il n'y a pas de problème. Si ce n'est pas couvert par le règlement,
il y a encore moins de problèmes. Là où il y a peut-être une contrainte, puis
on va en discuter très, très ouvertement à l'article 30, c'est lorsqu'il est question de sécurité énergétique, de
besoins énergétiques. Mais, pour le reste, il n'y a aucun, aucun frein, je
dirais. C'est aussi loin que les villes veulent aller. Elles ont un plancher,
mais elles peuvent aller plus loin.
Et on a plein
d'exemples de villes qui, avant même le dépôt de règlements ou quoi que ce
soit, se disent : Nous, on veut aller
de l'avant, et on prépare, et on développe la réglementation. Il y a déjà
des... Là, je parle de Montréal, Prévost, ça a été les plus médiatisées
ces derniers mois, mais il y a plein de municipalités qui, au niveau du
bâtiment, au niveau de d'autres éléments, se
sont dotées de règles qui sont plus strictes que ce qui est le minimum. Il y en
a plein et dans plein, plein de domaines, même au niveau du bâtiment. Donc,
elles n'ont jamais été ralenties ou freinées parce que le gouvernement
n'avait pas encore déposé de règlement à ce niveau-là.
Le Président (M.
Jacques) : Mme la députée de Verdun.
Mme Zaga Mendez : Ce serait beaucoup plus
simple, M. le ministre, si on... si, le plancher, on aurait plus d'idée
de ce que ce serait. Ça ne veut pas dire que le plancher existe ou pas.
(Interruption) Je
m'excuse. C'est de savoir qu'est-ce qu'il y a là. Parce qu'en ce moment il y a
des équipes qui travaillent. Puis je
comprends que légalement, légalement, les villes vont pouvoir réglementer
au-delà d'un plancher qu'on ne
connaît pas. Mais, dans le pratico-pratique, on va s'entendre que le message
qu'on envoie... Puis c'est plus large, j'entendais la collègue, là...
c'est plus large de dire : Est-ce qu'on a le droit ou on n'a pas le droit.
Le principe de préséance ferait en sorte qu'on impose une façon de travailler
aux villes. On le veut ou on ne le veut pas, ils vont se mettre à attendre ce règlement-là. Vous nous avez
dit... Vous nous en donnez des horizons, vous nous avez... vous avez donné des pistes de qu'est-ce qu'il va y avoir
dans ce règlement-là, mais on n'a pas encore de date fixe avec un contenu qui
est très détaillé pour pouvoir guider les villes et avoir plus de concordance
possible.
C'est dans cet
esprit-là. Parce que l'enjeu de fond, là, c'est la préséance. C'est-à-dire que,
chaque fois qu'on a un règlement au niveau québécois, même si c'est le minimum,
ça force aux villes de tout le temps être en train de regarder ce que fait Québec, et dépendre, et ne pas avoir cette
autonomie d'action. C'est ça, l'enjeu : qu'on ne connaît pas la méthode de
calcul, on ne connaît pas les modalités. Je pense que c'est ça aussi que
voulait dire la collègue.
Mais moi, j'ai
entendu, puis je comprends. Puis on va en parler au 35 sur les modalités de
transition. Puis, vous l'avez dit, il y
aura... tant qu'il n'y a pas de règlement, il n'y a pas de plancher. Donc, ces
règlements vont être... vont continuer à opérationnaliser ou, même, ils
vont opérationnaliser même si c'est... Mettons qu'il y en a pendant l'été, ils
vont encore être capables de continuer?
M. Charette :
De?
Mme Zaga
Mendez : Des nouveaux règlements cet été.
M. Charette :
S'il y a des nouveaux plans qui... des règlements...
Mme Zaga
Mendez : Oui.
M. Charette :
Bien, en fait, nous, on vise ceux qui sont adoptés. Ceux qui ne sont pas
adoptés devront aller... Si ce n'est pas
couvert, pas de limite, ils peuvent faire ce qu'ils veulent. Si ça touche une
question énergétique, c'est là qu'ils devraient avoir un avis.
• (14 h 30) •
Mais peut-être juste
répondre aux inquiétudes des collègues, puis elles sont très, très légitimes.
Pourquoi on ne fait pas ça avec tout le détail nécessaire? La première réponse,
puis il faut la considérer, c'est à la demande des villes elles-mêmes. Les
règlements, les villes veulent les travailler avec nous. Donc, si on imposait
des règlements au plancher maintenant, là, cet après-midi, on dit : Le
plancher puis les fenêtres, c'est trois couches, le bardeau, c'est tel type de bardeau et... si on imposait ça
aujourd'hui, les premières qui se plaindraient, et je les comprendrais, ce
seraient les municipalités. Alors, ce sont des règlements qu'ils veulent
travailler avec nous. Donc, il faut respecter cette volonté-là, et les municipalités ont toute, toute, toute la latitude...
On se souvient des propos, autant de M. Damphousse que de
monsieur... FQM, là, j'ai son... un blanc de mémoire...
Une voix : ...
M. Charette : ...Demers,
M. Jacques Demers, effectivement, et on se souvient de... et ils ne
veulent pas qu'on freine leurs ambitions, mais ils veulent qu'on travaille
ensemble sur les règlements à connotation énergétique, puis c'est exactement, exactement ce que l'on propose avec 29, c'est
exactement ce que l'on propose avec 30. Et, quand il n'y a pas de
règlement sur un même sujet, les villes peuvent faire ce qu'elles veulent, et,
s'il y a un règlement, il faut juste
qu'elles soient... c'est le standard, c'est le minimum, mais elles peuvent
faire ce qu'elles veulent pour aller plus loin que ce... Donc, il n'y a
aucun frein, là, au contraire. Au contraire, l'ambition est encouragée,
lorsqu'elle est possible, lorsqu'elle est souhaitée par les municipalités, mais
il n'y a aucun, aucun frein, là, dans ce qui est proposé.
Le Président (M. Jacques) : Est-ce
que c'est tout, Mme la députée de Verdun?
Mme Zaga Mendez : Moi, je n'ai pas
d'autre...
Le Président (M. Jacques) : Mme la
députée de Mille-Îles.
Mme Dufour : Merci, M. le Président.
Je voudrais simplement que ce soit clair. Je n'ai jamais insinué que les villes ne pouvaient pas agir dès maintenant.
Ça, c'est clair qu'elles le peuvent, et des villes l'ont fait, effectivement,
Montréal, notamment, Prévost, mais toutes ces villes ont agi avant de connaître
même la nature du projet de loi, avant de savoir que le projet de loi n° 41 était dans les cartons, et, en connaissant les
détails aujourd'hui, je ne suis pas certaine que Montréal aurait mis les
efforts qu'ils ont mis pour développer leur propre règlement s'ils avaient eu
un règlement... une loi devant eux qui leur dirait : Bien, votre règlement
pourrait devenir inopérant s'il n'avait pas les mêmes règles de calcul, les
méthodes que le règlement à venir, qu'on ne connaît pas, aura. Donc, je voulais
juste le préciser, et c'est à ça que je faisais référence quand je
disais : Ça risque de freiner des villes. Ça risque de freiner des villes
qui auraient peut-être voulu faire ces efforts-là, mais qui vont préférer attendre
de connaître la nature de ce qui sera proposé. Donc, je voulais juste le
préciser, M. le Président, que c'était...
M. Charette : Je comprends, et,
encore là, on n'a pas... on n'a pas à être d'accord sur tout, mais, étant donné
que la réglementation va être travaillée avec les villes, il y a des
indications, très rapidement, qui leur seront communiquées, et c'est elles qui
auront la possibilité aussi de faire valoir leur point de vue. Là où je
pourrais être inquiet, puis je ne le suis pas, c'est si on voulait mettre la
barre plus haute que les villes veulent la mettre, là, ce serait un problème
pour les villes. Ce serait un problème parce que ça pourrait... ça pourrait
complexifier leur planification, mais, dans les faits, actuellement, un règlement,
elles doivent être minimalement à la hauteur de ce règlement-là ou plus haut,
pas de règlement, elles peuvent faire ce qu'elles veulent. Donc, il n'y a pas
de frein.
Mme Dufour : C'est... la façon que
ça a été dit, on aurait l'impression peut-être que le ministre n'avait pas
l'intention de mettre la barre haute, c'est juste de la façon que ça a été dit,
je le soulève, mais, ceci dit, c'est évident que plusieurs villes vont vouloir
aller au-delà parce qu'elles ont des objectifs à atteindre.
M. Charette : Exact, et elles auront
la possibilité de le faire, là, sans aucun frein.
Mme Dufour : Tout à fait.
Le Président (M. Jacques) : Merci.
Est-ce qu'il y a d'autres interventions sur l'amendement à l'article 29?
Est-ce que l'amendement à l'article 29 de l'article 1 de la loi
édictée est adopté?
Des voix : Adopté.
Le Président (M. Jacques) : Nous
revenons en... à l'article 29 amendé. Est-ce qu'il y a des interventions
sur l'article 29 amendé? Je suppose que non. Donc, est-ce que
l'article 29 amendé est adopté?
Des voix : Adopté.
Le
Président (M. Jacques) : Adopté. M. le ministre, l'article 30 de la
loi édictée, ainsi que, après, l'amendement.
M. Charette : Exact, je vais lire sa
version originale. Donc :
«30. Malgré l'article 29, n'est pas
inopérant le règlement municipal qui est en vigueur le (indiquer ici la date de
la présentation du présent projet de loi) et qui a été soumis au ministre pour
approbation dans les 90 jours suivant l'entrée en vigueur d'un règlement pris
en application des sections II ou III du chapitre II qui porte sur le même
objet que ce règlement municipal, et ce, jusqu'à ce que le ministre approuve ou
refuse d'approuver ce dernier règlement.»
Le commentaire de cet article initial était le
suivant : la disposition proposée prévoit un délai pour permettre à une
municipalité de soumettre au ministre son règlement qui porte sur le même objet
qu'un règlement pris en application des sections II ou III du chapitre II de la
loi édictée afin d'assurer une continuité dans l'application de son règlement.
Et
la version amendée se lirait ainsi : Remplacer l'article 30 de la Loi sur
la performance environnementale des bâtiments, proposé par l'article 1 du
projet de loi, par le suivant :
«30.
Toute disposition en matière de performance environnementale d'un bâtiment
adoptée par une municipalité et pouvant avoir un impact sur la capacité
des distributeurs d'énergie à assurer de manière suffisante les besoins en
énergie des consommateurs est inopérante, à moins qu'elle ne soit approuvée par
le ministre, après l'obtention d'un avis favorable du ministre des Ressources
naturelles et de la Faune. Avis de cette décision du ministre est publié sans
délai à la Gazette officielle du Québec.»
Le
commentaire : l'amendement proposé prévoit qu'une disposition en matière
de performance environnementale d'un bâtiment adoptée par une municipalité et
pouvant influencer la capacité des distributeurs d'énergie à assurer des
approvisionnements suffisants aux
consommateurs est inopérante, doit être approuvée par le ministre de
l'Environnement, de la Lutte contre les changements climatiques, de la
Faune et des Parcs. Autrement, la disposition municipale est inopérante. Le
devra... le...
Une voix :
...
M. Charette :
Ah! voilà, il me manque un mot dans ma version, désolé. Le ministre devra
préalablement obtenir un avis favorable du
ministre des Ressources naturelles et de la Faune. Et c'est un petit peu ce que
je mentionnais tout à l'heure. On retrouve les anciens noms sous la Loi
des ministères... tout simplement que ces changements-là n'ont pas été faits dans le corpus législatif.
Donc, on parle ici, là, du ministère de l'Énergie et de l'Économie,
naturellement.
Le Président (M.
Jacques) : Merci, M. le ministre. Est-ce qu'il y a des commentaires
sur l'amendement à l'article 30? M. le député de Jacques-Cartier.
M. Kelley : Oui,
M. le Président. Merci beaucoup pour la parole. Une question pour le ministre.
Alors, dans l'exemple où une municipalité décide de permettre des gens d'avoir
des panneaux solaires sur le toit de leur maison, de donner une... municipale, est-ce que ça prend une approbation de
vous? Est-ce que... Quelles démarches qu'ils doivent prendre? C'est juste... ça, c'est comment je...
lire ça, c'est comme chaque fois qu'on va jouer un petit peu avec l'impact
de la capacité des distributeurs d'énergie,
notamment Hydro-Québec, est-ce que ça prend une approbation de le ministère?
M. Charette :
Bien, c'est sûr qu'il y a une multitude de cas d'espèce, et on pourra les
voir au gré, là, des questions des collègues, mais ce qui est visé, là, c'est
lorsque ça affecte la capacité des distributeurs, et là, dans le cas présent, ça n'affecte pas la capacité des
producteurs. Donc, il n'y aurait pas d'obligation, là, d'aller chercher un
avis, là, de la part du... ou l'autorisation, là, du ministère de
l'Environnement.
M. Kelley :
Vas-y, vas-y.
M.
Charette : Et l'exemple, et
je peux, d'emblée, le mettre au jeu, si une municipalité... On peut ouvertement
parler de gaz naturel ici. Si une municipalité, par contre, voulait, de
façon... par voie réglementaire, dire : Il y a une obligation de
conversion de tous les systèmes de gaz naturel au profit... même existants, au
profit de l'électricité fournie par Hydro-Québec, on s'entend, il y a une
incidence au niveau de la capacité de fournir de l'énergie par Hydro-Québec. On
a vu d'autres cas où, si une municipalité voulait interdire le gaz naturel dans
tous les nouveaux bâtiments, il y aurait une incidence sur la capacité de
fournir de l'énergie par Hydro-Québec.
• (14 h 40) •
Donc, ça ne veut pas
dire que la municipalité n'aurait pas le droit de le faire, c'est juste qu'il
faut se donner le temps d'évaluer l'impact
de cette mesure-là sur la sécurité énergétique et ensuite, avec le ministère
de... pas de... bien, c'est-à-dire, Économie, oui, mais son volet
Énergie, et le ministère de l'Environnement, on dirait à la municipalité :
Vous pouvez aller de l'avant, ou vous ne
pouvez pas y aller, ou, si vous y allez, il faudrait y avoir... il faudrait
qu'il y ait telle ou telle condition pour s'assurer, là, la
prévisibilité en matière de besoins énergétiques.
M. Kelley : Merci, M. le ministre, et c'est sûr qu'une chose
que je vois dans l'article... je reviens, M. le Président, à l'idée des microréseaux. C'est sûr qu'avec
l'exemple à Lac-Mégantic on sait, avec les chiffres existants présentement,
si on juste... laisse un microréseau tout
seul, pas attaché à le réseau d'Hydro-Québec, ça ne peut pas marcher. Ce n'est
pas l'idée d'un microréseau, d'être
complètement indépendant, sauf dans certaines situations rares où, avec la
capacité de stockage et, quand même, des éoliennes, solaire, un «mix»,
ça peut être possible pour une petite zone, mais, si on essaie de voir l'idée
d'un microréseau qui est un petit peu plus grand, est-ce que... encore, ça ne
peut pas interdire une municipalité d'aller
de l'avant avec un microréseau, et c'est sûr que, quand même, ça prend une...
il faut travailler avec Hydro-Québec et, quand même, peut-être, avec le
gouvernement.
Mais je ne veux pas
empêcher non plus ce concept, qui est bien accepté par Hydro-Québec et, de plus
en plus, partout sur la planète, d'aller de
l'avant avec plus d'autoproduction et plus de production de l'énergie locale,
mais c'est juste encore... Je reviens un petit peu, M. le ministre, et
c'est plus sur cette phrase, comme la capacité des distributeurs d'énergie à
assurer d'une manière suffisante les besoins d'énergie des consommateurs...
d'invalider, peut-être, un projet, mais,
juste bien comprendre, ce n'est pas l'objet de cet article-là, c'est encore de
s'assurer qu'il y ait une bonne coordination entre tout le monde.
M. Charette : Et
cet article-là, on se souviendra de nos échanges, Hydro-Québec le veut, puis
Hydro-Québec, même dans le cas... Je pense, c'était Saint-Bruno qui avait été
citée en exemple, et Hydro-Québec a dit : On a l'énergie pour alimenter le fameux quartier vert que la
ville veut développer. Hydro-Québec a juste dit : Nous, on veut collaborer
pour savoir... pour être sûrs qu'on utilise
les meilleurs outils pour y parvenir. On parlait de stockage d'énergie. On
parlait de possiblement, peut-être,
du solaire et autres. Hydro-Québec, ce qu'on nous dit : On a l'énergie,
mais, si on peut apporter notre
expertise pour le rendre encore meilleur, ce projet-là, c'est ce que... c'est
ce que l'on souhaite, mais, s'il est question de production d'énergie renouvelable
ou quoi que ce soit, ce n'est pas... certainement pas ce projet-là qui va la freiner,
cette volonté-là. C'est le but, d'avoir des bâtiments les moins demandants
possibles pour les réseaux de grands distributeurs,
mais, en même temps, on ne peut pas se priver de l'expertise d'Hydro-Québec
pour aider à bonifier un projet.
M. Kelley : Parfait.
Alors, encore, M. le Président, juste comme un exemple, un développeur
dit : Bien, on ne veut pas être
branchés à Hydro-Québec, on va juste utiliser de le gaz quand même, je ne sais
pas, notre... on va juste utiliser du bois dans notre coin, je ne sais
pas, quelqu'un décide d'arriver avec ça, ça va prendre une autorisation, au
minimum discussion avec le ministère, parce qu'on ne peut pas avoir une
situation où des gens sont allés peut-être trop
loin... d'être efficaces, où il n'y a pas d'énergie pour les personnes qui sont
visées par un projet. C'est un petit peu... Si je suis la logique, c'est
un petit peu dans ce sens-là, c'est de toujours s'assurer que les distributeurs
de l'énergie, comme on a discuté dans l'article, comme Hydro-Québec puis les
autres, on ne peut pas empêcher eux autres d'être partie d'un gros projet, par
exemple.
M. Charette :
Mais, à la base, là, on est aux
articles 29, 30, maintenant, il faut que ce soit une réglementation ou
une initiative municipale. C'est ce qu'on vient aborder ou traiter, là, dans
cet article-là. Donc, il faudrait qu'il y ait une
municipalité... puis j'y vais par l'absurde aussi, là, c'est... il ne faut pas
y voir d'offense si une municipalité disait : Nous, on veut uniquement des bâtiments qui sont
chauffés uniquement au bois, la municipalité pourrait. Je ne suis pas sûr
qu'elle aurait des acheteurs, par contre, pour acheter ces bâtiments-là, et,
ultimement, si, à l'inverse, elle voudrait, et c'est un cas plus
probable, dire : Nous, on veut un quartier totalement, totalement exempt
de gaz naturel, c'est là où on dit : Ce
n'est pas impossible de penser à le réaliser, mais on va évaluer l'impact de ce
projet-là pour voir s'il est réaliste ou pas, et, s'il l'est, on va
peut-être dire : Bien, oui, à travers l'électricité fournie par
Hydro-Québec, mais, dans votre réglementation,
pourquoi ne pas penser à des accumulateurs de chaleur, pourquoi ne pas penser
à... C'est le but du règlement, et ce que j'aurais dû réitérer, bien que
je l'aie souligné à plusieurs reprises.
Parallèlement à ça,
parallèlement à ça, on prépare un projet de règlement avec le ministère de
l'Énergie, avec Hydro-Québec, avec le ministère de l'Environnement pour sortir
le gaz naturel de certains types de nouveaux bâtiments.
Donc, ça aussi, c'est derrière... c'est derrière nous, derrière...
c'est-à-dire, en tête, et là ça va devenir le plancher. Donc, si nous,
on dit : On ne peut plus brancher, au Québec, de nouvelles constructions
de tel type, une municipalité ne pourrait
pas aller en deçà de ça, ce serait le plancher. Donc, derrière les 29 et 30, il
y a aussi une volonté, là, qui est indépendante du projet de loi n° 41,
mais qui vise à limiter le recours au gaz, là, dans le branchement de nouveaux
types de bâtiments... de certains types de bâtiments.
M. Kelley :
Merci.
Le Président (M.
Jacques) : Merci. Mme la députée de Verdun.
Mme Zaga Mendez : J'ai plusieurs questions,
vous vous imaginez. C'est peut-être l'article sur lequel on va passer un
peu plus de temps. Je vais y aller étape par étape.
Donc,
deuxième alinéa, on dit «pouvant avoir un impact». Comment est-ce qu'on va
calculer l'impact? Comment on le définit, cet impact?
M. Charette :
En fait, lorsqu'il est question
d'énergie qui sollicite une forme d'approvisionnement en énergie, je
pourrais le résumer comme ça.
Mme Zaga Mendez : Qui qui fait les calculs
d'impact? Parce qu'une partie qui appartient à l'Environnement, mais on voit aussi le rôle... nouveau rôle du
ministère de l'Énergie. On reviendra là-dessus. Qui qui va faire les calculs
sur... avoir un impact? Comment on le détermine?
M. Charette :
Très bonne question, puis les villes admettaient elles-mêmes qu'elles
n'avaient pas l'expertise pour ça. Ça fait
que c'est pour ça qu'on vient chercher un avis du ministère avec l'expertise
nécessaire, le ministère de l'Énergie.
On s'amusait un petit peu à dire : En nouveaux bâtiments, combien de mégawatts
on prévoit, ou tel règlement, ce que Saint-Bruno veut implanter, quel
est l'impact, en termes de mégawatts, au niveau des pointes et autres? Les villes n'ont pas... Puis ce n'est absolument pas
péjoratif lorsque je dis ça. C'est une expertise qui n'est pas dans les villes,
qui est au ministère de l'Énergie. Donc, le
ministère de l'Énergie est mis à profit parce qu'il y a toujours cette
question-là, de sécurité énergétique, qui est en fond de trame. Donc, ce
n'est pas pour freiner, c'est dire : Étant donné qu'on n'est pas en mesure d'évaluer l'impact au sein d'une
municipalité, c'est là où on se réfère à un cercle un petit peu plus large, là,
pour établir la réglementation.
Mme Zaga Mendez : Bien, je vais
continuer ma question. Vous faites référence au ministère de l'Énergie et de
l'Économie.
M. Charette : Oui,
bien, c'est un ministère qui a deux missions.
Mme Zaga Mendez : Oui, on en
reviendra, là-dessus. On parle... impact sur la capacité des distributeurs d'énergie. Comment on le détermine? On a défini
«distributeurs d'énergie» au tout début, ça, je n'ai pas de question, mais plutôt
la capacité des distributeurs, comment on la calcule?
M. Charette : Bien, là aussi, les
villes n'ont pas la capacité de le calculer. C'est pour ça qu'il faut aller en dehors du cercle uniquement de la municipalité
elle-même. C'est là où le ministère de l'Énergie... Si, par exemple, on a
Hydro-Québec... On a abordé un petit peu la question, et là je n'ai pas tous
les chiffres en tête, le nouveau bâtiment. Dans le cours normal des affaires,
là, qu'on appelle, Hydro-Québec prévoit que, pour les 10 prochaines années, le
nouveau bâtiment va requérir tant d'énergie. Je dis «tant» parce que je ne me
souviens plus des chiffres, eux les ont, eux
les partagent volontiers, là, c'est moi qui ne les ai plus en... qui ne les a
plus en mémoire, mais cette prévision-là, la ville ne le sait pas, elle n'a pas
la capacité de l'établir. Encore là, c'est la raison pour laquelle il faut
qu'Hydro-Québec soit dans le coup si jamais on dit : Ce ne sera qu'à
Hydro-Québec de fournir l'énergie pour alimenter ce nouveau quartier là.
• (14 h 50) •
Mme Zaga
Mendez : ...continuer puis je vais revenir un peu sur ce
que vous avez dit, sur le portrait complet, parce qu'à moins que mes collègues
ont une autre mémoire, là... rafraîchir ma mémoire, mais il me semble que
ça, c'est une des choses qu'on demande, là,
depuis un bout, c'est-à-dire avoir ce portrait complet là, avoir une discussion,
une commission globale pour faire le portrait des... pas seulement dans la
distribution, et combien d'énergie qu'on a de disponible, et comment elle est
répartie pendant... parce que, là, on parle des municipalités, là, mais, je
pense, les municipalités ont surtout une
intention pour le bâtiment... excusez-moi, là, moins pour l'industrie, moins
pour l'institutionnel, plus pour le
secteur de l'habitation. Et je comprends que le ministère de l'Énergie, lui, il
a l'ensemble, mais on a peu de...
Vous savez, ça fait quelques mois, voire années, qu'on demande ce portrait
d'ensemble là, de comment l'énergie... comment nous sommes en train de
prioriser l'utilisation de cette énergie-là, donc d'où ma question de comment on calcule l'impact, l'impact par rapport
à quoi, la capacité des distributeurs. Est-ce que le ministère de l'Énergie
va fournir de façon ouverte et transparente, à chaque année, ce type de
portrait là pour que les municipalités aient aussi ça en tête?
M. Charette : ...puis ce n'est pas
dans un esprit de contradiction, là, c'est plutôt pour compléter l'affirmation de la collègue. La collègue dit : Les
municipalités sont surtout intéressées par le résidentiel... bien, en partie le
résidentiel, mais les municipalités ont leur parc industriel aussi,
elles ont les commerces. Donc, ce n'est pas que le résidentiel, là, qui relève
des municipalités.
Pour ce qui
est d'Hydro-Québec, les chiffres auxquels j'aimerais faire référence, mais
c'est même moi qui fais défaut un
petit peu, on les... sont dans le plan d'action d'Hydro-Québec, là. Ce n'est
pas des données, là, qui sont difficiles à obtenir.
Et, pour ce qui est d'une consultation plus
générale, là, je ne peux pas m'avancer sur l'objet, mais on sait que mon collègue, justement, en Énergie, dans les
prochaines semaines, va déposer un projet de loi qui va faire l'objet d'une consultation
en bonne et due forme.
Donc, des occasions de questionner la réalité
énergétique du Québec, elles sont quand même nombreuses. Je sais qu'aux crédits
Hydro-Québec sera présente également. Bref, des occasions de questionner ces
enjeux-là sont nombreuses, mais, pour ce qui
est des infos sur les besoins anticipés, c'est dans le plan d'action, là,
d'Hydro-Québec, là. C'est un document qui est public.
Mme Zaga
Mendez : J'entends le ministre, mais je pense que la
question de fond, là, en regardant l'article 30, là, c'est une question de
priorisation. Là, ce qu'on est en train de faire, c'est de dire aux
villes : Vous n'allez plus pouvoir réglementer sur le type... on
revient, là, je vais utiliser le même langage que dans le projet de loi, type,
quantité et moment d'utilisation énergétique. C'est pas mal de ça dont il est
question. Et on leur dit, parce qu'il va falloir avoir l'aval du ministère de
l'Énergie, que lui, il va regarder l'ensemble de la demande, mais quelle est
cette demande-là?
Puis, nous, ce qu'on voit jusqu'à maintenant, M.
le ministre, là, c'est que la demande est beaucoup plus croissante, pour
l'énergie renouvelable ou de la part d'Hydro-Québec, des industries qui
viennent s'installer, qui viennent... qui se font promettre des blocs
d'énergie, et, de l'autre côté, on a des municipalités qui veulent faire sortir
le gaz, qui veulent arrêter les nouveaux branchements, et pour lesquelles il y
a des incertitudes. Je ne dis pas que c'est tout le temps non. Il y a des
incertitudes en termes d'alimentation énergétique par Hydro-Québec.
Donc, plusieurs villes optent pour avoir des
réglementations à cet égard-là, justement, pour avoir des outils qui leur permettent de décarboner leur immobilier,
que ce soit... Bon, on a parlé de différents types de bâtiments, mais
ces outils-là sont nécessaires, en ce moment, pour faire face à la lutte aux
changements climatiques, mais surtout pour
donner ce pouvoir-là aux municipalités. Moi, je trouve qu'il y a une concentration
ici d'un pouvoir, et qu'on n'a pas le débat de fond en ce qui concerne
la priorisation énergétique.
M. Charette : En fait, comme je le
disais à la collègue, un petit peu plus tôt, de l'opposition officielle, on
n'est pas obligés d'être d'accord sur tout,
mais les chiffres, à ce niveau-là, malheureusement, vous donnent tort, et, dans
les faits, dans les faits, ce qui est là, c'est l'UMQ et la FQM qui le
demandent. Vous vous souvenez des propos de M. Demers. Vous vous souvenez des
propos de M. Damphousse. Ils demandent à ce qu'on réglemente cette question-là
au niveau de l'énergie.
Donc,
on donne suite à une demande des villes, parce que la question de la collègue
était très pertinente, qui va évaluer l'impact, et la collègue semblait
d'accord pour dire que les villes n'ont pas la capacité d'évaluer cet
impact-là, et les villes
reconnaissent ne pas avoir la capacité de mesurer l'impact, d'où la demande de
l'UMQ et la FQM, de dire : Il faut encadrer les questions énergétiques.
Les villes... Il y a eu des débats possiblement devant les... des recours
potentiels. Les villes ne veulent pas
s'embarquer là-dedans. Elles veulent éviter de devoir investir souvent des
sommes qui pourraient être très importantes dans leur budget.
Donc, moi, je me souviens très bien, puis je ne
veux pas leur faire dire quoi que ce soit, ça a été dit au micro, comme quoi
elles ont besoin d'un encadrement, pas parce qu'elles veulent être chaperonnées
ou quoi que ce soit. L'expertise n'est pas
là, mais elles veulent bien faire, puis on va les aider à bien faire, puis pas
de façon à les regarder de haut, travailler ensemble pour arriver au
meilleur résultat possible.
Donc, moi, je n'offense pas l'UMQ, je n'offense
pas la FQM en présentant cet amendement-là. Je donne suite à leur souhait de travailler avec Hydro-Québec, avec le ministère
de l'Énergie, avec le ministère de l'Environnement pour prendre les
bonnes... les bonnes décisions, mais là où... quand je disais : Les
chiffres donnent tort, c'est que l'essentiel va aux projets industriels? Non.
Hydro-Québec, dans son plan d'action, aussi, dans son développement
énergétique, au cours des prochaines années, jusqu'en 2035, c'est 75 % de
cette nouvelle énergie là qui sera dédiée à des efforts de décarbonation, et
uniquement 25 % à des projets industriels.
Donc, ce n'est pas au détriment de la lutte aux
changements climatiques. Le développement énergétique renouvelable au Québec va
aller à 75 % aux efforts de décarbonation, et beaucoup dans le secteur des
transports. À travers les politiques très ambitieuses qu'on s'est données
d'électrification des transports, c'est excessivement demandant en termes d'énergie, et Hydro-Québec l'a déjà planifié. Donc,
dans son 75 %, il y a beaucoup d'argent... bien, pas d'argent... il y a beaucoup d'argent aussi,
mais beaucoup d'énergie qui va aller à l'électrification des transports. Donc, ce
n'est pas vrai que c'est le secteur industriel. C'est un quart puis trois
quarts à la décarbonation.
Mme Zaga Mendez : Pour répondre, je
comprends... je comprends la préoccupation des villes concernant l'énergie, mais elles ont aussi été très claires,
puis j'ai relu les mémoires, puis ça s'applique au 29 comme ça s'applique
au 30, là, c'est que, peu importe l'objet, on applique ce qu'on appelle la
création d'une préséance dans cette loi-là. Vous avez dit, au tout début, là,
des discussions, qu'il va y avoir un règlement concernant la sécurité
énergétique qui va être fait très bientôt, et vous allez le faire avec les pouvoirs
qui sont donnés par la LQE. Est-ce que je me trompe?
M. Charette : C'est-à-dire, c'est un
scénario qui a été évoqué. Moi, ce que je dis, c'est qu'on va, dans les
prochains mois, présenter un projet de règlement qui va nous aider à sortir le
gaz du bâtiment, pas totalement, on va poser
des balises, mais, oui, c'est pour recourir de façon moins automatique au gaz
dans certains types de bâtiments, et, ça aussi... En fait, les villes nous
demandaient deux choses. Elles nous demandent... Essentiellement, là, le contenu
de l'article 30, elles nous demandent ça, puis elles nous demandent,
justement, de prévoir une sortie du gaz dans certains types de bâtiments pour
qu'il y ait, justement, une norme qui soit reconnue par tous. Donc, on va leur
donner les deux, une à travers le projet de loi n° 41 et l'autre à travers
un projet de règlement qui sera présenté, là, le plus rapidement possible.
Mme Zaga Mendez : Mais ce que je
comprends, là, puis vous me direz si je me trompe, là, mais là vous avez parlé d'un règlement sur une sortie de gaz de
certains bâtiments, puis ça, ça peut être fait, comme vous le dites, en suivant la LQE. Donc, pourquoi on a besoin de se
donner des pouvoirs de préséance avec l'article 30, voire
l'article 29? Si je comprends, vous pouvez déjà le faire, ce type
de règlement là, n'est-ce pas?
M. Charette : C'est parce qu'il ne
faut pas confondre les choses, là. Le 30, c'est l'énergie en général, ce n'est pas que le gaz naturel. Le projet de
règlement qu'on souhaiterait présenter, là, dans les prochains mois, ça va être
un encadrement du gaz naturel spécifiquement.
Mme Zaga Mendez : Donc, il y aurait
deux projets de règlement, un sur le gaz naturel et un autre qui va découler de
la loi concernant l'énergie?
M. Charette : Bien,
si on résume ce qu'on a dit hier, le projet de loi n° 41 devrait donner
place à trois règlements.
Mme Zaga Mendez : À trois
règlements.
M.
Charette : Et là on aurait un règlement, plutôt que les
autres, vraisemblablement, du moins, c'est ce qui semble le plus
probable, sur la question du gaz naturel en particulier.
Mme Zaga Mendez : Alors, un autre...
M. Charette : Mais ça ne fait pas
partie des trois règlements, là, évoqués hier.
• (15 heures) •
Mme Zaga Mendez : Parfait. J'ai
d'autres sous-questions. Donc là, on a parlé du gaz naturel. Désormais, si une ville... Je vais revenir sur les cas qui on
a... qu'on a déjà, là, c'est-à-dire Prévost, Montréal,
Saint-Hyacinthe, Candiac. De
ce que j'ai cru comprendre, en ce qui concerne l'énergie, et ces éléments vont
être toujours valables...
M. Charette :
Exact.
Mme Zaga
Mendez : ...de façon indéfinie ou est-ce qu'il y a des
moments dans lesquels, dans les maisons de transition, vous allez
demander des changements ou des adaptations?
M. Charette : Là, c'est les...
Les règlements qui sont en application avec les mesures transitoires qu'on va
confirmer, là, dans les articles, vraisemblablement 35, vont pouvoir continuer
de s'appliquer.
Mme Zaga Mendez : OK. On
reviendra sur la mesure transitoire, parce que...
M. Charette : Mais je vais
souhaiter une chose, par contre...
Mme Zaga Mendez : Allez-y.
M. Charette : ...si, un jour,
on devient plus sévère que ces règlements-là, j'espère que la collègue va nous
permettre de leur demander d'être plus sévères à leur tour.
Mme Zaga Mendez : On va voir
rendu là, mais je vais revenir sur les règlements à venir. Maintenant, si une ville, après l'adoption de cette loi, en lisant
l'article 30, une ville comme Laval, qui travaille déjà sur des plans de
décarbonation, une ville comme Longueuil qui a le même type d'objectif,
il y a plusieurs villes au Québec qui ont déjà eu des... Il y a des intentions
de ne pas suivre exactement ce qu'il se fait à Montréal ou à Prévost, là, mais
être dans une voie semblable. Si elles
décident, demain matin, d'interdire les nouveaux branchements à gaz, est-ce que
ça va être possible ou est-ce qu'il va
devoir toujours aller faire... attendre une évaluation pour savoir s'il y a une
disponibilité énergétique?
M. Charette : ...parce ce que
je peux le répéter, là, pour que ce soit bien, bien entendu. Les villes qui ont
déjà leur réglementation adoptée, ça va. Les
autres, elles vont devoir effectivement passer par la modalité de
l'article 30. Mais Laval, ce n'est pas une petite ville, là. Donc,
si Laval... puis ce n'est pas l'intention de la ville de Laval, là, on est en
communication avec eux, si Laval devait, demain, proposer un projet de
règlement qui, non seulement vise le futur
bâtiment mais les bâtiments existants, que Laval disait : On interdit même
les systèmes actuels de gaz, les citoyens, les propriétaires ont jusqu'à
telle date pour enlever tous leurs systèmes au gaz pour les remplacer avec des
systèmes alimentés par Hydro-Québec, ça aurait un impact immense sur la charge
exigée à Hydro-Québec. C'est là où il faut prendre le temps d'évaluer qu'est-ce
que ça représente pour Hydro-Québec. C'est à l'extrême, là. Laval ne veut pas faire ça, mais je vais à l'extrême. Il faut
évaluer l'impact de ces mesures-là. On ne peut pas... et inversement. Souvent,
ce n'est pas une question de capacité de fournir l'énergie à terme.
J'ai vu... et là je vais vous donner un exemple
en lien avec l'eau, mais je pourrais faire exactement le même parallèle avec
l'électricité fournie par Hydro-Québec. J'ai des villes qui avaient des projets
de développement de quartiers résidentiels, donc des nouveaux bâtiments, mais
il n'y avait pas d'approvisionnement en eau pour ces quartiers-là. Donc, dans certains cas, ça a pris plus de temps pour que
la ville s'assure, d'abord et avant tout, que l'eau soit disponible la journée où les maisons vont
être bâties. C'est la même chose avec Hydro-Québec. Une ville pourrait
vouloir développer un nouveau quartier résidentiel, mais, si le poste local
d'Hydro-Québec n'est pas en mesure d'alimenter 100, 200, 400,
500 nouvelles maisons, ce n'est pas... ce n'est pas une bonne idée que de
le proposer. Ça ne veut pas dire
qu'Hydro-Québec ne dira pas à la ville : Bien, regardez, dans ce
secteur-là, on sera en mesure de faire des
travaux dans un an ou deux. À ce moment-là, l'électricité va être disponible,
et là vous pourrez penser développer. C'est là où il faut mesurer l'impact
d'une réglementation avant de la rendre applicable. Mais ce n'est pas parce
qu'on demande cette évaluation-là ou cet avis-là que la réponse va être
non après, il faut juste mesurer l'impact pour voir comment qu'on y donne
suite.
Mme Zaga
Mendez : Mais, M. le ministre, vous savez que les villes,
autant que les groupes écologistes, comprennent les types de transition à
faire. Ils savent que, demain matin, le robinet pour le gaz ne se ferme pas de
façon automatique. On le sait très bien, que ça passe d'abord par les nouveaux
branchements. Par la suite, quand il y a déjà du gaz dans le bâtiment, c'est le
moment où on devrait déjà avoir, dans certains cas, la biénergie, ou qu'on peut
aller de peu à peu vers l'hydroélectricité,
c'est surtout le règlement visant les nouveaux branchements. C'est pour ça, je
reviens, donc, nouveaux branchements. J'aimerais ça vous entendre
là-dessus.
M. Charette : Peut-être juste un
petit élément, si la collègue le permet, puis, encore une fois, ce n'est pas...
ce n'est pas péjoratif à l'égard de Montréal. On collabore très, très bien avec
Montréal. La première mouture que proposait Montréal, elle posait problème, et
Montréal n'en était pas pleinement consciente parce qu'elle n'avait pas la possibilité d'évaluer l'ensemble des impacts.
C'est en travaillant avec Montréal que Montréal a pu revoir sa politique
et en adopter une qui, aujourd'hui, sied bien à Hydro-Québec, sied bien au
ministère de l'Environnement. Donc, Montréal...
La collègue dit : Les villes savent ce qu'il faut faire. Ce n'est pas une
mauvaise intention, mais Montréal avait... n'avait pas évalué... je ne
dirai pas mal, n'avait pas évalué l'impact total de ce qu'elle voulait mettre
au jeu au départ.
Donc, les
villes, elles ne savent pas toujours. Puis ce n'est pas un reproche, là, c'est
normal. Les villes ne savent pas
toujours l'impact des mesures qu'elles veulent implanter, d'où la nécessité
d'élargir le cercle avec Hydro-Québec, qui doit être mis de la partie, et le ministère de
l'Énergie et le ministère de l'Environnement. Puis, au final, Montréal a un
règlement qui est très, très précurseur, qui
va vraisemblablement influencer le règlement qu'on voudra appliquer à l'ensemble
du Québec. Donc, c'est en travaillant ensemble qu'on arrive à ces résultats-là.
Mme Zaga
Mendez : Bien sûr qu'il faut travailler avec les villes, ce
n'est pas l'intention de mon commentaire. C'est normal de créer de la corroboration, de l'information. Puis, je
pense, je vais poser ma dernière question. Je pense qu'on n'est pas d'accord,
M. le ministre, mais qu'est-ce qu'on a là, c'est créer un précédent assez fort
pour donner... faire en sorte que les
villes ont plus d'étapes à traverser, qui vont être plus contraintes en matière
de lutte aux changements climatiques
à l'avenir. Parce que les questions énergétiques, oui, bien sûr, il faut
prendre en considération la disponibilité, mais, en ce moment, de ce qu'on voit de la part de l'autre ministère qui
est impliqué ici, c'est qu'il y a une priorisation qui se fait. Puis ces
débats-là sur la priorisation énergétique, nous n'allons pas le faire ici, là,
je le comprends, autour d'un amendement, là. C'est un débat beaucoup
plus large que plusieurs personnes, plusieurs acteurs de la société demandent.
Et, tant et autant qu'on continue à faire une priorisation qui est basée... ce
qu'on regarde en donnant plus d'énergie renouvelable à des secteurs industriels
qui viennent s'installer ici, à des blocs... puis c'est correct, on n'est pas
d'accord, mais c'est ça que nous, on regarde, mais on a peur qu'avec ça, ça ne
va pas bénéficier le résidentiel.
Et je vais m'arrêter avec une dernière question.
Je n'aurai pas d'autre commentaire. Qu'est-ce que le ministre pense de
débrancher les nouveaux bâtiments au gaz naturel? Est-ce que c'est dans son
intention d'aller là? Si oui, quand? Et je m'arrête là-dessus.
M. Charette : Je suis obligé de
rectifier certains faits, malheureusement, encore. Puis ce n'est pas... On est
là pour jaser. Mais, lorsque la collègue, de nouveau, dit que le développement
énergétique sert davantage à l'industriel, bien,
c'est faux. Puis ce n'est pas faux un petit peu, là, c'est faux beaucoup. Moi,
75 % versus 25 %, ce n'est pas un peu, là, c'est beaucoup faux, hein, on
va le dire comme ça. Et le 25 % en question, regardez où est destiné le
25 % et regardez les critères
d'attribution, même des projets industriels, un des critères d'attribution,
c'est de contribuer à la décarbonation de l'économie. Je sais que le mot
«économie», des fois, peut être mal perçu chez Québec solidaire, mais les
projets industriels qui ont été acceptés avec une quantité effectivement
importante d'électricité, mais dans une proportion uniquement de 25 %, si
on regarde le total d'ici 2035, c'est des projets industriels qui vont... oui,
industriels mais qui vont aussi nous aider à
décarboner notre économie, notamment avec la filière batterie. Donc, ce n'est
pas un petit peu, c'est beaucoup, beaucoup, beaucoup, et une grande
proportion qui est dédiée à la décarbonation.
Et, pour ce qui est du propos de la collègue qui
dit : Les villes savent ce qu'il faut faire pour lutter contre les
changements climatiques et décarboner notre économie, les villes savent ce
qu'elles veulent et elles veulent cet article-là. C'est à la demande de l'UMQ,
c'est à la demande de la FQM d'encadrer la question énergétique.
Donc, je suis
d'accord avec la collègue, les villes savent ce qu'elles veulent et elles
veulent un article semblable à celui-ci.
Mme Zaga Mendez : Il n'a pas répondu
à ma question, mais c'est correct...
• (15 h 10) •
M.
Charette : Pour le gaz, c'est vrai, j'oubliais, j'oubliais.
Je voulais juste corriger les affirmations, là, qui étaient inexactes.
Dans les meilleurs délais, j'espère, puis on pourra s'en reparler, là, quand je
vais avoir un...
Eh! bien oui, dans le fond, le communiqué de
presse qu'on a diffusé, là, la journée même du début des consultations, je vais lire un extrait : «Le
ministre profite également du début des consultations sur le projet de loi n° 41 pour annoncer l'intention
du gouvernement d'encadrer d'ici peu l'utilisation du gaz naturel dans le
secteur des bâtiments, cette réglementation qui visera prioritairement
les bâtiments neufs.»
Je n'ai pas de date, mais je vais souhaiter que
ce soit le plus rapidement possible et vraisemblablement, là, au cours de la
présente année.
Le Président (M. Jacques) : Merci.
M. le député de...
M. Charette : Et, parce que c'est
une belle nouvelle, M. le Président, on sera vraisemblablement une des
premières juridictions en Amérique du Nord à adopter un règlement de cette
nature-là, comme on a été la première juridiction
en Amérique du Nord à adopter non pas une intention, mais une loi en bonne et
due forme visant à interdire l'exploration et l'exploitation des
ressources fossiles.
Le Président (M. Jacques) : Merci,
M. le ministre. M. le député de Jacques-Cartier.
M. Kelley : Oui, merci, M. le
Président. Je crois que ma collègue de Verdun a posé une question envers nous
concernant notre demande pour une commission
itinérante, puis le ministre puis ma collègue a lancé toute une discussion sur
le portrait énergétique au Québec, qui a un lien direct avec ce projet de loi
ici, parce que, oui, on va aller phase par phase pour les différents bâtiments, mais les demandes d'Hydro-Québec,
dans leur plan d'action concernant l'efficacité énergétique, est très important, c'est un gros morceau de leur
stratégie, de conserver des kilowatts d'énergie entre ici et 2035.
Mais je veux
juste... reviens à la question de la... de ma collègue de Verdun. Oui, on a
demandé une commission pour une commission itinérante sur la question de
l'énergie, de permettre tous les élus de l'Assemblée nationale d'aller en région pour discuter notre avenir
énergétique, quelque chose qui est très, très important. C'est sûr qu'on peut
avoir des discussions ici, je sais que le
ministre de l'Énergie a lancé une discussion lui-même, mais, malheureusement, je ne pense pas qu'on a répondu à cette idée du premier
ministre du Québec et quand même quelque chose qui a été demandé par plusieurs
intervenants sur le terrain, d'avoir une discussion avec toute la population,
parce que, c'est sûr, on peut passer un
projet de loi ici, mais, pour la question de l'efficacité énergétique, ça va
prendre un «buy-in» de la population, puis je pense qu'on doit aller
partout pour juste discuter des meilleures pratiques puis des meilleurs défis
de toutes les différentes régions du Québec, et c'est hyper, hyperimportant.
Si, quand même, ce
n'est pas en commission itinérante, on était prêt à accepter des états
généraux. Encore, l'idée de tous les élus ensemble, aller en région, parler
avec les citoyens, prendre leurs idées, regarder les différences entre les différentes régions, ça demeure toujours
une bonne idée puis peut-être une option que le gouvernement va aller de
l'avant avec un jour. Malheureusement, ils ont dit non à un mandat initiatif,
puis le premier ministre et le ministre de l'Énergie n'a pas dit oui encore à
notre demande. Mais c'est sûr que, pour la suite des choses, pour notre avenir énergétique, on peut avoir des discussions, comme
j'ai entendu entre mes collègues, le ministre et la députée de Verdun,
mais, en bout de la ligne, on n'a aucun autre choix... mais de regarder comment
on peut produire plus d'énergie et comment
on peut être plus efficace avec l'énergie. Et je sais que ce projet de loi,
c'est un morceau dans le paquet de solutions qui sont nécessaires, mais moi, je crois fortement, toutes les
formations politiques qui siègent à l'Assemblée nationale et quand même une qui est à l'extérieur savent
qu'il n'y a aucun choix... mais d'ajouter plus d'énergie à notre parc
électrique et aussi de trouver des moyens.
Et, quand même,
entre... je sais que mes deux collègues étaient en train d'avoir un échange et
j'ai allé juste rapidement pour regarder le plan d'action. Pour juste informer
tous mes collègues, je pense que tout le monde ici a lu le plan, mais peut-être les gens qui nous écoutent n'ont pas eu la
chance, alors juste de donner tout le monde une idée, le plan de
M. Sabia et Hydro-Québec sur page 10, sur la question de la meilleure
consommation au bon moment, mais quand même sur la question de l'efficacité,
c'est de «doubler des économies d'énergie réalisées par nos clients et des clients afin de dégager de 1 600 à
1 800 mégawatts de puissance supplémentaire à l'horizon de 2035». Ça,
c'est pas mal, et je cite leur document dans le plan d'approvisionnement
de novembre 2022 : «Nous visons des économies d'énergie équivalant à
1 800 mégawatts. Aujourd'hui, nous aspirons à beaucoup plus, plus
rapidement. Nous avons ainsi doublé notre cible des économies d'énergie afin de
retrancher de 1 600 à 1 800 mégawatts de puissance de plus, pour
un total de 3 500 mégawatts.» Et ça, c'est la puissance combinée de
la centrale Manic 5, où le premier ministre et le ministre des Affaires
autochtones étaient présents aujourd'hui, je crois, ou dans la même région, et
des centrales du complexe de La Romaine. Ça, c'est énorme. La note, c'est...
21 térawatts d'énergie en efficacité énergique est prévu d'entrer d'ici 2035. Et, quand même, si on regarde le plan qui a
été... stratégique, parce qu'on a un plan d'action qui a été déposé par M. Sabia, mais un plan
stratégique qui a été déposé par Mme Brochu, là encore, entre ici et 2025,
il vise 4 térawatts d'énergie à conserver, puis une partie de ça vient des
bâtiments existants.
On espère, dans trois
ans, on va conserver... excusez-moi, dans trois ans... l'année prochaine, on
va... déjà mis en place des stratégies pour conserver 1 térawatt d'énergie
pour les bâtiments existants, une petite fraction des nouvelles constructions.
Et, encore, ça, c'est pour les clientèles résidentielles. Et, pour les
clientèles des affaires, c'est environ
1,9 térawatt d'énergie. Honnêtement, je ne sais pas où on est rendus avec
ça, j'imagine, on a probablement un
petit peu de retard, parce qu'on a poussé nos ambitions et nos cibles jusqu'à
2035. Pas grave, M. le Président, parce que nous sommes ici de parler d'un morceau de la stratégie
d'Hydro-Québec, qui est hyperimportant, et ça, c'est l'efficacité
énergétique.
Alors, c'est juste de
faire un petit peu un topo de la situation et pourquoi c'est important, comme
je dis, de juste répéter que, oui, ce projet
de loi, c'est un morceau. Je sais que tout va pas mal être réglementé dans ce
projet de loi, on n'a pas beaucoup de cibles, ni nécessairement dans
chaque article qu'on a discuté jusqu'à date, toutes les explications sur
comment le ministère de l'Environnement et la Lutte contre les changements
climatiques va dérouler et mettre en place beaucoup des ces articles. Je pense
que ma collègue de Verdun vient d'avoir une très franche discussion avec le
ministre sur un exemple, sur qu'est-ce qui va arriver avec les règlements,
comment ça va fonctionner. On a eu des
autres discussions, dans les dernières couples de jours, sur la même chose.
C'est bien de dire qu'on va avoir des règlements puis le gouvernement va
travailler avec les municipalités ou avec des acteurs dans le secteur de
la construction pour déterminer des règlements, mais ça, ça va être tout un
travail, M. le Président, la suite des choses. Alors, c'est tout pour moi, pour
l'instant, M. le Président, merci beaucoup pour votre écoute.
Le Président (M.
Jacques) : Merci beaucoup. Est-ce qu'il y a d'autres interventions sur
l'amendement à l'article 30? Oui, monsieur.
M. Charette :
...le collègue a tout à fait raison de se référer au plan d'Hydro-Québec et
l'importance de pouvoir économiser de l'énergie. Et c'est sans doute la raison
pour laquelle Hydro-Québec est très, très enthousiaste, et là aussi je pèse mes mots, par rapport au projet de loi. Hydro-Québec
l'a dit ouvertement : Elle a besoin de ce projet de loi là.
Et on estime que la
portée du projet de loi, c'est vraisemblablement l'équivalent d'une Romaine.
Donc, on dit souvent : L'énergie, l'énergie la moins chère est celle qu'on
ne consomme pas, mais on a vraisemblablement un potentiel d'aller chercher l'équivalent d'une Romaine avec un projet de
loi en application comme celui-ci. Donc, c'est effectivement très, très
significatif.
Le Président (M.
Jacques) : Merci, M. le ministre. Est-ce qu'il y a d'autres... Mme la
députée de Mille-Îles.
Mme Dufour : Oui. M. le Président,
je m'excuse... Tout à l'heure, je crois que c'était lors d'un échange avec la
députée de Verdun, le ministre mentionnait que l'objectif, ce n'était pas
vraiment de restreindre, en fait, ou même de favoriser le
gaz naturel, là, que ce n'était pas l'intention, mais, lorsqu'il y a eu des
discussions concernant le projet de Saint-Bruno et qu'on lit la réponse
qu'Hydro-Québec a donnée, ça laisse sous-entendre le contraire.
• (15 h 20) •
Donc, c'est sûr que je comprends les inquiétudes
qui ont été soulevées, là. Et là j'attends juste qu'on me le mette à l'écran pour que je puisse vous le lire.
Voilà. Merci. Alors, je vais vous lire, vraiment, ça vient d'Hydro-Québec.
«Vous aurez compris que, puisqu'en période
de pointe, le réseau électrique est déjà saturé. Une municipalité qui
obligerait désormais l'alimentation toute électrique des projets de
développement sur son territoire occasionnerait une pression importante sur le
réseau disponible, ce qui pourrait compromettre la fiabilité ainsi que la
disponibilité même de l'électricité requise en période de pointe. La société
d'État indique aussi qu'il est, donc, impossible de donner l'assurance sans réserve
qu'elle sera en mesure de fournir cette énergie renouvelable de façon fiable,
constante et suffisante pour tous les nouveaux projets de développement prévus
à l'horizon de 30 ans.» Donc, ce qu'on constate, c'est plutôt qu'on sent
qu'on va retourner vers le gaz et non pas sans s'en sortir, alors que des
projets qui se faisaient en 100 %
électrique, on dirait... de ce qu'on peut lire, c'est qu'aujourd'hui on ne les
autorisera plus, les 100 % électrique.
M. Charette : ...sans problème
répéter mot pour mot cette citation-là. Pour être assuré de, il faut l'évaluer.
C'est ce qu'on dit, on évalue l'impact.
Puis, dans un nouveau quartier, ce n'est pas juste du résidentiel, tu peux
avoir du commercial, dans certains
cas, il y a des quartiers qui sont davantage industriels, et, oui, il peut y
avoir d'autres formes d'énergie que l'hydroélectricité pour certains
usages. Nous, on dit : On va réglementer la question du gaz dans le nouveau bâtiment, mais il va y avoir encore, au
cours des prochaines années, du gaz au Québec. Puis, on avait le débat, actuellement, c'est plus que
10 000 mégawatts qui est alimenté en gaz au Québec. On parlait de
Romaine tout à l'heure. C'est l'équivalent de plusieurs Romaine. Donc,
il faut mesurer ces impacts-là.
Donc, un nouveau secteur qui est en
développement, il faut mesurer sa... son impact sur le réseau. Puis, dans le
cas de Saint-Bruno, j'ai eu l'échange à micro ouvert, mais également en privé
avec Hydro-Québec. Saint-Bruno, c'est une
chose, c'est la vitesse de développement également. Est-ce que le poste local
d'Hydro-Québec peut aller aussi vite
que le potentiel de développement ou de construction? Bien, il faut le
calculer. Il faut le calculer. Moi, dans... je suis député de
Deux-Montagnes. On a eu, il y a trois ans de ça, un réaménagement du poste
local, parce que le REM s'en venait,
totalement électrifié, le résidentiel s'est développé. Hydro-Québec a dit à la
ville : Attendez! Là, ça va un petit peu trop vite. Il faut être en mesure... À partir du moment où on
accepte de brancher quelqu'un, il faut pouvoir assurer qu'on va offrir
le service. C'est ça que ça veut dire.
Donc, la citation, pour moi, ce n'est pas un
piège, je pourrais répéter mot pour mot. Et, oui, dans certains cas, le gaz est
une façon d'aller chercher la garantie d'approvisionnement pour certains types
d'usages.
Le Président (M. Jacques) : Est-ce
qu'il y a d'autres...
Mme
Dufour : Je peux y aller, M. le Président? Bien, en toute
franchise, mon inquiétude, ce n'est pas que certains projets vont
requérir... mon Dieu! ce n'est pas le bon mot, je cherche le verbe, vont
requérir...
Une voix : ...
Mme Dufour : ...nécessiter, merci,
synonyme, du gaz, c'est qu'on disait : À lire cette citation-là, c'est
qu'on pourrait en avoir besoin dans tous les nouveaux développements. Et
l'enjeu, on me dit : Il faut pouvoir le mesurer, mais est-ce qu'on a pris
la peine de le mesurer lorsqu'on a autorisé tous les projets de développement
qu'on voit présentement sur la table, des gros projets, par exemple dans la
filière batterie qui arrivent et qui vont prendre quand même une bonne capacité
du bloc d'énergie? On ne le sait pas. D'ailleurs, on a posé des questions hier
à cet effet-là. On n'a aucune idée de quelle
quantité, mais c'est comme une boîte à surprises. Arrive un nouveau projet, et
là... mais, en parallèle, on a une
crise du logement, on a besoin de loger notre monde, et ça, j'en ai fait un
plaidoyer vendredi lors de l'interpellation. Il y a comme une
inquiétude.
Et,
franchement, je veux aller dans le même sens que le député de Jacques-Cartier.
Il nous faut une conversation nationale à cet effet-là, là, parce que c'est
franchement inquiétant. Puis là je sais que ce n'est pas vous qui êtes
responsable, mais, comme on parle ici dans cet article-là du ministre de
l'Énergie, bien, actuellement, en fait, dans les six dernières années, on avait
des surplus, puis là maintenant on est rendu qu'on en manque, là, puis qu'il
faut comme trouver les moyens, puis il va
falloir peut-être finalement faire de... continuer au gaz naturel et peut-être
élargir vers d'autres choses. Donc, ça commence à être très inquiétant.
M. Charette : ...on ne manque pas
d'électricité au Québec, on ne manque pas d'approvisionnement de la part d'Hydro-Québec. Ce qu'Hydro-Québec dit, c'est
qu'il faut planifier la suite des choses. Et pourquoi on a moins de surplus qu'on en avait il y a quelques années tout
juste, deux facteurs importants, vous avez vu, changements climatiques, 1
milliard de revenus en moins cette année. Ce milliard-là, pourquoi? Parce que
les aléas de la nature, de la météo ont fait en sorte qu'il y a eu une moins
grande capacité de production. Et, deux, pourquoi on n'en a plus à l'infini? Parce que le gouvernement est extrêmement
ambitieux dans sa politique de décarbonation de l'économie. Hydro-Québec,
et je vous invite à lire sa planification, 75 % de ses... de sa nouvelle
production sera dédié à la décarbonation de l'économie,
pas parce que ça lui chante, c'est parce que c'est le gouvernement du Québec qui
établit des cibles extrêmement ambitieuses. Avoir plus de
2 millions de voitures électriques d'ici 2030, ça va nécessiter une
capacité importante de production.
Et,
dans le cas de Montréal, le collègue sous-ministre adjoint le mentionnait,
l'enjeu, ce n'est pas la production, c'est la distribution. Et, dans des
nouveaux quartiers, l'enjeu, dans bien des cas, ce n'est pas la production,
c'est la distribution. Donc, il faut planifier la distribution pour s'assurer
que les clients puissent avoir l'énergie dont ils ont besoin. Et, quand on dit, par exemple, qu'un
quartier va... ne permettra plus l'usage du gaz, et c'est possible, c'est
possible, bien, peut-être qu'on va demander à la ville : C'est jouable?
Dans votre secteur, c'est jouable? Mais, en contrepartie, on va vous
demander, dans les exigences pour les constructeurs, que les maisons aient des
systèmes de thermopompe plutôt que les
traditionnelles plinthes électriques qui sont beaucoup plus énergivores. C'est
le genre de discussion qu'on va pouvoir avoir.
Donc, oui au 100 % électrique, mais avec,
par exemple, thermopompe pour diminuer l'impact que ça peut représenter pour
Hydro-Québec.
Mme Dufour : Merci. Merci, M. le
ministre. Je pense que vous avez oublié un élément très important dans les
raisons du pourquoi on est rendu où on est rendu. Il y a quand même eu un
contrat avec Hydro-Québec... avec New York, plutôt, d'Hydro-Québec avec New
York, qui a vendu plus de 10 térawattheures quand même. Donc...
M. Charette : Quel formidable
contrat! Très heureux que la collègue en parle. J'étais là pour la première
pelletée de terre. Les GES, les émissions de gaz à effet de serre, ne
connaissent pas de frontière. On va aider l'État de New York et la ville de New York à hauteur de l'équivalent de plus de
1 million de voitures qu'on va retirer des routes de l'État de New
York. C'est formidable. Et Hydro-Québec est capable de garantir cet
approvisionnement-là, tout comme Hydro-Québec est capable de garantir
l'approvisionnement qui lui est demandé. Mais il faut le planifier, c'est tout
ce que l'on dit.
Mme Dufour : Merci. Je peux y aller,
M. le Président? C'est extraordinaire que New York soit capable de se
décarboner. Ils peuvent même, comme ville, interdire le gaz naturel dans
leurs... les nouveaux bâtiments. Et nous, on est en train de dire aux villes
qu'elles ne pourront peut-être pas le faire parce qu'on décarbone New York.
Moi, je vais devoir bientôt quitter vers...
M. Charette : M. le Président?
Mme
Dufour : ...vers l'autre projet de loi, je vais être
bientôt appelée à monter, donc je vais laisser mon collègue de
Jacques-Cartier compléter.
M. Charette : ...laisser la collègue
quitter avec une fausse affirmation, par contre. J'ai dit et j'ai même lu un extrait d'un communiqué de presse qu'on a diffusé
il y a quelques jours, pas des semaines, pas des mois, pas des années,
c'est notre intention d'aller là. Donc, il ne faut pas nous faire dire ce qu'on
n'a pas dit, tout de même.
Le Président (M. Jacques) : Merci.
Une voix : ...
Le Président (M. Jacques) : Merci.
Donc, on va vous demander de rester dans...
Mme Dufour : ...
Le Président (M. Jacques) : Bien, je
crois, là, que vous avez...
Mme Dufour : ...que j'ai enfreint
comme règlement? J'aimerais que la collègue, la députée qui invoque le règlement,
me dise exactement...
Des voix : ...
Mme Dufour : Quelles intentions?
M. Charette : ...
Le Président (M. Jacques) : Mme la
députée d'Argenteuil, juste rester polis entre nous, là, puis garder un
discours cordial. Non, mais c'est des deux côtés, c'est des deux côtés. Donc...
Des voix : ...
• (15 h 30) •
Le Président (M. Jacques) : C'est
des deux côtés. C'est des deux côtés.
Mme
Dufour : M. le Président, je réfère à l'article qu'on est en train d'étudier. Je réfère à ce qui
est écrit, où on dit que les municipalités, leurs règlements, si elles
ont... elles veulent interdire éventuellement certains distributeurs d'énergie, ils pourraient
devenir inopérants, que le ministre va devoir l'autoriser et qu'Hydro-Québec
devra évaluer la capacité de répondre à la demande électrique. Le
ministre m'a dit : New York, eux autres, Hydro-Québec assure qu'ils vont
pouvoir le faire. Ils l'assurent tellement bien, là-bas, qu'ils vont pouvoir
l'interdire. Ils l'ont déjà interdit, d'ailleurs,
le gaz naturel, dans les nouveaux bâtiments de New York. Nous, on ne pourra pas
faire ça parce qu'Hydro-Québec nous dit qu'on ne peut pas l'assurer.
Alors, je faisais juste... en lien deux éléments factuels, là.
M. Charette : Peut-être juste une
question d'information. À quand le dernier échange de la collègue avec la
gouverneure de l'État de New York? Lui a-t-elle parlé récemment?
Mme Dufour : Moi, je réfère aux
éléments qui ont été produits dans les mémoires qu'on a reçus.
M.
Charette : Nous sommes en communication, et la gouverneure de
l'État de New York nous cite en exemple sur l'ensemble de la politique
énergétique que l'on met de l'avant, et on l'aide à faire mieux. Là où
j'apprécie un petit peu moins le commentaire de la collègue, c'est de
dire : Bon, New York va faire ça, et nous, on veut faire exactement le
contraire. On ne veut pas faire exactement le contraire. Et le contrat de New
York est un superbe contrat, au niveau de la lutte aux changements climatiques,
et, de surcroît, c'est l'équivalent de 1 milliard de revenus pour le
Québec, par année. Et je pense qu'on ne peut pas se priver des deux,
c'est-à-dire lutter de façon extrêmement efficace
contre les changements climatiques en réduisant de façon significative les GES
de notre voisin et, ultimement, faire profiter l'économie du Québec.
Mme Dufour : ...M. le
Président, une question. L'État de New York a annoncé qu'ils allaient
interdire, à compter de 2029 et pour tous les nouveaux immeubles, les
cuisinières et le chauffage au gaz. Est-ce que le Québec va interdire, d'ici
2029, pour tous les nouveaux immeubles, le gaz pour les cuisinières et le
chauffage?
M. Charette : Je pense qu'il y a des
chances qu'on aille plus vite que ça sur plusieurs aspects. On aura l'occasion
de s'en reparler...
Mme Dufour : OK. Donc, finalement,
les municipalités pourraient interdire le gaz?
M. Charette : 2029 me semble loin un
petit peu.
Mme Dufour : Bon, bien, on va avoir
des bonnes nouvelles, dans ce cas-là.
Le
Président (M. Jacques) : Merci. Est-ce qu'il y a d'autres interventions
sur... M. le député de Jacques-Cartier.
M. Kelley : Oui. On vient de lancer
une discussion très intéressante, M. le Président. Je n'ai rien contre les
retombées et les redevances de l'entente avec New York. Le problème que
j'avais, c'est que ce gouvernement a signé cette entente, puis, après ça, ils
ont fait le plan d'action pour voir comment nous, on va faire notre propre transition énergétique. Le gouvernement a décidé
de favoriser la transition énergétique de New York, l'État de New York, avant
la transition énergétique du Québec. Et je suis sur le sujet, M. le Président,
je suis sur le sujet, je lance...
Le Président (M. Jacques) : Je vais
vous demander quand même de rester calme.
M. Kelley : Oui, je suis calme, je
suis calme, mais ça me passionne, parce que...
Le Président (M. Jacques) : Je pense
qu'on avait très... une très bonne discussion depuis les deux dernières
journées...
M. Kelley : Parfait...
Le Président (M. Jacques) : ...si on
peut rester dans le même ordre, ce serait plaisant pour tout le monde. C'est juste
ça.
M. Kelley : Alors, ce n'est
pas... Oui, c'est pour la lutte contre les changements climatiques. Je suis
d'accord que les GES ne respectent aucune
frontière, c'est vrai. Mais, si on regarde les mémoires qui étaient déposés au
ministère de l'Énergie, il y a un qui est très, très intéressant,
c'était déposé par l'association... c'était aluminium du Canada. Puis eux autres, ils ont fait une analyse, c'était
quoi, la meilleure façon d'utiliser nos surplus pour notre PIB, pour notre
économie. Ils ont fait l'évaluation, ils ont demandé à l'Institut du Québec de
réfléchir sur la question puis l'impact sur
le PIB pour le Québec, la meilleure façon d'utiliser nos surplus, c'était pour
les alumineries. Après ça, c'était pour les serres; après ça, c'était pour les centres de données; après ça,
c'était pour l'hydrogène vert. Mais, pour notre économie, pour le PIB,
en dernière place, les cinq qu'ils ont analysés, c'étaient les exportations,
pour notre propre économie ici.
Puis je sais que, présentement, sur le terrain,
il y a des entreprises et des grosses industries qui ont fait des demandes d'avoir plus de blocs d'énergie pour
faire la transition énergétique, puis la réponse, c'était : Pas
aujourd'hui, peut-être plus tard, on verra. Bien, pensez-y, parce qu'on
doit garantir nos contrats avec nos voisins aux États-Unis. Je suis bien d'accord, moi, je veux que le Québec,
ce soit la batterie verte pour l'Amérique du Nord. Je suis d'accord. Où je ne suis pas d'accord, c'est qu'il faut
s'assurer que les entreprises d'ici sont capables de décarboner avant nos
voisins.
Alors, ça, c'est le point que je veux juste
faire sur le débat sur l'entente. Je pense que ça mérite d'avoir des réflexions
plus. On commence à vous revient sur le sujet, mais c'est quelque chose... ça
juste... ça démontre pourquoi il faut avoir
une consultation nationale pour discuter de tous ces enjeux-là, parce qu'il y a
des éléments qu'il faut discuter.
M. Charette : ...j'apprécie la
conversation, puis le ton n'est pas mauvais, mais il y a plusieurs affirmations
qui méritent d'être corrigées. Une d'entre elles, celle que vient de faire le
collègue de Jacques-Cartier, c'est qu'on favorise la décarbonation de l'État de
New York avant celle du Québec. Est-ce que l'État de New York a une norme VZE
pour les véhicules? Est-ce que l'État de New York a adopté une loi visant
l'interdiction de vendre des véhicules thermiques?
Non, aucun des deux. On a une politique beaucoup plus agressive que New York
sur ces questions-là. Le contrat avec
l'État de New York précise qu'en situation de pointe Hydro-Québec n'est pas
tenue d'alimenter en énergie, si ça compromet sa... ses propres besoins. Donc,
j'apprécie l'échange, mais, en même temps, il ne faut pas dire de
fausses affirmations, et malheureusement il
y en avait plusieurs, là, qui étaient erronées dans le dernier commentaire du
collègue.
Le Président (M. Jacques) : Merci,
M. le ministre.
Nous allons
suspendre quelques instants, étant donné qu'il y a des interventions à faire au
salon bleu pour certaines collègues ici. Merci.
(Suspension de la séance à 15 h 36)
(Reprise à 16 h 17)
Le
Président (M. Jacques) : Nous reprenons nos travaux, et, en vertu de
l'article 165 du règlement, je fais motion pour que la commission
ajourne ses travaux. Est-ce que c'est adopté?
Des voix : Adopté.
Le Président (M. Jacques) : Adopté.
Donc, la commission ajourne ses travaux sine die.
(Fin de la séance à 16 h 18)