Journal des débats de la Commission des transports et de l'environnement
Version préliminaire
43e législature, 1re session
(29 novembre 2022 au 10 septembre 2025)
Cette version du Journal des débats est une version préliminaire : elle peut donc contenir des erreurs. La version définitive du Journal, en texte continu avec table des matières, est publiée dans un délai moyen de 2 ans suivant la date de la séance.
Pour en savoir plus sur le Journal des débats et ses différentes versions
Le
mercredi 27 mars 2024
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Vol. 47 N° 48
Étude détaillée du projet de loi n° 48, Loi modifiant principalement le Code de la sécurité routière afin d’introduire des dispositions relatives aux systèmes de détection et d’autres dispositions en matière de sécurité routière
Aller directement au contenu du Journal des débats
Intervenants par tranches d'heure
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Jacques, François
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Guilbault, Geneviève
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Derraji, Monsef
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Jacques, François
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Guilbault, Geneviève
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Derraji, Monsef
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Grandmont, Etienne
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Guilbault, Geneviève
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Jacques, François
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Grandmont, Etienne
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Derraji, Monsef
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Guilbault, Geneviève
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Derraji, Monsef
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Jacques, François
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Jacques, François
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Derraji, Monsef
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Guilbault, Geneviève
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Derraji, Monsef
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Jacques, François
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Guilbault, Geneviève
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Grondin, Agnès
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Lemay, Mathieu
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Blouin, Catherine
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Bogemans, Audrey
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St-Louis, François
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Grandmont, Etienne
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Grandmont, Etienne
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Guilbault, Geneviève
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Jacques, François
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Derraji, Monsef
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Jacques, François
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Guilbault, Geneviève
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Derraji, Monsef
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Grandmont, Etienne
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Jacques, François
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Guilbault, Geneviève
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Grandmont, Etienne
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Derraji, Monsef
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Jacques, François
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Derraji, Monsef
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Guilbault, Geneviève
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Grandmont, Etienne
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Guilbault, Geneviève
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Derraji, Monsef
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Jacques, François
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Grandmont, Etienne
11 h (version révisée)
(Onze heures vingt et une minutes)
Le Président (M. Jacques) : À
l'ordre, s'il vous plaît! Ayant constaté le quorum, je déclare la séance de la Commission
des transports et de l'environnement ouverte.
La commission est réunie afin de
poursuivre l'étude détaillée du projet de loi n° 48, Loi modifiant
principalement le Code de la sécurité routière afin d'introduire des
dispositions relatives aux systèmes de détection et d'autres dispositions en
matière de sécurité routière.
Mme la secrétaire, y a-t-il des
remplacements?
La Secrétaire : Oui, M. le
Président. M. Montigny (René-Lévesque) est remplacé par M. St-Louis
(Joliette); et Mme Dufour (Mille-Îles) par Mme Setlakwe
(Mont-Royal—Outremont).
Étude détaillée (suite)
Le Président (M. Jacques) : Merci,
Mme la secrétaire. Lors de l'ajournement de nos travaux, hier, l'article 31
amendé venait d'être adopté. Je vous rappelle que l'étude des articles 12
et 23 sont suspendus et que les articles 32 et 35 sont adoptés.
Et, avant de débuter à l'article, je crois
qu'il y a un amendement introduisant un article à 31.1, je crois comprendre.
Exactement. Et je vous laisse la parole, Mme la ministre.
Mme Guilbault :Merci, M. le Président, en vous souhaitant un bon anniversaire,
si je ne m'abuse.
Des voix : ...
Le Président (M. Jacques) : Merci,
Mme la...
Mme Guilbault :Bien oui, c'est laïque, ça, bonne fête.
Le Président (M. Jacques) : Merci,
tout le monde. Bonne journée.
Mme Guilbault :C'est laïque puis c'est en français. On est corrects.
Le Président (M. Jacques) : On
va essayer de travailler dans le calme et l'allégresse comme on a fait hier. Je
pense qu'on a eu une belle journée, donc, si on peut continuer de cette façon...
Et donc, Mme la ministre, pour l'amendement introduisant l'article 31.1.
Mme Guilbault :Oui. Donc, article 31.1 : Insérer, après l'article
31 du projet de loi, le suivant :
31.1. L'article 36 de la Loi sur la
justice administrative est modifié par l'ajout, à la fin, de l'alinéa
suivant :
«Elle est également chargée de statuer sur
les recours visés au paragraphe 6° de l'annexe IV portant sur des sanctions
administratives pécuniaires.»
En commentaire : Il est proposé de
modifier l'article 36 de la Loi sur la justice administrative afin de
prévoir que la section des affaires économiques du Tribunal administratif du
Québec sera chargée de statuer sur les recours formés en vertu du paragraphe 1°
de l'article 573.15 du Code de la sécurité routière proposé par l'article 16
du projet de loi tel qu'amendé.
Le Président (M. Jacques) : Merci,
Mme la ministre. Est-ce qu'il y a des interventions sur l'introduction de l'article 31.1?
M. le député de Nelligan.
M. Derraji : Je ne sais pas
si on est dans la même logique qu'hier, mais hier, on parlait de laisser les
sanctions larges. On ne parlait pas de sanctions administratives. Aujourd'hui,
on parle de sanctions pécuniaires. Est-ce que c'est voulu?
Mme Guilbault :Je ne suis pas sûre de comprendre la question.
M. Derraji : Bien, en
fait, hier, on parlait de... que les sanctions vont... Elle est également
chargée de statuer sur les recours visés au <paragraphe...
M. Derraji :
...parlait
de... que les sanctions vont... Elle est également chargée de statuer sur les
recours visés au >paragraphe portant sur des sanctions administratives
pécuniaires.
Mme Guilbault :C'est les SAP.
M. Derraji : Oui. Désolé.
Mme Guilbault :C'est la section sur les SAP.
M. Derraji : Je l'ai mal lu.
Le Président (M. Jacques) : Est-ce
qu'il y a d'autres interventions sur l'amendement introduisant
l'article 31.1? Donc, est-ce que l'amendement est adopté?
Des voix : Adopté.
Le Président (M. Jacques) : Adopté.
Mme la ministre, article 33.
Une voix : ...
Le Président (M. Jacques) : 31.2?
Donc, Mme la ministre, article introduisant l'article 31.2.
Mme Guilbault :Il est là. Bon, alors, article 31.2 : Insérer,
après l'article 31.1 du projet de loi tel qu'amendé, le suivant :
31.2. L'article 37 de cette loi est
modifié par l'ajout, à la fin, de l'alinéa suivant :
«Toutefois, les recours formés en vertu du
paragraphe 1° de l'article 573.15 du Code de la sécurité routière sont instruits
et décidés par un membre seul qui est avocat ou notaire.»
Il est proposé de modifier l'article... En
commentaire, pardon : Il est proposé de modifier l'article 37 de la
Loi sur la justice administrative pour tenir compte des amendements proposés à
l'article 16 du projet de loi. En raison de la volumétrie anticipée et du
faible niveau de complexité des dossiers, les recours formés en vertu du
paragraphe 1° de l'article 573.15 du Code de la sécurité routière pourront
être entendus par un membre seul, avocat ou notaire. Il s'avère en effet que la
double expertise, par exemple, juriste et médecin ou juriste et travailleur
social, n'est pas nécessaire par les... pour les sanctions administratives
pécuniaires en matière de systèmes de détection.
Le Président (M. Jacques) : ...des
interventions sur l'article 31.2... introduisant l'article 31.2?
Donc, s'il n'y a pas de commentaire, est-ce que l'amendement est adopté?
Des voix : Adopté.
Le Président (M. Jacques) : Adopté.
Mme la ministre, l'article 31.3.
Mme Guilbault :Article 31.3 : Insérer, après l'article 31.2 du
projet de loi tel qu'amendé, le suivant :
31.3. L'article 97 de cette loi est
modifié par l'insertion, dans le paragraphe 2° du deuxième alinéa et après «Loi
sur l'aide aux personnes et aux familles», de «et par le ministre des
Transports, sur le Fonds de la sécurité routière».
En commentaire : Il est proposé de
modifier l'article 97 de la Loi sur la justice administrative pour
spécifier que la ministre des Transports et de la Mobilité durable pourra
virer, via le Fonds de la sécurité routière, des sommes directement au fonds du
Tribunal administratif du Québec. Les coûts d'opération du TAQ pour entendre
les recours en contestation seront donc assumés par le fonds, le Fonds de la
sécurité routière, au même titre que ceux des autres partenaires impliqués dans
l'exploitation des systèmes de détection et le traitement des infractions et
des manquements.
Le Président (M. Jacques) : Merci.
Est-ce qu'il y a des interventions sur 31.3? M. le député de Nelligan.
M. Derraji : ...une question.
Sur le Fonds de la sécurité routière, qui siège... Juste pour nous rafraîchir
un peu la mémoire, c'est qui, les membres qui le... qui sont dedans, qui
siègent sur le fonds? Est-ce qu'il est géré par... C'est indépendant? Est-ce
que...
Mme Guilbault :Ma collègue peut venir expliquer la composition du comité.
Le Président (M. Jacques) : ...si
vous voulez vous nommer et nommer votre titre, s'il vous plaît.
Mme Morin-Verville (Amélie) : Amélie
Morin-Verville, conseillère au radar photo, ministère des Transports.
En fait, le Fonds de la sécurité routière,
il y a... En fait, je pense que ce que vous voulez parler, c'est le comité
consultatif.
M. Derraji : Oui. Ça, c'est
l'article 12, je pense.
Mme Morin-Verville (Amélie) : L'article 12
du...
M. Derraji : Oui, je pense.
Mme Morin-Verville (Amélie) : Du
projet de loi?
M. Derraji : 12.39.2. C'est
le comité de sept membres.
Mme Morin-Verville (Amélie) : Oui,
la loi sur...
M. Derraji : Oui, le comité
de sept membres qui recommande au ministre comment utiliser les sommes portées
au fonds.
Mme Morin-Verville (Amélie) : Oui.
C'est des membres de la Table québécoise de la sécurité routière qui ont été
identifiés pour conseiller le ministre pour l'utilisation des sommes qui sont
versées au FSR.
M. Derraji : OK. Et c'est ce
comité qui oriente l'utilisation des fonds de la sécurité routière?
Mme Morin-Verville (Amélie) : Bien,
ils font des recommandations sur l'utilisation des sommes. Le comité est actif,
notamment, là, pour le programme d'aide du Fonds de la sécurité routière, donc,
qui a quand même des modalités, là, le programme, mais ils sont consultés, là,
au niveau du PAFFSR, là, le programme d'aide. Là, on parle des dépenses
associées au Programme québécois de contrôle automatisé, donc toutes les
dépenses associées à l'exploitation, à l'utilisation des appareils qui sont
remboursées à même le Fonds de la sécurité routière.
M. Derraji : Utilisation
d'appareils? Désolé, je ne vous suis pas.
Mme Morin-Verville (Amélie) : Bien,
en fait, toutes les dépenses associées à l'utilisation des appareils, en ce
moment, les ententes dans le cadre du projet pilote de coopération municipale,
les policiers, le matériel pour l'utilisation des appareils, c'est remboursé. L'exploitation
inclut aussi le traitement des infractions. Donc, toutes les dépenses <associées...
Mme Morin-Verville (Amélie) :
Donc,
toutes les dépenses >associées à ça sont assumées, en fait, par le Fonds
de la sécurité routière.
M. Derraji : OK... sont
payées par ce fonds?
Mme Morin-Verville (Amélie) : Oui.
M. Derraji : Et est-ce qu'on
a une idée sur les montants récoltés dans ce fonds, comment ils sont partagés?
Mme Morin-Verville (Amélie) : Vous
voulez dire le...
M. Derraji : En termes de
dépenses administratives pour le matériel et en termes de sécurité routière,
les recommandations du comité.
Mme Morin-Verville (Amélie) : Bien,
en fait, les dépenses sont entièrement assumées par le fonds.
M. Derraji : À 100 %?
Mme Morin-Verville (Amélie) :
Donc, ça, c'est... ce n'est pas une recommandation, là. C'est vraiment... Tout
ce qui est associé aux radars photo sont entièrement assumés par le FSR. C'est
une question aussi d'autofinancement, donc.Au niveau du partage, pour
ce qui va au programme d'aide du Fonds de la sécurité routière, ce qui va
aussi... Il y a une question d'excédents, là, en vertu des... encore du projet
pilote de coopération municipale. Il y a des ententes qui ont été signées, donc
il avait été déterminé qu'une partie des montants... des excédents, en fait, du
Fonds de la sécurité routière serait versée aux municipalités qui participent
au programme. Donc, il y a une formule qui avait été déterminée à l'époque, là,
et donc il y a de l'argent qui est associé à ça. Donc, le rôle du comité en
tant que tel, c'est beaucoup dans le programme d'aide du Fonds de la sécurité
routière.
M. Derraji : OK. C'est là où
il donne des orientations. Est-ce que ça touche, par exemple, la sécurisation
d'endroits, systèmes de détection, ces...
• (11 h 30) •
Mme Morin-Verville (Amélie) : Bien,
en fait, le programme d'aide, il y a des... il y a des volets qui sont associés.
Aménagement du territoire en est un, là. Je ne m'aventurerai pas trop dans tout.
Mais...
M. Derraji : OK. Il n'y a pas
de problème. C'est bon.
Mme Morin-Verville (Amélie) : Mais
effectivement, donc, il y a des projets qui sont soumis. Et le comité est
consulté, là, pour... dans ce cadre-là.
M. Derraji : OK. Merci
beaucoup.
Le Président (M. Jacques) : Est-ce
qu'il y a d'autres interventions sur l'amendement? Donc, est-ce que
l'amendement 31.3 est adopté?
Des voix : Adopté.
Le Président (M. Jacques) : Adopté.
Mme la ministre, l'amendement introduisant l'article 31.4.
Mme Guilbault :Oui, merci, M. le Président.
M. Derraji : ...de lire
doucement, parce que j'essaie de suivre, mais votre débit, il est très élevé.
Je me sens faible devant... suivre votre débit. Donc, si on peut juste le lire
doucement, s'il vous plaît, si ça ne vous dérange pas. Merci.
Mme Guilbault :Parfait. Je vais m'ajuster à votre oreille.
M. Derraji : Mais j'essaie
d'appliquer les deux, lire et écouter, mais...
Mme Guilbault :Oui. Bien, en passant, on a transmis des nouveaux
amendements, jusqu'à 62, je pense, donc, si les collègues veulent en prendre
connaissance à l'avance pour la suite de la journée.
M. Derraji : OK. Merci
beaucoup.
Le Président (M. Jacques) : Merci.
Mme la ministre, 31.4.
Mme Guilbault :Oui. Donc, 31.4 : Insérer, après l'article 31.3 du
projet de loi tel qu'amendé, le suivant :
31.4. L'annexe IV de cette loi est
modifiée par l'insertion, dans le paragraphe 6° et après «l'article 560», de «et
du paragraphe 1° de l'article 573.15».
En commentaire : Il est proposé de
modifier l'annexe IV de la Loi sur la justice administrative afin d'y
ajouter les recours formés en vertu du paragraphe 1° de
l'article 573.15 du Code de la sécurité routière en matière de sanctions
administratives pécuniaires imposées à la suite de manquements constatés au moyen
d'un système de détection. Cette annexe identifie l'ensemble des recours
traités par la section des affaires économiques.
Le Président (M. Jacques) : Merci.
Est-ce qu'il y a des interventions concernant l'amendement introduisant
l'article 31.4? Donc, s'il n'y a pas d'intervention, est-ce que
l'amendement est adopté?
Des voix : Adopté.
Le Président (M. Jacques) : Adopté.
Article 33.
Mme Guilbault :Avec un amendement, oui, c'est ça. Donc, article 33, l'article 12.39.1
de la Loi sur le ministère des... En fait, il y avait un titre, au départ.
Le Président (M. Jacques) :
Pardon?
Une voix : ...
Mme Guilbault :Il n'est pas sur le Greffier? Ah! bien, on peut attendre un
petit peu.
Le Président (M. Jacques) : Donc,
il y a un à amendement à 33?
Mme Guilbault :Oui.
Le Président (M. Jacques) : Parfait.
Mme Guilbault :Bien, je vais commencer, je vais lire l'article, puis on
aura l'amendement par la suite. Donc, je recommence.
Loi sur le ministère des Transports... Article 33 :
L'article 12.39.1 de la Loi sur le ministère des Transports est modifié :
1° par le remplacement, dans le paragraphe
1.1°, de «cinémomètre photographique ou d'un système photographique de contrôle
de circulation aux feux rouges» par «système de détection au sens de l'article
4 de ce code»;
2° par l'insertion, après le paragraphe 1.2°,
des suivants :
«1.2.1° le montant perçu des sanctions administratives
pécuniaires imposées en vertu de l'article 573.2 de ce code;
«1.2.2° les frais administratifs perçus pour
l'application du régime de sanctions administratives pécuniaires en vertu du
deuxième alinéa de l'article 573.30 de ce code;»;
3° par le remplacement, dans le paragraphe
1.3°, de «cinémomètre photographique ou à un système photographique de contrôle
de circulation aux feux rouges» par <«système de détection»...
>
11 h 30 (version révisée)
<16885
Mme Guilbault :
3°
par le remplacement, dans le paragraphe 1.3°, de «cinémomètre
photographique ou à un système photographique de contrôle de circulation aux
feux rouges» par >«système de détection».
En commentaire : L'article 33 du
projet de loi modifie l'article 12.39.1 de la Loi sur le ministère des
Transports afin de prévoir que le montant perçu des sanctions administratives
pécuniaires et les frais administratifs relatifs à ces sanctions sont portés au
crédit du Fonds de la sécurité routière, en concordance avec le remplacement au
Code de la sécurité routière des expressions «cinémomètre photographique» et «système
photographique de contrôle de circulation aux feux rouges». Ces expressions
sont remplacées par l'expression «système de détection», tel que cette notion
est définie par l'article 4 du CSR.
Le Président (M. Jacques) : L'amendement.
Mme Guilbault :Et l'amendement à l'article 33 : Remplacer le
paragraphe 1° de l'article 33 du projet de loi par le suivant :
1° dans le paragraphe 1.1° :
a) par la suppression de «des
articles 509 et 516 à 516.2»;
b) par le remplacement de «constatée
par une photographie ou une série de photographies prises au moyen d'un
cinémomètre photographique ou d'un système photographique de contrôle de
circulation aux feux rouges» par «constatée au moyen d'une photographie ou
d'une série de photographies prises par un système de détection au sens de
l'article 4 de ce code».
En commentaire : L'amendement propose
de modifier l'article 33 du projet de loi, qui modifie l'article 12.39.1
de la Loi sur le ministère des Transports, afin de permettre que toutes les
amendes perçues en vertu du Code de la sécurité routière pour des infractions
constatées au moyen d'un système de détection soient portées au crédit du Fonds
de la sécurité routière, peu importe en vertu de quelles dispositions de ce
code elles ont été perçues.
Il vise également à remplacer les
expressions «cinémomètre photographique» et «systèmes photographiques de
contrôle de circulation aux feux rouges» par celle de «système de détection»,
en concordance avec le remplacement de ces expressions qui a été fait au CSR.
Le Président (M. Jacques) : Merci,
Mme la ministre. Est-ce qu'il y a des interventions sur l'amendement à l'article 33?
Donc, s'il n'y a pas d'intervention, est-ce que l'amendement est adopté?
Des voix : Adopté.
Le Président (M. Jacques) : Adopté.
Maintenant, est-ce qu'il y a des interventions sur l'article 33 amendé? S'il
n'y a pas d'intervention, est-ce que l'article 33 amendé est adopté?
Des voix : Adopté.
Le Président (M. Jacques) : Adopté.
Article 34.
Mme Guilbault :Article 34. Cette loi est modifiée par l'insertion,
après l'article 12.39.2, du suivant :
«12.39.3. Le ministre des Transports
et la Société de l'assurance automobile du Québec concluent une entente aux
fins du remboursement des dépenses engagées pour l'application du régime de
sanctions administratives pécuniaires prévu au chapitre I.1 du titre X du
Code de la sécurité routière sur les sommes portées au crédit du fonds.»
En commentaire : L'article 34 du
projet de loi habilite le gouvernement et la SAAQ à conclure une entente pour
le remboursement des dépenses engagées par elle pour l'administration du régime
de sanctions administratives pécuniaires.
Et l'amendement : À l'article 12.39.3...
Des voix : ...
Le Président (M. Jacques) : Un
instant. Nous allons suspendre quelques instants.
(Suspension de la séance à 11 h 37)
(Reprise à 11 h 41)
Le Président (M. Jacques) : Nous
reprenons nos travaux. Et, lors de notre suspension, Mme la ministre
s'apprêtait à déposer un amendement à l'article 34. Mme la ministre,
l'amendement à l'article 34.
Mme Guilbault :Oui, à l'article 34, oui. À l'article 12.39.3 de
la Loi sur le ministère des Transports, proposé par l'article 34 du projet
de loi :
1° remplacer «sur les sommes portées
au crédit du fonds» par «. Ces sommes sont portées au débit du fonds»;
2° insérer, à la fin, l'alinéa
suivant :
«Les sommes versées à une municipalité
suivant une entente conclue conformément à l'article 519.81 de ce code
sont également portées au débit du fonds.»
En commentaire : L'amendement propose
une modification de forme à l'article 34 du projet de loi. Il propose
aussi de préciser que la source de financement des ententes visées à l'article 519.81
du Code de la sécurité routière, proposée par l'article 12 du projet de
loi tel qu'amendé, sera le Fonds de la sécurité routière.
Le Président (M. Jacques) : Merci,
Mme la ministre. Est-ce qu'il y a des interventions? M. le député de Nelligan.
M. Derraji : Oui, merci.
Donc, c'est ce qui a été expliqué tout à l'heure. Donc, les ententes avec les
municipalités et tout... Il y a une source de revenus maintenant... bien,
maintenant, même le... C'est le cas maintenant aussi? C'est le Fonds de la
sécurité routière? C'est juste... on le précise dans la loi? Est-ce que j'ai
bien compris?
Mme Guilbault :Oui, oui.
Le Président (M. Jacques) : Merci.
M. le député de Taschereau, pas d'intervention? Est-ce qu'il y a d'autres
interventions sur l'amendement à l'article 34? Donc, est-ce que
l'article... l'amendement à l'article 34 est adopté?
Des voix : Adopté.
Le Président (M. Jacques) : Adopté.
Nous revenons à l'article 34 amendé. Est-ce qu'il y a des interventions?
Donc, s'il n'y a pas d'intervention, est-ce que l'article 34 amendé est
adopté?
Des voix : Adopté.
Le Président (M. Jacques) : Adopté.
Article 36.Oui, M. le...
M. Grandmont : ...34.1.
Le Président (M. Jacques) : 34.1?
Donc, est-ce que nous avons reçu l'amendement introduisant l'article 34.1?
Nous allons suspendre quelques instants.
(Suspension de la séance à 11 h 43)
(Reprise à 11 h 46)
Le Président (M. Jacques) : Nous
reprenons nos travaux. Et, lors de la suspension, le député de Taschereau était
à déposer un amendement introduisant l'article 34.1. M. le député de
Taschereau.
M. Grandmont : Oui. Merci
beaucoup, M. le Président. D'abord, permettez-moi de vous souhaiter, moi aussi,
un très, très joyeux anniversaire.
Oui, on est donc dans la loi sur... qui
modifie la Loi sur le ministère des Transports, et il nous semblait très
opportun de ramener un enjeu qui touche les transports actifs sur les routes
qui appartiennent au ministère des Transports et aussi de produire... l'idée
d'avoir un bilan.
Donc, je vais vous lire l'article, là.
Donc, 34.1 : Insérer, après l'article 34 du projet de loi, le suivant :
34.1. L'article 3 — évidemment,
je réfère au ministère des Transports — de cette loi est modifiée par
l'insertion, après le sous-paragraphe m, des sous-paragraphes suivants :
«n) veiller à promouvoir le transport
actif sur les routes lui appartenant;
«o) produire un bilan triennal qui
sera déposé à l'Assemblée nationale présentant le suivi des actions en matière
de sécurité routière découlant du plan d'action en sécurité routière.»
Donc, d'abord, je vais y aller avec les
explications, là. Sur le point n, là, «veiller à promouvoir le transport actif
sur les routes lui appartenant», c'est un débat qui a déjà fait beaucoup la
manchette. Évidemment, le ministère des Transports possède un très, très grand
nombre de kilomètres de routes régionales, nationales sur l'ensemble du
territoire québécois, et il y a... ces routes-là traversent souvent des
municipalités. C'est souvent même la route principale, le chemin principal de
ces municipalités-là. Il y a eu plusieurs cas dans lesquels on se rend compte
que, finalement, le ministère des Transports ne met pas en place lui-même les
aménagements de transport actif, donc les trottoirs, les aménagements cyclables,
qui permettraient de sécuriser le déplacement de la population sur cette... sur
cette route à numéro, on va l'appeler comme ça, souvent à l'intérieur, comme je
le disais, d'une centralité, une collectivité, un village ou une petite
municipalité.
Dans un monde idéal, j'aurais été... Puis
j'ouvre la discussion quand même parce que peut-être que Mme la ministre aura
de l'intérêt là-dessus. La meilleure façon, pour moi, de le faire, ça aurait
été d'aller ouvrir la Loi sur la voirie. La Loi sur la voirie n'est pas
inscrite aux... elle n'est pas ouverte, en fait, dans le projet de loi n° 48.
Et ce qu'on voulait faire, c'était, tel que le suggérait notamment Piétons
Québec mais aussi Vivre en Ville, Pas une mort de plus, je pense, aussi... ce
qu'on aurait aimé aussi, c'est de modifier la Loi sur la voirie pour intégrer
les trottoirs et les voies cyclables dans la définition de «route».
Parce qu'actuellement, dans la Loi sur la
voirie, le ministère des Transports a, dans le fond, dans sa <mission...
M. Grandmont :
...dans
la Loi sur la voirie, le ministère des Transports a, dans le fond, dans sa >mission
qui réfère à la Loi de la voirie... doit s'occuper de ses infrastructures. Les
infrastructures du ministère des Transports, c'est essentiellement les
ponceaux, les viaducs, les routes, les... pas les belvédères, les réverbères
sont nommés, nommément, dans la Loi sur la voirie, mais les trottoirs et les
aménagements cyclables, ce n'est pas nommé dans la Loi sur la voirie. Ce n'est
juste pas nommé et c'est ce qui fait que le ministère des Transports n'a pas
l'obligation de s'occuper de ces aménagements-là, de ces infrastructures-là, ni
de, donc, la construction de ces infrastructures-là, ni de leur entretien. Et
c'est pour ça qu'on se retrouve dans un régime où, finalement, c'est les
municipalités qui doivent construire ces infrastructures de transport actif,
qui doivent les entretenir, aussi, et que le ministère des Transports, dans le
fond, crée des programmes pour appuyer les municipalités dans le déploiement
puis l'entretien de ces infrastructures-là.
Bon, on l'a déjà dit à plusieurs reprises,
les programmes qui sont créés ne sont pas suffisants pour couvrir, je pourrai y
revenir tantôt, là, les frais, là, liés, notamment la construction, mais, en
plus, il n'y a pas de frais... il n'y a pas d'aide gouvernementale financière
pour être capable d'entretenir, non plus, ces infrastructures-là, ce qui fait
qu'on se retrouve, quand on a des trottoirs, par exemple, dans certaines
municipalités, qui sont sur le réseau municipal... Ça aussi, ça, c'est un autre
enjeu, mais, en ce qui concerne le ministère des Transports, donc, sur des
routes qui appartiennent au MTQ, au MTMD, bien, souvent, ces trottoirs-là ne
sont pas déneigés. Je suis persuadé que mes collègues de la partie
gouvernementale doivent connaître plusieurs de ces exemples-là où, finalement,
le trottoir n'est pas déneigé l'hiver, parce que ça a un certain coût puis que
les budgets des municipalités ne sont pas si grands que ça, et donc on préfère,
par manque de moyens, bien, couper sur une dépense d'entretien du réseau de
transport actif, bien évidemment, au péril de la sécurité des gens qui
circulent, évidemment. Et, en même temps, je comprends, là, c'est comme... on
fait des choix difficiles, puis des fois, bien, c'est la seule solution qui
s'impose. Donc, voilà. Donc, ça, c'est le premier point.
• (11 h 50) •
Ce que j'aurais aimé... Puis, encore une
fois, si Mme la ministre est ouverte à ouvrir la Loi sur la voirie, je pourrais
retirer, là, cette partie-là, là, de l'amendement que je propose pour aller
plutôt modifier la Loi sur la voirie, mais évidemment ça se fera avec le consentement,
là, de la partie gouvernementale, évidemment. Autrement, bien, c'est ce qu'on
propose dans le cadre de l'ouverture... dans le cadre du projet de loi, c'est
ce que je propose, c'est, à tout le moins, à veiller... de veiller à promouvoir
le transport actif sur les routes lui appartenant. Ça, c'est plein de mesures,
ça peut passer par des programmes qu'on va améliorer. On parle souvent du TAPU,
du programme, du Fonds de sécurité routière, on parle aussi... J'ai eu une
discussion, il n'y a pas longtemps, avec les... du personnel, là, du ministère
des Transports et de la Mobilité durable. D'ailleurs, j'en profite pour
remercier la ministre, là, sur ce briefing technique là qu'on a eu récemment, à
l'effet de pouvoir...
Mme Guilbault :...
M. Grandmont : Pardon?
Mme Guilbault :...régional?
M. Grandmont : Oui, le
régional. Bien, en fait, c'est régional solidaire, en fait, en ce qui nous
concernait, mais donc on a eu Laval, Montréal, Sherbrooke, puis le général,
aussi, quelques informations. Mais c'est la première fois qu'on avait un
briefing technique sur les annonces à venir pour les projets routiers à venir, donc
je l'apprécie. C'est vrai que ça donnait encore une fois une occasion de poser
des questions, de bien comprendre la mécanique derrière, donc ça nous
permettra, nous aussi, d'être meilleurs, éventuellement, sur ces enjeux-là puis
d'avoir des échanges constructifs avec la ministre. On fait le même travail,
essayer de la rendre meilleure à travers nos questions puis nos critiques. On
essaie de monter le débat, tout le monde. C'est ça, l'objectif. Mais donc c'est
ça, à tout le moins, là, la modification qu'on propose, c'est... dans le cadre
du PL n° 48, c'est modifier la Loi sur le ministère
des Transports pour que le transport actif, là, soit au moins promu par le
ministère des Transports. Mais, comme je le dis, si la ministre a de
l'ouverture, changeons ce qu'il y a dans le... dans la Loi sur la voirie, mais
ça va devoir se faire avec son consentement.
Par ailleurs, je me permets d'enchaîner
sur le point o, qui est une proposition que je fais à la ministre, de produire
un bilan triennal, donc aux trois ans, qui serait déposé à l'Assemblée
nationale pour présenter le suivi des actions en matière de sécurité routière
qui découlent de son plan de sécurité routière. Je n'ai pas tiré ça, là, de mon
chapeau, je vous dirais. J'ai travaillé avec votre collègue aux Affaires
municipales quand on a révisé ensemble la loi sur les... la Loi sur
l'aménagement et l'urbanisme, et, à l'intérieur de la Loi sur l'aménagement et
l'urbanisme, c'est une disposition que j'avais fait ajouter à la loi, dans
laquelle on disait, là, à l'article 74 : «Le ministre produit, tous
les quatre ans, un bilan national de l'aménagement du territoire qui contient :
«1° un état de situation de
l'aménagement du territoire québécois; et
«2° une reddition de comptes sur
l'atteinte des cibles gouvernementales en matière d'aménagement du territoire.»
L'objectif, c'est que... puis ce n'est pas
de faire du dédoublement sur ce que la SAAQ produit déjà annuellement. La SAAQ
produit un bilan de sécurité routière, c'est fort utile, on s'en sert, la
ministre s'en sert, évidemment. On essaie de partir de là pour améliorer le
bilan routier, mais il y a beaucoup de choses, en termes de sécurité <routière...
M. Grandmont :
...améliorer
le bilan routier. Mais il y a beaucoup de choses, en termes de sécurité >routière,
il y a beaucoup d'aspects de la sécurité routière qui ne sont pas touchés par
la SAAQ, qui ne font pas partie du bilan. Et la preuve est qu'effectivement
aujourd'hui nous discutons d'un projet de loi qui vise à améliorer la sécurité
routière, donc le législateur, la ministre a un rôle complémentaire à celui de
la SAAQ. Et ce qu'on propose, en fait, c'est qu'on a un bilan, à tout le moins,
en trois ans pour être capables de revenir voir, bien, dans le plan de sécurité
routière, là, qu'on a, là, est-ce qu'on a atteint tous les objectifs, oui, non,
puis qu'est-ce qu'il y a à améliorer pour viser toujours, bien, zéro blessé
grave et zéro décès sur les routes. L'objectif est de se donner un moyen, une
contrainte, en fait, là, parce qu'on passe à travers la loi, pour que la
ministre et les personnes qui lui... qui vont lui succéder, bien, aient cette
obligation de revenir vers le public puis de viser toujours l'excellence en
termes de sécurité routière.
Donc, c'est un peu le sens de cette... de
notre amendement, deux aspects. Le premier, la sécurisation des transports
actifs sur les routes, qui appartient au MTMD. Mais, je le rappelle, si Mme la
ministre a de l'ouverture à ouvrir la Loi sur la voirie, je pense que la vraie
bonne façon de le faire, ce serait ça. Mais, à tout le moins, nous proposons, à
tout le moins, de proposer, là, de promouvoir le transport actif sur les routes
qui lui appartiennent. Et puis sinon, bien, l'idée d'un plan triennal pour
faire un bilan à tous les trois ans de la sécurité routière, pour voir
qu'est-ce que le gouvernement, qu'est-ce que le... qu'est-ce que les membres,
les parlementaires peuvent faire, le législateur peut faire pour améliorer le
bilan en complément de ce qui est déjà fait au niveau de la SAAQ.
Le Président (M. Jacques) : Merci,
M. le député. Mme la ministre.
Mme Guilbault :Oui. Bien, très intéressant, ce que mon collègue de
Taschereau amène comme discussion. Deux points importants, à savoir le
transport actif, et appelons ça une espèce de reddition de comptes, ou, en tout
cas, une mise à jour, ou une diffusion des actions en matière de sécurité
routière. Par contre, je ne suis pas certaine que ni l'un ni l'autre a sa place,
nécessairement, dans la loi, mais...
Parce que, tu sais, comme... le transport
actif sur les routes nous appartenant, bien qu'on ait beaucoup de kilomètres de
route verte, et tout ça, il y a quand même beaucoup d'autoroute aussi. Donc,
peut-être, le transport actif, instinctivement, ce n'est pas nécessairement sur
le réseau supérieur, bien qu'on en fasse sur les réseaux supérieurs, mais il y
en a beaucoup sur le réseau municipal aussi, mais... Mais, comme je le dis
souvent, un gouvernement parle aussi par ses actions, ses programmes, ses
investissements, ses décisions, et, dans le Plan d'action de la sécurité
routière, on le sait, on a une bonification de 68 millions du TAPU, qui
est un programme qui permet des aménagements en périmètre urbain. On avait le
Véloce III, je pense, qu'on... avec lequel on a financé des aménagements
pour le transport actif. On a le Programme d'aide financière du Fonds de la
sécurité routière aussi. Quand on dit, là, les fonds dont on parle qui nous
permettent de réinvestir en sécurité routière, entre autres, on finance... on
finance des aménagements qui nous permettent d'avoir de la mobilité active.
Donc, le ministère est résolument engagé pour favoriser la mobilité active, donc
je veux en assurer mon collègue et le réitérer au micro.
Pour ce qui est du suivi des actions en
matière de sécurité routière, c'est sûr que, là, un bilan en trois ans, dans la
mesure où on est en 2024 et que le plan d'action va jusqu'en 2028, ça
supposerait une reddition de comptes, du moins, sur ce plan-là. Parce qu'en
2028, je ne crois pas être encore ministre des Transports, bien qu'on ne sait
jamais l'avenir, M. le Président, donc on ne sait pas exactement ce qui va
arriver après 2028. Mais pour ce qui concerne mon plan, ici, qu'on a fait, moi,
je m'engage à rendre compte... Puis d'ailleurs, de toute façon, il est fait
d'une manière... je l'avais déjà dit, il est fait avec des échéanciers. Donc,
tu sais, c'est facile, là, moi... Puis moi-même, je le suis beaucoup, là. Vous
pouvez demander combien de questions je pose, d'ailleurs, à mes divers SMA, au
quotidien, sur une foule de choses. Mais, tu sais, ces dates-là, je les suis.
Alors, tout ce qui était supposé se faire en 2023 a été fait. On est en train
de débuter 2024, 2025, 2026, 2027, 2028. Donc, ce sera fait, je tiens à en
rassurer mon collègue.
Mais c'est sûr qu'à tout moment on peut
nous demander, nous, un suivi, tu sais, que ce soient les journalistes... que
ce soit des collègues, d'abord, ici, au sein du Parlement, que ce soient des journalistes,
que ce soient des partenaires. Des fois, mon ami, ici, parle beaucoup avec nos
partenaires en sécurité routière. Donc, mon cabinet, mon ami étant mon
conseiller politique... donc, mon cabinet, par extension, on échange beaucoup,
beaucoup, beaucoup, et moi aussi, avec les divers partenaires. Donc, à tout
moment, là, on peut avoir des discussions, mais comme je le dis, puis c'est
important pour moi, ce plan-là a été fait d'une manière qu'on puisse suivre
très clairement, sous-mesure par sous-mesure, l'échéancier et le livrable de
façon très claire, ce qui en facilite justement, un peu, le suivi littéralement
au quotidien, là, ou du moins d'année en année.
Le Président (M. Jacques) : M.
le député de Taschereau.
M. Grandmont : Oui. Bon,
d'abord sur le bilan, bon, d'abord, vous me faites remarquer que, dans le bilan
de... dans le Plan d'action en sécurité routière, il n'y a aucune action <prévue
pour...
M. Grandmont :
...aucune
action >prévue pour faire l'évaluation du Plan d'action en sécurité
routière. Je vous ai déjà parlé à plusieurs reprises, là, de la Vision Zéro. On
me dit que le Plan d'action en sécurité routière est inspiré de la Vision Zéro.
Il y a... Dans les principes qui soutiennent la Vision Zéro, il y a cinq e, je
ne m'en souviendrai peut-être pas par cœur ce matin, là, mais il y a «enforcement»,
là, donc la répression, les policiers, les contrôleurs routiers qui sont sur
les routes; il y a l'encouragement, donc la sensibilisation; il y a l'éducation
à la population; il y a les aménagements... je ne me souviens plus c'est quoi,
le terme, en anglais, qui est utilisé; puis il y en a un qui est
superimportant, qui est l'évaluation, l'évaluation et la planification. Bon, on
a fait une planification. Ça, c'est bien, c'est parfait, mais il faut faire une
évaluation aussi.
Parce que la Vision Zéro, qui, je le
rappelle, est le meilleur système de sécurité routière dans le monde, jusqu'à
ce jour, c'est la stratégie de sécurité routière qui a donné le plus de
résultats positifs. C'est la stratégie qui permet d'obtenir les meilleurs
bilans routiers, la meilleure réduction du nombre de blessés graves et de décès
sur les routes. C'est un processus en continu. C'est comme... un peu comme la
Loi sur la santé et la sécurité au travail, on se donne pour objectif d'avoir
zéro blessé grave et zéro décès sur les milieux de travail. Je ne sais pas si,
de mémoire, c'est écrit dans la loi, mais c'est un objectif qu'on poursuit à
long terme, et donc on doit l'avoir, évidemment, aussi, comme perspective dans
la sécurité routière. C'est la même chose, mais il faut être capable de faire
de l'évaluation pour faire de l'amélioration. S'il n'y a pas d'évaluation qui
est faite... Puis même, au terme de 2028, en fait, je ne le vois pas, là, qu'il
y a... à moins que je me trompe. Peut-être que la ministre me dira qu'il est
déjà prévu un processus, là, de reddition de comptes, d'évaluation et de
reddition de comptes, un bilan, donc, en 2028, pour lequel... En tout cas, on
ne l'a pas inscrit, on n'a pas pris la peine, je pense, là, de l'inscrire dans
le Plan d'action en sécurité routière.
• (12 heures) •
Donc, moi, ce que je propose, en fait,
c'est que, d'une part, bien, on ait ce processus-là qui soit inscrit dans la loi.
Il réfère à un plan d'action en sécurité routière, donc aussi, ce qui est
intéressant, c'est qu'on vient donner à Mme la ministre... on vient donner à Mme
la ministre, bien, une opportunité de venir rendre compte des améliorations qui
sont faites, du bilan qui s'améliore ou pas puis, après ça, des moyens à mettre
en œuvre, évidemment, pour le faire, mais aussi, surtout, puis c'est elle-même
qui a abordé la question, aux personnes qui suivront... qui la suivront à la
tête du ministère des Transports et de la Mobilité durable.
Je suis content des pas qu'on fait avec
Mme la ministre, là, sur la... Tu sais, elle a écouté une partie de la
population qui voulait que ça s'améliore sur les routes. Elle a fait un plan
d'action, on est en train de discuter d'un projet de loi sur la sécurité
routière. C'est une bonne chose, mais il y a eu des longues périodes aussi, où
il ne s'est rien fait en sécurité routière, au Québec, et très, très, très
longues périodes. Comment, donc, trouver une façon que la sécurité routière
demeure toujours une préoccupation, une priorité parmi d'autres, mais une
priorité quand même, des gens qui vont suivre à la tête du ministère des
Transports et de la Mobilité durable, Mme la ministre? Bien, je pense que c'est
en rappelant qu'il faut qu'il y ait un bilan qui soit fait à tous les trois ans...
ça peut être aux quatre ans, là, si c'est pour l'accommoder, puis que ce soit
raccord avec le Plan d'action de sécurité routière. Ça ne me dérange pas, on
peut... je suis bien négociable sur le nombre d'années. Comme je vous disais
tantôt, je pense que, dans le projet de loi sur le... dans la Loi sur
l'aménagement et l'urbanisme, c'est quatre ans. C'est quatre ans qu'on avait
fait inscrire avec votre collègue aux Affaires municipales. Donc, ça peut être
aux quatre ans, là, ça ne me dérange pas, mais il faut s'assurer que cette
priorité-là ne tombe pas entre deux ministres intéressés par la question de la
sécurité routière. On est d'accord, je suis sûr, Mme la ministre et moi, qu'il
faut que ça aille vers l'avant, puis qu'on soit en processus d'amélioration
continue, puis qu'on vise zéro accident grave et mortel sur les routes.
Donc, je dirais ça, d'abord, sur le bilan puis
j'aimerais ça avoir une discussion spécifiquement là-dessus. Moi, je veux que
ça dure dans le temps. C'est un beau legs. C'est un beau legs à faire à la
personne qui lui suivra puis aux personnes qui suivront, ensuite, à la tête du
ministère des Transports et de la Mobilité durable. Puis, comme je le disais
tantôt, ça existe dans d'autres lois actuellement, au Québec. Il n'y a rien de
farfelu là-dedans. On peut négocier, évidemment, la façon de l'écrire puis
aussi l'intervalle à l'intérieur duquel on doit réaliser ça, mais c'est une
opportunité très intéressante puis c'est un legs qu'on donne aux ministres qui
suivront à la tête du ministère des Transports et de la Mobilité durable.
Le Président (M. Jacques) : Merci
beaucoup. Mme la ministre.
Mme Guilbault :Oui, bien, juste un petit mot pour remercier le collègue de
Taschereau de saluer l'action proactive de notre gouvernement en matière de
sécurité routière, après des périodes plus ou moins inertes, puis l'assurer
aussi, là, tu sais, vraiment, de toute ma volonté partagée avec lui que le
suivi puisse se faire de manière assidue et concrète, là, tu sais, pas juste
des bilans, tu sais, des rapports de <phrasages qui ne veulent à peu près
rien dire...
>
12 h (version révisée)
<16885
Mme Guilbault :
...ce
n'est pas juste des bilans, tu sais, des rapports de >phrasages qui ne
veulent à peu près rien dire des fois, là, vraiment des suivis précis. Puis c'est
pour ça que j'ai mis des échéanciers avec des livrables très précis, tu sais,
le prochain étant... Bien, vous voyez, je regarde ici, là, en tout cas, il y a
toutes sortes de choses, là, tu sais, les fameuses consultations sur la zone
scolaire, la mise à jour du guide, 2024, on est là-dedans cette année, et il y
a aussi les bilans de la SAAQ.
Parce que, quand on parle de la Vision Zéro, tu sais, ultimement, ce qu'on
veut, c'est améliorer la sécurité puis que ça ait une répercussion sur le
bilan. Et le bilan routier, le bilan des accidents, des décès sur nos routes,
se fait annuellement par la SAAQ. Donc, ce bilan-là va continuer de se faire.
Ce n'est pas le seul indicateur, tu sais. Il ne faut pas penser que c'est la
seule façon de mesurer les fruits du travail.
Une voix : ...
Mme Guilbault :Oui, c'est ça, exactement. Donc, alors, c'est ça, il ne faut
pas... Ce n'est pas nécessairement la seule mesure, parce qu'il reste que le
plan d'action, si... par exemple, parle des bonifications du TAPU, il y a plus
de gens qui font du vélo, il y a plus de gens qui vont à l'école à pied et qui
prennent des marches. Ça ne se reflétera pas nécessairement dans le bilan de la
SAAQ, mais ça va être une bonne chose néanmoins, à la fois pour la sécurité
puis pour la santé des gens. Mais il reste que ce bilan-là, qui est quand même
assez détaillé, là... Tu sais, sur le site de la SAAQ, il y a une foule de
statistiques qui est mesurée chaque année. Le dernier, d'ailleurs, vient de
sortir... ou, en tout cas, un des bilans annuels vient de sortir il n'y a pas
longtemps. Alors donc, c'est ça, et, jusqu'en 2026 du moins, le collègue pourra
même s'adresser directement à moi, s'il veut que je lui fasse des suivis de mon
plan avec les échéanciers.
Le Président (M. Jacques) : M.
le député de Taschereau.
M. Grandmont : Bien, je ne
pensais pas avoir à répéter ce que j'ai dit au départ, dans mon introduction.
Évidemment, la SAAQ fait les bilans de sécurité routière, évidemment, mais c'est
une responsabilité qui est partagée. Le législateur a un rôle important à
jouer. La preuve, nous sommes en train de mettre à jour la loi... en fait d'étudier
un projet de loi qui va venir modifier différentes lois pour avoir un impact
positif sur la sécurité routière. C'est deux choses séparées. Il y a un bilan
annuel de la SAAQ... doit continuer d'exister, évidemment, je suis d'accord
avec Mme la ministre là-dessus, puis il pourrait être encore plus étoffé,
encore plus précis, mieux ventilé, encore plus d'informations. Ça, c'est une
autre chose, mais ça va demeurer utile, mais le législateur a un rôle à jouer.
La ministre des Transports ou le ministre des Transports et de la Mobilité
durable a un rôle à jouer.
Puis là on refuse de dresser un bilan à
tous les trois ou quatre ans, là. On propose trois ans, mais ça pourrait être
quatre. On refuse de dresser un bilan à l'intérieur... un bilan de sécurité
routière à l'intérieur des compétences de la ministre. J'ai de la misère à
comprendre la réticence de Mme la ministre là-dessus, parce que c'est une
proposition que je lui fais, qui permettrait de veiller à ce que cette volonté
d'améliorer en continu la sécurité routière au Québec se poursuive dans le
temps, après son départ, à moins qu'elle reste indéfiniment, je ne sais pas
combien... en tout cas, mais que... mais, vous comprenez, j'ai de la misère à
comprendre la réticence de Mme la ministre là-dessus, parce que ça ne l'impliquera
même pas.
Puis, au contraire, ce que je lui propose,
c'est de laisser un legs, s'assurer... Puis je sais que c'est un enjeu qui est
important pour elle, elle a déjà parlé de ses filles. C'est quelque chose qui
prend quand même aux tripes, comme parent, de penser que les rues ne sont pas
sécuritaires pour nos enfants. Je veux dire, pour être capable d'arriver au
meilleur bilan potentiel, là... potentiellement sur le long terme, là, il faut
s'assurer que le ministre qui suivra Mme la ministre, bien, fasse aussi le
travail d'avoir comme priorité la sécurité routière, fasse le travail de
dresser un bilan, puis, à l'intérieur de son champ de compétence, mette en
place les meilleures pratiques possibles, et aussi déploie lui aussi... cette
personne-là, qu'elle déploie aussi un plan de... un plan d'action en sécurité
routière.
Autrement, là, après 2028, il n'y a rien
qui nous garantit qu'on va avoir encore un plan de sécurité routière au Québec.
Il n'y a absolument rien qui le... qui nous permet de le prévoir. Il n'y a rien
qui nous le garantit. Donc, ça veut dire qu'après 2028 ça se peut qu'on n'ait
plus rien en sécurité routière, puis qu'on retombe dans nos vieilles ornières,
puis que finalement le bilan routier recommence à aller de moins en moins bien,
puis qu'on augmente le nombre de morts puis de blessés graves sur les routes. C'est
une disposition toute simple qui existe dans d'autres lois. Je l'ai dit tantôt,
la Loi sur l'aménagement et l'urbanisme a une disposition comme celle-là. Je
suis prêt à négocier sur le trois ans, ça peut être quatre ans, ça ne me...
pour être raccord avec le plan d'action en sécurité routière, mais ça n'a pas
de... ça n'a pas de conséquence directement pour la ministre. Elle fait juste s'assurer
que les personnes qui lui succéderont à la tête du MTMD feront leur job aussi,
d'avoir la sécurité routière à cœur.
Le Président (M. Jacques) : Mme
la ministre.
Mme Guilbault :Bien, je vais renouveler ce que j'ai déjà dit dans mes deux
précédentes réponses, mais je veux vraiment rassurer le collègue, là, sans
pouvoir prédire ce que mes successeurs vont faire, la sécurité routière, c'est
déjà un mandat important du ministère. On a fait ce plan d'action là et on
pourra en faire le <suivi...
Mme Guilbault :
...plan d'action là et on pourra en faire le >suivi.
Tu sais, quand on nous demande de rendre compte, aux trois ans, des actions
découlant du plan d'action... Il s'arrête en 2028. Donc, je pense que
l'important, c'est de rendre compte de la sécurité routière en général. La SAAQ
le fait, il y a plein d'actions qui se font.
Donc, effectivement, c'est un legs
important, là, et donc je m'attends à ce que... j'espère, en tout cas, que mon
ou ma successeure va faire un prochain plan puis va faire ce qu'il y a à faire
pour poursuivre mon œuvre bien modeste que j'aurai faite avec ce plan-là. Mais
il reste qu'on est d'accord sur le fond que c'est un sujet fondamental, raison
pour laquelle on s'est mis en action aussi rapidement à mon arrivée.
Le Président (M. Jacques) : Merci.
M. le député, il vous reste environ quatre minutes.
M. Grandmont : Bon, comme je
l'ai... Oui, donc, comme je le disais tantôt, si c'est trois ans qui bloque, ce
n'est pas grave, on peut mettre ça à quatre ans pour être raccord avec le plan
d'action. Moi, ça ne me dérange pas, mais ce n'est pas avec des prières qu'on
va réussir à garantir que le prochain ministre des Transports ait à cœur la
Sécurité routière autant que Mme la ministre. Elle pourrait, grâce à mon
amendement, simplement s'assurer que ça dure dans le temps. Je n'irai pas plus
loin là-dessus, mais je note que... En fait, je ne comprends pas sa réticence
par rapport à ça. On n'est pas en train de s'assurer que la sécurité routière,
pour les prochaines années, les prochaines décennies, va demeurer top priorité
pour les prochains ministres des Transports parce qu'on refuse l'amendement que
je propose ici.
• (12 h 10) •
Maintenant, sur la sécurité, les
transports actifs sur les routes lui appartenant, évidemment, pas les
autoroutes, là, tout ça se fait évidemment dans le respect des normes
existantes. Il n'y a pas de transport actif au Québec sur les... sur le réseau
supérieur de type autoroutier, mais il y a plein de... il y a plein de cas.
Anaïs Renaud à Saint-Flavien de Lotbinière, qui est décédée sur le chemin de
l'école, c'était, si ma mémoire est bonne, sur le corridor scolaire et c'est
sur une route qui appartient au ministère des Transports et de la Mobilité
durable. Dans la ville de Prévost, il y a eu un projet
pilote. On a fait passer la vitesse signalée de 70 à 50 kilomètres-heure
pour finalement revenir à 70 kilomètres-heure. On est devant une école. Il
faudrait absolument que le ministère des Transports s'assure que ça dure dans
le temps puis qu'on s'oblige à avoir une route à 50 kilomètres-heure et
pas à 70 devant une école.
Un autre cas aussi que j'ai trouvé très
intéressant, quand j'ai rencontré les gens à Gatineau... il y a une route,
c'est la route 105 qui appartient au ministère des Transports. Il y a un
pont, en fait, qui est souvent utilisé par les cyclistes. Du côté de Chelsea,
on est sur le réseau municipal, il y a un aménagement cyclable puis de l'éclairage.
Du côté de Gatineau, on est sur le réseau municipal aussi, il y a un
aménagement cyclable puis de l'éclairage. Puis, sur la partie juste devant le
pont, qui appartient au MTQ, on n'a plus d'éclairage puis on n'a plus
d'aménagement cyclable. Puis il y a eu deux accidents, graves ou mortels, je ne
sais plus, mais deux accidents cyclistes importants, graves, ce qu'on veut
justement éviter, sur le petit tronçon appartenant au MTQ, parce qu'on n'a pas
d'aménagement cyclable puis on n'a pas de réverbère. Ça doit faire une centaine
de mètres, peut-être 200, je ne sais pas, mais c'est vraiment petit. Le
ministère des Transports refuse de prendre ses responsabilités sur sa route,
qui lui appartient, puis de mettre en place des aménagements cyclables. Il y a
des accidents graves et mortels qui se produisent sur ce tronçon-là.
C'est le sens de ma proposition. Comme je
le dis, j'aurais aimé mieux modifier la Loi sur la voirie, mais ça aurait
demandé le consentement. Je ne suis pas sûr qu'on l'aurait obtenu. Moi, ce que
je veux, c'est que, minimalement, on accepte l'amendement que je propose, de
veiller à promouvoir le transport actif sur les routes lui appartenant, en
excluant... S'il faut l'écrire, on fera un amendement... que la ministre
l'amende puis ajoute «sauf sur les autoroutes», là, mais l'idée est de vraiment
protéger des vies sur le réseau appartenant au MTQ.
Le Président (M. Jacques) : En
terminant. Il vous reste 10 secondes.
M. Grandmont : Je vais me
garder une réponse.
Le Président (M. Jacques) : Merci,
M. le député de Taschereau. Donc, le temps est écoulé. Est-ce que l'amendement
introduisant... Bien, Mme la ministre, voulez-vous intervenir?
Mme Guilbault :Non. Bien, j'ai déjà répondu tout à l'heure, mais j'ai pris
note de l'endroit sur la 105. On a déjà un plan pour la réfection de la 105,
sur cinq ans, qu'on a mis en place, mais... pour la route comme telle, mais je
vais vérifier l'endroit dont il me parle.
M. Grandmont : ...quand même
de mon côté qu'il n'y a pas d'appui à... finalement, aux amendements qui
étaient tirés, là, du mémoire de Piétons Québec.
Le Président (M. Jacques) : Merci,
M. le député. Est-ce que l'amendement introduisant l'article 34.1 est
adopté? Rejeté. Mme la ministre, l'article 36.
Mme Guilbault :Oui. Article 36, Loi modifiant l'encadrement de
l'utilisation des cinémomètres photographiques et des systèmes de contrôle de
circulation aux feux rouges et d'autres dispositions. Article 36 : L'article 21
de la Loi modifiant l'encadrement de l'utilisation des cinémomètres
photographiques et des systèmes de contrôle de circulation aux feux rouges et
d'autres dispositions est modifié par la suppression des <paragraphes 3°
et 5°...
Mme Guilbault :
...suppression des >paragraphes 3° et 5°.
En commentaire : L'article 36 du
projet de loi propose une modification de concordance à l'article 21 de la
Loi modifiant l'encadrement de l'utilisation des cinémomètres photographiques
et des systèmes de contrôle de circulation aux feux rouges et d'autres
dispositions. L'article 21 de cette loi modifiait l'article 592.1 du Code
de la sécurité routière. Comme l'article 592.1 du code est abrogé par
l'article 19 du projet de loi, il y a lieu de supprimer les paragraphes 3°
et 5° de l'article 21 qui ne sont jamais entrés en vigueur.
Le Président (M. Jacques) : Merci.
Est-ce qu'il y a des interventions sur l'article 36? Donc, s'il n'y a pas
d'intervention, est-ce que l'article 36 est adopté?
Des voix
: Adopté.
Le Président (M. Jacques) : Adopté.
Article 37.
Mme Guilbault :Oui. Article 37, Règlement d'application de diverses
dispositions concernant les systèmes de détection. Article 37 : Le
Règlement d'application de diverses dispositions concernant les systèmes de
détection, dont le texte figure ci-après, est édicté.
«Règlement d'application de diverses
dispositions concernant les systèmes de détection.»
«Chapitre I.
«Dispositions du Code de la sécurité
routière dont le respect peut être contrôlé au moyen d'un système de détection.
«1. Peut être contrôlé au moyen d'un
système de détection le respect des dispositions suivantes :
«1° en matière de respect des limites de
vitesse : le deuxième alinéa de l'article 299, les articles 303.2 et
328, le troisième alinéa de l'article 329 et les articles 496.4 et
496.7 du Code de la sécurité routière;
«2° en matière de respect de l'arrêt à un
feu rouge : l'article 359 de ce code.
«1° en matière de respect des limites de
vitesse, le deuxième alinéa de l'article 299, les articles 303.2 et
328, le troisième alinéa de l'article 329 et les articles 496.4 et
496.7 du Code de la sécurité routière;
2° en matière de respect de l'arrêt à un
feu rouge, l'article 359 de ce code.
«Chapitre II.
«Manquements donnant lieu à l'imposition
d'une sanction administrative pécuniaire.»
«2. En cas de manquement au deuxième
alinéa de l'article 299, à l'article 328, au troisième alinéa de
l'article 329 ou aux articles 496.4 et 496.7 du Code de la sécurité
routière constaté au moyen d'un système de détection, peut être imposée au
propriétaire du véhicule routier avec lequel le manquement est commis une
sanction administrative pécuniaire d'un montant de 30 $ plus :
«1° si la vitesse excède de 1 à 20 km/h
la vitesse permise, 10 $ par tranche complète de 5 km/h excédant la
vitesse permise;
«2° si la vitesse excède de 21 à 30 km/h
la vitesse permise, 15 $ par tranche complète de 5 km/h excédant la
vitesse permise;
«3° si la vitesse excède de 31 à 45 km/h
la vitesse permise, 20 $ par tranche complète de 5 km/h excédant la
vitesse permise;
«4° si la vitesse excède de 46 à 59 km/h
la vitesse permise, 25 $ par tranche complète de 5 km/h excédant la
vitesse permise.
«Aucune sanction administrative pécuniaire
ne peut être imposée en cas de manquement aux dispositions prévues au premier
alinéa dans les cas suivants :
«1° dans une zone où la limite de vitesse
maximale autorisée est d'au plus 60 km/h, lorsque la vitesse du véhicule
routier mesurée au moyen d'un système de détection est de 40 km/h ou plus
au-delà de la vitesse maximale indiquée;
«2° dans une zone où la limite de vitesse
maximale autorisée est supérieure à 60 km/h et d'au plus 90 km/h,
lorsque la vitesse du véhicule routier mesurée au moyen d'un système de détection
est de 50 km/h ou plus au-delà de la vitesse maximale indiquée;
«3° dans une zone où la limite de vitesse
maximale autorisée est supérieure à 90 km/h, lorsque la vitesse du
véhicule routier mesurée au moyen d'un système de détection est de 60 km/h
ou plus au-delà de la vitesse maximale indiquée;
«4° dans une zone scolaire, pendant la
période scolaire au sens du Règlement encadrant l'établissement des zones
scolaires et définissant la période scolaire;
«5° dans un lieu où, conformément à
l'article 303.1, une signalisation indique, pour la durée de travaux de
construction ou d'entretien d'un chemin public, une limite de vitesse à
respecter autre que celle prescrite.
«Chapitre III.
«Éléments d'une photographie ou d'une
série de photographies qui font preuve de leur exactitude.
«3. La photographie ou la série de
photographies prises par un système de détection fait preuve de l'exactitude
des éléments suivants qui sont apposés à l'une ou à plusieurs des photographies
ou qui y sont visibles :
«1° l'endroit où la photographie ou la
série de photographies ont été prises, en faisant référence à un identifiant ou
autrement;
«2° la date et l'heure auxquelles la
photographie a été prise;
«3° le véhicule routier;
«4° le numéro de la plaque d'immatriculation
du véhicule routier.
«4. La photographie ou la série de
photographies prises par un système de détection fait également preuve de
l'exactitude des éléments suivants qui sont apposés à l'une ou à plusieurs des
photographies ou qui y sont visibles :
«1° lorsque le système de détection est
utilisé pour mesurer ou calculer la vitesse :
«a) la limite de vitesse permise,
sauf celle fixée en vertu de l'un des articles 299, 303.1 ou <329...
Mme Guilbault :
...299, 303.1 ou >329;
«b) la vitesse du véhicule routier
enregistrée par le système de détection;
«2° lorsque le système de détection est
utilisé pour contrôler la circulation aux feux rouges, le feu de circulation en
cause.»
En commentaire : L'article 37 du
projet de loi propose d'édicter le Règlement d'application de diverses
dispositions concernant les systèmes de détection. L'article 1 de ce
règlement détermine les dispositions du Code de la sécurité routière dont le
respect peut être contrôlé par un système de détection. Il s'agit de dispositions
du CSR en matière de vitesse et en matière d'arrêt à un feu rouge, comme c'est
le cas actuellement.
• (12 h 20) •
L'article 2 de ce règlement détermine
les dispositions du CSR pour lesquelles une sanction administrative pécuniaire
peut être imposée en cas de manquement constaté au moyen d'un système de
détection. Ce sont des dispositions en matière d'excès de vitesse, autres que
les grands excès de vitesse et autres que ceux commis dans les zones scolaires
pendant la période scolaire et dans les zones de chantier où la limite de
vitesse est différente de celle normalement prescrite. Il fixe à 30 $ le
montant de base de la SAP, auquel s'ajoute un montant, par tranche complète de cinq kilomètres-heure
excédant la vitesse permise, qui varie en fonction de l'ampleur de l'excès de
vitesse. Les articles 3 et 4 de ce règlement déterminent les éléments
apposés sur une photographie ou une série de photographies ou qui y sont
visibles, qui font preuve de leur exactitude.
Le Président (M. Jacques) : Merci,
Mme la ministre. M. le député de Nelligan... puis, juste vous informer, là, on
peut les traiter, là, par 1, 2, 3, 4. Donc, on...
M. Derraji : Oui, mais avant,
c'est un commentaire général, avant d'aller dans les chapitres, mais merci
beaucoup de... Moi, ce que je veux savoir, c'est que vous avez parlé du
règlement... ça, c'est un règlement, maintenant, qui est dans la loi. Donc, est-ce
que c'est juste possible de nous partager comment la réflexion est arrivée pour
dire : Voilà le règlement sur lequel on se base, c'est ce règlement qu'on
va mettre dans la loi?
Mme Guilbault :Je ne suis pas certaine de comprendre la question, dans le
sens que le règlement, comme on l'avait dit un peu plus tôt, il vise à éviter
qu'il y ait comme une période de vide, là. Donc, il est déjà édicté à même le
projet de loi, ce qui fait que, quand la loi va entrer en vigueur, on va déjà pouvoir
continuer de fonctionner avec les photoradars, que ce soit pour la vitesse ou
aux feux rouges. Puis on vient prévoir aussi les sanctions pécuniaires avec les
montants... les types de manquement puis les montants associés. Donc,
finalement, c'est le règlement qui vient édicter les modalités... qui ramène
les modalités déjà existantes des... de ce qu'on a déjà comme constats
d'infraction, et comme comportements à surveiller, et les nouvelles, tu sais,
parce que ça fait suite à tout le chapitre sur la création des SAP. Donc, c'est
ça un peu qui est à l'origine du règlement, c'est de reprendre ce qui se fait
déjà puis d'ajouter les SAP.
M. Derraji : Oui. Ma
question, c'est aussi en lien avec les comportements. Et, vous l'avez très bien
dit, les comportements sur la route, en termes de respect du Code de la
sécurité routière, c'est... Est-ce que vous êtes en mesure de confirmer que la
plupart des comportements dangereux, les comportements, que ce soit autour des
écoles, ou aux alentours des écoles, ou ailleurs, sont dans le règlement? Parce
que, là, vous... c'est sur ça qu'on doit se baser, là. Par la suite, tout est
là dans ce règlement. Normalement, on ne doit rien oublier comme comportements
dangereux sur la route.
Mme Guilbault :C'est ça. C'est que les comportements dangereux... Vous
voyez ici : «Aucune SAP ne peut être imposée en cas de manquement aux dispositions
prévues au premier alinéa dans les cas suivants : la zone scolaire, dans
une zone...» Ah non! pardon. Ah oui! c'est ça, exact. Donc, ici, là...
M. Derraji : Vous êtes où?
Oui, c'est zone où la limite de vitesse maximum autorisée... plus de 60,
vitesse... véhicule... mesurée... Est-ce que c'est vers la fin du chapitre II?
Mme Guilbault :C'est ça, exact. Donc, grand excès de vitesse, et on a...
ce qu'on pourrait appeler un grand excès de vitesse. Je ne sais pas si c'est
ça, la définition...
Une voix : ...
Mme Guilbault :Oui, c'est ça.
M. Derraji : Donc, c'est les
trois...
Mme Guilbault :Et les zones scolaires et les zones de chantier.
M. Derraji : C'est les cinq
éléments. C'est cinq éléments pour imposer une sanction administrative
pécuniaire, c'est ça?
Mme Guilbault :Non, c'est ça, eux ne pourront pas avoir une... parce que
ça va être un constat d'infraction.
M. Derraji : Oui, constat
d'infraction, désolé, constat d'infraction. C'est là où je voulais avoir un
échange avec vous, c'est par rapport aux autobus scolaires. Et je reviens au
projet pilote qui a été implanté, qui a donné des résultats. C'est documenté
qu'il y a des dépassements. Les résultats, vous les avez, ça a été mentionné à
plusieurs reprises. Mon ex-collègue l'a lancé, votre collègue l'a lancé, s'est
engagé à le faire, mais je ne le vois nulle part.
Est-ce que ce n'est pas un <comportement...
M. Derraji :
Est-ce
que ce n'est pas un >comportement dangereux? Je pense que c'est... il
l'est, un comportement dangereux, mais je ne le vois nulle part. Donc, vous
avez un projet pilote à l'intérieur du ministère qui démontre qu'il y a des
dépassements des autobus scolaires, des caméras qui ont été implantées l'ont
démontré. Ça a été validé, mais on ne peut pas passer à travers aujourd'hui
dans le règlement, parce que c'est comme si on dit, au ministère, on a
travaillé sur un projet pilote, ça a donné des résultats, ça nous a démontré
que c'est des comportements dangereux, mais, en conséquence, on ne fait rien.
Mme Guilbault :Est-ce que mon collègue veut que je réponde ou... est-ce
que mon collègue avait terminé ou...
M. Derraji : Oui, oui, oui. J'ai
terminé, oui, oui.
Mme Guilbault :Je réponds? OK. Bien, premièrement, ce règlement
d'application là, il porte sur les systèmes de détection, donc les
comportements qui sont en mesure d'être détectés par les systèmes de détection.
Donc, on est sur la vitesse et les feux rouges actuellement, mais, comme on a
déjà dit souvent... dans le cadre d'une autre discussion, le collègue donnait
un exemple de flèche verte et des intersections, et tout ça, avec l'évolution
de la technologie, sous réserve des futurs appareils qu'on acquerra, peut-être
qu'il y aura d'autres sortes de manquements qui pourront être observés par les
prochains appareils.
C'est pour ça que, via le règlement, on va
pouvoir éventuellement, au besoin, ajouter des nouveaux types de comportements,
des nouveaux manquements, que ce soient des nouveaux manquements par constat
d'infraction ou que ce soient des SAP. Alors, c'est déjà prévu comme ça. Donc
là, on part avec ce qu'on a en ce moment comme système, parce qu'on veut quand
même partir avec quelque chose, si on veut un jour enclencher les SAP, là. Ça
fait que, là, on a décliné ici, là, les excès de... quoi?
Une voix : ...
Mme Guilbault :...non, mais c'est ça, c'est pour ça que le règlement est
édicté à même le projet de loi, mais donc on a déjà prévu ça. Bien, ça, c'est
la base à partir de laquelle, ensuite, on va évoluer, notamment quand on aura
la future technologie, notamment quand on aura le choix de la solution aussi.
On en parlait pour la question de flouter les photos et on est en train de
travailler... comme sait mon collègue, l'article 12 est actuellement
suspendu, parce qu'on travaille deux éléments, dont celui de s'assurer, là...
Parce que je me... c'était 579.80, je pense, 579.80, la discussion qu'on avait
avec la députée de... Westmount?
M. Derraji : Mont-Royal... Mont-Royal—Outremont.
Mme Guilbault :Mont-Royal—Outremont. En tout cas... et
donc, c'est ça, pour s'assurer que le choix des libellés pourrait
éventuellement inclure des caméras, si un jour on voulait aller là.
M. Derraji : Oui. Merci pour
la clarification et, je vous le dis, merci d'éviter d'avoir un vide juridique
et d'avoir mis le règlement dans le projet de loi. Je pense que c'est une bonne
idée, mais là on ne peut pas faire abstraction qu'il y a un comportement
dangereux. La technologie a été testée, c'est... on n'est pas dans un processus
de crédits, on est dans un projet de loi. Je ne peux pas vous poser la question :
Qu'en est-il par rapport au projet pilote?
Le projet pilote existe depuis 2018, ça a
donné des résultats. Ça a été implanté dans deux endroits, je pense, Gatineau
et Châteauguay, et la technologie existe, et c'est documenté qu'il y a des
dépassements dangereux. Et la solution existe... la solution existe. Donc, je
comprends, et le problème que j'ai et qu'on a devant nous, c'est qu'on a le 12
et on a le 37. Si on règle la technologie au 12, l'article 12, moi, je
pense que c'est le moment d'envoyer un signal fort que les dépassements
d'autobus immobilisés scolaires est dangereux, et voilà la conséquence. Parce
que sinon les conséquences, elles sont là, les résultats sont là, les... la
technologie existe, ça a démontré des résultats, le projet pilote, mais on ne
le voit pas. Et je sais que vous voulez améliorer le Code de la sécurité
routière. C'est un bon pas, mais on ne peut pas aujourd'hui faire abstraction
que c'est un comportement dangereux qu'on ne touche pas dans ce projet de loi.
Mme Guilbault :Oui, bon, on ne fait abstraction de rien, M. le Président,
là. C'est la raison pour laquelle on passe plusieurs heures sur un projet de
loi qui porte sur la sécurité routière, qui découle d'un plan d'action sur la
sécurité routière, chaudement salué par le député de Taschereau tout à l'heure,
d'ailleurs. Donc, on est en pleine action pour améliorer le bilan de la
sécurité routière. Donc, M. le Président, quel que soit l'élément sur lequel
porte la conversation, je pense qu'on ne peut pas taire le fait qu'on est <volontairement...
Mme Guilbault :
...qu'on est >volontairement en train, en ce
moment, de se prêter à un exercice pour améliorer la sécurité routière. Donc,
partons de cela, volontairement, dans le sens que j'aurais pu ne pas faire le
plan, j'aurais pu ne pas faire le projet de loi, mais j'ai choisi de le faire.
Et l'avancée qui est importante... puis là on en parle au conditionnel puis
avec grande réserve, parce que je reviendrai à mes collègues, quand on aura
terminé le travail, sur les... d'éventuels amendements à l'article 12.
• (12 h 30) •
Mais j'ai bien entendu les représentations
qu'il a faites, celles de sa collègue aussi et... et c'est pour ça que le
concept du projet de loi n'est pas de prescrire de futurs choix d'appareils ou
de futures solutions technologiques, mais bien de se donner toute la latitude
nécessaire, comme gouvernement, par la suite, pour choisir les meilleurs moyens
et continuer d'améliorer le bilan de la sécurité routière et non pas, comme je
le dis, c'est ça, de prescrire puis d'être obligé de rouvrir les lois à tout
bout de champ si on veut faire quelque chose différemment, comme c'était le cas
avec les radars photo jusqu'à maintenant. Donc là, maintenant, et on procède
par règlements parallèles, on sait, pour un certain nombre de choses, pour
faciliter l'agilité ultérieure, donc on va... Et là on y reviendra, au... à
l'article 12, à un moment donné, mais on va s'assurer de se donner tous
les moyens, si un jour on voulait aller vers des caméras.
Et, sur les dépassements ou toute la
question des autobus scolaires, il a raison de dire que c'est... il y a un
péril, là, potentiel pour nos enfants dans les... les enfants qui traversent
les rues. C'est pour ça qu'il y a neuf points d'inaptitude qui est associé au
fait de ne pas respecter un panneau d'arrêt amovible et des amendes quand même
assez élevées aussi, mais les neuf points d'inaptitude, évidemment, ça se
répercute aussi financièrement. Donc, je voulais le rappeler pour le bénéfice
de tous.
Le Président (M. Jacques) : M.
le député.
M. Derraji : Oui, merci.
Merci pour les informations. Je... et je ne dis pas que ce n'est pas un bon pas
ou c'est un pas... je ne suis pas là. Je suis juste en train de soulever qu'au
sein même du ministère il y avait un projet pilote de caméras sur les autobus
scolaires. Ça existe, vous avez lancé... vous avez relancé... ça a été lancé en
2018, vous pouvez me rafraîchir la mémoire, et c'est un projet pilote
d'installation de caméras sur les autobus scolaires. Donc, s'il n'y avait pas
d'enjeux, on ne va pas donner suite à ces projets pilotes. Les projets pilotes
existent. Donc, on est en 2024. Le ministère a entre ses mains un projet pilote
depuis 2018.
Moi, je peux bien même vous citer le
communiqué de presse de votre collègue qui affirmait que c'est une bonne
technologie, votre ex-collègue ministre du Transport. Et là on est en train de
dire : Écoute, on a tellement... on a tellement documenté le projet...
C'est bon? On a tellement documenté le projet que ça a donné des résultats. Il
y a même un article récent, que des chauffeurs d'autobus disaient que c'était
un comportement très dangereux, dans la région de Gatineau. Et la solution
existe... la solution existe. C'est juste, je trouve ça dommage que le
non-respect de la réglementation lorsque les autobus sont mobilisés ne sera pas
dans ce projet de loi ni dans le règlement. Et c'est un phénomène qui prend de
plus en plus d'ampleur, je vous dis. Écoute, la revue de presse est toujours
pertinente, et ça date depuis 2018. Le dernier article date d'il y a quelques
mois, c'était publié sur... je pense, dans la région de l'Outaouais...
Une voix : ...
M. Derraji : Je pense, Le Droit,
ça a été publié... Oui, c'est Le Droit, le dernier article. Donc, je
comprends qu'il y a un lien avec l'article 2. Je pense qu'on va se
reparler de l'article 2, mais on ne peut pas aujourd'hui faire un
règlement, adopter un règlement qui ne va pas mettre l'emphase sur une
problématique documentée par le ministère. En fait, le projet pilote, il est
documenté par le ministère, ça existe, les résultats sont là, il existe. Ça a
démontré son efficacité, et la campagne existe, c'est... la campagne BusPatrouille.
Et, on le voit, il y a pas mal d'articles, Mme la ministre, il y a pas mal
d'articles qui démontrent l'efficacité de ce projet.
Malheureusement, je ne peux pas, moi,
aujourd'hui, voir qu'on parle d'un règlement qui est la base de votre code, qui
est la base de la modernisation des dispositions concernant le système de
détection.... mais c'est un système de détection. Donc, si on prend juste... si
on prend juste le chapitre I, si vous avez un moment, on parle de
dispositions du Code de la sécurité routière dont le <respect peut être
contrôlé...
>
12 h 30 (version révisée)
<17923
M. Derraji :
...si on prend juste le chapitre I, si vous avez un moment, on parle
de dispositions du Code de la sécurité routière dont le >respect peut
être contrôlé au moyen d'un système de détection, mais qu'est-ce qu'on fait? On
parle de limites de vitesse et on parle d'en matière d'arrêt à un feu rouge.
Est-ce qu'on peut juste dire «en matière de dépassement des autobus scolaires»,
en attendant que la technologie soit là? Mais ne pas énumérer dans la liste des
moyens du système de détection qu'on va dorénavant voir le dépassement des
autobus, qui est une problématique réelle, documentée par le ministère, je
pense que c'est un oubli.
Mme Guilbault :Oui, bien, je l'ai dit tout à l'heure, là, on ne peut pas
prévoir, en ce moment, dans le règlement, de toute façon, un comportement qui n'est
même pas détectable par les systèmes qu'on a. Tu sais, ce serait anachronique,
mais, de toute façon, la... même si on pouvait, je veux dire, la réponse va
être la même. Si, un jour, on veut ajouter un type de comportement à
surveiller, on va pouvoir le mettre dans le règlement, le changer par
règlement. Donc, ce ne sera pas compliqué, ça pourra facilement se faire, le
cas échéant.
M. Derraji : Oui, mais,
Mme la ministre, je ne suis pas d'accord quand vous dites que ce n'est pas
détectable maintenant. Il est détectable maintenant. Vous avez deux projets
pilotes, puis, si vous voulez que je vous lise le communiqué de presse de votre
ex-collègue, je peux vous le lire. Le projet pilote a démarré en 2018. Par la
suite, il y avait un autre... le même projet pilote et avec des résultats et
des données fiables. Donc, on ne peut pas dire que ce n'est pas détectable.
Donc, quand je vois, moi, le chapitre I, premier article, 1° et 2°, en matière
de respect de l'arrêt à un feu rouge, je pense que c'est là où il y a
manquement, un manquement de ne pas détecter les dépassements des autobus
scolaires.
Le Président (M. Jacques) : Mme
la ministre.
Mme Guilbault :Oui, bien, j'ai déjà répondu. C'est sûr que, là, on... à toute
la même question, je vais avoir la même réponse, là. On se donne les moyens,
dans le projet de loi, de pouvoir éventuellement utiliser la technologie qu'on
souhaite pour surveiller les types de comportements qui s'y rattachent avec les
nouvelles technologies, et donc, par corollaire, c'est sûr que, si on
choisissait une autre technologie qui surveille de nouveaux comportements qui
ne sont pas actuellement surveillés, il faudrait effectivement modifier le
règlement puis prévoir une sanction administrative pécuniaire rattachée à
une... à ce manquement-là.
M. Derraji : OK. J'ai
une seule question. Est-ce que le dépassement des autobus... Aujourd'hui, selon
vous, la technologie n'existe pas pour détecter le dépassement d'un autobus
scolaire. Est-ce que vous ne pensez pas que la technologie n'existe pas?
Mme Guilbault :Bien, il existe effectivement des caméras. Le collègue en
parle depuis tout à l'heure, il y a eu des projets pilotes, mais, en ce moment,
dans le parc des actifs de surveillance routière qu'on utilise, dans les
systèmes de détection qu'on utilise, les caméras n'en font pas partie. En ce
moment, on a les photoradars, là, tels qu'on les... les cinémomètres
photographiques et les systèmes de détection de contrôle de feux rouges, là,
enfin, les deux termes qu'on abolit et qu'on abroge depuis tout à l'heure. Donc,
c'est ça, mais, si, un jour, on en avait des nouveaux, ils pourront être
ajoutés, et le manquement relié pourra l'être aussi dans le règlement.
M. Derraji : J'essaie de
suivre la logique. Je comprends votre point, mais on ne l'a pas, puis c'est
parce qu'on n'a pas encore parlé de ça à l'article 12. Si on a réglé la
question des caméras à l'article 12, je pense que le chapitre I du 37...
du 37, on peut déjà parler... parce que la solution existe. Je ne parle pas des
manquements donnant lieu à l'imposition d'une sanction. Probablement, ça mérite
réflexion, mais, dans le chapitre I, on ne peut pas, aujourd'hui, ne pas parler...
parce que c'est déjà du succès.
Et, vous savez, c'est une entreprise
québécoise, on parle de BusPatrol, qui a vendu 30 000 caméras pour
les autobus, mais pas au Québec. Sur le site de la compagnie, on peut lire qu'en
Amérique du Nord on recense, chaque année, plus de 17 millions de
dépassements illégaux d'autobus scolaires. La technologie existe. Le
dépassement illégal d'autobus scolaires est un fléau, ça existe, ça a été
démontré par deux projets pilotes au niveau de votre ministère. Moi, je pense
que ça mérite déjà l'ajout parce que la solution existe. C'est comme aux feux <rouges,
c'est comme le respect des limites de vitesse...
M. Derraji :
...comme
aux feux >rouges, c'est comme le respect des limites de vitesse. Donc,
on ne peut pas dire, aujourd'hui, qu'on n'a pas la technologie, qu'on n'a pas
la solution. Ce n'est pas juste uniquement qu'on n'a pas la solution. Vous
l'avez même essayée. Le ministère l'a essayée par deux projets pilotes.
Une voix : ...
Le Président (M. Jacques) : M.
le député de Nelligan.
M. Derraji : Vous savez, M.
le Président, je vais déposer un amendement. Je vous demande une suspension,
s'il vous plaît.
Le Président (M. Jacques) : Nous
allons suspendre quelques instants.
(Suspension de la séance à 12 h 39)
(Reprise à 12 h 57)
Le Président (M. Jacques) : Nous
reprenons nos travaux et, compte tenu de l'heure, nous suspendons jusqu'à
15 heures.
(Suspension de la séance à 12 h 58)
15 h (version révisée)
(Reprise à 15 h 08)
Le Président (M. Jacques) : La
Commission des transports et de l'environnement reprend ses travaux.
Nous poursuivons l'étude détaillée du projet
de loi n° 48, Loi modifiant principalement le Code de la sécurité routière
afin d'introduire des dispositions relatives aux systèmes de détection et
d'autres dispositions en matière de sécurité routière.
Lors de la suspension de nos travaux, cet
avant-midi, nous en étions au dépôt d'un amendement de M. le député de Nelligan
à l'article 37.
Donc, avant de céder la parole à qui que
ce soit, nous allons suspendre nos travaux.
(Suspension de la séance à 15 h 09)
(Reprise à 15 h 19)
Le Président (M. Jacques) : Nous
reprenons nos travaux et, lors de la suspension, nous en étions à la lecture et
le dépôt d'un amendement du député de Nelligan à l'article 37.
M. Derraji : Oui. Merci, M.
le Président. Donc, je vais le lire, lire l'amendement. Donc, article 37,
article 1 du Règlement d'application de diverses dispositions concernant
les systèmes de détection : Ajouter, après le paragraphe 2° de l'article 1
du Règlement <d'application...
M. Derraji :
...Règlement
>d'application de diverses dispositions concernant les systèmes de
détection, édicté par l'article 37 du projet de loi, le paragraphe
suivant :
«3° en matière de respect de l'interdiction
de croiser ou dépasser un autobus scolaire immobilisé : l'article 460
de ce code.»
L'article se lirait comme suit,
l'article 37 :
«Le Règlement d'application de diverses
dispositions concernant les systèmes de détection, dont le texte figure
ci-après, est édicté.
«Règlement d'application de diverses
dispositions concernant les systèmes de détection.
«Chapitre I.
«Dispositions du Code de la sécurité
routière dont le respect peut être contrôlé au moyen d'un système de détection.
«1. Peut être contrôlé au moyen d'un
système de détection le respect des dispositions suivantes :
«1° en matière de
respect des limites de vitesse : le deuxième alinéa de l'article 299,
les articles 303.2 et 328, le troisième alinéa de l'article 329 et
les articles 496.4 et 496.7 du Code de la sécurité routière
(chapitre C-24.2);
«2° en matière de respect de l'arrêt
à un feu rouge : l'article 359 de ce code;
«3° en matière de respect de l'interdiction
de croiser ou de dépasser un autobus scolaire immobilisé : l'article 460
de ce code.»
Merci, M. le Président.
• (15 h 20) •
Le Président (M. Jacques) : Merci,
M. le député.
M. Derraji : Vous voulez que
je continue, j'explique, hein?
Le Président (M. Jacques) : Oui.
M. Derraji : OK. Bon, en
fait, la raison de cet amendement, et j'ai bien hâte, j'ai vraiment bien hâte à
échanger avec Mme la ministre, c'est qu'il y a plusieurs articles publiés dans La
Presse qui parlent de transport scolaire, infractions à répétition. Un des
derniers, c'est un long reportage fait et réalisé par les journalistes de La
Presse, notamment MM. Tommy Chouinard et Mario Girard, où ils disent... où
ils disaient : «Le comportement délinquant d'automobilistes à l'égard du Code
de la sécurité routière régissant le transport scolaire est devenu le lot
quotidien des chauffeurs d'autobus, déplorent de nombreux intervenants du
milieu consultés par La Presse.
«Tous les jours, des conducteurs pressés,
insouciants ou mal renseignés mettent des enfants en danger. La Presse a
accompagné un chauffeur d'autobus scolaire lors de son parcours matinal.
Résultat, nous avons été témoins d'une demi-douzaine d'infractions graves au Code
de la sécurité routière.»
Et d'ailleurs, M. le Président, c'est pour
cela que nous sommes réunis aujourd'hui, c'est pour revoir le Code de la
sécurité routière.
Le point... «La pointe de l'iceberg,
insistent des chauffeurs et des propriétaires d'autobus. 13 minutes, c'est
tout le temps que cela a pris à une équipe de La Presse pour être témoin
d'une infraction au Code de la sécurité routière reliée au transport écolier.» 13
minutes.
«À bord d'un véhicule de la société Robert
Paquette Autobus, un transporteur qui assure quotidiennement plus de
90 circuits dans les régions de Laval et des Basses-Laurentides, nous
avons cueilli un premier élève à 6 h 54. Quelques arrêts plus loin
[...] sur le boulevard Notre-Dame, dans le quartier Sainte-Dorothée, alors que
l'autobus était arrêté pour faire monter des élèves — feux rouges
intermittents allumés et signal d'arrêt déployé — une voiture est venue se
placer à la hauteur de l'autobus dans la voie de gauche avant de repartir.»
Et, quand vous voyez, M. le Président, ce
qu'on a dit dans le troisième, donc l'ajout dans notre amendement, «en matière
de respect de l'interdiction de croiser ou dépasser un autobus scolaire
immobilisé», c'est la même chose qui a été relevée par ce reportage. Pourtant,
la règle est claire, les automobilistes doivent immobiliser leur véhicule à au
moins cinq mètres derrière un autobus ou un minibus scolaire dont les feux
intermittents ou le signal d'arrêt sont en usage... que ce n'est pas le cas.
Quelques minutes plus tard, on parle
du même reportage, «deuxième infraction avait lieu sous nos yeux. Alors
que l'autobus était en arrêt obligatoire, un véhicule venant en sens inverse ne
s'est pas arrêté alors qu'il aurait dû. Plus tard, durant le même circuit, l'autobus
s'est arrêté pour laisser monter des enfants. Pendant ce temps, deux véhicules
sont passés à gauche de l'autobus après avoir fait un très court arrêt.
«Au cours de notre parcours — là,
je parle du parcours de La Presse — qui a duré 2 h 30 min,
La Presse a été témoin d'une <demi-douzaine...
M. Derraji :
...témoin
d'une >demi-douzaine d'infractions.» Demi-douzaines d'infractions en
même pas 2 h 30 min, M. le Président.
Maintenant, qu'est-ce qu'ils pensent, les
chauffeurs d'autobus? «Tous les jours, nos chauffeurs sont témoins d'infractions.
Ils doivent toujours avoir une main sur le klaxon pour prévenir les
automobilistes, mais aussi les enfants.» Et : «C'est comme cela tous les
jours.» Ça, ça a été par... une déclaration d'un chauffeur de l'autobus à bord
duquel l'équipe était en tournée. «Il y a des jours où c'est pire — je
continue la déclaration. J'ai déjà vu à une intersection sept voitures
passer à côté de l'autobus alors que mes feux étaient rouges. Le public pense
que les gens respectent le code à la lettre, c'est loin d'être le cas».
M. le Président, où nous sommes
maintenant? Nous sommes en train de réviser le Code de la sécurité routière, un
code qui veut être avant-gardiste et que... s'attaquer à des enjeux de
sécurité. C'est un enjeu sérieux, malheureusement je n'ai pas vu nulle part,
nulle part, qu'on va attaquer cette réalité.
«En effet, des élèves descendent de
l'autobus avec des écouteurs rivés aux oreilles. Devant l'autobus, ils ne
voient pas et n'entendent pas les autres véhicules arriver par la gauche. Parfois,
je dois klaxonner pour les prévenir[...] «Ce dernier assure tous les jours
trois parcours, matin et après-midi. Deux servent à transporter les élèves
d'écoles secondaires et un troisième dessert des enfants d'une école primaire.
Les trois établissements sont situés dans la région lavalloise. Nous
sommes équipés de plusieurs miroirs...» Si on veut me parler de la sécurité :
«"Nous sommes équipés de plusieurs miroirs, mais malgré tout, il y a des
angles morts, ajoute Daniel Qualman. Quand on est chauffeur d'autobus scolaire,
il faut avoir des yeux dans le tour de la tête".» Je ne parle même pas des
crachats des automobilistes.
Le phénomène, il est généralisé.
D'ailleurs, la Fédération des transporteurs par autobus, 580 membres font
des transports scolaires, ils disaient : «...on connaît très bien le
phénomène des conducteurs délinquants. Ça nous est rapporté tous les jours par
nos membres.» Il a d'ailleurs du mal à expliquer les raisons de ce
comportement. «Je crois qu'il y a beaucoup d'inattention [et] je ne peux pas
croire que des gens fassent cela délibérément.»
M. le Président : «Les autobus
scolaires circulent alors que les gens se rendent au travail ou en reviennent.
Certains sont pressés ou ont les nerfs à vif. Autobus scolaire ou pas, ils
veulent faire vite. "Avant que l'autobus affiche ses feux rouges
intermittents, il y a les feux jaunes qui avertissent les autres véhicules
qu'un arrêt s'en vient[...] Beaucoup de conducteurs accélèrent et s'empressent
alors de dépasser les autobus".»
On parle beaucoup de zones névralgiques,
M. le Président. «Au Québec, près de 520 000 enfants ont recours tous
les jours au transport scolaire pour se rendre à l'école ou pour rentrer à la
maison. Cela représente près de 10 000 véhicules scolaires qui
parcourent environ 1 million de kilomètres par jour.
«De 2013 à 2017, trois élèves de 5 à
17 ans, un blessé grave et deux blessés légers, ont été victimes
d'un accident alors qu'ils montaient dans un autobus scolaire ou descendaient
d'un autobus dont le panneau d'arrêt escamotable était déployé.
«Les milliers de chauffeurs qui prennent
la route tous les jours en compagnie d'élèves connaissent bien les zones et les
intersections dangereuses.» D'ailleurs : «J'en parle avec les jeunes — je
cite Daniel Qualman. Je leur indique les coins qui sont à risque.»
Alors, M. le Président, je continue. Il
parlait même que la SPVM les a contactés pour connaître les zones
problématiques à Montréal. «Des policiers sont montés à bord de certains
autobus. Après avoir identifié les fautifs, [ils communiqueront...] ils
communiquaient l'information à d'autres policiers. Les conducteurs fautifs se
sont alors vus remettre une contravention» de la SPVM.
Donc, M. le Président, je pense qu'il y a
un vide au niveau de la loi, au niveau du Code de la sécurité routière, mais je
n'ai pas terminé. L'ancien ministre du Transport, le collègue de... le collègue
de Mme la ministre, actuelle ministre du Transport, qu'est-ce qu'il a dit par
rapport à la loi? Transport scolaire : la «désobéissance majeure» à la
loi renverse le collègue de Mme la ministre. Là, je vais vous citer la
déclaration de l'ancien ministre du Transport, et il <disait...
M. Derraji :
...et
il >disait qu'il est «immensément préoccupant et inquiétant qu'un grand
nombre d'automobilistes ne s'arrêtent pas devant le signal d'arrêt d'un autobus
scolaire.» Le collègue de Mme la ministre, il a dit... Il «ouvre la porte à
sanctionner plus sévèrement cette infraction, qui est déjà parmi les plus
lourdes punies.» Donc, il réagissait justement au reportage de La Presse
dans un article de Tommy Chouinard, où il disait : «Il y a un civisme
manquant, il y a une désobéissance que je ne comprends pas.» C'est inconcevable
pour lui de voir qu'il y a une désobéissance majeure d'une grande portion des
automobilistes qui veulent sauver une ou deux minutes : «C'est
inacceptable. Il faut se poser des questions. On va y travailler parce que,
pour moi, c'est immensément préoccupant et inquiétant.» Ça, c'est long. C'est
la déclaration de l'ancien ministre du Transport.
Donc, ce que je voulais ramener
aujourd'hui, et j'ai bien hâte à entendre Mme la ministre, c'est que... Est-ce
qu'elle est toujours d'accord avec la déclaration de son collègue par rapport à
ce problème? Et, si c'est oui, est-ce qu'elle est d'accord avec notre
amendement? Merci, M. le Président.
• (15 h 30) •
Le Président (M. Jacques) : Merci,
M. le député de Nelligan. Mme la ministre, est-ce que vous désirez intervenir?
Mme Guilbault :Oui. Bien, en fait, je vais refaire la même intervention
que j'ai faite ce matin, puis que j'ai faite à chaque fois sur le même sujet,
parce qu'il s'agit du même sujet. Donc, actuellement, l'article 37 est
rédigé de manière à édicter un règlement basé sur ce que sont actuellement
capables de faire les systèmes de détection qu'on a, c'est-à-dire la vitesse,
les feux rouges, et tout autre... puis prévoie les nouveaux manquements, là,
donc, au chapitre II, les nouveaux manquements qui... c'est-à-dire les
manquements qui vont donner lieu au nouveau régime, qui vont générer les
nouveaux... les nouvelles SAP, bref. Mais toute autre technologie qui pourrait
être utilisée, qui pourrait nous amener à contrôler tout autre comportement et
éventuellement, par corollaire, toute autre sanction qui va y être associée...
seront à déterminer dans le futur et non pas ici aujourd'hui, parce
qu'actuellement les systèmes qui existent sur notre réseau, c'est le cinémomètre
photographique et le système de contrôle aux feux rouges, là, en tout cas.
Alors, c'est ça, mais c'est la raison pour
laquelle on veut se donner toute cette latitude, c'est pour pouvoir faire à
l'avenir... pour pouvoir être libres à l'avenir de recourir à des technologies
nouvelles et de pouvoir introduire de nouveaux comportements qui pourraient
être sanctionnés par des SAP, par des règlements, et non pas d'attendre le
prochain projet de loi qui va modifier le Code de la sécurité routière.
Donc, je veux rassurer mon collègue, si,
un jour, on voulait faire ce dont il parle, ou quoi que ce soit d'autre en
matière d'utilisation de technologies de surveillance routière et de... de
nouveaux comportements qui seraient surveillés par lesdites nouvelles technologies,
on va pouvoir le faire de manière efficace, par règlement, grâce au projet de
loi qu'on étudie actuellement.
Le Président (M. Jacques) : Merci.
M. le député de Nelligan.
M. Derraji : Bien, écoutez,
M. le Président, je ne partage du tout, pas du tout, mais pas du tout les
arguments de Mme la ministre, en tout respect. Premièrement, projet pilote, je
l'ai mentionné, ça existe au sein même de son ministère, où elle-même, elle est
responsable. 2018, et je vais lire encore une fois la citation de son collègue...
son collègue, il est avec elle encore une fois au Conseil des ministres : «S'il
faut changer encore une fois le Code de la sécurité routière et être
doublement, triplement plus sévère dans le futur, il va peut-être falloir le
faire.» Ça, c'est le ministre, l'ancien ministre du Transport, sa déclaration à
M. Tommy Chouinard, le 4 décembre 2019. Le problème, il est connu, M. le
Président. Le projet pilote, je l'ai mentionné tout à l'heure, ça existait...
il existait. J'en suis sûr et certain que, si on nous laisse l'opportunité de
poser la question... il y a un projet pilote. Ça a commencé en 2018. Il y
avait le projet pilote, il a été reconduit, ça a donné des résultats.
Et on ne peut pas, aujourd'hui, dire qu'on
va mettre un code de sécurité routière sans améliorer la sécurité des écoliers
qui vont à l'école en autobus. C'est ce qui a été soulevé par <Tommy
Chouinard...
>
15 h 30 (version révisée)
<17923
M.
Derraji :
...c'est ce qui a été soulevé par >Tommy
Chouinard. Donc, il parlait de quoi? Ce qu'il fallait et il faut améliorer
la sécurité des écoliers qui vont à l'école en autobus. On parlait de beaucoup
de choses, mais, encore une fois, dire aujourd'hui que la technologie n'existe
pas... je ne pense pas, M. le Président. La technologie existe. Ce qu'il faut,
c'est que... une réelle volonté du législateur d'agir sur le Code de la
sécurité routière et de ne pas limiter uniquement le respect des limites de
vitesse, comme le faisait Mme la ministre, uniquement aux feux rouges. Nous,
on pense, avec l'ajout qu'on vient de faire, qu'en matière de respect de l'interdiction...
de croiser ou dépasser un autobus scolaire immobilisé est un enjeu majeur. Il y
a des enjeux, il y a des enjeux réels, et, je vous le dis, M. le Président,
même le collègue de Mme la ministre, en 2019, le mentionnait.
Et, si Mme la ministre veut de la
technologie, aucun problème, on peut lui fournir des noms. On ne va pas faire
la promotion d'une compagnie, aujourd'hui, en particulier, mais la technologie
existe, et la technologie a été utilisée par le ministère lui-même. Le
ministère du Transport a utilisé cette technologie et il avait un projet pilote
qui a donné des résultats. Et, M. le Président, les... vous avez juste à mettre
«caméra intelligente sur autobus» et vous allez trouver pas mal d'articles. Il
y a pas mal d'articles, M. le Président, des caméras intelligentes installées
sur des autobus.
Donc, la technologie existe, installée
partout. Je vois que, même en Ontario, c'est le cas. D'ailleurs, un conducteur
a été reconnu coupable d'homicide involontaire et de négligence criminelle
ayant causé la mort. Il y a essentiellement une caméra à vue à 360 degrés
autour de l'autobus et une caméra sur le bras d'arrêt qui prend plusieurs
photos et vidéos.
Donc, qu'on vient aujourd'hui nous parler
de réformer un code de sécurité routière, qu'on veut être avant-gardiste... et Mme
la ministre insiste que c'est une pièce importante et qu'elle aimerait donner
suite à son plan d'action, mais je pense que c'est une occasion ratée,
malheureusement, si on n'essaie pas d'aller de l'avant. Et malheureusement, il
y a un rapport... caméra sur les autobus, il y a un rapport, M. le Président.
Et comment on peut expliquer aujourd'hui que ces caméras... qui sont plus
répandues aux États-Unis, dans d'autres provinces canadiennes, notamment l'Ontario
et le Nouveau-Brunswick, qui permettent d'identifier les véhicules qui
effectuent un dépassement illégal d'un autobus jaune immobilisé avec feux
clignotants en marche et panneau d'arrêt activé, ça a donné des résultats. Mme
la ministre parle beaucoup de plusieurs recommandations, mais malheureusement,
ces recommandations ne touchent aucune, mais aucune... aucune des
recommandations ne touche cet enjeu. Donc, on ne peut pas dire que cet enjeu n'existe
pas, il est documenté. Et, en plus de ça, on n'a pas besoin d'une autre étude,
il est documenté par le ministère lui-même.
Et je tiens à rappeler, M. le Président,
un élément important. Je parlais, tout à l'heure, du rapport publié par LaPresse
en 2019. Juste cette année, un autre reportage publié par Le Droit, la
conductrice d'un autobus à Gatineau indiquait que, sur certains circuits, ce
genre d'infraction peut survenir cinq à six fois par semaine. Et, encore une
fois, on parlait d'un projet pilote qui a été déposé par mon collègue député de
Pontiac.
Moi, je veux juste savoir pourquoi on a
tabletté ce rapport, M. le Président. La technologie existe au Québec, ça a été
développé par une entreprise québécoise. Si Mme la ministre veut prendre le
temps avant de lancer un appel d'offre, pas de problème, mais le projet pilote,
M. le Président, et je vais terminer sur ce point... le rapport a permis de
répertorier près de 1 800 dépassements illégaux. Donc, ça... on parle
parfois de changer ou d'amender le projet de loi. Je vais <parler...
M. Derraji :
...d'amender
le projet de loi. Je vais >parler du projet pilote du ministère. Ça a
permis de répertorier 1 800 dépassements illégaux du bras d'arrêt pour les
13 autobus équipés de caméra. C'est 3,8 infractions par autobus par jour. Le
projet pilote au Québec avait été décrit comme le plus préoccupant. À Gatineau,
en six semaines, 114 infractions avaient été comptabilisées aux abords
d'un seul véhicule, le sixième pire... la sixième pire fréquence d'infractions.
Donc, M. le Président, les évidences
scientifiques sont là. Je demande à Mme la ministre... encore une fois, si
l'amendement ne répond pas aux attentes de la ministre, il peut le changer, il
peut le modifier pour que ça puisse fitter dans le projet de loi. Moi, je n'ai
pas de problème. La balle est dans son camp.
Le projet pilote, il est à l'intérieur du
ministère. Ça a donné des résultats. Donc, moi, je suis prêt à voir avec elle
quel est l'amendement qui l'arrange, mais on ne peut pas, aujourd'hui, ne pas
parler de cette problématique de dépassements d'autobus scolaire. D'ailleurs,
toutes les évidences sont là.
• (15 h 40) •
Le Président (M. Jacques) : Vous
avez terminé, M. le député de Nelligan? Mme la ministre, est-ce que vous
désirez intervenir?
Mme Guilbault :Non, parce que j'ai répondu tout à l'heure et précédemment
aussi.
Le Président (M. Jacques) : Parfait.
Merci. M. le député. Il reste deux minutes.
M. Derraji : Bon, je
comprends. Je comprends, M. le Président, que Mme la ministre refuse de
donner suite à l'amendement, refuse de donner suite au projet pilote fait par
le ministère, son propre ministère. Alors, moi, si elle me dit que le projet
pilote n'a pas été réalisé par le ministère et que son collègue n'a pas fait
les déclarations que je viens de dire, donc, ce que j'entends, que ce n'est pas
la priorité de ce projet de loi de prendre le temps de voir, d'agir contre les
automobilistes qui dépassent les autobus scolaires. Donc, il n'y a pas de
problème. Les voitures qui dépassent les autobus scolaires immobilisés, il n'y
a pas d'enjeu aujourd'hui. C'est ce que je dois comprendre, M. le Président.
Donc, Mme la ministre va voter contre
l'amendement parce que ce n'est pas un enjeu... parce que la technologie
existe. C'est ce que je comprends.
Le Président (M. Jacques) : Merci.
M. Derraji : Combien il reste?
Le Président (M. Jacques) : Il
reste moins de 10 secondes... moins d'une minute.
M. Derraji : Moins d'une
minute? Bien, je vais reposer ma question, M. le Président. J'espère que
Mme la ministre est préoccupée par ce que je viens de dire. C'est un projet de...
pilote que son propre ministère a réalisé. J'ai cité Tommy Chouinard, j'ai cité
aussi Le Soleil avec un excellent reportage de Daniel Leblanc, Le
Droit, il y a un rapport qui a été tabletté, et malheureusement,
aujourd'hui, on veut parler du Code de la sécurité routière et on n'en parle
même pas. Ça veut dire qu'on fait abstraction au dépassement des autobus
scolaires immobilisés. On ne veut pas régler ça. La technologie existe
pourtant, mais on veut se limiter aux feux rouges et au respect de la limite de
vitesse. C'est ce que je comprends. J'ai terminé, M. le Président. Je ne pense
pas que Mme la ministre...
Le Président (M. Jacques) : Mme
la ministre.
Mme Guilbault :...commentaire. Bien, simplement pour clore le sujet, parce
qu'il y a peut-être certaines intentions inexactes qui nous ont été prêtées,
là, on n'a jamais dit que ce n'est pas dangereux, les dépassements inadéquats
des autobus. C'est la raison pour laquelle il y a neuf points d'inaptitude
associés au fait de ne pas respecter un arrêt amovible et qu'il y a des
sanctions associées à ça, là. Parce que, là, on parle des systèmes de
détection, donc, qui prennent des photos puis des sanctions qui découlent de ça,
mais il y a, plus généralement, toutes sortes d'interdictions sur la route,
surveillée par les policiers, qui donnent lieu à des amendes puis à des points
d'inaptitude, là. Il ne faut quand même pas oublier ça non plus.
Et que ce soit mon prédécesseur ou l'air
du temps de toutes ces préoccupations-là en sécurité routière, on a fait le
choix, comme gouvernement, de déposer un plan d'action et de passer plusieurs,
plusieurs heures en commission parlementaire pour défendre un projet de loi sur
la sécurité routière. Tout ça, on aurait pu ne pas le faire, et on le fait,
justement, pour se donner les moyens les plus larges et vastes possible pour <pouvoir...
Mme Guilbault :
...pas le faire, et on le fait, justement, pour se
donner les moyens les plus larges et vastes possible pour >pouvoir
innover puis évoluer à la fois dans le choix des technologies de surveillance
des comportements routiers puis à la fois dans un certain nombre d'autres
choses qu'on va voir par la suite, dans le prochain chapitre, pour pouvoir
améliorer le bilan de la sécurité routière au Québec.
Le Président (M. Jacques) : M.
le député.
M. Derraji : Je vais juste
revenir aux propos du collègue et de Mme la ministre. Il disait : la
désobéissance majeure à la loi le renverse. La loi existe. C'est vrai, vous
avez déposé un plan d'action, et c'est vrai que nous sommes en train d'étudier
le 48, mais donnons-nous tous les moyens. On veut que ce soit le meilleur
projet de loi possible. On ne peut pas... On ne peut pas faire abstraction à
cette réalité.
Le Président (M. Jacques) : Merci,
M. le député. Est-ce qu'il y a d'autres interventions concernant l'amendement à
l'article 38... 37?
S'il n'y a pas d'autre intervention,
est-ce que l'amendement est adopté?
M. Derraji : ...
Le Président (M. Jacques) : Par
appel nominal. Mme la secrétaire.
La Secrétaire : Pour, contre,
abstention. M. Derraji (Nelligan)?
M. Derraji : Pour.
La Secrétaire : Mme Guilbault
(Louis-Hébert)?
Mme Guilbault :Contre.
La Secrétaire : Mme Grondin
(Argenteuil)?
Mme Grondin : Contre.
La Secrétaire : M. Lemay
(Masson)?
M. Lemay : Contre.
La Secrétaire : Mme Blouin
(Bonaventure)?
Mme Blouin : Contre.
La Secrétaire : Mme Bogemans
(Iberville)?
Mme Bogemans : Contre.
Le Président (M. Jacques) : M. St-Louis
(Joliette)?
M. St-Louis : Contre.
Le Secrétaire : Et M. Jacques
(Mégantic)?
Le Président (M. Jacques) : Abstention.
Nous revenons donc à l'article 37. Est-ce qu'il y a des interventions
concernant l'article 37?
Donc, s'il n'y a pas d'autre intervention,
est-ce que l'article 37 est adopté?
Des voix : Adopté.
Le Président (M. Jacques) : Adopté.
Article...
Des voix : ...
Le Président (M. Jacques) : Pardon?
Avec... sur division. Sur division.
Donc, l'article 38... 37.1. Il y a un
amendement introduisant l'article 37.1, exactement, iui.
Mme Guilbault :Donc, amendement... Article 37.1 : Insérer, avant
l'article 38 du projet de loi, le suivant :
37.1.L'article 3.1 du Code de la
sécurité routière est modifié par le remplacement, dans le deuxième alinéa, de
«et les cyclistes» par «, les cyclistes et les personnes qui, dans l'exercice
de leurs fonctions, effectuent un travail à pied sur un chemin public».
En commentaire : Cet amendement
propose de modifier l'article 3.1 du Code de la sécurité routière afin de
préciser le principe de prudence énoncé à cet article. L'amendement vise à
ajouter les travailleurs routiers au nombre des usagers vulnérables énumérés à
cet article, à l'instar des personnes à mobilité réduite, des piétons et des
cyclistes.
L'énoncé se veut large afin d'inclure
notamment les signaleurs routiers, les travailleurs de chantier et ceux en
matière de services publics, les brigadiers scolaires et les surveillants du
réseau routier.
Le Président (M. Jacques) : ...est-ce
qu'il y a des interventions sur l'article introduisant l'article 37.1?
Donc, est-ce que l'amendement introduisant
l'article 37.1 est adopté?
Des voix : Adopté.
Le Président (M. Jacques) : Adopté.
Mme la ministre, l'article 38.
Mme Guilbault :Merci. Bon, alors, je vais lire la nouvelle section.
«Chapitre II.
«Autres dispositions en matière de
sécurité routière. »
Article 38, Code de la sécurité routière. 38.
L'article 62 du Code de la sécurité routière est abrogé.
En commentaire : L'article 38 du
projet de loi abroge l'article 62 du Code de la sécurité routière par
concordance, puisque le principe de reconnaissance des écoles de conduite est
repris dans une disposition plus générale, prévue à l'article 41 de ce
projet de loi, qui concerne la reconnaissance des organismes habilités à
dispenser la formation requise pour l'obtention d'un permis de conduire, sans
égard à la classe de permis demandée.
Le Président (M. Jacques) : Merci,
Mme la ministre. Est-ce qu'il y a des interventions sur l'article 38?
Donc, s'il n'y a pas... M. le député de Nelligan.
M. Derraji : Juste une
seconde, s'il vous plaît.
Des voix : ...
M. Derraji : ...merci.
Le Président (M. Jacques) : Merci.
Donc, s'il n'y a pas d'intervention, est-ce que l'article 38 est adopté?
Des voix : Adopté.
Le Président (M. Jacques) : Adopté.
Article 39, Mme la ministre.
Mme Guilbault :Merci. Article 39 : L'article 65 de ce code est
modifié par le remplacement, dans le texte anglais, de «particulars» par
«endorsements».
En commentaire : L'article 39 du
projet de loi <modifie...
Mme Guilbault :
En commentaire : L'article 39 du projet de
loi >modifie la version anglaise de l'article 65 du Code de la
sécurité routière afin d'ajuster la terminologie employée pour désigner, en
anglais, la mention.
Le Président (M. Jacques) : Merci.
Est-ce qu'il y a des interventions sur l'article 39? S'il n'y a pas
d'intervention, est-ce que l'article 39 est adopté?
Des voix : Adopté.
Le Président (M. Jacques) : Adopté.
Article 40, Mme la ministre.
Mme Guilbault :Oui, article 40 : L'article 66.1 de ce code est
remplacé par le suivant :
«66.1. Le candidat à l'obtention d'un
permis de conduire doit, dans les cas et aux conditions prévus par règlement,
avoir suivi avec succès le programme de formation pour la conduite d'un
véhicule routier de la société ou toute autre formation déterminée par règlement
pour l'obtention de la classe de permis demandée ou pour l'inscription d'une
mention à son permis.
«Le gouvernement peut, par règlement,
fixer les montants maximal et minimal exigibles pour suivre la formation à la
conduite d'un véhicule de promenade.»
• (15 h 50) •
En commentaire: L'article 40 du
projet de loi remplace l'article 66.1 du Code de la sécurité routière afin
d'introduire le principe voulant qu'une formation obligatoire puisse être
exigée de tout candidat à l'obtention d'un permis de conduire, sans égard à la
classe de permis demandée.
Il précise également que cette formation
est déterminée par règlement, qu'elle est celle prévue par la SAAQ ou, dans
certains cas, qu'il puisse s'agir d'une autre formation.
Il apporte aussi un ajustement
terminologique pour tenir compte du fait que la notion de cours de conduite est
remplacée par la notion de formation à la conduite.
Enfin, cet article reconduit le pouvoir
réglementaire visant à encadrer le coût de la formation pour la conduite d'un
véhicule de promenade.
Le Président (M. Jacques) : Merci,
Mme la ministre. Est-ce qu'il y a des interventions sur l'article 40? M.
le député de Nelligan.
M. Derraji : Je veux juste
sensibiliser Mme la ministre à un enjeu qui a été soulevé lors de la commission
parlementaire. J'aimerais bien juste savoir où elle se situe par rapport à ça.
L'Association des écoles de conduite du Québec, ils nous ont suggéré d'enlever
de l'article «le gouvernement peut, par règlement, fixer les montants maximal
et minimal exigibles pour suivre la formation à la conduite d'un véhicule de
promenade» et ils disaient... justement, ils parlaient des cours de conduite,
que l'indexation gouvernementale des tarifs au cours des dernières années,
c'est un enjeu majeur pour les acteurs. C'est pas mal... C'est des PME. Et ils
étaient accompagnés par les gens de la FCEI. Donc, je ne sais pas où la
ministre se situe.
Le Président (M. Jacques) : Mme
la ministre.
Mme Guilbault :Oui. Alors, je peux répondre. Bien, on prend note.
Effectivement, ils sont venus nous rencontrer. C'était très intéressant, mais
l'objectif, c'est d'assurer l'accessibilité, donc d'assurer une espèce de prix...
de plafond, si on veut, pour les prix pour que les jeunes puissent avoir accès
aux formations en question. Parce que, si on nous... si, dans le fond, on ne le
déterminait pas par règlement, ce serait, en quelque sorte, le libre marché, et
là on n'aurait pas d'emprise sur l'accessibilité pour la clientèle, qui est
jeune et qui souvent peut avoir moins les moyens.
M. Derraji : Et c'est quoi,
le prix actuel?
Mme Guilbault :1 076 $.
M. Derraji : Oui, mais, si on
parle d'accessibilité, donc, 1 076 $, c'est accessible pour les
jeunes, maintenant, pour un cours.
Mme Guilbault :Bien, je serais étonnée que, si on retirait ce tarif-là,
les écoles aillent plus bas.
M. Derraji : Oui, mais...
C'est une très bonne réflexion, mais ça pourrait aussi mettre pression pour que
ce soit plus bas. On n'a aucune garantie que ça va juste être vers le haut. Ce
qu'ils nous ont dit, c'est qu'il y a une pression sur eux. Est-ce que... S'il
n'y a pas de cours, bien, écoute, c'est aussi les écoles qui vont souffrir. Ça,
je... J'essaie juste de comprendre la logique qu'on veut garder un prix pour
qu'il y ait une accessibilité, mais... Là, je pense qu'avec une offre assez
importante, ça peut encourager les jeunes. Et, surtout, c'est des petites
entreprises.
Des voix :
<...
Des voix : >
...
Le Président (M. Jacques) : Nous
allons suspendre quelques instants.
(Suspension de la séance à 15 h 55)
(Reprise à 16 h 02)
Le Président (M. Jacques) : Nous
reprenons nos travaux. Et, lors de la suspension, nous en étions à une
discussion entre le député de Nelligan et Mme la ministre sur l'article 40 du
projet de loi. Donc, M. le député de Nelligan.
M. Derraji : C'est bon, M. le
Président. J'ai fait mes points.
Le Président (M. Jacques) : Merci.
Est-ce qu'il y a d'autres interventions? M. le député de Taschereau.
M. Grandmont : Oui. Donc, sur
l'article 40, je voulais savoir, en fait, là, pourquoi on enlève les
spécifications des cours théoriques et pratiques, pourquoi on fait sauter cette
notion-là, cette distinction-là, qu'un cours, dans le fond, là, se trouve à
être composé de deux parties. C'est la première des questions que j'aurais.
Mme Guilbault :Bien, l'objectif, c'est... Comme on le dit, la formation va
être déterminée par règlement, donc on va le transposer dans le règlement. Mais
l'objectif, c'était aussi, surtout, de fondre, si on veut... ou, en tout cas,
d'enlever les sortes précises, là, motocyclettes, cyclomoteurs, et compagnie,
pour venir prescrire une formation déterminée par la société pour n'importe qui
qui demande un permis de conduire, quelle que soit la classe. Parce qu'en même
temps, nous, on est en train... on a souscrit à l'accord... l'accord de
conciliation formation de base préalable à l'obtention du permis de classe 1,
véhicules de conduite commerciaux, l'accord canadien pour concilier toutes les
normes de formation de base pour les conducteurs de camions commerciaux, et ça,
c'est la classe 1. Donc, en même temps aussi, on va avoir une formation
obligatoire pour les conducteurs de camions commerciaux.
M. Grandmont : D'accord, mais
ça ne change rien à ma question. Pourquoi avoir enlevé la notion de cours
théorique, cours pratique? Je veux dire, est-ce que c'est parce qu'il y a une
possibilité qu'un jour, conduire un véhicule classe 5, ça pourrait être
seulement un cours pratique ou seulement un cours théorique? Est-ce que c'est
des cas de figure qui sont possibles? Sinon, pourquoi l'avoir enlevé?
Des voix : ...
Mme Guilbault :Oui, puis là, en plus, on souligne qu'à l'article 67 on
vient le redire. On dit : «déterminer la formation à suivre par le
candidat à l'obtention d'un permis de conduire de la <classe demandée ou
pour l'inscription d'une mention...
>
16 h (version révisée)
<16885
Mme Guilbault :
...d'un
permis de conduire de la >classe demandée ou pour l'inscription d'une
mention à son permis, les parties théoriques et pratiques qu'elle doit
comporter, le moment où l'obligation d'avoir suivi avec succès l'une ou l'autre
de ces parties est requise ainsi que les cas où un candidat est exempté de
suivre la formation.
M. Grandmont : Donc, ça, ce
serait par règlement?
Mme Guilbault :C'est ça, exact. Donc, c'est à l'article 67, qui va avec l'article
66 qui le précède, qui est... non, ce n'est pas le pouvoir habilitant. OK, c'est
ça, bon, bien, en fait, peut-être, le collègue pourrait aller à l'article 67, comme
ça, il va voir de quoi je parle. L'article 619 de ce code, modifié par l'article
29 du chapitre 18 des lois de 2018, est de nouveau modifié par l'insertion,
après le paragraphe 6.3°, des suivants... et là on vient l'ajouter.
M. Grandmont : Donc, est-ce
que vous pouvez me confirmer que, dans la loi, il va continuer d'être écrit qu'un
cours de conduite pour... un cours de conduite classe 5, il va toujours y avoir
une partie théorique et une partie pratique?
Mme Guilbault :Oui.
M. Grandmont : Donc, dans la
loi, c'est écrit : Il va toujours y avoir un cours théorique et un cours
pratique pour un permis de conduire classe 5.
Mme Guilbault :Bien, il est écrit ici, à l'article 67, oui, 6.3.2°.
M. Grandmont : Parfait. Si c'est
ça, c'est correct. C'est juste que je le voyais disparaître dans 40... bien, en
fait, dans 66.1, donc, l'article 40, puis on pouvait se poser la question.
Donc, c'est la même chose aussi pour motocyclette, cyclomoteur, promenade, c'est
repris plus loin, ou ça, ça va être géré par règlement?
Mme Guilbault :Ça, peut-être, ma collègue pourrait répondre, parce que, là,
il y a...
Le Président (M. Jacques) : Donc,
merci. Veuillez vous nommer, nommer votre titre. Est-ce qu'il y avait
consentement? Oui? Parfait, il y a consentement, et veuillez vous nommer et
nommer votre titre.
Mme Plourde (Annie) : Oui, bonjour.
Mon nom est Annie Plourde, avocate à la Direction des affaires juridiques et du
contentieux de la Société de l'assurance automobile du Québec.
Dans le fond, pour vous permettre de
comprendre cette disposition et les prochaines dispositions, c'est qu'on est
venus faire une modification plus générale pour venir assujettir les titulaires
de permis à une formation obligatoire. Les cas et conditions dans lesquels la
formation obligatoire va être prévue est prévu dans un règlement. Dans ce
règlement-là... comme actuellement, on y prévoit à quel moment la partie
pratique et théorique est exigée. Donc, c'est déjà le cas, et on fait juste
consolider le pouvoir réglementaire à l'article 619, qu'on va voir un peu plus
tard à l'article 67 du projet de loi.
M. Grandmont : Parfait, c'est
très clair. Merci, Me Plourde.
Le Président (M. Jacques) : Est-ce
qu'il y a d'autres interventions concernant l'article 40? Donc, s'il n'y a pas
d'autre intervention, est-ce que l'article 40 est adopté?
Des voix : Adopté.
Le Président (M. Jacques) : Adopté.
Article 41, Mme la ministre.
Mme Guilbault :41. Ce code est modifié par l'insertion, après l'article
66.1, du suivant :
«66.2. La société établit le programme de
formation pour la conduite d'un véhicule routier et en fixe les paramètres.
Elle peut, aux conditions qu'elle fixe, reconnaître un établissement d'enseignement,
une école de conduite, une entreprise ou tout organisme pour dispenser ce
programme.
«La société peut, en outre, déléguer à
tout organisme son pouvoir de reconnaissance. Néanmoins, seule la société peut
suspendre ou révoquer la reconnaissance accordée en cas de non-respect des
conditions fixées.
«La société établit également, aux conditions
qu'elle fixe et pour chacune des classes de permis, incluant pour toute mention
s'y rapportant, la formation que les personnes appelées à dispenser le
programme de formation pour la conduite doivent suivre. Elle peut dispenser
elle-même cette formation ou elle peut autoriser aux conditions qu'elle fixe un
établissement d'enseignement, une école de conduite, une entreprise ou tout
autre organisme à la dispenser.»
En commentaire : L'article 41 du
projet de loi introduit le nouvel article 66.2, lequel prévoit que la SAAQ
établit le programme de formation à la conduite qui pourra être exigé
conformément à l'article 66.1 du Code de la sécurité routière tel que remplacé.
Cet article prévoit également que la SAAQ
peut, à certaines conditions, reconnaître un tiers pour dispenser cette
formation ou déléguer son pouvoir de reconnaissance à tout organisme. Dans ce
dernier cas, la SAAQ demeure la seule habilitée, comme actuellement, à révoquer
la reconnaissance accordée en cas de non-respect des conditions s'y rapportant.
Enfin, cet article prévoit que la SAAQ
peut déterminer la formation des personnes appelées à dispenser la formation
aux conducteurs, qu'elle peut elle-même la dispenser ou autoriser des
organismes à le faire.
Le Président (M. Jacques) : Merci,
Mme la ministre. Est-ce qu'il y a des interventions sur l'article 41? Non.
S'il n'y a pas <d'intervention, est-ce l'article 41 est adopté...
Le Président (M. Jacques) :
S'il n'y a pas >d'intervention, est-ce l'article 41 est
adopté?
Des voix : Adopté.
Le Président (M. Jacques) : Adopté.
Article 42.
Mme Guilbault :Article 42 : Les articles 90 et 91 de ce
code sont modifiés par l'ajout, à la fin du troisième alinéa, de la phrase
suivante : «La société peut aussi lui exiger pour l'obtention d'un tel
permis de suivre la formation visée à l'article 66.1.»
En commentaire : L'article 42 du
projet de loi modifie les articles 90 et 91 du Code de la sécurité
routière afin de donner la possibilité à la SAAQ de requérir d'une personne qui
demande l'échange d'un permis qui lui a été délivré ailleurs au Canada ou à
l'extérieur du Canada qu'elle suive, le cas échéant, une formation à la
conduite au-delà de la possibilité de lui exiger qu'elle se soumette à un
examen de compétence pour certaines classes de permis.
Le Président (M. Jacques) : Merci,
Mme la ministre. Est-ce qu'il y a des interventions? M. le député de
Taschereau.
• (16 h 10) •
M. Grandmont : Oui, bien,
merci, M. le Président. Dans les commentaires, on comprend, là, qu'on donne un
cas de figure, puis c'était effectivement une des questions que je me posais,
quel genre de besoin ça répondait. Là, on parle effectivement, là, donc, de
personnes qui seraient de l'extérieur du Canada, qu'elles suivent, le cas
échéant, une formation à la conduite au-delà de la possibilité de lui exiger
qu'elle se soumette à un examen.
Donc, c'est un cas de figure qui existe,
des gens, évidemment, qui viennent ici, qui arrivent de l'extérieur du Canada,
et on pourrait, grâce à cet ajout-là, leur imposer de se soumettre à un examen
de compétence pour certaines classes de permis. Quelle classe de permis en
particulier on viserait avec ça? Est-ce qu'on parle surtout des travailleurs,
par exemple, ou si c'est des véhicules de promenade? Bref, ça doit répondre à
un besoin quand même, là, j'imagine, là, si on prend le temps de le mettre
là-dedans.
Mme Guilbault :Oui, c'est en conformité avec ce que je décrivais tout à
l'heure, là, la nouvelle formation obligatoire qu'on veut amener pour les... la
classe 1 pour les véhicules commerciaux.
M. Grandmont : Seulement
les véhicules commerciaux. Donc, c'est, pour l'instant, dans ce qui est pensé,
là, derrière le... dans le texte du projet de loi, c'est principalement pour la
classe 1 qu'on fait ça, mais on l'écrit de manière, disons, assez large,
«peut exiger». Est-ce qu'on référait à l'article... au permis classe 1, la
société... de se soumettre... Quand on parle de la personne, là, est-ce qu'on
parle de permis de classe 1 dans le texte proposé? Je pense que non.
Mme Guilbault :Non. Bien, c'est... On parle de la conduite d'un véhicule
de commerce, d'un véhicule d'urgence, d'un autobus ou d'un minibus.
M. Grandmont : Ah! OK, parfait,
excellent. Parfait. Ça m'avait échappé. Donc, on vient... Dans le fond, on
vient vraiment l'arrimer avec l'idée que c'est un permis de classe 1. C'est
dans ce contexte-là que ça s'établit. Parfait, excellent.
J'ai une petite question un peu champ
gauche à vous poser, là, mais les articles 40, 41 et 42, qu'on vient juste
de voir, là, est-ce qu'il y a un lien avec... Est-ce que c'est à quelque part
dans le plan de sécurité routière, dans le plan d'action? Il n'y a pas de
référence à ça, je pense.
Mme Guilbault :Bien, il y a des mesures qui touchent les véhicules lourds,
la prévalence des véhicules lourds dans les accidents. C'est le dernier...
formation et communication, dernière... Vous me faites penser que je ne l'ai
pas sorti.
M. Grandmont : Oui,
c'est important de l'avoir toujours proche.
Mme Guilbault :...mais je sais que c'est dans la dernière section,
probablement 25 ou 26.
M. Grandmont : Oui, je
pense, c'est 26, véhicule commercial, 25, véhicule lourd.
Mme Guilbault :Ah! vous voyez...
M. Grandmont : Parfait,
c'est dans...
Mme Guilbault :Bientôt, on n'en aura plus besoin. On n'aura plus besoin de
la feuille.
M. Grandmont : Parfait,
excellent. On va le savoir par coeur. Excellent, puis imaginez tout ce qu'on va
ajouter en plus ensemble éventuellement. Ça va être formidable. On va augmenter
le nombre d'actions avant de finir ça. Parfait. Merci.
Mme Guilbault :Donc, 26, rendre obligatoire la formation.
Le Président (M. Jacques) : Merci
beaucoup. Est-ce qu'il y a d'autres interventions sur l'article 42? Donc,
s'il n'y a pas d'intervention, est-ce que l'article 42 est adopté?
Des voix : Adopté.
Le Président (M. Jacques) : Adopté.
Article 43.
Mme Guilbault :43. L'article 99 de ce code est modifié par le
remplacement, dans le deuxième alinéa du texte anglais, de «particulars» par
«endorsements».
En commentaire : L'article 43 du
projet de loi modifie la version anglaise de l'article 99 du Code de la
sécurité routière afin d'ajuster la terminologie employée pour désigner en
anglais la mention.
Le Président (M. Jacques) : Merci.
Est-ce qu'il y a des interventions sur l'article 43?
Une voix : ...
Le Président (M. Jacques) : Pardon?
Pas d'intervention? Est-ce que l'article 43 est adopté?
Des voix : Adopté.
Le Président (M. Jacques) : Adopté.
L'article 44.
Mme Guilbault :44. Ce code est modifié par l'insertion, après
l'article 99, du suivant :
«99.1. Il est interdit au titulaire d'un
permis d'apprenti-conducteur et au titulaire d'un permis probatoire de la
classe appropriée à la conduite d'une motocyclette de conduire une motocyclette
visée par la liste des marques et des modèles ou des cylindrées mentionnées
dans un règlement pris en application de l'article 151.1 de la Loi sur
l'assurance automobile.
«Cette interdiction s'applique <également
à l'égard du titulaire d'un permis de conduire...
Mme Guilbault :
...interdiction s'applique >également à
l'égard du titulaire d'un permis de conduire auquel est ajouté la classe
appropriée à la conduite d'une motocyclette pendant les 24 mois suivant l'ajout
de cette classe à son permis de conduire.
«Dans le calcul de la période visée au
deuxième alinéa, il faut exclure toute période de suspension du permis ainsi
que toute période pendant laquelle la personne n'était pas autorisée à conduire
un véhicule routier en vertu du premier alinéa de l'article 93.1.»
En commentaire : L'article 44 du
projet de loi introduit le nouvel article 99.1 au Code de la sécurité routière
afin que le titulaire d'un permis d'apprenti conducteur de la classe appropriée
à la conduite d'une motocyclette, le titulaire d'un permis probatoire d'une
telle classe ainsi que le titulaire d'un permis de conduire de cette classe,
mais uniquement pendant les 24 mois suivant l'ajout de cette classe au
permis de conduire dont il est déjà titulaire, soit interdit de conduire une
motocyclette visée par la liste des marques et des modèles ou des cylindrées
mentionnées dans un règlement pris en application de l'article 151.1 de la Loi
sur l'assurance automobile pour fixer la contribution d'assurance.
De plus, la période pendant laquelle le
titulaire de permis n'était pas autorisé à conduire du fait que le permis est
suspendu ou qu'il n'a pas payé les sommes exigibles pour conserver son permis
n'est pas considérée aux fins du calcul de la période de 24 mois.
Le Président (M. Jacques) : Merci.
M. le député de Taschereau.
M. Grandmont : Oui, merci.
J'aimerais savoir quelles sortes de motocyclettes sont visées par la liste des
marques et des modèles ou des cylindrées mentionnées dans un règlement pris en
application de l'article 151.1 de la Loi sur l'assurance automobile.
Mme Guilbault :Là, on dépasse un petit peu mes...
M. Grandmont : ...pas
beaucoup de connaissances en motocyclettes, là.
Mme Guilbault :...à la fois mes connaissances, mes compétences, voire mes
intérêts personnels.
M. Grandmont : On vous a déjà
vue sur un Sea Doo. On n'est pas loin.
Mme Guilbault :Oui, mais là, les motocyclettes, je ne suis pas encore
rendue là.
Le Président (M. Jacques) : M.
Grandmont, est-ce qu'il y a consentement?
M. Grandmont : Oui,
absolument, absolument, bien entendu.
Le Président (M. Jacques) : M.
le député de Taschereau. Je m'en excuse grandement. Veuillez vous nommer et
nommer votre titre, s'il vous plaît.
Mme Vézina (Lyne) : Oui.
Alors, Lyne Vézina, directrice générale, recherche et développement en sécurité
routière à la SAAQ.
Alors, les motos dont on parle, dans ce
cas-ci, comme on le précise, ce sont les motos qui apparaissent en annexe du Règlement
sur la contribution d'assurance. Donc, ce sont les motos dites à risque. Donc,
lorsqu'on a fait nos analyses actuarielles, lorsque les actuaires de la société
ont catégorisé, à l'aide des ingénieurs, évidemment, de la société...
lorsqu'ils ont catégorisé un certain type de moto, qui était principalement des
motos sport, là, ou des motos à carénage bas, on parle de relation poids-puissance
également dans ce cas-là... Donc, on arrive à isoler un groupe de motocyclettes
qui présentent davantage de risques.
Alors, c'est ça qu'on veut venir encadrer
par la mesure à cet article-ci puisque... puis on parle également des apprentis
parce qu'on veut promouvoir un accès progressif aux types de motos qu'un
nouveau motocycliste pourra conduire à terme.
M. Grandmont : Merci. Mais
donc on... C'est parce qu'on sait... On est capable de savoir, effectivement,
statistiquement, qu'il y a des types... certains types de motos qui sont... où
on peut observer que leur utilisation augmente la prévalence des accidents, des
collisions, bon, sorties de route et compagnie, et donc on veut,
progressivement, pour les jeunes qui décideraient... ou, en tout cas, pour les
personnes qui sont apprenties, parce que ça ne dépend pas de l'âge, un permis
d'apprenti...
Mme Vézina (Lyne) : Ça va
être... On vise ici les apprentis, les probatoires. Donc, pourquoi on parle de
probatoire, c'est... Lorsqu'il s'agit d'un premier permis, la personne va être
assujettie à un probatoire, mais, si, par exemple, quelqu'un arrive à prendre
une classe moto à la suite d'un permis de classe 5 ou d'un permis de véhicule
de promenade standard, bien, il ne passe pas par le permis probatoire. Alors,
c'est pour ça qu'on introduit la notion des deux années subséquentes après
l'obtention de sa classe 6A. Donc, ce qu'on veut couvrir, ce sont les trois
premières années de conduite d'une moto... et qui n'est pas relié à l'âge,
c'est... Tout nouveau motocycliste présente un risque accru de par
l'inexpérience avec une motocyclette.
M. Grandmont : Donc, il n'y a
pas de lien avec l'âge. C'est plutôt la possession ou pas d'un permis de classe
5 avant qui va faire qu'après ça on va aller vers un temporaire puis, après ça,
deux années de délai avant de pouvoir aller dans cette catégorie de
motocyclette là. Puis, quand on n'a pas de permis de classe 5, dans le fond, on
fait un an temporaire, deux ans de probatoire puis, après ça, on peut y aller
pour ce type de véhicule-là.
Mme Vézina (Lyne) : Oui, dans
le fond, c'est pour être en mesure, M. le Président, de couvrir les trois
premières années d'expérience d'un nouveau motocycliste, dépendamment du
parcours par lequel il arrive, est-ce qu'il a passé préalablement par une
classe 5 ou pas.
M. Grandmont : Ça me semble
une bonne idée. Actuellement, c'est quoi, en fait, là, qui est le parcours
normal pour pouvoir accéder à ce type de véhicule là, là, de <motocyclette-là,
qui est plus risqué...
M. Grandmont :
...parcours
normal pour pouvoir accéder à ce type de véhicule là, là, de >motocyclette-là,
qui est plus risqué, disons?
Mme Vézina (Lyne) : Bien, à
l'heure actuelle, il n'y a aucune restriction de quelque nature que ce soit.
Donc, on peut commencer, au jour 1, avec la moto ultrasport.
M. Grandmont : Ah oui? OK.
Donc, même avec le premier... le permis temporaire puis faire son probatoire
aussi avec...
Mme Vézina (Lyne) : Oui, tout
à fait. Tout à fait.
M. Grandmont : ...puis il n'y
a pas de période de deux ans pour les gens qui avaient un permis de
classe 5?
Mme Vézina (Lyne) : Exact.
M. Grandmont : Parfait. Bien,
merci beaucoup. C'était très clair.
Le Président (M. Jacques) : Merci.
M. le député de Nelligan.
M. Derraji : Dans la même
logique, est-ce qu'il y a des marques ciblées? C'est pour cela qu'on veut le
laisser, «visée par la liste des marques et des modèles». Donc, clairement, il
y a des marques ciblées.
• (16 h 20) •
Mme Vézina (Lyne) : Tout à
fait. L'annexe au Règlement sur les contributions d'assurance détermine les 10
caractères... les 10 premiers caractères du numéro d'identification de la moto,
la marque, le modèle, l'année. Donc, c'est une liste exhaustive de l'ensemble
des motos qui sont identifiées comme étant à risque et qui servent sur la base
de la... sur laquelle on se base pour l'exercice de tarification à l'heure
actuelle.
M. Derraji : C'est bon. Merci
beaucoup.
Le Président (M. Jacques) : Merci.
Est-ce qu'il y a d'autres commentaires sur l'article 44? Est-ce que
l'article 44 est adopté? Adopté?
Des voix
: Adopté.
Le Président (M. Jacques) : Oui,
oui, l'article 44 est adopté. L'article 45, Mme la ministre.
Mme Guilbault :Oui, article 45 : L'article 140.1 de ce code
est modifié par l'insertion, après «du cinquième alinéa de l'article 99»,
de «, à l'article 99.1».
Commentaire : L'article 45 du
projet de loi modifie l'article 140.1 du Code de la sécurité routière afin
de prévoir la disposition pénale applicable en cas de non-respect de
l'interdiction de conduire une motocyclette visée par la liste des marques et
des modèles ou des cylindrées mentionnés dans un règlement pris en application
de l'article 151.1 de la Loi sur l'assurance automobile pour fixer la
contribution d'assurance. Le contrevenant est passible d'une amende de 200 $ à
300 $.
Le Président (M. Jacques) : Merci,
Mme la ministre. Est-ce qu'il y a des interventions? M. le député de
Taschereau.
M. Grandmont : Oui. Donc, je
veux juste être sûr de bien comprendre. Là, on fait référence à
l'article 44 qu'on vient tout juste d'adopter. C'est bien ça? Donc, si
quelqu'un se fait prendre avec une moto qui est... qu'il n'est pas supposé
conduire, finalement, parce qu'il n'est pas... il n'a pas passé son trois ans
sur une plus petite cylindrée, bien, dans le fond, il est passible d'une amende
de 200 $ à 300 $.
Mme Guilbault :Oui.
M. Grandmont : OK. Est-ce
qu'il y a des... Ça me semble peu, là, considérant la dangerosité que ça peut
avoir, là. On a bien compris, tout à l'heure, en discutant, là, avec Mme
Vézina, qu'il y avait des risques quand même assez élevés. Est-ce qu'il y a des
mesures pour récidive? Est-ce qu'il y a déjà un processus qui est encadré pour
éviter que cette personne-là, bien, paie puis... parce que, finalement, ça
m'apparaît quand même une amende relativement basse, alors qu'elle est...
qu'elle conduit un véhicule... elle est prise à conduire un véhicule qu'elle
n'est pas supposée conduire.
Dans le fond, c'est comme si on avait
quelqu'un qui était d'une autre classe, puis qui a un permis de classe 5,
puis qui décide de conduire... peut-être, l'exemple est un peu fort, mais
conduit une autre classe. Dans le fond, il n'est pas supposé conduire ce type
de véhicule là, là. Ça fait que j'ai de la misère à voir à ce que... ou
peut-être qu'effectivement il y a d'autres... tu sais, il y a une aggravation,
s'il y a récidive, là, mais peut-être juste qu'on puisse le comprendre, c'est peut-être
déjà prévu ailleurs. Ce serait ça, ma question.
Mme Guilbault :Oui, bien, ce qu'on nous dit, c'est que l'amende proposée
est essentiellement la même que celle prévue à l'égard d'autres interdictions
auxquelles est assujetti le titulaire d'un permis d'apprenti conducteur de la
classe appropriée à la conduite d'une motocyclette, telles que l'interdiction
de transporter des passagers et celle de conduire entre minuit et cinq heures.
M. Grandmont : D'accord. Puis
est-ce qu'il y a un processus... En fait, est-ce qu'il y a... S'il y a
récidive, qu'est-ce qui se passe? Est-ce qu'il y a une aggravation, est-ce
que... pas une aggravation, mais est-ce qu'il y a une augmentation de l'amende,
de la contravention?
Mme Guilbault :Non, c'est la même amende.
M. Grandmont : Donc, à chaque
fois que cette personne-là va se faire prendre, elle va avoir la même amende?
Mme Guilbault :Oui.
M. Grandmont : OK. Merci.
Le Président (M. Jacques) : Merci.
Est-ce qu'il y a d'autres interventions concernant l'article 45? Donc,
s'il n'y a pas d'autre intervention, est-ce que l'article 45 est adopté?
Des voix : Adopté.
Le Président (M. Jacques) : Adopté.
Parfait. Merci. Article 46.
Mme Guilbault :Article 46 : Ce code est modifié par l'insertion,
après l'article 202.2.0.1, édicté par l'article 26 du
chapitre 13 des lois de 2022, du suivant :
«202.2.0.2. Il est interdit au titulaire
d'un permis de conduire auquel est ajouté la classe appropriée à la conduite
d'une motocyclette, autre que la classe 6E, de conduire un tel véhicule ou d'en
avoir la garde ou le contrôle s'il y a quelque présence d'alcool dans son
organisme, pendant les 24 mois suivant l'ajout de cette classe au permis de
conduire dont il est déjà titulaire.
«Dans le calcul de la période visée au
premier alinéa, il faut exclure toute période de suspension du permis ainsi que
toute période pendant laquelle la personne n'était pas <autorisée à
conduire un véhicule routier en vertu du premier...
Mme Guilbault :
...la personne n'était pas >autorisée à
conduire un véhicule routier en vertu du premier alinéa de l'article 93.1.
«Le premier alinéa ne s'applique pas à une
personne visée à l'article 202.2.»
En commentaire : L'article 46 du
projet de loi introduit le nouvel article 202.2.0.2 au Code de la sécurité
routière afin que le titulaire d'un permis de conduire auquel est ajouté la
classe appropriée à la conduite d'une motocyclette autre que la classe 6E ne
puisse conduire un tel véhicule avec une quelconque présence d'alcool dans
l'organisme pendant les 24 mois suivant l'ajout de la classe au permis de
conduire dont il est déjà titulaire.
De plus, la période pendant laquelle le
titulaire de permis n'était pas autorisé à conduire du fait que le permis est
suspendu ou qu'il n'a pas payé les sommes exigibles pour conserver son permis
n'est pas considérée aux fins du calcul de la période de 24 mois. Enfin,
cette nouvelle interdiction ne s'applique pas à une personne qui est déjà visée
par une interdiction de conduire tout véhicule avec une quelconque présence
d'alcool.
Et, pour information, peut-être, la classe
6E qui est exclue autorise notamment la conduite d'une motocyclette à trois
roues répondant à certaines caractéristiques prescrites par règlement, exemple,
les Spyder. Peut-être que... moi, je me suis demandé c'était quoi en le lisant.
Le Président (M. Jacques) : Merci,
Mme la ministre. M. le député de Nelligan.
M. Derraji : ...j'ai bien lu
l'article et les commentaires, mais est-ce que la ministre peut nous expliquer
vraiment le pourquoi de cet article?
Mme Guilbault :Bien, on vient ajouter... Bien, j'ai souvent plaidé la
sévérité globale en matière de conduite avec les facultés affaiblies. J'avais
déjà expliqué qu'on aurait l'article 46, qui venait ajouter l'interdiction
pour les nouveaux permis de moto. Alors, voilà l'article.
M. Derraji : Donc, oui, mais...
et là vous dites qu'il est interdit au titulaire d'un permis de conduire auquel
est ajoutée la classe appropriée... la conduite d'un motocycliste. Donc, ils
peuvent...
Mme Guilbault :Pendant 24 mois, oui.
M. Derraji : Oui, mais ils
peuvent continuer à conduire la classe 6E?
Mme Guilbault :Oui, bien là, la classe 6E, j'avoue que je ne sais pas si
c'est une spécificité.
Une voix : ...
Le Président (M. Jacques) : Nous
allons suspendre quelques instants.
(Suspension de la séance à 16 h 26)
16 h 30 (version révisée)
(Reprise à 16 h 37)
Le Président (M. Jacques) : Nous
reprenons nos travaux. Et, lors de la suspension, nous en étions à une
discussion entre M. le député de Nelligan et Mme la ministre sur l'article 46.
Mme la ministre.
Mme Guilbault :Oui. Alors, je ne me souviens pas c'était quoi exactement
la question. Sur le 6E ou...
M. Derraji : C'est moi qui
vous l'a posée.
Mme Guilbault :Ah oui! OK. Pourquoi on l'excluait?
M. Derraji : Oui.
Mme Guilbault :Oui, c'est ça, en fait, c'est que ce qu'on dit... puis là
on cherche les chiffres comparatifs, mais l'introduction de l'article, il se
basait sur le nombre de conducteurs de moto impliqués dans un accident selon l'expérience,
le type de moto et la nature des dommages. C'est pour ça qu'on parle des motos
pendant les 24 premiers mois. Et les statistiques qu'on a ici, c'est que
32 % des conducteurs de moto impliqués dans un accident qui avaient une
expérience de 24 mois et moins... en fait, c'est ça, 32 % des conducteurs
de moto impliqués dans des accidents de moto avaient une expérience de 24 mois
et moins. Donc, considérant la prévalence, justement, on a ciblé ce groupe-là.
Et pour les motos à risque, dont on a parlé à l'article tout à l'heure, c'est
45,5 % des conducteurs de moto de 24 mois et moins d'expérience qui
sont des conducteurs impliqués dans les accidents.
M. Derraji : OK. Et, un peu
plus tard, vous parlez qu'il y a présence d'alcool dans son organisme. On parle
toujours de la même classe?
Mme Guilbault :On parle des conducteurs, oui, des titulaires de permis de
conduire auxquels est ajoutée la classe appropriée à la conduite d'une moto.
M. Derraji : OK. Mais on ne
parle pas de quel taux d'alcool. C'est zéro alcool?
Mme Guilbault :C'est zéro alcool pendant 24 mois.
M. Derraji : Pour ceux qui
conduisent des motos, en bas de 24 mois?
Mme Guilbault :Oui.
M. Derraji : Et, après
24 mois, ils peuvent <quand même boire jusqu'à 0,08?
M. Derraji :
Et,
après 24 mois, ils peuvent >quand même boire jusqu'à 0,08?
Mme Guilbault :Oui.
M. Derraji : Et, en bas de
deux ans d'expérience, ils n'ont pas le droit de ne boire aucun verre, donc
risque zéro?
Mme Guilbault :Non, c'est ça. Puis, en même temps, ça laisse le temps de
pratiquer, de développer... tu sais, parce que c'est quand même un
apprentissage, conduire une moto. Puis, comme je vous dis, ça repose sur les
données des accidents impliquant des conducteurs de moto.
M. Derraji : J'adore quand
vous dites que ça repose sur les données. Donc, l'alcool en bas de 24 mois
d'expérience est dangereux, mais, après 24 mois, il n'est plus dangereux?
Mme Guilbault :Bien, il s'expose au même régime que tous les autres
conducteurs. On vient ajouter une brique de plus aux remparts de moyens contre
la conduite avec les facultés affaiblies.
• (16 h 40) •
M. Derraji : Je ne veux pas
embarquer sur ce débat sur des briques ou pas de briques, mais j'essaie juste
de comprendre la logique que la brique, elle est là pour 24 mois et moins,
zéro alcool, et, 24 mois et un jour de plus, tu peux prendre de la bière,
tu peux boire jusqu'à 0,079. Il n'y a aucun incident, il n'y a rien, il n'y a
aucun effet. C'est ce que cet article nous expose.
Mme Guilbault :Bien, il y a déjà des mesures similaires pour les
conducteurs avec un permis probatoire, c'est 24 mois sans alcool. Les
apprentis conducteurs, c'est 12 mois sans alcool. Les...
M. Derraji : Les véhicules
lourds aussi, les véhicules lourds, c'est interdit.
Mme Guilbault :Les véhicules lourds... bien, ça dépend. Des véhicules
lourds, commerciaux, c'est 0,05. Les véhicules de transport de personnes, c'est
zéro alcool. Les conducteurs de 22 ans et moins, c'est zéro alcool.
Alors... mais une fois qu'ils ont 23 ans, c'est 0,08.
M. Derraji : La classe 6E,
c'est dans une annexe. C'est déjà annexé dans... c'est publié, hein, les...
Désolé.
Mme Guilbault :Je ne sais pas. Est-ce que c'est sur Internet? Dans quel
sens?
M. Derraji : C'est juste que,
depuis tout à l'heure, on se parle sur la classe 6E. Nous, on n'est pas
familier, je ne suis pas familier, mais les gens peuvent s'y retrouver
facilement?
Une voix : ...
M. Derraji : Oui, 6E.
Mme Guilbault :Mais les gens, vous parlez de qui? Les gens qui vont
utiliser le code?
M. Derraji : Oui, oui.
Absolument, oui.
Mme Guilbault :Ah! bien oui. Est-ce que c'est défini ailleurs dans le
code?
M. Derraji : Oui, oui, exact.
C'est juste ça, parce que depuis tout à l'heure que nous, on cherche. C'est
juste, est-ce que...
Mme Guilbault :C'est le règlement sur les permis, article 28.11.1.
M. Derraji : Donc, c'est
accessible. On parle des marques, on parle des... En fait, on définit les...
Mme Guilbault :Oui, c'est ça, article 28.11.1 du règlement sur les
permis... c'est ça, son nom, en tout cas, puis ça dit : «La classe 6E
autorise la conduite d'une motocyclette à trois roues non munie d'une caisse
adjacente qui présente les caractéristiques suivantes : Elle est conçue
pour rouler sur trois roues...» Bien, enfin, voulez-vous que je vous le lise?
M. Derraji : Ça, c'est les
Spyder que vous avez dit tout à l'heure?
Mme Guilbault :Bien là, honnêtement, moi, je ne sais pas s'il existe
d'autres sortes de véhicules qui correspondent à ça, là. Ah! ici, on a un
document de la SAAQ.
M. Derraji : Ça, c'est bon.
Mme Guilbault :C'est très bien fait, on a tous les... on a... regarde, 4A,
4B, 5, 6A, 6B, 6C, 6 D. 6E, bien, c'est ça, ici, là.
Le Président (M. Jacques) : Est-ce
que vous pouvez partager ce document à la commission, Mme la ministre?
Mme Guilbault :Ah oui! pas de problème. C'est un genre de VTT ou... Non,
peut-être pas. Non, non, c'est ça, ce n'est pas un VTT. En tout cas, c'est ça,
je ne m'aventurerai pas là-dedans, là, mais il y a une image, il y a trois
roues.
Le Président (M. Jacques) : Donc,
est-ce qu'il y a d'autres... M. le député de Taschereau.
M. Grandmont : Oui, merci.
Donc, j'étais content d'entendre la ministre parler de données, là, pour, dans
le fond, argumenter sur le fait que certains types de véhicules puis certains
types de personnes sont assujettis à certains types de limites, en fait,
d'alcool dans le sang, là, donc, selon l'expérience, selon le type de permis,
selon le type de véhicule aussi qui est...
Bon, on ne refera pas le débat, mais je
veux juste souligner quand même que tout le débat sur l'alcool au volant, on
l'a fait quand même en argumentant sur les données, nous, tu sais, du côté des
oppositions aussi. Ça n'a pas semblé émouvoir la ministre à ce moment-là, mais
disons qu'on part sur la base de cette conversation-là. Moi, j'aimerais <savoir
s'il y a un lien ou s'il y a une...
M. Grandmont :
...mais
disons qu'on part sur la base de cette conversation-là. Moi, j'aimerais >savoir
s'il y a un lien ou s'il y a une... Ce serait quoi, en fait, la prévalence ou
le lien... En fait, ma question est simple : Est-ce qu'il y a plus
d'accidents chez les motocyclistes dus à l'alcool ou pas? Je ne sais pas si on
a des données là-dessus. J'imagine que oui, là, je ne sais pas, mais, tu sais,
le lien entre utilisation d'une motocyclette et alcool, est-ce qu'il y a une...
est-ce qu'on a une plus grande prévalence d'accidents, collisions qu'au niveau...
ou de la gravité du type d'accident aussi, là, que ce qu'il y a dans les
automobiles, là, disons, de promenade 5, là?
Mme Guilbault :On n'a pas les données à portée de la main, mais on
pourrait faire la vérification, parce qu'il faudrait refaire la proportion,
dans le fond.
M. Grandmont : Oui, c'est ça,
effectivement, j'aimerais savoir la proportion, là, dans le fond, des gens qui
seraient en consommation d'alcool. Puis d'ailleurs, je ne sais pas aussi, là, peut-être
qu'à la SAAQ, on a ces données-là, là. Est-ce que les gens seront les... suite
à un décès ou suite à une collision, quand un policier soupçonne qu'il y a
présence d'alcool dans le sang chez la personne qui conduisait la motocyclette
ou le véhicule, par ailleurs, aussi, là, la question pourrait être bonne pour
les deux, est-ce qu'on comptabilise le taux d'alcool? Dans le fond, est-ce que
c'est des données qui sont accessibles pour savoir un peu, dans le fond, les
gens qui sont impliqués dans des accidents? Donc, selon le type de véhicule, on
est capable de savoir aussi, bien, est-ce qu'il y a des gens qui étaient en...
qui avaient de l'alcool dans le sang puis qui étaient un peu en bas de 0,05,
d'autres qui étaient entre 0,05 et 0,08, puis évidemment les autres qui étaient
en haut de 0,08? Est-ce que ce genre de données là existent puis c'est
accessible?
Parce que, dans les bilans de la SAAQ, on
a de l'information... Je l'ai dit tantôt, puis je le salue, c'est important
puis c'est un... c'est des bilans routiers qui sont essentiels, là, à la
compréhension de comment travailler pour améliorer, sur quoi travailler, sur
quel genre de sensibilisation faire. Puis, en même temps, sur la question
d'alcool au volant, il y a très peu de données accessibles, ce qui fait qu'on a
un débat un peu, disons, ardu parce qu'on a de la misère à savoir exactement,
là, quel est le nombre de personnes impliquées dans les accidents selon le type
de véhicule, selon le type de permis et selon la quantité d'alcool qu'il y avait
dans le sang. Puis trois catégories seraient bien suffisantes, là : en bas
de 0,05; 0,05-0,08; et en haut de 0,08.
Mme Guilbault :Oui. Bien, il existe... En fait, c'est ça, là, le bilan
dont je parlais ce matin, que fait la SAAQ... et j'essaie juste de voir en même
temps, là... c'est ça, en annexe ici... parce qu'il y a toujours... Tu sais, ce
n'est pas tout le monde qui est testé, donc c'est sûr que ce n'est pas
forcément exhaustif. On précise bien «ayant subi un test d'alcoolémie», mais,
c'est ça, on l'a par sexe...
M. Grandmont : Mais ça, «ayant
subi un test d'alcoolémie», ça, c'est à la discrétion du policier, mettons?
Mme Guilbault :...par type de véhicule... c'est ça, il y en a une ici,
motocyclette ou cyclomoteur. Donc là... Mais, en tout cas, c'est juste par
catégories, ça fait qu'ils sont tous à 100 % parce qu'ils sont dans la
même catégorie. Ça fait qu'il faudrait... dans le fond, il faudrait rejouer
avec les chiffres, là.
M. Grandmont : Bien, c'est un
peu ça, mon point, en fait, c'est qu'on a des données sur l'alcool au volant
dans le bilan de la SAAQ. Puis, encore une fois, je le salue, c'est intéressant
puis c'est important, mais le niveau de ventilation est assez faible, donc les
données sont très agrégées. C'est difficile de savoir exactement sur quoi
intervenir.
Je vous dirais que, comme membre de
l'opposition, là, puis peut-être que la partie gouvernementale a davantage
d'information par rapport à ça, moi, je serais très intéressé à ce que la
ministre nous partage les données qu'elle aurait pu avoir, qui nous
permettraient de voir effectivement, là, selon le type de véhicule, donc des
permis de... des permis de conduire pour les véhicules de promenade, donc
classe 5, puis, après ça, les classes 1, 2, 3, 4, 6, quand il y a eu,
effectivement, accident, et donc sur décision, là, du policier, là, des corps
policiers, de faire passer un test éthylométrique, bien, quel était le résultat
puis il se situait où. Tu sais, pas juste : Est-ce qu'on était en haut de
0,08, mais aussi, est-ce qu'on était entre 0,08, 0,05, ou en deçà, ou pas du
tout? Tu sais, on peut être à zéro aussi, là. Il peut y avoir... on peut
soupçonner une présence d'alcool puis il n'en a pas, mais avoir ce genre
d'information là serait utile et pertinent à notre compréhension du <phénomène
de l'alcool au volant...
M. Grandmont :
...serait
utile et pertinent à notre compréhension du >phénomène de l'alcool au
volant.
Puis là je le prends vraiment sous
l'angle, là, des motocyclettes parce que, bon, c'est un sujet intéressant en
soi, mais, tu sais, considérant l'ampleur du débat qu'on a pu avoir là-dessus,
il me semble que d'avoir des données un petit peu plus raffinées, là, mieux
ventilées, ce serait intéressant aussi. Je veux dire, Mme la ministre le
reconnaissait elle-même, là. On regarde les tableaux puis c'est peu parlant,
quand même, malgré tout, là.
Mme Guilbault :Non. Bien, en fait, ça dépend. C'est que c'est ce qu'il
faudrait faire... puis là je n'aurai pas le temps de le faire là, là, mais
c'est qu'il faudrait rapporter... Tu sais, les statistiques, c'est :
automobile, camion léger, camion lourd, tracteur routier, motocyclette,
cyclomoteur, motoneige, etc., donc il y a le nombre total pour chaque
sous-catégorie. Donc, en théorie... puis j'ai le total ici, en bas, dans le
fond, sur 146. Ça fait que, déjà, il faudrait que je ramène mon sous-total,
motocyclette, cyclomoteur, 32 sur 146, qui est à peu près... pas tout à fait
20 %... Tu sais, en tout cas, il y aurait peut-être une petite opération à
faire, mais, c'est ça, je ne la ferai pas au micro ici, mais on peut
transmettre le bilan à mes collègues.
C'est sûr que, là, pour dire de générer
des nouvelles données... là, on n'a pas... on n'a pas ces données-là ici. La
SAAQ se base sur les données du coroner, ça fait que ce serait vraiment de
faire une demande au Bureau du coroner, s'ils sont capables de raffiner un
petit peu plus. Et, si c'est toujours M. Perron qui s'occupe de ça, il y a
peut-être des possibilités. Mais là, honnêtement, ça dépasse... Ce n'est pas
nos données aux Transports ni même à la SAAQ, c'est vraiment au bureau du
coroner.
• (16 h 50) •
M. Grandmont : Est-ce que
chaque collision... parce que, là, on parle de collision avec décès, c'est ça?
Quand il y a...
Mme Guilbault :Bien, ici, c'est le nombre de conducteurs...
M. Grandmont : Quand c'est le
coroner, c'est toujours avec décès, là.
Mme Guilbault :C'est ça, c'est conducteurs décédés.
M. Grandmont : Oui, c'est ça,
parce qu'il y a une partie qu'effectivement c'est le coroner qui pourrait nous
aiguiller là-dessus. Ça, je le conçois, il y a tous les accidents graves. Parce
que je vous rappelle aussi la Vision Zéro, hein, c'est viser zéro accident
grave et décès sur les routes.
Mme Guilbault :Oui.
M. Grandmont : Puis toute la
partie des accidents graves n'est pas tant que ça... En fait, peut-être que la
SAAQ a des données là-dessus, peut-être que les corps policiers les regroupent,
les centralisent à quelque part, mais ce n'est certainement pas le coroner qui
va les traiter, parce qu'évidemment il n'y a pas nécessairement mort dans ces
cas-là, puis le coroner intervient juste ou enquête seulement s'il y a décès.
Donc, je réitère la demande, là. Si
vous... si soit la ministre, le ministère ou la SAAQ avait des données mieux
ventilées, qui toucheraient à la fois les accidents graves... puis évidemment,
on pourrait voir, là, du côté du coroner pour ce qui est des décès, moi, je
serais vraiment intéressé à savoir, là, quel est le taux d'alcoolémie pour
les... pour ces deux types d'accidents là, puis répartis et ventilés selon le
type de véhicule conduit, dans le fond.
Des voix : ...
Mme Guilbault :Oui. C'est ça, on va valider, mais probablement qu'on n'en
a pas, parce que, ce qu'on m'explique, c'est que c'est plus compliqué quand il
n'y a pas de décès parce qu'il n'y a pas de prélèvement systématique sur les
conducteurs quand ils ne sont pas décédés, alors que, quand ils sont décédés,
le prélèvement...
M. Grandmont : Est
automatique, évidemment, là. Donc, quand il y a...
Mme Guilbault :...à l'évidence, est plus simple à faire.
M. Grandmont : Bien, c'est
sûr que le consentement est plus facile à aller chercher. Mais pour ce qui est
d'un accident grave, il peut... ça doit arriver quand même que le policier ou
la policière demande le passage d'un test éthylométrique. J'imagine que ça doit
être même assez fréquent. Dans le cas d'un accident sur la route, j'imagine que
c'est un des réflexes premiers qu'un policier doit avoir sur le terrain, là, donc,
il doit y avoir des données quelque part. Ma question, c'est de savoir : Où
est-ce qu'elles sont regroupées, ces données-là?
Mme Guilbault :Oui. Il faut qu'il y ait... Bien, d'abord, il faut qu'il y
ait des motifs sérieux pour pouvoir le requérir. Puis ce qu'on me dit aussi,
c'est que, par exemple, si le conducteur est blessé dans l'accident, on le conduit
d'abord à l'hôpital, puis là, ensuite, ça peut amener des délais puis des
circonstances qui font que c'est difficile de faire le prélèvement...
M. Grandmont : OK. Mais ces
données-là, est-ce...
Mme Guilbault :...ou de le faire en temps opportun.
M. Grandmont : Oui, oui,
c'est ça, évidemment, parce qu'il y a des délais à respecter, là. Mais donc, ce
que je comprends, c'est qu'il doit y avoir des données en quelque part, mais
est-ce qu'on sait où elles sont centralisées ou est-ce qu'elles sont juste
centralisées ou pas du tout centralisées? En fait, la question devrait être ça,
là, avant de savoir où elles sont.
Mme Guilbault :Non.
M. Grandmont : Donc, c'est
chaque corps policier au Québec qui fait... selon son libre arbitre, en fait,
décide de faire passer un test éthylométrique en fonction de paramètres, là,
qui sont déjà existants, là, évidemment, là, la probabilité ou, en fait, le
soupçon raisonnable en fonction de paramètres, là, qui sont déjà existants, là...
évidemment, là, la probabilité ou, en fait, <le soupçon raisonnable...
M. Grandmont :
...en
fonction de paramètres, là, qui sont déjà existants, là... évidemment, là, la
probabilité ou, en fait, >le soupçon raisonnable. Puis, après ça, il
faut que ça se fasse selon certaines normes, dans certains délais, mais, dans
les faits, chaque corps policier peut faire ces tests-là. Donc, c'est... il n'y
a pas centralisation qui est faite. Ce n'est pas envoyé à la SAAQ pour dresser des
bilans de sécurité routière.
Mme Guilbault :Oui, c'est ça. Bien, comme on disait...
Des voix : ...
Mme Guilbault :
Je suis en train de vérifier dans le guide des pratiques policières, la
pratique policière en question, mais...
M. Grandmont : Oui, oui,
c'est bon. Je peux peut-être passer le temps à vous raconter une histoire. J'ai
une vraie histoire à vous raconter, si vous voulez.
Mme Guilbault :Non, non, non. Bien, ce n'est pas ça, c'est parce que...
C'est ça, c'est... on me confirme, ça prend un motif, puis l'avis puis la
sécurité de la personne, donc le transport à l'hôpital, les soins à prodiguer
passent avant, passent... ont préséance, là. Donc, ça amène, des fois, le fait
qu'on ne peut pas faire de prélèvement ou ne peut pas...
M. Grandmont : Pendant que
votre collègue cherche l'information, je veux juste... là où je veux m'en
aller, en fait, c'est que ça prend des données pour pouvoir faire améliorer les
choses, là. À Montréal, je ne sais pas si vous connaissez la notion... je ne
sais pas si Mme la ministre connaît la notion d'emportiérage, là, le fait
d'ouvrir sa portière, puis il y a un cycliste qui mange la porte, dans le fond.
C'est quelque chose... c'est un phénomène qui existe depuis toujours, en fait,
là... en fait, malheureusement, qui est très dangereux. Il commence à y avoir
de la sensibilisation, notamment, là, il y a des groupes, il y a quelques
années, qui ont fait la promotion de l'ouverture à la hollandaise. Donc, on en
profite pour ouvrir la porte non pas avec la main gauche, mais avec la main
droite pour être sûr de regarder à l'arrière s'il y a un cycliste qui s'en
vient. Puis, bon, il y a une multiplication...
Mme Guilbault :Dont la SAAQ.
M. Grandmont : Oui, effectivement,
la SAAQ, je pense, a fait la promotion de ça, d'ailleurs. On est très, très
contents. Mais toujours est-il que, pendant plusieurs années, le phénomène de
l'emportiérage n'était pas mesuré, donc les services de police ne
comptabilisaient pas ce phénomène-là. Donc, quand il y avait un accident,
c'était simplement une collision entre un automobiliste puis un cycliste, puis
il n'y avait pas de... il n'y avait pas d'analyse particulière qui était faite
sur ça. Or, tous les cyclistes savent très bien que c'est quelque chose qui
arrive malheureusement trop souvent ou qui est source d'insécurité très grande.
Puis la ville de Montréal a commencé à le faire, à un moment donné, justement
en lien avec la Vision Zéro. Ils ont dit : Bien, tu sais, c'est un
phénomène dont on entend de plus en plus parler, on veut augmenter le nombre de
cyclistes dans la ville, on fait davantage d'infrastructures. Bien, pour éviter
que ça arrive, bien, on va le documenter, parce que ce qui se mesure peut
s'améliorer.
Donc, l'histoire, c'est ça. C'est juste que
la ville de Montréal s'est mise à le comptabiliser, puis sur les billets de
contraventions de la police de Montréal, maintenant, bien, il y a une coche :
emportiérage. C'est aussi simple que ça, mais c'est maintenant... ça fait
partie de la comptabilisation, puis il est rentré dans les statistiques.
Donc, ma question, c'est... porte sur ça,
dans le fond. Tu sais, on a beaucoup parlé d'alcool au volant, à savoir, bon,
bien, est-ce qu'on devrait descendre à 0,05? 0,08, c'est-tu suffisant? On ne
sait pas quoi... Puis là, quand on donnait des arguments, bien, c'était
beaucoup basé sur des expériences étrangères, que ce soit dans le Canada, ou
que ce soit en Europe, ou peu importe, aux États-Unis, puis on n'a jamais trop
compris sur quelle base la décision de la partie gouvernementale s'est faite.
Je ne veux pas revenir sur le débat, mais ce que je veux dire, c'est que, si on
ne mesure pas ça, on ne pourra pas s'améliorer.
Donc, moi, ce que j'insisterais la SAAQ à
faire, parce que je pense que c'est le bon organe pour le faire, parce que, de
toute façon, ils font déjà une comptabilisation sommaire, là, un peu trop
agrégée, mais il reste à voir... mais c'est d'améliorer cette ventilation-là,
améliorer la collecte d'informations, pour qu'après ça, quand on se repose les
mêmes questions qu'on s'est posées pendant cette commission, bien, qu'on ait
les bonnes données, tout le monde ensemble, puis qu'on puisse dire : Bien,
voici la direction que nous devons prendre. Si on n'a pas fait cet effort de
collecte de données d'abord... puis évidemment, ça, ça fait partie des cinq E,
là, aller chercher l'information. L'évaluation, si on ne fait pas ce
travail-là, bien, on va toujours être au même point mort, puis on va prendre
des décisions, puis je ne veux pas dire... mettre des mots dans la bouche de la
ministre, là, mais peut-être sur des prémisses qui ne sont pas les bonnes,
alors que, si on avait toutes les mêmes informations, des informations
québécoises, bien, on serait capable de peut-être prendre des meilleures
décisions.
Donc, c'est pour ça que je m'en allais
vers cette idée, là, d'avoir davantage... Cela dit, ma demande demeure, là. Si
on est capable de nous donner davantage d'informations... Je comprends que,
pour la partie décès, on fera les démarches, là, nous autres, de notre côté,
auprès du coroner, mais, du côté de la partie gouvernementale ou de la SAAQ, si
on a accès à des données sur le... pour les accidents, les accidents graves
notamment... parce que c'est ce qui m'intéresse le plus, là, accidents graves
et accidents mortels, et, après ça, le plus ventilé possible pour être capable
de savoir : Est-ce que les gens étaient entre 0,05, 0,08, ou au-delà de
0,08, ou pas d'alcool?, mais qu'on puisse avoir accès à cette information-là.
Moi, je serais très intéressé.
Donc, si on peut nous les transmettre,
s'ils existent déjà... Si ces données-là n'existent pas, bien, posons-nous la
question : Est-ce qu'on ne devrait pas agréger... tu sais, collecter
davantage d'informations pour qu'à la prochaine discussion politique et
médiatique là-dessus, bien, <on parte tous avec les mêmes...
M. Grandmont :
...politique
et médiatique là-dessus, bien, >on parte tous avec les mêmes informations,
là?
Mme Guilbault :Oui, j'en prends note, on va vérifier ce qu'on a. Comme
j'expliquais, on n'a pas nécessairement ce que le collègue recherche. Puis
aussi, c'est que, même si on collige... parce que certainement qu'en quelque
part il y a de l'information. Il y a une trace d'information, si on fait un
prélèvement sur un conducteur non décédé... mais c'est que ce n'est pas
exhaustif. Alors, tu sais, si tu n'as pas le... si, par exemple, tu as un
échantillon, je ne sais pas, moi, de 30 conducteurs... là, on parlait des
motos, donc 30 conducteurs de moto impliqués dans un accident grave, et,
là-dessus, il y a seulement un prélèvement qui est fait sur 15... sur les 30,
et, sur les 15, le prélèvement est positif, sept sur 15, finalement, le sept
sur 30 ne veut pas dire grand-chose. C'est ça que je veux dire.
• (17 heures) •
M. Grandmont : Bien, moi, je
fais confiance au protocole policier. Je pense que leur... tu sais, puis je
n'ai pas de raison de le mettre en doute pour l'instant. Il doit y avoir un
doute raisonnable, ils ont leur façon de procéder, puis je suis persuadé qu'ils
le font de façon très, très consciencieuse. Je pense que, si on est capable de
savoir le taux de collecte d'alcool... Le résultat, quand ils ont... quand le
test a été fait, il pourrait être négatif, il pourrait être entre 0,05 et 0,08,
il pourrait être au-delà de 0,08. Puis évidemment, c'est des données anonymes,
donc il n'y a jamais moyen de retracer la personne. Si on avait ça... puis,
après ça, bien, on sait le nombre d'accidents. On les a, ça, c'est des données
qui sont publiques dans le bilan, là. On est capables de savoir... de faire le
ratio, en fait, entre les deux, là.
Donc, l'information, c'est juste de
l'avoir. Donc, s'il y a des accidents graves, bien, combien étaient à 0,08 sur
le nombre total des accidents? Combien étaient entre 0,05 et 0,08 sur le nombre
total des accidents? Ça nous donnerait une bonne perspective pour chaque type
de permis de conduire, chaque type de véhicule, bien, tu sais, la prévalence de
l'alcool comme facteur aggravant d'un accident selon le type de véhicule. Moi,
je pense que c'est des données qui sont utiles et importantes, puis un peu dans
le même sens de ce que, vous, vous avez fait, là, effectivement, là... Tu sais,
la ministre a dit : Il y a des mesures qu'on met en place, na, na, na,
puis tout ça, puis il y a des classes de permis de conduire qui sont exemptées,
parce qu'on considère que la consommation d'alcool n'est pas un facteur
aggravant. Moi, c'est exactement dans la même lignée que ce que Mme la ministre
propose.
Mme Guilbault :Oui, alors... bien, j'ai noté la suggestion du collègue.
M. Grandmont : Mais je
réitère, il y a une demande qui venait avec aussi, ce n'est pas juste une
suggestion. C'est d'abord de savoir... S'il y a des données qui existent, merci
de bien vouloir nous les transmettre, nous...
Mme Guilbault :Oui. Ça, je l'ai dit tout à l'heure.
M. Grandmont : Parfait,
excellent. Puis sinon, pour la suggestion, bien, évidemment, je pense que c'est
juste au bénéfice de tout le monde, pour avoir un meilleur impact.
Mme Guilbault :Et moi aussi, je fais confiance à l'excellent travail de
nos policiers.
M. Grandmont : Oui, parfait.
On est d'accord là-dessus.
Mme Guilbault :Québec solidaire aussi, de ce que je comprends. C'est bien.
M. Grandmont : Oui, oui. Ils
travaillent très bien.
Le Président (M. Jacques) : Merci,
Mme la ministre. Donc, vous allez faire parvenir à la commission les documents,
exactement?
Mme Guilbault :Si on trouve de telles données, oui, on va les transmettre,
tout à fait.
Le Président (M. Jacques) : Parfait,
merci.
M. Grandmont : ...si jamais
on n'a pas de réponse, bien, qu'on nous le dise aussi, là, parce qu'on ne met
pas de délai de prescription sur cette demande, mais au moins...
Mme Guilbault :45 jours.
M. Grandmont : ...qu'on nous
dise : On a fait la demande puis, effectivement, on ne trouve rien.
Le Président (M. Jacques) : Parfait.
Donc, nous serons informés du résultat de la recherche. Donc, est-ce qu'il y a
d'autres commentaires sur l'article 46? S'il n'y a pas d'autre commentaire,
est-ce que l'article 46 est adopté?
Des voix : Adopté.
Le Président (M. Jacques) : Adopté.
Article 47.
Mme Guilbault :Article 47 : L'article 202.2.1.2 de ce code
est modifié par le remplacement, dans le paragraphe 3° du deuxième alinéa, de
«4 500 kg ou plus» par «moins de 4 500 kg».
En commentaire : L'article 47 du
projet de loi modifie l'article 202.2.1.2 du Code de la sécurité routière afin
d'ajuster l'exception prévue au paragraphe 3° du deuxième alinéa de cet
article, afin que celle-ci s'applique plutôt aux véhicules lourds dont le poids
nominal brut est inférieur à 4 500 kg.
Et ce qu'on m'explique, c'est qu'en fait
il y avait eu une erreur, ou, en tout cas, une coquille, ou quelque chose
d'inexact qui avait été inséré à l'époque, là. Donc, mes collègues ont
probablement la page de gauche, texte actuel versus texte proposé. Donc, on
voit que, dans le texte actuel, au numéro 3, on parle d'un véhicule lourd
dont le poids nominal brut est de 4 500 kg ou plus, mais, en fait, ce
qu'on voulait dire, c'est 4 000... et c'est moins de 4 500 kg.
Donc, on le corrige.
Le Président (M. Jacques) : Merci,
Mme la ministre. Est-ce qu'il y a des interventions? Donc, s'il n'y a pas
d'intervention, est-ce que l'article 47 est adopté?
Des voix : Adopté.
Le Président (M. Jacques) : Adopté.
Article 48.
Mme Guilbault :Article 48 : L'article 202.3 de ce code,
modifié par l'article 43 du chapitre 19 des lois de 2018 et par
l'article 28 du chapitre 13 des lois de 2022, est de nouveau modifié
par l'insertion, dans le premier alinéa et après «202.2.0.1,», de «202.2.0.2,».
En commentaire : L'article 48
apporte une modification de concordance à <l'article 202.3 du...
>
17 h (version révisée)
<16885
Mme Guilbault :
...l'article 48
apporte une modification de concordance à >l'article 202.3 du Code
de la sécurité routière afin de considérer la nouvelle interdiction de conduire
avec quelque présence d'alcool dans l'organisme applicable aux titulaires d'un
permis de conduire auquel est ajoutée la classe appropriée à la conduite d'une
motocyclette pendant les 24 mois suivant l'ajout de cette classe au permis
de conduire dont il est déjà titulaire. Cette modification vise à conférer aux
agents de la paix le pouvoir de soumettre ces conducteurs à une épreuve de
dépistage de l'alcool.
Le Président (M. Jacques) : Merci,
Mme la ministre. Est-ce qu'il y a des interventions sur l'article 48?
Donc, s'il n'y a pas d'intervention, est-ce que l'article 48 est adopté?
Des voix : Adopté.
Le Président (M. Jacques) : Article 49.
Mme Guilbault :49. L'article 202.4 de ce code, modifié par l'article 29 du
chapitre 13 des lois de 2022, est de nouveau modifié :
1° par l'insertion, dans le
paragraphe 2.1° du premier alinéa et après «l'article 202.2.0.1», de «ou à
l'article 202.2.0.2»;
2° par l'insertion, dans le dernier
alinéa et après «l'article 202.2.0.1,», de «à l'article 202.2.0.2,».
En commentaire : La modification
proposée par l'article 49 du projet de loi est complémentaire à la
nouvelle interdiction de conduire avec quelque présence d'alcool dans l'organisme
prévue à l'article 202.2.0.2 du Code de la sécurité routière. Ainsi, il
est proposé que le permis soit suspendu pour une période de 90 jours, si
le titulaire d'un permis de conduire de la classe appropriée à la conduite d'une
motocyclette conduit ou a la garde ou le contrôle d'un véhicule avec quelque
présence d'alcool dans son organisme pendant les 24 mois suivant l'ajout
de la classe au permis de conduire dont il est déjà titulaire. Néanmoins, cette
suspension ne sera applicable qu'à l'égard de la classe appropriée à la
conduite d'une motocyclette.
Le Président (M. Jacques) : Merci.
Est-ce qu'il y a des interventions sur l'article 49? M. le député de Taschereau.
M. Grandmont : Oui, bien, c'est
un peu pour mon information personnelle. Ce n'est pas tant sur la proposition
qui est faite que sur le... ce qui est mentionné comme étant non en vigueur. C'est
quoi, ça? Je parle, là, de la fin... en fait, c'est le dernier, l'avant-dernier...
l'avant-dernier alinéa, là, de l'article 204, là... 202.4, pardon. J'aimerais
juste comprendre, c'est pour mon information personnelle, mais pourquoi il y a
des... il y a un alinéa, dans le fond, qui est identifié au Code de la sécurité
routière comme non en vigueur? C'est en grisé, là, dans le texte, là.
Mme Guilbault :Je vérifie.
Le Président (M. Jacques) : Nous
allons suspendre quelques instants.
(Suspension de la séance à 17 h 07)
(Reprise à 17 h 23)
Le Président (M. Jacques) : Nous
reprenons nos travaux. Et, lors de la suspension, nous en étions à une question
du député de Taschereau à Mme la ministre, et je crois que nous avons une
réponse. Mme la ministre.
Mme Guilbault :Oui, et il a fallu que je me plonge dans les... d'où le
délai, là, tu sais, l'espèce de superposition et de juxtaposition de références
inter, intra-codes, etc.
Alors donc, pour essayer de simplifier la
chose, là, dans le fond, il est question de l'article 202.4, puis là,
c'est ça, il y a toujours le texte actuel versus proposé, texte actuel où le
député a relevé le paragraphe en gris. Mais, dans le fond, cet article-là porte
sur les suspensions, et donc toutes les suspensions en question sont... bien,
existent. La seule qui n'est pas en vigueur en ce moment, justement, c'est
celle qui réfère à l'interdiction qui est prévue à l'article 202.2.1 du <Code...
Mme Guilbault :
...est prévue à l'article 202.2.1 du >Code de
la sécurité routière, qui, lui, n'a jamais été mis en vigueur à travers les
années. Il a été introduit là en 2002, alors, imaginez-vous, il y a eu beaucoup
de monde depuis ce temps-là. Et il n'a jamais été mis en vigueur, entre autres,
parce qu'au fil du temps... cet article-là, il visait des interdictions
d'alcool, par exemple, véhicules lourds, taxis, et donc, au fil du temps s'est
ajouté ces interdictions-là, de toute façon, dans d'autres articles ou... en
tout cas, c'est...
Le fait est que ces gens-là sont quand
même... ont quand même une interdiction d'alcool en ce moment, alors c'est
comme si la mise en vigueur est un peu laissée en suspens, mais l'objectif est
rencontré de manière périphérique...
M. Grandmont : C'est bon.
Mme Guilbault :...si je peux m'exprimer ainsi.
M. Grandmont : Ça fait qu'on
a comme un fossile d'article qui n'a jamais été sanctionné, dans le fond, là,
finalement, mais vous me dites... vous me garantissez que, dans le fond...
Mme Guilbault :On pourrait paraphraser comme ça, oui.
M. Grandmont : Oui, c'est...
mais vous me garantissez que, dans le fond, l'ensemble des interdictions sont
prévues, encadrées ailleurs dans le Code de la sécurité routière. J'avoue que
j'étais juste étonné de voir... puis je suis désolé du travail que ça a pu vous
demander, mais j'étais étonné de voir ça apparaître, parce que, bon,
effectivement, moi aussi, je me posais des questions sur le pourquoi... moi
aussi, j'avais noté que ça datait de 2002. Puis, bien, en même temps, je...
souvent, quand on fait un projet de loi, on en profite, justement, pour
nettoyer, en fait, la loi qui est modifiée, donc le Code de la sécurité
routière, dans ce cas-ci. Donc, je me demandais pourquoi ça n'avait pas été
simplement... bien, en fait, s'il y avait des raisons.
Là, vous m'expliquez que, dans le fond, ça
n'a juste pas été sanctionné puis que tout est couvert. Puis je me pose donc la
question de pourquoi on n'en a pas profité pour le nettoyer, l'enlever, tout
simplement, si, de toute façon, tout est répondu, par ailleurs.
Mme Guilbault :Bien, j'ai posé la question, mais là on me dit qu'il y a
des ramifications. Alors, peut-être que ça prendrait...
M. Grandmont : Des ramifications?
Qu'est-ce qu'on entend par «ramifications»? Savez-vous?
Mme Guilbault :Dans le fond, c'est qu'on pourrait l'abroger, mais
peut-être que ça a des... bien, peut-être que ça génère de la concordance. Tu
sais, des fois, là, il y a un effet domino, là, mais on peut le... je peux le
vérifier. Tu sais, il y a peut-être des raisons où il faut le garder aussi, là.
Je veux juste m'assurer, là, parce qu'en même temps, il ne dérange personne, ça
fait que moi, je me dis, tu sais...
M. Grandmont : Non, c'est...
bien, c'est un peu... c'est un peu le raisonnement que je me fais aussi.
Mme Guilbault :...la prochaine fois.
M. Grandmont : Bien, c'est
ça.
Mme Guilbault :Peut-être la prochaine fois.
M. Grandmont : En espérant
que ce soit le plus tôt possible, mais... Non, c'est pour vous, hein, c'est
votre projet de loi. Ça reste là, ce n'est pas... ce n'est pas une tache, ce
n'est pas... c'est juste que c'est présent, puis on dirait que ça ne sert à
rien. C'est comme un appendice, un peu, mais... puis ça ne risque pas
d'exploser, visiblement, ça ne va pas nous exploser au visage. Donc, on peut le
laisser là, moi, ça ne me dérange pas. Si c'est votre souhait, là,
d'éventuellement l'abroger, écoutez, on pourrait toujours le réouvrir à la fin,
nettoyer ça, en vous assurant, évidemment, qu'il n'y a pas de lien avec
d'autres choses, là, parce que, si vous parlez de ramifications, je ne sais pas
si c'est un terme juridique, dans ce cas-ci, qui est utilisé, mais c'est pour
vous. Mais je n'en ferai pas un cas, je ne déchirerai pas ma chemise là-dessus,
là.
Le Président (M. Jacques) : Merci.
Est-ce qu'il y a d'autres interventions sur l'article 49? S'il n'y a pas
d'autre intervention, est-ce que l'article 49 est adopté?
Des voix : Adopté.
Le Président (M. Jacques) : Adopté.
Je voulais aussi vous informer que les classes de permis de conduire, le
document que Mme la ministre nous a montré tout à l'heure, est sur Greffier.
Donc, article 50.
Mme Guilbault :Merci, M. le Président. Article 50. L'article 202.8 de ce
code, modifié par l'article 52 du chapitre 19 des lois de 2018 et par l'article
31 du chapitre 13 des lois de 2022, est de nouveau modifié par l'insertion,
dans le premier alinéa et après «à l'article 202.2.0.1», de «ou à l'article
202.2.0.2».
En commentaire : L'article 50 du
projet de loi modifie l'article 202.8 du Code de la sécurité routière pour y
ajouter la référence au nouvel article 202.2.0.2, afin que le titulaire d'un
permis de conduire de la classe appropriée à la conduite d'une motocyclette qui
conduit pendant les 24 mois suivant l'ajout de la classe à son permis de
conduire dont il est déjà titulaire, en contravention avec la nouvelle
interdiction de conduire avec quelque présence d'alcool dans son organisme,
soit passible d'une amende de 300 $ à 600 $.
Le Président (M. Jacques) : Merci.
Est-ce qu'il y a des interventions sur l'article 50? Donc, s'il n'y a pas... M.
le député de Nelligan.
M. Derraji : Là, c'est... à
part modifier l'article, c'est déjà quelque chose qui existe, hein? Ce n'est
pas... ce n'est pas du nouveau.
Mme Guilbault :Bien, c'est qu'on... c'est nouveau de... c'est l'article
46, où c'est nouveau de... l'interdiction de 24 mois pour les nouveaux
titulaires de permis de moto. Donc là, on vient associer une sanction.
M. Derraji : Quand c'est...
l'alcool est en jeu.
Mme Guilbault :C'est ça, s'il y a de l'alcool pendant les 24 premiers
mois durant lesquels il est titulaire du permis.
M. Derraji : OK, et l'amende,
c'est 300 $ à 600 $.
Mme Guilbault :Oui.
M. Derraji : Donc, c'est
applicable pour les motos, pas pour les voitures. Moi, ça... Pour les permis en
bas de 24 mois, c'est aussi la même <chose?...
M. Derraji :
...pour
les motos, pas pour les voitures. Moi, ça... Pour les permis en bas de
24 mois, c'est aussi la même >chose?
Mme Guilbault :Oui, c'est la même amende que celle prévue pour un
conducteur, qui est titulaire de son premier permis, qui ne respecte pas
l'interdiction de conduire avec une quelconque présence d'alcool.
M. Derraji : Donc,
24 mois, les premiers 24 mois.
Mme Guilbault :Bien, ça, c'est pour les conducteurs titulaires de son
premier permis. Donc, dépendant si c'est apprenti ou probatoire, c'est 12 ou
24.
M. Derraji : Pour les deux,
motos et voitures, ou bien juste les motos?
Mme Guilbault :Bien, je... parce que, dans le fond, quelqu'un qui a un
permis de conduire puis que, là, il passe son permis de moto, ça s'ajoute à son
permis et là, pendant 24 mois, il n'a pas le droit de consommer de
l'alcool quand il conduit sa moto.
M. Derraji : Oui. Non, ça, je
l'ai compris. Pour la moto, il n'a pas le droit. Donc, c'est la même chose pour
la conduite d'une voiture? En bas de 24 mois, ça s'applique? La règle,
elle s'applique aussi?
Mme Guilbault :Bien, c'est pour apprenti puis probatoire. Là, je...
Apprenti, c'est-tu avant probatoire?
M. Derraji : Oui.
Mme Guilbault :Donc, pendant un an, apprenti, puis... puis deux ans,
probatoire.
M. Derraji : OK. Donc...
• (17 h 30) •
Mme Guilbault :Bien, article 202.2 : «Il est interdit aux
personnes suivantes de conduire un véhicule routier ou d'en avoir la garde ou
le contrôle s'il y a quelque présence d'alcool dans leur organisme.» Donc, ça,
c'est toute la liste des personnes que c'est interdit :
«1° le titulaire d'un permis
d'apprenti-conducteur ou d'un permis probatoire, s'il n'a jamais été titulaire
d'un permis de conduire autre qu'un permis de conduire autorisant uniquement la
conduite d'un cyclomoteur ou autorisant uniquement la conduite d'un tracteur de
ferme;
«2° la personne âgée de 22 ans
ou plus qui est titulaire d'un permis de conduire autorisant uniquement la
conduite d'un cyclomoteur ou d'un tracteur de ferme depuis moins de cinq ans;
«3° le titulaire d'un permis
restreint délivré...» En tout cas, là, il y a toutes sortes de technicalités.
«4° la personne âgée de 21 ans
au moins qui est titulaire d'un permis de conduire.
«L'interdiction prévue s'applique
également à une personne qui, sans jamais avoir été titulaire d'un permis de
conduire autre qu'un permis de conduire autorisant uniquement la conduite d'un
cyclomoteur ou autorisant uniquement la conduite d'un tracteur de ferme,
conduit un véhicule routier ou en a la garde ou le contrôle.»
Le Président (M. Jacques) : M.
le député de Nelligan.
M. Derraji : Oui. Là, quand
on dit... ça, c'est le commentaire, mais quand je lis le commentaire, avec
«quelque présence d'alcool»... mais c'est quoi, «quelque présence d'alcool»?
Est-ce que c'est vraiment zéro? Est-ce que c'est 0,1, 0,2, 0,04? C'est vraiment
0,00?
Mme Guilbault :...
M. Derraji : OK, mais...
Mme Guilbault :C'est ça. C'est pour ça... dès qu'il y a une trace
d'alcool, il n'est plus à zéro.
M. Derraji : OK. Non, je le
comprends, mais dans... ça, c'est le commentaire. Dans l'article de la loi,
est-ce que c'est mentionné?
Mme Guilbault :Là, on modifie le 202.8... Bien, en fait, je ne suis même
pas certaine de comprendre la question.
M. Derraji : 202.8, il n'y a
pas ça.
Mme Guilbault :Oui, il est ici. Ah! bien, 202.8, c'est ça, c'est la...
c'est dans le code, le 202.8, mais c'est ça, c'est l'amende, parce que cet
article-là porte sur l'amende.
M. Derraji : Hein?
Mme Guilbault :C'est que le 202.8, c'est dans le Code de la sécurité
routière, mais il prévoit l'amende, parce que l'article 50, dont on parle
en ce moment, est là pour prévoir l'amende associée. Mais l'interdiction est à
l'article 46.
M. Derraji : L'article 46.
Mme Guilbault :Qu'on a adopté tout à l'heure.
M. Derraji : Oui, donnez-moi
juste une seconde.
Mme Guilbault :Dans le fond, 50 vient juste préciser la sanction, si on
contrevient à 46.
M. Derraji : Oui, de 300 $
à 600 $.
Mme Guilbault :300 $ à 600 $.
M. Derraji : Mais, vous
savez, vous êtes... Il y a même le risque zéro alcool. Il y a même le risque
zéro alcool pour des catégories.
Mme Guilbault :Pour les nouveaux permis de moto, oui.
Le Président (M. Jacques) : Il
y a d'autres interventions sur l'article 50?
M. Derraji : J'aurais aimé
avoir la même ouverture ailleurs, M. le Président. Il y a déjà de l'ouverture pour
du zéro... zéro trace d'alcool pour les nouveaux permis, pour les titulaires de
nouveaux permis.
Mme Guilbault :De motocyclette.
Le Président (M. Jacques) : Merci.
Est-ce qu'il y a d'autres interventions? Donc, est-ce que l'article 50 est
adopté?
Des voix : Adopté.
Le Président (M. Jacques) : Adopté.
Article... Mme la ministre, vous avez un amendement introduisant
l'article 50.1.
Mme Guilbault :Oui. Article 50.1. Insérer, après l'article 50 du
projet de loi, le suivant :
«50.1. L'article 209.2 de ce code, modifié
par l'article 16 du chapitre 29 des lois de 2001 et par l'article 32 du
chapitre 7 des lois de 2018, est de nouveau modifié par l'insertion, avant <«328.1»,
de «327.1,»....
>
17 h 30 (version révisée)
<16885
Mme Guilbault :
...
du chapitre 7
des lois de 2018, est de nouveau
modifié par l'insertion, avant >«328.1»,
de «327.1,».
Commentaire : Cette modification
vise, en concordance avec les autres cas de suspension sur-le-champ visés à l'article 209.2
du Code de la sécurité routière, à prévoir que le conducteur d'un véhicule
routier dont le permis est suspendu en vertu de l'article 327.1, introduit
par amendement par le présent projet de loi, est sujet à une saisie du véhicule
en cas de conduite durant la période où son permis est sanctionné.
Le Président (M. Jacques) : Merci,
Mme la ministre. Est-ce qu'il y a des interventions? Il n'y a pas d'intervention.
Est-ce que l'article...
M. Derraji : ...dans le
texte.
Le Président (M. Jacques) : Est-ce
que l'amendement à l'article 50.1 est adopté?
Des voix : Adopté.
Le Président (M. Jacques) : Adopté.
Mme la ministre, article 51.
Mme Guilbault :Merci. Article 51. L'article 226.2 de ce code,
remplacé par l'article 39 du chapitre 13 des lois de 2022, est
modifié...
Une voix : ...
Mme Guilbault :Article 51.
Le Président (M. Jacques) : Oui,
51.
Mme Guilbault :Donc, je vais recommencer. Article 51. L'article 226.2
de ce code, remplacé par l'article 39 du chapitre 13 des lois de
2022, est modifié par l'ajout, à la fin du deuxième alinéa, de la phrase
suivante : «En outre, le conducteur d'une dépanneuse peut, dans les mêmes
conditions, emprunter la voie réservée à la circulation de certaines catégories
de véhicules routiers ou la voie réservée à la circulation des seuls véhicules
routiers qui transportent le nombre de personnes indiqué par une signalisation
appropriée.»
En commentaire : L'article 51
du projet de loi modifie le deuxième alinéa de l'article 226.2 du Code de
la sécurité routière pour prévoir que le conducteur d'une dépanneuse peut,
lorsque les circonstances l'exigent et que le feu vert clignotant est actionné,
emprunter les voies réservées aux autobus et aux taxis et les voies réservées au
covoiturage.
Le Président (M. Jacques) : Merci,
Mme la ministre. Est-ce qu'il y a des interventions à l'article 51? Donc,
s'il n'y a...
M. Derraji : ...juste
une seconde. Juste une question, une seule.
Le Président (M. Jacques) : Vous
pouvez y aller, M. le député.
M. Derraji : Bien, je
veux qu'elle m'écoute. Je ne veux pas répéter. Je ne sais pas si on a parlé des
dépanneuses dans... les conducteurs de dépanneuse ou les dépanneuses dans les
amendes. Est-ce que c'est des personnes, là... parce que je vois qu'ils
passent... feux verts clignotants, ils peuvent emprunter les voies réservées
aux autobus, taxis et les voies réservées au covoiturage. Mais, si jamais il y
a un radar, eux, ils sont exclus ou pas? Je ne sais pas si on l'a traité
aujourd'hui ou hier, j'ai comme un blanc de mémoire. Les conducteurs de
dépanneuse, est-ce qu'ils sont exclus des amendes?
Des voix : ...
M. Derraji : C'est ça, mais
ça pose un problème. Je l'ai vu hier et je me suis dit : Peut-être que je
l'ai mal lu.Ils doivent être exclus. Ils doivent être exclus.
Le Président (M. Jacques) : Nous
allons suspendre quelques instants.
(Suspension de la séance à 17 h 38)
(Reprise à 17 h 44)
Le Président (M. Jacques) : Nous
reprenons nos travaux. Et, lors de la suspension, nous en étions à
l'article 51, et il y avait une discussion entre M. le député de
Nelligan et Mme la ministre qui nous revenait avec une réponse. Mme la
ministre.
Mme Guilbault :Oui, bien, comme j'avais peut-être commencé à l'expliquer
au micro, bien, les dépanneuses, donc, déjà, ont la possibilité d'utiliser le
feu vert clignotant, qui est à l'article 226 point quelque du code... 226.2,
je pense. Et donc, là, on leur ajoute la possibilité d'utiliser, quand les <circonstances...
Mme Guilbault :
...ajoute la possibilité d'utiliser, quand les >circonstances
l'exigent, les voies réservées. Donc, c'est un privilège de plus pour pouvoir
accéder plus rapidement à la scène.
Le Président (M. Jacques) : M.
le député.
M. Derraji : Oui. Merci à Mme
la ministre pour les clarifications. L'enjeu que j'ai soulevé, c'est juste en
cas de dégager la voie publique, c'est très important, comme l'arrivée des
pompiers et premiers répondants, policiers, ambulanciers. Le conducteur de
dépanneuse joue aussi un rôle, et là je comprends qu'ils peuvent emprunter les
voies réservées aux autobus et aux taxis et les voies réservées au covoiturage.
La question était juste pour qu'on ne se ramasse pas à ce que ces personnes
paient des tickets en voulant libérer la voie publique. C'est juste ça. Je ne
pense pas que c'est... qu'elles méritent des tickets, M. le Président, en
allant libérer la voie publique.
Le Président (M. Jacques) : Merci,
M. le député. Est-ce qu'il y a d'autres interventions sur l'article 51? M.
le député de Taschereau.
M. Grandmont : Oui. Bien, je
voulais savoir, en fait, c'est... Est-ce qu'il y a quelque chose qui interdit...
Est-ce qu'il y a une disposition, dans le Code de la sécurité routière, qui
interdit aux véhicules d'urgence, lorsqu'évidemment les feux sont actionnés,
là, d'emprunter un aménagement cyclable, donc, de rouler sur une piste
cyclable, sur un aménagement qui serait assez large pour permettre la circulation,
pour, justement, être capable de répondre en cas de congestion, par exemple?
Parce que là, ce qu'on dit, c'est que, dans le fond, quand il y a de la
congestion, les véhicules d'urgence peuvent aller utiliser, là, l'endroit qui
est le plus rapide à utiliser, plus efficace, là, donc, des voies réservées
pour, notamment, le covoiturage, deux, trois personnes. Bien là, évidemment,
s'il y a juste un conducteur pour la dépanneuse, bien, on n'atteint pas ce
minimum-là. Même chose pour les accotements, on n'est pas supposés rouler. Mais,
dans ce cas-là, on peut. Est-ce que c'est possible, selon le Code de la
sécurité routière, de le faire?
Le Président (M. Jacques) : Mme
la ministre.
Des voix : ...
Mme Guilbault :Oui. Alors, si les feux sont actionnés, donc qu'ils
répondent à une urgence, oui, ils pourraient y aller.
M. Grandmont : OK. Parfait.
Donc, ça, c'est permis par le code, donc ce n'est pas les municipalités qui...
Des municipalités ne pourraient pas l'interdire? Parce que moi, je vois un
avantage, personnellement, à utiliser ça, là. Effectivement, le vélo est là
pour... Les aménagements cyclables sont souvent mis en place ou même des voies
réservées, en fait, pour les transports en commun en milieu urbain. On est sur
le territoire municipal, donc, ce serait la même chose aussi pour les voies
réservées aux transports en commun sur le réseau municipal. C'est permis aussi,
selon le Code de la sécurité routière?
Mme Guilbault :Oui. Donc, non, les municipalités ne pourraient pas
l'empêcher.
M. Grandmont : Parfait. Je
vous remercie.
Le Président (M. Jacques) : Merci.
Est-ce qu'il y a d'autres interventions à l'article 51? Donc, s'il n'y a
pas d'autre intervention, est-ce que l'article 51 est adopté?
Des voix : Adopté.
Le Président (M. Jacques) : Adopté.
Article 52.
Mme Guilbault :52, M. le Président, avec le consentement des collègues, je
le suspendrais aussi, pour les mêmes raisons que 23 et 12, parce qu'on aborde
la question des zones scolaires... puis donc, en tout cas, la conversation qui
est en suspens là-dessus.
Le Président (M. Jacques) : M.
le député de Taschereau.
M. Grandmont : Bien,
évidemment, on va y consentir. On avait... On voulait avoir une discussion là-dessus,
évidemment, sur la notion, là, de corridor scolaire, qu'on a discutée
précédemment. Évidemment, là, il y a plusieurs groupes qui nous avaient
recommandé, effectivement, de faire une modification du 52 pour y ajouter la
notion de corridor scolaire. On a eu des discussions ensemble, là,
précédemment, encore une fois, là, à l'effet que cette notion de corridor
scolaire devrait pouvoir être couverte par la loi... le projet de loi
n° 48, pour être en concordance aussi avec le plan d'action, là. Je pense qu'on
a tous le même objectif. Donc, j'ai hâte de voir la proposition éventuelle, là,
de Mme la ministre, puis qu'on puisse y revenir, et on aura cette discussion-là
à ce moment-là.
Le Président (M. Jacques) : M.
le député de Nelligan.
M. Derraji : Oui. Là, on est
à trois articles... oui, trois articles suspendus, donc le 12, le 23 et 52.
Est-ce que Mme la ministre a en tête une idée sur un début de discussion? Parce
que c'est des éléments importants. Est-ce que ça va être demain? Est-ce que ça
va être après? C'est juste pour qu'on...
Mme Guilbault :Bien, on pense que... on pense que demain, oui,
probablement...
M. Derraji : OK. Donc,
demain, on va avoir le...
Mme Guilbault :Possiblement.
M. Derraji : OK. Juste pour
qu'on ne dit pas qu'on retarde le projet de loi. On a bien hâte, on veut... on
veut que ça marche, le Code de la sécurité routière.
Mme Guilbault :Non, non, non. Bien, si mon collègue veut terminer, demain
après-midi, le projet de loi, c'est sûr que ce n'est pas nous qui allons le
retarder.
M. Derraji : Moi, Mme la
ministre... Moi, Mme la ministre, ce que je veux, en tout respect, M. le
Président, parce que je m'adresse à M. le Président, je veux le meilleur code
de la sécurité routière. Donc, tout ce qui peut vous donner des outils
nécessaires pour avoir le meilleur code de la sécurité routière, je suis prêt,
ça va me faire un grand plaisir.
Le Président (M. Jacques) : Merci,
M. le député. Est-ce qu'il y a consentement pour suspendre l'article 52?
Des voix : Consentement.
Le Président (M. Jacques) : Consentement.
Article 53.
Mme Guilbault :53. Ce code est modifié par l'insertion, après l'article 300,
du <suivant : «300.1...
Mme Guilbault :
...modifié par l'insertion, après l'article 300,
du >suivant : «300.1. La personne responsable de l'entretien d'un
chemin public doit enregistrer et consigner électroniquement toute limite de
vitesse affichée sur un panneau à message lumineux, variable ou non, selon les
conditions et les modalités prévues par règlement.
«Cet enregistrement et cette consignation
électroniques doivent également comprendre toute information requise par
règlement.»
En commentaire : L'article 300.1
du Code de la sécurité routière, proposé par l'article 53 du projet de
loi, reprend l'obligation prévue par le quatrième alinéa de l'article 329
du CSR, qui est supprimé par l'article 56 du projet de loi.
Ainsi, toute personne qui a la responsabilité
de l'entretien d'un chemin public et qui utilise un panneau à message lumineux
pour indiquer une limite de vitesse a l'obligation d'enregistrer cette limite
et de la consigner électroniquement.
La disposition habilite aussi le
gouvernement à définir par règlement d'autres données que la personne
responsable de l'entretien d'un chemin public aura l'obligation d'enregistrer
lorsqu'elle utilise un panneau à message lumineux ainsi qu'à déterminer le
format dans lequel ces données devront être consignées.
• (17 h 50) •
Le Président (M. Jacques) : Merci.
Est-ce qu'il y a des interventions concernant l'article 53? S'il n'y a pas
d'intervention, est-ce que... M. le député de Nelligan.
M. Derraji : ...rapidement,
juste expliquer le contexte. Donc là, c'est des travaux sur les chemins
publics. Juste... c'est dans quel cadre, tout ça rentre, s'il vous plaît?
Désolé, parce que c'est, à la limite, un peu technique, mais je veux juste
comprendre de quoi s'agit-il.
Le Président (M. Jacques) : Donc,
il y a consentement pour entendre M. Toupin... qui va devoir se nommer et
nommer son titre aussi.
M. Toupin (Laurent) : Oui.
Laurent Toupin, ingénieur en sécurité routière au sein du MTMD.
Donc, on parle ici des panneaux lumineux,
variables ou non. Donc, on parle de panneaux de limites de vitesse variables.
Exemple, sur l'autoroute Robert-Bourassa, ici, à Québec, c'est un panneau qui
permet d'afficher une limite de vitesse qui peut varier en fonction de
différents facteurs, soit la congestion routière... le cas de Robert-Bourassa à
Québec, ou c'est un panneau qui est souvent utilisé dans les zones scolaires, c'est
un panneau qu'on vient pouvoir... on va pouvoir... au moment de la journée qu'on
le souhaite, on peut le programmer ou non, venir faire varier la limite de
vitesse.
M. Derraji : Oui, ça, c'est
un programme de la ville de Québec.
M. Toupin (Laurent) : En
fait...
M. Derraji : Est-ce que vous
parlez... désolé, est-ce que vous parlez de l'affichage dynamique? J'essaie
juste de vous suivre. Parce que la ville de Québec, ils ont, sur certaines
artères, choisi certains... une certaine disposition des panneaux. Est-ce qu'on
parle de ça ou on ne parle pas de la même chose?
M. Toupin (Laurent) : Non, on
ne parle pas exactement de la même chose. Pour la ville de Québec, la ville de
Québec a implanté ces panneaux-là dans les zones scolaires en tant que telles. Ils
vont venir faire varier la limite de vitesse. Exemple, durant la période
scolaire, ils vont venir abaisser la limite de vitesse à
30 kilomètres-heure. Sur le réseau supérieur, on en a à deux endroits...
Au niveau autoroutier, on en a à deux endroits, là, l'autoroute Robert-Bourassa
à Québec, l'autoroute 31 dans Lanaudière. Donc, c'est un panneau... On va
venir faire, nous, fluctuer la limite de vitesse en fonction, sur
Robert-Bourassa, de la circulation des voies courantes pour réduire les
différentiels de vitesse entre la voie réservée puis la voie courante de
circulation. Et, sur l'autoroute 31, c'est un concept en fonction de la
présence de véhicules agricoles. Ça fait que... donc là, on vient faire varier
la vitesse qui va être affichée sur le panneau. C'est ça, un panneau de limite
de vitesse variable.
M. Derraji : OK. Et la
personne responsable de l'entretien doit enregistrer et consigner
électroniquement toute limite de vitesse, mais comment?
M. Toupin (Laurent) : Bien,
actuellement, au niveau du réseau supérieur, la façon qu'on procède, c'est... On
a un registre des limites de vitesse. Donc, toute limite de vitesse qui est
affichée sur le réseau supérieur est enregistrée, mais l'information qu'on
vient enregistrer, c'est la limite de vitesse qui devrait être affichée sur le
panneau. Donc, ça, on parle de tout panneau de limite de vitesse. Pour les
panneaux variables, comme on parle ici dans l'article 300.1, on va
venir... on va venir encadrer, dans un règlement, toute autre information qu'on
souhaite enregistrer.
Donc là, je faisais référence, tout à
l'heure, à la limite de vitesse qui devrait être affichée. Donc, exemple, sur
les panneaux de tôle, en aluminium, ça, c'est supersimple, c'est la même limite
de vitesse qu'on vient enregistrer, elle qui est indiquée...
M. Derraji : Oui, c'est fixe.
M. Toupin (Laurent) : C'est
fixe, exactement. Sur les panneaux lumineux comme ça, on vient enregistrer la
limite de vitesse qui devrait être enregistrée, donc, elle qui est programmée. On
va demander, exemple, de venir enregistrer la limite de vitesse qui a été
affichée. Donc, on veut vraiment s'assurer de la fiabilité de l'appareil pour
démontrer hors de tout doute que la limite de vitesse qui était affichée au
moment d'une infraction x était bien celle qu'on pense qu'elle était.
M. Derraji : Ah! OK, pour que
quelqu'un ne conteste pas que la limite qui est affichée, c'est, genre... Je ne
sais pas c'est quoi, les limites dans les autoroutes que vous venez de
mentionner.
M. Toupin (Laurent) : Sur
l'autoroute Robert-Bourassa, la limite de vitesse, de mémoire, peut varier
entre 90 et moins, tout dépendant de la circulation et le différentiel de
vitesse. Et, sur l'autoroute 31, on fait descendre ça plus bas, mais on
vient jouer sur la limite de vitesse maximale et minimale et, vraiment, des
protocoles établis.
M. Derraji : Merci beaucoup.
Et le fait d'enregistrer, ça nous empêche d'avoir quoi?
M. Toupin (Laurent) : Bien,
en fait, ça nous empêche... ça vient nous assurer, quand on va venir émettre un
constat d'infraction, le cas échéant, de la fiabilité de l'appareil. Et là on
ne parle que des autoroutes, mais on parle aussi des zones <scolaires. Ça
fait qu'on vient...
M. Toupin (Laurent) :
...
là on ne parle que des autoroutes, mais on parle aussi des zones >scolaires.
Ça fait qu'on vient s'assurer de la fiabilité de l'appareil au travers des
éléments qu'on veut venir définir dans un règlement, qu'il y ait toute
information qui va être nécessaire pour venir assurer la fiabilité de
l'appareil et démontrer hors de tout doute la limite de vitesse qui était
affichée. Et ça va aussi nous donner l'information... exemple, il y avait un
signal d'erreur sur le panneau, parfait, il n'y a pas de constat qui serait
émis dans ce cas-là.
M. Derraji : OK. Ce qui nous ramène
aux zones scolaires et le projet de la ville de Québec. Est-ce que ça va être
appliqué, la même chose, donc enregistré? Parce que c'est de l'affichage
dynamique, ça change.
M. Toupin (Laurent) : Oui,
mais l'avantage du cas de la ville de Québec, dans la majorité des
situations... Bien, je ne suis pas expert puis je ne travaille pas non plus
pour la ville de Québec, mais les informations qu'on a au sujet des zones
scolaires de la ville de Québec, la majorité d'entre elles sont des limites de
vitesse qui ont été programmées à l'avance, exemple, 7 à 17 heures. Ça
fait que ça rend l'enregistrement un peu plus facile, mais c'est sûr et certain
que, dans l'élaboration d'un règlement, comme tout règlement, on consulte puis
on s'assure de bien faire les choses.
M. Derraji : OK, mais ça,
c'est fixe, ça va être toujours le cas? Ce n'est pas un affichage dynamique,
comme c'est le cas à la ville de Québec, au niveau des zones scolaires, où ça
change en fonction de l'horaire?
M. Toupin (Laurent) : Les
zones scolaires de la ville de Québec, là, je... comme je le mentionne, je ne
suis pas un ingénieur de la ville de Québec, mais, dans la majorité des cas,
qu'est-ce qu'on nous a informés, c'est que c'est vraiment enregistré d'avance
en fonction des jours où... Bien, une zone scolaire, c'est quand même
relativement simple à définir, la présence ou non d'écoliers.
M. Derraji : Oui, c'est le
matin ou... Oui, OK, c'est beau. Merci beaucoup, bien gentil.
Le Président (M. Jacques) : Merci.
Est-ce qu'il y a d'autres interventions concernant l'article 53? Donc,
s'il n'y a pas d'autre intervention, est-ce que l'article 53 est adopté?
Des voix : Adopté.
Le Président (M. Jacques) : Adopté.
Mme la ministre, vous avez un article qui... introduisant l'article... un
amendement introduisant l'article 53.1.
Mme Guilbault :Oui. Insérer... Ah! bien, article 53.1 : Insérer,
après l'article 53 du projet de loi, le suivant :
53.1. L'article 314.2 de ce code
est modifié par le remplacement de
«200 $ à 400 $» par «300 $ à 600 $».
Commentaire : Cet amendement vise à
hausser le niveau d'amende en le faisant passer de 200 $ à 400 $ à
300 $ à 600 $ lorsqu'un conducteur de véhicule routier n'obéit pas
aux ordres et aux signaux d'un agent de la paix, d'un brigadier scolaire ou
d'un signaleur routier chargé de diriger la circulation, notamment lors de
travaux.
Le Président (M. Jacques) : Merci.
Est-ce qu'il y a des interventions concernant l'article introduisant
l'article 53.1... l'amendement? M. le député de Nelligan.
M. Derraji : Ce que je
comprends, c'est que vous augmentez les amendes ou bien pour... Il me semble
qu'on a vu la même chose un peu plus tard, 300 $ à 600 $. C'est juste
les mêmes amendes?
Mme Guilbault :Oui. C'est qu'on augmente les amendes, puis ça fait
suite... ça découle du Plan d'action en sécurité routière, où j'avais souvent
dit que l'esprit de ce plan-là, c'était d'envoyer un signal de protection des
clientèles vulnérables. Puis d'ailleurs j'ai un axe sur les travailleurs sur
les chantiers routiers. Il y a les brigadiers scolaires aussi, ils font partie
du plan, donc...
Puis on a vu des vidéos passer, là, où tu
as des gens... C'était à Montréal, je pense, la vidéo, mais peu importe, là. Tu
as quelqu'un qui arrive dans un chantier puis qui s'impatiente, et là il y a un
signaleur ou, en tout cas, une personne sur le chantier qui lui fait signe de
ralentir puis de ne pas passer, puis la personne passe malgré tout,
littéralement, sur le signaleur en question, à travers les cônes, et tout ça.
Et ça, c'est un vidéo que moi, j'ai vu. Il y a sans doute d'autres situations.
Mais on le sait aussi avec... Tu sais,
c'est sûr qu'il y a des endroits où il y a plus de cônes que d'autres. Alors,
des fois, ça peut amener de l'impatience, mais ça met en péril la sécurité de
nos gens qui travaillent sur les chantiers en question. Les brigadiers sont
visés aussi, même chose, les zones scolaires sont déjà aussi dans le plan, mais
les brigadiers scolaires font... sont aussi des personnes qui sont présentes
dans les zones scolaires.
M. Derraji : Et vous pensez
que le fait d'augmenter de... de 300 $ à 600 $, au lieu de 200 $
à 400 $, on va atteindre l'objectif? Il n'y a pas d'autre mesure pour,
surtout, ceux qui ne respectent pas les ordres ni les signaux d'agents de la
paix ou brigadiers scolaires? Pensez-vous que c'est assez?
Mme Guilbault :Bien, c'est-à-dire que ça envoie un certain signal. C'est
comme... Au fil du temps, ça a été ça, tu sais, on a joué sur les amendes...
bien, joué dans le sens de... on a modulé les amendes en fonction des priorités
qu'on pouvait avoir au fil du temps, parce que, tu sais, il y a des enjeux qui
reviennent sporadiquement, qui apparaissent aussi, éventuellement. Genre,
cellulaire au volant, ce n'était pas un problème, dans le temps qu'il n'y avait
pas de cellulaire, donc là, le...
L'impatience sur les chantiers... puis
moi, je parle avec les associations de signaleurs puis les associations des
travailleurs de chantier, c'est pour ça que j'ai un axe là-dessus. D'ailleurs,
c'est les premiers que... Quand je venais d'être nommée ministre des
Transports, je suis allée à Tout le monde en parle, deux jours après...
trois jours après, et ils m'attendaient à Radio-Canada. Donc, c'est
littéralement mon premier groupe que j'ai rencontré, qui m'avait fait promettre
de leur parler, et tout ça. Tout ça pour dire qu'ils m'ont fait valoir un peu
ce qu'ils vivent, et c'est vrai que ça peut être très, très dangereux, là.
Ou quelqu'un qui va très, très vite,
proche d'un chantier, mettons, un chantier sur l'autoroute. Tu sais, des fois,
on installe des feux, là, avec, tu sais, <comme des lumières...
Mme Guilbault :
... chantier sur l'autoroute. Tu sais, des fois, on
installe des feux, là, avec, tu sais, >comme des lumières très longues,
là, genre 90 secondes de chaque côté. Quelqu'un qui voudrait passer quand
même... ou en milieu urbain, très dense, où il y a un paquet de cônes puis de
trafic là-dedans, puis quelqu'un qui déciderait qu'il est tanné d'attendre,
c'est très dangereux pour les gens qui sont présents.
M. Derraji : Merci.
Le Président (M. Jacques) : Est-ce
qu'il y a d'autres interventions à l'article 54?
Une voix : ...
Le Président (M. Jacques) : 53...
Une voix : ...
Le Président (M. Jacques) :
53.1, l'amendement à 53.1? Donc, il n'y a pas d'intervention. Est-ce que l'amendement
est adopté?
Des voix : Adopté.
Le Président (M. Jacques) : Adopté.
Article 54, Mme la ministre.
• (18 heures) •
Mme Guilbault :Article 54 : Ce code est modifié par l'insertion,
après l'article 326.1, du suivant :
«326.2. Le conducteur de l'un des
véhicules routiers suivants peut circuler sur une voie réservée à la
circulation de certaines catégories de véhicules routiers ou sur une voie
réservée à la circulation des seuls véhicules routiers qui transportent le
nombre de personnes indiqué par une signalisation appropriée :
«1° un véhicule d'un corps de police;
«2° un véhicule d'un service ambulancier;
«3° un véhicule d'un service de sécurité
incendie;
«4° un véhicule d'urgence immatriculé au
nom de la Société;
«5° un véhicule routier utilisé pour le
déneigement ou pour l'entretien des chemins lorsqu'il effectue le déneigement
ou l'entretien de ces voies.»
En commentaire : L'article 54 du
projet de loi introduit l'article 326.2 au Code de la sécurité routière
pour permettre aux conducteurs de certains véhicules d'urgence d'emprunter en
tout temps les voies réservées aux autobus et aux taxis et les voies réservées
au covoiturage.
L'article permet également au conducteur
d'un véhicule routier utilisé pour le déneigement ou pour l'entretien des
routes d'emprunter ces voies lorsqu'il en effectue le déneigement ou
l'entretien.
Le Président (M. Jacques) : Et
vous avez un amendement, Mme la ministre.
Mme Guilbault :Alors, amendement à l'article 54 : Remplacer, dans
le paragraphe 4° de l'article 326.2 du Code de la sécurité routière,
proposé par l'article 54 du projet de loi, «immatriculé au nom de la Société»
par «utilisé par la Société».
Commentaire : L'amendement propose de
modifier le paragraphe 4° de l'article 326.2 du Code de la sécurité
routière, proposé par l'article 54 du projet de loi, afin de viser un
véhicule d'urgence utilisé par la SAAQ plutôt qu'un véhicule d'urgence
immatriculé à son nom, parce que les véhicules d'urgence immatriculés au nom de
la société seront bientôt immatriculés au nom du ministère des Transports et de
la Mobilité durable.
Le Président (M. Jacques) : Merci.
Est-ce qu'il y a des interventions sur l'amendement à l'article 54? M. le
député de Taschereau.
M. Grandmont : Oui, bien...
Donc, on a déjà traité d'un article ou d'un amendement qui proposait
sensiblement la même chose, il me semble, par le passé, hein? On disait
qu'effectivement, donc, on avait des véhicules qui pouvaient être utilisés,
mais qui n'étaient pas nécessairement immatriculés. On faisait référence à quels
genres de véhicules, déjà, s'il vous plaît?
Mme Guilbault :22.
M. Grandmont : 22. Puis c'étaient
quels types de véhicules?
Mme Guilbault :Bien là, est-ce qu'on parle de changer «immatriculé au nom
de la Société» par «utilisé par la Société»?
M. Grandmont : Oui, exact,
c'est ça, oui.
Mme Guilbault :C'est ça, c'est à l'article 22.
Le Président (M. Jacques) : ...
M. Grandmont : 602 point...
Le Président (M. Jacques) : 5.
M. Grandmont : 5.
Mme Guilbault :Mais c'est l'article 22 du projet de loi.
Le Président (M. Jacques) : L'article 22,
mais introduisant l'article 602.5.
M. Grandmont : Oui, c'est ça,
effectivement. Donc, oui, c'est la même formulation. Donc, je comprends qu'ici
c'est de la concordance, mais juste nous rappeler, en fait, quels types de
véhicules peuvent être utilisés par la société, mais ne sont pas immatriculés
au nom de la SAAQ, finalement, là.
Mme Guilbault :Non, bien là, ce qu'on dit, c'est qu'éventuellement ils
vont être immatriculés au ministère des Transports et de la Mobilité durable.
M. Grandmont : Ah oui! c'est
ça, exactement, «seront bientôt immatriculés»...
Mme Guilbault :Mais ils vont être utilisés par la société.
M. Grandmont : OK. Donc, ces
véhicules-là seraient immatriculés au nom du MTQ... bien, MTMD, mais ils vont
être utilisés par la société. Est-ce que c'est...
Mme Guilbault :Puis en plus, aussi, il y a le Contrôle routier du Québec
qui ont les véhicules de surveillance routière.
M. Grandmont : Qui sont aussi
immatriculés... Donc, les contrôleurs routiers, eux autres, ils sont
immatriculés MTMD, eux autres?
Mme Guilbault :C'est vraiment uniquement les véhicules de Contrôle routier
Québec qui vont être immatriculés, désormais, au ministère des Transports et de
la Mobilité durable. C'est eux qu'on prévoit à cet...
M. Grandmont : Alors
qu'anciennement ils étaient immatriculés à la SAAQ, dans le fond?
Mme Guilbault :Oui.
M. Grandmont : OK, parfait, puis...
OK, parfait. Donc, c'est vraiment juste ceux-là qui sont... dont on change
le... Parfait. Puis il y a... C'est quoi, la raison derrière le passage de SAAQ
à MTMD?
Mme Guilbault :Bien, maintenant, ils vont relever du CGER, qui relève de
mon ministère.
M. Grandmont : Le CGER?
Mme Guilbault :Le Centre de gestion des équipements roulants.
M. Grandmont : Parfait,
excellent. Je pense toujours à «fougère» quand j'entends ce nom.
Le Président (M. Jacques) : Merci.
Est-ce qu'il y a...
M. Grandmont : Je comprends.
C'est bon. Merci.
Le Président (M. Jacques) : ...d'autres...
M. le député de Nelligan.
M. Derraji : Oui. Je veux
juste faire le <lien avec le 51 de tout à l'heure...
>
18 h (version révisée)
<17923
M.
Derraji :
Je veux juste faire le >lien avec le 51 de
tout à l'heure. Tout à l'heure, on parlait de conducteur d'une dépanneuse. On
lui donne le droit d'emprunter les voies réservées, et là on énumère cinq...
sans mention du conducteur de dépanneuse. Il n'y a aucun impact, il n'y a pas
de lien, ou bien est-ce que c'est parce que ça a été annoncé au 51, et on
vient, en 54, énumérer cinq...
Mme Guilbault :Non, mais c'est que la possibilité, pour les dépanneuses,
dans... quand les circonstances l'exigent, de circuler dans des voies, sont...
est déjà prévue à 51.
M. Derraji : Oui, oui, non, c'est
clair, c'est ce que j'ai compris, mais pourquoi, maintenant, on vient énumérer
cinq, mais il n'y a pas le conducteur d'une dépanneuse? Est-ce que... parce que
ça a été fait au 51?
Mme Guilbault :Oui, oui, c'est ça, c'est déjà prévu au 51. On n'a pas
besoin de le renommer.
M. Derraji : Je ne suis pas
légiste, mais, si c'est moi, je vais mettre tout le monde dans le même article
pour la facilité, mais c'est juste... ça porte à confusion, ça porte...
Mme Guilbault :Ah oui! l'emplacement...
Une voix : ...
Mme Guilbault :...oui, parce que ce n'est pas... pour la dépanneuse, c'est
plus spécifique, parce que ce n'est pas en tout le temps. C'est quand les
circonstances l'exigent et que le feu vert clignotant est actionné, tandis que
les véhicules à 54, c'est en tout temps.
M. Derraji : Ah! les autres,
c'est en tout temps, l'autre, c'est vraiment à un moment spécifique, oui. Merci,
clair.
Le Président (M. Jacques) : Merci.
Est-ce qu'il y a d'autres interventions à l'amendement à l'article 54? Donc, s'il
n'y a pas d'intervention, est-ce que l'amendement à l'article 54 est adopté?
Des voix : Adopté.
Le Président (M. Jacques) : Merci.
Adopté. Est-ce qu'il y a des interventions sur l'article 54 amendé? M. le
député de Taschereau.
M. Grandmont : Oui. Non, c'est
vrai, moi aussi, j'étais un peu confondu, là, comme mon collègue, en fait, là,
d'abord parce que c'est deux... c'est deux numéros d'articles qui se
ressemblent, mais pas tant, 326.2 puis 226.2. Donc, j'ai confondu au départ,
mais donc, dans le 226.2, je comprends qu'on était plus spécifiques parce qu'on
voulait parler des dépanneuses, dans le fond, principalement. Et donc, dans le
326.2, dans le fond, ce qui arrive, c'est qu'on va dorénavant permettre à ces
différents types de véhicules, donc véhicules de corps de police, services
ambulanciers, incendie puis véhicules d'urgence immatriculés au nom de la
société puis, donc, les véhicules routiers utilisés pour le déneigement... ils
vont pouvoir circuler sur une voie réservée à la circulation même s'ils n'ont
pas la quantité de personnes requises pour circuler dans ces voies-là. C'est ce
qu'on vient autoriser avec ça?
Mme Guilbault :Oui.
M. Grandmont : OK. Donc, il n'y
a pas la dépanneuse. Évidemment, un véhicule routier utilisé pour le
déneigement... on comprend que c'est nécessaire de faire circuler des
déneigeuses pour déneiger la voie réservée. Ce semble être la base, quand même.
Et donc tous les autres vont pouvoir circuler en tout temps sur les voies
réservées, urgence, pas urgence, c'est ça?
Mme Guilbault :Oui.
M. Grandmont : Parfait. C'est
correct, c'est clair. Merci.
Le Président (M. Jacques) : Merci.
Est-ce qu'il y a d'autres interventions sur l'article 54 amendé? Donc, s'il n'y
a pas d'autre intervention, est-ce que l'article 54 amendé est adopté?
Des voix : Adopté.
Le Président (M. Jacques) : Adopté.
Nous allons suspendre quelques instants.
(Suspension de la séance à 18 h 08)
(Reprise à 18 h 09)
Le Président (M. Jacques) : Nous
reprenons nos travaux. Mme la ministre, vous avez un amendement introduisant l'article
54.1.
Mme Guilbault :Là, 54, il a été adopté?
Le Président (M. Jacques) : 54.1.
Mme Guilbault :Il est adopté, 54?
Le Président (M. Jacques) : Oui.
Mme Guilbault :OK. Alors, 54.1 : Insérer, après l'article 54 du
projet de loi, le suivant :
54.1. Ce code est modifié par l'insertion,
après l'article 327, des suivants :
«327.1. Un agent de la paix suspend sur-le-champ,
au nom de la Société et pour une période de sept jours, le permis visé à l'article
61 d'un conducteur de véhicule routier qui contrevient à l'article 327.
«Dans le cas d'un conducteur qui, au cours
des 10 années précédant la suspension, a fait l'objet d'au moins une déclaration
de culpabilité liée à une infraction à l'article 327, la durée de la suspension
est portée à 30 jours.
«Lorsque le conducteur n'est pas titulaire
d'un permis ou est titulaire d'un permis délivré par une autre autorité
administrative, les premier et deuxième alinéas s'appliquent, avec les
adaptations nécessaires, à son droit d'obtenir un permis visé à l'article 61.
«327.2. Le conducteur d'un véhicule <routier
dont le permis ou le droit...
Mme Guilbault :
...conducteur d'un véhicule >routier dont le
permis ou le droit d'en obtenir un est suspendu pour une période de 30 jours
conformément à l'article 327.1 peut obtenir la levée de cette suspension d'un
juge de la Cour du Québec exerçant en chambre de pratique en matière civile
après avoir établi qu'il ne conduisait pas le véhicule en contravention à
l'article 327.
«327.3. Les articles 202.6.1, 202.6.7 et
202.7, le deuxième alinéa de l'article 209.11 et l'article 209.12 s'appliquent
dans le cas d'une suspension de permis visée à l'article 327.1, avec les
adaptations nécessaires.»
• (18 h 10) •
En commentaire : Le nouvel article
327.1 introduit une suspension immédiate du permis du conducteur d'un véhicule
routier en cas de vitesse ou action susceptible de mettre en péril la vie ou la
sécurité des personnes ou la propriété. La période de suspension varie selon
qu'il s'agisse d'un premier événement ou d'une récidive.
Le nouvel article 327.2 vise à donner la
possibilité au conducteur de demander la levée de la suspension d'une durée de
30 jours auprès d'un juge de la Cour du Québec siégeant en matière civile.
Quant au nouvel article 327.3, il prévoit
les formalités à suivre par l'agent de la paix lorsqu'il procède à une
suspension de permis ainsi que celles à respecter en cas de demande de
mainlevée de la suspension de permis et réfère aux dispositions applicables à
cet égard, avec les adaptations nécessaires. Il s'agit d'une reprise de la
procédure déjà prévue au Code de la sécurité routière.
Le Président (M. Jacques) : Merci,
Mme la ministre. Est-ce qu'il y a des interventions sur 54.1, sur l'amendement
introduisant l'article 54.1? M. le député de Nelligan.
M. Derraji : Comme c'est un
long amendement, on va prendre le temps de le lire, si ça ne vous dérange pas,
à moins... Si Mme la ministre veut expliquer le tout brièvement, là, ça va nous
aider à...
Mme Guilbault :Oui, en fait, c'est de... c'est d'ajouter une suspension de
permis pour les... l'article 327, c'est ça, qui est : «Toute vitesse ou
toute action susceptible de mettre en péril la vie ou la sécurité des personnes
ou la propriété est prohibée. En outre des chemins publics, le présent article
s'applique sur les chemins soumis à l'administration du ministère des
Ressources naturelles», etc. Mais donc, c'est ça, alors, puis en cas...
M. Derraji : ...régler quel
problème? C'est quoi, l'enjeu de l'ajout?
Mme Guilbault :Bien, ça ajoute une conséquence à quelqu'un qui contrevient
puis qui met en péril la vie ou la sécurité des personnes ou la propriété... en
tout cas, surtout la vie ou la sécurité des personnes, puis ça va dans le même
sens de dire : On sévit contre les comportements routiers dangereux. Puis
oui, bien, l'exemple que je donnais tout à l'heure, le signaleur sur le vidéo, fort...
bien là, en tout cas, je ne suis pas en mesure nécessairement d'apprécier si ce
serait considéré... mais ça pourrait être considéré, on peut le penser, une
contravention à l'article 327.
C'est une demande qui avait été faite par
le... si c'est contrôleurs routiers, bien, je pense, ça va être... Mme
Amireault, là, signaleurs... Piétons Québec, l'AGCRQ... en tout cas, l'association
des grands constructeurs, puis Contrôle routier Québec...
Une voix : ...
Mme Guilbault :Ah non! C'est l'AQEI, excusez, l'association des entrepreneurs,
et non l'association des grands constructeurs.
Le Président (M. Jacques) : M.
le député de Taschereau.
M. Grandmont : ...compte tenu
de l'heure, je vais reprendre votre formule, moi, c'est sûr que... Je vais tout
de suite le dire à Mme la ministre, là, nous aussi, on voulait intervenir sur
327 pour répondre aux demandes, effectivement, des contrôleurs routiers, de
Piétons Québec, sur la question de la notion de... du principe de prudence. On
sait que c'est des dispositions qui existent dans d'autres codes de sécurité
routière, notamment en Ontario, qui sert souvent d'exemple... en tout cas, qui a
souvent servi d'exemple. Puis, dans ma rencontre que j'avais eue, moi aussi,
avec les contrôleurs routiers, c'était un des enjeux puis un des exemples
qu'ils nous avaient donnés aussi comme une bonne pratique.
J'ai de la misère à évaluer, à cette
heure-ci de la... en fait, de l'atteinte des objectifs que nous poursuivions à
travers notre amendement. Donc, si Mme la ministre n'y voit pas d'inconvénient,
de toute façon, je ne pense pas qu'on va régler, d'ici les minutes qui restent...
mais, dans le fond, on pourrait suspendre... ajourner, en fait. On remet ça à demain.
On prend le temps d'étudier notre affaire comme il faut puis on verra, au
regard des discussions qu'on aura, si nous, ça vaut la peine de déposer un
amendement aussi par la suite. Si jamais ça répond effectivement à nos
préoccupations aussi, là, puis aux préoccupations que nous avions senties, aux
contrôleurs routiers ou bien chez Piétons Québec, bien, on pourrait
éventuellement même retirer notre amendement, là.
Mme Guilbault :Bien, moi, je suis d'accord pour suspendre, tout à fait,
puis on pourra en reparler <demain. Par contre...
Mme Guilbault :
...d'accord pour suspendre, tout à fait, puis on
pourra en reparler >demain. Par contre, j'utiliserais les
15 dernières minutes pour continuer.
Le Président (M. Jacques) : ...on
ajourne à 18 h 30, là, la commission.
M. Grandmont : Ah! c'est 30? Je
pensais que c'était 15.
Le Président (M. Jacques) : La
fin des travaux est 18 h 30.
M. Grandmont : Ah! mon
erreur, mon erreur, mon erreur.
Le Président (M. Jacques) : Donc,
on a 15 minutes. Soit qu'on peut suspendre cet article-là, continuer sur
les autres, ou...
Mme Guilbault :Bien là, il faudrait suspendre l'amendement et/ou suspendre
l'article, je ne sais trop, mais moi, je serais prête à passer à 55, dans le
fond.
M. Grandmont : Et y revenir.
Le Président (M. Jacques) : Bien,
ce serait suspendre l'amendement à 54.1, là.
M. Grandmont : Excusez-moi,
M. le Président, mais on est sûrs qu'on finit à et demie, parce que j'avais et
quart, là, dans mon agenda, mais c'est bien possible.
Le Président (M. Jacques) : Bien,
nous, l'avis de convocation est jusqu'à 18 h 30.
M. Grandmont : C'est correct.
Il y a eu une erreur de notre côté, il n'y a pas de problème, mais, si c'est
possible de suspendre de... puis reprendre ça demain...
Mme Guilbault :On continue, bien oui, puis on passe à 55. Moi, je suis tout
à fait à l'aise.
M. Grandmont : On peut le
traiter assez rapidement. Je m'engage à ce qu'on puisse le traiter rapidement
pour que ce soit frais en mémoire, mais juste avoir le temps d'étudier, là,
pour...
Le Président (M. Jacques) : Parfait.
Donc, on suspend l'amendement à l'article 54.1. On passe à 55.
M. Grandmont : Parfait.
Merci.
Le Président (M. Jacques) : Mme
la ministre.
Mme Guilbault :Merci. Article 55 : L'article 328 de ce code
est modifié par l'insertion, après le paragraphe 4° du premier alinéa, du
paragraphe suivant :
«4.1° excédant 30 km/h dans une zone
scolaire;».
En commentaire : l'article 55 du
projet de loi modifie l'article 328 du Code de la sécurité routière afin
de fixer à 30 kilomètres-heure la vitesse... la limite de vitesse
applicable par défaut dans une zone scolaire, sous réserve d'une signalisation
contraire. Alors, ça, c'est la mesure n° 1, 1.1, du Plan
d'action en sécurité routière.
Le Président (M. Jacques) : Merci.
Est-ce qu'il y a des interventions concernant l'article 55? M. le député
de Taschereau.
M. Grandmont : On peut me
donner une petite minute?
Le Président (M. Jacques) : Nous
allons suspendre quelques instants.
(Suspension de la séance à 18 h 17)
(Reprise à 18 h 23)
Le Président (M. Jacques) : Nous
reprenons nos travaux et, lors de la suspension, nous étions avec M. le député
de Taschereau. M. le député de Taschereau, je crois que vous avez pris une
décision durant la suspension.
M. Grandmont : Oui.
Donc, je vous ai envoyé... puis je veux être sûr qu'on a bien la version 2.
Oui, c'est ça, parfait. On a fait une correction. On vous a renvoyé une
deuxième version, là, du... de la modification qu'on veut proposer, là, de
l'amendement qu'on veut apporter à l'article 55 qui vient modifier le 328
du Code de la sécurité routière.
Donc, je vous le lis d'abord. Remplacer
l'article 55 du projet de loi par le suivant... Bien, en fait, la
formulation pourrait être meilleure, mais, en tout cas... Donc,
l'article 328 de ce code est modifié par :
1° le remplacement, au paragraphe 4° du
premier alinéa, après «excédant», de «50» par «30»;
2° l'insertion, après le paragraphe 4° du
premier alinéa, du paragraphe suivant :
3° le paragraphe... le remplacement, au
deuxième alinéa, de «après vitesse»... pardon, après «de vitesse», de «50» par
«30».
Donc, vous avez, là, pour compréhension,
là, la modification que ça donnerait, le texte qui serait... qui en
résulterait. En gros, là, tout ça vient d'une proposition qui avait été faite,
là, par plusieurs groupes, notamment Piétons Québec, Vivre en ville, de la
vitesse qui devrait être la vitesse de référence, en fait, dans les... dans les
milieux dans lesquels on a, finalement, des habitations, différents lieux de
destination.
L'objectif était de s'assurer que les
municipalités prennent le réflexe de construire des <rues qui ont une...
M. Grandmont :
...de
s'assurer que les municipalités prennent le réflexe de construire des >rues
qui ont une... qui ont pour objectif de réduire la vitesse pratiquée. Vous le
savez aussi bien que moi, là, simplement baisser la vitesse sur un panneau de
signalisation ne peut pas faire... ne peut pas remplacer... ne peut pas faire
baisser la vitesse pratiquée sur les routes. C'est vraiment les aménagements
qui font foi de tout. Et on aurait, grâce à cette... cette disposition-là, là, bref,
grâce à cet amendement-là, la possibilité de construire les villes de façon
plus adéquate pour baisser la vitesse.
Donc, je me souviens qu'il y a
effectivement, là... Notamment, Piétons Québec disait, là, qu'une vitesse de
base de 30 kilomètres-heure plutôt que 50... Il faut le rappeler,
actuellement, la vitesse de base, s'il n'y a pas de panneau de signalisation,
dans les villes, bien, c'est 50 kilomètres-heure qui doit être pratiqué. Ça
peut influencer... Donc, une vitesse de base de 30 kilomètres-heure
influencerait la conception des routes en milieu urbanisé. Ça permettrait
l'aménagement de voies plus étroites en diminuant l'obligation de recourir à
des mesures d'apaisement aménagées a posteriori pour corriger un enjeu de
conception.
Le problème, actuellement, c'est que les
routes sont construites pour des vitesses pratiquées à 50 kilomètres-heure.
Puis Mme la ministre se souviendra de la discussion qu'on avait eue avec le
professeur de l'INRS sur les vitesses pratiquées, hein? Il y a la vitesse
signalée puis il y a la vitesse pratiquée. On avait évoqué, là, le principe du
85e percentile, qui est une notion qu'on ne sait pas trop d'où elle vient, mais
ce qui fait que les rues sont aménagées en fonction de cette vitesse pratiquée
là et elles sont trop larges. Puis on sait, par ailleurs, aussi, là, je pense
que Mme la ministre a bien consulté les mémoires, a bien entendu les groupes,
que les chances de survie en cas de collision sont beaucoup plus grandes si on
est à 30 kilomètres-heure qu'à 50 kilomètres-heure parce que la force
de l'impact va être... donc, l'énergie transmise va être moins importante.
Donc, si on arrêtait de concevoir des rues
en fonction d'un référentiel de vitesse de base à 50 kilomètres-heure puis
qu'on le ramenait plutôt à 30 kilomètres-heure, bien, nos ingénieurs qui
construisent des routes... puis évidemment ça a une influence sur le tome I du
ministère des Transports, qui devrait aussi, à mon sens, et selon les groupes
qu'on avait auditionnés, devrait bâtir des... devrait proposer la conception de
rues qui soient basées sur 30 kilomètres-heure, bien, on aurait des rues
où la vitesse pratiquée serait plus basse.
C'est un enjeu important. C'est un enjeu
très important. Ce qu'on dit, en fait, là, donc, effectivement, là, que «cette
modification pourrait grandement influencer les travaux du ministère des
Transports et de la Mobilité durable qui auront cours pour la réalisation du Guide
de conception des aménagements routiers en milieu municipal, prévu pour
2027, afin que celui-ci guide les gestionnaires municipaux selon les meilleures
pratiques actuelles». Parce que, je le rappelle, le guide de conception des
rues sur lequel Mme la ministre fait travailler ses équipes, là, le tome I,
c'est le guide de référence pour toutes les municipalités du Québec. Elles
peuvent aller plus loin, évidemment, mais c'est le minimum requis.
Alors, si le guide dit que des... la
vitesse de référence pour concevoir des rues locales en milieu urbanisé, c'est
50 kilomètres-heure, bien, partout au Québec, on va faire des rues
structurées de manière à accueillir une vitesse de circulation à 50 kilomètres-heure.
Si on la baisse à 30, l'objectif sera poursuivi d'atteindre une conception de
rue... et c'est ce qui va se faire dorénavant partout au Québec, des rues sur
lesquelles on pratiquera du 30 kilomètres-heure parce que les aménagements
vont inciter à faire du 30 kilomètres-heure.
Je poursuis, là, sur l'argumentaire. «Alors
que le gouvernement du Québec s'est engagé à y mettre en œuvre l'approche
Vision Zéro dans son récent Plan d'action en sécurité routière, il nous
apparaît cohérent de suivre une approche systémique et d'agir sur l'ensemble du
territoire par ce changement législatif porteur.»
Par ailleurs, Piétons Québec disait :
«Ce changement permettrait d'appuyer les municipalités du Québec, comme
Trois-Rivières ou Québec, qui, au cours des dernières années, ont suivi cette
tendance-là, internationale, et adopté des règlements instaurant une limite de
vitesse à 30 kilomètres-heure sur l'ensemble de leur réseau routier en
ajoutant des panneaux de limite de vitesse supérieure sur certaines routes [qui
font...] faisant de cette dernière l'exception plutôt que la norme.»
Effectivement, quand une municipalité veut
autoriser une vitesse à 50 plutôt qu'à 30, il n'y a aucun problème. Elle peut
faire la démarche d'installer une vitesse plus élevée que 30 kilomètres-heure
tout en ayant une référence à un niveau routier à 30 kilomètres-heure
comme base, mais, à 50 kilomètres-heure, quand ça va être mis en place,
bien là, le concepteur routier, c'est-à-dire les municipalités, puis ça peut
s'appliquer évidemment au MTQ aussi sur les routes qui lui appartiennent...
mais vont s'assurer d'avoir, là où on a des intersections où des risques de
collisions entre des piétons et des automobilistes peuvent survenir, des
aménagements pour s'assurer que la vitesse soit réduite à ces points précis là
ou, en tout cas, mettre en place des aménagements ou une signalisation, des
feux, par exemple, des feux piétons, qui vont permettre <d'éviter d'avoir
cette collision-là...
M. Grandmont :
...aménagements
ou une signalisation, des feux, par exemple, des feux piétons, qui vont
permettre >d'éviter d'avoir cette collision-là.
Mais donc ce sera la... ça deviendra l'exception
plutôt que la règle. Dans les milieux urbanisés, on aurait des rues conçues
pour rouler à 30, ce qui est une vitesse tout à fait normale et correcte pour
rouler en ville. On n'a pas besoin de faire de la vitesse. Puis, de l'autre
côté, bien, quand on veut sortir de cette... quand on veut créer une exception
pour sortir du 30, bien là, on a une obligation de prévoir le risque et de
mettre en place des aménagements ou des signalisations qui vont éviter les
dangers.
Donc, comme je le disais tantôt, il a été
recommandé par Piétons Québec, Vélo... puis Vivre en ville aussi, là, de
modifier le paragraphe 4° de l'article 328 du Code de la sécurité routière et
de prescrire à 30 kilomètres-heure la vitesse maximale en agglomération. Donc,
on se retrouve finalement à avoir un régime où la norme de 50 devient tout
simplement 30 kilomètres-heure, M. le Président. C'est un peu ça, le principe.
Le Président (M. Jacques) : Merci,
M. le député.
Donc, compte tenu de l'heure, nous... je
vous remercie, et nous suspendons nos travaux au mardi 16 avril, à
10 h 30, où la commission entreprendra un nouveau mandat.
(Fin de la séance à 18 h 30)