(Onze heures vingt et une minutes)
Le Président (M. Jacques) : À
l'ordre, s'il vous plaît! Ayant constaté le quorum, je déclare la séance de la Commission
des transports et de l'environnement ouverte.
La commission est réunie afin de poursuivre
l'étude détaillée du projet de loi n° 48, Loi modifiant principalement le
Code de la sécurité routière afin d'introduire des dispositions relatives aux
systèmes de détection et d'autres dispositions en matière de sécurité routière.
Mme la secrétaire, y a-t-il des remplacements?
La Secrétaire : Oui, M. le
Président. M. Montigny (René-Lévesque) est remplacé par M. St-Louis
(Joliette); et Mme Dufour (Mille-Îles) par Mme Setlakwe (Mont-Royal—Outremont).
Étude détaillée (suite)
Le
Président (M. Jacques) : Merci, Mme la secrétaire. Lors de l'ajournement de
nos travaux, hier, l'article 31 amendé
venait d'être adopté. Je vous rappelle que l'étude des articles 12 et 23
sont suspendus et que les articles 32 et 35 sont adoptés.
Et, avant de
débuter à l'article, je crois qu'il y a un amendement introduisant un article à
31.1, je crois comprendre. Exactement. Et je vous laisse la parole, Mme
la ministre.
Mme Guilbault : Merci, M. le Président, en vous souhaitant un bon
anniversaire, si je ne m'abuse.
Des voix : ...
Le Président (M. Jacques) : Merci,
Mme la...
Mme Guilbault : Bien oui, c'est laïque, ça, bonne fête.
Le Président (M. Jacques) : Merci,
tout le monde. Bonne journée.
Mme Guilbault : C'est laïque puis c'est en français. On est corrects.
Le Président (M. Jacques) : On
va essayer de travailler dans le calme et l'allégresse comme on a fait hier. Je
pense qu'on a eu une belle journée, donc, si on peut continuer de cette
façon... Et donc, Mme la ministre, pour l'amendement introduisant
l'article 31.1.
Mme Guilbault : Oui. Donc, article 31.1 : Insérer, après
l'article 31 du projet de loi, le suivant :
31.1. L'article 36 de la Loi sur la justice
administrative est modifié par l'ajout, à la fin, de l'alinéa suivant :
«Elle est également chargée de statuer sur les
recours visés au paragraphe 6° de l'annexe IV portant sur des sanctions
administratives pécuniaires.»
En commentaire : Il est proposé de modifier
l'article 36 de la Loi sur la justice administrative afin de prévoir que la section des affaires économiques du Tribunal administratif du Québec sera chargée de statuer sur les recours formés
en vertu du paragraphe 1° de l'article 573.15 du Code de la sécurité
routière proposé par l'article 16 du projet de loi tel qu'amendé.
Le Président (M. Jacques) : Merci,
Mme la ministre. Est-ce qu'il y a des interventions sur l'introduction de
l'article 31.1? M. le député de Nelligan.
M. Derraji : Je ne sais pas si
on est dans la même logique qu'hier, mais hier, on parlait de laisser les sanctions larges. On ne parlait pas de sanctions
administratives. Aujourd'hui, on parle de sanctions pécuniaires. Est-ce que
c'est voulu?
Mme Guilbault : Je ne suis pas sûre de comprendre la question.
M. Derraji : Bien, en fait,
hier, on parlait de... que les sanctions vont... Elle est également chargée de
statuer sur les recours visés au paragraphe portant sur des sanctions
administratives pécuniaires.
Mme
Guilbault : C'est les SAP.
M. Derraji : Oui. Désolé.
Mme Guilbault : C'est la section sur les SAP.
M. Derraji : Je l'ai mal lu.
Le
Président (M. Jacques) : Est-ce qu'il y a d'autres interventions sur
l'amendement introduisant l'article 31.1? Donc, est-ce que
l'amendement est adopté?
Des voix : Adopté.
Le Président (M. Jacques) : Adopté.
Mme la ministre, article 33.
Une voix : ...
Le Président (M. Jacques) : 31.2?
Donc, Mme la ministre, article introduisant l'article 31.2.
Mme Guilbault : Il est là. Bon, alors,
article 31.2 : Insérer, après l'article 31.1 du projet de loi tel
qu'amendé, le suivant :
31.2. L'article 37 de cette loi est modifié par
l'ajout, à la fin, de l'alinéa suivant :
«Toutefois, les recours formés en vertu du
paragraphe 1° de l'article 573.15 du Code de la sécurité routière sont
instruits et décidés par un membre seul qui est avocat ou notaire.»
Il est proposé de modifier l'article... En
commentaire, pardon : Il est proposé de modifier l'article 37 de la Loi sur la justice administrative pour tenir
compte des amendements proposés à l'article 16 du projet de loi. En raison
de la volumétrie anticipée et du faible niveau de complexité des dossiers, les
recours formés en vertu du paragraphe 1° de l'article 573.15 du Code de la
sécurité routière pourront être entendus par un membre seul, avocat ou notaire.
Il s'avère en effet que la double expertise, par exemple, juriste et médecin ou
juriste et travailleur social, n'est pas nécessaire par les... pour les
sanctions administratives pécuniaires en matière de systèmes de détection.
Le
Président (M. Jacques) : ...des interventions sur l'article 31.2...
introduisant l'article 31.2? Donc, s'il n'y a pas de commentaire,
est-ce que l'amendement est adopté?
Des voix : Adopté.
Le Président (M. Jacques) : Adopté.
Mme la ministre, l'article 31.3.
Mme Guilbault : Article 31.3 : Insérer, après l'article 31.2 du
projet de loi tel qu'amendé, le suivant :
31.3. L'article 97 de cette loi est modifié par
l'insertion, dans le paragraphe 2° du deuxième alinéa et après «Loi sur l'aide aux personnes et aux familles», de
«et par le ministre des Transports, sur le Fonds de la sécurité routière».
En commentaire : Il est proposé de modifier
l'article 97 de la Loi sur la justice administrative pour spécifier que la
ministre des Transports et de la Mobilité durable pourra virer, via le Fonds de
la sécurité routière, des sommes directement au fonds du Tribunal administratif
du Québec. Les coûts d'opération du TAQ pour entendre les recours en
contestation seront donc assumés par le fonds, le Fonds de la sécurité
routière, au même titre que ceux des autres partenaires
impliqués dans l'exploitation des systèmes de détection et le traitement des
infractions et des manquements.
Le Président (M. Jacques) : Merci.
Est-ce qu'il y a des interventions sur 31.3? M. le député de Nelligan.
M.
Derraji : ...une question. Sur le Fonds de la sécurité
routière, qui siège... Juste pour nous rafraîchir un peu la mémoire,
c'est qui, les membres qui le... qui sont dedans, qui siègent sur le fonds?
Est-ce qu'il est géré par... C'est indépendant? Est-ce que...
Mme Guilbault : Ma collègue peut venir expliquer la composition du comité.
Le Président (M. Jacques) : ...si
vous voulez vous nommer et nommer votre titre, s'il vous plaît.
Mme
Morin-Verville (Amélie) : Amélie Morin-Verville, conseillère au radar photo,
ministère des Transports.
En fait, le
Fonds de la sécurité routière, il y a... En fait, je pense que ce que vous
voulez parler, c'est le comité consultatif.
M. Derraji : Oui. Ça, c'est
l'article 12, je pense.
Mme Morin-Verville (Amélie) : L'article 12
du...
M.
Derraji : Oui, je pense.
Mme Morin-Verville
(Amélie) : Du projet de loi?
M. Derraji : 12.39.2.
C'est le comité de sept membres.
Mme Morin-Verville
(Amélie) : Oui, la loi sur...
M. Derraji : Oui, le comité de sept membres qui recommande au
ministre comment utiliser les sommes portées au fonds.
Mme Morin-Verville
(Amélie) : Oui. C'est des membres de la Table québécoise de la
sécurité routière qui ont été identifiés pour conseiller le ministre pour
l'utilisation des sommes qui sont versées au FSR.
M. Derraji : OK.
Et c'est ce comité qui oriente l'utilisation des fonds de la sécurité routière?
Mme Morin-Verville
(Amélie) : Bien, ils font des recommandations sur l'utilisation des
sommes. Le comité est actif, notamment, là, pour le programme d'aide du Fonds
de la sécurité routière, donc, qui a quand même des modalités, là, le
programme, mais ils sont consultés, là, au niveau du PAFFSR, là, le programme
d'aide. Là, on parle des dépenses associées au Programme québécois de contrôle
automatisé, donc toutes les dépenses associées à l'exploitation, à
l'utilisation des appareils qui sont remboursées à même le Fonds de la sécurité
routière.
M. Derraji : Utilisation
d'appareils? Désolé, je ne vous suis pas.
Mme Morin-Verville
(Amélie) : Bien, en fait, toutes les dépenses associées à
l'utilisation des appareils, en ce moment, les ententes dans le cadre du projet
pilote de coopération municipale, les policiers, le matériel pour l'utilisation
des appareils, c'est remboursé. L'exploitation inclut aussi le traitement des
infractions. Donc, toutes les dépenses associées à ça sont assumées, en fait,
par le Fonds de la sécurité routière.
M. Derraji : OK...
sont payées par ce fonds?
Mme Morin-Verville
(Amélie) : Oui.
M. Derraji : Et
est-ce qu'on a une idée sur les montants récoltés dans ce fonds, comment ils
sont partagés?
Mme Morin-Verville
(Amélie) : Vous voulez dire le...
M. Derraji : En
termes de dépenses administratives pour le matériel et en termes de sécurité
routière, les recommandations du comité.
Mme Morin-Verville
(Amélie) : Bien, en fait, les dépenses sont entièrement assumées par
le fonds.
M. Derraji : À
100 %?
Mme Morin-Verville
(Amélie) : Donc, ça, c'est... ce n'est pas une recommandation, là.
C'est vraiment... Tout ce qui est associé
aux radars photo sont entièrement assumés par le FSR. C'est une question aussi
d'autofinancement, donc.Au niveau du partage, pour ce qui va au
programme d'aide du Fonds de la sécurité routière, ce qui va aussi... Il
y a une question d'excédents, là, en vertu des... encore du projet pilote de
coopération municipale. Il y a des ententes qui ont été signées, donc il avait été déterminé qu'une partie des
montants... des excédents, en fait, du Fonds de la sécurité routière
serait versée aux municipalités qui participent au programme. Donc, il y a une
formule qui avait été déterminée à l'époque, là, et donc il y a de l'argent qui
est associé à ça. Donc, le rôle du comité en tant que tel, c'est beaucoup dans
le programme d'aide du Fonds de la sécurité routière.
M. Derraji : OK. C'est là où il donne des orientations. Est-ce
que ça touche, par exemple, la sécurisation d'endroits, systèmes de
détection, ces...
• (11 h 30) •
Mme Morin-Verville
(Amélie) : Bien, en fait, le programme d'aide, il y a des... il y a
des volets qui sont associés. Aménagement du territoire en est un, là. Je ne
m'aventurerai pas trop dans tout. Mais...
M. Derraji : OK.
Il n'y a pas de problème. C'est bon.
Mme Morin-Verville (Amélie) : Mais
effectivement, donc, il y a des projets qui sont soumis. Et le comité est
consulté, là, pour... dans ce cadre-là.
M. Derraji : OK. Merci beaucoup.
Le
Président (M. Jacques) : Est-ce qu'il y a d'autres interventions sur
l'amendement? Donc, est-ce que l'amendement 31.3 est adopté?
Des voix : Adopté.
Le Président (M.
Jacques) : Adopté. Mme la ministre, l'amendement introduisant
l'article 31.4.
Mme
Guilbault : Oui, merci, M. le Président.
M. Derraji : ...de
lire doucement, parce que j'essaie de suivre, mais votre débit, il est très
élevé. Je me sens faible devant... suivre
votre débit. Donc, si on peut juste le lire doucement, s'il vous plaît, si ça
ne vous dérange pas. Merci.
Mme
Guilbault : Parfait. Je vais m'ajuster à
votre oreille.
M. Derraji : Mais
j'essaie d'appliquer les deux, lire et écouter, mais...
Mme
Guilbault : Oui. Bien, en passant, on a
transmis des nouveaux amendements, jusqu'à 62, je pense, donc, si les collègues
veulent en prendre connaissance à l'avance pour la suite de la journée.
M. Derraji : OK.
Merci beaucoup.
Le Président (M.
Jacques) : Merci. Mme la ministre, 31.4.
Mme
Guilbault : Oui. Donc, 31.4 :
Insérer, après l'article 31.3 du projet de loi tel qu'amendé, le suivant :
31.4. L'annexe IV de
cette loi est modifiée par l'insertion, dans le paragraphe 6° et après
«l'article 560», de «et du paragraphe 1° de l'article 573.15».
En
commentaire : Il est proposé de modifier l'annexe IV de la Loi sur la
justice administrative afin d'y ajouter les recours formés en vertu du
paragraphe 1° de l'article 573.15 du Code de la sécurité routière en
matière de sanctions administratives pécuniaires imposées à la suite de
manquements constatés au moyen d'un système de détection. Cette annexe
identifie l'ensemble des recours traités par la section des affaires
économiques.
Le Président (M.
Jacques) : Merci. Est-ce qu'il y a des interventions concernant
l'amendement introduisant l'article 31.4? Donc, s'il n'y a pas
d'intervention, est-ce que l'amendement est adopté?
Des voix : Adopté.
Le Président (M.
Jacques) : Adopté. Article 33.
Mme Guilbault : Avec un amendement, oui, c'est ça. Donc, article 33, l'article 12.39.1
de la Loi sur le ministère des... En fait, il y avait un titre, au
départ.
Le Président (M.
Jacques) : Pardon?
Une voix :
...
Mme
Guilbault : Il n'est pas sur le Greffier?
Ah! bien, on peut attendre un petit peu.
Le Président (M.
Jacques) : Donc, il y a un à amendement à 33?
Mme
Guilbault : Oui.
Le Président (M.
Jacques) : Parfait.
Mme
Guilbault : Bien, je vais commencer, je
vais lire l'article, puis on aura l'amendement par la suite. Donc, je
recommence.
Loi sur le ministère
des Transports... Article 33 : L'article 12.39.1 de la Loi sur le
ministère des Transports est modifié :
1° par le
remplacement, dans le paragraphe 1.1°, de «cinémomètre photographique ou d'un
système photographique de contrôle de
circulation aux feux rouges» par «système de détection au sens de l'article 4
de ce code»;
2° par l'insertion,
après le paragraphe 1.2°, des suivants :
«1.2.1° le
montant perçu des sanctions administratives pécuniaires
imposées en vertu de l'article 573.2 de ce code;
«1.2.2° les frais
administratifs perçus pour l'application du régime de sanctions administratives
pécuniaires en vertu du deuxième alinéa de l'article 573.30 de ce code;»;
3° par le remplacement, dans le paragraphe 1.3°,
de «cinémomètre photographique ou à un système photographique de contrôle de
circulation aux feux rouges» par «système de détection».
En
commentaire : L'article 33 du projet de loi modifie
l'article 12.39.1 de la Loi sur le ministère des Transports afin de
prévoir que le montant perçu des sanctions administratives pécuniaires et les
frais administratifs relatifs à ces sanctions sont portés au crédit du Fonds de
la sécurité routière, en concordance avec le remplacement au Code de la sécurité routière des expressions «cinémomètre photographique» et «système photographique
de contrôle de circulation aux feux rouges». Ces expressions sont remplacées
par l'expression «système de détection», tel que cette notion est
définie par l'article 4 du CSR.
Le Président (M. Jacques) : L'amendement.
Mme Guilbault : Et l'amendement à l'article 33 : Remplacer le
paragraphe 1° de l'article 33 du projet de loi par le suivant :
1° dans le paragraphe 1.1° :
a) par la suppression de «des
articles 509 et 516 à 516.2»;
b) par le remplacement de «constatée par
une photographie ou une série de photographies prises au moyen d'un cinémomètre
photographique ou d'un système photographique de contrôle de circulation aux
feux rouges» par «constatée au moyen d'une photographie ou d'une série de
photographies prises par un système de détection au sens de l'article 4 de
ce code».
En
commentaire : L'amendement propose de modifier l'article 33 du projet
de loi, qui modifie l'article 12.39.1 de la Loi sur le ministère des
Transports, afin de permettre que toutes les amendes perçues en vertu du Code
de la sécurité routière pour des infractions constatées au moyen d'un système
de détection soient portées au crédit du Fonds de la sécurité routière, peu
importe en vertu de quelles dispositions de ce code elles ont été perçues.
Il vise
également à remplacer les expressions «cinémomètre photographique» et «systèmes
photographiques de contrôle de circulation aux feux rouges» par celle de
«système de détection», en concordance avec le remplacement de ces expressions
qui a été fait au CSR.
Le Président (M. Jacques) : Merci,
Mme la ministre. Est-ce qu'il y a des interventions sur l'amendement à
l'article 33? Donc, s'il n'y a pas d'intervention, est-ce que l'amendement
est adopté?
Des voix : Adopté.
Le Président (M. Jacques) : Adopté.
Maintenant, est-ce qu'il y a des interventions sur l'article 33 amendé?
S'il n'y a pas d'intervention, est-ce que l'article 33 amendé est adopté?
Des voix : Adopté.
Le Président (M. Jacques) : Adopté.
Article 34.
Mme Guilbault : Article 34. Cette loi est modifiée par l'insertion,
après l'article 12.39.2, du suivant :
«12.39.3. Le ministre des Transports et la
Société de l'assurance automobile du Québec concluent une entente aux fins du
remboursement des dépenses engagées pour l'application du régime de sanctions
administratives pécuniaires prévu au
chapitre I.1 du titre X du Code de la sécurité routière sur les sommes
portées au crédit du fonds.»
En commentaire : L'article 34 du
projet de loi habilite le gouvernement et la SAAQ à conclure une entente pour
le remboursement des dépenses engagées par elle pour l'administration du régime
de sanctions administratives pécuniaires.
Et l'amendement : À
l'article 12.39.3...
Des voix : ...
Le Président (M. Jacques) : Un
instant. Nous allons suspendre quelques instants.
(Suspension de la séance à 11 h 37)
(Reprise à 11 h 41)
Le Président (M. Jacques) : Nous
reprenons nos travaux. Et, lors de notre suspension, Mme la ministre
s'apprêtait à déposer un amendement à l'article 34. Mme la ministre,
l'amendement à l'article 34.
Mme
Guilbault : Oui, à l'article 34, oui. À
l'article 12.39.3 de la Loi sur le ministère des Transports, proposé
par l'article 34 du projet de loi :
1° remplacer
«sur les sommes portées au crédit du fonds» par «. Ces sommes sont portées au
débit du fonds»;
2° insérer, à la fin, l'alinéa
suivant :
«Les sommes versées à une municipalité suivant
une entente conclue conformément à l'article 519.81 de ce code sont
également portées au débit du fonds.»
En commentaire : L'amendement
propose une modification de forme à l'article 34 du projet de loi. Il
propose aussi de préciser que la
source de financement des ententes visées à l'article 519.81 du Code de la
sécurité routière, proposée par l'article 12 du projet de loi tel
qu'amendé, sera le Fonds de la sécurité routière.
Le Président (M. Jacques) : Merci,
Mme la ministre. Est-ce qu'il y a des interventions? M. le député de Nelligan.
M. Derraji : Oui, merci. Donc, c'est ce qui a été expliqué tout
à l'heure. Donc, les ententes avec les municipalités et tout... Il y a
une source de revenus maintenant... bien, maintenant, même le... C'est le cas
maintenant aussi? C'est le Fonds de la sécurité routière? C'est juste... on le
précise dans la loi? Est-ce que j'ai bien compris?
Mme
Guilbault : Oui, oui.
Le Président (M. Jacques) : Merci.
M. le député de Taschereau, pas d'intervention? Est-ce qu'il y a d'autres
interventions sur l'amendement à l'article 34? Donc, est-ce que
l'article... l'amendement à l'article 34 est adopté?
Des voix : Adopté.
Le Président (M. Jacques) : Adopté.
Nous revenons à l'article 34 amendé. Est-ce qu'il y a des interventions?
Donc, s'il n'y a pas d'intervention, est-ce que l'article 34 amendé est
adopté?
Des voix :
Adopté.
Le Président (M.
Jacques) : Adopté. Article 36.Oui, M. le...
M.
Grandmont : ...34.1.
Le Président (M. Jacques) : 34.1?
Donc, est-ce que nous avons reçu l'amendement introduisant l'article 34.1?
Nous allons suspendre
quelques instants.
(Suspension de la séance à 11 h 43)
(Reprise à 11 h 46)
Le Président (M.
Jacques) : Nous reprenons nos travaux. Et, lors de la suspension, le
député de Taschereau était à déposer un amendement introduisant
l'article 34.1. M. le député de Taschereau.
M. Grandmont :
Oui. Merci beaucoup, M. le
Président. D'abord, permettez-moi de vous souhaiter, moi aussi, un très,
très joyeux anniversaire.
Oui, on est donc dans
la loi sur... qui modifie la Loi sur le ministère des Transports, et il nous
semblait très opportun de ramener un enjeu
qui touche les transports actifs sur les routes qui appartiennent au ministère
des Transports et aussi de produire... l'idée d'avoir un bilan.
Donc, je vais vous
lire l'article, là. Donc, 34.1 : Insérer, après l'article 34 du
projet de loi, le suivant :
34.1. L'article 3 — évidemment,
je réfère au ministère des Transports — de
cette loi est modifiée par l'insertion, après le sous-paragraphe m, des
sous-paragraphes suivants :
«n) veiller à
promouvoir le transport actif sur les routes lui appartenant;
«o) produire
un bilan triennal qui sera déposé à l'Assemblée nationale présentant le suivi
des actions en matière de sécurité routière découlant du plan d'action
en sécurité routière.»
Donc, d'abord, je
vais y aller avec les explications, là. Sur le point n, là, «veiller à
promouvoir le transport actif sur les routes lui appartenant», c'est un débat
qui a déjà fait beaucoup la manchette. Évidemment, le ministère des Transports
possède un très, très grand nombre de kilomètres de routes régionales,
nationales sur l'ensemble du territoire québécois, et il y a... ces routes-là
traversent souvent des municipalités. C'est souvent même la route principale, le chemin principal de ces
municipalités-là. Il y a eu plusieurs cas dans lesquels on se rend compte que,
finalement, le ministère des Transports ne met pas en place lui-même les
aménagements de transport actif, donc les trottoirs,
les aménagements cyclables, qui permettraient de sécuriser le déplacement de la
population sur cette... sur cette route
à numéro, on va l'appeler comme ça, souvent à l'intérieur, comme je le disais,
d'une centralité, une collectivité, un village ou une petite
municipalité.
Dans un monde idéal,
j'aurais été... Puis j'ouvre la discussion quand même parce que peut-être que Mme
la ministre aura de l'intérêt là-dessus. La meilleure façon, pour moi, de le
faire, ça aurait été d'aller ouvrir la Loi sur la voirie. La Loi sur la voirie n'est pas inscrite aux... elle n'est pas
ouverte, en fait, dans le projet de loi n° 48. Et ce qu'on voulait
faire, c'était, tel que le suggérait notamment Piétons Québec mais aussi Vivre
en Ville, Pas une mort de plus, je pense,
aussi... ce qu'on aurait aimé aussi, c'est de modifier la Loi sur la voirie
pour intégrer les trottoirs et les voies cyclables dans la définition de
«route».
Parce qu'actuellement, dans la Loi sur la
voirie, le ministère des Transports a, dans le fond, dans sa mission qui réfère
à la Loi de la voirie... doit s'occuper de ses infrastructures. Les
infrastructures du ministère des Transports, c'est
essentiellement les ponceaux, les viaducs, les routes, les... pas les
belvédères, les réverbères sont nommés, nommément, dans la Loi sur la voirie,
mais les trottoirs et les aménagements cyclables, ce n'est pas nommé dans la
Loi sur la voirie. Ce n'est juste pas nommé et c'est ce qui fait que le
ministère des Transports n'a pas l'obligation de s'occuper de ces
aménagements-là, de ces infrastructures-là, ni de, donc, la construction de ces
infrastructures-là, ni de leur entretien. Et
c'est pour ça qu'on se retrouve dans un régime où, finalement, c'est les
municipalités qui doivent construire ces infrastructures de transport
actif, qui doivent les entretenir, aussi, et que le ministère des Transports, dans le fond, crée des programmes pour appuyer les
municipalités dans le déploiement puis l'entretien de ces infrastructures-là.
Bon, on l'a déjà dit à plusieurs reprises, les
programmes qui sont créés ne sont pas suffisants pour couvrir, je pourrai y
revenir tantôt, là, les frais, là, liés, notamment la construction, mais, en
plus, il n'y a pas de frais... il n'y a pas d'aide gouvernementale financière
pour être capable d'entretenir, non plus, ces infrastructures-là, ce qui fait
qu'on se retrouve, quand on a des trottoirs, par exemple, dans certaines
municipalités, qui sont sur le réseau municipal... Ça aussi, ça, c'est un autre
enjeu, mais, en ce qui concerne le ministère des Transports, donc, sur des
routes qui appartiennent au MTQ, au MTMD, bien, souvent, ces trottoirs-là ne
sont pas déneigés. Je suis persuadé que mes collègues de la partie
gouvernementale doivent connaître plusieurs de ces exemples-là où, finalement,
le trottoir n'est pas déneigé l'hiver, parce que ça a un certain coût puis que
les budgets des municipalités ne sont pas si grands que ça, et donc on préfère,
par manque de moyens, bien, couper sur une dépense d'entretien du réseau de
transport actif, bien évidemment, au péril de la sécurité des gens qui
circulent, évidemment. Et, en même temps, je comprends,
là, c'est comme... on fait des choix difficiles, puis des fois, bien, c'est la
seule solution qui s'impose. Donc, voilà. Donc, ça, c'est le premier
point.
• (11 h 50) •
Ce que j'aurais aimé... Puis, encore une fois,
si Mme la ministre est ouverte à ouvrir la Loi sur la voirie, je pourrais
retirer, là, cette partie-là, là, de l'amendement que je propose pour aller
plutôt modifier la Loi sur la voirie, mais évidemment ça se fera avec le
consentement, là, de la partie gouvernementale, évidemment. Autrement, bien,
c'est ce qu'on propose dans le cadre de l'ouverture... dans le cadre du projet
de loi, c'est ce que je propose, c'est, à tout
le moins, à veiller... de veiller à promouvoir le transport actif sur les
routes lui appartenant. Ça, c'est plein de mesures, ça peut passer par
des programmes qu'on va améliorer. On parle souvent du TAPU, du programme, du
Fonds de sécurité routière, on parle aussi... J'ai eu une discussion, il n'y a
pas longtemps, avec les... du personnel, là, du ministère des Transports et de la Mobilité durable. D'ailleurs, j'en
profite pour remercier la ministre, là, sur ce briefing technique là
qu'on a eu récemment, à l'effet de pouvoir...
Mme Guilbault : ...
M. Grandmont : Pardon?
Mme Guilbault : ...régional?
M. Grandmont : Oui, le régional.
Bien, en fait, c'est régional solidaire, en fait, en ce qui nous concernait,
mais donc on a eu Laval, Montréal, Sherbrooke, puis le général, aussi, quelques
informations. Mais c'est la première fois qu'on avait un briefing technique sur
les annonces à venir pour les projets routiers à venir, donc je l'apprécie.
C'est vrai que ça donnait encore une fois une occasion de poser des questions,
de bien comprendre la mécanique derrière, donc ça nous permettra, nous aussi,
d'être meilleurs, éventuellement, sur ces enjeux-là puis d'avoir des échanges
constructifs avec la ministre. On fait le même travail, essayer de la rendre
meilleure à travers nos questions puis nos critiques. On essaie de monter le
débat, tout le monde. C'est ça, l'objectif. Mais donc c'est ça, à tout le
moins, là, la modification qu'on propose, c'est... dans le cadre du PL n° 48, c'est modifier la Loi sur le ministère des
Transports pour que le transport actif, là, soit au moins promu par le
ministère des Transports. Mais, comme je le dis, si la ministre a de
l'ouverture, changeons ce qu'il y a dans le... dans la Loi sur la voirie, mais
ça va devoir se faire avec son consentement.
Par ailleurs, je me permets d'enchaîner sur le
point o, qui est une proposition que je fais à la ministre, de produire un
bilan triennal, donc aux trois ans, qui serait déposé à l'Assemblée nationale
pour présenter le suivi des actions en matière de sécurité routière qui
découlent de son plan de sécurité routière. Je n'ai pas tiré ça, là, de mon
chapeau, je vous dirais. J'ai travaillé avec votre collègue aux Affaires
municipales quand on a révisé ensemble la loi sur les... la Loi sur
l'aménagement et l'urbanisme, et, à l'intérieur de la Loi sur l'aménagement et
l'urbanisme, c'est une disposition que j'avais fait ajouter à la loi, dans
laquelle on disait, là, à l'article 74 : «Le ministre produit, tous
les quatre ans, un bilan national de l'aménagement du territoire qui
contient :
«1° un état de situation de l'aménagement
du territoire québécois; et
«2° une
reddition de comptes sur l'atteinte des cibles gouvernementales en matière
d'aménagement du territoire.»
L'objectif, c'est que... puis ce n'est pas de
faire du dédoublement sur ce que la SAAQ produit déjà annuellement. La SAAQ
produit un bilan de sécurité routière, c'est fort utile, on s'en sert, la
ministre s'en sert, évidemment. On essaie de partir de là pour améliorer le
bilan routier, mais il y a beaucoup de choses, en termes de sécurité routière,
il y a beaucoup d'aspects de la sécurité routière qui ne sont pas touchés par
la SAAQ, qui ne font pas partie du bilan. Et
la preuve est qu'effectivement aujourd'hui nous discutons d'un projet de loi
qui vise à améliorer la sécurité routière, donc le législateur, la ministre a
un rôle complémentaire à celui de la SAAQ. Et ce qu'on propose, en fait,
c'est qu'on a un bilan, à tout le moins, en trois ans pour être capables de
revenir voir, bien, dans le plan de sécurité routière, là, qu'on a, là, est-ce
qu'on a atteint tous les objectifs, oui, non, puis qu'est-ce qu'il y a à
améliorer pour viser toujours, bien, zéro blessé grave et
zéro décès sur les routes. L'objectif est de se donner un moyen, une
contrainte, en fait, là, parce qu'on passe à travers la loi, pour que la
ministre et les personnes qui lui... qui vont lui succéder, bien, aient cette obligation de revenir vers le public puis de
viser toujours l'excellence en termes de sécurité routière.
Donc, c'est un peu le sens de cette... de notre
amendement, deux aspects. Le premier, la sécurisation des transports actifs sur
les routes, qui appartient au MTMD. Mais, je le rappelle, si Mme la ministre a
de l'ouverture à ouvrir la Loi sur la voirie, je pense que la vraie bonne façon
de le faire, ce serait ça. Mais, à tout le moins, nous proposons, à tout le
moins, de proposer, là, de promouvoir le transport actif sur les routes qui lui
appartiennent. Et puis sinon, bien, l'idée d'un plan triennal pour faire un
bilan à tous les trois ans de la sécurité routière, pour voir qu'est-ce que le
gouvernement, qu'est-ce que le... qu'est-ce que les membres, les parlementaires
peuvent faire, le législateur peut faire pour améliorer le bilan en complément
de ce qui est déjà fait au niveau de la SAAQ.
Le Président (M. Jacques) : Merci,
M. le député. Mme la ministre.
Mme Guilbault : Oui. Bien, très intéressant, ce que mon collègue de
Taschereau amène comme discussion. Deux points importants, à savoir le
transport actif, et appelons ça une espèce de reddition de comptes, ou, en tout
cas, une mise à jour, ou une diffusion des actions en matière de sécurité
routière. Par contre, je ne suis pas certaine que ni l'un ni l'autre a sa
place, nécessairement, dans la loi, mais...
Parce que, tu
sais, comme... le transport actif sur les routes nous appartenant, bien qu'on
ait beaucoup de kilomètres de route
verte, et tout ça, il y a quand même beaucoup d'autoroute aussi. Donc,
peut-être, le transport actif, instinctivement, ce n'est pas
nécessairement sur le réseau supérieur, bien qu'on en fasse sur les réseaux
supérieurs, mais il y en a beaucoup sur le réseau municipal aussi, mais...
Mais, comme je le dis souvent, un gouvernement parle aussi par ses actions, ses
programmes, ses investissements, ses décisions, et, dans le Plan d'action de la
sécurité routière, on le sait, on a une
bonification de 68 millions du TAPU, qui est un programme qui permet des
aménagements en périmètre urbain. On avait le Véloce III, je pense,
qu'on... avec lequel on a financé des aménagements pour le transport actif. On
a le Programme d'aide financière du Fonds de la sécurité routière aussi. Quand
on dit, là, les fonds dont on parle qui nous permettent de réinvestir en
sécurité routière, entre autres, on finance... on finance des aménagements qui
nous permettent d'avoir de la mobilité active. Donc, le ministère est
résolument engagé pour favoriser la mobilité active, donc je veux en assurer
mon collègue et le réitérer au micro.
Pour ce qui est du suivi des actions en matière
de sécurité routière, c'est sûr que, là, un bilan en trois ans, dans la mesure
où on est en 2024 et que le plan d'action va jusqu'en 2028, ça supposerait une
reddition de comptes, du moins, sur ce plan-là. Parce qu'en 2028, je ne crois
pas être encore ministre des Transports, bien qu'on ne sait jamais l'avenir, M.
le Président, donc on ne sait pas exactement ce qui va arriver après 2028. Mais
pour ce qui concerne mon plan, ici, qu'on a fait, moi, je m'engage à rendre
compte... Puis d'ailleurs, de toute façon, il est fait d'une manière... je l'avais déjà dit, il est fait avec des échéanciers.
Donc, tu sais, c'est facile, là, moi... Puis moi-même, je le suis beaucoup, là.
Vous pouvez demander combien de questions je pose, d'ailleurs, à mes divers
SMA, au quotidien, sur une foule de
choses. Mais, tu sais, ces dates-là, je les suis. Alors, tout ce qui était
supposé se faire en 2023 a été fait. On est en train de débuter 2024,
2025, 2026, 2027, 2028. Donc, ce sera fait, je tiens à en rassurer mon
collègue.
Mais c'est
sûr qu'à tout moment on peut nous demander, nous, un suivi, tu sais, que ce
soient les journalistes... que ce soit des collègues, d'abord, ici, au
sein du Parlement, que ce soient des journalistes, que ce soient des partenaires. Des fois, mon ami, ici, parle
beaucoup avec nos partenaires en sécurité routière. Donc, mon cabinet, mon
ami étant mon conseiller politique... donc, mon cabinet, par extension, on
échange beaucoup, beaucoup, beaucoup, et moi aussi, avec les divers
partenaires. Donc, à tout moment, là, on peut avoir des discussions, mais comme
je le dis, puis c'est important pour moi, ce plan-là a été fait d'une manière
qu'on puisse suivre très clairement, sous-mesure par sous-mesure, l'échéancier et le livrable de façon très claire, ce
qui en facilite justement, un peu, le suivi littéralement au quotidien,
là, ou du moins d'année en année.
Le Président (M. Jacques) : M.
le député de Taschereau.
M. Grandmont : Oui. Bon,
d'abord sur le bilan, bon, d'abord, vous me faites remarquer que, dans le bilan
de... dans le Plan d'action en sécurité routière, il n'y a aucune action prévue
pour faire l'évaluation du Plan d'action en sécurité routière. Je vous ai déjà
parlé à plusieurs reprises, là, de la Vision Zéro. On me dit que le Plan
d'action en sécurité routière est inspiré de la Vision Zéro. Il y a... Dans les
principes qui soutiennent la Vision Zéro, il y a cinq e, je ne m'en souviendrai peut-être pas par coeur ce
matin, là, mais il y a «enforcement», là, donc la répression, les policiers,
les contrôleurs routiers qui sont sur les routes; il y a l'encouragement, donc
la sensibilisation; il y a l'éducation à la population;
il y a les aménagements... je ne me souviens plus c'est quoi, le terme, en
anglais, qui est utilisé; puis il y en a un qui est superimportant, qui est l'évaluation, l'évaluation et la
planification. Bon, on a fait une planification. Ça, c'est bien, c'est
parfait, mais il faut faire une évaluation aussi.
Parce que la Vision Zéro, qui, je le rappelle,
est le meilleur système de sécurité routière dans le monde, jusqu'à ce jour,
c'est la stratégie de sécurité routière qui a donné le plus de résultats
positifs. C'est la stratégie qui permet d'obtenir les meilleurs bilans
routiers, la meilleure réduction du nombre de blessés graves et de décès sur
les routes. C'est un processus en continu. C'est comme... un peu comme la Loi
sur la santé et la sécurité au travail, on se donne
pour objectif d'avoir zéro blessé grave et zéro décès sur les milieux de
travail. Je ne sais pas si, de mémoire, c'est écrit dans la loi, mais
c'est un objectif qu'on poursuit à long terme, et donc on doit l'avoir,
évidemment, aussi, comme perspective dans la sécurité
routière. C'est la même chose, mais il faut être capable de faire de
l'évaluation pour faire de l'amélioration. S'il n'y a pas d'évaluation qui est
faite... Puis même, au terme de 2028, en fait, je ne le vois pas, là, qu'il y a... à moins que je me trompe. Peut-être que la
ministre me dira qu'il est déjà prévu un processus, là, de reddition de comptes, d'évaluation et de
reddition de comptes, un bilan, donc, en 2028, pour lequel... En tout cas, on ne
l'a pas inscrit, on n'a pas pris la peine, je pense, là, de l'inscrire dans le
Plan d'action en sécurité routière.
• (12 heures) •
Donc,
moi, ce que je propose, en fait, c'est que, d'une part, bien, on ait ce
processus-là qui soit inscrit dans la loi. Il réfère à un plan d'action
en sécurité routière, donc aussi, ce qui est intéressant, c'est qu'on vient
donner à Mme la ministre... on vient donner à Mme la ministre, bien, une
opportunité de venir rendre compte des améliorations qui sont faites, du bilan qui s'améliore ou pas puis,
après ça, des moyens à mettre en oeuvre, évidemment, pour le faire, mais
aussi, surtout, puis c'est elle-même qui a abordé la question, aux personnes
qui suivront... qui la suivront à la tête du ministère des Transports et de la
Mobilité durable.
Je suis content des
pas qu'on fait avec Mme la ministre, là, sur la... Tu sais, elle a écouté une
partie de la population qui voulait que ça s'améliore sur les routes. Elle a
fait un plan d'action, on est en train de discuter d'un projet de loi sur la
sécurité routière. C'est une bonne chose, mais il y a eu des longues périodes
aussi, où il ne s'est rien fait en sécurité routière, au Québec, et très, très,
très longues périodes. Comment, donc, trouver une façon que la sécurité
routière demeure toujours une préoccupation, une priorité parmi d'autres, mais
une priorité quand même, des gens qui vont suivre à la tête du ministère des
Transports et de la Mobilité durable, Mme la ministre? Bien, je pense que c'est en rappelant qu'il faut qu'il y
ait un bilan qui soit fait à tous les trois ans... ça peut être aux quatre ans,
là, si c'est pour l'accommoder, puis que ce soit raccord avec le Plan
d'action de sécurité routière. Ça ne me dérange pas, on peut... je suis bien négociable sur le nombre d'années. Comme je vous
disais tantôt, je pense que, dans le projet de loi sur le... dans la Loi
sur l'aménagement et l'urbanisme, c'est quatre ans. C'est quatre ans qu'on
avait fait inscrire avec votre collègue aux Affaires municipales. Donc, ça peut
être aux quatre ans, là, ça ne me dérange pas, mais il faut s'assurer que cette priorité-là ne tombe pas entre
deux ministres intéressés par la question de la sécurité routière. On est d'accord, je suis sûr, Mme la ministre et moi,
qu'il faut que ça aille vers l'avant, puis qu'on soit en processus d'amélioration
continue, puis qu'on vise zéro accident grave et mortel sur les routes.
Donc, je dirais ça,
d'abord, sur le bilan puis j'aimerais ça avoir une discussion spécifiquement
là-dessus. Moi, je veux que ça dure dans le temps. C'est un beau legs. C'est un
beau legs à faire à la personne qui lui suivra puis aux personnes qui suivront,
ensuite, à la tête du ministère des Transports et de la Mobilité durable. Puis,
comme je le disais tantôt, ça existe dans
d'autres lois actuellement, au Québec. Il n'y a rien de farfelu là-dedans. On
peut négocier, évidemment, la façon de l'écrire puis aussi l'intervalle
à l'intérieur duquel on doit réaliser ça, mais c'est une opportunité très
intéressante puis c'est un legs qu'on donne aux ministres qui suivront à la
tête du ministère des Transports et de la Mobilité durable.
Le Président (M.
Jacques) : Merci beaucoup. Mme la ministre.
Mme
Guilbault : Oui, bien, juste un petit mot
pour remercier le collègue de Taschereau de saluer l'action proactive de notre
gouvernement en matière de sécurité routière, après des périodes plus ou moins
inertes, puis l'assurer aussi, là, tu sais, vraiment, de toute ma volonté
partagée avec lui que le suivi puisse se faire de manière assidue et concrète,
là, tu sais, pas juste des bilans, tu sais, des rapports de phrasages qui ne
veulent à peu près rien dire des fois, là, vraiment des suivis précis. Puis
c'est pour ça que j'ai mis des échéanciers avec des livrables très précis, tu sais, le prochain étant... Bien, vous
voyez, je regarde ici, là, en tout cas, il y a toutes sortes de choses, là, tu
sais, les fameuses consultations sur la zone scolaire, la mise à jour du
guide, 2024, on est là-dedans cette année, et il y a aussi les bilans de la
SAAQ.
Parce que, quand on
parle de la Vision Zéro, tu sais, ultimement, ce qu'on veut, c'est améliorer la
sécurité puis que ça ait une répercussion
sur le bilan. Et le bilan routier, le bilan des accidents, des décès sur nos
routes, se fait annuellement par la SAAQ. Donc, ce bilan-là va continuer
de se faire. Ce n'est pas le seul indicateur, tu sais. Il ne faut pas penser
que c'est la seule façon de mesurer les fruits du travail.
Une voix :
...
Mme Guilbault : Oui, c'est ça, exactement. Donc, alors, c'est ça, il ne faut pas... Ce
n'est pas nécessairement la seule mesure, parce qu'il reste que le plan
d'action, si... par exemple, parle des bonifications du TAPU, il y a
plus de gens qui font du vélo, il y a plus de gens qui vont à l'école à pied et
qui prennent des marches. Ça ne se reflétera pas nécessairement dans le bilan
de la SAAQ, mais ça va être une bonne chose néanmoins, à la fois pour la
sécurité puis pour la santé des gens. Mais il reste que ce bilan-là, qui est
quand même assez détaillé, là... Tu sais, sur le site de la SAAQ, il y a une foule de statistiques qui est
mesurée chaque année. Le dernier, d'ailleurs, vient de sortir... ou, en tout
cas, un des bilans annuels vient de sortir il n'y a pas longtemps. Alors donc,
c'est ça, et, jusqu'en 2026 du moins, le collègue pourra même s'adresser
directement à moi, s'il veut que je lui fasse des suivis de mon plan avec les
échéanciers.
Le Président (M.
Jacques) : M. le député de Taschereau.
M.
Grandmont : Bien, je ne pensais pas avoir à répéter ce que j'ai dit au
départ, dans mon introduction. Évidemment,
la SAAQ fait les bilans de sécurité routière, évidemment, mais c'est une
responsabilité qui est partagée. Le législateur a
un rôle important à jouer. La preuve, nous sommes en train de mettre à jour la
loi... en fait d'étudier un projet de loi qui va venir modifier différentes
lois pour avoir un impact positif sur la sécurité routière. C'est deux choses
séparées. Il y a un bilan annuel de la SAAQ... doit continuer d'exister,
évidemment, je suis d'accord avec Mme la ministre là-dessus, puis il pourrait
être encore plus étoffé, encore plus précis, mieux ventilé, encore plus
d'informations. Ça, c'est une autre chose, mais ça va demeurer utile, mais le
législateur a un rôle à jouer. La ministre des Transports ou le ministre des
Transports et de la Mobilité durable a un rôle à jouer.
Puis là on refuse de
dresser un bilan à tous les trois ou quatre ans, là. On propose trois ans, mais
ça pourrait être quatre. On refuse de dresser un bilan à l'intérieur... un
bilan de sécurité routière à l'intérieur des compétences de la ministre. J'ai
de la misère à comprendre la réticence de Mme la ministre là-dessus, parce que
c'est une proposition que je lui fais, qui permettrait de veiller à ce que
cette volonté d'améliorer en continu la sécurité routière au Québec se
poursuive dans le temps, après son départ, à moins qu'elle reste indéfiniment,
je ne sais pas combien... en tout cas, mais que... mais, vous comprenez, j'ai
de la misère à comprendre la réticence de Mme la ministre là-dessus, parce que
ça ne l'impliquera même pas.
Puis, au contraire,
ce que je lui propose, c'est de laisser un legs, s'assurer... Puis je sais que
c'est un enjeu qui est important pour elle, elle a déjà parlé de ses filles.
C'est quelque chose qui prend quand même aux tripes, comme parent, de penser
que les rues ne sont pas sécuritaires pour nos enfants. Je veux dire, pour être
capable d'arriver au meilleur bilan potentiel, là... potentiellement sur le
long terme, là, il faut s'assurer que le ministre qui suivra Mme la ministre,
bien, fasse aussi le travail d'avoir comme priorité la sécurité routière, fasse
le travail de dresser un bilan, puis, à l'intérieur de son champ de compétence,
mette en place les meilleures pratiques possibles, et aussi déploie lui
aussi... cette personne-là, qu'elle déploie aussi un plan de... un plan
d'action en sécurité routière.
Autrement, là, après
2028, il n'y a rien qui nous garantit qu'on va avoir encore un plan de sécurité
routière au Québec. Il n'y a absolument rien qui le... qui nous permet de le
prévoir. Il n'y a rien qui nous le garantit. Donc, ça veut dire qu'après 2028
ça se peut qu'on n'ait plus rien en sécurité routière, puis qu'on retombe dans
nos vieilles ornières, puis que finalement le bilan routier recommence à aller
de moins en moins bien, puis qu'on augmente le nombre de morts puis de blessés
graves sur les routes. C'est une disposition toute simple qui existe dans
d'autres lois. Je l'ai dit tantôt, la Loi sur l'aménagement et l'urbanisme a
une disposition comme celle-là. Je suis prêt à négocier sur le trois ans, ça
peut être quatre ans, ça ne me... pour être raccord avec le plan d'action en sécurité
routière, mais ça n'a pas de... ça n'a pas de conséquence directement pour la
ministre. Elle fait juste s'assurer que les personnes qui lui succéderont à la
tête du MTMD feront leur job aussi, d'avoir la sécurité routière à coeur.
Le Président (M.
Jacques) : Mme la ministre.
Mme
Guilbault : Bien, je vais renouveler ce
que j'ai déjà dit dans mes deux précédentes réponses, mais je veux vraiment
rassurer le collègue, là, sans pouvoir prédire ce que mes successeurs vont
faire, la sécurité routière, c'est déjà un mandat important du ministère. On a
fait ce plan d'action là et on pourra en faire le suivi. Tu sais, quand on nous
demande de rendre compte, aux trois ans, des actions découlant du plan
d'action... Il s'arrête en 2028. Donc, je pense que l'important, c'est de
rendre compte de la sécurité routière en général. La SAAQ le fait, il y a plein
d'actions qui se font.
Donc, effectivement,
c'est un legs important, là, et donc je m'attends à ce que... j'espère, en tout
cas, que mon ou ma successeure va faire un prochain plan puis va faire ce qu'il
y a à faire pour poursuivre mon oeuvre bien modeste que j'aurai faite avec ce
plan-là. Mais il reste qu'on est d'accord sur le fond que c'est un sujet
fondamental, raison pour laquelle on s'est mis en action aussi rapidement à mon
arrivée.
Le Président (M.
Jacques) : Merci. M. le député, il vous reste environ quatre minutes.
M.
Grandmont : Bon, comme je l'ai... Oui, donc, comme je le disais
tantôt, si c'est trois ans qui bloque, ce n'est pas grave, on peut mettre ça à
quatre ans pour être raccord avec le plan d'action. Moi, ça ne me dérange pas,
mais ce n'est pas avec des prières qu'on va réussir à garantir que le prochain
ministre des Transports ait à coeur la Sécurité routière autant que Mme la
ministre. Elle pourrait, grâce à mon amendement, simplement s'assurer que ça
dure dans le temps. Je n'irai pas plus loin là-dessus, mais je note que... En
fait, je ne comprends pas sa réticence par rapport à ça. On n'est pas en train
de s'assurer que la sécurité routière, pour les prochaines années, les
prochaines décennies, va demeurer top priorité pour les prochains ministres des
Transports parce qu'on refuse l'amendement que je propose ici.
• (12 h 10) •
Maintenant, sur la
sécurité, les transports actifs sur les routes lui appartenant, évidemment, pas
les autoroutes, là, tout ça se fait évidemment dans le respect des normes
existantes. Il n'y a pas de transport actif au Québec sur les... sur le réseau
supérieur de type autoroutier, mais il y a plein de... il y a plein de cas.
Anaïs Renaud à Saint-Flavien de Lotbinière, qui est décédée sur le chemin de
l'école, c'était, si ma mémoire est bonne, sur le corridor scolaire et c'est
sur une route qui appartient au ministère des Transports et de la Mobilité
durable. Dans la ville de Prévost, il y a eu un projet
pilote. On a fait passer la vitesse signalée de 70 à 50 kilomètres-heure
pour finalement revenir à 70 kilomètres-heure. On est devant une école. Il
faudrait absolument que le ministère des Transports s'assure que ça dure dans
le temps puis qu'on s'oblige à avoir une route à 50 kilomètres-heure et
pas à 70 devant une école.
Un autre cas aussi
que j'ai trouvé très intéressant, quand j'ai rencontré les gens à Gatineau...
il y a une route, c'est la route 105 qui appartient au ministère des
Transports. Il y a un pont, en fait, qui est souvent utilisé par les cyclistes. Du côté de Chelsea, on est sur le réseau
municipal, il y a un aménagement cyclable puis de l'éclairage. Du côté de
Gatineau, on est sur le réseau municipal aussi, il y a un aménagement cyclable
puis de l'éclairage. Puis, sur la partie juste devant le pont, qui appartient
au MTQ, on n'a plus d'éclairage puis on n'a plus d'aménagement cyclable. Puis
il y a eu deux accidents, graves ou mortels, je ne sais plus, mais deux
accidents cyclistes importants, graves, ce qu'on veut justement éviter, sur le
petit tronçon appartenant au MTQ, parce qu'on n'a pas d'aménagement cyclable
puis on n'a pas de réverbère. Ça doit faire une centaine de mètres, peut-être
200, je ne sais pas, mais c'est vraiment petit. Le ministère des Transports
refuse de prendre ses responsabilités sur sa route, qui lui appartient, puis de
mettre en place des aménagements cyclables. Il y a des accidents graves et
mortels qui se produisent sur ce tronçon-là.
C'est le sens de ma
proposition. Comme je le dis, j'aurais aimé mieux modifier la Loi sur la
voirie, mais ça aurait demandé le
consentement. Je ne suis pas sûr qu'on l'aurait obtenu. Moi, ce que je veux,
c'est que, minimalement, on accepte l'amendement que je propose, de veiller à
promouvoir le transport actif sur les routes lui appartenant, en
excluant... S'il faut l'écrire, on fera un amendement... que la ministre
l'amende puis ajoute «sauf sur les autoroutes», là, mais l'idée est de vraiment
protéger des vies sur le réseau appartenant au MTQ.
Le Président (M.
Jacques) : En terminant. Il vous reste 10 secondes.
M.
Grandmont : Je vais me garder une réponse.
Le Président (M. Jacques) : Merci,
M. le député de Taschereau. Donc, le temps est écoulé. Est-ce que l'amendement
introduisant... Bien, Mme la ministre, voulez-vous intervenir?
Mme
Guilbault : Non. Bien, j'ai déjà répondu
tout à l'heure, mais j'ai pris note de l'endroit sur la 105. On a déjà un plan pour la réfection de la 105, sur cinq
ans, qu'on a mis en place, mais... pour la route comme telle, mais je vais
vérifier l'endroit dont il me parle.
M.
Grandmont : ...quand même de mon côté qu'il n'y a pas d'appui à...
finalement, aux amendements qui étaient tirés, là, du mémoire de Piétons
Québec.
Le Président (M. Jacques) : Merci,
M. le député. Est-ce que l'amendement introduisant l'article 34.1 est
adopté? Rejeté. Mme la ministre, l'article 36.
Mme Guilbault : Oui. Article 36, Loi modifiant l'encadrement de l'utilisation des
cinémomètres photographiques et des systèmes de contrôle de circulation
aux feux rouges et d'autres dispositions. Article 36 :
L'article 21 de la Loi modifiant
l'encadrement de l'utilisation des cinémomètres photographiques et des systèmes
de contrôle de circulation aux feux rouges et d'autres dispositions est
modifié par la suppression des paragraphes 3° et 5°.
En commentaire :
L'article 36 du projet de loi propose une modification de concordance à
l'article 21 de la Loi modifiant l'encadrement de l'utilisation des
cinémomètres photographiques et des systèmes de contrôle de circulation aux
feux rouges et d'autres dispositions. L'article 21 de cette loi modifiait
l'article 592.1 du Code de la sécurité routière. Comme
l'article 592.1 du code est abrogé par l'article 19 du projet de loi,
il y a lieu de supprimer les paragraphes 3° et 5° de l'article 21 qui ne
sont jamais entrés en vigueur.
Le Président (M.
Jacques) : Merci. Est-ce qu'il y a des interventions sur
l'article 36? Donc, s'il n'y a pas d'intervention, est-ce que
l'article 36 est adopté?
Des voix :
Adopté.
Le Président (M.
Jacques) : Adopté. Article 37.
Mme
Guilbault : Oui. Article 37,
Règlement d'application de diverses dispositions concernant les systèmes de détection. Article 37 : Le Règlement
d'application de diverses dispositions concernant les systèmes de détection,
dont le texte figure ci-après, est édicté.
«Règlement
d'application de diverses dispositions concernant les systèmes de détection.»
«Chapitre I.
«Dispositions
du Code de la sécurité routière dont le respect peut être contrôlé au moyen
d'un système de détection.
«1. Peut être
contrôlé au moyen d'un système de détection le respect des dispositions
suivantes :
«1° en matière de
respect des limites de vitesse : le deuxième alinéa de l'article 299, les
articles 303.2 et 328, le troisième alinéa de l'article 329 et les
articles 496.4 et 496.7 du Code de la sécurité routière;
«2° en matière de
respect de l'arrêt à un feu rouge : l'article 359 de ce code.
«1° en matière de
respect des limites de vitesse, le deuxième alinéa de l'article 299, les
articles 303.2 et 328, le troisième alinéa de l'article 329 et les
articles 496.4 et 496.7 du Code de la sécurité routière;
2° en matière de
respect de l'arrêt à un feu rouge, l'article 359 de ce code.
«Chapitre II.
«Manquements donnant lieu à l'imposition d'une
sanction administrative pécuniaire.»
«2.
En cas de manquement au deuxième alinéa de l'article 299, à
l'article 328, au troisième alinéa de l'article 329 ou aux
articles 496.4 et 496.7 du Code de la sécurité routière constaté au moyen
d'un système de détection, peut être imposée
au propriétaire du véhicule routier avec lequel le manquement est commis une
sanction administrative pécuniaire d'un montant de 30 $ plus :
«1° si la vitesse excède de 1 à 20 km/h la
vitesse permise, 10 $ par tranche complète de 5 km/h excédant la
vitesse permise;
«2° si la vitesse excède de 21 à 30 km/h la
vitesse permise, 15 $ par tranche complète de 5 km/h excédant la
vitesse permise;
«3° si la vitesse excède de 31 à 45 km/h la
vitesse permise, 20 $ par tranche complète de 5 km/h excédant la
vitesse permise;
«4° si la vitesse excède de 46 à 59 km/h la
vitesse permise, 25 $ par tranche complète de 5 km/h excédant la
vitesse permise.
«Aucune sanction administrative pécuniaire ne
peut être imposée en cas de manquement aux dispositions prévues au premier
alinéa dans les cas suivants :
«1° dans une zone où la limite de vitesse
maximale autorisée est d'au plus 60 km/h, lorsque la vitesse du véhicule
routier mesurée au moyen d'un système de détection est de 40 km/h ou plus
au-delà de la vitesse maximale indiquée;
«2° dans une zone où la limite de vitesse
maximale autorisée est supérieure à 60 km/h et d'au plus 90 km/h, lorsque la vitesse du véhicule routier mesurée au
moyen d'un système de détection est de 50 km/h ou plus au-delà de la vitesse
maximale indiquée;
«3° dans une zone où la limite de vitesse
maximale autorisée est supérieure à 90 km/h, lorsque la vitesse du véhicule
routier mesurée au moyen d'un système de détection est de 60 km/h ou plus
au-delà de la vitesse maximale indiquée;
«4° dans une zone scolaire, pendant la période
scolaire au sens du Règlement encadrant l'établissement des zones scolaires et
définissant la période scolaire;
«5° dans un lieu où, conformément à
l'article 303.1, une signalisation indique, pour la durée de travaux de
construction ou d'entretien d'un chemin public, une limite de vitesse à
respecter autre que celle prescrite.
«Chapitre III.
«Éléments d'une photographie ou d'une série de
photographies qui font preuve de leur exactitude.
«3. La
photographie ou la série de photographies prises par un système de détection
fait preuve de l'exactitude des éléments suivants qui sont apposés à
l'une ou à plusieurs des photographies ou qui y sont visibles :
«1° l'endroit
où la photographie ou la série de photographies ont été prises, en faisant
référence à un identifiant ou autrement;
«2° la date et l'heure auxquelles la
photographie a été prise;
«3° le véhicule routier;
«4° le numéro de la plaque d'immatriculation du
véhicule routier.
«4. La photographie ou la série de photographies
prises par un système de détection fait également preuve de l'exactitude des
éléments suivants qui sont apposés à l'une ou à plusieurs des photographies ou
qui y sont visibles :
«1° lorsque le système de détection est utilisé
pour mesurer ou calculer la vitesse :
«a) la limite de vitesse permise, sauf
celle fixée en vertu de l'un des articles 299, 303.1 ou 329;
«b) la vitesse du véhicule routier enregistrée
par le système de détection;
«2° lorsque
le système de détection est utilisé pour contrôler la circulation aux feux
rouges, le feu de circulation en cause.»
En commentaire : L'article 37 du
projet de loi propose d'édicter le Règlement d'application de diverses
dispositions concernant les systèmes de détection. L'article 1 de ce
règlement détermine les dispositions du Code de la sécurité routière dont le
respect peut être contrôlé par un système de détection. Il s'agit de
dispositions du CSR en matière de vitesse et en matière d'arrêt à un feu rouge,
comme c'est le cas actuellement.
• (12 h 20) •
L'article 2 de ce règlement détermine les
dispositions du CSR pour lesquelles une sanction administrative pécuniaire peut être imposée en cas de manquement
constaté au moyen d'un système de détection. Ce sont des dispositions en matière d'excès de vitesse, autres que les
grands excès de vitesse et autres que ceux commis dans les zones scolaires
pendant la période scolaire et dans les zones de chantier où la limite de
vitesse est différente de celle normalement prescrite. Il fixe à 30 $ le
montant de base de la SAP, auquel s'ajoute un montant, par tranche complète de
cinq kilomètres-heure excédant la vitesse permise, qui varie en fonction
de l'ampleur de l'excès de vitesse. Les articles 3
et 4 de ce règlement déterminent les éléments apposés sur une photographie ou
une série de photographies ou qui y sont visibles, qui font preuve de
leur exactitude.
Le Président
(M. Jacques) : Merci, Mme la ministre. M. le député de
Nelligan... puis, juste vous informer, là, on peut les traiter, là, par
1, 2, 3, 4. Donc, on...
M. Derraji : Oui, mais avant, c'est
un commentaire général, avant d'aller dans les chapitres, mais merci beaucoup de... Moi, ce que je veux savoir, c'est
que vous avez parlé du règlement... ça, c'est un règlement, maintenant,
qui est dans la loi. Donc, est-ce que c'est juste possible de nous partager
comment la réflexion est arrivée pour dire : Voilà le règlement sur lequel
on se base, c'est ce règlement qu'on va mettre dans la loi?
Mme
Guilbault : Je ne suis pas certaine de
comprendre la question, dans le sens que le règlement, comme on l'avait dit un
peu plus tôt, il vise à éviter qu'il y ait comme une période de vide, là. Donc,
il est déjà édicté à même le projet de loi, ce qui fait que, quand la loi va
entrer en vigueur, on va déjà pouvoir continuer de fonctionner avec les photoradars, que ce soit pour la vitesse
ou aux feux rouges. Puis on vient prévoir aussi les sanctions pécuniaires
avec les montants... les types de manquement
puis les montants associés. Donc, finalement, c'est le règlement qui vient
édicter les modalités... qui ramène les
modalités déjà existantes des... de ce qu'on a déjà comme constats
d'infraction, et comme comportements à surveiller, et les nouvelles, tu
sais, parce que ça fait suite à tout le chapitre sur la création des SAP. Donc, c'est ça un peu qui est à l'origine
du règlement, c'est de reprendre ce qui se fait déjà puis d'ajouter les SAP.
M. Derraji : Oui. Ma question, c'est
aussi en lien avec les comportements. Et, vous l'avez très bien dit, les
comportements sur la route, en termes de respect du Code de la sécurité
routière, c'est... Est-ce que vous êtes en mesure de confirmer que la plupart
des comportements dangereux, les comportements, que ce soit autour des écoles, ou aux alentours des écoles, ou ailleurs, sont
dans le règlement? Parce que, là, vous... c'est sur ça qu'on doit se baser, là.
Par la suite, tout est là dans ce
règlement. Normalement, on ne doit rien oublier comme comportements dangereux
sur la route.
Mme Guilbault : C'est ça. C'est que les comportements dangereux... Vous
voyez ici : «Aucune SAP ne peut être
imposée en cas de manquement aux dispositions prévues au premier alinéa dans
les cas suivants : la zone scolaire, dans une zone...» Ah non!
pardon. Ah oui! c'est ça, exact. Donc, ici, là...
M. Derraji : Vous êtes où? Oui,
c'est zone où la limite de vitesse maximum autorisée... plus de 60, vitesse...
véhicule... mesurée... Est-ce que c'est vers la fin du chapitre II?
Mme Guilbault : C'est ça, exact. Donc, grand excès de vitesse, et on a...
ce qu'on pourrait appeler un grand excès de vitesse. Je ne sais pas si c'est
ça, la définition...
Une voix : ...
Mme Guilbault : Oui, c'est ça.
M. Derraji : Donc, c'est les
trois...
Mme Guilbault : Et les zones scolaires et les zones de chantier.
M.
Derraji : C'est les cinq éléments. C'est cinq éléments pour
imposer une sanction administrative pécuniaire, c'est ça?
Mme Guilbault : Non, c'est ça, eux ne pourront pas avoir une... parce que
ça va être un constat d'infraction.
M. Derraji : Oui, constat
d'infraction, désolé, constat d'infraction. C'est là où je voulais avoir un
échange avec vous, c'est par rapport aux
autobus scolaires. Et je reviens au projet pilote qui a été implanté, qui a
donné des résultats. C'est documenté qu'il y a des dépassements. Les
résultats, vous les avez, ça a été mentionné à plusieurs reprises. Mon
ex-collègue l'a lancé, votre collègue l'a lancé, s'est engagé à le faire, mais
je ne le vois nulle part.
Est-ce que ce n'est pas un comportement
dangereux? Je pense que c'est... il l'est, un comportement dangereux, mais je
ne le vois nulle part. Donc, vous avez un projet pilote à l'intérieur du
ministère qui démontre qu'il y a des dépassements des autobus scolaires, des
caméras qui ont été implantées l'ont démontré. Ça a été validé, mais on ne peut pas passer à travers aujourd'hui
dans le règlement, parce que c'est comme si on dit, au ministère, on a travaillé
sur un projet pilote, ça a donné des résultats, ça nous a démontré que c'est
des comportements dangereux, mais, en conséquence, on ne fait rien.
Mme
Guilbault : Est-ce que mon collègue veut que je réponde ou...
est-ce que mon collègue avait terminé ou...
M. Derraji : Oui, oui, oui. J'ai
terminé, oui, oui.
Mme
Guilbault : Je réponds? OK. Bien, premièrement, ce règlement
d'application là, il porte sur les systèmes de détection, donc les
comportements qui sont en mesure d'être détectés par les systèmes de détection.
Donc, on est sur la vitesse et les feux
rouges actuellement, mais, comme on a déjà dit souvent... dans le cadre d'une
autre discussion, le collègue donnait un exemple de flèche verte et des
intersections, et tout ça, avec l'évolution de la technologie, sous réserve des futurs appareils qu'on acquerra,
peut-être qu'il y aura d'autres sortes de manquements qui pourront être
observés par les prochains appareils.
C'est pour ça que, via le règlement, on va
pouvoir éventuellement, au besoin, ajouter des nouveaux types de comportements,
des nouveaux manquements, que ce soient des nouveaux manquements par constat
d'infraction ou que ce soient des SAP. Alors, c'est déjà prévu comme ça. Donc
là, on part avec ce qu'on a en ce moment comme système, parce qu'on veut quand même partir avec quelque chose, si on
veut un jour enclencher les SAP, là. Ça fait que, là, on a décliné ici,
là, les excès de... quoi?
Une voix : ...
Mme Guilbault : ...non, mais c'est ça, c'est pour ça que le règlement est
édicté à même le projet de loi, mais donc on a déjà prévu ça. Bien, ça, c'est
la base à partir de laquelle, ensuite, on va évoluer, notamment quand on aura la future technologie, notamment quand on aura le
choix de la solution aussi. On en parlait pour la question de flouter les photos et on est en train de travailler...
comme sait mon collègue, l'article 12 est actuellement suspendu, parce
qu'on travaille deux éléments, dont celui de s'assurer, là... Parce que
je me... c'était 579.80, je pense, 579.80, la discussion qu'on avait avec la
députée de... Westmount?
M. Derraji : Mont-Royal... Mont-Royal—Outremont.
Mme Guilbault : Mont-Royal—Outremont. En tout cas... et donc, c'est ça, pour s'assurer que
le choix des libellés pourrait éventuellement inclure des caméras, si un jour
on voulait aller là.
M. Derraji : Oui. Merci pour la
clarification et, je vous le dis, merci d'éviter d'avoir un vide juridique et
d'avoir mis le règlement dans le projet de loi. Je pense que c'est une bonne
idée, mais là on ne peut pas faire abstraction qu'il y a un comportement
dangereux. La technologie a été testée, c'est... on n'est pas dans un processus
de crédits, on est dans un projet de loi. Je
ne peux pas vous poser la question : Qu'en est-il par rapport au projet
pilote?
Le projet pilote existe depuis 2018, ça a donné
des résultats. Ça a été implanté dans deux endroits, je pense, Gatineau et
Châteauguay, et la technologie existe, et c'est documenté qu'il y a des
dépassements dangereux. Et la solution existe... la solution existe. Donc, je
comprends, et le problème que j'ai et qu'on a devant nous, c'est qu'on a le 12 et on a le 37. Si on règle la technologie au
12, l'article 12, moi, je pense que c'est le moment d'envoyer un signal
fort que les dépassements d'autobus immobilisés scolaires est dangereux, et
voilà la conséquence. Parce que sinon les
conséquences, elles sont là, les résultats sont là, les... la technologie
existe, ça a démontré des résultats, le projet pilote, mais on ne le
voit pas. Et je sais que vous voulez améliorer le Code de la sécurité routière.
C'est un bon pas, mais on ne peut pas
aujourd'hui faire abstraction que c'est un comportement dangereux qu'on ne
touche pas dans ce projet de loi.
Mme Guilbault : Oui, bon, on ne fait abstraction de rien, M. le Président,
là. C'est la raison pour laquelle on passe plusieurs heures sur un projet de
loi qui porte sur la sécurité routière, qui découle d'un plan d'action sur la
sécurité routière, chaudement salué par le député de Taschereau tout à l'heure,
d'ailleurs. Donc, on est en pleine action pour améliorer le bilan de la
sécurité routière. Donc, M. le Président, quel que soit l'élément sur lequel
porte la conversation, je pense qu'on ne
peut pas taire le fait qu'on est volontairement en train, en ce moment, de se
prêter à un exercice pour améliorer la sécurité routière. Donc, partons
de cela, volontairement, dans le sens que j'aurais pu ne pas faire le plan, j'aurais pu ne pas faire le
projet de loi, mais j'ai choisi de le faire. Et l'avancée qui est importante...
puis là on en parle au conditionnel
puis avec grande réserve, parce que je reviendrai à mes collègues, quand on
aura terminé le travail, sur les... d'éventuels amendements à
l'article 12.
• (12 h 30) •
Mais j'ai bien entendu les représentations qu'il
a faites, celles de sa collègue aussi et... et c'est pour ça que le concept du projet de loi n'est pas de prescrire de
futurs choix d'appareils ou de futures solutions technologiques, mais
bien de se donner toute la latitude nécessaire, comme gouvernement, par la
suite, pour choisir les meilleurs moyens et continuer d'améliorer le bilan de
la sécurité routière et non pas, comme je le dis, c'est ça, de prescrire puis
d'être obligé de rouvrir les lois à tout bout de champ si on veut faire quelque
chose différemment, comme c'était le cas avec les radars photo jusqu'à
maintenant. Donc là, maintenant, et on procède par règlements parallèles, on
sait, pour un certain nombre de choses, pour faciliter l'agilité ultérieure,
donc on va... Et là on y reviendra, au... à l'article 12, à un moment
donné, mais on va s'assurer de se donner tous les moyens, si un jour on voulait
aller vers des caméras.
Et, sur les dépassements ou toute la question
des autobus scolaires, il a raison de dire que c'est... il y a un péril, là,
potentiel pour nos enfants dans les... les enfants qui traversent les rues.
C'est pour ça qu'il y a neuf points d'inaptitude qui est associé au fait de ne
pas respecter un panneau d'arrêt amovible et des amendes quand même assez élevées aussi, mais les neuf points
d'inaptitude, évidemment, ça se répercute aussi financièrement. Donc, je
voulais le rappeler pour le bénéfice de tous.
Le Président (M. Jacques) : M. le
député.
M. Derraji : Oui, merci. Merci pour
les informations. Je... et je ne dis pas que ce n'est pas un bon pas ou c'est
un pas... je ne suis pas là. Je suis juste en train de soulever qu'au sein même
du ministère il y avait un projet pilote de caméras sur les autobus scolaires.
Ça existe, vous avez lancé... vous avez relancé... ça a été lancé en 2018, vous pouvez me rafraîchir la mémoire, et c'est un
projet pilote d'installation de caméras sur les autobus scolaires. Donc,
s'il n'y avait pas d'enjeux, on ne va pas donner suite à ces projets pilotes.
Les projets pilotes existent. Donc, on est en 2024. Le ministère a entre ses
mains un projet pilote depuis 2018.
Moi, je peux bien même vous citer le communiqué
de presse de votre collègue qui affirmait que c'est une bonne technologie,
votre ex-collègue ministre du Transport. Et là on est en train de dire :
Écoute, on a tellement... on a tellement
documenté le projet... C'est bon? On a tellement documenté le projet que ça a
donné des résultats. Il y a même un article récent, que des chauffeurs
d'autobus disaient que c'était un comportement très dangereux, dans la région de Gatineau. Et la solution existe... la solution
existe. C'est juste, je trouve ça dommage que le non-respect de la réglementation lorsque les autobus sont mobilisés ne
sera pas dans ce projet de loi ni dans le règlement. Et c'est un phénomène qui
prend de plus en plus d'ampleur, je vous dis. Écoute, la revue de presse est
toujours pertinente, et ça date depuis 2018. Le dernier article date d'il y a
quelques mois, c'était publié sur... je pense, dans la région de l'Outaouais...
Une voix : ...
M. Derraji : Je pense, Le Droit,
ça a été publié... Oui, c'est Le Droit, le dernier article. Donc, je
comprends qu'il y a un lien avec l'article 2. Je pense qu'on va se
reparler de l'article 2, mais on ne peut pas aujourd'hui faire un
règlement, adopter un règlement qui ne va pas mettre l'emphase sur une
problématique documentée par le ministère. En fait, le projet pilote, il est
documenté par le ministère, ça existe, les résultats sont là, il existe. Ça a
démontré son efficacité, et la campagne existe, c'est... la campagne
BusPatrouille. Et, on le voit, il y a pas mal d'articles, Mme la ministre,
il y a pas mal d'articles qui démontrent l'efficacité de ce projet.
Malheureusement, je ne peux pas, moi,
aujourd'hui, voir qu'on parle d'un règlement qui est la base de votre code, qui
est la base de la modernisation des dispositions concernant le système de
détection.... mais c'est un système de
détection. Donc, si on prend juste... si on prend juste le chapitre I, si
vous avez un moment, on parle de dispositions du Code de la sécurité
routière dont le respect peut être contrôlé au moyen d'un système de détection,
mais qu'est-ce qu'on fait? On parle de limites de vitesse et on parle d'en
matière d'arrêt à un feu rouge. Est-ce qu'on peut juste dire «en matière de
dépassement des autobus scolaires», en attendant que la technologie soit là?
Mais ne pas énumérer dans la liste des moyens du système de détection qu'on va
dorénavant voir le dépassement des autobus, qui est une problématique réelle,
documentée par le ministère, je pense que c'est un oubli.
Mme Guilbault : Oui, bien, je l'ai dit tout à l'heure, là, on ne peut pas
prévoir, en ce moment, dans le règlement, de toute façon, un comportement qui
n'est même pas détectable par les systèmes qu'on a. Tu sais, ce serait anachronique, mais, de toute façon, la...
même si on pouvait, je veux dire, la réponse va être la même. Si, un jour,
on veut ajouter un type de comportement à
surveiller, on va pouvoir le mettre dans le règlement, le changer par
règlement. Donc, ce ne sera pas compliqué, ça pourra facilement se
faire, le cas échéant.
M. Derraji : Oui, mais, Mme la
ministre, je ne suis pas d'accord quand vous dites que ce n'est pas détectable
maintenant. Il est détectable maintenant. Vous avez deux projets pilotes, puis,
si vous voulez que je vous lise le
communiqué de presse de votre ex-collègue, je peux vous le lire. Le projet
pilote a démarré en 2018. Par la suite, il y avait un autre... le même
projet pilote et avec des résultats et des données fiables. Donc, on ne peut
pas dire que ce n'est pas détectable. Donc, quand je vois, moi, le chapitre I,
premier article, 1° et 2°, en matière de respect de l'arrêt à un feu rouge, je pense que c'est là où il y a manquement, un
manquement de ne pas détecter les dépassements des autobus scolaires.
Le Président (M. Jacques) : Mme la
ministre.
Mme Guilbault : Oui, bien, j'ai déjà répondu. C'est sûr que, là, on... à
toute la même question, je vais avoir la même réponse, là. On se donne les
moyens, dans le projet de loi, de pouvoir éventuellement utiliser la
technologie qu'on souhaite pour surveiller les types de comportements qui s'y
rattachent avec les nouvelles technologies, et donc, par corollaire, c'est sûr que, si on choisissait une autre
technologie qui surveille de nouveaux comportements qui ne sont pas actuellement surveillés, il faudrait
effectivement modifier le règlement puis prévoir une sanction administrative
pécuniaire rattachée à une... à ce manquement-là.
M. Derraji : OK. J'ai une seule
question. Est-ce que le dépassement des autobus... Aujourd'hui, selon vous, la
technologie n'existe pas pour détecter le dépassement d'un autobus scolaire.
Est-ce que vous ne pensez pas que la technologie n'existe pas?
Mme Guilbault : Bien, il existe effectivement des caméras. Le collègue en parle depuis
tout à l'heure, il y a eu des projets
pilotes, mais, en ce moment, dans le parc des actifs de surveillance routière
qu'on utilise, dans les systèmes de détection qu'on utilise, les caméras
n'en font pas partie. En ce moment, on a les photoradars, là, tels qu'on les...
les cinémomètres photographiques et les systèmes de détection de contrôle de
feux rouges, là, enfin, les deux termes qu'on
abolit et qu'on abroge depuis tout à l'heure. Donc, c'est ça, mais, si, un
jour, on en avait des nouveaux, ils pourront être ajoutés, et le
manquement relié pourra l'être aussi dans le règlement.
M. Derraji : J'essaie de suivre
la logique. Je comprends votre point, mais on ne l'a pas, puis c'est parce
qu'on n'a pas encore parlé de ça à l'article 12. Si on a réglé la question
des caméras à l'article 12, je pense que le chapitre I du 37... du 37, on
peut déjà parler... parce que la solution existe. Je ne parle pas des
manquements donnant lieu à l'imposition
d'une sanction. Probablement, ça mérite réflexion, mais, dans le chapitre I, on
ne peut pas, aujourd'hui, ne pas parler... parce que c'est déjà du
succès.
Et, vous
savez, c'est une entreprise québécoise, on parle de BusPatrol, qui a vendu
30 000 caméras pour les autobus, mais pas au Québec. Sur le site de la compagnie, on peut lire qu'en
Amérique du Nord on recense, chaque année, plus de 17 millions de
dépassements illégaux d'autobus scolaires. La technologie existe. Le
dépassement illégal d'autobus scolaires est un fléau, ça
existe, ça a été démontré par deux projets pilotes au niveau de votre
ministère. Moi, je pense que ça mérite déjà
l'ajout parce que la solution existe. C'est comme aux feux rouges, c'est comme
le respect des limites de vitesse.
Donc, on ne peut pas dire, aujourd'hui, qu'on n'a pas la technologie, qu'on n'a
pas la solution. Ce n'est pas juste uniquement qu'on n'a pas la solution. Vous
l'avez même essayée. Le ministère l'a essayée par deux projets pilotes.
Une voix : ...
Le Président (M. Jacques) : M. le
député de Nelligan.
M. Derraji : Vous savez, M. le
Président, je vais déposer un amendement. Je vous demande une suspension, s'il
vous plaît.
Le Président (M. Jacques) : Nous
allons suspendre quelques instants.
(Suspension de la séance à 12 h 39)
(Reprise à 12 h 57)
Le Président (M. Jacques) : Nous
reprenons nos travaux et, compte tenu de l'heure, nous suspendons jusqu'à
15 heures.
(Suspension de la séance à 12 h 58)
(Reprise à 15 h 08)
Le Président (M. Jacques) : La Commission
des transports et de l'environnement reprend ses travaux.
Nous poursuivons l'étude détaillée du projet de
loi n° 48, Loi modifiant principalement le Code de la sécurité routière
afin d'introduire des dispositions relatives aux systèmes de détection et
d'autres dispositions en matière de sécurité routière.
Lors de la
suspension de nos travaux, cet avant-midi, nous en étions au dépôt d'un
amendement de M. le député de Nelligan à l'article 37.
Donc, avant de céder la parole à qui que ce
soit, nous allons suspendre nos travaux.
(Suspension de la séance à 15 h 09)
(Reprise à 15 h 19)
Le Président (M. Jacques) : Nous
reprenons nos travaux et, lors de la suspension, nous en étions à la lecture et
le dépôt d'un amendement du député de Nelligan à l'article 37.
M. Derraji : Oui. Merci, M. le
Président. Donc, je vais le lire, lire l'amendement. Donc, article 37,
article 1 du Règlement d'application de
diverses dispositions concernant les systèmes de détection : Ajouter,
après le paragraphe 2° de l'article 1 du Règlement
d'application de diverses dispositions concernant les systèmes de détection,
édicté par l'article 37 du projet de loi, le paragraphe suivant :
«3° en
matière de respect de l'interdiction de croiser ou dépasser un autobus scolaire
immobilisé : l'article 460 de ce code.»
L'article se lirait comme suit,
l'article 37 :
«Le Règlement d'application de diverses
dispositions concernant les systèmes de détection, dont le texte figure
ci-après, est édicté.
«Règlement d'application de diverses
dispositions concernant les systèmes de détection.
«Chapitre I.
«Dispositions
du Code de la sécurité routière dont le respect peut être contrôlé au moyen
d'un système de détection.
«1. Peut être contrôlé au moyen d'un système de
détection le respect des dispositions suivantes :
«1° en matière de respect
des limites de vitesse : le deuxième alinéa de l'article 299, les
articles 303.2 et 328, le troisième alinéa de l'article 329 et les
articles 496.4 et 496.7 du Code de la sécurité routière
(chapitre C-24.2);
«2° en matière de respect de l'arrêt à un
feu rouge : l'article 359 de ce code;
«3° en
matière de respect de l'interdiction de croiser ou de dépasser un autobus
scolaire immobilisé : l'article 460 de ce code.»
Merci, M. le Président.
• (15 h 20) •
Le Président (M. Jacques) : Merci,
M. le député.
M.
Derraji : Vous voulez que je continue, j'explique, hein?
Le Président (M.
Jacques) : Oui.
M. Derraji : OK.
Bon, en fait, la raison de cet amendement, et j'ai bien hâte, j'ai vraiment
bien hâte à échanger avec Mme la ministre, c'est qu'il y a plusieurs articles
publiés dans La Presse qui parlent de transport scolaire, infractions à répétition. Un des derniers, c'est un long
reportage fait et réalisé par les journalistes de La Presse,
notamment MM. Tommy Chouinard et Mario Girard, où ils disent... où ils
disaient : «Le comportement délinquant d'automobilistes à l'égard du Code
de la sécurité routière régissant le transport scolaire est devenu le lot
quotidien des chauffeurs d'autobus, déplorent de nombreux intervenants du
milieu consultés par La Presse.
«Tous
les jours, des conducteurs pressés, insouciants ou mal renseignés mettent des
enfants en danger. La Presse a accompagné un chauffeur
d'autobus scolaire lors de son parcours matinal. Résultat, nous avons été
témoins d'une demi-douzaine d'infractions graves au Code de la sécurité
routière.»
Et d'ailleurs, M. le
Président, c'est pour cela que nous sommes réunis aujourd'hui, c'est pour
revoir le Code de la sécurité routière.
Le
point... «La pointe de l'iceberg, insistent des chauffeurs et des propriétaires
d'autobus. 13 minutes, c'est tout le temps que cela a pris à une équipe de
La Presse pour être témoin d'une infraction au Code de la sécurité
routière reliée au transport écolier.» 13 minutes.
«À bord d'un véhicule
de la société Robert Paquette Autobus, un transporteur qui assure
quotidiennement plus de 90 circuits dans les régions de Laval et des
Basses-Laurentides, nous avons cueilli un premier élève à 6 h 54.
Quelques arrêts plus loin [...] sur le boulevard Notre-Dame, dans le quartier
Sainte-Dorothée, alors que l'autobus était arrêté pour faire monter des élèves — feux
rouges intermittents allumés et signal d'arrêt déployé — une
voiture est venue se placer à la hauteur de l'autobus dans la voie de gauche
avant de repartir.»
Et, quand vous voyez,
M. le Président, ce qu'on a dit dans le troisième, donc l'ajout dans notre
amendement, «en matière de respect de l'interdiction de croiser ou dépasser un
autobus scolaire immobilisé», c'est la même chose qui a été relevée par ce
reportage. Pourtant, la règle est claire, les automobilistes doivent
immobiliser leur véhicule à au moins cinq mètres derrière un autobus ou un
minibus scolaire dont les feux intermittents ou le signal d'arrêt sont en
usage... que ce n'est pas le cas.
Quelques minutes plus
tard, on parle du même reportage, «deuxième infraction avait lieu
sous nos yeux. Alors que l'autobus était en arrêt obligatoire, un véhicule
venant en sens inverse ne s'est pas arrêté alors qu'il aurait dû. Plus tard,
durant le même circuit, l'autobus s'est arrêté pour laisser monter des enfants.
Pendant ce temps, deux véhicules sont passés à gauche de l'autobus après
avoir fait un très court arrêt.
«Au cours de notre
parcours — là,
je parle du parcours de La Presse — qui a duré
2 h 30 min, La Presse a été
témoin d'une demi-douzaine d'infractions.» Demi-douzaines d'infractions en même
pas 2 h 30 min, M. le Président.
Maintenant, qu'est-ce
qu'ils pensent, les chauffeurs d'autobus? «Tous les jours, nos chauffeurs sont
témoins d'infractions. Ils doivent toujours
avoir une main sur le klaxon pour prévenir les automobilistes, mais aussi les
enfants.» Et : «C'est comme cela tous les jours.» Ça, ça a été
par... une déclaration d'un chauffeur de l'autobus à bord duquel l'équipe était
en tournée. «Il y a des jours où c'est pire — je continue la déclaration. J'ai
déjà vu à une intersection sept voitures
passer à côté de l'autobus alors que mes feux étaient rouges. Le public pense
que les gens respectent le code à la lettre, c'est loin d'être le cas».
M.
le Président, où nous sommes maintenant? Nous sommes en train de réviser le
Code de la sécurité routière, un code qui veut être avant-gardiste et que...
s'attaquer à des enjeux de sécurité. C'est un enjeu sérieux, malheureusement je
n'ai pas vu nulle part, nulle part, qu'on va attaquer cette réalité.
«En effet, des élèves
descendent de l'autobus avec des écouteurs rivés aux oreilles. Devant
l'autobus, ils ne voient pas et n'entendent
pas les autres véhicules arriver par la gauche. Parfois, je dois klaxonner pour
les prévenir[...]
«Ce dernier assure
tous les jours trois parcours, matin et après-midi. Deux servent à
transporter les élèves d'écoles secondaires et un troisième dessert des enfants
d'une école primaire. Les trois établissements sont situés dans la région
lavalloise. Nous sommes équipés de plusieurs miroirs...» Si on veut me parler
de la sécurité : «"Nous sommes équipés de plusieurs miroirs, mais malgré
tout, il y a des angles morts, ajoute Daniel Qualman. Quand on est chauffeur
d'autobus scolaire, il faut avoir des yeux dans le tour de la tête".» Je
ne parle même pas des crachats des automobilistes.
Le phénomène, il est
généralisé. D'ailleurs, la Fédération des transporteurs par autobus,
580 membres font des transports scolaires, ils disaient : «...on
connaît très bien le phénomène des conducteurs délinquants. Ça nous est
rapporté tous les jours par nos membres.» Il a d'ailleurs du mal à expliquer les
raisons de ce comportement. «Je crois qu'il y a beaucoup d'inattention [et] je
ne peux pas croire que des gens fassent cela délibérément.»
M. le
Président : «Les autobus scolaires circulent alors que les gens se rendent
au travail ou en reviennent. Certains sont
pressés ou ont les nerfs à vif. Autobus scolaire ou pas, ils veulent faire
vite. "Avant que l'autobus affiche ses feux rouges intermittents, il y a les feux jaunes qui avertissent
les autres véhicules qu'un arrêt s'en vient[...] Beaucoup de conducteurs
accélèrent et s'empressent alors de dépasser les autobus".»
On
parle beaucoup de zones névralgiques, M. le Président. «Au Québec, près de
520 000 enfants ont recours tous les jours au transport scolaire pour
se rendre à l'école ou pour rentrer à la maison. Cela représente près de
10 000 véhicules scolaires qui parcourent environ
1 million de kilomètres par jour.
«De 2013 à 2017,
trois élèves de 5 à 17 ans, un blessé grave et deux blessés
légers, ont été victimes d'un accident alors qu'ils montaient dans un autobus
scolaire ou descendaient d'un autobus dont le panneau d'arrêt escamotable était
déployé.
«Les
milliers de chauffeurs qui prennent la route tous les jours en compagnie
d'élèves connaissent bien les zones et les intersections dangereuses.»
D'ailleurs : «J'en parle avec les jeunes — je cite Daniel Qualman. Je
leur indique les coins qui sont à risque.»
Alors, M. le
Président, je continue. Il parlait même que la SPVM les a contactés pour
connaître les zones problématiques à Montréal. «Des policiers sont montés à
bord de certains autobus. Après avoir identifié les fautifs, [ils communiqueront...] ils communiquaient
l'information à d'autres policiers. Les conducteurs fautifs se sont alors vus remettre
une contravention» de la SPVM.
Donc, M. le Président,
je pense qu'il y a un vide au niveau de la loi, au niveau du Code de la
sécurité routière, mais je n'ai pas
terminé. L'ancien ministre du Transport, le collègue de... le collègue de Mme
la ministre, actuelle ministre du
Transport, qu'est-ce qu'il a dit par rapport à la loi? Transport
scolaire : la «désobéissance majeure» à la loi renverse le collègue de Mme
la ministre. Là, je vais vous citer la déclaration de l'ancien ministre du
Transport, et il disait qu'il est «immensément préoccupant et inquiétant qu'un
grand nombre d'automobilistes ne s'arrêtent pas devant le signal d'arrêt d'un
autobus scolaire.» Le collègue de Mme la ministre, il a dit... Il «ouvre la
porte à sanctionner plus sévèrement cette infraction, qui est déjà parmi les
plus lourdes punies.» Donc, il réagissait justement au reportage de La
Presse dans un article de Tommy Chouinard, où il disait : «Il y a un
civisme manquant, il y a une désobéissance que je ne comprends pas.» C'est
inconcevable pour lui de voir qu'il y a une désobéissance majeure d'une grande portion des automobilistes qui veulent
sauver une ou deux minutes : «C'est inacceptable. Il faut se poser
des questions. On va y travailler parce que, pour moi, c'est immensément
préoccupant et inquiétant.» Ça, c'est long. C'est la déclaration de l'ancien
ministre du Transport.
Donc, ce que je
voulais ramener aujourd'hui, et j'ai bien hâte à entendre Mme la ministre,
c'est que... Est-ce qu'elle est toujours
d'accord avec la déclaration de son collègue par rapport à ce problème? Et, si
c'est oui, est-ce qu'elle est d'accord avec notre amendement? Merci, M.
le Président.
• (15 h 30) •
Le Président (M. Jacques) : Merci,
M. le député de Nelligan. Mme la ministre, est-ce que vous désirez intervenir?
Mme
Guilbault : Oui. Bien, en fait, je vais
refaire la même intervention que j'ai faite ce matin, puis que j'ai faite à chaque fois sur le même sujet, parce qu'il
s'agit du même sujet. Donc, actuellement, l'article 37 est rédigé de
manière à édicter un règlement basé sur ce que sont actuellement
capables de faire les systèmes de détection qu'on a, c'est-à-dire la vitesse,
les feux rouges, et tout autre... puis prévoie les nouveaux manquements, là,
donc, au chapitre II, les nouveaux
manquements qui... c'est-à-dire les manquements qui vont donner lieu au nouveau
régime, qui vont générer les
nouveaux... les nouvelles SAP, bref. Mais toute autre technologie qui pourrait
être utilisée, qui pourrait nous amener à contrôler tout autre
comportement et éventuellement, par corollaire, toute autre sanction qui va y
être associée... seront à déterminer dans le futur et non pas ici aujourd'hui,
parce qu'actuellement les systèmes qui existent sur notre réseau, c'est le
cinémomètre photographique et le système de contrôle aux feux rouges, là, en
tout cas.
Alors, c'est ça, mais
c'est la raison pour laquelle on veut se donner toute cette latitude, c'est
pour pouvoir faire à l'avenir... pour
pouvoir être libres à l'avenir de recourir à des technologies nouvelles et de
pouvoir introduire de nouveaux comportements qui pourraient être
sanctionnés par des SAP, par des règlements, et non pas d'attendre le prochain
projet de loi qui va modifier le Code de la sécurité routière.
Donc, je veux
rassurer mon collègue, si, un jour, on voulait faire ce dont il parle, ou quoi
que ce soit d'autre en matière d'utilisation
de technologies de surveillance routière et de... de nouveaux comportements qui
seraient surveillés par lesdites
nouvelles technologies, on va pouvoir le faire de manière efficace, par règlement,
grâce au projet de loi qu'on étudie actuellement.
Le Président (M.
Jacques) : Merci. M. le député de Nelligan.
M. Derraji : Bien, écoutez, M. le Président, je ne partage du
tout, pas du tout, mais pas du tout les arguments de Mme la ministre, en tout respect. Premièrement,
projet pilote, je l'ai mentionné, ça existe au sein même de son ministère,
où elle-même, elle est responsable. 2018, et je vais lire encore une fois la
citation de son collègue... son collègue, il est
avec elle encore une fois au Conseil des ministres : «S'il faut changer
encore une fois le Code de la sécurité routière et être doublement,
triplement plus sévère dans le futur, il va peut-être falloir le faire.» Ça,
c'est le ministre, l'ancien ministre du Transport, sa déclaration à M. Tommy
Chouinard, le 4 décembre 2019. Le problème, il est connu, M. le Président. Le projet pilote, je l'ai mentionné
tout à l'heure, ça existait... il existait. J'en suis sûr et certain que, si on
nous laisse l'opportunité de poser la
question... il y a un projet pilote. Ça a commencé en 2018. Il y avait le
projet pilote, il a été reconduit, ça a donné des résultats.
Et on ne peut pas,
aujourd'hui, dire qu'on va mettre un code de sécurité routière sans améliorer
la sécurité des écoliers qui vont à l'école en autobus. C'est ce qui a été
soulevé par Tommy Chouinard. Donc, il parlait de quoi? Ce qu'il fallait et il
faut améliorer la sécurité des écoliers qui vont à l'école en autobus. On
parlait de beaucoup de choses, mais, encore une fois, dire aujourd'hui que la
technologie n'existe pas... je ne pense pas, M. le Président. La technologie existe. Ce qu'il faut, c'est que...
une réelle volonté du législateur d'agir sur le Code de la sécurité routière
et de ne pas limiter uniquement le respect des limites de vitesse, comme le
faisait Mme la ministre, uniquement aux feux rouges. Nous, on
pense, avec l'ajout qu'on vient de faire, qu'en matière de respect de
l'interdiction... de croiser ou dépasser un
autobus scolaire immobilisé est un enjeu majeur. Il y a des enjeux, il y a des
enjeux réels, et, je vous le dis, M. le Président, même le collègue de
Mme la ministre, en 2019, le mentionnait.
Et, si Mme la ministre
veut de la technologie, aucun problème, on peut lui fournir des noms. On ne va
pas faire la promotion d'une compagnie,
aujourd'hui, en particulier, mais la technologie existe, et la technologie a
été utilisée par le ministère lui-même. Le ministère du Transport a
utilisé cette technologie et il avait un projet pilote qui a donné des résultats. Et, M. le Président, les... vous
avez juste à mettre «caméra intelligente sur autobus» et vous allez trouver
pas mal d'articles. Il y a pas mal d'articles, M. le Président, des caméras
intelligentes installées sur des autobus.
Donc, la
technologie existe, installée partout. Je vois que, même en Ontario, c'est le
cas. D'ailleurs, un conducteur a été
reconnu coupable d'homicide involontaire et de négligence criminelle ayant
causé la mort. Il y a essentiellement une
caméra à vue à 360 degrés autour de l'autobus et une caméra sur le bras d'arrêt
qui prend plusieurs photos et vidéos.
Donc, qu'on
vient aujourd'hui nous parler de réformer un code de sécurité routière, qu'on
veut être avant-gardiste... et
Mme la ministre insiste que c'est une pièce importante et qu'elle aimerait
donner suite à son plan d'action, mais je pense
que c'est une occasion ratée, malheureusement, si on n'essaie pas d'aller de
l'avant. Et malheureusement, il y a un rapport... caméra sur les autobus, il y
a un rapport, M. le Président. Et comment on peut expliquer aujourd'hui que ces
caméras... qui sont plus répandues aux États-Unis, dans d'autres provinces
canadiennes, notamment l'Ontario et le Nouveau-Brunswick, qui permettent
d'identifier les véhicules qui effectuent un dépassement illégal d'un autobus jaune immobilisé avec feux clignotants en marche
et panneau d'arrêt activé, ça a donné des résultats. Mme la ministre parle beaucoup de plusieurs recommandations, mais
malheureusement, ces recommandations ne touchent aucune, mais aucune... aucune
des recommandations ne touche cet enjeu. Donc, on ne peut pas dire que cet
enjeu n'existe pas, il est documenté. Et, en plus de ça, on n'a pas
besoin d'une autre étude, il est documenté par le ministère lui-même.
Et je tiens à rappeler, M. le Président, un
élément important. Je parlais, tout à l'heure, du rapport publié par La Presse
en 2019. Juste cette année, un autre reportage publié par Le Droit, la
conductrice d'un autobus à Gatineau indiquait
que, sur certains circuits, ce genre d'infraction peut survenir cinq à six fois
par semaine. Et, encore une fois, on parlait d'un projet pilote qui a
été déposé par mon collègue député de Pontiac.
Moi, je veux juste savoir pourquoi on a tabletté
ce rapport, M. le Président. La technologie existe au Québec, ça a été
développé par une entreprise québécoise. Si Mme la ministre veut prendre le
temps avant de lancer un appel d'offre, pas de problème, mais le projet pilote,
M. le Président, et je vais terminer sur ce point... le rapport a permis de répertorier près de 1 800 dépassements
illégaux. Donc, ça... on parle parfois de changer ou d'amender le projet de
loi. Je vais parler du projet pilote
du ministère. Ça a permis de répertorier 1 800 dépassements illégaux du
bras d'arrêt pour les 13 autobus
équipés de caméra. C'est 3,8 infractions par autobus par jour. Le projet pilote
au Québec avait été décrit comme le
plus préoccupant. À Gatineau, en six semaines, 114 infractions avaient été
comptabilisées aux abords d'un seul véhicule, le sixième pire... la
sixième pire fréquence d'infractions.
Donc, M. le Président, les évidences
scientifiques sont là. Je demande à Mme la ministre... encore une fois, si l'amendement ne répond pas aux attentes de la
ministre, il peut le changer, il peut le modifier pour que ça puisse fitter
dans le projet de loi. Moi, je n'ai pas de problème. La balle est dans son
camp.
Le projet pilote, il est à l'intérieur du
ministère. Ça a donné des résultats. Donc, moi, je suis prêt à voir avec elle
quel est l'amendement qui l'arrange, mais on ne peut pas, aujourd'hui, ne pas
parler de cette problématique de dépassements d'autobus scolaire. D'ailleurs,
toutes les évidences sont là.
• (15 h 40) •
Le Président (M. Jacques) : Vous
avez terminé, M. le député de Nelligan? Mme la ministre, est-ce que vous
désirez intervenir?
Mme Guilbault : Non, parce que j'ai répondu tout à l'heure et précédemment
aussi.
Le Président (M. Jacques) : Parfait.
Merci. M. le député. Il reste deux minutes.
M. Derraji : Bon, je comprends. Je
comprends, M. le Président, que Mme la ministre refuse de donner suite à
l'amendement, refuse de donner suite au projet pilote fait par le ministère,
son propre ministère. Alors, moi, si elle me
dit que le projet pilote n'a pas été réalisé par le ministère et que son
collègue n'a pas fait les déclarations que je viens de dire, donc, ce que j'entends, que ce n'est pas
la priorité de ce projet de loi de prendre le temps de voir, d'agir contre les
automobilistes qui dépassent les autobus scolaires. Donc, il n'y a pas de
problème. Les voitures qui dépassent
les autobus scolaires immobilisés, il n'y a pas d'enjeu aujourd'hui.
C'est ce que je dois comprendre, M. le Président.
Donc, Mme la
ministre va voter contre l'amendement parce que ce n'est pas un enjeu... parce
que la technologie existe. C'est ce que je comprends.
Le Président (M. Jacques) : Merci.
M. Derraji : Combien il reste?
Le Président (M. Jacques) : Il reste
moins de 10 secondes... moins d'une minute.
M. Derraji : Moins d'une minute?
Bien, je vais reposer ma question, M. le Président. J'espère que Mme la
ministre est préoccupée par ce que je viens de dire. C'est un projet de...
pilote que son propre ministère a réalisé. J'ai cité Tommy Chouinard, j'ai cité aussi Le Soleil avec un
excellent reportage de Daniel Leblanc, Le Droit, il y a un
rapport qui a été tabletté, et malheureusement, aujourd'hui, on veut parler du Code de la sécurité routière et on n'en parle même pas. Ça veut dire
qu'on fait abstraction au dépassement des autobus scolaires immobilisés. On ne
veut pas régler ça. La technologie existe pourtant, mais
on veut se limiter aux feux rouges et au respect de la limite de vitesse. C'est
ce que je comprends. J'ai terminé, M. le Président. Je ne pense pas que Mme la
ministre...
Le Président (M.
Jacques) : Mme la ministre.
Mme
Guilbault : ...commentaire. Bien,
simplement pour clore le sujet, parce qu'il y a peut-être certaines intentions
inexactes qui nous ont été prêtées, là, on n'a jamais dit que ce n'est pas
dangereux, les dépassements inadéquats des
autobus. C'est la raison pour laquelle il y a neuf points d'inaptitude associés
au fait de ne pas respecter un arrêt amovible et qu'il y a des sanctions
associées à ça, là. Parce que, là, on parle des systèmes de détection, donc,
qui prennent des photos puis des sanctions qui découlent de ça, mais il y a,
plus généralement, toutes sortes d'interdictions
sur la route, surveillée par les policiers, qui donnent lieu à des amendes puis
à des points d'inaptitude, là. Il ne faut quand même pas oublier ça non
plus.
Et que ce soit mon
prédécesseur ou l'air du temps de toutes ces préoccupations-là en sécurité
routière, on a fait le choix, comme
gouvernement, de déposer un plan d'action et de passer plusieurs, plusieurs
heures en commission parlementaire pour défendre un projet de loi sur la
sécurité routière. Tout ça, on aurait pu ne pas le faire, et on le fait, justement, pour se donner les moyens les plus
larges et vastes possible pour pouvoir innover puis évoluer à la fois dans
le choix des technologies de surveillance des comportements routiers puis à la
fois dans un certain nombre d'autres choses
qu'on va voir par la suite, dans le prochain chapitre, pour pouvoir améliorer
le bilan de la sécurité routière au Québec.
Le Président (M.
Jacques) : M. le député.
M. Derraji : Je
vais juste revenir aux propos du collègue et de Mme la ministre. Il
disait : la désobéissance majeure à la
loi le renverse. La loi existe. C'est vrai, vous avez déposé un plan d'action,
et c'est vrai que nous sommes en
train d'étudier le 48, mais donnons-nous tous les moyens. On veut que ce soit
le meilleur projet de loi possible. On ne peut pas... On ne peut pas
faire abstraction à cette réalité.
Le Président (M. Jacques) : Merci,
M. le député. Est-ce qu'il y a d'autres interventions concernant l'amendement
à l'article 38... 37?
S'il n'y a pas
d'autre intervention, est-ce que l'amendement est adopté?
M. Derraji : ...
Le Président (M.
Jacques) : Par appel nominal. Mme la secrétaire.
La
Secrétaire : Pour, contre, abstention. M. Derraji (Nelligan)?
M. Derraji : Pour.
La
Secrétaire : Mme Guilbault (Louis-Hébert)?
Mme
Guilbault : Contre.
La
Secrétaire : Mme Grondin (Argenteuil)?
Mme Grondin :
Contre.
La
Secrétaire : M. Lemay (Masson)?
M. Lemay : Contre.
La
Secrétaire : Mme Blouin (Bonaventure)?
Mme Blouin : Contre.
La
Secrétaire : Mme Bogemans (Iberville)?
Mme
Bogemans : Contre.
Le Président (M.
Jacques) : M. St-Louis (Joliette)?
M. St-Louis :
Contre.
Le
Secrétaire : Et M. Jacques (Mégantic)?
Le Président (M. Jacques) : Abstention.
Nous revenons donc à l'article 37. Est-ce qu'il y a des interventions
concernant l'article 37?
Donc, s'il n'y a pas
d'autre intervention, est-ce que l'article 37 est adopté?
Des voix : Adopté.
Le Président (M.
Jacques) : Adopté. Article...
Des voix :
...
Le Président (M.
Jacques) : Pardon? Avec... sur division. Sur division.
Donc,
l'article 38... 37.1. Il y a un amendement introduisant
l'article 37.1, exactement, iui.
Mme
Guilbault : Donc, amendement...
Article 37.1 : Insérer, avant l'article 38 du projet de loi, le
suivant :
37.1.L'article 3.1 du Code de la sécurité routière est modifié par le
remplacement, dans le deuxième alinéa, de «et les cyclistes» par «, les cyclistes et les personnes qui, dans
l'exercice de leurs fonctions, effectuent un travail à pied sur un chemin
public».
En commentaire :
Cet amendement propose de modifier l'article 3.1 du Code de la sécurité
routière afin de préciser le principe de
prudence énoncé à cet article. L'amendement vise à ajouter les travailleurs
routiers au nombre des usagers vulnérables énumérés à cet article, à l'instar
des personnes à mobilité réduite, des piétons et des cyclistes.
L'énoncé se veut
large afin d'inclure notamment les signaleurs routiers, les travailleurs de
chantier et ceux en matière de services publics, les brigadiers scolaires et
les surveillants du réseau routier.
Le Président (M.
Jacques) : ...est-ce qu'il y a des interventions sur l'article
introduisant l'article 37.1?
Donc, est-ce que
l'amendement introduisant l'article 37.1 est adopté?
Des voix : Adopté.
Le Président (M.
Jacques) : Adopté. Mme la ministre, l'article 38.
Mme
Guilbault : Merci. Bon, alors, je vais
lire la nouvelle section.
«Chapitre II.
«Autres dispositions
en matière de sécurité routière. »
Article 38, Code de
la sécurité routière. 38. L'article 62 du Code de la sécurité routière est
abrogé.
En
commentaire : L'article 38 du projet de loi abroge l'article 62
du Code de la sécurité routière par concordance, puisque le principe de
reconnaissance des écoles de conduite est repris dans une disposition plus
générale, prévue à l'article 41
de ce projet de loi, qui concerne la reconnaissance des organismes habilités à
dispenser la formation requise pour l'obtention d'un permis de conduire,
sans égard à la classe de permis demandée.
Le Président (M.
Jacques) : Merci, Mme la ministre. Est-ce qu'il y a des interventions
sur l'article 38?
Donc, s'il n'y a
pas... M. le député de Nelligan.
M. Derraji : Juste
une seconde, s'il vous plaît.
Des voix : ...
M. Derraji : ...merci.
Le Président (M.
Jacques) : Merci. Donc, s'il n'y a pas d'intervention, est-ce que
l'article 38 est adopté?
Des voix : Adopté.
Le Président (M.
Jacques) : Adopté. Article 39, Mme la ministre.
Mme Guilbault : Merci. Article 39 : L'article 65 de ce code est
modifié par le remplacement, dans le texte anglais, de «particulars» par
«endorsements».
En
commentaire : L'article 39 du projet de loi modifie la version
anglaise de l'article 65 du Code
de la sécurité routière afin d'ajuster la terminologie employée pour
désigner, en anglais, la mention.
Le Président (M. Jacques) : Merci.
Est-ce qu'il y a des interventions sur l'article 39? S'il n'y a pas
d'intervention, est-ce que l'article 39 est adopté?
Des voix : Adopté.
Le Président (M.
Jacques) : Adopté. Article 40, Mme la ministre.
Mme Guilbault : Oui,
article 40 : L'article 66.1 de ce code est remplacé par le
suivant :
«66.1.
Le candidat à l'obtention d'un permis de conduire doit, dans les cas et aux
conditions prévus par règlement, avoir suivi avec succès le programme de
formation pour la conduite d'un véhicule routier de la société ou toute autre formation déterminée par règlement pour
l'obtention de la classe de permis demandée ou pour l'inscription d'une mention
à son permis.
«Le
gouvernement peut, par règlement, fixer les montants maximal et minimal
exigibles pour suivre la formation à la conduite d'un véhicule de
promenade.»
• (15 h 50) •
En commentaire:
L'article 40 du projet de loi remplace l'article 66.1 du Code de la
sécurité routière afin d'introduire le
principe voulant qu'une formation obligatoire puisse être exigée de tout
candidat à l'obtention d'un permis de conduire, sans égard à la classe
de permis demandée.
Il
précise également que cette formation est déterminée par règlement, qu'elle est
celle prévue par la SAAQ ou, dans certains cas, qu'il puisse s'agir
d'une autre formation.
Il apporte aussi un
ajustement terminologique pour tenir compte du fait que la notion de cours de
conduite est remplacée par la notion de formation à la conduite.
Enfin, cet article
reconduit le pouvoir réglementaire visant à encadrer le coût de la formation
pour la conduite d'un véhicule de promenade.
Le Président (M. Jacques) : Merci,
Mme la ministre. Est-ce qu'il y a des interventions sur l'article 40? M.
le député de Nelligan.
M. Derraji : Je
veux juste sensibiliser Mme la ministre à un enjeu qui a été soulevé lors de la
commission parlementaire. J'aimerais bien
juste savoir où elle se situe par rapport à ça. L'Association des écoles de
conduite du Québec, ils nous ont
suggéré d'enlever de l'article «le gouvernement peut, par règlement, fixer les
montants maximal et minimal exigibles pour suivre la formation à la
conduite d'un véhicule de promenade» et ils disaient... justement, ils
parlaient des cours de conduite, que
l'indexation gouvernementale des tarifs au cours des dernières années, c'est un
enjeu majeur pour les acteurs. C'est pas mal... C'est des PME. Et ils
étaient accompagnés par les gens de la FCEI. Donc, je ne sais pas où la
ministre se situe.
Le Président (M.
Jacques) : Mme la ministre.
Mme
Guilbault : Oui. Alors, je peux répondre.
Bien, on prend note. Effectivement, ils sont venus nous rencontrer. C'était
très intéressant, mais l'objectif, c'est d'assurer l'accessibilité, donc
d'assurer une espèce de prix... de plafond, si on veut, pour les prix pour que
les jeunes puissent avoir accès aux formations en question. Parce que, si on nous... si, dans le fond, on ne le
déterminait pas par règlement, ce serait, en quelque sorte, le libre marché, et
là on n'aurait pas d'emprise sur l'accessibilité pour la clientèle, qui
est jeune et qui souvent peut avoir moins les moyens.
M. Derraji : Et
c'est quoi, le prix actuel?
Mme
Guilbault : 1 076 $.
M. Derraji : Oui, mais, si on parle d'accessibilité, donc,
1 076 $, c'est accessible pour les jeunes, maintenant, pour un
cours.
Mme
Guilbault : Bien, je serais étonnée que,
si on retirait ce tarif-là, les écoles aillent plus bas.
M. Derraji : Oui,
mais... C'est une très bonne réflexion, mais ça pourrait aussi mettre pression
pour que ce soit plus bas. On n'a aucune
garantie que ça va juste être vers le haut. Ce qu'ils nous ont dit, c'est qu'il
y a une pression sur eux. Est-ce
que... S'il n'y a pas de cours, bien, écoute, c'est aussi les écoles qui vont
souffrir. Ça, je... J'essaie juste de
comprendre la logique qu'on veut garder un prix pour qu'il y ait une
accessibilité, mais... Là, je pense qu'avec une offre assez importante,
ça peut encourager les jeunes. Et, surtout, c'est des petites entreprises.
Des voix : ...
Le Président (M.
Jacques) : Nous allons suspendre quelques instants.
(Suspension de la séance à
15 h 55)
(Reprise à 16 h 02)
Le Président (M.
Jacques) : Nous reprenons nos travaux. Et, lors de la suspension, nous
en étions à une discussion entre le député
de Nelligan et Mme la ministre sur l'article 40 du projet de
loi. Donc, M. le député de Nelligan.
M. Derraji : C'est
bon, M. le Président. J'ai fait mes points.
Le
Président (M. Jacques) : Merci. Est-ce qu'il y a d'autres
interventions? M. le député de Taschereau.
M. Grandmont :
Oui. Donc, sur l'article 40, je
voulais savoir, en fait, là, pourquoi on enlève les spécifications des
cours théoriques et pratiques, pourquoi on fait sauter cette notion-là, cette
distinction-là, qu'un cours, dans le fond, là, se trouve à être composé de deux
parties. C'est la première des questions que j'aurais.
Mme
Guilbault : Bien, l'objectif, c'est...
Comme on le dit, la formation va être déterminée par règlement, donc on va le transposer dans le règlement. Mais
l'objectif, c'était aussi, surtout, de fondre, si on veut... ou, en tout cas, d'enlever les sortes précises, là, motocyclettes,
cyclomoteurs, et compagnie, pour venir prescrire une formation déterminée par
la société pour n'importe qui qui demande un permis de conduire, quelle que
soit la classe. Parce qu'en même temps, nous, on est en train... on a
souscrit à l'accord... l'accord de conciliation formation de base préalable à
l'obtention du permis de classe 1, véhicules
de conduite commerciaux, l'accord canadien pour concilier toutes les normes de
formation de base pour les conducteurs de camions commerciaux, et ça,
c'est la classe 1. Donc, en même temps aussi, on va avoir une formation
obligatoire pour les conducteurs de camions commerciaux.
M. Grandmont :
D'accord, mais ça ne change rien à ma question. Pourquoi avoir enlevé la
notion de cours théorique, cours pratique? Je veux dire, est-ce que c'est parce
qu'il y a une possibilité qu'un jour, conduire un véhicule classe 5, ça
pourrait être seulement un cours pratique ou seulement un cours théorique?
Est-ce que c'est des cas de figure qui sont possibles? Sinon, pourquoi l'avoir
enlevé?
Des voix : ...
Mme
Guilbault : Oui, puis là, en plus, on
souligne qu'à l'article 67 on vient le redire. On dit : «déterminer la
formation à suivre par le candidat à l'obtention d'un permis de conduire de la
classe demandée ou pour l'inscription d'une mention à son permis, les parties
théoriques et pratiques qu'elle doit comporter, le moment où l'obligation d'avoir
suivi avec succès l'une ou l'autre de ces parties est requise ainsi que les cas
où un candidat est exempté de suivre la formation.
M.
Grandmont : Donc, ça, ce serait par règlement?
Mme
Guilbault : C'est ça, exact. Donc, c'est à
l'article 67, qui va avec l'article 66 qui le précède, qui est... non, ce n'est pas le pouvoir habilitant. OK, c'est
ça, bon, bien, en fait, peut-être, le collègue pourrait aller à l'article 67,
comme ça, il va voir de quoi je parle. L'article 619 de ce code, modifié par
l'article 29 du chapitre 18 des lois de 2018, est de nouveau modifié par
l'insertion, après le paragraphe 6.3°, des suivants... et là on vient
l'ajouter.
M.
Grandmont : Donc, est-ce que vous pouvez me confirmer que, dans la
loi, il va continuer d'être écrit qu'un cours de conduite pour... un cours de
conduite classe 5, il va toujours y avoir une partie théorique et une partie
pratique?
Mme
Guilbault : Oui.
M.
Grandmont : Donc, dans la loi, c'est écrit : Il va toujours y avoir
un cours théorique et un cours pratique pour un permis de conduire classe 5.
Mme
Guilbault : Bien, il est écrit ici, à
l'article 67, oui, 6.3.2°.
M.
Grandmont : Parfait. Si c'est ça, c'est correct. C'est juste que je le
voyais disparaître dans 40... bien, en fait, dans 66.1, donc, l'article 40,
puis on pouvait se poser la question. Donc, c'est la même chose aussi pour
motocyclette, cyclomoteur, promenade, c'est repris plus loin, ou ça, ça va être
géré par règlement?
Mme
Guilbault : Ça, peut-être, ma collègue
pourrait répondre, parce que, là, il y a...
Le Président (M.
Jacques) : Donc, merci. Veuillez vous nommer, nommer votre titre.
Est-ce qu'il y avait consentement? Oui? Parfait, il y a consentement, et
veuillez vous nommer et nommer votre titre.
Mme Plourde
(Annie) : Oui, bonjour. Mon nom est Annie Plourde, avocate à la
Direction des affaires juridiques et du contentieux de la Société de
l'assurance automobile du Québec.
Dans le fond, pour
vous permettre de comprendre cette disposition et les prochaines dispositions,
c'est qu'on est venus faire une modification
plus générale pour venir assujettir les titulaires de permis à une formation
obligatoire. Les cas et conditions dans lesquels la formation
obligatoire va être prévue est prévu dans un règlement. Dans ce règlement-là...
comme actuellement, on y prévoit à quel moment la partie pratique et théorique
est exigée. Donc, c'est déjà le cas, et on fait juste consolider le pouvoir
réglementaire à l'article 619, qu'on va voir un peu plus tard à l'article 67 du
projet de loi.
M. Grandmont : Parfait, c'est très
clair. Merci, Me Plourde.
Le Président (M.
Jacques) : Est-ce qu'il y a d'autres interventions concernant
l'article 40? Donc, s'il n'y a pas d'autre intervention, est-ce que l'article
40 est adopté?
Des voix : Adopté.
Le Président (M. Jacques) : Adopté.
Article 41, Mme la ministre.
Mme Guilbault : 41. Ce code est modifié par l'insertion, après l'article
66.1, du suivant :
«66.2. La société établit le programme de
formation pour la conduite d'un véhicule routier et en fixe les paramètres. Elle peut, aux conditions qu'elle
fixe, reconnaître un établissement d'enseignement, une école de conduite,
une entreprise ou tout organisme pour dispenser ce programme.
«La société peut, en outre, déléguer à tout
organisme son pouvoir de reconnaissance. Néanmoins, seule la société peut
suspendre ou révoquer la reconnaissance accordée en cas de non-respect des
conditions fixées.
«La société établit également, aux conditions
qu'elle fixe et pour chacune des classes de permis, incluant pour toute mention
s'y rapportant, la formation que les personnes appelées à dispenser le
programme de formation pour la conduite
doivent suivre. Elle peut dispenser elle-même cette formation ou elle peut
autoriser aux conditions qu'elle fixe un établissement d'enseignement,
une école de conduite, une entreprise ou tout autre organisme à la dispenser.»
En commentaire : L'article 41 du projet de
loi introduit le nouvel article 66.2, lequel prévoit que la SAAQ établit le
programme de formation à la conduite qui pourra être exigé conformément à
l'article 66.1 du Code de la sécurité routière tel que remplacé.
Cet article prévoit également que la SAAQ peut,
à certaines conditions, reconnaître un tiers pour dispenser cette formation ou déléguer son pouvoir de
reconnaissance à tout organisme. Dans ce dernier cas, la SAAQ demeure la seule
habilitée, comme actuellement, à révoquer la
reconnaissance accordée en cas de non-respect des conditions s'y rapportant.
Enfin, cet article prévoit que la SAAQ peut
déterminer la formation des personnes appelées à dispenser la formation aux
conducteurs, qu'elle peut elle-même la dispenser ou autoriser des organismes à
le faire.
Le Président (M. Jacques) : Merci,
Mme la ministre. Est-ce qu'il y a des interventions sur l'article 41? Non.
S'il n'y a pas d'intervention, est-ce l'article 41 est adopté?
Des voix : Adopté.
Le Président (M. Jacques) : Adopté.
Article 42.
Mme Guilbault : Article 42 : Les articles 90 et 91 de ce code sont
modifiés par l'ajout, à la fin du troisième alinéa, de la phrase
suivante : «La société peut aussi lui exiger pour l'obtention d'un tel
permis de suivre la formation visée à l'article 66.1.»
En commentaire : L'article 42 du
projet de loi modifie les articles 90 et 91 du Code de la sécurité
routière afin de donner la possibilité à la SAAQ de requérir d'une personne qui
demande l'échange d'un permis qui lui a été délivré
ailleurs au Canada ou à l'extérieur du Canada qu'elle suive, le cas échéant,
une formation à la conduite au-delà de la possibilité de lui exiger
qu'elle se soumette à un examen de compétence pour certaines classes de permis.
Le
Président (M. Jacques) : Merci, Mme la ministre. Est-ce qu'il y a des
interventions? M. le député de Taschereau.
• (16 h 10) •
M. Grandmont : Oui, bien,
merci, M. le Président. Dans les commentaires, on comprend, là, qu'on donne un
cas de figure, puis c'était effectivement une des questions que je me posais,
quel genre de besoin ça répondait. Là, on parle effectivement, là, donc, de
personnes qui seraient de l'extérieur du Canada, qu'elles suivent, le cas
échéant, une formation à la conduite au-delà de la possibilité de lui exiger
qu'elle se soumette à un examen.
Donc, c'est un cas de figure qui existe, des
gens, évidemment, qui viennent ici, qui arrivent de l'extérieur du Canada, et
on pourrait, grâce à cet ajout-là, leur imposer de se soumettre à un examen de
compétence pour certaines classes de permis.
Quelle classe de permis en particulier on viserait avec ça? Est-ce qu'on parle
surtout des travailleurs, par exemple, ou si c'est des véhicules de promenade?
Bref, ça doit répondre à un besoin quand même, là, j'imagine, là, si on
prend le temps de le mettre là-dedans.
Mme Guilbault : Oui, c'est en conformité avec ce que je décrivais tout à
l'heure, là, la nouvelle formation obligatoire qu'on veut amener pour les... la
classe 1 pour les véhicules commerciaux.
M. Grandmont : Seulement les véhicules commerciaux. Donc, c'est, pour
l'instant, dans ce qui est pensé, là, derrière
le... dans le texte du projet de loi, c'est principalement pour la
classe 1 qu'on fait ça, mais on l'écrit de manière, disons, assez large,
«peut exiger». Est-ce qu'on référait à l'article... au permis classe 1, la
société... de se soumettre... Quand on parle de la personne, là, est-ce
qu'on parle de permis de classe 1 dans le texte proposé? Je pense que non.
Mme Guilbault : Non. Bien, c'est... On parle de la conduite d'un véhicule de commerce,
d'un véhicule d'urgence, d'un autobus ou d'un minibus.
M. Grandmont :
Ah! OK, parfait, excellent. Parfait. Ça m'avait échappé. Donc, on vient...
Dans le fond, on vient vraiment l'arrimer
avec l'idée que c'est un permis de classe 1. C'est dans ce contexte-là que
ça s'établit. Parfait, excellent.
J'ai une petite question un peu champ gauche à
vous poser, là, mais les articles 40, 41 et 42, qu'on vient juste de voir, là, est-ce qu'il y a un lien avec... Est-ce
que c'est à quelque part dans le plan de sécurité routière, dans le plan
d'action? Il n'y a pas de référence à ça, je pense.
Mme Guilbault : Bien, il y a des mesures qui touchent les véhicules lourds,
la prévalence des véhicules lourds dans les accidents. C'est le dernier...
formation et communication, dernière... Vous me faites penser que je ne l'ai
pas sorti.
M. Grandmont : Oui, c'est
important de l'avoir toujours proche.
Mme Guilbault : ...mais je sais que c'est dans la dernière section,
probablement 25 ou 26.
M. Grandmont : Oui, je pense,
c'est 26, véhicule commercial, 25, véhicule lourd.
Mme Guilbault : Ah! vous voyez...
M. Grandmont : Parfait, c'est
dans...
Mme Guilbault : Bientôt, on n'en aura plus besoin. On n'aura plus besoin de
la feuille.
M. Grandmont : Parfait,
excellent. On va le savoir par coeur. Excellent, puis imaginez tout ce qu'on va
ajouter en plus ensemble éventuellement. Ça va être formidable. On va augmenter
le nombre d'actions avant de finir ça. Parfait. Merci.
Mme Guilbault : Donc, 26, rendre obligatoire la formation.
Le Président (M. Jacques) : Merci
beaucoup. Est-ce qu'il y a d'autres interventions sur l'article 42? Donc,
s'il n'y a pas d'intervention, est-ce que l'article 42 est adopté?
Des voix : Adopté.
Le Président (M. Jacques) : Adopté.
Article 43.
Mme Guilbault : 43. L'article 99 de ce code est modifié par le
remplacement, dans le deuxième alinéa du texte anglais, de «particulars» par
«endorsements».
En commentaire : L'article 43 du
projet de loi modifie la version anglaise de l'article 99 du Code de la
sécurité routière afin d'ajuster la terminologie employée pour désigner en
anglais la mention.
Le Président (M. Jacques) : Merci.
Est-ce qu'il y a des interventions sur l'article 43?
Une voix : ...
Le Président (M. Jacques) : Pardon?
Pas d'intervention? Est-ce que l'article 43 est adopté?
Des voix : Adopté.
Le Président (M. Jacques) : Adopté.
L'article 44.
Mme Guilbault : 44. Ce code est modifié par l'insertion, après
l'article 99, du suivant :
«99.1. Il est interdit au titulaire d'un permis
d'apprenti-conducteur et au titulaire d'un permis probatoire de la classe
appropriée à la conduite d'une motocyclette de conduire une motocyclette visée
par la liste des marques et des modèles ou
des cylindrées mentionnées dans un règlement pris en application de
l'article 151.1 de la Loi sur l'assurance automobile.
«Cette interdiction s'applique également à
l'égard du titulaire d'un permis de conduire auquel est ajouté la classe
appropriée à la conduite d'une motocyclette pendant les 24 mois suivant l'ajout
de cette classe à son permis de conduire.
«Dans le calcul de la période visée au deuxième alinéa,
il faut exclure toute période de suspension du permis ainsi que toute période pendant laquelle la personne n'était pas
autorisée à conduire un véhicule routier en vertu du premier alinéa de
l'article 93.1.»
En
commentaire : L'article 44 du projet de loi introduit le nouvel article
99.1 au Code de la sécurité routière afin que le titulaire d'un permis d'apprenti conducteur de la classe
appropriée à la conduite d'une motocyclette, le titulaire d'un permis probatoire
d'une telle classe ainsi que le titulaire d'un permis de conduire de cette
classe, mais uniquement pendant les 24 mois suivant l'ajout de
cette classe au permis de conduire dont il est déjà titulaire, soit interdit de
conduire une motocyclette visée par la liste
des marques et des modèles ou des cylindrées mentionnées dans un règlement pris
en application de l'article 151.1 de la Loi sur l'assurance automobile pour
fixer la contribution d'assurance.
De plus, la période
pendant laquelle le titulaire de permis n'était pas autorisé à conduire du fait
que le permis est suspendu ou qu'il n'a pas payé les sommes exigibles pour
conserver son permis n'est pas considérée aux fins du calcul de la période de
24 mois.
Le Président (M.
Jacques) : Merci. M. le député de Taschereau.
M. Grandmont :
Oui, merci. J'aimerais savoir quelles sortes de motocyclettes sont visées
par la liste des marques et des modèles ou
des cylindrées mentionnées dans un règlement pris en application de l'article
151.1 de la Loi sur l'assurance automobile.
Mme
Guilbault : Là, on dépasse un petit peu
mes...
M.
Grandmont : ...pas beaucoup de connaissances en motocyclettes, là.
Mme
Guilbault : ...à la fois mes
connaissances, mes compétences, voire mes intérêts personnels.
M. Grandmont :
On vous a déjà vue sur un Sea Doo. On n'est pas loin.
Mme
Guilbault : Oui, mais là, les
motocyclettes, je ne suis pas encore rendue là.
Le Président (M.
Jacques) : M. Grandmont, est-ce qu'il y a consentement?
M.
Grandmont : Oui, absolument, absolument, bien entendu.
Le Président (M. Jacques) : M.
le député de Taschereau. Je m'en excuse grandement. Veuillez vous nommer
et nommer votre titre, s'il vous plaît.
Mme Vézina
(Lyne) : Oui. Alors, Lyne Vézina, directrice générale, recherche et
développement en sécurité routière à la SAAQ.
Alors, les motos dont
on parle, dans ce cas-ci, comme on le précise, ce sont les motos qui
apparaissent en annexe du Règlement sur la contribution d'assurance. Donc, ce
sont les motos dites à risque. Donc, lorsqu'on a fait nos analyses
actuarielles, lorsque les actuaires de la société ont catégorisé, à l'aide des
ingénieurs, évidemment, de la société... lorsqu'ils ont catégorisé un certain
type de moto, qui était principalement des motos sport, là, ou des motos à
carénage bas, on parle de relation poids-puissance également dans ce cas-là...
Donc, on arrive à isoler un groupe de motocyclettes qui présentent davantage de
risques.
Alors, c'est ça qu'on
veut venir encadrer par la mesure à cet article-ci puisque... puis on parle
également des apprentis parce qu'on veut promouvoir un accès progressif aux
types de motos qu'un nouveau motocycliste pourra conduire à terme.
M.
Grandmont : Merci. Mais donc on... C'est parce qu'on sait... On est
capable de savoir, effectivement, statistiquement,
qu'il y a des types... certains types de motos qui sont... où on peut observer
que leur utilisation augmente la
prévalence des accidents, des collisions, bon, sorties de route et compagnie,
et donc on veut, progressivement, pour les
jeunes qui décideraient... ou, en tout cas, pour les personnes qui sont
apprenties, parce que ça ne dépend pas de l'âge, un permis d'apprenti...
Mme Vézina
(Lyne) : Ça va être... On vise ici les apprentis, les probatoires. Donc,
pourquoi on parle de probatoire, c'est...
Lorsqu'il s'agit d'un premier permis, la personne va être assujettie à un
probatoire, mais, si, par exemple, quelqu'un arrive à prendre une classe
moto à la suite d'un permis de classe 5 ou d'un permis de véhicule de promenade
standard, bien, il ne passe pas par le permis probatoire. Alors, c'est pour ça
qu'on introduit la notion des deux années
subséquentes après l'obtention de sa classe 6A. Donc, ce qu'on veut couvrir, ce
sont les trois premières années de conduite
d'une moto... et qui n'est pas relié à l'âge, c'est... Tout nouveau
motocycliste présente un risque accru de par l'inexpérience avec une
motocyclette.
M.
Grandmont : Donc, il n'y a pas de lien avec l'âge. C'est plutôt la
possession ou pas d'un permis de classe 5
avant qui va faire qu'après ça on va aller vers un temporaire puis, après ça,
deux années de délai avant de pouvoir aller dans cette catégorie de
motocyclette là. Puis, quand on n'a pas de permis de classe 5, dans le fond, on
fait un an temporaire, deux ans de probatoire puis, après ça, on peut y aller
pour ce type de véhicule-là.
Mme Vézina (Lyne) : Oui, dans le fond, c'est
pour être en mesure, M. le Président, de couvrir les trois premières
années d'expérience d'un nouveau motocycliste, dépendamment du parcours par
lequel il arrive, est-ce qu'il a passé préalablement par une classe 5 ou pas.
M.
Grandmont : Ça me semble une bonne idée. Actuellement, c'est
quoi, en fait, là, qui est le parcours normal pour pouvoir accéder à ce
type de véhicule là, là, de motocyclette-là, qui est plus risqué, disons?
Mme Vézina
(Lyne) : Bien, à l'heure actuelle, il n'y a aucune
restriction de quelque nature que ce soit. Donc, on peut commencer, au
jour 1, avec la moto ultrasport.
M. Grandmont : Ah oui? OK. Donc,
même avec le premier... le permis temporaire puis faire son probatoire aussi
avec...
Mme Vézina (Lyne) : Oui, tout à
fait. Tout à fait.
M. Grandmont : ...puis il n'y a pas
de période de deux ans pour les gens qui avaient un permis de classe 5?
Mme Vézina (Lyne) : Exact.
M. Grandmont : Parfait. Bien, merci
beaucoup. C'était très clair.
Le Président (M. Jacques) : Merci.
M. le député de Nelligan.
M. Derraji : Dans la même logique,
est-ce qu'il y a des marques ciblées? C'est pour cela qu'on veut le laisser,
«visée par la liste des marques et des modèles». Donc, clairement, il y a des
marques ciblées.
• (16 h 20) •
Mme Vézina
(Lyne) : Tout à fait. L'annexe au Règlement sur les
contributions d'assurance détermine les 10 caractères... les 10 premiers
caractères du numéro d'identification de la moto, la marque, le modèle,
l'année. Donc, c'est une liste exhaustive de l'ensemble des motos qui sont
identifiées comme étant à risque et qui servent sur la base de la... sur
laquelle on se base pour l'exercice de tarification à l'heure actuelle.
M. Derraji : C'est bon. Merci
beaucoup.
Le Président (M. Jacques) : Merci.
Est-ce qu'il y a d'autres commentaires sur l'article 44? Est-ce que
l'article 44 est adopté? Adopté?
Des voix : Adopté.
Le Président (M. Jacques) : Oui,
oui, l'article 44 est adopté. L'article 45, Mme la ministre.
Mme Guilbault : Oui, article 45 : L'article 140.1 de ce code
est modifié par l'insertion, après «du cinquième alinéa de l'article 99»,
de «, à l'article 99.1».
Commentaire : L'article 45 du projet
de loi modifie l'article 140.1 du Code de la sécurité routière afin de
prévoir la disposition pénale applicable en cas de non-respect de
l'interdiction de conduire une motocyclette visée par la liste des marques et des modèles ou des cylindrées mentionnés
dans un règlement pris en application de l'article 151.1 de la Loi sur l'assurance automobile pour fixer la
contribution d'assurance. Le contrevenant est passible d'une amende de
200 $ à 300 $.
Le
Président (M. Jacques) : Merci, Mme la ministre. Est-ce qu'il y a des
interventions? M. le député de Taschereau.
M. Grandmont : Oui. Donc, je veux
juste être sûr de bien comprendre. Là, on fait référence à l'article 44
qu'on vient tout juste d'adopter. C'est bien ça? Donc, si quelqu'un se fait
prendre avec une moto qui est... qu'il n'est pas
supposé conduire, finalement, parce qu'il n'est pas... il n'a pas passé son
trois ans sur une plus petite cylindrée, bien, dans le fond, il est
passible d'une amende de 200 $ à 300 $.
Mme Guilbault : Oui.
M. Grandmont : OK. Est-ce qu'il y a
des... Ça me semble peu, là, considérant la dangerosité que ça peut avoir, là. On a bien compris, tout à l'heure, en
discutant, là, avec Mme Vézina, qu'il y avait des risques quand même assez
élevés. Est-ce qu'il y a des mesures pour récidive? Est-ce qu'il y a déjà un
processus qui est encadré pour éviter que cette
personne-là, bien, paie puis... parce que, finalement, ça m'apparaît quand même
une amende relativement basse, alors
qu'elle est... qu'elle conduit un véhicule... elle est prise à conduire un
véhicule qu'elle n'est pas supposée conduire.
Dans le fond, c'est comme si on avait quelqu'un
qui était d'une autre classe, puis qui a un permis de classe 5, puis qui décide de conduire... peut-être,
l'exemple est un peu fort, mais conduit une autre classe. Dans le fond, il n'est
pas supposé conduire ce type de véhicule là, là.
Ça fait que j'ai de la misère à voir à ce que... ou peut-être qu'effectivement il y a d'autres... tu sais, il y
a une aggravation, s'il y a récidive, là, mais peut-être juste qu'on puisse le
comprendre, c'est peut-être déjà prévu ailleurs. Ce serait ça, ma question.
Mme Guilbault : Oui,
bien, ce qu'on nous dit, c'est que l'amende proposée est essentiellement la
même que celle prévue à l'égard d'autres
interdictions auxquelles est assujetti le titulaire d'un permis d'apprenti
conducteur de la classe appropriée à la conduite d'une motocyclette,
telles que l'interdiction de transporter des passagers et celle de conduire
entre minuit et cinq heures.
M.
Grandmont : D'accord. Puis est-ce qu'il y a un processus... En fait,
est-ce qu'il y a... S'il y a récidive, qu'est-ce qui se passe? Est-ce qu'il y a
une aggravation, est-ce que... pas une aggravation, mais est-ce qu'il y a une
augmentation de l'amende, de la contravention?
Mme
Guilbault : Non, c'est la même amende.
M. Grandmont :
Donc, à chaque fois que cette
personne-là va se faire prendre, elle va avoir la même amende?
Mme
Guilbault : Oui.
M.
Grandmont : OK. Merci.
Le Président (M. Jacques) : Merci.
Est-ce qu'il y a d'autres interventions concernant l'article 45? Donc,
s'il n'y a pas d'autre intervention, est-ce que l'article 45 est
adopté?
Des voix : Adopté.
Le Président (M.
Jacques) : Adopté. Parfait. Merci. Article 46.
Mme Guilbault : Article 46 : Ce code est modifié par l'insertion, après
l'article 202.2.0.1, édicté par l'article 26 du
chapitre 13 des lois de 2022, du suivant :
«202.2.0.2. Il est
interdit au titulaire d'un permis de conduire auquel est ajouté la classe
appropriée à la conduite d'une motocyclette, autre que la classe 6E, de
conduire un tel véhicule ou d'en avoir la garde ou le contrôle s'il y a quelque
présence d'alcool dans son organisme, pendant les 24 mois suivant l'ajout de
cette classe au permis de conduire dont il est déjà titulaire.
«Dans le calcul de la
période visée au premier alinéa, il faut exclure toute période de suspension du
permis ainsi que toute période pendant laquelle la personne n'était pas
autorisée à conduire un véhicule routier en vertu du premier alinéa de
l'article 93.1.
«Le premier alinéa ne
s'applique pas à une personne visée à l'article 202.2.»
En commentaire :
L'article 46 du projet de loi introduit le nouvel article 202.2.0.2
au Code de la sécurité routière afin que le titulaire d'un permis de conduire
auquel est ajouté la classe appropriée à la conduite d'une motocyclette autre
que la classe 6E ne puisse conduire un tel véhicule avec une quelconque
présence d'alcool dans l'organisme pendant les 24 mois suivant l'ajout de
la classe au permis de conduire dont il est déjà titulaire.
De plus, la période
pendant laquelle le titulaire de permis n'était pas autorisé à conduire du fait
que le permis est suspendu ou qu'il n'a pas payé les sommes exigibles pour
conserver son permis n'est pas considérée aux fins du calcul de la période de 24 mois. Enfin, cette nouvelle interdiction
ne s'applique pas à une personne qui est déjà visée par une interdiction
de conduire tout véhicule avec une quelconque présence d'alcool.
Et,
pour information, peut-être, la classe 6E qui est exclue autorise notamment la
conduite d'une motocyclette à trois roues répondant à certaines
caractéristiques prescrites par règlement, exemple, les Spyder. Peut-être
que... moi, je me suis demandé c'était quoi en le lisant.
Le Président (M.
Jacques) : Merci, Mme la ministre. M. le député de Nelligan.
M. Derraji : ...j'ai bien lu l'article et les commentaires,
mais est-ce que la ministre peut nous expliquer vraiment le pourquoi de
cet article?
Mme
Guilbault : Bien, on vient ajouter...
Bien, j'ai souvent plaidé la sévérité globale en matière de conduite avec les facultés affaiblies. J'avais déjà
expliqué qu'on aurait l'article 46, qui venait ajouter l'interdiction pour
les nouveaux permis de moto. Alors, voilà l'article.
M. Derraji : Donc,
oui, mais... et là vous dites qu'il est interdit au titulaire d'un permis de
conduire auquel est ajoutée la classe appropriée... la conduite d'un
motocycliste. Donc, ils peuvent...
Mme
Guilbault : Pendant 24 mois, oui.
M. Derraji : Oui,
mais ils peuvent continuer à conduire la classe 6E?
Mme
Guilbault : Oui, bien là, la classe 6E,
j'avoue que je ne sais pas si c'est une spécificité.
Une
voix : ...
Le Président (M.
Jacques) : Nous allons suspendre quelques instants.
(Suspension de la séance à
16 h 26)
(Reprise à 16 h 37)
Le Président (M.
Jacques) : Nous reprenons nos travaux. Et, lors de la suspension, nous
en étions à une discussion entre M. le député de Nelligan et Mme la ministre
sur l'article 46. Mme la ministre.
Mme
Guilbault : Oui. Alors, je ne me souviens
pas c'était quoi exactement la question. Sur le 6E ou...
M. Derraji : C'est
moi qui vous l'a posée.
Mme
Guilbault : Ah oui! OK. Pourquoi on
l'excluait?
M. Derraji : Oui.
Mme Guilbault : Oui, c'est ça, en fait, c'est que ce qu'on dit... puis là
on cherche les chiffres comparatifs, mais l'introduction de l'article, il se
basait sur le nombre de conducteurs de moto impliqués dans un accident selon l'expérience, le type de moto et la nature des
dommages. C'est pour ça qu'on parle des motos pendant les 24 premiers
mois. Et les statistiques qu'on a ici, c'est que 32 % des conducteurs de
moto impliqués dans un accident qui avaient une
expérience de 24 mois et moins... en fait, c'est ça, 32 % des
conducteurs de moto impliqués dans des accidents de moto avaient une expérience de 24 mois et
moins. Donc, considérant la prévalence, justement, on a ciblé ce groupe-là. Et
pour les motos à risque, dont on a parlé à l'article tout à l'heure, c'est
45,5 % des conducteurs de moto de 24 mois et moins d'expérience qui
sont des conducteurs impliqués dans les accidents.
M. Derraji : OK.
Et, un peu plus tard, vous parlez qu'il y a présence d'alcool dans son
organisme. On parle toujours de la même classe?
Mme
Guilbault : On parle des conducteurs, oui,
des titulaires de permis de conduire auxquels est ajoutée la classe appropriée
à la conduite d'une moto.
M. Derraji : OK.
Mais on ne parle pas de quel taux d'alcool. C'est zéro alcool?
Mme
Guilbault : C'est zéro alcool pendant
24 mois.
M. Derraji : Pour
ceux qui conduisent des motos, en bas de 24 mois?
Mme
Guilbault : Oui.
M. Derraji : Et,
après 24 mois, ils peuvent quand même boire jusqu'à 0,08?
Mme
Guilbault : Oui.
M. Derraji : Et, en bas de deux ans d'expérience, ils n'ont pas
le droit de ne boire aucun verre, donc risque zéro?
Mme
Guilbault : Non, c'est ça. Puis, en même
temps, ça laisse le temps de pratiquer, de développer... tu sais, parce que c'est quand même un apprentissage,
conduire une moto. Puis, comme je vous dis, ça repose sur les données
des accidents impliquant des conducteurs de moto.
M. Derraji : J'adore quand vous dites que ça repose sur les données.
Donc, l'alcool en bas de 24 mois d'expérience est dangereux, mais,
après 24 mois, il n'est plus dangereux?
Mme
Guilbault : Bien, il s'expose au même
régime que tous les autres conducteurs. On vient ajouter une brique de plus aux
remparts de moyens contre la conduite avec les facultés affaiblies.
• (16 h 40) •
M. Derraji : Je
ne veux pas embarquer sur ce débat sur des briques ou pas de briques, mais
j'essaie juste de comprendre la logique que la brique, elle est là pour
24 mois et moins, zéro alcool, et, 24 mois et un jour de plus, tu peux prendre de la bière, tu peux boire jusqu'à
0,079. Il n'y a aucun incident, il n'y a rien, il n'y a aucun effet. C'est ce
que cet article nous expose.
Mme
Guilbault : Bien, il y a déjà des mesures
similaires pour les conducteurs avec un permis probatoire, c'est 24 mois
sans alcool. Les apprentis conducteurs, c'est 12 mois sans alcool. Les...
M. Derraji : Les véhicules lourds
aussi, les véhicules lourds, c'est interdit.
Mme Guilbault : Les véhicules lourds... bien, ça dépend. Des véhicules
lourds, commerciaux, c'est 0,05. Les
véhicules de transport de personnes, c'est zéro alcool. Les conducteurs de
22 ans et moins, c'est zéro alcool. Alors... mais une fois qu'ils
ont 23 ans, c'est 0,08.
M. Derraji : La classe 6E, c'est
dans une annexe. C'est déjà annexé dans... c'est publié, hein, les... Désolé.
Mme Guilbault : Je ne sais pas. Est-ce que c'est sur Internet? Dans quel
sens?
M. Derraji : C'est juste que, depuis
tout à l'heure, on se parle sur la classe 6E. Nous, on n'est pas familier, je
ne suis pas familier, mais les gens peuvent s'y retrouver facilement?
Une voix : ...
M. Derraji : Oui, 6E.
Mme Guilbault : Mais les gens, vous parlez de qui? Les gens qui vont
utiliser le code?
M. Derraji : Oui, oui. Absolument,
oui.
Mme Guilbault : Ah! bien oui. Est-ce que c'est défini ailleurs dans le
code?
M. Derraji : Oui, oui, exact. C'est
juste ça, parce que depuis tout à l'heure que nous, on cherche. C'est juste,
est-ce que...
Mme Guilbault : C'est le règlement sur les permis, article 28.11.1.
M. Derraji : Donc, c'est accessible.
On parle des marques, on parle des... En fait, on définit les...
Mme Guilbault : Oui, c'est ça, article 28.11.1 du règlement sur les
permis... c'est ça, son nom, en tout cas, puis ça dit : «La classe 6E
autorise la conduite d'une motocyclette à trois roues non munie d'une caisse
adjacente qui présente les caractéristiques suivantes : Elle est conçue
pour rouler sur trois roues...» Bien, enfin, voulez-vous que je vous le lise?
M. Derraji : Ça, c'est les Spyder
que vous avez dit tout à l'heure?
Mme
Guilbault : Bien là, honnêtement, moi, je ne sais pas s'il
existe d'autres sortes de véhicules qui correspondent à ça, là. Ah! ici,
on a un document de la SAAQ.
M. Derraji : Ça, c'est bon.
Mme
Guilbault : C'est très bien fait, on a tous les... on a...
regarde, 4A, 4B, 5, 6A, 6B, 6C, 6 D. 6E, bien, c'est ça, ici, là.
Le
Président (M. Jacques) : Est-ce que vous pouvez partager ce document à la
commission, Mme la ministre?
Mme Guilbault : Ah oui! pas de problème. C'est un genre de VTT ou... Non,
peut-être pas. Non, non, c'est ça, ce n'est
pas un VTT. En tout cas, c'est ça, je ne m'aventurerai pas là-dedans, là, mais
il y a une image, il y a trois roues.
Le Président (M. Jacques) : Donc,
est-ce qu'il y a d'autres... M. le député de Taschereau.
M.
Grandmont : Oui, merci. Donc, j'étais content d'entendre la
ministre parler de données, là, pour, dans le fond, argumenter sur le
fait que certains types de véhicules puis certains types de personnes sont
assujettis à certains types de limites, en
fait, d'alcool dans le sang, là, donc, selon l'expérience, selon le type de
permis, selon le type de véhicule aussi qui est...
Bon, on ne refera pas le débat, mais je veux
juste souligner quand même que tout le débat sur l'alcool au volant, on l'a fait quand même en argumentant sur
les données, nous, tu sais, du côté des oppositions aussi. Ça n'a pas semblé
émouvoir la ministre à ce moment-là, mais disons qu'on part sur la base de
cette conversation-là. Moi, j'aimerais
savoir s'il y a un lien ou s'il y a une... Ce serait quoi, en fait, la
prévalence ou le lien... En fait, ma question est simple : Est-ce
qu'il y a plus d'accidents chez les motocyclistes dus à l'alcool ou pas? Je ne
sais pas si on a des données là-dessus. J'imagine que
oui, là, je ne sais pas, mais, tu sais, le lien entre utilisation d'une
motocyclette et alcool, est-ce qu'il y a
une... est-ce qu'on a une plus grande prévalence d'accidents, collisions qu'au
niveau... ou de la gravité du type d'accident aussi, là, que ce qu'il y
a dans les automobiles, là, disons, de promenade 5, là?
Mme
Guilbault : On n'a pas les données à
portée de la main, mais on pourrait faire la vérification, parce qu'il faudrait
refaire la proportion, dans le fond.
M.
Grandmont : Oui, c'est ça, effectivement, j'aimerais savoir la
proportion, là, dans le fond, des gens qui seraient en consommation d'alcool.
Puis d'ailleurs, je ne sais pas aussi, là, peut-être qu'à la SAAQ, on a ces
données-là, là. Est-ce que les gens seront les... suite à un décès ou suite à
une collision, quand un policier soupçonne qu'il
y a présence d'alcool dans le sang chez la personne qui conduisait la
motocyclette ou le véhicule, par ailleurs, aussi, là, la question pourrait être
bonne pour les deux, est-ce qu'on comptabilise le taux d'alcool? Dans le fond,
est-ce que c'est des données qui sont accessibles pour savoir un peu,
dans le fond, les gens qui sont impliqués dans des accidents? Donc, selon le type de véhicule, on est capable de
savoir aussi, bien, est-ce qu'il y a des gens qui étaient en... qui avaient
de l'alcool dans le sang puis qui étaient un
peu en bas de 0,05, d'autres qui étaient entre 0,05 et 0,08, puis évidemment
les autres qui étaient en haut de 0,08? Est-ce que ce genre de données là
existent puis c'est accessible?
Parce
que, dans les bilans de la SAAQ, on a de l'information... Je l'ai dit tantôt,
puis je le salue, c'est important puis c'est un... c'est des bilans routiers
qui sont essentiels, là, à la compréhension de comment travailler pour
améliorer, sur quoi travailler, sur quel genre de sensibilisation faire. Puis,
en même temps, sur la question d'alcool au volant, il y a très peu de données accessibles, ce qui fait qu'on a un débat un
peu, disons, ardu parce qu'on a de la misère à savoir exactement, là,
quel est le nombre de personnes impliquées dans les accidents selon le type de
véhicule, selon le type de permis et selon la quantité d'alcool qu'il y avait
dans le sang. Puis trois catégories seraient bien suffisantes, là : en bas
de 0,05; 0,05-0,08; et en haut de 0,08.
Mme
Guilbault : Oui. Bien, il existe... En
fait, c'est ça, là, le bilan dont je parlais ce matin, que fait la SAAQ... et j'essaie juste de voir en même temps,
là... c'est ça, en annexe ici... parce qu'il y a toujours... Tu sais, ce n'est pas
tout le monde qui est testé, donc c'est sûr que ce n'est pas forcément
exhaustif. On précise bien «ayant subi un test d'alcoolémie», mais, c'est ça,
on l'a par sexe...
M. Grandmont :
Mais ça, «ayant subi un test d'alcoolémie», ça, c'est à la discrétion du
policier, mettons?
Mme
Guilbault : ...par type de véhicule... c'est ça, il y en a une
ici, motocyclette ou cyclomoteur. Donc là... Mais, en tout cas, c'est juste par
catégories, ça fait qu'ils sont tous à 100 % parce qu'ils sont dans la
même catégorie. Ça fait qu'il faudrait... dans le fond, il faudrait rejouer
avec les chiffres, là.
M.
Grandmont : Bien, c'est un peu ça, mon point, en fait, c'est qu'on a
des données sur l'alcool au volant dans le bilan de la SAAQ. Puis, encore une
fois, je le salue, c'est intéressant puis c'est important, mais le niveau de ventilation est assez faible, donc les données
sont très agrégées. C'est difficile de savoir exactement sur quoi intervenir.
Je
vous dirais que, comme membre de l'opposition, là, puis peut-être que la partie
gouvernementale a davantage d'information
par rapport à ça, moi, je serais très intéressé à ce que la ministre nous
partage les données qu'elle aurait pu avoir, qui nous permettraient de voir
effectivement, là, selon le type de véhicule, donc des permis de... des permis
de conduire pour les véhicules de promenade, donc classe 5, puis, après ça, les
classes 1, 2, 3, 4, 6, quand il y a eu, effectivement,
accident, et donc sur décision, là, du policier, là, des corps policiers, de
faire passer un test éthylométrique, bien, quel était le résultat puis
il se situait où. Tu sais, pas juste : Est-ce qu'on était en haut de 0,08,
mais aussi, est-ce qu'on était entre 0,08, 0,05, ou en deçà, ou pas du tout? Tu
sais, on peut être à zéro aussi, là. Il peut y avoir... on peut soupçonner une présence d'alcool puis il n'en a
pas, mais avoir ce genre d'information là serait utile et pertinent à notre
compréhension du phénomène de l'alcool au volant.
Puis là je le prends
vraiment sous l'angle, là, des motocyclettes parce que, bon, c'est un sujet
intéressant en soi, mais, tu sais,
considérant l'ampleur du débat qu'on a pu avoir là-dessus, il me semble que
d'avoir des données un petit peu plus raffinées, là, mieux ventilées, ce
serait intéressant aussi. Je veux dire, Mme la ministre le reconnaissait
elle-même, là. On regarde les tableaux puis c'est peu parlant, quand même,
malgré tout, là.
Mme
Guilbault : Non. Bien, en fait, ça dépend.
C'est que c'est ce qu'il faudrait faire... puis là je n'aurai pas le temps de le faire là, là, mais c'est qu'il
faudrait rapporter... Tu sais, les statistiques, c'est : automobile,
camion léger, camion lourd, tracteur routier, motocyclette, cyclomoteur,
motoneige, etc., donc il y a le nombre total pour chaque sous-catégorie. Donc,
en théorie... puis j'ai le total ici, en bas, dans le fond, sur 146. Ça fait
que, déjà, il faudrait que je ramène mon sous-total, motocyclette, cyclomoteur,
32 sur 146, qui est à peu près... pas tout à fait 20 %... Tu sais, en tout cas, il y aurait peut-être une petite
opération à faire, mais, c'est ça, je ne la ferai pas au micro ici, mais on
peut transmettre le bilan à mes collègues.
C'est sûr que, là,
pour dire de générer des nouvelles données... là, on n'a pas... on n'a pas ces
données-là ici. La SAAQ se base sur les
données du coroner, ça fait que ce serait vraiment de faire une demande au
Bureau du coroner, s'ils sont capables de raffiner un petit peu plus.
Et, si c'est toujours M. Perron qui s'occupe de ça, il y a peut-être des
possibilités. Mais là, honnêtement, ça dépasse... Ce n'est pas nos données aux
Transports ni même à la SAAQ, c'est vraiment au bureau du coroner.
• (16 h 50) •
M.
Grandmont : Est-ce que chaque collision... parce que, là, on
parle de collision avec décès, c'est ça? Quand il y a...
Mme Guilbault : Bien, ici, c'est le nombre de conducteurs...
M. Grandmont : Quand c'est le
coroner, c'est toujours avec décès, là.
Mme Guilbault :
C'est ça, c'est conducteurs décédés.
M. Grandmont : Oui, c'est ça, parce
qu'il y a une partie qu'effectivement c'est le coroner qui pourrait nous aiguiller là-dessus. Ça, je le conçois, il y a
tous les accidents graves. Parce que je vous rappelle aussi la Vision Zéro,
hein, c'est viser zéro accident grave et décès sur les routes.
Mme Guilbault : Oui.
M. Grandmont : Puis toute la partie
des accidents graves n'est pas tant que ça... En fait, peut-être que la SAAQ a
des données là-dessus, peut-être que les corps policiers les regroupent, les
centralisent à quelque part, mais ce n'est certainement pas le coroner qui va
les traiter, parce qu'évidemment il n'y a pas nécessairement mort dans ces
cas-là, puis le coroner intervient juste ou enquête seulement s'il y a décès.
Donc, je réitère la demande, là. Si vous... si
soit la ministre, le ministère ou la SAAQ avait des données mieux ventilées, qui toucheraient à la fois les
accidents graves... puis évidemment, on pourrait voir, là, du côté du coroner
pour ce qui est des décès, moi, je serais vraiment intéressé à savoir, là, quel
est le taux d'alcoolémie pour les... pour ces deux types d'accidents là, puis
répartis et ventilés selon le type de véhicule conduit, dans le fond.
Des voix : ...
Mme
Guilbault : Oui. C'est ça, on va valider, mais probablement
qu'on n'en a pas, parce que, ce qu'on m'explique,
c'est que c'est plus compliqué quand il n'y a pas de décès parce qu'il n'y a
pas de prélèvement systématique sur les conducteurs quand ils ne sont
pas décédés, alors que, quand ils sont décédés, le prélèvement...
M. Grandmont : Est automatique,
évidemment, là. Donc, quand il y a...
Mme Guilbault : ...à l'évidence, est plus simple à faire.
M. Grandmont : Bien, c'est sûr que
le consentement est plus facile à aller chercher. Mais pour ce qui est d'un
accident grave, il peut... ça doit arriver quand même que le policier ou la
policière demande le passage d'un test éthylométrique. J'imagine que ça doit
être même assez fréquent. Dans le cas d'un accident sur la route, j'imagine que c'est un des réflexes premiers qu'un policier
doit avoir sur le terrain, là, donc, il doit y avoir des données quelque
part. Ma question, c'est de savoir : Où est-ce qu'elles sont regroupées,
ces données-là?
Mme Guilbault : Oui. Il faut qu'il y ait... Bien, d'abord, il faut qu'il y
ait des motifs sérieux pour pouvoir le requérir. Puis ce qu'on me dit aussi,
c'est que, par exemple, si le conducteur est blessé dans l'accident, on le
conduit d'abord à l'hôpital, puis là, ensuite, ça peut amener des délais puis
des circonstances qui font que c'est difficile de faire le prélèvement...
M. Grandmont : OK. Mais ces
données-là, est-ce...
Mme Guilbault : ...ou de le faire en temps opportun.
M. Grandmont : Oui, oui, c'est ça,
évidemment, parce qu'il y a des délais à respecter, là. Mais donc, ce que je
comprends, c'est qu'il doit y avoir des données en quelque part, mais est-ce
qu'on sait où elles sont centralisées ou est-ce
qu'elles sont juste centralisées ou pas du tout centralisées? En fait, la
question devrait être ça, là, avant de savoir où elles sont.
Mme Guilbault : Non.
M.
Grandmont : Donc, c'est chaque corps policier au Québec qui
fait... selon son libre arbitre, en fait, décide de faire passer un test éthylométrique en fonction de
paramètres, là, qui sont déjà existants, là, évidemment, là, la probabilité ou,
en fait, le soupçon raisonnable en fonction de paramètres, là, qui sont déjà
existants, là... évidemment, là, la probabilité ou, en fait, le soupçon
raisonnable. Puis, après ça, il faut que ça se fasse selon certaines normes,
dans certains délais, mais, dans les faits, chaque corps policier peut
faire ces tests-là. Donc, c'est... il n'y a pas centralisation qui est faite.
Ce n'est pas envoyé à la SAAQ pour dresser des bilans de sécurité routière.
Mme Guilbault : Oui, c'est ça. Bien, comme on disait...
Des voix : ...
Mme Guilbault :
Je suis en train de vérifier dans le guide des pratiques policières, la
pratique policière en question, mais...
M. Grandmont : Oui, oui, c'est bon.
Je peux peut-être passer le temps à vous raconter une histoire. J'ai une vraie
histoire à vous raconter, si vous voulez.
Mme Guilbault : Non, non, non. Bien, ce n'est pas ça, c'est parce que...
C'est ça, c'est... on me confirme, ça prend un motif, puis l'avis puis la
sécurité de la personne, donc le transport à l'hôpital, les soins à prodiguer
passent avant, passent... ont préséance, là.
Donc, ça amène, des fois, le fait qu'on ne peut pas faire de prélèvement ou ne
peut pas...
M. Grandmont : Pendant que votre
collègue cherche l'information, je veux juste... là où je veux m'en aller, en
fait, c'est que ça prend des données pour pouvoir faire améliorer les choses,
là. À Montréal, je ne sais pas si vous connaissez la notion... je ne sais pas
si Mme la ministre connaît la notion d'emportiérage, là, le fait d'ouvrir sa portière, puis il y a un cycliste qui mange la
porte, dans le fond. C'est quelque chose... c'est un phénomène qui existe depuis
toujours, en fait, là... en fait, malheureusement, qui est très dangereux. Il
commence à y avoir de la sensibilisation, notamment, là, il y a des groupes, il
y a quelques années, qui ont fait la promotion de l'ouverture à la hollandaise.
Donc, on en profite pour ouvrir la porte non
pas avec la main gauche, mais avec la main droite pour être sûr de regarder
à l'arrière s'il y a un cycliste qui s'en vient. Puis, bon, il y a une
multiplication...
Mme Guilbault : Dont la SAAQ.
M. Grandmont : Oui, effectivement,
la SAAQ, je pense, a fait la promotion de ça, d'ailleurs. On est très, très contents. Mais toujours est-il que, pendant
plusieurs années, le phénomène de l'emportiérage n'était pas mesuré, donc
les services de police ne comptabilisaient
pas ce phénomène-là. Donc, quand il y avait un accident, c'était simplement
une collision entre un automobiliste puis un cycliste, puis il n'y avait pas
de... il n'y avait pas d'analyse particulière qui était faite sur ça. Or, tous
les cyclistes savent très bien que c'est quelque chose qui arrive
malheureusement trop souvent ou qui est source d'insécurité très grande. Puis
la ville de Montréal a commencé à le faire, à un moment donné, justement en lien avec la Vision Zéro. Ils ont dit : Bien,
tu sais, c'est un phénomène dont on entend de plus en plus parler, on veut augmenter le nombre de cyclistes
dans la ville, on fait davantage d'infrastructures. Bien, pour éviter que
ça arrive, bien, on va le documenter, parce que ce qui se mesure peut
s'améliorer.
Donc, l'histoire, c'est ça. C'est juste que la
ville de Montréal s'est mise à le comptabiliser, puis sur les billets de contraventions de la police de Montréal,
maintenant, bien, il y a une coche : emportiérage. C'est aussi simple que
ça, mais c'est maintenant... ça fait partie de la comptabilisation, puis
il est rentré dans les statistiques.
Donc, ma question, c'est... porte sur ça, dans
le fond. Tu sais, on a beaucoup parlé d'alcool au volant, à savoir, bon, bien, est-ce qu'on devrait descendre
à 0,05? 0,08, c'est-tu suffisant? On ne sait pas quoi... Puis là, quand on
donnait des arguments, bien, c'était beaucoup basé sur des expériences
étrangères, que ce soit dans le Canada, ou que
ce soit en Europe, ou peu importe, aux États-Unis, puis on n'a jamais trop
compris sur quelle base la décision de la partie gouvernementale s'est
faite. Je ne veux pas revenir sur le débat, mais ce que je veux dire, c'est
que, si on ne mesure pas ça, on ne pourra pas s'améliorer.
Donc, moi, ce que j'insisterais la SAAQ à faire,
parce que je pense que c'est le bon organe pour le faire, parce que, de toute
façon, ils font déjà une comptabilisation sommaire, là, un peu trop agrégée,
mais il reste à voir... mais c'est d'améliorer cette ventilation-là, améliorer
la collecte d'informations, pour qu'après ça, quand on se repose les mêmes
questions qu'on s'est posées pendant cette commission, bien, qu'on ait les
bonnes données, tout le monde ensemble, puis qu'on puisse dire : Bien,
voici la direction que nous devons prendre. Si on n'a pas fait cet effort de collecte de données d'abord... puis évidemment,
ça, ça fait partie des cinq E, là, aller chercher l'information. L'évaluation, si
on ne fait pas ce travail-là, bien, on va toujours être au même point mort, puis
on va prendre des décisions, puis je ne veux
pas dire... mettre des mots dans la bouche de la ministre, là, mais peut-être
sur des prémisses qui ne sont pas les bonnes, alors que, si on avait
toutes les mêmes informations, des informations québécoises, bien, on serait
capable de peut-être prendre des meilleures décisions.
Donc, c'est
pour ça que je m'en allais vers cette idée, là, d'avoir davantage... Cela dit,
ma demande demeure, là. Si on est
capable de nous donner davantage d'informations... Je comprends que, pour la
partie décès, on fera les démarches, là, nous autres, de notre côté,
auprès du coroner, mais, du côté de la partie gouvernementale ou de la SAAQ, si
on a accès à des données sur le... pour les
accidents, les accidents graves notamment... parce que c'est ce qui m'intéresse
le plus, là, accidents graves et
accidents mortels, et, après ça, le plus ventilé possible pour être capable de
savoir : Est-ce que les gens
étaient entre 0,05, 0,08, ou au-delà de 0,08, ou pas d'alcool?, mais qu'on puisse
avoir accès à cette information-là. Moi, je serais très intéressé.
Donc, si on
peut nous les transmettre, s'ils existent déjà... Si ces données-là n'existent
pas, bien, posons-nous la question :
Est-ce qu'on ne devrait pas agréger... tu sais, collecter davantage
d'informations pour qu'à la prochaine discussion politique et médiatique
là-dessus, bien, on parte tous avec les mêmes informations, là?
Mme Guilbault : Oui, j'en prends note, on va vérifier ce qu'on a. Comme j'expliquais, on
n'a pas nécessairement ce que le
collègue recherche. Puis aussi, c'est que, même si on collige... parce que
certainement qu'en quelque part il y a de
l'information. Il y a une trace d'information, si on fait un prélèvement sur un
conducteur non décédé... mais c'est que ce
n'est pas exhaustif. Alors, tu sais, si tu n'as pas le... si, par exemple, tu
as un échantillon, je ne sais pas, moi, de 30 conducteurs... là, on parlait des motos, donc
30 conducteurs de moto impliqués dans un accident grave, et, là-dessus, il
y a seulement un prélèvement qui est fait sur 15... sur les 30, et, sur les 15,
le prélèvement est positif, sept sur 15, finalement, le sept sur 30 ne
veut pas dire grand-chose. C'est ça que je veux dire.
• (17 heures) •
M.
Grandmont : Bien, moi, je fais confiance au protocole policier. Je
pense que leur... tu sais, puis je n'ai pas de raison de le mettre en doute
pour l'instant. Il doit y avoir un doute raisonnable, ils ont leur façon de
procéder, puis je suis persuadé qu'ils le font de façon très, très
consciencieuse. Je pense que, si on est capable de savoir le taux de collecte
d'alcool... Le résultat, quand ils ont... quand le test a été fait, il pourrait
être négatif, il pourrait être entre 0,05 et
0,08, il pourrait être au-delà de 0,08. Puis évidemment, c'est des données
anonymes, donc il n'y a jamais moyen de retracer la personne. Si on
avait ça... puis, après ça, bien, on sait le nombre d'accidents. On les a, ça,
c'est des données qui sont publiques dans le bilan, là. On est capables de
savoir... de faire le ratio, en fait, entre les deux, là.
Donc, l'information,
c'est juste de l'avoir. Donc, s'il y a des accidents graves, bien, combien
étaient à 0,08 sur le nombre total des accidents? Combien étaient entre 0,05 et
0,08 sur le nombre total des accidents? Ça nous donnerait une bonne perspective
pour chaque type de permis de conduire, chaque type de véhicule, bien, tu sais,
la prévalence de l'alcool comme facteur aggravant d'un accident selon le type
de véhicule. Moi, je pense que c'est des données
qui sont utiles et importantes, puis un peu dans le même sens de ce que, vous,
vous avez fait, là, effectivement, là... Tu sais, la ministre a dit : Il y
a des mesures qu'on met en place, na, na, na, puis tout ça, puis il y a des
classes de permis de conduire qui sont exemptées, parce qu'on considère que la
consommation d'alcool n'est pas un facteur aggravant. Moi, c'est exactement
dans la même lignée que ce que Mme la ministre propose.
Mme
Guilbault : Oui, alors... bien, j'ai noté
la suggestion du collègue.
M.
Grandmont : Mais je réitère, il y a une demande qui venait avec aussi,
ce n'est pas juste une suggestion. C'est d'abord de savoir... S'il y a des
données qui existent, merci de bien vouloir nous les transmettre, nous...
Mme
Guilbault : Oui. Ça, je l'ai dit tout à
l'heure.
M.
Grandmont : Parfait, excellent. Puis sinon, pour la suggestion, bien,
évidemment, je pense que c'est juste au bénéfice de tout le monde, pour avoir
un meilleur impact.
Mme
Guilbault : Et moi aussi, je fais
confiance à l'excellent travail de nos policiers.
M.
Grandmont : Oui, parfait. On est d'accord là-dessus.
Mme
Guilbault : Québec solidaire aussi, de ce
que je comprends. C'est bien.
M.
Grandmont : Oui, oui. Ils travaillent très bien.
Le Président (M.
Jacques) : Merci, Mme la ministre. Donc, vous allez faire parvenir à
la commission les documents, exactement?
Mme
Guilbault : Si on trouve de telles
données, oui, on va les transmettre, tout à fait.
Le Président (M.
Jacques) : Parfait, merci.
M.
Grandmont : ...si jamais on n'a pas de réponse, bien, qu'on nous le
dise aussi, là, parce qu'on ne met pas de délai de prescription sur cette
demande, mais au moins...
Mme
Guilbault : 45 jours.
M.
Grandmont : ...qu'on nous dise : On a fait la demande puis,
effectivement, on ne trouve rien.
Le Président (M.
Jacques) : Parfait. Donc, nous serons informés du résultat de la
recherche. Donc, est-ce qu'il y a d'autres
commentaires sur l'article 46? S'il n'y a pas d'autre commentaire, est-ce
que l'article 46 est adopté?
Des voix : Adopté.
Le Président (M.
Jacques) : Adopté. Article 47.
Mme
Guilbault : Article 47 :
L'article 202.2.1.2 de ce code est modifié par le remplacement, dans le
paragraphe 3° du deuxième alinéa, de «4 500 kg ou plus» par «moins de
4 500 kg».
En commentaire :
L'article 47 du projet de loi modifie l'article 202.2.1.2 du Code de
la sécurité routière afin d'ajuster l'exception prévue au paragraphe 3° du
deuxième alinéa de cet article, afin que celle-ci s'applique plutôt aux
véhicules lourds dont le poids nominal brut est inférieur à 4 500 kg.
Et ce qu'on m'explique, c'est qu'en fait il y
avait eu une erreur, ou, en tout cas, une coquille, ou quelque chose d'inexact
qui avait été inséré à l'époque, là. Donc, mes collègues ont probablement la
page de gauche, texte actuel versus texte proposé. Donc, on voit que, dans le
texte actuel, au numéro 3, on parle d'un véhicule lourd dont le poids nominal brut est de 4 500 kg ou
plus, mais, en fait, ce qu'on voulait dire, c'est 4 000... et c'est moins
de 4 500 kg. Donc, on le corrige.
Le Président (M. Jacques) : Merci,
Mme la ministre. Est-ce qu'il y a des interventions? Donc, s'il n'y a pas
d'intervention, est-ce que l'article 47 est adopté?
Des voix : Adopté.
Le Président (M. Jacques) : Adopté.
Article 48.
Mme
Guilbault : Article 48 : L'article 202.3 de ce
code, modifié par l'article 43 du chapitre 19 des lois de 2018 et
par l'article 28 du chapitre 13 des lois de 2022, est de nouveau
modifié par l'insertion, dans le premier alinéa et après «202.2.0.1,», de
«202.2.0.2,».
En
commentaire : L'article 48 apporte une modification de concordance à
l'article 202.3 du Code de la
sécurité routière afin de considérer la nouvelle interdiction de
conduire avec quelque présence d'alcool dans l'organisme applicable aux titulaires d'un permis de conduire
auquel est ajoutée la classe appropriée à la conduite d'une motocyclette
pendant les 24 mois suivant l'ajout de cette classe au permis de conduire
dont il est déjà titulaire. Cette modification vise à conférer aux agents de la
paix le pouvoir de soumettre ces conducteurs à une épreuve de dépistage de
l'alcool.
Le
Président (M. Jacques) : Merci, Mme la ministre. Est-ce qu'il y a des
interventions sur l'article 48? Donc, s'il n'y a pas d'intervention,
est-ce que l'article 48 est adopté?
Des voix : Adopté.
Le Président (M. Jacques) : Article 49.
Mme Guilbault : 49. L'article 202.4 de ce code, modifié par l'article 29 du
chapitre 13 des lois de 2022, est de nouveau modifié :
1° par
l'insertion, dans le paragraphe 2.1° du premier alinéa et après «l'article
202.2.0.1», de «ou à l'article 202.2.0.2»;
2° par l'insertion, dans le dernier alinéa
et après «l'article 202.2.0.1,», de «à l'article 202.2.0.2,».
En commentaire : La modification proposée
par l'article 49 du projet de loi est complémentaire à la nouvelle
interdiction de conduire avec quelque présence d'alcool dans l'organisme prévue
à l'article 202.2.0.2 du Code de la sécurité routière. Ainsi, il est
proposé que le permis soit suspendu pour une période de 90 jours, si le
titulaire d'un permis de conduire de la classe appropriée à la conduite d'une
motocyclette conduit ou a la garde ou le contrôle d'un véhicule avec quelque présence d'alcool dans son organisme pendant les
24 mois suivant l'ajout de la classe au permis de conduire dont il est
déjà titulaire. Néanmoins, cette suspension ne sera applicable qu'à l'égard de
la classe appropriée à la conduite d'une motocyclette.
Le
Président (M. Jacques) : Merci. Est-ce qu'il y a des interventions sur
l'article 49? M. le député de Taschereau.
M. Grandmont : Oui, bien, c'est un
peu pour mon information personnelle. Ce n'est pas tant sur la proposition qui est faite que sur le... ce qui est
mentionné comme étant non en vigueur. C'est quoi, ça? Je parle, là, de la
fin... en fait, c'est le dernier,
l'avant-dernier... l'avant-dernier alinéa, là, de l'article 204, là...
202.4, pardon. J'aimerais juste comprendre,
c'est pour mon information personnelle, mais pourquoi il y a des... il y a un
alinéa, dans le fond, qui est identifié au Code de la sécurité routière
comme non en vigueur? C'est en grisé, là, dans le texte, là.
Mme Guilbault : Je vérifie.
Le Président (M. Jacques) : Nous
allons suspendre quelques instants.
(Suspension de la séance à 17 h 07)
(Reprise à 17 h 23)
Le Président (M. Jacques) : Nous
reprenons nos travaux. Et, lors de la suspension, nous en étions à une question
du député de Taschereau à Mme la ministre, et je crois que nous avons une
réponse. Mme la ministre.
Mme Guilbault : Oui, et il a fallu que je me plonge dans les... d'où le délai, là, tu
sais, l'espèce de superposition et de juxtaposition de références inter,
intra-codes, etc.
Alors donc, pour
essayer de simplifier la chose, là, dans le fond, il est question de
l'article 202.4, puis là, c'est ça, il
y a toujours le texte actuel versus proposé, texte actuel où le député a relevé
le paragraphe en gris. Mais, dans le fond, cet article-là porte sur les
suspensions, et donc toutes les suspensions en question sont... bien, existent.
La seule qui n'est pas en vigueur en ce
moment, justement, c'est celle qui réfère à l'interdiction qui est prévue à
l'article 202.2.1 du Code de la sécurité routière, qui, lui, n'a jamais
été mis en vigueur à travers les années. Il a été introduit là en 2002, alors, imaginez-vous, il y a eu beaucoup de monde
depuis ce temps-là. Et il n'a jamais été mis en vigueur, entre autres,
parce qu'au fil du temps... cet article-là, il visait des interdictions
d'alcool, par exemple, véhicules lourds, taxis, et donc, au fil du temps s'est
ajouté ces interdictions-là, de toute façon, dans d'autres articles ou... en
tout cas, c'est...
Le
fait est que ces gens-là sont quand même... ont quand même une interdiction
d'alcool en ce moment, alors c'est comme si la mise en vigueur est un
peu laissée en suspens, mais l'objectif est rencontré de manière
périphérique...
M.
Grandmont : C'est bon.
Mme
Guilbault : ...si je peux m'exprimer
ainsi.
M.
Grandmont : Ça fait qu'on a comme un fossile d'article qui n'a jamais
été sanctionné, dans le fond, là, finalement, mais vous me dites... vous me
garantissez que, dans le fond...
Mme
Guilbault : On pourrait paraphraser comme
ça, oui.
M.
Grandmont : Oui, c'est... mais vous me garantissez que, dans le fond,
l'ensemble des interdictions sont prévues, encadrées ailleurs dans le Code de
la sécurité routière. J'avoue que j'étais juste étonné de voir... puis je suis
désolé du travail que ça a pu vous demander, mais j'étais étonné de voir ça
apparaître, parce que, bon, effectivement, moi
aussi, je me posais des questions sur le pourquoi... moi aussi, j'avais noté
que ça datait de 2002. Puis, bien, en même temps, je... souvent, quand on fait un projet de loi, on en profite,
justement, pour nettoyer, en fait, la loi qui est modifiée, donc le Code
de la sécurité routière, dans ce
cas-ci. Donc, je me demandais pourquoi ça n'avait pas été simplement... bien,
en fait, s'il y avait des raisons.
Là,
vous m'expliquez que, dans le fond, ça n'a juste pas été sanctionné puis que
tout est couvert. Puis je me pose donc la question de pourquoi on n'en a
pas profité pour le nettoyer, l'enlever, tout simplement, si, de toute façon,
tout est répondu, par ailleurs.
Mme
Guilbault : Bien, j'ai posé la question,
mais là on me dit qu'il y a des ramifications. Alors, peut-être que ça
prendrait...
M.
Grandmont : Des ramifications? Qu'est-ce qu'on entend par
«ramifications»? Savez-vous?
Mme
Guilbault : Dans le fond, c'est qu'on
pourrait l'abroger, mais peut-être que ça a des... bien, peut-être que ça
génère de la concordance. Tu sais, des fois, là, il y a un effet domino, là,
mais on peut le... je peux le vérifier. Tu
sais, il y a peut-être des raisons où il faut le garder aussi, là. Je veux
juste m'assurer, là, parce qu'en même temps, il ne dérange personne, ça
fait que moi, je me dis, tu sais...
M.
Grandmont : Non, c'est... bien, c'est un peu... c'est un peu le
raisonnement que je me fais aussi.
Mme
Guilbault : ...la prochaine fois.
M.
Grandmont : Bien, c'est ça.
Mme
Guilbault : Peut-être la prochaine fois.
M. Grandmont :
En espérant que ce soit le plus
tôt possible, mais... Non, c'est pour vous, hein, c'est votre projet de
loi. Ça reste là, ce n'est pas... ce n'est pas une tache, ce n'est pas... c'est
juste que c'est présent, puis on dirait que ça
ne sert à rien. C'est comme un appendice, un peu, mais... puis ça ne risque pas
d'exploser, visiblement, ça ne va pas nous
exploser au visage. Donc, on peut le laisser là, moi, ça ne me dérange pas. Si
c'est votre souhait, là, d'éventuellement l'abroger, écoutez, on pourrait
toujours le réouvrir à la fin, nettoyer ça, en vous assurant, évidemment, qu'il
n'y a pas de lien avec d'autres choses, là, parce que, si vous parlez de
ramifications, je ne sais pas si c'est un terme juridique, dans ce cas-ci, qui est utilisé, mais c'est pour
vous. Mais je n'en ferai pas un cas, je ne déchirerai pas ma chemise là-dessus,
là.
Le Président (M.
Jacques) : Merci. Est-ce qu'il y a d'autres interventions sur
l'article 49? S'il n'y a pas d'autre intervention, est-ce que l'article 49 est
adopté?
Des voix : Adopté.
Le
Président (M. Jacques) : Adopté. Je voulais aussi vous informer que
les classes de permis de conduire, le document que Mme la ministre nous a
montré tout à l'heure, est sur Greffier. Donc, article 50.
Mme
Guilbault : Merci, M. le Président.
Article 50. L'article 202.8 de ce code, modifié par l'article 52 du chapitre 19
des lois de 2018 et par l'article 31 du chapitre 13 des lois de 2022, est de
nouveau modifié par l'insertion, dans le premier alinéa et après «à l'article
202.2.0.1», de «ou à l'article 202.2.0.2».
En
commentaire : L'article 50 du projet de loi modifie l'article 202.8 du
Code de la sécurité routière pour y ajouter la référence au nouvel article 202.2.0.2, afin que le titulaire d'un
permis de conduire de la classe appropriée à la conduite d'une
motocyclette qui conduit pendant les 24 mois suivant l'ajout de la classe
à son permis de conduire dont il est déjà titulaire, en contravention avec la
nouvelle interdiction de conduire avec quelque présence d'alcool dans son
organisme, soit passible d'une amende de 300 $ à 600 $.
Le Président (M.
Jacques) : Merci. Est-ce qu'il y a des interventions sur l'article 50?
Donc, s'il n'y a pas... M. le député de Nelligan.
M. Derraji : Là, c'est... à part modifier l'article, c'est déjà
quelque chose qui existe, hein? Ce n'est pas... ce n'est pas du nouveau.
Mme Guilbault : Bien, c'est qu'on... c'est nouveau de... c'est l'article 46, où c'est
nouveau de... l'interdiction de 24 mois pour les nouveaux titulaires de
permis de moto. Donc là, on vient associer une sanction.
M. Derraji : Quand
c'est... l'alcool est en jeu.
Mme Guilbault : C'est ça, s'il y a de l'alcool pendant les 24 premiers mois durant
lesquels il est titulaire du permis.
M. Derraji : OK,
et l'amende, c'est 300 $ à 600 $.
Mme
Guilbault : Oui.
M. Derraji : Donc,
c'est applicable pour les motos, pas pour les voitures. Moi, ça... Pour les
permis en bas de 24 mois, c'est aussi la même chose?
Mme
Guilbault : Oui, c'est la même amende que
celle prévue pour un conducteur, qui est titulaire de son premier permis, qui
ne respecte pas l'interdiction de conduire avec une quelconque présence
d'alcool.
M. Derraji : Donc,
24 mois, les premiers 24 mois.
Mme Guilbault : Bien, ça, c'est pour les conducteurs titulaires de son premier permis.
Donc, dépendant si c'est apprenti ou probatoire, c'est 12 ou 24.
M. Derraji : Pour
les deux, motos et voitures, ou bien juste les motos?
Mme Guilbault : Bien, je... parce que, dans le fond, quelqu'un qui a un permis de
conduire puis que, là, il passe son permis de moto, ça s'ajoute à son
permis et là, pendant 24 mois, il n'a pas le droit de consommer de l'alcool
quand il conduit sa moto.
M. Derraji : Oui.
Non, ça, je l'ai compris. Pour la moto, il n'a pas le droit. Donc, c'est la
même chose pour la conduite d'une voiture? En bas de 24 mois, ça
s'applique? La règle, elle s'applique aussi?
Mme
Guilbault : Bien, c'est pour apprenti puis
probatoire. Là, je... Apprenti, c'est-tu avant probatoire?
M. Derraji : Oui.
Mme
Guilbault : Donc, pendant un an, apprenti,
puis... puis deux ans, probatoire.
M. Derraji : OK.
Donc...
• (17 h 30) •
Mme Guilbault : Bien, article 202.2 : «Il est interdit aux personnes suivantes
de conduire un véhicule routier ou d'en
avoir la garde ou le contrôle s'il y a quelque présence d'alcool dans leur
organisme.» Donc, ça, c'est toute la liste des personnes que c'est
interdit :
«1° le titulaire
d'un permis d'apprenti-conducteur ou d'un permis probatoire, s'il n'a jamais
été titulaire d'un permis de conduire autre
qu'un permis de conduire autorisant uniquement la conduite d'un cyclomoteur ou
autorisant uniquement la conduite d'un tracteur de ferme;
«2° la personne âgée de 22 ans ou plus
qui est titulaire d'un permis de conduire autorisant uniquement la conduite
d'un cyclomoteur ou d'un tracteur de ferme depuis moins de cinq ans;
«3° le titulaire d'un
permis restreint délivré...» En tout cas, là, il y a toutes sortes de
technicalités.
«4° la personne âgée de 21 ans au
moins qui est titulaire d'un permis de conduire.
«L'interdiction prévue s'applique également à
une personne qui, sans jamais avoir été titulaire d'un permis de conduire autre qu'un permis de conduire
autorisant uniquement la conduite d'un cyclomoteur ou autorisant uniquement
la conduite d'un tracteur de ferme, conduit un véhicule routier ou en a la
garde ou le contrôle.»
Le Président (M. Jacques) : M. le
député de Nelligan.
M.
Derraji : Oui. Là, quand on dit... ça, c'est le commentaire,
mais quand je lis le commentaire, avec «quelque présence d'alcool»...
mais c'est quoi, «quelque présence d'alcool»? Est-ce que c'est vraiment zéro?
Est-ce que c'est 0,1, 0,2, 0,04? C'est vraiment 0,00?
Mme Guilbault : ...
M. Derraji : OK, mais...
Mme Guilbault : C'est ça. C'est pour ça... dès qu'il y a une trace
d'alcool, il n'est plus à zéro.
M.
Derraji : OK. Non, je le comprends, mais dans... ça, c'est
le commentaire. Dans l'article de la loi, est-ce que c'est mentionné?
Mme
Guilbault : Là, on modifie le 202.8... Bien, en fait, je ne
suis même pas certaine de comprendre la question.
M. Derraji : 202.8, il n'y a pas ça.
Mme
Guilbault : Oui, il est ici. Ah! bien, 202.8, c'est ça, c'est
la... c'est dans le code, le 202.8, mais c'est ça, c'est l'amende, parce
que cet article-là porte sur l'amende.
M. Derraji : Hein?
Mme Guilbault : C'est que le 202.8, c'est dans le Code de la sécurité
routière, mais il prévoit l'amende, parce que l'article 50, dont on parle
en ce moment, est là pour prévoir l'amende associée. Mais l'interdiction est à
l'article 46.
M. Derraji : L'article 46.
Mme Guilbault : Qu'on a adopté tout à l'heure.
M. Derraji : Oui, donnez-moi juste
une seconde.
Mme Guilbault : Dans le fond, 50 vient juste préciser la sanction, si on
contrevient à 46.
M. Derraji : Oui, de 300 $ à
600 $.
Mme Guilbault : 300 $ à 600 $.
M.
Derraji : Mais, vous savez, vous êtes... Il y a même le
risque zéro alcool. Il y a même le risque zéro alcool pour des
catégories.
Mme Guilbault : Pour les nouveaux permis de moto, oui.
Le Président (M. Jacques) : Il y a
d'autres interventions sur l'article 50?
M. Derraji : J'aurais aimé avoir la
même ouverture ailleurs, M. le Président. Il y a déjà de l'ouverture pour du
zéro... zéro trace d'alcool pour les nouveaux permis, pour les titulaires de
nouveaux permis.
Mme Guilbault : De motocyclette.
Le
Président (M. Jacques) : Merci. Est-ce qu'il y a d'autres interventions?
Donc, est-ce que l'article 50 est adopté?
Des voix : Adopté.
Le
Président (M. Jacques) : Adopté. Article... Mme la ministre, vous avez un
amendement introduisant l'article 50.1.
Mme Guilbault : Oui.
Article 50.1. Insérer, après l'article 50 du projet de loi, le
suivant :
«50.1. L'article
209.2 de ce code, modifié par l'article 16 du chapitre 29 des lois de 2001 et
par l'article 32 du chapitre 7 des lois de 2018, est de nouveau modifié par
l'insertion, avant «328.1», de «327.1,».
Commentaire :
Cette modification vise, en concordance avec les autres cas de suspension
sur-le-champ visés à l'article 209.2 du Code de la sécurité routière, à
prévoir que le conducteur d'un véhicule routier dont le permis est suspendu en
vertu de l'article 327.1, introduit par amendement par le présent projet
de loi, est sujet à une saisie du véhicule en cas de conduite durant la période
où son permis est sanctionné.
Le Président
(M. Jacques) : Merci, Mme la ministre. Est-ce qu'il y a des
interventions? Il n'y a pas d'intervention. Est-ce que l'article...
M. Derraji :
...dans le texte.
Le Président
(M. Jacques) : Est-ce que l'amendement à l'article 50.1 est
adopté?
Des voix : Adopté.
Le Président
(M. Jacques) : Adopté. Mme la ministre, article 51.
Mme Guilbault : Merci. Article 51. L'article 226.2 de ce code, remplacé par
l'article 39 du chapitre 13 des lois de 2022, est modifié...
Une voix : ...
Mme Guilbault : Article 51.
Le Président
(M. Jacques) : Oui, 51.
Mme Guilbault : Donc, je vais recommencer. Article 51. L'article 226.2 de ce
code, remplacé par l'article 39 du chapitre 13 des lois de
2022, est modifié par l'ajout, à la fin du deuxième alinéa, de la phrase
suivante : «En outre, le conducteur d'une
dépanneuse peut, dans les mêmes conditions, emprunter la voie réservée à la
circulation de certaines catégories
de véhicules routiers ou la voie réservée à la circulation des seuls véhicules
routiers qui transportent le nombre de personnes indiqué par une
signalisation appropriée.»
En commentaire : L'article 51
du projet de loi modifie le deuxième alinéa de l'article 226.2 du Code de
la sécurité routière pour prévoir que le conducteur d'une dépanneuse peut,
lorsque les circonstances l'exigent et que le feu
vert clignotant est actionné, emprunter les voies réservées aux autobus et aux
taxis et les voies réservées au covoiturage.
Le Président
(M. Jacques) : Merci, Mme la ministre. Est-ce qu'il y a des
interventions à l'article 51? Donc, s'il n'y a...
M. Derraji :
...juste une seconde. Juste une question, une seule.
Le Président
(M. Jacques) : Vous pouvez y aller, M. le député.
M. Derraji : Bien, je veux qu'elle
m'écoute. Je ne veux pas répéter. Je ne sais pas si on a parlé des dépanneuses
dans... les conducteurs de dépanneuse ou les
dépanneuses dans les amendes. Est-ce que c'est des personnes, là... parce que
je vois qu'ils passent... feux verts clignotants, ils peuvent emprunter les
voies réservées aux autobus, taxis et les voies réservées au covoiturage. Mais,
si jamais il y a un radar, eux, ils sont exclus ou pas? Je ne sais pas si on
l'a traité aujourd'hui ou hier, j'ai comme un blanc de mémoire. Les
conducteurs de dépanneuse, est-ce qu'ils sont exclus des amendes?
Des voix : ...
M. Derraji :
C'est ça, mais ça pose un problème. Je l'ai vu hier et je me suis dit :
Peut-être que je l'ai mal lu.Ils doivent être exclus. Ils doivent être
exclus.
Le Président
(M. Jacques) : Nous allons suspendre quelques instants.
(Suspension de la séance à 17 h 38)
(Reprise à 17 h 44)
Le
Président (M. Jacques) : Nous reprenons nos travaux. Et, lors de la
suspension, nous en étions à l'article 51, et il y avait une discussion entre M. le député de Nelligan et Mme
la ministre qui nous revenait avec une réponse. Mme la ministre.
Mme Guilbault : Oui, bien, comme j'avais peut-être commencé à l'expliquer au micro,
bien, les dépanneuses, donc, déjà, ont
la possibilité d'utiliser le feu vert clignotant, qui est à l'article 226
point quelque du code... 226.2, je
pense. Et donc, là, on leur ajoute la possibilité d'utiliser, quand les
circonstances l'exigent, les voies réservées. Donc, c'est un privilège
de plus pour pouvoir accéder plus rapidement à la scène.
Le Président (M.
Jacques) : M. le député.
M. Derraji : Oui.
Merci à Mme la ministre pour les clarifications. L'enjeu que j'ai soulevé,
c'est juste en cas de dégager la voie publique, c'est très important, comme
l'arrivée des pompiers et premiers répondants, policiers, ambulanciers. Le
conducteur de dépanneuse joue aussi un rôle, et là je comprends qu'ils peuvent
emprunter les voies réservées aux autobus et aux taxis et les voies réservées
au covoiturage. La question était juste pour qu'on ne se ramasse pas à ce que
ces personnes paient des tickets en voulant libérer la voie publique. C'est
juste ça. Je ne pense pas que c'est... qu'elles méritent des tickets, M. le
Président, en allant libérer la voie publique.
Le Président (M. Jacques) : Merci,
M. le député. Est-ce qu'il y a d'autres interventions sur l'article 51? M.
le député de Taschereau.
M.
Grandmont : Oui. Bien, je voulais savoir, en fait, c'est... Est-ce
qu'il y a quelque chose qui interdit... Est-ce
qu'il y a une disposition, dans le Code de la sécurité routière, qui interdit
aux véhicules d'urgence, lorsqu'évidemment les feux sont actionnés, là,
d'emprunter un aménagement cyclable, donc, de rouler sur une piste cyclable,
sur un aménagement qui serait assez large pour permettre la circulation, pour,
justement, être capable de répondre en cas de congestion, par exemple? Parce
que là, ce qu'on dit, c'est que, dans le fond, quand il y a de la congestion, les véhicules d'urgence peuvent aller
utiliser, là, l'endroit qui est le plus rapide à utiliser, plus efficace, là, donc,
des voies réservées pour, notamment, le covoiturage, deux, trois personnes.
Bien là, évidemment, s'il y a juste un conducteur pour la dépanneuse, bien, on
n'atteint pas ce minimum-là. Même chose pour les accotements, on n'est pas supposés rouler. Mais, dans ce cas-là, on
peut. Est-ce que c'est possible, selon le Code de la sécurité routière, de le
faire?
Le Président (M.
Jacques) : Mme la ministre.
Des voix : ...
Mme Guilbault : Oui. Alors, si les feux sont actionnés, donc qu'ils répondent à une
urgence, oui, ils pourraient y aller.
M.
Grandmont : OK. Parfait. Donc, ça, c'est permis par le code, donc ce
n'est pas les municipalités qui... Des municipalités ne pourraient pas
l'interdire? Parce que moi, je vois un avantage, personnellement, à utiliser
ça, là. Effectivement, le vélo est là pour... Les aménagements cyclables sont
souvent mis en place ou même des voies réservées, en fait, pour les transports
en commun en milieu urbain. On est sur le territoire municipal, donc, ce serait
la même chose aussi pour les voies réservées aux transports en commun sur le
réseau municipal. C'est permis aussi, selon le Code de la sécurité routière?
Mme
Guilbault : Oui. Donc, non, les
municipalités ne pourraient pas l'empêcher.
M.
Grandmont : Parfait. Je vous remercie.
Le Président (M.
Jacques) : Merci. Est-ce qu'il y a d'autres interventions à
l'article 51? Donc, s'il n'y a pas d'autre intervention, est-ce que
l'article 51 est adopté?
Des voix : Adopté.
Le Président (M.
Jacques) : Adopté. Article 52.
Mme Guilbault : 52, M. le Président, avec le consentement des collègues, je le
suspendrais aussi, pour les mêmes raisons que 23 et 12, parce qu'on
aborde la question des zones scolaires... puis donc, en tout cas, la
conversation qui est en suspens là-dessus.
Le Président (M.
Jacques) : M. le député de Taschereau.
M.
Grandmont : Bien, évidemment, on va y consentir. On avait... On
voulait avoir une discussion là-dessus, évidemment, sur la notion, là, de
corridor scolaire, qu'on a discutée précédemment. Évidemment, là, il y a
plusieurs groupes qui nous avaient recommandé, effectivement, de faire une
modification du 52 pour y ajouter la notion de corridor scolaire. On a eu des
discussions ensemble, là, précédemment, encore une fois, là, à l'effet que
cette notion de corridor scolaire devrait
pouvoir être couverte par la loi... le projet de loi n° 48, pour être en
concordance aussi avec le plan d'action, là. Je pense qu'on a tous le
même objectif. Donc, j'ai hâte de voir la proposition éventuelle, là, de Mme la
ministre, puis qu'on puisse y revenir, et on aura cette discussion-là à ce moment-là.
Le
Président (M. Jacques) : M. le député de Nelligan.
M. Derraji : Oui.
Là, on est à trois articles... oui, trois articles suspendus, donc le 12, le 23
et 52. Est-ce que Mme la ministre a en tête une idée sur un début de
discussion? Parce que c'est des éléments importants. Est-ce que ça va être
demain? Est-ce que ça va être après? C'est juste pour qu'on...
Mme
Guilbault : Bien, on pense que... on pense
que demain, oui, probablement...
M. Derraji : OK.
Donc, demain, on va avoir le...
Mme
Guilbault : Possiblement.
M. Derraji : OK.
Juste pour qu'on ne dit pas qu'on retarde le projet de loi. On a bien hâte, on
veut... on veut que ça marche, le Code de la sécurité routière.
Mme
Guilbault : Non, non, non. Bien, si mon
collègue veut terminer, demain après-midi, le projet de loi, c'est sûr que ce
n'est pas nous qui allons le retarder.
M. Derraji : Moi,
Mme la ministre... Moi, Mme la ministre, ce que je veux, en tout respect, M. le
Président, parce que je m'adresse à M. le Président, je veux le meilleur code de la sécurité routière. Donc, tout ce qui
peut vous donner des outils nécessaires pour avoir le meilleur code de la
sécurité routière, je suis prêt, ça va me faire un grand plaisir.
Le Président (M.
Jacques) : Merci, M. le député. Est-ce qu'il y a consentement pour
suspendre l'article 52?
Des voix : Consentement.
Le Président (M.
Jacques) : Consentement. Article 53.
Mme Guilbault : 53. Ce code est modifié par l'insertion, après l'article 300, du
suivant : «300.1. La personne responsable
de l'entretien d'un chemin public doit enregistrer et consigner
électroniquement toute limite de vitesse affichée sur un panneau à
message lumineux, variable ou non, selon les conditions et les modalités
prévues par règlement.
«Cet enregistrement
et cette consignation électroniques doivent également comprendre toute
information requise par règlement.»
En commentaire :
L'article 300.1 du Code de la sécurité routière, proposé par l'article 53
du projet de loi, reprend l'obligation
prévue par le quatrième alinéa de l'article 329 du CSR, qui est supprimé
par l'article 56 du projet de loi.
Ainsi,
toute personne qui a la responsabilité de l'entretien d'un chemin public et qui
utilise un panneau à message lumineux
pour indiquer une limite de vitesse a l'obligation d'enregistrer cette limite
et de la consigner électroniquement.
La
disposition habilite aussi le gouvernement à définir par règlement d'autres
données que la personne responsable de l'entretien d'un chemin public
aura l'obligation d'enregistrer lorsqu'elle utilise un panneau à message
lumineux ainsi qu'à déterminer le format dans lequel ces données devront être
consignées.
• (17 h 50) •
Le Président (M.
Jacques) : Merci. Est-ce qu'il y a des interventions concernant
l'article 53? S'il n'y a pas d'intervention, est-ce que... M. le député de
Nelligan.
M. Derraji : ...rapidement,
juste expliquer le contexte. Donc là, c'est des travaux sur les chemins
publics. Juste... c'est dans quel cadre,
tout ça rentre, s'il vous plaît? Désolé, parce que c'est, à la limite, un peu
technique, mais je veux juste comprendre de quoi s'agit-il.
Le Président (M.
Jacques) : Donc, il y a consentement pour entendre M. Toupin... qui va
devoir se nommer et nommer son titre aussi.
M. Toupin
(Laurent) : Oui. Laurent Toupin, ingénieur en sécurité routière au
sein du MTMD.
Donc,
on parle ici des panneaux lumineux, variables ou non. Donc, on parle de
panneaux de limites de vitesse variables. Exemple, sur l'autoroute
Robert-Bourassa, ici, à Québec, c'est un panneau qui permet d'afficher une limite de vitesse qui peut varier en fonction de
différents facteurs, soit la congestion routière... le cas de Robert-Bourassa
à Québec, ou c'est un panneau qui est
souvent utilisé dans les zones scolaires, c'est un panneau qu'on vient
pouvoir... on va pouvoir... au moment de la journée qu'on le souhaite, on peut
le programmer ou non, venir faire varier la limite de vitesse.
M. Derraji : Oui,
ça, c'est un programme de la ville de Québec.
M. Toupin
(Laurent) : En fait...
M. Derraji : Est-ce
que vous parlez... désolé, est-ce que vous parlez de l'affichage dynamique?
J'essaie juste de vous suivre. Parce que la
ville de Québec, ils ont, sur certaines artères, choisi certains... une
certaine disposition des panneaux. Est-ce qu'on parle de ça ou on ne
parle pas de la même chose?
M. Toupin
(Laurent) : Non, on ne parle pas exactement de la même chose. Pour la
ville de Québec, la ville de Québec a implanté ces panneaux-là dans les zones
scolaires en tant que telles. Ils vont venir faire varier la limite de vitesse. Exemple, durant la période scolaire,
ils vont venir abaisser la limite de vitesse à 30 kilomètres-heure. Sur le
réseau supérieur, on en a à deux endroits...
Au niveau autoroutier, on en a à deux endroits, là, l'autoroute Robert-Bourassa
à Québec, l'autoroute 31 dans
Lanaudière. Donc, c'est un panneau... On va venir faire, nous, fluctuer la
limite de vitesse en fonction, sur Robert-Bourassa, de la circulation des voies
courantes pour réduire les différentiels de vitesse entre la voie
réservée puis la voie courante de circulation. Et, sur l'autoroute 31,
c'est un concept en fonction de la présence de
véhicules agricoles. Ça fait que... donc là, on vient faire varier la vitesse
qui va être affichée sur le panneau. C'est ça, un panneau de limite de
vitesse variable.
M.
Derraji : OK. Et
la personne responsable de l'entretien doit enregistrer et consigner
électroniquement toute limite de vitesse, mais comment?
M. Toupin (Laurent) : Bien,
actuellement, au niveau du réseau supérieur, la façon qu'on procède, c'est...
On a un registre des limites de vitesse. Donc, toute limite de vitesse qui est
affichée sur le réseau supérieur est enregistrée,
mais l'information qu'on vient enregistrer, c'est la limite de vitesse qui
devrait être affichée sur le panneau. Donc, ça, on parle de tout panneau
de limite de vitesse. Pour les panneaux variables, comme on parle ici dans l'article 300.1, on va venir... on va venir
encadrer, dans un règlement, toute autre information qu'on souhaite
enregistrer.
Donc là, je faisais référence, tout à l'heure, à
la limite de vitesse qui devrait être affichée. Donc, exemple, sur les panneaux
de tôle, en aluminium, ça, c'est supersimple, c'est la même limite de vitesse
qu'on vient enregistrer, elle qui est indiquée...
M. Derraji : Oui, c'est fixe.
M. Toupin (Laurent) : C'est fixe,
exactement. Sur les panneaux lumineux comme ça, on vient enregistrer la limite
de vitesse qui devrait être enregistrée, donc, elle qui est programmée. On va
demander, exemple, de venir enregistrer la limite de vitesse qui a été
affichée. Donc, on veut vraiment s'assurer de la fiabilité de l'appareil pour
démontrer hors de tout doute que la limite de vitesse qui était affichée au
moment d'une infraction x était bien celle qu'on pense qu'elle était.
M. Derraji : Ah! OK, pour que quelqu'un
ne conteste pas que la limite qui est affichée, c'est, genre... Je ne sais pas
c'est quoi, les limites dans les autoroutes que vous venez de mentionner.
M. Toupin (Laurent) : Sur
l'autoroute Robert-Bourassa, la limite de vitesse, de mémoire, peut varier
entre 90 et moins, tout dépendant de la circulation et le différentiel de
vitesse. Et, sur l'autoroute 31, on fait descendre ça plus bas, mais on
vient jouer sur la limite de vitesse maximale et minimale et, vraiment, des
protocoles établis.
M. Derraji : Merci beaucoup. Et le
fait d'enregistrer, ça nous empêche d'avoir quoi?
M. Toupin (Laurent) : Bien, en fait,
ça nous empêche... ça vient nous assurer, quand on va venir émettre un constat
d'infraction, le cas échéant, de la fiabilité de l'appareil. Et là on ne parle
que des autoroutes, mais on parle aussi des zones scolaires. Ça fait qu'on
vient s'assurer de la fiabilité de l'appareil au travers des éléments qu'on
veut venir définir dans un règlement, qu'il y ait toute information qui va être
nécessaire pour venir assurer la fiabilité de l'appareil et démontrer hors de
tout doute la limite de vitesse qui était affichée. Et ça va aussi nous donner l'information... exemple, il y avait un signal
d'erreur sur le panneau, parfait, il n'y a pas de constat qui serait émis dans
ce cas-là.
M. Derraji : OK. Ce qui nous ramène
aux zones scolaires et le projet de la ville de Québec. Est-ce que ça va être
appliqué, la même chose, donc enregistré? Parce que c'est de l'affichage
dynamique, ça change.
M. Toupin (Laurent) : Oui, mais
l'avantage du cas de la ville de Québec, dans la majorité des situations...
Bien, je ne suis pas expert puis je ne travaille pas non plus pour la ville de
Québec, mais les informations qu'on a au sujet des zones scolaires de la ville
de Québec, la majorité d'entre elles sont des limites de vitesse qui ont été
programmées à l'avance, exemple, 7 à 17 heures. Ça fait que ça rend
l'enregistrement un peu plus facile, mais c'est sûr et certain que, dans
l'élaboration d'un règlement, comme tout règlement, on consulte puis on
s'assure de bien faire les choses.
M. Derraji : OK, mais ça, c'est
fixe, ça va être toujours le cas? Ce n'est pas un affichage dynamique, comme
c'est le cas à la ville de Québec, au niveau des zones scolaires, où ça change
en fonction de l'horaire?
M. Toupin (Laurent) : Les zones
scolaires de la ville de Québec, là, je... comme je le mentionne, je ne suis
pas un ingénieur de la ville de Québec, mais, dans la majorité des cas,
qu'est-ce qu'on nous a informés, c'est que c'est vraiment enregistré d'avance
en fonction des jours où... Bien, une zone scolaire, c'est quand même
relativement simple à définir, la présence ou non d'écoliers.
M.
Derraji : Oui, c'est le matin ou... Oui, OK, c'est beau. Merci beaucoup,
bien gentil.
Le Président (M.
Jacques) : Merci. Est-ce qu'il y a d'autres interventions concernant
l'article 53? Donc, s'il n'y a pas d'autre intervention, est-ce que
l'article 53 est adopté?
Des voix : Adopté.
Le Président (M. Jacques) :
Adopté. Mme la ministre, vous avez un article qui... introduisant
l'article... un amendement introduisant l'article 53.1.
Mme
Guilbault : Oui. Insérer... Ah! bien,
article 53.1 : Insérer, après l'article 53 du projet de loi, le
suivant :
53.1. L'article 314.2
de ce code est modifié par le remplacement de «200 $ à 400 $» par
«300 $ à 600 $».
Commentaire :
Cet amendement vise à hausser le niveau d'amende en le faisant passer de
200 $ à 400 $ à 300 $ à 600 $ lorsqu'un conducteur de
véhicule routier n'obéit pas aux ordres et aux signaux d'un agent de la paix,
d'un brigadier scolaire ou d'un signaleur routier chargé de diriger la
circulation, notamment lors de travaux.
Le Président (M.
Jacques) : Merci. Est-ce qu'il y a des interventions concernant
l'article introduisant l'article 53.1... l'amendement? M. le député de
Nelligan.
M. Derraji : Ce
que je comprends, c'est que vous augmentez les amendes ou bien pour... Il me
semble qu'on a vu la même chose un peu plus tard, 300 $ à 600 $.
C'est juste les mêmes amendes?
Mme
Guilbault : Oui. C'est qu'on augmente les
amendes, puis ça fait suite... ça découle du Plan d'action en sécurité
routière, où j'avais souvent dit que l'esprit de ce plan-là, c'était d'envoyer
un signal de protection des clientèles
vulnérables. Puis d'ailleurs j'ai un axe sur les travailleurs sur les chantiers
routiers. Il y a les brigadiers scolaires aussi, ils font partie du
plan, donc...
Puis
on a vu des vidéos passer, là, où tu as des gens... C'était à Montréal, je
pense, la vidéo, mais peu importe, là.
Tu as quelqu'un qui arrive dans un chantier puis qui s'impatiente, et là il y a
un signaleur ou, en tout cas, une personne sur le chantier qui lui fait signe de ralentir puis de ne pas passer,
puis la personne passe malgré tout, littéralement, sur le signaleur en
question, à travers les cônes, et tout ça. Et ça, c'est un vidéo que moi, j'ai
vu. Il y a sans doute d'autres situations.
Mais on le sait aussi
avec... Tu sais, c'est sûr qu'il y a des endroits où il y a plus de cônes que
d'autres. Alors, des fois, ça peut amener de l'impatience, mais ça met en péril
la sécurité de nos gens qui travaillent sur les chantiers en question. Les brigadiers sont visés aussi, même
chose, les zones scolaires sont déjà aussi dans le plan, mais les brigadiers
scolaires font... sont aussi des personnes qui sont présentes dans les zones
scolaires.
M. Derraji : Et
vous pensez que le fait d'augmenter de... de 300 $ à 600 $, au lieu
de 200 $ à 400 $, on va atteindre
l'objectif? Il n'y a pas d'autre mesure pour, surtout, ceux qui ne respectent
pas les ordres ni les signaux d'agents de la paix ou brigadiers
scolaires? Pensez-vous que c'est assez?
Mme
Guilbault : Bien, c'est-à-dire que ça
envoie un certain signal. C'est comme... Au fil du temps, ça a été ça, tu sais, on a joué sur les amendes... bien,
joué dans le sens de... on a modulé les amendes en fonction des priorités qu'on
pouvait avoir au fil du temps, parce que, tu
sais, il y a des enjeux qui reviennent sporadiquement, qui apparaissent aussi,
éventuellement. Genre, cellulaire au volant,
ce n'était pas un problème, dans le temps qu'il n'y avait pas de cellulaire, donc
là, le...
L'impatience sur les
chantiers... puis moi, je parle avec les associations de signaleurs puis les
associations des travailleurs de chantier,
c'est pour ça que j'ai un axe là-dessus. D'ailleurs, c'est les premiers que...
Quand je venais d'être nommée ministre des Transports, je suis allée à Tout
le monde en parle, deux jours après... trois jours après, et ils
m'attendaient à Radio-Canada. Donc, c'est littéralement mon premier groupe que
j'ai rencontré, qui m'avait fait promettre de leur parler, et tout ça. Tout ça
pour dire qu'ils m'ont fait valoir un peu ce qu'ils vivent, et c'est vrai que ça
peut être très, très dangereux, là.
Ou quelqu'un qui va
très, très vite, proche d'un chantier, mettons, un chantier sur l'autoroute. Tu
sais, des fois, on installe des feux, là, avec, tu sais, comme des lumières
très longues, là, genre 90 secondes de chaque côté. Quelqu'un qui voudrait passer quand même... ou en
milieu urbain, très dense, où il y a un paquet de cônes puis de trafic là-dedans, puis quelqu'un qui déciderait qu'il est
tanné d'attendre, c'est très dangereux pour les gens qui sont présents.
M. Derraji : Merci.
Le Président (M.
Jacques) : Est-ce qu'il y a d'autres interventions à
l'article 54?
Une voix : ...
Le Président (M.
Jacques) : 53...
Une voix : ...
Le
Président (M. Jacques) : 53.1, l'amendement à 53.1? Donc, il n'y a pas
d'intervention. Est-ce que l'amendement est adopté?
Des voix : Adopté.
Le Président (M.
Jacques) : Adopté. Article 54, Mme la ministre.
• (18 heures) •
Mme
Guilbault : Article 54 : Ce code
est modifié par l'insertion, après l'article 326.1, du suivant :
«326.2. Le
conducteur de l'un des véhicules routiers suivants peut circuler sur une voie
réservée à la circulation de certaines catégories de véhicules routiers ou sur
une voie réservée à la circulation des seuls véhicules routiers qui
transportent le nombre de personnes indiqué par une signalisation
appropriée :
«1° un véhicule d'un
corps de police;
«2° un véhicule d'un
service ambulancier;
«3° un véhicule d'un
service de sécurité incendie;
«4° un véhicule
d'urgence immatriculé au nom de la Société;
«5°
un véhicule routier utilisé pour le déneigement ou pour l'entretien des chemins
lorsqu'il effectue le déneigement ou l'entretien de ces voies.»
En commentaire :
L'article 54 du projet de loi introduit l'article 326.2 au Code de la
sécurité routière pour permettre aux
conducteurs de certains véhicules d'urgence d'emprunter en tout temps les voies
réservées aux autobus et aux taxis et les voies réservées au
covoiturage.
L'article
permet également au conducteur d'un véhicule routier utilisé pour le
déneigement ou pour l'entretien des routes d'emprunter ces voies
lorsqu'il en effectue le déneigement ou l'entretien.
Le Président (M.
Jacques) : Et vous avez un amendement, Mme la ministre.
Mme
Guilbault : Alors, amendement à
l'article 54 : Remplacer, dans le paragraphe 4° de
l'article 326.2 du Code de la sécurité
routière, proposé par l'article 54 du projet de loi, «immatriculé au nom
de la Société» par «utilisé par la Société».
Commentaire :
L'amendement propose de modifier le paragraphe 4° de l'article 326.2 du
Code de la sécurité routière, proposé par
l'article 54 du projet de loi, afin de viser un véhicule d'urgence utilisé
par la SAAQ plutôt qu'un véhicule d'urgence immatriculé à son nom, parce que
les véhicules d'urgence immatriculés au nom de la société seront bientôt
immatriculés au nom du ministère des Transports et de la Mobilité durable.
Le Président (M. Jacques) : Merci.
Est-ce qu'il y a des interventions sur l'amendement à l'article 54? M. le
député de Taschereau.
M. Grandmont :
Oui, bien... Donc, on a déjà
traité d'un article ou d'un amendement qui proposait sensiblement la même chose, il me semble, par le passé, hein?
On disait qu'effectivement, donc, on avait des véhicules qui pouvaient être utilisés, mais qui n'étaient pas
nécessairement immatriculés. On faisait référence à quels genres de véhicules,
déjà, s'il vous plaît?
Mme
Guilbault : 22.
M.
Grandmont : 22. Puis c'étaient quels types de véhicules?
Mme
Guilbault : Bien là, est-ce qu'on parle de
changer «immatriculé au nom de la Société» par «utilisé par la Société»?
M.
Grandmont : Oui, exact, c'est ça, oui.
Mme
Guilbault : C'est ça, c'est à
l'article 22.
Le Président (M.
Jacques) : ...
M.
Grandmont : 602 point...
Le Président (M.
Jacques) : 5.
M.
Grandmont : 5.
Mme
Guilbault : Mais c'est l'article 22
du projet de loi.
Le Président (M.
Jacques) : L'article 22, mais introduisant l'article 602.5.
M.
Grandmont : Oui, c'est ça, effectivement. Donc, oui, c'est la même
formulation. Donc, je comprends qu'ici c'est de la concordance, mais juste nous
rappeler, en fait, quels types de véhicules peuvent être utilisés par la
société, mais ne sont pas immatriculés au nom de la SAAQ, finalement, là.
Mme
Guilbault : Non, bien là, ce qu'on dit,
c'est qu'éventuellement ils vont être immatriculés au ministère des Transports
et de la Mobilité durable.
M. Grandmont :
Ah oui! c'est ça, exactement, «seront bientôt immatriculés»...
Mme
Guilbault : Mais ils vont être utilisés
par la société.
M. Grandmont :
OK. Donc, ces véhicules-là
seraient immatriculés au nom du MTQ... bien, MTMD, mais ils vont être
utilisés par la société. Est-ce que c'est...
Mme Guilbault : Puis en plus, aussi, il y a le Contrôle routier du Québec qui ont les
véhicules de surveillance routière.
M. Grandmont :
Qui sont aussi immatriculés...
Donc, les contrôleurs routiers, eux autres, ils sont immatriculés MTMD,
eux autres?
Mme Guilbault : C'est vraiment uniquement les véhicules de Contrôle routier Québec qui
vont être immatriculés, désormais, au ministère des Transports et de la
Mobilité durable. C'est eux qu'on prévoit à cet...
M.
Grandmont : Alors qu'anciennement ils étaient immatriculés à la SAAQ,
dans le fond?
Mme
Guilbault : Oui.
M. Grandmont :
OK, parfait, puis... OK, parfait.
Donc, c'est vraiment juste ceux-là qui sont... dont on change le...
Parfait. Puis il y a... C'est quoi, la raison derrière le passage de SAAQ à
MTMD?
Mme
Guilbault : Bien, maintenant, ils vont
relever du CGER, qui relève de mon ministère.
M.
Grandmont : Le CGER?
Mme
Guilbault : Le Centre de gestion des
équipements roulants.
M.
Grandmont : Parfait, excellent. Je pense toujours à «fougère» quand
j'entends ce nom.
Le Président (M.
Jacques) : Merci. Est-ce qu'il y a...
M.
Grandmont : Je comprends. C'est bon. Merci.
Le Président (M.
Jacques) : ...d'autres... M. le député de Nelligan.
M. Derraji : Oui. Je veux juste faire le lien avec le 51 de tout à l'heure. Tout à
l'heure, on parlait de conducteur d'une
dépanneuse. On lui donne le droit d'emprunter les voies réservées, et là on
énumère cinq... sans mention du conducteur
de dépanneuse. Il n'y a aucun impact, il n'y a pas de lien, ou bien est-ce que
c'est parce que ça a été annoncé au 51, et on vient, en 54, énumérer
cinq...
Mme Guilbault : Non, mais c'est que la possibilité, pour les dépanneuses, dans... quand
les circonstances l'exigent, de circuler dans des voies, sont... est
déjà prévue à 51.
M. Derraji : Oui, oui, non, c'est clair, c'est ce que j'ai compris,
mais pourquoi, maintenant, on vient énumérer cinq, mais il n'y a pas le
conducteur d'une dépanneuse? Est-ce que... parce que ça a été fait au 51?
Mme
Guilbault : Oui, oui, c'est ça, c'est déjà
prévu au 51. On n'a pas besoin de le renommer.
M. Derraji : Je ne suis pas légiste, mais, si c'est moi, je
vais mettre tout le monde dans le même article pour la facilité, mais
c'est juste... ça porte à confusion, ça porte...
Mme
Guilbault : Ah oui! l'emplacement...
Une voix : ...
Mme
Guilbault : ...oui, parce que ce n'est
pas... pour la dépanneuse, c'est plus spécifique, parce que ce n'est pas en
tout le temps. C'est quand les circonstances l'exigent et que le feu vert
clignotant est actionné, tandis que les véhicules à 54, c'est en tout temps.
M.
Derraji : Ah! les autres, c'est en tout temps, l'autre,
c'est vraiment à un moment spécifique, oui. Merci, clair.
Le
Président (M. Jacques) : Merci. Est-ce qu'il y a d'autres interventions à
l'amendement à l'article 54? Donc, s'il n'y a pas d'intervention, est-ce
que l'amendement à l'article 54 est adopté?
Des voix : Adopté.
Le
Président (M. Jacques) :
Merci. Adopté. Est-ce qu'il y a des interventions sur l'article 54 amendé? M.
le député de Taschereau.
M.
Grandmont : Oui. Non, c'est vrai, moi aussi, j'étais un peu
confondu, là, comme mon collègue, en fait, là, d'abord parce que c'est deux...
c'est deux numéros d'articles qui se ressemblent, mais pas tant, 326.2 puis
226.2. Donc, j'ai confondu au départ,
mais donc, dans le 226.2, je comprends qu'on était plus spécifiques parce qu'on
voulait parler des dépanneuses, dans le fond, principalement. Et donc, dans le
326.2, dans le fond, ce qui arrive, c'est qu'on va dorénavant permettre
à ces différents types de véhicules, donc véhicules de corps de police,
services ambulanciers, incendie puis véhicules d'urgence immatriculés au nom de
la société puis, donc, les véhicules routiers utilisés pour le déneigement...
ils vont pouvoir circuler sur une voie réservée à la circulation même s'ils
n'ont pas la quantité de personnes requises pour circuler dans ces voies-là.
C'est ce qu'on vient autoriser avec ça?
Mme Guilbault : Oui.
M. Grandmont : OK. Donc, il n'y a
pas la dépanneuse. Évidemment, un véhicule routier utilisé pour le
déneigement... on comprend que c'est nécessaire de faire circuler des
déneigeuses pour déneiger la voie réservée. Ce semble être la base, quand même. Et donc tous les autres vont pouvoir
circuler en tout temps sur les voies réservées, urgence, pas urgence,
c'est ça?
Mme Guilbault : Oui.
M. Grandmont : Parfait. C'est
correct, c'est clair. Merci.
Le Président (M. Jacques) : Merci.
Est-ce qu'il y a d'autres interventions sur l'article 54 amendé? Donc, s'il n'y
a pas d'autre intervention, est-ce que l'article 54 amendé est adopté?
Des voix : Adopté.
Le Président (M. Jacques) : Adopté.
Nous allons suspendre quelques instants.
(Suspension de la séance à 18 h 08)
(Reprise à 18 h 09)
Le Président
(M. Jacques) : Nous reprenons nos travaux. Mme la ministre, vous
avez un amendement introduisant l'article 54.1.
Mme Guilbault : Là, 54, il a été adopté?
Le Président (M. Jacques) : 54.1.
Mme Guilbault : Il est adopté, 54?
Le Président (M. Jacques) : Oui.
Mme Guilbault : OK. Alors, 54.1 : Insérer, après l'article 54 du
projet de loi, le suivant :
54.1. Ce code est modifié par l'insertion, après
l'article 327, des suivants :
«327.1. Un agent de la paix suspend
sur-le-champ, au nom de la Société et pour une période de sept jours, le permis
visé à l'article 61 d'un conducteur de véhicule routier qui contrevient à
l'article 327.
«Dans le cas
d'un conducteur qui, au cours des 10 années précédant la suspension, a fait
l'objet d'au moins une déclaration de culpabilité liée à une infraction
à l'article 327, la durée de la suspension est portée à 30 jours.
«Lorsque le conducteur
n'est pas titulaire d'un permis ou est titulaire d'un permis délivré par une
autre autorité administrative, les premier
et deuxième alinéas s'appliquent, avec les adaptations nécessaires, à son droit
d'obtenir un permis visé à l'article 61.
«327.2. Le conducteur d'un véhicule routier dont
le permis ou le droit d'en obtenir un est suspendu pour une période de 30 jours conformément à l'article 327.1
peut obtenir la levée de cette suspension d'un juge de la Cour du Québec
exerçant en chambre de pratique en matière
civile après avoir établi qu'il ne conduisait pas le véhicule en contravention
à l'article 327.
«327.3. Les articles 202.6.1, 202.6.7 et 202.7,
le deuxième alinéa de l'article 209.11 et l'article 209.12 s'appliquent dans le
cas d'une suspension de permis visée à l'article 327.1, avec les adaptations
nécessaires.»
• (18 h 10) •
En commentaire : Le nouvel article 327.1
introduit une suspension immédiate du permis du conducteur d'un véhicule
routier en cas de vitesse ou action susceptible de mettre en péril la vie ou la
sécurité des personnes ou la propriété. La période de suspension varie selon
qu'il s'agisse d'un premier événement ou d'une récidive.
Le nouvel article 327.2 vise à donner la
possibilité au conducteur de demander la levée de la suspension d'une durée de
30 jours auprès d'un juge de la Cour du Québec siégeant en matière civile.
Quant au nouvel article 327.3, il prévoit les
formalités à suivre par l'agent de la paix lorsqu'il procède à une suspension
de permis ainsi que celles à respecter en cas de demande de mainlevée de la
suspension de permis et réfère aux
dispositions applicables à cet égard, avec les adaptations nécessaires. Il
s'agit d'une reprise de la procédure déjà prévue au Code de la sécurité
routière.
Le
Président (M. Jacques) : Merci, Mme la ministre. Est-ce qu'il y a des
interventions sur 54.1, sur l'amendement introduisant l'article 54.1? M.
le député de Nelligan.
M. Derraji : Comme c'est un long
amendement, on va prendre le temps de le lire, si ça ne vous dérange pas, à
moins... Si Mme la ministre veut expliquer le tout brièvement, là, ça va nous
aider à...
Mme Guilbault : Oui, en fait, c'est de... c'est d'ajouter une suspension de
permis pour les... l'article 327, c'est ça,
qui est : «Toute vitesse ou toute action susceptible de mettre en péril la
vie ou la sécurité des personnes ou la propriété
est prohibée. En outre des chemins publics, le présent article s'applique sur
les chemins soumis à l'administration du ministère des Ressources
naturelles», etc. Mais donc, c'est ça, alors, puis en cas...
M. Derraji : ...régler quel problème?
C'est quoi, l'enjeu de l'ajout?
Mme Guilbault : Bien, ça ajoute une conséquence à quelqu'un qui contrevient
puis qui met en péril la vie ou la sécurité des personnes ou la propriété... en
tout cas, surtout la vie ou la sécurité des personnes, puis ça va dans le même sens de dire : On sévit contre les
comportements routiers dangereux. Puis oui, bien, l'exemple que je donnais
tout à l'heure, le signaleur sur le vidéo,
fort... bien là, en tout cas, je ne suis pas en mesure nécessairement d'apprécier
si ce serait considéré... mais ça pourrait être considéré, on peut le penser,
une contravention à l'article 327.
C'est une
demande qui avait été faite par le... si c'est contrôleurs routiers, bien, je
pense, ça va être... Mme Amireault, là,
signaleurs... Piétons Québec, l'AGCRQ... en tout cas, l'association des grands
constructeurs, puis Contrôle routier Québec...
Une voix : ...
Mme Guilbault :
Ah non! C'est l'AQEI, excusez, l'association des entrepreneurs, et non
l'association des grands constructeurs.
Le Président (M. Jacques) : M. le
député de Taschereau.
M. Grandmont : ...compte tenu de
l'heure, je vais reprendre votre formule, moi, c'est sûr que... Je vais tout de suite le dire à Mme la ministre, là, nous
aussi, on voulait intervenir sur 327 pour répondre aux demandes, effectivement,
des contrôleurs routiers, de Piétons Québec,
sur la question de la notion de... du principe de prudence. On sait que c'est des dispositions qui existent dans d'autres codes
de sécurité routière, notamment en Ontario, qui sert souvent d'exemple...
en tout cas, qui a souvent servi d'exemple. Puis, dans ma rencontre que j'avais
eue, moi aussi, avec les contrôleurs routiers, c'était un des enjeux puis un
des exemples qu'ils nous avaient donnés aussi comme une bonne pratique.
J'ai de la misère à évaluer, à cette heure-ci de
la... en fait, de l'atteinte des objectifs que nous poursuivions à travers notre
amendement. Donc, si Mme la ministre n'y voit pas d'inconvénient, de toute
façon, je ne pense pas qu'on va régler, d'ici les minutes qui restent... mais,
dans le fond, on pourrait suspendre... ajourner, en fait. On remet ça à demain. On prend le temps d'étudier notre
affaire comme il faut puis on verra, au regard des discussions qu'on aura,
si nous, ça vaut la peine de déposer un
amendement aussi par la suite. Si jamais ça répond effectivement à nos
préoccupations aussi, là, puis aux préoccupations que nous avions
senties, aux contrôleurs routiers ou bien chez Piétons Québec, bien, on
pourrait éventuellement même retirer notre amendement, là.
Mme
Guilbault : Bien, moi, je suis d'accord pour suspendre, tout à
fait, puis on pourra en reparler demain. Par contre, j'utiliserais les
15 dernières minutes pour continuer.
Le Président (M.
Jacques) : ...on ajourne à 18 h 30, là, la commission.
M. Grandmont : Ah! c'est 30? Je
pensais que c'était 15.
Le Président (M. Jacques) : La fin des
travaux est 18 h 30.
M. Grandmont : Ah! mon erreur, mon
erreur, mon erreur.
Le Président (M. Jacques) : Donc, on
a 15 minutes. Soit qu'on peut suspendre cet article-là, continuer sur les
autres, ou...
Mme
Guilbault : Bien là, il faudrait suspendre l'amendement et/ou
suspendre l'article, je ne sais trop, mais moi, je serais prête à passer
à 55, dans le fond.
M. Grandmont : Et y revenir.
Le Président (M. Jacques) : Bien, ce
serait suspendre l'amendement à 54.1, là.
M. Grandmont : Excusez-moi, M. le
Président, mais on est sûrs qu'on finit à et demie, parce que j'avais et quart,
là, dans mon agenda, mais c'est bien possible.
Le Président (M. Jacques) : Bien,
nous, l'avis de convocation est jusqu'à 18 h 30.
M.
Grandmont : C'est correct. Il y a eu une erreur de notre côté,
il n'y a pas de problème, mais, si c'est possible de suspendre de...
puis reprendre ça demain...
Mme Guilbault : On continue, bien oui, puis on passe à 55. Moi, je suis tout
à fait à l'aise.
M.
Grandmont : On peut le traiter assez rapidement. Je m'engage à
ce qu'on puisse le traiter rapidement pour que ce soit frais en mémoire,
mais juste avoir le temps d'étudier, là, pour...
Le Président (M. Jacques) : Parfait.
Donc, on suspend l'amendement à l'article 54.1. On passe à 55.
M. Grandmont : Parfait. Merci.
Le Président (M. Jacques) : Mme la
ministre.
Mme
Guilbault : Merci. Article 55 : L'article 328
de ce code est modifié par l'insertion, après le paragraphe 4° du
premier alinéa, du paragraphe suivant :
«4.1° excédant 30 km/h dans une zone
scolaire;».
En commentaire : l'article 55 du
projet de loi modifie l'article 328 du Code de la sécurité routière afin
de fixer à 30 kilomètres-heure la vitesse... la limite de vitesse
applicable par défaut dans une zone scolaire, sous réserve d'une signalisation
contraire. Alors, ça, c'est la mesure n° 1, 1.1, du
Plan d'action en sécurité routière.
Le Président (M. Jacques) : Merci. Est-ce
qu'il y a des interventions concernant l'article 55? M. le député de
Taschereau.
M. Grandmont : On peut me donner une
petite minute?
Le Président (M. Jacques) : Nous
allons suspendre quelques instants.
(Suspension de la séance à 18 h 17)
(Reprise à 18 h 23)
Le
Président (M. Jacques) : Nous reprenons nos travaux et, lors de la
suspension, nous étions avec M. le député de Taschereau. M. le député de
Taschereau, je crois que vous avez pris une décision durant la suspension.
M. Grandmont : Oui.
Donc, je vous ai envoyé... puis je veux être sûr qu'on a bien la
version 2. Oui, c'est ça,
parfait. On a fait une correction. On vous a renvoyé une deuxième version, là,
du... de la modification qu'on veut proposer, là, de l'amendement qu'on
veut apporter à l'article 55 qui vient modifier le 328 du Code de la
sécurité routière.
Donc, je vous
le lis d'abord. Remplacer l'article 55 du projet de loi par le suivant...
Bien, en fait, la formulation pourrait être meilleure, mais, en tout
cas... Donc, l'article 328 de ce code est modifié par :
1° le remplacement, au
paragraphe 4° du premier alinéa, après «excédant», de «50» par «30»;
2° l'insertion, après le paragraphe 4° du
premier alinéa, du paragraphe suivant :
3° le paragraphe... le remplacement, au deuxième
alinéa, de «après vitesse»... pardon, après «de vitesse», de «50» par «30».
Donc, vous
avez, là, pour compréhension, là, la modification que ça donnerait, le texte
qui serait... qui en résulterait. En gros, là, tout ça vient d'une
proposition qui avait été faite, là, par plusieurs groupes, notamment Piétons
Québec, Vivre en ville, de la vitesse qui
devrait être la vitesse de référence, en fait, dans les... dans les milieux
dans lesquels on a, finalement, des habitations, différents lieux de
destination.
L'objectif était de s'assurer que les
municipalités prennent le réflexe de construire des rues qui ont une... qui ont
pour objectif de réduire la vitesse pratiquée. Vous le savez aussi bien que
moi, là, simplement baisser la vitesse sur un panneau de signalisation ne peut
pas faire... ne peut pas remplacer... ne peut pas faire baisser la vitesse
pratiquée sur les routes. C'est vraiment les aménagements qui font foi de tout.
Et on aurait, grâce à cette... cette disposition-là, là, bref, grâce à cet
amendement-là, la possibilité de construire les villes de façon plus adéquate
pour baisser la vitesse.
Donc, je me souviens qu'il y a effectivement,
là... Notamment, Piétons Québec disait, là, qu'une vitesse de base de 30 kilomètres-heure plutôt que
50... Il faut le rappeler, actuellement, la vitesse de base, s'il n'y a pas de
panneau de signalisation, dans les villes, bien, c'est 50 kilomètres-heure
qui doit être pratiqué. Ça peut influencer... Donc, une vitesse de base de 30 kilomètres-heure influencerait la conception des routes en
milieu urbanisé. Ça permettrait l'aménagement de voies plus étroites en
diminuant l'obligation de recourir à des mesures d'apaisement aménagées a
posteriori pour corriger un enjeu de conception.
Le problème,
actuellement, c'est que les routes sont construites pour des vitesses
pratiquées à 50 kilomètres-heure. Puis Mme la ministre se souviendra
de la discussion qu'on avait eue avec le professeur de l'INRS sur les vitesses pratiquées, hein? Il y a la vitesse signalée puis
il y a la vitesse pratiquée. On avait évoqué, là, le principe du 85e
percentile, qui est une notion qu'on ne sait pas trop d'où elle vient,
mais ce qui fait que les rues sont aménagées en fonction de cette vitesse pratiquée là et elles sont trop
larges. Puis on sait, par ailleurs, aussi, là, je pense que Mme la ministre a
bien consulté les mémoires, a bien entendu les groupes, que les chances
de survie en cas de collision sont beaucoup plus grandes si on est à 30 kilomètres-heure qu'à 50 kilomètres-heure
parce que la force de l'impact va être... donc, l'énergie transmise va
être moins importante.
Donc, si on
arrêtait de concevoir des rues en fonction d'un référentiel de vitesse de base
à 50 kilomètres-heure puis
qu'on le ramenait plutôt à 30 kilomètres-heure, bien, nos ingénieurs qui construisent des
routes... puis évidemment ça a une influence sur le tome I du ministère
des Transports, qui devrait aussi, à mon sens, et selon les groupes qu'on avait auditionnés, devrait bâtir des... devrait
proposer la conception de rues qui soient basées sur 30 kilomètres-heure,
bien, on aurait des rues où la vitesse pratiquée serait plus basse.
C'est un enjeu important. C'est un enjeu très
important. Ce qu'on dit, en fait, là, donc, effectivement, là, que «cette
modification pourrait grandement influencer les travaux du ministère des
Transports et de la Mobilité durable qui auront cours pour la réalisation du Guide
de conception des aménagements routiers en milieu municipal, prévu pour
2027, afin que celui-ci guide les gestionnaires municipaux selon les meilleures
pratiques actuelles». Parce que, je le
rappelle, le guide de conception des rues sur lequel Mme la ministre fait
travailler ses équipes, là, le tome I, c'est le guide de référence pour
toutes les municipalités du Québec. Elles peuvent aller plus loin, évidemment,
mais c'est le minimum requis.
Alors, si le guide dit que des... la vitesse de
référence pour concevoir des rues locales en milieu urbanisé, c'est 50 kilomètres-heure, bien,
partout au Québec, on va faire des rues structurées de manière à accueillir une
vitesse de circulation à 50 kilomètres-heure.
Si on la baisse à 30, l'objectif sera poursuivi d'atteindre une conception de
rue... et c'est ce qui va se faire dorénavant partout au Québec, des
rues sur lesquelles on pratiquera du 30 kilomètres-heure parce que les
aménagements vont inciter à faire du 30 kilomètres-heure.
Je poursuis, là, sur l'argumentaire. «Alors que
le gouvernement du Québec s'est engagé à y mettre en oeuvre l'approche Vision
Zéro dans son récent Plan d'action en sécurité routière, il nous apparaît
cohérent de suivre une approche systémique et d'agir sur l'ensemble du
territoire par ce changement législatif porteur.»
Par ailleurs, Piétons Québec disait : «Ce
changement permettrait d'appuyer les municipalités du Québec, comme Trois-Rivières ou Québec, qui, au cours des
dernières années, ont suivi cette tendance-là, internationale, et adopté
des règlements instaurant une limite de
vitesse à 30 kilomètres-heure sur l'ensemble de leur réseau routier en
ajoutant des panneaux de limite de vitesse supérieure sur certaines
routes [qui font...] faisant de cette dernière l'exception plutôt que la
norme.»
Effectivement, quand une municipalité veut
autoriser une vitesse à 50 plutôt qu'à 30, il n'y a aucun problème. Elle peut faire la démarche d'installer une
vitesse plus élevée que 30 kilomètres-heure tout en ayant une référence à un
niveau routier à 30 kilomètres-heure comme base, mais, à 50 kilomètres-heure,
quand ça va être mis en place, bien là, le concepteur routier, c'est-à-dire les
municipalités, puis ça peut s'appliquer évidemment au MTQ aussi sur les routes qui lui appartiennent... mais vont
s'assurer d'avoir, là où on a des intersections où des risques de collisions
entre des piétons et des automobilistes peuvent survenir, des
aménagements pour s'assurer que la vitesse soit réduite à ces points précis là ou, en tout cas, mettre en place
des aménagements ou une signalisation, des feux, par exemple, des feux piétons,
qui vont permettre d'éviter d'avoir cette collision-là.
Mais donc ce sera la... ça deviendra l'exception
plutôt que la règle. Dans les milieux urbanisés, on aurait des rues conçues pour rouler à 30, ce qui est une
vitesse tout à fait normale et correcte pour rouler en ville. On n'a pas besoin
de faire de la vitesse. Puis, de l'autre côté, bien, quand on veut sortir de
cette... quand on veut créer une exception pour sortir du
30, bien là, on a une obligation de prévoir le risque et de mettre en place des
aménagements ou des signalisations qui vont éviter les dangers.
Donc, comme je le disais tantôt, il a été
recommandé par Piétons Québec, Vélo... puis Vivre en ville aussi, là, de
modifier le paragraphe 4° de l'article 328 du Code de la sécurité routière et
de prescrire à 30 kilomètres-heure la vitesse
maximale en agglomération. Donc, on se retrouve finalement à avoir un régime où
la norme de 50 devient tout simplement 30 kilomètres-heure, M. le
Président. C'est un peu ça, le principe.
Le Président (M. Jacques) : Merci,
M. le député.
Donc, compte
tenu de l'heure, nous... je vous remercie, et nous suspendons nos travaux au
mardi 16 avril, à 10 h 30, où la commission
entreprendra un nouveau mandat.
(Fin de la séance à 18 h 30)