Journal des débats de la Commission des transports et de l'environnement
Version préliminaire
43e législature, 1re session
(29 novembre 2022 au 10 septembre 2025)
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Le
mercredi 11 septembre 2024
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Vol. 47 N° 55
Consultations particulières et auditions publiques sur le projet de loi n° 61, Loi édictant la Loi sur Mobilité Infra Québec et modifiant certaines dispositions relatives au transport collectif
Aller directement au contenu du Journal des débats
Intervenants par tranches d'heure
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St-Louis, François
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Guilbault, Geneviève
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Derraji, Monsef
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Derraji, Monsef
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St-Louis, François
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Grandmont, Etienne
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Arseneau, Joël
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Guilbault, Geneviève
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St-Louis, François
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Derraji, Monsef
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Zanetti, Sol
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Arseneau, Joël
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Schmaltz, Valérie
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Guilbault, Geneviève
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Guilbault, Geneviève
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Schmaltz, Valérie
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Derraji, Monsef
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Grandmont, Etienne
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Arseneau, Joël
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Schmaltz, Valérie
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Guilbault, Geneviève
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Derraji, Monsef
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Derraji, Monsef
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Schmaltz, Valérie
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Grandmont, Etienne
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Arseneau, Joël
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Guilbault, Geneviève
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Guilbault, Geneviève
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Schmaltz, Valérie
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Derraji, Monsef
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Arseneau, Joël
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Schmaltz, Valérie
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Guilbault, Geneviève
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Lemay, Mathieu
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Derraji, Monsef
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Derraji, Monsef
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Schmaltz, Valérie
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Arseneau, Joël
11 h 30 (version révisée)
(Onze heures trente-cinq minutes)
Président (M. St-Louis) : Alors,
bonjour à tous. Ayant constaté le quorum, je déclare la séance de la Commission
des transports et de l'environnement ouverte.
La commission est réunie afin de
poursuivre les consultations particulières et auditions publiques sur le projet
de loi n° 61, Loi édictant la Loi sur Mobilité Infra Québec et modifiant
certaines dispositions relatives au transport collectif.
Mme la secrétaire, y a-t-il des
remplacements?
La Secrétaire : Oui, M. le
Président. M. Bernard (Rouyn-Noranda—Témiscamingue) est remplacé par Mme
Schmaltz (Vimont) et M. St-Pierre Plamondon
(Camille-Laurin) est remplacé par M. Arseneau (Îles-de-la-Madeleine).
Le Président (M. St-Louis) : Merci.
Alors, nous entendrons ce matin les témoins suivants, soit : le Syndicat
de professionnelles et professionnels du gouvernement du Québec ainsi que la ville
de Québec.
Alors, j'aimerais souhaiter la bienvenue
au <i>syndicat des professionnels du gouvernement du Québec. Vous
disposez de 10 minutes pour votre exposé. Donc, je vous demanderais, avant
toute chose, de vous présenter, noms et fonctions, au bénéfice des membres de
la commission ainsi de... et au bénéfice des gens qui nous regardent. Donc, la
parole est à vous pour 10 minutes. Merci.
M. Bouvrette (Guillaume) : M.
le Président, je suis, pour commencer, Guillaume Bouvrette, président du
Syndicat de professionnelles et professionnels du gouvernement du Québec. Je
suis accompagné aujourd'hui de M. Jean-François Landry, conseiller politique,
et de M. Marc Dean, conseiller à la recherche au SPGQ. Je commence en vous
disant qu'on aurait préféré être avec vous en personne. Je souligne qu'un
célèbre virus existe encore dans la province de Québec et circule. Alors, on a
choisi de comparaître en visioconférence.
Alors, Mmes et MM. les députés et députées,
membres de la Commission des transports et de l'environnement, Mme la ministre
Guilbault, mesdames et messieurs, membres du SPGQ, affectés à la bonne marche
de cette commission et des travaux parlementaires en général, je vous dis
bonjour.
Le SPGQ est, comme vous le savez, le plus
grand syndicat de personnel professionnel du Québec. Il représente aujourd'hui
plus de 35 000 spécialistes travaillant au sein des ministères et
organismes de l'État québécois. Je tiens à remercer... remercier, dis-je,
chacun et chacune d'entre vous pour votre présence à cette allocution qui porte,
d'abord et avant tout, sur un aspect central du projet de loi, soit la
nécessité même de créer Mobilité Infra Québec.
Ce projet de loi crée une entité qui est
chargée, comme vous le savez, de l'analyse, de la planification et de la
réalisation de projets complexes de transport et qui sera également responsable
de l'acquisition bien nécessaire à ces missions, y compris par expropriation.
Elle aura aussi la responsabilité de la gestion de projets de transport en
collaboration avec divers organismes publics.
Alors, d'abord, afin de contextualiser nos
préoccupations, je nous permets un bref retour en arrière, et «bref», ce n'est
peut-être pas le bon mot puisque je vais nous ramener à l'adoption la Loi sur
la fonction publique en 1965. À ce moment-là, le gouvernement du Québec s'est
doté d'un cadre qui visait notamment l'efficience de <l'administration,
mais aussi la fin...
M. Bouvrette (Guillaume) :
...d'un
cadre qui visait notamment l'efficience de >l'administration, mais aussi
la fin du patronage avec l'égalité d'accès de tous les citoyens et citoyennes à
la fonction publique, et ce, peu importe leur allégeance politique.
Avec le temps, plusieurs pans de cette
fonction publique en ont été sortis pour créer diverses agences et autres
organismes gouvernementaux, et cette tendance, elle semble s'accélérer depuis
plusieurs années, nous l'avons tous constaté. Il ne s'agit pas ici de simples
changements cosmétiques. Dans les faits, en créant des entités externes à la
fonction publique, le message envoie, selon nous... je reprends, le gouvernement
envoie, selon nous, le message que l'administration publique gouvernementale
est inefficace. On pense qu'on devrait plutôt s'engager dans une démarche de
simplification des processus décisionnels afin de gagner en efficacité. L'agilité,
l'imputabilité et l'efficacité mises de l'avant dans la création des agences
sont pourtant des objectifs tout à fait atteignables dans le cadre de la
fonction publique québécoise.
Le gouvernement considère aujourd'hui que
le ministère n'a pas l'expertise nécessaire. Alors, plutôt que de se doter de
cette expertise-là, on crée une nouvelle structure par ce projet de loi. Est-ce
qu'on s'est posé la question à savoir pourquoi? Est-ce que l'expertise serait
manquante? Quelles en sont les raisons profondes? Est-ce que les décisions ou
les orientations gouvernementales sont en cause? Est-ce que les conditions de
travail empêchent d'attirer l'expertise nécessaire, et surtout de la retenir?
• (11 h 40) •
Le SPGQ s'inquiète fortement de la
tendance du gouvernement à créer des entités externes à la fonction publique
échappant ainsi aux contrôles démocratiques et aux normes sévères de la Loi sur
la fonction publique, alors que des améliorations internes pourraient être
envisagées. La création de nouvelles entités comme Mobilité Infra Québec risque
d'exacerber encore une fois les disparités salariales et les conditions de
travail inéquitables entre les employés de la fonction publique et ceux des
agences et sociétés d'État. Le principe de base, à travail égal, salaire égal,
doit être respecté pour éviter les sentiments d'injustice et de démotivation
parmi le personnel, qui amènent inévitablement des taux de roulement
importants.
D'abord, nous croyons qu'une
modernisation, une refonte complète de la classification des emplois dans la
fonction publique québécoise, est nécessaire pour mieux valoriser les
compétences et l'expérience des employés et pour rendre l'État québécois plus
compétitif sur le marché du travail. Le système actuel de classification des
emplois de la fonction publique est désuet, ne rend pas compte des nombreuses
expertises détenues par nos membres. Si je le vulgarise, 75 % des
professionnels de la fonction publique appartiennent à seulement trois classes
d'emploi différentes, alors que leurs tâches varient grandement d'un à l'autre.
C'est une refonte en profondeur qui doit être faite dans les prochaines années.
Nous y contribuerons si c'est la volonté du gouvernement.
Ce que nous soumettons au gouvernement
aujourd'hui, c'est que les objectifs qui sont recherchés par ce projet de loi
seraient bien mieux servis au sein même du ministère des Transports et de la
Mobilité durable. Alors, si vous avez une chose à retenir, c'est celle-là, mais,
si, toutefois, le gouvernement allait de l'avant, nous avons également des commentaires
et des recommandations sur le projet de loi et la création de Mobilité Infra
Québec éventuelle.
On rappelle une chose que le projet de loi
prévoit, c'est la création unilatérale d'unités de négociation par le
gouvernement, ce qui complexifie, selon nous, les relations de travail et la
négociation collective. On estime qu'il s'agit d'un manque de cohérence
gouvernemental, alors que, d'un côté, chez Santé Québec, comptant des centaines
de milliers d'employés, on voit le nombre d'unités de négociation ramené à six,
et que, dans ce cas-ci, le gouvernement impose le même nombre d'unités de
négociation, donc, soit six, pour environ une centaine d'employés, à Mobilité
Infra, selon les estimations qui ont circulé.
Alors, on perçoit que le gouvernement
semble vouloir créer des régimes de représentation syndicale à la carte dans le
but de pallier à ses difficultés d'attraction et de rétention du personnel dans
certaines catégories d'emplois. Les solutions pour se doter et conserver des
expertises pointues à l'interne existent pourtant, comme on vient de le
présenter, et ce n'est pas en choisissant des régimes de négociation à la carte
qu'on va y arriver. Ça empiète, disons-le, sur la liberté d'association, qui
est un droit prévu par la charte.
Par ailleurs, si le gouvernement souhaite
aller de l'avant avec la création de Mobilité Infra Québec, on soumet... pour
assurer une gouvernance intègre, ça doit être une priorité. On souligne cette
année les 10 ans de la commission Charbonneau, qui a marqué les esprits,
évidemment, dans le domaine de la construction, et pourtant l'article 13 du
projet de loi prévoit la nomination possible de personnes ayant été condamnées
pour des infractions graves... la nomination de ceux-ci à des postes de
direction après 10 ans, ce qui pose des questions sur l'intégrité des
nominations. On pense qu'un encadrement un peu plus serré, comme par exemple ce
qu'on retrouve comme modalité pour nommer des administrateurs à l'Agence du
revenu du Québec, serait souhaitable et plus strict.
Le SPGQ s'inquiète aussi de l'article 26,
qui permet au gouvernement de déterminer la propriété des infrastructures, ce
qui pourrait mener à une possible privatisation des <infrastructures
publiques...
M. Bouvrette (Guillaume) :
...des
infrastructures, ce qui pourrait mener à une possible privatisation des >infrastructures
publiques. Si ce n'est pas l'objectif recherché, on pense qu'il y a lieu de le
baliser clairement à l'intérieur du projet de loi.
Finalement, nous aimerions savoir quelles
sont les balises qui permettront au président-directeur général d'autoriser les
employés de Mobilité Infra Québec à travailler ailleurs, évidemment dans le but
d'éviter des conflits d'intérêts potentiels.
Nous souhaitons aussi rappeler aux
parlementaires les constatations du Vérificateur général du Québec et de l'Autorité
des marchés publics sur l'importance de renforcer l'expertise dans les domaines
clés de la gestion contractuelle. On le cite dans notre mémoire. Pour ce faire,
on doit veiller à ce que les intervenants soient en nombre suffisant,
compétents et adéquatement formés.
Soulignons aussi qu'en mai dernier, lors
des auditions sur le projet de loi n° 62, l'Autorité des marchés publics a
conclu sa déclaration en commission parlementaire en disant que, peu importent
les modifications qui seront apportées au cadre normatif, tant et aussi
longtemps que les donneurs d'ouvrage ne consacreront pas le temps nécessaire à
la planification des projets d'infrastructure, à la définition des besoins, à
la qualité des devis, bien, l'explosion des coûts et des délais de réalisation
des projets d'infrastructure vont continuer de survenir. C'est inévitable et c'est
une chose qu'on doit retenir. Maintenant, est-ce que la création de Mobilité
Infra Québec va changer la donne? Le Vérificateur général et l'Autorité des
marchés publics devront veiller au grain.
On vous soumet, dans notre mémoire, sept
recommandations, la première sur la simplification des processus décisionnels.
On l'a dit, mais je le réitère, qu'on doit s'engager dans une démarche de
simplification de ceux-ci pour gagner en efficacité, et de créer de nouvelles
structures à l'extérieur de la fonction publique, ce n'est pas la bonne
solution. On pense qu'il y a tout ce qu'il faut pour créer une unité
administrative à l'interne au ministère des Transports et de la Mobilité
durable avec la même mission effectuée lorsque le gouvernement lui en confie la
responsabilité, l'analyse d'opportunité, la planification, la réalisation de
projets complexes de transport.
On insiste que, pour ce faire, une
modernisation profonde de la classification des emplois dans la fonction
publique permettrait de valoriser les diplômes, l'expérience, de retenir le
personnel expérimenté et d'être plus concurrentiels sur le marché du travail.
On réitère de suivre les recommandations faites par le Vérificateur général du
Québec et l'Autorité des marchés publics concernant la gestion contractuelle,
d'investir les efforts nécessaires à la planification, à la définition des
besoins. On insiste sur l'ingérence gouvernementale dans... L'ingérence
gouvernementale, dis-je, dans la détermination des unités de négociation, bien,
ça vient complexifier les relations de travail. Ce n'est pas cohérent avec ce
qui est fait ailleurs. Si on veut simplifier le régime, il faut le faire
partout.
On insiste, en terminant, sur le
resserrement des contrôles des politiques de rémunération des administrateurs
des sociétés d'État pour éviter des écarts, sur les balises qui doivent être
mises en place pour les nominations sur ces conseils d'administration là et
également sur l'encadrement de l'article 26 de la loi pour éviter la
privatisation des infrastructures.
En conclusion, le SPGQ appelle le
gouvernement à revoir sa stratégie de création d'entités externes, renforcer la
fonction publique pour garantir des services publics efficaces, équitables et
intègres à la population du Québec. Merci.
Le Président (M. St-Louis) : Je
vous remercie pour votre exposé. Avant de procéder à la période d'échange,
comme la période de questions s'est prolongée, le règlement de la commission
prévoit que le retard de... est imputable de façon proportionnelle aux
différents groupes parlementaires. Par contre, à la suggestion de Mme la
ministre, le retard pourrait être absorbé par la banquette gouvernementale, mais,
pour ce faire, j'ai besoin du consentement de cette commission. Alors, est-ce
que... Parfait. Donc, Mme la ministre, la parole est à vous. Vous disposez de 8
min 30 s.
Mme Guilbault :Oui, merci beaucoup, M. le Président. Salutations à tous.
Rebienvenue dans nos travaux. Bonjour, messieurs. Merci d'être avec nous, de
prendre le temps de venir nous présenter votre mémoire, plusieurs choses qui
ont été dites dans votre intervention.
Étant donné que j'ai 8 min 30 s, c'est sûr
qu'on n'aura pas le temps de faire le tour de l'ensemble des points qui ont été
évoqués, mais je vais commencer, je pense, par le point un, justement, ou la
recommandation n° 1, parce que je suis d'accord, moi,
là, avec, tu sais, la recommandation n° 1, là, le
texte où il est écrit : «Le gouvernement devrait s'engager dans une
démarche de simplification des processus décisionnels internes afin de gagner
en efficacité.» Bon, là, il y a l'autre bout, «plutôt que créer l'agence», là,
mais concentrons-nous sur la première partie de la phrase, parce que je trouve
qu'effectivement vous avez raison.
Et, depuis hier, je ne sais pas si vous
avez suivi les travaux hier, on a commencé hier, et j'ai souvent fait référence
au projet de loi n° 62, qui est en train d'être travaillé par mon collègue
du Trésor en parallèle, en disant que le projet de loi n° 61, de toute
façon, n'aurait pas d'intérêt si on <n'avait pas le projet de loi
n° 62...
Mme Guilbault :
...que le projet de loi n° 61, de toute façon,
n'aurait pas d'intérêt si on >n'avait pas le projet de loi n° 62.
Je ne sais pas si vous êtes familiers avec le projet de loi n° 62 qui
vient réformer, là, c'est ça, les modes contractuels puis un peu les façons de
faire au Conseil du trésor, parce qu'aux Transports on a beaucoup de projets
majeurs, vous le savez, et c'est toujours très... Tu sais, c'est souvent
compliqué, les projets majeurs, en général, puis c'est normal. Il y a tellement
de... beaucoup d'argent qui est en... qui est, comment je pourrais dire, engagé — c'est
ça, engagé, je cherchais mon mot — engagé dans ces projets-là que c'est
normal qu'on ait une... tu sais, des balises puis des façons de faire avec
des... un cadre, et tout ça.
Donc, je ne suis pas en train de dire qu'il
faut faire n'importe quoi n'importe comment, mais, quand même, c'est long, c'est
lourd et ça finit par coûter plus cher. Alors, bref, on veut être plus
efficaces. Donc, est-ce que vous, vous voyez d'un bon œil le projet de loi
n° 62 et est-ce que, pour vous, ça vient répondre, en partie du moins, à
la recommandation n° 1 sur la simplification des processus décisionnels
pour gagner en efficacité?
M. Bouvrette (Guillaume) : Bien,
d'abord, je suis content de voir qu'on peut être d'accord sur certains
éléments, Mme la ministre, puis... et vous... Si je ne l'ai pas déjà souligné
directement, le SPGQ se positionne partout comme un acteur de collaboration.
Les professionnels au ministère des Transports sont... sont des ressources
expertes qui sont là pour servir. Alors, ce qu'on souligne d'abord et avant
tout, c'est que les objectifs que vous recherchez par le présent projet de loi
pourraient tout à fait être atteints au sein même de votre ministère, et donc
sous votre... votre responsabilité, votre imputabilité, votre contrôle direct.
Alors, ceux-ci sont... sont atteignables. On s'est penchés légèrement sur le
projet de loi n° 62, mais on n'a pas fait une analyse détaillée qui nous permettrait,
là, de vous donner une réponse claire, aujourd'hui, là-dessus.
• (11 h 50) •
Mme Guilbault :Parfait, pas de problème. Effectivement, ce n'est pas le
propos de la commission ici, mais comme c'est très lié... et juste pour le
bénéfice peut-être de tout le monde, le projet de loi n° 62 vient simplifier
beaucoup de procédures au Conseil du trésor, et ça va être applicable à l'ensemble
du gouvernement. Donc, même en faisant fi de Mobilité Infra Québec, ça va être
applicable au ministère des Transports.
Donc, quand je parlais de tous les projets
majeurs qu'on a, entre autres les projets routiers, les viaducs, etc., qu'on va
continuer de faire au ministère de toute façon, on va pouvoir être plus
efficaces grâce au projet de loi n° 62. Ça fait que ça, je pense que c'est
une bonne nouvelle pour, entre autres, nos professionnels, là, mais même l'ensemble
de... tu sais, le Syndicat de la fonction publique<i> aussi puis ceux qui
représentent les autres aussi, les syndicats des ingénieurs, ça va être une
bonne nouvelle parce que ça va nous simplifier la vie puis ça va nous permettre
d'être plus efficaces. Donc... Oui?
M. Bouvrette (Guillaume) : Quand
même, dans le projet de loi n° 62, Mme la ministre, c'est une similitude
dans notre recommandation de simplifier les régimes de négociation syndicale.
Le projet de loi n° 62 prévoit notamment cinq accréditations syndicales
différentes au sein de la Société québécoise des infrastructures. On aurait le
même commentaire que celui qu'on fait par rapport à Mobilité Infra Québec, où
on vient, de manière unilatérale, par le gouvernement, à notre sens,
complexifier les régimes de négociation.
Mme Guilbault :Puis est-ce que... si on va à la... c'est le n° 2,
oui... bien, en fait, dans la recommandation n° 1, il y a divers éléments et il
y en a un où vous dites : «Le SPGQ indique que le gouvernement considère
qu'il ne possède pas l'expertise nécessaire pour réaliser les mandats de MIQ,
alors qu'il pourrait le faire à moindre coût en faisant appel aux employés des
ministères et organismes.» Moi, depuis... ça fait deux ans, là, presque, que je
suis là, et, à ma connaissance, le ministère des Transports n'a pas, comme tel,
d'équipes qui ont été dédiées à la réalisation de projets de transport
collectif d'envergure. C'est sûr qu'il n'y en a pas eu tant que ça, là, à part
le métro, puis là on est en train de faire la ligne bleue, le prolongement de
la ligne bleue, c'est piloté par la STM, mais il n'y a pas, comme tel, de
ressources qui sont dédiées à ça. Alors, quand vous dites qu'on pourrait le
faire à l'intérieur du ministère, pour vous, de quelle façon vous voyez ça?
Parce que, pour moi, de toute façon, il faut créer une expertise, là, où qu'elle
soit, parce qu'actuellement il n'y en a pas, de ces gens-là qui... qui font ce
travail-là. Alors, vous, comment vous voyez ça?
M. Bouvrette (Guillaume) : Ce
qu'on questionne, Mme la ministre, c'est : Qu'est-ce qui empêcherait le
ministère de créer cette structure-là, cette unité administrative, ce service,
avec une expertise, un mandat clair et précis, au sein même du ministère des
Transports? Ce qu'on a de la difficulté à voir, c'est la valeur ajoutée de
sortir un pan des mandats de l'État de la fonction publique et de créer ainsi
une structure administrative complexe, avec tout ce que ça implique, conseil d'administration,
reddition de comptes et autres, alors que notre perception, c'est que tout ça
pourrait très bien être réalisé au sein même de votre ministère.
Mme Guilbault :Puis vous êtes, j'imagine, conscients... puis, même, il y a
des éléments dans le projet de loi qui prévoient éventuellement un prêt ou... On
a-tu pris prêt ou transfert?
Une voix : ...
Mme Guilbault :...potentiel transfert, c'est ça, parce qu'on a choisi les mots
judicieusement, là. Donc, il y a des gens du ministère, ne serait-ce que pour
partir le... la nouvelle équipe, qui <peuvent aller travailler...
Mme Guilbault :
...gens du ministère, ne serait-ce que pour partir
le... la nouvelle équipe, qui >peuvent aller travailler... Autrement
dit, un professionnel du ministère pourrait très bien aller travailler chez MIQ
s'il le souhaite, tu sais, bien, en tout cas, postuler, puis, après ça, on va
voir avec le PDG. Donc, est-ce que, pour vous, ce n'est pas une avenue
intéressante au moins d'avoir la possibilité, pour des gens du ministère qui
auraient le profil pour travailler dans la future équipe, de pouvoir le faire?
M. Bouvrette (Guillaume) : Bien,
on revient avec un dossier qui revient à travers les années, c'est la création
d'agences comme ça. Il y a... Si c'était fait à l'interne, donc, au sein même
du ministère des Transports, les gens seraient plus facilement volontaires pour
y aller parce qu'il y a un élément puis une richesse des emplois,
particulièrement des emplois professionnels dans la fonction publique, c'est
l'opportunité de mobilité à l'intérieur même de la fonction publique, ce qui
permet un maintien de l'expertise de l'État, mais des transferts d'un ministère
à l'autre. Lorsqu'on vient créer une agence, les dispositions transitoires
usuelles permettent, aux gens qui sont transférés, un droit de retour unique,
une seule fois, dans l'appareil public, mais c'est tout, et j'en sais quelque
chose, là. Je proviens moi-même de l' l'Agence du revenu du Québec. J'étais
employé au moment de la création de celle-ci. Ça crée des enjeux de mobilité. Ça
fait perdre en attractivité aux agences, par rapport au gouvernement, comme
fonction publique, et il y a ultimement une perte d'expertise, là, du
gouvernement.
Mme Guilbault :Bien, c'est-à-dire, une perte d'expertise, vous voulez dire
dans les... dans un ministère ou un organisme traditionnel, parce que c'est sûr
que Mobilité Infra Québec va quand même être ultimement sous la responsabilité
d'une élue ou d'un élu, un ou une dépendant, là, ce ne sera pas toujours moi,
alors, tu sais, qui est quand même dans le giron gouvernemental. Les
investissements vont être dans le périmètre comptable du gouvernement. Donc,
d'une certaine façon, du point de vue du citoyen qui... dont les taxes et les
impôts paient pour ces projets-là, ça demeure quand même une expertise qui va
profiter au gouvernement puis, par extension, à la nation et aux Québécois.
Le Président (M. St-Louis) : En
20 secondes, s'il vous plaît.
M. Bouvrette (Guillaume) : Parfait,
je serai bref, deux choses. La première, c'est que la création de cette
structure-là a des coûts, la direction indépendante, le conseil
d'administration, et autres, et pourtant, à la fin, ce sont les contribuables
québécois qui paient. Autre chose, ce qu'on a constaté, dans les mouvements de
personnel, comme c'est moins facile de changer pour un nouveau défi à
l'intérieur même de la fonction publique une fois qu'on est dans une agence,
les mouvements vont se faire peut-être plus vers le privé.
Le Président (M. St-Louis) : Alors,
je vous remercie.
Mme Guilbault :Merci beaucoup.
Le Président (M. St-Louis) : Malheureusement,
le temps est écoulé. Je cède donc maintenant la parole au porte-parole de
l'opposition officielle. M. le député, la parole est à vous. Vous disposez de 9
min 54 s.
M. Derraji : Merci, M. le
Président. Bonjour à vous trois. Merci pour votre mémoire. Vous ramenez des
éléments nouveaux, le premier groupe qui nous parle... côté compétence, côté
travailleurs, et je vous félicite.
Première question, sur la table, le
gouvernement, pour justifier une nouvelle création... parce que le
gouvernement, maintenant, on peut le dire, que c'est un gouvernement qui crée
des agences. Vous avez devant vous le fruit de la création de l'agence de
santé. Vous, vous... je pense que vos membres ou... vous constatez ce qui se
passe avec les recrutements. Au fait, aujourd'hui, vous venez en commission
parlementaire me dire : Attention, misons sur la compétence à l'intérieur
du ministère, parce que, d'ailleurs, c'est l'argument que... du gouvernement,
qu'on n'a pas... on n'a pas l'expertise, hein? C'est pour cela que ça nous
prend une agence, et vous, aujourd'hui, ce que vous dites, c'est :
Attention parce que c'est comme... on va créer deux classes de travailleurs au
Québec.
M. Bouvrette (Guillaume) : Bien,
on le fait déjà parfois, et je vais me permettre... Ça fait de nombreuses
années, et ce n'est pas seulement sous ce gouvernement, que la création
d'agences est devenue une pratique au Québec. On soulève des enjeux sur
l'intégrité, le maintien d'une fonction publique québécoise indépendante,
experte, non partisane. Maintenant, à l'intérieur même de cette fonction
publique là, on peut tout à fait se donner les moyens d'attirer l'expertise
nécessaire et la retenir. La création d'agences n'est pas une panacée, n'est
pas une solution magique qui permet d'augmenter les conditions de travail des
travailleurs au niveau qui est nécessaire pour attirer l'expertise dont on a
besoin. On peut tout à fait réaliser ça au sein même de la fonction publique et,
dans ce cas précis, au sein même du ministère des Transports.
M. Derraji : Mais je ne vais
pas faire l'avocat du diable, mais le gouvernement pense que l'agence Mobilité
Infra Québec va accélérer les projets. On va avoir des ponts, des trams, des
projets de mobilité d'une manière accélérée et à moindre coût, comme si
l'appareil gouvernemental est incapable d'avoir des ponts à moindre coût et
dans un délai respectable. Vous répondez quoi?
M. Bouvrette (Guillaume) : Je
pense qu'on fait dévier le débat. C'est effectivement le message qui est
envoyé, quand on <crée des agences à répétition...
M. Bouvrette (Guillaume) :
...c'est
effectivement le message qui est envoyé, quand on >crée des agences à
répétition comme ça, alors qu'on pourrait le faire au sein même du gouvernement
et de la fonction publique québécoise. C'est une question de ressources. Si on
veut développer plus de projets plus rapidement, on a besoin des ressources
humaines, de l'expertise nécessaire pour arriver à les développer, et ça ne se
fera pas par magie. Et on comprend qu'en matière de transport et développement
durable c'est un peu le jeu de la poule ou l'œuf. Il faut investir d'abord pour
créer ces projets de transport là pour qu'ils deviennent attractifs et que les
gens aient envie de les utiliser. Tant qu'on ne fait pas ces
investissements-là, on se retrouve avec des services de transport inefficaces
et moins utilisés.
M. Derraji : Donc, selon
vous, le problème qu'on a en face de nous aujourd'hui en matière de transport,
c'est l'absence de financement et non pas l'absence de compétence à l'intérieur
même du ministère pour gérer les grands projets de société en matière de
transport collectif.
M. Bouvrette (Guillaume) : En
fait, l'expertise, elle existe. Elle existe dans la population québécoise. Pour
l'attirer au sein du ministère ou même chez Mobilité Infra Québec, parce qu'on
aura le même problème si cette agence voit le jour, il faudra mettre les...
réunir les conditions nécessaires pour que ces gens-là aient envie de
travailler au sein... à développer ces projets de transport structurant, et,
tant qu'on ne le fera pas, on devra continuer, comme l'ont soulevé d'autres
intervenants, à planifier de manière moins optimale et voir une explosion des
coûts de construction se poursuivre.
• (12 heures) •
M. Derraji : Donc, vous, vous
faites le pari que ça va juste exploser des coûts. Il n'y aura pas un bénéfice
net pour les Québécois parce qu'au bout de la ligne vous, moi et les autres, on
va payer pour la création de cette agence, mais, au bout de la ligne, il n'y
aura pas de résultat, là, parce que l'agence est... selon vous, ne donnera pas
les résultats escomptés parce qu'il y a un problème de financement.
M. Bouvrette (Guillaume) : Ce
n'est pas ce qu'on... ce qu'on a dit. Je veux préciser. L'explosion des coûts,
si on veut la contrôler, ce sont les recommandations du Vérificateur général et
de l'Autorité des marchés publics, bien, il faut investir en amont pour avoir
l'expertise nécessaire à travailler à la planification pour éviter l'explosion
des coûts de construction, et ce risque d'explosion de coût, il est bien plus
important que les coûts structuraux de la création de l'agence. On pense que de
créer l'agence, ce n'est pas la meilleure solution. Ça pourrait se faire au
sein du ministère, je le réitère, à moindre coût, mais l'inquiétude première
est que, si on n'investit pas dans l'attraction et la rétention de l'expertise
nécessaire, c'est l'explosion des coûts des travaux qui est bien plus
inquiétante pour les Québécois.
M. Derraji : C'est très
clair. Recommandation 4, vous parlez de... l'ingérence gouvernementale dans la
détermination des unités de négociation complexifie les relations de travail et
la négociation collective. Est-ce que vous pensez que le gouvernement, avec la
création de ces agences, s'ingère dans les unités de négociation parce que,
justement, c'est ce qu'il veut éviter dorénavant, c'est que le gouvernement
veut éviter ces unités de négociation qui, selon le gouvernement, complexifient
le travail de négociation? En fait, au bout de la ligne, on n'a pas besoin de
syndicat en face de nous. On veut que ça aille très vite. On veut ne que rendre
des comptes. On veut accélérer les projets, et, pour le faire, on va créer une
agence pour se débarrasser de ces unités de négociation ou de ce
contre-pouvoir.
M. Bouvrette (Guillaume) : On
ne s'en débarrasse pas, dans les faits. On vient complexifier les choses. Puis
je vais essayer de... Je pourrais m'étendre longuement sur le sujet, mais, si
je vulgarise, le SPGQ était à l'origine un syndicat exclusivement des
professionnels de la fonction publique québécoise, et donc, c'est-à-dire, des
différents ministères et organismes. Avec les années, on a vu des
fractionnements, certains plus importants, comme l'agence du revenu<i>,
mais aussi des plus petits. Je pense à l'institut de... <i>l'institut de
tourisme et d'agroalimentaire du Québec. C'est un petit groupe scindé du MAPAQ,
mais, pour nous, comme organisation syndicale, c'est une nouvelle convention
collective à négocier.
Alors, on négocie de multiples conventions
collectives différentes, et toujours avec le même employeur, à la fin, le même
payeur, qui est le gouvernement québécois, qui vient, lui, mettre un cadre
financier qui est unique, qui empêche une réelle négociation dans chacun des
groupes. Ici, ce qu'on demanderait, c'est une certaine cohérence. On a affirmé,
avec la création de Santé Québec, vouloir simplifier en regroupant des
catégories d'emplois, en diminuant le nombre de négociations à faire. Alors, on
comprend mal pourquoi, avec Mobilité Infra, on viendrait à en avoir six unités
différentes pour une entité où on estime la taille à environ
100 personnes.
M. Derraji : Quand je relis
la recommandation 1, est-ce que je peux conclure que vous êtes contre la
création de l'agence Mobilité Infra Québec, et ce que vous dites aujourd'hui,
de manière très claire : C'est au gouvernement d'investir à l'intérieur...
une unité administrative interne au ministère des Transports? C'est que ce que
vous dites aujourd'hui, là : Ne créez pas l'agence, mettez les ressources
à l'intérieur, et, au lieu de créer une nouvelle agence, Mobilité Infra Québec,
que vous êtes contre la création de cette agence...
12 h (version révisée)
M. Derraji : ...et au lieu de
créer une nouvelle agence Mobilité Infra Québec, que vous êtes contre la
création de cette agence, et mettre les ressources nécessaires à l'intérieur
même du ministère. Est-ce que c'est ça, votre proposition?
M. Bouvrette (Guillaume) : Les
ressources qui seront investies et qui seront les coûts à la création de cette
structure, de cette agence-là, à notre sens, seraient mieux dépensées et
investies, au bénéfice des Québécois, en traitant cela à l'interne, au sein même
du ministère, qui resterait tout à fait sous le contrôle et l'imputabilité
ministériels.
M. Derraji : Vous comprenez
le jeu politique. Le gouvernement est majoritaire. Peu importe ce qu'on va
faire, nous, avec nos collègues de l'opposition, des autres oppositions,
Mobilité Infra Québec risque d'être créée. Vous, en tant qu'acteur sur le
terrain, c'est quoi, les risques que vous voyez pour... une fois l'agence est
créée... est créée?
M. Bouvrette (Guillaume) : Bien,
on en a souligné quelques-uns dans notre mémoire. Le premier, je vous disais,
la complexification des relations de travail, avec une multiplication des
unités de négociation. Maintenant, dans la création d'agences, il y a des
risques sur le transfert, Mme la ministre le soulignait plus tôt, qu'on prévoit
que des professionnels du ministère des Transports ou même de l'ensemble de l'appareil
public, là, pourraient être transférés, s'ils le voulaient, à l'agence. Eh
bien, si... notre expérience d'autres projets semblables nous dit que si on ne
réunit pas les conditions et qu'on ne bonifie pas substantiellement les
conditions de travail les volontaires pour relever ces défis-là sont très peu
au rendez-vous. Ça, c'est un risque majeur.
M. Derraji : Donc, votre... donc,
ce que vous dites, c'est qu'il n'y aura pas assez d'engouement pour aller à l'agence?
Est-ce que c'est ça que j'ai compris ou c'est plutôt le contraire?
M. Bouvrette (Guillaume) : Tout
ça est tributaire des conditions qui seront réunies pour attirer les gens et
les motiver à aller relever le défi de l'agence. On pense que c'est... ça
demande moins pour garder ça à l'interne. Les gens seraient plus ouverts, de
manière générale, à migrer vers une nouvelle unité administrative pour relever
ces défis-là, parce que les gens, dans leur avancement professionnel, ont envie
de contribuer à l'avancement de la société québécoise. Mais si ça demeurait au
sein même du ministère des Transports, c'est plus facile d'attirer les
professionnels.
M. Derraji : Mais vous...
Le Président (M. St-Louis) : En
terminant, s'il vous plaît.
M. Derraji : Combien il me
reste...
Le Président (M. St-Louis) : Il
vous reste 25 secondes.
M. Derraji : OK. Mais vous, vous
avez vu ce qui se passe avec l'agence de santé, là. Écoute, il y a quand même
des beaux salaires. Il y a des postes affichés, des vice-présidents, la plupart,
des postes comblés. Vous répondez quoi?
M. Bouvrette (Guillaume) : Ce
n'est pas vrai pour les professionnels. On est intervenus à de multiples
reprises sur le sujet. Les professionnels qu'on représente au ministère de la
Santé n'ont présentement pas envie de migrer vers l'agence de santé parce qu'on
ne leur garantit même pas un maintien de leurs conditions de rémunération
actuelles.
M. Derraji : Merci à vous
trois, merci.
Le Président (M. St-Louis) : Alors,
je vous remercie. Je céderai maintenant la parole au porte-parole du deuxième
groupe d'opposition. M. le député, la parole est à vous pour un bloc de 3 min 18 s.
M. Grandmont : Bonjour, merci
beaucoup à vous trois, merci pour votre mémoire fort pertinent. On n'a pas
beaucoup de temps, alors j'irai sur peut-être deux... deux, trois questions,
là. La première, sur... disons, la question plus de fond, en fait :
Pourquoi une agence? Mme la ministre tout à l'heure a bien évoqué, a bien
mentionné que le projet de loi n° 62, là, donc les nouvelles règles d'attribution
du gouvernement du Québec vont s'appliquer à la fois à l'agence, mais aussi,
donc, au ministère des Transports et de la Mobilité durable. Donc, est-ce qu'on...
Dans le fond, pourquoi une agence? C'est la question que je vous pose, là,
mais... Est-ce qu'on a... est-ce qu'on a vraiment... est-ce qu'on en a vraiment
besoin?
M. Bouvrette (Guillaume) : Bien,
ça, c'est aussi la question qu'on pose, M. le député, c'est aussi la question
qu'on pose. On ne voit pas, à ce moment-ci, la valeur ajoutée. Mais,
évidemment, comme votre collègue l'a souligné, si le gouvernement allait de l'avant,
on a pris soin de faire des recommandations sur la mise en place et les
meilleures règles de gouvernance, là, pour la création de l'agence. Mais on ne
voit pas aujourd'hui la pertinence et la valeur ajoutée de sortir ces
mandats-là de l'appareil public, là, directement.
M. Grandmont : Oui,
effectivement, on a eu quand même plusieurs ministres des Transports. Ça fait
plusieurs années qu'on aurait pu développer cette expertise-là à l'interne, et
ça n'a jamais été fait.
Peut-être aller sur l'article 26, que
vous nommez, que vous identifiez comme un risque possible de privatisation.
Vous ne demandez pas, finalement, de retirer la partie où on dit que tout bien
peut être transféré à l'organisme du choix, là, de la ministre, là, j'y vais
dans mes mots, mais de plutôt baliser, si ce n'est pas l'objectif, que de
privatiser, dans le fond, des services éventuels de transport collectif. Peut-être
vous... m'expliquer un petit peu là-dessus, là.
M. Bouvrette (Guillaume) : Bien,
c'est exact. En fait... puis là on touche à un pan... puis on a aurait eu des
commentaires à faire autres sur le projet de loi, là, que d'autres intervenants
ont fait, notamment l'Union des municipalités, mais on... dans sa formulation
actuelle, cet article-là, pour nous, semblait ouvrir une porte à la
privatisation, et, si on comprend que ce n'est pas la volonté du gouvernement,
bien, il y a lieu de le préciser, là, directement dans les textes.
M. Grandmont : Donc, c'est...
c'est ce que vous demandez, dans le fond, que ce soit... que ce soit... que ce
soit bien balisé, parce que ce que vous voulez éviter, c'est une privatisation.
Ce serait quoi, les risques d'une privatisation, selon vous?
M. Bouvrette (Guillaume) : Je
vais laisser d'autres acteurs plus experts dans le milieu répondre...
M. Grandmont : Est-ce que
c'est quelqu'un dans votre équipe qui va répondre?
M. Bouvrette (Guillaume) : Je
ne <pense...
M. Grandmont :
...Est-ce que c'est quelqu'un dans votre équipe qui va
répondre?
M. Bouvrette (Guillaume) :
Je ne >pense pas. En fait, je... Ça me semble sortir un peu
de notre...
M. Grandmont : Ah! OK,
OK, parfait, excellent.
M. Bouvrette (Guillaume) :
... notre domaine d'expertise, qui est la représentation des professionnels de
l'État.
M. Grandmont : Excellent,
excellent. Peut-être juste, en terminant, là, sur l'article 13, vous
feriez quoi pour les... d'éventuels administrateurs qui auraient été condamnés
par l'Autorité des marchés financiers, là, ou autres instances? 10 ans, ça
vous semble insuffisant? Est-ce que vous avez d'autres... une proposition plus
concrète à faire?
Le Président (M. St-Louis) : Rapidement.
M. Bouvrette (Guillaume) : Concrète,
notamment des balises plus sévères, qui ont été mises en place dans les règles
pour nommer des administrateurs à l'Agence du revenu du Québec. Alors, on
pourrait s'inspirer de ça pour bonifier et rassurer les Québécois que les
règles de gouvernance sont respectées et que les gens qui ont été condamnés
pour des infractions dans le domaine de la construction ne siégeront pas au
conseil d'administration de Mobilité Infra Québec.
M. Grandmont : Je vous
remercie, c'est très éclairant.
Le Président (M. St-Louis) :
Merci. Je cède maintenant la parole au député des Îles-de-la-Madeleine. M.
le député, la parole est à vous pour un bloc de 3 min 18 s.
M. Arseneau : Merci
beaucoup. Merci, messieurs, pour votre contribution aux travaux de la
commission et pour votre mémoire. Ma première question concerne les emplois et
les catégories d'emplois qu'on veut créer. Quelle pourrait être, selon vous, l'explication,
créer autant de catégories d'emplois pour un si petit groupe? Je ne comprends
pas pourquoi on ferait ça si on veut maximiser l'efficacité d'une équipe.
• (12 h 10) •
M. Bouvrette (Guillaume) : On
ne se l'explique pas. L'effet de créer autant de catégories d'emploi vient
segmenter les gens, créer parfois des compétitions malsaines à l'interne, alors
que la représentation syndicale pourrait tout à fait être uniformisée. À
l'intérieur d'une convention collective, il y a, bien sûr, des échelles
salariales et des classifications des emplois qui vont différer, qui vont
reconnaître l'expertise, la complexité d'une tâche ou d'une autre. Ça ne
nécessite pas de multiplier les intervenants syndicaux. Si la maxime «diviser
pour mieux régner» s'appliquait, on pourrait s'en servir.
M. Arseneau : Merci.
Vous avez, en guise d'introduction, parlé de l'adoption de la Loi sur la
fonction publique et vous avez mentionné que vous ne voyez pas la nécessité de
créer une entité externe à la fonction publique. Mais, essentiellement, si on
veut, disons, simplifier le projet de loi, là, la ministre nous propose de
créer un gros bureau de projet auquel on va confier plusieurs projets en
concentrant l'expertise. Pourquoi, aujourd'hui, on a besoin d'avoir des bureaux
de projet, et qu'on ne le fait pas déjà au ministère, tu sais? Quelle a été
l'évolution des choses et de l'expertise qui font en sorte que tout le monde a
l'impression contraire à ce que vous mentionnez, que l'expertise n'est plus là,
et elle est dans les firmes privées, les firmes de consultants, constructeurs
et, ainsi de suite?
M. Bouvrette (Guillaume) : Bien,
si on veut créer un bureau de projet comme le projet de loi le... comme vous le
résumez, ce qu'on dit, nous, c'est qu'on peut tout à fait le faire au sein même
du ministère. Alors, c'est une question de choix, d'investissement, de budget,
à la fin. Si on veut avoir les ressources et l'expertise nécessaire au sein des
ministères, ça demande un investissement. On pense clairement que les budgets
qui seront prévus pour Mobilité Infra Québec seraient utilisés à meilleur
escient au sein même du ministère des Transports et de la Mobilité durable.
M. Arseneau : Est-ce que
vous admettez qu'on pourrait rehausser l'expertise au sein du ministère si on
avait, j'imagine, des conditions de travail et des conditions salariales qui le
permettaient? C'est ce que je comprends de votre message.
M. Bouvrette (Guillaume) : Définitivement.
C'est... ce sont... ce sont des enjeux qui sont récurrents. Année après année, l'Institut
de la statistique du Québec publie un rapport et établit que les...
particulièrement chez les professionnels, l'administration publique québécoise
fait mauvaise figure par comparaison aux autres administrations, et ce, quand
on tient compte de la rémunération globale, là. Alors, évidemment que ça a un
impact sur l'expertise et sur le taux de roulement.
M. Arseneau : Une dernière
petite question, en quelques secondes. En quelques secondes, ma petite dernière
question. Vous avez parlé d'une entité qui va échapper au contrôle
démocratique. Qu'est-ce que vous voulez dire?
M. Bouvrette (Guillaume) : Que
la gestion qui serait faite, selon nous, directement sous l'égide du ministère
des Transports, aurait un lien plus direct et donc un contrôle et une imputabilité
du ou de la ministre des Transports qui seraient plus directs sur les projets,
plutôt que de déférer et transférer la responsabilité au PDG ou au conseil
d'administration de cette nouvelle agence.
Le Président (M. St-Louis) :
Alors, merci. Je vous remercie pour votre contribution aux travaux de cette
commission.
Je suspends les travaux quelques instants
afin que l'on puisse accueillir le prochain groupe. Bonne journée, messieurs.
(Suspension de la séance à 12 h 13)
(Reprise à 12 h 15)
Le Président (M. St-Louis) :
Alors, bonjour à tous. Nous allons poursuivre nos travaux. Donc, j'aimerais
souhaiter la bienvenue aux gens de la ville de Québec. Vous disposerez de 10 minutes
pour votre exposé, et ce sera suivi d'une période d'échange avec les membres de
la commission. Donc, avant de commencer, je vous demanderais simplement de vous
nommer, nom, et titre, et fonctions, au bénéfice des membres de la commission
et des gens qui nous écoutent. Donc, la parole est à vous.
M. Monty (Luc) : Merci, M. le
Président. Je me présente, Luc Monty, directeur général de la Ville de Québec,
et je suis accompagné de M. Serge Giasson, directeur du service des affaires
juridiques, et de Mme Isabelle Chouinard, directrice de la division du droit
public à ce même service. Alors, d'entrée de jeu, Mme... M. le Président, Mme
la ministre, Mmes et MM. les députés, je vous remercie d'accueillir les
commentaires de la ville de Québec sur le projet de loi n° 61, et nous
saluons la création de Mobilité Infra Québec, dont la mission sera de livrer
des projets complexes de transport.
La crise climatique sans précédent que
nous vivons commande des gestes forts de la part du gouvernement en faveur de
la mobilité durable. Il faut accélérer la réalisation des projets de transport
collectif. C'est nécessaire pour améliorer notre résilience face aux
changements climatiques et pour améliorer la qualité de vie de nos citoyens. La
création de MIQ arrive au moment où le gouvernement dote ses ministères et
organismes d'un environnement d'affaires plus collaboratif et compétitif, tel
que promu par le projet de loi n° 62, qui a été mentionné. On ne peut
qu'applaudir à cette vision globale qui devrait permettre de livrer davantage
de projets, plus rapidement et à meilleur coût. Évidemment, le succès de
l'insertion d'une infrastructure de transport dans la trame urbaine repose sur
un étroit partenariat avec les municipalités concernées. Les décisions doivent
être concertées, l'autorité publique doit pouvoir bénéficier de toute l'expertise
disponible et de la connaissance du territoire développée dans les
municipalités, ainsi que celle des sociétés de transport en commun.
À la ville de Québec, un projet complexe
de transport collectif que vous connaissez bien, le tramway, est déjà bien
avancé, et tout indique que la poursuite... sa poursuite s'effectuera
concurremment à la création de MIQ. En juin dernier, le premier ministre a, en
effet, annoncé que le projet de tramway de la ville de Québec allait se
poursuivre, avec des adaptations proposées par CDPQ Infra, et avec son concours
à la réalisation du projet. Alors, les discussions sont en cours, et, pour ce
faire, possiblement que des modifications législatives seront nécessaires à la Loi
concernant le Réseau structurant de transport en commun de la Ville de Québec.
J'irai plus en détail sur quatre éléments.
D'abord, le partenariat des... avec les municipalités pour les grands projets,
qui concerne principalement les articles 33 et 36. Alors, <d'emblée...
M. Monty (Luc) :
...avec
les municipalités pour les grands projets, qui concerne principalement les
articles 33 et 36. Alors, >d'emblée, il nous apparaît essentiel de
réaffirmer que les municipalités sont des partenaires incontournables dans la
planification et la réalisation de tout projet complexe de transport collectif
sur leur territoire. Tout projet devrait pouvoir se concrétiser dans le cadre
d'une entente avec les municipalités concernées. À cet égard, le projet de loi
prévoit, par ailleurs, que plusieurs décisions importantes concernant les
conditions de réalisation d'un projet pourraient être prises unilatéralement
par MIQ ou le ministre. C'est notamment le cas pour la contribution financière
de la municipalité, le choix de l'organisme qui sera responsable de son exploitation,
les décisions relatives à l'occupation des voies publiques, les mobilités, les
modifications aux rues et aux réseaux publics existants. La ville de Québec
recommande que des amendements soient apportés au projet de loi afin que ces
décisions ne puissent être prises sans l'accord de la municipalité. La ville
doit être partie prenante de tout projet sur son territoire, et nous croyons
qu'il en va du succès de la réalisation des projets et de leur intégration dans
le milieu.
En ce qui concerne le respect des
compétences municipales, c'est-à-dire que la possibilité qu'un mandataire de
l'État soit exempté des dispositions de la Loi sur l'aménagement et l'urbanisme,
la planification de l'aménagement et du territoire et de la mobilité est une
responsabilité de longue date des élus municipaux, des administrations
municipales. Cette responsabilité est d'ailleurs partagée avec le gouvernement
et elle implique les citoyens. Elle mène à l'aboutissement d'une planification
et d'une réglementation municipale d'urbanisme, qui est en vigueur partout.
• (12 h 20) •
En conséquence, tout mandat de MIQ de
produire une analyse d'opportunité devrait s'appuyer également sur cette
planification. Les gouvernements locaux détiennent une connaissance fine de
leurs territoires, des enjeux véhiculés par les citoyens et des perspectives de
développement. À ce titre, ils sont les mieux à même d'indiquer les besoins de
mobilité actuels et futurs. Alors, dans cette perspective, les mesures
permettant à MIQ et au gouvernement d'écarter la planification locale devraient
être reformulées, peut-être, afin d'assurer son respect, en prévoyant
explicitement l'assujettissement de MIQ à la réglementation municipale.
Troisièmement, quant au financement des
projets, c'est-à-dire l'article 74, la ville de Québec ne s'oppose pas au
principe d'une contribution des municipalités et des sociétés de transport en
commun au financement des grands projets d'infrastructure. De fait, la ville
est déjà engagée, comme partenaire financier, dans le projet de tramway, avec
le gouvernement du Québec et du Canada. Nous considérons toutefois qu'une telle
contribution ne devrait pas pouvoir être imposée aux municipalités. Aussi, dans
le cas où une contribution financière est prévue, la ville juge souhaitable de
mettre en place un encadrement pour assurer une équité entre les projets et une
prévisibilité pour les acteurs locaux. Le financement des infrastructures doit
demeurer équitable, prévisible et adapté à chaque situation. Dans tous les cas,
la participation financière des instances locales devrait être convenue au
préalable avec les municipalités.
Enfin, quant à la poursuite du projet de
tramway, alors, à la suite du dépôt du rapport de CDPQ Infra, nous travaillons
activement avec le ministère des Transports et de la Mobilité durable à
préparer la transition. Évidemment, ce projet ne pourra se faire qu'en étroite
collaboration avec la ville de Québec. En outre, il est question que la ville
procède aux acquisitions d'immeubles, aux déplacements des réseaux techniques
urbains, aux travaux d'infrastructures municipales afférentes au projet et à
certains aménagements.
Alors, des ajustements seront
conséquemment requis à la loi qui supporte le projet de Québec. Le projet de
loi 61, actuellement, pourrait être un véhicule législatif intégrant ces
changements, si c'est souhaité par le gouvernement. Il demeure souhaitable que
la ville soit l'instance locale compétente pour réaliser le projet, de concert
avec le partenaire que choisira le gouvernement. Évidemment, le Réseau de
transport de la Capitale demeurera également un interlocuteur incontournable.
Également, comme un tiers interviendra sur le territoire de la ville de <Québec...
M. Monty (Luc) :
...incontournable.
Également, comme un tiers interviendra sur le territoire de la ville de >Québec
pour réaliser ce projet, qui s'insère sur la trame... dans la trame urbaine, il
importe qu'il soit assujetti à la réglementation municipale. Le commentaire
exprimé à cet égard concernant MIQ vaut aussi pour un projet qui serait réalisé
par CDPQ Infra.
Alors, quant aux modalités qui seront
prévues dans la loi pour répartir les responsabilités de chacun et les
compétences du mandataire de l'État, par exemple, CDPQ Infra, et les compétences
de la ville de Québec dans la réalisation du projet, nous préconisons, nous
suggérons qu'elles soient établies par entente, une entente entre le
gouvernement et CDPQ Infra et une entente entre le gouvernement et la ville de
Québec. Une disposition de la Charte de la Ville de Québec confère déjà à la
ville les pouvoirs requis pour exécuter les obligations découlant d'une entente
avec le gouvernement. Des ajustements mineurs à cet article pourraient prévoir
qu'une disposition permettrait au gouvernement de lui déléguer des pouvoirs
nécessaires.
Voilà les suggestions que nous faisons à
l'égard de ce projet, et nous vous remercions de votre attention, et pouvons
répondre à vos questions.
Le Président (M. St-Louis) : Alors,
je vous remercie pour votre exposé. Par contre, avant de poursuivre, j'aurais
besoin... en fait, je demande le consentement des membres de cette commission
afin que le député de Jean-Lesage puisse remplacer le député de Taschereau pour
une partie de la séance.
Des voix : Consentement.
Le Président (M. St-Louis) : Consentement.
Alors, merci. Je cède donc maintenant la parole à Mme la ministre. Vous
disposez d'un bloc de 8 min 15 s. La parole est à vous.
Mme Guilbault :Merci beaucoup, M. le Président. Salutations au collègue de
Jean-Lesage, bienvenue sur notre chaleureuse commission. Et salutation,
M. Monty, un habitué de l'Assemblée dans une autre vie, aux gens qui vous
accompagnent, aussi, de la ville de Québec. Merci d'être ici aujourd'hui, de
prendre le temps, d'abord, de faire le mémoire puis, ensuite, de venir nous le
présenter. C'est toujours intéressant d'avoir les gens, que ce soit en personne
ou en Teams, mais... les gens qui prennent la peine de venir... de venir exposer
leur mémoire.
Et je vais quand même réitérer que vous
avez entamé votre exposé en disant, comme la quasi-totalité, d'ailleurs, des
groupes qu'on entend depuis hier... On a commencé hier matin, vous êtes le
10e groupe qu'on entend et huit sur 10 ont dit appuyer, là, généreusement
le projet de loi, la création d'une équipe spécialisée pour pouvoir enfin se
doter d'une capacité à livrer des projets de transport collectif d'envergure.
La ville de Québec est bien placée pour savoir à quel point ça peut être
compliqué actuellement. Et on partage tous la même... le même appétit, la même
volonté d'avoir plus de transport collectif, mais encore faut-il se donner les
meilleurs moyens d'y arriver, pour livrer les projets le plus rapidement
possible, au moindre coût possible. Donc, on s'entend tous là-dessus, et j'ai
l'impression que M. Marchand, s'il était ici, serait d'accord aussi sur ce
principe-là.
Donc, partant de là... Et je vais y aller
avec des choses concrètes, là, que vous nous avez présentées dans le mémoire.
Évidemment, puis je le disais hier à plusieurs groupes, entre autres, l'UMQ, la
FQM ou... C'est-tu à eux? Je ne le sais pas. En tout cas. Mais je le disais
hier, c'est sûr que, dans le contexte de rareté des ressources financières, il
ne passerait pas dans l'idée du gouvernement, en tout cas, pas dans la mienne,
d'imposer un projet sur un territoire, parce que vous avez dit, je l'ai noté :
La ville doit être partie prenante de tout projet sur son territoire. Pour moi,
ça va de soi. Je vous rassure, là, il n'est pas dans l'intention du
gouvernement d'imposer un projet quelque part si une ville n'en voulait pas,
parce que, pour moi, ça n'a même pas de bon sens. Tu sais, on manque d'argent
pour tous ceux qui en veulent, on est loin d'avoir de l'argent pour ceux qui
n'en veulent pas. Résumons ça comme ça. Mais vous avez raison.
Puis, pour nous aussi, c'est important
d'avoir cette collaboration-là, et que tant l'aspect financier que l'aspect de
la future exploitation fassent l'objet d'ententes avec les municipalités
concernées ou, dépendant, avec l'ARTM, le Réseau de transport métropolitain,
etc., donc les gens qui sont concernés, et on a l'article 74, dans le
projet de loi, qui vient le prévoir, le 12.21.11, 12.21.12. Là, je ne sais pas
si... j'imagine... ou vos collègues, là, sont peut-être familiers avec les
articles comme tels. Donc, pour nous, ça, ça vient un peu enchâsser cette
volonté-là d'avoir des ententes, d'avoir une collaboration puis de vraiment
travailler en partenariat.
Alors, est-ce que vous êtes du même avis
ou est-ce... Qu'est-ce que vous pensez de cet article-là par rapport aux soucis
que vous évoquez, notamment la recommandation n° 6?
M. Monty (Luc) : Est-ce que le
rouge, c'est correct?
Mme Guilbault :Il ouvre tout seul, oui.
M. Monty (Luc) : OK, c'était
vert tantôt. Il reste que, quand même, le... les... Donc, comme vous avez
mentionné, on est d'accord sur les objectifs poursuivis par l'agence, la
création d'une spécialisation dans les grands <projets...
M. Monty (Luc) :
...sur
les objectifs poursuivis par l'agence, la création d'une spécialisation dans
les grands >projets, mais il reste que, dans la formulation, on prévoit
quand même qu'il y a des... que, sans entente, il y a une... il y a un pouvoir
unilatéral qui peut s'appliquer par MIQ ou la ministre.
Nous, ce qu'on voit, c'est que ce n'est
pas nécessaire d'aller jusque là. C'est qu'à chaque étape d'un projet une
entente... il pourrait y avoir une entente-cadre avec les municipalités pour qu'à
la fois MIQ s'entende avec les municipalités pour les questions de
planification, d'aménagement, de réglementation municipale et de financement,
puis, moyennant une entente, tout est parfait. S'il n'y a pas d'entente, là, la
ministre, elle peut suspendre le projet, elle peut le retarder ou l'annuler.
Mais de dire qu'unilatéralement MIQ, à chacun de... sur chacun de ces
éléments-là, peut imposer des conditions d'aménagement, des conditions de
tasser la réglementation municipale, des conditions de mettre en... puis le
pouvoir, même, ultime de dire «tu paies», bien, ça va trop loin pour rien,
puis ce serait difficilement applicable.
• (12 h 30) •
Maintenant, ce qu'on suggère, c'est de
reformuler pour obtenir un assentiment des municipalités sur le... sur cet
ensemble suite aux négociations avec MIQ, puis, si ça ne marche pas, bien, vous
allez pouvoir le suspendre, le projet, puis là la municipalité... On va avoir
intérêt à s'entendre. Là, présentement, vous avez des pouvoirs quand même
disproportionnés par rapport aux objectifs, puis ça ne nous met pas dans des
conditions qui sont favorables pour des ententes. Alors... Parce qu'ultimement,
par exemple, d'imposer une contribution financière... C'est comme si vous aviez
le pouvoir entre les mains ou, en tout cas, c'est rédigé comme ça... c'est le
pouvoir d'imposer une taxe à une municipalité. Parce que si vous dites :
Tu paies 100 millions pour un projet, bien, la ville de Québec, il faut
qu'elle se retourne puis elle dise : Bien, moi, je lève une taxe de 100 millions
pour participer au projet. Ça équivaut à ça, ce pouvoir-là. Ce n'est pas
nécessaire que vous formuliez ça comme ça, à notre avis, pour avoir une
émulation, une implication concertée des parties prenantes.
Alors, c'est comme ça qu'on le voit. Ça
fait que c'est une question d'approche. Là, présentement, le projet est bâti.
Si MIQ ne s'entend pas sur la planification, il peut l'imposer. S'il ne
s'entend pas... si on ne s'entend pas sur la réglementation, vous pouvez
l'imposer. Si on ne s'entend pas sur le financier, vous pouvez l'imposer. Il y
a moyen de... d'être plus incitatifs sur le genre d'entente globale qu'on peut
avoir. Puis les municipalités ont... ont intérêt à ce que ça marche. On va... dans
la mesure où on s'entend sur l'objet d'un projet, on va avoir intérêt,
naturellement, à ce que ça marche, puis, ultimement, si on ne s'entend pas,
vous avez le pouvoir de suspendre, reporter ou annuler. Ça... ça, c'est de
bonne guerre. Mais d'imposer, on voit mal comment, en pratique, ça pourrait se
traduire par un bon fonctionnement, parce que, dans des emprises de rue, dans
des... dans l'insertion urbaine, c'est difficile de travailler quand on ne
s'entend pas dans l'ensemble des projets.
Puis d'ailleurs je pense que le tramway
est un bon exemple. Il y a eu des questions d'appel d'offres, de coûts, mais
sur le fonctionnement, dans les ententes qu'on a eues avec le gouvernement dans
l'exécution du projet ça a été très harmonieux, puis notre réglementation s'est
ajustée au projet, la... on a pu établir un bon mécanisme de fonctionnement
avec le ministère et avec... dans la réalisation du 600 millions qui a
quand même été investi jusqu'à maintenant dans ce projet-là, puis en respectant
toutes les prérogatives des pouvoirs municipaux puis nos...
Le Président (M. St-Louis) : En
conclusion, s'il vous plaît.
M. Monty (Luc) : Alors, avec
une société ou une agence qui veut jouer le même rôle, je ne vois pas pourquoi
on n'y arriverait pas par entente.
Mme Guilbault :Merci beaucoup.
Le Président (M. St-Louis) : Malheureusement,
le temps alloué à ce bloc d'échange est écoulé. Donc, je cède maintenant la
parole au porte-parole de l'opposition officielle. M. le député, vous disposez
de 9 min 54 s. La parole est à vous.
M. Derraji : Bonjour à vous
trois, merci d'être là. Est-ce que vous avez des inquiétudes...
12 h 30 (version révisée)
Le Président (M. St-Louis) : ...opposition
officielle, M. le député, vous disposez de 9 min 54 secondes. La
parole est à vous.
M. Derraji : Bonjour à vous
trois. Merci d'être là. Est-ce que vous avez des inquiétudes par rapport à l'arrivée
de l'agence?
M. Monty (Luc) : Non, pas du
tout, c'est... Je pense que c'est une formule qui peut fonctionner, qui a déjà
fait ses preuves ailleurs puis pour toutes les raisons qui ont été souvent
mentionnées, l'expertise, le fait que de nombreux projets à réaliser, qu'il y a
des économies d'échelle, d'expertise puis de fonctionnement. C'est une formule
que le gouvernement peut se donner pour gérer l'ensemble des projets au Québec,
qui, notamment dans un contexte de changements climatiques, devront se multiplier
dans les prochaines années.
M. Derraji : OK. On va faire
un peu de futurologie. Et la futurologie, c'est étudier les tendances, les
possibilités futures et prendre en considération les tendances actuelles. Vous,
votre projet-phare, c'est le tramway. Depuis tout à l'heure, vous l'avez
prononcé, pas une fois ou deux, c'est pour ça que je vous ai posé la question :
Avez-vous des craintes? Vous avez insisté sur... qu'on doit travailler d'une
manière harmonieuse, que le gouvernement ne doit pas venir jouer dans nos
rues... le tracé. Dans un monde idéal, encore une fois, on se projette dans le
futur, l'agence est lancée. Vous pouvez faire le constat par vous-même. Vous
êtes un homme expérimenté. Le gouvernement est majoritaire. L'agence serait opérationnelle...
va être opérationnelle au courant des prochains mois. Quel dossier prioritaire
complexe devrait être sur la liste numéro un de l'agence?
M. Monty (Luc) : Si je parle
pour la ville de Québec, ça peut être la ville de Québec, si le gouvernement
décide qu'il soit éventuellement supervisé par l'agence, évidemment.
M. Derraji : Bien,
évidemment, on parle du tramway.
M. Monty (Luc) : On parle du
tramway.
M. Derraji : Oui, donc, votre
souhait que ce soit le tramway est priorité. OK. Maintenant, avec tout ce qui a
été fait depuis quelques années, depuis l'arrivée de ce gouvernement en poste,
c'est quoi, les choses que vous aimeriez avoir pour que le projet voie le jour?
Parce que là il y avait... les études sont là, là, la Caisse de dépôt<i>,
vous avez vu ce qui a été prononcé, le maire s'est prononcé, la ville s'est
positionnée. C'est quoi, vos attentes concrètement?
M. Monty (Luc) : Le projet...
c'est que le projet avance. Le projet est déjà bien avancé sur le plan de la
conception, le tracé, le tracé qu'ils ont recommandé par la CDPQ Infra est
favorable. Il complète bien, il correspond bien aux... à notre planification
urbaine ou à ce qu'on pense qui sont les axes des flux de déplacements
importants. Alors, on est en accord avec le tracé qui a été retenu. Donc, tout
est favorable. Ça permet aussi de récupérer l'ensemble des investissements qui
ont été réalisés jusqu'à maintenant, hein, près de 600 millions, alors qu'il
soit récupéré dans la première phase d'une phase II, je pense qu'au
bénéfice de tout ce qui a été investi, ça permet de récupérer toute cette
connaissance et cette... ces investissements-là. Alors...
M. Derraji : Excellent.
M. Monty (Luc) : ...dans la
suite des choses, bien, on est en discussion avec le ministère et le
gouvernement pour justement se donner les... se donner des bases pour assurer
la poursuite du projet.
M. Derraji : OK. Donc, pour
le moment, vous acceptez que le projet... je vais utiliser entre guillemets,
sur le «hold», parce qu'il y a une agence qui va venir. Et, en attendant l'arrivée
de l'agence, on est en discussion avec le gouvernement pour qu'on puisse le
mettre sur la liste des priorités de l'agence.
M. Monty (Luc) : Je ne pense
pas qu'on attende l'agence. C'est... c'est convenu avec le gouvernement qu'on
poursuit, avec la caisse et le ministère des Transports, les... On a un comité
de transition pour voir les suites à donner pour mettre l'avant... de l'avant
la phase I, puis la phase... la réalisation du projet de tramway tel qu'il
a été indiqué par le premier ministre.
M. Derraji : Mais dans
votre...
M. Monty (Luc) : Et on n'attend
pas l'agence, mais si, dans le temps, le gouvernement décide qu'en matière de
gouvernance, éventuellement, l'agence pourrait jouer un rôle dans la
gouvernance, c'est possible, ou il y aura un choix par la ministre et son
équipe à décider qui va superviser le projet de tramway du point de vue du
gouvernement. Est-ce que c'est l'agence? Est-ce que c'est son ministère? Bien,
ce n'est pas nous... ce n'est pas à nous à décider, mais possiblement que les
deux sont possibles.
M. Derraji : Oui. Bien, vous
êtes clairs. Donc, le comité de transition joue son rôle. Nous, de toute façon,
on n'attend pas après l'agence, <le comité de transition...
M. Monty (Luc) :
...à
décider, mais possiblement que les deux sont possibles.
M. Derraji :
Oui.
Bien, vous êtes clairs. Donc, le comité de transition joue son rôle. Nous, de
toute façon, on n'attend pas après l'agence, >le comité de transition
continue son travail. Donc, vos attentes, c'est ne pas ramener le projet
tramway à la future agence, mais qu'il y ait une annonce effective par rapport
au financement et à la suite du projet. C'est ce que...
M. Monty (Luc) : Je pense que
l'intention par le premier ministre a été claire à cet effet au mois de juin,
puis on n'a pas de doute que ça avance.
M. Derraji : Je tiens à vous
rappeler qu'il y avait beaucoup d'attention par rapport à un autre projet, que
je ne nommerai pas, parce qu'il y avait... il va y avoir de l'allergie autour
de la table. Il s'appelle le troisième lien. Il y a des bonnes intentions. On
est rendu à la sixième version. C'est comme jouer dans un film. Vous êtes un
homme expérimenté. Au-delà des bonnes intentions, il y a un comité de
transition. Aujourd'hui, la ville de Québec demande clairement quoi, c'est quoi,
l'étape prochaine?
M. Monty (Luc) : Bien, je
peux vous dire que, depuis l'annonce du premier ministre, on est... on est en
action, on travaille régulièrement. À chaque semaine, il y a des discussions
entre la CDPQ Infra, la ville de Québec puis le bureau de projet, et c'est
supervisé par l'équipe du ministère des Transports.
M. Derraji : Donc, je décode
entre les lignes que le scénario de troisième lien risque de ne se pas...
risque de ne pas arriver avec le tramway. Ça va très bien. Vous êtes heureux,
contents. Le bureau de transition fonctionne très bien. Là, je sens de la
synergie, de l'harmonie dans l'air entre le comité, la ville, la caisse. Est-ce
qu'on peut dire ça?
• (12 h 40) •
M. Monty (Luc) : Les travaux
avancent...
M. Derraji : OK. Donc, vous
êtes confiants...
M. Monty (Luc) : ...on a des
bonnes discussions.
M. Derraji : ...vous êtes
confiants que...
M. Monty (Luc) : Oui, oui,
c'est... on travaille pour... Je ne pense pas que la Caisse de dépôt<i> s'assoie
avec nous et le ministère pour perdre son temps, alors...
M. Derraji : Non, non, il n'y
a personne qui perd son temps, sauf dans le dossier du troisième lien.
M. Monty (Luc) : ...et nous
non plus, puis ça va bien.
M. Derraji : OK. Donc...
M. Monty (Luc) : On
cherche... dans l'intérêt public, on cherche les meilleures solutions...
M. Derraji : Ça...
M. Monty (Luc) : ...ou la
meilleure... le meilleur fonctionnement pour faire arriver ce projet.
M. Derraji : Donc, vous êtes
confiant qu'une annonce se prépare incessamment pour le tramway avec la boucle
du financement et le début du...
M. Monty (Luc) : Moi, je ne
suis pas dans le domaine des annonces. On est dans...
M. Derraji : Mais vous me
semblez un homme confiant aujourd'hui. Je sens vraiment du positivisme. Ça va
bien.
M. Monty (Luc) : Bien oui. En
tout cas, on travaille bien.
M. Derraji : Bien, vous, vous
travaillez bien, je n'ai aucun doute. Moi, je...
M. Monty (Luc) : Tous
ensemble. Tous ensemble, il n'y a pas de doute.
M. Derraji : Absolument. Vous
avez besoin de tout le monde, et c'est très bien, tant mieux, tant mieux. Donc,
aujourd'hui, ce qui est très bien, parce que ce que vous ramenez sur la table
est que le comité de transition fonctionne très bien, des bonnes... des
échanges avec le ministère du Transport, la Caisse de dépôt. Vous n'avez pas
besoin de l'agence à court terme, ça, c'est très bien. Parce qu'on m'a
dit : Vous appuyez l'agence. Oui, c'est très bien, mais c'est pour le
futur. Le comité de transition fait son travail. Donc, vous allez... Je vais
être obligé de vous poser la question : Ça sert à quoi, l'agence, dans ce
cas, pour la ville de Québec, si vous êtes capable de tout faire, de tout mener
et vous êtes un homme confiant?
M. Monty (Luc) : C'est
pour... C'est pour... On n'a pas seulement que le tramway à faire au Québec,
hein, c'est pour l'intérêt de... Et, même pour le tramway, il y a plusieurs
phases à faire. Alors que le gouvernement, que le ministère des Transports se
donne cette agence, c'est un plus, c'est un plus pour réaliser plusieurs
projets au Québec. Si on... La ville de Québec, on aurait pu dire : Bien,
nous, on a des indications claires que le projet de tramway va de l'avant. On
n'est pas obligé de commenter, là, sur l'agence, on est correct, comme vous
dites. Bien non, peut-être que l'agence aura à nous superviser, à superviser le
projet et certainement que l'agence va jouer un rôle dans les phases
ultérieures, parce que c'est... la caisse propose un grand projet à long terme,
et il y a d'autres projets au Québec. On travaille avec d'autres villes au
Québec, alors... puis c'est... Les façons qu'adopte l'agence pour travailler
avec les villes, bien, c'est important, c'est... On travaille avec le
gouvernement et des acteurs gouvernementaux quotidiennement en relation dans
nos champs de responsabilités respectifs. Alors, de la façon dont on travaille
ensemble, c'est important, puis c'est ce qu'on vient aujourd'hui expliquer,
comment l'agence... Je pense qu'on a une expertise là-dedans...
Le Président (M. St-Louis) : En
conclusion, s'il vous plaît.
M. Monty (Luc) : ...comment
l'agence peut bien fonctionner avec les municipalités pour faire arriver
rapidement ces projets-là.
M. Derraji : Je vous remercie
pour le passage. Merci.
M. Monty (Luc) : Merci.
Le Président (M. St-Louis) : Merci.
Je cède <maintenant la parole...
M. Monty (Luc) :
...ces projets-là.
M. Derraji :
Je
vous remercie pour le passage. Merci.
M. Monty (Luc) :
Merci.
Le Président (M. St-Louis) :
Merci.
Je cède >maintenant la parole au porte-parole du deuxième groupe
d'opposition. M. le député, vous disposez de 3 min 18 s. La
parole est à vous.
M. Zanetti : Merci, M. le
Président. Merci beaucoup de nous partager votre vision. J'ai deux questions.
Je commence par la plus courte. Est-ce que vous craignez que, dans l'état
actuel du projet de loi, l'agence favorise la privatisation de
l'opérationnalisation du transport en commun dans les villes? Est-ce que vous
voyez là quelque chose qui est un risque potentiel?
M. Monty (Luc) : Bien, en
fait, ce qu'on dit, c'est : Il serait souhaitable qu'on s'entende avec le
gouvernement sur les choix, ses... les orientations ou qu'il y ait... qu'il y
ait plus qu'une consultation, c'est qu'on fasse partie des discussions pour
faire ce genre de choix là et que ça fasse partie des ententes pour la
réalisation des projets.
M. Zanetti : Je comprends.
Donc, il y a un risque de privatisation...
M. Monty (Luc) : Dans la
mesure où il y a une contribution financière, bien, on dit : Bien, on
peut-tu... on peut-tu voir comment ça va être organisé?
M. Zanetti : C'est comme si,
essentiellement, dans l'état actuel des choses, ça... le projet de loi met les
municipalités dans un... une position de pouvoir insuffisant. Puis, tu sais, le
pouvoir de contrôler, disons, le transport en commun, puis son avenir, puis ce qui
va arriver pourrait lui échapper dans l'état actuel du projet de loi. OK.
Bien...
M. Monty (Luc) : Bien, ça...
il y a une formulation qui permet des décisions unilatérales, ça fait que...
M. Zanetti : Oui, il faudrait
enlever ça.
M. Monty (Luc) : ...c'est
dans ce sens-là qu'il peut y avoir une incertitude.
M. Zanetti : OK. Alors, on va
faire des propositions pour enlever ça. De ce que vous dites, j'induis une
espèce de vision de quel devrait être le rôle de chacun. Je vais vous dire ce
que je comprends, puis vous me dites... vous me direz si ça correspond à ce que
vous percevez.
Dans le fond, le rôle du gouvernement, ça
devrait être de financer le transport en commun. Le rôle des villes, qui est un
gouvernement de proximité, ça devrait être de planifier et concevoir le
transport en commun, parce que ... personne de mieux placé que les villes pour
connaître le terrain et les besoins. Puis le rôle de l'agence, ça devrait être
au service des villes dans la planification puis la conception. Puis là on a
l'impression que, disons, l'agence est comme un peu... pas tout à fait en
posture de service des villes, parce qu'ils ont comme un peu un pouvoir qui
vient empiéter dans le pouvoir des municipalités. Est-ce que je comprends bien
votre critique?
M. Monty (Luc) : On pourrait
le simplifier comme ça, mais c'est plus complexe, la réalité est plus complexe.
C'est que les villes ont quand même... n'en font pas... Une agence peut être
confrontée ou peut bénéficier de la réalisation de plusieurs projets, de
plusieurs expertises, d'un éventail que ce soit d'expertise internationale dans
le temps, et c'est ce que... c'est une raison de la création de l'agence,
dont... avec lesquelles une ville... les villes peuvent... dont les villes
peuvent bénéficier dans le temps.
Alors, c'est un échange, hein, oui, les
villes apportent ce qu'ils ont à apporter en matière d'aménagement. Ça, on
pense qu'on s'y connaît plus...
Le Président (M. St-Louis) : En
conclusion, s'il vous plaît.
M. Monty (Luc) : ...parce
que... Et, d'autre part, une agence peut apporter beaucoup d'expertise sur...
que ce soit le choix des, par exemple, des véhicules, le type d'infrastructure,
l'expérience. Alors, il y a un gain... on appelle ça, en économie, un gain
d'échange.
Le Président (M. St-Louis) : Malheureusement,
je dois vous interrompre. Ceci conclut le troisième bloc d'échange. Je cède
maintenant la parole au député des Îles-de-la-Madeleine. Vous disposez de
3 min 18 s. La parole est à vous.
M. Arseneau : Merci beaucoup,
M. le Président. Madame, messieurs. On n'en parle pas beaucoup... en fait, la
ministre évite soigneusement de dire que cette espèce de gros bureau de
projets, qui va s'appeler l'agence, là, ça va pouvoir réaliser non seulement
des projets de transport collectif, mais aussi des projets de transport
routier. Ce que vous demandez, là, à savoir qu'on respecte les compétences
municipales lorsqu'on va mener un projet sur le territoire de la ville de
Québec, est-ce que ça vaut aussi pour le troisième lien? Parce que c'est
l'éléphant dans la pièce, si on crée l'agence, c'est pour lui confier la
septième version du troisième lien. Allez-vous demander d'être partie prenante
à ce projet-là, dans les compétences municipales, pour le réaliser?
M. Monty (Luc) : Le troisième
lien, ce n'est pas un projet de compétence municipale.
M. Arseneau : Mais c'est un
projet complexe qui risque d'être confié à l'agence...
M. Monty (Luc) : Mais pas...
M. Arseneau : ...sur le
territoire de Québec, en partie...
M. Monty (Luc) : ...pas de
responsabilité municipale. Bon, maintenant...
M. Arseneau : ...pour ce qui
est de l'aménagement du territoire, par exemple, dépendamment où on atterrit du
côté de la ville de Québec.
M. Monty (Luc) : Bien,
évidemment, comme dans tous les projets quand le ministère des Transports
fonctionne quel soit-il, il y a des discussions puis...
M. Arseneau : Mais est-ce que
ça ne vous inquiète pas <que la mouture actuelle...
M. Monty (Luc) :
...quand
le ministère des Transports fonctionne quel soit-il, il y a des discussions
puis...
M. Arseneau :
Mais
est-ce que ça ne vous inquiète pas >que la mouture actuelle du projet de
loi fait une consultation en amont, puis, après ça, impose à peu près tout?
M. Monty (Luc) : Je ne peux
pas présumer que l'agence va pouvoir avoir à gérer le troisième lien ou quoi
que ce soit, là.
M. Arseneau : OK, moi, je le
présume, mais j'avoue que vous n'avez pas à rentrer là-dedans. a
M. Monty (Luc) : Tu sais, je
ne voudrais pas rentrer dans un projet quelconque, mais disons que, si l'agence
est responsable d'un projet de transport routier dans la région de la ville de
Québec, oui, je souhaite que... effectivement, on souhaite que le MIQ consulte
et travaille avec la ville de Québec pour s'assurer que les aménagements...
M. Arseneau : ...consulte en
amont, mais, également, puisse vous tenir dans le coup pour la réalisation, la
mise en oeuvre.
M. Monty (Luc) : Oui, mais,
maintenant, je ne peux pas exiger des choses si je ne participe pas
financièrement au projet, hein?
M. Arseneau : Mais on
pourrait aussi vous imposer une partie financière au projet, selon la mouture
actuelle du projet de loi. Mais je veux aborder le deuxième aspect. Ce que vous
nous dites, essentiellement, en page 7, c'est que la loi adoptée en 2019
vous donne la maîtrise d'oeuvre du projet. Maintenant, vous devez la partager
avec la Caisse de dépôt et placement<i>, puis vous dites : On veut
garder ça comme ça, ça devrait rester comme ça. Et vous dites : On est
favorables au projet de loi actuel, dans sa mouture actuelle, mais le projet de
loi, si, aujourd'hui, vous n'aviez pas eu cette loi de 2019, vous interdirait
toutes les responsabilités que vous avez présentement dans le projet de loi.
Est-ce que ça ne vous inquiète pas pour
des projets futurs? En d'autres mots, vous risquez d'être la dernière ville à
avoir les pouvoirs que vous avez pour réaliser un projet de transport collectif
au Québec.
• (12 h 50) •
Le Président (M. St-Louis) : En
30 secondes, s'il vous plaît.
M. Monty (Luc) : Bien, notre
priorité, c'est d'avoir les pouvoirs pour que ce projet de tramway se réalise.
Maintenant, quelles seront les conséquences pour d'autres projets, là, bien, ce
sont des éléments qui sont à examiner.
M. Arseneau : En d'autres
mots, vous dites : On est d'accord avec le projet de loi, d'abord que ça
ne touche pas, actuellement, le projet actuel et les compétences qui vous sont
reconnues.
M. Monty (Luc) : Bien, on
pense que la collaboration qu'on suggère implique qu'il y ait une certaine responsabilité
des municipalités, même légalement, dans... qui sont sujets à ce projet. Par
exemple, ce qu'on demande... Je pense, Serge, tu pourrais expliquer...
Le Président (M. St-Louis) : Malheureusement,
je dois vous interrompre, on a dépassé le temps alloué pour la période
d'échange. Donc, je souhaite vous remercier pour votre contribution aux travaux
de la commission.
La commission suspend ses travaux jusqu'à
15 heures. Merci beaucoup.
(Suspension de la séance à 12 h 51)
15 h (version révisée)
(Reprise à 15 h 13)
La Présidente (Mme Schmaltz) :
Alors, bonjour à tous. La Commission des transports et de l'environnement,
donc, reprend ses travaux. Nous poursuivons les consultations particulières et
auditions publiques sur le projet de loi n° 61, Loi édictant la Loi sur
Mobilité Infra Québec et <modifiant...
La Présidente (Mme Schmaltz) :
...auditions publiques sur le projet de loi n° 61,
Loi édictant la
Loi sur Mobilité Infra Québec et >modifiant certaines dispositions
relatives au transport collectif.
Avant de continuer, j'aimerais avoir le
consentement. Vu qu'on a débuté un petit peu plus tard, on aimerait amputer le
temps sur la banquette gouvernementale. Est-ce qu'il y a consentement?
Des voix
: Consentement.
La Présidente (Mme Schmaltz) :
Parfait. Merci. Alors, cet après-midi, nous entendrons les organismes suivants :
la ville de Montréal, la Société de transport de Montréal, le Réseau de
transport de la Capitale et Vivre en Ville.
Alors, je souhaite donc la bienvenue aux
représentants de la ville de Montréal. Je vous rappelle que vous disposez de
10 minutes pour votre exposé, après quoi nous allons procéder à la période
d'échange avec les membres de la commission. Alors, je vous invite à vous
présenter puis à commencer votre exposé.
Mme Plante (Valérie) : Alors,
merci beaucoup, Mme la Présidente, et permettez-moi de vous saluer, mais
d'abord, madame... Mme la ministre, Mme Guilbault, bonjour, ainsi que Mmes et
MM. les députés.
Alors, permettez-moi d'entrer dans le vif
du sujet. Vous le savez, l'accélération des projets de transport collectif est
une priorité pour Montréal, mais également pour la région métropolitaine de
Montréal. Et c'est donc avec beaucoup d'espoir et d'enthousiasme que nous
participons aujourd'hui aux consultations et auditions publiques sur le projet
de loi n° 61. Je tiens à remercier la ministre de l'initiative, et nous
partageons pleinement sa volonté d'actualiser les façons de faire au Québec en
matière de transport collectif et du développement de nos grands projets.
Je suis accompagnée aujourd'hui de MM. Claude
Carette, qui est le directeur adjoint... général adjoint, pardon, responsable
de l'urbanisme, de la mobilité et des infrastructures, ainsi que M. Jean
Therrien, directeur des grands projets en partenariat.
Dans la région métropolitaine, les
constats sont... actuels sont clairs, documentés et unanimes : le réseau
automobile est déjà surchargé, et, chaque année, le nombre de voitures augmente
plus rapidement que la population. Aussi, la congestion coûte 4 milliards de
dollars par année à la chaîne logistique, sans compter les impacts de plus en
plus importants liés à l'émission des gaz à effet de serre.
Rappelons que l'absence d'une offre de
transport collectif complète à travers la région métropolitaine représente un
frein majeur à la construction de milliers de logements et à l'atteinte des
objectifs de réduction des gaz à effet de serre du gouvernement du Québec, qui
souhaite les réduire de 37,5 % d'ici 2030.
À titre d'exemple, dans la métropole, ça
fait 30 ans qu'on n'a pas inauguré de station de métro à Montréal. Cette
année... en fait, depuis quelques... depuis deux ans, on a débloqué cinq stations
avec le gouvernement du Québec pour la ligne bleue, ce qui est une excellente
nouvelle, mais ce déblocage ne doit pas être considéré comme un miracle. C'est
un rattrapage qui ne doit pas être une norme. Pendant ce temps-là, l'est et le
grand sud-ouest de Montréal et plein d'autres régions au Québec attendent des
modes de transport structurant pour déplacer efficacement leurs populations,
qui ne cessent d'augmenter et qui souhaitent des alternatives efficaces à
l'auto solo.
On sent que l'accélération des projets, c'est
une volonté de ce projet de loi, et on l'applaudit, mais, pour qu'on passe du
rêve à la réalité, c'est essentiel d'intégrer des améliorations nécessaires au
projet de loi et à la future agence qui en découle. Cette agence doit accélérer
les projets, pas devenir une étape administrative supplémentaire. La création
de l'agence Mobilité Infra Québec offre une rare opportunité de mettre fin au «tout
à l'auto» qui a longtemps caractérisé les investissements en transport au
Québec. Malheureusement, telle que formulée actuellement, la mission de la
future agence risque de noyer les projets de transport collectif dans une
grande mer de projets autoroutiers.
Si le gouvernement croit véritablement que
le transport collectif est une solution à nos enjeux de mobilité et à nos
enjeux climatiques, si le gouvernement croit profondément que le transport
collectif, c'est un moteur formidable de développement économique, social et
résidentiel, ça ne serait pas cohérent de mettre les futurs projets de
transport collectif sur un pied d'égalité avec les projets routiers, essentiellement
pour deux raisons : tout d'abord parce que les projets de transport
collectif sont beaucoup plus complexes à développer et à organiser, et d'autre
part parce que les besoins en transport collectif sont criants.
Pour la ville de Montréal, c'est évident
que Mobilité Infra Québec doit prioriser le développement de projets de
transport collectif plutôt que des projets autoroutiers. Prenons, par exemple,
le futur projet de... structurant de l'Est, anciennement le REM de l'Est. Considérant
ses impacts majeurs autant en mobilité qu'en potentiel de développement
économique et résidentiel, considérant la grande complexité de son intégration
au paysage urbain et au réseau de transport actuel, on ne peut pas comparer ce
projet-là à la prolongation d'une autoroute qui existe déjà.
Notre première recommandation, c'est donc
d'inscrire, noir sur blanc, dans le projet de loi n° 61, que la
réalisation de projets de transport collectif est prioritaire dans la décision
de Mobilité Infra Québec.
Une autre façon d'accélérer les <projets...
Mme Plante (Valérie) :
...collectif
est prioritaire dans la décision de Mobilité Infra Québec.
Une autre façon d'accélérer les >projets,
c'est d'utiliser ce qui existe déjà et d'arrêter de repartir à zéro à chaque
fois. On doit miser sur l'expertise de chacun. Et, pour... dans la région
métropolitaine, c'est l'ARTM qui doit s'occuper de la planification et la
nouvelle agence qui devrait s'occuper de la réalisation.
La deuxième recommandation qu'on fait pour
Mobilité Infra est donc de se baser sur les études et la planification déjà
existantes pour les projets qui seront priorisés. Les experts des sociétés de
transport de l'ARTM et des villes de la région métropolitaine travaillent déjà
depuis de nombreuses années sur des projets de transport collectif qui sont
prometteurs et attendus. On les a documentés par des professionnels en fonction
de l'urbanisme, de l'évolution démographique, du réseau existant et des
réalités de quartier.
Comme l'a bien présenté l'ARTM, l'arrivée
d'une nouvelle agence ne doit pas forcer un redémarrage complet du processus de
priorisation et de planification qui est déjà bien entamé par l'ensemble des
acteurs locaux. De grâce, ne disons pas aux gens de l'est qu'ils devront attendre
encore trois ans pour savoir quel mode de transport sera implanté dans l'est de
Montréal et quand il va se faire. Ça vaut pour l'est, mais ça vaut aussi pour
les projets attendus et déjà étudiés dans la région montréalaise, je pense... je
pense notamment au lien du grand sud-ouest, qui fait déjà l'objet d'un dossier
d'opportunité par l'ARTM pour le prolongement de la ligne orange vers l'ouest, pour
au moins le connecter au REM, qui est à un kilomètre plus loin.
• (15 h 20) •
Pour répondre aux besoins de la
population, l'agence doit commencer à bâtir dès que possible et mener plusieurs
projets en même temps. Nous, on est prêts, les sociétés de transport le sont,
la population aussi.
Jusqu'ici, je vous ai parlé de la
structure même de Mobilité Infra Québec, mais j'aimerais vous parler de
l'éléphant dans la pièce : le financement. La meilleure structure de
gouvernance imaginable ne pourra jamais réussir à atteindre ses objectifs sans
une profonde transformation du mode de financement.
Premièrement, ça prend du financement
récurrent. Tant qu'on verra le transport collectif comme une dépense et non
comme un investissement, on ne répondra pas aux objectifs du gouvernement du
Québec en matière de densification et de réduction des gaz à effet de serre ni
aux besoins de la population, qui souhaite ardemment, dans la région métropolitaine,
des alternatives efficaces à l'auto solo. Il faut un financement qui est
récurrent et stable pour construire des projets de transport collectif et du
financement stable pour les opérer.
Les autres États qui ont développé une
expertise et des économies d'échelle en matière de construction de transport
collectif ont réussi grâce à une logique de développement constant avec du
financement régulier. On peut penser à notre voisin, l'Ontario. Le ratio
d'investissement est d'environ 75 % dans le transport collectif et
25 % pour les routes. Ici, c'est le contraire, puis on doit inverser la
tendance pour réussir.
Deuxièmement, il faut de la flexibilité.
Comme la STM a confirmé ce matin, l'ajout de mesures de financement autonome
serait extrêmement bénéfique pour les sociétés de transport. Ça leur
permettrait de réaliser des travaux et du développement immobilier autour de
leurs stations et d'en percevoir les droits aériens. Cet ajustement permettrait
de réduire la contribution directe des différents paliers de gouvernement, puis
c'est un argument qu'on juge qui est d'autonomie financière et qui serait
bénéfique pour tout le monde et d'abord et avant tout pour les contribuables,
qu'on veut tous protéger.
Troisièmement, Mobilité Infra Québec ne
peut pas glisser en dessous du tapis sa responsabilité de financer les
opérations des projets une fois qu'ils sont développés. D'ailleurs, la grande
région de Montréal traverse présentement une crise du financement sans
précédent, une crise de financement de ses opérations du transport collectif.
Une grande partie du problème découle directement du modèle d'affaires du REM,
dont l'offre de transport vient cannibaliser les revenus des autres sociétés de
transport. Ça n'a pas de bon sens et c'est, pour nous, un exemple à ne pas
reproduire. Donc, on souhaite que le projet de loi n° 61 intègre le
facteur des coûts d'opération dès sa conception des projets.
Finalement, toujours sur la question du financement,
on s'inquiète du pouvoir unilatéral de l'agence, qui pourrait déterminer la
contribution des villes aux futurs projets de transport collectif. Je tiens à
rappeler que la ville de Montréal investit déjà énormément d'argent. On a plus
de 1 milliard de prévu pour tous les projets en matière de transport
collectif. Pour vous donner un exemple, à lui seul, le REM de l'Ouest aura
coûté près de 300 millions de dollars à Montréal en intégration de toutes
sortes. Et ça, ça fait partie des... du «core business» de la ville de
Montréal, et on l'a fait, et, pour nous, c'est important de continuer à le
faire, mais vous comprendrez qu'on trouverait ça inacceptable de se faire
ajouter des factures de façon unilatérale en sachant qu'on fait déjà notre
part.
En terminant, on dépose un mémoire qu'on
juge <constructif...
Mme Plante (Valérie) :
...en
sachant qu'on fait déjà notre part.
En terminant, on dépose un mémoire
qu'on juge >constructif parce qu'on veut que ça marche. Montréal, c'est
une métropole d'avenir qui croit au transport collectif. Puis, pour notre
administration, c'est une priorité depuis le jour 1. Le projet de loi doit
prendre en considération notre expertise et les attentes de la région
métropolitaine. On sera toujours des alliés du transport collectif. On espère
donc que le projet de loi fera de Montréal, des villes et de la région
métropolitaine et leurs sociétés de transport des partenaires en bonne et due
forme, des partenaires du développement des grands projets. Parce que, des
exemples de partenariats efficaces, on en a. On peut penser au pont Champlain,
on peut penser à l'échangeur Turcot...
La Présidente (Mme Schmaltz) :
En terminant, s'il vous plaît.
Mme Plante (Valérie) : ...et
un projet qui marche très bien, celui de la ligne bleue, qui est présentement
en cours et qu'on a développé avec le gouvernement du Québec. Alors, en se
basant sur ce qui marche, sur de bons exemples, on peut aller plus loin...
La Présidente (Mme Schmaltz) :
Merci.
Mme Plante (Valérie) : ...et
on a hâte de voir ce projet de loi évoluer.
La Présidente (Mme Schmaltz) :
Merci beaucoup. Merci pour votre exposé. Alors, nous allons débuter, donc,
la période d'échange avec les parlementaires. Mme la ministre, vous disposez de
14 minutes.
Mme Guilbault :Merci beaucoup, Mme la Présidente. Salutations à tous les
collègues en ce début d'après-midi, ou plutôt de séance de l'après-midi. Mme la
mairesse, toujours un plaisir, messieurs aussi. Désolée, des fois ça finit un
peu abruptement, là, mais on a les gardiens du temps ici. Puis c'est la même
chose pour nous, les députés, on se fait interrompre au bon moment. Donc, c'est
parfait comme ça, sinon on n'en finirait plus, des fois. Mais... Mais donc,
vraiment, merci beaucoup.
Moi, j'avais, évidemment, regardé les...
le mémoire, les recommandations. Puis on aura, je pense, tout de suite après
vous, la STM, d'ailleurs. Ça fait qu'il y a peut-être des éléments qui vont se
recouper. Ça fait qu'on aura une bonne discussion avec deux partenaires de
choix, ville de Montréal, STM. Le nombre de fois où on peut se parler, nos
équipes, le nombre de projets qu'on a à travailler ensemble... Donc, quand vous
dites : On est des partenaires du transport collectif, je dirais même :
Vous êtes des partenaires du ministère, parce qu'on a vraiment beaucoup,
beaucoup de dossiers ensemble. Donc, toujours un plaisir.
Vous avez aussi mentionné le projet de la
ligne bleue. Et je trouve ça intéressant, là, que ça vienne de la municipalité
comme telle, qui, hors de tout doute raisonnable, confirme que le projet de la
ligne bleue est en train de se réaliser. Et ça, c'est très, très, très
intéressant. Ça fait tellement longtemps qu'on l'attendait. Il a déjà été
annoncé plusieurs fois par d'autres gouvernements, mais là, maintenant, il est
réalisé... il est en train de se réaliser, très bonne nouvelle, un contrat
qu'on a signé cet été. Alors, cinq nouvelles stations sur la ligne bleue pour
l'est de Montréal. Donc, ça, c'est une très, très belle nouvelle. D'ailleurs,
on en fera l'annonce incessamment quand les... les divers agendas le
permettront.
Bref, sur cette belle introduction, j'ai
envie de commencer avec, justement, le partenariat puis la recommandation n° 3 dans votre mémoire, puis plus largement, là, la
question, justement, de la collaboration puis des futures ententes. La
recommandation n° 3 fait référence à l'article 31 du projet de loi,
qui prévoit un peu ce que... ce dont on peut convenir dans une entente, mais il
y a, par ailleurs, l'article 74, aussi, de la loi qui vient dire qu'on
doit fonctionner par entente, que ce soit avec les sociétés de transport, l'ARTM,
le Réseau de transport métropolitain, etc. Donc, on va fonctionner par entente
à la fois pour le... les modalités du financement et pour les éventuelles
modalités de l'exploitation du projet.
Donc, pour nous, parce que c'est ça... puis
je le dis à tous ceux qui soulèvent la question... puis, en fait, pas mal tout
le monde a soulevé la question du partenariat, qui est naturel, quant à moi,
mais qui est important d'être enchâssé quelque part dans la loi. Et, pour nous,
la façon de le faire, c'était, entre autres, via l'article 74. On peut
combiner avec l'article 31. Bref, pour nous, cette volonté-là d'avoir des
ententes, donc un partenariat formalisé, il est présent... elle est présente,
plutôt, la volonté, dans le projet de loi.
Alors, qu'est-ce que vous en pensez?
Est-ce que vous estimez que ce sont de bons articles? Est-ce que... Parce que
ça me semble aller dans le sens de ce que vous réclamez, qui est tout à fait
légitime, d'ailleurs.
Mme Plante (Valérie) : Oui.
Merci beaucoup, Mme la ministre. Puis, en effet, on est très... Quelle belle...
Quelle belle nouvelle pour l'est de Montréal, la ligne bleue, et la façon dont
on avance dans ce projet! Donc, on s'en réjouit. Et, effectivement, je le disais
tantôt, c'est un bon exemple d'une... d'un travail qui se fait en collaboration
avec les compétences de chacun. Donc, moi, je pense qu'il faut... ce qui ne
marche pas, mais il faut dire ce qui marche aussi, là, c'est important.
Pour ce qui est de l'entente, vous avez
raison, je pense, ça a été soulevé par la ville de Québec plus tôt, là, ce
matin. C'est vrai que l'article 74 prévoit une entente, mais on sent, de
la façon dont c'est écrit... puis là on pourrait peut-être me le montrer, mais
on sent quand même... je pense, ça vaudrait la peine de raffiner le texte pour
ne pas qu'on en vienne à imposer une entente. Tu sais, c'est... c'est des mots
qui parfois peuvent avoir... Je pense que ce que j'entends, c'est une volonté
qu'on trouve une solution, mais d'imposer une entente, au final, pour moi, pourrait
envoyer un message comme quoi l'agence pourrait décider : Bon, bien, c'est
ça, c'est ça, puis finalement on avance.
Alors, moi, j'ai... Le mot qu'ils ont dit,
c'est : «À défaut d'entente, le gouvernement fixe le montant de la
contribution financière», et tout ça. Donc, c'est... j'ai envie de vous dire :
Si on est capables de se baser sur des exemples qui fonctionnent <bien...
Mme Plante (Valérie) :
...de
vous dire : Si on est capables de se baser sur des exemples qui fonctionnent >bien,
je ne pense pas... je pense que cette terminologie-là ou la façon dont c'est
rédigé, pour moi, me donne une espèce de : Bien, voyons, tu sais, pourquoi
est-ce que c'est écrit comme ça? Donc, moi, j'ai envie de vous inviter, tout
simplement, à faire en sorte... ou, du moins, que ce soit écrit d'une manière
où on arrivera à une entente satisfaisante, puis surtout quand on parle des
contributions.
Et, vous savez, moi, quand je le lis, cet
article-là, je me suis dit : Probablement qu'il y a plein de villes au
Québec qui n'ont pas nécessairement le réflexe de la ville de Montréal d'avoir
un plan d'investissement sur 10 ans, où, comme je le disais tantôt, on a 1 milliard
de dollars, là. Nous, ça fait partie de ce qu'on fait. Alors, je peux
comprendre qu'il va falloir amener les villes à dire : Bon, bien, refaire
des rues ou repenser des intersections, mais je pense qu'il faut vraiment...
pour la ville de Montréal, en tout cas, la formulation ne correspond pas ou
vient un peu nous... comment dire, donc, nous donner l'impression qu'il n'y
aurait pas... ça pourrait nous être imposé, puis on ne serait pas confortables
avec cette façon de faire.
• (15 h 30) •
Mme Guilbault :Bien, c'est vrai que, puis c'est ce que M. Monty de la
ville de Québec disait ce matin, de toute façon, on a intérêt à s'entendre, tu
sais, on ne voit pas... Puis, comme je l'ai dit souvent, nous, comme
gouvernement, on n'a aucun intérêt à imposer un projet dans un endroit où la
ville n'en veut pas. Pour moi, ça ne fait pas de sens. On manque tous d'argent.
Ça fait qu'avant... avant de payer un projet dont quelqu'un ne veut pas, on
va... on va essayer de faire tous les projets que les gens veulent. Donc, on a
exactement le même objectif puis un peu la même opinion là-dessus.
Mais il reste que, pour nous, c'était
aussi une façon de s'assurer que les municipalités sont conscientes qu'elles
vont avoir une part à jouer dans le financement des projets. Vous le dites,
pour Montréal, c'est naturel, là, on a déjà des partenariats sur plusieurs
projets, puis ça se fait tout seul, mais, dans l'éventualité où on va
développer le transport collectif un peu partout en dehors de la grande région
de Montréal, pour nous, c'est aussi important de s'assurer que chacun contribue
financièrement au projet qui va desservir son territoire. Donc, c'était aussi
cet objectif-là, parce que l'agence, justement, le but, c'est d'avoir une
planification nationale, puis je vais faire le lien avec votre première
recommandation sur la planification, mais... mais, c'est ça, je pense qu'on est
vraiment rendus là. D'ailleurs, vous avez, vous aussi, salué la création de
cette agence-là. Vous êtes... La quasi-totalité des gens qui viennent en
représentation, d'ailleurs, saluent cette initiative-là, parce que je pense
qu'on est vraiment rendus là en 2024.
Et, dans votre recommandation n° 1... puis il y a... dans le mandat... je pense, c'est
l'article 4, en tout cas en début du projet de loi, la notion de
planification est intégrée au projet de loi. Et là je vois, dans votre première
recommandation, vous dites : Inclure dans la portée du projet de loi une
priorisation des projets de transport collectif dans les mandats de MIQ. C'est bien
4 ou c'est 5?
Une voix : ...
Mme Guilbault :C'est 4, c'est ça. Donc... Alors, c'est ça, dans les mandats de
MIQ.
Alors, à l'article 4, déjà, on
mentionne. Mais vous, puis dans la mesure où il y a déjà un mandat de
planification à l'ARTM, que vous connaissez bien, comment est-ce que vous voyez
ça, l'arrimage, là, entre la... entre le mandat qui existe déjà à l'ARTM et
quand même une certaine redondance qu'on a donnée de... comme possibilité à MIQ
de pouvoir faire cette planification-là, parce qu'elle a un rôle un peu supra
qui déborde, évidemment, la CMM? Donc, vous, comment vous voyez ça? Puis quel
était exactement, un peu, le sens de votre recommandation n° 1?
Mme Plante (Valérie) : Bien,
écoutez... puis juste rapidement pour vous dire : Je pense que... Avec ce
que vous me dites, moi, ça me rassure concernant la nécessité de trouver une
entente. Mais moi, je vous dis... pour qu'on... pour que ça... on aille de
l'avant, moi, je vous... je vous recommande fortement de dire... d'enlever le
«à défaut». Je pense que ça va... ça nous met dans de meilleures dispositions.
Ceci étant dit, pour la recommandation de
la planification, comme vous le savez... Puis, encore une fois, la région
métropolitaine, on a l'ARTM dont c'est le mandat. D'ailleurs, il y a le plan
stratégique qu'on... qui devrait être déposé bientôt, puis on a très, très...
on a très, très hâte étant donné que ça n'a pas passé la première fois, ça a
été un échec, la première mouture qui n'a pas été entérinée. Et donc la
planification, elle se fait.
Alors, pour le reste du Québec, je ne vais
pas me prononcer, mais moi, j'ai envie de vous dire que l'agence devrait être
dans la réalisation. Ça devrait être très, très clair que la planification
devrait se faire par l'ARTM. Et pourquoi je vous dis ça? C'est que je vous
donne des exemples. L'ARTM va... va colliger l'ensemble des données. J'ai
présenté, en juin dernière... dernier, la révision du plan d'urbanisme, et on a
décidé de l'appeler un plan d'urbanisme et de mobilité parce que, justement, on
y intègre l'ensemble des besoins. On a même utilisé des données démographiques
pour dire exactement où on... où les gens vont s'installer, dans les
50 prochaines années, à Montréal. Donc, tout est documenté. Et je ne peux
pas me prononcer pour d'autres régions qui n'ont peut-être pas un appareil ou
une agence... l'agence... l'ARTM, mais moi, je considère que ce serait
redondant. Et c'est là que je trouve que ça serait... il y a un risque que ça
devienne une étape administrative, votre agence. Puis moi, je ne veux pas ça.
Moi, je veux que l'agence vienne réaliser des projets, se base sur les données
qu'ils ont, factuelles, tout ce que l'ARTM ramasse avec les sociétés de
transport, les villes...
15 h 30 (version révisée)
Mme Plante (Valérie) : ...factuel,
tout ce que l'ARTM ramasse avec les sociétés de transport, les villes, et qu'on
puisse aller... même des consultations. On a une une compréhension du terrain
qui est très raffinée dans la région métropolitaine et comment l'agence
pourrait venir réaliser. Alors, dans le meilleur des mondes ou, idéalement, l'ARTM
continuerait d'être en charge de la planification, même si l'agence est... une
fois l'agence en place.
Mme Guilbault :Parfait. Merci. J'ai... Le temps qui avance, peut-être mon
collègue qui voudra... Ça, c'est... OK, parfait.
Je vais vous amener à la recommandation n° 6, parce que je la trouve extrêmement intéressante puis
elle nous amène au projet de loi n° 62. Je ne sais pas... Parce que,
depuis le début, moi, mon projet de loi, il est très, très lié au projet de loi
de mon collègue du Trésor. Je ne sais pas si vous avez été appelés à témoigner
ou si vous avez été consultés dans le cadre du projet de loi n° 62... Oui?
Bon. Alors donc, vous le connaissez, c'est la réforme des modes contractuels de
l'État et ça inclut, de manière connexe, une révision de la directive sur les
projets majeurs, donc, qui est l'objet de votre recommandation n° 6.
Et donc, c'est ça, donc, en fait, première chose, je pense qu'avec cette
réforme-là qui est faite chez mon collègue, on répond à la recommandation n° 6, et moi, mon projet de loi n'aurait pas de sens puis
il n'aurait pas de gain en efficacité si on n'avait pas d'ailleurs la réforme
parallèle au Conseil du trésor. Donc, c'est pour ça que je dis que les deux
vont ensemble.
Mais est-ce que vous... Puis là vous
mettez la recommandation ici, dans mon... dans le mémoire de mon projet de loi
aussi, est-ce que c'est parce que, selon vous, le projet de loi n° 62 n'y
répond pas ou est-ce que, finalement, c'est juste une manière de rappeler que
le projet de loi n° 62 est un autre excellent projet de loi qui vient
donner plus d'efficacité au mien? C'est probablement l'option deux.
Mme Plante (Valérie) : Merci beaucoup
pour la question. Permettez-moi de laisser M. Therrien vous répondre.
M. Therrien (David) : Bien,
effectivement, le projet de loi n° 61 ne ferait peut-être pas le même sens
s'il n'y avait pas le projet de loi n° 62 aussi qui est à l'étude. Et le
point qu'on soulève, par rapport à la directive, c'est que je pense que c'est,
en ce moment, une bonne étape pour la revoir, cette directive-là, question d'avoir
plus d'agilité à l'intérieur des projets. La directive actuelle, elle est très
linéaire et séquentielle, c'est-à-dire qu'on doit à chacune des étapes, passer
des points de contrôle et poursuivre. Et il n'y a pas moyen de prendre de l'avance
ou d'accélérer les investissements ou le travail fait au sein d'un projet. Ça
tourne autour aussi de la prise de risque dans un projet, c'est-à-dire qu'on n'a
pas nécessairement besoin d'attendre de connaître le projet ultime et final et
la décision finale pour déjà amorcer certaines parties d'un projet. Des fois,
il y a des investissements qu'on doit faire, des plans et devis ou du détail qu'on
peut faire dès les premières phases d'un projet parce qu'on sait que ça sera
incontournable dès qu'il y aura un projet.
La directive actuelle nous permet
seulement de décomposer par phase de projet et on a vécu, dans la région
Montréal, d'autres façons de faire, notamment avec la <i>caisse qui,
elle, se permettait de prendre des risques. On développait un projet, mais, à
certaines parties du projet, la conception, elle était déjà très, très avancée,
même si on n'avait pas encore arrêté la somme ou le tracé final, la position
locale, la finale de chacune des stations. On était déjà en train de travailler
les parties qui étaient confirmées et qui avaient une bonne chance d'aller de l'avant.
Comme ça, au jour où on a eu une décision, bien ces parties-là étaient déjà
faites, et c'est plus facile de respecter un échéancier ou même de prendre de l'avance
sur un échéancier.
Donc, la linéarité de la directive, c'est
ce qu'on aimerait pouvoir revoir et assumer le fait qu'on devait prendre des
risques dans le cycle de vie d'un projet pour devancer certaines interventions,
pour respecter une date de livraison et avoir le service le plus rapidement
possible à la toute fin.
Mme Guilbault :Exactement. Puis hier on avait, entre autres, Pomerleau puis
l'ACRGTQ, des fois, je ne dis pas les lettres dans le bon ordre, là, mais, en
tout cas, <i>l'association pour les grands travaux, et tous les deux nous
ont abondamment exemplifié la plus-value des modes collaboratifs, justement,
là, pour des taux... tu sais, pour éviter d'avoir une conception, une
réalisation qui sont séparées, le cloisonnement des différents soumissionnaires
potentiels, etc. Alors, c'est une évidence qu'il y a des gains en efficacité
et, donc, dans les coûts, avec ces nouveaux modes là.
Peut-être un élément sur le financement,
parce que, tu sais, c'est quand même un élément incontournable, là, même si ce
n'est pas directement dans le projet de loi, c'est un peu là, de manière corollaire,
et simplement vous dire... Il me reste combien...
Une voix : ...
Mme Guilbault :43 secondes! Bon, bien, en fait, juste vous dire que
je suis très intéressée et très sensible à la recommandation n° 8.
On a eu, au début de l'été ou, en tout cas, pendant l'été, une rencontre très
intéressante avec le bureau de projet de la ligne bleue et donc toute la
question de la valorisation immobilière, dans la foulée de la recherche de
nouvelles sources de revenus, sachez qu'on est très... on partage votre intérêt
pour la chose.
Mme Plante (Valérie) :
Parfait. Merci. On aime toujours ça...
Mme Guilbault :
Et on n'a plus de <temps...
Mme Plante (Valérie) :
...
Parfait. Merci. On aime toujours ça...
Mme Guilbault :
Et on n'a plus de >temps. Merci beaucoup.
La Présidente (Mme Schmaltz) :
Parfait. Mon Dieu! Le temps est écoulé, on arrive parfaitement à zéro. Alors,
je vais céder maintenant la parole au porte-parole de l'opposition officielle
pour un temps de 9 min 54 s.
M. Derraji : Merci, Mme la
Présidente. Bonjour, Mme la mairesse, je vais dire «ma mairesse», je suis le
seul Montréalais autour de la table. Donc, bienvenue en commission et bienvenue
aux deux personnes qui vous accompagnent.
Je vais aller droit au but. Article 74
du projet de loi : à défaut d'une entente avec les municipalités ou les
sociétés de transport, le gouvernement se donne la possibilité de fixer
unilatéralement la contribution financière exigée. Vous en pensez quoi?
Mme Plante (Valérie) : Bien,
écoutez, je pense que je l'ai... Bonjour. Bonjour, et, écoutez, merci pour la
question. Je l'exprimais tout à l'heure, je pense que, dans des dossiers comme
ceux-là, où le transport collectif est une priorité pour la ville de Montréal
puis où on a démontré à quel point on est proactifs, investis, on investit
beaucoup d'argent, on est en mode solution, alors, évidemment, pour nous, ça
doit... il doit y avoir effectivement une entente. Ça ne peut pas être une
entente imposée.
Et, pour être bien honnête avec vous, ça
s'inscrit dans un principe plus large, qui est celui de l'autonomie municipale.
Alors, que ce soit pour des sources de financement ou décider d'un tracé ou un
mode de transport, il faut qu'il y ait une entente en bonne et due forme, et ça
ne peut pas être imposé. Je pense qu'on peut... on peut parler d'un modèle, le
REM de l'Est, à plusieurs égards, a échoué, entre autres parce que la ville de
Montréal n'était pas impliquée dès le départ puis qu'il n'y avait pas cette
collaboration. Et c'est une des raisons, je dirais une grande raison pour
laquelle on n'a pas pu aller plus loin. Enfin, du moins, ça a achoppé. Donc, je
continue de penser qu'il faut qu'on s'entende. On peut... ça ne peut pas... en
fait, ça ne peut pas être imposé.
• (15 h 40) •
M. Derraji : Bien, vous avez
raison, et on va le surveiller lors de l'étude détaillée. C'est un article,
clairement, que nous, on va amender, vous avez notre parole par rapport à ça.
Vous avez, tout au long de votre excellent
mémoire que je tiens à saluer, l'équipe... vos équipes qui ont travaillé sur ce
mémoire, insisté beaucoup sur les fiches d'avant-projet, les dossiers
d'opportunité et dossiers d'affaires. Et un peu plus tôt aujourd'hui, vous avez
mentionné : Écoutez, nous, ce qu'on veut au niveau de l'agence, c'est
qu'elle s'occupe de livrer les projets. Donc, s'il vous plaît, ne perdons pas
de temps dans la planification, on est capables de planifier, nous avons un
plan de développement, on sait comment gérer le transport en commun dans notre
ville, ce qu'on veut par rapport à l'agence, il est clair.
Aujourd'hui, j'ai posé la même question à
la ville de Québec, tout à l'heure, je disais, à un certain moment :
Faisons de la futurologie, c'est quoi, vos attentes par rapport à l'agence une
fois... elle est opérationnelle?
Mme Plante (Valérie) : Bien,
écoutez, en sachant que l'ARTM, l'Autorité régionale du transport
métropolitain, a été créée par le gouvernement du Québec, donc, c'est des...
pour faire de la planification, elle a sa raison d'être. Alors, pour moi, ce
que je souhaite, c'est que la nouvelle agence, qui vise à accélérer la
réalisation de transports collectifs, on se concentre là-dessus. Ça doit
vraiment être sur cet élément-là. Si on repart tout à zéro, comme je le disais,
on va perdre des années, on va perdre de l'argent, parce que le gouvernement
investit de l'argent, les villes, également, tous ces bureaux de projets ou ces
étapes préliminaires... Donc, les Montréalais, les citoyens... Je vais mettre
mon chapeau de présidente de la Communauté métropolitaine de Montréal, je peux
vous dire qu'on a faim de transport. Les études sont là, donc, moi, ce que je
souhaite, c'est que... Puis je ne nommerai pas tous les projets qui sont en
place. D'ailleurs, il y a le... j'ai oublié l'acronyme, le plan stratégique...
Une voix : ...
Mme Plante (Valérie) : Le
plan stratégique de développement qui devait être adopté il y a quelques
années, qui devait juste solidifier les projets de développement. Alors, je
pense qu'on doit partir de ça, dire : Merci, l'ARTM, et l'agence, elle
réalise.
M. Derraji : ...beaucoup
d'énergie, Mme la mairesse, mais je risque de vous décevoir, parce
qu'aujourd'hui Mme la ministre a dit clairement à vos collègues préfets, maires
et mairesse de la couronne nord : Écoutez, il n'y a plus d'argent. Tout à
l'heure, vous avez dit que l'éléphant dans la pièce, c'est le financement. Et
ce que vous avez dit, par rapport à la structure de gouvernance, ce que vous
souhaitez, c'est un financement récurrent.
Je repose ma question. Je me projette dans
le futur, une agence où il n'y a pas de financement attaché... C'est bien beau
avoir des projets, si on ne va pas avoir d'argent pour financer ces projets, je
me pose la question, ça sert à quoi, une agence?
Mme Plante (Valérie) : Bien
là, il faut... Vous me posez la question, moi, je peux vous donner des
solutions. On est bien bon, là-dedans, les maires et les mairesses, trouver des
solutions très pratico-pratiques. Comme je le mentionnais, je pense que pour
avoir du financement récurrent, surtout quand on sait qu'un <gouvernement...
Mme Plante (Valérie) :
...je
pense que pour avoir du financement récurrent, surtout quand on sait qu'un >gouvernement
peut faire un déficit, pas les villes, bien, je pense qu'on pourrait aller vers
inverser la pyramide de la priorisation du financement au sein du ministère des
Transports du Québec. L'Ontario : 25 % pour l'autoroutier, 75 %
pour le transport. Ici, c'est l'inverse. Je sais que, Mme la ministre, vous
allez peut-être me dire que c'est 50 % à peu près, mais il y a quand même
des fonds... il y a des fonds privés là-dedans. Mais c'est... c'est bon,
peut-être proche 50 %, mais on n'arrivera jamais à faire les projets dont
on a besoin si on n'est pas... on n'inverse pas la logique.
Et ça, ça demande... ce n'est pas facile,
je le sais, mais, si on croit au transport collectif, là, comme un outil de
développement puis lutter contre les changements climatiques, il faut qu'il y
ait... il faut qu'il y ait de l'argent. On n'y arrivera pas sinon. Alors,
l'Ontario le fait, on aime beaucoup se comparer à l'Ontario, alors faisons... Heille!
moi, j'ai... Comparons-nous à l'Ontario concernant le financement du transport
collectif.
M. Derraji : Bien, écoutez,
votre message est reçu. Et j'en suis sûr que la ministre responsable du
Transport...
Mme Plante (Valérie) : Le dit
souvent.
M. Derraji : Oui, oui. Bien,
je peux... je peux en rajouter et lui transmettre directement le souhait qu'on
doit dépasser l'Ontario, pas uniquement être comme l'Ontario. On veut être
avant-gardistes en matière de financement de transport.
Ce qui me ramène à l'autre proposition.
Vous avez parlé tout à l'heure, Mme la ministre l'a évoqué, je ne sais pas si
vous avez vu le projet de loi... parce que la solution existe, c'est un projet
de loi n° 791, Loi permettant à des organismes publics de transport en
commun de développer des projets immobiliers aux abords ou au-dessus de leurs
infrastructures de transport en commun, je l'ai déposé au mois de mai ou avril
dernier. La ville de Montréal pense quoi de ce projet de loi? Est-ce que vous
pensez qu'on doit l'ajouter dans le cadre du projet de loi que nous sommes en
train d'étudier? Est-ce que ça va vous aider en matière de financement?
Mme Plante (Valérie) : La
réponse est oui. Vous savez, les villes, on est aux prises avec des... comme je
le disais, on a plusieurs choses à gérer, c'est normal, une ville, mais j'ai
envie de vous dire que le nombre de responsabilités tend à augmenter, et, s'il
y a un poste budgétaire qui augmente le plus... le plus important, c'est celui
du financement du transport collectif.
Et j'en profite pour dire que, juste pour
vous donner une idée, la ville de Montréal, là, c'est 687 millions de
dollars qu'on investit, qu'on donne à l'ARTM par année en quote-part, et
rajoutez là-dessus 35 millions que nous payons, la ville de Montréal, pas
les couronnes, là, pour la gratuité pour les personnes aînées, parce qu'on
croit à des mesures anti-inflation sur le long terme.
Donc, on est investis, on y croit, on met
l'argent, mais on a besoin de nouvelles sources de revenus. J'ai envie de vous
dire que ça touche la fiscalité municipale plus largement. Mais, dans tous les
cas, avoir... de pouvoir faire de la captation, de pouvoir avoir les droits
aériens, c'est absolument névralgique. Et, en plus, ça permettrait de faire
des... au-dessus des stations de métro par exemple, plus de logements, plus de
densité, mais d'en retirer une source de revenus. Et ça serait bon pour vous
aussi, ça serait bon pour le gouvernement puis ça serait bon pour les
contribuables.
M. Derraji : Bien, vous avez
raison, mais, encore une fois, le projet de loi, il est là. Moi, ça ne me
dérange pas d'amender le projet de loi de Mme la ministre. On verra son
ouverture, si elle veut vous donner plus d'autonomie.
Ça va me permettre de rebondir sur quelque
chose qui a été mentionné par Mme la ministre, votre collègue a répondu. J'ai
eu la chance à échanger avec le ministre, qui est le collègue de Mme la
ministre, par rapport aux contrats de partenariat, et j'ai mentionné que nous
devrions intégrer la notion du contrat de partenariat, mais, à ma grande
surprise, le ministre des Infrastructures a refusé. Donc, c'est à suivre. Je ne
sais pas, Mme la ministre qui est responsable du transport, c'est quoi, son
ouverture, mais absolument, il faut l'indiquer. Si c'est votre souhait que,
même en matière de transport... Ça a été mentionné lors de l'échange sur le
projet de loi sur les infrastructures. Mais au moins, aujourd'hui, vous, vous
êtes claire. Pour les contrats de partenariat, c'est quelque chose que vous
voyez d'un bon oeil au niveau de la ville de Montréal.
Mme Plante (Valérie) : Absolument.
Je ne peux pas être plus claire que ça.
M. Derraji : Oui, mais
c'est... c'est très court, mais c'est très... c'est très court, mais c'est très
efficace.
Je vais juste revenir très rapidement sur
l'étape de planification versus financement. Vous, aujourd'hui, vous dites
qu'on a plein de projets. Demain, ce que vous dites à l'agence, c'est :
Priorisez. Quand je lis les critères de priorisation, c'est quoi, le critère
qui devrait être dedans au niveau de la priorisation des dossiers d'affaires à
faire avancer et financer?
Mme Plante (Valérie) : Permettez-moi
de... mon collègue M. Carette.
M. Carette (Claude) : Donc,
les choix de priorisation de projets, dans le fond, au niveau des critères...
Il y a différents projets qu'on travaille présentement avec le gouvernement du
Québec, qu'on pense, par exemple, le grand Sud-Ouest, qu'on pense le PSE. Donc,
il y a différents critères. C'est les dossiers d'opportunité, ça existe déjà.
La Présidente (Mme Schmaltz) : En
terminant, s'il vous plaît. Il vous reste...
M. Carette (Claude) : Et c'est
le cheminement des projets individuels. Ça fait qu'il y a des choix à faire à
ce niveau-là. Mais, pour nous, pour une ville, évidemment, c'est le... Aussi,
on fait le lien avec le...
Mme Plante (Valérie) : Ce
qu'on veut, la priorité, c'est le transport collectif plutôt que <l'autoroutier...
Mme Plante (Valérie) :
...Ce
qu'on veut, la priorité, c'est le transport collectif plutôt que >l'autoroutier.
C'est ça qu'il faut faire. C'est ça, c'est ça. Si on veut...
M. Derraji : Quel...
Mme Plante (Valérie) : Tout.
Pour changer le monde, là, il faut que ça soit le transport collectif avant le
transport autoroutier.
La Présidente (Mme Schmaltz) : Parfait.
Merci beaucoup.
M. Derraji : ...Merci à vous
trois.
La Présidente (Mme Schmaltz) : Merci.
Alors, je vais céder la parole maintenant, donc, au porte-parole du deuxième
groupe d'opposition. Vous avez 3 min 18 s.
M. Grandmont : Parfait. Merci
beaucoup, Mme la Présidente. Mme la mairesse, Messieurs, bonjour. On a peu de
temps. J'ai quelques questions.
Peut-être revenir rapidement, là, sur ce
qu'il y a de compris dans le projet de loi n° 62 qui permettrait de faire
des acquisitions sous un mode collaboratif, qui permettrait de sauver 15 %
des coûts, 25 % des délais, selon les estimations du ministre. Pour
l'instant, ce n'est pas permis pour les municipalités et les sociétés de
transport. Est-ce que ça doit être octroyé aux sociétés de transport pour
qu'elles puissent faire un travail? C'est le même argent, hein, les Québécois
paient, peu importe la poche. Mais est-ce qu'on devrait l'accorder aussi aux
municipalités ou aux sociétés de transport?
Mme Plante (Valérie) : La
réponse, c'est oui. Vraiment, c'est... Pour nous, ça va de soi. Il faut
diversifier les sources de revenus puis il faut vraiment... puis maximiser le
potentiel au niveau de... puis la raison de transport collectif, entre autres,
ça nous aiderait pour pouvoir faire des projets avec du logement et autre.
Donc, c'est nécessaire.
• (15 h 50) •
M. Grandmont : Exactement.
Parfait. Merci. Peut-être, la même chose aussi, là, sur la question de la
valorisation immobilière, c'est quelque chose qui a été demandé quand même dans
plusieurs projets de loi sur lesquels j'ai eu la chance de siéger, on comprend.
Il y a plusieurs interlocuteurs qui sont venus ici, qui nous ont dit que ce
n'était pas une panacée, ça ne réglerait pas tous les problèmes de financement,
mais il y a visiblement une crise de financement en transport collectif au
niveau des opérations. Il faut trouver des solutions. Est-ce que, selon vous,
ce serait un pas dans la bonne direction?
Mme Plante (Valérie) : La
réponse, c'est : absolument.
M. Grandmont : Parfait.
Merci. Sinon, pour imposer, là, des contributions financières, là, votre
recommandation 7. J'ai compris votre réponse... je veux juste être sûr de
bien comprendre, là. Dans le fond, c'est qu'on a une négociation, on doit
s'entendre, là, Mobilité Infra Québec doit s'entendre théoriquement avec la
municipalité, mais il y a toujours cette épée de Damoclès là qui dit :
Vous savez quoi? Si jamais on ne s'entend pas, là, bien on va vous l'imposer,
la contribution financière. Est-ce que je me trompe? Est-ce que c'est votre
interprétation aussi?
Mme Plante (Valérie) : Bien
oui, c'est que ça... pour nous, ça ne tient pas la route, la phrase qui dit :
«À défaut d'entente, le gouvernement fixe le montant de la contribution.»
Comprenez, on parle ici d'argent, et quand on sait que les villes, déjà, on
investit... Quand il y a un projet de transport collectif, comme je disais, on
va refaire des rues, des trottoirs, on va refaire les tuyaux, on va faire des
pistes cyclables, on va faire plein de choses, et on le prend dans nos budgets,
on le met dans notre planification financière, alors qu'on verrait mal qu'on
nous dise : Bien, écoutez, maintenant, c'est tel montant, c'est comme ça,
que vous devez ajouter. C'est pour ça qu'il faut qu'on se parle. Et j'ai de
bons exemples, et je teins à le mentionner : La ligne bleue est un bon exemple,
une très bonne entente avec le gouvernement, on s'entend, on se parle. Alors,
basons-nous sur ce qui fonctionne plutôt que de nous imposer. Pour moi, cette
phrase-là est mal avisée, on doit laisser tomber le «à défaut de», ça doit...
ça ne peut pas être dans le texte.
M. Grandmont : Je pense que,
dans votre mémoire aussi, vous parlez... je n'ai pas la référence exacte, mais
il me semble que vous mentionnez l'idée selon laquelle les budgets d'opération
doivent être envisagés, doivent être prévus quand on arrive avec un projet.
Pouvez-vous expliquer un petit peu votre vision par rapport à ça?
Mme Plante (Valérie) : Bien
oui, mais écoutez, c'est un long débat, hein, puis ça ne date pas d'hier, je
vais être bien honnête avec vous. Les opérations, souvent les gouvernements
supérieurs sont moins intéressés à s'en occuper, mais il n'en demeure pas moins
que de construire des étages supplémentaires...
La Présidente (Mme Schmaltz) : En
terminant.
Mme Plante (Valérie) : ...ça,
c'est des projets de développement, il faut s'occuper de la fondation si elle
craque. Et donc le métro de Montréal, il faut s'occuper aussi de son entretien.
Et on souhaite que ce soit dans les budgets pour ne pas qu'on fasse un beau
projet de développement de transport collectif, aucun argent pour dans cinq
ans, 10 ans, 15 ans, et que ça se retrouve, les Montréalais,
essentiellement, qui le paient, alors que c'est une installation métropolitaine
dont le Québec profite.
M. Grandmont : Merci
beaucoup.
La Présidente (Mme Schmaltz) : Merci
beaucoup.
Mme Plante (Valérie) : Merci.
La Présidente (Mme Schmaltz) : Alors,
je vais céder maintenant la parole, pour 3 min 18 s, au député
des Îles-de-la-Madeleine.
M. Arseneau : Merci beaucoup,
Mme la Présidente. Bonjour, Mme la mairesse. Bonjour à ceux qui vous
accompagnent. Je vais continuer sur le même thème concernant la planification
une fois que les ouvrages ou les réseaux sont mis en place. Vous parlez... je
vous entends parler, par exemple, de l'entretien des infrastructures, mais
est-ce que vous parlez également du fonctionnement des opérations? C'est... Et,
si oui, comment on fait ça à l'avance?
Mme Plante (Valérie) : Bien,
écoutez, fonctionnement d'opération, on va dire opération-exploitation, c'est
essentiellement une fois que l'infrastructure est là. Une fois que le métro est
construit, on le sait, au début, il est sur la garantit, les wagons sont sur la
garantie, mais après un certain temps ils ne le sont plus, donc ça demande
évidemment un entretien, et souvent les enveloppes des gouvernements supérieurs
ne sont absolument pas au rendez-vous.
Et je le sais que, pendant la COVID, le
gouvernement du Québec a été très présent pour soutenir des enveloppes
d'urgence, hein, on le sait, mais il n'en demeure pas moins que ce n'est pas
des enveloppes récurrentes et c'était quand même une situation qui n'était pas
planifiée, je veux dire, ça ne peut pas incomber seulement aux Montréalais de
faire face à les pertes d'achalandage dû à la COVID et il faut s'occuper du <réseau...
Mme Plante (Valérie) :
...de
faire face à les pertes d'achalandage dû à la COVID et il faut s'occuper du
>réseau.
M. Arseneau : Oui. Mais,
encore une fois, c'est la question de l'entretien du réseau et non pas son
opération, par exemple les frais d'opération, le personnel, et ainsi de suite,
ou ça le comprend également? En fait, en d'autres mots : Est-ce qu'on
touche au financement du fonctionnement qui fait actuellement litige entre
la... les municipalités et le ministère?
Mme Plante (Valérie) : M. Carrette.
M. Carette (Claude) : Oui.
Bien, effectivement, vous avez raison, c'est les frais d'entretien puis les
frais d'opération qui font l'ensemble, l'exploitation. Et on peut prévoir à
l'avance ces frais-là, dans le fond, on connaît les frais d'exploitation, on
les présume et comment ça vient perturber le financement dans la région
métropolitaine, il y a des modèles de financement, comment on partage
l'argent... le modèle financier de l'ARTM, et c'est prévisible ces incidences-là.
L'enjeu, c'est on connaît la dépense, on peut connaître aussi la source de
revenus.
Mme Plante (Valérie) : Absolument.
M. Carette (Claude) : Et
c'est ces deux discussions-là qui doivent avoir lieu en même temps. Donc la
source de revenus pour réussir à payer les nouvelles dépenses.
M. Arseneau : Bien, je trouve
ça intéressant parce qu'on s'éloigne à ce moment-là des budgets annuels des
municipalités qui ne savent pas quelle sera la contribution, par exemple, du
gouvernement du Québec d'une année à l'autre, et qui sont contraintes, parfois
souvent, maintenant, de faire des coupures ou d'annoncer des réductions de
services, ce qui entraîne une réduction de l'achalandage, et ainsi de suite.
Donc, si on planifie un ouvrage, on le met en place, bien, on va planifier sa
croissance plutôt que sa... ou ne pas planifier sa décroissance. C'est comme ça
que je comprends votre message.
Mme Plante (Valérie) : Bien,
c'était très bien expliqué puis de prévoir comment une infrastructure... On
veut augmenter l'achalandage, donc il faut toujours améliorer l'offre et bien
s'occuper du matériel.
M. Arseneau : Quand vous
dites à la page 13 de.... 4 de votre mémoire que... et vous dites à juste
titre qu'on touche les projets de transport routier comme collectif, est-ce que
vous iriez jusqu'à proposer qu'on élimine les projets collectifs... les projets
routiers, c'est-à-dire...
La Présidente (Mme Schmaltz) : En
terminant, s'il vous plaît.
M. Arseneau : ...du
transport... et qu'on se concentre uniquement sur le transport collectif?
Mme Plante (Valérie) : Écoutez,
moi, ma plus grande crainte, c'est que le ministère des Transports du Québec
est habitué de faire du gris, d'installer des autoroutes, du béton. Là, on
parle de transports collectifs. Donc moi, c'est pour ça que je souhaite que noir
sur blanc, pour amener l'appareil aussi à s'adapter à cette nouvelle réalité,
qu'on puisse dire : C'est le transport collectif qui prime. Bien sûr,
l'autoroutier est important, mais ça doit être primordial, et ça doit être
écrit noir sur blanc pour envoyer un signal extrêmement fort à la société...
La Présidente (Mme Schmaltz) : Merci
beaucoup. Je dois mettre fin... On a...
Mme Plante (Valérie) : ...puis
à l'ensemble de l'appareil gouvernemental.
La Présidente (Mme Schmaltz) : Notre
temps est écoulé. Alors, merci beaucoup, donc, pour votre contribution aux
travaux de la commission.
Alors, on suspend les travaux quelques
instants pour accueillir le prochain groupe. Merci.
(Suspension de la séance à 15 h 56)
(Reprise à 15 h 59)
La Présidente (Mme Schmaltz) : Alors,
rebonjour. Alors, je souhaite, donc, la bienvenue aux représentants de la
Société de transport de Montréal.
Donc, vous disposez de 10 minutes
pour votre exposé. Par la suite, on va procéder, donc, à un échange avec les
parlementaires.
M.
Caldwell
(Éric Alan)
:Merci
beaucoup, Mme la Présidente. Bien heureux d'être ici, toujours fiers d'être à
notre Assemblée nationale, justement pour contribuer à l'évolution de l'agenda
législatif. C'est la troisième fois qu'on le fait, on l'a fait dans le cadre du
projet de loi n° 22, dans le cadre du projet de loi n° 62, et certains des thèmes qu'on va aborder, on les a
déjà abordés dans les deux autres cas, et on est très confiants, justement, que
ce long dialogue va aboutir avec... et qu'on aura l'écoute pour les
recommandations qu'on propose.
• (16 heures) •
Donc, rapidement, je me présente, Éric
Alan Caldwell, président du conseil d'administration de la STM. Je suis
accompagné de Maha Clour, première directrice principale prolongement activité
commerciale et directrice générale de Transgesco, une société en commandite
responsable des activités commerciales de la STM. Il ne faut pas juger à la
longueur du titre, mais bon. Et j'en profite puisque plusieurs d'entre vous me
l'avez noté : oui, j'ai acheté ma cravate à la boutique de l'Assemblée,
c'est un de ces matins. Mais, merci. Comme ça, je déclare justement mon
intérêt.
Bon, alors, la STM. À chaque jour, il faut
comprendre, à la STM, 1 million de déplacements par jour dans l'ensemble
de notre réseau. Que ce soit le transport adapté, que ce soit le réseau de bus,
que ce soit le réseau de métro, 1 million de déplacements par jour. En
termes d'ampleur, bien, on a aussi un budget d'investissement d'environ
20 millions de dollars sur 10 ans. Donc, grosso modo,
2 millions... 2 milliards, pardon, d'investissement en termes
d'infrastructures par année, que ce soit pour le développement avec le
formidable projet de prolongement de la ligne bleue, mais aussi pour le
maintien d'actifs. Bref, la réalisation de projets complexes, de projets... de
projets d'investissement d'envergure, de projets complexes, on connaît ça et on
partage, comme j'ai eu la chance de le dire, le diagnostic du gouvernement sur
ce qu'il faut ajuster justement dans l'élaboration et la réalisation de ces
projets-là.
Donc, ceci étant dit, on était d'accord avec
le projet de loi n° 62, on est d'accord avec le
projet de loi n° 61. L'appel qu'on veut faire
aujourd'hui, c'est, comme on est d'accord avec le diagnostic, comme on est même
d'accord avec les mesures proposées, comment elles peuvent s'appliquer
justement à nos enjeux qui ne sont pas prévus présentement dans le projet de
loi? Et on croit que l'application de ces mêmes mesures, qui sont pour les
défis de développement, peuvent être appliquée pour les projets de maintien
d'actifs.
Donc, une de nos premières recommandations,
c'est de bien cibler justement la mission et l'expertise de Mobilité Infra...
Mobilité Infra Québec pour les grands projets de développement ou les projets
de développement de transport collectif, qui est tout un défi en soi. La cause
a été entendue, on le reconnaît et on croit que cette agence peut vraiment être
utile pour les grands projets de développement en transport collectif. Ceci
étant dit, il y a d'autres grands projets d'infrastructure au Québec en
transport collectif, autres que ceux de développement, nommément le maintien de
nos infrastructures et nommément le maintien d'actifs du métro.
Le métro, il faut le comprendre, là, c'est
un ouvrage de génie civil qui a 50, 60 ans, qui a une valeur de plusieurs
dizaines de milliards de dollars et qu'il faut... puisqu'il a 50, 60 ans,
il faut le retaper, il faut lui donner un deuxième cycle de vie, ce qui amène
de nombreux projets de maintien d'actifs, de modernisation de notre métro,
comme on le fait dans la région métropolitaine pour les grands projets routiers
comme <i>Turcot, <i>Louis-H-La Fontaine et <i>Métropolitaine,
bien, il faut faire la même chose pour notre métro et c'est complexe. C'est
complexe parce qu'il faut maintenir le service en même temps. On a quatre
heures par nuit pour faire le maintien d'actifs du métro. Donc, nous, dans
notre prévision d'investissement, on a 12 milliards pour le maintien
d'actifs au cours des 10 prochaines années. C'est des... On a là-dedans
des projets très complexes où on fera le maintien d'actifs du métro, tout en
gardant en opération la modernisation de systèmes, qu'on parle des contrôles de
trains, qu'on parle des voûtes, qu'on parle du renouvellement du matériel
roulant, de tout l'équipement électrique, de ventilation, bref, et de sécurité.
Donc, les mêmes leviers qu'on a identifiés dans le projet de loi 62 que
pour... dans le projet de loi 61...
16 h (version révisée)
M.
Caldwell
(Éric Alan)
:...mêmes
leviers qu'on a identifiés tant dans le projet de loi 62 que pour... dans
le projet de loi 61 pour la création du MIQ, bien, pourraient être mis au
bénéfice du maintien d'actif qui, je le... je le répète, pardon, est un
investissement collectif colossal.
Ça prend aussi, comme on l'a fait valoir
pour le MIQ, une expertise de pointe qu'il faut savoir consolider. L'expertise
de pointe dans le maintien d'actif, elle est développée depuis 50 ans à
Montréal par la STM, et c'est l'expertise qui... puisque c'est le seul métro au
Québec... est concentrée à la STM. Il faut savoir maintenir et consolider. C'est
des projets complexes. C'est des projets d'envergure et il faut la même agilité,
donc, c'est-à-dire être capables de créer des partenariats de... comme le
propose, justement, les différentes avancées des projets de loi. Le mode
collaboratif qui est mis de l'avant peut être mis à profit pour le maintien d'actif.
Aussi, bien sûr, une approche basée sur la
collaboration et la planification intégrée. Ça a été dit, il faut concevoir un
investissement en transport collectif sur l'entièreté de son cycle de vie, oui,
par le développement des infrastructures, mais aussi par leur maintien d'actif
et par les coûts d'exploitation. Quand on regarde ce qui se fait ailleurs dans
le monde, au Canada, par exemple en Ontario, on considère l'ensemble du cycle
de vie dans les «business cases» des différents projets. Et ça, pour être
capables de le faire avec justesse, il faut savoir impliquer les partenaires,
comme les villes, mais aussi les opérateurs futurs des infrastructures que fera
le MIQ.
Donc, la... les choix doivent être faits
en fonction des coûts sur l'ensemble du cycle de vie. Ils ne doivent pas être
pris isolément. Les décisions ne doivent pas être prises isolément, que ce soit
pour le volet développement, le volet maintien d'actif ou le volet
exploitation. Alors, on insiste là-dessus. On veut être des partenaires. On est
des partenaires contributifs. On veut amener notre expérience justement à l'élaboration
des meilleurs choix dans la considération de l'ensemble du cycle de vie des
projets, que ce soit, oui, pour le volet développement, mais exploitation et
maintien d'actif doivent être considérés.
Et, pour terminer notre présentation, Mme Clour
nous fera part justement des avancées qui sont faites, justement, dans notre
capacité à concevoir, notre capacité à répondre aux défis du financement du
transport collectif, en allant chercher... en allant chercher des fonds
supplémentaires via le développement immobilier. On a eu la chance d'en parler
à l'Assemblée nationale déjà quelques fois, et voici où est-ce qu'on en est
rendus, et voici comment ce qu'on pense que l'adoption du PL 62 peut être
contributif à ça.
Mme Clour (Maha) : Merci.
Avec le peu de temps que j'ai, je vais pouvoir essayer de... de synthétiser mes
pensées. Donc, bonjour à toutes et à tous. À titre de directrice générale de
Transgesco, une société en commandite qui gère les activités commerciales dans
les actifs de la STM, également à titre de directrice du bureau de projet du
prolongement de la ligne bleue, permettez-moi de féliciter à mon tour le
gouvernement pour le dépôt d'un projet de loi qui aurait des bénéfices
importants dans le développement du transport collectif.
Vous connaissez assurément l'expression
«faire d'une pierre deux coups». Donc, si je vous disais que simultanément on
pouvait créer plus de logements, on pouvait rendre le résident moins dépendant
à l'automobile, on pourrait générer des revenus pour le transport collectif et
en réduire les coûts qui sont associés... C'est un peu le modèle ou le moyen qu'on
voudrait vous proposer aujourd'hui, qui est un moyen éprouvé, qui est un moyen
concret, qui est déjà appliqué partout dans le monde par d'autres autorités
publiques, par les moyens de valeur, de captation de valeur foncière à travers
les investissements créés par le transport collectif.
On croit fermement que le projet de loi
constitue une occasion à saisir pour lever les obstacles à la... la
valorisation immobilière entourant les infrastructures du transport collectif.
Ce modèle se veut, à travers d'une société en commandite, donc, Transgesco...
Transgesco, étant une société en commandite, encore une fois, qui gère les
activités en matière de gestion de commerce dans le métro, d'affichage
publicitaire dans le métro, dans les bus, dans les abribus. Transgesco va
pouvoir à travers ce modèle-là s'allier ou s'associer à des promoteurs
immobiliers reconnus et qui ont les reins solides pour faire du projet de
développement immobilier. Il est important de noter que ces promoteurs
deviennent responsables du projet de développement et en assument tous les
risques financiers. Le seul apport de Transgesco est au niveau de la valeur du
terrain qu'il offre en termes d'équité.
D'ailleurs, je pourrais peut-être mieux
illustrer cet exemple par un exemple concret dans le cadre du prolongement de
la ligne bleue. Depuis notre passage à la commission parlementaire dans le
cadre du projet de loi 22 l'an dernier, on a eu quand même beaucoup d'intérêt
du milieu immobilier. Il y a plusieurs promoteurs qui nous ont contactés plus
récemment. Pour un des sites, Lacordaire, dans le cadre du prolongement de la
ligne bleue, un promoteur, qui est également propriétaire du site adjacent,
nous a contactés et nous a manifesté son grand intérêt pour du développement
conjoint. Donc, en partenariat avec Transgesco, il assumerait tous les
engagements financiers et tous les <risques...
Mme Clour (Maha) :
...donc, en partenariat avec Transgesco, il assumerait tous les engagements
financiers et tous les >risques qui y sont associés, donc à risque quasi
nul pour les organismes publics. Transgesco offrirait en équité la valeur du
terrain et, une fois le projet du complexe immobilier mis en opération, on
identifie des pistes de... d'économies pour le prolongement à la ligne bleue en
réduisant la facture au niveau du terrain, qui sera remboursée après l'année un
de mise en exploitation du projet immobilier. On générerait également des
profits, des profits qui sont évalués de façon à très haut niveau en ce moment,
de l'ordre de 60 millions sur 10 ans...
La Présidente (Mme Schmaltz) :
En terminant.
Mme Clour (Maha) : Donc,
essentiellement, selon nous, c'est un modèle qui est indispensable pour
l'avenir du transport collectif. C'est un... qui va nous permettre de mieux
gérer les fonds publics. C'est un modèle qui va nous permettre de réduire au
minimum les risques associés aux organismes publics et de permettre de capter
une part des bénéfices associés aux projets immobiliers. Merci.
La Présidente (Mme Schmaltz) :
Parfait. Merci beaucoup pour votre... votre exposé. Alors, on va débuter, donc,
la période d'échange. On va avec Mme la... la ministre pour 15 minutes.
Mme Guilbault :
Oui, merci, Mme la Présidente. Merci beaucoup à vous deux d'être ici, un autre
partenaire habituel de nos... nos divers dossiers. On se voit souvent, on se
parle souvent, et d'ailleurs on s'est rencontrés — c'est ça que je
disais tout à l'heure à Mme la mairesse — au début ou au milieu de
l'été. En tout cas, cet été, on s'est rencontrés sur ce que vous venez juste
d'aborder. Mais avant ça, je veux simplement réitérer que je comprends que vous
êtes très favorables à la création de Mobilité Infra Québec, donc au projet de
loi 61, au projet de loi 62 aussi, on en parle à chaque fois parce qu'évidemment
les deux sont liés, 61 n'aurait pas d'intérêt sans 62. Et je comprends que vous
êtes allés... Étiez-vous dans les consultations particulières du projet de loi
de mon collègue? Oui?
• (16 h 10) •
M.
Caldwell
(Éric Alan)
: Tout à fait.
Mme Guilbault :Bon, parfait. Alors donc, c'est ça, vous êtes favorables à la
création de... de Mobilité Infra Québec, c'est une bonne chose. Évidemment, on
partage la volonté d'avoir plus de transports collectifs, mais encore faut-il
se donner les moyens de réaliser les grands projets de... de transport
collectif complexes. En dehors du métro qui est chez vous et du REM qu'on est
en train tranquillement de mettre en service, il n'y en a pas vraiment eu ou,
en tout cas, les SRB, mais, tu sais, à quel... ce n'est pas aussi... Ce n'est
peut-être pas de la même complexité que... qu'un métro léger sur rail ou qu'un...
qu'un métro, mais bref...
Alors, c'est l'objectif du projet de loi,
et... Et peut-être revenir... Bien, en fait, non, je vais commencer par le point
de... de madame, parce que c'est un point qui est très intéressant, je l'ai
évoqué un petit peu aussi avec la ville de Montréal tout à l'heure, mais je
l'ai dit, on a eu la rencontre cet été, puis quand vous êtes venus sur mon
projet de loi, c'était 40 ou 41, en tout cas, sur l'expropriation, on avait eu
la discussion aussi sur la possibilité de faire du développement immobilier
puis de tirer des profits, plus de profits ou plus de retombées le long des...
dans la foulée des projets de transport. Et là, à l'époque, j'avais évoqué le...
la notion de risque, en disant : Il faut évacuer la notion de risque,
parce que le risque financier, si ultimement il échoit... il échut... il échoit
au gouvernement, ce n'est pas souhaitable pour personne, parce qu'ultimement
c'est les mêmes citoyens qui paient. Alors, oui, «échoit», c'est le verbe échoir?
Bon, c'est ça, échoit... C'est parce que là, je n'étais pas certaine. La langue
française est si belle.
Alors donc, c'est ça. Alors... Mais cet
été, je dois dire qu'on a eu, c'est ça, une très belle rencontre avec ma
collègue aussi, la ministre de l'Habitation, parce que l'objectif est double, oui,
aller chercher plus de revenus, mais aussi offrir plus de logements, parce
qu'on a aussi des... des enjeux de logements. Et c'est vrai que... bien, en
tout cas, sans nommer... sans nommer personne, là, mais il y avait... il y
avait un partenaire qui était... On était en présence d'un partenaire qui
pourrait être justement un partenaire pour une station du... du prolongement de
la ligne bleue. Donc, un projet très intéressant où justement on arrive à
atteindre l'objectif en éliminant la notion de risque financier pour la
société, pour Transgesco ou pour, ultimement, le gouvernement. Donc, est-ce
que...
Puis, à l'époque, je ne sais pas si
j'avais donné l'exemple, mais on a toujours l'exemple de l'îlot Voyageur qui
nous revient à l'esprit, là, c'est toujours un peu comme ça qu'on l'exemplifie,
on veut éviter un autre îlot... îlot Voyageur. Donc, peut-être vous l'avez déjà
dit, mais pour nous, on partage cet objectif-là, on est très ouverts, très
intéressés à ça, on a travaillé tout l'été ensemble justement pour pouvoir en
arriver à ça. Ma collègue ministre de l'Habitation, il y a deux, trois
semaines, peut-être plus trois semaines, a déposé sa stratégie en habitation,
et d'ailleurs c'est inclus dans sa stratégie en habitation. Donc, je pense que
ça vient bien incarner notre volonté d'aller dans le même sens que vous.
Est-ce qu'au-delà... Là, on a parlé de la
station Lacordaire, mais est-ce que vous... êtes-vous en mesure déjà d'évaluer
le potentiel ou... peut-être pas l'entièreté, mais d'autres retombées, que ce
soit à même le projet, le PLB ou d'autres, éventuellement d'autres projets ou
d'autres possibilités que vous avez à même les projets actuels ou des futurs
projets de développement?
Mme Clour (Maha) : Oui,
en fait, tout à fait. Là, j'ai parlé d'un exemple concret de la station, future
station Lacordaire dans le prolongement, mais déjà, on était en réflexion sur
plusieurs sites dans le bassin d'actifs de la STM. Mais c'est important de
mentionner que ce modèle-là est <facilement...
Mme Clour (Maha) :
...dans
le bassin d'actifs de la STM. Mais c'est important de mentionner que ce
modèle-là est >facilement exportable à travers le Québec au complet. On
peut penser à plusieurs projets structurants, par exemple, pour en citer, le
tramway de Québec, le tramway de Gatineau. C'est un modèle qui est exportable
partout, sur tous les actifs existants et en devenir et en développement. Donc,
oui, c'est un modèle qu'on essaie d'évaluer son potentiel à plus haut niveau.
On a évalué une dizaine de sites pour la STM. Déjà, dans le parc d'actifs de la
STM, on identifie ce potentiel de l'ordre de plus de 4 000 logements,
avec des profits allant jusqu'à 400 millions sur 10 ans. Et là c'est
vraiment juste sur une dizaine de sites d'actifs de la STM. Donc, si on sort
au-delà de ces quatre murs et on... on l'exploite pleinement sous sa forme
actuelle à l'échelle de la nation, on peut s'imaginer justement le potentiel
que cela peut générer.
M.
Caldwell
(Éric Alan)
:Mme la
ministre, au-delà, comme l'a dit Maha, du potentiel sur l'ensemble de nos
actifs, avec le développement du réseau qu'on fait depuis 60 ans, vous
avez raison de noter que, pour le prolongement de la ligne bleue, c'est tout à
fait formidable, le potentiel. Le prolongement de la ligne bleue se fait dans
un quartier qui est une succession de centres d'achats conçus à une autre
époque, qui cherchent à se requalifier en combinant offre commerciale et
habitation. Donc, il y a un potentiel pour consolider l'offre commerciale, pour
générer de l'emploi, pour des équipements institutionnels de l'ensemble des
paliers de gouvernement et, bien sûr, pour en plus créer de l'habitation.
Donc, le tracé de la ligne bleue est un
des plus beaux territoires, justement, pour mettre en œuvre cette... cette
densification, cette augmentation des activités urbaines. Et, la beauté de la
chose, c'est : la ville de Montréal s'y prépare depuis longtemps. On le
sait, c'est un projet reporté depuis quelques décennies, mais donc la planification
urbaine en termes d'infrastructures fait en sorte que c'est un terrain
d'accueil où on pourra capitaliser sur le développement rapidement, parce qu'on
le sait, les besoins sont grands.
Mme Guilbault :Bien, absolument. Moi, je suis emballée par le projet de
prolongement de la ligne bleue. Et d'ailleurs, mon collègue ici, le député de Masson,
est né à Montréal, donc est montréalais lui aussi, tout comme le collègue de Nelligan,
ce qui est...
M. Derraji : ...
Mme Guilbault :Pardon?
M. Derraji : ...
Mme Guilbault :
Pardon?
M. Derraji : ...
Mme Guilbault :Ah oui! OK. Non, mais moi je dis simplement qu'il est né à
Montréal puis donc qu'il partage mon enthousiasme, qui est très... qui est
contagieux à l'ensemble de la table.
M.
Caldwell
(Éric Alan)
:Vous
êtes tous les bienvenus à Montréal.
Mme Guilbault :Mais c'est vrai que ça fait tellement longtemps qu'on
l'attendait, le prolongement de la ligne bleue, puis c'est vraiment emballant.
Puis, en combinant avec les possibilités de logements puis de valorisation,
moi, je trouve ça très, très excitant aussi. Alors, je voulais que tout le
monde sache qu'on... qu'on est tous très excités de ça, et non seulement excités,
mais qu'on va poser des actions pour aller dans ce sens-là. Puis, comme je l'ai
dit, c'est déjà dans la stratégie d'habitation de ma collègue.
Peut-être un point sur... Puis on en a
parlé, ça aussi, avec la ville de Montréal, là, sur la question de la
priorisation puis des projets qui vont être... Tu sais, dans le fond, la
priorisation, la planification, un peu, il y a toute la question du mandat de
l'ARTM là-dedans, votre recommandation numéro... numéro sept. Quand on parle de
priorisation, bon, on le sait, on n'a pas encore réussi à avoir une
planification stratégique puis une priorisation des projets qui a été acceptée,
déposée et officielle de la part de l'ARTM.
On avait l'ARTM hier avec la nouvelle
présidente du conseil d'administration, qui disait : Ça s'en vient. Mme la
mairesse, qui siège sur le CA de l'ARTM aussi, semblait dire que ça s'en vient.
Donc, pour vous, puis dans la mesure où Mobilité Infra Québec va avoir un
mandat de planification aussi, qui est prévu à l'article 4, mais qui
déborde la CMM parce que l'entité va être nationale, est-ce que vous considérez
que c'est une bonne chose et que toutes ces choses-là peuvent s'arrimer très
bien ensemble?
M.
Caldwell
(Éric Alan)
:Clairement,
et je veux insister là-dessus, là, il faut, bien sûr, dans une métropole comme
Montréal, concevoir les systèmes en réseau. D'ailleurs, là, il y a l'arrivée du
REM de l'Ouest, qui fait en sorte qu'on réorganise nos activités, que ce soit à
Longueuil, Exo, ou à la STM, justement, pour bénéficier justement de l'ensemble
des parties du réseau pour rendre le tout vraiment organique. Donc là,
clairement, il faut dans les prochains projets avoir ce même type de
planification, même l'affiner pour la rendre plus performante. Parce que, oui,
et... parce que, oui, si on veut que le réseau soit performant, il faut
s'occuper de chacune des parties.
Et là je reviens justement à l'équation,
qui est le développement, maintien d'actif, exploitation, en prenant un exemple
qu'on connaît tous : le Projet structurant de l'Est ou quelle que soit sa
dénomination. On le sait, le <i>projet structurant l'Ouest, tel qu'il est
conçu, se rabat sur la ligne verte du métro. La ligne verte du métro, je l'ai
mentionné, a besoin d'être modernisée, a besoin d'amour, justement, parce
qu'elle a 40 ans, 50 ans, il faut savoir y investir de l'argent.
Donc, si on n'a pas, pour la performance des réseaux, l'agilité ou la bonne...
la planification optimale qui fait en sorte que les interconnexions vont être
fonctionnelles, bien, on passe à côté d'une belle occasion.
Après, il y a justement dans les
budgets... Là... là je parle du volet <spécifique...
M.
Caldwell
(Éric Alan)
:
...on
passe à côté d'une belle occasion.
Après, il y a justement dans les
budgets... Là... là je parle du volet >spécifique de maintien d'actif,
où, si on veut un projet de rabattement, bien, il faut que le mode sur lequel
on se rabat soit entretenu et que les deux soient planifiés ensemble, parce
qu'il y a des défis de mise en service aussi dans un cadre où on n'a pas le
luxe, à Montréal, de la redondance, donc il faut garder notre réseau en
opération. Donc, oui, une planification pour s'assurer que le développement et
le maintien d'actif aillent de pair, et une planification aussi pour les
budgets d'exploitation, parce que, dans un cadre comme Montréal où les tarifs
sont intégrés, bien, il y aura une redistribution des revenus tarifaires et une
conséquence sur l'ensemble des opérateurs.
Donc, oui, cette planification doit être
faite, et c'est comme ça que chacune des parties du réseau sera plus optimale,
plus performante, mais bien sûr il doit... cette planification d'ensemble doit
être faite pour l'ensemble du cycle de vie des réseaux.
Mme Guilbault :Puis, considérant aussi toujours la nuance de... Les
projets qui vont être réalisés par MIQ sont des projets qu'on a appelés
«projets complexes». Donc, il y a quand même des projets de transport collectif
qui vont continuer d'être réalisés, que ce soit par les sociétés de transport
ou éventuellement par d'autres partenaires. Donc, ce n'est pas... ce n'est pas
systématique que chaque projet de transport collectif au Québec va aller chez
MIQ, mais on va se donner cette capacité-là de faire, par exemple, ce que la
caisse a fait avec le REM. On pourrait le confier à une autre entité que la CDPQ
Infra, dont on dépend actuellement pour faire quoi que ce soit d'autre que ce
qu'on est habitués déjà... déjà de faire.
• (16 h 20) •
Sur les... le partenariat... Combien il me
reste de temps? Cinq minutes. Bon. Parce que vous dites : C'est important
de le faire en partenariat, puis ça, ça revient souvent, là, chez... chez pas
mal... bien, tous ceux qui sont dans le milieu de la mobilité qui sont venus
nous rencontrer depuis hier. Pour vous, est-ce que ça va de soi qu'il y a une
participation financière au projet par la municipalité? Et donc c'est sûr que
là, vous, vous êtes la société de transport, mais vous, personnellement, êtes
quand même un élu aussi de... de l'équipe de la municipalité. Donc, bref,
est-ce que pour vous ça va de soi qu'il y ait une participation financière qui
soit sollicitée de la part de la municipalité qui est desservie par le projet?
M.
Caldwell
(Éric Alan)
:La...
Il y a déjà — j'ai entendu Mme la mairesse — à plusieurs
niveaux une participation financière. Quand on parle d'un service de transport
collectif, il faut considérer l'infrastructure qu'il offre, le développement de
l'infrastructure, la construction de l'infrastructure, l'infrastructure qui s'y
rabat, les rues, les trottoirs, les... les pistes cyclables, le réseau existant
qui va s'y rabattre, par exemple la STM, si on arrivait avec un nouveau mode
structurant, les coûts de maintien d'actif, tant les infrastructures de rabattement
que de la nouvelle infrastructure, et les coûts d'opération de l'ensemble de...
de ces opérations. Donc, il y a déjà une participation financière de tous à
tous les niveaux.
Quand je parle justement d'être... d'être
capables de considérer le cycle de vie complet et l'ensemble des besoins de
financement, que ce soit pour le développement, le maintien d'actif et
l'exploitation, bien, il y a clairement déjà une grande participation des
villes, et moi, je suis de ceux qui pensent que la participation de chacun sur
l'ensemble du cycle de vie doit être bien définie, là où... donc, pas seulement
dans le volet développement des infrastructures, et c'est un peu l'appel qu'on
fait avec le... notre mémoire aujourd'hui.
C'est que, oui, bien sûr, les villes participent,
les villes participent déjà, les villes veulent participer plus, des villes
comme Montréal veulent participer plus. Mais on doit faire, par exemple, comme
le fait Vancouver ou l'Ontario... considérer l'ensemble des coûts. On le fait
aussi au Québec, par exemple avec le REM de l'Ouest, où on participe ensemble à
l'ensemble des coûts. Le gouvernement est arrivé avec une part conséquente de
l'investissement pour le développement des infrastructures, et après on
planifie le reste des coûts, qui sont l'exploitation et le maintien d'actif,
avec un partage des coûts. Donc, oui, clairement, les villes participent déjà.
Mais là, si on devait être dans un
système... on ne définit la participation des villes que pour le volet
développement, sans le considérer pour le reste des opérations, bien, on
perpétue l'ensemble du débat sur le financement du transport collectif, où on
essaie tous de trouver ses repères. Ce qu'on veut pour les citoyens, c'est
qu'il y ait un service. Pour qu'il y ait un service, il faut, oui, développer
une infrastructure là où il n'y en a pas, la maintenir et l'exploiter. C'est
l'ensemble, je le répète, l'ensemble de ce cycle de vie qu'il faut considérer
dans qui paie quoi et comment.
Mme Guilbault :Tout à fait. Puis, sur le financement du transport
collectif, j'en profite pour noter que les discussions avancent très bien sur
l'entente, comme vous le savez. Alors, on aura, j'espère... éventuellement, on
sera en mesure de... d'annoncer... Mais bref, ça avance très bien. Alors, remerciements
pour cette partie-là.
Donc... Alors, effectivement... Mais, pour
la contribution financière, effectivement, vous dites : On le fait déjà.
Donc... Parce qu'il y a divers groupes qui sont venus et, pour nous, c'est une
évidence, la participation financière. Vous dites : Montréal, nous, on est
habitués, effectivement, <mais...
Mme Guilbault :
...pour nous, c'est une évidence, la participation
financière. Vous dites : Montréal, nous, on est habitués, effectivement, >mais
je pense... OK, il me reste deux minutes. Mais c'est ça. Donc, effectivement.
Et donc, là, je vous amène à l'article...
Probablement que c'est dans vos recommandations, là, parce que j'ai lu en même
temps votre mémoire et celui de Montréal parce qu'il y a des choses qui se
ressemblent. Donc, l'article 74 du projet de loi, où on dit qu'il y aura
une entente avec les municipalités... Puis ça va avec la question aussi de la
collaboration, parce que tout le monde dit : On veut être partie prenante,
on veut être consultés, on veut faire partie de l'élaboration du projet. Donc,
les modalités qui sont prévues pour une entente entre le gouvernement et
éventuellement une société de transport, l'ARTM, etc., dépendant du projet,
puis dépendant du... de la responsabilité... Est-ce que pour vous c'est un bon
article, 74?
La Présidente (Mme Schmaltz) :
...
Mme Guilbault :
Oh! 30 secondes, bon.
M.
Caldwell
(Éric Alan)
:Comme
on le met dans nos recommandations, il faut s'assurer que la portée de cet
article-là, et je le répète, désolé de le répéter, soit sur l'ensemble des
coûts intégrés d'un projet. Prenons deux exemples très simples, là : un
mode très lourd, par exemple, un tramway qui est cher à construire mais moins
cher à opérer, alors que dans une autre ville on... on ferait un SRB avec des
autobus, ce qui n'est pas cher à construire mais cher à opérer. On a deux
services où, lorsqu'on considère les coûts complets, on peut arriver à faire
une décision intelligente. Mais si on ne regarde l'investissement que...
La Présidente (Mme Schmaltz) :
Je suis désolée, je dois couper. C'est... c'est mon rôle ingrat, mais je...
je le fais. Alors, merci pour... pour vos réponses. Je vais céder maintenant la
parole, donc, au porte-parole du groupe... de l'opposition officielle, pardon,
pour... Ah! 2 min 54 s... 9 min 54 s.
M. Derraji : Sinon, je
vais dire : Pas la peine. Merci, Mme la Présidente. Bonjour à vous
deux. On va aller à... à la dernière question. Vous n'avez pas eu le temps de
répondre. Pour moi, c'est fondamental. On ne peut pas venir aujourd'hui en
commission parlementaire vendre qu'on va faire de la... du partenariat, qu'on
va travailler ensemble, on va changer le monde de contrat pour mettre du collaboratif.
Je vais... je vais vous reposer la même question que j'ai posée à la ville de
Montréal. À défaut d'une entente avec les municipalités ou les sociétés de
transport, le gouvernement se donne la possibilité de fixer — j'insiste,
ça a été oublié tout à l'heure — unilatéralement la contribution
financière exigée. Vous en pensez quoi?
M.
Caldwell
(Éric Alan)
:Comme
je l'ai dit, je crois que ça doit faire l'objet d'entente de partenariat pour
l'ensemble du cycle de vie. L'exemple que je prenais, c'est, si on considère
les coûts seulement pour le développement, le maintien d'actif ou
l'exploitation, on n'a pas une vision globale. Et, dans la façon d'organiser le
financement du transport collectif dans... dans notre système québécois, bien,
la contribution est asymétrique dépendamment qu'on soit dans l'un ou l'autre
des... des silos de... du développement de l'exploitation ou du maintien d'actif.
Donc, ce qui compte pour le citoyen, c'est
d'avoir le service, là. Ce qui compte, c'est qu'on maximise l'investissement
public à tous les niveaux, qu'il soit des municipalités ou qu'il soit du
gouvernement. Donc, si c'est décrété unilatéralement, bien, on passe à côté des
meilleures pratiques, comme on le voit en Ontario, où ça doit faire l'objet
d'une entente. Quand on a des ententes, c'est là que ça fonctionne bien. Donc,
c'est ce qu'on recommande, clairement.
M. Derraji : Oui. C'est
clair, votre message... Parce que je n'ai que neuf minutes et j'ai plein de
questions. Donc, pour vous, cet article de la loi doit être amendé d'une
manière très claire.
M.
Caldwell
(Éric Alan)
:On a...
C'est dans nos propositions de... de le revoir, justement, ou que ça fasse
l'objet des ententes.
M. Derraji : Oui, c'est...
c'est excellent. C'est excellent. L'éléphant dans la pièce, c'est le
financement, hein? Ce n'est pas la première fois qu'on en parle. C'est bien
beau une nouvelle structure. J'ai vu pas mal de commentaires positifs de votre
part par rapport à de nouvelles structures. Le FORT est déficitaire, hein, vous
savez c'est quoi, et, pour bientôt, il n'y aura pas d'infrastructure pour... il
n'y aura plus d'argent pour financer les infrastructures. Déjà, la ministre,
les dernières semaines où elle est interpelée par... pour du financement, sa
réponse : Il n'y a plus d'argent. Je n'ai pas besoin de vous rappeler que
ce gouvernement est à l'origine de 11 milliards de déficit. Est-ce que
vous pensez que ce projet de loi va régler votre problème? Ce problème de
financement, il existe surtout en maintien d'actif.
M.
Caldwell
(Éric Alan)
:Bon.
Plusieurs dimensions à cette réponse. Premièrement, on amène des solutions, là.
Le développement de l'immobilier, c'est une partie, une des clés pour le
financement du transport collectif. On sent beaucoup d'écoute, on sent beaucoup
de collaboration et on espère que dans l'évolution de vos travaux, ce sera mis
à l'avant-plan. Donc, ça, c'est une partie de solution.
Il y en a une autre partie de solution. On
l'a dit, on salue le projet de loi, on salue le projet de loi 62, la loi
62, et, on a dit à l'époque : Les solutions qui sont là sont les bonnes.
Il faut étendre leur portée pour justement réduire les coûts. Le ministre
Julien a dit clairement : On pense pouvoir réduire les coûts de 20 %
à 30 %. C'est applicable justement aux sommes colossales qu'on investit
dans le maintien actif. Donc, c'est là une autre, aussi, solution au
financement du transport collectif, dépenser moins pour les mêmes besoins.
Donc, générer des revenus immobiliers, dépenser moins avec les mêmes besoins.
Parce que, oui, on salue ce projet de loi, mais on veut en <étendre...
M.
Caldwell
(Éric Alan)
:
...dépenser
moins avec les mêmes besoins. Parce que, oui, on salue ce projet de loi, mais
on veut en >étendre la portée justement pour maximiser les économies.
Mais après, il reste, justement, à conclure dans les ententes le financement,
mais on est capables de le faire, au Québec, là. On... on doit reprendre cet
élan pour le transport collectif. On doit se redonner cette ambition-là. Et on
a des projets, on réussit bien à le faire, comme le prolongement de la ligne
bleue. Donc, il faut... il faut faire des ententes sur le financement, il faut
accroître la part publique du financement du transport collectif, clairement,
parce que c'est les ambitions qu'on se donne.
M. Derraji : Mais vous
répondez quoi aux gens, aujourd'hui, là, qui... qui vous voient parler de la
nouvelle structure, surtout que la STM a un problème de financement
d'infrastructures? C'est un fait. Vous avez vu, est-ce que... le document que
j'ai utilisé lors des crédits, et vous avez vu la série d'articles. Les gens
ont des inquiétudes, parce que, justement, est-ce que vous avez assez de sous
pour maintenir l'actif avant de parler de nouveaux projets? Et d'ailleurs, je
vais revenir un peu tout à l'heure aux projets immobiliers, mais l'urgence,
c'est maintenir l'actif que vous avez présentement.
M.
Caldwell
(Éric Alan)
:Clairement.
On l'a dit à plusieurs tribunes, c'est essentiel de faire en sorte que notre
réseau, qui déplace un million de personnes par jour, on... on le maintienne en
état pour faire ces déplacements-là et qu'on le modernise.
• (16 h 30) •
Ce que je vous dis, puisqu'on est au
registre des solutions, là : Si on étend la portée justement des mesures
qui sont mis en place, et là je... je cite le ministre Julien, on pense faire
des économies de 20 % à 30 %, bien, on a une part de solution pour le
maintien d'actif. Mais il reste qu'on doit avoir une mobilisation de l'ensemble
de la société, justement, pour le maintien d'actif. Je suis d'accord avec vous,
M. le député.
M. Derraji : Oui. Vous
étiez là, au 60... 61? OK. Parce que j'étais là... 60...
M.
Caldwell
(Éric Alan)
:Oui, je
ne sais pas si le... 62, oui. Oui, tout à fait.
M. Derraji : 62... 61...
je commence à être mêlé parce que j'ai siégé sur les deux. Vous avez vu qu'on a
parlé de... de contrat de partenariat? Parce que, moi, j'ai besoin de la
ministre maintenant, parce qu'elle parle beaucoup du projet de loi de son
collègue, mais corrigez-moi si je me trompe cher collègue, il n'y a pas de
contrat de partenariat par rapport à ce qu'on discute maintenant, là.
M.
Caldwell
(Éric Alan)
:Non,
mais ça fait partie de nos recommandations. Et on vous fait confiance,
justement, pour arriver à étendre... comme je l'ai dit, c'est étendre la portée
des bonnes mesures qui sont mises sur la... la table, au profit de l'ensemble
de l'investissement collectif en transport collectif.
M. Derraji : Je veux
juste le mettre au clair, parce qu'il y a comme deux discours sur la table.
J'ai entendu Mme la ministre parler, j'ai siégé avec son collègue, et ça a
été... ça faisait partie du débat, contrat de partenariat, surtout dans le
secteur du transport. Donc, je... Vous réitérez que c'est ce que vous voulez,
mais je tiens à vous mentionner que ce n'est... ce n'est pas le cas dans le
projet de loi en question. Ce n'est pas celui-là, là, c'est l'autre projet de
loi.
M.
Caldwell
(Éric Alan)
:On
réitère que c'est ce qu'on veut. On pense que c'est au bénéfice de tous.
M. Derraji : C'est très
clair. Je vais revenir à un sujet que... que j'aime beaucoup, et d'ailleurs
merci d'être là, merci de le mentionner, j'ai noté 400 millions de
dollars, 10 ans, mais quelques sites. C'est ce que vous avez dit.
Mme Clour (Maha) : Oui,
effectivement, qui comprend justement les sites du prolongement de la ligne
bleue.
M. Derraji : Oui.
Avez-vous eu l'occasion de voir ce projet de loi, ce beau projet de loi
présenté par le député montréalais de Nelligan?
Mme Clour (Maha) : Oui.
Je n'ai... je n'ai pas les fins détails en tête, mais oui.
M. Derraji : Mais ce
n'est pas grave, je peux vous le donner, ça va être gratuit. On parle beaucoup
de maximiser les revenus. Je pense que là où on est rendus aujourd'hui, on ne
devrait plus en parler. On doit être en mode : vous donner le droit de le
faire, parce qu'on laisse sur la table de l'argent mais aussi des logements. On
sait que le Québec vit une crise du logement, mais là le temps n'est plus à
convaincre qui que ce soit autour de la table. Ça devrait être de facto une
solution parmi d'autres. Qu'est-ce que vous en pensez?
Mme Clour (Maha) : Bien,
effectivement, on ne peut qu'être d'accord avec le modèle proposé. C'est un
modèle qui nous permet d'adresser la crise de logement. Ça nous permet
d'adresser la crise de financement dans le transport collectif. Ça nous permet
d'adresser les défis climatiques aussi, hein, parce qu'en... en créant de... ce
qu'on appelle des TOD, ou des milieux de vie autour des pôles de mobilité, on
contribue à réduire l'utilisation de l'automobile, on contribue à améliorer le...
le mode de vie ou le milieu de vie des citoyennes et des citoyens. En fait, le
modèle nous permet justement d'être capables de générer des bénéfices, de
générer des profits qu'on va pouvoir intégrer dans le transport collectif.
M. Derraji : Votre
première lecture du projet de loi : Est-ce que vous avez l'ensemble des
éléments pour aller de l'avant? J'ai entendu la ligne bleue, mais une ligne
bleue sans ce que vous avez demandé, on perd une bonne opportunité.
Mme Clour (Maha) : En
fait, la proposition que l'on fait, le modèle que l'on propose demande un
modèle... une proposition de codéveloppement, donc un développement conjoint où
on crée un partenariat à travers d'une société en commandite, par exemple
Transgesco, et un promoteur immobilier.
En termes de codéveloppement, on exige
également une autre condition de succès, qui est de pouvoir se donner la
capacité de faire des travaux intégrés. Donc, on est vraiment à faire...
conjointement et se mandater mutuellement pour faire des travaux intégrés,
l'intention étant d'optimiser nos interventions, et donc de réduire, là, le
coût de construction des actifs autant du transport collectif que du projet
immobilier.
M. Derraji : Ce sont de
très bonnes propositions...
16 h 30 (version révisée)
Mme Clour (Maha) : ...sont des
actifs, autant du transport collectif que du projet immobilier.
M. Derraji : Ce sont de très
bonnes propositions. Mais, à la lumière du projet de loi, est-ce que vous êtes
à l'aise avec ce qui est proposé, l'ouverture?
Mme Clour (Maha) : Il y a
certaines dispositions actuelles du projet de loi, on propose effectivement...
M. Derraji : D'amender?
Mme Clour (Maha) : ...d'amender
pour pouvoir réaliser, avoir cette capacité-là de faire ces travaux conjoints.
M. Derraji : Si vous avez vu
les articles du projet de loi n° 791, moi, je vous le dis dès maintenant,
là, ça va être amendé. On verra l'ouverture de Mme la ministre et ses collègues,
s'ils vont accepter ces amendements ou pas. Mais, à la lumière de ce projet de
loi qui a été déjà déposé, est-ce que ça vous satisfait? Est-ce que ça reprend
un peu l'ensemble des éléments, que dès demain, une fois que la loi est
adoptée, vous allez être en mode opération?
Mme Clour (Maha) : Donc, on
est déjà heureux de voir qu'il y a une ouverture au niveau du développement
immobilier et de la valorisation immobilière, bien évidemment, autour des
actifs du transport collectif. Encore une fois, on propose des amendements au
projet de loi pour nous permettre d'aller vers des modèles de développement
conjoint, d'être capables de se mandater mutuellement pour faire des travaux
conjointement pour nous permettre encore une fois d'optimiser au maximum les
bénéfices et les retombées pour l'ensemble du Québec.
M.
Caldwell
(Éric Alan)
:Je
sens, M. le député, qu'on est tous d'accord... je sens, M. le député, qu'on est
tous d'accord, ça fait que...
La Présidente (Mme Schmaltz) : 30 secondes.
M. Derraji : Bien, je vais
dire que mon amendement, il est prêt. C'est eux qu'il faut convaincre, c'est
eux, la majorité. Donc, moi, je vous garantis que ça va être déposé. Merci.
La Présidente (Mme Schmaltz) : Parfait.
Il restait 15 secondes.
M. Derraji : Je vous remercie
pour votre passage. Très apprécié, toujours pertinent avoir des échanges avec
vous. Merci.
La Présidente (Mme Schmaltz) : Parfait.
Merci. Alors, je vais me retourner vers le porte-parole du deuxième groupe d'opposition,
donc, pour 3 min 18 s.
M. Grandmont : Oui. Merci, Mme
la Présidente. Mme Clour, M. Caldwell, merci. Bienvenue. Merci pour votre
mémoire. J'ai envie d'aller sur... J'aurais eu mille questions, évidemment,
mais en 3 min 18 s, vous comprenez... Une question, un peu, de
compréhension sur votre première proposition, votre première recommandation. Vous
dites : «Circonscrire le type de projets pouvant être confiés Mobilité
Infra Québec pour exclure les projets de maintien d'actif ou d'autres projets à
réaliser dans un projet existant.» C'est quoi, la raison fondamentale de ça?
M.
Caldwell
(Éric Alan)
:Un des
arguments invoqués pour la création de Mobilité Infrastructure Québec, c'est la
concentration d'expertise, l'expertise dans le maintien d'actif qu'on opère, et
souvent depuis plusieurs décennies, et dans les sociétés de transport, par
définition. Donc, on veut... on veut donner les leviers à cette expertise-là,
la consolider. C'est important d'envoyer un signal, aussi, tout comme on veut
envoyer un signal de création d'un bureau d'expertise pour le développement d'infrastructures,
et c'est le gros signal qui est fait avec le projet de loi. Mais il faut
donner... savoir donner le même signal à ceux qui porteront la responsabilité
du maintien d'actif. Et on pense que le lieu où est déjà concentrée cette
expertise, le lieu où on peut le faire avec plus d'agilité, en autant qu'on
donne les leviers, c'est dans les sociétés de transport.
M. Grandmont : Je vais poser
la question. Puis je ne veux pas présumer des intentions de la ministre, mais,
d'une part, on sait que, bon, on veut offrir des bonnes conditions de travail
aux gens qui vont travailler chez MIQ, c'est une chose. D'autre part, il y a un
article de loi, je ne me souviens plus exactement lequel, où on dit que tout
projet construit ou reconstruit par Mobilité Infra Québec pourra être donné à
qui voudra bien... à qui... à qui le gouvernement voudra bien le donner. Donc,
si, effectivement, on veut maintenir à la fois l'expertise de la STM, mais
aussi s'assurer que le métro demeure de la gestion de la STM et un bien public,
il me semble que c'est une bonne chose de s'assurer de ça, effectivement,
baliser que le maintien d'actif est de la responsabilité des acteurs qui ont
déjà cette expertise-là actuellement.
M.
Caldwell
(Éric Alan)
:Mais, bien
sûr. Puis, quel que soit le modèle, lorsqu'on fait un maintien d'actif, il faut
être en lien avec celui qui l'opère, ça va de soi dans toutes les bonnes
pratiques à travers le monde. Et nous, à Montréal, bien, nous, la STM va
continuer à opérer le métro de Montréal, c'est... on en est très fiers, on en
est très jaloux. Et on a la meilleure expertise, justement, pour diriger les
opérations de maintien actif. Encore là, je le répète, c'est pour ça que je
crois qu'il faut étendre la portée des articles qui sont soumis dans le projet
de loi pour donner les mêmes leviers de réalisation, la même agilité.
M. Grandmont : On est à la
même place. Et je veux bien m'assurer aussi que le service de transport en
commun qui est déployé par la STM demeure un service public et de qualité qui a
les moyens d'opérer, évidemment, de la meilleure façon qui soit...
M.
Caldwell
(Éric Alan)
:C'est
défini dans la <i>Loi sur les sociétés de transport, dont on est très
fiers.
M. Grandmont : Oui,
effectivement. À la recommandation 6, c'est intéressant, vous parlez d'analyse
coût-bénéfice, mais aussi du cycle de vie. Vous avez donné l'exemple du REM. Si
MIQ, si Mobilité Infra Québec produit... doit produire une analyse, est forcée
de le faire, c'est quoi, le processus qui suit cette production-là? À qui c'est
destiné, cette analyse-là?
M.
Caldwell
(Éric Alan)
:Bien, c'est
clairement une bonne aide au processus d'aide à la décision et au choix de
priorisation...
M. Grandmont : Mais c'est
public.
M.
Caldwell
(Éric Alan)
:Bien, c'est
public, oui, c'est public, puisque l'ensemble des contributeurs sont dans notre
système public, et des opérateurs, sont régis, comme vous le savez, par les
lois de l'Assemblée nationale...
La Présidente (Mme Schmaltz) : Merci.
C'est tout le temps que nous avons...
M.
Caldwell
(Éric Alan)
:...donc
c'est public.
La Présidente (Mme Schmaltz) : Parfait.
Merci. Alors, je me tourne <maintenant vers...
M.
Caldwell
(Éric Alan)
:
...donc
c'est public.
La Présidente (Mme Schmaltz) :
Parfait. Merci. Alors, je me tourne >maintenant vers le
député des Îles-de-la-Madeleine pour 3 min 18 s.
M. Arseneau : Merci beaucoup,
Mme la Présidente. Merci à vous pour votre présentation, votre mémoire.
J'essaie de résumer puis je trouve que vos recommandations sont non seulement
pertinentes, mais sont essentielles pour réaliser ce que vous souhaitez
réaliser. Et ça m'amène la question suivante : Si on ne prend pas acte de
vos recommandations, tu sais, exclure maintien d'actif puis ne pas imposer des
choses aux sociétés, qu'on n'autorise pas la valorisation immobilière, si on
n'avait pas le projet de loi n° 62 en parallèle, qui permet les contrats
de partenariat ou de... collaboratifs, que reste-t-il du projet de loi
n° 61, là? Pourquoi, d'entrée de jeu, mentionnez-vous accueillir à bras
ouverts un projet de loi qui semble si incomplet et surtout si insignifiant, si
on n'a pas le projet de loi n° 62 avec celui-là? En d'autres mots, là, le
gros projet de... du bureau de projet qu'on veut créer, là, en quoi est-ce que
ça changerait les choses, là? Est-ce qu'au lieu de prendre 30 ans pour
faire la ligne bleue on pourrait faire ça plus rapidement? Comment ça
changerait vos projets de construction de réseaux?
M. Caldwell
(Éric Alan) : Peut-être, en réponse en deux temps, justement, sur les
apprentissages de la ligne bleue, je vais laisser Maha et je vais compléter.
• (16 h 40) •
Mme Clour (Maha) : Bien, en
fait, pour les apprentissages de la ligne bleue, c'est sûr qu'avec le temps on
a développé une expertise bien assise dans le cadre du prolongement de la ligne
bleue. Il y a eu plusieurs défis. Et on n'oublie pas, à l'époque, on avait des
défis au niveau des acquisitions de terrains qui ont généré des retards. Par la
suite, malheureusement, un peu comme partout à travers le monde, on a été
frappé par une pandémie mondiale qui est venue créer une surchauffe des
marchés, un impact dans l'industrie de la construction. C'est des éléments,
aujourd'hui, des leçons apprises... qu'on puisse en tirer, bien évidemment,
pour juste s'améliorer dans les futurs projets de prolongement.
M. Arseneau : Mais est-ce que
MIQ changerait ça, là, magiquement?
Mme Clour (Maha) : Bien, en
fait, je pense que MIQ pourrait, bien évidemment, en collaboration avec nous,
consolider cette expertise-là puis nous assurer qu'il y ait un partage de
connaissances, un partage des leçons apprises et un partage de l'expertise.
Donc, le vécu qu'on a vécu dans les dernières années, à travers le
prolongement, bien évidemment, on va pouvoir se concerter, se consolider cette
expertise-là pour le MIQ.
M. Arseneau : Mais ce que la
loi prévoit, ce n'est pas un partage d'expertise, c'est d'imposer une expertise
aux sociétés de transport comme vous, puis de vous consulter en amont, puis de
vous livrer ça, peut-être, à la fin, à moins qu'on ne décide pas de le livrer à
quelqu'un d'autre, par exemple au privé. Vous voyez... En tout cas, je ne sais
pas si vous comprenez la même chose que moi.
M.
Caldwell (Éric Alan) : Bien, je vais résumer ça simplement. Les
pouvoirs qui sont associés au projet de loi 62, au projet de loi 61
sont ceux que, par exemple, on aurait aimé avoir pour la réalisation de la
ligne bleue. On est arrivé au même diagnostic, on arrive avec les mêmes
solutions. Et il faut les avoir pour l'ensemble des projets de transport
collectif. Nos recommandations vont dans ce sens-là. Alors, les principes de
création, d'expertise, d'agilité d'approvisionnement pour les projets complexes
et coûteux, qu'ils soient pour ceux qu'auront le MIQ ou qu'ils soient pour ceux
qu'on a de la STM, c'est les mêmes défis, les mêmes enjeux, les mêmes
solutions, et c'est ce qu'on souhaite.
M. Arseneau : Si on ne
retient aucune de vos recommandations, le projet de loi, que vaut-il?
M.
Caldwell (Éric Alan) : C'est la troisième fois qu'on se présente en
commission parlementaire avec les mêmes arguments, on remet ça entre vos mains.
Comme moi-même étant législateur au niveau municipal, on s'en remet toujours
aux instances, mais on espère vous avoir convaincus.
La Présidente (Mme Schmaltz) : Parfait.
Merci infiniment. Alors, c'est tout le temps que nous avions. Alors, merci pour
votre contribution aux travaux de la commission.
Alors, je vais suspendre quelques instants
pour accueillir le prochain groupe. Merci.
(Suspension de la séance à 16 h 42)
(Reprise à 16 h 46)
La Présidente (Mme Schmaltz) : Alors,
rebonjour. Alors, je souhaite la bienvenue, donc, aux représentants du Réseau
de transport de la Capitale. Merci d'être là. Alors, vous avez 10 minutes
pour votre exposé, alors je vous invite à vous présenter puis, ensuite, à nous
livrer votre exposé.
M. Girard (Nicolas) : Merci,
Mme la Présidente. Alors, je me présente, Nicolas Girard, directeur général du Réseau
de transport de la Capitale. Je suis accompagné, à ma gauche, de Stéphanie
Deschênes, qui est directrice exécutive des affaires corporatives, et
secrétaire générale du RTC, et également présidente du conseil d'administration
de Capitale Mobilité. Et à ma droite, Michel de Mauraige, qui est le directeur
général de Capitale Mobilité.
Donc, bonjour à tous, Mme la ministre,
Mmes et MM. les députés. Ça me fait plaisir d'être de retour à l'Assemblée
nationale, dans cette salle où j'ai eu l'occasion de passer quelques heures,
dans un autre... dans un autre rôle dans une autre... dans une autre vie. D'entrée
de jeu, je tiens à vous remercier, là, de nous donner l'opportunité d'être
entendus dans le cadre des consultations pour le projet de loi n° 61.
C'est un projet qui est extrêmement important pour le Réseau de transport de la
Capitale.
Vous savez, la mobilité, puis
particulièrement à Québec, c'est vraiment un enjeu majeur pour notre société,
que ce soit pour des considérations sociales, pour des considérations
économiques, pour des considérations environnementales. Les citoyens nous
demandent d'investir davantage en transport collectif, nous demandent des
projets de transport collectif, ils veulent avoir davantage de services. C'est
un besoin important pour... pour Québec.
Le Réseau de transport de la Capitale,
pour vous parler un peu de notre organisation, bien, on a 867 kilomètres
de réseau, on effectue plus de 24 millions de déplacements par année. On a
un budget de 280 millions de dollars par année. On est la deuxième
plus grande société de transport en importance au Québec, donc on est aux
premières loges de cette demande toujours croissante des citoyens du Québec,
là, d'améliorer, d'avoir plus d'options de mobilité.
Il est clair que, de notre côté, au cours
des dernières années, on s'est mis en action puis on a considérablement bonifié
notre offre de services en implantant à Québec des services de transport à la
demande, avec du Flexibus, les àVélo, que vous voyez, qui sont très populaires
à Québec, tout en s'étant impliqués aussi puis en investissant dans des
applications qui permettent de planifier, de payer des titres de transport
mobile, comme Nomade en temps réel, Nomade, Nomade paiement.
Donc, nous, il est clair qu'on veut
continuer sur cette lancée-là, notamment avec l'arrivée d'un mode lourd. On le
voit avec le projet, avec la relance du tramway, c'est un projet qui est
extrêmement important et significatif qui peut avoir des impacts importants sur
le transfert modal à <Québec et aussi...
M. Girard (Nicolas) :
...
significatif qui peut avoir des impacts importants sur le transfert modal à
>Québec et aussi la poursuite du développement de l'offre de services
dans les périphéries, que ce soit en autobus, que ce soient les vélos à
assistance électrique ou le transport à la demande. Chaque fois qu'on améliore
le service ou qu'on développe des nouveaux projets ici, à Québec, il y a
clairement... les clients sont au rendez-vous.
Il y a une augmentation de l'achalandage,
nos services de Flexibus et àVélo sont là pour le démontrer. On croit, pour
nous, qu'à Québec la solution pour diminuer la congestion, ça va passer par des
projets de transport collectif, par du service additionnel de transport
collectif. D'ailleurs, aujourd'hui, nous avons annoncé, en compagnie du maire
de Québec, un vaste plan de développement pour bonifier l'offre de transport
collectif, notamment dans les périphéries, jusqu'en 2028. Pour nous, c'est
clair qu'à Québec améliorer le transport collectif, c'est une façon d'améliorer
la qualité de vie, de contribuer à l'économie puis de faciliter la mobilité de
la main-d'œuvre à Québec.
On veut être des partenaires du
gouvernement du Québec, on veut être des partenaires des villes pour améliorer
la mobilité puis on veut en mesure aussi de livrer des grands projets de
transport collectif. Puis on sait que cette vision-là dont on est porteurs,
bien, c'est aussi une vision qui est en parfaite adéquation avec la politique
de mobilité durable du gouvernement du Québec, qui prévoyait notamment des
augmentations de 5 % de l'offre de services, une diminution de l'apport
des déplacements au niveau de l'auto solo et que 70 % de la population ait
accès à quatre services de mobilité durable. On souhaite d'ailleurs poursuivre
sur cette lancée-là et que le gouvernement du Québec poursuive avec ces
objectifs-là très ambitieux pour changer les comportements pour favoriser
d'autres options que l'auto solo, compte tenu des problèmes importants qu'on
vit à Québec et au Québec en matière de congestion routière.
• (16 h 50) •
Puis nos objectifs qu'on a comme
organisation, bien, sont en droite ligne avec la vision du gouvernement du
Québec de réduction des gaz à effet de serre. Si on n'a pas un transport
collectif qui est efficace, attrayant, si on n'a pas des projets de
développement de transport collectif, on ne pourra pas revoir ou améliorer le
transfert modal de l'auto solo vers le transport collectif et réduire les GES
liés au secteur du transport. C'est encore plus vrai à Québec. Quel est le
portrait à Québec? Bien, une grande part, une très grande part de nos émissions
de GES est liée au secteur du transport. L'apport modal du transport collectif
à Québec est à seulement 8 %, alors qu'à Montréal il est à 24 %. Ça
vous montre l'ampleur du défi que nous avons ensemble à relever, puis on est
prêts à le faire avec vous.
On veut donc poursuivre notre
développement pour augmenter l'attractivité du transport collectif, mais
atteindre ces objectifs ambitieux là, mais, pour cela, ça va prendre des moyens
additionnels. Le premier, on l'a identifié comme d'autres sociétés de transport
qui sont venues vous voir, c'est clair qu'on a besoin d'un financement stable,
pérenne et indexé du transport collectif. Il y a des discussions qui ont cours
avec le gouvernement du Québec à ce jour. On veut s'assurer de pouvoir
maintenir et développer les services de transport collectif.
Deuxièmement, on a besoin aussi d'autres
sources de revenus. Puis, une des façons de le faire, pour nous, bien, c'est de
pouvoir diversifier nos sources de revenus. Et nous, du côté du RTC, bien, on
s'est mis en action. Concrètement, qu'est-ce qu'on a fait? En 2022, on a créé
une société en commandite, Capitale Mobilité, qui avait pour mission de
valoriser les actifs du RTC. C'est une des lignes d'affaires les plus
prometteuses pour nous, de Capitale Mobilité, puis le volet de valorisation des
actifs immobiliers, c'est un élément très prometteur pour notre organisation.
Ce modèle-là, il n'est pas unique à Québec, il est utilisé ailleurs dans le
monde, à Paris, à Londres et plus récemment à Vancouver pour financer une
partie du transport collectif. C'est vers là qu'on veut se diriger comme
organisation.
Le modèle est le suivant. Au fil des
dernières années, le RTC a fait l'acquisition de plusieurs terrains à Québec,
sur le territoire de Québec, avec comme objectif aussi de pouvoir développer
des projets de transport collectif. Donc, on pourrait prendre un terrain qui,
par exemple, pourrait nous servir à développer du stationnement incitatif. Une
fois que le stationnement incitatif est construit, bien, les terrains
excédentaires autour du site pourraient être valorisés pour développer des
projets immobiliers. Capitale Mobilité, en partenariat avec un tiers privé,
serait responsable du développement immobilier sur le site puis permettrait de
générer des revenus qui seront ensuite versés en partie au RTC pour développer
notre offre de services. Le seul investissement pour le RTC serait la mise à
disposition des terrains excédentaires au transport collectif dans le but de
réaliser des projets porteurs.
Qu'est-ce que ces nouvelles sources de revenus
là pourraient nous permettre? Bien, de développer des milieux de vie pour des
citoyens de Québec, où ils pourraient y habiter, et ça pourrait être connecté à
des infrastructures de transport en commun, que ce soit le bus, que ce soient
des bus à haute fréquence, que ce soit du vélopartage ou du transport à la
demande puis <également...
M. Girard (Nicolas) :
...
fréquence, que ce soit du vélopartage ou du transport à la demande puis >également
avoir sur place des stationnements incitatifs.
C'est ça, notre vision avec la création de
Capitale Mobilité. C'est un beau modèle qu'on veut développer à Québec, puis on
s'est donné des outils pour pouvoir le faire. Donc, on a la vision, on a les
terrains, mais il nous manque quelques outils pour pouvoir tirer le plein
potentiel de ce modèle-là. C'est pour cette raison-là qu'on propose dans notre
mémoire un certain nombre d'amendements à l'actuel projet de loi, en lien avec
la valorisation immobilière. Pour nous, c'est un outil essentiel pour le
financement du transport collectif. Ça prend plusieurs moyens, mais celui-là en
est un qui est important pour notre organisation.
Donc, on profite de notre présence en
commission parlementaire pour soumettre au gouvernement un certain nombre
d'amendements en lien avec la gouvernance proposée pour la réalisation des
projets complexes de transport collectif. Pour nous, il est essentiel
d'impliquer les sociétés de transport dès le départ dans la conception des
grands projets, de faire une estimation des coûts qui prend en compte
l'ensemble du cycle de vie de l'infrastructure ainsi que son exploitation. La
collaboration entre le MIQ, les villes, les sociétés de transport est, selon
nous, la clé du succès pour les grands projets de transport collectif. On
propose un certain nombre de modifications au texte actuel pour refléter ce que
nous considérons comme des conditions gagnantes pour l'ensemble de l'écosystème
du transport collectif.
On soumet... On propose aussi également au
gouvernement d'inclure les sociétés de transport dans le champ d'application du
projet loi n° 62 déposé en parallèle du projet de loi
n° 61. À lui seul, le RTC a un plan d'immobilisations
de près de 3 milliards de dollars pour une période de 10 ans,
dont une grande partie est admissible aux programmes de subvention du
gouvernement du Québec. Dans un contexte budgétaire fragile où le gouvernement
demande aux sociétés de transport d'optimiser leurs dépenses, de trouver de
nouvelles sources de revenus, il nous semblerait, pour nous, inconcevable de
les priver d'outils...
La Présidente (Mme Schmaltz) : En
terminant.
M. Girard (Nicolas) : ...qui
leur permettraient de livrer des projets plus rapidement et à moindre coût. Je
vous remercie.
La Présidente (Mme Schmaltz) : Parfait.
Merci. Alors, merci pour votre exposé. On va continuer maintenant avec un
échange avec la ministre, pour un temps alloué de 15 minutes. Mme la
ministre.
Mme Guilbault :Oui. Merci, Mme la Présidente. Bonjour à vous trois. Merci
d'être ici cet après-midi. Bon retour à l'Assemblée, M. Girard. Puis merci
encore une fois, je le dis toujours, là, mais de prendre le temps de venir en
personne, d'abord de faire un mémoire puis, ensuite, de venir en personne.
Êtes-vous allés sur le projet de loi n° 62? Vous en
avez parlé, en fin...
M. Girard (Nicolas) : Non, on
n'a pas... on n'a pas eu l'occasion d'y aller, non, effectivement.
Mme Guilbault :Mais ce n'est pas grave, de toute façon, moi, souvent...
M. Girard (Nicolas) : J'ai
profité de l'occasion parce que ça a été... présenté de la même façon, là, donc
je voulais un peu donner nos commentaires là-dessus, en profiter... de notre
présence.
Mme Guilbault :Bien oui, tout à fait. Puis je vais peut-être y revenir,
moi aussi, parce que j'en parle souvent, les deux, veux veux pas, sont liés. Parce
que 61 a besoin du 62 pour être pleine puissance, comme dirait mon collègue
ici.
Et je note, puis c'est écrit dans votre
mémoire, là, dans le sommaire, puis vous l'avez dit aussi, je pense, là, que
vous...
Une voix : ...
Mme Guilbault :
...oui, et, dans le contexte, que vous appuyez et que vous trouvez que c'est
une bonne idée, la création de Mobilité Infra Québec. Vous êtes le troisième...
le 13e groupe, c'est-à-dire, qu'on entend depuis hier, et, sur les 13, 11
pensent que c'est une excellente idée de faire Mobilité Infra Québec, que le
député des Îles-de-la-Madeleine a tout à l'heure qualifié d'insignifiant. Ça
fait que, donc, apparemment, on est 11, 12 avec le gouvernement, à aimer le
projet malgré tout. Donc, très, très respectueux pour les 11 des 13 groupes.
Ceci étant dit, alors je vais aller, moi,
sur l'aspect du partenariat, de la collaboration, votre recommandation n° 4, entre autres, là. Mais ça a été un peu en filigrane
de l'intervention, puis c'est revenu aussi avec la STM, qui vous a précédés,
avec les municipalités, avec, évidemment, l'UMQ, la FQM. Et moi, je réfère
toujours à notre article 74. Il y a aussi l'article 31 qui fait
référence à des ententes, donc, les... en fait, le gouvernement qui se devra
d'avoir des ententes avec que ce soient les municipalités, les sociétés de
transport ou autre partenaire qui va être concerné par l'éventuel projet. Pour
nous, ça traduit puis ça rejoint, finalement, l'objectif... ça opérationnalise
l'objectif d'avoir, justement, ces ententes-là puis de formaliser la nécessité
d'une collaboration à la fois sur l'entente pour le financement. Puis
éventuellement, aussi, il y a la désignation du futur exploitant.
Bref, est-ce que vous estimez que
l'article 74 est adéquat, et le 31? Et il y a d'autres références, là,
probablement, dans le projet de loi, mais j'imagine que vous l'avez lu aussi à
plus d'une reprise, donc... vous ou peut-être votre collègue, là. Votre
appréciation de la notion de collaboration et d'entente à travers le projet de
loi?
M. Girard (Nicolas) : Oui, ma
collègue Stéphanie...
Mme Deschênes
(Stéphanie) :Oui. Alors, je peux... je
peux peut-être débuter une réponse. Alors, pour avoir entendu un peu les gens
qui se sont présentés devant nous, j'imagine que vous <référez au fait...
Mme Deschênes
(Stéphanie) :
... entendu un peu les gens qui se sont
présentés devant nous, j'imagine que vous >référez au fait qu'il y
aurait des ententes négociées, mais qu'en cas de désaccord ou d'impossibilité
d'en venir à une entente le gouvernement pourrait alors, à ce moment-là,
imposer une entente. C'est ce à quoi vous référez?
Mme Guilbault :
Oui, oui, entre autres. Mais en même temps, puis ça, justement, ce point-là est
amené souvent, mais comme ça a été dit, puis d'ailleurs par M. Monty ce matin,
de la ville, tout le monde a intérêt à s'entendre parce que je ne vois pas... Puis
moi, je ne vois pas une situation où le gouvernement imposerait un projet à une
municipalité qui n'en veut pas, ou qui ne veut pas participer financièrement,
ou qui ne veut pas s'entendre, ou qui ne veut juste pas du projet, ou qui ne
veut pas collaborer avec le gouvernement, ou peu importe la raison. Je ne vois
pas une situation comme ça. Pour moi, c'est un non-sens. Mais, mais bref,
alors... Oui.
M. Girard (Nicolas) : Bien,
en fait, c'est parce que... Je comprends très bien l'intention, puis vous avez
été claire là-dessus, mais évidemment, nous, on voudrait peut-être s'assurer
qu'il y ait une clarification pour s'assurer qu'on n'impose pas un certain
nombre de conditions aux municipalités. On a tout intérêt à s'entendre pour des
grands projets structurants, au Québec ou à travers... ou à travers... à
travers le Québec. C'est extrêmement important. Mais je pense qu'il faut... il
faut s'assurer que les municipalités et les partenaires, on soit impliqués dans
le processus puis que, dès le départ, on crée des conditions qui nous
permettent... toutes les parties puissent s'entendre.
Parce qu'il peut y avoir, puis vous avez
eu une intention que vous avez exprimée clairement sur la place publique, dans
le cadre de vos interventions dans le cadre des consultations particulières...
mais il peut arriver, à d'autres moments dans la vie parlementaire, d'avoir des
gouvernements différents, des ministres différents qui peuvent avoir une vision
différente. Donc, pour nous, c'est important peut-être de préciser, dans le
cadre de l'article de loi, de s'assurer que ça va toujours se faire en
collaboration avec les municipalités. Comme le dit la ville de Québec, on a
intérêt à s'entendre, puis je partage ce point de vue là, mais il faut
s'assurer de prévoir aussi des situations où on pourrait avoir des visions
peut-être différentes des choses. C'est juste le point qu'on voulait soulever,
la précision qu'on voulait apporter.
• (17 heures) •
Mme Deschênes
(Stéphanie) : Effectivement, en fait, c'est qu'on considère...
ou la proposition qu'on fait, c'est que ces ententes-là soient des ententes
négociées pour s'assurer, dans le fond, que le projet puisse être vraiment
bénéfique. Il faut voir que tous les acteurs, toutes les parties prenantes du
projet puissent être à même de discuter de leurs capacités financières et de
comment ils pourraient investir dans la pérennité d'un projet comme ça.
Mme Guilbault :
Puis pour vous, est-ce que c'est normal de s'attendre à une contribution
financière de la part des municipalités?
M. Girard (Nicolas) : Bien,
écoutez, je pense que, comme la ville de Québec l'a souligné ce matin, il y a...
il y a... on ne s'oppose pas au financement de grands... de grands projets. Ça,
on l'a dit, on l'a dit clairement. Maintenant, je pense que ce qu'il est
important de faire, c'est de s'assurer de convenir ensemble, le gouvernement,
la municipalité, de définir les rôles et les responsabilités de chacun, une gouvernance,
une responsabilité claires, et les rôles clairs, et les contributions de
chacun. Ça, pour nous, c'est un élément qui est important. Ça doit être discuté
et négocié avec les municipalités, qui ont l'expertise et la compréhension de
leur territoire et des enjeux qui y sont reliés. Puis évidemment, nous, comme
société de transport, on peut être aussi un acteur qui peut collaborer,
travailler avec la municipalité sur notre sur notre... sur notre territoire.
Mme Guilbault :
Oui bien, tout à fait. Puis c'est exactement, justement, le principe de
l'article 74 auquel je référais, là, puis plus précisément sur la notion
de contribution financière. Puis d'ailleurs, en ce moment, on est ensemble dans
le tramway, donc, et ça a toujours été entendu que la ville, c'est parti d'un
10 %, à l'origine, de... à l'origine du projet. Donc, alors, c'est ça, parce
que, pour nous, c'est normal qu'une ville, qu'une municipalité contribue
financièrement et c'est normal aussi qu'on... que ça doive faire l'objet d'une
entente.
Sur le tramway, parce que je n'ai pas eu
le temps, ce matin, j'avais moins de temps et je n'ai pas eu le temps d'en
discuter avec la ville de Québec, qui avait amené le point, ça fait que
peut-être je vais le faire avec vous, mais une de leurs demandes, une de leurs
recommandations dans le mémoire, c'était de faire des modifications à la <i>loi
sur le réseau de transport structurant de la Capitale pour pouvoir rendre
possible une nouvelle façon de fonctionner dans le cadre du nouveau projet, à
la suite du dépôt du rapport de la CDPQ Infra, donc. Puis je n'ai pas eu le
temps, au micro, pour le dire, mais simplement dire que c'est quelque chose sur
laquelle on travaille pour pouvoir régler certaines... certains enjeux puis
certaines modifications législatives qu'on doit faire pour pouvoir bien
travailler à l'intérieur de la nouvelle structure de collaboration.
M. Girard (Nicolas) : Pour
notre compréhension, est-ce que ces modifications-là, c'est dans le cadre de
l'actuel projet de loi ou dans... ou dans une... sous une autre forme?
Mme Guilbault :Bien, c'est parce que, là, il y a toute la question des
procédures parlementaires que je dois respecter. Mais je voulais simplement
vous dire que c'est un enjeu dont on est conscients et qu'on va s'assurer de
prendre en considération.
M. Girard (Nicolas) :
Parfait. Merci.
Mme Guilbault :
Il faut toujours parler à demi-mots ici, des fois, mais on se comprend. Alors
bon, allons sur le développement, parce que je ne sais plus par coeur c'est
quelle... mais sans doute que... puis vous en avez parlé, là, les possibilités
de développement. Puis on vient d'avoir la STM, mais vous étiez dans la salle, donc,
on en a parlé avec eux. Très, très intéressant. On n'a jamais vraiment
directement parlé ensemble, je pense, ou en tout cas peut-être avec Mme Mercier
Larouche, mais bref c'est...
17 h (version révisée)
Mme Guilbault :...l'ensemble, je pense, ou en tout cas peut-être avec...
Mme Mercier Larouche, mais bref, c'est... c'est... Puis Exo est venu aussi
hier, ils en ont parlé aussi, la valorisation de leurs actifs un peu partout, donc
les possibilités de valorisation à même les actifs des sociétés de transport
actuels et tout ce qu'on fait comme développement dans les futurs projets,
entre autres, qui vont être faits par MIQ, mais même si on pense au projet de
tramway de Québec. Donc, est-ce que... Puis, je disais tout à l'heure, ça peut
répondre aussi à un besoin en logement. Là, vous, vous avez parlé de
stationnement incitatif. Nous, c'est sûr qu'on a beaucoup de logements à l'esprit
ou autres services, ça peut être une garderie, ça peut être toutes sortes de
services qui vont aider notre population puis nos citoyens qui paient pour ces
projets-là. Alors, comment est-ce que vous voyez ça? Nous, on voit ça d'un très
bon œil, je l'ai dit tout à l'heure. D'ailleurs, c'est dans la stratégie d'habitation
de ma collègue ministre de l'Habitation.
M. Girard (Nicolas) : Oui,
exact. Bien, je pense qu'en fait, puis vous le reconnaissez, là, à Québec comme
dans plusieurs villes, il y a des enjeux en termes aussi de logement. Puis il y
a une volonté, je pense, aussi des citoyens de dire : Est-ce que je peux
habiter dans un milieu de vie où je vais retrouver sur place différentes...
différents projets de mobilité ou différentes façons de me déplacer, que ce
soit, par exemple, avec du transport à la demande, du Flexibus, du bus à haute
fréquence, du à vélo, mais aussi d'avoir du logement sur place et des services.
Donc, nous, notre... notre vision, c'est d'être
en mesure de développer, sur des terrains dont on a... on a fait l'acquisition,
des projets qui permettraient d'avoir des milieux de vie qui sont conviviaux,
qui sont... qui sont verts et qui permettraient à des familles, à des citoyens
de pouvoir s'y établir. Je pense qu'on a intérêt, dans le contexte des défis
que nous avons en termes de logement, des défis que nous avons en termes aussi
de générer des sources de revenus additionnelles pour les sociétés de
transport, de bâtir un modèle intéressant. Je pense qu'il y a de l'appétit pour
ça dans... dans la région et de l'appétit de notre société de transport.
Puis ce qu'on vient vous dire, c'est que
nous, on veut répondre présents, on est prêt à penser à l'extérieur de la boîte,
mais pour ça aussi, il faut s'assurer d'avoir les outils nécessaires pour
pouvoir... pour pouvoir le faire.
Puis peut-être que mon collègue, là, qui
est directeur général, là, de Capitale Mobilité, a peut-être des... qui
travaille, là, sur ces projets-là, ou Stéphanie... des éléments à ajouter.
M. de Mauraige (Michel) : Bien,
effectivement, en complément peut-être à M. Girard, là, les analyses
préliminaires sont débutées, puis effectivement, on voit qu'il y a de belles
opportunités qui peuvent s'offrir à nous à Québec. Là, on parle quand même de
près de 14 sites, là, qui sont sous évaluation présentement, 1,8 million
de pieds carrés, qui seraient... qui seraient évalués. Donc, on... je pense qu'on
peut contribuer à créer des milieux de vie, à mettre des logements à proximité
de moyens de transport en commun, mais aussi de mobilité active, et de venir
répondre justement à la pénurie de logements, mais en même temps créer
également une valeur intéressante pour la société de transport qui pourra par
la suite être réinvestie dans des projets de transport en commun.
Mme Guilbault :Est-ce que vous avez... Bien, je pense, vous l'avez
peut-être effleuré, là. Est-ce que... Vous avez fait déjà une évaluation. Vous
parlez de 1,8...
M. de Mauraige (Michel) : Million
de pieds carrés.
16885 Mme Guilbault :...million de pieds carrés. Avez-vous déjà une évaluation
sur les actifs actuels, du potentiel des retombées, déjà des projets en tête,
déjà peut-être même voire des discussions ou des approches avec des promoteurs,
et versus aussi... pas versus, mais et en parallèle, ce qui pourrait être fait?
Parce que, là, on a une petite idée du tracé, on commence à avoir une idée du
tracé du tramway, après tous les épisodes, là, en tout cas du moins la phase I.
Là, on s'est engagés sur la phase I. Et, même chez nous, dans Louis-Hébert,
le fameux projet de TOD, à l'origine, du précédent maire... D'ailleurs, j'attends
toujours un terrain pour ma nouvelle école dans le secteur Le Gendre. Je le dis
comme ça, mais je sais que ce n'est pas vous, mais bon, vous pourrez passer le
message à mon ami M. Marchand. Et donc tout ça pour dire que : Avez-vous
déjà fait cette évaluation-là, des possibilités?
M. de Mauraige (Michel) : Les
travaux d'analyse ont commencé l'année passée. Il est encore trop tôt pour nous
d'arriver avec une évaluation financière. Par contre, les analyses
préliminaires avancent bien, et on devrait être en mesure, là, d'arriver avec
des précisions dans les prochains mois, là, sur certains projets qui pourraient
être intéressants à débuter ici, à Québec, effectivement.
M. Girard (Nicolas) : ...on a
identifié un certain nombre de secteurs où on trouve qu'il y a des potentiels
particuliers. Donc, c'est... c'est intéressant. Je pense que c'est... c'est des
projets très porteurs, avec les défis auxquels va faire face Québec, les enjeux
qu'on a, les besoins qui sont exprimés en périphérie. Vous savez, on a une
offre de service très, très forte au niveau du centre, mais on a un défi d'améliorer
l'offre de service en périphérie. Et on voit ça comme une façon de l'améliorer
puis de concilier ça avec les objectifs, autant de la ville de Québec, du gouvernement
du Québec, de dire : Il faut avoir davantage aussi de logements. Mais je
pense qu'il y a... il y a là une combinaison intéressante. Puis, en plus, on
peut générer du revenu supplémentaire qui pourrait être utile pour financer le
transport collectif. Je pense qu'on... C'était derrière tout ça, cette
vision-là, en 2022, quand on a créé Capitale Mobilité, puis c'est pour ça que
nous, on est favorables à la valorisation immobilière. Puis il faut avoir,
bien, des outils supplémentaires pour nous permettre d'en avoir... d'en avoir
davantage. Et plus il y en aura, bien, plus ça nous permettra de développer,
développer le modèle. Puis les équipes travaillent... travaillent très fort,
là, là-dessus.uis je suis convaincu qu'il y a... qu'il y a un fort appétit ici,
à Québec, <pour...
M. Girard (Nicolas) :
...qu'il
y a... qu'il y a un fort appétit ici, à Québec, >pour ça.
Mme Guilbault :Bien oui, tout à fait. Puis là je vais... je vais quand
même mettre la même nuance que j'ai évoquée avec la STM sur toute la question
des risques financiers. C'est sûr qu'il y a moyen de trouver des arrangements,
comme on en a un exemple, là, sur la ligne bleue, avec un partenaire où la
société de transport ou la municipalité possède l'actif, tu sais, dans le fond,
fournit un terrain, par exemple, mais qui n'a pas de prise de risque
supplémentaire. Vous êtes à l'aise avec ce concept-là?
Mme Deschênes
(Stéphanie) :...fait ça, le modèle qu'on
envisage. C'est-à-dire que le seul risque, si on peut l'appeler ainsi, est
constitué de la valeur du terrain qui est excédentaire aux besoins de la
société de transport. Alors, son... son infrastructure de transport n'est, en
aucun temps, mise... mise à risque puisqu'elle en demeure totalement
propriétaire. Et, vous savez, les sociétés de transport n'ont pas envie non
plus de devenir des promoteurs immobiliers, hein? Alors, c'est vraiment de se...
de s'unir avec un promoteur qui, lui, verra à gérer le projet, à aller chercher
le financement, à assumer les risques du projet, assurer tous les dépassements
de coûts aussi en lien avec ces projets-là.
Alors, c'est vraiment le même modèle que
ce qui vous a été présenté tout à l'heure par nos collègues de Transgesco.
• (17 h 10) •
Mme Guilbault :Excellent. Je pense qu'il me reste très peu de temps,
donc...
La Présidente (Mme Schmaltz) : ...
Mme Guilbault :Bon, 40 secondes, alors, bon, je n'ai pas le temps
vraiment de commencer un échange, mais en vous remerciant. Puis je réitère au
micro avec vous aussi que les discussions sur l'éventuelle entente pour le
financement du transport collectif avancent bien. Il y avait des petites choses
à finaliser, mais je pense que ça a avancé dans les dernières heures, derniers
jours. Alors, ça s'en vient. Donc, un grand merci pour tous les travaux qui
avancent bien depuis presque deux ans, en ce qui me concerne, aux Transports,
puis merci de vous être déplacés cet après-midi.
M. Girard (Nicolas) : Merci.
La Présidente (Mme Schmaltz) : Parfait.
Merci. Alors, je vais céder la parole, donc, au porte-parole du groupe de
l'opposition pour 12 min 23 s.
M. Derraji : Ah! vous ajoutez
quatre minutes. C'est excellent. Merci.
Bien, bonjour à vous trois. Bienvenue en
commission parlementaire. C'est toujours très apprécié, recevoir un mémoire de
qualité, avec de très bonnes propositions, mais aussi, venir en commission,
c'est... c'est toujours intéressant, surtout que vous êtes un partenaire
important au niveau de la ville de Québec, mais aussi en matière de... de
transport.
Vous avez dit quelque chose très important
en termes d'outils supplémentaires. Je vais parler des revenus immobiliers.
Vous avez vu le projet de loi que j'ai déposé, bien entendu, il y a quelques
mois. Vous l'avez lu, j'en suis sûr et certain. Il change pas mal de lois. Dans...
Dans l'actuelle loi qu'on a, que nous avons devant nous, le projet de loi que
nous sommes en train d'étudier, le projet de loi n° 61, vous avez dit, M.
Michel de Mauraige, de Capitale Mobilité... vous avez dit : Si on a les
outils nécessaires. Quels outils nécessaires vous voulez davantage à part
l'interprétation que vous pouvez faire de la loi présente? Est-ce que vous
pensez aujourd'hui qu'avec la lecture du projet de loi et l'article en
question, vous avez... vous avez l'ensemble des outils nécessaires pour que
vous puissiez avoir des revenus immobiliers? Donc, est-ce que les dispositions
du projet de loi répondent à votre besoin?
M. de Mauraige (Michel) : Je
vais passer la parole à ma collègue. Allez-y.
Mme Deschênes
(Stéphanie) :Sans problème. Alors, c'est
certain qu'on voit dans le projet de loi actuel une ouverture du gouvernement.
Alors, on a vu qu'ils y ont... qu'ils ont introduit certains éléments, notamment
la vente de terrains excédentaires, le fait aussi de pouvoir aménager en amont
un terrain ou un immeuble où un tiers pourra construire aussi. Alors, on sent
derrière ça qu'il y a quand même une intention qui est là, qui est probablement
aussi en réponse aux multiples discussions qu'on a eues par le passé pour
démontrer le modèle qu'on souhaitait mettre en place.
Maintenant, il n'y a aucun de ces
modèles-là qui permet vraiment de développer des revenus récurrents, et c'est
pour ça qu'on a souhaité proposer certaines modifications dans notre mémoire.
Parce qu'actuellement le modèle qui est introduit dans le projet de loi réfère
davantage à la vente de terrains ou de préparer un terrain pour la suite.
M. Derraji : ...
Mme Deschênes (Stéphanie) :
Bien sûr.
M. Derraji : Parce que c'est
très important, ce que vous dites, et vous êtes le premier groupe qui le
décortique. J'essaie d'avoir la même discussion avec la STM. Et, pour moi, vous
êtes les deux meilleurs partenaires qui peuvent expliquer le pourquoi.
Expliquez-nous, à l'ensemble des élus, pourquoi la vente de terrains, ça ne
veut rien dire pour vous, là? C'est... C'est... Vendre un terrain, il n'y a pas
de revenus récurrents. Oui, il va y avoir un développement, mais au bout de la
ligne, la société de transport, la RTC de Québec ne va rien avoir comme
plus-value, là.
Mme Deschênes
(Stéphanie) :Bien, c'est sûr qu'il y a
certains, quand même... Il peut y avoir des avantages à vendre des terrains
excédentaires pour venir ensuite appliquer le montant, par exemple, de la vente
en diminution d'un coût de projet. C'est vrai qu'il y a là un certain intérêt.
Nous, ce qu'on propose, c'est vraiment d'axer le modèle de valorisation
immobilière sur des revenus <récurrents...
Mme Deschênes
(Stéphanie) :
...immobilière sur
des revenus >récurrents. Alors, c'est pour ça qu'on propose des
modifications au projet de loi actuel, parce que c'est là, selon nous, qu'il y
a vraiment un réel potentiel de valorisation sur ces actifs-là. Et non
seulement sur les revenus récurrents qui pourraient être tirés de ce modèle-là,
par exemple, des revenus de location à des... à des... pas à des partenaires,
mais à des locataires, mais il y a aussi le fait que ces terrains-là ou ces
immeubles-là vont éventuellement avoir une valeur de gain en capital beaucoup
plus important. Alors, c'est les deux éléments positifs du modèle qu'on
propose.
M. Derraji : Oui. C'est... C'est
excellent. Et d'ailleurs c'est le cas de Vancouver. J'ai... Je n'ai pas en tête
le nombre de logements développés, mais là, on parle d'une synergie de
développement. Il y a du logement, il y a de la densification. Mais, ce qui est
bien... Parce que le nerf de la guerre... Mme la ministre, tout à l'heure, fait
le compte des personnes qui ont appuyé le projet de loi. Elle a raison de le
dire, on est rendus à, quoi, 11 sur 13. Mais, le nerf de la guerre, il est là,
là, c'est le financement. Il n'y a aucune réponse sur le financement sur la
table.
Donc, aujourd'hui, vous avez raison de
dire : On peut vendre notre terrain, on va prendre cet argent, le mettre
sur un projet, mais s'il vous plaît, quand on se compare avec Vancouver, ce
n'est pas la vente de terrains qui a donné à la société de transport des
revenus conséquents, mais aussi une visibilité de développement, peu importe la
station. Vous avez dit que 14 sites... 14 sites, corrigez-moi si je
me trompe, 1,8 million de pieds carrés. Moi, je vous demande :
Combien de logements, combien de retombées économiques? C'est un beau projet de
développement économique.
Mme Deschênes
(Stéphanie) :Mais c'est pour ça qu'on
propose cette vision-là, qu'on propose ces amendements-là au gouvernement. Et
on les propose aussi dans un contexte où tout ça va se faire dans un
partenariat sécuritaire. Parce que je pense que c'est important aussi de
s'assurer que les risques ne sont pas pris par les sociétés de transport puis
que les deniers publics ne sont pas mis à risque dans ce cadre... dans le cadre
d'investissements comme ceux qu'on propose.
M. Derraji : Oui, vous avez
raison. Donc, pour vous, tel qu'il est libellé, l'article ne répond pas à la
question du financement, les revenus récurrents pour la société transport, si
on veut aller dans les modes de TOD ou autres, quand on voit ailleurs. Est-ce
que j'ai bien compris votre...
Mme Deschênes
(Stéphanie) :Ça prendrait des
modifications pour pouvoir permettre ce modèle-là, qui est un modèle, à notre
avis, très intéressant. L'autre modèle a moins d'intérêt pour nous,
c'est-à-dire la vente des terrains excédentaires, parce qu'on souhaite à
chercher des sources de financement récurrentes dans le temps.
M. Derraji : C'est très
clair. Soyez rassurés que je vais amender, et après, vous allez avoir la
réponse de la ministre, qui est aussi anciennement responsable de la Capitale-Nationale.
Et je vois... Je pense que, pour un Montréalais qui parle avec la société de
transport de la région de Mme la ministre, je pense, il va y avoir plus
d'écoute, surtout que c'est un amendement demandé par plusieurs personnes. Vous
n'êtes pas les seuls à le demander. Nous sommes rendus là. Il y a une crise de
financement.
La réponse du gouvernement, avec le
déficit qu'ils ont engendré, c'est qu'on n'a plus d'argent. Mais là, vous
venez, vous, en mode proposition : c'est qu'on a des terrains, donnez-nous
les leviers, vous l'avez très bien... mentionné, les outils nécessaires, on va
faire le développement. J'ai bien noté. Il faut... La notion de risque, il faut
s'assurer de bien faire les choses. On ne veut pas être une société qui vend
les terrains. On veut être une société qui développe avec des partenaires,
surtout avec la notion du risque. Là, j'ai bien résumé cette partie?
Une voix : Oui.
M. Derraji : Comptez sur
nous, suivez les travaux de commission, rendus à l'article par article. Et
j'espère que vous allez maintenir votre pression pour qu'on règle ce problème
dans le cadre de ce projet de loi.
Maintenant, je vais faire le... le lien
avec l'autre projet de loi. M. Girard, je ne sais pas si vous l'avez vu, j'ai
eu l'échange avec le collègue de Mme la ministre sur les contrats de
partenariat. Là, il faut qu'on règle quelque chose : Qui pilote quoi?
Parce que j'ai besoin de Mme la ministre pour faire dire à son collègue aux
Infrastructures que vous voulez des contrats de partenariat. L'échange que nous
avons eu avec lui, il n'y avait pas une ouverture. Donc, si on dit aujourd'hui
que les deux projets de loi sont liés, bien, à quoi bon parler de ça, si on ne
va pas avec les contrats de partenariat, surtout par rapport au secteur du
transport. Le ministre m'a dit : Ce n'est pas mon rôle, c'est le rôle de
sa collègue. Donc vous, vous vous situez où, là? Parce que je ne veux pas qu'on
perde la notion de contrat de partenariat dans tout ça.
M. Girard (Nicolas) : ...que
c'était... c'est important, là, d'établir les conditions entre les différents
partenaires et de clarifier les rôles et les responsabilités de chacun. C'est
un peu le sens de notre propre et d'autres propos qui ont été tenus, là, par
les sociétés... les sociétés de transport qui sont venues ici en commission...
en commission parlementaire.
Je ne sais pas si tu veux... tu veux
ajouter là-dessus.
Mme Deschênes
(Stéphanie) :Bien, je peux peut-être
rajouter. Je sens que votre questionnement était beaucoup par rapport avec le
projet de loi n° 62, notamment les outils de partenariat qui sont donnés
aux organismes publics. C'est bien ça?
M. Derraji : ...
Mme Deschênes
(Stéphanie) : Bien, c'est certain que le RTC... Bon, il y a la
mise en place de MIQ qui est visée par le présent projet de loi, mais il n'en
demeure pas moins qu'outre les projets <complexes...
Mme Deschênes
(Stéphanie) :
...qu'outre les
projets >complexes de transport qui seront confiés à MIQ, bien, les
sociétés de transport, dont le RTC, on a des portefeuilles de projets somme
toute très... très importants. Alors, on parle ici de près de 3 milliards de
dollars sur les 10 prochaines années. Alors, comme le... comme le ministre
Julien l'a présenté comme étant un projet aussi pour réduire les coûts, réduire
les délais, bien, c'est certain que les sociétés de transport, qui, en grande
partie, leurs projets se voient financés par le gouvernement, bien, on souhaite
avoir les mêmes outils pour être capables d'avoir les mêmes bénéfices puis, au
final, des bénéfices collectifs où les projets vont coûter moins cher et seront
moins longs.
M. Derraji : Vous avez fait
l'analyse de ce projet de loi. Est-ce que vous l'avez vu quelque part?
Mme Deschênes
(Stéphanie) :On... Pardon?
M. Derraji : Est-ce que vous
l'avez vu quelque part?
Mme Deschênes
(Stéphanie) :Le projet de loi 62?
M. Derraji : De celui-là, de
ce projet de loi que nous sommes en train d'étudier, oui.
Mme Deschênes
(Stéphanie) :Oui, on l'a... on l'a vu.
C'est certain qu'on a vite constaté qu'on n'était pas visés par le projet de
loi en question. Je sais que l'ATUQ, qui représente les sociétés de transport,
a déposé d'ailleurs un mémoire par lequel ils expriment la position de
l'ensemble des sociétés, dont... dont nous sommes.
M. Derraji : Oui. Et ils
l'ont très bien fait. Je tiens à souligner.
M. Girard (Nicolas) : C'est
ça. Tu sais, pour nous, c'est... c'est la notion de l'équité, là, donc c'est
aussi de permettre aussi aux sociétés de pouvoir bénéficier, là, des mêmes
avantages que d'autres joueurs dans un contexte de défis financiers importants
pour... pour l'industrie, tant... tant au niveau des projets d'investissement
qu'au niveau de l'exploitation. On parle plus d'investissements, là, mais je
pense que c'est... il y a une question d'équité. Et, quand on nous demande de
penser à l'extérieur de la boîte, de revoir les modèles, bien, je pense qu'il
faut offrir les mêmes opportunités aux sociétés de transport et les mêmes
outils, si ça peut avoir un effet pour diminuer les coûts des projets dans le
contexte financier qu'on connaît. C'est un peu le sens de notre propos.
• (17 h 20) •
M. Derraji : Oui. Merci
beaucoup. L'éléphant dans la pièce, depuis... depuis le début de ces
consultations, c'est le financement. Je n'ai pas besoin de parler de
l'électrification des transports, je pense, on va passer la journée, avec tout
ce que ça demande. Mais je veux... je veux juste qu'on revient, que le Québec,
maintenant, vit une crise financière, le FARR est déficitaire, hein, vous le
savez, et bientôt il n'y aura plus d'argent pour financer les infrastructures.
Vous avez un enjeu avec le maintien d'actif. Ce sont les enjeux que vous vivez
au quotidien. À part le MIQ, c'est votre... vos enjeux. Est-ce que vous pensez
que ce projet de loi va régler ce problème?
M. Girard (Nicolas) : ...pour
nous, on a... on a des défis. Il y a le maintien d'actif, mais on a... on a... Je
le disais, au niveau de notre... notre PDI, on parle de 3... à peu près 3 milliards,
donc c'est une somme qui est quand même importante. Il y a des défis. Ça a un
impact important sur notre... le service de la dette pour notre... pour notre organisation.
C'est... C'est majeur.
Ce qui crée une pression, oui, il y a
l'entretien des actifs qui est un enjeu. Et ça, vous savez, sur ces
questions-là, en termes d'entretien des actifs, on a des défis puis des projets
importants au niveau du réseau de transport. Et vous ne pouvez pas négliger
l'entretien des actifs, là, c'est... c'est la base aussi, comme une... comme organisation
de transport, mais aussi, on a aussi toute l'électrification des transports, où
ça nécessite des investissements majeurs pour intégrer. Nous, on parle... on a
un projet qui... au niveau de garage Newton, bien, on parle de 180 bus
électriques. Donc, nous, on a besoin d'avoir une infrastructure qui va nous
permettre de pouvoir continuer à maintenir et de développer du service,
d'exploiter du service. Donc, ça crée une pression importante, évidemment, sur
notre... sur notre organisation. Mais on veut s'assurer de pouvoir continuer,
hein? Parce qu'il ne faut pas oublier que, comme société de transport, d'abord,
notre mission, d'abord et avant tout, c'est de livrer un service aux citoyens.
M. Derraji : Oui. Très
d'accord.
M. Girard (Nicolas) : Et je
le dis souvent, en transport collectif, là, tu as... tu as besoin, pour... pour
être capable de livrer ton service, là, tu as... c'est une... ça prend
différents ingrédients, ça te prend des bus, ça te prend des infrastructures,
puis ça te prend de la main-d'oeuvre, ça prend, évidemment, du financement, mais
c'est des... c'est des éléments qui sont essentiels.
M. Derraji : Mais on
s'entend, M. Girard, tout cela n'est pas l'objet du projet de loi.
M. Girard (Nicolas) : Oui.
M. Derraji : C'est des
projets complexes et majeurs que vous avez entre les mains, donc...
La Présidente (Mme Schmaltz) : 30 secondes.
M. Derraji : ...donc c'est
très important. On s'entend sur ce point.
Un dernier point. L'article 74, vous
avez insisté sur le fait que le gouvernement se donne la possibilité de fixer
unilatéralement la contribution financière exigée. Ça, au niveau du... RTC,
vous êtes contre?
Mme Deschênes
(Stéphanie) :Bien, on propose une
modification à cet article-là, en effet, parce que dans les projets d'envergure
comme ça, ça... on a besoin d'ententes négociées. On en a besoin pour le
financement, on en a besoin aussi pour s'assurer que ces projets-là vont
prendre en considération...
La Présidente (Mme Schmaltz) : Merci
beaucoup. Désolée, le temps alloué est terminé.
M. Derraji : ...
La Présidente (Mme Schmaltz) : Parfait.
Alors, je me tourne maintenant vers le député des Îles-de-la-Madeleine. Vous
avez 4 min 7 s.
M. Arseneau : Wow! C'est le
grand luxe. Merci beaucoup, Mme la Présidente.
Alors, merci beaucoup de votre présence,
Mme, MM. Et je tiens à féliciter votre organisation pour l'innovation, la mise
en place. Vous nous avez parlé de Flexibus, le service de vélo partage
également, donc on voit qu'on travaille sur le transport collectif, mais
également sur le transport actif. C'est tout à votre <honneur...
M. Arseneau :
...>honneur.
Un peu comme la ministre, je fais un
décompte également des groupes qui viennent nous voir et je constate qu'une
majorité des groupes, probablement 11 sur 13, identifie les mêmes lacunes au
projet de loi que nous... que nous l'avions fait. Par exemple, la valorisation
des revenus de l'immobilier, bon, vous affirmez, comme tous les autres, qu'on
doit l'ajouter au projet de loi. Vous dites également, autre lacune, qu'on ne
peut pas imposer des ententes à des partenaires en matière de transport
collectif, ce qui est... ce qui est majeur. On retient cet élément-là. Prévoir
le financement... de l'exploitation, des coûts d'exploitation, c'est
fondamental, évidemment. C'est une autre lacune du projet de loi qu'on... qu'on
retient. Et clarifier le rôle des partenaires, parce qu'on vit dans un
écosystème, là, où il est extrêmement important de reconnaître les compétences
des municipalités, l'expertise des sociétés, s'assurer que tout le monde fasse
ce qu'il a à faire pour justement faire décoller et réaliser des projets dans
les temps impartis et dans... à des coûts raisonnables.
J'aimerais savoir. Vous n'avez pas
mentionné... en fait, moi je ne l'ai pas vu dans votre mémoire, ce qu'il en était
de la... du maintien des actifs en regard du nouveau rôle qu'on veut confier à Mobilité
Infra Québec. Est-ce que vous estimez que vous avez besoin d'une instance comme
celle-là pour faire votre maintien d'actif ou, au contraire, que vous possédez
toute l'expertise pour le faire vous-mêmes, pourvu que vous ayez le
financement?
Mme Deschênes
(Stéphanie) :
Bien, je pense qu'il
y a certainement un côté très positif à MIQ, hein? On veut mutualiser une
certaine expertise dans les grands projets. Cette expertise-là toutefois, en
termes de maintien d'actif, les sociétés de transport l'ont au cœur de leurs
activités. Alors, c'est certain que nous, nous aurions souhaité que ce soit
précisé dans le projet de loi, la portée des projets MIQ. C'est-à-dire que ces
projets de transport là, qui sont des projets complexes de transport,
concernent vraiment des projets structurants, des projets sur route, mais pas
des projets de maintien, qui, ceux-là, devraient rester au sein même des
sociétés de transport. Et, de se mettre en mode projet, je vous dirais, dans un
contexte opérationnel, là, dans un contexte où il y a des opérations, pensons
par exemple à une réfection de garage, c'est extrêmement complexe. Alors, ça,
c'est... c'est vraiment nécessaire, que ça demeure dans les activités de la
société de transport, et non pas de MIQ.
M. Arseneau : ...c'est un
projet complexe. Vous dites : On est capables de réaliser des projets
complexes dans le cadre de nos compétences actuelles.
M. Girard (Nicolas) : Bien,
on a... on a déjà l'expertise et on l'a... et on l'a démontré. On a des experts
qui travaillent avec nous, des professionnels qui ont une expertise là-dedans.
Alors, je pense qu'on doit s'assurer de... que demeure dans... au niveau des
sociétés de transport cette expertise-là, puis que ce soit fait...
M. Arseneau : Éviter les
dédoublements aussi, j'imagine.
M. Girard (Nicolas) : Oui.
Ça, c'est un élément qui est... c'est un élément qui est... qui est important
pour... pour nous, qu'on... qu'on reconnaisse toute l'expertise de nos
organisations dans ces... dans ces secteurs-là. Et on le démontre dans des
projets... des projets complexes comme, par exemple, tout le dossier de
l'électrification, qui est un dossier complexe où on est allés chercher des
expertises particulières...
La Présidente (Mme Schmaltz) : ...
M. Arseneau : Alors, quelle
serait la plus-value de MIQ concernant les projets de développement pour vous,
là, pourvu qu'on respecte évidemment votre rôle au début, pendant et à la fin
des projets et pour l'exploitation?
Mme Deschênes
(Stéphanie) :
Bien, je pense qu'il
y a quand même un intérêt à avoir une planification globale des grands
chantiers, des grands... des grands projets de transport collectif, et je pense
que MIQ a une plus-value en ce sens-là.
M. Arseneau : Planification
des chantiers et non pas planification des services parce que...
Mme Deschênes
(Stéphanie) : Non, pas les planifications des services, qui
appartiennent déjà aux sociétés de transport.
M. Arseneau : Donc, c'est...
La Présidente (Mme Schmaltz) : Désolée,
je vous coupe à nouveau.
M.
Arseneau : Merci.
La Présidente (Mme Schmaltz) : On
a épuisé le nombre de minutes, là, qu'on avait. Alors, merci infiniment, donc,
pour votre contribution à nos travaux. Alors, c'est toujours bien apprécié.
Alors, on va suspendre quelques instants
pour accueillir le dernier groupe de la... de la journée. Merci.
(Suspension de la séance à 17 h 27)
(Reprise à 17 h 30)
La Présidente (Mme Schmaltz) : Alors,
je souhaite la bienvenue, donc, aux représentants de Vivre en Ville. Alors,
encore une fois, vous avez, comme les groupes précédents, 10 minutes pour
votre... votre exposé, après quoi nous allons procéder à l'échange avec les
parlementaires. Donc, je vous invite à vous présenter puis à nous présenter
votre... votre exposé. Merci.
M. Savard (Christian) : Merci,
Mme... la Présidente. Merci à la commission pour l'invitation. Mon nom est
Christian Savard, directeur général de Vivre en Ville. Je suis accompagné de
Francis Garnier, conseiller aux affaires publiques chez nous, qui m'accompagne
et qui va faire une partie de l'exposé.
D'entrée de jeu, nous sommes d'accord avec
le gouvernement qu'il faut réduire les coûts et les délais de réalisation des
projets de transport en commun, particulièrement au Québec. L'enjeu est réel. Et
nous sommes d'accord avec le principe de l'idée d'une agence spécialisée en
réalisation de projets avec des pouvoirs spéciaux.
D'ailleurs, une première recommandation, d'entrée
de jeu. On pense que cette agence-là devrait être consacrée aux transports en
commun pour qu'autant son éventuel PDG que son... que ses équipes soient
obsédés de transport en commun, et ne pas donner aussi les... les transports
routiers.
Donc, de manière générale, on trouve ça
intéressant. Et on peut voir aussi, lorsqu'on donne des pouvoirs spéciaux à une
organisation pour aller plus vite, elle peut réussir. Je pense, l'exemple du <i>REM
de l'Ouest, à qui on a déjà eu... je suis déjà passé en commission
parlementaire ici pour commenter un projet de loi sur le... sur la CDPQ, bien,
ils ont réussi en 10 ans à faire 67 kilomètres de métro léger. Donc,
il y a des avantages à ce type de structure là, et c'est bien d'avoir une
structure qui est publique.
Pour nous, un des aspects qui est un peu
problématique et un peu énigmatique, je dirais, c'est le fait que l'aspect de
planification, ce n'est pas clair qui va continuer à faire la planification. Et
on voit deux types de planification. Il y a la planification, quel sera à terme
le réseau de transport pour une région, pour Montréal, pour Québec, pour
Gatineau, et il y a la planification de type conception, c'est quoi, le projet,
une planification plus fine, où est-ce que va être la station, comment ça va
tourner à tel, tel endroit. Et pour nous, ça, c'est deux types de planification
qu'on ne comprend pas dans le projet de loi, qui va faire quoi.
Donc, je pense qu'il y a d'autres... il y
a d'autres personnes qui l'ont dit avant, on a les mêmes questions. Donc, il y
a des... certaines questions qu'on a et qu'on aimerait soulever, donc comment
sera arrimé, justement, l'arrimage entre les... entre les activités de MIQ et
la planification territoriale, tant en matière de transport que l'aménagement,
comment va s'organiser le partage des rôles entre les sociétés de transport, l'ARTM,
dans la région de Montréal, Mobilité Infra Québec, comment va être assuré
l'équité et l'efficience dans les choix de transport. Donc, on a peur un peu à
une approche juste par projet et non pas dans une planification territoriale
intégrée.
Donc, sur cette question-là, si on prend
la région de Montréal actuellement, la CMM a une planification, l'ARTM a une
planification, la ville de Montréal a son plan d'urbanisme et de mobilité. Il y
a des bouts de ça qui se parlent puis il y a des bouts qui sont différents puis,
en plus, le gouvernement du Québec a sa propre idée parfois. Et là on arrive
avec... avec MIQ. Qui... Comment on va s'entendre sur ça va être quoi, le plan?
Parce que pour une... Puis mon collègue va revenir là-dessus. Pour nous, une
des clés du succès, c'est, une fois qu'on réussit à s'entendre sur un plan et
après qu'on le fait avancer, les choses vont plus rondement. Mais actuellement,
le fait qu'il n'y en a pas, de plan, fait en sorte qu'il y a beaucoup de
difficultés dans la livraison des projets. Donc, ça, c'est une partie de
l'équation sur les retards dans la réalisation. Et on pense...
17 h 30 (version révisée)
M. Savard (Christian) : ...tard
dans la réalisation et on pense qu'il va falloir trouver les moyens d'y
arriver. Puis la maturité politique va peut-être être une des solutions
là-dedans.
Il y a un livre qui est populaire
dernièrement, même auprès du gouvernement, c'est How big things get done,
et une des leçons de ce livre-là, c'est : Il faut très bien faire la
planification, il faut prendre son temps pour la planification et il faut aller
vite pour la réalisation. Et ce que fait MIQ, selon nous, c'est aller vite pour
la réalisation, mais, la partie avant, il reste encore beaucoup d'interrogations.
Pour finir, je terminerais... je
terminerais sur la question du financement en disant, comme d'autres qui... On
ne peut pas juste dire : On va faire des projets, puis après on va voir
comment on les exploite, comment on finance l'exploitation. Il faut avoir une
approche de cycle de vie d'un projet parce que, sinon, bien, on se retrouve un
peu... on peut faire des choses puis déshabiller Paul pour habiller Pierre... c'est-tu
ça? Je ne me souviens plus l'expression, fin de journée, l'autre sens... mais,
aussi, on peut juste réitérer, comme d'autres l'ont fait, qu'il faut... on ne
peut pas attendre juste après les grands projets pour... en transport en
commun, il faut trouver des solutions à court terme, mais c'est un message
aussi qu'on voulait profiter de l'occasion à passer. Je passe donc maintenant
la parole à mon collègue, qui va nous parler un petit peu des meilleures
pratiques.
M. Garnier (Francis) : Merci
beaucoup. Très heureux d'être ici aujourd'hui pour pouvoir échanger avec vous.
Alors, on a deux questions qu'on aimerait principalement insister. La première,
c'est vraiment : Comment est-ce qu'on peut intégrer le transport et l'aménagement
ensemble? Comment est-ce que la planification peut fonctionner pour vraiment s'assurer
de maximiser nos investissements, de considérer le plus de facteurs possibles,
pas juste dans la réalisation du projet, dans l'exploitation, mais aussi dans
le développement du territoire.
C'est quoi, l'impact sur le logement, sur
l'équité territoriale? C'est un exercice qui est très complexe, qui est très
long, qu'on peut mentionner. Ça, ce n'est pas là que les gains en rapidité vont
pouvoir être fait, on est convaincu de ça, mais, idéalement, on a une
conversation qui se passe entre l'autorité qui est responsable de planifier le
transport, qui est basée localement, qui connaît ses enjeux de terrain, connaît
ses enjeux d'exploitation, connaît les limitations de son réseau, avec l'agence...
avec, pardon, l'autorité locale de planification du territoire, qui sait c'est
quoi, les secteurs qui ont besoin d'être revitalisés, c'est quoi, les secteurs qui
ont besoin de plus de services. Ces secteurs-là devraient avoir... ces deux
entités-là devraient avoir une conversation en continu sur des décennies afin
aussi de préparer un plan sur des décennies qu'on sache où est-ce qu'on s'en va
dans la planification.
Les meilleures pratiques en ce sens-là...
j'aimerais citer l'État de Washington, qui force les municipalités à identifier
des corridors propices au redéveloppement, qui auraient besoin de transport
collectif structurant. Et, en revanche, l'autorité de transport doit absolument
s'arrimer à ces plans-là et se conformer à ça.
Concrètement, en termes de suivi et d'idées,
l'idéal, si on s'en réfère à la littérature et aux exemples qui existent, c'est
vraiment pour l'autorité de planification territoriale d'identifier des
corridors propices, qui sont ensuite apportés à l'agence qui va pouvoir
planifier le réseau de transport, qui va pouvoir vraiment se préciser sur la
conception du projet, pas la planification dans l'ensemble, parce que c'est
seulement dans cette façon-là qu'on peut vraiment penser à l'échelle d'un
réseau et considérer tous les facteurs qui sont si importants au niveau
territorial.
La deuxième question qu'on devrait poser,
c'est : Comment assurer que l'agence Mobilité Infra Québec soit efficiente?
Comment est-ce qu'on peut vraiment aller chercher les réductions de coûts qui
sont escomptées? Et le point principal là-dessus, qui revient encore et encore
à travers la littérature, à travers des exemples à travers le monde, c'est la
prévisibilité. Il faut une planification sur plusieurs décennies. Il faut
savoir où est-ce qu'on s'en va. Si à chaque projet qu'on termine, on se demande :
C'est quoi, le prochain projet? On ne sait pas, on va voir à la prochaine
élection. Ce n'est pas particulièrement optimal comme façon d'opérer, disons. À
Vancouver, il y a une obligation légale d'avoir 30 ans de vision, de
savoir c'est quoi, les projets. À chaque fois qu'il y en a un qui est terminé,
on sait c'est quoi, le suivant, le suivant suit ensuite et ensuite. Ça aide
aussi que, quand on construit ce réseau-là, si on sait qu'il y a une autre
ligne qui va se rajouter, disons, 10 ans plus tard, on peut prévoir pour
ça, on peut optimiser à l'avance à long terme pour vraiment accommoder les
dépenses futures. Et comme ça, on n'économise pas juste à la réalisation du
projet le premier jour, mais sur des décennies.
Évidemment, pour en arriver à un plan, un
échéancier d'aussi... de longue durée, il faut une certaine indépendance, il
faut une certaine capacité. On réunit tous les experts sous le même toit.
Est-ce qu'on va les écouter? Il faut les utiliser. Il faut être capable de se
baser sur l'expertise, sur la science, sur les projections, les analyses que
cette agence-là pourrait réaliser pour pouvoir <prévoir les prochaines
étapes...
M. Garnier (Francis) :
...analyses
que cette agence-là pourrait réaliser pour pouvoir >prévoir les
prochaines étapes. Et cette expertise-là, elle peut seulement se développer en
faisant des projets encore, encore et encore en continu. Il y a une belle
expression qui peut illustrer ça : C'est en forgeant qu'on devient
forgeron. Donc, tant qu'on n'a pas... qu'on ne fait pas des projets encore et
encore, ça va être difficile vraiment d'améliorer l'expertise, de pouvoir vraiment
réduire les coûts et de vraiment devenir efficace dans notre livraison de
transport... de transport collectif.
Évidemment, pour avoir... pour justifier
cet échéancier-là à long terme, il faut un financement qui est prévisible, qui
est récurrent et à long terme. Je repasserais la parole à mon collègue.
M. Savard (Christian) : Parfait.
Bien, ça conclut, je pense. Je pense qu'on a assez insisté sur le fait que, de
manière générale, on est plutôt d'accord sur l'idée de MIQ, mais qu'il y a une
partie préalable qui nous manque encore au Québec. On va faire... On va faire
la ligne bleue à Montréal, les choses démarrent tranquillement...
La Présidente (Mme Schmaltz) : En
terminant.
M. Savard (Christian) : Il
faudrait savoir immédiatement c'est quoi, la prochaine ligne, même chose pour
le tramway à Québec, et ainsi de suite. Merci de votre attention.
La Présidente (Mme Schmaltz) : Merci
beaucoup pour votre exposé. Alors, je vais me tourner vers la ministre. Vous
avez 16 min 30 s.
• (17 h 40) •
Mme Guilbault :Merci. Merci beaucoup, Mme la Présidente. Merci, messieurs,
d'être ici, de conclure cette belle journée avec nous, cette deuxième journée
de consultations particulières. Donc, on est à quoi, là, 12 sur 14, un
12e groupe sur 14, qui salue l'initiative de la création de Mobilité Infra
Québec. Et merci de vous être déplacés en personne puis merci pour votre
mémoire aussi, là que j'ai regardé. Plusieurs recommandations d'ailleurs, un
excellent travail de documentation. Donc, merci beaucoup d'être ici.
Je vais commencer parce que M. Turgeon
a dit... il n'y a pas si longtemps, a parlé des corridors, là, donc de
s'assurer de... justement de faire des projets sur les corridors pertinents ou,
enfin... Mais je vais lire votre recommandation numéro 11 :
«Concentrer l'expertise Mobilité Infra Québec sur le développement de nouveaux
liens structurants dans les corridors établis ou autres projets complexes
sollicités par une autorité locale.» C'est sûr que nous... puis ça va un peu
dans le sens de ce que j'ai dit souvent, là, le gouvernement n'a pas
l'intention d'imposer un projet qui n'est pas pertinent sur un territoire où on
ne veut pas de projets. Ça, je pense, c'est une évidence un peu universelle,
là, à moins que des gouvernements débordent d'argent. Je ne pense pas qu'on va
imposer des projets ou mettre de l'argent où les gens n'en veulent pas. Par
contre... Et pas «par contre», mais donc, de ce fait, j'ai l'impression,
autrement dit, que cette... le libellé de cette recommandation-là me semble
aller de soi dans le sens où c'est sûr qu'on va faire le bon projet au bon
endroit, avec un souci particulier pour les partenariats, les ententes, là,
l'article... on en a parlé beaucoup avec les municipalités qui sont venues, les
sociétés de transport qui sont venues, d'avoir cette entente-là, à la fois sur
le financement, sur les modalités de réalisation de... et éventuellement
d'exploitation du projet.
Mais bref, est-ce que vous ne considérez
pas... excusez, je cherche mes mots, on dirait, ce soir, est-ce que vous ne
considérez pas que, dans l'ensemble, le projet de loi va exactement dans le
sens de dire : Faire les bons projets aux bons endroits et justement se
doter de ressources expertes en transport collectif pour être capables de les
réaliser une fois pour toutes?
M. Savard (Christian) : Il y
a... Il y a une partie du projet de loi qui va dans ce sens-là. Puis, tu sais,
si on l'accueille plutôt favorablement, c'est que, je ne suis pas quelqu'un de
cynique dans la vie, je pense qu'on tente de faire les bonnes choses, mais j'ai
quand même maintenant près de 20 ans d'expérience dans le domaine et je
connais le fort niveau de politisation lié aux projets de transport en commun.
Et ça, c'est parce qu'on a de la difficulté à respecter une certaine expertise.
Et je ne crois pas que ce grand plan-là, je vais donner l'exemple de la région
de Montréal, je ne crois pas que ce soit MIQ tout seul qui va faire ça. Et,
habituellement, dans le monde, ce qui se passe, c'est qu'il y a une discussion
entre les autorités, par exemple un palier supérieur, et des autorités plus
régionales et locales, et il y a même une conversation entre la population et
la société civile, et dire : Voici, c'est ça, notre plan.
Dans le cas de... par exemple, de la
région de Montréal, il n'existe pas, ce plan-là. On ne sait pas c'est quoi,
pour les 30 prochaines années, où est-ce qu'on s'en va. Et je vous dirais
même que je suis... je ne suis pas sûr, par exemple, pour le PSE, que les choix
qui sont faits actuellement, même par l'ARTM, qui est supposée être
indépendante, ils sont indépendants et sont sur les meilleures pratiques en
matière de développement d'un réseau de transport en commun. Je ne suis pas sûr
que d'amener un tramway en souterrain à Repentigny ne soit pas un choix qui est
fortement politique versus un choix de transport qui serait probablement plus
raisonné avec d'autres solutions. Toutes les solutions n'ont pas été mises sur
la table. Par exemple, pour l'est de Montréal, on a participé notamment à
quelque chose qu'on a retrouvé dans les médias, où est-ce qu'on a dit... bien,
on a demandé à quelqu'un un peu indépendant qu'est-ce qu'il en pensait, et on
pense qu'on n'a pas encore <la maturité politique...
M. Savard (Christian) :
...on
a demandé à quelqu'un un peu indépendant qu'est-ce qu'il en pensait, et on
pense qu'on n'a pas encore >la maturité politique pour arriver avec un
plan qui est un peu plus raisonné et appuyé sur les bonnes pratiques en matière
de planification d'un réseau.
Et ça, c'est un autre problème que MIQ
touche un petit peu, que je sens que le gouvernement veut se doter... une
partie d'expertise pour pouvoir réfléchir, mais ce n'est pas clair, comment on
va y arriver, à ce plan-là, qui va être partagé, commun ensemble. Et ça, il y a
une partie de la job qui ne peut pas être faite par un projet de loi, il y a
une partie du travail qui doit être faite par un certain niveau de maturité
politique à tous les paliers. Et donc je ne pointe personne du doigt, mais je dis
juste qu'au Québec on n'a pas encore réussi à arriver avec un plan qu'on dit :
Tout le monde est d'accord, ou presque, puis on avance avec ça. La région de
Vancouver a réussi davantage, et ça va mieux aussi.
Puis là, ce que fait... va faire MIQ, ce
qui est intéressant, c'est : On va se doter d'une gang qui va être très
bonne pour réaliser les projets, qui va avoir l'expertise, qui va être moins
dépendante d'une partie du privé, par exemple, et qui va être capable aussi...
qui va garder l'expertise, et non pas des bureaux de projet qui sont des «one
shot deal» très axés sur l'expertise privée et qui font en sorte qu'une fois
que le «one shot deal» est fait, bien, ça s'en va, puis ça repart, puis on
recommence tout le temps. Si on... Et ça... et c'est pour ça... et cette
partie-là du projet, on le salue et on est d'accord. Donc, on voulait le
souligner, parce qu'on va se le dire, quand c'est un «one shot deal», les
montants qui vous sont proposés, c'est des montants de «one shot deal», donc
des gens qui ne disent pas : Bien, mon risque, je vais pouvoir l'étirer
sur 20, 30 ans, parce que des tramways, je vais en faire pendant 20, 30 ans
au Québec, on dit qu'on va en faire un, c'est là que je vais faire mes sous, je
vais couvrir mes risques. Donc, là-dessus, on est très... on trouve ça très
intéressant, et en plus d'avoir une expertise pour dialoguer avec les
fournisseurs et ainsi de suite. Donc, cette partie-là, on l'appuie.
Mais si... la bonne planification, je
dirais, territoriale et de l'ensemble du réseau qu'on rêve et qu'on a
l'ambition pour le Québec, bien, si on n'a pas cette partie-là, peut-être que
le MIQ va tourner à vide ou va se retrouver avec des écueils politiques, encore
une fois. C'est l'état de notre réflexion à ce moment-ci, là.
Mme Guilbault :...voulez-vous parler? Non? Vouliez-vous parler? Non? OK.
Bien, c'est exactement ça, ce que vous
dites, là. L'idée est justement de se doter d'une espèce de mégabureau de
projets national au lieu de financer plusieurs bureaux de projet un peu
partout, donc d'éparpiller les ressources, puis, en plus, veux veux pas, ça
coûte plus cher, parce que chacun a sa structure, chacun, des fois, peut avoir
ses conditions de travail, chacun peut avoir ses... salariales, etc. Donc, ça
devient très, très compliqué, à un moment donné, de... bien, pas compliqué,
mais c'est-à-dire qu'on se prive, je trouve, de concentrer les ressources puis
l'expertise à un seul endroit, puis, comme je disais comme exemple, un même
ingénieur pourrait travailler sur deux, trois projets en même temps plutôt que
de payer un ingénieur en Outaouais, payer un ingénieur à Montréal, payer un
ingénieur à Québec pour le tramway.
Bref, vous résumez parfaitement bien
l'esprit qui est derrière ça, puis je trouve qu'on maximise une même ressource
pour un même salaire qu'on paie, tu sais, une fois pour plusieurs projets
plutôt que d'en payer trois dans différents projets.
Je vais aller sur un autre point que je
trouve superintéressant, puis je trouve ça intéressant que vous passiez après
le RTC, et la STM, et la ville de Montréal, parce que... vous en parlez, vous
aussi, dans vos recommandations, entre autres la recommandation 4, qui dit :
«Élargir l'autorisation de réaliser et bénéficier du développement immobilier
aux sociétés de transport collectif», et aussi la 19, qui me semble, en tout
cas, aller de pair, là, donc : «Permettre aux sociétés de transport de
s'unir avec des promoteurs pour réaliser des travaux de construction visant à
croître... à accroître les opportunités de génération de revenus liée au
développement immobilier grâce à la valorisation immobilière des actifs des
sociétés de transport.» Donc, ça, ça va exactement dans le même sens que ce
dont on a discuté un peu plus tôt.
Vous avez peut-être pris connaissance de
la stratégie d'habitation déposée par ma collègue la ministre de l'Habitation
il y a deux, trois semaines, et c'est écrit dedans, donc, de se donner les
moyens de faire plus de développement immobilier à même les projets de
transport collectif ou à même les actifs des sociétés de transport pour les
projets déjà existants, quelque chose qui a déjà été discuté avant, la STM l'a
dit, on en avait discuté dans le cadre de mon projet de loi sur
l'expropriation, notamment ça a été discuté peut-être chez des projets de loi
de ma collègue des Affaires municipales, quoi qu'il en soit... on parlait de
maturité politique, je pense que là, la maturité... tu sais, on est arrivés à
une certaine maturité dans toutes ces discussions-là qu'on a pu avoir, on s'est
entendus sur l'idée d'éviter autant que possible les risques financiers parce
qu'on n'est pas en mesure de les assumer ou, en tout cas, tu sais, disons, on
manque tous d'argent, là, on le dit souvent. Mais tant la STM que le RTC sont
d'accord avec nous là-dessus, ont déjà des projets à l'esprit.
Alors, est-ce que vous, vous trouvez
que... Puis là, encore une fois, il faut que je fasse attention aux choses, là,
tu sais. Mais donc nous, on trouve que c'est <une bonne idée dans la
stratégie d'habitation...
Mme Guilbault :
...il faut que je fasse attention aux choses, là, tu
sais. Mais donc nous, on trouve que c'est >une bonne idée dans la
stratégie d'habitation. Donc, c'est le même gouvernement, alors, forcément, on
va se donner les moyens d'atteindre nos propres objectifs dans la stratégie
d'habitation. Tout ça pour dire que... est-ce que vous estimez que ce dont on a
discuté un peu plus tôt répond à vos recommandations puis, justement, répond
aux objectifs d'aménagements modernes, là, tu sais, où on veut maximiser les
espaces, maximiser pour un même espace, justement, non seulement avoir de la
mobilité, mais d'avoir aussi une offre de logements et/ou autres services? Je
parlais tout à l'heure d'une garderie, on peut penser à une école, un espace
vert, etc.
M. Savard (Christian) : Bien,
c'est pour ça qu'on propose, là, d'additionner au projet de loi quelque chose
d'explicite, là, sur des pouvoirs donnés aux sociétés de transport qui sont des
propriétaires fonciers importants et qui peuvent maximiser des terrains. Donc,
tout à fait d'accord avec cette approche-là, et j'irais même encore un peu plus
loin.
Vivre en Ville, dans le passé, a déjà fait
même des propositions qu'il devait y avoir une obligation pour les villes de
maximiser les terrains autour des infrastructures de transport en commun afin
de les rentabiliser davantage et d'aller chercher des nouvelles unités
d'habitation. On sait qu'on a un besoin criant, d'où la stratégie de
Mme Duranceau. On y a contribué un petit peu aussi. Donc, ça, c'est des
choses qui iraient dans le bon sens et qui viennent faire une des choses qui
obsède Vivre en Ville, c'est-à-dire lier l'aménagement du territoire et les
transports. Et ça, véritablement, là, c'est quelque chose d'intéressant. Je
vous dirais même que... Vancouver l'oblige vraiment, il y a d'autres, là...
ailleurs dans le monde, on l'oblige. C'est un petit peu plus agressif parce
que, sinon, il ne construit pas assez d'unités, puis on est dans le déficit du
nombre d'unités puis la crise de l'habitation dans laquelle on est. Donc, ça va
dans le bon sens.
• (17 h 50) •
M. Garnier (Francis) : J'aimerais
insister comment... à quel point on est enthousiaste à l'idée vraiment de faire
du développement immobilier, qu'il y a vraiment une opportunité de répondre à
la fois aux deux plus grands problèmes d'abordabilité des ménages, à la fois
l'habitation et le transport d'un coup, qu'il y a vraiment des grandes
opportunités de synergie qui sont présentes là-dessus. Donc, on encourage
vraiment à ce que tout le volet immobilier, le volet redéveloppement, soit
intégré dès le début des projets, dès le tout début de la réflexion, de comment
le tracé peut être fait, qu'il y ait un potentiel associé à ça.
Et je rajouterais peut-être... Une
recommandation qu'on avait fait pour le projet de loi n° 16,
pour la révision de la LEU, qui était vraiment d'apporter une densité minimale
obligatoire autour des stations de service collectif structurant, vraiment pour
garantir que la densification se fait au bon endroit et facilement et
rapidement.
Mme Guilbault :Oui, tout à fait. Puis vous donnez l'exemple de la
Colombie-Britannique, mais vous me faites penser que quand j'étais allée l'an
dernier en Europe, à Stockholm, ils prolongent eux aussi leur ligne bleue de
métro, et ils m'expliquaient que c'est un peu ça, l'entente qu'ils faisaient
avec les villes, en disant : Nous, on va te faire un projet de transport,
mais, en échange, tu vas nous faire du logement. Tu sais, ils me résumaient ça
simplement, mais, en gros, c'était ça. Donc, je trouve que ça va effectivement
dans le même sens...
M. Garnier (Francis) : Exactement.
Mme Guilbault :...parce que le problème de logement n'est pas seulement
ici, au Québec, là.
Alors, avant de laisser un petit peu de
temps à mon collègue de Masson, je vais juste... je voulais juste partager avec
vous... puis là je cherche, je n'ai pas le bon numéro, c'est... Oui, c'est ça, OK,
les membres du CA, juste votre recommandation n° 15. Je
trouvais ça intéressant, vous êtes les premiers... bien, remarquez, peut-être
que... j'ai peut-être manqué des passages quelque part dans un des mémoires
préalables, là, mais c'est la première fois qu'on l'aborde. Sur le profil des
futurs membres du CA, je trouvais ça intéressant, Mobilité Infra Québec doit
pouvoir compter sur un conseil d'administration indépendant, qualifié en
transport collectif et en planification territoriale et présenter une pluralité
de parties prenantes. Évidemment, nous, ça va être assujetti à la Loi sur la
gouvernance des sociétés d'État. Donc, la composition des CA comporte
certains... certaines... peut-être pas contraintes, mais prescriptions ou, en
tout cas, modalités, là, tu sais, pour la diversité, les femmes, les jeunes, etc.
Alors, je voulais simplement vous rassurer
sur le fait que je partage avec vous le souhait que ce soit d'abord et avant
tout, même en tenant compte des modalités qui sont prescrites dans la Loi sur
la gouvernance des sociétés d'État, que ce soit d'abord et avant tout les
meilleurs, capables de... justement de composer le CA d'une future équipe qui
va être capable de livrer des projets, des gens qui ont déjà fait du transport
collectif ou qui ont déjà fait de la gouvernance et qui vont être capables de
gérer cette fougère le mieux possible. Et, là-dessus, je vais laisser le reste
de mon temps à mon collègue de Masson. Bien, merci beaucoup, messieurs.
M. Savard (Christian) : Merci.
La Présidente (Mme Schmaltz) : Vous
avez... Il vous reste 3 min 6 s.
M. Lemay : Oui, merci, Mme la
Présidente. Bonjour à vous deux. Alors, vous savez, Mme la ministre a parlé de
la recommandation numéro 4. Moi, je vais y aller plus
sur la recommandation numéro 3, juste pour avoir un
peu plus de précision, là, dans le fond, parce que vous dites que, tu sais,
dans... vous voulez qu'on finance le transport collectif puis vous voulez qu'on
s'attaque aussi à la crise du logement. Ça fait que, là, vous suggérez qu'on
devrait en prendre plus large, tu sais. Or, Mobilité Infra Québec, tu sais, <c'est
quand même déjà assez large...
M. Lemay :
...vous
suggérez qu'on devrait en prendre plus large, tu sais. Or, Mobilité Infra
Québec, tu sais, >c'est quand même déjà assez large. Puis vous, dans
votre recommandation que vous faites à la... numéro 3, c'est de favoriser
un développement immobilier privilégiant l'abordabilité lors la planification
des projets de transport collectif. Mais vu qu'on est déjà assez large, là...
puis, tu sais, j'aimerais savoir à quel point vous voulez vraiment que Mobilité
Infra Québec s'implique dans le développement résidentiel qui accompagne la
construction des nouvelles lignes de transport en commun, tu sais. Puis aussi,
tu sais, si on peut considérer, là, qu'on a déjà le développement de nos TOD,
là, qui sont déjà assez complexes, là, est-ce qu'on ne vient pas un peu
s'immiscer, là, dans les pouvoirs municipaux, là? Si vous voulez absolument que
le ministre s'implique, peut-être plus préciser votre intention, là.
M. Savard (Christian) : Bien,
là-dessus, lorsqu'on vient en commission parlementaire, c'est le bon moment à
passer des... certains messages sur des aspects, puis parfois ce n'est pas le
bon... ou le projet de loi qu'on dit : Ce n'est peut-être pas là qu'on
peut faire changer quelque chose, mais c'est... il y a une autre opportunité à
un autre moment donné de faire ça. Donc, c'est... peut-être que ce n'est pas là
qu'on réussit à faire quelque chose là-dessus, mais nous, c'est quelque chose qu'on
a... une position qu'on a, à Vivre en Ville, qu'on ne peut pas laisser
uniquement aux villes la pression et, de fait, de développer... de développer
ou pas dans certains cas. Et on est d'accord qu'il y a un certain leadership
gouvernemental pour... et je vais le dire carrément, pour s'immiscer dans les
pouvoirs, dans les pouvoirs des villes.
Prenons... disons que toutes les villes,
là, d'une région décident qu'eux autres, là, ils n'en veulent plus, des unités
d'habitation puis qu'ils sont bien comme ça, puis que, là, ça crée une pression
sur le marché immobilier, on considère, nous, que c'est normal que le
gouvernement intervienne pour venir accélérer la construction d'unités à
travers certaines... certaines modalités, certains changements législatifs.
Il y a d'autres juridictions dans le monde
qui l'obligent, je pense... je pense à Minneapolis, je pense à Portland, je
pense à Auckland, en Nouvelle-Zélande, où, à titre d'exemple, il est interdit
pour une ville de ne pas permettre six étages autour d'une station de transport
en commun structurante, c'est carrément interdit. Donc, c'est le genre de
suggestion qu'éventuellement pourrait arriver, peut-être pas à travers ce
projet de loi là, peut-être à travers un autre.
La Présidente (Mme Schmaltz) : 10 secondes.
M. Lemay : Merci, Mme la
Présidente.
La Présidente (Mme Schmaltz) : Merci.
Alors, je vais céder la parole maintenant au porte-parole du groupe
d'opposition. Vous avez 12 min 23 s.
M. Derraji : Merci à vous
deux. Extrêmement intéressant. Encore une fois, je vous le dis, là, c'est un
excellent mémoire, beaucoup d'analyses, 17 recommandations. Je pense que
vous avez bien fait le tour de la question. J'ai deux sujets que j'aimerais
aborder avec vous en profondeur. Je vous ai entendu parler au début de vision,
et vous avez raison de le dire, parce que, dans d'autres sociétés, ou des États
fédérés, ou autres, on peut se comparer à Vancouver, c'est la vision 10, 20,
30 ans, et une vision... et on essaie de bâtir sur cette vision. On ne
déraille pas pour les projets de transport en commun.
Ce que vous venez... ce que vous vous
dites depuis tout à l'heure, c'est que le problème qu'on a, au Québec, c'est
l'absence de cette vision et de planification. Et après, on va aller à la pièce
en lançant le tramway, on le retarde. On déclare un troisième lien, on le
retire. On dit qu'on veut investir dans les autoroutes et, par la suite, on dit :
Il faut investir dans le transport en commun. Pensez-vous réellement que vous
avez, en face de vous, un gouvernement qui a une vision par rapport aux
transports collectifs?
M. Savard (Christian) : C'est
une bonne... c'est une bonne question. Écoutez, d'un côté positif, il y a
certains projets qui ont avancé. On peut... on peut le dire, hein, le projet de
la ligne bleue. Moi, je souhaite de voir le projet de tramway se résoudre très
rapidement à Québec, mais il n'y en a pas, et c'est quelque chose qu'on a très
peu eu au Québec. En préparant la commission, je disais : C'est quand,
Francis, qu'on a eu un plan de match qui a été respecté? Ça fait que j'ai
l'impression que ce n'est pas dans la culture politique pour l'instant du
Québec de se donner cette vision-là et de la garder. Donc... et, oui,
j'aimerais que le gouvernement l'ait eu et le fasse. Est-ce qu'ils l'ont fait?
Non, mais il n'y a pas tant de gouvernements que ça avant qui l'ont fait, à
part peut-être au début du métro, les années 60, 70. Puis à un moment
donné, tout a arrêté, il y a eu une récession. Puis, depuis ce temps-là, là,
des visions, là, qui étaient claires, qui étaient partagées par les différents
acteurs, à tous les paliers, il n'y en a pas eu et c'est notre grand problème.
Pour vrai, là, c'est un... c'est un problème très important et ce n'est pas
vrai que, là, je sens que derrière MIQ, on va pouvoir l'avoir. <Et, si je
peux me permettre un exemple négatif...
M. Savard (Christian) :
...et
ce n'est pas vrai que, là, je sens que derrière MIQ, on va pouvoir l'avoir. >Et,
si je peux me permettre un exemple négatif, on... en ce moment, il n'y a rien
qui dit qu'on est les... on est les garde-fous pour ne pas qu'un gouvernement
décide de dire à MIQ : Tu vas faire tel projet, de tel type, puis que MIQ
va le faire parce qu'il a la commande du gouvernement, même si c'est un projet
qui n'a pas de sens. Et ça... et ça, ce n'est pas facile parce qu'il y a une
partie qui n'est pas législative, il y a une partie qui est une certaine
maturité politique, et aussi de mettre le transport en commun à un haut niveau
d'un point de vue sociétal.
M. Derraji : Vous voulez
ajouter quelque chose d'autre?
M. Garnier (Francis) : Pas
pour l'instant, merci.
M. Derraji : Est-ce que c'est
comme ça que je dois interpréter votre recommandation 12 : «Ne pas
exiger l'autorisation gouvernementale pour étudier des projets»? C'est en lien
avec ce que vous venez de dire?
M. Savard (Christian) : Bien,
dans certains cas, peut-être qu'il y a des planifications qui pourraient... on
pourrait demander à MIQ une certaine... un certain regard et donner une
certaine indépendance additionnelle. Dans ce cadre-là, il y a un souci
d'indépendance qu'on veut donner aussi, là, qu'on veut... si on veut aller
chercher aussi ces avis, là, bien, il faut qu'ils soient relativement
indépendants et sans payer le prix.
• (18 heures) •
M. Derraji : Oui. Dans vos
propos... Je ne sais pas c'est lequel... qui de vous deux l'a mentionné, vous
voulez que l'agence MIQ soit dédiée au transport en commun. Donc, pour vous, un
troisième lien, que le MIQ le réalise, là, là, pour vous, là, ça ne devrait pas
faire partie de la mission du MIQ.
M. Savard (Christian) : Il y
a... on l'a dit, là, dans ma réponse juste avant, il y a une question... il y a
une culture du transport en commun qu'on n'a pas au Québec, et là on tente de
lui donner un peu de coffre avec... en disant... au niveau de la réalisation, déjà,
c'est déjà une chose. On gaspillerait un peu... on éparpillerait les énergies
en lui demandant de faire autre chose, et on peut imaginer que son
éventuelle... oui, éventuelle dirigeante fasse en sorte qu'elle soit prise
entre différents feux. Si on veut de l'expertise en transport en commun,
faisons une boîte dédiée au transport en commun, et là on va avoir le meilleur
de cette nouvelle agence là.
M. Derraji : Mais vous
répondez quoi aux gens qui vont vous dire : Écoutez, là, le transport en
commun, c'est beau, là, mais c'est utopique de penser qu'on va avoir du
transport en commun à travers toute la province? On a un territoire qui est
immense. Mobilité Infra, à l'intérieur du nom, il y a la mobilité, et la
mobilité... les autoroutes font partie de la mobilité. Pensez à des citoyens
qui ne peuvent pas se lever le matin et prendre un tramway ou un métro parce
que ça n'existe pas dans sa région, il est obligé de prendre la voiture et
partir faire ses courses, ramener ses enfants à l'école et, par la suite,
partir travailler. Qu'est-ce qu'on fait?
M. Savard (Christian) : Bien,
le MTQ va toujours exister. Donc, c'est à lui... il pourra continuer à faire ce
travail-là, mais, dans ce cadre-là, on a un problème précis, qui est celui de
la réalisation, de l'expertise pour réaliser quelque chose qu'on n'a pas assez
réalisé depuis des décennies. On n'en a pas fait, de transport en commun, on
n'est pas encore rendus bons. Le MTQ est quand même pas mal pour faire des
routes parce qu'il en a fait pendant des décennies, et donc on n'a pas d'enjeux
à ce niveau-là, et c'est des... Les projets de transports en commun ont un
niveau de complexité plus grand que de dérouler de l'asphalte.
Donc, on trouve intéressant l'idée d'avoir
une agence spécialisée dans la réalisation, avec une certaine capacité au
niveau de la planification, mais, cette planification-là, devra être partagée
avec les différents paliers. Mais, pour nous, le MTQ va continuer à faire son
boulot à côté, là, pour les routes plus classiques.
M. Derraji : Mais donc, pour
vous, c'est très clair, MIQ, Mobilité Infra Québec, doit se concentrer
uniquement sur des projets de mobilité.
Tout à l'heure, la ministre vous a répondu
par rapport à : Est-ce qu'il y a des ingénieurs? Un à Gatineau, un à
Québec. Là, on va faire un grand centre de... un mégacentre ou un mégabureau de
projet. J'ai le goût de vous poser la question : Est-ce qu'au lieu de
travailler avec des experts, qui connaissent très bien leur réalité, moi, j'ai
eu la chance de rencontrer la société de transport à Gatineau, ils ont pas mal
de bons projets, ils ont des experts, ils ont un bureau de projets... recrutés
de l'international, ils font un bon travail... ne pensez-vous pas qu'il y a une
limite à une tangente vers une centralisation qui risque de nous faire mal au
lieu d'une décentralisation?
M. Savard (Christian) : Bien,
il va... Je crois que ce risque-là va être limité. Lorsqu'il y aura, dans une
ville, un projet précis, c'est clair qu'il va y avoir un sous-bureau de projet
lié à MIQ, qui va avoir ses antennes dans cette ville-là. Selon nous... ce
n'est pas un enjeu qui nous fait très peur. Je dirais, si le Québec était les
États-Unis, bien là, ce serait peut-être... ça ne serait peut-être pas une
bonne idée, mais là, dans le cadre québécois, ça peut fonctionner, mais il va y
avoir des bureaux régionaux lorsqu'il va y avoir des très grands projets dans
une...
18 h (version révisée)
M. Savard (Christian) : ...avoir
des bureaux régionaux lorsqu'il va y avoir des très grands projets dans une...
dans un coin, là.
M. Derraji : Bien, je m'excuse,
je ne veux pas vous contredire, mais ce n'est pas le son de cloche que j'ai eu
lors de mes rencontres avec la société de transport. Je prends le cas...
M. Savard (Christian) : Bien,
il va y avoir de la consolidation d'une partie de l'expertise, mais, je veux
dire, les relations avec les citoyens sur un projet comme le tramway à Québec, je
ne pense pas que ça va se faire de Montréal.
M. Derraji : Absolument.
M. Savard (Christian) : Je
pense qu'il va y avoir des équipes, des équipes sur place, et ainsi de suite,
là. Mais les analyses, certaines analyses techniques peuvent se faire d'ailleurs,
selon nous, là.
M. Derraji : Oui, absolument,
vous avez raison. Je vais vous ramener sur un point que vous avez ramené, au
niveau de tout ce qui est augmentation de revenus, parce que vous voyez ce qui
se passe, hein, depuis presque un an et demi, les maires qui demandent plus d'investissement.
La seule solution que le gouvernement leur a donnée, c'est augmenter des taxes
sur l'immatriculation, parce qu'il faut payer le déficit. Le gouvernement paie
une partie, et l'autre partie est payée par les contribuables. Donc, les
maires, ils étaient obligés d'utiliser un pouvoir de taxation, qui est la taxe
d'immatriculation.
Vous avez vu le déficit, le dernier
déficit annoncé. Il a été corrigé à la hausse, le déficit, au mois de juin. La
ministre, face à toutes ces demandes, elle dit : Bien, écoute, on n'a plus
d'argent. Donc, est-ce que vous pensez réellement qu'avec MIQ et le contexte économique
qu'on vit présentement on va avoir vraiment des projets réalisés, sachant le
contexte d'absence d'argent pour les prochaines années?
M. Savard (Christian) : Bien,
c'est clair que le Québec va devoir faire des choix au niveau des revenus pour financer
l'ensemble des projets de transport. Et là je vais... je vais dire quelque
chose d'assez clair. Ce qui est désolant, c'est qu'il y a deux poids deux
mesures où... Le transport routier, ça, c'est le gouvernement qui s'en occupe,
il paie. Bon, on sait qu'il y a un déficit dans le FARR, là, comme vous l'avez
dit dans l'intervention précédente, mais ils trouvent un moyen, puis ça c'est
correct, on ne pose pas trop de questions. Mais le transport en commun, c'est
toujours semi-catastrophique, il y a toujours une guerre politique avec les
villes, et là ça devient toujours compliqué. Mais, pourtant, c'est des citoyens
qui se déplacent entre deux lieux. Et de... et de dire à chaque fois qu'il y a
un psychodrame pour le transport en commun, mais que, pour les autoroutes, c'est
facile...
M. Derraji : Avez-vous cette
impression que c'est un gouvernement d'autoroutes, et non pas de transport en
commun? Parce que c'est ce que vous venez de dire maintenant, là.
M. Savard (Christian) : Ça
dépend, ça dépend des moments. Je vous dirais qu'en mai 2023 ça allait
mieux. Maintenant, ça va un peu moins bien. Il y a quelque chose que je veux
spécifier, et qui... et moi... qui va dans le sens... et qui m'attriste un peu.
Aujourd'hui, la ville de Québec a dit, a annoncé qu'ils augmentaient de
60 $ la taxe sur l'immatriculation pour financer le transport en commun puis,
tout de suite, on entend le ministre Julien, responsable de la
Capitale-Nationale, dire : Ah! moi, je trouve que c'est cher. Mais là, à
un moment donné, il faut laisser aux villes... s'ils prennent... Si on dit aux
villes : Prenez vos responsabilités, ils prennent leurs responsabilités,
on ne peut pas leur reprocher. Donc, ça, c'est quelque chose qui est désolant.
Il va falloir, à un moment donné...
M. Derraji : Pourquoi?
M. Savard (Christian) : ...s'ils
décident de mettre de la pression sur les villes pour le financement, il va
falloir les laisser faire sans leur reprocher.
M. Derraji : Mais pourquoi,
selon vous, le ministre en question a fait cette intervention?
M. Savard (Christian) : Je
vous laisse interprétation.
M. Derraji : Mais vous venez
de le juger. Il dit que ça n'a aucun bon sens, là, c'est cher.
M. Savard (Christian) : Oui,
bien, j'imagine, parce que c'est plus populaire de dire que c'est cher que de
dire : Le maire de Québec a pris ses responsabilités.
M. Derraji : Oui, mais il est
responsable. C'est son gouvernement, où lui-même, il est ministre... a refusé
de financer le transport. Mais c'est populaire, vous avez raison de le dire.
M. Savard (Christian) : C'est
populaire de dire ça.
M. Derraji : C'est populaire,
oui. Parlant de revenus autonomes et récurrents, j'ai aimé ce que vous avez
dit. Je ne sais pas si vous avez vu, j'imagine que oui, le projet de loi n° 791, que j'ai déposé moi-même il y a quelques mois, Loi
permettant à des organismes publics de transport en commun de développer des
projets immobiliers aux abords ou au-dessus de leurs infrastructures de
transport en commun. Si vous ne l'avez pas vu, je peux vous laisser une copie.
Et le but, ce qu'on dit, c'est vraiment de permettre... En fait, c'est à l'image
de ce qu'on voit ailleurs, Vancouver, aux États-Unis et en Europe. Vous avez lu
le projet de loi. Juste avant vous, le groupe a dit : Bien, écoute, vous
nous donnez juste le pouvoir de vendre un terrain, mais vendre un terrain, oui,
on peut prendre cet argent, le mettre... mais c'est fini, il n'y a pas de
développement, il n'y a pas de... la récurrence en termes... au niveau du
financement.
Vous, votre interprétation, est-ce que le
gouvernement doit donner plus que vendre... vendre des terrains, et ça veut
dire s'associer avec une partie tierce, faire du développement...
La Présidente (Mme Schmaltz) : 30 secondes.
M. Derraji : ...et faire du développement?
M. Garnier (Francis) : Quand
on regarde les potentiels de valorisation foncière, on voit que les gains ne se
font pas juste au moment de l'annonce ou de l'ouverture du projet, mais qu'ils
sont vraiment en continu tant et aussi longtemps que le service opère. Donc, c'est
sûr que se limiter à une... à récupérer un peu ces revenus-là à un moment
précis, au moment de l'achat, on perd une grande partie du potentiel.
M. Savard (Christian) : Donc,
ça va dans le sens que vous <dites...
M. Garnier (Francis) :
...on
perd une grande partie du potentiel.
M. Savard (Christian) :
Donc,
ça va dans le sens que vous >dites.
La Présidente (Mme Schmaltz) : Merci.
Alors, je vais céder la parole maintenant au député des Îles-de-la-Madeleine
pour 4 min 7 s.
M. Arseneau : Merci, Mme la
Présidente. Merci beaucoup à vous deux pour la présentation et la très grande
franchise dans vos propos, c'est rafraîchissant, très intéressant, aussi,
toutes vos propositions. Rapidement, je vois que sur la question de
l'indépendance, qui nous tient beaucoup à cœur comme formation politique, mais...
l'indépendance de MIQ, la nouvelle agence, ce n'est pas du tout le cas à
l'heure actuelle. Vous connaissez l'article 4, qui dit : «Mobilité Infra
Québec a pour mission principale d'effectuer, dans une perspective de mobilité
durable... lorsque le gouvernement lui en confie la responsabilité»,
c'est-à-dire qu'elle n'a absolument aucune indépendance de développer une
vision, une planification, une approche globale et tout ça. Est-ce que ça, ce
n'est pas un peu le talon d'Achille du projet de loi, si je comprends bien
votre propos?
• (18 h 10) •
M. Savard (Christian) : Oui,
tout à fait, c'est le talon d'Achille de toute la planification du transport en
commun et du développement du transport en commun au Québec depuis très
longtemps. Les... ces dossiers-là ont toujours été très politisés, beaucoup
trop. L'expertise sur comment monter l'architecture d'un réseau de transport en
commun, par exemple, est très peu sollicitée, très peu respectée pour une
approche par projets, et, parfois, une approche par projets qui doit passer au
bon endroit, parce que, pour des raisons politiques x, y, z, c'est plus
avantageux parfois, donc. Et ça, ça n'existe pas, et j'aurais le goût de dire
que ce n'est pas juste parce que les gens sont de mauvaise foi, c'est aussi
parce qu'on n'a pas cette culture-là, et il faut la développer et il faut
lancer le message, à travers MIQ, qu'on va faire ça aussi et, pour l'instant,
on ne le sent pas.
M. Arseneau : Vous parlez de
culture, mais je ne sais pas si... Au-delà de la culture, comment peut-on... puis
là on réfléchit, là, à haute voix... comment peut-on mettre en place les
mécanismes qui nous permettraient d'arriver là? Y a-t-il un comparable, dans la
société québécoise, où on a un organisme indépendant qui prend ses orientations
ou développe sa planification sur la base du... de la science, comme vous
l'avez mentionné? Est-ce que vous connaissez des parallèles au Québec? Vous
avez fait référence à d'autres... d'autres juridictions.
M. Savard (Christian) : Dans
notre domaine, plus ou moins, au Québec, mais il faut que les gens aient une
certaine... il faut qu'ils se sentent protégés aussi, de pouvoir parler
librement. Je dirais que dans la culture anglo-saxonne, l'indépendance de ce genre
d'organismes là, qui peuvent venir dire «on n'est pas d'accord avec ça» sans
que tout le monde se sentent menacés de perdre son emploi, ça existe, ça existe
même en aménagement urbain, où est-ce que l'avis du «urban planner» en chef,
là, du planificateur en chef est souvent indépendant. Ce n'est pas quelque
chose qu'on a ici. Il y a des avantages et désavantages, une certaine
imputabilité politique qui est normale, mais, à un moment donné, on est dans un
extrême, là, au niveau de la politisation des projets au Québec.
M. Arseneau : Jusqu'à un
certain point, il aurait pu y avoir Hydro-Québec, mais...
M. Savard (Christian) : Bien,
à un certain point, Hydro-Québec, il l'a, en partie...
M. Arseneau : C'est ça.
M. Savard (Christian) : ...mais
il y a aussi un background quasi culturel derrière le respect de l'institution.
Mais vous avez raison, Hydro-Québec l'a en partie.
M. Arseneau : Donc, Mobilité
Québec, mais de façon indépendante, qui peut être intéressant. Rapidement, il
ne reste presque plus de temps...
La Présidente (Mme Schmaltz) : 30 secondes.
M. Arseneau : ...la question
de la reddition de comptes, comment vous voyez ça? Parce que je trouve ça fort
intéressant, vous êtes les premiers à l'avoir mentionné comme quoi c'est
fondamental, tu sais, toutes les décisions doivent être publiées et, ainsi de
suite. Comment vous le voyez, là?
M. Garnier (Francis) : Oui,
la transparence est absolument fondamentale à la reddition de comptes. Si les
citoyens n'ont pas accès à l'information, c'est difficile de voir le projet ou
même l'institution comme légitime. Il faut une transparence. Une transparence à
long terme, continue vient développer cette légitimité-là, mais aussi, pas
juste pour les citoyens, même pour les experts du milieu. C'est difficile de
prendre un projet quand tout est derrière des ententes de confidentialité.
La Présidente (Mme Schmaltz) : Je
vous remercie. Nous avons utilisé le temps que nous avions, alors il ne reste
plus de minutes de disponibles. Alors donc, je vous remercie pour votre
contribution aux travaux.
Alors, compte tenu de l'heure, la
commission ajourne ses travaux au jeudi 12 septembre 2024, après les
avis touchant les travaux des commissions, où elle poursuivra son mandat.
Merci.
(Fin de la séance à 18 h 13)