Journal des débats de la Commission des transports et de l'environnement
Version préliminaire
43e législature, 1re session
(29 novembre 2022 au 10 septembre 2025)
Cette version du Journal des débats est une version préliminaire : elle peut donc contenir des erreurs. La version définitive du Journal, en texte continu avec table des matières, est publiée dans un délai moyen de 2 ans suivant la date de la séance.
Pour en savoir plus sur le Journal des débats et ses différentes versions
Le
mardi 8 octobre 2024
-
Vol. 47 N° 61
Étude détaillée du projet de loi n° 61, Loi édictant la Loi sur Mobilité Infra Québec et modifiant certaines dispositions relatives au transport collectif
Aller directement au contenu du Journal des débats
Intervenants par tranches d'heure
-
-
Maccarone, Jennifer
-
Derraji, Monsef
-
Lemay, Mathieu
-
Morin, André Albert
-
-
Derraji, Monsef
-
Maccarone, Jennifer
-
Morin, André Albert
-
Guilbault, Geneviève
-
Lemay, Mathieu
-
Blouin, Catherine
-
Bernard, Daniel
-
Montigny, Yves
-
Girard, Eric
-
Grandmont, Etienne
-
-
Morin, André Albert
-
Maccarone, Jennifer
-
Derraji, Monsef
-
-
Derraji, Monsef
-
Maccarone, Jennifer
-
Arseneau, Joël
-
Grandmont, Etienne
-
-
Grandmont, Etienne
-
Maccarone, Jennifer
-
Morin, André Albert
-
Derraji, Monsef
-
Guilbault, Geneviève
-
Lemay, Mathieu
-
Blouin, Catherine
-
Bernard, Daniel
-
Montigny, Yves
-
Girard, Eric
-
Arseneau, Joël
-
-
Lemay, Mathieu
-
Maccarone, Jennifer
-
Morin, André Albert
-
Grandmont, Etienne
-
Arseneau, Joël
-
-
-
Maccarone, Jennifer
-
Lemay, Mathieu
-
Guilbault, Geneviève
-
Grondin, Agnès
-
Bernard, Daniel
-
Blouin, Catherine
-
Girard, Eric
-
Derraji, Monsef
-
Grandmont, Etienne
-
-
Guilbault, Geneviève
-
Derraji, Monsef
-
Maccarone, Jennifer
-
Grandmont, Etienne
-
-
Grandmont, Etienne
-
Guilbault, Geneviève
-
Maccarone, Jennifer
-
Arseneau, Joël
-
-
Arseneau, Joël
-
Guilbault, Geneviève
-
Maccarone, Jennifer
-
-
Guilbault, Geneviève
-
Maccarone, Jennifer
-
Arseneau, Joël
-
Derraji, Monsef
-
-
Derraji, Monsef
-
Maccarone, Jennifer
-
Guilbault, Geneviève
-
Grandmont, Etienne
-
Arseneau, Joël
-
-
Guilbault, Geneviève
-
Maccarone, Jennifer
-
Derraji, Monsef
-
9 h 30 (version révisée)
(Neuf heures quarante-neuf minutes)
La Présidente (Mme Maccarone) :
Bon matin à tous et à toutes. À l'ordre, évidemment. Ayant constaté le
quorum, je déclare la séance de la Commission des transports et de
l'environnement ouverte.
La commission est réunie afin de
poursuivre l'étude détaillée du projet de loi n° 61, Loi édictant la Loi
sur Mobilité Infra Québec et modifiant certaines dispositions relatives au
transport collectif.
M. le secrétaire, y a-t-il des
remplacements?
Le Secrétaire : Oui, Mme la
Présidente. Mme Tardif (Laviolette—Saint-Maurice) est remplacée par M. Girard
(Lac-Saint-Jean); Mme Dufour (Mille-Îles), par M. Morin (Acadie); et M. St-Pierre
Plamondon (Camille-Laurin), par M. Arseneau (Îles-de-la-Madeleine).
La Présidente (Mme Maccarone) :
Merci beaucoup. Lors de l'ajournement de nos travaux jeudi dernier, nous
étions à l'étude d'une motion préliminaire présentée par le député des Îles-de-la-Madeleine.
M. le député de Nelligan, il vous reste 17 minutes. Je vous cède
maintenant la parole.
M. Derraji : Bonjour, Mme
la Présidente. Très heureux de revoir mes chers collègues.
M. Lemay : ...
M. Derraji : Je note que
le député de Masson me dit que le plaisir est partagé. Je tiens à rassurer mon
cher collègue que le grand plaisir est partagé avec moi. Chaque fois que je me
lève pour prendre la route, Mme la Présidente, pour venir à Québec, je me dis :
Comment je vais changer la vie des gens? Et j'en suis sûr et certain qu'avec ce
qu'on va faire, on <va...
M. Derraji :
...Comment
je vais changer la vie des gens? Et j'en suis sûr et certain qu'avec ce qu'on
va faire, on >va changer la vie des gens. Surtout que, dans un contexte budgétaire
très déficitaire, la motion vise juste, et je tiens à remercier mon collègue le
député... le député du Parti québécois. Donc, salutations à l'ensemble des
collègues. Je tiens à noter que nous sommes dans la salle <i>Papineau,
une salle où la température est adéquate pour faire un bon exposé. On passe de
la chaleur de... C'est quoi l'autre salle?
Des voix : ...
M. Derraji : <i>La Fontaine...
de la chaleur de la salle de La Fontaine à la fraîcheur de la salle
Papineau. Je ne sais pas... Est-ce qu'il y a un jeu de mots à faire entre
La Fontaine et Papineau? Mais La Fontaine était... était une... une
salle chaleureuse, mais j'ose espérer qu'aussi... la salle Papineau va l'être
aussi. Bonjour. Bienvenue.
Donc, voilà, Mme la Présidente. Je vais
juste rappeler où nous étions la semaine dernière, parce que, du moment que je
commence à... notre bloc d'échange pour essayer de convaincre Mme la ministre
et l'ensemble de ses collègues qui sont présents aujourd'hui... C'est que,
conformément à l'article 244 du règlement de l'Assemblée nationale, le
Parti québécois nous invite... il invite les membres de la Commission des
transports et de l'environnement, dans le cadre de ce que nous sommes en train
de faire, à savoir étudier le projet de loi 61... Et je tiens à rappeler,
le projet de loi 61... Qu'est-ce qu'il vise, le projet de loi 61? Il
vise à instaurer Mobilité Infra Québec et modifier certaines dispositions
relatives au transport collectif.
Et ce qu'il demande, le collègue député de...
des Îles-de-la-Madeleine, il demande au ministère des Transports et de la
Mobilité durable de transmettre au plus tard avant la séance du mardi 8 octobre,
mais, écoutez, je vais continuer mes arguments... mais j'espère que Mme la
ministre et son équipe nous ont ramené les arguments... Pour répondre à ma
collègue : on va aller très vite. On va vraiment aller... aller très vite...
et ça va nous aider à avoir les documents nécessaires. Et ce que la motion du
collègue demandait... le ministère des Transports et de la Mobilité durable
dépose à la commission une ventilation des ressources humaines et contractuelles
qui ont été investies pour l'élaboration du projet de loi. Et ce qui est très
bien, c'est que... que la commission reçoive également une ventilation des
coûts et des investissements qui seront nécessaires... qui seront nécessaires
pour la mise sur pied de Mobilité Infra Québec et qui seront requis en dehors
de la prise en charge de projets, ainsi que des coûts additionnels envisagés
pour les deux premières années d'opération.
Vous allez me dire, Mme la Présidente :
Mais pourquoi cette motion préliminaire... Le Parti libéral est d'accord? Bien,
c'est très simple, très, très simple. C'est la motion préliminaire la plus
facile à expliquer. J'ai en face de moi un gouvernement qui a perdu le contrôle
des finances publiques.
D'ailleurs, je tiens à saluer l'excellent
député de Saint-Jérôme qui, hier, lors d'un balado avec... avec deux... le
balado parlant... Politiquement Parlant, il a clairement dit... il a
avoué que lui, qui faisait partie de ce caucus caquiste... disait que le
gouvernement a perdu le contrôle des finances publiques. Et je ne tiens pas à
rappeler la feuille de route de l'excellent député de Saint-Jérôme, qui
critiquait ses collègues et qui critiquait la gestion gouvernementale. Hein,
11 milliards.
Je tiens à rappeler que la semaine
dernière, pendant que nous, nous étions en commission en train d'étudier ce
projet de loi, il y avait une autre mise à jour économique. Mais figurez-vous,
le gouvernement s'est trompé encore une fois, pas en disant qu'il y a moins...
moins de pertes ou moins de dépenses ou moins de... de déficit. Non, plus de
déficit. Ils ont rajouté, Mme la Présidente, un demi-milliard de déficit.
Donc, factuellement, hein, vous savez que
je suis un homme factuel, Mme la Présidente, j'ai en face de moi un
gouvernement qui a perdu le contrôle des finances publiques. Nous, toujours
fidèles à nos habitudes, avec l'excellente recherchiste que j'ai à côté de moi,
ma chère collègue Florence, nous avons envoyé une demande d'accès à l'information.
Mais pourquoi on a envoyé cette demande d'accès à l'information? C'est pour
savoir, hein, je vais vous le dire... c'est pour savoir, Mme la Présidente,
dans le cadre de ce projet de loi, les coûts estimés par année pour les
10 prochaines années.
Une voix : ...
M. Derraji : Bien non,
ce n'est pas grave. Oui. Bien, moi aussi, je suis fier d'elle, Florence
Thivierge, oui.
M. Morin : Elle est très
bonne.
M. Derraji : Elle
mérite... Oui, elle mérite les applaudissements. Si vous voulez, chers
collègues, elle le mérite. Elle est humble, mais j'ai du fun à travailler avec
ma collègue. Mais, blague à part, <parce que c'est...
M. Derraji :
...chers
collègues, elle le mérite. Elle est humble, mais j'ai du fun à travailler avec ma
collègue. Mais, blague à part, >parce que c'est juste la... l'occasion
s'est présentée pour remercier ma collègue, mais on s'est posé la question...
m'a dit... m'a appelé avec mon prénom, je ne vais pas m'appeler... dans la
commission, on n'a pas le droit, donc : Le député de Nelligan, on n'a
aucune idée sur les dépenses.
Et là, vous savez, Mme la Présidente, moi,
je... je ne commence jamais l'étude détaillée d'un projet de loi si je n'ai pas
une étude... analyse d'étude d'impact réglementaire. C'est systématique.
D'ailleurs, les collègues avec moi, quand je commence à parler d'un projet de
loi ou... les collègues, je leur dis : S'il vous plaît, avez-vous lu le
mémoire déposé au Conseil des ministres? Parce que moi, je n'étais pas là au Conseil
des ministres, les collègues non plus. Avez-vous lu la... la demande d'étude
d'impact réglementaire? Parce que c'est là où on voit l'analyse complète du
projet de loi.
Donc, premier avis... premier problème en
jeu, c'est que j'ai un gouvernement qui a perdu le contrôle des finances
publiques, et ils annoncent un retour à l'équilibre budgétaire pour les
prochaines années. Donc, il y a une pression sur les dépenses. Mais je ne peux
pas, je ne peux pas concevoir aujourd'hui que le gouvernement entreprend un resserrement
des dépenses budgétaires, et d'ailleurs on l'a vu dans plusieurs programmes,
sans avoir une vision combien ça va coûter, cette agence. C'est une nouvelle
structure. Donc, pour les gens qui nous écoutent, on ne sait pas combien ça va
coûter.
Attendez, j'ai quelques chiffres, mais je
vais vous dire les frais qu'on a, c'est quoi. Premièrement, les six premiers
mois d'opération de l'exercice 2024-2025, donc uniquement les six premiers
mois, on parle d'un budget de 3 millions de dollars,
3 millions de dollars. Pour 2024-2029, ça va coûter au trésor public,
aux contribuables québécois presque 13 millions de dollars.
Et là on prend un pas de recul. Pourquoi
le gouvernement veut une nouvelle agence? C'est parce qu'après six ans il n'y a
pas de projet structurant en matière de mobilité durable. Il n'y a aucun
nouveau projet en matière de transport collectif. Donc, du moment qu'ils ont
échoué de livrer un projet structurant en matière de transport collectif, la
CAQ, fidèle aux nouvelles structures, essaie de chercher une nouvelle
structure, comme ce qu'ils ont fait avec l'agence de santé et les «top guns»,
avec une nouvelle agence. Bien, vous avez vu, Mme la Présidente, on a passé
l'été à recruter des «top guns» à 400 000 $, 500 000 $, des
voitures de service. Est-ce que c'est ça que les Québécois veulent? Ils veulent
des routes bien entretenues. Ils veulent un transport de collectif fiable et
pas un transport collectif où on va se réveiller le matin et on ferme trois
stations. C'est ça, la réalité, Mme la Présidente. Donc, voilà.
Donc, quand nous avons envoyé la demande
d'accès, la réponse... on n'était pas satisfaits de la réponse, mais, pour le
bénéfice des gens qui nous écoutent, je vais leur dire la réponse. Dans
l'estimation des coûts : frais non récurrents associés à la transition des
systèmes informatiques actuels; frais de transition associés à la mise en œuvre
de la nouvelle gouvernance, conseil d'administration; frais liés aux
installations matérielles de Mobilité Infra Québec, le mobilier; frais liés à
l'expertise externe, honoraires professionnels et communication. Voilà.
Mais jusqu'à maintenant, Mme la
Présidente, tout ça ne me parle pas et ne me donne aucune idée sur l'ampleur
des dépenses. Et on l'a vu avec ce gouvernement, Mme la Présidente. Ce n'est
pas la première fois que, quand ils lancent quelque chose, ils échappent
complètement le lancement, parce que ça devient une lourdeur et ça coûte cher
au trésor. Et je vous le dis, si nous étions dans un contexte de surplus
budgétaire... Et, souvenez-vous, mon collègue Carlos Leitão... quand nous avons
quitté le pouvoir et quand la population québécoise nous a donné le rôle de
contrôler l'action gouvernementale, ce même gouvernement a hérité d'un surplus
énorme. Aujourd'hui, ce que les Québécois doivent retenir : On ne parle
plus de surplus, on parle d'un énorme déficit. Là, encore une fois, je salue le
courage de l'ancien député caquiste, collègue des collègues en face, le député
de Saint-Jérôme, qui le mentionne, pas une fois, pas deux, que la CAQ a perdu
le contrôle des finances publiques.
Donc, je ne peux pas, Mme la Présidente,
commencer l'étude détaillée de ce projet de loi sans avoir où on s'en va. Vous
savez, on peut toujours rêver d'aller à n'importe quelle destination, mais, si
on n'a pas les moyens, on n'a pas les moyens. Mais on ne le dit pas aux
Québécois. Les Québécois aujourd'hui veulent savoir cet argent, ça <va...
M. Derraji :
... Mais on ne le dit pas aux Québécois. Les Québécois aujourd'hui veulent
savoir cet argent, ça >va coûter combien concrètement. Au-delà de
ce que j'ai, parce qu'il n'y a pas de ventilation. À part, Mme la Présidente,
que pour la même... la même demande d'accès à l'information que nous avons
envoyée, il n'y a pas d'étude d'impact réglementaire. Ça, ça a été très clair
dans la réponse : Écoutez, on n'a pas fait d'étude d'impact réglementaire,
on vous réfère au mémoire qu'on a déposé au Conseil des ministres. Mais je
l'ai. Je l'ai, Mme la Présidente.
• (10 heures) •
Et, quand on se compare avec les autres...
les autres sociétés de transport, on parle de... de projets complexes, on parle
d'une structure de financement très claire. Mais malheureusement, encore une
fois, on ne voit pas... on n'a pas une idée très claire sur l'ensemble des
frais, sachant que dans la même, même, même demande d'accès, la réponse que
nous avons eue : il y a des frais liés à l'expertise externe, honoraires
professionnels et communications. Donc... donc, on parle beaucoup de
l'expertise externe, mais on ne parle pas de l'expertise interne, qui est très
importante. Donc, elle est où, l'expertise interne, Mme la Présidente?
Donc, permettez-moi aujourd'hui d'exprimer
que je suis un peu sceptique. Et j'ai vu ce qui s'est passé avec l'agence de
santé, et, malheureusement, avec l'agence de santé d'ailleurs qu'aucun
Québécois n'a vu encore le début du commencement d'une solution, hein? Les gens
qui nous écoutent l'observent. Est-ce que le ministre de la Santé a baissé le
temps d'attente au niveau des urgences? Est-ce que la liste d'attente au niveau
des aînés, ça a baissé? Par contre, ce que les Québécois savent jusqu'à
maintenant... que la PDG gagne 652 000 $ par année, avec une voiture
de service. Mais, écoutez, la voiture de service, ce n'était pas le luxe, hein?
Tu sais, c'est ce qu'on a essayé de dire comme ligne de com : voiture
modeste payée par les contribuables québécois. Ça, les Québécois le savent
maintenant. Mais ça, on va en discuter rendu là, quand on va parler des
avantages pour le prochain «top gun». Je ne sais pas, Mme la ministre, si elle
aussi va aller à la recherche d'un «top gun» au niveau du transport, comme fut
le cas avec... avec son collègue le ministre de... de la Santé.
Mais, vous savez, Mme la Présidente, on
fait notre travail, les Québécois nous ont donné le mandat de contrôler
l'action gouvernementale. On va la contrôler, l'action gouvernementale. C'est
ça, le rôle de l'opposition officielle, et l'équipe libérale, elle est
rigoureuse dans ce sens. Pourquoi? Parce qu'au bout de la ligne, le
gouvernement a été mandaté de gérer l'argent des contribuables québécois.
Et aujourd'hui, si je n'ai pas ces
documents, je ne vais pas faire mon travail correctement. Donc, comment vous
voulez que j'entame l'analyse d'un projet de loi important qualifié par Mme la
ministre... «il va révolutionner le monde du transport collectif» sans savoir
combien ça va coûter aux contribuables? Est-ce qu'on a les moyens de se payer
une agence qui va coûter aux contribuables québécois tant de milliers de
dollars ou millions de dollars? On n'a aucune idée.
Donc, je... j'insiste sur ce point, Mme la
Présidente, parce que j'aurais aimé, hein, j'aurais aimé avoir une analyse
d'impact réglementaire. On serait ailleurs aujourd'hui, probablement dans
l'article 4, ou 5, ou 6, ou 9, ou 10, où on a bien avancé. J'aurais aimé
avoir une ventilation des... des frais. Mais malheureusement, je tiens à le
dire, le gouvernement caquiste n'a pas jugé bon de faire une étude d'impact
réglementaire.
Et donc vous savez que la seule chose qu'il
nous reste... permettez-moi madame... la seule chose qu'il nous reste, en tant
qu'opposition officielle, c'est utiliser nos motions préliminaires pour
sensibiliser une deuxième fois le gouvernement, et je pense que sur cet enjeu
nous sommes à la bonne place.
Aujourd'hui, vous prenez n'importe quel
Québécois... Faisons un vox pop, Mme la Présidente : Écoutez, le
gouvernement lance une agence qui ressemble à celle de la santé, presque, le
«top gun» en santé touche un demi- million de dollars avec une voiture de
fonction, les vice-présidents la même chose, et on veut lancer une agence de
mobilité durable, MIQ, mais on ne sait pas combien ça va coûter. Est-ce que
vous êtes pour ou contre...
10 h (version révisée)
M. Derraji : ...mais on ne
sait pas combien ça va coûter. Est-ce que vous êtes pour ou contre? Je viens d'avoir
une idée. Je vais le faire, je vais demander aux Québécois qu'est-ce qu'ils
pensent d'un gouvernement qui a perdu le contrôle des finances publiques et qui
lance une agence où on ne sait pas combien ça va coûter aux contribuables
québécois, réellement, avec une ventilation des dépenses.
Alors, Mme la Présidente, c'est ça, c'est
là où on est aujourd'hui. Donc, je sais que les collègues caquistes ont hâte à
ce qu'on commence l'étude à l'article n° 1. Moi aussi, moi
aussi, j'ai hâte. J'ai hâte à commencer l'article 1, parce que ça va mal
au niveau de la mobilité durable, ça va mal au niveau du transport. C'est rendu
qu'on ferme des stations de métro à Montréal, figurez-vous. Le même jour où il
y avait une annonce pour l'extension de la ligne bleue, il y a un problème au
niveau du maintien d'actif. Alors, Mme la Présidente, j'espère sincèrement qu'ils
vont voter pour cette motion parce que sinon, clairement, les gens qui nous
écoutent... le gouvernement n'a aucune idée sur le coût réel, malgré qu'on va
vous demander des sacrifices. Et d'ailleurs vous avez vu, en santé, la CAQ veut
couper presque 1 milliard de dollars. Au niveau 2 du transport, il y
a des chantiers en arrêt, il y a des fonds où les gens n'arrivent plus à
envoyer leurs demandes, et on leur dit : Attendez, patientez après la mise
à jour budgétaire.
Donc, en conclusion, Mme la Présidente, on
ne sait pas combien ça va coûter, cette agence, ni le salaire du PDG, ni le
salaire des autres vice-présidents. Mais une chose certaine, la CAQ a bien créé
des jobs payantes. Ça, là, on est convaincus, la CAQ a réussi sa mission. La
mission première du premier ministre, c'est faire payer des «top guns».
Merci...
La Présidente (Mme Maccarone) : Merci,
M. le député. Est-ce qu'il y a d'autres intervenants sur la motion? Oui, M. le
député de l'Acadie, la parole est à vous.
M.
Morin :Merci, Mme la Présidente. Alors, je comprends que j'ai
une période de 10 minutes?
La Présidente (Mme Maccarone) : ...
M.
Morin :
Je vous remercie. Alors, Mme la ministre, collègues de la banquette
gouvernementale, collègues de la deuxième opposition, cher collègue député de Nelligan,
c'est toujours un plaisir de travailler avec vous au sein de cette commission.
M. Derraji : Merci, cher
collègue.
M.
Morin :Mme Florence, merci pour votre excellent travail.
Écoutez, j'ai lu attentivement la motion qui a été présentée par le député du
Parti québécois et je vous dirai d'emblée que je suis d'accord avec cette
motion et cette demande, mais je vais vous expliquer, dans les minutes qui
suivent, pourquoi, et c'est relié directement au rôle qu'a à jouer un député au
sein de ce parlement, et ce rôle c'est celui de contrôleur. On travaille à l'élaboration
de la législation, mais on a aussi un rôle fondamental à jouer en ce qui a
trait aux dépenses de l'administration publique, du gouvernement, un rôle où on
doit poser des questions pour s'assurer que l'argent des Québécois et des
Québécoises est, évidemment, bien dépensé.
Et je vous dirai que j'ai trouvé cette
motion très intéressante, parce que le gouvernement veut mettre en place une
autre agence. Et, mon collègue le député de Nelligan y faisait référence, ce
gouvernement, le gouvernement de la CAQ, a créé l'agence Santé Québec. Là, on
arrive avec une autre agence, mais on n'a pas une idée des coûts. Combien vont
gagner les dirigeants? Combien y aura-t-il d'employés? Et ça m'apparaît
excessivement important, parce que, quand je regarde la façon dont le
gouvernement de la CAQ gère les finances publiques, on assiste véritablement à
une perte de contrôle, et la dernière... finalement, la dernière mise à jour
économique, comme le soulignait mon collègue le député de Nelligan, entraîne à
nouveau un autre demi-milliard de déficit. Donc, on a... et on n'a même pas d'idée
où ça va s'arrêter.
Maintenant, quand je regarde ce que cette
agence-là va faire, Mobilité Infra Québec, le gouvernement de la CAQ veut lui
confier les projets... la réalisation, planification de projets complexes de
transport. Et donc, si telle est la mission de cette nouvelle agence, bien, j'imagine
qu'ils vont devoir embaucher des gens hypercompétents. Combien vont-ils les
payer? On n'en a aucune idée. Quelles sont les sommes d'argent qui ont été
investies jusqu'à maintenant pour élaborer ce projet de <loi...
M.
Morin :
...sont les sommes d'argent qui ont été investies
jusqu'à maintenant pour élaborer ce projet de >loi? On ne le sait pas.
Mais surtout, surtout, quelles seront les sommes qui seront nécessaires pour
mettre sur pied Mobilité Infra Québec? Alors, ça non plus, on n'en a pas
d'idée. Quels seront les coûts additionnels? On ne le sait pas. Et ça
m'apparaît hyperimportant, pour les gens qui nous écoutent, de le savoir.
Parce que ce que je comprends de Mobilité
Infra Québec, c'est qu'il y aura quand même une mission particulière pour les
projets de transport complexes. Mais, écoutez, Mme la Présidente, une fois que
l'agence va être conçue, quels seront... quels seront les barèmes de
rémunération, quelles seront les normes, quels seront les avantages sociaux,
les conditions de travail pour ses employés? On n'en a aucune idée. Tout ce
qu'on sait, c'est que l'article 44 du projet de loi y fait référence et
que les employés de Mobilité Infra Québec seront nommés selon le plan des
effectifs qu'elle établit.
• (10 h 10) •
Le seul parallèle qu'on peut faire
présentement, et mon collègue de Nelligan y faisait référence, c'est l'agence
de Santé Québec. Si Mobilité Infra Québec s'enligne dans la même direction,
bien, écoutez, il y aura... il y aura un conseil d'administration, et,
croyez-moi, les gens qui vont y siéger ainsi que le président ou la présidente,
ça va quand même coûter cher au Trésor public.
Je rappelle que la PDG de Santé Québec a
un salaire de 652 050 $, avec les avantages sociaux, sa prime
d'arrivée, et les autres VP ont des salaires de 254 000 $ à
388 000 $. Quand on regarde la façon dont va fonctionner l'agence de
santé, on parle également d'un conseil d'administration qui va être composé de
différentes personnes. Donc, on peut... on peut penser déjà qu'il y aura
effectivement, une somme considérable qui va être octroyée à Mobilité Infra
Québec pour payer ses hauts dirigeants. Mais il n'y aura pas que des hauts
dirigeants à Mobilité Infra Québec, il va falloir aussi qu'il y ait des
fonctionnaires, des gens qui vont y travailler avec des normes, des bases de
rémunération qui seront déterminées et dont on n'en a aucune idée.
Et ce qui est aussi particulier, je vous
dirai, c'est que... en tout cas, à moins que j'aie raté quelque chose, je n'ai
pas vu qu'en créant Mobilité Infra Québec le gouvernement allait abolir le
ministère des Transports. Donc, c'est une nouvelle structure qui va s'ajouter à
celle qui existe déjà. Est-ce que les employés, éventuellement, de Mobilité
Infra Québec viendront du ministère des Transports? On ne le sait pas. Est-ce
qu'ils vont aller chercher des gens ailleurs? On ne le sait pas. Est-ce qu'ils
vont être mieux payés que les fonctionnaires de Transports Québec? Ça reste
encore à voir.
Mais il y a une chose qui est sûre, c'est
que ça semble être, encore là, un... une agence qui va... en fait, qui va
coûter au Trésor québécois une somme considérable et qui va faire en sorte que
ce qui pourrait arriver... je ne sais pas si ça va arriver, mais ce qui
pourrait arriver, c'est qu'il pourrait y avoir plusieurs employés de Transports
Québec qui vont évidemment, migrer vers Mobilité Infra Québec. Alors, qu'est-ce
qui va arriver à Transports Québec? On ne le sait pas. Est-ce que ces postes-là
vont être remplacés? Ça, est-ce que ça va créer des coûts additionnels? Autant
de questions, et on n'a aucune réponse.
Et je reviens à ce que je disais au
départ. Moi, comme député, j'ai un rôle de contrôleur, contrôleur des finances
publiques, et c'est la raison pour laquelle, au fond, j'appuie la motion qui a
été présentée par le collègue du Parti québécois, des Îles-de-la-Madeleine,
parce qu'il me semble, il me semble qu'à titre minimal on devrait au moins
savoir s'il y a eu une ventilation des coûts, quelle est cette ventilation des
coûts. Est-ce qu'il y a eu une prévision qui a été faite pour mettre sur pied
Mobilité Infra Québec? Présentement, on n'en a aucune idée, et il me semble que
c'est un... c'est un minimum quand un gouvernement veut se lancer dans un tel
chantier. Ça me semble évident, d'autant que le gouvernement de la CAQ, au
niveau de la gestion des finances <publiques...
M.
Morin :
...d'autant que le gouvernement de la CAQ, au
niveau de la gestion des finances >publiques, nous a entraînés dans un
déficit sans précédent.
Donc, quand que vous regardez tout ça,
pour qu'on soit capables de faire notre rôle et qu'on soit capables de
travailler, nous, de l'opposition officielle, il faudrait absolument que le
gouvernement puisse publier, puisse nous divulguer ces chiffres. Je ne peux pas
croire que le gouvernement... bien, en fait, j'espère, j'espère que je me
trompe... que le gouvernement se lance dans un tel projet et qu'il n'a aucune
idée de ce que ça va coûter, aucune idée du salaire que vont recevoir ces
dirigeants. Et ça m'apparaît être une très, très, très mauvaise planification.
Même si, dans la loi, on dit que l'agence Mobilité Infra Québec est là pour
planifier, il me semble que ça, c'est un exemple concret d'une très mauvaise
planification, et qu'à titre minimal on devrait le savoir au moment où on est
en train d'étudier le projet de loi. Puis pourquoi on devrait le savoir? Bien,
pour être capables de faire notre job. Parce que, de toute façon,
éventuellement, quand Mobilité Infra Québec va voir le jour, comme pour
l'agence de Santé Québec, on va en avoir, des chiffres, mais là, évidemment, on
va être placés devant le fait accompli.
Donc, moi, ce que je veux, c'est qu'on
soit capables de bien faire notre travail de députés, qu'on soit capables
d'avoir accès à ces coûts-là avant pour qu'on soit capables justement, de
questionner le gouvernement dans le cadre de l'étude de ce projet de loi.
Alors, pour toutes ces raisons, Mme la
Présidente, je pense que... non, je sais, je suis sûr que la motion de mon...
du collègue des Îles-de-la-Madeleine est excellente, et c'est la raison pour laquelle
je vais l'appuyer. Je vous remercie.
La Présidente (Mme Maccarone) : Merci
beaucoup. Est-ce qu'il y a d'autres intervenants en lien avec la motion
préliminaire? Je vois qu'il n'y en a pas. Alors, nous allons passer à la mise
aux voix. Est-ce que la motion présentée par le député des Îles-de-la-Madeleine
est adoptée?
Une voix : ...
La Présidente (Mme Maccarone) : Un
vote par appel nominal. M. le secrétaire.
Le Secrétaire : Pour, contre,
abstention. Mme Guilbault (Louis-Hébert)?
La Présidente (Mme Maccarone) : ...votre
vote?
Mme Guilbault :Contre.
Le Secrétaire : M. Lemay
(Masson)?
M. Lemay : Contre.
Le Secrétaire : Mme Blouin
(Bonaventure)?
Mme Blouin : Contre.
Le Secrétaire : M. Bernard
(Rouyn-Noranda—Témiscamingue)?
M. Bernard : Comme la
ministre, contre.
Le Secrétaire : M. Montigny
(René-Lévesque)?
M. Montigny : Contre.
Le Secrétaire : M. Girard
(Lac-Saint-Jean)?
M. Girard (Lac-Saint-Jean) : Contre.
Le Secrétaire : M. Derraji
(Nelligan)?
M. Derraji : Pour.
Le Secrétaire : M. Morin
(Acadie)?
M.
Morin :Pour.
Le Secrétaire : M. Grandmont
(Taschereau)?
M. Grandmont : Pour.
Le Secrétaire : Mme Maccarone
(Westmount—Saint-Louis)?
La Présidente (Mme Maccarone) : Abstention.
Alors, la motion est rejetée. Nous sommes toujours à l'étape des motions
préliminaires. Avons-nous d'autres motions préliminaires ou est-ce que nous
pouvons commencer avec l'article 1?
M. Derraji : ...
La Présidente (Mme Maccarone) : Merci.
Est-ce que c'est envoyé déjà au Greffier, M. le député?
M. Derraji : C'est en route,
entre étage 2 et ici.
La Présidente (Mme Maccarone) : C'est
en route. Alors, est-ce que vous l'avez, M. le secrétaire?
OK, nous allons suspendre juste quelques
instants. Merci.
(Suspension de la séance à 10 h 18)
(Reprise à 10 h 21)
La Présidente (Mme Maccarone) :
Alors, nous sommes de retour. M. le député de Nelligan, pour la lecture de
votre motion, s'il vous plaît.
M. Derraji : Est-ce que je
peux laisser mon collègue... ou je peux juste la lire, et mon collègue peut
parler? Comment...
La Présidente (Mme Maccarone) : Vous...
Est-ce que ce serait présenté par le député de l'Acadie?
M. Derraji : Oui, oui....
M.
Morin :...oui, oui, tout à fait.
La Présidente (Mme Maccarone) : Allez-y,
M. le député.
M.
Morin :Voilà. Parfait. Merci, Mme la Présidente. Alors, voilà
la motion préliminaire que je présente ce matin, et je vais la lire :
«Que, conformément à l'article 244 du
Règlement de l'Assemblée nationale — je fais motion afin que — la
Commission des transports et de l'environnement, dans le cadre de l'étude
détaillée du projet de loi n° 61, Loi édictant la Loi sur Mobilité Infra
Québec et modifiant certaines dispositions relatives au transport collectif,
tienne des consultations particulières et qu'à cette fin, elle entende
l'Association des firmes de génie-conseil—Québec.»
Voilà. Alors, cette motion préliminaire
est présentée ce matin, Mme la Présidente, parce que... Et ce n'est pas la
première motion préliminaire qui est présentée par l'opposition officielle,
parce qu'on a, entre autres, notamment la semaine dernière, présenté plusieurs
motions préliminaires pour que d'autres groupes soient entendus. Et il me
semble pertinent, important d'entendre l'Association des firmes de
génie-conseil—Québec. Pourquoi? Bien, c'est parce que, quand vous regardez...
quand vous regardez le mandat, la mission de l'agence Mobilité Infra Québec, le
gouvernement veut, avec cette agence, créer une entité à part, donc une
personne morale qui va être un mandataire de l'État, mais dont la mission, le
travail va être de planifier, réaliser des projets complexes de transport.
Donc, si on veut créer une telle agence,
qu'on veut que ça fonctionne, il me semble que le gouvernement devrait être
très réceptif à entendre l'Association des firmes de génie-conseil—Québec
puisque, dans le domaine de l'ingénierie au Québec, on a, depuis des décennies,
des ingénieurs-conseils qui ont rendu de très grands services à la population
québécoise. Donc, il me semble qu'entendre une firme de génie-conseil ou leur
association, permettrait au gouvernement de bien saisir, d'être en mesure de
bien comprendre ce qu'il faut mettre de l'avant pour que cette agence, Mobilité
Infra Québec, soit la plus performante possible.
Ça m'apparaît... ça m'apparaît important
parce que, quand on regarde la mission de Mobilité Infra Québec, on dit, dans
le projet de loi, et c'est... c'est l'intention... c'est l'intention du
gouvernement : «a pour mission principale d'effectuer, dans une
perspective de mobilité durable, l'analyse d'opportunité, la planification ou
la réalisation de projets complexes de transport — hein, le <gouvernement...
M.
Morin :
...d'opportunité, la planification ou la
réalisation de projets complexes de transport
— hein, le >gouvernement,
lorsqu'il lui confie une responsabilité en vertu du premier alinéa, donc ce que
je viens de lire — et afin de favoriser la mise en valeur des espaces
à proximité des bâtiments ou des ouvrages de génie civil d'un projet complexe
de transport». Et la loi parle bien de projets complexes de transport, donc
elle pourra permettre à Mobilité Infra Québec d'effectuer une série de gestes,
d'actions qui pourront être posés, tu sais, vendre un immeuble, aménager un
immeuble, construction, reconstruction ou réfection d'un immeuble ou d'un
ouvrage de génie civil destiné au transport ou utile à un système de transport.
Donc, si cette agence-là aura pour
mission, entre autres, de construire, reconstruire ou de travailler à la
réfection d'immeubles, d'ouvrages de génie civil, quoi de plus pertinent que,
justement, d'entendre l'Association des firmes de génie-conseil—Québec pour que
le gouvernement soit à même de bien saisir comment il pourra optimiser
l'efficacité de Mobilité Infra Québec? Ça me semble être un minimum.
Mais ce n'est pas tout. Mobilité Infra
Québec pourra également exercer d'autres fonctions : réalisation des
analyses en transport que le ministre lui confie, moyennant rémunération, dont
la planification en mobilité, l'exécution de tout autre mandat que le
gouvernement lui confie. Et quand je le... je le lisais précédemment, on parle
donc de projets complexes de transport, donc des routes, notamment, mais ça
pourrait également être toutes sortes de projets en termes de transport
collectif. Et on sait, et on sait que, dans le domaine du transport collectif,
le Québec a quand même beaucoup de rattrapage à faire, hein, quand on regarde...
Puis on ne sait pas de quoi aura l'air... ou de... ou comment sera composé le
budget de Mobilité Infra Québec, mais, présentement, au ministère des Transports,
il y a un fort pourcentage qui est accordé au transport routier, la réfection
des routes. Il y en a moins au niveau du transport collectif, et combien,
combien c'est important pour, évidemment, la population québécoise. Donc,
importance, évidemment, d'entendre cette association.
Puis il y a une autre... il y a une autre
raison assez fondamentale également. Vous savez, Mme la Présidente, quand on a
à travailler des projets de loi, cela va de soi, on n'est pas, les députés,
experts en tout. On a un créneau d'expertise, mais le travail qu'on a à faire à
l'Assemblée nationale est souvent très diversifié. C'est un avantage, ça rend
notre tâche excessivement intéressante. Sauf que, quand il y a un projet de loi
qui est déposé, puis surtout, un projet de loi comme celui-ci, qui va entraîner
des modifications très importantes dans la façon, évidemment, de gérer des
projets en matière de transport au Québec, on demande toujours des
consultations particulières, justement, pour aider les parlementaires à faire leur
travail, à être... à être efficaces, à être pertinents dans le travail qu'on a
à faire et, à ce moment-là, bien, les... le parti de l'opposition officielle,
on envoie... on envoie nos demandes, on envoie notre liste de gens qu'on estime
être les plus pertinents à faire entendre au gouvernement, qui peut accepter ou
refuser.
Moi, ce qu'on... on m'informe que... Nous,
on a demandé à ce que l'Association des firmes de génie-conseil—Québec soit
entendue, mais ils n'ont pas été convoqués, et donc nous avons l'opportunité,
ce matin, de corriger cette erreur. Ils devraient être entendus, d'autant plus
que, dans le cadre des travaux de la commission, les ingénieurs du gouvernement
ont été entendus, mais pas l'Association des firmes de génie-conseil—Québec,
qui relève... évidemment, sont des entreprises privées. Donc, je pense qu'en
toute équité pour l'ensemble des ingénieurs, qui font un excellent travail au
Québec, bien il faudrait aussi entendre l'Association des <firmes...
M.
Morin :
...ingénieurs, qui font
un excellent travail au Québec, bien il faudrait aussi entendre l'Association
des >firmes de génie-conseil—Québec, qui eux, évidemment,
travaillent avec des firmes de génie-conseil privées.
• (10 h 30) •
C'est très important d'avoir entendu les
ingénieurs du gouvernement, parce que je comprends, bien sûr, surtout s'ils
sont au ministère des Transports, que ce projet de loi là va avoir un impact
sur eux. Donc, qu'ils soient entendus, que les parlementaires aient eu
l'opportunité de leur poser des questions, c'était vraiment important. Sauf que,
quand on regarde ce que va devoir faire Mobilité Infra Québec, et sa mission,
bien, ça va avoir aussi, définitivement, un impact sur les ingénieurs qui
travaillent dans des firmes de génie-conseil et qui relèvent du privé, d'où,
évidemment, l'importance de pouvoir les entendre également.
Et, comme je le disais la semaine
dernière, vous savez, quand on veut... quand le gouvernement veut opérer un tel
changement, je pense que c'est important de prendre le temps de bien faire les
choses, et donc d'être capables... d'être capables d'entendre des groupes et de
pouvoir leur poser des questions, pour éviter, pour éviter, éventuellement, des
pièges, parce qu'on ne peut pas tout prévoir. Et donc de faire en sorte qu'éventuellement
il pourra peut-être y avoir des amendements qui vont être proposés, et, je vous
dirais, des amendements, souvent, autant proposés par le gouvernement que par
les oppositions. Suite à des consultations particulières, le gouvernement a un
travail à faire, ils ont d'excellents légistes, mais on ne peut pas tout
prévoir, d'où, évidemment, l'importance des consultations particulières. Et, en
fait, ce qu'on tente de faire ici, c'est d'avoir un équilibre, de corriger ce
que j'appellerais une lacune, parce qu'on voulait... on voulait les entendre,
ils n'ont pas été retenus, donc ils ont... On a cette opportunité, ce matin, de
réitérer, de renouveler cette demande dans le cadre d'une motion préliminaire,
et c'est la raison pour laquelle elle est... je l'ai déposée ce matin.
Important parce que, oui, les ingénieurs
du gouvernement travaillent... ils sont compétents, ils travaillent excessivement
fort, ils ont fait avancer de grands projets, mais rappelons-nous qu'au Québec
il y a aussi beaucoup de firmes d'ingénieurs privées qui ont contribué à la
réalisation de grands projets québécois pour l'ensemble de la population
québécoise. Donc, il me semble que leur consacrer du temps, les inviter, les
entendre ne serait... n'aurait qu'un avantage bénéfique pour les fins de la
commission et des parlementaires qui sont, évidemment, chargés d'étudier ce
projet... ce projet de loi.
D'autant plus que, quand on regarde... et
j'en parlais un peu plus... un peu plus tôt, Mobilité Infra Québec va être une
personne morale ou une société de personnes, donc ça va être un organisme
indépendant du ministère... du ministère des Transports. On dit aussi dans le
projet de loi que.... et je réfère à l'article 8 : «Mobilité infra Québec
pourra acquérir, de gré à gré ou par expropriation, pour son propre compte ou
pour le compte d'une de ses filiales, du gouvernement, d'une municipalité
locale, d'une société de transport en commun, du Réseau de transport
métropolitain ou de l'Autorité régionale de transport métropolitain tout
immeuble qu'elle juge nécessaire dans le cadre de la planification ou de la
réalisation d'un projet complexe de transport qui lui est confié en vertu de
l'article 4.» Et rappelez-vous, Mme la Présidente, quand j'ai commencé mon
exposé et que je lisais l'article 4, on parle, évidemment, hein, de la
possibilité pour Mobilité Infra Québec de planifier, réaliser des projets
complexes de transport. Donc là, il y a un autre article du projet de loi qui
va donner à Mobilité Infra Québec une foule de pouvoirs, entre autres, pour
l'acquisition de biens, et on parle même, pour son compte ou l'une de ses
filiales.
Donc, au fond, ce que le gouvernement nous
dit, ce que le gouvernement de la CAQ nous dit avec son projet de loi, c'est
que Mobilité Infra Québec, qui va être une personne morale ou une société de
personnes autres, pourra même avoir des filiales, et ces filiales-là pourront
acquérir de... d'une municipalité, société de transport, même par
expropriation. Alors, qu'est-ce qu'ils vont acquérir? Pour réaliser quoi?
Qu'est-ce qu'ils vont exproprier? Puis rappelons-nous, Mme la Présidente, parce
que j'ai eu le privilège de siéger lors de l'étude du projet de loi 22, qui a
modifié de fond en comble la loi sur l'expropriation, que de questions j'ai
posées à Mme la ministre...
10 h 30 (version révisée)
M. Morin : ...l'étude du projet
de loi n° 22, qui a modifié de fond en comble la loi sur l'expropriation—que de questions j'ai
posées, à Mme la ministre! — parce que le gouvernement s'est doté de
pouvoirs extraordinaires dans le domaine de l'expropriation. Et donc, de voir
que Mobilité Infra Québec aura aussi ce pouvoir-là, bien là, il me semble qu'avant
de se lancer dans un tel exercice, il serait important d'entendre des
représentants de firmes de génie-conseil qui oeuvrent, évidemment, au Québec
depuis des années et qui ont une expérience de grands projets ou de projets
complexes dans le domaine du génie civil.
Alors, écoutez, moi, j'espère que les
collègues de la banquette gouvernementale vont accueillir favorablement cette
demande-là, qui, au fond, ne nous prendra pas
énormément de temps, mais qui va permettre, évidemment, de bonifier,
éventuellement, un tel projet de loi, alors que Mobilité Infra Québec aura de
tels... de tels pouvoirs.
Et permettez-moi aussi de rappeler
certaines dispositions du projet... du projet de loi qui feront partie des...
de la mission de Mobilité Infra Québec. Tu sais, on parle, entre autres, de
travaux sur une voie publique municipale. On parle de modification de voies
publiques. On parle de réaménagement de voies publiques. Rappelez-vous, hein,
je viens de le lire : «Mobilité Infra Québec aura aussi un pouvoir d'expropriation.
Elle va avoir un mandat pour effectuer une planification en mobilité dans une
perspective de développement durable et de diminution de l'empreinte carbone».
Et là, vous savez, quand on... quand on lit ça, bien, on se dit : Il me
semble que ça serait fondamental et important pour le gouvernement de pouvoir
bénéficier de l'expertise, entre autres, de firmes de génie-conseil privées et
qui, évidemment, ont une expertise dans un très grand nombre... dans un très
grand nombre de domaines.
C'est important, aussi, parce que Mobilité
Infra Québec, j'imagine — enfin, je l'espère fortement — aura
aussi sûrement pour mandat de développer la mobilité interrégionale. Parlons
aussi de transport... de transport collectif. C'est excessivement important. Et
le transport collectif au Québec, là, moi, je vous dirais, Mme la
Présidente : Il y a du travail... il y a du travail à faire au sein... au
sein des villes, mais entre les régions du Québec, il faut absolument planifier
un meilleur système de transport interrégional pour faire en sorte que les gens
des différentes communiquées aient non seulement accès à des biens et à des
services, donc, au niveau de l'économie, c'est effectivement un avantage, mais
qu'en plus... qu'en plus, les gens de ces localités-là puissent se déplacer d'une
façon efficace. Et là, bien, évidemment, si Mobilité Infra Québec a un rôle à
jouer, bien, c'est d'autant plus important de permettre à ce qu'une Association
de firmes de génie-conseil Québec<i> puisse venir en commission
parlementaire et expliquer, au fond, comment le projet de loi pourrait être
bonifié pour faire en sorte qu'on soit plus efficaces. Parce que j'imagine... j'imagine
que si le gouvernement de la CAQ tient absolument à une agence, bien, c'est
parce qu'il veut être efficace. C'est quand même étonnant parce qu'il y a un
ministère des Transports qui existe au Québec depuis de nombreuses années.
Pourquoi le gouvernement préfère se lancer dans la création d'une agence? C'est
vraiment étonnant, mais on peut faire le parallèle avec l'agence de Santé
Québec. Et, comme mon collègue, le député de Nelligan, en parlait tout à l'heure,
pour l'agence de Santé Québec, on n'a pas vu l'ombre d'un début de quelque
chose qui allait faire en sorte que le système de santé allait mieux
fonctionner au Québec.
Donc, quels sont les buts visés pour la
création de Mobilité Infra Québec? De quelle façon ça va s'articuler pour faire
en sorte que les Québécois puis les Québécoises vont en <avoir...
M. Morin :
...De quelle façon ça va s'articuler pour faire en sorte que
les Québécois puis les Québécoises vont en >avoir pour leur argent?
Bien, il me semble qu'on ne devrait pas se priver d'entendre un autre groupe,
l'Association des firmes de génie-conseil Québec<i>, puisqu'on a entendu
les ingénieurs du gouvernement. Moi, je suis convaincu qu'ils ont fait un
travail rigoureux, ils ont eu d'excellentes propositions, d'excellentes
recommandations. Pourquoi, à ce moment-là, ne pas équilibrer les choses et
permettre à des firmes de génie-conseil privées de venir également nous parler
de ce que pourrait être Mobilité Infra Québec pour faire en sorte que ce soit
véritablement efficace? Ne l'oublions pas, ne l'oublions pas, cette agence-là
va avoir un coût important pour le gouvernement, puis, évidemment, ce
gouvernement-là est déjà en déficit. Donc, il me semble que ça serait important
d'entendre, au moins, des gens qui ont des choses intéressantes à nous dire
pour faire en sorte qu'on puisse être efficaces, hein?
• (10 h 40) •
Permettez-moi de vous rappeler, dans le
mémoire qui a été déposé au Conseil des ministres, le volet accessible au
public, hein, les objectifs poursuivis par Mobilité Infra Québec, hein :
accroître la capacité de gestion du gouvernement du Québec sur les projets
d'infrastructures de transport collectif. Quand on regarde les objectifs, là,
Mme la Présidente, c'est le premier élément qui apparaît dans le mémoire :
accroître la capacité de gestion du gouvernement du Québec sur les projets
d'infrastructures de transport collectif. Est-ce à dire que présentement, le
gouvernement du Québec n'a pas cette capacité? Est-ce que c'est parce que le
transport collectif, ce n'est pas une priorité? Autant de questions qui sont en
suspend, Mme la Présidente. Mais il y a une chose... il y a une chose qui est
sûre, si on veut augmenter la capacité de gestion du gouvernement du Québec,
bien, il me semble qu'après avoir entendu des ingénieurs du gouvernement du
Québec, on devrait entendre des firmes d'ingénieurs-conseils privées. C'est
exactement le mandat de l'Association des firmes de génie-conseil Québec<i>.
C'est leur rôle. C'est leur travail. Ils représentent l'ensemble des firmes de
génie-conseil. Donc, il me semble qu'on ne devrait pas se priver d'une telle...
d'une telle expertise.
D'autant plus que, dans toute la question,
hein, du fameux tramway de Québec, dont on a parlé, reparlé et qu'on parle
encore, puis là, on ne sait pas ce qui va arriver. Ça va-tu avancer? Ça
recule-tu? Bref... Mais il y a quand même des mandats qui ont été confiés à des
organismes autres que le ministère des Transports. Est-ce qu'éventuellement,
Mobilité Infra Québec pourra... En fait, juridiquement parlant, elle pourra,
mais est-ce qu'elle verra... est-ce qu'elle demandera à des firmes de
génie-conseil privées des analyses, des études pour remplir sa mission? Bien,
si la réponse, c'est oui — puis on peut présumer que ça va être oui — bien,
à ce moment-là, pourquoi ne pas entendre immédiatement l'Association des firmes
de génie-conseil Québec<i>, pour faire en sorte que, bien sûr, on ait une
idée de ce qui va arriver?
Autre élément, quand on regarde les
objectifs poursuivis par Mobilité Infra Québec : «doter le Québec d'une
capacité organisationnelle accrue et d'une vision nationale des projets de
transport complexes en créant un pôle d'expertise unique et attractif en
matière de projets complexes de transport regroupés au sein d'une organisation
autonome et performante».
Alors, moi, Mme la Présidente, il y a
deux, trois mots que je retiens de ça : «créer un pôle d'expertise unique
et attractif». On ne sait pas exactement ce que ça va vouloir dire, parce que
le gouvernement vient de voter contre la motion qui était présentée par le
député des Îles-de-la-Madeleine, sur la ventilation des postes, comment ça va
fonctionner, etc., combien les gens vont être payés, mais il y a une chose qui
est sûre, ils vont sûrement faire de très bons salaires parce que c'est un des
objectifs qui est poursuivi par le projet de loi : «un pôle d'expertise
unique et attractif». Est-ce à dire que présentement, ce n'est pas le cas, au
ministère des Transports? Pourquoi ne pas réformer, à ce moment-là, le
ministère des Transports, plutôt que de créer une entreprise autre? La question
se pose. Mais il y a une chose qui est sûre, il y a une chose qui est sûre,
c'est que si on veut créer un pôle d'expertise unique et attractif, donc, ils
vont aller chercher des gens quelque part. On va avoir besoin d'ingénieurs puis
ils ne seront peut-être pas tous au <ministère...
M. Morin :
...chercher
des gens quelque part. Ils vont avoir besoin d'ingénieurs puis ils ne seront
peut-être pas tous au >ministère des Transports. Ils vont être
probablement dans le privé, j'imagine. Alors, à ce moment-là, pourquoi ne pas
entendre l'Association des firmes de génie-conseil du Québec? C'est ce qu'ils
font, ils représentent des firmes de génie-conseil qui sont dans le privé.
Faciliter l'accès à la main-d'œuvre
disposant de l'expertise de pointe requise pour la réalisation de chaque projet
complexe de transport ainsi que sa consolidation et sa rétention. Donc, ce que
je comprends des objectifs poursuivis, bien, en fait, ça vient... ça vient du
gouvernement de la CAQ, c'est que présentement, le gouvernement n'a pas cette
expertise-là. Donc, s'il ne l'a pas, on va aller la chercher où? Bien,
forcément, dans le privé. Ça me semble... en tout cas, bref, ça me semble être
une hypothèse qui se défend et qui passe le test de l'hilarité spontanée.
Enfin, c'est ce que je dirais. Donc, raison de plus pour entendre l'Association
des firmes de génie-conseil<i>. Ils vont probablement être directement
impactés par le projet de loi. Alors, pourquoi ne pas les entendre? Pourquoi ne
pas leur donner cette opportunité? Ça permettrait, d'ailleurs, au gouvernement
de savoir exactement ce qu'il devrait faire, parce qu'il y a plein de questions
qu'on peut leur poser quand on veut, évidemment, avoir un pôle d'expertise
unique et attractif.
Permettez-moi, hein, encore une foi, de
revenir à l'article 44 du projet de loi. Quand on dit que : «Les
employés de Mobilité Infra Québec sont nommés selon le plan d'effectifs qu'il a
établi. Sous réserve des dispositions d'une convention collective, Mobilité
Infra Québec détermine les normes et les barèmes de rémunération, les avantages
sociaux». Alors, quoi de plus important pour le gouvernement que d'entendre,
justement, l'Association des firmes de génie-conseil<i>? Ils pourront...
On peut discuter avec ces gens-là, c'est... c'est l'importance, c'est la
pertinence d'avoir ces groupes, évidemment, dans le cadre de consultations
particulières. Et donc, c'est quoi, par exemple, des barèmes de rémunération? C'est
quoi, des normes? Parce que si on veut... si on veut, évidemment, unir l'article 44
avec les objectifs poursuivis, bien, il me semble que parler à des firmes de
génie-conseil qui sont dans le privé ferait en sorte que ça aiderait
véritablement le gouvernement. Donc, autant de bonnes raisons d'aller chercher
des gens puis de voir avec, justement, des firmes de génie-conseil, ce qui peut
être fait.
Parce que... parce qu'évidemment, quand on
parle de projets complexes de transport, il ne faut pas oublier, hein, parce
que ça, c'est dans le mémoire qui a été présenté au Conseil des ministres :
«construction, reconstruction, réfection d'un immeuble ou d'un ouvrage de génie
civil destiné au transport ou utile à un système de transport, développement ou
amélioration d'un système de transport intelligent». Donc, à ce sujet-là, je
suis convaincu, je suis convaincu que, dans le domaine privé, dans des firmes
de génie-conseil, au Québec, il y a... il y a cette expertise, il y a, évidemment,
cette expérience-là qui pourrait être partagée avec la commission parlementaire
où nous siégeons présentement, et ça, ça m'apparaît effectivement très
important pour qu'on soit à même d'avoir toute l'information requise pour être
capables, bien sûr, de faire notre travail de parlementaire d'une façon qui est
efficace. Même chose pour le conseil d'administration, avec les salaires qui
seront éventuellement versés.
On dit également... on dit également, dans
le... dans le document qui a été présenté au Conseil des ministres, que
«Mobilité Infra Québec pourra conclure une entente avec un ministère ou un
organisme du gouvernement, ainsi qu'avec toute personne, association, société
ou toute communauté autochtone représentée par son conseil de bande». Donc, à
ce moment-là, il me semble que vouloir, pouvoir inviter les firmes de
génie-conseil permettrait d'avoir un meilleur éclairage sur la façon dont ça
peut être fait. Pourquoi? Bien, parce qu'évidemment ces firmes-là sont déjà
habituées d'entrer dans des négociations de contrats, d'ententes pour faire
avancer des projets importants de génie civil au Québec. Alors, autant...
autant d'éléments pertinents que l'Association des <firmes...
M. Morin :
...de
génie civil au Québec. Alors, autant... autant d'éléments pertinents que
l'Association des >firmes de génie-conseil<i> pourrait nous
donner.
Même chose, également, en matière de
ressources humaines. Plusieurs de ces firmes-là emploient un nombre considérable
d'ingénieurs. Et, donc, je rappelle que, dans le projet de loi, au niveau des
ressources humaines, c'est l'article 44 dont je parlais, il y aura... Mobilité
Infra Québec aura son propre plan d'effectifs. Et, d'ailleurs, le mémoire au
Conseil des ministres souligne : «Mobilité Infra Québec ne sera pas
assujettie à la loi sur la fonction publique.» Donc, il y aura d'autres normes.
Bien, à ce moment-là, pourquoi... pourquoi ne pas entendre l'Association des
firmes de génie-conseil<i> et leur demander, évidemment, leur expertise
pour être capables d'avoir des barèmes qui vont être, évidemment, compétitifs?
Je reviens à ce que je disais au début,
Mme la Présidente, si le gouvernement, bien, en fait, c'est ce qu'on lui dit, qu'ils
n'auraient pas cette expertise à l'interne puis qu'ils vont la chercher à
l'externe, bien, autant avoir des barèmes qui vont être compétitifs. Et quoi de
mieux que d'entendre l'Association des firmes de génie-conseil<i> pour
être capables d'aider le gouvernement et les parlementaires dans cette
démarche? Alors, pour toutes ces raisons, je vais, bien sûr, appuyer la motion
que je présente ce matin. Merci, Mme la Présidente.
• (10 h 50) •
La Présidente (Mme Maccarone) : Merci,
M. le député de l'Acadie. Est-ce qu'il y a d'autres intervenants sur la motion?
Oui, M. le député de Nelligan, la parole est à vous.
M. Derraji : Au nom du chef
de l'opposition officielle, Mme la Présidente.
La Présidente (Mme Maccarone) : Oui.
Vous disposez de 30 minutes. Allez-y.
M. Derraji : Oui. Rebonjour,
Mme la Présidente. Donc, encore une fois, une motion que je salue, de mon
collègue le député de l'Acadie. Et je vais vous dire pourquoi c'est important
d'entendre l'Association des génies... l'Association des firmes de
génie-conseil<i>. D'ailleurs, ils nous ont sollicités pour qu'on... ils
voulaient être entendus en commission parlementaire, et, malheureusement,
malheureusement, on n'a pas eu... on ne les a pas entendus. Et vous avez vu
qu'il y avait, en commission parlementaire, une seule compagnie, et c'est la
compagnie Pomerleau, Mme la Présidente, qui était là, mais avec les enjeux que
nous avons tous vus au niveau de... au niveau... au niveau de... je dirais, de
l'agence, je pense que c'est quand même important de prendre le temps
d'entendre l'Association des firmes de génie-conseil<i>, tu sais.. Je ne
vais pas revenir sur le débat qui a été soulevé par l'association des
ingénieurs du ministère, si ma mémoire, elle est bonne...
Des voix : ...
M. Derraji : ...oui, du
gouvernement du Québec, c'est eux qu'on a... qu'on a invités. Ils étaient là.
Ils ont... D'ailleurs, ils nous ont dit qu'ils ont des enjeux sur le terrain,
présentement, qu'il y a des enjeux au niveau des chantiers.
Mais permettez-moi juste de vous lire
quelques extraits que je trouve importants, que Pomerleau, lors de leur passage
en commission parlementaire, en tant qu'entrepreneur général, et c'est là... et
c'est là où c'est important, ça devient vraiment important, d'écouter ce qui a
été dit : «En tant qu'entrepreneur général, on comprend — ça, ce
sont les propos de Pomerleau —, on comprend que notre participation
aujourd'hui vise essentiellement à faire bénéficier les élus de l'expertise
terrain que nous avons développée au fil des 60 dernières années.»Donc,
c'était un passage quand même important par rapport à leur présence et à leur
participation dans les efforts contractuels.
Ils ont parlé de l'entreprise, 5 000
employés, fondée en 1964, mais, aussi, ils nous ont partagé un élément
important, et cet élément important... je veux juste nommer deux : SkyTrain,
en Colombie-Britannique, et le REM, à Montréal. Bon, le REM, à Montréal, on
voit... le REM, à Montréal, on le voit très bien, ça a été une bonne, bonne...
une bonne... une bonne solution, une bonne solution que nous avons adoptée. Et
d'ailleurs nous étions capables, pas uniquement d'avoir l'idée, mais ça
fonctionne, ça fonctionne, l'antenne Rive-Sud fonctionne, Mme la Présidente. On
a <tendance...
M. Derraji :
...mais
ça fonctionne, ça fonctionne, l'antenne Rive-Sud fonctionne, Mme la Présidente.
On a >tendance à parler uniquement de l'ouest de l'île, qui est une
région, aussi, parmi les régions du Québec, mais l'antenne de la Rive-Sud, elle
fonctionne très bien aussi. Alors, Mme la Présidente, je pense que le fait d'entendre
l'Association des firmes de génie-conseil Québec<i> est un élément qui va
bonifier le... gérer le... va informer l'ensemble des élus, mais je veux juste
vous dire que l'Association professionnelle des ingénieurs du gouvernement du
Québec avait quand même pas mal de points et même des recommandations,
notamment, sur la mission du projet de loi n° 61, et
quand on dit «recentrer la mission du projet de loi n° 61
sur les projets complexes de transport en commun», et moi, je veux savoir l'Association
des firmes de génie-conseil<i>. On parle beaucoup d'expertise au Québec,
hein? Ça n'a été dit pas une fois, pas deux, pas trois. Donc, cette expertise,
ce sont les ingénieurs, que ça soit de l'État ou bien l'association... l'Association
des firmes de génie-conseil<i> qui, eux, peuvent nous aider à comprendre
pourquoi — selon même les propos de Mme la ministre — pourquoi
on a tant de misère avec les projets complexes.
Vous savez, il y a quelques jours, j'ai
interpellé Mme la ministre sur le tramway. Je lui ai posé la question. Il n'y a
pas d'entente signée. Elle m'a répondu : L'argent du fédéral qui traîne.
Le ministre Duclos a répondu : L'argent, il est toujours là. Mais là, je
vois qu'elle chemine. Très bien. Hier, elle a annoncé que l'entente est
imminente. Donc, j'espère que ça va passer au Conseil des ministres demain, et
qu'on va avoir le début du commencement de quelque chose. Mais vous savez,
après six ans, là, ça devient lourd pour un gouvernement, surtout pour un
projet qui a traîné beaucoup.
Mais c'est très important de parler d'expertise,
parce que si on a tant de retard, hein, tant de retard, mais ce retard est venu
juste avec la CAQ. Nous étions capables, avec la caisse de dépôt Infra<i>,
d'ailleurs, c'est ce que Mme la ministre va faire probablement aujourd'hui ou
demain, elle va signer une entente avec la caisse de dépôt Infra<i> pour
le tramway de Québec. Donc, elle est où, l'agence? C'est avec la caisse de
dépôt Infra<i> que l'entente intérimaire va être signée à la ville de
Québec. Donc, quand j'entends la ministre parler qu'on n'a pas l'expertise, qui
doit nous dire qu'on a un manque d'expertise? La Société de transport de
l'Outaouais, ils ont dit le contraire : Nous, on a pas besoin de votre
agence, Mme la Présidente. Ils l'ont dit en commission parlementaire. Donc, c'est
très important.
L'Association des firmes de génie... de
génie-conseil du Québec, ils ont déposé un mémoire, mais je ne veux pas lire
leur mémoire parce que c'est très long, et vous savez, c'était quand même
important. C'est une association qui représente 70... 70 firmes de
génie-conseil, et ils agissent à titre de porte-parole de l'industrie du
génie-conseil et des services spécialisés dans le domaine de la construction et
de l'environnement. Ce sont des experts, et jusqu'à maintenant, je n'ai pas
parlé avec des experts pour confirmer ou annuler les propos qu'on manque d'experts
au Québec. C'est pour cela qu'on a... que, selon les dires du gouvernement
caquiste, qu'on a de la misère à avoir des projets en transport collectif parce
que ça fait longtemps qu'on n'a pas fait des projets structurants. Mais moi,
écoutez, Mme la Présidente, j'étais dans la conférence de presse de la STM, ce
vendredi, pour le malheureux incident de la fermeture des trois stations de
métro, avec mes deux collègues, la députée de Jeanne-Mance—Viger et le député
de Saint-Michel... Viau, Saint-Michel, de Viau, mon collègue. Vous savez qu'est
ce qu'on m'a dit? C'est parce qu'on manque d'argent. Le maintien d'actifs est
très important, et le fait d'avoir moins d'argent pour le maintien d'actifs,
Mme la Présidente, bien, ça veut dire qu'il y a des gens qui se démobilisent.
Si tu n'as pas d'argent pour le maintien d'actifs, tu perds tes experts, tu
perds tes ingénieurs, tu perds des... tes gestionnaires de projets. Donc, c'est
là où c'est très important, pour les membres de la commission, d'avoir une
discussion avec les experts. Nous avons uniquement entendu les ingénieurs de
l'État, et les ingénieurs de l'État nous ont <sensibilisés...
M. Derraji :
...discussion
avec les experts. Nous avons uniquement entendu les
ingénieurs de l'État, et les ingénieurs de l'État nous ont >sensibilisés
sur beaucoup de réalités, notamment la cannibalisation... la cannibalisation si
l'agence s'occupe d'autre chose que le transport en commun. Parce qu'ils nous
ont dit : Écoutez, l'expertise, on l'a, à l'intérieur du ministère, il
faut les valoriser, les ingénieurs de l'État, surtout en matière de tout ce qui
est routes. Au Québec seulement, l'industrie du génie-conseil génère plus de
4 milliards de dollars en retombées économiques directes, 28 000
professionnels, dont des ingénieurs, des technologues et des techniciens, des
biologistes, des géologues, des spécialistes environnement et plusieurs experts
multidisciplinaires. Mais qu'est ce qu'on disait, depuis le début? On disait qu'on
a un problème d'experts et qu'on n'a pas d'experts, et c'est pour cela que le
gouvernement caquiste veut créer une agence parce qu'on veut regrouper les
experts à l'intérieur de cette agence. Excusez-moi, on ne sait pas est-ce que
vraiment, il y a un manque d'experts, ou, vraiment, un gouvernement qui n'a pas
de vision en matière de transport collectif.
• (11 heures) •
Mais regardez, Mme la Présidente, la
contradiction entre deux énoncés du gouvernement. Quand ils nous ont répondu
sur notre motion... notre demande d'accès, dans la ventilation des frais, ils
disaient : les frais liés à l'expertise externe, honoraires professionnels
et communications. De l'autre côté, je vous dis qu'on a à peu près de 28 000
professionnels qui sont au Québec, toutes catégories confondues. Et là,
écoutez, ce qui est très bien, le génie-conseil a largement contribué à la
transformation sociale et économique du Québec. De plus, plusieurs des firmes
qui composent l'industrie québécoise du génie-conseil exportent leurs services
et leur savoir-faire partout dans le monde. Wow!
J'ai en face de moi un gouvernement qui
dit, sur la place publique, vu qu'ils l'ont échappé en matière de transport
collectif, que ça fait longtemps qu'on n'a pas lancé des gros projets de
société en matière de transport. C'est vrai, ça fait 6 ans, il n'y avait
aucun projet structurant. Il y avait, et je tiens à le rappeler, le fameux
troisième lien sur lequel la CAQ s'est fait élire pas une fois, deux fois.
Souvenez-vous, «lâchez-moi avec les GES». Souvenez-vous, ponts par millions,
PPM. Souvenez-vous des études, quand ça fait l'affaire du gouvernement, ils ont
le temps de lire toutes les études et les avis, ils font des conférences de
presse, un bon «setup», un bon visuel, faire rêver les gens. Mais au bout de la
ligne, le résultat, il est nul.
Il n'y a personne au Québec, aujourd'hui,
qui va dire : Écoutez, là, la CAQ a bien fait en matière de transport
collectif. L'offre du transport en collectif se détériore. Ça, c'est un fait.
Je vous ai dit que j'étais, vendredi matin... D'ailleurs, écoutez, j'ai pris la
route jeudi parce que nous étions ensemble en commission parlementaire. J'ai
reçu l'avis, que j'ai même dit à Mme la ministre : Bonne annonce demain. Elle
s'apprêtait à faire une pelletée de terre. Tu sais, vous savez, les belles
annonces, pelletées de terre. Mais malheureusement, écoute, quand tu délaisses
le maintien d'actifs, la pelletée de terre a été changée plus en fermeture de
trois stations de métro. Et j'ai une pensée particulière aujourd'hui pour les
Montréalais, surtout de l'est, et je tiens à saluer le travail extraordinaire
de mes deux collègues, le député de Viau et ma collègue députée de Jeanne-Mance—Viger,
qui, eux, ils soutiennent les populations de Saint-Léonard et de Saint-Michel
qui, maintenant, malheureusement, elles prennent le bus et des navettes parce
que, malheureusement, le métro ne fonctionne plus. Et souvenez-vous, Mme la
Présidente, pendant mes crédits, je l'ai mentionné, j'ai mentionné que : Attention
à la sécurité au métro, attention aux travaux qu'on doit faire, parce que je me
suis basé sur un tableau du gouvernement, qui démontrait que l'état d'infrastructures
se détériore.
Donc, quand j'ai tout cela, le fait d'inviter
l'Association des firmes de génie-conseil<i>, ça va nous permettre,
autour de la table, d'avoir un échange avec eux, et cet échange, il est très
important pour la simple et unique raison, Mme la Présidente, que ça va nous
donner l'heure juste. Et je sais le député de Masson est un ingénieur, il sait
de quoi je parle. J'espère qu'il va voter pour écouter ses confrères...
11 h (version révisée)
M. Derraji : ...de Masson est
un ingénieur, il sait de quoi je parle, j'espère qu'il va voter pour écouter
ses confrères et ses consoeurs. Et c'est un ingénieur, il sait de quoi je
parle. Il doit même prendre la parole et me dire que «c'est une très bonne
idée, le député de Nelligan». Je l'ai mentionné, écoutez, pendant qu'on leur
dit qu'on n'a pas d'expertise, j'ai la même association, qui représente 28 000...
Je ne sais pas si vous avez entendu, Mme la Présidente, qu'est-ce qu'ils ont écrit,
qu'est-ce que je disais tout à l'heure. Ils exportent leurs services et leur
savoir-faire partout dans le monde. Pendant qu'on dit qu'on n'a pas d'experts,
j'ai l'Association des firmes de génie-conseil du Québec qui dit :
Écoutez, au-delà de 28 000 professionnels, dont des ingénieurs, des
technologues, des techniciens, des biologistes, des géologues, des spécialistes
en environnement et d'autres experts multidisciplinaires, travaillent au
Québec, mais aussi, ils exportent leur savoir-faire à l'international.
Donc, vous savez que si on se base sur les
faits, Mme la Présidente, malheureusement, malheureusement, l'argument qu'on a
sur la table, qu'on n'a pas d'experts, que ça fait longtemps, on n'a pas fait
des projets... Je ne sais pas que «ça fait longtemps qu'on n'a pas fait des
projets» remonte à quelle date. Probablement, écoutez... probablement depuis l'arrivée
de la CAQ. Ils ont inauguré le <i>REM, mais ils ne peuvent pas dire que c'est
eux qui l'ont lancé. C'est malheureux. C'est une triste réalité. Le <i>Plan
structurant à l'Est, le fameux PSE, où j'ai vu un chiffre de 19 milliards,
aucune nouvelle. REM, à Chambly, aucune nouvelle.
D'ailleurs, vous me faites penser à
quelque chose. Une demande d'accès que j'aie faite sur la bretelle 40/640, où l'excellent
député de Masson, il est venu me dire : Écoute, tu as fait cette demande
parce que j'ai dit que, sur la place publique... que j'ai vu l'étude, mais je n'ai
pas vu l'étude. Mais je ne sais pas, s'il peut me répondre, où elle est rendue,
la bretelle 40/640, s'il va informer ses citoyens. Je reçois beaucoup d'appels
de son comté sur cette bretelle, Mme la Présidente. Si lui a des informations
au ministère que je n'ai pas, j'espère que le député va les dire... va... va mentionner
ça publiquement. Parce que, souvenez-vous, Mme la Présidente, quand on fait une
demande d'information, techniquement, à un ministère... Je ne comprends même
pas pourquoi le député était au courant que j'ai fait une demande d'accès. Je
soulève des questions.
Mais, vous savez, j'ai reçu une réponse et
de l'ARTM et du ministère du Transport. Je fais très bien mon travail, hein,
vous savez. C'est pour ça que les gens nous ont élus, c'est contrôler l'action
gouvernementale. Bien, on la contrôle, Mme la Présidente. Donc, j'espère que sur
la place publique... Le premier ministre s'est engagé devant sa chambre de
commerce, j'ai le député de Masson, qui, lui, il dit publiquement qu'il a vu
une étude, mais je ne sais pas où elle est, cette étude. Parce que les gens
attendent. Moi, je prends cette route, Mme la Présidente, et c'est toujours,
toujours bloqué, la 40/640, mais je ne sais pas où elle est rendue, l'étude.
Ce qui me ramène, Mme la Présidente, à
cette association de génie-conseil. Donc, le mémoire, il est très intéressant.
Je l'ai lu, Mme la Présidente. Nous avons pris pas mal, pas mal, pas mal de
notes, et je veux... vous surprendre avec la recommandation numéro 1 :
«L'agence devra intégrer de façon
rigoureuse les étapes préliminaires des projets d'infrastructure, soit la
définition des besoins et la planification pour relever les défis de la
mobilité de demain.»
Rien que pour ça, Mme la Présidente, j'aurais
aimé avoir cet échange avec eux. Parce que, si le problème est dans les étapes
préliminaires, ça veut dire qu'on rate quelque chose d'important au niveau de
nos infrastructures. Et c'est pour cela que le gouvernement a un piètre... a un
piètre bilan en matière d'infrastructure.
Souvenez-vous, j'ai déjà interpelé Mme la
ministre sur le projet de loi n° 66. Je tiens à vous rappeler ce projet de
loi où le gouvernement a mis, à l'intérieur de ce projet de loi, beaucoup de
projets à accélérer. Ils ont dit : Écoutez, avec la pandémie, on a besoin
d'aller vite, très vite, vite, vite. D'ailleurs, ils ont déposé deux versions
de ce projet. Le projet de loi était porté par l'actuel ministre de la Santé,
qui... il a perdu son portefeuille en tant que ministre responsable du Conseil
du trésor, qui, par la suite, parce qu'il y avait beaucoup de risques sur la
collusion... bon, voilà, le gouvernement a cru bon de ramener l'actuel...
l'actuel président du Conseil du trésor pour donner un peu de crédibilité à son
projet de loi. Mais force est de <constater...
M. Derraji :
...force
est de >constater que, quelques années plus tard, ils n'ont pas accéléré
les projets. Quelques projets... Malheureusement, je n'ai pas la feuille devant
moi, là, mais il y a pas mal de projets qui sont en étapes de planification
encore.
• (11 h 10) •
Donc, le gouvernement a utilisé un levier
pour accélérer les projets et il n'a pas réussi. Mais là, ils reviennent
quelques années plus tard, dans le même mandat caquiste, malheureusement, avec
un autre fait. Ma collègue, avec raison, me fait rappeler que même la réfection
du stationnement d'Youville est encore en étape... l'étape de la planification.
C'est proche de chez moi, où je reste, Mme la Présidente. Ce... Ce
stationnement est... c'est une catastrophe, Mme la Présidente, toujours en
planification. Réfection de... et relocalisation de la morgue dans l'édifice
Wilfrid-Derome, situé au 1701, rue Parthenais à Montréal, planification, réfection
de l'étude... de l'édifice Gérald-Godin, située au 360, rue McGill à Montréal :
à l'étude. Là, ils ont tout accéléré? Mais rien n'est accéléré.
Donc, quand je reviens, Mme la Présidente,
à la proposition de <i>l'Association des firmes de génie-conseil, eux,
ils ramènent un élément important. Ils disent : «MIQ devra intégrer de
façon rigoureuse les étapes préliminaires des projets d'infrastructure, soit la
définition des besoins et la planification, pour relever les défis de la
mobilité de demain.» Permettez-moi, Mme la Présidente, de boire un peu d'eau.
(Interruption) Recommandation 2 :
«MIQ doit devenir un leader dans la mise en place de modes de réalisation
collaboratifs, lesquels jugeront les bénéfices de l'engagement commun des
partenaires et la... transformation numérique.» Mais j'aurais aimé parler avec
eux. Il n'y a pas de mode collaboratif. On doit attendre un autre omnibus. Ni
le collègue de Mme la ministre ne le mentionne ni dans le projet de loi actuel
on ne parle des contrats collaboratifs. Sachant que, pendant la sortie de Mme
la ministre sur ce projet de loi, elle n'a pas arrêté de dire qu'elle a besoin
de son... du projet de loi de son collègue, mais au bout de la ligne, il n'y a
pas ça, Mme la Présidente. Je peux continuer, Mme la Présidente, à parler
pendant plusieurs heures sur ça, mais je vais me limiter uniquement aux
recommandations.
Recommandation 3 : «Mobilité
Infra Québec doit s'inspirer des grands projets de transport réalisés à
l'international afin de planifier, concevoir et construire des infrastructures
de mobilité durable pour le Québec.» Ça revient toujours à la planification et
à la conception. Donc, clairement, ce gouvernement a échoué à planifier et à
concevoir. Et là, maintenant, il pense mettre ça sur... dans une agence. Parce
que, si on planifie bien et on fait des bonnes conceptions pour construire des
bonnes infrastructures, on ne sera pas là aujourd'hui avec un bilan presque nul
de la CAQ en matière de mobilité durable.
Et je vous le dis, Mme la Présidente, les
gens sur le terrain, que j'ai rencontrés vendredi, ils étaient juste déçus.
Venir prendre le métro, qui, je tiens à le rappeler, assure plus qu'un million
de déplacements par jour, venir le matin... Et j'ai vu, les agents disaient aux
gens : Allez-y, prenez le bus et faites la file d'attente. Heureusement,
il faisait un peu frais, on était à... pas moins 15. Mettez-vous à la
place de ces gens. Et je vais vous dire pourquoi. Ces gens utilisent le
transport en commun, parce que parfois, c'est le seul moyen de transport qu'ils
ont, le seul moyen de transport pour aller de chez eux à travailler. Donc,
quand ce gouvernement ne voit pas l'opportunité d'assurer le maintien d'actif,
Mme la Présidente, en matière de mobilité durable, bien, c'est un gouvernement
qui n'aide pas les sociétés et les PME en matière de développement économique.
Si les travailleurs arrivent en retard, si le personnel de l'éducation arrive
en retard, si le personnel de la santé arrive en retard, si les étudiants
arrivent en retard, bien, c'est toute la société qui est en retard. Et ça, ça a
un impact économique, Mme la Présidente, le fait de ne pas avoir des infrastructures
en matière de transport fiables.
Alors, qui est le groupe qui est le plus
capable de nous parler de l'expertise? Ce sont les ingénieurs. Et vous avez vu
comment nous étions tous, tous à l'écoute lors du passage de <i>l'Association
des ingénieurs de l'État... du gouvernement du Québec. D'ailleurs, il y avait
une très, très bonne couverture par la suite. Parce que ce qu'ils ont dit sur
les arrêts en matière de chantier dans plusieurs régions était pour moi un
choc. Comment ça se <fait...
M. Derraji :
...était
pour moi un choc. Comment ça se >fait qu'on ferme des chantiers parce
qu'on n'a plus d'argent? C'est sûr que le gouvernement a perdu le contrôle. Ça,
il n'y a personne qui va dire le contraire au Québec. Quand tu te ramasses avec
un déficit de 11 milliards et que tu entends la ministre du Transport dire :
On n'a plus d'argent, on n'a plus d'argent, on n'a plus d'argent, écoutez, ça
ne prend pas un doctorat pour comprendre que le gouvernement ne va plus
investir, là, et qu'on risque de vivre avec les déficits.
Donc, on vit avec un déficit causé par le
gouvernement. Je ne vais pas revenir faire la genèse de ce qu'ils ont fait. Les
chèques électoraux, hein? Souvenez-vous des 500 $ avant l'élection, des
500 $ après l'élection. Ce n'est pas moi qui ai invité les <i>Kings.
D'ailleurs, il mérite... Écoutez, le premier ministre, maintenant, il va
traîner avec lui le titre du King des déficits, Mme la Présidente.
Donc, ces choix, ce gouvernement, le fait
de garrocher l'argent sur des programmes qui ne donnent pas de résultats, ils
vont vivre avec ça. Mais moi, pour faire mon travail, surtout sur ce projet de
loi, je dois le faire correctement. Et, pour le faire correctement, on a besoin
d'entendre <i>l'Association des firmes de génie-conseil Québec. Je vous
le dis, ils ont de très, très, très bonnes propositions. Ils parlent même, un
carrefour de données ouvertes et d'informations sur la mobilité. Souvenez-vous
de ce que je disais, Mme la Présidente, sur la vision : Avoir une vision
10, 20, 30 ans. C'est à ça... C'est ça, le rôle du ministère, en termes...
en matière de mobilité.
Recommandation 5 de <i>l'Association
des firmes de génie-conseil : «Mettre en place des mécanismes nous
permettant d'identifier les tendances et les principaux défis à relever dans le
développement du transport collectif au Québec.»
Donc, un mémoire extrêmement riche, des
recommandations très claires. D'ailleurs, je remercie l'équipe qui a travaillé
sur ce mémoire. L'équipe de l'Association des firmes de génie-conseil du Québec,
s'ils nous écoutent, je tiens à les féliciter. Et j'espère que mon collègue
député de Masson va se joindre à moi et féliciter, en tant qu'ingénieur, et il
va voter pour les entendre. C'est quand même... C'est des confrères. Il fait
partie probablement du même groupe ou il a des amis au sein de cette
association. J'aimerais bien l'entendre, ce qu'il pense... il pense, ce qu'il
dit.
Donc, Mme la Présidente, encore une fois,
je pense qu'on est... on est vraiment à la bonne place après avoir utilisé
l'ensemble des arguments pour faire résonner ce gouvernement en matière... ça prend
combien d'argent pour lancer l'agence.
Jusqu'à maintenant, Mme la Présidente,
l'opposition officielle a déposé trois... trois motions préliminaires,
uniquement trois. ...beaucoup, Mme la Présidente. J'ai appuyé les motions
préliminaires de mes collègues. Donc, je pense que nous sommes dans le vif du
débat parlementaire, le débat parlementaire qui nous permet aujourd'hui, avec
des motions préliminaires... faire résonner le gouvernement. Et Dieu sait qu'on
en a besoin, Mme la Présidente.
Donc, la meilleure chose, la meilleure
chose, Mme la Présidente, c'est accepter notre demande d'inviter <i>l'Association
des firmes de génie-conseil, de leur donner l'opportunité de nous expliquer est-ce
que la ministre a raison quand elle dit qu'on n'a pas d'experts, hein, qu'on a
perdu l'expertise, chose que je doute. Surtout que j'ai la réponse : on a
28 000 professionnels. Eux-mêmes, page numéro 3, ils disent que «plusieurs
des firmes qui composent l'industrie québécoise du génie-conseil exportent
leurs services et leur savoir-faire partout dans le monde». Donc, on n'est pas
juste experts chez nous, là. L'expertise aide ailleurs, dans d'autres
continents.
Et je peux vous parler, Mme la Présidente,
d'une expérience ancienne avant la vie politique. J'étais derrière des missions
économiques au moins dans une dizaine de pays et j'ai vu nos experts québécois
en matière de mobilité. Et, à l'époque, ils me disaient : On a un problème
avec le gouvernement du Québec pour cheminer nos innovations, y compris avec le
ministère du Transport. Ils étaient capables de décrocher des contrats en Côte
d'Ivoire, mais pas au Québec.
Donc, qu'on arrête de dire qu'on n'a pas <des...
M. Derraji :
...Donc,
qu'on arrête de dire qu'on n'a pas >des experts, et c'est pour cela
qu'on justifie la création d'une agence. Mais je ne peux pas aujourd'hui
prétendre que l'argument que j'ai sur la table, qu'on a un manque d'experts,
est justifié.
• (11 h 20) •
En parlant avec ces gens, avec
l'association, on va probablement trouver la solution ailleurs et, je dirais
même, abandonner l'idée de créer une agence <i>Mobilité Infra. Si j'ai 28 000 professionnels,
et ces 28 000 professionnels insistent sur les étapes préliminaires
des projets d'infrastructure, ils veulent qu'on... ils veulent qu'on... ils nous
demandent de définir très bien les projets complexes, ils nous parlent des
données... des données ouvertes, ils nous parlent de «définir les mécanismes
nous permettant d'identifier les tendances et les principaux défis à relever
dans le développement du transport au Québec»... C'est ce qu'ils nous ont
demandé, Mme la Présidente.
Je trouve ça intéressant, encore une fois,
un groupe qui a déposé un mémoire, qui n'a pas eu la chance d'être entendu en
commission parlementaire. Mais je ne veux surtout pas manquer l'occasion de
dire qu'avec un peu de temps, un peu de patience et un peu d'ouverture de la
partie gouvernementale, on va les inviter. On va les inviter, Mme la
Présidente, pour nous partager leurs préoccupations, revoir, avec eux,
l'ensemble des recommandations.
Et, pour conclure, Mme la Présidente,
j'espère, cette fois-ci, que, rendu à ma troisième motion préliminaire, à ma
troisième motion préliminaire, j'espère que le gouvernement va accepter cette
motion, Mme la Présidente. Je vous remercie.
La Présidente (Mme Maccarone) : Merci,
M. le député. Est-ce qu'il y a d'autres intervenants? Oui. M. le député des Îles-de-la-Madeleine.
La parole est à vous.
M. Arseneau : Merci beaucoup,
Mme la Présidente. Alors, c'est une proposition... une motion, en fait, de la
part de mon collègue député de Nelligan, que je trouve particulièrement
intéressante lorsqu'on considère, là, les discussions qui se tiennent déjà
depuis quelques semaines sur la pertinence de mettre en place une agence et de
pouvoir réaliser, de façon plus rapide, un plus grand nombre de projets dans
les délais et dans les budgets qui sont impartis. Je pense que c'est
fondamental de pouvoir approfondir la discussion avec des gens qui ont une expertise
en matière de développement et d'élaboration de plans et devis pour la mise en oeuvre
de projets complexes, d'infrastructures diverses, évidemment, qu'on pense soit
à des infrastructures routières, autoroutières ou même en matière, évidemment,
de transport collectif, ce qui devrait être, à notre point de vue, là, la
fonction principale et unique de l'agence.
Mais c'est intéressant, parce
qu'essentiellement, plus on approfondit la lecture du texte, du libellé du
projet de loi n° 61 qui est devant nous, plus on se rend compte
essentiellement qu'on a besoin d'approfondir la question, et qu'on a besoin
d'avoir toute l'information sur la façon dont ça se passe déjà ici, au Québec,
l'élaboration de projets, et d'essayer de comprendre pourquoi on a des projets
qui n'aboutissent jamais, pourquoi est-ce qu'on prend des années et des années
à réaliser des projets, ou encore pourquoi il est impossible, semble-t-il, au
Québec, de prendre exemple sur d'autres juridictions où les projets se
réalisent rapidement.
Et ce n'est pas parce qu'on n'a pas cette...
cette expertise. Et ça, ce débat-là, je pense qu'il va falloir, à un moment
donné, le clarifier. Il ne faut pas penser qu'au Québec nous n'avons pas
l'expertise en matière d'ingénierie, par exemple. Parce qu'on l'a vu dans
certains des mémoires qui ont été déposés, certains des intervenants qui sont
venus nous entretenir de la question, l'expertise québécoise, elle est présente
un peu partout à travers le monde, dans les projets qui se réalisent dans...
dans d'autres juridictions.
Si on n'a pas suffisamment d'expertise au
ministère, c'est une chose, mais encore là, mon collègue député de Nelligan le
mentionnait tout à l'heure, on a fait la démonstration, je crois, en écoutant...
les représentants de <i>l'Association des ingénieurs de l'État, qu'en
fait nos ressources étaient peut-être mal employées, et on a émis des doutes
sur les moyens <qui...
M. Arseneau :
...et
on a émis des doutes sur les moyens >qui étaient mis en place pour s'assurer
qu'on puisse... mettre à contribution l'expertise existante ici, au Québec,
pour la réalisation de projets dans les temps, et les délais, et les budgets
impartis.
Donc, le brassage de structures, on le
voit. Je pense que, depuis quelques années déjà, c'est une façon pour le
gouvernement de tenter de prouver qu'il est en action, qu'il réalise des
projets, faire miroiter un futur meilleur. Et, pour ce faire, bien, on crée des
structures, des comités, des agences comme... comme, par exemple, dans le
domaine de la santé et comme si ça allait de soi qu'une nouvelle structure,
bien souvent, là, avec une hiérarchie très forte et des décideurs de haut rang
qui savent mieux que quiconque comment faire, et quoi faire, et qui sont
évidemment payés à très forts salaires... Donc, on va toujours faire miroiter
le fait que ces ressources-là sont exceptionnelles et qu'on doit aller
essentiellement les recruter dans le domaine privé, où ils sont mieux payés, bref,
qu'à travers cette vision-là d'un groupe de gestionnaires, là, ultracompétents,
on peut faire migrer ou changer de direction un paquebot comme celui du
gouvernement du Québec ou du ministère des Transports et de la Mobilité durable
de façon à ce qu'il nous mène à bon... bon port, et qu'il... réalise des
projets, et livre des résultats.
Et je pense que ça, ce... ce présupposé-là,
là, actuellement, de façon empirique, on ne peut pas dire qu'il se vérifie dans...
dans la réalité. D'où l'idée d'avoir, justement, la chance d'interroger ici des
praticiens, des professionnels, et ils sont près de 30 000 quand même, c'est...
ce n'est pas rien, représentés par une association qui n'a pas été invitée,
malheureusement, autour de la table ici. Et, à ce moment-ci, je pense que,
lorsqu'on regarde effectivement le mémoire qu'ils ont déposé, ils méritent non
seulement audience, mais nous, nous devons nous donner l'opportunité et la
chance de pouvoir avoir cet échange constructif et porteur avec eux de façon à
pouvoir véritablement, là, adopter les bons enlignements pour la suite des
choses et des débats qui seront les nôtres au cours des prochaines semaines.
C'est... Ce n'est quand même pas rien. Lorsqu'il
est question de projets complexes, chacun des intervenants qui sont venus ici
avait sa propre définition, la ministre a probablement sa définition, nous, on
a la nôtre. Et puis je pense qu'essentiellement ce flou-là est certainement un
élément qu'il faut clarifier, sans quoi, ça risque d'entraîner encore davantage
de confusion, non seulement autour de la table, mais une fois qu'on adopte un
projet de loi et que l'intention du législateur est aussi floue, je décèle que,
pour le porteur du projet, ça peut être avantageux dans la mesure où on a
laissé une marge de manoeuvre extrêmement importante, mais ce n'est pas porteur
dans la mesure où on veut véritablement maximiser l'efficacité, savoir sur
quels éléments il faut vraiment, là, se concentrer, et aller de l'avant avec...
avec des solutions qui soient porteuses, puis qui soient concrètes, puis qui
soient réalistes, qui soient ancrées dans le terrain... dans... dans la réalité
du terrain.
Alors, moi, je pense que mentionner qu'on
a, par exemple, non seulement une définition très floue des «projets complexes»,
mais qu'on ne semble pas avoir la même compréhension de ce qu'il faut faire
pour les réaliser, sur les conditions à mettre en oeuvre pour pouvoir être plus
efficaces, les conditions de marché aussi au Québec, sont-elles différentes d'ailleurs
dans les autres juridictions nord-américaines ou même ailleurs, le fait qu'on n'ait
pas eu cette étude d'impact réglementaire, bien, il faut pouvoir compenser, là,
ce manquement aux devoirs gouvernementaux par des avis experts qui nous
permettent justement de <mieux...
M. Arseneau :
...nous permettent justement de >mieux comprendre là où on veut aller.
Alors, c'est... c'est un peu comme le fait de dire que cette agence-là, elle va
remplir, semble-t-il, de façon prioritaire, les besoins qui sont urgents, de
développer des réseaux de transport collectif, mais sans fermer la porte au...
à la mise en place d'infrastructures routières ou autoroutières, alors qu'on a
déjà un ministère qui s'occupe de ces... de ces projets-là et dont... dont on
sait qu'ils ont certainement l'expertise, mais n'ont pas nécessairement les
coudées franches, ils n'ont pas nécessairement le contexte qui leur permet
justement de... se consacrer à 100 %, je parle des professionnels qui y
travaillent, à des... à des projets, parce qu'au cours des années on leur a
imposé toutes sortes de barrières, toutes sortes d'obstacles. On a mis des
bâtons dans les roues de l'exercice de leur profession, comme on l'a... on l'a
vu, qui faisaient en sorte qu'on travaille essentiellement à mi-temps sur les
projets et, l'autre moitié du temps, bien, on répond à des demandes
d'information, à des contrôles, à des formulaires de reddition de comptes, ce
qui entraîne une perte d'efficacité extraordinaire.
Alors, je pense qu'à cet égard <i>l'Association
des firmes de génie-conseil peuvent, je crois, puisqu'elles oeuvrent dans le
secteur privé et dont on dit souvent qu'il est beaucoup plus efficace que le
secteur public... bien, on... ça reste à prouver... mais au moins, je pense, de
pouvoir les entendre et pouvoir exercer, je dirais, un jugement sur ce qu'ils
ont à offrir comme vision, comme approche, comme modes... comme pratiques
aussi, modalités de travail face à ce qu'on a entendu par ailleurs du secteur
public... je pense que ça ne peut être que positif et constructif pour les
travaux de la commission, Mme la Présidente.
• (11 h 30) •
La Présidente (Mme Maccarone) :
Merci, M. le député. Oui. M. le député de Taschereau. La parole est à vous.
M. Grandmont : Oui, merci,
Mme la Présidente. D'abord, c'est la première fois que je prends la parole
aujourd'hui, donc j'aimerais saluer toutes les personnes présentes aujourd'hui.
Mme la Présidente, les collègues, estimés collègues de la banquette
gouvernementale, très contents de vous retrouver. Mon collègue des Îles-de-la-Madeleine,
mon collègue de Nelligan, j'ai vu tout à l'heure aussi mon collègue de l'Acadie,
j'espère que vous avez passé une belle fin de semaine et que vous en avez
profité. Il a plu un peu samedi, il me semble. Ce n'était pas superbeau. Mais
dimanche, il y avait moyen d'en profiter. J'ai fait un petit barbecue avec des
amis. C'était très agréable. J'ai eu une pensée pour vous en me disant : On
se revoit très prochainement puis on va pouvoir continuer à étudier cet
important projet de loi.
Pour vrai, j'ai parlé du projet de loi n° 61,
pour vrai, avec mes amis. C'est fou comment l'amitié, des fois, nous amène... nous
amène, des fois, sur des chemins, notamment celui de la politique. Donc, j'ai
des amis politisés, donc on jase. Ils veulent savoir qu'est-ce que... sur quels
projets je travaille en ce moment, et évidemment le projet de loi n° 61. Puis
il y avait plusieurs questions, évidemment, qu'ils m'ont soumises, que je ne
vous livrerai pas en rafale ici aujourd'hui, là, l'objectif n'est pas... n'est
pas, à ce moment-ci, opportun, mais... mais ça va alimenter en tout cas mes
réflexions tout au long, là, de l'étude détaillée.
Très bonne motion, en fait, de mon
collègue sur le fait d'écouter... entendre, en fait, l'Association des firmes
de génie-conseil du Québec avant de commencer l'étude détaillée. Je pense que
ce serait pertinent. On sait combien c'est un secteur d'activité économique
évidemment hyperimportant au Québec. On peut même en faire... On peut dire que
c'est une fierté du Québec, là, les firmes de génie-conseil. On sait combien on
a développé ce secteur d'activité là de façon importante depuis un bon moment
déjà. Puis même, je dirais que ça date principalement, là, de l'époque où on a
commencé à faire des routes, évidemment, au Québec, l'époque où on a commencé
aussi à prendre en main les destinées de notre réseau de production, de
transport et de distribution d'électricité avec la création d'Hydro-Québec. On
est allés chercher une expertise, on l'a développée, ça en fait une fierté. On
l'exporte aussi. On fait connaître cette... cette expertise-là partout dans le
monde. C'est un... C'est un volet de notre... un pan de notre économie, là, qui,
moi, me rend très, très fier, évidemment, dans lequel il y a une... donc une
expertise très grande. Et je pense que ce serait important de les... de les entendre
avant de commencer parce qu'ils vont évidemment être mis à contribution dans le
déploiement des projets qui seront créés, si on crée toutefois l'agence Mobilité
Infra Québec. Ce seront donc des intermédiaires, des partenaires pour lesquels,
évidemment, il y aura des relations à développer.
Puis c'est intéressant parce que mon
collègue ici, à la recherche, m'a partagé un texte que j'ai... que j'ai lu avec
attention, qui justement a été produit par...
11 h 30 (version révisée)
M. Grandmont : ...a été
produit par l'Association des firmes de génie-conseil du Québec. C'est un...
Ils sont comme dans une espèce de... de momentum, de momentum, en fait, là, dans
lequel ils font... ils soulignent, en fait, là... En fait, ils ont lancé un
manifeste du génie-conseil, donc ils veulent comme une espèce de positionnement
sociétal, je dirais. Et, dans le cadre de cette opération-là, ils ont donné la
parole à des professionnels sur des projets innovants, créatifs et durables, c'est
leurs mots.
Et j'avais envie, là, de... de me pencher
un peu là-dessus avec vous, parce qu'il y a des éléments là-dedans qui me
laissent à croire qu'ils auraient été très pertinents à entendre avant de
commencer, donc, l'étude détaillée. Bien, d'abord, des mots, là, assez
généraux, là, je vous les lis quand même, mais c'est important, là, de le
rappeler, mais c'est un... c'est un... ce n'est pas un positionnement, c'est
une mise en contexte importante : «Les changements climatiques
représentent l'un des défis les plus urgents de notre époque. Au Canada, le
secteur des transports est responsable de 25 % des émissions de gaz à
effet de serre, tandis qu'au Québec, cette proportion atteint 45 %.»
Évidemment, au Canada, c'est un peu plus faible, les transports, parce que c'est
toute l'exploitation des produits pétroliers dans l'Ouest, là, qui joue pour
beaucoup, évidemment, qui pèse lourd dans notre balance, disons, importante,
là, de production de gaz à effet de serre au Canada. Tandis qu'au Québec, bien,
le... le cheval de bataille sur lequel on doit se pencher plus... de façon plus
importante, c'est évidemment les transports, parce que notre électricité,
notamment, est produit de manière verte.
Donc, évidemment, contrairement au Canada
où il y a l'exploitation, l'extraction puis le chauffage aussi, il faut le
dire, là, qui sont des secteurs d'activité très importants, bien, contrairement
à ça, nous, au Québec, s'il y a un domaine sur lequel on doit travailler, c'est
évidemment le transport. C'est un sujet qui est important, évidemment, parce
que cette... cette création d'agence pourrait nous aider à réduire cette
proportion-là de notre bilan carbone.
Je poursuis, en disant les... en lisant,
en fait : «Les prochaines années seront déterminantes pour changer notre trajectoire
climatique.» Évidemment, il y a urgence d'agir, là. «Si le transport contribue
au problème, il constitue également une opportunité d'intégrer les solutions
durables répondant aux besoins des citoyens. Nous devons ainsi repenser le
transport et sa mise en œuvre, car la mobilité verte va bien au-delà des
véhicules.»
Ça, c'est quand même très intéressant,
parce que, bon, des fois, on a certains débats, là, sur quelle devrait être la
mission de l'État, notamment, relativement aux transports collectifs, non
seulement créer des transports collectifs, des nouveaux projets, mais aussi
assurer le maintien des actifs. Bon, on a eu des exemples très... très
éloquents, là, la semaine dernière avec la fermeture de trois stations dans l'est
de Montréal, donc les... les stations Fabre, d'Iberville et Saint-Michel. D'ailleurs,
peut-être, au bénéfice de la commission, je ne sais pas si tout le monde est au
courant, pourquoi trois stations sont fermées, alors que la problématique était
vraiment juste dans la station Saint-Michel. C'est parce qu'il y a les... les
voies d'aiguillage, exactement. Donc, le collègue de Masson semble au courant.
Mais donc, les voies d'aiguillage, il y en
a seulement à... à Jean-Talon et à Saint-Michel, dans ce secteur-là. Et donc en
fermant Saint-Michel, on ne peut plus tourner les... les trains de sens, on ne
peut pas les... les faire retourner dans l'autre direction, donc d'où... d'où
la fermeture au niveau, là, de Fabre et d'Iberville. C'est quand même important
de le savoir. Et donc sur le maintien des actifs, d'une part, mais aussi on a
un débat, là, assez fréquent, là, Mme la ministre et moi-même, là, sur la
question du financement des opérations de transport collectif.
Donc, c'est un dossier, évidemment, sur
lequel on a travaillé avec beaucoup d'attention... excusez-moi. Et évidemment
ce qui est intéressant dans le texte, c'est dire que ça va au-delà de
simplement électrifier les véhicules. Puis, ça, je pense que c'est quelque
chose qui est intéressant.
Donc, je continue leur texte, ils vont
parler d'interopérabilité et de micromobilité pour les déplacements urbains
fluides. Donc, ce qu'ils disent, c'est que «nos villes sont constituées de
divers systèmes qui doivent fonctionner ensemble pour être efficaces tels que
le logement, les soins de santé, l'énergie et le transport. En matière d'infrastructures
de transport, il est essentiel de tisser l'interopérabilité et la micromobilité
dans les tissus urbains pour les rendre plus durables.» Ça, moi... c'est
intéressant, ça me parle beaucoup, l'interopérabilité. Il y avait Communauto
qui avait sur son site Internet... puis il l'utilisait quand même assez souvent
dans les présentations, là, que... auxquelles j'assistais, là, des conférences
faites par Communauto, qui est le système de vélo... d'autopartage, pardon. J'étais
au colloque de Vélo Québec ce matin, ça fait que je pense un peu vélo. Donc, le
système de... d'autopartage opéré par, donc, ce partenaire important qui est
Communauto. Il disait : Vous savez, il n'y a pas aucun mode de transport
durable pris individuellement qui peut compétitionner avec l'automobile.
L'automobile, c'est... c'est très simple,
hein, on sort de chez soi, la voiture est dans la cour, est dans le «driveway»,
dans l'entrée du garage, et on peut l'utiliser pour faire tout type de
déplacement. On peut aller chercher la pinte de lait à côté, comme on peut
aller faire un déplacement interurbain. Je pourrais aller dans Masson, par
exemple, visiter mon estimé collègue. Mais donc, c'est un moyen de transport
qui est très utile, très flexible. Je pars à l'heure que je veux, il n'y a pas
de contrainte de temps. La contrainte... il y en a deux principales. Il y a la
contrainte d'une part, bien, de... de temps de déplacement, parce que <c'est...
M. Grandmont :
...il
y en a deux principales. Il y a la contrainte d'une part, bien, de... de temps
de déplacement, parce que >c'est vrai que, bon, les épisodes de congestion
sont rendus assez importants, surtout dans certaines régions à Québec, c'est
quand même important sur certains axes, mais drôlement important dans la région
métropolitaine de Montréal. La ministre a vu passer, comme moi, là, les
chiffres, 6 milliards, la valeur de la congestion actuellement dans la
région métropolitaine de Montréal. Ce n'est pas rien. Alors, quand moi, je vois
le métro être fermé dans un contexte où la congestion est évaluée à
6 milliards de dollars juste pour la région... la grande région de
Montréal, je me dis : Il y a urgence d'agir pas à peu près. J'imagine qu'elle
pense comme moi, évidemment.
• (11 h 40) •
Donc, il y a... puis l'autre contrainte, bien,
c'est évidemment le coût. Alors évidemment, avec l'auto électrique, on est en
train de travailler un peu sur l'aspect coût lié à l'utilisation de produits
pétroliers, parce que l'électricité, évidemment, est vraiment très, très,
très... moins dispendieuse évidemment, plus abordable. Bon. Ça ajoute du temps,
mais ça, c'est une autre question. Mais là, la question aussi, c'est le reste
des... le reste des... des coûts demeure quand même pour l'automobile, bon, l'achat
de la voiture, évidemment, la dépréciation qui est quand même importante. Je
pense qu'on... Pour un véhicule, là, standard, genre une <i>Camry, la
dépréciation est évaluée à 3 000 $ par année pour une Toyota Camry.
Puis je vous dirais que ce n'est pas le type de véhicule que la plupart des
Québécoises et des Québécois achètent aujourd'hui. En fait, il y a de moins en
moins de voitures sur les routes. Ce qu'il y a de plus en plus, par contre, c'est
des camions légers, des VUS. Donc, la taille des véhicules a augmenté beaucoup,
donc aussi, incidemment, la consommation de... d'essence puis aussi, bien, le
coût à l'achat qui est plus grand, puis aussi évidemment le... donc, le coût
total de l'utilisation de l'automobile, les assurances également aussi.
Donc, c'est ça, dans le coût du véhicule,
il y a évidemment, donc, c'est ça, l'essence, il y a le temps qu'il faut calculer,
la dépréciation, l'entretien général, changer les pneus, le changement d'huile,
etc., etc. Donc, ça fini que ça coûte environ 10 000 $ par
personne... par... par automobile qu'on possède selon le CAA-Québec, puis je
serais très curieux qu'il refasse cette... et intéressé en fait à ce qu'il
refasse ces études-là, parce que, comme je vous dis, ça a été fait au moment où
la Toyota Camry était comme le véhicule de base que les Québécois et les
Québécoises avaient. Donc, aucun moyen de transport pris individuellement qui
peut concurrencer l'automobile, mis à part ces deux éléments-là, là, le temps
puis le... le coût.
Mais donc, il est important de bien
articuler l'offre de transport collectif et actif présente sur nos routes, puis
aussi de l'articuler... évidemment, ça, c'est à une échelle un peu plus macro
encore, mais articuler l'occupation du territoire. Évidemment, le meilleur
déplacement en automobile, c'est celui qu'on ne fait juste pas. Le meilleur
déplacement, c'est celui qu'on n'a pas à faire. Si on peut le faire à pied ou à
vélo, c'est encore plus facile. Si on peut faire notre épicerie à vélo, si on
peut faire... à vélo peut-être moins, mais à pied, à tout le moins, quoiqu'il y
a des paniers qui existent qu'on peut attacher en arrière de son vélo... Ça
existe, c'est de plus en plus courant, aller à l'école, aller au travail à
pied.
Je suis persuadé que plusieurs de mes
collègues aussi ici, qui ont leur résidence de fonction, je pense que c'est le
terme qui est utilisé... qui peuvent se déplacer à pied vers le... le Parlement
pour venir travailler. Je suis sûr qu'ils en profitent, qu'ils apprécient
prendre un peu de soleil le matin, marcher, ça met en forme. On arrive de bonne
humeur au Parlement. Ça nous permet de faire des belles commissions ensemble,
puis de parler de longues minutes, de longues heures, d'un projet de loi qui
est très important.
Donc, je poursuis le texte de l'association
des firmes de génie-conseil. Ils disent : «L'interopérabilité permet aux
usagers de naviguer...»; c'est très important, ça. «L'interopérabilité permet
aux usagers de naviguer d'un système à l'autre, entre parenthèses, par exemple
du logement au transport puis aux soins de santé, de manière interchangeable,
intuitive, accessible, sécuritaire. Pour effectuer ce virage, nous devons
repenser fondamentalement nos modèles de collaboration entre les intervenants
de ces systèmes et intégrer des innovations technologiques qui permettent une
meilleure interconnectivité numérique comme l'intelligence artificielle.»
Bon, la première des... Il y a beaucoup de
choses dans ce paragraphe-là, c'est très chargé, mais je vais prendre le temps
de le décortiquer. D'abord en vous rappelant que l'intelligence artificielle...
il y a une journée demain sur l'intelligence artificielle, hein? J'espère que
tout le monde a mis ça à son agenda, une grande journée organisée par l'Assemblée
nationale. Il va y avoir plusieurs activités tout au long de la journée. Un
dîner notamment au <i>Parlementaire, si ma mémoire est bonne, où on
pourra entendre des conférenciers, des conférencières.
On n'a pas eu encore de commission
particulière sur l'intelligence artificielle. Par contre, c'est un domaine sur
lequel on devrait davantage se pencher. Il y a plusieurs acteurs dans le... dans
le... dans ce domaine d'expertise là, notamment Yoshua Bengio, qui est notre...
une... notre grande sommité québécoise et internationale aussi, qui nous met en
garde contre les dangers. Il est à la fois créateur, mais à la fois un lanceur
d'alerte, en fait, de ce domaine-là, parce que c'est un domaine qui va
complètement... mais qui a déjà commencé en fait à... à s'imposer dans les
différentes sphères d'activité dans lesquelles nous naviguons tous et toutes. Puis
évidemment, les transports ne vont pas échapper à ça. L'intelligence
artificielle est... est déjà utilisée de manière importante dans la... dans la
mobilité, mais ça va l'être de plus en plus. Puis il y a un risque aussi à ce
niveau-là, je fais une courte parenthèse là-dessus, une courte... Il y a un
certain risque aussi de... qui pourrait avoir des conséquences économiques
assez importantes. Il y a des enjeux de sécurité <importants...
M. Grandmont :
...qui
pourrait avoir des conséquences économiques assez importantes. Il y a des
enjeux de sécurité >importants, parce que, quand on... on se rend
dépendants aux technologies, notamment l'intelligence artificielle, bien, on se
rend aussi vulnérables, parce qu'il y a des brèches un peu partout, tout le
temps, là-dedans. Et on pourrait voir des... des malfaiteurs, des pirates
informatiques prendre le contrôle de certaines infrastructures de transport en
simultané. On l'a déjà vu, là, notamment pendant la pandémie. Souvenez-vous,
là, <i>Tesla avait pris le contrôle des véhicules à distance pour
augmenter l'autonomie des véhicules, pour qu'ils puissent se déplacer plus
longtemps. Ils avaient débridé, dans le fond, l'autonomie des véhicules à
distance. Donc ça, c'était fait de façon bienveillante. On l'apprécie, mais on
peut imaginer, donc, qu'un contrôle à distance pourrait être pris.
Mais je reviens tout simplement à... Je
voulais faire une petite parenthèse sur l'intelligence artificielle, parce qu'il
y a une journée thématique là-dessus demain à l'Assemblée nationale. Mais ce
qui est important là-dedans, c'est la notion d'interopérabilité qui doit s'opérer
de manière interchangeable, intuitive, accessible et sécuritaire. Bon,
sécuritaire, j'en ai déjà parlé beaucoup à travers la notion, là, de piratage.
La... Tous ces modes de transport-là, là, pour les usagers qui décident d'utiliser
d'autres modes de transport, d'utiliser la mobilité durable à la place de l'automobile,
bien, doivent apprendre à utiliser plusieurs systèmes.
Un usager typique, par exemple, qui...
Bon, une famille qui aurait une voiture pour un... une des deux personnes du
couple qui travaille à l'extérieur... bon, va porter les enfants, par exemple,
à la garderie puis, après ça, va travailler, bien, l'autre personne, selon la
température, selon les déplacements qu'elle a à faire dans la journée, doit
apprendre à utiliser un réseau d'autobus avec les horaires, des fois c'est
complexe un peu, donc, déjà, aussi, une application dédiée à son système d'autobus...
Elle doit apprendre à utiliser les services de Communauto, par exemple, parce
que certains de ses déplacements vont être à effectuer à l'extérieur de la zone
desservie par le transport en commun. Et donc elle doit apprendre à utiliser
aussi une autre application avec un autre mode de tarification.
Si, des fois, ses déplacements le
permettent, elle va avoir... elle va utiliser le réseau àVélo, par exemple, le
réseau de vélopartage à Québec, qui fonctionne très, très bien. D'ailleurs, je
ne sais pas si mes collègues le savent, mais on a dépassé le 1,1 million de
déplacements dans la saison 2024 et on s'attend donc à avoir, d'ici la fin
du mois d'octobre, parce que le... la saison à vélo à Québec, là, le réseau
municipal cyclable de la ville de Québec ferme officiellement le
31 octobre... puis donc, le réseau à vélo aussi cesse ses activités au
31 octobre... on devrait être en mesure d'atteindre 1,2 million de
déplacements. Ça, c'est très, très bon. Et on arrive à faire ça avec
1 300 vélos. Puis leur objectif, c'est d'atteindre trois... 3 300 vélos
à terme pour avoir des vélos un peu partout sur l'ensemble du territoire de la
ville de Québec. Plus on en aura, évidemment, plus ça va fonctionner.
Mais tout ça pour dire qu'outre cette
belle nouvelle-là, qui est très enthousiasmante pour le... l'avenir de la
mobilité durable et active à Québec, et sécuritaire en même temps aussi, bien,
il y a toujours l'enjeu, évidemment, d'utiliser encore une fois un autre
système en parallèle avec ses propres codes, ses propres règles de sécurité
routière à suivre, des nouvelles applications aussi à suivre, une autre... un
autre système avec sa propre tarification. Donc, c'est... c'est extrêmement
compliqué de développer ça.
Puis je vais me permettre de parler de...
de systèmes qu'on voit se développer un peu partout à travers le monde, puis
malheureusement il n'y en a pas beaucoup, beaucoup d'exemples, parce qu'il y
une grande complexité, mais, encore une fois, je pense que l'association des
firmes de génie-conseil pourrait être mise à contribution là-dedans. C'est
développer des plateformes qui regroupent l'entièreté de ces... de ces modes de
transport là, l'information. Donc, à la fois la capacité de prévoir un
déplacement, la capacité de réserver un mode de transport... On aurait pu
ajouter à ce que j'ai dit tantôt, le taxi, par exemple, qui est un autre
système en parallèle. Donc, l'autobus, tu sais, un ensemble de modes de
déplacement... les intégrer dans une seule et même application dans laquelle il
y a un partage de données, dans laquelle il y a une tarification intégrée qui
se fait aussi. Ça, c'est super intéressant. Sur papier, là, c'est vraiment
formidable.
Par contre, il y a une très, très grande
complexité, parce que vous savez combien ça... comment ça fonctionne dans le
milieu de la donnée, dans les... dans les domaines d'activité économique dans
lesquels il y a... la valeur provient des données qu'on recueille auprès des
usagers, il y a une très grande méfiance des différents partenaires à partager
les données. Donc, il faut déjà s'entendre sur qui sera l'intégrateur de l'ensemble
de ces données-là. Ce n'est pas évident de trouver un seul chapeau, un seul
leader, un seul joueur qui va regrouper pour formaliser cette mise en commun
des informations puis les mettre disponibles à l'ensemble des usagers qui vont
décider d'adhérer à ce système-là très bien intégré. Mais après ça, il y a
toute la question de comment on redonne les... les revenus, comment on partage
le... les revenus de cette mise en commun là de l'utilisation de l'ensemble de
ces modes. C'est hyper compliqué.
Probablement que les firmes de
génie-conseil ont un rôle à jouer là-dedans pour être capables de développer les
systèmes, coordonner ça. Le gouvernement du Québec aussi a un rôle hyper
important à jouer là-dedans. Et... Par contre, ça permettrait des avancées
hyper importantes, notamment sur... sur la possibilité que ça nous offrirait de
donner aux gens des <options...
M. Grandmont :
...des
avancées hyper importantes, notamment sur... sur la possibilité que ça nous
offrirait de donner aux gens des >options bon marché de se déplacer.
• (11 h 50) •
Je prends un exemple très simple, Mme la
Présidente. Vous savez, les... Bon, je travaille souvent avec des personnes qui
sont en situation de pauvreté assez grande, les gens qui sont à l'aide sociale,
par exemple, puis, bien, c'est rare que ces personnes-là ont un véhicule, ont
accès à une automobile privée. Donc, ça va être des... des bons marcheurs, ça
va être des cyclistes parfois, ça va être aussi des... des utilisateurs assez
fréquents du transport en commun, particulièrement l'hiver. Puis le
laissez-passer coûte assez cher à l'achat, si, moi, au début du mois, là,
investir 90 $ à peu près, là, selon les régions, c'est quand même un
montant appréciable quand mon chèque d'aide sociale est de 600 $,
700 $, tu sais. Donc, il y a... il y a vraiment un enjeu, là. Ce qu'on se
rend compte, Mme la Présidente, c'est que les gens ne vont donc pas acheter le
laissez-passer, mais ils vont plutôt s'acheter un billet, puis un autre billet,
puis un autre billet, puis un autre billet, puis un autre billet, puis, à la
fin du mois, ça se peut qu'ils aient dépassé le 90 $ à force d'acheter des
billets individuels. Vous comprenez qu'on est... on est passés à côté d'une
possibilité de lui offrir le meilleur tarif, en tout cas le meilleur tarif pour
être capable de se déplacer pendant son mois.
Bien, des systèmes comme celui-là, c'est
super intéressant, parce que ça permet de faire, ce qu'on appelle en anglais,
je ne sais pas, c'est quoi, le... le terme français, là, vous m'excuserez, c'est
du «fare capping». Donc, on va venir plafonner, c'est peut-être ça,
plafonnement... On va plafonner le... le tarif qui va être dépensé
mensuellement pour l'utilisateur, l'utilisatrice. Donc, la personne va payer un
billet, puis un autre billet, puis un autre billet, puis un autre billet. Par
contre, quand elle est rendue à 90 $, bien là, pouf! l'application lui
donne le tarif mensuel pour que, dans le fond, elle arrête de dépasser le
montant.
Ça fait que c'est vraiment intéressant,
puis c'est aussi donner la facilité d'utilisation, la fluidité dans les
déplacements, dans la tarification. Il faut que ce soit simple. Tant qu'on ne
développera pas ces systèmes-là, on n'arrivera pas à, comme, décloisonner le
transport collectif et actif. On le fait bien, là, quand même. On a des... des
parts modales qui ne sont pas mauvaises au Québec, évidemment, puis dans
certains secteurs, notamment Montréal, avec l'important débit d'usagers qu'on
peut générer avec le tramway... avec le métro, pardon, mais évidemment, on
obtient des parts modales qui sont quand même assez importantes, bien que ça
demeure fragile, encore une fois, là. L'exemple des trois stations qui sont
fermées à Montréal, en sont un... sont éloquentes là-dessus.
Mais il reste quand même que, si on veut
aller plus loin, bien, ça, c'est une voie d'avenir qui est très intéressante.
Et c'est ce qu'on dit là-dedans, là : «L'interopérabilité doit être faite
de manière interchangeable, intuitive, donc il faut que ce soit facile.» Une
seule application, une seule entrée de carte de crédit, puis après ça, la
machine, l'application calcule pour nous, à la fin du mois, sur l'ensemble de
tous les services de mobilité durable que j'ai utilisés... si j'ai pris le
taxi, si j'ai pris le réseau de vélopartage, si j'ai pris le transport collectif,
je vais avoir... si j'ai pris Communauto, à la fin, l'application va... va me
tarifer au meilleur forfait pour mon portefeuille aussi. Donc, je n'ai pas à me
casser la tête, puis toute l'information est regroupée. Donc, moi, pour vrai,
là, c'est... c'est quelque chose que... sur lequel j'aimerais beaucoup entendre
l'association des firmes de génie-conseil, parce que je pense qu'il y a
là-dedans quelque chose qui me rejoint puis qui est une voie d'avenir pour le
transport collectif et actif. Donc, voilà.
Je poursuis sur leur texte. On dit aussi :
«Il faut également lier les réseaux physiquement, notamment via la
micromobilité. Celle-ci se matérialise par des modes de transport légers et
agiles qui sont utilisés pour des courtes distances telles que le vélo et
trottinette. Ces modes de transport comblent certains écarts entre les arrêts
de transport en commun et la destination des usagers, améliorant la
connectivité dans les environnements urbains. Toutefois, la micromobilité doit
être soutenue par l'innovation sociale permettant le partage d'engins légers.»
Donc, ça revient à, bon, le vélopartage notamment. Tu sais, il y a une notion
assez fondamentale en transport qui est le... le déplacement du... dans le
dernier mile ou on l'utilise aussi dans le dernier kilomètre. Donc, on est
capables d'avoir des réseaux de transport collectif, parfois même interurbain,
ça peut s'appliquer aussi, là, dans lequel on va avoir un déplacement qui est
fait du point a au point b, à partir d'une gare, jusqu'à une autre, ou à partir
d'une station jusqu'à une autre quand on est en milieu urbain. Mais au bout de
ces lignes-là, qu'est-ce qui nous attend? Qu'est-ce que j'ai comme moyen pour
me rendre jusqu'à ma destination finale? Ça, c'est hyper important, parce que
ça peut jouer dans le fait que les gens prennent ou pas un service de transport
collectif.
Le transport interurbain pour moi est
super éloquent à ce propos-là. On va avoir une ligne d'autobus qui part de la gare
centrale de Québec, par exemple, à Sainte-Foy, ou ici à la gare du Palais, dans...
dans la Basse-Ville de Québec, puis va se rendre jusqu'à Montréal... ce n'est
pas un bon exemple évidemment, parce qu'après ça on a des options, là... mais
dans une ville en périphérie, puis rendu sur place, bien, j'ai besoin d'un
moyen de transport pour me déplacer jusqu'à mon hôtel que j'ai loué, puis après
ça, de mon hôtel pour aller jusqu'à la montagne où je vais faire ma randonnée.
Donc, il y a... il y a ça à développer et, évidemment, ça doit être réfléchi
avec une offre de transport durable qui va nous permettre de se déplacer. Ça peut
être des taxis, évidemment, mais, ce qui est nommé là-dedans, c'est vraiment
l'offre de transports <légers...
M. Grandmont :
...des
taxis, évidemment, mais, ce qui est nommé là-dedans, c'est vraiment l'offre de
transports >légers pour être capables d'accompagner ces gens-là. Ça va
être des trottinettes, ça va être des vélos, ça va être des voitures en libre-service,
par exemple, qui peuvent être utilisées, puis pas nécessairement des gros
véhicules, ça peut être des plus petits véhicules. Moi, ce que je trouve
intéressant là-dedans, c'est qu'on va... on a besoin à la fois d'un modèle qui
va être... qui va favoriser l'interopérabilité puis en même temps aussi qui va
être capable physiquement de répondre aux besoins des gens sur le terrain. Bien
là, on a Mobilité Infra Québec qui vient créer, potentiellement, c'est le
souhait de la ministre, des nouvelles infrastructures de transport collectif au
Québec. C'est une bonne chose, évidemment. Il faut les créer. Après ça, on
verra si l'agence est le meilleur outil pour les développer. Mais, si on va
vers ça, on va avoir besoin de cette interopérabilité-là. On va avoir besoin de
lier nos systèmes ensemble, autant au niveau des applications pour être capables
de faire la facturation, de faire... de faire la planification du déplacement,
mais aussi, après ça, de... de prévoir les déplacements de manière physique une
fois rendus sur le terrain.
Donc, comment on... on s'assure que ce
souci-là, qui, à mon... à mon sens, est extrêmement important... Parce que,
comme je le disais tantôt : Tant qu'on n'arrivera pas à développer des
offres très complémentaires, on n'arrivera pas à lutter contre l'utilisation de
l'auto solo. Bien, on doit entendre... on doit entendre l'association des
firmes de génie-conseil dans le contexte de la création de Mobilité Infra
Québec, comment s'assurer que ce réflexe-là va être développé au sein de Mobilité
Infra Québec.
Je veux bien penser qu'on va avoir toute
une expertise, là, puis qui vont être tous très, très, très bons, mais moi, ce
que je veux, c'est les contaminer le plus rapidement possible, dès la... dès le
projet de loi qui va venir constituer Mobilité Infra Québec, pour m'assurer que
cette... ces réflexes-là, en fait, sont... sont comme inscrits dans la... dans
l'ADN de Mobilité Infra Québec. Il ne faudrait pas faire l'économie de ce... de
cette réflexion-là, de cette contamination-là à l'intérieur de Mobilité Infra
Québec, parce qu'on viendrait créer un système, une agence qui créerait des
nouveaux systèmes de transport collectif sans avoir cette préoccupation-là. On
arriverait en bout de ligne... puis il y a des bonnes chances qu'effectivement
on se retrouve avec... avec pas d'option pour se déplacer, avec, encore une
fois, pas non plus de... d'outil informatique pour être capables de bien
planifier nos déplacements.
Je poursuis la lettre, que je trouve très
intéressante, ils disent : «Exercer un virage collectif vers le transport
en commun et la micromobilité implique toutefois de pouvoir se fier à des
infrastructures plus complexes. Celles-ci doivent donc être plus résilientes,
bien protégées contre les chocs aigus, les inondations, la canicule, la... les
pandémies, etc., et adaptées aux facteurs de stress chronique : hausse du
niveau de la mer, infrastructures et population vieillissantes pour...» Donc,
c'est ça.
Donc, encore une fois, les firmes de
génie-conseil, je pense qu'ils sont assez à jour puis assez sensibilisés aux
impacts des changements climatiques notamment. Donc, leur... leur réflexe,
c'est de dire : Trouvons des moyens de s'assurer que ce qu'on va créer
comme infrastructures à partir de maintenant réponde aux nouvelles normes qu'on
est en train de se donner pour être capables de... de s'adapter aux changements
climatiques. On a... Il y a eu un dépôt récemment, là, de... des nouvelles
cartes inondables par le ministre de l'Environnement. On voit, là, que ça
change quand même passablement le paysage en termes de... de nombres de maisons
qui se retrouvent dans la zone inondable versus ce qui était le cas il y a
quelques... quelques semaines à peine, ça a des implications évidemment
importantes. Écoutez, on est même en train de se demander si on ne devrait pas
empêcher, dans certaines régions du Québec, dans certains coins du Québec, la
location de logements au rez-de-chaussée de certains blocs appartements. Vous
voyez qu'on... on est en train de vraiment de changer de paradigme, là, sur la
question, notamment des changements climatiques, mais des inondations qui sont
associées à ça, qui vont être de plus en plus fréquentes, de plus en plus
importantes.
Donc, la réflexion de l'association des
firmes de génie-conseil, c'est de dire : Assurons-nous que ce qu'on va
créer dans le transport collectif, bien, prévoit déjà ce changement de
paradigme là. Encore une fois, je suis persuadé que Mobilité Infra Québec, les
gens qui y travailleront, si cette agence-là est effectivement créée, vont être
à la page, vont bien travailler. Mais ce que j'aimerais, moi, c'est avoir la
discussion avec l'association pour, le plus possible, rapidement, contaminer,
envoyer le message que c'est important, que le réflexe «adaptation aux
changements climatiques» est fondamental, et qu'on doit s'en préoccuper. Ça
doit être encore une fois dans l'ADN de... de Mobilité Infra Québec.
Il me reste combien de temps, Mme la
Présidente?
La Présidente (Mme Maccarone) :
...
M. Grandmont : Deux
minutes. Parfait. Je vais être correct. Merci. Donc, ce qu'on nous dit, c'est
que «pour inverser la trajectoire actuelle, nous devons considérer toutes les
solutions à notre portée et bien cerner la meilleure approche à utiliser. Aux
innovations technologiques et sociales, s'ajoute ainsi l'innovation basée sur
la nature, qui favorise la préservation de la biodiversité, l'amélioration de
la qualité de l'air et de l'eau et de la création d'espaces verts.» On nous dit :
«Le cas du corridor du nouveau pont Champlain illustre bien la mise en œuvre de
ces principes, au-delà de son rôle majeur dans l'amélioration de la fluidité,
transport collectif, <pistes...
M. Grandmont :
...la
mise en œuvre de ces principes, au-delà de son rôle majeur dans l'amélioration
de la fluidité, transport collectif, >pistes multifonctionnelles. Ce
projet a mis de l'avant plusieurs solutions innovantes pour la gestion des eaux
pluviales, la protection des milieux naturels et l'utilisation des matériaux
plus durables.»
• (12 heures) •
Donc, ils le disent, là, ils ont
l'expertise au sein des organismes qui sont représentés par l'association des
firmes de génie-conseil. On serait fous, Mme la Présidente, de se passer de
leur expertise, de leurs connaissances, de leurs compétences dans le contexte
qui va nous occuper à partir de très bientôt, j'imagine, l'étude du projet de
loi détaillée... de la... de... du projet de loi 61 qui va édicter la...
la loi sur la... Mobilité Infra Québec. On serait fous de se passer de cette
discussion-là importante qu'on peut avoir avec les experts de... de l'association
des firmes de génie-conseil au Québec.
Si on veut être capables de bien enligner Mobilité
Infra Québec, si on veut être capables de l'envoyer sur la bonne track, sans
faire de jeux de mots avec les transports collectifs, je pense que ça vaut
vraiment la peine de les recevoir d'ici à ce qu'on commence l'étude de
l'article 1, Mme la Présidente. C'est mon souhait le plus cher. Je vais
voter en faveur de la motion de mon collègue.
La Présidente (Mme Maccarone) :
Merci beaucoup, M. le député. Est-ce qu'il y a d'autres interventions? Je
vois qu'il n'y a pas d'autre intervention. Alors, nous allons passer à la mise
à... mise aux voix par appel nominal. M. le secrétaire.
Le Secrétaire : Pour, contre,
abstention. M. Morin (Acadie)?
M. Morin : Pour.
Le Secrétaire
: M. Derraji
(Nelligan)?
M. Derraji : Pour.
Le Secrétaire
: Mme Guilbault
(Louis-Hébert)?
Mme Guilbault :
Contre.
Le Secrétaire
: M. Lemay
(Masson)?
M. Lemay : Contre.
Le Secrétaire
: Mme Blouin
(Bonaventure)?
Mme Blouin : Contre.
Le Secrétaire
: M. Bernard
(Rouyn-Noranda—Témiscamingue)?
M. Bernard : Contre.
Le Secrétaire
: M. Montigny
(René-Lévesque)?
M. Montigny : Contre.
Le Secrétaire
: M. Girard
(Lac-Saint-Jean)?
M. Girard (Lac-Saint-Jean) :
Contre.
Le Secrétaire
: M. Grandmont
(Taschereau)?
M. Grandmont : Pour.
Le Secrétaire
: M. Arseneau
(Îles-de-la-Madeleine)?
M. Arseneau : Pour.
Le Secrétaire
: Mme Maccarone
(Westmount—Saint-Louis)?
La Présidente (Mme Maccarone) :
Abstention. Alors, la motion est rejetée. Avons-nous une autre motion
préliminaire à présenter? Oui, M. le député de Masson, la parole est à vous.
M. Lemay : J'aimerais
faire une motion pour proposer d'entreprendre l'étude de l'article 1, et
je pourrais en lire le libellé.
La Présidente (Mme Maccarone) :
...Juste pour la gouverne de tous les collègues, les motions doivent être
écrites, sauf celles dont les termes ne varient pas, selon l'article 190.
Allez, M. le député.
M. Lemay : D'accord.
Alors, la motion se lit ainsi :
«Que la Commission des transports et de
l'environnement passe immédiatement à l'étude de l'article 1 et des
articles suivants du projet de loi 61, la Loi édictant la Loi sur la Mobilité
Infra Québec et modifiant certaines dispositions relatives au transport
collectif.»
Mme la Présidente, j'aurais un
argumentaire.
La Présidente (Mme Maccarone) :
Allez-y.
M. Lemay : Très bien.
Donc, Mme la Présidente, ça fait maintenant trois séances que la commission
débat sur des motions préliminaires qui sont présentées par les députés de
l'opposition. Et je crois qu'à ce stade-ci, nous avons fait le tour de la
question, notamment, le fait que nous avons aussi pu entendre, au préalable, 27
groupes lors des auditions. Et c'est pour ça que j'ai fait motion aujourd'hui
pour nous permettre de poursuivre le débat sur le projet de loi en passant à
l'étape de l'étude article par article du projet de loi.
Et, Mme la Présidente, comme vous le savez
déjà, les règlements ne prévoient aucune limite quant au nombre de motions
préliminaires qui peuvent être déposées. La jurisprudence, justement, a établi
certains critères qui permettent de vous guider dans votre décision sur la
recevabilité de cette motion. Dans le fond, ils sont énumérés aussi dans une
décision qui a été rendue par Bernard Brodeur, le 11 juin 2004, et ils sont en
cinq... cinq étapes. Donc, je vais vous les lire :
«1° le rôle du président est d'assurer le
respect des droits de chaque parlementaire et de donner à l'opposition le temps
nécessaire pour faire valoir son point de vue;
«2° il appartient au président seul de
juger si cette motion est recevable;
«3° la recevabilité d'une telle motion ne
se fait pas en vertu d'un calcul purement mathématique du nombre de séances
consacrées aux motions préliminaires;
«4° toutefois, les précédents peuvent
servir de guide à la présidence pour rendre sa décision; et
«5° il a maintes fois été décidé qu'une
telle motion ne vise pas à clore le débat, mais à passer à une autre étape de
l'étude détaillée du projet de loi, soit l'étude article par article.»
Et donc, Mme la Présidente, nous croyons
que, sur la base de ces critères qui ont été mentionnés précédemment, nous
serions d'avis que de passer à l'article 1 pourrait être recevable. Et
d'abord, ce que je voudrais mentionner, c'est que le rôle de... de la
présidence, c'est justement d'assurer le respect des droits de chaque
parlementaire et de donner aux députés de l'opposition le temps nécessaire pour
faire valoir leur point de vue.
Je tiens à souligner, à cette étape-ci,
que nous sommes rendus à la troisième séance de l'étude détaillée, que les
députés de l'opposition ont pu présenter huit motions préliminaires, qu'il y a
eu plus d'une dizaine d'heures de débat qui ont été consacrées aux motions préliminaires
depuis le... depuis le début de cette étude détaillée. Et notamment,
l'opposition officielle a pu consacrer trois motions préliminaires... le
deuxième groupe d'opposition en a présenté trois, ainsi... et le troisième
groupe d'opposition en a présenté deux. Donc, tous les groupes d'opposition
ont, par conséquent, eu l'opportunité de présenter plus d'une motion
préliminaire et ils ont eu amplement le temps de faire... de... de démontrer
leur point de vue. Alors, je crois...
12 h (version révisée)
M. Lemay : ...et elles
ont eu amplement le temps de faire le... de démontrer leur point de vue. Alors,
je crois que la recevabilité de cette motion qui propose de passer
immédiatement à l'article 1, elle ne s'évalue pas en vertu d'un calcul purement
mathématique du nombre de séances et d'heures consacrées aux motions
préliminaires, mais que les précédents peuvent servir de guide à la présidente
pour rendre votre décision.
Et j'aimerais souligner que, dans le
recueil de la procédure parlementaire du Québec, il y a de nombreux précédents
où une telle motion a été jugée recevable. Je vais donc vous référer ici à une
décision rendue le 4 novembre 2003 par Russell Copeman, la décision 244/33,
dans laquelle il a déclaré recevable une motion proposant de débuter l'article 1
après que l'opposition eut déposé un total de six motions préliminaires, une
autre décision, rendue par Bernard Brodeur, le 11 juin 2004, la décision 244/36,
dans laquelle il a déclaré recevable une motion visant à passer à l'article 1
au cours de la troisième séance après que l'opposition eut présenté sept
motions préliminaires. On a aussi la décision 244/45 qui a été présentée
le 24 octobre 2019 par le député de Masson après trois séances et huit
motions préliminaires. On a la décision 244/47 qui a été présentée le 3 juin
2020 par la députée d'Argenteuil après quatre séances et huit motions
préliminaires. Et finalement une décision que vous avez rendue, Mme la députée
de Westmount—Saint-Louis, le 20 mars 2024, vous avez jugé qu'une motion
proposant de passer à l'étude de l'article 1 était recevable après environ
neuf heures de débat et sept motions préliminaires.
Donc, sans faire une liste exhaustive de
tous les recueils de décisions, il a maintes fois été décidé que cette motion
ne vise pas à clore le débat. Elle vise simplement à passer à une autre étape
de l'étude détaillée, soit l'étape de l'étude article par article. Et je
réitère que les oppositions ont eu le temps de faire... faire valoir leur point
de vue, qu'on a entendu 27 groupes en consultations particulières, qu'on a
déjà eu huit motions préliminaires, et c'est pour ça que je vous soumets qu'il
serait temps de passer à la prochaine étape de l'étude du projet de loi n° 61, une étape importante, l'étape de l'étude article par
article, à laquelle les oppositions auront à nouveau l'opportunité de faire
valoir leur point de vie... leur point de vue. Ils pourront aussi déposer des
amendements afin de bonifier le projet de loi.
Et, par conséquent, je vous demande, Mme
la Présidente, de trancher favorablement en ce sens en déclarant cette motion
recevable.
La Présidente (Mme Maccarone) :
Merci, M. le député. Est-ce qu'il y a d'autres interventions? Oui, M. le
député de l'Acadie.
M. Morin : Merci, Mme la
Présidente. Alors, j'ai bien... j'ai bien écouté la motion présentée par le
collègue de la partie gouvernementale. Je comprends... je comprends ce qu'il
recherche, mais permettez-moi, en fait, de m'exprimer, puis de vous indiquer un
peu comment je reçois sa motion, puis, après ça, bien, j'aurai une demande pour
vous.
Écoutez, oui, il y a eu des motions
préliminaires qui ont été... qui ont été présentées, effectivement. J'en ai
présenté. J'ai débattu sur plusieurs de ces motions-là, mais, à chaque fois que
j'étais là, puis qu'on en a débattu, ou que j'en ai présenté une comme... comme
plus tôt ce matin, moi, je ne me souviens pas que le gouvernement a été d'accord.
Alors, ça a été rejeté.
Et donc, vous savez, à l'étape où on est
présentement, si les oppositions, mais moi, de l'opposition officielle, et mon
collègue, le député de Nelligan, ont déposé des motions préliminaires pour
faire entendre des groupes, c'est en lien directement avec l'importance de ce
projet de loi et les changements que le projet de loi va apporter
éventuellement en ce qui a trait non seulement au fonctionnement du ministère
des Transports, mais en ce qui a trait à la façon dont des ouvrages complexes
dans le domaine des transports seront gérés au Québec, et c'est la raison pour
laquelle on a déposé autant de... autant de motions.
• (12 h 10) •
Permettez-moi de revenir brièvement sur la
motion de ce matin que j'ai présentée, en ce qui a trait aux firmes de
génie-conseil. Tu sais, si la motion a été présentée, bien, justement, un peu
plus tôt, les ingénieurs de l'État ont été entendus. C'est important qu'ils le
soient, j'en conviens, mais pourquoi refuser d'entendre des firmes de
génie-conseil qui sont dans le domaine privé?
Alors, comme je l'expliquais, ce projet de
loi aura un impact fondamental sur des travaux complexes dans le domaine des
transports. Quand mon collègue de la partie gouvernementale dit, bien, favorisons
le débat, bien oui, effectivement, c'est pour ça qu'on a présenté ces motions
préliminaires là. Quand le collègue dit... écoutez, il fait le calcul des
motions, moi, je vous dirais que les motions, il faut <regarder leur
pertinence...
M. Morin :
...écoutez,
il fait le calcul des motions, moi, je vous dirais que les motions, il faut >regarder
leur pertinence, Mme la Présidente.
Permettez-moi... permettez-moi une
analogie. C'est toujours un petit peu délicat, les analogies, mais c'est la
même chose quand on prépare un procès, hein? Les témoignages, là, ça ne se
compte pas, ça se pèse. Donc, qu'il y en ait eu sept, huit, neuf, 10, pour moi,
si l'opposition a un travail à faire pour être capable d'éclairer le
gouvernement puis, en plus, d'être capable d'éclairer la population qui nous
écoute, parce que tout ce qu'on fait ici, c'est dans le domaine public, et il
est bien qu'il en soit ainsi, bien, à ce moment-là, qu'il y en ait eu trois,
quatre, ou cinq, ou six, pour moi, ce n'est pas véritablement pertinent.
Ce qu'il faut, c'est regarder l'essence
même de la motion et le groupe qu'on veut... qu'on veut faire entendre pour
être capable d'éclairer le gouvernement, éclairer le gouvernement, mais
éclairer les oppositions également. Je l'ai rappelé un peu plus tôt ce matin, un
député, ça a deux rôles très importants, celui d'être législateur, mais celui
d'être contrôleur, et donc les motions qui ont été présentées visaient
justement à nous permettre, nous, de l'opposition ou des oppositions, de faire
notre travail, entre autres, de contrôleur.
Donc, c'est la raison pour laquelle nous
avons présenté ces motions-là. Je comprends... je comprends la motion que
présente le collègue, le député de Masson. Moi, je pense qu'on a encore du
travail à faire. Je pense qu'on doit continuer à favoriser le débat. Je pense
que les oppositions et l'opposition officielle doivent pouvoir continuer de
déposer des motions préliminaires, mais, compte tenu de la motion qui vous est
présentée, je vous demanderais, Mme la Présidente, de nous rendre un avis écrit
sur la question, s'il vous plaît. Je vous remercie.
La Présidente (Mme Maccarone) : Merci.
Est-ce qu'il y a autres commentaires? Très brièvement, s'il vous plaît, M. le
député.
M. Grandmont : Oui, bien, je
reviens... je veux revenir un peu sur les propos de mon collègue, le député de
l'Acadie. J'ai bien aimé l'analogie. Finalement, moi, je pense que c'était
quand même assez intéressant et important. On doit faire travail de
colégislateurs, parce que c'est un travail qu'on va faire ensemble. Puis, je
pense, notre travail comme opposition aussi, c'est d'inviter le gouvernement,
avec les outils que nous avons... l'inviter à écrire le meilleur projet de loi
au bénéfice des Québécoises et des Québécois.
Si j'ai demandé, par exemple, d'entendre
des groupes qui représentaient les usagers, et donc les personnes qui vont
utiliser le transport collectif créé éventuellement par Mobilité Infra Québec,
si j'ai demandé qu'on reçoive des groupes qui représentent et qui défendent les
droits des personnes en situation de handicap qui utilisent aussi le transport
collectif, notamment, là, la FADOQ, l'AQDR, si j'ai demandé qu'on reçoive des
groupes qui représentent et qui défendent des personnes aînées, notamment
l'OPHQ, l'AQDR puis la FADOQ, qui ont aussi des préoccupations très grandes
vis-à-vis du transport collectif, parce qu'on veut que cette population-là,
aînée, demeure active le plus longtemps possible et qu'on veut, par le fait
même, leur donner la possibilité de se déplacer à travers le transport
collectif, bien, je pense qu'on doit absolument prendre cette opportunité-là
pour approfondir, approfondir la discussion sur le projet de loi n° 61.
Il n'y a aucune des... il n'y a aucune des
propositions, aucune des mobilisations, je le souligne, là, aucune des motions préliminaires
qui ont été déposées par les oppositions qui ont été acceptées par la partie
gouvernementale. On a donné beaucoup d'occasions de rencontrer ces groupes-là,
d'approfondir puis d'avoir un meilleur projet de loi à la fin. Jamais on n'a pu
entendre ces groupes-là. Donc, moi aussi, je demanderais un avis écrit, là,
s'il vous plaît, Mme la Présidente.
La Présidente (Mme Maccarone) : Merci.
M. le député, encore une fois, brièvement, s'il vous plaît.
M. Arseneau : Oui, très
brièvement. Effectivement, bien, on a parlé d'entendre plusieurs groupes qu'on
n'avait pas eu l'occasion de rencontrer, et je pense que c'est fondamental
parce que c'est un changement majeur qu'on s'apprête à faire. Là, on veut
scinder essentiellement le ministère des Transports. C'est du jamais-vu, là,
créer une agence, lui confier des mandats, c'est sérieux, c'est une nouvelle
approche. On va être dans un contexte comme celui-là, vraisemblablement, pour
des décennies à venir. De se donner quelques heures de débat supplémentaires
pour essayer d'entrevoir l'ensemble des conséquences de nos actions et de nos
décisions, ça ne me semble pas fortuit.
L'autre élément, c'est non seulement la
rencontre de groupes, mais c'est la question aussi des données, des
informations. On a parlé du fait qu'il n'y avait pas d'analyse d'impact
réglementaire. On a parlé du fait que les chiffres... les coûts que ça implique
dans un contexte de déficit budgétaire, dans un contexte où on dit qu'on n'a
pas d'argent pour réaliser des projets d'infrastructure complexes. Et là on a
une évaluation qui est très, très, très sommaire. On demande d'approfondir cet
élément-là, d'avoir des chiffres et des données pour savoir ce vers où on s'en
va et ce à quoi on va aussi obliger les contribuables québécois à contribuer.
Je pense qu'il faut qu'on puisse aller jusqu'au bout de ce <processus-là
avant d'entreprendre l'article...
M. Arseneau :
...aller
jusqu'au bout de ce >processus-là avant d'entreprendre l'article...
l'étude article par article.
Puis effectivement il n'y a eu aucune
ouverture de la part du gouvernement d'approfondir ces éléments-là qui nous
semblaient tout à fait pertinents. Et, dans les arguments qui ont été amenés
sur la jurisprudence, là, je les ai entendus, je ne sais pas s'ils seront
disponibles autrement que par le verbatim de la commission, mais il y avait
plusieurs des éléments de la jurisprudence qui me semblaient tout autant
militer en faveur de la poursuite du débat que de l'interruption.
Alors, je voulais juste laisser ça à votre
réflexion et à votre décision, Mme la Présidente, et moi aussi, j'espère que
votre décision sera rendue par écrit.
La Présidente (Mme Maccarone) : C'est
noté. Merci. Afin de produire une réponse écrite et de constater sur la
recevabilité de la motion de M. le député de Masson, je suspends les travaux
jusqu'après les affaires courantes. Merci.
(Suspension de la séance à 12 h 16)
15 h (version révisée)
(Reprise à 15 h 30)
La Présidente (Mme Maccarone) : Alors,
bonjour. La Commission des transports et de l'environnement reprend ses
travaux. Nous poursuivons l'étude détaillée du projet de loi n° 61, Loi
édictant la Loi sur Mobilité Infra Québec et modifiant certaines dispositions
relatives au transport collectif.
Alors, je suis prête à rendre ma décision
en ce qui concerne la motion qui a été proposée, déposée par le député de Masson,
ça fait que... de rendre ma décision sur la recevabilité de la motion
préliminaire présentée par le député de Masson, laquelle propose :
«Que la commission procède immédiatement à
l'étude de l'article 1 du projet de loi.»
Je rappelle, par ailleurs, que la
présidence, en commission, ne rend pas de décision écrite. Ma décision sera
transcrite au Journal des débats...
15 h 30 (version révisée)
La Présidente (Mme Maccarone) :
...du projet de loi. Je rappelle par ailleurs que la présidence en commission
ne rend pas de décisions écrites. Ma décision sera transcrite au Journal des
débats que vous pourrez consulter.
J'ai entendu vos interventions concernant
la recevabilité de la motion. Vous avez notamment fait valoir le rôle des
oppositions dans le cadre du processus législatif et l'importance de favoriser
le débat. Comme vous le savez, le rôle de la présidence est d'assurer le respect
des droits de chaque parlementaire et de donner aux députés de l'opposition le
temps nécessaire pour faire valoir leurs points de vue. Lorsqu'elle est appelée
à rendre une décision, la présidence doit prendre en compte la jurisprudence.
À cet effet, j'attirerais votre attention
sur une décision rendue en 2004, lors de l'étude détaillée du projet de loi n° 55. La commission en était à sa troisième séance, et les
membres avaient présenté sept motions. En 2019, dans le cadre de l'étude
détaillée du projet de loi n° 34, la Commission de l'agriculture,
des pêcheries et des ressources naturelles en était à sa huitième motion
présentée lors de la troisième séance du mandat. Je réitère qu'il a maintes
fois été décidé que cette motion ne vise pas à clore le débat, mais à passer à
une autre étape de l'étude détaillée du projet de loi, soit l'étude article par
article.
En ce qui nous concerne aujourd'hui, dans
le cadre de l'étude du projet de loi n° 61, nous en
sommes à la troisième séance, et la commission a disposé de huit motions
préliminaires. Tous les députés de l'opposition ont eu l'occasion de présenter
des motions préliminaires et de participer aux débats. Ainsi, à la lumière de
ces éléments, je juge que la motion proposant de passer à l'étude de l'article 1
est recevable.
Parfait. Alors, s'il n'y a pas d'autre
intervention, je vais passer à la mise aux voix de la motion présentée par le
député de Masson. Par appel nominal. Alors, M. le secrétaire.
Le Secrétaire : Pour, contre,
abstention. M. Lemay (Masson)?
M. Lemay : Pour.
Le Secrétaire : Mme Guilbault
(Louis-Hébert)?
Mme Guilbault :Pour.
Le Secrétaire : Mme Grondin
(Argenteuil)?
Mme Grondin : Pour.
Le Secrétaire : M. Bernard
(Rouyn-Noranda—Témiscamingue)?
M. Bernard : Pour.
Le Secrétaire : Mme Blouin
(Bonaventure)?
Mme Blouin : Pour.
Le Secrétaire : M. Girard
(Lac-Saint-Jean)?
M. Girard (Lac-Saint-Jean) :
Pour.
Le Secrétaire : M. Derraji
(Nelligan)?
M. Derraji : Contre.
Le Secrétaire : M. Grandmont
(Taschereau)?
M. Grandmont : Contre.
Le Secrétaire : Mme Maccarone
(Westmount—Saint-Louis)?
La Présidente (Mme Maccarone) :
Abstention. Alors, la motion est adoptée. Et nous en sommes maintenant à l'étude
article par article. Comme l'article 1 du projet de loi édicte la Loi sur
Mobilité Infra Québec, nous allons procéder comme le veut notre jurisprudence.
Par conséquence, les dispositions de la loi édictée seront étudiées de la même
manière que dans... et dans le même ordre que le seraient les dispositions
prévues dans un projet de loi. Nous allons donc étudier et mettre aux voix
chaque article de la loi édictée.
Alors, je prends maintenant en
considération l'article 1 du projet de loi. Mme la ministre, veuillez, s'il
vous plaît, en faire la lecture.
Mme Guilbault :Bon, article 1. Article 1. «Loi édictant la Loi
sur Mobilité Infra Québec et modifiant certaines dispositions relatives au
transport collectif.
«Chapitre I. Édition de la Loi sur
Mobilité Infra Québec.
«1. La Loi sur Mobilité Infra Québec, dont
le texte figure au présent chapitre, est édictée.»
Et, oui, il y a une procédure particulière,
je dois suspendre cet article-là pour pouvoir ensuite présenter les autres et
revenir plus tard à l'article. Je crois qu'on l'avait expliqué à la
présidence...
La Présidente (Mme Maccarone) :
...chapitre I.
Mme Guilbault :Oui.
M. Derraji : ...
La Présidente (Mme Maccarone) :
Oui, parce que nous sommes... Comme je viens de faire la lecture, nous
sommes en train de faire un projet de loi à l'intérieur d'un projet de loi. Ça
fait que c'est un projet de loi qui va édicter une autre loi. Alors, le
chapitre I de l'article 1, nous allons le suspendre pour commencer avec l'article 1.
Ce n'est pas ça?
Une voix : ...
La Présidente (Mme Maccarone) :
Oui, nous allons suspendre juste quelques instants.
(Suspension de la séance à 15 h 35)
(Reprise à 15 h 39)
La Présidente (Mme Maccarone) : Alors,
nous sommes de retour. Évidemment, c'est un peu compliqué car nous sommes en
train d'édicter une loi à l'intérieur, déjà, d'un projet de loi.
Alors, pour la bonne compréhension de tout
le monde, nous avons la compréhension autour de la table que nous allons
poursuivre avec le débat sur l'article 1 du chapitre I. Par la suite, nous
allons poursuivre le débat sur la Loi sur Mobilité Infra Québec, qui sera... 1,
2, 3... on va jusqu'à 93, puis après ça nous allons revenir pour l'adoption de
l'article 1, au début du projet loi n° 61.
Alors, Mme la ministre, est-ce que vous
avez des commentaires pour l'article 1? C'est la seule chose que je
n'avais pas entendue dans votre lecture.
Mme Guilbault :Celui que j'ai lu tout à l'heure?
La Présidente (Mme Maccarone) : Oui.
Mme Guilbault :Non, pas de commentaire. Je pense qu'il...
La Présidente (Mme Maccarone) : Parfait.
Mme Guilbault :...il parle de lui-même.
La Présidente (Mme Maccarone) : Parfait.
Y a-t-il des interventions? Il n'y a pas d'intervention. Alors, nous allons
poursuivre, Mme la ministre, avec l'article 1 sur la Loi sur Mobilité
Infra Québec.
Mme Guilbault :Oui. Merci, Mme la Présidente. Donc, article 1 :
«Loi sur Mobilité Infra Québec.
«Chapitre I. Institution.
«1. Est instituée "Mobilité Infra
Québec".
«Mobilité Infra Québec peut choisir, avec
l'approbation du ministre, d'utiliser, pour se désigner, un autre nom ou un
acronyme en transmettant au registraire des entreprises copie de la décision à
cet effet.»
Donc, en commentaires : L'article 1
de la Loi sur Mobilité Infra Québec prévoit la création de Mobilité Infra
Québec.
La Présidente (Mme Maccarone) : ...interventions?
Oui, M. le député de Taschereau.
M. Grandmont : Oui. Merci
beaucoup. Bien, je pense que c'est un bon moment pour parler un peu des
intentions de Mme la ministre quant à la création de son agence. On a entendu
plusieurs groupes, organisations qui sont venus <nous voir pendant...
M. Grandmont :
...
agence. On a entendu plusieurs groupes, organisations qui sont venus >nous
voir pendant les audiences, qui se posaient la question... qui se posaient des
questions, notamment celle de pouvoir... celle de créer... celle du besoin, en
fait, de créer une agence pour livrer des projets de transports collectifs,
alors que certains arguaient qu'on aurait pu développer cette expertise-là. On
a souvent fait référence à de l'expertise à développer, là, au ministère des
Transports, puis ça, ça date même d'avant, bien entendu, de l'époque, là, de
l'arrivée de Mme la ministre, là, à son poste.
Donc, d'abord, sur la pertinence de créer
une agence. Pourquoi ce besoin-là, alors qu'on aurait pu créer, en tout cas, de
ma perception, bien sûr, on verra, là, au niveau des intentions... mais on
aurait pu développer cette expertise-là à l'intérieur du ministère des
Transports et de la Mobilité durable? Donc, ce serait ma première question.
La Présidente (Mme Maccarone) : Mme
la ministre.
Mme Guilbault :Oui. Bien, je l'ai souvent expliqué, on voulait se doter
d'une... comment dire, d'une organisation avec une culture un peu différente de
ce qu'on retrouve actuellement au ministère ou dans la fonction publique, avec
des possibilités aussi, en termes d'attractivité, qui nous permettraient
d'attirer, justement, les meilleures personnes pour développer cette
expertise-là qui actuellement n'existe pas dans le ministère. Comme je l'ai
souvent précisé, ça n'empêche pas que, s'il y a des gens qui ont la compétence,
l'intérêt, et autres, de vouloir postuler à un éventuel emploi dans ladite
agence... pourront le faire. Éventuellement, il y aura un PDG, un ou une PDG et
des gens qui vont s'occuper d'embaucher les employés, mais... mais, c'est ça, et
une équipe qui est agile, aussi, et qui... et qui, c'est ça, pourra fonctionner
différemment de la manière dont on fonctionne actuellement, à la faveur de plus
d'efficacité, évidemment.
M. Grandmont : Oui, bien
évidemment. C'est sûr qu'on veut plus d'efficacité de manière générale,
particulièrement dans les transports collectifs. Puis on reviendra un peu sur
le...
Des voix : ...
M. Grandmont : On reviendra
sur le double mandat de cette agence-là... Je ne veux pas vous interrompre
pendant que vous faites votre commande de café ou de thé, peut-être, je ne sais
pas. Ce n'est pas de votre faute, c'est correct.
La Présidente (Mme Maccarone) : Je
suis persuadée qu'elle est à l'écoute, M. le député, vous pourriez continuer.
M. Grandmont : Oui, je sais,
je sais, mais j'aime mieux... j'aime mieux prendre le temps, quand même. De
toute façon, on a un peu de temps devant nous autres, là, ce n'est pas un
souci.
Donc, c'est ça, on reviendra sur la
question du double mandat, parce que de l'efficacité dans la réalisation des
projets transports collectifs, je pense qu'on en a besoin effectivement, là, ça
fait longtemps qu'on n'a pas livré des projets de transports collectifs au
Québec.
Vous avez nommé trois mots qui me semblent
clés, là, dans votre... dans votre argumentaire, vous avez parlé de culture,
vous avez parlé d'attractivité, vous avez parlé d'agilité. Ça fait qu'on peut
peut-être commencer par le premier, «culture». Ça me semble intéressant, vous
dites : On veut développer une structure, donc, Mobilité Infra Québec,
dans laquelle on va avoir une culture différente. C'est ce que j'entends de vos
propos. Donc, en quoi la culture actuelle au ministère des Transports et de la
Mobilité durable limite ou empêche la capacité du gouvernement de livrer des
projets de transport complexes?
Mme Guilbault :Bien, actuellement, ce qui limite surtout la capacité de
livrer des projets de transport complexes, c'est l'absence d'expertise. Donc
là, on tourne un peu en rond. Il faut créer cette expertise-là. Et là-dessus je
vais quand même rappeler que, sur tous les groupes, les nombreux groupes qui
sont venus, la quasi-totalité étaient en faveur de la création de cette
expertise-là. Donc, dans les nombreuses heures où j'ai entendu mes collègues
dire qu'il fallait entendre plus de groupes, je pense que, sur 27, quand il y
en a 23 qui disent que c'est une bonne idée de faire ça, c'est la preuve que
c'est un... c'est un projet ou une volonté qui est largement partagée. Donc, il
faut créer cette expertise-là.
Maintenant, on sait comment ça fonctionne,
dans la fonction publique, il y a des conventions collectives, le travail est
organisé d'une certaine façon. Et on s'inspire beaucoup de la Caisse de dépôt,
la fameuse CDPQ Infra créée par le Parti libéral, donc on veut s'inspirer de
cette culture d'entreprise qui est beaucoup plus agile et efficace et qui a la
possibilité aussi d'attirer des gens qui peut-être viendraient du privé, par
exemple, ou qui peut-être auraient l'habitude de travailler dans une culture organisationnelle
qui est différente de ce qu'on trouve dans la fonction publique.
Donc, en créant cette équipe-là, on se
donne toutes les chances d'attirer le plus de profils possible, à la fois ceux
qui auraient pu être intéressés à venir dans la fonction publique et à la fois
ceux... Puis, encore là, l'agence va quand même relever ultimement d'un élu,
donc elle n'est pas complètement à l'extérieur de la fonction publique non
plus, mais on va avoir des possibilités d'attractivité et d'agilité qui sont un
petit peu différentes.
M. Grandmont : ...comprends,
dans le fond, c'est... ce que vous dites, c'est qu'il n'était pas possible de
développer cette culture-là ou d'avoir cette expertise-là au sein du ministère
des Transports et de la Mobilité durable, parce qu'on n'est pas capables
d'aller chercher ou d'offrir des conditions de travail qui sont attractives, on
n'est pas capables de générer une culture <d'entreprise...
M. Grandmont :
...
conditions de travail qui sont attractives, on n'est pas capables de générer
une culture >d'entreprise qui est adaptée à l'agilité nécessaire pour
livrer des projets de transport complexes. Mais, dans le fond, vous dites, dans
le fond... ce que vous dites, c'est que ça aurait été impossible à mettre en
place à l'intérieur du ministère des Transports et de la Mobilité durable.
Mme Guilbault :Non, ce que je dis, c'est qu'on fait le choix de le faire
dans une équipe spécialisée qui va être en parallèle du ministère, qui va
relever d'un élu, mais qui va être pleinement autonome, qui va être gérée par
un PDG qui sera une personne avec le meilleur profil pour diriger une telle
équipe, pour embaucher les meilleures personnes, aussi, pour livrer ce genre de
projet qui est quand même une expertise très, très particulière. Entre autres,
la CDPQ Infra est venue nous rencontrer en auditions puis nous a expliqué d'abord
que c'était une bonne idée. Eux sont en faveur. Puis pourtant c'est leur propre...
pas business, je n'ose pas dire, mais c'est leur propre champ d'activité que de
faire ce genre de projets-là. Mais, malgré tout, eux trouvaient que c'était une
bonne idée que le Québec ait son propre organe, mais avec une agilité similaire
ou la plus similaire possible à celle de la CDPQ Infra.
M. Grandmont : Quand on a au
Québec réalisé des projets comme l'échangeur Turcot... C'est quand même un gros
projet, c'est... je pense, que ça se qualifierait dans les... On n'a pas encore
la définition, on n'a pas discuté de ça, on y viendra éventuellement, là, mais
j'ai l'impression que ça correspondrait à ce que peut... à ce qu'on peut
qualifier d'un projet complexe en transport. L'échangeur Turcot, c'est gros, c'est
complexe, il y a beaucoup d'intervenants, le territoire de la ville, il y a
plein... il y a plein de choses. Si ça se trouve, même, il y a des trains qui
passent en dessous, ça fait que c'est encore de la complexité davantage. Ça a
été réalisé à l'intérieur du ministère des Transports et de la Mobilité durable...
bien, le ministère des Transports, à l'époque, là. Vous avez fait ajouter
«Mobilité durable». Mais donc on est capables, on est capables d'avoir l'expertise,
on est capables de la développer. En tout cas, pour le routier, on est capables
de développer cette expertise-là à l'intérieur du ministère des Transports et
de la Mobilité durable. Je reviens encore avec la même question : Si on
est capables de le faire pour les routes, pourquoi on n'est pas capables de le
faire pour le transport collectif?
Mme Guilbault :C'est différent. Le routier dont vous parlez... Premièrement,
c'est un PPP, l'échangeur Turcot. Puis deuxièmement, je l'ai souvent dit, le
routier, l'expertise s'est développée depuis des décennies, puis c'est comme la
mission naturelle du ministère, à l'origine. Je n'étais pas là à l'époque du
ministère de la Voirie, bien que des fois on me prête le surnom, mais j'imagine
que ça a été créé, à l'origine, pour faire des routes, puis éventuellement des
viaducs, des échangeurs, etc. Mais là c'est nouveau, en ce moment, donc on a l'occasion
de créer une forme nouvelle de façon de travailler au sein du gouvernement, où
on pourra être le plus agiles et le plus efficaces possible. Donc, à un moment
donné, aussi, il y a une question de choix. Nous, on pense que c'est la
meilleure façon d'être efficace pour être capable de livrer des projets, à l'instar
de ce que la CDPQ Infra a fait.
Et le Parti québécois, à l'origine aussi...
à son époque, c'est-à-dire, a voulu déposer un projet d'agence, je pense que ce
n'est pas pour rien. Je pense qu'il y a un constat qui est assez consensuel, que
ce soit le Parti québécois qui a eu son propre projet d'agence, que ce soit le
Parti libéral qui a contourné carrément la fonction publique en créant une
filiale à la Caisse de dépôt. Et dans notre cas, nous voulons créer Mobilité
Infra Québec. Donc manifestement, pour les partis qui ont formé le gouvernement
et qui ont l'expérience du gouvernement, il y a là une solution qui peut être
intéressante, et nous, on veut la mettre en place, pas dans une... pas dans une
agence hors gouvernement, probablement pas de la même façon que le Parti
québécois, bien que je ne veux pas leur mettre des mots dans la bouche. Mais
bref, on veut l'instituer de manière correcte où, ultimement, elle va relever d'un
élu, comme ça on demeure imputable comme gouvernement. Mais l'agence a toute l'indépendance
pour fonctionner en dehors des structures habituelles où il y a énormément
de... de... où, c'est ça, il faut fonctionner à l'intérieur de la culture... de
la culture habituelle.
M. Grandmont : Ce n'est pas à
moi de défendre, évidemment, le projet de loi, là, du Parti québécois. Mais si
mon souvenir était bon, parce qu'on en a jasé, quand même, en motion
préliminaire, c'était une agence pour créer des routes, donc ce n'était pas
pour faire du transport collectif. Donc, ça me semble être un exemple un petit
peu exagéré que de comparer avec ce qui est créé aujourd'hui. Ce n'était pas du
tout le même enjeu, je pense.
• (15 h 50) •
Quand vous parlez d'attractivité, là, dans
le fond, vous voulez... dans le fond, vous dites «attractif» pour qu'éventuellement
des gens partent du privé puis viennent joindre les rangs de Mobilité Infra
Québec. On peut comprendre, aussi, parce que, bon, c'est même, d'ailleurs,
prévu dans le projet de loi, là, il y a des employés qui pourraient partir du
ministère des Transports et de la Mobilité durable pour joindre Mobilité Infra
Québec. À votre avis, qu'est-ce qu'on a besoin d'avoir, comme attractivité,
pour être capables de bâtir cette équipe-là qui sera de, vraisemblablement une
cinquantaine de personnes dans la première année? Et ça, ce n'est pas des
chiffres que vous avez avancés vous-même, là, mais on parlait de
400 employés, au bout de deux ou trois ans, mais vous ne l'avez pas
démenti non plus. Ça fait que je ne sais pas si vous avez déjà... si vous êtes
autorisée ou si vous avez... si vous pouvez nous donner des indications par
rapport à ça, mais quel genre d'attractivité on veut pouvoir créer pour attirer
des gens vers Mobilité Infra Québec?
Mme Guilbault :Bien, le document auquel vous faites... Il y a toutes
sortes de documents de <travail...
Mme Guilbault :
... Bien, le document auquel vous faites... Il y a
toutes sortes de documents de >travail qui ont circulé, qui des fois ont
été... ont fuité à différentes personnes. Donc, tu sais, ça, il faut le
prendre... il faut le relativiser, dans le sens où, les projections, au départ,
effectivement, on parle de quelques dizaines de personnes. Puis il faut
comprendre aussi qu'on va fonctionner par mandats, donc le gouvernement va
confier des mandats à Mobilité Infra Québec. Donc, logiquement, c'est sûr que
le nombre de ressources requises va être proportionnel au nombre de mandats qui
est confié.
Mais encore là il y a une question d'agilité.
Voyez, juste dans l'embauche, dans la gestion du nombre d'employés, dans
l'organisation des équipes de travail, on n'est pas du tout dans la même
mentalité de convention collective, de sécurité d'emploi et de ce qui prévaut
dans la fonction publique, qui est un système qui fonctionne, puis qui fait...
qui fait énormément de services publics, puis qui est une bonne chose. Mais
quand je parle d'agilité puis d'attractivité, c'est exactement ça que je veux
dire. Donc, bref, je me souviens plus de la question. Combien de personnes il
va y avoir?
M. Grandmont : Oui, bien, il
y avait ça, entre autres, oui, effectivement, oui.
Mme Guilbault :L'attractivité. Bien, c'est ça. Puis, tu sais, en ce
moment, il y en a, des gens dans le privé qui pourraient venir travailler au
gouvernement, mais ils ne viennent pas, donc, tu sais? Puis on peut penser,
entre autres, aux salaires, mais pas nécessairement seulement aux salaires. Des
fois, c'est juste un... c'est vraiment une culture organisationnelle qui est
différente. Donc, on va se trouver un peu au carrefour entre ce qu'on a dans la
fonction publique et ce qu'on a au privé, puis le plus... Moi, la CDPQ Infra,
je le dis souvent, je pense que c'est une bonne chose qu'on ait créé ça. Et là
vous voyez... et il y aura des... Non, je ne peux pas en parler tout de suite. Mais,
tu sais... Alors, c'est ça. Bref, ce n'est pas pour rien, là, on va faire un
deuxième projet avec eux, le tramway de Québec, puis, tu sais, ça fonctionne
bien, je l'ai dit souvent.
M. Grandmont : Vous parlez
d'agilité. J'imagine que la... le mode d'approvisionnement aussi peut jouer en
faveur de ça, dans le fond. Donc, le PL 62, là, qui est... on a voté pour
aujourd'hui, là... en fait — on a voté pour! — le
gouvernement a voté pour...
Mme Guilbault :
On l'a adopté, oui.
M. Grandmont : On l'a adopté,
effectivement. «On» étant le gouvernement. Donc, ça aussi, ça va donner des
coudées franches, j'imagine, pour Mobilité Infra Québec, puis avoir l'agilité
nécessaire pour être capable de livrer plus rapidement des projets transports
complexes.
Mme Guilbault :Oui, oui, tout à fait. Mais vous avez voté contre, vous?
M. Grandmont : Oui, oui,
absolument.
M. Derraji : Nous aussi.
Mme Guilbault :Eh bien!
M. Derraji : Ce n'est pas
grave, vous avez...
Mme Guilbault :Bien, je sais qu'il y a de plus en plus de ressemblance
entre vous deux, mais de là à s'opposer à une réforme des modes contractuels,
des modes d'approvisionnement de l'État pour être plus efficaces dans les
infras, c'est quand même surprenant.
M. Derraji : Je peux, Mme la
Présidente?
La Présidente (Mme Maccarone) : Un
instant, monsieur...
M. Grandmont : Bien, moi, je
n'ai pas terminé, mais je comprends qu'ils peuvent... qu'il puisse sentir
qu'elle m'a adressé une insulte, donc je le laisserais répondre.
La Présidente (Mme Maccarone) : M.
le député de Nelligan.
Mme Guilbault :Bien là, une insulte... C'est vous qui l'interprétez comme
ça. J'ai juste dit que vous vous ressemblez, là.
La Présidente (Mme Maccarone) : Juste
un instant...
M. Derraji : Non, non, Québec
solidaire n'a pas...
La Présidente (Mme Maccarone) : Merci,
M. le député. M. le député de Nelligan.
M. Derraji : Québec solidaire
est un parti qui n'a pas besoin d'un autre parti pour exister, comme le Parti
libéral n'a pas besoin d'un autre parti pour exister. Mais je vais revenir sur
les contrats, parce que je vais juste faire rappeler à Mme la ministre qu'elle,
sur toutes les tribunes, disait qu'elle avait besoin de ce projet de loi. Et je
tiens à lui rappeler que son collègue n'avait aucune motion... mention du
transport collectif dans son projet de loi pour les contrats collaboratifs.
Donc, il y a zéro. Donc, au début, elle nous disait qu'elle avait besoin de ce
projet de loi, mais je tiens à rappeler que, dans ce projet de loi, il n'y a
aucune mention du transport collectif. Donc, même s'il veut et souhaite faire
du contrat collaboratif, il a dit qu'on doit vous parler. Lui, il n'est pas
concerné. Et j'ai siégé dans ce projet de loi, et, dans le projet de loi
actuel, je ne vois nulle part les contrats collaboratifs, à moins si des
amendements vont arriver. D'ailleurs, on ne les a pas reçus encore, Mme la
Présidente, mais ça, c'est un autre débat sur un autre projet de loi.
Ce qui m'intéresse dans... si mon collègue
le permet, parce qu'il a posé de très, très bonnes questions, je ne vais pas
revenir sur l'agilité. La ministre parle beaucoup d'expertise. Et là, c'est son
idée, l'agence, ça va être son legs, créer une nouvelle structure, donc elle
doit assumer le fait qu'elle va créer une nouvelle structure dans un contexte
de contraintes budgétaires. Quand elle parle d'expertise, de quelle expertise
elle parle?
Une voix : ...
M. Derraji : Ce n'est pas
grave, je peux vous... je peux répéter la question. C'est très sérieux, l'étude
détaillée. Vous parlez d'expertise. De quelle expertise? Combien vous l'évaluez?
Vous n'avez pas arrêté de dire sur la place publique qu'on veut regrouper
l'expertise, c'est ce qu'on veut. Parce que le constat que Mme la ministre a
fait, c'est que, si on n'a pas la Caisse de dépôt, on ne va pas réaliser des
projets. Il y a une contradiction. Parce que Mme la ministre s'apprête à signer
avec la Caisse de dépôt pour le tramway de Québec. Donc là, on signe avec CDPQ
Infra pour le tramway de Québec. Ils livrent déjà le REM à Montréal.
L'expertise, pouvez-vous l'évaluer? Quelle expertise vous cherchez? Demain, <conditions
idéales...
M. Derraji :
...
L'expertise, pouvez-vous l'évaluer? Quelle expertise vous cherchez? Demain,
>conditions idéales, vous voulez lancer l'agence avec votre «top gun».
Je ne sais pas ce que vous allez appeler, comme votre collègue, «top gun»,
aussi, la personne que vous cherchez à la tête du MIQ. C'est votre droit, si
vous ne voulez pas, mais je trouvais... je trouvais, ça frappait l'imaginaire.
On cherche quelqu'un à la tête de l'agence. Mais quelle expertise?
Mme Guilbault :Bien, quelle expertise... Il va y avoir différentes sortes
de professionnels pour pouvoir travailler sur ces projets-là. Évidemment, il va
y avoir des ingénieurs, il va y avoir des architectes, des évaluateurs agréés,
des gens... des professionnels juridiques, des juristes, là, avocats ou
notaires, il va y avoir du personnel de soutien, il va y avoir des techniciens,
il va y avoir des équipes. Puis encore là c'est important de comprendre que,
quand on va engager le ou la PDG, elle va engager... Bon, c'est ça, on me donne
des exemples qui sont à peu près ce que je viens de dire, là : directeur
de projet... Mais, de toute façon, c'est ça, c'est que le PDG ou la PDG va...
va faire ses embauches.
M. Derraji : ...donc, ces
gens...
Mme Guilbault :Et ce sera la personne la plus compétente pour faire cet
emploi-là, donc qui saura de quelle composition devraient être les équipes pour
être les plus efficaces possible.
M. Derraji : Ces gens
n'existent pas présentement au ministère?
Mme Guilbault :Bien, il y a des ingénieurs au ministère, il y a des
évaluateurs au ministère. On en a eu, des évaluateurs, sur notre projet de loi
sur l'expropriation. Mais ces gens-là, actuellement, ne travaillent pas sur des
projets de transport collectif complexes. On l'a dit, on l'a dit souvent, là,
les seuls qui se font en ce moment, c'est le REM, c'est la caisse et le
prolongement de la ligne bleue, que la CAQ a enfin porté en réalisation, et
c'est la STM qui le fait. Donc, au ministère des Transports et de la Mobilité
durable, on participe à des bureaux de projets, on a une participation parce
qu'on finance des bureaux de projets, et tout ça, mais on n'est... on n'est
jamais maître d'ouvrage ou maître d'œuvre de projets de transport collectif
d'envergure, au ministère des Transports actuellement.
M. Derraji : OK. Donc, si
j'ai bien compris... Je me rappelle très bien de la Société de transport de
l'Outaouais, qu'elle a dit... elle ne voulait rien savoir de votre agence. Eux,
ils ont un bureau de projet. Vous, vous dites : Moi, je veux aller
chercher l'expertise, même au privé, parce que je veux offrir des conditions
salariales, des conditions dignes d'une société d'État. Et vous allez chercher
l'ensemble des bureaux de projets... à centraliser les bureaux de projets.
Mme Guilbault :Bien, centraliser... C'est parce qu'il faut voir, là,
chacun a une situation qui est particulière. Actuellement, on est en train de
travailler, effectivement, sur la lettre mandat de la Caisse de dépôt pour
pouvoir franchir cette étape-là, en vertu de l'entente-cadre avec la CDPQ
Infra, avec laquelle, peut-être, mon collègue est familier étant donné que
c'est le Parti libéral qui l'a fait à l'époque, en 2015. Donc, on est en train
de franchir les différentes étapes et de prévoir aussi que, dans la mesure où
Mobilité Infra Québec va arriver éventuellement, sous réserve de l'adoption de
la loi, de prévoir l'éventuelle gouvernance, là, parce qu'il va falloir
intégrer tout ça. Actuellement, il y a mon ministère, il y a la ville et il y a
la CDPQ Infra. Mais, quand Mobilité Infra Québec va être mise sur pied, on va
trouver une façon d'assurer une nouvelle gouvernance par rapport à ça. Donc ça,
c'est la... Donc, quand on dit «centraliser», on va... on est déjà en train
d'anticiper le fait qu'il faudra prévoir une structure de gouvernance à trois
ou à quatre, là, selon si on laisse le ministère là-dedans. Bref, et il y a...
il y a un article, dans le projet de loi n° 80, je pense, ou... enfin, on
dit que les projets qui sont déjà en réalisation ou, en tout cas, qui sont...
qui sont déjà en cours pourront continuer de l'être, il faut juste... Je n'ai
pas l'article sous les yeux. C'est lequel?
Une voix : ...
Mme Guilbault :61. Donc, c'est ça, en vertu... en... l'article 61, si
mes collègues veulent voir, là, mais... Donc, selon certains critères, il y a
des projets qui pourront continuer d'être gérés. Mais, tu sais, évidemment, ça
prend un certain degré d'avancement. Mais il y a actuellement des projets en
gestation ou même pas encore au stade de la gestation, là, même pas encore de
fécondation nécessairement, là, donc... mais il y a une volonté de se
reproduire, si on veut, alors... Et là on n'a pas de porteur, on n'a pas de
porteur. L'est de Montréal, l'est de Montréal, oui, le prolongement de la ligne
bleue, c'est extraordinaire, mais ça prend plus que ça. Ça prend pour
Lanaudière aussi. Donc, on n'a pas de porteur. Sherbrooke nous parle que... Puis
là je leur ai dit, on s'en vient avec quelque chose, donc on va le travailler
ensemble. L'Outaouais, on en a parlé, bon, possiblement qu'eux vont être...
s'ils veulent continuer de faire leurs projets eux-mêmes en vertu des articles
de mon projet de loi, ce sera ça. Mais si, éventuellement, ils décident de se
joindre...
• (16 heures) •
C'est qu'on aura une expertise nationale
où on n'aura plus besoin de multiplier les structures. Parce que je pourrais...
je ne les ai pas sous la main puis je ne veux pas y aller de mémoire parce que
c'est... c'est... c'est trop précis, mais l'argent qu'on investit dans les
divers bureaux de projets, ça, ce serait une donnée intéressante, là, qu'il
faudrait sortir. Parce que cet argent-là, en ce moment... On en met, de
l'argent dans des bureaux de projets pour des ressources qu'on finance à temps
plein sur chacun des projets, puis on se prive de la mise en commun de ces
ressources-là qui pourraient faire plus qu'une chose à la fois, tu sais?
M. Derraji : Oui, là, c'est
intéressant. Donc là, on crée l'agence...
16 h (version révisée)
Mme Guilbault :...qui pourraient faire plus qu'une chose à la fois, tu
sais?
M. Derraji : Voilà, c'est
intéressant. Donc, là, on crée l'agence pour une économie d'argent dépensé dans
les bureaux de projets.
Mme Guilbault :Bien, je ne dis pas nécessairement qu'au net, c'est une
économie. Ce que je veux dire, c'est qu'en ce moment, le gouvernement finance
des bureaux de projets qu'il ne gère pas directement, mais qu'il finance, ne
gère pas les projets directement, mais paie la grande majorité des projets,
puis on le sait, avec le gouvernement fédéral, en plus, qui a tendance à se
désengager.
Donc, la logique de ça... Tu sais, mettons
que tu es une entreprise, là, où tu es une personne et tu finances toutes
sortes d'instances dont les décisions de gestion ne sont pas prises par toi,
dont la gestion, la réalisation des projets ne sont pas faites par toi, mais c'est
toi qui paies. Il y a quelque chose de logique à dire : Je vais récupérer puis
centraliser ça chez moi, puis rapatrier ça chez moi, et je vais le gérer une
fois pour toutes. Parce qu'en plus, à la différence de chacune des
municipalités ou des sociétés de transport, j'ai une vision nationale de mes
affaires, ça fait que je suis capable d'avoir une planification, une séquence,
et de planifier aussi, évidemment, les investissements en conséquence.
M. Derraji : Oui. Vous avez
dit un mot, et, probablement, c'est là où, probablement, je suis d'accord avec
vous. On parle d'une nouvelle centralisation. Ça, on est d'accord. Parce que c'est
ce que je vois, mais n'avez-vous pas une crainte... Vous avez dit quelque chose
d'intéressant, dans un des articles, je pense, 82, je ne veux pas me tromper,
mais probablement 82, hein...
Une voix : ...
M. Derraji : ...ou 62?
Mme Guilbault :Oui, dans ce coin-là...
M. Derraji : Là, genre, ceux
qui ont des... ceux qui ont déjà des projets, vous leur donnez le droit, ils
peuvent rester.
Des voix : ...
M. Derraji : C'est 62 ou 82?
Mme Guilbault :Bien, c'est 60, 61, je vais aller voir.
M. Derraji : Oui, mais ce n'est
pas grave, on fera les vérifications. Là, vous dites que ceux qui n'ont pas de
bureau de projets, qui n'ont pas commencé ni initié, ça, ils vont être sous
notre responsabilité. Mais je vais faire juste la genèse des projets qui
existent. Montréal, il y a déjà la Caisse de dépôt<i>. Vous êtes sur le
point de signer avec la Caisse de dépôt à Québec, à moins que vous prépariez un
deux coups : un premier coup court terme, dire que ça va bien avec le
tramway, je signe l'entente avec la Caisse de dépôt, et une fois l'agence, elle
est prête, bingo! On revient à l'agence. C'est une hypothèse, mais je ne suis
pas dans vos discussions par rapport à la suite.
Mais ce qui est très inquiétant... Vous
savez pertinemment, aujourd'hui, que le MIQ ne fera rien avec l'Outaouais parce
qu'ils vous ont dit que : Nous, on n'est pas intéressés. D'ailleurs, vous
leur donnez le droit, donc on vient d'exclure l'Outaouais du MIQ. Donc, on va
avoir...
Mme Guilbault :...
M. Derraji : ...de l'agence.
L'Outaouais, la région de l'Outaouais.
Mme Guilbault :L'Outaouais, OK.
M. Derraji : Oui. Désolé si
je l'ai mal prononcé. L'Outaouais, c'est la région de l'Outaouais. Donc, ils ne
seront pas dans l'agence. Ce que vous dites, c'est que l'agence va être
responsable des endroits où il n'y a pas de bureau de projet, mais ils ont des
demandes, genre Lanaudière ou Sherbrooke. Est-ce que j'ai bien résumé?
Mme Guilbault :C'est des exemples que j'ai donnés, mais il y a aussi la
Rive-Sud de Montréal qui veut un projet, et même le tramway de Québec, la phase 1,
on s'est engagés à faire la phase 1, actuellement, puis là, on va la faire
dans une structure de... de gouvernance partagée avec la caisse, mais il y aura
d'autres phases, éventuellement, au tramway.
M. Derraji : OK. Donc, ce que
vous dites : Je suis obligée de lancer quelque chose avec la phase 1.
Je fais ça avec la caisse, je vais lancer l'agence, l'agence récupérera le
tramway de Québec, probablement phase 2 ou phase 3, si on se rend à
la phase 2, phase 3. Mais les villes qui ont déjà des bureaux de
projets... Et ça marche, parce que même le PSE... PSE, c'est très avancé avec l'ARTM.
L'ARTM vous a proposé un plan chiffré avec des options. Donc, eux, qu'est-ce qu'on
va leur dire : Non, on s'en occupe, on le rapatrie à l'agence parce qu'on
veut le gérer à l'agence? Mais eux, ils ont les experts, leurs bureaux
fonctionnent, ils étaient capables même d'offrir une carte avec des options.
Parce que j'essaie juste de comprendre,
demain, votre idée de départ, vous voulez rassembler les experts. Ça veut dire
qu'on veut faire une économie. Je vous entends, quand vous dites, et j'espère
qu'on va... — je formule la demande — j'espère qu'on va
nous sortir le chiffre des bureaux de projets, parce que c'est une bonne
donnée, mais vous êtes incapable de dire, à Gatineau, demain : Non, moi,
je ne finance plus votre bureau de projets, je rapatrie ça. Parce qu'ils vous
ont dit non, ils ne sont pas intéressés, mais même dans la loi, vous leur
donnez le droit de continuer leurs projets. Eux, vous ne pouvez rien faire, à Gatineau,
ils peuvent continuer à fonctionner.
Montréal, il y a déjà un projet sur les
rails. Quand je rajoute l'ARTM pour le plan structurant de l'Est, ils ont déjà
un projet. Donc, on va créer une agence pour quelques projets. Lanaudière,
probablement, la Rive-Sud et Sherbrooke. Est-ce que j'ai oublié une autre
ville?
Mme Guilbault :Mais je <pense...
M. Derraji :
...la
Rive-Sud et Sherbrooke. Est-ce que j'ai oublié une
autre ville?
Mme Guilbault :
Mais je >pense que le député de Nelligan
sous-estime hautement la complexité de ces projets-là, et ne serait-ce que de
développer une vision nationale ou même... ou même métropolitaine, parce que ce
dont... Premièrement, l'ARTM n'a pas, dans son mandat, de réaliser des projets.
Ça fait que ça, tout de suite en partant, je l'invite à aller voir la loi sur
l'ARTM qui, elle aussi, a été faite par les libéraux, d'ailleurs. Alors, déjà en
partant, là. Donc, ce qu'ils font, oui, ils ont fait un rapport, ils ont fait
un... Je ne pense même pas qu'on est au stade de l'avant-projet préliminaire,
on est avant ça, là. Alors, on est loin de la réalisation.
Donc, oui, on peut continuer de
progresser, puis on peut refaire un rapport, puis pousser un peu plus loin la
planification, puis raffiner les scénarios, puis tout ça, puis on le fait, on
parle beaucoup, on a beaucoup parlé. Puis, d'ailleurs, il y a eu différentes
versions, parce qu'on a parlé beaucoup aux élus de la couronne nord, on a
parlé, tu sais, bon, évidemment, à la ville, à l'est de Montréal, etc. Mais le
problème, là, puis la raison pour laquelle... — tu sais, moi, j'ai
beaucoup de travail dans la vie, j'aurais autres choses à faire que de m'asseoir
en commission parlementaire — la raison pour laquelle je fais ça, c'est
qu'on est dans un cul-de-sac, en ce moment, où il y a tellement d'appétit pour
le transport collectif, au Québec, qu'il faut se donner les moyens que le
gouvernement du Québec...
Tu sais, là, c'est la CAQ qui est là,
mais, un jour, peut-être, ce ne sera plus la CAQ, on ne sait pas, tu sais. Peu
importe c'est qui, le gouvernement du Québec, je pense que c'est normal, ils le
font en Ontario, ils font en Colombie-Britannique. Pourquoi, au Québec, on
n'aurait pas cette capacité-là à l'échelle gouvernementale, à l'échelle
nationale? Pourquoi on dépendrait d'une filiale de la Caisse de dépôt<i>,
d'un bureau de projets... des bureaux de projets éparpillés. Je pense que le
Québec mérite, au même titre que les autres endroits du Canada, disons, qui
sont les plus intéressés par le transport collectif, en l'occurrence la Colombie-Britannique
et l'Ontario, mérite d'avoir cette capacité-là aussi. Et quand on va enfin
avoir créé cette première équipe-là, cette équipe-là, je l'ai dit, le premier
mandat, moi, que je vois, c'est l'est de Montréal.
Puis je dois dire, là, je fais une
parenthèse, je suis très, très étonnée du peu d'intérêt de mon collègue pour un
projet dans l'est de Montréal, parce qu'il y a des collègues libéraux dans
l'est de Montréal.
M. Derraji : Mme la
Présidente, elle me prête des intentions, s'il vous plaît. Je n'ai pas parlé. Je
la limite à rester sur le fond. Si elle veut que je parle de l'est, je vais
parler de long et en large, là. Je n'ai aucun problème...
Mme Guilbault :Bien, on pourrait, oui...
M. Derraji : ...probablement,
par coeur, aucun problème.
La Présidente (Mme Maccarone) : ...c'est
parfait.
M. Derraji : Vous avez reçu
l'offre. Qu'avez-vous fait depuis que vous avez reçu l'offre de l'ARTM?
La Présidente (Mme Maccarone) : Merci.
C'est beau. Je vous ai entendu...
M. Derraji : Pas de problème.
La Présidente (Mme Maccarone) : ...faire
attention aux intentions, Mme la ministre.
Mme Guilbault :En tout cas, nous, de notre côté, on a beaucoup
d'empressement, Mme la Présidente, à trouver un porteur de projets pour
réaliser un projet dans l'est de Montréal. Et même si on prend juste le projet
de l'est de Montréal, on ne va pas, du jour au lendemain, être capables de
faire un projet de cette envergure-là, qui couvre l'est de l'île jusqu'à la Pointe-aux-Trembles
et, ensuite de ça, qui va se ramifier au nord. On ne va pas être capables de
réaliser ça du jour au lendemain. Alors, quand le collègue dit : On veut
faire une agence pour juste quelques projets, comme si... — puis
peut-être que j'ai mal interprété — mais comme si c'était quelque
chose de pas compliqué, d'insuffisamment d'envergure ou de complexité pour
créer une entité qui serait capable de le réaliser.
Mais nous, notre postulat, Mme la
Présidente, c'est que cette expertise-là, en ce moment, n'existe pas. Elle
existe en Ontario, elle existe en Colombie-Britannique. La capacité d'une
nation et d'un territoire de se donner les moyens de réaliser du transport
collectif d'envergure et aussi d'avoir la vision nationale. Parce qu'un jour,
c'est bien beau, là, il y a le REM dans l'ouest, là, puis effectivement, il va
sur la Rive-Sud à Brossard, il va aller à Deux-Montagnes, mais ensuite de ça,
un jour, on peut penser après nous, nous, on ne sera pas élus ici
éternellement, là, après nous, il va y avoir d'autres députés, il va y avoir
d'autres gens, d'autres générations. Ils vont vouloir, un jour, connecter tout
ça, puis avoir la grande toile de mobilité durable dont j'ai souvent parlé.
Puis c'est la même chose à Québec, là, on commence à Québec, mais un jour — je
lisais un article — on va atteindre 10,6 millions d'habitants en 2071
dans la grande région, ici. Alors, ça va prendre plus que même ce qu'on est en
train de prévoir, en ce moment, probablement, en 2071, c'est dans longtemps.
• (16 h 10) •
Alors, ce que je veux dire, Mme la
Présidente, c'est que ça prend, un jour, un gouvernement qui a la volonté et le
courage, et qui met les efforts pour se donner cette capacité-là. Ça va bien
au-delà de nous. Ça va bien au-delà de moi, la députée Louis-Hébert,
et de nous tous, ici, autour de la table, c'est quelque chose qui va être
pérenne et qui va donner au Québec les mêmes moyens que d'autres territoires du
Canada qui sont avancés en mobilité.
La Présidente (Mme Maccarone) : Merci.
M. le député de Taschereau.
M. Grandmont : Bien,
peut-être, je rebondirais... Avant de revenir à ce qu'on discutait tout à
l'heure, là, j'aurais tendance... En fait, je voudrais vous poser la question,
Mme la ministre : Pourquoi...pourquoi avoir attendu six ans avant de créer
cette agence-là, si on est si empressés de vouloir créer du <transport...
M. Grandmont :
...pourquoi
avoir attendu six ans avant de créer cette agence-là, si on est si empressés de
vouloir créer du >transport collectif ou, en tout cas, les transports
complexes? Encore une fois, là, on est sur le transport routier puis sur le
transport collectif, on pourra reparler plus longuement un peu plus tard,
mais... quand on regardera le mandat, notamment à l'article 4, mais
pourquoi avoir attendu aussi longtemps, finalement, deux ans depuis que vous
êtes ministre puis quatre ans avant, finalement, à ne pas tant livrer que ça?
Pourquoi avoir attendu six ans si c'est si important que ça d'avoir une agence
pour créer... pour reprendre le contrôle de destinée de nos projets de
transport complexes au Québec?
Mme Guilbault :Bien, premièrement, c'est ça. Moi, j'aime beaucoup, tu
sais, parler de ma propre fougère. Moi, ma fougère, c'est les transports depuis
deux ans et, en deux ans, c'est mon troisième projet de loi. Je tiens à le
dire, c'est une cadence quand même intéressante pour un ministre des
Transports. Puis quand je suis arrivée, il fallait le faire, le projet de loi.
Et je prends à témoin mes équipes ici, en arrière, là, dont plusieurs qui ont
travaillé dessus. Ça a l'air simple comme ça, quand on arrive ici puis qu'on
tourne les pages du cartable, puis qu'on en parle, mais c'est très, très, très
complexe. Puis une chance qu'on les a pour faire ça, puis je pense, vous le
savez, là, puis ils vont probablement... on va avoir beaucoup de questions,
puis ils vont venir nous aider, nous répondre.
Donc, juste élaborer la pièce législative.
Ensuite de ça, évidemment, il y a transmission, il y a les commentaires, la
bonification, les modifications, on parle aux... Tu sais, c'est long, faire ça,
là. Alors, en partant de... Moi, j'ai été nommé le 20 octobre 2022, je
l'ai déposé, de mémoire, le 8 décembre 2023. Pratiquement un an, là.
Alors, c'est peu, c'est dire la volonté qu'on avait, puis ça a été compliqué,
je peux vous le dire. Puis on a réussi. Donc, ça témoigne, je pense, hors de
tout doute, de la volonté qu'on a d'enfin régler cet enjeu-là, parce que j'ai
dit : Il serait facile pour moi de ne pas le faire, puis le prochain
s'arrangera avec ça, puis ça va... on va, comme ça, tourner en rond d'un
ministre à l'autre. Alors, moi, je veux... Puis je suis certaine que les
collègues des autres partis partagent le souci... en tout cas, j'espère qu'ils
partagent le souci de donner à une nation comme le Québec les moyens de prendre
le contrôle du développement du transport collectif sur le territoire, au-delà
des différents bureaux de projets, puis de l'éparpillement, puis du bon vouloir
de l'un ou l'autre, là. Alors, ça, c'est la première chose.
Puis, sinon, bien, sur les six ans, parce
qu'il reste que je suis dans ce gouvernement-là, moi aussi, depuis six ans, il
faut quand même dire : Il y a eu deux, trois ans de pandémie. Je pense
qu'il n'y a personne ici... Si on était arrivés, en pleine pandémie, avec
projet de loi sur Mobilité Infra Québec, tout le monde aurait ri de nous, puis
avec raison, parce que ce n'était pas le temps de s'occuper de ça. Donc, alors,
c'est ça, mais on règle le problème. Et qui aurait cru que c'est la CAQ qui
réglerait enfin le problème du transport collectif? Tu sais, quand on regarde
les chiffres d'investissements, c'est la CAQ qui a le plus investi. Quand on
regarde le projet de loi que j'ai choisi de déposer, malgré tous les propos
qu'on peut tenir sur le transport collectif et la CAQ, il reste que c'est la
CAQ qui en aura fait le plus. Et, malgré l'absence de Mobilité Infra Québec, la
pandémie et compagnie, on est en train enfin de réaliser le prolongement de la
ligne bleue, actuellement. Malheureusement, les trois stations ont fermé, on le
sait, mais les cinq nouvelles stations qui sont... De toute façon, on faisait
une pelletée de terre, mais ça n'empêche pas que le projet est en train de se
faire, on a signé le contrat du tunnelier. Donc, bref, quand même, on a été
capables de porter en réalisation, malgré des moyens limités, le prolongement
de la ligne bleue qu'on attendait depuis près de 40 ans, la dernière
station ayant été inaugurée en 1988.
Donc, le bilan, en transport collectif,
est assez intéressant. Mais au-delà de nous, au-delà que... je l'ai dit, là,
au-delà des députés qui sont ici, dans les prochaines législatures, les
prochaines générations, ce qu'on fait, en ce moment, avec Mobilité Infra
Québec, c'est vraiment de faire entrer le Québec dans une nouvelle ère où il va
devenir souverain en matière de développement du transport collectif.
M. Grandmont : Oui, oui, je
suis d'accord avec l'entièreté de la phrase, là, avec la virgule ou sans la
virgule, là, de toute façon. Je voulais savoir... Oui, c'est ça. En fait, je pense
qu'au fil des échanges qu'on a eus ensemble, on a compris, là, que le tramway
de Québec pourrait démarrer, éventuellement, quand on aura des signatures puis
des preuves de ce démarrage-là, mais il pourrait démarrer avant, donc, la
constitution de cette agence Mobilité Infra Québec. On a la ligne bleue.
J'imagine que c'est ce qui était prévu, là, à l'horaire vendredi, là, c'était
une pelletée de terre ou l'annonce, en tout cas, du démarrage, comme un peu
plus officiel, là, des travaux, là. Est-ce qu'on n'était pas en train de faire
la démonstration, finalement, qu'on n'a pas tant que ça besoin d'une agence
pour faire du transport collectif si le tramway peut se faire ça sans Mobilité
Infra Québec, puis si la ligne bleue, on peut le faire sans Mobilité Infra
Québec, puis si le REM, on a pu le faire sans CDPQ Infra?
Mme Guilbault :Mais, en fait, le REM, on l'a fait avec CDPQ Infra, mais...
M. Grandmont : Oui, oui,
c'est ça, exactement. Mais ma question, c'est... dans le fond, je reviens sur
la lucidité, la nécessité d'avoir une agence. Le tramway, ce ne sera pas
l'agence, vraisemblablement. La ligne bleue, ce n'est pas l'agence non plus. Le
REM, c'est un autre mode qu'on a utilisé, mais, donc, on est capable de
produire du transport collectif, au Québec, sans... à partir du moment où on
décide qu'on s'y met pour vrai, parce que c'est toujours...
M. Grandmont :
...du
transport collectif, au Québec, sans... à partir du moment où on décide qu'on
s'y met pour vrai, parce que c'est toujours ça, l'enjeu, c'est vrai que — puis
je partage l'avis de la ministre là-dessus — ça a tourné en rond pas
mal, puis c'est vrai, là, la pandémie, c'est vrai que ça a été compliqué aussi,
je l'accorde, même si on aurait pu développer du transport collectif, ça aurait
pu être un bon moment, aussi, pour activer les mécanismes, les leviers
économiques qu'on a au Québec aussi. Moi, je pense... en tout cas, a contrario
de ce que dit... de ce qu'a avancé la ministre, on aurait pu faire des projets
dans ce contexte-là, alors que, justement, tout était arrêté, tout était
inutilisé. On aurait pu partir des chantiers avec des bonnes mesures de
protection. Moi, je pense, au contraire, que c'était une bonne occasion de
repartir sur une nouvelle track.
Mais, donc, ma question, dans le fond,
c'est : Si on est... si on est capables de faire la ligne bleue, le
prolongement qu'on veut annoncer très prochainement, parce que j'imagine qu'il
y aura une nouvelle conférence de presse, si on... le tramway peut se faire, à
quoi ça sert de faire une agence si, finalement, on est capables, avec un peu
de vouloir, les outils qu'on a à l'intérieur du ministère des Transports et de
la Mobilité durable, en partenariat avec les municipalités, ça se fait, du
transport collectif? Pourquoi une agence?
Mme Guilbault :Bien, le collègue me donne les... trois exemples de projets...
bien, en fait, deux exemples de projets qui sont en train de se faire en ce
moment. Moi, je lui parle des autres projets qui ne sont pas en train de se
faire. C'est précisément ça, le point. La STM, en ce moment, est occupée avec
la ligne bleue et avec le prolongement du SRB Pie-IX. Et la caisse est sur le
REM et sur la phase 1 du tramway. Mais je l'ai dit, tout à l'heure, là, la
phase 1, nous, on s'est engagé sur la phase 1, mais le projet CITÉ — certainement
que mon collègue a lu le rapport que la caisse a déposé le 12 juin — il
y a plusieurs phases, là-dedans. Donc, au-delà de la phase 1 du tramway,
qui va jusqu'à Charlesbourg, éventuellement, fort probablement, ce tramway-là
va être prolongé. Est-ce que la caisse va vouloir le faire au complet? Tu sais,
pour l'instant, on est sur la phase un, là. Et la lettre mandat qu'on est en
train de finaliser, ça va être pour la phase un.
Mais, donc, tout ça pour dire qu'il y a...
il y a des endroits, en ce moment, qui attendent d'avoir un projet, et même les
endroits qui sont actuellement capables d'en faire ne peuvent pas tout faire.
Et la STM, qui fait la ligne bleue, la ville de Montréal, qui gère la STM, tous
deux sont venus en commission nous dire que c'est une bonne chose, de faire
Mobilité Infra Québec. La caisse qui fait le REM, et qui va faire la phase 1
du tramway, est venue nous dire que c'est une bonne chose, d'avoir Mobilité
Infra Québec.
Et je reviens toujours avec mon exemple du
projet dans l'est de Montréal, parce que, pour moi, c'est un des exemples les
plus probants d'un projet qui est en... je ne dirais pas en suspend, parce que,
comme je disais, effectivement, l'ARTM est capable quand même de faire avancer
certaines phases d'avant projet ou d'avant avant-projet. Mais, à un moment
donné, on va arriver au stade où il va falloir passer à autre chose, là, que
juste de la planification puis des rapports. Puis, si on veut avoir cette
capacité-là, on le sait, là, la genèse de ça, là. Au début, ça a été la caisse
qui était dans le REM, on l'appelait le REM de l'Est, à l'époque, et là, ça a
été compliqué, parce que, bon, il y a eu toutes sortes... Moi, je n'étais pas
ministre des Transports dans ce temps-là, mais ça a été très compliqué. La
caisse est sortie de ça. Ça fait que, là, ça, là, ça a été l'expérience de la
vraie vie, parce que la caisse a fait le REM dans l'ouest, ça a bien été, tout
allait bien. Ça fait qu'on se dit : Bien, parfait, on va leur demander de
faire un REM dans l'est. Et là, il y a eu des enjeux. Et là, la caisse s'est
retirée. Ça fait que quand on s'est retrouvé : Qu'est-ce qu'on fait avec
ça? On a envoyé ça à l'ARTM, mais on sait que l'ARTM ne réalise pas de projets,
mais on ne voulait, tu sais, pas perdre de temps. Ça fait que c'est parfait, l'ARTM
a fait un travail avec la ville de Montréal, avec mon ministère, avec la STM.
Mais là, on se retrouve, à un moment
donné, on fait des rapports, on fait des rapports, mais un jour, il faut
arriver à la réalisation et on n'a pas de porteur pour l'est, en ce moment.
Même chose sur la Rive-Sud. Je ne sais pas s'il parle, des fois, mon collègue,
sûrement, à des gens de l'agglomération de Longueuil, eux aussi voulaient un
projet. Et, au départ, c'est la caisse qui devait le faire. Il y a eu des
études, et tout ça. Et là, finalement, la caisse a annoncé, là, il y a quelques
semaines, officiellement, qu'elle se retirait du projet de la Rive-Sud. Et moi,
je parlais avec la mairesse de Longueuil, qui est aussi présidente de l'agglo,
puis je lui disais : Tu sais... parce qu'elle disait : Là, qu'est-ce
qu'on fait? La caisse s'en va. Je lui dis : Bien, moi, je travaille sur
quelque chose, tu sais, puis ça va nous donner juste... Ça va nous affranchir
de cette dépendance-là, qu'on avait, à la caisse, parce que le premier projet
qu'on a fait avec elle, quand on l'a créé, «on» étant le Parti libéral<i>
à l'époque, en 2015, le premier projet a bien fonctionné. Donc, on a comme
reproduit la chose, on a transposé ça, tu sais, maintenant, si tu veux un
projet, on va faire un REM à telle place, un REM à telle autre place, on va
reproduire ça partout. Mais premièrement, ça ne veut pas dire que le même REM
est bon partout. Puis deuxièmement, si la caisse ne peut pas ou ne veut pas le
faire...
• (16 h 20) •
Parce que, tu sais, la caisse, là, des
fois, on disait : Tu sais, eux autres, ils pensent juste au rendement,
puis tout ça. Mais la caisse, il faut qu'elle génère du rendement. Le mandat de
la Caisse de dépôt<i>, il est double : le rendement et le
développement du Québec. Ça fait qu'ils font des projets au Québec. Ils aiment
ça, faire des projets avec nous, au Québec, investir au Québec. Mais, en même
temps, il y a des considérations de rentabilité, puis c'est normal. Nos fonds
de retraite sont là. Moi, le jour où la caisse dit : J'arrête de penser à
la rentabilité, puis adviendra ce qu'adviendra des fonds de retraite, je peux
vous dire qu'il va y avoir un tollé tantôt, là, donc, et c'est normal.
Alors, je ne pense pas que le destin du
transport collectif, au Québec, doit systématiquement dépendre de la Caisse de
dépôt<i>, parce que ce n'est pas réaliste, ce n'est pas son mandat. Et
elle-même dit que c'est une bonne chose, de se créer nos <propres...
Mme Guilbault :
...ce n'est pas réaliste, ce n'est pas son mandat.
Et elle-même dit que c'est une bonne chose, de se créer nos >propres
moyens, tout comme la STM qui, pourtant, est capable d'en faire, mais ne peut
pas tout faire, tout comme la ville de Montréal, tout comme la ville de Laval,
le maire de Laval, très, très enthousiaste, qui est venu dire que c'est une
bonne idée parce que lui aussi voudrait des projets. Puis, bon, là-bas aussi,
là, il y a des projets dont on parle depuis longtemps qui ne se sont pas fait encore.
Donc, toutes les municipalités qui sont... puis c'est des grandes municipalités
qui sont venues, la ville de Québec, la même chose, les grandes municipalités
qui sont venues en commission nous dire que c'est une bonne chose. Les sociétés
de transport sont venues en commission nous dire que c'est une bonne chose.
Alors... Mais... puis c'est eux, les... eux, elles? Les sociétés de transport
et les villes, donc, elles, les premières, qui auraient pu dire : Bien
non. Attendez, là. Oui, il y a eu le cas de l'Outaouais, mais sinon, c'est
elles, les premières, qui auraient pu dire : Attendez, là. Non, non, nous
autres, on veut... Non! Parce qu'elles comprennent qu'on est à un carrefour où
on n'est pas suffisamment bien nantis en termes de moyens puis de capacité,
puis de planification, puis de vision nationale du transport collectif.
M. Grandmont : Vous
revenez souvent sur... sur le fait... Ah, bien, d'abord, dire, juste sur la CDPQ
Infra, là. Moi, je suis... Je partage beaucoup de vos points de vue là-dessus,
hein? C'est vrai qu'un modèle d'affaires ne peut pas être répliqué partout, là,
évidemment, on s'entend, là. La... Il y a un bon mode pour chaque... pour
chaque endroit, en fait, pour chaque type d'utilisation du transport collectif
qu'on va faire. Évidemment, l'insertion n'est pas si évidente que ça, là.
Pour un REM, c'est sur... C'est sur des
viaducs, en fait, c'est surélevé. Ça peut avoir des impacts. Je ne verrais pas
ça débarquer... Je ne verrais pas ça débarquer au centre-ville de Québec, par
exemple, là. Tu sais, c'est un exemple où ça aurait peut-être un peu plus de
difficulté à bien s'harmoniser. Puis évidemment, bien, la notion de rendement
vient un peu changer la donne. L'organisation des revenus, la répartition
des... la charge, aussi, là, de ce projet de transport collectif là, c'est un
peu contre-intuitif de penser que des projets où on opère un système de transport
collectif va générer des revenus. Vous le savez bien, toutes les sociétés de
transport ne génèrent pas des revenus. On a besoin d'injecter des fonds publics
dans les projets de transport collectif, dans les opérations. On a besoin de le
faire comme pour les routes aussi. On a besoin de le faire pour les écoles, on
a besoin de le faire pour les hôpitaux. Il n'y a aucune de ces
infrastructures-là qui génèrent des profits. C'est des services publics qu'on
va se donner. Donc, ça, je pense qu'on se rejoint là-dessus.
Vous revenez souvent... c'est ça, et c'est
là où je voulais aller, là, vous revenez souvent sur le fait qu'il y a
plusieurs des groupes qu'on a entendus pendant les audiences particulières qui disaient
qu'ils étaient en accord avec la création de Mobilité Infra Québec. Je ne sais
pas si vous avez eu la chance ou la malchance — je ne sais pas
comment il faut le prendre — de m'entendre dans mes... dans mes...
lors de mon vote sur le principe, mais j'ai bien insisté sur le fait que la
plupart des intervenants qui sont venus, oui, ont manifesté un certain appui à
la création, à l'idée d'avoir une agence qui créerait, qui accélérerait la
création de projets de transport collectif. Le transport routier, on n'a pas eu
trop, trop, tout le temps, leur avis là-dessus ou leur appui là-dessus, mais la
plupart du temps, ça venait avec des grosses conditions. C'était souvent des
«oui, mais». Il y en avait plusieurs.
Je veux juste vérifier avec vous que vous
avez... Puis j'en... Je ne vous en ferai pas la lecture ici, là, mais dans mon
allocution dans le vote sur le principe, j'ai bien listé plusieurs des éléments
qui étaient des conditions à l'appui de l'ensemble de ces groupes-là. Donc,
j'espère que vous en avez, tout comme moi, pris note, évidemment, là, pendant
les audiences particulières.
J'aimerais revenir sur la première
conversation qu'on a eue, là, avant que je passe la parole, tout à l'heure, à
mon collègue de... le collègue député de Nelligan. Vous avez parlé d'agilité.
Je vous demandais : Est-ce que, dans le fond, le projet de loi n° 62, sur lequel on a eu... on a participé à l'adoption
aujourd'hui, allait aider Mobilité Infra Québec à réaliser son mandat puis lui
donner l'agilité? Le projet de loi n° 62 est aussi
valide pour le ministère des Transports et de la Mobilité durable, que je
sache. Alors, est-ce que — encore une fois, je reviens avec ma
question — si on donne les pouvoirs qui sont inclus dans le PL n° 62 au ministère des Transports et de la Mobilité
durable, en quoi l'agence Mobilité Infra Québec est nécessaire?
Mme Guilbault :Vous m'excuserez, j'ai une... un enjeu logistique. Mais
c'est correct, allez-y.
M. Grandmont : Voulez-vous
que je répète la question?
Mme Guilbault :Oui, s'il vous plaît.
M. Grandmont : Oui? OK.
Ce que je disais, c'est que dans le... Dans le fond, je vous ai demandé, tantôt,
si l'agilité de Mobilité Infra Québec était, en quelque part, supportée par le
projet de loi n° 62. Vous m'avez répondu oui. Alors,
moi, je vous fais valoir que le projet de loi n° 62 s'applique
aussi au ministère des Transports et de la Mobilité durable. Donc, le
ministère, le MTMD pourrait aussi développer des projets de transport complexes
et profiter de ce qui est dans le PL n° 62, dans le PL
n° 62, pour réaliser des projets de transport
complexes. Donc, je reviens à ma question. Sachant que le ministère aussi a ces
pouvoirs-là, en quoi ça vaut la peine... En quoi, dans le fond, c'est un
argument de dire que ça donne de l'agilité à Mobilité Infra Québec, puis ça va
être une valeur ajoutée? Et, dans le fond, est-ce qu'on n'aurait pas pu faire
ces projets complexes là à l'intérieur même d'une équipe constituée au <sein...
M. Grandmont :
...faire
ces projets complexes là à l'intérieur même d'une équipe constituée au >sein
du ministère?
Mme Guilbault :Oui, non, mais ça, j'ai déjà répondu puis et je l'ai dit
souvent en commission, en consultations, on en parlé... J'ai parlé souvent du
projet de loi n° 62, premièrement, comme étant
nécessaire, pas juste pour mon projet de loi n° 61,
dans l'ensemble de nos projets d'infrastructures. C'était ça, le propos du
projet de loi n° 62. Ça s'applique à tous les projets
d'infrastructures, à tous mes projets majeurs au ministère, puis j'en ai
beaucoup dans le routier. Ça fait que, oui, effectivement, ils vont bénéficier
de ça. Mais ça ne... ça ne règle pas la question du manque d'expertise, puis ça
ne règle pas tout ce que j'ai parlé tout à l'heure en termes de... de culture,
de... d'attractivité. Tu sais, ce n'est pas.... c'est... On reste quand même
dans la fonction publique, ça fait que oui, on gagne en agilité puis on
gagne... on gagne surtout en marge de manœuvre pour les fameux contrats
collaboratifs, là, dont on a entendu parler, notamment, par Pomerleau puis l'association
des grands constructeurs, je pense, qui est venue aussi, puis d'autres qui nous
en ont parlé. Alors, oui, mais on revient à la discussion qu'on a eue dans les
premières questions du député, là, auxquelles j'ai déjà répondu.
M. Grandmont : Donc, je n'ai
pas plus d'arguments qui nous démontrent finalement, en tout cas, sous l'angle
du PL n° 62, que Mobilité Infra Québec est plus...
est absolument nécessaire.
Peut-être... peut-être reposer une
question, revenir sur la question de la culture, là. Qu'est-ce qui fait... C'est
quoi, le problème de la culture, au ministère des Transports et de la Mobilité
durable? Qu'est-ce qui... qu'est ce qui fait problème dans la culture, au MTMD,
qui empêche ce ministère-là de réaliser des projets de transport complexes?
Mme Guilbault :Non, mais il y a... Je n'ai pas dit qu'il y a un problème
avec la culture. J'ai dit qu'on veut une culture organisationnelle différente,
donc créer une nouvelle équipe dans une culture organisationnelle différente de
ce qui se fait dans la fonction publique. Si on crée ça dans le ministère, ça
va être la même chose que tout ce qu'il y a déjà dans le ministère et dans les
autres ministères, or... puis on fait un peu le... Bon, je ne vais peut-être
pas m'aventurer dans des parallèles avec avec la santé, parce que c'est sa
fougère puis je ne veux pas m'en mêler. Mais moi, j'aime beaucoup qu'on se
compare à, justement, la culture de la Caisse de dépôt<i>, qui est une
équipe agile, mobile... pas mobile, mais, tu sais, comment je pourrais dire? Tu
sais, par exemple, là, eux, là, ils sont capables d'ajuster leurs équipes au
besoin, là. Tu sais, je veux dire, dans la fonction publique, ça ne fonctionne
pas comme ça, là, tu ne peux pas... Juste dans la gestion des ressources
humaines, c'est très différent. Dans l'attractivité, je l'ai dit, oui, le
salaire, mais tu sais l'ensemble de... Aller travailler dans une agence hors
fonction publique, ce n'est pas pareil comme aller travailler dans la fonction
publique. Je l'ai dit tout à l'heure, il y a peut-être... il y a probablement
des gens en ce moment, qui ne travaillent pas chez nous, parce que, pour
diverses raisons, ça ne les intéresse pas, notamment des gens... ou peut-être
qu'ils pensent qu'ils n'ont a pas... ils n'ont pas nécessairement leur place
parce qu'en ce moment, eux travaillent sur du transport collectif, mais qu'ils
pourraient être attirés par une nouvelle équipe qui se concentre exclusivement
là-dessus, tu sais.
Puis... Parce que si on prend l'exemple de
la Caisse de dépôt<i>, toujours sur le REM, il y a beaucoup de gens qui
venaient de l'extérieur pour travailler sur le REM parce que, même au Québec,
on n'avait pas suffisamment de ressources. Donc, c'est un peu le même principe,
devenir une espèce de pôle d'attraction des meilleures ressources, puis,
actuellement, il y en a déjà certainement au Québec, là, peut-être dans les
différents bureaux de projets, dans les firmes, comme je l'ai dit. Il y en a
sûrement ailleurs aussi. Alors, c'est ça, exactement. Puis je répète, puis j'insiste,
là, en Ontario et en Colombie-Britannique, on a ça aussi, puis ce n'est pas
pour rien qu'ils ont fait ça. Ça ne se peut pas que l'Ontario, la
Colombie-Britannique, les deux, aient eu la mauvaise idée de se doter de ce
type d'équipe là, là. Alors, je pense que le Québec est rendu là.
• (16 h 30) •
Moi, je le sais, j'ai des FPT depuis deux
ans, du transport : le fédéral, provincial, territorial, puis je me tiens
beaucoup avec les autres ministres du Transport, évidemment, puis le ministre
fédéral, puis... puis c'est ça, puis, tu sais, on le voit, là, les endroits les
plus intéressés puis préoccupés par le transport collectif, c'est vraiment la
Colombie-Britannique puis l'Ontario, puis ça se comprend aussi, la densité,
puis tout ça, l'organisation de la société, et... et c'est ça, alors, puis...
puis nous, on en fait partie. Tu sais, souvent, on se parle les trois,
ensemble, puis on revendique des fonds parce qu'eux, comme moi, sont conscients
que ça n'a pas de bon sens que l'EBI ait fini en 2023 puis que le prochain
programme soit en 2026. Ça fait que tous les trois, on est d'accord là-dessus,
puis qu'ils ne payent plus de routes, etc. Mais, en tout cas, on reviendra
là-dessus, je suis certaine. Donc, tout ça pour dire qu'on est trois à être
très soucieux puis intéressés par le transport collectif, à l'échelle nationale,
de chacune nos nations, mais les deux autres sont plus avancés que nous parce
qu'ils ont cette instance-là et nous, on ne l'a pas. Alors, je pense qu'il est
temps qu'on l'ait aussi.
M. Grandmont : Vous... vous
mentionnez souvent, là, que... puis on peut même remonter à vos différentes
entrevues que vous avez données, là, juste avant l'été, vous parliez de reprendre
en main la destinée du transport collectif... On va en parler tout à l'heure,
mais quand même, je ne peux pas m'empêcher de... Parce qu'on parle de la
culture, c'est quand même...
16 h 30 (version révisée)
M. Grandmont : ...puis on va
en parler plus tard, mais, quand même, je ne peux pas m'empêcher de... parce qu'on
parle de la culture, c'est quand même intéressant comme angle. Vous dites :
Peut-être qu'on va réussir à attirer des gens qui ont vraiment envie de
développer du transport collectif dans une équipe spécialisée puis qui va...
qui va... tu sais, qui va travailler pour déployer ça partout au Québec. Je
peux... Je peux, évidemment, le... tu sais, approuver sur... effectivement, c'est
le genre d'environnement dans lequel je connais beaucoup de gens qui aimeraient
travailler, là. Je pourrai vous envoyer des CV si jamais. Mais... Mais, en
fait, Mobilité Infra Québec ne fera... peut ne pas faire que du transport
collectif, là. Je veux dire, c'est quand même assez écrit noir sur blanc dans
le projet de loi. Je ne me trompe pas, là?
Mme Guilbault :Oui. C'est des projets de transport complexes.
M. Grandmont : Complexes.
Donc, ce n'est pas juste du transport collectif?
Mme Guilbault :Bien, à l'origine, pour... le besoin de base, c'est ça.
Mais, comme je l'ai déjà expliqué un jour dans un... à un micro quelconque,
je... Puis c'est un peu le même esprit que le projet de loi n° 48
qu'on a fait... le dernier projet de loi qu'on a fait ensemble. Quand on
voulait nous cantonner dans des formulations trop précises ou des choix de
technologies, des caméras d'autobus, et moi, j'essayais de faire comprendre...
c'était le Parti libéral à l'époque, BusPatrouille, et tout ça, j'essayais de
leur expliquer qu'on n'a pas avantage, dans une loi, à se cantonner ou à se
restreindre dans une mission ou dans un libellé quelconque dans un article de
projet de loi, parce que ce qu'on veut, c'est donner la marge de manœuvre à...
au gouvernement ou, tu sais, à celui qui va utiliser cette loi-là.
Ce qu'on veut, comme législateurs, c'est
que le gouvernement du Québec, peu importe c'est qui le parti politique qui le
forme, dispose de suffisamment de marge de manœuvre pour pouvoir être agile,
pour pouvoir bouger, pour pouvoir essayer des choses sans, à chaque fois,
revenir en commission parlementaire remodifier la loi. Donc... Puis, tu sais,
quand on fait des règlements en parallèle, c'est le même principe. Il faut
quand même donner au gouvernement du Québec les moyens de gérer sa fougère. Je reviens
toujours à ça, mais, pour gérer ta fougère, il faut que tu puisses avoir une
certaine marge de manœuvre. Donc, moi, je ne vois pas l'intérêt, parce que, j'imagine,
ça va venir dans un autre article.
D'ailleurs, là on est à l'article 1,
hein, je précise, mais on a déjà beaucoup de discussions... puis qu'il ne
faudra pas se surprendre, le moment venu, quand on sera à cet article-là, quand
je vais dire que j'ai déjà tout expliqué ça, là. Tu sais, c'est correct qu'on
fasse un tour d'horizon, mais, tu sais, on est juste à l'article 1, là.
Mais... Qu'est-ce que je disais, donc? Ah! c'est ça, la marge de manœuvre sur
la mission. Parce que la mission est à l'article 4. Ça fait que c'est sûr
qu'à l'article 4 je vais dire que j'ai déjà expliqué ça à l'article 1.
C'est juste ça que je veux dire au micro.
Mais, sur la mission, moi, je pense que c'est
important, sans tomber dans quelque chose qui serait trop vague... mais «projets
de transport complexes», quand même assez clair, c'est des projets de
transport, puis il faut qu'ils soient, tu sais, complexes. On ne parle pas de
paver une route au coin de la rue, là.
Alors... Alors, moi, je trouve que c'est
sain de se donner de la marge de manœuvre dans une loi. Puis, si, un jour,
quelqu'un veut confier d'autres types de projets, ça pourrait être possible.
Mais je ne vois pas... à part de faire possiblement des discours puis des
fixations sur le troisième lien dans la commission, ce qui est tout à fait...
ce qui est tout à fait possible, puis les gens ont le droit de faire ça, mais,
au-delà du troisième lien ou de n'importe quel projet, je ne vois pas du tout
en quoi ce serait préjudiciable pour le bien des projets de transport collectif
que d'avoir une mission plus large, qui ne prescrit pas ou qui ne proscrit pas
autre chose que les transports collectifs. Je ne sais pas si c'est clair. Tu
sais, l'important, c'est que les projets de transport collectif puissent se
faire, et c'est ça, le... c'est pour ça qu'on crée Mobilité Infra Québec. Si c'était
pour faire juste du routier, on ne s'embêterait pas à créer ça, tu sais. Donc,
moi, c'est comme ça que je le vois, Mme la Présidente.
M. Grandmont : Bien, moi, je
suis bien content que Mme la ministre élabore beaucoup plus que le simple sens
de ma question, là. J'y allais vraiment sur la question de la culture
organisationnelle. Donc, j'espère qu'elle répondra à mes questions quand même
quand on sera rendus à l'article 4, notamment. J'aurai des angles
différents, donc j'espère qu'elle saura trouver une façon différente d'y
répondre sans répéter ce qu'elle aura dit à l'article 1. Donc, ça...
Juste mentionner que, tu sais, elle a cité
d'autres sociétés de transport, notamment à Toronto puis en Colombie-Britannique,
puis, à ma connaissance, ces sociétés de transport là ne sont affectées qu'à
réaliser du... des projets de transport collectif. Donc, on pourra discuter
aussi des différences entre comment ça se passe ailleurs, comment... qu'est-ce
qu'on veut créer aussi au Québec. Parce qu'à la fois dans la culture
organisationnelle que dans ce qu'on se donne comme mandat, bien, il y a des
différences assez importantes.
Tantôt, madame... bien, en fait, au début
de notre conversation sur l'article 1, Mme la ministre a dit... elle n'a
pas... elle n'a pas dit que le fait que les employés de la fonction publique
étant syndiqués, c'était un problème, elle n'a pas dit ça, mais, quand même, on
sentait que c'était... disons, c'était contraire à l'agilité recherchée, je
vais le dire comme ça. Puis elle pourra préciser sa pensée, parce qu'elle a
quand même elle-même abordé ça, là, quand elle a parlé de l'agilité.
Donc, est-ce que les... le fait que les syndicats soient dans... Tu sais, est-ce que le fait que,
dans les... Le syndicat, dans une fonction <publique...
M. Grandmont :
...syndicats
soient dans... Tu sais, est-ce que le fait que, dans les... Le syndicat, dans
une fonction >publique, est-ce que c'est un... est-ce que ça vient un
peu crisper, un peu, l'agilité nécessaire à ce qu'on veut avoir, finalement,
dans Mobilité Infra Québec?
Mme Guilbault :Bien, ce n'est pas... ce n'est pas ça du tout que j'ai dit.
J'ai dit que, dans la fonction publique, on fonctionne avec des conventions
collectives, avec une certaine culture organisationnelle. J'ai moi-même été
fonctionnaire et syndiquée, donc je sais très bien comment ça se passe. Et
c'est une façon de faire, et c'est bien correct, c'est comme ça. Puis, comme je
dis, j'ai été moi-même fonctionnaire, j'ai le plus grand respect. Mais, avec
Mobilité Infra Québec, on souhaite créer quelque chose de différent, tout
simplement.
M. Grandmont : Je l'entends.
Mme Guilbault :Puis je pense que ça aussi, c'est sain. Tu sais, on parlait
tout à l'heure de toujours reproduire des REM sous prétexte que le premier REM
a été le bon moyen.
M. Grandmont : Tout à fait d'accord.
Mme Guilbault :Il faut, des fois, être capable d'essayer autre chose, tu sais,
puis d'innover. Alors, ça, c'est pour nous une manière d'innover.
M. Grandmont : Puis tout à
fait d'accord, là, on ne peut pas toujours reproduire de façon identique, là,
les moyens... les mêmes moyens en espérant des résultats différents aussi,
évidemment.
Mme la ministre a dit vouloir s'inspirer,
en quelque part, d'un peu la culture organisationnelle de CDPQ Infra. À votre
connaissance, Mme la ministre, est-ce que les employés de CDPQ Infra sont
syndiqués ou pas?
Mme Guilbault :Il faudrait... Bien, j'aurais une réponse, mais là il
faudrait que je le valide, là, parce que, tu sais, ce n'est pas... ce n'est pas
une organisation qui est sous ma responsabilité directe, là, mais on peut le
valider.
M. Grandmont : Non,
évidemment. Mais c'est parce que ça aurait pu... vous auriez pu avoir cette
réponse-là, puisque vous dites vous être inspirés de CDPQ Infra.
Mme Guilbault :Bien, je n'ai pas l'impression, mais, tu sais, je
voudrais... il faudrait le vérifier, là.
Des voix : ...
Mme Guilbault :
Je vais vérifier, pour être sûre d'avoir la...
M. Grandmont : En tout cas,
vous pouvez... vous pouvez trouver la réponse puis nous revenir, là, au fil
des... de la discussion.
Mme Guilbault :Bien, des fois, c'est... tu sais, des fois, il peut y avoir
certains employés syndiqués, d'autres non. Ça fait que, tu sais, en tout cas,
c'est ça. Même dans la fonction publique, là, tu sais, les cadres versus... Il
y a toutes sortes de classes de...
M. Grandmont : D'employés.
Mme Guilbault :Oui, c'est ça, là, tu sais.
M. Grandmont : De corps de
métier, etc., oui. Donc, on dit vouloir créer, donc, une nouvelle... Parce que,
Mobilité Infra Québec, je comprends que ça va être une nouvelle société d'État,
à moins que je me trompe, là, c'est ça, c'est une société d'État, oui? Ça va
être...
Une voix : ...
M. Grandmont : Oui,
effectivement, c'est ça. Donc, c'est une nouvelle société d'État qui va être
créée avec la création de Mobilité Infra Québec. On veut faire les choses
différemment. Il y a d'autres agences, d'autres agences de l'État, d'autres
sociétés d'État où les employés sont syndiqués. Je pense à la SAQ, je pense à
la SAAQ.
Est-ce que, dans le fond, on n'est pas en
train de vouloir créer quelque chose de différent puis, finalement, ça va se
retrouver pareil? J'aimerais juste avoir un peu, là, les réflexions de Mme la
ministre par rapport à ça, parce que ça semble être... on semble vouloir créer
quelque chose de différent, la notion de syndicalisme me semble être un peu au
cœur des réflexions là-dedans, puis on se rend compte, finalement, que des
agences ou des sociétés d'État peuvent être syndiquées. Donc, dans quoi ça
va... dans quoi on va réussir à avoir cette agilité-là, que semble rechercher
Mme la ministre, au regard du syndicalisme?
Mme Guilbault :Bien, c'est justement ça, le point. Il faut l'essayer pour
pouvoir réussir à faire quelque chose de différent. Et, si je ne m'abuse, mais
là il faudrait que je voie, ça a peut-être changé, je crois qu'en partie, à la
SQDC, il y a des endroits non syndiqués. Mais ça a peut-être changé, là, il
faudrait que je le...
M. Grandmont : Non, ils sont
syndiqués, par deux syndicats différents d'ailleurs.
Une voix : ...
Mme Guilbault :Mais pas partout, mais... Je pense qu'il y a des endroits...
mais, encore là... de toute...
M. Grandmont : Mais donc... Mais
mon seul point, c'est que c'est possible, dans le fond... Parce que Mme la
ministre, elle me semblait vouloir dire, au début, que, dans la fonction
publique, disons, au sens large, il y a cette incapacité-là à développer une
agilité, puis on a parlé de syndicat, puis tout ça. Puis là, bien, je fais
juste lui dire : Bien, écoutez, dans les sociétés d'État, il y a
possibilité que les employés se syndiquent aussi. Donc, est-ce que... est-ce
qu'elle ne craint pas... c'est ma question, est-ce qu'elle ne craint pas, finalement,
que, cette agilité-là, on la perde au fil du temps parce que les syndiqués... des
employés pourraient se syndiquer?
Mme Guilbault :Oui, bien là, on ne peut pas empêcher...
M. Grandmont : Non, je suis
d'accord avec vous, c'est exactement ça.
Mme Guilbault :...mais on peut au moins l'essayer.
M. Grandmont : Mais essayer
de quoi?
Mme Guilbault :Mais c'est déjà prévu. L'article... Il est où, mon article sur
les...
Une voix : ...
Mme Guilbault :48. J'invite peut-être mon collègue... je ne sais pas,
j'imagine qu'il a lu le projet de loi, article 48, section II, Régime
de représentation syndicale.
M. Grandmont : Oui, exact.
C'est pour ça que je pose la question.
Mme Guilbault :Donc, les unités de négociation ont déjà été prévues pour
certains types d'emploi qui... que, raisonnablement, on peut penser qu'ils vont
être des emplois nécessaires dans l'agence.
• (16 h 40) •
M. Grandmont : Absolument.
Mme Guilbault :Alors...
M. Grandmont : Donc, c'est...
Encore une fois, je reviens, moi, à ma question de départ, c'est :
Pourquoi créer une agence, affirmer que, dans le fond, on veut créer quelque
chose à l'extérieur du ministère sous prétexte que l'appareil, la fonction
publique a comme un carcan, on évoque la question du syndicalisme, puis, après
ça, bien, effectivement, à l'article 48, on se rend compte que,
finalement, on a réfléchi à ça et ça se peut bien gros que les employés soient
syndiqués?
Je ne comprends pas en quoi... Je ne suis
toujours pas convaincu du bien-fondé de créer une agence, Mobilité Infra
Québec, alors qu'on aurait pu faire ça à l'interne du ministère des Transports.
Je veux dire, on aurait été capables de créer une culture, les employés vont
être syndiqués de la même façon. Si on a une équipe spécialisée à l'interne du
ministère des Transports, pourquoi créer une agence à côté? Je reviens toujours
à ça. C'est ma question. C'est sur les <intentions...
M. Grandmont :
...pourquoi créer une agence à côté? Je reviens toujours à ça. C'est ma
question. C'est sur les >intentions. On est sur l'article 1, donc
moi, je questionne les intentions de la ministre. Pourquoi vouloir créer une
agence, alors qu'on aurait pu tout faire ça à l'intérieur du ministère des
Transports et de la Mobilité durable avec des employés?
D'ailleurs, le <i>syndicat de la
fonction publique du Québec nous a fait parvenir son mémoire. J'avais proposé,
d'ailleurs... J'avais proposé qu'on les entende dans les audiences
particulières. Malheureusement, on n'a pas pu les entendre. J'aurais déposé une
motion préliminaire pour vous demander de les entendre avant l'étude de
l'article 1, mais on n'a pas pu se rendre là grâce à mon collègue de...
député de Masson, mais... mais c'est la question que je vous aurais posée, tu
sais, puis ça aurait été le sens de mon argumentation : Est-ce qu'on
n'aurait pas pu développer cette expertise-là? Parce que, pour l'instant, on a
eu une discussion sur le bien-fondé de la création de cette agence-là et je
n'ai rien qui me convainc qu'on a... qu'on n'aurait pas pu le faire à l'interne
en régie.
Mme Guilbault :
Mais donc, c'est ça, quand on regarde l'article 48... C'est ça que je
vérifiais, 49 est-tu...
Une voix : ...
Mme Guilbault :C'est ça, 48, 49. Donc, si les employés voulaient se syndiquer.
Mais déjà on part... on part de la possibilité où ils pourraient ne pas se
syndiquer. Alors, déjà là, c'est différent de la fonction publique,
premièrement.
Deuxièmement, s'ils voulaient se syndiquer,
avec les articles en question, on a la possibilité de... de négocier des
nouvelles conventions collectives sans partir de l'historique... tu sais, pour
les mêmes catégories d'emploi, là, vous avez les six... Ils sont six ou sept?
Six. Donc... Alors là, déjà là, on a une possibilité, on offre aux gens la
possibilité de ne pas être syndiqués et, deuxièmement, on se donne la
possibilité, s'ils veulent se syndiquer, ce qui serait leur droit, de négocier
des conventions collectives de façon différente de ce qu'on serait tenus de
faire dans la fonction publique. C'est là... C'est là deux différences très
importantes, là.
M. Grandmont : Et donc
l'intérêt de créer l'agence, essentiellement, c'est de pouvoir offrir des
meilleures conditions, qu'on ne veut pas offrir aux employés qui sont
actuellement au ministère des Transports et de la Mobilité durable.
Mme Guilbault :
Non, c'est de... c'est de créer une organisation qui est différente. Tu sais,
les gens sont libres. Premièrement, ils sont libres de se syndiquer ou non, en
dehors de la fonction publique... bien, dépendant des organisations, en fait,
mais, dans le futur, Mobilité Infra Québec serait libre de se syndiquer ou non.
Donc, on leur offre cette possibilité-là. Et ils sont libres de travailler où
ils veulent. S'ils veulent travailler dans la fonction publique, ils
travaillent dans la fonction publique. S'ils veulent travailler chez Mobilité
Infra Québec, ils travaillent à Mobilité Infra Québec. S'ils veulent travailler
au privé, ils vont travailler au privé. S'ils veulent travailler dans un autre
palier de gouvernement, travailler au municipal, par exemple, où ils vont être
payés plus cher pour faire le même emploi, bien, ils peuvent aussi, tu sais. Alors,
c'est juste de créer des manières différentes ou des organisations différentes,
avec un climat de travail différent, avec une organisation de travail
différente, avec un fonctionnement différent, puis d'atteindre l'objectif qui
est visé.
N'oublions pas... puis, je pense, je ne
l'ai pas dit encore, là, ce serait important qu'à chaque séance... je pense, c'est
important de rappeler que les projets, les employés, les salaires, incluant les
nôtres autour de la table ici, sont financés par les fonds publics, les taxes
et les impôts des citoyens. Donc, je pense que, par respect pour les
contribuables en question, il faut souhaiter le maximum d'efficacité, à la fois
dans les travaux parlementaires mais aussi dans la réalisation des projets, qui
coûtent des centaines de millions de dollars, des milliards de dollars à nos
contribuables.
Alors, en 2024, à l'heure où on parle
beaucoup de transport collectif, où se multiplient les projets, les volontés de
projets de transport collectif à la grandeur du territoire, il faut que le
gouvernement se donne au moins la possibilité, tente le coup de créer quelque
chose de nouveau qui pourrait être le plus efficace possible pour le transport
collectif.
M. Grandmont : ...merci.
La Présidente (Mme Maccarone) :
Merci. M. le député des Îles-de-la-Madeleine.
M. Arseneau : Oui. Merci,
Mme la Présidente. Donc, on est toujours sur l'article 1, puis je vais
revenir sur certains éléments qui ont été abordés par mes collègues ainsi que
la ministre, notamment sur, je dirais, le cheminement du gouvernement auquel la
ministre a fait référence un peu.
Si je remonte... puis on en a parlé durant
les motions préliminaires, tout ce qui s'appelait agence était rejeté du revers
de la main comme étant éloigné de la... des préoccupations de la Coalition
avenir Québec et vu comme contre-productif, et ainsi de suite, nid de
favoritisme, bon, une espèce de paravent pour déresponsabiliser les élus, et
tout ça. Et ce... cette espèce d'approche là a été maintenue, à ce que je <sache...
M. Arseneau :
...les
élus, et tout ça. Et ce... cette espèce d'approche là a été maintenue, à ce que
je >sache, au moins jusqu'au début de 2022, donc à la fin du premier
mandat du gouvernement. Et j'essaie de comprendre si... Le projet de loi
n° 796 qui a été déposé, je l'avais fait, à ce moment-là, pour la création
d'une agence des infrastructures de transport du Québec, le 20 octobre
2021, la réaction du prédécesseur de la ministre actuelle avait été
essentiellement la même : Ne me parlez pas d'une agence, c'est
contre-productif.
Mais ce que... ce que je viens
d'apprendre, puis je veux juste une précision là-dessus, c'est qu'entre le
20 octobre 2021 et l'élection de 2022 il y a eu l'échec, essentiellement,
du projet de REM de l'Est, auquel la ministre a fait référence tout à l'heure.
Et là je regardais un petit peu, j'essayais de me souvenir comment ça s'était
passé. La ministre a mentionné à plusieurs reprises que CDPQ Infra s'était
retirée du projet de REM de l'Est, alors que, bon, selon les coupures de presse
de l'époque, le 2 mai 2022, sur le site de Radio-Canada, on précise que
c'est le gouvernement du Québec qui a écarté officiellement la Caisse de dépôt
et placement du Québec du projet de Réseau express métropolitain de l'Est.
Alors, juste par souci, là, d'exactitude,
est-ce que... est-ce que c'est effectivement, selon votre compréhension des
choses... c'est CDPQ Infra qui s'est retirée du projet de l'est... du projet de
REM de l'Est ou c'est le gouvernement du Québec qui a retiré le projet de REM
de l'Est des mains de CDPQ Infra, là? Juste pour rétablir les choses.
Mme Guilbault :Oui. Bien, ça, ce n'est pas moi qui étais ministre des
Transports dans ce temps-là, mais je me souviens qu'il y a un rapport qui avait
été déposé... Non, ça, c'était un rapport sur l'ARTM. En tout cas, c'est parce
que je veux juste... Tu sais, moi, je n'étais pas là dans ce temps-là, ça fait
que ce n'est pas moi qui m'en suis occupée directement à cette époque-là, mais,
au moment où moi, je suis arrivée, on avait déjà confié le... on avait déjà
retiré... Je pense que c'est ça. Il faudrait... Parce qu'il y a un rapport qui
avait été fait, là. Il y avait une mention à l'Assemblée nationale, quelque
chose. Je pense, c'était la ministre déléguée aux Transports, qui était aussi
députée... bien, députée et ministre de Montréal, là. Mais, quand moi, je suis
arrivée en octobre 2022, c'était déjà acquis que la caisse n'était plus dans ce
projet-là. Et on avait déjà mandaté le comité à quatre, là, ministère, ARTM,
STM, ville de Montréal, et on attendait leur rapport sur un nouveau projet.
M. Arseneau : D'accord. Mais,
en retirant le projet de REM de l'Est, qui semble être une motivation, là,
vraiment très, très importante de la ministre, à l'heure actuelle, pour mettre
en place l'agence, c'est... c'est là que, si je comprends bien, votre
prédécesseur ou, en tout cas, le gouvernement s'est rendu compte qu'il n'y
avait pas d'autre porteur qu'on pouvait identifier pour réaliser ce projet-là.
Et c'est là qu'a surgi cette idée, ou dans les mois qui ont suivi, cette idée
que, si on voulait réaliser un projet de transport structurant, transport
collectif structurant dans l'est de Montréal, il fallait créer de toutes pièces
une structure, ou une agence, dans le cas qui nous occupe, de toutes pièces,
parce qu'on ne trouverait pas personne pour le faire. Et le ministère, selon l'évaluation
que vous en faites, n'avait pas cette capacité-là. C'est bien ce qu'il faut
comprendre?
Mme Guilbault :Oui. Bien, moi, je suis arrivée en octobre 2022, c'est ça
que j'expliquais tout à l'heure, puis là, bien, rapidement, le constat s'est
imposé. Parce que, là, on parle beaucoup de l'est, parce que, oui, c'est
important. Et le projet de l'est, rappelons-nous, là, au départ... puis là je
ne sais plus, dans le temps, là, il y a eu beaucoup de variations de ça, mais,
au début, on parlait beaucoup de... Tu sais, il y a eu l'axe Lacordaire. Après
ça, il y a eu le... jusqu'à Pointe-aux-Trembles. Ensuite de ça, rapidement,
nous, on tenait à ce qu'on puisse prendre en compte les besoins de la couronne
nord, là, donc là... puis là il y a différents scénarios qui avaient été
évalués, Rivière-des-Prairies, Laval, toutes sortes de choses. Là, maintenant,
le dernier rapport qui a été... qui a été déposé...
• (16 h 50) •
Ce que je veux dire, c'est qu'il y avait
différentes options de ramifications qui étaient... tu sais, il y avait... il y
avait une base qui était acquise, là, pas mal, mais il y avait différentes
options de ramifications. Et, au départ, on partait du REM de l'Est, on disait
tantôt, on voulait reproduire les REM, mais là il y a eu des gros enjeux, là,
d'acceptabilité, puis c'était devenu tellement compliqué à gérer, parce que des
groupes s'opposaient, des gens s'opposaient, c'était compliqué, les relations, aussi,
avec les différents partenaires. Alors, il fallait trouver une solution. Donc,
on a fait le comité à quatre. Mais l'enjeu demeurait, l'enjeu d'insertion,
l'enjeu du meilleur tracé, du meilleur moyen, comment on fonctionne avec ça, on
va où, les achalandages respectifs, etc. Il y avait une foule de choses qui
nécessitaient d'être étudiées. C'est pour ça qu'en mettant le comité au moins
on pouvait <continuer...
Mme Guilbault :
...qui nécessitaient d'être étudiées. C'est pour ça qu'en mettant le comité au
moins on pouvait >continuer de faire des évaluations puis d'étudier des
projets, de l'achalandage potentiel sur les différents... voyons, comment tu appelles...
les prolongements, c'est ça, les différents prolongements qui pouvaient être
envisagés. Donc, on pouvait continuer quand même de documenter le projet. Ça
fait qu'on n'était pas en stagnation, au moins. Mais c'est sûr qu'on n'avait
personne pour le réaliser, à moins de remettre la caisse là-dedans. Puis là la caisse
avait déjà... était déjà partie, elle ne va pas y retourner.
Mais, en plus de ça, nous, on a aussi la Rive-Sud
de Montréal à l'esprit. Puis la caisse avait commencé une étude pour un projet
de la Rive-Sud, 2019, je pense, 2020, en tout cas... il faudrait que je voie,
je pense... à peu près 2019, mais, en tout cas, avait commencé des travaux avec...
avec... pour le... la Rive-Sud de Montréal. Puis, encore là... puis là tu
vois... vous voyez, l'année passée... C'est parce que je... On est quelle date,
là? Oui, je pense, c'est au début de cette année. C'est parce que, des fois, le
temps passe tellement vite. Dans les derniers mois, la caisse s'est
officiellement retirée aussi du projet de la Rive-Sud. Donc là, on se retrouve
avec un deuxième endroit... mais c'est que celui de l'est est plus avancé. Il y
a plus de travaux qui ont été faits sur celui de l'est que sur celui de la Rive-Sud.
Mais, pour nous, les deux rives, les deux... l'est de Montréal et la Rive-Sud,
ça va prendre des projets éventuellement. Donc, on se retrouve avec le même
constat où la caisse s'est retirée d'un projet et on n'a pas de porteur pour ce
projet-là. Donc, on ne peut pas... on ne va pas supplier la caisse de faire nos
projets parce qu'on n'a pas d'autre alternative. Pour moi, ça ne fait pas de
sens, là, puis pour eux non plus, d'ailleurs. S'ils se retirent, ils se
retirent, puis c'est parce que, bon, ils font d'autres choses ailleurs, puis
c'est correct comme ça.
M. Arseneau : Mais donc,
juste pour... pour bien comprendre, si on avait... par exemple, à Gatineau, on
a un projet de tramway, on a un bureau de projet, on a une société de transport
qui est porteuse, là, de ce projet-là. Actuellement, c'est... c'est comme ça
qu'on... C'est ce qu'on voulait faire aussi... enfin, c'était similaire un peu,
ce qu'on voulait faire à Québec. Là, maintenant, dans l'est de Montréal, on dit
que ce n'est pas l'ARTM qui peut porter ce projet-là. C'est... C'est pour... Dans
votre compréhension, c'est pour des raisons légales ou c'est pour des raisons
de mandat, tout simplement, là, qu'elle ne peut pas porter ça, ni elle, ni la
STM, ni la ville de Montréal? Est-ce que... Est-ce que c'est... c'est parce que
personne n'est habilité à le faire ou c'est l'expertise qui n'est pas là ou
l'intérêt qui manque? Juste...
Mme Guilbault :
Bien, c'est un ensemble de considérations. Premièrement, ce n'est pas dans sa
mission, effectivement, puis, deuxièmement, c'est complexe, là. Puis, quand on
parle de planifier un projet dans l'est de Montréal... puis je l'ai dit, pour
nous, ça doit inclure les couronnes nord. Les maires de la couronne nord sont
venus l'autre fois nous dire, là, bon, qu'ils sont écœurés que leurs factures
augmentent puis qu'il n'y a jamais rien de plus qui se passe. Bien, ça, c'est
un exemple que nous, la CAQ, on veut avoir un projet qui va être phasé d'une
manière où il va y avoir une desserte éventuellement pour la couronne nord. On
a déjà Deux-Montagnes, plus à l'ouest, qu'il va y avoir avec le REM actuel,
c'est bien, mais les autres aussi ont des besoins.
Donc, ça dépasse... Dès que tu sors de... du
territoire de la STM... Premièrement, ça dépasse la STM, alors, là, tu sais...
puis là c'est Exo qui est sur les couronnes, ça devient très, très compliqué,
l'ARTM par-dessus ça. Tu sais, ce projet-là de l'est, là, où tu ajoutes les
couronnes puis tu te dis qu'éventuellement aussi il va falloir s'intéresser à
la Rive-Sud... Tu sais, pour nous, en tout cas, on s'intéresse à la Rive-Sud aussi.
Ça fait que, là, tu as la RTL qui est là-dedans. Tout de suite, tu vois à quel
point ça devient compliqué. Imaginez, là, un comité à six pour planifier un
projet de transport, tu sais. Puis l'expertise pour faire ça, ça dépasse... Tu
sais, nos sociétés de transport sont... sont très bonnes pour opérer leur
transport, ils opèrent les lignes d'autobus, ils opèrent Exo... Exo opère cinq
trains de banlieue, la STM évidemment, un métro, des autobus. Tout ce monde-là
fait du transport adapté, tout ça. Bon, il y a de l'impartition aussi là-dedans,
pour certains services. Mais, bref, ils s'occupent d'une foule de choses.
Mais, planifier puis réaliser un projet
d'envergure comme le REM, il n'y a personne qui aurait pu faire ça avec
l'efficacité puis au coût... C'est 67 kilomètres, le REM, là. Ce n'est pas
pour rien qu'ils ont fait la CDPQ Infra. Les libéraux, ils ont quand même fait
une couple de bonnes affaires. Puis le REM, ça, c'était une bonne idée, la CDPQ
Infra puis le REM, ça a été capable d'aller vite. Heille! imaginez, là, qu'on
aurait commencé avec un comité avec je ne sais pas combien de personnes, en
2018, 2017, à parler d'un REM. On serait encore en train juste de faire des
réunions, je suis sûre, en 2024, tu sais, alors que là on a une branche qui est
en fonction.
Bref, il faut reproduire ce genre
d'efficacité là mais que tout le monde y ait droit, pas juste l'ouest de
Montréal. Actuellement, c'est ça, l'affaire. Là, on va le faire à Québec, on va
commencer un projet à Québec avec... avec la caisse. Donc... Donc, on va
bénéficier, encore une fois, de l'efficacité, de l'agilité de la caisse, en
plus de son expérience, parce qu'ils ont déjà fait celui de
Montréal, donc, tu sais, ils sont habitués, les équipes qui travaillent, et
tout. Alors, bref, c'est <bon...
Mme Guilbault :
...de Montréal, donc, tu sais, ils sont habitués,
les équipes qui travaillent, et tout. Alors, bref, c'est >bon, mais on
ne peut pas... on ne peut pas se condamner à dépendre systématiquement d'eux à
jamais. En tout cas, nous, c'est ce qu'on pense, au gouvernement.
M. Arseneau : Là, je suis
d'accord sur la question de... du statu quo qui n'est pas garant d'un avenir
plus efficace et prospère en matière de construction et de mise en place de
réseaux de transport structurant. Mais je voulais juste valider la question, à
savoir si le comité des quatre auquel vous avez fait référence... Est-ce que la
question, justement, de la planification, et de la réalisation, et de la mise
en opération d'un système de transport structurant vers l'est jusque dans les
couronnes de Montréal... est-ce que ça... couronne nord, est-ce que ça a été
discuté à ce moment-là? Est-ce que... La conclusion à laquelle vous en venez
aujourd'hui sur l'idée qu'il faut créer de toutes pièces un porteur de projet,
est-ce que les partenaires du gouvernement du Québec, à l'époque, en
convenaient également, qu'aucun de ces partenaires-là ne pouvait être habilité,
si l'on décidait de lever la main, avec des pouvoirs qui seraient
correspondants, évidemment, à CDPQ Infra? Parce que CDPQ Infra n'a pas réalisé
son projet de 67 kilomètres, comme vous le mentionniez, de façon assez
rapide simplement parce qu'elle a des tours de magie dans son chapeau. On lui a
octroyé des pouvoirs extraordinaires pour pouvoir réaliser le projet de façon
ultrarapide, et c'est ce qu'on s'apprête à faire également avec l'agence.
En d'autres mots, est-ce que c'est une
question d'organisation en tant que telle ou est-ce que c'est une question de
pouvoirs accordés à une instance qui peut, justement, avancer sans avoir toutes
les barrières qu'on impose, par exemple, en matière d'expropriation, par
exemple, aux villes ou aux sociétés de transport? Mais ma question principale,
c'est...
Mme Guilbault :C'est ça, parce que, je pense, j'ai perdu le fil de la
question, là.
M. Arseneau : Bien, je
reviens... Oui, effectivement. Mais j'élaborais un peu, mais, pour revenir à la
question principale, les... le comité des quatre, est-ce qu'il convenait qu'il
fallait trouver un nouveau porteur puis il disait : Bien, créons une
agence rapidement, ou il y a... il y a d'autres discussions et d'autres options
qui ont été envisagées ou... et éliminées dans... dans la réflexion?
Mme Guilbault :Mais je veux juste faire une précision. La caisse,
effectivement, a eu des moyens extraordinaires. On avait fait un projet de loi,
à l'époque, pour le REM. Et, quand je dis... quand je parle de Mobilité Infra
Québec, je dis toujours qu'on veut s'inspirer de la caisse, mais ça ne sera pas
nécessairement exactement la même chose, là, parce que, tu sais, on demeure
avec la LCOP, et tout ça.
Et le comité des quatre... Mais c'est que
le comité des quatre... là, je n'ai pas le mandat de l'époque sous les yeux,
là, mais, quand la... quand on a retiré le projet... quand la caisse a cessé de
travailler sur le projet et qu'on a confié ça à ce comité-là, il a dû... ce
n'était pas moi le ministre, là, donc, je ne sais pas, il devait y avoir une...
j'imagine, un mandat qui a été rédigé ou un mandat qui a été... qui a été
donné, et on était encore loin de la réalisation.
Alors, à la... à la question : Est-ce
qu'un des quatre ou les quatre ont dit que ça prenait une agence?... Bien,
premièrement, je ne suis pas dans leur tête, ça fait que je ne peux pas dire ce
qu'ils ont dit ou qu'ils n'ont pas dit ou pensé ou pas pensé. Mais,
deuxièmement, c'est que leur mandat n'était pas dans la réalisation, c'était de
continuer... c'était de reprendre, finalement... peut-être pas du début, mais
presque du début. Parce que, tu sais, le fait est que la caisse avait quand
même fait des études, et tout ça, qu'on a rachetées, étant donné que... dans
l'entente-cadre, c'est comme ça. Si, finalement, la caisse ne réalise pas ton
projet, tu peux racheter les études pour le... puis, tu sais, tu compenses,
finalement, pour le travail qui a été fait.
• (17 heures) •
Bref, alors, on a racheté ces études-là.
Et donc le comité des quatre est parti de ces études-là pour faire son travail.
Ça fait que l'idée, c'était de reprendre ça, parce qu'au départ c'était... pour
le REM, il y avait... il y avait des enjeux d'acceptabilité, là, il y avait des
enjeux d'insertion à certains endroits, des gens se plaignaient, et tout ça. Ça
fait que ça a donné ce que ça a donné. Alors là, il a fallu procéder autrement.
Et donc ils sont partis de ces études-là qui avaient déjà été faites par la
caisse. Donc, ils partaient avec un... une certaine documentation. Puis l'idée,
c'était de travailler sur un nouveau scénario de projet qui répondrait mieux,
disons, à des enjeux d'acceptabilité sociale et d'insertion urbaine notamment,
à Montréal.
M. Arseneau : OK. Mais je
comprends que la ministre ne puisse pas expliquer le... comment ça s'est passé
au sein du comité puis parler pour les autres partenaires. Ça, on n'ira pas
plus loin là-dessus. Mais, encore une fois, moi, j'essaie de voir comment on a
pu cheminer, dans l'espace de six à huit mois, sur une idée qui, au départ,
était décrite comme étant...
17 h (version révisée)
M. Arseneau : ...passe de six
à huit mois sur une idée qui, au départ, était décrite comme étant
contre-productive, on va dire ça comme ça, pour arriver à la solution
absolument essentielle, et j'ai une dernière question là-dessus, est-ce que... Puis
je ne suis pas contre la création d'une agence, là, je vous rassure là-dessus.
Est-ce qu'on a quand même... Parce qu'on a entendu des propos dans les
audiences, dans les consultations particulières, certains disaient : Bien,
si une agence est nécessaire, voici... Et tout le monde n'était pas
nécessairement convaincu que l'agence était la seule façon de faire, notamment
les ingénieurs de... <i>l'association des ingénieurs du ministère, qui...
qui nous disait qu'en fait ils n'avaient peut-être pas les ressources, mais il
n'était pas exclu qu'on puisse doter le ministère de ressources.
En d'autres mots, et d'autres l'ont
mentionné, est-ce que la possibilité de doter le ministère de l'expertise pour
réaliser ce type de projet là, mais à l'intérieur même du ministère... est-ce
que ça a été exploré, étudié puis ensuite mis de côté ou ça n'a jamais été
considéré, à l'intérieur même du ministère, de développer cette division
réalisation de projets structurants de transport collectif? Est-ce que ça a été
exploré?
Mme Guilbault :Bien, j'ai déjà abondamment répondu à cette question-là qui
a été... qui a été posée par le député de Taschereau, dans le sens où j'ai
expliqué la raison pour laquelle... j'ai expliqué la raison pour laquelle on a
privilégié la création d'une équipe en dehors du ministère, pour une question
de culture organisationnelle, pour une question d'attractivité, d'agilité, de
possibilité aussi de fonctionner différemment par rapport... Éventuellement, s'il
y avait syndicalisation, parce qu'ils pourraient... il y aurait la possibilité,
au moins, de ne pas se syndiquer, ce qui n'est pas le cas, dans la fonction
publique, pour certaines... pour les catégories dont il est question à l'article 48.
Donc, pour toutes ces raisons-là, on a
choisi de le faire en dehors, mais juste pour revenir... Le comité des quatre,
peut-être qu'on peut contourner... parce que personne ne veut mettre des
paroles dans la bouche de personne, mais peut-être la meilleure réponse pour
contourner le fait de prêter des pensées ou des paroles à quelqu'un, c'est que,
si je prends les quatre en question, ils sont tous venus en commission ici... bien,
en fait, un des quatre, c'est le ministère.
Je pense, c'est acquis que le ministère
est pour le projet de loi, et les trois autres sont tous venus en auditions
particulières et ils étaient tous pour, même l'ARTM. C'est sûr que l'ARTM avait
la sensibilité de dire... l'ARTM a déjà son propre mandat, et tout ça, et donc
la sensibilité de dire : Nous, on veut continuer d'avoir notre mot à dire
pour les projets dans le Grand Montréal, et tout ça, puis ça tombe sous le
sens. Puis d'ailleurs c'était la même chose pour la STM puis la ville de
Montréal, mais la STM et la ville de Montréal, les deux étaient en faveur de
Mobilité Infra Québec, et l'ARTM aussi, le ministère aussi. Donc, les quatre,
bref, sont en faveur du projet de loi dans le comité des quatre.
M. Arseneau : Mais vous avez
fait... la ministre a fait référence tout à l'heure au fait que le Québec n'était
pas plus... n'était pas... n'avait pas des défis moins grands ou, en tout cas,
n'était pas plus bête que les provinces de l'Ontario ou de la
Colombie-Britannique, qui avaient ce type de structure, là, qui est existante,
mais, encore une fois, ces structures-là ne sont pas nées d'hier non plus.
Donc, ce modèle-là, il existait même au moment où on semblait miser uniquement
sur CDPQ Infra.
Donc, il y a eu quelque part une
révélation, j'imagine, là, parce que le modèle ontarien, le modèle de Colombie-Britannique
existaient lorsque le gouvernement continuait de critiquer le fait qu'on
pourrait imaginer la création d'une agence, puis d'une agence globale, en
matière de mobilité tous azimuts. Mais donc j'essaie encore de comprendre l'évolution
de la pensée du gouvernement à cet égard. Cela dit, j'aimerais aborder un
aspect très, très pratico-pratique parce que je ne veux pas l'échapper. Je ne
sais pas combien il me reste de temps.
La Présidente (Mme Maccarone) : 10
min 20 s.
M. Arseneau : 10 minutes? C'est
une agence qui, selon les propos qu'on vient d'entendre, peut être évolutive.
La ministre a mentionné qu'elle ne voulait pas restreindre le mandat. Et est-ce
que c'est la même chose concernant, par exemple, l'équipe de travail? On a
mentionné que, je ne me souviens plus du chiffre, c'est entre 40, 45, 50
employés, mais on a pu lire dans les journaux qu'à terme, d'ici trois ans
environ, ce pourrait être 400 personnes, et, évidemment, si on ouvre la <porte
à l'idée qu'on réalise...
M. Arseneau :
...ce pourrait
être 400 personnes, et, évidemment, si on ouvre la >porte à l'idée
qu'on réalise des projets complexes en matière routière ou autoroutière, on
peut imaginer que ce sera encore davantage. Il y a quand même
8 000 fonctionnaires au ministère des Transports. Alors, est-ce qu'on
peut avoir des informations sur ce qu'on envisage? Est-ce qu'en d'autres mots,
à plus ou moins long terme... est-ce que l'agence est appelée à bouffer
complètement les ressources du ministère du Transport et de la Mobilité durable
ou, pire encore, à les dédoubler? Est-ce qu'on a une idée de ça? De 40 à
8 000, on a quand même une marge, là.
Mme Guilbault :Oui... non... bien, non, elle ne va pas dédoubler, mais je
veux revenir au début de sa question. Mon collègue disait... je ne sais plus
comment il l'a dit, là, mais, tu sais, en tout cas, en voulant dire : À un
moment donné, on s'est aperçus que, là, juste miser sur la caisse, ça ne
fonctionnait pas, mais c'est exactement ça, il a parfaitement raison, c'est ça
que j'expliquais tout à l'heure à un autre de mes collègues qui a posé des
questions, c'est la caisse... Puis, en fait, avant de créer la CDPQ Infra en
2015, on n'avait jamais rien fait d'autre que le métro comme projet
d'envergure. Bien, il y a le <i>SRB, là, qui avait commencé en 2013, je
pense, un peu... 2009, je pense, bref, en tout cas, mais le SRB, tu sais, oui,
c'est complexe, mais ce n'est pas... ce n'est pas des rails, ce n'est pas...
Bon, à part le métro, on n'en avait pas.
Donc, le prochain qui a été fait, c'est
avec la... c'est le REM, et là le gouvernement libéral, puis, encore là, je
n'étais pas dans ce gouvernement-là, probablement, s'est dit : On veut un
projet d'envergure de transport collectif structurant dans l'ouest de Montréal,
et ils ont créé la CDPQ Infra. Donc, c'était la première fois qu'on se donnait
des nouveaux moyens, qu'on voulait un nouveau projet d'envergure, et on a créé
une filiale à la Caisse de dépôt parce que, probablement, d'instinct, on s'est
dit : Ça ne marche pas dans le gouvernement, on n'a pas cette
expertise-là, c'est trop nouveau, puis tout ça. Et on l'a fait, et ça a bien
fonctionné, ça fonctionne bien. On est en train de le mettre en fonction, le
REM.
Et là, après ça, donc, on est arrivés,
nous. On voulait un projet dans l'est de Montréal, la CAQ, parce que nous, on
s'intéresse à l'est de Montréal, à la Rive-Sud de Montréal, à la couronne nord.
Et donc, là, la caisse avait déjà l'expertise, avait déjà fait un projet dans
l'ouest. Alors, on s'est dit : Allons-y avec la caisse aussi, et puis pour
la Rive-Sud aussi, mais on a été confrontés à la réalité du fait que, si, pour
toutes sortes de raisons, la caisse ne peut pas ou ne veut pas faire un projet,
là, on tombe un peu dans le néant et on n'en a pas, d'autres instances avec
cette capacité-là.
Donc, c'est exactement ce que le député
décrit, là, c'est exactement ça, la réalité des choses, parce que tout ça est
nouveau. Ça a commencé en 2015. Le REM a été... la construction a commencé en
2017-2018 à peu près, puis on est arrivés en 2018, justement. Ça fait que, imaginez,
on venait de commencer à construire le REM, alors, tu sais, le temps de dire :
Bon, bien, parfait, la caisse, ça a l'air de bien fonctionner, le REM, on va
l'essayer dans l'est. Finalement, des enjeux d'acceptabilité, toutes sortes
d'enjeux puis la Rive-Sud...
Alors, c'est à l'usage qu'on est capables
de le savoir, parce que, quand tu places la ligne du temps, la caisse est
arrivée en 2015, a commencé à construire en 2017-2018, en même temps que la CAQ
est arrivée. Alors, tu sais, on ne pouvait pas prédire ce qui allait arriver.
Donc, à l'usage, on a vu que, là, finalement, des fois, on pouvait être
confrontés à certains défis et qu'en l'absence de la CDPQ Infra on était un peu
dépourvus. Alors, il fallait réagir et il fallait... bien, réagir et, ensuite,
agir, et c'est ça qu'on fait en ce moment.
Pour ce qui est du dédoublement, bien,
non, parce que je l'ai dit et je le redis, l'expertise, elle n'existe pas,
actuellement, dans le ministère des Transports, donc il n'y a pas de
dédoublement. On crée quelque chose de nouveau en complément.
M. Arseneau : Mais on
n'exclut pas de faire des projets routiers ou autoroutiers, mais ça, ce
seraient des ressources qui n'existent pas actuellement dans le ministère.
C'est ce que je dois comprendre?
• (17 h 10) •
Mme Guilbault :Non, mais ce que j'ai dit, c'est... Encore une fois, j'ai
répondu tout à l'heure à ces questions-là. En ce moment, là, la raison pour
laquelle on crée Mobilité Infra Québec, c'est pour faire des projets de
transport collectif, mais j'ai expliqué tout à l'heure que je pense que c'est
sain pour le législateur ou, en tout cas, du moins, pour nous, le gouvernement,
dans le projet de loi qu'on propose, puis j'espère aussi pour le législateur...
c'est sain de donner dans les lois des marges de manœuvre au gouvernement, peu
importe c'est qui, le parti politique qui est au gouvernement, là, et de ne pas
devoir revenir toujours en commission parlementaire modifier une loi si tu veux
faire simplement quelque chose de différent. On ne parle pas de revoir... une
refonte de fond en comble d'une loi, évidemment, mais...
Puis je donnais l'exemple du projet de loi
sur la sécurité routière qu'on a fait, le dernier projet de loi qu'on a fait. Pour
ceux qui étaient présents, il y avait des demandes d'être très... d'être très
précis dans des libellés d'articles de loi, de préciser des technologies en <particulier,
de préciser des choses...
Mme Guilbault :
...des libellés d'articles de loi, de préciser des
technologies en >particulier, de préciser des choses, et moi, je disais :
Soyons plus général pour que toutes les... Toutes les demandes ou tous les
exemples qu'on nous fournit ou qu'on nous demande, est-ce que ça va être
possible de mettre ça? Est-ce que ça va être possible d'utiliser ça? Ce
serait-tu possible, telle affaire? Justement, on veut donner une marge de
manœuvre pour que... Puis là je prends toujours mon exemple de la sécurité
routière, si on veut mettre une caméra sur un autobus, si on veut mettre un
nouveau feu piéton, si on veut mettre ça, mettre ça, ça va être possible. On
n'aura pas besoin de venir changer des lois puis des règlements à chaque fois.
Donc, je transpose la même volonté d'avoir
une marge de manœuvre dans la mission. Tu crées une nouvelle... une nouvelle
équipe pour faire des projets de transport complexes parce que ça va être ça,
la mission. On va y arriver à l'article 4. Alors, moi, je ne vois pas
l'intérêt... Puis je le disais un peu à la blague, mais, en même temps, je
pense que ça va se produire, au-delà de faire un plaidoyer contre le troisième
lien, quel serait l'intérêt de venir proscrire des projets routiers ou de venir
prescrire absolument du transport collectif? Il y a absolument... En quoi ce
serait préjudiciable pour le transport collectif d'avoir une mission plus large
qui inclut, sans pour autant s'y limiter, le transport collectif? Moi, je ne
vois pas le problème là-dedans. Au contraire, je trouve que c'est sain.
M. Arseneau : D'aucuns pourraient
dire que plus la mission est large, moins elle est précise et plus elle risque
d'empiéter sur la mission d'autres organisations, dont le ministère lui-même,
qui a déjà la capacité de développer des projets routiers et autoroutiers.
Alors, je veux juste soumettre le fait qu'il est possible qu'on voie
l'élargissement d'un mandat... dans l'élargissement d'un mandat, une certaine
confusion. C'est la raison pour laquelle on va sûrement revenir là-dessus, sur
la définition de la mission de l'organisation, mais je veux revenir sur la
question des ressources. Actuellement, comme information, on a 40 à 45,
peut-être bien une cinquantaine d'employés. Est-ce que le chiffre de 400 d'ici
trois ans, il est déjà avéré? Est-ce qu'il est déjà présent dans votre tête que
ça va être ça, là, un bureau... le gros bureau de projet dont on parle, là,
d'ici trois ans, c'est plusieurs centaines de personnes?
Mme Guilbault :Non. Bien, ça aussi, j'ai déjà répondu à une précédente
question, exactement cette question-là, précédemment, un peu plus tôt
aujourd'hui, que ça, c'était dans un document de travail qui a circulé, je ne
sais plus exactement, dans les médias ou... Je ne me rappelle même pas, là,
mais il y a eu tellement de documents qui ont circulé avec tellement de
projections sur diverses choses, mais, dans les faits, la seule certitude qu'on
ait en ce moment, c'est qu'on va devoir, premièrement, adopter la loi,
deuxièmement, nommer un ou une PDG, qui, lui ou elle, va monter ses équipes.
Et l'agilité que j'évoquais tout à
l'heure, là, la possibilité d'avoir une agilité dans la gestion de tes
ressources humaines permet d'avoir les bonnes équipes au bon moment pour le bon
projet, conformément aux mandats qui vont être confiés, parce que, si on
reprend comment ça va fonctionner, Mobilité Infra Québec, le gouvernement va
lui confier des mandats, et donc, selon les mandats qui sont confiés, selon
l'avancement, selon... puis c'est un autre... une autre chose que je disais. Actuellement,
si tu multiplies les bureaux de projets puis que tu paies x ingénieurs... Parce
que c'est le gouvernement qui paie les bureaux de projets, là. Le bureau de
projet de la ligne bleue, on paie ça, bureau de projet de l'Outaouais, on en paie...
bureau de projet de la...
Tu sais, alors, au lieu d'avoir un... x
ingénieur, à chaque bureau de projet qu'on finance, qui travaille sur son
projet, en ayant une équipe nationale, un même ingénieur ou une même équipe
pourrait travailler sur plus d'un projet en même temps. Puis, encore là, je ne
vais pas me substituer au futur PDG, il va gérer ses affaires, sauf que c'est
évident que c'est rentable et que c'est logique d'avoir des équipes nationales
qui sont capables d'avoir la vision nationale et qui pourraient être capables
de travailler sur plus d'un projet en même temps au lieu qu'on soit comme en
silo un peu partout, ville par ville.
M. Arseneau : J'essaie de
comprendre comment ça pourrait fonctionner, puis ce n'est pas si simple que ça,
sur la base des informations qu'on a pu obtenir de la part de ceux qui sont
venus nous rencontrer dans les consultations particulières. Je pense, par
exemple, aux gens de l'Outaouais, là, de Gatineau et du bureau de projet,
notamment, de mémoire, ils étaient plus d'une centaine au bureau de projet de
Gatineau pour la réalisation du projet. Ici, à Québec, il y a un bureau de
projet aussi qui avait des dizaines et des dizaines de membres jusqu'à ce qu'il
soit, là, mis un peu en veilleuse.
Alors, j'aimerais comprendre comment on
entrevoit l'avenir. Si on a un bureau national d'une quarantaine de personnes,
ça ne peut pas remplacer un bureau local de 125 personnes en Outaouais
puis 150 à Québec, à moins que ce soit selon l'envergure et le nombre de
mandats des équipes qui sont extensibles, puis plus il y a de projets, plus on
embauche, puis plus les projets se réalisent, bien, plus on <remercie les
employés...
M. Arseneau :
...de
projets, plus on embauche, puis plus les projets se réalisent, bien, plus on >remercie
les employés. J'essaie de comprendre aussi parce que j'ai moi-même posé la
question aux responsables du bureau de projet de Gatineau, s'ils imaginaient
qu'en travaillant... en ayant un mandat pour le développement d'un projet de
transport collectif, de tramway plus spécifiquement, à Gatineau, ils étaient...
en fait, ce serait possible d'imaginer qu'ils travaillent aussi en même temps
sur un projet à Sherbrooke, puis, la semaine d'après, qu'ils travaillent
davantage sur Québec, puis qu'ensuite... qu'ils butinent d'un projet à l'autre.
Est-ce que cette façon d'imaginer un
bureau de projet est réaliste ou est-ce qu'il s'agit d'un bureau de projet
central avec des équipes locales ou régionales pour chacun des projets jusqu'à
ce qu'ils se réalisent? C'est ça que j'essaie de comprendre, parce que l'idée
du partage de ressources me semble peu plausible. Quand on voit les opérations
des bureaux de projets actuels, où ils semblent en avoir véritablement plein
leur table à dessin juste avec un seul projet à réaliser, comment pourrait-on
les ramener au bureau national, puis qu'ils travaillent sur trois projets en
même temps? Je n'arrive pas à saisir comment ce modèle-là... Est-ce que ce
modèle-là existe ailleurs? Est-ce que c'est importé de Colombie-Britannique,
d'Ontario ou d'ailleurs? Parce que je n'arrive pas à imaginer comment on
pourrait fonctionner de cette façon-là, en ayant de multiples projets à faire
avancer en même temps dans une équipe restreinte.
Mme Guilbault :Bien, c'est comme j'ai expliqué tout à l'heure puis, encore
une fois, là, j'y reviens, il va y avoir un ou une PDG qu'on va choisir pour
diriger cette agence-là, qui va être une personne compétente pour...
évidemment, qui va être compétente pour... pour faire ce travail-là et qui va
monter ses équipes en fonction des besoins. Donc, je... En fait, je pense que
je ne comprends pas ce que le collègue ne comprend pas, dans le sens où c'est
comme n'importe quelle organisation qu'on crée. Il y a un PDG. On monte des
équipes. On reçoit des mandats. En fait, ce n'est pas comme n'importe quelle
organisation. Celle-là va recevoir des mandats du gouvernement et va être
capable d'ajuster son organisation, ses RH, et tout ça, ses... Comment on
appelle ça, maintenant, les ressources humaines? Le capital valeur culture, je
pense?
Une voix : ...
Mme Guilbault :Capital humain culture. Elle va pouvoir ajuster son capital
humain culture en fonction des besoins et de la charge de travail.
M. Arseneau : Donc, il y aura
une équipe qui... qui sera constituée, une équipe de base, et elle pourra être
élargie en fonction des projets et restreinte lorsque les projets, par exemple,
seraient terminés, c'est ça qu'il faut comprendre, sur une base régionale. Une
fois un projet terminé, par exemple, à Gatineau... Par exemple, si Gatineau
était la responsabilité de l'agence Mobilité Infra Québec, une fois que le
projet est réalisé, l'équipe de... plus spécifique pour le projet de Gatineau
est démobilisée ou travaille sur un autre projet? C'est que... dans votre
esprit, c'est qu'on les reclasse ailleurs ou...
Mme Guilbault :Bien, c'est tributaire des mandats qui vont leur être
confiés, pensons... Moi, je dis toujours que, pour moi, l'est de Montréal,
c'est pressant parce que, là, en ce moment, on a besoin de confier ce mandat-là
à quelqu'un. J'ai parlé tout à l'heure de la Rive-Sud de Montréal, tu sais,
parce que tout ça, ça dépasse... c'est ça que... parce que tout ça, je l'ai dit
plus tôt, là, en début de commission, cet après-midi, là, mais ça dépasse
l'actuel mandat, ça dépasse le gouvernement de la CAQ, ça dépasse un projet, ça
dépasse une ville, c'est de donner au Québec les moyens... et là mon collègue
va aimer ça, là, je l'ai dit tout à l'heure, c'est de donner au Québec les
moyens d'être souverain dans le développement de son transport collectif sur
l'ensemble de son territoire.
• (17 h 20) •
Donc, moi, la façon dont je vois ça, oui,
il y a le projet de l'est, mais c'est... Quand tu es capable d'avoir la vision
nationale puis une espèce de séquence... Tu sais, le projet de l'est, j'en
parlais, ça ne se fera pas du jour au lendemain, ça, là, ça va se faire par
phases fort probablement. Ce n'est pas moi, l'ingénieur qui va s'occuper de ça,
mais on peut penser que ça va se faire par phases. Tu sais, tu as une portion
sur l'île de Montréal et tu as des portions de l'autre côté de la rivière. Tu
sais, un peu comme le projet CITÉ qui a été déposé par la caisse à Québec, il
est phasé en trois phases, trois ou quatre phases. Donc, alors, tout ça, ça
s'échelonne dans le temps, puis là... puis ça, c'est un projet.
Alors, si tu ajoutes éventuellement... Il
pourrait y avoir un autre mandat pour un autre projet. Je donne l'exemple de la
Rive-Sud de Montréal. Il pourrait y avoir un autre projet sur... en Estrie. Il
pourrait y avoir un autre projet... Là, le collègue me parle de l'Outaouais, pour
l'instant, l'Outaouais semble vouloir le faire eux-mêmes, mais, comme je
disais, il y a un article dans la loi qui vient protéger les projets déjà en
cours s'ils veulent continuer de le faire eux-mêmes. Il pourrait y avoir
d'autres projets à Montréal. La STM et la ville de Montréal sont en faveur de
Mobilité Infra Québec. Tu sais, à la STM, en ce moment, ils sont très occupés
avec le <prolongement de la ligne bleue puis le prolongement...
Mme Guilbault :
...ils sont très occupés avec le >prolongement
de la ligne bleue puis le prolongement du SRB Pie-IX.
Donc, ça ne veut pas dire... Tu sais,
puis, encore là, en collaboration avec les villes, Mobilité Infra Québec
pourrait aussi être utile pour... Tu sais, quand je parle du projet de l'est de
Montréal, l'est de Montréal, théoriquement, c'est dans le territoire de la STM,
mais pourtant la STM, je pense, serait bien heureuse que Mobilité Infra
s'occupe enfin de ce projet-là, puis éventuellement il pourrait y avoir
d'autres projets aussi. Laval était en faveur.
Tu sais, alors, c'est... je trouve que
c'est réducteur de dire : Là, il faut s'assurer que ça, ça va être utile
parce que, là, il va y avoir tant d'employés pour tel projet, puis, au-delà de
ça, on ne sait pas trop ce qui va arriver. Si on veut le développer, tu sais,
c'est la poule ou l'œuf, à un moment donné, il n'y aura jamais de projet s'il
n'y a pas de personnes pour être capables de faire des projets, puis tout le
monde va se succéder ici, à l'Assemblée, en venant dire : Comment ça qu'il
n'y a pas de projet dans tel coin? Mais parce que jamais personne ne s'est
occupé de se donner les moyens, puis la caisse ne le veut pas, puis, en ce
moment, c'est ça, si la caisse ne peut pas ou ne veut pas, on n'a pas de moyen
de le faire. C'est ça qui n'a pas de bon sens pour nous, parce que la caisse
n'a pas de mission de service public, de la même façon que le gouvernement,
bien que ce soit une très bonne chose.
Mon collègue de Nelligan... Ici, je le dis
souvent, le REM est en train de se faire, sauf que, dans la vraie vie, la caisse
ne peut pas faire tous les projets du Québec, et il faut qu'on puisse en faire
aussi. Il faut qu'on puisse les contrôler nous-mêmes, au gouvernement, et c'est
ces moyens-là qu'on se donne, c'est au-delà de notre petite personne, c'est
au-delà de la députée de Louis-Hébert, c'est au-delà de la CAQ, c'est les
moyens, pour le Québec, de prendre le contrôle du destin du transport collectif
chez nous.
M. Arseneau : Mais en fait je
vois qu'on a... on a chacun notre façon... parce qu'il y a la poule et l'oeuf,
je ne sais pas qui est la poule, qui est l'oeuf, mais il y a une question
d'organisation, et actuellement on essaie de se projeter dans l'avenir en
disant : Si j'ai un ministère des Transports qui compte, selon... au
dernier décompte, plus de 8 000 personnes, 8 000 employés, ces
gens-là ne sont pas mobilisés ou démobilisés, donc, remerciés, réembauchés, et
tout ça, au gré des projets d'infrastructure puis de la gestion du réseau, et
tout ça. Il y a une équipe qui est relativement stable, j'imagine, là, en tout
cas, aux alentours de plusieurs milliers de personnes.
Là, on crée une nouvelle entité, puis ce
qu'on veut tout simplement savoir, c'est : Si on se projette dans l'avenir,
est-ce que ça va suivre le modèle actuel, qui est celui de constituer un bureau
de projet, réaliser un projet et faire disparaître le bureau de projet puisque
sa mission est accomplie? Est-ce que ça va être ça ou ça va être une portion
annexe au ministère des Transports, qui a ses ressources permanentes annuelles
et, pour des dizaines d'années, qui va développer une infrastructure et qui va
devoir réaliser l'ensemble des projets? Si tel est le cas, ils compteront
sûrement des centaines de personnes puisqu'il y a des centaines de personnes
déjà mobilisées sur des projets très sectoriels. Sinon, c'est une équipe
restreinte avec des travailleurs, disons, temporaires, pour une période d'un
an, deux ans, 10 ans, et ensuite qui ont terminé leur mandat.
Vous comprenez... est-ce que vous
comprenez le fondement de la question à l'heure actuelle? C'est-à-dire que,
s'il y a des projets, il y a du travail, s'il n'y a pas de projet... Puis,
comme la ministre le dit souvent : Il n'y a pas d'argent, il n'y a pas de
projet. S'il n'y a pas de projet, est-ce qu'on paie des employés pour
travailler sur des projets qui n'existent pas ou pour lesquels on n'a pas
d'argent? La question me semble légitime, parce qu'on nous dit qu'il y aura 40
à 50 personnes puis on dit que le 400, ça a été évoqué, mais on ne sait
pas. Moi, j'essaie juste d'imaginer... Est-ce qu'on va créer une agence qui va
être dotée d'un personnel régulier, compétent, expert, de 50 personnes ou
de 500 à 1 000 personnes, et qui vont travailler en continu sur une
multitude de projets, et qui vont être... qui vont suffire à la demande pour
réaliser tous ces projets-là en parallèle parce que, selon la ministre, ils
vont travailler sur un projet et sur un autre, ce qui nous permettrait d'avoir
des gains de productivité, j'imagine?
Mme Guilbault :Oui, bien, c'est... bien oui, il va y avoir différents
bureaux de projets. L'agence, même, des fois, je l'ai déjà dit, il faut la voir
comme une espèce de suprabureau de projet où, là, il va y avoir, oui, des
bureaux de projets, dans le sens... des équipes attitrées à des projets, mais la
volume... le volume et la teneur du travail vont être tributaires des mandats
qui lui sont confiés, mais ça va être comme une espèce de suprabureau de projet
du gouvernement au lieu d'en financer à gauche, à droite, partout, et, oui, ça
permet...
Puis là ma collègue me dit... En tout cas,
parce qu'il va y avoir un CA aussi. Évidemment, on n'en a pas parlé, mais on va
y arriver dans des articles plus loin, donc, vous voyez : «Le conseil
d'administration doit, en outre des comités qu'il doit constituer en vertu de
la Loi sur la gouvernance des sociétés d'État, constituer un comité de gestion
du portefeuille des projets complexes de transport qui exerce notamment les
fonctions suivantes : effectuer le suivi des différentes... les activités
des différents bureaux de projet, gérer le portefeuille des projets pour
optimiser la gestion de ceux-ci.»
Donc, on est en plein là-dedans, là, ça,
c'est <l'article 18, si mon collègue veut s'y référer...
Mme Guilbault :
... on est en plein là-dedans, là, ça, c'est >l'article 18,
si mon collègue veut s'y référer. Donc, ça, c'est... ça, c'est un mandat qui
incombe au CA, mais je parlais du PDG. Donc, évidemment, le PDG et le CA
travaillent de près, et la constitution des équipes... parce qu'on part de
zéro, donc la constitution des équipes, la constitution de l'effectif va se
faire en fonction des besoins, et donc des projets qui sont confiés, mais, tu
sais, après ça, c'est que, là...
Tu sais, vous voyez, imagine... moi,
malheureusement, j'ai l'impression qu'à l'automne 2026 ce ne sera plus moi, la
ministre des Transports, ou peut-être que je le serai encore, je ne sais pas,
mais les gens changent, tu sais. Éventuellement, ça ne sera plus nous, les
députés de nos... Les choses changent, mais donc les différents mandats qui
vont être attribués au fil du temps... On ne le sait pas, dans 20 ans, qui sera
au gouvernement, puis on sera rendus où dans les mandats, parce que ça prend du
temps, faire des projets de transport collectif, là. Tu sais, ça peut prendre
10 ans, faire le... Ça va prendre combien de temps, faire le REM? Bon, en tout
cas, peut-être autour de 10 ans, tu sais, au minimum.
Alors, il va y avoir non seulement
différents mandats qui vont être attribués, mais fort probablement aussi du
chevauchement. Tu sais, si on donne un mandat, mettons, x dans le temps pour
prévoir un projet dans l'est puis sur les couronnes nord, qui va être phasé sur
un certain nombre d'années, puis, éventuellement, après ça, on donne un mandat,
par exemple, sur la Rive-Sud, donc un nouveau bureau de projet, bien, en même
temps, tout ça est chapeauté par la même entité, ce qui est, quant à moi,
beaucoup plus efficace, puis je disais : Regardez, avec le CA, le comité
des des suivis des différents bureaux de projets, c'est pas mal plus efficace
de centraliser ça puis de faire le suivi au sein même du CA de Mobilité Infra
Québec, qui relève du gouvernement, que d'avoir toutes sortes de structures
dans les différents bureaux de projets ou dans les différentes sociétés de
transport aux municipalités, selon...
M. Arseneau : J'ai une
dernière...
Mme Guilbault :
...ou à la caisse, des fois.
M. Arseneau : Bien, j'ai une dernière
question, justement, sur la Caisse de dépôt et placement, enfin, CDPQ Infra, quand
on dit... Et la ministre l'a mentionné à plusieurs reprises, on ne peut pas se
fier uniquement à CDPQ Infra pour réaliser les projets de mobilité ou les
projets complexes qu'on... qu'on souhaite réaliser au cours des prochaines
années. Est-ce que, justement, son impératif de rendement... est-ce que son
modèle d'affaires intervient dans la réflexion gouvernementale? Parce que vous
n'êtes pas sans savoir que, même si le projet qui a été réalisé à Montréal, le <i>REM
de l'Ouest... même s'il a été réalisé, donc, dans un délai quand même assez
court, aujourd'hui, les critiques sont nombreuses sur le modèle d'affaires qui
a pour effet de drainer une part importante, certains disent une part trop
importante, des revenus des usagers et qui, essentiellement, là, rend difficile,
justement, l'équilibre financier pour offrir les services des autres sociétés
de transport qui existent déjà et coexistent, en fait, avec le REM. Est-ce que
ça, ça a pesé dans la balance, la question d'exigence de rentabilité de CDPQ
Infra, dont on imagine bien que l'agence Mobilité Infra Québec soit... soit
dépourvue ou soit libérée, n'aura pas à rendre ça rentable et drainer tous les
revenus du RTC, par exemple, si on crée un tramway ici, si c'était le cas de
l'agence, ici, Infra Québec... Mobilité Infra Québec?
Mme Guilbault :Oui, bien, il y a différents niveaux, là, à la question,
parce que, dans le... dans le... pour le REM, la caisse fait l'exploitation, ce
qui ne sera pas le cas dans le tramway et ce qui ne sera pas le cas de Mobilité
Infra Québec non plus. Mobilité Infra Québec ne fera pas l'exploitation des
réseaux, des systèmes. Alors, déjà, c'est très différent, là, parce que ce à quoi
fait référence mon collègue, c'est un peu l'exclusivité de...
M. Arseneau : C'est
l'exploitation, oui.
• (17 h 30) •
Mme Guilbault :Bien, c'est ça, c'est l'exploitation. Donc, c'est un modèle
qui a été développé pour le REM, mais qui ne sera pas reproduit dans le reste...
En tout cas, bon, enfin, c'est parce que, là, je parle pour eux. Là, je ne le sais
pas, peut-être que la caisse, un jour, refera un projet puis ils referont de
l'exploitation, mais actuellement ce n'est pas ça qui est regardé, puis
Mobilité Infra Québec non plus ne fera pas d'exploitation. Donc, c'est très,
très différent. On va redonner l'exploitation à la société de transport,
vraisemblablement. Alors, les revenus vont lui revenir, puis elle va gérer
l'exploitation. Alors, c'est très différent.
M. Arseneau : Et c'est
vraisemblablement la raison pour laquelle CDPQ Infra s'est retirée de plusieurs
projets, parce qu'elle ne pouvait pas être l'opérateur et aller chercher un rendement,
c'est ce qu'on comprend.
Mme Guilbault :Bien, c'est sûr, ça aussi, je l'ai dit tout à l'heure, tu
sais, la caisse a une mission double, oui, participer au développement du Québec,
mais, en même temps, elle doit rentabiliser... tu sais, elle doit...
17 h 30 (version révisée)
Mme Guilbault :...la caisse a une mission double : oui, participer au
développement du Québec, mais en même temps, elle doit rentabiliser... tu sais,
elle doit... elle doit vivre avec ses déposants puis elle doit aussi avoir
son... atteindre ses objectifs de... de rendement, donc. Mais en même temps,
vous voyez, elle va faire le projet de tramway de Québec avec nous. Tu sais, ce
que je veux dire, c'est que dans la vie, il y a toujours moyen de s'arranger,
quand tu veux vraiment faire quelque chose, puis de trouver des ententes, tu
sais. Comme là, on est en train de finaliser une lettre mandat pour la caisse. Éventuellement,
on devra en arriver à une entente. Ce ne sera pas la même chose que le <i>REM,
parce que, de toute façon, comme je l'ai dit, ce n'est pas eux qui vont l'exploiter.
Puis un jour, peut-être, on refera un autre projet avec la caisse. Je ne le sais
pas. Tu sais, ce n'est pas exclu, mais pour moi, ce n'est pas incompatible. Mais
c'est sûr que... C'est-à-dire, ce n'est pas incompatible, le fait que la caisse
ait des impératifs de rendement qui sont légitimes parce qu'on veut que... on
veut que les fonds fructifient. Ce n'est pas incompatible avec le fait de faire
des projets au Québec, pas du tout, mais ce n'est pas la même mission de
service public que le gouvernement. Alors, de dépendre systématiquement d'eux,
je ne pense pas que c'est réaliste à long terme au... pour le transport
collectif au Québec.
La Présidente (Mme Maccarone) : Il
vous reste 20 secondes.
M. Arseneau : 20 secondes.
Donc, CDPQ Infra, dans la négociation, qui, j'espère, va se conclure cette
semaine, il est exclu qu'il soit l'opérateur du réseau de tramway ici, à Québec?
Mme Guilbault :Bien, c'est-à-dire que... Là, il faut bien... Je vais
juste, peut-être, faire le point là-dessus, parce que, peut-être, les gens...
Ce qu'on est en train de finaliser, c'est la lettre mandat, parce qu'on doit
donner une lettre mandat à Mobilité... à CDPQ Infra pour qu'ils puissent
poursuivre le mandat. Et éventuellement aussi on aura à convenir d'une entente.
Mais là, pour l'instant, ce qu'il faut, c'est une lettre mandat pour qu'ils
puissent poursuivre le travail officiellement. Donc, c'est... c'est ça qu'on
fait.
Et c'était quoi donc? Non. L'exploitation.
Non, c'est ça, ils ne seront pas... ils ne seront pas... ce n'est pas eux qui
vont faire l'exploitation du tramway.
M. Arseneau : Bien. Merci.
La Présidente (Mme Maccarone) : Merci.
M. le député de Nelligan.
M. Derraji : ...je viens d'avoir
de bonnes nouvelles... de bonnes nouvelles... désolé, je... je ne vais
qualifier de bonnes ou mauvaises, des nouvelles : la ministre ne souhaite
pas être la ministre du Transport en 2026 et, l'autre nouvelle, lettre de
mandat et pas de contrat.
Ça veut dire quoi, lettre mandat? Parce
que la caisse et la ville de Québec veulent une entente intérimaire, ça veut
dire, ils veulent commencer à voir le début de quelque chose. C'est quoi, la
différence? Si vous pouvez élaborer.
Mme Guilbault :Bien, premièrement, il y a une élection à l'automne 2026.
C'est les élections à date fixe. Ce n'est pas moi qui l'ai décidé, mais je
suis... je vais vivre avec ça, comme l'ensemble de mes collègues, du moins ceux
qui se présenteront en 2026. Mais j'ai aussi ajouté : Peut-être, ce sera
moi encore, après. Si jamais j'ai été réélue et que j'aurais la chance d'assumer
ces fonctions extraordinaires, bien qu'une charge de travail importante, ça me
fera plaisir.
Puis la lettre mandat, bien, écoutez, c'est...
c'est ça. C'est comme ça. C'est comme celle que je leur avais donnée en
novembre dernier pour leur donner officiellement le mandat de se pencher sur l'étude
de mobilité dans la CMQ. Et là il faut... Et là c'est comme si ce mandat-là est
complété. Donc, en vertu de l'entente-cadre que le Parti libéral<i> a...
a élaborée avec eux, il faut...
M. Derraji : Une très bonne
entente-cadre.
Mme Guilbault :Très bonne. Moi, je l'ai dit souvent, je vais toujours le
dire, la CDPQ Infra, ça a été une bonne chose, le <i>REM, c'est une bonne
chose. Le problème, à l'usage, puis, c'est ça, je disais au collègue des Îles-de-la-Madeleine,
c'est qu'à mesure qu'on a tenté de reproduire systématiquement le REM partout,
avec la caisse partout, on a rencontré des défis qui étaient différents du REM
d'origine. Et là force est de constater qu'il faut se donner nos propres moyens.
Ce qui n'enlève absolument rien à la caisse, raison pour laquelle, d'ailleurs,
on fait le tramway avec eux.
Donc, alors, c'est ça. Alors là, ça prend
une nouvelle lettre mandat officielle dans laquelle on convient quand même de
certains éléments et dont on convient de certains paramètres, mais il y aura
aussi une autre entente à faire en parallèle de ça. Mais l'important, là, à
court terme, c'est de finaliser la lettre... la lettre de mandat.
M. Derraji : Donc, si j'ai
bien compris, parce que j'ai entendu vos réponses à mon collègue, le député des
Îles-de-la-Madeleine, Montréal, c'est presque réglé, l'Outaouais, ils vont
faire ce qu'ils veulent, Québec, c'est presque réglé. Vous, ce qui vous
préoccupe, c'est vraiment sur la Rive-Sud, notamment Longueuil, le PSE... <i>Plan
structurant de l'Est. Est-ce qu'il y a un autre projet qui préoccupe... qui
vous préoccupe?
Mme Guilbault :Bien, le tramway de Québec. Je l'ai dit, là, on est sur la
phase I, mais il y aura d'autres phases un jour.
M. Derraji : Excellent. Donc...
Mme Guilbault :C'est pour ça, je dis qu'il faut voir au-delà de nous. Tu
sais, nous, on ne sera pas là éternellement, malheureusement.
M. Derraji : Oui, oui... Oui,
oui. Moi non plus.
Mme Guilbault :Et j'ai parlé de l'Estrie aussi.
M. Derraji : Oui. Donc, on
parle de quatre... quatre projets. Et vous, vous avez dit : Écoute, avec
la caisse, qui font d'excellentes choses... Et ils sont là pour faire des
profits. Je le dis, moi. C'est un... Ce n'est pas un OBNL, et je ne veux
surtout pas que la caisse devienne un OBNL. La caisse doit <faire...
M. Derraji :
...OBNL.
La caisse doit >faire de l'argent parce que c'est le bas de laine des
Québécoises et des Québécois. C'est très, très important. Mais vous, vous dites :
Écoutez, ce n'est pas leur mission, développer le transport. D'ailleurs, je
vous dis, je vous remercie, parce que depuis le début, vous parlez que du
transport. Ça me rassure. Ça me rassure par rapport à la mission de l'agence.
Je pense qu'on avance très, très bien parce qu'on ne parle que du transport
collectif. Moi, je note vraiment une avancée parce qu'au début on parlait
d'autre chose que le transport collectif. Depuis le début, vous ne parlez que
des projets de transport collectif, chose que... c'est une très bonne chose.
Déjà qu'on est dans un entonnoir, qu'on parle qu'uniquement le transport
collectif, ça a été... ça a été soulevé par pas mal de groupes, ça, je le note.
C'est très... C'est très bien. On chemine.
Mais le problème que je vois, Mme la ministre,
par rapport à l'agence, c'est que, si vous dites que vous voulez réaliser une
économie d'échelle, que vous voulez regrouper les experts — c'est vos
propos, vous pouvez me corriger si ce que je rapporte n'est pas vrai, je n'ai
aucun problème à accepter la critique — que vous dites qu'il y a
manque d'experts et que vous voulez les regrouper, surtout les experts en
mobilité durable, mais vous... Vous ne pensez pas qu'on va avoir deux poids
deux mesures, des sociétés de transport, qui, eux vont continuer à travailler
avec leur bureau de projet... Et vous l'avez très bien dit, il y a des projets
que ça prend beaucoup de temps, ça prend des années. L'exemple de l'Outaouais,
que j'ai... que j'ai eu l'occasion de rencontrer, eux, ils ont leurs défis, mais
eux, c'est clair, ils ont beaucoup de défis. Et le fédéral, je tiens à le dire,
est responsable, de l'autre côté. Donc, il y a pas mal de défis, mais ils ne
m'ont pas dit qu'ils ont un problème d'expertise. Ils ne m'ont pas dit qu'il
leur manque... ils sont allés chercher des gens de l'extérieur.
Et, tout à l'heure, vous avez dit une
chose importante : Les projets n'avancent pas. Mais, à mon avis, les
projets n'avancent pas, c'est parce qu'il n'y a pas de financement. Même si
demain on a une agence, sérieusement, est-ce que vous allez payer le REM de Chambly,
le REM de Longueuil, le REM tel que demandé dans le PSE, le REM de Québec? Tout
le monde veut des REM, tout le monde veut des projets de mobilité durable.
Écoutez, on vit sur une pression d'un déficit. Vous avez dit vous-même qu'on
n'a plus d'argent. Vous avez applaudi une décision d'une compagnie privée pour
amener les travailleurs d'un site à un site. Moi, je suis juste votre logique.
Donc, même si on crée demain l'agence, on a... il n'y a aucune garantie qu'on
va accélérer les projets. Et je cherche la plus-value de regrouper les bureaux
de projets. On ne va pas tous regrouper les bureaux de projets.
Et la... mon collègue, le député des Îles,
vous a posé l'autre question : Comment on va ramener ce capital humain? Ce
n'est pas uniquement le salaire. Et là, est-ce qu'on va se ramasser avec une
société d'État qui va concurrencer les agences de transport à les faire vider
de leurs experts? Parce que vous avez dit qu'au sein du ministère il n'y a pas
d'experts en mobilité durable. Ça veut dire que vous allez créer une agence qui
va aller chercher l'ensemble des experts dans l'ensemble des bureaux de
projets.
Désolé si j'ai été long mais je veux juste
comprendre votre vision parce que ça va faciliter la tâche pour la suite.
Mme Guilbault :Oui. Bien, au début, là... Parce que je veux juste placer
le fait que c'est sûr que moi, je reste dans la salle en permanence, alors je
répète. Il y a des choses... On me pose des questions pour lesquelles j'ai
donné déjà des réponses très, très détaillées à plus d'une reprise déjà, là.
Et là mon collègue m'a amenée sur le fait
qu'on parle juste de transport collectif, c'est une bonne chose, insinuant que
ce sera un éventuel débat sur la mission de l'agence, de la cantonner dans des
projets de transport collectif. Je veux juste souligner que j'ai déjà expliqué
ça de long en large au député de Taschereau et, par la suite, généreusement,
j'ai refait l'exposé pour le député des Îles-de-la-Madeleine. Et là, une
troisième fois, je dois le faire pour le député de Nelligan. Ça fait que
peut-être... Tu sais, tout ça est télédiffusé, alors peut-être essayer de
suivre en direct.
M. Derraji : ...aucun... aucun
problème. Si vous l'avez dit, je vais aller lire la transcription. Non, non, je
veux faciliter la tâche. Parce qu'elle est très habile, souligner mon absence.
J'avais une urgence. Aucun problème, Mme la Présidente.
La Présidente (Mme Maccarone) : ...
M. Derraji : Non, non. Mais
ce n'est pas grave. Ce n'est pas grave.
La Présidente (Mme Maccarone) : Ce
n'est pas ça qu'elle a fait.
M. Derraji : Je vais aller
lire la transcription. Pas grave.
Mme Guilbault :
Je n'ai jamais fait ça.
La Présidente (Mme Maccarone) : Ce
n'est pas ça qu'elle a fait.
M. Derraji : Non. Ce n'est
pas grave. Je vais aller lire la transcription.
• (17 h 40) •
Mme Guilbault :Non. Mais, le problème de ça, c'est que moi, ça m'oblige au
micro à expliquer pourquoi... soit de réexpliquer une troisième fois, soit
expliquer pourquoi je ne le réexpliquerai pas une troisième fois parce que je
l'ai déjà fait deux autres fois. Alors, tu sais, moi, c'est correct, là, chacun
a sa fougère à gérer, sauf qu'il faudra peut-être trouver une manière ou que
quelqu'un suive les débats puis tienne les gens informés, là.
Mais je vais quand même le redire, parce
que c'est important, parce qu'on va y arriver avant longtemps... bien, avant
longtemps, peut-être pas, mais en tout cas, on va y arriver un <jour...
Mme Guilbault :
...pas, mais en tout cas, on va y arriver un >jour, à l'article 4,
la mission, parce que ça, c'est revenu beaucoup. Et, pour moi, c'est un faux
débat, mais je vais quand même prendre le temps, pour la troisième fois, de
l'expliquer. Puis, en plus, ça... Parce que le député de Nelligan va comprendre,
en plus, l'exemple que j'utilise depuis tout à l'heure parce que c'est... il en
a fait partie.
Moi, je trouve que c'est sain, dans un
projet de loi et comme législateur, de donner, dans... dans une loi, une marge
de manoeuvre au gouvernement pour... surtout pour des éléments aussi importants
qu'une mission ou pour des moyens qu'on se donne. Et... Et donc, je donnais
l'exemple du dernier projet de loi qu'on a fait ensemble, le projet de loi
n° 48 sur la sécurité routière, où souvent on cherchait à nous limiter ou
à nous cantonner dans des libellés où on allait cibler certains choix. Je pense
beaucoup à des technologies, le BusPatrouille, entre autres, dont on a beaucoup
parlé. Puis c'est le Parti libéral qui parlait de ça, puis qui voulait
s'assurer qu'on met le BusPatrouille, puis qu'on allait pouvoir utiliser telle
chose et telle chose. Et finalement on a... on a fini par convenir tout
ensemble... Puis ils ont été d'accord, puis ils ont déposé l'amendement, puis
tout le monde a convenu mieux vaut être plus large, mais s'assurer que le BusPatrouille,
que telle autre chose, la caméra, le ci, le ça, pourraient être utilisés, tu sais.
Puis on s'est assurés que le vidéo puis tout ça pourraient être utilisés. Et là
on a eu un libellé plus large où, après ça, au-delà de nous, là, parce qu'un
jour il va y avoir des gens après nous qui vont exercer ces fonctions-là, qui
vont utiliser ces lois-là pour se gouverner... et qu'ils puissent avoir la
possibilité de faire des choses autrement sans à chaque fois revenir modifier
des lois puis s'asseoir ici pendant des heures ou modifier des règlements, même
si on ne vient pas s'asseoir ici. Il y a... Il y a une bureaucratie autour de
ça et c'est lourd.
Alors, moi, je pense et je transpose cette
même... ce même souhait là, d'avoir un libellé qui soit non pas trop large, où
ça devient un peu n'importe quoi, mais suffisamment large pour qu'on puisse donner
à Mobilité Infra Québec la possibilité de, oui, faire des projets de transport
collectif complexes parce que c'est pour ça qu'on le crée à l'origine. Si on
avait... On ne fera pas une agence juste pour faire du routier, on en fait déjà
dans le ministère. Donc...
Mais pourquoi... pourquoi prescrire le
transport collectif à tout prix ou proscrire tout autre projet de transport
complexe? Parce que c'est «projets de transport complexes», le... qui est prévu
dans la mission. Moi, je ne vois aucune plus-value à ça. Au contraire, je vois
juste de se restreindre pour se restreindre. Puis, comme je disais à la blague,
mais qui n'en est probablement pas une, à part faire des plaidoyers contre le
troisième lien, je ne vois pas ce que cette volonté-là ou cet éventuel dépôt
d'amendement là, dans ce sens-là, qui pourrait se faire... Puis c'est correct,
les gens ont le droit de le faire. Mais des amendements qui seraient déposés en
disant : On veut absolument limiter la mission au transport collectif, je
le dis d'avance, moi, je ne vois aucune plus-value à ça. Au contraire, je
trouve que c'est se priver d'une marge de manoeuvre qui pourrait être tout à
fait saine pour les gens qui suivront.
Sur les bureaux de projets, bien oui, en
ce moment, il y a des bureaux de projets. Il y en a un à la ligne bleue, il y
en a un pour le SRB, qui est en train d'être prolongé jusqu'à Notre-Dame, puis
il y en a un en Outaouais. Mais donc, il n'y en a pas pour les autres, là. On a
l'ARTM qui nous a déposé, c'était quelle date, au mois de mai en tout cas... qui
nous a déposé son dernier rapport pour le projet dans l'est, mais il n'y a pas
de bureau de projet comme tel. On n'est pas à la réalisation. C'est ça qu'on
dit depuis tout à l'heure, là. C'est ça qu'on... C'est ça, notre problème, dans
l'est, on n'a personne pour réaliser le projet. Et il y avait le bureau de
projet de la ville de Québec, mais là... qui est entré dans notre nouvelle
structure de gouvernance, qu'on est en train de camper puis de formaliser avec
la caisse, avec mon ministère. Éventuellement, quand Mobilité Infra Québec,
sous réserve de l'adoption de la loi, sera créée, on va... on va faire le... ou
la transition en tout cas. Mais c'est déjà, tu sais... La caisse, et tout ça,
on est tous conscients du fait qu'éventuellement il va y avoir une transition,
possiblement, si la loi est adoptée et qu'on a Mobilité Infra Québec. Mais on
n'en a pas pour le reste.
Alors, je ne sais pas si j'ai bien compris
le... Mais, tu sais, les sociétés de transport, premièrement, ne sont pas
toutes habilitées en ce moment... bien, toutes habilitées... Je veux dire,
c'est... c'est gros, réaliser des projets de transport collectif, alors elles
n'ont pas toute l'expertise ou l'expérience de faire ça. La STM l'a fait, mais
sinon, le RTL ne l'a pas vraiment fait. Laval, tu sais, oui, il y a des SRB,
des choses comme ça, mais quand on parle de transport structurant, mettons, sur
rail ou de tramway, bien, c'est ça, donc sur rail, ce n'est pas toutes les
sociétés de transport qui ont cette expérience-là, là. Exo... bien, Exo opère
des trains, mais ce n'est pas eux qui l'ont construit. Et... Et donc, c'est ça,
alors, est-ce que j'ai fait le tour pas mal? En tout cas. Bref, donc, il y a
l'Outaouais.
Tout ça pour dire que, puis encore une
fois, je l'ai expliqué, mais je vais le réexpliquer, pour nous, ça tombe sous
le sens, de se doter d'une sorte de supra bureau de projet qui va relever
ultimement du gouvernement, d'un élu, le ministère... le ministre des
Transports en l'occurrence, qui va avoir son propre conseil d'administration
aussi pour venir surveiller. J'ai lu tout à l'heure l'article 18, j'invite
le collègue de Nelligan à aller le voir, avec des comités pour la gestion de
projets, la gestion des portefeuilles. Donc, d'avoir une espèce de supra bureau
de projet où le ou la PDG va être capable d'embaucher les meilleures ressources
avec des possibilités, en termes de culture organisationnelle, en termes
d'attractivité, qui vont lui permettre d'aller chercher justement les
ressources ou des ressources <qui...
Mme Guilbault :
...ressources ou des ressources >qui,
peut-être autrement, n'auraient pas été intéressées à venir travailler, mais
qui pourraient l'être, puis d'organiser ses bureaux de projets, d'organiser son
équipe de manière à ce qu'on soit agiles puis efficaces, puis
proportionnellement aussi aux mandats qui vont être confiés.
Parce qu'on se rappelle que la façon dont
ça fonctionne, c'est que le mandat... le gouvernement va confier des mandats à
Mobilité Infra Québec. Donc, en fonction de l'évolution, de la charge et de la
complexité du travail, les bureaux de projets vont s'organiser. Puis je disais
tout à l'heure : Pour moi, un ingénieur pourrait éventuellement... mais
c'est parce que, là, tu sais, je ne veux pas me substituer à l'éventuel
gestionnaire de... de cette organisation-là... mais pourquoi un ingénieur ne
pourrait pas travailler sur plus d'un projet, tu sais? Mais, en ce moment, un
ingénieur qui est sur le bureau de projet de la STO, il ne travaillera pas sur
le bureau de... sur le projet de Sherbrooke ou sur le projet de l'est de
Montréal, tu sais, c'est évident que non, là. Donc, il y a un éparpillement des
ressources qui nous prive d'un potentiel d'économies d'échelle et d'avoir une
ressource qui peut travailler sur plus d'un projet. Puis, si jamais ce n'est
pas le cas, si jamais les équipes de travail sont organisées d'une manière où
chacun travaille sur son projet, ce sera ça, mais de toute façon, en ce moment,
c'est déjà ça, ça fait qu'on n'a rien à perdre. On a juste quelque... On a
juste à gagner.
Et je rappelle que les sociétés de
transport, à l'exception de l'Outaouais, qui voulait s'assurer de pouvoir
continuer de gérer son projet... mais il y a un article de loi, c'est... 74...
en tout cas... 61, 61, qui protège...
Une voix : ...
Mme Guilbault :...60 et suivants. Les sociétés de transport étaient en faveur,
tout comme les municipalités, de la création de Mobilité Infra Québec, à
condition d'être mises à contribution, en collaboration. Puis ça, comme j'ai
dit souvent, c'est... c'est déjà acquis dans 74, je pense, hein?
Une voix : ...
Mme Guilbault : Et l'article 4 aussi implicitement.
La Présidente (Mme Maccarone) :
...
M. Derraji : Bon.
Premièrement, merci pour ces réponses. Et je n'ai pas entendu aucune réponse
par rapport au financement. J'ai parlé de... qu'il y a beaucoup de projets sur
la table.
Mme Guilbault :C'est vrai. J'ai oublié.
M. Derraji : Non, ce n'est
pas grave, vous avez très bien répondu dans les deux. Et merci pour votre
générosité à répéter pour la troisième fois. Ce ne sera pas une quatrième fois.
On a bien compris.
Mais c'est sûr que vous venez de me donner
beaucoup de jus pour des amendements pour l'article 4. On a tellement de
notes, on a tellement de notes, avec beaucoup de couleurs. C'est très bien.
Vous êtes convaincue de votre agence, c'est le moment d'avoir des débats. Les
débats seront enregistrés. Comme vous l'avez mentionné, je ne serai pas là, et
probablement, vous aussi, probablement, l'ensemble des collègues, donc ce
serait bien de bien faire les choses, et que demain, si le prochain ministre et
les prochains porte-parole des oppositions vont relire les transcrits, ils vont
savoir pourquoi l'agence a été créée. Le nerf de la guerre, Mme la ministre, le
nerf de la guerre.
Une voix : ...
M. Derraji : Vous pouvez
parler à haute voix, comme ça, je vous écoute, cher député de Masson.
D'ailleurs, lui, dans son comté, il attend toujours la bretelle 40/640. Et
je ne vais pas le lâcher avec ça. Et je l'ai mentionné à pas mal de reprises,
c'est un enjeu dans son comté, il attend la réponse. Et moi, j'attends une
réponse à ma demande d'accès d'information, que lui a sue. Je vous le dis. Je
vous le donne comme information. Donc, au cas...
Une voix : ...
M. Derraji : Oui, oui.
Toi, tu attends... tu attends <i>Mobilité Infra, M. le député, c'est très
bien. Au moins, on sait que tu vas avoir la bretelle 40/640. Mais, bon,
voilà, ce serait... ce serait un projet complexe, la bretelle 40/640. Je
viens d'apprendre quelque chose.
Mais... Mais concrètement, Mme la
ministre, vous êtes une femme très pragmatique. Et je vous ai vue et entendue
parler qu'on n'a plus d'argent. Vous l'avez très bien dit. D'ailleurs, vous
m'avez... Vous avez même dit et interpelé le gouvernement fédéral. Le
gouvernement fédéral a été obligé de sortir pour dire : Écoutez, le
1,4 milliard pour le tramway de Québec, il est là. Et moi, je vous ai dit :
Écoutez, je suis votre allié, si le gouvernement fédéral ne paie pas sa part,
s'il y a un combat à mener à aller chercher notre part par rapport au transport
collectif, je le mènerai avec vous, aucun problème.
• (17 h 50) •
Mais qu'on soit clairs avec les
Québécoises et Québécois. Est-ce qu'aujourd'hui... Est-ce qu'aujourd'hui, avec
tout ce que vous avez sur la table... Moi, j'ai... j'ai fait un calcul. On est
dans plusieurs milliards : j'ai les 19 milliards pour le PSE, j'ai un
tramway à Gatineau, j'ai un tramway à Québec et je dois rajouter
malheureusement, malgré moi, un troisième lien à Québec. Je ne pense pas que
vous allez partir à la prochaine élection. Je vous ai dit que moi, là... C'est
à vous que ça revient, le titre de la superministre, parce que ce que vous avez
géré avec le troisième lien, aucun autre ministre dans ce gouvernement n'a pu
le gérer. Je vous lève mon chapeau parce qu'il faut avoir un courage politique,
d'expliquer le pourquoi au début, et revenir, et dire : C'est une bonne
chose. Bref, on attend les explications économiques et où il va être, le
troisième lien. Quand je fais la somme de tout cela, on a pour les 10,
15 prochaines années.
La question, encore une fois, qui tue, si
je peux <utiliser...
M. Derraji :
...La
question, encore une fois, qui tue, si je peux >utiliser Pierre-Yves...
McSween... je n'arrive pas à le... McSween, est-ce qu'on a vraiment besoin
d'une agence maintenant, sachant que pour les projets que vous avez sur votre
table, il y a un enjeu? Ce n'est pas les bureaux de projets. C'est l'argent. Et
là vous savez ce qui risque d'arriver avec le fédéral, l'arrivée d'un Pierre
Poilievre. Tout ça, on doit le calculer. Donc, ça sert à quoi, créer une agence
qui n'a pas... cette agence, qui risque de ne pas avoir les moyens de remplir
sa mission? À moins, si vous me dites : Écoutez, moi, j'arrive à
convaincre la présidente du Conseil du trésor, pour le PQI, je vais tout
inscrire, je vais tout avoir, PSE, tramway à Gatineau, tramway à Lanaudière,
tramway à Québec et troisième lien, parce qu'on l'a promis.
La Présidente (Mme Maccarone) : ...
Mme Guilbault :Bien, écoutez, Mme la... si je suis le raisonnement du
collègue, on devrait juste abdiquer sur tous les projets parce qu'on n'aurait
pas d'argent. Je veux dire, indépendamment de l'agence, c'est des projets qu'il
faut qu'on fasse. Mais actuellement, les... on n'a... on n'a même pas les
moyens techniques de le faire, le projet de l'est, puis, pour nous, c'est une
priorité.
Puis là il m'a parlé de toutes sortes de
choses. En tout cas je n'ai pas tout noté mais...
M. Derraji : Je peux répéter.
Aucun problème. Il y a quatre projets...
Mme Guilbault :Non, non, non.
M. Derraji : ...il y a quatre
projets sur la table.
Mme Guilbault :Les quatre projets. Oui, oui, je le sais, c'est lesquels.
Bien, il y en a d'autres aussi. C'est parce que moi, j'ai tout mon PQI en tête,
là, je peux vous dire qu'il y en a d'autres aussi.
Mais d'où l'importance... Parce qu'il a
parlé du fédéral, il m'a ouvert la porte, ça fait que, là, je vais... Puis là, j'espère,
mon député de Taschereau écoute. Le fédéral, effectivement, met
1,44 milliard sur le tramway de Québec, OK, 1,44 milliard.
Actuellement, le projet, la phase I, puis seulement la partie tramway, là,
entre Le Gendre puis Charlesbourg, pas les bus, pas les SRB, pas rien
d'autre, juste le tramway entre Le Gendre, Charlesbourg, évalué par la
caisse à 5,27 milliards. 1,44 milliard sur 5,27 milliards, si je
ne m'abuse, ça fait 27,32 %. C'est-tu ça?
Une voix : ...
Mme Guilbault :Je vais aller le vérifier parce que ce n'est peut-être pas ça.
Mais, bref, 27,32 %. Donc, 27.32 %, le 1,44 milliard, alors,
oui, ils mettent de l'argent, mais nous, on voudrait 40 %. Parce qu'à l'époque,
là, quand on a commencé le tramway de Québec, c'est les libéraux qui étaient
là, le gouvernement de Philippe Couillard, qui ont commencé ça avec le
précédent maire de Québec. Ça fait que mon collègue se souviendra peut-être
qu'au départ, premièrement, c'étaient 3 milliards.
M. Derraji : Bien, ça ne
coûtait pas cher.
Mme Guilbault :Bien oui, mais ça ne coûtait pas cher sur le dessin qu'ils
ont fait, là. Mais, tu sais, après ça, dans la vraie vie, quand on fait le test
du marché, c'est d'autre chose.
Mais, bref, où je veux en venir, c'était
sur la proportion, la répartition, le montage financier : c'était
50 %, gouvernement du Québec, 40 %, fédéral, 10 %, la ville. On
est partis de ça. Et, au fil du temps, l'érosion du 40 % a fini avec
27,32 % actuellement. Puis là, ça, c'est basé sur une évaluation qui est
faite par la caisse en ce moment. Puis c'est tout le temps l'épreuve de la
vraie vie, l'épreuve du marché. Donc, on va voir après, tu sais, les appels
d'offres, puis tout ça... puis on va voir à combien ça va finir, le... J'espère
que ce sera 5,27. J'espère que ce sera moins que 5,27. Mais, ce que je veux
dire, c'est que, si jamais c'était plus que ça, la contribution est figée en ce
moment parce qu'il n'y a plus d'argent. On a 1,44 milliard, mais c'est
fini. L'enveloppe, le BI, est finie. 31 mars 2023, il n'y en a plus
d'argent dedans. On a réussi à attacher l'extrait... l'extrait... l'extra pour
la ligne bleue. J'ai reçu le 18 juillet la lettre de M. Fraser qui
confirmait qu'il allait financer l'extra du coût pour la ligne bleue pour qu'on
puisse enfin passer le dossier d'affaires au Conseil des ministres, signer
notre contrat pour le tunnelier, qui venait à échéance le 31 juillet.
Donc, on a réussi à faire ça en juillet.
Mais, ce que je veux dire, c'est que, puis
là encore j'interpelle mon collègue de Taschereau, quand on lit dans les
journaux, on est au rendez-vous, tu sais, on est au rendez-vous sur tel projet.
Il faut comprendre après... après ça, voir ce que ça veut dire précisément,
puis les montants précis, la proportion précise que ça représente et, sur les
montants qui sont nommés dans les journaux, les chèques qui sont effectivement
rentrés. Tout ça, c'est des choses différentes dans la vraie vie, là. Ça fait
que c'est à ça, moi, que je veux sensibiliser les collègues. Mais, pour ceux
qui ont déjà été au gouvernement, je pense que vous comprenez que c'est comme
ça que ça fonctionne.
Ça fait qu'effectivement 1,44 milliard
<pour...
Mme Guilbault :
...Ça fait qu'effectivement 1,44 milliard >pour le projet de
tramway, mais c'est un montant qui est... ou en tout cas, du moins en ce
moment, qui semble figé. Je vais parler au conditionnel. Effectivement, il va y
avoir une élection, on ne sait pas trop de toute façon comment les choses vont
tourner.
M. Derraji : Ah! là, voilà.
Ça, c'est un danger.
Mme Guilbault :
Mais, au-delà de ça, mais j'y viens puis je fais le lien, c'est pour ça que,
quand on me parle de ça puis qu'on obsède juste sur un projet de transport
collectif, moi, là, de quoi je parle sans arrêt? Des besoins en mobilité, les routes
aussi. Une des raisons pour lesquelles l'argent est rare, c'est parce qu'on est
pris à financer des proportions élevées des projets de transport collectif, des
immobilisations, les garages, les ci, les ça, et qu'on est pris pour payer
toutes les routes, parce que les... le fédéral, ça ne les intéresse pas, payer
les routes. Bon.
Alors, moi, je ne sais pas ce qui va
advenir à la prochaine élection, c'est les gens qui vont décider, ils vont
élire un gouvernement, on va travailler avec. On travaille avec les gens en
place, nous, peu importe. Mais, si le gouvernement... pas si, le gouvernement
fédéral, quel que soit le parti qui le forme, doit s'investir et se réengager
dans le financement de la mobilité. C'est ça que je disais à M. Rodriguez
quand il a été notre ministre vis-à-vis. On avait la chance d'avoir un ministre
québécois en plus. J'ai dit : Tu le sais, comment c'est grand, le Québec,
comment ce n'est pas réaliste de penser qu'on va arrêter de payer des routes
quand on veut valoriser le territoire, occuper le territoire, on a
17 régions administratives, voyons donc, tu sais, on ne peut pas dire :
Ce n'est plus à la mode, les routes, puis au moins, si tu dis ça, mets des
programmes de transport collectif. Là, on a un trou de trois ans dans les programmes
de transport collectif, puis pas de routes. Ça n'a ni queue ni tête, ni queue
ni tête! Peu importe, moi, c'est qui qui est le parti politique qui forme le
gouvernement fédéral, on a besoin d'argent pour payer la mobilité. Alors, qui
que ce soit qui va former le gouvernement à la prochaine élection fédérale,
j'espère qu'ils vont se réengager dans la mobilité. S'ils veulent payer des
routes, bien, ils paieront des routes, s'ils veulent payer du transport
collectif, ils paieront du transport collectif, s'ils veulent payer de
l'aérien, ils paieront de l'aérien. On a besoin d'argent dans la... Le
maritime, il y avait le fonds national des chantiers, le FNCC. Tu sais, il y a
beaucoup de besoins en mobilité. La mobilité, ce n'est pas juste le transport
collectif, ce n'est pas juste les routes, ce n'est pas juste les trains, ce n'est
pas juste les bateaux, ce n'est pas juste les avions, c'est l'ensemble de tout
ça.
Alors... Alors, c'est ça. Donc, je tiens
pour acquis que le moment venu, le collègue sera là pour venir réitérer les
besoins en mobilité du Québec.
17923 M. Derraji :
Oui. Je vais être là avec plaisir. Mais quand j'ai un premier ministre qui
appelle à défaire un gouvernement libéral parce qu'il pense que c'est mieux
avec Poilievre, je me demande est-ce qu'il vous a parlé avant de faire cette
sortie. Parce qu'il met en jeu même le 1,4 milliard. Le 1,4 milliard,
là, si on ne l'utilise pas, vous avez vu ce qu'il a dit, Poilievre, par rapport
à l'avenir du tramway à Québec. Donc, on a bien beau maintenant parler de la
création de l'agence, il y a un risque sur le montage financier. Je vous
l'accorde, parce que ça a été 40 %, c'est devenu 27 %, selon votre calcul.
Mais demain, ça risque d'être zéro. Il y a un risque. C'est malheureusement... Ça
risque d'être le cas. Mais j'ai en face de moi... Le jour où j'ai vu la
déclaration du premier ministre, je me suis dit juste : Est-ce qu'il vous
a consultée avant demander... de demander au Bloc de faire tomber le
gouvernement libéral? J'aurais aimé le voir aussi se lever et rassurer la
population par rapport à l'avenir du financement du tramway.
Donc, je sais que le projet de loi, ce
n'est pas sur l'élection fédérale, mais c'est des décisions, malheureusement,
qui risquent de nous coûter cher. Et, quand je reviens à la mission de
l'agence, ce qui me préoccupe, et je l'ai exprimé, Mme la ministre, pas une
fois, pas deux, c'est que j'ai des inquiétudes sur... Et je ne... je ne dis pas
aujourd'hui que vous n'avez pas de vision par rapport à Mobilité Infra. Mais,
avant vous, il y a des gens qui ont essayé. Ils ont vu que... Ils ont lâché
prise parce que le contexte économique n'était pas bon, n'était pas favorable.
Mais j'essaie, avec ce début, parce que, là, on va voir beaucoup d'articles... d'articles
techniques, de juste de comprendre l'urgence de l'agence maintenant.
• (18 heures) •
Mais vous avez pas mal parlé, vous avez
pas mal... expliqué votre point, mais sérieusement, en date d'aujourd'hui,
maintenant, je ne suis pas encore convaincu qu'en 2024, maintenant, ça nous
prend une agence pour régler les problèmes de transport qu'on a. Vous avez
raison de dire qu'il manque d'experts, bureaux de projets. Mais moi, je suis un
gars qui pense aussi aux finances publiques et je sais qu'on s'en va
probablement vers un nouveau cycle au fédéral. Vous savez c'est quoi, le cycle.
Vous... Vous vivez votre cycle aussi avec la CAQ, avec deux mandats
majoritaires. On risque d'aller sur un nouveau cycle où on sait très bien que
le prochain parti fédéral, lui, il pense autrement par rapport à tout ce qui
est mobilité, transport, mais même finances publiques. Donc, si d'emblée je
sais que je vais avoir un problème, un casse-tête avec le fédéral sur le
financement, je sais que mes finances publiques sont très serrées au Québec, on
peut avoir la vision, vous avez raison de dire la «vision», mais cette vision,
vous pouvez...
18 h (version révisée)
M. Derraji : ...mais
cette vision, vous pouvez l'avoir même à l'intérieur du ministère. Moi, c'est
ça, c'est le timing que je questionne. Ça, les gens vont le voir un jour. Je ne
serai pas là. Juste, ça va rester dans les archives de l'Assemblée que le
timing, le... Ce moment de penser à une nouvelle agence, c'est ça que je
questionne, Mme la ministre. Et je reste quand même très prudent par rapport à
ce que l'élection fédérale risque de nous ramener et j'espère qu'on ne va pas
perdre le 1,4 milliard, même si c'est peu, vous avez raison de le dire.
27 %, ce n'est pas ce qui a été promis au début. 40 %. Et ce sont les
contribuables québécois qui se ramassent à payer cette facture. Mais, encore
une fois, ça fait six ans, on a retardé le tramway. Je ne veux pas refaire la
genèse du tramway, version 1, version 2, on le fait, on ne le fait
pas, tracé numéro un, le tracé actuel, la caisse, le bureau de projet de
la ville de Québec. Je ne veux pas refaire...
Mais je veux juste revenir... et merci de
me le rappeler, Mme la Présidente... je veux juste aujourd'hui lever le drapeau
par rapport au financement. On peut rêver d'une agence, on va mettre beaucoup d'experts
à l'intérieur... d'ailleurs, on a fait beaucoup de motions préliminaires pour
entendre ces experts... je n'ai pas encore vu une plus-value qu'en regroupant
ces experts, les choses vont aller vite et on va réussir à atteindre l'objectif
escompté, à savoir qu'on va avoir des gens autour de la table qui vont gérer
les gros... les projets complexes. Parce que le nerf de la guerre, même si on
veut tout faire, on a un budget où on a d'autres priorités, qui sont la santé
et l'éducation. Le transport, c'est très important, mais, au bout de la ligne,
sur quel horizon on va atteindre nos objectifs? Voilà, j'ai fait le tour de la
question, Mme la Présidente.
La Présidente (Mme Maccarone) :
Merci. Mme la ministre.
Mme Guilbault :Oui, bien, écoutez, je suis assez ahurie, là, d'entendre le
collègue qui me dit : Je ne suis pas convaincu de la nécessité, pourquoi
on ne le fait pas dans le ministère? Bien, je lui rappelle qu'il y a neuf ans
son propre gouvernement, de son propre parti, a exactement évité de le faire
dans le ministère en créant une filiale à la Caisse de dépôt<i>. Donc, j'ai
envie de lui dire : Il pourrait peut-être poser la question à ses
collègues qui étaient là à l'époque, puis qui sont encore là. Pourquoi, à l'époque,
ils n'ont pas fait ça dans le ministère, le REM? Tu sais, moi, j'émets l'hypothèse
de l'extérieur, je n'étais pas dans le gouvernement libéral à ce moment-là,
mais il y a une raison pour laquelle ils ne l'ont pas fait dans le ministère,
le REM. Ça fait que peut-être qu'il peut demander à ses collègues parce que j'ai
l'impression qu'à l'époque les gens étaient conscients que ça n'aurait pas
fonctionné, tout simplement. Mais ça, encore là, c'est une hypothèse.
Mais, pour moi, c'est une évidence qu'on
ne serait pas rendus où on est dans la mise en service du REM si on n'avait pas
procédé de la façon dont on a procédé à l'époque et... mais qui consistait,
essentiellement, à contourner le problème, dans le sens où : Oui, ça a été
efficace, la filiale, puis ça a bien fonctionné pour le REM, mais on l'a
exemplifié tout à l'heure, là, le projet de l'Est, finalement, ils se sont
retirés, le projet de la Rive-Sud, ils se sont retirés. Là, c'est parfait, on
les retrouve pour le projet de Québec, mais ce n'est pas viable de penser qu'éternellement
le Québec va dépendre de la Caisse de dépôt.
Alors, à sa question : Pourquoi pas
le faire dans le ministère?... De toute façon, ça, c'est une autre affaire que
j'ai répétée souvent au début, là, on veut une nouvelle culture, on veut
essayer autre chose, on veut sortir de la façon dont c'est organisé ou de la
culture organisationnelle de la fonction publique. Moi, ça, je l'ai déjà dit
abondamment au début. Mais le Parti libéral<i> lui-même a fait le même
choix à son époque. Alors, c'est cohérent.
Il me dit : Pourquoi l'urgence d'une
agence, il n'y a pas d'argent, et tout ça? Mais, encore là, Mme la Présidente,
moi, je suis toujours étonnée de voir la quantité de temps et de paroles qu'on
peut entendre de la part des partis d'opposition qui dénoncent des problèmes
puis qui disent : Pourquoi telle chose ne se fait pas, à quand, telle
affaire, qu'est-ce qu'on va faire, tatata. Mais, après ça, puis là, je prends
cet exemple-là, quelle est l'urgence de faire une agence? Combien de fois... En
fait, les seules fois, je pense, où on me pose des questions, ou presque, au
salon bleu, c'est pour me parler du transport collectif puis me demander :
Qu'est-ce qu'on va faire pour faire du transport collectif? On en est où?
Comment on va faire pour faire avancer les projets? Et là, aujourd'hui, on
arrive avec la proposition d'une solution. Puis moi, je réponds je dis :
Bien, parce qu'à l'époque, le Parti québécois a essayé, il n'a pas réussi, le
Parti libéral a contourné le problème en termes de moyens, puis en termes d'investissement,
bien là, évidemment, là, je n'ai pas mon tableau, mais je pense que tout le
monde le sait par cœur, là, on n'a jamais eu autant d'argent en transport
collectif qu'avec la CAQ. Ça, je pense que c'est réglé. Mais pour les moyens,
il reste que, là, en ce moment, on manque de moyens, de capacité de
réalisation.
Donc là, aujourd'hui, après presque deux
ans... moi, que ça va faire deux ans le 20 octobre... que les quelques
fois qu'on me questionne c'est toujours sur le transport collectif, c'est quoi,
ça va être quoi, le bilan de la CAQ, quels projets que vous allez faire, et
tout ça, et que, moi, je dis : Bien, justement, <regardez...
Mme Guilbault :
...projets que vous allez faire, et tout ça, et que,
moi, je dis : Bien, justement, >regardez, j'ai le projet de loi
pour qu'on puisse avoir une meilleure capacité de réalisation, et là, après
avoir posé toutes ces questions-là puis, à toutes les semaines, revenir avec
les mêmes affaires, nous dire : Je ne vois pas l'urgence d'être capable de
faire du transport collectif, je trouve ça complètement ahurissant, Mme la
Présidente, là. Et même que, si je ne faisais pas ça, on continuerait de me
demander : Qu'est-ce que vous allez faire pour être capable de faire du
transport collectif? Et si j'abandonnais mon projet de loi, parce que je dis,
bon, tant pis, ce n'est pas si nécessaire que ça, au salon bleu, ils
viendraient me dire : Ça n'a pas de bon sens, Mme la Présidente, on avait
la possibilité, enfin, de se donner des moyens, et la ministre l'a abandonnée.
Ça fait que c'est tellement, des fois... j'ai
un terme en tête, mais je ne pense pas que je peux l'utiliser ici, mais c'est
tellement, c'est tellement contradictoire, puis fluctuant au fil des articles
de journaux, des humeurs, de l'actualité. On ne peut pas gouverner comme ça.
Quand on est au gouvernement, Mme la Présidente, il faut regarder, là... moi,
je suis arrivée il y a deux ans... on fait des constats, on pose des
diagnostics sur des problèmes et, ensuite de ça, on propose des solutions
réalistes, et c'est exactement ça qu'on fait aujourd'hui. Ça fait deux ans que
j'entends les partis d'opposition parler de transport collectif, réclamer plus
de transport collectif. Puis pas seulement eux, d'ailleurs. Nous aussi, on en
veut plus, les élus municipaux en veulent plus, toutes sortes de partenaires,
des gens, tout ça, les citoyens. Et là on propose la solution à ça et on nous
dit : Finalement, je ne suis pas sûr qu'on en a besoin. Bon, bien, parfait.
Mais, en tout cas, moi, je pense que c'est... En tout cas, enfin, c'est
étrange.
Et là je vais aller sur le fédéral. Moi,
j'aime ça, j'aime ça, parler de ça. Mais pas juste sur l'argent du fédéral,
parce que je veux placer aussi le contexte. Effectivement, le projet de loi ne
porte pas là-dessus, ne porte pas sur l'immigration, et tout ça, mais le
message du premier ministre, auquel... je pense que c'est nécessaire de
replacer, là, c'était de dire : On ne peut pas faire l'économie du débat
sur les retombées de l'immigration massive sous Justin Trudeau au Québec, en
termes de capacité d'offrir des services publics, en termes de disponibilité de
logements. On est... on a dépassé nos capacités, là, les écoles, les garderies,
les hôpitaux, le logement. Alors, il faut absolument que les partis fédéraux,
dans leur ensemble, prennent conscience de ça puis prennent des engagements
clairs par rapport à l'élection qui s'en vient. Sauf que la différence, c'est
que M. Trudeau, lui, il est déjà au gouvernement, donc il pourrait déjà agir.
C'est ça, le message, et moi, j'adhère à ce message-là, parce que c'est vrai
que c'est un dossier... c'est un sujet qui est important, puis je ne pense pas
qu'on puisse le contourner. Évidemment, le Parti libéral n'est pas intéressé de
parler de ça, mais c'est la réalité, Mme la Présidente. Donc, ça, c'était le
message.
Quant aux priorités en mobilité, le
premier ministre et moi, nous nous accordons parfaitement sur les projets qui
sont prioritaires. Oui, le nouveau lien interrives, les projets... en tout cas,
je pense bien, les quatre, là, il me semble, qui avaient été nommés. Mais le
nouveau lien interrives, le tramway à Québec, un projet dans l'Est, le REM, qui
continue de se déployer, mais ça, c'est déjà réglé. La ligne bleue, qu'on a
portée en réalisation après presque 40 ans. La ligne bleue a commencé à
être inaugurée en 1986, on a fini en 1988. On est en 2024, ça fait presque 40
ans qu'on attend de la prolonger, parce qu'à l'époque, c'était ça le principe.
Et, bien que les libéraux aient été là 15 ans, avec des députés dans l'est de
Montréal, ils ne l'ont pas fait. Donc, nous, on l'a fait, bien qu'effectivement
l'argent est rare. On met 7,58 milliards, dont 5,1 du gouvernement du
Québec, donc...
Alors, tu sais, on veut du transport
collectif, mais là on est arrivés à l'étape où il faut se donner les moyens,
comme nation, puis il faut pouvoir se comparer aux autres nations qui veulent
prendre le contrôle du destin du transport collectif sur leur territoire, puis
c'est exactement ça qu'on fait aujourd'hui, et sur le financement,
effectivement. Mais, indépendamment de l'agence, oui, l'argent est rare, mais,
je l'ai dit, les priorités sont là en mobilité. Donc, qu'on ait l'agence ou
non, on a besoin de réaliser et de financer ces projets-là. Mais avec l'agence,
au moins, on va être capables de le faire. En ce moment, tu as beau dégager des
sommes théoriques, si tu n'as personne pour faire le projet, tu n'es pas plus
avancé. Donc, donnons-nous ces moyens-là, adoptons la loi, créons Mobilité
Infra Québec, et allons de l'avant, enfin, avec, au minimum, un projet dans
l'est de Montréal et sur la couronne nord.
• (18 h 10) •
Et c'est en phase aussi... Tu sais, il
faut... Ça aussi, c'est important, là, d'être conscients, là... les projets
sont évalués, mais, ensuite de ça, c'est sur plusieurs années, donc les
décaissements sont sur plusieurs années. Ce n'est pas pour rien que le PQI est
sur 10 ans, là. Je pense... c'est en quelle année, 2013, je pense, 2012, en
tout cas, c'est autour de, je pense, ..., qu'il est passé de cinq ans à 10 ans.
Au début, le PQI, c'était cinq ans quand il a été créé, en 2007, de mémoire.
Après ça, il est passé sur 10 ans, parce que les priorités
d'investissement... Tu sais, les projets d'infrastructure, souvent, c'est de
longue haleine, là, alors c'est correct de pouvoir le prévoir puis l'amortir
sur une dizaine d'années pour voir venir, donc. Et les projets se font par
phases aussi, beaucoup, en transport collectif. Donc, c'est tout à fait
cohérent.
La Présidente (Mme Maccarone) :
Merci. Y a-t-il d'autres interventions? Il vous reste
1 min 40 s, M. le député de <Taschereau...
La Présidente (Mme Maccarone) :
Merci. Y a-t-il d'autres interventions? Il
vous reste 1 min 40 s, M. le député de >
Taschereau.
M. Grandmont : Oui, merci,
Mme la Présidente. Bien, je ne peux pas m'empêcher de revenir sur les propos de
la ministre, là, qui semble avoir une mémoire très... très sélective, en fait.
Je pense qu'elle a oublié plusieurs questions qu'on lui a posées du côté du
deuxième groupe d'opposition notamment en sécurité routière, sur
Dufferin-Montmorency, sur les traversiers, sur le transport collectif
interurbain et sur le transport régional, beaucoup de sujets qu'on a abordés
avec elle.
Mais j'aimerais surtout revenir sur... Au
fil de la discussion, là, je l'écoute parler, puis il y a... il y vraiment une
apparente contradiction assez importante entre le besoin d'investir dans le
transport collectif... on se rejoint là-dessus, évidemment, il faut développer
l'offre de transport collectif, ce n'est pas que ça, là, il y a la question du
financement, puis le maintien des actifs qui est très d'actualité... puis, de
l'autre côté, puis je suis toujours sur les intentions, là, de créer une agence
qui est dédiée uniquement... qui est... en fait, de refuser de dédier l'agence
uniquement au rôle de développer le transport collectif, alors que Mobilité...
le ministère des Transports et de la Mobilité durable sait très bien faire
cette partie-là du travail, développer des transports... des transports
routiers. Donc, c'est cette contradiction-là que je ne m'explique pas encore.
Comment ça se fait que le mandat n'est pas uniquement dédié au transport
collectif?
Mme Guilbault :Bien, encore une fois, on va y arriver, à l'article 4,
ça, là. Parce qu'on n'est pas dans... Tu sais, ce à quoi réfère le député,
c'est un extrait de libellé où on précise que la mission de l'agence est de
faire des projets de transport collectif complexes, et c'est dans
l'article 4. Donc, je ne comprends pas pourquoi on parle de ça à
l'article 1. Allons à l'article 4 s'il veut parler de
l'article 4. Je ne sais pas si c'est clair, ce que je dis?
M. Grandmont : ...c'est
clair, mais en même temps, encore une fois, je suis sur les intentions.
Pourquoi on crée cette agence-là à l'extérieur du ministère des Transports? Le
ministère des Transports a déjà cette capacité et cette expertise-là, mais la
ministre l'a dit elle-même, au niveau des transports routiers. Là, on veut
créer quelque chose à l'extérieur qui va être capable de faire et du transport
collectif et ce que le ministère des Transports fait déjà. Je ne comprends pas
cette contradiction-là.
Mme Guilbault :Bien, c'est ça, mais on est dans la mission à
l'article 4. Encore une fois, je peux répondre tout de suite, mais
surprenons-nous pas quand, à l'article 4, je vais dire que j'ai
abondamment répondu à ça à l'article 1, mais c'est la somme de tout ce que
j'ai dit depuis 15 h 30, là. On veut créer une culture d'organisation
qui est différente, on veut se donner des moyens de... notamment la possibilité
que les employés ne soient pas syndiqués, mais, s'ils souhaitent l'être, on va
pouvoir négocier des nouvelles conventions collectives. On veut être
différemment attractifs pour des gens qui, peut-être, actuellement, ne seraient
pas intéressés de venir, mais qui pourraient le devenir parce qu'on crée
quelque chose.
Puis il y a comme un... j'ai des mots
anglophones qui me viennent, mais, tu sais, il y a comme un... comment je
pourrais dire... j'ai juste des mots anglophones, Mme la Présidente, vous allez
m'aider à...
La Présidente (Mme Maccarone) :
...
Mme Guilbault :Non, mais moi, je ne peux pas dire des mots en anglais.
Mais, tu sais, ça crée, je trouve, un... tu sais, il y a une spécialisation
autour de ça, puis ça crée un effet d'attraction, je trouve, là. Tu sais, si tu
entends parler... Les gens qui sont venus travailler à CDPQ Infra sur le REM,
probablement qu'ils se sont dit : Wow! excitant, il y a un projet qui se
fait là, il y a une équipe dédiée à ce transport collectif infra puis qui va se
spécialiser dans un projet qu'ils vont développer. Donc, des gens qui sont
venus travailler sur le REM, à la caisse, on peut penser, ne seraient peut-être
pas allés travailler autrement, au Québec, sur d'autres affaires, au
gouvernement du Québec, ou au gouvernement fédéral, dans une municipalité du
Québec. Mais là ils sont venus parce qu'il y avait une espèce d'engouement ou
de... d'effervescence, je ne sais pas, là, j'ai envie... non, je ne peux pas le
dire. Mais, tu sais, vous comprenez, ça peut créer... ça peut créer un effet
d'attraction puis d'entraînement aussi de dire : Il y a quelque chose qui
est en train de se faire au Québec.
Parce que, tu sais, on ne se le cache pas,
puis ça, on l'a déjà dit souvent, là, il n'y a personne qui a soumissionné sur
le tramway de Québec, c'est pour ça qu'on en est là aujourd'hui mais aussi le
fait que, des fois, probablement, l'industrie... L'incertitude, des fois, qui
entoure les projets de transport collectif parce que, justement, on ne sait pas
trop si ça va arriver, c'est compliqué, etc... Là, d'avoir une entité dédiée...
je me mets à la place... puis, encore là, je ne suis pas dans... je ne suis
pas... je ne suis pas une entreprise en construction, je ne suis pas une firme
d'ingénieurs, puis je ne suis pas une personne qui est formée pour travailler
sur ces projets-là, mais on peut penser que ça envoie un signal attractif à la
fois à l'industrie puis à des gens intéressés à travailler, de dire...
Puis c'est un des autres aspects aussi,
puis on l'a abordé avec Pomerleau puis d'autres, d'envoyer... puis ça, c'est
beaucoup avec le projet de loi 62 aussi, là, bon, mais donc d'envoyer le
signal que, nous, on veut faire du transport collectif au Québec, alors, si ça
vous intéresse d'en faire, venez-vous-en, on a maintenant, vraiment, une
organisation qui est dédiée à ça. Alors, ce ne sera pas, tu sais, au fil de
volontés incertaines, tu sais. C'est des mandats qui sont donnés, puis tu as...
tu as une agence qui s'occupe de ça. Alors, moi, je pense que c'est de nature à
être attractif, en plus du reste de ce que j'ai dit, là, l'agilité, etc.
M. Grandmont : ...autrement, <toujours...
Mme Guilbault :
...en plus du reste de ce que j'ai dit, là,
l'agilité, etc.
M. Grandmont :
...autrement,
>toujours sur le... toujours sur l'intention de créer une agence, elle
va faire... elle peut faire des projets de transport routier complexes. Est-ce
que vous pourriez... est-ce que vous diriez que de travailler au ministère des
Transports et de la Mobilité durable sur des projets complexes, ce n'est pas
excitant, ce n'est pas attractif, ce n'est pas intéressant?
Mme Guilbault :Bien non, pas du tout. On le fait déjà en ce moment.
M. Grandmont : Donc, pourquoi
l'inclure dans Mobilité Infra Québec?
Mme Guilbault :Parce que je pense que c'est sain de donner une marge de
manœuvre si, un jour, quelqu'un voulait confier un projet... un projet complexe
de transport, quel qu'il soit, là. Pourquoi... En fait, je pense que la
question devrait se poser à l'inverse : Pourquoi l'empêcher?
La Présidente (Mme Maccarone) : ...est
écoulé.
Mme Guilbault :Malheureusement.
La Présidente (Mme Maccarone) : Alors,
s'il n'y a pas d'autre intervention, nous allons passer à la mise aux voix.
Est-ce que l'article 1 de la loi édictée est adopté?
Des voix : Adopté.
Des voix : Sur division.
La Présidente (Mme Maccarone) : Sur
division. C'est noté. Mme la ministre, pour la lecture de l'article 2,
s'il... à moins que vous souhaitiez prendre une pause. Je ne sais pas, il y a
des gens qui... souhaitez une pause, mais, si on est à l'aise de continuer, il
nous reste une heure.
Mme Guilbault :Moi, je suis correcte.
La Présidente (Mme Maccarone) : Allez-y,
voilà, l'article 2.
Mme Guilbault :Parfait. Article 2 : «Mobilité Infra Québec est
une personne morale»... Est-ce que je dois lire, peut-être, la loi entre
parenthèses aussi, étant donné... Ah! je vais lire au complet. Article 2, Loi
sur Mobilité Infra Québec. Article 2 :
«Mobilité Infra Québec est une personne
morale, mandataire de l'État.
«Les biens de Mobilité Infra Québec font
partie du domaine de l'État, mais l'exécution de ses obligations peut être
poursuivie sur ces biens.
«Mobilité Infra Québec n'engage qu'elle-même
lorsqu'elle agit en son nom.»
En commentaires, l'article 2 de la
Loi sur Mobilité Infra Québec prévoit que Mobilité Infra Québec est une
personne morale et un mandataire de l'État. Ce dernier statut lui confère les
immunités et les privilèges dont jouissent les mandataires de l'État.
Le deuxième alinéa de cet article est une
dérogation au principe d'insaisissabilité des biens pour un mandataire de
l'État, aux seuls biens de Mobilité Infra Québec.
La Présidente (Mme Maccarone) : Merci.
M. le député de Taschereau.
M. Grandmont : Oui. Mme la
ministre, l'article 2, bon : «Mobilité Infra Québec est une personne
morale, mandataire de l'État.» Donc, je comprends qu'on traite ça comme une
société d'État. Il y a des lois qui encadrent ça, évidemment. «Les biens de Mobilité
Québec... Mobilité Infra Québec font partie du domaine de l'État, mais
l'exécution de ses obligations peut être poursuivie sur ces biens.» On pourra
peut-être en reparler tantôt. «Mobilité Infra Québec — c'est peut-être la
première partie sur laquelle je voulais vous amener — n'engage qu'elle-même
lorsqu'elle agit en son nom.» Pouvez vous m'expliquez cette partie-là, là,
«n'engage qu'elle-même lorsqu'elle agit en son nom»?
Mme Guilbault :C'est ça, cette dérogation permet essentiellement
d'utiliser l'hypothèque comme mode de financement. De plus, l'article 916,
CCQ, énonce que «nul ne peut s'approprier les biens des personnes morales de
droit public qui sont affectés à l'utilité publique.» Et si les biens affectés
à l'utilité publique demeurent insaisissables, cette dérogation est également
usuelle pour des organismes autres que budgétaires, selon la Loi sur
l'administration financière. Donc, c'est ça, la différence avec la société
d'État. C'est pour ça qu'on vient le préciser dans le...
M. Grandmont : Pouvez-vous
être plus explicite, là? Parce que je ne comprends pas concrètement qu'est-ce
que ça... qu'est-ce que ça implique, en fait, par rapport à une société d'État
ordinaire.
Mme Guilbault :...normalement, les sociétés d'État engagent le
gouvernement, mais là, ici, on vient préciser : «Mobilité Infra Québec
n'engage qu'elle-même lorsqu'elle agit en son nom.» Mais juste sur... Parce que
là, moi, la loi des sociétés d'État... Je ne sais pas, peut-être, quelqu'un
pourrait compléter?
Des voix : ...
Mme Guilbault :Oui, on me dit que je l'ai bien expliqué, mais, en même
temps, si mes collègues veulent plus de détails, parce qu'il y a... il y a des
gens plus experts que moi dans ça... si mes collègues consentent, évidemment.
• (18 h 20) •
La Présidente (Mme Maccarone) : Est-ce
qu'il y a le consentement?
M. Grandmont : On va attendre
de voir qui... Oui, oui, mais... oui, oui, il n'y a pas de souci, là.
La Présidente (Mme Maccarone) : Oui,
il y a consentement? Alors...
M. Grandmont : Il y a
consentement, Mme la Présidente.
La Présidente (Mme Maccarone) : Merci.
Ça fait que, juste avant de prendre la parole, si vous pourriez vous nommer et
votre titre, s'il vous plaît.
Mme Blouin (Marie-Claude) : Oui.
Alors, Marie-Claude Blouin, avocate à la Direction des affaires juridiques du
ministère des Transports et de la Mobilité durable.
M. Grandmont : Bonjour.
Mme Blouin (Marie-Claude) : Alors,
pour le troisième alinéa, «Mobilité Infra Québec n'engage qu'elle-même
lorsqu'elle agit en son nom», c'est... comme la ministre vient de le
mentionner, c'est pour éviter que le gouvernement ne soit impliqué ou poursuivi
lorsque Mobilité Infra Québec pose des actes.
M. Grandmont : De quels actes
peut-il s'agir? Pouvez-vous me donner des exemples de ce que vous avez prévu,
en fait, là, dans la rédaction de cet alinéa?
Mme Blouin (Marie-Claude) : Ça
peut être lorsque Mobilité Infra Québec se fait poursuivre par une entreprise,
ou n'importe quel autre type d'action qui pourrait être pris contre Mobilité Infra
Québec.
M. Grandmont : OK. Donc,
est-ce qu'il s'agit uniquement de cas de poursuites? Est-ce que c'est la
seule... le seul aspect sur lequel cet alinéla-là... alinéa-là a un <impact...
M. Grandmont :
...de
poursuites? Est-ce que c'est la seule... le seul aspect sur lequel cet alinéla-là...
alinéa-là a un >impact, en fait?
Mme Blouin (Marie-Claude) : Juridiquement,
c'est le seul impact, oui.
M. Grandmont : OK. Parce que
moi, quand je regardais ça, ça m'a rapidement fait penser à... la
responsabilité ministérielle. Puis là vous pourrez peut-être départager ça, là,
parce que, quand on voit sur le site de l'Assemblée nationale, évidemment, la
responsabilité ministérielle individuelle, notamment, là : «Les ministres
sont individuellement responsables de la gestion de leurs ministères, ils
doivent, ils doivent présenter les politiques et défendre les actions
entreprises par leur ministère. Devant l'Assemblée, un ministre doit répondre
non seulement de ses propres actions, mais aussi de celles de ses
fonctionnaires. Il pourrait être forcé... il pourrait même être forcé de
démissionner en raison de cas importants de mauvaise gestion. Il doit aussi
présenter et défendre des projets de loi... les projets de loi relevant de sa
sphère d'activité, en plus de justifier les crédits qui lui sont octroyés».
Donc, moi, quand je lisais le troisième
alinéa, j'ai pensé à ça. Je n'avais pas le cas des poursuites, là, mais est-ce
qu'il peut y avoir un lien aussi à ce niveau-là? Parce que moi, l'imputabilité
ministérielle, pour moi, elle est importante. Le... la ministre qui dépose son
projet de loi, la ministre responsable des Transports et de la Mobilité durable
a des comptes à rendre. Mais là vous me dites que, finalement, cet alinéa-là,
il n'y a pas de lien, finalement.
Mme Blouin (Marie-Claude) : Non,
ce n'est pas du tout la portée de cet alinéa-là, effectivement.
M. Grandmont : Puis comment,
en fait, je dirais, la façon dont c'est tourné, on s'assure que c'est,
effectivement, juste sur le cas de poursuites que c'est applicable?
Mme Blouin (Marie-Claude) : Bien,
en fait, c'est un article qui est usuellement utilisé, là, lorsqu'on crée un
organisme public, puis c'est une portée qui est reconnue, là, quand on
interprète ce type... ce type d'article là pour les organismes publics. Ça se
limite vraiment à la portée que je vous ai expliquée.
M. Grandmont : Parfait.
Avez-vous des exemples d'autres sociétés d'État dans lesquels on a,
effectivement, ce genre d'article là, pour qu'on puisse aller faire des
vérifications nous-mêmes de notre côté? Ou vous pourriez nous en fournir, dans
le fond, pour nous indiquer, dans le fond, qu'effectivement il y a une
redondance, puis c'est d'usage d'utiliser ce type de libellé là pour indiquer que
c'est... ça s'applique uniquement dans le cas de poursuites?
Mme Blouin (Marie-Claude) : Oui,
absolument. On va s'assurer de vous donner les bons exemples.
M. Grandmont : Quelques... quelques-uns,
là, trois, quatre, cinq, quelque chose comme ça, là...
Mme Blouin (Marie-Claude) : Parfait.
M. Grandmont : ...des
sociétés d'État, qu'on comprendrait, qui pourraient nous aider, effectivement,
là. Parfait, excellent. Est-ce qu'il y a un lien finalement, avec l'alinéa qui
est précédent, «Les biens de Mobilité Infra font partie du domaine de l'État,
mais l'exécution de ses obligations peut être poursuivie sur ces biens»? C'est
quoi, la nuance qu'il y a par rapport entre le deuxième et le troisième?
Mme Blouin (Marie-Claude) : En
fait, le deuxième alinéa est surtout lié au premier alinéa, par rapport au
statut de mandataire de l'État de Mobilité Infra Québec.
M. Grandmont : C'est-à-dire?
Mme Blouin (Marie-Claude) : C'est-à-dire
que le statut de mandataire de l'État confère à Mobilité Infra Québec
certaines... certains privilèges, certaines immunités, mais on vient prévoir qu'une
de ces immunités-là ou ce... un privilège, qui est l'insaisissabilité des biens
de l'État, ne s'applique pas à Mobilité Infra Québec, comme l'exécution de ses
obligations pourra être poursuivie sur ces biens.
M. Grandmont : D'accord. Donc,
si je comprends bien, là... Quand on dit qu'un bien de Mobilité Infra Québec
fait partie du domaine de l'État on parle de quel bien? Parce que, dans le
fond, on parle d'un bureau de projet, au point de départ, il va opérer,
normalement... puis là c'est peut-être plus la ministre qui va répondre, là, je
ne sais pas, en tout cas, mais, bref... donc, Mobilité Infra Québec va opérer
comme un bureau de projet. Il pourrait être amené à faire des acquisitions
pendant la réalisation d'un mandat, par exemple, un terrain, un immeuble ou, je
ne sais pas quoi, on pourra donner d'autres exemples. À partir du moment où ces
biens-là font partie du domaine de l'État, dans quels cas de figure il pourrait
être poursuivi sur ces biens-là?
Mme Blouin (Marie-Claude) : Bien,
en fait, comme vous le mentionnez, là, c'est vraiment les biens qui vont
appartenir... et dont Mobilité Infra Québec va être propriétaire. On va le voir
plus loin au projet de loi, là, les exemples que vous avez nommés. Par rapport
à un immeuble dans le cadre d'un projet, Mobilité Infra Québec ne sera
pratiquement jamais propriétaire de ce genre d'immeuble là. Donc, on vise
plutôt, là, les biens de Mobilité Infra Québec, par exemple, des bureaux pour
le personnel de Mobilité Infra Québec, là, qui vont réellement lui appartenir.
M. Grandmont : Oui,
évidemment, ça va prendre, évidemment, des locaux pour faire travailler les
employés de Mobilité Infra Québec. Puis quand on dit «l'exécution de ses
obligations peut être poursuivie sur ces biens», qu'est-ce qu'on veut dire
exactement?
Mme Blouin (Marie-Claude) : C'est
pour éviter, là, le... comme je vous mentionnais, là, le privilège ou l'immunité
qui est conférée, normalement, aux mandataires de l'État. Ici, c'est vraiment
pour s'assurer que le principe...
M. Grandmont : Mon objectif,
c'est de vous le faire dire le plus souvent possible.
Mme Blouin (Marie-Claude) : ...d'insaisissabilité
ne s'applique pas à Mobilité Infra Québec. Donc, on s'assure, là, que ce
principe-là ne s'appliquera pas dans le cadre des biens qui vont appartenir à
Mobilité Infra Québec.
M. Grandmont : D'accord, je <comprends...
Mme Blouin (Marie-Claude) :
...vont
appartenir à Mobilité Infra Québec.
M. Grandmont :
D'accord,
je >comprends. Bon, en tout cas, pour l'instant, je n'ai pas d'autre
question. Je vous remercie.
La Présidente (Mme Maccarone) : ...interventions?
S'il n'y a pas d'autre intervention, nous allons passer à la mise aux voix.
M. Arseneau : Oui, moi, je...
j'aurais une question.
La Présidente (Mme Maccarone) : Oui,
M. le député des Îles-de-la-Madeleine, allez-y.
M. Arseneau : Oui, je veux
juste être certain de comprendre quelle est la raison pour laquelle on fait...
on semble faire une différence entre les sociétés d'État qu'on connaît et celle
qu'on s'apprête à créer en ce qui concerne, là, justement cet élément-là, là,
de poursuites et de saisie des biens. Je n'ai pas bien saisi, justement. Alors,
j'aimerais qu'on poursuive l'explication. Il n'y a pas... il n'y a pas d'autres
cas de figure? C'est-à-dire, on a parlé de cas de figure pour Mobilité Infra
Québec, mais j'aimerais savoir... Il y a d'autres sociétés d'État, et aucune
des autres sociétés d'État ne sont astreintes à ces mêmes... à ces mêmes
provisions-là? Est-ce que c'est... Et pour quelle raison, si c'est le cas?
La Présidente (Mme Maccarone) : Mme
la ministre. Ou est-ce qu'on souhaite...
Mme Guilbault :Oui, excusez, je pensais que... OK... ma collègue des
affaires juridiques peut répondre, mais elle n'a pas bien compris la question.
Moi non plus, d'ailleurs.
M. Arseneau : Oui, d'accord.
Alors, on a commencé l'explication en parlant du fait que Mobilité Infra
Québec, c'était une société d'État, mais qu'on ajoutait là quelque chose qui ne
s'applique pas, si j'ai bien compris, aux autres sociétés d'État. Ce n'est pas
ça? Enfin, qu'est-ce qui distingue, dans cet article-là, la société d'État
Mobilité Infra Québec et les autres sociétés d'État au... sur le plan des... de
la loi sur les sociétés d'État? Est-ce que... est-ce que c'est moi qui ai mal
saisi, qu'il y avait une différence, qu'on apportait cet article-là pour
distinguer Mobilité Infra Québec des autres sociétés d'État? Si ce n'est pas le
cas, c'est peut-être moi qui ai mal compris, là, mais j'avais compris que ça
distinguait ici Mobilité Infra Québec des autres sociétés d'État. Ce n'est pas
le cas ou... Je ne sais pas.
La Présidente (Mme Maccarone) : Allez-y...
Mme Blouin (Marie-Claude) : Je
me renomme?
La Présidente (Mme Maccarone) : ...
Mme Blouin (Marie-Claude) : Marie-Claude
Blouin, avocate de la Direction des affaires juridiques au ministère des
Transports et de la Mobilité durable. Et donc, pour répondre à votre question,
en fait, il n'y a rien, là, qui distingue Mobilité Infra Québec avec cet
article-là, c'est vraiment un article qui est couramment utilisé pour les
organismes publics qui sont créés puis qui relèvent de l'État.
M. Arseneau : Donc, dans...
il faut comprendre que, dans la mise en place d'une société d'État, on a
toujours cet article-là, ou à peu près quelque chose qui ressemble à ça?
Mme Blouin (Marie-Claude) : Exact.
M. Arseneau : D'accord.
Mme Blouin (Marie-Claude) : Puis
on pourra vous fournir les exemples, là, qui ont été demandés par votre
collègue tout à l'heure, là, pour que vous puissiez le voir.
M. Arseneau : D'accord. Mais
est-ce que, juste... je ne veux pas devancer cet article-là, mais est-ce que
ce... dans la suite du projet de loi, on va continuer de mentionner que cette
société d'État là est astreinte aux mêmes obligations ou est sous le même
régime que les autres sociétés d'État en tous points? Est-ce que c'est...
et...
Mme Blouin (Marie-Claude) : Bien,
en fait, les exemples où Mobilité Infra se distingue des autres sociétés d'État
ou des autres organismes autres que budgétaires, comme on va le voir plus loin
dans le projet de loi, là... il n'y a pas d'exemple qui me vient rapidement, là.
C'est surtout sur les pouvoirs et la mission qui est conférée à Mobilité Infra
Québec. Tout ce qui est la constitution et l'institution de Mobilité Infra
Québec, il n'y a rien qui la distingue ou... Je n'ai pas un exemple concret à
vous fournir actuellement.
• (18 h 30) •
M. Arseneau : D'accord. Puis
on... En fait, je me demandais... Parce que j'essaie de me souvenir, là. Quand
on a discuté Santé Québec, il me semblait qu'on avait comme une espèce de
formule fourre-tout qui disait : Cette agence-là est soumise aux règles de
la loi, tu sais, à la loi sur les sociétés d'État, puis que ça répondait à
toutes les obligations. C'est pour ça que je m'étonnais du fait qu'on spécifie
cet élément-là sur les poursuites là.
Mme Blouin (Marie-Claude) : Mobilité
Infra Québec est également assujettie à cette loi-là, puis ce n'est pas... ce
n'est pas ce seul ajout-là, dans le projet de loi, qui fait que Mobilité Infra
Québec est un organisme public. Ça prend également d'autres articles, comme
l'article 2, là, qui a été inséré dans la loi.
M. Arseneau : OK. Excellent,
merci. Merci de la précision.
La Présidente (Mme Maccarone) : Merci.
Y a-t-il d'autres interventions? S'il n'y a pas d'autre intervention, nous
allons passer à la mise aux voix. Est-ce que l'article 2 de la loi édictée
est adopté?
Des voix : Adopté.
Des voix : Sur division.
La Présidente (Mme Maccarone) : Sur
division. Merci. Mme la ministre, pour la lecture de la... Pas besoin de lire
le titre chaque fois, juste l'article 3.
Mme Guilbault :J'ai beaucoup de choses à faire, Mme la Présidente.
Article 3 :
«Mobilité Infra Québec a son siège dans la
ville de Québec à l'endroit qu'elle détermine.
«Mobilité Infra Québec publie à la Gazette
officielle du Québec un avis...
18 h 30 (version révisée)
Mme Guilbault :...«Mobilité Infra Québec a son siège dans la ville de
Québec à l'endroit qu'elle détermine.
«Mobilité Infra Québec publie à la Gazette
officielle du Québec un avis de la situation de son siège ou de tout
changement dont celui-ci fait l'objet.»
En commentaire, l'article 3 de la Loi
sur Mobilité Infra Québec prévoit la possibilité pour Mobilité Infra Québec de
choisir l'endroit où se situe son siège, pourvu que celui-ci soit situé à l'intérieur
des limites de la ville de Québec. L'adresse de son siège ainsi que tout
changement d'adresse subséquent doit être publié à la Gazette officielle du
Québec.
La Présidente (Mme Maccarone) : Merci.
Y a-t-il des interventions? Je crois qu'il n'y a pas... Oui, M. le député de
Nelligan.
M. Derraji : Juste une
question pour préciser. Donc, si je comprends bien... si je comprends bien, le
siège, toujours, restera dans la ville de Québec, il ne peut pas déménager de
la ville de Québec.
Mme Guilbault :Exactement, oui.
M. Derraji : OK. Dans la
demande d'accès d'information que nous avons effectuée, les frais... la
ventilation des frais ne donne pas un montant exact du coût d'installation.
Donc, est-ce que, pour le siège, le ministère a déjà une idée sur un emplacement?
Mme Guilbault :Une idée de l'emplacement des bureaux?
M. Derraji : Bien, au fait,
ce que... la demande d'accès que nous avons eue, la ventilation n'était pas
très, très claire.
Une voix : ...
Mme Guilbault :Oui.
M. Derraji : Oui, j'ai posé
la question.
Mme Guilbault :Non, mais où l'endroit, dans la ville de Québec. Oui, c'est
ça, bien, c'est la capitale... Oui, mais bonne question. C'est la <i>loi
sur le statut de la capitale nationale, j'imagine ou... C'est-tu la ville ou l'agglo?
Une voix : ...
Mme Guilbault :Vous pensez que c'est la ville. Oui, c'est ça, la ville de
Québec.
M. Derraji : La ville de
Québec. OK. Je reviens à la demande d'accès à l'information que nous avons
déposée, et la ventilation des frais ne donne pas clairement... et vous avez
vu, c'est pour cela que nous avons posé beaucoup de motions préliminaires...
bien, beaucoup, ce que... ce que nous avons eues...
Mme Guilbault :
Oui, oui, beaucoup.
M. Derraji : ...bien, trois,
pas beaucoup, trois. Mais, quand je vois la ventilation... Je veux juste aller,
pour ne pas dire n'importe quoi, parce qu'on nous a référés à ce que vous avez
déposé au Conseil des ministres, c'est quelle page? Désolé, parce que ce n'est
pas facile sur le iPod. OK. Voilà. Excellent. Vous avez mentionné 3 millions de
dollars, OK, et, dans les 3 millions de dollars, c'est uniquement
pour les prochains six mois. Donc, j'imagine que le siège où l'endroit n'est
pas encore choisi, mais vous mettez 3 millions de dollars pour l'ensemble
des frais ou uniquement pour la localisation de l'agence?
Mme Guilbault :Bien, juste être sûre où le collègue prend ses chiffres.
M. Derraji : Ah! vous, c'est
votre document, mémoire au Conseil des ministres, la page 19. Parce que
nous aussi, on s'est posé la même question que vous, mais...
Mme Guilbault :Pour les dépenses de fonctionnement?
M. Derraji : Oui, absolument.
Mme Guilbault :Bien, je veux juste voir si on a le même tableau, là, si on
fait référence à la même chose.
M. Derraji : Ah! bien, aucun
problème. Si vous avez un autre tableau, partagez-le avec nous, parce que moi,
ce que j'ai, c'est ça.
Mme Guilbault :Non, non, mais c'est parce moi, j'ai le tableau que j'ai,
là.
M. Derraji : Mais la seule
chose que j'ai, c'est votre mémoire déposé au Conseil des ministres.
Mme Guilbault :Mais, enfin, c'est quoi, la question, 3 millions pour
les dépenses de fonctionnement? Bien, c'est parce que...
M. Derraji : Bien, je l'ai
dit deux fois.
Mme Guilbault :Oui, mais vous dites : Vous prévoyez 3 millions.
M. Derraji : Non, parce
que... En fait, vous avez dit dans le mémoire : «Implications financières,
des investissements pour la mise sur pied de Mobilité Infra Québec seront
requis en dehors de la prise en charge de projets — ça, c'est clair. Les
coûts additionnels pour les six premiers mois — là on parle de coûts
additionnels — d'opération de l'exercice 2024-2025, six premiers
mois, uniquement les six premiers mois, 3 millions de dollars.»
Ma question : Pourquoi uniquement six
premiers mois? Par la suite, ce que vous dites, pour les 10 prochaines
années, c'est 13 millions de dollars. Moi, ce qui m'intéresse :
Combien ça va coûter aux contribuables, le lancement de l'agence? Parce que là
vous parlez du siège, là, on a... on vient de parler du siège, le siège, c'est
dans la ville de Québec. Mais j'ai quatre frais non récurrents : frais non
récurrents associés à la transition des systèmes informatisés, il n'y a pas de
chiffre; frais de transition associés à la mise en œuvre de la nouvelle
gouvernance, il n'y a pas de chiffre; frais liés aux installations matérielles
de Mobilité Infra Québec, il n'y a pas de chiffre; frais liés à l'expertise
externe, on aurait professionnelle et communication, il n'y a pas de chiffre.
Donc, moi, je pense qu'on est rendus à la
bonne place pour parler combien ça va coûter, cette agence, le lancement.
Encore une fois, je ne parle pas des coûts, ça, c'est autre chose. Mais vous
avez dit que, pour les six premiers mois, les coûts additionnels pour les six
premiers mois, c'est <3 millions de dollars...
M. Derraji :
...ça,
c'est autre chose. Mais vous avez dit que, pour les six premiers mois, les
coûts additionnels pour les six premiers mois, c'est >3 millions de
dollars. Mais les six premiers mois, c'est à partir de quelle date?
Mme Guilbault :Bien, les dépenses additionnelles de rémunération et de
fonctionnement? C'est parce que, c'est ça, je veux juste prendre le même
mémoire que vous, là. Page 19...
M. Derraji : C'est
vraiment... c'est vraiment votre mémoire. C'est très simple. C'est votre
mémoire déposé au Conseil des ministres.
Mme Guilbault :C'est ça. Ça fait que... Donc, en fait, c'est quoi, la
question?
M. Derraji : Est-ce que
je peux...
Mme Guilbault :C'est parce que, moi, j'ai mon tableau ici, là. Je vais
juste voir...
M. Derraji : Bien, partagez-le
avec nous, là, ça va aller vite. Est-ce que vous pouvez le déposer en
commission, Mme la ministre?
Mme Guilbault :Bien, c'est parce que je ne sais pas, il y a des parties
confidentielles, nos affaires. C'est ça. Moi, c'est ça que j'ai.
Une voix : ...
Mme Guilbault :
Ah! bien, c'est ça, c'est dans la partie confidentielle. C'est pour ça que ce n'est
pas le même tableau.
M. Derraji : Ah! bien
là, Mme la ministre, là, vous me donnez le mot que j'aime beaucoup. Il n'y a
pas de confidentiel. Écoute, c'est l'argent des contribuables.
Mme Guilbault :Bien, il n'y a pas de confidentiel...
M. Derraji : Bien, pour
vous, c'est confidentiel. Mais là vous invitez les Québécois...
Mme Guilbault :...je veux dire, on a des... Regardez, il est écrit «coûts
additionnels, 3 millions».
M. Derraji : Bien, moi,
c'est ça qui m'inquiète, c'est écrit «coûts additionnels», «additionnels», ça
veut dire «en plus», mais ce qui m'intéresse, c'est le coût initial. On ne peut
pas... Vous m'avez vu venir par rapport à cet enjeu. J'ai déposé une motion
préliminaire, parce que je voulais savoir l'étude d'impact réglementaire, ça n'a
pas été mentionné. Mais là, moi, je veux combien ça va coûter, cette agence, si
c'est possible.
(Consultation)
La Présidente (Mme Maccarone) :
Est-ce que vous avez une réponse ou souhaitez-vous qu'on suspende?
Mme Guilbault :Bien, peut-être une courte suspension.
La Présidente (Mme Maccarone) :
Une courte suspension. Nous allons suspendre.
(Suspension de la séance à 18 h 38)
(Reprise à 18 h 45)
La Présidente (Mme Maccarone) : Alors,
nous sommes de retour. Mme la ministre, pour la réponse à la question du député
de Nelligan.
Mme Guilbault :Oui. Bien, en fait, c'est ça, c'est que c'est les dépenses,
c'est... Le 3 millions, c'est les dépenses additionnelles par rapport aux
dépenses régulières du ministère, donc, les dépenses, finalement, liées à la
mise en place de Mobilité Infra Québec.
M. Derraji : Bien, Mme la
Présidente, avant... avant de suspendre, Mme la ministre m'a dit qu'elle a un
tableau et le tableau est confidentiel. Et moi, ce que j'ai, j'ai
3 millions de dollars. Moi, je l'invite à être beaucoup plus
explicite sur le coût. On n'est pas là en train de lancer une petite affaire,
là, <c'est une agence...
M. Derraji :
...et
moi, ce que j'ai, j'ai 3 millions de dollars. Moi, je l'invite à être
beaucoup plus explicite sur le coût. On n'est pas là en train de lancer une
petite affaire, là, >c'est une agence, et les Québécois ont le droit de
savoir combien ça va coûter. Je tiens à le préciser que j'ai dénoncé au début
que... et d'ailleurs c'était dans la motion préliminaire, je voulais savoir les
coûts. Nous avons fait une demande d'accès à l'information pour savoir combien
ça va coûter. La réponse que j'ai reçue, elle était, Mme la Présidente, très,
très, très limitée. On n'a pas d'étude d'impact réglementaire et on vous réfère
aux documents déposés au Conseil des ministres. Je l'ai.
D'ailleurs, Mme la ministre ne semblait pas savoir
de quoi je parlais tout à l'heure, mais c'est son document, page 19, j'ai
3 millions. Je lui ai posé la question. Elle m'a dit gentiment :
Écoute, probablement, on n'a pas les mêmes documents. Effectivement, on n'a pas
le même document. Le document qu'elle a, elle m'a répondu qu'il est confidentiel.
Mais, Mme la Présidente, on ne peut pas continuer la discussion si on ne sait
pas combien ça va coûter aux contribuables, cette agence.
Et, tout à l'heure, elle faisait allusion
au Parti libéral qui a laissé tomber l'agence, parce que le contexte économique
n'était pas favorable, justement parce que le Parti libéral est responsable et
rigoureux en matière des finances publiques. Le contexte actuel est
11 milliards, et quelques poussières, parce qu'un gouvernement a perdu le
contrôle des finances publiques. C'est un fait. D'ailleurs, le député...
l'excellent député de Saint-Jérôme n'arrête pas de le mentionner, hier même, il
l'a mentionné, encore une fois, sur l'excellent balado de Politiquement Parlant.
Il y a des perles, vraiment des perles de l'ex-collègue et de Mme la ministre,
et les collègues en face de moi.
Mais, maintenant, tout le peuple québécois
veut savoir combien cette agence va coûter. D'ailleurs, ils ont vu ce qui s'est
passé avec l'agence de santé. Ils ont passé l'été à recruter des «top guns» à
un demi-million de dollars avec les avantages sociaux. Donc, on veut savoir.
J'ai quelques chiffres devant moi, 3 millions additionnels, les coûts
additionnels, pour que les gens qui nous écoutent, parce que je sais qu'on est
très, très écoutés cet après-midi, les coûts additionnels, pour les six
premiers mois d'opération de l'exercice 2024-2026... 2027, estimés à
3 millions.
La question est très simple,
3 millions de dollars, six premiers mois. Ce que j'ai demandé, c'est
la ventilation de ces prêts... de ces frais, désolé. Parce que Mme la ministre
semble avoir un document, est-ce qu'elle peut nous le partager, comme ça, on va
passer à autre chose?
Mme Guilbault :Elle est où, la page 19 de tantôt, là? Bien non, mais
c'est ça, on donne... on donne les exemples de choses : frais non
récurrents associés à la transition des systèmes informatisés actuels, frais de
transition associés à la mise en œuvre de la nouvelle gouvernance, frais liés
aux installations matérielles de Mobilité Infra Québec, frais liés à
l'expertise externe, honoraires professionnels.
M. Derraji : OK. Mme la
ministre, vous avez dit que le document que vous avez, ce n'est pas le même que
j'ai.
Mme Guilbault :C'est des exemples, c'est ça.
M. Derraji : Mme la ministre,
vous venez de dire, il y a quelques instants, que vous avez un document
confidentiel, que je ne l'ai pas. Moi, ce que je veux savoir, c'est l'argent
des contribuables : Est-ce qu'on peut être beaucoup plus transparent et
déposer la ventilation de ça? Moi, je veux savoir concrètement combien ça va
coûter. Donc, 3 millions pour...
Mme Guilbault :Mais il est écrit 3 millions, c'est concret, ça.
M. Derraji : Bien, vous
semblez dire que ce n'est pas les mêmes documents que j'ai. Ce n'est pas moi
qui l'ai dit, vous avez dit que c'est confidentiel. Ce n'est pas moi qui l'ai
dit «confidentiel».
Mme Guilbault :Mais il y a une partie confidentielle dans tous les
mémoires du Conseil des ministres. Ça a toujours été comme ça puis ça va
probablement rester comme ça, mais, en tout cas, ça a toujours été comme ça.
Alors, le mot «confidentiel» veut dire que c'est confidentiel. Mais il y a une
partie publique accessible. Ce n'est pas pour rien, c'est pour qu'effectivement
les citoyens et leurs représentants puissent avoir accès à l'information. Or, à
la page 19, il est écrit «3 millions», et je lui confirme que c'est
3 millions, et je viens de donner des exemples des raisons pour
lesquelles... ou des...
• (18 h 50) •
M. Derraji : OK. Donc,
3 millions sur six mois.
Mme Guilbault :...des types de dépenses pour lesquelles ça va être
utilisé.
M. Derraji : Mais... OK.
3 millions sur six mois.
Mme Guilbault :Sur les six premiers mois, c'est ça, dans les projections.
M. Derraji : OK. Après, ça va
coûter combien?
Mme Guilbault :Il faut juste que je voie ce que j'ai dans la partie...
Bien, c'est ça, on l'a ici : Pour la partie 2024-2029, les coûts
d'opération sont estimés à 12,9 millions...
M. Derraji : OK.
Mme Guilbault :...coûts additionnels, c'est ça... bien, sur 2024... sur
cinq... quatre ans. C'est... quatre, cinq, cinq, six... Oui, c'est ça,
2024-2029.
M. Derraji : OK. J'ai deux
chiffres... j'ai 3 millions. Je vous ai posé la question au début :
Est-ce que le siège est à Québec? Est-ce que vous avez une idée sur l'endroit
du siège? J'imagine que <les gens attendent...
M. Derraji :
...j'ai
3 millions. Je vous ai posé la question au début : Est-ce que le
siège est à Québec? Est-ce que vous avez une idée sur l'endroit du siège? J'imagine
que >les gens attendent la fin de, je présume, la fin du projet de loi
pour voir où l'agence risque d'être installée. Là, vous avez estimé
3 millions de dollars sur six mois, mais, sur les 3 millions de
dollars, est-ce qu'on peut avoir une ventilation de ces 3 millions? Les
3 millions n'incluent pas les salaires. Est-ce qu'on est d'accord? Est-ce
que, oui ou non, les 3 millions incluent les salaires des gens que vous
allez recruter? Est-ce que ça inclut la masse salariale, le salaire du PDG?
Mme Guilbault :Bien, ça dépend. Sur les six premiers mois, tu sais,
graduellement, il va avoir de l'installation à faire, puis il va... la mise en
place, puis il va avoir aussi, fort probablement, des gens du ministère qui, au
départ, vont aller aider à la mise en place de l'agence qui, eux, sont déjà des
dépenses régulières de rémunération.
M. Derraji : OK. Je
tiens à...
Mme Guilbault :C'est pour ça qu'on dit «additionnels», c'est en surplus
des dépenses régulières de rémunération.
M. Derraji : Combien le PDG
va gagner?
Mme Guilbault :
Ce n'est pas encore déterminé.
M. Derraji : OK. Mais
vous comprenez, Mme la ministre, que je ne peux pas entamer l'étude si on ne
sait pas combien ça va coûter. C'est une agence gouvernementale, ce n'est pas
une entreprise privée. Et vous et moi, si on est élus, c'est pour gérer l'argent
des contribuables. Vous venez de me dire que, dans les 3 millions, il va y
avoir quelques dépenses de masse salariale. Je veux juste qu'on précise ça, dans
les 3 millions de dollars, pour les six premiers mois, il y a des
salaires.
Mme Guilbault :En surplus de ceux qui ne seront pas des transferts, bien,
je veux juste être sûre qu'on les a mis dans le... Juste une courte suspension,
Mme la Présidente. Je vais voir si on peut...
La Présidente (Mme Maccarone) :
...
(Suspension de la séance à 18 h 53)
19 h (version révisée)
(Reprise à 19 h 10)
La Présidente (Mme Maccarone) : Parce
qu'on est gentil, comme membres de la commission de la CTE, au lieu de faire
attendre les gens en ondes, je vous remercie, tous et toutes, pour votre
collaboration.
Et, compte tenu de l'heure, la commission
ajourne ses travaux sine die. Merci.
(Fin de la séance à 19 h 11)