(Neuf
heures quarante-neuf minutes)
La Présidente
(Mme Maccarone) : Bon matin à tous et à toutes. À l'ordre,
évidemment! Ayant constaté le quorum, je déclare la séance de la Commission des
transports et de l'environnement ouverte.
La commission est
réunie afin de poursuivre l'étude détaillée du projet de loi n° 61, Loi
édictant la Loi sur Mobilité Infra Québec et modifiant certaines dispositions
relatives au transport collectif.
M. le secrétaire, y
a-t-il des remplacements?
Le Secrétaire :
Oui, Mme la Présidente. Mme Tardif (Laviolette—Saint-Maurice) est remplacée
par M. Girard (Lac-Saint-Jean); Mme Dufour
(Mille-Îles), par M. Morin (Acadie); et M. St-Pierre
Plamondon (Camille-Laurin), par M. Arseneau (Îles-de-la-Madeleine).
Reprise du débat sur la motion proposant que le
ministère des Transports
et de la Mobilité durable transmette des documents permettant
d'apporter un éclairage supplémentaire à la commission
dans l'exécution de son mandat
La Présidente
(Mme Maccarone) : Merci beaucoup. Lors de l'ajournement de nos
travaux jeudi dernier, nous étions à l'étude
d'une motion préliminaire présentée par le député des Îles-de-la-Madeleine. M. le député de Nelligan, il vous reste 17 minutes. Je vous
cède maintenant la parole.
M. Monsef Derraji
M. Derraji :
Bonjour, Mme la Présidente. Très heureux de revoir mes chers collègues. Je
note que le député de Masson
me dit que le plaisir est partagé. Je tiens à rassurer mon cher collègue que le
grand plaisir est partagé avec moi.
Chaque fois que je me
lève pour prendre la route, Mme la Présidente, pour venir à Québec, je me
dis : Comment je vais changer la vie
des gens? Et j'en suis sûr et certain, qu'avec ce qu'on va faire on va changer
la vie des gens, surtout que, dans un contexte budgétaire très déficitaire, la
motion vise juste. Et je tiens à remercier mon collègue le député... le
député du Parti québécois.
Donc,
salutations à l'ensemble des collègues. Je tiens à noter que nous sommes dans
la salle Papineau, une salle où la température est adéquate pour faire un bon
exposé. On passe de la chaleur de... — c'est
quoi, l'autre salle? — ...
Des voix : ...
• (9 h 50) •
M. Derraji :
...de La Fontaine... de la chaleur de la salle de La Fontaine à
la fraîcheur de la salle Papineau. Je ne sais pas... Est-ce qu'il y a un jeu de
mots à faire entre La Fontaine et Papineau? Mais La Fontaine était...
était une salle chaleureuse, mais j'ose espérer qu'aussi la salle Papineau va
l'être aussi. Bonjour. Bienvenue.
Donc, voilà, Mme la
Présidente. Je vais juste rappeler où nous étions la semaine dernière, parce
que, du moment que je commence à... notre bloc d'échange pour essayer de
convaincre Mme la ministre et l'ensemble de ses collègues qui sont présents
aujourd'hui... C'est que, conformément à l'article 244 du règlement de
l'Assemblée nationale, le Parti québécois
nous invite, il invite les membres de la Commission des transports et de l'environnement, dans le cadre de
ce que nous sommes en train de faire, à savoir étudier le projet de
loi 61... Et, je tiens à rappeler, le projet
de loi 61, qu'est-ce qu'il vise, le projet de loi 61? Il vise à
instaurer Mobilité Infra Québec et modifier certaines dispositions
relatives au transport collectif.
Et
ce qu'il demande, le collègue député de... des Îles-de-la-Madeleine, il
demande au ministère des Transports et
de la Mobilité durable de transmettre, au plus tard avant la séance du
mardi 8 octobre... Mais, écoutez, je vais continuer mes
arguments, mais j'espère que Mme la ministre et son équipe nous ont ramené les
arguments. Pour répondre à ma collègue, on va aller très vite. On va vraiment
aller... aller très vite, et ça va nous aider à avoir les documents nécessaires.
Et ce que la motion du collègue demandait : Que le ministère des
Transports et de la Mobilité durable «dépose
à la commission une ventilation des ressources humaines et contractuelles qui
ont été investies pour l'élaboration du projet de loi» et, ce qui est très
bien, c'est que... «que la Commission reçoive également une ventilation des
coûts et des investissements qui seront nécessaires pour la mise sur pied de Mobilité
Infra Québec et qui seront requis en dehors de la prise en charge de projets ainsi
que les coûts additionnels envisagés pour les deux premières années
d'opération».
Vous
allez me dire, Mme la Présidente : Mais pourquoi, cette motion
préliminaire, le Parti libéral est d'accord? Bien, c'est très simple,
très, très simple. C'est la motion préliminaire la plus facile à expliquer.
J'ai en face de moi un gouvernement qui a perdu le contrôle des finances
publiques.
D'ailleurs, je tiens à
saluer l'excellent député de Saint-Jérôme, qui, hier, lors d'un balado avec...
avec deux... le balado parlant... Politiquement
Parlant, il a clairement dit, il a avoué que... lui, qui faisait partie de
ce caucus caquiste, disait que le
gouvernement a perdu le contrôle des finances publiques. Et je ne tiens pas à
rappeler la feuille de route de l'excellent député de Saint-Jérôme, qui
critiquait ses collègues et qui critiquait la gestion gouvernementale, hein,
11 milliards.
Je tiens à rappeler que la semaine dernière,
pendant que nous, nous étions en commission en train d'étudier ce projet de loi, il y avait une autre mise à jour
économique. Mais, figurez-vous, le gouvernement s'est trompé, encore une fois, pas en disant qu'il y a moins... moins
de pertes, ou moins de dépenses, ou moins de déficit, non, plus de déficit.
Ils ont rajouté, Mme la Présidente, un demi-milliard de déficit.
Donc, factuellement, hein, vous savez que je
suis un homme factuel, Mme la Présidente, j'ai en face de moi un gouvernement
qui a perdu le contrôle des finances publiques. Nous, toujours fidèles à nos
habitudes, avec l'excellente recherchiste que j'ai à côté de moi, ma chère
collègue Florence, nous avons envoyé une demande d'accès à l'information. Mais
pourquoi on a envoyé cette demande d'accès à l'information? C'est pour savoir,
hein, je vais vous le dire, c'est pour
savoir, Mme la Présidente, dans le cadre de ce projet de loi, les coûts estimés
par année pour les 10 prochaines années.
Une voix : ...
M. Derraji : Bien non, ce n'est
pas grave. Oui. Bien, moi aussi, je suis fier d'elle, Florence Thivierge, oui.
Elle mérite...
Des voix : ...
M. Derraji : Oui, elle mérite les
applaudissements. Si vous voulez, chers collègues, elle le mérite. Elle est
humble, mais j'ai du fun à travailler avec ma collègue. Mais blague à part,
parce que c'est juste la... l'occasion s'est présentée pour remercier ma
collègue. Mais on s'est posé la question. Elle m'a dit — elle
m'a appelé avec mon prénom, je ne vais pas m'appeler... dans la commission, on
n'a pas le droit — donc :
Le député de Nelligan, on n'a aucune idée sur les dépenses.
Et là, vous savez, Mme la Présidente, moi, je ne
commence jamais l'étude détaillée d'un projet de loi si je n'ai pas une
étude... analyse d'étude d'impact réglementaire. C'est systématique.
D'ailleurs, les collègues avec moi, quand je commence à parler d'un projet de
loi ou... les collègues, je leur dis : S'il vous plaît, avez-vous lu le
mémoire déposé au Conseil des ministres? Parce que moi, je n'étais pas là au Conseil
des ministres, les collègues non plus. Avez-vous lu la demande d'étude d'impact
réglementaire? Parce que c'est là où on voit l'analyse complète du projet de
loi.
Donc, premier avis... premier problème en jeu,
c'est que j'ai un gouvernement qui a perdu le contrôle des finances publiques,
et ils annoncent un retour à l'équilibre budgétaire pour les prochaines années.
Donc, il y a une pression sur les dépenses. Mais je ne peux pas, je ne peux pas
concevoir aujourd'hui que le gouvernement entreprend un resserrement des
dépenses budgétaires, et d'ailleurs on l'a vu dans plusieurs programmes, sans
avoir une vision combien ça va coûter, cette agence. C'est une nouvelle
structure. Donc, pour les gens qui nous écoutent, on ne sait pas combien ça va
coûter.
Attendez,
j'ai quelques chiffres, mais je vais vous dire, les frais qu'on a, c'est quoi.
Premièrement, les six premiers mois
d'opération de l'exercice 2024-2025, donc, uniquement les six premiers
mois, on parle d'un budget de 3 millions de dollars, 3 millions de dollars. Pour
2024-2029, ça va coûter au trésor public, aux contribuables québécois presque
13 millions de dollars.
Et là on
prend un pas de recul. Pourquoi le gouvernement veut une nouvelle agence? C'est
parce qu'après six ans il n'y a pas de projet structurant en matière de
mobilité durable. Il n'y a aucun nouveau projet en matière de transport
collectif. Donc, du moment qu'ils ont échoué de livrer un projet structurant en
matière de transport collectif, la CAQ, fidèle aux nouvelles structures, essaie
de chercher une nouvelle structure, comme ce qu'ils ont fait avec l'agence de
santé et les «top guns», avec une nouvelle agence. Bien, vous avez vu, Mme la
Présidente, on a passé l'été à recruter des «top guns» à 400 000 $,
500 000 $, des voitures de service. Est-ce que c'est ça que les
Québécois veulent? Ils veulent des routes bien entretenues. Ils veulent un transport
de... collectif fiable, et pas un transport collectif où on va se réveiller le
matin et on ferme trois stations. C'est ça, la réalité, Mme la Présidente.
Donc, voilà.
Donc, quand nous avons envoyé la demande
d'accès, la réponse... on n'était pas satisfaits de la réponse. Mais, pour le
bénéfice des gens qui nous écoutent, je vais leur dire la réponse. Dans
l'estimation des coûts : frais non récurrents associés à la transition des
systèmes informatiques actuels; frais de transition associés à la mise en
oeuvre de la nouvelle gouvernance, conseil
d'administration; frais liés aux installations matérielles de Mobilité Infra Québec, le mobilier; frais
liés à l'expertise externe, honoraires professionnels et communications. Voilà.
Mais, jusqu'à maintenant, Mme la Présidente,
tout ça ne me parle pas et ne me donne aucune idée sur l'ampleur des dépenses.
Et on l'a vu avec ce gouvernement, Mme la Présidente. Ce n'est pas la première
fois que, quand ils lancent quelque chose, ils échappent complètement le lancement,
parce que ça devient une lourdeur et ça coûte cher au Trésor. Et, je vous le
dis, si nous étions dans un contexte de surplus budgétaire... Et,
souvenez-vous, mon collègue Carlos Leitão, quand nous avons quitté le pouvoir
et quand la population québécoise nous a donné le rôle de contrôler l'action
gouvernementale, ce même gouvernement a hérité d'un surplus énorme.
Aujourd'hui, ce que les Québécois doivent retenir : On ne parle plus de
surplus, on parle d'un énorme déficit. Là, encore une fois, je salue le courage de l'ancien député caquiste, collègue des
collègues en face, le député de Saint-Jérôme, qui le mentionne, pas une fois,
pas deux, que la CAQ a perdu le contrôle des finances publiques.
Donc, je ne peux pas, Mme la Présidente,
commencer l'étude détaillée de ce projet de loi sans avoir où on s'en va. Vous
savez, on peut toujours rêver d'aller à n'importe quelle destination, mais, si
on n'a pas les moyens, on n'a pas les moyens. Mais on ne le dit pas aux
Québécois. Les Québécois aujourd'hui veulent savoir, cette agence, ça va coûter combien concrètement, au-delà de ce que
j'ai, parce qu'il n'y a pas de ventilation. À part, Mme la Présidente,
que pour la même... la même demande d'accès à l'information que nous avons
envoyée, il n'y a pas d'étude d'impact réglementaire. Ça, ça a été très clair
dans la réponse : Écoutez, on n'a pas fait d'étude d'impact réglementaire,
on vous réfère au mémoire qu'on a déposé au Conseil des ministres. Mais je
l'ai. Je l'ai, Mme la Présidente.
• (10 heures) •
Et, quand on se compare avec les autres... les
autres sociétés de transport, on parle de projets complexes, on parle d'une
structure de financement très claire. Mais malheureusement, encore une fois, on
ne voit pas... on n'a pas une idée très claire sur l'ensemble des frais,
sachant que, dans la même, même, même demande d'accès, la réponse que nous
avons eue : Il y a des frais liés à l'expertise externe, honoraires
professionnels et communications. Donc... donc, on parle beaucoup de
l'expertise externe, mais on ne parle pas de l'expertise interne, qui est très
importante. Donc, elle est où, l'expertise interne, Mme la Présidente?
Donc, permettez-moi aujourd'hui d'exprimer que
je suis un peu sceptique. Et j'ai vu ce qui s'est passé avec l'agence de santé,
et malheureusement... avec l'agence de santé, d'ailleurs, qu'aucun Québécois
n'a vu encore le début du commencement d'une solution, hein? Les gens qui nous
écoutent l'observent. Est-ce que le ministre de la Santé a baissé le temps
d'attente au niveau des urgences? Est-ce que la liste d'attente au niveau des
aînés, ça a baissé? Par contre, ce que les Québécois savent jusqu'à
maintenant : que la PDG gagne 652 000 $ par année, avec une
voiture de service. Mais, écoutez, la voiture de service, ce n'était pas le
luxe, hein? Tu sais, c'est ce qu'on a essayé de dire comme ligne de com :
Voiture modeste payée par les contribuables québécois. Ça, les Québécois le
savent maintenant. Mais ça, on va en discuter rendu là, quand on va parler des
avantages pour le prochain «top gun». Je ne sais pas, Mme la ministre, si elle
aussi va aller à la recherche d'un «top gun» au niveau du transport, comme fut
le cas avec... avec son collègue le ministre de la Santé.
Mais, vous savez, Mme la Présidente, on fait
notre travail. Les Québécois nous ont donné le mandat de contrôler l'action
gouvernementale. On va la contrôler, l'action gouvernementale. C'est ça, le
rôle de l'opposition officielle. Et l'équipe
libérale, elle est rigoureuse dans ce sens. Pourquoi? Parce qu'au bout de la
ligne le gouvernement a été mandaté de gérer l'argent des contribuables
québécois. Et aujourd'hui, si je n'ai pas ces documents, je ne vais pas faire
mon travail correctement. Donc, comment vous voulez que j'entame l'analyse d'un
projet de loi important, qualifié par Mme la ministre : Il va
révolutionner le monde du transport collectif, sans savoir combien ça va coûter
aux contribuables? Est-ce qu'on a les moyens de se payer une agence qui va
coûter aux contribuables québécois tant de milliers de dollars ou millions de
dollars? On n'a aucune idée.
Donc, je... j'insiste sur ce point, Mme la
Présidente, parce que j'aurais aimé, hein, j'aurais aimé avoir une analyse
d'impact réglementaire. On serait ailleurs aujourd'hui, probablement dans
l'article 4, ou 5, ou 6, ou 9, ou 10, ou on... bien avancé. J'aurais aimé
avoir une ventilation des frais, mais malheureusement, je tiens à le dire, le
gouvernement caquiste n'a pas jugé bon de faire une étude d'impact
réglementaire.
Et donc vous savez que la seule chose qu'il nous
reste... Permettez-moi, madame. La seule chose qu'il nous reste en tant
qu'opposition officielle, c'est utiliser nos motions préliminaires pour
sensibiliser une deuxième fois le gouvernement. Et je pense que sur cet enjeu
nous sommes à la bonne place.
Aujourd'hui, vous prenez n'importe quel
Québécois... Faisons un vox pop, Mme la Présidente : Écoutez, le gouvernement lance une agence qui ressemble à
celle de la santé, presque, le «top gun» en santé touche un demi-million de dollars avec une voiture de fonction, les
vice-présidents, la même chose, et on veut lancer une agence de mobilité durable,
MIQ, mais on ne sait pas combien ça va coûter, est-ce que vous êtes pour ou
contre? Je viens d'avoir une idée. Je vais le faire. Je vais demander aux
Québécois qu'est-ce qu'ils pensent d'un gouvernement qui a perdu le contrôle
des finances publiques et qui lance une agence où on ne sait pas combien ça va
coûter aux contribuables québécois réellement, avec une ventilation des
dépenses. Alors, Mme la Présidente, c'est ça, c'est là où on est aujourd'hui.
Donc, je sais que les collègues caquistes ont
hâte à ce qu'on commence l'étude à l'article n° 1. Moi
aussi, moi aussi, j'ai hâte. J'ai hâte à commencer l'article 1, parce que
ça va mal au niveau de la mobilité durable, ça va mal au niveau du transport.
C'est rendu qu'on ferme des stations de métro à Montréal, figurez-vous. Le même
jour où il y avait une annonce pour l'extension de la ligne bleue, il y a un
problème au niveau du maintien d'actif.
Alors, Mme la Présidente, j'espère sincèrement
qu'ils vont voter pour cette motion, parce que sinon... Clairement, les gens
qui nous écoutent, le gouvernement n'a aucune idée sur le coût réel, malgré
qu'on va vous demander des sacrifices. Et d'ailleurs, vous avez vu, en santé,
la CAQ veut couper presque 1 milliard de dollars. Au niveau de... du
transport, il y a des chantiers en arrêt, il y a des fonds où les gens
n'arrivent plus à envoyer leurs demandes, et on leur dit : Attendez,
patientez après la mise à jour budgétaire.
Donc, en conclusion, Mme la Présidente, on ne
sait pas combien ça va coûter, cette agence, ni le salaire du PDG ni le salaire
des autres vice-présidents. Mais une chose certaine : la CAQ a bien créé
des jobs payantes. Ça, là, on est
convaincus, la CAQ a réussi sa mission. La mission première du premier
ministre, c'est faire payer des «top guns». Merci...
La
Présidente (Mme Maccarone) : Merci, M. le député. Est-ce qu'il y a d'autres
intervenants sur la motion? Oui, M. le député de l'Acadie, la parole est
à vous.
M. André
Albert Morin
M. Morin : Merci, Mme la Présidente.
Alors, je comprends que j'ai une période de 10 minutes.
La Présidente (Mme Maccarone) : ...
M. Morin : Je vous remercie. Alors,
Mme la ministre, collègues de la banquette gouvernementale, collègues de la
deuxième opposition, cher collègue député de Nelligan, c'est toujours un
plaisir de travailler avec vous au sein de cette commission.
M. Derraji : Merci, cher collègue.
M. Morin : Mme Florence, merci
pour votre excellent travail.
Écoutez, j'ai lu attentivement la motion qui a
été présentée par le député du Parti québécois et je vous dirai d'emblée que je
suis d'accord avec cette motion et cette demande, mais je vais vous expliquer,
dans les minutes qui suivent, pourquoi, et c'est relié directement au rôle qu'a
à jouer un député au sein de ce Parlement, et ce rôle, c'est celui de
contrôleur. On travaille à l'élaboration de la législation, mais on a aussi un
rôle fondamental à jouer en ce qui a trait aux dépenses de l'administration
publique, du gouvernement, un rôle où on doit poser des questions pour
s'assurer que l'argent des Québécois et des Québécoises est, évidemment, bien
dépensé.
Et je vous dirai que j'ai trouvé cette motion
très intéressante, parce que le gouvernement veut mettre en place une autre
agence. Et, mon collègue le député de Nelligan y faisait référence, ce
gouvernement, le gouvernement de la CAQ, a créé l'agence Santé Québec. Là, on
arrive avec une autre agence, mais on n'a pas une idée des coûts. Combien vont
gagner les dirigeants? Combien y aura-t-il d'employés? Et ça m'apparaît
excessivement important, parce que, quand je
regarde la façon dont le gouvernement de la CAQ gère les finances publiques, on
assiste véritablement à une perte de contrôle. Et la dernière...
finalement, la dernière mise à jour économique, comme le soulignait mon
collègue le député de Nelligan, entraîne à nouveau un autre demi-milliard de
déficit. Donc, on a... Et on n'a même pas d'idée où ça va s'arrêter.
Maintenant, quand je regarde ce que cette
agence-là va faire, Mobilité Infra Québec, le gouvernement de la CAQ veut lui
confier les projets... la réalisation, planification de projets complexes de transport.
Et donc, si telle est la mission de cette nouvelle agence, bien, j'imagine
qu'ils vont devoir embaucher des gens hypercompétents. Combien vont-ils les
payer? On n'en a aucune idée. Quelles sont les sommes d'argent qui ont été
investies jusqu'à maintenant pour élaborer ce projet de loi? On ne le sait pas.
Mais surtout, surtout, quelles seront les sommes qui seront nécessaires pour
mettre sur pied Mobilité Infra Québec? Alors, ça non plus, on n'en a pas
d'idée. Quels seront les coûts additionnels?
On ne le sait pas. Et ça m'apparaît hyperimportant, pour les gens qui nous
écoutent, de le savoir, parce que ce que je comprends de Mobilité Infra
Québec, c'est qu'il y aura quand même une mission particulière pour les projets de transport complexes. Mais,
écoutez, Mme la Présidente, une fois que l'agence va être conçue, quels
seront... quels seront les barèmes de rémunération, quelles seront les normes,
quels seront les avantages sociaux, les conditions de travail pour ses
employés? On n'en a aucune idée. Tout ce qu'on sait, c'est que
l'article 44 du projet de loi y fait
référence et que les employés de Mobilité Infra Québec seront nommés selon le
plan des effectifs qu'elle établit.
• (10 h 10) •
Le seul parallèle qu'on peut faire présentement,
et mon collègue de Nelligan y faisait référence, c'est l'agence de Santé Québec. Si Mobilité Infra Québec s'enligne dans la même
direction, bien, écoutez, il y aura... il y aura un conseil
d'administration, et, croyez-moi, les gens qui vont y siéger ainsi que le
président ou la présidente, ça va quand même coûter cher au trésor public.
Je rappelle que la PDG de Santé Québec a un
salaire de 652 050 $ avec les avantages sociaux, sa prime d'arrivée,
et les autres VP ont des salaires de 254 000 $ à 388 000 $.
Quand on regarde la façon dont va fonctionner l'agence de santé, on parle
également d'un conseil d'administration qui va être composé de différentes
personnes. Donc, on peut... on peut penser déjà qu'il y aura, effectivement,
une somme considérable qui va être octroyée à Mobilité Infra Québec pour payer
ses hauts dirigeants. Mais il n'y aura pas que des hauts dirigeants à Mobilité
Infra Québec. Il va falloir aussi qu'il y ait des fonctionnaires, des gens qui
vont y travailler avec des normes, des bases de rémunération qui seront
déterminées et dont on n'en a aucune idée.
Et ce qui est aussi particulier, je vous dirai,
c'est que... en tout cas, à moins que j'aie raté quelque chose, je n'ai pas vu
qu'en créant Mobilité Infra Québec le gouvernement allait abolir le ministère
des Transports. Donc, c'est une nouvelle structure qui va s'ajouter à celle qui
existe déjà. Est-ce que les employés, éventuellement, de Mobilité Infra Québec viendront du ministère des Transports?
On ne le sait pas. Est-ce qu'ils vont aller chercher des gens ailleurs? On ne le sait pas. Est-ce qu'ils vont être mieux
payés que les fonctionnaires de Transports Québec? Ça reste encore à voir.
Mais il y a une chose qui est sûre, c'est que ça
semble être, encore là, un... une agence qui va... en fait, qui va coûter au
Trésor québécois une somme considérable et qui va faire en sorte que ce qui
pourrait arriver... Je ne sais pas si ça va arriver, mais ce qui pourrait
arriver, c'est qu'il pourrait y avoir plusieurs employés de Transports Québec
qui vont, évidemment, migrer vers Mobilité Infra Québec. Alors, qu'est-ce qui
va arriver à Transports Québec? On ne le
sait pas. Est-ce que ces postes-là vont être remplacés? Ça, est-ce que ça va
créer des coûts additionnels? Autant de questions, et on n'a aucune
réponse.
Et je reviens
à ce que je disais au départ. Moi, comme député, j'ai un rôle de contrôleur,
contrôleur des finances publiques. Et
c'est la raison pour laquelle, au fond, j'appuie la motion qui a été présentée
par le collègue du Parti québécois, des Îles-de-la-Madeleine, parce qu'il me semble, il me semble qu'à titre
minimal on devrait au moins savoir s'il y a eu une ventilation des
coûts, quelle est cette ventilation des coûts. Est-ce qu'il y a eu une
prévision qui a été faite pour mettre sur pied Mobilité Infra Québec?
Présentement, on n'en a aucune idée, et il me semble que c'est un... c'est un minimum quand un gouvernement veut se lancer dans
un tel chantier. Ça me semble évident, d'autant que le gouvernement de
la CAQ, au niveau de la gestion des finances publiques, nous a entraînés dans
un déficit sans précédent.
Donc, quand
vous regardez tout ça, pour qu'on soit capables de faire notre rôle et qu'on
soit capables de travailler, nous, de l'opposition officielle, il
faudrait absolument que le gouvernement puisse publier, puisse nous divulguer
ces chiffres. Je ne peux pas croire que le
gouvernement... bien, en fait, j'espère, j'espère que je me trompe, que le
gouvernement se lance dans un tel projet et qu'il n'a aucune idée de ce
que ça va coûter, aucune idée du salaire que vont recevoir ces dirigeants. Et
ça m'apparaît être une très, très, très mauvaise planification. Même si, dans
la loi, on dit que l'agence Mobilité Infra Québec est là pour planifier, il me
semble que ça, c'est un exemple concret d'une très mauvaise planification et qu'à titre minimal on devrait le savoir au
moment où on est en train d'étudier le projet de loi. Puis pourquoi on devrait le savoir? Bien, pour
être capables de faire notre job. Parce que, de toute façon, éventuellement,
quand Mobilité Infra Québec va voir le jour, comme pour l'agence de Santé
Québec, on va en avoir, des chiffres, mais là, évidemment, on va être placés
devant le fait accompli.
Donc, moi, ce que je veux, c'est qu'on soit
capables de bien faire notre travail de député, qu'on soit capables d'avoir
accès à ces coûts-là avant pour qu'on soit capables, justement, de questionner
le gouvernement dans le cadre de l'étude de ce projet de loi.
Alors, pour toutes
ces raisons, Mme la Présidente, je pense que... non, je sais, je suis sûr que
la motion de mon... du collègue des Îles-de-la-Madeleine est excellente, et c'est la raison pour laquelle je vais l'appuyer. Je
vous remercie.
La Présidente (Mme Maccarone) : Merci
beaucoup. Est-ce qu'il y a d'autres intervenants en lien avec la motion
préliminaire? Je vois qu'il n'y en a pas.
Mise aux voix
Alors, nous
allons passer à la mise aux voix. Est-ce que la motion présentée par le député
des Îles-de-la-Madeleine est adoptée?
Une voix : ...
La Présidente (Mme Maccarone) : Un
vote par appel nominal. M. le secrétaire.
Le Secrétaire : Pour, contre,
abstention. Mme Guilbault (Louis-Hébert)?
La Présidente (Mme Maccarone) : ...votre
vote?
Mme Guilbault :
Contre.
Le Secrétaire : M. Lemay
(Masson)?
M. Lemay : Contre.
Le Secrétaire : Mme Blouin
(Bonaventure)?
Mme Blouin (Bonaventure) : Contre.
Le Secrétaire : M. Bernard
(Rouyn-Noranda—Témiscamingue)?
M. Bernard : Comme la ministre,
contre.
Le Secrétaire : M. Montigny
(René-Lévesque)?
M. Montigny : Contre.
Le Secrétaire : M. Girard
(Lac-Saint-Jean)?
M. Girard (Lac-Saint-Jean) : Contre.
Le Secrétaire : M. Derraji
(Nelligan)?
M. Derraji : Pour.
Le Secrétaire : M. Morin
(Acadie)?
M. Morin : Pour.
Le Secrétaire : M. Grandmont
(Taschereau)?
M. Grandmont : Pour.
Le Secrétaire : Mme Maccarone
(Westmount—Saint-Louis)?
La Présidente (Mme Maccarone) : Abstention.
Alors, la motion est rejetée.
Nous sommes toujours à l'étape des motions
préliminaires. Avons-nous d'autres motions préliminaires ou est-ce que nous
pouvons commencer avec l'article 1?
M. Derraji : ...
La Présidente (Mme Maccarone) : Merci.
Est-ce que c'est envoyé déjà au Greffier, M. le député?
M. Derraji : C'est en route, entre
étage 2 et ici.
La Présidente (Mme Maccarone) : C'est
en route. Alors, est-ce que vous l'avez, M. le secrétaire?
OK. Nous allons suspendre juste quelques
instants. Merci.
(Suspension de la séance à 10 h 18)
(Reprise à 10 h 21)
La Présidente (Mme Maccarone) :
Alors, nous sommes de retour. M. le député de Nelligan, pour la lecture de
votre motion, s'il vous plaît.
M. Derraji : Est-ce que je peux
laisser mon collègue ou je peux juste la lire, et mon collègue peut parler?
Comment...
La Présidente (Mme Maccarone) : Vous...
Est-ce que ce serait présenté par le député de l'Acadie?
M. Derraji : Oui, oui...
M. Morin : ...oui, oui, tout à fait.
La Présidente (Mme Maccarone) : Allez-y,
M. le député.
Motion proposant
d'entendre l'Association des
firmes de génie-conseil du Québec
M.
Morin : Voilà. Parfait. Merci, Mme la Présidente. Alors,
voilà la motion préliminaire que je présente ce matin, et je vais la
lire :
Que, conformément à l'article 244 du Règlement
de l'Assemblée nationale, je fais motion afin :
«Que [...] la Commission des transports et de
l'environnement, dans le cadre de l'étude détaillée du projet de loi
n° 61, Loi édictant la Loi sur Mobilité Infra Québec et modifiant
certaines dispositions relatives au transport collectif,
tienne des consultations particulières et qu'à cette fin, elle entende
l'Association des firmes de génie-conseil—Québec.»
M. André Albert
Morin
Voilà. Alors, cette motion préliminaire est
présentée ce matin, Mme la Présidente, parce que... Et ce n'est pas la première
motion préliminaire qui est présentée par l'opposition officielle, parce qu'on
a, entre autres, notamment la semaine dernière, présenté plusieurs motions
préliminaires pour que d'autres groupes soient entendus.
Et il me semble pertinent, important d'entendre
l'Association des firmes de génie-conseil—Québec. Pourquoi? Bien, c'est parce
que, quand vous regardez... quand vous regardez le mandat, la mission de
l'agence Mobilité Infra Québec, le gouvernement veut, avec cette agence, créer
une entité à part, donc, une personne morale qui va être un mandataire de
l'État, mais dont la mission, le travail va être de planifier, réaliser des
projets complexes de transport. Donc, si on
veut créer une telle agence, qu'on veut que ça fonctionne, il me semble que le
gouvernement devrait être très réceptif à entendre l'Association des
firmes de génie-conseil—Québec,
puisque, dans le domaine de l'ingénierie au Québec, on a, depuis des décennies,
des ingénieurs-conseils qui ont rendu de très grands services à la population
québécoise. Donc, il me semble qu'entendre une firme de génie-conseil ou leur
association permettrait au gouvernement de bien saisir, d'être en mesure de bien comprendre ce
qu'il faut mettre de l'avant pour que cette agence, Mobilité Infra
Québec, soit la plus performante possible.
Ça
m'apparaît... ça m'apparaît important, parce que, quand on regarde la mission
de Mobilité Infra Québec, on dit, dans le projet de loi, et c'est... c'est
l'intention... c'est l'intention du gouvernement : «A pour mission
principale d'effectuer, dans une perspective de mobilité durable[...],
l'analyse d'opportunité, la planification ou la réalisation de projets
complexes de transport», hein?
«Le gouvernement, lorsqu'il lui confie une
responsabilité en vertu du premier alinéa — donc, ce que je viens de lire — et
afin de favoriser la mise en valeur des espaces à proximité des bâtiments ou
des ouvrages de génie civil d'un projet
complexe de transport», et la loi parle bien de projets complexes de
transport... Donc, elle pourra permettre à Mobilité Infra Québec d'effectuer une série de gestes, d'actions qui
pourront être posées, tu sais, vendre un immeuble, aménager un immeuble, construction, reconstruction
ou réfection d'un immeuble ou d'un ouvrage de génie civil destiné au
transport ou utile à un système de transport.
Donc, si cette agence-là aura pour mission,
entre autres, de construire, reconstruire ou de travailler à la réfection d'immeubles, d'ouvrages de génie civil,
quoi de plus pertinent que, justement, d'entendre l'Association des firmes de génie-conseil—Québec pour que le gouvernement soit à même de
bien saisir comment il pourra optimiser l'efficacité de Mobilité Infra
Québec? Ça me semble être un minimum.
Mais ce n'est
pas tout. Mobilité Infra Québec pourra également exercer d'autres
fonctions : réalisation des analyses en transport que le ministre
lui confie moyennant rémunération, dont la planification en mobilité,
l'exécution de tout autre mandat que le gouvernement lui confie.
Et, quand je le... je le lisais précédemment, on
parle, donc, de projets complexes de transport, donc des routes, notamment,
mais ça pourrait également être toutes sortes de projets en termes de transport
collectif. Et on sait, et on sait que, dans
le domaine du transport collectif, le Québec a quand même beaucoup de
rattrapage à faire, hein, quand on regarde... Puis on ne sait pas de
quoi aura l'air... ou de... ou comment sera composé le budget de Mobilité Infra
Québec, mais, présentement, au ministère des Transports, il y a un fort
pourcentage qui est accordé au transport routier, la réfection des routes. Il y
en a moins au niveau du transport collectif, et combien, combien c'est
important pour, évidemment, la population québécoise. Donc, importance,
évidemment, d'entendre cette association.
Puis il y a une autre... il y a une autre raison
assez fondamentale également. Vous savez, Mme la Présidente, quand on a à
travailler des projets de loi, cela va de soi, on n'est pas, les députés,
experts en tout. On a un créneau d'expertise, mais le travail qu'on a à faire à
l'Assemblée nationale est souvent très diversifié. C'est un avantage, ça rend
notre tâche excessivement intéressante, sauf que, quand il y a un projet de loi
qui est déposé, puis surtout un projet de loi comme celui-ci, qui va entraîner
des modifications très importantes dans la façon, évidemment, de gérer des
projets en matière de transport au Québec, on demande toujours des
consultations particulières, justement, pour aider les parlementaires à faire
leur travail, à être... à être efficaces, à être pertinents dans le travail qu'on
a à faire et, à ce moment-là, bien, les... le parti de l'opposition officielle,
on envoie... on envoie nos demandes, on envoie notre liste de gens qu'on estime
être les plus pertinents à faire entendre au gouvernement, qui peut accepter ou
refuser.
Moi, ce
qu'on... on m'informe que... Nous, on a demandé à ce que l'Association des
firmes de génie-conseil—Québec
soit entendue, mais ils n'ont pas été convoqués. Et donc nous avons
l'opportunité, ce matin, de corriger cette erreur. Ils devraient être entendus,
d'autant plus que, dans le cadre des travaux de la commission, les ingénieurs
du gouvernement ont été entendus, mais pas
l'Association des firmes de génie-conseil—Québec, qui relève... évidemment, sont des
entreprises privées. Donc, je pense qu'en toute équité pour l'ensemble des
ingénieurs, qui font un excellent travail au
Québec, bien, il faudrait aussi entendre l'Association des firmes de génie-conseil—Québec, qui, eux, évidemment, travaillent
avec des firmes de génie-conseil privées.
• (10 h 30) •
C'est très important d'avoir entendu les
ingénieurs du gouvernement, parce que je comprends, bien sûr, surtout s'ils
sont au ministère des Transports, que ce projet de loi là va avoir un impact
sur eux. Donc, qu'ils soient entendus, que
les parlementaires aient eu l'opportunité de leur poser des questions, c'était
vraiment important, sauf que, quand on regarde ce que va devoir faire
Mobilité Infra Québec et sa mission, bien, ça va avoir aussi, définitivement, un impact sur les ingénieurs qui travaillent dans
des firmes de génie-conseil et qui relèvent du privé, d'où, évidemment,
l'importance de pouvoir les entendre également.
Et, comme je le disais la semaine dernière, vous
savez, quand on veut... quand le gouvernement veut opérer un tel changement, je
pense que c'est important de prendre le temps de bien faire les choses, et donc
d'être capables... d'être capables d'entendre des groupes et de pouvoir leur
poser des questions pour éviter, pour éviter éventuellement des pièges, parce
qu'on ne peut pas tout prévoir, et donc de faire en sorte qu'éventuellement il
pourra peut-être y avoir des amendements qui vont être proposés, et, je vous
dirais, des amendements, souvent, autant proposés par le gouvernement que par
les oppositions. Suite à des consultations particulières, le gouvernement a un
travail à faire. Ils ont d'excellents légistes, mais on ne peut pas tout
prévoir, d'où, évidemment, l'importance des consultations particulières. Et, en
fait, ce qu'on tente de faire ici, c'est d'avoir un équilibre, de corriger ce
que j'appellerais une lacune, parce qu'on voulait... On voulait les entendre.
Ils n'ont pas été retenus. Donc, ils ont... On a cette opportunité, ce matin,
de réitérer, de renouveler cette demande dans le cadre d'une motion
préliminaire, et c'est la raison pour laquelle elle est... je l'ai déposée ce
matin.
Important parce que, oui, les ingénieurs du
gouvernement travaillent... ils sont compétents, ils travaillent excessivement
fort, ils ont fait avancer de grands projets, mais rappelons-nous qu'au Québec
il y a aussi beaucoup de firmes d'ingénieurs privées qui ont contribué à la
réalisation de grands projets québécois pour l'ensemble de la population
québécoise. Donc, il me semble que leur consacrer du temps, les inviter, les
entendre ne serait... n'aurait qu'un avantage bénéfique
pour les fins de la commission et des parlementaires qui sont, évidemment,
chargés d'étudier ce projet... ce projet de loi, d'autant plus que, quand on
regarde... et, j'en parlais un peu plus... un peu plus tôt, Mobilité Infra
Québec va être une personne morale ou une société de personnes. Donc, ça va
être un organisme indépendant du ministère... du ministère des Transports.
On dit aussi dans le projet de loi que, et je
réfère à l'article 8, «Mobilité Infra Québec [pourra] acquérir, de gré à gré ou
par expropriation, pour son propre compte ou pour le compte [d'une] de ses
filiales, du gouvernement, d'une municipalité locale, d'une société de
transport en commun, du Réseau de transport métropolitain ou de l'Autorité
régionale de transport métropolitain tout immeuble qu'elle juge nécessaire dans
le cadre de la planification ou de la réalisation d'un projet complexe de
transport qui lui est confié en vertu de l'article 4». Et rappelez-vous, Mme la
Présidente, quand j'ai commencé mon exposé et que je lisais l'article 4. On
parle, évidemment, hein, de la possibilité pour Mobilité Infra Québec de
planifier, réaliser des projets complexes de transport. Donc là, il y a un
autre article du projet de loi qui va donner à Mobilité Infra Québec une foule
de pouvoirs, entre autres, pour l'acquisition de biens, et on parle même...
pour son compte ou l'une de ses filiales.
Donc, au fond, ce que le gouvernement nous dit,
ce que le gouvernement de la CAQ nous dit avec son projet de loi, c'est que
Mobilité Infra Québec, qui va être une personne morale ou une société de
personnes autre, pourra même avoir des filiales, et ces filiales-là pourront
acquérir de... d'une municipalité, société de transport, même par expropriation.
Alors, qu'est-ce qu'ils vont acquérir? Pour réaliser quoi? Qu'est-ce qu'ils
vont exproprier?
Puis rappelons-nous, Mme la Présidente, parce
que j'ai eu le privilège de siéger lors de l'étude du projet de loi 22, qui a
modifié de fond en comble la Loi sur l'expropriation, que de questions j'ai
posées à Mme la ministre, parce que le gouvernement s'est doté de pouvoirs
extraordinaires dans le domaine de l'expropriation. Et donc, de voir que Mobilité
Infra Québec aura aussi ce
pouvoir-là, bien là, il me semble qu'avant de se lancer dans un tel exercice,
il serait important d'entendre des représentants de firmes de génie-conseil qui
oeuvrent, évidemment, au Québec depuis des
années et qui ont une expérience de grands projets ou de projets complexes dans
le domaine du génie civil.
Alors,
écoutez, moi, j'espère que les collègues de la banquette gouvernementale vont
accueillir favorablement cette demande-là, qui, au
fond, ne nous prendra pas énormément de temps, mais qui va permettre,
évidemment, de bonifier éventuellement un tel projet de loi, alors que Mobilité Infra Québec aura de tels... de tels pouvoirs.
Et permettez-moi aussi de rappeler certaines
dispositions du projet... du projet de loi qui feront partie des... de la
mission de Mobilité Infra Québec. Tu sais, on parle, entre autres, de travaux
sur une voie publique municipale. On parle de modification de voies publiques.
On parle de réaménagement de voies publiques. Rappelez-vous, hein, je viens de le lire, Mobilité Infra Québec aura
aussi un pouvoir d'expropriation. Elle va avoir un mandat pour effectuer
une planification en mobilité dans une perspective de développement durable et
de diminution de l'empreinte carbone. Et là, vous savez, quand on... quand on
lit ça, bien, on se dit : Il me semble que ce serait fondamental et
important pour le gouvernement de pouvoir bénéficier de l'expertise, entre
autres, de firmes de génie-conseil privées et qui, évidemment, ont une
expertise dans un très grand nombre... dans un très grand nombre de domaines.
C'est
important aussi parce que Mobilité Infra Québec, j'imagine — enfin,
je l'espère fortement — aura
aussi sûrement pour mandat de développer la mobilité interrégionale.
Parlons aussi de transport... de transport collectif. C'est excessivement
important. Et, le transport collectif au Québec, là, moi, je vous dirais, Mme
la Présidente, il y a du travail, il y a du travail à faire au sein... au sein
des villes, mais, entre les régions du Québec, il faut absolument planifier un
meilleur système de transport interrégional pour faire en sorte que les gens
des différentes communautés aient non seulement accès à des biens et à des
services, donc, au niveau de l'économie, c'est effectivement un avantage, mais qu'en plus... qu'en plus les gens
de ces localités-là puissent se déplacer d'une façon efficace. Et là, bien,
évidemment, si Mobilité Infra Québec a un rôle à jouer, bien, c'est d'autant
plus important de permettre à ce qu'une association de firmes de génie-conseil—Québec
puisse venir en commission parlementaire et expliquer, au fond, comment le projet de loi pourrait être bonifié
pour faire en sorte qu'on soit plus efficaces, parce que j'imagine... j'imagine
que, si le gouvernement de la CAQ tient absolument à une agence, bien, c'est
parce qu'il veut être efficace.
C'est quand même étonnant, parce qu'il y a un
ministère des Transports qui existe au Québec depuis de nombreuses années.
Pourquoi le gouvernement préfère se lancer dans la création d'une agence? C'est
vraiment étonnant, mais on peut faire le parallèle
avec l'agence de Santé Québec. Et, comme mon collègue le député de Nelligan en parlait tout à l'heure, pour
l'agence de Santé Québec, on n'a pas vu l'ombre d'un début de quelque chose qui
allait faire en sorte que le système de
santé allait mieux fonctionner au Québec. Donc, quels sont les buts visés pour
la création de Mobilité Infra Québec? De quelle façon ça va s'articuler
pour faire en sorte que les Québécois puis les Québécoises vont en avoir pour leur argent?
Bien, il me semble qu'on ne devrait pas se
priver d'entendre un autre groupe, l'Association des firmes de génie-conseil—Québec,
puisqu'on a entendu les ingénieurs du gouvernement. Moi, je suis convaincu
qu'ils ont fait un travail rigoureux, qu'ils
ont eu d'excellentes propositions, d'excellentes recommandations. Pourquoi, à
ce moment-là, ne pas équilibrer les choses et permettre à des firmes de
génie-conseil privées de venir également nous parler de ce que pourrait être
Mobilité Infra Québec pour faire en sorte que ce soit véritablement efficace?
Ne l'oublions pas, ne l'oublions pas, cette
agence-là va avoir un coût important pour le gouvernement, puis évidemment ce
gouvernement-là est déjà en déficit. Donc, il me semble que ce serait
important d'entendre au moins des gens qui ont des choses intéressantes à nous
dire pour faire en sorte qu'on puisse être efficaces, hein?
• (10 h 40) •
Permettez-moi
de vous rappeler, dans le mémoire qui a été déposé au Conseil des ministres, le volet accessible au public, hein, les objectifs poursuivis par
Mobilité Infra Québec, hein : Accroître la capacité de gestion du
gouvernement du Québec sur les
projets d'infrastructure de transport collectif. Quand on regarde les
objectifs, là, Mme la Présidente, c'est le premier
élément qui apparaît dans le mémoire, accroître la capacité de gestion du
gouvernement du Québec sur les projets
d'infrastructure de transport collectif. Est-ce à dire que présentement le
gouvernement du Québec n'a pas cette
capacité? Est-ce que c'est parce que le transport collectif, ce n'est pas une
priorité? Autant de questions qui sont en suspens, Mme la Présidente.
Mais il y a
une chose... il y a une chose qui est sûre, si on veut augmenter la capacité de
gestion du gouvernement du Québec,
bien, il me semble qu'après avoir entendu des ingénieurs du gouvernement du
Québec on devrait entendre des firmes
d'ingénieurs-conseils privées. C'est exactement le mandat de l'Association des
firmes de génie-conseil—Québec.
C'est leur rôle. C'est leur travail. Ils représentent l'ensemble des firmes de
génie-conseil. Donc, il me semble qu'on ne devrait pas se priver d'une telle...
d'une telle expertise, d'autant plus que, dans toute la question, hein, du
fameux tramway de Québec, dont on a parlé, reparlé, et qu'on parle encore, puis
là on ne sait pas ce qui va arriver, ça va-tu avancer, ça recule-tu, bref...
mais il y a quand même des mandats qui ont été confiés à des organismes autres
que le ministère des Transports. Est-ce
qu'éventuellement Mobilité Infra Québec pourra... En fait, juridiquement
parlant, elle pourra, mais est-ce
qu'elle verra... est-ce qu'elle demandera à des firmes de génie-conseil privées
des analyses, des études pour remplir
sa mission? Bien, si la réponse, c'est oui, puis on peut présumer que ça va
être oui, bien, à ce moment-là, pourquoi ne pas entendre immédiatement
l'Association des firmes de génie-conseil—Québec pour faire en sorte que,
bien sûr, on ait une idée de ce qui va arriver?
Autre élément quand on regarde les objectifs
poursuivis par Mobilité Infra Québec : Doter le Québec d'une capacité
organisationnelle accrue et d'une vision nationale des projets de transport
complexes en créant un pôle d'expertise unique et attractif en matière de
projets complexes de transport regroupés au sein d'une organisation autonome et
performante.
Alors, moi, Mme la Présidente, il y a deux,
trois mots que je retiens de ça, «créer un pôle d'expertise unique et
attractif». On ne sait pas exactement ce que ça va vouloir dire, parce que le
gouvernement vient de voter contre la motion qui était présentée par le député
des Îles-de-la-Madeleine sur la ventilation des postes, comment ça va
fonctionner, etc., combien les gens vont être payés. Mais il y a une chose qui
est sûre, ils vont sûrement faire de très bons
salaires, parce que c'est un des objectifs qui est poursuivi par le projet de
loi, un pôle d'expertise unique et attractif. Est-ce à dire que
présentement ce n'est pas le cas au ministère des Transports? Pourquoi ne pas
réformer, à ce moment-là, le ministère des Transports plutôt que de créer une
entreprise autre? La question se pose.
Mais il y a une chose qui est sûre, il y a une
chose qui est sûre, c'est que, si on veut créer un pôle d'expertise unique et attractif, donc, ils vont aller chercher
des gens quelque part. On va avoir besoin d'ingénieurs, puis ils ne seront
peut-être pas tous au ministère des
Transports. Ils vont être probablement dans le privé, j'imagine. Alors, à ce
moment-là, pourquoi ne pas entendre l'Association des firmes de
génie-conseil du Québec? C'est ce qu'ils font. Ils représentent des firmes de
génie-conseil qui sont dans le privé.
Faciliter l'accès à la main-d'oeuvre disposant
de l'expertise de pointe requise pour la réalisation de chaque projet complexe
de transport ainsi que sa consolidation et sa rétention. Donc, ce que je
comprends des objectifs poursuivis, bien, en
fait, ça vient... ça vient du gouvernement de la CAQ, c'est que présentement le
gouvernement n'a pas cette expertise-là. Donc, s'il ne l'a pas, on va aller la
chercher où? Bien, forcément, dans le privé. Ça me semble... en tout
cas, bref, ça me semble être une hypothèse qui se défend et qui passe le test
de l'hilarité spontanée. Enfin, c'est ce que
je dirais. Donc, raison de plus pour entendre l'Association des firmes de
génie-conseil. Ils vont probablement être directement impactés par le
projet de loi. Alors, pourquoi ne pas les entendre? Pourquoi ne pas leur donner
cette opportunité? Ça permettrait, d'ailleurs, au gouvernement de savoir
exactement ce qu'il devrait faire, parce qu'il y a plein de questions qu'on
peut leur poser quand on veut, évidemment, avoir un pôle d'expertise unique et
attractif.
Permettez-moi, hein, encore une fois, de revenir
à l'article 44 du projet de loi. Quand on dit que «les employés de Mobilité Infra Québec sont nommés
selon le plan d'effectifs qu'elle établit. Sous réserve des dispositions
d'une convention collective, Mobilité Infra Québec détermine les normes et
[les] barèmes de rémunération, les avantages sociaux», alors, quoi de plus
important pour le gouvernement que d'entendre, justement, l'Association des firmes de génie-conseil? Ils pourront... On peut
discuter avec ces gens-là. C'est... c'est l'importance, c'est la pertinence
d'avoir ces groupes, évidemment, dans le cadre de consultations particulières.
Et donc c'est quoi, par exemple, des barèmes de rémunération? C'est quoi, des
normes? Parce que, si on veut... si on veut, évidemment, unir l'article 44
avec les objectifs poursuivis, bien, il me
semble que parler à des firmes de génie-conseil qui sont dans le privé ferait en
sorte que ça aiderait véritablement le gouvernement.
Donc, autant
de bonnes raisons d'aller chercher des gens puis de voir avec, justement, des
firmes de génie-conseil ce qui peut être fait, parce que... parce
qu'évidemment, quand on parle de projets complexes de transport, il ne faut pas
oublier, hein, parce que ça, c'est dans le mémoire qui a été présenté au Conseil
des ministres : Construction, reconstruction, réfection d'un immeuble ou
d'un ouvrage de génie civil destiné au transport ou utile à un système de transport, développement ou amélioration d'un
système de transport intelligent. Donc, à ce sujet-là, je suis convaincu, je
suis convaincu que, dans le domaine privé, dans des firmes de génie-conseil, au
Québec, il y a... il y a cette expertise, il y a, évidemment, cette
expérience-là qui pourrait être partagée avec la commission parlementaire où
nous siégeons présentement. Et ça, ça m'apparaît effectivement très important
pour qu'on soit à même d'avoir toute l'information requise pour être capables, bien sûr, de faire notre travail de
parlementaire d'une façon qui est efficace, même chose pour le conseil
d'administration, avec les salaires qui seront éventuellement versés.
On dit également... on dit également, dans le...
dans le document qui a été présenté au Conseil des ministres, que Mobilité
Infra Québec pourra conclure une entente avec un ministère ou un organisme du
gouvernement ainsi qu'avec toute personne, association, société ou toute
communauté autochtone représentée par son conseil de bande. Donc, à ce
moment-là, il me semble que vouloir, pouvoir inviter les firmes de
génie-conseil permettrait d'avoir un meilleur éclairage
sur la façon dont ça peut être fait. Pourquoi? Bien, parce qu'évidemment ces
firmes-là sont déjà habituées d'entrer dans des négociations de contrats,
d'ententes pour faire avancer des projets importants de génie civil au Québec. Alors, autant... autant
d'éléments pertinents que l'Association des firmes de génie-conseil pourrait
nous donner.
Même chose également en matière de ressources
humaines. Plusieurs de ces firmes-là emploient un nombre considérable
d'ingénieurs. Et donc je rappelle que, dans le projet de loi, au niveau des
ressources humaines, c'est l'article 44
dont je parlais, il y aura... Mobilité
Infra Québec aura son propre plan
d'effectifs. Et d'ailleurs le mémoire au Conseil des ministres
souligne : «Mobilité Infra Québec ne sera pas assujettie à la Loi sur la
fonction publique.» Donc, il y aura d'autres normes. Bien, à ce moment-là,
pourquoi... pourquoi ne pas entendre l'Association des firmes de génie-conseil
et leur demander, évidemment, leur expertise pour être capables d'avoir des
barèmes qui vont être, évidemment, compétitifs?
• (10 h 50) •
Je reviens à ce que je disais au début, Mme la
Présidente, si le gouvernement... bien, en fait, c'est ce qu'on lui dit, qu'il n'aurait pas cette expertise à
l'interne puis qu'ils vont la chercher à l'externe, bien, autant avoir des
barèmes qui vont être compétitifs. Et
quoi de mieux que d'entendre l'Association des firmes de génie-conseil pour
être capables d'aider le gouvernement et les parlementaires dans cette
démarche? Alors, pour toutes ces raisons, je vais, bien sûr, appuyer la motion
que je présente ce matin. Merci, Mme la Présidente.
La Présidente (Mme Maccarone) : Merci,
M. le député de l'Acadie. Est-ce qu'il y a d'autres intervenants sur la motion?
Oui, M. le député de Nelligan, la parole est à vous.
M. Monsef Derraji
M. Derraji : Au nom du chef de
l'opposition officielle, Mme la Présidente.
La Présidente (Mme Maccarone) : Oui.
Vous disposez de 30 minutes. Allez-y.
M. Derraji : Oui. Rebonjour, Mme la
Présidente. Donc, encore une fois, une motion que je salue, de mon collègue le
député de l'Acadie. Et je vais vous dire pourquoi c'est important d'entendre
l'association des génies... l'Association des firmes de génie-conseil.
D'ailleurs, ils nous ont sollicités pour qu'on... Ils voulaient être entendus
en commission parlementaire, et malheureusement, malheureusement, on n'a pas
eu... on ne les a pas entendus. Et vous avez vu qu'il y avait, en commission
parlementaire, une seule compagnie, et c'est la compagnie Pomerleau, Mme la Présidente, qui était là. Mais, avec les
enjeux que nous avons tous vus au niveau de... au niveau... au niveau de... je
dirais, de l'agence, je pense que c'est quand même important de prendre le
temps d'entendre l'Association des firmes de génie-conseil.
Tu sais, je
ne vais pas revenir sur le débat qui a été soulevé par l'association des
ingénieurs du ministère, si ma mémoire, elle est bonne...
Des voix : ...
M. Derraji : ...oui, du gouvernement
du Québec. C'est eux qu'on a... qu'on a invités. Ils étaient là. Ils ont... D'ailleurs, ils nous ont dit qu'ils ont des enjeux
sur le terrain présentement, qu'il y a des enjeux au niveau des chantiers.
Mais permettez-moi juste de vous lire quelques
extraits que je trouve importants, que Pomerleau, lors de leur passage en
commission parlementaire, en tant qu'entrepreneur général... Et c'est là, et
c'est là où c'est important, ça devient vraiment important d'écouter ce qui a
été dit. «En tant qu'entrepreneur général, on comprend...» Ça, ce sont les propos de Pomerleau : «On
comprend que notre participation aujourd'hui vise essentiellement à faire
bénéficier les élus de l'expertise terrain que nous avons développée au
fil des 60 dernières années.»Donc, c'était un passage quand même important
par rapport à leur présence et à leur participation dans les efforts
contractuels.
Ils ont parlé de l'entreprise, 5 000 employés,
fondée en 1964, mais aussi ils nous ont partagé un élément important, et cet
élément important... je veux juste nommer deux : SkyTrain, en Colombie-Britannique,
et le REM, à Montréal. Bon, le REM, à Montréal, on voit... le REM, à Montréal,
on le voit très bien, ça a été une bonne, bonne... une bonne... une bonne
solution, une bonne solution que nous avons adoptée. Et d'ailleurs nous étions
capables pas uniquement d'avoir l'idée, mais ça fonctionne, ça fonctionne.
L'antenne Rive-Sud fonctionne, Mme la Présidente. On a tendance à parler
uniquement de l'Ouest-de-l'Île, qui est une région aussi parmi les régions du
Québec, mais l'antenne de la Rive-Sud, elle fonctionne très bien aussi.
Alors, Mme la Présidente, je pense que le fait
d'entendre l'Association des firmes de génie-conseil—Québec est un élément qui va
bonifier le... je dirais, le... va informer l'ensemble des élus, mais je veux
juste vous dire que l'Association professionnelle des ingénieurs du
gouvernement du Québec avait quand même pas mal de points et même des
recommandations, notamment sur la mission du projet de loi n° 61.
Et, quand on dit : Recentrer la mission du
projet de loi n° 61 sur les projets complexes de transport en
commun, bien, moi, je veux savoir, l'Association des firmes de génie-conseil. On parle beaucoup d'expertise au
Québec, hein? Ça a été dit pas une fois, pas deux, pas trois. Donc, cette expertise, ce sont les ingénieurs, que ce
soit de l'État ou bien l'association... l'Association des firmes de
génie-conseil, qui, eux,
peuvent nous aider à comprendre pourquoi, selon même les propos de Mme la
ministre, pourquoi on a tant de misère avec les projets complexes.
Vous
savez, il y a quelques jours, j'ai interpelé Mme la ministre sur le tramway. Je
lui ai posé la question. Il n'y a pas
d'entente signée. Elle m'a répondu : L'argent du fédéral qui traîne. Le
ministre Duclos a répondu : L'argent, il est toujours là. Mais là
je vois qu'elle chemine. Très bien. Hier, elle a annoncé que l'entente est
imminente. Donc, j'espère que ça va passer
au Conseil des ministres demain et qu'on va avoir le début du commencement de
quelque chose. Mais, vous savez,
après six ans, là, ça devient lourd pour un gouvernement, surtout pour un
projet qui a traîné beaucoup.
Mais c'est très
important de parler d'expertise, parce que, si on a tant de retard, hein, tant
de retard, bien, ce retard est venu juste avec la CAQ. Nous étions capables...
Avec la Caisse de dépôt Infra, d'ailleurs, c'est ce que Mme la ministre va faire probablement aujourd'hui ou demain, elle va
signer une entente avec la Caisse de dépôt Infra pour le tramway de
Québec. Donc, elle est où, l'agence? C'est avec la Caisse de dépôt Infra que
l'entente intérimaire va être signée à la ville de Québec. Donc, quand
j'entends la ministre parler qu'on n'a pas d'expertise... Qui doit nous dire
qu'on a un manque d'expertise? La Société de transport de l'Outaouais, ils ont
dit le contraire : Nous, on n'a pas
besoin de votre agence, Mme la Présidente. Ils l'ont dit en commission
parlementaire. Donc, c'est très important.
L'Association des
firmes de génie... de génie-conseil du Québec, ils ont déposé un mémoire, mais
je ne vais pas lire leur mémoire, parce que c'est très long. Vous savez,
c'était quand même important. C'est une association qui représente 70... 70
firmes de génie-conseil, et ils agissent à titre de porte-parole de l'industrie
du génie-conseil et des services spécialisés
dans le domaine de la construction et de l'environnement. Ce sont des experts,
et, jusqu'à maintenant, je n'ai pas parlé avec des experts pour
confirmer ou annuler les propos qu'on manque d'experts au Québec. C'est pour
cela qu'on a... que... selon les dires du gouvernement caquiste, qu'on a de la
misère à avoir des projets en transport collectif, parce que ça fait longtemps
qu'on n'a pas fait des projets structurants.
Mais moi, écoutez,
Mme la Présidente, j'étais dans la conférence de presse de la STM ce vendredi
pour le malheureux incident de la fermeture
des trois stations de métro, avec mes deux collègues, la députée de Jeanne-Mance—Viger et
le député de Saint-Michel... Viau, Saint-Michel, de Viau, mon collègue. Vous savez
qu'est-ce qu'on m'a dit? C'est parce qu'on manque d'argent. Le maintien
d'actif est très important, et le fait d'avoir moins d'argent pour le maintien
d'actif, Mme la Présidente, bien, ça veut dire qu'il y a des gens qui se
démobilisent. Si tu n'as pas d'argent pour le maintien d'actif, tu perds tes
experts, tu perds tes ingénieurs, tu perds des... tes gestionnaires de projet.
Donc, c'est là où c'est très important, pour les membres de la commission,
d'avoir une discussion avec les experts.
Nous avons uniquement
entendu les ingénieurs de l'État, et les ingénieurs de l'État nous ont sensibilisés sur beaucoup de réalités, notamment la
cannibalisation... la cannibalisation si l'agence s'occupe d'autres choses que
le transport en commun. Parce qu'ils nous ont dit : Écoutez, l'expertise,
on l'a à l'intérieur du ministère, il faut les valoriser, les ingénieurs de
l'État, surtout en matière de tout ce qui est route. Au Québec seulement,
l'industrie du génie-conseil génère plus de 4 milliards de dollars en
retombées économiques directes, 28 000 professionnels, dont des ingénieurs, des technologues et des
techniciens, des biologistes, des géologues, des spécialistes en environnement
et plusieurs experts multidisciplinaires. Mais qu'est-ce qu'on disait depuis le
début? On disait qu'on a un problème d'experts
et qu'on n'a pas d'experts, et c'est pour cela que le gouvernement caquiste
veut créer une agence, parce qu'on veut
regrouper les experts à l'intérieur de cette agence. Excusez-moi, on ne sait
pas. Est-ce que, vraiment, il y a un manque d'experts ou, vraiment, un
gouvernement qui n'a pas de vision en matière de transport collectif?
• (11 heures) •
Bien, regardez, Mme
la Présidente, la contradiction entre deux énoncés du gouvernement. Quand ils
nous ont répondu sur notre motion... notre demande
d'accès, dans la ventilation des frais, ils disaient : Les frais liés à
l'expertise externe, honoraires
professionnels et communications. De l'autre côté, je vous dis qu'on a à peu
près de 28 000 professionnels qui sont au Québec, toutes catégories
confondues. Et là, écoutez, ce qui est très bien, le génie-conseil a largement contribué à la transformation sociale et
économique du Québec. De plus, plusieurs des firmes qui composent l'industrie
québécoise du génie-conseil exportent leurs services et leur savoir-faire
partout dans le monde. Wow!
J'ai en face de moi
un gouvernement qui dit sur la place publique, vu qu'ils l'ont échappé en
matière de transport collectif, que ça fait longtemps qu'on n'a pas lancé des
gros projets de société en matière de transport. C'est vrai, ça fait 6 ans, il n'y avait aucun projet structurant.
Il y avait, et je tiens à le rappeler, le fameux troisième lien sur lequel la
CAQ s'est fait élire pas une fois, deux fois. Souvenez-vous, «lâchez-moi avec
les GES». Souvenez-vous, ponts par millions, PPM. Souvenez-vous des
études. Quand ça fait l'affaire du gouvernement, ils ont le temps de lire toutes les études et les avis, ils font des
conférences de presse, un bon «setup», un bon visuel, faire rêver les gens,
mais, au bout de la ligne, le résultat, il est nul.
Il n'y a personne au
Québec aujourd'hui qui va dire : Écoutez, là, la CAQ a bien fait en
matière de transport collectif. L'offre du transport en collectif se détériore.
Ça, c'est un fait. Je vous ai dit que j'étais, vendredi matin... D'ailleurs,
écoutez, j'ai pris la route jeudi, parce que nous étions ensemble en commission
parlementaire. J'ai reçu l'avis que... J'ai
même dit à Mme la ministre : Bonne annonce demain! Elle s'apprêtait à
faire une pelletée de terre, tu sais, vous savez, les belles annonces,
pelletées de terre. Mais malheureusement, écoute, quand tu délaisses le maintien
d'actif, la pelletée de terre a été changée plus en fermeture de trois stations
de métro. Et j'ai une pensée particulière aujourd'hui pour les Montréalais,
surtout de l'est. Et je tiens à saluer le travail extraordinaire de mes deux
collègues le député de Viau et ma collègue députée de Jeanne-Mance—Viger, qui,
eux, ils soutiennent les populations de Saint-Léonard et de Saint-Michel, qui
maintenant, malheureusement, elles prennent le bus et des navettes parce que
malheureusement le métro ne fonctionne plus. Et, souvenez-vous, Mme la
Présidente, pendant mes crédits, je l'ai mentionné,
j'ai mentionné que... attention à la sécurité au métro, attention aux travaux
qu'on doit faire, parce que je me suis basé sur un tableau du
gouvernement qui démontrait que l'état d'infrastructures se détériore.
Donc, quand j'ai tout cela, le fait d'inviter
l'Association des firmes de génie-conseil, ça va nous permettre, autour de la
table, d'avoir un échange avec eux. Et cet échange, il est très important pour
la simple et unique raison, Mme la Présidente, que ça va nous donner l'heure
juste.
Et, je sais, le député de Masson
est un ingénieur. Il sait de quoi je parle. J'espère qu'il va voter pour
écouter ses confrères et ses consoeurs. Et c'est un ingénieur. Il sait de quoi
je parle. Il doit même prendre la parole et me dire que c'est une très bonne
idée, le député de Nelligan.
Je l'ai mentionné, écoutez, pendant qu'on leur
dit qu'on n'a pas d'expertise, j'ai la même association, qui représente
28 000... Je ne sais pas si vous avez entendu, Mme la Présidente,
qu'est-ce qu'ils ont écrit, qu'est-ce que je disais tout à l'heure. Ils
exportent leurs services et leur savoir-faire partout dans le monde. Pendant
qu'on dit qu'on n'a pas d'experts, j'ai l'Association des firmes de génie-conseil du Québec qui dit : Écoutez, au-delà de
28 000 professionnels, dont
des ingénieurs, des technologues, des techniciens, des biologistes, des
géologues, des spécialistes en environnement et d'autres experts multidisciplinaires... travaillent au Québec, mais
aussi ils exportent leur savoir-faire à l'international.
Donc, vous savez que, si on se base sur les
faits, Mme la Présidente, malheureusement, malheureusement, l'argument qu'on a
sur la table, qu'on n'a pas d'experts, que ça fait longtemps, on n'a pas fait
des projets... Je ne sais pas que... «ça
fait longtemps qu'on n'a pas fait des projets» remonte à quelle date.
Probablement... Écoutez, probablement depuis l'arrivée de la CAQ. Ils
ont inauguré le REM, mais ils ne peuvent pas dire que c'est eux qui l'ont
lancé. C'est malheureux. C'est une triste
réalité. Le plan structurant à l'est, le fameux PSE, où j'ai vu
un chiffre de 19 milliards, aucune nouvelle. REM, à Chambly, aucune
nouvelle.
D'ailleurs, vous me faites penser à quelque
chose, une demande d'accès que j'ai faite sur la bretelle 40-640, où
l'excellent député de Masson, il est venu me dire : Écoute, tu as fait
cette demande parce que j'ai dit que... sur la place publique que j'ai vu
l'étude, mais je n'ai pas vu l'étude. Bien, je ne sais pas s'il peut me
répondre où elle est rendue, la bretelle 40-640, s'il va informer ses citoyens.
Je reçois beaucoup d'appels de son comté sur cette bretelle, Mme la Présidente.
Si lui a des informations au ministère que je n'ai pas, j'espère que le député
va les dire... va... va mentionner ça
publiquement, parce que, souvenez-vous, Mme la Présidente, quand on fait une
demande d'information, techniquement, à un ministère... Je ne comprends même
pas pourquoi le député était au courant que j'ai fait une demande
d'accès. Je soulève des questions.
Mais, vous savez, j'ai reçu une réponse et de
l'ARTM et du ministère du Transport. Je fais très bien mon travail, hein, vous
savez. C'est pour ça que les gens nous ont élus, c'est contrôler l'action
gouvernementale. Bien, on la contrôle, Mme la Présidente. Donc, j'espère que
sur la place publique... Le premier ministre s'est engagé devant sa chambre de
commerce. J'ai le député de Masson qui, lui, il dit publiquement qu'il a vu une
étude, mais je ne sais pas où elle est, cette étude. Parce que les gens
attendent. Moi, je prends cette route, Mme la Présidente, et c'est toujours,
toujours bloqué, la 40-640, mais je ne sais pas où elle est rendue, l'étude.
Ce qui me ramène, Mme la Présidente, à cette
association de génie-conseil. Donc, le mémoire, il est très intéressant. Je
l'ai lu, Mme la Présidente. Nous avons pris pas mal, pas mal, pas mal de notes.
Et je veux vous surprendre avec la recommandation n° 1 :
«L'agence devra intégrer de façon rigoureuse les étapes préliminaires des
projets d'infrastructure, soit la définition des besoins et la planification
pour relever les défis de la mobilité de demain.» Rien que pour ça, Mme la
Présidente, j'aurais aimé avoir cet échange avec eux. Parce que, si le problème
est dans les étapes préliminaires, ça veut dire qu'on rate quelque chose
d'important au niveau de nos infrastructures. Et c'est pour cela que le
gouvernement a un piètre... a un piètre bilan en matière d'infrastructure.
Souvenez-vous, j'ai déjà interpelé Mme la
ministre sur le projet de loi n° 66. Je tiens à vous rappeler ce projet de
loi où le gouvernement a mis, à l'intérieur de ce projet de loi, beaucoup de
projets à accélérer. Ils ont dit : Écoutez, avec la pandémie, on a besoin
d'aller vite, très vite, vite, vite. D'ailleurs, ils ont déposé deux versions
de ce projet. Le projet de loi était porté par l'actuel ministre de la Santé,
qui... il a perdu son portefeuille en tant que ministre responsable du Conseil
du trésor, qui, par la suite... Parce qu'il y avait beaucoup de risques sur la
collusion, bon, voilà, le gouvernement a cru bon de ramener l'actuelle...
l'actuelle présidente du Conseil du trésor pour donner un peu de crédibilité à
son projet de loi. Mais force est de constater que, quelques années plus tard,
ils n'ont pas accéléré les projets. Quelques projets... Malheureusement, je
n'ai pas la feuille devant moi, là, mais il y a pas mal de projets qui sont en
étape de planification encore.
• (11 h 10) •
Donc, le gouvernement a utilisé un levier pour
accélérer les projets et il n'a pas réussi, mais là ils reviennent quelques
années plus tard, dans le même mandat caquiste, malheureusement, avec un autre
fait. Ma collègue, avec raison, me fait rappeler que même la réfection du
stationnement d'Youville est encore en étape... à l'étape de la planification. C'est proche de chez moi, où je
reste, Mme la Présidente. Ce stationnement est... C'est une catastrophe,
Mme la Présidente. Toujours en
planification. Réfection de... et relocalisation de la morgue dans l'édifice
Wilfrid-Derome, situé au 1701, rue Parthenais, à Montréal,
planification. Réfection de l'étude... de l'édifice Gérald-Godin, situé au 360,
rue McGill, à Montréal, à l'étude. Là, ils ont tout accéléré? Bien, rien n'est
accéléré.
Donc, quand je reviens, Mme la Présidente, à la
proposition de l'Association des firmes de génie-conseil, eux, ils ramènent un
élément important. Ils disent : «MIQ devra intégrer de façon rigoureuse
les étapes préliminaires des projets
d'infrastructure, soit la définition des besoins et la planification pour
relever les défis de la mobilité de demain.»
Permettez-moi, Mme la Présidente, de boire un
peu d'eau. Recommandation 2 : «MIQ doit devenir un leader dans la
mise en place de modes de réalisation collaboratifs, lesquels jugeront les
bénéfices de l'engagement commun des
partenaires et la transformation numérique.» Bien, j'aurais aimé parler avec
eux. Il n'y a pas de mode collaboratif. On doit attendre un autre
omnibus. Ni le collègue de Mme la ministre ne le mentionne ni dans le projet de
loi actuel on ne parle des contrats collaboratifs, sachant que, pendant la
sortie de Mme la ministre sur ce projet de loi, elle n'a pas arrêté de dire
qu'elle a besoin de son... du projet de loi de son collègue. Mais, au bout de
la ligne, il n'y a pas ça, Mme la
Présidente. Je peux continuer, Mme la Présidente, à parler pendant plusieurs
heures sur ça, mais je vais me limiter uniquement aux recommandations.
Recommandation 3 :
«Mobilité Infra Québec doit s'inspirer des grands projets de transport réalisés
à l'international afin de planifier, concevoir et construire des
infrastructures de mobilité durable pour le Québec.» Ça revient toujours à la
planification et à la conception. Donc, clairement, ce gouvernement a échoué à
planifier et à concevoir, et là, maintenant, il pense mettre ça sur... dans une
agence. Parce que, si on planifie bien et on fait des bonnes conceptions pour
construire des bonnes infrastructures, on ne sera pas là aujourd'hui avec un
bilan presque nul de la CAQ en matière de mobilité durable.
Et, je vous
le dis, Mme la Présidente, les gens sur le terrain que j'ai rencontrés
vendredi, ils étaient juste déçus. Venir
prendre le métro, qui, je tiens à le rappeler, assure plus qu'un million de
déplacements par jour, venir le matin... Et j'ai vu. Les agents disaient
aux gens : Allez-y, prenez le bus et faites la file d'attente.
Heureusement, il faisait un peu frais. On n'était pas moins 15°.
Mettez-vous à la place de ces gens. Et je vais vous dire pourquoi. Ces gens utilisent le transport en commun parce que parfois
c'est le seul moyen de transport qu'ils ont, le seul moyen de transport pour
aller de chez eux à travailler. Donc, quand ce gouvernement ne voit pas
l'opportunité d'assurer le maintien d'actif, Mme la Présidente, en
matière de mobilité durable, bien, c'est un gouvernement qui n'aide pas les
sociétés et les PME en matière de développement économique. Si les travailleurs
arrivent en retard, si le personnel de l'éducation arrive en retard, si le personnel de la santé arrive en retard, si les
étudiants arrivent en retard, bien, c'est toute la société qui est en
retard. Et ça, ça a un impact économique, Mme la Présidente, le fait de ne pas
avoir des infrastructures en matière de transport fiables.
Alors, qui est le groupe qui est le plus capable
de nous parler de l'expertise? Ce sont les ingénieurs. Et vous avez vu comment
nous étions tous, tous à l'écoute lors du passage de l'association des
ingénieurs de l'État... du gouvernement du Québec. D'ailleurs, il y avait une
très, très bonne couverture par la suite. Parce que ce qu'ils ont dit sur les
arrêts en matière de chantier dans plusieurs régions était pour moi un choc. Comment
ça se fait qu'on ferme des chantiers parce qu'on n'a plus d'argent? C'est sûr
que le gouvernement a perdu le contrôle. Ça, il n'y a personne qui va dire le
contraire au Québec. Quand tu te ramasses avec un déficit de 11 milliards
et que tu entends la ministre du Transport dire : On n'a plus d'argent, on
n'a plus d'argent, on n'a plus d'argent, écoutez, ça ne prend pas un doctorat
pour comprendre que le gouvernement ne va plus investir, là, et qu'on risque de
vivre avec les déficits.
Donc, on vit avec un déficit causé par le
gouvernement. Je ne vais pas revenir faire la genèse de ce qu'ils ont fait. Les
chèques électoraux, hein? Souvenez-vous des 500 $ avant l'élection, des
500 $ après l'élection. Ce n'est pas moi
qui ai invité les Kings. D'ailleurs, il mérite... Écoutez, le premier ministre,
maintenant, il va traîner avec lui le titre du «king» des déficits, Mme
la Présidente.
Donc, ces choix, ce gouvernement, le fait de
garrocher l'argent sur des programmes qui ne donnent pas de résultat, ils vont vivre avec ça. Mais moi, pour
faire mon travail, surtout sur ce projet de loi, je dois le faire correctement,
et, pour le faire correctement, on a besoin d'entendre l'Association des firmes
de génie-conseil—Québec.
Je vous le dis, ils ont de très, très, très bonnes propositions. Ils parlent
même, un carrefour de données ouvertes et d'information sur la mobilité.
Souvenez-vous de ce que je disais, Mme la Présidente, sur la vision :
Avoir une vision 10, 20, 30 ans. C'est à ça... C'est ça, le rôle du ministère
en termes... en matière de mobilité.
Recommandation 5 de l'Association des
firmes de génie-conseil : «Mettre en place des mécanismes nous permettant
d'identifier les tendances et les principaux défis à relever dans le
développement du transport collectif au Québec.»
Donc, un mémoire extrêmement riche, des
recommandations très claires. D'ailleurs, je remercie l'équipe qui a travaillé sur ce mémoire. L'équipe de l'Association des firmes de génie-conseil du Québec, s'ils nous écoutent, je tiens à les
féliciter. Et j'espère que mon collègue député de Masson va se joindre à moi et
féliciter, en tant qu'ingénieur, et il va voter pour les entendre. C'est quand
même... C'est des confrères. Il fait partie probablement du même groupe ou il a
des amis au sein de cette association. J'aimerais bien l'entendre, ce qu'il
pense... il pense, ce qu'il dit.
Donc, Mme la Présidente, encore une fois, je
pense qu'on est... on est vraiment à la bonne place, après avoir utilisé
l'ensemble des arguments, pour faire raisonner ce gouvernement en matière... ça
prend combien d'argent pour lancer l'agence.
Jusqu'à maintenant, Mme la Présidente,
l'opposition officielle a déposé trois... trois motions préliminaires, uniquement trois, pas d'imposer beaucoup, Mme la
Présidente. J'ai appuyé les motions préliminaires de mes collègues. Donc, je pense que nous sommes dans le vif du
débat parlementaire, le débat parlementaire qui nous permet aujourd'hui, avec
des motions préliminaires, faire raisonner le gouvernement. Et Dieu sait qu'on
en a besoin, Mme la Présidente.
Donc, la meilleure chose, la meilleure chose,
Mme la Présidente, c'est accepter notre demande d'inviter l'Association des firmes de génie-conseil, de leur
donner l'opportunité de nous expliquer : Est-ce que la ministre a raison quand
elle dit qu'on n'a pas d'experts, hein, qu'on a perdu l'expertise? Chose que je
doute, surtout que j'ai la réponse : on
a 28 000 professionnels. Eux-mêmes, page n° 3,
ils disent que «plusieurs des firmes qui composent l'industrie
québécoise du génie-conseil exportent leurs services et leur savoir-faire
partout dans le monde». Donc, on n'est pas juste experts chez nous, là.
L'expertise aide ailleurs, dans d'autres continents.
Et je peux vous parler, Mme la Présidente, d'une
expérience ancienne avant la vie politique. J'étais derrière des missions économiques au moins dans une dizaine
de pays et j'ai vu nos experts québécois en matière de mobilité. Et, à
l'époque, ils me disaient : On a un problème avec le gouvernement du
Québec pour cheminer nos innovations, y compris avec le ministère du Transport.
Ils étaient capables de décrocher des contrats en Côte d'Ivoire, mais pas au
Québec.
Donc, qu'on
arrête de dire qu'on n'a pas des experts, et c'est pour cela qu'on justifie la
création d'une agence. Mais je ne peux pas aujourd'hui prétendre que l'argument
que j'ai sur la table, qu'on a un manque d'experts, est justifié.
• (11 h 20) •
En parlant avec ces gens,
avec l'association, on va probablement trouver la solution ailleurs et, je
dirais même, abandonner l'idée de créer une
agence Mobilité Infra. Si j'ai 28 000 professionnels, et ces
28 000 professionnels insistent sur les étapes préliminaires
des projets d'infrastructure, ils veulent qu'on... ils veulent qu'on... Ils
nous demandent de définir très bien les projets complexes. Ils nous parlent des
données... des données ouvertes. Ils nous parlent de définir les mécanismes
nous permettant d'identifier les tendances et les principaux défis à relever
dans le développement du transport au Québec. C'est ce qu'ils nous ont demandé,
Mme la Présidente.
Je trouve ça intéressant, encore une fois, un
groupe qui a déposé un mémoire, qui n'a pas eu la chance d'être entendu en
commission parlementaire, mais je ne veux surtout pas manquer l'occasion de
dire qu'avec un peu de temps, un peu de patience et un peu d'ouverture de la
partie gouvernementale, on va les inviter. On va les inviter, Mme la
Présidente, pour nous partager leurs préoccupations, revoir avec eux l'ensemble
des recommandations.
Et, pour conclure, Mme la Présidente, j'espère,
cette fois-ci, que, rendu à ma troisième motion préliminaire... À ma troisième motion préliminaire, j'espère que
le gouvernement va accepter cette motion, Mme la Présidente. Je vous
remercie.
La
Présidente (Mme Maccarone) : Merci, M. le député. Est-ce qu'il y a d'autres
intervenants? Oui, M. le député des Îles-de-la-Madeleine, la parole est
à vous.
M. Joël Arseneau
M. Arseneau : Merci beaucoup, Mme la
Présidente. Alors, c'est une proposition... une motion, en fait, de la part de mon collègue député de Nelligan,
que je trouve particulièrement intéressante lorsqu'on considère, là, les
discussions qui se tiennent déjà depuis quelques semaines sur la
pertinence de mettre en place une agence et de pouvoir réaliser, de façon plus
rapide, un plus grand nombre de projets dans les délais et dans les budgets qui
sont impartis. Je pense que c'est
fondamental de pouvoir approfondir la discussion avec des gens qui ont une
expertise en matière de développement et
d'élaboration de plans et devis pour la mise en oeuvre de projets complexes,
d'infrastructures diverses, évidemment, qu'on pense soit à des infrastructures routières, autoroutières ou même
en matière, évidemment, de transport collectif, ce qui devrait être, à
notre point de vue, là, la fonction principale et unique de l'agence.
Mais c'est intéressant, parce
qu'essentiellement, plus on approfondit la lecture du texte, du libellé du
projet de loi n° 61 qui est devant nous, plus on se rend compte,
essentiellement, qu'on a besoin d'approfondir la question et qu'on a besoin d'avoir toute l'information sur la
façon dont ça se passe déjà ici, au Québec, l'élaboration de projets, et d'essayer
de comprendre pourquoi on a des projets qui n'aboutissent jamais, pourquoi
est-ce qu'on prend des années et des années à réaliser des projets ou encore
pourquoi il est impossible, semble-t-il, au Québec, de prendre exemple sur
d'autres juridictions où les projets se réalisent rapidement.
Et ce n'est pas parce qu'on n'a pas cette...
cette expertise. Et ça, ce débat-là, je pense qu'il va falloir, à un moment
donné, le clarifier. Il ne faut pas penser qu'au Québec nous n'avons pas
l'expertise en matière d'ingénierie, par
exemple, parce qu'on l'a vu dans certains des mémoires qui ont été déposés,
certains des intervenants qui sont venus nous entretenir de la question,
l'expertise québécoise, elle est présente un peu partout à travers le monde,
dans les projets qui se réalisent dans d'autres juridictions.
Si on n'a pas
suffisamment d'expertise au ministère, c'est une chose, mais, encore là, mon
collègue député de Nelligan le mentionnait tout à l'heure, on a fait la
démonstration, je crois, en écoutant la... les représentants de l'association
des ingénieurs de l'État, qu'en fait nos ressources étaient peut-être mal
employées. Et on a émis des doutes sur les
moyens qui étaient mis en place pour s'assurer qu'on puisse mettre à
contribution l'expertise existante ici, au Québec, pour la réalisation
de projets dans les temps, et les délais, et les budgets impartis.
Donc, le brassage de structures, on le voit. Je
pense que, depuis quelques années déjà, c'est une façon pour le gouvernement de
tenter de prouver qu'il est en action, qu'il réalise des projets, faire
miroiter un futur meilleur. Et, pour ce faire, bien, on crée des structures,
des comités, des agences, comme... comme par exemple dans le domaine de la
santé et comme si ça allait de soi qu'une nouvelle structure, bien souvent, là,
avec une hiérarchie très forte et des décideurs de haut rang qui savent mieux
que quiconque comment faire, et quoi faire, et qui sont, évidemment, payés à
très forts salaires... Donc, on va toujours faire miroiter le fait que ces
ressources-là sont exceptionnelles et qu'on doit aller, essentiellement, les
recruter dans le domaine privé, où ils sont mieux payés, bref, qu'à travers
cette vision-là d'un groupe de gestionnaires, là, ultracompétents on peut faire
migrer ou changer de direction un paquebot comme celui du gouvernement du
Québec ou du ministère des Transports et de la Mobilité durable de façon à ce
qu'il nous mène à bon... bon port, et qu'il réalise des projets, et livre des
résultats.
Et je pense que ça, ce présupposé-là, là,
actuellement, de façon empirique, on ne peut pas dire qu'il se vérifie dans...
dans la réalité, d'où l'idée d'avoir, justement, la chance d'interroger ici des
praticiens, des professionnels. Et ils sont près de 30 000, quand même,
c'est... ce n'est pas rien, représentés par une association qui n'a pas été
invitée, malheureusement, autour de la table ici. Et, à ce moment-ci, je pense
que, lorsqu'on regarde, effectivement, le mémoire qu'ils ont déposé, ils
méritent non seulement audience, mais nous, nous devons nous donner
l'opportunité et la chance de pouvoir avoir
cet échange constructif et porteur avec eux de façon à pouvoir véritablement,
là, adopter les bons enlignements pour la suite des choses et des débats qui
seront les nôtres au cours des prochaines semaines.
C'est... Ce n'est quand même pas rien. Lorsqu'il
est question de projets complexes, chacun des intervenants qui sont venus ici
avait sa propre définition. La ministre a probablement sa définition. Nous, on
a la nôtre. Et puis je pense qu'essentiellement ce flou-là est certainement un
élément qu'il faut clarifier, sans quoi ça risque d'entraîner encore davantage
de confusion non seulement autour de la table, mais, une fois qu'on adopte un
projet de loi et que l'intention du législateur est aussi
floue... Je décèle que, pour le porteur du projet, ça peut être avantageux dans
la mesure où on a laissé une marge de manoeuvre extrêmement importante, mais ce
n'est pas porteur dans la mesure où on veut véritablement maximiser
l'efficacité, savoir sur quels éléments il faut vraiment, là, se concentrer et
aller de l'avant avec... avec des solutions qui soient porteuses, puis qui
soient concrètes, puis qui soient réalistes, qui soient ancrées dans le
terrain, dans la réalité du terrain.
Alors, moi, je pense que mentionner qu'on a, par
exemple, non seulement une définition très floue des projets complexes, mais
qu'on ne semble pas avoir la même compréhension de ce qu'il faut faire pour les
réaliser, sur les conditions à mettre en oeuvre pour pouvoir être plus
efficaces, les conditions de marché aussi au Québec... Sont-elles différentes
d'ailleurs, dans les autres juridictions nord-américaines ou même ailleurs? Le fait
qu'on n'ait pas eu cette étude
d'impact réglementaire, bien, il faut pouvoir compenser, là, ce manquement aux
devoirs gouvernementaux par des avis experts qui nous permettent,
justement, de mieux comprendre là où on veut aller.
Alors, c'est... c'est un peu comme le fait de
dire que cette agence-là, elle va remplir, semble-t-il, de façon prioritaire
les besoins qui sont urgents, de développer des réseaux de transport collectif,
mais sans fermer la porte au... à la mise en place d'infrastructures routières
ou autoroutières, alors qu'on a déjà un ministère qui s'occupe de ces... de ces
projets-là et dont... dont on sait qu'ils ont certainement l'expertise, mais
ils n'ont pas nécessairement les coudées franches, ils n'ont pas nécessairement
le contexte qui leur permet, justement, de se consacrer à 100 % — je
parle des professionnels qui y travaillent — à des... à des projets, parce
qu'au cours des années on leur a imposé toutes
sortes de barrières, toutes sortes d'obstacles. On a mis des bâtons dans les
roues de l'exercice de leur profession, comme on l'a... on l'a vu, qui
faisaient en sorte qu'on travaille, essentiellement, à mi-temps sur les projets
et, l'autre moitié du temps, bien, on répond
à des demandes d'information, à des contrôles, à des formulaires de reddition
de comptes, ce qui entraîne une perte d'efficacité extraordinaire.
• (11 h 30) •
Alors, je pense qu'à cet égard les...
l'Association des firmes de génie-conseil peuvent, je crois, puisqu'elles
oeuvrent dans le secteur privé, et dont on dit souvent qu'il est beaucoup plus
efficace que le secteur public... bien, on... ça reste à prouver, mais, au
moins, je pense, de pouvoir les entendre et pouvoir exercer, je dirais, un
jugement sur ce qu'ils ont à offrir comme vision, comme approche, comme
modes... comme pratiques aussi, modalités de travail face à ce qu'on a entendu,
par ailleurs, du secteur public, je pense que ça ne peut être que positif et
constructif pour les travaux de la commission, Mme la Présidente.
La
Présidente (Mme Maccarone) : Merci, M. le député. Oui, M. le député de Taschereau,
la parole est à vous.
M. Etienne
Grandmont
M. Grandmont : Oui, merci, Mme
la Présidente. D'abord, c'est la première fois que je prends la parole
aujourd'hui, donc j'aimerais saluer toutes les personnes présentes aujourd'hui,
Mme la Présidente, les collègues, estimés
collègues de la banquette gouvernementale, très content de vous retrouver, mon
collègue des Îles-de-la-Madeleine,
mon collègue de Nelligan. J'ai vu tout à l'heure aussi mon collègue de l'Acadie.
J'espère que vous avez passé une belle fin
de semaine et que vous en avez profité. Il a plu un peu samedi, il me semble.
Ce n'était pas superbeau. Mais, dimanche, il y avait moyen d'en
profiter. J'ai fait un petit barbecue avec des amis. C'était très agréable.
J'ai eu une pensée pour vous en me disant : On se revoit très
prochainement puis on va pouvoir continuer à étudier cet important projet de
loi.
Pour vrai, j'ai parlé du projet de loi
n° 61, pour vrai, avec mes amis. C'est fou comment l'amitié, des fois,
nous amène... nous amène, des fois, sur des chemins, notamment celui de la
politique. Donc, j'ai des amis politisés. Donc, on jase. Ils veulent savoir
qu'est-ce que... sur quels projets je travaille en ce moment. Et évidemment le
projet de loi n° 61... Puis il y avait
plusieurs questions, évidemment, qu'ils m'ont soumises, que je ne vous livrerai
pas en rafale ici aujourd'hui, là, l'objectif n'est pas... n'est pas, à
ce moment-ci, opportun, mais ça va alimenter, en tout cas, mes réflexions tout
au long, là, de l'étude détaillée.
Très bonne motion, en fait, de mon collègue sur
le fait d'écouter... entendre, en fait, l'Association des firmes de
génie-conseil du Québec avant de commencer l'étude détaillée. Je pense que ce
serait pertinent. On sait combien c'est un secteur d'activité économique,
évidemment, hyperimportant au Québec. On peut même en faire... On peut dire que
c'est une fierté du Québec, là, les firmes de génie-conseil. On sait combien on
a développé ce secteur d'activité là de façon importante depuis un bon moment
déjà. Puis même je dirais que ça date principalement, là, de l'époque où on a commencé à faire des routes,
évidemment, au Québec, l'époque où on a commencé aussi à prendre en main
les destinées de notre réseau de production, de transport et de distribution
d'électricité avec la création d'Hydro-Québec. On est allés chercher une
expertise. On l'a développée. Ça en fait une fierté. On l'exporte aussi. On
fait connaître cette... cette expertise-là partout dans le monde. C'est un...
c'est un volet de notre... un pan de notre économie, là, qui, moi, me rend
très, très fier, évidemment, dans lequel il y a une... donc, une expertise très
grande. Et je pense que ce serait important de les... de les entendre avant de
commencer, parce qu'ils vont, évidemment, être mis à contribution dans le déploiement des projets qui seront créés, si
on crée toutefois l'agence Mobilité
Infra Québec. Ce seront, donc, des
intermédiaires, des partenaires pour lesquels, évidemment, il y aura des
relations à développer.
Puis c'est intéressant, parce que mon collègue
ici, à la recherche, m'a partagé un texte que j'ai... que j'ai lu avec
attention, qui, justement, a été produit par l'Association des firmes de
génie-conseil du Québec. C'est un... Ils sont comme dans une espèce de... de
momentum, de momentum, en fait, là, dans lequel ils font... Ils soulignent, en
fait, là... En fait, ils ont lancé un manifeste du génie-conseil. Donc, ils
veulent comme une espèce de positionnement sociétal, je
dirais. Et, dans le cadre de cette opération-là, ils ont donné la parole à des
professionnels sur des projets innovants, créatifs et durables. C'est leurs
mots.
Et j'avais envie, là,
de me pencher un peu là-dessus avec vous, parce qu'il y a des éléments
là-dedans qui me laissent à croire qu'ils auraient été très pertinents à
entendre avant de commencer, donc, l'étude détaillée. Bien, d'abord, des mots,
là, assez généraux, là, je vous les lis quand même, mais c'est important, là,
de le rappeler, mais c'est un... c'est un... ce n'est pas un positionnement,
c'est une mise en contexte importante : «Les changements climatiques
représentent l'un des défis les plus urgents de notre époque. Au Canada, le
secteur des transports est responsable de 25 % des émissions de gaz à
effet de serre, tandis qu'au Québec, cette proportion atteint 45 %.»
Évidemment, au
Canada, c'est un peu plus faible, les transports, parce que c'est toute
l'exploitation des produits pétroliers dans l'Ouest, là, qui joue pour
beaucoup, évidemment, qui pèse lourd dans notre balance, disons, importante, là,
de production de gaz à effet de serre au Canada, tandis qu'au Québec, bien, le
cheval de bataille sur lequel on doit se pencher plus... de façon plus
importante, c'est, évidemment, les transports, parce que notre électricité, notamment, est produite de manière
verte. Donc, évidemment, contrairement au Canada, où il y a l'exploitation,
l'extraction puis le chauffage aussi, il
faut le dire, là, qui sont des secteurs d'activité très importants, bien,
contrairement à ça, nous, au Québec,
s'il y a un domaine sur lequel on doit travailler, c'est, évidemment, le
transport. C'est un sujet qui est important, évidemment, parce que
cette... cette création d'agence pourrait nous aider à réduire cette
proportion-là de notre bilan carbone.
Je poursuis en disant
les... en lisant, en fait : «Les prochaines années seront déterminantes
pour changer notre trajectoire climatique.» Évidemment, il y a urgence d'agir,
là. «Si le transport contribue au problème, il constitue également une
opportunité d'intégrer les solutions durables répondant aux besoins des
citoyens. Nous devons ainsi repenser le transport et sa mise en oeuvre, car la
mobilité verte va bien au-delà des véhicules.»
Ça, c'est quand même
très intéressant, parce que, bon, des fois, on a certains débats, là, sur quelle
devrait être la mission de l'État, notamment, relativement au transport
collectif, non seulement créer des transports collectifs, des nouveaux projets, mais aussi assurer le maintien
des actifs. Bon, on a eu des exemples très... très éloquents, là, la
semaine dernière avec la fermeture de trois stations dans l'est de Montréal,
donc, les stations Fabre, d'Iberville et Saint-Michel. D'ailleurs, peut-être,
au bénéfice de la commission, je ne sais pas si tout le monde est au courant
pourquoi trois stations sont fermées alors que la problématique était vraiment
juste dans la station Saint-Michel, c'est parce qu'il y a les...
Une voix :
...
M.
Grandmont : ...les voies d'aiguillage, exactement. Donc, le collègue
de Masson semble au courant. Mais donc, les
voies d'aiguillage, il y en a seulement à Jean-Talon et à Saint-Michel,
dans ce secteur-là, et donc, en fermant Saint-Michel, on ne peut plus tourner
les trains de sens, on ne peut pas les faire retourner dans l'autre direction,
donc, d'où... d'où la fermeture au niveau, là, de Fabre et
d'Iberville. C'est quand même important de le savoir.
Et donc sur le maintien des actifs, d'une
part, mais aussi on a un débat, là, assez fréquent, là, Mme la ministre et
moi-même, là, sur la question du financement des opérations de transport
collectif.
Donc, c'est un
dossier, évidemment, sur lequel on a travaillé avec beaucoup d'attention...
Excusez-moi. Et évidemment ce qui est intéressant dans le texte, c'est dire que
ça va au-delà de simplement électrifier les véhicules. Puis ça, je pense que
c'est quelque chose qui est intéressant.
Donc, je continue
leur texte. Ils vont parler d'interopérabilité et de micromobilité pour les
déplacements urbains fluides. Donc, ce
qu'ils disent, c'est que «nos villes sont constituées de divers systèmes qui
doivent fonctionner ensemble pour être efficaces, tels que le logement,
les soins de santé, l'énergie et le transport. En matière d'infrastructures de
transport, il est essentiel de tisser l'interopérabilité et la micromobilité
dans les tissus urbains pour les rendre plus
durables.» Ça, moi, c'est intéressant, ça me parle beaucoup,
l'interopérabilité. Il y avait Communauto qui avait sur son site Internet... Puis ils l'utilisaient quand même
assez souvent dans les présentations, là, que... auxquelles j'assistais,
là, des conférences faites par Communauto, qui est le système de vélo...
d'autopartage, pardon — j'étais
au colloque de Vélo Québec ce matin, ça fait
que je pense un peu vélo — donc,
le système de... d'autopartage opéré par, donc, ce partenaire important qui est
Communauto. Ils disaient : Vous savez, il n'y a pas aucun mode de
transport durable pris individuellement qui peut compétitionner avec
l'automobile.
L'automobile,
c'est... c'est très simple, hein, on sort de chez soi, la voiture est dans la
cour, est dans le «driveway», dans l'entrée du garage, et on peut
l'utiliser pour faire tout type de déplacement. On peut aller chercher la pinte
de lait à côté comme on peut aller faire un déplacement interurbain. Je
pourrais aller dans Masson, par exemple, visiter mon estimé collègue. Mais donc c'est un moyen de transport qui est très
utile, très flexible. Je pars à l'heure que je veux. Il n'y a pas de
contrainte de temps.
La contrainte... Il y
en a deux principales. Il y a la contrainte, d'une part, bien, de temps de
déplacement, parce que c'est vrai que, bon, les épisodes de congestion sont
rendus assez importants, surtout dans certaines régions à Québec. C'est quand
même important sur certains axes, mais drôlement important dans la région
métropolitaine de Montréal. La ministre a vu passer comme moi, là, les
chiffres, 6 milliards, la valeur de la congestion actuellement dans la
région métropolitaine de Montréal. Ce n'est pas rien. Alors, quand moi, je vois
le métro être fermé dans un contexte où la congestion est évaluée à
6 milliards de dollars juste pour la région... la grande région de
Montréal, je me dis : Il y a urgence d'agir pas à peu près. J'imagine
qu'elle pense comme moi, évidemment.
• (11 h 40) •
Donc, il y a...
Puis l'autre contrainte, bien, c'est, évidemment, le coût. Alors, évidemment,
avec l'auto électrique, on est en train de travailler un peu sur
l'aspect coût lié à l'utilisation de produits pétroliers, parce que
l'électricité, évidemment,
est vraiment très, très, très... moins dispendieuse, évidemment, plus
abordable. Bon, ça ajoute du temps, mais ça, c'est une autre question.
Mais là la question aussi, c'est le reste des...
le reste des coûts demeure quand même pour l'automobile, bon, l'achat de la voiture, évidemment, la dépréciation
qui est quand même importante. Je pense qu'on... Pour un véhicule, là,
standard, genre, une Camry, la dépréciation est évaluée à 3 000 $ par
année pour une Toyota Camry. Puis je vous dirais que ce n'est pas le type de
véhicule que la plupart des Québécoises et des Québécois achètent aujourd'hui.
En fait, il y a de moins en moins de voitures sur les routes. Ce qu'il y a de
plus en plus, par contre, c'est des camions légers, des VUS. Donc, la taille
des véhicules a augmenté beaucoup, donc aussi, incidemment, la consommation
de... d'essence puis aussi, bien, le coût à l'achat qui est plus grand, puis
aussi, évidemment, le... donc, le coût total de l'utilisation de l'automobile,
les assurances également aussi.
Donc, c'est ça. Dans le coût du véhicule, il y
a, évidemment, donc, c'est ça, l'essence, il y a le temps qu'il faut calculer,
la dépréciation, l'entretien général, changer les pneus, le changement d'huile,
etc. Donc, ça finit que ça coûte environ 10 000 $ par personne... par
automobile qu'on possède, selon le CAA-Québec. Puis je serais très curieux
qu'il refasse cette... et intéressé, en fait, à ce qu'il refasse ces études-là,
parce que, comme je vous dis, ça a été fait au moment où la Toyota Camry était
comme le véhicule de base que les Québécois et les Québécoises avaient. Donc,
aucun moyen de transport pris individuellement qui peut concurrencer
l'automobile mis à part ces deux éléments-là, là, le temps puis le coût.
Mais donc il est important de bien articuler
l'offre de transport collectif et actif présente sur nos routes puis aussi de
l'articuler... évidemment, ça, c'est à une échelle un peu plus macro encore, mais
articuler l'occupation du territoire. Évidemment, le meilleur déplacement en
automobile, c'est celui qu'on ne fait juste pas. Le meilleur déplacement, c'est
celui qu'on n'a pas à faire. Si on peut le faire à pied ou à vélo, c'est encore
plus facile. Si on peut faire notre épicerie à vélo, si on peut faire... à
vélo, peut-être moins, mais à pied, à tout le moins, quoiqu'il y a des paniers qui existent qu'on peut attacher en
arrière de son vélo... Ça existe, c'est de plus en plus courant. Aller à l'école,
aller au travail à pied. Je suis persuadé que plusieurs de mes collègues aussi
ici qui ont leur résidence de fonction, je pense que c'est le terme qui est
utilisé, qui peuvent se déplacer à pied vers le parlement pour venir
travailler. Je suis sûr qu'ils en profitent,
qu'ils apprécient prendre un peu de soleil le matin. Marcher, ça met en forme.
On arrive de bonne humeur au
parlement. Ça nous permet de faire des belles commissions ensemble puis de
parler de longues minutes, de longues heures d'un projet de loi qui est
très important.
Donc, je poursuis le texte de l'Association des
firmes de génie-conseil. Ils disent : «L'interopérabilité permet aux
usagers de naviguer», c'est très important, ça, «l'interopérabilité permet aux
usagers de naviguer d'un système à l'autre
(par exemple, du logement au transport, puis aux soins de santé) de manière
interchangeable, intuitive, accessible, sécuritaire. Pour effectuer ce
virage, nous devons repenser fondamentalement nos modèles de collaboration
entre les intervenants de ces systèmes et
intégrer des innovations technologiques qui permettent une meilleure
interconnectivité numérique, comme l'intelligence artificielle.»
Bon, la
première des... Il y a beaucoup de choses dans ce paragraphe-là, c'est très
chargé, mais je vais prendre le temps
de le décortiquer, d'abord en vous rappelant que l'intelligence artificielle...
Il y a une journée demain sur l'intelligence artificielle, hein?
J'espère que tout le monde a mis ça à son agenda, une grande journée organisée
par l'Assemblée nationale. Il va y avoir
plusieurs activités tout au long de la journée, un dîner, notamment, au Parlementaire,
si ma mémoire est bonne, où on pourra entendre des conférenciers, des
conférencières.
On n'a pas eu encore de commission particulière
sur l'intelligence artificielle. Par contre, c'est un domaine sur lequel on
devrait davantage se pencher. Il y a plusieurs acteurs dans le... dans le...
dans ce domaine d'expertise là, notamment Yoshua Bengio, qui est notre...
une... notre grande sommité québécoise et internationale aussi, qui nous met en
garde contre les dangers. Il est à la fois créateur, mais à la fois un lanceur
d'alerte, en fait, de ce domaine-là, parce
que c'est un domaine qui va complètement... bien, qui a déjà commencé, en fait,
à s'imposer dans les différentes sphères d'activité dans lesquelles nous
naviguons tous et toutes, puis évidemment les transports ne vont pas échapper à ça. L'intelligence artificielle est... est déjà
utilisée de manière importante dans la... dans la mobilité, mais ça va l'être
de plus en plus.
Puis
il y a un risque aussi à ce niveau-là, puis je fais une courte parenthèse
là-dessus, une courte... il y a un certain risque aussi de... qu'il pourrait y
avoir des conséquences économiques assez importantes. Il y a des enjeux de
sécurité importants, parce que, quand on se rend dépendants aux technologies,
notamment l'intelligence artificielle, bien, on se rend aussi vulnérables,
parce qu'il y a des brèches un peu partout, tout le temps, là-dedans. Et on
pourrait voir des malfaiteurs, des pirates
informatiques prendre le contrôle de certaines infrastructures de transport en
simultané. On l'a déjà vu, là, notamment pendant la pandémie.
Souvenez-vous, là, Tesla avait pris le contrôle des véhicules à distance pour
augmenter l'autonomie des véhicules, pour qu'ils puissent se déplacer plus
longtemps. Ils avaient débridé, dans le
fond, l'autonomie des véhicules à distance. Donc, ça, c'était fait de façon
bienveillante, on l'apprécie, mais on
peut imaginer, donc, qu'un contrôle à distance pourrait être pris. Mais je
reviens tout simplement à... Je voulais faire une petite parenthèse sur
l'intelligence artificielle parce qu'il y a une journée thématique là-dessus
demain à l'Assemblée nationale.
Mais ce qui
est important là-dedans, c'est la notion d'interopérabilité, qui doit s'opérer
de manière interchangeable, intuitive, accessible et sécuritaire. Bon,
sécuritaire, j'en ai déjà parlé beaucoup à travers la notion, là, de piratage. La... Tous ces modes de transport-là,
là, pour les usagers qui décident d'utiliser d'autres modes de transport,
d'utiliser la mobilité durable à la place de l'automobile, bien, doivent
apprendre à utiliser plusieurs systèmes.
Un usager
typique, par exemple, qui... bon, une famille qui aurait une voiture pour un...
une des deux personnes du couple qui
travaille à l'extérieur, bon, va porter les enfants, par exemple, à la
garderie, puis, après ça, va travailler, bien,
l'autre personne, selon la température, selon les déplacements qu'elle a à
faire dans la journée, doit apprendre à utiliser un réseau d'autobus avec les
horaires — des
fois, c'est complexe un peu — donc, déjà aussi une application dédiée à
son système d'autobus. Elle doit apprendre à utiliser les services de
Communauto, par exemple, parce que certains
de ses déplacements vont être à effectuer à l'extérieur de la zone desservie
par le transport en commun, et donc elle
doit apprendre à utiliser aussi une autre application avec un autre mode de
tarification. Si, des fois, ses déplacements le permettent, elle va avoir... elle va utiliser le réseau àVélo, par
exemple, le réseau de vélopartage à Québec, qui fonctionne très, très
bien.
D'ailleurs, je ne
sais pas si mes collègues le savent, mais on a dépassé le 1,1 million de
déplacements dans la saison 2024 et on s'attend, donc, à avoir, d'ici la
fin du mois d'octobre, parce que, le... la saison vélo, à Québec, là... Le réseau municipal cyclable de la ville de Québec
ferme officiellement le 31 octobre, puis donc le réseau àVélo aussi
cesse ses activités au 31 octobre. On devrait être en mesure d'atteindre
1,2 million de déplacements. Ça, c'est très, très bon. Et on arrive à faire ça avec 1 300 vélos. Puis leur
objectif, c'est d'atteindre trois... 3 300 vélos, à terme, pour
avoir des vélos un peu partout sur l'ensemble du territoire de la ville de
Québec. Plus on en aura, évidemment, plus ça va fonctionner.
Mais tout ça pour
dire qu'outre cette belle nouvelle-là, qui est très enthousiasmante pour le...
l'avenir de la mobilité durable et active à Québec, et sécuritaire en même
temps aussi, bien, il y a toujours l'enjeu, évidemment, d'utiliser, encore une fois, un autre système en parallèle avec ses
propres codes, ses propres règles de sécurité routière à suivre, des
nouvelles applications aussi à suivre, une autre... un autre système avec sa
propre tarification. Donc, c'est... c'est extrêmement compliqué de développer
ça.
Puis je vais me permettre
de parler de systèmes qu'on voit se développer un peu partout à travers le
monde. Puis malheureusement il n'y en a pas beaucoup, beaucoup, d'exemples,
parce qu'il y a une grande complexité. Mais, encore une fois, je pense que
l'Association des firmes de génie-conseil pourrait être mise à contribution
là-dedans. C'est développer des plateformes
qui regroupent l'entièreté de ces... de ces modes de transport là,
l'information, donc, à la fois la capacité de prévoir un déplacement, la
capacité de réserver un mode de transport. On aurait pu ajouter à ce que j'ai
dit tantôt le taxi, par exemple, qui est un autre système en parallèle, donc,
l'autobus. Tu sais, un ensemble de modes de déplacement, les intégrer dans une
seule et même application dans laquelle il y a un partage de données, dans
laquelle il y a une tarification intégrée qui se fait aussi. Ça, c'est
superintéressant. Sur papier, là, c'est vraiment formidable.
Par contre, il y a
une très, très grande complexité, parce que vous savez combien ça... comment ça
fonctionne dans le milieu de la donnée, dans les... dans les domaines
d'activité économique dans lesquels il y a... La valeur provient des données
qu'on recueille auprès des usagers. Il y a une très grande méfiance des
différents partenaires à partager les données. Donc, il faut déjà s'entendre
sur qui sera l'intégrateur de l'ensemble de ces données-là. Ce n'est pas
évident de trouver un seul chapeau, un seul leader, un seul joueur qui va
regrouper pour formaliser cette mise en commun des informations puis les mettre
disponibles à l'ensemble des usagers qui vont décider d'adhérer à ce système-là très bien intégré, mais après ça il
y a toute la question de comment on redonne les revenus, comment on partage le... les revenus de cette mise en commun
là de l'utilisation de l'ensemble de ces modes. C'est hypercompliqué.
Probablement que les
firmes de génie-conseil ont un rôle à jouer là-dedans pour être capables de
développer les systèmes, coordonner ça. Le gouvernement du Québec aussi a un
rôle hyperimportant à jouer là-dedans. Et... Par contre, ça permettrait des avancées hyperimportantes, notamment sur la
possibilité que ça nous offrirait de donner aux gens des options bon
marché de se déplacer.
• (11 h 50) •
Je prends un exemple
très simple, Mme la Présidente. Vous savez, les... Bon, je travaille souvent
avec des personnes qui sont en situation de pauvreté assez grande, des gens qui
sont à l'aide sociale, par exemple, puis, bien, c'est rare que ces personnes-là ont un véhicule, ont accès à une automobile
privée. Donc, ça va être des bons marcheurs. Ça va être des cyclistes parfois. Ça va être aussi des utilisateurs
assez fréquents du transport en commun, particulièrement l'hiver, puis
le laissez-passer coûte assez cher à l'achat si... Moi, au début du mois, là,
investir 90 $, à peu près, là, selon les régions, c'est quand même un
montant appréciable quand mon chèque d'aide sociale est de 600 $,
700 $, tu sais. Donc, il y a... il y a
vraiment un enjeu, là. Ce qu'on se rend compte, Mme la Présidente, c'est que
les gens ne vont donc pas acheter le laissez-passer, mais ils vont
plutôt s'acheter un billet, puis un autre billet, puis un autre billet, puis un
autre billet, puis un autre billet, puis, à la fin du mois, ça se peut qu'ils
aient dépassé le 90 $ à force d'acheter des billets individuels. Vous
comprenez qu'on est... on est passés à côté d'une possibilité de lui offrir le
meilleur tarif, en tout cas, le meilleur tarif pour être capable de se déplacer
pendant son mois.
Bien, des systèmes
comme celui-là, c'est superintéressant parce que ça permet de faire ce qu'on
appelle, en anglais... je ne sais pas c'est quoi, le terme français, là, vous
m'excuserez. C'est du «fare capping». Donc, on va venir plafonner. C'est
peut-être ça, plafonnement. On va plafonner le tarif qui va être dépensé
mensuellement pour l'utilisateur, l'utilisatrice. Donc, la personne va payer un
billet, puis un autre billet, puis un autre billet, puis un autre billet. Par
contre, quand elle est rendue à 90 $, bien là, pouf! l'application lui
donne le tarif mensuel pour que, dans le fond, elle arrête de dépasser le
montant. Ça fait que c'est vraiment intéressant.
Puis c'est aussi
donner la facilité d'utilisation, la fluidité dans les déplacements, dans la
tarification. Il faut que ce soit simple.
Tant qu'on ne développera pas ces systèmes-là, on n'arrivera pas à, comme,
décloisonner le transport collectif et actif. On le fait bien, là, quand
même. On a des parts modales qui ne sont pas mauvaises au Québec, évidemment,
puis dans certains secteurs, notamment Montréal, avec l'important débit
d'usagers qu'on peut générer avec le tramway... avec le métro, pardon, mais
évidemment... On obtient des parts modales qui sont quand même assez
importantes, bien que ça demeure fragile, encore une fois, là. L'exemple des
trois stations qui sont fermées à Montréal en sont un... sont éloquentes
là-dessus.
Mais
il reste quand même que, si on veut aller plus loin, bien, ça, c'est une voie
d'avenir qui est très intéressante. Et c'est ce qu'on dit là-dedans, là :
«L'interopérabilité doit être faite de manière interchangeable, intuitive.» Donc, il faut que ce soit facile. Une
seule application, une seule entrée de carte de crédit, puis après ça la
machine, l'application calcule pour nous, à la fin du mois, sur
l'ensemble de tous les services de mobilité durable que j'ai utilisés... Si
j'ai pris le taxi, si j'ai pris le réseau de vélopartage, si j'ai pris le
transport collectif, je vais avoir... si j'ai pris Communauto, à la fin,
l'application va... va me tarifer au meilleur forfait pour mon portefeuille
aussi. Donc, je n'ai pas à me casser la tête. Puis toute l'information est
regroupée.
Donc,
moi, pour vrai, là, c'est... c'est quelque chose que... sur lequel j'aimerais
beaucoup entendre l'Association des firmes de génie-conseil, parce que
je pense qu'il y a là-dedans quelque chose qui me rejoint puis qui est une voie
d'avenir pour le transport collectif et actif. Donc, voilà.
Je poursuis sur leur
texte. On dit aussi : «Il faut également lier les réseaux physiquement,
notamment via la micromobilité. Celle-ci se matérialise par des modes de
transport légers et agiles qui sont utilisés pour des courtes distances, tels que le vélo et trottinette. Ces
modes de transport comblent certains écarts entre les arrêts de transport en commun et la destination des usagers, améliorant la
connectivité dans les environnements urbains. Toutefois, la micromobilité doit être soutenue par l'innovation
sociale, permettant le partage d'engins légers.» Donc, ça revient à, bon, le vélopartage,
notamment.
Tu sais, il y a une
notion assez fondamentale, en transport, qui est le déplacement du... dans le
dernier mille, ou on utilise aussi dans le dernier kilomètre. Donc, on est
capables d'avoir des réseaux de transport collectif, parfois même interurbain,
ça peut s'appliquer aussi, là, dans lequel on va avoir un déplacement qui est
fait du point a au point b, à partir d'une
gare jusqu'à une autre ou à partir d'une station jusqu'à une autre quand on est
en milieu urbain. Mais, au bout de ces lignes-là, qu'est-ce qui nous
attend? Qu'est-ce que j'ai comme moyen pour me rendre jusqu'à ma destination
finale? Ça, c'est hyperimportant, parce que ça peut jouer dans le fait que les
gens prennent ou pas un service de transport collectif.
Le transport
interurbain, pour moi, est superéloquent à ce propos-là. On va avoir une ligne
d'autobus qui part de la gare centrale de Québec, par exemple, à Sainte-Foy ou
ici, à la gare du Palais, dans la Basse-Ville de Québec, puis va se rendre jusqu'à... Montréal, ce n'est
pas un bon exemple, évidemment, parce qu'après ça on a des options, là, mais dans une ville en périphérie, puis,
rendu sur place, bien, j'ai besoin d'un moyen de transport pour me déplacer
jusqu'à mon hôtel que j'ai loué, puis après ça de mon hôtel pour aller jusqu'à
la montagne où je vais faire ma randonnée. Donc, il y a... il y a ça à
développer, et évidemment ça doit être réfléchi avec une offre de transport
durable qui va nous permettre de se déplacer. Ça peut être des taxis,
évidemment, mais ce qui est nommé là-dedans, c'est
vraiment l'offre de transport léger pour être capables d'accompagner ces
gens-là. Ça va être des trottinettes, ça va être des vélos, ça va être des voitures en libre-service, par exemple,
qui peuvent être utilisées, puis pas nécessairement des gros véhicules.
Ça peut être des plus petits véhicules.
Moi, ce que je trouve
intéressant là-dedans, c'est qu'on va... On a besoin à la fois d'un modèle qui
va être... qui va favoriser
l'interopérabilité puis en même temps aussi qui va être capable physiquement de
répondre aux besoins des gens sur le terrain. Bien là, on a Mobilité
Infra Québec qui vient créer, potentiellement, c'est le souhait de la ministre,
des nouvelles infrastructures de transport collectif au Québec. C'est une bonne
chose, évidemment. Il faut les créer. Après
ça, on verra si l'agence est le meilleur outil pour les développer. Mais, si on
va vers ça, on va avoir besoin de cette interopérabilité-là. On va avoir
besoin de lier nos systèmes ensemble, autant au niveau des applications pour être capables de faire la facturation, de faire...
de faire la planification du déplacement, mais aussi, après ça, de prévoir
les déplacements de manière physique une fois rendu sur le terrain.
Donc, comment on
s'assure que ce souci-là, qui, à mon... à mon sens, est extrêmement
important... Parce que, comme je le disais tantôt, tant qu'on n'arrivera pas à
développer des offres très complémentaires, on n'arrivera pas à lutter contre
l'utilisation de l'auto solo. Bien, on doit entendre... on doit entendre
l'Association des firmes de génie-conseil dans le contexte de la création de Mobilité
Infra Québec, comment s'assurer que ce réflexe-là va être développé au sein de Mobilité
Infra Québec.
Je veux bien penser
qu'on va avoir toute une expertise, là, puis qu'ils vont être tous très, très,
très bons, mais, moi, ce que je veux, c'est
les contaminer le plus rapidement possible, dès la... dès le projet de loi qui
va venir constituer Mobilité Infra Québec, pour m'assurer que cette...
ces réflexes-là, en fait, sont... sont comme inscrits dans la... dans l'ADN de Mobilité
Infra Québec. Il ne faudrait pas
faire l'économie de ce... de cette réflexion-là, de cette contamination-là à
l'intérieur de Mobilité Infra Québec, parce qu'on viendrait créer un système...
une agence qui créerait des nouveaux systèmes
de transport collectif sans avoir cette préoccupation-là. On arriverait en bout
de ligne... Puis il y a des bonnes chances qu'effectivement on se
retrouve avec... avec pas d'option pour se déplacer, avec, encore une fois, pas
non plus de... d'outil informatique pour être capables de bien planifier nos
déplacements.
Je poursuis la
lettre, que je trouve très intéressante. Ils disent : «Exercer un virage
collectif vers le transport en commun et la micromobilité implique toutefois de
pouvoir se fier à des infrastructures plus complexes. Celles-ci doivent donc être plus résilientes, bien protégées
contre les chocs aigus, les inondations, la canicule, les pandémies, etc.,
et adaptées aux facteurs de stress chronique : hausse du niveau de la mer,
infrastructures et population vieillissantes.» Pour... Donc, c'est ça.
Donc, encore une
fois, les firmes de génie-conseil, je pense qu'ils sont assez à jour puis assez
sensibilisés aux impacts des changements climatiques, notamment. Donc, leur...
leur réflexe, c'est de dire : Trouvons des moyens de s'assurer que ce qu'on va créer comme infrastructures à partir de
maintenant réponde aux nouvelles normes qu'on est en train de se donner
pour être capables de s'adapter aux changements climatiques.
On a... Il y
a eu un dépôt, récemment, là, de... des nouvelles cartes inondables par le
ministre de l'Environnement. On voit, là, que ça change quand même
passablement le paysage en termes de nombre de maisons qui se retrouvent dans la zone inondable versus ce qui était le cas il y a
quelques... quelques semaines à peine. Ça a des implications, évidemment, importantes. Écoutez, on est même en
train de se demander si on ne devrait pas empêcher, dans certaines
régions du Québec, dans certains coins du Québec, la location de logements au
rez-de-chaussée de certains blocs à appartements.
Vous voyez qu'on est en train de... vraiment de changer de paradigme, là, sur
la question, notamment, des changements climatiques, mais des
inondations qui sont associées à ça, qui vont être de plus en plus fréquentes,
de plus en plus importantes.
Donc, la réflexion de l'Association des firmes
de génie-conseil, c'est de dire : Assurons-nous que ce qu'on va créer dans
le transport collectif, bien, prévoie déjà ce changement de paradigme là.
Encore une fois, je suis persuadé que Mobilité Infra Québec, les gens qui y
travailleront, si cette agence-là est effectivement créée, vont être à la page,
vont bien travailler. Mais ce que j'aimerais, moi, c'est avoir la discussion
avec l'association pour, le plus possible, rapidement contaminer, envoyer le
message que c'est important, que le réflexe adaptation aux changements
climatiques est fondamental et qu'on doit s'en préoccuper. Ça doit être, encore
une fois, dans l'ADN de Mobilité Infra Québec.
Il me reste combien de temps, Mme la Présidente?
La Présidente (Mme Maccarone) : ...
M. Grandmont : Deux minutes.
Parfait. Je vais être correct. Merci. Donc, ce qu'on nous dit, c'est que «pour
inverser la trajectoire actuelle, nous devons considérer toutes les solutions à
notre portée et bien cerner la meilleure approche à utiliser. Aux innovations
technologiques et sociales s'ajoute ainsi l'innovation basée sur la nature, qui
favorise la préservation de la biodiversité,
l'amélioration de la qualité de l'air et de l'eau, et la création d'espaces
verts.»
On nous
dit : «Le cas du corridor du nouveau pont Champlain illustre bien la mise
en oeuvre de ces principes. Au-delà de son rôle majeur dans l'amélioration de
la fluidité — transport
collectif, pistes multifonctionnelles — ce
projet a mis de l'avant plusieurs solutions innovantes pour la gestion
des eaux pluviales, la protection des milieux naturels et l'utilisation des
matériaux plus durables.»
• (12 heures) •
Donc, ils le disent, là, ils ont l'expertise au
sein des organismes qui sont représentés par l'Association des firmes de
génie-conseil. On serait fous, Mme la Présidente, de se passer de leur
expertise, de leurs connaissances, de leurs compétences dans le contexte qui va
nous occuper à partir de très bientôt, j'imagine, l'étude du projet de loi
détaillée... de la... de... du projet de loi 61 qui va édicter la loi sur
la... Mobilité Infra Québec. On serait fous de se passer de cette discussion-là importante qu'on peut avoir avec les
experts de l'Association des firmes de génie-conseil au Québec. Si on
veut être capables de bien enligner Mobilité Infra Québec, si on veut être
capables de l'envoyer sur la bonne track, sans faire de jeu de mots avec les
transports collectifs, je pense que ça vaut vraiment la peine de les recevoir
d'ici à ce qu'on commence l'étude de l'article 1, Mme la Présidente. C'est
mon souhait le plus cher.
Je vais voter en faveur de la motion de mon
collègue.
La Présidente (Mme Maccarone) : Merci
beaucoup, M. le député. Est-ce qu'il y a d'autres interventions? Je vois qu'il
n'y a pas d'autre intervention.
Mise aux voix
Alors, nous allons passer à la mise à... mise
aux voix par appel nominal. M. le secrétaire.
Le Secrétaire : Pour, contre,
abstention. M. Morin (Acadie)?
M. Morin : Pour.
Le Secrétaire : M. Derraji
(Nelligan)?
M. Derraji : Pour.
Le Secrétaire : Mme Guilbault
(Louis-Hébert)?
Mme Guilbault :
Contre.
Le Secrétaire : M. Lemay
(Masson)?
M. Lemay : Contre.
Le Secrétaire : Mme Blouin
(Bonaventure)?
Mme Blouin (Bonaventure) :
Contre.
Le Secrétaire : M. Bernard
(Rouyn-Noranda—Témiscamingue)?
M. Bernard :
Contre.
Le Secrétaire : M. Montigny
(René-Lévesque)?
M. Montigny : Contre.
Le Secrétaire : M. Girard
(Lac-Saint-Jean)?
M. Girard (Lac-Saint-Jean) :
Contre.
Le Secrétaire : M. Grandmont
(Taschereau)?
M. Grandmont : Pour.
Le Secrétaire : M. Arseneau
(Îles-de-la-Madeleine)?
M. Arseneau : Pour.
Le Secrétaire : Mme Maccarone
(Westmount—Saint-Louis)?
La Présidente (Mme Maccarone) : Abstention.
Alors, la motion est rejetée.
Avons-nous une autre motion préliminaire à
présenter? Oui, M. le député de Masson, la parole est à vous.
M. Lemay : J'aimerais faire une
motion pour proposer d'entreprendre l'étude de l'article 1. Et je pourrais
en lire le libellé.
La Présidente (Mme Maccarone) : ...juste
pour la gouverne de tous les collègues, les motions doivent être écrites, sauf
celles dont les termes ne varient pas, selon l'article 190. Allez, M. le
député.
Motion proposant de
passer immédiatement
à l'étude détaillée du projet de loi
M. Lemay : D'accord. Alors, la
motion se lit ainsi :
«Que la Commission des transports et de
l'environnement passe immédiatement à l'étude de l'article 1 et des
articles suivants du projet de loi n° 61, [la] Loi
édictant la Loi sur [la] Mobilité Infra Québec et modifiant certaines
dispositions relatives au transport collectif.»
Mme la Présidente, j'aurais un argumentaire.
La Présidente (Mme Maccarone) : Allez-y.
Débat sur la
recevabilité
M. Mathieu Lemay
M. Lemay : Très bien. Donc, Mme
la Présidente, ça fait maintenant trois séances que la commission débat sur des
motions préliminaires qui sont présentées par les députés de l'opposition, et
je crois qu'à ce stade-ci nous avons fait le tour de la question, notamment le
fait que nous avons aussi pu entendre, au préalable, 27 groupes lors des
auditions. Et c'est pour ça que j'ai fait motion aujourd'hui pour nous
permettre de poursuivre le débat sur le projet de loi en passant à l'étape de
l'étude article par article du projet de loi.
Et, Mme la Présidente, comme vous le savez déjà,
les règlements ne prévoient aucune limite quant au nombre de motions
préliminaires qui peuvent être déposées. La jurisprudence, justement, a établi
certains critères qui permettent de vous guider dans votre décision sur la
recevabilité de cette motion. Dans le fond, ils sont énumérés aussi dans une décision qui a été rendue par
Bernard Brodeur le 11 juin 2004 et ils sont en cinq... cinq étapes. Donc, je
vais vous les lire :
«1° le rôle du président est d'assurer le
respect des droits de chaque parlementaire et de donner à l'opposition le temps
nécessaire pour faire valoir son point de vue;
«2° il appartient au président seul de juger si
cette motion est recevable;
«3° la recevabilité d'une telle motion ne se
fait pas en vertu d'un calcul purement mathématique du nombre de séances
consacrées aux motions préliminaires;
«4° toutefois, les précédents peuvent servir de
guide à la présidence pour rendre sa décision; et
«5° il a
maintes fois été décidé qu'une telle motion ne vise pas à clore le débat, mais
à passer à une autre étape de l'étude détaillée du projet de loi, soit
l'étude article par article.»
Et donc, Mme
la Présidente, nous croyons que... sur la base de ces critères qui ont été
mentionnés précédemment, nous serions d'avis que de passer à
l'article 1 pourrait être recevable. Et d'abord ce que je voudrais
mentionner, c'est que le rôle de la présidence, c'est
justement d'assurer le respect des droits de chaque parlementaire et de donner
aux députés de l'opposition le temps nécessaire pour faire valoir leurs points
de vue.
Je tiens à souligner, à cette étape-ci, que nous
sommes rendus à la troisième séance de l'étude détaillée, que les députés de
l'opposition ont pu présenter huit motions préliminaires, qu'il y a eu plus
d'une dizaine d'heures de débat qui ont été consacrées aux motions
préliminaires depuis le... depuis le début de cette étude détaillée, et,
notamment, l'opposition officielle a pu consacrer trois motions préliminaires,
le deuxième groupe d'opposition en a présenté
trois, ainsi... et le troisième groupe d'opposition en a présenté deux. Donc,
tous les groupes d'opposition ont, par
conséquent, eu l'opportunité de présenter plus d'une motion préliminaire et ils
ont eu amplement le temps de faire... de démontrer leurs points de vue.
Alors, je crois que la recevabilité de cette
motion qui propose de passer immédiatement à l'article 1, elle ne s'évalue
pas en vertu d'un calcul purement mathématique du nombre de séances et d'heures
consacrées aux motions préliminaires, mais que les précédents peuvent servir de
guide à la présidence pour rendre votre décision.
Et j'aimerais souligner que, dans le recueil de
la procédure parlementaire du Québec, il y a de nombreux précédents où une
telle motion a été jugée recevable. Je vais donc vous référer ici à une
décision rendue le 4 novembre 2003 par
Russell Copeman, la décision 244/33, dans laquelle il a déclaré recevable
une motion proposant de débuter
l'article 1 après que l'opposition eut déposé un total de six motions
préliminaires, une autre décision, rendue par Bernard Brodeur le
11 juin 2004, la décision 244/36, dans laquelle il a déclaré
recevable une motion visant à passer à l'article 1 au cours de la
troisième séance, après que l'opposition eut présenté sept motions
préliminaires. On a aussi la décision 244/45 qui a été présentée le
24 octobre 2019 par le député de Masson après trois séances et huit
motions préliminaires. On a la décision 244/47 qui a été présentée le
3 juin 2020 par la députée d'Argenteuil après
quatre séances et huit motions préliminaires. Et finalement une décision que
vous avez rendue, Mme la députée de Westmount—Saint-Louis. Le 20 mars
2024, vous avez jugé qu'une motion proposant de passer à l'étude de
l'article 1 était recevable après environ neuf heures de débat et sept
motions préliminaires.
Donc, sans faire une liste exhaustive de tous
les recueils de décisions, il a maintes fois été décidé que cette motion ne
vise pas à clore le débat. Elle vise simplement à passer à une autre étape de
l'étude détaillée, soit l'étape de l'étude article par article. Et je réitère
que les oppositions ont eu le temps de faire... faire valoir leurs points de
vue, qu'on a entendu 27 groupes en consultations particulières, qu'on a
déjà eu huit motions préliminaires. Et c'est pour ça que je vous soumets qu'il
serait temps de passer à la prochaine étape de l'étude du projet de loi n° 61, une étape importante, l'étape de l'étude article par
article, à laquelle les oppositions auront à nouveau l'opportunité de faire
valoir leurs points de vie... leurs points de vue. Ils pourront aussi déposer
des amendements afin de bonifier le projet de loi.
Et, par conséquent, je vous demande, Mme la
Présidente, de trancher favorablement en ce sens en déclarant cette motion
recevable.
La
Présidente (Mme Maccarone) :
Merci, M. le député. Est-ce qu'il
y a d'autres interventions? Oui, M. le député de l'Acadie.
M. André Albert Morin
M. Morin : Merci,
Mme la Présidente. Alors, j'ai bien... j'ai bien écouté la motion présentée par
le collègue de la partie gouvernementale. Je comprends... je comprends ce qu'il
recherche, mais permettez-moi, en fait, de m'exprimer puis de vous
indiquer un peu comment je reçois sa motion, puis après ça, bien, j'aurai une
demande pour vous.
Écoutez, oui, il y a eu des motions
préliminaires qui ont été... qui ont été présentées, effectivement. J'en ai présenté. J'ai débattu sur plusieurs de ces
motions-là. Mais, à chaque fois que j'étais là puis qu'on en a débattu ou que
j'en ai présenté une, comme... comme plus
tôt ce matin, moi, je ne me souviens pas que le gouvernement a été d'accord.
Alors, ça a été rejeté.
Et donc, vous savez, à l'étape où on est
présentement, si les oppositions, mais moi, de l'opposition officielle, et mon
collègue le député de Nelligan, ont déposé des motions préliminaires pour faire
entendre des groupes, c'est en lien directement avec l'importance de ce projet
de loi et les changements que le projet de loi va apporter éventuellement en ce
qui a trait non seulement au fonctionnement du ministère des Transports, mais
en ce qui a trait à la façon dont des
ouvrages complexes dans le domaine des transports seront gérés au Québec. Et
c'est la raison pour laquelle on a déposé autant de... autant de
motions.
Permettez-moi de revenir brièvement sur la
motion de ce matin que j'ai présentée en ce qui a trait aux firmes de
génie-conseil. Tu sais, si la motion a été présentée... Bien, justement, un peu
plus tôt, les ingénieurs de l'État ont été
entendus. C'est important qu'ils le soient, j'en conviens, mais pourquoi
refuser d'entendre des firmes de génie-conseil qui sont dans le domaine
privé?
Alors, comme je l'expliquais, ce projet de loi
aura un impact fondamental sur des travaux complexes dans le domaine des
transports. Quand mon collègue de la partie gouvernementale dit : Bien,
favorisons le débat, bien oui, effectivement, c'est pour ça qu'on a présenté
ces motions préliminaires là.
Quand le collègue dit... Écoutez, il fait le
calcul des motions. Moi, je vous dirais que, les motions, il faut regarder leur
pertinence, Mme la Présidente.
Permettez-moi... permettez-moi une analogie.
C'est toujours un petit peu délicat, les analogies, mais c'est la même chose quand on prépare un procès, hein? Les
témoignages, là, ça ne se compte pas, ça se pèse. Donc, qu'il y en ait
eu sept, huit, neuf, 10, pour moi, si l'opposition a un travail à faire pour
être capable d'éclairer le gouvernement puis, en plus, d'être capable d'éclairer la
population qui nous écoute, parce que tout ce qu'on fait ici, c'est dans le
domaine public, et il est bien qu'il en soit ainsi, bien, à ce
moment-là, qu'il y en ait eu trois, quatre, ou cinq, ou six, pour moi, ce n'est
pas véritablement pertinent.
• (12 h 10) •
Ce qu'il faut, c'est
regarder l'essence même de la motion et le groupe qu'on veut... qu'on veut
faire entendre pour être capable d'éclairer le gouvernement, éclairer le
gouvernement, mais éclairer les oppositions également. Je l'ai rappelé un peu
plus tôt ce matin, un député, ça a deux rôles très importants, celui d'être
législateur, mais celui d'être contrôleur.
Et donc les motions qui ont été présentées visaient justement à nous permettre,
nous, de l'opposition ou des oppositions, de faire notre travail, entre
autres, de contrôleur. Donc, c'est la raison pour laquelle nous avons présenté
ces motions-là.
Je comprends... je
comprends la motion que présente le collègue le député de Masson. Moi, je pense
qu'on a encore du travail à faire. Je pense
qu'on doit continuer à favoriser le débat. Je pense que les oppositions et
l'opposition officielle doivent pouvoir continuer de déposer des motions
préliminaires.
Mais, compte tenu de
la motion qui vous est présentée, je vous demanderais, Mme la Présidente, de
nous rendre un avis écrit sur la question, s'il vous plaît. Je vous remercie.
La Présidente (Mme Maccarone) : Merci.
Est-ce qu'il y a autres commentaires? Très brièvement, s'il vous plaît,
M. le député.
M. Etienne Grandmont
M.
Grandmont : Oui, bien, je reviens... je veux revenir un peu sur les
propos de mon collègue le député de l'Acadie. J'ai bien aimé l'analogie.
Finalement, moi, je pense que c'était quand même assez intéressant et
important. On doit faire travail de colégislateur, parce que c'est un travail
qu'on va faire ensemble. Puis, je pense, notre travail comme opposition aussi,
c'est d'inviter le gouvernement, avec les outils que nous avons, l'inviter à
écrire le meilleur projet de loi au bénéfice des Québécoises et des Québécois.
Si j'ai demandé, par
exemple, d'entendre des groupes qui représentaient les usagers, et donc les
personnes qui vont utiliser le transport collectif créé éventuellement par
Mobilité Infra Québec, si j'ai demandé qu'on reçoive des groupes qui
représentent et qui défendent les droits des personnes en situation de
handicap, qui utilisent aussi le transport collectif, notamment, là, la FADOQ,
l'AQDR, si j'ai demandé qu'on reçoive des groupes qui représentent et qui défendent des personnes aînées, notamment
l'OPHQ, l'AQDR puis la FADOQ, qui ont aussi des préoccupations très
grandes vis-à-vis du transport collectif, parce qu'on veut que cette
population-là aînée demeure active le plus longtemps
possible et qu'on veut, par le fait même, leur donner la possibilité de se
déplacer à travers le transport collectif, bien, je pense qu'on doit
absolument prendre cette opportunité-là pour approfondir, approfondir la
discussion sur le projet de loi n° 61.
Il n'y a aucune
des... il n'y a aucune des propositions, aucune des mobilisations, je le
souligne, là, aucune des motions préliminaires qui ont été déposées par les
oppositions qui ont été acceptées par la partie gouvernementale. On a donné
beaucoup d'occasions de rencontrer ces groupes-là, d'approfondir puis d'avoir
un meilleur projet de loi à la fin. Jamais on n'a pu entendre ces groupes-là.
Donc, moi aussi, je
demanderais un avis écrit, là, s'il vous plaît, Mme la Présidente.
La Présidente (Mme
Maccarone) : Merci. M. le député, encore une fois, brièvement, s'il
vous plaît.
M. Joël Arseneau
M. Arseneau :
Oui, très brièvement. Effectivement, bien, on a parlé d'entendre plusieurs
groupes qu'on n'avait pas eu l'occasion de rencontrer, et je pense que c'est
fondamental, parce que c'est un changement majeur qu'on s'apprête à faire. Là,
on veut scinder, essentiellement, le ministère des Transports. C'est du
jamais-vu, là, créer une agence, lui confier des mandats. C'est sérieux. C'est
une nouvelle approche. On va être dans un contexte comme celui-là,
vraisemblablement, pour des décennies à venir. De se donner quelques heures de
débat supplémentaires pour essayer
d'entrevoir l'ensemble des conséquences de nos actions et de nos décisions, ça
ne me semble pas fortuit.
L'autre élément,
c'est non seulement la rencontre de groupes, mais c'est la question aussi des
données, des informations. On a parlé du fait qu'il n'y avait pas d'analyse
d'impact réglementaire. On a parlé du fait que les chiffres... les coûts que ça
implique dans un contexte de déficit budgétaire, dans un contexte où on dit
qu'on n'a pas d'argent pour réaliser des
projets d'infrastructure complexes, et là on a une évaluation qui est très,
très, très sommaire. On demande d'approfondir cet élément-là, d'avoir
des chiffres et des données pour savoir ce vers où on s'en va et ce à quoi on
va aussi obliger les contribuables québécois à contribuer. Je pense qu'il faut
qu'on puisse aller jusqu'au bout de ce processus-là avant d'entreprendre
l'article... l'étude article par article.
Puis effectivement il
n'y a eu aucune ouverture de la part du gouvernement d'approfondir ces
éléments-là qui nous semblaient tout à fait pertinents. Et, dans les arguments
qui ont été amenés sur la jurisprudence, là, je les ai entendus, je ne sais pas s'ils seront disponibles autrement que par le
verbatim de la commission, mais il y avait plusieurs des éléments de la
jurisprudence qui me semblaient tout autant militer en faveur de la poursuite
du débat que de l'interruption.
Alors, je voulais juste laisser ça à votre
réflexion et à votre décision, Mme la Présidente. Et moi aussi, j'espère que
votre décision sera rendue par écrit.
La
Présidente (Mme Maccarone) : C'est noté. Merci.
Afin
de produire une réponse écrite et de constater sur la recevabilité de la motion
de M. le député de Masson, je suspends les travaux jusqu'après les
affaires courantes. Merci.
(Suspension de la séance à
12 h 16)
(Reprise à 15 h 30)
La Présidente (Mme
Maccarone) : Alors, bonjour. La Commission des transports et de l'environnement
reprend ses travaux.
Nous poursuivons
l'étude détaillée du projet de loi n° 61, Loi édictant la Loi sur Mobilité
Infra Québec et modifiant certaines dispositions relatives au transport
collectif.
Décision
de la présidence
Alors, je suis prête
à rendre ma décision en ce qui concerne la motion qui a été proposée, déposée
par le député de Masson, ça fait que... de rendre ma décision sur la
recevabilité de la motion préliminaire présentée par le député de Masson, laquelle propose que la commission procède
immédiatement à l'étude de l'article 1 du projet de loi.
Je rappelle par
ailleurs que la présidence, en commission, ne rend pas de décision écrite. Ma
décision sera transcrite au Journal des débats, que vous pourrez
consulter.
J'ai entendu vos
interventions concernant la recevabilité de la motion. Vous avez notamment fait
valoir le rôle des oppositions dans le cadre du processus législatif et
l'importance de favoriser le débat. Comme vous le savez, le rôle de la
présidence est d'assurer le respect des droits de chaque parlementaire et de
donner aux députés de l'opposition le temps nécessaire pour faire valoir leurs
points de vue. Lorsqu'elle est appelée à rendre une décision, la présidence
doit prendre en compte la jurisprudence.
À cet effet,
j'attirerais votre attention sur une décision rendue en 2004, lors de l'étude
détaillée du projet de loi n° 55. La commission en
était à sa troisième séance, et les membres avaient présenté sept motions. En
2019, dans le cadre de l'étude détaillée du projet de loi n° 34,
la commission de l'agriculture, des pêcheries et des ressources naturelles en
était à sa huitième motion présentée lors de la troisième séance du mandat. Je
réitère qu'il a maintes fois été décidé que cette motion ne vise pas à clore le
débat, mais à passer à une autre étape de l'étude détaillée du projet de loi,
soit l'étude article par article.
En ce qui nous
concerne aujourd'hui dans le cadre de l'étude du projet de loi n° 61,
nous en sommes à la troisième séance, et la commission a disposé de huit
motions préliminaires. Tous les députés de l'opposition ont eu l'occasion de
présenter des motions préliminaires et de participer aux débats. Ainsi, à la
lumière de ces éléments, je juge que la motion proposant de passer à l'étude de
l'article 1 est recevable.
Débat sur la motion
Mise aux voix
Parfait. Alors, s'il
n'y a pas d'autre intervention, je vais passer à la mise aux voix de la motion
présentée par le député de Masson. Par appel nominal. Alors, M. le secrétaire.
Le Secrétaire :
Pour, contre, abstention. M. Lemay (Masson)?
M. Lemay :
Pour.
Le
Secrétaire : Mme Guilbault (Louis-Hébert)?
Mme Guilbault : Pour.
Le
Secrétaire : Mme Grondin (Argenteuil)?
Mme Grondin :
Pour.
Le
Secrétaire : M. Bernard (Rouyn-Noranda—Témiscamingue)?
M. Bernard :
Pour.
Le
Secrétaire : Mme Blouin (Bonaventure)?
Mme Blouin
(Bonaventure) : Pour.
Le Secrétaire : M. Girard
(Lac-Saint-Jean)?
M. Girard
(Lac-Saint-Jean) : Pour.
Le
Secrétaire : M. Derraji (Nelligan)?
M. Derraji :
Contre.
Le
Secrétaire : M. Grandmont (Taschereau)?
M. Grandmont :
Contre.
Le
Secrétaire : Mme Maccarone (Westmount—Saint-Louis)?
La Présidente
(Mme Maccarone) : Abstention. Alors, la motion est adoptée.
Étude détaillée
Et nous en sommes
maintenant à l'étude article par article. Comme l'article 1 du projet de
loi édicte la Loi sur Mobilité Infra Québec, nous allons procéder comme le veut notre
jurisprudence. Par conséquence, les dispositions de la loi édictée
seront étudiées de la même manière que dans... et dans le même ordre que le
seraient les dispositions prévues dans un projet de loi. Nous allons donc
étudier et mettre aux voix chaque article de la loi édictée.
Alors, je prends
maintenant en considération l'article 1 du projet de loi. Mme la ministre,
veuillez, s'il vous plaît, en faire la lecture.
Mme Guilbault : Bon, article 1. Article 1, Loi édictant la Loi sur Mobilité Infra Québec et modifiant certaines dispositions
relatives au transport collectif, chapitre I, édiction de la Loi sur Mobilité
Infra Québec :
1. La Loi sur
Mobilité Infra Québec, dont le texte figure au présent chapitre, est édictée.
Et, oui, il y a une
procédure particulière. Je dois suspendre cet article-là pour pouvoir ensuite
présenter les autres et revenir plus tard à l'article. Je crois qu'on l'avait
expliqué à la présidence...
La Présidente
(Mme Maccarone) : ...chapitre I.
Mme Guilbault : Oui.
M. Derraji :
...
La Présidente
(Mme Maccarone) : Oui, parce que nous sommes... Comme je viens de
faire la lecture, nous sommes en train de faire un projet de loi à l'intérieur
d'un projet de loi. Ça fait que c'est un projet de loi qui va édicter une autre
loi. Alors, le chapitre I de l'article 1, nous allons le suspendre pour
commencer avec l'article 1. Ce n'est pas ça?
Une voix : ...
La Présidente
(Mme Maccarone) : Oui, nous allons suspendre juste quelques
instants.
(Suspension de la séance à
15 h 35)
(Reprise à 15 h 39)
La Présidente (Mme
Maccarone) : Alors, nous sommes de retour. Évidemment, c'est un peu
compliqué, car nous sommes en train d'édicter une loi à l'intérieur, déjà, d'un
projet de loi.
Alors, pour la bonne
compréhension de tout le monde, nous avons la compréhension autour de la table
que nous allons poursuivre avec le débat sur l'article 1 du chapitre I.
Par la suite, nous allons poursuivre le débat sur la Loi sur Mobilité Infra Québec, qui sera... 1, 2, 3... On va jusqu'à 93,
puis après ça nous allons revenir pour l'adoption de l'article 1,
au début du projet loi n° 61.
Alors,
Mme la ministre, est-ce que vous avez des commentaires pour l'article 1?
C'est la seule chose que je n'avais pas entendue dans votre lecture.
Mme
Guilbault : Celui que j'ai lu tout à
l'heure?
La Présidente (Mme
Maccarone) : Oui.
Mme
Guilbault : Non, pas de commentaire. Je
pense qu'il...
La Présidente (Mme Maccarone) : Parfait.
Mme
Guilbault : ...il parle de lui-même.
• (15 h 40) •
La Présidente (Mme Maccarone) : Parfait.
Y a-t-il des interventions? Il n'y a pas d'intervention. Alors, nous allons
poursuivre, Mme la ministre, avec l'article 1 sur la Loi sur Mobilité
Infra Québec.
Mme Guilbault : Oui. Merci, Mme la Présidente. Donc, article 1 :
«Loi sur Mobilité Infra Québec
«Chapitre I
«Institution
«1. Est instituée "Mobilité Infra
Québec".
«Mobilité Infra Québec peut choisir, avec
l'approbation du ministre, d'utiliser, pour se désigner, un autre nom ou un
acronyme en transmettant au registraire des entreprises copie de la décision à
cet effet.»
Donc, en
commentaire : L'article 1 de la Loi sur Mobilité Infra Québec prévoit
la création de Mobilité Infra Québec.
La Présidente (Mme Maccarone) : ...interventions?
Oui, M. le député de Taschereau.
M. Grandmont : Oui. Merci beaucoup.
Bien, je pense que c'est un bon moment pour parler un peu des intentions de Mme
la ministre quant à la création de son agence. On a entendu plusieurs groupes,
organisations qui sont venus nous voir pendant les audiences, qui se posaient
la question... qui se posaient des questions, notamment celle de pouvoir...
celle de créer... celle du besoin, en fait, de créer une agence pour livrer des
projets de transport collectif, alors que certains arguaient qu'on aurait pu
développer cette expertise-là. On a souvent fait référence à de l'expertise à
développer, là, au ministère des Transports. Puis ça, ça date même d'avant,
bien entendu, l'époque, là, de l'arrivée de Mme la ministre, là, à son poste.
Donc, d'abord, sur la pertinence de créer une
agence, pourquoi ce besoin-là, alors qu'on aurait pu créer... en tout cas, de ma perception, bien sûr, on verra, là,
au niveau des intentions, mais on aurait pu développer cette
expertise-là à l'intérieur du ministère des Transports et de la Mobilité
durable? Donc, ce serait ma première question.
La Présidente (Mme Maccarone) : Mme
la ministre.
Mme Guilbault : Oui. Bien, je l'ai souvent expliqué, on voulait se doter
d'une... comment dire, d'une organisation avec une culture un peu différente de
ce qu'on retrouve actuellement au ministère ou dans la fonction publique, avec des possibilités aussi, en termes
d'attractivité, qui nous permettraient d'attirer, justement, les meilleures
personnes pour développer cette expertise-là qui actuellement n'existe pas dans
le ministère.
Comme je l'ai souvent précisé, ça n'empêche pas
que, s'il y a des gens qui ont la compétence, l'intérêt, et autres, de vouloir
postuler à un éventuel emploi dans ladite agence, ils pourront le faire.
Éventuellement, il y aura un PDG, un ou une
PDG et des gens qui vont s'occuper d'embaucher les employés, mais... mais,
c'est ça, et une équipe qui est agile
aussi et qui... et qui, c'est ça, pourra fonctionner différemment de la manière
dont on fonctionne actuellement, à la faveur de plus d'efficacité,
évidemment.
M.
Grandmont : Oui, bien évidemment. C'est sûr qu'on veut plus
d'efficacité de manière générale, particulièrement dans les transports
collectifs. Puis on reviendra un peu sur le...
Des voix : ...
M. Grandmont : On reviendra sur le
double mandat, là, de cette agence-là qui... Je ne veux pas vous interrompre pendant que vous faites votre commande
de café ou de thé, peut-être, je ne sais pas. Ce n'est pas de votre
faute, c'est correct.
La
Présidente (Mme Maccarone) : Je suis persuadée qu'elle est à l'écoute, M. le
député. Vous pourriez continuer.
M. Grandmont : Oui, je sais, je
sais, mais j'aime mieux... j'aime mieux prendre le temps quand même. De toute
façon, on a un peu de temps devant nous autres, là. Ce n'est pas un souci.
Donc, c'est ça, on reviendra sur la question du
double mandat, parce que, de l'efficacité dans la réalisation des projets de
transport collectif, je pense qu'on en a besoin, effectivement, là. Ça fait
longtemps qu'on n'a pas livré des projets de transport collectif au Québec.
Vous avez nommé trois mots qui me semblent clés,
là, dans votre... dans votre argumentaire. Vous avez parlé de culture, vous avez
parlé d'attractivité, vous avez parlé d'agilité. Ça fait qu'on peut peut-être
commencer par le premier, culture. Ça me
semble intéressant. Vous dites : On veut développer une structure, donc
Mobilité Infra Québec, dans laquelle on va avoir une culture différente.
C'est ce que j'entends de vos propos.
Donc, en quoi la culture actuelle au ministère
des Transports et de la Mobilité durable limite ou empêche la capacité du
gouvernement de livrer des projets de transport complexes?
Mme Guilbault : Bien, actuellement, ce qui limite surtout la capacité de
livrer des projets de transport complexes,
c'est l'absence d'expertise. Donc là, on tourne un peu en rond. Il faut créer
cette expertise-là. Et là-dessus je vais quand
même rappeler que, sur tous les groupes, les nombreux groupes qui sont venus,
la quasi-totalité étaient en faveur de la création de cette expertise-là. Donc,
dans les nombreuses heures où j'ai entendu mes collègues dire qu'il fallait
entendre plus de groupes, je pense que, sur 27, quand il y en a 23 qui disent
que c'est une bonne idée de faire ça, c'est la preuve que c'est un... c'est un
projet ou une volonté qui est largement partagée. Donc, il faut créer cette
expertise-là.
Maintenant, on sait
comment ça fonctionne dans la fonction publique. Il y a des conventions
collectives. Le travail est organisé d'une certaine façon. Et on s'inspire
beaucoup de la Caisse de dépôt, la fameuse CDPQ Infra créée par le Parti
libéral. Donc, on veut s'inspirer de cette culture d'entreprise qui est beaucoup
plus agile et efficace, et qui a la
possibilité aussi d'attirer des gens qui, peut-être, viendraient du privé, par
exemple, ou qui, peut-être, auraient l'habitude
de travailler dans une culture organisationnelle qui est différente de ce qu'on
trouve dans la fonction publique.
Donc, en créant cette
équipe-là, on se donne toutes les chances d'attirer le plus de profils
possible, à la fois ceux qui auraient pu être intéressés à venir dans la
fonction publique et à la fois ceux... Puis, encore là, l'agence va quand même
relever, ultimement, d'un élu. Donc, elle n'est pas complètement à l'extérieur
de la fonction publique non plus. Mais on va avoir des possibilités
d'attractivité et d'agilité qui sont un petit peu différentes.
M.
Grandmont : ...comprends, dans le fond, c'est... ce que vous dites,
c'est qu'il n'était pas possible de développer cette culture-là ou d'avoir
cette expertise-là au sein du ministère des Transports et de la Mobilité
durable parce qu'on n'est pas capables d'aller chercher ou d'offrir des
conditions de travail qui sont attractives. On n'est pas capables de générer
une culture d'entreprise qui est adaptée à l'agilité nécessaire pour livrer des
projets de transport complexes. Bien, dans le fond, vous dites, dans le fond...
Ce que vous dites, c'est que ça aurait été impossible à mettre en place à
l'intérieur du ministère des Transports et de la Mobilité durable.
Mme
Guilbault : Non, ce que je dis, c'est
qu'on fait le choix de le faire dans une équipe spécialisée qui va être en
parallèle du ministère, qui va relever d'un élu, mais qui va être pleinement
autonome, qui va être gérée par un PDG qui sera une personne avec le meilleur
profil pour diriger une telle équipe, pour embaucher les meilleures personnes
aussi pour livrer ce genre de projets, qui est quand même une expertise très,
très particulière. Entre autres, la CDPQ Infra est venue nous rencontrer en
auditions puis nous a expliqué, d'abord, que c'était une bonne idée. Eux sont en faveur. Puis pourtant c'est leur propre...
pas business, je n'ose pas dire, mais c'est leur propre champ d'activité
que de faire ce genre de projets-là. Mais,
malgré tout, eux trouvaient que c'était une bonne idée que le Québec ait son
propre organe, mais avec une agilité similaire ou la plus similaire possible à
celle de la CDPQ Infra.
M.
Grandmont : Quand on a, au Québec, réalisé des projets comme
l'échangeur Turcot... C'est quand même un gros projet. C'est... Je pense que ça
se qualifierait dans les... On n'a pas encore la définition, on n'a pas discuté de ça, on y viendra éventuellement, là,
mais j'ai l'impression que ça correspondrait à ce que peut... à ce qu'on
peut qualifier d'un projet complexe en transport. L'échangeur Turcot, c'est
gros, c'est complexe. Il y a beaucoup d'intervenants. Le territoire de la
ville, il y a plein... il y a plein de choses. Si ça se trouve, même, il y a
des trains qui passent en dessous. Ça fait que c'est encore de la complexité
davantage. Ça a été réalisé à l'intérieur du ministère des Transports et de la Mobilité durable... bien, le
ministère des Transports, à l'époque, là. Vous avez fait ajouter «Mobilité
durable». Mais donc on est capables, on est capables d'avoir l'expertise, on
est capables de la développer. En tout cas, pour le routier, on est capables de
développer cette expertise-là à l'intérieur du ministère des Transports et de
la Mobilité durable. Je reviens encore avec la même question : Si on est
capables de le faire pour les routes, pourquoi on n'est pas capables de le
faire pour le transport collectif?
Mme Guilbault : C'est différent. Le routier dont vous parlez... Premièrement, c'est un
PPP, l'échangeur Turcot. Puis,
deuxièmement, je l'ai souvent dit, le routier, l'expertise s'est développée
depuis des décennies. Puis c'est comme la mission naturelle du
ministère, à l'origine. Je n'étais pas là à l'époque du ministère de la Voirie,
bien que, des fois, on me prête le surnom, mais j'imagine que ça a été créé, à
l'origine, pour faire des routes puis éventuellement des viaducs, des échangeurs,
etc.
Mais là c'est nouveau
en ce moment. Donc, on a l'occasion de créer une forme nouvelle de façon de travailler au sein du gouvernement, où on pourra
être le plus agile et le plus efficace possible. Donc, à un moment donné aussi,
il y a une question de choix. Nous, on pense que c'est la meilleure façon
d'être efficace pour être capable de livrer des projets, à l'instar de
ce que la CDPQ Infra a fait.
Et le Parti
québécois, à l'origine aussi... à son époque, c'est-à-dire, a voulu déposer un
projet d'agence. Je pense que ce n'est pas pour rien. Je pense qu'il y a un
constat qui est assez consensuel, que ce soit le Parti québécois, qui a eu son propre projet d'agence, que ce soit
le Parti libéral, qui a contourné carrément la fonction publique en créant une
filiale à la Caisse de dépôt. Et, dans notre cas, nous voulons créer Mobilité
Infra Québec. Donc manifestement, pour les
partis qui ont formé le gouvernement et qui ont l'expérience du gouvernement,
il y a là une solution qui peut être intéressante.
Et nous, on veut la mettre en place, pas dans une... pas dans une agence hors
gouvernement, probablement pas de la même façon que le Parti québécois,
bien que je ne veux pas leur mettre des mots dans la bouche, mais, bref, on
veut l'instituer de manière correcte, où, ultimement, elle va relever d'un élu.
Comme ça, on demeure imputable comme gouvernement, mais l'agence a toute
l'indépendance pour fonctionner en dehors des structures habituelles où il y a
énormément de... où, c'est ça, il faut fonctionner à l'intérieur de la
culture... de la culture habituelle.
M. Grandmont : Ce n'est pas à moi de
défendre, évidemment, le projet de loi, là, du Parti québécois, mais, si mon
souvenir était bon, parce qu'on en a jasé quand même en motion préliminaire, c'était
une agence pour créer des
routes. Donc, ce n'était pas pour faire du transport collectif. Donc, ça me
semble être un exemple un petit peu exagéré que de comparer avec ce qui
est créé aujourd'hui. Ce n'était pas du tout le même enjeu, je pense.
• (15 h 50) •
Quand vous parlez
d'attractivité, là, dans le fond, vous voulez... dans le fond, vous dites
«attractif» pour qu'éventuellement des gens
partent du privé puis viennent joindre les rangs de Mobilité Infra Québec. On
peut comprendre aussi, parce que... Bon, c'est même, d'ailleurs, prévu
dans le projet de loi, là. Il y a des employés qui pourraient partir du
ministère des Transports et de la Mobilité durable pour joindre Mobilité Infra
Québec.
À votre avis,
qu'est-ce qu'on a besoin d'avoir comme attractivité pour être capables de bâtir
cette équipe-là qui sera de, vraisemblablement, une cinquantaine de personnes
dans la première année? Et ça, ce n'est pas des chiffres que vous avez avancés
vous-même, là, mais on parlait de 400 employés au bout de deux ou trois
ans, mais vous ne l'avez pas démenti non plus. Ça fait que je ne sais pas si
vous avez déjà... si vous êtes autorisée ou si vous avez... si vous pouvez nous
donner des indications par rapport à ça, mais quel genre d'attractivité on veut
pouvoir créer pour attirer des gens vers Mobilité Infra Québec?
Mme
Guilbault : Bien, le document auquel vous
faites... Il y a toutes sortes de documents de travail qui ont circulé, qui,
des fois, ont été... ont fuité à différentes personnes. Donc, tu sais, ça, il
faut le prendre... il faut le relativiser, dans le sens où les projections...
Au départ, effectivement, on parle de quelques dizaines de personnes. Puis il
faut comprendre aussi qu'on va fonctionner par mandats. Donc, le gouvernement
va confier des mandats à Mobilité Infra Québec. Donc, logiquement, c'est sûr
que le nombre de ressources requises va être proportionnel au nombre de mandats
qui est confié.
Mais, encore là, il y
a une question d'agilité. Vous voyez, juste dans l'embauche, dans la gestion du
nombre d'employés, dans l'organisation des équipes de travail, on n'est pas du
tout dans la même mentalité de convention collective, de sécurité d'emploi et
de ce qui prévaut dans la fonction publique, qui est un système qui fonctionne,
puis qui fait... qui fait énormément de services publics, puis qui est une
bonne chose, mais, quand je parle d'agilité puis d'attractivité, c'est
exactement ça que je veux dire. Donc, bref... Je ne me souviens plus de la
question. Combien de personnes il va y avoir?
M.
Grandmont : Oui, bien, il y avait ça, entre autres, oui, effectivement,
oui.
Mme
Guilbault : L'attractivité. Bien, c'est
ça. Puis, tu sais, en ce moment, il y en a, des gens dans le privé qui
pourraient venir travailler au gouvernement, mais ils ne viennent pas. Donc, tu
sais... Puis on peut penser, entre autres, aux salaires, mais pas
nécessairement seulement aux salaires. Des fois, c'est juste un... C'est
vraiment une culture organisationnelle qui est différente. Donc, on va se
trouver un peu au carrefour entre ce qu'on a dans la fonction publique et ce
qu'on a au privé, puis le plus... Moi, la CDPQ Infra, je le dis souvent, je
pense que c'est une bonne chose qu'on ait créé ça. Et là vous voyez... Et il y
aura des... Non, je ne peux pas en parler tout de suite. Mais, tu sais... Alors, c'est ça. Bref, ce n'est pas
pour rien, là, on va faire un deuxième projet avec eux, le tramway de Québec,
puis, tu sais, ça fonctionne bien, je l'ai dit souvent.
M.
Grandmont : Vous parlez d'agilité. J'imagine que la... le mode
d'approvisionnement aussi peut jouer en faveur de ça, dans le fond. Donc, le
PL 62, là, qui est... on a voté pour aujourd'hui, là... en fait, on a voté
pour... le gouvernement a voté pour...
Mme
Guilbault : On l'a adopté, oui.
M.
Grandmont : ...on l'a adopté, effectivement, «on» étant le
gouvernement. Donc, ça aussi, ça va donner des
coudées franches, j'imagine, pour Mobilité Infra Québec, puis avoir l'agilité
nécessaire pour être capable de livrer plus rapidement des projets
transport complexes.
Mme
Guilbault : Oui, oui, tout à fait. Mais
vous avez voté contre, vous?
M.
Grandmont : Oui, oui, absolument.
M. Derraji : Nous
aussi.
Mme
Guilbault : Eh bien!
M. Derraji : Ce
n'est pas grave, vous avez...
Mme
Guilbault : Bien, je sais qu'il y a de
plus en plus de ressemblances entre vous deux, mais de là à s'opposer à une
réforme des modes contractuels, des modes d'approvisionnement de l'État pour
être plus efficaces dans les infras, c'est quand même surprenant.
M. Derraji : Je
peux, Mme la Présidente?
La Présidente (Mme Maccarone) : Un
instant, monsieur...
M. Grandmont : Bien,
moi, je n'ai pas terminé, mais je comprends qu'ils peuvent... qu'il puisse
sentir qu'elle m'a adressé une insulte, donc je le laisserais répondre.
La Présidente (Mme
Maccarone) : M. le député de Nelligan.
Mme
Guilbault : Bien là, une insulte... C'est
vous qui l'interprétez comme ça. J'ai juste dit que vous vous ressemblez, là.
La Présidente (Mme
Maccarone) : Juste un instant...
M. Derraji :
Non, non, Québec solidaire n'a pas...
La Présidente (Mme
Maccarone) : Merci, M. le député. M. le député de Nelligan.
M. Derraji : Québec solidaire est un parti qui n'a pas besoin
d'un autre parti pour exister, comme le Parti libéral n'a pas besoin
d'un autre parti pour exister.
Mais je vais revenir
sur les contrats, parce que je vais juste faire rappeler à Mme la ministre
qu'elle, sur toutes les tribunes, disait qu'elle avait besoin de ce projet de
loi, et je tiens à lui rappeler que son collègue n'avait aucune motion... mention du transport collectif
dans son projet de loi pour les contrats collaboratifs. Donc, il y a zéro.
Donc, au début, elle nous disait qu'elle
avait besoin de ce projet de loi, mais je tiens à rappeler que, dans ce projet
de loi, il n'y a aucune mention du transport collectif. Donc, même s'il
veut et souhaite faire du contrat collaboratif, il a dit qu'on doit vous
parler. Lui, il n'est pas concerné. Et j'ai siégé dans ce projet de loi et,
dans le projet de loi actuel, je ne vois
nulle part les contrats collaboratifs, à moins si des amendements vont arriver.
D'ailleurs, on ne les a pas reçus encore, Mme la Présidente, mais ça,
c'est un autre débat sur un autre projet de loi.
Ce qui m'intéresse
dans... si mon collègue le permet, parce qu'il a posé de très, très bonnes
questions... Je ne vais pas revenir sur
l'agilité. La ministre parle beaucoup d'expertise, et là c'est son idée,
l'agence, ça va être son legs, créer une nouvelle structure. Donc, elle
doit assumer le fait qu'elle va créer une nouvelle structure dans un contexte
de contraintes budgétaires. Quand elle parle d'expertise, de quelle expertise
elle parle?
Une voix : ...
M. Derraji : Ce
n'est pas grave, je peux vous... je peux répéter la question. C'est très
sérieux, l'étude détaillée. Vous parlez d'expertise. De quelle expertise?
Combien vous l'évaluez? Vous n'avez pas arrêté de dire sur la place publique
qu'on veut regrouper l'expertise, c'est ce qu'on veut. Parce que le constat que
Mme la ministre a fait, c'est que, si on n'a pas la Caisse de dépôt, on ne va
pas réaliser des projets. Il y a une contradiction, parce que Mme la ministre s'apprête
à signer avec la Caisse de dépôt pour le tramway de Québec. Donc là, on signe
avec CDPQ Infra pour le tramway de Québec. Ils livrent déjà le REM à Montréal.
L'expertise, pouvez-vous l'évaluer? Quelle expertise vous cherchez? Demain,
conditions idéales, vous voulez lancer l'agence avec votre «top gun». Je
suppose que vous allez appeler, comme votre collègue, «top gun» aussi la
personne que vous cherchez à la tête du MIQ.
C'est votre droit si vous ne voulez pas, mais je trouvais... je trouvais, ça
frappait l'imaginaire. On cherche quelqu'un à la tête de l'agence, mais
quelle expertise?
Mme
Guilbault : Bien, quelle expertise... Il
va y avoir différentes sortes de professionnels pour pouvoir travailler sur ces
projets-là. Évidemment, il va y avoir des ingénieurs, il va y avoir des
architectes, des évaluateurs agréés, des gens... des professionnels juridiques,
des juristes, là, avocats ou notaires, il va y avoir du personnel de soutien, il va y avoir des techniciens, il va y
avoir des équipes. Puis, encore là, c'est important de comprendre que, quand
on va engager le ou la PDG, elle va engager... Bon, c'est ça, on me donne des
exemples qui sont à peu près ce que je viens
de dire, là, directeur de projet... Mais, de toute façon, c'est ça, c'est que
le PDG ou la PDG va... va faire ses embauches.
M. Derraji : ...donc,
ces gens...
Mme Guilbault : Et ce sera la personne la plus compétente pour faire cet emploi-là,
donc, qui saura de quelle composition devraient être les équipes pour
être les plus efficaces possible.
M. Derraji : Ces
gens n'existent pas présentement au ministère.
Mme
Guilbault : Bien, il y a des ingénieurs au
ministère, il y a des évaluateurs au ministère. On en a eu, des évaluateurs,
sur notre projet de loi sur l'expropriation. Mais ces gens-là, actuellement, ne
travaillent pas sur des projets de transport collectif complexes. On l'a dit,
on l'a dit souvent, là, les seuls qui se font en ce moment, c'est le REM, c'est la caisse et le prolongement de la
ligne bleue, que la CAQ a enfin porté en réalisation, et c'est la STM qui le
fait. Donc, au ministère des Transports et de la Mobilité durable, on participe
à des bureaux de projets, on a une participation parce qu'on finance des
bureaux de projets, et tout ça, mais on n'est... on n'est jamais maître
d'ouvrage ou maître d'oeuvre de projets de transport collectif d'envergure au
ministère des Transports actuellement.
M. Derraji : OK.
Donc, si j'ai bien compris... Je me rappelle très bien de la Société de
transport de l'Outaouais, qu'elle a dit... Elle ne voulait rien savoir de votre
agence. Eux, ils ont un bureau de projet. Vous, vous dites : Moi, je veux
aller chercher l'expertise, même au privé, parce que je veux offrir des
conditions salariales, des conditions dignes d'une société d'État. Et vous
allez chercher l'ensemble des bureaux de projets... à centraliser les bureaux
de projets.
Mme
Guilbault : Bien, centraliser... C'est parce qu'il faut voir,
là. Chacun a une situation qui est particulière. Actuellement, on est en
train de travailler, effectivement, sur la lettre mandat de la Caisse de dépôt
pour pouvoir franchir cette étape-là en vertu de l'entente-cadre avec la CDPQ
Infra, avec laquelle, peut-être, mon collègue est familier étant donné que
c'est le Parti libéral qui l'a fait à l'époque, en 2015. Donc, on est en train
de franchir les différentes étapes et de prévoir aussi que, dans la mesure où
Mobilité Infra Québec va arriver éventuellement, sous réserve de l'adoption de
la loi... de prévoir l'éventuelle gouvernance, là, parce qu'il va falloir
intégrer tout ça.
Actuellement, il y a mon ministère, il y a la
ville et il y a la CDPQ Infra, mais, quand Mobilité Infra Québec va être mise
sur pied, on va trouver une façon d'assurer une nouvelle gouvernance par
rapport à ça. Donc, ça, c'est la... Donc, quand on dit «centraliser», on va...
on est déjà en train d'anticiper le fait qu'il faudra prévoir une structure de
gouvernance à trois ou à quatre, là, selon si on laisse le ministère là-dedans.
Bref... Et il y a... il y a un article, dans le projet de loi n° 80, je
pense, ou... Enfin, on dit que les projets qui sont déjà en réalisation ou, en
tout cas, qui sont... qui sont déjà en cours pourront continuer de l'être. Il
faut juste... Je n'ai pas l'article sous les yeux. C'est lequel?
Une voix : ...
Mme Guilbault : 61. Donc, c'est ça, en vertu... en... l'article 61, si
mes collègues veulent voir, là, mais... Donc, selon certains critères, il y a
des projets qui pourront continuer d'être gérés. Mais, tu sais, évidemment, ça
prend un certain degré d'avancement.
Mais il y a actuellement des projets en
gestation ou même pas encore au stade de la gestation, là, même pas encore de
fécondation nécessairement, là, donc... mais il y a une volonté de se
reproduire, si on veut, alors... et là on n'a
pas de porteur, on n'a pas de porteur. L'est de Montréal, l'est de Montréal,
oui, le prolongement de la ligne bleue, c'est extraordinaire, mais ça prend plus que ça. Ça prend pour
Lanaudière aussi. Donc, on n'a pas de porteur. Sherbrooke nous parle
que... Puis là, je leur ai dit, on s'en vient avec quelque chose. Donc, on va
le travailler ensemble. L'Outaouais, on en a
parlé, bon, possiblement qu'eux vont être... S'ils veulent continuer de faire
leurs projets eux-mêmes en vertu des articles de mon projet de loi, ce
sera ça, mais, si, éventuellement, ils décident de se joindre...
• (16 heures) •
C'est qu'on aura une expertise nationale où on
n'aura plus besoin de multiplier les structures. Parce que je pourrais... Je ne
les ai pas sous la main puis je ne veux pas y aller de mémoire parce que
c'est... c'est trop précis, mais l'argent qu'on investit dans les divers
bureaux de projets, ça, ce serait une donnée intéressante, là, qu'il faudrait sortir, parce que cet argent-là, en ce moment...
On en met, de l'argent dans des bureaux de projets pour des ressources
qu'on finance à temps plein sur chacun des projets, puis on se prive de la mise
en commun de ces ressources-là qui pourraient faire plus qu'une chose à la
fois, tu sais.
M. Derraji : Oui, là, c'est
intéressant. Donc là, on crée l'agence pour une économie d'argent dépensé dans
les bureaux de projets.
Mme Guilbault : Bien, je ne dis pas nécessairement qu'au net c'est une
économie. Ce que je veux dire, c'est qu'en ce moment le gouvernement finance
des bureaux de projets qu'il ne gère pas directement, mais qu'il finance. Il ne
gère pas les projets directement, mais paie la grande majorité des projets,
puis, on le sait, avec le gouvernement fédéral, en plus, qui a tendance à se
désengager.
Donc, la logique de ça... Tu sais, mettons que
tu es une entreprise, là, ou tu es une personne et tu finances toutes sortes
d'instances dont les décisions de gestion ne sont pas prises par toi, dont la
gestion, la réalisation des projets ne sont pas faites par toi, mais c'est toi
qui paies, il y a quelque chose de logique à dire : Je vais récupérer,
puis centraliser ça chez moi, puis rapatrier ça chez moi, et je vais le gérer
une fois pour toutes, parce qu'en plus, à la différence de chacune des
municipalités ou des sociétés de transport, j'ai une vision nationale de mes
affaires, ça fait que je suis capable d'avoir une planification, une séquence
et de planifier aussi, évidemment, les investissements en conséquence.
M. Derraji : Oui. Vous avez dit un
mot, et, probablement, c'est là où, probablement, je suis d'accord avec vous.
On parle d'une nouvelle centralisation. Ça, on est d'accord. Parce que c'est ce
que je vois. Mais n'avez-vous pas une crainte... Vous avez dit quelque chose
d'intéressant. Dans un des articles, je pense, 82, je ne veux pas me tromper,
mais probablement 82... Hein?
Une voix : ...
M. Derraji : ...ou 62?
Mme Guilbault : Oui, dans ce coin-là...
M. Derraji : Là,
genre, ceux qui ont des... ceux qui ont déjà des projets, vous leur donnez le
droit, ils peuvent rester.
Des voix : ...
M. Derraji : C'est 62 ou 82?
Mme Guilbault : Bien, c'est 60, 61. Je vais aller voir.
M. Derraji : Oui, mais ce n'est pas
grave. On fera les vérifications. Là, vous dites que ceux qui n'ont pas de
bureau de projet, qui n'ont pas commencé ni initié, ça, ils vont être sous
notre responsabilité.
Bien, je vais faire juste la genèse des projets
qui existent. Montréal, il y a déjà la Caisse de dépôt. Vous êtes sur le point
de signer avec la Caisse de dépôt à Québec, à moins que vous prépariez un deux
coups, un premier coup, court terme, dire que ça va bien avec le tramway, je
signe l'entente avec la Caisse de dépôt, et, une fois, l'agence, elle est
prête, bingo! on revient à l'agence. C'est une hypothèse, mais je ne suis pas
dans vos discussions par rapport à la suite.
Mais ce qui est très inquiétant... Vous savez
pertinemment aujourd'hui que le MIQ ne fera rien avec l'Outaouais, parce qu'ils
vous ont dit que nous, on n'est pas intéressés. D'ailleurs, vous leur donnez le
droit. Donc, on vient d'exclure l'Outaouais du MIQ. Donc, on va avoir...
Une voix : ...
M. Derraji : De l'agence.
L'Outaouais, la région de l'Outaouais.
Une voix : ...
M. Derraji : Oui. Désolé si je l'ai
mal prononcé. L'Outaouais. C'est la région de l'Outaouais. Donc, ils ne seront
pas dans l'agence. Ce que vous dites, c'est que l'agence va être responsable
des endroits où il n'y a pas de bureau de projet, mais ils ont des demandes,
genre Lanaudière ou Sherbrooke. Est-ce que j'ai bien résumé?
Mme Guilbault : C'est des exemples que j'ai donnés, mais il y a aussi la
Rive-Sud de Montréal qui veut un projet. Et, même le tramway de Québec, la
phase I, on s'est engagés à faire la phase I actuellement, puis là on
va la faire dans une structure de
gouvernance partagée avec la caisse, mais il y aura d'autres phases,
éventuellement, au tramway.
M. Derraji : OK. Donc, ce que vous
dites : Je suis obligée de lancer quelque chose avec la phase I, je
fais ça avec la caisse, je vais lancer
l'agence, l'agence récupérera le tramway de Québec, probablement phase II
ou phase III, si on se rend à la phase II, phase III.
Mais les villes qui ont déjà des bureaux de projets... Et ça marche, parce que
même le PSE... PSE, c'est très avancé avec l'ARTM. L'ARTM vous a proposé un
plan chiffré avec des options. Donc, eux,
qu'est-ce qu'on va leur dire? Non, on s'en occupe, on le rapatrie à l'agence
parce qu'on veut le gérer à l'agence? Mais
eux, ils ont les experts. Leurs bureaux fonctionnent. Ils étaient capables,
même, d'offrir une carte avec des options. Parce que j'essaie juste de
comprendre.
Demain, votre
idée de départ, vous voulez rassembler les experts. Ça veut dire qu'on veut
faire une économie. Je vous entends quand vous dites... Et j'espère
qu'on va... parce que je formule la demande, j'espère qu'on va nous sortir le chiffre des bureaux de projets, parce
que c'est une bonne donnée. Mais vous êtes incapable de dire à Gatineau demain : Non, moi, je ne
finance plus votre bureau de projet, je rapatrie ça. Parce qu'ils vous ont dit
non, ils ne sont pas intéressés, mais, même dans la loi, vous leur donnez le
droit de continuer leurs projets. Eux, vous ne pouvez rien faire à Gatineau.
Ils peuvent continuer à fonctionner.
Montréal, il y a déjà un projet sur les rails.
Quand je rajoute l'ARTM pour le plan structurant de l'Est, ils ont déjà un
projet. Donc, on va créer une agence pour quelques projets, Lanaudière,
probablement, la Rive-Sud et Sherbrooke. Est-ce que j'ai oublié une autre
ville?
Mme
Guilbault : Mais je pense que le
député de Nelligan sous-estime hautement la complexité de ces
projets-là, et ne serait-ce que de développer une vision nationale ou
même... ou même métropolitaine, parce que ce dont...
Premièrement, l'ARTM n'a pas dans son mandat de
réaliser des projets. Ça fait que ça, tout de suite en partant, je l'invite à
aller voir la Loi sur l'ARTM, qui, elle aussi, a été faite par les libéraux,
d'ailleurs. Alors, déjà en partant, là. Donc, ce qu'ils font, oui, ils ont fait
un rapport, ils ont fait un... Je ne pense même pas qu'on est au stade de
l'avant-projet préliminaire. On est avant ça, là. Alors, on est loin de la
réalisation.
Donc, oui, on peut continuer de progresser puis
on peut refaire un rapport, puis pousser un peu plus loin la planification,
puis raffiner les scénarios, puis tout ça, puis on le fait. On parle
beaucoup... on a beaucoup parlé... Puis d'ailleurs
il y a eu différentes versions, parce qu'on a parlé beaucoup aux élus de la
couronne nord. On a parlé, tu sais, bon, évidemment, à la ville, à l'est
de Montréal, etc.
Mais le problème, là, puis la raison pour
laquelle... Tu sais, moi, j'ai beaucoup de travail dans la vie. J'aurais autre
chose à faire que de m'asseoir en commission parlementaire. La raison pour
laquelle je fais ça, c'est qu'on est dans un cul-de-sac, en ce moment, où il y
a tellement d'appétit pour le transport collectif au Québec qu'il faut se
donner les moyens que le gouvernement du Québec... Tu sais, là, c'est la CAQ
qui est là, mais, un jour peut-être, ce ne sera plus la
CAQ. On ne sait pas, tu sais. Peu importe c'est qui, le gouvernement du Québec,
je pense que c'est normal, ils le font en Ontario, ils le font en Colombie-Britannique,
pourquoi, au Québec, on n'aurait pas cette capacité-là à l'échelle
gouvernementale, à l'échelle nationale? Pourquoi on dépendrait d'une filiale de
la Caisse de dépôt, d'un bureau de projet... des bureaux de projets éparpillés?
Je pense que le
Québec mérite, au même titre que les autres endroits du Canada, disons, qui
sont les plus intéressés par le transport collectif, en l'occurrence la Colombie-Britannique
et l'Ontario, mérite d'avoir cette capacité-là aussi. Et, quand on va enfin
avoir créé cette première équipe là, cette équipe-là, je l'ai dit, le premier
mandat, moi, que je vois, c'est l'est de Montréal. Puis, je dois dire, là, je
fais une parenthèse, je suis très, très étonnée du peu d'intérêt de mon
collègue pour un projet dans l'est de Montréal, parce qu'il y a des collègues
libéraux dans l'est de Montréal. Alors...
M. Derraji : Mme
la Présidente, elle me prête des intentions, s'il vous plaît. Je n'ai pas
parlé. Je la limite à rester sur le fond. Si elle veut que je parle de l'est,
je vais parler de long et en large, là. Je n'ai aucun problème.
Mme
Guilbault : Bien, on pourrait, oui.
M. Derraji : Le
PSE, je le connais probablement par coeur, aucun problème.
La Présidente (Mme
Maccarone) : Oui, c'est parfait, M. le député.
M. Derraji : Vous
avez reçu l'offre. Qu'avez-vous fait depuis que vous avez reçu l'offre de
l'ARTM?
La Présidente (Mme
Maccarone) : Merci. C'est beau, je vous ai entendu.
M. Derraji : Pas
de problème.
La Présidente (Mme
Maccarone) : C'est vrai, on doit faire attention aux intentions, s'il
vous plaît, Mme la ministre.
Mme
Guilbault : En tout cas, nous, de notre
côté, on a beaucoup d'empressement, Mme la Présidente, à trouver un porteur de projet
pour réaliser un projet dans l'est de Montréal. Et, même si on prend juste le
projet de l'est de Montréal, on ne va pas, du jour au lendemain, être capables
de faire un projet de cette envergure-là, qui couvre l'est de l'île jusqu'à la Pointe-aux-Trembles,
et ensuite de ça qui va se ramifier au nord. On ne va pas être capables de
réaliser ça du jour au lendemain. Alors, quand le collègue dit : On veut
faire une agence pour juste quelques projets, comme si... puis peut-être que
j'ai mal interprété, mais comme si c'était quelque chose de pas compliqué,
d'insuffisamment d'envergure ou de complexité pour créer une entité qui serait
capable de le réaliser... Mais, nous, notre postulat, Mme la Présidente, c'est
que cette expertise-là, en ce moment, n'existe pas. Elle existe en Ontario.
Elle existe en Colombie-Britannique.
La capacité d'une
nation et d'un territoire de se donner les moyens de réaliser du transport
collectif d'envergure est aussi d'avoir la
vision nationale, parce qu'un jour... C'est bien beau, là, il y a le REM dans
l'ouest, là, puis effectivement il va sur la Rive-Sud, à Brossard, il va
aller à Deux-Montagnes, mais ensuite de ça, un jour, on peut penser, après
nous... Nous, on ne sera pas élus ici éternellement, là. Après nous, il va y
avoir d'autres députés, il va y avoir d'autres gens, d'autres générations. Ils
vont vouloir, un jour, connecter tout ça puis avoir la grande toile de mobilité
durable dont j'ai souvent parlé. Puis c'est la même chose à Québec, là. On
commence à Québec, mais, un jour, je lisais
un article, on va atteindre 10,6 millions d'habitants en 2071 dans la grande
région, ici. Alors, ça va prendre plus que, même, ce qu'on est en train
de prévoir en ce moment, probablement. 2071, c'est dans longtemps.
• (16 h 10) •
Alors, ce que je veux
dire, Mme la Présidente, c'est que ça prend, un jour, un gouvernement qui a la
volonté et le courage, et qui met les efforts pour se donner cette capacité-là.
Ça va bien au-delà de nous. Ça va bien au-delà de moi, la députée de Louis-Hébert, et de nous tous ici, autour de la table. C'est
quelque chose qui va être pérenne et qui va donner au Québec les mêmes moyens
que d'autres territoires du Canada qui sont avancés en mobilité.
La Présidente (Mme
Maccarone) : Merci. M. le député de Taschereau.
M.
Grandmont : Bien, peut-être, je rebondirais... Avant de revenir à ce
qu'on discutait tout à l'heure, là, j'aurais tendance... En fait, je voudrais
vous poser la question, Mme la ministre : Pourquoi... pourquoi avoir
attendu six ans avant de créer cette agence-là si on est si empressés de
vouloir créer du transport collectif ou, en tout cas, les transports complexes?
Encore une fois, là, on est sur le transport routier puis sur le transport
collectif. On pourra en reparler plus... plus longuement un peu plus tard,
mais... quand on regardera le mandat, notamment, à l'article 4. Mais pourquoi avoir attendu aussi longtemps,
finalement, deux ans depuis que vous êtes ministre puis quatre ans avant,
finalement, à ne pas tant livrer que ça? Pourquoi avoir attendu six ans si
c'est si important que ça d'avoir une agence pour créer... pour reprendre le
contrôle de destinée de nos projets de transport complexes au Québec?
Mme
Guilbault : Bien, premièrement... C'est ça. Moi, j'aime
beaucoup, tu sais, parler de ma propre fougère. Moi, ma fougère, c'est
les transports depuis deux ans. Et, en deux ans, c'est mon troisième projet de
loi. Je tiens à le dire,
c'est une cadence quand même intéressante pour un ministre des Transports.
Puis, quand je suis arrivée, il fallait le faire, le projet de loi. Et
je prends à témoin mes équipes ici, en arrière, là, dont plusieurs qui ont
travaillé dessus. Ça a l'air simple comme ça, quand on arrive ici, puis qu'on
tourne les pages du cartable, puis qu'on en parle, mais c'est très, très, très
complexe. Puis une chance qu'on les a pour faire ça. Puis, je pense, vous le
savez, là. Puis ils vont probablement... On va avoir beaucoup de questions,
puis ils vont venir nous aider, nous répondre. Donc, juste élaborer la pièce législative... Ensuite de ça,
évidemment, il y a transmission, il y a les commentaires, la bonification, les modifications.
On parle aux... Tu sais, c'est long, faire ça, là.
Alors, en
partant de... Moi, j'ai été nommée le 20 octobre 2022. Je l'ai déposé, de
mémoire, le 8 décembre 2023, pratiquement un an, là. Alors, c'est
peu. C'est dire la volonté qu'on avait. Puis ça a été compliqué, je peux vous
le dire, puis on a réussi. Donc, ça
témoigne, je pense, hors de tout doute de la volonté qu'on a d'enfin régler cet
enjeu-là. Parce que j'ai dit : Il serait facile pour moi de ne pas
le faire, puis le prochain s'arrangera avec ça, puis ça va... on va, comme ça, tourner en rond d'un ministre à l'autre.
Alors, moi, je veux... Puis je suis certaine que les collègues des autres
partis partagent le souci... en tout cas, j'espère qu'ils partagent le souci de
donner à une nation comme le Québec les moyens
de prendre le contrôle du développement du transport collectif sur le
territoire, au-delà des différents bureaux de projets, puis de
l'éparpillement, puis du bon vouloir de l'un ou l'autre, là. Alors, ça, c'est
la première chose.
Puis sinon,
bien, sur les six ans, parce qu'il reste que je suis dans ce gouvernement-là,
moi aussi, depuis six ans, il faut quand même dire, il y a eu deux,
trois ans de pandémie. Je pense qu'il n'y a personne ici... Si on était arrivés
en pleine pandémie avec un projet de loi sur Mobilité Infra Québec, tout le
monde aurait ri de nous, puis avec raison, parce
que ce n'était pas le temps de s'occuper de ça. Donc, alors, c'est ça. Mais on
règle le problème. Et qui aurait cru que c'est la CAQ qui réglerait
enfin le problème du transport collectif? Tu sais, quand on regarde les
chiffres d'investissement, c'est la CAQ qui a le plus investi. Quand on regarde
le projet de loi que j'ai choisi de déposer, malgré tous les propos qu'on peut
tenir sur le transport collectif et la CAQ, il reste que c'est la CAQ qui en
aura fait le plus. Et, malgré l'absence de Mobilité Infra Québec, la pandémie
et compagnie, on est en train enfin de réaliser le prolongement de la ligne bleue actuellement. Malheureusement, les trois
stations ont fermé, on le sait, mais les cinq nouvelles stations qui
sont... De toute façon, on faisait une pelletée de terre, mais ça n'empêche pas
que le projet est en train de se faire. On a signé le contrat du tunnelier.
Donc, bref, quand même, on a été capables de porter en réalisation, malgré des
moyens limités, le prolongement de la ligne bleue qu'on attendait depuis près
de 40 ans, la dernière station ayant été inaugurée en 1988. Donc, le bilan
en transport collectif est assez intéressant.
Mais, au-delà de nous, au-delà que... je l'ai
dit, là, au-delà des députés qui sont ici, dans les prochaines législatures,
les prochaines générations, ce qu'on fait en ce moment avec Mobilité Infra
Québec, c'est vraiment de faire entrer le Québec dans une nouvelle ère où il va
devenir souverain en matière de développement du transport collectif.
M. Grandmont : Oui, oui, je suis
d'accord avec l'entièreté de la phrase, là, avec la virgule ou sans la virgule,
là, de toute façon. Je voulais savoir... Oui, c'est ça. En fait, je pense qu'au
fil des échanges qu'on a eus ensemble on a
compris, là, que le tramway de Québec pourrait démarrer éventuellement... quand
on aura des signatures puis des preuves de ce démarrage-là, mais
pourrait démarrer avant, donc, la constitution de cette agence Mobilité Infra
Québec. On a la ligne bleue. J'imagine que c'est... ce qui était prévu, là, à
l'horaire vendredi, là, c'était une pelletée de terre ou l'annonce, en tout
cas, du démarrage, comme, un peu plus officiel, là, des travaux, là. Est-ce
qu'on n'était pas en train de faire la démonstration, finalement, qu'on n'a pas
tant que ça besoin d'une agence pour faire du transport collectif si le tramway
peut se faire sans... sans Mobilité Infra Québec, puis si, la ligne bleue, on
peut le faire sans Mobilité Infra Québec, puis si, le REM, on a pu le faire
sans CDPQ Infra?
Mme Guilbault : Mais en fait, le REM, on l'a fait avec CDPQ Infra, mais...
M. Grandmont : Oui, oui, c'est ça,
exactement. Mais ma question, c'est... Dans le fond, je reviens sur la
lucidité, la nécessité d'avoir une agence. Le tramway, ce ne sera pas l'agence,
vraisemblablement. La ligne bleue, ce n'est pas l'agence non plus. Le REM,
c'est un autre mode qu'on a utilisé. Mais donc on est capables de produire du
transport collectif au Québec sans... À partir du moment où on décide qu'on s'y
met pour vrai, parce que c'est toujours ça, l'enjeu, c'est vrai que... Puis je
partage l'avis, là, de la ministre là-dessus, ça a tourné en rond pas mal. Puis
c'est vrai, là, la pandémie, c'est vrai que ça a été compliqué aussi, je
l'accorde, même si on aurait pu développer du transport collectif. Ça aurait pu
être un bon moment aussi pour activer les mécanismes, les leviers économiques
qu'on a au Québec aussi. Moi, je pense... En tout cas, a contrario de ce que
dit... de ce qu'a avancé la ministre, on aurait
pu faire des projets dans ce contexte-là, alors que, justement, tout était
arrêté, tout était inutilisé. On aurait pu partir des chantiers avec des bonnes
mesures de protection. Moi, je pense, au contraire, que c'était une bonne
occasion de repartir sur une nouvelle track.
Mais donc ma
question, dans le fond, c'est : Si on est... si on est capables de faire
la ligne bleue, le prolongement qu'on veut annoncer très prochainement, parce
que j'imagine qu'il y aura une nouvelle conférence de presse, si on...
le tramway peut se faire, à quoi ça sert de faire une agence si, finalement, on
est capables? Avec un peu de vouloir, les outils
qu'on a à l'intérieur du ministère des Transports et de la Mobilité durable, en
partenariat avec les municipalités, ça se fait, du transport collectif.
Pourquoi une agence?
Mme Guilbault : Bien, le collègue me donne les... trois exemples de
projets... bien, en fait, deux exemples de projets qui sont en train de se
faire en ce moment. Moi, je lui parle des autres projets qui ne sont pas en
train de se faire. C'est précisément ça, le point. La
STM, en ce moment, est occupée avec la ligne bleue et avec le prolongement du
SRB Pie-IX, et la caisse est sur le REM et sur la phase I du tramway.
Mais, je l'ai dit tout à l'heure, là, la phase I, nous, on s'est engagés sur la phase I, mais, le projet CITÉ,
certainement que mon collègue a lu le rapport que la caisse a déposé le 12 juin, il y a plusieurs phases
là-dedans. Donc, au-delà de la phase I du tramway, qui va jusqu'à Charlesbourg, éventuellement, fort probablement, ce tramway-là va être prolongé.
Est-ce que la caisse va vouloir le faire au complet? Tu sais, pour l'instant, on est sur la
phase I, là. Et la lettre mandat qu'on est en train de finaliser, ça va
être pour la phase I.
Mais donc tout ça
pour dire qu'il y a... il y a des endroits, en ce moment, qui attendent d'avoir
un projet. Et même les endroits qui sont actuellement capables d'en faire ne
peuvent pas tout faire. Et, la STM, qui fait la ligne bleue, la ville de Montréal, qui gère la STM, toutes deux sont venues en
commission nous dire que c'est une bonne chose de faire Mobilité Infra
Québec. La caisse, qui fait le REM et qui va faire la phase I du tramway,
est venue nous dire que c'est une bonne chose d'avoir Mobilité Infra Québec.
Et je reviens
toujours avec mon exemple du projet dans l'est de Montréal parce que, pour moi,
c'est un des exemples les plus probants d'un
projet qui est en... je ne dirais pas en suspens, parce que, comme je disais,
effectivement, l'ARTM est capable quand même de faire avancer certaines
phases d'avant-projet ou d'avant-avant-projet, mais, à un moment donné, on va
arriver au stade où il va falloir passer à autre chose, là, que juste de la
planification puis des rapports. Puis, si on veut avoir cette capacité-là... On
le sait, là, la genèse de ça, là. Au début, ça a été la caisse qui était dans
le REM. On l'appelait le REM de l'Est à l'époque. Et là ça a été compliqué,
parce que, bon, il y a eu toutes sortes... Moi, je n'étais pas ministre des
Transports dans ce temps-là, mais ça a été très compliqué. La caisse est sortie
de ça. Ça fait que, là, ça, là, ça a été l'expérience de la vraie vie. Parce
que la caisse a fait le REM dans l'ouest. Ça
a bien été, tout allait bien. Ça fait qu'on se dit : Bien, parfait, on va
leur demander de faire un REM dans l'est. Et là il y a eu des enjeux, et
là la caisse s'est retirée. Ça fait que, quand on s'est retrouvés :
Qu'est-ce qu'on fait avec ça?, on a envoyé ça à l'ARTM, mais on sait que l'ARTM
ne réalise pas de projets. Mais on ne voulait, tu sais, pas perdre de temps. Ça fait que, c'est parfait, l'ARTM a
fait un travail avec la ville de Montréal, avec mon ministère, avec la STM.
Mais là on se
retrouve, à un moment donné... On fait des rapports, on fait des rapports,
mais, un jour, il faut arriver à la réalisation, et on n'a pas de porteur pour
l'est en ce moment, même chose sur la Rive-Sud. Je ne sais pas s'il parle, des
fois, mon collègue, sûrement, à des gens de l'agglomération de Longueuil. Eux
aussi voulaient un projet. Et, au départ, c'est la caisse qui devait le faire.
Il y a eu des études, et tout ça, et là, finalement, la caisse a annoncé, là, il y a quelques semaines,
officiellement, qu'elle se retirait du projet de la Rive-Sud. Et moi, je
parlais avec la mairesse de Longueuil, qui est aussi présidente de
l'agglo, puis je lui disais : Tu sais... Parce qu'elle disait : Là,
qu'est-ce qu'on fait? La caisse s'en va. Je lui dis : Bien, moi, je
travaille sur quelque chose, tu sais, puis...
Ça va nous donner...
Ça va nous affranchir de cette dépendance-là qu'on avait à la caisse. Parce que
le premier projet qu'on a fait avec elle
quand on l'a créée, «on» étant le Parti
libéral à l'époque, en 2015, le
premier projet a bien fonctionné. Donc, on a comme reproduit la chose,
on a transposé ça. Tu sais, maintenant, si tu veux un projet, on va faire un
REM à telle place, un REM à telle autre place, on va reproduire ça partout.
Mais, premièrement, ça ne veut pas dire que le même REM est bon partout.
• (16 h 20) •
Puis, deuxièmement,
si la caisse ne peut pas ou ne veut pas le faire... Parce que, tu sais, la
caisse, là, des fois, on disait : Tu sais, eux autres, ils pensent juste
au rendement, puis tout ça. Bien, la caisse, il faut qu'elle génère du rendement.
Le mandat de la Caisse de dépôt, il est double : le rendement et le
développement du Québec. Ça fait qu'ils font des projets au Québec, ils aiment
ça faire des projets avec nous, au Québec, investir au Québec, mais, en même temps, il y a des considérations de
rentabilité, puis c'est normal. Nos fonds de retraite sont là. Moi, le jour où
la caisse dit : J'arrête de penser à la rentabilité, puis adviendra ce
qu'il adviendra des fonds de retraite, je peux vous dire qu'il va y
avoir un tollé tantôt, là, donc... et c'est normal.
Alors, je ne pense
pas que le destin du transport collectif au Québec doit systématiquement
dépendre de la Caisse de dépôt, parce que ce n'est pas réaliste, ce n'est pas
son mandat. Et elle-même dit que c'est une bonne chose de se créer nos propres moyens, tout comme la STM, qui pourtant est
capable d'en faire, mais ne peut pas tout faire, tout comme la ville de
Montréal, tout comme la ville de Laval, le maire de Laval, très, très
enthousiaste, qui est venu dire que c'est une bonne idée, parce que lui aussi
voudrait des projets. Puis, bon, là-bas aussi, là, il y a des projets dont on parle depuis longtemps qui ne se sont pas faits
encore. Donc, toutes les municipalités qui sont... Puis c'est des grandes
municipalités qui sont venues, la ville de
Québec, la même chose, les grandes municipalités qui sont venues en commission
nous dire que c'est une bonne chose.
Les sociétés de
transport sont venues en commission nous dire que c'est une bonne chose.
Alors... Mais... Puis c'est eux, les... eux, elles... les sociétés de transport
et les villes, donc, elles, les premières qui auraient pu dire : Bien non,
attendez, là. Oui, il y a eu le cas de l'Outaouais, mais sinon c'est elles, les
premières qui auraient pu dire : Attendez, là, non, non, nous autres, on
veut... Non, parce qu'elles comprennent qu'on est à un carrefour où on n'est
pas suffisamment bien nantis en termes de moyens, puis de capacité, puis de
planification, puis de vision nationale du transport collectif.
M. Grandmont :
Vous revenez souvent sur le fait... Ah! bien, d'abord, dire... Juste sur la
CDPQ Infra, là, moi, je suis... je partage beaucoup de vos points de vue
là-dessus, hein? C'est vrai qu'un modèle d'affaires ne peut pas être répliqué partout, là, évidemment, on
s'entend, là. La... Il y a un bon mode pour chaque... pour chaque endroit,
en fait, pour chaque type d'utilisation du transport collectif qu'on va faire.
Évidemment, l'insertion n'est pas si évidente que ça, là. Pour un REM, c'est
sur... c'est sur des viaducs, en fait, c'est surélevé. Ça peut avoir des
impacts. Je ne verrais pas ça débarquer...
je ne verrais pas ça débarquer au centre-ville de Québec, par exemple, là. Tu
sais, c'est un exemple où ça aurait peut-être un peu plus de difficulté
à bien s'harmoniser.
Puis évidemment, bien, la
notion de rendement vient un peu changer la donne, l'organisation des revenus,
la répartition des... la charge aussi, là, de ce projet de transport collectif
là. Puis c'est un peu contre-intuitif de penser que des projets où on opère un
système de transport collectif va générer des revenus. Vous le savez bien,
toutes les sociétés de transport ne génèrent pas des revenus. On a besoin
d'injecter des fonds publics dans les projets de transport collectif, dans les
opérations. On a besoin de le faire, comme pour les routes aussi. On a besoin
de le faire pour les écoles, on a besoin de le faire pour les hôpitaux. Il n'y
a aucune de ces infrastructures-là qui génère des profits. C'est des services
publics qu'on va se donner. Donc, ça, je pense qu'on se rejoint là-dessus.
Vous revenez souvent... c'est ça, et c'est là où
je voulais aller, là, vous revenez souvent sur le fait qu'il y a plusieurs des
groupes qu'on a entendus pendant les audiences particulières qui disaient
qu'ils étaient en accord avec la création de Mobilité Infra Québec. Je ne sais
pas si vous avez eu la chance ou la malchance, je ne sais pas comment il faut
le prendre, de m'entendre dans mes... dans mes... lors de mon vote sur le
principe, mais j'ai bien insisté sur le fait que la plupart des intervenants
qui sont venus, oui, ont manifesté un certain appui à la création, à l'idée
d'avoir une agence qui créerait, qui accélérerait la création de projets de
transport collectif. Le transport routier, on n'a pas eu trop, trop tout le
temps leur avis là-dessus ou leur appui là-dessus, mais, la plupart du temps,
ça venait avec des grosses conditions. C'était souvent des oui mais. Il y en
avait plusieurs.
Je veux juste vérifier avec vous que vous
avez... Puis j'en... Je ne vous en ferai pas la lecture ici, là, mais, dans mon
allocution, dans le vote sur le principe, j'ai bien listé plusieurs des
éléments qui étaient des conditions à l'appui de l'ensemble de ces groupes-là.
Donc, j'espère que vous en avez, tout comme moi, pris note, évidemment, là,
pendant les audiences particulières.
J'aimerais revenir sur la première conversation
qu'on a eue, là, avant que je passe la parole tout à l'heure à mon collègue
de... le collègue député de Nelligan. Vous avez parlé d'agilité. Je vous
demandais : Est-ce que, dans le fond, le projet de loi n° 62,
sur lequel on a eu... on a participé à l'adoption aujourd'hui, allait aider
Mobilité Infra Québec à réaliser son mandat puis lui donner l'agilité? Le
projet de loi n° 62 est aussi valide pour le
ministère des Transports et de la Mobilité durable, que je sache. Alors, est-ce
que... Encore une fois, je reviens avec ma question : Si on donne les
pouvoirs qui sont inclus dans le PL n° 62 au
ministère des Transports et de la Mobilité durable, en quoi l'agence Mobilité
Infra Québec est nécessaire?
Mme Guilbault : Vous m'excuserez, j'ai une... un enjeu logistique. Mais
c'est correct, allez-y.
M. Grandmont : Voulez-vous que
je répète la question?
Mme Guilbault : Oui, s'il vous plaît.
M. Grandmont : Oui? OK. Ce que
je disais, c'est que, dans le... Dans le fond, je vous ai demandé tantôt si
l'agilité de Mobilité Infra Québec était, en quelque part, supportée par le
projet de loi n° 62. Vous m'avez répondu oui. Alors,
moi, je vous fais valoir que le projet de loi n° 62 s'applique
aussi au ministère des Transports et de la Mobilité durable. Donc, le ministère
des... le MTMD pourrait aussi développer des projets de transport complexes et
profiter de ce qui est dans le PL n° 62... dans le PL
n° 62 pour réaliser des projets de transport complexes.
Donc, je reviens à ma question : Sachant que le ministère aussi a ces
pouvoirs-là, en quoi ça vaut la peine... en quoi, dans le fond, c'est un argument de dire que ça donne de
l'agilité à Mobilité Infra Québec puis ça va être une valeur ajoutée? Et,
dans le fond, est-ce qu'on n'aurait pas pu faire ces projets complexes là à
l'intérieur même d'une équipe constituée au sein du ministère?
Mme
Guilbault : Oui. Non, mais ça, j'ai déjà répondu puis je l'ai
dit souvent en commission, en consultations. On a parlé... J'ai parlé
souvent du projet de loi n° 62, premièrement, comme
étant nécessaire, pas juste pour mon projet de loi n° 61,
dans l'ensemble de nos projets d'infrastructure. C'était ça, le propos du
projet de loi n° 62. Ça s'applique à tous les projets
d'infrastructure, à tous mes projets majeurs au ministère, puis j'en ai
beaucoup dans le routier. Ça fait que, oui, effectivement, ils vont bénéficier
de ça, mais ça ne... ça ne règle pas la question du manque d'expertise puis ça
ne règle pas tout ce que j'ai parlé tout à l'heure en termes de culture, de...
d'attractivité. Tu sais, ce n'est pas...
c'est... On reste quand même dans la fonction publique. Ça fait que, oui, on
gagne en agilité puis on gagne... On gagne surtout en marge de manoeuvre
pour les fameux contrats collaboratifs, là, dont on a entendu parler,
notamment, par Pomerleau, puis l'association des grands constructeurs, je
pense, qui est venue aussi, puis d'autres qui
nous en ont parlé. Alors, oui, mais on revient à la discussion qu'on a eue dans
les premières questions du député, là, auxquelles j'ai déjà répondu.
M.
Grandmont : Donc, je n'ai pas plus d'arguments qui nous
démontrent, finalement, en tout cas, sous l'angle du PL n° 62,
que Mobilité Infra Québec est plus... est absolument nécessaire.
Peut-être... peut-être reposer une question,
revenir sur la question de la culture, là. Qu'est-ce qui fait... C'est quoi, le problème de la culture au ministère des
Transports et de la Mobilité durable? Qu'est-ce qui... qu'est-ce qui fait
problème dans la culture, au MTMD, qui empêche ce ministère-là de réaliser des
projets de transport complexes?
Mme Guilbault : Non, mais il y a... Je n'ai pas dit qu'il y a un problème
avec la culture. J'ai dit qu'on veut une
culture organisationnelle différente, donc, créer une nouvelle équipe dans une
culture organisationnelle différente de ce qui se fait dans la fonction
publique. Si on crée ça dans le ministère, ça va être la même chose que tout ce
qu'il y a déjà dans le ministère et dans les autres
ministères. Or... Puis on fait un peu le... Bon, je ne vais peut-être pas
m'aventurer dans des parallèles avec avec la santé, parce que c'est sa fougère,
puis je ne veux pas m'en mêler, mais moi, j'aime beaucoup qu'on se compare à,
justement, la culture de la Caisse de dépôt, qui est une équipe agile,
mobile... pas mobile, mais, tu sais... Comment je pourrais dire? Tu sais, par
exemple, là, eux, là, ils sont capables d'ajuster leurs équipes au besoin, là.
Tu sais, je veux dire, dans la fonction publique, ça ne fonctionne pas comme
ça, là. Tu ne peux pas... Juste dans la gestion des ressources humaines, c'est
très différent. Dans l'attractivité, je l'ai dit, oui, le salaire, mais, tu
sais, l'ensemble de... Aller travailler dans une agence hors fonction publique,
ce n'est pas pareil comme aller travailler dans la fonction publique. Je l'ai
dit tout à l'heure, il y a peut-être... il y a probablement des gens, en ce
moment, qui ne travaillent pas chez nous parce que, pour diverses raisons, ça
ne les intéresse pas, notamment des gens... ou peut-être qu'ils pensent qu'ils
n'ont pas... ils n'ont pas nécessairement leur place parce qu'en ce moment eux
travaillent sur du transport collectif, mais qu'ils pourraient être attirés par
une nouvelle équipe qui se concentre exclusivement là-dessus, tu sais.
Puis... Parce que, si on prend l'exemple de la Caisse
de dépôt, toujours sur le REM, il y a beaucoup de gens qui venaient de
l'extérieur pour travailler sur le REM, parce que, même au Québec, on n'avait
pas suffisamment de ressources. Donc, c'est un peu le même principe, devenir
une espèce de pôle d'attraction des meilleures ressources. Puis actuellement il
y en a déjà certainement au Québec, là, peut-être dans les différents bureaux de
projets, dans les firmes, comme je l'ai dit.
Il y en a sûrement ailleurs aussi. Alors, c'est ça, exactement. Puis je répète,
puis j'insiste, là, en Ontario et en Colombie-Britannique, on a ça
aussi, puis ce n'est pas pour rien qu'ils ont fait ça. Ça ne se peut pas que
l'Ontario, la Colombie-Britannique, les deux, aient eu la mauvaise idée de se
doter de ce type d'équipe là, là. Alors, je pense que le Québec est rendu là.
• (16 h 30) •
Moi, je le sais, j'ai des FPT depuis deux ans,
du transport, le fédéral, provincial, territorial, puis je me tiens beaucoup avec les autres ministres du Transport,
évidemment, puis le ministre fédéral, puis... Puis c'est ça. Puis, tu sais,
on le voit, là, les endroits les plus
intéressés puis préoccupés par le transport collectif, c'est vraiment la
Colombie-Britannique puis l'Ontario. Puis ça se comprend aussi, la
densité, puis tout ça, l'organisation de la société et... Et c'est ça. Alors...
Puis nous, on en fait partie. Tu sais, souvent, on se parle, les trois
ensemble, puis on revendique des fonds, parce qu'eux comme moi sont conscients
que ça n'a pas de bon sens que l'EBI ait fini en 2023 puis que le prochain
programme soit en 2026, ça fait que tous les trois, on est d'accord là-dessus,
puis qu'ils ne paient plus de routes, etc. Mais,
en tout cas, on reviendra là-dessus, je suis certaine. Donc, tout ça pour dire
qu'on est trois à être très soucieux puis intéressés par le transport collectif à l'échelle nationale de chacune
nos nations, mais les deux autres sont plus avancées que nous parce
qu'ils ont cette instance-là, et nous, on ne l'a pas. Alors, je pense qu'il est
temps qu'on l'ait aussi.
M. Grandmont : Vous... vous
mentionnez souvent, là, que... Puis on peut même remonter à vos différentes
entrevues que vous avez données, là, juste avant l'été. Vous parliez de
reprendre en main la destinée du transport collectif. On va en parler plus
tard, mais, quand même, je ne peux pas m'empêcher de... Parce qu'on parle de la
culture. C'est quand même, je ne peux pas
m'empêcher de... Parce qu'on parle de la culture. C'est quand même intéressant
comme angle. Vous dites : Peut-être qu'on va réussir à attirer des gens
qui ont vraiment envie de développer du transport
collectif dans une équipe spécialisée puis qui va... qui va... tu sais, qui va
travailler pour déployer ça partout au Québec. Je peux... je peux,
évidemment, le... tu sais, approuver sur... Effectivement, c'est le genre
d'environnement dans lequel je connais
beaucoup de gens qui aimeraient travailler, là. Je pourrai vous envoyer des CV
si jamais. Mais... mais en fait Mobilité Infra Québec ne fera... peut ne
pas faire que du transport collectif, là. Je veux dire, c'est quand même assez
écrit noir sur blanc dans le projet de loi. Je ne me trompe pas, là.
Mme Guilbault : Oui. C'est des projets de transport complexes.
M. Grandmont : Complexes. Donc, ce
n'est pas juste du transport collectif.
Mme Guilbault : Bien, à l'origine, pour... le besoin de base, c'est ça.
Mais, comme je l'ai déjà expliqué un jour dans un... à un micro quelconque,
je... Puis c'est un peu le même esprit que le projet de loi n° 48
qu'on a fait, le dernier projet de loi qu'on a fait ensemble. Quand on voulait
nous cantonner dans des formulations trop précises ou des choix de technologie,
des caméras d'autobus, et moi, j'essayais de faire comprendre... c'était le
Parti libéral à l'époque, BusPatrouille, et tout ça, j'essayais de leur
expliquer qu'on n'a pas avantage, dans une loi, à se cantonner ou à se
restreindre dans une mission ou dans un libellé quelconque dans un article de
projet de loi, parce que ce qu'on veut, c'est donner la marge de manoeuvre à...
au gouvernement ou, tu sais, à celui qui va utiliser cette loi-là. Ce qu'on
veut, comme législateurs, c'est que le gouvernement du Québec, peu importe
c'est qui, le parti politique qui le forme, dispose de suffisamment de marge de
manoeuvre pour pouvoir être agile, pour pouvoir bouger, pour pouvoir essayer
des choses sans, à chaque fois, revenir en commission parlementaire remodifier
la loi. Donc... Puis, tu sais, quand on fait
des règlements en parallèle, c'est le même principe. Il faut quand même donner
au gouvernement du Québec les moyens de gérer sa fougère. Je reviens
toujours à ça, mais, pour gérer ta fougère, il faut que tu puisses avoir une
certaine marge de manoeuvre. Donc, moi, je ne vois pas l'intérêt, parce que,
j'imagine, ça va venir dans un autre article.
D'ailleurs, là, on est à l'article 1, hein,
je précise, mais on a déjà beaucoup de discussions, puis qu'il ne faudra pas se
surprendre, le moment venu, quand on sera à cet article-là, quand je vais dire
que j'ai déjà tout expliqué ça, là. Tu sais,
c'est correct qu'on fasse un tour d'horizon, mais, tu sais, on est juste à
l'article 1, là. Mais... Qu'est-ce que je
disais, donc? Ah! c'est ça, la marge de manoeuvre sur la mission. Parce que la
mission est à l'article 4. Ça fait que c'est sûr qu'à l'article 4 je
vais dire que j'ai déjà expliqué ça à l'article 1. C'est juste ça que je
veux dire au micro.
Mais,
sur la mission, moi, je pense que c'est important, sans tomber dans quelque
chose qui serait trop vague... Mais,
«projets de transport complexes», quand même assez clair. C'est des projets de
transport, puis il faut qu'ils soient, tu sais, complexes. On ne parle
pas de paver une route au coin de la rue, là.
Alors...
alors, moi, je trouve que c'est sain de se donner de la marge de manoeuvre dans
une loi. Puis, si, un jour, quelqu'un veut confier d'autres types de
projets, ça pourrait être possible, mais je ne vois pas... À part de faire
possiblement des discours puis des fixations sur le troisième lien dans la
commission, ce qui est tout à fait... ce qui est tout à fait possible, puis les
gens ont le droit de faire ça, mais, au-delà du troisième lien ou de n'importe
quel projet, je ne vois pas du tout en quoi ce serait préjudiciable pour le
bien des projets de transport collectif que d'avoir une mission plus large, qui
ne prescrit pas ou qui ne proscrit pas autre chose que les transports
collectifs. Je ne sais pas si c'est clair. Tu sais, l'important, c'est que les
projets de transport collectif puissent se faire. Et c'est ça, le... C'est pour ça qu'on crée Mobilité Infra Québec. Si c'était pour faire juste du routier, on ne
s'embêterait pas à créer ça, tu sais. Donc, moi, c'est comme ça que je
le vois, Mme la Présidente.
M.
Grandmont : Bien, moi, je suis bien content que Mme la ministre
élabore beaucoup plus que le simple sens de ma question, là. J'y allais
vraiment sur la question de la culture organisationnelle. Donc, j'espère
qu'elle répondra à mes questions quand même quand on sera rendus à
l'article 4, notamment. J'aurai des angles différents, donc j'espère qu'elle saura trouver une façon
différente d'y répondre sans répéter ce qu'elle aura dit à l'article 1.
Donc, ça...
Juste mentionner que,
tu sais, elle a cité d'autres sociétés de transport, notamment à Toronto puis
en Colombie-Britannique, puis, à ma connaissance, ces sociétés de transport là
ne sont affectées qu'à réaliser du... des projets de transport collectif. Donc,
on pourra discuter aussi des différences entre comment ça se passe ailleurs,
comment... qu'est-ce qu'on veut créer aussi au Québec, parce qu'à la fois dans
la culture organisationnelle que dans ce qu'on se donne comme mandat, bien, il
y a des différences assez importantes.
Tantôt, madame...
bien, en fait, au début de notre conversation sur l'article 1, Mme la
ministre a dit... elle n'a pas... elle n'a pas dit que le fait que les employés
de la fonction publique étant syndiqués, c'était un problème, elle n'a pas dit
ça, mais, quand même, on sentait que c'était... disons, c'était contraire à
l'agilité recherchée, je vais le dire comme ça. Puis elle pourra préciser sa
pensée, parce qu'elle a quand même elle-même abordé ça, là, quand elle a parlé
de l'agilité.
Donc, est-ce que
les... le fait que les syndicats soient dans... Tu
sais, est-ce que le fait que, dans les... Le syndicat, dans une fonction publique,
est-ce que c'est un... est-ce que ça vient un peu crisper, un peu, l'agilité
nécessaire à ce qu'on veut avoir, finalement, dans Mobilité Infra Québec?
Mme
Guilbault : Bien, ce n'est pas... ce n'est
pas ça du tout que j'ai dit. J'ai dit que, dans la fonction publique, on
fonctionne avec des conventions collectives, avec une certaine culture
organisationnelle. J'ai moi-même été fonctionnaire et syndiquée, donc je sais
très bien comment ça se passe. Et c'est une façon de faire, et c'est bien
correct, c'est comme ça. Puis, comme je dis, j'ai été moi-même fonctionnaire.
J'ai le plus grand respect. Mais, avec Mobilité Infra Québec, on souhaite créer
quelque chose de différent, tout simplement.
M.
Grandmont : Je l'entends.
Mme
Guilbault : Puis je pense que ça aussi, c'est sain. Tu sais, on
parlait tout à l'heure de toujours reproduire des REM sous prétexte que le
premier REM a été le bon moyen.
M.
Grandmont : Tout à fait d'accord.
Mme
Guilbault : Il faut, des fois, être capable d'essayer autre
chose, tu sais, puis d'innover. Alors, ça, c'est, pour nous, une manière
d'innover.
M.
Grandmont : Puis tout à fait d'accord, là. On ne peut pas toujours
reproduire de façon identique, là, les moyens... les mêmes moyens en espérant
des résultats différents aussi, évidemment.
Mme
la ministre a dit vouloir s'inspirer, en quelque part, d'un peu la culture
organisationnelle de CDPQ Infra. À votre connaissance, Mme la ministre,
est-ce que les employés de CDPQ Infra sont syndiqués ou pas?
Mme Guilbault : Il faudrait... Bien, j'aurais une réponse, mais là il faudrait que je le
valide, là, parce que, tu sais, ce n'est pas... ce n'est pas une
organisation qui est sous ma responsabilité directe, là. Mais on peut le
valider.
M. Grandmont :
Non, évidemment. Mais c'est parce
que ça aurait pu... vous auriez pu avoir cette réponse-là, puisque vous
dites vous être inspirés de CDPQ Infra.
Mme Guilbault : Bien, je n'ai pas l'impression, mais, tu sais, je voudrais... il
faudrait le vérifier, là. Je vais vérifier pour être sûre d'avoir la...
M.
Grandmont : En tout cas, vous pouvez... vous pouvez trouver la
réponse puis nous revenir, là, au fil des... de la discussion.
Mme
Guilbault : Bien, des fois, c'est... Tu
sais, des fois, il peut y avoir certains employés syndiqués, d'autres non, ça fait que, tu sais... En tout cas,
c'est ça. Même dans la fonction publique, là, tu sais, les cadres versus...
Il y a toutes sortes de classes de...
M. Grandmont : D'employés...
Mme Guilbault : Oui, c'est ça, là, tu sais.
M. Grandmont : ...de corps de
métier, etc., oui. Donc, on dit vouloir créer, donc, une nouvelle... Parce que,
Mobilité Infra Québec, je comprends que ça
va être une nouvelle société d'État, à moins que je me trompe, là. C'est ça,
c'est une société d'État, oui? Ça va être...
Une voix : ...
M. Grandmont : Oui, effectivement,
c'est ça. Donc, c'est une nouvelle société d'État qui va être créée avec la création de Mobilité Infra Québec. On veut
faire les choses différemment. Il y a d'autres agences, d'autres agences de
l'État, d'autres sociétés d'État où les employés sont syndiqués. Je pense à la
SAQ, je pense à la SAAQ.
Est-ce que, dans le fond, on n'est pas en train
de vouloir créer quelque chose de différent, puis finalement ça va se retrouver
pareil? J'aimerais juste avoir un peu, là, les réflexions de Mme la ministre
par rapport à ça, parce que ça semble être... On semble vouloir créer quelque
chose de différent, la notion de syndicalisme me semble être un peu au coeur
des réflexions là-dedans, puis on se rend compte, finalement, que des agences
ou des sociétés d'État peuvent être syndiquées.
Donc, dans quoi ça va... Dans quoi on va réussir à avoir cette agilité-là que
semble rechercher Mme la ministre au regard du syndicalisme?
Mme Guilbault : Bien, c'est justement ça, le point. Il faut l'essayer pour
pouvoir réussir à faire quelque chose de différent. Et, si je ne m'abuse, mais
là il faudrait que je voie, ça a peut-être changé, je crois qu'en partie, à la
SQDC, il y a des endroits non syndiqués. Mais ça a peut-être changé, là. Il
faudrait que je le...
M. Grandmont : Non, ils sont
syndiqués, par deux syndicats différents, d'ailleurs.
Mme Guilbault : Mais pas partout, mais... Je pense qu'il y a des
endroits... Mais, encore là... De toute...
M.
Grandmont : Mais donc... Mais mon seul point, c'est que c'est
possible, dans le fond... Parce que Mme la ministre, elle me semblait
vouloir dire, au début, que, dans la fonction publique, disons, au sens large,
il y a cette incapacité-là à développer une agilité, puis on a parlé de
syndicat, puis tout ça. Puis là, bien, je fais juste lui dire : Bien, écoutez, dans les sociétés d'État, il y a
possibilité que les employés se syndiquent aussi. Donc, est-ce que... est-ce qu'elle
ne craint pas... c'est ma question, est-ce qu'elle ne craint pas, finalement,
que, cette agilité-là, on la perde au fil du temps parce que les syndiqués...
des employés pourraient se syndiquer?
Mme Guilbault : Oui, bien là, on ne peut pas empêcher...
M. Grandmont : Non, je suis d'accord
avec vous. C'est exactement ça.
Mme Guilbault :
...mais on peut au moins l'essayer.
M. Grandmont : Mais essayer de quoi?
Mme
Guilbault : Mais c'est déjà
prévu. L'article... Il est où, mon article sur les... 48. J'invite peut-être
mon collègue... Je ne sais pas, j'imagine qu'il a lu le projet de loi,
article 48, section II, Régime de représentation syndicale.
M. Grandmont : Oui, exact. C'est
pour ça que je pose la question.
Mme Guilbault :
Donc, les unités de négociation ont déjà été prévues pour certains types
d'emploi qui... que, raisonnablement, on peut penser qu'ils vont être des
emplois nécessaires dans l'agence.
• (16 h 40) •
M. Grandmont : Absolument.
Mme Guilbault : Alors...
M. Grandmont : Donc, c'est... Encore
une fois, je reviens, moi, à ma question de départ, c'est : Pourquoi créer
une agence, affirmer que, dans le fond, on veut créer quelque chose à
l'extérieur du ministère sous prétexte que l'appareil, la fonction publique a
comme un carcan, on évoque la question du syndicalisme, puis après ça, bien,
effectivement, à l'article 48, on se rend compte que, finalement, on a
réfléchi à ça, et ça se peut bien gros que les employés soient syndiqués?
Je ne comprends pas en
quoi... Je ne suis toujours pas convaincu du bien-fondé de créer une agence,
Mobilité Infra Québec, alors qu'on aurait pu faire ça à l'interne du ministère
des Transports. Je veux dire, on aurait été capables de créer une culture. Les
employés vont être syndiqués de la même façon. Si on a une équipe spécialisée à
l'interne du ministère des Transports, pourquoi créer une agence à côté? Je
reviens toujours à ça. C'est ma question. C'est sur les intentions. On est sur
l'article 1, donc, moi, je questionne les intentions de la ministre.
Pourquoi vouloir créer une agence, alors qu'on aurait pu tout faire ça à
l'intérieur du ministère des Transports et de la Mobilité durable avec des
employés?
D'ailleurs, le syndicat de la fonction publique
du Québec nous a fait parvenir son mémoire. J'avais proposé, d'ailleurs...
J'avais proposé qu'on les entende dans les audiences particulières.
Malheureusement, on n'a pas pu les entendre. J'aurais déposé une motion
préliminaire pour vous demander de les entendre avant l'étude de
l'article 1, mais on n'a pas pu se rendre là grâce à mon collègue de...
député de Masson.
Mais... mais
c'est la question que je vous aurais posée, tu sais, puis ça aurait été le sens
de mon argumentation : Est-ce qu'on n'aurait pas pu développer
cette expertise-là? Parce que, pour l'instant, on a eu une discussion sur le
bien-fondé de la création de cette agence-là, et je n'ai rien qui me convainc
qu'on a... qu'on n'aurait pas pu le faire à l'interne en régie.
Mme Guilbault :
Mais donc, c'est ça, quand on regarde l'article 48... C'est ça que je
vérifiais. 49 est-tu... C'est ça, 48, 49. Donc, si les employés voulaient se
syndiquer... Bien, déjà, on part... on part de la possibilité où ils pourraient
ne pas se syndiquer. Alors, déjà là, c'est différent de la fonction publique,
premièrement.
Deuxièmement, s'ils voulaient se syndiquer, avec
les articles en question, on a la possibilité de... de négocier des nouvelles
conventions collectives sans partir de l'historique... tu sais, pour les mêmes
catégories d'emploi, là, vous avez les six... Ils sont six ou sept? Six.
Donc... Alors là, déjà là, on a une possibilité. On offre aux gens la
possibilité de ne pas être syndiqués et, deuxièmement, on se donne la
possibilité, s'ils veulent se syndiquer, ce qui serait leur droit, de négocier
des conventions collectives de façon différente de ce qu'on serait tenus de
faire dans la fonction publique. C'est là... c'est là deux différences très
importantes, là.
M. Grandmont : Et donc
l'intérêt de créer l'agence, essentiellement, c'est de pouvoir offrir des
meilleures conditions, qu'on ne veut pas offrir aux employés qui sont
actuellement au ministère des Transports et de la Mobilité durable.
Mme Guilbault :
Non, c'est de... c'est de créer une organisation qui est différente. Tu sais,
les gens sont libres. Premièrement, ils sont libres de se syndiquer ou non, en
dehors de la fonction publique... bien, dépendant des organisations, en fait,
mais, dans le futur, Mobilité Infra Québec serait libre de se syndiquer ou non.
Donc, on leur offre cette possibilité-là. Et
ils sont libres de travailler où ils veulent. S'ils veulent travailler dans la
fonction publique, ils travaillent dans la fonction publique. S'ils
veulent travailler chez Mobilité Infra Québec, ils travaillent à Mobilité Infra
Québec. S'ils veulent travailler au privé, ils vont travailler au privé. S'ils
veulent travailler dans un autre palier de gouvernement, travailler au
municipal, par exemple, où ils vont être payés plus cher pour faire le même
emploi, bien, ils peuvent aussi, tu sais.
Alors, c'est juste de créer des manières différentes ou des organisations
différentes, avec un climat de
travail différent, avec une organisation de travail différente, avec un fonctionnement
différent, puis d'atteindre l'objectif qui est visé.
N'oublions pas... Puis, je pense, je ne l'ai pas
dit encore, là, ce serait important qu'à chaque séance... Je pense, c'est important de rappeler que les
projets, les employés, les salaires, incluant les nôtres autour de la table,
ici, sont financés par les fonds publics, les taxes et les impôts des citoyens.
Donc, je pense que, par respect pour les contribuables en question, il
faut souhaiter le maximum d'efficacité, à la fois dans les travaux
parlementaires, mais aussi dans la réalisation des projets, qui coûtent des
centaines de millions de dollars, des milliards de dollars à nos contribuables.
Alors, en 2024, à l'heure où on parle beaucoup de transport collectif, où se
multiplient les projets, les volontés de projets
de transport collectif à la grandeur du territoire, il faut que le gouvernement
se donne au moins la possibilité, tente le coup de créer quelque chose
de nouveau qui pourrait être le plus efficace possible pour le transport collectif.
M. Grandmont : ...merci.
La Présidente (Mme Maccarone) :
Merci. M. le député des Îles-de-la-Madeleine.
M. Arseneau : Oui. Merci, Mme
la Présidente. Donc, on est toujours sur l'article 1, puis je vais revenir
sur certains éléments qui ont été abordés
par mes collègues ainsi que la ministre, notamment sur, je dirais, le cheminement
du gouvernement auquel la ministre a fait référence un peu.
Si je remonte... Puis on en a parlé durant les
motions préliminaires. Tout ce qui s'appelait agence était rejeté du revers de
la main comme étant éloigné de la... des préoccupations de la Coalition avenir
Québec et vu comme contre-productif, et ainsi de suite, nid de favoritisme,
bon, une espèce de paravent pour déresponsabiliser les élus, et tout ça. Et
ce... cette espèce d'approche là a été maintenue, à ce que je sache, au moins
jusqu'au début de 2022, donc à la fin du
premier mandat du gouvernement. Et j'essaie de comprendre si... Le projet de
loi n° 796 qui a été déposé, je l'avais
fait, à ce moment-là, pour la création d'une agence des infrastructures de
transport du Québec, le 20 octobre 2021, la réaction du prédécesseur de la ministre actuelle avait été
essentiellement la même : Ne me parlez pas d'une agence, c'est
contre-productif.
Mais
ce que... ce que je viens d'apprendre, puis je veux juste une précision
là-dessus, c'est qu'entre le 20 octobre 2021 et l'élection de 2022 il y a
eu l'échec, essentiellement, du projet de REM de l'Est, auquel la ministre a
fait référence tout à l'heure. Et là je regardais un petit peu, j'essayais de
me souvenir comment ça s'était passé. La ministre a mentionné à plusieurs
reprises que CDPQ Infra s'était retirée du projet de REM de l'Est, alors que,
bon, selon les coupures de presse de
l'époque, le 2 mai 2022, sur le site de Radio-Canada, on précise que c'est
le gouvernement du Québec qui a
écarté officiellement la Caisse de
dépôt et placement du Québec du
projet de Réseau express métropolitain de l'Est.
Alors,
juste par souci, là, d'exactitude, est-ce que... est-ce que c'est
effectivement, selon votre compréhension des choses... c'est CDPQ Infra qui
s'est retirée du projet de l'est... du projet de REM de l'Est ou c'est le
gouvernement du Québec qui a retiré le projet de REM de l'Est des mains
de CDPQ Infra, là? Juste pour rétablir les choses.
Mme
Guilbault : Oui. Bien, ça, ce n'est pas
moi qui étais ministre des Transports dans ce temps-là, mais je me souviens
qu'il y a un rapport qui avait été déposé... Non, ça, c'était un rapport sur
l'ARTM. En tout cas, c'est parce que je veux juste... Tu sais, moi, je n'étais
pas là dans ce temps-là, ça fait que ce n'est pas moi qui m'en suis occupée
directement à cette époque-là. Mais, au moment où moi, je suis arrivée, on
avait déjà confié le... on avait déjà retiré... Je pense que c'est ça. Il
faudrait... Parce qu'il y a un rapport qui avait été fait, là. Il y avait une
mention à l'Assemblée nationale, quelque chose. Je pense, c'était la ministre
déléguée aux Transports, qui était aussi députée... bien, députée et ministre de Montréal, là. Mais, quand moi, je suis
arrivée en octobre 2022, c'était déjà acquis que la caisse n'était plus dans ce projet-là, et on avait déjà
mandaté le comité à quatre, là, ministère, ARTM, STM, ville de Montréal,
et on attendait leur rapport sur un nouveau projet.
M. Arseneau :
D'accord. Mais, en retirant le projet de REM de l'Est, qui semble être une
motivation, là, vraiment très, très importante de la ministre, à l'heure
actuelle, pour mettre en place l'agence, c'est... c'est là que, si je comprends
bien, votre prédécesseur ou, en tout cas, le gouvernement s'est rendu compte
qu'il n'y avait pas d'autre porteur qu'on pouvait identifier pour réaliser ce
projet-là. Et c'est là qu'a surgi cette idée, ou dans les mois qui ont suivi,
cette idée que, si on voulait réaliser un projet de transport structurant,
transport collectif structurant dans l'est de
Montréal, il fallait créer de toutes pièces une structure ou une agence, dans
le cas qui nous occupe, de toutes pièces, parce qu'on ne trouverait pas
personne pour le faire. Et le ministère, selon l'évaluation que vous en faites,
n'avait pas cette capacité-là. C'est bien ce qu'il faut comprendre?
Mme
Guilbault : Oui. Bien, moi, je suis
arrivée en octobre 2022, c'est ça que j'expliquais tout à l'heure, puis là,
bien, rapidement, le constat s'est imposé. Parce que, là, on parle beaucoup de
l'est, parce que, oui, c'est important. Et le projet de l'est, rappelons-nous,
là, au départ... Puis là je ne sais plus dans le temps, là, il y a eu beaucoup
de variations de ça, mais, au début, on parlait beaucoup de... Tu sais, il y a
eu l'axe Lacordaire, après ça, il y a eu le... jusqu'à Pointe-aux-Trembles.
Ensuite de ça, rapidement, nous, on tenait à ce qu'on puisse prendre en compte
les besoins de la couronne nord, là, donc là... puis là il y a différents
scénarios qui avaient été évalués, Rivière-des-Prairies, Laval, toutes sortes
de choses. Là, maintenant, le dernier rapport qui a été... qui a été déposé...
• (16 h 50) •
Ce que je veux dire,
c'est qu'il y avait différentes options de ramifications qui étaient... Tu
sais, il y avait... il y avait une base qui était acquise, là, pas mal, mais il
y avait différentes options de ramifications. Et, au départ, on partait du REM
de l'Est, on disait tantôt, on voulait reproduire les REM, mais là il y a eu
des gros enjeux, là, d'acceptabilité, puis c'était devenu tellement compliqué à
gérer, parce que des groupes s'opposaient, des gens s'opposaient. C'était
compliqué, les relations, aussi, avec les différents partenaires.
Alors, il fallait
trouver une solution. Donc, on a fait le comité à quatre. Mais l'enjeu
demeurait, l'enjeu d'insertion, l'enjeu du
meilleur tracé, du meilleur moyen, comment on fonctionne avec ça, on va où, les
achalandages respectifs, etc. Il y avait une foule de choses qui
nécessitaient d'être étudiées. C'est pour ça qu'en mettant le comité au moins
on pouvait continuer de faire des évaluations puis d'étudier des projets, de
l'achalandage potentiel sur les différents... voyons, comment tu appelles...
les prolongements, c'est ça, les différents prolongements qui pouvaient être envisagés. Donc, on pouvait continuer quand
même de documenter le projet. Ça fait qu'on n'était pas en stagnation,
au moins. Mais c'est sûr qu'on n'avait personne pour le réaliser, à moins de
remettre la caisse là-dedans, puis là la caisse avait déjà... était déjà
partie. Elle ne va pas y retourner.
Mais, en plus de ça,
nous, on a aussi la Rive-Sud de Montréal à l'esprit. Puis la caisse avait
commencé une étude pour un projet de la
Rive-Sud, 2019, je pense, 2020... en tout cas, il faudrait que je voie, je
pense... à peu près 2019, mais, en tout cas, avait commencé des travaux
avec... avec... pour le... la Rive-Sud de Montréal. Puis, encore là... Puis là, tu vois... vous voyez, l'année passée...
C'est parce que je... On est quelle date, là? Oui, je pense, c'est au début de
cette année. C'est parce que, des fois, le temps passe tellement vite. Dans les
derniers mois, la caisse s'est officiellement retirée aussi du projet de la
Rive-Sud. Donc là, on se retrouve avec un deuxième endroit... Mais c'est que celui de l'est est plus avancé. Il y a plus de
travaux qui ont été faits sur celui de l'est que sur celui de la Rive-Sud.
Mais, pour nous, les
deux rives, les deux... l'est de Montréal et la Rive-Sud, ça va prendre des
projets éventuellement. Donc, on se retrouve avec le même constat où la caisse
s'est retirée d'un projet, et on n'a pas de porteur pour ce projet-là. Donc, on
ne peut pas... On ne va pas supplier la caisse de faire nos projets parce qu'on
n'a pas d'autre alternative. Pour moi, ça ne
fait pas de sens, là, puis pour eux non plus, d'ailleurs. S'ils se retirent,
ils se retirent, puis c'est parce que, bon, ils font d'autres choses
ailleurs, puis c'est correct comme ça.
M.
Arseneau : Mais donc, juste pour... pour bien comprendre, si on
avait... Par exemple, à Gatineau, on a un projet
de tramway, on a un bureau de projet, on a une société de transport qui est
porteuse, là, de ce projet-là. Actuellement, c'est... c'est comme ça
qu'on... C'est ce qu'on voulait faire aussi... enfin, c'était similaire un peu,
ce qu'on voulait faire à Québec. Là, maintenant, dans l'est de Montréal, on dit
que ce n'est pas l'ARTM qui peut porter ce projet-là. C'est... c'est pour...
Dans votre compréhension, c'est pour des raisons légales ou c'est pour des
raisons de mandat, tout simplement, là,
qu'elle ne peut pas porter ça, ni elle, ni la STM, ni la ville de Montréal?
Est-ce que... est-ce que c'est... c'est parce que personne n'est
habilité à le faire ou c'est l'expertise qui n'est pas là ou l'intérêt qui
manque? Juste...
Mme
Guilbault : Bien, c'est un ensemble de considérations.
Premièrement, ce n'est pas dans sa mission, effectivement, puis, deuxièmement,
c'est complexe, là. Puis, quand on parle de planifier un projet dans l'est de
Montréal... Puis, je l'ai dit, pour nous, ça doit inclure les couronnes nord.
Les maires de la couronne nord sont venus l'autre fois nous dire, là, bon,
qu'ils sont écoeurés que leurs factures augmentent puis qu'il n'y a jamais rien
de plus qui se passe. Bien, ça, c'est un exemple que nous, la CAQ, on veut avoir
un projet qui va être phasé d'une manière où il va y avoir une desserte
éventuellement pour la couronne nord. On a déjà Deux-Montagnes, plus à l'ouest,
qu'il va y avoir avec le REM actuel, c'est bien, mais les autres aussi ont des
besoins.
Donc,
ça dépasse... Dès que tu sors de... du territoire de la STM... Premièrement, ça
dépasse la STM. Alors, là, tu sais... Puis là c'est Exo qui
est sur les couronnes, ça devient très, très compliqué, l'ARTM par-dessus ça.
Tu sais, ce projet-là de l'est, là, où tu ajoutes les couronnes puis tu
te dis qu'éventuellement aussi il va falloir s'intéresser à la Rive-Sud... Tu sais, pour nous, en tout cas, on
s'intéresse à la Rive-Sud aussi. Ça fait que, là, tu as la RTL qui est
là-dedans. Tout de suite, tu vois à
quel point ça devient compliqué. Imaginez, là, un comité à six pour planifier
un projet de transport, tu sais. Puis
l'expertise pour faire ça, ça dépasse... Tu sais, nos sociétés de transport
sont... sont très bonnes pour opérer leurs
transports. Ils opèrent les lignes d'autobus, ils opèrent Exo... Exo opère cinq
trains de banlieue, la STM, évidemment, un métro, des autobus. Tout ce monde-là fait du transport adapté, tout
ça. Bon, il y a de l'impartition aussi là-dedans pour certains services.
Mais, bref, ils s'occupent d'une foule de choses.
Mais, planifier puis
réaliser un projet d'envergure comme le REM, il n'y a personne qui aurait pu
faire ça avec l'efficacité puis au coût... C'est 67 kilomètres, le REM,
là. Ce n'est pas pour rien qu'ils ont fait la CDPQ Infra. Les libéraux, ils ont
quand même fait une couple de bonnes affaires. Puis le REM, ça, c'était une
bonne idée. La CDPQ Infra puis le REM, ça a été capable d'aller vite. Heille!
Imaginez, là, qu'on aurait commencé avec un comité avec je ne sais pas combien
de personnes, en 2018, 2017, à parler d'un REM. On serait encore en train juste
de faire des réunions, je suis sûre, en 2024, tu sais, alors que, là, on a une
branche qui est en fonction.
Bref, il faut
reproduire ce genre d'efficacité là, mais que tout le monde y ait droit, pas
juste l'ouest de Montréal. Actuellement, c'est ça, l'affaire. Là, on va le
faire à Québec. On va commencer un projet à Québec avec... avec la caisse.
Donc... donc, on va bénéficier, encore une fois, de l'efficacité, de l'agilité
de la caisse, en plus de son expérience, parce qu'ils ont déjà fait celui de Montréal. Donc, tu sais, ils sont habitués, les équipes
qui travaillent, et tout. Alors, bref, c'est
bon, mais on ne peut pas... on ne
peut pas se condamner à dépendre systématiquement d'eux à jamais. En
tout cas, nous, c'est ce qu'on pense, au gouvernement.
M. Arseneau :
Là, je suis d'accord sur la question de... du statu quo qui n'est pas
garant d'un avenir plus efficace et prospère en matière de construction et de
mise en place de réseaux de transport structurant. Mais je voulais juste
valider la question, à savoir si le comité des quatre auquel vous avez fait
référence... Est-ce que la question,
justement, de la planification, et de la réalisation, et de la mise en opération
d'un système de transport structurant vers l'est jusque dans les
couronnes de Montréal... est-ce que ça... couronne nord, est-ce que ça a été
discuté à ce moment-là? Est-ce que... La conclusion à laquelle vous en venez
aujourd'hui sur l'idée qu'il faut créer de toutes pièces un porteur de projet,
est-ce que les partenaires du gouvernement du Québec, à l'époque, en
convenaient également, qu'aucun de ces partenaires-là ne pouvait être habilité,
si l'on décidait de lever la main, avec des pouvoirs qui seraient correspondants, évidemment, à CDPQ Infra? Parce que CDPQ
Infra n'a pas réalisé son projet de 67 kilomètres, comme vous le
mentionniez, de façon assez rapide simplement parce qu'elle a des tours de
magie dans son chapeau. On lui a octroyé des pouvoirs extraordinaires pour
pouvoir réaliser le projet de façon ultrarapide, et c'est ce qu'on s'apprête à
faire également avec l'agence.
En d'autres mots,
est-ce que c'est une question d'organisation en tant que telle ou est-ce que
c'est une question de pouvoirs accordés à
une instance qui peut, justement, avancer sans avoir toutes les barrières qu'on
impose, par exemple, en matière d'expropriation, par exemple, aux villes
ou aux sociétés de transport? Mais ma question principale, c'est...
Mme Guilbault : C'est ça, parce que, je pense, j'ai perdu le fil de la
question, là.
M. Arseneau :
Bien, je reviens... Oui, effectivement. Mais j'élaborais un peu, mais, pour
revenir à la question principale, les... le comité des quatre, est-ce qu'il convenait
qu'il fallait trouver un nouveau porteur puis il disait : Bien, créons une agence rapidement, ou il y a... il y a
d'autres discussions et d'autres options qui ont été envisagées ou... et
éliminées dans la réflexion?
Mme
Guilbault : Bien, je veux juste faire une
précision. La caisse, effectivement, a eu des moyens extraordinaires. On avait
fait un projet de loi, à l'époque, pour le REM. Et, quand je dis... quand je
parle de Mobilité Infra Québec, je dis toujours qu'on veut s'inspirer de la caisse,
mais ce ne sera pas nécessairement exactement la même chose, là, parce que, tu
sais, on demeure avec la LCOP, et tout ça.
Et
le comité des quatre... Mais c'est que le comité des quatre... Là, je n'ai pas
le mandat de l'époque sous les yeux, là, mais, quand la... quand on a retiré le
projet... Quand la caisse a cessé de travailler sur le projet et qu'on a confié
ça à ce comité-là, il a dû... Ce n'était pas moi, le ministre, là, donc... Je
ne sais pas, il devait y avoir une... j'imagine,
un mandat qui a été rédigé ou un mandat qui a été... qui a été donné, et on
était encore loin de la réalisation.
Alors, à la... à la
question : Est-ce qu'un des quatre ou les quatre ont dit que ça prenait
une agence... Bien, premièrement, je ne suis pas dans leur tête, ça fait que je
ne peux pas dire ce qu'ils ont dit ou qu'ils n'ont pas dit, ou pensé, ou pas
pensé. Mais, deuxièmement, c'est que leur mandat n'était pas dans la
réalisation. C'était de continuer... C'était de reprendre, finalement,
peut-être pas du début, mais presque du début, parce que, tu sais, le fait est
que la caisse avait quand même fait des études, et tout ça, qu'on a rachetées,
étant donné que... Dans l'entente-cadre, c'est comme ça. Si, finalement, la caisse ne réalise pas ton projet, tu peux racheter
les études pour le... puis, tu sais, tu compenses, finalement, pour le
travail qui a été fait.
• (17 heures) •
Bref, alors, on a
racheté ces études-là. Et donc le comité des quatre est parti de ces études-là
pour faire son travail. Ça fait que l'idée,
c'était de reprendre ça, parce qu'au départ c'était... Pour le REM, il y
avait... il y avait des enjeux d'acceptabilité, là. Il y avait des
enjeux d'insertion à certains endroits. Des gens se plaignaient, et tout ça. Ça
fait que ça a donné ce que ça a donné.
Alors là, il a fallu
procéder autrement. Et donc ils sont partis de ces études-là qui avaient déjà
été faites par la caisse. Donc, ils
partaient avec un... une certaine documentation. Puis l'idée, c'était de
travailler sur un nouveau scénario de
projet qui répondrait mieux, disons, à des enjeux d'acceptabilité sociale et
d'insertion urbaine, notamment, à Montréal.
M. Arseneau :
OK. Mais je comprends que la ministre ne puisse pas expliquer le... comment
ça s'est passé au sein du comité puis parler
pour les autres partenaires. Ça, on n'ira pas plus loin là-dessus. Mais, encore
une fois, moi, j'essaie de voir comment on a pu cheminer, dans l'espace
de six à huit mois, sur une idée qui, au départ, était décrite comme étant
contre-productive, on va dire ça comme ça, pour arriver à la solution
absolument essentielle... Et j'ai une dernière question là-dessus. Est-ce
que... Puis je ne suis pas contre la création d'une agence, là. Je vous rassure
là-dessus. Est-ce qu'on a quand même... Parce qu'on a entendu des propos dans
les audiences, dans les consultations particulières.
Certains disaient : Bien, si une agence est nécessaire, voici... Et tout
le monde n'était pas nécessairement convaincu que l'agence était la
seule façon de faire, notamment les ingénieurs de... l'association des
ingénieurs du ministère, qui... qui nous
disait qu'en fait ils n'avaient peut-être pas les ressources, mais il n'était
pas exclu qu'on puisse doter le ministère de ressources.
En d'autres mots, et
d'autres l'ont mentionné, est-ce que la possibilité de doter le ministère de
l'expertise pour réaliser ce type de projet
là, mais à l'intérieur même du ministère... est-ce que ça a été exploré, étudié
puis ensuite mis de côté ou ça n'a jamais été considéré, à l'intérieur même du
ministère, de développer cette division réalisation de projets
structurants de transport collectif? Est-ce que ça a été exploré?
Mme
Guilbault : Bien, j'ai déjà abondamment
répondu à cette question-là qui a été... qui a été posée par le député de
Taschereau, dans le sens où j'ai expliqué la raison pour laquelle... j'ai
expliqué la raison pour laquelle on a privilégié la création d'une équipe en
dehors du ministère, pour une question de culture organisationnelle, pour une question d'attractivité, d'agilité, de possibilité
aussi de fonctionner différemment par rapport... éventuellement, s'il y avait
syndicalisation, parce qu'ils pourraient... Il y aurait la possibilité, au
moins, de ne pas se syndiquer, ce qui n'est pas le cas dans la fonction publique pour certaines... pour les catégories
dont il est question à l'article 48. Donc, pour toutes ces
raisons-là, on a choisi de le faire en dehors.
Mais, juste pour
revenir, le comité des quatre, peut-être qu'on peut contourner... parce que
personne ne veut mettre des paroles dans la bouche de personne, mais,
peut-être, la meilleure réponse pour contourner le fait de prêter des pensées
ou des paroles à quelqu'un, c'est que, si je prends les quatre en question, ils
sont tous venus en commission, ici. En fait, un des quatre, c'est le ministère.
Je pense, c'est acquis que le ministère est pour le projet de loi, et les trois
autres sont tous venus en auditions particulières et ils étaient tous pour,
même l'ARTM. C'est sûr que l'ARTM avait la
sensibilité de dire... L'ARTM a déjà son propre mandat, et tout ça, et donc la
sensibilité de dire : Nous, on veut continuer d'avoir notre mot à
dire pour les projets dans le Grand Montréal, et tout ça, puis ça tombe sous le
sens. Puis d'ailleurs c'était la même chose
pour la STM puis la ville de Montréal, mais la STM et la ville de Montréal,
les deux étaient en faveur de Mobilité Infra
Québec, et l'ARTM aussi, le ministère aussi. Donc, les quatre, bref, sont en
faveur du projet de loi dans le comité des quatre.
M. Arseneau :
Mais vous avez fait... la ministre a fait référence tout à l'heure au fait
que le Québec n'était pas plus... n'était pas... n'avait pas des défis moins
grands ou, en tout cas, n'était pas plus bête que les provinces de l'Ontario ou
de la Colombie-Britannique, qui avaient ce type de structure, là, qui est
existante, mais, encore une fois, ces structures-là ne sont pas nées d'hier non
plus. Donc, ce modèle-là, il existait même au moment où on semblait miser
uniquement sur CDPQ Infra. Donc, il y a eu, quelque part, une révélation,
j'imagine, là, parce que le modèle ontarien, le modèle de Colombie-Britannique
existaient lorsque le gouvernement continuait de critiquer le fait qu'on pourrait imaginer la création d'une agence, puis
d'une agence globale, en matière de mobilité tous azimuts. Mais donc j'essaie
encore de comprendre l'évolution de la pensée du gouvernement à cet égard.
Cela dit, j'aimerais
aborder un aspect très, très pratico-pratique parce que je ne veux pas
l'échapper. Je ne sais pas combien il me reste de temps.
La Présidente (Mme Maccarone) : 10
min 20 s.
M. Arseneau : 10
minutes. C'est une agence qui, selon les propos qu'on vient d'entendre, peut
être évolutive. La ministre a mentionné qu'elle ne voulait pas
restreindre le mandat. Et est-ce que c'est la même chose concernant, par exemple, l'équipe de travail? On a mentionné
que, je ne me souviens plus du chiffre, c'est entre 40, 45, 50 employés,
mais on a pu lire dans les journaux qu'à
terme, d'ici trois ans environ, ce pourrait être 400 personnes. Et
évidemment, si on ouvre la porte à l'idée qu'on réalise des projets complexes
en matière routière ou autoroutière, on peut imaginer que ce sera encore
davantage. Il y a quand même 8 000 fonctionnaires au ministère des
Transports. Alors, est-ce qu'on peut avoir des informations sur ce qu'on
envisage? Est-ce qu'en d'autres mots... À plus ou moins long terme, est-ce que l'agence est appelée à bouffer complètement
les ressources du ministère du Transport et de la Mobilité durable ou,
pire encore, à les dédoubler? Est-ce qu'on a une idée de ça? De 40 à
8 000, on a quand même une marge, là.
Mme
Guilbault : Oui. Non, bien... Non, on...
elle ne va pas dédoubler. Mais je veux revenir au début de sa question. Mon collègue disait... je ne sais plus
comment il l'a dit, là, mais, tu sais, en tout cas, en voulant dire : À un
moment donné, on s'est aperçus que,
là, juste miser sur la caisse, ça ne fonctionnait pas. Bien, c'est exactement
ça. Il a parfaitement raison. C'est ça que j'expliquais tout à l'heure à
un autre de mes collègues qui a posé des questions. C'est la caisse... Puis, en
fait, avant de créer la CDPQ Infra en 2015, on n'avait jamais rien fait d'autre
que le métro comme projet d'envergure. Bien,
il y a le SRB, là, qui avait commencé en 2013, je pense, un peu... 2009, je
pense, bref, en tout cas, mais le SRB, tu sais, oui, c'est complexe,
mais ce n'est pas... ce n'est pas des rails, ce n'est pas... Bon, à part le métro,
on n'en avait pas.
Donc, le prochain qui
a été fait, c'est avec la... c'est le REM. Et là le gouvernement libéral, puis,
encore là, je n'étais pas dans ce gouvernement-là, probablement, s'est
dit : On veut un projet d'envergure de transport collectif structurant
dans l'ouest de Montréal, et ils ont créé la CDPQ Infra. Donc, c'était la
première fois qu'on se donnait des nouveaux
moyens, qu'on voulait un nouveau projet d'envergure, et on a créé une filiale à
la Caisse de dépôt parce que, probablement, d'instinct, on s'est
dit : Ça ne marche pas dans le gouvernement, on n'a pas cette
expertise-là, c'est trop nouveau, puis tout ça. Et on l'a fait, et ça a bien
fonctionné, ça fonctionne bien. On est en train de le mettre en fonction, le
REM.
Et là, après ça,
donc, on est arrivés, nous. On voulait un projet dans l'est de Montréal, la
CAQ, parce que nous, on s'intéresse à l'est
de Montréal, à la Rive-Sud de Montréal, à la couronne nord. Et donc, là, la
caisse avait déjà l'expertise, avait déjà fait un projet dans l'ouest.
Alors, on s'est dit : Allons-y avec la caisse aussi et puis pour la
Rive-Sud aussi, mais on a été confrontés à la réalité du fait que, si, pour
toutes sortes de raisons, la caisse ne peut pas ou ne veut pas faire un projet, là, on tombe un peu dans le néant et on
n'en a pas d'autre, instance avec cette capacité-là.
Donc, c'est
exactement ce que le député décrit, là, c'est exactement ça, la réalité des
choses, parce que tout ça est nouveau. Ça a commencé en 2015. Le REM a été...
la construction a commencé en 2017-2018 à peu près, puis on est arrivés en
2018, justement. Ça fait que, imaginez, on venait de commencer à construire le
REM. Alors, tu sais, le temps de dire : Bon, bien, parfait, la caisse, ça
a l'air de bien fonctionner, le REM, on va l'essayer dans l'est, finalement,
des enjeux d'acceptabilité, toutes sortes d'enjeux, puis la Rive-Sud... Alors,
c'est à l'usage qu'on est capables de le savoir, parce que, quand tu places la
ligne du temps... La caisse est arrivée en 2015, a commencé à construire en
2017-2018, en même temps que la CAQ est arrivée. Alors, tu sais, on ne pouvait
pas prédire ce qui allait arriver. Donc, à l'usage, on a vu que, là,
finalement, des fois, on pouvait être confrontés à certains défis et qu'en l'absence de la CDPQ Infra on était un peu
dépourvus. Alors, il fallait réagir et il fallait... bien, réagir, et ensuite
agir, et c'est ça qu'on fait en ce moment.
Pour ce qui est du
dédoublement, bien, non, parce que, je l'ai dit et je le redis, l'expertise,
elle n'existe pas actuellement dans le
ministère des Transports. Donc, il n'y a pas de dédoublement. On crée quelque
chose de nouveau en complément.
M. Arseneau :
Mais on n'exclut pas de faire des projets routiers ou autoroutiers. Mais
ça, ce seraient des ressources qui n'existent pas actuellement dans le
ministère. C'est ce que je dois comprendre.
• (17 h 10) •
Mme
Guilbault : Non, mais ce que j'ai dit,
c'est... Encore une fois, j'ai répondu tout à l'heure à ces questions-là. En ce
moment, là, la raison pour laquelle on crée Mobilité Infra Québec, c'est pour
faire des projets de transport collectif,
mais j'ai expliqué tout à l'heure que je pense que c'est sain pour le
législateur ou, en tout cas, du moins, pour nous, le gouvernement, dans le
projet de loi qu'on propose, puis j'espère aussi pour le législateur, c'est
sain de donner dans les lois des marges de manoeuvre au gouvernement,
peu importe c'est qui, le parti politique qui est au gouvernement, là, et de ne
pas devoir revenir toujours en commission parlementaire modifier une loi si tu
veux faire simplement quelque chose de
différent. On ne parle pas de revoir... une refonte de fond en comble d'une
loi, évidemment, mais...
Puis
je donnais l'exemple du projet de loi sur la sécurité routière qu'on a fait, le
dernier projet de loi qu'on a fait. Pour ceux qui étaient présents, il y
avait des demandes d'être très... d'être très précis dans des libellés
d'articles de loi, de préciser des technologies en particulier, de préciser des
choses, et moi, je disais : Soyons plus général pour que toutes les...
Toutes les demandes ou tous les exemples qu'on nous fournit ou qu'on nous
demande, est-ce que ça va être possible de mettre ça? Est-ce que ça va être
possible d'utiliser ça? Ce serait-tu possible, telle affaire? Justement, on
veut donner une marge de manoeuvre pour que... Puis là je prends toujours mon
exemple de la sécurité routière, si on veut mettre une caméra sur un autobus,
si on veut mettre un nouveau feu piéton, si on veut mettre ça, mettre ça, ça va
être possible. On n'aura pas besoin de venir changer des lois puis des
règlements à chaque fois.
Donc, je
transpose la même volonté d'avoir une marge de manoeuvre dans la mission. Tu
crées une nouvelle... une nouvelle équipe pour faire des projets de transport
complexes parce que ça va être ça, la mission. On va y arriver à l'article 4. Alors, moi, je ne vois pas l'intérêt... Puis
je le disais un peu à la blague, mais, en même temps, je pense que ça va se produire. Au-delà de faire un
plaidoyer contre le troisième lien, quel serait l'intérêt de venir proscrire
des projets routiers ou de venir
prescrire absolument du transport collectif? Il y a absolument... En quoi ce
serait préjudiciable pour le transport collectif d'avoir une mission plus large
qui inclut, sans pour autant s'y limiter, le transport collectif? Moi,
je ne vois pas le problème là-dedans. Au contraire, je trouve que c'est sain.
M. Arseneau : D'aucuns pourraient
dire que plus la mission est large, moins elle est précise et plus elle risque d'empiéter sur la mission d'autres
organisations, dont le ministère lui-même, qui a déjà la capacité de développer
des projets routiers et autoroutiers. Alors, je veux juste soumettre le fait
qu'il est possible qu'on voie l'élargissement d'un mandat... dans
l'élargissement d'un mandat une certaine confusion. C'est la raison pour
laquelle on va sûrement revenir là-dessus, sur la définition de la mission de
l'organisation.
Mais je veux
revenir sur la question des ressources. Actuellement, comme information, on a
40 à 45, peut-être bien une cinquantaine d'employés. Est-ce que le
chiffre de 400 d'ici trois ans, il est déjà avéré? Est-ce qu'il est déjà
présent dans votre tête que ça va être ça, là, un bureau... le gros bureau de
projet dont on parle, là, d'ici trois ans, c'est plusieurs centaines de
personnes?
Mme
Guilbault : Non, bien, ça aussi, j'ai déjà répondu à une
précédente question, exactement cette question-là précédemment, un peu
plus tôt aujourd'hui, que ça, c'était dans un document de travail qui a
circulé, je ne sais plus exactement, dans les médias ou... Je ne me rappelle
même pas, là. Mais il y a eu tellement de documents qui ont circulé avec
tellement de projections sur diverses choses. Mais, dans les faits, la seule
certitude qu'on ait en ce moment, c'est
qu'on va devoir, premièrement, adopter la loi, deuxièmement, nommer un ou une
PDG, qui, lui ou elle, va monter ses équipes.
Et l'agilité que j'évoquais tout à l'heure, là,
la possibilité d'avoir une agilité dans la gestion de tes ressources humaines
permet d'avoir les bonnes équipes au bon moment pour le bon projet,
conformément aux mandats qui vont être confiés, parce que, si on reprend
comment ça va fonctionner, Mobilité Infra Québec, le gouvernement va lui
confier des mandats, et donc, selon les mandats qui sont confiés, selon
l'avancement, selon... Puis c'est un autre... une
autre chose que je disais. Actuellement, si tu multiplies les bureaux de
projets puis que tu paies x ingénieurs... Parce que c'est le gouvernement qui paie les bureaux de projets, là. Le bureau
de projet de la ligne bleue, on paie ça, bureau de projet de
l'Outaouais, on en paie, bureau de projet de la...
Tu sais, alors, au lieu d'avoir un... x
ingénieur, à chaque bureau de projet qu'on finance, qui travaille sur son
projet, en ayant une équipe nationale, un même ingénieur ou une même équipe
pourrait travailler sur plus d'un projet en
même temps. Puis, encore là, je ne vais pas me substituer au futur PDG, il va
gérer ses affaires, sauf que c'est évident que c'est rentable et que
c'est logique d'avoir des équipes nationales qui sont capables d'avoir la
vision nationale et qui pourraient être capables de travailler sur plus d'un
projet en même temps au lieu qu'on soit comme en silo un peu partout, ville par
ville.
M. Arseneau : J'essaie de comprendre
comment ça pourrait fonctionner, puis ce n'est pas si simple que ça, sur la base des informations qu'on a pu obtenir de
la part de ceux qui sont venus nous rencontrer dans les consultations
particulières. Je pense, par exemple, aux gens de l'Outaouais, là, de Gatineau
et du bureau de projet, notamment. De mémoire, ils étaient plus d'une centaine
au bureau de projet de Gatineau pour la réalisation du projet. Ici, à Québec, il y a un bureau de projet aussi qui avait des
dizaines et des dizaines de membres jusqu'à ce qu'il soit, là, mis un peu en veilleuse.
Alors, j'aimerais comprendre comment on
entrevoit l'avenir. Si on a un bureau national d'une quarantaine de personnes, ça ne peut pas remplacer un bureau
local de 125 personnes en Outaouais puis 150 à Québec, à moins que ce
soit selon l'envergure et le nombre de mandats des équipes, qui sont
extensibles, puis plus il y a de projets, plus on embauche, puis plus les
projets se réalisent, bien, plus on remercie les employés.
J'essaie de comprendre aussi, parce que j'ai
moi-même posé la question aux responsables du bureau de projet de Gatineau,
s'ils imaginaient qu'en travaillant... en ayant un mandat pour le développement
d'un projet de transport collectif, de tramway, plus spécifiquement, à
Gatineau, ils étaient... en fait, ce serait possible d'imaginer qu'ils
travaillent aussi en même temps sur un projet à Sherbrooke, puis, la semaine
d'après, qu'ils travaillent davantage sur Québec, puis qu'ensuite... qu'ils
butinent d'un projet à l'autre.
Est-ce que cette façon d'imaginer un bureau de
projet est réaliste ou est-ce qu'il s'agit d'un bureau de projet central avec
des équipes locales ou régionales pour chacun des projets jusqu'à ce qu'ils se
réalisent? C'est ça que j'essaie de comprendre, parce que l'idée du partage de
ressources me semble peu plausible. Quand on voit les opérations des bureaux de
projets actuels, où ils semblent en avoir véritablement plein leurs tables à
dessin juste avec un seul projet à réaliser, comment pourrait-on les ramener au
bureau national puis qu'ils travaillent sur trois projets en même temps? Je
n'arrive pas à saisir comment ce modèle-là... Est-ce que ce modèle-là existe
ailleurs? Est-ce que c'est importé de Colombie-Britannique, d'Ontario ou
d'ailleurs? Parce que je n'arrive pas à imaginer comment on pourrait
fonctionner de cette façon-là, en ayant de multiples projets à faire avancer en
même temps dans une équipe restreinte.
Mme
Guilbault : Bien, c'est comme j'ai expliqué tout à l'heure,
puis, encore une fois, là, j'y reviens, il va y avoir un ou une PDG qu'on va
choisir pour diriger cette agence-là, qui va être une personne compétente
pour... évidemment, qui va être compétente pour... pour faire ce
travail-là et qui va monter ses équipes en fonction des besoins. Donc, je... En fait, je pense que je ne comprends pas ce que le collègue
ne comprend pas, dans le sens où c'est comme n'importe quelle organisation
qu'on crée. Il y a un PDG. On monte des équipes. On reçoit des mandats. En
fait, ce n'est pas comme n'importe quelle organisation. Celle-là va recevoir
des mandats du gouvernement et va être capable d'ajuster son organisation, ses RH, et tout ça, ses... Comment on
appelle ça, maintenant, les ressources humaines? Le capital valeur
culture, je pense.
Une voix : ...
Mme
Guilbault : Capital humain et culture. Elle va pouvoir ajuster
son capital humain et culture en fonction des besoins et de la charge de
travail.
M. Arseneau : Donc, il y aura une
équipe qui... qui sera constituée, une équipe de base, et elle pourra être
élargie en fonction des projets et restreinte lorsque les projets, par exemple,
seraient terminés, c'est ça qu'il faut comprendre, sur une base régionale. Une
fois un projet terminé, par exemple, à Gatineau... Par exemple, si Gatineau était la responsabilité de l'agence Mobilité Infra
Québec, une fois que le projet est réalisé, l'équipe de... plus spécifique
pour le projet de Gatineau est démobilisée
ou travaille sur un autre projet. C'est que... Dans votre esprit, c'est qu'on
les reclasse ailleurs ou...
Mme Guilbault : Bien, c'est tributaire des mandats qui vont leur être
confiés. Pensons... Moi, je dis toujours que, pour moi, l'est de Montréal,
c'est pressant, parce que, là, en ce moment, on a besoin de confier ce
mandat-là à quelqu'un. J'ai parlé tout à l'heure de la Rive-Sud de Montréal, tu
sais, parce que tout ça, ça dépasse... C'est ça que je... C'est parce que, tout ça, je l'ai dit plus tôt, là, en début de
commission, là, cet après-midi, là. Mais ça dépasse l'actuel mandat, ça dépasse le gouvernement de la CAQ, ça
dépasse un projet, ça dépasse une ville. C'est de donner au Québec les moyens,
et là mon collègue va aimer ça, là, je l'ai dit tout à l'heure, c'est de donner
au Québec les moyens d'être souverain dans le développement de son
transport collectif sur l'ensemble de son territoire.
• (17 h 20) •
Donc, moi, la façon dont je vois ça, oui, il y a
le projet de l'est, mais c'est... Quand tu es capable d'avoir la vision
nationale puis une espèce de séquence... Tu sais, le projet de l'est, j'en
parlais, ça ne se fera pas du jour au lendemain, ça, là. Ça va se faire par phases,
fort probablement. Ce n'est pas moi, l'ingénieur qui va s'occuper de ça, mais
on peut penser que ça va se faire par phases. Tu sais, tu as une portion sur
l'île de Montréal et tu as des portions de l'autre côté de la rivière. Tu sais,
un peu comme le projet CITÉ qui a été déposé par la caisse à Québec, il est
phasé en trois phases, trois ou quatre phases. Donc, alors, tout ça, ça
s'échelonne dans le temps, puis là... puis ça, c'est un projet.
Alors, si tu ajoutes éventuellement... Il
pourrait y avoir un autre mandat pour un autre projet. Je donne l'exemple de la
Rive-Sud de Montréal. Il pourrait y avoir un autre projet sur... en Estrie. Il
pourrait y avoir un autre projet... Là, le collègue me parle de l'Outaouais.
Pour l'instant, l'Outaouais semble vouloir le faire eux-mêmes, mais, comme je
disais, il y a un article dans la loi qui vient protéger les projets déjà en
cours s'ils veulent continuer de le faire eux-mêmes. Il pourrait y avoir
d'autres projets à Montréal. La STM et la ville de Montréal sont en faveur de
Mobilité Infra Québec. Tu sais, à la STM, en ce moment, ils sont très occupés
avec le prolongement de la ligne bleue puis le prolongement du SRB Pie-IX.
Donc, ça ne veut pas dire... Tu sais, puis,
encore là, en collaboration avec les villes, Mobilité Infra Québec pourrait
aussi être utile pour... Tu sais, quand je parle du projet de l'est de
Montréal, là, l'est de Montréal, théoriquement, c'est dans le territoire de la
STM, mais pourtant la STM, je pense, serait bien heureuse que Mobilité Infra s'occupe enfin de ce projet-là. Puis
éventuellement il pourrait y avoir d'autres projets aussi. Laval était en
faveur.
Tu sais, alors, c'est... je trouve que c'est
réducteur de dire : Là, il faut s'assurer que ça, ça va être utile, parce
que, là, il va y avoir tant d'employés pour tel projet, puis, au-delà de ça, on
ne sait pas trop ce qui va arriver. Si on veut le développer... Tu sais, c'est
la poule ou l'oeuf. À un moment donné, il n'y aura jamais de projets s'il n'y a
pas de personnes pour être capables de faire des projets. Puis tout le monde va
se succéder ici, à l'Assemblée, en venant dire : Comment ça qu'il n'y a
pas de projet dans tel coin? Bien, parce que jamais personne ne s'est occupé de
se donner les moyens, puis la caisse ne le veut pas, puis, en ce moment, c'est
ça, si la caisse ne peut pas ou ne veut pas, on n'a pas de moyen de le faire.
C'est ça qui n'a pas de bon sens pour nous. Parce que la caisse n'a pas de
mission de service public de la même façon que le gouvernement, bien que ce soit
une très bonne chose.
Mon collègue de Nelligan... Ici, je le dis
souvent, le REM est en train de se faire, sauf que, dans la vraie vie, la
caisse ne peut pas faire tous les projets du Québec, et il faut qu'on puisse en
faire aussi. Il faut qu'on puisse les contrôler
nous-mêmes, au gouvernement, et c'est ces moyens-là qu'on se donne. C'est
au-delà de notre petite personne, c'est au-delà de la députée de
Louis-Hébert, c'est au-delà de la CAQ. C'est les moyens, pour le Québec, de
prendre le contrôle du destin du transport collectif chez nous.
M. Arseneau : Mais en fait je vois
qu'on a... on a chacun notre façon... Parce qu'il y a la poule et l'oeuf, je ne sais pas qui est la poule, qui est l'oeuf, mais
il y a une question d'organisation, et actuellement on essaie de se projeter
dans l'avenir en disant : Si j'ai un
ministère des Transports qui compte, selon... au dernier décompte, plus de
8 000 personnes, 8 000 employés, ces gens-là ne sont pas
mobilisés ou démobilisés, donc remerciés, réembauchés, et tout ça, au gré des projets d'infrastructure puis de la
gestion du réseau, et tout ça. Il y a une équipe qui est relativement
stable, j'imagine, là, en tout cas, aux alentours de plusieurs milliers de
personnes.
Là,
on crée une nouvelle entité, puis ce qu'on veut tout simplement savoir,
c'est : Si on se projette dans l'avenir, est-ce que ça va suivre le modèle
actuel qui est celui de constituer un bureau de projet, réaliser un projet et
faire disparaître le bureau de projet puisque sa mission est accomplie? Est-ce
que ça va être ça ou ça va être une portion
annexe au ministère des Transports, qui a ses ressources permanentes annuelles
et... pour des dizaines d'années, qui
vont développer une infrastructure et qui vont devoir réaliser l'ensemble des
projets? Si tel est le cas, ils compteront sûrement des centaines de
personnes, puisqu'il y a des centaines de personnes déjà mobilisées sur des
projets très sectoriels. Sinon, c'est une équipe restreinte avec des
travailleurs, disons, temporaires, pour une période d'un an, deux ans,
10 ans, et ensuite qui ont terminé leur mandat.
Vous comprenez...
Est-ce que vous comprenez le fondement de la question à l'heure actuelle?
C'est-à-dire que, s'il y a des projets, il y a du travail, s'il n'y a pas de
projet... Puis, comme la ministre le dit souvent : Il n'y a pas d'argent,
il n'y a pas de projet. S'il n'y a pas de projet, est-ce qu'on paie des
employés pour travailler sur des projets qui
n'existent pas ou pour lesquels on n'a pas d'argent? La question me semble
légitime, parce qu'on nous dit qu'il y aura 40 à 50 personnes puis
on dit que le 400, ça a été évoqué, mais on ne sait pas. Moi, j'essaie juste
d'imaginer. Est-ce qu'on va créer une agence
qui va être dotée d'un personnel régulier, compétent, expert de
50 personnes ou de 500 à 1 000 personnes, et qui vont
travailler en continu sur une multitude de projets, et qui vont être... qui
vont suffire à la demande pour réaliser tous ces projets-là en parallèle? Parce
que, selon la ministre, ils vont travailler sur un projet et sur un autre, ce
qui nous permettrait d'avoir des gains de productivité, j'imagine.
Mme
Guilbault : Oui, bien, c'est... Bien oui,
il va y avoir différents bureaux de projets. L'agence, même, des fois, je l'ai déjà dit, il faut la voir comme
une espèce de supra-bureau de projet où, là, il va y avoir, oui, des bureaux
de projets, dans le sens... il va y avoir des équipes attitrées à des projets,
mais le volume... le volume et la teneur du travail vont être tributaires des
mandats qui lui sont confiés. Mais ça va être comme une espèce de supra-bureau
de projet du gouvernement au lieu d'en financer à gauche, à droite, partout.
Et, oui, ça permet de...
Puis là ma collègue
me dit... En tout cas. Parce qu'il va y avoir un CA aussi. Évidemment, on n'en
a pas parlé, mais on va y arriver dans des
articles plus loin. Donc, vous voyez : «Le conseil d'administration doit,
en outre des comités qu'il doit
constituer en vertu de la Loi sur la gouvernance des sociétés d'État,
constituer un comité de gestion du portefeuille des projets complexes de
transport qui exerce notamment les fonctions suivantes :
«1° effectuer le
suivi des activités des différents bureaux de projet;
«2° gérer le
portefeuille des projets pour optimiser la gestion de ceux-ci.»
Donc, on est en plein
là-dedans, là. Ça, c'est l'article 18, si mon collègue veut s'y référer.
Donc, ça, c'est... Ça, c'est un mandat qui
incombe au CA. Mais je parlais du PDG. Donc, évidemment, le PDG et le CA
travaillent de près, et la constitution des équipes, parce qu'on part de
zéro, donc, la constitution des équipes, la constitution de l'effectif va se
faire en fonction des besoins, et donc des projets qui sont confiés. Mais, tu
sais, après ça, c'est que, là...
Tu
sais, vous voyez... Imagine... Moi, malheureusement, j'ai l'impression qu'à
l'automne 2026 ce ne sera plus moi, la ministre des Transports, ou
peut-être que je le serai encore, je ne sais pas, mais les gens changent, tu
sais. Éventuellement, ce ne sera plus nous, les députés de nos... Les choses
changent. Mais donc les différents mandats qui vont être attribués au fil du
temps... On ne le sait pas, dans 20 ans, qui sera au gouvernement, puis on sera
rendus où dans les mandats, parce que ça
prend du temps, faire des projets de transport collectif, là. Tu sais, ça peut
prendre 10 ans, faire le... Ça va
prendre combien de temps faire le REM? Bon, en tout cas, peut-être autour de 10
ans, tu sais, au minimum.
Alors, il va y avoir
non seulement différents mandats qui vont être attribués, mais fort
probablement aussi du chevauchement. Tu sais, si on donne un mandat, mettons, x
dans le temps pour prévoir un projet dans l'est puis sur les couronnes nord, qui va être phasé sur un
certain nombre d'années, puis éventuellement, après ça, on donne un mandat, par
exemple, sur la Rive-Sud, donc, un nouveau bureau de projet, bien, en même
temps, tout ça est chapeauté par la même entité, ce qui est, quant à
moi, beaucoup plus efficace. Puis je disais : Regardez, avec le CA, le
comité des suivis des différents bureaux de projets, c'est pas mal plus
efficace de centraliser ça puis de faire le suivi au sein même du CA de
Mobilité Infra Québec, qui relève du gouvernement, que d'avoir toutes sortes de
structures dans les différents bureaux de projets ou dans les différentes
sociétés de transport aux municipalités, selon...
M. Arseneau :
J'ai une dernière...
Mme
Guilbault : ...ou à la caisse, des fois.
M. Arseneau :
Bien, j'ai une dernière question, justement, sur la Caisse de dépôt et
placement... enfin, CDPQ Infra. Quand on dit... Et, la ministre l'a mentionné à
plusieurs reprises, on ne peut pas se fier uniquement à CDPQ Infra pour
réaliser les projets de mobilité ou les projets complexes qu'on... qu'on
souhaite réaliser au cours des prochaines
années. Est-ce que, justement, son impératif de rendement... Est-ce que son
modèle d'affaires intervient dans la réflexion gouvernementale? Parce
que vous n'êtes pas sans savoir que, même si le projet qui a été réalisé à
Montréal, le REM de l'Ouest... Même s'il a été réalisé, donc, dans un délai
quand même assez court, aujourd'hui, les critiques sont nombreuses sur le
modèle d'affaires, qui a pour effet de drainer une part importante, certains
disent une part trop importante, des revenus
des usagers et qui, essentiellement, là, rend difficile, justement, l'équilibre
financier pour offrir les services des autres sociétés de transport qui
existent déjà et coexistent, en fait, avec le REM. Est-ce que ça, ça a pesé
dans la balance, la question d'exigence de rentabilité de CDPQ Infra, dont on
imagine bien que l'agence Mobilité Infra Québec soit... soit dépourvue ou soit
libérée, n'aura pas à rendre ça rentable et drainer tous les revenus du RTC,
par exemple, si on crée un tramway ici, si c'était le cas de l'agence, ici,
Infra Québec... Mobilité Infra Québec?
Mme
Guilbault : Oui, bien, il y a différents
niveaux, là, à la question, parce que, dans le... dans le... pour le REM, la
caisse fait l'exploitation, ce qui ne sera pas le cas dans le tramway et ce qui
ne sera pas le cas de Mobilité Infra Québec non plus. Mobilité Infra Québec ne
fera pas l'exploitation des réseaux, des systèmes. Alors, déjà, c'est très
différent, là, parce que ce à quoi fait référence mon collègue, c'est un peu
l'exclusivité de...
M. Arseneau : C'est l'exploitation,
oui.
• (17 h 30) •
Mme Guilbault : Bien, c'est ça, c'est l'exploitation. Donc, c'est un modèle
qui a été développé pour le REM, mais qui ne sera pas reproduit dans le
reste... En tout cas. Bon, enfin, c'est parce que, là, je parle pour eux, là. Je ne le sais pas, peut-être que la caisse, un
jour, refera un projet, puis ils referont de l'exploitation, mais actuellement
ce n'est pas ça qui est regardé, puis Mobilité Infra Québec non plus ne fera
pas d'exploitation. Donc, c'est très, très différent.
On va redonner l'exploitation à la société de transport, vraisemblablement.
Alors, les revenus vont lui revenir, puis elle va gérer l'exploitation.
Alors, c'est très différent.
M.
Arseneau : Et c'est vraisemblablement la raison pour laquelle
CDPQ Infra s'est retirée de plusieurs projets, parce qu'elle ne pouvait
pas être l'opérateur et aller chercher un rendement. C'est ce qu'on comprend.
Mme Guilbault : Bien, c'est sûr. Ça aussi, je l'ai dit tout à l'heure. Tu
sais, la caisse a une mission double, oui,
participer au développement du Québec, mais, en
même temps, elle doit rentabiliser...
tu sais, elle doit... elle doit vivre avec
ses déposants puis elle doit aussi avoir son... atteindre ses objectifs de
rendement. Donc... Mais, en même temps, vous voyez, elle va faire le
projet de tramway de Québec avec nous.
Tu sais, ce que je veux dire, c'est que, dans la
vie, il y a toujours moyen de s'arranger, quand tu veux vraiment faire quelque
chose, puis de trouver des ententes, tu sais. Comme là, on est en train de
finaliser une lettre mandat pour la caisse. Éventuellement, on devrait en
arriver à une entente. Ce ne sera pas la même chose que le REM, parce que, de toute façon, comme je l'ai dit,
ce n'est pas eux qui vont l'exploiter. Puis, un jour, peut-être, on refera
un autre projet avec la caisse, là. Je ne le sais pas. Tu sais, ce n'est pas
exclu. Mais, pour moi, ce n'est pas incompatible, mais c'est sûr que...
c'est-à-dire, ce n'est pas incompatible, le fait que la caisse ait des
impératifs de rendement qui sont légitimes, parce qu'on veut que... on veut que
les fonds fructifient, ce n'est pas incompatible avec le fait de faire des
projets au Québec, pas du tout, mais ce n'est pas la même mission de service
public que le gouvernement. Alors, de dépendre systématiquement d'eux, je ne
pense pas que c'est réaliste à long terme au... pour le transport collectif au
Québec.
La Présidente (Mme Maccarone) : Il
vous reste 20 secondes.
M.
Arseneau : 20 secondes. Donc, CDPQ Infra,
dans la négociation, qui, j'espère, va se conclure cette semaine, il est
exclu qu'il soit l'opérateur du réseau de tramway ici, à Québec.
Mme Guilbault : Bien, c'est-à-dire que... Là, il faut bien... Je vais juste
peut-être faire le point là-dessus, parce que, peut-être, les gens... Ce qu'on
est en train de finaliser, c'est la lettre mandat, parce qu'on doit donner une
lettre mandat à Mobilité... à CDPQ Infra pour qu'ils puissent poursuivre le
mandat, et éventuellement aussi on aura à convenir d'une entente. Mais là, pour
l'instant, ce qu'il faut, c'est une lettre mandat pour qu'ils puissent
poursuivre le travail officiellement. Donc, c'est... c'est ça qu'on fait.
Et c'était quoi, donc... Non, l'exploitation,
non, c'est ça, ils ne seront pas... ils ne seront pas... ce n'est pas eux qui
vont faire l'exploitation du tramway.
M. Arseneau : Bien. Merci.
La Présidente (Mme Maccarone) : Merci.
M. le député de Nelligan.
M. Derraji : ...je viens d'avoir de
bonnes nouvelles... de bonnes nouvelles... désolé, je ne vais qualifier de bonnes ou mauvaises, des nouvelles, la ministre ne
souhaite pas être la ministre du Transport en 2026. Et, l'autre nouvelle,
lettre de mandat et pas de contrat... Ça veut dire quoi, lettre mandat? Parce
que la caisse et la ville de Québec veulent une
entente intérimaire. Ça veut dire, ils veulent commencer à voir le début de
quelque chose. C'est quoi, la différence? Si vous pouvez élaborer...
Mme Guilbault : Bien, premièrement, il y a une élection à
l'automne 2026. C'est les élections à date fixe. Ce n'est pas moi qui l'ai
décidé, mais je suis... je vais vivre avec ça, comme l'ensemble de mes collègues,
du moins ceux qui se présenteront en 2026. Mais j'ai aussi ajouté :
Peut-être, ce sera moi encore après. Si jamais j'ai été réélue et que j'aurais la chance d'assumer ces fonctions
extraordinaires, bien qu'une charge de travail importante, ça me fera plaisir.
Puis la lettre mandat, bien, écoutez, c'est...
c'est ça, c'est comme ça, c'est comme celle que je leur avais donnée en
novembre dernier pour leur donner officiellement le mandat de se pencher sur
l'étude de mobilité dans la CMQ. Et là il
faut... Et là c'est comme si ce mandat-là est complété. Donc, en vertu de
l'entente-cadre que le Parti libéral
a élaborée avec eux, il faut...
M. Derraji : Une
très bonne entente-cadre.
Mme Guilbault : Très bonne. Moi, je l'ai dit souvent, je vais toujours le
dire, la CDPQ Infra, ça a été une bonne
chose, le REM, c'est une bonne chose. Le problème à l'usage, puis c'est ça que
je disais au collègue des Îles-de-la-Madeleine,
c'est qu'à mesure qu'on a tenté de reproduire systématiquement le REM partout
avec la caisse partout, on a rencontré des
défis qui étaient différents du REM d'origine, et là force est de constater
qu'il faut se donner nos propres moyens, ce qui n'enlève absolument rien
à la caisse, raison pour laquelle, d'ailleurs, on fait le tramway avec eux.
Donc, alors, c'est ça.
Alors là, ça prend une nouvelle lettre mandat
officielle dans laquelle on convient quand même de certains éléments et dont on
convient de certains paramètres, mais il y aura aussi une autre entente à faire
en parallèle de ça. Mais l'important, là, à court terme, c'est de finaliser la
lettre... la lettre de mandat.
M. Derraji : Donc, si j'ai bien compris,
parce que j'ai entendu vos réponses à mon collègue le député des Îles-de-la-Madeleine,
Montréal, c'est presque réglé, l'Outaouais, ils vont faire ce qu'ils veulent,
Québec, c'est presque réglé. Vous, ce qui
vous préoccupe, c'est vraiment sur la Rive-Sud, notamment Longueuil,
le PSE, plan structurant de l'Est. Est-ce qu'il y a un autre projet qui
préoccupe... qui vous préoccupe?
Mme Guilbault : Bien, le tramway de Québec. Je l'ai dit, là, on est sur la
phase I, mais il y aura d'autres phases un jour.
M. Derraji : Excellent. Donc...
Mme Guilbault : C'est pour ça que je dis qu'il faut voir au-delà de nous.
Tu sais, nous, on ne sera pas là éternellement, malheureusement.
M. Derraji : Oui, oui... Oui, oui,
moi non plus.
Mme Guilbault : Et j'ai parlé de l'Estrie aussi.
M. Derraji : Oui. Donc, on parle de
quatre... quatre projets. Et vous, vous avez dit : Écoute, avec la caisse,
qui font d'excellentes choses... Et ils sont là pour faire des profits. Je le
dis, moi. C'est un... Ce n'est pas un OBNL, et
je ne veux surtout pas que la caisse devienne un OBNL. La caisse doit faire de
l'argent, parce que c'est le bas de laine des Québécoises et des Québécois. C'est très, très important. Mais vous,
vous dites : Écoutez, ce n'est pas leur mission, développer le
transport.
D'ailleurs, je vous dis, je vous remercie, parce
que, depuis le début, vous ne parlez que du transport. Ça me rassure. Ça me rassure par rapport à la mission de
l'agence. Je pense qu'on avance très, très bien, parce qu'on ne parle que
du transport collectif. Moi, je note vraiment une avancée, parce qu'au début on
parlait d'autres choses que le transport collectif. Depuis le début, vous ne
parlez que des projets de transport collectif, chose que... C'est une très bonne chose déjà qu'on est dans un entonnoir,
qu'on ne parle qu'uniquement le transport collectif. Ça a été... ça a été
soulevé par pas mal de groupes. Ça, je le note. C'est très... c'est très
bien. On chemine.
Mais le problème que je vois, Mme la ministre,
par rapport à l'agence, c'est que, si vous dites que vous voulez réaliser une
économie d'échelle, que vous voulez regrouper les experts — c'est
vos propos, vous pouvez me corriger si ce que je rapporte n'est pas vrai, je
n'ai aucun problème à accepter la critique — que... vous dites qu'il y a
manque d'experts et que vous voulez les regrouper, surtout les experts en
mobilité durable, bien, vous... vous ne pensez pas qu'on va avoir deux poids,
deux mesures, des sociétés de transport qui, eux, vont continuer à travailler
avec leurs bureaux de projets... Et vous l'avez très bien dit, il y a des
projets que ça prend beaucoup de temps, ça prend des années. L'exemple de l'Outaouais,
que j'ai... que j'ai eu l'occasion de rencontrer, eux, ils ont leurs défis.
Bien, eux, c'est clair. Ils ont beaucoup de défis, et le fédéral, je tiens à le
dire, est responsable de l'autre côté. Donc, il y a pas mal de défis, mais ils
ne m'ont pas dit qu'ils ont un problème d'expertise. Ils ne m'ont pas dit qu'il
leur manque... ils sont allés chercher des gens de l'extérieur.
Et, tout à l'heure, vous avez dit une chose
importante : Les projets n'avancent pas. Mais, à mon avis, les projets
n'avancent pas, c'est parce qu'il n'y a pas de financement. Même si demain on a
une agence, sérieusement, est-ce que vous allez payer le REM de Chambly, le REM
de Longueuil, le REM tel que demandé dans le PSE, le REM de Québec? Tout le
monde veut des REM. Tout le monde veut des projets de mobilité durable.
Écoutez, on vit sur une pression d'un déficit. Vous avez dit vous-même qu'on
n'a plus d'argent. Vous avez applaudi une décision d'une compagnie privée pour
amener les travailleurs d'un site à un site. Moi, je suis juste votre logique.
Donc, même si on crée demain l'agence, on a... il n'y a aucune garantie qu'on va
accélérer les projets. Et je cherche la plus-value de regrouper les bureaux de
projets. On ne va pas tous regrouper les bureaux de projets.
Et la... Mon collègue le député des Îles vous a
posé l'autre question : Comment on va ramener ce capital humain? Ce n'est pas uniquement le salaire. Et là
est-ce qu'on va se ramasser avec une société d'État qui va concurrencer
les agences de transport à les faire vider de leurs experts? Parce que vous
avez dit qu'au sein du ministère il n'y a pas d'expert en mobilité durable. Ça
veut dire que vous allez créer une agence qui va aller chercher l'ensemble des experts dans l'ensemble des bureaux de projets.
Désolé si j'ai été long, mais je veux juste comprendre votre vision, parce
que ça va faciliter la tâche pour la suite.
Mme
Guilbault : Oui. Bien, au début, là...
Parce que je veux juste placer le fait que c'est sûr que moi, je reste dans la
salle en permanence, alors je répète. Il y a des choses... On me pose des
questions pour lesquelles j'ai donné déjà des réponses très, très détaillées à
plus d'une reprise déjà, là.
Et là mon collègue m'a amenée sur le fait qu'on
parle juste de transport collectif, c'est une bonne chose, insinuant que ce
sera un éventuel débat sur la mission de l'agence, de la cantonner dans des
projets de transport collectif. Je veux juste souligner que j'ai déjà expliqué
ça de long en large au député de Taschereau, et par la suite, généreusement,
j'ai refait l'exposé pour le député des Îles-de-la-Madeleine. Et là, une
troisième fois, je dois le faire pour le
député de Nelligan. Ça fait que peut-être... Tu sais, tout ça est
télédiffusé. Alors, peut-être essayer de suivre en direct.
M. Derraji : ...aucun... aucun
problème. Si vous l'avez dit, je vais aller lire la transcription. Non, non, je
veux faciliter la tâche. Parce qu'elle est très habile, souligner mon absence.
J'avais une urgence. Aucun problème, Mme la Présidente.
La Présidente (Mme Maccarone) : ...
M. Derraji : Non, non, mais ce n'est
pas grave, ce n'est pas grave.
La Présidente (Mme Maccarone) : Ce
n'est pas ça qu'elle a fait.
M. Derraji : Je vais aller lire la
transcription. Pas grave.
Mme Guilbault :
Je n'ai jamais fait ça.
La Présidente (Mme Maccarone) : Ce
n'est pas ça qu'elle a fait.
M. Derraji : Non, ce n'est pas
grave. Je vais aller lire la transcription.
• (17 h 40) •
Mme Guilbault : Non, mais le problème de ça, c'est que, moi, ça m'oblige,
au micro, à expliquer pourquoi... soit de réexpliquer une troisième fois soit
expliquer pourquoi je ne le réexpliquerai pas une troisième fois parce que je
l'ai déjà fait deux autres fois. Alors, tu sais, moi, c'est correct, là, chacun
a sa fougère à gérer, sauf qu'il faudra peut-être trouver une manière ou que
quelqu'un suive les débats puis tienne les gens informés, là.
Mais je vais quand même le redire parce que
c'est important, parce qu'on va y arriver avant longtemps... bien, avant longtemps, peut-être pas, mais, en
tout cas, on va y arriver un jour, à l'article 4, la mission, parce que
ça, c'est revenu beaucoup. Et, pour
moi, c'est un faux débat, mais je vais quand même prendre le temps, pour la
troisième fois, de l'expliquer. Puis, en plus, ça... Parce que le député
de Nelligan va comprendre, en plus, l'exemple que j'utilise depuis tout à
l'heure, parce que c'est... il en a fait partie.
Moi, je trouve que c'est sain, dans un projet de
loi et comme législateur, de donner, dans... dans une loi, une marge de
manoeuvre au gouvernement pour... surtout pour des éléments aussi importants
qu'une mission ou pour des moyens qu'on se donne.
Et donc je donnais l'exemple du dernier projet de loi qu'on a fait ensemble, le
projet de loi n° 48 sur la sécurité routière, où souvent on
cherchait à nous limiter ou à nous cantonner dans des libellés où on allait
cibler certains choix. Je pense beaucoup à des technologies, le BusPatrouille,
entre autres, dont on a beaucoup parlé. Puis c'est le Parti libéral qui parlait
de ça puis qui voulait s'assurer qu'on met le BusPatrouille puis qu'on allait
pouvoir utiliser telle chose et telle chose. Et finalement on a... on a fini
par convenir tous ensemble, puis ils ont été d'accord, puis ils ont déposé
l'amendement, puis tout le monde a convenu : Mieux vaut être plus large,
mais s'assurer que le BusPatrouille, que telle autre chose, la caméra, le ci,
le ça, pourraient être utilisés, tu sais. Puis on s'est assurés que le vidéo,
puis tout ça, pourrait être utilisé. Et là on a eu un libellé plus large où,
après ça, au-delà de nous, là, parce qu'un jour il va y avoir des gens après
nous qui vont exercer ces fonctions-là, qui vont utiliser ces lois-là pour se
gouverner... et qu'ils puissent avoir la possibilité de faire des choses
autrement sans, à chaque fois, revenir modifier des lois puis s'asseoir ici
pendant des heures ou modifier des règlements, même si on ne vient pas
s'asseoir ici. Il y a... il y a une bureaucratie autour de ça, et c'est lourd.
Alors, moi, je pense et je transpose cette
même... ce même souhait là d'avoir un libellé qui soit non pas trop large, où
ça devient un peu n'importe quoi, mais suffisamment large pour qu'on puisse
donner à Mobilité Infra Québec la possibilité de, oui, faire des projets de
transport collectif complexes, parce que c'est pour ça qu'on le crée à
l'origine. Si on avait... On ne fera pas une agence juste pour faire du routier.
On en fait déjà dans le ministère. Donc... Mais pourquoi... pourquoi prescrire
le transport collectif à tout prix ou proscrire tout autre projet de transport complexe? Parce que c'est «projets de transport
complexes», le... qui est prévu dans la mission. Moi, je ne vois aucune
plus-value à ça. Au contraire, je vois juste de se restreindre pour se
restreindre. Puis, comme je disais à la blague, mais qui n'en est probablement
pas une, à part faire des plaidoyers contre le troisième lien, je ne vois pas ce
que cette volonté-là ou cet éventuel dépôt d'amendement là, dans ce sens-là,
qui pourrait se faire, puis c'est correct, les gens ont le droit de le faire...
Mais, des amendements qui seraient déposés en disant : On veut absolument
limiter la mission au transport collectif, je le dis d'avance, moi, je ne vois
aucune plus-value à ça. Au contraire, je trouve que c'est se priver d'une marge
de manoeuvre qui pourrait être tout à fait saine pour les gens qui suivront.
Sur les bureaux de projets, bien oui, en ce
moment, il y a des bureaux de projets. Il y en a un à la ligne bleue, il y en a
un pour le SRB qui est en train d'être prolongé jusqu'à Notre-Dame puis il y en
a un en Outaouais, mais donc il n'y en a pas pour les
autres, là. On a l'ARTM qui nous a déposé... c'était quelle date... au mois de
mai, en tout cas, qui nous a déposé son
dernier rapport pour le projet dans l'est, mais il n'y a pas de bureau de
projet comme tel. On n'est pas à la réalisation. C'est ça qu'on dit
depuis tout à l'heure, là. C'est ça qu'on... C'est ça, notre problème dans
l'est. On n'a personne pour réaliser le projet. Et il y avait le bureau de
projet de la ville de Québec, mais là qui est entré dans notre nouvelle
structure de gouvernance qu'on est en train de camper puis de formaliser avec
la caisse, avec mon ministère. Éventuellement, quand Mobilité Infra Québec,
sous réserve de l'adoption de la loi, sera créée, on va... on va faire le... ou la transition, en tout cas, mais c'est
déjà... Tu sais, la caisse, et tout ça, on est tous conscients du fait
qu'éventuellement il va y avoir une transition, possiblement, si la loi est
adoptée et qu'on a Mobilité Infra Québec, mais on n'en a pas pour le reste.
Alors, je ne sais pas si j'ai bien compris le...
Mais, tu sais, les sociétés de transport, premièrement, ne sont pas toutes
habilitées en ce moment... bien, toutes habilitées... Je veux dire, c'est...
c'est gros, réaliser des projets de transport collectif. Alors, elles n'ont pas
toute l'expertise ou l'expérience de faire ça. La STM l'a fait, mais sinon le RTL ne l'a pas vraiment fait. Laval, tu sais, oui,
il y a des SRB, des choses comme ça, mais, quand on parle de transport
structurant, mettons, sur rail ou de tramway, bien, c'est ça, donc, sur rail,
ce n'est pas toutes les sociétés de transport qui
ont cette expérience-là, là. Exo... Bien, Exo opère des trains, mais ce n'est
pas eux qui l'ont construit. Et donc c'est ça. Alors, est-ce que j'ai
fait le tour pas mal? En tout cas. Bref... Donc, il y a l'Outaouais.
Tout ça pour dire que... Puis, encore une fois,
je l'ai expliqué, mais je vais le réexpliquer. Pour nous, ça tombe sous le sens
de se doter d'une sorte de supra-bureau de projet qui va relever ultimement du
gouvernement, d'un élu, le ministère... le ministre des Transports, en l'occurrence,
qui va avoir son propre conseil d'administration aussi pour venir surveiller — j'ai
lu tout à l'heure l'article 18, j'invite le collègue de Nelligan à aller
le voir — avec
des comités pour la gestion de projet, la gestion des portefeuilles,
donc, d'avoir une espèce de supra-bureau de projet où le ou la PDG va être capable d'embaucher les meilleures ressources, avec
des possibilités, en termes de culture organisationnelle, en termes
d'attractivité, qui vont lui permettre d'aller chercher, justement, les
ressources ou des ressources qui, peut-être, autrement, n'auraient pas été
intéressées à venir travailler, mais qui pourraient l'être, puis d'organiser
ses bureaux de projets, d'organiser son équipe de manière à ce qu'on soit
agiles puis efficaces, puis proportionnellement
aussi aux mandats qui vont être confiés, parce qu'on se rappelle que la façon
dont ça fonctionne, c'est que le
mandat... le gouvernement va confier des mandats à Mobilité Infra Québec. Donc,
en fonction de l'évolution, de la charge et de la complexité du travail,
les bureaux de projets vont s'organiser.
Puis je disais tout à l'heure : Pour moi,
un ingénieur pourrait éventuellement... Mais c'est parce que, là, tu sais, je
ne veux pas me substituer à l'éventuel gestionnaire de cette organisation-là,
mais pourquoi un ingénieur ne pourrait pas travailler sur plus d'un projet, tu
sais? Mais, en ce moment, un ingénieur qui est sur le bureau de projet de la
STO, il ne travaillera pas sur le bureau de... sur le projet de Sherbrooke ou
sur le projet de l'est de Montréal, tu sais.
C'est évident que non, là. Donc, il y a un éparpillement des ressources qui
nous prive d'un potentiel d'économies d'échelle et d'avoir une ressource
qui peut travailler sur plus d'un projet. Puis, si jamais ce n'est pas le cas,
si jamais les équipes de travail sont
organisées d'une manière où chacun travaille sur son projet, ce sera ça, mais,
de toute façon, en ce moment, c'est déjà ça. Ça fait qu'on n'a rien à
perdre. On a juste quelque... On a juste à gagner.
Et je rappelle que les sociétés de transport, à
l'exception de l'Outaouais, qui voulait s'assurer de pouvoir continuer de gérer son projet... Mais il y a un
article de loi, c'est... 74... en tout cas... 61, 61, qui protège... 60 et
suivants... Les sociétés de transport étaient en faveur, tout comme les
municipalités, de la création de Mobilité Infra Québec, à condition d'être mises à contribution, en
collaboration. Puis ça, comme j'ai dit souvent, c'est... c'est déjà acquis dans
74, je pense, hein?
Une voix : ...
Mme Guilbault : Et
l'article 4 aussi implicitement.
M. Derraji : Bon, premièrement,
merci pour ces réponses. Et je n'ai pas entendu aucune réponse par rapport au financement.
J'ai parlé de... qu'il y a beaucoup de projets sur la table.
Mme Guilbault : C'est vrai. J'ai oublié.
M. Derraji : Non,
ce n'est pas grave. Vous avez très bien répondu dans les deux. Et merci pour
votre générosité à répéter pour la troisième fois. Ce ne sera pas une
quatrième fois. On a bien compris. Mais c'est sûr que vous venez de me donner beaucoup de jus pour des amendements
pour l'article 4. On a tellement de notes, on a tellement de notes,
avec beaucoup de couleurs. C'est très bien.
Vous êtes convaincue de votre agence. C'est le
moment d'avoir des débats. Les débats seront enregistrés. Comme vous l'avez mentionné, je ne serai pas là,
et, probablement, vous aussi, probablement, l'ensemble des collègues.
Donc, ce serait bien de bien faire les choses et que, demain, si le prochain
ministre et les prochains porte-parole des oppositions
vont relire les transcrits, ils vont savoir pourquoi l'agence a été créée. Le
nerf de la guerre, Mme la ministre, le nerf de la guerre...
Vous pouvez parler à haute voix. Comme ça, je
vous écoute, cher député de Masson. D'ailleurs, lui, dans son comté, il attend toujours la bretelle 40-640,
et je ne vais pas le lâcher avec ça. Et, je l'ai mentionné à pas mal de reprises,
c'est un enjeu dans son comté. Il attend la
réponse. Et moi, j'attends une réponse à ma demande d'accès d'information,
que lui a sue. Je vous le dis, je vous le donne comme information. Donc, au
cas...
Une voix : ...
M. Derraji : Oui, oui, toi, tu
attends... tu attends Mobilité Infra, M. le député, c'est très bien. Au moins,
on sait que tu vas avoir la bretelle 40-640. Mais, bon, voilà, ce
serait... ce serait un projet complexe, la bretelle 40-640. Je viens
d'apprendre quelque chose.
Mais, concrètement, Mme la ministre, vous êtes
une femme très pragmatique, et je vous ai vue et entendue parler qu'on n'a plus
d'argent. Vous l'avez très bien dit. D'ailleurs, vous m'avez... Vous avez même
dit et interpelé le gouvernement fédéral. Le gouvernement fédéral a été obligé
de sortir pour dire : Écoutez, le 1,4 milliard pour le tramway de
Québec, il est là. Et moi, je vous ai dit : Écoutez, je suis votre allié,
si le gouvernement fédéral ne paie pas sa
part, s'il y a un combat à mener à aller chercher notre part par rapport au
transport collectif, je le mènerai avec vous, aucun problème.
• (17 h 50) •
Mais qu'on soit clairs avec les Québécoises et
Québécois : Est-ce qu'aujourd'hui... est-ce qu'aujourd'hui, avec tout ce que vous avez sur la table... Moi,
j'ai... j'ai fait un calcul. On est dans plusieurs milliards. J'ai les
19 milliards pour le PSE, j'ai un tramway à Gatineau, j'ai un tramway à
Québec et je dois rajouter, malheureusement, malgré moi, un troisième
lien à Québec. Je ne pense pas que vous allez partir à la prochaine élection.
Je vous ai dit que moi, là... C'est à vous que ça revient, le titre de la
superministre, parce que, ce que vous avez géré avec le troisième lien, aucun autre ministre dans ce gouvernement n'a pu
le gérer. Je vous lève mon chapeau, parce qu'il faut avoir un courage politique
d'expliquer le pourquoi au début, et revenir, et dire : C'est une bonne
chose. Bref, on attend les explications économiques et où il va être, le troisième lien. Quand je fais la somme
de tout cela, on a pour les 10, 15 prochaines années.
La question, encore une fois, qui tue, si je
peux utiliser Pierre-Yves... McSween... je n'arrive pas à le... McSween :
Est-ce qu'on a vraiment besoin d'une agence maintenant, sachant que pour les
projets que vous avez sur votre table, il y
a un enjeu? Ce n'est pas les bureaux de projets. C'est l'argent. Et là vous
savez ce qui risque d'arriver avec le fédéral, l'arrivée d'un Pierre
Poilievre. Tout ça, on doit le calculer. Donc, ça sert à quoi, créer une agence
qui n'a pas... cette agence, qui risque de ne pas avoir les moyens de remplir
sa mission? À moins, si vous me dites : Écoutez, moi, j'arrive à
convaincre la présidente du Conseil du trésor, pour le PQI, je vais tout
inscrire, je vais tout avoir, PSE, tramway à Gatineau, tramway à Lanaudière,
tramway à Québec et troisième lien, parce qu'on l'a promis.
La Présidente (Mme Maccarone) : ...
Mme Guilbault : Bien, écoutez, Mme la... si je suis le raisonnement du
collègue, on devrait juste abdiquer sur tous les projets parce qu'on n'aurait
pas d'argent. Je veux dire, indépendamment de l'agence, c'est des projets qu'il
faut qu'on fasse, mais actuellement les... on n'a... on n'a même pas les moyens
techniques de le faire, le projet de l'est, puis, pour nous, c'est une priorité.
Puis là il m'a parlé de toutes sortes de choses.
En tout cas, je n'ai pas tout noté, mais...
M. Derraji : Je peux répéter, aucun
problème. Il y a quatre projets...
Mme Guilbault : Non, non, non.
M. Derraji : ...il y a quatre projets
sur la table.
Mme Guilbault : Les quatre projets... Oui, oui, je le sais, c'est lesquels.
Bien, il y en a d'autres aussi. C'est parce que moi, j'ai tout mon PQI en tête,
là. Je peux vous dire qu'il y en a d'autres aussi. Mais d'où l'importance... Parce qu'il a parlé du fédéral. Il m'a ouvert la
porte. Ça fait que, là, je vais... Puis là, j'espère, mon député de Taschereau
écoute. Le fédéral, effectivement, met
1,44 milliard sur le tramway de Québec, OK, 1,44 milliard.
Actuellement, le projet, la
phase I, puis seulement la partie tramway, là, entre Le Gendre puis Charlesbourg, pas les bus, pas les SRB, pas rien d'autre, juste le tramway entre Le Gendre, Charlesbourg :
évalué par la caisse à 5,27 milliards. 1,44 milliard sur
5,27 milliards, si je ne m'abuse, ça fait 27,32 %. C'est-tu
ça?
Une voix : ...
Mme Guilbault :
Je vais aller le vérifier, parce que ce n'est peut-être pas ça. Mais, bref,
27,32 %, donc, 27,32 %, le 1,44 milliard. Alors, oui, ils
mettent de l'argent, mais nous, on voudrait 40 %. Parce qu'à l'époque, là,
quand on a commencé le tramway de Québec,
c'est les libéraux qui étaient là, le gouvernement de Philippe Couillard, qui ont commencé ça
avec le précédent maire de Québec. Ça fait que mon collègue se souviendra
peut-être qu'au départ, premièrement, c'était 3 milliards.
M. Derraji : Bien, ça ne coûtait pas
cher.
Mme Guilbault : Bien oui, mais ça ne coûtait pas cher sur le dessin qu'ils
ont fait, là, mais, tu sais, après ça, dans la vraie vie, quand on fait le test
du marché, c'est d'autre chose. Mais, bref, où je veux en venir, c'était sur la
proportion, la répartition, le montage financier. C'était 50 %
gouvernement du Québec, 40 % fédéral, 10 % la ville. On est partis de
ça, et, au fil du temps, l'érosion du 40 % a fini avec 27,32 %
actuellement. Puis là ça, c'est basé sur une évaluation
qui est faite par la caisse en ce moment. Puis c'est tout le temps l'épreuve de
la vraie vie, l'épreuve du marché. Donc, on va voir après, tu sais, les appels
d'offres, puis tout ça, puis on va voir à combien ça va finir, le... J'espère
que ce sera 5,27... j'espère que ce sera moins que 5,27. Mais ce que je veux
dire, c'est que, si jamais c'était plus que ça, la contribution est figée en ce
moment parce qu'il n'y a plus d'argent. On a 1,44 milliard, mais c'est
fini. L'enveloppe, le BI, est finie.
31 mars 2023, il n'y en a plus, d'argent dedans. On a réussi à attacher
l'extrait... l'extrait... l'extra pour la ligne bleue. J'ai reçu, le
18 juillet, la lettre de M. Fraser qui confirmait qu'il allait financer
l'extra du coût pour la ligne bleue pour qu'on puisse enfin passer le dossier
d'affaires au Conseil des ministres, signer notre contrat pour le tunnelier,
qui venait à échéance le 31 juillet. Donc, on a réussi à faire ça en
juillet.
Mais ce que je veux dire, c'est que — puis,
là encore, j'interpelle mon collègue de Taschereau — quand on lit dans les
journaux : On est au rendez-vous, tu sais, on est au rendez-vous sur tel
projet, il faut comprendre, après... après ça, voir ce que ça veut dire
précisément, puis les montants précis, la proportion précise que ça représente,
et, sur les montants qui sont nommés dans
les journaux, les chèques qui sont effectivement rentrés. Tout ça, c'est des
choses différentes dans la vraie vie, là. Ça fait que c'est à ça, moi,
que je veux sensibiliser les collègues. Mais, pour ceux qui ont déjà été au gouvernement, je pense que vous
comprenez que c'est comme ça que ça fonctionne. Ça fait qu'effectivement
1,44 milliard pour le projet de tramway, mais c'est un montant qui est...
ou, en tout cas, du moins, en ce moment, qui semble
figé. Je vais parler au conditionnel. Effectivement, il va y avoir une
élection. On ne sait pas trop, de toute façon, comment les choses vont
tourner.
M. Derraji : Ah! là, voilà, ça,
c'est un danger.
Mme Guilbault :
Mais, au-delà de ça... Mais j'y viens puis je fais le lien. C'est pour ça que,
quand on me parle de ça puis qu'on obsède
juste sur un projet de transport collectif, moi, là, de quoi je parle sans
arrêt? Des besoins en mobilité, les routes aussi. Une des raisons pour
lesquelles l'argent est rare, c'est parce qu'on est pris à financer des
proportions élevées des projets de transport collectif, des immobilisations,
les garages, les ci, les ça, et qu'on est pris pour payer toutes les routes,
parce que les... le fédéral, ça ne les intéresse pas, payer les routes.
Bon, alors, moi,
je ne sais pas ce qui va advenir à la prochaine élection. C'est les gens qui
vont décider. Ils vont élire un
gouvernement. On va travailler avec. On travaille avec les gens en place, nous,
peu importe. Mais, si le gouvernement... pas «si», le gouvernement
fédéral, quel que soit le parti qui le forme, doit s'investir et se réengager
dans le financement de la mobilité. C'est ça que je disais à M. Rodriguez
quand il a été notre ministre vis-à-vis. On avait
la chance d'avoir un ministre québécois, en plus. J'ai dit : Tu le sais,
comment c'est grand, le Québec, comment ce n'est pas réaliste de penser qu'on
va arrêter de payer des routes quand on veut valoriser le territoire, occuper
le territoire, on a 17 régions
administratives, voyons donc, tu sais, on ne peut pas dire : Ce n'est plus
à la mode, les routes, puis, au moins, si tu dis ça, mets des programmes
de transport collectif.
Là, on a un
trou de trois ans dans les programmes de transport collectif puis pas de route.
Ça n'a ni queue ni tête, ni queue ni tête. Peu importe, moi, c'est qui
qui est le parti politique qui forme le gouvernement fédéral, on a besoin d'argent pour payer la mobilité. Alors, qui que ce
soit qui va former le gouvernement à la prochaine élection fédérale,
j'espère qu'ils vont se réengager dans la mobilité. S'ils veulent payer des
routes, bien, ils paieront des routes. S'ils veulent payer du transport
collectif, ils paieront du transport collectif. S'ils veulent payer de
l'aérien, ils paieront de l'aérien. On a
besoin d'argent dans la... Le maritime, il y avait le fonds national des
chantiers, le FNCC. Tu sais, il y a beaucoup de besoins en mobilité. La
mobilité, ce n'est pas juste le transport collectif, ce n'est pas juste les
routes, ce n'est pas juste les trains, ce
n'est pas juste les bateaux, ce n'est pas juste les avions, c'est l'ensemble de
tout ça. Alors... alors, c'est ça.
Donc, je tiens pour acquis que, le moment venu, le collègue sera là pour venir
réitérer les besoins en mobilité du Québec.
M. Derraji : Oui, je vais être
là avec plaisir, mais, quand j'ai un premier ministre qui appelle à défaire un
gouvernement libéral parce qu'il pense que c'est mieux avec Poilievre, je me
demande : Est-ce qu'il vous a parlé avant de faire cette sortie? Parce qu'il
met en jeu même le 1,4 milliard. Le 1,4 milliard, là, si on ne
l'utilise pas, vous avez vu ce qu'il a dit, Poilievre, par rapport à l'avenir
du tramway à Québec. Donc, on a bien beau maintenant parler de la création de
l'agence, il y a un risque sur le montage financier, je vous l'accorde, parce
que ça a été 40 %, c'est devenu 27 %, selon votre calcul, mais, demain, ça
risque d'être zéro. Il y a un risque. C'est malheureusement... Ça risque d'être
le cas. Mais j'ai en face de moi... Le jour où j'ai vu la déclaration du
premier ministre, je me suis dit juste : Est-ce qu'il vous a consultée
avant demander... de demander au Bloc de faire tomber le gouvernement libéral?
J'aurais aimé le voir aussi se lever et rassurer la population par rapport à
l'avenir du financement du tramway.
Donc, je sais
que le projet de loi, ce n'est pas sur l'élection fédérale, mais c'est des
décisions, malheureusement, qui risquent de nous coûter cher. Et, quand
je reviens à la mission de l'agence, ce qui me préoccupe, et je l'ai exprimé, Mme la ministre, pas une fois, pas deux,
c'est que j'ai des inquiétudes sur... Et je ne... je ne dis pas aujourd'hui
que vous n'avez pas de vision par rapport à Mobilité Infra, mais, avant vous,
il y a des gens qui ont essayé. Ils ont vu que...
Ils ont lâché prise parce que le contexte économique n'était pas bon, n'était
pas favorable. Mais j'essaie, avec ce début,
parce que, là, on va voir beaucoup d'articles... d'articles techniques, de...
juste de comprendre l'urgence de l'agence maintenant.
• (18 heures) •
Mais vous
avez pas mal parlé, vous avez pas mal expliqué votre point, mais, sérieusement,
en date d'aujourd'hui, maintenant, je ne suis pas encore convaincu qu'en 2024,
maintenant, ça nous prend une agence pour régler les problèmes de
transport qu'on a. Vous avez raison de dire qu'il manque d'experts, bureaux de
projets, mais moi, je suis un gars qui pense aussi aux
finances publiques et je sais qu'on s'en va probablement vers un nouveau cycle
au fédéral. Vous savez c'est quoi, le cycle. Vous... vous vivez votre cycle
aussi avec la CAQ, avec deux mandats majoritaires. On risque d'aller sur un nouveau cycle où on sait très bien que le prochain
parti fédéral, lui, il pense autrement par rapport à tout ce qui est
mobilité, transport, mais même finances publiques.
Donc, si d'emblée je sais que je vais avoir un
problème, un casse-tête avec le fédéral sur le financement, je sais que mes
finances publiques sont très serrées au Québec, on peut avoir la vision, vous
avez raison de dire «la vision», mais, cette vision, vous pouvez l'avoir même à
l'intérieur du ministère. Moi, c'est ça, c'est le timing que je questionne. Ça,
les gens vont le voir un jour. Je ne serai pas là. Juste, ça va rester dans les
archives de l'Assemblée que le timing, le... Ce moment de penser à une nouvelle
agence, c'est ça que je questionne, Mme la ministre.
Et je reste
quand même très prudent par rapport à ce que l'élection fédérale risque de nous
ramener et j'espère qu'on ne va pas perdre le 1,4 milliard, même si
c'est peu, vous avez raison de le dire. 27 %, ce n'est pas ce qui a été
promis au début, 40 %. Et ce sont les contribuables québécois qui se
ramassent à payer cette facture.
Mais, encore une fois, ça fait six ans, on a
retardé le tramway. Je ne veux pas refaire la genèse du tramway,
version 1, version 2, on le fait, on ne le fait pas, tracé n° 1, le tracé actuel, la caisse, le
bureau de projet de la ville de Québec, je ne veux pas refaire, mais je veux
juste revenir, et merci de me le rappeler, Mme la Présidente, je veux juste
aujourd'hui lever le drapeau par rapport au financement. On peut rêver d'une
agence. On va mettre beaucoup d'experts à l'intérieur. D'ailleurs, on a fait
beaucoup de motions préliminaires pour entendre ces experts. Je n'ai pas encore
vu une plus-value qu'en regroupant ces experts les choses vont aller vite, et
on va réussir à atteindre l'objectif escompté, à savoir qu'on va avoir des gens
autour de la table qui vont gérer les gros... les projets complexes, parce que
le nerf de la guerre... Même si on veut tout faire, on a un budget où on a
d'autres priorités, qui sont la santé et l'éducation.
Le transport, c'est très important, mais, au bout de la ligne, sur quel horizon
on va atteindre nos objectifs? Voilà, j'ai fait le tour de la question,
Mme la Présidente.
La Présidente (Mme Maccarone) :
Merci. Mme la ministre.
Mme Guilbault :
Oui, bien, écoutez, je suis assez ahurie, là, d'entendre le collègue qui me
dit : Je ne suis pas convaincu de la nécessité, pourquoi on ne le fait pas
dans le ministère? Bien, je lui rappelle qu'il y a neuf ans son propre
gouvernement, de son propre parti, a exactement évité de le faire dans le
ministère en créant une filiale à la Caisse de dépôt. Donc, j'ai envie de lui
dire : Il pourrait peut-être poser la question à ses collègues qui étaient
là à l'époque puis qui sont encore là. Pourquoi, à l'époque, ils n'ont pas fait
ça dans le ministère, le REM? Tu sais, moi, j'émets l'hypothèse de l'extérieur.
Je n'étais pas dans le gouvernement libéral à ce moment-là. Mais il y a une
raison pour laquelle ils ne l'ont pas fait dans le ministère, le REM. Ça fait
que peut-être qu'il peut demander à ses collègues,
parce que j'ai l'impression qu'à l'époque les gens étaient conscients que ça
n'aurait pas fonctionné, tout simplement. Mais ça, encore là, c'est une
hypothèse.
Mais, pour moi, c'est une évidence qu'on ne serait
pas rendus où on est dans la mise en service du REM si on n'avait pas procédé
de la façon dont on a procédé à l'époque et... mais qui consistait,
essentiellement, à contourner le problème, dans le sens où, oui, ça a été
efficace, la filiale, puis ça a bien fonctionné pour le REM, mais, on l'a
exemplifié tout à l'heure, là, le projet de l'est, finalement, ils se sont
retirés, le projet de la Rive-Sud, ils se sont
retirés. Là, c'est parfait, on les retrouve pour le projet de Québec, mais ce
n'est pas viable de penser qu'éternellement le Québec va dépendre de la
Caisse de dépôt.
Alors, à sa question, pourquoi ne pas le faire
dans le ministère... De toute façon, ça, c'est une autre affaire que j'ai
répétée souvent au début, là. On veut une nouvelle culture. On veut essayer
autre chose. On veut sortir de la façon dont
c'est organisé ou de la culture organisationnelle de la fonction publique. Moi,
ça, je l'ai déjà dit abondamment au début. Mais le Parti libéral
lui-même a fait le même choix à son époque. Alors, c'est cohérent.
Il me
dit : Pourquoi l'urgence d'une agence? Il n'y a pas d'argent, et tout ça.
Mais, encore là, Mme la Présidente, moi, je suis toujours étonnée de
voir la quantité de temps et de paroles qu'on peut entendre de la part des
partis d'opposition qui dénoncent des problèmes puis qui disent : Pourquoi
telle chose ne se fait pas, à quand, telle affaire, qu'est-ce qu'on va faire,
ta, ta, ta?, mais après ça, puis là je prends cet exemple-là : Quelle est
l'urgence de faire une agence? Combien de fois... En fait, les seules fois, je
pense, où on me pose des questions, ou presque, au salon bleu, c'est pour me parler du transport collectif puis
me demander : Qu'est-ce qu'on va faire pour faire du transport collectif,
on en est où, comment on va faire pour faire avancer les projets? Et là,
aujourd'hui, on arrive avec la proposition d'une solution. Puis moi, je
réponds. Je dis : Bien, parce qu'à l'époque le Parti québécois a essayé,
il n'a pas réussi, le Parti libéral a
contourné le problème en termes de moyens, puis, en termes d'investissement,
bien là, évidemment, là, je n'ai pas mon tableau, mais je pense que tout
le monde le sait par coeur, là, on n'a jamais eu autant d'argent en transport collectif qu'avec la CAQ. Ça, je pense
que c'est réglé. Mais, pour les moyens, il reste que, là, en ce moment,
on manque de moyens, de capacité de réalisation.
Donc là, aujourd'hui, après presque deux ans,
moi, que... ça va faire deux ans le 20 octobre que les quelques fois qu'on
me questionne, c'est toujours sur le transport collectif, c'est quoi, ça va
être quoi, le bilan de la CAQ, quels projets que vous allez faire, et tout ça,
et que moi, je dis : Bien, justement, regardez, j'ai le projet de loi pour
qu'on puisse avoir une meilleure capacité de réalisation, et là, après avoir
posé toutes ces questions-là puis, à toutes les semaines, revenir avec les
mêmes affaires, nous dire : Je ne vois pas l'urgence d'être capable de
faire du transport collectif, je trouve ça complètement ahurissant, Mme la
Présidente, là. Et même que, si je ne faisais pas ça, on continuerait de me
demander : Qu'est-ce que vous allez faire pour être capable de faire du
transport collectif? Et, si j'abandonnais mon projet de loi, parce que je dis,
bon : Tant pis, ce n'est pas si nécessaire que ça, au salon bleu, ils viendraient me dire :
Ça n'a pas de bon sens, Mme la Présidente, on avait la possibilité, enfin, de
se donner des moyens, et la ministre l'a abandonnée.
Ça fait que c'est tellement, des fois... J'ai
un terme en tête, mais je ne pense pas que je peux l'utiliser ici. Mais c'est
tellement... c'est tellement contradictoire puis fluctuant au fil des articles
de journaux, des humeurs, de l'actualité. On
ne peut pas gouverner comme ça. Quand on est au gouvernement, Mme la
Présidente, il faut regarder, là. Moi, je suis arrivée il y a deux ans.
On fait des constats, on pose des diagnostics sur des problèmes, et ensuite de
ça on propose des solutions réalistes. Et c'est exactement ça qu'on fait
aujourd'hui.
Ça fait deux ans que j'entends les partis
d'opposition parler de transport collectif, réclamer plus de transport
collectif, puis pas seulement eux, d'ailleurs. Nous aussi, on en veut plus. Les
élus municipaux en veulent plus, toutes sortes de partenaires, des gens, tout
ça, les citoyens. Et là on propose la solution à ça, et on nous dit :
Finalement, je ne suis pas sûr qu'on en a besoin. Bon, bien, parfait. Mais, en
tout cas, moi, je pense que c'est... En tout cas. Enfin, c'est étrange.
Et là je vais aller sur le fédéral. Moi, j'aime
ça, j'aime ça parler de ça, mais pas juste sur l'argent du fédéral, parce que
je veux placer aussi le contexte. Effectivement, le projet de loi ne porte pas
là-dessus, ne porte pas sur l'immigration,
et tout ça, mais le message du premier ministre, auquel... que je pense que
c'est nécessaire de replacer, là,
c'était de dire : On ne peut pas faire l'économie du débat sur les
retombées de l'immigration massive sous Justin Trudeau au Québec en
termes de capacité d'offrir des services publics, en termes de disponibilité de
logement. On est... On a dépassé nos capacités, là, les écoles, les garderies,
les hôpitaux, le logement. Alors, il faut absolument que les partis fédéraux, dans leur ensemble, prennent conscience
de ça puis prennent des engagements clairs par rapport à l'élection qui
s'en vient, sauf que la différence, c'est que M. Trudeau, lui, il est déjà au
gouvernement. Donc, il pourrait déjà agir.
C'est ça, le message, et moi, j'adhère à ce message-là, parce que c'est vrai
que c'est un dossier... que c'est un sujet qui est important, puis je ne
pense pas qu'on puisse le contourner. Évidemment, le Parti libéral n'est pas
intéressé de parler de ça, mais c'est la réalité, Mme la Présidente. Donc, ça,
c'était le message.
Quant aux priorités en mobilité, le premier
ministre et moi nous accordons parfaitement sur les projets qui sont
prioritaires : oui, le nouveau lien interrives... les projets que... en
tout cas, je pense bien, les quatre, là, il me semble, qui avaient été nommés, mais le nouveau lien interrives, le
tramway à Québec, un projet dans l'est, le REM, qui continue de se
déployer, mais ça, c'est déjà réglé, la ligne bleue, qu'on a portée en
réalisation après presque 40 ans. La ligne bleue a commencé à être
inaugurée en 1986. On a fini en 1988. On est en 2024. Ça fait presque 40 ans
qu'on attend de la prolonger, parce qu'à l'époque c'était ça, le principe. Et,
bien que les libéraux aient été là 15 ans avec des députés dans l'est de
Montréal, ils ne l'ont pas fait. Donc, nous, on l'a fait, bien qu'effectivement
l'argent est rare. On met 7,58 milliards, dont 5,1 du gouvernement du
Québec, donc...
Alors, tu sais, on veut du transport collectif,
mais là on est arrivés à l'étape où il faut se donner les moyens comme nation.
Puis il faut pouvoir se comparer aux autres nations qui veulent prendre le contrôle
du destin du transport collectif sur leurs territoires, puis c'est exactement
ça qu'on fait aujourd'hui, et sur le financement, effectivement. Mais,
indépendamment de l'agence, oui, l'argent est rare, mais, je l'ai dit, les
priorités sont là en mobilité. Donc, qu'on ait l'agence ou non, on a besoin de
réaliser et de financer ces projets-là, mais, avec l'agence, au moins, on va être capables de le faire. En ce
moment, tu as beau dégager des sommes théoriques, si tu n'as personne
pour faire le projet, tu n'es pas plus avancé. Donc, donnons-nous ces
moyens-là, adoptons la loi, créons Mobilité Infra Québec et allons de l'avant
enfin avec, au minimum, un projet dans l'est de Montréal et sur la couronne
nord.
• (18 h 10) •
Et c'est en phase aussi... Tu sais, il faut...
Ça aussi, c'est important, là, d'être conscients, là... Les projets sont
évalués, mais, ensuite de ça, c'est sur plusieurs années. Donc, les
décaissements sont sur plusieurs années. Ce n'est pas pour rien que le PQI est
sur 10 ans, là. Je pense... C'est en quelle année? 2013, je pense, 2012... en
tout cas, c'est autour de... je pense, du dernier... qu'il est passé de cinq
ans à 10 ans. Au début, le PQI, c'était cinq ans quand il a été créé, en
2007, de mémoire. Après ça, il est passé sur 10 ans, parce que les
priorités d'investissement... Tu sais, les projets d'infrastructure, souvent,
c'est de longue haleine, là. Alors, c'est correct de pouvoir le prévoir puis
l'amortir sur une dizaine d'années pour voir
venir. Donc... Et les projets se font par phases aussi beaucoup en transport
collectif. Donc, c'est tout à fait cohérent.
La
Présidente (Mme Maccarone) :
Merci. Y a-t-il d'autres interventions? Il vous reste
1 min 40 s, M. le député de Taschereau.
M. Grandmont : Oui,
merci, Mme la Présidente. Bien, je ne peux pas m'empêcher de revenir sur les
propos de la ministre, là, qui semble avoir une mémoire très... très sélective,
en fait. Je pense qu'elle a oublié plusieurs questions qu'on lui a
posées du côté du deuxième groupe d'opposition, notamment en sécurité routière
sur Dufferin-Montmorency, sur les
traversiers, sur le transport collectif interurbain et sur le transport
régional, beaucoup de sujets qu'on a abordés avec elle.
Mais j'aimerais surtout revenir sur... Au fil de
la discussion, là, je l'écoute parler, puis il y a... il y a vraiment une apparente contradiction assez importante entre
le besoin d'investir dans le transport collectif — on se rejoint là-dessus, évidemment, il faut
développer l'offre de transport collectif, ce n'est pas que ça, là, il y a la
question du financement puis le maintien des actifs qui est très
d'actualité — puis,
de l'autre côté, puis je suis toujours sur les intentions, là, de créer une
agence qui est dédiée uniquement... qui est... en fait, de refuser de dédier
l'agence uniquement au rôle de développer le
transport collectif, alors que Mobilité... le ministère des Transports et de la
Mobilité durable sait très bien faire cette partie-là du travail,
développer des transports... des transports routiers. Donc, c'est cette
contradiction-là que je
ne m'explique pas encore. Comment ça se fait que le mandat n'est pas uniquement
dédié au transport collectif?
Mme Guilbault : Bien, encore une fois, on va y arriver, à l'article 4,
ça, là, parce qu'on n'est pas dans... Tu sais,
ce à quoi réfère le député, c'est un extrait de libellé où on précise que la
mission de l'agence est de faire des projets de transport collectif complexes, et c'est dans l'article 4. Donc,
je ne comprends pas pourquoi on parle de ça à l'article 1. Allons à
l'article 4 s'il veut parler de l'article 4. Je ne sais pas si c'est
clair, ce que je dis.
M. Grandmont :
...c'est clair, mais, en même temps, encore une fois, je suis sur les
intentions. Pourquoi on crée cette agence-là
à l'extérieur du ministère des Transports? Le ministère des Transports a déjà
cette capacité et cette expertise-là, bien, la ministre l'a dit
elle-même, au niveau des transports routiers. Là, on veut créer quelque chose à
l'extérieur qui va être capable de faire et du transport collectif et ce que le
ministère des Transports fait déjà. Je ne comprends pas cette contradiction-là.
Mme Guilbault : Bien, c'est ça, mais on est dans la mission, à
l'article 4. Encore une fois, je peux répondre tout de suite, mais surprenons-nous pas quand, à l'article 4, je
vais dire que j'ai abondamment répondu à ça à l'article 1. Mais
c'est la somme de tout ce que j'ai dit depuis 15 h 30, là. On veut
créer une culture d'organisation qui est différente.
On veut se donner des moyens de... notamment, la possibilité que les employés
ne soient pas syndiqués. Mais, s'ils souhaitent l'être, on va pouvoir
négocier des nouvelles conventions collectives. On veut être différemment
attractifs pour des gens qui, peut-être, actuellement, ne seraient pas
intéressés de venir, mais qui pourraient le devenir parce qu'on crée quelque
chose.
Puis il y a comme
un... J'ai des mots anglophones qui me viennent, mais, tu sais, il y a comme
un... Comment je pourrais dire? J'ai juste des mots anglophones. Mme la
Présidente, vous allez m'aider à...
La Présidente
(Mme Maccarone) : ...
Mme Guilbault : Non, mais moi, je ne peux pas dire des mots en anglais.
Mais, tu sais, ça crée, je trouve, un... Tu
sais, il y a une spécialisation autour de ça, puis ça crée un effet
d'attraction, je trouve, là. Tu sais, si tu entends parler... Les gens
qui sont venus travailler à CDPQ Infra sur le REM, probablement qu'ils se sont
dit : Wow! excitant, il y a un projet qui se fait là, il y a une équipe
dédiée à ce transport collectif infra puis qui va se spécialiser dans un projet qu'ils vont développer. Donc, des
gens qui sont venus travailler sur le REM à la caisse, on peut penser,
ne seraient peut-être pas allés travailler autrement au Québec sur d'autres
affaires, ou au gouvernement du Québec, ou au gouvernement fédéral, dans une
municipalité du Québec, mais là ils sont venus parce qu'il y avait une espèce
d'engouement ou de... d'effervescence, je ne sais pas, là. J'ai envie... Non,
je ne peux pas le dire. Mais, tu sais, vous comprenez, ça peut créer... ça peut
créer un effet d'attraction puis d'entraînement aussi de dire : Il y a
quelque chose qui est en train de se faire au Québec. Parce que, tu sais, on ne
se le cache pas, puis ça, on l'a déjà dit souvent, là, il n'y a personne qui a
soumissionné sur le tramway de Québec. C'est pour ça qu'on en est là
aujourd'hui, mais aussi le fait que, des
fois, probablement, l'industrie... l'incertitude, des fois, qui entoure les
projets de transport collectif, parce que, justement, on ne sait pas
trop si ça va arriver, c'est compliqué, etc.
Là, d'avoir une
entité dédiée... Je me mets à la place, mais, encore là, je ne suis pas dans...
je ne suis pas... Je ne suis pas une
entreprise en construction, je ne suis pas une firme d'ingénieurs puis je ne
suis pas une personne qui est formée pour travailler sur ces projets-là,
mais on peut penser que ça envoie un signal attractif à la fois à l'industrie
puis à des gens intéressés à travailler de dire... puis c'est un des autres
aspects aussi, puis on l'a abordé avec Pomerleau puis d'autres, d'envoyer...
puis ça, c'est beaucoup avec le projet de loi 62 aussi, là, bon, mais donc
d'envoyer le signal que nous, on veut faire du transport collectif au Québec,
alors, si ça vous intéresse d'en faire, venez-vous-en, on a maintenant,
vraiment, une organisation qui est dédiée à ça. Alors, ce ne sera pas, tu sais,
au fil de volontés incertaines. Tu sais, c'est des mandats qui sont donnés,
puis tu as... tu as une agence qui s'occupe de ça. Alors, moi, je pense que
c'est de nature à être attractif, en plus du reste de ce que j'ai dit, là,
l'agilité, etc.
M.
Grandmont : ...autrement, toujours sur le... toujours sur le... sur
l'intention de créer une agence, elle va faire... elle peut faire des projets
de transport routier complexes. Est-ce que vous pourriez... Est-ce que vous
diriez que de travailler au ministère des Transports et de la Mobilité durable
sur des projets complexes, ce n'est pas excitant, ce n'est pas attractif, ce
n'est pas intéressant?
Mme
Guilbault : Bien non, pas du tout. On le
fait déjà en ce moment.
M.
Grandmont : Donc, pourquoi l'inclure dans Mobilité Infra Québec?
Mme
Guilbault : Parce que je pense que c'est
sain de donner une marge de manoeuvre si, un jour, quelqu'un voulait confier un
projet... un projet complexe de transport, quel qu'il soit, là. Pourquoi... En
fait, je pense que la question devrait se poser à l'inverse : Pourquoi
l'empêcher?
La Présidente (Mme
Maccarone) : ...est écoulé.
Mme Guilbault : Malheureusement.
La
Présidente (Mme Maccarone) : Alors, s'il n'y a pas d'autre
intervention, nous allons passer à la mise aux voix. Est-ce que
l'article 1 de la loi édictée est adopté?
Des voix : Adopté.
Des voix : Sur
division.
La Présidente (Mme
Maccarone) : Sur division. C'est noté. Mme la ministre, pour la
lecture de l'article 2, s'il... à moins que vous souhaitiez prendre une
pause. Je ne sais pas, j'ai des gens qui souhaitez une pause, mais, si on est à
l'aise de continuer, il nous reste une heure.
Mme
Guilbault : Moi, je suis correcte.
La Présidente (Mme
Maccarone) : Allez-y. Voilà, l'article 2.
Mme
Guilbault : Parfait. Article 2 :
«Mobilité Infra Québec est une personne morale...» Est-ce que je dois lire,
peut-être, la loi entre parenthèses aussi, étant donné... Ah! je vais lire au
complet. Article 2, Loi sur Mobilité Infra Québec. Article 2 :
«Mobilité Infra Québec est une personne morale, mandataire de l'État.
«Les biens de
Mobilité Infra Québec font partie du domaine de l'État, mais l'exécution de ses
obligations peut être poursuivie sur ces biens.
«Mobilité Infra
Québec n'engage qu'elle-même lorsqu'elle agit en son nom.»
En commentaire :
L'article 2 de la Loi sur Mobilité Infra Québec prévoit que Mobilité Infra
Québec est une personne morale et un
mandataire de l'État. Ce dernier statut lui confère les immunités et les
privilèges dont jouissent les mandataires de l'État.
Le
deuxième alinéa de cet article est une dérogation au principe
d'insaisissabilité des biens pour un mandataire de l'État, aux seuls
biens de Mobilité Infra Québec.
La Présidente (Mme
Maccarone) : Merci. M. le député de Taschereau.
M.
Grandmont : Oui. Mme la ministre, l'article 2, bon :
«Mobilité Infra Québec est une personne morale, mandataire de l'État», donc, je
comprends qu'on traite ça comme une société d'État. Il y a des lois qui
encadrent ça, évidemment.
«Les biens de
Mobilité Infra Québec font partie du domaine de l'État, mais l'exécution de ses
obligations peut être poursuivie sur ces biens.» On pourra peut-être en
reparler tantôt.
«Mobilité Infra
Québec —
c'est peut-être la première partie sur laquelle je voulais vous amener — n'engage
qu'elle-même lorsqu'elle agit en son nom.» Pouvez vous m'expliquez cette
partie-là, là, «n'engage qu'elle-même lorsqu'elle agit en son nom»?
Mme
Guilbault : C'est ça, cette dérogation
permet essentiellement d'utiliser l'hypothèque comme mode de financement. De
plus, l'article 916, CCQ, énonce que «nul ne peut [...] s'approprier les
biens des personnes morales de droit public
qui sont affectés à l'utilité publique». Et, si les biens affectés à l'utilité
publique demeurent insaisissables, cette dérogation est également
usuelle pour des organismes autres que budgétaires, selon la Loi sur
l'administration financière. Donc, c'est ça, la différence avec la société
d'État. C'est pour ça qu'on vient le préciser dans le...
M. Grandmont :
Pouvez-vous être plus explicite,
là? Parce que je ne comprends pas, concrètement, qu'est-ce que ça...
qu'est-ce que ça implique, en fait, par rapport à une société d'État ordinaire.
Mme
Guilbault : ...normalement, les sociétés d'État
engagent le gouvernement, mais là, ici, on vient préciser : «Mobilité Infra Québec n'engage qu'elle-même lorsqu'elle
agit en son nom.» Mais, juste sur... Parce que, là, moi, la loi des
sociétés d'État... Je ne sais pas, peut-être, quelqu'un pourrait compléter.
Des voix : ...
Mme
Guilbault : Oui, on me dit que je l'ai
bien expliqué, mais, en même temps, si mes collègues veulent plus de détails... Parce qu'il y a... il y a des
gens plus experts que moi dans ça, si mes collègues consentent, évidemment.
• (18 h 20) •
La Présidente (Mme
Maccarone) : Est-ce qu'il y a le consentement?
M.
Grandmont : On va attendre de voir qui... Oui, oui, mais... Oui, oui,
il n'y a pas de souci, là.
La Présidente (Mme
Maccarone) : Oui, il y a consentement? Alors...
Des voix :
...
M.
Grandmont : Il y a consentement, Mme la Présidente.
La
Présidente (Mme Maccarone) : Merci. Ça fait que, juste avant de
prendre la parole, si vous pourriez vous nommer et votre titre, s'il vous
plaît.
Mme Blouin
(Marie-Claude) : Oui. Alors, Marie-Claude Blouin, avocate à la
Direction des affaires juridiques du ministère des Transports et de la
Mobilité durable.
M. Grandmont : Bonjour.
Mme Blouin
(Marie-Claude) : Alors, pour le troisième alinéa, «Mobilité Infra
Québec n'engage qu'elle-même lorsqu'elle
agit en son nom», c'est... comme la ministre vient de le mentionner, c'est pour
éviter que le gouvernement ne soit impliqué ou poursuivi lorsque
Mobilité Infra Québec pose des actes.
M.
Grandmont : De quels actes peut-il s'agir? Pouvez-vous me
donner des exemples de ce que vous avez prévu, en fait, là, dans la
rédaction de cet alinéa?
Mme Blouin (Marie-Claude) : Ça peut
être lorsque Mobilité Infra Québec se fait poursuivre par une entreprise, ou
n'importe quel autre type d'action qui pourrait être pris contre Mobilité Infra
Québec.
M. Grandmont : OK. Donc, est-ce
qu'il s'agit uniquement de cas de poursuites? Est-ce que c'est la seule... le
seul aspect sur lequel cet alinéa-là... alinéa-là a un impact, en fait?
Mme Blouin (Marie-Claude) : Juridiquement,
c'est le seul impact, oui.
M.
Grandmont : OK. Parce que, moi, quand je regardais ça, ça m'a
rapidement fait penser à la responsabilité ministérielle. Puis là vous
pourrez peut-être départager ça, là, parce que, quand on va sur le site de
l'Assemblée nationale, évidemment, la
responsabilité ministérielle individuelle, notamment, là, les ministres sont
individuellement responsables de la gestion de leurs ministères. «Ils
doivent présenter les politiques et défendre les actions entreprises par leurs
ministères. Devant l'Assemblée, un ministre doit répondre non seulement de ses
propres actions, mais aussi de celles de ses fonctionnaires.» Il pourrait être
forcé... «Il pourrait même être forcé de démissionner en raison de cas
importants de mauvaise gestion. Il doit aussi présenter et défendre les projets
de loi relevant de sa sphère d'activité, en plus de justifier les crédits qui
lui sont octroyés».
Donc, moi, quand je lisais le troisième alinéa,
j'ai pensé à ça. Je n'avais pas le cas des poursuites, là. Mais est-ce qu'il
peut y avoir un lien aussi à ce niveau-là? Parce que, moi, l'imputabilité
ministérielle, pour moi, elle est importante. Le... la ministre qui dépose son
projet de loi, la ministre responsable des Transports et de la Mobilité durable
a des comptes à rendre, mais là vous me dites que, finalement, cet alinéa-là,
il n'y a pas de lien, finalement.
Mme Blouin (Marie-Claude) : Non, ce
n'est pas du tout la portée de cet alinéa-là, effectivement.
M.
Grandmont : Puis comment, en fait, je dirais, la façon dont
c'est tourné, on s'assure que c'est effectivement juste sur le cas de
poursuites que c'est applicable?
Mme Blouin (Marie-Claude) : Bien, en
fait, c'est un article qui est usuellement utilisé, là, lorsqu'on crée un
organisme public, puis c'est une portée qui est reconnue, là, quand on
interprète ce type... ce type d'article là pour les organismes publics. Ça se
limite vraiment à la portée que je vous ai expliquée.
M.
Grandmont : Parfait. Avez-vous des exemples d'autres sociétés
d'État dans lesquelles on a, effectivement, ce genre d'article là, pour qu'on
puisse aller faire des vérifications nous-mêmes de notre côté, ou vous pourriez
nous en fournir, dans le fond, pour nous indiquer, dans le fond,
qu'effectivement il y a une redondance, puis c'est d'usage d'utiliser ce type
de libellé là pour indiquer que c'est... ça s'applique uniquement dans le cas
de poursuites?
Mme Blouin (Marie-Claude) : Oui,
absolument. On va s'assurer de vous donner les bons exemples.
M. Grandmont : Quelques...
quelques-uns, là, trois, quatre, cinq, quelque chose comme ça, là...
Mme Blouin (Marie-Claude) : Parfait.
M.
Grandmont : ...des sociétés d'État qu'on comprendrait, qui
pourraient nous aider, effectivement, là. Parfait. Excellent.
Est-ce qu'il
y a un lien, finalement, avec l'alinéa qui est précédent, «les biens de
Mobilité Infra [...] font partie du domaine de l'État, mais l'exécution
de ses obligations peut être poursuivie sur ces biens»? C'est quoi, la nuance
qu'il y a par rapport entre le deuxième et le troisième?
Mme Blouin (Marie-Claude) : En fait,
le deuxième alinéa est surtout lié au premier alinéa, par rapport au statut de
mandataire de l'État de Mobilité Infra Québec.
M. Grandmont : C'est-à-dire...
Mme Blouin (Marie-Claude) : C'est-à-dire
que le statut de mandataire de l'État confère à Mobilité Infra Québec certaines... certains privilèges, certaines
immunités, mais on vient prévoir qu'une de ces immunités-là ou ce... un privilège, qui est l'insaisissabilité des biens
de l'État, ne s'applique pas à Mobilité
Infra Québec, comme l'exécution
de ses obligations pourra être poursuivie sur ses biens.
M. Grandmont : D'accord. Donc, si je
comprends bien, là... Quand on dit qu'un bien de Mobilité Infra Québec fait partie du domaine de l'État, on parle
de quel bien? Parce que, dans le fond, on parle d'un bureau de projet, au
point de départ. Il va opérer, normalement... Puis là c'est peut-être plus la
ministre qui va répondre, là, je ne sais pas.
En tout cas... Mais, bref... Donc, Mobilité Infra Québec va opérer comme un
bureau de projet. Il pourrait être amené à faire des acquisitions
pendant la réalisation d'un mandat, par exemple, un terrain, un immeuble ou je
ne sais pas quoi. On pourra donner d'autres exemples. À partir du moment où ces
biens-là font partie du domaine de l'État, dans quels cas de figure il pourrait
être poursuivi sur ces biens-là?
Mme Blouin (Marie-Claude) : Bien, en
fait, comme vous le mentionnez, là, c'est vraiment les biens qui vont
appartenir... et dont Mobilité Infra Québec va être propriétaire. On va le voir
plus loin au projet de loi, là. Les exemples que vous avez nommés par rapport à
un immeuble dans le cadre d'un projet, Mobilité Infra Québec ne sera
pratiquement jamais propriétaire de ce genre d'immeuble là. Donc, on vise
plutôt, là, les biens de Mobilité Infra Québec, par exemple, des bureaux pour
le personnel de Mobilité Infra Québec, là, qui vont réellement lui appartenir.
M.
Grandmont : Oui, évidemment. Ça va prendre, évidemment, des
locaux pour faire travailler les employés de Mobilité Infra Québec.
Puis, quand on dit : «L'exécution de ses obligations peut être poursuivie
sur ces biens», qu'est-ce qu'on veut dire exactement?
Mme Blouin
(Marie-Claude) : C'est pour éviter, là, le... comme je vous
mentionnais, là, le privilège ou l'immunité qui est conférée normalement
aux mandataires de l'État. Ici, c'est vraiment pour s'assurer que le
principe...
M. Grandmont : Mon objectif, c'est
de vous le faire dire le plus souvent possible.
Mme Blouin (Marie-Claude) : ...d'insaisissabilité
ne s'applique pas à Mobilité Infra Québec. Donc, on s'assure, là, que ce principe-là ne s'appliquera pas dans le cadre des
biens qui vont appartenir à Mobilité Infra Québec.
M.
Grandmont : D'accord. Je comprends. Bon, en tout cas, pour
l'instant, je n'ai pas d'autre question. Je vous remercie.
La
Présidente (Mme Maccarone) : ...interventions? S'il n'y a pas d'autre
intervention, nous allons passer à la mise aux voix.
M. Arseneau : Oui, moi, je...
j'aurais une question.
La Présidente (Mme Maccarone) : Oui,
M. le député des Îles-de-la-Madeleine, allez-y.
M.
Arseneau : Oui. Je veux juste être certain de comprendre
quelle est la raison pour laquelle on fait... on semble faire une
différence entre les sociétés d'État qu'on connaît et celle qu'on s'apprête à
créer en ce qui concerne, là, justement, cet
élément-là, là, de poursuite et de saisie des biens. Je n'ai pas bien saisi,
justement. Alors, j'aimerais qu'on poursuive l'explication. Il n'y a pas... il
n'y a pas d'autre cas de figure... c'est-à-dire, on a parlé de cas de figure
pour Mobilité Infra Québec, mais j'aimerais savoir... Il y a d'autres sociétés
d'État, et aucune des autres sociétés d'État
ne sont astreintes à ces mêmes... à ces mêmes provisions-là. Est-ce que
c'est... Et pour quelle raison, si c'est le cas?
La Présidente (Mme Maccarone) : Mme
la ministre... ou est-ce qu'on souhaite...
Mme
Guilbault : Oui, excusez, je pensais que... OK... (panne de
son) ...ma collègue des affaires juridiques peut répondre, mais elle n'a
pas bien compris la question. Moi non plus, d'ailleurs.
M. Arseneau : Oui, d'accord. Alors,
on a commencé l'explication en parlant du fait que Mobilité Infra Québec,
c'était une société d'État, mais qu'on ajoutait là quelque chose qui ne
s'applique pas, si j'ai bien compris, aux
autres sociétés d'État. Ce n'est pas ça? Enfin, qu'est-ce qui distingue, dans
cet article-là, la société d'État Mobilité Infra Québec et les autres sociétés
d'État au... sur le plan des... de la loi sur les sociétés d'État? Est-ce
que... est-ce que c'est moi qui ai mal saisi qu'il y avait une différence,
qu'on apportait cet article-là pour distinguer Mobilité Infra Québec des autres sociétés d'État? Si ce n'est pas
le cas, c'est peut-être moi qui ai mal compris, là, mais j'avais compris que ça
distinguait ici Mobilité Infra Québec des autres sociétés d'État. Ce n'est pas
le cas ou... Je ne sais pas.
La Présidente (Mme Maccarone) : Allez-y...
Mme
Blouin (Marie-Claude) : Je me renomme?
La Présidente (Mme
Maccarone) : ...
Mme Blouin
(Marie-Claude) : Marie-Claude Blouin, avocate de la Direction des
affaires juridiques au ministère des Transports et de la Mobilité durable.
Et donc, pour
répondre à votre question, en fait, il n'y a rien, là, qui distingue Mobilité
Infra Québec avec cet article-là. C'est vraiment un article qui est couramment
utilisé pour les organismes publics qui sont créés puis qui relèvent de l'État.
M. Arseneau :
Donc, dans... il faut comprendre
que, dans la mise en place d'une société d'État, on a toujours cet
article-là ou à peu près, quelque chose qui ressemble à ça.
Mme Blouin
(Marie-Claude) : Exact.
M. Arseneau :
D'accord.
Mme Blouin (Marie-Claude) :
Puis on pourra vous fournir les exemples, là, qui ont été demandés par
votre collègue tout à l'heure, là, pour que vous puissiez le voir.
M. Arseneau :
D'accord. Mais est-ce que...
Juste... Je ne veux pas devancer cet article-là, mais est-ce que ce... dans la suite du projet de loi, on va continuer de
mentionner que cette société d'État là est astreinte aux mêmes obligations
ou est sous le même régime que les autres sociétés d'État en tous points?
Est-ce que c'est... Et...
Mme Blouin
(Marie-Claude) : Bien, en fait, les exemples où Mobilité Infra se
distingue des autres sociétés d'État ou des
autres organismes autres que budgétaires, comme on va le voir plus loin dans le
projet de loi, là... Il n'y a pas d'exemple qui me vient rapidement, là.
C'est surtout sur les pouvoirs et la mission qui est conférée à Mobilité Infra Québec. Tout ce qui est la constitution et
l'institution de Mobilité Infra Québec, il n'y a rien qui la distingue ou... Je
n'ai pas un exemple concret à vous fournir actuellement.
• (18 h 30) •
M. Arseneau :
D'accord. Puis on... En fait, je me demandais... Parce que j'essaie de me
souvenir, là. Quand on a discuté Santé Québec, il me semblait qu'on avait comme
une espèce de formule fourre-tout qui disait : Cette agence-là est soumise
aux règles de la loi, tu sais, à la loi sur les sociétés d'État, puis que ça
répondait à toutes les obligations. C'est pour ça que je m'étonnais du fait
qu'on spécifie cet élément-là sur les poursuites, là.
Mme Blouin (Marie-Claude) : Mobilité
Infra Québec est également assujettie à cette loi-là, puis ce n'est pas... ce
n'est pas ce seul ajout-là dans le projet de loi qui fait que Mobilité Infra
Québec est un organisme public. Ça prend également d'autres articles,
comme l'article 2, là, qui a été inséré dans la loi.
M. Arseneau :
OK. Excellent. Merci. Merci de la précision.
La Présidente (Mme Maccarone) : Merci.
Y a-t-il d'autres interventions? S'il n'y a pas d'autre intervention,
nous allons passer à la mise aux voix. Est-ce que l'article 2 de la loi
édictée est adopté?
Des voix : Adopté.
Des voix : Sur
division.
La Présidente (Mme
Maccarone) : Sur division. Merci. Mme la ministre, pour la lecture de
la... Pas besoin de lire le titre chaque fois, juste l'article 3.
Mme Guilbault : J'ai beaucoup de choses à faire, Mme la Présidente.
Article 3 : «Mobilité Infra Québec a son siège dans la ville
de Québec à l'endroit qu'elle détermine.
«Mobilité Infra
Québec publie à la Gazette officielle du Québec un avis de la situation
de son siège ou de tout changement dont celui-ci fait l'objet.»
En commentaire :
L'article 3 de la Loi sur Mobilité Infra Québec prévoit la possibilité
pour Mobilité Infra Québec de choisir l'endroit où se situe son siège, pourvu
que celui-ci soit situé à l'intérieur des limites de la ville de Québec. L'adresse de son siège ainsi que tout
changement d'adresse subséquent doit être publié à la Gazette officielle du Québec.
La Présidente (Mme Maccarone) : Merci.
Y a-t-il des interventions? Je crois qu'il n'y a pas... Oui, M. le député
de Nelligan.
M. Derraji : Juste une question pour
préciser. Donc, si je comprends bien... si je comprends bien, le siège,
toujours, restera dans la ville de Québec. Il ne peut pas déménager de la ville
de Québec.
Mme Guilbault : Exactement,
oui.
M. Derraji : OK.
Dans la demande d'accès d'information que nous avons effectuée, les frais... la
ventilation des frais ne donne pas un
montant exact du coût d'installation. Donc, est-ce que, pour le siège, le
ministère a déjà une idée sur un emplacement?
Mme
Guilbault : Une idée de l'emplacement des
bureaux?
M. Derraji : Bien,
au fait, ce que... La demande d'accès que nous avons eue, la ventilation
n'était pas très, très claire.
Une voix :
...
Mme
Guilbault : Oui.
M. Derraji : Oui,
j'ai posé la question.
Mme
Guilbault : Non, mais où, l'endroit...
Dans la ville de Québec, oui, c'est ça. Bien, c'est la capitale... Oui, mais bonne question. C'est la loi sur le
statut de la capitale nationale, j'imagine, ou... C'est-tu la ville ou l'agglo?
Une voix : ...
Mme
Guilbault : Vous pensez que c'est la
ville. Oui, c'est ça, la ville de Québec.
M. Derraji : La ville de Québec. OK. Je reviens à la demande
d'accès à l'information que nous avons déposée, et la ventilation des
frais ne donne pas clairement... Et, vous avez vu, c'est pour cela que nous
avons posé beaucoup de motions préliminaires... bien, beaucoup... ce que... ce
que nous avons eu...
Mme
Guilbault : Oui, oui, beaucoup.
M. Derraji :
...bien, trois, pas beaucoup, trois. Mais, quand je vois la ventilation... Je
veux juste aller, pour ne pas dire n'importe quoi... Parce qu'on nous a référés
à ce que vous avez déposé au Conseil des ministres. C'est quelle page? Désolé. Parce que ce n'est pas facile
sur le iPad. OK. Voilà. Excellent. Vous avez mentionné 3 millions de
dollars, OK, et, dans les
3 millions de dollars, c'est uniquement pour les prochains six mois.
Donc, j'imagine que le siège ou l'endroit n'est pas encore choisi, mais
vous mettez 3 millions de dollars pour l'ensemble des frais ou
uniquement pour la localisation de l'agence?
Mme
Guilbault : Bien, juste être sûre où le
collègue prend ses chiffres.
M. Derraji : Ah! vous, c'est votre document, mémoire au Conseil
des ministres, la page 19. Parce que nous aussi, on s'est posé la
même question que vous, mais...
Mme
Guilbault : Pour les dépenses de
fonctionnement?
M. Derraji : Oui,
absolument.
Mme
Guilbault : Bien, je veux juste voir si on
a le même tableau, là, si on fait référence à la même chose.
M. Derraji : Ah! bien, aucun problème. Si vous avez un autre
tableau, partagez-le avec nous, parce que, moi, ce que j'ai, c'est ça.
Mme
Guilbault : Non, non, mais c'est parce
moi, j'ai le tableau que j'ai, là.
M. Derraji : Bien,
la seule chose que j'ai, c'est votre mémoire déposé au Conseil des ministres.
Mme
Guilbault : Mais, enfin, c'est quoi, la
question? 3 millions pour les dépenses de fonctionnement? Bien, c'est
parce que...
M. Derraji : Bien,
je l'ai dit deux fois.
Mme
Guilbault : Oui, mais vous dites :
Vous prévoyez 3 millions.
M. Derraji : Non, parce que... En
fait, vous avez dit dans le mémoire, Implications financières : «Des
investissements pour la mise sur pied de Mobilité Infra Québec seront requis en
dehors de la prise en charge de projets.»
Ça, c'est clair. «Les coûts additionnels pour les six premiers mois — là,
on parle de coûts additionnels — d'opération
de
l'exercice 2024-2025 — six
premiers mois, uniquement les six premiers mois — 3 millions de dollars.» Ma
question : Pourquoi uniquement six premiers mois?
Par la suite, ce que
vous dites, pour les 10 prochaines années, c'est 13 millions de
dollars. Moi, ce qui m'intéresse : Combien ça va coûter aux contribuables,
le lancement de l'agence? Parce que, là, vous parlez du siège. Là, on a... on vient de parler du siège. Le siège,
c'est dans la ville de Québec. Mais j'ai quatre frais non récurrents :
frais non récurrents associés à la transition des systèmes informatisés,
il n'y a pas de chiffre; frais de transition associés à la mise en oeuvre de la
nouvelle gouvernance, il n'y a pas de chiffre; frais liés aux installations
matérielles de Mobilité Infra Québec, il n'y
a pas de chiffre; frais liés à l'expertise externe, on aurait professionnels et
communications, il n'y a pas de chiffre.
Donc,
moi, je pense qu'on est rendus à la bonne place pour parler combien ça va
coûter, cette agence, le lancement.
Encore une fois, je ne parle pas des coûts. Ça, c'est autre chose. Mais vous
avez dit que, pour les six premiers mois, les coûts additionnels pour
les six premiers mois, c'est 3 millions de dollars. Mais les six
premiers mois, c'est à partir de quelle date?
Mme Guilbault : Bien, les dépenses additionnelles de rémunération et de
fonctionnement? C'est parce que, c'est ça, je veux juste prendre le même
mémoire que vous, là. Page 19...
M. Derraji :
C'est vraiment... c'est vraiment votre mémoire. C'est très simple. C'est
votre mémoire déposé au Conseil des ministres.
Mme Guilbault : C'est ça, ça fait que... Donc, en fait, c'est quoi, la
question?
M. Derraji :
Est-ce que je peux...
Mme Guilbault : C'est parce que moi, j'ai mon tableau ici, là. Je vais
juste voir...
M. Derraji : Bien, partagez-le avec
nous, là. Ça va aller vite. Est-ce que vous pouvez le déposer en commission,
Mme la ministre?
Mme Guilbault : Bien, c'est parce que je ne sais pas. Il y a des parties
confidentielles, nos affaires. C'est ça. Moi, c'est ça que j'ai.
Une voix :
...
Mme Guilbault : Ah! bien, c'est ça, c'est dans la partie
confidentielle. C'est pour ça que ce n'est pas le même tableau.
M. Derraji :
Ah! bien là, Mme la ministre, là, vous me donnez le mot que j'aime
beaucoup. Il n'y a pas de confidentiel. Écoute, c'est l'argent des
contribuables.
Mme Guilbault : Bien, il n'y a pas de confidentiel...
M. Derraji :
Bien, pour vous, c'est confidentiel, mais là vous invitez les Québécois...
Mme Guilbault : ...je veux dire, on a des... Regardez, il est écrit :
Coûts additionnels, 3 millions.
M. Derraji :
Bien, moi, c'est ça qui m'inquiète, c'est écrit «coûts additionnels».
«Additionnels», ça veut dire «en plus». Mais
ce qui m'intéresse, c'est le coût initial. On ne peut pas... Vous m'avez vu
venir par rapport à cet enjeu. J'ai déposé une motion préliminaire parce
que je voulais savoir l'étude d'impact réglementaire. Ça n'a pas été mentionné.
Mais là moi, je veux combien ça va coûter, cette agence, si c'est possible.
Des
voix : ...
La Présidente
(Mme Maccarone) : Est-ce que vous avez une réponse ou
souhaitez-vous qu'on suspende?
Mme Guilbault : Bien, peut-être une courte suspension.
La Présidente
(Mme Maccarone) : Une courte suspension. Nous allons suspendre.
(Suspension de la séance à
18 h 38)
(Reprise à 18 h 45)
La Présidente (Mme Maccarone) : Alors,
nous sommes de retour. Mme la ministre, pour la réponse à la question du député
de Nelligan.
Mme
Guilbault : Oui. Bien, en fait, c'est ça,
c'est que c'est les dépenses, c'est... Le 3 millions, c'est les dépenses
additionnelles par rapport aux dépenses régulières du ministère, donc les
dépenses, finalement, liées à la mise en place de Mobilité Infra Québec.
M. Derraji : Bien, Mme la
Présidente, avant... avant de suspendre, Mme la ministre m'a dit qu'elle a un tableau,
et le tableau est confidentiel. Et moi, ce que j'ai, j'ai
3 millions de dollars. Moi, je l'invite à être beaucoup plus explicite sur le coût. On n'est pas là en
train de lancer une petite affaire, là, c'est une agence, et les Québécois ont
le droit de savoir combien ça va coûter.
Je tiens à le préciser, que j'ai dénoncé, au
début, que... Et d'ailleurs c'était dans la motion préliminaire. Je voulais
savoir les coûts. Nous avons fait une demande d'accès à l'information pour
savoir combien ça va coûter. La réponse que
j'ai reçue, elle était, Mme la
Présidente, très, très, très
limitée : On n'a pas d'étude d'impact réglementaire et on vous
réfère aux documents déposés au Conseil des ministres. Je l'ai. D'ailleurs, Mme
la ministre ne semblait pas savoir de quoi
je parlais tout à l'heure, mais c'est son document, page 19. J'ai
3 millions. Je lui ai posé la question. Elle m'a dit
gentiment : Écoute, probablement, on n'a pas les mêmes documents.
Effectivement, on n'a pas le même document. Le document qu'elle a, elle m'a
répondu qu'il est confidentiel. Mais, Mme la Présidente, on ne peut pas
continuer la discussion si on ne sait pas combien ça va coûter aux
contribuables, cette agence.
Et, tout à l'heure, elle faisait allusion au
Parti libéral qui a laissé tomber l'agence parce que le contexte économique
n'était pas favorable, justement parce que le Parti libéral est responsable et
rigoureux en matière des finances publiques. Le contexte actuel est
11 milliards et quelques poussières parce qu'un gouvernement a perdu le
contrôle des finances publiques. C'est un fait. D'ailleurs, le député...
l'excellent député de Saint-Jérôme n'arrête pas de le mentionner. Hier même, il
l'a mentionné encore une fois sur l'excellent balado de Politiquement
Parlant. Il y a des perles, vraiment des perles de l'ex-collègue de Mme la
ministre et les collègues en face de moi.
Mais maintenant tout le peuple québécois veut
savoir combien cette agence va coûter. D'ailleurs, ils ont vu ce qui s'est passé avec l'agence de santé. Ils ont
passé l'été à recruter des «top guns» à un demi-million de dollars avec
les avantages sociaux. Donc, on veut savoir.
J'ai quelques chiffres devant moi,
3 millions additionnels, les coûts additionnels, pour que les gens qui
nous écoutent, parce que je sais qu'on est
très, très écoutés cet après-midi... Les coûts additionnels pour les six
premiers mois d'opération de l'exercice 2024-2026... 2025, estimés à
3 millions. La question est très simple. 3 millions de dollars, six premiers mois. Ce que j'ai demandé, c'est la
ventilation de ces prêts... de ces frais, désolé. Parce que Mme la ministre
semble avoir un document. Est-ce qu'elle peut nous le partager? Comme ça, on va
passer à autre chose.
Mme Guilbault : Elle est où, la page 19 de tantôt, là? Bien non, mais,
c'est ça, on donne... on donne les exemples de choses : frais non
récurrents associés à la transition des systèmes informatisés actuels, frais de
transition associés à la mise en oeuvre de la nouvelle gouvernance, frais liés
aux installations matérielles de Mobilité Infra Québec, frais liés à
l'expertise externe, honoraires professionnels.
M. Derraji : OK.
Mme la ministre, vous avez dit que le document que vous avez, ce n'est pas le
même que j'ai.
Mme Guilbault : C'est des exemples, c'est ça.
M. Derraji : Mme la ministre, vous
venez de dire, il y a quelques instants, que vous avez un document
confidentiel, que je ne l'ai pas. Moi, ce que je veux savoir, c'est l'argent
des contribuables : Est-ce qu'on peut être beaucoup plus transparent et déposer la ventilation de ça? Moi, je veux
savoir concrètement combien ça va coûter. Donc, 3 millions pour...
Mme Guilbault : Mais il est écrit 3 millions. C'est concret, ça.
M.
Derraji : Bien, vous semblez dire que ce n'est pas les mêmes
documents que j'ai. Ce n'est pas moi qui l'ai dit. Vous avez dit que
c'est confidentiel. Ce n'est pas moi qui l'ai dit, «confidentiel».
Mme Guilbault : Bien, il y a une partie confidentielle dans tous les
mémoires du Conseil des ministres. Ça a toujours été comme ça puis ça va
probablement rester comme ça, mais, en tout cas, ça a toujours été comme ça.
Alors, le mot «confidentiel» veut dire que c'est confidentiel.
Mais il y a une partie publique accessible. Ce
n'est pas pour rien, c'est pour qu'effectivement les citoyens et leurs
représentants puissent avoir accès à l'information. Or, à la page 19, il
est écrit «3 millions», et je lui confirme que c'est 3 millions. Et
je viens de donner des exemples des raisons pour lesquelles... ou des...
• (18 h 50) •
M. Derraji : OK. Donc,
3 millions sur six mois.
Mme Guilbault : ...des types de dépenses pour lesquelles ça va être
utilisé.
M. Derraji : Mais... OK.
3 millions sur six mois.
Mme Guilbault : Sur les six premiers mois, c'est ça, dans les projections.
M. Derraji : OK.
Après, ça va coûter combien?
Mme
Guilbault : Il faut juste que je voie ce que j'ai dans la
partie... Bien, c'est ça, on l'a ici. Pour la partie 2024-2029, les
coûts d'opération sont estimés à 12,9 millions.
M. Derraji : OK.
Mme Guilbault : Coûts additionnels, c'est ça, bien, sur 2024... sur cinq...
quatre ans. C'est... Quatre, cinq, cinq, six. Oui, c'est ça, 2024-2029.
M. Derraji : OK. J'ai... j'ai deux
chiffres. J'ai 3 millions. Je vous ai posé la question au début :
Est-ce que le siège est à Québec? Est-ce que vous avez une idée sur l'endroit
du siège? J'imagine que les gens attendent la fin de... je présume, la fin du
projet de loi pour voir où l'agence risque d'être installée.
Là, vous avez estimé 3 millions de dollars
sur six mois, mais, sur les 3 millions de dollars, est-ce qu'on peut
avoir une ventilation de ces 3 millions? Les 3 millions n'incluent
pas les salaires. Est-ce qu'on est d'accord? Est-ce que, oui ou non, les
3 millions incluent les salaires des gens que vous allez recruter? Est-ce
que ça inclut la masse salariale, le salaire du PDG?
Mme Guilbault : Bien, ça dépend. Sur les six premiers mois, tu sais,
graduellement, il va y avoir de l'installation à faire, puis il va... la mise
en place, puis il va y avoir aussi, fort probablement, des gens du ministère qui, au départ, vont aller aider à la mise en
place de l'agence, qui, eux, sont déjà des dépenses régulières de rémunération.
M. Derraji : OK. Je tiens à...
Mme Guilbault : C'est pour ça qu'on dit «additionnels». C'est en surplus des dépenses
régulières de rémunération.
M. Derraji : Combien le PDG va
gagner?
Mme Guilbault :
Ce n'est pas encore déterminé.
M. Derraji : OK. Mais vous
comprenez, Mme la ministre, que je ne peux pas entamer l'étude si on ne sait
pas combien ça va coûter. C'est une agence gouvernementale. Ce n'est pas une
entreprise privée. Et, vous et moi, si on
est élus, c'est pour gérer l'argent des contribuables. Vous venez de me dire
que, dans les 3 millions, il va y avoir quelques dépenses de masse
salariale. Je veux juste qu'on précise ça. Dans les 3 millions de
dollars pour les six premiers mois, il y a des salaires.
Mme Guilbault : En surplus de ceux qui ne seront pas des transferts. Bien,
je veux juste être sûre qu'on les a mis dans le... Juste une courte suspension,
Mme la Présidente. Je vais voir si on peut...
La Présidente (Mme Maccarone) : ...
(Suspension de la séance à 18 h 53)
(Reprise à 19 h 10)
La
Présidente (Mme Maccarone) : ...parce qu'on est gentils, comme membres de la
commission de la CTE, au lieu de faire attendre les gens en ondes. Je
vous remercie, tous et toutes, pour votre collaboration.
Et, compte tenu de l'heure, la commission
ajourne ses travaux sine die. Merci.
(Fin de la séance à 19 h 11)