Journal des débats de la Commission des transports et de l'environnement
Version préliminaire
43e législature, 1re session
(29 novembre 2022 au 10 septembre 2025)
Cette version du Journal des débats est une version préliminaire : elle peut donc contenir des erreurs. La version définitive du Journal, en texte continu avec table des matières, est publiée dans un délai moyen de 2 ans suivant la date de la séance.
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Le
mardi 22 octobre 2024
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Vol. 47 N° 63
Étude détaillée du projet de loi n° 61, Loi édictant la Loi sur Mobilité Infra Québec et modifiant certaines dispositions relatives au transport collectif
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Intervenants par tranches d'heure
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Maccarone, Jennifer
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Grandmont, Etienne
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Grandmont, Etienne
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Maccarone, Jennifer
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Guilbault, Geneviève
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Derraji, Monsef
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Lemay, Mathieu
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Derraji, Monsef
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Maccarone, Jennifer
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Grandmont, Etienne
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Guilbault, Geneviève
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Lemay, Mathieu
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Tardif, Marie-Louise
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Bernard, Daniel
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Abou-Khalil, Alice
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Grondin, Agnès
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Derraji, Monsef
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Maccarone, Jennifer
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Guilbault, Geneviève
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Grandmont, Etienne
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Grandmont, Etienne
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Guilbault, Geneviève
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Maccarone, Jennifer
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Derraji, Monsef
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Lemay, Mathieu
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Tardif, Marie-Louise
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Bernard, Daniel
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Abou-Khalil, Alice
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Grondin, Agnès
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Guilbault, Geneviève
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Grandmont, Etienne
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Maccarone, Jennifer
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Derraji, Monsef
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Maccarone, Jennifer
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Derraji, Monsef
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Guilbault, Geneviève
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Guilbault, Geneviève
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Derraji, Monsef
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Maccarone, Jennifer
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Grandmont, Etienne
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Lemay, Mathieu
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Guilbault, Geneviève
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Derraji, Monsef
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Maccarone, Jennifer
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Grandmont, Etienne
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Arseneau, Joël
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Arseneau, Joël
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Maccarone, Jennifer
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Guilbault, Geneviève
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Derraji, Monsef
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Lemay, Mathieu
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Derraji, Monsef
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Maccarone, Jennifer
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Guilbault, Geneviève
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Grandmont, Etienne
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Lemay, Mathieu
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Guilbault, Geneviève
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Derraji, Monsef
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Maccarone, Jennifer
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Grandmont, Etienne
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Lemay, Mathieu
9 h 30 (version révisée)
(Neuf heures cinquante et une minutes)
La Présidente (Mme Maccarone) : Bon
matin! À l'ordre, s'il vous plaît! Ayant constaté le quorum, je déclare la
séance de la Commission des transports et de l'environnement ouverte.
La commission est réunie afin de
poursuivre l'étude détaillée du projet de loi n° 61, Loi édictant la Loi
sur Mobilité Infra Québec et modifiant certaines dispositions relatives au
transport collectif.
Mme la secrétaire, y a-t-il des
remplacements?
La Secrétaire : Oui, Mme la
Présidente. Mme Blouin (Bonaventure) est remplacée par Mme Abou-Khalil (Fabre).
La Présidente (Mme Maccarone) : Merci
beaucoup. Lors de l'ajournement de nos travaux le 9 octobre dernier, nous
en étions à l'étude du sous-amendement à un amendement présenté dans le cadre
de l'article 3 de la loi édictée, et, comme nous avons siégé il y a
quelques jours, je vous demanderais, M. le député, de peut-être relire votre
sous-amendement pour nous situer et continuer le débat. Alors, la parole est à
vous.
M. Grandmont : Oui, merci, Mme
la Présidente. D'abord, bonjour aux collègues. Pour reprendre ces travaux, j'espère
que vous vous êtes reposés. C'est mon cas également.
Donc, oui, c'est ça, en fait... en fait,
je vais relire l'amendement... le sous-amendement que nous avions déposé, Mme
la Présidente, mais je vais proposer aussi qu'on le retire pour redéposer un
sous-amendement qui est plus précis, en fait, plus proche de ce qu'on voulait...
donc, ce qu'on voulait introduire.
Donc, à l'article 1, je vais le
relire : L'article 3 introduit par l'article 1 du projet de loi
est modifié par l'ajout, après le premier alinéa, de l'alinéa...
Ah! ça, c'est celui de la députée de
Saint-Laurent. Donc, bon, est-ce que tu l'as proche?
Une voix : ...
M. Grandmont : Excusez-moi,
je vais juste... je n'avais pas le bon sous les yeux. Oui, donc, on disait :
Ajouter à l'amendement à l'article 3 de la loi édictée par l'article 1
du projet de loi, après les mots «les rencontres», le mot «importantes».
Ce qu'on va proposer, là, c'est de
modifier pour venir spécifier qu'on parle essentiellement, là, des rencontres
importantes avec un membre du gouvernement ainsi que les rencontres du conseil
d'administration. Donc, c'est comme si, dans le fond, la proposition qu'on
faisait pouvait s'appliquer aux deux types de rencontres. Donc, ce que je
propose, là, c'est qu'on le retire et qu'on en redépose un autre qui pourrait
vous parvenir assez rapidement.
La Présidente (Mme Maccarone) : Alors,
est-ce qu'il y a le consentement pour retirer le sous-amendement de M. le
député? Il y a consentement. Alors, est-ce... Bien, c'est retiré. Est-ce que
vous avez déjà envoyé votre amendement révisé?
M. Grandmont : C'est sur... c'est
sur le point d'être fait, là.
La Présidente (Mme Maccarone) : C'est
sur le point d'être... Alors, nous allons suspendre juste quelques instants.
Merci.
(Suspension de la séance à 9 h 53
)
(Reprise à 10 h 04)
La Présidente (Mme Maccarone) : Alors,
nous sommes de retour, M. le député de Taschereau, pour la lecture de votre
sous-amendement à... de l'amendement à l'article 3, s'il vous plaît.
M. Grandmont : Oui, merci,
Mme la Présidente. Je vais juste l'ouvrir devant moi, mais, essentiellement,
là, ajouter à l'amendement à l'article 3 de la loi édictée, introduit par
l'article 1 du projet de loi, après les mots «toutes les rencontres», le mot
«importantes».
Donc, essentiellement, là, comme je le
disais tantôt, c'est qu'il y avait, dans le sous-amendement qu'on avait
proposé, une ambiguïté, en fait, là. Comme les mots «les rencontres»
apparaissent deux fois dans la proposition qui avait été déposée par la députée
collègue de Saint-Laurent, bien, on pouvait sous-entendre que le mot
«importantes» s'appliquait aux deux «les rencontres», alors que notre intention
était davantage de l'indiquer pour le premier...
10 h (version révisée)
M. Grandmont : ...que le mot
«importantes» s'appliquait aux deux «les rencontres», alors que notre intention
était davantage de l'indiquer pour le premier «les rencontres», donc, «toutes
les rencontres». C'est pour ça qu'on vient proposer, là, «toutes les
rencontres». Donc, on fait référence vraiment à la première mention des
rencontres.
Donc, le fond de cette proposition-là
vient spécifier que toutes les rencontres qui ont lieu avec un membre du
gouvernement doivent avoir lieu à Québec, et que, par ailleurs, toutes les
rencontres... toutes les rencontres importantes avec un membre du gouvernement
doivent se tenir à Québec, et que toutes les rencontres du conseil d'administration
doivent se tenir dans la ville de Québec. J'espère que je suis clair.
La Présidente (Mme Maccarone) : C'est
clair.
M. Grandmont : Pourquoi ce
sous-amendement-là? Bien, un peu pour les mêmes raisons, là, qu'on avait
évoquées lors du dépôt de l'amendement, là, par la collègue de Saint-Laurent. L'article
3 réfère à l'endroit où siège, encore une fois, là, le bureau de Mobilité Infra
Québec. Donc, ça spécifie que «Mobilité Infra Québec a son siège dans la ville
de Québec à l'endroit qu'elle détermine», et ça, en soi, c'est une bonne
nouvelle. C'est important, évidemment.
Maintenant, je pense qu'on ne peut pas
faire abstraction de ce qu'on voit dans l'actualité, Mme la Présidente. On a eu
des discussions quand même importantes, et dans l'espace médiatique, et même au
salon rouge récemment, notamment avec mon collègue de Jean-Lesage, à l'effet
que, selon nous, on doit tenir les rencontres importantes à Québec, puis ça, ça
tient, en fait, à la... On réfère, là-dedans, là, à la loi sur... la loi qui
accordait le statut de capitale nationale à la ville de Québec, qui date de
quelques années déjà, dans laquelle il était mentionné que toutes les
rencontres importantes de dignitaires, notamment, là, devaient avoir lieu ici,
dans la capitale nationale du Québec, donc dans la ville de Québec.
Et ce qui est sorti récemment, c'étaient
des statistiques, bien, en fait, ça découlait de la visite, là, du premier
ministre français, dans lesquelles on apprenait, finalement, récemment que la
rencontre allait avoir lieu à Montréal, ce qui ne nous satisfaisait pas, en
fait, puisque la loi est très claire. Les rencontres importantes doivent avoir
lieu dans la capitale nationale, donc à Québec, et je pense qu'une visite du
président français, on peut qualifier ça quand même de rencontre importante. C'est
un dignitaire, évidemment, d'un pays avec lequel on entretient des relations
étroites depuis très longtemps. On a des relations culturelles, des relations
diplomatiques, politiques avec la France depuis fort longtemps. Alors, qu'on
soit d'accord ou pas avec les politiques internes, évidemment, de la France, il
reste quand même que c'est un dignitaire important, et qu'on aurait dû le
rencontrer dans la ville de Québec.
Et s'en étaient suivis, donc, des échanges
entre ma formation politique, notamment, et la partie gouvernementale, et c'est
par la bouche du ministre responsable de la Capitale-Nationale qu'on avait
appris que 66 % des rencontres officielles à Québec se tenaient, selon
lui, à Québec, et qu'il s'en satisfaisait. Donc, d'une part, c'était... Les
statistiques étaient basées sur une année seulement de comptabilisation de
rencontres. Donc, déjà, en partant, on peut... on peut estimer que c'est une
façon de calculer les choses qui est largement insuffisante, mais, en plus,
66 %, ce n'est pas nécessairement... On a à peine la note de passage à l'école.
Quand ton enfant a 66 % dans une matière, généralement, tu prends des
moyens pour essayer de remonter la note, se rapprocher de la moyenne, voire la
dépasser, hein? C'est le rôle d'un parent.
Donc, c'est un peu le rôle de l'opposition
aussi de surveiller l'action gouvernementale. Donc, on tient notre rôle, on
essaie de remonter la moyenne plus haut, et, en ce sens, bien, la proposition
qu'on fait va dans le même sens. Donc, chaque fois qu'on est capables d'avoir
des occasions de s'assurer que des rencontres importantes se tiennent, se
déroulent... bien, dans ce cas-ci, là, dans le cas du... des rencontres avec...
des membres du gouvernement avec Mobilité Infra Québec, bien, que ça se tienne
à Québec, d'autant plus... Vous savez, Mme la Présidente, quand on a des
enfants, encore une fois, si on est à 66 %, on essaie de remonter, mais,
si l'enfant ne veut rien savoir, bien là il faut mettre des mesures plus
sévères. Il faut être plus rigide un petit peu dans notre approche pédagogique.
Or, le ministre responsable de la
Capitale-Nationale, dans les mêmes échanges qu'on avait eus, avait dit qu'il
était ridicule de s'engager à toutes... à les tenir toutes à Québec. Donc, il y
a une volonté de ne pas augmenter sa moyenne au bâton de la part du ministre
responsable de la Capitale-Nationale. Donc, encore une fois, si un enfant ne
veut pas faire ses devoirs, ne veut pas étudier, n'est pas intéressé à remonter
sa moyenne au bâton, bien, on a... on a, comme parents, un rôle important à
jouer. Donc, c'est la même chose pour les partis d'opposition. On se doit, il
me semble, d'être plus vigilants puis de mettre en place des mesures qui vont
être un peu plus contraignantes pour être capables d'obtenir des pourcentages
qui sont plus élevés, d'une part, mais qui se rapprochent de l'esprit et de la <lettre
de la loi qui confère à Québec un statut de capitale nationale...
M. Grandmont :
...se
rapprochent de l'esprit et de la >lettre de la loi qui confère à Québec
un statut de capitale nationale.
Donc, c'est un peu ça, en fait, qui est
derrière ça, parce que ce n'est pas vrai qu'on peut se satisfaire de 66 %,
70 % des rencontres importantes qui se tiennent à Québec, Mme la
Présidente. Il y a plusieurs exemples, là, d'événements, là, dans lesquels,
finalement, on s'est retrouvés... on s'est retrouvés à tenir des rencontres à
l'extérieur de Québec. Des fois, c'est des rencontres, oui, avec des
dignitaires étrangers, mais des rencontres, par exemple, avec le premier
ministre du Canada ou encore des rencontres entre tous les ministres d'un
secteur d'activité, en fait, là, je me souviens, entre autres, là, des
ministres responsables des Finances, par exemple. Bon, ce genre d'événement là
ne peut pas se tenir à Montréal, doit se tenir ici, dans la Capitale-Nationale.
• (10 h 10) •
Donc, la même chose, hein, pour cet
article-là, cet amendement-là qu'on propose, effectivement, là, que toutes les
rencontres qui ont lieu entre... toutes les rencontres avec un membre du
gouvernement... Donc, on s'entend, là, les rencontres... De toute façon, les
membres du gouvernement passent leur temps ici, à Québec, là. La moitié de
l'année, 26 semaines par année, on est ici, à Québec. Donc, c'est la
moitié de l'année, là, si on compte bien. Donc, c'est déjà facile de
l'organiser comme ça. Puis, après ça, la plupart des membres du gouvernement,
je veux dire, ne sont pas nécessairement dans la région montréalaise non plus.
Il y en a un peu partout. Donc, s'il y a des rencontres à y avoir, puis Mme la
ministre, en fait, est à Québec aussi, donc il n'y aurait pas de raison, en
fait, que Mobilité Infra Québec ne rencontre pas les membres du gouvernement
autrement qu'ailleurs... ici, à Québec.
Pour ce qui est de l'autre partie,
évidemment, ça ne change rien, là, puis vous avez compris que mon
sous-amendement venait simplement clarifier les rencontres qui touchent des
rencontres avec des membres du gouvernement, mais les rencontres du conseil
d'administration, elles doivent toutes se tenir ici, dans la ville de Québec,
donc être organisées ici.
Évidemment, j'imagine qu'il y aura des
mécanismes à l'interne, au conseil d'administration, dans les cas où on
voudrait tenir des rencontres à distance, là. On peut comprendre que certaines
personnes pourraient occasionnellement avoir à rencontrer... à participer aux
rencontres du conseil d'administration à distance, et donc... mais c'est des
mécanismes qu'on connaît bien, c'est des moyens qu'on utilise probablement à
tous les jours, tout le monde ici, mais que, tu sais, au moins l'équipe
principale puis la majorité des administrateurs soient ici, à Québec, pendant
qu'on tient ces rencontres-là, ça me semble aller de soi. Donc, cette
partie-là, nous, on ne veut pas la remettre en question.
Puis c'était peut-être ça aussi, là, où
notre première proposition de sous-amendement devenait problématique parce que,
si on disait que les rencontres importantes du conseil d'administration doivent
se tenir dans la ville de Québec, ça viendrait créer deux classes de rencontres
du conseil d'administration, des importantes, des moins importantes. Or, il
m'apparaît qu'une rencontre de conseil d'administration, il n'y en a pas de
plus ou moins importante. Il y a différents moments dans l'année qui jalonnent
l'agenda, évidemment, du conseil d'administration. Il y a des rencontres de
préparation, de moments charnières, par exemple. Donc, évidemment, il y a des
moments qui sont... Il y a des rencontres qui vont être moins... moins
bureaucratiques, mais plus axées sur la réalisation d'un projet, par exemple,
ou valider les outils de comptes rendus qui vont être octroyés, qui vont être
donnés à la ministre pour qu'elle puisse faire état du travail de Mobilité
Infra Québec.
Donc, il y a comme des moments charnières
dans l'année, mais il n'y a pas de rencontre... il n'y a pas de petite
rencontre du conseil d'administration. Il n'y a pas de rencontres qui sont
moins importantes. Donc, elles doivent toutes se tenir ici, dans la ville de
Québec, évidemment, avec des accommodements qui seraient, disons, raisonnables
dans le cas où des gens pourraient ou devraient participer à distance, mais on
verra plus loin, de toute façon, au niveau de la mécanique, comment ça pourra
se déployer, là, quand on parlera des membres du conseil d'administration de
Mobilité Infra Québec, leur représentativité territoriale aussi, peut-être, là,
éventuellement.
Moi, c'est des questions qui vont vraiment
m'intéresser aussi, parce que je ne veux pas trop m'avancer, là, mais le... Bien,
je l'avais mentionné, en fait, je pense, dans mes remarques préliminaires, je
crois. La composition du conseil d'administration, on en aura, des questions
là-dessus, parce qu'on a regardé un peu ce qui se passe ailleurs dans d'autres
sociétés d'État, notamment, québécoises, mais aussi, là, dans d'autres agences
qui font un travail similaire à Mobilité Infra Québec ailleurs, notamment au
Canada, dans des provinces canadiennes, et donc la composition peut changer
beaucoup.
Puis d'ailleurs ça a été... Il y a eu des
propositions de recommandations qui ont été faites, notamment, par des groupes,
là, regroupés sous l'Alliance Transit, il me semble, là, notamment, d'avoir des
gens qui représentaient les usagers des transports collectifs, mais, pour
revenir, là, à mon sous-amendement, l'essentiel, c'est vraiment de stipuler que
toutes les rencontres importantes avec un membre du gouvernement doivent se
tenir ici, dans la Capitale-Nationale, Québec, et ainsi que les rencontres du
conseil d'administration, qui doivent toutes se tenir dans la ville de Québec. Ce
sera ça pour mes explications, Mme la Présidente.
La Présidente (Mme Maccarone) :
Merci. Mme la ministre ou M. le... Mme la ministre.
Mme Guilbault :Je n'ai pas d'intervention.
La Présidente (Mme Maccarone) :
M. le député de Nelligan.
M. Derraji : Oui, merci, Mme
la Présidente. Bonjour, chers collègues. On recommence une autre belle semaine
dans le <cadre d'un projet de loi extrêmement important...
M. Derraji :
...recommence
une autre belle semaine dans le >cadre d'un projet de loi extrêmement
important, mais, écoutez, Mme la Présidente, je n'ai pas eu la chance d'être là
à la dernière journée parce que j'avais d'autres préoccupations, mais j'ai...
j'ai eu le temps d'aller voir et écouter l'échange entre ma collègue la députée
de Saint-Laurent et Mme la ministre, et, Mme la Présidente, j'aimerais poser
une question à Mme la ministre.
Est-ce que, depuis le 9 octobre jusqu'à
aujourd'hui, elle a eu le temps de refaire ce tableau? Parce que ça a été ça,
la discussion à... le dernier échange avec ma collègue, et on parlait des
gouvernements, parce qu'il y a un «s» au niveau des gouvernements. Donc, si
elle a eu le temps de mettre à jour son fameux tableau qu'elle utilise souvent,
je pense que, pour le bénéfice de tout le monde, c'est très agréable de l'avoir
à jour.
Il y avait aussi une autre question de ma
collègue par rapport aux dollars constants versus dollars courants. Donc, juste
pour rafraîchir la mémoire des membres de la... de la commission, il y a eu cet
échange avec... avec ma collègue, donc, si elle a eu le temps, depuis le
9 octobre, d'avoir une mise à jour par rapport à ça.
La Présidente (Mme Maccarone) : Mme
la ministre.
Mme Guilbault :Bien, je ne suis pas sûre de comprendre une mise à jour de
quoi, parce que ça va jusqu'à l'année 2023, puis l'année 2024 n'est
pas terminée.
M. Derraji : ...lors de votre
échange, Mme la Présidente, entre Mme la ministre et ma collègue, c'est marqué
ici «dans les gouvernements» avec «s». Donc, à l'intérieur, il y a le
gouvernement fédéral et provincial, et on met les deux ensemble. Donc, est-ce
que, dans ce tableau, il y a eu... Parce que c'est ce que... c'est ce que j'ai
cru comprendre de l'échange que vous avez avec ma collègue, la colonne n'est
pas divisée par palier de gouvernement, et, à la lumière de ça, quelqu'un peut
comprendre que c'est uniquement le gouvernement du Québec. Je sais que c'est de
l'argent des contribuables. Peu importe d'où vient l'argent, mais ça serait
intéressant de voir l'évolution de la contribution à l'intérieur du cadran bleu
qui marque le... qui explique un peu la contribution du gouvernement... les
gouvernements, mais aussi la question qui demeure : Est-ce que c'est en
dollars constants ou bien en dollars courants? Donc, juste qu'on clarifie...
parce que ça a été ça, l'échange avec ma collègue, Mme la Présidente.
La Présidente (Mme Maccarone) : Mme
la ministre.
Mme Guilbault :Oui, bien, bien qu'il n'y ait aucun rapport entre ce
tableau-là et l'article 3, qui parle de l'endroit où va être localisé le
siège social, et encore moins avec l'amendement proposé par le député de
Taschereau, le tableau auquel réfère mon collègue... En fait, je ne comprends
toujours pas c'est quoi, la question. C'est un tableau que je montre souvent. Il
y a une partie gouvernement, une partie municipalités et une partie usagers.
Tout ça est en dollars courants. Et donc je ne vois pas la pertinence d'aborder
ce tableau-là dans le cadre de l'article 3. Si mon collègue veut avoir un
débat sur le financement largement supérieur du transport collectif depuis que
la Coalition avenir Québec forme le gouvernement, puis il a le tableau devant
lui, là, je l'invite à s'attarder aux années libérales et aux années de la CAQ.
Il va voir que c'est sans commune mesure, Mme la Présidente, évidemment, à la
hausse avec la CAQ et moins grand à l'époque des libéraux.
La Présidente (Mme Maccarone) : M.
le député, je vous laisse répondre, mais il faut revenir sur le
sous-amendement, s'il vous plaît.
M. Derraji : Oui, pas de
problème, mais c'est parce que la discussion a eu lieu avec ma collègue, et,
pendant ce temps, elle n'a pas répondu. Mme la ministre, est-ce que c'est en
dollars constants, en dollars courants. Elle trouve toujours le tableau
pertinent. Donc, c'est elle qui le ramène. On veut juste être véridiques avec l'information.
Il y a des gouvernements, au pluriel, provincial et fédéral. Donc, elle le
trouve toujours pertinent, ce document, ce tableau, mais il y a de l'information
qui manque. Elle s'est engagée à vérifier, s'est engagée à voir est-ce que c'est
des dollars constants ou dollars courants. On n'a pas de réponse maintenant.
Elle s'est engagée le 9 octobre, Mme la Présidente.
La Présidente (Mme Maccarone) : Et
Mme la ministre vient de vous dire que c'est de l'argent courant.
M. Derraji : Ah! je ne l'ai
pas entendue. Bien...
La Présidente (Mme Maccarone) :
Elle a dit que c'était de l'argent courant, et je comprends que c'était un
débat qui a été entamé jeudi passé. On a un nouvel sous-amendement qui vient d'être
déposé. Alors, j'invite les collègues de rester sur le sujet, s'il vous plaît,
à moins que vous avez un lien avec le tableau et le sous-amendement, de revenir
sur le sujet.
M. Derraji : Oui, mais il y a
toujours un lien, Mme la Présidente, parce qu'un conseil d'administration... du
moment qu'on parle d'un conseil d'administration, ce serait intéressant de
savoir... Donc là, maintenant, on comprend que c'est en dollars courants. Ça
serait intéressant de l'avoir aussi en dollars constants, Mme la Présidente, et
je n'ai pas besoin d'expliquer la différence. J'en suis sûr et certain, que les
équipes de Mme la ministre, ils vont lui expliquer la différence entre un
dollar courant et un dollar constant, mais il y a toujours un lien, Mme la
Présidente.
On est à l'aube... à l'aube de parler d'une
nouvelle structure, et vous savez l'amour que j'ai pour les nouvelles
structures, au Québec, et les nouvelles agences, Mme la Présidente, et j'adhère
à l'amendement <proposé par mon collègue...
M. Derraji :
...au
Québec, et les nouvelles agences, Mme la Présidente j'adhère à l'amendement >proposé
par mon collègue, mais, ceci étant dit, Mme la Présidente, le débat reste...
donc, le débat reste par rapport à la contribution des partenaires au
financement du transport collectif entre 2015 et... 2023, désolé. Donc, je vous
ai dit, Mme la Présidente, j'ai passé la semaine de circonscription à revoir la
dernière séance et j'ai noté que Mme la ministre s'était engagée à déposer un
autre tableau. Donc, je pense que vous avez les notes de la dernière rencontre.
Donc, moi, est-ce que cet engagement tient toujours la route, je veux savoir.
Elle a le droit de dire : Je ne vais rien déposer, mais elle s'est engagée
elle-même à déposer un autre tableau. Je me demande il est où, ce tableau. Là,
je comprends maintenant qu'elle nous parle que c'est en dollars... corrigez-moi
si je me trompe, dollars...
Une voix : ...
• (10 h 20) •
M. Derraji : Non, non, pas ce
tableau.
Une voix : ...
M. Derraji : Courants, donc,
courants, et elle s'est engagée à déposer un autre tableau. Donc, Mme la
Présidente, je comprends que le débat du tableau ou le dollar constant versus
le dollar courant est un peu loin de l'article 3, mais je tiens juste à
répéter ce que Mme la ministre... Vous avez toute la transcription, Mme la
Présidente. Donc, pourquoi, dans la séance du 9 octobre, la ministre
elle-même a parlé de son tableau? Ce n'est pas moi qui l'a ramené, ce tableau.
D'ailleurs, elle le trouve toujours
pertinent, le trouve toujours intéressant, le tableau. D'ailleurs, il est même
encadré et il est toujours utilisé en période de questions. Donc, les questions
que j'ai ramenées, Mme la Présidente, sont très légitimes, et elle avait dit
des chiffres, et je me demande il est où, le tableau. Donc, si elle ne veut
plus parler de ça, je comprends qu'il n'y a pas de nouvel... il n'y a pas de
nouveauté depuis la dernière rencontre.
La Présidente (Mme Maccarone) : Mme
la ministre, est-ce que l'engagement de déposer un tableau révisé qui indique «constants
ou courants» en termes de financement est toujours actuel?
Mme Guilbault :Bien, je suis contente de voir que le collègue a pris la
peine de regarder ce qui s'est dit la semaine dernière, parce qu'au fil du
va-et-vient des collègues autour de la table j'ai été obligée de répéter
plusieurs, plusieurs, plusieurs fois, la semaine dernière, les mêmes questions
et les mêmes réponses. Donc, espérons que ça ne sera pas la même chose cette
semaine.
Ceci étant dit, j'ai déjà répondu sur le
tableau. Non seulement ça n'a absolument aucune forme de lien avec la
localisation du siège social de Mobilité Infra Québec, qui fait l'objet à la
fois de l'article 3 et de l'amendement du député de Taschereau, mais en
plus le tableau auquel il fait référence est déjà très clair. Les contributions
respectives des usagers des différents paliers de gouvernement sont déjà très
claires. J'ai déjà dit tout à l'heure, et je le répète, que c'est en dollars
courants.
Donc, quant à moi, la question est close.
Et donc, s'il me revient une troisième fois avec la question, qu'il ne soit pas
surpris du fait que je ne répondrai pas une troisième fois la même chose parce
que, déjà, deux, je trouve que ça ne rentabilise pas les fonds publics qui
paient nos salaires et la diligence à laquelle on s'attend, de la part des
contribuables, dans le cadre des travaux parlementaires. Merci.
La Présidente (Mme Maccarone) : M.
le député.
M. Derraji : Je vais utiliser
les mêmes arguments pour lui répéter la même chose. Si elle pensait que ce
n'était pas pertinent parce que ça n'avait pas de lien avec l'article 3...
C'est la ministre elle-même qui a ramené ce débat le 9 octobre, ce n'est
pas moi, Mme la Présidente. Donc, avant de me donner des leçons et dire que je
vais répéter, et répéter, et répéter, je l'invite à elle-même répondre aux
questions et non pas, à chaque fois, sortir le tableau. Il n'y a personne qui a
parlé de ce tableau. C'est la ministre qui a ramené ce tableau sur la table le
9 octobre.
Et je vous ai dit, Mme la Présidente, j'ai
pris le temps d'écouter ce qui a été dit et je n'ai pas envie de ramener encore
une fois l'histoire du PQI, s'il était en constant ou courant, Mme la
Présidente. Tout est enregistré, et les gens qui nous suivent, je vous invite à
aller revoir l'échange en commission parlementaire du 9 octobre. Vous
allez comprendre pourquoi je ramène ce sujet sur la table, parce qu'il y avait
un engagement, Mme la Présidente.
À un certain moment, on lui a demandé de
le déposer. Elle avait dit oui. Cherchez dans la transcription, Mme la
Présidente, je n'invente rien. Elle s'est engagée à le déposer. Elle-même, elle
a eu, je dirais, le temps nécessaire pour dire : Je ne vais pas parler de
ça parce que l'article parle de ceci ou de cela. C'est la ministre elle-même
qui s'est engagée,. C'est dans la transcription. Corrigez-moi, Mme la
Présidente, si je me trompe, est-ce que, dans la transcription du
9 octobre, s'il vous plaît... est-ce qu'il y avait un engagement clair de
Mme la ministre de nous ramener un tableau? Et ça a été dans le cadre d'un
échange avec le député des Îles-de-la-Madeleine.
La Présidente (Mme Maccarone) : Excusez-moi,
M. le député. Oui, M. le député de Masson, quel est votre <rappel au
règlement...
La Présidente (Mme Maccarone) :
...oui, M. le député de Masson, quel est votre >rappel au
règlement?
M. Lemay : L'article 211,
sur la pertinence. Le député de Nelligan, présentement, doit avoir cette
discussion-là à l'article 3, pas au sous-amendement de l'amendement de
l'article 3. Et donc j'aimerais ça qu'il revienne au sous-amendement.
La Présidente (Mme Maccarone) : Merci
beaucoup. Je suis d'accord avec le député. Vous pourriez recommencer ce débat.
Je vous entends, puis, entre-temps, nous allons vérifier le libellé, mais on
est présentement sur le sous-amendement de le député de Taschereau, où nous
parlons de tous les... toutes les rencontres importantes. Alors, pourriez-vous
rester sur le sujet, s'il vous plaît.
M. Derraji : Je vous remercie.
Je vous remercie parce que vous allez faire les vérifications, mais je tenais
absolument à répondre à Mme la ministre, qui disait autre chose de ce qui a été
dit le 9.
Ceci étant dit, par rapport au
sous-amendement de mon collègue le député de Taschereau, que je tiens à saluer,
et je lui souhaite aussi une agréable semaine, un agréable... un agréable début
de semaine qu'on va passer ensemble dans le cadre de ce projet de loi, Mme la
Présidente, je pense qu'on ne peut pas faire un débat à moitié. C'est très
important, la capitale nationale. D'ailleurs, écoutez, je vois mal comment une
ex-ministre de la Capitale-Nationale va refuser cet amendement. Il faut aller
l'expliquer aux gens de Québec et de la capitale nationale.
D'ailleurs, Mme la Présidente, j'ai le
luxe de traîner que je suis un député de l'Ouest-de-l'Île... qu'on essaie
toujours de le dire... de Montréal. Écoutez, Mme la Présidente, ce
gouvernement, il lui reste deux ans. Il va y avoir des élections en 2026. On
doit se lever pour les gens de la capitale nationale, et je trouve ça intéressant
que le collègue qui représente fièrement une partie de la population de la capitale
nationale... qu'il ramène cet amendement... ce sous... ce sous-sous-amendement.
À chaque fois, j'ai de la misère avec le «sous-sous»... sous-amendement.
Donc, Mme la Présidente, moi, je pense que
c'est très pertinent de parler de ce genre de rencontre parce qu'à part que
j'ai en face de moi l'ex-ministre responsable de la Capitale-Nationale, mais, Mme
la Présidente, je fais juste une revue de la matière, ce n'est pas de la revue
de la littérature, là, mais juste une revue de la presse, et je vois son
collègue qui parlait... qu'il se basait sur des statistiques pour les
rencontres au niveau de la capitale nationale, et que c'est très important, et
ce n'est pas... ce n'est pas toujours comme, entre guillemets, le fun d'avoir
toujours des rencontres à Montréal, Mme la Présidente.
Et là Mme la ministre veut parler d'une
nouvelle structure, cette structure... cette structure qui va dorénavant
s'occuper des projets de mobilité, et je pense que la réponse... la réponse de
l'absence de projets concrets dans la région de la Capitale-Nationale, c'est
que le gouvernement doit démontrer que cette région qui peine à avoir un réseau
structurant... Les gens le disent, regardez à combien de versions du troisième
lien on est rendus, Mme la Présidente. Là, on est rendus avec un appel
international et on est rendus dans des modes irréversibles. Heureusement qu'on
vit en démocratie, Mme la Présidente, mais je pense que l'amendement du
collègue, de parler de toutes les rencontres surtout importantes va dans le
sens, Mme la Présidente, que c'est très important, à l'intérieur de ce projet
de loi, parler de l'importance de ces rencontres.
Et, quand je regarde même l'amendement que
nous avons déposé, permettez-moi juste une seconde, Mme la Présidente, oui :
«Les rencontres avec un membre du gouvernement ainsi que les rencontres du
conseil d'administration doivent se tenir dans la ville de Québec.» Je vais vous
dire pourquoi. On l'a vu avec le temps, Mme la Présidente, regardez la CAQ dans
la région de Québec, première élection, promesse électorale par rapport au
troisième lien, deuxième élection, une autre promesse avec un bitube, avec un
pont, avec un tunnel. On ne sait plus, Mme la Présidente, quelle version
suivre. Il y avait même des gens qui parlaient, des journalistes, avec raison,
du revolte-face, mais rerevolte-face. C'est la première fois que j'entends ça,
là, revolte-face et rerevolte-face. J'ai aimé, mais ce n'est pas moi qui a
innové ça. Je donne le crédit à une journaliste de Noovo puis je trouvais ça
vraiment «cute».
Donc, quand on parle de rencontres
importantes, c'est justement parce que ça fait six ans, et pour bientôt huit
ans, il n'y a rien. Il n'y a rien au niveau de la capitale nationale. Donc, ce
genre de rencontres au niveau de la capitale nationale, je dirais, ce n'est
même pas un débat. La collègue doit accepter l'amendement sans faire de débat
pour le collègue de Québec. Je trouve ça... Un député montréalais qui se lève
aujourd'hui, à l'intérieur de ce parlement, en commission parlementaire, pour
convaincre la partie gouvernementale que c'est important, faire toutes les <rencontres
à Québec...
M. Derraji :
...la
partie gouvernementale que c'est important, faire toutes les >rencontres
à Québec. Voyons donc, Mme la Présidente, je n'ai jamais pensé que, dans ma vie
de parlementaire, un député de l'Ouest-de-l'Île de Montréal va se lever au
Parlement, en commission parlementaire, pour exiger que les prochaines
rencontres d'une nouvelle structure créée par le gouvernement doivent se faire
à Québec.
Bien, les gens qui nous écoutent, voilà, la
ministre me dit que les contribuables nous paient... ils paient nos salaires
pour qu'on avance, oui, pour qu'on avance, on travaille très bien, mais figurez-vous
de quoi je parle, un député montréalais, de la région de Montréal, de l'Ouest-de-l'Île.
Si je mets juste tout ça, là, c'est les arguments que le gouvernement utilise :
Ah! les élus montréalais, les élus de l'Ouest-de-l'Île, hein? C'est devenu
comme un qualificatif, mais je n'ai pas honte et je le dis fièrement. Comme je
me suis levé pour la traverse de Rivière-du-Loup, je vais continuer à me lever
pour d'autres ponts, d'ailleurs, qu'on attend des réponses, Mme la Présidente,
des demandes d'accès à l'information. Vous savez que j'aime ça, les demandes d'accès
à l'information.
• (10 h 30) •
Mais, écoutez, quand je regarde le
collègue qui, lui, est député de la ville de Québec, une partie, hein, pas
toute la ville, mais une partie de la ville, avec sa collègue qui est aussi
députée et ex-ministre de la Capitale-Nationale, je n'en reviens pas qu'un
député montréalais doit mener le combat pour les citoyens, où on est en train
de discuter : Est-ce que les réunions importantes avec le gouvernement en
matière de transport collectif doivent se tenir à Québec? C'est juste du gros
bon sens, Mme la Présidente. C'est du gros bon sens, tout cela, Mme la
Présidente. J'aime beaucoup cette expression parce que ça fait partie de l'air
du temps, là, le gros bon sens. Donc, est-ce normal pour un gouvernement de ne
pas avoir les rencontres importantes à Québec? Écoutez, Mme la Présidente...
Des voix : ...
La Présidente (Mme Maccarone) : ...s'il
vous plaît.
M. Derraji : Non, non, je
sais, ça fait réagir Mme la ministre, parce que, tu sais, je sais, Mme la
Présidente, mais, figurez-vous, à l'instant, un député montréalais autour de la
table, de l'Ouest-de-l'Île de Montréal, qui défend, aujourd'hui, avec son
collègue député de Taschereau, que les prochaines rencontres d'un conseil d'administration
d'une nouvelle structure gouvernementale doivent se tenir à Québec, bien, je
pense que Mme la ministre peut régler tout cela rapidement au lieu de passer du
temps... et, écoutez, j'espère qu'elle ne va pas voter contre. Elle peut s'abstenir
si elle est contre, mais, sérieux, voter contre ça, Mme la Présidente, voter
contre que les rencontres importantes d'une nouvelle structure gouvernementale
doivent se tenir à Québec, les gens qui nous écoutent, heille! j'ai...
Heureusement, le collègue de Taschereau a
déposé cet amendement pour insister à la proposition de ma collègue députée de
Saint-Laurent, qui a eu vraiment une très bonne proposition, parce que, Mme la
Présidente, c'est très important, la capitale nationale, c'est extrêmement
important pour des rencontres importantes, mais là on n'est pas en face à n'importe
quelle société d'État. Ce n'est pas banal. On voit... et Mme la ministre le
dit, il n'y avait rien en matière de transport collectif. On n'est pas capables
de gérer les grands projets et on le voit, regardez à combien de versions on
est rendus avec le troisième lien.
Alors, Mme la Présidente, sérieux, j'ai
tout vu dans ma vie, mais l'ex-ministre de la Capitale-Nationale va voter
contre ça. Je pense que... Je ne sais pas si ça fera faire les nouvelles, mais,
Mme la Présidente, ouf! ça va être très mal vu. Écoutez, là, c'est un
amendement bonbon de mon collègue, là. C'est un amendement bonbon, Mme la
Présidente, sérieux, c'est extrêmement important. Donc, je me dis, c'est
même... Moi, je lis l'amendement et je me dis : Écoute, comment ça se fait
que c'est moi qui dois défendre que c'est très important, les prochaines
rencontres, de ce sous-amendement.
Et j'ai un problème avec ce «sous»... le
sous-amendement. Merci, ma collègue, de me le rappeler à chaque fois. C'est
vrai, ce n'est pas un amendement, mais, quand il y a «ce» avec «sous», je n'arrive
pas à le prononcer. Donc, je le déclare, chers collègues, quand je vous dis «amendement»,
c'est un sous-amendement de mon collègue, mais, quand je vais commencer à dire «sous-sous-sous-amendement»,
vous allez me perdre. Vous allez me perdre.
Bien, écoutez, on va juste revenir à la
base, madame. Vous me comprenez, Mme la Présidente? C'est excellent. Le plus
important, c'est que vous me suivez. Et, regardez, prenez un instant, j'ai lu
le sous-amendement de mon collègue, je me dis : Mais, écoute, ce n'est pas
le député de Nelligan qui va se battre pour les gens de la capitale nationale.
Je le fais par amour et par respect, parce qu'ils ont raison de se demander :
Qu'est-ce qu'il y a pour les gens de la capitale nationale en matière de
transport collectif? On ne le sait plus. On ne sait plus, Mme la Présidente. Il
n'y a pas de troisième lien. Le tramway, on attend encore. Il y a <i>Alstom
qui crie qu'il va y avoir des enjeux...
10 h 30 (version révisée)
M. Derraji : ...on ne sait
plus, Mme la... Il n'y a pas de troisième lien, tramway, on attend encore, il y
a Alstom qui crie qu'il va y avoir des enjeux. Mais c'est normal, avoir ce
genre de rencontres au niveau de la Capitale-Nationale. Mais, Mme la Présidente,
écoutez, j'ai bien hâte de voir... bien hâte de voir... j'ai bien hâte de voir.
L'amendement de ma collègue députée de Saint-Laurent,
qui est un amendement extrêmement important, qui a été sous-amendé par mon
collègue, le député de Taschereau, va dans le sens que nous, au Parti
libéral<i>, on croit farouchement que c'est extrêmement important, tenir
ce genre de rencontres au niveau de la Capitale-Nationale. Et, oui, c'est un
débat très important, parce qu'encore une fois, on le voit sur toutes les
tribunes. Les gens de la Capitale-Nationale veulent savoir c'est quoi, la
vision de ce gouvernement en matière de transport collectif, c'est quoi, leur
vision par rapport à tout cela.
Et je tiens à rappeler, Mme la Présidente,
si on veut être cohérents... Nous avions, comme gouvernement, légiféré sur le
statut de la Capitale-Nationale en 2016. Et heureusement, c'est le Parti
libéral qui a légiféré. Heureusement, nous avons légiféré sur ça, Mme la
Présidente. Le statut de la Capitale-Nationale, ce n'est pas juste un slogan.
On doit le traduire avec des faits. Et j'espère que les collègues, je vais
avoir l'appui de tous les collègues. Mais je vous le dis, Mme la Présidente, je
serais mal à l'aise, très mal à l'aise que l'ex-ministre responsable de la
Capitale-Nationale va voter contre ce sous-amendement et même notre amendement,
Mme la Présidente.
Donc, je vais réitérer... réitérer ma
demande, c'est pour être cohérent. Le gouvernement libéral, en 2016, a légiféré
sur le statut de la Capitale-Nationale, et on est juste cohérents avec tout ce
qu'on disait depuis le début, Mme la Présidente.
Je ne sais pas si le député de Masson se
sent interpellé, mais il peut prendre la parole, eux aussi. J'ai... j'ai le
goût de l'écouter, lui, qu'est-ce qu'il pense, Mme la Présidente. Qu'est-ce qu'ils
pensent, les collègues? J'ai une collègue qui habite Laval, aussi, j'ai des
collègues à Trois-Rivières, à Shawinigan, je pense, hein? J'essaie de situer
tous les comtés.
Alors, Mme la Présidente, malheureusement,
il me reste une minute. Il me reste une minute. J'aurais aimé...
Des voix : ...
M. Derraji : Je sais. Ils
peuvent me donner leurs 20 minutes, je sais qu'ils m'aiment, hein? Ils
aiment m'écouter en commission parlementaire, surtout quand je défends la Capitale-Nationale.
Je le sais. Je le sais. Je le sens. Je le vois dans les yeux, Mme la Présidente.
Mais je vais finir par ça. Je vois mal comment l'ex-ministre responsable de la
Capitale-Nationale va voter, aujourd'hui, contre le sous-amendement de mon
collègue et, un peu plus tard, notre amendement. Là, il y a un test de la
réalité, Mme la Présidente. Est-ce que, oui ou non, Mme la ministre va défendre
les intérêts de la Capitale-Nationale? Je vais le dire encore une fois, c'est
un Montréalais qui fait cet argument, et ma collègue aussi, la députée de Saint-Laurent,
l'a très bien fait aussi. Et je tiens... je tiens absolument à le répéter, c'est
un... c'est notre gouvernement, gouvernement libéral, en 2016, qui a légiféré
sur le statut de la Capitale-Nationale...
La Présidente (Mme Maccarone) : Merci.
M. Derraji : ...et j'appuie
le sous-amendement de mon collègue, Mme la Présidente.
La Présidente (Mme Maccarone) : Merci,
M. le député. Est-ce qu'il y a d'autres interventions? M. le député de Taschereau.
M. Grandmont : Oui, merci, Mme
la Présidente. Il me reste combien de temps?
La Présidente (Mme Maccarone) : Je
vous reviens. Continuez. Je vous ferai signe.
M. Grandmont : Parfait. Bien,
d'abord, j'aimerais juste, peut-être, juste clarifier quelque chose, là. À ma
connaissance, là, Mme la ministre n'a pas dit non à mon sous-amendement pour l'instant
encore, là. Donc, je ne souscris pas à l'effet que... comme mon collègue député
de Nelligan le mentionne, que la ministre va voter contre. Pour l'instant, elle
n'a pas donné d'indication. Mais j'aimerais quand même poser des questions à Mme
la ministre pour savoir où elle se situe par rapport à ça.
D'abord, pour son bénéfice...
Des voix : ...
M. Grandmont : Je ne sais pas
si elle m'écoute, Mme la ministre.
La Présidente (Mme Maccarone) : Collègues,
s'il vous plaît! Il y a seulement une personne qui a la parole. Je suis
désolée. M. le député de Taschereau a une question pour Mme la ministre.
M. Grandmont : Oui, c'est ça.
Parce qu'en fait, je voyais Mme la ministre, tantôt, se demander c'était quoi,
l'amendement original qui avait été déposé par la collègue députée de
Saint-Laurent. Puis, en fait, elle disait, elle... elle disait : «Toutes
les rencontres avec un gouvernement du... toutes les... toutes les rencontres
avec un membre du gouvernement ainsi que les rencontres du conseil d'administration
doivent se tenir dans la ville de Québec», et moi, j'ajoutais, en fait, «toutes
les rencontres...» après «toutes les rencontres», le mot «importantes», donc ça
se lirait : «Toutes les rencontres importantes avec un membre du
gouvernement ainsi que les rencontres du conseil d'administration doivent se
tenir dans la ville de Québec.» Donc, c'était essentiellement ça, là, Mme la
ministre. Je tenais à vous éclairer. Bien, j'aimerais vous poser la question...
Parce que là, depuis tantôt, mon <collègue...
M. Grandmont :
...Je tenais à vous éclairer. Bien, j'aimerais vous poser la
question... Parce que là, depuis tantôt, mon >collègue député de
Nelligan dit : Mme la ministre va voter contre le sous-amendement puis,
éventuellement, peut-être l'amendement aussi. Moi, j'aimerais vous poser la
question : Comment vous... Comment...
Une voix : ...
M. Grandmont : Oui, oui,
effectivement, c'est une hypothèse, mais je vais la vérifier. Bien, peut-être
juste vous... entendre Mme la ministre, là, sur la discussion, sur ce que j'ai
dit tantôt, là. Depuis quelques semaines, on a un retour de cette
discussion-là. Est-ce que les rencontres importantes doivent se tenir dans la
ville de Québec dans une plus forte proportion que 66 % 70 %? Est-ce
que, Mme la ministre, vous pensez que la loi qui confère le statut de Capitale-Nationale
à la ville de Québec est importante et doit être respectée?
• (10 h 40) •
La Présidente (Mme Maccarone) : Mme
la ministre.
Mme Guilbault :Bien sûr que je le... que j'adhère à cette... Et je dois
dire... je dis souvent que les libéraux ont quand même fait quelques bonnes
choses, là. Tu sais, il faut le reconnaître. Le REM, qui est en train de se
faire grâce à la filiale qu'ils ont créée en 2015 et la loi sur le statut de Capitale-Nationale,
en 2016, si je ne m'abuse.
Alors, quand même, justement, pour un
caucus qui est essentiellement dans le West Island, ils ont quand même fait
quelques affaires, à l'époque, pour notre Capitale-Nationale. Donc, c'est une
bonne chose, et grâce à cette loi — puis là, c'est ça, j'essayais de
ressortir les articles — il y a déjà un certain nombre d'éléments qui
sont consacrés dans cette loi-là.
Donc, à l'article 4... à
l'article 2, pardon. Tu sais : «Le territoire de la ville constitue
le lieu privilégié prioritaire de l'accueil des dignitaires étrangers en visite
au Québec, des rencontres diplomatiques et des sommets gouvernementaux, des
grandes rencontres politiques et des négociations importantes de toute nature
auxquelles prend part le gouvernement du Québec. La ville peut affirmer et
soutenir le statut qui lui est consacré par le présent article.»
Bon, enfin. Alors, c'est immanent au
fonctionnement même de notre société puis de notre gouvernement que d'accorder
un statut important et particulier et de grande valeur à notre Capitale-Nationale.
Alors, forcément que j'y adhère. En plus, je suis une élue à Québec, comme il
le sait, donc... Et non seulement cette loi-là existe déjà pour protéger et
consacrer le statut de Capitale-Nationale avec les particularités et, je
dirais, les avantages que ça lui procure, mais, en plus, on vient placer, à
l'article 3 de la nouvelle loi, qui institue Mobilité Infra Québec, sur à
peu près 120 d'articles, là... pas à peu près, en fait, sur 120 articles,
on verra au fil des modifications. L'article 3, qui arrive extrêmement tôt
dans la loi, et ce n'est pas pour rien, on vient prévoir que son siège est dans
la ville de Québec. Donc, je ne vois pas, Mme la Présidente, là... Je comprends
qu'on puisse vouloir avoir des conversations sur toutes sortes de choses, mais,
à mon sens, c'est très clair, le siège social va être à Québec. On aurait pu ne
pas mettre cet article-là. On a fait le choix de le faire pour, encore une
fois, venir ajouter une couche de plus dans la consécration de l'importance de
la Capitale-Nationale et venir dire que le siège social va être à Québec. Donc,
évidemment que ça implique que les rencontres... les rencontres vont se faire à
Québec. Est-ce qu'un jour, ça se pourrait qu'il se passe quelque chose à
Montréal? Bien, oui, parce que, tu sais, c'est sûr qu'à un moment donné, si on
fait un projet, par exemple, dans l'est de Montréal, ça se peut
qu'éventuellement, des travaux se déroulent à Montréal. Mais le siège social,
les travaux, les équipes vont être basés à Québec. Alors, pour nous, c'est ça
qui était important.
M. Grandmont : Est-ce que,
Mme la ministre, comme votre collègue responsable... actuel responsable de la
Capitale-Nationale, vous vous satisfaisez de 66 % des rencontres de
dignitaires ici, à Québec?
Mme Guilbault :Bien, encore une fois, on s'éloigne beaucoup du propos du
projet de loi.
M. Grandmont : Ah! non, non,
non. Non, non, non.
Mme Guilbault :
Je ne sais pas à quel point on peut avoir des conversations parallèles sur une
foule de sujets qui sont sans... Parce que là on peut se le dire, non pas que
ce n'est pas important, la Capitale-Nationale, mais ça n'a aucun rapport avec
le transport collectif qu'on veut accélérer avec un projet de loi, en ce
moment. Donc, c'est pour ça que moi, je suis très, très préoccupée, là, par les
fonds publics qui paient nos salaires. Puis quand on fait le calcul des
salaires qui sont payés dans la salle, en ce moment, avec toujours juste une
personne qui parle à la fois sur des sujets qui sont malheureusement parfois,
voire souvent, sans rapport avec le projet de loi, je me sens obligée de nommer,
au micro, que moi — je vais parler pour moi, mais je suis assez
certaine que mes collègues du gouvernement sont d'accord — je suis
soucieuse... On est à plus de 40 heures, en ce moment, dont, quoi, 20
quelques heures de consultations particulières, toujours très pertinent et
intéressant. Mais le maximum de motions préliminaires, le maximum de temps sur
chaque outil parlementaire dont disposent les collègues en face... Alors, je ne
suis pas en train de dire que je suis pour ou contre. Je suis en train de
nommer, au micro, cette réalité-là, de la façon dont ça fonctionne, ici. On est
capables de passer énormément d'heures. Tu sais, moi, de toute façon, on est à
salaires fixes, là, que je sois assise ici... Mais, sauf que, je pense que par
respect pour les contribuables qui financent les salaires des élus dans la
salle, on devrait avoir le souci de se concentrer, au minimum, sur le propos
d'un projet de loi. Mais ça, c'est mon... c'est mon opinion de <citoyenne...
Mme Guilbault :
...sur le propos d'un projet de loi. Mais ça, c'est
mon... c'est mon opinion de >citoyenne de Louis-Hébert
et députée, d'ailleurs, aussi, de Louis-Hébert. Alors, oui, c'est important, la
Capitale-Nationale. C'est sûr que, dans un monde idéal, 100 % des
rencontres à Québec, c'est en quelque sorte l'asymptote, comme j'aime utiliser
ce concept mathématique d'asymptote pour toutes sortes de raisons dans la vraie
vie, des fois, on comprend que ça peut ne pas être possible. Je prends un
exemple : il y a eu une rencontre avec le premier ministre du Canada, je
ne sais plus la date là, mais bon... Tu sais, par exemple une rencontre avec un
dignitaire d'importance qui nous offre seulement deux choix, soit je vous
rencontre à tel endroit qui n'est pas Québec ou je ne ferai pas de rencontre,
dans certaines circonstances, je peux comprendre qu'on soit obligés de prendre
le scénario un, bien que vraiment pas idéal. Mais vous comprenez, des fois,
aussi, il y a des agendas, il y a des gens qui ont des agendas particuliers et
qui nous amènent des contraintes qui sont complètement hors de notre contrôle.
Alors, est-ce que mon collègue de Taschereau...
Prenons l'exemple d'Emmanuel Macron, l'autre
fois, que je suis allée accueillir à Montréal. Est-ce qu'on va refuser de
rencontrer même Emmanuel Macron quand son équipe nous dit : Il va être de
passage à Montréal, puis, ensuite de ça, il doit quitter pour... il doit... tu
sais, bon, son agenda est construit de cette façon-là. Donc, ce sont des
exemples, je ne suis pas en train de... Tu sais ce que je veux dire, je ne veux
pas mettre Emmanuel Macron sur la sellette, là, c'est des exemples de réalités
où, des fois, tu as des gens qui arrivent au Québec, qui ont des contraintes d'horaire,
qui ont des agendas qui ont été faits par leurs équipes, et là, on nous
dit : Soit vous vous déplacez pour les rencontrer, soit vous ne les
rencontrez pas. Je pense que ce serait extrêmement dogmatique et non
pragmatique de dire : Je ferme la porte à toute rencontre en dehors de la
Capitale-Nationale. Ceci étant dit, 100 % est l'asymptote, 66 %
pensent que ça pourrait augmenter et ce serait une bonne chose pour notre Capitale-Nationale.
La Présidente (Mme Maccarone) : Merci.
M. le député.
M. Grandmont : Oui, merci.
Bien, d'abord, j'aimerais remettre quelque chose au clair avec Mme la ministre,
là. D'une part, nous autres, on fait notre travail d'opposition, qui est,
évidemment, d'être colégislateurs, surveiller l'action gouvernementale. Le
temps qu'on met à essayer de bonifier le projet de loi, je ne pense pas que c'est
du temps perdu. Puis, oui, les gens nous regardent, ils sont très conscients
que les propositions qu'on essaie de faire sont dans un... dans l'intérêt
commun, dans l'objectif d'avoir un meilleur projet de loi. Donc, prétendre,
déjà en partant, que notre travail est de ralentir, ça m'offusque, ça me
dérange énormément. Ce n'est pas une façon de travailler, voyons donc! Je veux
dire, nous, on fait notre travail de bonne... de bonne foi, donc prétendre le
contraire, je pense que c'est... c'est dénigrer le travail des oppositions, et
ça, je trouve que c'est tout à fait déplacé, Mme la Présidente, de dire ça.
D'autre part, ce que j'entends, c'est que
Mme la ministre se contente, en fait, d'un 66 %. Elle vise un 100 %,
mais elle se donne beaucoup de marge de manœuvre pour être capable de donner...
de donner de la marge de manœuvre aux gens qui nous visitent. Moi, je pense
que, comme nation, on peut imposer le lieu de rencontre, et que l'exception, l'exception,
ce soit d'aller vers l'extérieur. C'est ça, un peu, l'esprit du texte de loi
qui a été adopté en 2016. Merci, d'ailleurs, au Parti libéral de l'avoir fait à
l'époque parce que, franchement, c'est une... il y avait peut-être une plus
grande préoccupation à défendre la Capitale-Nationale à l'époque qu'aujourd'hui,
j'ai l'impression. Moi, ce que je trouve, là-dedans, c'est que 66 %, on n'est
pas dans l'exception, là, on est quasiment à une rencontre sur deux qui ne se
tient pas à Québec. On n'est pas capables d'imposer que les rencontres se
tiennent ici, à Québec. Si Mme la ministre s'en va rencontrer le président
français ou le premier ministre français en France, puis qu'on lui dit : C'est
à Paris que ça se passe. Je suis pas mal sûr que Mme la ministre va se dépêcher
d'aller à Paris. C'est comme ça que ça se passe. Donc, Mme la ministre, puisque
vous vous contentez d'un 66 %, et puis une asymptote à 100 % est
comme un idéal pour vous, j'aimerais savoir, vous, là, quand vous étiez
ministre responsable de la Capitale-Nationale, c'était quoi, votre... votre
score? Combien de rencontres, combien de pourcentage on avait, ici, dans la
région de Québec, dans la Capitale-Nationale?
La Présidente (Mme Maccarone) : Mme
la ministre.
Mme Guilbault :Bien là, il faudrait que je prenne les quatre ans au
complet puis que je fasse le calcul du nombre de rencontres totales qui se sont
tenues par le gouvernement, ou importantes ou...
M. Grandmont : De quoi?
Mme Guilbault :D'abord, la notion d'«importante», est-ce qu'elle a été
opérationnalisée? Parce que c'est vague. Puis deuxièmement...
M. Grandmont : Bien, c'est
comme dans le projet de loi, en fait.
Mme Guilbault :Non, mais ce que je veux dire, c'est que ce que le député
de Taschereau demande, en ce moment, c'est que je lui donne, comme ça,
spontanément, le fruit d'un calcul mathématique qui serait le suivant :
Du... Entre le 18 octobre 2018 et le déclenchement de l'élection, le 27 ou
le 28 août 2022, le nombre total de rencontres qui se seraient tenues, d'importance,
au gouvernement... en fait, non, pardon, le nombre total de rencontres d'importance
qui se seraient tenues dans la Capitale-Nationale, divisé par le nombre total
d'importants... de rencontres d'importance tenues par le <gouvernement...
Mme Guilbault :
...Capitale-Nationale, divisé par le nombre total
d'importants... de rencontres d'importance tenues par le >gouvernement
en général fois 100. Je n'ai pas ces données-là, ni le numérateur, ni le
dénominateur de cette fraction-là.
M. Grandmont : Mais attendez,
le projet de loi... la loi... la loi a été adoptée en 2016.
Mme Guilbault :Alors, je pense que c'est un peu exagéré de demander ça
comme ça.
La Présidente (Mme Maccarone) : S'il
vous plaît.
M. Grandmont : Attendez. Mais
la loi a été adoptée en 2016...
Mme Guilbault :Mais l'important...
La Présidente (Mme Maccarone) : M.
le député de Taschereau, s'il vous plaît, c'est la ministre qui a la parole.
Elle répond à votre question.
M. Grandmont : Oui. Pardon.
Allez-y.
• (10 h 50) •
Mme Guilbault :Donc, c'est ça. Alors, je répète, là, on demande à un élu,
comme ça, à brûle-pourpoint, d'avoir en tête le nombre total de rencontres qui
se sont tenues par un... d'importance, par un gouvernement, pendant quatre ans,
et le nombre total, là-dessus, qui s'est tenu dans la Capitale-Nationale. Aucun
élu, puis certainement pas lui, n'a cette information-là. Ça prendrait du temps
à recenser, c'est quatre années de rencontres à tous les jours, à toutes les
semaines.
Donc, qu'il soit rendu au point de me
demander une chose comme ça, dont lui-même est en train de s'ouvrir parce qu'il
sait que ça... c'est... c'est insensé. Tu sais, Mme la Présidente, moi, je veux
bien, là, qu'on discute de l'importance de la Capitale-Nationale, mais je pense
qu'il faudrait rester, peut-être, dans... dans une manière de travailler qui
est réaliste et, surtout, qui est orientée vers les résultats, résultats étant :
faire avancer un projet de loi qui crée Mobilité Infra Québec pour faire plus
de transport collectif.
Et je remarque que depuis le début de ça,
mon collègue de Québec solidaire, je ne le trouve pas... particulièrement,
pardon, pressé de faire avancer le projet de loi, alors que, pourtant, c'est
l'outil dont on a besoin pour atteindre l'objectif que lui-même et sa formation
politique...
M. Grandmont : ...je
m'excuse, elle me prête des intentions, là.
Mme Guilbault :...évoque à chaque semaine au salon bleu.
M. Grandmont : Elle me prête
des...
La Présidente (Mme Maccarone) : Merci.
On va faire attention aux propos. M. le député.
M. Grandmont : Oui. Merci.
Bien, justement, action... on va être axés sur les résultats. Moi, je suis
d'accord là-dessus. À l'intérieur du projet de loi, mon... ce que... ce que je
veux obtenir, à travers l'article 3, l'amendement et le sous-amendement,
c'est qu'on défende mieux notre Capitale-Nationale. Moi, je pense que c'est un
résultat intéressant à aller chercher, parce que, visiblement, le gouvernement
n'est pas capable de faire la job là-dessus.
Moi, je vous demande une chose très
simple. Vous me dites... Vous félicitez même le Parti libéral pour avoir
fait... mis en place ce projet de loi là... ce... bien, adopté ce projet de loi
là en 2016. Le projet de loi est très clair. Puis vous devez le connaître, vous
avez été quatre ans ministre responsable de la Capitale-Nationale? Je ne me
trompe pas? Parfait. Alors, je vous lis ce qui est écrit, là, c'est dans les
notes explicatives : «Elle prévoit que, de plus, le territoire de la ville
est le lieu privilégié et prioritaire pour la tenue de rencontres importantes
et le lieu de la résidence de fonction du premier ministre.»
Donc, pendant quatre ans, vous avez été
responsable de la région de la Capitale-Nationale, vous aviez comme
responsabilité, notamment... pas que, mais notamment, l'application de cette
loi-là. Puis là, vous me dites que pendant quatre ans, vous n'avez pas accumulé
aucun indicateur, vous avez... vous n'avez pas comptabilisé, vous n'aviez aucun
indicateur, aucun mécanisme de suivi pour savoir combien de rencontres
importantes se sont tenues ici à Québec. C'est ce que vous dites?
Mme Guilbault :Non. Je ne suis pas en train de dire que cette donnée-là
n'existe pas. Je suis en train de dire qu'en ce moment, je ne l'ai pas par
cœur, comme ça, spontanément. Donc, après ça, si elle existe, il peut toujours
faire une demande au secrétariat de la Capitale-Nationale, possiblement que
c'est là, ou... je ne sais pas, là, ou au ministère où se situe le ministre de
la capitale, en ce moment, c'est le ministère de l'Infrastructure. Alors, c'est
des données qui existent.
Mais, Mme la Présidente, ce n'est pas
parce qu'un projet de loi est en commission parlementaire que ça devient un
forum, pour les oppositions, pour demander n'importe quelle question d'une
précision, là... d'une précision de n'importe quel niveau sur n'importe quel
sujet qui les intéresse ou qui ne les intéresse pas juste parce qu'ils prétendent
qu'il y a un vague lien avec le projet de loi. C'est ça que j'essaie de camper,
là, Mme la Présidente. Moi, qu'on discute de l'importance d'avoir son siège
social à Québec, qui est le propos de l'article 3, puis après ça, qu'on
amende, qu'on sous-amende puis qu'on brode autour de ça, puis toujours les
mêmes mots autour des mêmes mots, parfait, mais qu'on essaie d'utiliser le
projet de loi pour partir sur plein de débats connexes qui font en sorte qu'on
perd la focalisation, qui est la création de Mobilité Infra Québec pour avoir
plus de transport collectif... À chaque fois ou presque que le député de
Taschereau s'est levé, au salon bleu, c'est pour demander pourquoi la CAQ ne
fait pas plus de transport collectif : Qu'est-ce qu'on attend, on va-tu avoir
plus de transport collectif? Pourquoi il n'y a pas plus d'argent en transport
collectif? Bon. Pour l'argent, le tableau est clair, donc il peut aller voir
notre collègue de Nelligan, il a justement mon tableau, moi, je ne l'ai même
pas, lui, il le traîne avec lui, je suis contente, ça lui permet de revoir à
chaque fois à quel point le Parti libéral sous-investissait en matière de
transport collectif.
La Présidente (Mme Maccarone) : ...
Mme Guilbault :Mais on a besoin pas juste d'argent, on a besoin d'un outil
pour faire avancer le transport collectif. Et on a besoin que le projet de loi
avance. Il y a 120 articles, et si on veut qu'il soit adopté d'ici Noël,
parce que j'imagine que... en tout cas, on peut penser que d'aucuns pourraient
avoir l'intention de nous garder ici jusqu'à la fin de la session. Si on veut
que ce soit créé après, là, il faut que ça avance, Mme la Présidente. C'est
pour ça que je <propose...
Mme Guilbault :
...Si on veut que ce soit
créé après, là, il faut que ça avance, Mme la Présidente. C'est pour ça que je >propose
que, par respect pour les contribuables, puis par volonté, je l'espère
partagée, de créer Mobilité Infra Québec plus tôt que tard pour pouvoir... pour
aller de l'avant avec un projet dans l'est de Montréal, notamment, où mes deux
collègues d'en face ont des collègues élus là dans leur caucus, bien, je
propose qu'on s'en tienne aux propos de l'article 3. Et là, moi, je
considère que j'ai fait le tour de ce que j'avais à dire sur l'amendement et le
sous-amendement. Pour nous, c'était très important que le siège social soit à Québec.
C'est pour ça que ça arrive à l'article 3, donc très tôt dans le projet de
loi, et, en ce qui nous concerne, ça fait le tour de la question, Mme la
Présidente.
La Présidente (Mme Maccarone) : Merci.
Vous disposez de 4 minutes, M. le député.
M. Grandmont : Oui, Mme la
Présidente. Bon, d'une part, je suis quand même très étonné que la ministre
n'ait pas au moins une vague idée de son score, là, de son pourcentage de
rencontres importantes qu'elle a pu tenir à Québec. Si elle a été ministre
responsable de la Capitale-Nationale, je comprends qu'elle n'a pas les chiffres
précis par année, les quatre années où elle a été ministre responsable de la
Capitale-Nationale, mais qu'elle sache au moins s'ils étaient autour de 40 %,
de 50 %, de 60%, de 70 %. Est-ce qu'elle fait mieux que son collègue
actuel? Je ne sais pas. 70 %, 66 %, là, ça, c'est le score du
ministre actuel basé sur la dernière année. Puis la ministre ne semble même pas
savoir, elle, ça tournait autour de combien. Donc, j'ai l'impression que pendant
quatre ans, là, elle n'a pas regardé le contenu de la loi puis elle n'a pas été
capable d'aller chercher l'information puis de s'en préoccuper. Je ne veux pas
lui mettre des mots dans la bouche, mais elle n'a pas répondu à mes questions.
Elle n'est pas capable de nous donner cette information-là.
Donc, moi, je trouve que c'est
préoccupant, ça donne bien, un peu, l'état des résultats, aussi, à la fin des
courses. Parce qu'on le sait, on l'a déjà mentionné, on a déjà eu des grands
débats là-dessus, au salon bleu à l'époque, à l'effet qu'il n'y a rien qui a
été déployé dans la grande région de la Capitale-Nationale. Je me souviens des
études de crédits où on a été très, très clairs. On a réussi à faire avouer
qu'il n'y avait rien qui avait été livré par la CAQ dans la région de la
Capitale-Nationale, rien du tout.
Alors, est-ce qu'on peut s'étonner
qu'aujourd'hui, la ministre est très pressée de mettre en place sa nouvelle
agence? Peut-être pour... On ne le sait pas. Cette nouvelle agence-là, qui...
Puis elle nous dit : Ça nous prend une agence rapidement pour être capable
de livrer des projets de transport collectif, alors que ce qu'on voit, c'est
qu'il n'y a rien eu, il n'y a rien qui a été fait pendant six ans. Pourquoi
avoir attendu six ans? Pourquoi attendre la création d'une agence? On aurait pu
commencer bien avant. On aurait même pu commencer avant en faisant le travail à
l'intérieur du ministère des Transports et de la Mobilité durable, mais rien
n'a été fait, Mme la Présidente. Alors, ce n'est pas vrai que c'est à cause des
oppositions puis à cause du travail très sérieux qu'on essaie de faire sur le
projet de loi n° 61, que tout est retardé au Québec, ce n'est pas vrai. Ça
fait six ans qu'ils sont au pouvoir, il n'y a rien qui a été fait, rien. Je
veux dire, à un moment donné, là, on a le dos large, mais il ne faut pas
charrier non plus, là.
Moi, je reviendrais là-dessus quand même.
Il me reste deux minutes pour parler, mais j'aimerais faire quand même prendre
conscience à Mme la ministre que, oui, avoir son siège social à Québec, c'est
une chose, mais que les rencontres importantes se passent à Québec, je pense
que c'est quelque chose d'important qu'on doit ajouter. Puis je prendrais pour
exemple exactement son gouvernement. Son gouvernement a son siège social où,
Mme la ministre? À Québec. On est dedans. C'est le siège social du gouvernement.
On est dedans. Et où se tiennent les rencontres? À l'extérieur de Québec dans
36 % des cas, Mme la Présidente, 36 %.
Donc, qu'on ait un siège social de
Mobilité Infra<i> ici, à Québec, ne garantit pas que les rencontres
importantes vont se faire ici à Québec, ça ne veut rien dire. Puis, si on se
fie à l'action du gouvernement actuellement, là, on peut être sûr que ça
sera... ça ne sera peut-être même pas la note de passage pour Mobilité Infra
Québec, honnêtement, là.
Donc, moi, j'invite vraiment Mme la
ministre à... et la partie gouvernementale qui m'écoute avec beaucoup
d'attention — merci, Mme la députée d'Argenteuil — de
prendre en considération que les rencontres doivent se tenir ici. C'est
exactement le même parallèle qu'avec le gouvernement. C'est vrai ou ce n'est
pas vrai? Le gouvernement, là, il a son siège social ici? Oui. Est-ce que
toutes les rencontres se font ici, dans la Capitale-Nationale? Non, exactement.
La députée, collègue, en face est d'accord avec moi.
Donc, voilà. Je n'irai pas plus loin. Je
pense que Mme la ministre a fait son point. Elle ne semble pas vouloir défendre
la Capitale-Nationale de manière exceptionnelle. 66 %, 70 %, pour
elle, ça semble suffisant. J'ai l'impression que pour Mobilité Infra Québec, ça
va être le même genre de critères ou de barèmes qu'on va se donner. Quand c'est
possible, on le fait. Sinon, on se déplace, puis il n'y a pas de problème.
La Présidente (Mme Maccarone) : Merci.
Y a-t-il d'autres interventions sur le sous-amendement du député de Taschereau?
Je vois qu'il n'y en a pas. Alors, nous allons procéder à la mise aux voix par
appel nominal. Mme la secrétaire, s'il vous plaît.
La Secrétaire : Pour, contre,
abstention. M. Grandmont (Taschereau)?
M. Grandmont : Pour.
La Secrétaire : Mme Guilbault
(Louis-Hébert)?
Mme Guilbault :Contre.
La Secrétaire : M. Lemay
(Masson)?
M. Lemay : Contre.
La Secrétaire : Mme Tardif
(Laviolette—Saint-Maurice)?
Mme Tardif : Contre.
La Secrétaire : M. Bernard
(Rouyn-Noranda—Témiscamingue)?
M. Bernard : Contre.
La Secrétaire : Mme Abou-Khalil
(Fabre)?
Mme Abou-Khalil : Contre.
La Secrétaire : Mme Grondin
(Argenteuil)?
Mme Grondin : Contre.
La Secrétaire : M. Derraji
(Nelligan)?
M. Derraji : Pour.
La Secrétaire : Mme Maccarone
(Westmount—Saint-Louis)?
La Présidente (Mme Maccarone) : Abstention.
Alors, le sous-amendement est <rejeté...
La
Secrétaire :
...
Mme Maccarone
(Westmount—Saint-Louis)?
La Présidente (Mme
Maccarone) :
Abstention. Alors, le sous-amendement est >rejeté,
et nous revenons à l'amendement à l'article 3 déposé par la députée de
Saint-Laurent. M. le député de Nelligan, vous disposez de 20 minutes.
M. Derraji : Oui, mais avant
de commencer, Mme la Présidente, vous avez vérifié, est-ce qu'il y avait un
engagement par rapport au dépôt du...
La Présidente (Mme Maccarone) : Nous
sommes toujours en train de faire les vérifications, je vous...
• (11 heures) •
M. Derraji : Oui, mais...
La Présidente (Mme Maccarone) : Je
prends l'engagement de vous revenir.
M. Derraji : Mais je n'ai que
20 minutes, Mme la Présidente.
La Présidente (Mme Maccarone) : Je
comprends.
M. Derraji : Et vous savez
l'enjeu que j'ai, et il y avait beaucoup de choses qui ont été dites par
rapport à ça, là, mais je pense qu'il n'y a personne qui va dire ou me de
donner des leçons sur la façon avec laquelle on doit travailler. Je pense qu'on
le fait dans l'intérêt. Et moi, je ne juge personne autour de la table comme je
ne juge pas les collègues de Mme la ministre qui sont là, qui suivent les
travaux. Je pense que chacun contribue à sa manière à faire son travail et,
prétendre le contraire, c'est juste de... Je vais m'abstenir de dire ce que je
pense, Mme la Présidente.
Donc, je reviens à l'amendement de ma
collègue et, encore une fois, mon collègue, j'aurais aimé... j'aurais aimé que
la partie gouvernementale vote pour. Donc, tout à l'heure, ce que je disais,
c'est des hypothèses, mais l'hypothèse, maintenant, elle est validée,
malheureusement. Le gouvernement a voté contre l'amendement de mon collègue, le
député de Taschereau. Et là, on revient à l'amendement de ma collègue, la
députée de Saint-Laurent : «Toutes les rencontres avec un membre du
gouvernement ainsi que les rencontres du conseil d'administration doivent se
tenir dans la ville de Québec.» Et pourquoi c'est important? Parce que, Mme la
Présidente, ça fait six ans que la CAQ est au pouvoir. Ce n'est pas le Parti
libéral qui a fait une conférence de presse, en arrivant avec 1000 pages,
et dire à tout le monde que «les documents, on les a lus et on a pensé que,
etc.» Tu sais, les Québécois se souviennent de tout cela, Mme la Présidente. Ce
n'est pas le Parti libéral qui a lancé le projet du troisième lien, ce n'est
pas le Parti libéral qui a fermé le projet du troisième lien. Ce n'est pas le
Parti libéral qui a dit : «Lâchez-moi avec les GES». Ce n'est pas le Parti
libéral, mais les collègues de Mme la ministre, qui ont dit clairement :
Ça prend un retour de l'ascenseur. Ce sont les propos des collègues de Mme la
ministre et je tiens à rappeler, c'est la vice-première ministre. Donc, je
comprends que, parfois, des questions détaillées, ça peut heurter. Mais,
écoutez, Mme la Présidente, à part qu'elle est ministre du Transport et de la
Mobilité durable, elle est vice-première ministre. Et vice-première ministre,
ce n'est pas juste un titre honorifique, Mme la Présidente, ça vient avec
beaucoup de responsabilités.
Et je reviens à ce tableau, Mme la
Présidente. Tout à l'heure, vous m'avez dit que j'ai le droit de parler de ce
tableau dans le cadre de ce... de cet article. Alors, Mme la Présidente, ce
tableau a été utilisé par Mme la ministre elle-même. Si elle ne voulait pas
qu'on parle de ça, elle aurait dû ne pas le ramener. Donc, aujourd'hui,
prétendre que nous, on veut aller dans un sens et... qui est loin du projet de
loi, ce n'est pas l'opposition qui a ramené ce projet... ce tableau, là. Et je
tiens aux gens qui nous suivent, qui viennent d'écouter ce que Mme la ministre
et vice-première ministre vient de dire, de revenir à la séance du
9 octobre.
Et donc, Mme la Présidente, comme... quand
Mme la vice-première ministre ramène un tableau, ma collègue avait des
questions légitimes, et c'est pour cela que nous avons demandé pas mal
d'informations par rapport aux dollars constants, par rapport... par rapport au
PQI, s'il était en constant ou en courant. Je comprends que Mme la ministre
vient de nous répondre. On lui a posé la question par rapport aux
gouvernements, au pluriel, 7.8, on a demandé la ventilation provinciale,
fédérale. Et il y avait un engagement, Mme la Présidente, parce qu'on lui a
demandé de le déposer, et elle avait dit oui. C'est ce que j'ai dans la
transcription. Je l'ai devant moi. C'est facilement vérifiable, la
transcription du 9 octobre.
Donc, Mme la Présidente, la vice-première
ministre utilise les tableaux là où elle veut et quand elle veut, c'est son
choix. C'est parce que c'est le seul argument qu'elle a entre ses mains. Moi,
je vois les résultats à la lumière, aussi, de ce que mon collègue le député
Taschereau vient de dire. Écoutez, on le voit, après six ans, il n'y a pas
de... il n'y a pas d'avancée en matière de transport collectif, surtout au
niveau de la Capitale-Nationale.
Et c'est pour cela que, nous, on voit que
cet amendement va régler, en partie, pas... je dirais, ça ne va pas... ça ne va
pas régler tous... tous les éléments. Essayer de comparer avec Macron avec les
membres du gouvernement et avec les conseils d'administration, je veux dire, il
n'y a personne qui a parlé de recevoir Macron à Québec ou à Trois-Rivières, ou
à Gatineau, ou à Ottawa. On est... on est en train de parler des membres du
gouvernement, on est en train de parler des rencontres du conseil
d'administration qui doivent se tenir dans la ville de Québec. Et je tiens
encore à le rappeler : statut de la Capitale-Nationale, c'est très
important. Et, donc, si on veut parler de l'agence...
11 h (version révisée)
M. Derraji : ...je tiens
encore à le rappeler, statut de la capitale nationale, c'est très important. Et
donc, si on veut parler de l'agence, qui est une agence de mobilité, Mme la
Présidente, bien, la moindre des choses, c'est qu'un engagement clair que les
rencontres avec un membre du gouvernement et aussi les rencontres du conseil d'administration
doivent se tenir dans la ville de Québec. Je ne pense même pas que, quand on a
déposé ce... cet amendement, qu'il y avait matière à penser qu'on ne va pas
passer autant de temps pour convaincre la vice-première ministre de l'importance
de faire ce genre de rencontres à Québec. Je n'ai jamais pensé que je vais être
obligé d'expliquer le pourquoi du comment, que c'est très important, mener ce
genre de rencontres à Québec au niveau de la capitale nationale.
Mme la Présidente, pouvez-vous me dire à
quel moment on va avoir la réponse par rapport à ce tableau? Parce que ça m'empêche
de continuer malheureusement.
La Présidente (Mme Maccarone) :
Je comprends. C'est un peu compliqué, parce que la transcript n'est pas
disponible pour le moment, alors il faudrait vérifier la vidéo. Mais je prends
la parole de la ministre, si elle dit qu'elle va déposer... il faut... il faut
croire.
M. Derraji : Oui, oui.
La Présidente (Mme Maccarone) :
Nous allons quand même vérifier. La secrétaire, elle ne peut pas faire ça...
Mme Guilbault :
Il est déjà là, le tableau.
La Présidente (Mme Maccarone) :
...pendant que nous sommes en train de... de faire notre débat en ce qui
concerne la loi édictée. Alors, je vous demande votre patience...
M. Derraji : Vous avez
dit : Un nouveau tableau.
La Présidente (Mme Maccarone) :
Excusez-moi, collègue... Excusez-moi, collègue, juste pour répondre à votre
question : nous allons faire la vérification à la pause et nous allons
revenir avec une réponse pour vous, pour savoir c'était quoi exactement qui a
été dit au micro.
M. Derraji : ...Ça a été
dit : Un nouveau tableau. Mais je comprends, Mme la Présidente. C'est
juste, vous comprenez que je veux bien suivre les règles, l'opportunité de
parler de ce tableau, elle est là maintenant. Vous comprenez que les règles que
nous avons m'obligent à les suivre, et je les suis. Ce sont des règles qu'on s'est
données tous à l'intérieur de ce parlement, qu'on doit respecter. On n'invente
rien.
Donc, quand on parle à propos d'un
article, il y a des règles qui nous guident, il n'y a personne qui a changé les
règles, les contribuables le savent, comme la ministre a le droit de ne pas
répondre et de faire autre chose en parallèle quand les députés de l'opposition
parlent. Elle a le droit. Mais, Mme la Présidente, je veux juste être clair, c'est
qu'il y avait un engagement la semaine dernière. Mme la ministre lisait des
données sur son téléphone, elle a dit qu'elle allait le déposer, et elle
parlait d'un nouveau tableau sur le PQI des anciens gouvernements. Donc, voilà.
Une fois que j'ai dit ça, je vous laisse... je vous fais confiance, faites les
vérifications. Je vous ai dit que, pendant ma semaine de circonscription, j'ai
eu le grand plaisir de revisionner le tout, parce que je tiens à le dire, je n'ai
pas pu être là.
Et... et parlant de chiffres, Mme la
Présidente, parce que tout à l'heure Mme la ministre parlait de... de l'agence,
mais, écoutez, on a eu un débat sur la ventilation des prix. D'ailleurs, Mme la
ministre, je tiens à le rappeler, on a demandé même l'ajournement de la... de
la commission. Donc, on veut parler combien ça va coûter aux contribuables, l'agence.
Et même, le 8 octobre, si je me rappelle bien, à 16 heures, elle s'est
engagée à nous dire combien coûtent les différents bureaux de projets pour le
gouvernement. On attend toujours les chiffres, Mme la Présidente, l'ensemble
des bureaux de projets que le gouvernement paie dans pas mal de villes, combien
ça coûte. Et on a eu un débat de fond. Donc, prétendre aujourd'hui le
contraire, c'est un peu gênant, Mme la Présidente.
Donc, ce que j'aimerais clarifier aujourd'hui...
qu'après six ans de ce gouvernement... et je peux même dire... Je ne vais pas
me projeter dans le futur, mais on le voit avec l'appel à l'international :
un gouvernement qui a passé deux mandats avec des slogans sur le troisième
lien, qui n'a aucun projet structurant lancé ou initié au niveau de la capitale
nationale, je pense que, pour nous, les rencontres avec les membres du
gouvernement, si le gouvernement est sérieux dans sa nouvelle structure...
Parce qu'on n'est pas encore... on est au début de l'étude de ce projet de loi,
Mme la Présidente. Et... et c'est là où ça devient quand même important. Ces
rencontres avec un membre du gouvernement, c'est dans quel objectif?
C'est parce que, Mme la ministre vient de
dire que la Caisse de dépôt<i> est en train de livrer le projet le plus
structurant... structurant au niveau de la CMM. Il y en a un qui roule déjà,
merci le Parti libéral<i>, l'antenne Brossard-centre-ville. À côté de
chez moi, les deux lignes avancent très bien. Donc, au niveau de la CMM... et
il y a aussi la connexion avec l'aéroport de Montréal. Je sais qu'il y a encore
des projets qui traînent, mais ce n'est pas le Parti libéral<i> qui les
fait traîner, c'est la CAQ <malheureusement...
M. Derraji :
...qui
traînent, mais ce n'est pas le
Parti libéral qui les fait traîner, c'est
la CAQ >malheureusement. Et je pense au PSE, <i>plan structurant
de l'Est, il y a même des bretelles qu'on attend des réponses, Mme la... la
Présidente. Vous le savez, et je l'ai mentionnée à plusieurs reprises, la
bretelle 40-640 que les gens du comté du député de Masson attendent encore
avec... avec beaucoup, beaucoup, beaucoup de... d'intérêt. Les gens demandent :
Le gouvernement, il fait quoi avec cette bretelle? Parce qu'il y avait un
engagement. Donc, il y avait plusieurs questions.
• (11 h 10) •
Mais maintenant, pourquoi on insiste sur
ce genre de rencontres au niveau de la capitale nationale? C'est parce qu'on a
vu l'échec caquiste en matière de transport collectif. Suivez juste ce qui se
passe avec le troisième lien. Qui va croire encore la CAQ avec la mobilité
durable? Écoutez, je ne sais pas si vous suivez un peu la revue de presse, Mme
la Présidente, mais ça devient à être, je vous ai dit, un volte-face, un
revolte-face, mais on est rendus à ce qu'on invente des mots, «rerevolte-face».
Donc, moi, ce que je veux... Parce que je
veux que les gens de la capitale nationale aient leur... un projet structurant
en mobilité durable. Mme la ministre, qui est vice-première ministre... Donc,
vous savez que, si j'ai en face de moi un ministre, je peux comprendre qu'il n'a
pas tous les éléments, mais j'ai la vice-première ministre. C'est un titre plus
qu'honorifique, Mme la Présidente, c'est plus qu'honorifique, et elle a les
compétences pour. Donc, Mme la Présidente, quand je me posais des questions, la
députée de Saint-Laurent et moi-même, sur ce tableau, c'est parce qu'on veut
aller au fond des choses, parce qu'on a la chance d'avoir en face... d'avoir en
face de nous la vice-première ministre.
Donc, Mme... Mme la Présidente, je pense
que l'amendement est très clair, très simple. On le résume en deux mots. Il y a
un statut de la capitale nationale, et ce statut de la capitale nationale a été
fait par un gouvernement libéral en 2016. Le gouvernement a légiféré. Il a eu
le courage de légiférer. C'est un bon statut, on doit l'honorer, pas juste avec
les paroles, mais aussi avec des actions, et c'est pour cela qu'aujourd'hui,
pour nous, c'est très, très, très important... avoir un message très clair
envoyé à Mobilité Infra Québec, que le gouvernement qui n'a rien fait pour la
capitale nationale... Et peu importe ce gouvernement, parce que, comme je vous ai
dit, on ne peut pas prétendre quoi que ce soit pour 2026, mais il y a un risque
d'avoir un autre gouvernement, comme ça risque d'être quelqu'un d'autre à la
tête du ministère du Transport.
Mais on ne peut pas, on ne peut pas
aujourd'hui penser que ce n'est pas très important de tenir ce... ce genre de
rencontres dans la capitale nationale. Et, si vous lisez et vous prenez le
temps de lire l'amendement, il n'y a aucune obligation pour Mobilité Infra à
tenir des rencontres. Il ne vient pas obliger MIQ à tenir des rencontres à l'extérieur,
il vient obliger les rencontres du conseil d'administration et des membres du
gouvernement à les tenir à Québec. C'est ça, qui est très important.
Demain, si Mobilité Infra Québec a un
projet à Montréal ou à Laval, ils peuvent tenir des rencontres à Laval ou à
Montréal. Mais encore une fois, le conseil d'administration, c'est à Québec, c'est
au niveau de la capitale nationale. Une rencontre avec un ministre, surtout de
la Mobilité durable, du Transport, c'est à Québec. Et je ne réalise même pas
encore, Mme la Présidente, que ça fait 40 minutes que je parle de l'importance
de tenir les rencontres à Québec. En face de moi... l'ex-ministre de la
Capitale-Nationale. Je n'ai jamais pensé que ça fait six ans que je suis élu...
que je vais avoir ce genre d'intervention en commission parlementaire, de
réitérer l'importance de tenir des rencontres à la capitale nationale avec la
ministre du Transport pour une future agence.
Et d'ailleurs, quelle bonne économie de
GES, la ministre est à Québec, toutes les rencontres peuvent se tenir à Québec.
Le siège de Mobilité Infra Québec sera à Québec. Donc, en termes de mobilité
durable, quel message... quel message envoyé... On est là chaque semaine, Mme
la Présidente. Le futur ministre du Transport sera là. Il y a aussi un conseil
des ministres à l'édifice Honoré-Mercier à tous les mercredis. J'ai même, moi,
eu l'occasion, quand j'étais membre d'un conseil d'administration à l'époque, Retraite
Québec... on déplaçait beaucoup de gens à Québec. On avait des rencontres avec
la Caisse de dépôt<i>, chez eux. On le faisait une... une fois l'année.
Pourquoi? Parce que c'est la Caisse de dépôt<i> qui gérait le fonds de
pensions des retraités du Québec. J'ai eu l'occasion de vivre cela, et c'est
toujours important de venir à Québec, de rencontrer les autres membres du
conseil d'administration à Québec.
Et je vous ai dit que ça fait du sens avec
le sens même du nom du ministère. Le ministère, ce n'est pas uniquement un
ministère des transports, c'est aussi de la mobilité durable. Et on sait très
bien, le gouvernement s'est engagé avec... <Écoute...
M. Derraji :
...c'est
aussi de la mobilité durable. Et on sait très bien, le gouvernement s'est
engagé avec... >Écoute, je ne sais pas s'ils vont l'arrêter, est-ce
qu'ils vont avoir l'argent, parce que là, avec les déficits qu'ils ont
eux-mêmes créés, qu'ils vont continuer à... à payer, Mme la Présidente, les...
l'ensemble des fonds... Je vous ai dit, j'ai reçu beaucoup d'appels, ma
collègue peut le confirmer aussi, on reçoit beaucoup d'appels. Il y a un
problème au niveau de payer les... pas les fournisseurs, mais les gens qui
utilisaient des programmes du gouvernement.
Donc, on ne provoque pas des nouveaux
déplacements. Ils sont à Québec, tous les mercredis, il y a des réunions. Et je
pense que, Mme la Présidente, le gouvernement, avec tout ce qu'il a fait avec
la capitale nationale en matière de transport et mobilité durable, je ne peux
pas dire que la moindre des choses, c'est de tenir ce genre de rencontres à
Québec. Mais je pense que ça fait du sens, Mme la Présidente, de dire qu'on a
un enjeu avec la mobilité à Québec. D'ailleurs, c'est ça, l'enjeu, et on le
voit avec le troisième lien, on voit tout ce qui a été fait.
À
Montréal, ça fonctionne. Vous avez la Société de transport de Montréal, vous
avez la Société de transport de Laval, vous avez la <i>société de
transport de Longueuil, vous avez l'ARTM, vous avez le REM, vous avez les
trains de banlieue. À Québec, on a une seule société de transport, oui, avec
une autre société de transport à Lévis, mais, Mme la Présidente, là où le
gouvernement l'a échappé complètement, c'est qu'après six ans l'enjeu de
mobilité durable se pose énormément au niveau de la Capitale-Nationale.
Je vous ai parlé des arguments en lien
avec le statut de la capitale nationale. Je pense que j'ai été très clair au
niveau de ce statut de la capitale nationale, qui n'est pas respecté. Parce
qu'on ne peut pas aujourd'hui, Mme la Présidente, prétendre qu'on va le
respecter, parce que notre gouvernement a déjà légiféré sur ce statut en 2016.
Donc, je trouve que notre amendement, c'est en parfaite... c'est... c'est très
cohérent avec nos positions. Mais, un siège social à Québec, comme la ministre
et la vice-première ministre disait tout à l'heure, ne garantit en aucun cas
que les rencontres importantes vont se tenir à Québec. Tout à l'heure, elle
parlait de Macron. Je peux juste rappeler que la résidence officielle du
premier ministre est à Québec, mais il reçoit quand même les dignitaires à
Montréal.
Donc, Mme la Présidente, je pense que
l'amendement déposé par notre formation politique, il est très clair.
L'amendement ne vient pas obliger Mobilité Infra Québec à tenir des rencontres
à l'extérieur de Québec, il vient obliger les rencontres du conseil
d'administration et du membre du gouvernement. Pourquoi? C'est aussi développer
ce «réflexe capitale nationale».
Il y a beaucoup de gens qui se sont battus
pour ça. Je me rappelle de l'ex-maire de Québec, Régis Labeaume. Je me rappelle
de Sam Hamad. Je me rappelle de beaucoup de gens de la capitale nationale qui
ont... qui ont travaillé fort pour la capitale... Et je vous le dis, je ne
réalise pas encore pourquoi je dois parler autant de minutes pour convaincre le
gouvernement que c'est très important, que les rencontres du conseil
d'administration, surtout avec le gouvernement, doivent se tenir à Québec. Je
pense que c'est... comme amendement... doit être applaudi, souligné par le
gouvernement... et non pas continuer à expliquer au gouvernement pourquoi c'est
très important que les rencontres du conseil d'administration, je tiens à le
préciser, Mme la Présidente... je ne parle pas de Mobilité Infra Québec. Si,
demain, Mobilité Infra Québec a un projet... D'ailleurs, beaucoup de collègues
caquistes autour de la table, ils ont fait des promotions... des promesses
électorales. Alors, à leurs électeurs, ils vont... ils seront jugés en 2026. Il
est où le REM de Chambly? Il est où le plan structurant de l'Est? La
congestion 40-640, c'est énorme. La circulation à l'Est, Mme la
Présidente, c'est infernal. J'en suis sûr et certain que le député de Masson partage
avec moi ce point de vue. Il le sait, il habite là-bas... on prend toujours la
même autoroute.
Alors, Mme la Présidente, je sais qu'il me
reste une minute, mais je tiens
M. Derraji : ...à vous
confirmer que ça m'intéresse, ce débat sur le tableau. Ce n'est pas moi qui l'a
ramené, c'est Mme la ministre. Je vous invite à aller voir tout ce qu'elle a
mentionné lors de l'échange avec ma collègue députée de Saint-Laurent, dollars
constants... Le PQI, c'est très important, parce qu'elle nous a parlé du PQI,
et, pour nous, c'est très important avoir ça parce que c'est un tableau qu'elle
aime beaucoup. Donc, c'est très important de voir... de voir le tout, Mme la
Présidente. Donc, voilà.
Donc, écoutez, j'espère que le
gouvernement va appuyer cet amendement. Je le trouve très simple, très cohérent
avec le statut de la capitale nationale. Nous avons légiféré en 2016, ce n'est
pas un fake projet de loi. Le statut de la capitale nationale doit être
respecté, et les réunions du conseil d'administration avec les gouvernements
doivent, doivent être faits et doivent se tenir à la ville de Québec.
• (11 h 20) •
La Présidente (Mme Maccarone) :
Merci beaucoup.
M. Derraji : Merci, Mme
la Présidente.
La Présidente (Mme Maccarone) :
Merci. M. le député de Taschereau.
M. Grandmont : ...Mme la
Présidente. Il me reste combien de temps?
La Présidente (Mme Maccarone) :
15 min 40 s.
M. Grandmont : Parfait.
Merci beaucoup. Bon, je ne sais pas, il semble y avoir un conciliabule.
Peut-être qu'on est en train de discuter du côté gouvernemental, là, la
possibilité d'adopter cet amendement qui a été déposé par notre collègue
députée de Saint-Laurent. Je ne sais pas si, Mme la ministre... nous donnez des
indications peut-être par rapport à ce... cet amendement-là.
La Présidente (Mme Maccarone) :
Mme la ministre, M. le député vous pose une question.
Mme Guilbault :...sur le même sous-amendement?
La Présidente (Mme Maccarone) :
Non.
M. Grandmont : Bien, je
vous ai posé une question.
La Présidente (Mme Maccarone) :
On est sur l'amendement à l'article 3.
Mme Guilbault :Oui. La question... quoi? Si on est en train de discuter de
l'éventuelle approbation?
M. Grandmont : Oui,
c'est ça. Exactement. Parce que vous aviez un conciliabule, je voulais savoir
si vous aviez une indication à nous donner.
Mme Guilbault :Je suis en train de discuter du projet de loi, qui est le
propos de la commission, oui, avec mes collègues.
M. Grandmont : Parfait.
Excellent. Mais donc, sur l'amendement... Est-ce que c'est de ça que vous
discutiez avec votre collègue?
Mme Guilbault :Non, je n'étais pas en train de discuter de cet
amendement-là. J'ai déjà dit au micro, puis je le maintiens, l'amendement,
c'est la même chose que le sous-amendement, ça tourne tout autour du même
sujet, que j'ai abordé déjà abondamment. On est encore sur l'article 3 ici,
là.
M. Grandmont : Oui...
Mme Guilbault :J'imagine que oui.
M. Grandmont : ...l'amendement
sur l'article 3.
Mme Guilbault :On ne va pas se priver de... de minutes sur
l'article 3. Mais je vais peut-être en profiter, parce que j'ai entendu le
député de Nelligan...
M. Grandmont : Mais elle
n'a pas... Excuse, elle n'a pas répondu à ma question. Je voulais savoir si...
Mme Guilbault :Oui, j'ai répondu. J'ai dit que je suis en train de
discuter du projet de loi avec mes collègues, mais pas de l'article 3.
M. Grandmont : Daccord.
Donc, je vais poser mes autres questions dans ce cas-là. Il y a quelqu'un qui,
en 2016, disait... Parce que là, on réfère toujours, dans le fond, à
l'importance non seulement d'avoir un siège social dans la ville de Québec,
mais aussi de faire l'ensemble de ces rencontres... parce que c'est un peu ça,
là, l'article... l'amendement qui est proposé, c'est que toutes les rencontres
avec un membre du gouvernement ainsi que les rencontres du conseil
d'administration doivent se tenir dans la ville de Québec.
Puis c'est intéressant, en 2016, il y a
quelqu'un qui disait que dire que Québec est la capitale, c'est une chose, mais
agir en conséquence en est une autre. C'est un peu, en fait, le sens de
l'amendement qui est proposé sur l'article 3, c'est-à-dire, oui, c'est
bien d'avoir un siège social puis de mentionner que, dans le fond, c'est ici
que ça se passe, mais concrètement, pour s'assurer que ça se réalise,
c'est-à-dire que les rencontres importantes aient réellement lieu dans notre
capitale nationale, bien, il faut mettre en place des mécanismes qui vont le
garantir. C'est un peu ça, je pense, au fond, le... le fondement de
l'amendement qui est proposé.
Puis, en fait, c'était notre député actuel
du... de la... de la Cybersécurité et du Numérique qui disait ça en 2016. Il
revient souvent ce... ce ministre-là, on l'apprécie beaucoup, le député de La Peltrie.
Mais c'est lui qui disait ça, en fait, que «dire que Québec est une capitale,
c'est une chose, mais agir en conséquence, c'en est une autre». Donc, j'imagine
qu'il serait d'accord avec la ministre qui dit que finalement, bien, on doit
faire confiance. On peut avoir le conseil... C'est-à-dire que le siège social
peut être ici, à Québec, mais que, dans le fond, on ne fera pas vraiment de...
de mesures... on ne mettra en place des mesures pour s'assurer que les
rencontres aient vraiment lieu ici, à Québec.
Donc, je ne sais pas si je pourrais
déposer une motion préliminaire à nouveau. Je ne pense pas. Mais pour... pour
voir avec... Non, je sais, malheureusement. Mais j'aurais aimé bien... j'aurais
bien aimé l'entendre, le... le député de La Peltrie là-dessus. Mais est-ce
que vous n'êtes pas d'accord avec ça, qu'il faut agir en conséquence, s'assurer
de mettre les moyens pour s'assurer que les rencontres se passent effectivement
ici, à Québec? Parce que, comme je l'ai dit tantôt, le gouvernement est en
place ici, mais les rencontres ont lieu ailleurs. La même chose risque de se
passer pour Mobilité Infra Québec. Quelles garanties on a que ça va vraiment se
passer ici?
Mme Guilbault :Oui. Bien, le siège social est dans la ville de Québec, tel
que stipulé à l'article 3 du projet de loi, article qui arrive très tôt
dans la loi, ce qui traduit notre énorme préoccupation pour s'assurer que les
sièges sociaux demeurent non seulement au Québec, mais idéalement à Québec.
Alors, je pense que... que c'est assez clair. Puis, tu sais, là, depuis tout à
l'heure, j'écoute toutes sortes de propos sur la capitale nationale, ça fait
que je vais me permettre de compléter. <Depuis...
Mme Guilbault :
...toutes sortes de propos sur la capitale
nationale, ça fait que je vais me permettre de compléter. >Depuis six
ans, le... l'importance accordée à la capitale nationale se traduit par l'avancement
de projets qui n'avaient pas avancé auparavant. Le troisième lien, on le sait,
le Parti libéral<i> est contre, le troisième lien. Québec solidaire est
évidemment contre le troisième lien, comme probablement l'entièreté des projets
routiers au Québec, sauf la 20 à Rimouski. Leur candidate de 2018 et 2022 avait
été pour le prolongement de la 20 dans le Bas-Saint-Laurent, donc...
Mais j'ai... je viens de lancer un appel d'intérêt,
là, sur... Puis là je vois mon collègue de Nelligan en face, ça fait que
peut-être qu'il va être aussi attentif à mes propos que je suis attentive aux
siens quand il parle. L'appel d'intérêt, l'appel... Bien, c'est ça... on est
tous attentifs les uns aux autres, Mme la Présidente, c'est le concept des
commissions parlementaires.
M. Grandmont : Moi je le
suis, moi je le suis.
Mme Guilbault :Et... et donc, c'est ça, l'appel d'intérêt qu'on a annoncé le
11 octobre dernier, c'est une étape qui n'avait jamais été franchie. Le
projet de troisième lien était toujours resté dans le ministère, dans le
gouvernement, toutes sortes d'études, même du temps des Libéraux, même si les
Libéraux maintenant sont contre le troisième lien, et là il est sorti du
ministère, il est sur le marché international. Ça, c'est une grande étape pour
la capitale nationale.
Et même si les collègues s'en amusent, le
fait qu'autant de personnes dans la Capitale-Nationale et Chaudière-Appalaches
veulent un troisième lien... Je l'ai déjà dit dans une interpellation, pour
moi, c'est très incohérent que le Parti libéral<i> et Québec solidaire
utilisent la voix des gens de Québec — Chaudière-Appalaches, pas
vraiment, ils n'en parlent jamais, mais nous, on en parle, parce que pour nous,
c'est important, mais prenons juste Québec — invoquent, quand ça les
arrange, la voix des gens de Québec en disant : Ils veulent un projet de
tramway, mais taisent continuellement le fait que ces gens-là aussi, et dans
une plus grande proportion, veulent un troisième lien. Donc, la voix des gens de
Québec, ça les intéresse pour parler du tramway, du transport collectif, de
tout... de tout ça, mais, quand il s'agit des routes, du troisième lien...
Réaménagement de la tête des ponts, ça fait combien d'années que c'était le
spaghetti qu'on appelait quand on était dans l'opposition? Ça fait combien d'années
que c'était sur la glace avec les Libéraux? Puis on est en train de le faire.
Je vous invite à aller faire un tour sur l'avenue
des Hôtels, vous allez voir, c'est corsé un peu. Mais pourquoi? Parce qu'enfin
on fait le réaménagement de la tête des ponts. Donc ça, c'est toutes des choses
routières qui n'intéressent probablement pas le député de Taschereau, mais les
gens de Québec qu'il invoque quand ça l'arrange, les gens de Québec, ils
veulent aussi un troisième lien. Ils veulent le réaménagement des autoroutes. <i>Henri-IV
encore qui est en travaux parce qu'on l'élargit, on... Tu sais, on réaménage
nos... nos routes, parce que les gens en ont besoin. Donc, ça, c'est la CAQ qui
fait ça.
Et moi, quand j'étais ministre de la capitale,
j'ai fait la phase III de la promenade Samuel-De Champlain,
phase III, puis les Libéraux avaient fait I et II, mais la phase III,
on le disait, ils faisaient juste mettre une pancarte avec des ouvriers en
train de travailler dessinés sur la pancarte, puis c'était ça, la
phase III des Libéraux. Puis je me souviens, à l'époque, j'avais des
discussions informelles avec certains Libéraux qui me disaient : Tu vas
voir que c'est plus compliqué que tu penses, blablabla. Bien, oui,
effectivement, c'était extrêmement compliqué, quand je suis arrivée, je l'ai
découvert, mais on l'a réalisée, puis elle a été inaugurée juste au début du
présent mandat. Je n'étais pas là, mais je sais que c'est nous qui l'avons
réalisée quand moi j'étais ministre de la capitale avec la Commission de la
capitale nationale. Puis mon collègue du cabinet, Dave Gravel... on a tellement
travaillé pour dénouer ce projet-là, puis on l'a livré, puis maintenant ça fait
deux étés que les gens vont se baigner là, puis il y a tellement de monde qui
se promène là puis qui profite des installations.
Ça fait que, ça, c'est toutes des choses
de la vraie vie, Mme la Présidente. Tu sais, ici on est en commission, là, on
parle de ces choses-là. C'est important, parce que ça va être porteur, puis on
adopte ici des lois, mais dans la vraie vie du vrai monde, les gens sont
contents d'aller se baigner dans la phase III de la promenade Samuel-De
Champlain. Ils ont besoin qu'un gouvernement fasse enfin un troisième lien à
Québec, et on est le seul parti actuellement qui veut en faire un, et ils ont
besoin, oui, du projet de tramway, puis ça aussi, c'est en train d'avancer. La...
la <i>caisse a eu sa lettre mandat.
Alors qu'on le prenne sous un angle ou
sous un autre, Mme la Présidente, les choses qui ont été laissées en plan ou
même auxquelles s'opposent les autres partis en face de moi, partis qui invoquent
la voix de Québec, puis là on parle d'amendements, puis de choses théoriques,
puis de réunions à Québec qui sont, oui, très importantes, mais faire avancer
des projets... Puis Mobilité Infra Québec, ça va être bon aussi, par extension,
pour l'ensemble du transport collectif. Puis, dans ce projet de loi là, en
passant, on va avoir besoin de... d'amener aussi des modifications qui vont
permettre à CDPQ Infra d'avancer dans le projet de tramway avec la ville de
Québec.
Donc, ne serait-ce que pour ça, il va
falloir, à un moment donné, que ça avance, parce qu'on va se trouver dans une
situation ironique où les mêmes partis, qui réclament que le tramway avance,
vont faire en sorte que le projet de loi ne sera pas adopté pour... dans lequel
on a mis des choses dont on a besoin pour que le tramway avance. Ça fait que
peu importe l'angle sous lequel on le prend, là, il y a tellement de choses
importantes pour la capitale nationale dans ce projet de loi là. Et depuis six
ans, il y a tellement de projets chers aux gens de Québec qui sont en train d'avancer
avec notre gouvernement que, moi, je suis extrêmement fière, pas juste des
quatre années où j'ai été ministre de la capitale, parce que je reste de toute
façon une élue de Québec... Puis, en étant ministre des Transports, je peux
vous dire que c'est quand même des projets importants dans la capitale aussi.
Alors, bref, je suis très fière de ça.
La Présidente (Mme Maccarone) :
M. le député.
M. Grandmont : Oui,
merci. Bien, c'est très intéressant que Mme la ministre ramène sur le troisième
lien, puis sur l'importance de ce projet-là pour la capitale nationale, puis
que les gens le veulent, puis qu'elle est le seul parti qui... que la CAQ est
le seul parti qui fait avancer ce projet-là. En avril 2023, là, qu'est-ce qui s'est
passé? Qu'est-ce qui s'est passé en 2023, alors qu'on a abandonné le projet
parce qu'il n'y avait <pas...
M. Grandmont :
...Qu'est-ce
qui s'est passé en 2023, alors qu'on a abandonné le projet parce qu'il n'y
avait >pas d'achalandage, parce que les études, la grosse pile d'études
qui a été déposée sur le... pendant la grande conférence de presse, là...
Beaucoup de courage d'avoir été en conférence de presse devant les journalistes
toute seule pour annoncer qu'on abandonnait pour un troisième lien. Ça a dû
être dur. Ça a dû faire mal. Je sais qu'il y a plusieurs des collègues aussi
qui... qui l'ont mal pris... qui l'ont su dans les médias après, en plus, drôle
de façon de procéder. Mais comment ça se fait qu'en avril 2023, ce projet-là,
on l'oubliait puis on l'abandonnait?
• (11 h 30) •
Mme Guilbault :Bien, moi, si on veut parler du troisième lien, c'est un
sujet, moi, qui... qui m'enchante, là, parce que... Puis toutes ces
questions-là, j'y ai répondu, là. Je ne sais pas si mes collègues ont suivi la
conférence de presse, le 11 octobre dernier, où on annonçait l'appel
d'intérêt, donc une première grande étape concrète qui est franchie dans
l'avancement du projet de troisième lien, j'ai répondu à cette question-là plus
d'une fois. La réalité de la pandémie a modifié tellement de choses dans la vie
des gens que, les données qu'on a fournies à l'époque, demeurent, c'est-à-dire
aujourd'hui encore, étaient vraies à l'époque où on les a données, le
11 avril... le 11 ou 20 avril, en tout cas, 2000... 2023. Mais les
choses évoluent, les... les habitudes de vie reprennent de plus en plus comme
elles étaient avant la pandémie, puis la réalité, de toute façon...
Puis on a fait une... Ça, c'est important
aussi, puis je ne l'ai pas... je ne l'ai pas dit tantôt, mais je l'ai dit en
interpellation puis souvent, les mêmes partis d'en face, là, qui utilisent la
voix des gens de Québec quand ça les arrange et qui la taisent quand ça les
dérange, ont ri de la consultation qu'on a faite. En... au début de l'année,
là, on a fait une consultation sur notre plateforme, justement, plateforme
créée par le ministère du Cybernumérique. Et... et donc, c'est ça, et cette
consultation-là... puis ça s'ajoute à tous les sondages qu'on voit passer tout
le temps, là, mais ça... Donc, la consultation reconfirmait encore une fois que
les gens veulent un troisième lien.
Donc, moi, je me demande, pour des
personnes intelligentes, et je sais que c'est le cas de toutes les personnes
autour de la table, comment on peut d'une part aligner ses journées de travail
sur... aujourd'hui, je vais parler du tramway, les gens de Québec veulent un
tramway, je ne parle que du tramway... et, quand on me parle du troisième lien,
que plus de gens encore veulent, je vais... je vais vivre dans une espèce de
forme de déni ou d'abstraction, qui fait en sorte que non seulement je n'en
parlerai jamais, mais je vais dire que c'est un mauvais projet et je vais me
moquer de ce projet-là. Mais pourtant, des gens domiciliés dans la Capitale-Nationale,
qui votent à Québec et qui ont le droit de parole et qui ont... dont
l'existence est tout aussi légitime que les gens de Taschereau, veulent ce
projet-là.
Alors, comment on réconcilie le fait que
les gens qui habitent à Québec puis qui veulent un tramway, eux, sont dignes
d'intérêt, et les gens qui habitent à Québec mais qui ne veulent pas de tramway
et/ou qui veulent un troisième lien, eux, ne sont pas dignes d'intérêt? Ça ne
fonctionne pas comme ça, Mme la Présidente. Quand on est élu, en tout cas,
quand on gouverne, on représente tout le monde, et il faut faire des projets à
la satisfaction de tous nos résidents de la Capitale-Nationale. Et, comme je
vous dis, moi, je suis attachée à Chaudière-Appalaches aussi, personne n'en
parle jamais ici, dans la banquette en face, mais nous, ça nous tient à cœur,
et les gens de Chaudière-Appalaches aussi veulent le troisième lien.
Donc, c'est pour ça qu'on fait avancer les
deux projets, Mme la Présidente, et que, de façon générale, la Capitale-Nationale
nous tient à cœur.
M. Grandmont : Je vais me
permettre de rectifier encore une fois Mme la ministre quand elle dit qu'on ne
parle jamais de Chaudière-Appalaches. Je lui ai posé des questions au salon
bleu sur le traversier, j'ai posé des questions sur le financement du transport
collectif dans Chaudière-Appalaches, je pense qu'elle fait de la mémoire
sélective quand il s'agit de nos interventions. Donc, c'est évidemment un sujet
qui nous interpelle beaucoup évidemment. Puis d'ailleurs, dans notre campagne
électorale en 2022 aussi, on avait proposé des très belles choses pour la Ville
de Lévis aussi. Je ne sais pas si elle s'en rappelle. Moi, je m'en souviens
très bien.
C'est drôle comment elle ramène cette
idée-là que pour le gouvernement, le projet de troisième lien est tellement
important. Ça fait six ans, Mme la Présidente, je le rappelle encore, ça fait
six ans qu'ils sont au pouvoir, six ans. Le projet de troisième lien, ça fait
depuis 2014 qu'ils en parlent, OK, puis ils sont au pouvoir depuis 2018. Il y a...
Encore une fois, notre estimé collègue de... de La Peltrie, qui a mis son
siège en jeu, qui a dit qu'il se battrait pour ce projet-là jusqu'à la dernière
goutte de son sang... Ce projet-là n'a jamais avancé, n'a jamais avancé pendant
six ans.
Là, on a un appel d'offres international
qui va se conclure normalement en 2027, donc après l'élection...
Mme Guilbault :...international.
M. Grandmont : Bien,
expliquez-nous le processus, parce que pour l'instant, là, il n'y a rien dans
ce que vous avez dit qui est convaincant à l'effet que vous êtes vraiment le
parti qui mettez de l'avant ce projet-là puis qui allez le réaliser. Je veux
dire, la population de Québec entend la Coalition avenir Québec depuis 2014,
mais encore plus sérieusement, depuis qu'elle est au pouvoir, 2018. Ce
projet-là n'a jamais avancé. Il a même été abandonné en 2023. Alors,
expliquez-nous le processus pour nous dire combien, pour vrai, cette fois-ci,
c'est sérieux puis ça avance, parce qu'on ne le comprend pas. Je veux dire, la
plupart des gens qui écoutent, que ce soit dans Chaudière-Appalaches ou dans la
Capitale-Nationale, voient bien comment même le gouvernement n'a jamais fait
avancer ce projet-là, l'a fait même reculer. Donc, à un moment donné, il n'y a
plus personne qui ne croit personne, là.
Mme Guilbault :Bien, j'ai tout expliqué ça...
11 h 30 (version révisée)
M. Grandmont : ...puis qu'à un
moment donné il n'y a plus personne qui ne croit personne, là.
Mme Guilbault :Bien, j'ai tout expliqué ça le 11 octobre dernier,
mais je pense que ce n'était pas enregistré sur mon Facebook. Ça fait que je peux
excuser si le collègue n'a pas pu suivre en temps réel.
M. Grandmont : ...question,
malheureusement. C'est vrai. Oui.
Mme Guilbault :Mais... Mais j'ai fait plusieurs entrevues aussi, 14... 14
entrevues, ou 15, le même jour.
Mais toujours est-il, ça me fait plaisir
de le répéter, l'appel d'intérêt qu'on a lancé le 11 octobre. Et, au
moment même de la conférence de presse, on le lançait sur les systèmes, là. Donc...
Donc, c'est ça. Et ça dure 30 jours, à moins qu'on demande une... à moins
que les entreprises demandent une extension, mais normalement, c'est 30 jours.
Ce qui fait qu'autour du 11 novembre... 11, 15 novembre, ça va s'être
conclu. En suite de ça, nous, on va rencontrer les gens qui auront porté leur
candidature, qui ont démontré un intérêt. Et, en début d'année prochaine, je
referai une mise à jour. De toute façon, je me suis engagée. Puis, tu sais, je
le dis avec beaucoup de sobriété, là, puis le 11 octobre, toute la
journée, je disais la même chose, on comprend très bien que les gens ont besoin
de la démonstration que ça avance. Alors, c'est pour ça que moi, je me
réjouissais, le 11 octobre, qu'on franchisse une première nouvelle étape.
Parce que, dans toutes les tribulations de ce projet-là, c'est la première fois
qu'on franchit cette étape-là. Alors, tu sais, tu ne vas pas sur les marchés
internationaux faire un appel d'intérêt pour éventuellement des consortiums qui
vont prendre la... la peine de se mobiliser puis de se former en vue de venir
faire un projet ici si ce n'est pas sérieux. Ça n'a aucun sens, là. Je ne pense
pas... En tout cas, il y a peut-être des gouvernements qui feraient ça, mais...
mais pas nous. Alors, on a franchi cette étape-là, ce qui rend, quant à nous,
le projet irréversible. Mais, bien sûr, on va voir.
Puis, tu sais, je suis curieuse de voir,
parce que, dans le cas de Québec solidaire, c'est toujours assez clair, eux
autres, ils sont contre. Puis là... Mais vous remarquez qu'il ne le dit pas,
là. Il ne dit pas : On est contre le troisième lien, puis les gens de
Québec qui veulent un troisième lien, c'est vrai qu'eux autres, ce n'est pas
important, ce qu'ils veulent, nous, on s'intéresse juste à ceux qui veulent un
tramway. Il n'ose pas le dire, mais en même temps, c'est carrément ça, la
réalité. Par contre...
M. Grandmont : ...là.
La Présidente (Mme Maccarone) : On
va faire attention aux propos. On veut laisser la chance de répondre à des
questions. Puis, si vous cherchez des précisions par rapport à la position avec
le troisième lien...
M. Grandmont : ...
La Présidente (Mme Maccarone) : Mais
on va laisser la ministre terminer son intervention.
Mme Guilbault :Oui, c'est ça. Alors, mais, tu sais, je faisais mes
entrevues justement vendredi dernier, quand on a fait cet appel-là, et j'écoutais
le député du... il y avait un député du... voyons, du Parti québécois qui
faisait des entrevues après pour évidemment dire que ce n'est pas bon, le
troisième lien, et tout ça. Mais, en même temps, il se faisait poser des questions
par les journalistes : Mais alors, OK, vous, une fois que vous avez dit
que ce n'est pas bon, puis la CAQ, ce qu'elle fait, ce n'est pas bon, vous, là,
le Parti québécois, vous en pensez quoi, du troisième lien? Et là, Mme la
Présidente, vous savez quoi? Pas de réponse vraiment. On contournait : On
devrait parler d'environnement, on devrait parler de criminalité, on devrait...
Alors, on sent qu'il y a un malaise. Parce
que je pense qu'une personne raisonnable comprend bien que, quand tu pousses
justement le raisonnement jusqu'au bout, tu ne peux pas utiliser la voix des
gens de Québec juste quand ça t'arrange, tu sais, jour après jour, pour
défendre un seul projet, puis après ça, quand il s'agit d'un autre projet, qui,
pourtant, est encore plus populaire, puis désiré par le même bassin de
population, dire : Bien non, mais ça, ce n'est pas important, puis ces
gens-là n'ont pas raison de vouloir ça. Il y a un inconfort politique avec
cette position-là.
Alors, ils contournent, ils contournent,
ils contournent, mais officiellement, ils sont contre. Le Parti québécois est
contre le troisième lien, le Parti libéral<i> est contre le troisième
lien. On va voir les candidats à la chefferie, comment ils vont... ils vont
concilier tout ça, mais donc le Parti libéral est contre le troisième lien. Mais
c'est comme s'ils ont un malaise à le nommer aussi clairement qu'ils peuvent
nommer la façon qu'ils veulent un tramway. Tu sais, ils veulent un tramway, ils
veulent un tramway, ils veulent un tramway, parfait, mais le troisième lien? Tu
sais, ils contournent : C'est la CAQ, c'est... Oui, oui, mais, oui ou non,
voulez-vous un troisième lien pour les gens du Québec?
Alors, tu sais, je les invite, peut-être,
cet après-midi, il va y avoir des gens différents autour de la table, de venir
dire au micro : On est contre le troisième lien... indépendamment de la
CAQ, là, parce qu'un jour il va y avoir une élection, ça peut être un autre
parti, un jour, au gouvernement... nous, le Parti québécois, on est contre le
troisième lien, le Parti libéral, on est contre le troisième lien, la même
façon que Québec solidaire assume pleinement, 24 heures sur 24, sept jours
sur sept, qu'ils sont contre le troisième lien et que seulement les gens qui
habitent à Québec et qui veulent un tramway sont d'intérêt pour eux. J'aimerais
ça que tout le monde puisse être aussi transparent, Mme la Présidente.
M. Grandmont : ...
La Présidente (Mme Maccarone) : M.
le député, pour préciser, allez-y.
M. Grandmont : Oui. Bon. D'accord.
Alors, j'aimerais d'abord revenir sur les propos de la ministre qui dit qu'on s'intéresse
juste à certains citoyens et citoyennes en particulier, et pas à d'autres, ce
qui est tout à fait inexact. Je tiens à le dire à la caméra.
C'est la façon de régler les problèmes de
congestion où on a un désaccord profond entre la Coalition avenir Québec et
Québec solidaire. On a toujours été très clairs. Puis elle a raison là-dessus, Mme
la ministre, on est le seul parti qui a toujours été très, très clair. On n'a
jamais changé d'opinion. Le PLQ a changé d'opinion, ils ont parti le projet, le
PQ a changé d'opinion pendant un petit bout de temps, pendant une partielle,
même la CAQ a changé d'idée sur le troisième lien, ils l'ont abandonné en 2023.
Ça fait que tout le monde a joué sur les deux tableaux, sauf <Québec...
M. Grandmont :
...joué
sur les deux tableaux, sauf >Québec solidaire. On a toujours été très,
très clairs que la façon de réduire la congestion, ce n'est pas en ajoutant des
voies d'autoroute. Ce n'est pas du tout ça. Il n'y a aucun pays, aucun État,
aucune ville qui a réglé ses problèmes de congestion en augmentant la capacité
routière. Ça augmente le problème à long terme. C'est pelleter par en avant. C'est
juste ça que ça fait. Donc, on a toujours été très, très clairs là-dessus.
Cela dit, on est prêts à proposer des
solutions pour que les gens n'aient plus de problèmes de congestion. Et c'est
là qu'on a des propositions qui vont davantage dans le sens des transports
collectifs actifs, une meilleure occupation du territoire. Et voilà. Donc, c'est
une chose. C'est la première chose que je voulais dire.
• (11 h 40) •
L'autre chose que je voulais dire, c'est...
C'est drôle parce que tantôt j'ai demandé à Mme la ministre : Combien de
rencontres elle avait eues dans la capitale nationale? C'est quoi, son score de
rencontres d'importance, dans la capitale nationale quand elle était ministre
responsable de la Capitale-Nationale? Pas capable de me donner le chiffre. Par
contre, le nombre d'entrevues qu'elle a données sur le troisième lien, 14, tout
de suite, elle le savait.
Est-ce que la... Est-ce que Mme la... Mme
la ministre des Transports est plus la ministre du troisième lien ou la
ministre de la grande région de Québec?
Mme Guilbault :Je suis étonnée que mon collègue de Taschereau dise des
choses comme ça. Je ne pensais pas que c'était son style.
Mais, juste pour amener le contexte, j'ai
fait une publication sur mes réseaux sociaux à la fin de la journée du
11 octobre dans laquelle j'écrivais : 14 entrevues plus tard...
Bien là, tu sais, bon, j'étais dans mon bureau à la fin de la journée puis je
disais aux gens : Bien, merci pour la confiance, bonne fin de semaine.
Donc, c'est pour ça que ce jour-là, on avait fait le compte des entrevues. Mais
effectivement je n'ai pas l'habitude de compter les entrevues que je fais à
chaque jour, ou à chaque semaine, ou à chaque année, parce que ça aussi, il y en
a beaucoup depuis sept ans. Donc, il n'y a aucun rapport entre les deux, Mme la
Présidente.
M. Grandmont : ...c'est
qu'elle semble accorder de... de l'importance au nombre de rencontres
médiatiques qu'elle peut faire pour un sujet qui l'interpelle beaucoup. Mais,
quand elle était ministre responsable de la Capitale-Nationale et donc chargée
aussi de la mise en oeuvre de cette loi-là, qui est superimportante, qui a été
adoptée en 2016 et qu'elle se disait tout à fait en accord avec, ma phrase est
bizarrement tournée, mais en tout cas, ça, il n'y en avait pas, d'indicateurs.
Ça, il n'y avait pas de suivi. Elle n'est pas capable de savoir, de nous dire
avec assurance combien, à peu près, de rencontres on tenait ici, dans la ville
de Québec, notre capitale nationale. Il y a comme une incohérence, là.
Mme Guilbault :Bien, comme j'ai expliqué tout à l'heure, je pense que si
le député de Taschereau interpelait comme ça, là, sans... sans avoir prévenu,
sans aucune autre forme de mise en contexte, ou d'introduction, ou du sujet
amené, n'importe quel élu dans le Parlement et lui demandait, comme ça, là, en
le croisant dans le corridor, par exemple : Entre tel... Entre tel moment
et tel moment, donc quatre ans d'intervalle entre les deux, combien tu as fait
de rencontres?, je suis certaine qu'aucun des 125 députés ne serait
capable de répondre à ça. D'ailleurs, si je lui demandais, lui-même, depuis son
assermentation en octobre 2022 et aujourd'hui, il a tenu combien de rencontres
dans sa circonscription de Taschereau, est-ce qu'il le sait?
M. Grandmont : ...quelque
chose à Mme la ministre.
Mme Guilbault :Non, mais est-ce qu'il le sait, oui ou non? La réponse, c'est
sûrement non, parce qu'il n'y a personne qui sait ça, parce que ça n'a pas de
sens, demander ce genre d'indicateurs là. Ça ne traduit rien d'utile pour le
citoyen.
M. Grandmont : Bien, voyons
donc! Bien, voyons...
Mme Guilbault :Or, comme il s'agit de la <i>loi sur le statut de la capitale
nationale, fort probablement qu'en quelque part, et je l'ai dit au micro tout à
l'heure, au Secrétariat de la Capitale-Nationale, fort probablement que cette
donnée... possiblement... En fait, je dis... C'est sûr que, quelque part, la
donnée, c'est comme quand on veut retracer les agendas publics, c'est des
choses qui se consignent, mais ça demande un travail de documentation pour
aller rechercher l'information, la colliger, l'additionner puis avoir la
donnée.
Personne n'a ça dans sa tête en ce moment.
Vous voyez, il ne sait même pas le nombre de rencontres qu'il a tenues dans sa
propre circonscription depuis deux ans. Puis c'est normal, moi, je ne l'accable
pas avec ça parce que ça... Personne ne se pose cette question-là... Est-ce que
le député de Nelligan sait combien il a fait de rencontres? Je ne veux pas
l'inclure là-dedans parce que ce n'est pas lui qui a amené ce sujet-là. Mais, tu
sais, je veux dire, ça n'a pas de bon sens, Mme la Présidente, ça ne mène à
rien, cette discussion-là. L'important, c'est le siège social à Québec.
Puis là, bien, s'il veut continuer la
discussion sur le troisième lien, ceci dit, je suis très ouverte.
M. Grandmont : ...je
m'excuse, Mme la Présidente, mais je suis vraiment estomaqué que la ministre
accorde si peu d'importance au nombre de rencontres qui se tiennent dans la capitale
nationale. Je lui ai posé la question. Quand elle était ministre responsable de
la Capitale-Nationale, elle était en charge de... d'appliquer cette loi-là. On
a un débat là-dessus depuis qu'Emmanuel Macron, ici, est venu à... en fait,
n'est pas venu à Québec, est venu au Québec et a été reçu à Montréal. On a un
débat là-dessus depuis plusieurs semaines. Il y a des questions qui ont été
posées au salon rouge spécifiquement là-dessus.
On est sur l'article 3. On pose des
questions pour s'assurer... On essaie de trouver des mécanismes pour s'assurer
qu'un maximum de rencontres se tiennent effectivement ici, dans la ville de
Québec. Elle a eu au moins une semaine et demie pour se préparer à ce genre de
questions là puis elle n'a pas les réponses. Je veux dire, ça ne tombe pas du
ciel, là. Ce n'est pas comme si on rencontre quelqu'un, puis je demande à mon
collègue de Nelligan en le croisant dans le corridor : Combien de
rencontres tu as tenues ici, dans la capitale... Non, non. C'est un sujet
d'actualité depuis plusieurs semaines. Et l'article 3, on en... puis
l'amendement de la collègue de Saint-Laurent, on en jase depuis une semaine et <demie...
M. Grandmont :
...on
en jase depuis une semaine et >demie, elle avait tout le temps du monde
pour se préparer. Elle aurait dû venir voir ça, là, gros comme... comme un
truck. Je ne comprends pas comment ça se fait qu'elle renvoie ça vers moi,
alors que c'était elle qui était ministre de la Capitale-Nationale, que c'est
elle qui dépose un projet de loi, que c'est elle qui a... a déposé, a pensé à
mettre l'article 3.
Puis, encore une fois, hein, bien content
que le siège social soit ici, là. Mais moi, ce que je veux, là, c'est faire
exactement comme son collègue, le député de La Peltrie, qui dit que Québec,
«être la capitale, c'est une chose, mais agir en conséquence, c'est une autre».
C'est ce qu'on propose. C'est ça, le sens de l'amendement proposé par la
collègue de Saint-Laurent, agir en conséquence, s'assurer que les rencontres
soient ici. Le gouvernement du Québec, son siège est ici, on est dedans. Les
rencontres se tiennent partout ailleurs, principalement... bien, pas
principalement, mais, entre autres, beaucoup à Montréal. C'est exactement le
même genre de distorsion qu'on veut éviter, je dirais. Mme la ministre n'est
pas d'accord avec ça?
Mme Guilbault :Bien, parlant de distorsion, Mme la Présidente, si son
raisonnement, c'est de dire : Parce qu'on n'est pas capables de nommer
spontanément le nombre de rencontres qui se sont tenues dans un endroit
spécifique, dans une période donnée aléatoire, traduirait un désintérêt, est-ce
qu'on devrait transposer la même indignation en disant : Parce que le
député de Taschereau n'est pas capable de me dire spontanément, ce matin,
combien de rencontres il a tenues dans sa circonscription de Taschereau depuis
deux ans, ça traduirait aussi du désintérêt? Moi, Mme la Présidente, je ne fais
pas ce lien-là. Je pense que c'est fallacieux, cette ligne de questions là et...
«Fallacieux» dans le sens... La définition de «fallacieux», c'est destiné à
tromper, alors... Mais c'est un terme plus correct que dire «destiné à tromper».
Donc... Alors, tout ça pour dire que...
M. Grandmont : ...
Mme Guilbault :Ah! bien là, ça, je ne le sais pas.
17911 La Présidente (Mme
Maccarone) : Je pense qu'on peut faire la vérification et continuer.
Mme Guilbault :Alors, moi, vous voyez, Mme la Présidente, je ne fais pas
ce raisonnement-là. Puis, même si le député de Taschereau n'est pas capable de
me dire combien de rencontres il a tenues dans sa circonscription, moi, je
pense que ça ne l'empêche pas d'avoir un amour profond pour sa circonscription,
puis de tenir ses rencontres, puis de faire son travail, puis de gérer sa
fougère, puis d'aimer son monde de la même façon que j'adore ma capitale nationale.
J'ai grandi ici puis dans Chaudière-Appalaches, je l'ai déjà dit plusieurs
fois. Alors, personne ne va venir me faire dire que la CAQ n'est pas attachée à
la capitale nationale. Et je ne pense pas que ce débat-là, de choix d'indicateurs
encore une fois très aléatoires et spontanés, puisse raisonnablement conduire à
quelque conclusion intelligente que ce soit.
M. Grandmont : ...d'abord,
«fallacieux» n'est pas un propos non parlementaire. Je viens de vérifier. Donc,
c'est bon à savoir. On pourra l'utiliser encore à bon escient jusqu'à tant que
quelqu'un trouve que c'est un peu exagéré.
L'autre chose. Je suis quand même assez
estomaqué, encore une fois, de la réponse de Mme la ministre. C'est... C'est quand
même assez particulier, là, «un échantillon aléatoire», «renvoyer la...
renvoyer la question vers le député de Taschereau», en disant je ne sais pas...
Tu sais, «le député de Taschereau ne sait pas combien de rencontres il a tenues
dans sa circonscription», moi, je peux vous dire que probablement très, très
près de...
Une voix : ...
M. Grandmont : Puis c'est un
pourcentage. C'est un pourcentage que je demandais à Mme la ministre, là. Je
lui ai demandé dès le début : Est-ce que c'est 66 %, est-ce que c'est
70 % qui est acceptable pour elle? Est-ce que, pour Mobilité Infra Québec,
ça va être 100 %, plus proche de 100 %, ou plus proche de 66 %,
ou plus proche de 40 % qui va être acceptable pour les rencontres
importantes?
Moi, je peux vous dire que la... je dois
être autour de 100 %, près de 100 % pour les rencontres dans ma
circonscription. J'habite dans ma circonscription, je veux dire, l'ensemble de
mes rencontres se font ici, par <i>Teams à l'occasion. Mais, je veux
dire, c'est un pourcentage que je demandais, là. Ce n'est pas le nombre exact.
Ce n'est pas un chiffre absolu que je cherchais, là. Moi, quand je demandais le
nombre, là, c'était le pourcentage. J'ai... J'ai référé à ça. La réponse est
très, très simple, là. La question était simple. Je ne comprends pas pourquoi
on est en train de compliquer beaucoup les choses. Moi, ce que je demandais,
là, c'est simplement s'assurer que, comme son... son collègue député de La
Peltrie, on s'assure, on trouve les moyens d'agir en conséquence. Parce que c'est
beau de dire une chose, mais il faut que, comme on le dit tout le temps, les
bottines suivent les babines.
Là, actuellement, avec ce qui est proposé
à l'article 3, c'est que «Mobilité Infra Québec a son siège dans la ville
de Québec à l'endroit qu'elle détermine». Très d'accord avec ça, mais comment s'assurer
qu'elle mène ses opérations, qu'elle déploie ses rencontres à l'intérieur de la
ville de Québec? C'est ça qui nous importe, Mme la Présidente. On propose, avec
l'amendement de la députée collègue de Saint-Laurent, un mécanisme pour y arriver.
Si Mme la ministre a quelque chose de plus intéressant à proposer, qu'elle le
fasse, qu'elle y aille de sa... de son propre amendement. Parce qu'elle a
peut-être des amendements à proposer aussi, mais on ne le sait pas encore, elle
ne les a pas déposés, ce qui fait que nos équipes ne sont pas capables d'analyser
les amendements, là. On les... À moins qu'on les ait reçus. Ils sont peut-être
sur le Greffier?
Une voix : ...
M. Grandmont : On ne les a
pas reçus encore. Ça, ce n'est pas facile, pour les oppositions, de travailler
dans ces conditions-là, Mme la Présidente.
Mais toujours est-il que, là, on est sur l'amendement,
là. Est-ce que Mme la ministre a d'autres propositions pour s'assurer qu'un
maximum de rencontres vont se tenir ici, à Québec? C'est ça, la question de
fond.
La Présidente (Mme Maccarone) : Mme
la ministre.
Mme Guilbault :Bien, je veux juste revenir. Le collègue dit à deux
reprises : Ce n'est pas des chiffres précis qu'on lui demande, c'est un
pourcentage. Mais est-ce que le collègue <comprend...
Mme Guilbault :
...Mais est-ce que le collègue >comprend qu'un
pourcentage, c'est le résultat d'une division multiplié par 100? Tu n'arrives
pas à un pourcentage si tu n'as pas des chiffres précis. Tu as besoin du nombre
total de rencontres et du nombre de rencontres là-dessus, qui sont... Bien oui.
Mais alors, comment il peut concilier le fait de dire : On ne demande pas
des chiffres précis, on demande un pourcentage? On a besoin de chiffres précis
pour arriver au pourcentage. C'est des pures mathématiques de base. Alors,
juste pour le bénéfice de tout le monde, là, un pourcentage, c'est un
numérateur divisé par un dénominateur multiplié par 100, et ça donne le pourcentage.
Donc, pour ça, on a besoin à la fois du numérateur et du dénominateur.
Et ce sont précisément ces données-là,
dont je dis qu'aucun député, je pense bien, dans le Parlement en ce moment ne
serait capable de nommer spontanément un nombre de rencontres tenues dans un
lieu, ou dans un autre, ou au total, au Québec, dans une période donnée, qui
nous est, comme ça, spontanément présenté et demandé. Je suis certaine que
personne. Lui-même n'est pas capable de répondre pour sa propre
circonscription. Il me dit : 100 %. OK. Mais est-ce qu'il sait
combien il y en a? Parce qu'il a beau dire 100 %, sauf en Teams, sauf une
fois de temps en temps, mais combien il en a fait? Parce que, pour arriver au
pourcentage, tu as besoin de savoir combien il y en a eu. Or, il n'est même pas
capable de me le dire pour sa propre circonscription. Pourtant, ce n'est pas
compliqué, il le dit lui-même : Ils sont pas mal toutes dans Taschereau,
mes rencontres. Ce ne serait pas compliqué de les calculer, mais il ne le sait
pas, parce que personne ne fait ça puis personne ne tient ce registre-là. Puis
il faudrait qu'il regarde son agenda puis qu'il les additionne une par une, tu
sais. Ça n'a pas de pertinence, cet indicateur-là, actuellement, ce matin.
• (11 h 50) •
L'important, c'est de chérir et de
reconsacrer le statut de capitale nationale en ajoutant à la loi qui existe
déjà sur le statut de capitale nationale. Et c'est ce qu'on fait à l'article 3,
pas à l'article 118, pas à l'article 72, à l'article 3, Mme la
Présidente, pour justement, tout de suite en partant, dans le début de l'étude
du projet de loi, venir dire : Pour nous, c'est clair, le... le siège
social est à Québec. Et c'est ça qu'on fait.
M. Grandmont : Bien, je suis
bien content que Mme la ministre nous refasse un cours de mathématiques du
secondaire. Les pourcentages, même, c'est peut-être primaire. Je ne sais pas.
Non, mais, tu sais, je veux dire, pour
moi, c'est assez c'est clair que ce n'est pas un chiffre précis que je lui
demande. Puis, je veux dire, comme ministre responsable de la
Capitale-Nationale, qui doit suivre une loi qui est très claire, adoptée en
2016, la majorité de... tu sais, les rencontres doivent se tenir ici. Puis,
c'est quoi, le chiffre que nous a donné le ministre responsable de la Capitale-Nationale?
Actuellement, c'est un pourcentage.
Moi, j'aurais espéré que la ministre
responsable de la capitale de l'époque, de 2018 à 2022, pas sache... ne sache
pas nécessairement le nombre de rencontres, mais que son équipe lui ai donné un
pourcentage. Elle a des obligations. Moi, je n'ai pas d'obligations à suivre.
Je veux dire, moi, là, je n'ai pas... je ne réfère pas à une loi pour les
rencontres que moi, je tiens. Mais, comme ministre responsable de la
Capitale-Nationale, elle a des attentes très élevées envers elle. C'est ça,
l'enjeu. C'est ça, la différence entre le député de Taschereau puis l'ancienne
ministre responsable de la Capitale-Nationale. Elle a beau essayer de revirer
la question vers moi, les rencontres que moi, je tiens, ça n'a aucune
importance dans le débat. C'est en termes de rayonnement et de respect de la
loi qui confère un statut de capitale nationale à la ville de Québec. Donc,
c'est deux choses complètement différentes. Mme la ministre essaie de faire
diversion là-dessus, mais ce n'est pas une chose sérieuse, que d'affirmer ce
qu'elle fait.
Donc, comment... Puis je reprends ma
question parce que le temps commence à filer. Mais comment elle peut nous
assurer... Comment le temps... Comment elle peut nous assurer que les rencontres
menées par Mobilité Infra Québec vont se tenir à Québec, au-delà des voeux, et
des incantations, et des souhaits?
Une voix : ...
M. Grandmont : Oui.
La Présidente (Mme Maccarone) : Mme
la ministre.
Une voix : ...
M. Grandmont : C'est une
bonne référence.
La Présidente (Mme Maccarone) : On
va arrêter de s'interpeler, collègues, s'il vous plaît. Mme la ministre, la
parole est à vous.
Mme Guilbault :Bien, j'ai déjà... Là, Mme la Présidente, je... On a fait...
On a fait plusieurs sujets connexes, là, qu'on aime beaucoup, le troisième
lien, puis tout ça, mais là, je pense qu'on... Puis il dit : Le temps
commence à filer. Je propose de remplacer par «le temps file déjà depuis
longtemps». Alors, je vais compléter, moi, sur l'article 3, ou les
amendements, ou Dieu sait quel autre amendement il y aura là-dessus, là. Mais,
pour l'instant, je considère que j'ai répondu à la question. Le siège social va
être à Québec. Ça traduit toute l'importance. Et donc c'est ça.
La Présidente (Mme Maccarone) : Merci.
Vous disposez de deux minutes.
M. Grandmont : Je souligne à
gros trait, Mme la Présidente, que je n'ai jamais eu de réponse à ma question.
Comment on va s'assurer qu'au-delà du fait que le siège social est à Québec,
une décision que j'approuve par ailleurs, hein, au-delà de ce fait-là, comment
s'assurer que les rencontres importantes avec le gouvernement et les rencontres
du conseil d'administration vont se dérouler ici, à Québec? La ministre n'a pas
répondu à la question.
Et donc je comprends qu'elle n'est pas
intéressée à mettre en place des mécanismes pour s'assurer que c'est
effectivement le cas. Donc, c'est quoi? Les rencontres pourront avoir lieu
n'importe où?
La Présidente (Mme Maccarone) : Continuez,
M. le député.
M. Grandmont : Bien, c'est
une question que je posais, là : Est-ce que les rencontres pourraient
avoir lieu n'importe où?
La Présidente (Mme Maccarone) : Mme
la ministre, <est-ce...
La Présidente (Mme Maccarone) :
...Mme la ministre, >est-ce que les rencontres peut avoir
lieu n'importe où? C'est la question du député.
Mme Guilbault :Bien, j'ai répondu à ça tout à l'heure. J'ai dit :
Avec un siège social à Québec, une équipe basée à Québec, c'est certain que la
grande majorité des rencontres vont avoir lieu ici. Mais j'ai donné précisément
cet exemple-là, là.
Et là, Mme la Présidente, quand on me
fait... Tu sais, à un moment donné, je pense aussi, il faut accepter que les
réponses sont les réponses. Tu sais, le concept, ce n'est pas de poser les
mêmes questions jusqu'à tant qu'il y ait une nouvelle réponse, là. La réponse,
c'est la réponse, je l'ai déjà donnée.
Je vais la redonner une deuxième fois. Et
j'ai donné l'exemple du projet de l'est de Montréal, qui est le projet dont
j'ai souvent dit que pour moi, ce serait fort probablement le premier mandat
qu'on va confier à Mobilité Infra Québec. Donc, est-ce que ça se peut qu'il y
ait des rencontres à Montréal dans le cadre d'un projet dans l'est de Montréal
et les couronnes de Montréal? Bien oui, Mme la Présidente.
Puis, si le député de Taschereau vient
nous dire : Ça n'a aucun sens que, dans le cadre d'un mandat pour un
projet de transport collectif à Montréal, il y ait la moindre rencontre qui se
déroule ailleurs qu'à Québec, donc pas à Montréal, je l'invite à aller parler
de ça avec l'ARTM, avec Exo, avec la STM, avec la ville de Montréal, avec la
ville de Terrebonne, avec la ville de Repentigny, etc. J'invite, là, le député
de Taschereau à aller présenter cette vision-là à des gens de Montréal dans le
cadre de Mobilité Infra Québec, on se rappelle, pour faire du projet de
transport collectif partout au Québec. J'invite à aller tester cette idée-là
avec les gens de la couronne nord de Montréal puis de l'est de Montréal :
Êtes-vous d'accord qu'on empêche Mobilité Infra Québec de tenir la moindre
réunion ailleurs qu'à Québec?
Je l'invite à aller tester ça de la même
façon que, l'autre fois, je l'avais invité à parler à la ville de Lévis sur le
SRB, qui est prévu dans la phase I du projet CITÉ, en disant : Au
lieu de toujours en parler ici, peut-être aller tester, à savoir est-ce qu'ils
veulent qu'on leur impose le SRB tel que prévu par la CDPQ Infra. Je n'en ai
plus réentendu parler depuis ce temps-là. Ça fait que peut-être qu'il l'a fait
puis qu'il a compris que ce n'était pas le souhait de la ville.
Je l'invite à faire la même chose pour des
rencontres interdites ailleurs qu'à Québec dans une éventuelle agence Mobilité
Infra Québec pour un éventuel projet dans l'est de Montréal et sur la couronne
nord. Je l'invite à faire le test, puis après ça, on pourra en reparler quand
il aura eu la réponse.
M. Grandmont : ...la ministre
renvoie la balle vers moi, mais moi, je réfère au gouvernement, qui doit suivre
la loi. Moi, on ne me demande pas de tenir mes rencontres dans la capitale nationale,
là. Le plus souvent, c'est... c'est ce qui se passe. Mais, dans les faits, là,
c'est le gouvernement qui doit s'assurer de faire rayonner la ville de Québec.
Moi, je suis juste là pour surveiller l'action gouvernementale. Et là,
visiblement, c'est un échec. En fait, 66 %, on passe, on passe, à
66 %. Mais...
Puis j'aimerais savoir : Est-ce que
dans... Donc, dans le fond, je comprends que la réponse, c'est non. Est-ce que
ça veut dire que pour les... Quand Mobilité Infra Québec travaillera sur le
troisième lien, les rencontres auront lieu à Lévis ou à Québec?
La Présidente (Mme Maccarone) : Mme
la ministre.
Mme Guilbault :
Je ne comprends pas le rapport avec le... On parle de Mobilité Infra Québec qui
va faire le transport collectif dans l'est de Montréal.
M. Grandmont : Bien, quand
Mobilité Infra Québec travaillera sur le troisième lien, ça va être à Québec ou
à Lévis qu'on va faire des rencontres? Parce que l'appui est très fort à Lévis,
là.
Mme Guilbault :Il n'y a... À part dans la tête du député de Taschereau, il
n'y a aucun fait à l'appui du fait que Mobilité Infra Québec travaillerait sur
le troisième lien. Et...
M. Grandmont : Bien, Mme la
ministre l'a déjà dit.
Mme Guilbault :
Je le mets au défi de trouver un endroit où j'aurais mentionné ça. Je n'ai
jamais dit ça.
M. Grandmont : Ah! OK. On
vérifiera.
Mme Guilbault :Ce que j'ai dit, c'est qu'il faut éviter le dogmatisme à la
Québec solidaire en empêchant, dans la mission de Mobilité Infra Québec, quoi
que ce soit d'autre que du transport collectif. Parce que le législateur
devrait donner de la marge de manoeuvre à l'exécutif dans l'application
éventuelle des lois, au-delà de qui forme les gouvernements puis des partis
politiques qui vont se succéder. Parce que les choses changent, il faut se
donner de la marge de manoeuvre. C'est ça que j'ai dit.
Et je reviens, là. Quand il me dit :
Elle n'a pas à me renvoyer la balle, ce n'est pas à moi à appliquer la <i>loi
sur le statut de la capitale nationale, je ne lui ai pas renvoyé la balle, tantôt.
Je lui ai demandé s'il savait il a tenu combien de rencontres dans sa
circonscription. Il ne le sait pas. Mais je lui ai dit qu'on ne lui en veut pas,
parce que c'est normal, personne ne tient ce compte-là, comme ça, spontanément,
au quotidien.
Mais là, c'est différent, là. Là, lui est
en train de vouloir nous faire dire qu'on devrait interdire à Mobilité Infra
Québec de tenir des rencontres ailleurs qu'à Québec, alors que cette agence-là
va être responsable de faire des projets partout au Québec. Alors, je lui ai
donné un exemple concret. Je lui ai même donné un... Tu sais, ça ne peut pas
être plus simple que ça, Mme la Présidente. Je lui ai même suggéré à qui
parler. Je lui ai suggéré d'aller demander à la ville de Repentigny, à la ville
de Montréal, à la ville de Terrebonne, à l'ARTM, à la STM et à EXO, juste... commençons
par ces six-là, là, ce qu'ils pensent de l'idée de mettre dans une loi du
gouvernement du Québec l'interdiction pour une éventuelle agence qui fait du
transport collectif partout au Québec, dont on sait que le premier mandat va
probablement être dans l'est de Montréal... donc l'idée de mettre dans la loi
l'interdiction pour cette agence-là de tenir des rencontres ailleurs qu'à
Québec, alors qu'ils font un projet à Montréal. Je lui demande d'aller tester...
je lui suggère, en fait, parce que je ne peux pas rien exiger de lui... je lui
suggère d'aller tester cette <idée-là...
Mme Guilbault :
...je lui suggère d'aller tester cette >idée-là
et de nous revenir avec la réponse qu'il aura obtenue.
M. Grandmont : ...Mme la...
la Présidente, j'invite la ministre à relire l'amendement : «Toutes les
rencontres avec un membre du gouvernement ainsi que les rencontres du conseil d'administration»,
pas une rencontre de travail avec Exo ou avec l'ARTM. Donc, je l'inviterais à
regarder puis à rester vraiment focus sur l'amendement, parce que c'est un peu
ça, l'enjeu, Mme la Présidente. Il n'y a pas d'interdiction à travailler avec Exo
ou l'ARTM là-dedans.
En passant, je vais voter pour
l'amendement parce que je pense que c'est un très bon amendement.
• (12 heures) •
La Présidente (Mme Maccarone) : ...a
d'autres interventions sur l'amendement? Vous ne disposez plus de temps, M. le
député, je suis désolée. Je vois qu'il n'y en a pas d'autre, d'intervention,
alors nous allons procéder à la mise aux voix par appel nominal. Mme la
secrétaire.
La Secrétaire : Pour, contre,
abstention. M. Derraji (Nelligan)?
M. Derraji : Pour.
La Secrétaire : Mme Guilbault
(Louis-Hébert)?
Mme Guilbault :Contre.
La Secrétaire : M. Lemay
(Masson)?
M. Lemay : Contre.
La Secrétaire : Mme Tardif
(Laviolette—Saint-Maurice)?
Mme Tardif : Contre.
La Secrétaire : M. Bernard
(Rouyn-Noranda—Témiscamingue)?
M. Bernard : Contre.
La Secrétaire : Mme Abou-Khalil
(Fabre)?
Mme Abou-Khalil : Contre.
La Secrétaire : Mme Grondin
(Argenteuil)?
Mme Grondin : Contre.
La Secrétaire : M. Grandmont
(Taschereau)?
M. Grandmont : Pour.
La Secrétaire : Mme Maccarone
(Westmount—Saint-Louis)?
La Présidente (Mme Maccarone) : Abstention.
Alors, l'amendement est rejeté. Et nous sommes de retour à l'article 3. Y
a-t-il des interventions? M. le député de Nelligan ou M. le député de
Taschereau?
M. Derraji : Un instant, Mme
la Présidente.
La Présidente (Mme Maccarone) : Oui.
(Consultation)
La Présidente (Mme Maccarone) :
Donc, pas encore. M. le député de Taschereau, désirez-vous prendre la parole?
M. Grandmont : On n'en a pas
beaucoup parlé, en fait, jusqu'à maintenant, là, de l'article 3 à
proprement parler, là, lui-même. Bien, on a parlé beaucoup des amendements puis
des sous-amendements. C'est... C'est effectivement le cas, je pense. Je veux peut-être
juste revenir sur quelque chose. Puis effectivement...
Une voix : ...
M. Grandmont : Non, mais
c'est vrai, je veux dire, on n'a pas discuté beaucoup de... de l'article,
l'article 3 que vous avez déposé. C'est effectivement le cas?
Mme Guilbault :...je l'ai invoqué à plusieurs reprises au micro. J'ai lu
sans arrêt le premier alinéa pour... tenter de recontextualiser à chaque fois
les digressions incessantes de la partie en face.
M. Grandmont : Des «digressions
incessantes», Mme la Présidente. Je demanderais peut-être à la...
Mme Guilbault :«Digression», ça marche-tu? Je vais le googler.
M. Grandmont : Non, mais
c'est juste que c'est... Puis c'est des propos blessants, quand même, là.
Mme Guilbault :Bien là.
M. Grandmont : Bien là, bien
oui, «incessantes».
Mme Guilbault :Comme dirait le collègue, il faut rester focus.
M. Grandmont : Non, non, mais
c'est «incessantes». Non, mais c'est parce que le côté incessant, on sent... on
sent aussi, là, qu'il y a... il y a comme une notion d'acharnement peut-être
là-dedans, là.
La Présidente (Mme Maccarone) : Oui.
Je comprends.
M. Grandmont : Peut-être que
je voudrais mal traduire, là.
La Présidente (Mme Maccarone) : Je
vous demande de prudence...
Mme Guilbault :
Heille! Mme la Présidente, «digression»...
La Présidente (Mme Maccarone) : S'il
vous plaît! De...
Mme Guilbault :....développement oral ou écrit qui...
La Présidente (Mme Maccarone) : Excusez-moi!
Mme la ministre...
Mme Guilbault :
...
La Présidente (Mme Maccarone) :
Mme la ministre. Je vous demanderais, s'il vous plaît, la prudence de tout le
monde autour de la table. M. le député, vous disposez d'à peu près deux minutes,
qu'il vous reste, alors d'utiliser votre temps d'une façon judicieuse pour vos
débats avec la ministre, s'il vous plaît.
M. Grandmont : Écoutez, moi
aussi, là, j'ai... j'ai référé à ça.
Mais... Mais je voulais revenir sur un... Comme
il reste peu de temps, là, Mme la ministre avait présenté un autre tableau,
puis j'aimerais ça qu'elle nous parle de ce tableau-là. Elle nous avait dit
qu'elle faisait une mise à jour de ce tableau-là, elle nous l'a montré, puis on
ne l'a pas reçu. Donc, j'aimerais... j'aimerais qu'on revienne là-dessus.
La Présidente (Mme Maccarone) : Vous
avez une question pour la ministre?
M. Grandmont : Bien, c'est
parce que je réutilise mon temps pour répéter ma question. Ça ne marche pas,
Mme la Présidente, là.
La Présidente (Mme Maccarone) : Il
souhaite savoir la mise à jour en ce qui concerne le tableau, Mme la ministre.
M. Grandmont : Le deuxième
tableau, là.
La Présidente (Mme Maccarone) : Le
deuxième tableau.
Mme Guilbault :Bien, moi, mon temps, je l'utilise de manière incessante
pour répéter les mêmes réponses. Ça fait que je pense qu'il y a une belle
symétrie ici des deux côtés de la table.
Pour ce qui est du tableau, là, on
parle-tu du tableau qu'ils ont déjà en leur possession mais qu'ils veulent que
je dépose?
M. Grandmont : Vous en aviez
présenté un autre. Non, l'autre. Vous en aviez déposé un... Vous aviez montré
un autre tableau.
Mme Guilbault :Avec les coûts?
M. Grandmont : Je pense que
c'était ça, oui.
Mme Guilbault :Avec les postes budgétaires, là?
M. Grandmont : Bien,
montrez-moi-le, on va voir si c'est celui... Non, non, pas celui avec les
postes budgétaires. Un autre tableau qui... qui était comme une espèce
d'amélioration de votre tableau, là, avec les montants, là. Pas... Pas...
Mme Guilbault :Bien là, j'avais... j'avais peut-être, là, mon tableau du
PQI sur 10 ans. OK. Bien là, je ne l'ai pas ici, avec moi, là, mais c'est
le PQI. S'ils ont le volume VI du... Ah non, je n'aurai pas les
10 années. Oui, oui, bien, je peux l'amener.
M. Grandmont : Oui, c'est ça,
c'était le PQI, exactement. C'est ça.
Mme Guilbault :C'était juste le PQI. C'est public sur Internet en ce
moment, mais, tu sais, je l'avais sorti sur 10 ans pour montrer à quel
point le Parti libéral investissait beaucoup moins que la CAQ. Mais je peux le
ramener cet après-midi sans problème.
M. Grandmont : Bien, moi, j'aimerais
ça que vous le rameniez. Puis... Puis on sera peut-être sortis de l'article 3
dans le cadre duquel on a discuté de ça, mais quand on aura reçu ces
documents-là, moi, je pense qu'il faudra se donner l'espace pour pouvoir en
parler, même si on est sortis du 3, là, Mme la Présidente, pour des raisons
évidentes, là, qu'on n'a pas accès à cette information-là en ce moment, alors
que c'est le moment d'en discuter, là.
La Présidente (Mme Maccarone) : Je
comprends.
Mme Guilbault :Est-ce que je peux répondre?
La Présidente (Mme Maccarone) : Oui.
Allez-y.
Mme Guilbault :Bien, premièrement, il est inexact de dire qu'on n'a pas...
12 h (version révisée)
Mme Guilbault :...est inexact de dire qu'on n'a pas accès à cette
information-là, c'est le PQI. C'est sur Internet. Moyennant un minimum de
manipulations et de recherches de son collègue, là, cette information-là, il
pourrait l'avoir en 5 à 10 minutes.
M. Grandmont : Mais c'est
parce qu'on ne savait pas si ce tableau-là était présenté en dollars constants
ou courants.
Mme Guilbault :Oui, il a été dit... Tantôt, j'ai dit à deux reprises
au micro, donc là, la troisième fois...
M. Grandmont : Non, bien, le...
On sait que le PQI est en dollars courants, mais... mais le tableau...
Mme Guilbault :Il est en dollars courants, c'est ça. Bien oui, mais c'est
le PQI extrait tel quel des documents publics qui sont sur Internet. Vous
savez, à chaque année, Mme la Présidente, on dépose un budget à peu près pas
mal toujours au mois de mars, et il y a aussi un PQI en parallèle qui est
déposé, les crédits du Trésor aussi, alors... et cette information-là, elle est
publique. Donc...
Une voix : ...
La Présidente (Mme Maccarone) :
Alors... Non...
Mme Guilbault :...tu sais. Alors, il faut juste, comme, sortir chaque
budget des 10 dernières années, chaque... dans chaque PQI, les
investissements en transport collectif. Et moi, j'avais fait ce travail-là,
puis je l'ai mis dans un tableau pour le bénéfice et le caractère didactique
pour mes collègues.
M. Grandmont : Mais ce qu'on...
ce qu'on ne comprenait pas, c'était : Est-ce que ce tableau-là
représentait... Puis vous me rappellerez à... tu sais, votre... ce que vous
aviez dit, mais c'était une moyenne... c'était une... tu sais, c'était une
moyenne que vous aviez faite pour chacune des années, c'est-à-dire, la moyenne
de 10 ans rapportée sur chaque année?
Mme Guilbault :Ah! bien là, c'est peut-être un autre. Tu sais, c'est parce
que je ne m'en souviens plus, là, lequel.
M. Grandmont : Bien, j'essaie
de m'en rappeler avec vous, là.
Mme Guilbault :J'ai un tableau, le PQI qui est juste le PQI standard
public sur Internet à chaque budget qui a été déposé à chaque début d'année.
M. Grandmont : Non, non, c'est
un autre.
Mme Guilbault :Ah! mais, effectivement, oui, j'allais l'oublier parce que
Québec solidaire n'est pas en cause dans l'autre.
M. Grandmont : Mais vous l'aviez
montré celui-là. Mais vous l'aviez montré.
Mme Guilbault :J'avais fait la moyenne des investissements en transport
collectif, c'était-tu sur 10 ans ou... Je ne sais plus le nombre d'années,
mais je vais le ramener. Je l'ai, là. Je l'ai ici.
M. Grandmont : Bien, bon... Bien,
on référera à ça dans ce cas-là. Puis c'est...
Mme Guilbault :Des trois partis politiques qui ont déjà été au
gouvernement.
M. Grandmont : C'est ça,
exactement. Mais moi, j'aimerais qu'on ait ce document-là.
Mme Guilbault :Et là, on voyait la CAQ nettement plus élevée. Il y avait
le Parti libéral à 7 milliards, puis 6,5 milliards, je pense, le
Parti québécois, puis nous autres, je ne sais plus, mais beaucoup plus élevé.
Ça fait que oui, avec plaisir, je vais le ramener cet après-midi pour démontrer
que le Parti libéral, le Parti québécois sous-investissaient nettement par
rapport à la CAQ, en transport collectif. Absolument, ça va me faire plaisir de
le ramener.
La Présidente (Mme Maccarone) : Alors,
juste pour confirmer, Mme la ministre, vous... vous prenez l'engagement de
déposer le tableau pour le PQI sur 10 ans et le tableau avec la moyenne
des investissements en transport cet après-midi.
Mme Guilbault :Parce que, comme je ne me rappelle pas par coeur exactement
des paramètres du tableau, je ne prendrai aucun engagement au micro parce qu'après
ça ils vont faire du temps sur le fait que ce n'est pas le même titre que ce
que j'ai dit puis tout ça. Alors, je vais revenir, cet après-midi, avec des
tableaux, puis on en reparlera.
La Présidente (Mme Maccarone) :
Merci. 10 secondes.
M. Grandmont : Excusez-moi,
est-ce qu'elle a dit qu'on allait faire du temps? Mais là...
La Présidente (Mme Maccarone) : Elle
ne voulait pas revenir sur le sujet de le... des tableaux. Alors, vous disposez
de 10 secondes, M. le député.
M. Grandmont : Non, non, je
suis juste, encore une fois, un peu déçu du... des intentions qu'ils nous
prêtent....
La Présidente (Mme Maccarone) : Parfait.
Et moi, j'ai compris que la ministre, elle a pris l'engagement de revenir, cet
après-midi, avec des tableaux. Alors, on va regarder les tableaux de près lors
de notre retour cet après-midi. Je vais... Est-ce qu'il y a d'autres
interventions? M. le député, vous disposez de 2 min 30 s.
M. Derraji : Sur l'article 3?
La Présidente (Mme Maccarone) : Sur
l'article 3. Je suis désolée, il va falloir qu'on suspende juste très
brièvement. Merci.
(Suspension de la séance à 12 h 08)
(Reprise à 12 h 12)
La Présidente (Mme Maccarone) : Merci.
Alors, la parole est à M. le député de Nelligan, s'il vous plaît.
M. Derraji : Oui, Mme la
Présidente. Dans les 20 secondes qu'il me reste, je vais revenir sur le
tableau. Je vais juste répéter aux gens qui nous suivent que le tableau a été utilisé
par Mme la ministre elle-même dans la séance du 9 octobre, et la question
qui est restée sur la table, qu'on lui avait posée : Dans le PQI, est-ce
que c'est constant au courant? C'est ça, la question de ma collègue. Et la
ministre s'est engagée le 9 octobre de nous revenir. Là, je comprends
maintenant... Là, elle se souvient de ce qui a été discuté dans la séance du
9 octobre.
Donc, je tiens juste à préciser que ce
n'est pas à nous, là... ce n'est pas nous, hein? C'est Mme la ministre qui a
rappelé ce tableau. Et c'est pour cela on voulait savoir : Est-ce que
c'est constant ou courant, le PQI qu'elle avait? Si ma mémoire est bonne, ce
que j'ai visionné dans la vidéo, c'était sur le téléphone. Ce n'était pas un
tableau qu'elle utilisait. Voilà.
La Présidente (Mme Maccarone) : C'est
clair. Merci. Mme la ministre, avez-vous une réponse pour ceci?
Mme Guilbault :Je comprends donc que tout ce qui a été dit sur un supposé
tableau que je me serais engagée à déposer était inexact et que ce débat-là est
maintenant clos, parce que le tableau est déjà entre les mains du député de
Nelligan.
M. Derraji : ...
La Présidente (Mme Maccarone) : Je
comprends. Oui, puis...
M. Derraji : ...
La Présidente (Mme Maccarone) :
M. le député, j'ai déjà pris l'engagement avec la secrétaire. Nous allons
vérifier le libellé pour revenir avec l'exactitude de qu'est-ce qui a été dit
au micro jeudi.
Alors, nous allons procéder à la mise aux
voix. Est-ce que l'article 3 est adopté?
Des voix : Adopté.
Des voix : Sur division.
La Présidente (Mme Maccarone) : Merci
beaucoup. Sur division. Mme la ministre, pour la lecture de l'article 4,
s'il vous plaît.
Mme Guilbault :Oui. Puis là, je vais...
Des voix : ...
Mme Guilbault :
...je vais suspendre, je vais avoir un amendement.
Alors, article 4, Loi sur Mobilité
Infra Québec :
«Chapitre II. Mission, fonctions et
pouvoirs généraux.
«4. Mobilité Infra Québec a pour mission
principale d'effectuer, dans une perspective de mobilité durable, lorsque le
gouvernement lui en confie la responsabilité, l'analyse d'opportunité, la
planification ou la réalisation de projets complexes de transport.
«Le gouvernement, lorsqu'il lui confie une
responsabilité en vertu du premier alinéa et afin de favoriser la mise en
valeur des espaces à proximité des bâtiments ou des ouvrages de génie civil
d'un projet complexe de transport, peut permettre à Mobilité Infra Québec :
«1° de vendre un immeuble ou une
partie d'un immeuble qu'elle ne prévoit plus utiliser et qui a été acquis pour
le projet;
«2° d'aménager un immeuble ou un
ouvrage de génie civil afin qu'il puisse soutenir ou accueillir un bâtiment ou
une structure souterraine qu'un tiers pourrait construire, et ce, dans les
limites prévues par la loi.
«Le gouvernement peut déterminer les
conditions relatives à l'application du premier ou du deuxième alinéa.
«Aux fins de la présente loi, un projet
complexe de transport confié à Mobilité Infra Québec en vertu du premier alinéa
peut viser l'un des objets suivants :
«1° la construction, la
reconstruction ou la réfection d'un immeuble ou d'un ouvrage de génie civil
destiné au transport ou utile à un système de <transport...
Mme Guilbault :
... «1° la construction, la reconstruction ou
la réfection d'un immeuble ou d'un ouvrage de génie civil destiné au transport
ou utile à un système de >transport;
«2° le développement ou
l'amélioration d'un système de transport intelligent.
«Un projet visé au paragraphe 1° du
quatrième alinéa comprend l'acquisition de tous les biens requis à
l'exploitation d'un système de transport, tel le matériel roulant.»
En commentaires : L'article 4 de
la Loi sur Mobilité Infra Québec énonce la mission principale de Mobilité Infra
Québec, qui est d'effectuer l'analyse d'opportunité, la planification ou la
réalisation de projet complexe de transport que le gouvernement lui confie.
Le deuxième alinéa de cet article prévoit
la possibilité pour Mobilité Infra Québec, de vendre ou d'aménager un immeuble
dans le cadre d'un projet qui lui a été confié, de même que les modalités et
les conditions permettant à Mobilité Infra Québec d'exercer ce pouvoir.
Le troisième alinéa de cet article prévoit
que le gouvernement peut émettre des conditions pour l'application des
responsabilités confiées... des responsabilités confiées à Mobilité Infra
Québec en vertu du premier alinéa ou pour l'application de son pouvoir de
vendre ou d'aménager un immeuble en vertu du deuxième alinéa.
Le quatrième alinéa de cet article définit
les types de projet qui peuvent être un projet complexe de transport.
Le cinquième alinéa de cet article précise
qu'un tel projet peut également inclure l'acquisition de biens, tel le matériel
roulant.
Ça complète les commentaires.
La Présidente (Mme Maccarone) :
Et vous avez un amendement à déposer.
Mme Guilbault :Oui, j'ai un amendement.
La Présidente (Mme Maccarone) : Est-ce
que... Nous ne l'avons pas reçu.
Alors, nous allons suspendre, s'il vous
plaît.
(Suspension de la séance à 12 h 16)
(Reprise à 12 h 20)
La Présidente (Mme Maccarone) : Alors,
Mme la ministre, pour la lecture de l'amendement, s'il vous plaît.
Mme Guilbault :Oui. Donc, article 1... bien, amendement. Donc,
article 1, article 4 de la Loi sur Mobilité Infra Québec : Ajouter,
à la fin de l'article 4 de la Loi sur Mobilité Infra Québec proposé par
l'article 1 du projet de loi, l'alinéa suivant :
«Aux fins de la présente loi, un projet
complexe de transport est un projet dont les composantes, ou le cumul de
celles-ci, notamment la portée, l'échéancier, l'intégration de nouvelles
technologies, les parties prenantes concernées, la localisation, la stratégie
de financement, les risques associés ou la nécessité de requérir à une
expertise de pointe, présentent un degré élevé d'intensité ou de variabilité.»
En commentaires : Cet amendement
vient préciser qu'un projet se qualifie comme un projet complexe de transport
lorsque certaines composantes, ou un cumul de celles-ci, présentent un degré
élevé d'intensité ou de variabilité.
Et peut-être aussi, tu sais, les collègues
ne seront probablement pas surpris, là, c'est quelque chose qui était revenu
dans les consultations particulières, d'avoir une définition ou une notion un
peu plus précise d'un projet complexe de transport, alors... Donc, c'est ça, c'est
ce qu'on propose, c'est un certain nombre d'indicateurs, finalement, dont
l'appréciation de manière cumulée nous aide, finalement, à jauger le degré
de... ou à savoir si un projet peut être considéré complexe ou non. Puis ce
sont des éléments qui sont communément utilisés, là, ou mentionnés dans les
pratiques... les pratiques de gestion ou les pratiques de réalisation de gens
dans le public et dans le privé qui font des... qui font des projets.
Puis là, j'essaie de voir, j'avais un... tu,
tu... Ah! c'est ça : «Ces notions se retrouvent également en partie dans
l'approche de gestion de projets routiers du ministère notamment exposée dans le
<i>Guide de gestion des projets routiers du ministère.» Donc... Alors,
c'est ça. Mais c'est conforme à des pratiques qui sont reconnues, standardisées
par plusieurs gestionnaires de grands projets.
La Présidente (Mme Maccarone) : M.
le député de Nelligan.
M. Derraji : Est-ce que la
ministre a terminé?
Mme Guilbault :Oui.
M. Derraji : C'est bon. Je
veux juste, Mme la Présidente, dire une chose. On a eu un briefing technique et
on nous a dit qu'il va y avoir une série d'amendements. À 12 h 22, on
a un amendement. Mme la ministre a bien pris le temps de réfléchir. Je vais
demander une suspension, Mme la Présidente, parce que, pour le bien et ledit
déroulement de la commission, on va prendre le temps de l'analyser.
Mais, si on veut vraiment avancer
rapidement, j'invite Mme la ministre et ainsi que l'équipe qui travaille avec
elle, s'il y a d'autres amendements, de nous... de les déposer. Parce que Mme
la ministre a toute une équipe avec elle, nous, on doit bien faire notre
travail. On ne va pas commencer à lire un amendement, qui est quand même
important, et voir s'il reflète tout ce qui a été dit en commission
parlementaire par les groupes. Mais, pour le bon déroulement, s'il y a d'autres
amendements, j'espère que... c'est une pratique qu'on avait ici avec d'autres
collègues à Mme la vice-première ministre, qu'on nous partageait les
amendements en amont, comme ça, nous et nos équipes, on va avoir le temps de
bien les étudier.
Donc, je vous demande, s'il vous plaît,
une courte suspension, si vous le permettez.
La Présidente (Mme Maccarone) : Oui.
Alors... Oui. Mais, compte tenu de l'heure, je suspends les travaux jusqu'à cet
après-midi. Alors merci beaucoup.
(Suspension de la séance à 12 h 23)
15 h (version révisée)
(Reprise à 15 h 27)
La Présidente (Mme Maccarone) : Alors,
bonjour à tous et à toutes. La Commission des transports et de l'environnement reprend
ses travaux. Nous poursuivons l'étude détaillée du projet de loi n° 61, Loi
édictant la Loi sur Mobilité Infra Québec et modifiant certaines dispositions
relatives au transport collectif.
Est-ce qu'il y a consentement pour que le
député des Îles-de-la-Madeleine remplace le député de Camille-Laurin?
Des voix : Consentement.
La Présidente (Mme Maccarone) : Merci
beaucoup. Lors de la suspension de nos travaux ce midi, nous étions à l'étude d'un
amendement à l'article 4, présenté par la ministre. M. le député de Nelligan,
la parole est à vous.
M. Derraji : J'aurais une
première question, Mme la Présidente : Avec quels groupes Mme la ministre
a validé la définition des projets complexes, ou bien, est-ce que c'est une
définition que... si ça vient d'elle et de son cabinet, ou bien, ça a été
validé avec quelques groupes?
La Présidente (Mme Maccarone) : ...
Mme Guilbault :Oui, bien, je vais juste valider, parce que ça a été
défini, comme je le disais ce matin, avec certaines pratiques... je peux
même... je vais juste faire le ménage de mes affaires, là.
Des voix : ...
Mme Guilbault :Alors, l'Association de construction... grands travaux du
Québec, ACRGTQ, c'est ça. En tout cas, l'ACRGTQ, qui est venu, Pomerleau. En
tout cas, ça, c'est pendant les consultations. Et, sinon, bon, bien, dans
plusieurs outils. Comme ici, au Canada, le gouvernement fédéral, il y a des... Bien
là, je ne ferai pas la liste au complet, parce que ce serait long, là, mais le
gouvernement fédéral, il y a des outils qui ont été... qui ont été pris en
comparaison. En Colombie-Britannique, Territoires du Nord-Ouest, Grande-Bretagne,
gouvernement du Sud de l'Australie, Californie, Nouvelle-Zélande. Puis là il y
a d'autres choses, là, tu sais, IBM, il y a d'autres entreprises privées aussi
qui ont été prises. Parce que là, il y a des noms... il y a des documents plus
précis, là, c'est tous des hyperliens, alors... Mais, bref, c'est un peu un...
• (15 h 30) •
M. Derraji : Si ça peut
faciliter la tâche, Mme la ministre peut le déposer. Vous êtes en train de
citer un document.
Mme Guilbault :C'est un peu un florilège de bonnes pratiques, là. Mais
j'imagine que le collègue a fait ses propres validations depuis qu'on a
suspendu. C'est quand même quelque chose, tu sais...
15 h 30 (version révisée)
Mme Guilbault :...Mais j'imagine que le collègue a fait ses propres
validations depuis qu'on a suspendu. C'est quand même quelque chose, tu sais...
M. Derraji : Si j'ai votre
équipe, oui. J'avais...
Mme Guilbault :Vu l'éventail de ce que je viens de citer.
M. Derraji : Non, non.
Premièrement, si j'avais le temps, je vais le faire. J'avais une période de
questions, j'avais un caucus. Vous avez déposé l'amendement aujourd'hui.
Malheureusement, je n'ai pas eu le temps. Mais, d'à ce que je vois, il y a un
document que la ministre était en train de citer. Je demande, Mme la Présidente,
avec votre permission, le dépôt... document, article 167.
La Présidente (Mme Maccarone) : Mme
la ministre, est-ce que vous acceptez de déposer votre document?
Mme Guilbault :Bien, on va préparer une... un certain nombre de références
qu'on pourra transmettre au collègue, parce que ça, ici, c'est un document de
travail, et il y a autre chose dessus aussi.
La Présidente (Mme Maccarone) : Parfait.
Merci. Alors, on s'attend à un autre document, pour répondre à votre question, M.
le député.
M. Derraji : Oui. J'adore les
documents de travail de Mme la ministre. Ils sont toujours très bien étoffés.
Mais je veux juste revenir. Oui, j'ai
assisté à la consultation, comme Mme la ministre. Nous avons entendu beaucoup
de groupes. Je vais répéter ma question. Ma question : Est-ce qu'après que
vous avez dit que c'est ça, la définition d'un projet complexe... J'ai entendu Pomerleau,
j'ai entendu un autre groupe. Est-ce que cette définition répond aux objectifs
prononcés par les groupes qui nous ont dit : Il faut absolument définir c'est
quoi, un projet complexe de transport? Ma question, ce n'est pas est-ce que ça
a été dit ou pas. Ça a été dit. C'est parmi les remarques que moi-même j'ai
soulevées. On ne peut pas commencer un projet de loi, surtout dans le contexte
où on veut aller avec un projet complexe, sans le définir. Donc, est-ce que
cette définition a été partagée avec des groupes? Si c'est oui, lesquels?
La Présidente (Mme Maccarone) : Mme
la ministre.
Des voix : ...
Mme Guilbault :OK. Bien oui. Non, mais c'est parce que, comme j'expliquais
tantôt, il y a au moins deux groupes, Pomerleau et l'ACRGTQ, qui sont venus en
commission et qui sont des gens qui, concrètement, font des projets. Alors, ces
gens-là, je pense, savent de quoi ils parlent. Et je peux citer un extrait ici
de M. Adam, là, le PDG de Pomerleau, qui est venu : «Mais, premièrement,
les modes collaboratifs, c'est très intéressant, mais nous, on se dit que
chaque projet a son bon mode contractuel... Souvent, ça pourrait être pour des
projets plus complexes. Je veux juste répéter, parce que c'est quand même
important, ça a été mentionné juste avant nous, mais un projet complexe, pour
nous, est échelonné sur plusieurs années, recourt à des expertises extrêmement
pointues, favorise et permet l'innovation. Souvent, c'est réalisé en consortium
avec des joueurs internationaux pour partager le risque, l'expertise à des
niveaux de risque plus importants puis une acceptabilité sociale qui est
requise à différents niveaux.»
M. Derraji : Mais on dit...
Mme Guilbault :Ça fait que, si mon collègue...
M. Derraji : Je vais répéter
parce que je ne pense pas que ce que je disais est bien compris. Ça, là, on l'a
entendu, je l'ai dans mes documents, Mme la Présidente. Je vais juste répéter
ma question, c'est que, cette définition de «projet complexe», est-ce qu'elle a
été partagée avec des groupes? Est-ce que les... Pomerleau... Parce qu'elle
citait le PDG de Pomerleau, qu'on a tous reçu ici. Et, oui, je pense que
Pomerleau a intérêt à ce qu'on définisse très bien la nature d'un projet
complexe, et comme nous aussi, on est très intéressés à ce qu'on développe et
on définisse très bien la nature d'un projet complexe. Ma question, ce n'est
pas parce que... ce n'est pas est-ce qu'ils l'ont mentionné, je sais, ils l'ont
mentionné, mais... On l'a mentionné même avant le début des consultations avec
les groupes, qu'on ne peut pas aller parler de la mission de Mobilité Infra
Québec sans prendre le temps de définir c'est quoi, un projet complexe. Ça, on
l'a dit au début.
Maintenant, vous avez défini un projet
complexe. Ma question, c'est : Après que vous avez défini, est-ce que
cette définition a été partagée avec les groupes qui l'ont mentionné? Est-ce
que les groupes vous ont dit : Écoutez, la définition que vous avez
reflète absolument ce qu'on voulait avoir? Avant d'aller sur le fond, parce qu'il
y a aussi les risques, il y a beaucoup de choses à l'intérieur.
Mme Guilbault :...Mme la Présidente, c'est courant que ça fonctionne comme
ça. On fait des consultations particulières, on écoute ce que les gens avisés
nous disent et ensuite de ça on s'en inspire pour déposer des amendements. Mais,
les amendements, on ne les fait pas circuler à grande échelle un peu partout
avant de les déposer ici, là. C'est comme ça que ça... Je ne sais pas si mon
collègue écoute, mais il devrait, parce qu'en plus il est leader. Donc,
normalement, on dépose ici les amendements puis on les aborde ensemble.
Et, pour nous, cette définition-là, elle
tombe sous le sens. J'insiste peut-être, j'attire son attention sur le terme
«notamment». Il est où, mon... Bon, c'est ça ici, là. Alors, on dit : «Aux
fins de la présente loi, un projet complexe de transport est un projet dont les
composantes, ou le cumul de celles-ci, notamment la portée, l'échéancier...» Donc,
il peut y avoir aussi la prise en compte globale d'autres choses dans <l'appréciation...
Mme Guilbault :
...Donc, il peut y avoir aussi la prise en compte
globale d'autres choses dans >l'appréciation d'un projet de complexe transport...
d'un projet de transport complexe, pardon. Et les éléments...
Je veux juste aussi... parce que, des fois,
il dit que je n'ai pas compris ce qu'il a dit, mais j'ai l'impression que c'est
plus souvent l'inverse, là. Le PDG de Pomerleau... Le PDG... Elle est où, ma
feuille? Excusez, c'est parce que j'ai tellement de feuilles, moi, ici, puis je
ne sais pas pourquoi d'ailleurs, parce que j'en utilise peu.
Bon, le PDG de Pomerleau fait référence à
«échelonné sur plusieurs années», donc, dans ma définition, j'ai la notion
d'échéancier; «recourt à des expertises extrêmement pointues», j'ai l'expertise
dans les notions qui sont évoquées dans la définition de «complexe»; «favorise
et permet l'innovation», j'ai «nouvelles technologies» dans ma proposition de
définition; «partage de risques avec des joueurs internationaux»; j'ai les
risques et la stratégie de financement dans mes propositions de... dans ma
proposition de définition. J'ai aussi la localisation, qui fait peut-être plus
référence à l'endroit où le... en fait, «localisation» et «parties prenantes», qui
fait plus référence à l'endroit où on réalise le projet de transport mais qui
vient donc rejoindre l'acceptabilité sociale aussi, requise à différents
niveaux, qui est aussi dans les propos du PDG de Pomerleau, qui fait d'énormes
projets depuis longtemps. Je suis certaine que mon collègue partage le...
comment je pourrais dire, le fait qu'on est fiers d'avoir une entreprise comme
Pomerleau au Québec. Or, tout ce que lui a évoqué, lui, un vrai expert qui fait
des vrais projets dans la vraie vie, est repris dans la proposition de
définition.
Alors, si... Je ne sais pas ce que je
pourrais dire de plus, Mme la Présidente, là. C'est pratiquement symétrique
comme... comme proposition versus les déclarations qui ont été faites par
M. Adam, qui est venu en commission.
La Présidente (Mme Maccarone) : ...
M. Derraji : Oui. On avance,
Mme la Présidente, parce que, si Mme la ministre dit qu'elle a trop de feuilles,
c'est très simple avec un iPad, je lui suggère, si elle veut, ça va aller très
rapidement. Je l'ai. La Société de transport de Sherbrooke a dit qu'il faut
définir mais n'a pas fourni de définition. Très facile, je me retrouve
facilement dans mes documents, Mme la Présidente. Je ne me sens pas du tout
mêlé. Mme Florence Junca-Adenot, professeure en études urbaines, Université
du Québec à Montréal, a dit qu'il faut définir la notion de projet complexe.
M. Pierre-André Hudon, professeur au département de management, Université
Laval, se demande : C'est quoi, un projet complexe? M. Jacques Roy,
professeur titulaire, département de gestion des opérations et de logistique à <i>HEC,
la FCCQ, la Fédération des chambres de commerce du Québec, même chose, Conseil du patronat<i>, <i>Transit, l'alliance pour
le financement des transports collectifs au Québec, Propulsion Québec. <i>L'ordre
des urbanistes dit vouloir avoir un rôle de conseiller auprès de la ministre,
notamment pour définir des critères objectifs de ce qui constitue un projet
complexe et pour proposer les projets à réaliser sous sa... sous sa
juridiction.
Mais j'ai compris que c'est une définition
Pomerleau, parce que c'est un grand... et je ne dis pas le contraire. Pomerleau
a beaucoup, beaucoup de choses, beaucoup de réalisations, ils construisent
beaucoup. Mais, à la lumière de ce que j'ai lu, ce que j'ai... j'ai cru
comprendre que Mme la ministre, dans son amendement, s'est inspirée de la
déclaration en commission du PDG de Pomerleau. Et c'est là où je la ramène à...
au l'ordre des urbanistes, qui dit vouloir avoir un rôle de conseiller auprès
de la ministre, notamment pour définir des critères objectifs, donc parle de
critères... critères objectifs, ce qui constitue un projet complexe.
Donc, si on se base sur ces critères
objectifs... Moi, j'ai aimé vraiment l'ordre des urbanistes. On peut parler
aussi de l'Association des constructeurs de routes et grands travaux du Québec,
l'Association du transport urbain du Québec. On peut parler aussi de
Mme Catherine Morency, qui est une ingénieure, sommité mondiale, Mme la
Présidente, en génie des transports, qui a parlé de ça.
Donc, maintenant, c'est juste au niveau
des critères. Donc, si j'ai bien compris, Mme la ministre, pour elle, un projet
complexe, c'est un projet où «les composantes, ou le cumul de celles-ci — le
cumul des composantes — notamment la portée, l'échéancier,
l'intégration de nouvelles technologies, les parties prenantes concernées, la
localisation, la stratégie de financement, les risques associés ou la nécessité
de requérir à une expertise de pointe, présentent un degré élevé d'intensité ou
de variabilité». Est-ce qu'elle a un projet en tête pour éclairer les membres
de la commission?
• (15 h 40) •
Mme Guilbault :Un exemple de projet? Bien, Mme la Présidente, ça fait je
ne sais pas combien de fois que je donne <l'exemple...
Mme Guilbault :
...Mme la Présidente, ça fait je ne sais pas combien
de fois que je donne >l'exemple du <i>projet de l'est, qu'on veut
ramifier dans la couronne nord. C'est bizarre, parce que mon collègue se vante
d'avoir une tablette, dit qu'il n'est pas mêlé, mais il me pose les mêmes
questions sans arrêt.
La définition, là, qui est proposée... OK,
je vais peut-être m'y prendre dans l'autre sens.
M. Derraji : C'est... Il y a
une limite, Mme la Présidente, parce que, cette question, je ne l'ai pas posée.
Si elle est tannée d'entendre les questions, c'est une chose. Mais, Mme la
Présidente, je tiens à le répéter, cet amendement...
Une voix : ...
M. Derraji : Je ne sais pas
qu'est-ce que tu trouves de bon, M. le député, mais tu peux le partager avec
nous à haute voix.
Une voix : ...
M. Derraji : Mais, Mme la
Présidente, juste répéter, l'amendement vient d'être déposé ce matin, on n'a
pas eu le temps de l'étudier. On nous a dit, dans le briefing technique, qu'on
va recevoir deux blocs d'amendements. Donc, je pense que la question que je
pose est d'intérêt public. C'est la ministre qui veut créer une agence de
mobilité durable et donc définir le projet complexe. Je l'invite à rester sur
le fond des questions que je lui pose, parce qu'à la limite, Mme la Présidente,
je trouve ça un peu limite, sortir du fond de la question. La question, elle
est très simple. Projet complexe parle du PSE? Pas de problème. C'est un
exemple.
La Présidente (Mme Maccarone) : Mme
la ministre.
Mme Guilbault :Oui. Bien, Mme la Présidente, l'amendement, il a été déposé
vers 12 h 22, si ma mémoire est bonne, et là il est 3 h 40.
Je comprends qu'on avait des choses à faire, mais mon collègue disait ce matin
qu'il était «multitask», c'est comme ça qu'il l'a dit, alors... Mais, de toute
façon... C'est parce que je ne comprends pas, je ne... je ne saisis pas sa question.
Je comprends qu'il a besoin de plus de temps puis qu'il a besoin peut-être de
mon accompagnement, puis c'est ce que je fais depuis tantôt. Je lui ai lu deux
fois la citation de M. Adam et j'ai repris chacune des huit notions qui
sont proposées dans notre définition dans l'amendement. J'ai fait le lien. Et
donc je pense qu'à ce stade-ci, si le député trouve que cette définition-là
n'est pas appropriée, n'est pas pertinente, n'est pas complète, peut-être que,
là, lui, il pourrait déposer un amendement s'il est rendu là dans sa vie. Mais
c'est parce que, sinon, Mme la Présidente...
Je veux dire, nous, on propose cette
définition-là. Et je lui ai expliqué que c'est inspiré non seulement des propos
d'une des plus grandes entreprises qu'on a au Québec, qui fait des projets
complexes depuis des années, aussi des propos de l'association des
constructeurs de routes et des grands travaux du Québec. Grands travaux, grands
travaux, ça équivaut pas mal, entre autres, à des travaux complexes. Et, en
plus, je lui ai cité puis on va lui préparer une petite liste de référence
d'hyperliens pour des outils de travail, là, dans d'autres juridictions ici, au
Canada, fédéral, Colombie-Britannique, Territoires du Nord-Ouest, ailleurs dans
le monde, en Grande-Bretagne notamment, en Australie, puis d'autres exemples
qui ont... qui réfèrent à la notion de complexité dans le cadre de gestion de
projet.
Ça fait que, là, je pense que, là, à ce
stade-ci, s'il n'est pas satisfait de tout ça, lui, il peut déposer un
amendement, mais, sinon, je vais encore répéter toujours la même chose, là. Il
y a huit notions qui sont proposées dans une définition. Parce qu'on est
d'accord, il y a plusieurs groupes qui ont dit : On devrait peut-être
préciser la notion de projet complexe. Donc, on arrive avec cette proposition-là.
Moi, quant à nous, elle fait énormément de sens. On parle de la portée, de
l'échéancier, du recours à des nouvelles technologies, des parties prenantes,
de la localisation, de la stratégie de financement, de la prise de risque et de
l'expertise, qui est, justement, une expertise de pointe, une expertise à
l'avant-garde. C'est précisément le propos du projet de loi puis la raison pour
laquelle on est tous ici puis qu'on a déposé ce projet de loi là : la
nécessité d'avoir une nouvelle expertise pointue en transport collectif.
Donc, je... ça me paraît très complet et
très sensé comme définition, et inspiré de gens crédibles.
La Présidente (Mme Maccarone) : Merci.
M. le député de Taschereau.
M. Derraji : ...
La Présidente (Mme Maccarone) : Je
vais vous donner la parole après.
M. Derraji : Ah! OK. Pas de
problème.
M. Grandmont : ...
La Présidente (Mme Maccarone) : Allez-y.
M. Derraji : Mme la Présidente,
si Mme la ministre voulait avoir un débat, un débat réel sur la définition de
«projet complexe», elle aurait dû être beaucoup plus préparée et mettre cette
définition au début de son projet de loi. Mais je comprends que, parfois, on
peut l'échapper, c'est le cas, parce qu'il n'y avait pas cette définition. Et,
heureusement, elle peut aller voir mes remarques, si elle est intéressée, elles
sont sur le site de l'Assemblée nationale, où je mentionnais beaucoup qu'un des
oublis de ce projet de loi, c'est la définition de «projet complexe». Et c'est
vrai, il y avait les groupes qui sont venus. Et, je comprends entre les lignes,
elle s'est inspirée beaucoup de la présentation de Pomerleau. Et on a une
définition qui reprend en quelque sorte ce que Pomerleau voulait dans la
définition du projet complexe de transport. Mais, si, Mme la Présidente, on
voulait <savoir...
M. Derraji :
...dans
la définition du projet complexe de transport. Mais, si, Mme la Présidente, on
voulait >savoir le point de vue de chaque groupe... parce que mettre une
définition aujourd'hui, pour les gens qui nous suivent... Le cumul des
composantes... Parlons d'échéancier. Échéancier, quoi, court, moyen, long terme?
On peut parler d'intégration de nouvelles technologies. C'est vague, Mme la
Présidente, comme définition.
Donc, on peut aujourd'hui dire que la
ministre a fait un effort, parce qu'ils ont oublié complètement, dans le projet
de loi, qui... elle dit même qu'ils le portent depuis plusieurs mois, que c'est
très important pour elle et son gouvernement, et que le gouvernement et
elle-même, ils ont complètement oublié la définition de c'est quoi, un projet
complexe. Donc, venir aujourd'hui en commission parlementaire et dire : L'amendement
a été déposé à midi... Écoutez, Mme la Présidente, ça fait une dizaine de jours
qu'on n'était pas là, donc l'amendement aurait dû être déposé pour que nous, on
puisse parler avec les groupes.
Ceci étant dit, Mme la Présidente, si je
prends chaque composante, ce n'est pas très clair. Quand on... C'est des
énoncés. Quand on me dit : «l'échéancier, l'intégration de nouvelles
technologies, les parties prenantes concernées», c'est des énoncés qu'un projet
complexe doit avoir, soit une composante ou l'ensemble de ces composantes.
Mais, encore une fois, Mme la Présidente, quel groupe a reçu cette définition?
Parce qu'elle vient d'être rendue publique, de ce que j'entends, à moins que ça
ait été... si ça a été «double-checké» avec Pomerleau ou quelqu'un d'autre, c'est
le droit de Mme la ministre de... de vérifier les amendements qu'elle ramène.
Mais je pense... Et, si je veux amender, je vais amender. Ça n'a aucun... Ça n'a
aucun lien avec la définition que j'ai. Mais venir aujourd'hui dire que c'est...
parce que ça a été mentionné, on la dépose, mais je n'ai aucun groupe ou partie
prenante... Prenons juste le cas des sociétés de transport, Mme la Présidente.
Il y a beaucoup d'intervenants en matière de transport collectif. Quand on
parle de «risques associés», quelle nature de risques? Quelle est la nature de...
du risque? «La nécessité de requérir à une expertise de pointe», quelle
expertise de pointe? «Présentent un degré élevé d'intensité ou de variabilité»,
quelles variables? «Degré élevé d'intensité», de quelle intensité s'agit-il?
Donc, Mme la Présidente, quand je prends
juste cette définition que j'ai devant moi, clairement que j'ai beaucoup de
questions. Donc, le fait qu'on demande : Est-ce que ça a été... ça a été
validé, ça a été proposé à des groupes?... Et, encore une fois, c'est des choix
de projets, c'est cette définition que les gens de Mobilité Infra vont utiliser
pour le choix des futurs projets. Donc, c'est ça, le but d'avoir une commission
parlementaire, c'est justement parler de ces enjeux.
La Présidente (Mme Maccarone) : M.
le député de Masson.
M. Lemay : Oui, Mme la
Présidente. Juste pour réagir aux propos du député de Nelligan, parce qu'il
semble dire : Les... L'amendement a été déposé à midi, ça n'a pas de bon
sens. En fait, tu sais, moi, je constate que, selon l'article 244 de notre
règlement, quand on est rendus à étudier un article, c'est le moment idéal pour
déposer un amendement, puis on en fait l'étude au moment du débat, et là c'est...
les débats sont lieu sur l'amendement.
Je rappelle au député de Nelligan que, s'il
n'est pas en accord avec l'amendement qui est proposé, il a justement l'opportunité
de déposer un sous-amendement ou de voter contre l'amendement qui est proposé
et d'en débattre présentement en commission. Et donc je ne comprends pas
pourquoi que le député de Nelligan, il fait... semble offusqué du fait qu'il n'a
pas eu les amendements à l'avance, alors que c'est la procédure, c'est prévu à
l'article 244 de notre règlement, d'étudier les amendements au moment de l'étude
de l'article.
Puis aussi le député de Nelligan, dans sa
dernière intervention, il vient mentionner qu'il se demande pourquoi qu'on n'a
pas parlé de l'amendement en question avant maintenant, qu'il aurait voulu qu'on
en parle plus tôt. Or, les groupes... lorsqu'on était en consultations, on a
rencontré quand même 27 groupes, les groupes sont venus nous dire qu'à l'article 4
ça serait intéressant d'avoir ce type d'amendement là. Et donc moi, je juge à
propos qu'il soit traité à ce stade-ci puis je ne vois pas pourquoi que le
député de Nelligan semble offusqué par le fait qu'on traite l'amendement
immédiatement. Merci, Mme la Présidente.
La Présidente (Mme Maccarone) : Merci.
M. le député de Nelligan.
• (15 h 50) •
M. Derraji : ...mon collègue
le député de Masson, je ne suis pas offusqué. Je l'invite à voir son collègue
le leader du gouvernement, qui vient de déposer 23 amendements. Je tiens à
répéter à mon collègue — je ne sais pas s'il était là au briefing ou
pas — qu'on nous a dit qu'il va y avoir deux blocs d'amendements. Je
m'attendais à avoir les amendements pour bien faire notre travail. Mais ça, là,
c'est derrière <nous...
M. Derraji :
...avoir
les amendements pour bien faire notre travail. Mais ça, là, c'est derrière >nous,
Mme la Présidente.
Je veux revenir aux composantes. Est-ce
que les composantes, tel qu'annoncé dans la définition, ont la même, si je peux
dire, ampleur, donc l'échéancier versus l'intégration de nouvelles technologies,
ou bien l'une des composantes... Est-ce qu'il y a un ordre d'importance dans
l'ensemble des composantes pour dire : Ça, si on a un échéancier, un long
échéancier par exemple, ça, c'est... c'est la définition d'un projet complexe?
La Présidente (Mme Maccarone) : Mme
la ministre.
Mme Guilbault :Bien, je ne comprends pas, là, ce qu'il veut dire. Il parle
d'un ordre chronologique ou d'une pondération relative? Parce que ça a l'air de
tourner un peu...
Mais, aussi, je vais faire une remarque
contextuelle, puis mon collègue de Masson en a déjà fait une, j'en avais une à
faire, parce qu'il y a deux choses que j'ai relevées dans les propos du député
de Nelligan. Mais ce qu'a dit mon collègue de Masson est très juste, en
passant, hein? S'il a quelque chose à dire de concret, ou une proposition à
faire, ou une... ou une correction à suggérer, ou je ne sais trop, qu'il le
fasse. Mais actuellement on n'en est pas là puis... c'est-à-dire que je n'ai rien
entendu de tel.
Et deux choses que j'ai relevées. Il me
dit : Cet amendement-là aurait dû être déposé avant. Bien, c'est parce
qu'il est... il va à l'article 4. Donc, si le député de Nelligan trouve
que c'est long avant qu'on se rende à l'article 4, je l'invite à consulter
ses collègues sur la même banquette puis à réorganiser un peu le temps et la
disposition des outils parlementaires qui sont... qui sont justement à la
disposition des partis d'opposition. La première chose.
Puis la deuxième chose, il me dit :
Ça aurait dû arriver plus tôt. Si c'était si important puis si la ministre
comprenait que c'est important de définir les projets complexes, ça arriverait
plus tôt dans le projet de loi. Mais, Mme la Présidente, je ne comprends pas,
là. Est-ce qu'il est en train d'insinuer que, parce que c'est à
l'article 4 et non pas à l'article 1, ça voudrait dire que c'est
moins important? Moi, je ne comprends pas la pertinence de ça. Et, si c'est le
cas puis je suis son raisonnement, il aurait donc fallu mettre ça à
l'article 1, avant l'article 3 qui traite de l'importance d'avoir le
siège social dans la capitale nationale. Donc, est-ce qu'il est en train de me
dire qu'on aurait dû négliger l'importance du siège social à Québec pour
pouvoir mettre la définition du transport complexe avant l'article sur le siège
social à Québec?
Mais vous voyez où ça peut conduire, Mme
la Présidente, ce genre de raisonnement là. Alors, un peu comme ce matin, le
député de Taschereau, avec ses questions...
M. Derraji : Excusez-moi, Mme
la Présidente.
Mme Guilbault :...sur les rencontres à Québec...
M. Derraji : Excusez-moi, Mme
la Présidente.
La Présidente (Mme Maccarone) : Vous
avez un appel à règlement, M. le député?
M. Derraji : Oui, absolument.
Elle me prête des intentions. Je n'ai pas dit que ce n'est pas important,
parler du siège. Elle a l'art... et elle le sait très bien, je n'ai pas besoin
de lui donner ce qualificatif, elle le sait très bien.
La Présidente (Mme Maccarone) : Parfait.
M. Derraji : Je ne veux pas
commencer à parler de ça. Je veux qu'elle revienne sur le fond. Et le fond, Mme
la Présidente... Oui, je sais, ça ne fait pas votre affaire.
Des voix : ...
La Présidente (Mme Maccarone) : Prêter
les intentions. Mais merci. Mme la ministre...
M. Derraji : Heille! Sérieux,
là, sérieux, là...
La Présidente (Mme Maccarone) : Je
vais quand même laisser Mme la ministre terminer son intervention.
Mme Guilbault :Non, mais c'est ça. Alors... Alors là, quand ça les
arrange, ils veulent revenir sur le fond. Mais, Mme la Présidente, ils
digressent sans arrêt du fond. C'est moi qui veux toujours revenir au propos du
projet de loi parce que je veux qu'il avance.
Une voix : ...
Mme Guilbault :Vous voyez?
La Présidente (Mme Maccarone) : ...vous
interpelez pas entre vous ici. C'est seulement la ministre qui a la parole.
Une voix : ...
La Présidente (Mme Maccarone) : S'il
vous plaît! M. le député. Merci. Mme la ministre.
Mme Guilbault :Donc, c'est ça. Alors, le propos du projet de loi, c'est de
se donner des moyens pour faire plus de transport collectif. Donc, je
m'explique mal le... la cadence, à ce jour, des travaux, quand on veut déposer
le maximum de motions préliminaires jusqu'à ce que la présidence doive trancher
sur le fait qu'il faut passer à une autre étape, quand on nous dépose une
motion préliminaire pour entendre un groupe qui est déjà venu en consultations
particulières.
Ils ont fait la même chose à mon dernier
projet de loi de sécurité routière. Ils avaient fait une motion préliminaire
pour demander qu'on invite la FADOQ, et je leur ai montré un courriel où on
avait invité la FADOQ et la FADOQ avait décliné. Ils ont passé une heure à
parler de ça. Ils ont fait la même chose avec le Bureau du coroner en sécurité
routière : On aurait dû inviter le Bureau du coroner. Je leur montre un
courriel au Bureau du coroner, qui dit : Merci, mais non merci, on ne veut
pas y aller. Une heure à parler du Bureau du coroner.
Donc, quand on vient me dire que c'est des
travaux sérieux, puis que, là, le Parti libéral, encore une fois, est très
osmotique avec Québec solidaire... Puis Québec solidaire a emprunté
l'excellente phrase de notre collègue, qui dit : Nous, on est le
contrôleur de l'action gouvernementale. Mme la Présidente, là, quand on
travaille sur le fond des choses, qu'on nous fait des propositions concrètes,
qu'on avance, moi, je veux bien. Puis c'est vrai que l'opposition a un rôle. Puis
j'ai été dans l'opposition. Moi, je comprends très bien, là, tout ce qui se
passe dans la salle ici. Mais, quand on fait du temps sur des motions pour
passer une heure à nous demander d'entendre un groupe qui a déjà pris la peine
de venir s'asseoir ici pour nous parler, là je pense que ça, c'est... c'est un
manque de respect envers les fonds publics qui financent les salaires de tout
le monde ici, Mme la Présidente.
La Présidente (Mme Maccarone) :
Avant de vous recéder la parole, M. le député de Nelligan, je veux <juste...
La Présidente (Mme Maccarone) :
...Avant de vous recéder la parole, M. le député de Nelligan, je
veux >juste faire un appel à tous les collègues autour de la table — la
ministre a parlé de les remarques respectueuses — que tout le monde
garde le respect entre nous, s'il vous plaît. On peut élever le débat. Tout le
monde peut dire ce qu'il souhaite dire. Mme la ministre a le droit d'évoquer
qu'est-ce qu'elle vient de dire. M. le député, vous aussi, vous avez le droit
de faire vos demandes. Alors, M. le député, si on peut continuer, s'il vous plaît,
avec le calme et le respect.
M. Derraji : Oui. C'est bon,
Mme la Présidente. Je pense que le débat, il est constructif, et vous veillez
très bien sur nos travaux. Et, s'il y a des collègues qui veulent nous
interpeler, on appelle le député avec le nom de la circonscription, pas avec
son prénom. Ils peuvent le faire avec vous directement. Donc, je tiens juste à
le répéter, parce que je n'appelle personne avec son prénom. Et, s'il y a
quelque chose, bien, ils peuvent prendre la parole et parler. Ça, vous le
savez, Mme la Présidente.
Je reviens à la définition. Mme la
Présidente, c'est quand même important, la définition d'un projet complexe. Ce
que je déplore, c'est que cette définition arrive maintenant. Et, quand je dis
«maintenant», c'est que cette définition concerne aussi les acteurs du milieu,
pas uniquement les quelques députés autour de la table. Je comprends que ça a
été oublié. Il n'a pas été défini. Elle ne peut pas me dire aujourd'hui le
contraire. Le gouvernement, Mme la ministre, dans la rédaction de son projet de
loi, a mis juste «projet complexe». Il n'y avait pas de définition. Il n'y
avait pas de définition d'un projet complexe. Et c'est vrai, je l'ai mentionné,
comme les autres groupes, ils l'ont mentionné en commission parlementaire.
Mais, comme je vous ai dit, cette définition vient d'être rendue publique.
Nous, on va contacter les groupes, on va leur parler, parce que c'est notre
devoir. C'est notre devoir, parler avec les groupes.
Mme la ministre, c'est elle-même qui a parlé
de son fameux projet de loi. Bien, vous savez quoi? On a bien fait de parler du
coroner, parce qu'on a vu que, le coroner, qu'est-ce qu'il a demandé à la SAAQ?
Il leur a demandé de parler du 0,05, Mme la Présidente. Donc, je pense que je
n'ai pas de leçon à recevoir par rapport à ça. Quand on demande, on dépose des
motions préliminaires, on fait notre travail. Et, grâce au travail d'enquête
d'un journal, Le Devoir, on a pu voir l'avis caviardé de la SAAQ,
Mme la Présidente.
Entre... Entre parenthèses, ce n'est pas
moi qui a ramené ce débat maintenant, c'est Mme la ministre qui parle d'un
autre projet de loi. Donc, ne me faites pas dire que je n'ai pas le droit de le
parler, ce n'est même pas moi qui a évoqué ça, ce n'est même pas moi qui a
parlé des remarques préliminaires d'un autre projet de loi. Mais je me permets
quand même, du moment qu'elle évoque le projet de loi sur la sécurité routière...
que le temps nous a donné raison, parce que le coroner a fait la demande très
explicitement à la SAAQ, chose qui a été caviardée par la SAAQ. Et merci à la
pression et le travail d'enquête du journal Le Devoir et aux deux
journalistes qui ont fait un travail exceptionnel. La ministre n'avait pas le
choix, Mme la Présidente, que de dévoiler l'avis. Je ferme la parenthèse par
rapport à ça et je reviens aux composantes.
Donc, la... les composantes que je vois
devant moi, qui reflètent un peu les propos du PDG de Pomerleau, la question
est très simple : Est-ce qu'ils sont tous au même niveau? Donc, peu
importe le projet qu'on va avoir, quand on dit que l'échéancier, stratégie de
financement... si j'ai deux éléments ou j'ai deux composantes... sont là, le
projet, il est considéré complexe? Je veux juste voir est-ce qu'il y a des
indicateurs ou des... ou des paramètres à prendre en considération, parce que,
quand même, c'est une définition très, très large, très large, et on peut juste
clarifier l'ampleur de ces composantes, Mme la Présidente.
La Présidente (Mme Maccarone) : Mme
la ministre. L'ampleur des composantes.
Mme Guilbault :Bien, dans quel sens, l'ampleur des... La pondération
relative?
M. Derraji : Oui. Si vous
m'écoutez, oui, la pondération.
Mme Guilbault :Bien, c'est parce que, tantôt, j'ai demandé, au début de ma
précédente intervention, qu'est-ce qu'il veut dire. Est-ce qu'il veut dire
l'ordre ou la pondération relative? Mais, dans son plaidoyer sur la SAAQ, il a
oublié de répondre à ma propre question. Donc là, je comprends que c'est la
pondération relative.
M. Derraji : Oui. Juste
encore une fois, si c'est des questions courtes, ça ne me dérange absolument
pas. Mais ce n'est pas moi qui a parlé de la... de... du coroner, ce n'est pas
moi qui l'a évoqué. Donc, ça ne me dérange pas qu'on avance très rapidement,
mais ne me... ne me dites pas que je n'ai pas le droit de parler, parce que
c'est Mme la ministre elle-même qui ouvre la porte à d'autres sujets.
Maintenant, oui, c'est la pondération.
La Présidente (Mme Maccarone) : Elle
n'a jamais dit ça, M. le député.
M. Derraji : Non, non. La
pondération.
La Présidente (Mme Maccarone) : Continuez,
Mme la ministre.
• (16 heures) •
Mme Guilbault :Bien, il a raison, puis je le maintiens. Puis, si je sens
d'autres digressions, je vais le ramener, là. Ça, c'est des exemples, puis moi,
je trouve ça important que ce soit enregistré, là. Quand le Parti libéral et
Québec solidaire font des motions d'une heure pour demander qu'on entende <i>Trajectoire,
qui était déjà venu, puis, au précédent projet de loi, la FADOQ, qui avait
décliné, je pense que c'est leur droit, qui avait... Là, il va nous dire que
c'est Alliance Transit, mais la présidente de Trajectoire était assise...
16 h (version révisée)
Mme Guilbault :...qu'il y avait... Là, il va nous dire que c'est Alliance
Transit, mais la présidente de <i>Trajectoire était assise là, on l'a en
photo sur vidéo. Ça fait qu'à un moment donné, tu sais, je pense que ça revient
au même. Et le Bureau du coroner qui avait décliné, mais on passe une heure à
dire qu'il faudrait les inviter, ça, Mme la Présidente, là, on peut avoir
chacun notre interprétation, mais, moi, les fonds publics sont rares, on le
sait, hein, tu sais, on a moins d'argent qu'on a déjà eu. Alors, quand on
utilise l'argent pour payer des salaires, pour payer des gens venir passer une
heure à nous dire qu'on devrait inviter quelqu'un qui a déjà été invité mais
qui a dit non...
M. Derraji : ...pas demandé
quelqu'un d'autre.
Mme Guilbault :...tu sais. Alors nous, à la CAQ, on trouve que ça n'a pas
de bon sens. Le Parti libéral, Québec solidaire aiment mieux travailler comme
ça. Parfait. Mais je pense que c'est important de bien camper qu'on a une
opinion très différente sur la rentabilisation des fonds publics qui paient nos
salaires.
Cela étant, la pondération relative, bien,
Mme la Présidente, ça va dépendre des projets puis ça va être une appréciation
globale. Ce n'est pas... C'est pour ça, là, qu'on en a plusieurs, pour certains
projets, tu sais, on donne l'exemple puis, tu sais, la stratégie de financement
d'un projet à l'autre va être différente. La nature et la diversité des
partenaires va être différente, en espérant qu'on aura le fédéral le plus souvent
possible, hein, Québec solidaire qui a fini par comprendre que c'est important.
Mon collègue de Nelligan qui a dit qu'il allait nous aider, puis peut être son
futur chef aussi.
La Présidente (Mme Maccarone) : Mme
la ministre, attention aux paroles, s'il vous plaît.
Mme Guilbault :C'est vrai. Alors, les parties prenantes vont être
différentes aussi d'un projet à l'autre dépendant, tu sais, où on le fait, ça
touche combien de municipalités. Évidemment, dans le territoire de la CMM, on
va avoir l'ARTM et compagnie.
Donc, vous voyez, tu sais, à sa face,
même, là, on voit bien que ces paramètres-là sont appelés à varier d'un projet
à l'autre, d'où... oui, c'est ça. Alors donc, d'où le fait que, d'un projet à l'autre,
ça dépend, mais, en bout de ligne... Puis, tu sais, peut-être repartir aussi de
la base de ça, là, on est en train de créer Mobilité Infra Québec à qui le
gouvernement va pouvoir confier des projets de transport complexes. Le
gouvernement, il est là pour gouverner, ça fait qu'en quelque part aussi, il y
a des décisions qui vont se prendre dans l'appréciation du complexe. C'est bon
d'avoir des référents, c'est pour ça qu'on amène huit... huit indicateurs pour
le concept. Mais, après ça, l'appréciation va se faire, puis les mandats vont
être confiés par le gouvernement. Un jour, ça ne sera plus la CAQ, le
gouvernement, ça va être quelqu'un d'autre, là, et il va fonctionner avec cette
lo-là, puis il va confier à Mobilité Infra Québec des projets de transport
complexes, puis ça va être ça.
Alors, c'est un outil pour guider les
décisions, un peu comme les outils, là, que j'ai cités tout à l'heure ailleurs
au fédéral, puis ailleurs sur d'autres continents. Mais, en bout de ligne, il y
a... comment je pourrais dire, il y a une décision aussi de l'exécutif du gouvernement
de confier des projets à Mobilité Infra Québec qui va reposer sur ces
paramètres-là, qui vont être variables d'un projet à l'autre.
M. Derraji : Mais je vais
juste... ça ne vous dérange pas, je vais juste revenir parce que là on avance. Donc,
oui, il y aura de la pondération et, au bout de la ligne, c'est le gouvernement
qui va trancher dans cette pondération. Ce n'est pas la MIQ, ce n'est pas l'agence.
Mme Guilbault :Non, mais ce que je veux dire, c'est que l'évaluation de la
complexité du projet va se faire sur la base de ces paramètres-là. Mais,
autrement dit, un projet complexe pourrait exister dans l'espace-temps, mais le
gouvernement ne va pas nécessairement le donner comme mandat à Mobilité Infra
Québec. Tu sais, là, le gouvernement et tous les gouvernements qui vont nous
suivre vont... vont décider de confier certains mandats. Moi, j'ai parlé
souvent du projet de l'Est, bon, bien, peut-être qu'un jour il va y avoir d'autres
mondes qui vont faire d'autres choses, là.
M. Derraji : Oui, je vais
juste...
Mme Guilbault :Oui.
M. Derraji : ...je vais juste
répéter ma question, on avance, Mme la Présidente. Donc, est-ce que c'est le ou
la ministre ou l'agence qui va déterminer la complexité du projet? Qui va faire
cette étude? Demain, il y a un projet sur la table, donc, c'est l'agence qui va
dire : Ce projet, il est complexe. Après, la décision va revenir où le
ministre ou la ministre en question du Transport va dire : Oui, on va
aller de l'avant. Qui va déterminer la complexité?
Mme Guilbault :Bien, c'est une décision du Conseil des ministres. C'est un
décret qui est pris par le Conseil des ministres.
M. Derraji : OK. Et ces
paramètres... c'est ces paramètres qui vont guider le Conseil des ministres ou
Mobilité Infra Québec?
Mme Guilbault :Bien, l'ensemble de l'oeuvre, Mobilité Infra Québec, je
veux dire, Mobilité Infra Québec, il va se faire confier le projet. Ça fait que
lui, il va le réaliser, le projet. Il va y avoir aussi des mandats de
planification. Il pourrait avoir des mois de planification. On va y arriver, je
pense, c'est l'article 5 ou 6, là. Ça fait que c'est ça. Alors...
La Présidente (Mme Maccarone) : M.
le député.
M. Derraji : Je n'ai plus de
question.
La Présidente (Mme Maccarone) : ...
M. Grandmont : D'abord, donc,
à Mme la ministre, bon, je veux juste... Je ne reviendrai pas sur tout ce qui a
été dit, là. J'ai répliqué, à plusieurs reprises, là, sur plusieurs des choses
que Mme la ministre avance, avec lesquelles, évidemment, je ne suis pas en accord,
mais ce n'est pas grave, je vais la laisser intervenir comme elle veut. Mais,
peut-être, sur deux choses. La première, c'est sur la bonne utilisation des
fonds publics. Je pense qu'elle-même a donné la réponse plus tôt, elle a
dit : On n'est pas... On a <un traitement annuel...
M. Grandmont :
...peut-être,
sur deux choses. La première, c'est sur la bonne utilisation des fonds publics.
Je pense qu'elle-même a donné la réponse plus tôt, elle a dit : On n'est
pas... On a >un traitement annuel, mais on n'est pas payé à l'heure, on n'a
pas de temps supplémentaire. Même si la... même si la commission doit prendre
un petit peu plus de temps ou moins de temps pour étudier le projet de loi, à
la fin, c'est le même budget, là. Ça fait que je veux juste dire que c'est un
argument qui est inexact. Elle ne peut pas continuer à l'utiliser, là, je veux
dire, c'est la même masse salariale.
C'est les mêmes... à moins qu'il y ait une
indication contraire, là, mais, je veux dire, on travaille sur... les employés
travaillent sur ce projet de loi là. Ils pourraient travailler sur un autre
aussi. Là, ils travaillent actuellement sur un projet de loi. Si on n'était pas
là en train de siéger, ça serait peut-être un autre projet de loi avec d'autres
employés d'un autre ministère. Je veux dire, à la fin, c'est un jeu à somme
nulle, à ma compréhension.
Mme Guilbault :Bien, non, parce que, quand ça fait... Comme là, ça doit
faire quoi, presque 45 heures qu'on est là-dessus, on est à
l'article 4. Moi, pendant que je suis ici, évidemment, je ne suis pas en
train de faire autre chose. Ça fait que c'est correct que je sois ici. Sauf que,
si on nous garde sur un projet de loi pendant 150 heures au lieu de
50 heures, par exemple, pendant ces 100 heures là, moi, en tout cas,
j'informe mon collègue de Taschereau que moi, j'ai beaucoup de choses à faire,
là. J'imagine qu'eux aussi. Alors...
M. Grandmont : Oui, oui. Tout
à fait.
Mme Guilbault :...si je ne suis pas ici, je fais autre chose. Donc,
pendant que je suis ici, je ne peux pas faire autre chose. Alors...
M. Grandmont : Oui, mais
c'est le même salaire. C'est la même charge salariale pour le gouvernement,
là....
Mme Guilbault :Oui, mais, moi, dans ma...
M. Grandmont : ...que vous
fassiez autre chose ou que vous soyez ici, là.
Mme Guilbault :...moi, dans ma notion de rentabilisation des fonds
publics, les gens ont besoin que les dossiers avancent. Alors, il y a
24 heures dans une journée. Pour le citoyen... Tu sais, mettons, comme je
disais : Il y a 24 heures dans une journée. On en travaille un...
quand même un nombre important, mais, à un moment donné, des fois, aussi, il
faut aller s'occuper de nos enfants puis dormir une fois de temps en temps. Ça
fait que si, dans une session, on a passé 150 heures à être ici, à écouter
des motions préliminaires puis à écouter des choses comme ça, qui ne font pas
avancer le projet de loi alors qu'on aurait pu faire autre chose... Moi, je
pourrais faire avancer d'autres dossiers. Je pourrais aller rencontrer des élus
sur le terrain. Je pourrais être dans Louis-Hébert. Je pourrais faire plein
d'autres choses que je ne fais pas parce que je suis ici. Puis c'est correct
que je sois ici, c'est moi qui l'a déposé, le projet de loi. Je savais très
bien que je viendrais en commission. Mais, après ça, il y a un choix des
oppositions de prendre plus ou moins de temps.
Et ce que je dis, c'est que j'observe que,
dans mon dernier projet de loi, tout comme celui-ci, il y a eu le choix de
maximiser les outils parlementaires à leur disposition en termes de motion
préliminaire, jusqu'à ce qu'à deux reprises ils testent la jurisprudence de la
présidence, qui était d'ailleurs la même présidente les deux fois, qui a été
obligée de dire : Là, il va falloir passer à une autre étape parce qu'on a
assez passé de temps là-dessus, dont des motions pour parler de groupes qui,
soit étaient déjà venus, soit avaient déjà décliné. Tu sais, ça fait que moi,
encore une fois, on parle de notions avec divers indicateurs, là. Moi, dans ma
notion de rentabilisation des fonds publics, il y a aussi ça, là. Je pense,
c'est une appréciation globale, mais, comme j'ai bien dit : Moi, je suis
tout à fait à l'aise de dire que la CAQ a une opinion sur la rentabilisation
des fonds publics qui paie nos salaires puis la cadence qu'on devrait se donner
pour des travaux parlementaires, qui est très différente de celle des
oppositions, puis je suis confortable avec ça.
Moi, je pense que c'est sain de vouloir
rentabiliser les fonds publics puis de vouloir le faire aussi en transport
collectif, d'où le fait que je suis préoccupée par le fait qu'on devrait
adopter ce projet de loi là le plus rapidement possible, tout en faisant un
travail rigoureux, parce que des gens attendent après ça puis des projets
attendent après ça.
M. Grandmont : Mais le
gouvernement... je veux dire, il faut voir l'ensemble de l'oeuvre, là, c'est-à-dire
que le gouvernement... Si ce n'était pas nous qui étions ici, ça serait de vos
collègues qui viendraient ici pour d'autres projets de loi, puis on
mobiliserait des gens pour la même chose. Donc, à la fin, je veux dire, si vous
êtes ici puis si on est ici, bien, c'est des collègues à vous qui ne sont pas
occupés par une commission parlementaire, qui sont en train de faire d'autre
travail que celui d'être dans une étude détaillée de projet de loi.
Donc, pour moi, c'est pour ça qu'à la fin,
là, quand on regarde la globalité, sur l'ensemble d'un gouvernement, je veux
dire... Puis moi, mon objectif, c'est vraiment d'avoir le meilleur projet de
loi possible. D'ailleurs, je vais vous proposer sous peu un sous-amendement que
je pense intéressant, et on verra.
• (16 h 10) •
Puis autre chose aussi, peut-être sur la
question, là, des amendements, les avoir reçus plus tôt, là. Moi, je suis quand
même d'accord avec mon collègue de Nelligan quand il dit qu'on aurait pu, on
aurait dû, on aurait apprécié, ça aurait peut-être aidé pour le travail,
recevoir ces amendements-là plus tôt. Plus tôt, parce qu'effectivement, lors du
briefing technique, il nous a été annoncé par votre collègue qu'il y avait
plusieurs amendements qui allaient être proposés par la partie gouvernementale.
Bien, vous comprenez que j'apprécie beaucoup mon collègue, mais on n'a pas les
outils puis les ressources pour être capables d'analyser longtemps d'avance.
Puis là on parle de l'amendement qu'on a à peu près deux heures pour regarder,
analyser au meilleur de nos connaissances. Mais c'est quand même un enjeu
fondamental, pour que vous preniez la peine vous-même de déposer un amendement,
qui nous avait été demandé à peu près par tout le monde, bien... puis qui va
servir, en fait, de grille d'analyse pour déterminer quels sont ou quels ne
sont pas les projets complexes que pourra réaliser Mobilité Infra Québec, bien,
on est pas mal dans... dans le cœur, en fait, du projet de loi, là, avec ça.
Puis ça le dit, en fait, c'est les projets
complexes de transport collectif, donc, je veux dire, ça, c'est assez
fondamental. Donc, avoir deux heures pour l'analyser, pour essayer de faire de
notre mieux, <si on est capables...
M. Grandmont :
...donc,
je veux dire, ça, c'est assez fondamental. Donc, avoir deux heures pour
l'analyser, pour essayer de faire de notre mieux, >si on est capables de
les avoir plusieurs jours à l'avance, alors qu'on savait déjà, dès le briefing
technique, qu'on aurait plusieurs amendements, probablement, dont celui-ci,
bien, nous, ça nous aide à avoir des propositions qui sont plus adéquates,
mieux mesurées, plus balancées. C'est juste ça que je veux dire. Vous n'êtes
pas obligée de répondre, c'est simplement mon avis là-dessus. Vous pouvez
répondre aussi si vous voulez, là...
Mme Guilbault :Non. Bien, en fait, juste peut-être pour finir sur la forme
puis les travaux, je ne connais pas par cœur ce qui se passe exactement dans
chaque commission, là, tu sais, ma fougère, c'est la Commission des transports
et de l'environnement. Puis j'imagine que mes collègues en face sont sur
d'autres commissions aussi, d'autres projets de loi. Je ne sais pas s'ils ont
l'habitude systématiquement de déposer le maximum de motions préliminaires
possible sur chaque commission, avec tous les ministres. Mon hypothèse, c'est
que non, et que là, comme par hasard, ils l'ont fait deux fois de suite avec
moi. Mais peut-être qu'ils le font à chaque fois, auquel cas, si, à chaque
fois, sur chaque commission où ils vont, ils déposent des motions préliminaires
pour entendre des groupes qui ont déjà été entendus, c'est encore plus
désespérant que s'ils le font juste avec moi, Mme la Présidente. C'est ce que
j'aurais à dire là-dessus.
M. Grandmont : ...parce que
je ne voulais pas parler de... parce que je pensais qu'on avait épuisé, en
fait, cet aspect-là de la conversation, mais, puisque Mme la ministre en parle
elle-même. Elle a dit tantôt : La présidente de Trajectoire Québec...
d'abord, c'était l'ancienne directrice générale, puis elle a été là comme
membre de Transit. Pourquoi? Parce qu'on avait demandé, nous, à ce que
Trajectoire, un groupe qui représente les usagers du transport collectif, soit
entendu dans le cadre d'un projet de loi qui touche la création de nouveaux
projets de transport collectif. Ça a été refusé par la partie gouvernementale.
Ce n'est pas faute d'avoir essayé, là. J'ai beaucoup insisté, auprès de mon
équipe de travaux parlementaires, pour que Trajectoire Québec soit entendue. Ça
a toujours été refusé. Je ne sais pas pourquoi, ça a toujours été refusé.
Alors, qu'est-ce que ces groupes-là ont
fait? Bien, ils ont décidé de venir sous le chapeau de l'Alliance Transit,
parce qu'ils sont membres de l'Alliance Transit, mais ils n'ont pas jasé... Ils
n'ont pas défendu le point de vue des usagers, là, ils se sont attachés, ils
ont discuté, leurs réponses, le mémoire qu'ils ont fait était dans le cadre de
la mission de Transit, qui est bien différente de celle de Trajectoire Québec.
Alors, peut-être que, pour Mme la ministre, c'est un peu la même chose, mais il
y a une grosse différence entre les deux, et c'est pour ça qu'on a insisté pour
que Trajectoire Québec vienne. Elle fait référence, après ça, à la FADOQ. Je
sais que, pendant les... le projet de loi 48, elle nous avait servi cette
réponse-là, qu'ils avaient décliné l'invitation à être présents. Soit. Est-ce
que, dans le cadre de ce projet de loi là, le 61, ils ont aussi décliné
l'invitation à participer?
La Présidente (Mme Maccarone) : Mme
la ministre.
Mme Guilbault :Non, mais moi, je parlais de la FADOQ dans le cadre du 48.
M. Grandmont : Oui. Moi, je
parle du 61, c'est le 61 qu'on étudie.
Mme Guilbault :Ah! bien là, le 61, il faudrait que je regarde la liste des
invités, là, je ne les ai pas tous par coeur.
M. Grandmont : Parce qu'on me
sert la réponse sur le 48, alors qu'on parle du 61. À un moment donné...
Mme Guilbault :Bien, premièrement, je pense qu'on sert les réponses qui
nous arrangent de l'autre côté de la banquette aussi.
Deuxièmement, j'ai bien dit, j'ai bien
dit, là, tantôt, là, j'ai donné l'exemple de Trajectoire ici en disant que la
personne était Mme Doyon... Doyon ou Houde?
M. Grandmont : Sarah V.
Doyon.
Mme Guilbault :Parce qu'il y a deux Sarah. Il y a Sarah Doyon et Sarah
Houde, c'est ça, je pense.
M. Grandmont : Sarah Houde,
c'est Propulsion Québec.
Mme Guilbault :C'était Propulsion, c'est ça? Mais c'est pour ça... OK.
Enfin. Puis je ne veux pas... je ne veux pas donner le mauvais nom. Donc, elle
était assise ici, dans la pièce, vidéo.
M. Grandmont : Oui.
Mme Guilbault :Bon. Et, après ça, j'ai dit... Ça, c'était pour le 61. Et
après j'ai dit : Mon dernier projet de loi 48 sur la sécurité
routière, ils ont fait une motion sur la FADOQ, j'ai bien précisé que c'était
pour le 48, alors que la FADOQ avait décliné, dans le 48, poliment. Je pense
que c'est leur droit, mais vous avez quand même fait une heure là-dessus.
Et le Bureau du coroner, on les invite, et
je vous démontre le courriel écrit de Me Bernier, Reno Bernier, le coroner en
chef, qui dit : Merci...
M. Grandmont : On est encore
sur le 48, là?
Mme Guilbault :Oui, oui, sur le 48. Mais c'est pour ça. Non, mais je suis
en train de documenter le caractère systématique de cette habitude-là sur mes
commissions, en disant : Je ne sais pas s'ils le font ailleurs, je n'ai
pas cette information-là, ça fait que je ne m'avancerai pas, mais j'espère,
pour le bien de la cadence des travaux, qu'ils ne le font pas. Et, s'ils le
font systématiquement puis qu'ils font des motions pour inviter des groupes qui
ont soit déjà décliné ou qui sont soit déjà venus, j'ai dit tout à l'heure, et
je le maintiens, que c'est encore plus désespérant, parce qu'on a un devoir de
faire avancer les travaux, les articles du projet de loi. Et, quand c'est rendu
que la présidence doit trancher en faveur de la partie gouvernementale, parce
qu'il est temps de passer à autre chose, parce que le droit parlementaire puis
les règles du Parlement font en sorte que les oppositions ont trop étiré le
temps sur une partie, qui est leur droit, mais qu'ils sont allés au maximum de
ce que le Parlement prévoit, deux fois de suite sur mes deux projets de loi.
Moi, je fais juste noter ça au micro.
Parce que, tu sais, ce n'est pas évident,
là. Nous, on est dans une bulle parlementaire. <Mais le citoyen, là...
Mme Guilbault :
...moi, je fais juste noter ça au micro.
Parce que, tu sais, ce n'est pas
évident, là. Nous, on est dans une bulle parlementaire. >Mais le citoyen,
là, qui paie des impôts puis qui paie nos salaires, là... Je pense, c'est
important que les gens comprennent comment ça fonctionne ici, là, tu sais. Alors,
c'est correct de prendre du temps pour des choses qui valent la peine, mais
quand on prend du temps pour demander qu'on invite des gens qui ont déjà été
invités puis qui ont déjà décliné, en ce qui me concerne, c'est très différent
d'un débat de fond sur un article, par exemple.
M. Grandmont : Est-ce que
Trajectoire Québec avait refusé?
Mme Guilbault :Trajectoire Québec était assis ici, là, sur la chaise qui
est la plus à droite.
M. Grandmont : Au nom de
Transit, parce qu'ils ont été refusés par la partie gouvernementale.
Mme Guilbault :Bien oui, mais c'est parce qu'ils étaient déjà présents.
M. Grandmont : Non, non, non.
Ils parlaient...
Mme Guilbault :C'est la... Le même être humain était assis ici, dans la
pièce.
M. Grandmont : Ce n'est pas
la même...
Mme Guilbault :Ça fait qu'on peut débattre longtemps, là, mais cette
personne-là était assise ici, et, après ça, on fait une heure pour dire qu'on
devrait la réinviter.
M. Grandmont : Ce n'était pas
la même organisation, évidemment, donc, ce n'est pas le même discours. Ce n'est
pas les mêmes approches. Ce n'est pas les mêmes questions. Ce n'est pas les
mêmes points qu'on avance, non, non. Ce sera tout pour l'instant. Je vais attendre
avant de déposer mon sous-amendement.
La Présidente (Mme Maccarone) : M.
le député des Îles-de-la-Madeleine.
M. Arseneau : Oui. Mme la
Présidente, là, je ne sais pas si je dois discuter des motions préliminaires,
des fonds publics ou de l'amendement qui a été déposé par la ministre, là. Je
suis un petit peu interloqué par la discussion qu'on a présentement. Alors,
j'hésite à embarquer dans le sujet parce que je pense que, si la ministre
parlait de digression, là, je pense que tout le monde est un petit peu coupable
autour de la table, là. Est-ce que j'en rajoute ou bien je ramène le sujet
principal qui devrait faire l'objet de nos travaux? Je pense que je vais opter
pour la deuxième option puis parler de l'amendement. Puis on pourra revenir sur
les fonds publics et puis pour juger si l'opposition étire trop le temps ou
savoir si ce sont des choses qui valent la peine, là. Je vais mettre ça de côté,
parce que j'aurais beaucoup de réactions puis je pense, ça ne contribuerait pas
tellement au débat cet après-midi.
Alors, je vais regarder la définition,
parce que moi, j'apprécie le fait que la ministre dépose aujourd'hui une
définition d'un projet de loi complexe, mais je trouve cette définition
éminemment complexe, et je ne suis pas sûr que c'est le type de définition qui
nous aide à déterminer ce qu'est un projet complexe de ce qu'est un projet
majeur ou un projet standard. Et je m'explique. On lit la définition ainsi :
Un projet complexe, c'est «dont les composantes ou le cumul de ses composantes»
donc, le cumul de celles-ci. Et là, si on ne nomme pas les composantes, on dit :
«Ses composantes ou le cumul de celles-ci présentent un degré élevé d'intensité
ou de variabilité.
Donc, j'essaie de décortiquer, là. On dit :
«C'est un projet dont les composantes ou le cumul de ses composantes va
présenter un degré élevé d'intensité ou de variabilité.» Évidemment, il va
falloir qu'on définisse c'est quoi, un degré élevé d'intensité. De quoi
parle-t-on quand on parle d'intensité puis qu'est-ce qu'un degré élevé? Est-ce
qu'on a une échelle d'intensité de 1 à 10, de 1 à 100, de A à Z, de A à F? Bon,
le degré élevé d'intensité sera laissé à l'appréciation de qui exactement et
avec quelle grille d'analyse?
• (16 h 20) •
Pour ce qui est de la variabilité,
j'aimerais qu'on la définisse également. Qu'est-ce que c'est qu'une variabilité
pour les différentes composantes qu'on a nommées? Et là c'est encore plus
intéressant, quand on regarde chacune des composantes qu'on a identifiées, premièrement,
est-ce que ce sont des composantes dont la liste est exhaustive ou il pourrait
y avoir d'autres composantes qu'on ajoute ou qu'on retire? Est-ce que c'est comme
ça, une seule de ces composantes-là ayant un degré élevé d'intensité, ça
justifie que c'est un projet complexe ou ça prend une combinaison de celles-ci
et jusqu'à combien? Sur les huit composantes, est-ce qu'il faut arriver à une
espèce de point de bascule, où on en a quatre, puis là ça devient un projet
complexe, on en a que deux, ça l'est un peu moins?
J'aimerais comprendre la mécanique
d'application d'une définition comme celle-là et... parce que, sinon, cette
définition-là, elle peut être interprétée et utilisée de façon très différente
d'une personne à une autre, d'un ministre à un autre, d'un gouvernement à un
autre, d'une entreprise... Bref, c'est... je ne pense pas que ça nous rapproche
d'une clarification. Puis je pense, c'est fondamental, Mme la Présidente, ce
qu'on essaie de faire aujourd'hui, puis à chaque fois qu'on siège, puis c'est
pour ça que ça existe, des commissions parlementaires, c'est d'essayer de
déterminer le plus précisément possible quelle est l'intention du législateur.
Parce qu'on va devoir vivre avec cette loi-là pendant des <années et des
années...
M. Arseneau :
...le
plus précisément possible quelle est l'intention du législateur. Parce qu'on va
devoir vivre avec cette loi-là pendant des >années et des années. On va
devoir appuyer des investissements publics, des fonds publics de nos
contribuables québécois sur la base d'éléments comme ceux-là, qui sont
extrêmement, actuellement, difficiles à saisir pour... pour nous,
parlementaires. Imaginez pour... pour des gens qui n'ont pas travaillé déjà des
heures et des heures sur le projet de loi. Alors, je continue dans mes
réflexions, puis je... ensuite peut-être que la ministre pourra se prononcer.
Quand on parle de la portée, la portée d'un
projet, encore une fois, est-ce qu'on peut définir la portée? Est-ce qu'on
parle de la portée territoriale? Est-ce qu'on parle de la portée financière, la
portée en termes de nombre d'années d'opération, de nombre d'années de
chantier, d'élaboration de ce projet? Je ne sais pas ce que ça veut dire
exactement «la portée du projet», tu sais. C'est comme une espèce de mot-valise
qu'on transporte, la portée, mais sans savoir exactement ce dont il est
question. Bon, l'échéancier, c'est plus précis, mais, encore une fois, ça
dépendra de l'échéancier.
Mais oui, il y a toujours un échéancier.
Qu'est-ce qui va faire qu'un échéancier est intensif ou variable? Vous
comprenez, là, le degré élevé d'intensité, bien, il réfère à chacune des
composantes. Donc, qu'est-ce qu'un échéancier qui comporte un degré élevé d'intensité?
C'est un échéancier qui est court, je veux dire, parce que plus le chantier va
être court, plus c'est complexe. C'est-tu ça que ça veut dire? Et si, au
contraire, on a un échéancier pour un projet de construction d'un troisième
lien, disons, exemple comme ça, pigé au hasard, là, tu sais, vraiment
spontanément, puis qu'on dit que cet échéancier-là va s'étaler sur huit ans,
est-ce que c'est un échéancier à degré élevé d'intensité? Moi, je pense que c'est
beaucoup de temps, huit ans, mais, pour certains, ça peut être un degré élevé d'intensité.
La variabilité, l'échéancier variable, ça veut dire qu'on se donne entre deux
et huit ans pour le faire. Donc, c'est une variabilité assez grande, donc, un
degré élevé de variabilité pour cet échéancier-là.
L'intégration de nouvelles technologies,
ça, c'est toujours un peu amusant, parce qu'à chaque... à chaque génération, on
a des nouvelles technologies. Les nouvelles technologies d'aujourd'hui sont des
anciennes technologies de demain, et puis... et, habituellement, bien, les
nouvelles technologies, elles existent déjà au moment de les mettre en œuvre.
Jusqu'à quel point elles sont nouvelles? Si elles ont été éprouvées ailleurs,
bien... puis j'espère qu'elles sont éprouvées ailleurs, parce que sinon, on est
toujours dans le développement de nouvelles technologies. On va être un peu les
cobayes de ces nouveaux instruments-là. C'est un peu particulier. Si une
nouvelle technologie a été utilisée dans un projet de tramway en Europe, est-ce
que c'est encore une nouvelle technologie puisqu'elle a été mise en œuvre? C'est
une nouvelle technologie pour nous, parce qu'on n'a jamais eu de tramway. Mais
ça, c'est un autre... un autre élément.
Mais encore, qu'est-ce que l'intégration d'une
nouvelle technologie à un degré élevé d'intensité? Comment mesurer l'intégration...
en fait, le degré d'intensité d'une intégration de nouvelles technologies? Un
peu, beaucoup, passionnément, ça, c'est petite fleur, là, tu sais, le
tournesol, là, ou la marguerite, là, qu'on effeuille. Mais c'est... ça prend un
peu plus que ça pour un projet de loi, pour connaître l'intention du
législateur dans sa définition qui est censée nous faire avancer pour
déterminer, là, pour le commun des mortels puis pour le contribuable québécois,
qu'est-ce que ça veut dire qu'un projet complexe et qu'est-ce qui justifie qu'on
mette sur pied une agence flambante neuve alors que, pas plus tard que ce
matin, dans la même salle, on se faisait dire — puis je vais faire
une digression, Mme la Présidente — qu'un ministère des Aînés, là, c'était
une dépense frivole, qu'on allait augmenter les dépenses de fonds publics de
façon absolument insensée et grossière, parce qu'on voulait dissocier des
fonctionnaires qui existent déjà pour qu'ils prennent des décisions pour les
aînés.
Là, on veut fabriquer une toute nouvelle
structure, donc, on ne sait pas si ça va avoir 50, 400 ou
1 000 travailleurs et on sait que ça va coûter 12,9 millions. Je
ne peux pas m'empêcher de sourire parce qu'on a déposé des motions
préliminaires pour savoir combien ça allait coûter. On n'a jamais eu de
réponse. Mais c'est sûr qu'on a fait du temps, parce qu'on veut que le
gouvernement rende des comptes sur l'information qu'il a peut-être et que nous,
on voudrait savoir, pour donner l'heure juste au citoyen. Puis, s'il ne l'a
pas, bien, il faut qu'il aille la chercher parce qu'on veut donner l'heure
juste au citoyen, <fermeture de la parenthèse...
M. Arseneau :
...l'heure
juste au citoyen. Puis, s'il ne l'a pas, bien, il faut qu'il aille la chercher
parce qu'on veut donner l'heure juste au citoyen , >fermeture de la
parenthèse.
Qu'est-ce qu'un degré élevé d'intensité,
d'intégration de nouvelles technologies? Je ne le sais pas. Qu'est-ce qu'un
degré de variabilité de l'intégration d'une nouvelle technologie? Moi, là,
j'aurais besoin que quelqu'un m'explique : Qu'est ce que ça veut dire, degré
élevé de variabilité dans l'intégration d'une nouvelle technologie? Et là on me
dit : Bien, c'est le gouvernement qui tranchera. Il y a une définition,
mais, en bout de ligne, il y aura des décisions de prises, ce sera un référent.
Bien, un référent, dont on ne sait pas ce qu'il veut dire, ça n'aide pas
beaucoup, à l'heure actuelle, à dire : Bien oui, ça nous prend absolument
une agence, puis il faut que ça soit adopté le plus vite possible, quitte à
mettre fin au débat de façon plus rapide, là, parce qu'on perd notre temps.
C'est ce qu'on comprend du discours sous-jacent, là, aux propos de la ministre
de tout à l'heure.
La stratégie de financement... Ah non!
J'en ai passé quelques-unes. Il ne faudrait pas quand même, là. Les parties
prenantes concernées, ça, c'est peut-être le plus bel exemple de cette
difficulté-là à comprendre puis à appréhender ce que le législateur a vraiment
voulu dire. Les parties prenantes concernées vont présenter un degré élevé
d'intensité. Alors, comment juger de l'intensité ou du degré élevé d'intensité
ou de variabilité d'une partie prenante? J'ai beaucoup de difficultés à voir.
Alors, est-ce qu'il va y avoir un test, là, de, comme on dit, là, un test
psychologique pour dire : Est-ce que vous êtes superintenses, là, vous,
les gestionnaires, là, d'une société d'État? Est-ce que ce seront les
gestionnaires dont on vérifiera le degré d'intensité ou de variabilité?
Parce qu'aujourd'hui vous dites oui,
demain, vous dites non. Donc, vous êtes variable dans vos opinions. Ça se peut
que ça soit à un degré trop élevé, parce que tu dis oui au maximum puis, le
lendemain, tu dis non au maximum. Ça veut dire que c'est un gros degré de
variabilité dans vous, parties prenantes, gestionnaires d'une société d'État ou
d'une entreprise privée avec qui je fais affaire, parce que ce sont des parties
prenantes qui sont concernées. Mais là, évidemment, si c'est des corporations,
c'est-à-dire des personnes morales, bien là, c'est plus compliqué. Comment
vérifier le degré d'intensité, là, élevé ou moins élevé, ou plus ou moins
élevé, ou de variabilité d'une personne morale?
Il me reste 10 minutes. Bien, c'est
bon parce qu'il me reste encore au moins quatre composantes, là, à décortiquer
comme ça, et puis je pense, c'est important de le faire. Parce que ce n'est pas
mieux pour la localisation, la localisation d'un projet complexe va présenter
un degré élevé d'intensité. Alors, si je veux faire la traversée du fleuve
Saint-Laurent entre Lévis puis Québec, est-ce que c'est intense? Est-ce que
c'est plus intense que si je décidais de traverser la rivière Saguenay pour
faire un pont là-bas, là, je ne sais pas, ou encore le fleuve, bien, juste une
partie? C'est peut-être moins intense pour traverser, là, pour faire un pont
vers L'île d'Orléans, ça serait moins intense que traverser de l'autre bord de l'île
d'Orléans puis reprendre l'idée d'un autre parti politique qui, lui, veut faire
son troisième lien de ce bord-là. Mais donc ça serait plus intense, moins
intense, moyen.
Mais la variabilité, ça veut dire que... variabilité,
ça, c'est... encore là, c'est qu'il y a différents endroits où je peux
inscrire, ou faire traverser, ou mettre en place, mettre en œuvre un projet
complexe. Ça devient très complexe parce qu'il y a une variabilité dans la
localisation. Un haut degré de localisation, ça... un haut degré d'intensité
dans la localisation, je ne comprends pas. Mais, probablement que je suis le
seul autour de la table à ne pas comprendre ce que signifie un degré élevé
d'intensité de localisation ou un degré de variabilité. Bien, un degré de
variabilité de localisation, ça je le comprends, parce qu'on ne sait pas trop
où on veut placer le troisième lien, justement, dans la région de Québec. Ça
fait que ça, il y a un haut degré de variabilité dans la localisation, ça, on
le comprend. Mais il reste que ce n'est pas sur cet élément-là seulement qu'on
peut juger que le projet est complexe.
• (16 h 30) •
La stratégie de financement, si elle
présente un degré élevé d'intensité. Donc, l'intensité d'une stratégie de
financement, est-ce que ça correspond au montant global nécessaire en termes
d'investissement, ou est-ce que c'est autre chose que je ne peux pas deviner à
l'heure actuelle dans le financement, différentes parties prenantes qui
seraient appelées à financer un projet gouvernemental? On suppose que ce sont
des projets gouvernementaux. Donc, le degré d'intensité serait lié au montant
versé par chacune des parties prenantes au financement. Mais, s'il n'y en a pas
plusieurs, est-ce que... mais quel montant est du même... de la même
envergure...
16 h 30 (version révisée)
M. Arseneau : ...versés par
chacune des parties prenantes au financement. Mais, s'il n'y en a pas
plusieurs, est-ce que... mais que le montant est du même... de la même
envergure, est-ce que ce serait un degré moins élevé d'intensité qui ferait en
sorte que ce serait un projet moins complexe, donc qui ne cadrerait pas dans
cette définition-là? Ça reste à voir.
Mais quelle est la variabilité,
maintenant, d'une stratégie de financement? On en finance l'étape préliminaire
avec un certain nombre de financiers, d'institutions, et puis, ensuite, bien,
on change pour la mise en œuvre du chantier, puis ensuite le volet technologie
est financé par une autre partie. Est-ce que c'est ça, la variabilité d'une
stratégie de financement?
Il ne faudrait surtout pas, en fait, j'espère,
que ça signifie que la stratégie de financement va être variable, c'est-à-dire
qu'on va prévoir un projet à 10 milliards puis ça va finir à 18. Ça, ça ne
serait pas intéressant, que le haut degré de variabilité, bien, nous donne des
résultats de ce type-là, et puis que, sur cette base-là, on juge que c'est un
projet complexe. Projet complexe égale projet coûteux, mais si c'est parce que
la stratégie de financement a un haut degré de variabilité, ça devient plus
délicat, on va dire ça comme ça.
«Les risques associés. Les risques
associés présentent un degré élevé d'intensité.» Donc, l'intensité du risque,
il y a... là, il y a quelque chose à partir duquel on peut travailler. Encore
faut-il qu'une échelle d'intensité soit adoptée, soit connue, soit diffusée
pour qu'on puisse dire : Les risques, ils sont d'une intensité plus ou
moins grande à partir d'un certain nombre de critères, de barèmes, et là on dit :
OK, plus c'est élevé comme degré d'intensité du risque associé, plus ça devient
complexe à mettre en œuvre. Il y a quelque chose là d'intéressant, mais la
variabilité du risque, ça, c'est plus délicat. Est-ce que le risque, il peut
véritablement être variable selon... selon quoi, selon la personne qui évalue le
risque? Selon les partenaires qui sont associés? Selon les parties prenantes
qui sont mises à contribution? Comment est-ce qu'on vérifie la variabilité des
risques associés à un projet?
Je vous avoue que je ne suis pas plus
éclairé, là, sur ce sur quoi la ministre veut nous faire voter comme
amendement. Et ça me trouble un peu parce que j'aimerais ça pouvoir appuyer une
définition. J'aimerais ça qu'on puisse faire ça dans trois minutes et quart,
dire : Écoutez... Ça fait depuis le début du projet... du dépôt du projet
de loi, depuis juin dernier, on dit : Regarde, on veut faire une agence
pour appuyer et réaliser des projets complexes, puis on ne sait pas de quoi on
parle. Ça fait depuis juin. Ça fait depuis juin qu'on s'imagine que la ministre
travaille sur une définition. Et là on a ça devant nous, on a eu ça juste avant
l'heure du midi. Moi, je le regarde de toutes les façons. Depuis midi, là, j'y
travaille de façon intense, là, avec un degré de variabilité nulle. Ça fait que
j'y travaille, là, tu sais, mais avec un degré élevé d'intensité, puis je n'arrive
pas à comprendre où on s'en va avec une décision... une définition comme
celle-là.
«La nécessité de requérir à une expertise
de pointe.» J'aimerais juste souligner que, sur le plan du français, il me
semble y avoir une faute parce que je ne crois pas qu'on doive «requérir à une
expertise». On peut recourir, à mon sens, à une expertise ou on peut requérir
une expertise, mais le «requérir à», Mme la Présidente, en tout respect, je
pense qu'il y a une faute de français de la part du législateur. Alors, je ne
sais pas si je déposerai un amendement ou si on peut tout simplement faire
disparaître le «à» ou changer le «requérir» par «recourir», mais il y a là une
erreur, je pense. Puis il y a peut-être des gens qui sont encore plus ferrés
que moi dans la maîtrise de la langue française pour nous dire qu'il y a une
coquille là qui devrait être corrigée.
Mais la nécessité, disons, de recourir à
une expertise, est-ce que cette nécessité-là peut se mesurer en matière d'intensité?
Jusqu'où la nécessité est intense, et donc représente un degré élevé d'intensité?
Encore une fois, il est possible, j'imagine, de le faire, encore là avec une
échelle d'intensité sur la nécessité d'avoir une expertise de pointe. Mais, encore
une fois, «la variabilité de la nécessité», je n'arrive pas à saisir ce que ça
veut dire. La nécessité peut être variable, tout en étant intense, sur le
recours à une expertise de pointe. Je suis, encore une fois, assez dubitatif
sur <la capacité d'un texte comme celui-là...
M. Arseneau :
...une
expertise de pointe. Je suis, encore une fois, assez dubitatif sur >la
capacité d'un texte comme celui-là, d'éclairer non seulement les
parlementaires, mais aussi les citoyens, je pense que c'est fondamental, leur
donner confiance et leur insuffler l'enthousiasme nécessaire pour qu'ils
puissent dire : Bien, voici, ce projet de loi là, qui repose
essentiellement sur l'article 4, dont la définition de projet complexe est
celle-ci, là, je saisis parfaitement là où on s'en va, ça vaut la peine qu'on y
investisse temps et argent. C'est là où je pense qu'on n'avance pas beaucoup
avec cet amendement-là. Mme la Présidente, ce sera tout pour l'instant.
La Présidente (Mme Maccarone) : Merci,
M. le député. Je demanderais à la partie gouvernementale, Mme la ministre,
juste de valider la question du député en ce qui concerne votre intention (panne
de son)... ou bien si c'est recourir à une expertise pour qu'on enlève le «à»,
juste pour continuer. Parce que si ça mérite...
Mme Guilbault :De prime abord, Mme la Présidente, ce serait «recourir à
une expertise». Bien, le député a raison, ça, ça ne fonctionne pas. Puis moi,
je pensais...
Une voix : ...
Mme Guilbault :C'est ça. Donc, ce sera «recourir à une expertise». On va faire
la modification. Je ne sais pas si...
Une voix : ...
Mme Guilbault :
Oui, ou je retire, je redépose. Je vous laisse nous guider.
La Présidente (Mme Maccarone) : Oui,
exactement, exactement. Mais pendant que vous êtes en train de travailler,
peut-être, sur la correction, je vais céder la parole au député de Nelligan.
M. Derraji : ...ça va être
rapide, et on vient d'avoir la démonstration qu'on doit faire le travail
correctement. Et je tiens à remercier le collègue, le député des Îles-de-la-Madeleine,
qui vient de démontrer, avec éloquence, que, déjà, il y a une erreur dans
l'amendement proposé par Mme la ministre, une erreur quand même de langue
française. Je ne l'ai pas vue, j'avoue, mais je remercie mon collègue, qui fait
très bien son travail et qui ne fait pas perdre de temps à la commission.
Ceci étant dit, ma question est très
simple : Est-ce que cet amendement, Mme la ministre, vous l'avez... vous
êtes allée au Conseil des ministres pour le déposer?
Mme Guilbault :Bien, je ne comprends pas. Les amendements que je dépose
ici, oui, forcément, ont passé au Conseil des ministres, comme les projets de
loi ou comme ce qu'on dépose, là.
M. Derraji : C'est excellent.
Oui, je peux? C'est parce que, Mme la Présidente, à chaque fois qu'il y a des
dépôts d'amendements au Conseil des ministres, il y a des documents publics que
la ministre a utilisés au Conseil des ministres. Malheureusement, ils ne sont
pas encore disponibles. Et, comme vous le savez, on fait très bien notre
travail. D'ailleurs, c'est là où on a trouvé combien ça va nous coûter,
l'agence. Et d'ailleurs, je tiens... pour les gens qui nous écoutent, qui se
posent la question sur le temps en commission parlementaire, ce n'est pas nous
qui ont payé les 7 millions de dollars pour les Kings et ce n'est pas nous
qu'on a payés pour le chandail de hockey de Guy Lafleur.
Donc, j'ai plein d'exemples, Mme la
Présidente, que... pour nous donner un peu les outils pour avancer. Si Mme la
ministre confirme qu'elle est allée au Conseil des ministres... normalement,
son dépôt de l'amendement vient avec des documents. Je viens de faire la
vérification avec ma collègue, ces documents ne sont pas publics. Donc, normalement,
quand elle retourne au Conseil des ministres avec des amendements, il y a des
documents qui sont disponibles juste après. Voilà.
Oui, c'est bon, j'arrête. La question, je
l'ai posée. J'attends une réponse, Mme la Présidente.
La Présidente (Mme Maccarone) : Mme
la ministre.
Mme Guilbault :
Oui. Bien, c'est le MCE qui s'occupe de ces dépôts de documents là. Alors, on
va s'informer, là. Moi, je ne sais pas... je ne sais pas exactement comment ça
fonctionne, ça fait qu'on va s'informer. C'est-à-dire... Attendez, je sais très
bien comment fonctionne le fait de présenter et de faire adopter des
amendements au Conseil des ministres et je fais tout mon travail. Ce que je
veux dire, c'est que je ne sais pas comment fonctionne l'intendance autour du
dépôt sur le site Internet, j'imagine que c'est un site Internet, de ces
documents-là parce que c'est sous la responsabilité d'un autre ministère.
Alors, on va vérifier avec eux pour le bénéfice du collègue de Nelligan.
M. Derraji : Oui, excellent, parce
que... c'est une très bonne réponse, très rapide, Mme la ministre. Je ne doute
pas de sa compétence, loin de là, mais le document, vous l'avez fourni au Conseil
des ministres. On attend donc que le Conseil des ministres et le MCE le rendent
public. Est-ce qu'on peut en avoir une copie? Comme ça, on va savoir sur quoi
vous vous êtes basée pour avoir cette définition. On va avancer rapidement. Je
vais arrêter là. C'est juste pour le temps, c'est très précieux, Mme la
Présidente.
Mme Guilbault :...vous êtes très diligents avec nous.
M. Derraji : On l'est. C'est
une erreur de votre part, et on démarre très mal le premier amendement avec une
faute de langue française. Je vais me garder une petite gêne, Mme la Présidente,
sérieux.
La Présidente (Mme Maccarone) : Merci.
Nous allons suspendre en attendant l'amendement en question. Merci.
(Suspension de la séance à 16 h 40)
(Reprise à 16 h 56
)
La Présidente (Mme Maccarone) : Alors,
nous sommes de retour, et j'ai cru comprendre, M. le député de Masson, que vous
avez un sous-amendement à déposer. Allez-y
M. Lemay : Merci, Mme la
Présidente. Je vais en faire la lecture. Donc, à l'article 1, soit l'article 4
de la Loi sur la Mobilité Infra Québec, remplacer, dans l'amendement proposé à
l'article 4, le mot «requérir» par le mot «recourir».
Et, Mme la Présidente, on va voir
apparaître le sous-amendement à l'écran, et c'est suite à l'intervention du
député des Îles-de-la-Madeleine, que j'aimerais remercier, parce qu'effectivement
en français il y a des différences. On aurait pu garder «requérir» et enlever
le petit mot «à» qui était suite à «requérir», mais de modifier «requérir» par
«recourir» fait en sorte que c'est... c'est plus d'actualité ou d'adon pour ce
type d'intervention, parce que, bien entendu, le verbe «requérir» signifie de
«réclamer, d'exiger avec insistance et de fermeté», alors que «recourir» est
beaucoup plus doux comme approche et qu'il reflète vraiment la nature de cet
amendement. Donc, par conséquent, le sous-amendement est déposé, et j'aimerais
bien qu'on puisse débattre de ce sous-amendement. J'imagine que ça fait
consensus, puisque ça a été une discussion qui a été proposée préalablement par
le député des Îles-de-la-Madeleine.
La Présidente (Mme Maccarone) :
Y a-t-il des interventions sur le sous-amendement du député de Masson? M. le
député des Îles-de-la-Madeleine, la parole est à vous.
M. Arseneau : Bien, je vais
commenter brièvement en remerciant le député de Masson de proposer cet... ce
sous-amendement, là, effectivement, qui règle un problème qu'on avait
identifié, là, dans la formulation, et je suis aussi d'accord avec sa
présentation à l'effet que «requérir» avait peut-être une connotation beaucoup
plus directive, alors que, dans le cas, je pense, qui nous occupe, c'est peut
être davantage «recourir» à des expertises externes qui auront le loisir de
faire affaire et de s'entendre avec le requéreur, justement, ou pas. Alors,
moi, je suis effectivement d'accord avec cette proposition d'amendement.
La Présidente (Mme Maccarone) : Oui,
M. le député de Nelligan.
M. Derraji : Mme la
Présidente, si on cherche un exemple parfait d'une très bonne collaboration
entre un député de l'opposition et la partie gouvernementale, on vient de l'avoir.
Quel exemple parfait que, parfois, vouloir aller trop vite, ça n'aide en rien
un projet de loi. Et là on est devant un constat, que... je tiens à remercier
le député des Îles-de-la-Madeleine d'avoir bien vu, dans le projet de loi, une
erreur dans la rédaction du contenu d'un article. Nous étions un peu chacun sur
un angle au niveau de cet amendement déposé, et je tiens à le dire, par Mme la
ministre, mais, voilà, une contribution, première contribution dans ce projet
de loi qui, probablement, va être voté d'une manière unanime... du député de
Masson, qui vient d'amender un article déposé par sa collègue la ministre du
Transport et de Mobilité durable.
• (17 heures) •
Donc, vous voyez, Mme la Présidente, c'est
ça, le climat qui doit régner à l'intérieur de cette commission, prendre le
temps nécessaire de bien analyser, de bien faire votre travail. Et vous avez vu
mon collègue, le député des Îles-de-la-Madeleine, était le dernier à bien
parler, avec fougue. Je l'ai senti, un peu loin, mais je l'ai senti, il était interpelé
par... par cet article. Et on voit, encore une fois, pour les gens qui nous
écoutent et qui se demandent... depuis tout à l'heure, Mme la ministre vous
parle des salaires et vous parle qu'elle veut aller vite...
17 h (version révisée)
M. Derraji : ...depuis tout à
l'heure, Mme la ministre vous parle des salaires et vous parle qu'elle veut
aller vite. Nous aussi. J'ai juste mentionné qu'on veut être tous rigoureux,
mais surtout en face d'un gouvernement qui a fait perdre aux Québécois le
surplus de 7 milliards et qu'on se ramasse avec 11 milliards de
déficit. Mais, Mme la Présidente, aujourd'hui, on a la démonstration. On n'a
même pas terminé la journée, mon collègue, avec une manière extrêmement
importante, vient de démontrer l'importance de bien faire les choses et de bien
amender le projet de loi.
Ceci étant dit, Mme la Présidente, je ne
sais pas si Mme la ministre a eu le temps de vérifier le document qu'elle a
ramené. Parce qu'on se dit toujours : On doit bien faire notre travail. Elle
peut me dire que je n'ai pas raison, j'ai... je n'ai aucun problème à accepter
ça. Mais du moment qu'on passe avec un amendement au Conseil des ministres... J'ai
fait beaucoup de vérifications. J'ai devant moi : Mémoire. Amendements au projet
de loi n° 53, Loi édictant la Loi sur la protection contre les
représailles liées à la divulgation d'actes répréhensibles et modifiant
d'autres dispositions législatives. J'ai : Mémoire concernant les
amendements au projet de loi n° 57, amendements au projet de loi
modernisant l'industrie de la construction. Si jamais Mme la ministre ou ses
collègues veulent qu'on partage avec elle le contenu, aucun problème. Mais je
pense que ça va nous aider, Mme la Présidente, à part l'erreur que mon collègue
vient de corriger dans le premier article... l'article 4, pas le premier
article, l'article 4. J'aimerais bien savoir : est-ce qu'il veut le
partager, ce qu'il a déposé au Conseil des ministres? Parce que, de toute
manière, c'est juste question de temps avant que ce soit rendu public. Donc, je
lui pose gentiment... s'il est disponible, s'il veut absolument nous permettre
de voir les documents qui appuient cet amendement.
La Présidente (Mme Maccarone) : Mme
la ministre.
Mme Guilbault :Oui, tout à fait. Bien, moi aussi, je remercie mon collègue
de nous avoir amené ce sous-amendement qui nous permet de faire cette
correction. Très important, la langue française, pour la Coalition avenir
Québec, vous le savez, on en parle souvent. Et ça nous permet de nous remettre
à l'esprit des notions. Là, on parlait de notions de mathématiques de base, ce
matin, et là, ce midi, ça nous replonge dans l'analyse grammaticale, pour ceux
qui sont de ma génération, les verbes transitifs directs, les verbes transitifs
indirects. Donc, «requérir» étant un direct et «recourir», un indirect. Alors,
merci au député de Masson de nous permettre de revenir sur ces belles notions
de la langue française.
Pour ce qui est des documents, c'est une
directive, en fait, là. C'est que, quand on...
Une voix : ...
Mme Guilbault :C'est ça, la directive de la Gazette officielle du
Québec : «L'accessibilité des dossiers soumis au Conseil exécutif. Un
mémoire comporte généralement une partie qui devient accessible au public dès que
ses recommandations ont fait l'objet d'une décision et que celle-ci a été
annoncée ou, s'il s'agit d'un mémoire se rapportant à un projet de texte
législatif ou réglementaire — ce qui est le cas ici — dès
que le projet de texte législatif a été présenté à l'Assemblée nationale ou que
le projet de texte réglementaire a été rendu public conformément à la loi.»
Ce qui veut dire que le document... «Cette
diffusion doit être faite dans un délai de 20 jours suivant le moment où
le document devient accessible, c'est-à-dire au moment où le dossier devient
public. Exemples : dépôt du projet de loi, publication...», bon, etc. Donc
là, on parle ici d'amendements. Ça fait qu'autrement dit, quand j'ai passé ça
au Conseil des ministres, il y avait des... il y avait un certain nombre d'amendements,
dont celui... dont celui qui était l'objet... mais d'autres aussi. Alors, il va
être rendu public à la suite de la diffusion, donc le dépôt, ici, du dernier
amendement qui était couvert par ce document-là, et sera déposé dans les 20 jours.
La Présidente (Mme Maccarone) : M.
le député.
M. Derraji : Pour résumer, on
va... on ne va pas voir la couleur ni le contenu de ce mémoire, si j'ai bien
compris. Parce que, 20 jours, avec...
Mme Guilbault :Bien, on va le voir au moment du dépôt du dernier
amendement dont il faisait l'objet. Alors, c'est tributaire de l'avancement des
travaux. Je suis obligée de répondre ça.
M. Derraji : Non, non, mais
vous avez raison, c'est 20 jours après. Mais on est sur le fond de la
discussion d'un amendement important au niveau de la définition de la
complexité des projets de transport, donc vous ne pensez pas que c'est
nécessaire de nous déposer ce qui est... ce qui a motivé votre amendement au Conseil
des ministres aujourd'hui?
Mme Guilbault :Bien, dans à peu près tous les projets de loi, du moins
tous ceux que j'ai faites... que j'ai faits, il y a des amendements qui sont...
Nous, à chaque semaine, au Conseil des ministres, on approuve des amendements
dans des projets de loi, et c'est très, très, très fréquent qu'il y ait des
amendements sur divers sujets qui n'arrivent pas à la même étape du projet de
loi. Et c'est certain que ça devait se faire, du <temps des...
Mme Guilbault :
... n'arrivent pas à la même étape du projet de loi.
Et c'est certain que ça devait se faire, du >temps des gouvernements
libéraux aussi. Il peut demander à la collègue à sa droite, qui est là depuis
longtemps, c'est la même chose pour tout le monde. Ces directives-là du Conseil
exécutif existent pour tous les gouvernements. Alors, c'est juste de l'activité
régulière.
M. Derraji : Oui. Bien, j'ai
aussi des collègues à vous que, eux, ils prennent la décision de déposer des
amendements en bloc. Et si vous prenez la décision de déposer des amendements
en bloc... C'est ce que j'ai cru comprendre dans la première réunion de
débriefing, qu'il va y avoir deux blocs, un premier bloc d'amendements et, un
peu plus tard, un deuxième bloc, à moins si je me trompe. Bien, voilà, c'est ce
que j'ai retenu. Et si on dépose ça, bien, si c'est déposé en bloc, bien, vous
pouvez rendre le mémoire disponible, dans ce cas, mais je comprends que vous
refusez de le faire.
Donc, Mme la Présidente, je n'ai plus rien
à dire par rapport à ça, sauf remercier mon collègue le député des Îles-de-la-Madeleine
d'avoir amené cette correction à un article du projet de loi de Mme la
ministre. Merci.
La Présidente (Mme Maccarone) : Merci.
M. le député de Taschereau.
M. Grandmont : Oui. Oui,
merci. Bien, d'abord, j'aimerais remercier aussi mon collègue député des
Îles-de-la-Madeleine d'avoir pu mettre en lumière, là, l'utilisation d'un terme
qui était... qui n'était pas idéal, en fait, là. Ça change un peu le sens.
Puis, peut-être pour expliquer mon propos,
je reviendrai sur les prémisses, en fait, les premières... les premières
interventions qu'on a pu faire par rapport au projet de loi n° 61. Mme la
ministre n'est pas sans savoir que j'ai caractérisé le projet de loi n° 61
comme étant un projet de loi centralisateur. Ça a été nommé aussi, quand même,
par plusieurs des groupes qu'on a entendus. On se rappelle, là, que Mme la
ministre disait que plusieurs groupes disaient qu'ils étaient en accord avec la
création de l'agence, puis ce à quoi j'ai répondu : Bien, oui, mais en
même temps ils disaient : C'est un oui conditionnel, il y a plusieurs
conditions qui accompagnent notre approbation à la création de l'agence.
Puis notamment il y avait... il y a des
choses qui revenaient plus souvent que d'autres, notamment l'idée selon
laquelle on devait avoir une collaboration entre les parties prenantes, donc,
sur le terrain, municipalités, sociétés de transport et, évidemment, Mobilité
Infra Québec. Parce que, ce qu'on a vu dans le projet de loi, puis on y viendra
plus tard, mais il y a une possibilité pour Mobilité Infra Québec d'imposer des
projets puis surtout, puis je pense que c'est là où ça accrochait peut-être un
petit peu plus, imposer des participations financières, des contributions à des
municipalités. Donc, c'est comme... Puis on disait, je pense, de la façon que
c'est libellé, c'est : À défaut d'une entente, on peut imposer la
contribution. C'est...
Puis je comprends les municipalités, les
sociétés de transport, de dire que c'est un peu fort de café, parce que, d'une
part, bien, elles peuvent se faire imposer ça, mais, d'autre part, c'est que ça
vient fausser la négociation. On a une épée de Damoclès au-dessus de la tête,
donc on... on joue... on a un jeu de négociation qui se fait à l'intérieur de
paramètres qui impliquent que, si jamais il n'y a pas d'entente... Donc, ça
vient fausser, finalement, le rapport de force dans une négociation. C'est
toujours un peu ça, une négociation, il y a un rapport de force qui se crée.
Bien, le gouvernement se garde un rapport de force qui est extrêmement élevé
parce qu'il y a cette possibilité d'imposer la contribution financière.
Il n'y a pas non plus, puis ça a été noté
par plusieurs des acteurs qu'on a entendus lors des audiences particulières... il
n'y a pas d'obligation de collaborer non plus avec les parties prenantes, pour
Mobilité Infra Québec. Ce qui a fait dire notamment à la Fédération québécoise
des municipalités : Bien, on pourrait-tu, comme, créer une espèce de
comité dans lequel il y aura... il y aura cet espace-là, donc, la création
obligatoire d'un comité entre Mobilité Infra Québec et les parties prenantes
impliquées, municipalités, sociétés de transport, MRC aussi, évidemment? Parce
que la proposition venait de la Fédération québécoise des municipalités, puis
on sait combien les MRC sont un des rouages essentiels dans l'organisation du
pouvoir politique puis le pouvoir de dépenser aussi, là, sur le territoire...
sur un territoire donné. Bien, on peut-tu créer ce comité-là qui va venir un
peu forcer la... la collaboration entre les différents acteurs? Parce que, pour
l'instant, il n'y a absolument rien. Mobilité Infra Québec pourrait imposer un
ordre du jour, pourrait imposer des travaux, un projet.
• (17 h 10) •
Une autre façon aussi qui est apparue,
puis plusieurs acteurs aussi nous en ont parlé, quelques experts notamment, je
pense notamment à... C'était-tu Vivre en Ville? Ils étaient-tu venus, Vivre en Ville?
Une voix : ...
M. Grandmont : Non, hein, c'est
ça. Non, pas Vivre en Ville. En tout cas, il y a des experts qui nous en ont
parlé, notamment des experts universitaires et des municipalités, évidemment,
aussi. Vous savez, il y a un champ de compétence qui est assez essentiel, qui appartient
aux municipalités, c'est l'organisation de l'aménagement du territoire, comment
on occupe le territoire. C'est une compétence municipale, et ça a toujours été
très, très clair que ça relevait des municipalités. Or, il y a un lien très
fort qui est de <plus en plus...
M. Grandmont :
...
très clair que ça relevait des municipalités. Or, il y a un lien très fort qui
est de >plus en plus documenté, je m'en fais moi-même une mission
d'expliquer les liens entre l'aménagement du territoire et les transports,
parce que, des fois, on a tendance à voir ces dossiers-là comme deux dossiers
complètement séparés.
Bien, d'ailleurs, c'est pour ça que,
notamment, l'ancien ministre des Transports, dans la... dans la dernière
législation péquiste... législature, législature péquiste, pardon, avait
proposé qu'on ait un seul et même ministère de l'Occupation du territoire qui
comprendrait à la fois les transports et l'aménagement du territoire. C'est une
idée qui a été reprise aussi par l'ancien directeur général de l'institut pour
le développement urbain, qui disait : Ça nous prendrait un... un nouveau
ministère de l'Occupation du territoire qui verrait à, justement, travailler à
la fois les transports et l'aménagement du territoire ensemble. Moi, c'est une idée
que j'ai toujours trouvé intéressante, parce que les liens entre les deux sont
évidents. Si on fait une nouvelle autoroute, un troisième lien, par exemple,
bien, on peut s'attendre à ce qu'on ait de l'étalement urbain du côté de Lévis,
dans Bellechasse. Ça m'apparaît très évident. Je veux dire, l'expérience
récente, là, des dernières décennies, six, sept dernières décennies au Québec
ont montré que c'est exactement ça qui se passe.
Regardez ce qui s'est passé du côté de
Lévis avec les deux ponts, Pierre-Laporte et le Québec, et du côté de
Sainte-Foy. Je veux dire, les gens se sont mis à occuper ces secteurs-là de la
ville parce qu'il y avait une infrastructure pour être capable de se déplacer
aisément entre ces deux secteurs-là. J'ai vu passer récemment sur les médias sociaux
une vieille photo de la construction du pont Champlain, et, du côté de la Rive-Sud,
c'étaient des champs. À partir du moment où cette infrastructure-là est créée,
bien, on ouvre le territoire. Ça a toujours été ça. Puis regardez comment,
historiquement, même encore plus... il y a encore plus longtemps...
Une voix : ...
M. Grandmont :
Pardon?
Une voix : ...
M. Grandmont : J'ai dit quoi?
Une voix : ...
M. Grandmont : Non, je n'ai
pas dit... Des champs, c'étaient des champs.
M. Lemay : Des champs. Merci.
M. Grandmont : C'étaient des
champs, c'étaient des champs. Regardez, regardez comment on a occupé le
territoire, au début de la colonisation, ou comment les populations autochtones
l'occupaient aussi. L'autoroute, c'était la rivière, c'était le fleuve, et on
construisait le long de ces artères qui servaient au grand développement. Donc,
le lien est très, très fort.
Donc, ce que je veux dire, c'est que c'est
une compétence qui revient aux municipalités. Or, si Mobilité Infra Québec peut
faire un peu ce qu'il veut avec les infrastructures de transport, bien, on est
en train de défaire, refaire, réinventer l'occupation du territoire sur un
territoire donné, alors que c'est la responsabilité du municipal de s'en
occuper. Donc, moi, je suis très content qu'on ait cet échange-là, en fait, sur
l'amendement... le sous-amendement proposé par le député de Masson, parce que
je pense qu'on est en train d'avancer dans la bonne direction avec cet amendement-là.
Mais, plus largement que juste une erreur
de français, je prendrai la définition du terme qui était utilisé, «recourir». Selon
<i>Larousse... Pardon, pardon, je vais commencer par... non,
«requérir», qui était le terme utilisé, hein, c'est ça, «requérir». Le terme
«requérir», c'était le terme qui était utilisé auparavant. Selon le Larousse,
la première définition, c'est : «Faire appel à quelqu'un, réclamer
l'intervention de quelqu'un ou de quelque chose en vertu du pouvoir légal que
l'on a.» Donc, effectivement, à huis clos, tout à l'heure, le député des Îles,
le collègue député des Îles disait : C'est un peu plus... un peu plus
interventionniste, en fait, hein? On a comme un peu plus de poids, on se sert
des outils légaux qu'on a pour obliger quelqu'un, obliger une participation ou
obliger une collaboration. Alors que «recourir», le premier terme, le premier
sens qui est défini par le Larousse, c'est : «Faire appel à
quelqu'un, lui demander son aide, son concours.»
Donc, moi, j'aime mieux l'utilisation de
«recourir». C'est le terme qu'on a décidé d'utiliser, finalement. Ça a un
caractère moins obligatoire, donc moins... je vais utiliser l'expression latine
«top-down». Et donc ça va dans le sens de ce que je demandais, aussi, de ce que
j'avais identifié dès le départ quand je disais : Le projet de loi
n° 61 est un projet centralisateur, très vertical. Et puis j'ai nommé...
j'ai nommé quelques exemples, là, qui touchaient notamment, là, l'imposition de
projets, l'imposition de contributions financières ou encore la possibilité de
ne pas tenir compte de l'occupation du territoire, qui est une compétence
municipale, ou encore l'obligation, qui ne s'y trouve pas, actuellement, dans
le projet 61... l'obligation de collaborer avec l'ensemble des parties
prenantes. Bien là, je me dis, avec la proposition qui est faite par mon
collègue député... notre collègue député de Masson, on est en train, peut-être,
d'aplanir un peu, d'enlever cette verticalité-là. Je trouve ça vraiment
intéressant.
Je ne sais pas pourquoi ça fait rire la
ministre. Mais moi, je pense que c'est un pas dans la bonne direction, donc je
ne <peux que saluer...
M. Grandmont :
...
ministre. Mais moi, je pense que c'est un pas dans la bonne direction, donc je
ne >peux que saluer cette proposition-là. Je vais évidemment voter en
faveur du sous-amendement proposé par le député de Masson, je pense qu'on va
dans le bon sens. On est en train de déverticaliser, donc on est en train de
rendre un peu plus horizontal ce projet de loi là. J'espère que c'est un...
c'est un... c'est un pas qu'on va continuer à franchir... c'est-à-dire qu'on va
continuer à faire des pas dans cette direction-là. Parce que, comme je le
rappelle, là, plusieurs des personnes que nous... et des groupes qu'on a entendus
pendant les audiences nous disaient que leur appui était conditionnel à cette
verticalité-là, à cette centralisation-là qu'on sentait à travers plusieurs des
articles du projet de loi. Donc, j'espère que c'est une annonce, en fait, qui
nous permet de croire qu'on va dans la bonne direction. Merci, Mme la
Présidente.
La Présidente (Mme Maccarone) : Merci.
M. le député de Nelligan.
M. Derraji : En fait, je suis
interpelé par les propos de mon collègue député de Taschereau, que je trouve
justes. Parce que, regardez, Mme la Présidente, le point de départ, il y a
quelques... quelques... Au début de l'après-midi, on était sur plusieurs
aspects, notamment, qui touchent même d'autres projets de loi, mais là,
maintenant, on revient au fond. Et c'est ce que j'aime dans notre discussion.
Et d'ailleurs, je tiens à saluer
l'ouverture de mon collègue le député de Masson, qui s'est inspiré de ce que
mon collègue le député des Îles-de-la-Madeleine a bien vu, d'une manière juste.
Mais on peut appliquer la même chose. Parce que, là, il s'agit d'une, je
dirai... je ne peux pas dire «une erreur», mais, quand même, d'une façon
d'interpréter l'article, et c'est très bien de dire «recourir» et non pas
«requérir», mais on peut l'appliquer à n'importe quel autre élément. Et c'est
là, Mme la Présidente, tout à l'heure, quand je parlais des paramètres ou
l'importance de ces éléments que Mme la ministre a qualifiés de composantes.
Donc, quand on commence la lecture du
projet... de cet article avec la définition d'un projet complexe, c'est des
composantes énoncées et c'est des composantes où on parle de la portée,
l'échéancier, l'intégration de nouvelles technologies, mais on parle aussi de
l'expertise de pointe. Et c'est là, et c'est là où on voit, Mme la Présidente,
l'importance que, quand on prend le temps de bien lire l'article... Parce
qu'encore une fois il y a une différence entre les oppositions et la partie
gouvernementale, surtout pour ceux qui nous suivent. Parce que, si les gens
nous suivaient depuis le début, là, ils vont comprendre que l'opposition avait
raison de bien prendre le temps nécessaire, parce que, figurez-vous, c'est le
gouvernement lui-même, aujourd'hui, qui corrige son propre article suite à
l'exposé de mon collègue.
Donc, c'est très important, prendre ce
temps, Mme la Présidente, parce que tout le monde a la volonté de bien faire
les choses, et c'est le rôle du législateur, c'est bien faire les choses,
suivre les étapes. Et c'est pour cela qu'on a accepté au départ de faire
l'étude article par article, alinéa par alinéa, parce que, justement, on ne
veut pas laisser des zones d'ombre dans ce projet de loi. Et, si on ne veut pas
laisser des zones... des zones... dans le cadre de ce projet de loi, chaque
composante... Parce que, je l'ai mentionné au début, quand on dit l'échéancier,
l'intégration de nouvelles technologies, les parties prenantes concernées, la
localisation, la stratégie de financement, les risques associés ou la nécessité
de... maintenant, on va dire de recourir à une expertise de pointe, les degrés
d'intensité ou de variabilité, c'est une très, très longue définition. Et les
gens qui vont se baser, par la suite... Parce que Mme la ministre ne va pas
rester ministre du Transport toute la vie. Je lui souhaite aussi d'autres défis.
Mais, Mme la Présidente, c'est très important pour la suite. C'est une femme
ambitieuse. Bien oui, écoutez, vice-première ministre... Si demain elle veut
être... C'est un compliment.
Une voix : ...
M. Derraji : Non, mais c'est
un compliment. Je ne vous prête pas des mauvaises intentions, je dis juste que
vous êtes compétente. C'est vraiment... C'est plutôt un compliment, Mme la
Présidente. Je tiens à vous le rassurer, hein... à rassurer Mme la ministre,
c'est un compliment.
Donc, on légifère pour les prochaines
personnes, pas uniquement nous, pas uniquement Mme la ministre, qui aujourd'hui...
Elle a navigué depuis plusieurs mois, plusieurs mois que ce projet de loi était
en gestation. Et, je dirais même, ça a pris beaucoup de temps avant d'arriver
avec le premier amendement, trois ou quatre semaines après avoir commencé
l'étude détaillée de ce projet de loi.
Donc, juste, prenons ce temps, du moment
qu'on a maintenant un exemple parfait que, si on travaille ensemble et on
laisse de côté les sous-entendus que... Quand on pose des questions, Mme la
Présidente, sur la définition des composantes, restons sur les composantes. Il
n'y a personne qui va gagner si on parle aujourd'hui du projet de loi n° 48
ou on parle des motions préliminaires, là.
• (17 h 20) •
Mme la Présidente, je peux rappeler à ma
collègue, juste, le leader... son leader, propre leader, il est l'expert en
commission parlementaire. Je l'invite à avoir une discussion avec lui sur
d'autres <projets de loi. 41e...
M. Derraji :
...
commission parlementaire. Je l'invite à avoir une discussion avec lui sur
d'autres >projets de loi. 41e législature. Il va lui dire, Mme la
Présidente. Et je ne peux pas dire aujourd'hui que ce n'est pas un travail
nécessaire. Comme le gouvernement maîtrise l'ensemble du projet de loi,
maîtrise l'agenda parlementaire, le projet de loi a été déposé en fin de l'été
dernier, Mme la Présidente, fin de l'été dernier. On est en train de faire les
amendements. C'est son collègue qui choisit, hein, leader du gouvernement, le
calendrier parlementaire, Mme la Présidente.
Donc, si je dis, tout à l'heure, où j'ai
posé la question par rapport aux composantes, c'est très clair parce qu'on ne
peut pas... on ne peut pas... on ne peut pas juste commencer à parler de cette
définition sans décortiquer chaque aspect de ces composantes. Et je tiens juste
à rectifier quelque chose. Ce n'est pas fin de l'été, c'est au mois de mai que
le projet de loi a été déposé. Donc, Mme la ministre a le temps... avait le
temps nécessaire pour revoir tout le projet de loi. Comme je l'ai mentionné, on
peut bien lire le projet de loi, la première version, mais il y avait des
consultations, on écoute les groupes. Nous aussi, Mme la Présidente, on fait
notre travail. C'est quoi, notre travail? C'est des motions préliminaires. Vous
avez eu le temps de statuer sur les motions préliminaires. Mais, tout ça, Mme
la Présidente, ça fait partie de notre travail. Comme Mme la ministre peut...
Là je vois qu'elle a ramené un autre
tableau, je ne sais pas si c'est celui de la période de questions. Mais ça, ces
questions, vous devez me revenir aussi par rapport à la notion du tableau, Mme
la Présidente. J'attends votre réponse. Je ne sais pas si vous avez eu le temps
de visualiser la vidéo du 9 octobre, mais bon, j'attends pour voir de
quel... de quel tableau s'agit-il, est-ce que c'est en dollars constants ou
autres.
Mais je prends juste le temps pour dire,
Mme la Présidente, qu'on a vraiment la chance de travailler ensemble et
d'avancer. Et regardez comment on avance très bien : un député collègue de
Mme la ministre qui sous-amende aujourd'hui un article de Mme la ministre. C'est
merveilleux. On doit le noter.
Donc, pour les gens qui nous suivent, vous
voulez savoir ça sert à quoi, les partis d'opposition? Voilà. L'excellent
député des Îles-de-la-Madeleine, et je tiens à l'avouer, je ne l'ai pas vu, je
n'ai pas vu... mais l'excellent député des Îles-de-la-Madeleine, que je
remercie, a pris le temps. Mais vous savez pourquoi il a pris le temps? Parce
qu'il a déjà bu trois verres de café, et il nous a entendus, et il a trouvé,
Mme la Présidente, la faille. Mais c'est pour les gens qui nous suivent, ils
disent : Bien, écoutez, là, Mme la ministre, depuis tout à l'heure, elle
parle que vous êtes payés, il faut avancer. Oui, et on doit valoriser les gens
qui nous ont donné l'autorité d'être des législateurs autour de la table. Le
siège de mes collègues, il est très important. C'est très important, ce qu'on
fait, c'est légiférer. C'est pour ça que les gens, ils nous ont mandatés. Et
Mme la ministre m'entend souvent dire : Oui, mon rôle, c'est contrôler
l'action gouvernementale.
C'est comme, je me suis levé... et
dire : Écoutez, 7 millions de dollars pour les Kings, non. Donc,
oui, donc, vous voulez, Mme la ministre, parler de l'argent des contribuables, pas
de problème. Mais prenons ce qui vient d'arriver en commission parlementaire.
On commence l'article 4, le premier amendement de Mme la ministre, et j'ai
son collègue qui l'amende. Quel beau message! C'est très beau. Donc, prenons le
temps que... grâce au député des Îles-de-la-Madeleine, une région paisible,
magnifique région... Je pense, il ramène l'air frais, hein, quand il vient un
mardi, il nous influence. Parce que la congestion montréalaise, j'attends déjà
le plan d'action de Mme la ministre, parce qu'on n'en peut plus. J'en suis sûr
et certain que ma collègue députée de Laval aussi vit les mêmes souffrances que
moi. Donc, on attend : décongestionner, Mme la Présidente, la CMM.
Mais je vais revenir à notre sujet. Je
pense que le débat sur les composantes est extrêmement important. Prenons le
temps de bien le faire, d'une manière très ouverte. Mme la ministre est
experte, peut nous expliquer les composantes, peut nous expliquer les
paramètres qu'elle voit à l'intérieur de ces composantes. Mais je pense qu'on
démarre très bien. On n'était même pas obligés de passer une semaine ou deux
que, bingo, premier sous-amendement. Ça ne vient pas de l'opposition, ça vient
de la ministre elle-même. Elle ne peut pas, elle, le déposer, c'est son
collègue qui le dépose.
Alors, Mme la Présidente, je ne sais pas
comment appeler ça. Je ne sais pas. Je ne trouve pas un mot pour qualifier ce
qui vient d'arriver en commission parlementaire. Mais moi, je le prends
positivement, je le prends vraiment d'une manière très positive. Et j'en suis
sûr et certain qu'on va avoir l'occasion de continuer sur cette lancée, de bien
discuter sur les composantes, parce que c'est très important. Mme la ministre a
le temps de m'entendre depuis le début, elle peut quand même le clarifier, le
degré de l'importance de chaque composante, est-ce que, pour elle... est-ce que
c'est l'échéancier.
Et je sais qu'elle navigue dans la
complexité des projets. Moi, je lui dis : c'est elle, la superministre,
pour moi. Je le dis. C'est un compliment, Mme la Présidente, je tiens à le
préciser. Je sais que d'autres l'utilisent d'une manière superlative. <Non,
non, c'est un...
M. Derraji :
...
tiens à le préciser. Je sais que d'autres l'utilisent d'une manière
superlative. >Non, non, c'est un compliment. Pourquoi? Parce qu'avoir du
courage, venir enlever complètement le troisième lien et revenir avec un
troisième lien, moi, je serais incapable de le faire.
Donc là, elle a devant elle les
composantes. Je reste... Je reste devant cette absence de définition de ces
composantes. Donc, elle a eu le temps de travailler avec son équipe, de ramener
des éléments, de les déposer au Conseil des ministres. J'ai posé la
question : Est-ce qu'on peut avoir accès à ces documents? On ne peut pas
parce qu'il faut attendre le dépôt de l'ensemble des amendements, ce sont les
règles. Ils ont bien fait de vérifier au niveau du MCE, Mme la Présidente.
Donc, je tiens juste à préciser que c'est
très important, ce que nous sommes en train de vivre avec le collègue le député
des Îles-de-la-Madeleine, et je le félicite. Et je félicite aussi le collègue
député de Masson qui vient d'avoir une contribution, dans ce projet de loi, qui
va être inscrite en son nom, qu'il a sous-amendé l'article n° 4
de ce projet de loi. Une belle réalisation du collègue député de Masson. Merci,
Mme la Présidente.
La Présidente (Mme Maccarone) : Dans
ce bel esprit de collaboration, Mme la ministre.
Mme Guilbault :Oui. Bien, plusieurs choses. Je vais revenir, moi aussi,
sur l'important legs que mon collègue de Masson est en train... est en train de
créer cet après-midi, en matière de démocratie parlementaire et de transport
collectif au Québec, mais il y a quelques points intéressants que mon collègue
de Nelligan a soulevés.
D'abord, sur le trafic à Montréal. J'imagine...
et il a fait référence à ma collègue de Laval, j'imagine qu'il a vu passer hier
la superbelle annonce de la bretelle de la 440 et de la 15, qui a été... et qui
sera livrée dans les temps, en dessous des coûts estimés à l'époque. Alors, une
belle réussite de notre gouvernement, de notre ministère des Transports et de
la Mobilité durable. Je suis certaine qu'il se joint à nous pour féliciter nos
équipes du Grand Montréal, la direction territoriale... en fait, celle-là, ça
doit être... non, ça doit être les projets majeurs, mais, enfin, toutes nos
équipes de... pour nos divers chantiers partout au Québec, notamment dans le
Grand Montréal et la région de Laval. Félicitations, des beaux projets qui sont
livrés rapidement, qu'on avait annoncés en 2019, et voilà que c'est déjà prêt,
Mme la Présidente. Donc, une très belle nouvelle pour la région de Laval.
Ensuite, il dit, puis je pense qu'il l'a
dit plus qu'une fois, là... il dit : Les amendements, ils sont déposés
aujourd'hui, à 12 h 22, et le projet de loi a été déposé au mois de
mai, et là on a l'amendement seulement aujourd'hui. Mais, Mme la Présidente, je
suis toujours étonnée quand il pose des questions aussi candides sur la procédure
parlementaire, parce qu'il n'est pas juste député de Nelligan, il est leader de
son parti. Mais néanmoins je vais lui apporter un certain éclairage sur la
façon dont ça fonctionne, les travaux parlementaires.
Quand on dépose un projet de loi, ensuite
de ça, évidemment, il y a les consultations particulières et, à la suite des
consultations particulières... Les consultations particulières, ce n'est pas
juste une perte de temps juste pour dire qu'on fait venir des groupes puis
qu'on ne fait rien avec ce qu'ils viennent nous dire, là. Tous les projets de
loi fonctionnent comme ça, du moins à chaque fois qu'il y a des consultations
particulières. En tout cas, moi, c'est comme ça que je le vois. C'est mon 10e
projet de loi que je fais comme ministre. Et donc les gens viennent, et, à la
suite de ce qu'ils nous disent, on prépare des amendements et on les fait
adopter, on les fait... c'est selon, là, mais, pour la majorité du temps, il
faut les faire passer au Conseil des ministres. Puis, ensuite de ça, on les
dépose, on les présente et on en discute ici. C'est comme ça que ça fonctionne,
Mme la Présidente. Alors, quand il me dit : Pourquoi le projet de loi est
déposé au mois de mai puis que l'amendement arrive juste le 22 octobre?,
bien là, je vais apporter un autre élément.
Moi, là, j'ai déposé mon projet de loi le
9 mai. Le 10 mai, j'aurais été prête à commencer, là. Bien là,
évidemment, il y a... bon, il y a l'intendance. Mais la session s'est terminée,
là, autour, quoi, du 10 juin. J'aurais été prête, moi, entre le 9 mai
et le 10 juin, à commencer les travaux, à faire les consultations,
l'adoption de principe, à faire tout ça, là. Mais quelle est la raison pour
laquelle ça ne s'est pas fait avant, Mme la Présidente? Et je viens à l'autre
point que le collègue a évoqué : C'est son collègue leader qui décide du
programme parlementaire. Bien, effectivement. Mais mes collègues du leader,
savez-vous avec quoi ils doivent composer, Mme la Présidente? Avec la réalité
du fait que les partis d'opposition, dans certaines situations, nous
disent : Ah! bien, nous, on veut mettre le même porte-parole sur deux
projets de loi, ça fait qu'on peut juste en faire un à la fois. Et c'est
exactement ce qui s'est produit.
• (17 h 30) •
Parce que rappelons-nous que le 9 mai,
moi, j'ai déposé mon projet de loi n° 61 simultanément à mon collègue
ministre des Infrastructures, qui a déposé le projet de loi n° 62 le même
jour. Et, l'un comme l'autre, on était prêts tout de suite à partir en travaux,
à partir en consultations... les négociations pour les consultations puis faire
avancer ça. Puis moi, je me disais : Dans un monde idéal, j'aurais le
temps de faire mes consultations avant la fin des travaux, le 10 juin.
Comme ça, pendant l'été, on aurait pu travailler nos amendements, réfléchir à
nos affaires à la lumière des gens qui seraient venus nous consulter. Moi,
c'était ça, mon plan de match. Mais qu'est-ce qu'on nous dit? Et là moi, je dis
à mon leader, justement, mon excellent leader... je dis : Moi, en tout
cas, je suis prête. Tu sais, moi, je suis toujours prête, là, puis, tu sais,
bon, j'aime ça que ça avance. Mais il dit : Ah non! bien là, le Parti
libéral<i> nous dit que là ils ont le même...
17 h 30 (version révisée)
Mme Guilbault :...là. Puis, tu sais, bon, j'aime ça que ça avance, mais il
dit : Ah non! Bien là, le Parti libéral<i> nous dit que, là, ils ont
le même porte-parole sur ton... toi puis M. le député de Charlesbourg. Et je
pense, mais il faudrait que je valide, mais je pense que Québec solidaire a dit
la même chose. Le Parti québécois, je ne pense pas qu'ils se sont prononcés
là-dessus, donc... bien, je ne sais pas, là, en tout cas, je n'ai pas eu
connaissance s'ils l'ont fait. Alors là, on nous oblige à faire un projet de
loi après l'autre. Et moi, dans la rentabilisation nécessaire des fonds
publics, je dis : Bien, voyons, on a deux projets de loi sur la
table. Ils sont quoi, 26, 27 députés au Parti libéral? Ils sont 10, 11 au...
M. Derraji : ...
Mme Guilbault :18. Puis ils sont quoi, 10, 12, au parti...
M. Derraji : ...
Mme Guilbault :Douze. Bon. Alors... tu sais. Alors, j'ai dit : Il y a
maximum...
Une voix : ...
Mme Guilbault :C'est ça. Mais il y a maximum quatre commissions à la fois.
Alors là, je dis à mon collègue leader, j'ai dit : Ça ne se peut pas, qu'avec
18 excellents députés dans leur caucus libéral et 12 excellents
députés... mettons, on exclut les chefs, on peut comprendre, les chefs ne
viennent pas en commission, donc 17 excellents députés libéraux qui
siègent au Parlement, 11 excellents députés de Québec solidaire, vous
aurez compris que les chefs sont excellents aussi, Mme la Présidente, mais je comprends
que ce n'est pas leur rôle de venir ici, donc 11 députés de Québec
solidaire disponibles, excellents pour venir en commission, et on nous invoque
la non-disponibilité du Parti libéral et de Québec solidaire pour mener de
front les deux projets de loi en même temps. Et, en plus, il y avait une
intelligence, puis une cohérence, puis une logique à faire ça. Ce n'est pas
pour rien, que mon collègue des Infrastructures et moi, on les a déposés en
même temps, ça allait ensemble. Vous le savez, en consultations puis même dans
d'autres... d'autres conversations qu'on a là-dessus, je l'invoque à satiété,
le projet de loi n° 62, parce qu'il était nécessaire pour donner les
pleins pouvoirs et la pleine puissance, comme dirait mon ami ici, à Mobilité
Infra Québec.
Alors, moi, j'étais prête, mon collègue
des Infrastructures était prêt. On y va, on y va. Et qu'est-ce qu'on nous dit?
Non. Parti libéral et Québec solidaire ont dit : Non, c'est un à la fois.
Bien, je dis : Ça ne se peut pas. Je sais que les 17 excellents
députés libéraux puis les 11 excellents députés solidaires sont aussi
préoccupés que moi de l'efficacité puis de l'avancement de nos projets de loi
parce que c'est le bien du Québec puis des citoyens puis des fonds publics qui
sont en jeu. Mais pourtant, non, Mme la Présidente, ça a été non négociable. On
nous a dit : Non, ils veulent juste faire le projet de loi n° 62. Et
ton projet de loi n° 61, pas avant l'automne... ou, en tout cas, du moins,
le retour, là, fin août, début septembre, en tout cas, encore l'automne comme
tel. Et là je suis partie, moi, Mme la Présidente, très débitée. Débitée ou
débinée? Débitée, je pense. Enfin, très déçue et très désillusionnée, le 10 juin,
quand on a quitté le Parlement pour l'été, parce que j'avais un mois, moi, j'ai
déposé le 9 mai, j'avais un mois disponible pour faire mes consultations,
faire mon principe au bleu, faire avancer des affaires, partir cet été avec...
dire : Oui, je l'ai déposé, mais en plus il a déjà commencé à avancer,
après que ça fait des années qu'on attend, le Parti québécois a essayé, en 2012,
une agence, il n'a pas réussi. Alors, moi, j'étais prête, j'avais le goût, j'avais
hâte, avec mes équipes qui avaient travaillé là-dessus. C'était frais à notre
esprit, on venait de le déposer. Et Parti libéral, Québec solidaire a dit à mon
leader : Non, c'est un à la fois.
Et je peux vous dire, Mme la Présidente,
dans les conversations privées que j'ai eues avec les gens du leader, j'ai dit :
Là, s'ils nous maintiennent ça au retour à l'automne, à la fin de l'été puis qu'ils...
Parce que, là, j'ai dit : Si le projet de loi n° 62 n'est pas fini le
10 juin, là, ils vont revenir à la fin de l'été, puis ils vont dire :
Bien non, on a encore les mêmes deux porte-parole, nous autres, pas disponibles
pour mettre quelqu'un d'autre sur l'autre projet de loi, puis on va continuer
juste le 62 jusqu'à tant qu'il soit fini, puis après ça le 61, puis que ça ne
finit plus. Bon, finalement, on a commencé quand les consultations? En tout
cas, quand même de bonne heure, je pense, là. Bon. Alors, tu sais, finalement,
ils se sont trouvés d'autres mondes ou, je ne sais pas, là, ils ont fini le 62.
Je ne sais pas comment ils se sont arrangés, mais moi, Mme la Présidente, quand
on a 17 députés libéraux, compétents, assis, qui siègent au Parlement et
qu'on me dit : Ce n'est pas possible, d'en libérer deux pour faire deux projets
de loi en même temps, et qu'on me dit la même chose chez Québec solidaire, je
me pose de sérieuses questions quant à la disponibilité et à la volonté réelle
des deux partis de faire avancer les deux projets de loi.
Toujours est-il que, malgré ça, je n'en
avais pas parlé à ce jour parce que, bon, je me dis, coudon, tu sais, c'est ça,
on perd... il y a déjà beaucoup de temps qui file par ailleurs, mais, quand le
leader de... du Parti libéral, qui est à la fois aussi la même personne qui dit :
Je ne peux pas être à deux places en même temps, qui est tout ça en même temps...
Lui-même vient dire au micro : Comment ça que les amendements n'ont pas
été déposés avant, puis comment ça qu'on ne les a pas déposés avant même d'avoir
entendu les consultations particulières? Donc, par corollaire, comment ça que
les consultations particulières ne se sont pas faites avant? La réponse à
toutes ces questions-là, Mme la Présidente, c'est lui-même. Donc, comme je leur
ai dit la semaine passée, au salon bleu, ou il y a deux semaines, des
fois, quand ils posent des questions, ils devraient se mettre un miroir puis
juste les poser à eux-mêmes. Parce que moi, quand on me dit : On ne peut
pas faire ton projet de loi en même temps qu'un autre, on ne peut pas faire
deux choses à la fois, alors qu'on a 17 députés puis 11 dans le cas de QS,
moi, pensez-vous que je n'en ai pas, d'autres choses à faire, Mme la Présidente?
Ils n'arrêtent pas de le dire, là, j'ai beaucoup de travail, et ils me prêtent
des <compliments...
Mme Guilbault :
...beaucoup de travail, et ils me prêtent des >compliments,
superministre, et tout ça. J'ai beaucoup, beaucoup, beaucoup de choses à faire,
moi, Mme la... Mme la Présidente, j'ai une grosse fougère, mais néanmoins, je
me rends disponible. Puis regardez j'ai combien de collègues qui se rendent
disponibles. Pensez-vous qu'ils ne sont pas occupés, eux autres? Tu sais, ils
ne sont pas à Québec puis à Montréal, eux autres. Ils sont dans des régions
partout, ils sont ici, ils ont beaucoup de choses à faire. On a beaucoup de
dossiers. En tout cas, moi, j'en ai aux Transports avec eux, puis c'est sûr
qu'ils en ont dans d'autres choses, puis ils se rendent disponibles.
Puis, rappelons, là, il y a toujours
quatre commissions, pas 20 commissions, puis 15 commissions,
puis là, je pourrais comprendre qu'à un moment donné, on se tiraille les
disponibilités. Quatre commissions. Et on nous dit : Non, on n'est
pas capables de libérer deux députés sur deux commissions en même
temps pour faire avancer deux projets de loi qui sont pourtant nécessaires
pour le Québec. Alors, peut-être que, des fois, il y en a cinq commissions,
là, je ne sais pas. Mettons qu'il y en a cinq. Ils sont 17, puis ils sont 11, mais
il y a juste un seul être humain libéral, apparemment, qui peut être dans la
salle du 61. Pourtant, on a eu le député de... comment il s'appelle, notre ami,
là, que j'avais sur l'expropriation, d'Acadie. Puis je me demande même s'il n'y
a pas le député... il n'y a pas un autre député libéral qui est venu, en tout
cas, depuis le début ici. Bien, il y a au moins le député d'Acadie. Puis il a
fait tout le projet de loi d'expropriation avec moi, le député d'Acadie. Il est
excellent, c'est un juriste, il est très intelligent. Et là, on nous dit :
Non, lui, il ne peut pas venir remplacer, non, non, non, ça ne marche pas comme
ça parce que, que voulez-vous. Puis pourtant, le député d'Acadie, à moins que
vous me disiez qu'il était sur le 62... Mais, tu sais, à un moment donné, Mme
la Présidente, on a au moins deux ou trois députés libéraux qui défilent
ici, réputés compétents pour être en commission sur des projets de loi en
transport. Mais pourtant, on ne veut pas faire deux projets de loi en même
temps, en disant : Non, on a besoin de la même personne à deux places.
Et même chose chez Québec solidaire.
L'autre fois, on a eu le député... excusez, Henri... Henri—Saint-Anne?
La Présidente (Mme Maccarone) : ...
Mme Guilbault :Non, ce n'est pas lui. Maurice-Richard,
excusez, Maurice-Richard, qui est venu remplacer aussi ici. Pourquoi il ne peut
pas venir, lui, si le député de Taschereau était occupé sur le 62? Ça fait que
vous voyez, Mme la Présidente, quand je dis qu'on invoque les éléments qui nous
arrangent à des moments, des fois, surprenants. Parce que là, vous... là, mes
collègues d'en face m'obligent à rendre publique toute cette affaire-là qui
s'est produite en privé, là. Le fait que le Parti libéral et Québec solidaire
ont choisi d'invoquer une non-disponibilité, malgré qu'ils aient des caucus
suffisamment nombreux pour couvrir toutes les commissions en même temps, ont
choisi d'obliger le gouvernement à faire un projet de loi après l'autre, alors
que le gouvernement se rendait entièrement disponible pour mener de front les
deux projets de loi en même temps, 61 et 62, dès le lendemain de leur
dépôt.
Et pour finir sur le legs important du
député de Masson en la modification du choix du verbe, bien, je suis d'accord
que c'est important de corriger ce verbe-là. Mais si mes collègues, à voir
l'ardeur, la ferveur et le temps qu'ils passent à dire à quel point c'est
important d'avoir fait ce sous-amendement-là, effectivement, c'est important de
prendre le bon mot au bon endroit... Mais si les collègues pensent, en particulier
le député de Nelligan, qui est très, très enthousiaste, s'ils pensent que le
destin du transport collectif ou que le succès de l'avancement du projet de loi
repose sur un choix de mots ou une modification d'une faute dans un article, ça
explique peut-être les visions et les intérêts très différents des deux côtés
de la table, Mme la Présidente.
La Présidente (Mme Maccarone) : M.
le député de Nelligan.
M. Derraji : Oui. Merci, Mme
la Présidente. Écoutez, Mme la Présidente, j'aurais aimé avoir et l'entendre
sur les composantes. Ça a été ça, ma dernière question. Mais je vais me
permettre... je vais me permettre de rectifier certains faits, Mme la
Présidente.
Premièrement, il parle de porte-parole. Je
pense que la moindre des choses... je tiens à lui rappeler que ma collègue, qui
était porte-parole de l'infrastructure, a accouché le 6 juin. Je pense, un
minimum de solidarité féminine aussi, c'est penser que ma collègue venait au
Parlement avec un bébé de trois mois. Elle est très compétente. Elle
venait au Parlement avec deux bébés. Donc, juste pour contextualiser le tout,
parce que c'est facile, revenir sur le passé. Et, Mme la ministre, elle est
très bonne à prendre le bout qui l'arrange.
Mme la Présidente, j'étais dans une
réunion, hein? Elle veut qu'on dévoile tout, pas de problème, on va tout
dévoiler. Le gouvernement nous a invités à une réunion de briefing sur ce
projet de loi. Dans le cadre de cette réunion de briefing technique sur le
projet de loi, corrigez-moi, mes collègues : On va vous revenir avec des
amendements. Donc, maintenant, il a parlé pendant 15 minutes, et le temps,
il est précieux, parce que les contribuables nous paient, elle a raison sur ce
point, mais pendant 15 minutes, je l'ai laissé, parce que tout ce qu'il disait,
Mme la Présidente, il était inexact. Quand je parlais des amendements, je
parlais des amendements prononcés lors de la réunion du briefing technique. Au
pendant de cette réunion, on nous a dit qu'il va y avoir deux blocs
d'amendements. Je ne les ai pas reçus.
• (17 h 40) •
Et d'ailleurs, Mme la Présidente, tout est
public. On peut revenir à tout ce qui a été dit depuis le début de cette <commission...
M. Derraji :
...On
peut revenir à tout ce qui a été dit depuis le début de cette >commission.
On leur a dit : Écoutez, pour bien faire notre travail, pour bien faire
notre travail, on doit recevoir les amendements. Mais vous le savez, aujourd'hui,
Mme la Présidente, je suis fier de le dire. Parfois, on remplace des collègues,
et cette collègue, au nom duquel... au nom de qui je parle aujourd'hui, a eu
des menaces hier. Cette collègue, et je tiens à le dire autour de la table, a
toujours le coeur à l'ouvrage et à travailler et à faire son travail de
parlementaire. Elle ne pouvait pas, malheureusement, parce qu'elle donnait
naissance à un bébé, et c'est elle qui était porte-parole.
Et je tiens à rappeler à Mme la ministre
de parler avec son collègue le leader du gouvernement, qui lui parle de
conciliation travail-famille et qui veut avancer au niveau de la réforme
parlementaire, je l'invite à avoir une bonne discussion avec lui. Et du moment
qu'il m'interpelle en tant que leader, je tiens à lui dire de dire et de poser
la question à son leader du gouvernement qui, la dernière session parlementaire
l'été dernier, il y avait une seule commission qui roulait. Ce n'est pas elle
qui gère les travaux, c'est son collègue.
Donc, Mme la Présidente, aujourd'hui, je
termine et j'aurais aimé passer et avoir des réponses à ma question sur les
composantes. Et, tout à l'heure, ma collègue parlait de l'amendement qui
corrigeait l'erreur de son propre projet de loi. Le crédit revient à mon
collègue le député des Îles-de-la-Madeleine. Il ne faut pas l'oublier, c'est
lui qui l'a ramené. C'est juste que la ministre ne peut pas amender son
projet... son propre article de loi. Donc, Mme la Présidente, Mme la ministre
peut continuer à penser ce qu'elle veut de ce que j'ai dit, tout a été dit lors
du briefing technique où nous étions tous invités.
Et quand je fais référence aux
amendements, je fais référence aux amendements, donc je veux absolument qu'on
arrête de me prêter des intentions. Le projet de loi a été déposé au mois de
mai, je parle des amendements qu'on nous a dit qu'ils vont venir après la
rencontre du briefing technique. Et j'ai mentionné que nous, on n'a pas les
équipes de Mme la ministre. D'ailleurs, même avec l'équipe, on a vu l'erreur
aujourd'hui. On est deux ou trois personnes qu'on travaille sur ce projet
de loi et, pour bien faire notre travail, nous avons besoin, Mme la Présidente,
nous avons besoin de ces amendements. Alors, merci, Mme la Présidente.
La Présidente (Mme Maccarone) : Merci.
Mme la ministre.
Mme Guilbault :Oui, bien, je vais lui... Le collègue a fait des insinuations.
La conciliation travail-famille, je pense que je la connais très bien. J'ai
fait deux enfants en étant députée, dont un en étant ministre. Alors, tu
sais, je ne pense pas qu'on va me donner de leçons de conciliation-travail
famille ici, là. Mais il reste que je suis d'accord avec lui, moi, sa collègue
a accouché, elle est partie s'occuper de son bébé. La solidarité parentale pour
moi passe avant tout le reste. Alors, je vais juste amender mon précédent
nombre de députés disponibles libéraux pour travailler dans des commissions, 16
au lieu de 17. Je suis désolée, Mme la Présidente, ils étaient seulement
16 députés libéraux disponibles pour venir sur ma commission en même temps
que le 62. Tu sais, ça me paraît quand même suffisant pour couvrir deux projets
de loi.
Alors, ce que je déduis, parce que là, il
a eu la chance de répondre à ce que j'ai dit en disant : Pourtant, avec un
caucus libéral de 18, moins le chef, 17, moins notre collègue de Saint-Laurent
qui est en arrêt parental, puis c'est tout à fait normal, ça fait 16. Ce
qu'il est en train de me dire implicitement, c'est qu'à part lui, il n'y a
aucun des 15 autres qui est assez compétent pour venir sur la commission
ici. C'est un peu ça qu'il insinue, parce que c'est lui, le leader, c'est lui
qui gère les porte-parole, les assignations, l'organisation, qui va sur quelle
commission, c'est lui. Alors, ce qu'il nous dit aujourd'hui, c'est : Moi,
Mme la Présidente, le chef ne peut pas venir, la députée de Saint-Laurent est
partie accoucher, à juste titre, elle n'est pas là, puis c'est tout à fait
normal, on est tous solidaires, et il n'y a que moi qui est assez bon pour
venir sur la commission puis aucun des 15 autres. C'est un peu ça que je
déduis, là, tu sais.
M. Derraji : ...Mme la
Présidente, il y a une limite à des insinuations, et depuis tout à l'heure, c'est
elle qui nous fait perdre du temps en commission parlementaire. Je l'invite à
répondre aux composantes. J'ai posé une question sur les composantes. Est-ce qu'elle
peut revenir sur son article? Et je vois que ça fait mal faire une erreur dans
son projet de loi. Je le sens, Mme la Présidente, parce que démarrer un projet
de loi et attendre une correction de la part du député des
Îles-de-la-Madeleine, je comprends que ça fait mal. Mais est-ce qu'on peut
revenir au fond du projet de loi?
La question, et je sais qu'il ne me reste
pas beaucoup de temps, la question est très simple que je lui ai posée. Elle
refuse de dévoiler les documents qui ont accompagné les documents qui doivent
être publics un peu plus tard, parce qu'elle a déposé des amendements, je lui
ai dit. Je lui repose la question : C'est quoi les arguments qu'elle a
utilisés par rapport aux composants dans l'article tel que nous sommes en train
d'étudier?
La Présidente (Mme Maccarone) : Mme
la ministre.
Mme Guilbault :Oui. Donc, c'est ça. Mais le collègue fait souvent ça, il
amène lui-même des sujets dans ses <questions...
Mme Guilbault :
...il amène lui-même des sujets dans ses >questions,
et ensuite de ça, ça le choque qu'on y réponde, parce qu'il n'a plus envie de
parler de ça. Mais ça ne fonctionne pas comme ça, Mme la Présidente. C'est lui
qui a dit : Les amendements, elle aurait pu nous les amener plus tôt parce
que le projet de loi était déposé au mois de mai, insinuant plus tôt,
forcément, c'est avant le 10 juin. L'été, on n'est pas ici. Je ne peux pas
déposer d'amendement pendant l'été. Et il me dit : En plus, c'est son
collègue, le leader, qui décide. Alors, tout ce que j'ai expliqué auparavant,
là, jamais je n'avais parlé de ça avant, puis Dieu sait que j'aurais eu le
temps en plus de 40 heures ici. Je n'en ai pas parlé parce que je me suis
dit : Bon, regarde, tu sais, on a assez de problèmes. Mais il m'oblige à
dire ces choses-là, Mme la Présidente, en insinuant que c'est moi qui aurais
été négligente ou qui aurais été lente dans mes propres processus de dépôt d'amendements.
Alors, juste pour être très claire, là, moi, j'ai déposé mon projet de loi le
9 mai, le 10 mai, j'aurais été prête à commencer. C'est le Parti
libéral et Québec solidaire qui ont demandé de retarder.
L'autre chose, le fait que mes amendements
arrivent après les consultations particulières, c'est non seulement normal,
mais c'est sain, parce que faire venir des groupes en consultation, dont
certains qui se déplacent même physiquement, pour, après ça, dire : Bien,
je n'ai pas d'amendement parce que, dans le fond, ils étaient déjà faits puis
je t'ai fait venir juste pour la forme, pour montrer qu'il y a du monde qui
viennent ici, c'est irrespectueux puis ça n'a pas de sens. C'est de la pure
perte de temps. Alors, que les... que des amendements, ça se peut déjà qu'on
ait des... tu sais, qu'on ait déjà certaines idées, mais qu'au moins, un
certain nombre d'amendements découle des consultations particulières, c'est non
seulement normal, mais c'est sain.
Alors là, s'il me reparle, puis là je vais...
là, je vais arrêter moi aussi, parce qu'on va enchaîner, puis peut-être d'autres
collègues veulent parler, mais s'il refait référence au fait que j'aurais été
négligente ou lente dans mes propres processus de consultation d'amendements...
M. Derraji : ...Mme la
Présidente, s'il vous plaît!
Mme Guilbault :...je vais être obligée de réexpliquer...
M. Derraji : Mme la
Présidente, s'il vous plaît!
Mme Guilbault :...que j'ai été tributaire de délais...
M. Derraji : Mme la
Présidente, s'il vous plaît!
Mme Guilbault :...infligés par le Parti libéral et Québec solidaire.
M. Derraji : Mme la
Présidente, s'il vous plaît!
La Présidente (Mme Maccarone) : Oui.
OK. Collègue, ça va prendre un appel au règlement.
M. Derraji : Oui, oui,
absolument.
La Présidente (Mme Maccarone) : M.
le député, vous ne disposez plus de temps.
M. Derraji : Elle me prête...
elle me prête des intentions, et je vais répéter pour la dernière fois, Mme la
Présidente, et je vous invite à bien présider, j'ai précisé, lors d'une réunion
du briefing technique...
La Présidente (Mme Maccarone) : Je
vous ai entendu.
M. Derraji : ...c'est son
propre gouvernement qui a parlé des amendements...
La Présidente (Mme Maccarone) : Et
c'était clair.
M. Derraji : ...ils vont
arriver.
La Présidente (Mme Maccarone) : C'était
clair. Merci, M. le député.
M. Derraji : Donc, on ne
parle plus du mois de mai.
La Présidente (Mme Maccarone) : C'était
très clair, M. le député. Merci beaucoup.
M. Derraji : OK.
La Présidente (Mme Maccarone) : Mme
la ministre, avez-vous terminé?
Mme Guilbault :Oui. Bien...
La Présidente (Mme Maccarone) : Oui.
Mme Guilbault :...vous présidez très bien, Mme la Présidente.
La Présidente (Mme Maccarone) :
M. le député de Taschereau.
M. Grandmont : Merci, Mme la
Présidente. Écoutez, moi, la première des choses que j'aimerais discuter,
effectivement, c'est revenir sur ce briefing technique qui a eu lieu le
30 septembre dernier, et c'est là qu'on nous a dit que des amendements
étaient en cours de préparation et qu'il y aurait plusieurs amendements, puis
on a demandé à ce que ces amendements-là soient déposés, le 30 septembre.
Donc, je ne vois pas pourquoi on parle d'un dépôt de projet de loi au mois de
mai, puis dépôt des amendements avant que les gens... avant...
Des voix : ...
M. Grandmont : C'est... c'est
à moi, c'est moi qui... c'est à mon tour de parler.
Ce n'est pas logique. Je suis tout à fait
d'accord avec vous, ce n'est pas logique de déposer ou de préparer des
amendements avant même d'avoir entendu des groupes. Ce n'est pas logique, hein?
Les amendements viennent des discussions qu'on a avec les groupes qu'on entend
là-bas. Ils sont là pour ça. On aurait pu en inviter plus, on aurait peut-être
eu plus d'amendements du côté de... du parti gouvernemental, mais toujours
est-il qu'il faut attendre de les avoir entendus. Puis c'est sur la base de ces
réflexions-là, puis après avoir entendu le vote sur le principe aussi, que, du
côté gouvernemental, on dit : Bien, voilà, on va avoir d'autres
amendements.
Alors, moi, au briefing technique du
30 septembre dernier, quand on nous dit : Il y a des amendements en
préparation, on demande : Est-ce qu'on pourra avoir ces amendements-là
pour pouvoir amorcer le travail, puis que ces amendements-là, on ne les voit
pas, on les... on en prend connaissance au fur et à mesure qu'on traverse les
articles, bien, on n'est pas dans ce qu'on nous avait laissé entendre, c'est-à-dire
que ces articles-là, si on nous... si on nous présente à l'avance qu'il y a
des... des amendements qui sont en préparation, on peut s'attendre à ce qu'ils
soient déposés assez rapidement après le 30 septembre, donc après les
audiences. Je ne sais pas si c'est plus clair. Je pense que c'est ça que mon
collègue... Je ne veux pas lui mettre des mots dans la bouche, mais je pense
que c'est ce qui voulait dire, là, des amendements qui auraient pu être envoyés
après le 30 septembre. Est-ce que ça, ça aurait pu être possible?
La Présidente (Mme Maccarone) : Mme
la ministre.
Mme Guilbault :Bien, je pense que, quand il dit : C'est son collègue
leader qui décide du programme, comme si on n'avait pas procédé assez vite sur
mon projet de loi, ce n'est pas tout à fait ça qu'il fait référence. Alors, je
pense que c'est important de corriger le fait que le Parti libéral a demandé qu'on
ne fasse pas le projet de loi n° 61 avant de faire le projet de loi... ou
en même temps que le 62.
M. Grandmont : Ça, je vais en
parler après. Ça, je vais en parler après. Il y a une autre chose à dire
là-dessus. Mais sur les amendements, là...
Mme Guilbault :Mais je ne le sais pas. Moi, je n'étais pas là, à ce
briefing technique là. Ça fait que je ne sais même pas de quoi on parle depuis
le début.
M. Grandmont : Vous n'étiez
pas au briefing technique. D'accord.
• (17 h 50) •
Mme Guilbault :Moi, là, c'est mon 10e projet de loi, et je ne dépose
pas mes amendements en bloc au début des projets de loi. Mes collègues le
savent, c'est le troisième qu'on fait ensemble, puis pour ceux qui étaient là
au dernier mandat. Alors, les amendements, on les dépose quand on arrive à l'article.
J'ai toujours travaillé comme ça, puis je vais continuer de travailler comme
ça. Puis si, à un moment donné, dans le cadre de ce projet de loi là... ça se
pourrait qu'on arrive éventuellement à une proposition. Tu sais, j'ai un...
j'ai un sujet particulier en tête, là, mais il va arriver plus loin. Là, en ce
moment, on n'est pas dans une question d'amendement, ou des deux blocs, ou
je ne sais trop, je vous ai déposé un <amendement...
Mme Guilbault :
...d'amendement, ou des deux blocs, ou je ne
sais trop, je vous ai déposé un >amendement ce matin, là, sur le projet
de loi complexe, puis on est encore... sur le projet, pardon, de transport
complexe, puis là on est encore là-dedans, là, on va ajourner, demain on va
être encore là-dedans. Alors, je ne comprends pas, Mme la... Comment on peut
insinuer que cette question-là de bloc d'amendements à quoi que ce soit a à
voir avec ce qui est en train de se passer en ce moment? Même si je vous en
avais déposé 10 en même temps, vous seriez encore en train de me parler de lui.
Alors, Mme la Présidente, là, je vais être
claire, là, je... moi, je souhaite me concentrer... Puis là on a eu toutes
sortes de discussions connexes aujourd'hui. On a mis au point certaines choses.
Bon. Moi, je ne reviendrai pas sur ce qu'on vient de discuter, sur les demandes
du Parti libéral, Québec solidaire, de faire un projet de loi après l'autre, et
tout ça, je considère... à moins qu'on me force. Sinon, moi, je me
concentrerais sur le propos du... bien là, du sous-amendement, là, on a fait
des blagues, mais là je pense qu'on a fait le tour du choix du terme, en tout
cas, c'est mon opinion, et je me concentrerais là-dessus. Puis les amendements,
ils vont être déposés au fur et à mesure qu'on aborde les sujets.
M. Grandmont : Mais vous
comprenez...
Mme Guilbault :Je ne comprends pas le fond du débat de ça, en fait.
M. Grandmont : D'accord.
Bien, je peux vous dire... parce que...
Mme Guilbault :J'ai toujours travaillé comme ça. Puis ça a toujours bien
fonctionné, en tout cas, à date, les neuf autres, on a fini par finir, dont
deux avec mon collègue de Taschereau. Ça fait que j'ai le même espoir cette
fois-ci.
M. Grandmont : Parfait. Bien,
écoutez, moi, ce que je veux dire, c'est qu'avec d'autres ministres les pratiques
peuvent être différentes. Mais il nous est arrivé que, suite à un briefing
technique, même, pendant le briefing technique, on nous présente des...
différents amendements qui sont apportés. Ça, c'est quand même intéressant
parce qu'on a le temps, en briefing technique plutôt qu'ici, de discuter, de
poser des questions sur les amendements qui sont amenés. Moi, ce que je vous
dis, c'est que... Là, vous... vous avez dit que vous n'étiez pas là, au
briefing technique. Moi, ce que je vous dis, c'est que vous demanderez à vos
collègues comment ça s'est passé, on nous a dit : Il y a des amendements
en préparation. Alors, moi, ce que je me disais, c'est : Peut-être que la
façon de travailler de la ministre a changé, ce qui aide les oppositions aussi,
parce que, quand on a les amendements à l'avance, on est capables de les
regarder.
Là, vous savez, quand on... quand on se
fait présenter un amendement comme celui qui est proposé là, de définir la
notion de complexité, alors que c'est au coeur du projet de loi n° 61,
plusieurs groupes nous en ont parlé, c'est quand même assez important de savoir
qu'est-ce qui va aller... bien, qu'est-ce qui va être envoyé à Mobilité Infra
Québec et qu'est-ce qu'il ne le sera pas, parce que c'est vraiment sur cette
notion-là de complexité. Bien, je veux dire, il est normal qu'on se pose des
questions, puis qu'on essaie d'aller au fond des choses puis de comprendre,
puis on pose beaucoup de questions, puis on propose des amendements. Je veux
dire, c'est sûr que ça vient complexifier le travail que d'avoir les
informations à la... au fur et à mesure, finalement, qu'on avance dans le
projet de loi. Si on les avait à l'avance, ça donne... ça ouvre une porte à ce
qu'on puisse se faire une tête à l'avant.
Même, à la limite, ce qui s'est déjà fait
par le passé avec d'autres ministres, j'avais des amendements... on avait les
amendements à l'avance, et je demandais des rencontres particulières avec la
ministre, pour bien comprendre son intention derrière ce... cette proposition
d'amendement là, puis je lui faisais moi-même des propositions, puis on
arrivait séance tenante avec des propositions amendées suite à... suite à cette
discussion-là qu'on avait eue en privé. Donc, il y a... il y a des gains de
temps et d'efficacité à faire avec ce genre de pratique là, je pense.
Mme Guilbault :Oui. Bien, je... Tu sais, je le dis, là, c'est ça, là, c'est
le troisième projet de loi qu'on fait ensemble. Le député, il le sait, comment
je fonctionne. Puis, quand je dis : On dépose au fur et à mesure, après ça
on a beaucoup de discussions. Tu sais, là, on est au début, là, mais, tu sais,
à un moment donné... Puis là il y a 120 articles là-dedans, là. Souvent,
on suspend, on discute autour de la table, je vais de l'autre côté, on
s'arrange. À un moment donné, on le voit, les sujets qui sont importants pour
les collègues, les choses auxquelles ils tiennent. Avec mes équipes, on écrit
même des amendements pour les collègues des oppositions, pour qu'eux puissent
les déposer, puis après ça on fait la prise en considération, l'adoption
finale... tu sais. Et je le nomme, j'ai... des collègues ont déposé des
amendements intéressants sur divers sujets. Moi, je travaille comme ça, là, tu
sais... en tout cas, je travaille au mieux.
Puis je partage... Quand une bonne idée
vient des oppositions, je suis tout à fait prête à les aider, qu'on l'adopte.
Ça fait du sens, on va trouver la meilleure façon, la meilleure formulation.
C'est comme ça que je travaille. C'est très osmotique. Mais je ne vais pas
déposer ici, en ce moment, tous mes amendements à l'avance. Puis ça n'empêche
pas qu'on peut travailler d'une manière tout à fait collégiale, et il le sait,
puis, tu sais, ça, c'est... puis le collègue de l'Acadie qui en a fait aussi,
un projet de loi, avec nous, je pense, pourrait en témoigner aussi. Donc... tu
sais. Puis il me semble aussi que ma précédente directrice de cabinet est allée
déjeuner, à un moment, ou prendre un café avec mon collègue pour lui expliquer
un peu le projet de loi pour... tu sais. Puis c'était-tu sur la sécurité
routière ou... C'était celui-là, je pense, c'était Mobilité Infra Québec?
Une voix : ...
Mme Guilbault :En tout cas, plein de choses. Ça fait que, tu sais, on le
fait aussi, là. Je ne veux pas étaler notre vie privée, professionnelle, mais,
tu sais, je veux dire, il y a... il y a comme des... dans le sens que, tu sais,
bon, il a le droit d'aller prendre un café avec qui il veut, mais sauf qu'il
reste que... il reste que... bien, «notre», en fait, moi, je n'étais pas là,
là, mais ce que je veux dire, c'est qu'on a tendu la main. Ce que je veux dire,
c'est qu'on a tendu la main, on a fait une approche pour aller discuter de ça
informellement, donc on... Moi, je veux bien partager l'information, mais après
ça, quand j'arrive en commission puis que, deux fois de suite, je me fais
étirer au maximum les motions préliminaires, jusqu'à tant que la présidente,
l'excellente présidente, qui préside très bien, soit <obligée...
Mme Guilbault :
...présidente, qui préside très bien, soit >obligée
de trancher, je n'ai pas l'impression qu'on est dans le même mode collégial de
vouloir travailler ensemble puis d'avancer ensemble. Je dirais ça comme ça.
La Présidente (Mme Maccarone) : ...le
député de Masson souhaitait intervenir.
M. Grandmont : Ah!
excusez-moi. Allez-y.
M. Lemay : ...aux propos du
député de Taschereau, tout à l'heure, lorsqu'il parlait du... de certaines
pratiques où on peut prendre connaissance, dans un breffage technique,
d'éventuels amendements, effectivement, tu sais, ça peut arriver, mais je vous
rappelle que la procédure parlementaire, c'est ce que Mme la ministre applique
présentement et dans laquelle on discute des amendements au moment qu'on a
l'article.
Maintenant, je rappellerai aussi au député
de Taschereau, j'ai... j'ai aussi été un député de l'opposition en 2014 à 2018,
et, dans les études de projet de loi, les commissions parlementaires avec les
groupes nous permettaient justement de se faire une tête sur les éventuels
amendements, en tant que députés d'opposition, qu'on aimerait apporter.
Or, aujourd'hui, sur l'amendement proposé
par Mme la ministre, votre travail, c'est d'avoir réfléchi à cette question-là
au préalable pour savoir quel est le type d'amendement vous aimeriez proposer à
l'article 4, en lien avec le sujet qui nous concerne.
Maintenant, si le libellé qui est proposé
par Mme la ministre ne vous intéresse pas puis vous voulez y apporter des
sous-amendements, libre à vous de le faire puis d'avoir cette discussion-là
avec la ministre lors de l'étude de l'amendement, que ça soit à micro ouvert,
en commission, ou lors d'une suspension, si vous voulez avoir une
clarification. Mais, en fait, il n'y a pas de mal à proposer un amendement lors
de l'étude de l'article concerné. C'est même la procédure parlementaire.
Et donc, là, maintenant que Mme la
ministre a mentionné qu'elle allait déposer ses amendements au fur et à mesure
qu'on serait rendus à l'étape de l'article visé dans l'étude détaillée, et
c'est pour ça qu'on appelle ça une étude détaillée, bien, maintenant, je pense
qu'on peut mettre ça en arrière de nous et passer à la prochaine étape et
étudier étude... article par article. Voilà mon commentaire, Mme la Présidente.
La Présidente (Mme Maccarone) : M.
le député de Taschereau.
M. Grandmont : ...j'ai
travaillé avec Mme la ministre pendant quelques projets de loi, puis là, bien,
c'est... puis je suis bien au courant de la procédure, puis je sais qu'il n'y a
pas de mal à fonctionner de cette façon-là, c'est juste que les indications
qu'on nous avait données pendant le briefing technique, auquel Mme la ministre
a dit tantôt qu'elle n'avait pas assisté, bien, nous donnaient l'impression que
ça avait changé. Donc, à un moment donné, on part avec l'information qu'on peut
avoir aussi, là. Après ça, c'est de la gestion interne pour voir si,
effectivement, l'information a été donnée de façon... adéquate, pardon.
Mais j'aimerais ajouter quand même quelque
chose d'important, revenir sur le fait que deux projets de loi, 62 et 61,
aient été présentés en même temps. Je veux dire, il n'y a pas juste les groupes
d'opposition qui se sont posé des questions sur la pertinence de les tenir les
deux de front. Je veux dire, il y a plein de groupes qu'on fait venir ici, là,
les sociétés de transport, les municipalités, des acteurs qui ont été présents
sur les deux projets de loi aussi, puis ils ont aussi des capacités
maximales à être capables de travailler sur deux projets de loi en
simultané. Et j'ajouterais à ça... Et on s'est fait aussi, d'ailleurs, le
porte-voix... le porte-parole de cette... de cette complexité ou de cette
impossibilité pour eux de l'apporter finalement au cabinet de la ministre ou,
en tout cas, au cabinet du leader.
Mais j'ajouterais à ça aussi que, pour
être capable de bien faire... de mon point de vue, là, pour être capable de
bien faire le travail sur le 61, il fallait savoir ce qu'il y avait dans le 62.
Tant qu'on ne sait pas le... c'est quoi, la mouture finale du 62, là, bien dur
de savoir comment on peut travailler adéquatement sur le 61. Je veux dire, la
ministre elle-même a mis en lien ces deux projets-là en disant : Le 62 est
tellement important, il va venir structurer le projet de loi n° 61, ce que
Mobilité Infra Québec pourra faire. Comment on peut... Comment on aurait pu
mener ces deux projets de loi là en simultané, alors qu'on ne savait pas
ce qui se passait dans l'autre salle d'audition? Il y a quelque chose qui
n'aurait pas fonctionné, ça m'apparaît évident. Il fallait nécessairement...
puis c'est pour ça qu'on a toujours argumenté dans ce sens-là, il fallait
toujours commencer... on a toujours dit qu'il fallait commencer par le 62 et
ensuite de... à partir du moment où il aurait été terminé, embarquer sur le 61.
C'est une suite logique.
Donc, ça, moi, je souscris à l'idée que la
ministre elle-même apportait : les deux sont intimement liés, le 61 dépend
du 62, d'où l'importance de faire le 62 et de le finir avant de toucher le 61.
Ça m'apparaissait une évidence.
La Présidente (Mme Maccarone) : Merci
pour vos interventions. Je vous annonce que... et je vous remercie pour votre
collaboration. C'était très intéressant d'écouter vos échanges aujourd'hui.
Et, compte tenu de l'heure, la commission
ajourne ses travaux sine die. Merci.
(Fin de la séance à 18 heures)