(Neuf heures cinquante et une
minutes)
La Présidente (Mme Maccarone) : Bon
matin! À l'ordre, s'il vous plaît! Ayant constaté le quorum, je déclare la
séance de la Commission des transports et de l'environnement ouverte.
La commission est réunie afin de poursuivre
l'étude détaillée du projet de loi n° 61, Loi édictant la Loi sur Mobilité
Infra Québec et modifiant certaines dispositions relatives au transport
collectif.
Mme la secrétaire, y a-t-il des remplacements?
La
Secrétaire : Oui, Mme la Présidente. Mme Blouin (Bonaventure)
est remplacée par Mme Abou-Khalil (Fabre).
Étude détaillée (suite)
La Présidente (Mme Maccarone) : Merci
beaucoup. Lors de l'ajournement de nos travaux, le 9 octobre dernier, nous en étions à l'étude du
sous-amendement à un amendement présenté dans le cadre de l'article 3 de
la loi édictée, et, comme nous avons siégé il y a quelques jours, je
vous demanderais, M. le député, de peut-être relire votre sous-amendement pour
nous situer et continuer le débat. Alors, la parole est à vous.
M.
Grandmont : Oui, merci, Mme la Présidente. D'abord, bonjour
aux collègues. Pour reprendre ces travaux, j'espère que vous vous êtes
reposés. C'est mon cas également.
Donc, oui,
c'est ça, en fait... en fait, je vais relire l'amendement... le sous-amendement
que nous avions déposé, Mme la
Présidente, mais je vais proposer aussi qu'on le retire pour redéposer un
sous-amendement qui est plus précis, en fait, plus proche de ce qu'on
voulait... donc, ce qu'on voulait introduire.
Donc, à l'article 1, je vais le
relire : L'article 3 introduit par l'article 1 du projet de loi
est modifié par l'ajout, après le premier alinéa, de l'alinéa...
Ah! ça, c'est celui de la députée de
Saint-Laurent. Donc, bon, est-ce que tu l'as proche?
Une voix : ...
M. Grandmont : Excusez-moi, je vais
juste... je n'avais pas le bon sous les yeux. Oui, donc, on disait :
Ajouter à l'amendement à l'article 3 de la loi édictée par
l'article 1 du projet de loi, après les mots «les rencontres», le mot
«importantes».
Ce qu'on va proposer, là, c'est de modifier pour
venir spécifier qu'on parle essentiellement, là, des rencontres importantes
avec un membre du gouvernement ainsi que les rencontres du conseil
d'administration. Donc, c'est comme si, dans le fond, la proposition qu'on
faisait pouvait s'appliquer aux deux types de rencontres. Donc, ce que je
propose, là, c'est qu'on le retire et qu'on en redépose un autre qui pourrait
vous parvenir assez rapidement.
La Présidente
(Mme Maccarone) : Alors, est-ce qu'il y a le consentement pour
retirer le sous-amendement de M. le
député? Il y a consentement. Alors, est-ce... Bien, c'est retiré. Est-ce que
vous avez déjà envoyé votre amendement révisé?
M. Grandmont : C'est sur... c'est
sur le point d'être fait, là.
La Présidente (Mme Maccarone) : C'est
sur le point d'être... Alors, nous allons suspendre juste quelques instants.
Merci.
(Suspension de la séance à 9 h 53
)
(Reprise à 10 h 04)
La Présidente
(Mme Maccarone) : Alors, nous sommes de retour, M. le député de
Taschereau, pour la lecture de votre sous-amendement à... de
l'amendement à l'article 3, s'il vous plaît.
M. Grandmont : Oui, merci, Mme la
Présidente. Je vais juste l'ouvrir devant moi, mais, essentiellement, là, ajouter à l'amendement à l'article 3 de la loi
édictée, introduit par l'article 1 du projet de loi, après les mots «toutes les
rencontres», le mot «importantes».
Donc,
essentiellement, là, comme je le disais tantôt, c'est qu'il y avait, dans le
sous-amendement qu'on avait proposé, une ambiguïté, en fait, là. Comme les mots
«les rencontres» apparaissent deux fois dans la proposition qui avait été
déposée par la députée collègue de Saint-Laurent, bien, on pouvait sous-entendre
que le mot «importantes» s'appliquait aux deux «les rencontres», alors que
notre intention était davantage de l'indiquer pour le premier «les rencontres», donc «toutes les rencontres». C'est
pour ça qu'on vient proposer, là, «toutes les rencontres». Donc, on fait référence
vraiment à la première mention des rencontres.
Donc, le fond de
cette proposition-là vient spécifier que toutes les rencontres qui ont lieu
avec un membre du gouvernement doivent avoir lieu à Québec, et que, par ailleurs,
toutes les rencontres... toutes les rencontres importantes avec un membre du
gouvernement doivent se tenir à Québec, et que toutes les rencontres du conseil
d'administration doivent se tenir dans la ville de Québec. J'espère que je suis
clair.
La Présidente (Mme
Maccarone) : C'est clair.
M.
Grandmont : Pourquoi ce sous-amendement-là? Bien, un peu pour les
mêmes raisons, là, qu'on avait évoquées lors du dépôt de l'amendement, là, par
la collègue de Saint-Laurent. L'article 3 réfère à l'endroit où siège, encore
une fois, là, le bureau de Mobilité Infra Québec. Donc, ça spécifie que
«Mobilité Infra Québec a son siège dans la
ville de Québec à l'endroit qu'elle détermine», et ça, en soi, c'est une bonne
nouvelle. C'est important, évidemment.
Maintenant, je pense
qu'on ne peut pas faire abstraction de ce qu'on voit dans l'actualité, Mme la
Présidente. On a eu des discussions quand même importantes, et dans l'espace
médiatique et même au salon rouge récemment, notamment avec mon collègue de Jean-Lesage,
à l'effet que, selon nous, on doit tenir les rencontres importantes à Québec,
puis ça, ça tient, en fait, à la... On réfère, là-dedans, là, à la loi sur...
la loi qui accordait le statut de capitale nationale à la ville de Québec, qui
date de quelques années déjà, dans laquelle il était mentionné que toutes les
rencontres importantes de dignitaires, notamment, là, devaient avoir lieu ici,
dans la capitale nationale du Québec, donc dans la ville de Québec.
Et ce qui est sorti
récemment, c'étaient des statistiques, bien, en fait, ça découlait de la
visite, là, du premier ministre français, dans lesquelles on apprenait,
finalement, récemment que la rencontre allait avoir lieu à Montréal, ce qui ne
nous satisfaisait pas, en fait, puisque la loi est très claire. Les rencontres
importantes doivent avoir lieu dans la capitale nationale, donc à Québec, et je
pense qu'une visite du président français, on peut qualifier ça quand même de
rencontre importante. C'est un dignitaire, évidemment, d'un pays avec lequel on
entretient des relations étroites depuis très longtemps. On a des relations
culturelles, des relations diplomatiques, politiques avec la France depuis fort longtemps. Alors, qu'on soit d'accord ou pas
avec les politiques internes, évidemment, de la France, il reste quand
même que c'est un dignitaire important, et qu'on aurait dû le rencontrer dans
la ville de Québec.
Et s'en étaient
suivis, donc, des échanges entre ma formation politique, notamment, et la
partie gouvernementale, et c'est par la bouche du ministre responsable de la
Capitale-Nationale qu'on avait appris que 66 % des rencontres officielles
à Québec se tenaient, selon lui, à Québec et qu'il s'en satisfaisait. Donc,
d'une part, c'était... Les statistiques
étaient basées sur une année seulement de comptabilisation de rencontres. Donc,
déjà en partant, on peut... on peut estimer que c'est une façon de
calculer les choses qui est largement insuffisante, mais, en plus, 66 %, ce n'est pas nécessairement... On a à
peine la note de passage à l'école. Quand ton enfant a 66 % dans une
matière, généralement, tu prends des moyens pour essayer de remonter la
note, se rapprocher de la moyenne, voire la dépasser, hein? C'est le rôle d'un
parent.
Donc, c'est un peu le
rôle de l'opposition aussi de surveiller l'action gouvernementale. Donc, on
tient notre rôle, on essaie de remonter la moyenne plus haut, et, en ce sens,
bien, la proposition qu'on fait va dans le même sens. Donc, chaque fois qu'on
est capables d'avoir des occasions de s'assurer que des rencontres importantes
se tiennent, se déroulent... bien, dans ce cas-ci, là, dans le cas du... des
rencontres avec... des membres du gouvernement avec Mobilité Infra Québec,
bien, que ça se tienne à Québec, d'autant plus... Vous savez, Mme la
Présidente, quand on a des enfants, encore une fois, si on est à 66 %, on
essaie de remonter, mais, si l'enfant ne veut rien savoir, bien là il faut
mettre des mesures plus sévères. Il faut être plus rigide un petit peu dans
notre approche pédagogique.
Or, le ministre responsable
de la Capitale-Nationale, dans les mêmes échanges qu'on avait eus, avait dit
qu'il était ridicule de s'engager à toutes... à les tenir toutes à Québec.
Donc, il y a une volonté de ne pas augmenter sa moyenne au bâton de la part du
ministre responsable de la Capitale-Nationale. Donc, encore une fois, si un
enfant ne veut pas faire ses devoirs, ne veut pas étudier, n'est pas intéressé
à remonter sa moyenne au bâton, bien, on a... on a, comme parents, un rôle
important à jouer. Donc, c'est la même chose pour les partis d'opposition. On
se doit, il me semble, d'être plus vigilants puis de mettre en place des
mesures qui vont être un peu plus contraignantes pour être capables d'obtenir
des pourcentages qui sont plus élevés, d'une part, mais qui se rapprochent de
l'esprit et de la lettre de la loi qui confère à Québec un statut de capitale
nationale.
Donc, c'est un peu
ça, en fait, qui est derrière ça, parce que ce n'est pas vrai qu'on peut se
satisfaire de 66 %, 70 % des rencontres importantes qui se tiennent à
Québec, Mme la Présidente. Il y a plusieurs exemples, là, d'événements, là,
dans lesquels, finalement, on s'est retrouvés... on s'est retrouvés à tenir des
rencontres à l'extérieur de Québec. Des fois, c'est des rencontres, oui, avec
des dignitaires étrangers, mais des rencontres, par exemple, avec le premier
ministre du Canada ou encore des rencontres entre tous les ministres d'un
secteur d'activité, en fait, là, je me
souviens, entre autres, là, des ministres responsables des Finances, par exemple.
Bon, ce genre d'événement là ne peut pas se tenir à Montréal, doit se
tenir ici, dans la capitale nationale.
• (10 h 10) •
Donc, la même chose, hein, pour cet article-là,
cet amendement-là qu'on propose, effectivement, là, que toutes les rencontres qui
ont lieu entre... toutes les rencontres avec un membre du gouvernement... Donc,
on s'entend, là, les rencontres... De toute façon, les
membres du gouvernement passent leur temps ici, à Québec, là. La moitié de
l'année, 26 semaines par année, on est ici, à Québec. Donc, c'est la
moitié de l'année, là, si on compte bien. Donc, c'est déjà facile de
l'organiser comme ça. Puis après ça la plupart des membres du gouvernement, je
veux dire, ne sont pas nécessairement dans la région montréalaise non plus. Il
y en a un peu partout. Donc, s'il y a des rencontres à y avoir, puis Mme la
ministre, en fait, est à Québec aussi, donc il n'y aurait pas de raison, en
fait, que Mobilité Infra Québec ne rencontre pas les membres du gouvernement
autrement qu'ailleurs... ici, à Québec.
Pour ce qui
est de l'autre partie, évidemment, ça ne change rien, là, puis vous avez
compris que mon sous-amendement venait simplement clarifier les rencontres qui
touchent des rencontres avec des membres du gouvernement, mais les
rencontres du conseil d'administration, elles doivent toutes se tenir ici, dans
la ville de Québec, donc être organisées ici.
Évidemment, j'imagine qu'il y aura des
mécanismes à l'interne, au conseil d'administration, dans les cas où on voudrait tenir des rencontres à distance, là.
On peut comprendre que certaines personnes pourraient occasionnellement
avoir à rencontrer... à participer aux rencontres du conseil d'administration à
distance, et donc... mais c'est des mécanismes qu'on connaît bien, c'est des
moyens qu'on utilise probablement à tous les jours, tout le monde ici, mais
que, tu sais, au moins l'équipe principale puis la majorité des administrateurs
soient ici, à Québec, pendant qu'on tient ces rencontres-là, ça me semble aller
de soi. Donc, cette partie-là, nous, on ne veut pas la remettre en question.
Puis c'était
peut-être ça aussi, là, où notre première proposition de sous-amendement
devenait problématique, parce que, si on disait que les rencontres importantes
du conseil d'administration doivent se tenir dans la ville de Québec, ça
viendrait créer deux classes de rencontres du conseil d'administration, des
importantes, des moins importantes. Or, il
m'apparaît qu'une rencontre de conseil d'administration, il n'y en a pas de
plus ou moins importante. Il y a différents moments dans l'année qui
jalonnent l'agenda, évidemment, du conseil d'administration. Il y a des
rencontres de préparation, de moments charnières, par exemple. Donc,
évidemment, il y a des moments qui sont... Il y a des rencontres qui vont être
moins... moins bureaucratiques, mais plus axées sur la réalisation d'un projet,
par exemple, ou valider les outils de comptes rendus qui vont être octroyés,
qui vont être donnés à la ministre pour qu'elle puisse faire état du travail de
Mobilité Infra Québec.
Donc, il y a comme des moments charnières dans
l'année, mais il n'y a pas de rencontre... il n'y a pas de petite rencontre du
conseil d'administration. Il n'y a pas de rencontres qui sont moins
importantes. Donc, elles doivent toutes se tenir ici, dans la ville de Québec,
évidemment, avec des accommodements qui seraient, disons, raisonnables dans le
cas où des gens pourraient ou devraient participer à distance, mais on verra
plus loin, de toute façon, au niveau de la mécanique, comment ça pourra se déployer,
là, quand on parlera des membres du conseil d'administration de Mobilité Infra
Québec, leur représentativité territoriale aussi, peut-être, là,
éventuellement.
Moi, c'est des questions qui vont vraiment
m'intéresser aussi, parce que je ne veux pas trop m'avancer, là, mais le...
Bien, je l'avais mentionné, en fait, je pense, dans mes remarques
préliminaires, je crois. La composition du conseil d'administration, on en
aura, des questions là-dessus, parce qu'on a regardé un peu ce qui se passe
ailleurs, dans d'autres sociétés d'État, notamment, québécoises, mais aussi,
là, dans d'autres agences qui font un travail similaire à Mobilité Infra Québec
ailleurs, notamment au Canada, dans des provinces canadiennes, et donc la
composition peut changer beaucoup.
Puis d'ailleurs ça a été... Il y a eu des
propositions de recommandations qui ont été faites, notamment, par des groupes,
là, regroupés sous l'Alliance Transit, il me semble, là, notamment, d'avoir des
gens qui représentaient les usagers des transports collectifs, mais, pour
revenir, là, à mon sous-amendement, l'essentiel, c'est vraiment de stipuler que
toutes les rencontres importantes avec un membre du gouvernement doivent se
tenir ici, dans la capitale nationale, Québec, et ainsi que les rencontres du conseil
d'administration, qui doivent toutes se tenir dans la ville de Québec. Ce sera
ça pour mes explications, Mme la Présidente.
La Présidente (Mme Maccarone) :
Merci. Mme la ministre ou M. le... Mme la ministre.
Mme Guilbault : Je n'ai pas d'intervention.
La Présidente (Mme Maccarone) : M.
le député de Nelligan.
M.
Derraji : Oui, merci, Mme la Présidente. Bonjour, chers
collègues. On recommence une autre belle semaine dans le cadre d'un
projet de loi extrêmement important, mais, écoutez, Mme la Présidente, je n'ai
pas eu la chance d'être là à la dernière journée parce que j'avais d'autres
préoccupations, mais j'ai... j'ai eu le temps d'aller voir et écouter l'échange
entre ma collègue la députée de Saint-Laurent et Mme la ministre, et, Mme la
Présidente, j'aimerais poser une question à Mme la ministre.
Est-ce que, depuis le 9 octobre jusqu'à
aujourd'hui, elle a eu le temps de refaire ce tableau? Parce que ça a été ça,
la discussion à... le dernier échange avec ma collègue, et on parlait des
gouvernements, parce qu'il y a un s au niveau des gouvernements. Donc, si elle
a eu le temps de mettre à jour son fameux tableau qu'elle utilise souvent, je
pense que, pour le bénéfice de tout le monde, c'est très agréable de l'avoir à
jour.
Il y avait aussi une autre question de ma
collègue par rapport aux dollars constants versus dollars courants. Donc, juste
pour rafraîchir la mémoire des membres de la... de la commission, il y a eu cet
échange avec... avec ma collègue, donc, si elle a eu le temps, depuis le
9 octobre, d'avoir une mise à jour par rapport à ça.
La Présidente (Mme Maccarone) : Mme
la ministre.
Mme
Guilbault : Bien, je ne suis pas sûre de
comprendre une mise à jour de quoi, parce que ça va jusqu'à l'année 2023,
puis l'année 2024 n'est pas terminée.
M. Derraji : ...lors de votre
échange, Mme la Présidente, entre Mme la ministre et ma collègue, c'est marqué
ici «dans les gouvernements» avec s. Donc, à l'intérieur, il y a le
gouvernement fédéral et provincial, et on met les deux ensemble. Donc, est-ce
que, dans ce tableau, il y a eu... Parce que c'est ce que... c'est ce que j'ai
cru comprendre de l'échange que vous avez avec ma collègue, la colonne n'est
pas divisée par palier de gouvernement, et,
à la lumière de ça, quelqu'un peut comprendre que c'est uniquement le
gouvernement du Québec. Je sais que c'est de l'argent des contribuables.
Peu importe d'où vient l'argent, mais ça serait intéressant de voir l'évolution
de la contribution à l'intérieur du cadran bleu qui marque le... qui explique
un peu la contribution du gouvernement... les gouvernements,
mais aussi la question qui demeure : Est-ce que c'est en dollars constants
ou bien en dollars courants? Donc, juste qu'on clarifie... parce que ça a été
ça, l'échange avec ma collègue, Mme la Présidente.
La Présidente (Mme Maccarone) : Mme
la ministre.
Mme Guilbault : Oui, bien, bien qu'il n'y ait aucun rapport entre ce
tableau-là et l'article 3, qui parle de l'endroit où va être localisé le
siège social, et encore moins avec l'amendement proposé par le député de
Taschereau, le tableau auquel réfère mon collègue... En fait, je ne comprends
toujours pas c'est quoi, la question. C'est un tableau que je montre souvent. Il y a une partie gouvernement, une partie
municipalités et une partie usagers. Tout ça est en dollars courants. Et
donc je ne vois pas la pertinence d'aborder ce tableau-là dans le cadre de
l'article 3. Si mon collègue veut avoir un débat sur le financement
largement supérieur du transport collectif depuis que la Coalition avenir Québec forme le gouvernement, puis il a le tableau
devant lui, là, je l'invite à s'attarder aux années libérales et aux années
de la CAQ. Il va voir que c'est sans commune mesure, Mme la Présidente,
évidemment, à la hausse avec la CAQ et moins grand à l'époque des libéraux.
La Présidente (Mme Maccarone) : M.
le député, je vous laisse répondre, mais il faut revenir sur le
sous-amendement, s'il vous plaît.
M. Derraji : Oui, pas de problème,
mais c'est parce que la discussion a eu lieu avec ma collègue, et, pendant ce
temps, elle n'a pas répondu. Mme la ministre, est-ce que c'est en dollars
constants, en dollars courants? Elle trouve toujours le tableau pertinent.
Donc, c'est elle qui le ramène. On veut juste être véridiques avec
l'information. Il y a des gouvernements au
pluriel, provincial et fédéral. Donc, elle le trouve toujours pertinent, ce
document, ce tableau, mais il y a de l'information qui manque. Elle
s'est engagée à vérifier, s'est engagée à voir est-ce que c'est des dollars
constants ou dollars courants. On n'a pas de réponse maintenant. Elle s'est
engagée le 9 octobre, Mme la Présidente.
La Présidente (Mme Maccarone) : Et
Mme la ministre vient de vous dire que c'est de l'argent courant.
M. Derraji : Ah! je ne l'ai pas
entendue. Bien...
La Présidente (Mme Maccarone) : Elle
a dit que c'était de l'argent courant, et je comprends que c'était un débat qui a été entamé jeudi passé. On a un nouvel
sous-amendement qui vient d'être déposé. Alors, j'invite les collègues
de rester sur le sujet, s'il vous plaît, à moins que vous avez un lien avec le
tableau et le sous-amendement, de revenir sur le sujet.
M. Derraji : Oui, mais il y a
toujours un lien, Mme la Présidente, parce qu'un conseil d'administration... du
moment qu'on parle d'un conseil
d'administration, ce serait intéressant de savoir... Donc là, maintenant, on
comprend que c'est en dollars
courants. Ça serait intéressant de l'avoir aussi en dollars constants, Mme la
Présidente, et je n'ai pas besoin d'expliquer la différence. J'en suis
sûr et certain, que les équipes de Mme la ministre, ils vont lui expliquer la
différence entre un dollar courant et un dollar constant, mais il y a toujours
un lien, Mme la Présidente.
On est à
l'aube... à l'aube de parler d'une nouvelle structure, et vous savez l'amour
que j'ai pour les nouvelles structures, au Québec, et les nouvelles
agences, Mme la Présidente, et j'adhère à l'amendement proposé par mon
collègue, mais, ceci étant dit, Mme la Présidente, le débat reste... donc, le
débat reste par rapport à la contribution des partenaires
au financement du transport collectif entre 2015 et... 2023, désolé. Donc, je
vous ai dit, Mme la Présidente, j'ai passé la semaine de circonscription
à revoir la dernière séance et j'ai noté que Mme la ministre s'était engagée à
déposer un autre tableau. Donc, je pense que vous avez les notes de la dernière
rencontre. Donc, moi, est-ce que cet engagement tient toujours la route, je
veux savoir. Elle a le droit de dire : Je ne vais rien déposer, mais elle
s'est engagée elle-même à déposer un autre tableau. Je me demande il est où, ce
tableau. Là, je comprends maintenant qu'elle nous parle que c'est en dollars...
corrigez-moi si je me trompe, dollars...
Une voix : ...
• (10 h 20) •
M. Derraji : Non, non, pas ce
tableau.
Une voix : ...
M. Derraji :
Courants, donc, courants, et elle s'est engagée à déposer un autre tableau.
Donc, Mme la Présidente, je comprends que le
débat du tableau ou le dollar constant versus le dollar courant est un peu loin
de l'article 3, mais je tiens juste à répéter ce que Mme la ministre...
Vous avez toute la transcription, Mme la Présidente. Donc, pourquoi, dans la
séance du 9 octobre, la ministre elle-même a parlé de son tableau? Ce
n'est pas moi qui l'a ramené, ce tableau.
D'ailleurs, elle le trouve toujours pertinent,
le trouve toujours intéressant, le tableau. D'ailleurs, il est même encadré et il est toujours utilisé en période de
questions. Donc, les questions que j'ai ramenées, Mme la Présidente, sont
très légitimes, et elle avait dit des chiffres, et je me demande il est où, le
tableau. Donc, si elle ne veut plus parler de ça, je comprends qu'il n'y a pas
de nouvel... il n'y a pas de nouveauté depuis la dernière rencontre.
La Présidente (Mme Maccarone) : Mme
la ministre, est-ce que l'engagement de déposer un tableau révisé qui indique
«constants ou courants» en termes de financement est toujours actuel?
Mme Guilbault : Bien, je suis contente de voir que le collègue a pris la
peine de regarder ce qui s'est dit la semaine dernière, parce qu'au fil du
va-et-vient des collègues autour de la table j'ai été obligée de répéter
plusieurs, plusieurs, plusieurs fois, la semaine dernière, les mêmes questions
et les mêmes réponses. Donc, espérons que ça ne sera pas la même chose cette
semaine.
Ceci étant dit, j'ai déjà répondu sur le
tableau. Non seulement ça n'a absolument aucune forme de lien avec la
localisation du siège social de Mobilité Infra Québec, qui fait l'objet à la
fois de l'article 3 et de l'amendement du député de Taschereau, mais en
plus le tableau auquel il fait référence est déjà très clair. Les contributions
respectives des usagers des différents paliers de gouvernement sont déjà très
claires. J'ai déjà dit tout à l'heure, et je le répète, que c'est en dollars
courants.
Donc, quant à moi, la question est close. Et
donc, s'il me revient une troisième fois avec la question, qu'il ne soit pas
surpris du fait que je ne répondrai pas une troisième fois la même chose parce
que, déjà, deux, je trouve que ça ne rentabilise pas les fonds publics qui
paient nos salaires et la diligence à laquelle on s'attend, de la part des
contribuables, dans le cadre des travaux parlementaires. Merci.
La Présidente (Mme Maccarone) : M.
le député.
M. Derraji : Je vais utiliser les
mêmes arguments pour lui répéter la même chose. Si elle pensait que ce n'était
pas pertinent parce que ça n'avait pas de lien avec l'article 3... C'est
la ministre elle-même qui a ramené ce débat le 9 octobre, ce n'est pas
moi, Mme la Présidente. Donc, avant de me donner des leçons et dire que je vais
répéter, et répéter, et répéter, je l'invite
à elle-même répondre aux questions et non pas, à chaque fois, sortir le tableau.
Il n'y a personne qui a parlé de ce tableau. C'est la ministre qui a ramené ce
tableau sur la table le 9 octobre.
Et je vous ai dit, Mme la Présidente, j'ai pris
le temps d'écouter ce qui a été dit et je n'ai pas envie de ramener encore une
fois l'histoire du PQI, s'il était en constant ou courant, Mme la Présidente.
Tout est enregistré, et les gens qui nous suivent, je vous invite à aller
revoir l'échange en commission parlementaire du 9 octobre. Vous allez
comprendre pourquoi je ramène ce sujet sur la table, parce qu'il y avait un
engagement, Mme la Présidente.
À un certain
moment, on lui a demandé de le déposer. Elle avait dit oui. Cherchez dans la
transcription, Mme la Présidente, je n'invente rien. Elle s'est engagée
à le déposer. Elle-même, elle a eu, je dirais, le temps nécessaire pour dire : Je ne vais pas parler de ça parce que
l'article parle de ceci ou de cela. C'est la ministre elle-même qui s'est
engagée. C'est dans la transcription. Corrigez-moi, Mme la Présidente,
si je me trompe, est-ce que, dans la transcription du 9 octobre, s'il vous
plaît... est-ce qu'il y avait un engagement clair de Mme la ministre de nous
ramener un tableau? Et ça a été dans le cadre d'un échange avec le député des
Îles-de-la-Madeleine.
La
Présidente (Mme Maccarone) : Excusez-moi, M. le député. Oui, M. le député de
Masson, quel est votre rappel au règlement?
M.
Lemay : L'article 211, sur la pertinence. Le député
de Nelligan, présentement, doit avoir cette discussion-là à l'article 3, pas au sous-amendement de
l'amendement de l'article 3. Et donc j'aimerais ça qu'il revienne au sous-amendement.
La Présidente (Mme Maccarone) : Merci
beaucoup. Je suis d'accord avec le député. Vous pourriez recommencer ce débat.
Je vous entends, puis, entre-temps, nous allons vérifier le libellé, mais on
est présentement sur le sous-amendement de
le député de Taschereau, où nous parlons de tous les... toutes les rencontres
importantes. Alors, pourriez-vous rester sur le sujet, s'il vous plaît?
M. Derraji : Je vous remercie. Je
vous remercie parce que vous allez faire les vérifications, mais je tenais
absolument à répondre à Mme la ministre, qui disait autre chose de ce qui a été
dit le 9.
Ceci étant dit, par rapport au sous-amendement
de mon collègue le député de Taschereau, que je tiens à saluer, et je lui
souhaite aussi une agréable semaine, un agréable... un agréable début de
semaine qu'on va passer ensemble dans le cadre de ce projet de loi, Mme la
Présidente, je pense qu'on ne peut pas faire un débat à moitié. C'est très important, la capitale nationale.
D'ailleurs, écoutez, je vois mal comment une ex-ministre de la
Capitale-Nationale va refuser cet amendement. Il faut aller l'expliquer
aux gens de Québec et de la Capitale-Nationale.
D'ailleurs, Mme la
Présidente, j'ai le luxe de traîner que je suis un député de
l'Ouest-de-l'Île... qu'on essaie toujours de le dire... de Montréal. Écoutez,
Mme la Présidente, ce gouvernement, il lui reste deux ans. Il va y avoir des élections en 2026. On doit se lever pour les
gens de la capitale nationale, et je trouve ça intéressant que le collègue qui
représente fièrement une partie de la population de la capitale nationale...
qu'il ramène cet amendement... ce sous... ce sous-sous-amendement. À
chaque fois, j'ai de la misère avec le «sous-sous»... sous-amendement.
Donc, Mme la Présidente, moi, je pense que c'est
très pertinent de parler de ce genre de rencontre, parce qu'à part que j'ai en
face de moi l'ex-ministre responsable de la Capitale-Nationale, mais, Mme la
Présidente, je fais juste une revue de la matière, ce n'est pas de la revue de
la littérature, là, mais juste une revue de la presse, et je vois son collègue
qui parlait... qu'il se basait sur des statistiques pour les rencontres au
niveau de la capitale nationale, et que c'est très important, et ce n'est
pas... ce n'est pas toujours comme, entre guillemets, le fun d'avoir toujours
des rencontres à Montréal, Mme la Présidente.
Et là Mme la ministre veut parler d'une nouvelle
structure, cette structure... cette structure qui va dorénavant s'occuper des
projets de mobilité, et je pense que la réponse... la réponse de l'absence de
projets concrets dans la région de la
Capitale-Nationale, c'est que le gouvernement doit démontrer que cette région
qui peine à avoir un réseau structurant... Les gens le disent, regardez
à combien de versions du troisième lien on est rendus, Mme la Présidente. Là, on est rendus avec un appel international et
on est rendus dans des modes irréversibles. Heureusement qu'on vit en
démocratie, Mme la Présidente, mais je pense que l'amendement du collègue, de
parler de toutes les rencontres surtout importantes va dans le sens, Mme
la Présidente, que c'est très important, à l'intérieur de ce projet de loi,
parler de l'importance de ces rencontres.
Et, quand je regarde même l'amendement que nous
avons déposé, permettez-moi juste une seconde, Mme la Présidente, oui : «...les rencontres avec un membre du gouvernement
ainsi que les rencontres du conseil d'administration doivent se tenir
dans la ville de Québec.» Je vais vous dire pourquoi. On l'a vu avec le temps,
Mme la Présidente, regardez la CAQ dans la région de Québec, première élection,
promesse électorale par rapport au troisième lien, deuxième élection, une autre promesse avec un bitube, avec un pont, avec
un tunnel. On ne sait plus, Mme la Présidente, quelle version suivre. Il
y avait même des gens qui parlaient, des journalistes, avec raison, du
revolte-face, mais rerevolte-face... C'est la première fois que j'entends ça,
là, revolte-face et rerevolte-face. J'ai aimé, mais ce n'est pas moi qui a
innové ça. Je donne le crédit à une journaliste de Noovo puis je trouvais ça
vraiment «cute».
Donc, quand on parle de rencontres importantes,
c'est justement parce que ça fait six ans, et, pour bientôt huit ans, il n'y a
rien. Il n'y a rien au niveau de la capitale nationale. Donc, ce genre de
rencontres au niveau de la capitale nationale, je dirais, ce n'est même pas un
débat. La collègue doit accepter l'amendement sans faire de débat pour le collègue de Québec. Je trouve ça... Un
député montréalais qui se lève, aujourd'hui à l'intérieur de ce parlement
en commission parlementaire, pour convaincre la partie gouvernementale que
c'est important, faire toutes les rencontres
à Québec, voyons donc, Mme la Présidente! Je n'ai jamais
pensé que, dans ma vie de parlementaire, un député de l'Ouest-de-l'Île
de Montréal va se lever au Parlement, en commission parlementaire, pour exiger
que les prochaines rencontres d'une nouvelle structure créée par le
gouvernement doivent se faire à Québec.
Bien, les gens qui nous écoutent, voilà, la
ministre me dit que les contribuables nous paient... ils paient nos salaires
pour qu'on avance, oui, pour qu'on avance, on travaille très bien, mais figurez-vous
de quoi je parle, un député montréalais, de la région de Montréal, de
l'Ouest-de-l'Île. Si je mets juste tout ça, là, c'est les arguments que le
gouvernement utilise : Ah! les élus montréalais, les élus de
l'Ouest-de-l'Île, hein? C'est devenu comme un qualificatif, mais je n'ai pas
honte et je le dis fièrement. Comme je me suis levé pour la traverse de
Rivière-du-Loup, je vais continuer à me
lever pour d'autres ponts, d'ailleurs, qu'on attend des réponses, Mme la
Présidente, des demandes d'accès à l'information. Vous savez que j'aime
ça, les demandes d'accès à l'information.
• (10 h 30) •
Mais, écoutez, quand je regarde le collègue qui,
lui, est député de la ville de Québec, une partie, hein, pas toute la ville, mais une partie de la ville, avec
sa collègue qui est aussi députée et ex-ministre de la Capitale-Nationale,
je n'en reviens pas qu'un député montréalais doit mener le combat pour les
citoyens, où on est en train de discuter : Est-ce que les réunions importantes avec le gouvernement en matière de
transport collectif doivent se tenir à Québec? C'est juste du gros bon sens,
Mme la Présidente. C'est du gros bon sens, tout cela, Mme la Présidente. J'aime
beaucoup cette expression parce que
ça fait partie de l'air du temps, là, le gros bon sens. Donc, est-ce normal
pour un gouvernement de ne pas avoir les rencontres importantes à
Québec? Écoutez, Mme la Présidente...
Des voix : ...
La Présidente (Mme Maccarone) : ...s'il
vous plaît.
M. Derraji : Non, non, je sais, ça
fait réagir Mme la ministre, parce que, tu sais, je sais, Mme la Présidente,
mais, figurez-vous, à l'instant, un député montréalais autour de la table, de
l'Ouest-de-l'Île de Montréal, qui défend, aujourd'hui, avec son collègue député
de Taschereau, que les prochaines rencontres d'un conseil d'administration
d'une nouvelle structure gouvernementale doivent se tenir à Québec, bien, je
pense que Mme la ministre peut régler tout cela rapidement au lieu de passer du
temps... et, écoutez, j'espère qu'elle ne va pas voter contre. Elle peut s'abstenir si elle est contre, mais, sérieux,
voter contre ça, Mme la Présidente, voter contre que les rencontres importantes
d'une nouvelle structure gouvernementale doivent se tenir à Québec, les
gens qui nous écoutent, heille! j'ai...
Heureusement, le collègue de Taschereau a déposé
cet amendement pour insister à la proposition de ma collègue députée de
Saint-Laurent, qui a eu vraiment une très bonne proposition, parce que, Mme la
Présidente, c'est très important, la capitale nationale,
c'est extrêmement important pour des rencontres importantes, mais là on n'est
pas en face à n'importe quelle société d'État. Ce n'est pas banal. On voit...
et Mme la ministre le dit, il n'y avait rien en matière de transport collectif.
On n'est pas capables de gérer les grands projets et on le voit, regardez à
combien de versions on est rendus avec le troisième lien.
Alors, Mme la Présidente, sérieux, j'ai tout vu
dans ma vie, mais l'ex-ministre de la Capitale-Nationale va voter contre ça. Je
pense que... Je ne sais pas si ça fera faire les nouvelles, mais, Mme la
Présidente, ouf! ça va être très mal vu.
Écoutez, là, c'est un amendement bonbon de mon collègue, là. C'est un
amendement bonbon, Mme la Présidente. Sérieux, c'est extrêmement
important. Donc, je me dis, c'est même... Moi, je lis l'amendement et je me dis : Écoute, comment ça se fait que
c'est moi qui dois défendre que c'est très important, les prochaines rencontres,
de ce sous-amendement?
Et j'ai un problème avec ce «sous»... le
sous-amendement. Merci, ma collègue, de me le rappeler à chaque fois. C'est vrai, ce n'est pas un amendement,
mais, quand il y a «ce» avec «sous», je n'arrive pas à le prononcer. Donc, je
le déclare, chers collègues, quand je vous dis «amendement», c'est un
sous-amendement de mon collègue, mais, quand je vais commencer à dire
«sous-sous-sous-amendement», vous allez me perdre. Vous allez me perdre.
Bien, écoutez, on va juste revenir à la base,
madame. Vous me comprenez, Mme la Présidente? C'est excellent. Le plus important,
c'est que vous me suivez. Et, regardez, prenez un instant, j'ai lu le
sous-amendement de mon collègue, je me dis : Mais, écoute, ce n'est pas le
député de Nelligan qui va se battre pour les gens de la capitale nationale. Je
le fais par amour et par respect, parce qu'ils ont raison de se demander :
Qu'est-ce qu'il y a pour les gens de la capitale nationale en matière de
transport collectif? On ne le sait plus. On ne sait plus, Mme la Présidente. Il
n'y a pas de troisième lien. Le tramway, on attend encore. Il y a Alstom qui
crie qu'il va y avoir des enjeux. Mais c'est normal, avoir ce genre de
rencontres au niveau de la capitale nationale. Mais, Mme la Présidente,
écoutez, j'ai bien hâte de voir, bien hâte de voir. J'ai bien hâte de voir.
L'amendement de ma collègue députée de Saint-Laurent,
qui est un amendement extrêmement important, qui a été sous-amendé par mon
collègue le député de Taschereau, va dans le sens que nous, au Parti libéral,
on croit farouchement que c'est extrêmement important, tenir ce genre de
rencontres au niveau de la capitale nationale. Et, oui, c'est un débat très
important parce qu'encore une fois, on le voit sur toutes les tribunes, les
gens de la capitale nationale veulent savoir
c'est quoi, la vision de ce gouvernement en matière de transport collectif,
c'est quoi, leur vision par rapport à tout cela.
Et je tiens à rappeler, Mme la Présidente, si on
veut être cohérents... Nous avions, comme gouvernement, légiféré sur le statut
de la capitale nationale en 2016. Et heureusement, c'est le Parti libéral qui a
légiféré. Heureusement, nous avons légiféré sur ça, Mme la Présidente. Le
statut de la capitale nationale, ce n'est pas juste un slogan. On doit le traduire avec des faits. Et j'espère que les
collègues, je vais avoir l'appui de tous les collègues. Mais je vous le
dis, Mme la Présidente, je serais mal à l'aise, très mal à l'aise que
l'ex-ministre responsable de la capitale nationale va voter contre ce
sous-amendement et même notre amendement, Mme la Présidente.
Donc, je vais réitérer... réitérer ma demande,
c'est pour être cohérent. Le gouvernement libéral, en 2016, a légiféré sur le statut de la capitale nationale,
et on est juste cohérents avec tout ce qu'on disait depuis le début, Mme la Présidente.
Je ne sais pas si le député de Masson se sent
interpellé, mais il peut prendre la parole, eux aussi. J'ai... j'ai le goût de
l'écouter, lui, qu'est-ce qu'il pense, Mme la Présidente. Qu'est-ce qu'ils
pensent, les collègues? J'ai une collègue qui habite Laval, aussi, j'ai des
collègues à Trois-Rivières, à Shawinigan, je pense, hein? J'essaie de situer
tous les comtés.
Alors, Mme la Présidente, malheureusement, il me
reste une minute. Il me reste une minute. J'aurais aimé...
Des voix : ...
M. Derraji : Je sais. Ils peuvent me
donner leurs 20 minutes, je sais qu'ils m'aiment, hein? Ils aiment
m'écouter en commission parlementaire, surtout quand je défends la capitale
nationale. Je le sais. Je le sais. Je le sens.
Je le vois dans les yeux, Mme la Présidente. Mais je vais finir par ça. Je vois
mal comment l'ex-ministre responsable de la Capitale-Nationale va voter,
aujourd'hui, contre le sous-amendement de mon collègue et, un peu plus tard, notre
amendement. Là, il y a un test de la réalité, Mme la Présidente. Est-ce que,
oui ou non, Mme la ministre va défendre les intérêts de la capitale nationale?
Je vais le dire encore une fois, c'est un Montréalais qui fait cet argument, et
ma collègue aussi, la députée de Saint-Laurent, l'a très bien fait aussi. Et je
tiens... je tiens absolument à le répéter, c'est un... c'est notre
gouvernement, gouvernement libéral, en 2016, qui a légiféré sur le statut de la
capitale nationale...
La Présidente (Mme Maccarone) : Merci.
M. Derraji : ...et j'appuie le sous-amendement
de mon collègue, Mme la Présidente.
La
Présidente (Mme Maccarone) : Merci, M. le député. Est-ce qu'il y a d'autres
interventions? M. le député de Taschereau.
M. Grandmont : Oui, merci, Mme la
Présidente. Il me reste combien de temps?
La Présidente (Mme Maccarone) : Je
vous reviens. Continuez. Je vous ferai signe.
M.
Grandmont : Parfait. Bien, d'abord, j'aimerais juste peut-être juste
clarifier quelque chose, là. À ma connaissance, là, Mme la ministre n'a pas dit
non à mon sous-amendement pour l'instant encore, là. Donc, je ne souscris pas à
l'effet que... comme mon collègue député de Nelligan le mentionne, que la
ministre va voter contre. Pour l'instant, elle n'a pas donné d'indication. Mais
j'aimerais quand même poser des questions à Mme la ministre pour savoir où elle
se situe par rapport à ça.
D'abord, pour son
bénéfice...
Des voix : ...
M.
Grandmont : Je ne sais pas si elle m'écoute, Mme la ministre.
La Présidente (Mme
Maccarone) : Collègues, s'il vous plaît! Il y a seulement une personne
qui a la parole. Je suis désolée. M. le député de Taschereau a une question
pour Mme la ministre.
M.
Grandmont : Oui, c'est ça. Parce qu'en fait je voyais Mme la ministre,
tantôt, se demander c'était quoi, l'amendement original qui avait été déposé
par la collègue députée de Saint-Laurent. Puis, en fait, elle disait, elle... elle disait : «Toutes les rencontres avec un
[...] gouvernement du...» «Toutes les rencontres avec un membre du gouvernement
ainsi que les rencontres du conseil d'administration doivent se tenir dans la
ville de Québec.» Et moi, j'ajoutais, en
fait, «toutes les rencontres»... après «toutes les rencontres», le mot
«importantes», donc ça se lirait : «Toutes les rencontres importantes avec
un membre du gouvernement ainsi que les rencontres du conseil d'administration
doivent se tenir dans la ville de Québec.» Donc, c'était essentiellement ça,
là, Mme la ministre. Je tenais à vous éclairer. Bien, j'aimerais vous poser la question... Parce que, là, depuis tantôt,
mon collègue député de Nelligan dit : Mme la
ministre va voter contre le sous-amendement puis, éventuellement,
peut-être l'amendement aussi. Moi, j'aimerais vous poser la question :
Comment vous... Comment...
Une voix : ...
M.
Grandmont : Oui, oui, effectivement, c'est une hypothèse, mais je vais
la vérifier. Bien, peut-être juste vous... entendre Mme la ministre, là, sur la
discussion, sur ce que j'ai dit tantôt, là. Depuis quelques semaines, on a un
retour de cette discussion-là. Est-ce que les rencontres importantes doivent se
tenir dans la ville de Québec dans une plus forte proportion que 66 %
70 %? Est-ce que, Mme la ministre, vous pensez que la loi qui confère le
statut de capitale nationale à la ville de Québec est importante et doit être
respectée?
• (10 h 40) •
La Présidente (Mme
Maccarone) : Mme la ministre.
Mme
Guilbault : Bien sûr que je le... que
j'adhère à cette... Et je dois dire... je dis souvent que les libéraux ont
quand même fait quelques bonnes choses, là. Tu sais, il faut le reconnaître. Le
REM, qui est en train de se faire grâce à la filiale qu'ils ont créée en 2015,
et la loi sur le statut de capitale nationale en 2016, si je ne m'abuse.
Alors, quand même,
justement, pour un caucus qui est essentiellement dans le West Island, ils ont
quand même fait quelques affaires, à l'époque, pour notre capitale nationale.
Donc, c'est une bonne chose, et, grâce à cette loi — puis là,
c'est ça, j'essayais de ressortir les articles — il y a déjà un certain nombre d'éléments qui
sont consacrés dans cette loi-là.
Donc,
à l'article 4... à l'article 2, pardon. Tu sais : «Le territoire
de la ville constitue le lieu privilégié [...] prioritaire :
«1° de l'accueil des
dignitaires étrangers en visite au Québec;
«2° des rencontres
diplomatiques et des sommets gouvernementaux;
«3° des
grandes rencontres politiques et des négociations importantes, de toute nature,
auxquelles prend part le gouvernement du Québec.
«La ville peut
affirmer et soutenir le statut qui lui est consacré par le présent article.»
Bon, enfin. Alors,
c'est immanent au fonctionnement même de notre société puis de notre
gouvernement que d'accorder un statut
important, et particulier, et de grande valeur à notre capitale nationale.
Alors, forcément que j'y adhère. En plus, je suis une élue à Québec,
comme il le sait, donc... Et non seulement cette loi-là existe déjà pour
protéger et consacrer le statut de capitale nationale avec les particularités
et, je dirais, les avantages que ça lui procure, mais, en plus, on vient placer, à l'article 3 de la
nouvelle loi, qui institue Mobilité
Infra Québec, sur à peu près 120
d'articles, là... pas à peu près, en fait, sur 120 articles, on
verra au fil des modifications. L'article 3, qui arrive extrêmement tôt
dans la loi, et ce n'est pas pour rien, on
vient prévoir que son siège est dans la ville de Québec. Donc, je ne vois pas,
Mme la Présidente, là... Je comprends qu'on puisse vouloir avoir des
conversations sur toutes sortes de choses, mais, à mon sens, c'est très clair,
le siège social va être à Québec. On aurait pu ne pas mettre cet article-là. On
a fait le choix de le faire pour, encore une fois, venir ajouter une couche de
plus dans la consécration de l'importance de la capitale nationale et venir
dire que le siège social va être à Québec. Donc, évidemment que ça implique que
les rencontres... les rencontres vont se faire à Québec. Est-ce qu'un jour ça
se pourrait qu'il se passe quelque chose à Montréal? Bien oui, parce que, tu
sais, c'est sûr qu'à un moment donné, si on fait un projet, par exemple, dans
l'est de Montréal, ça se peut qu'éventuellement des travaux se déroulent à
Montréal. Mais le siège social, les travaux, les équipes vont être basés à
Québec. Alors, pour nous, c'est ça qui était important.
M.
Grandmont : Est-ce que, Mme la ministre, comme votre collègue
responsable... actuel responsable de la Capitale-Nationale, vous vous
satisfaisez de 66 % des rencontres de dignitaires ici, à Québec?
Mme
Guilbault : Bien, encore une fois, on
s'éloigne beaucoup du propos du projet de loi.
M.
Grandmont : Ah! non, non, non.
Mme
Guilbault : Je ne sais pas à quel point on peut avoir des
conversations parallèles sur une foule de sujets qui sont sans... Parce que, là,
on peut se le dire, non pas que ce n'est pas important, la capitale nationale,
mais ça n'a aucun rapport avec le transport collectif qu'on veut accélérer avec
un projet de loi en ce moment.
Donc, c'est pour ça
que moi, je suis très, très préoccupée, là, par les fonds publics qui paient
nos salaires. Puis quand on fait le calcul des salaires qui sont payés dans la
salle en ce moment avec toujours juste une personne qui parle à la fois sur des
sujets qui sont malheureusement parfois, voire souvent, sans rapport avec le
projet de loi, je me sens obligée de nommer, au micro, que moi — je
vais parler pour moi, mais je suis assez certaine que mes collègues du
gouvernement sont d'accord — je
suis soucieuse... On est à plus de 40 heures en ce moment, dont, quoi, 20 quelques heures de consultations
particulières, toujours très pertinent et intéressant. Mais le maximum de motions
préliminaires, le maximum de temps sur chaque outil parlementaire dont
disposent les collègues en face...
Alors, je ne suis pas
en train de dire que je suis pour ou contre. Je suis en train de nommer, au
micro, cette réalité-là, de la façon dont ça fonctionne ici, on est capables de
passer énormément d'heures. Tu sais, moi, de toute façon, on est à salaires
fixes, là, que je sois assise ici... Mais sauf que je pense que, par respect
pour les contribuables qui financent les salaires des élus dans la salle, on
devrait avoir le souci de se concentrer, au minimum, sur le propos d'un projet
de loi. Mais ça, c'est mon... c'est mon opinion de citoyenne de Louis-Hébert
et députée, d'ailleurs, aussi, de Louis-Hébert.
Alors, oui, c'est
important, la capitale nationale. C'est sûr que, dans un monde idéal,
100 % des rencontres à Québec, c'est en quelque sorte l'asymptote, comme
j'aime utiliser ce concept mathématique d'asymptote pour toutes sortes de raisons dans la vraie vie, des fois, on
comprend que ça peut ne pas être possible. Je prends un exemple : il y a
eu une rencontre avec le premier ministre du Canada, je ne sais plus la
date, là, mais, bon. Tu sais, par exemple une rencontre avec un dignitaire
d'importance qui nous offre seulement deux choix, soit je vous rencontre à tel
endroit, qui n'est pas Québec, ou je ne ferai pas de rencontre. Dans certaines
circonstances, je peux comprendre qu'on soit obligés
de prendre le scénario un, bien que vraiment pas idéal. Mais, vous comprenez,
des fois, aussi, il y a des agendas, il y a des gens qui ont des agendas
particuliers et qui nous amènent des contraintes qui sont complètement hors de
notre contrôle. Alors, est-ce que mon collègue de Taschereau...
Prenons l'exemple
d'Emmanuel Macron l'autre fois, que je suis allée accueillir à Montréal. Est-ce
qu'on va refuser de rencontrer même Emmanuel Macron quand son équipe nous
dit : Il va être de passage à Montréal puis, ensuite de ça, il doit
quitter pour... il doit... tu sais, bon, son agenda est construit de cette
façon-là? Donc, ce sont des exemples. Je ne suis pas en train de... Tu sais ce
que je veux dire, je ne veux pas mettre Emmanuel Macron sur la sellette, là,
c'est des exemples de réalités où, des fois, tu as des gens qui arrivent au
Québec, qui ont des contraintes d'horaire, qui ont des agendas qui ont été faits
par leurs équipes, et là on nous dit : Soit vous vous déplacez pour les
rencontrer, soit vous ne les rencontrez pas. Je pense que ce serait extrêmement
dogmatique et non pragmatique de dire : Je ferme la porte à toute
rencontre en dehors de la capitale nationale. Ceci étant dit, 100 % est
l'asymptote, 66 %, je pense que ça pourrait augmenter, et ce serait une
bonne chose pour notre capitale nationale.
La Présidente (Mme
Maccarone) : Merci. M. le député.
M. Grandmont :
Oui, merci. Bien, d'abord,
j'aimerais remettre quelque chose au clair avec Mme la ministre, là. D'une
part, nous autres, on fait notre travail d'opposition, qui est évidemment
d'être colégislateurs, surveiller l'action gouvernementale. Le temps
qu'on met à essayer de bonifier le projet de loi, je ne pense pas que c'est du
temps perdu. Puis, oui, les gens nous regardent, ils sont très conscients que
les propositions qu'on essaie de faire sont dans un... dans l'intérêt commun,
dans l'objectif d'avoir un meilleur projet de loi. Donc, prétendre, déjà en
partant, que notre travail est de ralentir,
ça m'offusque, ça me dérange énormément. Ce n'est pas une façon de travailler,
voyons donc! Je veux dire, nous, on fait notre travail de bonne... de bonne
foi, donc prétendre le contraire, je pense que c'est... c'est dénigrer
le travail des oppositions, et ça, je trouve que c'est tout à fait déplacé, Mme
la Présidente, de dire ça.
D'autre part, ce que
j'entends, c'est que Mme la ministre se contente, en fait, d'un 66 %. Elle
vise un 100 %, mais elle se donne
beaucoup de marge de manoeuvre pour être capable de donner... de donner de la
marge de manoeuvre aux gens qui nous visitent. Moi, je pense que, comme
nation, on peut imposer le lieu de rencontre et que l'exception, l'exception, ce soit d'aller vers l'extérieur.
C'est ça, un peu, l'esprit du texte de loi qui a été adopté en 2016. Merci,
d'ailleurs, au Parti libéral de l'avoir fait à l'époque, parce que,
franchement, c'est une... il y avait peut-être une plus grande préoccupation à
défendre la capitale nationale à l'époque qu'aujourd'hui, j'ai l'impression.
Moi, ce que je
trouve, là-dedans, c'est que 66 %, on n'est pas dans l'exception, là, on
est quasiment à une rencontre sur deux qui ne se tient pas à Québec. On n'est
pas capables d'imposer que les rencontres se tiennent ici, à Québec. Si Mme la ministre s'en va rencontrer le
président français ou le premier ministre français en France puis qu'on lui
dit : C'est à Paris que ça se passe, je suis pas mal sûr que Mme la
ministre va se dépêcher d'aller à Paris. C'est comme ça que ça se passe.
Donc, Mme la ministre,
puisque vous vous contentez d'un 66 %, et puis une asymptote à 100 %
est comme un idéal pour vous, j'aimerais savoir, vous, là, quand vous étiez
ministre responsable de la Capitale-Nationale, c'était quoi, votre... votre score? Combien de rencontres, combien de
pourcentage on avait ici, dans la région de Québec, dans la capitale
nationale?
La Présidente (Mme Maccarone) : Mme
la ministre.
Mme Guilbault : Bien là, il faudrait que je prenne les quatre ans au
complet puis que je fasse le calcul du nombre de rencontres totales qui se sont
tenues par le gouvernement, ou importantes, ou...
M. Grandmont : De quoi?
Mme Guilbault : D'abord, la notion d'«importante», est-ce qu'elle a été
opérationnalisée? Parce que c'est vague. Puis, deuxièmement...
M. Grandmont : Bien, c'est comme
dans le projet de loi, en fait.
Mme Guilbault : Non, mais ce que je veux dire, c'est que ce que le député
de Taschereau demande en ce moment, c'est que je lui donne, comme ça,
spontanément, le fruit d'un calcul mathématique qui serait le suivant :
Du... Entre le 18 octobre 2018 et le déclenchement de l'élection, le 27 ou
le 28 août 2022, le nombre total de rencontres qui se seraient tenues,
d'importance, au gouvernement... en fait, non, pardon, le nombre total de
rencontres d'importance qui se seraient tenues dans la capitale nationale,
divisé par le nombre total d'importants... de rencontres
d'importance tenues par le gouvernement en général, fois 100, je n'ai pas
ces données-là, ni le numérateur, ni le dénominateur de cette
fraction-là.
M. Grandmont : Mais, attendez, le
projet de loi... la loi... la loi a été adoptée en 2016.
Mme Guilbault : Alors, je pense que c'est un peu exagéré de demander ça
comme ça.
La Présidente (Mme Maccarone) : S'il
vous plaît!
M. Grandmont : Attendez. Mais la loi
a été adoptée en 2016...
Mme Guilbault : Mais l'important...
La Présidente (Mme Maccarone) : M.
le député de Taschereau, s'il vous plaît, c'est la ministre qui a la parole.
Elle répond à votre question.
M. Grandmont : Oui. Pardon. Allez-y.
• (10 h 50) •
Mme Guilbault : Donc, c'est ça. Alors, je répète, là, on demande à un élu,
comme ça, à brûle-pourpoint, d'avoir en tête le nombre total de rencontres qui
se sont tenues par un... d'importance, par un gouvernement, pendant quatre ans, et le nombre total, là-dessus, qui
s'est tenu dans la capitale nationale. Aucun élu, puis certainement pas lui, n'a
cette information-là. Ça prendrait du temps à recenser, c'est quatre années de
rencontres à tous les jours, à toutes les semaines.
Donc, qu'il soit rendu au point de me demander
une chose comme ça, dont lui-même est en train de s'ouvrir parce qu'il sait que
ça... c'est... c'est insensé. Tu sais, Mme la Présidente, moi, je veux bien,
là, qu'on discute de l'importance de la
capitale nationale, mais je pense qu'il faudrait rester, peut-être, dans...
dans une manière de travailler qui est réaliste et, surtout, qui est
orientée vers les résultats, résultats étant : faire avancer un projet de
loi qui crée Mobilité Infra Québec pour faire plus de transport collectif.
Et je
remarque que, depuis le début de ça, mon collègue de Québec solidaire, je ne le trouve pas... particulièrement, pardon, pressé de faire avancer le projet de loi,
alors que, pourtant, c'est l'outil dont on a besoin pour atteindre l'objectif
que lui-même et sa formation politique...
M. Grandmont : ...je m'excuse, elle
me prête des intentions, là.
Mme Guilbault : ...évoquent à chaque semaine au salon bleu.
M. Grandmont : Elle me prête des...
La Présidente (Mme Maccarone) : Merci.
On va faire attention aux propos. M. le député.
M. Grandmont : Oui. Merci. Bien,
justement, action... on va être axés sur les résultats. Moi, je suis d'accord
là-dessus. À l'intérieur du projet de loi, mon... ce que... ce que je veux
obtenir, à travers l'article 3, l'amendement et le sous-amendement, c'est qu'on défende mieux
notre capitale nationale. Moi, je pense que c'est un résultat intéressant
à aller chercher, parce que, visiblement, le gouvernement n'est pas capable de
faire la job là-dessus.
Moi, je vous demande
une chose très simple. Vous me dites... Vous félicitez même le Parti libéral
pour avoir fait... mis en place ce projet de loi là... ce... bien, adopté ce
projet de loi là en 2016. Le projet de loi est très clair. Puis vous devez le connaître, vous avez été quatre ans
ministre responsable de la Capitale-Nationale. Je ne me trompe pas?
Parfait. Alors, je vous lis ce qui est écrit, là, c'est dans les notes
explicatives : «Elle prévoit que, de plus, le territoire de la ville est le lieu privilégié et prioritaire
pour la tenue de rencontres importantes et le lieu de la résidence de fonction
du premier ministre.»
Donc,
pendant quatre ans, vous avez été responsable de la région de la
Capitale-Nationale, vous aviez comme responsabilité,
notamment... pas que, mais notamment l'application de cette loi-là. Puis là
vous me dites que, pendant quatre ans, vous n'avez pas accumulé aucun
indicateur, vous avez... vous n'avez pas comptabilisé, vous n'aviez aucun indicateur, aucun mécanisme de suivi pour
savoir combien de rencontres importantes se sont tenues ici, à Québec.
C'est ce que vous dites?
Mme
Guilbault : Non. Je ne suis pas en train
de dire que cette donnée-là n'existe pas. Je suis en train de dire qu'en ce moment je ne l'ai pas par coeur, comme
ça, spontanément. Donc, après ça, si elle existe, il peut toujours faire
une demande au secrétariat de la
Capitale-Nationale, possiblement que c'est là, ou... je ne sais pas, là, ou au
ministère où se situe le ministre de la Capitale, en ce moment, c'est le
ministère de l'Infrastructure. Alors, c'est des données qui existent.
Mais, Mme la
Présidente, ce n'est pas parce qu'un projet de loi est en commission
parlementaire que ça devient un forum, pour
les oppositions, pour demander n'importe quelle question d'une précision, là...
d'une précision de n'importe quel niveau sur n'importe quel sujet qui
les intéresse ou qui ne les intéresse pas juste parce qu'ils prétendent qu'il y
a un vague lien avec le projet de loi. C'est ça que j'essaie de camper, là, Mme
la Présidente.
Moi, qu'on discute de
l'importance d'avoir son siège social à Québec, qui est le propos de
l'article 3, puis après ça qu'on amende, qu'on sous-amende puis qu'on
brode autour de ça, puis toujours les mêmes mots, autour des mêmes mots,
parfait, mais qu'on essaie d'utiliser le projet de loi pour partir sur plein de
débats connexes qui font en sorte qu'on perd la focalisation, qui est la
création de Mobilité Infra Québec pour avoir plus de transport collectif... À chaque
fois ou presque que le député de Taschereau s'est levé, au salon bleu, c'est
pour demander pourquoi la CAQ ne fait pas plus de transport collectif :
Qu'est-ce qu'on attend? On va-tu avoir plus de transport collectif? Pourquoi il
n'y a pas plus d'argent en transport collectif? Bon, pour l'argent, le tableau
est clair, donc il peut aller voir notre collègue de Nelligan, il a justement
mon tableau, moi, je ne l'ai même pas, lui, il le traîne avec lui. Je suis
contente, ça lui permet de revoir à chaque fois à quel point le Parti libéral
sous-investissait en matière de transport collectif.
La Présidente (Mme
Maccarone) : ...
Mme
Guilbault : Mais on a besoin pas juste
d'argent, on a besoin d'un outil pour faire avancer le transport collectif. Et on a besoin que le projet de loi
avance. Il y a 120 articles, et, si on veut qu'il soit adopté d'ici Noël,
parce que j'imagine que... en tout cas, on peut penser que d'aucuns
pourraient avoir l'intention de nous garder ici jusqu'à la fin de la session.
Si on veut que ce soit créé après, là, il faut que ça avance, Mme la
Présidente. C'est pour ça que je propose que, par
respect pour les contribuables puis par volonté, je l'espère, partagée de créer
Mobilité Infra Québec plus tôt que tard pour pouvoir... pour aller de l'avant
avec un projet dans l'est de Montréal, notamment, où mes deux collègues d'en face ont des collègues élus là dans leur caucus,
bien, je propose qu'on s'en tienne aux propos de l'article 3. Et là moi, je considère que j'ai fait le tour de ce
que j'avais à dire sur l'amendement et le sous-amendement. Pour nous,
c'était très important que le siège social soit à Québec. C'est pour ça que ça
arrive à l'article 3, donc très tôt dans le projet de loi, et, en ce qui
nous concerne, ça fait le tour de la question, Mme la Présidente.
La Présidente (Mme
Maccarone) : Merci. Vous disposez de quatre minutes, M. le
député.
M.
Grandmont : Oui, Mme la Présidente. Bon, d'une part, je suis quand
même très étonné que la ministre n'ait pas au moins une vague idée de son
score, là, de son pourcentage de rencontres importantes qu'elle a pu tenir à
Québec. Si elle a été ministre responsable de la Capitale-Nationale, je
comprends qu'elle n'a pas les chiffres précis par année, les quatre années où
elle a été ministre responsable de la Capitale-Nationale, mais qu'elle sache au
moins s'ils étaient autour de 40 %, de
50 %, de 60 %, de 70 %. Est-ce qu'elle fait mieux que son
collègue actuel? Je ne sais pas. 70 %, 66 %, là, ça, c'est le
score du ministre actuel basé sur la dernière année. Puis la ministre ne semble
même pas savoir, elle, ça tournait autour de combien. Donc, j'ai l'impression
que, pendant quatre ans, là, elle n'a pas regardé le contenu de la loi puis
elle n'a pas été capable d'aller chercher l'information puis de s'en
préoccuper. Je ne veux pas lui mettre des mots dans la bouche, mais elle n'a
pas répondu à mes questions. Elle n'est pas capable de nous donner cette
information-là.
Donc, moi, je trouve
que c'est préoccupant, ça donne bien, un peu, l'état des résultats, aussi, à la
fin des courses. Parce qu'on le sait, on l'a
déjà mentionné, on a déjà eu des grands débats là-dessus, au salon bleu à
l'époque, à l'effet qu'il n'y a rien qui a été déployé dans la grande
région de la Capitale-Nationale. Je me souviens des études de crédits où on a
été très, très clairs. On a réussi à faire avouer qu'il n'y avait rien qui
avait été livré par la CAQ dans la région de la Capitale-Nationale, rien du
tout.
Alors, est-ce qu'on
peut s'étonner qu'aujourd'hui la ministre est très pressée de mettre en place
sa nouvelle agence? Peut-être pour... On ne le sait pas. Cette nouvelle agence
là, qui... Puis elle nous dit : Ça nous prend une agence
rapidement pour être capable de livrer des projets de transport collectif,
alors que ce qu'on voit, c'est qu'il n'y a rien eu, il n'y a rien qui a été
fait pendant six ans. Pourquoi avoir attendu six ans? Pourquoi attendre la
création d'une agence? On aurait pu commencer bien avant. On aurait même pu
commencer avant en faisant le travail à l'intérieur du ministère des Transports
et de la Mobilité durable, mais rien n'a été fait, Mme la Présidente. Alors, ce
n'est pas vrai que c'est à cause des oppositions puis à cause du travail très
sérieux qu'on essaie de faire sur le projet de loi n° 61 que tout est
retardé au Québec, ce n'est pas vrai. Ça fait six ans qu'ils sont au pouvoir,
il n'y a rien qui a été fait, rien. Je veux dire, à un moment donné, là, on a
le dos large, mais il ne faut pas charrier non plus, là.
Moi, je reviendrais
là-dessus quand même. Il me reste deux minutes pour parler, mais j'aimerais
faire quand même prendre conscience à Mme la ministre que, oui, avoir son siège
social à Québec, c'est une chose, mais que les rencontres importantes se
passent à Québec, je pense que c'est quelque chose d'important qu'on doit
ajouter. Puis je prendrais pour exemple exactement son gouvernement. Son
gouvernement a son siège social où, Mme la ministre? À Québec. On est dedans. C'est le siège social du gouvernement. On est
dedans. Et où se tiennent les rencontres? À l'extérieur de Québec dans
36 % des cas, Mme la Présidente, 36 %.
Donc, qu'on ait un
siège social de Mobilité Infra ici, à Québec, ne garantit pas que les
rencontres importantes vont se faire ici, à Québec, ça ne veut rien dire. Puis,
si on se fie à l'action du gouvernement actuellement, là, on peut être sûr que
ça sera... ça ne sera peut-être même pas la note de passage pour Mobilité Infra
Québec, honnêtement, là.
Donc, moi, j'invite
vraiment Mme la ministre à... et la partie gouvernementale qui m'écoute avec
beaucoup d'attention — merci,
Mme la députée d'Argenteuil — de prendre en considération que les
rencontres doivent se tenir ici. C'est
exactement le même parallèle qu'avec le gouvernement. C'est vrai ou ce n'est
pas vrai? Le gouvernement, là, il a son siège social ici? Oui. Est-ce
que toutes les rencontres se font ici, dans la capitale nationale? Non,
exactement. La députée collègue en face est d'accord avec moi.
Donc, voilà. Je
n'irai pas plus loin. Je pense que Mme la ministre a fait son point. Elle ne
semble pas vouloir défendre la capitale
nationale de manière exceptionnelle. 66 %, 70 %, pour elle, ça semble
suffisant. J'ai l'impression que,
pour Mobilité Infra Québec, ça va être le même genre de critères ou de barèmes
qu'on va se donner. Quand c'est possible, on le fait, sinon on se
déplace, puis il n'y a pas de problème.
La Présidente (Mme Maccarone) : Merci.
Y a-t-il d'autres interventions sur le sous-amendement du député de Taschereau?
Je vois qu'il n'y en a pas. Alors, nous allons procéder à la mise aux voix par
appel nominal. Mme la secrétaire, s'il vous plaît.
La
Secrétaire : Pour, contre, abstention. M. Grandmont (Taschereau)?
M.
Grandmont : Pour.
La
Secrétaire : Mme Guilbault (Louis-Hébert)?
Mme
Guilbault : Contre.
La
Secrétaire : M. Lemay (Masson)?
M. Lemay : Contre.
La
Secrétaire : Mme Tardif (Laviolette—Saint-Maurice)?
Mme Tardif : Contre.
La
Secrétaire : M. Bernard (Rouyn-Noranda—Témiscamingue)?
M. Bernard : Contre.
La
Secrétaire : Mme Abou-Khalil (Fabre)?
Mme
Abou-Khalil : Contre.
La Secrétaire :
Mme Grondin (Argenteuil)?
Mme Grondin :
Contre.
La
Secrétaire : M. Derraji (Nelligan)?
M. Derraji : Pour.
La
Secrétaire : Mme Maccarone (Westmount—Saint-Louis)?
La Présidente (Mme
Maccarone) : Abstention. Alors, le sous-amendement est rejeté, et nous revenons à l'amendement à l'article 3 déposé par la députée de Saint-Laurent.
M. le député de Nelligan, vous disposez de 20 minutes.
M. Derraji : Oui, mais, avant de
commencer, Mme la Présidente, vous avez vérifié, est-ce qu'il y avait un
engagement par rapport au dépôt du...
La Présidente (Mme Maccarone) : Nous
sommes toujours en train de faire les vérifications, je vous...
• (11 heures) •
M. Derraji : Oui, mais...
La Présidente (Mme Maccarone) : Je
prends l'engagement de vous revenir.
M. Derraji : Mais je n'ai que
20 minutes, Mme la Présidente.
La Présidente (Mme Maccarone) : Je
comprends.
M.
Derraji : Et vous savez l'enjeu que j'ai, et il y avait
beaucoup de choses qui ont été dites par rapport à ça, là, mais je pense
qu'il n'y a personne qui va dire ou me de donner des leçons sur la façon avec
laquelle on doit travailler. Je pense qu'on
le fait dans l'intérêt. Et moi, je ne juge personne autour de la table comme je
ne juge pas les collègues de Mme la ministre qui sont là, qui suivent
les travaux. Je pense que chacun contribue à sa manière à faire son travail, et
prétendre le contraire, c'est juste de... Je vais m'abstenir de dire ce que je
pense, Mme la Présidente.
Donc, je reviens à l'amendement de ma collègue
et, encore une fois, mon collègue, j'aurais aimé... j'aurais aimé que la partie gouvernementale vote pour.
Donc, tout à l'heure, ce que je disais, c'est des hypothèses, mais l'hypothèse,
maintenant, elle est validée, malheureusement. Le gouvernement a voté contre
l'amendement de mon collègue le député de Taschereau. Et là on revient à
l'amendement de ma collègue la députée de Saint-Laurent : «Toutes les
rencontres avec un membre du gouvernement ainsi que les rencontres du conseil
d'administration doivent se tenir dans la ville de Québec.»
Et pourquoi c'est important? Parce que, Mme la
Présidente, ça fait six ans que la CAQ est au pouvoir. Ce n'est pas le Parti
libéral qui a fait une conférence de presse, en arrivant avec
1 000 pages, et dire à tout le monde que les documents, on les a lus et on a pensé que... etc. Tu sais, les
Québécois se souviennent de tout cela, Mme la Présidente. Ce n'est pas
le Parti libéral qui a lancé le projet du troisième lien. Ce n'est pas le Parti
libéral qui a fermé le projet du troisième lien. Ce n'est pas le Parti libéral
qui a dit : Lâchez-moi avec les GES. Ce n'est pas le Parti libéral, mais
les collègues de Mme la ministre qui ont dit
clairement : Ça prend un retour de l'ascenseur. Ce sont les propos des
collègues de Mme la ministre, et, je tiens à rappeler, c'est la
vice-première ministre. Donc, je comprends que, parfois, des questions
détaillées, ça peut heurter. Mais, écoutez, Mme la Présidente, à part qu'elle
est ministre du Transport et de la Mobilité durable, elle est vice-première
ministre. Et vice-première ministre, ce n'est pas juste un titre honorifique,
Mme la Présidente, ça vient avec beaucoup de responsabilités.
Et je reviens à ce tableau, Mme la Présidente.
Tout à l'heure, vous m'avez dit que j'ai le droit de parler de ce tableau dans
le cadre de ce... de cet article. Alors, Mme la Présidente, ce tableau a été
utilisé par Mme la ministre elle-même. Si elle ne voulait pas qu'on parle de
ça, elle aurait dû ne pas le ramener. Donc, aujourd'hui, prétendre que nous, on veut aller dans un sens et... qui est
loin du projet de loi, ce n'est pas l'opposition qui a ramené ce projet... ce
tableau, là. Et je tiens... aux gens qui nous suivent, qui viennent d'écouter
ce que Mme la ministre et vice-première ministre vient de dire, de
revenir à la séance du 9 octobre.
Et donc, Mme la Présidente, comme... quand Mme
la vice-première ministre ramène un tableau, ma collègue avait des questions légitimes, et c'est pour cela
que nous avons demandé pas mal d'informations par rapport aux dollars constants,
par rapport... par rapport au PQI, s'il était en constant ou en courant. Je
comprends que Mme la ministre vient de nous répondre. On lui a posé la question
par rapport aux gouvernements au pluriel, 7.8, on a demandé la ventilation provinciale, fédérale. Et il y avait
un engagement, Mme la Présidente, parce qu'on lui a demandé de le déposer,
et elle avait dit oui. C'est ce que j'ai
dans la transcription. Je l'ai devant moi. C'est facilement vérifiable, la
transcription du 9 octobre.
Donc, Mme la Présidente, la vice-première
ministre utilise les tableaux là où elle veut et quand elle veut, c'est son choix. C'est parce que c'est le seul
argument qu'elle a entre ses mains. Moi, je vois les résultats à la lumière, aussi,
de ce que mon collègue le député Taschereau vient de dire. Écoutez, on le voit,
après six ans, il n'y a pas de... il n'y a pas d'avancée en matière de transport
collectif, surtout au niveau de la capitale nationale.
Et c'est pour cela que nous, on voit que cet
amendement va régler, en partie, pas... je dirais, ça ne va pas... ça ne va pas
régler tous... tous les éléments. Essayer de comparer avec Macron, avec les
membres du gouvernement et avec les conseils d'administration, je veux dire, il
n'y a personne qui a parlé de recevoir Macron à Québec, ou à Trois-Rivières, ou
à Gatineau, ou à Ottawa. On est... on est en train de parler des membres du
gouvernement, on est en train de parler des
rencontres du conseil d'administration qui doivent se tenir dans la ville de
Québec. Et, je tiens encore à le rappeler, statut de la capitale
nationale, c'est très important. Et donc, si on veut parler de l'agence, qui
est une agence de mobilité, Mme la Présidente, bien, la moindre des choses,
c'est qu'un engagement clair que les rencontres avec un membre du gouvernement
et aussi les rencontres du conseil d'administration doivent se tenir dans la
ville de Québec. Je ne pense même pas que,
quand on a déposé ce... cet amendement, qu'il y avait matière à penser qu'on ne
va pas passer autant de temps pour convaincre la vice-première ministre
de l'importance de faire ce genre de rencontres à Québec.
Je n'ai jamais pensé que je vais être obligé d'expliquer le pourquoi du comment
que c'est très important, mener ce genre de rencontres à Québec, au niveau de
la capitale nationale.
Mme la Présidente, pouvez-vous me dire à quel
moment on va avoir la réponse par rapport à ce tableau? Parce que ça m'empêche
de continuer, malheureusement.
La Présidente (Mme Maccarone) : Je
comprends. C'est un peu compliqué parce que la transcript n'est pas disponible pour le moment, alors il faudrait
vérifier la vidéo. Mais je prends la parole de la ministre, si elle dit qu'elle
va déposer... il faut... il faut croire.
M. Derraji : Oui, oui.
La
Présidente (Mme Maccarone) : Nous allons quand même vérifier. La secrétaire, elle ne peut pas faire
ça...
Mme Guilbault :
Il est déjà là, le tableau.
La
Présidente (Mme Maccarone) : ...pendant que nous sommes en train de faire notre débat en ce qui
concerne la loi édictée. Alors, je vous demande votre patience.
M. Derraji : Vous avez
dit : Un nouveau tableau.
La Présidente (Mme Maccarone) : Excusez-moi,
collègue... Excusez-moi, collègue, juste pour répondre à votre question, nous
allons faire la vérification à la pause et nous allons revenir avec une réponse
pour vous pour savoir c'était quoi exactement qui a été dit au micro.
M. Derraji : Ça a été
dit : Un nouveau tableau. Mais je comprends, Mme la Présidente. C'est
juste, vous comprenez que je veux bien suivre les règles, l'opportunité de
parler de ce tableau, elle est là maintenant. Vous comprenez que les règles que nous avons m'obligent à les suivre, et je
les suis. Ce sont des règles qu'on s'est données, tous, à l'intérieur de
ce parlement, qu'on doit respecter. On n'invente rien.
Donc, quand on parle à propos d'un article, il y
a des règles qui nous guident, il n'y a personne qui a changé les règles, les
contribuables le savent, comme la ministre a le droit de ne pas répondre et de
faire autre chose en parallèle quand les députés de l'opposition parlent. Elle
a le droit. Mais, Mme la Présidente, je veux juste être clair, c'est qu'il y
avait un engagement la semaine dernière. Mme la ministre lisait des données sur
son téléphone, elle a dit qu'elle allait le déposer et elle parlait d'un
nouveau tableau sur le PQI des anciens gouvernements. Donc, voilà. Une fois que j'ai dit ça, je vous laisse... je vous
fais confiance, faites les vérifications. Je vous ai dit que, pendant ma semaine
de circonscription, j'ai eu le grand plaisir de revisionner le tout, parce que
je tiens à le dire, je n'ai pas pu être là.
Et parlant de chiffres, Mme la Présidente, parce
que, tout à l'heure, Mme la ministre parlait de l'agence, mais, écoutez, on a eu un débat sur la ventilation
des prix. D'ailleurs, Mme la ministre, je tiens à le rappeler, on a demandé même l'ajournement de la... de la commission.
Donc, on veut parler combien ça va coûter aux contribuables, l'agence. Et
même, le 8 octobre, si je me rappelle bien, à 16 heures, elle s'est
engagée à nous dire combien coûtent les différents bureaux de projets pour le
gouvernement. On attend toujours les chiffres, Mme la Présidente, l'ensemble des bureaux de projets que le gouvernement paie
dans pas mal de villes, combien ça coûte. Et on a eu un débat de fond. Donc,
prétendre aujourd'hui le contraire, c'est un peu gênant, Mme la Présidente.
Donc, ce que j'aimerais clarifier aujourd'hui...
qu'après six ans de ce gouvernement... et je peux même dire... Je ne vais pas
me projeter dans le futur, mais on le voit avec l'appel à
l'international : un gouvernement qui a passé deux mandats avec des
slogans sur le troisième lien, qui n'a aucun projet structurant lancé ou initié
au niveau de la capitale nationale, je pense que, pour nous, les rencontres
avec les membres du gouvernement, si le gouvernement est sérieux dans sa
nouvelle structure... Parce qu'on n'est pas encore... on est au début de
l'étude de ce projet de loi, Mme la
Présidente. Et... et c'est là où ça devient quand même important. Ces
rencontres avec un membre du gouvernement, c'est dans quel objectif?
C'est parce que, Mme la ministre vient de dire
que la Caisse de dépôt est en train de livrer le projet le plus structurant...
structurant au niveau de la CMM. Il y en a un qui roule déjà, merci le Parti
libéral, l'antenne Brossard-centre-ville. À côté de chez moi, les deux lignes
avancent très bien. Donc, au niveau de la CMM... et il y a aussi la connexion avec l'aéroport de Montréal. Je sais
qu'il y a encore des projets qui traînent, mais ce n'est pas le Parti libéral qui les fait traîner, c'est
la CAQ, malheureusement. Et je pense au PSE, plan structurant de l'Est, il y a
même des bretelles qu'on attend des réponses, Mme la Présidente. Vous le savez,
et je l'ai mentionnée à plusieurs reprises, la bretelle 40-640 que les gens du comté du député de Masson
attendent encore avec beaucoup, beaucoup, beaucoup de... d'intérêt. Les
gens demandent : Le gouvernement, il fait quoi avec cette bretelle? Parce
qu'il y avait un engagement. Donc, il y avait plusieurs questions.
• (11 h 10) •
Mais, maintenant, pourquoi on insiste sur ce
genre de rencontres au niveau de la capitale nationale? C'est parce qu'on a vu
l'échec caquiste en matière de transport collectif. Suivez juste ce qui se
passe avec le troisième lien. Qui va croire encore la CAQ avec la mobilité
durable? Écoutez, je ne sais pas si vous suivez un peu la revue de presse, Mme
la Présidente, mais ça devient à être, je vous ai dit, un volte-face, un
revolte-face, mais on est rendus à ce qu'on invente des mots, «re-revolte-face».
Donc, moi, ce que je
veux... Parce que je veux que les gens de la capitale nationale aient leur...
un projet structurant en mobilité durable. Mme la ministre, qui est
vice-première ministre... Donc, vous savez que, si j'ai en face de moi un ministre,
je peux comprendre qu'il n'a pas tous les éléments, mais j'ai la vice-première
ministre. C'est un titre plus qu'honorifique, Mme la Présidente, c'est plus
qu'honorifique, et elle a les compétences pour. Donc, Mme la Présidente, quand je me posais des questions, la députée de
Saint-Laurent et moi-même, sur ce tableau, c'est parce
qu'on veut aller au fond des choses, parce qu'on a la chance d'avoir en face...
d'avoir en face de nous la vice-première ministre.
Donc, Mme la Présidente, je pense que
l'amendement est très clair, très simple. On le résume en deux mots. Il y a un statut de la capitale nationale, et ce
statut de la capitale nationale a été fait par un gouvernement libéral en 2016.
Le gouvernement a légiféré. Il a eu le courage de légiférer. C'est un bon
statut, on doit l'honorer, pas juste avec les paroles, mais aussi avec des
actions, et c'est pour cela qu'aujourd'hui, pour nous, c'est très, très, très
important, avoir un message très clair envoyé à Mobilité Infra Québec que le
gouvernement, qui n'a rien fait pour la capitale nationale... Et peu importe ce
gouvernement, parce que, comme je vous ai dit, on ne peut pas prétendre quoi
que ce soit pour 2026, mais il y a un risque
d'avoir un autre gouvernement, comme ça risque d'être quelqu'un d'autre à la
tête du ministère du Transport.
Mais on ne peut pas, on ne peut pas aujourd'hui
penser que ce n'est pas très important de tenir ce genre de rencontres dans la capitale
nationale. Et, si vous lisez et vous prenez le temps de lire l'amendement, il
n'y a aucune obligation pour Mobilité Infra à tenir des rencontres. Il ne vient
pas obliger MIQ à tenir des rencontres à l'extérieur, il vient obliger les
rencontres du conseil d'administration et des membres du gouvernement à les
tenir à Québec. C'est ça qui est très important.
Demain, si Mobilité Infra Québec a un projet à
Montréal ou à Laval, ils peuvent tenir des rencontres à Laval ou à Montréal. Mais, encore une fois, le conseil
d'administration, c'est à Québec, c'est au niveau de la capitale nationale. Une rencontre avec un ministre, surtout de la Mobilité durable,
du Transport, c'est à Québec. Et je ne réalise même pas encore, Mme la
Présidente, que ça fait 40 minutes que je parle de l'importance de tenir les
rencontres à Québec. En face de moi :
l'ex-ministre de la Capitale-Nationale. Je n'ai jamais pensé que — ça
fait six ans que je suis élu — que
je vais avoir ce genre d'intervention en commission parlementaire, de
réitérer l'importance de tenir des rencontres à la capitale nationale avec la
ministre du Transport pour une future agence.
Et d'ailleurs quelle bonne économie de GES! La
ministre est à Québec, toutes les rencontres peuvent se tenir à Québec. Le
siège de Mobilité Infra Québec sera à Québec. Donc, en termes de mobilité
durable, quel message... quel message envoyé! On est là chaque semaine, Mme la
Présidente. Le futur ministre du Transport sera là. Il y a aussi un conseil des ministres à l'édifice Honoré-Mercier à tous les mercredis. J'ai même, moi, eu
l'occasion quand j'étais membre d'un conseil d'administration, à
l'époque, Retraite Québec... on déplaçait beaucoup de gens à Québec. On avait
des rencontres avec la Caisse de dépôt chez eux. On le faisait une fois
l'année. Pourquoi? Parce que c'est la Caisse
de dépôt qui gérait le fonds de
pensions des retraités du Québec. J'ai eu l'occasion de vivre cela, et c'est
toujours important de venir à Québec, de rencontrer les autres membres
du conseil d'administration à Québec.
Et je vous ai dit que ça fait du sens avec le
sens même du nom du ministère. Le ministère, ce n'est pas uniquement un
ministère des Transports, c'est aussi de la Mobilité durable. Et, on sait très
bien, le gouvernement s'est engagé avec... Écoute, je ne sais pas s'ils vont
l'arrêter, est-ce qu'ils vont avoir l'argent, parce que, là, avec les déficits
qu'ils ont eux-mêmes créés, qu'ils vont continuer à payer, Mme la Présidente,
les... l'ensemble des fonds... Je vous ai
dit, j'ai reçu beaucoup d'appels, ma collègue peut le confirmer aussi, on
reçoit beaucoup d'appels. Il y a un problème
au niveau de payer les... pas les fournisseurs, mais les gens qui utilisaient
des programmes du gouvernement.
Donc, on ne provoque pas des nouveaux
déplacements, ils sont à Québec. Tous les mercredis, il y a des réunions. Et je pense que, Mme la Présidente, le
gouvernement, avec tout ce qu'il a fait avec la capitale nationale en matière
de transport et mobilité durable, je ne peux pas dire que la moindre des
choses, c'est de tenir ce genre de rencontres à Québec. Mais je pense que ça
fait du sens, Mme la Présidente, de dire qu'on a un enjeu avec la mobilité à
Québec. D'ailleurs, c'est ça, l'enjeu, et on le voit avec le troisième lien, on
voit tout ce qui a été fait.
À Montréal, ça
fonctionne. Vous avez la Société de transport de Montréal, vous avez la Société
de transport de Laval, vous avez la société de transport de Longueuil, vous
avez l'ARTM, vous avez le REM, vous avez les trains de banlieue. À Québec, on a
une seule société de transport, oui, avec une autre société de transport à Lévis,
mais, Mme la Présidente, là où le gouvernement
l'a échappé complètement, c'est qu'après six ans l'enjeu de mobilité durable
se pose énormément au niveau de la capitale nationale.
Je vous ai
parlé des arguments en lien avec le statut de la capitale nationale. Je pense
que j'ai été très clair au niveau de ce statut de la capitale nationale,
qui n'est pas respecté. Parce qu'on ne peut pas aujourd'hui, Mme la Présidente,
prétendre qu'on va le respecter, parce que notre gouvernement a déjà légiféré
sur ce statut en 2016. Donc, je trouve que notre amendement, c'est en
parfaite... c'est... c'est très cohérent avec nos positions. Mais, un siège
social à Québec, comme la ministre et la
vice-première ministre disait tout à l'heure, ne garantit en aucun cas que les
rencontres importantes vont se tenir à Québec. Tout à l'heure, elle
parlait de Macron. Je peux juste rappeler que la résidence officielle du
premier ministre est à Québec, mais il reçoit quand même les dignitaires à
Montréal.
Donc, Mme la Présidente, je pense que
l'amendement déposé par notre formation politique, il est très clair.
L'amendement ne vient pas obliger Mobilité Infra Québec à tenir des rencontres
à l'extérieur de Québec, il vient obliger
les rencontres du conseil d'administration et du membre du gouvernement.
Pourquoi? C'est aussi développer ce réflexe capitale nationale.
Il y a beaucoup de
gens qui se sont battus pour ça. Je me rappelle de l'ex-maire de Québec, Régis
Labeaume. Je me rappelle de Sam Hamad. Je me rappelle de beaucoup de gens de la
capitale nationale qui ont... qui ont travaillé fort pour la capitale. Et, je vous le dis, je ne
réalise pas encore pourquoi je dois parler autant de minutes pour
convaincre le gouvernement que c'est très important que les rencontres du
conseil d'administration, surtout avec le gouvernement, doivent se tenir à
Québec. Je pense que c'est... comme amendement... doit être applaudi, souligné
par le gouvernement, et non pas continuer à expliquer au gouvernement pourquoi
c'est très important que les rencontres du conseil d'administration, je tiens à
le préciser, Mme la Présidente... je ne parle pas de Mobilité Infra Québec. Si,
demain, Mobilité Infra Québec a un projet... D'ailleurs, beaucoup de collègues
caquistes autour de la table, ils ont fait des promotions... des promesses
électorales. Alors, à leurs électeurs, ils vont... ils seront jugés en 2026. Il
est où le REM de Chambly?
Il est où le plan structurant de l'Est? La congestion 40-640, c'est
énorme. La circulation à l'est, Mme la Présidente, c'est infernal. J'en
suis sûr et certain que le député de Masson partage avec moi ce point de vue.
Il le sait, il habite là-bas, on prend toujours la même autoroute.
Alors, Mme la
Présidente, je sais qu'il me reste une minute, mais je tiens à vous confirmer
que ça m'intéresse, ce débat sur le tableau. Ce n'est pas moi qui l'a ramené,
c'est Mme la ministre. Je vous invite à aller voir
tout ce qu'elle a mentionné lors de l'échange avec ma collègue députée de Saint-Laurent, dollars constants... Le PQI, c'est très important, parce
qu'elle nous a parlé du PQI, et, pour nous, c'est très important avoir ça,
parce que c'est un tableau qu'elle aime beaucoup. Donc, c'est très important de
voir... de voir le tout, Mme la Présidente. Donc, voilà.
Donc, écoutez,
j'espère que le gouvernement va appuyer cet amendement. Je le trouve très
simple, très cohérent avec le statut de la capitale nationale. Nous avons
légiféré en 2016, ce n'est pas un fake projet de loi. Le statut de la capitale
nationale doit être respecté, et les réunions du conseil d'administration avec
les gouvernements doivent, doivent, être faites et doivent se tenir à la ville
de Québec.
• (11 h 20) •
La Présidente
(Mme Maccarone) : Merci beaucoup.
M. Derraji :
Merci, Mme la Présidente.
La Présidente
(Mme Maccarone) : Merci. M. le député de Taschereau.
M. Grandmont :
...Mme la Présidente. Il me reste combien de temps?
La Présidente
(Mme Maccarone) : 15 min 40 s.
M. Grandmont :
Parfait. Merci beaucoup. Bon, je ne sais pas, il semble y avoir un
conciliabule. Peut-être qu'on est en train
de discuter, du côté gouvernemental, là, la possibilité d'adopter cet
amendement qui a été déposé par notre collègue députée de Saint-Laurent.
Je ne sais pas si, Mme la ministre... nous donnez des indications peut-être par
rapport à ce... cet amendement-là.
La Présidente
(Mme Maccarone) : Mme la ministre, M. le député vous pose une
question.
Mme Guilbault :
...sur le même sous-amendement?
La Présidente
(Mme Maccarone) : Non.
M. Grandmont :
Bien, je vous ai posé une question.
La Présidente
(Mme Maccarone) : On est sur l'amendement à l'article 3.
Mme Guilbault : Oui. La question... quoi? Si on est en train de discuter de
l'éventuelle approbation?
M. Grandmont : Oui, c'est ça.
Exactement. Parce que vous aviez un conciliabule, je voulais savoir si vous
aviez une indication à nous donner.
Mme Guilbault : Je suis en train de discuter du projet de loi, qui est le
propos de la commission, oui, avec mes collègues.
M. Grandmont : Parfait. Excellent. Mais donc, sur l'amendement... Est-ce que c'est de
ça que vous discutiez avec votre collègue?
Mme Guilbault : Non, je n'étais pas en train de discuter de cet
amendement-là. J'ai déjà dit au micro, puis je
le maintiens, l'amendement, c'est la même chose que le sous-amendement, ça
tourne tout autour du même sujet, que j'ai abordé déjà abondamment. On
est encore sur l'article 3 ici, là?
M. Grandmont :
Oui...
Mme Guilbault : J'imagine que oui.
M. Grandmont :
...l'amendement sur l'article 3.
Mme Guilbault : On ne va pas se priver de minutes sur l'article 3.
Mais je vais peut-être en profiter, parce que j'ai entendu le député de Nelligan...
M. Grandmont :
Mais elle n'a pas... Excuse, elle n'a pas répondu à ma question. Je voulais
savoir si...
Mme Guilbault : Oui, j'ai répondu. J'ai dit que je suis en train de discuter du projet
de loi avec mes collègues, mais pas de l'article 3.
M. Grandmont : Daccord. Donc, je vais
poser mes autres questions dans ce cas-là. Il y a quelqu'un qui, en 2016, disait...
Parce que, là, on réfère toujours, dans le fond, à l'importance non seulement
d'avoir un siège social dans la ville de
Québec, mais aussi de faire l'ensemble de ces rencontres... parce que c'est un
peu ça, là, l'article... l'amendement qui est proposé, c'est que toutes
les rencontres avec un membre du gouvernement ainsi que les rencontres du
conseil d'administration doivent se tenir dans la ville de Québec.
Puis, c'est
intéressant, en 2016, il y a quelqu'un qui disait que dire que Québec est la
capitale, c'est une chose, mais agir en conséquence en est une autre. C'est un
peu, en fait, le sens de l'amendement qui est proposé sur l'article 3,
c'est-à-dire, oui, c'est bien d'avoir un siège social puis de mentionner que,
dans le fond, c'est ici que ça se passe,
mais concrètement, pour s'assurer que ça se réalise, c'est-à-dire que les
rencontres importantes aient réellement lieu dans notre capitale nationale,
bien, il faut mettre en place des mécanismes qui vont le garantir. C'est un peu
ça, je pense, au fond, le fondement de l'amendement qui est proposé.
Puis,
en fait, c'était notre député actuel du... de la... de la Cybersécurité et du
Numérique qui disait ça en 2016. Il revient souvent ce ministre-là, on
l'apprécie beaucoup, le député de La Peltrie. Mais c'est lui qui disait
ça, en fait, que dire que Québec est une capitale, c'est une chose, mais agir
en conséquence, c'en est une autre. Donc, j'imagine qu'il serait d'accord avec
la ministre qui dit que, finalement, bien, on doit faire confiance. On peut
avoir le conseil... C'est-à-dire que le siège social peut être ici, à Québec,
mais que, dans le fond, on ne fera pas vraiment de mesures... on ne mettra en
place des mesures pour s'assurer que les rencontres aient vraiment lieu ici, à
Québec.
Donc, je ne sais pas
si je pourrais déposer une motion préliminaire à nouveau. Je ne pense pas. Mais
pour... pour voir avec... Non, je sais, malheureusement. Mais j'aurais aimé
bien... j'aurais bien aimé l'entendre, le député de La Peltrie là-dessus.
Mais est-ce que vous n'êtes pas d'accord avec ça, qu'il faut agir en
conséquence, s'assurer de mettre les moyens pour s'assurer que les rencontres
se passent effectivement ici, à Québec? Parce que, comme je l'ai dit tantôt, le
gouvernement est en place ici, mais les rencontres ont lieu ailleurs. La même
chose risque de se passer pour Mobilité Infra Québec. Quelles garanties on a
que ça va vraiment se passer ici?
Mme Guilbault : Oui. Bien, le siège social est dans la ville de Québec, tel
que stipulé à l'article 3 du projet de loi, article qui arrive très tôt
dans la loi, ce qui traduit notre énorme préoccupation pour s'assurer que les
sièges sociaux demeurent non seulement au Québec, mais idéalement à Québec.
Alors, je pense que c'est assez clair. Puis, tu sais, là, depuis tout à
l'heure, j'écoute toutes sortes de propos sur la capitale nationale, ça fait
que je vais me permettre de compléter. Depuis six ans, le... l'importance
accordée à la capitale nationale se traduit par l'avancement de projets qui n'avaient pas avancé auparavant. Le
troisième lien, on le sait, le Parti
libéral est contre le troisième lien.
Québec solidaire est évidemment contre le troisième lien, comme probablement
l'entièreté des projets routiers au Québec,
sauf la 20 à Rimouski. Leur candidate de 2018 et 2022 avait été pour le
prolongement de la 20 dans le Bas-Saint-Laurent,
donc...
Mais j'ai... je viens
de lancer un appel d'intérêt, là, sur... Puis là je vois mon collègue de Nelligan
en face, ça fait que peut-être qu'il va être aussi attentif à mes propos que je
suis attentive aux siens quand il parle. L'appel d'intérêt, l'appel... Bien,
c'est ça... on est tous attentifs les uns aux autres, Mme la Présidente, c'est
le concept des commissions parlementaires.
M. Grandmont :
Moi, je le suis, moi, je le suis.
Mme Guilbault :
Et donc, c'est ça, l'appel d'intérêt qu'on a annoncé le 11 octobre
dernier, c'est une étape qui n'avait jamais
été franchie. Le projet de troisième lien était toujours resté dans le
ministère, dans le gouvernement, toutes
sortes d'études, même du temps des libéraux, même si les libéraux maintenant
sont contre le troisième lien, et là il est sorti du ministère, il est
sur le marché international. Ça, c'est une grande étape pour la capitale
nationale.
Et, même si les
collègues s'en amusent, le fait qu'autant de personnes dans la Capitale-Nationale
et Chaudière-Appalaches veulent un troisième lien... Je l'ai déjà dit dans une
interpellation, pour moi, c'est très incohérent que le Parti libéral et Québec
solidaire utilisent la voix des gens de Québec — Chaudière-Appalaches,
pas vraiment, ils n'en parlent jamais, mais nous, on en parle parce que, pour
nous, c'est important, mais prenons juste Québec — invoquent, quand ça
les arrange, la voix des gens de Québec en disant : Ils veulent un projet
de tramway, mais taisent continuellement le
fait que ces gens-là aussi, et dans une plus grande proportion, veulent un
troisième lien. Donc, la voix des gens de Québec, ça les intéresse pour
parler du tramway, du transport collectif, de tout... de tout ça, mais, quand
il s'agit des routes, du troisième lien... Réaménagement de la tête des ponts,
ça fait combien d'années que c'était le
spaghetti qu'on appelait quand on était dans l'opposition? Ça fait combien
d'années que c'était sur la glace avec les libéraux? Puis on est en
train de le faire. Je vous invite à aller faire un tour sur l'avenue des
Hôtels, vous allez voir, c'est corsé un peu. Mais pourquoi? Parce qu'enfin on
fait le réaménagement de la tête des ponts.
Donc, ça, c'est toutes des
choses routières qui n'intéressent probablement pas le député de Taschereau, mais
les gens de Québec qu'il invoque quand ça l'arrange, les gens de Québec, ils
veulent aussi un troisième lien. Ils veulent le réaménagement des autoroutes.
Henri-IV encore qui est en travaux parce qu'on l'élargit, on... Tu sais, on
réaménage nos routes parce que les gens en ont besoin. Donc, ça, c'est la CAQ
qui fait ça.
Et moi, quand j'étais ministre de la capitale,
j'ai fait la phase III de la promenade Samuel-De Champlain,
phase III, puis les libéraux avaient fait I et II, mais la phase III,
on le disait, ils faisaient juste mettre une pancarte avec des ouvriers en
train de travailler dessinés sur la pancarte, puis c'était ça, la
phase III des libéraux. Puis je me souviens, à l'époque, j'avais des
discussions informelles avec certains libéraux qui me disaient : Tu vas
voir que c'est plus compliqué que tu penses, blablabla. Bien, oui,
effectivement, c'était extrêmement compliqué, quand je suis arrivée, je l'ai
découvert, mais on l'a réalisée, puis elle a été inaugurée juste au début du
présent mandat. Je n'étais pas là, mais je sais que c'est nous qui l'avons
réalisée quand moi, j'étais ministre de la Capitale avec la Commission de la capitale nationale. Puis mon collègue du cabinet, Dave Gravel... on
a tellement travaillé pour dénouer ce projet-là, puis on l'a livré, puis
maintenant ça fait deux étés que les gens vont se baigner là, puis il y a
tellement de monde qui se promène là puis qui profite des installations.
Ça fait que
ça, c'est toutes des choses de la vraie vie, Mme la Présidente. Tu sais, ici on
est en commission, là, on parle de ces choses-là. C'est important, parce que ça
va être porteur, puis on adopte ici des lois, mais, dans la vraie vie du
vrai monde, les gens sont contents d'aller se baigner dans la phase III de
la promenade Samuel-De Champlain. Ils ont
besoin qu'un gouvernement fasse enfin un troisième lien à Québec, et on est le
seul parti actuellement qui veut en faire un, et ils ont besoin, oui, du
projet de tramway, puis ça aussi, c'est en train d'avancer. La... la caisse a
eu sa lettre mandat.
Alors qu'on le prenne sous un angle ou sous un
autre, Mme la Présidente, les choses qui ont été laissées en plan ou même
auxquelles s'opposent les autres partis en face de moi, partis qui invoquent la
voix de Québec, puis là on parle d'amendements, puis de choses théoriques, puis
de réunions à Québec qui sont, oui, très importantes, mais faire avancer des projets... Puis Mobilité Infra Québec, ça va être bon aussi, par extension, pour
l'ensemble du transport collectif. Puis, dans ce projet de loi là, en
passant, on va avoir besoin de... d'amener aussi des modifications qui vont
permettre à CDPQ Infra d'avancer dans le projet de tramway avec la ville de
Québec.
Donc, ne serait-ce que pour ça, il va falloir, à
un moment donné, que ça avance, parce qu'on va se trouver dans une situation
ironique où les mêmes partis, qui réclament que le tramway avance, vont faire
en sorte que le projet de loi ne sera pas adopté pour... dans lequel on a mis
des choses dont on a besoin pour que le tramway avance. Ça fait que, peu
importe l'angle sous lequel on le prend, là, il y a tellement de choses
importantes pour la capitale nationale dans
ce projet de loi là. Et, depuis six ans, il y a tellement de projets chers aux
gens de Québec qui sont en train d'avancer avec notre gouvernement que
moi, je suis extrêmement fière pas juste des quatre années où j'ai été ministre
de la Capitale, parce que je reste de toute façon une élue de Québec... Puis,
en étant ministre des Transports, je peux
vous dire que c'est quand même des projets importants dans la capitale aussi.
Alors, bref, je suis très fière de ça.
La
Présidente (Mme Maccarone) : M. le député.
M. Grandmont : Oui, merci.
Bien, c'est très intéressant que Mme la ministre ramène sur le troisième lien, puis sur l'importance de ce projet-là pour la capitale nationale, puis que les gens le veulent, puis qu'elle est le seul parti
qui... que la CAQ est le seul parti qui fait avancer ce projet-là. En avril
2023, là, qu'est-ce qui s'est passé? Qu'est-ce qui s'est passé en 2023, alors
qu'on a abandonné le projet parce qu'il n'y avait pas d'achalandage, parce que
les études, la grosse pile d'études qui a été déposée sur le... pendant la
grande conférence de presse, là... Beaucoup de courage d'avoir été en
conférence de presse devant les journalistes toute seule pour annoncer qu'on
abandonnait pour un troisième lien. Ça a dû être dur. Ça a dû faire mal. Je
sais qu'il y a plusieurs des collègues aussi qui... qui l'ont mal pris... qui
l'ont su dans les médias après, en plus, drôle de façon de procéder. Mais
comment ça se fait qu'en avril 2023 ce projet-là, on l'oubliait puis on
l'abandonnait?
• (11 h 30) •
Mme Guilbault : Bien, moi, si on veut parler du troisième lien, c'est un
sujet, moi, qui... qui m'enchante, là, parce que... Puis toutes ces
questions-là, j'y ai répondu, là. Je ne sais pas si mes collègues ont suivi la
conférence de presse, le 11 octobre dernier, où on annonçait l'appel
d'intérêt, donc une première grande étape concrète qui est franchie dans
l'avancement du projet de troisième lien, j'ai répondu à cette question-là plus
d'une fois. La réalité de la pandémie a
modifié tellement de choses dans la vie des gens que, les données qu'on a
fournies à l'époque demeurent, c'est-à-dire aujourd'hui encore, étaient vraies
à l'époque où on les a données, le 11 avril... le 11 ou 20 avril, en
tout cas, 2023, mais les choses évoluent,
les habitudes de vie reprennent de plus en plus comme elles étaient avant la
pandémie, puis la réalité, de toute façon...
Puis on a fait une... Ça, c'est important aussi,
puis je ne l'ai pas... je ne l'ai pas dit tantôt, mais je l'ai dit en
interpellation, puis souvent les mêmes partis d'en face, là, qui utilisent la
voix des gens de Québec quand ça les arrange et qui la taisent quand ça les
dérange, ont ri de la consultation qu'on a faite. En... au début de l'année,
là, on a fait une consultation sur notre
plateforme, justement, plateforme créée par le ministère du Cybernumérique. Et
donc, c'est ça, et cette
consultation-là... puis ça s'ajoute à tous les sondages qu'on voit passer tout
le temps, là, mais ça... Donc, la consultation reconfirmait encore une
fois que les gens veulent un troisième lien.
Donc, moi, je me demande, pour des personnes
intelligentes, et je sais que c'est le cas de toutes les personnes autour de la table, comment on peut, d'une part,
aligner ses journées de travail sur... aujourd'hui, je vais parler du tramway,
les gens de Québec veulent un tramway, je ne parle que du tramway, et, quand on
me parle du troisième lien, que plus de gens encore
veulent, je vais... je vais vivre dans une espèce de forme de déni ou
d'abstraction qui fait en sorte que non seulement je n'en parlerai jamais, mais
je vais dire que c'est un mauvais projet et je vais me moquer de ce projet-là. Mais pourtant des gens domiciliés dans
la capitale nationale, qui votent à Québec, et qui ont le droit de parole,
et qui ont... dont l'existence est tout aussi légitime que les gens de
Taschereau veulent ce projet-là.
Alors, comment on réconcilie le fait que les
gens qui habitent à Québec puis qui veulent un tramway, eux, sont dignes
d'intérêt et les gens qui habitent à Québec mais qui ne veulent pas de tramway
et/ou qui veulent un troisième lien, eux, ne sont pas dignes d'intérêt? Ça ne
fonctionne pas comme ça, Mme la Présidente. Quand on est élu, en tout cas, quand on gouverne, on représente
tout le monde, et il faut faire des projets à la satisfaction de tous nos
résidents de la capitale nationale. Et, comme je vous dis, moi, je suis attachée à Chaudière-Appalaches
aussi, personne n'en parle jamais
ici, dans la banquette en face, mais, nous, ça nous tient à coeur, et les gens
de Chaudière-Appalaches aussi
veulent le troisième lien.
Donc, c'est
pour ça qu'on fait avancer les deux projets, Mme la Présidente, et que, de
façon générale, la capitale
nationale nous tient à coeur.
M. Grandmont : Je vais me permettre
de rectifier encore une fois Mme la ministre quand elle dit qu'on ne parle
jamais de Chaudière-Appalaches. Je lui ai posé des questions au salon bleu sur
le traversier, j'ai posé des questions sur le financement du transport
collectif dans Chaudière-Appalaches, je pense qu'elle fait de la mémoire sélective quand il s'agit de nos interventions.
Donc, c'est évidemment un sujet qui nous interpelle beaucoup, évidemment.
Puis d'ailleurs, dans notre campagne
électorale en 2022 aussi, on avait proposé des très belles choses pour la ville
de Lévis aussi. Je ne sais pas si elle s'en rappelle. Moi, je m'en
souviens très bien.
C'est drôle comment elle ramène cette idée-là
que, pour le gouvernement, le projet de troisième lien est tellement important.
Ça fait six ans, Mme la Présidente, je le rappelle encore, ça fait six ans
qu'ils sont au pouvoir, six ans. Le projet
de troisième lien, ça fait depuis 2014 qu'ils en parlent, OK, puis ils sont au
pouvoir depuis 2018. Il y a... Encore une fois, notre estimé collègue de
La Peltrie, qui a mis son siège en jeu, qui a dit qu'il se battrait pour
ce projet-là jusqu'à la dernière goutte de son sang... Ce projet-là n'a jamais
avancé, n'a jamais avancé pendant six ans.
Là, on a un appel d'offres international qui va
se conclure normalement en 2027, donc après l'élection...
Mme Guilbault : ...international.
M. Grandmont : Bien,
expliquez-nous le processus, parce que, pour l'instant, là, il n'y a rien dans
ce que vous avez dit qui est convaincant à l'effet que vous êtes vraiment le
parti qui mettez de l'avant ce projet-là puis qui allez le réaliser. Je veux
dire, la population de Québec entend la Coalition avenir Québec depuis 2014,
mais encore plus sérieusement depuis qu'elle
est au pouvoir, 2018. Ce projet-là n'a jamais avancé. Il a même été abandonné
en 2023. Alors, expliquez-nous le processus pour nous dire combien, pour
vrai, cette fois-ci, c'est sérieux puis ça avance, parce qu'on ne le comprend pas. Je veux dire, la plupart des gens qui
écoutent, que ce soit dans Chaudière-Appalaches ou dans la capitale
nationale, voient bien comment même le gouvernement n'a jamais fait avancer ce
projet-là, l'a fait même reculer. Donc, à un moment donné, il n'y a plus
personne qui ne croit personne, là.
Mme Guilbault :
Bien, j'ai tout expliqué ça le 11 octobre dernier, mais je pense que ce
n'était pas enregistré sur mon Facebook. Ça fait que je peux excuser si le
collègue n'a pas pu suivre en temps réel.
M. Grandmont : ...question,
malheureusement. C'est vrai. Oui.
Mme Guilbault : Mais... Mais j'ai fait plusieurs entrevues aussi, 14... 14
entrevues ou 15 le même jour.
Mais toujours est-il, ça me fait plaisir de le
répéter, l'appel d'intérêt qu'on a lancé le 11 octobre... Et, au moment
même de la conférence de presse, on le lançait sur les systèmes, là. Donc,
c'est ça. Et ça dure 30 jours, à moins
qu'on demande une... à moins que les entreprises demandent une extension, mais,
normalement, c'est 30 jours. Ce qui fait qu'autour du 11 novembre...
11, 15 novembre, ça va s'être conclu. Ensuite de ça, nous, on va rencontrer
les gens qui auront porté leur candidature,
qui ont démontré un intérêt. Et, en début d'année prochaine, je referai une
mise à jour. De toute façon, je me suis engagée. Puis, tu sais, je le
dis avec beaucoup de sobriété, là, puis le 11 octobre, toute la journée,
je disais la même chose, on comprend très bien que les gens ont besoin de la
démonstration que ça avance. Alors, c'est pour ça que moi, je me réjouissais,
le 11 octobre, qu'on franchisse une première nouvelle étape. Parce que,
dans toutes les tribulations de ce projet-là, c'est la première fois qu'on
franchit cette étape-là. Alors, tu sais, tu ne vas pas sur les marchés
internationaux faire un appel d'intérêt pour éventuellement des consortiums qui
vont prendre la... la peine de se mobiliser puis de se former en vue de venir
faire un projet ici si ce n'est pas sérieux. Ça n'a aucun sens, là. Je ne pense
pas... En tout cas, il y a peut-être des gouvernements qui feraient ça, mais...
mais pas nous. Alors, on a franchi cette
étape-là, ce qui rend, quant à nous, le projet irréversible. Mais, bien sûr, on
va voir.
Puis, tu sais, je suis curieuse de voir, parce
que, dans le cas de Québec solidaire, c'est toujours assez clair, eux autres,
ils sont contre. Puis là... Mais vous remarquez qu'il ne le dit pas, là. Il ne
dit pas : On est contre le troisième lien, puis les gens de Québec qui
veulent un troisième lien, c'est vrai qu'eux autres, ce n'est pas important, ce
qu'ils veulent, nous, on s'intéresse juste à ceux qui veulent un tramway. Il
n'ose pas le dire, mais en même temps, c'est carrément ça, la réalité. Par
contre...
M. Grandmont : ...là.
La Présidente (Mme
Maccarone) : On va faire attention aux propos. On veut laisser la
chance de répondre à des questions. Puis, si vous cherchez des précisions par
rapport à la position avec le troisième lien...
M. Grandmont : ...
La Présidente (Mme Maccarone) : Mais
on va laisser la ministre terminer son intervention.
Mme Guilbault : Oui, c'est ça. Alors, mais, tu sais, je faisais mes
entrevues justement vendredi dernier, quand
on a fait cet appel-là, et j'écoutais le député du... il y avait un député
du... voyons, du Parti québécois qui faisait des entrevues après pour
évidemment dire que ce n'est pas bon, le troisième lien, et tout ça. Mais, en
même temps, il se faisait poser des questions par les journalistes : Mais
alors, OK, vous, une fois que vous avez dit que ce n'est pas bon, puis la CAQ, ce qu'elle fait, ce n'est pas
bon, vous, là, le Parti québécois, vous en pensez quoi, du troisième lien? Et là, Mme la Présidente, vous savez quoi? Pas de
réponse vraiment. On contournait : On devrait parler d'environnement, on
devrait parler de criminalité, on devrait...
Alors, on sent qu'il y a un malaise. Parce que
je pense qu'une personne raisonnable comprend bien que, quand tu pousses
justement le raisonnement jusqu'au bout, tu ne peux pas utiliser la voix des
gens de Québec juste quand ça t'arrange, tu sais, jour après jour, pour
défendre un seul projet, puis après ça, quand il s'agit d'un autre projet, qui,
pourtant, est encore plus populaire, puis désiré par le même bassin de
population, dire : Bien non, mais ça,
ce n'est pas important, puis ces gens-là n'ont pas raison de vouloir ça. Il y a
un inconfort politique avec cette position-là.
Alors, ils contournent, ils contournent, ils
contournent, mais, officiellement, ils sont contre. Le Parti québécois est
contre le troisième lien, le Parti libéral est contre le troisième lien. On va
voir les candidats à la chefferie, comment
ils vont... ils vont concilier tout ça, mais donc le Parti libéral est contre
le troisième lien. Mais c'est comme s'ils ont un malaise à le nommer
aussi clairement qu'ils peuvent nommer la façon qu'ils veulent un tramway. Tu sais, ils veulent un tramway, ils veulent un
tramway, ils veulent un tramway, parfait, mais le troisième lien? Tu sais,
ils contournent : C'est la CAQ,
c'est... Oui, oui, mais, oui ou non, voulez-vous un troisième lien pour les
gens du Québec?
Alors, tu sais, je les invite, peut-être, cet
après-midi, il va y avoir des gens différents autour de la table, de venir dire
au micro : On est contre le troisième lien... indépendamment de la CAQ,
là, parce qu'un jour il va y avoir une élection, ça peut être un autre parti,
un jour, au gouvernement... nous, le Parti québécois, on est contre le troisième lien, le Parti libéral, on est contre le
troisième lien, la même façon que Québec solidaire assume pleinement,
24 heures sur 24, sept jours sur sept, qu'ils sont contre le troisième
lien et que seulement les gens qui habitent à Québec
et qui veulent un tramway sont d'intérêt pour eux. J'aimerais ça que tout le
monde puisse être aussi transparent, Mme la Présidente.
M. Grandmont : ...
La Présidente (Mme Maccarone) : M.
le député, pour préciser, allez-y.
M. Grandmont : Oui. Bon, d'accord.
Alors, j'aimerais d'abord revenir sur les propos de la ministre, qui dit qu'on
s'intéresse juste à certains citoyens et citoyennes en particulier et pas à
d'autres, ce qui est tout à fait inexact. Je tiens à le dire à la caméra.
C'est la façon de régler les problèmes de
congestion où on a un désaccord profond entre la Coalition avenir Québec et
Québec solidaire. On a toujours été très clairs. Puis elle a raison là-dessus,
Mme la ministre, on est le seul parti qui a toujours été très, très clair. On
n'a jamais changé d'opinion. Le PLQ a changé d'opinion, ils ont parti le projet, le PQ a changé d'opinion pendant un petit
bout de temps, pendant une partielle, même la CAQ a changé d'idée sur le
troisième lien, ils l'ont abandonné en 2023. Ça fait que tout le monde a joué
sur les deux tableaux, sauf Québec solidaire. On a toujours été très, très
clairs que la façon de réduire la congestion, ce n'est pas en ajoutant des
voies d'autoroute. Ce n'est pas du tout ça.
Il n'y a aucun pays, aucun État, aucune ville qui a réglé ses problèmes de
congestion en augmentant la capacité routière. Ça augmente le problème à
long terme. C'est pelleter par en avant. C'est juste ça que ça fait. Donc, on a
toujours été très, très clairs là-dessus.
Cela dit, on est prêts à proposer des solutions
pour que les gens n'aient plus de problèmes de congestion. Et c'est là qu'on a des propositions qui vont
davantage dans le sens des transports collectifs actifs, une meilleure occupation
du territoire. Et voilà. Donc, c'est une chose. C'est la première chose que je
voulais dire.
• (11 h 40) •
L'autre chose que je voulais dire, c'est...
C'est drôle parce que tantôt j'ai demandé à Mme la ministre : Combien de
rencontres elle avait eues dans la capitale nationale? C'est quoi, son score de
rencontres d'importance dans la capitale nationale quand elle était ministre
responsable de la Capitale-Nationale? Pas capable de me donner le chiffre. Par
contre, le nombre d'entrevues qu'elle a données sur le troisième lien, 14; tout
de suite, elle le savait.
Est-ce que
la... Est-ce que Mme la... Mme la ministre des Transports est plus la ministre
du troisième lien ou la ministre de la grande région de Québec?
Mme Guilbault : Je suis étonnée que mon collègue de Taschereau dise des choses
comme ça. Je ne pensais pas que c'était son style.
Mais, juste pour amener le contexte, j'ai fait
une publication sur mes réseaux sociaux à la fin de la journée du
11 octobre dans laquelle j'écrivais : 14 entrevues plus tard...
Bien là, tu sais, bon, j'étais dans mon bureau à la fin de la
journée puis je disais aux gens : Bien, merci pour la confiance, bonne fin
de semaine. Donc, c'est pour ça que, ce jour-là, on avait fait le compte des
entrevues. Mais effectivement je n'ai pas l'habitude de compter les entrevues
que je fais à chaque jour, ou à chaque semaine, ou à chaque année, parce que ça
aussi, il y en a beaucoup depuis sept ans. Donc, il n'y a aucun rapport entre
les deux, Mme la Présidente.
M. Grandmont : ...c'est qu'elle
semble accorder de l'importance au nombre de rencontres médiatiques qu'elle
peut faire pour un sujet qui l'interpelle beaucoup. Mais, quand elle était
ministre responsable de la Capitale-Nationale, et donc chargée aussi de la mise
en oeuvre de cette loi-là, qui est superimportante, qui a été adoptée en 2016
et qu'elle se disait tout à fait en accord avec, ma phrase est bizarrement
tournée, mais en tout cas, ça, il n'y en avait pas, d'indicateurs. Ça, il n'y
avait pas de suivi. Elle n'est pas capable de savoir, de nous dire avec
assurance combien, à peu près, de rencontres on tenait ici, dans la ville de
Québec, notre capitale nationale. Il y a comme une incohérence, là.
Mme Guilbault : Bien, comme j'ai expliqué tout à l'heure, je pense que, si
le député de Taschereau interpelait comme ça, là, sans... sans avoir prévenu,
sans aucune autre forme de mise en contexte, ou d'introduction, ou du sujet amené, n'importe quel élu dans le
parlement et lui demandait, comme ça, là, en le croisant dans le corridor, par
exemple : Entre tel... Entre tel moment et tel moment, donc quatre ans
d'intervalle entre les deux, combien tu as fait de rencontres?, je suis certaine qu'aucun des 125 députés ne serait
capable de répondre à ça. D'ailleurs, si je lui demandais, lui-même,
depuis son assermentation, en octobre 2022, et aujourd'hui, il a tenu combien
de rencontres dans sa circonscription de Taschereau, est-ce qu'il le sait?
M. Grandmont : ...quelque chose à
Mme la ministre.
Mme
Guilbault : Non, mais est-ce qu'il le sait, oui ou non? La
réponse, c'est sûrement non, parce qu'il n'y a personne qui sait ça,
parce que ça n'a pas de sens, demander ce genre d'indicateurs là. Ça ne traduit
rien d'utile pour le citoyen.
M. Grandmont : Bien, voyons donc!
Bien, voyons...
Mme Guilbault : Or, comme il s'agit de la loi sur le statut de la capitale
nationale, fort probablement qu'en quelque part, et je l'ai dit au micro tout à
l'heure, au Secrétariat de la Capitale-Nationale, fort probablement que cette
donnée... possiblement... En fait, je dis... C'est sûr que, quelque part, la
donnée, c'est comme quand on veut retracer les
agendas publics, c'est des choses qui se consignent, mais ça demande un travail
de documentation pour aller rechercher l'information, la colliger,
l'additionner puis avoir la donnée.
Personne n'a ça dans sa tête en ce moment. Vous
voyez, il ne sait même pas le nombre de rencontres qu'il a tenues dans sa
propre circonscription depuis deux ans. Puis c'est normal. Moi, je ne l'accable
pas avec ça parce que ça... Personne ne se pose cette question-là... Est-ce que
le député de Nelligan sait combien il a fait de rencontres? Je ne veux pas
l'inclure là-dedans parce que ce n'est pas lui qui a amené ce sujet-là, mais,
tu sais, je veux dire, ça n'a pas de bon
sens, Mme la Présidente, ça ne mène à rien, cette discussion-là. L'important,
c'est le siège social à Québec.
Puis là, bien, s'il veut continuer la discussion
sur le troisième lien, ceci dit, je suis très ouverte.
M. Grandmont : ...je m'excuse, Mme
la Présidente, mais je suis vraiment estomaqué que la ministre accorde si peu d'importance au nombre de
rencontres qui se tiennent dans la capitale nationale. Je lui ai posé la
question. Quand elle était ministre responsable de la
Capitale-Nationale, elle était en charge de... d'appliquer cette loi-là. On a
un débat là-dessus depuis qu'Emmanuel Macron, ici, est venu à... en fait, n'est
pas venu à Québec, est venu au Québec et a été reçu à Montréal. On a un débat
là-dessus depuis plusieurs semaines. Il y a des questions qui ont été posées au
salon rouge spécifiquement là-dessus.
On est sur l'article 3. On pose des
questions pour s'assurer... On essaie de trouver des mécanismes pour s'assurer
qu'un maximum de rencontres se tiennent effectivement ici, dans la ville de
Québec. Elle a eu au moins une semaine et demie pour se préparer à ce genre de
questions là puis elle n'a pas les réponses. Je veux dire, ça ne tombe pas du
ciel, là. Ce n'est pas comme si on rencontre quelqu'un, puis je demande à mon
collègue de Nelligan en le croisant dans le
corridor : Combien de rencontres tu as tenues ici, dans la capitale? Non,
non, c'est un sujet d'actualité depuis plusieurs semaines. Et
l'article 3, on en... puis l'amendement de la collègue de Saint-Laurent,
on en jase depuis une semaine et demie, elle avait tout le temps du monde pour
se préparer. Elle aurait dû venir voir ça, là, gros comme... comme un truck. Je
ne comprends pas comment ça se fait qu'elle renvoie ça vers moi, alors que
c'était elle qui était ministre de la Capitale-Nationale, que c'est elle qui
dépose un projet de loi, que c'est elle qui a déposé, a pensé à mettre
l'article 3.
Puis, encore une fois, hein, bien content que le
siège social soit ici, là. Mais, moi, ce que je veux, là, c'est faire
exactement comme son collègue, le député de La Peltrie, qui dit que
Québec, «être la capitale, c'est une chose, mais agir en conséquence, c'est une
autre». C'est ce qu'on propose. C'est ça, le sens de l'amendement proposé par
la collègue de Saint-Laurent, agir en conséquence, s'assurer que les rencontres
soient ici. Le gouvernement du Québec, son siège est ici, on est dedans. Les
rencontres se tiennent partout ailleurs, principalement... bien, pas
principalement, mais, entre autres, beaucoup à Montréal. C'est exactement le
même genre de distorsion qu'on veut éviter, je dirais. Mme la ministre n'est
pas d'accord avec ça?
Mme Guilbault : Bien,
parlant de distorsion, Mme la Présidente, si son raisonnement, c'est de
dire : Parce qu'on n'est pas capables
de nommer spontanément le nombre de rencontres qui se sont tenues dans un
endroit spécifique, dans une période donnée aléatoire... traduirait un
désintérêt, est-ce qu'on devrait transposer la même indignation en disant : Parce que le député de Taschereau
n'est pas capable de me dire spontanément, ce matin, combien de rencontres
il a tenues dans sa circonscription de Taschereau depuis deux ans, ça
traduirait aussi du désintérêt? Moi, Mme la Présidente,
je ne fais pas ce lien-là. Je pense que c'est fallacieux, cette ligne de
questions là et... «Fallacieux» dans le sens... La définition de «fallacieux», c'est destiné à tromper, alors... mais
c'est un terme plus correct que dire «destiné à tromper».
Donc... Alors, tout
ça pour dire que...
M.
Grandmont : ...
Mme
Guilbault : Ah! bien là, ça, je ne le sais
pas.
La Présidente (Mme
Maccarone) : Je pense qu'on peut faire la vérification et continuer.
Mme
Guilbault : Alors, moi, vous voyez, Mme la
Présidente, je ne fais pas ce raisonnement-là. Puis, même si le député de
Taschereau n'est pas capable de me dire combien de rencontres il a tenues dans
sa circonscription, moi, je pense que ça ne l'empêche pas d'avoir un amour
profond pour sa circonscription, puis de tenir ses rencontres, puis de faire
son travail, puis de gérer sa fougère, puis d'aimer son monde de la même façon
que j'adore ma capitale nationale. J'ai grandi ici puis dans Chaudière-Appalaches,
je l'ai déjà dit plusieurs fois. Alors, personne ne va venir me faire dire que
la CAQ n'est pas attachée à la capitale nationale. Et je ne pense pas que ce
débat-là, de choix d'indicateurs encore une
fois très aléatoires et spontanés, puisse raisonnablement conduire à quelque
conclusion intelligente que ce soit.
M. Grandmont :
...d'abord, «fallacieux» n'est
pas un propos non parlementaire. Je viens de vérifier. Donc, c'est bon à
savoir. On pourra l'utiliser encore à bon escient jusqu'à tant que quelqu'un
trouve que c'est un peu exagéré.
L'autre chose. Je
suis quand même assez estomaqué, encore une fois, de la réponse de Mme la
ministre. C'est... C'est quand même assez
particulier, là, «un échantillon aléatoire», «renvoyer la»... «renvoyer la
question vers le député de Taschereau», en disant : Je ne sais pas... tu sais :
Le député de Taschereau ne sait pas combien de rencontres il a tenues
dans sa circonscription. Moi, je peux vous dire que probablement très, très
près de...
Une voix : ...
M.
Grandmont : Puis c'est un pourcentage. C'est un pourcentage que je
demandais à Mme la ministre, là. Je lui ai demandé dès le début : Est-ce
que c'est 66 %, est-ce que c'est 70 % qui est acceptable pour elle?
Est-ce que, pour Mobilité Infra Québec, ça va être 100 %, plus proche de
100 %, ou plus proche de 66 %, ou plus proche de 40 % qui va
être acceptable pour les rencontres importantes?
Moi, je peux vous
dire que la... je dois être autour de 100 %, près de 100 % pour les
rencontres dans ma circonscription. J'habite dans ma circonscription, je veux
dire, l'ensemble de mes rencontres se font ici, par Teams à l'occasion. Mais,
je veux dire, c'est un pourcentage que je demandais, là. Ce n'est pas le nombre
exact. Ce n'est pas un chiffre absolu que je cherchais, là. Moi, quand je
demandais le nombre, là, c'était le pourcentage. J'ai... J'ai référé à ça. La
réponse est très, très simple, là. La question était simple. Je ne comprends
pas pourquoi on est en train de compliquer beaucoup les choses. Moi, ce que je
demandais, là, c'est simplement s'assurer que, comme son collègue député de La
Peltrie, on s'assure, on trouve les moyens d'agir en conséquence. Parce que
c'est beau de dire une chose, mais il faut que, comme on le dit tout le temps,
les bottines suivent les babines.
Là, actuellement,
avec ce qui est proposé à l'article 3, c'est que «Mobilité Infra Québec a
son siège dans la ville de Québec à
l'endroit qu'elle détermine». Très d'accord avec ça, mais comment s'assurer
qu'elle mène ses opérations, qu'elle déploie ses rencontres à
l'intérieur de la ville de Québec? C'est ça qui nous importe, Mme la
Présidente. On propose, avec l'amendement de
la députée collègue de Saint-Laurent, un mécanisme pour y arriver. Si Mme la
ministre a quelque chose de plus intéressant à proposer, qu'elle le
fasse, qu'elle y aille de sa... de son propre amendement. Parce qu'elle a
peut-être des amendements à proposer aussi, mais on ne le sait pas encore, elle
ne les a pas déposés, ce qui fait que nos équipes ne sont pas capables
d'analyser les amendements, là. On les... À moins qu'on les ait reçus. Ils sont
peut-être sur le Greffier?
Une voix :
...
M.
Grandmont : On ne les a pas reçus encore. Ça, ce n'est pas facile,
pour les oppositions, de travailler dans ces conditions-là, Mme la Présidente.
Mais toujours est-il
que, là, on est sur l'amendement, là. Est-ce que Mme la ministre a d'autres
propositions pour s'assurer qu'un maximum de rencontres vont se tenir ici, à
Québec? C'est ça, la question de fond.
La Présidente (Mme
Maccarone) : Mme la ministre.
Mme Guilbault : Bien, je veux juste revenir. Le collègue dit à deux
reprises : Ce n'est pas des chiffres précis qu'on lui demande, c'est un
pourcentage. Mais est-ce que le collègue comprend qu'un pourcentage, c'est le résultat d'une division multiplié par 100? Tu n'arrives pas
à un pourcentage si tu n'as pas des chiffres précis. Tu as besoin du nombre
total de rencontres et du nombre de rencontres là-dessus, qui sont... Bien oui.
Mais alors, comment il peut concilier le fait de dire : On ne demande pas
des chiffres précis, on demande un pourcentage? On a besoin de chiffres précis
pour arriver au pourcentage. C'est des pures mathématiques de base. Alors,
juste pour le bénéfice de tout le monde, là, un pourcentage, c'est un numérateur
divisé par un dénominateur, multiplié par 100, et ça donne le pourcentage.
Donc, pour ça, on a besoin à la fois du numérateur et du dénominateur.
Et ce sont précisément ces données-là dont je
dis qu'aucun député, je pense bien, dans le parlement en ce moment ne serait
capable de nommer spontanément un nombre de rencontres tenues dans un lieu, ou
dans un autre, ou au total au Québec dans une période donnée, qui nous est,
comme ça, spontanément présenté et demandé. Je suis certaine que personne. Lui-même n'est pas capable de répondre pour sa
propre circonscription. Il me dit : 100 %. OK. Mais est-ce qu'il sait
combien il y en a? Parce qu'il a beau dire 100 %, sauf en Teams, sauf une
fois de temps en temps, mais combien il en a fait? Parce que, pour
arriver au pourcentage, tu as besoin de savoir combien il y en a eu. Or, il n'est même pas capable de me le dire pour sa
propre circonscription. Pourtant, ce n'est pas compliqué, il le dit
lui-même : Ils sont pas mal toutes dans Taschereau, mes rencontres.
Ce ne serait pas compliqué de les calculer, mais il ne le sait pas parce que
personne ne fait ça puis personne ne tient ce registre-là. Puis il faudrait
qu'il regarde son agenda puis qu'il les additionne une par une, tu sais. Ça n'a
pas de pertinence, cet indicateur-là actuellement, ce matin.
• (11 h 50) •
L'important, c'est de chérir et de reconsacrer
le statut de capitale nationale en ajoutant à la loi qui existe déjà sur le
statut de capitale nationale. Et c'est ce qu'on fait à l'article 3, pas à
l'article 118, pas à l'article 72, à l'article 3, Mme la Présidente, pour justement, tout de suite
en partant, dans le début de l'étude du projet de loi, venir dire : Pour
nous, c'est clair, le siège social est à Québec. Et c'est ça qu'on fait.
M. Grandmont : Bien, je suis bien
content que Mme la ministre nous refasse un cours de mathématiques du
secondaire. Les pourcentages, même, c'est peut-être primaire. Je ne sais pas.
Non, mais, tu sais, je veux dire, pour moi,
c'est assez c'est clair que ce n'est pas un chiffre précis que je lui demande. Puis, je veux dire, comme ministre
responsable de la Capitale-Nationale, qui doit suivre une loi qui est très
claire, adoptée en 2016, la majorité
de... tu sais, les rencontres doivent se tenir ici. Puis, c'est quoi, le
chiffre que nous a donné le ministre responsable de la
Capitale-Nationale? Actuellement, c'est un pourcentage.
Moi, j'aurais espéré que la ministre responsable
de la Capitale de l'époque, de 2018 à 2022, pas sache... ne sache pas nécessairement le nombre de rencontres,
mais que son équipe lui ai donné un pourcentage. Elle a des obligations.
Moi, je n'ai pas d'obligations à suivre. Je veux dire, moi, là, je n'ai pas...
je ne réfère pas à une loi pour les rencontres que moi, je tiens. Mais, comme
ministre responsable de la Capitale-Nationale, elle a des attentes très élevées
envers elle. C'est ça, l'enjeu. C'est ça, la différence entre le député de
Taschereau puis l'ancienne ministre responsable de la Capitale-Nationale. Elle
a beau essayer de revirer la question vers moi, les rencontres que moi, je tiens, ça n'a aucune importance dans le débat.
C'est en termes de rayonnement et de respect de la loi qui confère un statut
de capitale nationale à la ville de Québec. Donc, c'est deux choses
complètement différentes. Mme la ministre essaie de faire diversion là-dessus,
mais ce n'est pas une chose sérieuse, que d'affirmer ce qu'elle fait.
Donc,
comment... Puis je reprends ma question parce que le temps commence à filer,
mais comment elle peut nous assurer... Comment le temps... Comment elle
peut nous assurer que les rencontres menées par Mobilité Infra Québec vont se
tenir à Québec au-delà des voeux, et des incantations, et des souhaits?
Une voix : ...
M. Grandmont : Oui.
La Présidente (Mme Maccarone) : Mme
la ministre.
Une voix : ...
M. Grandmont : C'est une bonne
référence.
La
Présidente (Mme Maccarone) : On va arrêter de s'interpeler, collègues, s'il
vous plaît! Mme la ministre, la parole est à vous.
Mme Guilbault : Bien, j'ai déjà... Là, Mme la Présidente, je... On a
fait... On a fait plusieurs sujets connexes, là, qu'on aime beaucoup, le
troisième lien, puis tout ça, mais là je pense qu'on... Puis il dit : Le
temps commence à filer. Je propose de remplacer par : Le temps file déjà
depuis longtemps. Alors, je vais compléter, moi, sur l'article 3, ou les amendements, ou Dieu sait quel autre
amendement il y aura là-dessus, là. Mais, pour l'instant, je considère que j'ai
répondu à la question. Le siège social va être à Québec. Ça traduit toute
l'importance. Et donc c'est ça.
La Présidente (Mme Maccarone) : Merci.
Vous disposez de deux minutes.
M. Grandmont : Je souligne à gros
trait, Mme la Présidente, que je n'ai jamais eu de réponse à ma question. Comment
on va s'assurer qu'au-delà du fait que le siège social est à Québec, une
décision que j'approuve, par ailleurs, hein, au-delà de
ce fait-là, comment s'assurer que les rencontres importantes avec le
gouvernement et les rencontres du conseil d'administration vont se dérouler
ici, à Québec? La ministre n'a pas répondu à la question.
Et donc je comprends qu'elle n'est pas
intéressée à mettre en place des mécanismes pour s'assurer que c'est
effectivement le cas. Donc, c'est quoi? Les rencontres pourront avoir lieu
n'importe où?
La Présidente (Mme Maccarone) : Continuez,
M. le député.
M. Grandmont : Bien, c'est une
question que je posais, là : Est-ce que les rencontres pourraient avoir
lieu n'importe où?
La Présidente (Mme Maccarone) : Mme
la ministre, est-ce que les rencontres peut avoir lieu n'importe où? C'est la
question du député.
Mme Guilbault : Bien, j'ai répondu à ça tout à l'heure. J'ai dit :
Avec un siège social à Québec, une équipe basée à Québec, c'est certain que la
grande majorité des rencontres vont avoir lieu ici. Mais j'ai donné précisément
cet exemple-là, là.
Et là, Mme la Présidente, quand on me fait... Tu
sais, à un moment donné, je pense aussi, il faut accepter que les réponses sont
les réponses. Tu sais, le concept, ce n'est pas de poser les mêmes questions
jusqu'à tant qu'il y ait une nouvelle réponse, là. La réponse, c'est la
réponse, je l'ai déjà donnée.
Je vais la redonner une deuxième fois. Et j'ai
donné l'exemple du projet de l'est de Montréal, qui est le projet dont j'ai
souvent dit que, pour moi, ce serait fort probablement le premier mandat qu'on
va confier à Mobilité Infra Québec. Donc, est-ce que ça se peut qu'il y ait des
rencontres à Montréal dans le cadre d'un projet dans l'est de Montréal et les
couronnes de Montréal? Bien oui, Mme la Présidente.
Puis, si le député de Taschereau vient nous
dire : Ça n'a aucun sens que, dans le cadre d'un mandat pour un projet de
transport collectif à Montréal, il y ait la moindre rencontre qui se déroule
ailleurs qu'à Québec, donc pas à Montréal, je l'invite à aller parler de ça
avec l'ARTM, avec Exo, avec la STM, avec la ville de Montréal, avec la ville de
Terrebonne, avec la ville de Repentigny, etc. J'invite, là, le député de
Taschereau à aller présenter cette vision-là à des gens de Montréal dans le
cadre de Mobilité Infra Québec, on se rappelle, pour faire du projet de
transport collectif partout au Québec. J'invite à aller tester cette idée-là
avec les gens de la couronne nord de Montréal puis de l'est de Montréal :
Êtes-vous d'accord qu'on empêche Mobilité Infra Québec de tenir la moindre
réunion ailleurs qu'à Québec?
Je l'invite à aller tester ça de la même façon
que, l'autre fois, je l'avais invité à parler à la ville de Lévis sur le SRB,
qui est prévu dans la phase I du projet CITÉ, en disant : Au lieu de
toujours en parler ici, peut-être aller tester,
à savoir est-ce qu'ils veulent qu'on leur impose le SRB tel que prévu par la
CDPQ Infra. Je n'en ai plus réentendu parler
depuis ce temps-là. Ça fait que peut-être qu'il l'a fait puis qu'il a compris
que ce n'était pas le souhait de la ville.
Je l'invite à faire la même chose pour des
rencontres interdites ailleurs qu'à Québec dans une éventuelle agence Mobilité
Infra Québec pour un éventuel projet dans l'est de Montréal et sur la couronne
nord. Je l'invite à faire le test, puis après ça on pourra en reparler quand il
aura eu la réponse.
M. Grandmont : ...la ministre
renvoie la balle vers moi, mais moi, je réfère au gouvernement, qui doit suivre
la loi. Moi, on ne me demande pas de tenir mes rencontres dans la capitale
nationale, là. Le plus souvent, c'est... c'est ce qui se passe. Mais, dans les
faits, là, c'est le gouvernement qui doit s'assurer de faire rayonner la ville
de Québec. Moi, je suis juste là pour surveiller l'action gouvernementale. Et
là, visiblement, c'est un échec. En fait, 66 %, on passe, on passe, à
66 %. Mais...
Puis j'aimerais savoir : Est-ce que,
dans... Donc, dans le fond, je comprends que la réponse, c'est non. Est-ce que ça veut dire que, pour les... Quand Mobilité
Infra Québec travaillera sur le troisième lien, les rencontres auront lieu
à Lévis ou à Québec?
La Présidente (Mme Maccarone) : Mme
la ministre.
Mme Guilbault :
Je ne comprends pas le rapport avec le... On parle de Mobilité Infra Québec qui
va faire le transport collectif dans l'est de Montréal.
M. Grandmont : Bien, quand Mobilité
Infra Québec travaillera sur le troisième lien, ça va être à Québec ou à Lévis
qu'on va faire des rencontres? Parce que l'appui est très fort à Lévis, là.
Mme
Guilbault : Il n'y a... À part dans la tête du député de
Taschereau, il n'y a aucun fait à l'appui du fait que Mobilité Infra
Québec travaillerait sur le troisième lien. Et...
M. Grandmont : Bien, Mme la ministre
l'a déjà dit.
Mme Guilbault :
Je le mets au défi de trouver un endroit où j'aurais mentionné ça. Je n'ai
jamais dit ça.
M. Grandmont : Ah! OK. On vérifiera.
Mme
Guilbault : Ce que j'ai dit, c'est qu'il
faut éviter le dogmatisme à la Québec solidaire en empêchant, dans la mission
de Mobilité Infra Québec, quoi que ce soit d'autre que du transport collectif.
Parce que le législateur devrait donner de la marge de manoeuvre à l'exécutif dans
l'application éventuelle des lois, au-delà de qui forme les gouvernements puis
des partis politiques qui vont se succéder. Parce que les choses changent, il
faut se donner de la marge de manoeuvre. C'est ça que j'ai dit.
Et je reviens, là. Quand il me dit : Elle
n'a pas à me renvoyer la balle, ce n'est pas à moi à appliquer la loi sur le
statut de la capitale nationale, je ne lui ai pas renvoyé la balle tantôt. Je
lui ai demandé s'il savait il a tenu combien de
rencontres dans sa circonscription. Il ne le sait pas. Mais je lui ai dit qu'on
ne lui en veut pas, parce que c'est normal, personne ne tient ce
compte-là, comme ça, spontanément, au quotidien.
Mais là c'est différent, là. Là, lui est en
train de vouloir nous faire dire qu'on devrait interdire à Mobilité Infra
Québec de tenir des rencontres ailleurs qu'à Québec, alors que cette agence-là
va être responsable de faire des projets partout au Québec. Alors, je lui ai
donné un exemple concret. Je lui ai même donné un... Tu sais, ça ne peut pas
être plus simple que ça, Mme la Présidente. Je lui ai même suggéré à qui
parler. Je lui ai suggéré d'aller demander à la ville de Repentigny, à la ville
de Montréal, à la ville de Terrebonne, à l'ARTM, à la STM et à EXO, juste...
commençons par ces six-là, là, ce qu'ils pensent de l'idée de mettre dans une
loi du gouvernement du Québec l'interdiction pour une éventuelle agence qui
fait du transport collectif partout au Québec, dont on sait que le premier
mandat va probablement être dans l'est de Montréal, donc l'idée de mettre dans
la loi l'interdiction pour cette agence-là de tenir des rencontres ailleurs
qu'à Québec, alors qu'ils font un projet à Montréal. Je lui demande d'aller tester... je lui suggère, en fait, parce que je ne
peux pas rien exiger de lui, je lui suggère d'aller tester cette idée-là et de
nous revenir avec la réponse qu'il aura obtenue.
M.
Grandmont : ...Mme la... la Présidente, j'invite la ministre à
relire l'amendement : «Toutes les rencontres avec un membre du
gouvernement ainsi que les rencontres du conseil d'administration», pas une
rencontre de travail avec Exo ou avec
l'ARTM. Donc, je l'inviterais à regarder puis à rester vraiment focus sur
l'amendement, parce que c'est un peu ça, l'enjeu, Mme la Présidente. Il
n'y a pas d'interdiction à travailler avec Exo ou l'ARTM là-dedans.
En passant, je vais voter pour l'amendement
parce que je pense que c'est un très bon amendement.
• (12 heures) •
La Présidente (Mme Maccarone) : ...a
d'autres interventions sur l'amendement? Vous ne disposez plus de temps, M. le député, je suis désolée. Je vois
qu'il n'y en a pas d'autre, d'intervention, alors nous allons procéder à la mise
aux voix par appel nominal. Mme la secrétaire.
La Secrétaire : Pour, contre,
abstention. M. Derraji (Nelligan)?
M. Derraji : Pour.
La Secrétaire : Mme Guilbault
(Louis-Hébert)?
Mme Guilbault : Contre.
La Secrétaire : M. Lemay
(Masson)?
M. Lemay : Contre.
La Secrétaire : Mme Tardif
(Laviolette—Saint-Maurice)?
Mme Tardif : Contre.
La Secrétaire : M. Bernard
(Rouyn-Noranda—Témiscamingue)?
M. Bernard : Contre.
La Secrétaire : Mme Abou-Khalil
(Fabre)?
Mme Abou-Khalil : Contre.
La Secrétaire : Mme Grondin
(Argenteuil)?
Mme Grondin : Contre.
La Secrétaire : M. Grandmont
(Taschereau)?
M. Grandmont : Pour.
La Secrétaire : Mme Maccarone
(Westmount—Saint-Louis)?
La Présidente (Mme
Maccarone) : Abstention. Alors, l'amendement est rejeté. Et nous
sommes de retour à l'article 3. Y a-t-il des interventions? M. le député
de Nelligan ou M. le député de Taschereau?
M. Derraji : Un instant, Mme la
Présidente.
La Présidente (Mme Maccarone) : Oui.
(Consultation)
La
Présidente (Mme Maccarone) :
Donc, pas encore. M. le député de Taschereau, désirez-vous prendre la parole?
M. Grandmont : On n'en a pas
beaucoup parlé, en fait, jusqu'à maintenant, là, de l'article 3 à
proprement parler, là, lui-même. Bien, on a
parlé beaucoup des amendements puis des sous-amendements. C'est effectivement
le cas, je pense. Je veux peut-être juste revenir sur quelque chose.
Puis effectivement...
Une voix : ...
M. Grandmont : Non, mais c'est vrai,
je veux dire, on n'a pas discuté beaucoup de l'article, l'article 3 que
vous avez déposé. C'est effectivement le cas?
Mme Guilbault : ...je l'ai invoqué à plusieurs reprises au micro. J'ai lu
sans arrêt le premier alinéa pour tenter de recontextualiser à chaque fois les
digressions incessantes de la partie en face.
M. Grandmont : Des «digressions
incessantes», Mme la Présidente. Je demanderais peut-être à la...
Mme Guilbault : «Digression», ça marche-tu? Je vais le googler.
M. Grandmont : Non, mais c'est juste
que c'est... Puis c'est des propos blessants, quand même, là.
Mme Guilbault : Bien là!
M. Grandmont : Bien là, bien oui,
«incessantes».
Mme Guilbault : Comme dirait le collègue, il faut rester focus.
M. Grandmont : Non, non, mais c'est «incessantes».
Non, mais c'est parce que le côté incessant, on sent... on sent aussi, là,
qu'il y a... il y a comme une notion d'acharnement, peut-être, là-dedans, là.
La Présidente (Mme Maccarone) : Oui.
Je comprends.
M. Grandmont : Peut-être que je
voudrais mal traduire, là.
La Présidente (Mme Maccarone) : Je
vous demande... de prudence...
Mme Guilbault :
Heille! Mme la Présidente, «digression»...
La Présidente (Mme Maccarone) : S'il
vous plaît! De...
Mme Guilbault : ...développement oral ou écrit qui...
La Présidente (Mme Maccarone) : Excusez-moi!
Mme la ministre...
Mme Guilbault :
...
La Présidente (Mme Maccarone) : Mme
la ministre! Je vous demanderais, s'il vous plaît, la prudence de tout le monde autour de la table. M. le député,
vous disposez d'à peu près deux minutes qu'il vous reste, alors d'utiliser
votre temps d'une façon judicieuse pour vos débats avec la ministre, s'il vous
plaît.
M. Grandmont : Écoutez, moi aussi, là,
j'ai... j'ai référé à ça.
Mais... Mais
je voulais revenir sur un... Comme il reste peu de temps, là, Mme la ministre
avait présenté un autre tableau, puis j'aimerais ça qu'elle nous parle
de ce tableau-là. Elle nous avait dit qu'elle faisait une mise à jour de ce
tableau-là, elle nous l'a montré, puis on ne l'a pas reçu. Donc, j'aimerais...
j'aimerais qu'on revienne là-dessus.
La Présidente (Mme Maccarone) : Vous
avez une question pour la ministre?
M.
Grandmont : Bien, c'est parce que je réutilise mon temps pour répéter
ma question. Ça ne marche pas, Mme la Présidente, là.
La Présidente (Mme Maccarone) : Il
souhaite savoir la mise à jour en ce qui concerne le tableau, Mme la ministre.
M.
Grandmont : Le deuxième tableau, là.
La Présidente (Mme
Maccarone) : Le deuxième tableau.
Mme
Guilbault : Bien, moi, mon temps, je
l'utilise de manière incessante pour répéter les mêmes réponses. Ça fait que je
pense qu'il y a une belle symétrie ici, des deux côtés de la table.
Pour ce qui est du
tableau, là, on parle-tu du tableau qu'ils ont déjà en leur possession mais
qu'ils veulent que je dépose?
M.
Grandmont : Vous en aviez présenté un autre. Non, l'autre. Vous en
aviez déposé un... Vous aviez montré un autre tableau.
Mme
Guilbault : Avec les coûts?
M.
Grandmont : Je pense que c'était ça, oui.
Mme
Guilbault : Avec les postes budgétaires,
là?
M.
Grandmont : Bien, montrez-moi-le, on va voir si c'est celui... Non,
non, pas celui avec les postes budgétaires. Un autre tableau qui était comme
une espèce d'amélioration de votre tableau, là, avec les montants, là. Pas...
Pas...
Mme
Guilbault : Bien là, j'avais... j'avais
peut-être, là, mon tableau du PQI sur 10 ans. OK. Bien là, je ne l'ai pas
ici, avec moi, là, mais c'est le PQI. S'ils ont le volume VI du... Ah!
non, je n'aurai pas les 10 années. Oui, oui, bien, je peux l'amener.
M.
Grandmont : Oui, c'est ça, c'était le PQI, exactement. C'est ça.
Mme
Guilbault : C'était juste le PQI. C'est
public sur Internet en ce moment, mais, tu sais, je l'avais sorti sur 10 ans pour montrer à quel point le Parti
libéral investissait beaucoup moins que la CAQ. Mais je peux le ramener
cet après-midi sans problème.
M. Grandmont :
Bien, moi, j'aimerais ça que vous le rameniez. Puis... Puis on sera
peut-être sortis de l'article 3 dans le cadre duquel on a discuté de ça,
mais, quand on aura reçu ces documents-là, moi, je pense qu'il faudra se donner
l'espace pour pouvoir en parler, même si on est sortis du 3, là, Mme la
Présidente, pour des raisons évidentes, là, qu'on n'a pas accès à cette
information-là en ce moment, alors que c'est le moment d'en discuter, là.
La Présidente (Mme
Maccarone) : Je comprends.
Mme
Guilbault : Est-ce que je peux répondre?
La Présidente (Mme
Maccarone) : Oui. Allez-y.
Mme
Guilbault : Bien, premièrement, il est
inexact de dire qu'on n'a pas accès à cette information-là, c'est le PQI. C'est
sur Internet. Moyennant un minimum de manipulations et de recherches de son
collègue, là, cette information-là, il pourrait l'avoir en cinq à
10 minutes.
M.
Grandmont : Mais c'est parce qu'on ne savait pas si ce tableau-là
était présenté en dollars constants ou courants.
Mme
Guilbault : Oui, il a été dit... Tantôt,
j'ai dit à deux reprises au micro, donc là la troisième fois...
M.
Grandmont : Non, bien, le... On sait que le PQI est en dollars
courants, mais... mais le tableau...
Mme Guilbault : Il est en dollars courants, c'est ça. Bien oui, mais c'est le PQI
extrait tel quel des documents publics qui sont sur Internet. Vous
savez, à chaque année, Mme la Présidente, on dépose un budget à peu près pas mal toujours au mois de mars, et il y a aussi un PQI
en parallèle qui est déposé, les crédits du Trésor aussi, alors... et cette information-là,
elle est publique. Donc...
Une voix : ...
La Présidente (Mme
Maccarone) : Alors... Non...
Mme
Guilbault : ...tu sais. Alors, il faut
juste comme sortir chaque budget des 10 dernières années, chaque... dans
chaque PQI, les investissements en transport collectif. Et moi, j'avais fait ce
travail-là puis je l'ai mis dans un tableau pour le bénéfice et le caractère
didactique pour mes collègues.
M. Grandmont :
Mais ce qu'on... ce qu'on ne
comprenait pas, c'était : Est-ce que ce tableau-là représentait... Puis vous me rappellerez à... tu sais, votre... ce
que vous aviez dit, mais c'était une moyenne... c'était une... tu sais, c'était
une moyenne que vous aviez faite pour chacune des années, c'est-à-dire, la
moyenne de 10 ans rapportée sur chaque année.
Mme Guilbault : Ah! bien là, c'est peut-être un autre. Tu sais, c'est parce que je ne
m'en souviens plus, là, lequel.
M. Grandmont :
Bien, j'essaie de m'en rappeler avec vous, là.
Mme
Guilbault : J'ai un tableau, le PQI qui
est juste le PQI standard public sur Internet à chaque budget qui a été déposé
à chaque début d'année.
M.
Grandmont : Non, non, c'est un autre.
Mme Guilbault : Ah! mais, effectivement, oui, j'allais l'oublier parce que Québec
solidaire n'est pas en cause dans l'autre.
M.
Grandmont : Mais vous l'aviez montré celui-là. Mais vous l'aviez
montré.
Mme
Guilbault : J'avais fait la moyenne des
investissements en transport collectif, c'était-tu sur 10 ans ou... Je ne
sais plus le nombre d'années, mais je vais le ramener. Je l'ai, là. Je l'ai
ici.
M.
Grandmont : Bien, bon... Bien, on référera à ça dans ce cas-là. Puis
c'est...
Mme
Guilbault : Des trois partis
politiques qui ont déjà été au gouvernement.
M.
Grandmont : C'est ça, exactement. Mais moi, j'aimerais qu'on ait ce
document-là.
Mme
Guilbault : Et là on voyait la CAQ
nettement plus élevée. Il y avait le Parti libéral à 7 milliards, puis
6,5 milliards, je pense, le Parti québécois, puis nous autres, je ne sais
plus, mais beaucoup plus élevé. Ça fait que, oui,
avec plaisir, je vais le ramener cet après-midi pour démontrer que le Parti
libéral, le Parti québécois sous-investissaient nettement par rapport à la CAQ
en transport collectif. Absolument, ça va me faire plaisir de le ramener.
La Présidente (Mme
Maccarone) : Alors, juste pour confirmer, Mme la ministre, vous...
vous prenez l'engagement de déposer le tableau pour le PQI sur 10 ans et
le tableau avec la moyenne des investissements en transport cet après-midi.
Mme
Guilbault : Parce que, comme je ne me
rappelle pas par coeur exactement des paramètres du tableau, je ne prendrai
aucun engagement au micro, parce qu'après ça ils vont faire du temps sur le
fait que ce n'est pas le même titre que ce
que j'ai dit, puis tout ça. Alors, je vais revenir cet après-midi avec des
tableaux, puis on en reparlera.
La Présidente (Mme
Maccarone) : Merci. 10 secondes.
M.
Grandmont : Excusez-moi, est-ce qu'elle a dit qu'on allait faire du
temps? Mais là...
La Présidente (Mme
Maccarone) : Elle ne voulait pas revenir sur le sujet de le... des
tableaux. Alors, vous disposez de 10 secondes, M. le député.
M. Grandmont :
Non, non, je suis juste, encore
une fois, un peu déçu du... des intentions qu'ils nous prêtent...
La Présidente (Mme
Maccarone) : Parfait. Et moi, j'ai compris que la ministre, elle a
pris l'engagement de revenir, cet
après-midi, avec des tableaux. Alors, on va regarder les tableaux de près lors
de notre retour, cet après-midi. Je vais... Est-ce qu'il y a d'autres
interventions? M. le député, vous disposez de 2 min 30 s.
M. Derraji : Sur
l'article 3?
La Présidente (Mme
Maccarone) : Sur l'article 3.
Je suis désolée, il
va falloir qu'on suspende juste très brièvement. Merci.
(Suspension de la séance à 12 h 08)
(Reprise
à 12 h 12)
La Présidente (Mme
Maccarone) : Merci. Alors, la parole est à M. le député de Nelligan,
s'il vous plaît.
M. Derraji : Oui,
Mme la Présidente. Dans les 20 secondes qu'il me reste, je vais revenir sur
le tableau. Je vais juste répéter aux gens qui nous suivent que le tableau a
été utilisé par Mme la ministre elle-même dans la séance du 9 octobre, et
la question qui est restée sur la table, qu'on lui avait posée : Dans le
PQI, est-ce que c'est constant ou courant? C'est ça, la question de ma
collègue. Et la ministre s'est engagée, le 9 octobre, de nous revenir. Là,
je comprends maintenant... Là, elle se souvient de ce qui a été discuté dans la
séance du 9 octobre.
Donc, je tiens juste
à préciser que ce n'est pas à nous, là... ce n'est pas nous, hein? C'est Mme la
ministre qui a rappelé ce tableau. Et c'est pour cela on voulait savoir :
Est-ce que c'est constant ou courant, le PQI qu'elle avait? Si ma mémoire est
bonne, ce que j'ai visionné dans la vidéo, c'était sur le téléphone. Ce n'était
pas un tableau qu'elle utilisait. Voilà.
La Présidente (Mme
Maccarone) : C'est clair. Merci. Mme la ministre, avez-vous une
réponse pour ceci?
Mme
Guilbault : Je comprends donc que tout ce
qui a été dit sur un supposé tableau que je me serais engagée à déposer était
inexact et que ce débat-là est maintenant clos, parce que le tableau est déjà
entre les mains du député de Nelligan.
M. Derraji : ...
La Présidente (Mme
Maccarone) : Je comprends. Oui, puis...
M. Derraji : ...
La Présidente (Mme
Maccarone) : M. le député, j'ai déjà pris l'engagement avec la
secrétaire. Nous allons vérifier le libellé pour revenir avec l'exactitude de
qu'est-ce qui a été dit au micro jeudi.
Alors, nous allons
procéder à la mise aux voix. Est-ce que l'article 3 est adopté?
Des voix : Adopté.
Des voix : Sur
division.
La Présidente (Mme Maccarone) : Merci
beaucoup. Sur division. Mme la ministre, pour la lecture de l'article 4,
s'il vous plaît.
Mme
Guilbault : Oui. Puis là je vais...
Des voix :
...
Mme
Guilbault : ...je vais suspendre, je vais avoir un amendement.
Alors,
article 4, Loi sur Mobilité Infra Québec :
«Chapitre II.
«Mission, fonctions
et pouvoirs généraux.
«4. Mobilité Infra
Québec a pour mission principale d'effectuer, dans une perspective de mobilité
durable, lorsque le gouvernement lui en
confie la responsabilité, l'analyse d'opportunité, la planification ou la
réalisation de projets complexes de transport.
«Le gouvernement,
lorsqu'il lui confie une responsabilité en vertu du premier alinéa et afin de
favoriser la mise en valeur des espaces à
proximité des bâtiments ou des ouvrages de génie civil d'un projet complexe de
transport, peut permettre à Mobilité Infra Québec :
«1° de
vendre un immeuble ou une partie d'un immeuble qu'elle ne prévoit plus utiliser
et qui a été acquis pour le projet;
«2° d'aménager
un immeuble ou un ouvrage de génie civil afin qu'il puisse soutenir ou
accueillir un bâtiment ou une structure souterraine qu'un tiers pourrait
construire, et ce, dans les limites prévues par la loi.
«Le gouvernement peut
déterminer les conditions relatives à l'application du premier ou du deuxième
alinéa.
«Aux fins de la
présente loi, un projet complexe de transport confié à Mobilité Infra Québec en
vertu du premier alinéa peut viser l'un des objets suivants :
«1° la
construction, la reconstruction ou la réfection d'un immeuble ou d'un ouvrage
de génie civil destiné au transport ou utile à un système de transport;
«2° le
développement ou l'amélioration d'un système de transport intelligent.
«Un projet visé au
paragraphe 1° du quatrième alinéa comprend l'acquisition de tous les biens
requis à l'exploitation d'un système de transport, tel le matériel roulant.»
En commentaire.
L'article 4 de la Loi sur Mobilité Infra Québec énonce la mission
principale de Mobilité Infra Québec, qui est
d'effectuer l'analyse d'opportunité, la planification ou la réalisation de
projets complexes de transport que le gouvernement lui confie.
Le deuxième alinéa de cet article prévoit la
possibilité pour Mobilité Infra Québec de vendre ou d'aménager un immeuble dans
le cadre d'un projet qui lui a été confié de même que les modalités et les
conditions permettant à Mobilité Infra Québec d'exercer ce pouvoir.
Le troisième alinéa de cet article prévoit que
le gouvernement peut émettre des conditions pour l'application des
responsabilités confiées... des responsabilités confiées à Mobilité Infra
Québec en vertu du premier alinéa ou pour l'application de son pouvoir de
vendre ou d'aménager un immeuble en vertu du deuxième alinéa.
Le quatrième
alinéa de cet article définit les types de projets qui peuvent être un projet
complexe de transport.
Le cinquième alinéa de cet article précise qu'un
tel projet peut également inclure l'acquisition de biens tel le matériel
roulant.
Ça complète les commentaires.
La Présidente (Mme Maccarone) : Et
vous avez un amendement à déposer.
Mme Guilbault : Oui, j'ai un amendement.
La Présidente (Mme Maccarone) : Est-ce
que... Nous ne l'avons pas reçu.
Alors, nous allons suspendre, s'il vous plaît.
(Suspension de la séance à 12 h 16)
(Reprise à 12 h 20)
La
Présidente (Mme Maccarone) : Alors, Mme la ministre, pour la lecture de
l'amendement, s'il vous plaît.
Mme Guilbault : Oui. Donc, article 1... bien, amendement. Donc,
article 1, article 4 de la Loi sur Mobilité Infra Québec : Ajouter, à la fin de l'article 4 de la Loi sur
Mobilité Infra Québec proposé par l'article 1 du projet de loi,
l'alinéa suivant :
«Aux fins de la présente loi, un projet complexe
de transport est un projet dont les composantes, ou le cumul de celles-ci, notamment la portée, l'échéancier,
l'intégration de nouvelles technologies, les parties prenantes concernées, la
localisation, la stratégie de financement, les risques associés ou la nécessité
de requérir à une expertise de pointe, présentent un degré élevé d'intensité ou
de variabilité.»
En commentaire. Cet amendement vient préciser
qu'un projet se qualifie comme un projet complexe de transport lorsque certaines composantes ou un cumul de celles-ci
présentent un degré élevé d'intensité ou de variabilité.
Et peut-être aussi, tu sais, les collègues ne
seront probablement pas surpris, là, c'est quelque chose qui était revenu dans les consultations particulières,
d'avoir une définition ou une notion un peu plus précise d'un projet complexe
de transport, alors... Donc, c'est ça, c'est ce qu'on propose, c'est un certain
nombre d'indicateurs, finalement, dont l'appréciation de manière cumulée nous
aide finalement à jauger le degré de... ou à savoir si un projet peut être
considéré complexe ou non. Puis ce sont des éléments qui sont communément utilisés,
là, ou mentionnés dans les pratiques... les
pratiques de gestion ou les pratiques de réalisation de gens dans le public et
dans le privé qui font des... qui font des projets.
Puis là j'essaie de voir, j'avais un... tu...
Ah! c'est ça : «Ces notions se retrouvent également en partie dans
l'approche de gestion de projets routiers du ministère notamment exposée dans
le Guide de gestion des projets routiers du ministère.» Donc, alors,
c'est ça. Mais c'est conforme à des pratiques qui sont reconnues, standardisées
par plusieurs gestionnaires de grands projets.
La Présidente (Mme Maccarone) : M.
le député de Nelligan.
M. Derraji : Est-ce que la ministre
a terminé?
Mme Guilbault : Oui.
M. Derraji : C'est bon. Je veux
juste, Mme la Présidente, dire une chose. On a eu un briefing technique et on
nous a dit qu'il va y avoir une série d'amendements. À 12 h 22, on a
un amendement. Mme la ministre a bien pris le
temps de réfléchir. Je vais demander une suspension, Mme la Présidente, parce
que, pour le bien et ledit déroulement de la commission, on va prendre
le temps de l'analyser.
Mais, si on veut vraiment avancer rapidement,
j'invite Mme la ministre et ainsi que l'équipe qui travaille avec elle, s'il y
a d'autres amendements, de nous... de les déposer. Parce que Mme la ministre a
toute une équipe avec elle, nous, on doit bien faire notre travail. On ne va
pas commencer à lire un amendement, qui est quand même important, et voir s'il
reflète tout ce qui a été dit en commission parlementaire par les groupes.
Mais, pour le bon déroulement, s'il y a d'autres amendements, j'espère que...
c'est une pratique qu'on avait ici avec d'autres collègues à
Mme la vice-première ministre, qu'on nous partageait les amendements en amont,
comme ça, nous et nos équipes, on va avoir le temps de bien les étudier.
Donc, je vous demande, s'il vous plaît, une
courte suspension, si vous le permettez.
La Présidente (Mme Maccarone) : Oui.
Alors... Oui. Mais, compte tenu de l'heure, je suspends les travaux jusqu'à cet
après-midi. Alors merci beaucoup.
(Suspension de la séance à 12 h 23)
(Reprise à 15 h 27)
La Présidente (Mme Maccarone) : Alors,
bonjour à tous et à toutes. La Commission des transports et de l'environnement
reprend ses travaux.
Nous poursuivons l'étude détaillée du projet de
loi n° 61, Loi édictant la Loi sur Mobilité Infra Québec et modifiant
certaines dispositions relatives au transport collectif.
Est-ce qu'il
y a consentement pour que le député des Îles-de-la-Madeleine remplace
le député de Camille-Laurin?
Des voix : Consentement.
La
Présidente (Mme Maccarone) : Merci beaucoup. Lors de la suspension de nos
travaux, ce midi, nous étions à l'étude d'un amendement à l'article 4,
présenté par la ministre. M. le député de Nelligan, la parole est à
vous.
M. Derraji : J'aurais une première
question, Mme la Présidente : Avec quels groupes Mme la ministre a validé
la définition des projets complexes? Ou bien est-ce que c'est une définition
que... si ça vient d'elle et de son cabinet ou bien ça a été validé avec
quelques groupes?
La Présidente (Mme Maccarone) : ...
Mme Guilbault : Oui, bien, je vais juste valider, parce que ça a été
défini, comme je le disais ce matin, avec certaines pratiques. Je peux même...
je vais juste faire le ménage de mes affaires, là.
Des voix : ...
Mme Guilbault : Alors, l'Association de construction... grands travaux du
Québec, ACRGTQ, c'est ça. En tout cas, l'ACRGTQ, qui est venue, Pomerleau. En
tout cas, ça, c'est pendant les consultations. Et, sinon, bon, bien, dans
plusieurs outils. Comme ici, au Canada, le gouvernement fédéral, il y a des...
Bien là, je ne ferai pas la liste au complet, parce que ce serait long, là,
mais le gouvernement fédéral, il y a des outils qui ont été... qui ont été pris
en comparaison. En Colombie-Britannique, Territoires du Nord-Ouest, Grande-Bretagne, gouvernement du Sud de l'Australie, Californie, Nouvelle-Zélande. Puis là il y
a d'autres choses, là, tu sais, IBM, il y a d'autres entreprises privées aussi
qui ont été prises. Parce que là, il y a des noms... il y a des
documents plus précis, là, c'est tous des hyperliens, alors... Mais, bref,
c'est un peu un...
• (15 h 30) •
M.
Derraji : Si ça peut faciliter la tâche, Mme la ministre
peut le déposer. Vous êtes en train de citer un document.
Mme Guilbault : C'est un peu un florilège de bonnes pratiques, là. Mais
j'imagine que le collègue a fait ses propres validations depuis qu'on a
suspendu. C'est quand même quelque chose, tu sais...
M. Derraji : Si j'ai votre équipe,
oui. J'avais...
Mme Guilbault : Vu l'éventail de ce que je viens de citer.
M. Derraji : Non, non. Premièrement,
si j'avais le temps, je vais le faire. J'avais une période de questions, j'avais un caucus. Vous avez déposé l'amendement
aujourd'hui. Malheureusement, je n'ai pas eu le temps. Mais, d'à ce que
je vois, il y a un document que la ministre était en train de citer. Je
demande, Mme la Présidente, avec votre permission, le dépôt... document,
article 167.
La Présidente (Mme Maccarone) : Mme
la ministre, est-ce que vous acceptez de déposer votre document?
Mme Guilbault : Bien, on va préparer une... un certain nombre de références
qu'on pourra transmettre au collègue, parce que ça, ici, c'est un document de
travail, et il y a autre chose dessus aussi.
La
Présidente (Mme Maccarone) : Parfait. Merci. Alors, on s'attend à un autre
document, pour répondre à votre question, M. le député.
M.
Derraji : Oui. J'adore les documents de travail de Mme la ministre.
Ils sont toujours très bien étoffés.
Mais je veux juste
revenir. Oui, j'ai assisté à la consultation, comme Mme la ministre. Nous avons
entendu beaucoup de groupes. Je vais répéter ma question. Ma question :
Est-ce qu'après que vous avez dit que c'est ça, la définition d'un projet complexe...
J'ai entendu Pomerleau, j'ai entendu un autre groupe. Est-ce que cette
définition répond aux objectifs prononcés
par les groupes qui nous ont dit : Il faut absolument définir c'est quoi,
un projet complexe de transport? Ma question, ce n'est pas : Est-ce
que ça a été dit ou pas? Ça a été dit. C'est parmi les remarques que moi-même,
j'ai soulevées. On ne peut pas commencer un projet de loi, surtout dans le
contexte où on veut aller avec un projet complexe, sans le définir. Donc,
est-ce que cette définition a été partagée avec des groupes? Si c'est oui,
lesquels?
La Présidente (Mme
Maccarone) : Mme la ministre.
Des voix :
...
Mme
Guilbault : OK. Bien oui. Non, mais c'est
parce que, comme j'expliquais tantôt, il y a au moins deux groupes, Pomerleau
et l'ACRGTQ, qui sont venus en commission et qui sont des gens qui,
concrètement, font des projets. Alors, ces gens-là, je pense, savent de quoi
ils parlent. Et je peux citer un extrait ici de M. Adam, là, le PDG de
Pomerleau, qui est venu : «Mais, premièrement, les modes collaboratifs,
c'est très intéressant, mais nous, on se dit que
chaque projet a son bon mode contractuel. Souvent, ça pourrait être pour des
projets plus complexes. Je veux juste répéter, parce que c'est quand
même important, ça a été mentionné juste avant nous, mais un projet complexe,
pour nous, est échelonné sur plusieurs
années, recourt à des expertises extrêmement pointues, favorise et permet
l'innovation. Souvent, c'est réalisé en consortium avec des joueurs
internationaux pour partager le risque, l'expertise à des niveaux de
risque plus importants puis une acceptabilité sociale qui est requise à
différents niveaux.»
M. Derraji : Mais
on dit...
Mme
Guilbault : Ça fait que, si mon
collègue...
M. Derraji : Je
vais répéter parce que je ne pense pas que ce que je disais est bien compris.
Ça, là, on l'a entendu, je l'ai dans mes
documents, Mme la Présidente. Je vais juste répéter ma question, c'est que
cette définition de «projet complexe», est-ce qu'elle a été partagée
avec des groupes? Est-ce que les... Pomerleau... Parce qu'elle citait le PDG de
Pomerleau, qu'on a tous reçu ici. Et, oui, je pense que Pomerleau a intérêt à
ce qu'on définisse très bien la nature d'un
projet complexe, et comme nous aussi, on est très intéressés à ce qu'on
développe et on définisse très bien la nature d'un projet complexe. Ma
question, ce n'est pas parce que... ce n'est pas : Est-ce qu'ils l'ont
mentionné? Je sais, ils l'ont mentionné, mais... On l'a mentionné même avant le
début des consultations avec les groupes, qu'on ne peut pas aller parler de la
mission de Mobilité Infra Québec sans prendre le temps de définir c'est quoi,
un projet complexe. Ça, on l'a dit au début.
Maintenant, vous avez
défini un projet complexe. Ma question, c'est : Après que vous avez
défini, est-ce que cette définition a été partagée avec les groupes qui l'ont
mentionné? Est-ce que les groupes vous ont dit : Écoutez, la définition
que vous avez reflète absolument ce qu'on voulait avoir? Avant d'aller sur le
fond, parce qu'il y a aussi les risques, il y a beaucoup de choses à
l'intérieur.
Mme
Guilbault : ...Mme la Présidente, c'est
courant que ça fonctionne comme ça. On fait des consultations particulières, on écoute ce que les gens avisés
nous disent et ensuite de ça on s'en inspire pour déposer des amendements. Mais
les amendements, on ne les fait pas circuler à grande échelle un peu partout
avant de les déposer ici, là. C'est comme
ça que ça... Je ne sais pas si mon collègue écoute, mais il devrait, parce
qu'en plus il est leader. Donc, normalement, on dépose ici les
amendements puis on les aborde ensemble.
Et, pour nous, cette
définition-là, elle tombe sous le sens. J'insiste peut-être, j'attire son
attention sur le terme «notamment». Il est où, mon... Bon, c'est ça ici, là.
Alors, on dit : «Aux fins de la présente loi, un projet complexe de
transport est un projet dont les composantes, ou le cumul de celles-ci,
notamment la portée, l'échéancier...» Donc, il peut y avoir aussi la prise en compte globale d'autres choses dans
l'appréciation d'un projet de complexe transport... d'un projet de
transport complexe, pardon. Et les éléments...
Je veux juste
aussi... parce que, des fois, il dit que je n'ai pas compris ce qu'il a dit,
mais j'ai l'impression que c'est plus souvent l'inverse, là. Le PDG de
Pomerleau... Le PDG... Elle est où, ma feuille? Excusez, c'est parce que j'ai
tellement de feuilles, moi, ici, puis je ne sais pas pourquoi d'ailleurs, parce
que j'en utilise peu.
Bon, le PDG de
Pomerleau fait référence à «échelonné sur plusieurs années», donc, dans ma
définition, j'ai la notion d'échéancier,
«recourt à des expertises extrêmement pointues», j'ai l'expertise dans les
notions qui sont évoquées dans la
définition de «complexe», «favorise et permet l'innovation», j'ai «nouvelles
technologies» dans ma proposition de définition, «partage de risques avec des
joueurs internationaux», j'ai les risques et la stratégie de financement dans
mes propositions de... dans ma proposition de définition. J'ai aussi la
localisation, qui fait peut-être plus référence à l'endroit où le... en fait,
«localisation» et «parties prenantes», qui fait plus référence à l'endroit où
on réalise le projet de transport, mais qui
vient donc rejoindre l'acceptabilité sociale aussi, requise à différents
niveaux, qui est aussi dans les propos du PDG de Pomerleau, qui fait d'énormes
projets depuis longtemps. Je suis certaine que mon collègue partage
le... comment je pourrais dire, le fait qu'on est fiers d'avoir une entreprise
comme Pomerleau au Québec. Or, tout ce que
lui a évoqué, lui, un vrai expert qui fait des vrais projets dans la vraie vie,
est repris dans la proposition de définition.
Alors, si... Je ne sais pas ce que je
pourrais dire de plus, Mme la Présidente, là. C'est pratiquement symétrique
comme proposition versus les déclarations qui ont été faites par M. Adam,
qui est venu en commission.
La Présidente (Mme
Maccarone) : ...
M. Derraji : Oui.
On avance, Mme la Présidente, parce que, si Mme la ministre dit qu'elle a trop
de feuilles, c'est très simple avec un iPad, je lui suggère, si elle veut, ça
va aller très rapidement. Je l'ai.
La Société de
transport de Sherbrooke a dit qu'il faut définir mais n'a pas fourni de
définition. Très facile, je me retrouve facilement dans mes documents, Mme la
Présidente. Je ne me sens pas du tout mêlé. Mme Florence Junca-Adenot,
professeure en études urbaines, Université du Québec à Montréal, a dit qu'il
faut définir la notion de projet complexe. M. Pierre-André Hudon,
professeur au département de management, Université Laval, se demande c'est
quoi, un projet complexe. M. Jacques Roy, professeur titulaire,
département de gestion des opérations et de logistique
à HEC, la FCCQ, la Fédération des
chambres de commerce du Québec, même
chose. Conseil du patronat, Transit, l'alliance pour le financement
des transports collectifs au Québec, Propulsion Québec. L'ordre des urbanistes
dit vouloir avoir un rôle de conseiller auprès de la ministre, notamment pour
définir des critères objectifs de ce qui constitue un projet complexe et pour
proposer les projets à réaliser sous sa... sous sa juridiction.
Mais j'ai compris que
c'est une définition Pomerleau, parce que c'est un grand... et je ne dis pas le
contraire. Pomerleau a beaucoup, beaucoup de choses, beaucoup de réalisations,
ils construisent beaucoup. Mais, à la lumière de
ce que j'ai lu, ce que j'ai cru comprendre, que Mme la ministre, dans son amendement,
s'est inspirée de la déclaration en commission du PDG de Pomerleau. Et
c'est là où je la ramène à... au... l'ordre des urbanistes, qui dit vouloir
avoir un rôle de conseiller auprès de la
ministre, notamment pour définir des critères objectifs, donc parle de
critères... critères objectifs, ce qui constitue un projet complexe.
Donc, si on se base
sur ces critères objectifs... Moi, j'ai aimé vraiment l'ordre des urbanistes.
On peut parler aussi de l'Association des constructeurs de routes et grands travaux
du Québec, l'Association du transport urbain du Québec. On peut parler aussi
de Mme Catherine Morency, qui est une ingénieure, sommité mondiale, Mme la
Présidente, en génie des transports, qui a parlé de ça.
Donc,
maintenant, c'est juste au niveau des critères. Donc, si j'ai bien compris, Mme
la ministre, pour elle, un projet complexe, c'est un projet où «les
composantes, ou le cumul de celles-ci — le
cumul des composantes — notamment
la portée, l'échéancier, l'intégration de
nouvelles technologies, les parties prenantes concernées, la localisation, la
stratégie de financement, les risques associés ou la nécessité de
requérir à une expertise de pointe, présentent un degré élevé d'intensité ou de
variabilité». Est-ce qu'elle a un projet en tête pour éclairer les membres de
la commission?
• (15 h 40) •
Mme
Guilbault : Un exemple de projet? Bien,
Mme la Présidente, ça fait je ne sais pas combien de fois que je donne
l'exemple du projet de l'est, qu'on veut ramifier dans la couronne nord. C'est bizarre,
parce que mon collègue se vante d'avoir une tablette, dit qu'il n'est pas mêlé,
mais il me pose les mêmes questions sans arrêt.
La définition, là,
qui est proposée... OK, je vais peut-être m'y prendre dans l'autre sens.
M. Derraji : C'est... Il y a une limite, Mme la Présidente,
parce que cette question, je ne l'ai pas posée. Si elle est tannée d'entendre
les questions, c'est une chose. Mais, Mme la Présidente, je tiens à le répéter,
cet amendement...
Une voix : ...
M. Derraji : Je ne sais pas qu'est-ce que tu trouves de bon, M.
le député, mais tu peux le partager avec nous à haute voix.
Une voix : ...
M. Derraji : Mais,
Mme la Présidente, juste répéter, l'amendement vient d'être déposé ce matin, on
n'a pas eu le temps de l'étudier. On nous a dit, dans le briefing technique,
qu'on va recevoir deux blocs d'amendements. Donc,
je pense que la question que je pose est d'intérêt public. C'est la ministre
qui veut créer une agence de mobilité durable, et donc définir le projet
complexe. Je l'invite à rester sur le fond des questions que je lui pose, parce
qu'à la limite, Mme la Présidente, je trouve
ça un peu limite, sortir du fond de la question. La question, elle est très
simple. Projet complexe parle du PSE? Pas de problème. C'est un exemple.
La Présidente (Mme
Maccarone) : Mme la ministre.
Mme
Guilbault : Oui. Bien, Mme la Présidente,
l'amendement, il a été déposé vers 12 h 22, si ma mémoire est bonne,
et là il est 3 h 40. Je comprends qu'on avait des choses à faire,
mais mon collègue disait ce matin qu'il était «multitask», c'est comme ça qu'il
l'a dit, alors... Mais, de toute façon... C'est parce que je ne comprends pas,
je ne... je ne saisis pas sa question. Je comprends qu'il a besoin de plus de
temps puis qu'il a besoin peut-être de mon accompagnement, puis c'est ce que je
fais depuis tantôt. Je lui ai lu deux fois la citation de M. Adam et j'ai
repris chacune des huit notions qui sont proposées dans notre définition dans
l'amendement. J'ai fait le lien. Et donc je pense qu'à ce stade-ci, si le
député trouve que cette définition-là n'est pas appropriée, n'est pas
pertinente, n'est pas complète, peut-être
que, là, lui, il pourrait déposer un amendement s'il est rendu là dans sa vie.
Mais c'est parce que, sinon, Mme la Présidente...
Je veux dire, nous, on
propose cette définition-là. Et je lui ai expliqué que c'est inspiré non
seulement des propos d'une des plus grandes entreprises qu'on a au Québec, qui
fait des projets complexes depuis des années, aussi des propos de l'Association
des constructeurs de routes et des grands travaux du Québec. Grands travaux,
grands travaux, ça équivaut pas mal, entre autres, à des travaux complexes. Et,
en plus, je lui ai cité, puis on va lui préparer une petite liste de référence
d'hyperliens pour des outils de travail, là, dans d'autres juridictions, ici,
au Canada, fédéral, Colombie-Britannique, Territoires du Nord-Ouest, ailleurs
dans le monde, en Grande-Bretagne notamment en
Australie, puis d'autres exemples qui ont... qui réfèrent à la notion de
complexité dans le cadre de gestion de projet.
Ça fait que, là, je pense que, là, à ce
stade-ci, s'il n'est pas satisfait de tout ça, lui, il peut déposer un amendement, mais, sinon, je vais encore répéter
toujours la même chose, là. Il y a huit notions qui sont proposées dans
une définition. Parce qu'on est d'accord, il y a plusieurs groupes qui ont
dit : On devrait peut-être préciser la notion de projet complexe. Donc, on
arrive avec cette proposition-là.
Moi, quant à nous, elle fait énormément de sens.
On parle de la portée, de l'échéancier, du recours à des nouvelles technologies,
des parties prenantes, de la localisation, de la stratégie de financement, de
la prise de risque et de l'expertise, qui est justement une expertise de
pointe, une expertise à l'avant-garde. C'est précisément le propos du projet de
loi puis la raison pour laquelle on est tous ici puis qu'on a déposé ce projet
de loi là : la nécessité d'avoir une nouvelle expertise pointue en
transport collectif.
Donc, je... ça me paraît très complet et très
sensé comme définition, et inspiré de gens crédibles.
La Présidente (Mme Maccarone) : Merci.
M. le député de Taschereau.
M. Derraji : ...
La Présidente (Mme Maccarone) : Je
vais vous donner la parole après.
M. Derraji : Ah! OK. Pas de
problème.
M. Grandmont : ...
La Présidente (Mme Maccarone) : Allez-y.
M. Derraji : Mme la Présidente, si
Mme la ministre voulait avoir un débat, un débat réel, sur la définition de
«projet complexe», elle aurait dû être beaucoup plus préparée et mettre cette
définition au début de son projet de loi. Mais
je comprends que, parfois, on peut l'échapper, c'est le cas, parce qu'il n'y
avait pas cette définition. Et, heureusement, elle peut aller voir mes remarques, si elle est intéressée, elles sont
sur le site de l'Assemblée nationale, où je mentionnais beaucoup qu'un
des oublis de ce projet de loi, c'est la définition de «projet complexe». Et
c'est vrai, il y avait les groupes qui sont venus. Et, je comprends entre les
lignes, elle s'est inspirée beaucoup de la présentation de Pomerleau. Et on a
une définition qui reprend en quelque sorte ce que Pomerleau voulait dans la
définition du projet complexe de transport. Mais, si, Mme la Présidente, on
voulait savoir le point de vue de chaque groupe... parce que mettre une définition aujourd'hui, pour les gens
qui nous suivent... Le cumul des composantes... Parlons d'échéancier.
Échéancier, quoi, court, moyen, long terme? On peut parler d'intégration de
nouvelles technologies. C'est vague, Mme la Présidente, comme définition.
Donc, on peut aujourd'hui dire que la ministre a
fait un effort, parce qu'ils ont oublié complètement, dans le projet de loi,
qui... elle dit même qu'ils le portent depuis plusieurs mois, que c'est très
important pour elle et son gouvernement et que le gouvernement et elle-même,
ils ont complètement oublié la définition de c'est quoi, un projet complexe.
Donc, venir aujourd'hui en commission parlementaire et dire : L'amendement
a été déposé à midi... Écoutez, Mme la
Présidente, ça fait une dizaine de jours qu'on n'était pas là, donc
l'amendement aurait dû être déposé pour que nous, on puisse parler avec
les groupes.
Ceci étant dit, Mme la Présidente, si je prends
chaque composante, ce n'est pas très clair. Quand on... C'est des énoncés. Quand on me dit : «l'échéancier,
l'intégration de nouvelles technologies, les parties prenantes concernées»,
c'est des énoncés qu'un projet complexe doit avoir, soit une composante ou
l'ensemble de ces composantes. Mais, encore une fois, Mme la Présidente, quel
groupe a reçu cette définition? Parce qu'elle vient d'être rendue publique, de
ce que j'entends, à moins que ça ait été... si ça a été «double-checké» avec
Pomerleau ou quelqu'un d'autre, c'est le droit de Mme la ministre de vérifier
les amendements qu'elle ramène. Mais je pense... Et, si je veux amender, je
vais amender. Ça n'a aucun... Ça n'a aucun lien avec la définition que j'ai.
Mais venir aujourd'hui dire que c'est... parce que ça a été mentionné, on la
dépose, mais je n'ai aucun groupe ou partie prenante... Prenons juste le cas des
sociétés de transport, Mme la Présidente. Il y a beaucoup d'intervenants en
matière de transport collectif. Quand on parle
de «risques associés», quelle nature de risques? Quelle est la nature de... du
risque? «La nécessité de requérir à une expertise de pointe», quelle expertise
de pointe? «Présentent un degré élevé d'intensité ou de variabilité», quelles
variables? «Degré élevé d'intensité», de quelle intensité s'agit-il?
Donc, Mme la Présidente, quand je prends juste
cette définition que j'ai devant moi, clairement que j'ai beaucoup de
questions. Donc, le fait qu'on demande : Est-ce que ça a été... ça a été
validé, ça a été proposé à des groupes? Et, encore une fois, c'est des choix de
projets, c'est cette définition que les gens de Mobilité Infra vont utiliser
pour le choix des futurs projets. Donc, c'est ça, le but d'avoir une commission
parlementaire, c'est justement parler de ces enjeux.
La
Présidente (Mme Maccarone) : M. le député de Masson.
M. Lemay : Oui,
Mme la Présidente. Juste pour réagir aux propos du député de Nelligan, parce
qu'il semble dire : Les... L'amendement a été déposé à midi, ça n'a pas de
bon sens. En fait, tu sais, moi, je constate que, selon l'article 244 de
notre règlement, quand on est rendus à étudier un article, c'est le moment
idéal pour déposer un amendement, puis on en fait l'étude au moment du débat,
et là c'est... les débats sont lieu sur l'amendement.
Je rappelle au député
de Nelligan que, s'il n'est pas en accord avec l'amendement qui est proposé, il
a justement l'opportunité de déposer un sous-amendement ou de voter contre
l'amendement qui est proposé et d'en débattre
présentement en commission. Et donc je ne comprends pas pourquoi que le député
de Nelligan, il fait... semble offusqué du fait qu'il n'a pas eu les
amendements à l'avance, alors que c'est la procédure, c'est prévu à
l'article 244 de notre règlement, d'étudier les amendements au moment de
l'étude de l'article.
Puis aussi le député
de Nelligan, dans sa dernière intervention, il vient mentionner qu'il se
demande pourquoi qu'on n'a pas parlé de l'amendement en question avant
maintenant, qu'il aurait voulu qu'on en parle plus tôt. Or, les groupes...
lorsqu'on était en consultations, on a rencontré quand même 27 groupes,
les groupes sont venus nous dire qu'à l'article 4 ça serait intéressant
d'avoir ce type d'amendement là. Et donc moi, je juge à propos qu'il soit
traité à ce stade-ci puis je ne vois pas pourquoi que le député de Nelligan
semble offusqué par le fait qu'on traite l'amendement immédiatement. Merci, Mme
la Présidente.
La Présidente (Mme
Maccarone) : Merci. M. le député de Nelligan.
• (15 h 50) •
M. Derraji : ...mon
collègue le député de Masson, je ne suis pas offusqué. Je l'invite à voir son
collègue le leader du gouvernement, qui vient de déposer 23 amendements.
Je tiens à répéter à mon collègue — je ne sais pas s'il était là
au briefing ou pas — qu'on
nous a dit qu'il va y avoir deux blocs d'amendements. Je m'attendais à avoir
les amendements pour bien faire notre travail. Mais ça, là, c'est derrière
nous, Mme la Présidente.
Je veux revenir aux
composantes. Est-ce que les composantes, telles qu'annoncées dans la
définition, ont la même, si je peux dire, ampleur, donc l'échéancier versus
l'intégration de nouvelles technologies, ou bien l'une des composantes...
Est-ce qu'il y a un ordre d'importance dans l'ensemble des composantes pour
dire : Ça, si on a un échéancier, un long échéancier, par exemple, ça,
c'est... c'est la définition d'un projet complexe?
La Présidente (Mme
Maccarone) : Mme la ministre.
Mme
Guilbault : Bien, je ne comprends pas, là,
ce qu'il veut dire. Il parle d'un ordre chronologique ou d'une pondération
relative? Parce que ça a l'air de tourner un peu...
Mais, aussi, je vais
faire une remarque contextuelle, puis mon collègue de Masson en a déjà fait
une, j'en avais une à faire, parce qu'il y a deux choses que j'ai relevées dans
les propos du député de Nelligan. Mais ce qu'a dit mon collègue de Masson est très juste, en passant, hein? S'il a
quelque chose à dire de concret, ou une proposition à faire, ou une... ou une correction à suggérer, ou
je ne sais trop, qu'il le fasse. Mais actuellement on n'en est pas là puis...
c'est-à-dire que je n'ai rien entendu de tel.
Et deux choses que
j'ai relevées. Il me dit : Cet amendement-là aurait dû être déposé avant.
Bien, c'est parce qu'il est... il va à
l'article 4. Donc, si le député de Nelligan trouve que c'est long avant
qu'on se rende à l'article 4, je l'invite à consulter ses collègues
sur la même banquette puis à réorganiser un peu le temps et la disposition des
outils parlementaires qui sont... qui sont justement à la disposition des
partis d'opposition. La première chose.
Puis, la deuxième
chose, il me dit : Ça aurait dû arriver plus tôt. Si c'était si important
puis si la ministre comprenait que c'est important de définir les projets
complexes, ça arriverait plus tôt dans le projet de loi. Mais, Mme la
Présidente, je ne comprends pas, là. Est-ce qu'il est en train d'insinuer que,
parce que c'est à l'article 4 et non
pas à l'article 1, ça voudrait dire que c'est moins important? Moi, je ne
comprends pas la pertinence de ça. Et, si c'est le cas, puis je suis son
raisonnement, il aurait donc fallu mettre ça à l'article 1, avant
l'article 3, qui traite de l'importance d'avoir le siège social dans la
capitale nationale. Donc, est-ce qu'il est en train de me dire qu'on aurait dû négliger l'importance du siège social à Québec
pour pouvoir mettre la définition du transport complexe avant l'article
sur le siège social à Québec?
Mais vous voyez où ça
peut conduire, Mme la Présidente, ce genre de raisonnement là. Alors, un peu
comme ce matin, le député de Taschereau, avec ses questions...
M. Derraji : Excusez-moi,
Mme la Présidente.
Mme
Guilbault : ...sur les rencontres à
Québec...
M. Derraji : Excusez-moi,
Mme la Présidente.
La Présidente (Mme
Maccarone) : Vous avez un appel à règlement, M. le député?
M. Derraji : Oui,
absolument. Elle me prête des intentions. Je n'ai pas dit que ce n'est pas
important, parler du siège. Elle a l'art... et elle le sait très bien, je n'ai
pas besoin de lui donner ce qualificatif, elle le sait très bien.
La Présidente (Mme Maccarone) : Parfait.
M. Derraji : Je
ne veux pas commencer à parler de ça. Je veux qu'elle revienne sur le fond. Et
le fond, Mme la Présidente... Oui, je sais, ça ne fait pas votre
affaire.
Des voix :
...
La Présidente (Mme
Maccarone) : Prêter les intentions. Mais merci. Mme la ministre...
M. Derraji : Heille!
Sérieux, là! Sérieux, là...
La Présidente (Mme
Maccarone) : Je vais quand même laisser Mme la ministre terminer son
intervention.
Mme
Guilbault : Non, mais c'est ça. Alors...
Alors là, quand ça les arrange, ils veulent revenir sur le fond. Mais, Mme la
Présidente, ils digressent sans arrêt du fond. C'est moi qui veux toujours
revenir au propos du projet de loi parce que je veux qu'il avance.
Une voix : ...
Mme
Guilbault : Vous voyez?
La Présidente (Mme Maccarone) : ...vous
interpelez pas entre vous ici. C'est seulement la ministre qui a la parole.
Une voix :
...
La Présidente (Mme
Maccarone) : S'il vous plaît! M. le député! Merci. Mme la ministre.
Mme
Guilbault : Donc, c'est ça. Alors, le
propos du projet de loi, c'est de se donner des moyens pour faire plus de
transport collectif. Donc, je m'explique mal le... la cadence, à ce jour, des
travaux, quand on veut déposer le maximum de motions préliminaires jusqu'à ce
que la présidence doive trancher sur le fait qu'il faut passer à une autre étape, quand on nous dépose une motion
préliminaire pour entendre un groupe qui est déjà venu en consultations
particulières.
Ils
ont fait la même chose à mon dernier projet de loi de sécurité routière. Ils
avaient fait une motion préliminaire pour demander qu'on invite la
FADOQ, et je leur ai montré un courriel où on avait invité la FADOQ, et la
FADOQ avait décliné. Ils ont passé une heure à parler de ça. Ils ont fait la
même chose avec le Bureau du coroner en sécurité routière : On aurait dû inviter le Bureau du coroner. Je leur
montre un courriel au Bureau du coroner, qui dit : Merci, mais non
merci, on ne veut pas y aller. Une heure à parler du Bureau du coroner.
Donc, quand on vient
me dire que c'est des travaux sérieux puis que, là, le Parti libéral, encore
une fois, est très osmotique avec Québec
solidaire... Puis Québec solidaire a emprunté l'excellente phrase de notre collègue,
qui dit : Nous, on est le contrôleur de l'action gouvernementale.
Mme la Présidente, là, quand on travaille sur le fond des choses, qu'on nous
fait des propositions concrètes, qu'on avance, moi, je veux bien. Puis c'est
vrai que l'opposition a un rôle. Puis j'ai été dans l'opposition. Moi, je
comprends très bien, là, tout ce qui se passe dans la salle ici. Mais, quand on
fait du temps sur des motions pour passer une heure à nous demander d'entendre
un groupe qui a déjà pris la peine de venir s'asseoir ici pour nous parler, là
je pense que ça, c'est... c'est un manque de respect envers les fonds publics
qui financent les salaires de tout le monde ici, Mme la Présidente.
La Présidente (Mme
Maccarone) : Avant de vous recéder la parole, M. le député de
Nelligan, je veux juste faire un appel à tous les collègues autour de la table — la
ministre a parlé de les remarques respectueuses — que tout le monde
garde le respect entre nous, s'il vous plaît. On peut élever le débat. Tout le
monde peut dire ce qu'il souhaite dire. Mme
la ministre a le droit d'évoquer qu'est-ce qu'elle vient de dire. M. le député,
vous aussi, vous avez le droit de faire vos demandes. Alors, M. le
député, si on peut continuer, s'il vous plaît, avec le calme et le respect.
M. Derraji : Oui.
C'est bon, Mme la Présidente. Je pense que le débat, il est constructif, et
vous veillez très bien sur nos travaux. Et, s'il y a des collègues qui veulent
nous interpeler, on appelle le député avec le nom de la circonscription, pas
avec son prénom. Ils peuvent le faire avec vous directement. Donc, je tiens
juste à le répéter, parce que je n'appelle
personne avec son prénom. Et, s'il y a quelque chose, bien, ils peuvent prendre
la parole et parler. Ça, vous le savez, Mme la Présidente.
Je
reviens à la définition. Mme la Présidente, c'est quand même important, la
définition d'un projet complexe. Ce
que je déplore, c'est que cette définition arrive maintenant. Et, quand je dis
«maintenant», c'est que cette définition concerne aussi les acteurs du
milieu, pas uniquement les quelques députés autour de la table. Je comprends
que ça a été oublié. Il n'a pas été défini. Elle ne peut pas me dire
aujourd'hui le contraire. Le gouvernement, Mme la ministre, dans la rédaction
de son projet de loi, a mis juste «projet complexe». Il n'y avait pas de
définition. Il n'y avait pas de définition d'un projet complexe. Et, c'est
vrai, je l'ai mentionné, comme les autres groupes, ils l'ont mentionné en commission parlementaire. Mais, comme je vous ai
dit, cette définition vient d'être rendue publique. Nous, on va contacter
les groupes, on va leur parler parce que c'est notre devoir. C'est notre devoir,
parler avec les groupes.
Mme la ministre, c'est elle-même qui a parlé de
son fameux projet de loi. Bien, vous savez quoi? On a bien fait de parler du
coroner, parce qu'on a vu que le coroner, qu'est-ce qu'il a demandé à la SAAQ,
il leur a demandé de parler du 0,05, Mme la Présidente.
Donc, je pense que je n'ai pas de leçon à recevoir par rapport à ça. Quand on
demande, on dépose des motions préliminaires, on fait notre travail. Et, grâce
au travail d'enquête d'un journal, Le Devoir, on a pu voir l'avis
caviardé de la SAAQ, Mme la Présidente.
Entre... Entre parenthèses, ce n'est pas moi qui
a ramené ce débat maintenant, c'est Mme la ministre qui parle d'un autre projet
de loi. Donc, ne me faites pas dire que je n'ai pas le droit de le parler, ce
n'est même pas moi qui a évoqué ça, ce n'est même pas moi qui a parlé des
remarques préliminaires d'un autre projet de loi. Mais je me permets quand
même, du moment qu'elle évoque le projet de loi sur la sécurité routière... que
le temps nous a donné raison, parce que le coroner a fait la demande très
explicitement à la SAAQ, chose qui a été caviardée par la SAAQ. Et merci à la
pression et le travail d'enquête du journal Le Devoir et aux deux
journalistes qui ont fait un travail exceptionnel. La ministre n'avait pas le
choix, Mme la Présidente, que de dévoiler l'avis. Je ferme la parenthèse par
rapport à ça et je reviens aux composantes.
Donc, la... les composantes que je vois devant
moi, qui reflètent un peu les propos du PDG de Pomerleau, la question est très simple :
Est-ce qu'ils sont tous au même niveau? Donc, peu importe le projet qu'on va
avoir, quand on dit que l'échéancier,
stratégie de financement... si j'ai deux éléments ou j'ai deux composantes...
sont là, le projet, il est considéré complexe? Je veux juste voir est-ce
qu'il y a des indicateurs ou des... ou des paramètres à prendre en considération, parce que, quand même, c'est une
définition très, très large, très large, et on peut juste clarifier l'ampleur de
ces composantes, Mme la Présidente.
La Présidente (Mme Maccarone) : Mme
la ministre. L'ampleur des composantes.
Mme Guilbault : Bien, dans quel sens, l'ampleur des... la pondération
relative?
M. Derraji : Oui. Si vous m'écoutez,
oui, la pondération.
Mme
Guilbault : Bien, c'est parce que, tantôt, j'ai demandé, au
début de ma précédente intervention, qu'est-ce qu'il veut dire. Est-ce
qu'il veut dire l'ordre ou la pondération relative? Mais, dans son plaidoyer
sur la SAAQ, il a oublié de répondre à ma propre question. Donc là, je
comprends que c'est la pondération relative.
M. Derraji : Oui. Juste, encore une
fois, si c'est des questions courtes, ça ne me dérange absolument pas. Mais ce
n'est pas moi qui a parlé de la... de... du coroner, ce n'est pas moi qui l'a
évoqué. Donc, ça ne me dérange pas qu'on avance très rapidement, mais ne me...
ne me dites pas que je n'ai pas le droit de parler, parce que c'est Mme la
ministre elle-même qui ouvre la porte à d'autres sujets.
Maintenant, oui, c'est la pondération.
La Présidente (Mme Maccarone) : Elle
n'a jamais dit ça, M. le député.
M. Derraji : Non, non. La
pondération.
La Présidente (Mme Maccarone) : Continuez,
Mme la ministre.
• (16 heures) •
Mme Guilbault : Bien, il a raison, puis je le maintiens. Puis, si je sens
d'autres digressions, je vais le ramener, là. Ça, c'est des exemples, puis moi,
je trouve ça important que ce soit enregistré, là. Quand le Parti libéral et
Québec solidaire font des motions d'une heure pour demander qu'on entende
Trajectoire, qui était déjà venu, puis, au précédent projet de loi, la FADOQ,
qui avait décliné, je pense que c'est leur droit, qui avait... Là, il va nous
dire que c'est Alliance Transit, mais la présidente de Trajectoire était assise
là, on l'a en photo sur vidéo. Ça fait qu'à un moment donné, tu sais, je pense que ça revient au même. Et le Bureau du
coroner qui avait décliné, mais on passe une heure à dire qu'il faudrait
les inviter. Ça, Mme la Présidente, là, on peut avoir chacun notre
interprétation, mais, moi, les fonds publics sont rares, on le sait, hein, tu
sais, on a moins d'argent qu'on a déjà eu. Alors, quand on utilise l'argent
pour payer des salaires, pour payer des gens venir passer une heure à nous dire
qu'on devrait inviter quelqu'un qui a déjà été invité mais qui a dit non...
M. Derraji : ...pas demandé
quelqu'un d'autre.
Mme Guilbault : ...tu sais. Alors nous, à la CAQ, on trouve que ça n'a pas
de bon sens. Le Parti libéral, Québec solidaire aiment mieux travailler comme
ça, parfait. Mais je pense que c'est important de bien camper qu'on a une
opinion très différente sur la rentabilisation des fonds publics qui paient nos
salaires.
Cela étant, la pondération relative, bien, Mme
la Présidente, ça va dépendre des projets puis ça va être une appréciation
globale. Ce n'est pas... C'est pour ça, là, qu'on en a plusieurs, pour certains
projets, tu sais, on donne l'exemple puis, tu sais, la stratégie de financement
d'un projet à l'autre va être différente. La nature et la diversité des partenaires va être différente, en espérant
qu'on aura le fédéral le plus souvent possible, hein, Québec solidaire qui a
fini par comprendre que c'est important. Mon collègue de Nelligan qui a dit
qu'il allait nous aider, puis peut être son futur chef aussi.
La Présidente (Mme Maccarone) : Mme
la ministre, attention aux paroles, s'il vous plaît!
Mme Guilbault : C'est vrai. Alors, les parties prenantes vont être différentes aussi
d'un projet à l'autre dépendant, tu
sais, où on le fait, ça touche combien de municipalités. Évidemment, dans le
territoire de la CMM, on va avoir l'ARTM, et compagnie.
Donc, vous voyez, tu
sais, à sa face même, là, on voit bien que ces paramètres-là sont appelés à
varier d'un projet à l'autre, d'où... oui,
c'est ça, alors donc, d'où le fait que, d'un projet à l'autre, ça dépend, mais,
en bout de ligne... Puis, tu sais, peut-être repartir aussi de la base
de ça, là, on est en train de créer Mobilité Infra Québec à qui le gouvernement
va pouvoir confier des projets de transport complexes. Le gouvernement, il est
là pour gouverner, ça fait qu'en quelque part aussi il y a des décisions qui
vont se prendre dans l'appréciation du complexe. C'est bon d'avoir des référents, c'est pour ça qu'on amène
huit indicateurs pour le concept. Mais, après ça, l'appréciation va se faire,
puis les mandats vont être confiés par le gouvernement. Un jour, ça ne sera
plus la CAQ, le gouvernement, ça va être quelqu'un d'autre, là, et il va
fonctionner avec cette loi-là puis il va confier à Mobilité Infra Québec des
projets de transport complexes, puis ça va être ça.
Alors, c'est un outil
pour guider les décisions, un peu comme les outils, là, que j'ai cités tout à
l'heure ailleurs au fédéral puis ailleurs
sur d'autres continents. Mais, en bout de ligne, il y a... comment je pourrais
dire, il y a une décision aussi de l'exécutif du gouvernement de confier
des projets à Mobilité Infra Québec qui va reposer sur ces paramètres-là qui
vont être variables d'un projet à l'autre.
M. Derraji : Mais je vais juste... ça ne vous dérange pas, je
vais juste revenir parce que, là, on avance. Donc, oui, il y aura de la
pondération, et, au bout de la ligne, c'est le gouvernement qui va trancher
dans cette pondération. Ce n'est pas la MIQ, ce n'est pas l'agence.
Mme
Guilbault : Non, mais ce que je veux dire,
c'est que l'évaluation de la complexité du projet va se faire sur la base de ces paramètres-là. Mais, autrement
dit, un projet complexe pourrait exister dans l'espace-temps, mais le
gouvernement ne va pas nécessairement le donner comme mandat à Mobilité Infra
Québec. Tu sais, là, le gouvernement et
tous les gouvernements qui vont nous suivre vont... vont décider de confier
certains mandats. Moi, j'ai parlé souvent du projet de l'Est. Bon, bien,
peut-être qu'un jour il va y avoir d'autres mondes qui vont faire d'autres
choses, là.
M. Derraji : Oui,
je vais juste...
Mme
Guilbault : Oui.
M. Derraji : ...je
vais juste répéter ma question, on avance, Mme la Présidente. Donc, est-ce que
c'est le ou la ministre ou l'agence qui va déterminer la complexité du projet?
Qui va faire cette étude? Demain, il y a un projet sur la table, donc c'est
l'agence qui va dire : Ce projet, il est complexe. Après, la décision va
revenir où le ministre ou la ministre en question, du Transport, va dire :
Oui, on va aller de l'avant. Qui va déterminer la complexité?
Mme
Guilbault : Bien, c'est une décision du
Conseil des ministres. C'est un décret qui est pris par le Conseil des
ministres.
M. Derraji : OK.
Et ces paramètres... c'est ces paramètres qui vont guider le Conseil des
ministres ou Mobilité Infra Québec?
Mme
Guilbault : Bien, l'ensemble de l'oeuvre,
Mobilité Infra Québec, je veux dire, Mobilité Infra Québec, il va se faire
confier le projet. Ça fait que lui, il va le réaliser, le projet. Il va y avoir
aussi des mandats de planification. Il pourrait avoir des mois de
planification. On va y arriver, je pense, c'est l'article 5 ou 6, là. Ça
fait que c'est ça. Alors...
La Présidente (Mme
Maccarone) : M. le député.
M. Derraji : Je
n'ai plus de question.
La Présidente (Mme
Maccarone) : ...
M.
Grandmont : D'abord, donc, à Mme la ministre, bon, je veux juste... Je
ne reviendrai pas sur tout ce qui a été dit,
là. J'ai répliqué, à plusieurs reprises, là, sur plusieurs des choses que Mme
la ministre avance, avec lesquelles, évidemment, je ne suis pas en accord, mais
ce n'est pas grave, je vais la laisser intervenir comme elle veut. Mais
peut-être sur deux choses. La première,
c'est sur la bonne utilisation des fonds publics. Je pense qu'elle-même a donné
la réponse plus tôt, elle a dit : On n'est pas... On a un
traitement annuel, mais on n'est pas payé à l'heure, on n'a pas de temps
supplémentaire. Même si la... même si la commission doit prendre un petit peu
plus de temps ou moins de temps pour étudier
le projet de loi, à la fin, c'est le même budget, là. Ça fait que je veux juste
dire que c'est un argument qui est inexact. Elle ne peut pas continuer à
l'utiliser, là, je veux dire, c'est la même masse salariale.
C'est les mêmes... à
moins qu'il y ait une indication contraire, là, mais, je veux dire, on
travaille sur... les employés travaillent
sur ce projet de loi là. Ils pourraient travailler sur un autre aussi. Là, ils
travaillent actuellement sur un projet de loi. Si on n'était pas là en
train de siéger, ça serait peut-être un autre projet de loi avec d'autres
employés d'un autre ministère. Je veux dire, à la fin, c'est un jeu à somme
nulle, à ma compréhension.
Mme
Guilbault : Bien non, parce que, quand ça
fait... Comme, là, ça doit faire quoi, presque 45 heures qu'on est
là-dessus, on est à l'article 4. Moi, pendant que je suis ici, évidemment,
je ne suis pas en train de faire autre chose. Ça fait que c'est correct que je
sois ici, sauf que, si on nous garde sur un projet de loi pendant
150 heures au lieu de 50 heures,
par exemple, pendant ces 100 heures là, moi, en tout cas, j'informe mon
collègue de Taschereau que moi, j'ai beaucoup de choses à faire, là.
J'imagine qu'eux aussi. Alors...
M. Grandmont : Oui, oui. Tout à
fait.
Mme Guilbault : ...si je ne suis pas ici, je fais autre chose. Donc,
pendant que je suis ici, je ne peux pas faire autre chose. Alors...
M. Grandmont : Oui, mais c'est le
même salaire. C'est la même charge salariale pour le gouvernement, là...
Mme Guilbault : Oui, mais, moi, dans ma...
M. Grandmont : ...que vous fassiez
autre chose ou que vous soyez ici, là.
Mme Guilbault : ...moi, dans ma notion de rentabilisation des fonds
publics, les gens ont besoin que les dossiers avancent. Alors, il y a
24 heures dans une journée. Pour le citoyen... Tu sais, mettons, comme je
disais, il y a 24 heures dans une
journée, on en travaille un... quand même un nombre important, mais, à un
moment donné, des fois, aussi, il faut aller s'occuper de nos enfants
puis dormir une fois de temps en temps. Ça fait que, si, dans une session, on a
passé 150 heures à être ici, à écouter des motions préliminaires puis à
écouter des choses comme ça, qui ne font pas avancer le projet de loi, alors
qu'on aurait pu faire autre chose... Moi, je pourrais faire avancer d'autres
dossiers. Je pourrais aller rencontrer des élus sur le terrain. Je pourrais
être dans Louis-Hébert. Je pourrais faire plein d'autres choses que je ne fais
pas parce que je suis ici. Puis c'est correct que je sois ici, c'est moi qui
l'a déposé, le projet de loi. Je savais très bien que je viendrais en
commission. Mais, après ça, il y a un choix des oppositions de prendre plus ou
moins de temps.
Et ce que je dis, c'est que j'observe que, dans
mon dernier projet de loi, tout comme celui-ci, il y a eu le choix de maximiser
les outils parlementaires à leur disposition en termes de motion préliminaire,
jusqu'à ce qu'à deux reprises ils testent la jurisprudence de la présidence,
qui était d'ailleurs la même présidente les deux fois, qui a été obligée de
dire : Là, il va falloir passer à une autre étape parce qu'on a assez
passé de temps là-dessus, dont des motions pour parler de groupes qui soit
étaient déjà venus, soit avaient déjà décliné.
Tu sais, ça fait que, moi, encore une fois, on
parle de notions avec divers indicateurs, là, moi, dans ma notion de
rentabilisation des fonds publics, il y a aussi ça, là. Je pense, c'est une
appréciation globale, mais, comme j'ai bien dit,
moi, je suis tout à fait à l'aise de dire que la CAQ a une opinion sur la
rentabilisation des fonds publics qui paient nos salaires puis la
cadence qu'on devrait se donner pour des travaux parlementaires, qui est très
différente de celle des oppositions, puis je suis confortable avec ça.
Moi, je pense que c'est sain de vouloir
rentabiliser les fonds publics puis de vouloir le faire aussi en transport
collectif, d'où le fait que je suis préoccupée par le fait qu'on devrait
adopter ce projet de loi là le plus rapidement possible, tout en faisant un travail rigoureux, parce que des gens
attendent après ça, puis des projets attendent après ça.
M. Grandmont : Mais le
gouvernement... je veux dire, il faut voir l'ensemble de l'oeuvre, là,
c'est-à-dire que le gouvernement... Si ce
n'était pas nous qui étions ici, ça serait de vos collègues qui viendraient ici
pour d'autres projets de loi, puis on mobiliserait des gens pour la même
chose. Donc, à la fin, je veux dire, si vous êtes ici puis si on est ici, bien, c'est des collègues à vous qui
ne sont pas occupés par une commission parlementaire qui sont en train
de faire d'autre travail que celui d'être dans une étude détaillée de projet de
loi. Donc, pour moi, c'est pour ça qu'à la fin, là, quand on regarde la
globalité, sur l'ensemble d'un gouvernement, je veux dire... Puis, moi, mon
objectif, c'est vraiment d'avoir le meilleur projet de loi possible.
D'ailleurs, je vais vous proposer sous peu un sous-amendement que je pense
intéressant, et on verra.
• (16 h 10) •
Puis autre chose aussi, peut-être sur la
question, là, des amendements, les avoir reçus plus tôt, là. Moi, je suis quand
même d'accord avec mon collègue de Nelligan quand il dit qu'on aurait pu, on
aurait dû, on aurait apprécié, ça aurait peut-être aidé pour le travail,
recevoir ces amendements-là plus tôt. Plus tôt, parce qu'effectivement, lors du
briefing technique, il nous a été annoncé par votre collègue qu'il y avait
plusieurs amendements qui allaient être proposés par la partie gouvernementale.
Bien, vous comprenez que j'apprécie beaucoup mon collègue, mais on n'a pas les
outils puis les ressources pour être capables d'analyser longtemps d'avance. Puis
là on parle de l'amendement qu'on a à peu
près deux heures pour regarder, analyser au meilleur de nos connaissances. Mais
c'est quand même un enjeu fondamental, pour que vous preniez la peine
vous-même de déposer un amendement, qui nous avait été demandé à peu près par
tout le monde, bien... puis qui va servir, en fait, de grille d'analyse pour
déterminer quels sont ou quels ne sont pas
les projets complexes que pourra réaliser Mobilité Infra Québec, bien, on est
pas mal dans... dans le coeur, en fait, du projet de loi, là, avec ça.
Puis ça le dit, en fait, c'est les projets
complexes de transport collectif, donc, je veux dire, ça, c'est assez fondamental. Donc, avoir deux heures pour
l'analyser, pour essayer de faire de notre mieux, si on est capables de les
avoir plusieurs jours à l'avance, alors qu'on savait déjà, dès le
briefing technique, qu'on aurait plusieurs amendements, probablement, dont celui-ci, bien, nous, ça nous
aide à avoir des propositions qui sont plus adéquates, mieux mesurées, plus balancées. C'est juste ça que je veux dire.
Vous n'êtes pas obligée de répondre, c'est simplement mon avis là-dessus. Vous
pouvez répondre aussi, si vous voulez, là.
Mme Guilbault : Non. Bien, en fait, juste peut-être pour finir sur la forme
puis les travaux, je ne connais pas par
coeur ce qui se passe exactement dans chaque commission, là, tu sais, ma
fougère, c'est la Commission des transports et de l'environnement. Puis j'imagine que mes collègues en face sont sur
d'autres commissions aussi, d'autres projets de loi. Je ne sais pas
s'ils ont l'habitude systématiquement de déposer le maximum de motions
préliminaires possible sur chaque commission, avec tous les ministres. Mon
hypothèse, c'est que non et que, là, comme par hasard, ils l'ont fait deux fois
de suite avec moi. Mais peut-être qu'ils le font à chaque fois, auquel cas, si,
à chaque fois, sur chaque commission où ils vont, ils déposent des motions
préliminaires pour entendre des groupes qui ont déjà été entendus, c'est encore plus désespérant que s'ils le font
juste avec moi, Mme la Présidente. C'est ce que j'aurais à dire là-dessus.
M. Grandmont : ...parce que je ne
voulais pas parler de... parce que je pensais qu'on avait épuisé, en fait, cet
aspect-là de la conversation, mais, puisque Mme la ministre en parle elle-même.
Elle a dit tantôt : La présidente de Trajectoire Québec... d'abord,
c'était l'ancienne directrice générale, puis elle a été là comme membre de
Transit. Pourquoi? Parce qu'on avait demandé, nous, à ce que Trajectoire, un
groupe qui représente les usagers du transport collectif, soit entendu dans le cadre d'un projet de loi qui touche la
création de nouveaux projets de transport collectif. Ça a été refusé par
la partie gouvernementale. Ce n'est pas faute d'avoir essayé, là. J'ai beaucoup
insisté auprès de mon équipe de travaux
parlementaires pour que Trajectoire Québec soit entendue, ça a toujours été
refusé. Je ne sais pas pourquoi, ça a toujours été refusé.
Alors, qu'est-ce que ces groupes-là ont fait?
Bien, ils ont décidé de venir sous le chapeau de l'Alliance Transit, parce
qu'ils sont membres de l'Alliance Transit, mais ils n'ont pas jasé... Ils n'ont
pas défendu le point de vue des usagers, là,
ils se sont attachés, ils ont discuté, leurs réponses, le mémoire qu'ils ont
fait était dans le cadre de la mission de Transit, qui est bien différente de
celle de Trajectoire Québec. Alors, peut-être que, pour Mme la ministre,
c'est un peu la même chose, mais il y a une grosse différence entre les deux,
et c'est pour ça qu'on a insisté pour que Trajectoire Québec vienne. Elle fait
référence, après ça, à la FADOQ. Je sais que, pendant les... le projet de
loi 48, elle nous avait servi cette
réponse-là, qu'ils avaient décliné l'invitation à être présents. Soit. Est-ce
que, dans le cadre de ce projet de loi là, le 61, ils ont aussi décliné
l'invitation à participer?
La Présidente (Mme Maccarone) : Mme
la ministre.
Mme Guilbault : Non, mais moi, je parlais de la FADOQ dans le cadre du 48.
M. Grandmont : Oui. Moi, je parle du
61, c'est le 61 qu'on étudie.
Mme
Guilbault : Ah! bien là, le 61, il faudrait que je regarde la
liste des invités, là, je ne les ai pas tous par coeur.
M. Grandmont : Parce qu'on me sert
la réponse sur le 48, alors qu'on parle du 61. À un moment donné...
Mme Guilbault : Bien, premièrement, je pense qu'on sert les réponses qui
nous arrangent de l'autre côté de la banquette aussi.
Deuxièmement,
j'ai bien dit, j'ai bien dit, là, tantôt, là, j'ai donné l'exemple de
Trajectoire ici en disant que la personne était Mme Doyon... Doyon ou
Houde?
M. Grandmont : Sarah V. Doyon.
Mme Guilbault : Parce qu'il y a deux Sarah. Il y a Sarah Doyon et Sarah
Houde, c'est ça, je pense.
M. Grandmont : Sarah Houde, c'est
Propulsion Québec.
Mme Guilbault : C'était Propulsion, c'est ça? Mais c'est pour ça... OK.
Enfin. Puis je ne veux pas... je ne veux pas donner le mauvais nom. Donc, elle
était assise ici, dans la pièce, vidéo.
M. Grandmont : Oui.
Mme Guilbault : Bon, et, après ça, j'ai dit... Ça, c'était pour le 61. Et
après j'ai dit : Mon dernier projet de loi 48 sur la sécurité
routière, ils ont fait une motion sur la FADOQ, j'ai bien précisé que c'était
pour le 48, alors que la FADOQ avait décliné, dans le 48, poliment. Je pense
que c'est leur droit, mais vous avez quand même fait une heure là-dessus.
Et le Bureau du coroner, on les invite, et je
vous démontre le courriel écrit de Me Bernier, Reno Bernier, le coroner en
chef, qui dit : Merci...
M. Grandmont : On est encore sur le
48, là?
Mme
Guilbault : Oui, oui, sur le 48. Mais
c'est pour ça. Non, mais je suis en train de documenter le caractère
systématique de cette habitude-là sur mes commissions en disant : Je ne
sais pas s'ils le font ailleurs, je n'ai pas cette information-là, ça fait que
je ne m'avancerai pas, mais j'espère, pour le bien de la cadence des travaux,
qu'ils ne le font pas. Et, s'ils le font systématiquement puis qu'ils font des
motions pour inviter des groupes qui ont soit
déjà décliné ou qui sont soit déjà venus, j'ai dit tout à l'heure, et je le
maintiens, que c'est encore plus désespérant, parce qu'on a un devoir de faire
avancer les travaux, les articles du projet de loi. Et, quand c'est rendu que
la présidence doit trancher en faveur de la partie gouvernementale parce
qu'il est temps de passer à autre chose, parce que le droit parlementaire puis
les règles du Parlement font en sorte que les oppositions ont trop étiré le
temps sur une partie, qui est leur droit, mais qu'ils sont allés au maximum de
ce que le Parlement prévoit deux fois de suite sur mes deux projets de loi,
moi, je fais juste noter ça au micro.
Parce que, tu sais, ce n'est pas évident, là.
Nous, on est dans une bulle parlementaire. Mais le citoyen, là, qui paie des impôts puis qui paie nos salaires, là...
Je pense, c'est important que les gens comprennent comment ça fonctionne
ici, là, tu sais. Alors, c'est correct de prendre du temps pour des choses qui
valent la peine, mais, quand on prend du
temps pour demander qu'on invite des gens qui ont déjà été invités puis qui ont
déjà décliné, en ce qui me concerne, c'est très différent d'un débat de
fond sur un article, par exemple.
M. Grandmont : Est-ce que
Trajectoire Québec avait refusé?
Mme Guilbault : Trajectoire Québec était assis ici, là, sur la chaise qui
est la plus à droite.
M. Grandmont : Au nom de Transit,
parce qu'ils ont été refusés par la partie gouvernementale.
Mme Guilbault : Bien oui, mais c'est parce qu'ils étaient déjà présents.
M. Grandmont : Non, non, non. Ils
parlaient...
Mme Guilbault : C'est la... Le même être humain était assis ici, dans la
pièce.
M. Grandmont : Ce n'est pas la
même...
Mme Guilbault : Ça fait qu'on peut débattre longtemps, là, mais cette
personne-là était assise ici, et, après ça, on fait une heure pour dire qu'on
devrait la réinviter.
M. Grandmont : Ce n'était pas la même
organisation, évidemment, donc ce n'est pas le même discours. Ce n'est pas les mêmes approches. Ce n'est pas les
mêmes questions. Ce n'est pas les mêmes points qu'on avance, non, non.
Ce sera tout pour l'instant. Je vais attendre avant de déposer mon sous-amendement.
La Présidente (Mme Maccarone) : M.
le député des Îles-de-la-Madeleine.
M. Arseneau : Oui. Mme la
Présidente, là, je ne sais pas si je dois discuter des motions préliminaires,
des fonds publics ou de l'amendement qui a
été déposé par la ministre, là. Je suis un petit peu interloqué par la
discussion qu'on a présentement. Alors, j'hésite à embarquer dans le
sujet parce que je pense que, si la ministre parlait de digression, là, je pense que tout le monde est un petit peu coupable
autour de la table, là. Est-ce que j'en rajoute ou bien je ramène le
sujet principal qui devrait faire l'objet de nos travaux? Je pense que je vais
opter pour la deuxième option puis parler de l'amendement. Puis on pourra
revenir sur les fonds publics et puis pour juger si l'opposition étire trop le
temps ou savoir si ce sont des choses qui valent la peine, là. Je vais mettre
ça de côté, parce que j'aurais beaucoup de réactions, puis, je pense, ça ne
contribuerait pas tellement au débat cet après-midi.
Alors, je vais regarder la définition, parce que
moi, j'apprécie le fait que la ministre dépose aujourd'hui une définition d'un
projet de loi complexe, mais je trouve cette définition éminemment complexe et
je ne suis pas sûr que c'est le type de
définition qui nous aide à déterminer ce qu'est un projet complexe de ce qu'est
un projet majeur ou un projet standard. Et je m'explique. On lit la
définition ainsi : Un projet complexe, c'est «dont les composantes, ou le
cumul de [ses composantes]», donc le cumul de celles-ci. Et là, si on ne nomme
pas les composantes, on dit : «[Ses] composantes, ou le cumul de
celles-ci, [...]présentent un degré élevé d'intensité ou de variabilité.»
Donc, j'essaie de décortiquer, là. On dit :
C'est un projet dont les composantes ou le cumul de ses composantes va
présenter un degré élevé d'intensité ou de variabilité. Évidemment, il va
falloir qu'on définisse c'est quoi, un degré
élevé d'intensité. De quoi parle-t-on quand on parle d'intensité puis qu'est-ce
qu'un degré élevé? Est-ce qu'on a une
échelle d'intensité de un à 10, de un à 100, de A à Z, de A à F? Bon, le degré
élevé d'intensité sera laissé à l'appréciation de qui exactement et avec
quelle grille d'analyse?
• (16 h 20) •
Pour ce qui
est de la variabilité, j'aimerais qu'on la définisse également. Qu'est-ce que
c'est qu'une variabilité pour les différentes composantes qu'on a nommées? Et
là c'est encore plus intéressant quand on regarde chacune des
composantes qu'on a identifiées. Premièrement, est-ce que ce sont des
composantes dont la liste est exhaustive ou il pourrait y avoir d'autres
composantes qu'on ajoute ou qu'on retire? Est-ce que c'est comme ça, une seule
de ces composantes-là ayant un degré élevé
d'intensité, ça justifie que c'est un projet complexe ou ça prend une
combinaison de celles-ci et jusqu'à combien? Sur
les huit composantes, est-ce qu'il faut arriver à une espèce de point de
bascule où on en a quatre, puis là ça devient un projet complexe, on n'en a que
deux, ça l'est un peu moins?
J'aimerais comprendre la mécanique d'application
d'une définition comme celle-là et... parce que, sinon, cette définition-là,
elle peut être interprétée et utilisée de façon très différente d'une personne
à une autre, d'un ministre à un autre, d'un
gouvernement à un autre, d'une entreprise... Bref, c'est... je ne pense pas que
ça nous rapproche d'une clarification. Puis, je pense, c'est fondamental, Mme
la Présidente, ce qu'on essaie de faire aujourd'hui puis à chaque fois qu'on siège, puis c'est pour ça que ça
existe, des commissions parlementaires, c'est d'essayer de déterminer le
plus précisément possible quelle est l'intention du législateur. Parce qu'on va
devoir vivre avec cette loi-là pendant des années et des années. On va devoir
appuyer des investissements publics, des fonds publics de nos contribuables
québécois sur la base d'éléments comme ceux-là, qui sont extrêmement,
actuellement, difficiles à saisir pour... pour nous, parlementaires. Imaginez
pour... pour des gens qui n'ont pas travaillé déjà des heures et des heures sur
le projet de loi. Alors, je continue dans mes réflexions puis je... ensuite
peut-être que la ministre pourra se prononcer.
Quand on parle de la portée, la portée d'un
projet, encore une fois, est-ce qu'on peut définir la portée? Est-ce qu'on
parle de la portée territoriale? Est-ce qu'on parle de la portée financière, la
portée en termes de nombre d'années d'opération, de nombre d'années de
chantier, d'élaboration de ce projet? Je ne sais pas ce que ça veut dire
exactement «la portée du projet», tu sais. C'est comme une espèce de mot-valise
qu'on transporte, la portée, mais sans
savoir exactement ce dont il est question. Bon, l'échéancier, c'est plus
précis, mais, encore une fois, ça dépendra de l'échéancier.
Mais, oui, il y a toujours un échéancier.
Qu'est-ce qui va faire qu'un échéancier est intensif ou variable? Vous comprenez, là, le degré élevé d'intensité,
bien, il réfère à chacune des composantes. Donc, qu'est-ce qu'un échéancier
qui comporte un degré élevé d'intensité? C'est un échéancier qui est court, je
veux dire, parce que plus le chantier va être court, plus c'est complexe.
C'est-tu ça que ça veut dire? Et, si, au contraire, on a un échéancier pour un
projet de construction d'un troisième lien, disons, exemple comme ça, pigé au
hasard, là, tu sais, vraiment spontanément, puis qu'on dit que cet
échéancier-là va s'étaler sur huit ans, est-ce que c'est un échéancier à degré
élevé d'intensité? Moi, je pense que c'est
beaucoup de temps, huit ans, mais, pour certains, ça peut être un degré élevé
d'intensité. La variabilité, l'échéancier variable, ça veut dire qu'on
se donne entre deux et huit ans pour le faire. Donc, c'est une variabilité
assez grande, donc, un degré élevé de variabilité pour cet échéancier-là.
L'intégration de nouvelles technologies, ça,
c'est toujours un peu amusant, parce qu'à chaque... à chaque génération, on a des nouvelles technologies. Les
nouvelles technologies d'aujourd'hui sont des anciennes technologies de demain,
et puis... et, habituellement, bien, les nouvelles technologies, elles existent
déjà au moment de les mettre en oeuvre. Jusqu'à quel point elles sont
nouvelles? Si elles ont été éprouvées ailleurs, bien... puis j'espère qu'elles
sont éprouvées ailleurs, parce que, sinon, on est toujours dans le
développement de nouvelles technologies. On va être un peu les cobayes de ces
nouveaux instruments là. C'est un peu particulier. Si une nouvelle technologie
a été utilisée dans un projet de tramway en
Europe, est-ce que c'est encore une nouvelle technologie puisqu'elle a été mise
en oeuvre? C'est une nouvelle technologie pour nous, parce qu'on n'a
jamais eu de tramway, mais ça, c'est un autre... un autre élément.
Mais encore qu'est-ce que l'intégration d'une
nouvelle technologie à un degré élevé d'intensité? Comment mesurer
l'intégration... en fait, le degré d'intensité d'une intégration de nouvelles
technologies? Un peu, beaucoup, passionnément, ça, c'est petite fleur, là, tu
sais, le tournesol, là, ou la marguerite, là, qu'on effeuille. Mais c'est... ça
prend un peu plus que ça pour un projet de
loi, pour connaître l'intention du législateur dans sa définition qui est censée
nous faire avancer pour déterminer, là, pour le commun des mortels puis pour le
contribuable québécois, qu'est-ce que ça
veut dire qu'un projet complexe et qu'est-ce qui justifie qu'on mette sur pied
une agence flambant neuve alors que, pas
plus tard que ce matin dans la même salle, on se faisait dire — puis
je vais faire une digression, Mme la Présidente — qu'un
ministère des Aînés, là, c'était une dépense frivole, qu'on allait augmenter
les dépenses de fonds publics de façon absolument insensée et grossière parce
qu'on voulait dissocier des fonctionnaires qui existent déjà pour qu'ils
prennent des décisions pour les aînés.
Là, on veut
fabriquer une toute nouvelle structure, donc, on ne sait pas si ça va avoir 50,
400 ou 1 000 travailleurs et on sait que ça va coûter
12,9 millions. Je ne peux pas m'empêcher de sourire, parce qu'on a déposé
des motions préliminaires pour savoir combien ça allait coûter, on n'a jamais
eu de réponse. Mais c'est sûr qu'on a fait du temps, parce qu'on veut que le
gouvernement rende des comptes sur l'information qu'il a peut-être et que nous,
on voudrait savoir pour donner l'heure juste au citoyen. Puis, s'il ne l'a pas,
bien, il faut qu'il aille la chercher, parce qu'on veut donner l'heure juste au
citoyen, fermeture de la parenthèse.
Qu'est-ce qu'un degré élevé d'intensité,
d'intégration de nouvelles technologies? Je ne le sais pas. Qu'est-ce qu'un
degré de variabilité de l'intégration d'une nouvelle technologie? Moi, là,
j'aurais besoin que quelqu'un m'explique qu'est ce que ça veut dire, degré
élevé de variabilité dans l'intégration d'une nouvelle technologie. Et là on me
dit : Bien, c'est le gouvernement qui tranchera. Il y a une définition,
mais, en bout de ligne, il y aura des décisions de prises, ce sera un référent.
Bien, un référent, dont on ne sait pas ce qu'il veut dire, ça n'aide pas
beaucoup, à l'heure actuelle, à dire : Bien oui, ça nous prend absolument
une agence, puis il faut que ça soit adopté le
plus vite possible, quitte à mettre fin au débat de façon plus rapide, là,
parce qu'on perd notre temps. C'est ce qu'on comprend du discours
sous-jacent, là, aux propos de la ministre de tout à l'heure.
La stratégie de financement... Ah non! J'en ai
passé quelques-unes. Il ne faudrait pas, quand même, là. Les parties prenantes
concernées, ça, c'est peut-être le plus bel exemple de cette difficulté-là à
comprendre puis à appréhender ce que le législateur a vraiment voulu dire. Les
parties prenantes concernées vont présenter un degré élevé
d'intensité. Alors, comment juger de l'intensité ou du degré élevé d'intensité
ou de variabilité d'une partie prenante? J'ai beaucoup de difficultés à voir.
Alors, est-ce qu'il va y avoir un test, là, de, comme on dit, là, un test
psychologique pour dire : Est-ce que vous êtes superintenses, là, vous,
les gestionnaires, là, d'une société d'État? Est-ce que ce seront les
gestionnaires dont on vérifiera le degré d'intensité ou de variabilité?
Parce qu'aujourd'hui vous dites oui, demain,
vous dites non. Donc, vous êtes variable dans vos opinions. Ça se peut que ça
soit à un degré trop élevé parce que tu dis oui au maximum puis, le lendemain,
tu dis non au maximum. Ça veut dire que c'est un gros degré de variabilité dans
vous, parties prenantes, gestionnaires d'une société d'État ou d'une entreprise
privée avec qui je fais affaire, parce que ce sont des parties prenantes qui
sont concernées. Mais là, évidemment, si c'est des corporations, c'est-à-dire
des personnes morales, bien là c'est plus compliqué. Comment vérifier le degré
d'intensité, là, élevé, ou moins élevé, ou plus ou moins élevé, ou de
variabilité d'une personne morale?
Il me reste 10 minutes. Bien, c'est bon
parce qu'il me reste encore au moins quatre composantes, là, à décortiquer
comme ça, et puis, je pense, c'est important de le faire. Parce que ce n'est
pas mieux pour la localisation. La localisation d'un projet complexe va
présenter un degré élevé d'intensité. Alors, si je veux faire la traversée du
fleuve Saint-Laurent entre Lévis puis Québec, est-ce que c'est intense? Est-ce
que c'est plus intense que si je décidais de traverser la rivière Saguenay pour
faire un pont là-bas, là, je ne sais pas, ou encore le fleuve, bien, juste une
partie? C'est peut-être moins intense pour traverser, là, pour faire un pont
vers l'île d'Orléans, ça serait moins intense
que traverser de l'autre bord de l'île
d'Orléans puis reprendre l'idée d'un
autre parti politique qui, lui, veut faire son troisième lien de ce
bord-là. Mais donc ça serait plus intense, moins intense, moyen.
Mais la variabilité, ça veut dire que...
variabilité, ça, c'est... encore là, c'est qu'il y a différents endroits où je
peux inscrire, ou faire traverser, ou mettre en place, mettre en oeuvre un
projet complexe. Ça devient très complexe parce qu'il y a une variabilité dans
la localisation. Un haut degré de localisation, ça... un haut degré d'intensité
dans la localisation, je ne comprends pas. Mais probablement que je suis le seul
autour de la table à ne pas comprendre ce que signifie un degré élevé
d'intensité de localisation ou un degré de variabilité. Bien, un degré de
variabilité de localisation, ça je le comprends, parce qu'on ne sait pas trop
où on veut placer le troisième lien, justement, dans la région de Québec. Ça fait que ça, il y a un haut degré de variabilité
dans la localisation, ça, on le comprend. Mais il reste que ce n'est pas
sur cet élément-là seulement qu'on peut juger que le projet est complexe.
• (16 h 30) •
La stratégie de financement, si elle présente un
degré élevé d'intensité... Donc, l'intensité d'une stratégie de financement, est-ce que ça correspond au montant
global nécessaire en termes d'investissement ou est-ce que c'est autre
chose que je ne peux pas deviner à l'heure actuelle dans le financement,
différentes parties prenantes qui seraient appelées à financer un projet
gouvernemental? On suppose que ce sont des projets gouvernementaux. Donc, le
degré d'intensité serait lié au montant
versé par chacune des parties prenantes au financement. Mais, s'il n'y en a pas plusieurs, est-ce
que... mais quel montant est du même... de la même envergure, est-ce que ce
serait un degré moins élevé d'intensité qui
ferait en sorte que ce serait un projet moins complexe, donc qui ne cadrerait
pas dans cette définition-là? Ça reste à voir.
Mais quelle est la variabilité, maintenant,
d'une stratégie de financement? On en finance l'étape préliminaire avec un certain nombre de financiers,
d'institutions, et puis, ensuite, bien, on change pour la mise en oeuvre du
chantier, puis ensuite le volet technologie est financé par une autre
partie? Est-ce que c'est ça, la variabilité d'une stratégie de financement?
Il ne faudrait surtout pas, en fait, j'espère,
que ça signifie que la stratégie de financement va être variable, c'est-à-dire
qu'on va prévoir un projet à 10 milliards puis ça va finir à 18. Ça, ça ne
serait pas intéressant, que le haut degré de variabilité, bien, nous donne des
résultats de ce type-là, et puis que, sur cette base-là, on juge que c'est un projet complexe. Projet complexe égale projet
coûteux, mais, si c'est parce que la stratégie de financement a un haut degré de
variabilité, ça devient plus délicat, on va dire ça comme ça.
Les risques associés. Les risques associés
présentent un degré élevé d'intensité. Donc, l'intensité du risque, il y a... là, il y a quelque chose à partir duquel on
peut travailler. Encore faut-il qu'une échelle d'intensité soit adoptée, soit
connue, soit diffusée pour qu'on puisse dire : Les risques, ils sont d'une
intensité plus ou moins grande à partir d'un certain nombre de critères, de
barèmes, et là on dit : OK, plus c'est élevé comme degré d'intensité du
risque associé, plus ça devient complexe à mettre en oeuvre. Il y a quelque
chose là d'intéressant, mais la variabilité du risque, ça, c'est plus délicat.
Est-ce que le risque, il peut véritablement être variable selon... selon quoi,
selon la personne qui évalue le risque? Selon les partenaires qui sont
associés? Selon les parties prenantes qui sont mises à contribution? Comment
est-ce qu'on vérifie la variabilité des risques associés à un projet?
Je vous avoue que je ne suis pas plus éclairé,
là, sur ce sur quoi la ministre veut nous faire voter comme amendement. Et ça
me trouble un peu parce que j'aimerais ça pouvoir appuyer une définition.
J'aimerais ça qu'on puisse faire ça dans trois minutes et quart, dire :
Écoutez... Ça fait depuis le début du projet... du dépôt du projet de loi,
depuis juin dernier, on dit : Regarde, on veut faire une agence pour
appuyer et réaliser des projets complexes puis on ne sait pas de quoi on parle.
Ça fait depuis juin. Ça fait depuis juin qu'on s'imagine que la ministre
travaille sur une définition. Et là on a ça devant nous, on a eu ça juste avant
l'heure du midi. Moi, je le regarde de toutes les façons, depuis midi, là, j'y
travaille de façon intense, là, avec un degré de variabilité nulle. Ça fait que
j'y travaille, là, tu sais, mais avec un degré élevé d'intensité, puis je
n'arrive pas à comprendre où on s'en va avec une décision... une définition
comme celle-là.
La nécessité de requérir à une expertise de
pointe. J'aimerais juste souligner que, sur le plan du français, il me semble y
avoir une faute parce que je ne crois pas qu'on doive «requérir à une
expertise». On peut recourir, à mon sens, à une expertise
ou on peut requérir une expertise, mais le «requérir à», Mme la Présidente, en
tout respect, je pense qu'il y a une faute de français de la part du
législateur. Alors, je ne sais pas si je déposerai un amendement ou si on peut tout simplement faire disparaître le
«à» ou changer le «requérir» par «recourir», mais il y a là une erreur,
je pense. Puis il y a peut-être des gens qui sont encore plus ferrés que moi
dans la maîtrise de la langue française pour nous dire qu'il y a une coquille
là qui devrait être corrigée.
Mais la nécessité, disons, de recourir à une
expertise, est-ce que cette nécessité-là peut se mesurer en matière
d'intensité? Jusqu'où la nécessité est intense, et donc représente un degré
élevé d'intensité? Encore une fois, il est possible, j'imagine, de le faire,
encore là, avec une échelle d'intensité sur la nécessité d'avoir une expertise
de pointe. Mais, encore une fois, la
variabilité de la nécessité, je n'arrive pas à saisir ce que ça veut dire. La
nécessité peut être variable, tout en étant intense, sur le recours à
une expertise de pointe. Je suis, encore une fois, assez dubitatif sur la
capacité d'un texte comme celui-là, d'éclairer non seulement les
parlementaires, mais aussi les citoyens, je pense que c'est fondamental, leur
donner confiance et leur insuffler l'enthousiasme nécessaire pour qu'ils
puissent dire : Bien, voici, ce projet
de loi là, qui repose essentiellement sur l'article 4, dont la définition
de «projet complexe» est celle-ci, là, je saisis parfaitement là où on
s'en va, ça vaut la peine qu'on y investisse temps et argent. C'est là où je
pense qu'on n'avance pas beaucoup avec cet amendement-là. Mme la Présidente, ce
sera tout pour l'instant.
La
Présidente (Mme Maccarone) : Merci, M. le député. Je demanderais à la partie
gouvernementale, Mme la ministre, juste de valider la question du député
en ce qui concerne votre intention... (panne de son) ...ou bien si c'est
recourir à une expertise pour qu'on enlève le «à», juste pour continuer. Parce
que, si ça mérite...
Mme
Guilbault : De prime abord, Mme la Présidente, ce serait
«recourir à une expertise». Bien, le député a raison, ça, ça ne
fonctionne pas. Puis moi, je pensais...
Une voix : ...
Mme
Guilbault : C'est ça. Donc,
ce sera «recourir à une expertise». On va faire la modification. Je ne sais pas
si...
Une voix : ...
Mme Guilbault :
Oui, ou je retire, je redépose. Je vous laisse nous guider.
La Présidente (Mme Maccarone) : Oui,
exactement, exactement. Mais, pendant que vous êtes en train de travailler,
peut-être, sur la correction, je vais céder la parole au député de Nelligan.
M. Derraji : ...ça va être rapide,
et on vient d'avoir la démonstration qu'on doit faire le travail correctement. Et je tiens à remercier le collègue, le député des
Îles-de-la-Madeleine, qui vient de démontrer avec éloquence que, déjà,
il y a une erreur dans l'amendement proposé par Mme la ministre, une erreur
quand même de langue française. Je ne l'ai pas vue, j'avoue, mais je
remercie mon collègue, qui fait très bien son travail et qui ne fait pas perdre
de temps à la commission.
Ceci étant dit, ma question est très
simple : Est-ce que cet amendement, Mme la ministre, vous l'avez... vous
êtes allée au Conseil des ministres pour le déposer?
Mme Guilbault : Bien, je ne comprends pas. Les amendements que je dépose
ici, oui, forcément, ont passé au Conseil des ministres, comme les projets de
loi ou comme ce qu'on dépose, là.
M. Derraji : C'est excellent. Oui?
Je peux? C'est parce que, Mme la Présidente, à chaque fois qu'il y a des dépôts
d'amendements au Conseil des ministres, il y a des documents publics que la
ministre a utilisés au Conseil des ministres. Malheureusement, ils ne sont pas
encore disponibles. Et, comme vous le savez, on fait très bien notre travail.
D'ailleurs, c'est là où on a trouvé combien ça va nous coûter, l'agence. Et
d'ailleurs je tiens... pour les gens qui nous écoutent, qui se posent la
question sur le temps en commission parlementaire, ce n'est pas nous qui ont payé les 7 millions de dollars pour les Kings
et ce n'est pas nous qu'on a payé pour le chandail de hockey de Guy Lafleur.
Donc, j'ai plein d'exemples, Mme la Présidente, que...
pour nous donner un peu les outils pour avancer. Si Mme la ministre confirme
qu'elle est allée au Conseil des ministres, normalement, son dépôt de
l'amendement vient avec des documents. Je
viens de faire la vérification avec ma collègue, ces documents ne sont pas
publics. Donc, normalement, quand elle retourne au Conseil des ministres
avec des amendements, il y a des documents qui sont disponibles juste après.
Voilà.
Oui, c'est bon, j'arrête. La question, je l'ai
posée. J'attends une réponse, Mme la Présidente.
La Présidente (Mme Maccarone) : Mme
la ministre.
Mme
Guilbault : Oui. Bien, c'est
le MCE qui s'occupe de ces dépôts de documents là. Alors, on va s'informer, là.
Moi, je ne sais pas... je ne sais pas exactement comment ça fonctionne, ça fait
qu'on va s'informer. C'est-à-dire... Attendez, je sais très bien comment
fonctionne le fait de présenter et de faire adopter des amendements au Conseil des ministres et je fais tout mon travail. Ce que je
veux dire, c'est que je ne sais pas comment fonctionne l'intendance autour du
dépôt sur le site
Internet — j'imagine
que c'est un site Internet — de
ces documents-là parce que c'est sous la responsabilité d'un autre
ministère. Alors, on va vérifier avec eux pour le bénéfice du collègue de Nelligan.
M. Derraji : Oui,
excellent, parce que... c'est une très bonne réponse, très rapide, Mme la
ministre. Je ne doute pas de sa compétence, loin de là, mais le document, vous
l'avez fourni au Conseil des ministres. On attend donc que le Conseil des
ministres et le MCE le rendent
public. Est-ce qu'on peut en avoir une copie? Comme ça, on va savoir sur quoi
vous vous êtes basée pour avoir cette définition. On va avancer rapidement. Je
vais arrêter là. C'est juste pour le temps, c'est très précieux, Mme la
Présidente.
Mme
Guilbault : ...vous êtes très diligents
avec nous.
M. Derraji : On
l'est. C'est une erreur de votre part, et on démarre très mal le premier
amendement avec une faute de langue française. Je vais me garder une petite
gêne, Mme la Présidente, sérieux.
La Présidente (Mme Maccarone) : Merci.
Nous allons suspendre en attendant l'amendement en question. Merci.
(Suspension de la séance à
16 h 40)
(Reprise à 16 h 56
)
La Présidente (Mme Maccarone) : Alors,
nous sommes de retour, et j'ai cru comprendre, M. le député de Masson, que
vous avez un sous-amendement à déposer. Allez-y
M. Lemay : Merci,
Mme la Présidente. Je vais en faire la lecture. Donc, à l'article 1, soit
l'article 4 de la Loi sur la Mobilité
Infra Québec, remplacer, dans l'amendement proposé à l'article 4, le mot
«requérir» par le mot «recourir».
Et, Mme la
Présidente, on va voir apparaître le sous-amendement à l'écran, et c'est suite
à l'intervention du député des Îles-de-la-Madeleine, que j'aimerais remercier,
parce qu'effectivement, en français, il y a des différences. On aurait pu
garder «requérir» et enlever le petit mot «à» qui était suite à «requérir»,
mais de modifier «requérir» par «recourir» fait en sorte que c'est... c'est
plus d'actualité ou d'adon pour ce type d'intervention, parce que, bien
entendu, le verbe «requérir» signifie de réclamer, d'exiger avec insistance et
de... fermeté, alors que «recourir» est beaucoup plus doux comme approche et
qu'il reflète vraiment la nature de cet amendement. Donc, par conséquent, le
sous-amendement est déposé, et j'aimerais bien qu'on puisse débattre de ce
sous-amendement. J'imagine que ça fait consensus, puisque ça a été une
discussion qui a été proposée préalablement par le député des Îles-de-la-Madeleine.
La Présidente (Mme Maccarone) : Y a-t-il des interventions sur le sous-amendement
du député de Masson? M. le député des Îles-de-la-Madeleine, la parole
est à vous.
M. Arseneau :
Bien, je vais commenter brièvement en remerciant le député de Masson de
proposer cet... ce sous-amendement, là, effectivement, qui règle un problème
qu'on avait identifié, là, dans la formulation, et je suis aussi d'accord avec
sa présentation à l'effet que «requérir» avait peut-être une connotation
beaucoup plus directive, alors que, dans le
cas, je pense, qui nous occupe, c'est peut être davantage «recourir» à des
expertises externes qui auront le loisir de faire affaire et de
s'entendre avec le requéreur, justement, ou pas. Alors, moi, je suis
effectivement d'accord avec cette proposition d'amendement.
La Présidente (Mme
Maccarone) : Oui, M. le député de Nelligan.
M. Derraji : Mme
la Présidente, si on cherche un exemple parfait d'une très bonne collaboration
entre un député de l'opposition et la partie gouvernementale, on vient de
l'avoir. Quel exemple parfait que, parfois, vouloir aller trop vite, ça n'aide
en rien un projet de loi. Et là on est devant un constat, que... je tiens à
remercier le député des Îles-de-la-Madeleine d'avoir bien vu, dans le projet de
loi, une erreur dans la rédaction du contenu d'un article. Nous étions un peu chacun sur un angle au niveau
de cet amendement déposé, et je tiens à le dire, par Mme la ministre, mais voilà une contribution, première contribution
dans ce projet de loi qui, probablement, va être voté d'une manière
unanime, du député de Masson, qui vient d'amender un article déposé par sa
collègue la ministre du Transport et de Mobilité durable.
• (17 heures) •
Donc, vous voyez, Mme
la Présidente, c'est ça, le climat qui doit régner à l'intérieur de cette
commission, prendre le temps nécessaire de bien analyser, de bien faire votre
travail. Et, vous avez vu, mon collègue le député des Îles-de-la-Madeleine
était le dernier à bien parler, avec fougue. Je l'ai senti un peu loin, mais je
l'ai senti, il était interpelé par... par cet article. Et on voit, encore une
fois, pour les gens qui nous écoutent et qui se demandent... depuis tout
à l'heure, Mme la ministre vous parle des salaires et vous parle qu'elle veut aller vite; nous
aussi. J'ai juste mentionné qu'on veut être tous rigoureux, mais surtout
en face d'un gouvernement qui a fait perdre aux Québécois le surplus de
7 milliards et qu'on se ramasse avec 11 milliards de déficit. Mais,
Mme la Présidente, aujourd'hui, on a la démonstration. On n'a même pas terminé
la journée, mon collègue, avec une manière extrêmement importante, vient de
démontrer l'importance de bien faire les choses et de bien amender le projet de
loi.
Ceci étant dit, Mme la
Présidente, je ne sais pas si Mme la ministre a eu le temps de vérifier le
document qu'elle a ramené. Parce qu'on se dit toujours : On doit bien
faire notre travail. Elle peut me dire que je n'ai pas raison, j'ai... je n'ai
aucun problème à accepter ça. Mais, du moment qu'on passe avec un amendement au
Conseil des ministres... J'ai fait beaucoup de vérifications. J'ai devant
moi : Mémoire. Amendements au projet de loi n° 53, Loi
édictant la Loi sur la protection contre les représailles liées à la
divulgation d'actes répréhensibles et modifiant d'autres dispositions
législatives. J'ai : Mémoire concernant les amendements au projet
de loi n° 57. Amendements au projet de loi modernisant l'industrie de la
construction. Si jamais Mme la ministre ou ses collègues veulent qu'on
partage avec elle le contenu, aucun problème. Mais je pense que ça va nous
aider, Mme la Présidente, à part l'erreur que mon collègue vient de corriger
dans le premier article... l'article 4, pas le premier article,
l'article 4. J'aimerais bien savoir : Est-ce qu'il veut le partager,
ce qu'il a déposé au Conseil des ministres? Parce que, de toute manière, c'est
juste question de temps avant que ce soit rendu public. Donc, je lui pose
gentiment... s'il est disponible, s'il veut absolument nous permettre de voir
les documents qui appuient cet amendement.
La Présidente (Mme Maccarone) : Mme
la ministre.
Mme
Guilbault : Oui, tout à fait. Bien, moi aussi, je remercie mon
collègue de nous avoir amené ce sous-amendement qui nous permet de faire
cette correction. Très important, la langue française, pour la Coalition avenir
Québec, vous le savez, on en parle souvent. Et ça nous permet de nous remettre
à l'esprit des notions. Là, on parlait de
notions de mathématiques de base, ce matin, et là, ce midi, ça nous replonge
dans l'analyse grammaticale, pour ceux qui sont de ma génération, les verbes
transitifs directs, les verbes transitifs indirects, donc «requérir» étant un
direct et «recourir», un indirect.
Alors, merci au député de Masson de nous permettre de revenir sur ces belles
notions de la langue française.
Pour ce qui est des documents, c'est une
directive, en fait, là. C'est que, quand on...
Une voix : ...
Mme Guilbault : C'est ça, la directive de la Gazette officielle du
Québec, l'accessibilité des dossiers soumis au Conseil exécutif. : «Un
mémoire comporte généralement une partie qui devient accessible au public dès
que ses recommandations ont fait l'objet
d'une décision et que celle-ci a été annoncée ou, s'il s'agit d'un mémoire se
rapportant à un projet de texte législatif ou réglementaire — ce
qui est le cas ici — dès
que le projet de texte législatif a été présenté à l'Assemblée nationale ou que
le projet de texte réglementaire a été rendu public conformément à la
loi.»
Ce qui veut dire que le document... «Cette
diffusion doit être faite dans un délai de 20 jours suivant le moment où
le document devient accessible, c'est-à-dire au moment où le dossier devient
public. Exemples : dépôt du projet de loi, publication», bon, etc. Donc
là, on parle ici d'amendements. Ça fait qu'autrement dit, quand j'ai passé ça au Conseil des ministres, il y avait des... il
y avait un certain nombre d'amendements, dont celui... dont celui qui était
l'objet... mais d'autres aussi. Alors, il va
être rendu public à la suite de la diffusion, donc le dépôt, ici, du dernier
amendement qui était couvert par ce document-là, et sera déposé dans les
20 jours.
La Présidente (Mme Maccarone) : M.
le député.
M.
Derraji : Pour résumer, on va... on ne va pas voir la
couleur ni le contenu de ce mémoire, si j'ai bien compris. Parce que
20 jours, avec...
Mme Guilbault : Bien, on va le voir au moment du dépôt du dernier
amendement dont il faisait l'objet. Alors, c'est tributaire de l'avancement des
travaux. Je suis obligée de répondre ça.
M. Derraji : Non, non, mais, vous
avez raison, c'est 20 jours après. Mais on est sur le fond de la
discussion d'un amendement important au niveau de la définition de la
complexité des projets de transport, donc vous ne pensez pas que c'est nécessaire de nous déposer ce qui
est... ce qui a motivé votre amendement au Conseil des ministres aujourd'hui?
Mme Guilbault : Bien, dans à peu près tous les projets de loi, du moins
tous ceux que j'ai faites... que j'ai faits,
il y a des amendements qui sont... Nous, à chaque semaine au Conseil des
ministres, on approuve des amendements dans des projets de loi, et c'est
très, très, très fréquent qu'il y ait des amendements sur divers sujets qui
n'arrivent pas à la même étape du projet de loi. Et c'est certain que ça devait
se faire, du temps des gouvernements libéraux aussi. Il peut demander à la
collègue à sa droite, qui est là depuis longtemps, c'est la même chose pour
tout le monde. Ces directives-là du Conseil exécutif existent pour tous les
gouvernements. Alors, c'est juste de l'activité régulière.
M. Derraji : Oui. Bien, j'ai aussi
des collègues à vous qu'eux, ils prennent la décision de déposer des
amendements en bloc. Et, si vous prenez la décision de déposer des amendements
en bloc... C'est ce que j'ai cru comprendre dans la première réunion de débriefing,
qu'il va y avoir deux blocs, un premier bloc d'amendements et, un peu plus
tard, un deuxième bloc, à moins si je me trompe. Bien, voilà, c'est ce que j'ai
retenu. Et, si on dépose ça, bien, si c'est
déposé en bloc, bien, vous pouvez rendre le mémoire disponible dans ce cas,
mais je comprends que vous refusez de le faire.
Donc, Mme la Présidente,
je n'ai plus rien à dire par rapport à ça, sauf remercier mon collègue le
député des Îles-de-la-Madeleine d'avoir amené cette correction à un article du
projet de loi de Mme la ministre. Merci.
La Présidente (Mme Maccarone) : Merci.
M. le député de Taschereau.
M. Grandmont : Oui. Oui, merci.
Bien, d'abord, j'aimerais remercier aussi mon collègue député des
Îles-de-la-Madeleine d'avoir pu mettre en lumière, là, l'utilisation d'un terme
qui était... qui n'était pas idéal, en fait, là. Ça change un peu le sens.
Puis, peut-être pour expliquer mon propos, je
reviendrai sur les prémisses, en fait, les premières... les premières
interventions qu'on a pu faire par rapport au projet de loi n° 61. Mme la
ministre n'est pas sans savoir que j'ai caractérisé le projet de loi n° 61
comme étant un projet de loi centralisateur. Ça a été nommé aussi, quand même, par plusieurs des groupes qu'on a entendus. On se
rappelle, là, que Mme la ministre disait que plusieurs groupes disaient
qu'ils étaient en accord avec la création de l'agence, puis ce à quoi j'ai
répondu : Bien oui, mais, en même temps, ils disaient : C'est un oui conditionnel, il y a plusieurs conditions
qui accompagnent notre approbation à la création de l'agence.
Puis notamment il y avait... il y a des choses
qui revenaient plus souvent que d'autres, notamment l'idée selon laquelle on devait avoir une collaboration
entre les parties prenantes, donc, sur le terrain, municipalités, sociétés de transport et, évidemment, Mobilité Infra
Québec. Parce que, ce qu'on a vu dans le projet de loi, puis on y viendra plus
tard, mais il y a une possibilité pour
Mobilité Infra Québec d'imposer des projets puis surtout, puis je pense que
c'est là où ça accrochait peut-être
un petit peu plus, imposer des participations financières, des contributions à
des municipalités. Donc, c'est
comme... Puis on disait, je pense, de la façon que c'est libellé, c'est :
À défaut d'une entente, on peut imposer la contribution. C'est...
Puis je comprends les municipalités, les
sociétés de transport de dire que c'est un peu fort de café, parce que, d'une
part, bien, elles peuvent se faire imposer ça, mais, d'autre part, c'est que ça
vient fausser la négociation. On a une épée de Damoclès au-dessus de la tête,
donc on... on joue... on a un jeu de négociation qui se fait à l'intérieur de
paramètres qui impliquent que, si jamais il n'y a pas d'entente... Donc, ça
vient fausser, finalement, le rapport de force dans une négociation. C'est
toujours un peu ça, une négociation, il y a un rapport de force qui se crée.
Bien, le gouvernement se garde un rapport de force qui est extrêmement élevé
parce qu'il y a cette possibilité d'imposer la contribution financière.
Il n'y a pas non plus, puis ça a été noté par
plusieurs des acteurs qu'on a entendus lors des audiences particulières, il n'y
a pas d'obligation de collaborer non plus avec les parties prenantes pour
Mobilité Infra Québec. Ce qui a fait dire
notamment à la Fédération québécoise
des municipalités : Bien, on
pourrait-tu comme créer une espèce de comité dans lequel il y aura... il
y aura cet espace-là, donc, la création obligatoire d'un comité entre Mobilité
Infra Québec et les parties prenantes impliquées, municipalités, sociétés de
transport, MRC aussi, évidemment? Parce que la proposition venait de la
Fédération québécoise des municipalités, puis on sait combien les MRC sont un
des rouages essentiels dans l'organisation du pouvoir politique puis le pouvoir
de dépenser aussi, là, sur le territoire... sur un territoire donné. Bien, on
peut-tu créer ce comité-là qui va venir un peu forcer la collaboration entre
les différents acteurs? Parce que, pour l'instant, il n'y a absolument rien.
Mobilité Infra Québec pourrait imposer un ordre du jour, pourrait imposer des
travaux, un projet.
• (17 h 10) •
Une autre
façon aussi qui est apparue, puis plusieurs acteurs aussi nous en ont parlé,
quelques experts notamment, je pense notamment à... C'était-tu Vivre en
Ville? Ils étaient-tu venus, Vivre en Ville?
Une voix : ...
M. Grandmont : Non, hein? C'est ça.
Non, pas Vivre en Ville. En tout cas, il y a des experts qui nous en ont parlé,
notamment des experts universitaires et des municipalités, évidemment, aussi.
Vous savez, il y a un champ de compétence qui est assez essentiel, qui appartient
aux municipalités, c'est l'organisation de l'aménagement du territoire, comment
on occupe le territoire. C'est une compétence municipale, et ça a toujours été
très, très clair que ça relevait des
municipalités. Or, il y a un lien très fort qui est de plus en plus documenté,
je m'en fais moi-même une mission, d'expliquer les liens entre l'aménagement du
territoire et les transports, parce que, des fois, on a tendance à voir ces
dossiers-là comme deux dossiers complètement séparés.
Bien,
d'ailleurs, c'est pour ça que, notamment, l'ancien ministre des Transports,
dans la... dans la dernière législation péquiste... législature, législature péquiste, pardon, avait proposé
qu'on ait un seul et même ministère de l'Occupation du territoire qui
comprendrait à la fois les Transports et l'Aménagement du territoire. C'est une
idée qui a été reprise aussi par l'ancien
directeur général de l'institut pour le développement urbain, qui disait :
Ça nous prendrait un nouveau ministère de l'Occupation du territoire qui
verrait à, justement, travailler à la fois les transports et l'aménagement du
territoire ensemble. Moi, c'est une idée que j'ai toujours trouvé intéressante,
parce que les liens entre les deux sont évidents. Si on fait une nouvelle
autoroute, un troisième lien, par exemple, bien, on peut s'attendre à ce qu'on
ait de l'étalement urbain du côté de Lévis,
dans Bellechasse. Ça m'apparaît très évident. Je veux dire, l'expérience
récente, là, des dernières décennies, six, sept dernières décennies au
Québec ont montré que c'est exactement ça qui se passe.
Regardez ce qui s'est passé du côté de Lévis
avec les deux ponts, Pierre-Laporte et le... Québec, et du côté de Sainte-Foy. Je veux dire, les gens se sont mis à
occuper ces secteurs-là de la ville parce qu'il y avait une infrastructure
pour être capable de se déplacer aisément entre ces deux secteurs-là. J'ai vu
passer, récemment sur les médias sociaux une vieille photo de la construction
du pont Champlain, et, du côté de la Rive-Sud, c'étaient des champs. À partir du moment où cette infrastructure-là est créée, bien,
on ouvre le territoire. Ça a toujours été ça. Puis regardez comment,
historiquement, même encore plus... il y a encore plus longtemps...
Une voix : ...
M. Grandmont : Pardon?
Une voix : ...
M. Grandmont : J'ai dit quoi?
Une voix : ...
M. Grandmont : Non, je n'ai pas
dit... Des champs, c'étaient des champs.
M. Lemay : Des champs. Merci.
M. Grandmont : C'étaient des champs,
c'étaient des champs. Regardez, regardez comment on a occupé le territoire au début de la colonisation ou comment
les populations autochtones l'occupaient aussi. L'autoroute, c'était la rivière,
c'était le fleuve, et on construisait le long de ces artères qui servaient au
grand développement. Donc, le lien est très, très fort.
Donc, ce que je veux dire, c'est que c'est une
compétence qui revient aux municipalités. Or, si Mobilité Infra Québec peut
faire un peu ce qu'il veut avec les infrastructures de transport, bien, on est
en train de défaire, refaire, réinventer l'occupation du territoire sur un
territoire donné, alors que c'est la responsabilité du municipal de s'en occuper. Donc, moi, je suis très content qu'on ait
cet échange-là, en fait, sur l'amendement... le sous-amendement proposé par le député de Masson, parce que je pense qu'on
est en train d'avancer dans la bonne direction avec cet amendement-là.
Mais, plus largement que juste une erreur de
français, je prendrai la définition du terme qui était utilisé, «recourir». Selon Larousse... Pardon,
pardon, je vais commencer par... non, «requérir», qui était le terme utilisé, hein,
c'est ça, «requérir». Le terme «requérir», c'était le terme qui était utilisé
auparavant. Selon le Larousse, la première définition, c'est : «Faire appel à quelqu'un, réclamer
l'intervention de quelqu'un ou de quelque chose en vertu du pouvoir
légal que l'on a.» Donc, effectivement, à huis clos tout à l'heure, le député
des Îles, le collègue député des Îles disait :
C'est un peu plus... un peu plus interventionniste, en fait, hein? On a comme
un peu plus de poids, on se sert des outils légaux qu'on a pour obliger
quelqu'un, obliger une participation ou obliger une collaboration. Alors que «recourir», le premier terme, le premier sens qui
est défini par le Larousse, c'est : «Faire appel à quelqu'un, lui
demander son aide, son concours.»
Donc, moi, j'aime mieux l'utilisation de
«recourir». C'est le terme qu'on a décidé d'utiliser, finalement. Ça a un caractère moins obligatoire, donc moins... je
vais utiliser l'expression latine «top-down». Et donc ça va dans le sens de ce
que je demandais aussi, de ce que j'avais identifié dès le départ quand je
disais : Le projet de loi n° 61 est un projet centralisateur, très
vertical. Et puis j'ai nommé... j'ai nommé quelques exemples, là, qui
touchaient notamment, là, l'imposition de projets, l'imposition de
contributions financières ou encore la possibilité de ne pas tenir compte de l'occupation du territoire, qui est une compétence
municipale, ou encore l'obligation, qui ne s'y trouve pas, actuellement,
dans le projet 61... l'obligation de
collaborer avec l'ensemble des parties prenantes. Bien là, je me dis, avec la
proposition qui est faite par mon collègue député... notre collègue
député de Masson, on est en train, peut-être, d'aplanir un peu, d'enlever cette
verticalité-là. Je trouve ça vraiment intéressant.
Je ne sais pas pourquoi ça fait rire la
ministre. Mais moi, je pense que c'est un pas dans la bonne direction, donc je
ne peux que saluer cette proposition-là. Je vais évidemment voter en faveur du
sous-amendement proposé par le député de Masson, je pense qu'on va dans le bon
sens. On est en train de déverticaliser, donc on est en train de rendre un peu
plus horizontal ce projet de loi là. J'espère que c'est un... c'est un... c'est
un pas qu'on va continuer à franchir... c'est-à-dire qu'on va continuer à faire
des pas dans cette direction-là. Parce que, comme je le rappelle, là, plusieurs
des personnes que nous... et des groupes qu'on a entendus pendant les audiences
nous disaient que leur appui était
conditionnel à cette verticalité-là, à cette centralisation-là qu'on sentait à
travers plusieurs des articles du projet de loi. Donc, j'espère que
c'est une annonce, en fait, qui nous permet de croire qu'on va dans la bonne
direction. Merci, Mme la Présidente.
La Présidente (Mme Maccarone) : Merci.
M. le député de Nelligan.
M. Derraji : En fait, je suis
interpelé par les propos de mon collègue député de Taschereau, que je trouve justes. Parce que, regardez, Mme la Présidente, le
point de départ, il y a quelques... quelques... Au début de l'après-midi, on
était sur plusieurs aspects, notamment, qui touchent même d'autres projets de
loi, mais là, maintenant, on revient au fond. Et c'est ce que j'aime dans notre
discussion.
Et d'ailleurs, je tiens à saluer l'ouverture de
mon collègue le député de Masson, qui s'est inspiré de ce que mon collègue le député des Îles-de-la-Madeleine a bien vu, d'une manière juste. Mais on peut appliquer la même chose.
Parce que, là, il s'agit d'une, je dirai... je ne peux pas dire «une erreur»,
mais, quand même, d'une façon d'interpréter l'article, et c'est très bien de
dire «recourir» et non pas «requérir», mais on peut l'appliquer à n'importe
quel autre élément. Et
c'est là, Mme la Présidente, tout à l'heure, quand je parlais des paramètres ou
l'importance de ces éléments que Mme la ministre a qualifiés de
composantes.
Donc, quand on
commence la lecture du projet... de cet article avec la définition d'un projet
complexe, c'est des composantes énoncées et c'est des composantes où on parle
de la portée, l'échéancier, l'intégration de nouvelles technologies, mais on
parle aussi de l'expertise de pointe. Et c'est là, et c'est là où on voit, Mme
la Présidente, l'importance que, quand on prend le temps de bien lire
l'article... Parce qu'encore une fois il y a une différence entre les
oppositions et la partie gouvernementale, surtout pour ceux qui nous suivent.
Parce que, si les gens nous suivaient depuis le début, là, ils vont comprendre
que l'opposition avait raison de bien prendre le temps nécessaire, parce que, figurez-vous, c'est le gouvernement lui-même,
aujourd'hui, qui corrige son propre article suite à l'exposé de mon collègue.
Donc, c'est très
important, prendre ce temps, Mme la Présidente, parce que tout le monde a la
volonté de bien faire les choses, et c'est le rôle du législateur, c'est bien
faire les choses, suivre les étapes. Et c'est pour cela qu'on a accepté au
départ de faire l'étude article par article, alinéa par alinéa, parce que,
justement, on ne veut pas laisser des zones
d'ombre dans ce projet de loi. Et, si on ne veut pas laisser des zones... des
zones... dans le cadre de ce projet de loi, chaque composante... Parce
que je l'ai mentionné au début, quand on dit l'échéancier, l'intégration de
nouvelles technologies, les parties prenantes concernées, la localisation, la
stratégie de financement, les risques associés ou la nécessité de...
maintenant, on va dire de recourir à une expertise de pointe, les degrés
d'intensité ou de variabilité, c'est une très, très longue définition. Et les
gens qui vont se baser, par la suite... Parce que Mme la ministre ne va pas
rester ministre du Transport toute la vie. Je lui souhaite aussi d'autres
défis. Mais, Mme la Présidente, c'est très
important pour la suite. C'est une femme ambitieuse. Bien oui, écoutez,
vice-première ministre... Si demain elle veut être... C'est un
compliment.
Une voix : ...
M. Derraji : Non,
mais c'est un compliment. Je ne vous prête pas des mauvaises intentions, je dis
juste que vous êtes compétente. C'est vraiment... C'est plutôt un compliment,
Mme la Présidente. Je tiens à vous le rassurer, hein... à rassurer Mme la
ministre, c'est un compliment.
Donc, on légifère
pour les prochaines personnes, pas uniquement nous, pas uniquement Mme la
ministre, qui aujourd'hui... Elle a navigué depuis plusieurs mois, plusieurs
mois que ce projet de loi était en gestation. Et je dirais même ça a pris
beaucoup de temps avant d'arriver avec le premier amendement, trois ou quatre
semaines après avoir commencé l'étude détaillée de ce projet de loi.
Donc, juste, prenons
ce temps, du moment qu'on a maintenant un exemple parfait que, si on travaille
ensemble et on laisse de côté les sous-entendus que... Quand on pose des questions,
Mme la Présidente, sur la définition des composantes, restons sur les
composantes. Il n'y a personne qui va gagner si on parle aujourd'hui du projet
de loi n° 48 ou on parle des motions préliminaires, là.
• (17 h 20) •
Mme la Présidente, je
peux rappeler à ma collègue, juste, le leader... son leader, propre leader, il
est l'expert en commission parlementaire. Je l'invite à avoir une discussion
avec lui sur d'autres projets de loi, 41e législature. Il va lui dire, Mme la
Présidente. Et je ne peux pas dire aujourd'hui que ce n'est pas un travail
nécessaire. Comme le gouvernement maîtrise l'ensemble du projet de loi,
maîtrise l'agenda parlementaire, le projet de loi a été déposé en fin de l'été dernier, Mme la Présidente, fin de
l'été dernier. On est en train de faire les amendements. C'est son collègue
qui choisit, hein, leader du gouvernement, le calendrier parlementaire, Mme la
Présidente.
Donc,
si je dis, tout à l'heure, où j'ai posé la question par rapport aux
composantes, c'est très clair parce qu'on ne peut pas... on ne peut
pas... on ne peut pas juste commencer à parler de cette définition sans
décortiquer chaque aspect de ces composantes. Et je tiens juste à rectifier
quelque chose. Ce n'est pas fin de l'été, c'est au mois de mai que le projet de
loi a été déposé. Donc, Mme la ministre a le temps... avait le temps nécessaire
pour revoir tout le projet de loi. Comme je l'ai mentionné, on peut bien lire
le projet de loi, la première version, mais il y avait des consultations, on
écoute les groupes. Nous aussi, Mme la Présidente, on fait notre travail. C'est
quoi, notre travail? C'est des motions
préliminaires. Vous avez eu le temps de statuer sur les motions préliminaires.
Mais tout ça, Mme la Présidente, ça fait partie de notre travail. Comme
Mme la ministre peut...
Là je vois qu'elle a
ramené un autre tableau, je ne sais pas si c'est celui de la période de
questions. Mais ça, ces questions, vous devez me revenir aussi par rapport à la
notion du tableau, Mme la Présidente. J'attends votre réponse. Je ne sais pas
si vous avez eu le temps de visualiser la vidéo du 9 octobre, mais, bon,
j'attends pour voir de quel... de quel tableau s'agit-il, est-ce que c'est en
dollars constants ou autres.
Mais
je prends juste le temps pour dire, Mme la Présidente, qu'on a vraiment la
chance de travailler ensemble et d'avancer. Et regardez comment on
avance très bien : un député collègue de Mme la ministre qui sous-amende
aujourd'hui un article de Mme la ministre. C'est merveilleux. On doit le noter.
Donc, pour les gens
qui nous suivent, vous voulez savoir ça sert à quoi, les partis d'opposition?
Voilà. L'excellent député des Îles-de-la-Madeleine, et je tiens à l'avouer, je
ne l'ai pas vu, je n'ai pas vu... mais l'excellent député des
Îles-de-la-Madeleine, que je remercie, a pris le temps. Mais vous savez
pourquoi il a pris le temps? Parce qu'il a déjà bu trois verres de café, et il
nous a entendus, et il a trouvé, Mme la Présidente, la faille. Mais c'est pour
les gens qui nous suivent, ils disent : Bien, écoutez, là, Mme la
ministre, depuis tout à l'heure, elle parle que vous êtes payés, il faut
avancer. Oui, et on doit valoriser les gens qui nous ont donné l'autorité
d'être des législateurs autour de la table. Le siège de mes collègues, il est
très important. C'est très important, ce qu'on fait, c'est légiférer. C'est
pour ça que les gens, ils nous ont mandatés. Et Mme la ministre m'entend
souvent dire : Oui, mon rôle, c'est contrôler l'action gouvernementale.
C'est comme, je me suis
levé... et dire : Écoutez, 7 millions de dollars pour les Kings,
non. Donc, oui, donc, vous voulez, Mme la ministre, parler de l'argent des
contribuables, pas de problème. Mais prenons ce qui vient d'arriver en
commission parlementaire. On commence l'article 4, le premier amendement de
Mme la ministre, et j'ai son collègue qui l'amende. Quel beau message! C'est
très beau. Donc, prenons le temps que... grâce au député des
Îles-de-la-Madeleine, une région paisible, magnifique région... Je pense, il
ramène l'air frais, hein, quand il vient un mardi, il nous influence. Parce que
la congestion montréalaise, j'attends déjà le plan d'action de Mme la ministre,
parce qu'on n'en peut plus. J'en suis sûr et certain que ma collègue députée de
Laval aussi vit les mêmes souffrances que moi. Donc, on attend :
décongestionner, Mme la Présidente, la CMM.
Mais je vais revenir à notre sujet. Je pense que
le débat sur les composantes est extrêmement important. Prenons le temps de
bien le faire, d'une manière très ouverte. Mme la ministre est experte, peut
nous expliquer les composantes, peut nous expliquer les paramètres qu'elle voit
à l'intérieur de ces composantes. Mais je pense qu'on démarre très bien. On n'était même pas obligés de passer une semaine ou
deux que, bingo, premier sous-amendement. Ça ne vient pas de l'opposition, ça vient de la ministre elle-même. Elle
ne peut pas, elle, le déposer, c'est son collègue qui le dépose.
Alors, Mme la Présidente, je ne sais pas comment
appeler ça. Je ne sais pas. Je ne trouve pas un mot pour qualifier ce qui vient d'arriver en commission
parlementaire. Mais moi, je le prends positivement, je le prends vraiment
d'une manière très positive. Et j'en suis sûr et certain qu'on va avoir
l'occasion de continuer sur cette lancée, de bien discuter sur les composantes,
parce que c'est très important. Mme la ministre a le temps de m'entendre depuis
le début, elle peut quand même le clarifier,
le degré de l'importance de chaque composante, est-ce que, pour elle... est-ce que
c'est l'échéancier.
Et je sais qu'elle navigue dans la complexité
des projets. Moi, je lui dis : c'est elle, la superministre, pour moi. Je le dis. C'est un compliment, Mme la
Présidente, je tiens à le préciser. Je sais que d'autres l'utilisent d'une
manière superlative. Non, non, c'est un compliment. Pourquoi? Parce
qu'avoir du courage, venir enlever complètement le troisième lien et revenir
avec un troisième lien, moi, je serais incapable de le faire.
Donc là, elle a devant elle les composantes. Je
reste... Je reste devant cette absence de définition de ces composantes. Donc,
elle a eu le temps de travailler avec son équipe, de ramener des éléments, de
les déposer au Conseil des ministres. J'ai posé la question : Est-ce qu'on
peut avoir accès à ces documents? On ne peut pas parce qu'il faut attendre le
dépôt de l'ensemble des amendements, ce sont les règles. Ils ont bien fait de
vérifier au niveau du MCE, Mme la Présidente.
Donc, je tiens juste à préciser que c'est très
important, ce que nous sommes en train de vivre avec le collègue le député des
Îles-de-la-Madeleine, et je le félicite. Et je félicite aussi le collègue
député de Masson qui vient d'avoir une contribution, dans ce projet de loi, qui
va être inscrite en son nom, qu'il a sous-amendé l'article n° 4
de ce projet de loi. Une belle réalisation du collègue député de Masson. Merci,
Mme la Présidente.
La Présidente (Mme Maccarone) : Dans
ce bel esprit de collaboration, Mme la ministre.
Mme
Guilbault : Oui. Bien, plusieurs choses. Je vais revenir, moi
aussi, sur l'important legs que mon collègue de Masson est en train...
est en train de créer cet après-midi en matière de démocratie parlementaire et
de transport collectif au Québec, mais il y a quelques points intéressants que
mon collègue de Nelligan a soulevés.
D'abord, sur le trafic à Montréal. J'imagine...
et il a fait référence à ma collègue de Laval, j'imagine qu'il a vu passer hier
la superbelle annonce de la bretelle de la 440 et de la 15, qui a été... et qui
sera livrée dans les temps, en dessous des coûts estimés à l'époque. Alors, une
belle réussite de notre gouvernement, de notre ministère des Transports et de
la Mobilité durable. Je suis certaine qu'il se joint à nous pour féliciter nos
équipes du Grand Montréal, la direction territoriale... en fait, celle-là, ça
doit être... non, ça doit être les projets majeurs, mais, enfin, toutes nos
équipes de... pour nos divers chantiers partout au Québec, notamment dans le
Grand Montréal et la région de Laval.
Félicitations! Des beaux projets qui sont livrés rapidement, qu'on avait annoncés
en 2019, et voilà que c'est déjà prêt, Mme la Présidente. Donc, une très
belle nouvelle pour la région de Laval.
Ensuite, il dit, puis je pense qu'il l'a dit
plus qu'une fois, là... il dit : Les amendements, ils sont déposés aujourd'hui, à 12 h 22, et le projet de
loi a été déposé au mois de mai, et là on a l'amendement seulement aujourd'hui.
Mais, Mme la Présidente, je suis toujours
étonnée quand il pose des questions aussi candides sur la procédure parlementaire, parce qu'il n'est pas juste député
de Nelligan, il est leader de son parti. Mais néanmoins je vais lui apporter
un certain éclairage sur la façon dont ça fonctionne, les travaux
parlementaires.
Quand on dépose un projet de loi, ensuite de ça,
évidemment, il y a les consultations particulières et, à la suite des
consultations particulières... Les consultations particulières, ce n'est pas
juste une perte de temps juste pour dire qu'on fait venir des groupes puis
qu'on ne fait rien avec ce qu'ils viennent nous dire, là. Tous les projets de loi
fonctionnent comme ça, du moins à chaque fois qu'il y a des consultations
particulières. En tout cas, moi, c'est comme ça que je le vois. C'est mon 10e
projet de loi que je fais comme ministre. Et donc les gens viennent, et, à la
suite de ce qu'ils nous disent, on prépare des amendements et on les fait
adopter, on les fait... c'est selon, là, mais, pour la majorité du temps, il faut les faire passer au Conseil des
ministres. Puis, ensuite de ça, on les dépose, on les présente et on en
discute ici. C'est comme ça que ça fonctionne, Mme la Présidente. Alors, quand
il me dit : Pourquoi le projet de loi
est déposé au mois de mai puis que l'amendement arrive juste le
22 octobre?, bien là je vais apporter un autre élément.
Moi, là, j'ai
déposé mon projet de loi le 9 mai. Le 10 mai, j'aurais été prête à
commencer, là. Bien là, évidemment, il y a... bon, il y a l'intendance.
Mais la session s'est terminée, là, autour, quoi, du 10 juin. J'aurais été
prête, moi, entre le 9 mai et le 10 juin, à
commencer les travaux, à faire les consultations, l'adoption de principe, à
faire tout ça, là. Mais quelle est la raison pour laquelle ça ne s'est pas fait
avant, Mme la Présidente? Et je viens à l'autre point que le collègue a évoqué : C'est son collègue leader
qui décide du programme parlementaire. Bien, effectivement. Mais mes collègues
du leader, savez-vous avec quoi ils doivent composer, Mme la Présidente? Avec
la réalité du fait que les partis d'opposition, dans certaines situations, nous
disent : Ah! bien, nous, on veut mettre le même porte-parole sur deux
projets de loi, ça fait qu'on peut juste en faire un à la fois. Et c'est
exactement ce qui s'est produit.
• (17 h 30) •
Parce que rappelons-nous que, le 9 mai,
moi, j'ai déposé mon projet de loi n° 61 simultanément à mon collègue
ministre des Infrastructures, qui a déposé le projet de loi n° 62 le même
jour. Et, l'un comme l'autre, on était prêts tout de suite à partir en travaux,
à partir en consultations... les négociations pour les consultations puis faire
avancer ça. Puis moi, je me disais : Dans un monde idéal, j'aurais le
temps de faire mes consultations avant la fin des travaux, le 10 juin.
Comme ça, pendant l'été, on aurait pu travailler nos amendements, réfléchir à
nos affaires à la lumière des gens qui seraient venus nous consulter. Moi,
c'était ça, mon plan de match. Mais qu'est-ce qu'on nous dit? Et là moi, je dis à mon leader, justement, mon excellent
leader... je dis : Moi, en tout cas, je suis prête. Tu sais, moi,
je suis toujours prête, là, puis, tu sais, bon, j'aime ça que ça avance. Mais
il dit : Ah non! Bien là, le Parti libéral nous dit que, là, ils ont le même
porte-parole sur ton... toi puis M. le député de Charlesbourg. Et je pense,
mais il faudrait que je valide, mais je pense que Québec solidaire a dit
la même chose. Le Parti québécois, je ne pense pas qu'ils se sont prononcés là-dessus, donc... bien, je ne sais
pas, là, en tout cas, je n'ai pas eu connaissance s'ils l'ont fait. Alors là, on
nous oblige à faire un projet de loi après l'autre. Et moi, dans la
rentabilisation nécessaire des fonds publics, je dis : Bien, voyons! On a deux projets de loi sur la table. Ils
sont quoi, 26, 27 députés au Parti libéral? Ils sont 10, 11 au...
M. Derraji : ...
Mme Guilbault : 18. Puis ils sont quoi, 10, 12, au parti...
M. Derraji : ...
Mme Guilbault : 12. Bon, alors, tu sais. Alors, j'ai dit : Il y a
maximum...
Une voix : ...
Mme Guilbault : C'est ça. Mais il y a maximum quatre commissions à la fois.
Alors là, je dis à mon collègue leader, j'ai
dit : Ça ne se peut pas qu'avec 18 excellents députés dans leur
caucus libéral et 12 excellents députés... mettons, on exclut les chefs, on peut comprendre, les chefs ne viennent
pas en commission, donc 17 excellents députés libéraux qui siègent
au Parlement, 11 excellents députés de Québec solidaire, vous aurez
compris que les chefs sont excellents aussi, Mme la Présidente, mais je
comprends que ce n'est pas leur rôle de venir ici, donc 11 députés de
Québec solidaire disponibles, excellents, pour venir en commission, et on nous
invoque la non-disponibilité du Parti libéral
et de Québec solidaire pour mener de front les deux projets de loi en même
temps. Et en plus il y avait une intelligence,
puis une cohérence, puis une logique à faire ça. Ce n'est pas pour rien que mon
collègue des Infrastructures et moi,
on les a déposés en même temps, ça allait ensemble. Vous le savez, en
consultations puis même dans d'autres... d'autres conversations qu'on a
là-dessus, je l'invoque à satiété, le projet de loi n° 62, parce qu'il
était nécessaire pour donner les pleins pouvoirs et la pleine puissance, comme
dirait mon ami ici, à Mobilité Infra Québec.
Alors, moi, j'étais prête, mon collègue des
Infrastructures était prêt. On y va, on y va. Et qu'est-ce qu'on nous dit? Non.
Parti libéral et Québec solidaire ont dit : Non, c'est un à la fois. Bien,
je dis : Ça ne se peut pas. Je sais que les 17 excellents députés
libéraux puis les 11 excellents députés solidaires sont aussi préoccupés
que moi de l'efficacité puis de l'avancement de nos projets de loi parce que
c'est le bien du Québec, puis des citoyens, puis des fonds publics qui sont en
jeu. Mais pourtant, non, Mme la Présidente, ça a été non négociable. On nous a
dit : Non, ils veulent juste faire le projet de loi n° 62. Et ton
projet de loi n° 61, pas avant l'automne ou, en tout cas, du moins, le
retour, là, fin août, début septembre, en tout cas, encore l'automne comme tel.
Et là je suis partie, moi, Mme la Présidente,
très débitée. Débitée ou débinée? Débitée, je pense. Enfin, très déçue et très
désillusionnée le 10 juin, quand on a quitté le parlement pour l'été,
parce que j'avais un mois, moi, j'ai déposé le 9 mai, j'avais un mois
disponible pour faire mes consultations, faire mon principe au bleu, faire
avancer des affaires, partir cet été avec... dire : Oui, je l'ai déposé,
mais en plus il a déjà commencé à avancer après que ça fait des années qu'on
attend, le Parti québécois a essayé en 2012, une agence, il n'a pas
réussi. Alors, moi, j'étais prête, j'avais le goût, j'avais hâte, avec mes
équipes qui avaient travaillé là-dessus. C'était frais à notre esprit, on
venait de le déposer. Et Parti libéral, Québec solidaire a dit à mon
leader : Non, c'est un à la fois.
Et je peux vous dire, Mme la Présidente, dans
les conversations privées que j'ai eues avec les gens du leader, j'ai
dit : Là, s'ils nous maintiennent ça au retour à l'automne, à la fin de
l'été, puis qu'ils... Parce que, là, j'ai dit : Si le projet de loi
n° 62 n'est pas fini le 10 juin, là, ils vont revenir à la fin de
l'été puis ils vont dire : Bien non, on a encore les mêmes deux
porte-parole, nous autres, pas disponibles pour mettre quelqu'un d'autre sur
l'autre projet de loi, puis on va continuer juste le 62 jusqu'à tant qu'il soit
fini, puis après ça le 61, puis que ça ne finit plus. Bon, finalement, on a
commencé quand les consultations? En tout cas, quand même de bonne heure, je
pense, là. Bon, alors, tu sais, finalement,
ils se sont trouvé d'autre monde ou, je ne sais pas, là, ils ont fini le 62. Je
ne sais pas comment ils se sont arrangés, mais, moi, Mme la Présidente,
quand on a 17 députés libéraux, compétents, assis, qui siègent au Parlement et qu'on me dit : Ce n'est pas possible d'en
libérer deux pour faire deux projets de loi en même temps et qu'on me dit
la même chose chez Québec solidaire, je me pose de sérieuses questions quant à
la disponibilité et à la volonté réelle des deux partis de faire avancer
les deux projets de loi.
Toujours est-il que, malgré ça, je n'en avais
pas parlé à ce jour parce que, bon, je me dis : Coudon, tu sais, c'est ça,
on perd... il y a déjà beaucoup de temps qui file, par ailleurs, mais, quand le
leader de... du Parti libéral, qui est à la fois aussi la même personne qui
dit : Je ne peux pas être à deux places en même temps, qui est tout ça en
même temps... Lui-même vient dire au micro : Comment ça que les
amendements n'ont pas été déposés avant puis comment ça qu'on ne les a pas
déposés avant même d'avoir entendu les consultations particulières? Donc, par
corollaire, comment ça que les consultations particulières ne se sont pas
faites avant? La réponse à toutes ces questions-là, Mme la Présidente, c'est
lui-même.
Donc, comme je leur ai dit, la semaine passée au
salon bleu ou il y a deux semaines, des fois, quand ils posent des
questions, ils devraient se mettre un miroir puis juste les poser à eux-mêmes,
parce que, moi, quand on me dit : On ne peut pas faire ton projet de loi
en même temps qu'un autre, on ne peut pas faire deux choses à la fois, alors
qu'on a 17 députés puis 11 dans le cas de QS, moi, pensez-vous que je n'en
ai pas, d'autres choses à faire, Mme la Présidente? Ils n'arrêtent pas de le
dire, là, j'ai beaucoup de travail, et ils me prêtent des compliments,
superministre, et tout ça. J'ai beaucoup, beaucoup, beaucoup de choses à faire,
moi, Mme la... Mme la Présidente, j'ai une grosse fougère, mais néanmoins je me
rends disponible. Puis regardez j'ai combien de collègues qui se rendent
disponibles. Pensez-vous qu'ils ne sont pas occupés, eux autres? Tu sais, ils
ne sont pas à Québec puis à Montréal, eux
autres. Ils sont dans des régions partout, ils sont ici, ils ont beaucoup de
choses à faire. On a beaucoup de dossiers. En tout cas, moi, j'en ai aux
Transports avec eux, puis c'est sûr qu'ils en ont dans d'autres choses, puis
ils se rendent disponibles.
Puis, rappelons, là, il y a toujours
quatre commissions, pas 20 commissions puis 15 commissions, puis
là je pourrais comprendre qu'à un moment
donné on se tiraille les disponibilités, quatre commissions. Et on nous
dit : Non, on n'est pas capables de libérer deux députés sur
deux commissions en même temps pour faire avancer deux projets de loi
qui sont pourtant nécessaires pour le Québec.
Alors, peut-être que, des fois, il y en a
cinq, commissions, là, je ne sais pas. Mettons qu'il y en a cinq. Ils sont
17, puis ils sont 11, mais il y a juste un seul être humain libéral,
apparemment, qui peut être dans la salle du 61. Pourtant, on a eu le député
de... comment il s'appelle, notre ami, là, que j'avais sur l'expropriation, d'Acadie?
Puis je me demande même s'il n'y a pas le député... il n'y a pas un autre
député libéral qui est venu, en tout cas, depuis le début ici. Bien, il y a au
moins le député d'Acadie. Puis il a fait tout le projet de loi d'expropriation
avec moi, le député d'Acadie. Il est excellent, c'est un juriste, il est très
intelligent. Et là on nous dit : Non, lui, il ne peut pas venir remplacer,
non, non, non, ça ne marche pas comme ça parce que, que voulez-vous... Puis
pourtant le député d'Acadie à moins que vous me disiez qu'il était sur le 62...
Mais, tu sais, à un moment donné, Mme la Présidente, on a au moins deux ou
trois députés libéraux qui défilent ici, réputés compétents pour être en
commission sur des projets de loi en transport. Mais pourtant on ne veut pas
faire deux projets de loi en même temps en disant : Non, on a besoin
de la même personne à deux places.
Et même chose
chez Québec solidaire. L'autre fois, on a eu le député... excusez, Henri...
Henri—Saint-Anne?
La Présidente (Mme Maccarone) : ...
Mme Guilbault : Non, ce n'est pas lui. Maurice-Richard,
excusez, Maurice-Richard, qui est venu remplacer aussi ici. Pourquoi il ne peut
pas venir, lui, si le député de Taschereau était occupé sur le 62? Ça fait que,
vous voyez, Mme la Présidente, quand je dis qu'on invoque les éléments qui nous
arrangent à des moments, des fois, surprenants... Parce que, là, vous... là,
mes collègues d'en face m'obligent à rendre publique toute cette affaire-là qui
s'est produite en privé, là. Le fait que le Parti libéral et Québec solidaire
ont choisi d'invoquer une non-disponibilité, malgré qu'ils aient des caucus
suffisamment nombreux pour couvrir toutes les commissions en même temps, ont
choisi d'obliger le gouvernement à faire un projet de loi après l'autre, alors
que le gouvernement se rendait entièrement disponible pour mener de front les
deux projets de loi en même temps, 61 et 62, dès le lendemain de leur
dépôt...
Et, pour finir sur le legs important du député
de Masson en la modification du choix du verbe, bien, je suis d'accord que
c'est important de corriger ce verbe-là. Mais, si mes collègues, à voir
l'ardeur, la ferveur et le temps qu'ils passent à dire à quel point c'est
important d'avoir fait ce sous-amendement-là, effectivement, c'est important de
prendre le bon mot au bon endroit, mais, si les collègues pensent, en
particulier le député de Nelligan, qui est très, très enthousiaste, s'ils
pensent que le destin du transport collectif ou que le succès de l'avancement
du projet de loi repose sur un choix de mots ou une modification d'une faute
dans un article, ça explique peut-être les visions et les intérêts très
différents des deux côtés de la table, Mme la Présidente.
La Présidente (Mme Maccarone) : M.
le député de Nelligan.
M. Derraji : Oui. Merci, Mme la Présidente.
Écoutez, Mme la Présidente, j'aurais aimé avoir et l'entendre sur les
composantes. Ça a été ça, ma dernière question. Mais je vais me permettre... je
vais me permettre de rectifier certains faits, Mme la Présidente.
Premièrement, il parle de porte-parole. Je pense
que la moindre des choses... je tiens à lui rappeler que ma collègue, qui était
porte-parole de l'infrastructure, a accouché le 6 juin. Je pense, un
minimum de solidarité féminine aussi, c'est penser que ma
collègue venait au parlement avec un bébé de trois mois. Elle est très
compétente. Elle venait au parlement avec deux bébés. Donc, juste pour
contextualiser le tout, parce que c'est facile, revenir sur le passé. Et, Mme
la ministre, elle est très bonne à prendre le bout qui l'arrange.
Mme la Présidente,
j'étais dans une réunion, hein? Elle veut qu'on dévoile tout, pas de problème,
on va tout dévoiler. Le gouvernement nous a
invités à une réunion de briefing sur ce projet de loi. Dans le cadre de cette
réunion de briefing technique sur le projet de loi, corrigez-moi, mes
collègues : On va vous revenir avec des amendements. Donc,
maintenant, il a parlé pendant 15 minutes, et le temps, il est précieux,
parce que les contribuables nous paient, elle a raison sur ce point, mais,
pendant 15 minutes, je l'ai laissée, parce que tout ce qu'il disait, Mme
la Présidente, il était inexact. Quand je parlais des amendements, je parlais
des amendements prononcés lors de la réunion du briefing technique. Au pendant de cette réunion, on nous a dit qu'il va
y avoir deux blocs d'amendements. Je ne les ai pas reçus.
• (17 h 40) •
Et d'ailleurs, Mme la
Présidente, tout est public. On peut revenir à tout ce qui a été dit depuis le
début de cette commission. On leur a dit : Écoutez, pour bien faire notre
travail, pour bien faire notre travail, on doit recevoir les amendements. Mais,
vous le savez, aujourd'hui, Mme la Présidente, je suis fier de le dire,
parfois, on remplace des collègues, et cette collègue, au nom duquel... au nom
de qui je parle aujourd'hui, a eu des menaces hier. Cette collègue, et je tiens
à le dire autour de la table, a toujours le coeur à l'ouvrage, et à travailler,
et à faire son travail de parlementaire. Elle ne pouvait pas, malheureusement,
parce qu'elle donnait naissance à un bébé, et c'est elle qui était
porte-parole.
Et je tiens à
rappeler à Mme la ministre de parler avec son collègue le leader du
gouvernement, qui, lui, parle de conciliation travail-famille et qui veut
avancer au niveau de la réforme parlementaire, je l'invite à avoir une bonne
discussion avec lui. Et du moment qu'il m'interpelle en tant que leader, je
tiens à lui dire de dire et de poser la question
à son leader du gouvernement qui, la dernière session parlementaire l'été
dernier... il y avait une seule commission qui roulait. Ce n'est pas
elle qui gère les travaux, c'est son collègue.
Donc, Mme la
Présidente, aujourd'hui, je termine et j'aurais aimé passer et avoir des
réponses à ma question sur les composantes.
Et, tout à l'heure, ma collègue parlait de l'amendement qui corrigeait l'erreur
de son propre projet de loi. Le
crédit revient à mon collègue le député des Îles-de-la-Madeleine. Il ne
faut pas l'oublier, c'est lui qui l'a ramené. C'est juste que la ministre ne peut pas amender son projet... son propre
article de loi. Donc, Mme la Présidente, Mme la ministre peut continuer
à penser ce qu'elle veut de ce que j'ai dit, tout a été dit lors du briefing
technique où nous étions tous invités.
Et, quand je fais
référence aux amendements, je fais référence aux amendements, donc je veux
absolument qu'on arrête de me prêter des intentions. Le projet de loi a été
déposé au mois de mai, je parle des amendements qu'on nous a dit qu'ils vont
venir après la rencontre du briefing technique. Et j'ai mentionné que nous, on
n'a pas les équipes de Mme la ministre.
D'ailleurs, même avec l'équipe, on a vu l'erreur aujourd'hui. On est deux ou
trois personnes qu'on travaille sur ce projet de loi et, pour bien
faire notre travail, nous avons besoin, Mme la Présidente, nous avons besoin de
ces amendements. Alors, merci, Mme la Présidente.
La Présidente (Mme
Maccarone) : Merci. Mme la ministre.
Mme
Guilbault : Oui, bien, je vais lui... Le
collègue a fait des insinuations. La conciliation travail-famille, je pense que
je la connais très bien. J'ai fait deux enfants en étant députée, dont un
en étant ministre. Alors, tu sais, je ne pense pas qu'on va me donner de leçons
de conciliation-travail famille ici, là. Mais il reste que je suis d'accord avec lui, moi, sa collègue a accouché, elle est
partie s'occuper de son bébé. La solidarité parentale, pour moi, passe avant
tout le reste. Alors, je vais juste amender mon précédent nombre de députés
disponibles libéraux pour travailler dans des commissions, 16 au lieu de 17. Je
suis désolée, Mme la Présidente, ils étaient seulement 16 députés libéraux
disponibles pour venir sur ma commission en même temps que le 62. Tu sais, ça
me paraît quand même suffisant pour couvrir deux projets de loi.
Alors, ce que je
déduis, parce que, là, il a eu la chance de répondre à ce que j'ai dit en
disant : Pourtant, avec un caucus libéral de 18, moins le chef, 17, moins
notre collègue de Saint-Laurent qui est en arrêt parental, puis c'est tout à
fait normal, ça fait 16. Ce qu'il est en train de me dire implicitement,
c'est qu'à part lui il n'y a aucun des 15 autres qui est assez compétent
pour venir sur la commission, ici. C'est un peu ça qu'il insinue, parce que
c'est lui, le leader, c'est lui qui gère les porte-parole, les assignations,
l'organisation, qui va sur quelle commission, c'est lui. Alors, ce qu'il nous dit aujourd'hui, c'est :
Moi, Mme la Présidente, le chef ne peut pas venir, la députée de Saint-Laurent
est partie accoucher, à juste titre, elle n'est pas là, puis c'est tout à fait
normal, on est tous solidaires, et il n'y a que moi qui est assez bon pour venir sur la commission puis aucun des
15 autres. C'est un peu ça que je déduis, là, tu sais.
M. Derraji : ...Mme la Présidente, il y a une limite à des
insinuations, et, depuis tout à l'heure, c'est elle qui nous fait perdre
du temps en commission parlementaire. Je l'invite à répondre aux composantes.
J'ai posé une question sur les composantes.
Est-ce qu'elle peut revenir sur son article? Et je vois que ça fait mal, faire
une erreur dans son projet de loi. Je
le sens, Mme la Présidente, parce que démarrer un projet de loi et attendre une
correction de la part du député des Îles-de-la-Madeleine, je comprends
que ça fait mal. Mais est-ce qu'on peut revenir au fond du projet de loi?
La question, et je
sais qu'il ne me reste pas beaucoup de temps, la question est très simple, que
je lui ai posée. Elle refuse de dévoiler les documents qui ont accompagné les
documents qui doivent être publics un peu plus tard parce qu'elle a déposé des
amendements. Je lui ai dit, je lui repose la question : C'est quoi les
arguments qu'elle a utilisés par rapport aux composants dans l'article tel que
nous sommes en train d'étudier?
La
Présidente (Mme Maccarone) : Mme la ministre.
Mme
Guilbault : Oui. Donc, c'est ça. Mais le
collègue fait souvent ça, il amène lui-même des sujets dans ses questions, et,
ensuite de ça, ça le choque qu'on y réponde parce qu'il n'a plus envie de
parler de ça. Mais ça ne fonctionne pas comme ça, Mme la Présidente. C'est lui
qui a dit : Les amendements, elle aurait pu nous les amener plus tôt parce
que le projet de loi était déposé au mois de mai, insinuant plus tôt,
forcément, c'est avant le 10 juin. L'été,
on n'est pas ici. Je ne peux pas déposer d'amendement pendant l'été. Et il me
dit : En plus, c'est son collègue, le leader, qui décide.
Alors, tout ce que
j'ai expliqué auparavant, là, jamais je n'avais parlé de ça avant, puis Dieu
sait que j'aurais eu le temps en plus de 40 heures ici. Je n'en ai pas
parlé parce que je me suis dit : Bon, regarde, tu sais, on a assez de
problèmes. Mais il m'oblige à dire ces choses-là, Mme la Présidente, en
insinuant que c'est moi qui aurais été négligente
ou qui aurais été lente dans mes propres processus de dépôt d'amendements.
Alors, juste pour être très claire, là, moi, j'ai déposé mon projet de
loi le 9 mai, le 10 mai, j'aurais été prête à commencer. C'est le
Parti libéral et Québec solidaire qui ont demandé de retarder.
L'autre chose, le
fait que mes amendements arrivent après les consultations particulières, c'est
non seulement normal, mais c'est sain, parce que faire venir des groupes en
consultation, dont certains qui se déplacent même physiquement, pour, après ça,
dire : Bien, je n'ai pas d'amendement parce que, dans le fond, ils étaient
déjà faits puis je t'ai fait venir juste pour la forme, pour montrer qu'il y a
du monde qui viennent ici, c'est irrespectueux puis ça n'a pas de sens. C'est de la pure perte de temps.
Alors, que les... que des amendements, ça se peut déjà qu'on ait des... tu
sais, qu'on ait déjà certaines idées,
mais qu'au moins un certain nombre d'amendements découle des consultations
particulières, c'est non seulement normal, mais c'est sain.
Alors là, s'il me
reparle, puis là je vais... là, je vais arrêter moi aussi, parce qu'on va
enchaîner, puis peut-être d'autres collègues
veulent parler, mais, s'il refait référence au fait que j'aurais été négligente
ou lente dans mes propres processus de consultation d'amendements...
M. Derraji : ...Mme
la Présidente, s'il vous plaît!
Mme
Guilbault : ...je vais être obligée de
réexpliquer...
M. Derraji : Mme
la Présidente, s'il vous plaît!
Mme
Guilbault : ...que j'ai été tributaire de
délais...
M. Derraji : Mme
la Présidente, s'il vous plaît!
Mme
Guilbault : ...infligés par le Parti
libéral et Québec solidaire.
M. Derraji : Mme
la Présidente, s'il vous plaît!
La Présidente (Mme
Maccarone) : Oui. OK. Collègue, ça va prendre un appel au règlement.
M. Derraji : Oui,
oui, absolument.
La Présidente (Mme
Maccarone) : M. le député, vous ne disposez plus de temps.
M. Derraji : Elle me prête... elle me prête des intentions, et
je vais répéter pour la dernière fois, Mme la Présidente, et je vous
invite à bien présider, j'ai précisé, lors d'une réunion du briefing
technique...
La Présidente (Mme
Maccarone) : Je vous ai entendu.
M. Derraji : ...c'est
son propre gouvernement qui a parlé des amendements...
La Présidente (Mme
Maccarone) : Et c'était clair.
M. Derraji : ...ils
vont arriver.
La Présidente (Mme
Maccarone) : C'était clair. Merci, M. le député.
M. Derraji : Donc,
on ne parle plus du mois de mai.
La Présidente (Mme
Maccarone) : C'était très clair, M. le député. Merci beaucoup.
M. Derraji : OK.
La Présidente (Mme Maccarone) : Mme
la ministre, avez-vous terminé?
Mme Guilbault : Oui.
Bien...
La Présidente (Mme
Maccarone) : Oui.
Mme
Guilbault : ...vous présidez très bien,
Mme la Présidente.
La Présidente (Mme
Maccarone) : M. le député de Taschereau.
M.
Grandmont : Merci, Mme la Présidente. Écoutez, moi, la première des
choses que j'aimerais discuter, effectivement, c'est revenir sur ce briefing
technique qui a eu lieu le 30 septembre dernier, et c'est là qu'on nous a
dit que des amendements étaient en cours de préparation et qu'il y aurait
plusieurs amendements, puis on a demandé à ce que ces amendements-là soient
déposés le 30 septembre. Donc, je ne vois pas pourquoi on parle d'un dépôt
de projet de loi au mois de mai, puis dépôt des amendements avant que les
gens... avant...
Des voix : ...
M.
Grandmont : C'est... c'est à moi, c'est moi qui... c'est à mon tour de
parler.
Ce n'est pas logique.
Je suis tout à fait d'accord avec vous, ce n'est pas logique de déposer ou de
préparer des amendements avant même d'avoir entendu des groupes. Ce n'est pas
logique, hein? Les amendements viennent des
discussions qu'on a avec les groupes qu'on entend là-bas. Ils sont là pour ça.
On aurait pu en inviter plus, on aurait peut-être eu plus d'amendements
du côté de... du parti gouvernemental, mais toujours est-il qu'il faut attendre
de les avoir entendus. Puis c'est sur la base de ces réflexions-là puis après
avoir entendu le vote sur le principe aussi, que, du côté gouvernemental, on
dit : Bien, voilà, on va avoir d'autres amendements.
Alors, moi, au
briefing technique du 30 septembre dernier quand on nous dit : Il y a
des amendements en préparation, on demande : Est-ce qu'on pourra avoir ces
amendements-là pour pouvoir amorcer le travail, puis que ces amendements-là, on ne les voit pas, on les...
on en prend connaissance au fur et à mesure qu'on traverse les articles,
bien, on n'est pas dans ce qu'on nous avait laissé entendre, c'est-à-dire que
ces articles-là, si on nous... si on nous présente à l'avance qu'il y a des
amendements qui sont en préparation, on peut s'attendre à ce qu'ils soient
déposés assez rapidement après le 30 septembre, donc après les audiences.
Je ne sais pas si c'est plus clair. Je pense que c'est ça que mon collègue... Je
ne veux pas lui mettre des mots dans la bouche, mais je pense que c'est ce qui
voulait dire, là, des amendements qui auraient pu être envoyés après le
30 septembre. Est-ce que ça, ça aurait pu être possible?
La Présidente (Mme
Maccarone) : Mme la ministre.
Mme
Guilbault : Bien, je pense que, quand il
dit : C'est son collègue leader qui décide du programme, comme si on
n'avait pas procédé assez vite sur mon projet de loi, ce n'est pas tout à fait
ça qu'il fait référence. Alors, je pense que c'est important de corriger le
fait que le Parti libéral a demandé qu'on ne fasse pas le projet de loi
n° 61 avant de faire le projet de loi... ou en même temps que le 62.
M. Grandmont :
Ça, je vais en parler après. Ça,
je vais en parler après. Il y a une autre chose à dire là-dessus. Mais
sur les amendements, là...
Mme
Guilbault : Mais je ne le sais pas. Moi,
je n'étais pas là, à ce briefing technique là. Ça fait que je ne sais même pas
de quoi on parle depuis le début.
M.
Grandmont : Vous n'étiez pas au briefing technique. D'accord.
• (17 h 50) •
Mme
Guilbault : Moi, là, c'est mon
10e projet de loi, et je ne dépose pas mes amendements en bloc au début
des projets de loi. Mes collègues le savent, c'est le troisième qu'on fait
ensemble, puis, pour ceux qui étaient là au dernier mandat, alors, les
amendements, on les dépose quand on arrive à l'article. J'ai toujours travaillé
comme ça puis je vais continuer de travailler comme ça. Puis, si à un moment
donné, dans le cadre de ce projet de loi là... ça se pourrait qu'on arrive
éventuellement à une proposition. Tu sais, j'ai un... j'ai un sujet particulier
en tête, là, mais il va arriver plus loin. Là, en ce moment, on n'est pas dans
une question d'amendement, ou des deux blocs, ou je ne sais trop, je vous
ai déposé un amendement ce matin, là, sur le projet de loi complexe, puis on
est encore... sur le projet, pardon, de
transport complexe, puis là on est encore là-dedans, là, on va ajourner, demain
on va être encore là-dedans. Alors, je ne comprends pas, Mme la...
Comment on peut insinuer que cette question-là, de bloc d'amendements, à quoi
que ce soit a à voir avec ce qui est en train de se passer en ce moment? Même
si je vous en avais déposé 10 en même temps, vous seriez encore en train de me
parler de lui.
Alors, Mme la
Présidente, là, je vais être claire, là, je... moi, je souhaite me
concentrer... Puis là on a eu toutes sortes de discussions connexes
aujourd'hui. On a mis au point certaines choses. Bon, moi, je ne reviendrai pas
sur ce qu'on vient de discuter, sur les
demandes du Parti libéral, Québec solidaire, de faire un projet de loi après
l'autre, et tout ça, je considère... à moins qu'on me force. Sinon, moi,
je me concentrerais sur le propos du... bien là, du sous-amendement, là, on a
fait des blagues, mais là je pense qu'on a fait le tour du choix du terme, en tout
cas, c'est mon opinion, et je me concentrerais là-dessus. Puis les amendements,
ils vont être déposés au fur et à mesure qu'on aborde les sujets.
M. Grandmont : Mais
vous comprenez...
Mme Guilbault : Je ne comprends pas le fond du débat de ça, en fait.
M. Grandmont : D'accord. Bien, je
peux vous dire... parce que...
Mme Guilbault : J'ai toujours travaillé comme ça. Puis ça a toujours bien
fonctionné, en tout cas, à date, les neuf
autres, on a fini par finir, dont deux avec mon collègue de Taschereau. Ça fait
que j'ai le même espoir cette fois-ci.
M. Grandmont : Parfait. Bien,
écoutez, moi, ce que je veux dire, c'est qu'avec d'autres ministres les pratiques peuvent être différentes. Mais il nous
est arrivé que, suite à un briefing technique, même pendant le briefing technique,
on nous présente des... différents amendements qui sont apportés. Ça, c'est
quand même intéressant parce qu'on a le temps, en briefing technique plutôt
qu'ici, de discuter, de poser des questions sur les amendements qui sont
amenés.
Moi, ce que je vous dis, c'est que... Là,
vous... vous avez dit que vous n'étiez pas là, au briefing technique. Moi, ce
que je vous dis, c'est que vous demanderez à vos collègues comment ça s'est
passé, on nous a dit : Il y a des amendements
en préparation. Alors, moi, ce que je me disais, c'est : Peut-être que la
façon de travailler de la ministre a changé,
ce qui aide les oppositions aussi, parce que, quand on a les amendements à
l'avance, on est capables de les regarder.
Là, vous savez, quand on... quand on se fait
présenter un amendement comme celui qui est proposé là, de définir la notion de
complexité, alors que c'est au coeur du projet de loi n° 61, plusieurs
groupes nous en ont parlé, c'est quand même assez important de savoir qu'est-ce
qui va aller... bien, qu'est-ce qui va être envoyé à Mobilité Infra Québec et
qu'est-ce qu'il ne le sera pas, parce que c'est vraiment sur cette notion-là de
complexité. Bien, je veux dire, il est
normal qu'on se pose des questions, puis qu'on essaie d'aller au fond des
choses puis de comprendre, puis on
pose beaucoup de questions, puis on propose des amendements. Je veux dire,
c'est sûr que ça vient complexifier le travail que d'avoir les
informations à la... au fur et à mesure, finalement, qu'on avance dans le
projet de loi. Si on les avait à l'avance, ça donne... ça ouvre une porte à ce
qu'on puisse se faire une tête à l'avant.
Même, à la limite, ce qui s'est déjà fait par le
passé avec d'autres ministres, j'avais des amendements... on avait les
amendements à l'avance, et je demandais des rencontres particulières avec la
ministre pour bien comprendre son intention derrière ce... cette proposition
d'amendement là, puis je lui faisais moi-même des propositions, puis on arrivait
séance tenante avec des propositions amendées suite à... suite à cette
discussion-là qu'on avait eue en privé. Donc, il y a... il y a des gains de
temps et d'efficacité à faire avec ce genre de pratique là, je pense.
Mme Guilbault : Oui. Bien, je... Tu sais, je le dis, là, c'est ça, là,
c'est le troisième projet de loi qu'on fait ensemble.
Le député, il le sait comment je fonctionne. Puis, quand je dis : On
dépose au fur et à mesure, après ça on a beaucoup de discussions. Tu
sais, là, on est au début, là, mais, tu sais, à un moment donné... Puis là il y
a 120 articles là-dedans, là. Souvent, on suspend, on discute autour de la
table, je vais de l'autre côté, on s'arrange. À un moment donné, on le voit, les sujets qui sont importants
pour les collègues, les choses auxquelles ils tiennent. Avec mes équipes,
on écrit même des amendements pour les collègues des oppositions, pour qu'eux
puissent les déposer, puis après ça on fait la prise en considération,
l'adoption finale au bleu, tu sais. Et je le nomme, j'ai... des collègues ont
déposé des amendements intéressants sur divers sujets. Moi, je travaille comme
ça, là, tu sais... en tout cas, je travaille au mieux.
Puis je partage... Quand une bonne idée vient
des oppositions, je suis tout à fait prête à les aider, qu'on l'adopte. Ça fait
du sens, on va trouver la meilleure façon, la meilleure formulation. C'est
comme ça que je travaille. C'est très osmotique. Mais je ne vais pas déposer
ici en ce moment tous mes amendements à l'avance. Puis ça n'empêche pas qu'on
peut travailler d'une manière tout à fait collégiale, et il le sait, puis, tu
sais, ça, c'est... puis le collègue de
l'Acadie, qui en a fait aussi, un projet de loi, avec nous, je pense, pourrait
en témoigner aussi. Donc... tu sais. Puis il me semble aussi que ma précédente
directrice de cabinet est allée déjeuner, à un moment, ou prendre un café
avec mon collègue pour lui expliquer un peu
le projet de loi pour... tu sais. Puis c'était-tu sur la sécurité routière
ou... C'était celui-là, je pense, c'était Mobilité Infra Québec?
Une voix : ...
Mme Guilbault : En tout cas, plein de choses. Ça fait que, tu sais, on le
fait aussi, là. Je ne veux pas étaler notre vie privée, professionnelle, mais,
tu sais, je veux dire, il y a... il y a comme des... dans le sens que, tu sais,
bon, il a le droit d'aller prendre un café avec qui il veut, mais sauf qu'il
reste que... il reste que... bien, «notre», en fait, moi, je n'étais pas là,
là, mais ce que je veux dire, c'est qu'on a tendu la main. Ce que je veux dire,
c'est qu'on a tendu la main, on a fait une approche pour aller discuter de ça
informellement, donc on... Moi, je veux bien partager l'information, mais après ça, quand j'arrive en commission puis que,
deux fois de suite, je me fais étirer au maximum les motions
préliminaires jusqu'à tant que la présidente, l'excellente présidente, qui
préside très bien, soit obligée de trancher,
je n'ai pas l'impression qu'on est dans le même mode collégial de vouloir
travailler ensemble puis d'avancer ensemble. Je dirais ça comme ça.
La Présidente (Mme Maccarone) : ...le
député de Masson souhaitait intervenir.
M. Grandmont : Ah! excusez-moi.
Allez-y.
M. Lemay : ...aux propos du député de Taschereau, tout à
l'heure, lorsqu'il parlait du... de certaines pratiques où on peut
prendre connaissance, dans un breffage technique, d'éventuels amendements,
effectivement, tu sais, ça peut arriver,
mais je vous rappelle que la procédure parlementaire, c'est ce que Mme la
ministre applique présentement et dans laquelle on discute des
amendements au moment qu'on a l'article.
Maintenant, je rappellerai aussi au député de
Taschereau, j'ai... j'ai aussi été un député de l'opposition en 2014 à 2018,
et, dans les études de projet de loi, les commissions parlementaires avec les groupes
nous permettaient justement de se faire une
tête sur les éventuels amendements, en tant que députés d'opposition, qu'on
aimerait apporter.
Or, aujourd'hui, sur l'amendement proposé par
Mme la ministre, votre travail, c'est d'avoir réfléchi à cette question-là au
préalable pour savoir quel est le type d'amendement vous aimeriez proposer à
l'article 4 en lien avec le sujet qui nous concerne.
Maintenant,
si le libellé qui est proposé par Mme la ministre ne vous intéresse pas, puis
vous voulez y apporter des sous-amendements, libre à vous de le faire puis
d'avoir cette discussion-là avec la ministre lors de l'étude de l'amendement, que ça soit à micro ouvert, en
commission, ou lors d'une suspension, si vous voulez avoir une clarification.
Mais, en fait, il n'y a pas de mal à
proposer un amendement lors de l'étude de l'article concerné. C'est même la
procédure parlementaire.
Et donc, là, maintenant que Mme la ministre a
mentionné qu'elle allait déposer ses amendements au fur et à mesure qu'on serait rendus à l'étape de l'article
visé dans l'étude détaillée, et c'est pour ça qu'on appelle ça une étude
détaillée, bien, maintenant, je pense qu'on peut mettre ça en arrière de nous,
et passer à la prochaine étape, et étudier... étude article par article.
Voilà mon commentaire, Mme la Présidente.
La Présidente (Mme Maccarone) : M.
le député de Taschereau.
M. Grandmont : ...j'ai travaillé
avec Mme la ministre pendant quelques projets de loi, puis là, bien, c'est...
puis je suis bien au courant de la procédure puis je sais qu'il n'y a pas de
mal à fonctionner de cette façon-là, c'est juste que les indications qu'on nous
avait données pendant le briefing technique, auquel Mme la ministre a dit
tantôt qu'elle n'avait pas assisté, bien, nous donnaient l'impression que ça
avait changé. Donc, à un moment donné, on part avec l'information qu'on peut avoir aussi, là. Après ça, c'est de la
gestion interne pour voir si, effectivement, l'information a été donnée
de façon... adéquate, pardon.
Mais j'aimerais
ajouter quand même quelque chose d'important, revenir sur le fait que
deux projets de loi, 62 et 61, aient été présentés en même temps.
Je veux dire, il n'y a pas juste les groupes d'opposition qui se sont posé des
questions sur la pertinence de les tenir les deux de front. Je veux dire, il y
a plein de groupes qu'on fait venir ici, là, les sociétés de transport, les
municipalités, des acteurs qui ont été présents sur les deux projets de
loi aussi, puis ils ont aussi des capacités
maximales à être capables de travailler sur deux projets de loi en
simultané. Et j'ajouterais à ça... Et on s'est fait aussi, d'ailleurs,
le porte-voix... le porte-parole de cette... de cette complexité ou de cette
impossibilité pour eux de l'apporter finalement au cabinet de la ministre ou,
en tout cas, au cabinet du leader.
Mais j'ajouterais à ça aussi que, pour être
capable de bien faire... de mon point de vue, là, pour être capable de bien
faire le travail sur le 61, il fallait savoir ce qu'il y avait dans le 62. Tant
qu'on ne sait pas le... c'est quoi, la mouture finale du 62, là, bien dur de
savoir comment on peut travailler adéquatement sur le 61. Je veux dire, la
ministre elle-même a mis en lien ces deux projets-là en disant : Le 62 est
tellement important, il va venir structurer le projet de loi n° 61, ce que
Mobilité Infra Québec pourra faire. Comment on peut... Comment on aurait pu
mener ces deux projets de loi là en simultané, alors qu'on ne savait pas
ce qui se passait dans l'autre salle d'audition? Il y a quelque chose qui
n'aurait pas fonctionné, ça m'apparaît évident. Il fallait nécessairement, puis
c'est pour ça qu'on a toujours argumenté
dans ce sens-là, il fallait toujours commencer... on a toujours dit qu'il
fallait commencer par le 62 et ensuite de... à partir du moment où il
aurait été terminé, embarquer sur le 61. C'est une suite logique.
Donc, ça,
moi, je souscris à l'idée que la ministre elle-même apportait : les deux
sont intimement liés, le 61 dépend du 62, d'où l'importance de faire le
62 et de le finir avant de toucher le 61. Ça m'apparaissait une évidence.
La Présidente (Mme Maccarone) : Merci
pour vos interventions. Je vous annonce que... et je vous remercie pour votre
collaboration. C'était très intéressant d'écouter vos échanges aujourd'hui.
Et, compte tenu de l'heure, la commission
ajourne ses travaux sine die. Merci.
(Fin de la séance à 18 heures)