Journal des débats de la Commission de l'agriculture, des pêcheries, de l'énergie et des ressources naturelles
Version préliminaire
43e législature, 1re session
(29 novembre 2022 au 10 septembre 2025)
Cette version du Journal des débats est une version préliminaire : elle peut donc contenir des erreurs. La version définitive du Journal, en texte continu avec table des matières, est publiée dans un délai moyen de 2 ans suivant la date de la séance.
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Le
mardi 2 mai 2023
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Vol. 47 N° 11
Étude des crédits budgétaires du ministère des Ressources naturelles et des Forêts, volet Forêts
Étude des crédits budgétaires du ministère des Ressources naturelles et des Forêts, volet Ressources naturelles
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Intervenants par tranches d'heure
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St-Louis, François
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Fortin, André
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Blanchette Vézina, Maïté
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Zaga Mendez, Alejandra
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Zaga Mendez, Alejandra
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Blanchette Vézina, Maïté
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St-Louis, François
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Fortin, André
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Blanchette Vézina, Maïté
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Zaga Mendez, Alejandra
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St-Louis, François
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Fortin, André
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Bernard, Daniel
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St-Louis, François
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Kelley, Gregory
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Blanchette Vézina, Maïté
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Kelley, Gregory
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Blanchette Vézina, Maïté
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St-Louis, François
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Zaga Mendez, Alejandra
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Blanchette Vézina, Maïté
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Kelley, Gregory
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St-Louis, François
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Sainte-Croix, Stéphane
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Bogemans, Audrey
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St-Louis, François
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Kelley, Gregory
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Blanchette Vézina, Maïté
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Kelley, Gregory
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Blanchette Vézina, Maïté
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St-Louis, François
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Zaga Mendez, Alejandra
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Kelley, Gregory
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Blanchette Vézina, Maïté
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St-Louis, François
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Zaga Mendez, Alejandra
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Blanchette Vézina, Maïté
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Kelley, Gregory
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St-Louis, François
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Bogemans, Audrey
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Sainte-Croix, Stéphane
9 h 30 (version révisée)
(Neuf heures quarante-trois minutes)
Le Président (M. St-Louis) :
Alors, ayant constaté le quorum, je déclare la séance de la Commission de
l'agriculture, des pêcheries, de l'énergie et des ressources naturelles ouverte.
La commission est réunie afin de procéder
à l'étude des crédits budgétaires du volet Forêts du portefeuille Ressources
naturelles et Forêts pour l'exercice financier 2023‑2024. Une enveloppe de
1 h 30 min a été allouée pour l'étude de ces crédits.
M. le secrétaire, y a-t-il des
remplacements?
Le Secrétaire : Non, M. le
Président.
Forêts
Discussion générale
Le Président (M. St-Louis) : Nous
allons procéder à une discussion d'ordre général, incluant les questions et les
réponses. Je suis maintenant prêt à reconnaître une première intervention de l'opposition
officielle pour un premier bloc d'échange. M. le député de Pontiac, la parole
est à vous. Vous disposez de 18 min 26 s.
M. Fortin :Très bien, merci. Merci, M. le Président. Bonjour, d'abord,
à vous, aux collègues, à tout le monde, Mme la ministre, vos équipes très, très
nombreuses, que je vois... que je vois avec vous. C'est bien, ça veut dire qu'on
va avoir un maximum d'informations pendant... pendant nos échanges, je l'espère.
Bon, ça va pour les formalités.
Pour la suite, j'aimerais qu'on aborde, d'entrée
de jeu, le dossier des travaux sylvicoles. Pouvez-vous me dire le montant qui a
été dépensé, dans la dernière année, en travaux sylvicoles? Ce n'est pas plus
compliqué que ça. On commence avec quelque chose d'assez simple.
Mme Blanchette Vézina : Bien,
moi aussi, je vais commencer par des salutations d'usage, pour débuter, nous
permettant aussi de se mettre en place pour bien répondre à vos questions parce
que, sincèrement, c'est mon souhait. Vous avez nommé que mon équipe était ici,
avec... avec moi, avec nous. Donc, très heureuse aussi de voir les députés de
notre caucus également présents. Donc, peut-être, d'entrée... d'entrée de jeu,
vous nommer avec qui... avec qui je suis aujourd'hui. Donc, je suis avec ma
sous-ministre, Mme Line Drouin, qui est là, également, M. Alain Sénéchal,
qui est sous-ministre associé aux Forêts. Donc, pour ce matin, considérant que
les questions principales sont... seront sur les forêts, là, donc je suis
accompagnée de ces deux personnes. J'ai également Pascal Ferland, qui est
mon directeur de cabinet, ainsi que mes conseillers politiques au cabinet, qui
sont présents. J'ai également, pour cet après-midi, volet Mines, Mme Camden,
M. Breault, également, Lucie Ste-Croix, qui sont tous des sous-ministres.
Donc, mon souhait, je le réitère, c'est de répondre correctement à vos
questions puis que vous ayez le plus d'informations possible.
Donc, vous parliez des travaux sylvicoles
pour l'année... votre question portait sur les travaux sylvicoles pour l'année 2022‑2023
et pour 2023‑2024. Donc, dans les budgets de travaux sylvicoles en forêt
publique, on parle d'un montant, pour l'année 2022‑2023, de 281 700 000 $
pour 2022‑2023, et pour 2023‑2024, prévus, 281 900... 281 millions, excusez-moi,
là, je ne suis pas dans les bons... donc, c'est 281 millions et... 281 900 000 $
pour cette année.
M. Fortin :Quand vous dites l'augmentation... En fait, si je retourne
à l'année 2021‑2022, le budget, c'était... rappelez-moi qu'est-ce qui a
été dépensé à l'année précédente.
Mme Blanchette Vézina : Donc,
l'année précédente, on parlait de 248 millions, là... je suis toujours en
millions… 248 900 000 $, donc 2021‑2022, en forêt publique et en
forêt... Et, pour 2022‑2023, 281 700 000 $, pour l'année
dernière.
M. Fortin :OK. Cette augmentation-là, vous la voyez dans les... disons,
pour l'an prochain, là, vous la voyez dans votre budget. On voit l'augmentation
qui est prévue, et là je vous réfère... je ne sais pas si vous les avez là,
mais on parle, dans votre budget, d'une augmentation de 98 millions pour
augmenter le niveau d'investissement en travaux sylvicoles. Ça, c'est pour les
cinq prochaines années. Je ne me trompe pas?
Mme Blanchette Vézina : C'est
ce qui a été avancé comme mesure budgétaire, effectivement.
M. Fortin :OK. Mais l'enjeu autour de ça, là, c'est que, si je tourne
la page, dans le budget... Vous me dites ici que ce 98 millions là, donc
ce 18 millions par année, là, environ, il est utilisé pour faire des
travaux sylvicoles, pour des chemins forestiers, des chemins multi-usages, puis
la production de plants forestiers dans les pépinières. Alors, ce n'est pas
tout pour des travaux sylvicoles, là.
Mme Blanchette Vézina : En
fait, vous comprendrez que des travaux sylvicoles, ça peut débuter avec la
plantation, donc il faut à la fois cueillir... récolter des arbres, là, donc
les planter, faire les travaux qui vont permettre d'avoir des plants. Donc, ça,
c'est une première phase. Ensuite, il faut aussi se rendre dans le <territoire...
Mme Blanchette Vézina :
...des plants. Donc, ça, c'est une première phase. Ensuite,
il faut aussi se rendre dans le >territoire où il y a des travaux
sylvicoles à faire. Donc, on fait, oui, de l'aménagement de chemins forestiers
et également la plantation elle-même. Donc, c'est un cycle. Les travaux
sylvicoles, ce n'est pas juste la plantation elle-même, mais c'est l'ensemble
de ces activités. On a... il faut comprendre aussi qu'on a des pépinières, des
pépinières qui appartiennent... qui sont dans le domaine public, donc qui
appartiennent au gouvernement et donc il y a des travaux, là, qui sont à être
faits à nos pépinières, qu'on va faire.
M. Fortin :Mais moi, ce que je veux savoir, c'est le montant pour
réaliser les travaux sylvicoles. Est-ce que vous l'avez, ça?
Mme Blanchette Vézina : Je
vous ai donné le montant. Donc, peut-être juste me redonner la fiche, là, mais...
M. Fortin :Non, non, mais un instant, là. Parce que vous me dites :
Dans mon montant général, il y a les travaux sylvicoles, il y a les chemins
multi-usages puis il y a les pépinières. Moi, je cherche combien vous avez
dépensé, de ce 18 millions là par année que vous faites le choix
d'investir dans la partie de travaux sylvicoles.
Mme Blanchette Vézina : ...50 millions,
vous me dites, pour la portion des chemins, puis 48 millions pour les
travaux sylvicoles pour cette année... pour le budget, 98 millions... le
budget supplémentaire de 98 millions.
• (9 h 50) •
M. Fortin :OK. Donc, il y en a la moitié qui vont... bien, à peu près,
là, la moitié qui vont dans les chemins, puis la moitié qui vont dans les
pépinières et les travaux sylvicoles, c'est ça?
Mme Blanchette Vézina : C'est
ce que, oui, on prévoit pour cette année.
M. Fortin :OK. Bien, pour cette année... pour...
Mme Blanchette Vézina : Bien,
pour le 98 millions, là, excusez...
M. Fortin :Pour les cinq prochaines années.
Mme Blanchette Vézina : ...pour
les cinq prochaines années.
M. Fortin :Alors, dans les montants que vous m'avez donnés tantôt, là,
vous incluez à chaque fois la question des chemins multi-usages là-dedans...
Mme Blanchette Vézina : Il y
a... Non, c'est...
M. Fortin :...dans le 280 que vous avez mentionné.
Mme Blanchette Vézina : ...c'est
distinct. Il y a vraiment... Il faut comprendre que, dans les travaux
sylvicoles, on a une société d'État qui est sous la gestion d'Investissement
Québec, qui gère les travaux sylvicoles, qui s'appelle Rexforêt. Et donc
Rexforêt s'occupe de la portion, vraiment, travaux sylvicoles, et ce budget-là,
il est... il est remis, ou en partie remis, à Rexforêt pour faire ces
travaux-là. Donc, ce n'est pas le budget associé aux chemins multi-usages. Il y
a d'autres programmes qui existent pour les chemins multi-usages.
M. Fortin :OK, mais... je comprends. Mais Rexforêt, là, il fait ce que
le ministère lui demande de faire, là, c'est un exécutant de votre ministère,
essentiellement.
Mme Blanchette Vézina : On a
une entente avec Rexforêt, effectivement.
M. Fortin :Oui, mais ce n'est pas eux qui décident des travaux à faire.
Ça, ça vient du ministère.
Mme Blanchette Vézina : Effectivement.
On a une entente avec eux.
M. Fortin :OK. Il y a une des choses que j'aimerais regarder avec
vous, là, c'est les... la proportion, disons, entre ce qui est... donnez-moi
une seconde, je cherche ma paperasse... voilà, OK, la proportion entre ce que
vous plantez dans les travaux sylvicoles puis ce que vous entretenez, OK. Parce
que, vous le savez, là, je... puis c'est... ça a été constaté par vos équipes,
c'est ce qui est partagé avec les entrepreneurs en région. Entre... par
exemple, entre 2018 et 2021, au Saguenay—Lac-Saint-Jean, qui est une grande
partie de notre forêt publique au Québec, là, c'est le Saguenay, Lac-Saint-Jean,
l'Abitibi puis le nord... le Nord-du-Québec, juste dans une unité de gestion,
ce que vos professionnels disent, c'est qu'il y a environ 70 % des travaux
d'éducation de peuplements qui sont faits. Est-ce que vous pouvez m'expliquer
ça, qu'on plante des arbres mais qu'on ne fait pas les travaux d'éducation par
la suite?
Mme Blanchette Vézina : Bien,
écoutez, comme je vous mentionnais, là, on a une petite société de... une
société à qui on délègue les travaux d'aménagement, les travaux sylvicoles, qui
s'appelle Rexforêt. Rexforêt a le mandat de faire les travaux sylvicoles, avec
des échéanciers puis, oui, vous l'avez nommé, des critères qui sont déterminés
en fonction des objectifs du ministère. Et donc les travaux qui sont effectués
le sont conformément à cette entente-là puis dans le meilleur intérêt aussi des
Québécois, là, donc du patrimoine des Québécois, en règle... en suivant les
règles, également, là, de la loi sur l'aménagement durable des forêts. Donc,
tout ça est fait en conformité avec... avec cette loi. Et on a également, bien
sûr, les choix budgétaires, avec l'enveloppe qui est disponible, là, qu'on met
pour la priorité, sur les plantations qui sont effectuées.
M. Fortin :OK, mais... Là, je vais vous présenter un tableau, OK, qui
est assez... c'est assez clair, là. Ça, c'est... ça vient de votre ministère.
Ça, c'est l'éducation de peuplements, et l'éducation de peuplements, ça, c'est
l'argent qu'on met pour entretenir les arbres qu'on plante. 2018, vous avez un
montant, 2 327 000 $, c'est diminué à 1 932 000 $,
à 1 621 000 $, à 1 556 000 $. Essentiellement,
là, pendant les quatre dernières années du mandat de votre gouvernement, ça a
baissé à chaque année. Puis ça, ici, la ligne rouge, là, Besoins réels
identifiés, en 2018, puis, à chaque année, ça baisse. Est-ce que ça, ça va
continuer à baisser?
Mme Blanchette Vézina : Bien,
écoutez, pour... Tu sais, vous le savez, là, on a annoncé 98 millions,
donc c'est une augmentation des travaux sylvicoles pour les prochaines années.
L'objectif, c'est de <planter...
Mme Blanchette Vézina :
...millions,
donc c'est une augmentation des travaux sylvicoles pour les prochaines années.
L'objectif, c'est de >planter des arbres. Vous le savez, la plantation,
c'est la clé aussi pour la production de nos forêts, puis avoir une forêt qui
est productive aussi face aux changements climatiques. Donc, le... pardon, le
rehaussement qui a été annoncé, de 98 millions, va servir aussi à la
plantation des arbres. J'ai d'ailleurs annoncé hier...
M. Fortin :Je... ce n'est pas ma question, Mme la ministre. Sur la
plantation, là, on va être d'accord, vous et moi, que de planter des arbres
lorsqu'il y a des travaux qui sont effectués puis que les forêts ne peuvent pas
se repeupler naturellement, c'est une bonne affaire, OK.
Mme Blanchette Vézina : On
s'entend.
M. Fortin :Mais si on les plante puis on ne s'en préoccupe pas par la
suite, bien, il y a d'autres espèces envahissantes qui vont prendre le dessus.
Il y a toutes sortes de choses qui peuvent arriver pour que nos arbres ne
soient pas... n'arrivent pas à maturité le plus rapidement possible puis ne
puissent pas être utilisés le plus rapidement possible. Alors, ça, ici, là,
est-ce que ça va continuer? La question de l'éducation des peuplements... Est-ce
que vous avez un engagement spécifique envers l'éducation des peuplements?
Mme Blanchette Vézina : Je
vous ai nommé l'engagement, là, le 50 millions, là, pour ce qui est des...
48 millions pour les travaux sylvicoles. L'objectif, c'est de faire mieux,
faire plus en forêt, donc on le... on le fait et on continuera de le faire.
M. Fortin :Non, lâchez-moi les lignes de presse deux secondes, là.
Est-ce que vous pouvez me dire... Parce que, vous puis moi, on va se mettre
d'accord sur quelque chose. On va planter un arbre, puis, si on le laisse là,
puis on ne s'en préoccupe pas, puis on ne fait pas l'entretien nécessaire, là,
il n'arrivera pas à être à son maximum de potentiel. On est d'accord là-dessus?
Mme Blanchette Vézina : Tout
à fait.
M. Fortin :OK. Alors, comment, dans ce cas-là, vous pouvez accepter
que vous diminuez, d'année après année, l'éducation de peuplements, l'entretien
de ces arbres-là qu'on plante?
Mme Blanchette Vézina : Il y
a plusieurs façons que je vous ai nommées, là, plusieurs façons d'agir en
travaux sylvicoles. Bien, il faut comprendre que, pour accéder à des
territoires, il faut faire des chemins. Tu sais, on veut planter, et on va
planter, puis on l'a nommé, là, on a une mesure directement pour ça. On va
aussi aider... on parle des terres publiques, principalement, là, dans votre
question, mais...
M. Fortin :Non, ça... Non, en fait, Mme la ministre...
Mme Blanchette Vézina : ...mais
j'ai annoncé aussi du soutien pour les plantations des terres privées.
Le Président (M. St-Louis) : ...s'il
vous plaît, peut-être laisser la ministre terminer. Je veux bien vous laisser,
là, discuter, mais sinon, je vais vous demander de vous adresser à la
présidence. Donc, merci de respecter...
M. Fortin :Ce serait beaucoup plus simple, M. le Président, si elle
répondait à la question. La question, c'est à propos de l'éducation des
peuplements. Est-ce que ce budget-là va continuer à diminuer? Ce n'est pas plus
compliqué que ça, M. le Président.
Mme Blanchette Vézina : Je
vais vous répéter ce que je vous ai dit, c'est des choix budgétaires. On fait
des travaux sylvicoles. L'objectif, c'est de planter, bien sûr, d'entretenir,
effectivement, c'est un ensemble de mesures qu'on prend puis on va continuer de
le faire.
M. Fortin :Mais vous me dites, là, ça, c'est... Depuis tantôt, Mme la
ministre dit : On va planter plus d'arbres, on va faire plus de chemins.
Pouvez-vous me dire que vous allez faire plus d'entretien?
Mme Blanchette Vézina : Moi,
je peux vous apporter le fait qu'il y a eu un audit qui a été fait par une... la
Vérificatrice générale par rapport à la rentabilité de nos investissements en
travaux sylvicoles, puis on a déployé des outils, avec les directions
régionales, pour améliorer cette efficacité-là, puis on va continuer de le
faire, en fonction des crédits budgétaires qui sont disponibles.
M. Fortin :Je reviens à ma question : Est-ce que le budget pour
l'éducation des peuplements va continuer de diminuer? Je vais la poser jusqu'à
tant que vous y répondiez.
Mme Blanchette Vézina : Bien,
vous pouvez reposer la question, M. le député de Pontiac. Moi, ce que je vous
dis, c'est : On fait les travaux qui sont nécessaires pour reboiser nos
forêts. On le fait en fonction des crédits budgétaires qui sont disponibles.
Cette année, on a augmenté, pour les cinq prochaines années, à
98 millions. On veut être efficaces en forêt. Ce n'est pas juste injecter
des sommes, c'est aussi être efficaces, et c'est ce qu'on... c'est ce qu'on
fait.
M. Fortin :OK. Le problème, là, c'est que vous ne l'êtes pas, efficaces,
parce que... Je vais vous soumettre un tableau bien simple, qui vient de votre
ministère. Et là je vous parle... je vais prendre la région de l'Abitibi. 08,
c'est l'Abitibi, ça? Parfait. Alors, reboisement, cible annuelle de reboisement
en hectares, pour l'Abitibi : 8 770, OK? Cible... en fait, pas vrai,
je vais la prendre sur cinq ans... cible quinquennale :
43 000 hectares de reboisement. Vous en avez fait 53 000, vous
avez reboisé plus que votre cible, OK? Cible quinquennale pour l'éducation des
peuplements : 41 000 hectares. Donc, ce qu'on dit, là, c'est :
43 000 hectares de peuplés, 41 000 d'éduqués, OK, donc
d'entretenus. Mais votre cible, votre réalisation pour l'entretien, là, il est
environ 70 % de tout ça. Alors, vous dépassez votre cible pour ce qui est
du reboisement puis vous êtes en dessous de votre cible pour ce qui est de
l'entretien. Est-ce que c'est normal, ça, Mme la ministre?
Mme Blanchette Vézina : En
fait, on continue d'investir dans les travaux sylvicoles. Je veux juste être
certaine de <référer...
M. Fortin :
...la ministre?
Mme Blanchette Vézina :
En
fait, on continue d'investir dans les travaux sylvicoles. Je veux juste être
certaine de >référer à la même... au même document que vous pour pouvoir
m'assurer, là... Pouvez-vous me dire c'est à quel endroit que vous avez...
qu'on vous a fourni cette information?
M. Fortin :Ça, c'est le... ça, c'est le tableau, là... le tableau TSNC
pour les régions 08 et 10. C'est des tableaux qui sont... ça ne vient pas
des crédits, c'est des tableaux qui sont distribués par votre ministère, OK,
dans les régions concernées. Alors là, ici, j'ai l'Abitibi, le Nord-du-Québec.
Tantôt, on a parlé du Saguenay, là. À trois régions, c'est à peu près 70 %
de la forêt publique québécoise. Alors, ce qu'on dit ici, puis je vais vous le
donner, je vais vous le remettre, là, mais c'est que vous faites 123 % du
reboisement, en Abitibi, que vous aviez ciblé dans les cinq dernières années, bravo,
mais vous faites juste 70 % de l'entretien de ces arbres-là ou des autres
arbres qui ont été plantés par le passé. Alors, si vous ne réalisez pas votre
cible d'entretien, qu'est-ce qui va se passer?
Mme Blanchette Vézina : Je vais...
je vais répéter la réponse que je vous ai donnée, parce que ça vient aussi avec
le fait qu'il y a eu de l'inflation dans les travaux, dans les coûts des
travaux. Donc, on fait le reboisement, vous l'avez nommé, vous l'avez reconnu,
là. Le reboisement, il se fait, selon les cibles, dans plusieurs régions du
Québec, puis l'entretien, on le fait dans la mesure de disponibilité de la
machinerie puis des crédits disponibles.
M. Fortin :Est-ce que c'est possible de demander au Forestier en chef,
qui est ici, là... est-ce que c'est possible de lui demander ce qui va se
passer avec des arbres non entretenus?
Mme Blanchette Vézina : ...permettre...
Est-ce que vous me donnez le consentement de transmettre la...
Le Président (M. St-Louis) : ...
• (10 heures) •
M. Fortin :Bien sûr.
Mme Blanchette Vézina : ...peut-être,
notre... le Forestier en chef a cette indépendance de pouvoir s'exprimer. Donc,
pour... sur cette question...
M. Fortin :Bien sûr, bien sûr.
Le Président (M. St-Louis) : ...
M. Fortin :Merci, M. le Président.
M. Pelletier (Louis) :
Oui,
bonjour.
M. Fortin :Bonjour.
M. Pelletier (Louis) :
Lorsqu'une
plantation est mal entretenue, nous, on a un examen à faire à une période de
temps donnée, dans le temps.
Le Président (M. St-Louis) : ...que
votre titre, pour le bénéfice de tous.
M. Fortin :
Main sur le coeur.
M. Pelletier (Louis) :
Je
pensais que j'étais connu de tout le monde. Louis Pelletier, Forestier en chef.
Lorsqu'une plantation n'est pas
entretenue, dans le cadre de nos travaux, à une période de temps donnée, on
vérifie si la plantation donne les rendements escomptés, est-ce qu'elle a la
bonne composition, si c'est une plantation résineuse, est-ce qu'on a encore du
résineux et est-ce qu'elle a atteint les hauteurs prescrites en fonction de nos
courbes de croissance. Si les deux critères sont rencontrés, le rendement de
plantation est maintenu. Si un des deux critères n'est pas rencontré, on met un
rendement naturel à nos plantations. Actuellement, au Québec, c'est 35 %
qui ne répondent pas à ce critère.
M. Fortin :OK, très bien.
M. Pelletier (Louis) :
Ça
répond à votre question?
M. Fortin :Alors, si on... si on continue d'investir 70 %, ou de
réaliser 70 % de ce qu'on veut et ce qu'on doit réaliser en matière
d'éducation de peuplements en Abitibi, au Saguenay—Lac-Saint-Jean et 74 %
dans le Nord-du-Québec, parce que ça, c'est les statistiques des cinq dernières
années, est-ce qu'on va devoir diminuer la possibilité forestière?
M. Pelletier (Louis) :
Ça
dépend des... Bien, nous, c'est pris en compte à tous les cinq ans. À tous les
cinq ans, on fait une révision des possibilités forestières et on s'ajuste sur
la réalité. Donc, lorsque les deux critères ne sont pas rencontrés, les
rendements de plantation sont ajustés. Donc, il y a une incidence sur les
rendements. Oui, il y a une incidence sur les possibilités forestières.
M. Fortin :Alors, Mme la ministre, comme moi, là, vient d'entendre que,
si on ne fait pas les travaux d'éducation nécessaires, il va y avoir une
incidence sur la possibilité forestière. Alors, on peut en planter autant qu'on
veut, des arbres, on peut dépasser nos cibles, mais si on ne les entretient
pas, si on ne fait pas les travaux nécessaires il va falloir diminuer la
possibilité forestière. Est-ce que ça vous inquiète, Mme la ministre?
Mme Blanchette Vézina : Sur
cet élément, là, on est d'accord ensemble sur le fait que c'est important de
faire les travaux sylvicoles pour garder une capacité forestière. Parce que,
vous l'avez dit, c'est un... vous l'avez nommé, là, c'est important pour les
régions. On le fait. Puis on se fie également au Forestier en chef pour
s'assurer de récolter ce qui peut être récolté, en considérant, effectivement,
la capacité réelle de nos forêts.
M. Fortin :Mais le Forestier en chef, là, vient de dire...
Le Président (M. St-Louis) : ...
M. Fortin :On va revenir là-dessus, parce que ce que le Forestier en
chef vient de dire est inquiétant, puis on peut lui demander de récolter ce qui
est récoltable, mais, s'il nous dit qu'il y en a moins qui va être récoltable
si on ne fait pas les travaux, on a un problème.
Le Président (M. St-Louis) : Merci,
M. le député. Je suis maintenant prêt à reconnaître une première...
intervention, pardon, du deuxième groupe d'opposition. Donc, Mme la députée de
Verdun, la parole est à vous. Vous disposez 9 min 13 s.
Mme Zaga Mendez : Merci, M. le
Président. Je veux commencer par saluer la tribune de la <ministre...
>
10 h (version révisée)
<19321
Le
Président (M. St-Louis) :
...9 min 13 s.
Mme Zaga Mendez :
Merci,
M. le Président. Je veux commencer par saluer la présence de la >ministre,
les collègues de l'opposition ainsi que les membres de la banquette
ministérielle.
Alors, j'aimerais commencer avec une
question sur le mesurage du bois. Donc, au Québec, la façon que ça fonctionne, on
paie des droits de coupe en fonction du volume qui est récolté. Pour arriver au
volume qui est vraiment récolté, il faut... on pèse le bois puis, après, on le
transforme, là, c'est... c'est un petit calcul qui est fait pour avoir le poids
en volume et l'équivalent en droits de coupe.
Malheureusement, ce qu'on voit, c'est que
ce sont des employés des mêmes compagnies forestières qui sont en charge de
faire la pesée et la conversion. Donc, on s'entend que, quand on est ceux et
celles qui vont être avantagés par le volume qui sort, il y a peut-être des
gens qui se disent : Je vais peser pas trop fort sur le crayon. On va peut-être
jouer entre les lignes pour être avantagés. Puis ma question, c'est... pour la
ministre : Est-ce qu'on va continuer de laisser les entreprises
forestières mesurer elles-mêmes le bois qu'elles sortent de nos forêts
publiques?
Mme Blanchette Vézina : Je
suis contente que vous posiez cette question-là parce que c'est important,
effectivement, de comprendre comment on mesure le bois, puis il y a eu
différentes choses qui ont circulé, là, dans les médias dans les dernières
années. Ça fait que nous, le ministère, on veut, dans un souci d'amélioration
continue, s'assurer que nos pratiques, on les fait... qu'il n'y a pas... qu'il
n'y a pas de pratiques qui sont non conformes, ou qui ne seraient pas dans l'intérêt
des Québécois, ou qu'il y aurait de la fraude, tu sais. On est... on est
confiants de vous dire, aujourd'hui, qu'il n'y en a pas ou, en tout cas, on a
mandaté une firme pour s'en assurer.
On a mandaté MNP, une firme qui a fait... On
a fait un appel d'offres, là, pour produire un audit externe sur la performance
de ces activités-là, pour s'assurer que les méthodes étaient conformes. Ça a...
Donc, ils ont évalué le processus, les contrôles aussi qui étaient mis en place
par le ministère pour s'assurer que les volumes qui étaient récoltés étaient
réellement les volumes qui étaient mesurés puis que c'était facturé aussi de
manière équitable, ont regardé, également, là, en totalité, tu sais, la valeur
marchande de ces bois-là. Donc, on... le ministère, on s'est adjoint aussi la
firme Quantum pour élaborer un mandat d'audit externe sur cette performance-là,
puis on voulait aussi être accompagnés dans la réalisation de ces travaux.
Suite aux travaux qui ont été réalisés,
MNP a formulé l'indication suivante : «Nous n'avons rien relevé qui nous
porte à croire qu'il pourrait exister des écarts significatifs quant au volume
de bois récolté, mesuré et facturé, et ce, en conformité avec le cadre
normatif.» Donc, la firme externe est venue nous mentionner qu'il n'y avait pas
de raison... d'écart significatif par rapport au bois récolté. La firme a aussi
proposé un certain nombre de recommandations, d'améliorations.
Mme Zaga Mendez : Merci. J'ai
bien pris connaissance, en fait, du rapport MNP, merci pour... mais il y a d'autres
choses qui sont dites dans le rapport, là. Lorsqu'on parle du travail de
vérification, donc, la firme dit que le travail de vérificateurs... bien, ils
ne sont pas bien encadrés, qu'il y a à peu près 17 unités de gestion sur
33 qui n'ont pas assez de vérificateurs sur le terrain, on parle aussi du nombre
de personnes à temps partiel, alors que ça prend 40 effectifs à temps
plein, à temps complet.
Donc, ma question, c'est : Comment on
s'assure vraiment de suivre, d'évaluer puis s'assurer que le volume de bois qui
sort de nos forêts soit vraiment mesuré quand il nous manque autant de
vérificateurs?
Mme Blanchette Vézina : L'objectif,
c'est de bien mesurer, vous l'avez nommé puis, tu sais, c'est important pour
nous. Donc, ce que je vous disais aussi... effectivement, MNP a formulé des
recommandations. Nous, le ministère on a élaboré un plan d'action pour
optimiser le processus de mesurage de bois. Pour le faire, on a pris un
échéancier entre trois et 12 mois puis, en fait, on est à 50 % de
réalisation, là, des actions. Donc, on a mis en place des mesures pour
atteindre les... pour remplir les recommandations qui avaient été... qui
avaient été demandées par la firme.
Mme Zaga Mendez : Merci. Je veux
juste citer une partie aussi du rapport, qui dit que «les observations faites
lors des visites terrain témoignent d'un certain manque de rigueur dans l'émission
des non-conformités pour le vérificateur-mesureur». Puis je pense que l'enjeu,
là, ici, c'est le fait qu'on laisse encore les entreprises elles-mêmes mesurer
le bois pour lequel elles vont avoir des droits de coupe. Alors, ma question, c'est :
Comment la ministre va s'assurer que le mesurage soit fait par des mesureurs
indépendants des entreprises?
Mme Blanchette Vézina : En
fait, je vous ai nommé qu'il y avait un plan d'action qui avait été élaboré
suite aux recommandations. Donc, on va... on va mettre en place les mesures
nécessaires pour s'assurer d'être conforme avec ces recommandations.
Mme Zaga Mendez : Est-ce que
la ministre peut nous donner des exemples de mesures <concrètes...
Mme Zaga Mendez :
...Est-ce
que la ministre peut nous donner des exemples de mesures >concrètes qui
vont être faites pour que les mesureurs soient indépendants des entreprises?
Mme Blanchette Vézina : Peut-être
demander à... donner la parole à mon sous-ministre Forêts, là, qui... Est-ce
que... C'est Alain Sénéchal qui peut compléter, là, sur les actions,
quelques-unes des actions qui ont été mises en place.
M. Sénéchal (Alain) : Oui.
Bonjour.
Mme Blanchette Vézina : Est-ce
que vous me permettez de...
Le Président (M. St-Louis) : ...j'ai
besoin du consentement de la commission. Il y a consentement? Merci, donc...
M. Sénéchal (Alain) : Bonjour.
Alain Sénéchal, sous-ministre associé aux Forêts.
Donc, effectivement, le rapport de MSP
nous a amené des corrections à apporter au niveau opérationnel. Donc, c'est en
cours de réalisation, il y a un plan d'action qui est suivi de façon rigoureuse,
là, par les équipes pour s'assurer que le bois est mesuré.
C'est sûr que les vérificateurs, ils
procèdent à un échantillonnage. Donc, c'est comme un peu un rapport d'impôt,
là. Les rapports d'impôt, les gens les font, et il y a des vérifications qui se
font sur les rapports d'impôt. On ne fait pas... on ne confie pas le rapport
d'impôt à une tierce partie. Bien, c'est un peu la même chose.
L'autre chose que je peux vous dire, c'est
que le bois, en forêt, là, il y a beaucoup d'intermédiaires qui sont rémunérés
à partir des volumes de bois qui sont mesurés. Donc, dans la chaîne de
production, il y a beaucoup, beaucoup d'intermédiaires. S'il y avait des...
outre le fait qu'on a fait des vérifications externes, s'il y avait des
manquements au mesurage, bien, l'entrepreneur, le transporteur, l'entreprise...
Il y a beaucoup de personnes dans le circuit qui sont payées à partir de ces
chiffres-là, donc il y a comme un contrôle... en plus du contrôle qu'on fait,
il y a un contrôle qui se fait dans la façon de travailler en forêt pour
s'assurer que le bois mesuré ait le bon... ait le bon volume.
• (10 h 10) •
Mme Zaga Mendez : Donc, de ce
que je comprends — merci pour la réponse — de ce que je
comprends de la réponse, ici, Mme la ministre, c'est qu'on continue. C'est un
peu comme donner la clé de la banque de sang aux vampires, c'est de continuer
de laisser les entreprises... de mesurer elles-mêmes le bois... qu'elles vont
profiter à la suite des droits des coupes. Parce que dans... Merci pour la
réponse, mais on n'est pas en train de changer le modèle qui est à la base de
ces problèmes, si je comprends bien. Je laisse la ministre, si elle veut
réagir, sinon je vais passer à une prochaine question.
Mme Blanchette Vézina : Quant
à l'opinion de la députée de Verdun par rapport aux entreprises forestières qui
font vivre plusieurs régions du Québec, je note... je note que vous considérez
ces entreprises qui sont importantes pour le développement de nos régions comme
des vampires.
Ceci étant, moi, je vous rappelle que la
firme externe a mentionné que nos façons de faire étaient conformes. Puis on va
corriger ou on va ajuster les manières de faire pour s'assurer d'être toujours
en conformité.
Mme Zaga Mendez : Je vais
continuer avec une prochaine question parce que c'était... Je vais.... Ce n'est
pas exactement les propos que je voulais... que j'ai utilisés, c'était plutôt
de dire le laisser-faire.
Mais j'aimerais parler des droits de coupe
de la... Quand on parle des droits de coupe, j'aimerais savoir si la ministre
peut nous dire combien on reçoit en droits de coupe par année au Québec,
comparé à combien l'État est en train de débourser pour les aménagements du
territoire forestier, en opérations régionales.
Mme Blanchette Vézina : Vous
mentionnez que... Dans le fond, le calcul de la possibilité forestière, là, se
fait en respect de la Loi sur l'aménagement durable des forêts, là. On a un
Forestier en chef qui est externe et qui, lui, calcule la possibilité
forestière du Québec en fonction, on l'a nommé, d'aménagements forestiers, de
travaux sylvicoles et de différentes contraintes qui peut arriver. Donc, la
possibilité forestière, au Québec, elle est de 31 545 000 kilomètres
carrés, mais le volume de récolte est, lui, de 22 416 000 mètres
cubes... ah! j'ai... «kilomètres», excusez-moi, c'est «mètres cubes». Donc, ça,
c'est pour la capacité.
Donc, je tiens à vous mentionner qu'on ne
récolte pas l'ensemble de la capacité forestière. Ça, c'est une première chose.
Pour ce qui est des droits de coupe forestiers, on parle d'environ
500 millions, là, plus ou moins 500 millions de dollars.
Mme Zaga Mendez : Est-ce que
la ministre peut comparer avec l'argent qu'elle débourse, que le gouvernement
débourse pour l'aménagement du territoire forestier?
Mme Blanchette Vézina : Vous
parlez des travaux sylvicoles?
Mme Zaga Mendez : Travaux
sylvicoles, aménagement des chemins, opérations régionales, tous les travaux
qui sont exercés.
Le Président (M. St-Louis) : Madame...
Mme Blanchette Vézina : J'avais
la fiche tout à l'heure. Là, je peux reprendre la fiche des travaux sylvicoles
qui sont faits en forêt.
Le Président (M. St-Louis) : Excusez-moi.
Pardon.
Mme Blanchette Vézina : Oui?
Le Président (M. St-Louis) : Malheureusement,
le temps est écoulé, donc...
Mme Zaga Mendez : D'accord. Je
vais revenir là-dessus.
Le Président (M. St-Louis) : Je
suis maintenant prêt à reconnaître, pour une seconde intervention, un membre de
l'opposition officielle. M. le député de Pontiac, la parole est à vous. Vous
disposez de 18 min 28 s.
M. Fortin :Merci, M. le Président. Bien, je suis content que la
ministre reprenne sa fiche des travaux sylvicoles parce qu'on a commencé
quelque chose, on n'a pas tout à fait fini, puis je vous promets, je ne
passerai pas l'entièreté des crédits sur la question des travaux sylvicoles,
mais elle demeure importante parce que, quand vous avez parlé de la possibilité
forestière avec la collègue de Verdun... Bien, la possibilité forestière, elle
dépend des travaux sylvicoles. Si on ne fait pas les travaux sylvicoles, la
plantation, je vous le concède... si on ne fait pas l'entretien, et vous l'avez
entendu de votre Forestier en chef, la <possibilité...
M. Fortin :
...je vous le concède, si on ne fait pas
l'entretien, et vous l'avez entendu de votre Forestier en chef, la >possibilité
forestière va diminuer, et ça, ça veut dire... pour nos entreprises
forestières, là, ça veut dire des mauvaises nouvelles, pour notre forêt
publique, ça veut dire des mauvaises nouvelles.
Alors, je vous ai fait parvenir, Mme la
ministre, le fameux tableau auquel je faisais référence tantôt, là, pour les
travaux sylvicoles, OK? Vous voyez que, pour la région 08, qui est
l'Abitibi-Témiscamingue, vous avez réalisé, depuis l'arrivée au pouvoir du
gouvernement de la Coalition avenir Québec, 123 % des travaux de
reboisement prévus. Ça, vous allez me dire que c'est une bonne nouvelle, bien
sûr? Je vous vois acquiescer, alors je prends ça comme une bonne nouvelle. Vous
avez réalisé 70 % des travaux d'éducation. Pouvez-vous me dire que c'est
une mauvaise chose, ça, que c'est une mauvaise nouvelle?
Mme Blanchette Vézina : Peut-être
pour rassurer le député de Pontiac, là, mais aussi les gens qui pourraient
écouter, donc, 2019... 2018, pardon, 2018‑2023, la capacité forestière, là,
elle a été calculée. Donc, elle a été calculée, encore une fois, par le
Forestier en chef, on parlait de 34 147 000 mètres cubes de
bois, de capacité, et, en 2023‑2028, celle qui vient tout juste d'être
calculée, avec les travaux d'aménagement qui avaient été faits antérieurement,
là, dont le tableau que vous nous avez montré tout à l'heure, la capacité
forestière, elle a été augmentée. Donc, il faut considérer que, malgré que vous
sembliez dire qu'on ne fait pas suffisamment de travaux... je pense qu'on peut
en faire toujours plus, en fonction des crédits disponibles, c'est toujours ça,
mais donc la capacité, elle a augmenté, ici, à 34 916 000 mètres cubes
de bois. Donc, il n'y a pas diminution de la capacité forestière dans les
dernières années, avec les travaux sylvicoles qui ont été effectués, c'est un
écart de 2 % dans toutes les essences, là.
M. Fortin :C'est un peu simpliste, comme explication, Mme la ministre,
parce que vous le savez comme moi, là, que les travaux sylvicoles, l'entretien,
entre autres, là, ça a un impact pas juste sur les cinq prochaines années, mais
sur les prochaines décennies. Alors, ce que vous me dites, «on a augmenté la
capacité forestière», ça, c'est le coût-bénéfice parce qu'il y a eu des travaux
d'entretien qui ont été faits pendant des décennies et des décennies.
Est-ce que... Là, votre réalisation, c'est
d'avoir réalisé 70 % des travaux d'éducation nécessaires, selon votre
ministère, les travaux nécessaires, selon votre ministère, dans les cinq
dernières années en Abitibi, dans le Nord-du-Québec et au Saguenay. Est-ce que
votre cible, c'est d'atteindre 100 % pour les cinq prochaines années?
Mme Blanchette Vézina : En
fait, on veut toujours faire mieux. On vit dans une société où il y a des
contraintes budgétaires. On va faire... On fait les travaux qui sont
nécessaires pour entretenir nos plantations, on le fait en fonction des crédits
disponibles, des contraintes liées à différentes situations régionales, mais
sachez que la rentabilité... Je vous ai nommé, là, la capacité forestière qui a
augmenté. Cette rentabilité-là, elle est bonne. Et on va continuer d'investir
dans les travaux sylvicoles. On l'a annoncé, on va le faire.
M. Fortin :Je vais le prendre d'un autre angle : Il y a combien
d'hectares de plantations qui sont en ce moment dans un état critique?
Mme Blanchette Vézina : Vous
me posez la question...
M. Fortin :Combien d'hectares de nos plantations au Québec, là, sont
en ce moment dans un état critique?
Mme Blanchette Vézina : Bien,
moi, je tiens à vous dire que le Forestier en chef s'assure de... qu'on récolte
la capacité... en fonction de la capacité réelle de nos forêts, puis c'est
évolutif. Donc, une année... Vous l'avez nommé, ce n'est pas parce qu'on fait
des travaux... moindres travaux une année que ça a un impact tout de suite,
immédiatement. Donc, on fait les travaux qui sont nécessaires. Cette année, on
a annoncé 98 millions supplémentaires, ça fait qu'on va faire ces
travaux-là pour les cinq prochaines années.
M. Fortin :Oui, mais vous êtes incapable de nous dire ce que vous
allez faire avec ce 98 millions là. Ce que je vous demande, là, c'est
simplement de rencontrer ou de réaliser vos cibles. Vous vous donnez des cibles
de plantation, d'entretien. Vous en réalisez une, mais vous manquez le bateau
sur l'autre. Est-ce qu'il peut y avoir un rééquilibrage, s'il vous plaît? Parce
que, de planter un arbre puis de ne pas s'en occuper, ce n'est pas optimal.
Mme Blanchette Vézina : En
fait, l'objectif, c'est que nos forêts soient cultivées de manière durable,
puis effectivement qu'on va s'assurer de faire les travaux qui sont nécessaires
pour que nos forêts... puis qu'on atteigne nos objectifs. C'est notre souhait
d'atteindre les objectifs.
M. Fortin :Est-ce qu'il va y avoir un rééquilibrage entre la
plantation et l'éducation?
Mme Blanchette Vézina : Rappelons
que les budgets de travaux sylvicoles ont augmenté, là. Donc, dans les
prochaines années... Ils ont augmenté dans les dernières années et ils vont
continuer d'augmenter pour les cinq prochaines années.
M. Fortin :Oui, mais vous mettez les deux dans le même paquet. Quand
vous me parlez de votre budget de travaux sylvicoles, là, vous me parlez des
deux affaires, de la plantation puis de l'éducation. Est-ce qu'il va y avoir un
rééquilibrage entre la plantation, qui dépasse ce que vous... ce que vous
voulez faire, là, vous en faites plus que ce que vous voulez faire, puis
l'éducation l'éducation, où vous en faites moins que ce que vous voulez faire.
Allez-vous <rééquilibrer...
M. Fortin :
...qui dépasse ce que vous... ce que vous voulez
faire, là, vous en faites plus que ce que vous voulez faire, puis l'éducation, où
vous en faites moins que ce que vous voulez faire. Allez-vous >rééquilibrer?
Mme Blanchette Vézina : Bien,
comme je vous mentionnais, là, il y a une répartition qui a été prévue.
L'objectif, c'est qu'on atteigne nos cibles. Donc, si on a des ajustements à
apporter pour atteindre les cibles, on va le faire.
L'objectif, c'est d'entretenir de façon
durable nos forêts. Puis ça, là-dessus, je suis totalement d'accord avec vous
qu'il faut faire des travaux en forêt pour s'assurer de conserver cette
capacité forestière puis parce que c'est important d'un point de vue
environnemental, de captation de carbone. Donc, on va faire les... on va
prendre les mesures nécessaires pour que les objectifs puissent être atteints.
M. Fortin :Parfait. Je reviens avec ma question de tout à l'heure.
Combien d'hectares des plantations au Québec sont dans un état critique?
Mme Blanchette Vézina : Donc,
on parle de 3 942 hectares en situation critique. À votre réponse... question...
à votre question, réponse simple.
M. Fortin :3 942 hectares. Parce que, juste dans l'unité de
gestion 024-71, là, au Saguenay—Lac-Saint-Jean, l'étude que vos
professionnels ont faite, entre 2018 et 2021, ils ont indiqué qu'il y avait
3 750 hectares dans un état critique. Ça, c'est juste dans une unité
de gestion. Alors, si j'extrapole ça juste pour le Saguenay—Lac-Saint-Jean,
c'est 15 000 hectares. Je ne peux pas croire que vous êtes en train
de me dire qu'il y en a juste 3 000 à... 3 900 à la grandeur du
Québec.
• (10 h 20) •
Mme Blanchette Vézina : Bien,
écoutez, c'est l'information dont je dispose en ce moment. Ça fait que je peux
vous mentionner que c'est 3 942 hectares qui sont en situation
critique.
M. Fortin :OK. Ils sont où, ces hectares-là?
Mme Blanchette Vézina : Je
n'ai pas la réponse sous la main en ce moment... vous revenir, tu sais, mon
objectif, c'est que vous soyez... vous ayez l'information. Est-ce que vous me
permettez que je transmette cette information-là ultérieurement?
M. Fortin :Bien sûr, bien sûr, Mme la ministre.
Le Président (M. St-Louis) : Mme
la ministre, vous vous engagez à transmettre l'information à la commission dès
qu'elle sera disponible?
Mme Blanchette Vézina : Tout
à fait.
Le Président (M. St-Louis) : Merci.
M. Fortin :OK. Je crois comprendre des derniers propos de la ministre
qu'il va y avoir un rééquilibrage. Ça a pris du temps à se rendre, là, mais je
crois comprendre qu'il va y avoir un rééquilibrage. Alors, en ce sens-là,
pouvez-vous nous dire les sommes que vous allez investir en reboisement et en
éducation cette année?
Mme Blanchette Vézina : En
fait, on y travaille, avec le ministère, à faire une analyse de la pertinence,
puis vous l'avez nommé, là, en fonction de la situation régionale. Donc, on
fera les... on fera les ajustements nécessaires en fonction du contexte de
chacune des régions puis du peuplement.
Il faut rappeler aussi que, dans ce qui
peut arriver dans nos forêts, là, il peut y avoir, bien sûr, des feux qui
viennent affecter cette capacité, il peut y avoir aussi des épidémies
d'insectes. Et ça, on a investi aussi, dans les dernières années, et on a
ajouté des mesures budgétaires en ce sens-là pour que nos forêts soient plus
résilientes. On fait aussi de la recherche au sein du ministère même pour que
nos forêts puissent être adaptées aux changements climatiques et que les
plantations puissent se régénérer en fonction du contexte des changements
climatiques.
M. Fortin :OK. Je vais... je veux vous parler d'un autre... d'un autre
thème, là : les consultations. Là, aujourd'hui, aujourd'hui, là, puis on reviendra
sur tout le reste, là, mais, aujourd'hui, il y a des communautés autochtones
qui ne se disent pas du tout consultées par rapport... et vous l'avez lu comme
moi, l'article, là, pas du tout consultées par rapport à des coupes prévues dans
les forêts puis dans la forêt publique. Pouvez-vous répondre à ce qu'on a lu,
vous et moi, dans le journal ce matin?
Mme Blanchette Vézina : En
fait, sur les consultations autochtones, on respecte les façons de faire pour
s'assurer de consulter les autochtones. Sur la situation en lien avec
l'article, il y a eu des consultations sur les territoires visés. Elles ont eu
lieu en 2018-2019. Il faut comprendre que c'était dans la révision des droits
forestiers de l'époque et qu'il faut pouvoir offrir des droits forestiers en
fonction des consultations qui ont été faites. Elles ont été faites
antérieurement, donc, en 2018‑2019, postérieurement... ou antérieurement,
plutôt, à la... au dépôt de la demande de la communauté autochtone d'une aire
protégée. Je vous rappelle que mon collègue a mentionné, là, qu'il travaille en
ce moment à analyser les différentes... les différentes propositions d'aires
protégées. Lorsque ces aires protégées seront délimitées avec des cartes
précises, elles seront envoyées à mon ministère et surtout au Forestier en chef
pour retirer la capacité forestière en fonction du territoire distinct qui sera
<délimité...
Mme Blanchette Vézina :
...retirer
la capacité forestière en fonction du territoire distinct qui sera >délimité...
M. Fortin :Vous maintenez aujourd'hui que le Conseil des Innus de
Pessamit a été consulté de façon appropriée.
Mme Blanchette Vézina : Le
Conseil des Innus de Pessamit a été consulté en 2018‑2019 pour le territoire
visé. Puis le droit... En fait, peut-être préciser que le droit a été donné en
2020, avant la demande d'aire protégée.
M. Fortin :Est-ce que c'est une consultation que vous jugez
appropriée?
Mme Blanchette Vézina : Mon
ministère s'assure et veille régulièrement à avoir des communications avec les
communautés autochtones visées dans les différentes situations d'harmonisation
qui peuvent se vivre sur le territoire public. C'est important. On soutient
aussi financièrement plusieurs communautés pour qu'elles puissent participer à
ces consultations-là, qu'elles aient les effectifs nécessaires pour le faire.
Et mon ministère, ainsi que mon équipe, on est en discussion régulière avec les
communautés autochtones pour s'assurer de respecter leurs droits puis de
respecter les processus de consultation, également, qui sont nécessaires pour
l'harmonisation du territoire.
Nos relations avec les communautés
autochtones, on les veut fluides. J'ai commencé une tournée avec eux. Mon souhait,
c'est de continuer cette tournée-là, d'avoir des communications avec les
différentes communautés pour que l'harmonisation des droits existants ou à
venir puisse se faire en cohérence avec les droits des Premières Nations.
M. Fortin :Est-ce que vous jugez que vos relations sont fluides, comme
vous dites, en ce moment? Parce que, quand je lis certaines de leurs
interventions, là, ce matin, ça me semble tout sauf ça.
Mme Blanchette Vézina : Écoutez,
on est en discussion avec plusieurs communautés. Il y a eu des ententes sur
différents territoires qui ont pu être faites dans le passé. Et d'ailleurs, tu
sais, on est en discussion, dans la Gaspésie, avec des communautés des
Premières Nations pour arrimer nos relations, pour que les relations se
fassent. On donne des droits forestiers aussi, des droits de coupe à certaines
communautés autochtones lorsqu'elles le demandent.
Donc, l'objectif, c'est de respecter, d'améliorer
toujours nos relations avec les Premières Nations et de respecter les processus
de consultation qui sont édictés par les lois.
M. Fortin :Mais parlons de Pessamit de façon spécifique, là. Ce que
vous nous dites... qu'ils ont été consultés en 2018, oui, OK, il y a eu une
consultation sur les plans d'aménagement forestier en 2018, mais le ministère
leur a donné, leur a fourni les données, ce qu'ils appellent les colliers
télémétriques satellitaires, là, en 2019 puis... ou en 2020, même, puis, après
ça, a autorisé des coupes, en 2021‑2022 et cette année. Est-ce que c'est un
processus normal de consultation de demander l'avis puis, après ça, d'envoyer
des données, puis, après ça, d'autoriser des coupes?
Mme Blanchette Vézina : Le processus
de consultation, il se fait à différentes étapes. Il se fait notamment lors de
la révision des droits forestiers, il se fait aussi en cohérence avec les
différents usages qui sont sur le territoire ou qui viennent sur le territoire.
Elles ont été consultées, ces Premières
Nations, mais est-ce qu'on peut continuer de les consulter autrement? Moi, j'ai
toujours de l'ouverture puis je démontre de l'ouverture. Mon souhait, c'est que
les relations avec nos Premières Nations soient fluides dans les territoires
publics.
M. Fortin :Non, non, mais je vous parle de la question de Pessamit de
façon spécifique, là. Eux, ce qu'ils disent, c'est qu'après avoir eu ces
données-là puis après avoir entendu qu'il y avait des coupes de prévues ils
vous ont dit : Oh! un instant. Ils ont communiqué avec le ministère, ils
ont dit : Un instant, et je cite, là, le vice-chef : «On n'a jamais
eu de rétroaction.» Est-ce que c'est normal, ça, Mme la ministre?
Mme Blanchette Vézina : Peut-être
simplement vous rappeler que les aires protégées sont en analyse, donc la
demande a été formulée au ministère, Environnement... le ministère de
l'Environnement est en analyse des différentes aires protégées, celle-là,
notamment. Peut-être vous rappeler que, pour retirer des droits ou ajuster des
droits, il faut qu'on ait des cartes de délimitées. Donc, une fois que les
aires protégées auront été délimitées concrètement, s'il y a des aires
protégées, bien, elles seront envoyées à mon ministère pour que l'ajustement
puisse être fait quant aux droits.
Il faut comprendre qu'il y a des droits...
On vit dans une société de droit. On a des droits qui ont été donnés à des
entreprises. L'objectif, c'est, oui, de s'assurer d'harmoniser notre
territoire, d'avoir un équilibre entre la prévisibilité pour l'industrie mais
aussi de protéger l'habitat de différentes espèces, dont le caribou. Donc, en
ayant des cartes qui vont délimiter un territoire d'aires protégées, c'est là
que ça déclenche le processus de révision des droits. C'est ce qui sera fait
s'il y a aire protégée dans ce secteur.
M. Fortin :Mais le ministre de l'Environnement, là, la semaine
dernière, en étude de crédits, a dit qu'il y aurait des annonces par rapport
aux aires protégées au mois de juin, OK, ça, c'est ce qu'il a dit. Le mois de
juin, là, c'est le mois prochain. On est au mois de mai, après ça vient juin.
Alors, ça s'en vient vite.
Puis, quand on parle aux industries
forestières, ils nous disent : Nous, on n'a pas été consultés. Nous, on ne
nous en a pas parlé. Alors, d'un <côté...
M. Fortin :
...forestières, ils nous disent : Nous, on n'a
pas été consultés. Nous, on ne nous en a pas parlé. Alors, d'un >côté,
là, les communautés autochtones sortent sur la place publique en disant :
Nous, on n'est pas consultés par rapport aux travaux qui sont faits. L'industrie
forestière nous dit : On n'est pas consultés par rapport aux aires
protégées. Est-ce que c'est normal, un processus de consultation comme ça, Mme
la ministre?
Mme Blanchette Vézina : Le
processus de développement de la stratégie, disons, caribou est porté par le
ministère de l'Environnement. Il vous a nommé qu'il était en analyse. Moi, de
mon côté, on va travailler en étroite collaboration parce que l'habitat de
l'animal, c'est la forêt. Donc, on sera là pour ajuster les cartes. Il faut
comprendre qu'il y a des droits qui ont été octroyés antérieurement. On est
dans une société de droit, vous le savez. On ne peut pas retirer, sur la base
d'idées, des droits qui ont été octroyés. On a fait les consultations
nécessaires. Puis, lorsque la stratégie sera mise en consultation, les gens
pourront s'exprimer, et les consultations vont se faire dans les prochains
mois.
M. Fortin :Vous avez fait la consultation nécessaire, c'est ce que
vous venez de dire, alors à qui...
Mme Blanchette Vézina : Pour
ce qui est des droits antérieurs, qui ont été donnés à l'entreprise, qui ont
été accordés à l'entreprise, oui.
M. Fortin :OK. Bien là, vous vous apprêtez à faire des aires
protégées. À qui avez-vous parlé, dans l'industrie forestière, de ces aires
protégées là?
• (10 h 30) •
Mme Blanchette Vézina : Pour
ce qui est de la stratégie caribou, elle est portée par le ministère de l'Environnement.
Donc, je vous répondrais de demander la question à mon collègue.
M. Fortin :Mais vous, vous considérez que c'est au ministère de
l'Environnement à faire des relations avec l'industrie forestière pour des
aires protégées, ce n'est pas à vous à faire ça?
Mme Blanchette Vézina : Ce
que je vous mentionne, c'est que je suis en relation avec l'industrie, mais
avec les groupes environnementaux également. Je consulte les municipalités,
l'ensemble des communautés forestières. Les impacts, s'il y a... Lorsqu'il y
aura stratégie caribou, on aura des mesures de mitigation, mais il reste que la
stratégie, elle est portée par le collègue de l'Environnement.
M. Fortin :OK, mais vous venez de dire, là : Moi, je suis en
contact avec l'industrie forestière par rapport à ces aires protégées là et la
stratégie du caribou. À qui, dans l'industrie forestière, avez-vous parlé de
ces aires protégées à venir?
Mme Blanchette Vézina : Pour
moi... Ce n'est pas moi qui est en lien avec la stratégie caribou pour... en
lien avec l'industrie pour la stratégie caribou. Je vous rappelle que ces aires
protégées, elles sont mises de l'avant par le collègue de l'Environnement.
M. Fortin :Alors, vous n'avez aucun rôle là-dedans?
Mme Blanchette Vézina : Moi,
ce que je vous dis, c'est qu'on travaille en collaboration et on va travailler
en collaboration pour mitiger les impacts, s'assurer qu'on protège l'habitat,
mais aussi nos communautés forestières.
Donc, on sera là et on est là, comme
ministère, en relation avec, oui, l'industrie, mais pas dans la détermination
des cartes des aires protégées. Si je faisais ça, vous seriez... j'aurais
quelqu'un qui viendrait me dire qu'on vient arrimer... l'équilibre serait
difficile à faire dans l'arrimage des droits par rapport à l'industrie. Donc,
l'objectif, c'est de, oui, protéger l'habitat, mais de le faire aussi en
cohérence avec... en équilibre avec les communautés forestières qui sont là. Et
moi, comme ministre, et le ministère, on va être en collaboration dans les
impacts et dans l'élaboration...
Le Président (M. St-Louis) : Je
vous demanderais de conclure, Mme la ministre, s'il vous plaît.
Mme Blanchette Vézina : ...de
ce qui sera fait pour les communautés.
Le Président (M. St-Louis) : Je
m'excuse. Le temps alloué à ce bloc d'échange étant terminé, je suis maintenant
prêt à reconnaître une seconde intervention du deuxième... de la porte-parole,
pardon, du deuxième groupe d'opposition. Mme la députée de Verdun, la parole
est à vous. Vous bénéficiez d'un temps de 8 min 56 s.
Mme Zaga Mendez : Merci. Je
vais continuer sur la question d'aires protégées, mais surtout sur la question
de la protection de l'habitat du caribou. Là, j'entendais, tantôt, la ministre
dire quel est... En fait, ce n'était pas clair. Quel est votre rôle dans la
protection du caribou? Je nous rappelle qu'il nous en reste de moins en moins,
des caribous, sur notre territoire. Je pourrais vous donner des exemples. Dans
Charlevoix, il y a moins de 20 caribous, puis ils étaient plus de 120 il y
a 30 ans. Je pourrais donner des exemples en Gaspésie, à Val-d'Or.
L'objectif de la stratégie, on le souhaite...
que ce soit écouter les experts qui nous disent qu'il ne doit pas y avoir plus
de 35 % de perturbations dans l'habitat du caribou. Donc, quel est votre
rôle, Mme la ministre, dans la protection de l'habitat du caribou?
Mme Blanchette Vézina : Vous
l'avez nommé, c'est la protection de l'habitat du caribou. On a mis en place
des mesures intérimaires. D'ailleurs, la capacité forestière, elle a été
réduite, dans la planification qui a été faite en lien avec la stratégie
caribou, puis surtout les mesures intérimaires pour la protection du caribou. Donc,
c'est 1,4 million de mètres cubes de bois qui a été retiré de la capacité
forestière pour la dernière révision des droits. Et, ça, on fait les travaux
qui sont requis dans les forêts québécoises, en respectant les mesures
intérimaires qui ont été formulées en... pour protéger l'habitat du caribou.
Mme Zaga Mendez : Puis on
comprend bien que, pour arriver au 35 % de perturbation de son habitat, il
va falloir arrêter les <coupes...
>
10 h 30 (version révisée)
<19263
Mme
Zaga Mendez :
...arriver au 35 % de perturbation de son
habitat, il va falloir arrêter les >coupes dans certains secteurs.
Êtes-vous d'accord avec moi?
Mme Blanchette Vézina : Bien,
il y aura différentes actions qui vont être mises en place. Mon collègue de l'Environnement
est en train d'élaborer cette stratégie-là. Nous, on sera en collaboration dans
les mesures applicables pour protéger qui seront jugées nécessaires pour
protéger l'animal. On va aussi... On va, tu sais, faire des actions qui visent
bien sûr la gestion de l'habitat, comprendre... Je vous nommais tout à l'heure
qu'il y a... il y a des aléas qui peuvent arriver dans nos forêts qui
nécessitent qu'on fasse des interventions aussi pour protéger cet habitat, notamment
des épidémies d'insectes, du reboisement. Donc, on sera là, nous, en
accompagnement pour ces actions. On va démanteler aussi des chemins forestiers
pour... parce que c'est nommé comme étant une des problématiques. Donc, on sera
là, dans la restauration aussi du territoire. Puis il y aura des actions aussi
d'un point de vue sylvicole. Donc, on sera là, nous, en accompagnement avec le
collègue de l'Environnement.
Mme Zaga Mendez : Merci. Une
des choses qui est demandée par le milieu... Parce que, vous savez, la façon
comment protéger le caribou, c'est dans la création d'aires protégées. Tantôt,
on parlait de la création de tous les... tout ce qu'on a lu ce matin concernant
la création de l'aire protégée du Pipmuacan dans laquelle, les groupes et les
communautés, ce qu'ils demandent, c'est de dire, dès qu'il y a un dépôt de
projet, qu'on arrête les planifications des coupes forestières dans ce
territoire-là. Pourquoi il n'y en a pas eu, d'arrêt dans le cas du Pipmuacan, et
d'une consultation beaucoup plus fructueuse auprès des communautés autochtones?
Mme Blanchette Vézina : Il y
a eu des demandes qui ont été formulées. Je sais que mon collègue est en
analyse de territoire. Donc, avant de créer une aire protégée, il faut
délimiter sur la carte quels endroits. Encore une fois, on va s'en remettre à
cette... à cette carte-là. Lorsqu'il y aura... Le processus légal, comment c'est...
ça fonctionne, c'est que, lorsqu'il y aura ou lorsqu'il y a une aire protégée
qui est désignée officiellement, bien, il y a une... il y a une réduction de la
capacité forestière qui peut être faite en fonction des mesures intérimaires.
Rappelons qu'on a mis en place déjà des mesures provisoires pour s'assurer de
respecter l'habitat du caribou. Donc, c'est ce qu'on fait en ce moment dans les
forêts.
Mme Zaga Mendez : Mais, en
attendant... Parce qu'en 2021, là, on a appris que votre... le ministre
qui vous a précédé avait mené quand même une campagne pour bloquer des aires
protégées. Comment vous... Mme la ministre, là, on est... on parle de votre
mandat, on n'a que... à peu près, là, il y a eu 83 propositions d'aires
protégées, qui ont... faisaient l'objet d'un large consensus citoyen, qui ont
été écartées par le ministre.
Mme Blanchette Vézina : En
fait, moi, je tiens à vous rassurer que, pour notre gouvernement et pour moi,
il est important de créer des aires protégées. On a d'ailleurs pris des
engagements à la COP15 de protéger du territoire. On s'en... on s'y... on s'y
engage, on s'y affaire. Et, lorsqu'il y aura des aires protégées qui vont être
désignées comme étant des aires protégées, on fera les ajustements qui sont
nécessaires en forêt.
Mme Zaga Mendez : ...parce
que le temps qu'on délimite l'aire protégée, le temps que M. le ministre... On
attend quand même depuis 2019 la stratégie Caribou. Ce n'est pas quelque chose
qui... C'est quelque chose qui devait arriver il y a trois ans. On attend
jusqu'au mois de juin, comme le disait le collègue. En attendant, pourquoi ne
pas s'engager à cesser la planification des coupes forestières dans les parcs
régionaux, dans les zones qui sont à l'étude?
Mme Blanchette Vézina : ...on
fait... on a mis en place des mesures intérimaires, là, je vous répète, donc il
y a des mesures intérimaires de protection qui sont mises en place. La
capacité, elle a été réduite, et, dans les territoires où le caribou... où la
stratégie est projetée, on respecte les mesures intérimaires.
Mme Zaga Mendez : Mais je
veux répéter ma question : Pourquoi ne pas s'engager à cesser la
planification des coupes forestières? Pourquoi ne pas mettre un arrêt
temporaire le temps que l'aire protégée soit désignée? Consulter les peuples
autochtones, consulter même... travailler avec l'industrie forestière pour arriver
à une protection de... Alors, je parle du cas du caribou, là, on parle de
35 % de son habitat qui doit être protégé. Pourquoi ne pas avoir mis un
moratoire, quelque chose de temporaire pour permettre de protéger le caribou?
Mme Blanchette Vézina : ...que
vous aimez beaucoup les moratoires, mais il y a des droits qui sont octroyés
aux entreprises forestières. Je vous répète qu'on a mis en place des mesures
intérimaires pour s'assurer de respecter l'habitat, de respecter l'animal en
attendant la stratégie Caribou. On s'est engagé à le faire. Mon collègue y
travaille en ce moment.
Mme Zaga Mendez : Les mesures
intérimaires, vous les avez mises depuis quand? Depuis quand qu'elles sont en
place, les mesures intérimaires?
Mme Blanchette Vézina : 2019?
Une voix : ...
Mme Blanchette Vézina : 2019,
oui.
Mme Zaga Mendez : 2019. Mais
les inventaires des caribous nous montrent qu'en 2020-2021 on avait encore des
pertes au niveau de l'espèce. Est-ce que vous sentez que les mesures
intérimaires vont nous permettre... ou est-ce que... Parce que les experts nous
le disent, les communautés nous le disent, il fallait arrêter l'intervention
forestière dans ces zones-là. On parle des habitats <extrêmement...
Mme Zaga Mendez :
...On
parle des habitats >extrêmement sensibles, Mme la ministre. Puis, en
plus, on parle, en tout cas, avec les nouvelles aujourd'hui, qu'après que le
dépôt du projet... Parce que l'enjeu entre 2018 et 2019, là, ce qui est arrivé,
c'est qu'on a trouvé des caribous dans le Pipmuacan, Mme la ministre. Ça fait
que c'est ça qui a changé la donne entre le moment où est-ce que le ministère a
consulté et maintenant. Et, une fois qu'on a trouvé ça, on a.... les
communautés ont déposé une aire protégée. Puis ce qu'ils demandaient, c'était
une consultation et un arrêt des coupes dans ces zones-là, pour pouvoir
planifier l'aire protégée. Pourquoi la ministre n'a pas répondu à cette
demande?
Mme Blanchette Vézina : Il
faut comprendre que les aires protégées... la détermination des aires
protégées, encore une fois, elle provient d'Environnement. Lorsqu'il y a un
consensus au sein des ministères, il peut y avoir des contraintes
administratives qui pourraient empêcher la récolte du bois. Mais il faut
comprendre qu'il y a des droits qui sont octroyés. On est dans une société de
droit. Lorsqu'il y aura la stratégie Caribou...
Peut-être faire une parenthèse, mais, la
stratégie Caribou, on a fait une commission Caribou, et la stratégie Caribou,
elle émane de ça. Donc, on a mis les mesures intérimaires en place, on a fait
une commission pour déterminer des cartes, s'assurer que ce qu'on mettait au
jeu pourrait protéger l'animal, ce qu'on va faire. Et donc on a mis en place
des mesures.
Le ministère respecte à la fois les
droits, l'équilibre entre les droits, de ce qui a été donné antérieurement,
pour faire une transition, aussi, juste, pour l'ensemble des communautés qui
vivent de la forêt, là. Donc, il y a des droits qui ont été donnés antérieurement,
et, lorsque la stratégie Caribou sera mise en place, on aura des mesures pour
atténuer les impacts de la stratégie.
• (10 h 40) •
Mme Zaga Mendez : Juste une
minute. Écoutez, ce que j'entends, c'est qu'on... c'est comme si on pellette
tout le temps vers en avant, Mme la ministre, c'est tout le temps : On va
attendre la stratégie, on a mis des mesures. On va pelleter vers en avant.
Pendant ce temps-là, le caribou est en train de disparaître dans notre
territoire, Mme la ministre. Puis ça fait des années qu'on crie, ça fait des
quinzaines d'années que les gens se battent sur le terrain, les communautés
autochtones, les groupes. Puis là on est rendus en 2023, la stratégie n'est pas
encore aboutie, on n'a pas fait des consultations comme il faut. Puis vous nous
dites : On va attendre, parce qu'il faut respecter les droits des
forestières. Aucun problème. Nous, on veut continuer avec l'activité
forestière. Mais on pense que, là qu'on est rendus à avoir moins de 20 caribous
à Charlevoix, 34 caribous comptabilisés en Gaspésie, un arrêt
temporaire...
Le Président (M. St-Louis) :
En conclusion, Mme la députée.
Mme Zaga Mendez : ...pourrait
être de mise.
Le Président (M. St-Louis) : Malheureusement,
le temps de ce bloc d'échange est terminé. Donc, je suis maintenant prêt à
reconnaître une troisième intervention de l'opposition officielle pour un bloc
d'échange. M. le député de Pontiac, la parole est à vous. Vous disposez de
18 min 25 s.
M. Fortin :Merci. Merci, M. le Président. Déjà une dernière
intervention, ça passe... ça passe tellement vite. Il me semble qu'on pourrait
faire ça longtemps, mais... Je ne sais pas si vous êtes d'accord avec moi,
mais, quand même...
Mme Blanchette Vézina : J'en
ai plusieurs aujourd'hui, ça fait que ça ne se terminera pas pour moi, là,
je... le plaisir va continuer cet après-midi.
M. Fortin :Je veux juste continuer un peu dans ce que la collègue de
Verdun vient de... a amorcé, là, le manque de consultations. Tantôt, on a parlé
des communautés autochtones qui ne se sentent pas consultées, et, à travers ce
sentiment-là, là, il y a des experts, des gens de l'Université Laval entre
autres, qui sont sortis sur la place publique en disant : C'est vrai,
qu'ils ne sont pas... ils ont fait 42 000 détours, là, pour ne pas
les consulter de façon appropriée. Là, il y a l'industrie forestière qui dit :
Nous autres non plus, on n'est pas consultés, on ne se sent pas entendus.
La ministre responsable des Forêts nous
dit : Bien, ça appartient au ministre de l'Environnement de faire ça. Sauf
que le ministre de l'Environnement, quand ma collègue ici, la collègue de
Verdun, lui a posé la question la semaine dernière, lui-même a dit : Pour
tout ce qui est du volet accompagnement de l'industrie, c'est davantage ma
collègue au MRNF qui pourrait répondre à cette question-là. Ça, c'est mot pour
mot, là, en réponse à ce qui va se passer avec l'industrie forestière à travers
ces aires protégées là.
Alors, ce que j'entends aujourd'hui :
la consultation, ça ne vous appartient pas. Mais, par la suite, là, qu'est-ce
que vous entrevoyez pour l'industrie forestière suite aux aires protégées?
Mme Blanchette Vézina : L'industrie
forestière, les communautés, là, les régions du Québec se sont construites
autour de la forêt. Ça fait qu'on est d'accord là-dessus, sur le fait que c'est
important, c'est important, puis on a très... on est très conscients de cette
importance-là. En même temps, il faut trouver un équilibre, parce qu'il faut...
on le sait, on doit protéger l'animal, on doit protéger l'habitat, mais la
biodiversité aussi en général. Donc, la forêt, elle, elle est l'habitat de
plusieurs <animaux,...
Mme Blanchette Vézina :
...plusieurs
>animaux, de cette biodiversité-là. Donc, comme ministre des Forêts, des
Ressources naturelles, mais des Forêts, j'ai ce devoir-là de protéger à la fois
les communautés, les... qui vivent de la forêt grâce à l'industrie, mais de
respecter aussi des engagements de protection de la biodiversité et de l'habitat.
Dans les mesures qui vont être mises en
place en lien avec la stratégie Caribou, moi, depuis mon arrivée, j'ai consulté
différentes personnes. L'industrie en fait partie, les syndicats également, là,
de l'industrie forestière. Parce qu'il faut se rappeler que c'est des employés,
c'est des gens qui vivent de la forêt, là, dans nos régions du Québec.
Et donc, lorsque les aires protégées...
qu'il y a des aires protégées ou qu'il y a des mesures qui sont mises qui
retirent de la capacité forestière, nous, on sera là pour la stratégie Caribou
pour soutenir les communautés, mais dans un équilibre où on sait que les
régions du Québec se sont construites autour de ces... de cette industrie et
que c'est une industrie qui est importante aussi pour l'économie québécoise,
là. Rappelons que c'est 7 milliards de PIB qui... qui vient de la forêt.
Donc, on va prendre des mesures pour atténuer les impacts, pour mitiger les
impacts pour les communautés, pour s'assurer qu'on puisse continuer de vivre de
la forêt, que nos communautés puissent continuer de vivre de la forêt.
M. Fortin :Qu'est-ce que ça veut dire? Qu'est-ce que vous avez en tête
quand vous me dites : «On va prendre des mesures pour atténuer»?
Mme Blanchette Vézina : Ça
peut être des mesures de mitigation, de diversification. On veut faire plus et
mieux avec moins, donc... en matière de travaux sylvicoles également. Donc, je
pense qu'on est... on va vous arriver avec différentes solutions, mais sachez
que c'est fait en ayant consulté et en ayant rencontré les différents
partenaires pour s'assurer du respect de ces communautés forestières.
M. Fortin :...vous considérez, en ce moment, là, que les consultations
avec le milieu forestier, avec l'industrie forestière, en vue de ces aires
protégées là et de toutes les mesures qui en découleront, sont appropriées?
Mme Blanchette Vézina : On a
consulté, mais, pour ce qui est de la stratégie Caribou, je le rappelle, ou des
aires protégées, c'est des initiatives qui émanent du ministère de
l'Environnement. Donc, les consultations se font à travers le ministre de
l'Environnement.
M. Fortin :OK. Mais moi, je vous avoue, M. le Président, que j'ai un
petit peu de misère avec une ministre des Forêts qui ne parle pas au milieu
forestier pour des enjeux si importants que ça. Les gens de l'industrie
forestière, ils le disent, qu'ils ont des solutions à mettre sur la table, mais
ils veulent être capables de vous en parler. Le ministère de l'Environnement a
un travail à faire, puis c'est un travail important, là, on en convient, mais,
en même temps, celle qui porte la voix des communautés forestières, c'est vous,
c'est la ministre des Forêts. Vous n'êtes pas une lobbyiste de l'industrie,
mais vous êtes une voix des communautés forestières, comme plusieurs des
collègues ici le sont, comme moi, j'en suis un. Alors, il me semble que
d'entendre leur point de vue avant de prendre des décisions si importantes,
même si c'est des décisions qui appartiennent, disons, à votre collègue de
l'Environnement, c'est la moindre des choses.
Mme Blanchette Vézina : M. le
député de Pontiac, je vous... je vous mentionne que j'ai rencontré et que je
suis en contact avec les différents partenaires qui vivent de la forêt
québécoise, autant l'industrie que les groupes environnementaux, que les
communautés forestières. J'ai rencontré la Fédération québécoise des
municipalités. Je suis allée à différentes activités avec eux pour... Puis mon
ministère, on est en contact direct avec... avec les communautés forestières. Mais
je rappelle que la stratégie Caribou, elle est portée par le ministère de
l'Environnement. On sera là en soutien. Et, sur les aspects de mitigation des
dommages qu'il pourrait y avoir en lien avec cette stratégie-là, je vous
rassure, ici, là, on est en contact avec les communautés, avec l'industrie par
rapport à comment on peut faire différemment dans nos forêts pour s'assurer
d'avoir une industrie... continuer d'avoir une industrie qui est... qui est
florissante pour nos régions québécoises.
M. Fortin :Est-ce qu'il y en a, des solutions qui ont été évoquées par
l'industrie forestière, là, dans ce dossier-là, qui peuvent contribuer à
protéger le caribou et à préserver notre industrie forestière? Est-ce qu'il y
en a, des solutions qui vous ont été présentées par l'industrie, qui vous
intéressent?
Mme Blanchette Vézina : Il y
a... En fait, il y a plusieurs propositions qui ont pu être faites par
l'industrie, mais je rappelle que ces propositions-là, elles sont formulées,
notamment, pour que la stratégie Caribou tienne compte des communautés
forestières, et ça, c'est à travers le ministre de l'Environnement. Mais moi,
je suis à l'écoute, je les rencontre, et nous les rencontrons, comme ministère,
en lien avec ces enjeux-là et d'autres enjeux de la forêt qui sont vécus par
l'industrie forestière.
M. Fortin :...pas... aujourd'hui, vous n'êtes pas en mesure de me
nommer une de leurs propositions, là, que vous avez appréciée, là, qui semble
faire... Puis c'est correct, là, mais c'est... si c'est ce que vous me dites,
je n'ai pas de problème, là.
Mme Blanchette Vézina : C'est
ce que je vous répondrai. C'est : la stratégie Caribou, elle s'en vient,
on s'est engagé à le faire, et elle sera déposée. Puis les mesures viendront au
<moment...
Mme Blanchette Vézina :
...les
mesures viendront au >moment où la stratégie sera déposée.
M. Fortin :OK. Parlant de représentation des communautés forestières,
vous le savez, ce qui se passe dans les Laurentides, en Outaouais, dans ma
propre région, là, c'est particulièrement difficile. Et c'est particulièrement
difficile depuis 2019, depuis la fermeture du plus grand preneur de pâtes
de la région. C'est une industrie qui vit au jour le jour, disons, là, mais qui
est... vous l'avez dit, on n'est pas différents, d'ailleurs, au Québec à ce
niveau-là, on a des communautés qui sont bâties sur l'industrie forestière et
qui veulent savoir, trois ans, quatre ans plus tard, là, qui veulent
savoir c'est quoi, le plan de match.
Là, dans le budget, vous avez mis
10 millions pour, et je cite, «assurer un débouché pour des bois feuillus
de faible qualité issus des récoltes et appuyer le secteur forestier dans les
régions». On peut subventionner le transport à n'en plus finir, là, mais ça
prend des solutions plus durables. Qu'est-ce que vous avez en tête
spécifiquement?
Mme Blanchette Vézina : Je...
En fait, à la demande de la... des communautés de l'Outaouais et des
Laurentides, on a poursuivi le programme, on a prolongé le programme PEEOL,
PEEOL, le programme d'écoulement exceptionnel des bois, là, de faible qualité
des régions de l'Outaouais et des Laurentides — désolée de l'acronyme — pour
cette année. Donc, rappelons que, dans les années passées, ce programme-là
était existant. Les mesures qui ont été mises en place pour les industries,
c'est environ 24,4 millions, annuellement, qui a été remis, dans le cadre
de ce programme-là, aux entreprises qui... pour couvrir la structure,
l'écosystème industriel forestier de la région de l'Outaouais et des
Laurentides, effectivement, suite à la fermeture de l'usine Fortress en 2019.
On a aussi le programme Innovation Bois, qui aura permis à l'industrie de faire
de l'innovation, d'apporter des nouveaux débouchés innovants. Donc, c'est
9,7 millions qui ont été donnés à la région. Et donc la mesure budgétaire
de 10 millions s'ajoute pour cette année.
M. Fortin :Vous savez... vous savez à quoi elle sert, cette mesure-là?
Mme Blanchette Vézina : Bien,
oui, oui, oui. Bien...
M. Fortin :Vous savez qu'est-ce qu'on... Qu'est-ce qu'ils font avec ce
10 millions là?
• (10 h 50) •
Mme Blanchette Vézina : En
fait, on fait du transport. L'objectif...
M. Fortin :C'est ça, c'est...
Mme Blanchette Vézina :
L'objectif, c'est de trouver des preneurs pour le bois de faible qualité. Donc,
dans la structure, l'équilibre de la structure industrielle, on avait besoin,
pour avoir un... L'industrie avait besoin, dans ce secteur-là, pour avoir un
prix intéressant, d'avoir des preneurs de bois. Donc, on s'assure qu'il y ait
des preneurs de bois pour ceux qui sont de faible qualité. Mais, en... en ce
sens aussi de pouvoir trouver des débouchés et avoir... avoir une relance de
l'usine Fortress, on a aussi conservé les volumes de bois, puis mon collègue
à... Investissement Québec et MEIE, là, se... travaillent à trouver des
débouchés et des preneurs pour ce bois, pour s'assurer d'avoir un écosystème
solide dans l'Outaouais et les Laurentides.
M. Fortin :Ce que vous me dites là, là, on va subventionner le
transport pour envoyer le bois en Estrie ou ailleurs, là, c'est ce qui se fait
en ce moment, là, c'est une chose. Mais ça ne peut pas continuer à perpétuité,
ça. C'est une chose de le reconduire, là, mais ça prend des solutions plus
pérennes que ça. Je le sais que vous le savez. Alors, quand vous me dites :
On travaille pour un repreneur, ou d'autres, est-ce qu'il y a... est-ce que
vous avez quelque chose de concret en ce moment? Parce que la région se fait
dire depuis quatre ans, là : Donnez-nous un autre six mois. On
se donne un deadline... désolé de l'anglicisme, on se donne un deadline pour un
autre six mois, puis après ça un autre, puis après ça un autre, et ça ne
débouche jamais. Alors, est-ce qu'il y a quelque chose dans les cartons, là,
qui s'annonce pour bientôt?
Mme Blanchette Vézina : Comme
je vous le mentionnais... Bien, on est d'accord là-dessus, là, c'est important
de trouver une solution qui va être pérenne. Le programme, il est exceptionnel.
On le reconduit d'une année, à la demande des communautés de l'industrie, parce
qu'on souhaite trouver un repreneur pour l'usine. Donc, nous, on s'assure que
les bois sont disponibles si repreneur il y a, et je le sais, que mon collègue
de l'Économie y travaille avec... à travers Investissement Québec, à trouver un
repreneur qui permettra d'écouler ces bois.
M. Fortin :OK, mais est-ce qu'il y a des rencontres en ce moment?
Est-ce qu'il y a... Puis je ne vous demande pas de me dire c'est quoi, les... c'est
quoi, l'entreprise, je ne vous demande pas de me dévoiler quelques pourparlers,
mais qu'est-ce qui se passe, là, aujourd'hui, pour cette usine-là?
Mme Blanchette Vézina : Il y
a des rencontres, mais, tu sais, je vous rappelle que ce n'est pas nécessairement
moi qui pilote ces rencontres. Mais, oui, il y a des rencontres. Donc, il y a
des... Tu sais, si on a reconduit pour une année, c'est qu'on croit que cette
année-là va permettre de trouver des solutions qui vont être pérennes, et donc
il y a des discussions avec des entreprises.
M. Fortin :Mais j'entends la même chose, ce qu'on entend depuis quatre ans,
c'est-à-dire : On se donne une autre année. Tantôt, je vous disais :
On se donne six mois. Là, vous êtes rendus à donner une autre année, mais
ça revient à la même chose. Est-ce que vous y croyez <vraiment...
M. Fortin :
...rendus à donner une autre année, mais ça revient
à la même chose. Est-ce que vous y croyez >vraiment?
Mme Blanchette Vézina : Moi,
j'y crois. Oui, j'y crois vraiment. L'objectif, c'est de trouver une solution
pérenne, puis, en attendant, bien, ce programme-là, il répond aux besoins. On
souhaite... C'est à la... au souhait... C'est le souhait de la communauté puis
de l'industrie régionale.
M. Fortin :Bien non, mais on n'a pas le choix, on... Il n'y a pas...
il n'y a pas d'options, là, en ce moment? Ce n'était pas... Si vous ne l'aviez
pas mis dans le budget, là, il y aurait... moi, j'aurais déchiré ma chemise. Il
y a des collègues des Laurentides qui auraient fait la même chose. J'espère, je
le crois, mes quatre collègues de l'Outaouais auraient fait la même
affaire. Ce n'est pas un... ce n'est pas un choix, là. Ça, c'est pour s'assurer
que toutes les autres usines de l'Outaouais, là, ont quelque part où envoyer
leur bois à travers une subvention. Mais je ne veux pas qu'on se... qu'on refasse
la même dynamique, qu'on vive la même dynamique qu'on a vécue dans les quatre dernières
années, là.
Le premier ministre s'en va à Thurso
jeudi, là. Il s'en va à Thurso pour parler aux gens de la communauté, oui, de
Guy-Lafleur puis de l'autoroute, puis les gens vont être très contents de ça,
mais il y a 300 travailleurs qui ont perdu leur job en 2019, là, à
cette usine-là. Puis il y a un paquet d'autres usines dans la région qui, eux,
sont pris avec cette dynamique-là, puis qui ne savent pas la pérennité de leur
propre entreprise en ce moment, donc ils se posent des questions par rapport à
leur avenir. On n'a rien de plus à dire à ces gens-là qu'«on continue à
chercher»?
Mme Blanchette Vézina : Moi,
ce que je vous ai dit, je le répète, on est confiants. On l'a reconduit pour
une année. L'objectif, c'est de trouver une solution qui va être pérenne, et on
y travaille en ce moment. Donc, la situation en Outaouais puis dans les
Laurentides, elle n'est pas idéale, mais on est là. On a mis en place des
programmes de soutien qui sont temporaires, mais on continue de travailler, là,
on veut... on veut s'assurer de trouver une solution qui va convenir à
l'écosystème forestier de ce secteur.
M. Fortin :Il y a la reprise de Fortress. Est-ce que vous travaillez
sur d'autres projets pour la pâte en Outaouais, Laurentides en ce moment?
Mme Blanchette Vézina : Bien,
comme je vous mentionnais, il y a différentes... il y a des entreprises qui ont
été rencontrées, là, on... Investissement Québec et le MEIE regardent, là, les
alternatives qui vont être... qui vont être les plus efficaces pour... pour la
relance ou pour une solution de bois de faible... pour un preneur de bois de
faible qualité.
M. Fortin :Mais là vous... On parle de Thurso, là, mais est-ce qu'il y
a d'autres entreprises en Outaouais, Laurentides qui peuvent, en ce moment,
prendre de la pâte additionnelle? Il y en a-tu d'autres qui lèvent la main, là,
puis qui disent : Moi, je suis capable de le faire?
Mme Blanchette Vézina : Peut-être
que je... Oui, c'est ça, je permettrais de donner la parole à mon... à M.
Sénéchal, qui est sous-ministre aux Forêts, pour répondre sur le détail des
entreprises, répondre à la question. Est-ce que vous me donnez le consentement?
Des voix : ...
Mme Blanchette Vézina : Merci.
M. Sénéchal (Alain) : Donc,
pour répondre à votre question, on a toujours des demandes de volumes
additionnels qui nous proviennent de différents industriels. Les projets ne
sont pas tous au même niveau. Souvent, les projets se heurtent à des
problématiques de financement, donc, puis je vous rappellerai que, voilà
peut-être deux ans, on avait mis un bureau de projet en place, on avait
mis en disponibilité des volumes... surtout des... mais on avait conservé le
volume pour Fortress, parce qu'on a espoir que ça reparte chez Fortress, puis
on a encore espoir. On... Le volume qui restait, on l'avait mis au bureau de
projet, puis on avait dit aux gens : Déposez vos projets, ils vont être
analysés avec Investissement Québec, selon des critères... des critères
forestiers, économiques, financiers, et tout ça. Donc, on a fait ça la dernière
fois.
On avait ciblé des repreneurs de ces
volumes-là. Ça ne s'est pas concrétisé à la hauteur de nos espérances. Il y a
toujours des projets qui viennent nous voir, de biocharbon, de cogénération. On
les accompagne, on les suit, on veut que ça marche, mais, en même temps, les
conditions gagnantes ne sont pas toujours réunies. Donc, on a espoir que ça
prend quand même, je dirais, un projet-phare, là, dans la région pour s'assurer
de... parce que c'est des volumes quand même très importants. Donc, notre
espoir, c'est qu'on trouve un débouché chez Fortress, que ce soit avec de la
pâte ou un autre produit. Mais notre espoir, c'est que ça devienne un
projet-phare pour la région.
M. Fortin :OK. Dans la minute qu'il me reste, M. le Président, là, je
veux simplement dire que l'étude de crédits qu'on vient de vivre, là, pour moi,
c'est un immense drapeau rouge pour toutes les entreprises forestières au
Québec, ne serait-ce, ne serait-ce que pour la question de l'entretien des
travaux sylvicoles. Parce que ça, ça mène directement, comme on l'a entendu par
le Forestier en chef, à de la diminution potentielle de la possibilité
forestière au Québec. Nos entreprises ont besoin d'une possibilité forestière
adéquate, ils comptent là-dessus, nos communautés forestières, au Québec,
dépendent de cela. Et, si on ne fait pas les travaux d'entretien nécessaires,
on peut planter tous les arbres qu'on veut, ce qui est, environnementalement
parlant, une bonne chose, on plante des arbres, tant mieux, mais si on ne...
n'en prend pas soin, c'est un immense <drapeau...
M. Fortin :
...pas soin, c'est un immense >drapeau rouge
pour la communauté forestière. J'espère, M. le Président, qu'il va y avoir un
rééquilibrage des choses et que ça va être fait le plus rapidement possible,
parce qu'un arbre planté qu'on n'entretient pas, ça ne fait pas avancer la
forêt québécoise au niveau de nos... de notre possibilité forestière. Et ça,
c'est un vrai enjeu pour lequel je n'ai pas entendu de réponse aujourd'hui de
la part de la ministre. Je vous remercie, M. le Président.
Le Président (M. St-Louis) : À
titre informatif, M. le député, il vous reste toujours 40 secondes. Je ne
sais pas si vous souhaitez....
M. Fortin :J'ai... Je pense que j'ai fait... j'ai fait le point
principal. Je veux quand même remercier la ministre, son équipe et le Forestier
en chef, là. Mais, encore une fois, je vois mal aujourd'hui comment, à travers
le manque de travaux d'entretien qu'il y a, on peut aider nos communautés
forestières, rencontrer nos objectifs de la stratégie du bois, qui est
d'augmenter la possibilité forestière au Québec, et ça met en danger l'avenir
de la capacité de production des entreprises québécoises. Merci, M. le
Président.
Le Président (M. St-Louis) : Merci,
M. le député. Je suis maintenant prêt à reconnaître une première intervention
du porte-parole du gouvernement. Alors, M. le député de Rouyn-Noranda—Témiscamingue,
la parole est à vous. Vous bénéficiez d'un temps de 14 min 20 s.
• (11 heures) •
M. Bernard : Merci, M. le
Président. Je voudrais saluer la ministre, toute son équipe, puis les collègues
de l'opposition de l'autre côté, et tous les gens qui sont ici du ministère, et
ainsi que le Forestier en chef, qui est ici présent avec nous aujourd'hui.
Le député de Pontiac a souligné
qu'effectivement l'ensemble des députés qui sont ici, lui, nous trois de ce
côté-ci, avons l'industrie forestière à coeur. Elle est omniprésente sur nos
territoires respectifs. J'ai mon collègue ici, du Saguenay, que... s'il y en a
un qui est vraiment interpelé par l'industrie, c'est lui. Moi, au
Témiscamingue, personnellement, à Rouyn-Noranda, je n'ai pas d'entreprise
forestière, mais j'ai des entreprises qui font des travaux sylvicoles et
autres. L'industrie forestière est très omniprésente au Témiscamingue. Et
d'ailleurs il y en a une, Rayonier, dans le sud de la province, qui bénéficie
du programme PEEOL. Puis le programme PEEOL permet, justement, entre autres,
dans le contexte difficile qui a été souligné par la ministre et les gens, de
quand même maintenir des entrepreneurs en place pour effectuer des travaux.
L'industrie forestière est importante,
comme je l'ai dit, mais je voudrais amener la ministre sur un autre sujet, qui
est un peu d'actualité puis en fin de saison, mais qui est aussi important,
c'est le plan directeur sur l'acériculture. Pour les gens qui nous écoutent, moi,
je... ma famille est originaire de la Beauce. L'industrie forestière, on pense
souvent qu'elle est beaucoup liée au territoire privé, parce qu'on voit
beaucoup ça, particulièrement dans le sud de la province, des entreprises, qui
sont familiales, sur des terres, mais il y a un volet très important, c'est de
l'acériculture en terres publiques. Et, chez moi, entre autres au
Témiscamingue, les entreprises acéricoles qui sont là sont en territoires
publics.
En mai 2022, le gouvernement a
entrepris une consultation publique pour un nouveau plan directeur sur
l'industrie acéricole. Et ce plan-là a donc... Lors des consultations, le
ministre a mis en place une table stratégique, puis il y a plusieurs
intervenants là-dedans. Parce que, quand qu'on parle de l'industrie acéricole,
il y a des producteurs forestiers qui sont associés à ça, le ministère de
l'Agriculture, de la Pêcherie et de l'Alimentation du Québec qui est également
impliqué, parce qu'on parle de commercialisation de produits. Donc, il y a
plusieurs acteurs qui sont présents. Et la ministre a donc rendu public le
fameux plan directeur le 18 avril dernier. Alors, pour les gens qui nous
écoutent, j'aimerais vraiment, là, qu'on en parle. La saison acéricole, en
passant, a été difficile cette année avec les conditions climatiques, et à peu
près partout, même au Témiscamingue. Alors, moi, je pense que... l'opportunité
de demander à la ministre de nous expliquer le fameux plan directeur sur
l'industrie acéricole, où ce que ça en est et vers où qu'on s'en va.
Mme Blanchette Vézina : Merci,
M. le député. Contente de pouvoir parler d'acériculture. Parce que, oui, la
forêt... la forêt publique, elle sert bien sûr... elle sert à plusieurs usages,
à l'industrie forestière, on en a parlé beaucoup, mais elle sert aussi pour la
villégiature et bien sûr l'acériculture. Et très heureuse d'avoir pu annoncer
ce plan directeur qui émane des consultations, qui ont été faites l'an dernier,
et aussi des travaux de la table stratégique qui a été mise en place avec l'industrie,
avec l'industrie forestière également. Donc, le plan directeur qui a été <annoncé...
>
11 h (version révisée)
(Reprise à 11 h 28)
Le Président (M. St-Louis) :
Alors, ayant constaté le quorum, je déclare la séance de la Commission de l'agriculture,
des pêcheries, de l'énergie et des ressources naturelles ouverte.
La commission est réunie afin de procéder
à l'étude des crédits budgétaires du volet Ressources naturelles et du
portefeuille Ressources naturelles et Forêts pour l'exercice financier
2023-2024. Une enveloppe de 2 h 30 min a été allouée pour l'étude
de ces crédits.
M. le secrétaire, y a-t-il des
remplacements?
Le Secrétaire : Oui, M. le
Président. M. Poulin (Beauce-Sud) est remplacé par Mme Blouin
(Bonaventure).
Ressources naturelles
Discussion générale
Le Président (M. St-Louis) : Merci.
Nous allons procéder à une discussion d'ordre général, incluant les questions
et les réponses. La mise aux voix de ces crédits sera effectuée à la fin du
temps qui leur est alloué, soit cet après-midi vers 17 heures.
Je suis maintenant prêt à reconnaître une
première intervention de l'opposition officielle pour un premier bloc d'échange.
M. le député de Jacques-Cartier, la parole est à vous, vous disposez de 18 min 17 s.
• (11 h 30) •
M. Kelley : Merci beaucoup,
M. le Président. Puis bon matin, bon matin, chers collègues. Je veux juste
commencer avec juste un mot, rapidement, pour les gens au Québec qui sont
présentement inondés. Je pense que, notre collègue députée de Charlevoix puis
tous ses citoyens, je sais que c'est des moments très, très difficiles puis je
sais que le peuple québécois est avec eux autres.
Je veux dire bonjour, Mme la ministre,
bienvenue. Je crois que c'est votre premier bloc des crédits comme ministre. Et
bonjour à votre équipe. J'ai commencé tous mes blocs de crédits, M. le
Président, à juste remercier tout le travail qui a été fait par l'équipe de la
ministre. Oui, les gens au sein de son cabinet, mais aussi les fonctionnaires
qui ont préparé des gros cartables pour nous, les députés, avec plein d'informations
à toutes nos questions que nous avons déposées. Mais c'est quand même très
important, c'est un exercice, l'étude des crédits, important pour notre
démocratie et que nous avons une chance de poser les questions, que les
fonctionnaires eux-mêmes font une réflexion sur toutes les dépenses qui étaient
faites pendant la dernière année, mais aussi de prendre le temps pour parler un
petit peu de l'avenir, les dossiers d'actualité puis des investissements qui s'en
viennent.
Alors, avec ça, je vais commencer avec ma
première question pour la ministre. Je sais que, sur le week-end, elle a
probablement vu qu'un chroniqueur dans La Presse a parlé de le dossier de
lac Bloom. Puis on a parlé beaucoup de ça, dans 2022, une décision qui a été
prise pour stocker des résidus dans des lacs, de plusieurs lacs dans la région.
On sait qu'il y a eu un BAPE, on sait qu'il
y a eu un processus. Je sais que l'ancien député de Verdun a eu un échange avec
le ministre responsable pour l'Environnement, à l'époque, là, mais je veux
juste savoir si la ministre peut nous donner une mise à jour. Est-ce que le
projet a eu juste... excusez-moi, des modifications depuis un an? Est-ce qu'elle
peut aussi expliquer c'est quoi, le processus avec le gouvernement fédéral, c'est
quoi, l'état de la situation? Puis est-ce que la ministre trouve que c'est
toujours une bonne pratique de stocker des résidus dans des lacs au Québec en
2023?
Mme Blanchette Vézina : M. le
député, je veux vous saluer. On n'a pas encore eu l'occasion d'échanger, mais c'est
un plaisir de pouvoir faire cet exercice-là avec vous. Je resalue la députée de
Verdun, avec qui on a eu l'occasion d'échanger ce matin. Et je me permets de
vous présenter la sous-ministre associée aux Mines, Mme Nathalie Camden,
qui est avec moi également, en plus de mon équipe, l'équipe du ministère, que
je remercie aussi. Effectivement, vous avez soulevé le travail incroyable qui
est fait par les équipes ministérielles dans l'exercice de ces crédits, et je
tiens à les remercier pour le travail effectué également.
Concernant la... Minerai de fer Québec, la
Mine du lac Bloom, effectivement, il y a plusieurs choses qui circulent. Il
faut comprendre, en ce moment... On peut peut-être prendre un moment pour
rappeler qu'il y a des mesures environnementales qui sont importantes au
Québec. On a un cadre environnemental qui est rigoureux. Dans le dossier du lac
Bloom, le gouvernement du Québec, on a délivré une autorisation pour l'augmentation
de la capacité d'entreposage des résidus stériles... et stériles, pardon,
miniers avec le scénario avec le moins d'impact, donc, bien sûr,
conditionnellement au respect des nombreux engagements de Minerai de fer Québec
et aux autres conditions qui sont établies dans le décret d'autorisation. Puis
le gouvernement fédéral en est rendu, lui, a son analyse. Donc, le gouvernement
fédéral, lui, n'a pas encore donné son autorisation pour l'agrandissement des parcs
à résidus miniers stériles, qui serait nécessaire aussi à l'obtention du <certificat...
>
11 h 30 (version révisée)
<19275
Mme
Blanchette Vézina :
...parcs à résidus miniers stériles, qui
serait nécessaire aussi à l'obtention du >certificat d'autorisation pour
les ouvrages d'annexion des lacs. Donc, on est... ils sont en processus, là, de
finalisation avec le gouvernement fédéral. Pour l'état de situation, le voici.
M. Kelley : Merci, Mme la
ministre. Puis est-ce que vous êtes capable de juste bien expliquer, bien sûr,
à moi, mais aussi à la population, c'est quoi, la définition de «moins d'impacts»?
Alors, on va... C'est sûr qu'il va y avoir un impact, mais comment l'entreprise
a été capable de réduire les impacts de stocker des résidus dans des lacs, exactement?
C'était quoi, le processus?
Mme Blanchette Vézina : Il y
a une évaluation, là, qui est faite, qui a été complétée, une évaluation
environnementale qui a été faite. Puis on a considéré les scénarios, tous les
scénarios, là, réalistes possibles. Le remblaiement de la fosse, ce n'était pas
une option qui était envisageable, ça aurait entraîné, là, la condamnation de
ressources exploitables sous la fosse. Donc, la solution qui... avec le moindre
impact, comme je le mentionnais, ça a été de parler d'entreposage, tel que l'autorisation
a été donnée.
M. Kelley : Je comprends.
Merci pour la réponse, Mme la ministre, et je comprends que c'est un projet qui
existait depuis plusieurs années, et maintenant on parle d'une expansion, mais
encore, pas juste pour ce projet, mais en général, des résidus dans les lacs,
est-ce que c'est une bonne pratique ou pas pour le Québec en 2023?
Mme Blanchette Vézina : Ce n'est
pas une pratique qui est courante. C'est exceptionnel, là, qu'un lac puisse
servir comme un lieu de stockage pour des résidus miniers stériles. Les mesures
qui sont mises en place ou l'analyse qui a été faite, elles relèvent, elles, du
ministère de l'Environnement et de la Lutte aux changements climatiques, Faune
et Parcs, donc, MELCCFP. Donc, le scénario qui a été retenu, c'est celui avec
le moindre impact, suite à l'analyse qui a été faite, environnementale.
M. Kelley : Parfait. Puis,
peut-être juste une dernière question : Il y a combien de projets, partout
au Québec, où un projet... une entreprise pourra stocker des résidus dans les
lacs?
Mme Blanchette Vézina : À ce
moment-ci, je ne suis pas en mesure de vous donner l'information. Est-ce qu'on...
peut-être que je peux laisser ma... Je demanderais l'autorisation de faire
intervenir ma sous-ministre associée aux Mines, Mme Camdem.
Le Président (M. St-Louis) :
Est-ce qu'il y a consentement des membres de la commission?
Des voix : Consentement.
Le Président (M. St-Louis) : Il
y a consentement. Je vous demanderais de vous nommer, ainsi que votre titre, s'il
vous plaît, pour le bénéfice de nos auditeurs.
Mme Camden (Nathalie) : Oui. Bonjour,
mon est est Nathalie Camden, je suis sous-ministre associée aux mines au
ministère des Ressources naturelles et des Forêts.
Le Président (M. St-Louis) : Merci.
Mme Camden (Nathalie) : Donc,
le genre d'information relativement au remblaiement de lacs, c'est le type d'information
qu'on retrouve dans les études techniques, les études environnementales que
chaque promoteur doit déposer au ministère de l'Environnement, de la Lutte
contre les changements climatiques, de la Faune et des Parcs.
Donc, à ce moment-ci, je ne peux pas vous
dire s'il y a d'autres projets de cette nature-là. Puis, malgré le fait qu'il y
ait quelques projets qui soient soumis, là, soit au comité nordique, si on est
en territoire conventionné, les territoires Eeyou Istchee Baie-James, au
Nunavik, ou encore au ministère de l'Environnement pour le territoire du Sud.
Mme Blanchette Vézina : Peut-être,
pour compléter, là, de rassurer aussi le député sur la question, là, de l'évaluation
environnementale, tu sais, il faut rappeler, souligner qu'on est... le
ministère des Ressources naturelles et des Forêts est responsable du plan de
réaménagement, que chaque entreprise a un plan de réaménagement, là, et de
restauration qui doit être fourni dans les cas de mines. Donc, on va s'assurer
que les terrains touchés par l'activité minière se retrouveront dans un état
satisfaisant à la suite de l'exploitation. Puis ça, ça fait partie de nos
règles et de notre cadre normatif québécois.
M. Kelley : Parfait. Puis il
y a combien de projets miniers qui sont sur le point d'être approuvés dans les
prochaines couples des ans? Puis, est-ce que dans ces projets-là, il y a déjà
des plans, peut-être, de dumper des résidus dans des lacs?
Mme Blanchette Vézina : À
votre question, là, en ce moment, on a 21 mines actives, au Québec, et on
a 37 projets miniers. Comme Mme Camden vous le mentionnait, là, pour
ce qui est des données quant aux lacs, on n'a pas l'information en main.
M. Kelley : Parfait. Merci
beaucoup. Je vais passer maintenant, M. le Président, à un autre sujet qui est
très dans l'actualité, des claims miniers. Puis je sais que la ministre a eu
une chance d'échanger avec ma collègue de Verdun, mais aussi ma collègue des
Mille-Îles pendant une interpellation. Puis la ministre a mentionné pendant
l'interpellation qu'une chose qui était importante, c'était de bien <expliquer...
M. Kelley :
...a
mentionné pendant l'interpellation qu'une chose qui était importante, c'était
de bien >expliquer puis rassurer des gens sur ce dossier-là, mais elle a
aussi, également, parlé un petit peu de trouver peut-être une façon, avec les
TIAM puis avec les différents règlements et des décrets, pour peut-être une
façon d'encadrer ça mieux après les consultations. Alors, moi, je pense que, si
je fais la revue de presse, il y a toujours des gens, et des MRC, et, des fois,
des municipalités qui posent des questions, avec raison. Je sais qu'il y a un
processus qui est en place, que le ministre a dans ses pouvoirs, qui est un bon
départ, avec des TIAM, mais on sait aussi, de faire un claim minier, ça ne
prend pas beaucoup de temps, mais l'autre processus, pour une MRC de faire une
demande d'une exemption d'une partie de territoire peut prendre plusieurs mois
ou semaines d'avoir une réponse de le ministère.
Alors, je sais que la ministre est
présentement en tournée puis elle a eu des consultations, mais je ne sais pas
si elle peut revient sur le dossier pour donner nous des nouvelles, est-ce
qu'on a avancé... parce que c'est sûr que des gens qui sont... commencent à
s'impatienter un petit peu sur le terrain. Et j'avoue que c'est différent dans
les régions du Québec, les gens de l'Abitibi, des fois, sont un petit peu plus
habitués à le processus, versus dans les autres régions où on a eu, comme
Lanaudière, où on a eu une explosion des claims, un petit peu, dans la dernière
année. Alors, je vais juste laisser la ministre peut-être nous informer, et
donnez-nous une mise à jour de la situation.
• (11 h 40) •
Mme Blanchette Vézina : Merci
au député pour sa question. Effectivement, là, j'ai à quelques reprises pu
échanger avec des collègues sur la question des claims, des TIAM, du processus
d'octroi des droits. On est en démarche participative en ce moment pour faire
un développement plus harmonieux de l'activité minière, mais rappelons qu'on a
des règles qui sont en place, un cadre réglementaire qui date de 2013 et qui a
été mis à jour dans les dernières années, en continu, pour s'arrimer aux
réalités, au contexte qui peut changer.
Et la démarche qui est faite en ce moment,
démarche participative, elle s'inscrit dans ce souhait de faire du
développement harmonieux de l'activité minière, parce que, quand je rencontre
les unions municipales, la Fédération québécoise des municipalités, l'UMQ, les
communautés, la situation ou les inquiétudes sont différentes selon une
région... d'une région à l'autre. Donc, il y a différents mécanismes, et le
territoire... De désigner comme incompatibles des territoires à l'activité
minière, c'est l'outil qui a été mis en place et qui permet un arrimage
cohérent en fonction de la réalité régionale, la réalité d'un milieu, qui,
comme on le mentionnait, fluctue d'une région à l'autre. Donc, l'outil qui a
été mis en place pour les MRC permet de mettre un moratoire pendant l'analyse
de cette demande. Donc, dès le moment où il y a une demande, il y a un
moratoire sur l'émission de nouveaux claims miniers.
Et rappelons que les claims miniers, c'est
pour faire de la prospection, de l'analyse terrain, on n'est pas à l'étape
d'une mine. Donc, avant d'arriver à une mine, on parle de plusieurs années, et
c'est 1 %, si ma mémoire est bonne, des claims qui font l'objet de travaux
d'exploration plus importants. Donc, c'est peu de claims qui deviennent des...
qui font l'objet d'exploration active.
Notons, donc, que ces TIAM émanent,
viennent des orientations gouvernementales en aménagement du territoire, donc,
découlent de cette orientation en lien avec les mines. Dans les échanges que
j'ai eus et que je continue d'avoir dans le cadre des consultations avec les
unions municipales, avec les communautés, avec les citoyens, on est en train
d'arrimer, avec ma collègue des Affaires municipales, l'orientation
gouvernementale pour que cet outil, qui date de quelques années seulement,
puisse encore mieux s'arrimer aux réalités et au contexte actuel. Donc, c'est
dans un souci d'amélioration continue puis de développement plus harmonieux de
l'activité minière qu'on a lancé ces consultations qui se déroulent très bien.
Puis moi, je suis contente de voir l'engouement des citoyens pour participer
aussi à ces consultations, à ce dialogue-là.
On a un souhait de décarboner notre
économie, on a du potentiel de ressources, chez nous, on veut continuer de le
faire avec les communautés, en cohérence avec le respect des communautés puis
des besoins du milieu, et les démarches de consultation qu'on est en train de
faire vont mener à des résultats, à des changements, éventuellement, peut-être,
de l'activité minière au Québec pour qu'elle s'harmonise de mieux en mieux et
encore mieux avec le territoire et les réalités régionales.
M. Kelley : Merci, Mme la
ministre. Je reviens un peu sur la question autour de le TIAM parce que la
ministre a raison, exploration versus exploitation, c'est deux phases très <différentes...
M. Kelley :
...la
ministre a raison, exploration versus exploitation, c'est deux phases très >différentes.
Je ne pense pas nécessairement que les gens sont inquiets que, parce qu'il y a
un claim sur leur territoire, une mine va arriver demain. Je pense que c'est
quand même le début, les travaux qui sont faits avec une exploitation de le
territoire. Puis je sais qu'il y a plusieurs entreprises ici, au Québec, qui
sont bien installées depuis des années et qui comprend nos règlements, qui
comprend nos lois, mais avec une augmentation «significant» des claims partout
au Québec. On sait qu'il y a des entreprises à l'étranger qui ont l'intérêt de
faire des claims ici pour peut-être, un jour, lancer un projet.
Est-ce que la ministre a une idée sur
combien des plaintes étaient déposées, peut-être, par des citoyens envers
certaines entreprises qui commencent à faire des travaux pour les exploitations
après il y a eu un claim? Puis ils ont peut-être fait ça sur un terrain privé
où ils n'ont pas eu l'approbation de le propriétaire. Est-ce qu'elle a une
idée, peut-être, si la formation doit être étoffée un petit peu pour aider des
entreprises qui arrivent ici et qui commencent de faire des claims ou, quand
même, des entreprises qui sont déjà installées ici? Pour bien comprendre les
mécanismes puis les règlements. Est-ce qu'il y a un petit peu de manque de ça?
Je pense que ça, c'est une crainte
légitime, que... si plusieurs entreprises commencent à regarder le territoire
du Québec, est-ce qu'il comprend comment ça passe ici et est-ce que la ministre
a fait des travails pour bien informer toutes ces entreprises-là de la réalité
puis des lois ici, au Québec?
Mme Blanchette Vézina : Je
remercie le député pour sa question. En fait, on me dit, là, que, dans la
dernière année... à la question : Est-ce qu'il y a eu des plaintes par
rapport à des... bon, on n'en aurait pas, là, mais on va s'assurer que
l'information est exacte, là, mais rappeler qu'il y a en ce moment des règles
strictes. Ces règles nécessitent d'avoir l'autorisation d'un propriétaire
lorsqu'il y a des travaux qui sont faits sur des propriétés privées. Et nous,
on a une équipe, au ministère aussi, qui travaille sur... pour s'assurer que
ces règles-là soient respectées, là, on n'est pas... On s'assure que la
réglementation en place, elle est respectée, on a les équipes en place pour y
arriver.
Dans la liste des activités qui sont
susceptibles de justifier la délimitation d'un territoire comme incompatible,
là, l'outil qui est offert aux municipalités, il y a différentes choses, donc :
le territoire urbain, résidentiel, les activités à caractère historique,
culturel ou patrimonial, l'activité agricole, donc, sur les terres dynamiques,
l'activité agrotouristique, il y a des activités aussi récréotouristiques intensives
et l'activité de conservation, également, l'activité de prélèvement d'eau,
d'eau souterraine ou de surface, à des fins de consommation humaine. Donc, les
orientations gouvernementales prévoient déjà ça.
L'équipe du ministère est là aussi. Moi, j'ai
demandé à mon ministère d'être en accompagnement auprès des municipalités pour
leur permettre de comprendre et de voir quels sont leurs... les droits, leurs
possibilités pour les aider à cheminer dans le processus de TIAM. Donc, on est
là, l'équipe du ministère est présente pour soutenir les municipalités dans cet
exercice. Et rappelons que c'est un délai qui est tout près d'être automatique,
là, cinq jours. Il y a un moratoire, donc, régional, là, sur le territoire de
la MRC lorsqu'il y a une demande de TIAM qui est déposée au ministère.
M. Kelley : Parfait pour...
Parfait. Merci pour la réponse, Mme la ministre. Et, plus précisément, dans
tous les claims qui étaient faits depuis environ la dernière année,
l'explosion, est-ce qu'on sait combien sont des entreprises qui n'ont pas des
activités ici, au Québec, présentement? Est-ce qu'elle peut juste expliquer un
petit peu comment ça marche pour les nouveaux joueurs au Québec? Est-ce qu'eux
autres sont bien informés du processus ici, au Québec? Je ne pense pas que le
fardeau doit toujours aller sur le côté des MRC non plus. Beaucoup des
entreprises ont beaucoup de ressources aussi pour bien comprendre des
règlements et des lois ici, au Québec. Alors, je veux juste, en
30 secondes, avoir la réponse... quand même pas...
Le Président (M. St-Louis) : Malheureusement,
M. le député...
M. Kelley : On peut avoir des
discussions dans le prochain bloc, Mme la ministre.
Le Président (M. St-Louis) : Le
temps est écoulé. Je vous en remercie. Je suis maintenant prêt à reconnaître
une première intervention de la porte-parole du deuxième groupe de l'opposition
officielle... de l'opposition, pardon. Mme la députée de Verdun, vous disposez
de 12 min 4 s.
Mme Zaga Mendez : Merci, M.
le Président. Je resalue le collègue de Jacques-Cartier. Puis bonjour à la
ministre puis aux collègues qui se sont joints à nous.
J'imagine que la ministre a une bonne idée
de quoi je veux vous parler dans ce premier bloc. On a un grand plaisir d'échanger.
Alors, je vais poser une question un peu plus précise, parce que je pense qu'on
a eu beaucoup, beaucoup d'espace déjà pour comprendre la situation globale.
Donc, étant donné que la ministre s'est penchée sur la question et est en
pleine consultation, ma question est simple : En ce <moment...
Mme Zaga Mendez :
...la
ministre s'est penchée sur la question et est en pleine consultation, ma
question est simple : En ce >moment, combien de claims miniers
avons-nous au Québec?
Mme Blanchette Vézina : Je
vais vous sortir l'information exacte parce que je veux vous répondre
correctement. Rappelons encore une fois qu'il y a... le claim n'est pas une
mine. Et il faut comprendre que, si on veut pouvoir décarboner notre
économie...
Mme Zaga Mendez : Oui. Un
claim, ce n'est pas... J'ai posé une question simple, j'ai dit juste combien,
puis combien... Je vais vous poser ma question. Donc, combien de claims actifs
en ce moment au Québec? Combien? Quel est le pourcentage du territoire du
Québec qui est claimé et combien de ces claims-là se situent dans le sud du
Québec? La ministre devrait avoir, peut-être, ces informations.
Mme Blanchette Vézina : J'ai
le nombre de claims en vigueur au Québec en 2022‑2023, donc l'année financière
qui s'est terminée...
Une voix : ...
Mme Blanchette Vézina : ...au
28 février, merci de le préciser. Donc, c'est 302 564 claims qui
sont en vigueur en ce moment.
Mme Zaga Mendez : Donc...
Mme Blanchette Vézina : 302 564.
Mme Zaga Mendez : 302 564.
Est-ce que la ministre a une idée à combien, en termes de pourcentage du
territoire, ça équivaut, ces 302 000 claims?
Mme Blanchette Vézina : Moins
de 10 %.
Mme Zaga Mendez : Moins de
10 % du territoire du Québec. En termes de superficie, ça équivaut à
combien d'hectares à peu près?
Mme Blanchette Vézina : On va
vous fournir l'information, là, à la question... Si ce n'est pas pendant notre
échange, on pourra la fournir à la commission rapidement.
• (11 h 50) •
Mme Zaga Mendez : Parfait.
Puis est-ce possible de comparer à combien de claims il y avait sur le
territoire il y a peut-être deux ans?
Mme Blanchette Vézina : Bien,
j'ai l'information ici, oui, si elle est juste, toujours au 28 février,
donc, 182 807 claims en 2020‑2021.
Mme Zaga Mendez : Parfait. Bien,
vous répondez déjà à ma première question. Merci beaucoup, Mme la ministre.
Donc, on était autour de 182 000 autour... en 2020‑2021, puis, en 2022‑2023,
on est à... Ça fait que, là, vous êtes d'accord avec moi qu'on voit une
augmentation quand même drastique du nombre de claims au Québec?
Mme Blanchette Vézina : Il y
a effectivement une augmentation du nombre de claims, qui n'est pas, et je le
répète, tributaire des mines, qui fluctue en fonction de la valeur des minéraux
potentiels des claims... visés par les claims sur le marché. Donc, c'est
beaucoup en lien avec la valeur des minéraux.
Mme Zaga Mendez : Puis juste
pour qu'on se comprenne bien, parce que la dernière fois qu'on a échangé
là-dessus, lors de notre interpellation, vous nous avez dit que c'est 20 %
de ces claims-là qui sont... qu'il y a des travaux d'exploration, 20 %, n'est-ce
pas? Parce que tantôt j'ai entendu...
Mme Blanchette Vézina : C'est
ce que je vous avais mentionné. Bien, des travaux d'exploration à impact, là,
plus poussés, disons.
Mme Zaga Mendez : OK.
1 % avec impact, mais 20 % d'exploration, je veux juste qu'on
s'entende bien. Des types de travaux, donc, décapage mécanique, levé
géophysique, petit dynamitage, aménagement des sentiers ou des chemins,
traverses des cours d'eau, des coupes forestières, ça, vous le placez dans le
20 % ou dans le 1 %?
Mme Blanchette Vézina : 1 %.
Peut-être vous compléter l'information que vous avez demandée, là, du
territoire qui est visé par les claims. Donc, on parle de 16 millions
d'hectares.
Mme Zaga Mendez : Wow... sud
du Québec, plus précisément?
Mme Blanchette Vézina : ...je
vous invite... Puis là je ne veux pas ne pas vous répondre, mais on a une
carte, là, quand même, un logiciel qui s'appelle GESTIM, il y a beaucoup
d'informations qui s'y retrouvent. Tout ça est public, les gens peuvent aller
voir. Il n'y a pas de cachette.
Mme Zaga Mendez : Bien sûr...
Parce que les gens sont allés voir, Mme la ministre, puis, comme nous, ils
sont arrivés à la conclusion qu'on a un boom, en termes de claims miniers, une
augmentation fulgurante, que ce soit... Quand on le répartit par région, on a
408 % dans Lanaudière, 211 % en Outaouais, 171 % dans les
Laurentides. Alors, qu'est-ce qu'on... La ministre a commencé des
consultations. Les gens sont inquiets, ils demandent, entre autres, des
actions. Il y en a une qui est très simple, que c'est mettre fin à la préséance
du régime minier sur les outils d'aménagement du territoire. Je veux savoir :
Combien de personnes que vous avez consultées jusqu'à maintenant vous ont dit
que c'est ça, la solution, et que c'est ça qu'il faut faire?
Mme Blanchette Vézina : ...nombre
de personnes consultées, à votre question, là, je n'ai pas l'information, là, à
court terme. Ceci étant, plusieurs solutions qui sont envisagées, plusieurs
idées innovantes... Les échanges qui se font sont constructifs. Je suis allée,
d'ailleurs, voir quelques minutes, là, une des consultations. Il y avait
plusieurs parties prenantes ensemble qui échangeaient sur les meilleures
alternatives pour faire du développement, mais un développement qui est harmonieux
de l'activité. Donc, il y avait autant les unions municipales que les autres...
que les groupes environnementaux, que des gens de l'industrie. Donc, il y a
eu... Ça a donné l'occasion de donner différentes <solutions...
Mme Blanchette Vézina :
...groupes
environnementaux, que des gens de l'industrie. Donc, il y a eu... Ça a donné
l'occasion de donner différentes >solutions. Et je pense que c'est
salué, de faire cet exercice-là. En tout cas, à ce qu'on m'a dit lors des
échanges que j'ai eus avec les participants, c'est un exercice qui est
apprécié.
Donc, je laisserais le temps aux
consultations de se faire. Pour moi, il est important de respecter ce
processus-là. Si j'arrivais avec des solutions aujourd'hui, avec un engagement,
je ne respecterais pas le processus de consultation qu'on a mis en place. Pour
moi, il est important de respecter ce processus de consultation. Il y a
différentes solutions qui sont envisagées. On va les... On va en tenir compte
dans l'analyse qui sera faite suite aux consultations.
Mme Zaga Mendez : On va
suivre les consultations, ça, c'est certain. Maintenant, je veux avoir l'avis
très clair de la part de la ministre par rapport à l'abrogation de
l'article 246 de la Loi sur l'aménagement et l'urbanisme. Est-ce que vous
allez mettre fin à la préséance du droit minier sur les outils d'aménagement?
Mme Blanchette Vézina : Les
consultations qui ont lieu en ce moment sont justement en train de... on est en
train de, justement, recueillir les idées, les solutions qui sont envisagées
par les différentes parties prenantes, en équilibrant le développement, le
respect de l'environnement, le respect aussi des communautés. Donc, je laisse
ce processus se faire pour s'assurer que les consultations qui ont lieu se
fassent dans le respect des participants puis que ces gens-là se sentent
écoutés.
Mme Zaga Mendez : Mais
plus spécifiquement...
Mme Blanchette Vézina : Je
peux peut-être compléter la question que vous m'aviez posée par rapport aux
consultations en ligne. Donc, il y a 704 questionnaires qui ont été
complétés, et le début des séances en région, c'est cette semaine, là, donc...
Mme Zaga Mendez : Tant
mieux. Merci pour cette information-là. Je répète ma question. Je comprends, il
y a un processus de dialogue, mais, en ce moment, est-ce que la ministre a un
avis là dessus? Est-ce qu'elle est favorable, oui ou non?
Mme Blanchette Vézina : Je
vous ai dit que les consultations ont lieu en ce moment. Je vais entendre
l'ensemble des parties prenantes. Il y aura les résultats, les analyses qui
seront faites des consultations, puis je prendrai... on prendra une décision,
la meilleure décision dans l'intérêt des Québécois, suite à ces consultations.
Je me permets de vous mentionner, à votre
question, j'ai eu l'information par rapport au nombre de claims au nord versus
le nombre de claims au sud, donc, on a 289 602 claims au nord et 28 463
dans le sud. Donc, il y a une très grande majorité des claims qui sont au nord.
Mme Zaga Mendez : Parfait.
Je vais y aller avec des cas plus concrets, plus précis de ce qui se passe en
ce moment. En ce moment, les gens se lèvent un matin puis ils voient des
villages au complet être claimés. J'ai eu la chance d'échanger là-dessus avec
la ministre, en Chambre, sur le cas de Shawinigan. On a de plus en plus de ces
claims miniers là. Les 28 000, ils sont dans centres de villégiature, ils
sont aussi dans les aires protégées. Et de plus, on est en train de permettre
aux compagnies de faire de la spéculation suite à l'achat de claims miniers.
C'est ça qu'on voit à Shawinigan. Je vous
ai donné le cas, 7 000 claims, donc, c'est trois villages au complet
qui sont touchés. Bien sûr, les gens connaissent les outils, ils viennent de...
ils ont fait une démarche de TIAM, mais qu'est-ce qu'on fait avec ces
7 000 claims là? Parce que, bien sûr, le TIAM arrête le territoire, puis
il faut renouveler, n'est-ce pas, chaque six mois l'arrêt de nouveaux claims
sur le territoire, est-ce qu'on se trompe?
Mme Blanchette Vézina : Deux
choses. Premièrement, il n'y a pas de claim dans les aires protégées, là. Je
vous ai entendue nommer ça, mais il n'y a pas de claim dans les aires
protégées, là, tel qu'elles sont désignées. Ça fait que, ça, je tiens à vous
rassurer, dans un premier temps.
Pour ce qui est des municipalités, je le
répète, on est en train de revoir les orientations gouvernementales, c'est
un... pour... qui émanent ou qui permettent l'application de territoires
incompatibles à l'activité minière. Il s'agit de territoires qui sont privés.
Donc, encore une fois, ça prend l'autorisation du propriétaire pour faire des
travaux. Et le processus de TIAM, si les municipalités souhaitent mettre un
moratoire régional, elles peuvent le faire à travers l'outil des TIAM, en ce
moment, en demandant du soutien en attendant que les consultations... qu'on
laisse le processus se faire, des consultations.
Mme Zaga Mendez : Je vais
revenir sur la question des aires protégées. En ce moment, oui, vous avez
raison, là, dans des aires protégées qui sont désignées, il n'y en a pas, mais
il y en a, en ce moment, dans des projets d'aires protégées. Dans le mont
Kaaikop, en ce moment, il y a un projet d'aire protégée et il y a un claim qui
est présent au mont Kaaikop. Est-ce que la ministre va retirer ce claim-là pour
protéger le territoire? Si elle dit être ouverte puis si elle nous dit que son
intention, c'est de faire... harmonieuse... J'ai posé la question au ministère de
l'Environnement. Le ministre de l'Environnement m'a dit de voir ici, auprès de
la ministre des Ressources naturelles. Le claim au mont Haaikop, est-ce qu'il
va être retiré pour protéger ces terres qui étaient, on en a parlé tantôt, et...
annoncées à la COP15?
Mme Blanchette Vézina : Si
vous me <permettez...
Mme Blanchette Vézina :
...Si
vous me >permettez, là, je vais, pour la séquence... pour m'assurer que
vous ayez l'information qui est juste par rapport à des aires protégées qui
sont projetées, comment ça fonctionne lorsqu'il y a une aire protégée, je vais
donner la parole à Mme Camden, qui va vous expliquer la séquence lorsqu'il
y a désignation avant... pas nécessairement lorsqu'il y a un projet éventuel,
mais lorsque l'aire protégée est désignée et qu'il y a un claim.
Le Président (M. St-Louis) : Merci.
Est-ce qu'il y a consentement?
Mme Zaga Mendez : Oui, oui,
bien sûr.
Mme Blanchette Vézina : Ah!
je pensais qu'on l'avait donné, là... Ça va.
Mme Camden (Nathalie) : Donc,
je n'ai pas besoin de me renommer, là, quand même? Donc, pour votre
information, lorsqu'il y a un projet de réserve de biodiversité, ou d'aires
protégées, ou un territoire quelconque qui peut être porté par un autre
ministère puis qu'il y a une délimitation qui a été définie, ce ministère-là ou
cet organisme-là nous fait une demande pour qu'on puisse suspendre l'émission
de claims. Puis, évidemment, ce qui se passe, c'est qu'à ce moment-là les
claims qui sont déjà sur le territoire continuent, parce qu'on est dans un État
de droit, là. Donc, elle est là, la question, c'est ça, la séquence.
Puis, lorsque le territoire devient un
parc, une aire protégée ou une réserve de biodiversité officielle avec les limites
définitives, là, on fait les ajustements dans notre système. Donc, il y a des
contraintes qui sont identifiées dans notre système GESTIM, et les compagnies
d'exploration le savent, donc, puis ils ne peuvent pas en prendre, mais ils
savent que s'ils veulent opérer à côté... C'est bien connu. Donc, on a près de
30 % du territoire québécois, actuellement, qui fait l'objet de
contraintes à l'activité minière.
Le Président (M. St-Louis) : Merci
pour cette réponse. Malheureusement, le temps est écoulé pour ce bloc
d'échange, Mme la députée.
Mme Zaga Mendez : Merci
beaucoup.
• (12 heures) •
Le Président (M. St-Louis) : Donc,
je suis maintenant prêt à reconnaître une seconde intervention de l'opposition
officielle. M. le député de Jacques-Cartier, la parole est à vous. Vous
disposez de 18 minutes.
M. Kelley : Merci beaucoup,
M. le Président. J'ai un article ici, du Devoir. Pendant la campagne
électorale, le premier ministre a dit... «Pas de mines sans acceptabilité
sociale, affirme M. Legault.», M. le premier ministre. Mais j'ai juste une
question pour la ministre, parce que, dans le cahier des crédits, sur la page 41,
où on a une liste de tous les différents comités, les mandats, les membres,
budgets puis résultats, je regarde, le comité interministériel sur
l'acceptabilité sociale : développer une vision gouvernementale d'acceptabilité
sociale, qu'aucune rencontre n'a été eue entre 2022 et 2023.
Alors, comment la ministre peut s'assurer,
pas juste elle, en consultations... faire les consultations nécessaires avec
les citoyens pour s'assurer qu'il y ait une acceptabilité sociale? Mais avec
des projets qui s'en viennent, pourquoi le ministère n'a pas eu une rencontre,
ce regroupement interministériel, pour discuter les plans, pour s'assurer qu'il
y a l'acceptabilité sociale dans les projets d'avenir ou, quand même, réfléchir
sur une stratégie comme le premier ministre a mentionné pendant la campagne
électorale?
Mme Blanchette Vézina : Je
suis contente que vous le nommiez, effectivement, et je le réitère, là, il n'y
a pas de mine sans acceptabilité sociale. C'est pour ça qu'on fait ces
consultations aussi, pour s'assurer d'un développement qui est plus harmonieux
de l'activité minière, mais il existe des règles, quand même, en ce moment,
puis, je tiens à le rappeler, qui requièrent que les entreprises qui souhaitent
ouvrir une mine ou faire des travaux doivent consulter le milieu, donc, à
différentes étapes, les communautés autochtones, le milieu. Donc, le
développement harmonieux ou l'acceptabilité sociale peut se faire à un niveau
ministériel, mais peut aussi se faire d'un point de vue de l'industrie, qui,
elle, a des exigences de consultation et de s'assurer de l'adhésion des
communautés. Donc, la façon de faire, en ce moment, elle est là, c'est... les
entreprises consultent le milieu pour s'assurer que le projet est ancré dans la
communauté et a l'acceptabilité sociale.
M. Kelley : Oui, Mme la
ministre, mais je pose la question qui est spécifique sur un comité au sein de
votre ministère. J'imagine que c'est le ministère des Ressources naturelles,
qui, peut-être, pilote ce comité interministériel, ou pas, mais c'est juste
parce que, quand je regarde les membres, on a le ministre de l'Énergie,
l'Économie, quand même, le ministre de Santé et des Services sociaux, je vois
aussi le ministre de Lutte contre les changements climatiques. Si on veut
s'assurer que nous avons les meilleures pratiques en acceptabilité sociale — je
pense, quand même, à la situation de lac Bloom... Des fois, nos projets <miniers...
>
12 h (version révisée)
<17951
M.
Kelley :
...acceptabilité sociale — je pense, quand
même, à la situation de lac Bloom... Des fois, nos projets >miniers, il
y a une évolution dans les projets aussi. Alors, je veux savoir pourquoi il n'y
a pas eu une rencontre en 2022-2023. Puis est-ce qu'il y a une rencontre prévue
de ce groupe dans les prochaines semaines? Moi... moi, je pense que c'est...
Oui, la ministre est sur le terrain, je comprends, mais c'est aussi important
que les différents ministères se... travaillent ensemble sur ce principe
primordial de l'acceptabilité sociale, qui est toujours aussi, également, en
évolution.
Mme Blanchette Vézina : Dans
le cadre de la démarche qui est en place, en ce moment, pour un développement
harmonieux de l'activité minière, le... il y a un comité interministériel qui
est en place puis qui se réunit pour... pour s'assurer de développer des bonnes
pratiques en matière d'acceptabilité sociale. Et la réponse qu'on a donnée,
nous, comme gouvernement, et moi, comme ministre, à ces inquiétudes, au souhait
d'avoir une meilleure acceptabilité sociale des projets puis de s'assurer qu'on
a cette acceptabilité sociale, en cohérence, aussi, avec le développement de
nos... des minéraux critiques et stratégiques, l'importance que ça a dans la
décarbonation de notre économie, dans... dans la sécurisation de nos chaînes d'approvisionnement
aussi, comme... comme Québécois, donc, on a lancé ces consultations-là,
justement, pour s'assurer que le dialogue soit ouvert et que les... la
population puisse participer à ces... à ces échanges pour un développement plus
harmonieux de l'activité minière.
M. Kelley : ...bon, bien, je
ne sais pas si la...
Mme Blanchette Vézina : ...préciser,
là...
M. Kelley : Préciser pour...
oui.
Mme Blanchette Vézina : ...oui,
il y a eu des... des discussions entre les ministères, là, en cours d'année. Le
comité en question, niveau SMA, DG, n'a pas eu de rencontre, mais, pour des...
il y a eu des discussions entre les ministères par rapport aux différents...
différents projets, là, en cours.
M. Kelley : OK. Je sais que
ce n'est pas juste sous le gouvernement, mais c'est toujours une pratique de...
préférée des ministres et d'annoncer qu'on va créer un comité. Bien, je pense
que c'est important de poser des questions, c'est pourquoi nous avons des
études de crédits, qu'on voit qu'un comité a été créé à une certaine époque
pour travailler sur la question de l'acceptabilité sociale, c'est
interministériel, puis il n'y a pas eu une rencontre depuis un an ou dans la
phase où la question a été posée. J'espère que ce comité va reprendre ses
travaux. Puis, la prochaine fois, si c'est moi qui est ici, ou un autre
collègue, on peut voir qu'il y a beaucoup des rencontres qui ont été eues entre
tous ces ministères-là.
Parce que, je suis d'accord avec la
ministre, on arrive dans un moment très important de notre histoire avec, oui,
c'est sûr, la décarbonisation de notre économie. C'est sûr qu'on préfère d'avoir
un développement de certains minéraux stratégiques ici, au Québec, qu'ailleurs,
dans une autre juridiction où il n'y a aucun règlement, aucune bonne pratique
qui existe, pour mettre des minéraux dans nos cellulaires puis dans nos chars
électriques. Je comprends tout ça, mais, quand même, c'est important que l'État
continue, quand on crée des comités, de s'assurer que ces comités-là
fonctionnent bien puis déroulent bien.
Mais, bref, je vais retourner à la
question posée par ma collègue à Verdun, mais aussi quelque chose qui... je
pense, c'est important, c'est toute cette question d'autour... à un cadre
minier qui peut être fait, puis une MRC où... comment le gouvernement a un plan
pour créer une aire protégée ou, quand même, un parc. Puis ce claim prend «precedence»
des autres lois. Je trouve que, quand même, si on veut commencer à développer
des projets, ça bloque un petit peu de cette possibilité de peut-être, je vais
créer un mot ici, déclaiminiser certaines juridictions. Bien, je pense que c'est
une discussion qu'il est important d'avoir, que, oui, il y a beaucoup de
claims. Comme, proche de chez nous, la montagne Rigaud, il y a un claim minier
présentement autour de là. Puis il y a plein des citoyens qui sont inquiets,
puis la MRC de Vaudreuil-Soulanges dit : Bien, on... on a fait un TIAM,
mais on ne veut pas nécessairement ce projet-là, on veut préférer, comme...
aller de l'avant avec un parc. Mais bref c'est un exemple où je pense que le
claim minier prend peut-être trop de «precedence» en place d'un projet qui est
favorable pour le bien-être de toute la population.
Mais, encore, je veux juste reviens, parce
que je pense qu'il y a un déséquilibre présentement, Mme la ministre, entre le
fait qu'un claim peut être fait en 30 minutes sur votre cellulaire, sur
une carte, versus une décision prise par le ministère quand les MRC soulèvent
des enjeux. Est-ce qu'elle peut peut-être exprimer ou... guidez-nous un petit
peu sur comment elle va répondre à des craintes de l'UMQ, la FMQ et, quand
même, juste des citoyens, de peut-être s'assurer qu'il y ait un meilleur
équilibre dans le fait qu'une zone, on veut protéger, s'assurer qu'il n'y a
quand même pas des projets d'exploration. Est-ce qu'elle a peut-être un <projet...
M. Kelley :
...Est-ce
qu'elle a peut-être un >projet de loi en tête ou des règlements qu'elle
est prête à déposer? Alors, plein de questions pour vous, Mme la ministre.
Mme Blanchette Vézina : Bien
oui. Merci. Bien, je trouve ça important, tu sais, qu'on parle de développement
de l'activité minière, mais de développement harmonieux. Puis... puis, vous
l'avez nommé, là, on est dans une... dans une période qui est importante, je
pense, le Québec, on est en bonne position pour... pour développer des
minéraux, des ressources qu'on a, pour sécuriser nos chaînes
d'approvisionnement. Il y a des règles qui sont en place, en ce moment, qui
sont strictes, mais cette démarche participative, cette démarche de
consultation là, je l'ai lancée, on l'a lancée parce qu'on a la volonté, comme
gouvernement, d'entendre les parties prenantes, d'être à l'écoute à la fois de
la population, des fédérations des municipalités, Fédération québécoise des
municipalités, l'Union des municipalités du Québec, donc, puis les groupes
environnementaux, l'industrie également, les Québécois. Parce que... parce
qu'on fait... si on fait ce développement de l'activité minière, c'est... c'est
au profit des Québécois, au bénéfice des Québécois. Si on a... si on veut faire
cette transition qui est juste, il y a une opportunité pour les Québécois à
saisir. Bien, on va le faire, on veut continuer de le faire correctement en
ayant des normes qui sont arrimées aux réalités et au contexte actuel.
• (12 h 10) •
Le contexte actuel n'est pas juste au
Québec, là. Cet engouement pour les minéraux critiques, stratégiques, la
sécurisation de nos chaînes d'approvisionnement, ces réflexions-là, tous les
pays l'ont en ce moment à travers le monde, en tout cas, en Amérique du Nord,
je peux vous le confirmer, dans les différents échanges qu'on a. Donc, il y
a... il y a cet... ce souhait de développer, de faire du développement. Puis
nous, bien, comme Québécois, et moi, comme ministre, je veux m'assurer que le
développement, il se fait en harmonie avec nos communautés, avec les
municipalités, avec les citoyens. Donc, la démarche, ces consultations, ça
permet de renouveler ce dialogue-là. Je n'ai pas mentionné les communautés, les
Premières Nations, là, depuis le début, là, mais... mais elles ont été les
premières consultées, les Premières Nations, là, dans le cadre de cette
démarche-là, parce qu'on souhaitait aussi que le développement se fasse avec...
avec eux.
Et tout est sur la table, là, je le
répète, je l'ai répété depuis quelques mois, mais tout est sur la table, autant
les claims que les retombées pour les Québécois, que les principes de
consultation, que comment on fait les choses de manière environnementale pour
s'assurer, aussi, de l'équilibre des droits puis s'assurer qu'on protège ce qui...
ce qui est à être protégé. Donc, les consultations, elles servent à cela, et on
va laisser le processus se faire. Sachez que les consultations, c'est en ce
moment, et que mon souhait, c'est que les choses se fassent dans l'ordre mais
rapidement, pour que les ajustements, s'il y a ajustements, puissent être
apportés rapidement.
M. Kelley : Parfait. Alors,
s'il y a un projet d'exploration sur un territoire qui est comme pas loin,
200 mètres d'une... d'une rivière, c'est quoi, le processus, exactement?
Est-ce que c'est l'entreprise qui a beaucoup de latitude de choisir où
l'entreprise va fouiller un petit peu, dans la terre, pour trouver c'est quoi
qui est dedans exactement, ou est-ce que c'est le ministre de l'Environnement
qui peut dire : Bien, c'est trop... c'est trop proche d'une rivière, c'est
trop proche d'un lac, c'est proche d'une réserve où il y a une espèce menacée?
Je ne sais pas, mais, je pense, ça, c'est une autre place où des gens ont des
craintes présentement. C'est comme cette phase d'exploration. Est-ce que c'est
bien encadré? Et peut-être c'est juste une question que les gens ne savent pas
nécessairement toutes les démarches, mais je pense que leurs craintes,
présentement, sont légitimes, que, quand même, pour un projet d'exploration,
est-ce que c'est bien encadré.
Mme Blanchette Vézina : Concernant
la question pour l'eau, il y a... tu sais, il y a le processus de TIAM, là, qui
permet de s'assurer de protéger des activités de... l'eau qui sert à des fins
de consommation humaine. Ça fait que ça, c'est une première chose. Il y a des
permis, aussi, qui sont demandés et qui sont exigés aux entreprises, qui
émanent de l'Environnement. Quand on parle... quand on parle d'un cadre
rigoureux, en ce moment, bien, il y a plusieurs lois et plusieurs règlements
qui encadrent l'activité minière pour s'assurer que les travaux soient faits en
respect de l'environnement.
J'ai, devant moi, là, le cadre... comment
qu'on l'appelle, là, le Cadre normatif s'appliquant au domaine minier,
qui fait 50 pages, qu'on me dit à l'oreille, qu'on me souffle à l'oreille.
Donc, sachez qu'il y a des règles strictes pour chacun des cas de figure, dépendamment
si c'est en terres publiques, si c'est en terres privées. Il y a plusieurs
règles qui... qui s'appliquent. Et nous, comme ministère, on accompagne, comme
je vous le mentionnais, les municipalités dans le cadre de la délimitation de
territoires qui peuvent être désignés comme incompatibles à l'activité minière,
mais on accompagne aussi l'industrie pour s'assurer qu'on fait les <choses...
Mme Blanchette Vézina :
...s'assurer
qu'on fait les >choses correctement, dans... en respect des normes qu'on
s'est données comme Québécois.
M. Kelley : Parfait, Mme la
ministre. Puis une question concernant les pouvoirs que vous avez comme
ministre. Dans la Loi sur les mines, c'est évident que la... bien, la ou le
ministre a beaucoup de pouvoirs. Est-ce que vous êtes capable... si jamais il y
a une région où il y a beaucoup des claims qui soulèvent des inquiétudes des
citoyens, est-ce que vous êtes capables d'enlever un claim d'une entreprise?
Mme Blanchette Vézina : On...
il n'y a pas de possibilité de retirer un claim à la... la ministre ou
moi-même, là, on... il n'y a pas cette possibilité-là. Il y a différents
pouvoirs discrétionnaires, mais pas celui-là.
M. Kelley : Est-ce qu'il y a
une capacité, pour vous, de mettre sur pause tout travail sur une région où il
y a des claims?
Mme Blanchette Vézina : Le
territoire incompatible à l'activité minière, c'est... c'est l'effet du
moratoire. Il n'y a pas... il n'y a pas d'autre outil dans la loi en ce moment.
M. Kelley : Et est-ce que
vous avez des moyens d'acheter des claims miniers, si jamais c'est nécessaire,
qu'il y a énormément de pression des citoyens dans certaines régions? Puis le
gouvernement décide : On va racheter ça de l'entreprise pour s'assurer
qu'il n'y a aucun travaux qui est fait sur ce territoire en question.
Mme Blanchette Vézina : À
votre question, par rapport au rachat de droits, ça s'est déjà fait, là, donc
il est possible, oui, de le faire. Et rappelons aussi qu'un détenteur de claim
minier doit faire des travaux dans les trois ans de la délivrance du claim, du
titre, et sinon le claim tombe.
M. Kelley : Bien, ce n'est
pas énorme... ce n'est pas très difficile de renouveler un claim minier non
plus, pour les entreprises, les démarches puis les critères sont pas mal
évidents. Il faut... il faut faire un petit peu de travaux... de travail
là-dessus. Bien, est-ce que la ministre trouve, quand même, de renouveler un
claim, le processus est trop facile, ça peut être mieux encadré?
Mme Blanchette Vézina : C'est...
c'est des... ce sont des choses qui sont évaluées dans le cadre de la démarche
actuelle. Donc, pour l'instant, il faut faire des travaux ou payer le double de
la valeur. Donc, il y a... il y a quand même des règles qui régissent le fait
de renouveler un claim, mais, comme je vous le mentionnais, les... la démarche
participative, en ce moment, traite de l'octroi des claims spécifiquement.
M. Kelley : Parfait. Juste
parce que, Mme la ministre, présentement, je sais que nos collègues sont à
l'étude d'un projet de loi sur l'aménagement du territoire, puis on parle
souvent... Ce n'est pas dans ce projet de loi, mais, l'article 246, je
pense que c'était ma collègue de Mille-Îles qui a soulevé ça, dans
l'interpellation, que, là, c'est... on parle un petit peu de peut-être mieux
encadrer toute cette question des claims miniers, au minimum, le pouvoir qu'une
municipalité ou une MRC pour peut-être mettre sur pause un claim minier... En
tout cas, je veux juste savoir si elle a peut-être regardé avec sa collègue si
l'article 246, et c'est soulevé aussi par l'UMQ dans leur mémoire, peut
être ajusté pour mieux répondre à les craintes des MRC et des municipalités.
Mme Blanchette Vézina : On va...
on va utiliser... on va, plutôt, entendre ce qui se dit pendant les
consultations puis on va... on va statuer par la suite.
M. Kelley : Parfait. Je... je
n'ai pas beaucoup de temps qui reste, mais je vais... je vais poser une
question. Mme le ministre, est-ce que vous avez une idée de combien de
térawatts par heure... ou combien de... combien d'énergie ça va prendre pour
tous les nouveaux projets miniers, au Québec, qui sont en lien de... mis en
marche dans les prochaines couples des années? Ça va prendre combien d'énergie
de notre bloc qui reste?
Mme Blanchette Vézina : Je
n'ai pas cette information en ce moment.
M. Kelley : Est-ce que c'est possible
de fournir une réponse avec votre collègue? C'est qui, qui est responsable pour
voir...
Mme Blanchette Vézina : C'est...
je vous réfère au ministère de l'Énergie, là, donc, de l'Économie et de l'Énergie,
Innovation, Énergie.
M. Kelley : OK. Alors,
présentement, dans les lois puis les règles qui existent, quand un projet
minier est déposé, est-ce qu'il y a une analyse qui est faite pour déterminer
combien d'énergie ça va prendre pour mettre en œuvre ce projet?
Mme Blanchette Vézina : Oui,
oui, il y a une analyse qui est faite par le ministère de l'Économie, de l'Énergie,
Innovation, MEIE.
M. Kelley : Alors, c'est fait
par l'Innovation et l'Énergie et pas par les Ressources naturelles, c'est bien
ça?
Mme Blanchette Vézina : Exact.
M. Kelley : OK, parfait, je
prends note, parce que j'ai un bloc qui s'en vient, cette semaine, mais je vais
relaisser...
Le Président (M. St-Louis) :
Il vous reste 20... 20 secondes.
M. Kelley
: ...je vais
relaisser la parole à ma collègue de Verdun pour le prochain... ou est-ce qu'on
a terminé maintenant? Ah! On est... terminé.
Le Président (M. St-Louis) : Merci,
M. le député.
M. Kelley : Désolé.
Le Président (M. St-Louis) : Merci,
Mme la ministre. Je suis maintenant prêt à reconnaître une première <intervention...
Le Président (M. St-Louis) :
...M.
le député.
M. Kelley :
Désolé.
Le Président (M. St-Louis) :
Merci,
Mme la ministre. Je suis maintenant prêt à reconnaître une première >intervention
du porte-parole du gouvernement. M. le député de Gaspé, la parole est à vous.
Vous disposez de 9 min 30 s.
M. Sainte-Croix : Merci, M.
le Président. Vous me permettrez d'abord d'y aller avec les salutations
d'usage, à commencer par vous, toujours un plaisir de vous côtoyer à
l'intérieur de nos travaux parlementaires, Mme la ministre, avec qui j'ai le
plaisir de partager ma fonction de... au niveau de l'attaché gouvernemental
dans le cadre de vos responsabilités au niveau de la région Gaspésie—Les Îles,
salutations particulières à vous, à l'ensemble de vos équipes bien présentes
ici aujourd'hui. La partie gouvernementale, donc mes collègues, toujours un
plaisir d'être avec vous aussi. Membres de l'opposition officielle, deuxième
opposition, enchanté, salutations à vous.
M. le Président, je suis très heureux
d'être ici aujourd'hui pour cette étude des crédits sur l'activité minière.
J'ai le plaisir d'avoir moi aussi dans mon comté une ville anciennement
minière, Murdochville, qui a fait partie d'un gisement très important, là, au
niveau du développement minier du Québec, qui a aussi inscrit une page
d'histoire au niveau du syndicalisme québécois, la grève de Murdochville, 1957,
un événement historique marquant au Québec, qui, à l'époque, a jeté à la rue
900 travailleurs, quand même quelque chose d'impact pour l'époque, puis
qui a aussi contribué, là, à renforcer l'action... l'action syndicale au Québec,
pour la suite des choses, et qui a tracé la voie, ma foi, à la Révolution
tranquille au Québec au niveau des relations ouvrières. Et puis, bien, c'est
une page d'histoire, là, qui est bien connue chez nous, qui a toujours... qui
fait toujours l'actualité, là, lorsqu'on parle des relations syndicales dans
l'histoire ouvrière du Québec.
• (12 h 20) •
Et, dans une perspective plus actuelle et
contemporaine, bien, j'ai aussi, là, un promoteur, la Minière Osisko, qui est
intéressé à reprendre l'activité minière en Gaspésie, qui a fait des études,
là, préliminaires au niveau des gisements et qui, ma foi, pourrait, là, si les
choses se déroulent tel que prévu, relancer l'activité minière en Gaspésie au
niveau du gisement de cuivre. Et tout ça, bien entendu, est associé à ce qui se
passe actuellement au niveau mondial, au niveau de l'énergie, au niveau de
l'électrification de l'ensemble des... des filières économiques. Et, bien, à ce
niveau, on sait que le Québec est très bien positionné, là, au niveau des
minéraux critiques et stratégiques. Et on connaît de plus en plus la forte
demande, là, qui se rattache à ce secteur d'activité là ici, chez nous au
Québec, mais partout dans le monde.
Notre gouvernement s'est engagé à
développer cette filière-là dans les années à venir, nous sommes au travail à
ce niveau-là. Et puis, bien oui, effectivement, on pense nommément à
l'extraction pour faire en sorte de décarboner l'économie et électrifier notre
économie, mais on pense aussi beaucoup à la transformation, dans le fond, au
Québec, de nos minerais. Et puis on est très conscients puis on connaît la
valeur ajoutée à la deuxième et troisième transformation, c'est vrai au niveau
du poisson, c'est vrai au niveau de l'alimentaire en général, c'est vrai en
foresterie et c'est aussi vrai au niveau de l'activité minière. Ça a un impact
considérable dans l'économie régionale, donc ça amène une valeur ajoutée à
l'ensemble de nos activités. Et puis, bien, ce sont des opportunités qui, je
pense... qu'il nous faut étudier pour s'assurer, là, de tirer un maximum de
retombées au niveau de nos filières économiques et industrielles importantes
pour le Québec.
Récemment, je pense que le gouvernement du
Québec a envoyé un message fort, un message très structurant avec un
investissement de 15 millions sur... pour les trois prochaines années pour
soutenir la mise à l'échelle des procédés de traitement du minerai et de
première transformation. Ceci dit, Mme la ministre, j'aimerais vous entendre
sur les façons que votre ministère entend mettre de l'avant, sa façon
d'interagir et d'accompagner le développement de la transformation des
minéraux, notamment des minéraux critiques et stratégiques ici, au Québec.
Mme Blanchette Vézina : Je...
je remercie le député de Gaspé pour... pour sa question. C'est un plaisir
partagé de siéger dans... dans cette belle région qui est la Gaspésie, d'avoir
la responsabilité, notamment, de cette belle région qu'est la Gaspésie.
Vous l'avez nommé, on a plusieurs
avantages pour valoriser nos minéraux, on a un plan sur les minéraux critiques
et stratégiques, qu'on a adopté en 2020. Premiers au <Canada...
Mme Blanchette Vézina :
...sur
les minéraux critiques et stratégiques, qu'on a adopté en 2020. Premiers au >Canada,
on est reconnus aussi à l'international, mais particulièrement avec nos voisins
du Sud, comme étant des leaders de... du développement de cette filière dans le
contexte... leader environnemental et dans le respect des normes sociales,
aussi, des employés qui travaillent au sein des mines. Donc, les... le Québec,
on fait... on fait figure de leader et on est reconnus comme tel à
l'international.
Notre souhait, et on y travaille très
fort, c'est de développer une... une filière batterie, oui, d'avoir nos
minéraux qui proviennent d'ici, mais de faire cette première transformation là.
C'est important, et c'est ce qu'on souhaite aussi faire, et c'est ce sur quoi
on travaille en ce moment comme gouvernement. Ça implique des procédés qui sont
complexes, bien sûr, de faire cette transformation-là. Puis on désire
s'intégrer, donc, verticalement pour acquérir et développer les procédés puis
accroître notre expertise, aussi, comme... comme Québécois. C'est un défi, mais
on y travaille très fort pour pouvoir développer cette filière batterie au
Québec, donc, cette première transformation là.
Vous l'avez nommé, M. le député, là, les
activités minières se réalisent souvent dans les régions qui sont plus
éloignées de la Gaspésie, mais... notamment, mais l'Abitibi, également dans le Nord-du-Québec.
Donc, on a... on a des... des minéraux qui sont présents sur le territoire
québécois. On veut faire cette première transformation-là. En ce moment, on
dénombre 18 usines qui produisent du métal primaire à partir des
ressources minérales du Québec ou qui sont importées. Les principaux métaux et
alliages fabriqués à partir de concentrés du Québec sont la fonte et l'acier,
en ce moment, le cuivre, le zinc, l'or, le silicium, le ferrosilicium et le
ferroniobium... bien nommé, merci.
Et on a plusieurs mesures incitatives, là,
pour encourager les entreprises à transformer au Québec. On a un programme
d'appui à la recherche et à l'innovation du domaine minier. On a soutenu,
d'ailleurs, trois projets de première transformation qui utilisent des
ressources minérales québécoises. On tient également trois projets d'usine de
démonstration ou commerciale de transformation en lien avec le plan québécois
sur la valorisation des minéraux critiques et stratégiques. Et on a, encore une
fois, l'intention de mettre en valeur les minéraux critiques et stratégiques du
Québec pour soutenir la mise à l'échelle des procédés de traitement de minerai
de première transformation pour les étapes de pilotage et de démonstration.
Donc, on veut réellement soutenir cette première transformation pour qu'elle se
fasse au Québec.
Le Président (M. St-Louis) :
Vous disposez toujours de deux minutes, M. le député.
M. Sainte-Croix : Je passerai
la parole à ma collègue.
Mme Bogemans : Oui,
absolument. Bonjour, tout le monde. Merci également, pour reprendre les
salutations... mais également à l'équipe ministérielle qui a travaillé
extrêmement fort pour préparer cette période de crédits là. Merci beaucoup de
l'attention qui y est portée.
Moi, je voulais poser une question sur la
route Billy-Diamond. Donc, ceux qui ont oeuvré à la Baie-James savent
l'importance de l'accès au territoire, bien entendu. Toutefois, on... il y a
peu de gens qui savent que cette route-là de 600 kilomètres de distance
est sous votre responsabilité. Et puis, pour donner une idée, là, de grandeur
de cette route-là, ça correspond environ à la distance entre Drummondville et
Baie-Comeau, Montréal et Rouyn... Rouyn-Noranda, le comté ici de mon collègue.
Donc, c'est la route Billy-Diamond, qu'on appelait autrefois la route de la
Baie-James.
C'était le 10 novembre 2020 que notre
gouvernement a souligné le 45e anniversaire de la convention signée, la Convention
de la Baie James et du Nord québécois, et on a voulu rendre hommage à M. Diamond,
qui est une figure de proue crie, un homme politique autochtone, en nommant
cette route à son nom. La route Billy-Diamond dessert une population d'environ
32 000 personnes, incluant plusieurs résidents des communautés cries,
d'où l'hommage qui fait beaucoup de sens. Ça inclut également tous les
travailleurs d'Hydro-Québec qui se rendent au barrage, donc les camps, et aussi
les entreprises forestières et minières diversifiées.
De plus, cette route importante nous amène
jusqu'à la route Transtaïga, qui est un tronçon qui se... mène presque jusqu'à
la route du Labrador. C'est 666 kilomètres à l'est de la province sans
passer par aucune municipalité. On y retrouve les camps d'Hydro-Québec, mais
c'est à peu près tout. Et la finalité de cette route-là nous amène jusqu'au
réservoir Caniapiscau. Donc, c'est quand même extrêmement loin. Les faits
importants, c'est que... c'est important pour les gens qui nous regardent à la
maison, là, que ce n'est pas...
Le Président (M. St-Louis) : ...je
m'excuse, le temps pour ce bloc d'échange est malheureusement écoulé et
terminé.
Mme Bogemans : Oui. Aucun
problème.
Le Président (M. St-Louis) :
Donc, compte tenu de l'heure, la commission suspend ses travaux jusqu'à
15 h 30.
Petit rappel, la séance reprendra son
cours au <salon...
Le Président (M. St-Louis) :
...reprendra
son cours au >salon bleu, non pas ici, à la salle Kirkland. Merci à tous
et à toutes. Mme la ministre, merci.
(Suspension de la séance à 12 h 28)
15 h (version révisée)
(Reprise à 15 h 27)
Le Président (M. St-Louis) :
Donc, nous allons reprendre nos travaux.
Je vous rappelle que la commission est
réunie afin de poursuivre l'étude des crédits budgétaires du volet Ressources
naturelles du portefeuille Ressources naturelles et Forêts pour l'exercice
financier 2023-2024.
Puisque nous avons débuté nos travaux à 15 heures
et qu'une période de 1 h 30 min doit être consacrée à l'étude...
Une voix : ...
Le Président (M. St-Louis) : Ça
va? C'est bon. Donc, je suis prêt à reconnaître le porte-parole de l'opposition
officielle. M. le député de Jacques-Cartier, la parole est à vous. Vous
disposez de 18 min 20 s.
M. Kelley : Merci, M. le
Président. L'entourage de la ministre est plus impressionnant quand nous sommes
dans le salon bleu. C'est toute une gang qui est avec vous aujourd'hui, Mme la
ministre. Moi, j'ai Thomas qui est avec moi, qui travaille très, très fort
aussi. Alors, pas de pression sur toi, Thomas, pas de pression.
Mme la ministre, je pense que, juste avant
qu'on ait quitté pour la pause, on a lancé la discussion sur l'autoroute de
Billy-Diamond. Puis c'est, bien sûr, une... c'était une bonne chose, une très
bonne chose que nous avons renommé l'autoroute au nom de Billy Diamond, un
grand chef puis un grand leader de la nation crie, qui... Si jamais vous avez
le temps de prendre... l'occasion de lire sa biographie, c'est vraiment
impressionnant, tout qui a été... tout qu'il a vécu comme une personne mais
aussi comme un chef, tous les grands débats qu'il a eus ici, à l'Assemblée
nationale, autour des droits des Cris, et après ça, en général, les
autochtones.
Mais, bref, je dis que c'est peut-être une
bonne occasion pour poser une question parce que vous avez mentionné ce matin.
Puis, quand même, je sais que vous avez un petit peu un plan pour les
consultations avec la population, mais vous avez mentionné que vous avez
discuté avec les groupes autochtones, la semaine dernière, des enjeux autour de
votre consultation. Alors, c'est une question pour vous : Est-ce que vous
pouvez donner nous un petit peu un résumé de la discussion que vous avez eue
avec les groupes autochtones sur la question minière la semaine dernière?
Mme Blanchette Vézina : Je
remercie le député pour sa question. Pour répondre à la... à la question
spécifique sur les consultations autochtones, donc, le ministère a consulté les
Premières Nations en lien avec la démarche harmonieuse de l'activité minière.
Donc, les choses se sont bien déroulées. On est en discussion constante avec
les Premières Nations, je tiens à le mentionner, et on souhaite les intégrer de
manière... de manière concrète au développement harmonieux de l'activité
minière. Et c'est ce qu'on fait et c'est ce qu'on a fait lors des
consultations.
• (15 h 30) •
Je peux peut-être... parce que vous aviez
des questions, mais... tu sais, à moins que... Bien, en fait, vous mentionniez
qu'effectivement c'est un axe qui est névralgique pour le développement,
développement nordique, l'accès au territoire autant pour les communautés
autochtones que pour... que pour les Québécois. Donc, cette route, c'est un axe
névralgique du transport nordique. Ça dessert une population de 32 000 personnes,
des résidents des communautés cries, et c'est aussi utilisé par Hydro-Québec
ainsi que les entreprises forestières et minières. Et on a un programme... un
important programme de réfection, là, qui a été... qui est en cours afin d'assurer
la sécurité des usagers et la pérennité de cette route <stratégique...
>
15 h 30 (version révisée)
<19275
Mme
Blanchette Vézina :
...d'assurer la sécurité des usagers, la
pérennité de cette route >stratégique. Donc, c'est... entre 2015 et
2026, c'est près de 334 millions de dollars qui ont été investis pour des
travaux de réfection, dont 111 millions provenant du fédéral et 223 millions
provenant du Québec.
M. Kelley : Parfait. Merci,
Mme la ministre. Mais je vais continuer sur la question des consultations,
discussions avec les groupes autochtones. Oui, je comprends que vous avez une rencontre.
Est-ce que les autochtones, les différentes Premières Nations et les Inuits ont
soulevé certains enjeux précis? Puis aussi, depuis que vous avez rentré en
fonction, est-ce que vous avez eu le temps de réfléchir un petit peu sur
comment vous êtes capable de mieux travailler avec les Premières Nations et les
Inuits du Québec? Est-ce qu'il y a des démarches qui doivent changer, selon
vous, depuis que tu es entrée en fonction, des choses qui doivent changer? C'est
encore un petit plus de précisions, pas juste une liste des rencontres, mais
des vrais enjeux que vous pensez que vous êtes capable de régler avec vos
collègues.
Mme Blanchette Vézina : Depuis
mon entrée en poste, mais aussi avant, tu sais, je pense au travail qui est
effectué par mon collègue des Relations avec les Premières Nations avant mon
arrivée et maintenant, on travaille en collaboration avec son équipe dans le
développement plus harmonieux de relations avec nos... bien, on a voulu les
voir comme des partenaires, donc, les Premières Nations. On est en discussions
régulières. Moi, j'ai eu plusieurs rencontres avec différentes communautés
autochtones pour entendre les enjeux, des enjeux en lien avec la foresterie,
avec l'accès au territoire, avec le développement de leurs communautés. Ils
veulent être partenaires, ils ont le souhait de participer à ce
développement-là mais d'être considérés de nation à nation. Et c'est ce qu'on
fait, c'est ce qu'on fait et c'est ce qu'on va continuer de faire. Donc, je
suis en tournée, là, dans les différents... dans les différentes communautés
pour entendre ces enjeux, entendre les priorités qui sont... qui sont différentes
d'une communauté à l'autre. Mais ce qui en ressort, c'est aussi beaucoup le
souhait d'être considérés comme des partenaires, et c'est ce qu'on fait.
On offre aussi, au ministère des
Ressources naturelles, du financement pour soutenir la participation des
communautés autochtones pour ce qui est de la mise en valeur du territoire, des
ressources naturelles, des forêts. On a des échanges, presque quotidiennement,
là, avec eux. On offre aussi, en matière de foresterie, des partenariats à...
de l'accès à du bois, donc des pros, qu'on appelle, là, donc ils ont accès,
pour certaines communautés, à ces pros. Et donc on transfère aussi
gracieusement l'usufruit des terres du domaine de l'État pour répondre aux
besoins résidentiels et communautaires des communautés autochtones.
Puis, dans tous nos secteurs, là, soyez
rassuré, on est toujours à la recherche de nouvelles mesures puis de relations
harmonieuses, continuer nos relations harmonieuses avec les Premières Nations.
M. Kelley : Merci beaucoup.
Je veux maintenant poser une question, parce que c'est sûr que c'est dans...
pas juste dans l'actualité, mais je sais que votre ministère est responsable
pour le Plan de la protection de territoire face aux inondations, puis aujourd'hui,
en période des questions, on a parlé un petit peu de l'adaptation à des
changements climatiques. Alors, je ne sais pas si vous êtes en mesure d'expliquer
un petit peu le travail qui a été fait.
Dans mon comté, j'ai un coin qui, en 2017
et 2019, était vraiment touché par les inondations, Sainte-Anne-de-Bellevue puis
un peu de Senneville, mais mon collègue de Nelligan... On sait qu'à
Pierrefonds, dans certains coins, sur le lac des Deux-Montagnes, on a... on a vu
toutes les images des inondations là, puis maintenant on voit une autre
situation, mais chaque année ça arrive. On sait, il y a une saison des
inondations, mais, encore, est-ce que votre ministère a regardé, et comme je
dis, depuis... des dernières couples des années? Est-ce qu'on... Est-ce qu'il
faut changer notre stratégie, dans les prochaines années, avec les changements
climatiques qui deviennent de plus en plus puissants?
Mme Blanchette Vézina : J'apprécie
la question. Puis, aujourd'hui, je tiens à offrir ma sympathie aux gens qui
vivent en ce moment des difficultés en lien avec les inondations sur le
territoire ainsi qu'aux familles qui sont touchées de près par les deux disparitions,
les deux personnes qui sont disparues.
Vous mentionnez que, depuis le printemps 2020,
le gouvernement a mis en oeuvre le Plan de protection du territoire face aux
inondations, et ça, c'est doté d'une enveloppe de 479 millions sur cinq ans.
Le plan, il contient trois mesures. Mon ministère, il intervient
également, là. C'est décliné sous quatre axes. On parle de <cartographie...
Mme Blanchette Vézina :
...intervient
également, là. C'est décliné sous quatre axes. On parle de >cartographie.
On veut régir et encadrer, planifier et intervenir ainsi que connaître et
communiquer. Donc, on s'est concertés. Les ministères se concertent entre eux
parce que c'est un travail qui ne relève pas juste du ministère des Ressources
naturelles et des Forêts, donc en lien avec le territoire, mais aussi avec les
intervenants du... de la... du ministère de la Sécurité publique, du ministère
des Affaires municipales, les milieux municipaux, les milieux scientifiques.
Donc, on est responsables des principales
mesures qui visent l'acquisition et le développement des connaissances qui sont
indispensables à cette cartographie puis aux mesures qui sont à mettre en place
dans le plan. Un mécanisme d'alerte et de planification d'intervention a été
mis en place aussi pour documenter des futures crues importantes dans des
secteurs non couverts par une cartographie de zones inondables. Les
intervenants municipaux et gouvernementaux ont accès, donc, à une meilleure
connaissance cartographique. Et il y a également, pour les citoyens et
citoyennes... ils ont... ils peuvent avoir accès, grâce à quebec.ca, aux
renseignements relatifs aux inondations, là, de nature à répondre à leurs
besoins.
Donc, on travaille aussi... On participe
aux travaux des bureaux de projet pour la réalisation des portraits des
problématiques d'inondation, pour élaborer aussi les plans d'intervention à
l'échelle des bassins versants, notamment afin d'apprécier l'utilisation du
territoire public, là, dans la mise en place des mesures en résilience puis en
adaptation à ces situations.
M. Kelley : Merci
beaucoup. Sur... La fin de semaine, j'ai vu l'article dans La Presse que
votre collègue va piloter le dossier de la lutte contre... votre collègue qui
est responsable pour la lutte contre les changements climatiques va regarder la
situation partout au Québec concernant l'adaptation aux changements
climatiques. Mais je veux juste bien comprendre. Parce que votre ministère a
une expertise, c'est sûr et certain, quand je regarde juste, quand même, sur
votre site Web puis dans le cahier des crédits, des cartographes, et tout ça, mais,
entre les deux, c'est... Qui a vraiment l'expertise puis l'information de
prendre en charge un dossier comme ça? Est-ce que ça relève vraiment de les
experts au sein de votre ministère pour bien déterminer quelle rivière peut
déborder plus, avec les prédictions, les «forecast» de l'avenir? C'est juste
une question comment vous puis votre collègue va travailler ensemble pour
partager les expertises de les deux pour s'assurer qu'on a un bon plan en place
rapidement pour l'adaptation des changements climatiques.
Mme Blanchette Vézina : En
fait, vous l'avez nommé, là, c'est un travail de concertation puis un travail
de collaboration. Du côté du ministère des Ressources naturelles, c'est
vraiment dans la cartographie. Donc, on a... on a cette responsabilité-là, là,
de cartographier le territoire. Donc, on a des mécanismes d'alerte, de
planification des interventions qui ont été mis en place par le ministère des
Ressources naturelles. On documente aussi les futures crues qui pourraient être
faites au-delà des cartographies. On travaille, bien sûr, avec le ministère de
la Sécurité publique puisqu'ils sont eux-mêmes très impliqués dans les... dans
les situations où la population est vulnérable.
Donc, on teste... On a testé puis amélioré
aussi la production d'une cartographie à la suite des événements d'inondation
qui étaient survenus au printemps 2022. Et c'est un mécanisme qui est...
qui est d'ailleurs activé, là, en ce moment. Donc, on a amélioré aussi l'accès
à l'information sur les risques qui sont liés à l'information. Donc, le
ministère des Ressources naturelles s'occupe vraiment de la donnée et de la
cartographie en lien avec ces aléas. On travaille en collaboration également,
bien sûr, avec les scientifiques, les... pour avoir les meilleures données
scientifiques, pour se projeter dans les... vers les risques.
M. Kelley : Merci
beaucoup, Mme la ministre. Puis aussi, je me souviens, en 2019, il y a eu
un grand débat autour de la carte des zones d'inondation, et tout ça. Et, je me
souviens, à l'époque, il y a eu des discussions autour de la cartographie et
des images qui étaient prises par les satellites. Puis, de mémoire, votre ministère
a dit : C'est sûr qu'il faut mettre des choses à jour.
Je veux juste poser la question. Pendant
les dernières années, est-ce que votre ministère a travaillé pour s'assurer que
toutes les différentes images des cartes, et tout ça, sont à jour? Est-ce que
les investissements... il faut faire aussi pour bien juste faire la
cartographie, en général, au Québec? Alors, ça, c'est les questions pour la
ministre.
• (15 h 40) •
Mme Blanchette Vézina : Oui.
En fait, on prend des actions. On le fait en continu depuis l'adoption du Plan
de protection du territoire face aux inondations. En 2023... Pour
l'année 2023-2024, donc, on a... on a prévu, là, 10 actions
structurantes qui vont être priorisées. On participe aux travaux pour
l'élaboration, là, du cadre réglementaire. Donc, on continue d'être en action.
Si vous me permettez, peut-être, je
pourrais passer la parole au sous-ministre <associé...
Mme Blanchette Vézina :
...la
parole au sous-ministre >associé à ces... à ces travaux qui sont faits
en lien avec les inondations et la cartographie, M. Daniel... là, je ne
me... Gaudreau, pardon.
Le Président (M. St-Louis) :
Nous avons le consentement de l'Assemblée?
Des voix : Consentement.
Le Président (M. St-Louis) : Consentement.
Donc, il y a consentement. Je demanderais de vous nommer ainsi que votre titre,
s'il vous plaît.
M. Gaudreau (Daniel) : Oui. Bonjour,
tout le monde. Daniel Gaudreau, sous-ministre associé à l'Infrastructure
foncière et à l'Information géospatiale.
Concernant la problématique de la
cartographie, comme il a été évoqué par M. le député, effectivement, suite aux
inondations 2017, 2019, il y a eu un constat comme quoi on devait revoir
l'ensemble de l'exercice de cartographie au Québec, du fait des écarts qui
existaient notamment dans la région métropolitaine de Montréal. Mme la ministre
y a fait référence tout à l'heure, là, il y a eu des actions importantes à la
suite de ces inondations-là pour se doter d'un plan de protection du territoire
face aux inondations.
Et un des axes importants, c'est tout de
revoir la cartographie au Québec, d'aller au-delà des cartographies traditionnelles,
qui est en zone de récurrence 0-20 ans, 20-100 ans. Donc, on
travaille maintenant sur des cartographies en gestion de risques. Il y a eu des
conventions qui ont été signées avec le monde municipal pour que les MRC,
notamment Communauté métropolitaine de Montréal, Québec, plusieurs MRC au
Québec travaillent à revoir cette cartographie-là.
Le ministère de l'Environnement travaille
à produire des nouvelles cartographies en gestion de risques avec le programme
INFO-Crue. Et récemment, la semaine dernière, il y avait un article dans Radio-Canada,
sous la signature d'Étienne Leblanc. Pascale Biron, qui est chercheuse à l'Université
Concordia, qui a travaillé avec nous à l'époque sur le comité scientifique,
saluait, là, les avancées du gouvernement du Québec en matière de cartographie.
Donc, il y a des efforts importants qui sont faits.
Et, à terme, avec le régime permanent,
avec les nouvelles cartographies en matière de zones inondables, on sera en
mesure, là, d'améliorer la sécurité, les interventions, parce qu'on va ajouter
aux cartographies traditionnelles la question de la submersion de façon à
assurer des meilleures interventions, meilleures protections, meilleures
préventions.
M. Kelley : ...Mme la
ministre. Maintenant, je vais poser une question, c'est en lien avec la
cartographie. Mais, selon le ministre de la Lutte contre les changements
climatiques, on a besoin 100 térawatts d'énergie propre d'ici à... bien,
pour s'assurer qu'on... décarboniser notre société par... Alors, ça fait partie,
le profil qui doit être fait. Puis, on sait, en 2030, on va avoir plus de
surplus.
Alors, pour déterminer où on va choisir
des projets de l'énergie renouvelable, est-ce que votre ministère joue un rôle en...
déterminer c'est où, les meilleurs endroits pour lancer les appels à l'offre,
pour faire du zonage, que ça, c'est une place qu'on peut faire de solaire, et
tout ça? Est-ce que ça relève de le ministère des Ressources naturelles, avec
toute votre expertise, ou est-ce que c'est ailleurs?
Mme Blanchette Vézina : En
lien avec la capacité énergétique, c'est vraiment mon collègue, là, du
ministère de l'Économie, de l'Innovation, et de l'Énergie, là, qui fait cette
analyse à savoir quels seront les projets et, si projet il y a, là, éventuellement,
l'endroit, également avec Hydro-Québec, bien entendu.
Il y a un programme d'attribution, là, des
terres de l'État, pour ce qui est du développement de projets énergétiques,
donc, qui existe et qui est utilisé notamment pour le développement de projets
éoliens. Donc, on a d'ailleurs ajusté, là, récemment, je crois, en décembre, ce
programme pour permettre que les énergies... ça ne soit pas juste l'éolien qui
soit possible en terres publiques, mais également l'ensemble des énergies
renouvelables.
Donc, on a adapté le programme pour
permettre que ces projets puissent se réaliser en terres publiques, parce que
notre souhait, c'est effectivement de décarboner notre économie, d'avoir une...
de l'énergie verte. Et le soutien de ce programme permet le développement
d'énergies renouvelables en terres publiques.
M. Kelley : OK. Parfait.
Alors, c'est... Encore, c'est vraiment le ministère de l'Énergie qui détermine
quelle région administrative est la meilleure située pour des projets de
l'énergie renouvelable?
Mme Blanchette Vézina : En
réponse à votre question, on travaille en collaboration ensemble. Mais, oui,
effectivement, dans les moyens utilisés, ça relève d'Énergie. Mais, comme je
vous le mentionne, il y a un programme qui existe. Le souhait, c'est qu'on...
qu'on fasse de l'énergie renouvelable sur les terres publiques. Et c'est ce
qu'on a fait, on a ajusté le programme pour le permettre maintenant.
M. Kelley : Merci beaucoup.
Je vais poser des questions envers votre collègue plus tard cette semaine. Je
ne pense pas que j'ai beaucoup de temps qui reste, M. le Président, une
trentaine de...
Le Président (M. St-Louis) :
Il vous reste une <quinzaine...
M. Kelley :
...une
trentaine de...
Le Président (M. St-Louis) :
Il
vous reste une >quinzaine de secondes, M. le député.
M. Kelley : OK. Parfait.
Bien, merci beaucoup, M. Gaudreau, pour les réponses concernant la
cartographie puis le travail qui est fait avec le comité scientifique, et tout
ça.
Le Président (M. St-Louis) : Merci,
M. le député. Merci, Mme la ministre.
Le temps de ce bloc d'intervention étant
écoulé, je reconnais maintenant la porte-parole du deuxième groupe d'opposition.
Mme la députée de Verdun, la parole est à vous. Vous disposez de 9 min 5 s
Mme Zaga Mendez : Merci.
J'aimerais finir la conversation qu'on avait commencée sur les claims miniers,
mais il resterait quelques petites questions. La première, c'est concernant la
consultation. La ministre le met de l'avant comme un... que c'est suite à cette
consultation-là qu'elle va nous venir avec plusieurs solutions. Donc, est-ce
que la ministre pourrait s'engager, aujourd'hui, de déposer ici, en commission,
les résultats puis un rapport complet de la consultation?
Mme Blanchette Vézina : Je
suis contente d'entendre la députée de Verdun, là, pour dire... continuer de
parler de développement harmonieux de l'activité minière parce que c'est
quelque chose qui me tient à coeur. C'est quelque chose qui nous tient à coeur
comme gouvernement. Je... Il y aura un rapport, là, des consultations qui sera
rendu public. Donc, lorsque les consultations seront terminées, il y aura un
rapport, puis ça va être sur cette... ces données que nous allons baser les
ajustements qui seront à effectuer, le cas échéant.
Mme Zaga Mendez : ...a une
date, un échéancier pour ce rapport-là?
Mme Blanchette Vézina : Pas
pour l'instant. Là, je ne sais pas si Mme Camden a plus d'informations.
Mme Camden (Nathalie) : ...
Le Président (M. St-Louis) : Peut-être,
avec l'autorisation, là, de mentionner...
Mme Zaga Mendez : Rapidement,
là, parce que j'ai peu de temps.
Le Président (M. St-Louis) : Avec
le consentement? Consentement. Il y a consentement. Allez-y.
Mme Camden (Nathalie) : ...associée
aux Mines.
Normalement, la consultation se termine le
19 mai. S'il n'y a pas de prolongation et... à ce moment-là, après, on va
ramasser et analyser tous les commentaires, mémoires et questionnaires qui ont
été complétés de même que les propositions qui ont... qui vont nous être
envoyées par les autochtones au même moment. Puis...
Mme Blanchette Vézina : ...
Mme Camden (Nathalie) : Oui.
Mme Blanchette Vézina : ...à
la députée de Verdun, que j'ai mentionné que je souhaitais que ça se fasse...
les choses se fassent rapidement.
Mme Zaga Mendez : Rapidement.
Mme Blanchette Vézina : C'est
toujours mon souhait et ma volonté.
Mme Zaga Mendez : Merci. J'ai
deux autres petites questions qu'on n'avait pas pu répondre, en ce qui
concerne la spéculation, pas l'octroi, mais la spéculation des claims miniers.
Il y a eu des cas qui sont sortis récemment dans les médias. Je sais que la
ministre a pris connaissance. Est-ce qu'elle... Est-ce qu'elle peut nous dire
combien de claims miniers, en ce moment, sont sujets à spéculation?
Mme Blanchette Vézina : Concernant
la spéculation des claims miniers, je rappelle que les claims... Lorsque
quelqu'un prend un claim, il s'engage à faire des travaux sur trois ans,
il y a des claims sur lesquels il y a des travaux qui sont faits, je vous
mentionnais des statistiques, là, tout à l'heure en lien avec ces travaux, moins
de 1 %. Donc, qu'est-ce qui fait l'objet de spéculation, là, en ce moment,
je n'ai pas cette information-là, mais il reste que je reste alerte. Je suis
sensible à cette situation-là. Mon intérêt, mon souhait, c'est que le
développement se fasse dans le meilleur intérêt des Québécois. Et les
consultations... Et les ajustements à apporter le seront... seront annoncés
suite aux consultations, aux résultats des consultations.
Mme Zaga Mendez : Merci. Parce
qu'en ce qui concerne la spéculation, rapidement, Mme la ministre, on a eu un
cas dans lequel on a des reventes de claims à 18 000 $ dans les
municipalités près de Shawinigan. Ça, c'est de l'argent que des... que des entreprises
se font sur notre dos, parce qu'ils ne sont pas en train de payer sur le site
Web, ils sont en train de se payer, entre autres, des milliers de dollars.
Est-ce que la ministre est d'accord qu'il faut mettre fin à cette spéculation?
Mme Blanchette Vézina : Bien,
il faut comprendre qu'on vit dans une société où il y a des échanges, comme ça,
qui peuvent se faire d'entreprises à entreprises. Il y a des entreprises qui
ont engagé des frais, des travaux d'exploration. Ça peut aussi faire l'objet
d'une transaction. Donc, c'est des achats qui se font entre entreprises. Le
développement d'une mine ou d'un... des travaux qui mèneraient à une mine,
c'est... c'est quelque chose qui nécessite beaucoup d'investissements et qui...
et qui nécessite aussi beaucoup de risques pour l'entreprise. Donc, cette
valeur, qui peut être attribuée de gré à gré entre une entreprise et une autre,
le gouvernement ne s'implique pas dans cette... dans cette transaction.
• (15 h 50) •
Mme Zaga Mendez : Bon. J'invite
à la ministre de peut-être nous revenir avec un portrait plus clair de...
est-ce... où est en train d'avoir lieu la spéculation puis de combien ils sont
revendus. Parce que la spéculation, c'est dire : Est-ce que je vais ou pas
faire l'exploration? Puis on le sait très bien, c'est comme des courtiers
immobiliers, ce n'est pas nécessairement que les travaux sont faits, mais on
spécule sur la probabilité, sur la possibilité de le faire. Alors, mon souhait,
c'est de... qu'on revienne avec un portrait beaucoup plus complet.
Ma dernière question par rapport aux
claims, parce qu'on va passer sur un autre sujet. Tantôt, j'ai eu la réponse de
la sous-ministre d'un cas en particulier, mais tantôt, avec aussi le <collègue...
Mme Zaga Mendez :
...de
la sous-ministre d'un cas en particulier, mais tantôt, avec aussi le >collègue
de Jacques-Cartier, on disait : Il est où, le pouvoir de la ministre pour
retirer un claim minier? Dans l'article 82 de la Loi sur les mines, il y a
un pouvoir qui appartient à la ministre de le retirer quand on parle des cas
d'utilité publique. Quand on est en train de développer une aire protégée,
est-ce que la ministre peut s'octroyer le pouvoir, peut y aller puis retirer
les claims pour permettre la création des aires protégées?
Mme Blanchette Vézina : J'aimerais
revenir sur votre question de spéculation, là, parce que vous mentionnez que ce
n'est pas ce qui est souhaitable, et, dans les consultations, je regarderai
s'il y a des solutions à apporter pour s'assurer que, toujours, le développement
minier se fait dans le meilleur intérêt du Québec et des Québécois. Ça, c'est
la première chose.
En lien avec les pouvoirs qui peuvent
m'être dévolus, il faut... il faut être très prudent. Moi, je n'ai pas de
fermeture, je vous l'ai mentionné, à dire si c'est... si c'est dans l'intérêt
d'une aire protégée ou d'une autre... d'une autre situation d'utilité ou
d'intérêt public... là, je ne me souviens pas de la...
Mme Zaga Mendez : Utilité
publique.
Mme Blanchette Vézina : ...de
la nomenclature exacte, dans la mesure... Mais il faut être très prudent avec
ces pouvoirs discrétionnaires, et moi, je tiens à être prudente avec ces
pouvoirs discrétionnaires pour le faire correctement. Mais, effectivement, pour
des fins d'utilité publique, il peut y avoir certains... certains pouvoirs qui
sont octroyés à la ministre.
Mme Zaga Mendez : La demande
des groupes à cet effet, avant de passer à une autre chose, c'est que ce soit
en ce qui concerne l'intérêt public. La loi nous dit «utilité publique», ce qui
est différent d'«intérêt public». Puis tantôt on nous dit... on nous répétait
qu'on est dans un État de droit, on va respecter les lois puis... Bien sûr, mais,
Mme la ministre, on est aussi entre législateurs, et nous avons le pouvoir, ici,
de changer les choses pour mieux encadrer puis d'être capables de revenir en
arrière quand on voit des territoires au complet qui sont claimés. Alors,
j'invite la ministre, peut-être, de nous dire est-ce que c'est... elle est
ouverte à revoir l'article 82 de la Loi sur les mines.
Mme Blanchette Vézina : En
fait, les consultations portent sur l'ensemble des... du volet minier, les
claims, le... la possibilité de retirer «l'utilité publique» pourrait être
envisagée, je n'exclus rien. Comme je vous le mentionne, je veux laisser ce
processus-là faire son oeuvre, par respect aussi par les gens qui participent
aux consultations. Donc, moi, j'ai mentionné à plusieurs reprises que tout
était sur la table et reste... Tout est sur la table.
Mme Zaga Mendez : Merci. Il
me restait une minute?
Le Président (M. St-Louis) : Vous
disposez toujours de deux minutes, Mme la députée.
Mme Zaga Mendez : Est-ce
possible de le mettre dans mon... dans mon prochain bloc, pour ne pas commencer
une discussion sur un autre thème?
Le Président (M. St-Louis) : Oui.
Donc, je reconnais maintenant le porte-parole de l'opposition officielle. M. le
député de Jacques-Cartier, la parole est à vous.
M. Kelley : Merci beaucoup,
M. le Président. Je vais maintenant juste poser une question à la ministre.
Encore, c'est en lien avec le développement des projets miniers. Est-ce que
votre ministère... Quand vous êtes en train de regarder si un projet doit aller
à l'avant ou non, est-ce que vous prenez en considération le nombre des GES que
le projet va ajouter à la profil du Québec?
Mme Blanchette Vézina : Notre
volonté, et c'est ce pour quoi on a développé la filière batterie et l'ensemble
du plan pour le développement des minéraux critiques et stratégiques, c'est de
décarboner notre économie. Donc, on a... on prend des engagements, et on a pris
des engagements en ce sens-là, de décarbonation et d'atteinte de
carboneutralité. Donc, les projets qui sont priorisés le sont en lien avec cet
objectif de décarbonation de notre économie, et donc, s'il y a analyse de
l'impact énergétique, je sais que mon collègue de l'Environnement a des
programmes pour ça. Et nous aussi, on souhaite moderniser, là, l'industrie,
donc on veut et on vise que les industries deviennent elles-mêmes carboneutres
dans la... dans la mesure du possible. Donc, les programmes qui sont en place
permettent de l'efficacité énergétique, notamment, et donc on a mis en place
des mesures pour leur permettre de faire ce virage-là pour devenir... et faire
de l'innovation autant que possible dans ce domaine.
M. Kelley : Dans
l'inventaire, si on regarde un petit peu les tableaux, le secteur minier, c'est
environ... entre 7 % à 8 % de tous les GES au Québec. Vous avez... vous
dites... vous avez un objectif de... Bien, tout le monde a un objectif d'une
économie carboneutre, mais quels programmes sont en place présentement? Est-ce
que votre ministère a des programmes en place pour aider les entreprises
minières pour faire la transition? Est-ce que vous avez des règlements ou,
quand même, des projets de loi <prévus...
M. Kelley :
...Est-ce
que vous avez des règlements ou, quand même, des projets de loi >prévus,
dans les prochaines années, pour s'assurer qu'il y a une réduction des GES dans
le secteur minier?
Mme Blanchette Vézina : Mes
collègues de l'Économie et de l'Environnement ont des programmes pour... pour
faire ce virage, pour aider les entreprises à faire ce virage. Donc, je... sans
vouloir vous référer, mais on travaille en collaboration parce que le souhait à
tous, notre souhait à tous, c'est de faire ce virage-là, et je le sais, que mes
collègues y travaillent très fort. Donc, en collaboration avec eux, on
développe... on aide l'industrie minière à faire ce virage également.
M. Kelley : Et, quand vous
avez eu vos discussions avec les différents acteurs dans le secteur minier,
est-ce qu'eux autres ont des propositions qu'ils mettent de l'avant dans les
discussions avec vous sur comment le gouvernement peut aider eux autres pour
réduire leur empreinte de carbone? Et quand même... et quand même, Mme la
ministre, je veux juste aussi bien... bien comprendre sur... — excusez-moi,
«dad fatigue here» — je veux juste commencer la première question.
Dans vos discussions, est-ce que l'industrie a des inquiétudes avec certains
règlements qui sont mis en place? Est-ce que, des fois, ils demandent un
allègement de certaines choses comme le marché du carbone ou des choses comme
ça?
Mme Blanchette Vézina : Peut-être
vous nommer, là, certaines entreprises qui ont fait ce virage, et elles... dans
ma tournée, dans la tournée que je fais en ce moment, elles ont toutes le
souhait de contribuer à cette réduction des GES de la part du Québec. Donc,
certaines ont déjà bénéficié des programmes qui ont été mis en place par mes
collègues, là, notamment, là : ÉcoPerformance, on a Minerai de fer Québec
qui a eu, elle, une diminution de 5 millions de litres de diesel grâce à
ce programme; Technoclimat avec Nouveau Monde Graphite pour la purification du
graphite; et Transportez vert, là, de... pour décarboner le parc de véhicules.
Donc, ce sont des exemples d'initiatives qui ont été mises en place pour
décarboner l'industrie minière.
Et, également, plusieurs ont le souhait de
développer des projets autonomes, donc, avec l'énergie éolienne notamment, là,
pour alimenter leurs entreprises, leur industrie. Et rappelons qu'au Québec,
donc, la source d'approvisionnement électrique, elle est à 98 %, là, ça,
c'est mon collègue qui le dit, là, 98 % ou 99 % d'origine verte.
Donc, on est des leaders, au Québec, et on va continuer de l'être.
M. Kelley : Merci beaucoup.
Une autre question pour la ministre, c'est sur la restauration des mines qui a
terminé le... elles sont arrivées à la fin du cycle de leur vie. Combien des
projets est-ce que sont en train présentement? Puis est-ce que la ministre peut
nous dire combien d'argent a été mis dans les projets de faire... de nettoyer
les anciennes mines dans la dernière année?
Mme Blanchette Vézina : En
fait, on vit avec les erreurs du passé, mais sachez que les... la Loi sur les
mines oblige maintenant les entreprises, les... l'industrie minière à avoir un
plan de restauration et à mettre de côté les sommes nécessaires pour restaurer
les sites miniers. Donc, il y a, effectivement, un passif environnemental
minier qui s'élève à 1,2 milliard. C'est stable depuis 2011. En
février 2023, donc, les sommes consacrées par le ministère des Ressources
naturelles et des Forêts à la restauration, au suivi et à l'entretien des sites
miniers abandonnés s'élèvent à 230 millions depuis 2006, dont
6,7 millions en 2022-2023. Et ça, c'est en date du 28 février. On a
aussi un nouvel outil gouvernemental, le cadre de référence pour la gestion des
sites contaminés qui sont sous la responsabilité de l'État et qui permet une
meilleure priorisation, là, des caractérisations des restaurations en fonction
du contexte de chaque site.
• (16 heures) •
M. Kelley : Parfait. Merci beaucoup.
Une autre question. Dans nos cartables, nous avons posé les questions sur le
nombre des inspecteurs pour chaque secteur pour les mines, puis un beau
tableau. Est-ce que la ministre peut juste bien expliquer... Si que je
comprends bien, il y a neuf... Excusez-moi. Il y a combien des inspecteurs
présentement au Québec? Et c'est quoi, le travail qu'eux autres ont fait,
pendant la dernière année, pour s'assurer que nous avons des mines qui sont
bien sécures et, quand même, respectent des normes et des règles du Québec?
Mme Blanchette Vézina : Donc,
à votre question, là, le nombre d'inspecteurs, il y en a neuf pour le secteur
des mines, et j'en ai 38 pour le territoire. Est-ce que vous voulez, peut-être,
le <nombre...
>
16 h (version révisée)
<19275
Mme
Blanchette Vézina :
...et j'en ai 38 pour le territoire. Est-ce
que vous voulez, peut-être, le >nombre d'inspections par région? Parce
qu'en fait j'ai...
M. Kelley : Oui, si c'est
possible de...
Mme Blanchette Vézina : ...j'ai
aussi le nombre d'inspections par région, là, pour l'année, là, donc, en mines :
Bas-Saint-Laurent, 27; Saguenay, 28; 604, Capitale-Nationale; Mauricie, 42;
Estrie, 36; 31 en Outaouais; Abitibi-Témiscamingue, 451; Côte-Nord, 62; Nord-du-Québec,
68; Gaspésie, 29; Chaudière-Appalaches, 46; Lanaudière, 8; Laurentides, 8; et Centre-du-Québec,
2. Donc, pour un total d'inspections de 902.
Et vous mentionner qu'on fait des
inspections, donc, sur le terrain, on fait les suivis aussi de restauration
minière, on vérifie quand il y a des dénonciations pour le non-respect des lois
et règlements. Donc, c'est... c'est l'équipe qui coordonne ces travaux. Et donc
les... le nombre a augmenté au fil des ans, là, à noter. Donc, on en avait six
en 2017‑2018 et on est rendus, en 2022‑2023, à neuf. Pour les inspections, on
est passés de 815 à 902.
M. Kelley : Parfait. Et, juste
de bien comprend, souvent, comme... si, l'année passée, dans une région, on a
eu seulement deux visites et, maintenant, il y a comme 20... je ne dis pas que
ça, c'est qu'est-ce qui est arrivé, mais, en général, ça vient souvent d'une
plainte qui est faite par quelqu'un qui travaille pour... dans la mine ou
est-ce que ça peut être des citoyens qui fait une plainte concernant quelque
chose qui passe dans, peut-être, leur cour en arrière? Je ne sais pas, mais c'est
juste : Comment il y a un flux, des fois, de l'année à l'autre, qu'il y a
plus des inspections, qu'il y a moins? Et, les neuf inspecteurs, est-ce que ça,
c'est un ajout de l'année passée ou est-ce que ça fait... excusez-moi, c'est...
est-ce que c'est plus que les personnes qu'on a eues l'année passée? Est-ce qu'on
a besoin plus des inspecteurs ou est-ce que neuf, c'est... ça, c'est... c'est
suffisant pour le territoire du Québec?
Mme Blanchette Vézina : On
considère que neuf, c'est suffisant. Mentionner que, tout à l'heure, là, je...
on parlait qu'il n'y avait pas de dénonciation, il y avait peu de plaintes. Les
inspections sont faites aussi par rapport à la planification, par rapport aux
travaux, par rapport à différentes priorisations qui est faite, et donc il y a
des secteurs, comme en Abitibi, où il y a plus de projets, donc avec plus d'inspections,
plus de sites miniers à restaurer également, donc plus de présence d'inspecteurs.
C'est en fonction aussi... C'est en fonction aussi de... du besoin terrain.
Donc, on a les équipes en place pour effectuer ces inspections.
M. Kelley : Parfait.
Maintenant, Mme la ministre, quand j'étais un jeune attaché politique, j'ai eu
le plaisir de travailler avec l'ancien ministre Pierre Corbeil, ancien maire,
aussi, de Val-d'Or, pendant l'époque où le Parti libéral a... a lancé le Plan
Nord. Alors, je sais que votre gouvernement a gardé le Plan Nord. Est-ce que
vous pouvez donner nous une mise à jour sur comment ça va avec le Plan Nord?
Est-ce qu'il y a des ajustements qui s'en viennent? Vous avez un budget pour le
Plan Nord. J'imagine, vous avez fait des dépenses pour aider des entreprises de
continuer dans leur mission de, oui, avoir une... un climat favorable à les
investissements. Alors, je veux juste entendre la ministre, sur le Plan Nord, comment
ça va.
Mme Blanchette Vézina : Merci.
Contente de pouvoir parler de cette société d'État qui fait un travail
important sur le terrain en territoire nordique, parler également de l'importance
dans l'ancrage des projets, mais rappeler aussi que le développement du Nord,
là, c'est... ce n'est pas venu nécessairement juste avec la Société du Plan
Nord. On parlait de la route Billy-Diamond tout à l'heure. Donc, ça fait partie
d'une vision d'habiter le sol québécois. Et, comme gouvernement de la Coalition
avenir Québec, c'est comme ça qu'on s'est inscrits dans le Plan d'action
nordique qui est mis en place avec la Société du Plan Nord. Donc, l'idée, c'est
de travailler avec les communautés pour les aider à... qu'on s'aide
collectivement à habiter le Nord.
Donc, ce Plan d'action nordique, on a
plusieurs actions qui ont été mises en place, là, je pourrais vous en nommer
quelques-unes, mais notamment en matière d'habitation et notamment en matière
de projets de développement. Donc, c'est un effet de levier important, la
Société du Plan Nord. Elle agit et collabore à l'aide de l'Assemblée des
partenaires, là, pour développer la priorisation. Donc, c'est par et pour les
gens qui habitent au nord du 49e parallèle. Donc, il y a plusieurs actions
qui ont été mises en place par la Société du Plan Nord en lien avec le Plan d'action
nordique.
Pour vous en donner quelques-uns, là, on a
contribué, à travers la Société du Plan Nord, à un montage financier de l'ordre
de 12 millions de dollars, mais la contribution de la <Société...
Mme Blanchette Vézina :
...de
l'ordre de 12 millions de dollars, mais la contribution de la >Société
du Plan Nord a été de 4,6 millions de dollars pour la réhabilitation du chemin
de fer de transport ferroviaire qui assure la liaison terrestre entre Sept-Îles
et Schefferville. On a offert aussi du soutien financier à hauteur de 4 millions
à un incubateur-accélérateur qui vise le développement de produits
d'entreprises touristiques nordiques avec le ministère du Tourisme. Et
d'ailleurs, en raison du succès de l'initiative, là, l'entente a été renouvelée
en mars 2023 et bonifiée de 7,5 millions par chaque partie, portant ainsi
l'enveloppe globale à 23 millions. On a des subventions qui ont été
données, de 3,4 millions, pour les travaux de construction de 32 nouveaux
logements abordables à Sept-Îles pour les familles autochtones aux études, des investissements
additionnels de 135 millions à la Société ferroviaire et portuaire de
Pointe-Noire pour poursuivre le développement de... du site puis assurer aussi
la pérennité des opérations. On a des ententes sectorielles qui s'élèvent...
qui ont permis de soutenir deux projets, pour un investissement de 624 000 $.
Donc, il y a plusieurs initiatives qui ont été mises en place grâce à cette
société, par les gens du Nord, pour les gens du Nord.
M. Kelley : Merci beaucoup.
Juste de bien comprend les dépenses pour les 32 logements à Sept-Îles,
c'était en partenariat avec des autres ministères ou est-ce que la dépense est
venue juste de la Société le Plan Nord?
Mme Blanchette Vézina : La
Société du Plan Nord, elle a un effet de levier, là, elle a un contact direct
avec les communautés à travers l'alliance des partenaires. Donc, elle aide à ce
que les projets puissent se réaliser à travers les différents... les différents
ministères, mais, souvent, elle va mettre une partie des sommes mais va aussi
impliquer d'autres ministères en fonction des réalités.
Peut-être que je pourrais laisser la
parole, si vous me permettez, là. J'ai le PDG de la Société du Plan Nord qui
est là, Patrick Beauchamp... Beauchesne... Beauchamp...
Des voix : ...
Mme Blanchette Vézina : Pardon,
pardon. Donc, PDG de la Société du Plan Nord. Avec votre consentement, il
pourrait vous partager aussi comment il fonctionne... comment est cet effet de
levier, là.
Le Président (M. St-Louis) :
Donc, nous avons consentement?
Des voix : Consentement.
Le Président (M. St-Louis) : Monsieur,
si vous voulez vous nommer ainsi que votre titre, pour le bénéfice des gens qui
nous écoutent.
M. Beauchesne (Patrick) : Merci,
M. le Président. Patrick Beauchesne, donc, président et directeur général de la
Société du Plan Nord.
Donc, un rappel des grands chiffres. Le
plan d'action 2020-2023, c'était plus de 1,4 milliard
d'investissements, 780 millions du gouvernement du Québec. Donc, vous
voyez que la Société du Plan Nord ne finance pas tout, effectivement, beaucoup
de partenariats.
Quatre grands axes d'intervention :
l'accès au territoire, la diversification économique, la protection de
l'environnement et un milieu social intéressant. Nous avons travaillé... Il y
avait 49 actions dans le Plan d'action nordique 2020-2023 plus sept
actions qui étaient déjà associées à un plan spécifique pour les Premières
Nations et les Inuits, ce qui fait un total de 56 actions. Toutes les
actions sont débutées. On est rendus à 80 % du budget qui a déjà été en
processus de dépenses, donc des travaux d'infrastructures routières, des
travaux en télécommunications, installation de fibre optique, notamment, pour
le territoire de la Côte-Nord et aussi Baie-James et Nunavik. On n'a pas loin
de 50 % du... des 14 communautés du Nunavik qui sont maintenant
branchées Internet haute vitesse, des projets de nature sociale, avec notamment
la construction du centre de... pour le traitement des dépendances Isuarsivik à
Kuujjuaq.
Donc, la Société du Plan Nord, on a axé la...
nos interventions sur l'ambition d'habiter le Nord. Et habiter le Nord, ce
n'est pas simplement le développer au niveau économique, mais c'est d'abord et
avant tout que la Société du Plan Nord et le gouvernement du Québec soient au
service des citoyens. On parle de 140 000 habitants du territoire
nordique sur 1,2 million de kilomètres carrés. Les besoins sont grands,
notamment en accès au territoire.
Et, juste pour terminer pour la filiale
économique, évidemment, on est très fiers du succès de la Société ferroviaire
et portuaire de Pointe-Noire, à Sept-Îles, qui, essentiellement, reçoit des
trains chargés de minerai de fer et remplit des navires pour l'exportation de
cette ressource naturelle là, des partenaires économiques comme Minerai de fer
Québec et Tacora Resources. C'est la consolidation de 250 emplois en
région, directs, à la Société ferroviaire portuaire de Pointe-Noire, mais
évidemment tous les emplois qui sont reliés au domaine minier. C'est un dossier
où le gouvernement du Québec a repris les actifs de Cliff Minerals, qui avait
fait faillite, et on a reconditionné le site au complet, des investissements de
315 millions, comme la ministre le mentionnait tout à l'heure, et,
aujourd'hui, c'est un fleuron de l'industrie minéralogique pour... pour le fer
au Québec.
Donc, c'est quelques exemples de... d'actions
concrètes de la Société du Plan Nord. Merci.
• (16 h 10) •
M. Kelley : Merci beaucoup.
Une question sur l'Internet haute vitesse. Est-ce que... Vous avez mentionné
trois différentes régions. Est-ce qu'on a un portrait pour le 50 % qu'il
reste? Lequel doit être... Lesquels sont, probablement, eux qui vont être
branchés le plus <rapidement...
M. Kelley :
...Lequel
doit être... Lesquels sont, probablement, eux qui vont être branchés le plus
>rapidement? Je comprends qu'il y a des défis de logistique, puis, des
fois, les communautés sont vraiment très loin des câbles fibre optique, mais c'est...
comment on va brancher cette dernière partie de 50 %? Si on n'a pas de
temps, on peut recommencer les discussions après, M. le Président.
M. Beauchesne (Patrick) :
Donc...
Le Président (M. St-Louis) : La
question s'adresse à la ministre?
M. Kelley : Est-ce qu'il y
a... Je pense qu'il y a comme... En tout cas.
Le Président (M. St-Louis) : Il
vous reste 40 secondes, M. le député. Donc...
M. Kelley : Oui. Dans
40 secondes, comment on va brancher le reste de la population de le Grand
Nord?
M. Beauchesne (Patrick) : En
fait, c'est déjà dans les planifications puisque, dans le Plan Nord, il y a des
actions en continuité. Donc, au niveau de... pour continuer à brancher le
50 % de la population du Nunavik qu'il reste, c'est un projet qu'on
appelle dans les phases Tamaani, on est rendus à la phase VI, et on
continue, donc, le branchement de ces communautés-là dans les prochains mois,
prochaines années.
Le Président (M. St-Louis) : Je
vous remercie. Le temps alloué à ce bloc étant écoulé, je reconnais maintenant
la porte-parole du deuxième groupe d'opposition. Mme la députée de Verdun, la
parole est à vous. Vous disposez de 10 min 50 s.
Mme Zaga Mendez : Parfait.
Merci beaucoup. Alors, je vais y aller sur un autre sujet. Là, on parlait des
claims. On va aller à la fin de la production. Dans le budget qui a été annoncé
dernièrement, on trouvait un élargissement des congés fiscals pour les grands
projets d'investissement... pardon, notamment les extractions minières, mais
pas seulement. Pour les minéraux critiques et stratégiques, on parle de
373 millions de cadeaux fiscaux qui vont être donnés aux entreprises.
Donc, ma question c'est : Combien
d'allègements fiscaux on a donnés pour les mines et les minéraux critiques et
stratégiques, Mme la ministre?
Une voix : ...
Mme Blanchette Vézina : On me...
On me mentionne, là, que c'est... les allègements fiscaux sont portés par le
ministre des Finances, là, par Revenu Québec même. Mais rappelons que
l'objectif derrière le développement de nos minéraux critiques et stratégiques,
c'est cette décarbonation, c'est le développement de notre filière batterie, de
notre première transformation au Québec. Donc, l'idée, c'est de permettre aux
entreprises de faire des investissements qui sont importants et qui sont
nécessaires si on souhaite développer ce... cette filière batterie.
Mme Zaga Mendez : ...d'inclure
ces allègements fiscaux pour les minéraux critiques et stratégiques? Est-ce que
ça vient de votre ministère? Est-ce que ça vient des rencontres que vous avez
faites avec l'industrie minière? Je pose la question.
Mme Blanchette Vézina : En
fait, comme pour plusieurs mesures budgétaires, là, les ministères concernés
font des analyses, et j'imagine que le ministre des Finances aura fait une
analyse appropriée des impacts... je suis certaine, en fait, et convaincue
qu'il l'aura faite, sur des recommandations, aussi, qui sont portées pour le
développement de cette filière qui est importante pour... pour l'économie
québécoise.
Mme Zaga Mendez : OK. Je ne
parle pas si le développement est important ou pas. Est-ce que vous avez fait
cette demande-là? Est-ce que vous avez été consultée dans l'objectif d'alléger
les redevances fiscales des entreprises... des congés fiscaux?
Mme Blanchette Vézina : En
lien avec cette demande, c'est des partenaires qui font... qui font des
revendications. Il y a des revendications qui ont été faites. Mais nous, on a
des échanges avec le ministre des Finances lors du budget, puis, comme pour les
autres demandes, il y a des analyses qui sont faites de façon transversale
entre les ministères. Je... tu sais, je vous inviterais à poser la question,
peut-être, au ministre des Finances si... lorsqu'il aura les crédits.
Mme Zaga Mendez : Ce qu'on va
continuer à faire. C'est juste que ça me surprend un peu aujourd'hui d'entendre
la ministre, mais on va continuer. C'est parce qu'on est en train de donner des
cadeaux fiscaux à des... à des entreprises multimilliardaires, c'est ça, des
Glencore de ce monde, des Rio Tinto Alcan de ce monde. On a vu que plusieurs
groupes financiers... en fait, il y a une implication de groupes financiers qui
sont liés au crime organisé, au blanchiment d'argent, qui a été... qui ont été
rencontrés par le ministre de l'Économie. On a des multinationales qui
arrivent, qui ont... qui sont très présentes dans les paradis fiscaux.
Alors, ma question pour la ministre :
Est-ce qu'elle pourrait s'engager à cesser toute aide publique aux entreprises
qui sont enregistrées aux paradis fiscaux?
Mme Blanchette Vézina : Les
mesures budgétaires qui sont en place pour permettre ce développement de la
filière batterie, c'est... c'est aussi en lien avec ce qui se développe aux
États-Unis puis pour être compétitifs, pour attirer des <investissements...
Mme Blanchette Vézina :
...ce
qui se développe aux États-Unis puis pour être compétitifs, pour attirer des >investissements
au Québec, pour permettre que notre développement se fait... se fasse
correctement. Donc, pour nous, c'est sûr qu'on travaille en collaboration. Puis
le souhait, c'est... c'est de développer et d'être compétitifs pour que les
investissements étrangers puissent venir au Québec pour développer nos minéraux
mais avoir aussi une première transformation au Québec.
Puis soyez rassurée que les... l'idée de...
d'avoir des paradis fiscaux, ce n'est pas quelque chose qui... ce n'est pas
quelque chose qui est positif, là, du tout, puis ce n'est pas des
investissements qu'on souhaite avoir, des paradis... Tu sais, je veux faire une
nuance, là, ici, là, les investissements étrangers, ceux qu'on développe avec
Économie, les partenariats, ce sont des entreprises crédibles qui font... qui
font les projets, là.
Mme Zaga Mendez : Mais,
si le souhait est d'être compétitifs, donc on allège les mesures fiscales parce
qu'on veut attirer plus des entreprises ici, vous... Est-ce que la ministre
trouve qu'on n'est pas déjà assez compétitifs? Là, on... On parlait tantôt de
claims, puis la rapidité, puis la facilité pour claimer le territoire, puis je
veux vous parler de redevances. Vous ne trouvez pas qu'on n'est pas assez
compétitifs, avec tous les cadeaux qu'on donne déjà aux entreprises pour
s'installer au Québec?
Mme Blanchette Vézina : Il
y a des mesures qui sont mises en place pour encourager l'entrepreneuriat,
encourager aussi le développement de... des entreprises. Je pense que c'est
important pour les Québécois aussi, là, d'avoir un... une industrie minière qui
est dynamique, qui est compétitive, d'avoir un environnement d'affaires qui
permet des investissements, des investissements éthiques. Donc, on veut être
attractifs. C'est important qu'on le soit. Et nous, comme gouvernement, on
croit que ces mesures sont pertinentes pour permettre un environnement
d'affaires intéressant dans l'industrie minière.
Mme Zaga Mendez : Est-ce
que la ministre est d'accord que plus on est attractifs, plus on va encourager
les entreprises à venir au Québec, plus on va avoir des villages au complet qui
vont être claimés, comme qu'est-ce qu'on a vu à Shawinigan?
Mme Blanchette Vézina : Je
pense, c'est important de comprendre qu'avant d'arriver à une mine c'est
plusieurs centaines de millions et milliards d'investissements. Comme
Québécois, on a besoin de ces investissements de d'autres entreprises qui vont
venir nous aider à développer nos minéraux, sécuriser notre chaîne
d'approvisionnement, celle de nos partenaires aussi, on travaille avec les
États-Unis, notamment, qui... mais pour la première transformation également. C'est
un... C'est un potentiel qui est important pour le Québec, mais on va le faire
correctement. Puis c'est pour ça que, les consultations, on les fait en ce
moment, c'est pour s'assurer qu'on fait ce développement harmonieux, qu'on
continue de le faire dans le meilleur intérêt des Québécois.
Donc, le meilleur intérêt des Québécois,
c'est... est-ce que c'est de prélever des minéraux à l'extérieur de... du... des
États-Unis ou de l'Amérique du Nord, là où il y a des normes éthiques qui sont
moins grandes que les nôtres, ou c'est de développer nos minéraux ici, puis de
sécuriser cette chaîne d'approvisionnement là, puis de s'assurer qu'on le fait
dans le respect des normes éthiques? Pour y arriver, bien, on veut un
environnement d'affaires qui est intéressant, parce qu'on veut tous décarboner
notre économie et le faire de manière respectueuse, toujours dans le meilleur
intérêt des Québécois.
Mme Zaga Mendez : Merci.
Merci, Mme la ministre. Juste, parce que... comme il ne reste pas beaucoup de
temps, de respecter la longueur de la réponse en proportion de la durée de la
question.
Mme Blanchette Vézina : Je
vais... Je vais faire attention.
Mme Zaga Mendez : Donc,
Mme la ministre nous parlait qu'on a tout à gagner. On est quand même... On a
quand même des redevances minières qui sont assez basses. Si on regarde, par
exemple, la valeur de ce que les minières ont extrait en 2021, on parle de
9,9 milliards de dollars, puis c'est juste 10 % de tout ça que les...
qu'on reçoit, que le ministère reçoit en redevances minières. Si on veut
travailler pour les Québécois et Québécoises, est-ce que la ministre serait
d'accord qu'il faut augmenter les redevances minières puis laisser... puis
arrêter de demander des pinottes pour nos ressources naturelles?
Mme Blanchette Vézina : Peut-être
que vous considérez que 926 millions, c'est des pinottes, mais, pour les
Québécois, je ne pense pas que c'est des pinottes. En 2021, c'est ça qu'on a
reçu comme redevances, et c'est en croissance. Comme je vous l'ai mentionné,
les choses sont sur la table également, là. Donc, l'idée, c'est d'améliorer
notre régime. Mais moi, je considère que 926 millions de redevances, c'est
un sommet depuis 2014 et c'est un montant qui est important. Et ça, ça va pour
l'ensemble de notre économie et des services aux Québécois.
Mme Zaga Mendez : Et
comment sont utilisés ces 900 millions? Comment vous l'utilisez, ce
900 millions en redevances?
• (16 h 20) •
Mme Blanchette Vézina : Ça
va... Ça va dans le fonds consolidé du revenu. Il y a une partie qui sert aussi
au développement de la stratégie des minéraux critiques. Là, je pourrais voir
le détail, peut-être, de ce qu'on fait avec les redevances, là, avoir un peu
plus de précisions, mais... mais ça sert aux services aux citoyens.
Mme Zaga Mendez : Si ça
s'en va dans la stratégie de développement, est-ce que ça s'en va dans les
baisses d'impôt? Parce qu'on est en train de se priver de <revenus...
Mme Zaga Mendez :
...dans
les baisses d'impôt? Parce qu'on est en train de se priver de >revenus.
Est-ce que ces redevances-là sont en train d'aller pour... comme des cadeaux,
des subventions indirectes qu'on est en train de donner aux minières? Mme la
ministre?
Mme Blanchette Vézina : Oui.
Bien, je veux juste m'assurer de vous donner des chiffres de répartition qui
sont justes, là.
Des voix : ...
Mme Blanchette Vézina : Peut-être
que vous pourriez juste le préciser, là. Question de s'assurer qu'on donne une
information qui est juste, je vous permettrais, avec... Est-ce que j'ai besoin
de redemander le consentement?
Mme Zaga Mendez : Il nous reste
45 secondes, je pense.
Mme Blanchette Vézina : Aller
rapidement, là.
Mme Camden (Nathalie) : Donc,
les redevances servent à financer les activités du ministère de même que nos
programmes de subventions. Donc, le budget du secteur des mines est d'environ
60 millions, incluant les dépenses de transfert. Il y a 3,2 millions
qui est en crédits, et le reste, c'est dans le fonds.
Mme Zaga Mendez : Merci. Il
me reste une minute. Alors, bien, moi, ce que j'entends, c'est qu'on reçoit des
redevances qui ne sont pas suffisantes, parce que 900 millions, c'est un pourcentage
minime comparé aux milliards de dollars que les entreprises extraient du
Québec. On est en train de développer une stratégie, là, qui va augmenter la
pression sur nos territoires, une stratégie qui va continuer à donner des
allègements fiscaux aux entreprises. Puis, tantôt, Mme la ministre nous disait :
Oui, ces millions-là vont aller aux Québécois, mais ces millions-là ne s'en
vont pas dans nos régions directement, les redevances ne sont pas reçues par
nos MRC, ne sont pas reçues par les municipalités qui vivent avec l'ensemble
des conséquences des activités d'exploration ou d'exploitation minière. Je ne
comprends pas comment, en 2023, on continue avec... avec cette logique que le
Québec, c'est une colonie qu'on vend, hein, le «free mining», on va... on
accélère l'arrivée des claims, on n'a pas assez de redevances puis on laisse
les compagnies faire. C'est ça qu'est en train de nous dire la ministre
aujourd'hui.
Le Président (M. St-Louis) : Malheureusement,
le temps est écoulé, Mme la députée. Merci, Mme la ministre. Nous allons passer
à la prochaine intervention. Je reconnais maintenant le porte-parole de
l'opposition officielle.
M. Kelley : Merci beaucoup,
M. le Président. Je veux juste reviens sur la question. Pour rebrancher... Pour
brancher des gens, vous avez... me donner une... que, s'il y a un plan pour le
faire... mais est-ce que la Société de le Plan Nord a un échéancier pour
combien de temps ça va prendre pour brancher tout le monde dans le Grand Nord?
Une voix : ...
Mme Blanchette Vézina : Oui,
c'est ça. Peut-être, je laisserais la parole au PDG, qui va pouvoir avoir
l'information juste pour vous.
M. Beauchesne (Patrick) : Est-ce
que j'ai... je dois me représenter?
Le Président (M. St-Louis) :
Allez-y, allez-y.
M. Beauchesne (Patrick) : Oui?
Le Président (M. St-Louis) : Non,
ça va.
M. Beauchesne (Patrick) : Donc,
Patrick Beauchesne, président et directeur général de la Société du Plan Nord.
Donc, il y a... Dans les étapes de
branchement des communautés, évidemment, les défis sont immenses, le terrain...
le territoire est immense, les impacts... les... le climat est difficile aussi
pour l'installation de ça, ce qui fait que d'avoir une desserte avec un câble
sous-marin fibre optique qui est... qui est mis en place dans le fond... Ensuite,
quand on arrive vis-à-vis les communautés, on fait des stations terrestres pour
brancher, ensuite, de maison à maison. Il faut travailler... Les échéanciers
sont difficiles à prévoir parce qu'on travaille avec les aléas du climat.
Parfois, les périodes d'attente sont... sont très longues. Actuellement, ce qui
est visé pour la dernière phase des travaux, c'est sur un horizon, je dirais,
de trois à cinq ans.
Dans l'intervalle, on ne laisse pas les
communautés sans communication Internet, ce qui fait que les communautés qui
sont branchées actuellement, de Whapmagoostui jusqu'à Puvirnituq, donc sur la
côte ouest, baie James, baie d'Hudson, c'est par fibre optique, c'est
opérationnel, c'est fonctionnel. Pour les communautés plus nordiques jusqu'à Kuujjuaq
et de Kuujjuaq à Schefferville, dans l'intermédiaire, il y a le renouvellement
des ententes satellitaires qui permet une desserte de communication Internet.
Et ultimement il y aura aussi un lien terrestre, donc un câble de fibre optique
entre Schefferville et Kuujjuaq, qui sera déroulé sur le terrain pour desservir
l'ensemble des populations. Donc, il y a des échéanciers, je vous dirais,
approximatifs, mais, encore une fois, travailler au Nord, c'est tout un défi,
donc c'est très difficile d'arriver avec un échéancier qui est très détaillé.
M. Kelley : Puis j'imagine
que c'est de plus en plus difficile de bien chiffrer comment un projet...
comment... le montant qu'un projet va coûter, à cause de l'inflation puis aussi,
des fois, juste des questions de la main-d'œuvre, et tout ça. Est-ce que les coûts ont augmenté <beaucoup...
M. Kelley :
...Est-ce
que les coûts ont augmenté >beaucoup pour ces projets-là ou...
M. Beauchesne (Patrick) : Je...
Peut-être qu'on est sur une bonne étoile, à la Société du Plan Nord. Je vous
dirais que le respect des budgets est quand même très intéressant. Il n'y a pas
tant de dépassements de coûts sur ce type de projets là. On n'est pas à l'abri
de ça, on est vigilants, on essaie de minimiser les risques, mais, vraiment, on
est proches des enveloppes qui étaient initialement prévues.
M. Kelley : Parfait. Bien,
c'est, bien sûr, une priorité. C'était juste une question. Il faut brancher
tout le monde. On sait, si jamais... Et je sais que... Monsieur, vous avez eu,
j'imagine, des expériences de faire une rencontre de Zoom avec des Inuits dans
certaines de leurs communautés dans le Grand Nord. Ça dépend si le satellite
est directement en haut de nous, sinon, peut-être, la connexion va être moins
forte, puis c'est difficile de faire ça. Mais c'est un vrai défi.
Particulièrement, je pense que les Inuits... que cette capacité d'être branchés
puis connectés à l'Internet, c'est... ce n'est pas toujours évident. Mais merci
beaucoup pour votre réponse.
Mme la ministre, je vais maintenant faire
le... la prochaine partie, c'est la vraie étude des crédits. Vos fonctionnaires
a préparé plusieurs tableaux pour nous sur comment votre ministère a dépensé
l'argent avec certains contrats, avec certains voyages. Alors, je pense, c'est
important de poser ces questions sur comment — vous puis votre équipe — est
dépensé l'argent des contribuables du Québec.
Puis je veux juste commencer, parce que,
quand j'ai vu le chiffre... je comprends, il y a un grand nombre de personnes,
mais la participation... et je suis dans le cahier des crédits des
renseignements généraux, je suis sur la page 31, et c'était, là, «Participer
au congrès annuel de la Prospectors & Developers Association of Canada dans
le but de promouvoir le secteur minier québécois», un coût de... excusez-moi,
73 000 $ pour un voyage de quatre jours. Je vois une grande liste, mais
je trouve que ça, c'est une dépense pas mal majeure quand on regarde, comme, le
premier ministre qui a voyagé à Dakar à un coût de 100 000 $ pour une
équipe similaire.
Alors, c'est juste : Pourquoi ça a
coûté, comme, un montant, je trouve, pas mal impressionnant pour une conférence
de quatre jours? Est-ce que vous pouvez expliquer cette dépense-là et pourquoi
ça a coûté environ 73 000 $?
Mme Blanchette Vézina : Je
suis contente qu'on parle des crédits, parce qu'en fait, tu sais, l'exercice
qu'on fait aujourd'hui, c'est aussi à ça que ça sert. Donc, comprendre que le
but du voyage de... du PDAC, là, l'acronyme de Prospectors & Developers
Association of Canada, c'est de promouvoir le secteur minier québécois puis de
confirmer aussi, à l'échelle nationale et mondiale, l'importance du minier, du
développement minier pour le Québec.
Je vous l'ai mentionné à plusieurs
reprises lors de l'étude des crédits, c'est... on s'est dotés d'un plan... d'un
plan de développement de nos minéraux critiques et stratégiques, et l'objectif,
c'est de s'assurer qu'on mette en place les mesures pour développer ce plan. Et
de participer à ce congrès annuel, mais surtout de développer des partenariats,
de mettre de l'avant le Québec comme réel joueur de... dans le développement de
la filière batterie puis des minéraux critiques et stratégiques, c'est
important, c'est une priorité pour notre gouvernement. Et le PDAC sert à
développer ces partenariats-là, à mettre de l'avant l'importance et le
leadership du Québec quand on parle de développement de minéraux critiques et
stratégiques.
• (16 h 30) •
M. Kelley : Puis, pour le
montant, est-ce que ça explique, comme... Toronto, qui est juste... on peut
juste prendre un train puis on est là dans cinq heures environ — du
Québec, c'est probablement plus, environ, huit heures, mais, bref, on peut
prendre le train. Je veux juste comprends le montant. C'est... c'est quand même
élevé quand on regarde des autres missions. C'est vraiment lié à le nombre des
personnes? Est-ce que tout le monde a pris un vol? Est-ce que c'était une
question... les coûts de les hôtels? Parce que, quand je regarde que... Et
certains membres de votre équipe a fait un voyage en... Sydney, Australie pour
15 000 $, qui est pas mal plus loin que Toronto, M. le Président. Et
je sais que la délégation était plus petite. Je veux juste bien comprends comment
il y a eu, comme, une différence dans ces types de coûts là.
Puis aussi, quand je regarde les
différentes missions, les missions en Australie, à Sydney, c'était moins
coûteux de... voyage à Paris et, quand même, à <Vancouver...
>
16 h 30 (version révisée)
<17951
M.
Kelley :
...voyage à Paris et, quand même, à >Vancouver.
Alors, je veux savoir c'est qui, votre agent de voyages, parce que ça, c'est
pas mal impressionnant, je trouve. Alors, juste une question encore, est-ce que
le nombre des personnes qui étaient présentes, pour ce congrès, était
nécessaire? C'est pas mal une grande équipe.
Mme Blanchette Vézina : Donc,
pour cette année financière, là, il y avait 19 personnes du ministère. Les
frais, la ventilation, là, on parle de frais de transport, mais principalement
d'hébergement, un voyage... puis de kiosques également. La présence, au PDAC,
du Québec, elle est importante. Les ressources naturelles, ce sont de... c'est
de compétence provinciale. Donc, rappelons-le, notre présence, au sein du
Canada, comme étant un leader, elle est importante puisqu'elle permet d'affirmer
cette compétence qu'on a, le Québec, et ce leadership qu'on a pour... le Québec,
pour développer ces partenariats. Ça prend des gens pour rencontrer les
investisseurs, prendre le temps avec eux de bien expliquer comment on fait les
choses au Québec. Donc, on veut s'assurer d'offrir un service qui permet
réellement d'avoir des investissements et des retombées pour les Québécois.
Donc, cette présence, elle est importante, particulièrement au PDAC, puisqu'elle
permet de positionner le Québec comme un leader dans le développement des
minéraux critiques et stratégiques.
D'ailleurs, le gouvernement fédéral, suite
au leadership du Québec, a adopté lui-même ce plan, un plan pour le
développement également des minéraux critiques et stratégiques. Donc, le
Québec, on veut affirmer, et on le fait haut et fort, qu'on est les leaders
canadiens en matière de développement des minéraux critiques et stratégiques,
et cette présence-là, elle est importante pour l'affirmer au sein de la
fédération canadienne.
M. Kelley : Merci, Mme la
ministre.
Mme Blanchette Vézina : On
fait aussi, peut-être vous mentionner, une journée, j'étais en train d'oublier,
une journée Québec pour les investisseurs également. Donc, on veut s'assurer de
pouvoir répondre aux questions, d'avoir la délégation nécessaire pour répondre
concrètement aux questions qui sont posées par les investisseurs.
M. Kelley : Parfait. Merci
beaucoup. Question, maintenant, je suis rendu sur la page 51, encore, c'est
sur les contrats qui étaient donnés. C'est... on a le tableau devant nous, avec
le titre Secteurs adjudicateurs puis montants, puis objet du contrat. Puis il y
a une pour unité centrale, Caméléon Designer inc., c'est un contrat de 24 671 $
pour la réalisation d'un design de document, Choisir le secteur minier du
Québec. Comment une décision est prise pour aller chercher l'expertise à l'extérieur
du ministère? Et est-ce que le ministère n'a pas les capacités pour réaliser ce
type de document?
Mme Blanchette Vézina : Pour
ce qui est... dépendamment, là, bien sûr, du moment, des équipes disponibles,
de la spécialité des équipes, il arrive qu'on fait affaire à l'externe pour
réaliser différents mandats. Donc, ce contrat-là s'inscrit justement dans les
contraintes que nous pouvons avoir, où nous pouvions avoir à ce moment. Puis ç'a
été bien sûr fait en conformité avec les règles d'attribution des contrats.
M. Kelley : Parfait. Puis
après ça, j'imagine pour le... pour imprimer un document comme ça, c'était fait
à l'interne, pas par l'entreprise, ou est-ce que tout ça a été fait par... avec
le même contrat?
Mme Blanchette Vézina : En
fait, on a attribué le contrat, là. Sur le détail du contrat, là, je ne l'ai
pas devant moi, ça fait que je pourrais difficilement vous dire l'ensemble des
tâches qui ont été attribuées, mais on pourra, au besoin, vous revenir, là. C'est,
de toute façon, disponible en accès à l'information, il n'y a pas de problème,
là. Donc, je m'engage à ce qu'on fournisse l'information sur le détail du
mandat.
Le Président (M. St-Louis) :
Donc, vous vous engagez à fournir l'information à la commission aussitôt
qu'il...
Mme Blanchette Vézina : Exact.
Le Président (M. St-Louis) : Merci.
Mme Blanchette Vézina : Par
rapport à la réalisation du design du document, Choisir... C'est bien,
hein, M. le député? Parfait.
M. Kelley : Oui, c'est ça.
Alors, si c'est possible, encore, c'est juste de bien comprendre le contrat,
les dépenses, alors toute information que vous êtes capables de fournir, si ce
n'est pas aujourd'hui, plus tard, ça va être génial.
Dans le même tableau, on parle de le Marketing
Face à Face pour environ 8 000 $ pour l'animation de «stands» pour le
PDAC. Alors, ça, c'est la conférence où on a envoyé toute une délégation. On a
embauché quelqu'un pour animer le kiosque du Québec ou est-ce que c'était
quelqu'un qui a aidé le ministère à préparer le kiosque? Je veux juste bien
comprendre le montant, le contrat, la raison pourquoi on a <embauché...
M. Kelley :
...
pourquoi on a >embauché des gens pour faire l'animation — ou
est-ce qu'ils ont fait l'animation, ou ont guidé les missions en animation?
Mme Blanchette Vézina : L'animation,
là, du... du Québec, là, a été faite par une firme externe, puisque, comme je
vous le mentionnais, à l'interne, on n'avait pas nécessairement les effectifs
ou les compétences requises dans ce cas-ci. Donc, c'était vraiment pour
accompagner les investisseurs, s'assurer qu'ils aient une expérience
intéressante. Quand on veut faire du marketing, c'est important qu'on se fasse
accompagner puis qu'on s'assure d'avoir des pratiques qui permettent que les
investisseurs se sentent bien accompagnés. Donc, c'est ce qu'on a fait pour...
pour ce contrat-là, avec Marketing Face à Face.
M. Kelley : Parfait.
Maintenant, sur la page 53, j'ai un tableau devant moi où il y a un
contrat pour l'Institut national de la recherche scientifique pour environ
19 000 $. C'est juste parce que les acronymes, je ne comprends pas
trop, M. le Président, mais une consultation relative aux protocoles
d'utilisation de XRF appliquée aux rocheuses et aux sédiments glaciaires.
Alors, ça semble que... Est-ce que c'est une technologie très précise? C'était
quoi, la nécessité pour ça, encore? Je n'ai aucune idée c'est quoi, un XRF,
alors je veux savoir, c'est quoi exactement.
Mme Blanchette Vézina : Oui.
Il s'agit d'analyses, là, qui ont été faites pour... pour des sédiments. Mais,
si vous me permettez, comme c'est plus technique, là, je vais laisser Mme Camden
répondre à votre question.
M. Kelley : Oui, oui, oui.
Vas-y, vas-y.
Mme Camden (Nathalie) : Oui,
c'est un contrat qu'on donne à l'INRS pour pouvoir analyser des roches qu'on
recueille dans nos travaux géoscientifiques. Donc, c'est des nouvelles façons
de faire qui sont développées par le milieu universitaire. Puis comme on ne
dispose pas de l'expertise à l'interne, on va à l'externe, puis on fait souvent
affaire avec nos partenaires, là, du milieu universitaire.
M. Kelley : Parfait. Puis je
vois, il y a plusieurs contrats avec les différentes universités, puis je pense
que, bien, ce n'est pas une mauvaise chose d'aller chercher l'expertise où on
peut retrouver. Puis j'imagine, juste de bien comprendre, comme, je regarde
comme sur la page 64 et 65, on a, comme plusieurs différents contrats avec
Ecce Terra, arpenteurs-géomètres. Puis il y a plein des différents contrats qui
étaient octroyés. Pourquoi ce n'était pas fait dans une soumission plus
globale? Est-ce que c'est nécessaire d'y aller à... projet à projet? Est-ce
qu'eux autres ont une expertise dans certaines régions? Parce que je vois des
travaux qui étaient faits dans les municipalités de Sainte-Claire,
Sainte-Croix, un petit peu partout. Alors, c'est juste... quand j'ai lu le
tableau, Mme la ministre, c'est juste bien comprendre pourquoi on a, comme,
plusieurs différents contrats avec la même firme pour qu'est-ce qu'il me
semble, quand je regarde l'objet de contrat, est pas mal similaire. Est-ce que
c'est lié à le fait que c'est fait avec différentes municipalités pas mal
chaque... chaque fois? Et est-ce qu'eux autres ont une technologie, quelque
chose, une spécialité qui est nécessaire pour exercer ce type de travaux?
Mme Blanchette Vézina : En
fait, les contrats, là, dont vous parlez sont à la page 64, hein, c'est ce
que...
M. Kelley : ...64, 65, il y a
différentes places que je trouve, quand même — 63 — que je
trouve le nom d'une entreprise, mais ça répète un petit peu qu'il y a des
différents noms répétés à plusieurs fois avec les contrats qui étaient
octroyés. Pourquoi ce n'est pas juste un contrat?
Mme Blanchette Vézina : Si
vous me permettez, je vais demander au sous-ministre associé au territoire, là,
M. Gaudreau, de répondre précisément à votre question.
• (16 h 40) •
M. Gaudreau (Daniel) : Oui.
Daniel Gaudreau, sous-ministre associé infrastructure foncière, information
géospatiale.
L'ensemble des contrats que vous voyez aux
pages 55 et suivantes, c'est des contrats en lien avec la rénovation
cadastrale. L'ensemble de la rénovation cadastrale a été fait avec le... un
partenariat avec l'ensemble des firmes privées en arpentage, cadastre, donc,
des firmes d'arpenteurs-géomètres partout au Québec. Et ici c'est des mandats
de vérification.
Un des enjeux qu'on a en lien avec la réno
cadastrale, c'est toute la question de la validation, les vérifications. On a
d'ailleurs eu des observations du Vérificateur général du Québec à cet
égard-là. Donc, c'est des mandats qui sont donnés à différentes firmes qui sont
dans certaines régions en fonction de leur expertise, de façon à revenir
valider les informations qui nous ont été acheminées. Donc, on est vraiment
dans un processus de contrôle a posteriori, de façon à s'assurer des résultats
qu'on veut atteindre en matière de rénovation <cadastrale...
M. Gaudreau (Daniel) : ...a
posteriori, de façon à s'assurer des résultats qu'on veut atteindre en matière
de rénovation >cadastrale au Québec.
M. Kelley : Parfait. Je pense
que ça répond à ma question, puis je n'ai pas beaucoup de temps qui reste.
Alors, je veux juste rapidement dire, merci, Mme la ministre, et à votre équipe
pour vos réponses. Je pense que c'était un très bon échange qu'on a eu
aujourd'hui, et merci à vous aussi, M. le Président.
Le Président (M. St-Louis) : Merci,
M. le député. Le temps étant écoulé de ce bloc d'intervention, je reconnais
maintenant la porte-parole du gouvernement. Mme la députée d'Iberville, la
parole est à vous. Vous disposez d'un temps de 14 min 45 s.
Mme Bogemans : Merci beaucoup
de me laisser continuer ma question de tout à l'heure, M. le Président. Donc,
je parlais de la route Billy-Diamond, de plus de 600 kilomètres, qui monte
vers la Baie-James, et qu'on appelait justement autrefois la route de la Baie-James.
C'est une route qui relie les communautés cries, qui est utilisée par
Hydro-Québec mais aussi les entreprises minières et forestières de la région et
qui mène jusqu'à la route Transtaïga. J'étais justement en train de recommander
aux gens de ne pas faire le voyage dans cette direction pour le plaisir, étant
située à plus de 750 kilomètres de la ville la plus proche. C'est la
distance d'ailleurs la plus éloignée d'une ville par la route qu'on peut
trouver carrément en Amérique du Nord. Il faut reconnaître que le Québec est
vraiment grand, puis c'est un privilège, je pense, qu'on a d'être les gardiens
législatifs, là, en ce sens, également. Je suis également très fière de
l'annonce qu'il y a dans le PQI, dans le plan de développement du territoire
nordique pour les grands projets qui sont annoncés, justement, à la page B.94
du PQI, plus précisément sur la route Billy-Diamond.
Mme la ministre, je voulais savoir si vous
pouviez nous parler des actions qui ont été prises par le... gouvernement,
pardon, pour la pérennité de cette route-là, mais aussi pour la sécurité des
usagers, surtout en lien avec le transport lourd des marchandises.
Mme Blanchette Vézina : Merci.
J'apprécie la question de la collègue. Ça me permet de mentionner et de
réitérer combien cette route, elle est importante pour habiter le Nord. On a
entendu le PDG de la Société du Plan Nord tout à l'heure, et le collègue poser
des questions quant à cette route. C'est une route qui est importante pour habiter
le Nord, pour développer notre Nord. Donc, on a un important programme de
réfection qui est en cours pour assurer la sécurité des usagers et la pérennité
de cette route stratégique. Donc, entre 2015-2026, c'est près de 34... 334,
pardon, millions qui auront été investis pour des travaux de réfection, dont
112,2 millions qui proviennent du fédéral et 223 millions du Québec.
Donc, on veille à ne pas négliger cet axe routier qui est si important pour le
transport potentiel de certains minéraux. Il y a des travaux qui sont réalisés
conformément, bien sûr, aux normes gouvernementales en vigueur et qui tiennent
compte des meilleures pratiques du domaine dans le choix des matériaux, qui
assurent la résilience de l'infrastructure en fonction du climat futur, la majoration
des débits pour les ponceaux également.
Vous posez la question par rapport au
transport lourd, ça représente plus de 40 % des usages de cette route.
C'est une proportion qui va augmenter, dans les prochaines années, avec l'essor
du développement de la région. Donc, pour limiter l'impact du transport lourd
sur cette infrastructure, le gouvernement a mis en place, avec les principaux
transporteurs, une démarche qui permet de monitorer la période de dégel à
chaque printemps et de limiter aussi les charges qu'ils transportent pendant
cette période. Il y a des démarches qui sont en cours aussi avec les
partenaires du projet ainsi qu'avec le gouvernement du Canada pour poursuivre
la réfection de la route dans le cadre d'une seconde phase de travaux. Et cette
seconde phase de travaux est inscrite à l'étape de planification, là, comme la
collègue le mentionnait, au PQI, le Plan québécois des infrastructures. Cette
seconde phase inclurait aussi la réhabilitation de la portion nord de la
chaussée, le remplacement de ponceaux déficients, ainsi que différentes
interventions qui visent à améliorer la visibilité des usagers.
Donc, est-ce que vous pourriez me
permettre de donner le consentement... en fait, de donner la parole, pardon, au
sous-ministre associé à la Gouvernance et à la Coordination des interventions
pour nous faire part de certains éléments techniques? Un appui de députés...
Accordé?
Le Président (M. St-Louis) : Il
y a consentement. Je vous demanderais simplement de vous nommer, suivi de votre
titre, s'il vous plaît.
M. Breault (Martin) : Merci. Donc,
Martin Breault, je suis sous-ministre associé à la Gouvernance, à la
Coordination des interventions au ministère.
Donc, simplement mentionner, en complément
d'information, comme la ministre l'indiquait tantôt, on est en train de
travailler, là, sur le développement d'une phase II pour les travaux. On
est en discussion avec le gouvernement fédéral aussi pour obtenir du
financement. Cette phase-là visera à compléter les travaux, si elle se réalise,
là, sur la partie nord de la route et également le chemin menant jusqu'à
Chisasibi. Merci.
Le Président (M. St-Louis) : Merci,
M. le sous-ministre associé. Pour la prochaine intervention, je <reconnais...
Le Président (M. St-Louis) :
...intervention,
je >reconnais... Est-ce que vous aviez terminé, Mme la ministre?
Mme Blanchette Vézina : Oui,
ça va. Merci.
Le Président (M. St-Louis) : Je
reconnais le député de Gaspé. La parole est à vous.
M. Sainte-Croix : Merci, M.
le Président. Permettez-nous de renouveler nos salutations à Mme la ministre et
puis de saluer nos collègues de la Société du Plan Nord. Merci d'être ici
aujourd'hui, on l'apprécie.
Donc, ma question portera précisément sur
la Société du Plan Nord. Mme la ministre, le 14 avril dernier, vous,
la Société du Plan Nord, avez annoncé, conjointement avec votre collègue la
ministre responsable de la région de la Côte-Nord, le soutien financier de 34 projets
nordiques d'envergure issus de toutes les régions du territoire nordique du
Québec. C'est une très bonne nouvelle, on s'entend sur ce point, assurément. On
voit que notre gouvernement s'occupe des régions et, dans ce cas très précis,
des régions nordiques. Donc, on apprécie beaucoup votre accompagnement à ce
niveau-là. D'ailleurs, la Société du Plan Nord a pour mission de contribuer au
développement intégré et cohérent du territoire nordique québécois, et ce,
conformément aux orientations définies par notre gouvernement. Elle le fait en
concertation avec les représentants des régions et des nations autochtones
concernées ainsi que du secteur privé.
La Société du Plan Nord a élaboré
l'enveloppe d'opportunité en 2020, dans le cadre d'un plan d'action nordique.
Ce nouvel outil financier vise à soutenir des projets majeurs qui répondent à
des priorités des communautés nordiques qui émergent en cours de mise en œuvre.
Ces projets s'inscrivent dans l'une des orientations du Plan d'action nordique,
soit l'accès optimisé au territoire nordique, le développement d'un tissu
économique fort et diversifié, la... promotion, pardon, d'un milieu de vie
attractif et dynamique et la conservation de l'environnement nordique. Il vise
aussi à fournir les outils appropriés aux communautés concernées afin qu'elles
habitent pleinement leur territoire, car l'occupation de ce grand territoire
qu'est le Québec est importante. En effet, cette annonce a une enveloppe de
28,8 millions de dollars. Les fonds proviennent de l'enveloppe
d'opportunité du Plan d'action nordique 2020-2023, qui, justement, sont gérés
par la Société du Plan Nord.
Mme la ministre, de ces 34 projets
sélectionnés, il y en a 19 qui sont issus de la Côte-Nord, quatre du Saguenay—Lac-Saint-Jean
et 11 du Nord-du-Québec. Les projets que vous avez soutenus par l'entremise de
la Société du Plan Nord ont été sélectionnés sur la base de critères rigoureux.
En effet, une note détaillée et basée sur 11 critères d'analyse permet aux
membres du comité de direction d'évaluer chacun de ces projets. Mme la
ministre, l'enveloppe d'opportunité est un outil financier inclus dans le Plan
d'action nordique 2020-2023 qui mérite d'être souligné. Cette enveloppe
permet une marge de manœuvre budgétaire afin de répondre aux enjeux, aux
nouveaux enjeux identifiés par les acteurs du territoire pendant la période 2020-2023.
Mme la ministre, pourriez-vous nous en dire plus sur l'enveloppe d'opportunité
de cette Société du Plan Nord du Québec?
Mme Blanchette Vézina : Merci,
cher collègue, pour la question. Effectivement, je suis contente de pouvoir
parler de l'enveloppe d'opportunité, parce que c'est une enveloppe qui est
agile, qui permet de soutenir, là, des projets, des projets d'envergure dans le
Nord québécois, donc, on parlait de projets qui sont sur la Côte-Nord, le
Saguenay, le Nord-du-Québec et la région, aussi, Baie-James. Donc, cette
enveloppe d'opportunité, elle vise des projets spécifiques pour lesquels la
Société du Plan Nord contribue. Et ça, c'est des projets qui sont à au moins
100 000 $. Donc, quand je vous parlais d'un impact réel, des projets
d'envergure, c'est un exemple de projets d'envergure.
Donc, ce qu'on a annoncé, effectivement,
c'est 34 nouveaux projets. Il y en avait eu neuf avant qui avaient déjà
été annoncés. Ça s'inscrivait, bien sûr, dans notre plan d'action nordique,
avec les orientations qu'on avait, c'est-à-dire l'accès optimisé au territoire,
le tissu économique fort diversifié, un milieu de vie attractif et dynamique,
un environnement nordique à conserver, donc, et ça, ça s'inscrit aussi dans des
thématiques qui sont priorisées par l'assemblée des partenaires, là, qui
développent la priorisation. Donc, on parle de l'énergie, l'environnement, la
biodiversité, la main-d'oeuvre et la formation, la promotion du territoire et
de sa culture, la responsabilité sociale des entreprises, les secteurs d'économie...
d'activité économique porteurs, les services de proximité, les infrastructures,
les télécommunications, les transports.
• (16 h 50) •
Donc, l'objectif de cette enveloppe, c'est
de maximiser un effet de levier pour que ces projets à retombées significatives
puissent voir le jour, des projets d'envergure qui puissent voir le jour avec
les partenaires du territoire, pour le bénéfice direct des communautés
nordiques. Et je tiens à insister, là, sur cet effet de levier, parce qu'on l'a
mentionné tout à l'heure, mais je pense qu'on a quelque chose à <retenir...
Mme Blanchette Vézina :
...qu'on
a quelque chose à >retenir de la Société du Plan Nord, c'est qu'elle
permet d'aider à ce que les projets se concrétisent pour le territoire
nordique. Et ça, c'est une bonne nouvelle, une bonne nouvelle pour habiter le
Québec, le Québec qui est grand et qu'on souhaite habiter.
Donc, peut-être pour la suite,
avec des exemples concrets, voudriez-vous prendre le relais, M. Beauchamp...
Beauchesne, là — je m'excuse, hein, ça fait deux fois — pour
vraiment faire un détail, là, des projets qui ont été portés dans le cadre de
ces initiatives?
Le Président (M. St-Louis) : Ceci
termine votre...
Mme Blanchette Vézina : J'aurais
passé la parole à M. Beauchamp... Beauchesne...
Le Président (M. St-Louis) : Ah!
excusez-moi, j'avais mal compris.
Mme Blanchette Vézina : ...je
vais y arriver.
Le Président (M. St-Louis) : Non,
non, non. Allez-y, allez-y. Je suis désolé. Allez-y, M. Beauchesne.
M. Beauchesne (Patrick) : Oui,
merci M. le Président. Donc, Patrick Beauchesne, président-directeur général de
la Société du Plan Nord.
Pour revenir sur l'importance de l'effet
levier que Mme la ministre vient juste de mentionner, donc, c'est un effet d'un
pour trois. Donc, les 40 quelques millions de l'enveloppe d'opportunité ont
généré une valeur totale de 170 millions des projets. Je tiens aussi à
mentionner que 100 % des projets sont issus des communautés du milieu.
Donc, ce n'est pas l'idée de la Société du Plan Nord, c'est vraiment des
propositions de projet qui sont issus des communautés, communautés autochtones,
le milieu des affaires, le milieu des organismes sans but lucratif.
Des exemples, bien, on voyait... On est un
petit peu partout. Par exemple, ville de Baie-Comeau, une nouvelle installation
pour 45 places en services de garde. On sait comment les places en
garderie sont importantes pour pouvoir être des milieux de vie attractifs,
attirer les jeunes familles, les travailleurs. Donc, on est très fiers de ce
projet-là. On a contribué à renforcer le conseil d'Unamen Shipu en faisant
l'acquisition du complexe hôtelier de leur communauté, donc, qui permettait de
maintenir l'offre hôtelière dans cette communauté autochtone là, qui était
important pour accueillir des travailleurs et accueillir des touristes. On a
parlé, tout à l'heure, des incubateurs, accélérateurs d'entreprises. Beaucoup,
beaucoup de projets touchaient aussi le monde... le monde de l'écotourisme. Au
niveau plus social, infrastructures sociales, et je mentionnais le centre Isuarsivik
tout à l'heure, pour le traitement des dépendances. On a financé des projets de
construction de bâtiments pour aider les familles en situation de difficulté,
violence conjugale, et autres. Je pense au projet qui s'appelle L'Espoir de
Shelna qui est à Havre-Saint-Pierre, sur la Côte-Nord.
Écoutez, je pourrais faire la liste des
40. Ce qui est important de retenir, c'est que le développement durable est au
cœur de la sélection des projets. Chaque projet est analysé en fonction d'une
grille robuste au niveau de l'application des principes de développement
durable. Et l'enveloppe d'opportunité, effectivement, ça a été un outil
extrêmement flexible. Parce qu'un plan d'action nordique, c'est un plan qui est
dans un cadre budgétaire, c'est assez statique, au fur et à mesure que le temps
passe, il y a des nouvelles préoccupations qui émergent, et cette enveloppe-là
nous a permis de répondre positivement aux besoins des communautés. Et je
souhaite que ce genre d'outil là très agile au gouvernement puisse continuer
d'exister. Merci, M. le Président.
Le Président (M. St-Louis) : Merci,
M. Beauchesne. Mme la ministre, est-ce que vous avez...
Mme Blanchette Vézina : Peut-être
pour conclure sur l'importance de cette société. Donc, elle permet, bien sûr,
d'habiter le Nord, d'aider à développer le Nord, de le faire en collaboration
avec les partenaires de l'alliance. Donc, c'est une société qui est agile, qui
aide à la fois le ministère et les communautés locales dans ce développement,
donc, autant en présence de développement économique, développement durable,
développement social. Les actions qui ont été portées à travers cette enveloppe
ou à travers les autres enveloppes, les autres programmes qui sont développés
par la Société du Plan Nord, le permet ce développement qu'on souhaite faire,
également, pour habiter le Nord-du-Québec.
Puis on sait, le Québec, c'est un grand et
vaste territoire avec 92 % de terres publiques, si je me rappelle bien, et
donc ce Nord québécois, lorsqu'on prend conscience que, si on part de Montréal
et qu'on va au point le plus nordique, et qu'on part de Montréal, c'est la même
distance que partir de Montréal et d'aller en Floride. On comprend combien, le
territoire québécois, il est étendu, que, pour l'habiter, il y a des défis,
mais des défis, M. le Président, qu'on relève. Et, grâce aux communautés
participantes, aux autres ministères qui s'impliquent dans le développement de
notre Nord québécois, on peut habiter le Nord. Et donc on développe, et on
continue de le faire en partenariat avec la Société du Plan Nord, des
programmes, et on travaille à mettre à jour notre Plan d'action nordique qui
devrait s'en venir sous peu.
Le Président (M. St-Louis) : Donc,
s'il n'y a pas...
Mme Blanchette Vézina : Oui,
je pourrais conclure. Je pense qu'il me reste une minute.
Le Président (M. St-Louis) : 35...
Mme Blanchette Vézina : ...30 secondes?
Le Président (M. St-Louis) : ...35 secondes,
Mme la ministre.
Mme Blanchette Vézina : Peut-être
conclure en remerciant à la fois les députés des partis d'opposition pour les échanges
constructifs. Cet exercice de crédits, il est important, on parle de finances
du Québec. Mais aussi remercier les députés qui sont <présents...
Mme Blanchette Vézina :
...les
députés qui sont >présents et qui ont participé à l'exercice avec moi,
ainsi que l'ensemble de l'équipe du ministère qui a été présent aussi, pour
autant travailler les documents que de me soutenir dans les réponses aux
questions, parce que c'est un exercice qui est important pour les Québécois.
Adoption des crédits
Le Président (M. St-Louis) : Merci
beaucoup, Mme la ministre. Bien, écoutez, le temps alloué à l'étude des crédits
budgétaires du volet Ressources naturelles du portefeuille Ressources
naturelles et Forêts étant presque écoulé, nous allons maintenant procéder à la
mise aux voix des crédits. Le programme 1 intitulé Gestion des ressources
naturelles et forestières est-il adopté?
Des voix : Adopté.
Des voix : Sur division.
Adoption de l'ensemble
des crédits
Le Président (M. St-Louis) : Adopté
avec division. Finalement, l'ensemble des crédits budgétaires du portefeuille
Ressources naturelles et Forêts pour l'exercice financier 2023-2024 est-il
adopté?
Des voix : Adopté.
Des voix : Sur division.
Le Président (M. St-Louis) : Adopté
avec division. Alors, ceci...
Le Secrétaire : ...
Documents déposés
Le Président (M. St-Louis) : Pardon?
Il y a un dépôt de... En terminant, je dépose les réponses aux demandes de
renseignements de l'opposition.
Compte tenu de l'heure de la commission...
pardon, compte tenu de l'heure, la commission ajourne ses travaux au jeudi 4 mai
à 11 h 30, où elle reprendra l'étude du volet Énergie des crédits
budgétaires du portefeuille Économie, Innovation et Énergie. Merci.
(Fin de la séance à 16 h 57)